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Full text of "Nouveau dictionnaire classique de la langue française"



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NOUVEAU 

DICTIONNAIRE CLASSIQUE 



DE LA 



LANGUE FRANÇAISE 






Présentée to the 

USRARYofthe 

UNIVERSITY OF TORONTO 

by 

ROBERT FINCH 




lUrRlMlRlE DE 



P. -A. BOURDIER ET C", 30, HUE .MA/.Mll.M 



NOUVEAU 

DICTIONNAIRE CLASSIQUE 



DE LA 



LANGUE FRANÇAISE 



COMPRENANT : 

l" Les mots du Dictionnaire de l'Académie FRANÇAtsE, et un TRÈs-o'flAND nombre d'autres 

roRisÉs PAU l'kmploi qu'en ont fait les bons écrivains; leurs acceptions propres et figurées et l'indication 

de leui^ emploi dans les différents genres de style. 

2" Les termes usités dans les sciences,. les arts, les manufactures, ou tirés des langues étrangères. 

:j" La synonymie rédigée sur un plan tout nouveau et d'après les travaux 

les plus récents sur cette matière. 

4" La prononciation figurée de tous les mots oui présentent quelque difficulté. 

."V l N VorABULAIUE GÉNÉRAL DE GÉOGRAPHIE, d'hISTOIRE ET DE BIOGRAPHIE, DEPUIS LES PREMIERS TEMPS 

jusqu'à nos JOURS. 

ET PRÉCÉDÉ 

D'UN TABLEAU COMPLET DE LA C0NJ11GAIS0;\ DES VERBES REGULIERS ET IRRÉGULIERS, ETC., ETC- 

PAR MM. 

BESCHERELLE AÎNÉ 

Al TELR'.^Br Dictionnaire national de la Langue française. 

J. A. PONS 

PROKEtiSKUR DlIISToniK. 



PARIS 



GAUNIElt FRÈRES, LIBRAIRES-ÉniTEURS 

6, nOE DES SAINTS-PÈRES , ET PALAIS-nOÏ AL , 215 

1864 



PREFACE 



C'est dans un but tout pratique qu'a été entrepris ce nouveau Dictionnaire, 
destiné à la jeunesse. Frappés de l'inconvénient qu'offre aux élèves la nécessité de 
recourir à une foule de gros et coûteux ouvrages, pour avoir des notions exactes sur 
la langue, la synonymie, l'histoire, la géographie, la vie des grands hommes, etc., 
nous avons pensé faire une œuvre utile en condensant dans un seul volume tout ce 
qu'il est indispensable de savoir sur chacune de ces matières. 

Déjà l'un de nous, M. Bescherelle, avait, il y a plus de vingt ans, composé un 
Dictionnaire national où ces diverses connaissances se trouvaient résumées de la 
" --^ 1r plus complète, et cet ouvrage, véritable encyclopédie du xix^ siècle, n'a 
^-^^«i tous les jours croissant. Les concurrences qu'on a essayé 
^^ faire rechercher davantage, et c'est encore 
îomplet de la lexicographie française, 
ime ; et ce nouveau Dictionnaire ne fait nulle- 
ment ^ ictionnaire national, dont il ne comportait point 
les immenses développcuicut^. 

Dans un cadre plus restreint, mais assez large pour admettre tous les détails 
utiles à la jeunesse, nous avons réuni et condensé tous les éléments d'un abrégé 
usuel et commode, fait avec beaucoup de soin, et aussi complet que possible dans 
les limites de l'enseignement classique; en un mot, nous avons voulu offrir aux 
lecteurs un livre qui pût être adopté ajuste titre pour les lycées et les institutions 
des deux sexes, et consulté facilement par les gens du monde. Pour atteindre ce 
résultat, aucun soin, aucune recherche, aucune investigation n'ont été négligés par 
nous. 

Parmi les ouvrages nouveaux dont nous avons profité, celui qui nous a été le plus 
utile, nous sommes heureux de l'avouer, est l'excellent Dictionnaire des synonymes 
de M. Lafaye. Il nous a servi à résumer la partie synonymique avec plus de méthode 
que ne l'avaient fait nos devanciers, et les justes reproches qu'il adresse aux défini- 
tions du Dictionnaire de l'Académie nous ont obligés, pour celles du nôtre, à plus 
d'exactitude et de précision. 

En même temps nous lisions avec le plus grand soin les meilleurs écrivains de 

notre époque, les traités les plus récents sur les chemins de fer, l'électricité, la pho- 

^if^. enfin sur toutes les parties des sciences et des arts auxquelles la langue 

"^•naue jour des mots et des images. Nous avons pu ainsi cons- 



VI PREFACE. 

tater l'usage actuel de la langue «t enregistrer les richesses que le xix« siècle ajoute 
à l'héritage des siècles précédents. . , 

Pour ce qui regarde la langue classique, nous croyons avoir réussi à ne laisser 
échapper aucune des locutions employées par les bons auteurs depuis Malherbe 
jusqu'à Chateaubriand. Il y a même certaines expressions depuis longtemps réputées 
archaïques, que l'on retrouve seulement dans le courant de l'usage chez les écri- 
vains du xvi^ siècle, et que nous avons cru pourtant devoir conserver. Les unes, 
adoptées par La Fontaine, ont reçu de lui comme une grâce nouvelle et une sorte 
de consécration. Les autres, ravivées de nos jours et remises à la mode par les 
auteurs contemporains, semblent avoir quelque chance de rentrer en grâce et de 
refleurir. 

Le dessein où nous étions de ne rien introduire dans notre ouvrage qui ne fût à 
la portée du plus grand nombre des lecteurs nous a fait rejeter tout ce qui regarde 
l'étymologie. Loin de nous, certes, la pensée de nier l'importance et l'attrait de 
cette branche de l'érudition. Mais, pour que ses résultats soient présentés avec 
profit, il faudrait, un mot français étant donné, le comparer avec chacun des mots 
grec, latin, italien, espagnol, etc., qui ont avec lui de l'analogie, et montrer suivant 
quels procédés chaque idiome s'approprie la forme primitive. Une telle exposition 
dépassait les bornes de notre cadre, et nous avons mieux aimé ne pas l'aborder 
que de donner des explications écourtées et partant inutiles. Un bon juge en ces 
matières, un des maîtres de la littrature contemporaine, M. Villemain lui-même, 
avait d'avance légitimé cette exclusion : « La science étymologique^ dii' il dans la pré- 
face du Dictionnau'e de l'Académie, est, selon le caractère des recherches, ou une curio- 
sité tantôt facile, tantôt paradoxale, ou une étude féconde quiy d'un côté, tient à la partie 
la plus obscure de l'histoire, de Vautre, à l'analyse de V esprit humain, à linvention des 
langues et à la perfection de la parole. Pour nos langues de filiation latine en particulier, 
indiquer, à côté du terme moderne, le mot latin d'où il dérive, c'est faire peu de chose et 
parfois se tromper : car parfois le teiine latin avait lui-même une racine septentrionale^ 
à laquelle touchaient, avant la conquête romaine, les anciens habitants de notre sol, qu'on 
appelle nos pères. De plus^ Içrs même que la dérivation du latin vers nous est évidente, 
souvent le mot, expressif à son origine, est devenu pour nous sans couleur. Le dictionnaire 
qui^ au mot rival, ajoutera pour racine le moi latin rivalis, ne m'apprend rien, s'il ne 
7n explique comment les laboureurs latins et les jurisconsultes romains appelaient rivale? 
les deux riverains qui se partageaient et souvent se disputaient un ïmisseau, pour ar?^os:i: 
leurs préa, et comment ce mot a pris de là un sens inoral, éloigné du terme primitif. Il en 
est de même de presque tous les mots. Dire que désirer vient de desiderare, et consi- 
dérer de CONSIDERARE, CALAMITÉ de CALAMiTAs, ADMIRER de MIRARI, ccst prcsquc ne rien 
dire; cest traduire un chiffre par un autre chiffre, à moins d'entrer dans l'explication 
même du terme étranger importé par nous. » 

Quelques auteurs ont cru bien faire de placer à côté de chaque mot écrit régu- 
lièrement le même mot orthographié d'une manière différente et, suivant eux, plus 
conforme à la prononciation. Idée malencontreuse et qui a de graves incoiivé?À^nis. 



, PRÉFACE. vil 

Le lecteur inexpérimenté, dont le regard est frappé à la fois par deux formes diffé- 
rentes du même mot, ne sait plus, le dictionnaire une fois fermé, laquelle est la 
vraie. Il contracte ainsi une orthographe vicieuse dont il a grand'peine ensuite à se 
corriger. Heureux encore si, à ce prix, il obtenait quelque avantage ! Mais il n'en est 
rien. Prenez au hasard quelques mots dans un de ces dictionnaires qui se piquent 
de donner la prononciation exacte; soient, par exemple, ambassadeur, américain, 
amoindrissement, baguer^ captatoire^ carrossable, déguerpissement, ichnographie, immer- 
sif, sauteur, soldatesque. Essayez de les articuler d'après la prononciation indiquée : 
anbaçadeur^ amérikin / amoaindrissman, bagher^ kaptatoar^ karoçable, dégherpissman^ 
iknografi, immercif, çàteur, çoldateske. Il est probable que le résultat sera directe- 
ment opposé à celui qu'on s'est proposé d'atteindre. 

C'est afin d'épargner ces embarras à nos lecteurs que nous avons suivi, en l'éten- 
dant à un plus grand nombre de mots, la méthode de prononciation du Diction- 
naire de l'Académie. Toutes les fois que le mot se prononce à peu près comme il 
s'écrit^ nous nous en remettons au bon sens et à l'usage, les meilleurs guides en 
ce cas; et lorsqu'il y a trop d'écart entre l'orthographe et la prononciation, nous 
ne donnons que le son exact de la syllabe ou des syllabes sur lesquelles porte la 
difficulté. 

Le domaiwe du dictionnaire et celui de la grammaire se touchent par bien des 
points. L'analyse des éléments du langage mène inévitablement à l'étude des rap- 
ports qui lient ces éléments entre eux. De là les fréquentes excursions des lexico- 
graphes sur les terres du grammairien. Nous avons donc, à la rencontre, signalé 
les règles essentielles de la syntaxe et de l'accord, mais sans entrer dans aucune 
discussion. Les meilleures théories grammaticales ne valent pas un exemple bien 
choisi d'un bon auteur, et la règle se grave mieux dans l'esprit quand elle y entre 
avec une grande pensée ou un beau vers. 

Nous donnons ci-après un tableau complet de la conjugaison qui épargnera la 
peine de recourir à la grammaire quand le verbe présentera quelque difficulté ou 
que la mémoire fera défaut au lecteur. Enfin, nous avons, dans le corps même du 
Dictionnaire, indiqué le pluriel des substantifs composés ou tirés des langues étran- 
gères, lorsqu'ils s'écartent de la règle générale. 

Est-il besoin d'ajouter que tout ce qui pouvait blesser la pudeur ou les croyances 
religieuses a été soigneusement éliminé d'un livre spécialement destiné à la jeu- 
nesse? 

En terminant ces quelques lignes de préface, nous devons rendre justice au savant 
lexicographe qui, après avoir partagé avec nous le travail de recherche et de rédac- 
tion d'où ce livre est sorti, s'est modestement effacé pour nous en laisser l'honneur. 
M. W. de Suckau, qui s'est fait depuis longtemps une solide réputation dans des 
travaux du même genre, a déployé dans cette collaboration un zèle et une ardeur 
que n'ont pu ralentir les fatigues ni les années. Qu'il reçoive ici, pour l'aide qu'il 
nous a prêtée, nos bien vifs remercîments 1 



TABLEAU DES ABREVIATIONS 



ET 



DES SIGNES EMPLOYES DANS CE DICTIONNAIRE. 



a. 


actif. 


E. 


est. 


m. 


masculin. 


pros. prosodie. 


abrév. 


abréviation. 


ébén. 


ébénisterie. 


roan. 


manège. 


prov. proverbial. 


abs. 


absolument. 


ellipt. 


elliptique ou ellip- 


mar. 


marine. 


psychoL psychologie. 


abusiv. 


abusivement. 




tiquement. 


math. 


mathématiques. 


rhét. rhétorique. 


activ. 


activement. 


encycl. 


encyclopédie. 


mécan. 


mécanique. 


riv. rivière. 


adj. 


adjectif. 


entom. 


entomologie. 


méd. 


médecine. 


roy. royaume. 


adject. 


adjectivement. 


escr. 


escrime. 


métall. 


métallurgie. 


s. substantif. 


adT. 


adverbe, adverbial, 


etc. 


et caetera. 


milit. 


militaire. 


S. sud. 




adverbiale, adver- 


exagér. 


exagération. 


miner. 


minéralogie. 


sculpt. sculpture. 




bialement. 


f. 


féminin. 


mus. 


musique. 


S.-E. sud-est. 


agric. 


agriculture. 


fam. 


familier, familière- 


myth. 


mythologie. 


S.-O. sud-ouest. 


algèb. 


algèbre. 




ment. 


n. 


neutre. 


subj. subjonctif. 


anal. 


analogie. 


féod. 


féodal. 


N. 


nord. 


synon. synonyme. 


anat. 


anatomie. 


fig- 


figuré. 


N.-E. 


nord -est. 


t. terme. 


anc. 


ancien, ancienne ou 


fînanc. 


finances. 


néol. 


néologisme. 


théol. théologie. 




anciennement. 


fortif. 


fortifications. 


N.-O. 


nord-ouest. 


triv. trivial ou triviale- 


angl. 


anglais. 


géogr. 


géographie. 


0. 


ouest. 


ment. 


archéol. 


archéologie. 


géol. 


géologie. 


opt. 


optique. 


typogr. typographie. 


archit. 


arrhitecture. 


géom. 


géométrie. 


ornilh. 


ornithologie. 


V. verbe. 


arilh. 


an limétique. 


gramm. 


grammaire. 


p. 


province. 


V. voyez. 


arlill. 


artillerie. 


hist. 


histoire. 


pari. 


parlant. 


vil. ville. ^ 


astiou. 


astronomie. 


horlic. 


horticulture. 


part. 


participe. 


véner. vénerie. 


blas. 


blason. 


ichth. 


ichthyologie. 


particul. 


particulièrement. 


vge village. 


bot. 


botanique. 


id. 


idem. 


palhol. 


pathologie. 


vélér. vétérinaire. 


cap. 


capitale. 


imparf. 


imparfait. 


peint. 


peinture. 


vulg. vulgaire ou vulgai- 


charpent.charpeuterie. 


impér. 


impératif. 


pharm. 


pharmacie. 


rement. 


chass. 


chasse. 


impers. 


impersonnel. 


philos. 


philosophie. 


zool. zoologie. 


chim. 


chimie. 


impr. 


imprimerie. 


phys. 


physique. 


. 


chir. 


chirurgie. 


in fin. 


infinitif. 


physiol. 


physiologie. 




ch.-l. 


chef-lieu. 


interj. 


interjection. 


pi. 


pluriel. 


SIGNES. 


cbron. 


chronologie. 


inus. 


inusité. 


poét. 


poétique. 


= Sépare les divers sens du 


collecliv 


. collectivement. 


inv. 


invariable. 


pop. 


populaire. 


mot. 


comm. 


commerce. 


ir. 


ironique. 


pr. 


pronominal. 


Il Indique le sens figuré. 


conj. 


conjonction. 


ital. 


italien. 


prép. 


préposition, prépo- 


— Remplace le mot qui est le 


cuis. 


cuisine. 


lat. 


latin. 




sitive. 


sujet de l'article. 


départ. 


département. 


littcr. 


littérature. 


prés. 


présent. 


§ Précède les articles de sy- 


dess. 


dessin. 


loc. 


locution. 


pro. 


pronom. 


nonymie. 


dr. 


droit. 


log. 


logique. 


pron. 


prononcez. 





LISTE DES AUTEURS 

DONT LES NOMS SONT CITÉS EN ABRÉGÉ DANS CE DICTIONNAIRE. 



Ac. 


Académie (diction- 


Créb. 


Crébillon. 


La H. 


La Harpe. 


Pasc. 


Pascal. 




naire de 1'] . 


Cuv. 


Cuvier. 


Lamart. 


Lamartine. 


P.-L. C. 


Paul-Louis Courier 


A. Ch. 


André Chénier. 


D'AI. 


D.'Alembert. 


Lamcn. 


Lamennais. 


P.-R. 


Port-Royal. 


Barth. 


Barthélémy. 


Del. 


Deliile. 


La Roch.La Rochefoucauld. 


Rac. 


Racine. 


Beaum. 


Beaumarchais. 


Desc. 


Descaries. 


L. Bac. 


Louis Racine. 


Rayn, 


Rayual. 


B.deSt-P. Bernardin de Saint- 


Dest. 


Destouches. 


Les. 


Lesage. 


Reg. 


Regnard. 




Pierre. 


Did. 


Diderot. 


Jlaleb. 


M a le branche. 


Régn. 


Régnier. 


Bér. 


Béranger. 


Duel. 


Duclos. 


Malh.. 


Malherbe. 


Roll. 


Rollin, 


Boil. 


Boileau. 


Fén. 


Fénelon. 


Mariv. 


Marivaux. 


S.-Evr. 


Saint-Evremond. 


Boss. 


Rossuet. 


Fléch. 


Fléchier. 


Marm. 


Marmontel. 


St-Lamb. Saint- Lambert. 


Bouh. 


Bouhours. 


Fonlen. 


Fontenelle. 


Mass. 


Mâssillon. 


Ste-B. 


Sainte-Beuve. 


Bourd. 


Bourdaloue. 


Gress. 


Gresset. 


Mérim. 


Mérimée. 


Sév. 


Madame de Sévigné 


Buff. 


BufTon. 


J.-B. R 


Jean-BaptisteRous- 


Millev. 


Millevoye. 


St-S. 


Saint-Simon. 


C. Del. 


Casimir Delavigne. 




seau. 


Mirab. 


Mirabeau. 


Vauv. 


Vauvenargues 


Chat. 


Chateaubriand. 


J.-J. 


Jean-JacquesRous- 


Mol. 


Molière. 


Y. H. 


Victor Hugo. 


Ch. Nod 


. Charles Nodier. 




seau. 


Mont. 


Montesquieu. 


\illem. 


Yillemain. 


Cond. 


Condillac. 


La Br. 


La Bruyère. 


Montaig 


Montaigne. 


Volt. 


Voltaire. 


Coru. 


Corneille. 


La F. 


La Fontaine. 


Napol. 


Napoléon. 







TABLEAU 



DE LA 



CONJUGAISON DES VERBES FRANÇAIS 



I. — VERBES REGULIERS. 

Il y a, en français, quatre conjugaisons, que l'on 
distingue par la terminaison du présent de l'inii- 
nilif. 

La première a le présent de l'infinitif terminé en 
er, comme aimer; 

La seconde, en ir, comme Jinir; 

La troisième, en air, comme recevoir; ^ 

ia quatrième, en re, comme rendre. 

Première coiijngaîson. 

INDICATIF. Nous avions aimé. 



Présent, 
i'aime. 

Tu aimes. 
11 aime. 
Nous aimons. 
Vous aimez. 
ils aiment. 

Imparfait. 
J'aimais. 
Tu aimais. 
H aimait. 
Nous aimions. 
Vous aimiez. 
Ils aimaient. 

Passé défini. 
J'aimai. 
Tu aimas. 
Il aima. 
Nous aimâmes. 
Vous aimâtes. 
Ils aimèrent. 

Passé indéfini. 
J'ai aimé. 
Tu as aimé. 
Il a aimé. 
Nous avons aimé. 
Vous avez aimé. 
Ils ont aimé. 

Passé antérieur. 
J'eus aimé. 
Tu eus aimé. 
11 eut aimé. 
Nous eûmes aimé. 
Vous eûtes aimé. 
Us eurent aimé. 

Plus-que-parfait. 
J'avais aimé. 
Tu avais aimé. 
Il avait aimé 



Vous aviez aimé. 
Ils avaient aimé. 
Patur. 
J'aimerai. 
Tu aimeras. 
Il aimera. 
Nous aimerons. 
Vous aimerez. 
Ils aimeront. 

Futur antérieur. 
J'aurai aimé. 
Tu auras aimé. 
Il aura aimé. 
Nous aurons aimé. 
Vous aurez aimé. 
Ils auront aimé. 

CONDITIONNEL. 
Présent. 
J'aimerais. 
Tu aimerais. 
11 aimerait. 
Nous aimerions. 
Vous aimeriez. 
Ils aimeraient. 

Passé. 

J'aurais aimé. 
Tu aurais aimé. 
Il aurait aimé. 
Nous aurions aimé. 
Vous auriez aimé. 
Ils auraient aimé. 

On dit aussi : 
J'eusse aimé. 
Tu eusses aimé. 
Il eût aimé. 
Nous eussions aimé. 
Vous eussiez ainié. 
Ils eussent aimé. 



IMPÉRATIF. 

Aime. 

Aimons. 

Aimez. 

SUBJONCTIF. 
Présent ou Futur. 

Que j'aime. 
Que tu aimes. 
Qu'il aime. 
Que nous aimions. 
Que vous aimiez. 
Qu'ils aiment. 

Imparfait. 
Que j'aimasse. 
Que tu aimasses. 
Qu'il aimât. 
Que nous aimassions. 
Que vous aimassiez. 
Qu'ils aimassent. 
Passé. 
Que j'aie aimé. 
Que tu aies aimé. 
Qu'il ait aimé. 



Que nous ayons aimé. 
Que vous ayez aimé. 
Qu'ils aient aimé. ' 

Plus-que-paifait. 

Que j'eusse aimé. 
Que tu eusses aimé. 
Qu'il eût aimé. 
Que nous eussions aimé. 
Que vous eussiez aimé. 
Qu'ils eussent aimé. 

INFINITIF. 
Présent. 
Aimer. 

Passé. 
Avoir aimé. 

PARTICIPE. 
Présent. 
Aimant. 

Passé. 
Ayant aimé. 



REMARQUES SUR CERTAINS VERBES DE LA PREMIÈRE 
CONJUGAISON. 

I. Dans les verbes terminés en ger, le g doit tou- 
jours, pour l'euphonie, être suivi d'un e muet devant 
les voyelles a, o : nous partageons , je mangeai, il 
mangea. 

II. Les verbes terminés à l'infinitif par cer, pren- 
nent une cédille sous le c dans le même cas : nous 
lançons, il lança. 

m. Les verbes en er, qui ont la syllabe finale de 
l'infinitif précédée d'un e muet, comme lever, mener, 
changent cet e muet en è ouvert devant une syllabe 
muette : lever, je lève, je lèverai; mener, je mène, 
je mènerai, que tu mènes. 

IV. Dans les verbes en éger, comme abréger, as- 
siéger, protéger, Vé fermé ne se change jamais en è 
ouvert; ainsi l'on écrit : y abrège, tu abrèges, etc. 
Suivant la même règle, les verbes dans lesquels la 
terminaison er de l'infinitif est précédée d'une syl- 
labe où se trouve un é fermé, tels que régner, per- 
sévérer, suggérer, conservent cet é fermé au futur 
et au conditionnel : je régnerai, je persévérerais. 

V. Les verbes terminés à l'infinitif par eler, eter, 
comme appeler, jeter, etc., doublent les consonnes l 
et t devant un e muet : ^'appelle, tu jettes, il jet- 
tera, etc. 

Remarque. L'Académie ne double jamais les con- 
sonnes /, t dans les six verbes suivants : acheter. 



TABLEAU DE LA CONJUGAISON 



bourreler, déceler, geler, harceler, peler. Elle écrit : 
y achète, tu bourrelés, il gèle, elc. 

VL Les verbes terminés au participe présent par 
iant, comme lier, prier, crier, elc, dont le parti- 
cipe présent est liant, priant, criant, prennent deux 
7 à la l'^ et à la 2® personne du pluriel de l'impar- 
fait de l'indicatif et du présent du subjonctif. Nous 
niions, vous niiez; que nous priions, que vous priiez. 

VIL Les verbes en ayer, oi/er, 4iyer prennent un 
y et i à la première et à la seconde personne du plu- 
riel de l'imparfait de l'indicalif et du présent du sub- 
jonctif : nous payions, que nous appuyions, que vous 
ployiez, etc. De plus, ces verbes changent l'y en i 
devant un e muet : je paie, tu appuies, il ploie, etc. 
Cependant quelques auteurs conservent 1'?/ devant l'e 
muet dans les verbes en ayer : je paye, j'essaye, je 
payerai, y essayerai; mais il vaut mieux employer \'i 
comme plus usité et plus régulier. — Grasseyer prend 
plus généralement un y qu'un i : je grasseyé, je gras- 
seyerai, etc. 

VllI. Les verbes en éer, comme créer, agréer, ré- 
créer, suppléer, etc., ont deux e de suite (l'un fi^rmé 
é, l'autre muet e) à toutes les personnes dont la ter- 
minaison commence par un e muet : je cré c, tu 
cré es; je cré erai, tu cré eras. 

Le participe passé masculin créé se termine par 
deux é fermés, le féminin par deux é fermés suivis 
d'un e muet : créée. 

Deuxième conjus^aiso». 

INDICATIF. 
Présent. 
Je finis. 
Tu linis. 
Il finit. 

Nous finissons. 
Vous finissez. 
Ils finissent. 

Imparfait . 
Je finissais. 
Tu finissais. 
11 finissait. 
Nous finissions. 
Vous finissiez. 
Ils finissaient- 



Passé défini. 

Je finis. 
Tu finis. 
11 finit. 
Nous finîmes. 
Vous finîtes. 
Ils finirent. 

Passé indéfini. 
J'ai fini. 
Tu as fini. 
Il a fini. 
Nous avons fini. 
Vous avez fini. 
Ils ont fini. 

Passé antérieor. 
J'eus fini. 
Tu eus fini. 
Il eut fini. 
Nous eûmes fini. 
Vous élites fini. 
Ils eurent fini. 



Plus-que-parfait. 
J'avais tini. 
Tu avais fini. 
11 avait fini, 
Nous avions fini. 
Vous aviez fini. 
Ils avaient fini. 
Futur. 
Je finirai. 
Tu finiras. 
11 finira. 
Nous finirons. 
Vous finirez. 
Ils finiront. 

Fi^tur intérieur. 
J'aurai fini. 
Tu auras fini. 
Il aura fini. 
Nous aurons fini. 
Vous aurez fini. 
Us auront fini. 

CONDITIONNEL. 
Présent. 
Je finirais. 
Tu finirais. 
Il finirait. 
Nous finirions. 
Vous finiriez. 
Ils finiraient. 

Passé. 
J'aurais fini. 
Tu aurais fini. 
11 aurait fini. 
Nous aurions fini. 
Vous auriez fini. 
Ils auraient fini. 



On dit aussi : 
J'eusse fini. 
Tu eusses fini. 
Il eût fini. 
Nous eussions fini. 
Vous eussiez fini. 
Ils eussent fini. 

IMPÉRATIF. 

Finis. 

Finissons. 

Finissez. 

SUBJONCTIF. 
Présent ou Futur. 
Que je finisse. 
Que tu finisses. 
Qu'il finisse. 
Que nous finissions. 
Que vous finissiez. 
Qu'ils finissent. 

Imparfait. 
Que je finisse. 
Que tu finisses. 
Qu'il finît. 
Que nous finissions. 
Que vous finissiez.. 
Qu'ils finissent. 



Passé. 
Que j'aie fini. 
Que tu aies fini. 
Qu'il ail fini. 
Que nous ayons fini. 
Que vous ayez fini. 
Qu'ils aient fini. 

Plus-que-parfait. 

Que j'eusse fini. 
Que tu eusses fini. 
Qu'il eût fini. 
Que nous eussions fini. 
Que vous eussiez fini. 
Qu'ils eussent fini. 

INFINITIF. 
Présent. 



Finir. 



Passé. 



Avoir fini. 

PARTICIPE. 
Présent. 

Finissant. 

Passé. 
Avant fini. 



REMARQUES SDR CERTAINS VERBES DE LA DEUXIÈME 
CONJUGAISON. 

I. Bénir a deux participes passés : bénit, féminin 
bénite, pour les choses consacrées par les prières de 
l'Église : béni, bénie, dans tout autre cas : les dra- 
peaux ont été bénits. Un peuple béni de Dieu. 

II. Fleurir a deux participes présents et deux im- 
parfaits de l'indicatif : i'^ fleurissant, je fleurissais, 
\ov$(]ue fleurir est employé dans le sens propre, pour 
signifier produire ou donner des fleurs; 2^ florissant, 
je florissaii, quand ce verbe, pris au figuré, signifie 
être dans un état de prospérité, comme dans cette 
phrase : Athènes florissait sous Péri clés (Ac.) Il faut 
remarquer cependant qu'en parlant des choses on 
peut dire au ïiguréfleimssait ou floi-issait : les beaux- 
arts fleurissaient ou florissaienl sous le règne de ce 
prince; mais, dans ce cas même, le participe pré- 
sent est toujours florissant. 

III. L'ï de haïr perd le tréma aux trois personnes 
du singulier du présent de l'indicatif, et à la seconde 
personne du singulier de l'impératif : je hais, lu 
hais, il hait; hais, qui se prononce je hès, tu hès, 
il hèt; hèt, en aspirant Vh dans ces quatre personnes 
comme dans tout le reste du verbe. 



Troisième 

INDICATIF. 
Présent. 
Je reçois. 
Tu reçois. 
Il reçoit. 
Nous recevons. 
Vous recevez. 
Ils reçoivent. 

Imparfait. 
Je recevais. 
Tu recevais. 
Il recevait. 
Nous recevions. 
Vous receviez. 
Ils recevaient. 



conjng^aison. 

Passé défini. 
Je reçus. 
Tu reçus. 
Il reçut. 
Nous reçûmes. 
Vous reçûtes. 
Ils reçurent. 

Passé indéfini. 
J'ai reçu. 
Tu as reçu. 
Il a reçu. 
Nous avons reçu. 
Vous avez reçu. 
Us ont reçu. 



DES VERBES FRANÇAIS. 



Passé antérieor. 
J'eus reçu. 
Tu eus reçu. 
Il eut reçu. 
Nous eûmes reçu. 
Vous eùles reçu. 
Ils eurent reçu. 

Plas-que-parfait. 
J'avais reçu. 
Tu avais reçu. 
Il avait reçu. 
Nous avions reçu. 
Vous aviez reçu. 
Ils avaient reçu. 
Fatar. 
Je recevrai. 
Tu recevras. 
Il recevra. 
Nous recevrons. 
Vous recevrez. 
Ils recevront. 

Futur antérieur. 
J'aurai reçu. 
Tu auras reçu. 
Il aura reçu. 
Nous aurons reçu. 
Vous aurez reçu. 
Ils auront reçu. 

CONDITIONNEL. 
Présent. 
Je recevrais. 
Tu recevrais. 
Il recevrait. 
Nous recevrions. 
Vous recevriez. 
Ils recevraient. 
Passé. 
J'aurais reçu. 
Tu aurais reçu. 
11 aurait reçu. 
Nous aurions reçu. 
Vous auriez reçu. 
Ils auraient reçu. 

On dit aussi : 
J'eusse reçu. 
Tu eusses reçu. 
Il eût reçu. 



Nous eussions reçu. 
Vous eussiez reçu. 
Ils eussent reçu. 

IMPÉRATIF. 

Reçois. 

Recevons. 

Recevez. 

SUBJONCTIF. 
Présent ou Futur. 
Que je reçoive. 
Que tu reçoives. 
Qu'il reçoive. 
Que nous recevions. 
Que vous receviez. 
Qu'ils reçoivent. 
Luparfait. 
Que je reçusse. 
Que lu reçusses. 
Qu'il reçût. 
Que nous reçussions. 
Que vous reçussiez. 
Qu'ils reçussent. 
Passé. 
Que j'aie reçu. 
Que tu aies reçu. 
Qu'il ait reçu. 
Que nous ayons reçu. 
Que vous ayez reçu. 
Qu'ils aient reçu. 

Plus-que-parfait. 
Que j'eusse reçu. 
Que tu eusses reçu. 
Qu'il eût reçu. 
Que nous eussions reçu. 
Que vous eussiez reçu. 
Qu'ils eussent reçu. 

INFINITIF. 
Présent. 
Recevoir. 

Passé. 

Avoir reçu. 

PARTICIPE. 
Présent. 
Recevant. 

Passé. 
Ayant reçu. 



REMARQUES SUR CERTAINS VERBES DE LA TROISIÈME 
CONJUGAISON. 

On ne conjugue sur recevoir que les verbes dont 
l'infinitif est en evoir. 

Nota. — Le participe passé des verbes devoir et 
redevoir prend au singulier masculin un accent cir- 
conflexe sur Vu : dû, redû. Le participe féminin ne 
prend pas d'accent, 

Quatrième conjus^ais^on. 

INDICATIF. 
Présent. Imparfait. 

Je rends. Je rendais. 

Tu rends. Tu rendais. 

Il rend. Il rendait. 

Nous rendons. Nous rendions. 

Vous rendez, Vous rendiez. 

Ils rendent. Ils rendaient. 



Passé défini. 
Je rendis. 
Tu rendis. 
Il rendit. 
Nous rendîmes. 
Vous rendîtes. 
Ils rendirent. 

Passé indéfini. 
J'ai rendu. 
Tu as rendu. 
Il a rendu. 
Nous avons rendu. 
Vous avez rendu. 
Ils ont rendu. 

Passé antérieur. 
J'eus rendu. 
Tu eus rendu. 
Il eut rendu. 
Nous eûmes rendu. 
Vous eûtes rendu. 
Ils eurent rendu. 

Plus-que-parfait. 
J'avais rendu. 
Tu avais rendu. 
Il avait rendu. 
Nous avions rendu. 
Vous aviez rendu. 
Ils avaient rendu. 

Futur. 
Je rendrai. 
Tu rendras. 
Il rendra. 
Nous rendrons. 
Vous rendrez. 
Ils rendront. 

Futur antérieur. 
J'aurai rendu. 
Tu auras rendu. 
Il aura rendu. 
Nous aurons rendu. 
Vous aurez rendu. 
Ils auront rendu. 

CONDITIONNEL. 
Présent. 
Je rendrais. 
Tu rendrais. 
Il rendrait. 
Nous rendrions. 
Vous rendriez. 
Ils rendraient. 

Passé. 
J'aurais rendu. 
Tu aurais rendu. 
Il aurait rendu. 



Nous aurions rendu. 
Vous auriez rendu. 
Ils auraient rendu. 
On dit aussi : 
J'eusse rendu. 
Tu eusses rendu. 
Il eût rendu. 
Nous eussions rendu. 
Vous eussiez rendu. 
Ils eussent rendu. 

IMPÉRATIF. 

Rends. 

Rendons. 

Rendez. 

SUBJONCTIF. 
Présent. 
Que je rende. 
Que tu rendes. 
Qu'il rende. 
Que nous rendions. 
Que vous rendiez. 
Qu'ils rendent. 

Imparfait. 
Que je rendisse. 
Que tu rendisses. 
Qu'il rendît. 
Que nous rendissions. 
Que vous rendissiez. 
Qu'ils rendissent. 

Passé. 
Que j'aie rendu. 
Que tu aies rendu. 
Pu'il ait rendu. 
(Jue nous ayons rendu. 
Que vous ayez rendu. 
Qu'ils aient rendu. 

Plus-que -parfait . 
Que j'eusse rendu. 
Que tu eusses rendu. 
Qu'il eût rendu. 
Que nous eussions rendu. 
Que vous eussiez rendu. 
QuMls eussent rendu. 

INFINITIF. 
Présent. 
Rendre. 

Passé, 
Avoir rendu. 

PARTICIPE. 
Présent. 
Rendant. 

Passé. 
Ayant rendu. 



remarques sur certains verbes de la quatrième 
conjugaison. 

I. Les verbes terminés en niiidre, eindre, oindre 
et oudre, comme craindre, teindre, joindre, résou- 
dre, perdent le d du radical au présent de l'indicatif 
et à l'impératif; en outre, dans ces verbes, la troi- 
sième personne du singulier du présent de l'indicatif 
se termine par un t. Exemples : je crains, tu crains, 
il craint ; impératif, crains. 

II. Les verbes en tire, par deux t, comme battre, 
combattre^ mettre, permettre, promettre, n'ont qu'un 



Xll 



seul t aux trois personnes du singulier du présent 
de l'indicatif et à la deuxième personne du singulier 
de l'impéralif. Exemples : je bals^ tu bats, il bat; 
impératif, bals. 



TABLEAU DE LA CONJUGAISOiN 
INDICATIF. 



M. — VERBES IRREGULIERS. 

On appelle verbes irréguUers ceux qui ne suivent 
pas les règles de la formation des temps. 

Nous dormons ci-après la liste de ces verbes, en 
conjuguant en .entier les temps qui offrent des irré- 
gularités. Il est évident que les autres temps se for- 
ment d'après les règles ordinaires, et ne présentent 
par conséquent aucune difficulté. 

.Première conjugaison. 

VERBE ALLER. 
Temps primififs : aller, allant, allé, je vais, f allai. 
IMPÉRATIF. 

Va. 

Allons. 
Allez. 



INDICATIF. 
Présent. 
Je vais oti je vas. 
Tu vas. 
Il va. 
Nous allons. 
Vous allez. 
Ils vont. 

Fuiar . 
J'irai. 
Tu iras, etc. 

CONDiriONNEL 
J'irais. 
Tu irais, etc. 



SUBJONCTIF. 
Présent. 



Que j'aille. 
Que lu ailles. 
Qu'il aille. 
Que nous allions. 
Que vous alliez. 
Qu'ils aillent. 

Les temps composés prennent l'auxiliaire être. 



VERBE ENVOYER. 

Temps primitifs : envoyer, envoijant, envoyé, j'en- 
voie, j'envoyai. 

Putur. CONDITIONNEL. 

J'enverrai. Présent. 

Tu enverras, etc. J'enverrais. 

Tu enverrais, etc. 

Dans ce verbe, ainsi que dans tous ceux en oyer, 
Vy se change en i devant un e muet. 

Deuxième coujug^aison. 

VERBE ACQUÉRIR. 
Temps primitifs : acquérir, acquérant, acquis, j'ac- 
quiers, j'acquis. 

INDICATIF. 
Présent. 

J'acquiers. 
Tu acquiers. 
Il acquiert. 
Nous acquérons. 
Vous acquérez. 
Ils acquièrent. 

Futur. 

J'acquerrai. 

Tu acquerras, etc. 



CONDITIONNEL. 
Présent. 
J'acquerrais. 
Tu acquerrais, etc. 

SUBJONCTIF. 
Présent. 

Qne j'acquière. 
Que tu acquières. 
Qu'il acquière. 
Que nous acquérions. 
Que vous acquériez. 
Qu'ils acquièrent. 



VERBE BOUILLIR, 
Temps primitifs : bouillir, bouillant, bouilli, je 
bo:r5, je bouillis. 



Présent. 
Je bous. 
Tu bous. 
Il bout. 
Nous bouillons. 



Vous bouilles. 
Ils bouillent. 

IMPÉRATIF. 
Bous. 
Bouillons. 
Bouillez. 



VERBE COURIR. 
Temps primitifs : courir, courant, couru, je cours^ 
je courus. 



INDICATIF. 
Présent. 

Je cours. 
Tu cours. 
Il court. 
Nous courons. 
Vous courez. 
Ils courent. 



Futur. 
Je courrai. 
Tu courras, etc. 

CONDITIONNEL. 
Présent. 
Je courrais. 
Tu courrais, etc. 



VERBE CUEILLIR, 

Temps primitifs : cueiîlir, cueillant, cueilli 
je cueillis. 



je 



cueille, 

INDICATIF. 
Présent. 
Je cueille. 
Tu cueilles. 
Il cueille. 
Nous cueillons. 
Vous cueillez. 
Ils cueillent. 



Futur. 
Je cueillerai. 
Tu cueilleras, etc. 



CONDITIONNEL. 
Présent. 
Je cueillerais. 
Tu cueillerais, etc. 

VERBE DORMIR. 
Temps primitifs : dormir, dormant, dormi, je 
dors, je dormis. 

INDICATIF. Nous dormons. 

Présent. Vous dormez. 

Je dors. Ils dorment. 

Tu dors. 
II dort. 

VERBE FAILLIR. 
Temps primitifs : faillir, faillissant, failli, je 
faillis, je faillis. L'Académie conjugue ainsi ce 
verbe : je faux, tu faux, il faut, nous [aillons, vous 
faillez, ils faillent. Je faillais. Je fnudrai. Je fau- 
drais; tous mots très-français encore, mais un peu 
vieillis. La langue parlée tend à régulariser ce verbe 
en conjuguant : je faillis, tu faillis, il faillit, 
nous faillissons, vous faillissez, ils faillissent. Je 
faillissais. Je faillis. Je faillirai. Je faillirais. Que 
je faillisse, faillissant, etc. 

VERBE FUIR, 
Temps primitifs : fuir, fuyant, fui,jefuis,jefuii» 



INDICATIF. 
Présent. 
Je fuis. 
Tu fuis. 
Il fuit. 

Nous fuyons. 
Vous fuyez. 
Ils fuient. 

Imparfait. 
Je fuyais. 
Tu fuyais, etc. 

Futur. 
Je fuirai. 



CONDITIONNEL. 
Présent. 
Je fuirais. 

IMPÉRATIF. 
Fuis. 
Fuyons. 
Fuyez. 

SUBJONCTIF 
Présent. 
Que je fuie. 
Que tu fuies. 
Qu'il fuie. 



Que nous fuyions. 
Que vous fuyiez. 
Qu'ils fuient. 



Imparfait . 
Que je fuisse. 
Que tu fuisses, elc 



DES VERBES FRANÇAIS. xiii 

VERBE SORTIR. 

Temps primitifs : sortir, sortant, sorti, je sors, je 



VERBE MENTIR. 
Temps primitifs : mentir ^ mentant, menti, je rnens, 
je mentis. 

INDICATIF. 
Présent. Nous mentons. 

Je mens. Vous mentez. 

Tu mens. Ils mentent. 

Il ment. 

VERBE MOURIR. 
Temps primîlits : mourir, mourant, mort, je meurs, 
je mourus. 



INDICATIF. 
Présent. 
Je meurs. 
Tu meurs. 
Il meurt. 
Nous mourons. 
Vous mourez. 
Ils meurent. 

Fatar. 
Je mourrai. 
Tu mourras, etc. 
CONDITIONNEL. 
Présent. 
Je mourrais. 
Tu mourrais, etc. 



IMPÉRATIF. 

Meurs, 

Mourons. 

Mourez. 

SUBJONCTIF. 

Présent. 

Que je meure. 
Que tu meures. 
Qu'il meure. 
Que nous mourions. 
Que vous mouriez. 
Qu'ils meurent. 



Les temps composés se conjuguent avec être. 

VERBE OFFRIR. 
Temps primitifs : offrir, offrant, offert, j'offre, 



Toffris. 




INDICATIF. 




Présent. Nous offrons. 




J'offre. Vous offrez. 




Tu offres. Ils offrent, etc. 




11 offre. 




VERBE OUVRIR. 




Temps primitifs : ouvrir^ ouvrant, ouvert 


, j'ouvre. 


j'ouvris. 




INDICATIF. 




Présent. Nous ouvrons. 




J'ouvre. Vous ouvrez. 




Tu ouvres. Ils ouvrent, etc. 




11 ouvre. 




VERBE PARTIR. 




Temps primitifs : i)artir, partant, parti, 


je pars, 


je partis. 




INDICATIF. 




Présent. Nous partons. 




Je pars. Vous parlez. 




Tu pars. Ils partent, etc. 




11 part. 




Les temps composés se conjuguent avec être. 


VER CE SENTIR. 




Temps primitifs : sentir^ sentant, senti, 


je sens, 


jC sentis. 




INDICATIF. 




Présent. Nous sentons. 




Je sens. Vous sentez. 




Tu sens. Us sentent, etc. 




11 sent 





sortis. 

INDICATIF. 
Présent. 

Je sors. 
Tu sors. 
Il sort. 

VERBE 
Temps primitifs : tenir, 
tins. 

INDICATIF. 
Présent. 
Je tiens. 
Tu tiens. 
Il tient. 
Nous tenons. 
Vous tenez. 
Ils tiennent. 

Passé défini. 
Je tins. 
Tu lins. 
Il tint. 
Nous tînmes. 
Vous tîntes. 
Ils tinrent. 

Fatar. 
Je tiendrai. 
Tu tiendras, etc. 

CONDITIONNEL. 
Présent. 

Je tiendrais. 
Tu tiendrais, etc. 



Nous sortons. 
Vous sortez. 
Ils sortent, etc. 

TENIR, 
tenant, tenu , je tiens, je 

IMPÉRATIF. 

Tiens. 

Tenons. 

Tenez. 

SUBJONCTIF. 
Présent. 
Que je tienne. 
Que lu tiennes. 
Qu'il tienne. 
Que nous tenions. 
Que vous teniez. 
Qu'ils tiennent. 

Imparfait. 

Que je tinsse. 
Que tu tinsses. 
Qu'il tînt. 
Que nous tinssions. 
Que vous tinssiez. 
Qu'ils tinssent. 



VERBE TRESSAILLIR. 

Temps primitifs : tressaillir, tressaillant , tressailli, 
je tressaille, je tressaillis. 

Fatur. CONDITIONNEL. 

Je tressaillerai. Je tressaillerais. 

Tu tressailleras, etc. Tu tressaillerais, etc. 

VERBE VENIR. 
Temps primitifs : venir, venant, venu, je rinis^ 
je vins. 



INDICATIF. 
Présent. 
Je viens. 
Tu viens. 
Il vient. 
Nous venons. 
Vous venez. 
Us viennent. 

Futar. 
Je viendrai. 
Tu viendras, etc. 

CONDITIONNEL. 
Présent. 
Je viendrais. 
Tu viendrais, etc. 

IMPÉRATIF. 

Viens. 

Venons, 

Venez 



SUBJONCTIF. 

Présent. 

Que je vienne. 
Que tu viennes. 
Qu'il vienne. 
Que nous venions. 
Que vous veniez. 
Qu'ils viennent. 

Imparfait. 

Que je vinsse. 
Que lu vinsses. 
Qu'il vînt. 
Que nous vinssions. 
Que \ous vinssiez. 
Qu'ils vinssent. 



XIV TABLEAU DE LA CONJUGAISON 

VETÎBE VÊTIR. 

Temps primitifs : vêtir ^ vêtant, vêtu 



vêtis. 

INDICATIF. 
Présent. 
Je vêts. 
Tu vêts. 
Il vêt. 

Nous vêtons. . 
Vous vêtez. 
Ils vêtent. 

Imparfait. 
Je vêtais. 
Tu vêtais, etc. 

Futur. 
Je vêtirai. 
Tu vêtiras, etc. 



je vêts , je 

IMPÉRATIF. 

Vêts. 

Vêtons. 

Vêteï. 

SUBJONCTIF. 

Présent. 

Que je vête. 
Que lu vêtes, etc. 

Iç()parfait. 

Que je vêtisse. 
Que lu vêtisses, etc. 



Troisième conjuguai son. 

VERBE MOUVOIR. 
Temps primitifs : mouvoir, mouvant, mil, je meus, 
je mus. 



INDICATIF. 


IMPÉRATIF. 


Présent. 


Meus. 


Je meus. 


Mouvons. 


Tu meus. * 


Mouvez, 


11 meut. 




Nous mouvons. 


SUBJONCTIF. 


Vous mouvez. 


Présent. 


Ils meuvent. 




Passé défini. 


Que je meuve. 


.(e mus. 


Que tu mpuves. 


Futur. 


Qu'il meuve. 




Que nous mouvions. 


Je mouvrai. 




Tu mouvras, etc. 


Que vous mouviez. 
Qu'ils meuvent. 


CONDITIONNEL. 




Présent. 


Imparfait. 


Je mouvrais. 


Que je musse. 


Tu mouvrais, etc. 


Que tu musses, etc. 


VERBE AVOIR. 


Temps primitifs : avoir, ayant, eu, j'ai, j'eus. 


INDICATIF. 


IMPÉRATIF. 


Présent. 


Aie. 


J'ai. 


Ayons. 


Tuas. 
Il a. 

Nous avons. 


Ayez. 


SUBJONCTIF. 


Vous avez. 


Présent. 


Ils ont. 


Que j'aie. 


Imparfait. 


Que tu aies. 


J'avais. 


Qu'il ait. 


Passé défini. 


Que nous ayons. 


J'eus. 


Que vous ayez. 


Futur. 


Qu'ils aient. 


J'aurai. 


Imparfait. 


CONDITIONNEL. 


Que j'eusse. 


J'aurais. 


Que tu eusses, etc. 


VERBE POURVOIR. 


Temps primitifs : pourvoir, pourvoyant, pourvu^ 


je pourvois, je pourvus. 




INDICATIF. 




Présent. 


Nous pourvoyons, . 


Je pourvois. 


Vous pourvoyez. 


Tu pourvois. 


Ils pourvoient. 


Il pourvoit. 





Que nous pourvoyions. 
Que vous pourvoyiez. 
Qu'ils pourvoient. 



Imparfait. 
Que je pourvusse, etc. 



Imparfait. 
Je pourvoyais, etc. 

Futur. 
Je pourvoirai, etc. 

SUBJONCTIF. 
Présent. 
Que je pourvoie. 
Que tu pourvoies. 
Qu'il pourvoie. 

VERBE POUVOIR. 

Temps primitifs : pouvoir, pouvant 
on je puis, je pus. 

INDICATIF. 
Présent. 
Je peux ou Je puis. 
Tu peux. 



11 peut. 

Nous pouvons. 
V'ous pouvez. 
Ils peuvent. 

Futur. 
Je pourrai. 
Tu pourras, etc 



pu, je peux 

CONDITIONNEL. 
Présent. 
Je pourrais. 
Tu pourrais, etc. 

Point d'impératif, 

SUBJONCTIF. 
Présent. 
Que Je puisse. 



Que lu puisses, etc. 

VERBE PRÉVALOIR. 
Temps primitifs : prévaloir, prévalant, prévalu, 
je prévaux, je prévalus. Il se conjugue cofnme valoir, 
excepté au présent du . subjonctif, où il fait réguliè- 
rement : que je prévale, que tu prévales, e\ç. 



VERBE ASSEOIR. 
Temps primitifs : asseoir, asseyant, assis, 
sieds, j'assis. 



j as- 



INDICATIF. 
Présent. 
J'assieds. 
Tu assieds. 
11 assied. 
Nous asseyons. 
Vous assoyez. 
Ils asseyent. 

On dit encore : 
J'assois. 
Tu assois. 
Il assoit. 
Nous assoyons. 
Vous assoyez. 
Ils assoient. 

Imparfait. 
J'asseyais ou j 'assoyais,etc. 

Futur. 

J'assiérai, ou j'asseyerai, 
ou j'assoirai, etc. 



CONDITIONNEL. 

Présent. 

J'assiérais , ou j'assf^ye- 

rais, ou j'assoirais. 

IMPÉRATIF. 

Assieds ou assois. 
Asseyons ou assoyons. 
Asseyez ou assoyez. 

SUBJONCTIF. 
Présent. 
Que j'asseye ou que j'as- 
soie, etc. 

Imparfait. 
Que j'assisse, etc. 

PARTICIPE. 

Présent. 

Asseyant ou assoyant. 



VERBE SAVOIR. 
Temps primitifs: savoir, sachant, su, je sais, je sug- 



INDICATIF, 

Présent. 
Je sais. 
Tu sais. 
Usait. 

Nous savons. 
Vous savez. 
Ils savent. 

Imparfait. 
Je savais, etc. 



Futur. 
Je saurai, etc. 

CONDITIONNEL. 
Présent. 
Je saurais, etc. 

IMPÉRATIF, 

Sache. 

Sachons. 

Sachez. 



DES VERBES FRANÇAIS. 



XV 



Présent. 



VERBE VALOIR. 
Temps primitifs : valoir, valant, valu, je vaux, 
je valus. 

INDICATIF. CONDITIONNEL. 

Présent. 

Je vaudrais, etc. 

^« ^■^"^- Point d'impératif. 

Tu vaux. "^ 

Il vaut. SUBJONCTIF. 

Nous valons. Présent. 

Vous valez. Que je vaille, 

ils valent. Que *" vailles. 
Qu'il vaille. 

Futur. Q^,g jjQyg valions. 

Je vaudrai. Que vous valiez. 

Tu vaudras, etc. Qu'ils Taillent. 

VERBE VOIR. 
Temps primitifs : voir, voyant, vu, je vois, je vis. 
Futur. CONDITIONNEL. 

Je verrai. Je verrais. 

Tu verras, etc. Tu verrais, etc. 

VERBE VOULOIR. 

Temps primitifs : vouloir, voulant, voulu, je veux, 

je voulus. 

INDICATIF. IMPÉRATIF. 

Présent. Veux. 

Je veux. Voulons. 

Tu veux. Voulez. 

^\ ^6"*- On dit aussi : 

Nous voulons. 

Vous voulez. 

Ils veulent. 

Futur. 

Je voudrai. 

Tu voudras, etc. 



CONDITIONNEL. 

Présent. 

Je voudrais. 

Tu voudrais, etc. 



Veuille. 

Veuillons. 

Veuillez. 

SUBJONCTIF. 
Présent. 
Que je veuille. 
Que tu veuilles. 
Qu'il veuille. 
Que nous voulions. 
Que vous vouliez. 
Qu'ils veuillent. 



Quatrième conjtig^aison. 

VERBE ÊTRE. 
Temps primitifs : être, étant, été, je suis, je fus. 
INDICATIF. CONDITIONNEL, 

présent. Je serais. 

Tu serais, etc. 



Je suis. 
Tu es. 
Il est. 

Nous sommes. 
Vous êtes. 
Ils sont. 

Imparfait. 
J'étais. 
Tu étais, etc. 

Passé défini. 
Je fus. 
Tu fus. 
11 fut. 

Nous fûmes. 
Vous fûtes. 
Ils furent. 

Futur. 
Je serai. 
Tu seras, etc. 



IMPÉRATIF. 

Sois. 

Soyons. 

Soyez. 

SUBJONCTIF. 
Présent. 
Que je sois. 
Que tu sois. 
Qu'il soit. 
Que nous soyons. 
Que vous soyez. 
Qu'ils soient. 

Imparfait. 

Que je fusse. 
Que tu fusses, etc. 



VERBE BATTRE. 

Temps primitifs : battre, battant, battu, je bats, 
je battis. 

INDICATIF. 
Présent. Nous battons. 

Je bats. Vous battez. 

Tu bats. Ils battent. 

Il bat. 

VERBE BOIRE. 
Temps primitifs : boire, buvant, bu, je bois, je bus. 

INDICATIF. SUBJONCTIF. 

Présent. Présent. 

Je bois. Que je boive. 

Tu bois. Que tu boives. 

Il boit. Qu'il boive. 

Nous buvons. Que nous buvions. 

Vous buvez. Que vous buviez. 

Ils boivent. Qu'ils boivent. 

VERBE CIRCONCIRE. 

Temps primitifs : circoncire, circoncisant, cir- 
concis, je circoncis, je circoncis. Ces temps primitifs 
étant connus, ce verbe se conjugue sans difficulté. 

VERBE CONCLURE, 

Temps primilifs : conclure, concluant, conclu, je 
conclus, je conclus. 

VERBE CONFIRE, 

Temps primitifs : confire, confisant, confit, je 
confis, je confis. 

VERBE COUDRE. 

Temps primitifs : coudre, cousant, cousu, je couds 
je cousis. 

INDICATIF. 
Présent. 
Je couds. 
Tu couds. 
Il coud. 
Nous cousons. 
Vou» cousez. 
Ils cousent. 

VERBE CROIRE. 
Temps primitifs : croire, croyant, cru, je crois, 
je crus. 

INDICATIF. IMPÉRATIF. 

Présent. 

Je crois. Crois. 

Tu crois. Croyons. 

Il croit. Croyez. 
Nous croyons. 

Vous croyez. SUBJONCTIF. 

Ils croient. 

Futur. 

Je croirai. Qne je croie. 

Tu croiras, etc. Que tu croies. 
CONDITIONNEL. Qu'il croie. 

Présent. Que nous croyions. 

Je croirais. Que vous croyiez. 

Tu croirais, etc. Qu'ils croient. 

\m^E CROITRE. 
Temps primitifs ; croître, croissant, crû, je croîs, 
je crûs. 



IMPÉRATIF. 



Couds. 

Cousons. 

Cousez. 



Présent. 



INDICATIF. 
Présent. 
Je croîs. 
Tu croîs. 
Il croît. 



Nous croissons. 
Vous croissez. 
Ils croissent. 



VERBE DIRE. 
Temps primitifs : dire^ disant, dit, je dis, je dis. 

INDICATIF. 
Présent. Nous disons. 

Je dis. Vous dites. 

Tu dis. Ils disent. 

Il dit. 

Remarque : dédire, contredire, interdire, médire 
et prédire font vous dédisez, voiis contredisez, vous 
médisez, vous prédisez. Partout ailleurs ils se con- 
juguent comme dire, 

VERBE ÉCRIRE. 
Temps primitifs : écrire, écrivant, écrit, j'écris, 
j'écrivis. 

INDICATIF. 
Présent. Nous écrivons. 

J'écris. Vous écrivez. 

Tu écris. Ils écrivent. 

11 écrit. 

VERBE EXCLURE. 
Temps primitifs : exclure, excluant, exclu, j'ex- 
clus, j'exclus. 

VERBE FAIRE. 
Temps primitifs : faire, Jaisani , fait, je fais, je fis. 



mettre, mettant, mis, je mets, 



Nous mettons. 
Vous mettez. 
Ils mettent, etc. 



TABLEAU DE LA CONJUGAISON 

VERBE METTRE. 
Temps primitifs 
je mis. 

INDICATIF. 
Présent. 
Je mets. 
Tu mets. 
Il met. 

VERBE MOUDRE. 
Temps primitifs : moudre, moulant, moulu, je 
mouds, je moulus. 

INDICATIF. 
Présent. 

Je mouds. 
Tu mouds. 
11 moud. 
Nous moulons. 
Vous moulez. 
Ils moulent. 



INDICATIF. 
Présent. 
Je fais. 
Tu iais. 
Il fait. 

Nous taisons. 
Vous faites. 
Ils font. 

Fntor. 
Je ferai. 
Tu feras, etc. 



CONDITIONNEL. 
Présent . 
Je ferais. 
Tu lerais, etc. 

SUBJONCTIF. 
Présent. 
Que je fasse. 
Que tu lasses, etc. 



VERBE JOINDRE. 
Temps primitifs -.joindre, joignant, joint, je joins, 
jejoignis. 



INDICATIF. 




Présent. 

Je joins. 
Tu joins. 
U joint. 


Nous joignons 
Vous joignez. 
Ils joignent. 



VERBE LIRE. 
Temps primitifs : lire, lisant, lu, je lis, je lus. 
INDICATIF. 



Présent. 



Nous lisons. 
Vous lisez. 
Ils lisent, etc. 



Je lis. 
Tu lis. 
mit. 

VERBE MAUDIRE. 
Temps primilils ; maudire, maudissant, maudit, 
je maudis, je maudis, 

INDICATIF. 
Présent. 
Je maudis. 
Tu maudis. 
Il maudit. 



Nous maudissons. . 
Vous maudissez. 
Us maudissent, etc. 



IMPÉRATIF. 



Mouds. 

Moulons. 

Moulez. 



VERBE NAITRE. 
Temps primitifs : naître, naissant, né, je nais, je 
naquis. 

VERBE NUIRE. 
Temps primitifs : nuire, nuisant, nui, je nuis, je 
nuisis. 

VERBE PRENDRE. 
Temps primitifs : prendre, prenant, pris, je prends^ 
je pris. 



INDICATIF. 
Présent. 
Je prends. 
Tu prends. 
11 prend. 
Nous prenons. 
V'ous prenez. 
Ils prennent. 



SUBJONCTIF. 
Présent. 
Que je prenne. 
Que tu piennes. 
Qu'il prenne. 
Que nous prenions. 
Que vous preniez. 
Qu'ils prennent. 



VERBE REPONDRE. 
Temps primitifs : répondre, répondant, répondu^ 

je réponds, je répondis. 

INDICATIF. 

Présent, Nous répondons. 

Je réponds. Vous répondez. 

Tu réponds. Ils répondent. 

Il répond. 

VERBE RÉSOUDRE. 

Temps primitifs : résoudre, résolvant, résous et 
résolu, je résous, je résolus. 

INDICATIF. 



Nous résolvons. 
Vous résolvez. 
Ils résolvent, etc 



Présent. 
Je résous. 
Tu résous. 
Il résout. 

VERBE RIRE. 
Temps primitifs : rire, riant, ri, je ris, je ris. 

VERBE ROMPRE. 

Temps primitifs : rompre, rompant^ rompu, je < 
romps, je rompis. 

INDICATIF. 
Présent. 
Je romps. 
Tu romps. 
11 rompt. 



Nous rompons. 
Vous rompez. 
Ils rompent; etc. 



DES VERBES FRANÇAIS. 



XVII 



VERBE SUFFIRE. 

Temps primitifs : siijUire, suffisant, suffi, je suffis, 
je suffis. 

YERDE TAIRE. 
Temps primitifs : taire, taisant, tu, je tais, je tus. 

VERBE SUIVRE. 
Temps primitifs : suivre, suivant, suivi, je suis, 
je suivis. 

VERBE VAINCRE. 

Temps primitifs : vaincre, vainquant, vaincu, je 
vaincs, je vainquis. 

INDICATIF. 

Présent. Nous vainquons. 

Je vaincs. Vous vainquez. 

Tu vaincs. Jls vainquent. 

11 vainc. 

VERBE VIVRE. 
Temps primitifs : vivre, vivant, vécu, je vis, je 
vécus. 

INDICATIF. 

Présent. Nous vivons. 

Je vis. Vous vivez. 

Tu vis. Ils vivent, etc. 

11 vit. 



111. - VERBES DEFECTIFS. 

On appelle verbes défectifs ceux qui manquent de 
quelques-uns de leurs temps ou de quelques per- 
soimes. 

Il y a plus de soixante verbes défectifs , mais la 
plupart d'entre eux sont de vieux mots rarement 
employés; nous ne donnons ici que les plus usités. 

Première eoiiJiig;aison. 

Puer. Ce verbe n'est usité qu'à l'infinitif, au pré- 
sent de l'indicatif : je pue, tu pues, il pue, nous 
puons, vous puez, ils puent ; à Timparfait : je puais, 
etc.; au futur : je puerar, etc.; au conditionnel : je 
puerais, etc.; au présent du subjonctif : que je 
pue, etc.; et au participe présent : puant. 

DeuiLÎèine eoiijn Raison. 

Gésir (être couché, étendu). Ce verbe n'est usité 
qu'à la 3® personne du singulier du présent de l'in- 
dicatif, il gît, ci-git; au parlicipe présent, gisant; 
au pluriel du présent de l'indicatif : nous gisons, 
vous gisez, ils giscnl; e-t à l'imparfait : je gisais, tu 
gisais, etc. 

Ouïr (entendre). « On ne se sert aujourd'hui 
presque jamais de ce verbe qu'à l'infinitif et aux 
temps formés du participe ouï et du verbe avoir {Xc.) » 
Cependant le Dictionnaire de l'Académie donne les 
formes suivantes, que l'on trouve dans les anciens 
auteurs; indicatif présent : j'ois, tu ois, il oit, tious 
oyons, vous oyez, ils oient. — Imparfait : j'oyais, etc. 
— Passé défini : j'ouïs, tu ouïs, etc. — Futur : 
j'oirai, etc. — Conditionnel : /oirafs, etc. — Im- 
pératif : ois, OJjons, oyez. — Subjonctif présent : 
que /oie ou que j'oye, etc. — Imparfait : que j'ouïsse, 
que tu ouïsses, etc. — Parlicipe présent : oyant. 

Quérir (aller chercher, venir prendre). Ce verbe 
ne s'emploie qu'à l'infinitif présent. 



Troisième conjugaison. 



Choir (tomber). Il n'est usité qu'au présent de 
l'infinitif el au participe passé, chu, chue. 

Décdoir. « Point de parlicipe présent, d'impar- 
fait de l'indicatif ni d'impératif. (Âc.) « Les autres 
temps se conjuguent ainsi; indicatif présent ; je 
déchois, tu déchois, il déchoit, nous déchoyons, vous 
déchoyez, ils déchoient. — Passé défini : je déchus, 
etc. — Futur : je décherrai, etc. — Conditionnel : 
je décherrais, etc. — Subjonctif présent : que je 
déchoie, que tu déchoies, qu'il déchoie, que nous dé- 
choyions, que tous déchoyiez, qu'ils déchoient. — 
Imparfait :■ que je déchusse, etc. — Participe passé : 
déchu, déchue. Les temps composés prennent être 
ou avoir. 

Échoir. « Au présent de Tindiçalif, il n'est guère 
usité qu'à la 3^ personne du singulier : il échoit, 
qu'on prononce et qu'on écrit même quelquefois il 
échet. — Passé défini : j'échus, etc. — Futur : /é- 
cherrai, etc. — Conditionnel : j'écherrais, etc. — 
Imparfait du subjonctif : que j'échusse, etc. — Par- 
ticipe présent : échéant. — Participe passé : échu, 
échue (Ac.) » Les temps composés prennent l'auxi- 
liaire être. 

Falloir. « Verbe impersonnel. Il n'a ni impératif 
ni participe présent (Ac.) « Indicatif présent : il faut. 

— Imparfait : il fallait. — Passé défini : il fallut. 

— Futur : il faudra. — Conditionnel : il faudrait. 

— Subjonctif présent : qu'il faille. — Imparfait : 
qu'il fallût. — Parlicipe passé : fallu; pas de fé- 
minin. 

Ravoir. Il n'est usité qu'à l'infinitif. 

Seoir (être convenable). Il n'est plus d'usage à 
l'infinitif, et ne s'emploie qu'aux 3^" personnes des 
temps suivants; indicatif présent : il sied, ils siéent. 

— Imparfait : il seyait. — Futur : il siéra, ils sié- 
ront. — ^ Conditionnel : il siérait, ils siéraient. L'A- 
cadémie donne aussi le parlicipe présent seyant. 

Quatrième conjugaison. 

Absoudre. Ce verbe n'a point de passé défini ni 
d'imparfait du subjonctif. Indicatif présent -.j'absous, 
tu absous, il absout, nous absolvons, vous absolvez^ 
ils absolvent. — Imparfait : j'absolvais, etc. — 
Futur : j'absoudrai, etc. — Conditionnsl : j' absou- 
drais, eic. — Impératif: absous, absolvons, absolvez. 

— Subjonctif présent : que f absolve, etc. — Parti- 
cipe présent : absolvant. — Parlicipe passé : absous, 
absoute. — Dissoudr? se conjugue de même. 

Accroire. Ce veiLa ne s'emploie qu'à l'infinitif. 

Braire. « On ne l'emploie guère qu'à l'infinitif et 
aux 3^8 personnes du présent de l'indicatif : il brait, 
ils braient; du futur : // braira, ils brairont; et du 
conditionnel : il brairait, ils brairaient (Ac.) » 

Bruire. « 11 n'est guère usité qu'à l'infinitif, à 
Ia3<^ personne du singulier du présent de l'indicatif: 
77 bruit; et aux 3®® personnes de l'imparfait : // 
bruyait, ils bruyaient (Ac.) » — Bruyant n'est point 
participe, mais adjectif. • 

Clore. 11 est usité au singulier de l'indicatif pré- 
sent : je clos, tu clos, il clôt; au futur : je clo- 
rai, etc.; au conditionnel : je clorais, etc.; au par- 
licipe passé : clos, close, et à tous les temps com- 
posés. 

Éclore. Ce verbe n'est usité qu'à l'infinitif et aux 
3«* personnes des temps suivants : indiK',atif présent, 
il éclôt, ils éclosent; futur : ?7 éclôra, ils éclûronl; 
conditionnel : // éclôrait, ils éclôraient; subjonctif 



xvm 

présent ; qu'il éclose, qu'ils éclosent. Il n'a point de 
participe présent. Le participe passé est éclos, éclose. 
Les temps composés prennent l'auxiliaire être; ils 
sont tous usités, mais seulement aux S*** personnes. 

FoRFAiRE. lln'eslusitéqu'àrinfinitif et aux temps 
composés qui prennent avoir : j'ai forfait, etc. 

Frire. Outfe l'infinitif, il n'a que le singulier 
du présent de l'indicatif : je fris, tu fris, il frit; le 
futur : je frirai, tu friras, etc.; le conditionnel pré- 
sent : jefriraiSi etc.; la 2* personne du singulier de 
l'impératif: fris; et les temps composés. On l'em- 
ploie presque toujours avec le verbe fixire. 

Luire. Le passé défini, l'impératif et l'imparfait 
au subjonctif manqueîit. Indicatif présent : je luis, 
tu luis^ etc.; imparfait ; je luisais, etc.; futur : je 
luirai, etc.; conditionnel : je luirais, etc.; subjonctif 
présent : que je luise, etc.; participe présent : lui- 
sajït; participe passé : lui; pas de féminin. Reluire 
et entreluire ne sont guère usités qu'à l'infinitif. 

Occire (tuer). Il n'est usité qu'à l'infinitif, au par- 
ticipe passé, occis, occise, et aux temps composés. 



TABLEAU DE LA CONJUGAISON 



Paître. Il n'a ni passé défini, ni imparfait du sub- 
jonctif, ni temps composés. Indicatif présent : je pais, 
tu pais, il paît; notes paissons, vous paissez, ils pais- 
sent ; futur : je paîtrai, etc.; conditionnel : je paî- 
trais, etc.; impératif : pais, paissons, paissez; sub- 
jonctif présent : que je paisse, etc.; participe pré- 
sent : paissant; participe passé : pu (usité seulement 
comme terme de fauconnerie). Son composé repaître 
n'est point défectif. 

Poindre. Ce verbe, qui signifie commencer à pa- 
raître, en parlant du jour, ne s'emploie qu'à l'inli- 
nitif et à la 3^ personne du futur : // poindra. 

Traire. Le passé défini et l'imparfait du subjonctif 
manquent. Indicatif présent : je trais, tu trais, il 
trait; nous trayons, vous trayez, ils traient; impar- 
fait : je trayais, etc.; futur : je trairai, etc.; condi- 
tionnel : je trairais, etc.; impératif: irais, trayons, 
trayez; subjonctif présent : que je traie, etc.; parti- 
cipe présent : trayant; participe passé : trait, traite. 
Conjuguez de même tous ses composés : abstraire-, 
distraire, soustraire, etc. Quanta affraire, il ne s'em- 
ploie qu'à l'infinitif: attrayant. 



IV. - VERBES PASSIFS. 

Il n'y a qu'une cottjugaison pour les verbes passifs : elle se compose de l'auxiliaire être dans tons ses 
temps, et du participe passé du verbe actif que l'on veut conjuguer passivement ; ce participe passé s'ac- 
corde en gçnre et en nombre avec le sujet du verbe. 

Voici un modèle qui servira pour toutes les conjugaisons. 



INDICATIF. 




Nous eûmes élé ; 


aimés 


Passé. 




Présent. 




Vous eûtes été , 
Ils ou elles eurent élé 


ou 


J'aurais été 


1 aimé 


Je suis 


aimé 


aimées. 


Tu aurais été 


[ ou 


Tu es 


ou 






Il ou elle aurait été 


\ aimée. 


Il ou elle est 


aimée. 


Plus-que-parfait. 




Nous aurions été 


1 aimés 


Nous sommes 


aimés 


J'avais été j 


aimé 


Vous auriez été 


> ou 


Vous êtes 


ou 


Tu avais été 


ou 


Ils ou elles auraient été 


1 aimées. 


11^ ou elles sont 


aimées. 


11 ou elle avait été ' 
Nous avions été ] 


aimée, 
aimés 


On dit aussi : 




imparfait. 




Vous aviez élé 


ou 


J'eusse élé 


aimé 


J'étais 


aimé 


Ils ou elles avaient été ] 


aimées. 


Tu eusses été 


ou 


Tu étais 


ou 
aimée. 






Il ou elle eût été 


aimée. 


Il ou elle était 


Futur. 




Nous eussions été 


aimés 


Nous étions 
Vous étiez 


aimés 


Je serai j 


aimé 


Vous eussiez été 


ou 


ou 


Tu seras 


ou 


Ils ou elles eussent élé. 


aimées. 


lis ou elles étaient 


aimées. 


11 ou elle sera ] 


aimée. 










Nous serons J 


aimés 


IMPÉRATIF. 




Passé défini. 










1 • » 






Vous serez > 


ou 




j aune 


Je fus 


aimé 


Ils ou elles seront ] 


aimées. 


Sois 


ou 


Tu fus 


• ou 








\ aimée. 


11 ou elle fut 


aimée. 


Futur antérieur. 






1 aimés 


Nous fûmes 


aimés 
■ ou 


J'aurai été j 


aimé 


Soyons 


> on 


Vous fuies 


Tu auras élé 


ou 


Soyez 


aimées 


Ils ou elles furent 


aimées. 


11 ort elle aura été ' 


aimée. 




1 


Passé indéfini. 




Nous aurons été , 


aimés 


SUBJONCTIF. 




J'ai été 

Tu as été 




Vous aurez été 


ou 


Présent. 




aimé 


II» «Ml elles auront été ' 


aimées. 


Que je sois 


aimé 


• ou 






Que tu sois 


ou 


11 ou elle a été 


aimée. 


CONDITIONNEL 




Qu'il ou qu'elle soit 


aimée. 


Nous avons été 


aimés 


Présent. 




Que Jiuus soyons 


aimés 


Vous avez été 


ou 






Que vous soyez 

Qu'ils ou qu-'elles soient 


• ou 


llsoM elles ont été 


\ aimées. 


Je serais 


aimé 


aimées. 






Tu serais 


ou 




Passé antérieur. 




11 ou elle serait 


aimée. 


Imparfait. 




J-'eus élé 


aimé 


Nous serions 
Vous sciiez 


aimés 


Que je fusse 


aimé 


Tu eus élé 


• ou 


ou 


Que tu fusses 


• ou 


11 ou elle eut été 


aimée. 


lis ou elles seraient. 


aimées. 


Qu'il ou qu'elle fût 


aimée. 



/ 



Que nous fussions ] aimés 

Que vous fussiez > ou 

Qu'ils ou qu'elles fussent ) aimées. 

t Passé. 

;Que j'aie élé ) aimé 

'Que tu aies été > on 

'Qu'il ou qu'elle ail été ) aimée. 

'Que nous ayons été ) aimés 

Que vous avez été > ou 
i^) l'ilsouqu'ellesaienlété ) aimées. 



Di:S VKllBl'S FRANÇAIS. 

Plus-qr.e-parfait. 

Que j'eusse élé 

Que lu eusses élé 

Qu'il ou qu'elle eût élé 

Que nous eussions élé 

Que Aous eussiez élé 

Qu'ils OH qu'elles eussenléléjaimées 

INFINITIF. 

Présent. 
ÈlreaiméoM aimée, aimés OM aimées. 




Passé. 

Avoir élé aimé ou aimée, aimés om 
aimées. 

PARTICIPE. 
Présent. 
Étant aimé ou aimée, aimés ou 
aimées. 

Passé. 
Ayant élé aimé ou aimée, aimés ou 
aimées. • 



\ V. — VERBES NEUTRES. 

Les temps simples des verbes neutres sont en tout 
conformes aux modèles des quatre conjugaisons que 
nous avons donnés. 

Les temps composés se conjuguent, pour certains 
virbes, avec rauxiliaireoyo/r; pour certains autres, 
avec l'auxiliaire eire. Nous indiquerons rapidement 
ces deux sortes de conjugaisons. 



Verbe neutre conjugué avec l'auxiliaire avoir. 

INDICATIF. 
Présent. 



Je languis. 

Tu languis, etc. 

Imparfait. 
Je languissais. 
Tu languissais, etc. 
Passé défini. 
Je languis. 
Tu languis, etc. 

Passé indéfini. 
J'ai langui. 
Tu as langui, etc. 

Passé antérieur. 
J'eus langui. 
Tu eus langui, etc. 
Plus-que-parfait, 
'avais langui. 
Tu avais langui, etc. 

Futur. 

Je languirai. 

Tu languiras, etc. 

Futur antérieur. 
J'aurai langui. 
Tu auras langui, etc. 

CONDITIONNEL. 
Présent. 

Je languirais. 

Tu languirais, etc. 



Passé. 
J'aurais langui. 
Tu aurais langui, etc. 

On dit aussi : 
J'eusse langiii. 
Tu eusses langui, etc. 

SUBJONCTIF. 
Présent. 
Que je languisse. 
Que lu languisses, etc. 

Imparfait. 
Que je languisse. 
Que tu languisses, etc. 

Passé. 
Que j'aie langui. 
Que tu aies langui, etc. 

Plus-que -parfait. 
Que j'eusse langui. 
Que tu eusses langui, etc. 

INFINITIF. 
Présent. 
Languir. 

Passé. 

Avoir langui. 

PARTICIPE. 
Présent. 
Languissant. 

Passé. 
Ayant langui. 



Verbe neutre conjugué avec l'auxiliaire être. 
Passé indéfini. 



INDICATIF. 
Présent. 
j Je pars. 
'Tu pars, etc. 

Imparfait. 
Je partais. 
Tu partais, etc. 

Passé défini. 
Je partis. 

rlis, etc. 



I 



Je suis parti ou partie. 
Tu es parti ou partie, etc. 

Passé antérieur. 
Je fus parti ou partie. 
Tu fus iiarli om partie, etc. 

Plus-que-parfait. . 

J'étais parti ou partie. 
Tu étais parti om partie, etc. 



Futur. 
Je partirai. 
Tu partiras, etc. 

Futur antérieur. 
Je serai parti om partie. 
Tu seras parti OMpartie.etc. 

CONDITIONNEL. 
Présent. 
Je partirais. 
Tu partirais, etc. 

Passé. 
Je serais parti ou partie. 
Tu serais parti om par- 
tie, etc. 

On dit aussi : 
Je fusse parti om partie. 
Tu fusses parti om par- 
tie, etc. 

IMPÉRATIF. 

Pars. 

Partons. 

Partez. 

SUBJONCTIF. 
Présent. 
Que je parle. 
Que tu parles, etc. 



Imparfait 

Que je partisse. 
Que tu partisses, etc. 

Passé. 
Que je sois parti om partie. 
Que tu sois parti om par- 
tie, etc. 

Plus-que -parfait. 

Que je fusse parti om partie. 
Que tu lusses parti om par- 
tie, etc. 

INFINITIF. 
Présent. 
Partir. 

Passé. 
Être parti. 

PARTICIPE. 
Présent. 

Partant. 

Passé. 
Étant parti ou partie. 



VL — VERBES PRONOMINAUX. 

On appelle verbes pronominaux ceux qui se con- 
juguent avec dèUx pronoms de la même personne. A 
l'infinitif, ces verbes prennent le pronom se. 

En voici un exemple qui servira pour les quatre 
conjugaisons : 



INDICATIF. 
Présent. 

Je me repens. 

Tu te repens. 

Il ou elle se repent. 

Nous nous repentons. 

Vous vous repentez. 

Ils om elles se repentent 

Imparfait. 
Je me repentais, etc. 

Passé défini. 
Je me repentis, etc. 
Passé indéfini. 



Plus-que-parfait. 
Je m'étais rep.înti ou re- 
pentie, etc. 
Futur. 
Je me repentirai, etc. 

Futur antérieur. 
Je me serai repenti ou re- 
pentie, etc. 

CONDITIONNEL. 
Présent. 
Je me repentirais, etc. 
Passé. 



Je me suis repenti ou re- ^^ miserais repenti oui 
penlie, etc. P^^^^^' ^^'^ 

Passé antérieur. On dit aussi : 

Je me fus repenti om re- Je me fusse repenti om i 
pentie, etc. penlie, etc. 



XX 



TABLEAU DE LA CONJUGAISON DES VERBES FRANÇAIS. 



IMPÉRATIF. 



Repcns-toi. 

Repentons-nous. 

Repentez-vous. 

SUBJONCTIF. 
Présent. 
Que je me repente, etc. 

Imparfait. 

Que je me repentisse, etc. 

Passé. 

Que je me sois repenti ou 
repentie, etc. 



Plus-que-parfait. 

Que je nie fusse repenti ou 
repentie, etc. 

INFINITIF. 
Présent. 

Se repentir. 

Passé. 
S'être repenti ou repentie. 

PARTICIPE. 

Présent. > 

Se repentant. 

Passé. 
S'étantrepenti ou repentie. 



VU. 



VERBES IMPERSONNELS. 



On appelle verbes imp^sonnels ou unipersonnels 
ceux qui ne^se conjuguent qu'à la 3® personne du 
singulier, et qui ont pour sujet le pronom il, pris 
dans un sens indéterminé. 

Les verbes impersonnels prennent pour modèles 
de leur conjugaison les verbes des quatre conjugai- 
sons que nous avons donnés ; ainsi il résulte se con- 
jugue sur aimer; il convient suryîn/r, etc. 

Voici un modèle qui servira pour les quatre con- 
jugaisons : 

PLEUVOIR. 

SUBJONCTIF. 
Présent. 
Qu'il pleuve. 



VERBE 

INBICATIF. 
Présent. 
11 pleut. 

Imparfait. 
Il pleuvait. 

Passé défini. 
Il plut. 

Passé indéfini. 
11 a plu. 

Passé antérieur. 
Il eut plu. 

Plus-que-parfait. 
Il avait plu. 

Futar. 
Il pleuvra. 

Futur passé. 
Il aura plu. 

Point d'impératif. 



Imparfait. 

Qu'il plût. 

Passé. 
Qu'il ait plu. 

Plus-que-parfait. 
Qu'il eût plu. 

INFINITIF. 

Présent. 

Pleuvoir. 

Passé. 

Avoir plu. 

PARTICIPE. 
Présent. 
Pleuvant. 

Passé. 
Ayant plu. 



VIII. — VERBES CONJUGUES SOUS LA FORME 
INTERROGATIVE. 

Nous finirons le tableau de la conjugaison des 
verbes français en donnant un modèle de verbe con- 
jugué sous la forme inlerrogative. Celle manière de 



conjuguer ne peut avoir lieu qu'aux temps de l'indi- 
catif et du conditionnel. 



INDICATIF. 
Présent. 
Chanté-je? 
Chantes-tu? 
Chante-t-il? 
Chantons-nous? 
Chantez-vous? 
Chantent-ils? 

Imparfait. 
Chantais-je? 
Chantais-lu.î» 
Chantait-il? 
Chantions-nous? 
Chantiez-vous? 
Chantaient-ils.^ 

Passé défini. 
Chantai-je? 
Chantas-tu? 
Chanta-t-il? 
Chantâmes-nous? 
Chantàtes-vous? 
Chantèrent-ils? 

Passé indéfini. 
Ai-je chanté? 
As-tu chanté? 
A-t-il chanté? 
Avons-nous chanté? 
Avez-vous chanté? 
Ont-ils chanté.!» 

Passé antérieur. 
Eus-jc chanté.'* 
Eus -lu chanté? 
Eut-il chanté? 
Eûmes-nous chanté? 
Eûtes-vous chanté? 
Eurent-ils chanté? 

Plus-que -parfait . 
Avais-je chanté? 
Avais-tu chanté? 
Avait-il chanté? 



Avions- nous chanté? 
Aviez-vous chanté? 
Avaient-ils chanté? 

Futur. 
Chanterai-je? 
Chante ras- tu? 
Chantera-t-il? 
Chanterons-nous? 
Chanlerez-vous? 
Chanteront-ils? 

Futur passé. 
Aurai-je chanté? 
Auras-tu chanté? 
Aura-t-il chanté? 
Aurons-nous chanté? 
Aurez-vous chanté? 
Auront-ils chanté? 

CONDITIONNEL. ^ 
Présent. 

Chanterais-je? 

Chanterais- tu? 

Chanlerail-il? 

Chanterions-nous? 

Chanteriez-vous? 

Chanteraient-ils? 

Passé. 
Aurais-je chanté? 
Aurais-tu chanté? 
Aurait-il chanté? 
Aurions-nous chanté? 
Auriez- vous chanté? 
Auraient-ils chanté? 
On dit aussi : 
Eussé-je chanté? • 
Eusses-tu chanté? 
Eût-il chanté? 
Eussions-nou» chanté? 
Eussiez-vous chanté? 
Eussent-ils chanté? 



Remarques. Lorsque la première personne finit 
par un e muet, comme paimc, on change cet e muet 
en é fermé : chanlé-je, aimé-je. 

On dira de même : eussé-je, de j'eusse; fussé-jc, 
de je fusse; dussé-je, ûe je dusse; puissé-je, de je 
puisse. 

Lorsque la 3« personne du singulier finit par une 
voyelle, on met un t entre le verbe et le pronom 
sujet il, elle; et t est précédé et suivi d'un trait-d'u- 
nion ; exemples : aime-t-il? chant era-t-elle? 

Dans les temps composés, le pronom sujet se place 
après l'auxiliaire : ai-je chanté? auras-tu fini? 

En. général, lorsque la 1*"^ personne du singulier 
du présent de l'indicatif n'est que d'une seule syl- 
labe, on ne l'emploie pas sous la forme inlerrogative. 
Ainsi, au lieu de dire : prends je? vends je? mens- 
je? on dit : est-ce que je prends? est-ce que je vends? 
est-ce que je mens? etc. L'usage autorise cependant : 

■ " que 
sais-je? oi'i vais-je? que vois-je"^ 



puïs-jef viens- je i 
? 



NOUVEAU 



DICTIONNAIRE 

CLASSIQUE 

DE LA LANGUE FRANÇAISE 



A, S. m. înv., 1" lettre de l'alphabet, une des 
voyelles. = G« ton de la gamme naturelle en mu- 
sique. = Il entre dans quelques locutions familières : 
il ne sait ni a 7ti b (Ac.), il ne sait rien. 

À, prép. (combinée avec l'article /e, les, elle forme 
les articles contractés au, aux), répond au datif la- 
tin : donner À un pauvre; marque le lieu, le but : 
aller À Rome, aux Indes, courir À la victoire; le 
temps : je reviendrai À midi; la convenance : À ma 
fantaisie (Mol.), À la mode de Bretagne (Ac); le 
prix : À 20 francs; la mesure : au mètre; l'éloigne- 
ment, la distance, l'intervalle : soustraire au dan- 
ger, il était À dix pas, suivre pied À pied; exprime le 
même rapport que d'autres prépositions (avec, après, 
par, devant, sous, etc.), mais d'une manière moins 
rigoureuse, et s'emploie surtout quand il s'agit d'une 
action -OU d'un état ordinaire, habituel: recevoir À 
bras ouverts, arracher brin À brin (La F.), À V œu- 
vre on connaît l'artisan (Id.), À cet air vénérable les 
meurtriers sont saisis de respect (Volt.), fouler aux 
pieds (Fléch.) = Il signifie aussi de quoi : verser \ 
boire ; des raisons pour : avoir À craindre. = Il est 
quelquefois explétif : aimer À boire. = S'il précède un 
infinitif, il lui donne souvent le sens d'un participe 
présent précédé de en : À vous entendre on croirait, 
en vous entendant. 

§ À, DAXS, EX, marquent le temps et le lieu; mais à 
ne désigne qu'un point, une époque, un but, tandis que les 
deux autres représentent le lieu et le temps comme capables 
de renfermer. Le sens de en est vague et général ; celui dr 
dans, particulier et précis ; aussi met-on rarement l'article 
avec en, et le met-on presque toujours avec dans. 

A, Supers, sing.duprés. de l'ind. du verbe Avoir. 

AAR, riv. de Suisse qui se jette dans le Rhin. 

AARON9 frère aîné de Moïse et grand prêtre des Juifs. 

AB, s. m., onzième mois des Hébreux; dernier mois d'été 
des chrétiens d'Orient. 

ABA, S. m., étofTe de laine dans l'Orient; vête- 
ment de derviche fait de cette étoffe. = Sorte de pa- 
letot turc. 

ABAB, s. m., matelot turc libre, levé quand les 
esclaves ne suffisent pas pour le service. 

ABACA, s. m., sorte de bananier des îles Philip- 
pines. 

ABACUS, s. m. (motlat.), bâton de comman- 
dement des Templiers. 



ABAISSE, s. f., pâte de dessous, du fond, dans 
les pièces de pâtisserie. 

ABAISSEMENT, s. m., action d'abaisser ou de 
s'abaisser ; diminution de hauteur : — du mercure^ 
des eaux. — d'un mur, et par ext. — de la voix. 

— des astres, effet de la réfraction qui les fait pa- 
raître plus bas qu'ils ne sont. — d'une équation , 
réduction à un degré moindre. — de la cataracte, 
manière de l'opérer en abaissant le cristallin. = Di- 
minution de crédit, d'honneur, de puissance : — de 
fortune, de courage (Ac.) Ava7it V — de la puis- 
sance d'Espagne, les catholiques étaient beaucoup plus 
forts que les protestants (Mont.) = Humiliation vo- 
lontaire ou passagère : /' — de Jésus-Christ n'est pas 
une chute, mais une condescendance (Boss.) 

§ ABAISSEMENT, BASSESSE, ABJECTION. Abais- 
sement indique un état transitoire ; il se prend en bonne ou 
en mauvaise part. Bassesse exprime uu état permanent, 
un vice de l'âme ou des sens, et se prend toujours en mauv. 
part : Tabaissement de Marie fait sa gloire (Boss.) Ah! 
quelle bassesse est la vôtre! (Mol.) Abjection est un terme 
plus fort encore que bassesse j il représente un abaissement 
honteux auquel on s'est ou on a été réduit. 

ABAISSER, V. a., mettre plus bas; faire descen- 
dre : — les voiles (Fén.) — une lanterne, et par 
ext. : ordonnez-lui d' — l'œil sur moi (Corn.) 
Il Diminuer la hauteur, la valeur , le prix, la di- 
gnité, la réputation, la puissance : — une muraille. 
La servitude abaisse les hommes (Vauv.) Porseyina 
ABAISSA sa hauteur devant le sénat de Rome (Volt.) 
Avez- vous achevé d' — les grands? (Fén.) — une 
perpendiculaire, la mener à une ligne d'un point pris 
au-dessus. — une équation, la réduire à un degré 
moindre. — une branche, la couper près du tronc. 

— la pâte, l'étendre avec un rouleau pour l'amincir. 
= S' — , V. pr., devenir plus bas : les deux s'abais- 
sent sous tes pieds (La F.) || Manquer â sa dignité : 
voulez-vous que le roi s'abaisse ? (Rac.)= S' — devant, 
s'humilier : quand il verra la première tête du monde 
s' — devant lui (Fléch.) S' — à, descendre jusqu'à : 
5' — à solliciter. == Devenir plus simple : Corneille 
est capable de s' — quand il veut (Rac.) V. Baisser. 

ABAISSEUR, adj. m., se dit des muscles qui 
servent à abaisser l'œil, les lèvres ou toute autre par- 
tie du corps. =: S. m., /-'— de l'œil. 

ABAJOUE) s. f., poche située dans l'épaisseur 

1 



ABA 

des joues de quelques mammifères quadrumanes, 
dans laquelle ils tiennent leurs aliments en réserve. 
= Au pi. grosses joues pendantes ; triv. 

ABALOURDIU, v. a., rendre lourd ; peu us. 

ABANDON, 8. m., action d'abandonner : faii-e 
V — de ses biens à quelqu'un, les lui laisser. =. Élat 
d'une personne ou d'une chose abandonnée : le Ca- 
moeiis mourut dans un — général (Volt. ) || Ou- 
bli de soi , résignation : entier — à la volonté du 
ciel. = Pleine contiance : parler avec un entier — . 
= Négligence aimable dans les manières, dans le 
discours; abondance naturelle. =^ Laisser à V — , 
sans surveillance, en désordre. V. Abandonnement. 

ABANDONNÉ, E, adj., quitté pour toujours ou 
pour longtemps ; désert. |1 Déterminé, impudent : les 
plus ABANDONNÉS Calomniateurs (Pasc.) = Perdu de 
débauche, livré avec excès à une passion ; s'emploie 
quelquefois dans ce dernier sens comme substantif. 

ABANDONNEMENT, S. m., action d'abandon- 
ner entièrement : faire V — de ses biens (Ac), les 
livrer àquel(Hi'un.= État d'une personne complète- 
ment délaissée : vivre dans V — . = Action de se livrer 
avec trop de facilité : entier — à d'indignes favoris 
(Fén.) = Déréglnment excessif : il s'agit de réparer 
une vie d' — (Mass.) 

§ ABANDON, ABANDONNEMENT. Le premier indique 
un état habituel et permanent, |e second un état actuel : on 
languit, on meurt dans un extrême ABt>Dos (Bourd.) Ou 
est laissé dans un étrange abandoxnement (Boss.) 

ABANDONNER, v. a., cesser de garder une 
chose, de l'occuper ou de s'en occuper : — sa 
maison y un projet, ses prétentions, ses droits. — 
les étriers , les laisser échapper. — une ville au 
pillage (Boss.) — le soin d'une affaire. = Quitter, 
délaisser une personne : ils m'ont abandonné (Rac.) 
Les médecins ont abandonné ce malade, ont cessé 
de s'en occuper, désespérant de sa guérison. — une 
chose à quelqu'un, lui permettre d'en faire, d'en dire 
ce qu'il voudra. |1 Renoncer à : — le jeu, une suc- 
cession. = Confier, remettre : abandonnez cela à la 
Providence. =^ Accorder, concéder : je vous aban- 
donne ce point. \\ Manquer : son courage l'a aban- 
donné. = S' — , se livrer : s^ — à la débauche. Mon 
cœur s'abandonne à cette espérance (Sév.) |1 Se con- 
fier : 5' — à la Providence. = Perdre tout courage : 
vous êtes perdu, si vous vous abandonnez. =: Se trop 
négliger dans ses habits , ses manières ou sa con- 
duite. 

§ ABANDONNER, QUITTER, DELAISSER, RE- 
NONCER. Quitter est le terme général ; abandonner se 
dit des choses auxquelles on est naturellement attaché : je 
QDiTTAi mon pays, j'abandonnai mon père (Rac); délais- 
ser signifie proprement laisser seul , ne pas soulager les 
maux de ; renoncer indique un effort, une douleur pour 
quitter: au monde qui la qoittb elle veut renoncer (Mol.) 

ABAQUE, s. m., partie supérieure d'un chapi- 
teau ; table couverte de sable pour tracer des lignes ; 
machine à calculer; échiquier. = Espèce de buffet. 

ABASOURDIR, v. a., étourdir l'oreille ou l'es- 
prit. || Consterner ; fara. : je les vis l'un et l'autre 
atterrés, abasourdis (J.-J.) 

§ ABASOURDI, STUPÉFAIT, PENAUD, ÉMER- 
VEILLÉ, ÉBAHI, ÉBAUBI. Abasourdi et stupéfait 
expriment un étal d'étonuement excessif qui se trahit, dans 
le premier par la consternation, dans le second par la sur- 
prise et l'effroi. On est penaud quand on éprouve, contre 
son attente, le désagrément d'ètfe attrapé, de faire une 
sottise. On est émerveillé d'une surprise agréable ou de 
quelque chose de merveilleux. Ébahi et ébaubi repré- 
sentent l'individu ridiculement stupéfait et témoignant sa 
surprise bouche béante ou en ouvrant de grands yeux. 



ABA 

ABASSI, s. m., monnaie d'argent en Orient, qui 
vaut un peu moins d'un franc. 

ABÂTARDIR, v. a., altérer le naturel; faire dé- 
générer ou déchoir : les mariages entre proches pa- 
rents ABÂTARDISSENT Ics enfants. Il Une longue servi- 
tude abâtardit le courage (Ac.) := S' — , v. pr. : ces 
plantes s'abâtardissent. 

ABÂTARDISSEMENT, s. m., action d'abâtardir 
ou de s'abâtardir : tomber dans V — (Nie.) 

ABAT-FAIM, s. m. inv., grosse pièce de viande ; 
fam. 

ABAT-FOIN, s. m. inv., ouverture au-dessus du 
râtelier, par où l'on jette le foin, la paille. 

ABATIS, s. m., amas de choses abattues : grand 
— . = Action de les abattre : faire un grand — de 
gibier, en tuer beaucoup. Les — d'une volaille, 
parties détachées du tronc. = Peau et tripes des 
animaux tués par le boucher. 

ABAT-JOUR, s. m. inv., fenêtre en soupirail qui 
reçoit le jour par en haut; le soupirail lui-même; 
volet à claire-voie ; auvent à toiture de verre ou de 
toile. = Appareil de métal ou do papier qui rabat 
la lumière. 

ABATTAGE, s. m., action d'abattre les branches; 
travail et frais qu'elle exige. = Facilité ponr abaisser 
ou remuer un fardeau. = Action de tuer, de dé- 
truire : — d'un cheval, — d'un vaisseau. 

ABxVTTANT, s. m., partie de fenêtre ou de châs- 
sis ; planche mobile d'un métier ou d'un meuble. 

ABATTÉE, s. f. , mouvement de rotation d'un 
vaisseau . 

ABATTEMENT, s. m., état pénible et momen- 
tané du corps ou de l'âme : ce malade est dans un 
grand — (Ac.) Avoir des accès d' — (J.-J.) Jeter 
dans des abattements d'esprit (Rourd.) 

§ ABATrEMENT, ACCABLEMENT, LANGUEUR. 
Le premier donne l'idée d'un choc ou d'une affliction qui 
nous cause un moment de défaillance ; le second représente 
surtout le poids des maux sous lequel on succombe ; la lan- 
gueur consiste dans un épuisement qui est l'effet d'une lente 
consomption. 

ABATTEUR, s. m., celui qui abat; bûcheron. 
Il — de besogne, qui en fait ou qui se vante d'en 
faire beaucoup. 

ABATTOIR, s. m., lieu, bâtiment où l'on tue les 
bestiaux. 

ABATTRE, v. a., faire tomber, jeter à terre: 

— un arbre, des fruits, un taureau (pour le ferrer 
ou le marquer). = Tuer des animaux : — un bœuf, 

— beaucoup de perdreaux. = Mettre sur le côté : 

— im vaisseau (pour le radouber). = Rabaisser un 
objet soulevé : — une trappe. \\ Affaiblir : l'infortune 
abat le courage (Mass.)= Diminuer ou détruire : 

— un ennemi orgueilleux (Ross.) = Décourager : 
quelle peur vous abat? (Boil.) Visage abattu, où se 
peint l'accablement. = S' — , v. pr., tomber par 
terre, fondre sur : un cheval, une volée de pigeons, 
un oiseau de pi-oie s'abat. =: S'apaiser, cesser : le 
vent s'abat. Sa fureur s'abattit. =: Se décourager : 
s' — et se désoler (Mass.) 

§ ABATTRE, RENVERSER- On abat ce qui est élevé; 
on renverse ce qui est debout : Télémaque le renversa 
comme le cruel aquilon abat les tendres moissons (Fén.) 
Au fig., abattre c'est causer une dépression : ou abat le 
courage, la fierté, un parti; renverser indique plutôt l'ac- 
tion de ne pas laisser debout, en vigueur : Abattre les 
forces (Ac.) bknvkrsbr l'ordre (Id.) 

ABATTURES, s. f. pi., broussailles que la bête 
fauve abat en courant. 

ABAT- VENT, 8. m. inv., toit ou auvent en sail- 



ABÊ 

lie qui garantit du vent ; paillasson pour les plantes. 

ABAT-A'^OIX, s. m. iuv., dessus d'une chaire ou 
d'une tribune. 

ABASSIOES, s. m. pi., dynastie arabe qui, fondée en 
750, finit en 1258. 

ABBATIAL, E, adj., se dit des droits, privi- 
lèges ou propriétés appartenant à un abbé ou à une 
abbesse, dépendant d'une abbaye. 

ABBAYE, s. f., monastère gouverné par un abbé 
ou une abbesse ; bâtiments, propriétés qui en dé- 
pendent; revenu qu'on en retire. 

Prison de V—, située à Paris près de l'abbaye de Saint- 
Gerniaiu-des-Piés. Elle fut le théâtre des affreux massacres 
de septembre 1792. On l'a démolie en 1854. 

ABBÉ, S. m., supérieur d'une abbaye d'hommes ; 
se disait autrefois de tout bénéficier. = Aujour- 
d'hui, quiconque porte l'habit ecclésiastique. 

ABBESSE, s. f., supérieure d'une abbaye de re- 
ligieuses. 

ABBEVILLE, sous-préf. du départ, de la Somme. 

A, B, C, S. m., petit livre contenant l'alphabet 
et les combinaisons élémentaires des lettres. = Elé- 
ments d'une science, d'un art, d'une affaire. 

ABCÉDER, v. n., se dit d'une tumeur qui se 
termine par un abcès. 

ABCÈS, s. m., tumeur pleine de pus. 

ABDALLAH, nom générique des moines, en Perse. 

ABDEKAME, vice-roi des Sarrasins d'Espagne, défait 
par Charles-Martel, à Poitiers, en 732. 

ABDÈRE, vil. de Thrace, dont les habitants (les Abdé- 
ritains) étaient célèbres pour leur stupidité. 

ABDICATION, s. f., action de quitter de gré ou 
de force la dignité souveraine : Neij s'était vanté 
d'avoir décidé V — de Napoléon (Thiers). 

ABDIQUER, v. a., quitter, de gré ou de force, 
le trône ou un poste éminent ; se dit quelquefois 
abs. : il a abdiqué (Ac.) || Perdre : — toute di- 
gnité, toute pudeur. 

% ABDIQUER, SE DEMETTRE. Le premier désigne 
un fait précis, public et important, et ne se dit que du rang 
suprême ; le second s'emploie d'une manière générale : se 
démettre de la tutelle (Roll.) ; il marque aussi l'ensemble 
des faits qui accompagnent l'abdication : Célestin V abdi- 
qua; c'est une grande question de savoir si un pape peut 

SE DÉMETTRE (Coud.) 

ABDOMEN, s. m., bas-ventre; partie postérieure 
du corps des insectes. 

ABDOMINAL, E, adj. ,quiappartientàrabdomen. 

ABDOMINAUX, s. m. pi., poissons qui ont les 
nageoires sous l'abdomen. 

ABDUCTEUR, adj. m., qui meut en dehors : 
muscle — . S. m. : l' — de l'œil, de la cuisse (Ac.) 

ABDUCTION, s. f., action des muscles abduc- 
teurs. z= Sorte d'argumentation. 

ABE, s. m., espèce de vêtement oriental. 

ABÉCÉDAIRE, adj., qui concerne l'alphabet. 
= Qui en est encore à I'a, b, c : vieillard — . = 
S. m., livre pour apprendre à lire. 

ABECQUER OU ABÉQUER, v. a. donner la bec- 
quée à un oiseau. 

ABEE, 8. f., ouverture par où coule l'eau qui 
fait- marcher un moulin. 

ABEILLE, s. f., infecte hyménoptère, qui pro- 
duit le miel et la cire. = Sa figure dans les armoi- 
ries. = Constellation méridionale, j] Écrivain dont 
le style est plein de douceur : Rollin est V — de la 
France (Mont.) 

ABEL, 2* fils d'Adam, mis à mort par son frère Caïi., 

ABÉLARD, philosophe et théologien du moyen âge, cé- 
lèbre par ses écrits et par ses amours avec Héloïse. 



ABL 

ABENCÉRAGES, tribu maure du royaume de Grenade. 

ABEXSBERG, vil. de Bavière, près de Ratisbonne; vic- 
toire des Français sur les Autrichiens, en 1 80 9. 

ABERDEEN, vil. et comté du nord de l'Ecosse. 

ABERRATION, s. f., petit mouvement apparent 
des étoiles ; dispersion des rayons lumineux. = Dé- 
chirure ou dérangement considérable des organps. 
Il Écart de l'esprit, erreur du jugement : — du 
goût, — des idées. 

ABETIR, V. a., rendre stupide : trop et trop peu 
d'instruction abêtissent l'esprit (Pasc.) = V. n. et 
s' — , V. pr., devenir stupide. 

AB HOC ET AB HAC, loc. adv. (formée du lai.), 
sans ordre ; sans raison ; à tort et à travers. 

ABHORRER, v. a., avoir en horreur, eu aver- 
sion : on ABHORRE Vimpiété (Bourd.) = S' — , v. pr., 
se détester réciproquement ; être en horreur à soi- 
même : je me fais mon procès, je m'abhorre (Fén.) 

ABIA, roi impie de Juda. 

ABILDGAARD, peintre danois, mort en 1800. 

ABIME, s. m., gouffre sans fond : /'-*- immense de 
V espace infini (Volt.) = L'enfer : l'éternel — (Rac.)|| 
Excès : — de délices (Fén.) — de douleurs (Boss.), 
et abs. : en quel — il s'est jeté {¥ en.) ^ Ce qui est 
impénétrable à la raison : /' — des perfections de Dieu 
(Fléch.) Cest un — de science, se dit d'un homme 
extrêmement savant. := Cuve pour le suif fondu. 
V. Précipice. 

ABÎMER, V. a. . précipiter dans un abîme; peu us. 
= Perdre, ruiner entièrement ; peu us.= Gâter fort : 
la pluie A abîmé les chemins (Ac.) = S' — , v.. pr., se 
plonger profondément : s' — dans l'étude (Ac.) := 
Se gâter, se perdre, se ruiner. 

AB IRATO, loc. adv. et lat., en colère : agir, 
parler — , en ne prenant conseil que de la colère. 

ABJECT, E, adj., qui inspire de l'aversion : ûme 
ABJECTE (J.-J.) V. Bas. 

ABJECTION, s. f., abaissement, état de mépris 
où est une personne. || Bassesse méprisable : V — de 
ses mœurs. = Objet de profond mépris. V. Abais- 
sement. 

ABJURATION, s. f., action d'abjurer; renon- 
ciation à d'anciennes erreurs : faire — de l'ancienne 
philosophie (Font.) U — de ses passions. 

ABJURATOIRE, adj., qui concerne l'abjura- 
tion : formule — . 

ABJURER, V. a., renoncer solennellement à une 
religion ; abandonner, renoncera : — une erreur, — 
la poésie, l'amour, le monde (Pasc.)= V. n., faire 
abjuration. V. Renoncer. 

AB LACTATION, s. f., action, manière de sevrer 
les enfants. 

ABLANCOURT (Perrot d'), écrivain français du xvii« 
siècle. Ses traductions furent nommées de belles infidèles. 

ABLANIER, s. m., arbre de la Guyane. 

ABLAQUÉATION , S. f., déchaussement des 
vignes, des arbres ; creux fait au pied d'un arbre 
pour y recevoir l'eau. 

ABLATIF, s. m., sixième cas de la déclin, lat. 

ABLATION, s. f., action d'emporter, de retran- 
cher ou d'extraire du corps une partie quelconque. 

ABLATIVO, adv. (tiré du lat.), en tas; peu us. 

ABLE ou ABLETTE, s. f., petit poisson d'eau 
douce, argenté, plat et mince. 

ABLÉGAT, s. m., vicaire du légat et qui en 
exerce les fonctions. 

ABLÉGATIOX, s. f., dignité d'ablégat. 

ABLEUET, s. m., filet pour pêcher les ables. 

ABLUANT, E, adj., synon. d'ABSTERGENT. 



ABO 

ABLUER, V. a., faire reparaître une écriture 
eCFacée. 

ABLUTION, s. f., action de se laver le corps ou 
une partie du corps ; vin et eau que le prêtre verse 
sur ses doigts après la communion ; partie de la 
messe où il accomplit cette cérémonie. = Prépara- 
tion pour nettoyer un médicament. 

ABNÉGATION, S. f., renoncement à soi. || Sa- 
crifice volontaire et désintéressé : je fais — de ma 
volonté (Ac.) 

AKO, vil. de la Russie d'Europe (Finlande), en partie 
détruite par un incendie en 1827. Paix d' — , conclue en 
1743, entre la Suède et la Russie. 

ABOI , ABOIEMENT et ABOÎMENT , s. m. , 
cri du chien. Le premier se dit de la qualité du 
cri : ce chien a Vaboi effrayant ; le second se dit 
des cris mêmes : pousser de longs aboiements. 

ABOIS, s. m. pi., extrémité où le cerf est réduit. 
Il État désespéré d'une personne ou d'une chose : 
Philishonrg est aux — (Boss.) Sa vertu est aux — . 

ABOLIR, V. a., faire disparaître : — une cou- 
tume, la royauté, des impôts. = S' — , cesser d'être 
en usage : cette loi s'est abolie d'elle-même (Ac.) || 
Abolir un crime (dans nos anciennes lois), en dé- 
fendre par arrêt souverain la poursuite judiciaire. 

§ ABOLIR, ABROGER. Abolir indique l'action lente 
ou indirecte du teirfps, de la désuétude ; abroger exprime 
plutôt l'acte législatif qui condamne une loi antérieure. 

ABOLISSABLE, udj., de nature à être aboli. 

ABOLISSEMENT, S. m., action d'abolir, résul- 
tat de cette action. 

ABOLITION, s. f., action d'annuler, de suppri- 
mer une loi, une coutume. || Pardon accordé par le 
prince pour un crime irrémissible : lettres d' — . 

ABOLITIONISTE, s. m., partisan de l'abolition 
de l'esclavage. 

ABOMASUM OU ABOMASUS, s. m. V. CAILLETTE. 

ABOMINABLE, adj., ce qu'il faut avoir en abo- 
mination : sacrifices abominables (Pasc.) || Très- 
mauvais : nn temps — ; fam. V. Détestable. 

ABOMINABLEMENT, adv., d'une manière abo- 
minable ; fort mal : se conduire — . 

ABOMINATION, S. f., horreur que produit en 
nous ce qui outrage Dieu ou la nature : êt7-e en — 
à tous les gens de bien (A.c.) = Objet de cette horreur ; 
action détestable : toutes les abominations de sa vie 
(Fléch.) Il Idolâtrie : V — s'était répandue sur la 
terre (Pasc.) 

ABOMINER, V. a., avoir en aversion; vieux. 

ABONDAMMENT , adv. , en grande quantité ; 
^iplement : fournir, remplir — . 

ABONDANCE, s. f., grande quantité : l' — des 
grains, des aumônes, des larmes.=: Fertilité : ce fleuve 
répand V — . || État agréable qu'amène la possession 
des biens : Dieu accorde aux peuples V — et la tran- 
ipiillitc (Mass.) = Affluence heureuse d'idées, de 
sentiments ou de paroles : V — du style suppose V — 
des sentiments et des idées (Marm.) = Mélange de 
vin et d'eau qui sert de boisson aux écoliers. || Par- 
ler d' — , sans préparation. Parler avec — , longue- 
ment et avec facilité. Corne d' — , corne remplie 
de fleurs et de fruits, emblème de l'abondance. 

ABONDANT, E, adj., qui coule à flots : source 
ABONDANTE. := Qui produit beaucoup : terre abon- 
dante. = Qui est en grande quantité : le poisson le 
plus — (Buff.) Il Riche en idées ou en expressions : 
langue abondante, style — . 

ABONDER, Y. n., avoir ou produire en grande 
quantité : cette province abonde en blés (Ac.) = 



ABO 

S'emploie quelquefois avec de ; quelques hom- 
mes abondent de biens (La Br.) = Être en grande 
quantité, en grand nombre : Seigneur ! que vos fa- 
veurs abondent! (Mass.) || — dans son sens, être 
fort attaché à son opinion. — dans le sois de quel- 
qu'un, partager complètement sa manière de voir. 

ABONNÉ, E, adj. pris subst., celui ou celle qui 
s'est abonné. 

ABONNEMENT, S. m., vente ou achat, à prix 
réduit et pour un temps limité, d'une série d'objets 
ou d'avantages. = Convention à prix fixe pour l'ac- 
quittement d'une taxe ou d'une redevance. 

ABONNER, v. a., contracter un abonnement pour 
une autre personne ; céder ou accorder un abonne- 
ment. = S' — , V. pr., en contracter un pour soi. 

ABONNIR, V. a, rendre bon. =z V. n. et s' — , 
V. pr., devenir meilleur; vieux. 

ABORD, s. m., lieu par où on arrive à un autre 
et qui en est voisin : les abords d'une place. Port 
d'un — facile. = Action d'aborder : à son — en 
Afrique (Boss.) || Fa^on d'accueillir : cette personne 
a V — gracieux (Ac.) = Attaque : de ces vieux enne- 
mis va soutenir V — (Corn.) = D' — , tout d' — , de 
prime — , au premier — , dès V — , loc. adv., dès le 
premier instant, avant tout : je l'étranglerai tout 
d' — (LaF.)i)' — que, loc. conj.; vieux, aussitôt que. 

ABORDABLE, adj., où l'on peut aborder : côte 

— (Ac.) Il D'un accès facile : homme — ; fam. 
ABORDAGE, s. m., mouvement d'une embarca- 
tion qui aborde au rivage ou à un vaisseau ; action 
d'aborder un vaisseau ennemi ; rencontre fortuite et 
choc de deux vaisseaux. 

ABORDER, V. n. (prend avoir ou être, selon 
qu'il exprime l'action ou l'état), arriver à bord, 
prendre terre : — un bâtiment, — à un bâtiment. 

— en cette île (Fén.) = V. a., approcher de, arri- 
ver à : — le noir séjour de Pluton (Fén.) Il faut 
étudier les moments favorables pour — les grands 
(Mass.) — nn vaisseau, dans un combat ou par acci- 
dent. Il — une question, une difficulté, commencer à 
la traiter, entreprendre de la résoudre. = S' — , v. 
pr., se joindre; se dit de deux personnes qui se 
rencontrent volontairement ou de deux vaisseaux 
qui s'entre-choquent. 

§ ABORDER, AVOIR ACCÈS, APPROCHER. Abor- 
der marque le fait de venir trouver quelqu'un, de se présenter 
à lui ; at'Oî'r accès marque la faculté d'être admis, de pou- 
voir venir auprès de lui ; approcher indique l'habitude de 
le voir. Les âmes que Dieu abord£ (Boss.) Ce prêtre avait 
ACCÈS à la porte de Constantin (Volt.) L'enfant aime ceux 

qui rAFPR0CHE>T (J.-J.) 

ABORIGÈNES, s. m. pi., habitants regardés 
comme nés du sol; leurs descendants. 

ABORTIF, IVE, adj., venu avant terme : oifant 

— (Ac.) = Qui n'a pas atteint son entier dévelop- 
pement : fruit — . = Abortifs, s. m. pi., substances 
auxquelles on attribue la propriété de provoquer 
l'avortement. , 

ABOT, s. m., entrave de fer ou de bois pour re- 
tenir les chevaux dans les pâturages. 

ABOU-BEKR, premier calife, succéda à son gendre Ma- 
homet, en 632. 

ABOUCHEMENT, S. m., entrevue, conférence de 
deux ou plusieurs personnes. = Rencontre de deux 
tuyaux, de deux tubes bout à bout. 

ABOUCHER, V. a., faire trouver ensemble deux 
ou plusieurs personnes pour qu'elles se parlent. = 
S' — , V. pr., se rencontrer pour conférer. = Se dit 
aussi de deux tubes ou de deux veines qui se réu- 
nissent et se communiquent. 



I 



ABR î 

ABOUCHOUCHOU, s. m., gros drap du midi de 
la France qu'on expédie surtout dans le Levant. 
ABOUGRI. V., Rabougri. 

ABOrKIR. vgede la Basse-Egypte. Nelson v battit la flotte 
française en 1798, et Bonaparte une armée turque en 1799. 

ABOULFÉDA, historien arabe du xiii^ siècle. 

ABOrQUE3IE:XT, s. m., action d'ajouter du sel 
nouveau à un monceau de vieux sel. 

ABOUQUER, V. a., ajouter du sel nouveau à un 
monceau de vieux sel. 

BOUT, s. m., extrémité par laquelle un mor- 
ceau de fer est assemblé avec un autre ou fixé à quel- 
que endroit. 

ABOUTEMENT, S. m., jonction par les abouls. 

ABOUTER, V. a., joindre deux pièces de bois 
bout à bout . == S' — , V. pr. , se joindre par les bouts. 

ABOUTIR, V. n., toucher par un bout : ce champ 
ABOUTIT à un marais. = Tendre, converger vers un 
point : des lignes qui aboutissent à un centre com- 
mun (Volt.) Il Avoir pour résultat; voilà à quoi abou- 
tit ce faste (Fén.)= S'appliquer à : les soins qui abou- 
tissent au corps sont infinis (Mass.)=: Réussir : ma 
démarche n'A pas abouti. = Se dit encore d'une 
tumeur, ou d'un abcès qui vient à suppuration. 

ABOUTISSA^T, E, adj., qui aboutit. 

ABOUTISSANTS, S. m. pi., ne s'emploie qu'ac- 
compagné de tenants : les tenants et les — d'une 
terre, les propriétés qui la bornent. Savoir tous les 
tenants et les — d'une affaire, en bien connaître les 
circonstances et les détails. 

ABOUTISSEMENT, s. m., action d'aboutir. Ne 
se dit guère que d'un abcès qui vient à crever. 

AB OVO (mots lat.), loc. adv., dès l'origine. 

ABOYANT, E, adj., qui aboie. 

ABOYER, V. n., pousser un ou plusieurs aboie- 
ments : il faut attendre que les petits chiens aient 
ABOYÉ (La Rr.) |1 Crier après ou contre quelqu'un : 
nous avons des gens qui aboient après nous (3Iol.) || 

— après la lune, crier inutilement contre un plus 
puissant que soi. 

ABOYEUR, s. m., chien qui aboie à la vue du 
sanglier, sans en approcher. H Homme qui fatigue 
par des criailleries importunes. =: Espèce de crieur 
volontaire, à la porte des théâtres ou dans les rues. 

ABRACADABRA, s. m., mot cabalistique, qui, 
écrit sur un papier , formait un amulette efficace 
contre certaines maladies. 

ABRAHAM, célèbre patriarche, père de la nation juive. 

ARRAM'ÈS, vil. de Portugal. Duc d' — . V. Ju50T. 

ABRASION, S. f. , séparation par petits fragments 
de la membrane muqueuse intestinale. 

ABR AXAS, s. m., pierre précieuse portant des 
caractères lùéroglyphiques et servant de talisman. 

ABRÉGÉ, s. m., écrit qui renferme la substance 
d'un plus grand : tout — d'un bon livre est un sol 

— ( Montaig.) =: Personne ou chose qui excelle en 
qualités : Paris est un — de merveilles. =: En — , 
loc. adv., en raccourci : la conscience est tout un 
monde en — (Cousin). =: Brièvement, en peu de 
mots ou de lettres : écrire en — . 

§ ABRÉGÉ , SOMMAIRE , PRÉCIS , RÉSUMÉ. 
V abrégé est un livre qui en reproduit un autre dans de 
moindres proportions ; le sommaire et le résumé ne sont 
que l'indication des principales choses contenues dans un 
livre. Ils se placent l'un au commencement, l'autre" à la fin 
du livre ; le précis se distingue par sa concision ; il ne doit 
contenir que les faits importants, c'est un court abrégé : 
voilà /'abrégé et le précis du concile de Trente (Boss.) 

ABREGER, v. a., réduire en abrégé, rendre plus 
court : nous abrégeons les visites qui nous ennuient, 



ABR 

et abs., abrégez. || La conversation abrégea le che- 
min, \e fit paraître moins long. =^ S' — , v. pr. , devenir 
plus court : la vie s'abuége par les violences (Boss.) 
ABREUVER, v. a., faire boire : abreuvez ces 
chevaux (Ac.) ; se dit aussi des personnes : /ai 
ABREUVÉ toute la troupe; fam. = Imbiber profon- 
dément : — les terres, les plantes, les tonneaux 
(pour en gonfler le bois); — un vaisseau. || — de 
chagrins, en causer beaucoup. = Arts, mettre sur un 
fond poreux une couche de matières grasses pour en 
boucher les pores. = S' — , v. pr., c'est là que les 
bestiaux s'abreuvent. Il s'abreuve d'excellent vin 
(Ac.) Il S' — de larmes, en répandre beaucoup. -S^ — 
de fiel, nourrir des sentiments haineux. 

ABREUVOIR, s. m., lieu où l'on mène boire les 
bestiaux. 

ABRÉVIATEUR, S. m., auteur qui abrège l'ou- 
vrage d'un autre : Justin est V — de Trogue-Pompëe. 
ABRÉVIATIF, IVE, adj., qui sert à abréger. 
ABRÉVIATION, S. f., retranchement de lettres 
dans un mot; mot abrégé; signe qui représente un 
mot : M^ , 1<>, etc., sont des abbréviations. 

ABRÉVIATIVEMENT, adv., par abréviation; 
d'une manière abrégée. 

ABRI, s. m., lieu ou objet qui sert à garantir 
du vent, de la pluie, du froid, etc. : sans autre — 
que celui d'un ciel serein (Boil.) || Tout ce qui nous 
garantit d'un danger : la médiocrité est un — contre 
les coups de la fortune (Ac.) r= A V — , loc. pr., à 
couvert : se mettre à V — , et avec de : à V — du 
feuillage (La F.) \\ A V— de ce trône (Rac.) = En 
sîireté contre : à V — du nord (La Br.) 

ABRICOT, s. m., fruit à noyau. =: Abricot- 
PÈCHE, s. m., abricot dont le goût se rapproche de 
celui de la pêche. 

ABRICOTÉ, s. m., dragée faite d'un morceau 
d'abricot entouré de sucre. 

ABRICOTIER, s. m., arbre qui produit les abri- 
cots. 

ABRICOTINE, s. f., espèce de prune qui res- 
semble à l'abricot. 

ABRITER, V. a., mettre à l'abri. || Protéger. = 
S' — , V. pr., se mettre à l'abri. V. Abri. 

ARRIVENT, s. m., paillasson qui garantit du 
vent. = Construction légère sous laquelle se mettent 
à l'abri des soldats en campagne. 

ABROGATION, s. f., action d'abroger une loi. 
§ ABROGATION, DÉROGATION. L'abrogation an- 
nule absolument la loi antérieure ; la dérogation la laisse 
subsister, tout en la suspendait ou en la modifiant. 

ABROGER, V. a., annuler, abolir une loi : après 
l'expulsion des Dccemvirs on /î'abrogea pas les lois 
qui avaient fixé les peines (Mont.) = S'—, v. pr., 
tomber en désuétude, être abrogé. V. Abolir. 
ABROTONE, s. f. V. Aurone. 
ABROUTI, E, adj., se dit des branches dont les 
bourgeons ont été mangés par les bestiaux. 

ABROUT1SSE3IENT , S. m., dégât, dommage 
causé par les bestiaux qui mangent les bourgeons. 

ABRUPT, E, adj., se dit des terrains et des ro- 
chers bizarrement coupés, comme s'ils avaient été 
rompus. Il Style — , heurté, sans liaison. 

ABRUPTO (EX ou AB), loc. adv. et lat., brus- 
quement, sans préparation : exorde ex — , brusque, 
impétueux. 

ABRUTIR, v. a., rendre lourd, stupidc : le vin, 
pris avec excès, abrutit l'esprit. Cet esprit si élevé, 
vous /'avez abruti (Mass.) = S'—, v. pr., devenir 
stupide : à mesure qu'il s'est abruti (Id.) 



ABS 

ABRUTISSANT, E, adj., qui abrutit ou peut 
abrutir : les plaisirs abrutissants de la table (Mass.) 

ABRUTISSEMENT, S. m., état d'une personne 
abrutie : replonger les hommes dans V — (Lamennais). 

ABRUTISSEUR, S. et adj. m., qui abrutit ; les 
Turcs sont abrdtisseurs (Volt.) 

ABRUZZES, nom de trois provinces du N.-E. du roy. 
de Naples. 

ABSALOX, fils de David, qui se révolta contre son père 
ttt fut tué eu 1030 avant J.-C. 

ABSCISSE, s. f., partie de l'axe ou du diamètre. 

ABSCISSION, 8. f. V. Excision. 

ABSENCE, s. f., défaut de présence : en leur — 
on a soigné les enfants (Fén.)=: Éloignement : /' — 
est le plus grand des maux (La F.) = Manque, pri- 
vation : /' — des passions donne plus d'activité à 
son àme (B. de St-P.) || — d'esprit, distraction ou 
manque d'attention, et abs. : il a souvent des ab- 
sences (Ac.) 

ABSENT, E, adj., non présent, éloigné de sa de- 
meure ordinaire : — de la cour (Rac), et abs. : il 
est — . 11 Distrait, inattentif. = Qui manque, qui 
n'existe pas : il cherche dans les choses absentes les 
recours qu'il n'obtient pas des présentes (Pasc.) = 
S. m., plaider la cause de V — . Les absents ont tou- 
jours tort ; prov. 

ABSENTÉISME, néoL, s. m., manie de voyager 
sans cesse, d'être toujours absent de chez soi. 

ABSENTER (S»), v. pr. (prend l'aux. être), s'é- 
loigner d'un lieu : — de Paris, de chez soi. = S'éloi- 
gner de l'endroit où l'on se trouve d'ordinaire : je 
m'absenterai pendant trois mois (Ac.) 

ABSIDE, s f., demi-voûte en hémicycle qui forme 
le chevet d'une église. = Partie de l'église où se 
plaçait le clergé, à droite et à gauche de l'évêque. 
= Au pL, apogée et périgée d'une planète. 

ABSINTHE, s. f. , plante odoriférante et amère ; 
liqueur dans laquelle elle entre. H Ne se nourrir que 
d'un pain d' — et d'amertume (Mass.) 

ABSINTHE, E, adj., qui contient de l'absinthe. 

ABSOLU, E, adj., sans liens, indépendant : /' — 
pouvoir (Rac.) = Impérieux, qui ne supporte pas la 
contradiction : caractère — (Ac.) = Total, complet, 
sans restriction : il y a peu de vérités absolues. || 
Gramm. (opposé à relatif), qui ne dépend d'aucun 
autre. 3Iot employé d'une manière absolue , sans 
régime, sans rien qui le détermine. =: Jeudi — , le 
jeudi saint. V. Impérieux. 

Absolu, s. m., ce qui existe indépendamment de 
toute condition : V — n'eAni du ressort de la nature 
ni de celui de l'esprit humain (Buff.) 

ABSOLUMENT, adv., d'une manière absolue ; 
tout à fait : cela m'est — impossible. =. Avec une 
autorité souveraine : gouverner — (Fén.) = Malgré 
tout : il a voulu partir — . Il le faut — , de toute 
nécessité. Ce mot s'emploie — , sans complément ni 
déterminatif. — parlant, en général. 

ABSOLUTION, s. f., réniission des péchés. = 
Renvoi d'un coupable dont le crime n'est pas prévu 
par la loi ; acquittement d'un accusé : l'orateur qui 
plaidait pour Phryné osa lui arracher le voile, et 
Fhryné obtint son — (Marm.) V. Pardon. 

ABSOLUTISME, s. m., pouvoir illimité d'un 
souverain absolu; exercice de ce pouvoir. 

ABSOLUTISTE , s. m. , partisan de l'absolu- 
tisme. 

ABSOLUTOIRE, adj., qui absout : bref — . 
ABSORBABLE, adj., susceptible d'être absorbé. 

'ABSORBANT, E, adj., qui absorbe facilement : 



ABS 

terres absorbantes. = Qui neutralise une autre 
substance. Système — , ensemble de vaisseaux qui 
servent à l'absorption. || Qui s'empare de toutes les 
facultés de l'esprit : travaux absorbants. = S. m., 
remède absorbant. 

ABSORBER, v. a., s'ouvrir pour recevoir on sai- 
sir une chose et la laiT"e disparaître : des myriades 
de coquillages ont absorbé une immense quantité 
d'eau et ont formé nos montagnes calcaires (Butî.) = 
Engloutir : le Rhône tombe dans un gouffre qui /'ab- 
sorbe (Ac.)= Attirer à soi, elTacer : le yioir absorbe 
les autres couleurs. \\ Consumer, occuper entière- 
ment : une multitude de survenants ont absorbé tout 
mon temps (J.-J.) 

§ ABSORBER, ENGLOUTIR- Le premier indique 
une action lente et successive : la Navarre est absorbée au- 
jourd'hui dans la monarchie d'Espagne (Volt.) ; engloutir 
exprime une action rapide et complète : Nous sommes en- 
fin venus à ce grand empire qui a englouti toutes les 
nations de l'univers (Boss.) 

ARSORPTION, s. f., action d'absorber. 

ABSORPTIVITE, s. f., faculté d'absorber. 

ABSOUDRE, V. a. et irr., décharger quelqu'un 
d'une faute, d'un crime : Jésus absout la pécheresse 
(B. de St-P.) = Renvoyer un accusé dont le crime 
n'est pas prévu par la loi. = Remettre les péchés : 
la loi de l'Évangile vous absoudra (Pasc.) H Par- 
donner : je vous absous de votre négligence (Ac), et 
abs. : les lois qui absolvent. = Justifier : rien ne 
pourra /' — (Ac.) = S'— , v. pr., se pardonner : 
jamais un criminel ne s'absout de son crime (L. Rac.) 

ABSOUTE, s. f., absolution générale du jeudi 
saint. = Aspersions et prières faites sur un mort. 

ABSTÈ3IE, adj. et s. m., qui ne boit pas de vin ; 
peu us. 

ABSTENIR (s'), v. pr., se priver de, se refuser : 
abstenez- vous des choses même les plus permises 
(Mass.), et abs. : // vaut mieux s' — que manger indi- 
gnement (Id.) 11 Jurisp., se dit du juge qui se récuse 
lui-même. = Cet héritier s'est abstenu de la suc- 
cession, il n'a point fait acte d'héritier (Ac.) 

§ S'ABSTENIR, SE PRIVER- Ou s'abstient d'une 
action ; on se prive d'un objet : ceux qui s'abstikmïent de 
communier devraient d'abord se priver des joies du monde 
(Bourd.) 

ABSTENTION, S. f., action de s'abstenir; action 
du juge qui se récuse lui-même. = Privation vo- 
lontaire, non usage d'un droit politique. 

ABSTERGENT, E, adj. , qui nettoie les plaies. = 
S. m., remède appliqué à cet usage. 

ARSTERGER, v. a., nettoyer une plaiç dont la 
suppuration est mauvaise. "^ 

ABSTERSIF, IVE, adj., propre à abstergw. 

ARSTERSION, s. f. , effet d'un remède abstergent. 

ABSTINENCE, s. L , privation volontaire de l'u- 
sage d'une chose : — de la chair des animaux (Volt.) 
et abs., privation du boire et du manger : /' — est 
utile an corps. = Au pL, jours où l'Église interdit 
les aliments gras : exténué de jeûnes et d'ABSTi- 
NENCES (Fléch.)=: Philos., syn. de continence. 

ABSTINENT, E, adj., sobre, tempérant ; peu us. 

ABSTRACTIF, IVE, adj., formé par abstrac- 
tion. =r Qui exprime une idée abstraite. 

ARSTRACTION , S. f. , opération par laquelle 
l'esprit considère isolément des choses qui sont réel- 
lement unies : en faisant — de ses livres, on aimait 
Helvétius (Marm.) = Opération de l'e.^prit qui sépare 
d'une idée complexe chacun des éléments qu'elle 
renferme ; résultat de cette opération, idée géné- 
rale : humanité, raison, vertu sont des abstractions 



ACA 7 

, Ac.) = Au pi. et en mauv. part, utopies métapliy- | 
siqucs ; absences d'esprit. 

ABSTUACTIVEMEXT, adv., par abstraction. 
ABSTUAIKE, v. a., séparer par la pensée une 
clîose d'une autre, pour la considérer seule : — la 
(innlité de la substance, \\ — son esprit, détourner 
son attention : fai été forcé d'— mon esprit de ce 
qui <ie passait autour de moi (Chat.) 

ABSTRAIT, E, adj., considéré seul et séparé 
par l'abstraction : terme — , idée abstraite (Pasc.) 
= Très-préoccupé : quelque ~ raisonneur [Bo\l.) 

§ ABSTRAIT, DISTUAIT. L'esprit abstrait est loin 
(ie ce dont il s'agit ; l'esprit distrait est incapable d'appli- 
cation. 

ABSTRUS, E, adj., difficile à comprendre, à 
concevoir : science, question abstruse. = Ir., obs- 
cur : ce philosophe m'a paru fort — (Ac.) 

ABSURDE, adj., se dit d'une chose qui choque 
l'esprit, d'une personne qui apit ou raisonne contre 
le bon sens. = S. m., opinion contraire au bon 
sens : les recherches trop profondes les ont jetés 
dans V — (B. de St-P.) Réduire un homme à V — , 
le forcer d'avouer qu'il a tort. V. Sot. 

ABSURDEMEXT, adv., d'une manière absurde. 
ABSURDITÉ, s. f., vice de ce qui est absurde : 
/' — d'un discours. Homme d'une rare — (Ac.) = 
Chose absurde (surtout au pi.) : le fanatisme a pro- 
duit bien des absurdités (Marm.) 

ABSURDO (EX OU AB), loc. adv. et lat., d'après 
l'absurde : démontrer ab — . 

ABUS, s. m., usage mauvais, excessif ou injuste 
de quelque chose : jamais V éléphant ne fait — de sa 
force (l]uff.)= Abs., ce qui se fait contre l'ordre 
ou l'usage établi : il faut distinguer entre un usqcje 
reçu et un — qui s'est introduit (Ac.) ; s'emploie sur- 
tout au pi. dans ce sens : attaquer, corriger les — . 
= Erreur ou déception : alléguer l'impossible aux 
rois, c'est un — (La F.) Appel comme d' — , appel 
à un tribunal séculier d'une sentence rendue par 
des juges ecclésiastiques. 

ABUSER, V. n., faire un mauvais usage : on 
ABUSE du vrai comme on fait de la feinte (La F.), 
et abs. : usez, mais ti'abusez pas. — d'une expres- 
sion^ la détourner de sa véritable signification. H Sé- 
duire : — d'une femme. = User trop largement : 
j'abuse de vos moments (Volt.) — Se trop prévaloir : 
il a abusé de sa beauté (Fén.) = V, a., tromper : 
notre imagination nous abuse (Doss.) = S' — , v. pr., 
être dans l'erreur. S'— sur, se faire illusion. V.Mé- 
susER et Tromper. 

ABUSEUR, s. m., celui qui abuse, qui trompe ; 
fam. et peu us. 

ABUSIF, IVE, adj., où il y a de l'abus; con- 
traire aux règles ou à l'usage : langage — (Ac.) 

ABUSIVEMENT, adv., d'une manière abusive ; 
contrairement à l'usage. 

ABUTER, V. n., viser, tendre à un but ; vieux. = 
Jeter des quilles ou des palets vers un but pour 
voir qui jouera le premier. 

ABYDOS, vil. de l'Asie Mineure, sur l'HelIespont, où 
Xerxès jeta un pont de bateaux. = Vil. de la Haute-Egypte; 
en 1 8 1 8 on y trouva une table chronologique des anciens 
rois d'Egypte, 

ABTLA (CEtnrA), mont. d'Africpie, l'une desi colonnes 
d'Hercule . 

ABTSSINIE, roy. d'Afrique, au sud de la Nubie. 
ABYSSINS-, s, m. pi,, sectaires qui ne reconnaissaient 
qu'une nature en J.-C. 

ACABIT, s. m., qualité bonne ou mauvaise d'une 
chose, des fruits ou des légumes : poires d'un bon 



ACA 

— ; se dit aussi fam. des personnes : ce sont des 
gens de même — (Ac.) 

ACACIA, s. m., arbre ou arbrisseau armé d'ai- 
guillons, à fleurs légumineuses. 

ACADÉMICIEN, s. m., philosophe de l'école de 
Platon. = Membre d'une académie ; on dit acadé- 
micienne, quand c'est une femme. 

§ ACADÉMICIEN , ACADÉMISTE- Le premier est 
noble et ne se dit que des n embres d'une académie ; le se- 
cond est un titre prétentieux et rajeuni qu'ont donné à leurs 
élèves les maîtres d'escrime, d'équitation ou de danse. Us 
étaient jadis réellement synonymes. Saint-Évremond, ayant 
fait contre l'Académie française, en 1643, la Comédie des 
Académistes, reût la même pièce tn 16S0, et l'intitula : les 
Académiciens. 

ACADÉMIE, s. f., jardin où s'assemblaient Pla- 
ton et ses disciples; chacune des trois écoles de 
philosophie qui en sortirent. = Société de littéra- 
teurs, de savants ou d'artistes : — de peinture, de 
médecine, et abs., académie. Académie française. 
=: Section de l'Université dont un recteur est le 
chef; siège de son administration. = École d'art 
ou de gymnastique : — de musique, l'Opéra de Pa- 
ris. = Maison de jeu ; vieux. = Une des attitudes 
du corps dessinée d'après un modèle vivant et nu. 
ACADÉMIQUE, adj,, qui appartient ou qui con- 
vient à une académie, et surtout à l'Académie fran- 
çaise : style — (Volt.) Figure —, figure que l'artiste 
choisit pour faire valoir son talent de dessinateur. 

ACADÉMIQ CEMENT, adv., d'une manière con- 
forme aux usages de l'Académie. = Sans naturel. 
ACADÉMISER, v. n., dessiner d'après le modèle. 
ACADÉMISTE, s. m., qui étudie les armes, l'é- 
quitation ou la danse. = Celui qui tient une aca- 
démie de gymnastique. V. Académicien. 
ACADIE. V, Ecosse (Nouvelle) , 
ACAGNARDER, V. a., accoutunier à une vie 
oisive ou libertine ; fam. = S' — , s'y accoutumer. 

ACAJOU, s. m., arbre d'Amérique, dont le bois 
porte le même nom et sert à faire des meubles. 

ACALÈPHES, s. m. pi., nom d'une classe d'ani- 
maux sans vertèbres, rayonnes, à corps mou; quel- 
ques-uns portent le nom d'Orties de mer. 

ACALIFOURCHONNÉ, E, adj., qui est à cali- 
fourchon; fam. 

ACAMPTE, adj., impropre à réfléchir la lumière. 

ACANSAS, peuplade et rivière de la Louisiane. 

ACANTHACÉES ou ACAINTHOÏDES, s. f. pi., 

famille de plantes ayant pour type le genre acanthe. 

ACANTHE, s. f., plante herbacée, remarquable 

par la beauté de son port, appelée aussi branche- 

ursine. = Ornement d'architecture qui en imite la 

feuille roulée en volute. 

ACANTHIES, s. f. pi., genre d'insectes hémip- 
tères. 

ACAKTHOCÉPHALES, S. m. pi., sorte de vers 

intestinaux. 

ACANTHOPHAGE , adj . ,qui mange des chardons. 

ACAîSTHOPHIS, S. m., vipère de la Nouvelle- 
Hollande. 

ACAKTHOPTÉRYGIENS , s. m. pi., premier 
ordre de la classe des poissons osseux, d'après Cuvier. 

ACAPCLCO, vil. et port du Mexique, d'où partaient au- 
trefois les galions pour l'Espagne. 

ACARIÂTRE, adj., d'une humeur aigre et 
criarde : ne vous souciez pas d'une femme — . 

§ ACARIATRE, HARGNEUX, QUERELLEUR. Une 
personne acariâtre, manque de douceur et taquine sans 
cesse. Il y a dans le hargneux une plénitude de méconten- 
tement qui se répand en gronderies sur tout ce qui l'en- 



ACC 

toure. Le querelleur a la manie du bruit, des provocations, 
des disputes. La femme est plutôt acariâtre et l'homme 
hargneux ou querelleur. 

ACARIÀTRETÉ, s. f., caractère d'une personne 
acariâtre ; vieux et peu us. 

ACARIDES ou ACARIDIES, S. f. pi., petits in- 
sectes dont l'acarus de la gale est le type. 

ACAKXÂNIE, p. de la Grèce ancienne, voisine de l'Éto- 
lie, où se trouvait Actium. 

ACARUS OU ACARE, S. m., insecte microsco- 
pique, petit ciron qui vit dans le fromage ou sous 
la peau de l'homme et des animaux. 

ACATALECTE ou ACATALECTIQUE, adj., se 
dit d'un vers complet, auquel il ne manque rien. 

ACATALEPSIE, s. f., doute universel que pro- 
fessaient les sceptiques. = Maladie du cerveau qui 
prive de l'intelligence. 

ACATALEPTIQUE, adj., atteint d'acatalepsie. 
= Se dit de la secte des Pyrrhoniens.= S. m. dans 
les deux sens. 

ACAULE, adj., qualification des plantes sans 
tige apparente. 

ACCABLANT, E, adj., qui accable ou qui peut 
accabler : fardeau — . || Se dit des choses qui font 
sur l'àme le même effet qu'un gros poids sur le 
corps : nouvelle accablante. = Qui démontre la cul- 
pabilité jusqu'à l'évidence : j7 dressa un mémoire — 
contre le grand vizir (Volt.) = Insupportable : cha- 
leurs, visites ACCABLANTES. 

ACCABLÉ, E, adj., vaincu par la fatigue ou par 
la douleur. 

ACCABLOIEKT, s. m., état d'une personne ac- 
cablée iiar la fatigue, la maladie ou l'aflliction : sa 
i.ialadie l'a mis dans un grand — (-•^c. ) ■= Sur- 
charge d'affaires-, de travail, etc. : les lois et le pro- 
digieux — de leurs commentaires (LaBr.) = Grande 
diminution des forces morales ou physiques. V. Abat- 
tement. 

ACCABLER, v. a., charger d'un poids trop 
lourd : accablé sous le poids des fruits (Yen.) =^¥aire 
succomber sous le poids, sous le nombre : être 
ACCABLÉ sous la multitude des ennemis (Ac.) || — 
d'affaires, de questions, de reproches, de dégoûts, et 
en bonne part : — de bienfaits, de caresses. = 
Affaiblir complètement les forces : Alexandre ne 
partit qu'après avoir achevé d' — les Grecs (Mont.) 
= S' — de travail, s'en surcharger ; — de reproches, 
s'en faire beaucoup. 

§ ACCABLER , OPPRIMER , OPPRESSER. Le 
premier est le terme le plus général et se dit au physique 
comme au moral; opprimer emporte une idée de vexation, 
d'animosité contre une personne ou une chose innocente : 
on n'accable pas, mais on opprime la vérité (Volt.) ; il 
ne peut avoir pour sujet qu'un nom de personne ou de chose 
personnifiée. Oppresser, au physique, exprime l'action de 
faire sentir un poids sur la poitrine; au moral, l'âme oppres- 
sée éprouve une sorte d'anxiété et de détresse : à la 
vue de certaines injustices, l'indignation nous oppresse 
(La H.) 

ACCALMIE, s. f., calme momentané qui suit 
une tempête. 

ACCAPAREMENT, s. m., action d'accaparer; 
résultat de cette action. 

ACCAPARER, v. a., acheter ou arrherune mar- 
chandise pour en faire hausser le prix. H — les suf- 
frages, les obtenir par la brigue. — quelqu'un, s'en 
emparer complètement ; fam. 

ACCAPAREUR, EUSE, s., celui, celle qui acca- 
pare. 

ACCASTILLAGE, s. m., partie du vaisseau qui 



8 ACC 

s'élève à l'avant et à l'arrière, au-dessus de la lisse 
de plat-bord. 

ACCASTILLER, v. a., garnir, orner un vaisseau 
de ses deux gaillards. 

ACCEDER, V. n., entrer dans les engagements 
déjà contractés par d'autres : les puissances du Nord 
ONT ACCÉDÉ à ce traité (Ac.) |I — à une proposition, 
y consentir. 

ACCELERATEUR, TRICE, adj., qui accélère. 

ACCÉLÉRATION, s. f., accroissement de vi- 
tesse : — de la marche. = Prompte expédition ou 
exécution d'une affaire. 

ACCÉLÉRÉ, E, adj., fait plus rapidement; qui 
va avec plus de rapidité : pas — , roulage — . 1| S. 
voiture, bateau dont la marche est rapide. 

ACCÉLÉRER, v. a., accroître la vitesse d'un 
corps mis en mouvement : la gravité d'un corps qui 
tombe en accélère le mouvement (Ac.) — la mar- 
che d'une armée. = S' — , v. pr., devenir plus ra- 
pide, au propre et au fig. 

§ ACCÉLÉRER, PRESSER, HATER. En accélérant, 
on augmente la vitesse ; en pressant, la promptitude ; en 
hâtant, on avance l'époque. 

ACCEXSES (mot lat.), s. m, pi., officiers publics, à 
Rome, dont la fonction répondait à celle de nos huissiers. 
= Soldats surnuméraires à la suite d'une légion, ou atta- 
chés au service d'un magistrat. 

ACCEMSER, v. a., donner ou prendre à ferme 
une propriété ; joindre un bien à une autre dépen • 
dance. ^ 

ACCENT, s. m., modulation de la voix humaine 
qui s'élève ou s'abaisse sur certaines syllabes. = 
Inflexions devoix particulières à un pays, à une pro- 
vince, à une ville : — gascon. V — des gens du peu- 
ple, à Paris, est un peu traînant (Ac), et abs. : il 
a conservé son — (Id.) — tonique, élévation de la 
voix sur une syllabe. = Petit signe placé sur les 
voyelles pour en modifier le son : — aigu, grave, 
circonflexe. \\ Son de la voix de l'homme ou des 
animaux : la pie n'a que des cris sauvages dont les 
ACCENTS plaintifs semblent exprimer les efforts et la 
peine (Buff.) = Expression des sentiments par le 
langage : aux accents majestueux de Bossuet (Maury). 

ACCENTUATION, s. f., manière d'accentuer. || 
Art d'accentuer la parole selon les sentiments qu'elle 
exprime. 

ACCENTUER, V. a. , marquer d'un accent : on 
ACCENTUE cet É, et abs. : il ne sait pas — (Ac.) || 
Exprimer par les inflexions et les tons de la voix 
les sentiments dont on est affecté. = S' — , v. pr., 
être accentué. 

ACCEPTABLE, adj., qu'on peut, qu'on doit ac- 
cepter : proposition — . 

ACCEPTANT, E, adj., qui accepte. = S. m., 
celui, celle qui accepte. 

ACCEPTATION , s. f. , action d'accepter : — 
d'une donation. — d'une lettre de change , promesse 
de la payer à son échéance. 

ACCEPTER, V. a., consentir à recevoir ou à 
subir : les Mages offrirent au Sauveur des présents 
qu'il ACCEPTA (Bourd.) ■ — ses malheurs avec sou- 
mission (Id.), et abs. : on ne sait s'il acceptera 
(Ac.) := Se dit aussi des personnes : ACCEPTE-moi 
pour père (Corn.) — une lettre de change, promettre 
par écrit de la payer à l'échéance. — un rendez- 
vous, promettre de s'y rendre. — un défi, parier 
qu'on fera ce dont on a été défié ; consentir à se 
battre en duel. H — le combat, faire face à l'ennemi. 
— 7(n présage, compter qu'il se réalisera. J'en 



ACG 
ACCEPTE Vaugure, je souhaite que cela arrive comme 
on me le fait espérer. = S'—, être accepté. V . Re- 
cevoir. ^ , ^. 
ACCEPTEUR, S. m., celui qui accepte une lettre 



s. f., remise d'une créance 



de change. 

ACCEPTILATION 

non payée. 

ACCEPTION, s. f., sens particulier d un mot : 
prendre un mot dans son —figurée. = Préférence : 
sans — de. personnes. 

\CCÈS, s. m., faculté d'approcher : avoir — au- 
près des grands (Mass.) V. Aborder. = Fa'cilité ou 
difficulté d'approcher : cette côte est d'un — difficile. 
Cet homme est d' un facile — . H Les discours des flat- 
teurs ne laissent pas d'—à la vérité (Mass.) = Mou- 
vement intérieur et passager : avoir des — de dévo- 
tion, de colère. = Se dit aussi des redoublements 
ou retours périodiques de certaines maladies : — de 
fièvre, de goutte. 

ACCESSIBILITÉ, S. f., facilité d'approcher, 
d'être approché. 

ACCESSIBLE, adj., dont on peut approcher : 
lieu, personne —.Il se rend — à tous les janis- 
saires (Rac.) 11 Qui se laisse toucher par : — (ï la 
raison, à la pitié. = À la portée de : ces sciences 
ne sont pas accessibles à tout le monde. = Où l'on 
^eut parvenir : fonction — . 

ACCESSION, s. f., consentement à un acte, à 
un contrat. Bossuet l'a employé dans le sens d'avé- 
nement : — au trône. = Dr. , une des manières d'ac- 
quérir la propriété ; propriété ainsi acquise. || Jonc- 
tion de nouveaux membres à une assemblée : une 
— de pairs (Chat.) 

ACCESSIT (mot lat., le t se prononce au sing. et 
au pi.), s. m., distinction accordée à celui qui a le 
plus approché du prix. 

ACCESSOIRE, adj., qui accompagne la chose 
principale : idée — (Ac.)= S. m., ce qui n'est pas 
l'affaire importante : V — , chez Caton, c'était la 
vertu (Mont.) = Dans le langage du théâtre, on 
entend par accessoires certains meubles ou usten- 
siles qui servent à la représentation, et aussi les 
petits rôles : il ne joue que les accessoires. 

ACCESSOIREMENT, adv., d'une manière se- 
condaire, par suite : il ajouta — (Ac») 

ACCIDENT , s. m., événement imprévu, fortuit 
(se prend en mal quand il n'est accompagné d'aucun 
adj.) : il arrive quelquefois des accidents dont il 
faut être un peu fou pour se bien tirer (La Roch.) 
Partie ou qualité non essentielle d'un sujet, 
pi., figure, couleur et saveur qui restent après la 
consécration de l'hostie. = Symptômes qui aggra- 
vent une maladie à laquelle ils ne sont pas intime- 
ment liés. := Accidents de lumière, effets que pro- 
duisent les rayons du soleil à travers les nuages ; 
effets que tire le peintre, dans un tableau, de la 
disposition de la lumière. = Accidents de terrain, 
inflexions du sol. Par — , loc. adv., par hasard. V. 
Événement et Malheur. 

ACCIDENTÉ, E, adj,, se dit d'un terrain iné- 
gal, d'un pays dont les aspects varient. |1 Existence 
accidentée, qui a des fortunes diverses. 

ACCIDENTEL, LE, adj., qui arrive par hasard : 
maladie accidentelle (Buff.) = Qui n'est pas de 
l'essence du sujet : la blancheur est — au marbre. 
=z Symptômes accidentels, qui surviennent dans le 
cours d'une maladie à laquelle ils ne sont pas né- 
cessairement hés. = Signe — ; mus., qui se trouve 
dans un morceau sans être indiqué à la clé. 



= Au 



ACG 
ACCIDENTELLEMENT, adv., par accident, par 
hasard. 

§ ACCIDENTELLEMENT, FORTUITEMENT- Le 

premier exclut l'idée d'une cause naturelle; le second, celle 
d'une cause intelligenle. C'est accidentellement que vous 
tombez malade, si tout vous promet la santé; c'est fortui- 
tement que vous vous enrichissez, si vous ne faites rien pour 
cela. 

ACCIDENTER, v. a., rendre une surface iné- 
gale, pour en varier les aspects : — un jardin. = 
S' — , v. pr., prendre des aspects variés. 

ACCIPITRES (mot lat.), s. m. pi., oiseaux de 
proie, dans la classification de Linné. 

ACCISE, s. f., nom donné en Angleterre et en 
Allemagne aux contributions indirectes. 

ACCLAMATEUR, s. m., celui qui applaudit, qui 
concourt à des acclamations; peu us. 

ACCLAMATION, s. f., cri d'enthousiasme poussé 
par la foule : la scène retentit encore des acclama- 
tions qu'excitèrent le Cid, Horace, Cinna (Rac.) = 
Par , loc. adv., d'une voix unanime, sans recou- 
rir au scrutin : la loi fut votée par — (Ac.) 

ACCLAMER, V. a., nommer, approuver par ac- 
clamation. = V. n., pousser des acclamations. 

ACCLIMATATION, s. f., action d'acclimater ou 
de s'acclimater. 

ACCLIMATEMENT, S. m., état d'une personne 
ou d'une chose acclimatée. 

ACCLIMATER, V, a., accoutumer à un nouveau 
climat : il faut du temps pour — une plante étran» 
gère (Ac.) = S' — , v. pr., s'habituer à un nouveau 
climat. Il Se faire aux mœurs, aux habitudes, 

ACCOINTANCE, s. f., relation familière. == Au 
pi. et en mauv. part, liaison illicite. 

ACCOINTER (S') , v. pr., se lier, se familiariser 
avec : se prend souvent en mauv. part. 

ACCOLADE, s. f., action de passer les bras au- 
tour du cou d'un autre. = Cérémonie usitée autre- 
fois dans la réception d'un chevalier : donner l'-^.= 
Se dit encore du baiser que l'on donne à un membre 
de la Légion d'honneur, après l'avoir reconnu. || 
Trait de plume qui réunit plusieurs articles en un 
seul. — de lapereaux, deux lapereaux servis en- 
semble. 

ACCOLAGE, s. m., travail agricole qui consiste 
à attacher la vigne à des échalas ou contre un mur 
ACCOLER, V. a., jeter les bras autour du cou ; 
fara. et peu us.= Embrasser : — la cuisse, la botte 
à quelqu'un, en signe de grand respect. H Joindre par 
un trait de plume. — la vigne, la lier à l'échalas ou 
au mur. — deux personnes, les réunir pour un tra- 
vail commun ; joindre leurs noms dans un discours 
ou dans un écrit. = S'—, v. pr., s'embrasser ; fam. 
et peu us. = S'attacher à un corps voisin. 

ACCOLURE, s. f., lien flexible pour accoler la 
vigne ou les espaliers. 

ACCOMMODABLE, adj., qui se peut accommo- 
der : cette querelle n'est pas — (Ac.) 

ACCOMMODAGE, s. m., apprêt que les cuisiniers 
donnent aux viandes et les perruquiers aux cheveux. 
ACCOaiMODANT, E, adj., qui se plie facilement 
à la volonté des autres : homme fort — (Ac.) 

ACCOMMODÉ, E, adj., arrangé, ajusté, appro- 
prié : être bien — des biens de la fortune, et abs. : 
être bien —, être riche. 

ACCOMMODEMENT, s. m., accord que l'on fait 
d'une querelle, d'un différend. = Moyen, expédient 
pour terminer une affaire. = Embellissements faits 
à une maison pour la rendre plus agréable; vieux. 



ACG 



iO 



ACG 



§ ACCOMMODEMENT , RACCOMMODEMENT. Le 

premier s'emploie lorsqu'il s'agit de plaideurs; le second, 
exprime un rapprochement entre des personnes amies ou 
parentes avant la brouille. 

ACCOMMODER, v. a., être commode, convenir 
à : cela ne nous accommoderait pas. =z Mettre d'ac- 
cord, terminer à l'amiable : — des plaideurs, un 
différend.= Concilier deux choses qui semblent con- 
traires : — la religion avec les plaisirs (Fléch.) = 
Ajuster, mettre en ordre, en bon état : vous avez 
bien accommodé votre cabinet (Ac.) — le dîner, les 
cheveux. \\ Ir. et fam., maltraiter : ah! si vous aviez 
vu comme je /'ai accommodé (Mo1.)=: S' — , v. pr., 
se contenter : les hommes s'accommodent mieux des 
milieux que des extrêmes (Mont.) S' — d'une chose, 
de tout. = Prendre ses aises ; peu us. || Ir. , se 
mettre dans un fâcheux état. = Se conformer, se 
plier à : s'— à la faiblesse des hommes (Pasc.) = 
Se réconcilier, se mettre d'accord : la France força 
les autres puissances à s' — (Volt.) = Se bien ter- 
miner : cette affaire s'est accommodée (Ac.) = 
Vivre bien ensemble : ils s'accommodent parfaite- 
ment (Les.) 

ACCOMPAGNAGE, s. m., trame fine dont on 
garnit le fond d'une étoffe brochée d'or. 

ACCOMPAGNATEUR, TRICE, s., celui, celle 
qui accompagne avec un instrument ou avec la voix 
un morceau chanté ou exécuté sur un instrument. 

ACCOMPAGNEMENT, s. m., action d'accompa- 
gner. = Accessoire nécessaire de certaines choses 
pour la commodité ou l'ornement. = Mélodies ou 
parties secondaires qui servent à accompagner la 
mélodie principale. 

ACCOMPAGNER, v. a. , aller de compagnie avec : 
i7 m'ACCOMPAGXA dans ce voyage (Ac.) = Suivre par 
honneur, conduire ou reconduire en cérémonie : 
c'est lui qui a la charge d' — l'ambassadeur. \\ Con- 
venir à : cette garniture ACCOMPAGNE bien la robe. =. 
Se joindre à : les grâces accompagnaient jusqu'à ses 
refus (Fléch.) = Exécuter sur un instrument ou 
chanter les parties accessoires d'un morceau de mu- 
sique : — avec le violon, et abs. : il accompagne 
bien. = S' — de, prendre pour compagnon ; vieux. 
S" — avec, jouer d'un instrument en chantant. 

§ ACCOMPAGNER, ESCORTER, SUIVRE. Le pre- 
mier est le plus général : on accompagne pour toutes 
sortes de motifs. Escorter, c'est accompagner militairement 
ou en troupe, pour protéger, garder, faire honneur ; Jésus 
fut conduit au Calvaire accompagne de deux voleurs et 
ESCORTÉ de soldats (Bourd.) Suivre, c'est marcher derrière, 
accompagner un supérieur. 

ACCOMPLI , E, adj., à quoi, à qui il ne man- 
que rien : cet homme est un sujet — (Les.) = Ré- 
volu, écoulé ': il a vingt ans accomplis. Les temps 
sont accomplis (Rac.) V. Parfait. 

ACCOMPLIR, V. a., achever entièrement : — 
le temps de son apprentissage, de son bannissement 
(Ac.) = Mettre à exécution, réaliser : qu'il accom- 
plisse ses résolutions (Pasc.) — une prophétie. \\ 
Satisfaire pleinement à : quiconque aime Dieu a déjà 
accompli tous les préceptes (Bourd.)=S' — ,v. pr., 
s'exécuter, se réaliser complètement : ma prédiction 
s'est accomplie. V. Observer et Réaliser. 

ACCOMPLISSEMENT, s. m. (pas de pi.), entier 
achèvement , exécution ; réalisation : /* — d'un 
traité , V — des prophéties. 

ACCON, s. m., sorte de chalan, d'un faible ti- 
rant d'eau, souvent remorqué par une embarcation. 

ACCORD, s. m., bonne intelligence, union de 
sentiments, de volontés : vivre dans un parfait — . 



Nous sovnnes tous d' — . J'en demeure d' — , ou abs. 
d' — , j'en conviens. = Ensemble avec lequel plu- 
sieurs personnes exécutent un mouvement : vous ne 
ramez pas d' — . ■=: Juste proportion, harmonie : il 
y a un merveilleux — entre toutes les parties de 
l'univers (Ac.) = Convention : /' — conclu entre la 
France et l'Allemagne (Fléch.) |1 Concordance gram- 
maticale. r= Ensemble de sons formant harmonie. 
= État d'un instrument de musique monté au ton 
juste. = Bon efTet qui résulte, dans un tableau, de 
l'harmonie des tons. = Au pi., poésie, et surtout 
poésie lyrique. = Conventions qui font l'objet d'un 
contrat de mariage. V. Convention. 

ACCORDABLE, adj., qu'on peut accorder. 

ACCORDAILLES, S. f. pi., réunion pour la si- 
gnature d'un contrat de mariage ; fam. 

ACCORDANT, E, adj., mus., qui s'accorde bien. 

ACCORDÉ, E, adj. et s., personne qui s'est en- 
gagée pour le mariage par des articles signés de part 
et d'autre : /'accordée de village. 

ACCORDÉON, s. m., instrument de musique à 
soulflet et à touches. 

ACCORDER , V. a., mettre d'accord ; remettre 
en bonne intelligence : des arbitres nous pourront — 
(Boil.) — un violon, le mettre au ton voulu. — des 
instruments, les mettre tous au même ton. = En 
peint., harmonier les couleurs, les tons. = Suivr^ 
pour l'arrangement et les modifications des mots les 
règles que prescrit la grammaire : — le nom avec 
le verbe (Mol.) H Concilier, faire disparaître les con- 
tradictions : ne pouvoir — l'esprit de l'Evangile avec 
celui du monde (Boss.)= Octroyer, concéder : Dieu 
m'ACCORDERA peut-étre un jour une mort aussi glo- 
rieuse (Volt.) — sa main, consentir à épouser. — sa 
fille, la donner en mariage. — du temps, consentir 
à attendre le paiement au delà du terme fixé. = 
Attribuer : — du mérite à quelqu'un (La Br.) := Re- 
connaître pour vrai : — une proposition. = S' — , v. 
pr., être ou se mettre d'accord, vivre en bonne in- 
telligence. Il Être du même avis : ils s'accordaient 
tous à demander l'expulsion de Mazarin (Volt.) = 
Avoir de la convenance, du rapport. 

§ ACCORDER, CONCILIER. Le premier se dit des 
idées ou des personnes, et suppose des contrariétés ; le se- 
cond se dit des faits, et suppose des contradictions. 

ACCORDEUR, s. m., celui qui fait métier d'ac- 
corder des instruments de musique. 

ACCORDOIR, s. m., outil de l'accordeur. 

ACCORE , s. m., poutre qui sert à éfayer un 
vaisseau. = Adj., coupé verticalement à la surface 
de la mer : côte — . 

ACCORER , V. a., étayer un vaisseau que l'on 
construit ou que l'on répare. 

ACCORT, E, adj. , complaisant, d'humeur facile ; 
la servante était accorte ; fam. et peu us. 

ACCORTISE, s. f., humeur enjouée, facile : l' — 
italienne calma la vivacité française (Volt.) 

ACCOSTABLE, adj., que l'on peut accoster, 
d'un abord facile : cet homme n'est pas — (Ac.) ; 
fam. et peu us. 

ACCOSTER, V. a., aborder quelqu'un pour lui 
parler; fam. =: Se dit d'un bâtiment, d'une em- 
barcation qui va se placer à côté et le long d'un 
quai, d'un autre bâtiment. = S' — . v. pr. , s'abor- 
der réciproquement. S' — de quelqu'un, l'avoir sou- 
vent avec soi : il s'accosta d'un mauvais garnement 
(Ac.) V. Joindre. 

ACCOTEJJIENT, s. m., espace compris entre Ja 
chaussée et le fossé, le ruisseau et la maison. 



ACC 

ACCOTER, V. a., appuyer de côté. — sa télé. = 
S' — V. pr.; s'appuyer : s' — sur une chaise; fam. 
et peu us. 

ACCOTOIR, s. m., appui pour s'accoter ; peu us. 

ACCOUCHÉE, s. f., femme qui vient de mettre 
un enfant au monde. 

ACCOUCHEMENT, s. m., action de mettre ou 
d'aider à mettre un enfant au monde. 

ACCOUCHER, V. n., mettre au monde, enfan- 
ter (prend avoir ou être, selon qu'il marque l'action 
ou l'état). Il Produire avec peine : j'ai eu bien de la 
peine à — de cet ouvrage (Ac.) = V. a., aider à 
mettre un enfant au monde : qui vous accouchera 
si vous ACCOUCHEZ ù Griguon (Sév.) 

ACCOUCHEUR, EUSE, s., celui ou celle qui pra- 
tique les accouchements. 

ACCOUDER (s'), V. pr., s'appuyer du coude. 

ACCOUDOIR, s. m., appui pour s'accouder. 

ACCOUPLE, s. f., lien pour attacher les chiens 
ensemble. 

ACCOUPLEMENT, s. m., assemblage de deux 
animaux pour le travail : — de bœufs. = Conjonction 
du mâle et de la femelle pour la génération : le mu- 
let vient de l' — d'un àne et d'une jument (Ac.) =: 

— de colonnes, arrangement de colonnes disposées 
deux à deux. 

§ ACCOUPLEMENT, COUPLE. De ces deux mots, le 
premier désigne une réunion momentanée, et quelquefois 
contre nature, d'un mâle et d'une femelle; le second, plus 
général, indique mieux l'union naturelle et durable des sexes : 
dans l'espèce des cailles, les accouplements sont fréquents, 
mais on ne voit pas un seul couple (Buff.) 

ACCOUPLER, V. a., joindre ensemble, réunir 
deux à deux : — des serviettes. || — le loup et la 
brebis (Ac), tenter l'impossible. = Réunir le mâle 
et la femelle : — des pigeons, des serins. \\ — des 
colonnes, les disposer deux à deux. = S' — , v. pr., 
s'unir pour la génération. 

ACCOURCIE, s. f., passage qui abrège le chemin. 

ACCOURCIR , V. a. , rendre plus court : Cette 
chaussée accourcit le chemin. Les Parques ont ag- 
couRCi le fil de ses jours (Fén.)= Prendre une route 
de traverse : — son chemin, et abs. : prenez le bois, 
vous ACCOUUCiREZ (Ac.) || Faire paraître moins long : 
le chemin étant long, pour F — ils disputèrent (La F.) 

— la bride , la faire passer de la main droite à 
la main gauche, pour monter à cheval. = V. n. et 
s' — , V. pr., devenir plus court. 

§ ACCOUUCIR, RACCOURCIR. Le second exprime 
une action plus forte et plus considérable : accourcir signifie 
souvent réduire à de justes bornes : une phrase heureuse- 
ment AccounciE (Volt.), tandis que raccourcir, c'est accour- 
cir beaucoup, et quelquefois trop : Lamothe-Houdard étran- 
gle ce beau passage et le raccourcit en deux vers (Id.) 

ACCOURCISSE3IENT , s. m. , diminution de 
longueur, de durée. 

ACCOURIR, V. n., se rendre promptement vers 
une personne ou vers un lieu : il accourt tout hors 
d^haleine ( La Br.) accourant vers leur humide roi 
(Boil.) Il Sonnent de l'extrémité du désert accourt 
un tourbillon (Chat.) 

ACCOURSE, s. f., galerie extérieure qui fait 
communiquer les appartements. 

ACCOUTREMENT, s. m., habillement extrava- 
gant et ridicule ; fam. 

ACCOUTRER , v. a. , habiller d'une façon ri- 
dicule. Il Mai'.raiter en paroles : — quelqu'un de 
touten pièces. = S'—, se vêtir d'une façon extrava- 
gante. 

ACCOUTUMANCE, s. f. , longue habitude ; vieux : 



ii AGG 

un esprit dompté par V — au joug n'oserait plus s'en" 
hardir à rien. V. Habitude. 

ACCOUTUMÉ, E, adj., ordinaire, habituel : que 
tout rentre ici dans l'ordre — (Rac.) 

ACCOUTUMER, v. a., faire prendre l'habitude : 

— au travail et à la piété (Fén.) — à obéir. = Être 
accoutumé de, ellipse pour être accoutumé à l'avan- 
tage de : on EST accoutumé de se laisser aller au 
plaisir (Pasc.) = S' — , v. pr., s'habituer : // est 
bon de s'— ù profiter du mal (Id.) = Se familiariser 
avec : jamais je ne m'accoutumerai avec ces gens. 

ACCOUVÉ, E, adj., qui reste habituellement ac- 
croupi au coin du feu. 

ACCRÉDITER, v. a., donner du crédit, de l'au- 
torité, de la réputation : V exactitude ù payer est ce 
qui ACCREDITE le plus les commerçants (Ac.) = Ga- 
rantir quelqu'un de son crédit auprès d'un tiers. 

— un envoyé, autoriser sa mission auprès d'un? 
puissance. || Propager , rendre vraisemblable : — 
une nouvelle, une calomnie. = S' — , v. pr., acqué- 
rir du crédit ; se répandre : le raisonner tristement 

S'ACCfiÉDITE (Volt.) 

ACCROC (pron. acro), s. m., déchirure que fait 
ce qui accroche. H Obstacle, embarras, dilTiculté 
imprévue. V. Anicroche. 

ACCROCHEMENT, S. m., action d'accrocher; 
résultat de cette action : — de deux voitures. 

ACCROCHER, v. a., attacher, suspendre à unf 
croc, à un clou : — sa montre. = Arrêter en dé- 
chirant : prenez garde que l'on m'accroche votre ha- 
bit. — ujie voiture, la heurter ou l'arrêter en pas- 
sant, et abs. ; ce cocher accroche souvent. = Saisir, 
arrêter un vaisseau avec des grappins. || Gagner 
par ruse ou par adresse i ses soins tentent tout pour 

— quelqu'un (Mol.) S' — à quelqu'un, ne pas le 
quitter ; s'attacher obstinément à sa fortune. = 
Retarder la conclusion de : — une affaire. =z S' — , 
V. pr., être retenu par quelque chose de pointu : 
sa robe s'accroche à des ronces {A.c.)=: S'attacher, 
se suspendre à : quand on se noie, on s'accroche où 
Von peut. = Se dit de deux vaisseaux, de deux voi- 
tures. Il En venir aux mains : nos braves s'accro- 
CHANT se prennent aux cheveux (Boil.) 

ACCROIRE, V. n., croire faussement ; n'est us 
qu'ù, l'infinitif, et précédé défaire ; combien on fait 

— de choses au peuple! (Fén.) En faire — , en 
imposer. S'en faire — , s'enorgueillir sans fonde- 
ment, trop présumer de soi. 

ACCROISSEMENT, s. m., agrandissement d'un 
être ou d'un objet qui se développe : /'— du tronc 
dans les arbres se fait par des couches de fibres li- 
gneuses (Cuv.) — de l'homme, du cheval. \\ — de 
puissance, de fortune, de l'empire. Les besoins s'aug- 
mentent par un — de désirs (J.-J.) 

ACCROÎTRE, V. a., agrandir' en développant : 

— un parc, un jardin, son bien, son revenu. = V. 
n., devenir plus grand : son bien accroît tous les 
jours. Il Rendre plus grand : tes discours accrois- 
sent mes ennuis (Mol.) =r S' — , v. pr., devenir 
plus grand, plus nombreux : mes ans se sont 

ACCRUS. 

ACCROUPIR (s'), V. pr., se tenir assis sur les 
talons, sur la croupe. = S'abaisser jusqu'à terre : 
les chameaux s'accroufissent powr se laisser char-' 
ger (BulT.) 

ACCROUPISSEMENT , S. m. , état d'une per- 
sonne accroupie. 

ACCRU, s. m., rejeton produit par les racines. 

ACCRUE , s. f. , augmentation d'une terre par 



ACG 

suite du retrait des eaux ou par alterrissement. — 
de bois, augmentation d'un bois qui se fait d'elle- 
même. 

ACCUEIL, s. m., manière de recevoir bien ou 
mal : // reçut V— qu'on devait à son nom, (Volt.) 
Bon, favorable, mauvais —. Faire — , recevoir avec 
bienveillance et politesse. 

ACCUEILLANT, E, adj., qui fait bon accueil : il 
était doux, ouvert, — (St-Sini.) 

ACCUEILLIR, V. a., recevoir bien ou mal quel- 
qu'un qui nous aborde ou qui se présente chez 
nous : — froidement, favorablement. = Abs., faire 
bon accueil : il m'ACCrEiLLiT ; car c'est le meilleur 
homme du monde (P. L. G.) |1 — une proposition, y 
consentir. — les bruits les plus étranges (Thiers), y 
ajouter foi.= Se dit aussi des accidents fâcheux : 
ÊTRE ACCUEILLI par la tempête ; dans ce sens, assaillir 
est préférable et plus us. 

ACCUL, s. m., lieu qui n'a point d'issue, où l'on 
est acculé. = Crique trop petite pour contenir de 
gros bâtiments. =: Piquet pour empêcher le recul 
des canons. 

ACCULEME]\T, fe. m., état de ce qui est acculé. 
= Courbure donnée à la carcasse d'un vaisseau. 

ACCULER, V. a., pousser quelque chose ou quel- 
qu'un dans un endroit où l'on ne puisse plus recu- 
ler : — l'ennemi contre une montagne. — le blai- 
^reau dans son terrier (Ac.), et abs. : les chiens 
AVAIENT ACCULÉ le sanglier {ld.)=:\ . n. ets'— ,v. pr., 
se dit d'une voilure qui penche en arrière. =i S' — , 
V. pr., se ranger contre un mur ou dans un coin 
pour n'être pas pris par derrière. 

ACCUM (Frédéric), chimiste allemand qui, le premier, 
appliqua le gaz liydrogène à l'éclairage, mort en i838. 

ACCUMULATEUR, TRICE, s., celui, celle qui 
accumule ; peu us. 

ACCUMULATION, s. f . , action d'accumuler, 
résultat de cette action : — des produits. \\ — rf7/o?j- 
neurs, de dignités. = Figure de rhétorique qui con- 
siste à rassembler et à grouper ensemble tous les 
détails d'une idée principale. 

ACCUMULER, v. a., mettre en grand monceau; 
rassembler en grande quantité : depuis que f avais 
résolu d'écrire mes mémoires, j'avais accumulé beau- 
coup de lettres (J.-J.) — des trésors, et abs. : un 
homme accumulait (La F.) || — des honneurs, — 
péché sur péché (Bourd.) = S' — , v. pr., s'amonceler 
successivement ; devenir très- nombreux : les denrées 
s'accumulent (/ans ce magasin. Les difficultés s'accu- 
mulaient (Volt.) V. Amasser. 

ACCUSABLE, adj., qui peut être accusé ; peu us. 

ACCUSATEUR, TRICE, s., celui, celle qui ac- 
cuse : — public, otficier judiciaire chargé de pour- 
suivre les accusés devant les tribunaux ; on dit au- 
jourd'hui ministère public . = Adj., se rendre — . || 
Indice — . 

ACCUSATIF, s. m., cas qui indique, dans les 
langues à déclinaisons, le rég. dir. des verbes ac- 
tifs. =: Il se place aussi après les prép. qui marquent 
le mouvement ou l'action. 

ACCUSATION, s. f., action par laquelle le mi- 
nistère public défère la connaissance d'un crime 
à la justice. Acte d' — , exposé du crime et des 
circonstances qui l'ont accompagné. = Imputation 
faite à une personne d'un crime, d'une faute, d'un 
défaut. 

ACCUSÉ, E, s., celui, celle que l'on renvoie de- 
vantles tribunaux criminels pour être jugé. — de ré- 
ception, a.\is que l'on donne delà réception d'un envoi. 



12 ACH 

ACCUSER, V. a., imputer un crime à quelqu'un; 
déférer quelqu'un à la justice pour un crime : d'un 
amour criminel Phèdre accuse Hippoli/te (Rac.) Les 
Juifs accusèrent Jésus-Christ devant Pilote (Pasc.) 
=:= Imputer, reprocher à quelqu'un un vice, un 
défaut, une faute : — de négligence, d'idolâtrie, 
de lâcheté. \\ Souffrir avec peine ; gourmandcr : — 
la lenteur du sacrifice (Rac.) == Servir d'indice ou 
de preuve, révéler : son silence même accusant sa no- 
blesse (Id.)= Déclarer : — son âge, son jeu, ses pé- 
chés. = Peint. : — les muscles, les os, etc., faire 
qu'on les distingue sous la peau ou le vêtement qui 
les recouvre. := S' — , v.pr., se déclarer coupable : 1rs 
tribunaux de miséricorde justifient ceux qui s'accu- 
SENT (Boss.) = Se reprocher à soi-même. = Se re- 
procher l'un à l'autre. 

§ ACCUSER , INCULPER. On accuse ouvertement 
quelqu'un de quelque chose; on inculpe quelqu'un par des 
insinuations ou des imputations hasardées, sans faire toujours 
connaître de quoi on le prétend coupable. 

ACENS ou ACENSE, s. m., propriété cédée ou 
tenue î\ cens, soit à perpétuité, soit à terme; vieux. 

ACENSE3IENT, s. m., acte par lequel on acense. 

ACENSER, v. a., prendre ou donner à cens, sous 
la redevance d'une rente : — vingt arpents de terre, 
à raison de dix livres de rente (Ac.) 

ACÉPHALE, adj., sans tête, sans chef. =r Acé- 
phales, s. m. pi., mollusques qui n'ont pas de tête, 
comme les huîtres, les moules, etc. 

ACÉRAIN, AINE, adj., de la nature de l'acier. 

ACERBE, adj., qui n'est pas encore mûr : fruit 
— . Vin — , fait avec des raisins qui n'étaient pas 
mûrs. Il Rude : parole, ton, caractère — . V, Aigre. 

ACERBITÉ, s. f., qualité de ce qui est acerbe. 

ACÉRÉ, E, adj., garni d'acier à la pointe ou au 
tranchant : lame acérée. || Qui blesse, qui déchire : 
plume acérée, traits acérés de la calomnie (Ac.), = 
Pointu comme une aiguille. 

ACÉRER, V. a., mettre de l'acier à une pointe, 
à un tranchant de fer pour les rendre plus propres 
à percer, à couper, = Mêler de l'acier à certaines 
parties de la surface d'une enclume ou d'un ouï il 
pour en augmenter la résistance. || Rendre piquiRit 
ou mordant : — son style, — une épigramme. 

ACÉRURE, s. f., morceau d'acier préparé pour 
être ajouté à une pièce qu'on veut acérer. 

ACESCENCE, s. f., disposition à s'aigrir, en par- 
lant des humeurs ou des liquides. 

ACESCENT, E, adj., qui s'aigrit, qui commence 
à s'aigrir. 

ACÉTATE, s. m., sel produit par la combinaison 
de l'acide acétique avec une base. 

ACÉTONE, s. m., substance qu'on obtient par 
la distillation sèche des acétates. 

ACÉTEUX, EUSE, adj., qui a le goût du vinai- 
gre. = Fermentation acéteuse, pendant laquelle 
se forme l'acide acéteux. = Quelques botanistes 
emploient le mot acéteux pour désigner tout végétal 
doué d'une saveur acide bien prononcée. 

ACÉTI3IÈTRE, s. m., instrument pour mesurer 
le degré d'acidité du vinaigre. 

ACÉTIQUE, adj., se dit de l'acide qui fait la 
base du vinaigre. 

ACHAB, roi impie d'Israël, époujc de Jézabel; fut tué en 
898 av. J.-C. 

ACHAÏE, p. de la Grèce, au nord à.\ Péloponèse. = 
Principauté d' — , formée, en 1205, du PélopLiuèse tout en- 
tier, avec la suzeraineté d'Athènes et de Thèbes. 

ACHALANDAGE, s. m,, action, manière d'à- 



ACII 

bonne réputation. 



clialander ; bonne réputation. == Clientèle d'un 
marchand. 

ACIIALAXDER, v. a., attirer les chalands; 
mettre en vogue, en réputation. = S' — , v. pr., se 
procurer des chalands ; devenir de jour en jour plus 
fréquenté. 

ACHARD (Frédéric), Prussien, d'origine française, qui a 
inventé. le sucre de betteraves, mort eu 1821. 

ACHARNEMEIXT, S. m., action d'un animal qui 
s'acharne à sa proie ; fureur avec laquelle les hom- 
mes se battent ou se disputent ; on se battit avec — 
durant tout le jour. \\ Animosité opiniâtre : jamais 
contre un pécheur ils n'ont d' — (Mol.) = Forte pas- 
sion, attachement aveugle : jouer avec — . 

ACHARjXER, v. a., donner delà chair à un chien, 
à un oiseau de proie, pour les exciter ; peu us. := Ani- 
mer, exciter des animaux ou des hommes les uns 
contre les autres : soldats qu'une férocité naturelle 
ACHARNAIT sur les vaiucus (Fléch.) = S' — , v. pr., 
s'attacher avec fureur, se livrer avec excès. 

ACHAT, s. m., action d'acheter; chose achetée. 

§ ACHAT, EMPLETTE. Le premier exprime soit l'ac- 
tion d'acheter, soit la chose achetée, quand c'est un objet 
considérable : faire achat d'un château (La F.) Emplette 
est une sorte de diminutif qui signifie petit objet acheté : 
j'ai mille emplettes à faire (Mont.) 

ACHATE, fidèle compagnon d'Énée. = S. m., ami insé- 
parable; fam, 

ACHAZ, roi impie de Juda, mort en 717 av. J.-C. 

ACHE, s. f., herbe qui ressemble au persil. 

ACHÉE, s. f., genre de crustacé. ^= Nom vulgaire 
des vers de terre. = Appât pour amorcer le poisson. 

ACHEM, roy. et vil. de l'île de Sumatra (Asie). 

ACHEMEXÉ, E, adj., mis en bon train ; dégourdi, 
presque dressé : cheval — . 

ACHEMEXEMEJXT, s. m., moyen de parvenir, 
d'arriver : c'est un — à la paix. || Au pi., en mauv. 
part : mille acheminements secrets au crime (Mass.) 

ACHEMEXER, v. a., mettre en chemin, diriger 
vers un lieu; peu us. = Amener graduellement : la 
joie où vous m-'ACHEMiNEZ (Mol.) = Préparer, mettre 
en état de réussir : cet événement peut — la paix 
(Ac.) ; peu us. 1| Faire avancer vers un but : cela vous 
ACHEMINERA aux liomieurs. r=. — un c^ei'a/, l'habituer 
à marcher droit. = S' — , v. pr., se metlre en che- 
min. Il Se diriger vers un but, tendre à, être en bon 
train : tout s'achemine à mon bonheur (J.-J.), et abs. : 
cette affaire s'achemine. = S'avancer vers : le pou- 
voir d'Agrippine vers sa chute à grands pas chaque 
jour s'achemine (Rac.) 

ACUÉRO\. fleuve des enfers, ii L'enfer même, ou la 
mort : l'avare — ne lâche pas sa proie (Rac.) 

ACHETER, V. a. , acquérir à prix d'argent : — une 
terre. — à vil prix. Le marchand' xceetx notre Phry- 
gien trtis oboles (La F.) = Le rég. ind. de ce verbe 
prend la prép. à ou la prép. de : je lui ai acheté ou 
j'ai acheté de lui. — ù, signifie aussi acheter pour : 
j'ai acheté une montre ù mon fils (Ac.) \\ — un 
auteur, acheter ses œuvres. — des partisans, dis- 
tribuer de l'argent pour s'en faire. — un homme, 
lui payer une somme d'argent pour qu'il fasse le 
service militaire à la place d'un autre. — des bans, 
obtenir à prix d'argent qu'ils ne soient pas publiés. 
= Obtenir avec peine : c'est une dignité qu'il A 
achetée au prix de son sang (Ac.) — la gloire par 
un travail infatigable (Volt.) = S' — , v. pr., être 
achetiî : tout s'achète , excepté l'affection des peu- 
ples (.Mérim.) 

ACHETEUR, EUSE. s., celui ou celle qui achète; 
qui aime à acheter : c'est un grand — . 



13 AGI 

ACIIEITL (St), ancienne abbaye, près d'Amiens. 

ACHEVEE, E, adj., qui a atteint la perfection : 
beauté achevée, tableau — (La Br.) Cheval — , 
complètement dressé. = Appliqué aux personnes, il 
se prend en mauv. part : c'est un scélérat, un fou — 
(Ac.) Je suis achevé (Corn.), à bout de ressources. 
V. Parfait. 

ACHÈVEMENT, s. m., tin d'un travail, entière 
exécution d'une chose : ce Louvre dont V — est tant 
désiré (Volt.) || Perfection dont une chose est sus- 
ceptible : dans les ouvrages de l'art, c'est le tra- 
vail et l' — que l'on considère (Boil.) = Conclusion, 
dénoûment d'une intrigue théâtrale ; peu us. 

ACHEVER, V. a., finir ce qu'on a commencé : 
ne saurais-je — mon conte (La F.) — de dîner. — 
sa carrière, ses jours, mourir. || Je veux — ma 
journée (A. Ch.) = Compléter, perfectionner : l'é- 
lude commence un honnête homme et le commerce 
du monde /'achève (St-Évr.) = Consommer : cette 
aventure achève sa ruine (Ac), et abs. ; voilà de 
quoi m' — , me perdre entièrement. = Porter le 
dernier coup : nos soldats ne l'ont pas achevé 
(Corn.)= S' — , V. pr., se terminer. 

§ ACHEVER, TERMINER, FINIR. Achever, c'est 
mettre la dernière main, compléter ce qui est commencé ; ter- 
miner, c'est mettre un terme, une borne à ce qui a cours ou 
est en mouvement : ce n'est pas mon talent ^'achever une 
histoire qui se termine ainsi (La F.) Finir diffère de ter- 
miner eu ce qu'il marque une action moins brusque et plus 
naturelle : tous les avis allèrent à demander au pape le 
concile pour fixir les affaires de la religion, faute de quoi 
on les TERMINERAIT 671 FrancB (Boss.) 

ACHE VOIR, s. m., outil pour donner la der- 
nière façon à certains ouvrages. = Lieu où l'on 
achève certains ouvrages. 

ACHILLE, héros grec, chanté par Homère, il S. m., vail- 
lant héros: cMque — a son Homère (Mass.) = Tendon 
cZ' — , tendon commun aux muscles jumeaux de la jambe et 
soléaire. 

ACHILLEE, s. f., l'un des noms de la mille-' 
feuille, plante aromatique et stimulante. 

ACHIRE, s. m., genre de poissons privés de 
nageoires pectorales. 

ACHIT, s. m., vigne sauvage qui croît dans 
l'île de Madagascar. 

ACHMET, nom de plusieurs sultans : Achmet I" (1603- 
1617); Achmet II (1691-1693); Achmet III (1703-1730). 

ACHOPPEMENT, s. m., heurt, choc; ne se dit 
que dans pierre d' — , occasion de faillir : la ren- 
contre de cette femme a été une pierre d' — pour sa 
sagesse (Ac.) = Obstacle imprévu : l'affaire se fera si 
nous ne rencontrons pas quelque pierre d' — (id.) 

ACHOPPER, v. n. et s' — , v. pr,, se heurter à : 
c'est là où tous ont achoppé (Pasc.) 

ACHORES, s. m. pi., petits ulcères ù la tète et 
aux joues des enfants, croiites de lait. 

ACHROMATIQUE, adj., qui fait voir les objets 
sans couleur étrangère : lunette — . 

ACHROMATISER, v. a., rendre achromatique : 
— un prisme. = Absorber les couleurs que présen- 
tent les rayons. 

ACHROMATISME, s. m., propriété ou effet des 
lunettes achromatiques. 

ACICULAIRE, adj., se dit des feuilles et des 
épines allongées en forme de pointe. 

ACIDE, s. m., substance composée, dont la saveur 
est piquante et aigre, qui rougit la teinture de tour- 
nesol , et a la propriété de se combiner avec une 
base pour former un sel : le plus connu de tous les 
ACiCES est le vinaigre (Fourcroi). 



ACQ 

ACIDE, adj., (l'une saveur piquante et aigre : 
fruit — . = Qui a les propriétés des acides. V. Aigre. 

ACIDIFÈRE, adj,, qui contient un acide : siibs- 
tance — , composée d'une Lase salifiable unie à un 
acide. 

ACIDIFIABLE, adj., susceptible d'être converti 
en acide, de jouer le rôle d'un acide. 

ACIDIFIANT, E, adj., qui a la propriété de con- 
vertir en acide. 

ACIDIFICATION, s. f., conversion, passage à 
l'état acide. 

ACIDIFIER, V. a., rendre acide; convertir en 
acide. = S'— , v. pr., se convertir en acide. 

ACIDITÉ, s. f., saveur aigre et piquante des subs- 
tances acides : l' — du verjus (Ac.) 

ACIDULE, adj., légèrement acide. 

AClDULER,v. a., rendre acidulé. = S'—, v.pr., 
le devenir. 

ACIER, s. m., fer durci et alTiné parla trempe : 
on détrempe V — en le faisant rougir au feu (Ac.) |I 
Glaive, poignard : un homicide — (Rac.) = Cœurs 
d' — (Corn ), liommes d'une résolution inébranlable. 

ACIÉRATION , s. f., action de convertir le fer 
en acier; résultat de cette action. 

ACIÉRER, V. a., convertir le fer en acier. =: 
S' — , V. pr., se convertir, être converti en acier. 

ACIÉREUX, adj. ni., qui a le caractère de l'acier. 

ACIÉRIE, s. f., usine où l'on fabrique l'acier. 

ACJNACIFORME , adj., se dit des feuilles en 
forme de sabre. 

ACINÉSIE, s. f., intervalle qui sépare les deux 
mouvements de chaque pulsation. 

ACOLYTAT, S. m., le plus élevé des quatre or- 
dres mineurs. 

ACOLYTE, s. m., celui qui a reçu l'acolytat, qui 
accompagne et sert le prêtre à l'autel. 1] Celui qui en 
accompagne souvent un autre ou qui seconde l'exé- 
cution de ses desseins. 

ACOMAS ou ACOMAT, s. m., arbre des Antilles. 

À-COMPTE, s. m., somme donnée ou reçue, en 
déduction d'un compte ou d'une dette. 

ACONIT, s. m., plante fort vénéneuse, et dont la 
fleur est très-belle. 

ACOQUINANT, E, adj., qui acoquine. 

ACOQUINER, V, a., faire persévérer dans une 
habitude, attirer : en hiver, le feu acoquine (Ac.) 
=: S'—, V. pr., s'habituer, se trop attacher : quand 
on s'est une fois acoquiné à faire des vers (Sl-Évr.) 

AÇORES, îles de l'océan Atlantique, au N.-O. de l'A- 
frique. 

ACOTYLÉDONE OU ACOTYLÉDONÉ, E, adj., 
se dit des plantes dépourvues de cotylédons. 

ACOTYLÉDONS, S. m. pi., ou ACOTYLÉ- 
DONES,s. f. pi., plantes simples dont les semences 
n'ont pas de cotylédons. 

A-COUP, s. m. inv., artmilit., mouvement sac- 
cadé ; temps d'arrêt trop brusque. 

ACOUSTIQUE, s. f., partie de la physique qui 
traite des lois suivant lesquelles le son se produit et 
se transmet. = Adj., qui augmente le son : cornet 
— . Nerf —, qui va du cervelet au conduit auditif. 

ACQUÉREUR, EUSE. s., celui, celle qui acquiert 
des immeubles. 

ACQUÉRIR, v. a. et irr., devenir propriétaire 
par un marché d'un objet quelconque, par.ticul. 
d'un immeuble : — une maison. Quand on aura un 
tableau à —, on fera bien d'appeler à côté de soi 
un artiste (Grimra), et abs. : la difficulté d' — croît 
toujours en raison du besoin (J.-J.) || Amasser par 



14 ACR 

le travail , le soin, l'étude : — toutes les vertus 
(Pasc), et abs. : // a beaucoup acquis. = Obtenir, 
gagner : — des amis — les bonnes grâces de quel- 
qu'un. = Atteindre, parvenir à : c'est dans l'état de 
floraison que les plantes ONT ACQUIS toute leur beauté 
(B. de St-P.)= S' — , v. pr., acquérir pour soi : ils 
SE SONT ACQUIS Une gloire qui ne passera jamais (Mass.) 
=r Être ac(juis: comme si l'honneur pouvait s'— sans 
travail (Fléch.) S' — quelqu'un, se l'attacher. 

ACQUET, s. m., bien que l'on a acquis, par 
opposition à ceux dont on hérite. =r Au pi., biens 
acquis pendant le mariage, et qui tombent dans la 
communauté. 

ACQri, "vil. du Piémont, surla Bormida. 

ACQUIESCEMENT, S. m., consentement volon- 
taire et sans réserve : toute la vie de Marie a été un 

— aux desseins de Dieu (Mass.) = Dr., adhésion 
donnée par une partie à un acte, à une demande, 
à un jugement. 

ACQUIESCER, V. n., consentir, se' soumettre fa- 
cilement : Dieu clément et bon, j'acquiesce à ta vo- 
lonté (J.-J.), et abs. : l'homme se reconnaît libre d' — 
ou de résister (Id.) V. Consentir. 

ACQUIS, s. m. , connaissances ou qualités acquises 
par le travail ou l'expérience : ce médecin a de V — 
(Ac.) Il Usage du monde ; influence qu'y donne le 
rang qu'on occupe : plus on a d' — , moins on sait 
défendre ses amis (Volt.) 

ACQUIS, E, adj., gagné à, dévoué : je vous suis 
— . Il Assuré : mon estime vous est acquise (Pasc) 

ACQUISITION, s. f., action d'acquérir; résultat 
de cett-e action; chose acquise. HConquête, adjonction 
d'une province à un État t le monument qui immor- 
talise le cardinal Mazarin, c'est V — de l'Alsace (Volt.) 

ACQUISIVITÉ, s. f. , néol. , disposition à acquérir. 

ACQUIT, s. m. , quittance, décharge : mettez votre 

— an bas de ce billet (Ac.) Pour — , formule de 
quittance. |1 Pour 1' — de ma conscience, pour n'avoir 
rien à me reprocher. Par manière d' — sans aucun 
soin. =: Coup que l'on donne à jouer sur sa bille, au 
jeu de billard. 

ACQUIT-À-CAUTION (PI. acquits-à-caution), 
s. m., autorisation de laisser circuler une marchan- 
dise qui n'a pas encore acquitté les droits. 

ACQUITTABLE, adj., qui est susceptible d'être 
acquitté. 

ACQUITTÉ, E, s., celui ou celle qui a été déclaré 
non coupable. 

ACQUITTEMENT, s. m., action d'acquitter une 
dette. = Arrêt par lequel un accusé est acquitté. 

ACQUITTER, V. a., libérer de dettes; se dit des 
personnes et des choses : — un ami, une charge. 
Il — sa conscience, la décharger d'une obligation. 
•— une promesse, l'exécuter. — une lettre de change j 
un mémoire , les payer ou certifier qu'ils ont été 
payés. = Déclarer non coupable : ses juges viennent 
de U— (Ac.) = S'—, V. pr., se libérer d'une dette .: 
77 s'est ACQUITTÉ de 20,000 fr., et abs. : qui s'ac- 
quitte s'enrichit; prov.|| Reconnaître un bienfait, un 
service par un autre : presque tout le monde prend 
plaisir à s'— des petites obligations (La Roch.). = 
Regagner au jeu ce qu'on y atait perdu. V. Pater. 

ACRA, nom donné par les anciens à plusieurs villes ou 
citadelles bâties sur des hauteurs. 

ACRE, s. m., mesure de terre contenant un ar- 
pent et demi. 

ACRE, adj., qui excite sur les sens un picotemeut 
désagréable : le suc de cette plante est — (Ac.) |1 
Piquant, mordant : ton — , critique — . 



ACT 



ACRE (St-Joan d'), tjI. de la Turquie d'Asie. Bonaparte 
l'assiégea inutilement en 1799.= Pachalik d'— , province 
de Syrie. 

ÂCRETÉ , S. f., qualité de ce qui est acre. \\Il a 
de r— dans l'iiumeiir. V. Acrimonie. 

ACRIDOPHAGE, adj. et s. m., qui mange des 
sauterelles : peuple — . 

ACRIMOME, s. f., qualité de ce qui est un peu 
aigre : l' — et la pointe des sauces m'agréèrent étant 
jeune (Montaig.); peu us. H Acreté légère et continue : 
;7 a de V — dans ses discours (Ac.) 

§ ACRIxMOXIE, ÂCRETÉ. H n'y a entre ces deux mots 
que la difiFérence du plus au moins : Acrimonie est le dimi- 
nutif à'âcreté, la disposition à Yâcreté, au propre et au flg. 

ACRIMONIEUX, EUSE, adj., qui a de l'acri- 
monie. 

ACRDRATE, s., danseur, danseuse de corde. 

ACRONYQUE, adj., astr., qui a lieu au moment 
où la nuit commence. Étoile — , qui est du côté du 
ciel opposé au soleil ; qui passe au méridien à mi- 
nuit. 

ACROPOLE, s. f., citadelle, partie élevée d'un ■ 
ville grecque. 

ACROSTICHE, s. m., petite pièce de poésie dont 
chaque vers commence par une lettre du nom de la 
personne ou de la chose qui en est le sujet. 

ACROTÈRE, s. m., espèce de piédestal que l'on 
met d'espace en espace dans les balustrades. 

ACTE, s. m., accomplissement d'un (ait; effet, 
résultat d'une action ; opération de la volonté : l'ha- 
bitude ne se forme que par des actes réiférés (l>a Br.) 
Cet — irréjléchi le compromet beaucoup (Ac.) Céder 
à la force est un — de prudence (J.-J.) — de vertu, 
de générosité, etc. — d'autorité, usage ou abus de 
la puissance. — arbitraire, qui n'est autorisé par 
aucune loi. = Prière particulière ou formule de 
cette prière : — de foi, de charité, etc. = Tout ce 
qui se fait par le ministère d'un ofTicier public : l' — 
de la séparation est dressé chez le notaire (La Br.) 
— d'accusation. V. Accusation. = Déclaration au- 
thentique ; demander — d'un dépôt (Ac.) Faire — de 
présence, ne paraîlre qu'un instant. ^= Décision 
d'une autorité publique : — du parlement. — de 
l'état civil, dressé par un officier public; au pi., 're- 
gistres qui les contiennent. =: Actes des Apôtres, 
Mxre qui renferme les principaux traits de leur vie 
et l'histoire de l'Église primitive. |i Chacune des par- 
ties principales d'une pièce de théâtre. 

§ ACTE, ACTION. Vaction est la manifestation de la 
puissance et ïacte en est l'effet manifesté. En employant le 
mot action, nous songeons surtout à celui qui agit, tandis 
que par le mot acte^ nous voulons plutôt caractériser la na- 
ture du fait accompli. 

ACTEUR, TRICE, s., celui, celle qui joue un 
rôle dans une pièce, et par ext. qui exerce la pro- 
fession théâtrale. 11 Celui ou celle qui participe à une 
affaire: il fut l'un des acteurs de cette aventure (Ac.) 
§ ACTEUR, COMÉDIEN- On est acteur de fait et 
comédien de profession. Le mot acteur ne s'applique aux 
comédiens proprement dits que lorsqu'on les considère à 
l'œuvre. Au fig , acteur se dit de quiconque prend une part 
active à une affaire ; comédien, de celui qui sait feindre les 
sentiments ou les passions qu'il n'a pas. 

ACTIF, IVE, adj., qui agit; qui ala vertu d'agir : 
principe — , puissance active. =: Très-occupé : la 
nature est un ouvrier — (BufF.) Vie active. Prendre 
•une part active ù une affaire, travailler à son succès. 
= Qui agit avec force et rapidité : poison — . H Ser- 
vice — , temps pendant lequel on est au service de 
j'État. Dettes actives, créances. =: Verbe — , qui a 



15 ACU 

ou qui peut avoir un rég. dir. Voix active ou Viic- 
tif, s. m., ensemble des modifications que subit ce 
verbe. 

§ ACTIF, AGISSANT. Dire d'un être qu'il est actif, 
c'est considérer en lui l'activité comme qualité essentielle, 
qu'elle se manifeste ou non. Dire qu'il est agissant, c'est 
montrer qu'il agit effectivement. L'homme actif & le goût de 
l'action, est ennemi du repos; l'homme agissant se donne 
beaucoup de mouvement. 

ACTIF, s. m., les sommes dont on est créancier. 
ACTION, s. f., exercice de toute puissance ac- 
tive : — du feu, du froid, des vagues, de la pen- 
sée, etc. = Mouvement communiqué par un corps à 
un autre : — du levier. = Manifestation de la vo- 
lonté humaine : — de marcher, de penser. =:Tout ce 
que fait l'homme, en bien ou en mal : que pourront 
nos paroles, si toutes nos actions les démentent?, 
(Fén.) = État opposé au repos : sa vieillesse n'é- 
tait pas sans — (Boss.) = Se dit aussi de ce qu'on 
fait, opposé à ce qu'on dit : jugez-les par leurs ac- 
tions , et non par leurs discours (Fén.) — de grâces, 
remercîment, témoignage de reconnaissance. En — , 
en pratique. 1| Gestes, contenance de l'orateur : leurs 
sermons étaient courts et leur — grave et modérée 
(Fén.) = Le principal .événement qui fait le sujet 
(l'une œuvre littéraire : plus V — sera grande, plus 
elle plaira (Volt .)r= Intérêt et abondance des faits dans 
le drame : tout doit être en — dans une tragédie (Id. ) 
= Rencontre de deux armées, de deux flottes en- 
nemies. — d'éclat, fait individuel par lequel on se 
distingue sur le champ de bataille. = Part d'inté- 
rêt dans une société commerciale ou industrielle ; 
titre qui constitue cette part. = Droit et moyen de 
réclamer devant les tribunaux ce qui nous appar- 
tient ou ce qui nous est dû. V. Acte et Bataille. 

ACTIONNAIRE, s., celui ou celle quî a une ou 
plusieurs actions dans une compagnie. 

ACTIONNFR, v. a., intenter une action en jus- 
tice : s'il ne paye pas, il faudra V — (Ac.) == S' — . 
V. pr., se donner beaucoup de mouvement; fam. 

ACTIUM, vil. et promontoire de la Grèce occid., près 
duquel se livra un grand combat naval entre Antoine et 
Octave (31 av. J.-C.) 

ACTIVEMENT, adv. , d'une manière active. 
Pris — , se dit d'un verbe neutre qui remplit la 
fonction d'un verbe actif. 

ACTIVER, V. a., conduire avec activité, presser, 
hâter : — ses gens, ses travaux. =^ S'—, v. pr., être 
fait rapidement : ce travail ne peut s' — davantage. 

ACTIVITÉ, s. f., faculté active : — de l'âme, 
du feu. =z Puissance d'agir : Mirabeau était dont 
d'une prodigieuse — (Villem.) Sphère d'—, espace 
hors duquel un agent naturel n'a plus d'action ap- 
préciable ; se dit aussi de l'étendue, de l'ensemble 
des projets et des entreprises d'un homme. [| Dili- 
gence, promptitude, vivacité dans l'aclion, dans le 
travail : on poursuit ces travaux avec — (Ac.) = 
État d'un fonctionnaire ou d'un soldat qui est au 
service de l'État : être en — de service. 

ACTUALISER, v. a., néol., rendre actuel. 

ACTUALITÉ, s. f., néol., état présent, actuel 
d'une chose ; qualité d'une chose qui a un intérêt 
actuel. = Au pi., événements actuels et intéressants: 
le journalisme ne peut vivre que (/'actualités. 

ACTUEL, LE, adj., effectif, réel : paiement — . 
= Qui est du moment présent : monnaie actuelle. 
= Qui est en aclivilé : l'empereur — . 

ACTUELLEMENT, adv., au moment où l'on parle. 

ACUNIIA, nom d'une famille noble de Portugal, dont 
une branche s'établit en Castille en 1397. Les d'Acuuha 



ADE 

out joué un grand rôle dans l'histoire de ces deux pays au 
XV* et au xYi* siècles. 

ACUITÉ, s. f., qualité de ce qui est aigu. H Qua- 
lité d'une sensation vive et piquante. 

ACUMINÉ, E, adj., se dit des feuilles terminées 
en pointe. 

ACUPONCTURE , s. f., opération chirurgicale 
qui consiste à piquer une partie du corps avec une 
aiguille. 

ACUTANGLE, adj., se dit d'un triangle dont les 
trois angles sont aigus. 

ACUTANGULAIRE, adj., qui fait un angle aigu. 

ACUTANGULÉ, E, adj., qui a les angles aigus ; 
se dit en bot. des feuilles ou des fruits à angles 
tranchants. 

ACUTICAUDÉ, E, adj., quia la queue pointue. 

ACUTIFLORE, adj., à fleurs pointues. 

ACUTIFOLIÉ, E, adj. à feuilles acuminées. 

ACUTILOBÉ, E, adj., partagé en lobes aigus. 

ADAGE, s. m., vieux proverbe, sentence popu- 
laire. V. Proverbe. 

ADAGIO (mot ital.), mus., adv., lentement, = 
S. m., air lent et mélancolique. 

ADAM , nom du premier homme. Il se croit de la 
côte d' — , il se croit de haute origine. Je ne le connais ni 
d'Eve ni d' — , pas du tout, 

ADAM (maître), Adam Billault, menuisier-poëte de Ne- 
vers, mort en 1 66Î. 

ADAMA, une des cinq villes maudites de la Palestine. 

ADARIANTIN, E, adj., dur comme le diamant. 

ADAMIQUE, adj., race — , race humaine pri- 
mitive ; terre — , limon salé et gluant que l'on re- 
marque au fond de la mer après le reflux. 

ADAMS (John), second président des États-Unis de l'A- 
mérique du Nord, mort eu 1806. 

ADANA, vil. et district de la Turquie d'Asie. 

ADA\SOX, naturaliste français, mort en 1806, 

ADAPTATION, s. f,, action d'adapter; peu us. 

ADAPTER, v. a, appliquer ou ajuster une chose 
à une autre. |1 Rapporter, appliquer un mot, une 
idée à un sujet : cherchez quelque événement dans 
l'histoire pour V — à votre fable (Volt.) = S' — , v. 
pr., être ajusté, convenir. 1| Cette épigraphe s'adapte 
bien au sujet de votre ouvrage (Âc.) 

ADDISON, poëte et critique anglais, mort en 1719. 

ADDITION, s. f., ce qui est ajouté aune chose: 
les lois des Lombards reçurent plutôt des additions 
que des changements (Mont.) = Opération par la- 
quelle on réunit en un seul nombre plusieurs quan- 
tités. = Mot ajouté, petite note placée en marge d'un 
texte, r:^ Dr., informer par — , ajouter une nouvelle 
information à la première. 

ADDITIONNEL, LE, adj-, ajouté : article — . 
Centimes additionnels, ajoutés au principal d'un 
impôt. 

ADDITIONNER, v. a., ajouter ensemble plu- 
sieurs quantités pour en trouver le total. 

ADDUCTEUR, s. m., anat., muscle qui rapproche 
de l'axe du corps une partie qui eH avait été écartée. 
= Adj . , muscle — . 

ADDUCTION, s. f., anat., fonction des muscles 
adducteurs, 

ADÉLAÏDE, vil. cap. de la colonie anglaise de TAus- 
tralie méridionale. 

ADÉLOPODE, adj., se dit d'un animal qui n'a 
pas de pieds apparents. 

ADÉLOSTOME, adj., qui a la bouche invisible. 

ADEMPTION, S. f., révocation d'un legs, d'une 
donation ; peu us. 

ADEN, presqu'île d'Arabie. La ville du même nom, oc- 
cupée par les Anglais, est le Gibraltar de la mer Rouge. 



16 ADJ 

ADÉNOGRAPHIE, s. f., description des glandes. 

ADÉNOLOGIE, s. f., traité des glandes, 

ADÉNITE, s. f., méd., intlamuiation des glandes, 
et surtout des ganglions lymphatiques. 

ADENT, s. m,, entaille en forme de dent. 

ADÉPHAGIE, s. f., appétit vorace, insatiable. 

ADEPTE, s. m., celui qui croyait être parvenu 
au grand œuvre. = Celui qui est initié dans les mys 
tères d'une secte ou dans les secrets d'une science. 

ADHÉRENCE, s. f., union de deux corps ou des 
parties d'un corps par leur surface : la faible — 
des parties intégrantes de l'eau (Bufif.) =: Méd., 
union vicieuse ou accidentelle de deux corps qui doi- 
vent être* séparés : il y avait — du poumon aux côtes 
(Ac.) Il Attachement à un parti ou à une opinion 
blâmable. 

§ ADHÉRENCE, ADHÉSION. Au sens physique, l'ad- 
hésion est la force qui retient deux corps réunis, et l'ad- 
hérence est l'état qui résulte de leur union. Au fig., 
y adhérence est une attache, un lien qui retient et que l'on 
subit, Vadhésion est un acte volontaire par lequel on se joint 
à quelqu'un ou à quelque chose. 

ADHÉRENT, E, adj,, fortement attaché. = S. m., 
celui qui est attaché à un parti, à une secte (se prend 
en mauv. part, surtout au pi.) : il fut condamne avec 
ses adhérents (Volt.) 

§ ADHÉRENT, ATTACHÉ, ANNEXÉ. Ce qui est 
adhérent tient en vertu d'une propriété ; ce qui est attaché 
ou annexé tient en vertu d'une modification reçue. Le pre- 
mier marque donc une union naturelle, les deux autres une 
union établie. Entre les deux derniers la différence consiste 
en ce que attaché figure partout dans la langue com- 
mune, tandis qu'annexé est un terme de choix dont on se 
sert dans le langage de l'Kglise, du droit ou de la politique. 

ADHÉRER, V. n., tenir fortement ; les racines 
du blé ADHÈRENT ù la terre (B. de St-P.) || Être d'un 
parti, d'une secte, d'un sentiment : nous adhérons 
à leurs erreurs (Mass.) 

ADHÉSION, s. f,, force en vertu de laquelle 
s'opère l'adhérence; union plus ou moins intime de 
deux corps, || Attachement dévoué : Bossuet avait 
pour lui r — des principaux prélats (Volt.) = Con- 
sentement : donner son — . V. Adhérence. 

AD HOC, loc. adv. et lat., exactement; d'une 
manière spéciale ou catégorique : répondre — . 

AD HOMINEM, loc. adv. et lat. : argument — , 
qui attaque directement la personne de l'adversaire. 

AD HONORES , loc. adv. et lat. : fonction —, 
qui ne rapporte rien. 

ADIANTE, s. f., plante de la famille des fou- 
gères. 

ADIEU, s. m., salut que l'on adresse aux per- 
sonnes dont on se sépare : portez-lui mes adieux et 
recevez les siens (Bac.) = S'emploie souvent d'une 
manière ellipt. : il est temps que vous partiez, — 
(Fén.) Sans — , au revoir. || Dire"— aux plaisirs, à 
la vie, y renoncer. — panier, vendanges sont faites, 
loc. prov., il n'y a plus rien à faire ni à espérer. 

ADIGE, fl. de l'Italie du Nord, se jette dans l'Adriatique. 

ADIPEUX, EUSE, adj., d'une nature graisseuse; 
qui contient de la graisse : tissu — . 

ADIPOCIRE, s. f,, substance qui tient de la 
graisse et de la cire. 

ADITION, s, f., ne s'emploie que dans — d'hé- 
rédité, acceptation d'une succession. 

ADIVE, s. m,, espèce de chacal. 

ADJACENT, E, adj., situé auprès, aux environs : 
paijs — . = Se dit en géom., des angles qui ont un 
côté commun et le sommet au même point. 

ADJECTIF, 8. m,, mot ajouté à un substantif ou 



ADM 

à un pronom, pour le modifler. = Adjectif, i\£, 
adj. qui s'ajoute à. =:Gramm, : verbe — , qui est 
composé du verbe être et d'un adjectif. = Propre à 
l'adjeelif : terminaison adjective. 

§ ADJECTIF, ÉPITHÈTE. Le premier est un terme 
de gramni.; le second s'emploie pour l'éloquence et la poésie. 

ADJECTIVEMENT, adv., dans le sens adjectif : 
substantif pris — . 

ADJOINDRE, V. a., joindre avec, associera, ne 
se dit que des personnes : on fut obligé de lui — 
quelqu'un. = S' — , v. pr., s'associer : il s'est ad- 
joint un tel (Ac.) 

ADJOINT, s. m., celui qui est joint avec, associé 
à un autre : — du maire, ou abs. — , celui qui aide 
et remplace au besoin le maire. = Suppléant : ce 
professeur s^est fait remplacer par son — (Ac). = 
Adjoint, e, adj., qui en remplace un autre. 

ADJONCTION, s. f., jonction d'une personne, 
d'une chose à une autre. == Dr. polit., jonction d'une 
nouvelle classe d'électeurs aux électeurs censitaires. 
. ■ ADJUDANT, s. m. , officier ou sous-officier d'état- 
major destiné à seconder les chefs dans le comman- 
dement. 

ADJUDICATAIRE, s., celui ou celle à qui un 
immeuble, un droit, un bien quelconque est ad- 
jugé aux enchères ou par voie de soumission. 

ADJUDICATEUPi, TRICE, s., celui, celle qui 
adjuge. 

ADJUDICATIF, IVE, adj., qui adjuge : arrêt — . 

ADJUDICATION, s. f., action d'adjuger. = Acte 
public de vente aux enchères ou au rabais. 

ADJUGER, V. a., déclarer en jugement qu'une 
chose contestée appartient à l'une des parties; déclarer 
par autorité de justice qu'une peneonne devient ad- 
judicataire d'un objet mis auxenchèr«s.=: Décerner: 
— un prix. = S' — , v. pr., s'approprier; fam. 

ADJUGÉ, loc. ellipt. employée dans les encans 
pour la chose est adjugée. 

ADJUR-tVTION , s. f., formule d'exorcisme. =:: 
Action d'adjurer. 

ADJURER, V. a. , sommer impérieusement au nom 
de Dieu : je ^adjure par le Dieu vivant... \\ Presser, 
supplier, en invoquant un objet respectable ou sacré : 
nu nom de V honneur ^ de la patrie, je t'adjure de... 

AD LIBITUM , loc. adv. et lat., à volonté, in- 
différemment. 

ADMETTRE , V. a. , recevoir par faveur, donner 
accès : Caron admit dans sa barque le jeune Grec 
''Fén.)=Recevoir à la participation d'un avantage : — 
quelqu'un dans sa familiarité (La Br.) =: Donner la 
permission de : — quelqu'un ù se justifier (Ac.) = 
Accepter, souffrir : mon esprit n'xmiET point un pom- 
peux barbarisme {BoW.) =■ Reconnaître une qualité 
dans une personne ou dans une chose ; reconnaître 
pour vrai, pour valable : — des preuves, des raisons, 
des excuses (Ac.) = Comporter, être compatible 
avec : la solide vertu n'admet point de faiblesse 
(Corn.) V. Recevoir. 

AD3ÏINICULE, s. m., légère preuve qui en con- 
firme, en justifie une plus grande. 

ADMINISTRATEUR, TRICE, s., celui, celle qui 
régit les biens d'un particulier ou d'une commu- 
nauté ; qui est chargé de la gestion des affaires pu- 
bliques. 11 Adj. m., Dieu a établi les anges pour des 
esprits administrateurs (Boss.) Ce préfet n'est point 
— . il n'entend rien à l'administration. 

ADMINISTRATIF, IVE, adj. , qui administre. = 
Qui a rapport à l'administration. 

ADMINISTRATION, s.f., action d'administrer : 



17 ADM 

Solon réduisit à dix ans V — des archontes (Boss.) 
L' — des sacrements. = Exercice de l'autorité : — 
de la justice. = Direction des affaires d'un particu- 
lier ou de l'État : quajid V — est'secrète, on en peut 
conclure qu'il se commet des injustices (Male?h.) = 
Ensemble de gens qui régissent une partie des affai- 
res publiques; lieu où ils siègent : /'' — des douanes. 
= Méd., action de faire prendre un médicament à 
un malade : V — d'un vomitif. V. Gouvernement. 

ADMINISTRATIVEMENT, adv., suivant les for- 
mes administratives. = Par autorité administrative. 

ADMINISTRÉ, E, s., celui, celle qui est sous la 
juridiction d'un administrateur. 

ADMINISTRER , v. a., gouverner, régir les affai- 
res publiques ou particulières : un souverain admi- 
nistre ses finances comme un bon père de famille 
administre ses biens (Grimm), — la justice , la 
rendre, — les sacrements, les conférer, — un ma- 
lade, lui donner les derniers sacrements. — des 
titres, des preuves, en fournir, — des médicaments, 
en faire prendre. — des coups de bâton ; fam., en 
donner en grand nombre. = S' — , v. pr., être ad- 
ministré ; se gouverner : les Latins conservèrent 
le droit de s' — snivuut leurs coutumes (Mérim.) =z 
Se servir, prendre : s' — un bon demi-litre de vin. 

ADMIRABLE, adj., digne d'admiration : la pensée 
de l'homme est une chose — (Pasc.) || Ir., étrange, 
surprenant : le détour est bon, et l'excuse — ! (Mol.) 

ADaiIRABLE3IENT, adv., d'une manière admi- 
rable. Il Très-bien, excessivement : il chante — . // 
était — bien fait (Volt.) 

ADMIRANT, E, adj., qui exprime l'admiration : 
mine admirante (Sév.) ; peu us. 

ADMIRATEUR, TRICE, s., celui, celle qui ad- 
mire : la vertu sait se passer d' — (LaBr.)= Celui, 
celle qui a la manie d'admirer : notre siècle est fer- 
tile en sots admirateurs (Boil.) 

ADMIRATIF, IVE, adj., qui marque l'admira- 
tion. 

ADMIRATION, s. f., mouvement de l'àme vers 
le beau; sentiment qu'il nous inspire; action d'ad- 
mirer : le grand Corneille faisait pleurer d' — le grand 
Condé (Volt.)=: Objet qu'on admire : on tient à ses 
vieilles admirations (Ac.) 

ADMIRER, V. a., trouver admirable; considérer 
avec un étonnement mêlé de plaisir : nous aimons 
toujours ceux qui nous admirent (La Roch.), et abs. : 
les sots admirent quelquefois (La Br.)l|Ir., trouver 
étrange : j-'admire i^otre simplicité. = S'étonner de : 
pourquoi admirez-vOUS que nous soyons trompés, nous 
qui sommes des hommes? (Pasc.) = S' — , v. pr., avoir 
de l'admiration pour soi : l'ignorance toujours est 
prête as' — (Boil. ) = Avoir de l'admiration l'un pour 
V autre : ils se sont promis de s'— réciproquement [Lali.] 

ADMISSIBILITÉ, s. f., néoL, droit d'être admis 
à certaines fonctions ou à l'exercice de certains droits. 

ADMISSIBLE, adj., qui peut être admis, valable : 
excuse — , preuve — . Les Français sont admis- 
sibles à tous les emplois (Talleyrand). 

ADMISSION, s. f., action par laquelle on est 
admis : — au grade de capitaine, — dans l'armée. 

ADMITTATUR, (mot lat.), s. m., certificat de 
capacité délivré à ceux qui aspirent aux ordres sa- 
crés ou à un diplôme. 

ADMONIATION, s. f., bail à ferme, moyennant 
partage des récoltes. 

ADJïONESTER, v. a., (on disait autrefois admo- 
néter), réprimander à huis clos : il fut condamné et 
admonété par la cour (Grimm). |1 Réprimander. 

2 



ADO 



18 



ADR 



ADMOjNITEURjTRICE, s., celui, celle qui donne 
des avis, des avertissements. 

ADMONITION-, s. f-, action d'admonester, cen- 
sure. = Censure ecclésiastique. 

ADOLESCENCE, s. f., âge qui va de la puberté 
à l'âge viril : la fleur de V — . |1 II se dit surtout des 
garçons : V — méprise les jouets du passé. 

ADOLESCENT, E, S., jeune garçon, jeune fille : 
vous avez la pudeur d'un jeune — (Dest.) = Adj., 
qui est dans l'adolescence, qui grandit, qui croît 
encore : vigtie adolescente. 

ADOXA"i, nom hébreu de Dieu. 

ADONIEN ou ADOXIQUE, adj. et s. m., vers grec ou 
latin composé d'un dactyle et d'un spondée. 

ADOXIS, jeune chasseur qui, tendrement aimé de Vénus, 
fut tué par un sanglier et changé en anémone. = S. m., jeune 
homme d'une grande beauté, ou qui fait le beau et soigne fort 
sa parure. = S. f., plante à fleurs rouges ou jaunes, sorte 
de renoncule. 

ADONISER, V. a., parer comme un Adonis. = 
S' — , V. pr. , prendre trop de soin de sa toilette. 

ADONNÉ, E, adj., livré avec passion et par habi- 
tude : — aux plaisirs, au jeu. 

ADONNER (S') , v. pr., se livrer d'habitude ou*avec 
passion ; s' — à l'agriculture (Fén.) || Fréquenter 
haMluellemeul : s' — à nue personne, à un lieu (Ac.) 

ADOPTARLE, adj., susceptible d'être adopté. 

ADOPTANT, E, s., celui, celle qui adopte. 

ADOPTÉ, E, s., celui, celle qui est adopté. 

ADOPTER, V. a., prendre, dans les formes lé- 
gales, quelqu'un pour fils ou pour fille : Claude 
ADOPTA Néron (Boss.) || Servir de père ou de mère à 
un enfant : la charité et la compassion vous ont fait 

— ces petites créatures (St V. de P.) = Se plier à : 

— les mœurs d'un peuple. = Ajoute^ foi, embrasser : 

— une opinion, une erreur, un sijslè)ne.=: S'arrêter 
à : — une carrière. = Sanctionner législalivement : 
les chambres ont adopté cette loi. V. Choisir. 

ADOPTIF, IVE, adj. : père — , qui a adopté ; 
fils — , qui a été adopté. 

ADOPTION, s. f. , action d'adopter ; acte légal par 
lequel on adopte. = Introduction : — dans une 
langue de mots étrangers. = Sanction législative. || 
Préférence : c'est son goût d' — . 

ADORARLE, adj., digne d'être adoré : le corps 

— de Jesus-Christ (Pasc.) || Se dit par exagération et 
quelquefois par ir. : mère — , naïveté — . 

ADORATEUR, TRICE, S. , celui, celle qui adore : 
je suis un — de la Divinité (Volt.) || Qui admire ou 
estime beaucoup : les adorateurs des grandeurs hu- 
maines (Boss.) := Qui aime avec passion : volage — de 
mille objets divers (Bac.) = Adj., peu us. : les flots 
d'un peuple — (Id.) 

ADORATION, s. f., action d'adorer, de rendre 
des honneurs divins : l' — n'est due qu'à Dieu seul 
(Ac.) — des idoles. \\ Amour, admiration extrême : 
il était aimé jusqu'à V — ( Masc.) Les femmes s'i- 
maginent qu'on leur doit des adorations (St-Évr.) 
= Cérémonie religieuse; hommage qu'on rend en 
se prosternant : — delà croix, du saint -Sacrement. 

— du pape, premier hommage qu'on lui rend après 
son élection. 

ADORÉ, E, adj., tendrement aimé : un roi puis- 
sant de son peuple — (Volt.) = Entouré de respects 
et d'hommages -.j'ai vu l'impie — sur la terre (Rac.) 

ADORER, V. a., rendre à Dieu le culte qui lui 
est dû : je viens — l'Éternel (Rac), et abs. : les 
Juifs adoraient à Jérusalem (Ac.) || Rendre un culte 
aux faux dieux : on adorait jusqu'aux bêtes et aux 
reptiles (Boss.) = Rendre hommage en se proster- 



nant : Dioclétien se fit — à la mode des Orientaux{\(i..') 
=z Honorer d'un culte particulier : — les reliques. 
= Estimer ou aimer beaucoup : Condé était adoré 
dans cette province (Bourd.) Sexe que j'ai toujours 
adoré (J.-J.) — la gloire, la fortune (La F.) = 
S' — , V. pr., s'aimer beaucoup l'un l'autre. = S'ai- 
mer soi-même avec excès. 

ADOS, s. m., élévation de terre en forme de dos, 
que l'on fait d'ordinaire le long d'un mur pour y 
récolter des primeurs. 

ADOSSER, v. a., mettre, appuyer le dos contre, 
et par ext., appuyer contre : — une maison contre 
un mur, une troupe contre un bois.=. S' — , v. pr., 
s'appuyer contre : je me suis adossé au rocher. 

ADOURER, V. a., toucher à une pièce, dans un 
jeu, pour la remettre exactement à sa place. 

ADOUCI, s. m., première façon qu'on donne aux 
glaces, aux métaux ou au cristal ébauché par la 
taille. = Peint., petite touche légère. 

ADOUCIR, V. a., rendre plus doux, moins aigre, 
ou moins piquant : l'homme sut — les fruits et les 
plantes (Boss.) = Corriger l'àprelé, les rudesses ou 
les inégalités : — une glace, une pente. || Rendre 
moins cruel, plus agréable, plus traitable : — les 
animaux (Boss.) La pluie adoucit le temps (Ac.) 
— la 7-udesse de la voix, la prononciation des mots, 
S071 style, son humeur. = Rendre moins piquant, 
moins amer : — une critique, un refus, une expression. 
= Rendre moins fâcheux, calmer, apaiser : — l'en- 
nui, les souffrances, la colère. Tâcher d' — son cœur 
irrité (Mass.) = Peint., rendre plus moelleux ou 
moins éclatant : — les teintes, les couleurs. = S' — , 
V. pr., devenir pljus doux, au propre et au fig. : le 
temps s'adouci'l(Ac.) Ma douleur s'est adoucie. 

§ ADOrciR, RADOUCIR. Adoucir est le terme gé- 
néral. Radoucir se dit particulièrement des choses plus rudes 
ou plus dures, et de celles qui, ayant perdu leur première 
douceur, doivent y être ramenées. AuCg., même différence: 
on radoucit un homme qui est fort en colère, ou l'humeur 
de celui qui, l'ayant naturellement douce, en a changé tout 
à coup. V. .Modérer. 

ADOUCISSAGE, s. m., action, manière de rendre 
une couleur moins vive, d'adoucir ou de polir un 
métal. =: Poussière servant aies adoucir. 

ADOUCISSANT, E, adj., se dit des médica- 
ments destinés à dimiimer une irritation, à calmer 
une douleur. = S, m., remède qui a cette vertu. 

ADOUCISSEMENT, s. m., action d'adoucir; état 
d'une chose adoucie. Il s'emploie dans tous les sens du 
verbe adoucir. || — del'humeur, — ducaractére.= 
Soulagement, diminution de peine : il tj a certaines 
douleurs qui ne peuvent recevoir d' — (J.-J.) = Ména- 
gement : souffrez que je vous parle sans — (Fén.) = 
Restriction , accommodement : cette proposition de- 
mande quelque — (Ac.) Leur querelle s'est aigrie, on 
y cherche quelque — (Id.) := Action de polir un 
métal ou une glace, d'adoucir une peinture, de rat- 
tacher un ornement saillant au nu du mur. = Amé- 
lioration : il y a de V — dans le temps. 

ADOUCISSEUR, s. m., ouvrier qui politles glaces. 

ADOUÉ, E, adj., t. dechasse, accouplé, apparié. 

ADOUR, riv. de France, se jette dans la baie de Biscaye, 
près de Bayonne. 

AD PATRES, loc. adv. et lat., vers les ancêtres : 
envoyer — , faire mourir. Aller, être — , mourir, être 
mort. 

ADRAGANT,s.m., OU ADRAGANTE, adj. f., se 
dit d'une gomme qu'on tire de plusieurs arbrisseaux. 

AD RE3I, loc. adv. -et lat. -.-répondre — , caté- 
goriquement, d'une manière positive. 



ADU ' \9 

ADRESSE, s. f., indication du domicile d'une 
personne, de la situation d'un lieu où il faut aller ou 
envoyer : mettre V — à une lettre ( Ac.) Bureau d'x- 
DRESSES, lieu où l'on fournit des renseignements; 
au fig. se dit d'une personne ou d'une famille qui 
aime à savoir et à répandre des nouvelles : c'est un 
vrai bureau d' — ; fam. || Destination : cette épi- 
gramme est à votre — . Ce trait malin est arrivé à 
son — , a été compris. = Lettre ou écrit adressé par 
un corps ou par les citoyens au chef de l'État: 
r — du Corps législatif, du Sénat. 

ADRESSE, s. f., habileté, dextérité pour les exer- 
cices du corps ou les actes de l'intelligence : elle em- 
ployait r — de ses mains royales à la décoration des 
autels (Fléch.) Il eut r — de sortir de prison (Fén.) 
■= Ruse : les Romains subjuguèrent les Gaulois par 
les ADRESSES de l'art militaire (Boss.) V. Habileté. 

ADRESSER, v. a., envoyer directement à une 
personne, en quelque lieu : j'ai lu les quatre lettres 
que vous m'wEZ adressées (Boss.) — ses pas, aller 
vers. — la parole, parler à. Par ext. : — des prières, 
des vœux. = V. n. , toucher droit : — au but (Ac.) =r 
S' — , V. pr. , avoir recours, faire appel, aller trouver : 
à l'auteur de mes maux il faut que je m^adresse (Rac.) 
= S'attaquer à : prudemment on ne doit point s' — 
aux personnes puissantes (St-Évr.) S' — mal, s<è mé- 
prendre. S' — aux passions, chercher à les exciter. = 
Parler à : s' — à un inconnu. = Se diriger vers ou con- 
tre : où s''adressent tes pas?{Mo\.)=z Être adressé : 
est-ce à moi que ce discours S''adresse 1 (Rac.) 

ADRETS (baron des), capitaine du xvi« siècle. Tour a 
tour protestant et catholique, il exerça de grandes cruautés 
dans le Dauphiné, 

ADRIA, "vil, insalubre des États aulrichiens (Vénétie). 

ADRIATMJUE (mer) ou goKe de Venise, qui s'étend 
entre l'Italie, l'illyrie et l'Albanie. 

ADRIEN, empereur romain, fils adoptif et successeur de 
Trajan. Ce fut un grand administrateur ; il fit construire en 
Italie une villa célèbre. Mort en tS8 ap. J.-C. 

ADRIEN (d'Utrecht), précepteur de Charles-Quint et 
pape sous le nom d'Adrien V, mort en 1523. 

ADROGATION, s. f., dr. rom., adoption d'une 
personne sui juris. = Agrégation d'un plébéien à 
l'ordre des patriciens. 

ADROGER, v. a . , prendre en adrogation, adopter. 

ADROIT, E, adj., qui a l'adresse dans les mem- 
bres ou dans l'esprit : une troupe d'archers adroits. 
Philippe fut le plus — des conquérants (Thomas), 
et pour les choses : détour, moyen, conseil — . == 
Se dit aussi d'un cheval bien dressé. V. Capable. 

ADROITEMENT, adv., avec adresse, d'une ma- 
nière adroite. 

ADULAIRE, adj., se dit du feldspath transparent 
dont on fait des bijoux. S. m., ce métal lui-même. 

ADULATEUR, TRICE, s., celui, celle qui par 
bassesse ou intérêt donne à un autre des louanges 
outrées : ce sont les mauvais rois qui multiplient les 
adulateurs (Mass.) Adj. langage — . V. Flatteur. 

ADULATION, s. f., Flatterie, louange excessive 
inspirée par la bassesse ou l'intérêt. 

ADULE, nom donné par les anciens au groupe des Alpes 
ou le Rhin prend sa source. 

ADULER, V. a., flatter bassement et par intérêt. 
=^ S' — , v.pr., se flatter trop complaisamment. 

ADULTE, adj . , parvenu à l'adolescence : plante — , 
au terme de son accroi.^sement. = S., celui ou celle 
qui est adulte. 

ADULTÉR.\TION, s. f., altération des mon- 
naies, des médicaments. 

ADULTÈRE, adj., qui viole la foi conjugale : 



AÉR 



ma flamme — (Rac.) || Criminel, impie : rendre un 
honneur — (Id.) = Vicieux : mélange — (Ac.) =r S., 
celui ou celle qui viole la foi conjugale : il faut un 
frein aux femmes adultères (Napol.) = Violation de 
cette foi. 

ADULTÉRER, v.a., commettre une adultération. 

ADULTÉRIN, E, adj., né d'un adultère : en- 
fant — . =1 S. m., enfant adultérin : les adulté- 
rins ne peuvent jamais être reconnus (Ac.) 

ADUSTION, s. f., cautérisation par le feu 

ADVENIR, V. n. et impers., arriver par hasard : 
telle chose ^'advint (La F.) 

ADVENTICE, adj., qui vient du dehors : idées 
adventices (Ac.) Plante — , qui n'a pas été semée. 

ADVENTIF, IVE, adj., se dit des biens acquis 
autrement que par succession directe. 

ADVERRE, s. m., mot invariable qui modifie un 
verbe, un adjectif ou un autre adverbe. 

ADVERRIAL, E, adj., qui a le sens ou le rôle 
d'un adverbe : locution adverbiale. 

ADVERRIALEMENT, adv., dans le sens d'un 
adverbe : employer — . 

ADVERSAIRE, s. m., celui qui est opposé, con- 
tre lequel on lutte : ménager soîi — , désarmer 
un — . V. Ennemi. 

ADVERSATIF, IVE, adj., mot forgé par les 
grammairiens pour désigner la qualité d'une parti- 
cule qui marque une opposition entre ce qui la pré- 
cède et ce qui la suit : mais est une conjonction 
adversative (Ac.) 

ADVERSE, adj., contraire, opposé : — partie 
(Rac.) Avocat — , contre lequel on plaide. Fortune 
— , défavorable. 

ADVERSITÉ, s. f., fortune contraire ; état où 
elle nous réduit : les épreuves de V — (La Br.) Être, 
tomber dans V — (Ac.) = Revers de fortune : les 
adversités sont des accidents malheureux (Did.) 

ADV, s. m., espèce de palmier des Antilles. = 
Pied du Malabar valant 0,2666 de mètre. 

ADYNAMIE. s. f., privation des forces. 

ADYNAMIQUE, adj., fièvre, état — (Ac), qui 
proviennent de l'adynamie ou qui la causent. 

AÈDES, s. m. pi., chantres grecs de l'époque héroïque et 
homérique. 

^GILOPS, S. m., fistule lacrymale. 

AÉRAGE, s. m., renouvellement de l'air. 

AÉRATION, s. f., action défaire pénétrer et cir 
culer l'air. = EQ"et de l'air sur les végétaux. 

AÉRÉ, E, adj., qui est au bon, au grand air; 
maison bien aérée (Ac.) = Se dit aussi de l'eau qui 
contient des gaz atmosphériques en dissolution. 

AÉRER, V. a., donner de l'air, chasser le mau- 
vais air. 

AÉRIEN, NE, adj., qui se passe dans l'air : phéno- 
mène — . = Qui est de la nature de l'air ou qui y a du 
rapport : démons aériens (Ac.) = Léger, vague, 
insaisissable comme l'air ; forme aérienne. 

AÉRIFÈRE, adj., qui amène l'air : conduit — . 

AÉRIFORME, adj., qui a la forme et l'appa- 
rence de l'air : substance, fluide — . 

AÉROGRAPHIE, s. f., description, théorie de 
l'air .^ 

AÉROLITHE, s. m., substance pierreuse qui 
tombe de l'atmosphère et dont l'origine est encore 
controversée. 

AÉROLOGIE, s. f., traité de l'air et de ses pro- 
priétés. 

AÉROMANCIE, s. f., art de deviner par le moyen 
des phénomènes aériens. 



AFF 



AEROMETRE, s. m., instrument pour mesurer 
la densité ou la raréfaction de l'air. 

AÉROBIÉTRIE, s. f., partie de la physique qui 
traite de la densité de l'air et de sa force d'ex- 
pansion. 

AÉRONAUTE, s. m., celui qui s'élève et voyage 
dans les airs avec un aérostat. 

AÉROPHOBE, adj., qui craint le contact de l'air. 
AÉROPHOBIE, s. f., horreur du contact de l'air, 
pai'liculière à certains malades. 

AÉROSTAT, s. m., ballon rempli d'un fluide 
plus léger que l'air, et qui s'élève dans l'atmosphère. 
AÉROSTATION, s. f., art de faire et de diriger 
les aérostats. 

AÉROSTATIQUE, s. f., science de l'équilibre 
de l'air. := Adj., qui a rapport aux aérostats. 

AÉTITE, s. f., géode ferrugineuse que l'on 
trouve quelquefois dans le nid des aigles. 

AÉTIUS, général romain, qui, à l'aide des tribus ger- 
mani(|ues de la Gaule, battit Attilaà Châlons (451 ap. J.-C.) 
AFFABILITÉ, S. f., mélange de douceur, de 
bienveillance et de bonté qui nous fait accueillir fa- 
vorablement ceux qui nous abordent : l'— prend sa 
source dans l'humanité (Mass.) 

AFFABLE, adj., plein de douceur et de bien- 
veillance pour ceux qui l'approchent : il est — à 
tous avec dignité (Boss.) V. Honnête. 
AFFABLEMENT, adv., avec aflabilité. 
AFFABULATION, s. f., partie d'une fable, d'un 
apologue qui en explique le sens moral. 

AFFADIR, V. a., rendre fade : — une sauce. 
— le cœur, ou abs. — , causer une sensation désa- 
gréable à l'estomac par un aliment trop fade. || Cau- 
ser du dégoût : les louanges outrées affadissent le 
cœur (Ac.) — un ouvrage, le style (Volt.), les ren- 
dre insipides. = S' — , v. pr., devenir fade. 

AFFADISSEMENT, s. m., effet que produit la 
fadeur. 

AFFAIBLI, E, part. pas. du verbe affaiblir, s'em- 
ploie quelquefois adjectivement : ses rayons affaiblis 
dorment sur le gazon (Lamart.) 

§ AFFAIBLI, FAIBLE. Un homme est faible par lui- 
même , quand sa nature et son tempérament sont tels ; il 
est affaibli, quand il a subi une action qui l'a rendu faible : 
combien de vierges déjà faibles par elles-mêmes, encore 
plus AFFAIBLIES por Ics abstineuces (Bourd.) 

.AFFAIBLIR, V. a., rendre faible : la vieillesse 
viendra rider ton visage, — tes membres (Fén.) — 
une armée, en diminuer les forces. |1 Rendre moin- 
dre : la grandeur, loin d'— la bonté, n'est faite 
que pour l'aider à se communiquer davantage (Eoss.) 
Diminuer l'autorité, l'activité, le crédit: — les lois, 
les passions.= V. n. et s' — , v. pr . , devenir faible : je 
sens AFFAIBLIR ma force et mes esprits (Rac.) Dans 
la vieillesse le ressort des muscles s'affaiblit (Buff.) 
Il Votre foi s'affaiblit (Rac.) 

§ AFFAIBLIR, ENERVER. Le premier marque l'effet, 
le second la cause. L'action d.''affaiblir est quelquefois pro- 
duite par l'âge et n'a pas de cause extérieure. Celle d'éner- 
ver est accidentelle et due à quelque chose d'étranger au 
sujet. Enfin on affaiblit ce qui est fort ; on énerve ce qui 
est vigoureux ou rigoureux. 

AFFAIBLISSANT, E, adj., qui affaiblit : re- 
mède — . \\ Qui enlève l'énergie morale : la plupart 
des femmes sont affaiblissantes (Nie.) 

AFFAIBLISSEMENT , S. m. , diminution des 
forces ou de leur emploi, état de faiblesse : /' — du 
corps, de la vue, de la voix (Ac.") et abs. : '/■' — où il 
se trouvait ne lui permit pas de parler (Mariv.)|| 
L' — de la puissance autrichienne (Volt.) = Relâ- 



20 AFF 

chôment : l' — de la foi. = Diminution de titre 
dans les monnaies. 

AFFAIRE, s. f., ce qui fait ou doit faire le sujet 
d'une occupation : il n'a jamais eu dans toute sa vie que 
deux affaires, qui sont de dîner le malin et de sou- 
per le soir (La Br.) = Ce qui est du ressort des tri- 
bunaux : juger, plaider, gagner une — . = Ce qui est • 
l'objet d'une délibération : on propose V — en Sor- 
bonne (Pasc.)= Ce qu'on a à discuter, à démêler ou 
à traiter avec quelqu'un : — d'intérêt. La science 
des AFFAIRES. Le trop d'expédients peut gâter une 

— (La F.) — d'honneur. S'attirer une fâcheuse — . 
= Rencontre de deux armées, de deux corps de 
troupes : il fit des merveilles dans la dernière — 
(Boss.) = Talent, disposition qu'on a pour une 
chose ; le plaisir! voilà mon — . || Ce qui regarde 
les intérêts des particuliers ou de l'État : Pompée 
régla les affaires de l'Orient (Boss.) Homme d' — , 
qui fait celles des autres. = Tout ce qui est d'un 
intérêt majeur : dans les grandes affaires, on doit 
profiler des occasions (La Roch.) = Circonstances, 
conjonctures : la nécessité des — obligea Dioclé- 
tien à partager l'empire (Boss.) Avoir — de, avoir 
besoin. Avoir — à, avoir à traiter, à débattre avec. 
Cest mon — , cela me regarde ; j'en viendrai à bout 
tout seul. J'en fais mon — , je m'en charge. Faire 
V — , être V — de, convenir à. Son — est bonne, est 
claire, ir., il ne pourra éviter la punition. Il s'est 
tiré d' — , il est sorti d'embarras. Être hors d' — , 
ne plus courir de danger. C'est V — d'un instant, 
ce ne sera pas long. = Au pi., gouvernement, ad- 
ministration d'un État : l'absence du chef est tou- 
jours nuisible aux — (Volt.)=:^ Ce qui s'est passé ou 
se passe chez un peuple : les — de l'Asie étaient 
entièrement séparées de'cclles de l'empire [Bo&s.) = 
Situation d'un peuple : les — changèrent de face 
(Id.) = Opérations commerciales : les — ne vont pas. 
Etre dans les — . 

§ AVOIR AFFAIRE À, AVOIR AFFAIRE AVEC. 

Le premier se dit surtout des rapports qu'on a avec un su- 
périeur, avec quelqu'un auquel on s'adresse : avons-nous 

— à un Dieu qui puisse être surpris ? (Bourd.) ; le second 
s'emploie quand il s'agit de rapports avec un égal ou un 
inférieur : mes anges ont terriblement — avec leur créa- 
ture (Voit.) 

AFFAIRÉ, E, adj., qui a ou qui affecte d'avoir 
beaucoup d'affaires : avoir Vair — , profondément 
occupé, soucieux. 

AFFAISSEMENT, S. m., action d'affaisser; état 
de ce qui est affaissé. 

AFFAISSER, v. a., faire ployer, courber sous le 
faix : — un plancher (Ac.) = Tasser : les pluies 
AFFAISSENT les terrcs. \\ Aflaiblir, accabler : le grand 
âge n'xpoint affaissé son esprit (Ac.) = S' — , v. pr., 
s'abaisser sous son propre poids, se courber sous le 
faix, céder au toucher. U Être accablé, affaibli. 

AFFALER, v. a., faire baisser par un effort. =: 
Pousser un bâtiment vers la côte. = ^. n. et S' — , 
V. pr., être poussé vers la côte, en trop approcher. 

AFFAMÉ, E, adj., pressé, poussé par la faim : 
ventre — ti'a pas d'oreilles ; prov. , la faim nous 
rend insensibles à tout autre sentiment. = Avide, 
désireux d'une chose : — de gloire, de richesses. 
Fille affamée de mari (Mol.), qui a grande envie de 
se marier. = S., personne affamée : tout ce que je 
faisais pour Thérèse était détourné par sa mère en 
faveur de ces affamés (J.-J.) 

AFFAMER, v. a., causer la faim, faire souffrir 
la faim : U — une ville, une armée, leur couper les 



AFF 



vivres. — toute une table, fam., se dit d'un grand 
mangeur. 

AFFAMJRE, S. f., salaire en nature que l'on 
donne aux ouvriers employés à faire les récoltes. 

AFFECTATION, S. f., manière d'être, de parler 
ou d'agir qui s'éloigne du naturel : l' — est une en- 
vie démesurée de plaire (Boil.) = Désir trop mar- 
qué de faire croire à plus de mérite qu'on en a : 
sa modération n'était que vanité et — de vertu (Fén.) 
= Insistance à, manie de : plus on est grand, plus 
on ignore l'art et V — de le paraître (Mass.) = Pré- 
tention à ; /' — de la royauté. = Désignation d'une 
somme pour un paiement. 

§ AFFECTATION , AFFETERIE- L'afféterie n'est 
qu'une affectation particulière {l'affeclation des grâces, a 
dit Voltaire ) , une sorte de politesse maaiérée et douce- 
reuse. Ce mot caractérise bien les fadeurs de la galanterie. 

AFFECTÉ, E, adj., qui n'est pas naturel dans ses 
manières ou son langage : style — , qui a trop de 
recherche. = Exagéré, outré : la louange affectée 
est une raillerie (Bours.) = Attaché , destiné , ré- 
servé à ; accordé par la nature : le chant a été de 
tout temps — aux bergers (Mol.) 

§ AFFECTÉ, COMPOSÉ, APPUÈTÉ. L'homme af- 
fecté s'efforce de plaire, de se faire valuir; l'homme com- 
posé est celui qui cherche à se faire valoir, qui donne à sou 
geste et à sou visage une certaine forme qui impose ou qui 
en impose. L'homme apprêté est celui dont la contenance 
a de la roideur et de la contrainte et qui manque d'aisance. 

AFFECTER, v. a., faire un usage fréquent et 
presque toujours \icieux d'une chose : // y a autant 
de faiblesse à fuir la mode qu'à V — (LaBr.) — des 
manières, un langage. =. Faire parade : on n'est 
jamais si ridicule par les qualités que l'on a que par 
celles que l'on affecte d'avoir (La Roch.) = Pren- 
dre à tâche : Napoléon affectait de fuir la foule 
(Thiers). = Simuler : — de la gaieté (Grimm). — une 
fausse fierté (Hac.) = Marquer de la prédilection 
pour : — une place (Ac.) = Convoiter : — la souve- 
raine puissance (id.) z=: Destiner, attacher, attri- 
buer à : — des fo'ids à un usage, — des revenus à 
une charge. = Toucher, faire impression, rendre 
malade : son état m'AFFECTE (Volt.) Ce remède af- 
fecte la poitrine (Ac.) =: Se dit en phys. de l'ac- 
tion des corps qui ont des dispositions à prendre 
leUe ou telle forme : le sel marin affecte dans sa 
cristallisation la figure cubique (Ac.) = Alg., faire 
précéder d'un signe quelconque, rz: S' — , v. pr. , être 
destiné, attaché à. := Se laisser aller au chagrin. 

AFFECTIF, IVE, adj., qui est inspiré par le 
plaisir ou la douleur : les sensations des enfants sont 
purement affectives (J.-J.) =■. Qui touche l'âme. 

AFFECTION, s. f., impression des objets exté- 
rieurs sur notre âme. = Sentiment d'amour, d'at- 
tacliemenl qui nous porte vers une personne ou 
une chose : l' — des hommes a coutume de changer 
avec la fortune (La Roch.) = Amitié d'un supé- 
rieur pour ses inférieurs ; amour des parents pour 
leurs enfants. = Objet auquel on s'attache : chaque 
jour on se détache de quelques-unes de ses affections 
(Ac.) Il Maladie : — nerveuse^ chronique. V. Amitié. 
AFFECTIONNÉ, E, adj., qui a de l'affection : 
ils oubliaient leur défaite et devenaient des sujets 
affectionnés (Boss.) = Terme de civilité qu'on 
met au bas d'une lettre : votre très — serviteur. 
AFFECTI0NNÉ3IENT, adv., avec affection. 
AFFECTIONNER, v. a. , avoir de l'affection pour : 
Ccsar affectionnait Brutus (Napol.) = Prendre 
inU'iri à, avoir de la préft^rence pour : — une af- 
faire, une entreprise, = Attacher; jjcu us. = S'—, 



2i AFF 

V. pr., s'attacher avec ardeur à; s'aimer réciproque- 
ment. S' — quelqu'un, se l'attacher. S' — à quelque 
chose, s'y attacher de préférence. V. Aimer. 

AFFECTUEUSEMENT, adv., d'une manière af- 
fectueuse : serrer — la main. 

AFFECTUEUX, EUSE, adj., plein d'affection : 
paroles affectueuses. = Qui témoigne, qui inspire de 
l'affection : caractère — . 

AFFÉRENT, E, adj. : portion afférente, qui re- 
vient dans un partage à chacun des copartageants. 

AFFERMER, v. a., prendre, donner à ferme. 

AFFERMIR, v. a., rendre ferme et stable : com- 
ment AFFERMiRA-f-î7 cette colonne? (Boss.) = Rendre 
solide : la gelée affermit les chemins (Ac.) |1 Rendre 
assuré, difficile à ébranler : — le courage, l'auto- 
rité. — des couronnes (Corn.) — quelqu'un dans 
une croyance. =z S' — , v.pr., devenir ferme: /es eaux 
s'affermissent sous ses pas (Mass.) |1 Devenir stable : 
les trônes s'affermissent par l'amour des peuples 
(Duel.) V. Assurer. 

§ AFFER3IIR, RAFFERMIR, CONFIRMER, Cl- 
3IENTER, SCELLER. On affermit ce qui est faible; on 
raffermit ce qui est ébranlé ; on confirme ce qui est déjà 
fort et dont on augmente la force. Cimenter, c'est rendre 
p ir un lien deux choses, deux, personnes inséparables, indi- 
visibles : le testament qui doit cimenter un jour nos al- 
liances (Reg.) Sceller, c'est affermir avec une sorte de 
consécration, par ua sacrifice : Jésus-Christ oblige ses 
apôtres à sceller leur témoignage de leur sang (Boss.) 

AFFERMISSOIENT, s. m., action d'affermir : 
r — des gencives (Ac.) || État d'une chose affermie : 
l' — de la république. 

AFFÉTÉ, E, adj., plein d'afféterie ; trop recher- 
ché dans ses manières, dans son langage. 

AFFÉTERIE, s. f., soin minutieux et trop mar- 
qué de plaire ; affectation dans les manières, dans 
le langage. 1| Se dit en lilt. et en peint, des compo- 
sitions maniérées et prétentieuses. V. Affectation. 

AFFETTO ou AFFECTUOSO, adv. ital. que l'on 
met en tête d'un morceau de musique, pour indi- 
quer qu'il doit être rendu avec grâce, lenteur et 
tendresse. 

AFFICHAGE, S. m., action d'afficher; résultat 
de celte action. 

AFFICHE, s. f., placard ou feuille, soit impri- 
mée, soit manuscrite, que l'on applique dans des 
lieux fréquentés pour informer le public de quelque 
chose. = Mode de publication légale de certains actes 
de l'autorité. = Se dit encore, au pi., en certains 
lieux, pour distribution des prix. = Petites affi- 
CDES, journal spécialement consacré aux annonces. 

AFFICHER, V. a., poser des affiches; publier : 

— le spectacle y une vente (Ac.) Charles XII fit 

— qu'il n'était venu que pour donner la paix (Volt.), 
et abs. : ils affichaient chacun à part (La F.) 
= Donner une publicité exagérée à quelqu'un ou 
à quelque chose ; montrer publiquement et avec 
affectation : — sa honte, de l'esprit, des préten- 
tions. — l'opulence , en faire parade , — une 
femme, la compromettre par ses assiduités. = 
S' — , V. pr., être affiché. || Donner ses vices ou ses 
ridicules en spectacle. 

AFFICHEUR, s. m., celui qui pose les affiches. 

AFFIDÉ, E, adj., à qui on se fie, en qui on met 
sa confiance : je cherche un homme qui nous soit — 
(Mol.) = S. m., agent secret. 

AFFILÉ, E, adj., bien aiguisé : pour le poignard, 
il est bien — , de bonne trempe (La F.) || Qui pé- 
nètre : médisances dont le trait est brillant et — 
(Mass.) Langue affilée, caquet, bec — , se dit do 



AFF 



22 



AFF 



quelqu'un qui parle beaucoup ou avec malice. 

AFFILER, V. a., aiguiser le tranchant d'un ins- 
trument, lui donner le fil : — un rasoir. \\ Le 
glaive qui a tranché les jours de la reine est encore 
levé sur nos têtes ; nos péchés en ont affilé le tran- 
chant fatal (Boss.)= Arts et met., faire passer des 
métaux dans la filière. = S' — , v. pr., être alTilé. 

AFFILEUR, EUSE, s,, ouvrier, ouvrière qui 
affile. 

AFFILIATION, s. f., association à une compa- 
gnie, à une société ; se prend souvent en mauv. 
part. = Rapports entre sociétés alTiliées. 

AFFILIÉ, E, adj., associé à une compagnie, à 
une corporation. = S. m., même sens. 

AFFILIER, V. a., associer quelqu'un à une com- 
pagnie , à une corporation; l'initier aux secrets 
d'une société, aux mystères d'une secte. = S' — , v. 
pr., s'associer à ; associer à soi : l'Académie fran- 
çaise s'était affilié quelques académies de province. 

AFFILOIR, s. m., pierre pour affiler ; cuir ou 
acier cylindrique destinés au même usage. 

AFFINAGE, s. m., action par laquelle on épure 
une chose, et surtout les métaux. 

AFFINER, V. a., rendre une substance pure de 
toute matière hétérogène : comme le feu affine 
l'or, ainsi l'adversité éprouve la fidélité d'un ami 
(Trév.) = Aiguiser, rendre pointu : les sangliers af- 
finent leurs défenses ( Montaig.) || User de ruse, 
tromper par arlilice : Notre maître Mi lis les trompe 
et les affine (La F.) =: S' — , v. pr., devenir plus 
mince. || Devenir plus subtil : l'âme s'affine par 
l'usage (Montaig.) 

AFFINERIE, s. f., lieu où l'on affine les mé- 
taux, et par ext., action de les affiner. 

AFFIIXEUR, s. m., ouvrier qui affine. 

AFFINITÉ, s. f., rapport étroit entre des choses 
différentes, mais qui se louchent par quelques points : 
la physique et la géométrie ont beaucoup d' — (Ac.) 
Se dit aussi des personnes : nous avons une secrète 
— avec Dieu (Boss.) = Lien qui existe entre un 
des époux et les parents de l'autre. — spirituelle, 
sorte de lien établi entre un enfant et ses parrain 
et marraine. = Chim., loi, propriété des molécules 
qui s'attirent plus ou moins : Toutes les causes qui 
tendent à détruire la cohésion tendent également à 
augmenter V — (Dumas). 

AFFINOIR,s. m., instrument pour affiner; sorte 
de peigne à dents de fer pour affiner le chanvre. 

AFFIQUET , s. m., petit instrument de fer ou 
de bois qui, placé à la ceinture, soutient une des 
aiguilles à tricoter. = Petit ornement de femme : 
s'emploie surtout au pi. et ir. ; les affiquets ne 
manquaient à la dame (La F.) 

AFFIRMATIF, IVE, adj., qui affirme, qui soutient 
comme \Tai : proposition affirmative, ton — . = 
Qui a coutume d'affirmer avec énergie : homme — . 

AFFIRMATION, s. f., action d'affirmer; paroles 
par lesquelles on affirme. 1| Déclaration avec ou sans 
serment. = Conclusion d'un jugement afflrmatif. 

AFFIRMATIVE, s. f., log., proposition qui af- 
firme : dans les disputes les uns soutiennent V — , 
les autres la négative. 

AFFIRMATIVEiMENT, adv., d'une manière af- 
firmative : répondre — (Ac.) 

AFFIRMER, v. a., soutenir, assurer qu'une 
chose est vraie : j'affirme les attributs de la Divi- 
nité (J.-J.) et abs. : l'ignorance affirme ou nie (Volt.) 
=■ Dr., attester la vérité d'un fait. 

§ AFFIRMER, ASSURER, CONFIRMER. On af- 



firme comme certain ce dont on est convaincu ou dont on 
veut convaincre ; on assure comme sûr ce dont on est per- 
suadé ou dont on veut persuader les autres. J'affirme ce qui 
est ou a été, je ne puis qu'assurer ce qui sera : il fait bâtir 
une maison dont il assure en toussant qu'on ne verra ja- 
m,ais la fin (La Br.) Confirmer, c'est ajouter par un pou- 
veau témoignage à ce qui a été affirmé ou assuré. 

AFFIXE, adj. des 2 g. et s. m., se dit en gramm. 
de certaines lettres ou de certaines particules ajou- 
tées au mot pour en modifier la signification. 

AFFLEURAGE, s. m., farine qui rend beaucoup. 
= Action de délayer la pâte pour fabriquer le 
papier. 

AFFLEUREMENT, s. m., action d'afïleurer. = 
Géol. portion apparente d'un filon caché sous d'autres 
masses minérales. 

AFFLEURER, v. a., réduire deux corps conti- 
gus à un même niveau : — les pièces d'un plancher, 
les battants d'une armoire. = Mar., v. n. : ces plan- 
ches affleurent bien, sont bien de niveau. 

AFFLICTION, s. f., état de tristesse et d'abatte- 
ment d'esprit où nous jette un événement malheu- 
reux : le temps amorrff /es AFFHCTiONs(Pasc.)= Acci- 
dent qui cause l'affiiction : avec quelle constance elle 
supporta les afflictions et les disgrâces (Fléch.) 

AFFLICTIVE, adj. f., us. seulement dans cette 
loc. : peine — , peine corporelle qui frappe direc- 
tement la personne du condamné. 

AFFLIGEANT, E, adj., qui afflige; qui est fait 
pour affliger : il ne faut point se laisser aller ù des 
pensées ïrop affligeantes (Fléch.) 

AFFLIGÉ, E, adj., qui a de l'affliction : il fallut 
pour cet an vivre en mère affligée (La F.) = Ac- 
cablé de maux, de malheurs : l'empire — se reposa 
sous Vespasien (Boss.) et ir. : il est — de cent mille 
francs de rente. \\ Malade : appliquer un remède sur 
la partie affligée (Ac.) = Affligés, s. m. pi., per- 
sonnes aflligées, malheureuses : peut-on consoler les 
affligés où toutes les larmes sont essuyées? (Boss.) 

§ AFFLIGÉ, FÂCHÉ, RIORTIFIÉ. Le premier sup- 
pose un mal considérable qui abat et accafâe; le second 
n'annonce qu'un léger cliagriu; mortifié exprime un violent 
déplaisir provenant d'une blessure de t'amour-propre. 

AFFLIGER, v, a., causer de l'affliction, de la 
douleur : votre douleur m'offense autant qu'elle m^AF- 
flige (Corn.) et par euphém. : ce serait m' — que de 
refuser ce petit présent. \\ Désoler, tourmenter : il 
apprit que la maladie affligeait cette terre (Mont.) 
= S' — , V. pr., avoir du chagrin, s'attrister : ne 
NOUS affligeons pas de la mort des fidèles (Pasc.) 

AFFLUENCE, s. f. , concours d'eaux, d'humeurs;l| 
de gens : grande — de peuple (Ac.) et abs. : cette 
pièce attire une grande — -* = Grande abondance 
de choses : ôtez-nous de ces biens V — importune 
(La F.) V. Multitude. 

AFFLUENT, E, adj., se dit d'un cours d'eau 
qui se jette dans un autre : le Rhin et les rivières 
affluextes (Ac.) = Affluent, s. m., cours d'eau, 
rivière qui se jette dans une autre ou dans un fleuve : 
la Marne est un — de la Seine (Ac.) 

AFFLUER, v. n., couler vers un même point, 
dans un même canal ; se dit surtout des cours d'eau, 
du sang et des humeurs : le sang afflue vers le cœur. 
Il Abonder, survenir en grand nombre : toutes sortes 
de biens affluent dans cette maison. Les étrangers 
affluent à Paris (Ac.) 

AFFOLÉ, E, adj., passionné, prévenu en faveur : 
comme elle est affolée de ce Léandre (Mol.) |1 ^ï- 
guille affolée, aiguille aimantée qu'une cause quel- 
conque a dérangée de sa direc'tion naturelle. 



-ék. 



AFF 

AFFOLER, V. a., rendre comme fou, engouer, 
ensorceler. := S' — , v. pr., s'éprendre passionné- 
ment. 

AFFOUAGE, s. m., droit de couper du bois pour 
son usage. = Entretien en combustible d'une usine. 

AFFOUAGEMEXT, s. m., répartition des im- 
pots d'après le nombre de feux. 

AFFOUAGER, v, a., compter les feux d'une com- 
mune pour la répartition des impôts. 

AFFOURCHE, s. f., action d'affourcher ; ce qui 
sert à cet usage : ancre d' — . 

AFFOURCHER, v. a., ancrer un bâtiment en 
jetant deux ancres qui fassent la fourche. = V. n. et 
s' — , V. pr., se mettre à l'ancre d'afîourche. |1 Un 
paysan affourché sur son âne (Ac.) ; fam. 

AFFOURRAGE3IE\T, s. m., approvisionnement 
ou distribution de fourrage. 

AFFOURRAGER, v. a., distribuer du fourrage 
aux bestiaux. = S' — , v. pr., en faire provision. 

AFFRAÎCIIIR, V. n. V. Fraîchir. 

AFFRAiXCHI, E, adj., rendu libre : les Athéniens 
AFFRANCBis dressent des Statues ù leur libérateur {Hoss.) 
Il Délivré : — des embarras domestiques, — du joug 
des passions. = S., nom donné chez les anciens à 
l'esclave qui recevait la liberté. 

AFFRANCHIR, v. a., mettre en liberté, rendre 
libre : — un esclave. Je te veux — (La F.) = Dé- 
livrer : Dieu AYANT AFFRANCHI SOU peuple de la tyran- 
nie des Égyptiens (Boss.) = Décharger, exempter : 

— d'impôts. — une terre, un héritage, les libérer 
d'une dette, d'une charge. |1 Tirer d'une sujétion, 
d'une dépendance : tous les dons de l'esprit u^af- 
FRANCnissENT jamais le cœur de son devoir (L. Rac.) 

— U7ie lettre, en payer le port en l'expédiant. =: S' — , 
V. pr., se mettre en liberté : ces peuples se sont 
AFFRANCHIS par une révolte (Boss.) =: Se délivrer de, 
se soustraire à : heureux qui s'affranchit du pouvoir 
de l'amour (Corn.)= Être affranchi. V. Délivrer. 

AFFRANCHISSE31ENT , s. m., action d'atîran- 
chir; résultat de cette action. 

AFFRE , s. f. , peur excessive : les affres de la 
mort (Duel.), n'est us. que dans cette loc. 

AFFRETEMENT, s. m., louage total ou partiel 
d'un bâtiment; acte ou contrat de ce louage. 

AFFRÉTER, v. a., prendre un bâtiment, un 
vaisseau à louage. = S' — , v. pr., être pris à louage. 

AFFRÉTEUR, S. m., celui qui affrète un navire. 

AFFREUSEMENT, adv., d'une manière affreuse, 
elîroyable : il est — laid (Ao.) H Beaucoup, extrê- 
mement ; fam. : l'eau de la mer Morte est — salée. 

AFFREUX, EUSE, adj., qui donne l'aCfre, l'ef- 
froi : la mort n'a rien d' — pour qui n'a rien à 
craindre (Corn.) || Fort laid ou fort méchant : j'ai 
vu des hommes — pleurer de douleur (J.-J.) 

§ AFFREUX, HORRIBLE. L'objet o^reua; inspire une 
angoisse, une souffrance qui accable : deuil — (Mont.) Quelle 
nuit couvre d'un voile — la clarté qui nous luit (Volt.) 
L'objet horrible nous soulève contre lui, nous révolte et pro- 
voque un sentiment de répulsion : la Brinvilliers, cette — 
femme [Sé\.) V. Laid. 

AFFRIANDER, v. a., rendre friand; attirer par 
quelque chose d'agréable au goût : on affriande les 
poissons avec de l'appât (Ac.) || Attirer, allécher par 
quelque chose d'utile ou d'agréable : le gain /'avait 
affriande. = S' — , V. pr., devenir friand, prendre 
goût, au propre et au fig. 

§ AFFRIAXDER, AFFRIOLER. Tous deux expriment 
l'action d'attirer par quelque chose d'agréable, et sont des 
diminutifs. On affriande avec des mets délicats de toutes 
sortes; on affriole avec des bonbons, des sucreries. Au fig., 



23 AGA 

le fruit défendu affriande les femmes (Dest.) Un regard, 
un soupir affriole un amant (Reg.) 

AFFRICHER, v. a., laisser en friche. = S'— , 
V. pr., devenir, rester en friche; peu us. 

AFFRIOLER, v. a., attirer par quelque appât, 
par des promesses. V. Affriander. 

AFFRIQUE (St), sous-préf. du départ, de l'Aveyron. 

AFFRONT, s. m., offense ou injure faite en pré- 
sence de témoins : Vulcain fit à Venus un cruel — 
devant les dieux (Mont.) Faire —, marquer peu 
d'égards ou reprocher quelque chose qui fasse rou- 
gir. Faire un —, offenser l'honneur. =: Honte, dés- 
honneur : sauve-moi de V— de tomber à leurs pieds 
(Corn.) Dévorer un — (Rac), le subir sans oser ou 
sans pouvoir se venger. 

§ AFFRONT, INSULTE, OUTRAGE, INDIGNITÉ. 

L'affront, étant public, offense l' amour-propre. Vinsulte est 
une offense ou une injure qui consiste à traiter insolemment, 
avec mépris; elle se fait particulièrement du grand au petit. 
Outrage et indignité représentent le plus haut degré ou le 
comble de l'injure; le premier donne l'idée d'un grand mal 
causé par quoi que ce soit, même par les choses; le second 
désigne un traitement qui soulève, qui excite l'indignation. 

AFFRONTER, v. a., attaquer le front haut, avec 
hardiesse : — un ennemi supérieur en nombre. = 
Braver avec audace : — un Dieu puissant et éternel 
(Pasc.) Il S'exposer hardiment à : — la mort, le dan- 
ger, la tempête. = Tromper avec effronterie : c'esi 
un coquin q?»" affronte tout le monde (Ac.)=:S' — , v. 
pr., s'attaquer de front : voyez deux chiens qui s'af- 
frontent (La Br.) 

AFFRONTEUR, EUSE, S., personne qui affronte. 

AFFURLEMENT, s. m., vêtement ridicule ; ir. 

AFFUBLER, v. a., habiller d'une façon extraor- 
dinaire ou grotesque : on avait affublé l'esclave 
d'un costume de prêtre grec (Nis.) = S' — , v. pr., 
notre vieille s'affublait d'un jupon crasseux (La F.) 
\\Étre affublé de ridicules (Ac), en être couvert. 

§ AFFUBLÉ, FAGOTÉ. Le premier fait songer au ri- 
dicule du vêtement ; le second à celui de la mise. 

AFFISION, s. f., remède qui consiste à verset- 
en nappe, d'une petite hauteur, de l'eau sur une 
partie du corps. 

AFFÛT, s. m., endroit où l'on se cache pour 
attendre le gibier. 1| Être à V — de, ou abs., être ci 
l'AFFtT, épier l'occasion de saisir, d'obtenir ; il y a 
longtemps que je suis à V — de cette place (Ac) = 
Machine de bois ou de métal qui supporte un canon : 
je dormis sur V— des canons meurtriers (V. H.) 

AFFÛTAGE, "s. m., action d'aiguiser un outil. = 
Collection des outils nécessaires à un menuisier. 

AFFÛTER, V. a., aiguiser, rendre pointu : 

— son ciseau, un crayon. — un canon; vieux, le 
mettre en batterie. 

AFFÛTIAU, s. m., brimborion, bagatelle. === Ou- 
til quelconque; pop. 

AFGHANISTAN ou Royaume de Caboul, vaste contrée 
du centre de l'Asie entre la Chine, la Tartarie, la Perse, le 
Bélouchistan et l'Hindoustan. Elle est habitée par des tribus 
agricoles et nomades. 

AFIN, conj., toujours suivie de de avecl'inf. ou 
de que avec le subj., marque le motif, la cause : 

— qu'ils aimassent leur libérateur (Boss.) Je consens 
ù me perdre, — de la sauver (Corn.) 

AFIOUME, s. m., lin du Levant. 

AFRIQUE, s. f., une des cinq parties du monde, au S. de 
l'Europe et à l'O. de l'Asie. = Africain, ainb, adj. et s., 
né en Afrique ; propre à l'Afrique ou à ses habitants. 

AGA, titre de politesse, chez les Turcs, qui répond à mon- 
sieur. = Titre qu'ils donnent au commandant de certains 
corps : l' — des janissaires. 



^# 



AGE 



24 



AGG 



, AGAÇANT, E, adj., qui agace ou provoque: 
minois, regard — . Une fille agaçante (Âc.) 

AGACE ou AGASSE, S. f. , nom donné à la pie. 

AGACEMENT, s. m., sensation désagréable cau- 
sée par l'action des substances acides ou acerbes 
sur les dents. =: Irritation des nerfs. 

AGACER, V. a., causer de l'agacement. || Contra- 
rier, impatienter par des taquineries. =: Provoquer, 
exciter par des regards ou par des cris. — les pas- 
sants, des chiens. z= S' — , v.pr,,être ai^acé : les dents 
s'agacent à la vue du citron. \\ Se provoquer, s'exci- 
ter mutuellement : ces enfants s'agacent sans cesse. 

AGACERIE, s. f., regards, paroles ou manières 
attrayantes d'une personne qui veut plaire; fam., 
s'emploie surtout au pi. 

AGALACTIE ou AGALAXIE, S. f., défaut de lait 
chez une nourrice. 

AGALLOCHE, s. m., nom que l'on donne quel- 
quefois au bois d'aloès ou bois d'aigle. 

AGAME, adj., se dit des plantes qui ne se re- 
produisent point au moyen de graines. 

AGAME.MXOX, roi de Sparte, frère de Ménélas, com- 
manda les Grecs au siège de Troie et fut assassine à son re- 
tour. 

AGAMI, s. m., gallinacé de l'Amérique du Sud. 

AGAPES, s. f. pi., repas fait en commun par les 
premiers chrétiens. 

AGAPÈTES , s. f. pi . , nom des lilies qui , dans 
la primitive Église, vivaient en communauté sans 
faire de vœux. 

AGARIC, s. m., champignon qui a le dessous du 
chapeau garni de lames. 

AGATE, s. f. , pierre fort dure qui prend parfai- 
tement le poli. = Ouvrage fait de cette pierre. = 
Instrument dans lequel est enchâssée une agate et 
qui sert à brunir l'or. 

AGATHOCLE, Êls d'un potier de Reggio, devint tyran 
de Syracuse et lutta quelque temps avec avantage contre les 
Carthaginois; mort eu 28 7 av. J.-C. 

AGATIS , S. m., dommage causé par les bêles 
dans les propriétés riveraines. 

AGATISER (s'), V. pr., se changer en agate. 

AGAVE ou AGAVE, s. f., plante vivace propre 
à l'Amérique du S., ayant le port des aloès. 

AGDE, vieille ville et poit du Languedoc, ch.-l. decàinton 
du départ, de l'Hérault. 

Age. s. m., période d'un certain nombre d'an- 
nées ou de siècles : la durée du rnoi^de est divisée en 
plusieurs ÂGES (Ac.) L' — du monde, temps écoulé de- 
puis le commencement du monde. = Durée de la vie 
humaine : Nestor qui avait vécu trois âges d'homme 
(Fén.) = Temps écoulé depuis la naissance : quand il 
eut atteint V — de sept ans (Boss.) || — d'homme, âge 
viril. =: Chacune des différentes périodes de la vie 
humaine : chaque — a ses plaisirs (Boil.) = Temps 
marqué par les lois pour diverses fonctions de la 
vie civile : vous êtes en — de vous marier (Les.) =r 
Siècle ou temps : il est le vrai héros de notre — (Fén.) 
— du bois, temps écoulé depuis qu'un taillis a été 
coupé. Il Jeunesse : le bel — (Ac.) ; vieillesse : être 
sur V — . Cheval hors d' — , qui ne marque plus. Il 
ett de son —, il a les goûts et le caractère qui con- 
viennent à cet âge. — d'or, temps heureux ; — de 
fer , temps dur ; le moyen — , temps écoulé de- 
puis l'invasion des barbares jusqu'à la renaissance. 
Président d' — , celui qui préside une assemblée du 
droit du plus âgé. Être entre deux ?.ges, ni'jeune ni 
vieux. Dispens-: d' — , permission d accomplir un acte 
de la vie civile avant l'a;:- légal. =r B' — en — , loc. 



adv., de siècle en siècle. = Progrès de la vie. Sa 
réputation croissait avec V — (Fléch.) = Abs., il 
se dit des personnes de tout âge : le fer ne connaîtra 
ni le sexe ni V — (Rac.) 

ÂGÉ, E, adj., qui a un certain âge : — de huit 
ans. = Avancé en âge : il mourut fort — . 

AGEN (pron. Ajein], ch.-l. du départ, de Lot-et-Garonne, 
a produit J. Scaliger, Lacépède et Jasmin. Ancienne cap. de 
l'Agénois. 

AGENCE, s. f., fonction, charge d'agent; admi- 
nistration dirigée par un ou plusieurs agents ; lieu 
où elle se tient. = Durée des fonctions d'un agent. 
I AGENCEMENT, s. m., action d'agencer : l'— 
' fait valoir les petites choses (Ac.) = État de ce qui est 
agencé. r= Disposition des diverses parties d'une 
composition : /' — de ces draperies, et par ext., /•' — 
des mots. 

AGENCER, V. a., ajuster, disposer les détails 
d'un ensemble. = Combiner les diverses parties 
d'une composition. = S' — , v. pr., séparer : on a 
beau s' — et faire les doux yeux (Régn.) 

AGENDA (motlat., pron. ajeinda), s. m. .-livret 
où l'on écrit ce qu'on doit faire. 

AGENOUILLER (s'), v. pr., se poser sur les ge- 
noux. Il est quelquefois employé sans le pronom : on 
fit AGENOUILLER tout le monde (Ac.) 

AGENOUILLOIR, s. m., petit escabeau sur le- 
quel on s'agenouille. 

AGENT, s. m., tout ce qui agit, tout ce qui 
opère : le feu est le plus puissant de tous les agents 
naturels (Boss.) — chimique, substance qui, en 
agissant sur d'autres, tend à produire un phéno- 
mène. = Ce qui est cause d'un elfet : l'imprimerie, 
ce puissant — de la liberté (Chat.) = Celui qui 
gère les aifaires d'autrui ; celui qui surveille les 
droits d'un État ou d'un prince à l'étranger. = Pris 
en mauv. part, il a un féminin : dans cette intrigue, 
elle était la principale agente (Ac.) = Tout individu 
chargé d'une fonction déterminée : — de police, — 
de change, — comptable. \\ Secours, moyen: l'argent 
serait dans notre affaire un sûr et fort — (Mol.) 

AGÉRASIE, s. f., vieillesse exempte d'inûrmités. 

AGÉSILAS, roi de Sparte. Il conquit une partie de l'Asie 
sur le grand roi et montra le chemin à Alexandre. Mort en 
361 av. J.-C. 

AGEUSTIE, s. f., méd., absence dégoût. 

AGGL031ÉRAT, s. m., terres, substances agglo- 
mérées par l'action des eaux. 

AGGLOMÉRATION, s. f., action d'agglomérer; 
résultat de celte action. = Réunion en masse. 

AGGLOMÉRER, v. a., unir, réunir en masse des 
choses ou des personnes isolées : la richesse du sol 
AGGLOMÉRA Ics hommcs dans cette contrée ( Ac. ) = 
S' — , V. pr., se réunir en masse, en peloton. 

AGGLUTINANT, E, adj., qui agglutine : re- 
mède — . = S. m., la guimauve est un — (Ac.) 

AGGLUTINATIF, IVE, adj., se dit d'un em- 
plâtre qui adhère fortement à la peau. 

AGGLUTINATION, S. f., action d'agglutiner ou 
de s'agglutiner. 

AGGLUTINER, v. a., rejoindre, recoller les par- 
ties du corps accidentellement divisées. = S' — , 
V. pr., se rejoindre, se recoller. 

AGGRAVANT, E, adj., qui rend plus grave : 
fait — . Circonstance aggravante. 

AGGRAVATION, s. f., dr. criminel, action qui 
ajoute à la gravité d'un délit, d'un crime : — de 
peine, ce qu'on ajoute à une peine pour la rendre 
plus rigoureuse. 



AGI 



AGGRAVE, S. f., punition religieuse infligée à 
un excommunié et qui renchérissait sur l'excommu- 
nication. 

AGGRAVER, V. a., rendre plus grief, plus 
grave : — un tort, une offense. — une peine, la 
rendre plus rigoureuse ou plus forte. = Rendre 
plus difficile à sui.porter : faut-il encore leur - le 
joug par le mépris? (Boss.) = S'-, v. pr., devenir 
plus grave : le mal s'aggrave de jour en jour, 
AGIAU, s. m., pupitre de doreur. 
AGILE, adj., qui se meut facilement; léger et 
souple: la chèvre est plus — et moins timide que la 
brebis (BuCf.) Le lion sort et vient d'un pas— (La F.) 
AG1LE3IENT, adv., avec agilité. 
AGILITÉ, s. f., souplesse et légèreté du corps; 
grande facilité à se mouvoir. || Vivacité : Catinat 
avait dans Vesprit une application et une — qui le 
rendaient capable de tout (Volt.) 

AGIO, s. m., spéculation sur la hausse et la 
baisse. = Différence entre la valeur de deux mon- 
naies ou entre la valeur des monnaies et celle des 
effets de commerce. = Prime que s'attribue le prê- 
teur en sus du taux de l'escompte. 

AGIOTAGE, s. m., spéculation sur la hausse et 
la baisse des valeurs mobilières. = Manœuvre em- 
ployée pour taire hausser ou baisser la rente ou la 
valeur vénale des marchandises. 

AGIOTER, v. n., se livrer à l'agiotage. 
AGIOTEUR, EUSE, s., celui, celle qui se livre 
à l'agiotage. 

AGIR V. n., faire quelque chose : nous avons la 
liberté d'— ou de ne pas — (Pasc.) = Prendre du 
mouvement : cet homme est trop sédentaire, il aurait 
besoin d'— (Ac.)=: Se dit aussi par opposition à parler 
ou à projeter : c'est trop délibérer, agissons (Id.) A 
Paris, on agit plus qu'on ne projette (Duel.) \\ Se 
conduire, se comporter : il agissait en roi (Pasc.) = 
Traiter, négocier une affaire :— auprès des ministres 
(Ac.) = Intenter une action en justice : — contre 
son tuteur. — d'office, par le seul devoir de sa cliarge. 
= Produire un effet : la raison n'xGiT point sur une 
populace (Corn.) Le remède agira. = Il s'agit, v. 
imp., il est question : il faut gagner les cœurs, quand 
il s'agit de religion (Fén.) 

§ AGIR, FAIRE. Oa agit de telle ou telle manière; on 
fait ceci ou cela. On peut agir beaucoup sans rien faire : 
l'homme fait ce que Dieu veut; il agit par la volante de 
celui qui l'a mis au monde (Vauv.) _ 

AGIS, nom de quatre rois de Sparte. Agis IV, qui fut le 
plus remarquable, essaya vainement de faire revivre les lois 
de Lvcurgue ; il fut tué en 239 av. J.-C. 

AGISSAIT, E, adj., qui se donne beaucoup de 
mouvement. || Très-actif : esprit ferme et—. — Qui 
opère : remède, principe — . Médecine agissante, 
qui emploie les moyens énergiques. V. Actif. 

AGITATEUR, s. m., celui qui excite du trouble, 
de l'agitation : les plus grands seigneurs siégeaient 
avec les plus vils agitateurs de la rue (Thiers). 

AGITATION, s. f., grand trouble, ébranlement, 
commotion : les ouragans sojit de terribles agitations 
de l'air (Butî.)ll Alternative de mouvements contrai- 
res : qu'est-ce que la vie de la cour, qu'une — éternelle 
sur l'avenir? (Mass.) Vie d'—, sans repos, pleine 
d'alarmes et de soucis. = Trouble causé parles pas- 
sions : ce n'est ni la douleur, ni la mort, mais V — 
de l'âme et l'ennui qui sont à redouter (Buff.) = Dé- 
sordre, révolutions : au milieu de V— des choses hu- 
maijies, la religion se soutient (Boss.)= Méd., nwn- 
quede repos, mouvements continuels provenant d'un 
malaise. 



25 AGR 

§ AGITATION, TOURMENT, ne sont synonymes que 
dans le sens de grande peine d'esprit. V agitation est le pro- 
duit de mouvements contraires ; le tourment a toujours une 
cause déterminée, unique, et exprime un mal plus grand, plus 
intense, une douleur présente. 

AGITÉ, E, adj., en proie à l'agitation : malade, 
sommeil —, nuit agitée. H Esprit — , en proie à l'in- 
quiétude, aux soucis. 

AGITER, V. a., mouvoir, ébranler en divers sens : 
— ses bras. Les vagues agitent le vaisseau (Ac.) [| 
Discuter : il faut — cette question (Beaum.) = Trou- 
bler, jeter dans la confusion, dans l'inquiétude : les 
révolutions qui ont agité l'univers (Mass.) La vanité 
nous agite toujours (La Roch.) = S' — , v. pr., se 
donner du mouvement. H Se troubler, s'inquiéter.= 
Être discuté. V. Traiter. 

AGLOSSE, adj., sans langue. =S. f., lépidop- 
tère nocturne qu'on range parmi les teignes. 

AGNADEL, village près de Lodi. Victoire de Louis XII 
sur les Vénitiens, en io09. 

AGNAT, s. m., nom donné, en droit rom. , à tout 
enfant mâle issu d'un même père. 

AGNATION, s. f., lien des agnats ; parenté con- 
sanguine. 

AGNATIQUE, adj., qui concerne les agnats. 
AGjXEAU, s. m., petit du bélier et de la brebis; 
sachair ; sa peau. || Personne d'humeur douce : c'est 
un — (Ac.) — pascal, agneau que les Juifs man- 
geaient à la Pâque. = U— sans tache, T— de Dieu, 
Jésus-Christ. 

AGNEL, s. m., ancienne et petite monnaie d'or. 
AGNELER, V. n., mettre bas, en parlant des 
brebis. 

AGNELET, s. m., petit agneau ; vieux. 
AGNELINE, adj. f., se dit de la laine qui vient 
des agneaux. 

AGNÈS, s. f., jeune fille sage et naïve; fam. — DE 
MÉRANIE, seconde femme de Philippe- Auguste. — SO- 
REL, ou Sorelle, maîtresse de Charles VII. 

AGNUS, s. m. (mot lat.), cire bénite, portant 
l'empreinte d'un agneau. = Petite image de piété. 
AGNUS-CASTUS (mot lat.), s. m., arbrisseau de 
la famille des gattiliers. 

AGONIE, s. f., dernière lutte de la vie contre la 
mort : tourmenter un oncle à V— (Reg.) = Etat 
d'un malade à l'extrémité. H Fin : pendant V— de 
l'empire romain (Volt.) = Violente angoisse, grande 
souffrance morale : toute notre vie n'est qu'une longue 
et pénible — (Mass.) 

AGONIR, v. a., — quelqu'un d'injures, 1 en acca- 
bler. Se dit aussi, abs. : il s'amusait à V—. — S'— , 
V. pr., s'accabler réciproquement d'injures; pop. 

* AGONISANT, E, adj, qui est à l'agonie. = S.m. : 
priez pour les agonisants (Ac.) 

AGONISER, V. n., être à l'agonie. 
AGONOTHÈTE, s. m., officier qui présidait chez les 
Grecs aux jeux sacrés. 

AGORA, s. f., place publique d'Athènes. 
AGOUTI, s. m., quadrupède de l'ordre des ron- 
geurs, et que l'on rencontre dans l'Amérique du S. 
AGRAFE, s. f., crochet qui entre dans un anneau 
appelé porte , et qui sert à attacher deux choses ou 
deux parties du même objet. = Crampon de fer qui 
relie les pierres et les empêche de s'écarter. = 
Sculpt., décoration placée à la, clé d'une croisée ou 
d'une arcade. 

AGRAFER, V. a., attacher avec une agrafe. = 
S'—, v. pr., être agrafé. 

AGRA ou AGRAH, p. et vil. du N. de l'Iudoustan an- 
glais. 



AGR 26 

AGRAIllE, adj. f. , qui a pour objet la distribu- 
tion des terres appartenant au domaine de l'État. 

AGRAM, vil. forte cl cap. de l'un des cinq comitats de 
la Croatie. 

AGRAjXDIR, V. a., rendre plus grand, plus vaste : 
— un parc, une vi/Ze. |1 Accroître l'importance, la 
râleur, le mérite, la puissance : cet écrivain agran- 
dit les sujets qu'il traite (Ac.) L'amour chaste agran- 
dit les âmes (V. H.) — une nation (Ac.) = Faire pa- 
raître plus grand : — le danger, — la taille. = S' — , 
V. pr., devenir plus grand : le royaume s^agrandit 
(Mass.) = Augmenter ses biens, sa fortune, son 
crédit, sa gloire. 

§ AGRANDIR, ETENDRE. On agrandit dans tous les 
sens; on n'étend que dans un seul. Au fig., agrandir ses 
prétentions, c'est les porter sur une fouie de choses, à droite 
et à gauche; étendre ses droits, c'est les pousser plus loin, 
mais sans sortir d"un cadre déterminé. 

AGRAIVDISSEMEIVT, s. m., action d'agrandir; 
résultat de cette action: — d'un jardin, d'une ville. 
Il Accroissement de puissance , de fortune : il tra- 
vaille pour V — de sa famille (Ac.) 

AGRÉABLE, adj., se dit de tout ce qui nous fait 
plaisir, de ce qui flatte nos sens ou notre âme : cam- 
pagne , maison, conversation — . Avoir pour — , 
trouver bon, agréer. = S. m. : unir V — a l'utile. 
Faire V — , affecter des manières aimables. 

J; AGRÉARLE; — DOUX, SUAVE, FLATTEUR , 
LECTARLE, DÉLICIEUX, DELICAT, EXQUIS; 
— RIANT, GRACIEUX, ATTRAYANT, CHARMANT. 
Agréable est le terme général; il a sous lui ces deux séries 
d'adjectifs qui se disent, les premiers, des choses qui tou- 
chent les sens, et les seconds, de celles qui affectent l'ame 
ou l'esprit au moyen des yeux ou des oreilles. Doux s'ap- 
plique de préférence aux sensations du goût; suave à celles 
de l'odorat ; batteur à celles de l'ouïe ; délectable, déli- 
cieux, délicat, exquis, sont les superlatifs des adjectifs pré- 
cédents. Ce qui est riant plaît par l'aspect; ce qui est gra- 
cieux, par les manières ou la tournure. Un objet attrayant 
nous attire à lui, nous séduit; un objet charmant nous en- 
chante et nous transporte ; il n'y a rien au-dessus. 

AGRÉABLEMENT, adv., d'une manière agréable. 

AGRÉÉ, s. m., avocat attaché aux tribunaux de 
commerce. 

AGRÉER, V. a.' accueillir favorablement; rece- 
voir avec plaisir : — une demande, un présent. = 
V. n., être au gré de, plaire : je ne trouve en moi 
rien qui puisse vous — (Pasc.) 

AGRÉEUR, s. .m., celui qui prépare, qui fournit 
les agrès. 

AGRÉGAT, s. m., masse, assemblage de matières 
diverses. 

AGRÉGATIF, IVE, adj., qui existe et se forme 
par agrégation. 

AGRÉGATION, S. f., admission dans un corps, 
dans une compagnie. Concours d' — , série d'exa- 
mens publics pour être admis dans le corps des pro- 
iêsseurs de l'Université. = Titre d'agrégé. = Assem- 
blage d'un certain nombre de parties homogènes ou 
hétérogènes qui opposent plus ou moins d'obstacle à 
leur séparation ; force qui les unit. 

AGRÉGÉ, s. m., celui qui est admis , après un 
concours, parmi les professeurs de l'Université. || Se 
dit encore de certains fonclionnaiies des Facultés qui 
remplissent les fonctions de professeur, en attendant 
qu'ils en aient le titre. 

AGRÉGÉ, E, adj., se dit en bot. de certaines 
parties qui, naissant rapprochées, se réunissent en- 
suite en paquets plus ou moins serrés. 

AGRÉGER, V. a., admettre dans un corps, asso- 
cier à une compagnie. 



AGR 

^ AGRÉMENT, s. m., qualité d'un objet agréable : 
/' — est arbitraire, la beauté a quelque chose de plus 
réel (La Br.)= Air, objet gracieux : le léger enfon- 
cement que l'on appelle la fossette est un — (Buff.) 
= Grâces sérieuses : les chemins qui conduisent les 
hommes à l'autorité et à la gloire étant fermés aux 
filles, elles tâchent de se dédommager par les agré- 
ments de l'esprit cl du corps (Fén.) =r Consenlement 
volontaire : je ne pouvais sortir de cette province sans 
V — de M. le prince de Conti (J.-J.) = Plaisir léger : 
donner de V — . 

§ AGRÉMENTS, GRACES, AMÉNITÉS. Le premier 
désigne une qualité fixe et permanente, et le second une 
qualité accidentelle, fugitive : quelque grâce qu'aient aux 
yeux de J.-C. les larmes d'un pénitent, elles ne peuvent 
jamais égaler les chastes aguéments d'une sainteté tou- 
jours fidèle (Boss.) L'amemïe consiste dans la douceur; 
c'est une qualité morale qui a sa source dans la bonté du ca- 
ractère et le calme des passions. 

AGRES, s. m. pi., tout ce qui sert à la mâture 
d'un vaisseau. 

AGRESSEUR, s. m., celui qui attaque, qui pro- 
voque le premier. 

AGRESSIF, IVE, adj., qui a le caractère de l'a- 
gression : discours — . 

AGRESSION, s. f., action de celui qui attaque, 
qui provoque le premier : repousser une injuste — , 

AGRESTE, adj., sans culture, sauvage : ce lieu 
est -^ et abandonné (J.-J.) |1 Qui manque d'usage, 
grossier, rude : mœurs agrestes, éloiuence — (Volt.) 

AGREYEUR, s. m., ouvrier qui fait le fil de fer. 

AGRICOLA, général romain sous Vespasien, Titus et 
Domitien, et beau-père de Tacite, qui a écrit son histoire. 
Jlort en 93 ap. J.-C. 

AGRICOLE, adj., adonné à l'agriculture : na > 
tion — . = Qui s'occupe d'agriculture : société — .= 
Qui touche, qui appartient à l'agriculture : industrie, 
établissement — . 

AGRICULTEUR, s. m,, celui qui exerce l'agri- 
culture. 

§ AGRICULTEUR, CULTIVATEUR, COLON. Agri- 
culteur est un terme relevé qui désigne soit le propriétaire 
qui fait par lui-même valoir ses terres, soit un savant qui 
étudie l'agriculture. Le cultivateur est l'ouvrier des champs; 
le colon en est l'habitant. 

AGRICULTURE, s. f., art de cultiver la terre. 

AGRIFFER, v. a,, prendre avec les griffes, avec 
les ongles. S' — , v. pr., se suspendre avec les griffes. 

AGRIGENTE, ancienne et importante vil. de la Sicile, 
patrie d'EmpédocIe. 

aGRION, s. m. , petit insecte vulgairement nommé 
demoiselle. 

AGRIPAUME, s. f., plante de la famille des la- 
biées, appelée aussi léonure. 

AGRIPPA, général et gendre de l'empereur Auguste. 

AGRIPPER, V. a., saisir avidement. = S'~, v. 
pr,, se cramponner; pop. 

AGRIPPINE (Julie)^ fille d'Agrippa et femme de Ger- 
manicus. 

AGRIPPINE, fille de la précédente et mère de Néron. 

AGRONOME, s. m., celui qui est versé dans la 
théorie de l'agriculture, qui s'en occupe et cherche 
à la faire progresser. 

AGRONOMIE, S. f., science, théorie de l'agri- 
culture. 

AGRONOMIQUE, adj., qui concerne l'agronomie. 

AGRONOMIQUEMENT , adv., d'une manière 
agronomique. 

AGROSTE3IME, s. m., genre de plantes voisin 
des lycliTiides ; la nielle en est une e.-^pèce. 

AGROSTIDE, S. f., genre de graminées. 



AID 27 

AGROUPER, V. a., peint., arranger en groupe. 

AGRYPME. s. f., méd., insomnie. 

AGUERRIR, V. a., accoutumer aux travaux, aux 
fatigues de la guerre : c'est au temps à — les 
troupes (Volt.) || Habituer à quelque cliose de péni- 
ble, endurcir : vos lois vous avaient aguerris contre 
la douleur, et nullement contre In volupté (Bart.)rzr 
S' — , V. pr., s'accoutumer à la guerre, au danger, 
aux fatigues, à la douleur. 

AGUETS, s. m. pi., usité seulement dans ces 
phrases : être aux — , se tenir aux — , se mettre aux 
— , épier, guetter l'occasion, le moment. 

AH! interj., marque la surprise, l'admiration, la 
joie, la douleur, le plaisir ; est souvent explétif. = 
S'emploie quelquefois pour donner plus de force à 
l'expression = Se redouble pour exprimer la sur- 
prise ou l'ironie. 

AHAN, mot formé par onomatopée; n'est us. que 
dans celte loc. : suer d' — , se donner beaucoup de 
peine. 

AIIANER, V. n., avoir bien de la peine en tra- 
vaillant ; pop. et peu us. 

AHEURTEMENT, S. m , opiniâtreté excessive, 
attachement invincible à une opinion ou à un senti- 
ment ; se prend en mauv. part. 

AIIEURTER (S'), v. pr., s'obstiner opiniâtre- 
ment : elle ne «'ÉTAIT jamais adeurtée à défendre 
ces opinions (J.-J.) 

AHI! interj., qui exprime un sentiment de dou- 
leur physique. 

AHRIMAN, s. m., principe du mal chez les anciens 
Perses. 

AHURI, E, adj., qui ne sait plus où donner de 
la tête. =: S. m. : c'est un — (Ac.) 

AHURIR, V. a., troubler complètement, inter- 
dire ; fam. : n'AHURissEZ pas cet enfant (Ac.) 

AÏ, s. m., quadrupède de l'Amérique du S., qui 
se meut très-lentement. 

AÏ, vil. de la Champagne. = S. m,, vin qu'on y récolte. 

AIDE, s. f., secours, assistance donnée ou reçue : 
implorer V — du monarque des dieux (La F.) ::= Per- 
sonne ou chose dont on reçoit le secours : Seigneur I 
vous êtes mon — et mon soutien. Il n'a point eu 
d'autre — que ces mémoires (Ac.) =: A V — , loc. 
adv., au secours : crier à V — (Ac.);» V — de, par le 
moyen de : à /' — de son bec maçonne l'hirondelle 
(L. Rac.) Il = Pièce réservée près d'une plus grande 
pour lui servir de décharge ou de dégagement. t= 
Anciennes contributions sur les denrées et les mar- 
chandises. = Coîir des AIDES, ancienne cour souve- 
raine en matière d'impôts. = Moyens que le cavalier 
emploie pour bien manier un cheval. V. Appui. 

AIDE, s., personne placée auprès d'un chef pour 
travailler avec et sous lui : — de cuisine. — de 
camp, officier d'état-major attaché à un général et 
qui porte ses ordres. = Aide-major, s. m., chirur- 
gien militaire qui a le rang de lieutenant. = Sous- 
aide, s. m., celui qui est subordonné à l'aide dans 
les mêmes fonctions. 

AIDER, V. a., secourir, assister : le chien sait 
concourir aux desseins de l'homme, V — , le défendre, 
le flatter (Buff.) — les pauvres. = V. n., venir en 
aide : aidez-/;// à supporter les misères de sa gran- 
deur [Fén.) = Seconder ; contribuer : — à monter, 
à descendre. Si tu veux que je t'xiDE à sauver ton 
eHîpjre(Malh.) 1| — à la lettre, ajouter, pour l'éclaircir, 
à un texte obscur ou incomplet; quelquefois, altérer 
un peula vérité. = S' — , v. pr., se secourir mutuel- 
lement. |j Se donner de la peine; prendre courage. 



AIG 

Aide-toi, le ciel t'aidera (La F.) = Faire usage : 
s^ — de l'épée (Ac.) 

AÏE, interj. marque une douleur imprévue. 

AÏEUL (pi. aïeuls), s. m., grand-père : — pa- 
ternel, ~ maternel. || Au pi., AÏEUX, ceux qui ont 
vécu dans les siècles passés. = Ceux dont on des- 
cend. V. Père. 

AÏEULE, s. f., grand'mère : — paternelle^ ma- 
ternelle. Bu temps de nos aïeules (Ac.) 

AIGLE, s. m., oiseau de proie très-grand et très- 
fort. Il C'est un — , c'est un homme d'un génie, d'un 
esprit, d'un talent supérieur. P— de Meaux, Bossuet. 
Crier comme un — , crier d'une voix aiguë et per- 
çante. Avoir des yeux d' — , avoir le regard perçant. 
=: Pupitre d'église. = Monnaie d'or des États- 
Unis. Grand — , papier d'un grand format. = S. f., 
aigle femelle : T — , reine des airs {La F.) || 
Constellation du S. = Étendard surmonté d'une 
aigle ou sur lequel est représentée une aigle : — ro- 
maine. — bla7ic, ordre militaire de Pologne. — 
noir, — rouge, ordres de Prusse. 

AIGLON, s. m., petit de l'aigle. 

AIGRE, adj., qui n'est plus doux, dont la saveur 
est piquante : le vin, le lait deviennent aigres quand 
ils se gâtent (Ac.) = Se dit aussi de ce qui affecte 
désagréablement l'odorat ou l'ouïe : odeur — , 
voix — . Il Qui manque de douceur, rude, fâcheux : 
réprimande — (Ac) Il n'tj a guère de gens plus 
aigres que ceux qui sont doux par intérêt (Vauv.) 
= Se dit d'un métal dont les parties se séparent 
aisément sous le marteau. ^ S. m., goût, odeur, 
sensation aigre : cela sent V — (Ac.) \\ Ily a de l'—- 
dans l'air, quelque chose de rude et de piquant. 

§ AIGRE, ACIDE, ACERBE, ÂCRE, ACRIMO- 
NIEUX. Ce qui est aigre a pu être doux auparavant et n'est 
devenu tel que par suite d'une altération. Ce qui est acide 
manque de douceur, d'une manière absolue, sans rapport à 
ce qui a été, est ou sera. Ce qui est acerbe n'est pas encore 
doux. Acrimonieux et acre indiquent une aigreur forte et 
violente qui blesse et déchire, le premier n'est qu'un diminutif 
du second. 

AIGRE-DOUX, CE, adj., dont le gofit est à la 
fois aigre et doux. || Dont l'aigreur se fait sentir sous 
une apparence de douceur. Air qui- tient de V — . 

AIGREFIN, s. m., t. de mépris, habile escroc* 

AIGRELET, ETTE, adj., un peu aigre : goût—. 
Il Ton — . 

AIGREMENT, adv., avec aigreur : répondre — . 

AIGREMOINE, s. f., plante de la famille des 
rosacées; on l'emploie en gargarisme. 

AIGREMORE, s. m,, charbon pulvérisé à l'u- 
sage des artificiers. 

AIGRET, TE, adj., un peu aigre • le seigle au 
goût — (La F.) 

§ AIGRET, AIGRELET. Le second est un diminutif 
double , pour ainsi dire : Aigret signifiant un peu aigre, 
aigrelet doit signifier très-légèrement aigre. 

AIGRETTE, S. f., bouquet de plumes droites et 
effilées qui orne la tête de quelques oiseaux ou cer- 
taines coiffures d'homme ou de femme. := Touffe 
de plumes dont on empanache la tête des chevaux 
de carrosse. — d'eau, jet d'eau en forme d'aigrette. 

— de diamant, bouquet de diamants, de pierres 
précieuses disposées en forme d'aigrette. = Touff'e 
de poils qui couronne les fruits ou les graines de 
certaines plantes. = Héron aux plumes effilées. 

AIGRETTE, E, adj., terminé par une aigrette. 
AIGREUR, s. f., qualité de ce qui est aigre : 

— du vin, du /aî7.=Sensation désagréable causée par 
une mauvaise digestion : éprouver des aigreurs. || 



AIG 28 

Disposition d'esprit ou d'humeur qui porte à dire 
ou à faire des clioses piquantes, blessantes : je ne 
sens plus V — de ma bile (Boil.) La comédie apprit 
ù rire sans — (Id.) = Commencement de brouil- 
lerie : il y a de V — entre eux (Ac.) = Au pi., 
tailles où l'eau-forte a trop mordu. 

AIGRIR, V. a., rendre aigre : un vase impur 
AIGRIT la plus pure liqueur (Del.) || Rendre plus ir- 
ritable : je parlais pour l' — (Corn.) N'aigris point 
ma douleur (Id.) = Rendre plus pénible : le temps qui 
adoucit les afflictions, aigrit celle-ci (La Br.) — les 
affaires, les rendre plus difliciles à terminer, à arran- 
ger. — un différend, une querelle ,\q& Qiwenimtv. = 
\. n., et s' — , V. pr., devenir aigre. 1| S'irriter: son 
grand cœur 7ii ne s'aigrit, 7ii ne s'emporta (Ross.) = 
Devenir plus douloureux, plus difficile : les douleurs, 
les affaires s'aigrissent de plus en plus (Ac.) 

AIGU, VË, adj., terminé en pointe ou en tran- 
chant : dard, ongle —, roches aiguës (Salv.) || 
Perçant et élevé : cris aigus (Boil.) = Vif : dou- 
leur AIGUË (La Roch.) Maladie aiguë, grave et ra- 
pide. Accent — , qu'on met sur les e fermés. An- 
gle — , plus petit qu'un angle droit. 

AIGUADE, s. f., provision d'eau douce que fait 
un vaisseau en relâchant sur un point, dans le cours 
de son voyage; lieu où l'on fait cette provision. 

AIGUAYER, V. a., baigner, laver, rafraîchir dans 
l'eau : — un cheval, du linge. 

AIGUE-MARIXE , s. f., sorte de pierre pré- 
cieuse, verte comme l'eau de mer, variété de i'é- 
meraude, 

AIGUES-MORTES, vil. anc. où Saint-Louis s'embarqua 
pour la croisade, ch.-l. de canton du départ, du Gard. 

AIGUIERE , s. f , vase cylindrique et fort ou- 
vert, à anse et à bec, où l'on met de l'eau pour la 
table ou pour la toilette. 

AIGUIÉRÉE, s. f., contenu d'une aiguière pleine. 

AIGUILLADE, s. f., gaule pointue et quelque- 
fois ferrée pour piquer les bœuls. 

AIGUILLE, s. f. , petite verge d'acier déliée, 
pointue d'un bout et percée de l'autre: — à. cou- 
dre, — à broder. = Verge de métal qui sert à diffé- 
rents usages î — à tricoter, — d'horloge, de mon- 
tre, etc. Il Barre de fer mobile qui sert de levier au 
mécanisme destiné à changer de voie un convoi de 
chemin de fer. = Obélisque, clocher pointu ; mon- 
tagne terminée en pointe. = Poisson long et menu. 
:= Loc. prov., de fil en — , de propos en propos. 
Raconter de fil en — , un fait dans toutes ses cir- 
constances et sans rien omettre. Discuter sur la 
pointe d'une —, sur des riens, sur des subtilités. 

AIGUILLÉE, s. f., longueur convenable de fil, 
de soie, pour une aiguille à coudre. 

AIGUILLETÉ, E, adj., attaché avec des aiguil- 
lettes : pourpoint — . || Un amant — sera pour elle 
un ragoût merveilleux (Mol.) 

AIGUILLETER, v. a., nouer, attacher, retenir 
avec des aiguillettes. 1| Ferrer des lacets. 

AIGUILLETIER, ÈRE, s., celui, celle qui fait 
des aiguillettes ; qui ferre des lacets. 

AIGUILLETTE, s. f., ruban ou cordonnet ferré 
des deux bouts et servant d'attache ou d'ornement. 
= Ganse garnie de nœuds et de bouts métalliques 
qui décore certains uniformes. ||Morceau de chair 
taillé, coupé en long. 

AIGUILLEUR, s. m., employé d'un chemin de 
fer chargé de manœuvrer les aiguilles. 

AIGUILLIER, s. m., petit étui où l'on met des 
%îguilles ; vieux et peu us. 



AIL 



AIGUILLIER, ERE, s., celui, celle qui fabrique 
ou vend des aiguilles. 

AIGUILLON (duché-pairie d'), dans le départ, de Lot- 
et-Garonne, acheté par le cardinal de Richelieu pour une 
de ses nièces. Un des ducs d' — persécuta La Chalotais, 
procureur général au parlement de Bretagne. 

AIGUILLON, s. m., pointe de fer mise au bout 
d'un bâton pour piquer les bœufs. |1 Tout ce qui ex- 
cite ou encourage : la gloire est un puissant — (Ac.) 
= Piquant qui adhère à l'écorce de la plante. = 
Petit dard des abeilles et de quelques autres insec- 
tes. = Sorte de piquants placés près de la queue 
ou sur tout le corps de quelques animaux. ||Tout ce 
qui blesse : notre modération est bien moins ù l'é- 
preuve des amorces de l'abondance que des aiguil- 
lons de l'adversité (St-Évr.) 

AIGUILLONNÉ, E, adj., muni d'aiguillon : 
plante aiguillonnée. Ne pas confondre ce mot avec 
aiguillonné, e, part, pas., qui signifie piqué, excité. 

AIGUILLONNER, v. a., piquer les bœufs avec 
l'aiguillon. || Exciter : — la curiosité, l'impatience. 
Exciter au travail : aiguillonnez un peu la paresse 
qu'il a d'écrire. Ces premières aventures aiguillon- 
nent l'esprit (Volt.) V. Exciter. 

AIGUISEMENT, s. m., action d'aiguiser ; 1' — 
d'un canif; peu us. 

AIGUISER, V. a., rendre plus pointu, plus tran- 
chant : — un instrument de chirurgie, et par ext., 
le lion aiguise ses griffes (Fén.) || Rendre plus vif, 
plus actif, plus ardent : — l'esprit (Ac.) — les cou- 
rages (Volt.) — l'appétit, l'exciter, l'augmenter. 
— une épigramme, la rendre plus piquante. 

AIGUISERIE, s. f., usine où l'on aiguise, où 
l'on polit les lames des instruments tranchants. 

AIGUISEUR, s. m., ouvrier qui aiguise. 

AIL, (pron. a-ie), s. m., espèce d'oignon d'une 
odeur et d'un goût très-forts, dont la bulbe ou tête 
est composée de plusieurs gousses réunies sous une 
enveloppe commune : manger trente aulx (La F.) Il 
cultive des ails (Ac.) 

AILE, s. f., partie du corps des oiseaux, de quel- 
ques mammifères et de beaucoup d'insectes, qui leur 
sert à voler : les ailes des oiseaux sont comme des 
rames qui fendent la vague de l'air (Fén.) || — des 
anges, des vents, de la victoire, du temps, etc. Bout 
d' — , plume à écrire. = Partie charnue d'un oiseau, 
s'étendant du haut de l'estomac jusque sous les cuis- 
ses : servir une — de perdrix (Ac.) |1 La peur donne des 
ailes (Ac), fait aller plus vite. Ne battre plus 
que d'une — , avoir beaucoup perdu de ses forces ou 
de sa fortune. Tirer une plume de V — ù, arra- 
cher de l'argent, une place à. Rogner les ailes, re- 
trancher une partie de l'autorité ou des profits. Vo- 
ler de ses propres — , être en état de se passer du 
secours d'autrui. = Protection : sous U — du Sei- 
gneur (Rac.)=Af/es d'un moulin ù vent, châssis gar- 
nis de toile qui composent la roue. = Côté d'un 
bâtiment, d'une armée : pousser V — droite des en- 
nemis (Boss.) — du nez, partie extérieure de la 
narine. = Appendice membraneux que l'on observe 
sur certains organes des végétaux. 

AILE, ou plutôt ALE (pron. èle), s. f., bière an- 
glaise qui se fait sans houblon. 

AILE, E, adj., qui a des ailes; se dit surtout 
des animaux qui n'en ont pas d'ordinaire : suivant 
tes poètes, Pégase est un cheval — (Ac.) || Châteaux 
ailés (Volt.), vaisseaux. = Se dit en bot. de tout 
organe muni d'un appendice qu'on nomme aile,= 
Méc, vis ailée, qui donne prise aux doigts. 



AIN 



29 



AILERON', s. m., extrémité de l'aile d'un oiseau. 
= Nageoires de quelques poissons. = Petites plan- 
ches qui garnissent les roues d'un moulin à eau. 
AILLADE, s. f., sauce à l'ail; pain frotté d'ail. 
AILLEURS, ady., dans un autre lieu; dans d'au- 
tres lieux : que ne va-t-il — (Ac.) Il tj a à la ville, 
comme —, de fort sottes gens (La Br.) = D'—, 
d'une autre cause : vos malheurs viennent d' — (Fén.) 
= Sous d'autres rapports : ces deux capitaines, d' — 
si sages (Id.) = De plus : je vous dirai d' — . 

AIMABLE, adj., digne d'être aimé : pour se 
faire aimer, il faut se rendre — (Régn.) Vous ren- 
dez la vertu — aux malheureux (Mass.) = Qui plaît 
par ses manières : l'amour -propre contrilAie à rendre 
le Français — (Ducl.)= Se dit aussi des choses agréa- 
hles à la vue : il donne aux fleurs leur — peinture 
(Rac.) Il Attrayant, séduisant : on a corrompu' les 
mœurs en rendant le vice plus — (Mass.) \\ S., ce 
qui est aimable : je préfère F — au surprenant (Fén.) 
Faire l'—, s'etïorcer de plaire. V. Sociable. 
AIMABLEMENT, adv., d'une manière aimable. 
AIMANT, 8. m., mine de fer oxydulé qui exerce 
une action polaire sur l'aiguille aimantée , et qui 
attire le fer. — artificiel, barre d'acier à laquelle on 
a communiqué la propriété d'attirer le fer. H At Vait, 
appât : la vertu est un — (Ac.) 

AIMANT, E, adj., porté à aimer : caractère ■-• . 
AIMANTATION, s. f., action d'aimanter; effet 
qui en résulte. r= Élatmagnétique communiqué aux 
rails par le frottement continuel des roues. 

AIMANTER, V. a., communiquer à un corps la 
propriété de l'aimant : — une aiguille de boussole. 
AIMER, V. a., éprouver un sentiment qui nous 
incline et nous porte vers son objet : aime les hommes 
en général, dit Confucius, et chéris les gens de bien 
(Volt.), et abs. : il n'y a que les gens peu répandus 
qui sachent — (Id.)= Éprouver de l'amour : il est 
impossible d' — une seconde fois ce qu'on a vérita- 
blement cessé d' — (La Uoch.), et abs. : on n^AiME 
bien qu'une fois (La Br.) = Avoir un goût vif pour: 
— les procès, le luxe, l'étude. Carthage adia les 
richesses (Boss.) = Se dit de l'affection d'un animal, 
du penchant d'un végétal : l'éléphant aime la so- 
ciété de ses semblables (Buff.) Ces plantes aiment 
l'ombre et le frais (Ac.) = Trouver agréable : 
on AIME à être vu (La Br.) — une odeur, une cou- 
leur. = Trouver bon, savoir gré : aimez qu'on vous 
conseille (Boil.) J'aime qu'on soit sincère (Mol.) — 
mieux, préférer : — mieux l'étude que le jeu (Ac.) 
V. Choisir. = S' — , v. pr., avoir une affection réci- 
proque. S' — dans un lieu, s'y plaire. 

§ AIMER. CHÉRIR, AFFECTIOXXER. Aimer est 
un terme général dont le sens et la force varient à l'infini. 
Chérir exprime une affection plus spéciale et qui se porte sur 
quelqu'un ou sur quelque chose de cher, de précieux. Oïl 
aime par goût, par sympathie ou par caprice ; on chérit par 
estime et par choix. Affectionner indique l'intérêt que l'on 
prend aux personnes ou aux choses en vertu de l'habitude ; 
il se dit surtout de supérieur à inférieur. 

AIX, petite riv. de France qui sort du Jura, se jette dans 
le Rhône, et donne son nom à un département. 

AINE, s. f., enfoncement oblique qui sépare l'ab- 
domen de la cuisse. 

AÎNÉ, E, adj., né le premier. = S., enfant qui 
est né avant tous ses frères et sœurs, ou avant l'un 
d'eux ; personne plus âgée qu'une autre : il est mon 
— de dix ans. 

-AINESSE, s. f., n'est us. que Atm?, droit d' — , pri- 
vilèges accordés autrefois à l'aîné d'une famille. 
AINSI, adv.. en cette manière, de cette façon : la 



AIR 

chose — réglée (La F.) Tous gens sont — faits (Id.) 
Pour — parler, pour — dire, s'il est permis de 
parler — , locutions qui diminuent la force de l'ex- 
pression et lui enlèvent ce qu'elle aurait de trop 
affirmalif, de trop absolu : le fond d'un Romain, pour 
— parler, était l'amour de sa liberté et de sa pa- 
trie (Boss.) = Ainsi soit-il, souhait qui termine or- 
dinairement les prières ; on l'emploie familièrement 
pour marquer le désir qu'un vœu exprimé devant 
nous s'accomplisse. = Conj . , par conséquent : — vous 
refusez (Ac.) — donc, même sens, avec plus d'éner- 
gie : — , donc mes bontés vous fatiguent (Rac.) = 
De même : comme le soleil chasse les ténèbres, — la 
science chasse l'erreur (Ac.) — que la vertu, le 
crime a ses degrés (Rac.) 

AIR, s. m., fluide élastique et pesant qui entoure 
la terre : les vents purifient F — (Fén.) Libre comme 
r — , qui ne dépend de personne. Prendre l' — , sor- 
tir pour se promener. Changer d' — , changer de 
séjour. Mettre à V — , découvrir, exposer à l'action 
de l'air. Donner de V — à un appartement, l'ouvrir 
pour y faire entrer l'air extérieur. \\Se donner de V — ; 
fam., s'enfuir. Cela est dans V — , se dit des in- 
fluences physiques ou morales qu'on attribue à l'at- 
mosphère, et au flg. des pressentiments qui se répan- 
dent tout à coup dans le peuple. = En l' — , loc. 
adv., en haut, et au tig., sans but, sans réflexion, 
sans intention, sans réalité, sans fondement : des 
projets, des menaces en V — . Pour quelque Iris en 
V — faire le langoureux (Boil.) Tirer un coup en V — , 
tirer un coup de fusil, de pistolet, sans le diriger 
vers aucun but: [] faire une démarche inutile. Être 
en V — , sembler n'être soutenu par rien : cet esca- 
lier est en V — . Au fig., s'agiter : toute la ville 
est en V — . Mettre en l' — , troubler, émouvoir. 
Il Température, qualité de l'air : le ciel était se- 
rein, F — calme (Buff.) = Vent : il fait de F — . 
= Influence des lieux : F — natal. L' — du monde 
est contagieux ; F — de la cour est empesté (Fén.) Le 
bel — , le grand — , le V n du grand monde. = Ma- 
nières , façons d'agir ou de parler : à F — dont il 
marche, on voit qu'il est plein d'orgueil (Ac.) Vous 
en parlez maintenant d'un autre — (Pasc.) — majes- 
tueux, triste. Quel — froid et sérieux il conserve pour 
ceux qui ne sont plus ses égaux! (La Br.) = Appa- 
rence, ressemblance : sous cet — de jeunesse (Boss.) 
Ils ont beaucoup d' — Fun de Fautre (Ac.) = Avoir 
F — , paraître, sembler : il a F — enfant. Il a F — 
de ne pas savoir son métier (Ac.) N'avoir F — de rien, 
paraître ne pas prendre garde; ne pas se laisser pé- 
nétrer. L' — du bureau, disposition de ceux qui doi- 
vent décider une affaire : F — du bureau lui est fa- 
vorable (Ac.) =■ Allure d'un cheval ou d'un vaisseau. 
V. Manières. 

§ AIR, 3IIXE, PHYSIONOMIE, VISAGE. Ces quatre 
mots sont synonymes deux à deux : Air et mine représentent 
les traits qu'on a, mais aussi ceux qu'on affecte ou ceux 
qu'on paraît avoir ; ils se disent de tout le corps. Physio- 
nomie et visage ne se disent que de la face, et indiquent un 
état ou une qualité qui ne laisse aucun doute . Mine est plus 
familier qu'air et se prend plus souvent en mauv. part : il 
se dit de la conformation, de la santé, de la taille, et re- 
présente surtout les sentiments ; air se dit mieux des actions 
ou des manières, et représente particulièrement les qualités 
de l'esprit. La physionomie et le visage sont les miroirs 
de l'âme ; elle s'y peint telle qu'elle est : mais on inter- 
prète la physionomie ; il faut, pour la bien connaître, l'ob- 
server trait par trait, tandis que le visage et ce qu'il révèle 
se voit au premier coup d'œii. 

AIR, s. m., suite de tons, de notes qui compo- 



Aïs 30 

sent un chant t — nouveau , chanter un — (Ac.) 
N'être pas dans l'air, ne pas chanter juste, déton- 
ner. Je connais des paroles sur cet — là, j'ai déjà 
entendu les mêmes raisons sur ce sujet. Se dit quel- 
quefois du chant et des paroles : — à boire (Ac.) 

AIRAIN, s. m., alliage de. cuivre, d'étain, de zinc 
et d'une faible quantité d'antimoine : — de Corinthe, 
métal rare, très-renommé chez les Romains. || Canon, 
chaudière, cloche, armes, gonds faits de ce métal : 
l' — vomit le fer et la mort (Boil.) L' — sonnant 
dans nos temples (St-L.) Graver sur V — , conserver 
longtemps le souvenir. D' — , impénétrable, indes- 
tructible, insupportable : mur d' — (Lamart.) Us 
sont pour vous d' — , d'acier, de diamant (La F.) 
Jou(j, sceptre d' — . Ciel d' — (Rac»), sans pluie et 
sans rosée, etaufig., temps de désastres. Siècle d' — , 
celui que les poëtes placent entre le siècle d'argent 
et le siècle de fer, et parext., époque funeste. Front 
d' — , impudence extrême. Cœur d'—, impitoyable. 

AIRE, s. f., place unie pour battre le grain; sur- 
face plane : l' — d'un pont, V — d'^in champ. — 
d'un bassin, massif de ciment qui en (ait le fond, 

— d'un bâtiment, espace compris entre ses murs. = 
Étendue superficielle d'une ligure géométrique. — 
de vent, chacune des 32 divisions de la boussole. 
^ Nid des grands oiseaux. || // a placé si haut son 

— impériale (V. H.) 
AIREE , s. f . , la quantité de gerbes qu'on met 

dans l'aire pour une battue. 

AIRELLE, s, f,, genre d'arbrisseaux très-petitsj 
le plus connu est V airelle myrtille. = Baie de l'airelle. 

AIRER, V, n., faire son nid, en parlant des grands 
oiseaux de proie. 

Aïs, s. m,, planche de bois , un — sur deux 
pavés forme un étroit passage (Boil,) =:Nom donné 
à plusieurs instruments de bois. V. Planche. 

AISANCE, s. f., facilité de mouvements: porter 
un pesant fardeau avec — (Ac.) = Liberté de corps 
et d'esprit dans les manières, dans les discours : il 
se présente, il parle avec — (Id.) = État de for- 
tune suffisant pour se procurer les commodités de 
la vie : vivre dans V — . = Lieux d' — , où l'on sa- 
tisfait les besoins naturels. V. Aise. 

AISE, s, f., sentiment de joie, de plaisir, émo- 
tion vive, et agréable causée par la présence ou la 
possession d'un bien, d'un avantage : il ne se sent pas 
d' — (Ac.) Tressaillir, sauter d' — , = État commode ; 
se mettre à V — ; || se mettre à son — , manquer aux 
convenances par trop de familiarité. A votre —, sans 
vous gêner. En prendre à son — , ne travailler ni 
trop ni trop vite. = État de fortune suffisant et heu- 
reux : être, vivre à son — . =: Au pi,, commodités de 
la vie : on n'a pas toutes ses aises dans le monde 
(Lamart.) A l' — , loc. adv., commodément. 

§ AISE, AISAXCE. Le preiaier indique un état pas- 
sager et restreint de commodité ou de bien-être ; le second 
un état permanent et plus complet. 

AISE, adj., qui jouit d'un plaisir qui l'émeut: 
quelquefois on est si —, qu'on ne peut dormir (Mann.) 
= Heureux, content : j'en^uisfoU — (La F.) 

AISÉ, E, adj., qu'on n'a pas d^,,peine à faire : il 
est — de découvrir les faussetés dans les questions de 
fait (Pasc) Il est plus — d'être sage pour les au- 
tres que pour soi-même (La Roch.)= Commode : 
chemin, habit — . = Que l'on supporte facilement; 
la mort n'est pas aisée à supporter (Pasc) = Docile : 
homme — à persuader (Mass.) |1 Morale, dévotion 
AISÉE, relâchée, =: Exempt de contrainte : ton, 
style — . Taille aisée, libre et dégagée. Homme — 



AJU 



a vivre, d'un commerce doux et agréable. =: Qui est 
à son aise, qui est riche pour sa condition. 

§ AISÉ, FACILE, Ce qui est aisé l'est naturellement ; 
ce qui est facile l'est de fait ou effectivement. Une chose 
aisée n*a pas en soi de difficultés ; une chose facile est ceUt- 
qui s'exécute sans opposition ni obstacle. Au fig. , aisé ex- 
prime une disposition passive ; facile, une disposition ac- 
tive : un cœur aisé à ébranler, facile à s'attendrir (Mass.) 

AISÉMENT, adv., sans gêne, sans ditriculté. 

AISXE, riv. de France qui sort de l'Argonne, se jette 
dans l'Oise et donne son nom à un déparlement. 

AÏSSÉ (mademoiselle), belle Circassienne amenée à Pa- 
ris sous la régence du duc d'Orléans et morte en 1733. Elle 
a laissé des Mémoires pleins de charme et de naturel. 

AISSELLE, s. f., cavité qui se trouve au-dessous 
de la jonction du bras avec l'épaule. =: Partie du 
corps d'un oiseau qui se trouve sous l'aile. — d'une 
feuille, angle qu'elle forme avec la tige qui la porte. 
— d'une ancre, angle rentrant formé par la verge 
et les bras de l'ancre. 

AISSETTE, s. f., petite hache de tonnelier. 

AIX, vil. de France, s.-préf, du départ, des Bouches- 
du-Rhône, anc. cap. de la Provence. 

AIX, île et vil, de France, à l'embouch. de la Charente. 

AIX-LA-CHAPELLE, vil. d'Allemagne, sur le Rhin ; 
appartient à la Prusse ; deux grands traités y ont été signés, 
l'un en 1668 contre Louis XIV, et l'autre en 1778, qui ter- 
mina la guerre de la succession d'Autriche. 

AIX-LES-BAIXS,ch.-l. de cant. du départ, delà Savoie. 

AJACCIO, ch.-l, du départ, de la Corse. 

AJAN*(CÔTB d'), côte à l'est de l'Afrique, 

AJONC, s. m,, genêt épineux ; jonc marin. 

AJOURNEMENT, s. m,, sommation de compa- 
raître en justice. = Remise d'une affaire, d'une 
discussion, h un autre jour. 

AJOURNER, V. a., assigner quelqu'un à com- 
paraître en justice. = Remettre une affaire, une 
discussion, à un autre jour. = S' — , v. pr. , être 
ajourné. = Se dit d'une assemblée qui suspend ses 
séances pour un temps déterminé. 

AJOUT AGE, s. m., chose ajoutée à une autre, 

AJOUTÉ, s. m., addition faite sur un manus- 
crit ou sur une épreuve d'imprimerie, 

AJOUTÉE, s, f,, ligne ajoutée à une autre. 

AJOUTER, V. a,, mettre quelque chose de plus: 
les ombres n'AJOUTENT rien à la lumière (Lamart.) = 
Joindre une chose à une autre : souffrez qti'ù mon 
logis fxiomE encore une aile (La F.) = Augmenter : 
la crainte ajoute au danger (Marm.) || Son malheur 
AJOUTAIT à l'éclat de ses charmes (Volt,) =r Dire de 
plus : je «^AJOUTERAI plus qu'un mot (Ac,)|| — à la 
lettre, amplifier un récit, — foi, croire. 

§ AJOUTER, AUGMENTER. Le premier exprime 
juxtaposition de deux objets ; le second exprime leur fusion : 
l'erreur ajoute à la vérité, mais ne rAXJGMEî«TBpas(Vauv.) 

AJUSTAGE, s. m,, action d'ajuster; série d'o- 
pérations par lesquelles on rend les métaux bruts 
propres au montage. 

AJUSTEMENT, S. m., arrangement des parties 
d'une chose, des vêtements d'une personne : /' — 
d'un poids, d'un jardin. Elle va se faire un — qui la 
jTndra cftan?2crHfe(J,- J.)= Accommodement : cter- 
cher des ajustements dans une affaire (Ac) ^ 

§ AJUSTE3IENT, PARURE. Ajustement désigne l'ar- 
rangement gracieux de toutes les parties de l'habillement ; 
parure indique les choses riches et magnifiques que l'on met 
sur soi : l'un veut du temps, du talent et de l'étude ; l'autre 
ne demande que de l'argent. 

AJUSTER, V. a., rendre juste, exact : — une me- 
sure. — une monnaie, lui donner le poids légal. =z 
Adapter exactement : — un couvercle aune boîte. — 
ses pas à la cadence (Pasc ) || — son style avec son 



ALB 



3i 



sermon (Fén.) = Mettre en état de fonctionner : — 
une machine. = Terminer à l'amiable : — un dif- 
férend. = Parer, embellir : — sa maison, une per- 
sonne. = Maltraiter, flétrir : on Vx ajusté de toutes 
pièces; fam. et ir. = Préparer, viser : — le gibier. 
= Dresser : — un cheval. = V. n., viser juste. =: 
S'_, V. pr., s'adapter à; se concerter; pouvoir 
fonctionner ; cadrer ;. se parer ; se concilier ; s'ac- 
commoder : il faut s' — au temps (Mol.) 
AJUSTEUR, s. m., ouvrier qui ajuste. 
AJUSTOIR, s. m., balance où l'on pèse les 
monnaies; peu us. On dit mieux trcbuchet. 

AJUTAGE ou AJUTOIR ou AJOUTOIR, s. m., 
tuyau de métal soudé à l'extrémité du tuyau d'une 
fontaine ou d'un jet d'eau pour en faire sortir l'eau 
sous la forme que l'on désire. 
ALABA.MA, riv. et p. des États-Unis. 
ALABASTRITE, s. f., nom que les anciens don- 
naient à l'albâtre gypseux et à l'albâtre calcaire. 
ALACRITE, s. t. (mot lat. francisé), joie vive. 
ALAINS, peuple barbare, de race scythique,exterraiaé en 
Espagne par les Visigoths. 

ALAIS, s.-préf. du départ, du Gard. 
ALAISE, ALÉSIA ou ALISE, bourg de l'ancienne 
Gaule, où César défit Yercingétorix. 

ALAISE, s. f., planche ajoutée. = Allonge d'osier 
pour tixer une branche. 

ALAMBIC, S. m., appareil pour disliller. || Pas- 
ser à ou par V — , examiner avec soin. 

ALAMBIQUÉ, E, adj., trop raffiné, trop subtil. 
ALAMBIQUER, v. a., rendre subtil : à force 
d'écrire sur Rousseau on finit par V— terriblement 
(Ste-B.) = Épuiser, fatiguer : ces questions ne ser- 
vent qu'à — l'esprit (Ac.) = Subtiliser, rafflner : 
il ne s'agit pas d'— (Id.) =S'— , v. pr., se fatiguer 
l'esprit à des abstractions. 

ALAND, archipel de la mer Baltique. 
ALARGUER, V. n., se mettre, se tenir au large. 
ALARIC , chef des Visigoths, avec lesquels il envahit 
Pempire romain ; mort en 412 ap. J.-C. 

ALARMANT, E, adj., qui cause des alarmes : 
bruit —.11 Symptômes alarmants de faiblesse et de 
décadence (Chat.) 

ALARME, s. f., signal ou cri pour faire courir 
aux armes, à l'approche de l'ennemi : canon d' — , 
donner V — . Il y a toujours une oie qui fait senti- 
nelle et qui, au moindre danger, donne le signal 
d' — (^Buff.) Fausse —, que l'on prend sans sujet. 
= Peur, inquiétude : vivre dans de continuelles 
ALARMES. 11 L' — est au camp, se dit d'une vive in- 
quiétude qui s'empare tout à coup de plusieurs per- 
sonnes réunies. := Épouvante subite : cette — est 
Vouvrage d'un moucheron (LaF.)=: Au pi., craintes 
excessives : il sait votre dessein, jugez de ses alarmes 
(Rac.) V. Crainte. 

ALARMER, v. a., donner l'alarme. 1| Causer de 
l'inquiétude, de l'épouvante •. la science du salut ne 
ferait que nous — (Bourd.) = Effaroucher : — les 
oreilles pudiques (Boil.)= S' — , v. pr., s'inquiéter, 
su^ri^occupcr, s'effrayer : ne vous alarmez pas (Mol.) 
ALARMISTE, S., celui OU celle qui a l'habitude 
de répandre des bruits alarmants. Adj., médecin — . 
ALATERNE, S. m., arbrisseau toujours vert, à 
feuilles alternes. 

ALAVA, une des trois provinces basques (Espagne). 
ALBANE (François Albani , dit l'), peintre italien du 
XYii* siècle. Ses riants paysages, peuplés de nymphes et 
d'amours, l'ont fait surnommer ["Anacréon de la peinture. 
ALBANIE, p. du S.-O. de la Turquie d'Europe. 
ALBANY (comtesse d'), femme du prétendant Charles- 



ALC 

Edouard, plus tard épouse secrète du poète Alfieri ; morte 
en 1824. 

ALBANY, vil. des États-Unis, cap. de l'Etat de New- 
York (Amérique). 

ALBÂTRE, s. m., pierre blanche ou jaune, que 
son poli et sa demi-transparence rendent précieuse : 
— gypseux, pierre à plâtre. \\ Blancheur éclatante : 
V — de ses bras (Volt.) 

ALBATROS, S. m., oiseau palmipède très-vo- 
race qui habite les mers australes. 

AL6E (duc d'), général habile et gouverneur cruel sous 
Charles-Quint et Philippe II. 

ALBERGE, s. f., sorte de pèche ou d'abricot. 
ALBERGIER, s. m., arbre qui produit l'alberge. 
ALBERONI, ministre du roi d'Kspague Philippe V. 
ALBERT (le Grand), savant et philosophe du moyen âge. 
ALBI ou ALBY, ch.-l. du départ, du Tarn. 
ALBIGEOIS , ancienne p. du Languedoc. = Sectaires 
contre lesquels on fit une croisade au xiu* siècle. 

ALBINOS, S., homme ou femme dont le teint 
est blafard , les cheveux blancs et les yeux rouges. 
Adj., fille —, lapin — . 

ALBION, s. f., nom poétique de la Grande-Bretagne. 
ALBRET, ancien petit pays au nord de la Gascogne. 
Les seigneurs d' — montèrent sur le trône de Navarre. 
ALBUGINÉ, adj., se dit de certaines membranes 
ou enveloppes de couleur blanche et de nature fi- 
breuse, 

ALBUGO, s. f., tache de l'œil blanche et opaque. 
ALBUM (mot lat.), s. m., livre, cahier de papier 
blanc où l'on recueille des autographes d'écrivains, 
d'artistes célèbres. = Livre "sur lequel les voyageurs 
inscrivent ce qu'ils ont vu de plus remarquable. = 
Recueil de dessins ou de morceaux de musique. 

ALBUMINE , s. f , liquide ou solide visqueux 
qui constitue le blanc d'oeuf, et qui est un des prin- 
cipes immédiats des corps organisés. 

ALBUMINEUX, EUSE , adj., qui contient de 
Talbumine ou qui en a les propriétés. 

ALBITQUERQUE (Alphonse d'), célèbre Portugais, vice- 
roi des Indes ; mort en 1315. 

ALCADE, s. m., juge ordinaire en Espagne. 
ALCAÏQUE, adj., se dit d'un vers grec ou latin 
formé de quatre pieds et une césure. 

ALCALESCENCE, s. f., état des substances dans 
lesquelles se forme un alcali. 

ALCALESCENT, E, adj., susceptible de contrac- 
ter, ou qui a contracté les propriétés des alcalis. 

ALCALI, s. m., substance dont la saveur est 
acre et qui a la propriété de verdir le sirop de vio- 
lette : — volatil, ammoniaque. 

ALCALIFIABLE, adj., susceptible de se con- 
vertir en alcali, d'en acquérir les propriétés. 

ALCALIFIANT, E, adj., propre à changer en 
alcali. = Alcalifiant, s. m., principe alcalifiant. 
ALCALIGÈNE, adj., qui produit les alcalis. 
ALCALIN, INE, adj., qui a rapport aux alcalis 
ou qui en possède quelques propriétés. 

ALCALINITÉ, s. f., nature alcaline, état alca- 
lin de quelques corps. 

ALCALISATION, s. f., opération naturelle par 
laquelle se développe la propriété alcaline. = Opé- 
ration par laquelle on sépare l'alcali d'un corps. 

ALCALISER, V. a., dégager d'un sel neutre la 

partie acide, pour qu'il ne reste plus que la partie 

alcaline. S'—, se décomposer en formant un alcali. 

ALCALOÏDE, 8. m., alcali végétal. 

ALCAXTARA (Ordre d'), un des trois ordres religieux 

et militaires d'Espagne. 

ALCARAZAS, s. m., vase très-poreux dont les 



ALE 



32 



Espagnols se servent pour rafraîchir les boissons. 

ALCAZAR, s. m. , palais dans le style moresque. 

ALCÉE, s. f,, genre de plantes dont une espèce, 
la rose Irémière, est fort répandue. 

ALCHIMIE, s. f., art chimérique de la transmu- 
tation des métaux. ; secret de faire de l'or, ou de 
prolonger indéfiniment la vie. 

ALCHIMILLE, s. f., genre déplantes de la fa- 
mille des rosacées. 

ALCHIMIQUE, adj., qui appartient ou qui a rap- 
port à l'alchimie. 

ALCHIMISTE, s. m., celui qui pratique l'alchimie. 

ALCIBIADË, petit-fils de Périclès et disciple de Socrate, 
mort en 404 av. J.-C. 

ALCIDE, surnom d'Hercule, il S. m. Homme d'une force 
herculéenne, d'un courage à toute épreuve. 

ALCMANIEN, adj. et s. m., se dit d'un vers grec 
ou latin composé de trois dactyles et une césure. 

ALCOOL, s. m., liquide volatil inflammable, 
plus léger que l'eau, que l'on obtient par la distil- 
lation du vin ou des substances sucrées susceptibles 
de fermentation, 

ALCOOLAT, s. m., pharm., esprit, eau spiri- 
tuouse qui sert à la toilette. 

ALCOOLIQUE, adj., qui contient de l'alcool. 

ALCOOLISATION, s. f., formation de l'alcool. 
= Action de m.Oler de l'alcool à un autre liquide ; 
résultat de cette action. 

ALCOOLISER, v. a., réduire à l'état d'alcool; 
mCler de l'alcool à une autre substance. 

ALCOOMÈTRE, s. m,, instrument pour consta- 
ter la quantité d'alcool contenue dans un liquide. 

ALCORAN, s. m. V. Coran. 

ALCÔVE, s. f., enfoncement ou cabinet d'une 
chambre à coucher, dans lequel on met le lit. 

ALCYON ou MARTIX-PÈCIIEUR, S. m., oiseau 
de mer et de marécages. 

ALCYOXIENS, s. m. pi., deuxième famille des 
polypes anthozoaires. := Adj. m. ^\., jours — , on en 
comptait quatorze, pondant lesquels la mer était 
calme, disait-on, pour laisser aux alcyons le temps 
de faire leur couvée. 

ALDE (3IAXUCE), nom de trois célèbres imprimeurs 
italiens. = S. m., chacun des ouvrages qu'ils ont publiés. 

ALDÉBARAN, S. m., étoile fixe de première 
grandeur, placée dans l'œil du Taureau. 

ALDERMAN, [yl.aldermcn), s. m., magistrat mu- 
nicipal en Angleterre et aux États-Unis. 

ALDOIÎRANUIXE [noce], morceau de peinture antique 
trouvée dans des ruines à Rome. 

ALÉATOIRE, adj., qui dépend d'un événement 
incertain : contrat — . ^= Incertain. 

ALEXÇOX. ch.-l. du départ, de l'Orne. = Point d' — , 
dentelle qu'on y fabrique. 

À L' ENCONTRE, loc. pr. et adv. V. Excontre. 

ALENE, s. f., petit outil pour percer le cuir. 

ALÈNÉ, E, adj. : feuille alênée, terminée en 
pointe dure. 

ALENIER, s. m., fabricant ou marchand d'alênes. 

ALÉNOIS, adj. m., se dit d'une espèce de cresson 
à feuilles découpées. 

ALENTEJO ou ALEM-TEJO, p. du Portugal. 

ALENTIR, V. a., vieux mot qui signifiait ralen- 
tir : non que ma passion s'en soit vue alentie (Corn.) 

ALENTOUR,. s. m., lieux circonvoisins : les 
échos, les bois d' — . S'emploie surtout au pi. : les 
ALENTOURS de ce château (Ac.) \\ Entourage : ce fut 
par ses alentours que l'on pénétra son secret (rd.) = 
Adv. : les plaisirs folâtrent — (Boil.) = Ce mot s'é- 
crivait autrefois à l'cntour et formait une loc. prép. : 



ALG 

fait résonner sa queue À l'entour de ses flancs (La F.); 
dans ce sens, il est même encore us. 

ALÉOUTIENNES (îles), archip. du grand Océan boréal. 

ALEP, vil. de Syrie, presque ruinée complètement par 
un tremblement de terre en 1822. 

ALÉPINE, s. f., étoffe dont la chaîne est en soie 
et la trame en laine. 

ALÉRION, s. m., blas., petite aigle de l'écu. 

ALERTE, adj., prompt et vif; vigilant : on ne le 
surprendra pas aisément, il est toujours — (Ac.) || Ha- 
bile à voir, à saisir ce qui est favorable : gens éveil- 
lés et ALERTES sur tout ce qu'ils croient leur conve- 
nir (La Br.) = Interj., debout ! sur vos gardes. 

ALERTE, s. f., alarme subite dans un camp, 
dans un poste. 

ALÉSER, v.a., agrandir, arrondir ou polir la sur- 
face intérieure d'un tube. 

ALÉSOIR, s. m., instrument pour aléser. 

ALÉSURE, s. f., débris de métaux qui tombent 
sous l'action de l'alésoir. 

ALEVIN ou ALVIN, s. m., menu poisson que 
l'on jette dans les étangs pour les peupler. 

ALEVINAGE OU ALVINAGE, s. m., fretin que 
les pêcheurs rejettent dans l'eau. 

ALEVINER ou ALVINER, v. a , peupler un 
étang avec de l'alevin. 

ALEVINIER, s. m., petit étang où l'on élève 
l'alevin. 

ALEXANDRE (le Grand), roi de Macédoine, fit la con- 
quête de l'empire des Perses et d'une partie des Indes ; il 
mourut en 323 av. J.-C. Il S. m., grand conquérant, guer- 
rier fameux : V — des chatSj V Attila, le fléau des rats 
(La F.) = Alexandre I" Paulovitch, empereur de Russie 
de 1801 à 1823, fut le plus distingué des souverains de son 
temps, après Napoléon. = Rodkric Borgia, pape sous le 
nom d'ALEXANDUE VI, déshonora la tiare par son ambition 
et ses crimes. 

ALEXANDRIE, vil. et port d'Egypte, fondée par Alexan- 
dre en 331 av. J.-C.:^ Alexandrin, e, adj., qui appartient 
à la ville d'Alexandrie, ou à l'une des écoles philosophiques 
de cette ville. 

ALEXAXDRIE {de la Paille), v. forte des états Sardes. 

ALEXANDRIN, adj. m., vers — , vers français 
de douze syllabes. := S. m., vers alexandrin. 

ALEXIPUARMAQUE , adj., se dit de tout re- 
mède destiné à prévenir, à repousser les mauvais 
eirets du poison. =i S. m. : un bon — . 

ALEZAN, E, adj., se dit de la robe de certains 
chevaux , quj varie du jaune au rouge cerise et au 
brun marron. = S., cheval ou jument qui a cette 
couleur : monter un — . 

ALÈZE, ALÈSE ou ALAISE, s. f., drap plié en 
plusieurs doubles qu'on met sous les malades. 

ALFIERI, poète trag. italien de la fin du xviii^ siècle. 

ALFORT (école d'), école vétérinaire près de Paris. 

ALGANON, s. m., chaîne pour les forçats qui 
sortent seuls du bagne. 

ALGARADE, s. f., légère offense, taquinerie 
hors de propos : oubliez mon — (Marm.) V. Avame. 

ALGAROTH, s. m., poudre émétique. 

ALGARVE, ou les ALGARVES, p. au s. du Portugal. 

ALGÈBRE, s. f., science de toutes les lois pos- 
sibles des nombres, considérés d'une manière abs- 
traite. Il Chose difficile à comprendre ou que l'on ne 
sait pas : c'est de V — pour lui. := Traité d'algèbre. 

ALGÉBRIQUE, adj., qui appartient à l'algèbre : 
formule ^ — , calcul — . 

ALGÉBRIQUEMENT, adv., d'une manière algé- 
brique; selon les règles de l'algèbre. 

ALGÉBRISTE, s. m., celui qui est versé dans 
l'algèbre ou qui s'y adonne. 



ALI 33 

ALGER, vil. du nord de l'Afrique, cap. de l'Algérie, 
donne son nom à une province de cette colonie. 

ALGÉRIE, colouie française de l'Afrique septentrionale, 
dont la conquête a commencé en 1830. 

ALGÉSIRAH, p. de la Turquie d'Asie, ancienne Méso- 
potamie. 

ALGÉSIRÂS, vil, et port d'Espagne. 

ALGIDE, adj., qui fait éprouver un froid glacial. 

ALGONQUINS, peuple indien de l'Amérique du Nord. 

ALGUAZIL, s. m., geadarme espagnol. || Agent 
de la force publique ou de la police, t. de mépris. 

ALGUE, s. f., plante marine. 

ALHAMRRA, célèbre et beau palais de Grenade. 

ALI, gendre de Mahomet, 4* c»life. 

ALI, pacha de Janina, fameux par ses cruautés et'son 
ambition, assassiné en 1SS2. 

ALIBI (mot lai.), s. m., inv., présence d'une per- 
sonne dans un lieu autre que celui où on la suppo- 
sait être au même moment : prouver son — . Les — 
sont fréquents (Ac.) 

ALIBORON, s. m., homme sot et ridicule; fam.|| 
Maître — (La F.), l'âne. 

ALIBOUFIER, s. m., arbre qui distille la subs- 
tance résineuse appelée styrax. 

ALICANTE, vil. et part d'Espagne. = S. m., vin qu'elle 
produit et exporte. 

ALICATE, s. f., pince à l'usage des émailleurs. 

ALICHON, s. m., petite planche sur laquelle 
tombe l'eau qui fait tourner une roue de moulin. 

ALIDADE, s. f,, règle mobile tournant sur le 
centre de l'instrument qui sert à mesurer les angles. 

ALIÉVABILITÉ, s. f., qualité de ce qui est alié- 
nable. 

ALIÉNABLE, adj., qui peut être aliéné. 

ALIÉNATEUR, TRICE, s., celui, celle qui aliène. 

ALIÉNATION, S. f . , vente, transfert d'une pro- 
priété. || Aversion, éloignement : — des cœurs. = 
Perte : — de la liberté (Duel.) — de l'esprit, — 
mentale, folie. 

ALIEN-BILL, s. m., loi qu'on applique, en Angleterre, 
aux étrangers non naturalisés. 

ALIÉNÉ, E, S., celui, celle qui a perdu la raison. 

ALIÉNER, V. a., transférer par acte la propriété 
d'un meuble ou d'un immeuble à titre onéreux ou 
gratuit. Il Inspirer de l'aversion : — les cœurs. Elle 
ALIÉNA les esprits qu'elle aurait dû gagner (Volt.) 

— sa liberté, se rendre l'esclave d'un autre. — l'es- 
prit, rendre fou. = S' — , v. pr., être aliéné. || Se 
séparer. ::= Perdre sa liberté : quand chacun pourrait 
s' — lui-même (J.-J.) = S'— les esprits, les cœurs, 
perdre l'estime, la bienveillance, l'affection. 

§ ALIÉNER, TENDRE. Vendre, c'est aliéner à prix 
d'argent. Aliéner exprime surtout la dépossession ou le dé- 
pouillement, et se dit mieux des biens importants qui cons- 
tituent le domaine. 

ALIGNEMENT, s. m., ligne droite pour aligner 
une rue, un chemin. = Situation de plusieurs objets 
sur une ligne droite. = Ligne déterminée par l'au- 
torité entre les propriétés particulières et la voie 
publique. = Action d'aligner ou de s'aligner, en par- 
lant des troupes. = Interj., commandement pour 
faire ranger les soldats sur une ligne droite. 

ALIGNER, v. a., ranger sur une ligne droite : 

— un mur, des soldats. \\ — des mots, écrire, ir. 

— ses mots, ses phrases, écrire lourdement. = Met- 
tre au même niveau : pensez-vous pouvoir — toutes 
les intelligences? (Did.) = S'—, v. pr., se ranger 
suivant une ligne droite; être aligné. 

ALIGNOIR, 8. m., outil d'ardoisier. 
ALIMENT, 8. m., objet que l'on mange pour se 
nourrir. = Au pi., dr., tout ce qu'il faut pour 



ALL 



la vie et l'entretien : les enfants doivent des ali- 
ments à leurs père et mère (Ac.) || Tout ce qui entre- 
tient et fait subsister : le bois est V — du feu (Id.) 
Les sciences sont V — de l'esprit (Id.) La vanité est 
V — des sots (La Br.) 

§ ALIMENT, NOURRITURE. Au propre ce sont les 
aliments qui deviennent la nourriture, lorsqu'ils servent 
réellement à réparer, à entretenir nos forces. Au fig., le 
premier est plus us. et il rappelle toujours un objet ; le se- 
cçnd ne convient guère qu'en parlant de l'esprit ou de l'âme, 
et il se dit mieux du fait par lequel on soutient, on entretient. 

ALIMENTAIRE, adj., propre à servir d'aliment : 
bol, suc — . Pension — , qui sert à la nourriture et 
à l'entretien. Provision — , somme accordée à. l'une 
des parties pour vivre jusqu'à la fin du procès. =: 
Qui reçoit, qui digère les aliments : conduit — . 
Pompe — , qui sert à alimenter une machine. 

ALIMENTATION, s. f., action de nourrir, de se 
nourrir. = Entretien, approvisionnement. 

ALIMENTER, v. a., fournir des aliments. 1| En- 
tretenir, approvisionner : — un marché. = Faire 
durer, favoriser l'accroissement : — un réservoir, 
le feu. Les rivières alimentent les fleuves. \\ — l'es- 
prit. L'astre qui alimente les rêveries (Chat.) S' — , 
v. pr., être approvisionné. \\ Être entretenu, excité. 

ALIMENTEUX, EUSE , adj., méd., qui a des 
propriétés alimentaires; peu us. 

ALINÉA,, s. m., ligne un peu rentrée au com- 
mencement de chaque article. = Paragraphe, pas- 
sage compris entre deux de ces lignes. = Expression 
elliptique pour dire : à la ligne. 

ALIQUANTE (pron. aliquouante), adj. f., se dit 
d'une partie qui ne divise pas exactement un tout. 

ALIQUOTE, adj. f., se dit d'une partie qui divise 
exactement un tout, = S. f. : trois est une — de neuf. 

ALISME, s. m., ou ALISMIE, s. f., sorte de 
plante qui croît sur le bord des eaux, et dont la ra- 
cine a passé pour guérir de la rage. 

ALISMOÏDES ou ALISMACÉES, S. f. pi., tribu 
de plantes dont l'alisme fait partie. 

ALITER, V. a., faire garder le lit.= S' — , v. pr.. 
le garder pour cause de maladie : les pauvres gens 
ne s'alitent que pour mourir (Montaig.) 

ALIZE, s. f., fruit de l'alizier, petit et aigrelet. 

ALIZÉS, adj. m. pi. : vents — , qui soufflent ré- 
gulièrement de l'E. à rO. entre les tropiques. 

ALIZIER s. m.,, arbre ou arbrisseau de la fa- 
mille des pomacées. 

ALKÉKENGE, s. m., plante herbacée qui croît 
dans les vignes et les haies, vulg. coqueret. 

ALLAH (mot arabe), s. m., nom de Dieu, ou cri d'excla- 
mation chez les mahométans. 

ALLAITEIttENT, s. m., action d'allaiter, résul- 
tat de cette action. 

ALLAITER, v. a., nourrir de son lait, 

ALLANT, E, adj., qui aime à aller, dispos, actif: 
elle est encore fort allante pour son âge. = Allants 
s. m. pi., se joint ordinairement à venants : les — 
et les venants, ceux qui vont et ceux qui viennent. 

ALL ASIE, S. f., grand arbre de la côte de Mo- 
zambique, de la famille des cueurbitacées. 

ALLÈCHEMENT, s. m., moyen par lequel on al- 
lèche : saurez-vous éviter les séductions et les allè- 
CHEMENTS du monde? (J.-J.); vieux et peu us. 

ALLECHER, v. a., attirer par un appât : on al- 
lèche les souris avec du lard (Ac.) 1| L'espérance de 
jouir de ma fortune l'avait alléché (Les.) 

ALLÉE, s. f., passage entre deux murs parallèles 
pour entrer dans une maison. =: Voie destinée à la 
promenade et bordée d'arbres ou de gazon : au fond 

3 



ALL 



34 



ALL 



du parc se tr uve une — qui s'étend à perte de vue 
(J.-J.) = Allées et venues, action d'aller et de venir 
coup sur coup; démarches pour une affaire. 

ALLÉGATION, s. 1'., cilalion d'un texte, d'une 
autorité, d'un fait. = Proposition mise en avant. 

ALLEGE, s. f., iJetit bateau destiné au service 
d'un plus grand. = Mur d'appui d'une fenêtre, moins 
épais que l'embrasure. = Chariot destiné au service 
d'une locomotive, appelé aussi tender. 

ALLÉGEANCE, s. f., soulagement, diminution de 
peine : porte à ses déplaisirs cette faible — (Corn.) 
= Serment d' — , serment de fidélité que prêtent 
les Anglais à leur souverain. V. Allégement. 

ALLÉGEMENT, s. m., diminution de poids ou 
de peine : ce poids est resté jusqu'à ce jour sans — 
sur ma conscience (J.-J.) 

§ ALLÉGEANCE, ALLEGEMENT. Allégeance est 
plus vieux et marque un soulagement plus durable. 

ALLÉGER, V. a., soulager d'une partie d'un far- 
deau : — quelqu'un, un plancher, un bâtiment. = 
Diminuer un fardeau, le rendre plus léger : — 
la charge d'un cheval (Ac.) || — les charges publiques, 
les diminuer. — les contribuables, diminuer les im- 
pôts qu'ils ont à payer. = Adoucir, rendre plus sup- 
porlable : — lu douleur, la vie, et abs. : ce que vous 
lui avez dit l'a fort ALLÉGÉ (Ac.) = S' — , v. pr., di- 
minuer de poids, d'intensité. = Se décharger d'une 
partie de son fardeau. 

ALLÉGHAXY, ALLÉGANY ouAPALACHES, grande 
ctiaîne de montagnes de l'Amérique du Nord. = Riv. des 
États-Unis, affluent de l'Ohio. 

ALLÉGIR , V. a., diminuer en tous sens le vo- 
lume d'un corps : — une planche. = Rendre plus 
léger du devant : — un cheval. 

§ ALLÉGIK, AMENUISER. Allégir se dit des grosses 
et des petites pièces, tandis qu' a/nenuiser ne se dit guère que 
des petites. 

ALLÉGORIE, s. f., fiction qui consiste à présen- 
ter à l'esprit un sens caché, mais facile à compren- 
dre. = Ouvrage dont le fond est cette fiction : l'apo- 
logue et la parabole sont des espèces d^ALLÉGGRiES 
(Ac.) = Métaphore soutenue. = Représentation vi- 
sible d'une idée abstraite. 

§ ALLÉGORIE, ALLUSION, APOLOGUE, PARA- 
ISOLE. Dans Vallégorie tout est dit ou écrit eu \ue du 
sens caché ; dâus l" allusion le sens caché n'est qu'accessoire : 
Tune est plutôt une œuvre d'art, l'autre une œuvre de cri- 
tique. L'apologue et la parabole sont des allégories morales, 
l'un profane, l'autre sacrée. 

ALLÉGORIQUE, adj., qui tient de l'allégorie. 

ALLÉGORIQUEMENT, adv., d'une manière allé- 
gorique. 

ALLÉGORISER, v. a., donner un sens allégo- 
l'rique, expliquer selon le sens allégorique : les phi- 
losophes cherchèrent à — Vidolàtrie (Barth.) 

ALLÉGORISEUR , s. m., celui qui donne à tout 
un sens allégorique. 

ALLÉGORISTE, s. m., celui qui explique un au- 
teur dans un sens allégorique. 

ALLEGRE, adj., vit, dispos, ^aX '. pour s' échapper 
de nous, Dieu sait s'il est — (Rac.) 

ALLÈGREMENT, adv., d'un air vif et joyeux. 
ALLÉGRESSE, s. f., joie vive qui éclate au de- 
hors ; joie publique : les carillons des cloches sem- 
blaient augmenter V — publique (Chat.) 

ALLEGRETTO (mot ital.), adv., un peu moins 
vite qu'allegro. = S. m.,inv., morceau de musique 
qui se joue allègre ta. 

AiLLEGRO (mol ital.), adv., gaiement, avec ani- 



mation. = S. m. inv., morceau de musique dont le 
mouvement est vif et gai. 

ALLÉGUER, v. a., citer un texte , une autorité, 
un fait ; Jean Lapin allégua la coutume et l'usage 
(La F.) =: Mettre en avant : alléguez la beauté, la 
vertu (Id.) Y. Citer. 

ALLÉLUIA (mot hébreu), s. m., chant d'allé- 
gresse que l'Église fait entendre à Pâques. = Petite 
plante qui fleurit vers le temps de Pâques. 

ALLEMAGNE, grande contrée au centre de l'Europe. = 
ALLEM^kND, E, Originaire de rAllemagne; qui a rapport, qui 
appartient à l'Allemagne. = Allemand, s. m., langue alle- 
mande. 11 C'est de V — jjotir moi, "je n'y comprends rien; 
fam» = Querelle d'—, suscitée sans sujet. = Allemande, 
s. f., sorte de danse; air sur lequel on l'exécute. 

ALLER, V. n. et irr. , être ou se mettre en mou- 
vement vers un lieu ou vers une personne, se trans- 
porter ou être transporté d'un lieu dans un autre : 
je voudrais — à Paris (Mme de Staël.) Les acceptions 
de ce verbe sont fort nombreuses , et l'idée qu'il 
représente est modifiée à l'infini par les mots qui 
l'accompagnent ; voici les plus usitées : 1" Con- 
duire, tendre, aboutir : cette route vA à Rouen. 
Il Tous ses vœux vont au cifl (Mol.) L'harmonie 
qui ne va qu'à flatter l'oreille (Fén.) — au cœur, 
à l'âme, toucher, émouvoir profondément. Tout 
va en confusion (Boss.) — en fumée. = 2° Mar- 
cher, passer, s'écouler : // ne peut plus — . Allez 
donc. Elle allait à grands pas (La F.) Rien ne va 
plus vite que le temps (Ac.)r= 3° Exprime le mou- j 
vcment, la continuité et le progrès de l'action, sur- 'm 
tout lorsqu'il est suivi d'un part. prés. : les diadèmes * 
VONT sur ma tête pleuvant {Lvl Y .) — en augmentant 
(Id.) L'hérésie \\ toujours croissant {}ila^s.)= 4** Agir, 
travailler, se comporter : — au plus pressé. — droit. 
Il n'y faut pas — si rudernent. — son chemin, ne 
pas se départir de sa ligne' de conduite. — le droit 
chemin. N'y pas — defmain morte. — vite en 
besogne. = 5° Être en bon ou en mauvais état, en 
bonne ou en mauvaise santé : les affaires allaient 
bien en Italie (Volt.) Votre machine ne va pas. Com- 
rnent allez-vous? Cet homme ti'iRX pas loin, mourra 
bientôt. = 0° Avancer, progresser en bien ou en 
mal , s'élever : votre ouvrage ne va pas. Ces jeunes 
gens vont bien dans leurs é'udes. Il y va d'un train 
à se ruiner. La dépense ira plus loin qu'on ne croit 
(Ac.)=: 7° S'adresser : j'mM au ministre, au roi. = 
8^ Convenir, s'adapter, s'ajuster : le bleu et le rose 
vont bien ensemble (Ac.) Cette clé va à la serrure. 
Croyez-vous que l'habit rn'AiLLE bien? (Mol.) — de 
pair, être égal, pareil. = 9° Marque la situation, la 
figure , l'étendue , la direction, le but, la portée : 
cette pièce de terre va en pointe. La forêt va depuis 
le village jusqu'à la rivière (Ac.) 5a robe va jusqu'à 
terre. Ce fleuve va vers le nord. — auxnueSy s'élever 
très-haut, au fig. réussir complètement. Cet homme 
est fait pour — à tout. Un magistrat allait par son 
mérite à la première dignité (La Br.) = 10° Seul , 
ou suivi d'un infinitif, il est tantôt explétif, tantôt 
augmentatif; souvent il marque le commandement 
ou le futur ; l'oyez où j'en serais si elle allait croire 
cela (Mol.) A'-'allez pas vous imaginer, y a, je ne te 
hais point (Corn.) Moi , j'irais à tes pieds mendier 
un asile! (Rac.) Tu vas sortir d'ici. La mort va me 
délivrer (Fén.) = 11 "Enfin, il s'emploie à l'impé- 
ratif dans le sens d'une interj. : allez, vous êtes w^e 
ingrate (La F.) Allons! qu'on s'évertue {Wac.)^ Quel- 
j ques locutions restent en dehors de cette classifica- 
j tion; voici les plus usuelles : — aux. opinions, aux 



ALL 35 

voix, voter. — aux renseignements, s'adresser à ceux 
qui peuvent en donner. — à ta selle, à la garde- 
robe, avoir des évacuations alvines ; se dit aussi abs. : 
il ajjris un remède qui l'a fait aller six fois. — 
par le haut, vomir. Cela va sans dire, cela ne souffre 
pas de difllculté. — au feu, sur le feu, être à l'é- 
preuve du feu. — de l'avant, marcher par la proue 
du vaisseau. //va sur ses quatre ans, il approche de 
sa quatrième année. = Jeu : tout va ; tout l'argent 
est engagé. Vos dix francs vont-ils? S'en — d'une 
carte, la jouer. [[ Allez au diable, allez vous promener; 
je ne veux plus entendre parler de vous, vous m'en- 
nuyez. Laisser — , lai.^scr partir, laisser échapper. 
Laisser — les affaires, les négliger complètement. 
Se laisser — , être d'un caractère indolent, trop fa- 
cile; se décourager; ne prendre aucun soin de sa 
personne. Se laisser — ù, ne pas résister, succom- 
ber à. S'en — , partir, diminuer, finir. Faire — , 
mener, faire obéir, faire faire des démarches inu- 
tiles. Il y VA de ma gloire (Corn.), il s'agit de ma 
gloire. Il en va, il en ira de, il en est, il en sera de. 

§ ALLER BIEN À, ALLER BIEN AVEC. La prép. 
à marque une conveaance générale, et avec une conve- 
nance spéciale. Une ctiose va bien à un objet principal'au- 
quel elle sert d'accessoire. Deux choses vont bien Tune avec 
Fautre quand elles forment ensemble un tout convenable. 

ALLER, s. m., action d'aller; chemin qu'on fait 
en allant : l' — et le retour. Pis — , le pis — , le 
plus grand mal qui puisse résulter d'une chose. H Je 
serai votre pis — . si vous ne trouvez pas mieux, 
vous me choisirez. Le paradis n'est que leur pis — / 
(Fén.) Au pis —, quoi qu'il arrive de plus malheu- 
reux. 

ALLEU ou ALEU, propriété libre et absolue donnée 
par le vainqueur, après la conquête, à ses principaux guer- 
riers. Franc — , héritage indépendant de tout seigneur. 

ALLIA, riv. de l'ancienne Italie. = Célèbre victoire des 
Gaulois sur les Romains en 390 av. J.-C. 

ALLIACÉ, E, adj., qui tient de l'ail. 

ALLIAGE, s. m., union de plusieurs métaux sans 
mercure ; action de les unir ; corps résultant de cette 
union. =^ Métal que l'on allie à un autre : l'argent 
et le enivre servent d' — à l'or. Règle d' — ', opéra- 
tion arithmétique par laquelle on réduit deux quan- 
tités différentes à un seul moyen qui leur est commun, 
il Mélange , imperfection : il tj a peu de vertus hu- 
maines sans quelque — (Ac.) 

ALLIAIRE, s. f., plante fort Qommune, qui a 
l'odeur et le goût de l'ail. 

ALLIANCE, s. f., union de deux ou plusieurs 
personnes. Se dit particulièrement de l'union de 
l'homme et de la femme par mariage : conclure une 
— . Il Anneau de mariage. = Parenté qui existe entre 
deux familles alliées. = Union de deux ou plusieurs 
États pour un but commun : Triple, quadruple — , 
nom donné à deux traités, l'un de lfi68, l'autre 
de 1718. Sainte — , ligue des monarques de l'Eu- 
rope contre la France en 1815. Ancienne — , de 
Dieu avec Abraham. Nouvelle — -, de Dieu avec les 
chrétiens. = Union, mélange de plusieurs choses : 
— du vice et de la vertu (Volt.) — de mots, rappro- 
chement de deux mots qui semblent se repousser, 
comme orgueilleuse faiblesse (Rac.) 

§ ALLIANCE , CONFÉDÉRATION , COALITION , 

LIGUE- Vallinnce est une union d'amitié fondée sur un 
traité ou sur les liens du sang ; la confédération, une union 
d'intérêts fondée sur le besoin. La coalition est une ligue 
formidable et momentanée formée pour un dessein unique, 
après raccompliss(Miient duquel les peuples ou les rois coalisés 
peuvent redevenir ennemis. Ligue se prend en bonne ou en 



ALL 

mauv. part, et désigne l'union de petits États, de nombreux 
seigneurs contre un puissant monarque. 

ALLIÉ, E, adj,, uni par un traité ou par les liens 
du sang. = S., parent par alliance : nous pour- 
rions bien être alliés par les femmes (Reg.)= Peuple 
ou roi allié. 

ALLIER, V. a., combiner ensemble : — l'or avec 
l'argent. = Unir par le mariage. |1 — à, — avec^ 
joindre des choses différentes : — la force à la dou- 
ceur. Vous ALLIEZ les lois divines avec les humaines 
(Pasc.)= S' — , V. pr., se combiner; s'unir par un 
mariage. || Faire un traité d'alliance. 

ALLIER, riv., affluent gauche de la Loire, donne son 
nom à un département. 

ALLIGATOR, S. m., crocodilede l'Amérique du S. 
ALLITÉRATION, s. f., figure de mots qui con- 
siste dans la répétition affectée des mêmes lettres ou 
des mêmes syllabes. 

ALLOBROGE, ancien peuple du S. de la Gaule, il S. m., 
rustre, lourdaud ; il n'est plus guère us. dans ce sens. 

ALLOCATION, s. f., action d'allouer. = Somme 
ou objet alloué". 

ALLOCUTION, s. f., harangue que les géné- 
raux ou les empereurs romains adj'essaient aux 
troupes. = Discours d'un chef à ses subordonnés. 
Il Discours vif et court. 

ALLODIAL, E, adj., se dit d'une terre en franc- 
alleu. 

ALLONGE, s. f., pièce Qu'on met à quelque 
chose pour l'allonger : mettre une — à une jupe ; on 
dit mieux rallonge. = Morceau de papier collé à 
une lettre de change déjà couverte d'endos. = Nerf 
de bœuf terminé par un crochet de fer auquel on 
suspend la viande. 

ALLONGEABLE, adj., qui peut être allongé. 

ALLONGEMENT, s. m., augmentation de lon- 
gueur : — d'une rue. || Augmentation morbide en 
longueur : — du visage. || Au pi., lenteurs volon- 
taires ou atTectées dans une affaire. 

ALLONGER, v. a., augmenter la longueur de : 
— . une robe, un fouet. \\ Rendre plus long : — mm 
procès (Boil.) La rime allonge le discours (Fén.) 
Il — la courroie, tirer parti d'une somme modique, 
= Étendre, avancer : — le cou, le bras, la main. 
Le chacal allonge son museau de loup (Chat.) || — le 
pas , marcher plus vite. Avoir la mine allongée , 
sortir de maladie. H Avoir éprouvé une surprise, une 
déception. = Faire paraître plus long : — le temps 
(Boil.) = Porter : — un coup d'épée, un coup de 
pied. = S' — , V. pr., s'étendre, devenir plus long. 
Il Pop., aller sur le terrain, se battre. 

ALLOPATHIE, néol., s. f., méthode médicale 
qui est le contraire de l'homœopathie. 

ALLOPATHIQIJE, adj., qui tient à l'allopathie. 

ALLOUABLE, adj., qui peut être alloué. 

ALLOUER , V. a. , approuver une dépense em- 
ployée dans un compte. = Accorder : — un trai- 
tement, une indemnité. 

ALLOUVI,E, adj., affamé : mangrer comme «n — ; 
triv. et peu us. || — de bien faire (Rabelais). 

ALLUCIION, s. m., dent d'une roue d'engre- 
nage qui communique le mouvement à une autre. 

ALLUME ou ALLUMI, s. m., morceau de bois 
allumé pour éclairer l'intérieur d'un four. 

ALLUMÉ, E, adj., très-animé : visage — . 

ALLUMER, V. a., mettre le feu à quelque com- 
bustible : — un fagot , une bougie. — le feu ou du 
feu , mettre le feu aux matières combustibles qui 
sont dans le foyer. — un flambeau, une lanterne. 



ALO 

nn bec de gaz, sa pipe, mettre le feu à la matière 
inflammable qu'ils renferment. || Causer, exciter, 
irriter, enflammer : — la guerre, les passions, le 
sang. Ils allument contre eux une implacable haine 
(Corn.) = Animer, rendre rouge : — le teint. = 
S' — , être allumé, prendre feu, au propre et au fig. 

ALLUMETTE, s. f., petit morceau de bois ou 
de quelque autre matière inflammable, qui sert à 
allumer. — oxygénée, qu'on allume au contact de 
l'air, après l'avoir plongée dans un flacon qui con- 
tient de l'amiante et un peu d'acide sulfurique. — 
chimique, dont le bout a été trempé dans une prépa- 
ration chimique et qui s'enflamme par le frottement. 

ALLUMEUR, EUSE, s., celui, celle dont le mé- 
tier est d'allumer régulièrement les lampes, etc. 

ALLURE, 8. f.. manière d'aller : — d'une per- 
sonne, d'un cheval. \\ Manière de se conduire : de- 
puis quinze jours il a pris des allures convenables 
(Volt.) = Tournure que prend une alTaire : cette 
affaire prend une mauvaise — (Ac.) V. MARCnE. 

ALLUSION , s. f., figure de rhétorique qui con- 
siste à faire entendre autre chose que ce que l'on 
dit. = Application personnelle d'un trait de louange 
ou de blâme : le public est prompt à saisir les al- 
LUSI0N9 (La Roch.) Fafre allusion à, mentionner in- 
cidemment. V. Allégorie. 

ALLUVL^L, E, adj., qui est le produit d'une 
alluvion : terrains alluviaux. 

ALLUVION, s. f.» accroissement de terrain dû 
à la retraite des eaux. 

ALiMA, petite riv. de Crimée; victoire des Français et 
des Anglais sur les Russes en 1854. 

ALMAGESTE, nom du plus ancien traité d'astronomie. 

ALMAGRE, s. m., sorte d'argile ocreuse que les 
Espagnols emploient pour polir leur glace, et qu'ils 
mêlent à leur tabac. 

ALMAGRO (Diego d'), un des trois Espagnols qui firent 
la conquête du Pérou. 

ALMANACH, s. m., petit livre qui, outre le ca- 
lendrier, renferme des prédictions, des renseigne- 
ments, des contes ou des notions scientifiques. = 
Faiseur, euse d'ALMANACHS, celui, celle qui se repaît 
de chimères, qui fait des pronostics en l'air. — de 
l'an passé, objet qui n'offre plus d'intérêt. Je ne 
prendrai plus de vos — , je ne croirai plus à vos pré- 
dictions. V. Calendrier. 

ALMANZA, vil. d'Espagne. Victoire de Berwick en 1 707. 

ALMÈE, 6. f . , chanteuse et danseuse d'Orient. 

ALMICANTARAT ou ALMUCANTARAT, astr., 
8. m., petit cercle de la sphère parallèle au plan de 
l'horizon, appelé aussi cercle de hauteur. 

ALMORATIDES, dynastie arabe qui a régné en Afrique 
et en Espagne au xii* siècle. 

ALOÈS, s. m., genre de plantes de la famille 
des liliacées. Suc d' — ou aloès , résine très-amère 
et purgative que l'on retire des feuilles de cette 
plante. =: Arbre des Indes dont le bois, exposé à 
a chaleur, exhale un arôme. 

ALOÉTIQUE, adj., qui contient de l'aloès. 

ALOI, s. m., titre légal de l'or et de l'argent ; 
peu us. Il Qualité d'une denrée, d'une marchandise; 
d'une personne : homme de bas — , méprisable ou 
de basse condition. Vers de mauvais — , de bon — , 
mal tournés, bien frappés. 

ALOPÉCIE, s. f., chute complète ou partielle 
des cheveux ou des poils. 

ALORS, adv. de temps, en ce temps-là : j'ai quel- 
quefois aimé ; je n'aurais pas alors... (La F.)'r= En 
ce cas-là : que feriez-vous — ? =z Temps dont on 
parle, dont il s'agit : les hommes, les modes d' — . 



36 ALT 

En poésie, — que, lorsque : il pense te venger — 
qu'il te trahit (Volt.) Jusqu'—, jusqu'à ce moment : 
des désirs jusqu' — inconnus (Boss.)= Marque quel- 
quefois le futur : — on verra. — comme — , en ce 
moment-là on avisera. 

ALOSE, s. f., poisson de mer qui, au printemps, 
remonte dans les rivières. 

ALOSIER, s. m., ou ALOSIÈRE, S. f., filet pour 
prendre des aloses. 

ALOUATE, s. m., singe à queue prenante, de 
l'espèce des sapajous. 

ALOUCUI, s. m., résine du cannellier blanc. 

ALOUETTE, s. f., oiseau de l'ordre des passe- 
reaux : les alouettes font leur nid dans les blés (La F.) 

ALOURDIR, V. a., rendre pesant : l'âge alour- 
dit le pas.\\ — r/magmaffon, l'intelligence. = V. n. 
et s' — , V. pr., devenir lourd, pesant, stupide. 

ALOYAGE, s. m., alliage qu'emploient les po- 
tiers d'étain. = Action de donner l'aloi à l'or et à 
l'argent; résultat de cette action. 

ALOYAU, s. m., pièce ou quartier de bœuf coupé 
le long du dos. 

ALOYER, v. a., donner à l'or et à l'argent le 
titre légal. 

ALPACA ou ALPAGA, s. m. , sorte de lama dont la 
laine sert à faire des étoffes. = Alpaga, s. m., étoffe 
qu'on fait avec cette laine ; grosse étoffe de laine. 

ALPES , nom générique de plusieurs chaînes de mon- 
tagnes de l'Europe, et particul. de celle qui est située entre 
la France, la Suisse et l'Italie. = Basses — , Hautes — , 
— Maritimes, départements du S.-E. de la France. 

ALPESTRE, adj., qui a rapport, qui est propre 
aux Alpes : nature — , qui en rappeUe les sites. 

ALPHA, s; m., première lettre de l'alphabet 
grec (l'oméga en est la dernière) : l'— et l'oméga, 
le commencement et la fin. 

ALPHABET, s. m., recueil de toutes les lettres 
d'une langue. || Petit livre qui les contient. || Pre- 
miers éléments d'une science. 

ALPHABÉTIQUE, adj., selon l'ordre des lettres 
de l'alphabet : ordre — . = Qui est propre à l'al- 
phabet : appellation — (Ch. Nod.) Caractère — . 

ALPHABÉTIQUEMENT, adv., par ordre, par 
rang alphabétique. 

ALPHANET, ou ALFANET, s. m., oiseau de 
proie, espèce de faucon de Barbarie. 

ALPHÉE, fl. de l'Élide. Ses eaux allaient, disait-on, par 
des conduits souterrains, se mêler, en Sicile, à celles de la 
fontaine Aréthuse. 

ALPHONSE, nom de plusieurs rois de Portugal, de Cas- 
tille, de Naples et de Sicile. = ALPHOXSINES, adj. f. 
pi., se dit des tables astronomiques et des lois rédigées d'a- 
près les ordres d'Alphonse X, roi de Castille. 

ALPHOS, s. m., sorte de lèpre. 

ALPIN, E, adj., se dit des plantes qui poussent 
sur les plus hautes montagnes. 

ALPIOU, s. m., marque faite à la carte, dans le 
jeu de bassette , pour indiquer que l'on double sa 
mise après avoir gagné. 

ALPISTE, s. m., genre de plantes de la famille 
des graminées. 

ALQUIFOUX, s. m., sulfure de plomb que l'on 
emploie dans la poterie. 

ALSACE, anc. p. de France. = Alsacikit, ne, adj., né 
en Alsace, qui concerne l'Alsace. 

ALSINE, s. f., genre de plantes dont le mouron 
des oiseaux est une des espèces. 

ALSTROÉMÉRIE, s. f., genre de narcisses, ori- 
ginaire du Pérou. 

ALTAÏ (monts), chaîne de montagnes du nord de l'Asie. 



ALT 

ALTÉRABLE, adj., qui pei|||tre altéré. 

ALTÉRANT, E, adj., qiîîjCT^e la soi^ 

ALTÉRATCUR, TRICE,*?î5'or., adj. et S., qui 
altère, qui change les objeTè. 

ALTÉRATIF, IVE , adj., susceptible d'altérer, 
de changer les propriétés des corps. 

ALTÉRATION , s. f., modiOeation, changement 
dans l'état et dans certaines qualités d'un corps : — 
d'un self d'une liqueur. = Changement de bien en 
mal : — de la santé, des organes. = Falsification : 
— des monnaies. \\ — du visage, de la voix, air du 
visage, son de la voix qui décèle une agitation 
intérieure. — de l'amitié, refroidissement. — d'un 
texte , d'un passage , changerneHt de rédaction qui 
fausse le sens primitif. = Soif ardente. 

ALTERCATION, s. f., débat, dispute peu grave. 

§ ALTERCATION, QUERELLE. Le second enchérit 
sur le premier : voilà des aUercalions, des querelles (J.-J.) 
S'il y a de l'aigreur dans V altercation, il y en a beaucoup 
dans la querelle, qui touche de plus près à la haine. 

ALTÉRER, V. a., changer l'état d'une chose, or- 
dinairement en mal : Tyr n^ALTÉRA jamais la blan- 
cheur de ses laines (Del.) — la santé, les monnaies, 
les falsifier. || — le caractère, le jugement, le faus- 
ser. — la vérité, ne pas la dire exactement. — un 
texte, y changer quelque chose. — un discours, le 
rapporter autrement qu'il n'a été prononcé. — le vi- 
sage, la physionomie, les décomposer, les boulever- 
ser. — la voix, la modifier, en parlant d'une émo- 
tion. = Faner, corrompre, diminuer, troubler : — 
la beauté (La F.) — les mœurs. Une tendresse que 
ni le temps ni l'éloignement n'a pu — (Boss.) — le 
repos de la vie (L. Rac.) = S' — , v. pr., se détério- 
rer : la vérité ne s'altère que par le changement 
des hommes (Boss.) 5a voix s'altère, change sous le 
coup de la douleur ou de l'émotion. 

ALTÉRER, v. a., causer de la soif : le travail 
ALTÈRE. Le tigre semble toujours altéré de sang 
(Buff.) Il Tigre altéré de sang (Corn.), homme san- 
guinaire. Soldat ALTÉRÉ de carnage (Voit.) = S' — , 
V. pr., devenir, se rendre altéré. 

ALTERNANCE, 8. f., disposition alternative, 
état de ce qui est alterné. =:Géol., disposition al- 
ternative de couches de différente nature. 

ALTERNAT, s. m., action ou droit d'alterner. 

ALTERNATIF, IVE, adj., se dit de deux choses 
qui se succèdent ou qui agissent tour à tour dans le 
même ordre : mouvements alternatifs. Proposition 
ALTERNATIVE, qui Contient deux parties opposées, 
dont l'une doit nécessairement être admise. Obliga- 
tion — , qu'on peut remplir, dont on peut être li- 
béré de deux ou de plusieurs manières. 

ALTERNATIVE, s. f., succession de deux cho- 
ses qui ont lieu, qui reviennent tour à tour ; — 
de succès et de revers, de santé et de maladie. Op- 
tion, choix entre deux ou plusieurs choses : les exem- 
ples des grands roulent sur cette — inévitable ; ils 
ne sauraient ni se perdre ni se sauver tout seuls 
(Mass.) 

ALTERNATIVEMENT, adv,, tour à tour. 

ALTERNE, adj., se dit des angles situés l'un 
d'un côté, l'autre de l'autre, d'une sécante qui coupe 
deux droites parallèles. = Bot., feuilles alternes, 
qui (froissent des deux côtés de la tige sans être 
opposées ni verticilles. 

ALTERNER, v. n., faire la même chose à tour 
de rôle; se succéder tour à tour. = Bot., croître 
les unes au-dessous des autres des deux côtés de la 
lige. := Agric, varier les cultures : on alterne 



37 AMA 

chaque année ou après plusieurs années (Ac.) = 
V. a., même sens, — un champ. 

ALTESSE, s. f., titre d'honneur attribué aux 
princes et aux princesses; personne qui le porte. 

ALTH/EA,^ s. f., nom latin de la guimauve. 

ALTIER, ÈRE, adj., très-hautain : Calvin était 
— , dur, vindicatif (y o\l.) = Qui montre une fierté 
inflexible et violente; Richelieu, cette âme altière, 
voulait que l'Académie condamnât le Cid (Id.) Mine, 
démarche altière, d'une hauteur superbe. V. Fier. 

ALTIMETRE, s, m., instrument pour mesurer 
les hauteurs. 

ALTIMÉTRIE, s. f., art de mesurer les hauteurs. 

ALTISE, s. f., petit insecte coléoptère et herbi- 
vore, nommé aussi sauteur et puce de terre. 

ALTITUDE, s. f., élévation d'un lieu au-dessus 
du niveau de la mer. 

ALTO, s. m., violon plus grand que le violon or- 
dinaire et monté une quinte au-dessous. =: Nom que 
l'on donnait autrefois aux voix de contralto. 

ALTOXA, vil. du duché de Holstein, sur l'Elbe. 

ALTRAXSTADT (paix d'), conclue en 1706 entre Char- 
les XII et le roi de Pologne Auguste II. 

ALUCITE, s. f., genre d'insectes lépidoptères à 
longues antennes. 

ALUDE ou ALUTE, 8. f., basane molle et colo- 
rée dont se servent les relieurs. 

ALUDEL, s. m., chapiteaux en terre emboîtés 
les uns dans les autres pour sublimer le mercure. 

ALUMINATE, s. m., sel formé par la combinai- 
son de l'alumine avec certaines bases. 

ALUMELLE, s. f., lame aiguisée d'un seul côté 
qui sert à gratter le buis, l'ivoire. Au pi., petites 
plaques de fer clouées au gouvernail et au cabestan. 

ALUMINE, s. f., oxyde d'aluminium, qui existe 
en grande quantité dans les diverses argiles. 

ALU3IINEUX, EUSE, adj., qui contient de l'a- 
lumine ou de l'alun ; qui en a les propriétés. 

ALUMINIÈRE, s. f. V. AlumÈre. 

ALUMINIUM, S. m., métal qui fait la base de 
l'alumine, et qui peut remplacer l'argent dans la 
plupart de ses usages industriels. 

ALUN, s. m., sel double composé de sulfate d'a- 
lumine et de sulfate de potasse. 

ALUNAGE, s. m., immersion dans une dissolu- 
tion d'alun d'une étoffe que l'on va teindre. 

ALUNATfON, s. f., formation de l'alun, soit na- 
turelle, soit artificielle. 

ALUNER, v. a., imprégner d'une dissolution 
d'alun. 

ALUNIÈRE, s. f., fabrique d'alun. = Lieu d'où 
l'on retire l'alun naturel. 

ALUNITE, s. f., substance pierreuse qui contient 
beaucoup d'alun. 

ALVÉOLAIRE, adj . , relatif aux alvéoles des dents. 

ALVÉOLE, s. m. ou f. , petite cellule où les abeilles 
et les guêpes élèvent leurs larves et déposent leurs pro- 
visions. = Cavité de la mâchoire dans laquelle la 
dent est enchâssée. = Petite cavité dans certaines 
parties des plantes. 

ALVÉOLÉ, E, adj., qui ressemble à un alvéole. 

ALVIN, E, adj., du bas-ventre. 

ALVIAXO (Barlhélemid'), capitaine italien du xvi« siècle, 
battu à Agnadel. 

ALVINZY, feld-maréchal autrichien battu par Bonaparte 
à Arcole et à Rivoli. 

ALYSSE OU ALYSSON, S. m., plante crucifère 
appelée aussi passe-rage ; ses fleurs sont d'un beau 
jaune d'or. 



AMA 



AMABILITÉ, S. f., caractère d'une personne ai- 
mable; douceur, bienveillance naturelle. =3 Politesse 
d'esprit, de manières : l'— française fait un con- 
traste parfait avec la société des Italiens (Stendhal). 

AMADIS DE GAULE ou de GALLES, héros d'un ro- 
man de chevalerie. =Amadis, s. m., homme romanesque et 
séduisant. = Manche étroite de veste ou de robe. 

- AMADOU, s. m., agaric du chêne ou toute autre 
substance végétale préparée pour prendre feu aisé- 
ment. |j5fc comme de V — , fort maigre. Prendre feu 
comme de V — , s'emporter pour un rien. 

AMADOUER, v. a., caresser, flatter quelqu'un 
pour l'amener doucement au but qu'on se propose; 
fam. : celui qui sait le mieux V — est son maître 
(Marm.) = Adoucir, apaiser par de douces paroles : 

— un créancier.=:S' — , v. pr., être anîadoué, s'a- 
paiser, s'adoucir. V. Cajoler. 

AMAIGRIR, V. a,, rendre maigre : le voyage 
AMAIGRIT les alouettes, et abs., le jeûne amaigrit. = 
Diminuer l'épaisseur : — une pierre, une pièce de 
charpente. = V. n., et s' — , v. pr., devenir maigre : 
vous amaigrissez de l'embonpoint d'autrui (Dest.) 
Les bécasses s'amaigrissent à mesure que le printemps 
s'avance (Buff.) V. Maigrir. 

AMAIGRISSEMENT, s. m., diminution graduelle 
du volume du corps; étal d'une personne amaigrie. 
AMAILLADE, s. f. , sorte de filet en tramai) pour 
la pêche. 

AMALÉCITES, peuple arabe, ennemi des Juifs. 
AMALFI, vil. du roy. de Napies, forma une république 
indépendante aux x^ et xi* siècles. 

AIttALGAMATION, s. f., action d'amalgamer. 
AMALGAME, s. m., alliage du mercure' avec un 
autre métal. H Mélange de personnes ou de choses qui 
ne sont pas faites pour être unies : — de bassesse 
et d'insolence (Ac.) Le peuple romain était un — de 
toutes les nations (Nis.) 

AMALGA3IER, V. a., faire un amalgame. |1 Réu- 
nir des personnes ou des choses qui ne doivent pas 
aller ensemble. = S'—, v. pr. , être amalgamé ; s'al- 
lier; Il Se joindre, s'unir sans se convenir. 

AMAN, ministre orgueilleux et impie du roi de Perse 
Assuérus. = S. m., ministre orgueilleux et abhorré : C'est 
un — , l'objet de la haine publique (Mass.) 

AMAN (mot dérivé de l'arabe), sécurité, grâce, protec- 
tion, merci : demander V — , se soumettre. 

AMAND-MONT-ROND (St), s.-préf. du départ, du Cher. 
AMANDE, s. f., fruit de l'amandier. = Semence 
de tous les fruits à noyau. 

ABIANDÉ, E, adj., mélangé avec du suc d'aman- 
des. = S. m., boisson faite avec des amandes. 

AMANDIER, s. m., arbre de la famille des ro- 
sacées qui produit les amandes. 

AMANT, E, s., celui, celle qui aime avec passion 
une personne d'un autre sexe : on écoute sans cesse 
un — couronné (La H.) = Amants, s. m., pL, celui et 
celle qui s'aiment : les — sont toujours de légère 
croyance (La F.) = Celui, celle qui entretient un 
commerce illégitime. H Qui est passionné pour quel- 
que chose ; se dit même des animaux et des plantes : 
— de la vérité. Le coursier, noble — de la gloire 
(Del.) La violette amante des bocages. Y. Amoureux. 
§ AMANT, GALANT. Vamant aime une personne et 
lui est attaché ; le galant entretient avec elle un commerce 
illicite. Ce dernier ne se dit plus guère dans ce sens. 

AMARANTACÉES OU ABIARAXTOÏDES, S. f. 

pi., famille de plantes dont l'amarante est le type. 

AMARANTE, s. f., genre de plantes herbacées 

de la famille des dycotylédones, à fleurs unisexuel- 

les, d'un rouge de pourpre velouté. = S. m., fleur 



38 AMA 

de cette plante ; couleur roùge semblable à l'ama- 
rante. =r .\dj., de couleur amarante : soie, velours — . 

AMARINAGE, s. m., action d'amariner. 

AMARINER, V. a., envoyer des gens pour rem- 
placer l'équipage d'un bâtiment pris sur l'ennemi. 
= Accoutumer à la mer, aux manœuvres. = S' — , 
V. pr., s'y accoutumer. 

AM ARQUE, s. m., indice pour avertir les navi- 
gateurs des approches d'un banc. 

AMARRAGE, s. m., action d'amarrer; ancrage 
d'un vaisseau. = Attache des agrès aux cordages. 

AMARRE, s. f., câble, cordage servant à arrê- 
ter un bâtiment à terre ou à l'attacher à un autre 
bâtiment. = Tout cordage qui sert à attacher. 

AMARRER, v. a., lier, attacher avec une amarre. 

AMARYLLIS, s. f., plante fort belle, type de la 
famille des amaryllidées. = Joli papillon diurne. 

AM.\S, s. m., assemblage de choses ou de per- 
sonnes qu'on a réunies ou qui se sont réunies : 

— de provisions [Ac.) — de toutes sortes de gens 
(Id.) — de grands mots et de pensées vagues {Fén.)Ce 
long — d'aïeux (Boil.) 

§ AMAS; — TAS, MONCEAU, PILE- Vamas se 
considère quant à son origine et à sa formation successive 
et non pas en lui-même comme les trois autres : tout cet 
amas de gloire ne sera plus à la fin qu'un monceau de 
boue (Mass.) Tas dit moins que monceau et désigne plutôt 
une réunion de clioses qu'on peut prendre une à une, au 
lieu que monceau se dit d'un grand tas de choses dans le- 
quel on ne distingue pas d'individus. La pile est un tas symé- 
triquement ordonné. 

AMASSER, V. a., faire un amas : /^amassai quel- 
ques feuilles pour me coucher (Fén.) = Rassembler : 

— des matériaux. — le peuple. \\ — des trésors de 
science, des honneurs. = Thésauriser : l'avare n'\- 
MASSE que polir — (Mass.)r=: S' — , V. pr., se réunir, 
se rassembler en amas. = Amasser pour soi : vous 
AMASSANT uu trésor de haine; et de colère (Boss.) = 
V. impers., il s'amassa beaucoup de monde. , 

§ AMASSER;— ENTASSER, AMONCELER, AC- 
CUMULER. Amasser exprime l'action de recueillir de côté 
et d'autre et de réunir les choses, tandis que les trois autres 
marquent l'action de les mettre les unes sur les autres. 
Entre entasser et amonceler, uième différence qu'entre 
monceau et tas. Accumuler est une sorte de verbe augmen- 
tatif qui signifie amonceler jusqu'au comble. 

AMASSETTE, s. f., petit couteau à lame flexi- 
ble avec lequel les peintres rassemblent les couleurs 
broyées; petit instrument pour amasser la pâte. 

AMATELOTAGE, S. m., action d'amateloter. 

AMATELOTER, V. a., associer les matelots deux 
à deux pour le service et leur donner un même ha- 
mac; on ne le fait plus depuis 30 ans. 

AMATEUR, s., celui, celle qui a une prédilec- 
tion particulière, un goût marqué pour quelque 
chose : — de la chasse, des spectacles. — de la paix, 
de la vertU:=: Abs., celui qui se livre aux beaux-arts 
par goût et non par profession : // tt'est pas artiste, 
il n'est qu' — (Ac.) Se prend quelquefois en mauv. 
part: travailler, chanter en — .= Adj. m., un homme 
très — de la vertu (Volt.) V. Amoureux. 

A3IATHONTE, vil. de l'île de Chypre, célèbre par le 
culte de Vénus et d'Adonis. 

A»IATI , lamille de luthiers établie à Crémone. := 
S. m., violon de leur fabrique. 

AMATiR, v, a. , rendre mat l'or ou l'argent.. 

AMAUROSE, s. f., affaiblissement ou perte totale 
de la vue, sans qu'il existe aucun obstacle à l'arrivée 
des rayons lumineux au fond de l'œil. 

AMAZONES, nom donné dans l'antiquité à des tribus my- 
thiques de femmes guerrières et conquérantes. = Amazone^ 



AMB 

s. f., femme d'un courage mâle. = Vêtement de femme pour 
monter à cheval; personne qui le porte. = Sorte de per- 
roquet. 

A.MAZOXES frivièredes), grand fl. de T Amérique du Sud. 
AMBAGES, s. f. pi., circonlocutions embarras- 
sées : parler sans — ; peu us. 

AMBALARD,, S. m., brouette de papetier. 

AMBARVALES. s. f. pi., processions, chez les Romains, 
en l'honneur de Cérès. 

AMBASSADE, S. f., fonction d'ambassadeur: 
envoyé en — , avec le caractère d'ambassadeur. = 
L'ambassadeur et sa suile : l' — est mncjnifiqve. =. 
Hôtel, bureaux de l'ambassade. = Députalion en- 
voyée à un prince, à un Élal ; envoyer, recevoir une 
— . Il Message entre particuliers : juste ciel! j'ai 
fait une belle — ! (Mol.); fam. 

AMBASSADEUR, s. m., représentant d'un prince 
ou d'un État souverain envoyé à un autre prince ou 
État souverain : V — d'un roi m'est toujours redou- 
table (Volt.) = Personne chargée d'un messsage : 
voilà un plaisant — (Id.) 

§ AMBASSADEUR, ENVOYÉ, DÉPUTÉ. Vambas- 
sadeur représente son souverain ; l'envoyé n'en est que 
l'agent ou le ministre autorisé. Les députés sont d'ordinaire 
choisis par des corps particuliers, par des états subalternes 
ou par des peuples vaincus : des évêques de France en- 
voyaient des députés au pape (Rac.) Les députés du 
peuple rat (La F.) 

AMBASSADRICE, s. f,, femme d'un ambassa- 
deur. =: Femme chargée d'une ambassade ; |1 d'un 
message ; fam. 

ABIBATTAGE, S. m., opération par laquelle on 
garnit une roue de son bordage, d'un cercle de fer. 

AMBE, s. m., combinaison de deux numéros pris 
ou sorlis ensemble à la loterie. = Sortie de deux nu- 
méros d'une même ligne horizontale au jeu de loto. 

AMBERT, s.-préf. du départ, du Puy-de-Dôme. 

AMBESAS ou BEZET, S. m., coup qui amène 
deux as au trictrac. 

AMBIANT, E, adj., qui enveloppe : air — . 

AMBIDEXTRE, adj., qui se sert des deux mains 
avec une égale adresse. = S. : c'est un — (Ac.) 

AMBIGU, s. m., repas ordinairement froid, où 
l'on sert en même temps la viande et le fruit. 

AMBIGU, Ë, adj., qui a, qui présente deux sens : 
discours — , fermer ambigus (Pasc.) 

§ AMBIGU, ÉQUIVOQUE, LOUCHE, AMPHIBO- 
LOGIQUE. Ce qui est ambigu se prête à toutes sortes 
d'interprétations ; ce qui est équivoque n'offre que deux 
sens. Ce qui est louche n'est pas juste et conforme au vrai; 
ce qui est amphibologique n'est ni correct ni conforme 
aux lois du langage. 

iWlBIGUÏTÉ, s. f., défaut de ce qui est ambigu : 

— des mots. — des règles de la loi divine (Mass.) 
§ AMBIGUÏTÉ, ÉQUIVOQUE, DOUBLE-SENS, 

AMPHIBOLOGIE. Le premier exprime la qualité de ce 
qui n'est pas clair ; c'est un terme beaucoup plus général 
que le mot équivoque, et il y a entre eux la même diffé- 
rence qu'entre les adjectifs dont ils sont formés. Le douole- 
sens est une équivoque toujours volontaire, un subterfug 
auquel on a recours pour ne pas se compromettre. L'am- 
phibologie est une équivoque grammaticale. 

AMBIGUMENT, adv., d'une manière ambiguë. 

AMBITIEUSEMENT, adv., avec ambition. H Avec 
recherche, avec affectation : écrire — . 

AMBITIEUX, EUSE, adj., qui a de l'ambition : 
on n'est point criminel pour être — (Créb.) — des 
plus nobles richesses (Rac.) — de vaincre {h. Rac.) 
= Qui marque, qui annonce de l'ambition : l'écla 

— des grandeurs humaines (Boss.) = Alfecté , trop 
recherché : style — . = S., celui, celle qui a de l'am- 
bition : /'— ne jouit de rien (Mass.) 



39 



AME 



AMBITION, s. f., désir excessif et déréglé d'un 

avantage : /'— de dominer sur les esprits {"..., [)o\.) = 
Désir ardent d'acquérir des biens ou des honneurs; 
^en bonne et en mauv. part: — coupable. Noble — .' 

AMBITIONNER, v. a., rechercher avec ardeur : 
je ne veux — aucu7ie gloire (B. de St-P.) — de 
plaire (Volt.) = S'emploie aussi par exagération, par 
politesse : ce que j'ambitionne le plus, c'est de..^ 

AMBLE, s. m., alhire qui tient le milieu entre le 
pas et le trot et dans laquelle l'animal lait mouvoir 
simultanément les deux membres du même côté. 

A3IBLEUR, s. m., ancien oflicier du* roi attaché 
aux écuries. = Cerf dont la trace du pied de der- 
rière dépasse celle du pied de devant. Adj., cerf . 

AMBLYOPES, s. m. pi., famille de reptiles aveu- 
gles ou presque aveugles. 

AMBLYOPIE, s. f., affaiblissement de la vue. 

AMBOINE, île de la Malaisie hollandaise. 

AMBOISE, petite et vieille vil. du départ. d'Indre-et- 
Loire. Conspiration d' — , formée en 1560 par la noblesse 
et les calvinistes contre le roi François II et les Guises. 
Cardinal d' — , premier ministre de Louis XII. 

A3IBON, s. m., petite tribune élevée parallè- 
lement au chœur et sur ses côtés, daps les basili- 
ques primitives, sur laquelle les diacres se plaçaient, 
pendant la messe, pour lire l'épître et l'évangile. 

AMBRANLOIRE, s. m., grosse cheville de bois 
qui lait partie de la charrue. 

AMBRE, s. m., nom donné à deux substances 
très-différentes : \oVambre jaune ou succin, matière 
solide plus ou moins transparente, et répandant une 
odeur quand on la brûle ; 2° l'ambre gris, substance 
molle et résineuse. || Fin comme U — , se dit d'un 
homme adroit et très-pénétrant. 

AMBRÉ, E, adj,, qui contient de l'ambre ou qui 
en a l'odeur. 

ARIBRER, V. a., imprégner d'ambre. 

AMBRETTE, S. f., plante dont les graines sentent 
l'ambre. Poire d' — , poire qui sent un peu l'ambre. 

AMBROISE (St), père de l'Église latine, mort en 397. 
= AMBROSIEN, NE, adj. : chant —, chant de l'office 
divin, attribué à ce saint. Rit — , rit de l'église de Jlilan. 

AMBROISIE, s. f., nourriture des dieux de l'O- 
lympe. Il Mets exquis. 

AMBULANCE, S. f., hôpital militaire établi près 
du champ de bataille ; ensemble du personnel et du 
matériel qui s'y trouve. = Dans quelques administra- 
tions, emploi d'un commis qui va de côté et d'autre. 

AMBULANT, E, adj., qui va, que l'on transporte 
d'un lieu dans un autre : commis — , obligé par ses 
fonctions d'aller de côté et d'autre. Hôpital — , am- 
bulance. Mener une vie ambulante, être toujours par 
voie et par chemin. Comédiens ambulants, qui vont 
jouer de ville en ville. || Spectre — , personne fort 
maigre ; fam. 

AMBULATOIRE, adj,, se disait autrefois d'une 
juridiction qui n'avait pas de siège fixe. == Se dit au- 
jourd'hui des pattes propres à la marche et des mou- 
vements qu'elles servent à exécuter. = Sujet à chan- 
ger T la volonté de l'homme est — ; prov. 

ÂME, s. f., 1" principe de la vie dans tous les- 
êtres vivants : — du monde ^ qui anime toutes les 
parties de l'univers. — végétative, sensitive, rai- 
sonnable, qui vivifie les végétaux, les animaux, 
l'homme. = 2° Principe de la vie de l'homme, vie, 
existence : V — est jetée dans le corps pour y faire 
un séjour de peu de durée (Pasc). Rendre V — , mourir. 
Arracher. l' — , faire mourir, IlaV — sur les lèvres, 
il est près d'expirer. Sur mon — , sur ma vie. — de 
ma viCf idole de mon — (Volt.), termes de tendresse. 



AME 



40 



AME 



= 3» Faculté (le sentir, qualités morales, cœur, 
conscience : l' — généreuse de Burke avait été émue 
(Villem.) Le peuple n'a guère d'esprit, et les grands 
n'ont point d' — (La Br.) La bonté de son — (Volt.) 
La paix de V — consiste dans le mépris de tout ce 
qui peut la troubler (J.-J.) Une bonne —, personne 
d'un bon caractère. || La bonne — / ir., le mauvais 
caractère ! = 4° Émanation de la Divinité souillée 
par la faute d'Adam et régénérée par Jésus-Christ : 
achevez de purifier cette — que vous avez conduite 
dans les voies de la vérité (Fléch.) = 5° Principe 
distinct du -corps qui lui survit : il est indubitable 
que r — est mortelle ou immortelle (Pasc.) Dieu 
veuille avoir son — / Prier pour le repos de V — de 
quelqu'un. \\ C'est son — damnée, il lui est entière- 
ment dévoué. = G^ Pensée , intelligence : la faculté 
de penser paraît être l'attribut de l' — (Napol.)I'a/f- 
rhert de V— , c'est la vérité et la justice (Fén.) Science 
de l' — , psychologie. = 70 Personne, individu ; 
ville de cent mille âmes. La solitude effraie une — 
de vingt ans (Mol.) = 8° Principal moteur d'une 
affaire, agent essentiel, principe, fondement : le 
cardinal de Retz avait été V — d'une conspiration 
(Volt.) C'est un corps sans —, se dit d'un parti, 
d'une armée qui n'a pas de chef, ou dont le chei est 
incapable. — de mes conseils {Rac.) Emilie est V — 
de toute la pièce (Id.) C'est l'orgueil qui est 
V — de nos entreprises (Mass.) La bonne foi est l' — 
du commerce {Xc.)=. Donner deV — , mettre du feu, 
animer, faire vivre. Manquer d' — , ne produire au- 
cune impression. Chanter avec — , avec feu et pas- 
sion ; on dit dans le même sens : ily a de V — dans 
son débit. — d'une devise^ paroles qui servent à l'ex- 
pliquer. — d'une contre-basse, d'un violon, petit 
morceau de bois placé sous le chevalet pour soutenir 
la table. — d'une statue, massif sur lequel on ap- 
plique les matières dont on la forme. — d'un sovjjlct^ 
morceau de cuir au moyen duquel l'air est introduit 
et retenu. — d'un cation^ creux où l'on met la pou- 
dre et le boulet. 

AME, E, adj., contracté pour aiméf et employé 
autrefois dans la chancellerie. 

AMELAKCHIER, s. m., arbrisseau de la famille 
des pomacées, dont les fruits noirâtres et de la gros- 
seur d'un pois sont bons à manger. 

AMÉLIORATION, s. f., changement en mieux ; 
état meilleur. =: Ce qu'on fait dans une propriété 
pour en augmenter la valeur. 

AMÉLIORER, v. a., rendre meilleur. — sa santé, 
son sort. = Mettre en état de rapporter davantage : 

— îine terre. = S' — , v. pr., devenir meilleur : les 
mœurs se sont améliorées (Ac.) 

AMEN (mot hébreu), ainsi soit-il. Dire — , con- 
sentir. Depuis Pater jusqu'à — , depuis le commen- 
cement jusqu'à la fin. 

AMÉNAGEMENT, S. m., action d'aménager; ré- 
sultat de cette action, = Tout le matériel nécessaire 
aux bâtiments qui transportent les voyageurs. 

AMÉNAGER, v. a., régler les coupes, le repeu- 
plement et les réserves : — un bois, une forêt (Ac.) 
Il — un arbrSi le débiter en bois de charpente ou 
de chauffage. 

AMENDABLE, adj., susceptible d'être amendé, 
amélioré. Sol, terre — . Projet de loi — . 

AMENDE, s. f., peine pécuniaire imposée par la 
justice : tous deux vous paierez V — (La F.) || Faire 

— honorable, reconnaître publiquement sa faute et 
en demander pardon. Ij Fam., demander pardon. 

ABIENDEMENT, S. m., changement en mieux. = 



Tout ce qui peut rendre un sol meilleur et plus fer- 
tile. = Modification apportée à un projet de loi. 

AMENDER, v. a., corriger, rendre meilleur : vos 
conseils ont amendé mon fils. \\ Cela «'amendera pas 
votre marché; prov., ne rendra pas votre condition 
meilleure. = Modifier un projet de loi. = Améliorer : 

— des terres.= V. n., changer en mieux : ce malade 
n'A point amendé depuis la saignée (Ac.) = Baisser 
de prix : cela fit — le vin (Id) peu us. = S' — , v. 
pr., devenir meilleur. V. Corriger. 

AMENÉ, E, adj., réussi , venu : tableau bien — . 

AMENER, V. a,, mener, conduire à une per- 
sonne ou en quelque lieu : mandat d' — , ordre de 
faire comparaître devant le juge, j] Tirer à soi : — 
une embarcation. Il amène à lui seul tout le profit 
de l'affaire (Ac.)=r Faire condescendre, faire par- 
tager : elle s'efforçait de V — à sa croyance (ld.)=: 
Pousser, déterminer : on désirait vivement V — à 
parler de ses campagnes (Thiers). = Conduire à un 
résultat : voilà où sa mauvaise conduite l'A amené. -9 
= Être cause de : c'est lui qui a amené cette que- a 
relie. — une mode, la mettre en usage. = Préparer : 

— un incident. = Abaisser : — les vergues. |1 — son 
pavillon, et abs. — , se rendre. 

AMÉNITÉ, s. f., agrément de ce qui est doux : 
V — de l'air (Ac); peu us. == Douceur accompagnée 
de grâce, de politesse: l' — prévient; elle attire, elle 
engage (Marm.) || L' — du style. V. Agrément. 

AMENTACÉES, S. f. pi., famille de plantes dont 
les fleurs mâles naissent autour d'un chaton. 

AMENUISER, V. a., rendre plus menu, diminuer 
l'épaisseur de : — une planche. V. Allégir. 

AMER, ERE, adj., qui a une saveur rude et désa- 
gréable, qui excite abondamment la salive : bouche 
amère, imprégnée d'une saveur amère. \\ L'onde — , 
les flots AMERS, les flots de la mer : Calice — de la 
vie (Lamart.)= Qui cause une longue souffrance : 
souvenir, regret — . Plus l'orgueil est excessif, plus 
l'humiliation est amère (Mass,)||Pam — , gagné 
avec peine. = Bude et offensant : reproche, pro- 
pos — . Duclos n'est ni — comme La Bruyère, ni dur 
et triste comme La Proche foucauld (La H.) = Amer, 
s. m., substance amère, qualité de cette substance : 
/' — et le doux sont deux qualités contraires (Ac.) = 
Fiel de quelques animaux ; vésicule qui le contient. 
= Au pi., remèdes amers. 

AMÈREMENT, adv., n'estus.qu'aufig.,avecamer- 
tume ; sourire — (Chat.) Critiquer — , sans pitié. 

AMÉRIC VESPUCE^ Florentin au service de l'Espagne 
qui explora, en 1499, les côles de l'Amérique. 

AMÉRICAIN, AINE, adj., qui appartient à rAmériqae 
ou a ses habitants. = S., personne née eu Amérique; se 
dit surtout des habitants des États-Unis. = AMERICAINE, 
s. f., sorte de voiture légère. = AMERIQUE, une des cinq 
parties du monde. 

AMERS, S. m. pi., marques apparentes qui in- 
diquent l'entrée d'un port ou d'un fleuve. 

AMERTUME, s. f., saveur amère : l'utilité d'une 
médecine nous en fait digérer V — (Boss.) || Peine 
amère ; sentiment pénible et douloureux : — du re- 
pentir. L'homme trouve V — au milieu des plaisirs 
(Rac.) = Qualité d'un écrit ou d'un auteur mordant 
ou otïensant : dans Chateaubriand il y^ a souvent une 
pointe, une épigramme, une — (Ste-B.) V. Mal. 

AMÉTHYSTE, S. f., pierre précieuse de couleur 
violette, qui est une variété du quartz hyalin, 

AMEUBLEMENT, s. m., ensemble et assortiment 
de meubles pour un appartement. 

a:^IEUBL1R, v. a., dr., faire entrer tout ou par- 



AMI 



Rendre 



tie des immeubles dans la communauté, 
meuble, léger : il faut — cette terre. 

AÎHEUBLISSOIENT, S. m., action d'ameublir ; 
élat de ce qui est ameubli. 

AMEULONNER, v. a., mettre en meule. 

AMEUTEMENT, S. m., néol., action d'ameuter; 
attroupement séditieux. 

AMEUTER, V. a., mettre des chiens en meute 
pour chasser. |1 Soulever, attrouper : — les oisifs, 
le peuple, et abs. : rin homme qui dogmatise attroupe, 
et bientôt il peut — (J.-J.)= S'— , v. pr., se réunir 
pour agir de concert, s'attrouper séditieusement. 

AMI, E, s., celui, celle avec qui on est lié d'une 
affection réciproque : «n — véritable est une douce 
chose (La F.) — du genre humain (Mol.), celui qui 
affecte d'aimer tout le mor\de. — jusqu'à la bourse, 
dont l'amitié ne va pas jusqu'à prêter de l'argent. — 
de cour, qui n'a que l'apparence de l'amitié. — à 
pendre et à dépendre, entièrement dévoué. = Celui 
que l'on a souvent rencontré dans certains lieux ou 
en certain temps : — de collège, de jeu, d'enfance, 
de débauche. = Se dit des animaux et des plantes ; 
des choses entre lesquelles il semble exister une 
sorte de sympathie : le chien est V— de l'homme. 
L'ormeau est V — de la vigne (Ac.) || Le mensonge et 
les vers de tout temps sont amis (La F.) Couleurs 
AMIES, qui vont bien ensemble. = Terme de ten- 
dresse ou de familiarité : cher — , que je suis aise 
de vous revoir! Eh! mon — , tire-moi du danger 
(La F.) := Bon — , bonne amie, amant, maîtresse; 
pop. = Celui qui a du goût pour : — des lettres, 
de la justice, du plaisir, des nouveautés (Marm.) 
Fox fut le plus ardent — de toutes les doctrines po- 
pulaires {\i\lem.)= Se dit des États, des princes 
unis par une alliance : dans cette guerre, la France 
tira peu de secours de ses amis (Ac.) = Se dit encore 
des gens qui forment un parti, une coterie : nul 
n'aura de l'esprit, hors nous et nos amis (Mol.) = 
Adj. , peuple — (Fén.) Le vert est — de l'œil (Ac.) = 
Favorable : fortune — (Id.) = Bienveillant : Visage 
— . M'amie. abréviation de mon amie. Mie, se disait 
aussi pour amie ; il a vieilli. 

§ AMI, AMICAL. Le second dit moins que le premier 
et se rapporte plus à l'expression, à la forme : un langage 
ami est celui que nous tient un ami ; un langage amical est 
celui d'une personne qui nous parle en ami. 

AMIABLE , adj., doux et gracieux : Accueil — ; 
peu us. Compositeur — , qui accommode un procès. 
■A. r — , loc. adv., sans procès, de gré à gré, 

AMIABLEMEKT, adv., d'une manière amiable. 

AMIANTE, s. m , substance minérale filamen- 
teuse et incombustible. 

AMICAL, E, adj., dicté par l'amitié. V. Ami. 

AMICALEMENT, adv., d'une manière amicale. 

AMICT, s. m., linge bénit, placé entre la soutane 
et l'aujje du prêtre qui dit la messe. 

AMIDON, s., m., fécule de blé ou d'autres végé- 
taux que l'on emploie à divers usages. 

AMIDONNERIE, s. f., fabrique d'amidon. 

AMIDONNIER, ÈRE, adj. et s., qui fait ou vend 
de l'amidon. 

AMIENS , ch.-l. du départ, de la Somme, anc. cap. 
de la Picardie. = Paix d'— , signée en 1802 entre la 
France, l'Angleterre, l'Espagne et la Hollande. 

AMINCIR, V. a. . rendre plus mince.=S' — , v. pr. , 
devenir mince, être aminci. 

AMINCISSEMENT, S. m., action d'amincir; di- 
minution d'épais.seur. 

AMIRAL, S. m., commanduiUenchef dune flotte, 



41 AMN 

d'une escadre. Grand — (dignité abolie depuis 1830), 
chef des forces navales de l'État. Vice — , qui vient 
après l'amiral. Contre — , qui vient après le vîce- 
amiral. |1 Vaisseau monté par l'amiral ; principal vais- 
seau d'une flotte. = Bâtiment affecté dans les ports 
au corps de garde principal et à l'exécution des ju- 
gements des conseils de guerre. =: Adj. : vaisseau — , 
se dit dans les trois derniers sens. 

AMIRAL, s. m., joli coquillage univalve. 

AMIRALE, s. f., femme d'un amiral. . 

AMIRANTE, nom que l'on donnait en Espagne au com- 
mandant de toutes les forces navales. 

AMIRAUTÉ, s. f., charge, dignité d'amiral. 
Conseil d' — , institué en 1824 pour connaître de 
toutes les affaires d'administration et de comptabi- 
lité coloniales. L' — anglaise, administration supé- 
rieure de la marine en Angleterre. 

AMIS (îles des), archipel de la Polynésie méridionale. 

AMITIÉ, s. f., affection, ordinairement récipro- 
que, de deux personnes l'une pour l'autre : l' — 
est un contrat tacite entre deux personnes paisibles 
et vertueuses (Vauv.), et au pi. : le temps, qui for- 
tifie les amitiés, affaiblit l'amour (La Br.) = Af- 
fection d'un chien pour son maître. = Union de 
deux peuples, de deux princes : l' — qui unissait les 
cours de France et d'Espagne (St-S.) || Faveur, 
service, plaisir : il m'a fait V — de parler pour moi. 
= Paroles obligeantes, caresses, petit service, sur- 
tout au pi. : il m'a fait mille amitiés (Ac.) 

AMITIÉ, AFFECTION, ATTACHEiMENT. L'amîtie 
est un sentiment vif, presque toujours réciproque, qui existe 
entre des personnes qui peuvent se traiter d'égal à égal. 
Vaffection est un sentiment plus doux et plus tranquille, 
qui nous fait sympathiser avec les personnes et même les 
choses que nous fréquentons. V attachement est une amitié 
ou une affection assez faible qui a le plus souvent les choses 
pour objet. 

AMAIAN , s. m.^ magistrat judiciaire et municipal, en 
Suisse et dans la haute Aliemagne. 

AMBII, s. m., plante ombellif^re qui a beaucoup 
de rapport avec la carotte. 

AMMODYTE, adj., se dit des animaux et des 
plantes qui vivent dans le sable. 

AMMON, surnom de Jupiter chez les Égyptiens. Il avait 
un temple célèbre dans une oasis. 

AMMONIAC, AQUE, adj., sel — , composé d'am- 
moniaque et d'acide chlorhydrique. Gaz — , l'am- 
moniaque à l'état de gaz. Gomme ammoniaque, 
gomme résine produite par une plante de la Libye. 

AMMONIACAL, E, adj., qui tient de l'ammonia- 
que ou qui en contient ; qui en a l'odeur ou les pro- 
priétés : sels ammoniacaux. 

AMaiONIACÉ, E, adj., mêlé d'ammoniaque. 
• AMMONIAQUE, s. f. ou m., gaz composé d'azote 
et d'hydrogène, incolore, caustique, d'une odeur 
piquante et dangereux à respirer. 

AMMONIATË ou AMMON lURE, s m., combi- 
naison de l'ammoniaque avec un métal. 

AMMONITE, s. f., genre de mollusques incon- 
nus dont on trouve en grande abondance les co- 
quilles en forme de corne de bélier. 

AMM(;NIUM, s. in., chim. , radical hypothétique 
qu'on suppose être un métal et qui serait composé 
d'azote et d'hydrogène. Amalgame d' — , composé de 
mercure, d'hydrogène et de gaz ammoniac. 

AMNÉSIE, 8. f., méd., absence, perte de la mé- 
moire. 

AMXIOS (pron. Vs), s. m., la plus interne des 
membranes qui enveloppent le fœtus. 

AMNISTIE, s. f., pardon accordé par le souve- 



AMO 42 

rain à m certain nombre de prévenus ou de con- 
damnés, qui implique l'oubii complet de la faute. 

AMMSTiÉ, E, s., individu compris dans une 
amnislio. 

AMMSTïER, V. a., comprendre dans l'amnistie. 

AMODIATION, s. f,, bail à ferme d'une terre 
en denrées ou en argent. 

AMODIER, V. a., faire une amodiation. 

AMOINDRIR, V. a., rendre moindre. = V. n., 
et S' — , V. pr., devenir moindre, diminuer. 

AMOINDRISSEMENT, s. m., diminution. 

AMOISE, s. f. V. Moïse. 

AMOLETTE, s. m., nom donné aux trous où l'on 
passe les barres du cabestan. 

AMOLLIR, V. a., rendre mou, maniable : l'eau 
AMOLLIT /e cuir. \\ Affaiblir, efféminer : — la vertu, 
le courage. =z Adoucir, fléchir : rien ne peut — cet 
esprit implacable (y o\\.)-= S' — , v. pr., devenir mou : 
la cire s'amollit ù la chaleur. \\ S'énerver, s'adou- 
cir : ils s'étaient amollis dans les délices (Fén.) 

§ AMOLLIR, RAMOLLIR. On amollit ce qui est dur ; 
on ramollit ce qui est trop ou très-dur. Au fig., ramolli 
exprime plutôt un excès ou du moins un excès plus grand 
que celui que représente amolli. 

AMOLLIR, EFFÉMIXER. En amollissant un État, un 
individu, on les rend incapables d'un effort énergique : en 
les efféminant, on les conduit à un état de dégradation et 
de honte. 

AMOLLISSEMENT, S. m., action d'amollir; état 
de ce qui est amolli : r — de la cire. \\L' — du courage. 

AMOME , s. m. , genre de plantes dont le gin- 
gembre est une espèce. 

AMONCELER, v. a., mettre en monceau : — des 
gerbes, des écus. \\ — les preuves, les raisons. = 
S' — , V. pr., se réunir en monceau : les sables s'a- 
moncellent. S'emploie aussi au Og. V. Amasser. 

AMONCELLE3IENT, S. m., action d'amonceler; 
état de ce qui est amoncelé. 

AMONT, s. m., côté d'où descend un cours d'eau : 
pays d' — . En — de la ville, du port, au-dessus de 
la ville, du port. Vent d' — , vent d'est. 

AMORCE, s. f., appât pour prendre des pois- 
sons, des oiseaux. || Tout ce qui attire par la séduc- 
tion des sens ou de l'esprit : la gloire a pour nos 
cœurs de puissantes amorces (Créb.) = Poudre à 
canon ou fulminante qui sert à faire prendre feu à 
une arme ou à des pièces d'artifice. Sans brûler 
une — , sans tirer un coup de fusil. V. Appât. 

AMORCER, V. a., garnir d'amorce ; attirer avec 
de l'amorce ; mettre l'amorce à une arme. 1| Attirer 
par la séduction des sens ou de l'esprit. — un si- 
phon, le remplir de liquide pour le faire fonction- 
ner. = Commencer à percer un trou. = Aplatir un 
morceau de fer à l'un de ses bouts. 

A3IORÇOIR, s. m., petit instrument dont on se 
sert pour amorcer. =:: Syn. d'ÉBAUCHom. 

AMOROSO, adv, (mot ital.), mus., tendrement 
et avec lenteur. 

AMORPHE, adj., qui n'a pas déforme bien dis- 
tincte, bien déterminée. 

AMORTIR, V. a., rendre moins vif, moins ar- 
dent , moins violent : — les sons, les couleurs , un 
loup. — le choc de la cavalerie (Thiers). H — les 
passions, l'ardeur de la jeunesse (Ac.) — une rente, 
en rembourser le capital. = S* — , v. pr., devenir 
moins vif, moins violent, s'éteindre. 

AMORTISSABLE, adj., susceptible d'être amorti : 
pension, rente — . 

AMORTISSEMENT, s. m., rachat d'une rente. 
Caisse d' — , destinée à racheter les rentes sur l'État. 



AMO 



= Droit accordé autrefois aux gens de main-morte 
de devenir propriétaires. = Ornement qui termine 
un ouvrage d'architecture. 

AMOUR, s. m., 1" penchant de l'âme vers ce 
qui est beau, juste, vrai, ou ce qu'elle croit tel : 

— de la vérité ( Boss.), du devoir ( Mass.) — de la 
patrie (Chat.), de la gloire, de la réputation, etc. 

— de charité, d'intérêt (Ac), inspiré par un senti- 
ment de charité, d'intérêt. — pour la vie (Pasc.) 
Four V — de Dieu, dans la seule vue d'être agréa- 
ble à Dieu; et fam., sans aucun intérêt. f| Comme 
pour V — de Dieu, de mauvaise grâce, avec lésine- 
rie. Pour V — de, par considération pour. 2° Af- 
fection de l'homme pour ses semblables : — pater~ 
nel, maternel, filial. Ses vertus lui méritaient la 
vénération et V — de tous les peuples (Boss.) Vou- 
lez-vous du public mériter les amours ? (Boil.)= 3® — 
de soi, — propre, sentiment qui attache l'homme à 
son existence et le pousse à rechercher son bien- 
être. L' — de soi devient vicieux par l'excès, et alors 
il s'appelle égoîsme (Ac); sentiment qui fait que 
nous nous estimons et que nous voulons qu'on nous 
estime; attachement excessif à l'existence, au bien- 
être ; trop bonne opinion de soi : /' — propre est 
l'amour de soi-même et de toutes choses pour soi 
(La Roch.) = i° Penchant naturel d'un sexe pour l'au- 
tre : plus d' — , partant plus de joie (La F.) Faire 
V — , se livrera la galanterie. C'est un — , c'est une 
personne fort jolie. Remède d' — ou contre V — , 
femme très-laide. — platonique, où les sens n'ont 
aucune part. Se dit aussi des animaux et de la terre. 
= 5" Personne ou objet aimé : Titus était V — de l'u- 
nivers (Ac.) Un jeune lis, V — de la nature (Rac) 
m'amour, terme de tendresse, pour mon amour. Dans 
ces deux derniers sens, il est des deux genres au 
sing. et toujours féminin au pi. = G° Personnification 
de l'amour sous la forme d'un jeune dieu; au pi., 
Amours, petits dieux qui accompagnaient la Beauté. 
= 7° Penchant, propension vers un objet : — du vin, 
du jeu, de rimer (Boil.) = Soin avec lequel on exé- 
cute un ouvrage : statue faite avec — . 

§ AMOUR , TENDRESSE , INCLINATION. Le pre- 
mier est toujours une passion ; les deux autres sont plutôt 
des sentiments. La tendresse est un sentiment pour ainsi 
dire passif qui aveugle sur les défauts de la personne qui en 
est l'objet. Vinclination n'est qu'un commencement d'a- 
mour ou de tendresse. Amour est opposé à haine, tendresse 
à dureté, inclination à éloignement. 

AMOUR, grand fleuve du nord-est de l'Asie. 

AMOURACHER, V. a., rendre follement amou- 
reux. = S' — , V. pr., se rendre follement amou- 
reux. 

AMOURETTE, s. f., amour passager. = Nom 
vulgaire de plusieurs plantes. = Au pi., moelle de 
yeau ou d'agneau dont on fait des plats recherchés. 

AMOUREUSEMENT, adv., avec amour. || Avec 
une grâce et un soin extrêmes : peint — (Ac.) 

AMOUREUX, EUSE, adj., qui aime ou qui est 
enclin à l'amour : c'est une grande difformité dans 
la nature qu'un vieillard — (La Br.) = Qui marque 
de l'amour : regard — . = Qui a l'amour pour su- 
jet : élégies AMOUREUSES (id.) = Passionné pour .' 

— de la gloire, de la liberté, de la musique, etc. 
Pinceau — , dont la touche est délicate et légère. 
=: Au théâtre, rôle d'amant ou de maîtresse. 

§ AMOUREUX, AMATEUR, AMANT. Celui qui est 
amoureux aime beaucoup; Vamaleur fait profession d'ai- 
mer. Amant, au sens fig., se rapprootie beaucoup d'amateur. 
La différence entre eux consiste en ce que le sentiment de 
Yamant ne va pas jusqu'à la passion, jusqu'à l'engouement. 



AMP 43 

AMOVIBILITÉ, s. f., qualité, état de ce qui est 
amovible : /' — des préfets, de celte place. 

AMOVIBLE, adj., qu'on peut changer ou desti- 
tuer : professeur — . On dit aussi place — . 

AMPÉLITE, s. f., schiste argileux dont les char- 
pentiers font des crayons noirs. 

AMPÈRE ', André-Marie), savant français^ mort en 1 8 36. 

AMPHIBIE, adj. et s. m., qui vit sur la terre et 
dans l'eau. || Se dit d'un homme qui exerce deux 
professions disparates ou qui ménage deux partis 
opposés. 

AMPIIIBOLE, s. f., substance minérale analogue 
m pyroxène. 

AMPHIBOLOGIE, s. f., obscurité, double sens, 
qui vient dune construction vicieuse. V. Ambiguïté. 

AMPHIBOLOGIQUE, adj., à double sens : ré- 
ponse — . = Obscur, ambigu : discours — . 

AMPHIBOLOGlQUEME\T, adv., d'une manière 
Amphibologique. 

AMPHIBRAQUE, adj. et s. m., pied de vers grec 
va latin, composé d'une longue entre deux brèves. 

AMPHICTYOXIDE, adj. f., ville — , qui avait droit 
d'amphictyonie. = AMPHICTYOXIE, s. f., droit qu'avait 
chaque ville confédérée de la Grèce d'envoyer un député au 
conseil des Ampbictyons. = AMPHICTYONIQUE, adj., 
qui appartient, qui a rapport au conseil des Ampbictyons. 
= AMPHICTYOXS (conseil des), assemblée générale des 
représentants des villes confédérées de la Grèce. 

AMPHIGOURI, S. m., discours, écrit ridicule et 
volontairement ou involontairement inintelligible. 

AMPHIGOURIQUE, adj., qui aies caractères, 
les défauts de l'amphigouri. 

A»IPHIGOURIQUEMENT, adv., d'une manière 
amphigourique. 

AMPHiSCIENS, adj. et s. m. pi., habitants delà 
zone torride. 

jOIPHITHÉÂTRE, s. m., grand édifice rond ou 
ovale, garni à l'intérieur de plusieurs rangs de gra- 
dins, où les Romains faisaient combattre les gladia- 
teurs, les bêtes féroces. = Partie du théâtre qui fait 
face à la scène. = Salle garnie de gradins, où un 
professeur fait son cours. Lieu en — , qui va en s'é- 
levant graduellement. 

AMPHITRITE, s. f., nom poétique et personnification 
de la mer. 

AMPHITRYON, titre d'une comédie de Molière dans la- 
quelle Jupiter, sous les traits d'Ampbitryon, invite à dîner 
les amis de ce dernier. = S. m., celui chez qui l'on dîne. 

AMrHORE, s. f., vase antique à deux anses. || 
Poét., un vase, une bouteille quelconque. 

AMPLE, adj,, bien large et bien long, j] Copieux, 
abondant. = Long, sérieux : cela demande un plus 
— examen, un plus — informé. V. Grand. 

AMPLEMENT, adv., d'une manière ample. 

AMPLEUR, s. f., étendue, qualité de ce qui est 
ample. || Style plein d' — . 

AMPLIATIF, IVE, adj., chancell., qui ajoute. 

AMPLIATION, s. f., double d'un acte. 

AMPLIFICATEUR, s. m., celui qui exagère, qui 
ampliOe ; se prend en mauv. part. 
^ AMPLIFICATION , s. f. , partie du discours où 
l'orateur développe ses preuves. r= Discours de rhé- 
torique ; se prend quelquefois en mauv. part. = 
Augmentation du disque apparent des corps célestes 
vus au microscope. = Augmentation que paraissent 
avoir les corps lumineux comparés aux corps obscurs. 

AMPLIFIER, V. a., augmenter, étendre un sujet, 
en parlant ou en écrivant : — une histoire, une nou- 
velle. = Abs,, exagérer. 

AMPLISSIME, adj. m., titre d'honneur que l'on 



AMU 

donnait autrefois au recteur de l'Université de Paris. 

AMPLITUDE, s. f., géom., ligne droite com- 
prise entre les deux extrémités de l'arc d'une para- 
bole. Il Asfr., arc de l'horizon compris entre l'Est 
et l'Ouest, ou entre le point du lever et celui du 
coucher d'un astre. == Artill., — de jet, arc de la 
courbe que décrit un projectile. 

AMPONDRE, s. m., gaine des feuilles de cer- 
tains palmiers de Madagascar dont les naturels se 
servent pour recueillir les eaux, ou en guise de tuile. 

AMPOULE, s. f,, fiole; vieux : sainte —, fiole sacrée 
que l'on conservait à Reims pour le sacre des rois de France. 
= Petite tumeur aqueuse sous l'épiderme. 

AMPOULÉ, E, adj., enflé; ne se dit qu'au fig.; 
phrase ampoulée; éloge — (Duel,) V. Emphatique. 

AMPOULETTE, s. f., cylindre de bois qui sert 
à fermer l'œil d'un projectile creux. = Sablier dont 
les marins se servent pour mesurer le temps. 

AMPUTATION, s. f., opération par laquelle ou 
sépare du corps, avec un instrument tranchant, un 
membre ou une partie d'un membre. 

AMPUTER, V. a., faire l'amputation de : — un 
membre. = Faire une amputation à : — un blessé. 

AMSTERDAM, vil. de Hollande, cap. du roy, des Pays- 
Bas, port vaste et sûr. 

AMULETTE, S. f. OU m,, objet portatif auquel 
on attache une confiance superstitieuse. 

AMUNITIONNER , v. a., pourvoir de munitions. 

AMITRAT, nom de quatre sultans ottomans, Amurat I^^ 
(1360-1389), fit d'importantes conquêtes dans la Thrace, 
la Macédoine et l'Albanie. Amurat H (1422-1451), ennemi 
des Grecs, fut l'adversaire malbeureux de Jean Huniade et de 
Scanderberg. Amurat III (1574-1595), prince cruel, avare 
et indolent, Amurat IV (1623-1640), rendit à l'empire 
ottoman une partie de sa force et de son éclat. 

AMURE, s. f., cordage servant à fixer le coin 
d'une basse voile ; trou du navire par où il passe. 

AMURER, V. a., tendre plus ou moins les amures 
d'une voile pour la présenter au vent. 

AMUSABLE, adj., qui peut être amusé; peu us. 

AMUSANT, E, adj., propre à amuser, à divertir : 
livre, babil , caractère — . 

AMUSEME:\'T, s. m., ce qui amuse, divertit, 
récrée : la critique ou la louange sont un — de l'es- 
prit (Mme de Staël). =: Distraction : faibles amuse- 
xMEMS d'une douleur si grande (Rac.) =: Personne qui 
est l'objet des railleries : être V — d'ïine société. 

§ AMUSEMENT, DIVERTISSEMENT, RÉCRÉA- 
TION, RÉJOUISSANCE. Les deux premiers sont des res- 
sources de circonstance contre le chagrin ou l'ennui. Mais 
amusement indique quelque chose de léger, de frivole, de 
tranquille et même de languissant ; divertissement se dit de 
quelque chose de moins puéril, de plus fort, de bruyant et 
d'animé qui nous arrache à nos préoccupations. Les récréa- 
tions sont les courts divertissements des gens fatigués par le 
travail, La réjouissance est un divertissement très-vif, un 
besoin de redoubler l'allégresse intérieure en la produisant 
au dehors. 

AMUSER, v. a., divertir par des choses agréa- 
bles : tous ces gens ennuyés qu'un amuse avec tant 
de peine (J.-J.) — l'oreille, l'esprit (Fén.) — le 
cœur (Fléch.), et abs, : on ne peut pas dire d'une 
tragédie qu'elle amuse (D'AÏ.) jj Tromper en faisant 
perdre le temps : il laissa tomber quelque argent 
pour — les gardes (Volt.) = Repaître de vaines es- 
pérances, tromper adroitement : ils prétendaient nous 
— par des contes en l'air (Mol.) jj — le tapis, pailer 
longtemps sans venir au fait, ou d'objets futiles 
pour passer le temps. = S' — , v. pr., se distraire, se 
divertir. = S'occuper de quelque chose qui distrait : 
s' — à faire des vers (Ac.)=S'aviser de : ne vous amd- 



ANA 

SEZ pas à Je plaisanter (Id.)= Perdre son temps : 
s'— à tous les jeux d'esprit (Fén.) S'— de, trouver 
de l'agrément à, : on ne s'amuse pas longtemps de 
l'esprit d' autrui (Vauv.) 5' — de quelqu'un, se moquer 
de lui. V. Tromper. 

AMUSETTE, s. f., petit amusement; petite chose 
pour amuser. 

AMUSEUR, s. m., celui qai amuse, qui trompe, 

AMYGDALE, s. f., chacune des deux glandes qui 
sont aux deux côtés de la gorge. 

A3IYGDALIN, E, adj., fait avec des amandes. 

AMYGDALOE, s. f., substance cristallisable, dé- 
couverte dans les amandes amères. 

AMYGDALITE, s. f., syn. d'esquinancie. 

AltfYGDALOÏDE , adj., qui a la forme d'une 
amande. = Amygdaloïdes , s. f. pi., sorte de ro- 
ches, à l'intérieur desquelles on trouve des noyaux 
en forme d'amande. 

AMYLACÉ, E, adj., qui est delà nature de l'a- 
midon ou qui en contient. 

AMYOT (Jacques), évêque d'Auxerre, précepteur des fils 
de Henri 11 et célèbre traducteur de Plutarque. 

AMYRIDACÉES, s. f. pi., famille de plantes in- 
tertropicales qui renferme plusieurs espèces de 
myrrhes, de baumes, de térébenthines. 

AN, s. m., partie du temps composée de douze 
mois, temps que le soleil paraît mettre à parcourir 
le zodiaque : le premier de l'—, le premier jour de 
l'an. Une fois /'— , une fois pendant un an. || // y 
a mille ans, il y a fort longtemps. := Chaque nom- 
bre de douze mois écoulés depuis la naissance : celui 
qui est vu petit homme à quinze ans, ne sera de sa 
vie un grand /jomme(Beaum.)=r Espace de douze mois 
à partir d'une époque déterminée : il y a aujour- 
d'hui un — . Bon — , mal — ; prov., compensation 
faite des bonnes et des mauvaises années. || Au pi., 
temps de la vie : elle repassait avec larmes ses ans 
écoulés (Boss.) = Âge avancé, vieillesse : les — 
ont ralenti sa marche chancelante (Volt.) = Temps : 
réparer des — l'irréparable outrage (Kac.) = Ce mot 
entre dans beaucoup de formules usitées en histoire 
pour la supputation du temps, 1' — du monde, 1' — 
de grûce, V — du salut, l' — de Notrc-Seigneur, etc., 
selon que l'on prend pour point de départ la création 
du monde, la naissance de Jésus-Christ, etc. 

§ AN, ANNEE. Le premier est un terme absolu qui re- 
présente une durée déterminée, abstratiou faite des événe- 
ments et des particularités qu'elle comprend. Le second est 
relatif et représente une durée divisible, parfois arbitraire, 
et composée d'événements qui lui donnent un caractère par- 
ticulier. 

ANA, mot qu'on ajoute au nom d'un écrivain pour 
indiquer un recueil de pensées, d'anecdotes qu'on 
lui attribue : le MénagiAUA, recueil attribué à Mé- 
nage. = S. m., inv., ce genre de recueil. = Méd., 
parties égales de médicaments à mélanger. 

ANABAPTISME, s. m., système religieux des anabap- 
tistes. = Anabaptistes, s. m. pi., secte religieuse qui prêche 
la communauté des biens el le baptême à l'âge de raison. Elle 
fit beaucoup de bruit en Allemagne au xvi* siècle. 

ANABASE, s. f., genre de chénopodées, arbris- 
seaux des steppes salines de la Russie. 

ANÂBASE, titre donné par Xénophon à son récit de l'ex- 
pédition de Cyrus le Jeune contre Artaxercès et de la re- 
traite des Dix Mille. 

ANACAMPTIQUE, adj., qui réfléchit les rayons 
de lumière ou le son. 

ANACARDE, s. m., espèce de noix oblongue. 

ANACARDIER, s. m., arbre qui produit l'ana- 
carde. \ 



44 ANA 

ANACATHARTIQUE» V. EXPECTORANT. 

ANACHORÈTE, s. m., religieux qui vit seul dans 
un désert. I| Homme qui vit retiré du monde. = 
Repas d' — , Irès-frugal. 

ANACHRONISME, s. m., erreur de date, faute 
contre la chronologie. = Toute erreur qui attribue 
à une époque ce qui appartient à une autre. 

ANACOLUTHE, s. f., figure de mots, ellipse par 
laquelle on retranche dans une phrase le corrélatif 
ordinaire de l'un des mots exprimés. 

ANACRÉON, poète grec, de Téos en lonie, dont le nom 
est plus connu que les ouvrages. = ÀNAcnÉONTiQDE, adj., 
dans le goût d'Anacréon, qui chanta le vin et les plaisirs. 

ANADYOMÈNE, s. f., genre de polypiers flexi- 
bles, vulgairement appelés wîOMSses de Corse. = Adj. 
f., Vénus — , Vénus sortant des eaux. 

ANAGALLIS, S, m., V. MouRON. 

ANAGNOSTE, s. m., esclave qui, chez les Ro- 
mains, faisait la lecture pendant les repas. 

ANAGOGIQUE, adj. : interprétation —, celle 
qu'on tire d'un sens naturel et littéral pour s'élever 
à un sens spirituel et mystique. 

ANAGRAMMATISER , v. n., s'occuper d'ana- 
grammes. = V. a., — un nom, en faire l'ana- 
gramme. 

ANAGRAMMATISTE , 8. m. , faiseur d'ana- 
grammes. 

ANAGRAMME, s. f., transposition des lettres, 
d'une plirase, d'un mot, pour en former un autre. 

ANALCIME , s. m., substance minérale dont on 
trouve des cristaux autour des volcans. 

ANALECTES, s. m. pi., recueil de morceaux 
choisis d\in ou de plusieurs auteurs. 

ANALÈME ou ANALEMME, s. m., nom donné 
par les anciens à la projection orthographique de la 
sphère sur le plan du méridien. 

ANALEPSIE, s. f. , rétablissement des forces après 
une maladie. 

ANALEPTIQUE, adj . , propre à rendre les forces. 
= S, m , remède analeptique. 

ANALOGIE, s. f., rapport, ressemblance, relation 
entre deux ou plusieurs choses différentes, soit au 
pliysique, soit au moral : la plus grande — qui 
existe entre l'homme et la brute , c'est le sentiment 
de conservation qui leur est commun (Cond.) Raison- 
ner par — , d'après les rapports d'une chose avec 
une autre. = Gramm., rapport de formation ou d'ori- 
gine entre les lettres, les mots d'une même langue 
ou de plusieurs langues. V. Rapport. 

§ ANALOGIE, RESSEMBLANCE, SLMILITUDE, 
CONFORMITÉ. Le premier se dit des rapports aperçus par 
l'observation, trouvés par le raisonnement, qui mènent à une 
connaissance, à une opinion. Ressemblance ne caractérise 
que l'extérieur et la forme, taudis que similitude et confor" 
mité désigneût une ressemblance intérieure et essentielle. 
De ces deux derniers, l'un se dit des objets corporels ou phy- 
siques, l'autre des choses abstraites ou morales : l'éléphant 
a des rapports avec nous par la similitude de ses mouve- 
ments et par la conformité de ses actions (Buô'.) 

ANALOGIQUE, adj. qui a de l'analogie. 

ANALOGIQUEMENT, adv., d'une manière ana- 
logique : le mot pied se dit — du bas d'une mon- 
tagne (Ae.) 

ANALOGISME, s. m., argument, raisonnement 
par voie d'analogie. 

ANALOGUE, adj., qui a quelque rapport, de l'a- 
nalogie avec une autre chose : des faits analogues 
(Volt.) = S. m,, ce terme n'a point d' — en fran- 
çais. 

ANALYSABLE, adj., qui peut être analysé. 



ANA i 

ANALYSE, s. f., décomposifion d'un tout en ses 
parUes, d'une substance en ses éléments. = Gramm., 
— grammaticale, examen de chaque partie d'une 
phrase ; — logique, examen de chaque partie de la 
proposition. — mathématique, algèbre. = Log., mé- 
thode qui consiste à remonter des effets aux causes, 
des conséquences au principe, du composé au simple ; 
elle est opposée à la synthèse. = Chim., décom- 
position des corps. =: Extrait, résumé d'un dis- 
cours, d'un ouvrage. En dernière — , en dernier ré- 
sultat. 

ANALYSER, V. a., faire l'analyse : — une fleur, 
une phrase, une substance. = Abs., procéder par 
Toie d'analyse : — , Ji'est autre chose qu'observer suc- 
cessivement et avec ordre (Gond.) = S' — , v. pr., 
être analysé : cette substance ne peut s' — . 

ANALYSTE, s. m. , qui est versé dans l'analyse 
mathématique, 

ANALYTIQUE, adj., qui tient de l'analyse : mé- 
thode—. = Obtenu par voie d'analyse: table — . |1 
Versé dans l'analyse: esprit — . 

ANALYTIQUEMENT, adv., par voie analytique. 

ANAMNESTIQUE, adj., propre à faire ressouve- 
nir, à rendre la mémoire : remède — . 

ANAMORPHOSE, s. f., image, tableau difTorme 
qui, vu à une certaine distance, offre une figure 
régulière. || Art de faire ces sortes de tableaux. . 

ANANAS, s. m., plante des tropiques, herbacée, 
à feuilles longues. = fruit de cette plante. = Grosse 
fraise très-parfumée. 

ANAPESTE, s. m., pied d'un vers grec ou latin, 
composé de deux brèves et une longue. 

ANAPESTIQUE, adj., composé d'anapestes. 

ANAPHORE, s. f., fig. de rhét., répétition du 
même mol au commencement de deux ou plusieurs 
phrases ou jles divers membres d'une période. 

ANAPLctTose, s. f., V. Prothèse. 

ANARCHIE, s. f., état d'un peuple, d'une cité 
qui n'a plus ni chef ni autorité reconnue. H Désordre, 
confusion des pouvoirs. 

ANARCHIQUE, adj., qui tient de l'anarchie ou 
qui y mène ; plongé dans l'anarchie : état — . 

ANARCHISTE, s. m., partisan de l'anarchie; 
fauteur de troubles. = Adj. : principe — . 

ANARRHIQUE, S. m., poisson du genre des 
apodes. 

ANARTA, s. f., insecte lépidoptère nocturne. 

ANASARQUE, S. f., hvdropisie générale du tissu 
cellulaire. 

ANASCOT ouPLAMBÉ, s. m., sorte de serge. 

ANASTATIQUE, s. f., plante crucifère, vulgaire- 
ment nommée rose de Jéricho. 

ANASTOMOSE, s. f., anat., jonction, abouche- 
ment de deux vaisseaux. 

ANASTOMOSER (S'), v. pr., auat., se joindre 
par une anastomose. 

ANASTROPIIE , S. f. , inversion contraire à l'u- 
sage. 

ANATE , s. f. , sorte de teinture rouge des Indes 
orientales. 

ANATHÉMATISER, v. a., frapper d'excommuni- 

ition, lancer l'anathème. := Blâmer avec force, 
' apper de réprobation : — une opinion (Ac.) 

ANATHÈME , s. m., retranchement de la com- 
munion de l'Église, accompagné de malédiction : la 
cour de Rome fulmina V — contre le prince sacri- 

Ige (Sism.) |1 Réprobation, blâme solennel : je ne 
eus point prononcer ici des anatoèmes contre les 
'amlflurs humaines (Mass.) =: Objet d'exécration : 



ANC 

ils 71" ont paru que pour être /'— de tous les hommes 
(Id.) = Victime expiatoire que les Juifs offraient à la 
Divinité. = Adj., excommunié, maudit. 

ANATIDE, adj., qui ressemble, qui appartient 
au canard, 

ANATIDES, s. m. pi., ou ANATIDÉES, S. f. pi., 
famille de palmipèdes dont le canard est le type. 
•ANATIFE, S. m. ou f., mollusque multivalve. 
ANATOCISME, s. m., l'intérêt des intérêts; con- 
version des intérêts en principal ; peu us. 
ANATOLIE, p. de la Turquie d'Asie. 
ANATOMIE, s. f., art de disséquer les corps or- 
ganisés ; action de les disséquer : faire V — d'wn 
chien, d'une plante. = Science qui s'occupe de la 
structure du corps humain. — générale, qui étudie 
les rapports et les différences des tissus des animaux 
et des végétaux. |1 Corps ou membre préparé de 
manière à pouvoir être conservé. = Représentation 
en plâtre, en cire, par la gravure, etc., du corps ou 
d'une partie du corps. |1 Analyse exacte et métho- 
dique : faire V — d'un livre, d'un discours, des pas- 
sions. 

ANATOMIQUE, adj., qui appartient à l'ana- 
tomie. 

ANATOMIQUEMENT, adv,, d'une manière ana- 
tomique. 

ANATOMISER, v. a,, disséquer, faire l'ana- 
tomie de : — un corps. \\ — un livre, en examiner 
en détail toutes les parties. 

ANATOMISTE, S. m., savant en anatomie, 
ANAXAGORE, AXAXIM ANDRE, ANAXIxMÈNE, phi- 
losophes grecs de l'école d'Iûnie. 

AXCEXIS, s.-préf. du départ, de la Loire-Inlërieure. 
ANCETRE, S. m„ prédécesseur , peu us. au^ing. 
= Au pi., ceux dont on descend en ligne droite, le 
père et la mère non compris : chacun veut monter 
plus haut que ses ancêtres (Mass.) || Ceux qui ont 
vécu avant nous : nos — nous ont laissé de beaux 
exemples (Ac.) V. Père. 

§ ANCÊTRES, PRÉDÉCESSEURS, DEVANCIERS- 
Lors même qu'ancêtres ne se distingue pas des deux autres 
en signifiant ceux dont nous sommes issus, il en diffère 
encore en ce qu'il désigne des hommes qui ont vécu il y a 
bien longtemps. Entre prédécesseur et devancier, la diffé- 
rence, quoique légère, est pourtant assez marquée. Le pre- 
mier est un terme noble, de haut style, sous lequel on com- 
prend ceux qui nous ont précédés dans un emploi réglé, dans 
un poste éminent. Devancier^ au contraire, est un mot com- 
mun et parfois dédaigneux, et s'applique à tous ceux qui ont 
couru la même carrière que nous. 

ANCHE, s. f., petit bec plat par lequel on souffle 
dans certains instruments à vent. = Demi-cylindre 
creusé en rigole et ouvert au bout supérieur, qu'on 
adapte à certains tuyaux d'un orgue = Petit con- 
duit par lequel la farine coule dans la huche d'un 
moulin. 

ANCHIFLURE, S. f. , trou que fait un ver à une 
douve de tonneau. 

ANCHILOPS (pron. ankilops), s. m., petite tumeur 
située vers le grand angle de l'œil. 

ANCHOIS, s. m., petit poisson de mer, que l'on 
pêche surtout pour le conserver en salaison. 

ANCIEN, ENNE, adj., qui est, qui existe, qui 
date depuis longtemps: des/ anciennes erreurs nous 
font connaître combien était ancienne la croyance de 
l'immortalité de l'àme (Boss.)=Se dit par opposition 
à nouveau elhmoderne : V— Testament, V — conti- 
nent, les langues anciennes. =^Q\n n'est plus en charge, 
qui n'exerce plus sa profession : /' — maire. C'est un — 
avocat.z= Qui a existé autrefois : /'— empire romain. 



AND 



46 



Vusage —, V — temps. = Adj. et s., qui a été reçu 
avant un autre dans une charge, dans une compa- 
gnie : tous les ANCIENS de la compagnie furent de 
cet avis {Ac.) C'est le plus — officier du régiment 
(Id.) := Terme de dignité accordé chez les Juifs aux 
chefs des tribus ou des grandes familles : il s'assit à 
dix-huit ans avec les anciens d'/sroèV (Pléch.)= Qui a 
vécu dans un siècle fort éloigné de nous : citer tin — . 
L' — des jours. Dieu. = Se dit surtout au pi., des 
Grecs et des Romains : quelques habiles prononcent 
en faveur des — contre les modernes (La Br.) 

AAX.IENN OIENT, adv., dans les temps anciens, 
dans les siècles passés. 

§ ANCIENNEMENT AUTREFOIS, JADIS. Le pre- 
mier représente un passé reculé, et sert à en rappeler les 
usages. Le second s'emploie quand on veut marquer un con- 
traste entre le passé et le présent. Le troisième semble 
marquer le regret qu'inspire le souvenir du bon vieux temps. 

ANClEKNtTÉ, s. f., qualité de ce qui est ancien ; 
longue durée d'une chose : — d'une maison, d'une 
loi. U — des familles est une marque de leur noblesse. 
== Priorité de réception, de nomination : quand les 
grades ne sont que la suite de V — , l'émulation périt 
(La Roch.) = État de ce qui a l'air vieux : /' — de 
ses vêlements cl la roideur de ses manières n'annon- 
çaient pas un homme decoMr(Montaig.)=: Dans /' — , 
adv., anciennement; peu us. De toute — , loc, adv., 
de temps immémorial. 

ANCILE, s. m., bouclier sacré des Romains. 

ANCIPITÉ, ÉE, adj., se dit de toute partie de 
plante qui est comprimée sur ses deux faces, et qui 
a deux bords tranchants. 

ANXOLIE, s. f., plante de la famille des renon- 
culacées qui , sous le nom de gaiit de Noire-Dame, 
passait autrefois pour anliscorbutique et apéritive. 

ANCONE, vil. sur la mer Adriat,, ancienne cap. de la 
délégation du même nom, fait partie du roy. d'Italie. 

ANCRAGE, s. m., lieu propre pour ancrer. V. 
Mouillage. = Droit d' — , droit qu'on paie pour 
mouiller dans un port. 

ANCRE (maréchal d'). V. Concim. 

ANCRE, s. f., instrument de fera double cro- 
chet qu'on jette au tond de l'eau pour lîxer et rete- 
nir les bâtiments : jeter V — ; lever les ancres. J^^re, 
se tenir à V — , au mouillage. || C'est noire — de 
salut , notre seule ressource (Ac.) = Btirre de fer 
pour consolider les murs. = Mesure de liquides 
d'Angleterre et de Hollande valant Cl litres. 

ANCRER, V. n., jeter l'ancre ; on dit aujourd'hui 
mouiller au sens propre. =:S' — , v. pr., s'établir, s'af- 
fermir, se mettre en crédit : bien s'— à la cour. 
La vanité s'est ancrée dans celle tête. 

ANCRURE, s. f., barreau de fer devant s'oppo- 
ser à l'écartement des murs, à la poussée des voûtes. 
= Petit pli qui se fait au drap tendu pour la tonte. 

ANCYRE, ancien nom d'^n^ora. Journée d' — , vic- 
toire de Tamerlan sur Bajazet en 1402. Monument d' — , 
sommaire des principaux événements du principal d'Auguste, 
écrit en style lapidaire et trouvé dans cette ville. 

ANDABATE, s. m., gladiateur romain qui combattait les 
yeux bandés. 

ANDAILLOTS, s. m. pi., anneaux pour amarrer 
les voiles triangulaires des bâtiments. 

AKDAIN, s. m., étendue de pré qu'un faucheur 
peut abattre à chaque pas qu'il fait, 

ANDALOU, s. m., cheval d'Andalousie. 

ANDALOUSIE, s. f-, grande p. d'Espagne, il JjidaZous^e^ 
6. et adj., qui est né eu Andalousie. = L'andalous, s. m., 
dialecte de l'espagnol. 

ANDANTE (mot ital.), adv. mus., d'un mouvc- 



ANÉ 

ment un peu lent. == S. m. inv. , morceau de musi- 
que écrit dans ce mouvement : jouer un — , des — . 

ANDANTINO, adv. mus., d'un mouvement moins 
lent que l'andante. 

AN DATE, bourg des Basses-Pyrénées, célèbre par son 
eau-de-vie. 

ANDELYS (les), s.-préf. du départ, de TOrne. 

ANDES (les) ou Cordillères, grande chaîne de mon- 
tagnes de l'Amérique méridionale. 

ANDORRE (vallée d'), pays neutre dans les Pyrénées, 
entre la France et l'Espagne. 

ANDOUILLE, s. f., boyau de porc farci d'au- 
tres boyaux ou de la chair hachée du même animal. 
— de tabac, feuilles de tabac roulées. 

ANDOUILLER, s. m., petite corne qui vient au 
bois du cerf. 

ANDRANATOMIE ou ANDROTOMIE, s. f.. nna- 
tomic de l'homme. 

ANDRÉ DEL SARTO, peintre florentin du xvi« siècle. 

ANDRÉOSSI (comte), général, diplomate et savant, mort 
en 1828. 

ANDRINOPLE, vil. de la Turquie d'Europe. Il y fut signé 
un traité en 1829 entre les Turcs et les Russes. 

ANDROGYNE adj. et s. m., individu chez le- 
quel les organes des deux sexes sont réunis. = 
Plantes androgynes, qui portent des fleurs mâles et 
des fleurs femelles sur un même pédoncule. 

ANDROÏDE, adj., semblable à l'homme. = S. m., 
V. Automates. 

ANDROMÈDE, s. f., gerfre de plantes voisines 
des bruyères. = Constellation. 

Ane, s. m., quadrupède du genre cheval, à lon- 
gues oreilles et qui brait : V — est originaire des 
pays chauds (Buff.) Prendre, brider un — par la 
queue, fani., faire une chose à rebours. || Esprit gros- 
sier, homme stupide : un — bâté, homme d'une 
crasse ignorance. Le plus — des trois n'est pas celui 
qu'on pense (La F.) || Fam., — rouge, personne mé- 
chante. Il Pont aux ânes , chose facile que personne 
ne doit ni ne peut ignorer. 

ANÉANTIR, V. a., réduire au néant; jD/<?« seul 
peut — fous les êtres qu'il a créés (Ac.) || — une 
vérité, la morale chrétienne (Pasc.) |1 Priver de 
toutes les facultés, démoraliser : celle affreuse nou- 
velle m'A complètement anéanti (Reg.) = S' — , 
V. pr., disparaître ; se détruire : que d'empires se sont 
anéantis! (Ac.) Cette objection s'anéantit d'elle- 
même. || S'abaisser, reconnaître son néant : — de- 
vant la majesté de Dieu (Fléch.) V. Détruire. 

ANÉANTISSE3IENT , S. m., destruction com- 
plète : l' — de la vie (Pasc.) || L' — de toutes nos es- 
pérances. || Abaissement devant Dieu : elle porta l'hu- 
milité jusqu'à l' — d'elle-même (Fléch.) H Faiblesse 
extrême, privation des facultés physiques ou mora- 
les : ne cherchez pas à me tirer de l' — où je suis 
tombé (J.-J.) 

anecdote; s. f., petit fait historique ignoré ou 
peu connu : les ahechotes sont l'esprit des vieillards, 
le charme des enfants (Rivar.) 

ANECDOTIER, s. m., fam., celui qui raconte des 
anecdotes le plus souvent fausses. 

ANECDOTIQUE, adj., qui tient de l'anecdote, 
qui a rapport aux anecdotes : fait, histoire — . 

ÀNÉE, s. f., la charge d'un âne. 

ANÉMIE, s. f., état opposé à la pléthore, abais- 
sement relatif des globules du sang. 

ANÉMOMÈTRE, S. m., instrument qui sert à 
mesurer la force du vent. 

ANÉMONE, s. t., espèce de renoncule dont la 
fleur varie de couleur : — rouge, blanche. 



ANG 

ÂNERIE, s. f., ignorance grossière. |1 Grosse er- 
reur commise par TeHet de celte ignorance. 

ÂKESSE, s. f., la femelle de l'âne: lait d'—. 

ANESTHÉSIE, S. f., privation partielle ou totale 
de la sensibilité. 

AAESTUÉSIQUE, adj., qui a rapport à l'anes- 
Ihésie ou qui la produit. 

AKETH, s. f., planle ombellifère. 

AXÉVUISMAL, E, adj., qui tient de l'anévrisme, 
qui a rapport à l'anévrisme. 

A3»ÉVRISME, s. m., tumeur causée par la dila- 
tation ou la rupture d'une artère. . 

AXFRACTUEUX, EUSE, adj., plein de détours 
et d'inégalilés : chemin — . 

AKFUACTUOSITÉ, s. f., s'emploie surtout au 
pi., détours, inégalités : les anfractuosités d'une 
montagne, d'une route. = Anat., cavité formée par 
les lobes du cerveau : — cérébrales. 

AXGE, s. m., créature purement spirituelle :6on, 
mauvais — . Un — gardien. L' — exterminateur. Un 

— déchu. L' — de lum'ère, des ténèbres. Les anges 
rebelles. L' — de la mort. = Anges, esprits bien- 
heureux qui composent la cour céleste. || Personne 
d'une extrême douceur, d'une grande piété. || Mon 
— , mon petit — , mon cher — , expressions d'ami- 
tié, d'alïection. || Être aux — , être dans le ravisse- 
ment. || Comme «« — , dans la perfection : elle chante, 
elle danse comme un — . 

ANGÉLIQUE, adj., qui est propre à l'ange : 7ia- 
ture, esprit — . || Accompli, parfait : pureté , vertu 
— . Il Se dit de la beauté physique : figure — . || 5a- 
lutation ■ — , Ave Maria, prière à la Vierge. 

ANGÉLIQUE, s. f., plante odoriférante et om- 
bellifère, dont on conQtlatige. 

ANGÉLIQUEMEBJT, adv., d'une manière angé- 
lique ; peu us. 

ANGELOT, s. m., petit fromage de Normandie. 
= Ancienne monnaie représentant un ange. 

ANGELUS, s. m., prière qui commence par ce 
mot : dire V — (Ac.) = Signal donné par*la cloche 
d'une église pour faire cette prière : sonner V — (Ac.) 

AXGERS, anc. cap. de l'Anjou, ch.-l.dudépart. de Jlaiue- 
ei-Loivi:.^= Angevin, habitant d'Angers. 

ANGINE, s. f., inflammation de la gorge. 

ANGINEUX, EUSE, adj., accompagné d'angine. 

ANGIOGRAPHIE, s. f., anat., description des 
vaisseaux du corps humain. = Agric.> description 
des poids, mesures, instruments et vaisseaux pro- 
pres à l'agriculture. 

ANGLAIS, E, adj., d'Angleterre : le langage — , 7a 
mode A>GLAisE. = S., un Anglais, une Anglaise.= S. m., 
la langue —. = Adv., parler — ; dire en — ; à l'anglaise, 
loc. adv., à la manière anglaise. = Anglaise, s. f., contre- 
danse anglaise d'un mouvement très-vif. = Musique faite 
pour cette danse. = Genre d'écriture. = Gros galon de fil 
dont on borde les meubles. = Anglaises, f. pi., longues 
boucles de cheveux eue les femmes laissent tomber de cha- 
que côté. — Anglaiser, v, a., — un cheval, lui couper la 
queue à l'anglaise. 

ANGLE, s. m., coïncidence de deux lignes: un 

— est l'espace plus ou moins grand compris entre 
deux lignes qui se coupent (Ara go), 

AXGLES, s. m. pi., ancien peuple germanique. La Grande- 
Bretagne prit d'eux le nom d'Angleterre. 

AXGLESEY, île d'Angleterre, dans la mer d'Irlande, 
prés de la côte de Galles. 

ANGLET, s. m., cavité à angles droits qui sépare 
les bossages. 

ANGLETERRE, ancienne Bretagne, la plus grande et la 
plu? peuplée des trois contrées qui composent le royaume 



47 



ANI 



Britannique-Uni. = Nocvelle-Angletebre , ancien nom de 
la partie nord-est des États-Unis. 

ANGLEUX, EUSE, adj., se dit des noix dont la 
substance adhère à la coquille. 

ANGLICAN, E, adj., qui se rapporte à la reli- 
gion de l'État en Angleterre : le culte, le rite — . 
L'Église anglicane. = S., personne qui suit cette 
religion : c'est un — . 

ANGLICANISxME, s. m., religion de l'État en 
Angleterre. 

ANGLICISME, s. m., idiotisme anglais, faconde 
parler particulière à la langue anglaise. 

ANGLOMANE, adj. et s. m., admirateur ou imi- 
tateur outré des coutumes, des modes anglaises. 

ANGLOMANIE, s. f . , imilalion ou admiration 
ridicule de tout ce qui est anglais. 

AXGLO-SAXON, NE, s., descendant des tribus germa- 
niques qui envahirent la Grande-Bretagne dès 449. = Adj., 
qui appartient aux Anglo-Saxons. 

ANGOISSE, s. f., anxiété extrême accompagnée 
d'un resserrement à la région épigastrique. || Grande 
affliction , vive douleur : être dans des angoisses 
mortelles. = Poire d'— , poire très-âpre. || Autre- 
fois, espèce de bâillon en fer ; fam. Avaler des poires 
d'— , avoir de vifs déplaisirs. V. Transe. 
ANGOLA, roy. d'Afrique dans la Guinée -Inférieure. 
ANGOLA, p. coloniale administrative de Portugal. 
ANGON, s. m., demi-pique à l'usage des Francs. 
= Crochet pour la pêche des crustacés. 

ANGORA, vil. de la Turquie d'Asie (Anatolie). = Angora, 
s. m.^ nom qu'on donne au chat, au lapin et à la chèvre 
originaires d'Angora, et qui sont remarquables par leur poil 
long et soyeux. = Chat (d'Angora) : un bel — (Ac) = 
Adj., chat, chèvre, lapin — . 

ANGOULÊ.ME, eh -1. du départ de la Charente. = Do- 
CHESSE d' — , fille de Louis XVI, mariée au fils de Charles X. 
ANGOUMOIS, anc. p. de France. 
ANGUICnURE, s. f., baudrier pour porter le 
cor de chasse. 

ANGUILLxlDE, s. f., coup donné avec une peau 
d'anguille ou un mouchoir tortillé. 

ANGUILLE, s. f., poisson d'eau douce de la 
forme d'un serpent, Prov. : il y a quelque — sous 
roche (Mol,), il se trame quelque intrigue. || // m^a 
échappé comme une — . [| ÉcorcherV — par la queue, 
commencer par où il iaudrait finir, = Anguille de 
mer, V. Congre. 

ANGUILLERS, S. m. pi., petits conduits pour 
l'écoulement des eaux dans la cale. 

ANGUILLÈRE, s. f., vivier où l'on conserve des 
anguilles. = Vanne pour en prendre. 

ANGULAIRE, adj., qui a un ou plusieurs an- 
gles : figure — (Ac.) = Pierre — , pierre fonda- 
mentale qui fait l'angle d'un bâtiment || L'Écriture 
appelle Jésus-Christ la pierre — de l'Eglise. = Ar- 
tère — , qui passe au grand angle de l'œil. = Dents 
ANGULAIRES, placées yers l'angle des lèvres. 
ANGULAIREMENT, adv., en forme d'angle, 
ANGULEUX, SE, adj,, se dit d'un corps dont la 
surface a plusieurs angles. = Qui décrit des angles : 
vol — (V. H.) Démarche anguleuse. 

ANGUSTICLAVE, s. m., tunique que portaient 
les chevaliers romains. 

ANHALT, principauté d'Allemagne, enclavée dans les 
provinces de Brandebourg et de Saxe. 

ANHÉLATION, respiral ion courte et précipitée. 

ANICROCHE, s. f., difficulté qui accroche une 

affaire? : ce monde est toujours rempli d'anicroChes 

(Volt ) = DilTiculfé suscitée par malveillance : c'est 

un chicaneur qui vous fera mille — . 

§ ANICROCHE, ACCROC. Le premier indique une 



ANK 



petite difficulté suscitée à dessein, tandis que le second n'ex- 
prime qu'un pur accident. 

ÂNIER, ÂNIÈRE, 8., celui, celle qui conduit des 
ânes. 

ANIL, s. m., plante d'où l'on tire l'indigo. 

AKIMADVERSION, s. f., improbalion, blâme 
énergique : une action aussi basse doit éveiller V — 
de tous les gens de bien (J.-J.) 

AKIMAL, S. m., Être organisé et doué de sensi- 
bilité : l' — est l'ouvrage le plus parfait de la na- 
ture (Buff.); — domestique, sauvage. Ce qui dis- 
tingue essentiellement l'homme des animaux , c'est 
qu'il a l'idée de Dieu (Boiste).|lFam., personne slu- 
pide et grossière : ce n'est qu'un — . || Fam., être — 
d'habitude (Gress.), tenir à ses liabitudes. 

ANIMAL, E, adj., propre à l'animal : appétit — , 
vie, organisation animale. = Règne — , l'ensemble 
de tous les animaux. = Qui provient des animaux : 
substance — . Le lait, les œufs sont des productions 
animales (Buff.)llCbarnel, sensuel; opposé à spiri- 
tuel. 

ANIMALCULE, s. m., petit animal qu'on ne voit 
qu'à l'aide du microscope. 

ANIMALISATION, s. f., transformation des ali- 
ments en la propre substance de l'animal. 

ANI31ALISER, V. a., convertir une substance en 
la propre substance d'un animal : la digestion ani- 
MALiSE tout.W Ravaler au rang des animaux. =• S'—, 
s'assimiler à la substance d'un animal. 

ANIMALITÉ, s. f., ensemble des attributs et des 
facultés propres à l'animal. 

ANIMATION, s. f., action d'animer; union de 
l'âme au corps. || Vivacité, chaleur : il met de V — 
dam tout ce qu'il fait. = Air de vie qu'un peintre 
ou un sculpteur répand dans ses œuvres. = Mou- 
vement, activité de la population. = Éclat, viva- 
cité du teint : son visage a beaucoup d' — . 

ANIMÉ, E, adj., qui a un corps organisé : un 
être — . =z Qui imite la nature vivante : Portrait —, 
llVif, éclatant : teint — , yeux animés, style — . 

ANI3IER, v. a., donner la vie, vivifler : une 
douce chaleur AmiiiE tous les germes de la vie.\\Rem- 
plir d'ardeur, encourager, exciter : il animait les 
troupes du geste et de la voix (Ac.) Il les animait de 
son esprit. \\ Irriter, mettre en colère : on a pris 
plaisir à les — les uns contre les autres (Ac.)ll Don- 
ner de la chaleur, de la vivacité, de l'éclat : — une 
conversation (Ac.) L'exercice anime le teint. Cette 
jeunesse que le plaisir anime (Fén.) Ce peintre anime 
toutes ses figures (Ac.) = S' — , v.pr., la statue de la 
déesse lui parut s' — et se mouvoir (Ac.) || S'encou- 
rager, s'exciter : ils s'animaient l'un l'autre à af- 
fronter le danger. V. Exciter. 

ANIMOSITÉ, s. f., mouvement de dépit, senti- 
ment de haine qui porte à nuire : agir par, avec — ; 
avoir une grande — contre quelqu'un. Que d'ANiMO- 
sités étouffées par sa sagesse! (Mass.) || Emportement 
dans une discussion : cet avocat a mis de V — dans 
sa réplique. V. Haine. 

ANIO, anc. riv. du Latiura, affluent du Tibre. 
ANIS, s. m., plante odoriférante de la famille des 
ombellifères || Dragée faite avec de l'anis. 

ANISER, V, a., donner le goût de l'anis : — un 
gâteau, une liqueur. 

ANISETTE, s. f., liqueur composée avec de l'a- 
nis : — de Bordeaux, de Hollande. 

ANJOU, anc. p. de France. 

ANKYLOSE, s. f., soudure de deux os. = Priva- 
tion du mouvement des articulations. 



48 ANN 

ANNAL, E, adj., qui ne dure qu'un an, qui n'est 
valable quej)endant une année : droit — , procura^ 
tion, possession annale. 

ANNALES, s. f. pi., récit des événements année 
par année : les — de Tacite. = Parext., histoire : 
son nom sera écrit dans les — de la postérité (Mass.) 
Il Les — du commerce, de l'industrie. 

ANNALISTE, s. m., celui qui écrit des annales. 

ANNALITÉ, s. f., durée, possession d'un an. 

ANNAM (royaume d'). V. CocniNCHiifE. 

ANNAPOLIS, riv. et vil. des Étals-Unis, anc. Poff-iîoyai. 

ANAATE, s. f., revenu d'une année i)ayé au pape 
pour la bulle d'un bénéfice. 

ANNE DE BRETAGNE, dernière héritière de la Bre- 
tagne, qu'elle réunit à la France en épousant Charles Y III, 
puis Louis XII. = Anne d'Autriche, épouse de Louis XIII. 
= Anne, reine d'Angleterre (1702-1714). Son règne a été 
la plus belle époque de la littérature anglaise. 

ANNEAU, s. m., cercle de matière dure ou de 
métal servant à attacher : — de corne, de fer, 
d'argent, d'or, de cuivre. \\ — d'une chaîne, dans 
l'ordre des idées. Anneaux de rideau. = Bague : 
— nuptial. — épiscopal, pastoral, gros anneau d'or 
que portent les évoques, les cardinaux. = Boucle de 
cheveux : être frisé p«r anneaux. = Hist. nat., mar- 
que, saillie, rangée circulaire : les cornes du bélier 
croissent tous les ans d'un — (Buff.) = Anat., ou- 
verture circulaire : — ombilical. = Astr., cercle 
qui environne une planète. — astronomique , ins- 
trument pour mesurer la hauteur des astres. — «o- 
laire ou horaire, petit cadran portatif. 

ANNECY, ch.-l. du dép. de la Haute-Savoie. 

ANNÉE, s. f., temps que met la terre à tourner 
autour du soleil. Notre — commence au premier jan- 
vier et finit au trente et un décembre. Les quatre sai- 
sons de V — .Le cours de V — , des années; rf' — en —, 
d'une — à V — ; — lunaire, espace de douze ou de 
treize mois lunaires, ou de douze ou treize révolu 
lions de la lune autour du soleil. — astronomique, 
durée exacte de la révolution de la terre autour du 
soleil. — ' civile, année de 3G5 jours. — bissextile; 
année de 3G6 jours, dans laquelle le mois de févriei 
a 29 jours. Années grégoriennes , années écoulées 
depuis 1582, époque de la réforme du calendrier 
par Grégoire XllI. — de probation, année de novi- 
ciat. — scolaire, le temps de l'année consacré aux 
études classiques. || Espace de temps indéterminé ; 
les années se passent rapidement. \\ Se dit par rapport 
à la température, aux productions de la terre : — 
chaude, froide, pluvieuse. Bonne, mauvaise — . De- 
mi-année, année où la terre ne donne qu'une demi- 
récolte. Il Revenu, somme à payer ou à recevoir par 
année : son fermier lui doit deux années (Ac.)= ^;i- 
nées, s. m. pi., les différents âges de la vie : les plus 
belles — de la vie, les jeunes — , la jeunesse. V. An. 
ANNELER. v. a. , arranger en anneaux ; — des 
cheveux ; de beaux cheveux blonds annelés (Chat.) 
Le corps des scolopendres est annelé (Ac) 

ANNELET, s. m., petit anneau. = Petit filet 
qui sert d'ornement au chapiteau dorique. 

ANNÉLIDES, s. m. pi., nom d'une classe d'ani- 
maux qui comprend les vers à sang rouge, dont le 
corps mou est annelé transversalement. 

ANNEXE, s. f., se disait des domaines attachés à 
une seigneurie. = Succursale d'une église parois- 
siale. = Tout ce qui est uni à une cliose principale. 
= Pièce jointe à un acte. =: Méd. , tout ce qui dépend 
d'un organe principal : les annexes de l'œil, les pau- 
pières, les sourcils. V. Adhérent. 

ANNEXER,, V. a., attacher, joindre : — un titre 



ANN 



à un dossier, une chapelle à une cure. L'empereur 
Napoléon III a annexé la Savoie à la France. 

ANNEXION, s. f., action d'annexer, d'mcorpo- 
rer : /' — de la Savoie à la France. 

ANNIUÂL, général carthaginois (247-183 av. J.-C.) 
qui vint combattre les Romains ea Italie pendant seize ans, 
et leur fit courir de grands dangers. 

ANNIIIILATION, s. f., destruction complète. 

ANNIHILER, V. a., anéantir, détruire complè- 
tement ; — un acte, wn testament. Le cynisme dans 
les mœurs annihile le sens moral (Chat.) 

ANNIVERSAIRE, adj., se dit d'une époque qui 
sert de date à un événement et rappelle un sou- 
venir heureux ou triste : jour, fête, service — . = 
S. m. : c'est aujourd'hui V — de sa naissance. Le 
glorieux — de cette victoire. = Service qu'on fait 
-pour un mort au retour annuel du jour de son décès. 

ANNONAIi vil. de France (Ardèche), patrie de Boissy' 
d'Anglas, des frères Montgolfier. 

ANNONCE, s. f., avis par lequel on fait savoir 
quelque chose au public : faire une — dans les jour- 
naux. Feuille d'annonces. Mercure en fit V — (La F.) 

ANNONCER, v. a., faire savoir quelque chose à 
quelqu'un : — une bonne, une mauvaise nouvelle. 
— q»e/qu'«?i, prévenir qu'il demande à être reçu : on 
m'annonça, et j'attendis deux grandes heures dans 
l'antichambre (Les.) = Publier, notiOer : — une 
vente, une fête, un spectacle. \\ Tout annonce d'un 
Dieu l'éternelle existence (Volt.) = Avertir de, pré- 
dire : l'hirondelle annonce le retour du printemps. 
Les prophètes ont annoncé la venue du Messie (Ac.) 
= Expliquer la parole de Dieu , prêcher : — "■ l'É- 
vangile aux pauvres et aux petits (Pasc.) |1 Être 
le signe, la marque, le présage : les manières de ce 
jeune homme annoncent une bonne éducation (Ac.) || 
Faire espérer, promettre : tout semblait — le succès 
de cette entreprise. Cela ne nous annonce J'ien de 
bon. Ir. : cela nous en annonce de belles! = Cette 
entreprise s'annonçait bien, elle a mal tourné (Ac.) 

ANNONCEUR, s. m., acteur qui annonçait au- 
tretois le spectacle du lendemain. 

AXNONCIADE, s. f., ordre de religieuses : le couvent 
de r — . = Religieuse de cet ordre. 

ANNONCIATION, s. f., message de l'ange Ga- 
briel à la Vierge pour lui annoncer le mystère de 
l'Incarnation. = Jour où l'Église célèbre ce mys- 
tère. 

ANNOTATEUR, s. m., celui qui fait des notes, 
des annotations sur un texte. 

ANNOTATION, s. f., note ou remarque faite sur 
un texte pour en expliquer divers passages : des an- 
notations curieuses sur Homère. = Dr. anc., inven- 
taire de biens saisis par autorité de justice. 

ANNOTER, V. a., faire des notes, des remar- 
ques sur un texte : — les œuvres de Tacite. = Dr. 
anc., dresser l'inventaire des biens saisis par auto- 
rité de justice. 

ANNUAIRE, 8. m., ouvrage qui paraît chaque 
année, et qui donne des renseignements sur une 
science, sur le commerce, etc. 

ANNUEL, LE, adj., qui dure un an : le consu- 
lats à Rome était — (Ac.) = Qui a lieu tous les ans : 
fête ANNCELLE. =: Qui est payé ou perçu par année : 
droit — , rente annuelle. = P/anres annuelles, qui 
naissent et meurent dans le cours d'une année. 

ANNUEL, s. m., messe que l'on dit tous les jours, 
pendant une année, pour une personne défunte. 

ANNUELLEMENT, adv., par chaque année : il 
lire — dix mille francs de revenu de cette /erre (Ac.) 



49 ANT 

ANNUITÉ, s. f., somme payée pendant plusieurs 
années et qui libère le débiteur de sa dette : V — 
n'est autre chose que l'amortissement simple. =: An- 
nuités, engagement productif d'intérêts, mis en cir- 
culation par le Trésor. 

ANNULAIRE, adj., qui ressemble à un anneau : 
forme — . = Propre à recevoir un anneau : doigt — 
ou /' — , s., le quatrième doigt, où l'on met l'an- 
neau. = Éclipse — , éclipse de soleil pendant la- 
quelle il ne reste de son disque qu'un anneau lu- 
mineux. 

ANNULATION, s. f., action d'annuler : — d'un 
acte, d'une vente, d'un traité. 

ANNULER, V. a , rendre nul : — un acte, un 
traité. V. Révoquer. 

ANOHLI, E, adj. et subst., qu'on a fait noble : 
les nouveaux anoblis sont quelquefois plus fiers que 
les anciens nobles (Ac.) 

ANOBLIR, V. a., faire noble, donner un titre de 
noblesse : il y avait autrefois des charges qui ano- 
blissaient (Ac.) = S' — , V. pr., acheter des titres 
de noblesse. 

ANOBLISSEMENT, s. m. , action d'anoblir, émis- 
sion du privilège des nobles : lettres d' — . 

ANODIN, E, adj., qui calme les douleurs : des 
remèdes anodins. || Ir. Vers — , vers médiocres. = 
S. m., remède anodin. 

ANOMAL, E, adj., irrégulier, qui s'écarte de 
la règle : les êtres anomaux (BuCf.) = Maladie ano- 
male, dont la marche n'est pas régulière. 

ANOMALIE, s. f., irrégularité : les anomalies du 
langage. = Distance du lieu vrai d'une planète à 
son apogée. = L' — d'une maladie , l'irrégularité 
dans ses périodes. = Hist. nat., monstruosité. 

ANOMALISTIQUE , adj., se dit du temps que 
met la terre ou une planète à revenir au même point 
de son orbite : année — . 

ÂNON, s. m., petit âne. 

Anonnement, s. m., action d'ànonner. 

ÂNONNER, V. n., réciter ou hre avec difTiculté : 
il ne fait qu' — , :^ V. a. : — une leçon. 

ANONYME, adj., qui est sans nom, dont le nom 
n'est pas connu : auteur, ouvrage — . Lettre — , non 
signée. =. S. m. : JZ a publié cet ouvrage sous le 
voile de l' — (Ac), il n'y a pas mis son nom. 

ANORDIR, V. n., approcher du nord, en parlant 
du vent : se diriger du côté du nord. 

ANORMAL, E, adj., contraire aux règles, 

ANSE, s. f., partie saillante, d'ordinaire recour- 
bée, de certains objets , qui sert à les saisir, à les 
porter : — d'un panier. Prendre un pot par l' — .• 
= Prov. '.faire danser l'— du panier, se dit d'une 
cuisinière qui gagne sur les achats. = Petite baie qui 
entre peu dans les terres. 

ANSELME (saint), archevêque de Cantorbéry, un des 
plus grands docteurs du moyen âge. 

ANSPACH, principauté et vil. de Bavière. 

ANSÉATIQUE. V. Hanséatiqdb. 

ANSPECT, S. m., barre pour remuer les fardeaux. 
:= Levier pour la manœuvre des canons. 

ANTAGONISME, s. m., résistance que s'opposent 
deux forces contraires. = Action des muscles qui 
agissent en sens inverse : V — est une opposition de 
fonctions entre deux ouplusieurs organes. ==■ OppoA- 
tion d'idées , de doctrines : ces deux savants vivent 
dans un — continuel 

ANTAGONISTE, s. m., celui qui lutte pour faire 
prévaloir ses idées , ses prétentions : vous avez "M 
luif en elle un redoutable — . (Ac.) = Adj. : mus- 



ANT 

des ANTAGONISTES, qui ont des fonctions opposées. 
V. Ennemi. 

ANTALCIDAS, général lacédémonien qui conclut avec la 
Perse, en 3 S 7, le tionteux traité qui porte son nom. 

ANTAR (roman d'), c'est l'Iliade de l'Arabie. 

ANTAN, s. m., vieux et poét., l'an passé : mais 
où sont les neiges cl' — ? (Villon). 

AKTARCTIQl'E, adj., qui est opposé au pôle 
arctique ou septentrional : pôle — . 

ANTÉCÉDEMMKNT, adv., antérieurement, pré- 
cédemment ; peu us. 

ANTÉCÉDENT, E, adj., qui précède dans l'ordre 
des temps -.Procédure antécédente. 

ANTÉCÉDENT, S. m., fait précédent, antérieur 
par rapport à un autre fait : Pour décider cette 
question, nous avons des antécédents. = Les — 
d'une personne, les laits principaux de sa vie pas- 
sée. Il a de bons, de mauvais — . =: Gramm., tout 
mot auquel le pro. qui, lequel, etc., se rapporte. 
= Math., le premier des deux termes d'un rapport. 

ANTÉCESSEUR, s. m. , titre donné autrefois à un 
professeur en droit dans une université. 

ANTECHRIST, s. m., l'eunemi du Christ == Im- 
posteur qui doit venir à la fin des temps pour cUer- 
cher à corrompre les fidèles. 

ANTÉDILUVIEN, NE, adj., qui a existé avant 
le déluge : animaux antédiluviens. |j Fam., antique. 

ANTENNE, s. f., vergue longue et mobile qui 
soutient la voile triangulaire de certains bàliments. 
=: Hist. nat.; appendices articulés et mobiles que 
certains insectes portent sur la têlc, et que l'on re- 
garde comme des organes du toucher. 

AIVTÉOCCUPATION, s. f., Y. Prolepse. 

ANTÉPÉNULTIÈME, adj. et s. f., qui précède 
la pénultième. 

ANTÉRIEUR, E, adj., qui précède. 11 exprime 
un rapport de lieu et de temps : un fait — . Ma 
dette esf antérieure ù la sienne. =: Gramm.; Passé 
— , futur — , temps qui exprime une action passée 
antérieurement à une autre action. 

ANTÉRIEUREMENT, adv., précédemment. 

ANTÉRIORITÉ, s. f., priorité de temps : — 
d'une découverte, d'une invention. 

ANTHÈRE, s, f., sommet des étamines : l' — con- 
tient la pomsiôre fécondante des végétaux (Ac.) 

ANTHOLOGIE, s. f., choix, collection de fleurs; 
peu us. au propre. || Recueil de petites pièces de vers 
choisis : F — française, grecque. 

ANTHRAX, s. m., tumeur inflammatoire affec- 
tant le tissu cellulaire sous-cutané, et se terminant 
toujours par la gangrène. 

ANTHROPOLOGIE, S. f., histoire naturelle de 
l'homme : V — s'applique à déterminer et à classer 
les diverses races humaines. (Ac.) =: Science de la 
structure et des fonctions du corps humain. = Traité 
de l'économie morale de l'homme. 

ANTIIROPOMANCIE, s. f., divination faite par 
l'inspection des entrailles d'une victime humaine. 

ANTIIROPOaiORPmS3ïE, s. m., doctrine de 
ceux qui attribuent à Dieu une forme humaine. 

ANTHROPOMORPIUSTE, s. m. , ancien sectaire, 
qui attribuait à Dieu une forme humaine. 

ANTHROPOPILYGE, adj. et s. m., qui mange 
Ue la chair humaine : peuple — . 

ANTHROPOPHAGIE, s. f., habitude ùe manger 
delà chair humaine. 

ANTIAPOPLECTIQUE, adj., se dit des remèdes 
pour combattre ou prévenir l'apoplexie. 

A?ITIB£S, ch.-l. de caaton (Alpes-Maritimes). 



50 ANT 

ANTICHAMBRE, s. f., pièce d'entrée d'un ap- 
partement. Faire — , attendre le moment d'être in- 
troduit. Faire faire — , faire attendre quelqu'un 
avant de le recevoir. Propos d' — , propos de laquais. 

ANTICHRÈsÈ^s. f., abandon des revenus d'une 
propriété pour les intérêts d'un emprunt : V — est 
ù l'immeuble ce que le gage est au meuble. 

ANTICHRÉTIEN, NE, adj., opposé à la religion 
chrétienne : maximes antichrétiennes. 

ANTICIPATION, s. f., action de faire une chose 
avant l'époque déterminée : — de paiement. = Es- 
pèce d'emprunt remboursable sur les perceptions à 
faire. = Usurpation faite sur un droit, un bien. =: 
Par — , loc. adv., avant le temps. 

ANTICIPÉ, E, adj., qui arrive, qu'on éprouve 
d'avance : Une joie, une vieillesse anticipée. 

ANTICIPER, V. a., prévenir, devancer une 
époque : — le temps, le terme. — un paiement. — 
un appel, faire assigner l'appelant. = V. n., empié- 
ter, usurper : — sur les droits de quelqu'un. — suv 
son voisin. |j — sur ses revenus, en dépenser une par- 
tie d'avance, — sur les faits, donner à un fait une 
date antérieure à celle qu'il a. 

ANTIDARTREUX , EUSE, adj. et S. m., se dit 
des remèdes contre les dartres. 

ANTIDATE, S. f., fausse date, antérieure à la 
date véritable. 

ANTIDATER, v. a., mettre une date antérieure 
à celle du jour où l'on écrit : — une lettre, un acte. 

ANTIDOTE, s. m., contre-poison. 1| Préservatif: 
il n'y a pas de meilleur — contre l'ennui que le tra- 
vail (Ac.) 

ANTIENNE, S. f. , espèce de verset que le chan- 
tre dit avant un cantique, et qui se répète après tout 
entier : entonner une — . || Chanter toujours la même 
— , répéter toujours la même chose. 

ANTIFÉBRILE, adj. V. FÉBRIFUGE. 

AXTIGOXE, un des généraux et des successeurs d'Alexan- 
dre. Il fut un moment maître de la plus grande partie de 
l'Asie; tué à Ipsus(30l).= Antigone, ûlle dŒdipe et de 
Jocaste. Il S. f. . modèle de piété filiale. 

ANTILAITEUX, EUSE, adj., propre ù faire 
passer le lait et à guérir les maladies qu'il cause. 

ANTI-LIBAN, une des chaînes du Liban. 

ANTILLES (les), archipel entre l'Amer, du N. et celle 
du S., dans l'océan Atlantique. 

ANTILOGIE, S. f., contradiction d'idées entre les 
diverses parties d'un discours ou d'un ouvrage. 

ANTILOPE, s. f., genre de ruminants à cornes 
creuses : les gazelles appartiennent au genre des an- 
tilopes (Ac.) 

ANTIMOINE, s. m., métal d'un blanc bleuâtre, 
cassant, pulvérisable et d'une texture lamelleuse. 

ANTIMOMAL, E, ou ANTIMONIÉ, ÉE, adj., 
qui appartient à l'antimoine, qui contient de l'anti- 
moine. 

ANTINOMIE, s. f., contradiction réelle ou appa- 
rente entre deux lois : concilier des antinomies: 

ANTIOCHE, vil. de Syrie. Patrie de saint Jean Chry- 
sostome. 

ANTIOCHUS, nom patronymique porté par treize rois 
de Syrie, descendants de Séleucus. 

ANTIPAPE, s. m., celui qui oppose son autorit<5 
comme pape à celle du pape canoniquement élu : 
dans le grand schisme d'Occident , on a vu en même 
temps deux antipapes (Ac.) 

AXTIPATER, lieutenant de Philippe et d'Alexandre. 

ANTIPATHIE, s. f., aversion naturelle : /'m/c- 
rieur des familles est souvent troublé par des anti- 
pathies (La Br.) Ij Se dit des choses qui n'ont pas 



d'affinité : Veau et l'huile ont de V — (Âc.) || Oppo- | 
sition désagréable de couleurs. V. Haine. 

ANTIPATUIQUE , adj., contraire, opposé : des 
caractères, des humeurs amipatuiques. = Fam, : cet 
homme m'est —, j'ai de l'anlipatiùe pour lui. 

AXTIPÉRISTASE, s. f., action de deux qualités 
contraires, dont l'une augmente la force de l'autre. 
= Action de deux forces morales qui se combattent. 

ANTIPESTlLEîVTIEL, LE, adj., se dit des re- 
mèdes et des préservatifs contre la peste. 

ANTIPHILOSOPHIQUE, adj., opposé à la phi- 
losopliie. 

ANTIPHLOGISTIQUE, adj., propre à combattre 
rinflammalion. 

ANTIPHOIVAIUE OU ANTIPHOMER , s. m., 
livre d'église où se trouvent notés les antiennes. 

ANTIPHRASE, S. f., figure, emploi d'un mot 
ou d'une phrase dans un sens contraire à sa véri- 
table signification. En parlant d'un fripon, on dit 
par — : cet honnête homme (Ac.) 

ANTIPODE, s. m., celui qui habite un point de 
la terre diamétralement opposé à celui où l'on est : 
ces peuples sont nos antipodes. || Fam. Cet homme est 
r — du bon sens, déraisonne. =r Se dit des- lieux : 
tel pays est V — ou — de tel autre. Aller aux anti- 
podes ; fam. Je voudrais que cet homme fût aux — , 
bien loin. 

ANTIPSdRIQUE. adj. et s. m., se dit des médi- 
caments employés contre la gale. 

ANTIPTOSE, s. f., gramm., emploi d'un cas 
pour un autre. 

ANTIPUTRIDE, adj. et s. V. Antiseptique. 

ANTIPYRIQUE, adj., propre à combattre la sup- 
puration. 

ANTIQUAILLE, s. f., chose antique, de peu de 
valeur : ces meubles sont des antiquailles, sont 
vieux, usés. 

ANTIQUAIRE, s. m., homme qui se connaît aux 
monuments antiques, 

ANTIQUE, adj., très-ancien, ce qui subsiste de- 
puis un temps très-reculé : monnaie — , statue — . 
Les mœur^ ANTIQUES (Boss.) Des abus 7ie sont pas saints 
pour être — (La H.) = D'une grande probité : homme 
d^une vertu — . || de mœurs — , qui a le caractère de 
l'antiquité : ouvrage d'une simplicité, d'une majesté 
— (Ac.) = Passé de mode : meubles — ; ir., en 
parlant des personnes. : c'est une beauté — . // a 
l'air — . = S. m., se dit des ouvrages de l'antiquité : 
Étudier V — . Cela est dessiné d'après V — . = S. f. , 
ce qui nous reste de l'antiquité, armes, médailles, 
vases, statues : — très-curieuse. Le cabinet des — 
(Ac.) = A V — , loc. adv., d'une façon antique, à 
l'ancienne mode. V. Vieux. 

ANTIQUITÉ, s. f., ancienneté très-reculée : 
temps vénérable par son — (Ac). = Les temps, les 
siècles éloignés : les héros, les sages de l' — . :=Col- 
lectiv., les hommes qui ont vécu dans des siècles fort 
éloignés du nôtre : vous ne verrez rien de pareil dans 
toute l'—. Il Se dit des monuments de l'antiquité : 
On voit près de celte ville une belle — ; dans ce sens, 
on l'emploie surtout au pi. : l'étude des antiquités. 
Les — de Rome (Ac). = Connaissance de l'anti- 
quité sous le rapport des usages, des langues, etc. 

AXTISCIË.NS, s. m. pi., géogr. aac, peuples' qui ha- 
bitent sous la mèrne longituile, les uns en deçà, les autres 
au delà de Téquateur, et dont à midi les ombres sont op- 
posées. 

ANTISCORBUTIQUE, adj., propre à guérir lo 
Bcorbut ; plante, sirop — . = S. m. : u» — (Ac.) 



APA 

ANTISEPTIQUE, adj. et s., propre à arrêter les 
progrès de la gangrène, de la pourriture. 

ANTISOCIAL, E, ailj., qui tend à la dissolution 
de la société : doctrine antisociale. 

ANTISPAS3I0DIQUE, adj., qui sert contre les 
spasmes : potion — . = S. m. 

ANTISTHÈXES, philosophe grec, chef de la secte des 
Cyniques. 

ANTISTROPHE, s. f., seconde strophe de la 
poésie lyrique dans les chœurs de la tragédie (,'rec- 
que. = Renversement de deux termes : le serviteur 
du maître ou le maître du serviteur. 

ANTITHÈSE, s. f . , opposition de pensées ou de 
mots : petit dans le grand, et grand dans le petit. 

ANTITHÉTIQUE, adj., qui tient de l'antithèse, 
rempli d'antithèses : style — . 

ANTIUM, vil. de l'ancien Latium. C'est sur l'eraplacennent 
qu'elle occupait, dans les ruines du palais de Néron, qu'on a 
trouvé, en lb03, l'Apollon du Belvédère. 

ANTIVERMINEUX, EUSE, adj. V. Vermifuge. 

ANTOINE (MARC-}, lieutenant de César et triumvir avec 
Lépide et Octave. Vaincu par ce dernier à Actium, il se réfu- 
gia à Alexandrie et s'y donna la mort. 

ANTOXIX LE PIEUX, sage empereur romain, adopté 
par Adrien, auquel il succéda. Son règne (138-161 ap. J.-C.) 
fut si heureux que ses successeurs voulurent porter son nom. 

ANTONOMASE, s. f., substitution d'un nom 
commun à un nom propre, ou d'un nom propre à un 
nom commun : l'orateur romain pour Cicénon, un 
Zoïle pour un méchant critique. 

Al^îTRE, s. m., caverne profondément enfoncée 
et cachée : l' — d'un lion. = Lieu où il est dangereux 
de pénétrer : je le traînai hors de son — tencbretur 
(Fén.) V. Caverne. 

ANÏRUSTION, s. m., volontaire qui chez les Germains 
suivait les princes dans leurs entreprises. 

ANUITER (S'), V. pr., s'exposer à être surpris 
en route par la nuit; peu us. 

ANUS, s. m., orifice du rectum : appliquer des 
sangsues à V — . 

ANVERS., v. de Belgique, ch.-I. de la p. de son nom. 

ANXIETE, s. f., état d'angoisse, tourment d'es- 
prit : cette longue et pénible — me suivait partout 
(J..J.) rrr. Méd., agitation, avec sentiment de gône 
et de resserrement au cœur. V. Transe. 

ANXIEUX, SE, adj. méd., qui exprime l'anxiété. 

AORISTE, s. m., temps de la conjugaison grec- 
que qui répond à notre passé indéfini. 

AORTE, s. f., principale artère du corps humain 
qui naît du ventricule gauche du cœur : V — pecto- 
rale, abdominale. = Adj., l'artère — . 

AORTIQUE , adj., qui a rapport à l'aorte. Sijs- 
tème — , ensemble des artères fournies par l'aorte. 

AOSTE ou CITÉ D'AOSTE, vil. des États sardes dans 
la vallée de son nom. 

AOÛT, S. m. (pron. dût), huilit'me mois de 
l'année. || L' — , la moisson: avant l'AOÎT,foi d'ani- 
mal (La F.) .= La mi-août, le quinzième jour du 
mois d'août. Nuit du 4 — 1789, où la noblesse et 
le clergé firent un abandon volontaire de leurs prl- 
vilégc<s. Journée du 10 — 17 92, qui fit passer 
Louis XVI des Tuileries à la prison du Temple. 

AOÛTER. v. a., ne s'emploie qu';iu part. 
AotiTÉ,^ E, mûri par la chaleur du mois d'août. 

AOÛTERON, s. m., journalier loué pour les tra- 
vaux de la moisson; vieux. 

APAGOGIE, 8. f., preuve d'une proposition par 
l'absurdité de la proposition contraire. 

APAISEMENT, s. m., action d'apaiser, état de 
ce qui est apaisé : V — des passions, des troubles, etc. 



APH 



52 



A1»AISER , V. a. , ramener à un état paisible ; — un 
furieux. || Calmer l'agitation, la violence de quelque 
chose : — les murmures, une sédition, les troubles. 
— la colère, la douleur, le désespoir. — la faim, la 
soif. — les flots. = S' — , V. pr,, se calmer. 

§ APAISER, CALMER, PACIFIER. On apa::se ce 
qui est irrité, emporté. On calme ce qui est agité, troublé. 
On pacifie ce qui est en guerre. 

APANAGE, s. m., terres ou revenu que les souve- 
rains assignent à leurs puînés : donner en — . Ces apa- 
nages sont réversibles à la couronne. \\ Ce qui est le 
propre de quelqu'un : la raison est V — de l'homme 
(Ac.) Les grâces et la beauté sont V — de la femme 
(Bulï.) Il Conséquences d'une chose : les infirmités 
sont le triste — de la nature humaine (Ac.) 

APANAGER, v. a., donner un apanage à : — un 
prince. Un prince apanage. 

APANAGISTE, adj. et s., qui a un apanage. 

À-PART. V. Part. 

APARTÉ, S. m., ce qu'un acteur prononce à part 
sur le théâtre : les kVKKTÈs doivent être rares et courts 
(Ac.) L'abus des xvaktés jette de la froideur dans une 
icêne (La H.) = Adv. : ce vers doit dire dit — . 

APATHIE, s. f., état d'engourdissement des fa- 
cultés morales. H Indolence, insensibilité de cœur : 
tomber dans l' — . S'endormir dans les bras de V — 
(Did.) Tirer, réveiller quelqu'un de s07i — . 

APATHIQUE, adj., qui est insensible à tout. 

APELLES, peintre célèbre de ranliquité dont il ne nous 
l'st rien resté. # 

APENNINS, chaîne de montagnes qui traverse l'Italie 
du N.-O. au S.-E. 

APEPSIE, S. f., mauvaise digestion. 

APERCEVABLE, adj., qui peut être aperçu. 

APERCEVOIR, v. a., commencer à voir, voir 
d'une manière imparfaite : Je ne fis que V — , et il 
disparut. \\ Saisir par l'esprit, comprendre : — les 
beautés et les défauts dans une composition littéraire. 
= Remarquer^ reconnaître comme évident : on est 
mort avant qu'on ait aperçu qu'on pouvait mourir 
(Fléch.) = Suivi d'im infinitif, voir : J'aperçois venir 
sa mortelle ennemie (Rac.)=: Abs., recevoir la per- 
ception : le premier et le moindre degré de connais- 
sance, c'est d' — (Cond.) = S' — , v. pr., se voir ra- 
pidement : ils se sonf aperçus de loin. =i Remarquer : 
ils se sont aperçus de l'erreur (Ac.) V. Voir. 

APERÇU, s. m., vue rapide, coup d'œil jeté sur 
quelqu'un : je n'ai sur cet objet qu'un — (Ac.) = 
Exposé sommaire : un — de la pièce. = Estimation 
approximative : il nous a fait le compte par — . 

APÉRITIF, IVE, adj., qui ouvre l'appétit; qui 
rétablit la liberté dans les voies biliaires, etc. : 
tisane apéritive. = S. m., les apéritifs. 

APÉTALE, adj., qui est sans pétales. = 8. f. pi., 
les apétales. 

APETISSER, V. a,, rendre plus petit, accourcir : 
— un bâton. On dit plus ordinairement : rapetisser. 
= V. n., devenir plus court. On dit mieux : raccour- 
cir. = S' — , V. pr., devenir plus court. 

APHÉLIE, S. m., point de l'orbite d'une planète 
où ellQ est le plus éloignée du soleil : F — de la terre. 
= Adj . f. : la terre est — (Ac.) 

APHÉRÈSE, s. f., retranchement d'une syllabe 
ou d'une lettre au commencement d'unmot.= Chir., 
action de retrancher du corps une partie quelconque. 

APHONIE, s. f., perte plus ou moins complète 
de la voix. 

APHORISME, s. m., maxime ou sentence en peu 
de mots : les aphorismes d'Hippocratè. 



APO 

APHRODITE, s. f., im des noms de Vénus. = 
Genre d'annélides dorsibranches. 

APHTHE, s. m., petit ulcère blanchâtre sur la 
muqueuse de la bouche et du tube digestif. 

APHYLLE, adj., dépourvu de feuilles. 

API, s. m., petite pomme ordinaire, colorée d'un 
rouge très-vif: des pommes d' — . 

APICULTURE, s. f., éducation des abeilles. 

APIS, taureau sacré qu'adoraient les Égyptiens. = Cons- 
tellation méridionale. 

APITOYER, v. a., toucher de pitié : rien ne peut 
V — . =: S' — , v. pr., compatir, témoigner sa pitié : 
s* — sur des maux imaginaires (Volt.) 

APLAIGXER , V. a,, faire sortir la laine de la 
surface du drap et en diriger les brins du même côté. 

APLANIR, V. a., rendre uni ou plane ce qui 
était inégal, niveler : — un chemin, des allées. \\ 
Rendre facile, lever ; — les obstacles^ les difficultés. 
= S' — , V. pr. , les dieux veulent que les montagnes 
s'aplanissent (Fén.) 

APLAMSSEMEXT, S. m., action d'aplanir ; état 
de ce qui est aplani : F — des allées d'un jardin. 

APLATIR, V. a., rendre jjlat-: cette surface est 
trop bombée, il faudrait un peu V — (Ac.) = S' — , 
devenir plat : la balle vint s' — contre la muraille. 

APLATISSE3IEXT, s. m., action d'aplatir; état 
de ce qui est aplati : V — de la terre aux pôles. 

APLATISSEUR, s. m., celui qui aplatit. || Ir. Les 
aplatisseurs du globe terrestre (Voll.) 

APLATISSOIR, s. m., instrument pour aplatir. 

APLATISSOIRE, S. f., couple de cylindres pour 
aplatir le fer. 

APLET, s. m., (iletpour prendre le hareng et des 
poissons de la même grosseur. 

APL03IB, s. m., ligne perpendiculaire au plan de 
l'horizon : ce mur tient bien son — (Ac.) || Assu- 
rance dans la manière de se présenter, d'agir, de 
parler : ce jeune homme manque d' — . = Peint. : 
cet artiste pèche par les aplombs (Ac.) = D'aplojîb, 
loc. adv., perpendiculairement : cette ligne tombe 
d' — . = Être d'aplomb, être ferme sur ses jambes. 
Retomber d' — , en équilibre. 

APOCALYPSE, s. f., livre canonique qui contient 
les révélations faites à saint Jean dans l'île de Patmos : 
Les figures deV — . \\Stijled' — , style obscur. || Fam. : 
c'est le cheval de V — , se dit d'un mauvais cheval, 

APOCALYPTIQUE, adj., dans le genre de l'apo- 
calypse, difficile à comprendre : style — . 

APOCOPE, s. f. , suppression d'une lettre ou d'une 
syllabe à la fin d'un mot = Chir.; fracture dans la- 
quelle une partie de l'os a élé enlevée. 

APOCRISIAIRE, s. m., fonctionnaire chargé de 
l'expédition des édits des empereurs grecs ; messager 
de l'empereur. = Autrefois, nonce du pape ou du 
patriarche. 

APOCRYPHE, adj. supposé, dont l'autorité est 
douteuse : auteur, nouvelle — . 

APOCYNACÉES ou APOCYNEES, S. f. pi., fa- 
mille de plantes dicotylédones et monopétales, rem- 
plies d'un suc laiteux. 

APODE, adj., sans pieds, se dit des poissons qui 
n'ont pas de nageoires ventrales. 

APOGÉE, s. m., pojnt où une planète se trouve 
à la plus grande distance de la terre : V — du soleil. 
Il Le degré le plus élevé : il est à V — de la gloire. 

APOGRAPHE, s. m., copie d'un écrit original 
par opposition à autographe. 

APOLLINAIRE, adj., se dit des jeux qu'on célé- 
brait à Rome en l'honneur d'Apollon. 



ÀPO 



53 



APOLLON, le dieu des beaux-arts et de la poésie; le 
dieu du Parnasse : les favnris d' — , les poètes. = Espèce 
de théorbe. = Grand papillon de jour qui habite les Alpes. 
APOLLOXIES, s. f. pi., fêtes consacrées à Apollon. 

APOLLONIUS DE RHODES, poète épique grec que 
"Virgile a imité dans le IV^ chant de son Enéide. 

APOLOGÉTIQUE, adj., qui contient une apolo- 
gie ; écrit à la louange de quelqu'un : discours — . = 
S. m., /'— , la défense des chrétiens par TerluUien. 

APOLOGIE, s. f., discours pour défendre ou jus- 
tifier : faire une — . écrire V — de quelqu'un. \\ Ap- 
probalion : la piété fera V — de sa conduite (Mass.) 

§ APOLOGIE, DÉFENSE, JUSTIFICATION. L'a- 
pologie répond à des reproches généraux; la défense à une 
accusation expresse et précise. L'une s'adresse au public et 
l'autre aux juges. La justification est le but de l'une et de 
l'autre ; on emploie encore ce dernier mot pour exprimer 
une démonstration complète ou l'assurance du succès. 

APOLOGISTE, s. m., celui qui fait l'apologie de 
quelqu'un ou de quelque chose : Un — maladroit. 

APOLOGUE, s. m., fable ou récit allégorique : 
les APOLOGUES de La Fontaine (Volt.) 

APONÉVROSE, s. f., membrane blanche, lui- 
sante, très-résistante, qui tantôt enveloppe les mus- 
cles, tantôt fournit un point d'attache aux faisceaux 
musculaires ; — brachiale, tibiale. 

.(VPOPIITIIEG/JIE, s, m., parole mémorable d'un 
personnage illustre : les apophthegmes des sept sages 
de la Grèce. Ir., ne parler que par — , d'une manière 
sentencieuse. 

APOPHYSE, s. f., partie saillante des os. 

APOPLECTIQUE, adj., qui appartient à l'apo- 
plexie. = Disposé à l'apoplexie, sujet à des attaques 
d'apoplexie. =: S. m. : un — . 

APOPLEXIE, s. 1., privation subite des sensa- 
tions et du mouvement : — foudroyante. Coup d' — . 

APOSlOPÈSE, s. f. V. Réticence. 

APOSTASE, s. f., formation d'un abcès. 

APOSTASIE, s. f., changement de religion et 
surtout abandon de la foi chrétienne : tomber dans 
l' — . = Action d'un religieux qui renonce à ses 
vœux ; abandon d'une doctrine, d'un parti. 

APOSTASIER, V. n., renoncer à sa foi religieuse. 
Il Abs., abandonner un parti. 

APOSTAT, adj. et s. m., celui qui a changé de 
religion, renié ses vœux ou abandonné ses opinions 
politiques : chrétien, moine — . Julien V — . 

APOSTÈME, s. m. V. Apostume. 

APOSTER, V. a., poster quelqu'un dans un en- 
droit pour observer ou pour exécuter quelque mau- 
vais dessein : — des espions, des assassins. 

APOSTILLE, s. f., annotation en marge, addi- 
tion au bas d'un écrit : l' — d'une lettre. = Recom- 
mandation ajoutée à une pétition, à un mémoire : 
donner, refuser une — , 

APOSTILLER, v. a., mettre une apostille. 

APOSTOLAT, s. m., ministère d' apôtre. |1 Pro- 
pagation de doctrine. 

APOSTOLIQUE, adj., qui procède des apôtres : 
doctrine — . = Qui tient des apôtres, digne des 
apôlrfs : des hommes apostoliques, vie, zèle — . 
= Qui émane du saint-siége ; bref, nonce — . 

APOSTOLIQUOIENT, adv., à la manière des 
iipôtres : prêcher — (La Dr.) 

APOSTROPHE, s. f. , figure par laquelle l'orateur 
s'interrompt tout à coup pour adresser la parole à 
des objets présents ou absents. |1 Trait mortifiant 
adressé à quelqu'un : vigoureuse — . 1| Fam. coup 
violent : une — «tt milieu de la face. = Gramm., 
[.etit signe (') qui marque l'élision. 



APP 

APOSTROPHER, v. a., adresser directement la 
parole. Il Adresser de vives remontrances à quel- 
qu'un, le mortifier : il l'apostropha en pleine rue. 
Il Fam. : — quelqu'un d'un souJ)îet , d'un coup de bâton, 
lui appliquer un soufflet, un coup de bùlon. 

APOSTUME, s. m., abcès, tumeur. 

APOSTUMER, V. n., suppurer; peu us. 

APOTHÈME , s. m.. , perpendiculaire menée du 
centre d'un polygone régulier à un de ses côtés. || 
Nom donné à un précipité brun qui se forme peu à 
peu dans les dissolutions des extraits végétaux. 

APOTHÉOSE, s, f., déification des empereurs 
romains et des héros de la fable : V — d'Auguste, 
d'Enée. || Honneurs extraordinaires dispensés par l'o- 
pinion publique. V. Déification. 

APOTHICAIRE, s. m., celui qui prépare ou vend 
des drogues ou médicaments. Aujourd'hui, pharma- 
cien est plus us. \\ Mémoire d' — , compte sur lequel 
il y a beaucoup à rabattre. Faire de son corps une 
boutique' d' — , prendre trop de drogues. 

APOTHICAIRERIE, 8. f., magasin ou officine de 
drogues d'apothicaire. On dit plus souvent phar- 
macie. = Art de l'apothicaire. 

APOTOME, s. m., différence de deux quantités 
incommensurables. 

APÔTRE, s. m., nom donné aux douze disciples 
que Jésus-Christ chargea de prêcher l'Évangile : 
les princes des apôtres saint Pierre et saint Paul. =z 
Nom donné aux douze pauvres à qui on lave les pieds 
le jeudi saint. :=: Celui qui le premier a prêché la 
foi dans un pays : saint Denis est V — de Paris (Ac.) 
Il Celui qui propage une doctrine , une opinion : 
les — de l'erreur, de l'incrédulité (Id.) Ir. '.faire 
le bon —, contrefaire l'homme de bien. 

APOZÈME, s. m. , décoction chargée de substances 
végétales à laquelle on ajoute des sels, des sirops, etc. 

APPARAÎTRE, v. u., devenir visible, se rendre 
visible : Dieu apparut ù Moïse dans le buisson ardent. 
Un spectre lui apparut. Le spectre lui a apparu la 
nuit. Il a tressailli quand le spectre lui est apparu. 
r= Se montrer soudainement : ces génies extraordi- 
naires qui apparaissent à de longs intervalles (Ac). 
= V. impers. Il apparaît de loin en loin des hommes 
supérieurs. = Dr. : s'il vous apparaît que cela soit, 
= Chancell. Faire — de ses pouvoirs, communiquer 
ou notifier ses pouvoirs selon les formes. 

APPARAT, s. m., éclat, pompe; ir., ostenta- 
tion i discours d' — . Il met de V— dans ses moin- 
dres actions. = Petit dictionnaire français-latin à 
l'usage des commençants ; vieux. 

APPARAUX, s. m. pi., mar., l'ensemble des 
agrès, voiles, vergues, ancres, etc., et en outre l'ar- 
tillerie d'un vaisseau. 

APPAREIL, s. m., apprêts, préparatifs faits avec 
solennité, avec pompe ; grand — , lugubre — , l' — 
de la fête, de la mort; de grands appareils. Les cultes 
sont à la religion ce que V— est au pouvoir (Napol.) 
= Assemblage d'instruments propres ù une expé- 
rience, à une opération : — chimique, chirurgi- 
cal. =■ Bandes et compresses qu'on met sur une 
blessure : mettre, lever le premier — . = Haut ou 
grand — , bas — , les diverses méthodes suivant 
lesquelles on pratique la lithotoniie. = Assem- 
blage d'organes qui concourent à une même fonc- 
tion : — respiratoire. = Art de tracer la pose des 
pierres, hauteur des assises : une assise de bas, de 
haut — . 

APPAREILLAGE, B. m., préparatifs pour mettre 
à la voile. 



APP 



54 



APP 



APPA11EILLE]»IE]XT, s. m., action d'appareiller 
deux objets et surlout deux animaux. 

APPAREILLER, v. a., meltre ensemble des cho- 
ses pareilles, des animaux de même espèce : — des 
tableaux, des chevaux. = Tracer les épreuves sur 
un plan, etc. = V. n., meltre à la voile : Toute la 
flotte ARPAREiLLA. = S' — , v.pr., sc joindre à un 
de sei> pareils : gens dignes de s' — ,• ir. 

APPAREILLEUR, s. m., chef ouvrier qui trace 
la coupe de la pierre. 

APPARE3IMENT, adv., selon les apparences, 
vraisemblablement : il viendra — . On dit aussi : 

— qu'il viendra (Ac.) 

APPARENCE, s. f., ce qui apparaît, les dehors 
d'une chose, forme extérieure : celte maison a belle 
— . Il ne faut pas se fier à V — . Les apparences sont 
trompeuses. Sousl' — de la vertu. Elle prit d'une souris 
r — .(La F.) Sauter les — , faire en sorte qu'il no pa- 
raisse rien de blâmable; le monde récompense plus 
souvent les — du mérite que le mérite même (La Roch.) 
= Trace, vestige : il ne reste à cette femme aucune 

— de beauté (Ac.) = Vraisemblance, probabilité : il 
a réussi contre toute — . Quand les hommes éclairés 
disputent longtemps, il y a grande — que la ques- 
tion n'est pas claire {\o\\.)z=En — , loc. adv., exté- 
rieurement, d'après ce qui paraît : en — ils sont 
bons amis, en réalité ils se détestent (Ac.) 

APPARENT, E, adj., visible, manifeste : du bien 

— on ne lui en connaît point. =. Remarquable, con- 
sidérable : j7 a la maison la plus apparente de la ville 
(Ac.)= Spécieux, qui n'est pas tel qu'il paraît être : 
un prétexte —, des torts apparents. 

APPARENTER, v. a., donner à quelqu'un des 
parents par alliance : tâchez de bien — votre fille (Ac.) 
= S' — , s'allier à quelqu'un, entrer dans une fa- 
mille : s' — à la noblesse, ù la bourgeoisie. 

APPARIEMENT OU APPARÎMENT, S. m., ac- 
tion d'apparier. 

APPARIER, v. a., assortir par paire ou couple: 

— des gants, des chevaux, des tourterelles. = S' — , 
V. pr. : dans ce mois les pigeons s'apparient (Ac.) 

APPARITEUR, s. m., sergent d'une cour ecclé- 
siastique, := Huissier attaché à une faculté ; bedeau 
de l'ancienne Université. 

APPARITION, s. f., manifestation subite d'un 
objet jusqu'alors invisible, fantôme : l' — d'une co- 
mète, des esprits, des spectres. Vous croyez aUx ap- 
paritions. = Par ext. : il n'y a fait qu'une —, il n'y 
est resté que peu de temps. 

APPAROIR, V. impers., il n'est us. qu'à l'inf. 
et à la 3^ pers. du sing. du prés, de l'ind., appa- 
raître , être constant ou manifeste : il appert par 
jugement du tribunal. S'il vous appert que cela soit. 

APPARTEMENT, s. m., logement composé de 
plusieurs pièces : un grand et bel — , de petits 
appartements. = Autrefois, cercle chez le roi : il y 
eut ce jour-là — aux Tuileries, à Versailles. 

APPARTENANCE, s. f., ce qui appartient à une 
chose : maison avec toutes ses appartenances. 

APPARTENANT, E, adj., qui appartient de 
bon droit : une maison ù lui appartenante (Ac.) 

APPARTENIR, v. n., être la propriété légitime 
de quelqu'un : ceite maison m'appartient. Cette mai- 
son, appartenant à mon père, me reviendra un jour de 
droit. = Être le droit, le privilège ou la prérogative 
de quel^qu'un : le droit de grâce appartient au souve- 
rain. = Être le propre, le caractère particulier de : 
In perfection «''appartient qu'à Dieu seul. Ils ont 
attribué aux corps ce qui n'appartient qu'aux es- 



prits (Pasc.) =r Faire partie ou dépendre de ; être 
de la famille de, être attaché à quelqu'un : cet ani- 
mal, cette plante appartient ù tel genre (Ac.) Je ne 
savais pas que ce laquais vous appartînt (Ac.)= Avoir 
une relation nécessaire, se rapporter à : cette ques- 
tion appartient ù la philosophie, au droit public, = 
Il appartient, v. impers., il convient à : il n' — 
qu'aux grands hommes d'avoir des défauts (La Roch.) 
= Par antiphrase : // vous — bien de vous plaindre , 
il vous sied mal de vous plaindre. ==. Dr., ainsi qu'il 
appartiendra, selon qu'il sera convenable. A tous 
ceux qu'il appartiendra , qui y auront intérêt. = 
S' — , V. pr., être son propre maître : l'homme sage 
et libre s'appartient (Boiste). 

APPAS., s. m. pi., chaimes extt'rieui'S; attraits 
qui captivent : les dames prennent souvent leurs — 
sur leur toilette [Girard). Le jeu a de grands — pour 
lui. La gloire a des — qui charment les grands 
cœurs (Corn.) 

§ APPAS, ATTRAITS, CD ARM ES. Une femme étale 
ses appas; elle plaît par ses attraits; elle rayit ou elle 
touche par ses charmes. 

APPÂT, S. m., pâture mise à un hameçon ou 
dans un piège : les vers, les moucherons sont de 
bons — pour prendre les poissons. \\ Ce qui attire : 
l'intérêt est un grand — pour bien des gens. Quittez 
ces vains plaisirs dont /'appât vous abuse (Boil.) 

§ APPAT, AMORCE, LEURRE. Le premier désigne 
quelque chose d'utile et d'important ; le second, quelque chose 
de petit et d'agréable : aussi dit-on mieux Vappût du gain, 
de l'or, du butin, et Vamorce du plaisir. Le leurre est un 
appât spécieux, faux, décevant. 

APPÂTER, V. a., attirer avec un appât : — des 
oiseaux, des poissons. = Mettre le manger dans le 
bec des petits oiseaux ; fam. : — un paralytique. 

APPAU3IÉ, E, adj., se dit d'un écu chargé d'une 
main qui est étendue et qui montre la paume. 

APPAUVRIR, V. a., rendre pauvre, réduire à la 
pauvreté : le luxe appauvrit une nation (Fén.) A 
force de polir une langue, on finit par /' — . || — un 
terrain, l'épuiser, en diminuer la fertilité'. = S' — , 
V. pr., devenir pauvre : un État s'enrichit par la 
paix et s'appauvrit par la guerre. Le sang s'appau- 
vrit, se décolore. 

APPAUVRISSEMENT, S. m., diminution pro- 
gressive de fortune ou de ressources : V — d'une fa- 
mille. Il L'-^ du sol, du sang, d'une langue. 

APPEAU, s. m., sifflet imitant le cri des oiseaux 
et servant à les attirer dans un piège. = Oiseau 
dressé à attirer les autres. 

APPEL, s. m., action d'appeler avec la voix ou 
autrement : ce cri est un — (Ac.) = Chasse, — de 
langue, action d'exciter un clieval ou un chien en 
donnant de la langue. || Faire un — à la charité 
publique, réclamer des secours. = Vérification de pré- 
sence des membres d'une assemblée, d'un corps : 
manquer ù V — . Faire V — nominal, pour que cha- 
que membre d'une assemblée donne son vote. = 
Signal donné par la trompette ou le tambour : 
battre /' — . On sonna V — . =^ Escrime , attaque 
faite par un simple battement du pied. || Provocation 
en duel. On dit mieux : cartel, défi. = Action d'ap- 
peler sous les drapeaux : l'appel de 1863. V — se 
fera au mois de war5. =Financ., faire un — de 
! fonds, demander le versement de nouveaux fonds. 
= Dr. , recours à un juge supérieur. Acte d' — . 
Cowr d' — . — comme d'abus. V. Abus. 1| J'ai tou- 
jours regardé comme un acte criminel V — des étran- 
gers (Napol.) 

APPELANT, E; adj., dr., qui appelle d'un ju- 



APP 

gement : il est — , elle est appelante — de ce ju- 
gement. z= s. U — et l'intimé. = Ois( au qui sert à 
appeler les autres. 

APPELER, V. a. , donner un nom à une personne, 
à une chose : Dieu appela le premier homme Adam. 
==. Désigner par le nom : j'appelle un chat un chat, 
et Rollel un fripon (Boil.); fam. = Désigner les per- 
sonnes et les choses par les noms qui leur convien- 
nent, donner un tilre d'honneur. On appelle avec 
raison l'histoire la sage conseillère des rois (Boss.) 
= Prononcer à haute voix les noms de ceux qui 
doivent être présents : — les soldais du poste ^ les 
témoins. Par ext. : — les lettres de l'alphabet. = 
Dr. : — une cause, les noms des parties. = Se servir 
de la voix ou de quelque signe pour faire venir quel- 
qu'un : ne pouvant plus V — de la voix, il l^appe- 
lait encore des yeux (Ac.) La brebis appelle son 
agneau. — des oiseaux an moyen d'un appeau ; — 
du secours^ au secours, ù son secours. \\ Recourir à : 
il appelle ù son secours le manège, la brigue (J.-J.) 
= Mander, faire venir, citer. — nn médecin, un 
confesseur. — en justice, en témoignage : Dieu ap- 
pela les eaux pour punir la terre couverte de crimes 
(Boss.) Par ext. : Dieu l'a appelé ù lui, il est mort. 

— sous les drapeaux, sommer de se rendre à l'ar- 
mée. Il — en duel, provoquer à un combat singulier. 

— sur quelqu'un le mépris, la haine du monde, les 
bénédictions du ciel. =: Convoquer : Polyeucte m'ap- 
pelle ù cet heureux trépas (Corn.) = Béclamer, com- 
mander : le crime appelle la vengeance de Dieu (Ac.) 
Il Inviter, exciter : le beau temps m'appelle ù la 
chasse. \\ Nommer à un emploi : — ù une chaire. =: 
Prédestiner, destiner : tout l'appelait ù la conquête 
du monde (Fén.) Beaucoup d'appelés, et peu d'élus. 
r=V.n., avoir recours à un tribunal supérieur: j'ap- 
pellerai de ce jugement ; — comme d'abus. V. Abus. 

— de, en — , ne pas se soumettre : J'en appelle ù 
votre témoignage ; fam. Il en a appelé, il a écliappé 
à une grande maladie. = Être appelé : je m'appelle 
Charles. = Fam., cela s'appelle parler, voilà qui 
s'appelle parler (Ac), c'est parier avec fermeté. || 
Se donner un tilre : il s^appela depuis César. 

APPELLATIF, IVE, adj.; gramm., qui appar- 
tient à toute une espèce : nom appellatif. On dit 
plus ordin. : nom commun. \ 

APPELLATION, 8. f., action d'appeler à haute 
voix : — des lettres. = Dr., appel d'un jugement : le 
jugement sera exécuté nonobstant opposition ou — . 

APPENDICE , s. m. , ce qui semble adhérent 
ou ajouté, prolongement d'une partie principale : 

— membraneux. = Supplément à la fin d'un ou- 
vrage. 

APPFNDICULE, s. f., petit appendice. 

APPENDRE, Y. a., pendre, suspendre à une 
voûte, à un mur, à un pilier d'église : des étendards 
APPENDUS aux voûtes de l'église des Invalides. 

APPENTIS, s. m., toit en auvent appuyé à un 
mur : se mettre ù l'abri de la pluie sous un — (Ac.) 

APPEXZELL, vil. et cant. de Suisse. 

APPERT (IL). V. Apparoir. 

APPESANTIR, V. a. , rendre plus pesant : l'eau qui 
avait pénétré leurs habits les avait appesantis (Fén.) 
Un sommeil gracieux avait soits ses pavots appesanti 
mes yeux (Boil.) \\Dieu a appesanti sa main, son bras 
sur ce peuple, il lui a envoyé des châtiments. = 
Par ext., en parlant du corps, rendre moins propre 
au mouvement, à l'action : l'ùge lui a appesanti 
là main, l'esprit, = S' — , v. pr. : devenir pesant, 
lourd : le corps et l'esprit s'appesantissent par Voi- 



) APP 

siveté. Il S' — sur un sujet, sur les détails, s'y arrê- 
ter trop longtemps. 

APPESA.\TISSEMENT, s. m., état d'une per- 
sonne appesantie au physique ou au moral. 

APPETENCE, s. f., désir instinctif d'une chose. 

APPETER, v. a., désirer vivement par instinct, 
par besoin : l'estomac appète les aliments (Jiuiï.) 

APPÉTISSANT, E, adj., qui excite l'appétit : 
mets —. Viande appétissante. Cela n'est guère — . 
Il Fam., attrayant. 

APPETIT, s. m., inclination qui nous porte vers 
un objet pour la satisfaction des sens ; — charnel, 

— pour la chair. Contenter ses appétits se7isncls.\\ 
Désir excessif, passion ardente : — désordonné 
des richesses, des grandeurs. || Envie de manger : 
avoir de V — . Être en — . Manger avec — .Bon 
— , souhait qu'on adresse à quelqu'un qui va man- 
ger. Il Homme de bon —, à qui tout semble bon. 
V — vient en mangeant, plus on a, plus on veut avoir. 

APPLAUDIR, v. n., battre des mains en signe 
d'approbation : dans le<i deux continents Zaïre est 
applaudie (I.a H.) \\ Donner son approbation : J'ap- 
plaudis à votre conduite, à voire dévouement. = 
V. a., accueillir par des applaudissements : — un 
acteur, une pièce, un discours, une tirade. = S' — , 
V. pr., se féliciter, s'estimer heureux. Il n'y a pas 
de quoi t' — . // s'applaudit beaucoup de son choix. 

APPLAUDISSEMENT, s. m., approbation ma- 
nifestée par des battements des mains ou par des 
acclamations : son discours fut suivi de grands ap- 
plaudissements. Il Suffrage éclatant : l'imitation est 
de tous les — le plus flatteur (Mass.) 

APPLAUDISSEUR , s. m., celui qui applaudit. 
Applauuisseurs payés, à gages; en mauv. part. 

APPLICABLE, adj., qui doit ou peut être appli- 
qué : — à une dépense, ù un sujet, ù une personne. 
Une loi — aux étrangers, aux mineurs. 

APPLICATION, s. f., action d'appliquer, de su- 
perposer une chose sur une autre : l' — d'un enduit 
sur un mur, des couleurs sur une toile. \\ Action d'ap- 
pliquer un principe, une maxime, un texte, un!^ loi 
à quelqu'un ou à quelque chose. Celte — est juste, 
heureuse, fausse. \\ Emploi d'une chose : l' — d'un 
remède, d'un procédé. L' — de la chimie aux arts 
industriels. — d'une somme à telle ou telle dépense 
(Ac). Il Attention soutenue : mettre toute son — . 

APPLIQUE, s. f., ornement appliqué sur des 
meubles : or d' — . Pièces d' — (Ac.) 

APPLIQUÉ, E, adj., qui s'applique, studieux. 

APPLIQUER, V. a., mettre une chose sur une 
autre, de manière qu'elle y adhère ou y laisse une 
empreinte : — un emplâtre sur l'estomac, de la bro- 
derie sur une étoffe, un cachet sur de la cire. — sa 
bouche, ses lèvres sur un objet. Abs., — un baiser. 
Il Fam. — un soufflet. — ù la question, mettre à la 
torture. || — son attcniion, son esprit. Abs. L'étude 
APPLIQUE, exige une attention soutenue. |1 Employer, 
consacrer. — un procédé, un remède. — une somme 
d'argent ù bâtir. — l'astronomie à la géographie ; 

— un passage, une règle, une loi ù un cas particu- 
lier. = 8'— , v.pr., apporter un soin extrême à quel- 
que chose, s' — au travail, à l'étude, aux sciences. 
Il s'applique ù me contrarier. \\ S'attribuer, prendre 
pour soi, s'approprier : Il s'applique toutes les louan- 
ges qu'on donne à la valeur (Ac) 

APPOINT, s. m., somme ou monnaie nécessaire 
pour compléter le solde d'un compte. 

APPOINTEMENT, s. m., règlenn-nt sur une 
affaire, pour parvenir kfla. juger par rapport. = 



APP 

S. m. pi., salaire annuel altaché à un emploi :.rou- 
cher de faibles, de gros appointements. 

§ APPOIMEMEXTS, É.MOLU.MEXTS, HONORAI- 
RES , CAGES, TRAITEMENT. Les émoluments sont 
les profits casuels, les avantages accidentels d' jne place. Les 
honoraires sont le prix de services rendus par des personnes 
qui exercent des professions libérales. Les appointements et 
le traitement sont le prix de fonctions publiques ou adminis- 
tratives. Les gages sont attachés au service des domestiques. 

APPOINTER, V. a., régler par un appointement 
en justice. =: Donner des ai)pointements : — un 
commis. — un homme d'une garde, d'une corvée, 
la lui imposer pour punition. 

APPORT, s. m., lieu, marché où l'on apporte 
les deni'ées : WPORT-Paris, place du Chàtelet; vieux. 

— d'actes, de pièces. =: Biens qu'un époux apport' 
dans la comirumauté. = Comm., mise de fonds. 

APPORTER, V. a., porter d'un lieu dans celui 
où est la personne qui parle ou dont on parle : — 
des livres, des lettres, des denrées. Parext., fournir 
pour sa part : dans cette société, l'un apporte son 
industrie, l'autre ses capitaux (Ac.)|| — la paix, 
la justice. = Employer, mettre : — du zèle, des 
soins à t'exarnen d'une affaire. — remède, remé- 
dier à une chose. — des facilités , des ohsiarlcs, 
rendre l'exécution facile, difQcile. = Citer, alléguer : 

— des raisons, des preuves. = Causer, produire : 
la guerre n'apporte jamais que du dommage (Ac.) 

APPOSER, V. a., appliquer, mettre : — le sceau 
impérial sur un acte; — m» cachet sur un certificat 
(Ac.) = Dr. : — le scellé, les scellés sur une porte ; 

— sa signature à un acte, le signer. H Insérer : — 
une clause à un contrat. 

APPOSITION, s. f., action d'apposer : — des 
scellés, du sceau , d'une signature. = Rapproche- 
ment , réunion des corps de même nature : /' — 
des minéraux. = Gramm. , complément explicatif, 
ex. : Attila, le fléau de Dieu. 

APPRÉCIABLE, adj., qui peut être apprécié par 
les sens : quantité, son — . 

APPRÉCIATEUR, TRICE, s., celui, celle qui 
apprécie : juste — du mérite (Ac.) 

APPRÉCIATIF, IVE, adj., qui marque l'appré- 
ciation : dresser un état — des marchandises. 

APPRÉCIATION, s. f., estimation de la valeur 
d'une chose : — d'un mobilier, du mérite de quel- 
qu'un. I! Juste — de nos forces, d'un fait historique. 

APPRÉCIER, V. a., estimer, évaluer une chose, 
en flxer le prix : — des meubles, une propriété. \\ 

— un ouvrage, un avis, le mérite d'une personne, la 
moralité d'une action. = S' — , v. pr., être appré- 
cié ou appréciable : cela peut s' — . Y. Estimer. 

APPRÉHENDER, v. a., saisir : — au corps. = 
Craindre, redouter : — le jugement du public, la 
mort; — de on que... V. Craindre. 

APPPÉIIENSIF, IVE, adj., timide, craintif, 

APPRÉHENSION, s. f., vague inquiétude ou 
crainte : être, vivre dansV — . L' — de la mort. =r 
Log., simple perception de l'esprit. Y. Crainte. 

APPRENDRE, v. a., acquérir quelque connais- 
sance : • — une langue, la grammaire, la musique, l'art 
de la guerre. Abs., On apprend toute sa vie. Qui sait 
écouter, sait — (Girard). = Retenir dans sa mé- 
moire : — quelque chose par cœur. — une leçon, des 
vers, un rôle. = Contracter l'habitude de, s'habituer 
à quelque chose : n'apprendrez -vous jarmafs à vous 
taire? (Ac.) J'avais un extrême désir d' — à. distin- 
guer le vrai d'avec le faux (Desc.)|| Enseigner, ins- 
truire, faire connaître : c'est lui qui m'a appris ce 



56 APP 

que je sais. Prov., les bêtes nous apprennent « vivre. 
Les guerres d'Asie apprirent le luxe aux Romains 
(Boss.) — à parler à quelqu'un, le forcer de parler 
avec plus de retenue. = Être informé ou averti : 
Qu'est-ce que j'apprends ? J'ai appris sa mort avec 
beaucoup de peine. Apprenez qu'il est parti hier.=z 
S' — , v. pr., être appris, s'apprendre Fun à l'autre ; 
les usages de la société s'apprennent en fréquentant 
le monde (Ac.) Y. Étudier. 

§ APPRENDRE, ENSEIGNER, INSTRUIRE, FAIRE 
SAVOIR, INFORMER. Ou nous apprend ce que nous 
ignorons, ce qui nous était inconnu ou caché; on nous ert- 
scigne les choses dont on nous donne des leçons, les langues, 
les arts, les sciences ; on nous instruit de ce que nous devons 
faire, de nos devoirs et de nos intérêts; on nous fait savoir, 
par lettre ou par message, ce qui s'est passé loin de nous ; 
on nous informe de ce qui peut nous intéresser. 

APPRENTI, E, s., celui, celle qui apprend un 
métier, qui est en apprentissage. |i Personne peu ha- 
bile dans son état : un —^ à la guerre. Il fait le doc- 
teur, il n'est qu'un — (Ac); dans ce sens il est aussi 
adj. •. nos apprentis rimeurs (La H.) 

APPRENTISSAGE, s. m., action d'apprendre 
un métier; temjts qu'on met à l'apprendre; mettre 
un garçon, une fille en — . L' — de la vie, de la po- 
litique. Faire V — du métier des armes, de la guerre. 

APPRÊT, s. m., préparatifs (dans ce sens on 
l'emploie au pi.) : faire /r.s apprêts d'une fête, d'un fes- 
tin. = Manière d'apprêter les cuirs, les étolfes, les 
toiles. = Substance, matière qui sert à apprêter : se 
servir pour — de la chaux, de la co//e.|| Affectation : 
un esprit plein d' — (Ac.) Il y a trop d' — dans son 
siijle. = Préparation des mets, assaisonnement des 
viandes. == Peinture sur verre ; vieux. 

APPRÊTÉ, E, adj., préparé. || Affecté, qui man- 
que de naturel : air, langage — . Y. Affecté. 

APPRÊTER, v. a., préparer, mettre en état : 
— ce qu'il faut pour un voyage. — le dîner. — à 
manger, ou abs., — , préparer les mets, — les cuirs^ 
les couleurs. — à rire, se rendre ridicule. == S' — , 
v. pr., se préparer, se mettre en état de faire quelque 
chose : s' — à partir. Je m'en vais seul au temph', où 
leur hijmen s'apprête (Rac.) = Abs., je vais m'ap- 
PRÈTER, m'habiller. 

APPRÉTEUR, s. m., celui qui fait la prépara- 
tion, qui donne l'apprêt. 

APPRIVOISEMENT, S. m., action d'apprivoiser. 

APPRIVOISER, V. a., dompter la férocité, ren- 
dre moins farouche : — un sauvage, un lion, des 
oiseaux (Ac.) 1| Rendre traitable : — l'envie (La H.) 
= S' — , V. pr., l'ours s'apprivoise aisément (Buff.) 
Il Se familiariser : s' — avec le danger ; fam. 

APPRIS, E, adj., ne s'emploie qu'avec les adv. 
bien, mal ; un homme mal, — ; ou s.; un mal — , un 
homme sans éducation, sans usage. 

APPRORATEUR, TRICE, s., celui, celle qui 
approuve une chose : une pareille conduite n'aura 
guère d' — . Elle est grande approbatrice de tout 
ce qui est nouveau (Ac.) = Adj. : geste, sourire — . 

APPROBATIF, IVE, adj., qui marque l'approba- 
tion. 

APPROBATION, S. f., action d'approuver, as- 
sentiment : donner, refuser son — . Autrefois les li- 
vres étaient imprimés avec — et privilège (Ac.) || Ju- 
gement favorable, suffrage, faveur. // a V — de tous 
les honnêtes gens. L'estime et V — dont vous jouissez 
dans le monde (Fléch.) 

§ APPROBATION , AGREMENT , CONSENTE- 
MENT. C'est après l'examen d'un livre qu'autrefois les cen- 
seurs donnaient leur approbation ou leur autorisation pour 



APP 



l'imprimer et le publier. îs'ous donnons notre agrément a 
une chose qui nous plaît cl nous convient. Le consentement 
lient à une conformité de vues et de volontés. 

APPROBATIVEMENT, adv., d'une manière ap- 

probative. 

APPROCHANT, E, adj., qui offre de la ressem- 
blance , de l'analogie : Deux couleurs fort appro- 
châmes l'une de Vautre (Ac.) Un homme — des dieux 
(La F.) Une vieillesse approchante de l'enfance. 

APPROCHANT, adv., à peu près, environ ; fam.: 
APPROCQANT DE, loc. adv., il cst — de huit heures, 
ou bien il est huit heures ou — (Ac.). 

APPROCHE, s. f., mouvement vers une personne 
ou une chose : ù V— de V ennemi, de la nuit, du 
danger, de la mort. Aux approches de l'hiver (Ac.) 
= Accès d'une place forte, d'un camp. Les — , tra- 
vaux continués jusqu'à la ville assiégée : les — de 
cette place coûtèrent bien du monde (Ac.) || Lunette 
d' , lunette qui, agrandissant l'angle visuel, sem- 
ble rapprocher les objets. Greffe en — ou par —, 
par le rapprochement de deux branches. = Impr., 
espace entre les lettres; réunion fautive de deux 
mots. 

APPROCHER, V. a., mettre ou placer auprès ; 
— une table, une chaise; — le canon de la place.\\ 
Avoir accès auprès de quelqu'un : — les grands, les 
puissants du jour. On ne saurait V — , il est d'un ac- 
cès dilTicile. Il Va approché de lui, il l'a admis dans 
son intimité. = V. n., être proche, s'avancer : 
Vonde approche (Rac.) || Le temps, la mort approche 
(Mass.) Le monde s'enfuit et Véternité approche (Id.) 
= Abs., approchez. \\ Avoir du rapport, de la, res- 
semblance avec, être près d'atteindre : plus une aris- 
tocratie approchera de la démocratie, plus elle sera 
parfaite (Mont.) Vous n'en approchez point (La F.) 
C'est la boule qui a le plus approché du but. = 
S' — , V. pr., venir proche de quelqu'un ou de quel- 
que chose, se mettre près de : approche-toi du feu. 
En s' approchant des grands, on s'étonne de les trou- 
ver si petits (Boiste). = Être proche ou sur le point 
d'arriver : /a nuit s' xpprocïie. L'éternité s'approche 
(Fléch.) V. Aborder. 

APPROFONDIR, v. a., rendre plus profond, 
creuser plus avant : — un fossé, un puits, un canal. 
Il Pénétrer dans la connaissance de quelque chose ; 
— une science, une question, un sujet. — les hom- 
mes (La Br.) = S' — , v. pr. : les mystères de la vie 
ne doivent pas trop s' — (Boiste). V. Creuser. 

APPR0F0ND1SSE3IENT, s. m., action d'ap- 
profondir. 

APPROPRIATION, s. f., action de s'approprier 
une chose : — d'une terre. = Chim., disposition 
de doux corps à se combiner par le concours d'un 
troisième. 

APPROPRIER, V. a., rendre propre à quelque 
chose, adapter : — son discours aux circonstances. 
Il faut — les lois aux mœurs , aux opinions , aux 
temps et même aux climats (Mont.) = Mettre en état 
de propreté : — une chambre, une maison. = S' — , 
V. pr., usurper la propriété, s'attribuer une chose 
comme acquise de droit : les hommes souffrent avec 
peine qu'on leur ôte ce qu'ils se sont en quelque sorte 
APPROPRIÉ par Vespérance (Vauv.) 

APPROUVÉ, adj. inv., se met au bas d'un acte 
qu'on approuve après lecture et examen : — Vécri- 
ture ci-dessus. 

APPROUVER, v. a., donner son approbation, 
son assentiment; autoriser par an témoignage au- 

Ienli'iue : — un contrat, un ouvrage. Le conseil de 



57 APP 

V Université a approuvé cet ouvrage. Le pape ap- 
prouva celte doctrine. Je ne puis que t'approuver. 
Il Juger louable, digne d'estime, louer : j'approuve 
vos sentiments. J'apprOUVE son style, mais non pas 
ses idées (Ac.) Dieu approuve ceux qu'il remplit de 
son esprit (Pasc.) = S' — , v. pr. : les hommes n'ont 
qu'une faible pente à s' — réciproquement (La Br.) 

APPROVISIONNEMENT, s. m., action d'appro- 
visionner : — d'une ville. =z Amas de provisions né- 
cessaires pour la subsistance : nous avons fait nos 
approvisionnements pour V hiver. 

APPROVISIONNER, v. a., faire un approvi- 
sionnement, fournir les provisions nécessaires à la 
subsistance : — une ville. = 8' — , v. pr. : Je me 
suis approvisionné de bois et de charbon. 

APPROXIMATIF, IVE, adj., fait par approxi- 
mation : calcul — , estimation approximative. 

APPROXIMATIDN, s. f., opération par laquelle 
on obtient la valeur approchée d'une quantité : Mé- 
thode d' — . Trouver Vinconnue par — . = Certain 
degré d'exactitude dans le langage, dans les idées 
et dans les jugements. =: Par — , loc. adv., d'une 
manière plus ou moins exacte ; jiiger par — . 

APPROXI3IATIVEMENT , adv. , d'une façon 
plus ou moins exacte, par approximation. 

APPUI, s. m., soutien, support : mettre un —, 
des appuis à un mur, donner un — à un arbre (Ac.) 
Sur quel roseau fragile a-t-il mis son — (Rac.) — 
d'une fenêtre, d'une balustrade. A hauteur d' — , 
à la hauteur ordinaire du coude. = — ou point 
d' — cVun levier. \\ Aide, protection : le plus sûr — 
de Vhomme est Dieu; tu seras V — de ma vieillesse. 
=■ Manège , ce cheval a V — lourd , il pèse à la 
main; il n'a point d' — , il a la bouche trop sen- 
sible. =r Gramm., intensité marquée de la voix sur 
une syllabe : Vaccent tonique marque un — de la 
voix sur la voyelle qui le porte (Ac.) = A V — de : 
loc. adv. et prépos. : à V — de ma demande; pièces 
à V — d'un compte, ou abs., pièces à V — . 

§ APPUI, AIDE, ASSISTANCE, SECOURS. L'ap- 
pui et Vaide se donnent à la faiblesse; \' assistance et le 
secours au besoin. Vappui est permanent, Vaide acciden- 
telle. Vassistance est bienfaisante, elle tire de peine, elle 
soulage ; le secours est salutaire, il arrache au péril, à la 
mort. 

APPUI-MAIN, s. m., baguette sur laquelle le 
peintre appuie la main qui tient le pinceau. 

APPUYÉ, adj. inv., formule d'assentiment à une 
proposition. 

APPUYER, V. a., soutenir à l'aide d'un appui : 

— une muraille par des piliers ; — un édifice par 
des arcs -boutants (Ac.) — «ne échelle contre le 
mur. — sur , poser sur , pour soutenir : — ses 
mains, ses bras, ses coudes sur une table (Ac.) H 

— wne demande. — sa défense sur sa faiblesse. = 
Tenir, diriger contre : — un pistolet, un poignard 
sur la poitrine.]] Manège : — V éperon à son cheval, 
et ellipt., — des deux, appuyer les deux éperons à 
un cheval. || Fortifier, soutenir : — son opinion sur 
de bonnes raisons, — ses prétentions de titres bien 
en règle. Il appuya ses paroles par de longs ser- 
ments. Il Chasse : — les chiens, les animer du cor 
et de la voix. = V. n., poser, être soutenu ; pe- 
ser fortement sur quelqup chose : les murs sur les- 
quels le plancher appuie. Pour bien écrire, il ne faut 
pas — . Il Insister : — sur un fait, sur une raison. 
Coûtez légèrement sur ces objets, de peur d'y enfon- 
cer en appuyant (Pasc.) — sur une note, sur un mot; 

— sur la droite ou à droite^ se porter du côté droit. 



APT l 

jl z= S' — contre la murnilh (Âc.) Je trouve que 
vous APPUYEZ un peu trop sur l'argent (Mol.) S' — sur 
l'autorité ou le crédit, ou s' — de l'autorité ou du 
crédit de quelqu'un (Âc.) 

APRAXIXE, feid-niaréchal des armées russes sous Elisa- 
beth, remporta sur les Prussiens la victoire de Jœgerndorf. 

ÂPRE, adj., qui a des aspérités : un chemin — 
et raboteux. = Rude : — au toucher. Par anal. : 
le feu, le froid est — . = Qui a de l'àerelé : les 
nèfles sont fort âpres an goût. = Dur à l'oreille : 
une voix rude et — (Ac.) || Dur, sévère, violent : ca- 
ractère, humeur — . (| Avide, cupide : homme — à 
l'argent, au gain. On dit d'un cliien rorace et au fig. 
d'un homme avide d'argent et de places : // est — 
ù la curée. 

ÂPREMEXT, adv., avec âpreté, d^une manière 
âpre : il l'a réprimandé — . 

APRÈS, prép., exprime un, rapport de temps, 
d'ordre , de lieu : — le déluge , — la naissance 
de Jésus -Christ, Tibère fut empereur — Auguste. 
Prov. : — la pluie le beau temps , la joie suc- 
cède souvent à la tristesse. — moi la fin du monde, 
arrive après moi ce qui voudra. = Marque d'infério- 
rité : L'argent vient — l'or et le platine. Il faut 
placer la gloire — la vertu. =: Suivant, à l'exem- 
ple de, conformément à : — tous les historiens. = 
A la poursuite de : les chiens courent — le lièvre 
(Âc.) Courir — les honneurs. Ellipt., les honneurs 
fuient l'homme qui court — (Mass.) = Fam., Être 
après quelqu'un, se mettre après quelqu'un, l'obsé- 
der, le harceler ; être — quelque chose, être occupé 
de quelque chose. Attendre — quelque chose, la dé- 
sirer vivement. Ne pas attendre — quelque chose, 
pouvoir s'en passer. = Api-ès, expression inlerrog. 
pour engager celui qui s'interrompt à continuer : 
il vous a dit qu'il me connaissait? — . = D'après, 
loc. prép., conformément à, selon : j'ai peint la vé- 
rité d' — nature (La Br.)= i)' — , loc. adv., qui vient 
après, d'ensuite : le jour, la semaine d' — . = Après 
cela, loc. adv,, puisqu'il en est ainsi : faisons, — , 
des projets de fortune (Mass.) = Après quoi, loc. 
adv., ensuite, après cela : travaillez, — vous vous 
reposerez. = Après tout, loc. adv., tout bien consi- 
déré : quel mal y a-t-il ù cela? = Après coup, loc. 
adv., trop fard : il est venu — . = Ci-après, loc. 
adv., ensuite, un peu plus loin ; comme on verra 
— . = Après que, loc. conj., gouverne l'ind. : — 
que vous eûtes chanté, il se relira. = Après se met 
devant les verbes au passé de l'infinitif : — avoir 
chanté. Fam., — boire, pour — avoir bu. 

APRÈS-DEMAIIV, adv., le second jour après 
celui où l'on est : il doit revenir — . S., si le len- 
demain est incertain, V — est encore moins sûr (Ac.) 

APRÊS-DIIXÉE, s. f., temps depuis le dîner jus- 
qu'au soir : il passe ses après-dînées en famille. 

APRÈS-3IIDI, s. f., temps de midi jusqu'au 
soir : une de ces après-midi. Il a été du masc. 

APRÈS-SOUPE E, s. f., temps entre le souper 
et le coucher : les bonnes après-soupées d'autrefois, 

ÂPRETÉ, s. f., qualité de ce qui est âpre : — 
du froid, des chemins, des fruits. \\ — d'àme, d'es- 
prit, des mœurs (J.-J.), — à l'argent, au gain. 

A PRIORI, A PROPOS. V. Priori, Propos. 

APRON, s. m., poisson d'eau douce du genre 
des perches. 

APSIDE. V. Abside. 

APT, s.-préf. du départ, de "Vaucluse. 

APTE , adj. , qui a les qualités requises : — 
à posséder, ù succéder (Ac.) = Qui a de la dis- 



; ARA 

position rour quelque chose : — ù apprendre. 

APTERE, adj. et s. m., sans ailes : des insectes 
APTÈRES, ou des aptères. 

APTITUDE, s. f., disposition naturelle : — aux 
mathématiques (âc.) — ù profiter des occasions 
(Vauv.)IIDr., capacité légale : — à tester. 

APULÉE ou APPULÉE (Lucius), romancier latin au- 
quet La Fontaine a emprunté le charmant sujet de Psyché. 

APULIE ou LA POUILLE, anc. p. de l'Italie mérid. 

APUREMENT, s. m., véritic;ition définitive d'un 
compte par laquelle le comptable est reconnu quitte. 

APURER, V. a.,opérer l'apurement d'un compte. 

APYRE, adj., inaltérable et infusible au feu. 

APYRÉTIQUE, adj., non accompagné de fièvre. 

APYREXIE, s. f., absente de fièvre; intervalle 
des accès de fièvre intermittente. 

AQUARELLE (pron. akoua dans ce mot et dans 
les quatre suivants), s. f., dessin au lavis, avec des 
couleurs transparentes délayées dans l'eau. 

AQUARELLISTE, s. m., peintre à l'aquarelle. 

AQUATILE, adj., qui vit. dans l'eau : plante — . 

AQUA-TINTA, S. f. inv., gravure à l'eau-forte, 
imitant le dessin au lavis. 

AQUATIQUE, adj., qui est le plus souvent dans 
l'eau: oiseaux, plantes aqvxtiqves (La. F.), ou sous 
l'eau, le peuple — . |1 Marécageux : terre — . 

AQUEDUC, s. m., canal en pierre pour conduire 
l'eau. = Anat., conduit : — du vestibule, du lima- 
çon, parties de l'oreille, 

AQUEUX, EUSE, adj., qui contient beaucoup 
d'eau ou qui en est formé : humeur aqueuse de l'œil 

AQUILA, vil. du roy. de Naples. 

AQUILAIRE, s. f., nom de la plante qui four- 
nit le parfum appelé bois d'aigle. 

AQUILÉE, vil. du Frioul (lllyrie, en Autriche). 

AQUILI3V, adj., d'aigle; courbé en bec d'aigle 

AQUILON, s. m., vent du Nord : le froid — . H 
Poét., tout vent froid et violent. 

AQUILONNAIRE, adj., d'aquilon, boréal. 

AQUITAINE, anc. p. située au S.-O. de la Gaule. 

ARA, s. m., gros perroquet à longue queue. 

ARABAT (FLÈCHE D'), langue de terre qui sépare la 
mer Putride de la mer d'Azof. 

ARAISE, s. m., originaire d'Arabie, n Usurier, crécfncier 
dur et exigeant. = Langue des Arabes. = Ahaoe, adj., 
d'Arabie, qui a rapport aux Arabes : clieval — , chiffres i.nAhzs, 
les dix signes de numération, du calcul. 

ARABESQUE, adj., à la manière des Arabes : 
architecture — . = S. m., genre, style arabesque. 

ARABESQUES, S. f. pi., ornements en rinceaux, 
feuillages entrelacés. 

ARABETTE, S. f., plante crucifère. 

ARABIE, s. f., grand pays de l'Asie occidentale. = Abi- 
BiQCE, adj., qui est de l'Arabie : gomme — . 

ARABLE, adj., labourable : terre — . 

ARACHNIDES, s. f. pL, animaux dépourvus 
d'ailes et d'antennes. 

ARACHNOÏDE, s. f., une des trois membranes 
qui servent d'enveloppe à l'encéphale. 

ARACK, s. m., liqueur spiritueuse du riz. 

ARAGO (Dominique-François), célèbre savant de notre 
siècle, mort ea 1853. 

ARAGON, s. ni., riv. et anc. p. d'Espagne, qui formait 
autrefois un roy. indépendant. = Abàgqnais, e, s. et adj., 
du pays d'Aragon. 

ARAGMITE, S. m., espèce de spatth calcaire. 

ARAIGNEE, s. f., insecte aptère, qui tire de son 
corps des fils d'une extrême ténuité, dont il forme 
une toile pour prendre d'autres insectes. || Ellipt., 
pour toile d'araignée : ôtez toutes les ARAiGNÉEs(t.a F.) 
Pattes d' — , doigts effilés et décliarnés. i| Toile d' — , 



l 



ARB 

-.•îu mince et peu solide. = Mar., amas de poidios. 
Astr., cercle de l'astrolabe percé A jour. =: Hisl. 

.1., — de mer, poisson, coquillage utiivalve. 

ARAIRE, s. m., charrue sans avanl-train. 

ARAL, graml lac d'Asie. 

ARALIACÉE3, s. f. pi-, famille des ombellifères, 

lil lo.-j semences sont enfermi'es dans un péricarpe. 

ARAMER, V. a., mettre du drap sur un rouleau 
pour l'allonger. 

ARAXDA (comte d'), premier ministre sous le roi d'Es- 
pagne Charles III. Il expulsa les jésuites. 

ARARATj montagne d'Arménie. Suivant la tradition, 
Tarche de Noé s'y arrêta. 

ARASEMEjXT. s. m., action d'araser. = Dernière 
assise d'un mur. =r Pièces de bois égales en liauteur 
et en saillie. 

ARASER, V. a., mettre de niveau les parties d'un 
mur ou d'un bâtiment. 

ARATOIRE, adj., qui sert OU qui se rapporte à 
l'agriculture : instnimcnts aratoires. 

ARATITS (î 7 2-2 13), célè'ore chef de la ligue achéenne. 
= Poëte grec, auteur d'un poëme sur l'astronomie. 

ARAI'CANIE, contrée de rAniéri'jue du S., au S. du 
Chili, entre les Andes et l'océan Pacifique. 

ARRALÈTE, s, f. , arme de trait, arc d'acier 
monté sur un fut qui reçoit le trait ou la balle. = 
Par anal. : un cheval en — , attelé seul en avant 
des deux chevaux de timon d'une voiture. 

ARRALÉTRIER, s. m., soldat armé d'une arba- 
lète. = Arbalétriers, pièces de bois formant le com- 
ble d'un bâtiment. 

ARBELLES (bataille d'), gagnée par Alexandre sur 
Darius. 

ARBITRAGE, s. m., jugement par arbitres: 
mettre quelque chose en — , se soumettre à V — (Ac.) 
= Calcul fondé sur la comparaison du change des 
dificrentes places. 

ARBITRAIRE, adj., qui est produit parla seule 
volonté ou le caprice : la grâce est naturelle, l'agré- 
ment est — . = Laissé à l'appréciation, àla décision 
du juge : amende, peine — . = Despotique : exercer 
un pouvoir — . izr S. m. : il est victime de V — (Ac") 

ARBITRAIREaiENT, adv., d'une façon arbi- 
traire. 

ARBITRAL, E, ce qui est prononcé par arbitres: 
jugement — , sentence arbitrale. 

ARRITRALEMENT, adv., par arbitres. 

ARBITRATIOX, s. f., estimation en gros. 

ARBITRE, s. m., personne chargée de décider 
un diflérend entre deux parties : V — est un média- 
teur et non un juge. Prendre, nommer quelqu'un pour 
— . Il Maître absolu : Dieu est V — de la vie et de la 
mort, V — du monde [Ac.) Se constituer V — du goût 
(Volt.) // vous fait de mon sort V — souveraine (Rac.) 
= franc, libre — , faculté laissée à l'âme de prendre 
«ne détermination. 

ARBITRER, V. a., estimer, régler comme arbi- 
tre : Dommages, frais k'KfiM^É?,. 

ARBORER, V. a., planter quelque chose, droit 
comme un arbre : — la croix, un drapeau, un éten- 
dard; Mar., — un pavillon, le hisser, le déployer. 
Il — l'étendard de la révolte. 

ARBORESCENT, E, adj., se dit d'une plante à 
tige ligneuse qui affecte le port d'un arbre. 

ARBORISATION, s. f., agrégation de cristaux 
représentant une espèce de petit arbre. Dessin figu- 
rant des arbrisseaux que présente la coupe de cer- 
taines pierres. 

ARBORISE, E, adj., qui représente des arbori- 
sations : pierre arborisée. 



r«') ARC 

ARBOUSE, s. f., fruit de l'arbousier. 

ARBOUSIER, s. m., arbrisseau dont les fruits ou 
baies ressemblent à des cerises. 

ARBRE, s. m., végétal ligneux et vivace dont la 
tige épaisse, non ramitiée dans le bas, est couronnée 
de branches, de rameaux et de feuilles à son som- 
met : Un jardin tout peuplé (/'arbres verts (Poil.) — 
de vie, — de la science du bien et du mal, arbre 
planté au milieu du paradis terrestre. — de la 
croix, la croix où fut attaché Noîre-Seigneur. Entre 
r — et l'ecorce, il ne faut pas mettre le doigt, il est 
imprudent de se mêler d'un débat de famille. || 

— généalogique, figure en forme d'arbre, d'où sor- 
tent comme d'un tronc les diverses branches d'une 
famille. |1 Puissance : // ne leur restait qu'à con- 
sidérer de quel côté allait tomber ce grand — ébranlé 
par tant de maux et frappé de tant de coupai à sa 
racine (Boss.) = Chim. , — de Diane, amalgame 
d'argent qui se dépose en petites aiguilles prisma- 
tiques qui représentent un arbrisseau. = Mar., mtit. 
r=Mécan. , axe ou principale pièce d'une roue ou d'une 
machine : — d'une grue, d'un mouUn, d'un pressoir. 

— d'une balance, verge de fera laquelle est suspendu 
le fléau. — de presse, pièce entre la vis et le pivot. 

ARBRISSEAU, s. m., plante dont la lige ligneuse 
se ramifie dès sa base, et s'élève peu. 

ARBUTIIXOT (Jean), médecin et littérateur écossais, 
publia en 1712 V Histoire de John Bull, dont le héros a 
personnifié depuis la race anglaise. 

ARBUSTE, s. m., plante dont la tige ligneuse 
n'atteint pas trois fois la hauteur du corps d'un 
homme et se ramifie près de sa base. 

ARC, s. m., arme de trait formée d'une verge 
qu'on courbe en demi-cercle au moyen d'une corde, 
et qui sert à lancer des flèches : tendre un — , tirer 
de V~ (Ac.) |l // faut détendre V — ', il faut don- 
ner du relâche à l'esprit. Avoir plusieurs cordes à 
son — , plusieurs moyens de. réussir. = Archit., 
courbure : — d'une voûte, plein cintre ; de triomphe, 
sorte de portique monumental érigé pour consacrer 
le souvenir de quelque fait d'armes glorieux. = 
Géom., portion d'une ligne courbe, et particul. de 
la circonférence du cercle. Ast., — diurne, noc- 
turne, portion de cercle parcourue par un astre au- 
dessus ou au-dessous de l'horizon, 

ARCADE, s. f., ouverture en forme d'arc. Partie 
courbée en arc: les arcades de la rue de Rivoli. Par 
anal. : des arcades de verdure. =i Anat., — alvéo- 
laires. 

ARCADIE, s. f., p. du Péloponèse. 

ARCANE, s. m., ancienne opération mystérieuse 
d'alchimiste. Aujourd'hui remède secret. 

ARCANSON, s. m., galipot liquéfié dans des 
chaudières, filtré et coulé dans des moules creusés 
au milieu du sable pour lui donner la forme de pains. 

ARCASSE, s. f., partie extérieure de la poupe 
d'un navire. = Moufle d'une poulie. 

ARC-ROUTANT, s. m., pilier extérieur en forme 
de demi-arc, servant à soutenir le mur d'un édifice. 
= Pièce de bois ou barre de fer servant de soutien. 
= Mar., petit mât ferré pour repousser un vaisseau 
qui vient à l'abordage. || V — d'un parti, son prin- 
cipal soutien. 

ARC-BOUTER, y. a., appuyer ou soutenir par 
un arc-boutant. 

ARC-DOUBLEAU, s. m., sorte de bandeau en 
saillie sous la courbure d'une voûte. 

ARCEAU, s. m., courbure d'une voûte, partie cin- 
trée d'une porte ou d'une fenêtre. = Orneuuni en 



ARC 60 

forme de Irèfle. = Chir., demi-cercle de bois qu'on 
place dans un lit pour garantir un membre fracturé 
de la pesanteur de la couverture. 

ARC-EN-CIEL, s. m., météore lumineux consis- 
tant en un ou plusieurs arcs concentriques formés de 
bandes colorées, qui a lieu quand le soleil, ou quel- 
quefois la pleine lune darde ses rayons sur un nuage 
près de se résoudre en pluie. Depuis le déluge, V — 
a été un signe de la clémence de Dieu (Boss.) 
. ARC-EN-TERRE, s. m., iris que forme la ré- 
fraction des rayons solaires par la pluie ou la rosée. 

ARCHAÏSME, S. m., mot ou tour de phrase an- 
tique, tombé en désuétude. = Affectation de mots 
ou de tours vieillis. 

ARCHAL, s. m., fd de laiton passé par la filière. 

ARCHANGE, &. m., ange d'un ordre supérieur. 

ARCHANGEL, vil. et gouvern. de Russie. 

ARCHANGÉLIQUE, adj. , qui tient de l'archange. 
= S. f., bot., sous-genre du genre angélique delà 
famille des ombellilères. 

ARCUE, s. f., voûte d'un pont : les eaux ont 
emporté deux arches du pont. = Vaisseau de re- 
fuge : r — de Noé, ou simplement /" — flotta sur 
les eaux. \\ Fam., cette maison-là est une — de Noé, 
elle est habitée par des gens de toute espèce. || 
Être hors de V — , hors de l'Église. V — d'alliance, 
V — du Seigneur, V — sainte, coffre qui renfermait 
les tables de la loi. C'est V — sainte, il n'y faut pas 
loucher. = Coquille bivalve qui ressemble à un na- 
vire. — sépulcrale, cercueil. 

ARCHÉE, s. f. et m., principe de la vie, force 
vitale: r — principale est, d'après van Ilelmont, 
un principe immatériel ; peu us. 

ARCHÉOLOGIE, s. f., science, élude de l'anti- 
quité. = Traité dogmatique des principes fonda- 
mentaux de la science de l'homme. 

ARCHÉOLOGIQUE, adj., qui a rapport à l'ar- 
chéologie. 

ARCHÉOLOGUE, s. m., celui qui est versé dans 
l'archologie. 

APiCHER, s. m., soldat armé de l'arc -.francs 
archers, milice créée par Charles VII. = Ane. offi- 
cier subalterne de justice et de police : — du guet. 

ARCHET, s. m., baguette tendue par des crins, 
qui sert à jouer du violon, de la basse, etc. : coup 
d' — . = Cliàssis en arceau qu'on place au-dessus 
du berceau des enfants. =: Nom de ditférents outils 
dont la forme approche de celle d'un arc. = Outil 
à l'usage des tourneurs. = Outil servant, en litho- 
tritie, ù la perforation du calcul. 

ARCHÉTYPE, s. m., modèle sur lequel on fait 
un ouvrage. = Ancien étalon des monnaies, des poids 
et des mesures. = Adj., les idées archétypes, les 
formes modèles des choses dans la philosophie de 
Platon. 

ARCHEVÊCHÉ, s. m., territoire sous la juridic- 
tion d'un archevêque. = Diocèse et palais d'un ar- 
chevêque. = Dignité d'archevêque. 

ARCHEVEQUE, s. m., prélat métropolitain ayant 
un certain nombre d'évêques pour suffragants- 

ARClllCHANCELIER, s. m., grand chancelier. 

ARCHIDIACONAT, s. m., dignité d'archidiacre. 

ARCHIDIACRE, s. m., diacre supérieur, vicaire 
général investi par l'évêque de ses pouvoirs sur les 
curés de son diocèse. 

ARCHIDIOCÉSAIN , E, adj., qui dépend d'un 
archevêché. 

ARCHIDUC, s. m., premier duc, titre des prin- 
ces de la maison d'Autriche. 



ARC 



ARClIIDUCriÉ, s. m., seigneurie d'un archî- 
duc : /' — J'Aulrichc. 

ARCHIDUCHESSE, s. f., femme d'un archiduc. 
Titre donné aux filles ou aux sœurs de l'empereur 
d'Autriche. 

ARCHIÉPISCOPAL, E, adj., qui appartient à 
l'archevêque : dignité archiépiscopale. 

ARCHIÉPISCOPAT, s. m., dignité d'archevêque. 

ARCHIFOU, FOLLE, adj. et s. fam., fou et folle 
à l'excès. 

ARCHILOQUE, de Paros, poëte ionien du vii^ siècle 
av. J.-C, l'un des plus célèbres lyriques grecs. 

ARCHIMANDRITAT, s.'m., .dignité, bénéfice 
d'un arcliimandrile. 

ARCHIMANDRITE, s. m., supérieur d'un cou- 
vent grec ; abbé d'un monastère de premier ordre. 

ARCHIMÈDE, célèbre géomètre de Syracuse. 

ARCHINOBLE, adj. fam., très-noble, se dit d'un 
homme infatué de sa noblesse. 

ARCHIPATELIN, E, adj. et s., fourbe -très- 
adroit : c'étaient deux archipatelins (La F.) 

ARCHIPEL, s. m., étendue de mer parsemée 
de groupes d'îles : — du Mexique. = Portion de la 
Méditerranée entre la Grèce et la Turquie, et que 
les anciens appelaient mer Egée. 

ARCHIPOMPE, s. f., mar., retranchement à fond 
de cale pour conserver les pompes. 

ARCHIPRESRYTÉRAL, E, adj., qui concerne 
l'archipfêlre. 

ARCHIPRÈTRE, s. m., prêtre désigné par l'é- 
vêque pour être le chef de tous les autres. 

ARCHIPRÈTRE, S. m., dignité d'archiprêtre.= 
Sa juridiction. 

ARCHITECTE, s. m., celui qui exerce l'art de 
bâtir, qui fait les plans et les devis des maisons. || 
L' — de l'univers, Dieu (Ac.) Le puissant — (Boss.) 

§ ARCHITECTE, FNTREPREXEUR. Varchitecte 
dresse les plans de l'édifice. V entrepreneur bâtit l'édifice 
d'après les plans de Varchitecte. 

• ARtHITECTONOGRAPHE, 8. m., celui qui fait 
la description d'un bâtiment. 

ARCHITECTONOGRAPHIE, s. f., description 
d'un bâtiment. 

ARCHITECTURAL, E, adj., qui a rapport à 
l'architecture : dccoralions,façad('S architecturales. 

ARCHITECTURE, s. f., art de construire sui- 
vant la deslination et le caractère des édifices ; or- 
donnance d'un bâtiment. = L' — ancienne, moderne, 
gothique. L' — navale, hydraulique , militaire, art 
de construire les vaisseaux, les machines hydrau- 
liques, les places de guerre. 

ARCHITRAVE, s. f . , partie principale de l'en 
tablement entre la frise et le chapiteau. 

ARCHITR AVÉE , s. f., corniche accompagnée 
d^une architrave. 

ARCHITRÉSORIER, S. m., dignité dont l'élec- 
teur palatin était revêtu dans l'empire d'Allemagne. 

Sous Napoléou I'^ il y avait un architrésorier dont les 
fonctions étaient à peu près honorifiques : c'était le troisième 
grand dignitaire de la couronne. 

ARCHITRICLIN, s. m., celui qui anciennement 
était chargé de l'ordonnance d'un festin. !| Fam., 
celui qui organise un repas. 

ARCHIVES, s. f. pi., anciens titres, Chartres, 
documents Iiistoriques : — publiques , nationales ; 
les — de la couronne, lieu où les archives sont dé- 
posées. 11 Fouiller dans les — de l'antiquité (La Br.) 
Les — du monde (Butî.) =^ Lieu où sont déposés 
les anciennes minutes, les actes, les procès. || Les — 
du génie, du savoir, les bibliothèques (Ac.) 



ARD 61 

ARCUIVlvSTE, S. m., qui est ppéposé à la garde 

s archives. = — paléofiraphe ,i\lrc que reçoit, après 
\amen, un élève de l'École des chartes. 

ARCHIVOLTE, S. f., bandeau en saillie qui suit 
le cintre d'une arcade et va d'une imposte à l'autre. 

ARCUONTAT, 8. m., dignité d'archonte. = 
Temps d'exercice de celte magistrature. 

ARCHONTE, s. m., titredes principaux magistrats 
d'Athènes après l'abolition de la royauté. 

ARCHURE, s. f., espèce de cage cintrée dans 
laquelle on, enferme les meules d'un moulin à farine. 

ARCIS-SUR-AUBE, s.-préf. du départ, de l'Aube. Le 
!*' mars 1814 Xapoléon y tint tête aux alliés. 

ARCOLE, ^"il- d'Italie, près de Vérone. Bonaparte y battit 
les Autrichiens en 1796. 

ARÇON, S. m., chacune des deux pièces de bois 
cintrées qui forment le corps de la selle : être ferme 
dans, sur les arçons, se tenir bien en &elle. |j Dé- 
fendre ses opinions avec énergie. Perdre, vider les 
— , tomber, être renversé de cheval. H Être embar- 
rassé", déconcerté. = Instrument en forme d'archet 
de violon qui sert aux chapeliers, bourreliers et ou- 
vriers qui travaillent le poil, la laine ou le coton. = 
Sarment de vigne que l'on courbe en cercle de ma- 
nière à ramener son extrémité vers sa base pour lui 
faire produire plus de fruit. 

ARÇOXNER, V. a., battre la laine, la bourre, le 
coton avec l'arçon. 

ARCTIQUE, adj., septentrional, situé du côté de 
la constellation de l'Ourse : terres arctiqles. 

ARCTITRE, s. f., nom d'une étoile de la grande Ourse. 

ARDASSE, s. f., soie grossière de Perse. 

ARDASSINE, S. f., belle soie de Perse. 

ARDËCHE, riv. de France, donne son nom à un départ. 

ARDEMMENT, adv., avec ardeur. 

ARDEN>'ES, forêt et départ, au N.-E. de la France. 

ARDENT, E, adj., qui est en feu, enflammé: 
brasier, charbon, feu — ,• fournaise ardente. || 
L'œil — (La Br.) = Qui brûle, qui enflamme : verre, 
miroir — (Ac.) H Très-chaud : un soleil — (Boss.) Cha- 
pelle ardente, luminaire nombreux qui brûle autour 
d'un cercueil. = C^ajnôre ardente, tribunal qui con-' 
damnait au feu les empoisonneurs. || Violent, véhé- 
ment : dcsir — (Boss.) L'ardente soif du gain (Boil.) 
d'ardents transports (Volt.) || Plein d'avenir, pas- 
sionné, actif : cet — vainqueur (Fén.) Cheval trop 
— , qu'on a peine à contenir. — pour le plaisir 
(Mass.) = Roux ; cheveux d'un blond — . 

ARDENT, s. m., exhalaison enflammée. = Ma- 
lade attaqué d'une espèce d'érésipèle ou de charbon 
pestilentiel qui fit de grands ravages au xii« siècle. 

ARDER ou ARDRE. V. BrÛLER. 

ARDEUR, s. f., chaleur vive et pénétrante : V — 
'«fa/ew de l'été (Fén.) — d'estomac. Les ardeurs de la 
canicule (Ac.) H Empressement extrême, vivacité : 
^— au travail. L' — du combat étincelle dans ses 
yeux (Boil.) \\ Chaleur, fougue : s'il a toute V— 
d'un soldat, il n'a point le discernement d'un capi- 
taine (Fén.) 11 Amour violent : il sait mes ardeurs 
insensées; l'~ dont je suis embrasée (Rac.) |] Feu 
de l'imagination : dans V — qui m'inspire (Boil.) 

ARDILLON, s. m., pointe servant d'arrêt dans 
une boucle. = Impr., nom de deux pointes qui ser- 
rent à fixer la feuille sur le tympan. 

ARDOISE, 8. f., schiste argileux de couleur 
bleuâtre qui se sépare par feuilles et est propre à 
couvrir les maisons : exploiter l'—. Tablette d'— 
■tr laquelle on écrit, dessine, calcule. 

ARDOISE, E, adj., de la couleur de l'ardoise. 



ARG 



ARDOISER, V. a., couvrir d'ardoises. 
ARDOISIÈRE, S. f., carrière d'où l'on tire l'ar- 
doise. Les ardoisières d'Angers. 

ARDU, E, adj., d'un abord difTicile. Un sentier 

— ; peu us. Travail — , question ardue. 
ARE, s. m., mesure de superOcie de cent mètres 

carrés. 

AREC, s. m., genre de la famille des palmiers ; 
son fruit, l'amande qu'il renferme. 

AREFACTION, s. f., dessiccation des médica- 
ments qu'on veut réduire en poudre. 

ARÈNE, s. f., sable : les brûlantes arènes de 
la Libye (Ac.) = Partie sablée de l'amphithéâtre 
où se livraient les combats de gladiateurs et de bêtes 
féroces. Poét., champ clos : descendre dans V — , se 
présenter au combat, accepter un défi, une discus- 
sion. --=: PI. amphitliéâtre romain dont les restes 
subsistent encore : les arènes de Nîmes. 

ARÉNEUX, SE, adj. V. Sablonneux. 

ARENG, S. m., palmier des Moluques. 

ARENBERG , bourg et château d'Allemagne érigé eu 
duché en 1644. = Comte d' — , plus connu sous le nom de 
Prince de la Mark, correspondit avec Mirabeau, 

AREOLE, s.f., petite aire, petite surface. rrrCercle 
qui se forme autour des boutons de la vaccine, etc. 
= Anal., petit espace que laissent entre eux les fais- 
ceaux de fibres, les lamelles ou les vaisseaux dans 
certains tissus et dans quelques organes. = Phys., 
cercle irisé qui entoure la lune. =r Bot., ride ou ru- 
gosité peu apparente. 

ARÉOLE, E, adj., entouré d'une aréole. = Bol 
marqué d'inégalités ou de rides peu sensibles. 

ARÉOMÈTRE, s. m. , instrument destiné à faire 
connaître la densité des liquides ; pèse-liqueur. 

ARÉOPAGE, s. m., ancien tribunal d'Athènes 
qui siégeait sur la colline de Mars. 1| Assemblée de 
magistrats intègres. ^ Ir., plaisant — . 

ARÉOPAGITE, s. m., membre de l'aréopage. 

ARÉOSTYLE, s. m., se dit des colonnes placées 
à une grande distance les unes des autres. 

ARÉOTECTONIQUE , s. f., partie de la science 
de l'ingénieur qui traite de l'attaque et de la dé- 
fense des places. 

ARÉOTIQUE, adj. , qui a la propriété de raréfier. 

ARETE, s. f., petite pièce osseuse qui sou- 
tient la chair de certains poissons. = Squelette 
entier du poisson. = Angle saillant formé par 
deux faces : poutre taillée à vive — , dont les angles 
sont bien marqués. ■-= Barbe d'épi : — du blé. = 
Croûte écailleuse qui vient aux jambes des chevaux, 
depuis le jarret jusqu'au boulet, appelée aussi queue 
de rat par les vétérinaires. = Ligne courbe qui sé- 
pare les versants principaux d'une chaîne de mon- 
tagnes où se trouvent les pics les plus élevés. 

ARÊTIER, s. m., pièce de charpente formant l'a- 
rête d'un toit, l'angle d'un comble. 

ARÉTIN (Pierre), poëte italien tristement célèbre par 
ses écrits licencieux et satiriques. 

ARGELÈS, s.-préf. du départ, des Hautes-Pyrénées. 

ARGÉMONE, S. f., genre de plantes de la fa- 
mille des papavéracées. 

ARGENT, s. m., métal blanc très-malléable, le 
plus estimé après l'or et le platine ; monnaie faite 
de ce métal : Voulez-vous être payé en or ou en — .•* 

— blanc, argent monnayé. ==:En général, toute sorte 
de valeur numérique ou de monnaie de quelque mé- 
tal que ce soit : à forée de sentir son — grossir dans 
son coffre [LdL Br.) — comptant, qu'on paye de suite. 

— mignon, eu réserve pour quelque objet de lau- 



ARG C 

taîsie. — courant, espèces ayant cours. — mort, qui 
ne rapporte rien. |1 Fortune, ricliesse : avoir beaucoup 
d' — . Il Prendre quelque chose pour — comptant, y 
croire trop lég«"ircment. Point d'—, point de Suisse^ 
rien pour rien. Y aller bon jeu bon — , agir fran- 
chement, sans arrière-pensée. Je ne sais de quelle 
couleur est son — (Les.), je n'ai jamais reçu de 
l'argent de lui. Avoir le temps et V — , tout à sou- 
hait. Un bourreau d' — , homme excessivement 
dépensier. — fulminant ou ammoniac d' — , qui 
fait explosion au moindre Irottement. — vif ou — 
argent, nom donné autrefois au mercure. 

ARGENTÉ, E, adj., qui a l'éclat de l'argent. 

ARGENTER, v. a., couvrir de feuilles d'argent 
ou d'une solution d'argent : — des flambeaux, une 
coupe, un vase. — le bois, sur bois. || Donner l'é- 
clat, la blancheur de l'argent : la lune argentait 
les flots. = S' — , être argenté, recevoir le reflet de 
l'argent : ce lac s'argente aux rayons de la lune. 

ARGENTERIE , s. f. , vaisselle et autres usten- 
siles d'argent. 

ARGEINTEUR, s. m., ouvrier qui argenté. 

ARGEATEUX, EUSE, adj. pop., qui a beaucoup 
d'argent ; peu us. 

ARGENTIER, 8. m., celui qui garde l'argente- 
rie. = Oflicier qui distribuait certains dons d'ar- 
gent et qui veillait aux costumes du roi et de la 
cour. = Autrefois ort'évic, banquier, trésorier. 

ARGENTIN, E, adj., qui résonne comme l'ar- 
gent ou qui en a l'éclat : voix, couleur argentine. 

ARGENTINE (République). Y. I'lata. 

ARGENTINE, s. f., plante de la famille des ro- 
sacées. = Poisson de la famille des salmonés. 

ARGENTURE, s. f., art, action d'argenter. =• 
Couche d'argent appliquée sur divers objets. 

ARGILE, s. f., terre molle et grasse, nommée 
aussi terre glaise : un vase d* — . || Poct. L'homme, 
celte frêle — . 

ARGILEUX, EUSE, adj., qui tient de l'argile. 

ARGINUSES. jjroiipe de eiuq petites îles de la mer Kgée, 
entre la côte 0. de l'Asie Mineure et l'île de Lesbos. Victoire 
navale des Athéniens sur les Spartiates eu 406 av. J.-C. 

ARGO, s. m., nom du navire qui transporta dans la Col- 
chide Jason et ses compagnons. = Conslellation de rticrais- 
phère austral. = Augonautes, nom des princes grecs qui en>- 
treprireut la conquête de la toison d'or. 

ARGOLIDE, p. de l'ancienne Grèce, forme aujourd'hui 
avec la Coriutliie une p. du roy. de Grèce. 

ARGON, s. m., bàlon en demi-cercle pour pren- 
dre des oiseaux. 

ARGONAUTE, s. m., mollusque céphalopode, le 
nautile ou pompile das anciens, dont la coquille 
univalve a un peu la forme d'une nacelle. 

ARGONNE (forêt d'], dont une partie subsiste de Tout 
à Mézières. célèbre par la défense de Dumouriez (sept^ 1792). 

ARGOS, cap. de l'Argolide, une des plus anciennes ville» 
de la Grèce. = Nom de la Grèce dans Homère. = Un des 
anciens noms du Péloponèse. 

ARGOT, s. m., langage de convention, particu- 
lier aux vagabonds, liious et voleurs. = Par ext., 
langage propre à certaines professions : /' — des cou- 
lisses, de la chicane. =: Exirémité d'une branche 
mort«, 

ARGOTER, V. a., couper la partie morte d'une 
branche. 

ARGOTIER, s. m.; pop., qui parle l'argot. 

ARGOUSSN, 8. m., bas officier des bagnes, 
chargé de la garde des forçais. 

ARGOYIE, cant. de la Suisse. 

ARGUE, s. f., machine propre à tirer et à dé- 
grossir les lingots dior, d'argent, etc. 



► ARI 

ARGUER, f. a., accuser : — un acte de faux 
(Ac.)= Tirer une conséquence : Qu'ARGL'EZ-j'o?r« de 
cela?\\'S. n., vous arguez mal à propos de ce fait. 

ARGUMENT, 8. m., raisonnement dont on tire 
une conséquence ; motif concluant : — en forme. 
— ad hominem, qui s'attaque directement à la per- 
sonne à qui on l'adresse. Il Conjecture, présomption 
j'en tire un grand — contre lui (Ac.):= Astr., quan- 
tité de laquelle dépend une équation oi^ une cir- 
constance du mouvement d'une j)lanète : — de lati- 
tude ou d'inclinaison. — annuel, distance du soleil 
à l'apogée de la lune. = Petit résumé d'un chapitre, 
d'un discours, d'un livre. V. Sommaire. 

ARGUMENTANT, s. m., celui qui argumente 
dans un concours. 

ARGUMENTATEUR, s. m., celui qui se plaît à 
argumenter. ISe se dit qu'en mauvaise part. 

ARGUMENTATION, s. f., action, art d'argu- 
menter : les règles de V — oratoire. 

ARGUBIENTER, v. n., se servir d'arguments 
pour soutenir ou réfuter une proposition. — d'une 
chose, en tirer des conséquences. = l'acte dont on 
argumente est nul dans la forme et aufond\Ac.) 

ARGUS, s. m., personnage auquel la fable don- 
nait cent yeux. || Homme clairvoyant, difficile à 
tromper; surveillant, espion : il a des yeux d' — . 
= Nom de différents genres de poissons, de pa- 
pillons et de coquillages sur lesquels on trouve 
des taches semblables à des yeux. = Serpent du 
Brésil. = Genre d'oiseaux de l'ordre des gallinacés. 

ARGUTIE, s. f., argument sophistique, raison- 
nement pointilleux, subtilité de langage. 

ARGUTIEUX, EUSE, adj., occupé d'arguties. 

ARGVRASPIDES, s. m. pi., soldats d'Alexandre 
qui portaient des boucliers d'argent, 

ARIA, s. m.; fam., embarras, amas confus d'ob- 
jets : faire beaucoup d' — pour peu de chose. 

ARIDE, adj., qui manque d'humidité; stérile: 
terre — . Sables, rochers arides. |1 Esprit — , qui ne 
produit rien ; sujet — , qui ne prèle pas aux déve- 
loppements; âme, cœur — , insensible. 

§ ARIDE, SEC. Ce qui est aride manque naturellement 
d'humidité; ce qui est sec en manque par accident et pour 
un certain temps. Un auteur aride a peu de génie, peu 
d'invention ; un écrivain sec a peu de cette imaginatioi} 
qui sait embellir les idées (Volt.) 

ARIDITÉ, s. f., caractère de ce qui est aride; 
sécheresse permanente, stérilité : V — du désert 
des rochers. \\ — de l'esprit, du cœur, d'un sujet. - 
Méd., — de la langue, de la peau. 

ARIÉGE, riv. et départ, au S.-O. de la France. 

ARIETTE, s. f., peut air léger, tenant le milieu 
entre la romance et la chanson. 

ARILLE, s. f., enveloppe incomplète de certaines 
graines, dislincte du péricarpe. 

ARIMANON, s. m., perruche à queue courte. 

ARIOSTE (LUDOVIC© AUIOSTO, dit L'), poète ita- 
lien du XVI* siècle, auteur du Roland furieux, et justement 
surnommé le divin. 

ARISTARQUE, grammairien d'Alexandrie, célèbre par 
ses remarques sévères mais justes sur Homère, Pindare et 
autres. Il Critique sévère; ir., faire V — , se poser en — . 

ARISTIDE, célèbre Athénien, rival de Thémistocle. 

ARISTOCRATE, s. et adj., noble, partisan de 
l'aristocratie. = Pendant la révolution française, 
tout homme en dehors de la classe du peuple ou 
opposé à la révolution. 

ARISTOCRATIE, s. f., gouvernement où le pou- 
voir réside dans les mains des nobles ou d.es per- 
sonnes les plus considérables de l'État. = Clas.*c 



ARM 63 

noble. Les gens les plus considérables dans une 
classe ; /' — de la naissance, du talent. 

AUISTOCRATIQUE, adj., qui appartient à l'a- 
ristocratie. Se prend (|uelqueibis en mauv. part. 

AKISTOCRATIQUEMENT, adv., d'une manière 
arislocralique. 

ARISTOGITON. V. Hakmodids. 

ARISTOLOCHE, s. f., plante dont le calice, en 
forme de cornet, est renflé à sa base. 

ARISTOPHANE , poëte comique grec du v^ siècle av. 
J.-C. Molière seul a pu l'égaler et le surpasser quelquefois. 

ARISTOTE, philosophe grec, chef de l'école péripatéti- 
cienne et précepteur d'Alexandre. = Auistoti:licien , ne, 
adj., conforme à la doctrine d'Aristote. = S. m., partisan 
de cette doctrine, = Aristotéusme , s. m,, philosophie 
d'Aristote, 

ARITIIMANCIE. V. AritHMOMANCUE. 

ARITHMÉTICIEN, KE, s., qui sait l'arithmé- 
tique . 

ARITHarÉTIQUE, s. f., science des nombres, 
art de calculer : apprendre, enseigner V — . Traité 
d' — . =r Adj,, fondé sur les nombres. Rapport — de 
deux quantités, leur diiférence. Proportion — , éga- 
lité de deux rapports — . Pi^ogression — , celle où 
la différence entre chaque terme est constante. 

AR1THMÉT1QUE31ENT, adv., d'une manière 
arithmétique, 

AR1THM03L\KC1E , s, L, divination par les 
nombres. 

ARIUS, fameux hérésiarque et chef de secte du iv* siècle. 
Il niait la divinité de J,-C. = Ahianisme, hérésie d'Arius. 
= Arien, ne, s. et adj , de la secte d'Arius. 

ARKANSAS, riv. et p. des États-Unis. 

ARLEQUIN, s. m., personnage de Tancienne co- 
médie italienne qui porte un masque noir, un cos- 
tume fait de pièces de toutes couleurs et une batte à 
la ceinture en guise d'arme. = Aujourd'hui per- 
sonne masquée (jui porte ce costume ; boufïon ; 
homme qui change de principes à tout moment, |1 
Habit d' — , un tout formé de parties disparates. = 
Espèce de colibri. =: Pop., mélange de restes de 
viandes. 

ARLEQUINADE, s. f., bouffonnerie d'arlequin. 
Il Fam., action ridicule, procédé clioquant. = Pièce 
de théâtre où Arlequin joue le principal rôle. 

ARLEQUINE, s. t., danse et air sur lequel on 
exécute cette danse. = Femme habillée en arlequin. 

ARLES, s. -prêt, du départ, des Bouches-du-Rhône. 

AR.UADA, flotte de 135 vaisseaux que Philippe II envoya 
contre l'Angleterre en 1588. 

ARMADILLE, s. f ., petite flotte qu'entretenait l'Espagne 
pour empêcher les étrangers de faire le commerce avec ses 
colonies du nouveau monde. = Frégate légère qui faisait 
partie de cette flotte. = Crustacé peu diderent du cloporte. 

ARMAGNAC, p. de France qui forme le départ, da Gers. 
= Armagnac (comte d'), partisan du duc d'Orléans pen- 
dant les troubles du règne de Charles YI. 

ARMARIIVTHE, s. f., plante ombellifère à fleurs 
rouges, et d'une forte odeur aromatique. 

AUMATEIIR, s. m., qui arme et équipe à ses 
frais un navire pour le commerce, = Celui qui est 
chargé de la surveillance de l'armement. =: Celui 
qui allrète un vaisseau et le charge de marchandises 
qu'il expédie à un port de commerce. = Capitaine 
d'un navire armé en course : Durjuay-Trouin était 
Jih d'un — . = Autrefois, vaisseau armé pour la 
c()urse, 

§ ARRIATEUR, CORSAIRE, PIRATE. L'armateur 
aime pour le commerce; le corsaire arme pour la course 
contre l'ennemi de sou pays; le pirate arme pour son compte 
et court les mers pour piller. 

AlVMATURte, s. f., assemblage de barres ou de 



ARM 

liens de métal pour soutenir ou contenir un ouvrage 
de mécanique, de charpente, de maçonnerie, d'un 
modèle de sculpture, de terre, d'une figure coulée 
en bronze, =: Phys. On donne ce nom aux plaques 
métalliques qui font partie des condensateurs, et 
notamment de la bouteille de Leyde. 

ARME, s. f. , instrument pour attaquer ou pour 
se défendre : — 6/crnc//f (baïonnette, épée, sabre); — 
de jet, de trait; — «/eu (fusil, pistolet, elc,)= Homme 
d'armes, cavalier armé de toutes pièces. Recourir aux 
— , au combat. Prendre les armes, s'armer pour l'at- 
taque ou la défense. Aux — , cri d'alarme. Appel 
aux — . Porter, présenter les — , saluer quand on 
est sous les armes. Poser les — , mettre bas les — , 
se rendre, faire la paix. Rendre les — au vain- 
queur , se déclarer vaincu. Faire passer par les 
— , faire fusiller, =r Armes, la profession des 
armes, de la guerre : l'Italie exercée aux — par 
tant de guerres (Boss.) Faire ses premières — , sa 
première campagne. Fait d' — , exploit guerrier. 
Suspension d' — , trêve, cessation momentanée des 
hostilités. =r Escr., /aj?-e, tirer des — , s'exercer à 
l'escrime. Maître d' — , celui qui enseigne l'escrime. 
Salle d' — , salle où sont rangées des armes, lieu con- 
sacré aux exercices d'escrime. Être sous les — , être 
armé. || Être préparé ^ quelque chose. || Arme et 
armes, les diverses espèces de troupes, infanterie, 
cavalerie, g:5nie, artillerie, etc. Dans quelle — ser- 
vez-vous? = Armes, armure : endosser, revêtir ses 
— . il Tout ce qui sert à combattre les erreurs, les 
préjugés , etc. L' — du ridicule est puissante en 
France (Volt.) Les — de la raison, de l'éloquence 
(Ac). =r Blas. les — de France, de Paris. — par- 
lantes, dont le sens est facile à deviner. 

ARMÉ, E, adj., muni d'armes : un homme bien 
— . — jusqu'aux dents, tant qu'on peut l'être. || 
Fam. 5 être — contre le froid. — du glaive de la 
justice. — de patience. =■ Garni , hérissé de : .sa 
massue armée de pointes de fer (Fén.) =i A main 
armée; loc. adv., les armes à la main, de force. 

ARMEE, s, f. , réunion de troupes de toutes armes 
sous les ordres d'un chef. Abs. : force — d'un 
État, les militaires. Le Dieu des armées, Dieu, dans 
l'Écriture. Mettre l' — sur le pied de guerre , sur 
le pied de paix. — d'Italie, la partie de Tarmée qui 
est en expédition en Italie, — d'observation, char- 
gée d'observer les opérations de l'ennemi. — de 
réserve, placée en arrière ligne. Être aime de F — , 
des militaires, || Fam., multitude : — d'employés. 

ARMELINE, S. f., peau d'hermine très-fine et 
très blanche qui vient de la Laponie. 

ARME31ENT, s. m., action d'armer, de pourvoir 
des armes nécessaires ; l'ensemble des objets qui 
servent àr armer : — d'une troupe, d'une place. =i 
Préparatifs, appareil de guerre : grand, formidable 
— (Âc.) =r Mar,, ce qui sei t à armer ou à équiper 
un vaisseau. Il y a dix vaisseaux en — . 

ARMENIE, vaste contrée de l'Asie occidi;ntale. 

ARMER, V. a., pourvoir d'armes; revêtir d'armes 
défensives; — de pied en cap, de toutes pièces. — 
quelqu'un chevalier, le recevoir dans l'ordre de la che- 
valerie. — un bâtiment, une Jlotte, l'équiper. — une 
place, garnir ses remparts de canons, =: Lever des 
troupes, exciter à prendre les armes : Il arma toute 
la Suède {\o\[.) Il arma les peuples contre lui (Mass.; 
Toute l'Europe arme. || Abs., soulever, Irriter: ses 
vices ont armé tous les honnêtes gens contre lui. \\ 
Prémunir, fortitier : la philosophie nous arme con- 
tre la pauvreté (La Br.) |1 Garantir , — un arbre. 



AUO 



64 



ARIl 



l'entourer d'épines. = Mc'.tre une chose en état de 
servir : — un pistolet, une carabine, tendre le ressort 
qui met le chien de la batterie en état de s'abattre : 
— vn canon, y mettre le boulet. = Mus., — la clé, 
indiquer le ton parle nombre de dièzes et de bémols 
voulu. = S' — , V. pr., se munir d'armes, prendre les 
armes : s' — d'une carabine, d'une ëpce. \\ Chacun 
s'arme au hasard du livre qu'il rencontre (Boil.). = 
Se prémunir contre, se munir de : s' — contre le 
froid. S' — d'un bâton. \\ S' — de courage et de 
patience (La Br.) = Manège. Ce cheval s'arme 
contre son cavalier, il n'obéit pas à la main. 

ARMET, s. m., armure de tôle, casque des che- 
valiers errants : — de Mambrin. 

ARMIDEi héroïne et magicienne créée par Pimagination 
de Torqualo Tasso qui lui fait jouer un grand rôle dans la 
Jcrusalnn délivrée, n Enclianteresse : palais d' — , jardin 
d' — , palais magnifique, jardin enchanteur. 

ARMILLAIRE, adj. Sphère — , sphère repré- 
sentant les cercles imaginaires de la sphère céleste. 

ARMILLES, S. f. pi., petites moulures qui en- 
tourent le chapiteau dorique. 

ARMIMAXISME. s. m., doctrine religieuse d'Arminius 
ou d'Harniensen, protestant de Hollande, qui s'éloigne dans 
certains points du calvinisme. = Arminien, jîe, s. et adj., 
sectateur d'Arminius; qui suit l^doclrine d'Arminius. 

ARMINIUS. V. Heumann. 

ARMISTICE, s. m., suspension d'armes. 

ARMOIRE, s. f., meuble garni de tablettes et 
fermé par une ou deux portes. 

ARMOIRIES, s. f. pi., les armes, les attributs 
distinct ils d'une famille. 

ARMOISE, s. f., genre de plantes dont plusieurs 
espèces sont Ioniques. On donne à V — commune le 
nom d'herbe de la Saint-Jean. 

ARMOIsm, s. m., tatTelas léger et peu lustré. 

ARMOiX, s. m., une des deux pièces du train 
d'un carrosse entre lesquelles s'attache le gros bout 
du timon. 

ARMORIAL, s. m., livre contenant les armoiries 
de la noblesse d'un pays. 

ARMORIER, V. a., appliquer, peindre, graver 
des armoiries sur quelque chose : faire — une voi- 
• ture, de la vaisselle, etc. 

ARMORIQUE, ancienne p. des Gaules qui comprenait la 
Bretagne et une partie de la Normandie. = Armoricain, b, 
adj. et s., qui appartient à l'Armorique, à ses habitants. 

ARMORISTE, s. m., celui qui fait des armoi- 
ries, qui sait et enseigne le blason. 

ARMURE, s. f., les armes défensives qui cou- 
vrent le corps, comme le casque, la cuirasse, etc. = 
Plusieurs assemblages de lames de fer doux qu'on 
associe aux aimants naturels et qui en augmentent 
la force. = Ferrure nécessaire à une machine quel- 
conque. = Disposition des lices pour la faLîî-ication 
d'une étoffe. =: Enveloppe d'une rame de papier. 

ARMURIER, s. m., celui qui fabrique ou qui 
vend des armes. 

ARNAVLD (Antoine), théologien, janséniste célèbre 
par ses luttes contre les jésuites, ami de Bossuet et de Boileau. 

ARNICA, 8. m., genre de plantes qui passe pour 
un excellent sternutaloire. 

ARNO, riv. de Toscane. 

AROMATE, s. m., toute substance du règne vé- 
gétal qui exhale une odeur forte et agréable. 

§ AROMATE, PARFUM. Varomate désigne la subs- 
tance d'où s'élève l'odeur ^ et parfum l'odeur même, la 
senteur, le fumet qui s'élève de la substance. 

AROMATIQUE, adj., qui est de la nature des 
aromates : plantes aromatiques ; boisson, huile — . 



AROMATISATION, s. f., action d'aromatiser. 

AROMATISER, v. a., mêler des aromates à une 
substance quelconque. 

AROME, s. m., principe odorant d'un grand 
nombre de substances végétales : mêlé au café, le 
sucre enfuit ressortir V — . 

ARONDE. s. f,, hirondelle. Queue d' — , entaille 
en queue d'hirondelle. 

ARPEGE, s. m., manière de frapper rapidement 
les sons d'un accord. 

ARPÉGEMEXT, s. m.. Action d'arpéger; résul- 
tat de celte action. 

ARPÉGER, v. a., faire des arpèges. 

ARPEJXT, s. m., mesure de terre contenant cent 
perches carrées. 

ARPEiXTAGE, s. m., mesurage des terres. 
=: Science de les mesurer. 

ARPENTER, v. a., mesurer les terres par ar- 
pents. Il Fam., parcourir un espace à grands pas. 

ARPENTEUR, s. m., celui dont la profession 
est de mesurer les terres : — juré. 

ARPENTEUSE, s. et adj. f., espèce de chenille 
qui marche très- vite, et qu'on appelle aussi géo- 
mètre : une — , une chenille — . 

ARQUEBUSADE, s. f., coups d'arquebuse. = 
Eau d' — ou eau vulnéraire spiritueuse, pour gué- 
rir les plaies faites par les armes à feu. 

ARQUEBUSE, s. f., ancienne arme à feu, à 
rouet, à croc ou à mèche, à vent. = Jeu de U — , 
exercice de tir, dans lequel le fusil remplace au- 
jourd'hui l'arquebuse; on le dit aussi du lieu où 
l'on s'assemble pour cet exercice. 

ARQUEBUSER, v. a., tuer à coups d'arquebuse. 

ARQUEBUSERIE, s. f., profession de celui qui 
fait des armes à feu portatives. = Magasin ou com- 
merce d'arquebuses. = Corps des arquebusiers. 

ARQUEBUSIER, s. m., soldat qui était armé 
d'une arquebuse : — à pied, ù cheval. =■ Celui 
qui fait partie d'une compagnie de bourgeois qui 
se livrent au jeu de l'arquebuse. = Celui qui fait 
et vend des arquebuses ou armes à feu portatives. 

ARQUER, V. a,, courber en arc. =: V. n., flé- 
chir, devenir courbe. = S' — , se courber en arc. 

ARQUES (Seine-Inférieure). Henri IV y défit les ligueurs 
commandés par le duc de Mayenne, le 21 sept. 1589. 

ARRACHEMENT, s. m., action d'arracher : 

— d'ime voûte, endroit où elle commence à se for- 
mer en cintre. 

ARRACHE-PIED (d'), loc. adv., fam., sans dis- 
continuer : travailler d' — . 

ARRACHER, v. a., ôtcr OU enlever avec effort : 
— une racine, une plante, une dent, unongle, un clou, 
= Oter de force, ravir : — un enfant des bras de sa 
mère. \\ Oter, enlever, séparer, : un simple dépit est 
souvent la cause qui nous arrache au monde (Mass.) 

— à la mort. || Obtenir avec peine, de force : — 
de l'argent , un secret. On ne peut lui — une pO' 
vole. Il Détourner de : — à l'étude (Ac.) = S^ — , 
V. pr. , arracher à soi-même : — une dent, les che- 
veux. Il Arracher l'un à l'autre : ils s'arrachèrent 
les cheveux (LaBr.) = S' — de ou à : s* — d'un lieUy 
le quitter avec peine : ils s'arrachèrent aux délices 
de la cour (Mass.) || Fam., s' — les yeux, se disputer 
avec une grande violence, s' — une épine du pied, 
sortir d'un grand embarras. On dit d'un homme 
ou d^un ouvrage fort recherché : on se l'arrache. 

ARRACHEUR, s. m., celui qui arrache : — de 
dents, de cors. \\ Fam. : il ment comme un — de 
dents, il ment effrontément. 



i 



ARR 

.VRRACmS, s. m., enlèvement frauduleux du 
plant des arbres. = Plant arraché. 

ARRAISONNER, V. a., chercher à amener quel- 
qu'un par des raisons à un avis, à une opinion ; vieux. 

ARRANGEAIENT, S. m., action d'arranger, or- 
dre dans lequel ou place les choses : — des ta- 
bleaux, des meubles. \\ — des mots, des idées. = 
Ordre dans la défense. = Conciliation, mesures pri- 
ses pour arriver à un but : j7 a pris des arrange- 
ments avec ses créanciers. 

ARRANGER, v. a., mettre en ordre : — des pa- 
piers, des livres. La manière dont on arrange ordi- 
nairement les trois monarchies est visiblement fabu- 
leuse (Boss.) =^ Mettre dans un meilleur état -.j'ai 
bien fait — ma maison. = Disposer convenable- 
ment : — ses idées, ses paroles. \\ — ses pièces et 
ses batteries (LaBr.) || Régler : — sa vie, son temps, 
sa dépense , ses affaires. = Terminer à l'amiable : 

— «Ne affaire, une querelle; ir. et fam., bien — 
quelqu'un, le maltraiter, lui causer du dommage : 
la pluie vous a bien arrangé (Ac.) := Convenir, satis- 
faire, fam. : cela m'arrange; cela ne m'arrange pas. 
= Préparer : cette scène avait été arrangée entre 
eux. = S' — , V. pr., se placer eu ordre : quinze cents 
chambres s'arrangeaient «Mfowr de douze salles i^o^s,.) 
Le français oblige les mots à s' — dans l'ordre naturel 
des idées (Volt.) =: Se mettre dans une position 
convenable : il s'arrange dans soîi fauteuil pour dor- 
mir (Ac.) Il Prendre ses mesures, se préparer pour : 
Je m'arrange pour faire ce petit voyage. S' — pour 
réussir (Ac.) || Fam. : arrangez-vous comme il vous 
plaira, faites ce que vous voudrez. Cette femme ne 
sait pas s' — , elle s'habille mal. = S'accorder pour 
faire quelque chose en commun ; terminer à i'amia- 
ble : il vaut mieux s' — que de plaider. =: S'accom- 
moder de : il s'arrange de tout. 

§ ARRANGER, RANGER. Arranger, c'est assigner 
aux choses une place convenable ; ranger, c'est mettre les 
choses à leur place. C'est en rangeant ses livres que l'on 
ARRANGE sa bibUothèque. On arhjcitgb une fois, on range 
tous les jours (Guizot). 

ARRAS, ch.-l. du départ, du Pas-de-Calais. = Traités 
d' — ; il y en a deux fort importants : le premier, signé en 
1435, entre Charles YII et Philippe le Bon, le second, en 
1482, entre Louis XI et Maximilien d'Autriche. 

ARRENTEJMENT, s. m., action de donner ou de 
prendre à rente, := La chose qu'on prend à rente. 

ARRENTER, v. a., donner ou prendre à rente. 

ARRERAGER, v. n., s'accumuler, en parlant des 
arrérages d'une rente. 

ARRÉRAGES, s. m. pi., revenus arriérés, ce 
qui est dû d'une rente, d'une redevance, 

ARRESTATION, S. f., action d'arrêter quel- 
qu'un ; état de celui qui est arrêté : mettre en — ; 
•tre en — ,• en état d' — . 

ARRÊT, 8. m., jugement d'une cour souveraine : 
un — met fin à un procès. \\ Dès que les yeux de 
l'homme s'ouvrent à la lumière, V — de mort lui est 
prononcé (Mass.) = Saisie d'une personne, de ses 
biens. Maison d' — , lieu de détention, prison. = 
Arrêts, m. pi., défense faite à un militaire de s'é- 
loigner d'un endroit déterminé : condamner aux — ; 
garder, rompre, lever les — ; — forcés, défense 
Itsolue de sortir. = Manège, action du cheval qui 

- arrête , action de la main qui l'arrête : temps d' — . 
Il II n'a point d' — ; c'est un esprit sans — (Ac), c'est 
un homme inconstant, léger, volage. =z Chasse : un 
chien d' — , qui arrête le gibier. Le chien est en — . 
= Mar., arrêt de vaisseaux, défense de sortir du 
port. = Pièce du harnais où un chevalier appuyait 



65 



ARR 



sa lance : mettre sa lance en — (Ac.) = Petite pièce 
qui arrête le mouvement d'une montre; le pêne 
d'une serrure ; le ressort d'une arme à feu. := Ganse 
à l'extrémité d'une ouverture pour empêcher que le 
linge ne se déchire. = Mus., point d'—. V. Point 
d'orgue. V. Arrêté. 

ARRÊTÉ, s. m., résolution d'une assemblée dé- 
libérante. = Décision d'une administration judi- 
ciaire ou administrative. = Arrêté de compte, rè- 
glement définitif d'un compte. 

§ ARRÊT, ARRÊTÉ. On rend des arrêts, on prend des 
arrêtés; les premiers se cassent; les seconds se rapportent 
quand il y a lieu. 

ARRÊTE-ROEUF, s. m., plante légumineuse, 
papilionacée, ainsi appelée à cause de larésistance que 
ses racines opposent au soc de la charrue. 

ARRÊTÉ, E, adj., fixe, ferme : il resta quelque 
temps sans croyance arrêtée (Mignet). 

ARRÊTER, V. a, suspendre le mouvement, le cours, 
le développement : — un coursier, une voiture, une 
montre, une hémorragie, des pleurs. || — la colère 
(Volt.) — les progrès. = Affermir : un volet, une 
Persienne. \\ Fixer : nous n'osions — nos regards sur 
l'abîme (Barth.)=: Faire cesser, réprimer : — les pour- 
suites, les frais, — la licence. — le cours (Boil.) || In- 
terrompre : en cet endroit. Mentor arrêta Idomcnée. 
(Fén.) := Priver de la liberté, se saisir de : le roi 
veut qu'on /'arrête (Fléch.). = Chasse, le chien a ar- 
rêté une compagnie de perdrix (Ac.) Abs. : ce chien 
ARRÊTE bien. \\ Empêcher d'agir, retenir : aucune 
considération ne peut V — (Ac.) r= Par ext. : — un 
domestique, un logement moyennant des arrhes. = 
Régler, conclure. — un compte, un marche. || Déci- 
der : voilà ce qui a été arrêté. = V. n., cesser de 
marcher, faire halte : dites au cocher d' — . Nous 
ARRÊTÂMES rfans Cet endroit. Abs. : arrête. = Cesser 
d'agir : il travaille sans — une minute. =: S' — , v. pr., 
suspendre sa marche. L'un et l'autre s'arrêtant au 
passage, se menacent des yeux {Bo'û.) Le soleil s'ar- 
rêta au milieu du ciel (Boss.) 1| Ma montre s'est ar- 
rêtée; fam., s' — en bon chemin, renoncer à une 
entreprise dont le succès semblait assuré. =: Inter- 
rompre un voyage, cesser d'agir : s' — trois jours dans 
un endroit. \\ Il s'arrêta au milieu de son discours. 
Abs. : l'ambitieux ne s'arrête jamais. \\ Se fixer, se 
déterminer : je m'arrête à cette étoffe. || Faire atten- 
tion à : quoi! vous vous arrêtez aux songes d'une 
femme (Corn.) 

ARRHES, s. f. pi., argent donné pour garantir 
l'exécution d'un marché, j] Gage : — d'amitié. 

ARRIEN (Flavius), historien grec qui vivait sous l'empe- 
reur Adrien. 

ARRIGHI. V. Padode, 

ARRIÈRE, prép. et adv., loin, au loin : — 
moi, Satan. — les médisants (Ac.) Aller vent ar 
rière, vent en poupe. = En arrière, loc. adv. . al- 
ler, rester en — .Il le loue en présence ^ et le déchire 
en — (Ac.) = Derrière, en l'absence de. En — de, 
loc, prép. : en — du corps de logis, en — de la 
ligne de bataille. Par peloton, en arrière, à droite, 
à gauche. Être en — , être en retard. 

ARRIÈRE, s. m.; mar., moitié de la longueur 
d'un bâtiment depuis le grandmàt jusqu'à la poupe. 

ARRIÉRÉ, E, adj., en retard : payement — . Par 
ext. : enfant fort — , peu instruit pour son âge. Pays 
— en civilisation. = Arriéré, s. m., ce qui reste 
dii. = Travail en retard. 

ARRIÈRE-RAN, s. m., autrefois convocation 
des nobles en masse pour suivre le roi à la guerre : 

5 • 



ARK 



66 



ARR 



convoquer le ban et V — . = Corps de la noblesse. 
= Appel des jeunes gens de la réserve. 

ARRiicRE-BEC, 8. m., éperon d'aval d'une pile 
de pont. 

ARRIÈRE-BOUCHE, S. f. V. PbARYNX. 

ARRIÈRE-BOUTIQUE, s. f., pièce de plain- 
pied en arrière de la boutique. 

ARRIÈRE-CORPS, S. m., partie d'un bâtiment 
en retraite d'une autre. 

ARRIÈRE-COUR, S. f., petite cour sur l'arrière, 
servant à^ d(?gager et à éclairer les appartements. 

ARRIÈRE-FIEF, s. m., fief mouvant d'un autre 
fief. 

ARRIÈRE-GARDE, S. f., la partie d'une garde 
qui ferme la marche. ||Fam., ceux qui suivent. 

ARRIÈRE-GOÛT, s. m., goût qui revient après 
certains aliments ou certaines liqueurs. 

ARRIÈRE-MAIN, s. m., coup du revers de la 
main, particulier au jeu de paume : un bel — . On 
dit : avoir V — belle, jouer bien du revers de la ra- 
quetie (Ac.) = Le train de derrière du cheval. 

ARRIÈRE-NEVEU, s. m., fils du neveu ou de 
la nièce par rapport à l'oncle : il a des arrière-ne- 
veux. =.¥05 — , la postérité la plus reculée. 

ARRIÈRE-PENSÉE, s. f., pensée que l'on dissi- 
mule, d ordinaire dans une mauvaise intention. 

ARRIÈRE- PETIT -FILS, S. m., ARRIÈRE- 
PETITE-FILLE, s, f., le fils, la filie du petil-fils 
ou de la petite-fille : Louis XV était — petit-fils de 
/.OMJS J/r,= Arrière-petits-enfants, s. m. pi., en- 
fants du pelit-fils ou delà petite-fille : i7 se plaisait 
au milieu de ses enfants, petits-enfants et — (Chat.) 

ARRIÈRE-PLAN, s. m. V. Plan. 

ARRIÈRE-POINT, s. m., point d'aiguille qui 
empiète sur celui qu'on vient de faire. 

ARRIÉRER, V. a., retarder : — • un payement. 
=: S' — , v.pr., rester en arrière : l'infanterie s'ar- 
riéra. = Ne pas payer aux échéances convenues. 

ARRIÈRE-SAISON, s. f., automne, fin de l'au- 
tomne, commencement de l'hiver. |1 Commencement 
de la vieillesse. = Temps qui précède la récolte, les 
vendanges. 

ARRIÈRE-TRAIN , s. m., croupe et membres 
postérieurs de Fanimal. 

ARRIÈRE-VASSAL, s. m., celui qui relevait 
du vassal d'un autre seigneur. 

ARRIÈRE-VOUSSURE, s. f., voûte qui cou- 
ronne l'einbiasure d'une porte ou d'une fenêtre. 

ARRIMAGE, S. m., action d'arrimer, arrange- 
ment de la cargaison d'un vaisseau. 

ARRIMER, v. a., arranger une cargaison. 

ARRIMEUR, s. m., préposé à l'arrimage. 

ARRISER, v. a., prendre des ris, détendre la 
surface des voiles pour se garantir d'un grain : — 
les vergues. On dit aussi par abréviation : Riser. 

ARRIVAGE, s. m., abord des navires, des ba- 
teaux dans un port. = Arrivée des marchandises par 
les voitures d'eau : F — des grains. 

ARRIVANT, E, s., personne qui arrive dans un 
lieu : le premier — , la première arrivante. 

APiRlvÉE , s. f., action d'arriver; venue d'une 
personne, d'un objet dans un endroit : à V — de la 
reine (Boss.)= Temps où quelqu'un ou quelque 
chose arrive : — du courrier. 

ARRIVER, V. a., aborder, toucher la rive : nous 
arrivâmes à une plage déserte (Ac.) — à bon port; 
Il Atteindre son but. = Parvenir à un but, au 
terme de sa course : enfin, e//e arrive à Brest (Boss.) 
"Elle n'arrive à l'éghse que dans un char (La Br.) 



Il — aux honneurs, ù une profonde vertu , ù la 
féliciié (Pasc.) Abs. : la tortue arriva la première 
(La F.) = En parlant des choses : une grande quan- 
tité de blés est arrivée à Marseille. \\ Les idées m' xn- 
rivent en foule (Ac.) Ce que l'on conçoit bien s'é- 
nonce clairement, et les mots pour le dire arrivent 
aisément (Boil.) = Avoir accès auprès de quelqu'un : 
Je n'ai pu — jusqu'au secrétaire du ministre (Les.) 
=: Venir, approcher : //arrive à grands pas. Abs. : 
la nuit ARRIVE. = Avoir lieu : un peu après arriva 
le déluge de Deucalion (Boss.) Un malheur n'arrive 
jamais seul. =: Réussir : on arrive avec de la pro- 
tection. — à ses fins, ou abs. : avec de la patience 
on arrive. =r V. imp. : il est 4RRIVÉ un grand mal- 
heur (Ac.) S'il ARRIVE que vous condamniez cette ac- 
tion (Volt.) // en ARRIVERA ce qu'il pourra, peu m'im- 
porte le résultat. 

ARROCHE, s. f., plante potagère qu'on nomme 
aussi bonne-dame, belle-dame. 

ARROGAMMENT, adv., avec arrogance. 

ARROGANCE, s. f., prétention hardie, conduite 
impérieuse et insultante : à quelques-uns l' — lient 
lieu de grandeur {La. Br.) La mort foulant auxpieds 
l' — humaine (Boss.) 

ARROGANT, E, adj., qui affecte des airs hau- 
tains et déplacés : Juba était — jusqu'à l'insolence 
(Roll.) Ton, langage — . = S., ces arrogants, fi 
leur dommage, apprendront un autre langage (Malli.) 

§ ARROGANT, ROGUE, -INSOLENT. Rogue ne dif- 
fère pas essentiellement d'arrogant, mais il est du style fa- 
milier, et marque plus de rudesse. Insolent dit plus que les 
deux autres et indique un orgueil poussé jusqu'à ses der- 
nières limites. 

ARROGER (S'), v. pr., s'attribuer quelque chose 
mal ù propos. : — un pouvoir, un droit. Les nobles 
se sont arrogé tout l'honneur national (B. de St-P.) 

ARROI, s. m., train, équipage; vieux; n'est us. 
que dans être en mauvais — . V. Désarroi. 

ARRONDIR. V. a., rendre rond; donner à une 
chose la forme circulaire : — un corps, une boule, 
ses bras.\\ — son champ, sa fortune, l'augmenter. 
— une phrase, une période, lui donner du nombre, 
de l'harmonie. — un cap , une île , naviguer tout 
autour. Il Peint., — une figure, en faire sentir les 
contours et les saillies. = S' — , v. pr., prendre une 
forme ronde. Sa taille s'arrondit, se dit d'uae 
femme enceinte. |1 II s'arrondit, il s'enrichit. 

ARRONDISSEMENT, s. m., action d'arrondir, 
état d'un objet arrondi : — du globe. || — d'une 
période, arrangement harmonieux des membres qui 
la composent. = Circonscription administrative, di- 
vision municipale : Paris a aujourd'hui vingt arron- 
dissements. 

ARROSAGE, s. m., irrigation, action de con- 
duire des eaux courantes sur des terres pour les 
humecter. = Eau qu'on verse dans les mortiers pour 
lier le salpêtre, le soufre et le charbon. 

ARROSEMENT, s. m., action d'arroser des fleurs, 
des plantes, des prés, des routes. = Rétribution 
qu'un joueur doit à tous les autres. 

ARROSER, V. a., humecter avec de l'eau ou un 
autre liquide : — ^ des fleurs, des prés, un jardin, 
les rues, une promenade. \\ — de la viande qui rôtit, 
répandre dessus du jus ou du beurre. — une terre 
de la sueur des hommes {L-i.) — son pain de larmes, 
vivre dans la misère. = Circuler à travers un pays, 
et le fertiliser en pari, d'une eau courante : les ri- 
vières qui arrosent la terre (Boss.) [j — des créan- 
ciers , leur distribuer des à-compte pour les apai- 



ART 

Ber. Il Distribuer au jeu de l'argent oa des jetons. 

ARROSOIR, s. m., vase pour arroser. 

ARROVV-ROOT (mot angl.) , s. m., fécule ex- 
traite du rhizome des marmita indica. 

ARRUGIE, s. f., canal pour i'écoulenaent des 
eaux d'une mine. 

ARS, s. m. pi., les quatre membres du cheval. 

ARSACIDES, ancienne dynastie des rois Parthes. 

ARSENAL, 8. m., dépôt, magasin d'armes et 
de muaitions de guerre : — formidable. Eii France, 
U existe des arsenaux de trois sortes : d'artillerie, 
de génie et maritime. \\ V — de la toilette, — des 
idées nonvelles. 

ARSÉNIATE, S. m., sel formé par la combinai- 
son de l'acide arsénique avec une base quelconque. 

ARSEXIC, s. m., corps solide, gris d'acier, qui, 
chauffé, se volatilise en répandant une odeur d'ail : 
V — est un poison très-dangereux (Ac). 

ARSENICAL. E, adj, formé par l'arsenic, qui con- 
tient de l'arsenic : préparation arsenicale, 

ARSÉNIEUX, adj. : acide — ou oxyde blanc 
d'arsenic, acide vénéneux, souvent employé sous le 
nom d'arsenic blanc, de mort aux rats. 

ARSÉNIQUE , adj., se dit d'un acide composé 
d'arsenic et d'oxygène, 

ARSÉNITE, s. m., combinaison de l'acide arsé- 
nieux avec une base quelconque. 

ARSIN, adj. m., se dit du bois sur pied qui a 
été ravagé par le feu : bois — . 

ART, s. m., méthode pour exécuter quelque 
chose selon certaines règles : F — militaire ; l' — de 
parler; V — d'ccnVe. !| Profession, métier, talent : 
V— de la guerre; les maîtres de V — , les plus ha- 
biles dans leur profession. Ouvrage fait sans — . Un 
chef-d'œuvre de V — (Boss.) = Science, adresse, 
habileté , artifice : — de commander, de convain- 
cre, de plaire, de feindre, L' — perce dans tout ce 
qu'il dit (Ac.) Le plus grand — est de cacher V — 
(Did.) Nous ne pouvons nier qu'il n'y ait de V — dans 
la nature (Boss.) = Titre donné à certains ouvra- 
ges didactiques : l' — poétique d'Horace, de Boileau. 
= Arts au pi., sans épithète et abs., se dit des arts 
libéraux et mécaniques : L'école des Arts et Métiers. 
Les beaux-arts ou simpl . les arts : la peinture , la 
sculpture, l'architecture, la musique et la danse. 
Il Les arts d'agrément , le dessin, la musique et la 
danse, considérés au point de vue de l'amusement ; 
les — s'épuisent pour diversifier les plaisirs (Mass.) 
=: Autrefois, les humanités et la philosophie : fa- 
culté des — ; maître es — . 

§ ART, MÉTIER, PROFESSION, PARTI. L'art fait 
l'artiste, le métier l'ouvrier. La critique est bien rarement 
un ART pour ceux qui en font un métier (La H.) Celui 
qui a telle profession est connu du public pour se livrer 
à telle sorte de travail. Il a une enseigne , un atelier^ 
des ouvrages de commande (La Br.) En France, l'arv- 
cienne noblesse a souvent pris le parti de la robe. Presque 
tous les autres Etats ignorent qu'il y ait de la grandeur 
dont cette professio:^ (Voit.) 

ARTAXERCE, nom de trois rois de Perse. Le premier 
(Longue-Main) accueillit Thémistocle à sa cour et accorda 
à Cimon la liberté des villes grecques de l'Asie. Le deuxième 
(Mnémon) -vainquit Cyrus le Jeune à Cunaxa et conclut le 
traité d'Antalcidas. Le troisième (Ochus), prince cruel et 
impie, fut assassiné par Bagoas, uh de ses généraux. 

ARTÉMISE, reine d'Halicarnasse, se distingua contre 
les Grec? à Salamine. 

ARTEMISirM (promontoire d'), cap au N. de l'Eubéc, 
où la tempête détruisit une partie des vaisseaux de Xercès 
en 480. 

ARTERE, 8. f,, vaisseau destiné à porter le sang 



67 



ART 



soit du cœur aux poumons, soit du cœur à toutes 
les parties du corps. 

ARTÉRIEL, LE , adj., qui appartient aux artè- 
res : canal — . 

ARTÉRIOLE, 3. f., petite artère. 

ARTÉRIOLOGIE, s. f., traité des artères. 

ARTÉRIOSTÉOSE , s. f., incrustation calcaire 
des artères. 

ARTÉRIOTOMIE, s. f., opération qui consiste à 
ouvrir une artère pour en tirer du sang. 

ARTÉSIEN, adj. V. Puits. 

ARTÉSIEN, NE, s. et adj., qui est de la p. d'Artois. 

ARTEVELD, nom de deux célèbres brasseurs de Gar.d, 
le père et le fils. Le premier, après avoir essayé de rendre 
l'indépendance à sa patrie, que se disputaient la France et 
l'Angleterre, périt dans une émeute en 1345. Le second, 
devenu régent et comme souverain de la Flandre, fut tué à 
la bataille de Rosebecque, en 1382. 

ARTHUR ou ARTHCS, chef des Bretons de la Grande- 
Bretagne , lutta contre les Anglo-Saxons envahisseurs. Ses 
exploits fabuleux ont servi de texte aux nombreux romans 
dits de la Table-Ronde. 

ARTHRITE, s. f., inflammation articulaire. 

ARTHRITIQUE, adj., qui a rapport aux articu- 
lations : douleurs arthritiques. 

ARTHRODYNIE, s. f., douleur vague et indé- 
terminée des articulations. 

ARTICHAUT, s. «n., plante potagère qui, dans 
l'état sauvage, a le port de nos chardons. || Pièce de 
serrurerie hérissée de pointes. = Pièce d'artifice. 

ARTICLE, s. m., articulation mobile, jointure de 
deux os qui jouent l'un sur l'autre. Par anal., les 
différentes sections du corps des insectes ; portion 
d'une tige comprise entre les nœuds. || Partie qui 
forme les divisions d'un traité, d'un contrat, d'un 
acte, d'une loi, d'un compte, etc. : discuter un — de 
loi. Les articles d'un journal, d'un dictionîhire. Dres- 
ser les — d'un contrat de mariage. = Passage d'un 
titre, d'un écrit ; je passe à un autre — de votre 
lettre (Volt.) H Sujet, matière : quant à V — de votre 
libraire (Id.) C'est un autre — , fam., c'est une autre 
affaire, c'est différent. — de foi, point de croyance. 
Croire une chose comme — de foi, fam., la croire 
fermement. = A V — de la mort, au moment de 
mourir. = Comm., objet : nous ne tenons pas ces 
ARTICLES. Il Gramm., mot qui sert à déterminer le 
subst. L' — est susceptible de genre et de nombre. 

ARTICULAIRE, adj., qui appartient à quelque 
articulation : artères et veines articulaires. 

ARTICULATION, s. f., assemblage et mode de 
connexion de deux ou de plusieurs pièces osseuses, 
qu'elles soient ou non mobiles l'une sur l'autre : 
l'entorse est une altération des articulations. =Hist. 
nat. : les — des antennes. = Son articulé de la voix. 
= Manière de prononcer les syllabes, les mots roj'ofr 
l'— nette, libre (Ac.) \\ Dr., énonciation des faits, 
article par article. 

ARTICULER, V. a., prononcer : — des sons, 
des mots; il articule mal (La Br.) = Dr., énoncer 
par article : — des faits. \\ — un fait, l'atfirmer. = 
S' — , V. pr., se joindre par articulation : la tète s'ar- 
ticule au cervelet (Ac.) = Se prononcer : cette lettre 
s'articule difficilement. 

ARTICULÉ, s. m. pi., l'un des quatre grands 
embranchements du règne animal. 

ARTIFICK, s. m., art, industrie, mécanisme, tout 
eut ménagé dans le corps humain avec un — mer- 
veilleur (Boss.) Ne vivre que par — , à force de soin 
et de régime. 1| L' — du style. =r Action artificieuse, 
ruse : l'humilité n'est souvent qu'un — de l'orgueil 



ASC 

(Vauv.) homme sans — . = Composilion pyrotech- 
nique qui s'enflamme facilement ; fend ' — . 

ARTIFICIEL, LE, adj., qui SB fait par art, op- 
posé à naturel : fleurs artificielles ; mémoire arti- 
ficielle, mnémonique, méthode imaginée pour re- 
tenir ce qu'on apprend. = jour — , espace de temps 
depuis le lever jusqu'au coucher du soleil. 

ARTIFICIELLEMENT, adv., avec artifice. 

ARTIFICIER, s. m., fabricant de feux d'artiûce. 

ARTIFICIEUSEMENT, adv., d'une manière ar- 
tificieuse. 

ARTIFICIEUX, EUSE, adj., plein d'artifice, de 
ruse : homme — ; conduite artificieuse. 

ARTILLÉ, E, adj., garni de ses canons. 

ARTILLERIE, s. f., matériel de guerre, comme 
canons, bombes, boulets : — de siège; parc d' — . 
Pièce d'' — , canon, obusier. := Troupes employées 
au service de 1 artilleie : corps d' — . École d' — , où 
l'on forme des artilleurs. 

ARTILLEUR, S. m., militaire attaché au service 
de l'artillerie. 

ARTIMON, s. m., mât de l'arrière, le plus petit 
ou le troisième mât d'un grand bâtiment. 

ARTISAN, s. m., celui qui exerce un art méca- 
nique, un métier : — habile. Des artisans grossiers 
(Boil.) A l'œuvre on connaît V — (La F.), on juge 
le mérite d'un ouvrier par son travail. |1 Auteur, 
cause : — de sa fortune. Nous sommes presque 
toujours les — de nos disgrâces (Volt.) — de ruses 
(La Br.) — d'iniquité (Mirab.) V. Ouvrier. 

ARTISON, s. m., nom donné aux insectes qui 
rongent les bois, les pelleteries et les étoffes. 

ARTISONNÉ, E, adj., rongé par les artisons. 

ARTISTE, s., celui, celle qui exerce un art libé- 
ral. Un grand — , une jeune —, — dramatique, 
acteur, adfrice. Par ext. : la nature est le premier 
des artistes. Il est né — , il a le goût d'un artiste. 
= Se dit de plusieurs professions : — pédicure. 

ARTISTEMENT, adv., avec art : un verre — 
taillé (Pasc.) Six vers — rangés (Boil.) 

ARTISTIQUE, adj., qui concerne les arts, qui 
appartient aux arts, aux artistes : réunion — . 

ARTOIS, ancienne p. du N. de la France. 

ARUM , plante qui donne une fécule nutritive, 
et dont la racine est regardée comme fébrifuge. 

ARUNDEL (marbres d'), tables de marbre rapportées 
àe Grèce en Angleterre et contenant des listes chronologi- 
ques parmi lesquelles se trouve la Chronique de Paros. 

ARUSPICE, s, m., ancien prêtre romain qui examinait 
les entrailles des victimes pour eu tirer des présages. 

ARZEL, s. m., marque blanche qu'ont certains 
chevaux aux pieds de derrière. 

AS, s. m., chez les anciens Romains, poids et 
mesure dont la valeur a souvent varié. =Paitie du dé 
ou de la carte marquée d'un seul point. 

ASBESTE, s. m. V. Amiante. 

ASCALON, V. de la Palestine où les chrétiens de la pre- 
mière croisade remportèrent une grande victoire en 1099. 

ASCARIDE, s. m., genre de vers intestinaux. 

ASCENDANCE, s. f., filiation d'une ligne ascen- 
dante. = Astr. , mouvement d'une planète qui s'é- 
lève sur l'horizon. = Math., raison d'une progres- 
sion dont les termes vont en croissant. 

ASCENDANT, E, adj., qui va en montant : mou- 
vement — . Aorte ascendante. = Astr., qui monte 
sur l'horizon : astre —, qui monte sur Fhorizon au 
moment de la naissance d'une personne. Ligne — , 
série des parents dont on descend en ligne directe. 
Progression — , qui va en croissant. Harmonie — , 
produite par une suite de quintes en montant. 



68 ASI 

ASCENDANT, s. m., mouvement d'une plané!, 
au-dessus de l'horizon ; degré du signe qui monte 
sur l'horizon. = Astrol., se disait du lever d'un 
astre et de l'influence qu'il exerçait sur la destinée 
d'un homme. H Par ext., inclination, penchant: son 
— l'emportera (Mol.)l| Supériorité, influence, auto- 
rité : /'' — du génie, de la vertu (Ac.) Ils prennent 
sur leur maître un — qu'ils ne perdent plus (La Br.) 
= Personne dont on descend en droite ligne. 

ASCENSION, s. f., action de monter, de gravir : 
la première — au mont Blanc a été faite par de 
Saussure. = Action de monter, de s'élever dans 
l'air : — d'un ballon , d'un aérostat. — de l'eau 
dans une pompe. — du baromètre, élévation du mer- 
cure dans le baromètre. — droite ou oblique d'un 
astre, le point de l'équateur qui se lève avec cet 
astre dans la sphère droite ou oblique. || L' — de No- 
tre-Seigneur J.-C, son élévation miraculeuse; jour 
où l'Éghse célèbre ce mystère. = Tableau représen- 
tant J.-G. montant au ciel. 

ASCENSION, île de l'océan Atlantique, dépendant de 
l'Afrique et appartenant aux Anglais, découverte par les Por- 
tugais le jour de l'Ascension, le 20 mai IbOl. 

ASCENSIONNEL, LE, adj., qui s'élève : force 
ascensionnelle, par laquelle un corps tend à s'é- 
lever. 

ASCÈTE, s., peu us., personne qui se consacre 
entièrement aux exercices de piété. 

ASCÉTIQUE, adj., qui a rapport aux exercices 
de la vie spirituelle : auteur, ouvrage — . ::= S. m., 
celui qui mène une vie ascétique : les extases des 
ascétiques. = Ouvrage ascétique : les — de saint 
Basile. 

ASCÉTISME, s. m., pratique rigoureuse delà 
vertu philosophique ou religieuse. 

ASCIENS, s.' m. pi., nom donné aux habitants de la zone 
torride qui n'ont pas d'ombre le jour de l'année où le soleil 
tombe perpendiculairement sur leurs têtes. 

ASCITE, s. f. , hydropisie abdominale ; amas de 
sérosité dans la cavité du péritoine. 

ASCITIQUE, adj., qui a rapport à l'ascite. 

ASCLÉPIADE, adj. et s. m., se dit d'un vers 
grec ob latin formé d'un spondée, de deux coriam- 
bes eWi'un ïambe. 

ASGI^PIADE, s. f., plante appelée aMs,û dompte- 
venin, aujourd'hui rangée parmi les apéritifs et les 
diurétiques. = Asclépiadées, s. f. pi., herbes, ar- 
bustes sarmenteux latescents. 

ASDRUBAL, nom de plusieurs généraux carthaginois. 

ASIARCHAT, s. m., magistrature qui donnait 
le droit de présider aux jeux sacrés célébrés par les 
villes grecques d'Asie. 

ASIARQUE, s. m. , magistrat revêtu de l'asiarchat. 

ASIE MINEURE. V. Anatolie. = Asie, s. f., une des 
cinq parties du monde. = ASIATIQUE, adj., qui appar- 
tient à l'Asie, qui habite l'Asie, n Luxe —, mœurs asia- 
tiques, excessif, efféminées. = S., habitant de l'Asie. 

ASILE ou ASYLE, 8. m., lieu sacré qui offrait un 
refuge inviolable. Par ext., tout lieu où l'on était à 
l'abri des poursuites : les grands criminels ne méri- 
tent point d' — (Mont.) Il Refuge, protection, secours: 
le Seigneur est mon — (P--R-) Le trône n'est élevé que 
pour être l' — de ceux qui viennent Implorer votre jus- 
tice (Mass.) = Retraite, demeure : un malheureux 
sans — (Ac.) || L' — de la vertu, de la paix, des plai- 
sirs (Mass.) = Salle d' — , établissement où l'on ad- 
met pendant le jour les enfants en bas âge que leurs 
parents ne peuvent surveiller. 

§ ASILE, REFUGE. On est en sûreté dans Vasile; on 
se met en sûreté dans le refuge. Dans Vasile o;i est hors de 



ASP 



G9 



ASS 



danger; dans un refuge on échappe à la poursuite. Uu port 
en tout temps est un asile; dans la tempête, c'est un refuge. 

ASINE, adj., bête — , âne ou ânesse ; peu us. 

ASPECT, s. m., vue d'une personne ou d'une 
chose : l' — de ces beaux lieux (Bartlj.) |1 U — du 
danger (Fén.) L' — de la mort (Boss.)-.=: Manière dont 
un objet s'offre à la vue : le soleil dont V — riant 
nous appelle et nous console (J.-J.) Au premier — , 
au premier abord. = Faces diverses, points de vue 
différents sous lesquels une chose se présente : exa- 
miner un objet sous tous ses aspects. = Astrol., si- 
tuation des planètes par rapport à l'intluence qu'on 
leur attribue sur notre destinée : cette affaire se pré- 
sente sous un triste — . V. Vue. 

ASPERGE, s. f., plante potagère. 

ASPERGER, v. a., arroser légèrement avec un 
objet qu'on a trempé dans l'eau ou quelque autre 
liquide : — d'eau bénite. Dans quelques sacrifices 
on ASPERGEAIT le peuple avec le sang de la victime. 

ASPERGES (pron. Vs), s. m., fam., goupillon ù 
jeter de l'eau bénite. = Moment de l'aspersion. 

ASPÉRITÉ, s. f., état de ce qui est rude et ra- 
boteux : U — d'une pierre. || L' — du style. =: Au 
pi., petites élévations qui rendent une surface rude 
et inégale : chemin couvert h'aspérués. \\ Style plein 
d'—. 

ASPERSION, s. f., action d'asperger. 

ASPERSOIR, s. m., goupillon d'eau bénite. 

ASPÉRULE, s. f., genre de plantes rubiacées. 

ASPHALTE, s. m., bitume solide, sec, friable, 
inflammable, presque inodore à froid. On le trouve 
particulièrement à la surface de la mer Morte. 

ASPHALTITE (lac). V. Mer Morte. 

ASPHODÈLE, s. m., plante liliacée. 

ASPHYXIE, s. f., suspension des phénomènes 
de la respiration, et par suite celle des fonctions 
cérébrales, de là circulation et de toutes les autres 
fonctions : — par submersion, par strangulation. 

ASPHYXIÉ, E, adj. et s., frappé d'asphyxie. 

ASPHYXIER, V. a., causer, déterminer l'as- 
phyxie. = S' — , se donner la mort par aspl^yxie. 

ASPIC, s. m., serpent venimeux de Vesi^tce des 
vipères. \\ Langue d' — , méchante langue, femme mé- 
disante. = Nom vulgaire de la grande lavande : 
huile d' — . = Plat composé de filets de volaille, de 
gibier ou de poissons, recouverts de gelée. 

ASPIDOPHORE, adj. , se dit d'un poisson pourvu 
d'un bouclier ou tégument écailleux. 

ASPIRANT, E, adj., qui aspire : pompe aspi- 
rante. = Aspirant, e, s., personne qui aspire à une 
fonction, un emploi, à être reçu dans un corps : — de 
marine. Aspirante au titre d'institutrice. 

ASPIRATION, s. f., action d'aspirer l'air exté- 
rieur. = Action de la pompe aspirante. = Ma- 
nière de prononcer en poussant l'air au dehors. || 
Mouvement de l'âme vers le bien et vers Dieu : de 
nobles aspirations ; des — vers un monde meilleur. 

ASPIRAUX , s. m. pi. , trous pratiqués aux 
fourneaux des laboratoires. 

ASPIRER, v, a., attirer l'air extérieur dans ses 
poumons : — une grande quantité d'air et l'expi- 
rer aussitôt. Abs. : — avec force. = Élever l'eau 
en faisant le vide : le tuyau de cette pompe aspire 
l'eau d'un puits. = Prononcer de la gorge : il y 
a certains mots où il faut — l'h. = V. n., pré- 
tendre, tendre à : — aux honneurs, aux grandeurs. 
— au ciel (Pasc.) — à la paix (Boss.) Et monté sur 
le faîte , il aspire à descendre (Corn.) 

§ ASPIRER, PRÉTENDRE. Si on veut s'épargner bien 



des regrets, bien des désappointements, il faut n'aspirer 
qu'aux choses auxquelles on peut prétendre. On aspire à la 
faveur, on prétend à ce dont on se juge digne. 

ASPRE, s. m., petite monnaie de compte chez les Turcs. 

ASSA ou ASA, s. f., 1'— dulcis est le benjoin, 
assa-fœtida, gomme résine qui est d'une odeur allia- 
cée forte et fétide, d'une saveur acre et repoussante, 
puissant antispasmodique. 

ASSAILLANT, s. m., agresseur. = Celui qui 
dans un tournoi combatfait contre le tenant. 

ASSAILLIR, v. a., attaquer, fondre sur : — les 
ennemis. Une furieuse tempête nous assaillit (Ac.) 
Il Elle a mis fin aux plus grands périls dont une âme 
chrétienne puisse être assaillie (Boss.) 

ASSAINIR, v. a., rendre sain, plus sain : — une 
maison, une prison, une ville. z= S'—, être assaini , 
les vallées s'assainissent par la culture. 

ASSAINISSEMENT, s. m., action d'assainir, état 
de ce qui est assaini : — d'un pays marécageux. 

ASSAISONNEaiENT, s. m., ce qui sert à assai- 
sonner : le poivre, le sel, le vinaigre, sont les assai- 
sonnements les plus ordinaires. = Action, manière 
d'assaisonner. |1 L'imagination peut seule donner aux 
plaisirs l'-^ qui en fait tout le prix (Cond.) 

ASSAISONNER, v. a., accommoder à l'aide de 
certains ingrédients : — une salade. \\ Il possède 
l'art d' — les grâces (Mass.) 

ASSASSIN, s. m., celui qui assassine, qui tue 
traîtreusement : payer un — . Crier ù V—, appeler 
du secours. H Ir., et dans le style commun on em- 
ploie quelquefois le fém. assassine : que dit-elle de 
moi, cette gente — ? (Mol.) S'emploie aussi ir. pour dé- 
signer un médecin : savant hâbleur, dit-on, et célèbre 
— (Boil.) Il Petite mouche que les femmes se met- 
taient autrefois au-dessous de l'œil. = Au pi., nom 
donné à des sectaires fanatiques du moyen âge qui, 
sur un ordre d'Hassan, leur chef, allaient sans hési- 
ter donner la mort à tous ceux qu'il désignait. 

ASSASSIN, E, adj., qui assassine, ne s'emploie 
qu'en poésie; et au fig.. fer —, œillade assassine. 

ASSASSINANT, E, adj.; fam., insipide : des re- 
dites assassinantes. Il Cruel : rigueur assassinante 
(Mol.) 

ASSASSINAT, s. m., meurtre commis avec guet- 
apens : le jour fatal est pris pour tant d-'assassi- 
NATS (Rac.) Il — juridique, condamnation capitale 
dictée par la haine. || Par ext., violence odieuse ; 
acte, discours qui porte lin grand préjudice : la ca- 
lomnie est un — (Ac.) 

ASSASSINER, y. a., commettre un meurtre, 
tuer de guet*apens : — un voyageur. Ofi ne s'avise 
guère d' — que ses ennemis (Pasc.) ||Par ext., acca- 
bler d'outrages violents, excéder de coups violents 
par trahison, porter un grand préjudice : calomnier 
un homme de la sorte, c'est l' — (Ac.)|| Importuner, 
fatiguer à l'excès : — les gens de compliments, de 
vers. Songez que je vous assassinerai jusqu'à ce que 
vous m'ayez tenu parole (La F.) 

ASSAUT, s. m., attaque de vive force pour em- 
porter un poste, une place de guerre : aller, monter 
à l' — , prendre d' — . Les assauts de la tempête, de 
la maladie, de l'adversité. || Sollicitation vive et pres- 
sante : céder, résister aux assauts. Ce n'est qu'en 
ces — qu'éclate la vertu (Corn.) = Escrime, exercice 
au fleuret. || — d'esprit, de coquetterie, d'éloquence. 

ASSÈCHEMENT, s. m., action d'assécher; état 
de ce qui est asséché : l' — des terres^ 

ASSECHER, V. a., mettre à sec : — les routes 
(B. de St-P.)= V. n,, être à sec, roche asséchée. 



ASS 



70 



ASS 



ASSEBIBLAGÊ, s., m., réunion de choses ou de 
personnes : — de lettres, de syllabes; — de gens 
de toute espèce. \\ — de qualités (Pasc.) ; de vices, 
de vertus. — éclatant (Volt.) = Menuis., union de 
plusieurs pièces rapportées et jointes de manière à 
former un tout : — à tenons et à mortaises. Bois 
d' — . = Impr., action de réunir des feuilles d/'un vo- 
lume dans l'ordre de leur signature. Atelier d' — . 

ASSEMBLÉE, s. f., réunion d'un cerfarn nom- 
bre de personnes dans un même lieu : grande, 
nombreuse — . = Réunion de personnes formant 
corps: — nationale, législative, des États. Il appar- 
tient ù plusieurs assemblées savantes (La Br.) Par 
anal., — de famille, de créanciers. — de fidèles, 
l'église. r= Chasse; lieu où l'on ae rend et où l'on 
déjeune avant d'aller au laisser-courre. = Société, 
cercle : Il me tarde de voir notre — ouverte (Mol.) 
= Milit., appel au son du tambour ou de la trom- 
pette. 

ASSEMBLER, v. a., mettîre ensemble, réxmir : 
— des matériaux. — des soldats^, le peuple. J'y con- 
sens, ASSEMBLONS lé chapitre (Bofl.) = Méean., — 
les pièces d'une montre. — des pièces de charpente. 
= Impr., — les feuilles, les vohimes.= S' — , v. pr., 
se réunir, se former en assemblée. |1 La Haine, le mé- 
pris, contre mot tout s'assemble (Volt.) = Pror., 
qui se ressemble, s'assemble. 

§ JISSEJMBLER, jmM>RE , CMR. Assembler des 
objets, c'est seulement les mettre les uns près des autres; les 
joindre, c'est faire qu'ils se touchent, qu'ils soient continus 
et adhérents; les unir, c'est les confondre, n'en faire qu'une 
seule et même chose. 

ASSEMBLEUR, EUSE, s., ouvrier, ouvrière qui 
fait l'assemblage. 

ASSENER, V. a., appliquer un coup, frapper 
juste : 27 lui assena un violent coup de bâton. Il 
m'assena son poing au milieu du visage (Scar.) 

ASSENTOIENT, s.m., acquiescement, approba- 
tion : l'évidence force V — des gens éclairés (Ac.) 

§ ASSENTIMENT, CONSENTEMENT. Frappé de la 
vérité d'une proposition, vous y donnez votre assentiment • 
mais vous donnez votre consentement au mariage de votre 
fils lorsqu'il a votre assentiment et celui des autres. 

ASSEOIR, V. a., mettre sur un siège : — un 
enfant. Faire — quelqu'un à sa table, l'y admettre. 
=: Poser solidement : — les fondements d'une mai- 
son. — un camp. — un cheval, le dresser à galo- 
per. 11 Fonder, établir : — un gouvernement sur les 
bases d'une sage liberté (Ac.) — un jugement , sa 
croyance (Pasc.) r= S' — , v. pr. , se mettre sur son 
séant : — par terre. \\ S' — sur le trône, monter au 
trône. Les chagrins montent sur le trône, et vont 
s' — à côté des souverains (Mass.) Je m'assieds ù sa 
table (La F.) \\ Se percher, en pari, des oiseaux. 

ASSERMENTER, v. a., lier par serment: — un 
fonctionnaire public. \\ Prêtres assermentés, qui', 
sous la Révolution, avaient prêté serment à la cons- 
titution civile du clergé. 

ASSERTION, s. f., proposition qu'on avance 
comme vraie : — vraie, fausse, hasardée. 

ASSERVIR, V. a., réduire à l'état de servitude, 
de dépendance absolue : — sou pays. \\ — la for tune, 
son génie (Boil.)= S' — , v. pr., se soumettre : s' — 
aux lois du vainqueur, aux caprices de la mode. 

ASSERVISSANT, E, adj., qui asservit -.joug — . 

ASSERVISSEMENT , s. m. , action d'asserv ir : 
contribuer à V — de sa pa/rfe. = État de servitude ; 
tenir un peuple dans V — (Ac.) || U — des esprits. 
— aux usages, à.la^mode, aux idées reçues (Volt.) 

asservisseur; s. m., celui qui asservit ; Gré- 



goire VII, le grand — des rois et des consciences 
(Villem.) 

ASSESSEUR, 8. m., magistrat adjoint à un juge 
principal. = Électeur qui aide le président d'un bu- 
reau d'élection. 

ASSEZ, adv., autant qu'il faut : c'est — , c'en est 
— . L'avare n'a jamais — (Ac) Celui qui aime le 
travail a — de soi-même (La Br.) =: Il est quelque- 
fois augmentatif, quelquefois diminutif du sens : 
cela est — bien, — bon. Voilà qui est — plaisant. 
Suis-je — malheureux! = Explétif dans — peu, — 
souvent : c'est un homme d' — peu d'esprit (Ac.) 
dans le style soutenu et en poésie : — et trop long- 
temps mon amitié t'accable (Rac.) 

§ ASSEZ, SUFFISAMMENT. J'ai assez d'argent, j'ai 
ce qu'il me faut. J'avais scffisamment d'argent pour faire 
commodément ma route (3.-3.) L'avare n'en a jamais assez; 
le prodigue jamais suffisamment. 

ASSIDU, E, adj., exact à se trouver où son de- 
voir l'appelle : magistrat — aux audiences. = Qui 
s'applique continuellement à quelque chose : — au 
travail, à l'oraison, à la prière (Fléch.)=Qui rend 
des soins continuels à : — auprès du prince. Toi qui 
fus de mes premiers ans la compagne assidue (Rac.) 
= En parlant des choses, constant, fréquent : travail 
— , visites assidues. 

ASSIDUITÉ, s. f. ; exactitude à se trouver où le 
devoir appelle : — d'un commis à son bureau, d'un 
courtisan auprès du prince. = Application conti- 
nuelle : l' — au travail, à la prière. = Assiduités 
auprès d'une femme, soins empressés qu'on lui rend. 

ASSIDUMENT, adv., d'une manière assidue : 
faire — sa cour (La Br.) 

ASSIÉGEANT, E, adj. et s., qui assiège : l'armée 
assiégeante. Les assiégeants, l'assiégeant et l'as- 
siégé. 

ASSIÈGES, s. m. pi., ceux qu'on assiège. 

ASSIÉGER, V, a., faire le siège d'une place forte : 
le roi ASSIÉGEA Dôle en personne (Voit.) 1| La foule 
assiège les bureaux du théâtre. = Environner, en 
tourer : les flammes assiégeaient leur dernier re- 
fuge. Il Importuner, obséder, poursuivre : les créan- 
ciers, les solliciteurs l'assiègent. Les discours flat- 
teurs assiègent le trône (Mass.) 

§ ASSIÉGER, OBSÉDER. Un solliciteur assiège un 
ministre à qui il veut arracher une grâce ; un ministre ou un 
favori obsède le prince qu'il veut gouverner. 

ASSIEXTE ou ASSIENTO, désigne les traités con- 
clus successivement par l'Espagne avec les diverses puis- 
sances de l'Europe en vue de permettre le monopole de la 
traite des nègres dans ses colonies d'Amérique. 

ASSIETTE, s. f., manière dont on est assis ou 
placé. Ij Position d'un corps sur un autre : — d'une 
pierre , d'une poutre. = Situation d'une maison , 
d'une ville, etc. : château bâti à mi-côte et dans une 
fort belle — . L' — d'un camp. \\ L' — d'un impôt, 
sa répartition. L' — d'une rente, le fonds sur lequel 
elle est établie. Jl Disposition de l'esprit : // 7i'est pas 
dans son — ordinaire ou naturelle, ou simplement 
dans son — . = Pièce de vaisselle servant à manger 
à table : — plate, creuse, blanche. Far ext., ce que 
contient une assiette. |1 Fam., piquer V — , manger 
habituellement chez les autres. Piqueur d''ASSiETTES, 
ou pique — , parasite. 

§ ASSIETTE, SITUATION, POSITION. La vraie. 
ASSIETTE de rame est lorsqu'elle est maîtresse des mouve- 
ments du cerveau (Boss.) Quand on n'est pas dans une si- 
tuation aisée, on n'est pas dans une positio7i à faire du bien 
aux autres. Un pays est dans telle situation., et sa position 
I est bien ou mal indiquée sur la carte. 



ASS 

ASSIETTÉE, 8. f., ce que contient une assiette. 
ASSIG^ABLE, adj., qui peut être assigné. 
ASSIGNAT, s. m., constitution d'une rente 
affectée au payement d'une dette. = Papier-monnaie 
émis pendant la révolution française. 

ASSIGXxVTION, s. f., destination d'un fonds au 
' payement d'une dette. = Mandat de payement. = 
Ajournement à comparaître par-devant le juge. = 
Exploit qui indique le jour. |i Rendez-vous. 

ASSIGNER, V. a., affecter un fonds ou des de- 
niers au payement d'une rente ou d'une dette : les 
dettes que voiis avez assignées sur le mariage de ma 
fille (Mol.) = Citer par un exploit à comparaître en 
justice : — des témoins. = Indiquer, déterminer, 
fixer : reste ù la place que la nature fa assignée. 
On ne peut — de limites à l'art (Barth.) 

§ ASSIGNER, DESIGNER. En Egypte, chaque pro- 
fession avait son canton qui lui était assigné (Boss.) Da- 
vid avait DÉSIGNÉ le lieu du temple que bâtit Salomon (Id.) 
ASSIMILABLE, adj., susceptible d'être assimilé. 
ASSIMILATION , s. f., action d'assimiler, de 
présenter plusieurs choses comme semblables. = Ac- 
tion par laquelle un corps s'approprie et transforme 
en sa propre substance la matière dont il se nourrit. 
ASSI3IILER. V, a., rendre semblable, présenter 
comme semblable : l'ivrognerie assimile l'homme à 
la brute. — l'enfance à la vieillesse (Buff.) Compa- 
rer : on ne peut — ce cas à aucun autre (Ac.) || 
Élever au rang : Cincinnatus qu'aux Dieux le triom- 
phe assimile (C. Del.)== S' — , v. pr., dans tous les 
sens de l'actif. 

ASSIS, s. m., voter par — et levé, en se levant 
ou en restant assis. 

ASSISE, s. f., rang de pierres posées horizon- 
talement pour élever' une muraille. = Espèce de 
banc régulier formé par les masses minérales dépo- 
sées successivement par les eaux. Bâtir par assises 
réglées, avec des pierres de même hauteur, et dont le 
milieu supporte les joints montants de l'assise in- 
férieure. = Assises, s. f. pi., session d'une cour cri- 
minelle : tenir, présider les — . Cour d' — , tribunal 
criminel. = Assemblée, séance extraordinaire des 
officiers des seigneurs de fief. 

ASSISTANCE, s. f., présence : le droit d'— du 
curé, du juge de paix, = Réunion de personnes qui 
assistent à quelque chose. =: Conseil d'un ordre re- 
ligieux, ; État où les maisons d'un ordre religieux 
sont situées. = Aide, appui : la justice doit une — 
particulière aux faibles, (Boss.) = Au pi., libéra- 
lités : elle leur obtenait des soulagements et des as- 
sistances considérables (Fléch.) V. Appui. 

ASSISTANT, E, adj., qui assiste, qui aide un 
autre : les prêtres, les évêques — . =z S., religieux 
chargé d'aider le supérieur général dans ses fonc- 
tions : être — ou un des assistants du supérieur. L'as- 
sistante ou une des assistantes de la supérieure. 
= Assistants, s. m. pi., personnes présentes en un 
lieu : un des — . 

ASSISTER, V. n., être présent à : — aux débats, 
à la messe, au mariage, ù une fête, à un spectacle. 
— à un jugement, signifie quelquefois faire partie 
du tribunal qui prononce un jugement. H 11 s'emploie 
aussi sans régime : les esprits bienheureux qui assis- 
tent devant Dieu (Pasc.) = V. a., aider, prêter as- 
sistance : — les pauvres, les malheureux. — un cri- 
minel, le préparer à la mort, lui donner les conso- 
lations de la religion. — quelqu'un de sa bourse, de 
son crédit. = Fam., que Dieu vous assiste, se dit 
à un pauvre auquel on ne peut ou ne veut rien don- 



71 ASS 

ner. Se disait autrefois à ceux qui éternuaient. = 
Accompagner : se faire — par le commis-mire. 

ASSOCIATION, s. f., action de faire entrer en 
société, réunion de personnes dans un but, un inté- 
rêt commun : — commerciale, littéraire, religieuse, 
politique. — de bienfaisance. En pari, des choses, 
rapprochement : — d'idées, d'intérêts. 

ASSOCIÉ, E, s., individu associé : j'ai deux as- 
sociés. Il a sa sœur pour associée. 

ASSOCIER, v. a., faire entrer en société, donner 
ou prendre pour compagnon, pour allié : — à un com- 
merce, ù une entreprise, à des travaux. — quelqu'un à 
ses dangers {kc.) — quelqu'un à sa g/o/re (Fléch.) =: 
Rapprocher, joindre : l'intérêt gui associe deux per- 
sonnes [Xc.) — l'agréable à l'utile (J.-J.)^ S' — , v. 
pr., faire société avec son fils, son neveu. \\ Il ne faut 
pas s' — avec des mauvais sujets, il ne faut pas en 
faire sa société. S' — aux périls, à la gloire de quel- 
qu'un. Je dois m-'associer à votre malheur (Mont.) 

ASSOLE3IENT, s. m., partage de terres labou- 
rables en grandes portions, ou soles, pour y alterner 
les cultures, 

ASSOLER, V. a., diviser des terres par soles. 

ASSOMBRIR, V. a., rendre sombre : d'épais 
nuages assombrissaient le ciel. = S' — , v. pr., de- 
venir sombre : le temps s'assombrit. 1| Tout sourit à la 
jeunesse, tout s'assombrit pour la vieillesse (Mirab.) 

ASS03IMANT, E, adj. |1 Fam., fatigant, ennuyeux 
à l'excès : lecture assommante. Rien n'est plus — que 
les gens raisonnables (Dest.) 

ASSOaiMER, V. a., tuer en frappant avec quel- 
que chose de pesant : — à coups de bâton, de pierres. 

— un bœuf. On assomma la pauvre bête (La F.) =: 
Accabler de coups. || Importtiner, fatiguer à l'excès : 
un bavard qui vous assomme. Moi, qu'un froid écrit 
assomme (Mol.) = S* — , v. pr. : il ne s'agit que de 
s' — comme des chiens enragés (Napol.) 

ASSOMMEUR, s. m., celui qui assomme. 

ASSOMMOIR, s. m., bâton garni à une extré- 
mité d'une balle de plomb; canne plombée ou fort 
lourde. || Coup d' — , événement affreux, malheur 
inattendu. = Piège disposé à assommer les renards, 
blaireaux, etc., qui s'y prennent. 

ASSOMPTION, s. f., élévation de la Vierge au 
ciel. = Jour auquel l'Église en célèbre la fête. = 
Tableau représentant l'assomption de la Vierge. 

ASSOMPTION (l'), v. cap. du Paraguay. 

ASSOMPTION (L'j, île dans le golfe Saint-Laurent. 

ASSONANCE, s. f., ressemblance approximative 
de son dans les finales des mots. 

ASSONANT, E, adj., qui produit une assonance. 

ASSORTIMENT, s. m., convenance de plusieurs 
choses entre elles : l' — de ces couleurs est agréable 
(Ac.) r= Assemblage de choses qui vont ensemble : 

— de fleurs, de couleurs.z= Imprim., supplément de 
tous les caractères nécessaires à un genre de com- 
position! = Livres d' — , qu'un libraire prend chez 
ses confrères. 

ASSORTIR, v. a., réunir des choses qui vont 
ensemble : — des fleurs, des couleurs. — les con- 
vives, les caractères, les époux. = Approvisionner 
des marchandises nécessaires : — une boutique , un 
magasin. = V. n., convenir : cette garniture Asson- 
tit bien à la robe, avec la robe. =rS' — , v. pr. : ces 
meubles ne s'assortissent pas ensemble. \\ Leurs ca- 
ractères s'assortissent bien. 

ASSORTISSANT, E, adj., qui s'assortit. 

ASSOTER, v, a.; fam., infatuer d'une sotte pas- 
sion : cette petite fille l'a assoté. = S' — , v. pr.^ 



ASS 

prendre un sot amour, un sot attachement; peu us. 

ASSOUPIR, V. a., endormir à demi, disposer au 
sommeil : un discours monotone assoupit les audi- 
teurs {Ac,)\\Les passions que la nature même avait 
ASSOUPIES (Mass.) || Suspendre, affaiblir': remède 
dont l'effet ASSOUPIT la douleur (La H.){| Empêcher 
l'éclat : — une affaire, une querelle, les haines, les 
passions. = S* — , v. pr., se laisser aller au som- 
meil : et jusque'j au souper, se courbe et s'assoupit 
(Boil.) Il Se calmer, s'affaiblir : les haines s'assoupis- 
sent avec le temps. 

ASSOUPISSANT, E, adj., qui assoupit : vapeurs 
assoupissantes, lecture assoupissante (J.-J.) 

ASSOUPISSEMENT, s. m., état voisin du som- 
meil. Un — léthargique. \\ Grande négligence de sts 
devoirs, de ses intérêts. 

ASSOUPLIR, V. a., rendre souple, flexible : — 
ime étoffe, un ressort. \\ — des peuples sauvages 
(Boss.) = S' — , V. pr. : ce n'est qu'à l'aide d'un long 
travail que les jarrets du danseur s'assouplissent 
iy o\t.)\\ Cette humeur a fini par s' — . 

ASSOURDIR, V. a., causer une surdité passa- 
gère, étourdir : le bruit du canon l'avait assourdi 
(Ac.) // criait ù nous — . = Peint., diminuer ia lu- 
mière de certaines parties dans les demi-teintes. 

ASSOURDISSANT, E, adj., qui assourdit. 

ASSOUVIR, V, a., apaiser une faim vorace : on 
ne peut — cet enfant. — ses yeux, ses regards d'une 
chose. Il a un désir de gloire qu'il ne peut — (Ac.) 

— son avarice, sa haine, sa vengeance. = S' — , 
V. pr., se rassasier : S' — de carnage, de sang. = 
L'ambitieux ne peut s' — d'honneurs , ni le volup- 
tueux de richesses (Boss.) Barbare, assouvis-toi du 
sang de la patrie (Volt.) 

ASSOUVISSEMENT, 8. m., action d'assouvir: 
l' — de la faim. \\ L' — de nos passions (Lévis.) 
ASSUJETTIR, V. a., rendre sujet, soumettre : 

— un pays, un peuple. Philippe assujettit toute la 
Grèce (Boss.) \\ — les passions à la raison, et la rai- 
son à la justice. = Astreindre, 'obliger à : les règles 
de l'art assujettissent l'ouvrier (Ac.) = Fixer une 
chose dans un lieu. — un banc, un mût, une table. 
= S' — , V. pr., — aux usages. S' — à l'ordre du 
grade militaire (Volt.) V. Soumettre. 

ASSUJETTISSANT, E, adj., qui tient dans une 
grande sujétion : devoirs assujettissants (Volt.) 

ASSUJETTISSEMENT, s. m.. État de dépen- 
dance : r — d'un pays. \\ Sujétion, contrainte : les 
tristes assujettissements de la grandeur (Ac.) L' — 
aux modes, çtux usages (La Br.) Il s'applaudissait 
sans cesse de V — des devoirs (Mass.) 

ASSUMER, V. a., prendre, ne s'emploie qu'au 
figuré : — sur soi la responsabilité d'un acte. 

ASSURANCE, s, f., certitude : un temps auquel 
710US n'avons aucune — d'arriver{¥ai&c.) = Confiance, 
sécurité : prenez cette étoffe en toute — (Ac.) = 
Garantie, promesse: ef pour toute — , il ne prend que 
ma foi (Corn.) = Fermeté : montrer de V — . Perdre 
son — . Une noble, une mâle — . = Sûreté : par là, 
vous croyez être en — (Pasc.) ; vieux. =- Acte par 
lequel un assureur s'engage au remboursement des 
pertes que pourra faire l'assuré : — d'un navire. 

— contre l'incendie, la grêle. — maritime. — mu- 
tuelle. Compagnie d'AssuRANCES. = Mar., coup de 
canon pour faire reconnaître le pavillon. 

ASSURÉMENT, adv., certainement, sûrement : 

— il radotait (La F.) 
ASSURÉ, E, adj . , qui est certain de quelque chose : 

je suis — de ce fait. \\ Qui ne peut manquer : tin 



72 " AST 

succès — . V. Évident. 1| Ferme, décidé : d'un pas — 
(Fén.) Un air — . || Où l'on est à l'abri : un port — . 
Il Sûr : une existence assurée. || Fam., en mauv. 
part ; un — menteur, voleur. = Assuré, s. m., 
celui qui a fait assurer : l'assureur et V — . 

ASSURER, V. a., affermir, rendre sûr ou stable : 

— un échafaudage, une muraille. — la main, la 
rendre ferme et sûre. — la bouche d'un cheval, 
l'accoutumer à souffrir le mors. || — sa contenance^ 
V. Rassurer. || Rendre sûr et certain : — la paix, 
le succès, le bonheur, des droits à la reconnaissance. 
= Garantir ou transmettre par un acte : — une 
créance, une rente. — tous ses biens à son neveu 
après sa mort. Par ext., — aux malheureux la vie 
ou le salut (Mass.) — des vivres ù une armée. = 
S'engager à rembourser certains objets perdus ou 
détruits par un sinistre : — des maisons contre l'in- 
cendie, les récoltKS contre la grêle (Ac.) Faire — ou 

— sa maison. = Donner pour sûr, certifier : d'oii 
vient qu'Agamemnon m'assurait le confrafre ?(Rac.) 
=r Engager à croire, rendre certain : — quelqu'un 
de son dévouement. Son intérêt iious assure de son 
silence. = Mar., assurer son pavillon, le faire re- 
connaître. = S' — , V. pr., avoir la certitude, être 
persuadé : qui peut s' — d'être toujours heureux? 
(La F.) Il Établir sa confiance, se procurer la certi- 
tude de quelque chose : Oui, je m'assure en ta clé- 
mence (J.-B. R.) S' — de quelqu'un, s' — de sa bien- 
veillance, de sa protection. = S' — de quelqu'un, 
de sa personne, l'arrêter. S' — de quelque chose, s'en 
rendre maître , s'en procurer la jouissance ; assu- 
rez-vous d'un cheval. V. Affirmer. 

§ ASSURER, AFFERMIR, COXSOLIDER, ARRE- 
TER, FIXER, ATTACHER. On assure ce qu'on met en 
sûreté, ce qu'on garantit, ce qu'on préserve ; on affermit ce 
qu'on rend ferme, inébranlable ; on consolide ce qu'on rend 
solide, indestructible; on arrête ce dont on empêche le 
mouvement; on fixe ce qu'on arrête invariablement, à de- 
meure ; on attache ce qu'on rend stable en le liant ou en le 
joignant à autre chose. 

ASSUREUR, S. m., celui qui assure des maisons, 
des marchandises, etc., contre des sinistres. 

ASSYRIE, ancien empire d'Asie. = Assyribh, icb, s. et 
adj., qui habitait l'Assyrie. 

ASTARTÉ, divinité phénic, l'Astaroth de l'Écriture. 

ASTER, s. m., plante vivace à fleurs radiées, de 
la famille des corymbifères. 

ASTÉRIE, s. f., nom d'un genre d'invertébrés 
radiaireséchinodermes, aussi appelés étoiles de mer. 

ASTÉRISME, s. m., assemblage d'étoiles. 

ASTÉRISQUE, s. m., signe figurant une étoile 
et indiquant un renvoi. 

ASTÉROÏDE, s. m., petite planète. 

ASTHÉNIE, s. f., manque de force, débilité. 

ASTIOIATIQUE , adj., affecté de l'asthme. = 
S. m., un vieil — . 

ASTIOIE, s. m., respiration difficile. 

ASTIC, s. m., gros os de cheval, de mulet ou 
d'âne, employé par les cordonniers pour lisser les 
semelles. = Polissoirde bois pour polir les gibernes. 

ASTICOT, s. m., larve d'insecte servant d'appât. 

ASTICOTER, v. a.; fam., contrarier, tourmen- 
ter pour des bagatelles. 

ASTOME, adj., qui n'a point de bouche. 

ASTORGA, V. d'Espagne dans la p. de Léon. 

ASTRACHAN ou ASTRAKAN, vil. et gouv. de Russie. 

ASTRAGALE, s. m., os court situé à la partie 
supérieure et moyenne du tarse. = Moulure qui cou- 
ronne la partie supérieure d'une colonne. =: Plante 



ATE 

légumineuse dont quelques espèces fournissent la 
gomme adragant. 

ASTRAL. E, adj., qui appartient aux astres, qui 
offre quelque rapport avec les astres : lampe astrale, 
qui éclaire les objets de haut en bas. 

ASTRE, s. m., tout corps céleste : V — du jour ^ 
le soleil. L' — de la nuit, la lune. Les astres rou- 
lent dans le firmament (Pasc.)|| Astrol., être né sous 
un — favorable ou ennemi, être ou heureux ou mal- 
heureux. Sous quel — ennemi faut-il que je sois né! 
(Rac.) Il Poét., personnage illustre : qu'est-ce qu'un 
souverain né avec une valeur bouillante ? un — mal- 
faisant (Mass.) Il Fam., en pari, d'une femme d'une 
grande beauté : elle est belle comme un — . 

ASTRÉE, s. f., déesse de la justice. == Constellation de 
la Vierge. = Espèce de polype dont la surface est parsemée 
d'étoiles. 

ASTREINDRE, v. a., obliger, assujettir stricte- 
ment : — à U7i travail, à un règlement sévère, à 
prendre les armes (Boss.)=: S' — , v. pr., aux règles. 
Être ASTREINT à se lever de bonne heure. 

ASTRICTIOjV, s. f., effet produit par une subs- 
tance astringente. 

ASTRINGENT, E, adj., qui a la propriété de res- 
serrer. r= S. m.- : des astringents. 

ASTROÏTE, s. f. V. Astrée ; polype. 

ASTROLABE, S. m., instrument dont on se ser- 
vait autrefois pour mesurer la hauteur des astres. 
V — planisphère était un globe terrestre où étaient 
projetés les cercles de la sphère. 

ASTROLOGIE, s. f., ou — judiciaire, art chi- 
mérique de lire Favenir dans les astres. U — na- 
turelle se rattache à la physique. 

ASTROLOGIQUE, adj., qui appartient à l'as- 
trologie : prédiction — . 

ASTROLOGUE, s. m., celui qui s'adonne à l'as- 
trologie : un — un jour se laissa choir au fond d'un 
puits (La F.) 

ASTRONOME, s. m., celui qui connaît et pra- 
tique l'astronomie. = Adj. : peuple — (Bailly). 

ASTRONOMIE, S. f., science des astres, de leur 
nature et de leurs mouvements : — physique, qui s'é- 
lève des phénomènes à la détermination de leurs 
causes. — nautique, qui se rapporte à la naviga- 
tion. = Traité de cette science : — de Francœur. 

ASTRONOMIQUE, adj., qui appartient, qui a 
rapport à l'astronomie. 

ASTRONOMIQUEMENT, adv., selon les princi- 
pes de l'astronomie. 

ASTUCE, s. f., finesse qui tend à nuire : aller 
par — à des fins qu'on cache avec soin (J.-J.) 

ASTUCIEUSEMENT, adv., avec astuce. 

ASTUCIEUX, EUSE, adj., qui a de l'astuce. 

ASTVRIES, mont, et p. du N. de l'Espagne. = Prince 
des — , titre de l'héritier présomptif de la couronne d'Es- 
pagne. 

ASYLE. V. A'siLE. 

ASYMPTOTE, s. f., ligne droite qui s'approche 
continuellement d'une courbe sans pouvoir jamais 
la rencontrer. 

ATARAXIE, s. f . , philos., tranquillité morale, 
état paisible de l'âme, selon les stoïciens. 

ATAXIE, s. f., désordre, irrégularité dans la 
marche d'une maladie. 

ATAXlQUE, adj., qui a rapport à l'ataxie, 

ATE, déesse malfaisante chez les Grecs, discorde chez les 
Latins. 

ATELIER, s. m., lieu OÙ travaillent des ouvriers; 
lieu de travail d'un peintre, d'un sculpteur; tous 



73 ATO 

les ouvriers ou élèves d'un atelier : un chef d' — . 
L' — d'Ingres. 

ATELLANES, s. f. pi., pièces bouffonnes en usage sur 
le théâtre des anciens Romains, qui furent inventées à Atella, 
ville du pays des Osques, anciens peuples du Latium. 

ATERMOIEMENT, s. m., délai accordé à un 
débiteur par ses créanciers. Il prévient la déclara- 
tion de faillite, et s'appelle aujourd'hui concordat. 

ATERMOYER, v. a., prolonger, reculer le terme 
d'un payement : — un billet, une lettre de change. 
= S' — , faire un atermoiement. 

ATHALIE, reine de Juda (907-870); ses crimes et sa 
mort ont fourni à Racine le sujet de sa plus belle tragédie. 

ATHEE, s. m., celui qui nie l'existence de Dieu : 
le spectacle de la nature est mort aux yeux de l' — 
(J.-J.):= Adj. . un prince — serait le Jléau du genre 
humain (Volt.) On a dit que l'Élat était — / (Guizot), 

ATHÉISME, s. m., négation de l'existence de 
Dieu : ce n'est pas le fanatisme qui est à craindre 
maintenant, c'est l' — (Napol.) 

ATHÉNÉE, s. m., lieu, chez les anciens, où se 
faisaient des leçons publiques sur les beaux-arts. 
= Aujourd'hui établissement où des savants et des 
gens de lettres font des cours ou des lectures. = 
Athénées, s. f. pi., nom de certaines fêtes que les 
Athéniens célébraient en l'honneur de Minerve. 

ATHÈXES, ^il- capitale de l'Attique et du roy. actuel de 
Grèce. = Athénien, nb, s. et adj., qui est d'Athènes. 

ATHLÈTE, S. m., celui qui combattait dans les 
jeux solennels del'ancienne Grèce. =Par ext., homme 
robuste et adroit aux exercices du corps. || Les 
athlètes de la foi, de J.-C, les martyrs. 

ATHLÉTIQUE, adj., qui est propre à l'athlète : 
force — . = S. f., art des athlètes. 

ATHLOTHÈTE, s. m. , celui qui présidait chez 
les Grecs aux jeux gymnastiques. 

ATHOS, mont et promontoire de la Turquie d'Europe. 

ATL.^NTE, s. m., cariatide, figure d'homme 
qui tient lieu de colonne. 

ATLANTES, s. m. pi., nom d'une nation africaine, dont 
le pays actuel est Bournou. 

ATLANTIQUE (l'), grand océan entre l'Europe, l'Afri- 
que et l'Amérique. = Adj., mer, océan; se dit des con- 
trées voisines de l'Atlas, des peuples qui les habitent et des 
langues qui s'y parlent. = Format — , se dit d'un seul 
grand ieuillet en deux pages. On dit aujourd'hui plus ordi- 
nairement format in-plano. 

ATLAS, géant qui, selon la Fable, changé en montagne et 
condamné à porter sur ses épaules la sphère céleste pour 
avoir pris le parti des Titans, donne son nom à une chaîne 
de montagnes au N.-O. de l'Afrique, il D'un nain faire un — 
(Boil.) 

ATLAS, S. m., recueil de caries géographiques. 
= Tout recueil de cartes, de planches, de tableaux, 
etc., joint à un ouvrage : l'— du Voyage d'Ana- 
charsis. = Anat., première vertèbre du cou qui sup- 
porte la tête. = Sorte de grand papier. 

ATMOSPHÈRE, s. f., masse d'air qui environne 
le globe terrestre. = Air d'un pays, d'une contrée, 
d'un lieu : /' — de Londres, de Paris. || — de vices 
et de corruption. = Tout fluide subtil et élastique 
qui enveloppe un corps : — des planètes. = Mesure 
de forces dans les machines. 

ATMOSPHÉRIQUE, adj., qui appartient, qui a 
rapport à l'atmosphère : air — , chemin de fer — , 

ATOLE, s. f., bouillie faite de farine d'erge. 

ATOME, s. m., corps que sa petitesse rend invi- 
sible. = Corpuscule qui voltige dans l'air et que 
l'on aperçoit à certains effets de lumière. I| Toute 
la terre n'est qu'un — suspendu en l'air (Boss.) Les 



ATT 

hommes sont des atomes sur le globe, qui n'est lui- 
même qu'un — (Buff.) 

ATOMISME, s. m., système de la formation du 
monde par les atomes. 

ATOMISTIQUE, adj., philosophie — , atomisme. 

ATONIE, s. f., défaut de ton, faiblesse d'un or- 
gane contractile. 

ATOIVIQUE, adji., qui résulta de Valonie. 

ATOUR, s. m., parure des femmes; us. suTtout 
au plur., se parer de superbes atours (Rac.) 

ATOUT, s. m., carte de la couleur et de l'espèce 
de celle qui retourne : je coupe et je fais — . Les 
ATOUTS emportent les autres cartes (Ac.) 

ATRABILAIRE, adj., mélancolique, hypoeon- 
dre : l'esprit le plus — (Volt.) = S. m., un — . 

ÂTRE, s. m., foyer, endroit de la cheminée où 
Ton fait le feu : — 7wir, enfumé. 

ATRIDES. On désigne sous ce nom les petits-fils d'Atrée, 
Ménélas et Agamemnon. 

ATROCE, adj., excessif, horrible, cruel, inhu- 
main : douleur — ; crime, vengeance — ; carac- 
tère — . il Fam. : temps — , très-mauvais. 

ATROCEMENT, adv., avec atrocité ; peu us. 

ATROCITÉ, s. f., excès cruel : — d'un crime, 
des supplices. = Action atroce : commettre des 
ATROCITÉS. = Caractère atroce : l' — de l'âme, du 
caractère; — d'un tyran. 

ATROPHIE, s. f., amaigrissement, dépérisse- 
ment causé par un défaut de nutrition. 

ATROPHIÉ, E, adj., excessivement amaigri. 

ATROPHIER (s'), V. pp., perdre de son embon- 
point, amaigrir. 

ATROPOS, l'une des trois Parques : les ciseaux d' — . 

ATTABLER (s'), V. pr., fam., se mettre à table 
pour longtemps : s' — pour jouer aux dés, aux échecs. 
= Attabler, \. a., faire asseoir à table. 

ATTACHANT, E, adj., qui attache. 

ATTACHE, s. f., tout ce qui sert à attacher, 
comme lien, courroie, etc. : mettre, tenir un chien 
à V — . Chien d' — , qu'on tient attaché pendant le 
jour. Il Être toujours à V — , être très-assujetti par 
ses . occupations. — de diamahts , assemblage de 
diamants mis en œuvre et qui forme agrafe. Lettres 
d' — , que le roi donnait pour exécuter les bulles 
du pape. = Pièce de bois qui sert d'axe au mou- 
lin à vent. = L'endroit où l'extrémité d'un muscle 
s'attache. || Tout ce qui attache l'esprit ou charme 
le cœur; atîection : une malheureuse — . D* ailleurs, 
pour cet enfant leur — est visible (Rac.) 

ATTACHÉ, E, adj., lié, joint : un traitement — 

y>à une fonction. V. Adhérent. 1| Fidèle, dévoué : — 

à la foi de ses pères (Mass.) — à tous ses devoirs 

(Fléch.) Il Adonné, appliqué à : — à une science. 

— aux richesses (Boss.) L'homme — au crime (Boil.) 
Il Dépendant de : — au service de quelqu'un. r=: At- 
taché, s. m. : un — d'ambassade. 

ATTACHEMENT, s. m., sentiment qui attache, 
sentiment d'affection : — sincère. \\ Application : 
grand — au travail (Fléch.) V. Amitié. 

ATTACHER, v. a., fixer une chose à une autre 
au moyen d'une attache, d'un lien, d'un don, etc. : 

— un cheval à un poteau; — un chien à la chaîne. 
Il — quelqu'un à son service , à son parti ; — son 
sort à celui d'un autre ; — ses regards, ses yeux sur 
quelque chose. Les dieux ont attaché presque au- 
tant de malheurs ù la liberté qu'à la servitude (Mont.) 

— du prix, de l'importance à quelque chose. || Faire 
dépendre : je réponds d'une vie où j'attache la 
mienne (Rac.) Il a attaché de l'honneur et de la 



74 ATT 

gloire à une action extravagante (La Br.) || Donner, 
attribuer : — un sens, une idée ù un mot. Les hom» 
mes ont attaché des noms pompeux à toutes les en- 
treprises des passions (Mass.) || Émouvoir, loucher : 
le jeu l'attache plus qu'il ne faut. Abs., intéresser, 
appliquer : cette lecture attache. L'étude des ma- 
thématiques attache beaucoup. = S' — , v. pr. : la 
boue s'attache aux habits. Le lierre s'attache à l'ot- 
meau. Les choses de la terre ne méritent pas qu'on 
s'y attache (Nie.) Abs. : le cœur s'attache. \\ S' — 
à quelqu'un, prendre de l'affection pour lui ; se con- 
sacrer à son service ; le chien s'attache à son maître. 
= S' — aux pas de quelqu'un, le suivre continuel- 
lement. Le remords s'attache au crime. \\ S'appli- 
quer à quelque chose ; tenir à quelque chose : s' — 
à remplir ses devoirs, ù son opinion. V. Lier. 

ATTAQUABLE, adj., qui peut être attaqué. 

ATTAQUANT, S. m., assaillant; peu Us. 

ATTAQUE, s. f., action d'attaquer : vive — . 
Fausse — , attaque simulée pour tromper l'ennemi. 
Il Rendre vaines toutes les attaques de ses douleurs 
(Boss.)= Assaut : aller à l' — , || Agression, atteinte : 
repousser les — de l'auteur des Lettres (Pasc.) Les 

— contre la société. \\ Reproche couvert : j'oppose 
à la fausseté de vos — la vérité de mes défenses 
(Beaum.) = Accès : — de goutte. Dés — dé' nerfs. 

ATTAQUER, v. a., assaillir, provoquer : — l'en- 
nemi, une place. \\ La moquerie xnxQVE l'homme dans 
son dernier retranchement{LaBr.)\[])écner, censurer : 
Marins ne cessait d' — l'orgueil de la noblesse (Boss.) 
Il — quelqu'un en justice, lui intenter utte action judi- 
ciaire. — un acte, en contester la validité. || Porter 
atteinte à quelqu'un ; altérer, ronger : — la vertu, 
l'honneur, les mœurs, la religion, — quelqu'un dans 
son honneur, dans sa réputation. La rouille attaque 
le fer. || Atteindre, en parlant d'une maladie : le 
croup n'attaque guère que les enfants. = Mus. : 

— la corde, la faire vibrer fortement. Bien — la 
note, passer d'une note basse à une note élevée en 
l'entonnant avec justesse. — un cheval, le piquer 
avec les éperons. =■. Mar. : — une île, un cap, s'en 
approcher pour les reconnaître. — un pâté, fam., 
l'entamer. = S' — , v. pr. : ils s'attaquèrent l'un 
l'autre avec impétuosité (Fén.) S' — à quelqu'un, le 
provoquer : s' — à plus fort que soi. \\ S' — aux plus 
louables actions (St-Évr.) 

ATTARDER, v. a., mettre en retard. = S'—, 
V. pr., se mettre en retard. 

ATTEINDRE, v. a., frapper de loin : — queh^ 
qu'un d'un coup de pierre, de pistolet. La balle 
l'atteignit au front. \\ — son but, réussir. || Porter 
atteinte, léser : on ne sait pas les maux dont mon 
cœur est atteint (Corn.) Accusé atteint, contre le- 
quel il y a de fortS indices. =: Arriver à un terme, 
gagner un endroit : nous atteindrons l'auberge 
avant la nuit. = Joindre en marchant : nous attei- 
gnîmes l'ennemi, le vaisseau ennemi. \\ Parvenir à : 

— le but. — l'âge de raison (Pasc.) L'on craint 
la vieillesse que l'on n'est pas sûr de pouvoir — 
(La Br.) = Égaler : il osait se flatter d' — Racine 
(Ac.) := V. n., toucher à quelque chose avec effort : 

— au plafond.W — au sublime, à la perfection, ùun 
modèle. Un mortel ne peut — à la divinité (Volt.) 

ATTEINTE, s. f., coup dont on est atteint : rude, 
légère — . C'est mourir deux fois que subir tes 
atteintes (La F.) Donner, porter — à l'honneur 
de quelqu'un. \\ Attaque d'une maladie : une — de 
goutte. Il — mortelle, impression vive et douloureuse. 
= Hors d' — , loc. adv., à l'abri des poursuites : 



ATT 



être hors d'—, hors de la portée (Pasc.) = Blessure 
que se fait un cheval à la partie interne du boulet, soit 
avec un de ses fers, soit de toute autre manière. 

ATTELAGE, s. m., bêtes de somme attelées en- 
semble : /'— suait, soufflait, était rendu (La F.) 

ATTELER, V. a., attacher ensemble des animaux 
de trait à : — des chevaux à un carrosse. Il attelle 
son char, en montant fièrement (Boil.), et par ext., 

— deux hommes ù une litière (La Br.) = S' — , v. 
pr., se dit des gens qui s'attachent à une voiture 
pour la traîner. 

ATTELLE, s. f., planche du collier des chevaux 
de harnais ; syn. d'éclisse. 

ATTELOIRE, s. f. , cheville au timon d'une char- 
rette pour arrêter les traits des chevaux. 

ATTEIXANT , E, adj., contigu, proche : maison 
ATTENANTE. = Pt-ép.; vieux, il loge tout — le palais, 
du palais, au palais. = Âdv, : je demeure tout — . 

ATTENDRE, v. a., être dans l'attente de quel- 
qu'un ou de quelque chose. J'attends le Sauveur 
que vous m'avez promis (Pasc.) Les- peuples n'atten- 
daient plus que la mort ou l'a servitude (Fléch.) Il 
n'est pas poli de se faire — . — de pied ferme, ne 
pas craindre. = Cest là que je l'attends, j'aurai 
raison de lui, l'avantage sera pour moi. = Fam. 
et ir., ATTENDEz-j?iof sous Von/ne , il ne faut pas 
compter sur moi. Le dîner attend, est prêt. || Es- 
pérer : vous n'attendez plus rien après cette vie 
(Mass.)= Être réservé : quelle g/ofre l'attend (Fén.) 
La misère attend les dissipateurs (Ac.) || DilTérer, 
remettre à un autre moment : attendons la fin (La F.) 
Il La valeur n'attend pas le nombre des années {Corn.) 

— à, différer jusqu'à, remettre à : il attend au prin- 
temps, à la belle saison. — après, avoir besoin de 
quelqu'un ou de quelque chose : il attend après 
vous, après des chevaux. — de, espérer, se pro- 
mettre : n'attendez ni vérité, ni consolation des 
hommes (Pasc.) = S' — ù, compter sur : je m'y 
attendais. =Ir., attendez-vous quelqu'un? Atte^- 
DEZ-votis à cela, n'y comptez pas. || Prévoir : il faut 
5' — à tout dans ce monde. = En attendant, loc. 
adv., jusqu'à tel moment : en — , je lirai cette 
lettre. =: En — que, loc. conj., jusqu'à ce que. En 

— qu'il vienne. V. Espérer. 
ATTENDRIR, v. a., rendre tendre et facile à 

manger : il faut battre la morue pour T — . || Rendre 
sensible, émouvoir : ses larmes m'ont attendri. 
Laissez- vous — . = S' — , v. pr., devenir tendre, 
être attendri. |1 Peut-être a-t^il un cœur facile à 
s'— (Rac.) 

ATTENDRISSANT, E, adj., qui attendrit, qui 
émeut : spectacle — . Paroles attendrissantes. 

ATTENDRISSEMENT, s. m., sentiment qui at- 
tendrit ; état d'une âme attendrie : verser des lar- 
mes d' — . 

ATTENDU, part, du v. attendre, employé comme 
prép., eu égard à : — son âge. =z Attendu que, loc. 
conj., puisque : — que l'acte renferme cette clause. 

ATTENTAT, s. m., entreprise, attaque crimi- 
nelle : venger la raison des attentats d'un sot (Boil.) 

ATTENTATOIRE, adj., qui porte atteinte : — à 
la propriété, aux droits, aux lois. 

ATTENTE, s. f., état de celui qui attend, temps 
pendant lequel on attend : elle passa lii vuit daiis 
^' — . (Boss.) Quel tourment que V — ! j] Espérance : 
il a rempli notre — . Répondre à V — , tromper 
^' — (Volt.) =: Sn/Ze d' — , où l'on attend jusqu'à ce 
qu'on soit introduit. Pierre d' — , en saillie au bout 
d'un mur. || Chose qui sert de commencement. 



75 ATT 

ATTENTER, v. n., commettre un attentat : — 
à la vie de son ennemi (Pasc.) — contre l'État, sur 
la persotine, sur les droits de quelqu'un. Il n'est 
point permis d' — ù ses joms (Barth.) 

ATTENTIF, IVE, adj., qui a de l'attention, de 
l'application : — à ses discours, ù ses devoirs. Prê- 
ter une oreille attentive. Attentifs nuit et jour 
pour ne rien laisser au hasard (Fén.) || Homme — , 
rempli d'égards, de politesse (Ac.) 

ATTENTION, s. f., application d'esprit -.faire, 
prêter — . Étudier avec — (Boss.) Attirer, captiver, 
fixer V — . — au commandement, prenez garde à 
Yous. Il Soin obligeant , prévenance : — délicate. 
Les plw petites attentions n'échappaient pas à la 
bonté de son cœur (Mass.) V. Égards. = Faute d' — , 
loc. adv., par manque d'attention. V. Soin. 

ATTENTIONNÉ, E, adj., qui a des attentions, 
des prévenances; fam. 

ATTENTIVEMENT, adv., avec attention. 

ATTÉNUANT, E, adj., qui atténue, qui rend 
plus ténu, plus fluide. Remèdes atténuants, et s., 
les — . = Dr. , qui diminue la gravité : circonstan- 
ces atténuantes. 

ATTÉNUATION, s. f., affaiblissement, diminu- 
tion de forces. Action des remèdes atténuants. = 
Diminution des charges contre un accusé. 

ATTÉNUER, V. a, rendre maigre, diminuer l'em- 
bonpoint et les forces. r= Rendre ténu, plus fluide : 

— les humeurs. \\ Diminuer, rendre moins grave ; ' 
son repentir a atténué sa faute. Ce délit est atténué 
par les circonstances. = S' — , v. pr., s'affaiblir, de- 
venir plus ténu, s'amincir, H Rendre moins grave. 

§ ATTÉNUER, EXTENUER. Les jeûnes, les veilles, les 
fatigues atténuent; les débauches et les maladies exténuent. 

ATTERRAGE ou ATTÉRAGE, s. m., voisinage 
de la terre; lieu où un vaisseau peut prendre terre. 

ATTERRER, v. a., renverser par terre. \\Antio- 
chus rendait témoignage de la puissance de Dieu, dont 
le bras Z'atterrait (Boss.) = Ruiner, accabler, jeter 
dans l'abattement : les Goths achevèrent rf^ATTERRER 
la puissance des Romains (Ac.) Cette nouvelle I'at- 
TERRA, les a tous ATTERRÉS. = Y. U., mar., Décou- 
vrir, reconnaître un parage : Jious atterrâmes sur 
cette côte. 

ATTERRIR OU ATTÉRIR, v. n., prendre terre. 

ATTERRISSAGE, s. m., action d'atterrir. 

ATTERRISSEMENT ou ATTÉRISSEMENT, 8. 
m., dépôt de matières terreuses que Ja mer ou les 
fleuves forment sur leurs bords. 

ATTESTATION, S. f., eertificat, témoignage ver- 
bal ou écrit. 

ATTESTER, v. a. , certifler, assurer la vérité d'un 
fait : le curé a attesté qu'il les avait mariés (Ac.) 
La voix de l'univers atteste la puissance de Dieu 
(Boss.)=: Servir de témoignage, prouver : ses larmes 
attestent soji repentir (Ac.) = Prendre à témoin : 

— le ciel, les dieux. V. Certifier. 
ATTICISME, S. m., délicatesse de langage, fi- 
nesse de goût particulier aux Athéniens. || Style 
pur et élégant -.joindre aux plus belles et plus hautes 
connaissances V — des Grecs et l'urbanité des Romains 
(La Br.) = Forme particulière au dialecte attique. 

ATTICISTE, s. m., nom donné aux auteurs grecs 
qui ont imité le style des écrivains attiques. 

ATTIÉDIR, v. a., rendre tiède ce qui est chaud : 

— l'eau trop chaude avec de l'eau froide. \\ Diminuer 
l'ardeur : — l'amitié (J.-J.) Sa ferveur s'attiédit. 

ATTIÉDISSEMENT, s. m., état d'une chose 
attiédie : l' — de l'amitié, de la dévotion. 



ATT 76 

ATTIFER, V. a.; fam., coiffer avec une recher- 
che ridicule.=S' — , v. pr., cette femme est longtemps 
il s' — . 

ATTIFET, S. m., ornement de tête pour les fem- 
mes; vieux et peu us. 

ATTILA, roi des Huns, qu'il entraîna au pillage de l'em- 
pire romain. Vaincu à Châlons-sur-Marne en 451, il mourut 
de débauche deux ans après. 

ATTIQUE (L'), p. de l'Achaïe, en Grèce. = Attique, 
adj., conforme à la manière et au goût des anciens Athéniens : 
goût, finesse —.Auteurs attiqces, ou les attiqcks. Sel — , 
plaisanterie fine et délicate. 

ATTIQUE, s. f. , petit étage qui est au-dessus de 
la corniche supérieure d'un édifice. 

ATTIQUEMEKT, adv., dans le dialecte atlique. 

ATTIRABLE, adj., susceptible d'être attiré : 
matière — w ou par l'aimant (Buff.) 

ATTIRAGE, s. m., action d'attirer : cordes d'—, 
qui soutiennent les poids. 

ATTIRAIL, s. m., coUect., quantité de choses 
diverses, nécessaires pour certains usages : — de 
guerre, de chasse. — de la cuisine, de l'imprimerie. = 
Fam., bagage superflu : qu'était-il besoin de tant d' — ? 
Le vain — des magnificences humaines (Mass.) 

ATTIRANT, E, adj., qui attire, qui plaît : esprit 

. Mots ATTIRANTS (Boil.) 

ATTIRER, V. a., tirera soi : l'aimant attire le 
fer. Il La pièce nouvelle attire la foule. — les regards 
(Fléch.) — quelqu'un à son parti (Volt.) || Procu- 
rer, entraîner ou amener : — la confiance, l'es- 
time, l'admiration (Mass.) = Provoquer : la fai- 
blesse attire l'insulte et le dédain (Helv.) La ruine 
de la Sijrie attira celle de la Judée (Boss.) = S' — , 
V. pr., exercer une attraction réciproque. || Attirer à 
soi : s' — des malheurs (Ac), le respect, l'admiration 
(Barth.) L'homme n'a guère de maux que ceux qu'il 
s'est attirés lui-même (J.-J.) 

ATTISER, V. a., approcher les tisons pour les 
faire brûler. — le feu ; aggraver le mal : — le feu 
de la guerre, de la sédition (Mass.) 

ATTISEUR, s. m.; fam., celui qui atlise. 

ATTISOIR. s. m., barre de fer crochue pour 
attiser le feu. 

ATTITRÉ, E, adj., dont on se sert habituelle- 
ment : marchand — ; en mauv, part, témoin — , à 
gages. 

ATTITUDE, s. f., situation durable du corps, 
position qu'il conserve pendant un certain laps de 
temps : — martiale. Forcer, exagérer les attitudes 

— (La Br.) || L' — formidable de la France (Volt.) 
§ ATTITUDE, POSTURE. Vattitude de l'homme, dit 

Buffon, présente l'image du commandement, sa tète regarde 
le ciel et présente une force auguste sur laquelle est imprimé 
le caractère de sa dignité. La posture sert plutôt à déter- 
miner si on est debout, assis ou couché. 

ATTORNEY, membre du corps judiciaire en Angleterre; 
ses fonctions répondent à celles de nos avoués. — général, 
magistrat qui représente le souverain devant les tribunaux 
et présente les bills devant la cour de l'Échiquier. 

ATTOUCHEMENT, s. m., action de toucher : 

— illicite. = Géora., point d'attouchement, où une 
ligne en touche une autre. 

ATTRACTIF, IVE, adj., quia la propriété d'at- 
tirer : l'aimant a une force attractive. 

ATTRACTION, s. f., action d'attirer, force qui 
attire : — magnétique du fer. 

ATTRACTIONNAIRE, adj. et S., partisan du sys- 
tème de l'attraction newtonienne; vieux. 

ATTïyiIRE, V. a., attirer par un appât ; vieux. 

ATTRAIT, s. m., ce qui attire, plaît : l'— du 
plaisir, pour le plaisir. L'— des voluptés (Pasc.) j] 



AU 



Attraits de la beauté, de la pudeur, de l'innocence 
de la grâce. De grâces et d' — je sais qu'elle est 
parée (Mol.) V. Appas. 

ATTRAPE, s. f.; fam., ruse plaisante. = At- 
trape -/ourtfawd, ATTRXVE-nigaud , ruse grossière, 
bonne à tromper des sots. — mouche, s*yn. vulg. de 

GOBE-MOUCHE. 

ATTRAPER, v. a., prendre à une trappe, à un 
piège : — un loup à une traînée, un renard à un 
piège. Que je vous y attrape, fam., que je vous 
prenne sur le fait. |1 Duper, tromper : se laisser — 
par un fripon (Ac.) Bien fin qui pourra l — . = Hap- 
per, atteindre en courant, obtenir par hasard ou par 
ruse. — un papillon, les voleurs, le gros lot. Lepen- 
dard de Scapin m'a attrapé cinq cents écus (Mol.) 
Abs., ATTRAPE qui peut. \\ Saisir, pénétrer : — la res- 
semblance de quelqu'un. — le sens, la pensée d'un au- 
teur. Il Fam., gagner : — un rhume, une maladie. \\ 
Recevoir : — des coups, une balle. = Se tromper 
l'un l'autre. = Fam., se frapper, se heurter : s' — la 
tête. S' — à une porte. 

ATTRAPEUR, EUSE, s.; fam., celui, celle qui 
attrape : un — de successions. 

ATTRAYANT, E, adj., qui a de l'attrait, qui 
charme : un air — (La F.) Discours — . Profession 

ATTRAYANTE. V. AGRÉABLE. 

ATTREMPER, v. a., donner la trempe, recuire. 

ATTRIBUER, v. a., assigner, conférer : — des 
droits, des émoluments à une place. || Imputer : — au 
mérite un effet du hasard. Peut-on m' — ces sottises 
étranges? (Boil.) = Appliquer à une personne ce qui 
a été dit ou écrit par une autre : on attribuait à 
Vespasien ce que Jacob avait dit du Christ (Boss.) 
= S' — , V. pr. : un droit, un privilège. S' — une 
victoire, l'ouvrage d'autrui. V. Imputer. 

ATTRIBUT, s. m., ce qui est propre à un être 
ou à une chose : le droit de faire grâce est un des 
principaux ATTRiBVTS de la souveraineté {Xc.)=:Signe, 
symbole : l'aigle et la foudre sont les — de Ju- 
piter. = Terme qui indique ce qui s'afiirme ou se 
nie du sujet d'une proposition. 

ATTRIBUTIF, IVE, adj., qui attribue . arrêt 
— de juridiction [Ac.) 

ATTRIBUTION, s. f., prérogative. =r Droit de 
connaître d'une affaire. Cela est dans les attribu- 
tions du tribunal de commerce. = Par ext. : cela 
sort de mes — , cela n'est pas de ma compétence. 

ATTRISTANT, E, adj., qui attriste : ces souve- 
nirs attristants (La H.) 

ATTRISTER, v. a.,. rendre triste, affliger : — 
l'âme d'un ami. \\ L'aquilon vient de ses noirs frimas 
attrister la nature (Boil.) =: S' — , v. pr. : il «'at- 
triste et se désespère pour un refus (La Br.) 

ATTRITION , s. f. , broiement ; écorchure su- 
perficielle résultant d'un frottement. ||Théol., regret 
d'avoir offensé Dieu. 

§ ATTRITION, CONTRITION. L'a«nï«on désigne une 
contrition imparfaite, inspirée par la crainte des peines de 
l'enfer. La contrition est la douleur profonde qu'un cœur 
ressent d'avoir offensé Dieu. 

ATTROUPEMENT, s. m. , rassemblement tumul- 
tueux de gens sans autorité et sans aveu. 

ATTROUPER, v. a., rassembler en troupe : — 
tous les fainéants, tous les vagabonds pour faire une 
sédition (Ac.) ^ S' — ,v. pr, : les hommes s'attrou- 
pent, parce qu'ils ont des passions (Rivar.) 

AU, article contracté de à et le. R s'emploie avec 
les subst. masc. qui commencent par une consonne 
ou une h aspirée : obéir au J'oï. Marcher au hasard. 



AUD 

= Aux , pour à les, s'emploie avec tous- les subst. 
du pi. : alter aux champs. Commander aux hommes. 

AUBADE, s. f., concert donné d'ordinaire vers 
l'aube du jour sous les fenêtres de quelqu'un. := 
Bruit discordant, vacarme pour faire avanie : chacun 
d'eux s'éveilla bien surpris d'une telle — (La F.) 

AUBAIN, s. m., étranger non naturalisé; peu us. 

AUBAINE, s. f., succe.-sion aux biens d'un étran- 
ger non naturalisé. || Profit inespéré : bonne — . 

AUBE, s. f., point du jour : se lever avant F — , 
ou l' — du jour. = Vêtement de toile blanche que 
portent les prêtres par-dessous la chasuble. = Mar., 
temps qui s'écoule entre le souper de l'équipage et 
ie premier quart. = Planche fixée à la circonférence 
d'une roue hydraulique. 

AUBE (L'), riv. et départ, du N.-E. delà France. 

AUBEPINE, s. f. , épine blanche, arbuste du genre 
néflier dont les baies sont astringentes : l' — est en 
fleur, on est entré dans le printemps. 

AUBÈRE, adj., se dit du mélange de poils rouges 
et de poils blancs : cheval —.= S. m., robe d'un 
cheval aubère : l' — clair, foncé. 

AUBERGE, s. f., maison où les voyageurs logent 
et mangent en payant : descendre à V — . Tenir — . 
Il Fam., recevoir le monde à sa table : prendre la 
maison de quelqu'un pour une — , s'y installer ou y 
dîner souvent sans être invité. 

AUBERGINE, s. f., nom vulgaire de la morelle 
mélongène. 

AUBERGISTE, s., personne qui tient auberge. 

AUBIER, s. m., faux bois ou bois tendre et blan- 
châtre entre l'écorce et le corps de l'arbre. = Nom 
vulgaire du viorne à bois dur. 

AUBIFOIN, s. m., plante qui croît parmi les 
blés et qu'on appelle bleuet. 

AUBIGNÉ (Théodore-Agrippa d'), ami de Henri IV, liis- 
torien et poëte satirique plein d'énergie et d'obscurité, grand- 
père de M"^ de Maintenon. 

AUBIN, s. m., allure qui tient à la fois de l'am- 
ble et du galop. 

AUBINER, v. a., aller l'aubin. 

AUBUSSON, s.-préf. du départ, de la Creuse, renommée 
pour ses tapis. 

AUCH, ch.-l. du départ, du Gers. 

AUCUN, E, adi,, pas un, nul : je ne connais 
— de ses amis (Ac.) || Il s'emploie comme pro. 
indéf. dans le sens de personne : — n'est prophète 
chez soi (La F.) = 11 se met quelquefois au plur.': 
AUCUNS soins; aucunes dispositions; dans le style 
naïf, pour quelques-uns : — croiront que j'en suis 
amoureux (Âc.) V. Nul. 

AUCUNEMENT, adv., nullement. 

AUDACE, s. f., hardiesse extrême : les impies 
attaquent Dieu avec une — insensée {Boss.)= Noble, 
heureuse — (Rac.)l| Intrépidité, en bonne part : gé- 
néreuse, héroïque — (Ac.) =: Payer d' — , se tirer 
d'un mauvais pas à force d'audace. V. Hardiesse. 

AUDACIEUSEMENT , adv., avec une extrême 
hardiesse : parler, répondre — . = Avec intrépidité : 
il se jeta — au milieu des ennemis (Ac.) 

AUDACIEUX, EUSE, adj., qui a de l'audace, 
une hardiesse extrême : un de ces esprits remuants 
et — (Boss.); front — (Piac.) =: Intrépide : génie^ 
projet, paradoxe — . = S. , si quelque — allait, 
pour son malheur, lui dessiller les yeux? (Boil.) 

AUDE fL'), riv. et départ, du S. de la France. 

AUDIENCE, s. f., attention qu'on donne à celui 
qui parle- : prêtez-moi — ; un moment d' — ; vieux. 
= Temps qu'une personne consacre à écouter ceux 
qu'elle admet auprès d'elle : accorder une — . — de 



11 AUG 

congé, = Séance des juges; lieu où se tient l'au- 
dience : lever V — . Salle d' — . || Ceux qui assistent à 
l'audience : un prince aussi grand que celui qui honore 
cette — (Boss.) = Cour souveraine d'Espagne. 

AUDIENCIER, adj. et s. : huissier — , qui ap- 
pelle les causes : grand — , officier de la chancelle- 
rie chargé des rapports. 

AUDITEUR, s. m., celui qui écoute en public 
un discours, une lecture, etc. : = Disciple ; — 
bénévole, favorablement disposé et qui ne s'astreint 
pas ;\ l'assiduité. = Officier de judica(ure qui assiste • i 
aux audiences, mais qui n'a pas voix délibéralive : 
=z Adj. : juge — . = Titre de certaines charges : 
— des comptes; — au conseil d'État. 

AUDITIF, IVE, adj., qui concerne l'ouïe: le 
conduit — ; artères auditives. 

AUDITION, s. f., action d'entendre; sensation 
qui nous fait percevoir les sons : à la première — ; 
=. Dr. : — des témoins. — de compte, examen d'un 
compte. 

AUDITOIRE, s. m., lieu où l'on se réunit pour 
entendre des orateurs, des professeurs, où l'on plaide 
dans les tribunaux. = Assemblée de personnes qui 
écoutent un discours ou une lecture : l' — éclata en 
sanglots (Volt.) 

AUERST.œDT, vge de Prusse o\i Davoust battit les Prus- 
siens en 1806. = Duc d' — , Davoust. 

AUGE, s. f. , pierre ou pièce de bois creusée pour 
faire manger et boire les chevaux et bestiaux. r=:Vais- 
seau de bois dans lequel les maçons délayent leur plâ- 
tre. = Rigole qui conduitl'eau du moulin sur la roue, 
d'un aqueduc au réservoir. = Espace entre les deux 
branches de la mâchoire inférieure du cheval. 

AUGE, petite contrée deNornsandie (Calvados) renommée 
pour ses pâturages et ses bestiaux. " 

AUGEE, s. f., ce que peut contenir une auge. \ 

AUGELET, s. m., fosse eu forme de petite auge 
où l'on plante la vigne. = Cuiller de fer pour ôter 
l'écume du sel. 

AVGEREAU, soldat de fortune que Napoléon fit duc de 
Castiglione et maréchal d'empire pour sa belle conduite 
dans la première campagne d'Italie. 

AUGET, s. m., petite auge où l'on met la nour- 
riture des oiseaux. = Petit vaisseau attaché autour 
de certaines roues hydrauliques. = Extrémité de la 
trémie d'un moulin. =■ Petit canal de bois dans le- 
quel on place le saucisson qui sert à mettre le feu 
aux mines. = Bassin des gouttières de plomb. 

AUGIAS, roi d'ÉIide, dont Hercule, dit la Fable, en détour- 
nant l'Alphée, nettoya en un jour les étables. il Nettoyer les 
écuries d'Augias, faire un travail désagréable, presque im- 
possible à exécuter. 

AUGMENT, s. m., Dr, : — de dot, ce que la loi 
accordait à une veuve sur les biens de son mari : = 
Gramm. grecque, — syllabique, addition d'une syl- 
labe au commencement d'un temps de verbe : — 
temporel, changement d'une brève en longue. = 
Méd., période d'accroissement des maladies. 

AUGMENTATIF, IVE, adj., se dit de certaines 
particules et terminaisons servant à augmenter le 
sens des mots. = Augmentatif, s. m., mot dont le 
sens est augmenté par une terminaison particulière : 
lourdaud est un — de lourd. 

AUGMENTATION, s. f., accroissement : — de 
gages, de prix, de salaire. = Élévation du prix : 
l' — des vins a produit celle des eaux- de-vie (Volt.) 

AUGMENTER, v. a., accroître, agrandir : — le 
prir. — ses connaissances (Pasc.) — un domesti- 
que, un oiivrier, augmenter ses gages , son salaire. 
= V. n., croître en quantité, en qualité, en inten 



AUM 78 

site : ses richesses augmentent. Le froid va en aug- 
mentant. Mon mal augmente à le vouloir guérir 
(Corn.) = Hausser de prix : le vin augmente. = 
S' — , V. pr., mon mal s'augmente (Ac.) 

AUGSBOURG, v. de Bavière, eh.-l. du cercle de Souabe. 

AUGURAL, E, adj., relatif aux augures, aux 
présages : bâton — , livre — . 

AUGURE, s. m., présage, signe par lequel on 
juge de l'avenir : J'en accepte V — et j'ose l'espérer 
^Corn.) Il Fam. : oiseau de bon — , se dit d'un homme 
dont la présence annonce une bonne nouvelle. On 
dit dans le sens contraire : oiseau de mauvais — . 
= Ane, celui dont la charge était de tirer des pré- 
sages du vol et du chant des oiseaux. V. Présage. 

AUGURER, V. a. , tirer un présage de l'obser- 
vation de certains signes, former une idée favora- 
ble ou défavorable : Je n'en augure rien de bon, rien 
de inauvais (Ac.) V. Présumer. 

AUGUSTE, adj., digne de respect; noble, im- 
posant : dans ce temple — (Ac.) A ton — nom tout 
s'ouvrira d'abord (Boil.) Un — monarque [Pâsc.) Lieu 
simple et — (J.-J.)=: S, m., titre déféré à Octave, 
et porté depuis par les empereurs romains. || Prince 
c qui protège les lettres : pour chanter un Auguste, il 
faut être un Virgile (Boil.) = Le mois d'août^ sui- 
vant Voltaire. 

AUGUSTIN (saint), le plus célèbre des Pères de l'Église 
latine, né a Tagoste, en Afrique, en 354, et mort en 430.= 
Augustin, e, s. , religieux, religieuse qui suit la règle de Saint- 
Augustin. = AuGusTiMEN, adj. et s. m., nora donné aux 
théologiens qui sur les questions de la grâce, du libre arbitre, 
suivaient la doctrine de saint Augustin. 

AUJOURD'HUI, adv. qui signifie le jour où l'on 
est : la fête, la journée d' — (Ac.) Voilà, tout ce que 
vous aurez pour — (Pasc.)=: S. m. : nous avons tout 
— pour pretidre nos mesures (Ac.) D' — en huit, en 
quinze, dans huit jours, dans quinze jours à partir 
d'aujourd'hui. = A présent, au temps où nous som- 
mes : — sur le trône et demain dans la boue (Corn.) 
= D' — , loc. adv., de ce jour : ce n'est pas d' — 
que je sais qui je suis (Corn.) 

AULIDE ou AULIS, vil. de l'ancienne Grèce où se réunit 
la flotte ,qui devait aller faire le siège de Troie. 

AULIQUE , s. f., thèse que soutenait autrelois 
un étudiant en théologie pour être reçu docteur. 

ALT.IQUE, adj., se dit du tribunal ou du conseil 
de certains souverains : conseil, conseiller — . 

AULIVE, AULNÉE. V. AuNE, AuNÉE. 

AUMAILLADE, S. f., filet pour pêcher des sè- 
ches et des barbues. 

AUMAILLES, adj. et 8. f. pi., se disait des ani- 
maux qu'on nourrit pour l'engrais. 

AUMALE, nom d'un ancien duché (Seine-Inférieure); 
= "Vil. de la p. française d'Alger. 

AUMÔKE, s. f., ce qu'on donne aux pauvres 
par charité : Donner, faire V — , des aumônes. 1| Faire 
à quelqu'un l' — d'une chose, la lui donner comme 
par charité : faites-moi V — - d'un regard (Les.) = 
Ancienne peine pécuniaire au profit des pauvres. 

AUMÔKER, V. a., vieux, payer une somme aux 
pauvres en vertu d'une condamnation. 

AUMÔKERIE, s. f., charge d'aumônier. = Bé- 
néfice affecté à la distribution des aumônes. 

AUMÔNIER, s. m., ecclésiastique chargé de la 
distribution des aumônes. = Prêtre chargé de l'ins- 
truction religieuse dans certains corps ou établisse- 
ments : V — d'un régiment, d'un lycée, 

AUMÔMÈRE, s. f., bourse qu'on portait autre- 
fois à la ceinture. 



AUR 



AUMUSSE, s. f., fourrure que les objunoines por- 
tent pliée sur le bras. 

AUNAGE, s. m., mesurage à l'aune. = Nombre 
d'aunes d'une pièce d'étoffe. 

AUNAIE, s. f., lieu planté d'aunes. 

AUNE, s. f., mesure ancienne qui a sept pouces 
environ de plus que le mètre. = Bâton qui a cet • 
longueur, et qui sert à mesurer ; la chose mesurée : 
vendre à /' — . || Les hommes ne se mesurent pas à 
V—, il ne faut pas juger de leur mérite par leur 
taille. Mesurer les autres à son — , juger d'autrui 
par soi-même. Savoir ce qu'en vaut l' — , connaître 
les ditficultés de quelque chose par expérience. Tout 
du long de l' — , loc. adv., excessivement. 

AUNE, s.f., arbre de la famille des amentacées, 
dont l'écorce est astringente et tonique : /' — croit 
dans les lieux humides . Qui ne connaît la charmante 
ballade du roi des aunes de Gœthe? 

AUNÉE, s. f., plante médicinale, dont la racine 
est aromatique et amère. 

AUNER, v. a., mesurer du drap. 

AUNEUR, s. m., officier autrefois préposé à l'ins- 
pection de l'aunage. 

AUMS, la plus petite p. de l'anc. France. Elle a formé 
le N.-O. du départ, de la Charente-Inférieure. 

AUPARAVANT, adv., marque priorité de temps. 
Saint Augustin a dit la même chose douze cents ans 
— (Pasc.\ 

AUPRÈS, prép., près, marque voisinage, proxi- 
mité : la rivière passe — de cette ville. Tout — , 
extrêmement près. = Marque l'assiduité auprès 
d'une personne. Être bien — du prince, être dans 
ses bonnes grâces. Je vois qu'il a voulu me perdre — 
de vous (Corn.) = En comparaison de : la terre n'est 
qu'un point — du reste de l'univers (Ac.) Que sont 
vos malheurs — de ceux que j'ai soufferts? [Fén.);^ 
Adv., — coulait une source d'eau vive. V. Près. 

AURAY, V. de France (Morbihan). 

AURÉOLE, s. f. , cercle lumineux dont les peintres 
entourent ordinairement la tête des saints. || éegré de 
gloire qui distingue les saints dans le ciel : une — 
de gloire et de vertu (Fléch.)r=: Bruant, oiseau de 
Sibérie de l'ordre des sylvains. 

AURICULAIRE, adj., qui a rapport, qui appar- 
tient à l'oreille. Conduit, nerf — . Doigt — , le petit 
doigt qu'on peut introduire dans l'oreille. = Témoin 
—, qui a entendu de ses propres oreilles. ::= Con- 
fession — , qui se fait à l'oreille du prêtre. 

AURICULE, s. f., oreille externe, ou pavillon de 
l'oreille. = Bot., appendice arrondi à la base des 
pétales, des étamines de certaines plantes. 

AURIFÈRE, adj., qui porte, qui contient de l'or. 

AURIFIQUE, adj., qui change en or. Ils croyaient 
que cette baguette était douée d'une vertu — (Volt.) 

AURILLAC, ch.-l. du départ, du Cantal. 

AURIPENTXE, adj., aux ailes de couleur d'or. 

AURIQUE, adj., se dit des voiles qui ont quatre 
côtés ou ralingues sans être carrées. 

AUROCHS, s. m., espèce de bison d'Europe que 
l'on rencontrait autrefois dans les forêts de la Ger- 
manie ; il est devenu très-rare.' 

AURONE, s. f.; bot., espèce d'armoise. L*— mâle 
a une odeur agréable, ce qui lui a fait donner le 
nom de citronnelle. L' — femelle est la santolîne. 

AURORE, s. f . , lueur brillante et rosée qui 
précède le lever du soleil : tous les objets parais- 
saient sombres aux premières lueurs de V — {Fén.) 
Ijl* — boréale, météore qui fait paraître le ciel lu- 
mineux du côté du nord. = L'aube, le jour. Se lever 



AUS 

avant l' — ;poet., îa mouche ephcmère ne voit point 
deux AURORES (B. de St-P.) = La divinité : T— 
aux doigis de rose. Les pleurs de F—, la rosée 
du matin. H Commencement d'une chose : V — de 
ce beau rùgne. L'amour embellit V — et le soir de 
la vie (St-Lamb.) || Poét., le levant, les pays situés 
à l'orient. Dm couchant à V— (Boil.) = Adj. et 
invar., d'un jaune doré. Ruban, soie — .'=8., 
couleur d' — ou — . = Papillon du jour; bot., re- 
noncule jaune; nom d'un œillet violet. 

AURURE, s. m., alliage d'or et d'un autre métal. 

AUSCULTATION, S. f., action d'écouter, de 
prAler l'oreille pour percevoir les sons. 

AUSCULTER, v. a., pratiquer l'auscultation. 

AUSPICE, s. m., manière de consulter ou de 
connaître l'avenir : les Grecs et les Romains atta- 
chaient beaucoup d'importance aux auspices. H Sous 
d'heureux — , sous de tristes ou fâcheux auspices, 
dans des circonstances qui présagent des événements 
heureux ou malheureux. == -Sous les — de quelqu'un, 
avec l'appui, sous la direction de quelqu'un. Vous 
marchiez au camp sous mes — (Rac.) Ce mot ne 
s'emploie d'ordinaire qu'au pluriel. 

AUSSI, adv., pareillement, de même. Comme la 
république avait son faible, la monarchie des Césars 
avait — /es/t'/i(Boss.)= Encore, déplus : le temps, 
qui change t&ttt, change — 7ios humeurs (Boil.) = 
C'est pourquoi, à cause de cela ; ces étoffes sont 
belles, — coûtent-elles clier? (Ac.) = Adv. de 
comp., autant, tellement : il est — sage que vaillant. 
Comment un homme — sage a-t-il fait une pareille 
faute? (Ac.) En exposant mie vie — précieuse que la 
vôtre (Boss.) — bien, loc. conj., d'ailleurs, au sur- 
plus : je n'ai que faire de l'en prier. — bien ne 
m' écouterait-il pas (Ac.) — bien que, loc. conj., de 
même que : la patience s'affaiblit — bien que celui 
qui souffre (Fléch.) — peu, loc. conj., pas plus : ils 
ont — peu d'argent l'un que l'autre. Leurs paroles 
— solides qu'elles semblaient magnifiques (Boss.) 

AUSSIERE, s. f., corde ou cordage composé de 
plusieurs faisceaux de fil. 

AUSSITÔT, adv., dans le moment même , sur 
l'heure. J'irai — . Il frappe, et le tyran tombe — 
sans vie (Corn.) = Aussitôt répété exprime la 
promptitude d'une action : — dit, — Jait. — que, 
loc. conj., dès que ; — qu'il m'aperçut, il vint à moi 
(Pasc.) = En même temps que : délaissée — que 
m^e au monde (Boss.)=r Parellips., — votre lettre 
reçue, tout de suite après votre lettre reçue. Aussi 
TÔT, aussi vi^e. 

AUSTER, s. m. (pron. l'r), vent du midi. =r 
Poét., le pluvieux, l'humide — (Ac.) 

AUSTÈRE, adj., acerbe, avide : saveur, vin — . 
Il Rigoureux, qui mortifie les sens et l'esprit; peu 
us. Sévère, rude. =r Pénitence, vie — . Un ordre 
pieux et — (Mass.) Je ne puis pas vous affranchir 
d'une — tutelle (Rac.) Une — ver lu (Fléch.) — En 
parlant des arts, qui a un caractère grave : compo- 
sition, genre — . V. Sévère. 

AUSTÈREMENT, adv., avec austérité. 

AUSTÉRITÉ, s. f., rigueur, mortification des 
sens et de l'esprit : pratiquer de grandes austérités. 
= Sévérité, gravité : /' — de Calon. Son — ne vaut- 
elle pas mieux que la flatterie des courtisans? (Fén.) 
= En parlant des arts : l' — d'un dessin, 

AUSTERLITZ, v. en Moravie (Autriche), célèbre par la 
bataille dite d'Austerlitz ou des trois Empereurs, en 1805 
(2 décembre), où Napoléon battit l'armée austro-russe, com- 
mandée par François II et Alexandre !«'. 



79 AUT 

AUSTRAL, E, adj., opposé à boréal, méridio- 
nal : l'hémisphère — . Terres australes. 

AUSTRALASIE ou AUSTRALIE, l'une des quatre di- 
visions de rOcéanie. 

AUSTRALIE, continent de l'Ocôanie, appelé aussi Nou- 
velle-Hollande. 

AUSTRASIE, ancien roy. franc à l'E. de la Neustrie. 

AUSTRO-RUSSE, adj., qui se compose d'Autrichiens et 
de Russes ; qui a rapport à ces deux peuples : armée, traité — . 

AUTAN, s. m., vent du midi. = Poét., vent vio- 
lent : l' — furieux. Braver les autans. 

AUTANT, adv., exprime l'égalité : ce diamant 
vaut — que ce rubis. De qui ne peut-on pas en dire 

— ? (Boss.) Qui p^ut vous en promettre — de son 
petit-fils? (La Br.) Prov. : — lui pend à l'oreille, 
la même chose peut lui arriver : — en emporte le 
vent, se dit des promesses, des menaces sans effet. 

— que, en aussi grande quantité : vous pourriez 
manger — qu'il vous plairait (Pasc.) = Qu' — que, 
selon que, à proportion : jamais on n'est grand 
qu' — que Von est juste (Boil.) =: D'autant, loc. 
adv., dans la même proportion : donnez-moi cent 
écuSy vous serez quitte d' — . rr: Fam., ù la charge 
d' — , à la condition de rendre la pareille. = D' — 
plus, d' — moins, loc. adv. : honneur d' — plus grand, 
que la faveur n'y eut aucune part (Mass.) = D' — 
que, loc. conj., parce que, vu que : d' — que vous 
avez mis votre espérance en la calomnie (Pasc.) 

AUTEL, s. m., table destinée principalement aux 
sacrifices, à la célébration d'un culte : dresser, éle- 
ver un — . Consacrer des autels. Monter à l' — . 
Maître — , grand — , le principal autel. Le sacrifice 
de F — , la messe. || Élever — contre — , faire un 
schisme : Luther éleva — contre — (Boss.) Former 
une entreprise rivale. = Au pi., la religion, le culte : 
il soutient par son zèle les autels que l'hérésie avait 
ébranlés {Fén.) || Par ext., honneurs extraordinaires : 
mériter des autels. = Astr. , constellation de l'hé- 
misphère austral. 

AUTEUR, s. m., première cause d'une chose : 
F — de Funivers (Mass.) La mort m'avait ravi les 
auteurs de mes jours (Rac), mon père et ma mère. 
=: Inventeur; — d'une découverte, d'un système. I| 
Par ext. : — d'un crime, celui qui l'a commis. = 
Celui qui a fait un ouvrage de littérature, de science 
ou d'art : les — sacrés, profanes, anciens, modernes. 
Il faut plus que de Fesprit pour être — (La Br.) = 
Se dit aussi des femmes : elles veulent écrire et de- 
venir auteurs (Mol.) = Adj. -.femme — . || Par ext., 
ouvrage d'un auteur : connaître à fond ses — grecs 
et latins. \\ La personne dont on tient une nouvelle : 
c'est mon — . = Dr., celui de qui on tient quelque 
droit. V. Écrivain. 

AUTHENTICITÉ, s. f., qualité de ce qui est au- 
thentique : /-" — des livres sacrés. J'ai des soupçons 
sur F— de cette lettre (Volt.) 

AUTHENTIQUE, adj., revêtu de toutes les for- 
mes requises : acte, contrat, pièce — . = Certain, 
incontestable : fait, histoire — (Volt.) = Notable, 
éclatant : témoignage — (Boss.) = S. f., l'autben- 
tique d'une pièce, l'original; vieux et peu us. V. 
Évident. 

AUTHENTIQUEMENT.adv., d'une manière au- 
thentique. 

AUTOBIOGRAPHIE, néol., s. f., vie, biogra- 
phie d'un individu écrite par lui-même. 

AUTOCHTHONE, s. m., originaire du pays 
même, synon. d'aborigène. = Xâj., peuple — . 

AUTOCRATE, s. m., AUTOCRATRICE, s. f., 



AUT 



celui , celle dont la puissance ne relève d'aucune 
autre : — de toutes les Russîes. 

AUTOCRATIE, s. f., gouvernement d'un seul 
avec une autorité absolue. = Méd., ~ de la nature, 
empire de la nature sur la durée de la maladie, 

AUTOCRATIQUE, adj., relatif à l'autocratie : 
gouvernement — ,= Méd., spontané. 

AUTO-DA-FÉ, s. m. inv., supplice du feu : étein- 
dre les — . Il Destruction par le feu : les produits de 
l'Angleterre nous arrivaient par la contrebande mal- 
gré les — dont ils étaient l'objet (Blanqui). 

AUTOGRAPHE, adj., écrit de la main même de 
l'auteur : lettre, manuscrit — . = S. m., un — . 

AUTOGRAPHIE, s. f., reproduction exacte de 
l'écriture d'un auteur. 

AUTOGRAPHIER, v. a., reproduire un manus- 
crit au moyen de l'autographie. 

AUTOGRAPHIQUE, adj., qui a rapport à l'au- 
tographie : art, procédé, établissement — . 

AUTOMATE, s. m., machine qui se meut pkr 
ressdrts. = Machine qui excite le mouvement des 
corps animés. || Personne slupide. Le sot est un — , 
il est machine, il est ressort (La Br.) = Adj. : le 
flûteur — de Vaucanson. 

AUTOMATIQUE, adj., machinal, qui se meut 
sans la participation de la volonté. 

AUTOMATISME, S. m., mouvement machinal. 

AUTOMÉDOX, conducteur du char d'Apollon et écuyer 
de son fils Pyrrhus. = 8. m., celui qui est habile à conduire 
un char ou un coursier. 

AUTOMNAL, E, adj., qui appartient à l'automne. 

AUTOMNE, s. m. et f. (le m. s'emploie de pré- 
férence en prose ou quand l'adj. précède le s.), 
saison de l'année qui s'étend du jour où le soleil 
atteint l'équateur à celui où il arrive au tropique, 
du 22 septembre au 21 ou 22 décembre : l' — pro- 
chain (Volt.) Un bel — . L' — a été pluvieuse (Ac.) 
Il L' — de la vie, l'âge qui précède la vieillesse : // 
était dans son — (Les.) 

. AUTONOME, adj., se dit des villes de la Grèce 
qui, sous la domination romaine, avaient conservé 
e droit de se gouverner par elles-mêmes. 
. AUTONOMIE, s. f., liberté dont jouissaient, sous 
les* Romains , les villes grecques qui avaient con- 
servé le droit de se gouverner par leurs propres 
lois. 

AUTOPLASTIE, s. f., chir., restauration d'un 
membre mutilé au moyen de parties empruntées à 
une autre région sur le même individu. 

AUTOPSIE, s. f., vision intuitive, é(at dans 
lequel, suivant les païens, l'àme entrait en commerce 
intime avec la Divinité. = Inspection, examen at- 
tsntif que l'on fait soi-même. = Ouverture d'un 
cadavre pour reconnaître les causes de la mort : 
i{u'o:ï sauve mes restes d'une sacrilège — (Chat.) = 
Examen de toutes les parties d'un cadavre, et, par 
ext., descriplion de l'état de ces différentes parties. 

AUTORISATION , s. f. , action par laquelle on 
autorise : demander, accorder P— . = Écrit, acte 
portant autorisation. V. Approbation. 

AUTORISER, V. a., donner autorité, pouvoir. 
— les magistrats (Ac); vieux dans ce sens. = Ac- 
corder la permission, le droit de faire quelque chose. 
= Mettre en droit, engager, donner un prétexte à 
quelque chose : une femme ne peut contracter, si son 
mari ne l'autorise. A ne vous rien cacher, son 
amour m'autorige (Corn.) — les excès, le meurtre 
(Boss.) L'exemple des grands autorise hiicé (Mass.) 
S.',--r^ V, pr., acquérir de l'autorité. = S'appuyer 



80 AUT 

sur une autorité : il s'autorise de votre exemple pour 
agir de la sorte (Ac.) 

AUTORITÉ, s. f. , pouvoir légitime, droit de com- 
mander : l' — paternelle, suprême, des lois. L' — de 
l'Église (Fléch.) Par ext. : F — de la raison, des 
anciens (Pasc.) Prendre un ton d' — . Faire une 
chose de son — privée, sans en avoir le droit. De 
quelle — prétendez-vous? (Barth.) De pleine — , 
d'un droit incontestable. Coup d' — , mesure contre 
les lois : d' — , d'une manière impérieuse. = Pou- 
voir souverain, l'administration publique, le gou- 
vernement ; les agents, les actes de V — . Les auto- 
rités civiles et militaires, les magistrats et officiers 
investis du pouvoir. = Crédit, considération, in- 
fluence : il vieillit sans déchoir de son — (La Br.) 
Il En parlant des choses ; l' — de ses paroles. L' — 
de ses jugements (Boss.) = Opinion d'un auteur : il 
cite V — d'Aristote (Pasc.) , et abs. , il cite ses — . 
Faire — , faire loi, servir de règle. V. Puissance. 

AUTOUR, prép., exprime l'idée d'une chose qui 
en entoure une autre ou qui tourne à l'entour : vous 
ne faites que tourner — de moi (Sév.) La terre est 
emportée — du soleil (Pasc.) = Près de, auprès de : 
que vois-je — de moi, que des amis vendus? (Rac.) 
Ils ne pouvaient souffrir autour d'eux aucune domi- 
nation (Boss.) ^ Autour, adv., ici — , dans le voi- 
sinage. Tout autour, loc, adv., de tous côtés. 

AUTOUR, s. m., oiseau de proie du genre des 
oiseaux diurnes, voisin du milan. = Écorce origi- 
naire de l'Inde, ressemblant à la cannelle, et ser- 
vant à la teinture en rouge. 

§ AUTOUR, À L'ENÏOUR s'emploient comme adverbes 
et comme prépositions. Ce qui est ou va autour est ou va 
contre, tout près; ce qui est ou va à l'entour se trouve ou 
se meut plus loin, aux environs. On peut dire d'une table, 
dans un festin, que les convives sont autour, et que les ser- 
viteurs tournent à l'entour. ConiJ)inés avec de, ces mots 
jouent le rôle de prép. Ex. : autour de la table' a l'entour 
de ce pin (La F.) Autour du cerveau (Boss.) 

AUTOURSERIE, 8. f . , art de dresser des au- 
tours. 

AUTOURSIER, s. m., qui dresse des autours. 

AUTRE, adj. indéfini, marque, distinction, dif- 
rence, opposition : cette — patrie qui nous attend 
après la mort (Boss.) Autres temps, autres mœurs. 
C'est un tout — homme. || Fam., c'est une — paire 
de manches, c'est bien différent. = Marque la res- 
semblance, la conformité : il le regarde comme un — 
lui-même. Un — César (Boss.) Élie devant cette 
— Jézabel (Rac.) = Nouveau : tu croiras les calmer 
par d' — barbaries {R3iC.)r= Pro. indéf., une per- 
sonne indéterminée, une chose quelconque : j'aime 
mieux que vous l'appreniez d'un — que de moi (Ac.) 
Nous ne voulons jamais ressembler aux — (Ma3S.) = 
Explèt. pour renforcer : nous —, vous — . = L' — , 
corrélatif de l'un : l'un vaut V — . L'un dans l' — , ou 
l'un portant V — , en compensant l'un avec l'autre. 
// n'en fait jamais d'—, il fait toujours des sottises. 
En voici bien d'une — , voici quelque chose de plus 
surprenant. = Fam. : à d'autres, contez cela à de 
plus crédules. Comme dit V — , cet — , comme on 
dit. := Pop'. : ah ! cet — / pour dire qu'on ne croit 
pas à ses paroles. = Fam. : parler de choses et d'au- 
tres^ parler de diverses choses indifférentes. Autre 
chose s'emploie au masculin quand il est pris dans 
un sens absolu : quelque chose est promis, autre 
chose est accordé. 

AUTREFOIS, adv.; anciennement, au temps 
passé : — on croyait aux sorciers. Les hommes d' — , 
par oppos. à ceux d'aujourd'hui. Ces superbes cour- 



AVA "î 

fiers qti'on voyait — pleins d'une ardeur si noble. 
V. Anciennement. 

AUTREMENT, adv., d'une autre façon : 77 n'a- 
git pas — qu'il parle. Cet historien rapporte le fait 
tout — . // parle — qu'il n'agit. La prudence des 
(iim.r — en dispose (Corn.) = Sinon, sans quoi : 
obéissez. — je vous casse. = Tout — , loc. adv., 
beaucoup plus : la joie de faire le bien est tout — 
douce et touchante que la joie de le recevoir (Mass.) 
mFani., pas — , loc. adv., guère, peu : il n'est pas 
— satisfait de votre réponse. 

AUTRICHE, empire d'Allemagne. = Autrichien, we, 
s. et adj., né en Autriche. 

AUTRUCHE, s. f., le plus grand des oiseaux, 
du genre de l'ordre des échassiers : des œufs, des 
plumes d' — . || Pop., homme grand, lourd et sfu- 
pide. = Fam. : il a un estomac d' — , il digère tout. 

AUTRUI, pro. indéf,, les autres, le prochain : 
Ne fais pas à — ce que tu ne voudrais pas qui te fût 
fait à toi-même. Le mal d' — n'est rien quand nous 
partons du nôtre (La F.). 

AUTUN, s.-préf. du départ, de Saône-et-Loire. 

AUVENT, s. m., petit toit en saillie pour ga- 
rantir les boutiques de la pluie. 

AUVERGNE, anc. p. du centre de la France. = Auver- 
gnat, E, s. et adj., d'Auvergne. 

AUVERNAT, S. m., gros vin rouge d'Orléans. H 
Raisin noir appelé pineau en Auvergne. 

AUXERRE, ch.-l. du départ, de l'Yonne. 

AUXILIAIRE, adj. et S. m., qui aide, dont on 
tire du secours : armée — ; troupes auxiliaires ; 
7(n puissant — . = Gramm. : verbe — , qui sert à 
lormer les temps composés d'un autre verbe. = S. 
m. : le français a deux — , avoir et être. 

AUXONXE, ch.-l. de canton du départ, de la Côte-d'Or ; 
vil. de guerre. 

AVA, pays et v. de l'empire birman. 

AVACHIR (S'), V. pron., pop., devenir mou, 
lâche en parlant des étoffes ; se déformer en par- 
lant des chaussures, elc. 

AVAL, s. m., le côté ou la direction que suit le 
courant d'une rivière par opposition à l'amont. 
Paijs d' — , où l'eau arrive en suivant le courant. 
= A-vau~l'eau, loc. adv. pour aval-Veau, suivant le 
courant de l'eau. |1 Fam., aller — , en désordre. 

AVAL, s. m., obligation mise au bas d'un effet, 
par laquelle on en garantit le montant, s'il n'est 
pas acquitté par le souscripteur. 

AVALAGE, s. m., action de faire descendre un 
bateau sur une rivière. =: Prix qu'on paye pour la 
descente de ce bateau. 

AVALAISON ou AVALASSE, s. f., chute d'eau 
impétueuse formée par des pluies torrentielles. 

AVALANCHE, s. f., masse de neige détachée 
d'une montagne et qui roule avec fracas dans la 
vallée. Par analogie : une — de terre, de pierres, 

AVALANT, E, adj., qui suit le fd de l'eau. = 
S. m., bateau qui descend le courant. 

AVALER, V. a., faire aller en aval, descendre : 

— un bateau, lui faire suivre le courant, et abs. : 
le bateau avale. — du vin dans une cave ; peu U8. 
= Faire descendre dans l'estomac. |1 Consommer, 
absorber, convoiter : — un œuf, une arête. — 
les morceaux sans les mâcher, manger avidement. 

— la nourriture de cent familles (La Br.) {| Ils 
avalent l'huître des rjeux (La F.) \\ — le calice 
jusqu'à la lie , subir de grandes humiliations, es- 
suyer de grands revers. — des couleuvres, su- 
bir les plus grandes mortifications. — l'iniquité 
comme l'eau (Mass.), faire le mal avec indiffé- 



AVA 

rence. := Fam. : — un bouillon, faire une perte. [I 
Fam. : faire — , faire accroire ; faire endurer : on 
lui en fera — bien d'autres. \\ — quelqu'un, le re- 
garder d'un air furieux. = S' — , être avalé, des- 
cendre dans l'estomac. H Fam. : on dirait qu'ils vont 
s' — . = Pendre, descendre trop bas : le ventre de 
cette jument s'avale. 

AVALEUR, EUSE, s. fam. et ir., personne qui 
avale avidement : — de charrettes ferrées, fanfa- 
ron, matamore. 

AVALÉES, s. f. pi., laines qui s'enlèvent des 
peaux de mouton achetées des bouchers. 

AVALLON, s.-préf. du départ, de l'Yonne. 

AVALOIRE, s. f., grand gosier. Pop. : quelle 

— il a ! Il Pièce du harnais qui s'applique aux cuisses 
du cheval, un peu au-dessus de la queue. 

AVANÇAGE, s. m., permission donnée aux voi- 
tures publiques de stationner au delà du terrain 
qui leur est réservé. 

AVANCE, s. f., partie du bâtiment qui. dépasse 
ou fait saillie sur l'alignement : abattre une — . = 
Espace de chemin parcouru avant un autre : j'ai de 
r — sur lui. Prendre V — , partir en avant. = Ce 
qui est préparé ou fait pour un ouvrage : je me 
trouve avoir une grande — . = Démarche faite en 
vue d'un accommodement, d'une liaison i il a fait 
les premières avances (Ac.) || Je ne lui fis ni décla- 
ration ni — (La Br.) =: Somme prêtée, payement 
anticipé : faire une — de dix mille francs; être en 

— avec quelqu'un. 

§ D'AVANCE, PAR AVANCE. Celui qui paye d'avancp. 
paye avant le temps ; mais celui qui paye par avance a un 
motit particulier : il craint peut-être qu'à l'échéance il ne se 
trouve avoir dépensé l'argent qu'il possède aujourd'hui. 

§ AVANCE, AVANCEMENT. Une science a plus ou 
moins d'avance sur une autre, c'est une qualité qu'elle pos- 
sède : on travaille à son avancement en lui faisant faire 
des progrès. 

AVANCÉ, E, adj., qui est en avant ; qui avance : 
ouvrage — , sentinelle avancée. Le nez est la partie la 
plus — du visage (BufF.)= Qui approche de sa fin, 
de sa conclusion -jour, travail — ; nuit, affaire — . = 
Qui a fait des progrès, perfectionné : jeune homme — ; 
civilisation — . = Être — en âge ; être dans un 
âge — , être vieux. = Qui est sur le point de' se 
gâter : viande — . 

AVANCÉE, s. f., corps de garde avancé, poste 
établi en avant de la porte d'une place forte. 

AVANCEMENT, s. m., action d'avancer, pro- 
grès : l' — d'un ouvrage, d'une machine, d'une mai- 
son. Il L' — dans un écolier (Ac.) L' — des belles- 
lettres (Fléch.) = Action de monter en grade : — 
rapide; solliciter, obtenir de V — . == Établissement 
de fortune. = Dr., — d'hoirie, ce qu'on donne par 
avance à son héritier. V. Avance. 

AVANCER, V. a., porter, pousser en avant : 

— la chaise, la table, le bras, le pied. = Rappro- 
cher : AVANCEZ-MOI un fauteuil. = Mettre en avance, 
rendre plus prochain, hâter : — le départ, le dîner; 

— une montre. \\ Accélérer : — la mort. — la 
fin de sa misère (Rac.) — son bonheur (Id.) La 
chaleur avance les fruits. La réflexion avance le 
jugement. \\ Faire faire des progrès à quelque 
chose : — sa besogne. — un ouvrage (Ross.) = 
Procurer de l'avancement : — un employé. = 
Payer par avance ; fournir des fonds : — un 
terme. Il se fait rembourser des frais qu'il n'a- 
vance pas (La Br.). = Aifirmer, donner comme 
vrai : ce n'est pas un fait qu'on avance en l'air 
(Boss.) Je n'avance rien que je ne prouve (Pasc.) = 



AVA 82 

V. n., aller en avant : l'armée avance. Par ext., 
approcher : avancez donc. = Ê(re en avance, aller 
trop vite : cette montre avance. =: Sortir de l'ali- 
gnement, être en saillie : ce toit avance, et par 
anal. : vous avez avancé de plus de deux mètres sur 
mon terrain. \\ Faire des progrès; obtenir de l'avan- 
cement . — dans l'étude; — en sagesse. C'est une 
carrière où l'on n'avance que lentement. \\ — en âge, 
devenir vieux. =: En parlant des choses : voilà un 
travail qui n'avance point. La civilisation n^avance 
guère dans ce pays (Ac.) = S' — , v. pr., aller en 
avant, marcher contre : Il s^avance vers les Chal- 
déens (Boss.)=S'écouler : le jour, la saison s'avance. 
(Ac.) =: Faire saillie : ce promontoire s'avance très- 
loin dans la mer. = Obtenir de l'avancement, faire 
des progrès. S' — dans le monde, y obtenir des suc- 
cès. = S'engager, faire des promesses : il ne faut 
pas trop s' — . 

AVANIE, s. f., affront' public : — sanglante. 

§A¥AN1E, IIKCARTADE, ALGARADE. L'avanie, 
outre son caractère de publicité, est humiliante ; Vincartade 
est brusque et imprévue ; Valgarade est taquine et hors de 
propos. 

AVANT, prép. qui marque priorité de temps, 
d'ordre et de situation : — l'heure. J'ai vu cela 

— vous. La méthode dont on se servait — nous (Pasc.) 
La. maison où il loge est — l'église (Ac.) — tout ; — 
toutes choses, d'abord, de préférence à toute autre 
chose. = Adv. de lieu et de temps : n'allons pas si 

— dans les bois. Il a veillé bien — dans la nuit. 
Il Le sang et la fureur m'emportent trop — (Corn.) 
= D' — , loc. adv. : la nuit d' — . =z En — , loc. 
adv. : aller, se pencher en — . || Mettre — , allé- 
guer. Se mettre — , se produire, se mettre en 



évidence. En — , loc. interj. : — marche! — , mes 
amis! = Avant que, loc. conj., demande le subj. : 

— qu'il vienne. — qu'il montât sur le trône (Boss.) 
= — de, — que de, loc. prép., demandent l'inf. : 
Moïse mourut — d'avoir pu passer le Jourdain {Mass.) 

— que de partir pour se rendre à l'armée (Volt.) 
AVANT, s. m., partie du vaisseau du côté de la 

proue : les canons de V — . Aller de l' — , faire du 
chemin. || S'engager hardiment dans une affaire. 

AVANTAGE, s. m., profit, bénéflce : on lui a fait 
de grands avantages. L'homme tire — de l'expérience 
de ses prédécesseurs (Pasc.) =^ Supériorité : abuser 
de ses — . Raconter quelque chose à V — de quel- 
qu'un, d'une manière qui lui soit favorable, j] Succès 
militaire : La France s'affaiblissait par ses propres 

— (Mass.) = Mar., avoir l' — du vent, être favorisé 
par le vent. = Dr. , libéralité, ce qui est donné 
au delà de ce qu'accorde la loi : il a fait des — à 
sa femme, au détriment de ses enfants (Ac.) = Ce 
qu'on rend au jeu à un adversaire moins fort pour 
égaliser les chances. V. Utilité. 

AVANTAGER, v. a., donner des avantages à 
quelqu'un, lui faire un avantage : la nature l'a avan- 
tagé de beaucoup de qualités précieuses (Ac.) = 
S' — , se faire de mutuels avantages par contrat. 

AVANTAGEUSEMENT, adv., d'une manière 
avantageuse ou favorable. 

AVANTAGEUX, EUSE , adj., qui apporte des 
avantages : parti, traité — . = Qui sied bien; toi- 
lette AVANTAGEUSE. = Qui est à l'avantage de quel- 
qu'un, qui prévient favorablement : taille, mine — . 
11 Présomptueux, suffisant : avoir, prendre un air, 
un ton — . V. Suffisant. 

AVANT-BEC, s. m., éperon d'une pile de pont 
du côté opposé au couraut. 



AVA 

partie du bras qui s'étend 

1., corps de bâtiment en 
cour qui précède la cour 



AVANT-BRAS, S. m., 

du coude au poignet. 
AVANT-CORPS, S. 1 

saillie. 

AVANT-COUR, s. f., 

principale. 

AVANT-COUREUR, S. m., celui qui précède 
quelqu'un pour l'annoncer. 1| Présage : funeste • — 
de la chute des rois (Rac.) 

AVANT-COURRIÈRE , s. f., celle qui précède, 
qui devance. Poét. : /' — du jour, l'aurore, 

AVANT-DERNIER, ÈRE, adj. et S., qui est 
avant le dernier, pénultième : l' — jour. 

AVANT-GARDE, s. i., partie d'une armée qui 
marche en avant. H Être à l' — des partis réforma- 
teurs (Mignet) Les abeilles — des laboureurs (Chat.) 

AVANT-GOÛT, S. m., goût qu'on a par avance 
de quelque chose d'agréable; ne s'emploie qu'au fig. 

AVANT-HIER, adv. de temps, l'avant-veille du 
jour où l'on est ; ce n'est que d' — qjie je vous ai 
vue (Volt.) 

AVANT-MAIN, s. m., se dit au jeu de paume 
d'un coup de devant de la raquette ou du battoir. 
:r= La partie antérieure du corps du cheval. 

AVANT-PIED, s. m., le métatarse. = Dessus du 
pied de la botte. 

AVANT-PORT, s. m., partie d'un port qui pré- 
cède l'enceinte principale. 

AVANT-POSTE, s. m., poste avancé, le plus 
près de l'ennemi. 

AVANT-PROJET, s. m., appréciation sommaire 
des frais que doit coûter et des produits que peut 
rapporter une entreprise. = Esquisse rapide que 
l'on trace d'une œuvre d'art, pour la soumettre à 
qui de droit. 

AVANT-PROPOS, s. m., préface, discours en 
tête d'un livre. 

AVANT-QUART, 8. m., coup que quelques hor- 
loges sonnent avant l'heure, la demie ou le quart. 

AVANT-SCÈNE, S. i'., anciennement, la partie du 
théâtre où jouaient les acteurs. = Partie du théâtre 
entre le rideau et la rampe. = Loge placée sur l'a- 
vant-scène. = Événement antérieur à celui qui forme 
l'action d'une pièce de théâtre. 

AVANT-TOIT, s. m., toit en saillie. 

AVANT-TRAIN, S. m., train qui comprend les 
deux roues de devant et le timon d'une voilure. =:r 
Train qu'on ajoute à laffùt d'un canon pour le 
traîner. z= Le poitrail et les jambes de devant du 
cheval. 

AVANT-VEILLE, S. f., jour qui précède la veille. 

AVARE, adj. et s., qui aime trop l'argent : un 
vieillard — . 1| Leurs mains avares (Flécli.) |1 Éco- 
nome : — du temps, du sang de ses soldats (Ac.) 
Un — idolâtre et fou de son argent (Boil.) 

§ AVARE, AVARICIEUX. Avare se dit d'un homme 
possédé de la passion même de l'avarice, et avaricieux lors- 
qu'il n'est question que d'un acte ou d'un trait particulier de 
cette passion. D'un autre côté, avaricieux exprime une idée 
plus minutieuse d'avarice ; aussi ne prend-on jamais ce mot 
en bonne part comme il arrive pour son synonyme. 

AVARES, descendants d'un peuple d'origine tartare de 
la nation hunnique, habitant sur le versant du Caucase. 

AVARICE, 8. f., amour désordonné de l'argent, 
des richesses : V — consiste à aimer les richesses 
pour les richesses (Pasc.) 

AVARICIEUX, EUSE, adj. et s.; fam., d'une 
avarice sordide : la peste soit de l'avarice et des 
avaricieux (Mol.) V. Avare. 

AVARIE, s. f., dommage arrivé à un navire ou 



AVE 

à son chargement. = Dommage arrivé à des mar- 
chandises en quelque lieu et en quelque circons- 
tance que ce soit=r Droit qui se paye pour l'entre- 
tien d'un port par le vaisseau qui y mouille. 

AVARIÉ, E, adj., endommagé par suite d'une 
avarie : café, sucre — . Marchandises avariées. 

AVARIER (S'), V. pr., se gâter par des avaries. 

A-VAU-L'EAU, loc. adv. V. AvAL. 

AVE ou AVE MARIA (mot lat.), s. m. inv., sa- 
lutation angélique, prière à la Vierge : cela n'a duré 
qu'un — , que fort peu de temps. = Grains du cha- 
pelet sur lequel on dit l'avé. = Endroit du sermon 
où le prédicateur ayant fini son exorde implore le 
secours du Saint-Esprit par l'intercession de la 
sainte Vierge. 

AVEC, prép., ensemble, conjointement : il est venu 

— lui. Je veux vivre — elle, — elle expirer (Corn.) 
= Abs.; fam., sans complément : il a pris mon man- 
teau^ et s'en est allé — (Ac.) = 11 se joint aux mots 
qui indiquent la manière, la relation, la matière, 
l'instrument : se conduire — prudence. — un air 
de compassion (Fén.) Ils sont poètes — un docteur, 
et géomètres — un poëte (La Br.) Se lever — le 
soleil. Sortir — armes et bagages. Attacher — iine 
épingle." Racheter — de l'or et de l'argent (Mass.) 
= Contre, malgré ; sauf : la France était en guerre 

— la Russie (Ac. ) On est étonné — tout son es- 
prit de se trouver la dupe (La Br.) — tout le respect 
que je vous dois (Ac.) = Comme, de même que : je 
veux croire — vous que tout est apaisé (Corn.) Il 
apprenait — la vertu la science d'obéir et de com- 
mander. = A l'aide de, par le moyen de : — les 
arts d'agrément on arrive à tout (Did.) = D' — , «ert 
à donner plus de force : distinguer un ami d' — un 
flatteur. 

AVECQUE, prép., avec : tous les jours je me 
couche — le soleil (Boil.) ; vieux. 

AVEINDRE, V. a.; vieux, tirer une chose d'un 
endroit où elle se trouve. 

AVEINE, s. f. V. Avoine. 

AVELANÈDE, s. f., cupule ou godet qui entoure 
la base de certaines espèces de glands. 

AVELINE, s. f., grosse noisette (d'Avella, aujour- 
d'hui Avellino, petite ville du pays de Naples). 

AVELINIER, s. m., espèce de coudrier qui porte 
les avelines. 

AVENAGE, s. m.; vieux, redevance en avoine. 

AVENANT, E, adj.; dr., venant à arriver ; — le 
décès du donataire. = Qui tombe en partage : portion 
AVENANTE. Il A qui l'on trouve belle façon, bonne grâce : 
personne — . Des manières avenantes. De taille — 
(La F.)= À l'avenant, loc. adv., en conformité, de 
même, pareillement. Dépense en habits, en che- 
vaux et en toutes choses — . =: A V — de, loc. prép. : 
le dessert fut à l' — du dîner (Ac.) 

AVENEMENT, s. m., venue, arrivée (Sév.); 
peu us., ne se dit guère que de l'élévation à une 
dignité suprême : — au trône, au pontificat ; et 
abs. : ù son — . Droit de joyeux — , impôt que les 
rois de France levaient autrefois sur leurs sujets, 
en montant sur le trône. = En parlant du Messie, 
le temps auquel il s'est manifesté aux hommes, et 
le temps où il viendra pour les juger. 

AVENIR (Idvenfr), v. n. et impers.; fam., arri- 
ver par accident : il avint que. S'il avenait que. Il 
en AVIENDRA ce qu'il pourra (Ac.) 

AVENIR, 8. m., temps à venir, temps futur : le 
passé et le présent nous garantissaient V — (Boss.) 
U— est dans le sein de Dieu (Napol.) || Bien-être, état 



83 AVE 

de fortune ù venir : assurer un — à ses enfants (Ac.) 
Avoir de V — , être plein d' — , se dit de quelqu'un 
qui promet beaucoup, qui peut espérer de parvenir, 
li La postérité : que dira l' — ? V — vous contemple 
(Ac.) z=^ A V — , loc. adv., désormais : les plaisirs 
que vous goûterez ù l' — (Mass.) 

AVENT, s. m., temps pendant lequel on se pré- 
pare, dans l'Église catholique, à célébrer la fête de 
Noël : les quatre semaines de l' — . Les avents de 
Noël. Prêcher V—, pendant la durée de l'Avent. |1 
Livre qui contient les sermons prêches pendant 
l'Avent. 

AVENTURE, s. f., ce qui arrive inopinément : 
— heureuse, comique, fâcheuse. Dire la bonne — , 
prédire ce qui doit arriver. = Entreprise hasar- 
deuse, intrigue amoureuse : courir après les aven- 
tures. Tenter V — . || Hasard. C'est grande — , si je 
n'en viens pas ù bout (Ac.) Prêter à la grosse — , 
risquer une somme sur un navHre de commerce. = 
Mal d' — , nom vulgaire du panaris. = A V — , loc. 
adv., au hasard. Écrire un mot à l' — (Pasc.) = 
D' — , par — , loc. adv., par hasard. D' — passent 
trois bons marchands (La F.) V. Événement. 

AVENTURER, v. a., risquer, mettre â l'aven- 
ture : — son argent^ sa fortune. Affaire aventurée, 
qui offre peu de chances de succès. := S' — , v. pr., 
se hasarder, s'exposer. V. Hasarder. 

AVENTUREUX, EUSE, adj., qui s'aventure, qu' 
hasarde : esprit, caractère, homme — . = Aban- 
donné au hasard : vie, existence aventureuse. 

AVENTURIER, s. m,, celui qui aime les aven- 
tures et s'engage dans toutes sortes d'entreprises : 
c'était un — qui s'était donné à Nestor (Fén.) = 
Nom qu'on donnait à de hardis pirates des mers de 
l'Amérique, nommés aussi boucaniers, flibustiers. 
= Fam., aventurier, aventurière, s., se dit d'une 
personne qui est sans état, sans fortune, et qui vit 
d'intrigues. = Adj., aventureux. Des apparitions 
de gens hardis et aventuriers (La Br.) 

AVENTURINE, s. f., quartz coloré en rouge ou 
en jaune, et parsemé de paillettes brillantes. ■= Com- 
position imitant l'aventurine. = Adj., de la couleur 
de l'aventurine : étoffe — . 

AVENU, E, adj. , ne s'emploie guère qu'avec l'adv. 
non : regardez la chose comme non avenue, comme 
n'ayant pas eu lieu. 

AVENUE, s. f. , chemin par lequel on arrive en 
un lieu : — du palais , du port , des montagnes. =: 
Allée d'arbres qui conduit à une habitation. = Toute 
allée d'arbres en ligne droite. || Les avenues du pou- 
voir. Elle ferma toutes les — de son cœur (Fléch.) 

AVÉRER, V. a., constater : un fait avéré. 

ÂYERNE, lac du pays de Naples, entre Pouzzole et Baïa, 
de la suriace duquel s'exhalaient autrefois des émanations 
pestilentielles, ii Poét., Enfer. 

ATERRHOÈS, philosophe arabe du xu" siècle, célèbre 
commentateur d'Aristote. 

AVERSE, S. fi, pluie subite et ahondanie : essuyer, 
recevoir une — . = A verse, loc. adv., abondam- 
ment, ne se dit que dans cette phrase : // pleut — . 

AVERSION, s. f., violent dégoût, répugnance 
extrême pour quelque chose : avoir de V — pour. 
Prendre en — . Il le regarda avec — (Fén.) La 
peur fait vaincre V — (La F.) V. Éloignement. 

AVERTI, E, adj., informé, prévenu : homme 
— . 5e tenir pour — , être bien sur ses gardes. JJp 
bon — en vaut deux , celui qui a été prévenu doit 
être doublement sur ses gardes. 

AVERTIN, S. m., maladie qui rend furieux; 



AVI 84 

n'est plus us. = Maladie des bestiaux. V. Tournis. 

AVERTIR, V. a., donner avis, informer, préve- 
nir : — les parents, — du danger par un cri, un 
geste, une lettre. — qu'il a été trop loin. On vint 
r — pour un sacrifice qu'il devait faire (Fén.) || — 
un cheval, l'exciter lorsqu'il se néglige. 

AVERTISSEMENT, s. m., avis, conseil : sourd 
à tous les sages avertissements (Boss.) || — du ciel, 
événement devant inspirer de sérieuses réflexions. 
= Préface à la tête d'un livre. = Avis d'un per- 
cepteur pour le payement de l'impôt. = Polit. : — 
donné à un journal. 

AVESNES, s.-préf. du départ, du Nord. 

AVEU, s. m., déclaration par laquelle on recon- 
naît avoir dit ou fait une chose : arracher des aveux. 
// fait V — de sa paresse (La B.) = Témoignage : 
la jalousie est comme un — contraint du mérite 
(La Br.) =. Approbation , consentement : mais je 
crains que ce don n'ait jamais son — (Corn.) = 
Acte établissant une vassalité. || Homme sans — , 
vagabond sans feu ni lieu. 

AVEUGLE, adj., privé de la vue. — de naissance. 
Il f.r sort, la fortune est — , favorise souvent ceux 
(jui ne le méritent pas. || Celui dont la raison est 
troublée par une passion. = Qui manque de discer- 
nement : la colère, la haine, l'ambition rendent les 
hommes aveugles. Une — Jureur (Corn.) Une pas- 
sion — (Fén.) — sur ses défauts. = S., personne 
privée de la vue. Rendre la lumière aux aveugles 
(Mass.) L'estropié marcha^ V — ouvrit les yeux (Boil.) 
Il C)'/er comme un — qui a perdu son bâton, crier 
bien fort pour peu de chose. Juger d'une chose 
comme un —r des couleurs, sans y rien connaître. 
Prov., au royaume des — , les borgnes sont rois, les 
gensmédiocres brillent parmi les ignorants. =:^Z' — , 
en — , loc. adv., sans voir clair, sans discernement : 
je me livre en — au transport qui m'entraîne (Rac.) 

AVEUGLEMENT, S. m., privation de la vue, 
cécité. Il Privation des lumières, de la raison : être 
frappé d' — . Quel — de ne pas se laisser convain- 
cre! (La Br.) N'accusez point ici mon choix d' — 
(Rac.) 

AVEUGLÉMENT, adv., à l'aveugle, sans discer- 
nement, sans réflexion : ils s'abandonnèrent — à 
leurs passions (Pasc.) Suivons — ma triste destinée 
(Corn.) 

AVEUGLE-NÉ, E, S., aveugle de naissance. 

AVEUGLER, v. a., rendre aveugle; par ext., 
éblouir, troubler la vue ; les éclairs nous aveuglent 
(Ac.) Il Priver de l'usage de la raison : l'ambition 
nous aveugle (Barth.) Aveuglé par le désir du gain 
(Pasc.) = S' — , se priver du sens de la vue ; ne 
s'emploie guère qu'au flg. S'— sur ses propres dé- 
fauts. 

AVEUGLETTE(AL'),loc. adv., sans voir clair, 
à tâtons; fam. 

AVEYRON, riv. et départ, de France. 

AVI, s. m., action d'une chaleur trop vive qui 
saisit le four, qui brûle le pain. 

AVICEXNE, médecin et philosophe arabe du xi« siècle. 

AVICULE, s. f., genre de mollusques acéphales 
qui renferme l'animal fournissant les perles. 

AVIDE, adj., qui a un désir immodéré de boire 
et de manger. H Très-désireux de : — de science, du 
bien d'autrui. — de louanges (La Br.) — de gloire 
(Boss.) — de sang, de carnage, qui se plaît à ré- 
pandre le sang, j] Cupide : un homme — {Lai Br.)J)es 
lèvres, des mains, des regards avides. Des yeux — 
(Barth.) 



AVI 



AVIDEMENT, adv., avec avidité ; manger — . |1 
Courir — aux honneurs (Ac.) 

AVIDITÉ, s. f., désir immodéré : manger avec 
— . Il — du gain, des honneurs. V — de tout ap- 
prendre et de tout savoir (Fléch.) 

AVIGNON, ch.-l. du départ, de Yaucluse, anc. cap. du 
comtat de même nom, et pendant quelque temps résidence 
des papes. 

AVILA, vil. et p. d'Espagne. 

AVILIR, V. a., rendre vil, méprisable, dégrader: 

— son caractère, sa dignité. Leurs traits sont alté- 
rés, et leur contenance est avilie (La Br.), et abs. : 
la lâcheté avilit. || Déprécier : — la marchandise. = 
S' — , V. pr., se rendre vil : il ne craint pas de 
s' — en s'abaissant (Mass.) 

AVILISSANT, E, adj., qui avilit: État—, dé- 
pendance avilissante. 

AVILISSOIENT, S. m., état de ce qui est avili : 

— de l'autorité. Se garantir de V — de la païa'rcté 
(La Roch.) =: Bassesse de conduite : vos places rap- 
pellent sans cesse les avilissements qui les ont mé- 
ritées (Mass.) Il Dépréciation : — des marchandises. 

AVINER, V. a., imbiber de vin : — une cuve, des 
futailles. \\ Être aviné, être dans l'ivresse. Avoir les 
jambes avinées, chanceler par suite d'ivresse. 

AVIRON, s. m., rame dont on se sert pour faire 
aller les bateaux sur les rivières : coup d' — . Les 
petits bateaux n'ont que des avirons, les grands 
bateaux ont des rames. = Nom donné aux pattes de 
quelques insectes aquatiques. 

AVIS, s. m., opinion, sentiment : dire, donner 
son — . Changer d-*— . A mon — . Sauf meilleur — . 
Nous ne trouvons guère de gens de bon sens que ceux 
■qui sont de notre — (La Roch.) =z Suffrage , opi- 
nion d'un tribunal, d'une assemblée : aller aux — 
(Ac.) Les — sont partagés. = Délibération, conseil: 
Les avocats ont donné leur — . — de parents, de 
médecins. =z Instruction, conseil : — amical, cha- 
ritable, paternel (Ac.) Les — du ciel (Mass.) Don- 
neur d'—, se dit d'un homme qui donne des conseils 
sans qu'on lui en demande. = Avertissement, nou- 
velles diverses : — au public. Lettre d' — , lettre d'un 
négociant à un correspondant. — au lecteur, avertis- 
sement en tête d'un livre. I| Conseil ou reproche 
adressé d'une manière indirecte et générale. 

AVISÉ, E, adj., clairvoyant, fin : un homme sage 
et — . = Un mal — , où un malavisé. 

§ AVISÉ , PRUDENT , CIRCONSPECT. L'homme 
avise est ingénieux à découvrir les inconvénients, les pièges, 
et à trouver des expédients pour y échapper; l'homme pru- 
dent procède avec poids et mesure, et emploie les moyens 
convenables. L'homme circonspect prend garde à toutes les 
circonstances et ne néglige rien. 

AVISER, V. a., donner avis, éclairer; prov. :un 
fou avise bien un sage. Un verre de vin avise bien 
un homme (Ac.)= Comm., donner avis par écrit : 

— son correspondant. = Apercevoir d'assez loin ; 
fam. : si pour mon malheur, il m'eût avisé (Mol.) 
= V. n., faire attention, prendre garde à, imagi- 
ner : — aux moyens de faire quelque chose. Avisons 
aux lieux qu'il nous faut habiter (La F.). = S' — , 
V. pr., songer, faire attention à quelque chose : ils 
s'en sont AMSÉs troptard.= Prov. : 07i ne s'amse ja- 
mais de tout. = Inventer, imaginer : il s'avisa d'wn 
bon expédient (Ac.) || Prendre une résolution étrange : 
il s'est avisé de quitter la cour (La Br.)||Étre assez 
hardi, assez téméraire pour : avisez-vous de faire 
cela. Ne vous en avisez pas (Ac.) 

AVISO, s. m., petit bâtiment léger qui porte les 
dépêches. 



AVO 

AVITAILLEMENT, S. m., action d'avif ailler. 
= Approvisionnement de vivres et de munitions. 

AVITAILLER, v. a., mettre des vivres et des mu- 
nitions dans une place qui court risque d'être as- 
siégée, dans un vaisseau qui va partir. 

AVIVAGE, s. m., première façon que les miroi- 
tiers donnent à la feuille d'étain pour qu'elle reçoive 
le vif argent. = Opération par laquelle on avive la 
couleur du coton teint à la garance. 

AVIVER, V. a., donner delà vivacité, de l'éclat : 

— une couleur, des métaux. = Rendre le feu plus 
ardent. Il — l'esprit, Fume. 

AVIVES, s. f. pi., glandes à la gorge des che- 
vaux. = Engorgement de ces glandes. 

AVIVOIR, s. m., instrument pour étendre l'or 
amalgamé. 

AVOCASSER, v. a., t. de mépris, exercer obscu- 
rément le métier d'avocat. 

AVOCASSERIE, s. f.; ir., métier d'avocat. 

AVOCASSIER, ÈRE, adj. Ir., qui a rapport aux 
avocats, qui les concerne. 

AVOCAT, s. m., celui qui fait profession de 
plaider en justice : — consultant, qui donne seule- 
ment son avis. — général, membre du ministère 
public qui porte la parole dans l'intérêt de la loi. || 
Celui qui intercède pour un autre, qui défend ses 
intérêts ; dans ce sens, il fait avocate au fém.; l'avo- 
cate des pécheurs, la Vierge. 

AVOCATOIRE, adj. f., se dit d'une lettre par 
laquelle un souverain revendique quelqu'un de ses 
sujets passé sous une domination étrangère. 

AVOINE, s. f., plante de la famille des grami- 
nées : semer de V — . = Grain qu'elle produit : don- 
ner de r — aux chevaux. Un picotin d' — . Balle d' — , 
pellicule qui enveloppe le grain. := Au pi., avoine 
sur pied : voilà un beau temps pour les avoines. On 
dit par ext. : acheter des — de différentes espèces. 

AVOIR, V. a., posséder, être en possession de : 

— une maison, des terres, des champs, une grande 
fortune. J'ai des biens en foule (Boil.) — un emploi, 

— de quoi vivre. = Pop., — de quoi, être dans l'ai- 
sance. Il — des vertus, des vices, — de l'ambition 
(Pasc.) — du mérite, de l'esprit, de la beauté (La Br.) 

— quinze ans. Il a bon pied, bon œil. = On l'ap- 
plique aussi aux animaux et aux choses : ce cheval 
A une belle écurie. Un loup n'avait que les os et la 
peau (La F.) Les autels ont leurs ministres, la loi a 
ses défenseurs (Boss.) = Se dit des diverses relations 
entre les personnes et les animaux : — une nom- 
breuse parenté. J'ai pour aïeul le père et le maître 
des dieux (Rac.)= Éprouver, ressentir : — mal à 
la tête. — la fièvre. Qv'a\ez-vous donc, que vous ne 
mangez point? (Boil.) = Être d'une certaine hau- 
teur, d'une certaine étendue : cette colonne a douze 
mètres de haut. Cette pièce de terre a vingt-cinq 
arpents. =rVoir, rencontrer : ^\\oys-nous pas des 
gens qui croient à de pareilles absurdités? (Ac.) —■ 
Se procurer, obtenir, recçvoir : hé! qui jamais 
du ciel EUT des regards plus doux? (Bac.) — à cœur, 
tenir beaucoup à. — au cœur, dans le cœur : ainsi 
n'ayant au cœur nul dessein pour Clitandre (Mol.) = 
Suivi d'un infinitif, il marque la nécessité, l'obliga- 
tion, la volonté de faire ce qui est exprimé par l'in- 
finitif : j'ai à faire une commission. J'ai des ordres 
à donner. Vous n'avez qu'à vouloir. Je n'ai rien à 
répliquer, je ne trouve rien à répliquer. Pour con- 
naître Dieu, vous n'avez qu'à lever les yeux en haut 
(Mass.) = En — à, en vouloir à quelqu'un, être irrité 
contre lui. -— beau dire, beau faire, quoi qu'on 



80 



AXE 



dise, quoi qu'on fasse. L'— belle; fam., avoir une 
belle occasion pour réussir. ==¥ — , être, exister. 
Il y A un mois qu'il est parti. Il n'y a rien que je 
ne fasse pour vous. Il y en a, il y a des gens ; fam. 
Tant y a, quoi qu'il en soit. Eu égard ù, en con- 
sidération de. V. Égard. 

§ AVOIR, POSSÉDER. On a par le fait ; on possède 
par le droit. On a les avantages dont on est doué ; on pos- 
sède l'art et les talents qu'on a ou qu'on fait valoir à un de- 
gré supérieur, dans lesquels on excelle. 

AVOIR, s. m., ce qu'on p'osSède de bien: voilà tout 
mon — . = Bien, propriété : cettemaison est un bel — . 
= Comm., la partie d'un compte où l'on porte les 
sommes dues. Doit et — , actif et passif. 

AVOIRA, s. m., palmier épineux de Guinée. 

AVOISEXANT, E, adj., qui avoisine, qui est au- 
près : maisons avoisinantes. 

AVOISINE, E, adj. Être bien, mal — , avoir de 
bons, de mauvais voisins. 

AVOISINER , V. a. , être dans le voisinage d'un 
lieu : les terres qui avoisinent la forêt. 

AVON, riv. d'Angleterre dans le comté de Warwiclc. 11 Le 
cygne de l'Avon, Shakspeare, né à Stratford sur l'Avon. 

AVORTEMENT, s. m., action d'avorter. = Ac- 
couchement avant terme. 

AVORTER, v. n., accoucher avant terme ; met- 
tre bas avant tefme. = Ne pas parvenir à leur ma- 
turité : fruit, talent avorté. || Ne pas réussir : ce 
projet AVORTA (La Br.) 

AVORTON, s. m., enfant ou animal né avant 
terme. = Plante ou fruit qui n'est pas arrivé à son 
développement. || Petit homme mal fait. || Ouvrage 
d'esprit fait à la hâte et sans soin. 

AVOUÉ, s. m., officier de justice, autrefois ap- 
pelé procureur, chargé de représenter les parties 
devant les tribunaux. = Seigneur qui était le dé- 
fenseur des droits d'une église. 

AVOUER, V. a., faire l'aveu de : confesser, — 
le fait, le crime. — son ignorance, ses fautes (Boss.) 
— un amour légitime (Corn.) Abs. : il a fini par — . 
= Convenir d'un fait, reconnaître comme vrai : il 
faut — que la sagesse des hommes n'est que Jolie de- 
vant Dieu (Pasc.) || Reconnaître comme sien : — un 
ouvrage, s'en déclarer l'auteur. — un enfant, s-'en 
reconnaître le père. — pour sa fille (Corn.) Les 
couplets Avoués par Rousseau (Volt.) || Approuver, 
ratifier : j'avoue d'avance tout ce que vous ferez 
en mon nom. — une personne, approuver ce qu'elle 
a fait. La morale, la piété avoue cette action , 
cette action est conforme à la morale, à la piété. 
Le vice audacieux des hommes avoué (Boil.) = S' — , 
V. pr. se reconnaître, se confesser : cela peut s' — . 
S' — coupable; s' — vaincu. La vanité est une chose 
qui ne s' ayove jamais. = S' — de quelqu'un, en ap- 
peler à son témoignage. 

AVOYER, s. m., titre du premier magistrat dans 
quelques cantons suisses. 

AVRANCHES, s.-préf. du départ, de la Manche. 
AVRIL, S. m., quatrième mois de l'année. || En 
V — de mes jours (Racan), à la fleur de mon âge. 
= Poisson d' — , pop., maquereau; prov., donner 
un poisson d' — à quelqu'un, faire faire à quelqu'un 
une démarche inutile pour se moquer de lui. 

AXE, s. m., ligne droite, réelle ou imaginaire, 
qui passe ou qui est censée passer par le centre d'un 
corps auquel elle sert comme d'essieu : — d'une 
roue, d'une sphère. || Ligne qu'on suppose passer par 
le centre de la terre et par les deux pôles ; /-" — du 
monde, de la terre, et par ext., V — d'une courbe, 



BAB 

d'une parabole. = Bot. , pédoncule autour duquel 
sont attachées plusieurs fleurs. = Anat., seconde 
vertèbre du cou. 

AXILLAIRE, adj.i qui appartient à l'aisselle. 

AXIOME, s. m., vérité évidente par elle-même; 
principe incontestable : — de mathématiques. 

AXIS, s. m., anat., seconde vertèbre du cou. = 
Espèce de cerf de l'Inde. 

AXONGE, s. f., graisse de porc préparée. 

AYAjXT cause, s. m., celui auquel les droits 
d'une personne ont été transmis par un acte. 

AYANT DROIT, S. m., qui a droit ou intérêt. 

AYE-AYE, s. m. V. Chéiromys. 

AYMON (les quatre fils), guerriers d'une renommée po- 
pulaire au moyen âge et dont la légende est venue jusqu'à 
nous. 

AYRI, s. m., palmier du Brésil. 

AZEROLE , s. f. , petit fruit aigrelet de l'aze- 
rolier. 

AZEROLIER, S. m., arbuste de la famille des 
rosacées dont les fruits se mangent dans le Midi. 

AZIMUT, s. m., angle que fait avec le méridien 
un cercle vertical passant par le soleil ou par une 
étoile. := Ce cercle vertical même. 

AZIMUTAL, E, adj., qui représente ou qui me- 
sure les azimuts : cercle — . 



86 BAC 

AZINCOURT, vge (Pas-de-Calais) célèbre par une vic- 
toire des Anglais sur les Français en 1415. 

AZOF, mer, ou plutôt vaste golfe formé par les eaux de la 
mer Noire, appelé anciennement Palus-Méotis. = Yille de 
Russie à l'embouchure du Don dans la mer d'Azof. 

AZOTATE, s. m., nom générique des combinai- 
sons de l'acide azotique avec les bases saliflables. 

AZOTE, s. m., corps simple gazeux, qui forme 
les quatre cinquièmes de l'air atmosphérique. =: 
Adj. ; gaz — . 

AZOTÉ, E, adj., qui contient de l'azote. 

AZTÈQUES, peuple qui habitait le Mexique lorsdel'ar^ 
rivée des Européens dans ce pays. 

AZUR, S. m., minéral dont on fait un bleu fort 
beau. =■ Verre bleu pulvérisé et préparé pour ser- 
vir à la peinture. = Bleu clair; poét. : /' — des 
deux, des mers, des flots. Un ciel d' — ; des yeux 
d' — . Blas. : V — est un des neuf émaux des ar- 
moiries. = Pierre d' — , lapis-lazuli. 

AZURÉ, E, adj., de couleur d'azur : lambris — ; 
teinte AZURÉE. || La voûte — , le ciel. Les plaine^ 
AZURÉES, la mer. L'ombre et le jour luttaient dans 
les champs azurés (La F.) 

AZYME, adj., sans levain : pains azymes, pains 
que les juifs mangent dans le temps de leurpùque. 
= S. m. pi. : la fête des — . 



B 



B, s. m., seconde lettre de l'alphabet, la pre- 
mière des consonnes, indiquait autrefois la seconde 
feuille d'un ouvrage. Sur les monnaies, il désigne 
qu'elles ont été frappées à Bouen. 

BAAL ou BEL, principale divinité mâle des Phéniciens et 
des Babyloniens. 

BABA, s. m., gâteau dans lequel il entre du 
raisin de Corinthe, du safran, de la crème, etc. 

BABEL , nom oriental de Babylone. = Tour de — , 
élevée par les descendants de Noé que Dieu punit de leur 
orgueil en confondant leurs langages, il Assemblée où l'on ne 
s'entend pas. 

BAB-EL-MANDEB, détroit qui fait communiquer la mer 
Rouge à celle d'Oman. \ 

BABCEVF (surnommé GBACCHUS), chef d'une secte 
socialiste qui prit de lui le nom de Babouvisme. Il fut exé- 
cuté en 1797. 

BABEURRE, s. m., liqueur séreuse et blanche 
que laisse le beurre après qu'il a été battu. 

BABIL, s. m;, abondance de paroles inutiles : 
écouter au maillot ie — de sa nourrice (J.-J.) || Ga- 
zouillement de quelques oiseaux. 

§ BABIL, CAQUET. Le premier désigne la multitude 
des paroles; le second, le bruit qu'elles font. Le babil est 
voisin de l'indiscrétion; le caquet touche de près à la suffi- 
sance et à la médisance. 

BABILLAGE, s. m., action de babiller. 

BABILLARD, E, adj. et S., qui aime à parler 
beaucoup; indiscret : je ne hais rien tant que les 
BABILLARDS (Bcgu.) = Se dit aussi des oiseaux : hi- 
rondelle BABiLLARDE ; et du chien qui aboie hors 
de propos. 

§ BABILLARD, BAYARD. Le premier exprime un dé- 
faut, qui n'est que ridicule ou ennuyeux. Le second mar- 
que un défaut qui choque par les prétentions et l'impor- 
tance que se donne le bavard. 

BABILLEMENT, 8. m., volubilité de paroles. 



BABILLER, v. n., parler beaucoup à propos de 
rien. ^ Se dit du chien qui donne de la voix ou 
de certains oiseaux qui crient. 

§ BABILLER, JASER, BAYARDER, CAQUETER, 
JABOTER. Babiller, c'est causer beaucoup; jaser, causer 
volontiers et à son aise ; bavarder, causer hors de propos ; 
caqueter, causer avec bruit et malignement; jaftoier^ causer 
sans bruit et à part. 

BABIKES, s. f. pi., lèvres pendantes de certains 
animaux 1| S'en lécher les — , trouver une chose 
très-bonne. S'en donner par les — , se bien réga- 
ler; manger son bien; pop. 

BABIOLE, s. f., jouet d'enfant. Il Surtout au pi. : 
choses puériles, sans importance. 

BÂBORD, s. m., côté gauche d'un bâtiment vu 
de l'arrière : avirons de — , avirons de gauche. 

BABOUCHE, s. f., sorte de pantoufle en cuir et 
pointue, d^un grand usage en Orient. 

BABOUIN, s. m., gros singe féroce et lascif. || 
Figure ridicule autrefois peinte sur le mur d'un 
corps de garde : faire baiser le — , prov. , forcer à 
subir une légère humiliation. 

BABOUIJV, s., enfant badin et étourdi; fam. 

BABOUYISME. V. Baboecf. 

BABOUVISTES, partisans de Babœuf. 

BABRIAS ou BABRIUS, fabuliste grec. 

BABYLONE, ancienne cap. de l'Assyrie, il Monde, siècle 
corrompu. 

BAC, s. m., grand bateau plat qui va du bord 
d'une rivière à l'autre au moyen d'un câble. H Cuve 
de pierre où l'on fait germer les grains. = Grand 
baquet à l'usage des brasseurs et des raffineurs. 

BACCALAURÉAT, s. m., premier degré qu'o» 
obtient dans une faculté, grade de bachelier. 

BACCARAT , ch.-l. de cant. de la Meurlhe, manufac 
ture de cristaux. = S. m., sorte de jeu de cartes. 



BAD 

BACCHANAL, s. m., grand bruit, tapage; fam. 
BACCH ARIDE ou BACCHANTE, s. f., plante 
Ue la famille des corymbifères. 

BACCniE, s. f., couleur rouge avinée que l'on 
remarque sur le visage des ivrognes. 

BACCHTS, dieu du vin. Il Jus, liqueur de —, le vin. 
— Bacchanales, fêtes qu'on célébrait en l'honneur de Bac- 
chus. Il Bacchanale, s. f. sing., orgie bruyante; peu us. 
= Désordre politique. = Peint., représentation d'une danse 
de bacchantes et de satyres, = Danse bruyante et tumul- 
tueuse. = Bacchante, prêtresse de Bacchus. il S.f., femme 
que les plaisirs exaltent outre mesure. 

BACCIFÈRE, adj.; bot., qui porte des baies. 
BACCIFORME, adj.; bot., en forme de baie. 
BACCIOCHI (Félix), Corse, beau-frère de Napoléon, 
fait prince de Lucques et de Piombino en 1805. 

BACCIVORES. s. m. pi., oiseaux sylvains, qui se 
nourrissent de baies. 

BACH, nom d'une famille de musiciens allemands célè- 
bres, qui vécurent au xvii^ et au xviii« siècle. 

BÂCHE, S. f., grosse pièce de toile ou de cuir 
que l'on étend sur les charrettes, les voitures et les 
bateaux, pour garantit: les marchandises de la pluie. 
= Cuvette qui reçoit l'eau d'une pompe aspirante. 
=: Grande caisse vitrée pour mettre les plantes à 
l'abri du froid et pour faire venir des primeurs. 

BACHELETTE, s. f., jeune et johe fille; vieux 
mot du style marolique. 

BACHELIER, s. m.,jeune et gentil garçon; vieux. 
r= Celui qui est promu au baccalauréat. = Se disait 
autrefois du gentilhomme qui faisait ses premiers pas 
dans la carrière militaire. 

BÂCHER, v. a., couvrir d'une bâche. 

BACHI-BOUZOITRS, troupes irrégulières de la Turquie. 

BACHIQUE, adj., qui concerne, qui regarde 

Bacchus. = Qui a trait aux plaisirs de la table. = 

Peint. : genre — , qui consiste à représenter des 

scènes de buveurs. 

BACHOT, s. m., petit bateau de transport sur les 
rivières, à l'usage des piétons. 

BACHOTAGE, s. m., etnploi d'un bachoteur.==: 
Droit sur les bachots. 

BACHOTEUR, s. m., conducteur d'un bachot. 
BACILE, s. f., plante ombellifère, vulgairement 
appelée perce-pierre ou passe-pierre. 

BÂCLAGE, s. m., arrangement, disposition des 
bateaux dans un port pour faciliter la vente des car- 
gaisons. = Droit payé à cet effet. = Fermeture d'un 
port ou d'une rivière par des chaînes, des bateaux. 
BÂCLER, v. a., fermer intérieurement avec une 
barre : — une porte, une croisée. — vu port, le fer- 
mer avec des chaînes. — un bateau . le mettre dans un 
lieu commode du port. |! Expédier à la hâte : vous 
avez donc ce soir bâclé trois mariages (Volt.) C^est 
une affaire bâclée, arrêtée, conclue. 

RÀCOX (Roger), moine savant du moyen âge auquel on 
attribue riuvenliou de la poudre à canon, mort en 1294. 

BACON (François), célèbre philosophe anglais, créateur 
de la philosophie et des sciences modernes (1560-1626). = 
Baconisme, s. m., système, doctrine de Bacon. 

BACTRES, anc. cap. des premiers rois de Perse et de la 
p. du même nom.==BACTRUNE, nom donné par les anciens 
à une portiou de l'Asie centrale. 

BADAJOZ, vil. d'Espagne, cap. de la p. du même nom. 
BADAMIER, s. m., plante OU arbrisseau exotique 
dont une variété produit des amandes douces, une 
autre le benjoin, une autre le vernis appelé laque. 

BADAUD, E, s. et adj., se dit d'une personne 
désœuvrée qui regarde niaisement tout ce qui lui 
semble curieux ou nouveau. V. Niais. 
BADAUDER, v. n., faire le badaud. 



87 BAG 

BADAUDERIE, s. f., action ou propos de badaud. 
BADE ou BADEX, vil. d'Allemagne, dans le grand-du- 
ché du même nom, très-fréquentée pendant la saison des 
eaux. = BADE (grand-duché de), un des États de la confédé- 
ration germanique. 

BADERNE, s. f., grosse tresse de vieux fd de caret 
qui sert, sur les vaisseaux, à soutenir les animaux 
contre le roulis. 

BADIANE, s. f., genre de plantes dont une es- 
pèce porte les fruits odorants avec lesquels on fait 
l'anisette de Hollande. 

BADIGEON, s. m., couleur jaunâtre ou grise 
dont on peint les murailles. 

BADIGEONNAGE , s. m. , travail, ouvrage du 
badigeonneur. 

BADIGEONNER, v. a., colorer avec du badi- 
geon. = Remplir avec du badigeon les creux d'une 
sculpture ou d'un ouvrage de menuiserie. 

BADIGEONNEUR, s. m, celui qui badigeonne. 
BADIN, E, adj., qui est gai, porté au rire, à la 
plaisanterie : esprit — . Lettre badine (Sév.) Air, 
ton, style — . =: S., un vieux — (J.-J.) 

§ BADIN, FOLÂTRE. On a l'esprit badin et l'humeur 
folâtre. Pour savoir être badin, il faut manier la plaisante- 
rie avec malice, grâce et finesse; pour pouvoir être folâtre, 
il faut être dans la force et la vivacilé de l'âge. 

BADINAGE, s. m., action ou propos de badin. =: 
Toute chose dite, faite ou écrite d'une manière gaie 
et plaisante : le talent de plaire aux femmes consiste 
dans une espèce de — (Mont.) || Façon de badiner : 
imitons de Marot l'élégant — (Boil.) = Ce travail 
n'est pour lui qu'un — , lui colite peu de peine. = 
Au pi., joyeux ébats : le&^nymphes, par d'innocents 
BADINAGES, sc jouaicnt dans les forêts (Buff.) 

BADINE, s. f., baguette mince et légère, = Au 
pi., pincettes fort légères. 

BADINER, V. n., faire le badin ; plaisanter, fo- 
lâtrer avec grâce et enjouement ; la véritable gran- 
deur joue et BADINE, mais avec dignité (La Br.) =r: 
Parler ou écrire d'une manière enjouée : que tu ba- 
dines savamment (Boil.) = Ne pas parler sérieuse- 
ment. Il ne badine pas; fam., il est fort sérieux, 
très-sévère. =r S'agiter au moindre mouvement, en 
parlant des parures : cette dentelle ne doit pas être 
si tendue, il faut qu'elle badine un peu (Ac.) 

RADINERIE, s.f., ce qu'on dit ou ce qu'on fait 
dans l'intention de badiner : tomber dans la — (Boil.) 
BAFFIN (baie ou mer de), grand golfe dans l'océan At- 
lantique, le long de la côte N.-E. de l'Aniér. du N. 

BAFOUER, v. a., se moquer de quelqu'un d'une 
manière outrageante ; livrer à la risée : je l'ai fait 
— de Paris jusqu'à Vienne (Volt.) V. Siffler. 

BÂFRE, s. f., repas abondant; action de manger 
beaucoup; triv. 

BÂFRER, v. n., manger avidement ; triv. 
BÂFREUR, EUSE, S., celui, celle qui mange 
beaucoup, avec gloutonnerie; triv. 

BxAGAGE, s. m., équipage de voyage ou de guerre. 
\\Plier — , décamper, déménager sans rien dire; 
mourir; fam. = Mobilier de peu de valeur. = Ou- 
vrages d'un auteur '.plus le — sera gros, plus j'aurai 
de peine à aller à In postérité (Volt.) 

BAGARRE, S. f., encombrement causé par un 
embarras de voiture ou par une querelle. \\Se tirer, 
se sauver de la ^, se tirer d'une situation embar- 
rassante, s'échapper d'un débat tumultueux. 

BAGASSE ou BAGACE, s. f., canne à sucre qu'on 
a passée au moulin pour en extraire le suc. := 
Tiges d'indigotier qu'on retire de la canne après la 
fermentation. = Sorte de juron provençal. 



BAG 

BAGASSIER, s. m., giaud arbre de la Guiane. 

BAGATELLE, s. f., chose de peu de valeur et 
d'utilité : // ne lui manque aucune de ces curieuses 
BAGATELLES que l'on porte sur soi (La Br.) H Occupa- 
tion ou discours frivole; affaire de peu d'importance : 
s'amuser à des — , dire des — ,• // est dijjlicile d'e.rpri- 
mer la — qui les a fait rompre (La îîr.) = Ouvrage 
d'esprit court et frivole. = S'auiuser à la — (Ac), 
s'occuper de toute autre chose que de ses devoirs. 
Aimer la — , ne songer qu'à la — (Id.), n'être occupé 
que d'amourettes. = Interj., qui exprime le peu de 
cas que l'on fait d'une menace. 

§ BAGATELLE, BRIMBORION. Bagatelle est de tous 
les styles, et se dit bien des ouvrages de l'esprit. Brimborion 
lie se dit que dans le langage familier. 

§ BAGATELLE, MINUTIE, GENTILLESSE, NIAI- 
SERIE, VÉTILLE, MISÈRE, RIEN. Bagatelle, dimi- 
nutif de bague, indique toujours un objet, une affaire frivole, 
qui n'a ni poids ni solidité. Minutie exprime une certaine 
manière d'agir, ou de petits détails qui ne méritent pas qu'on 
s'y applique. La gentillesse est une jolie bagatelle; la niai- 
serie, une bagatelle puérile; la vétille, une bagatelle minu- 
tieuse en fait de raisonnements ou d'affaires; la misi-re, une 
bagatelle misérable, quelque chose qui ne mérite même pas 
qu'on y prenne garde; les riens sont des bagatelles d'une 
importance tout à fait nulle. 

BAGDAD, vil. de la Turquie d'Asie, sur le Tigre, cap. 
d'un pachalik du même nom. 

BAGNE, s. m., lieu où l'on enferme, en Turquie, 
les esclaves après le travail. = Ensemble de cons- 
tructions où vivent et travaillent les forçats. 

BAGNÈRES-DE-BIGORRE, petite vil. des Hautes-Py- 
rénées; eaux minérales. 

BAGNÈRES-DE-LCCHON, petite vil. de la Haute-Ga- 
ronne ; eaux minérales. * 

BAGOUT, S. m., bavardage; triv. 

BAGRATION, général russe qui s^ distingua par une belle 
retraite après la bataille d'Austerlitz, et prit part aux grandes 
luttes de Smolensk et de la Moskowa ; mort en 18 12. 

BAGRE, s. m., poissoi^ du genre silure. 

BAGUE, s. f., petit anneau de métal qu'on porte 
au doigt, et qui est souvent orné d'une ou de plu- 
sieurs pierreries. || C'est une — au doigt (Ac), c'est 
un objet de prix dont il est facile de faire de l'ar- 
gent; c'est un emploi qui donne peu de fatigue. 
Bagues et joyaux, bijoux que la femme peut repren- 
dre après la mort de son tnari ; vieux. = Anneau 
suspendu à un poteau, et qu'il s'agit d'enlever au 
passage et en courant. Jeu «te«j— , machine tour- 
nant sur pivot, et emportant dans son mouvement 
rapide et circulaire des joueurs qui doivent enlever 
des anneaux à la pointe d'un stylet. H Sortir bagues 
salives, se tirer heureusement d'un mauvais pas. 

BAGUENAUDE, s. f., fruit du baguenaudier, 
qui fait du bruit quand on le crève en le pressant. 

BAGUENAUDER, v. n., s'amuser à des riens, 
comme les enfants qui font claquer des baguenaudes. 

BAGUT:naudier, s. m., arbrisseau à fleurs lé- 
gumineuses. = Celui qui baguenaude. = Jeu que 
font les enfants avec des anneaux. 

BAGUER, v. a.; t. de couture, faufiler; peu us. 

BAGUETTE, s. f., tige mince et flexible de bois, 
de fer ou d'autre ma.iière.\\ Commander, mènera la 
— , commander avec hauteur, mènera sa fantaisie. 
— de fusil, de pistolet, qui sert à enfoncer et à 
presser la charge dans le canon. — de fusée, qui la 
fait monter en ligne droite. — de tambour, les deux 
pelils bâtons avec lesquels on bat la caisse. — ma- 
(jique, dont étaient censés se servir les magiciens et 
les fées. — divinatoire, branche de coudrier avec 
latiuelle certaines gens prétendent découvrir les 



88 BAI 

sources, la trace des voleurs, etc. = Archit., petite 
moulure ronde. Passer par les baguettes, en admi- 
nistrer un certain nombre de coups, châtiment mili- 
taire abandonné, en France, depuis 17 88. 

BAGUIER, s. m., coffre ou coupe pour mettre 
des bagues; sorte d'écrin. 

bah! interj., marque le doute, la surprise. 

BAHA3IA (archipel de) ou ILES LFCAYES, dans l'At- 
lantique, à l'E. de Cuba. 

BAHIA, vil. et p. du Brésil. 

BAHUT, s. m.j coffre à couvercle voûté. =r Arch.. 
appui taillé en — , dont le haut est bombé. 

BAHUTIER, s. m., artisan qui fait des bahuts, 

BAI, E, adj., d'un rouge brun : cheval — , poil 
— . = S. m., cheval bai; se dit aussi de sa robe : 

— fauve, — châtain. 
BAIE, s. f., petit golfe. = Ouverture pratiquée 

pour faire une porte, une fenêtre. = Petit fruit mou 
et charnu, qui renferme des pépins ou des noyaux. 
Il Tromperie pour rire ; vieux. ^ 

BAIES, vil. du roy. de Naples, bien déchue de son an- 
cienne splendeur. 

BAIGNADE, s. f., action de se baigner; peu us. 

BAIGNER, v. a., faire prendre un bain à : — un 
enfant, une partie malade[Xc..)= Se dit des mers et 
des rivières par rapport aux lieux qu'elles entourent 
ou qu'elles arrosent : colline qu'un lac baigne « sa 
base (Lamart.) Il Mouiller : — de son sang, — de 
larmes. Les larmes dont il baigna son trône (Mass.) 
= V. n. , être plongé, tremper : il faut que le 
chanvre baigne quelque temps dans l'eau. — dans 
le sang, en perdre beaucoup; — dans son sang, en 
être couvert. =: Se — , v. pr., prendre un bain. \\Se 

— dans le sang, dans les larmes, prendre plaisir à 
le verser, à les répandre. 

BAIGNEUR, EUSE, s., celui, celle qui se baigne. 
= Qui tient un bain public; qui y est employé. 

BAIGNOIR, s. m., endroit d'une rivière où l'on 
va se baigner; peu us. On dit mieux bain. 

BAIGNOIRE, s. f., vaisseau ou cuve où l'on se 
baigne. = Petite loge de rez-de-chaussée au niveau 
du parterre. = Espèce de coquille. 

BAÏKAL, grand lac du N. de l'Asie. 

BAIL, s. m., contrat par lequel on transfère à 
quelqu'un la jouissance d'un immeuble pour un 
temps limité et moyennant un certain prix. || Je n'ai 
pas fait de bail, je n'ai pas contracté d'engagement 
à cet égard. Il a fait un nouveau — avec la vie, se 
dit d'un vieillard guéri d'une grave maladie. 

BAILE ou BAYLE, s. m., titre que portait autrefois 
l'ambassadeur de Venise à Constantinople. 

BAILLARGE, s. f,, variété d'orge. 

BAILLE, s. f., demi-futaille en forme de baquet. 

BAILLE-BLE, s. m.; inv., tringle qui fait tom- 
ber le grain sur la meule du moulin. 

BAILLEMENT, s, m., aclidn de bâiller. Il est 
quelquefois synonyme de hiatus. 

BÂILLER, V. n., ouvrir la bouche en écartant 
beaucoup les mâchoires pour faire une profonde et 
quelquefois sonore inspiration suivie d'une expira- 
tion prolongée. |1 S'entrouvrir, être mal joint : cette 
huître bâille. La fenêtre bâille. 

BAILLER, v. a., donner. || Vous me la baillez 
belle, vous voulez m'en faire accroire; fam. et vieux. 

BAILLET, adj. m., cheval — , qui a le poil d'un 
rouge blanchâtre. 

BAILLEUL, s. m., celui qui fait profession de 
remettre les membres démis ou fracturés. 

BÂILLEUR, EUSE, s., celui, celle qui bâille sou- 
vent. 



BAI h 

BAILLEUR, BRESSE, s., celui, celle qui donne 
à bail. — de fonds, qui fournit l'argent. 

BAILLI, s. m., ancien officier judiciaire; il en 
existe encore en Suisse et en Allemagne qui sont de 
véritables gouverneurs. = Celui qui venait après le 
grand prieur, dans l'ordre de Malte. 

BAILLIAGE, s. m., tribunal que présidait le 
bailli; étendue de sa juridiction; lieu où il siégeait. 
=: En Allemagne et en Suisse , district administré 
par un bailli. = Dignité de bailli, dans l'ordre de 
Malte. 

BAILLIVE ou BAILLIE (La F.), s. f., la femme 
d'un bailli. 

BÂILLON, s. m., ce qu'on met de force dans la 
bouche d'une personne pour l'empêcher de crier, 
dans la gueule d'un animal pour l'empêcher de 
mordre. =: Méd., tampon de liège ou de linge que 
l'on met entre les mâchoires du malade pour lui tenir 
la bouche ouverte pendant une opération. 

BÂILLONNER, v. a., mettre un bâillon. — nfie 
porte, la fermer en dehors avec une pièce de bois. 
Il Réduire au silence ; empêcher d'écrire ou de parler. 

BAILLOQUES, s. f. pi., plumes d'autruche. 

BAILLY (Jean-Sylvain), savant et littérateur, membre 
de la Constituante et maire de Paris, après la prise de la Bas- 
tille; mis à mort en 1793. 

BAIN, s, m., immersion et séjour plus ou moins 
prolongé dans l'eau ou dans quelque autre fluide. 
— de siège, où l'on ne plonge que la partie infé- 
rieure du corps. = Eau, liquide dans lequel on se 
plonge : membres délicats par le — assouplis (A. 
de M.) — • russe, bain de vapeur. = Vase dans lequel 
on se baigne : remplir, vider le — . = Endroit d'une 
rivière où l'on va se baigner ; bateau préparé à cet 
effet. =r Au pi. , établissement public où l'on peut pren- 
dre des bains. = Sources d'eaux chaudes où l'on va 
se baigner; lieux où elles se trouvent : bains de 
Hombourg, de Bade. =Chim., substance dans laquelle 
on plonge un vase : — marie, au pi. bains-marie, 
vase plein d'eau chaude, dans lequel on introduit 
le tube dont on veut faire chauffer le contenu. 

BAIN (Ordre du), ordre de chevalerie en Angleterre, 
institué par Henri IV en 1399. 

BAÏONNETTE, s. f., arme qui s'adapte au bout 
du fusil : charger^ enlever à la — . |1 Au pi., sol- 
dats : subir le joug des baïonnettes étrangères. 

BAÏOQUE, s. f., monnaie des États romains qui vaut un 
peu plus d'un sou. 

BAÏRAM, nom de deux grandes fêtes chez les musulmans. 
L'une se célèbre après le Ramadan et l'autre trois mois après. 

BAIREUTH, vil. de Bavière, cap. d'un ancien margra- 
viat du même nom. 

BAISEMAIN, s. m., hommage que le vassal ren- 
dait à son seigneur en lui baisant la main. = Céré- 
monie encore usitée en Espagne : un — suivit le 
couronnement {}ilérim.)=: S. m. pi., civilités, com- 
pliments; il est aussi du f., à belles baisemains, loc, 
adv., avec empressement et reconnaissance. 

BAISEMENT, s. m., action de baiser; ne se dit 
que de l'action de baiser les [)ieds du pape. 

BAISER, V. a., appli([uer les lèvres sur : — la 
main d'ime femme (Ac.) — son fils au front. — la 
croix, la (erre. || — les mains, saluer ou refuser d'être 
du môme avis. = Faire acte de soumission, d'obéis- 
sance : — ses fers (Mass.) — une main qui me perce 

cœur (Rac.) |1 — la terre, se dit des productions 

e l'esprit qui n'ont ni élévation ni noblesse : ses 

vers baisent la terre et rampent Irislcment (Boil.) = 

Toucher, caresser : le zéphyr baise les fleurs. Les 

flots de la mer venaient — le rivage. =^ Se — , V. 



> BAL 

pr., se donner mutuellement des baisers. 1| Se tou- 
cher, en parlant des choses : il n'avait à son f en que 
deux pauvres tisons qui se baisaient (Ac.) 

BAISER, s. m., application des lèvres sur un 
corps quelconque : prendre, donner un — d'amitié. 

— de paix, donné en signe de réconciliation. — de 
Judas, baiser de traître. |1 Se dit de l'influence des 
astres et du vent sur les plantes, les fleurs, etc. : 
fleur épanouie sous les baisers du zéphyr. — La- 
mourette. V. Lamourette. 

BAISEUR, EUSE, S., celui, celle qui se plaît à 
baiser; fam. 

BAISOTTER, v. a., baiser souvent : cette mère 
est toujours à — son enfant; fam. 

BAISSE, s. f., diminution de prix; se dit surtout, 
par opposition à hausse, de la diminution de taux 
dans les fonds publics et dans la valeur fictive des 
marchandises : joHfr à la baisse, spéculer sur la dé- 
préciation des pffets publics. 

BAISSÉ, E (part, passé du v. baisser), s'emploie 
adjectiv. : l'œil morne maintenant et la tête baissée 
(Rac.) Les ennemis vinrent à nous tête — (Ac), cou- 
rageusement. Donner tête — dans une affaire, l'en- 
treprendre avec résolution, sans examen. 

BAISSER, V. a., rendre plus bas, diminuer la 
hauteur : — un mur, une maison. = Placer plus bas : 

— un tableau, un plancher. = Pousser ou tirer de 
haut en bas : la déesse baissa son voile (Fén.) — les 
yeux, regarder en bas. — la tête, l'incliner vers la 
terre; tous deux, au fig., signifient souvent s'hu- 
milier : les étrangers sont venus — les yeux devant 
la gloire de votre majesté (Mass.) Alexandre ba.ssa 
sa tête orgueilleuse devant le Dieu des armées (Id.) |i 

— l'oreille, paraître découragé. — pavillon devant 
quelqu'un , lui céder. = Diminuer l'intensité de : 

— la voix. — le ton, devenir moins arrogant. — 
un instrument de musique, le mettre à un ton plus bas. 

— le prix d'une marchandise, la vendre moins cher. 
:= V. n. , aller en diminuant, en s'affaiblissant : la ri- 
vière BAISSE; sa voix a baissé. H^OM esprit baisse 
(Boss.) =z Diminuer de valeur : les marchandises 
baisseront. =: Se — , v. pr., se courber. 

§ BAISSER, ABAISSER. Le premier est quelquefois 
neutre, le second jamais; de plus, baisser une chose, c'est 
la mettre plus bas qu'elle n'était; Yabaisser, c'est la faire 
descendre jusqu'à une autre ou plus bas qu'une autre. D'ail- 
leurs, baisser désigne une action qu'on fait sans peine et 
souvent ; c'est un terme général. Abaisser signale quelque 
chose de remarquable et de particulier. 

BAISSIER, s. m., celui qui joue à la baisse. 

BAISSIÈRE, s. f., reste de vin ou de tout autre 
liquide qui est par-dessus la lie. 

BAISSOIR, s. m., réservoir d'eau des salines. 

BAISURE, s. f., endroit par lequel deux pains 
se sont touchés dans le four. 

BAJAZET, nom de deux sultans des Turcs. Le premier, 
surnommé Ilderim (l'éclair) à cause de la rapidité de ses 
conquêtes, fut cependant vaincu par Tamerlan. Le second, 
fils de Mahomet II, combattit et chassa de l'empire son frère 
Zizim qui lui disputait le trône. Il eut un règne plus long que 
glorieux. Le Bajazet sur lequel Racine a composé sa tragédie 
était fils d'Achmet I" et frère d'Amurat IV. 

BAJOUE, s. f., partie de la tête du cochon et 
d'autres quadrupèdes, de l'œil à la mafhoire. 

BAJOYER, s. m., paroi latérale d'une écluse. 

BAL, s. m., assemblée où l'on danse. La reine 
du — , celle àqui on en fait les honneurs. || donner 
le — ù; ir., maltraiter. Mettre le — en train, enta- 
mer unn affaire, une discussi» n. 

BALADIN, s. m., danseur ou saltimbaiiffhe qui 



BAL 



90 



cherche ù faire rire par ses gestes et ses paroles. H 
Personne qui, en société, cherche à faire rire par 
des boutïonneries ; dans ce sens on dit aussi bala- 
dine au f. 

BALADINAGE, 8. m., plaisanterie bouffonne et 
de mauvais goût : les lettres de Voilure sont un — 
de l'esprit (Volt.) 

BALAFRE, S. f., taillade au visage, et plus soti- 
vent cicatrice qui en résulte. 

BALAFRÉ, adj., qui a une balafre. = S. m., 
Guise le balafbé/m< assassiné par ordre de Henri III. 
BALAKLAYA, petit port sur la mer Noire, occupé par 
l'armée franco-anglaise pendant la guerre de Crimée. 
BALAFRER, v. a., faire une balafre. 
BALAI, s. m., instrument pour enlever les or- 
dures et la poussière. Manche à — , bâton par le- 
quel on tient le balai. Donner un coup de — à une 
chambre, en balayer les plus grosses ordures. ||iîdfjr 
le _, passer sa vie dans un emploi .obscur; se dit 
aussi d'une femme qui vit ou qui a vécu dans le 
libertinage, = Queue des chiens, des oiseaux. || 
Faire — ncuj\ montrer d'abord beaucoup de zèle. 
BALAIS, adj. m. : rubis —, dont la couleur est 
mêlée de rouge et d'orangé. 

BALANCE, s. f., instrument pour peser. Il Em- 
blème de la justice. Mettre, peser dans la — , met- 
tre en parallèle : peser les deux harangues dans la 
de l'équité et de la raison{\o\\.)En — , en com- 
paraison ; dans l'incertitude. La victoire a été long- 
temps en — , bien disputée de part et d'autre. Te- 
nir la— égale, être impartial, équitable. Emporter 
la —, avoir la préférence, la supériorité. Faire pen- 
cher la — pour, se prpnoncer en faveur de. = 
Chiffre qui représente la différence de compte en- 
tre le débiteur et le créancier. = Clôture du livre 
de compte ; équilibre entre la recette et la dépense. 
Ne pas faire entrer dans /a —, ne pas tenir compte. 
— Équilibre: — de l'Europe. — du commerce, rap- 
port entre les exportations et les importations. = 
Astr., le septième signe du zodiaque. 

BALANCÉ, s. on., pas de danse oh le corps se 
Ijalance d'un pied sur l'autre. 

BALANCELLE, >. f., petite embarcation pointue 
des deux bouts, qui porte un mât avec une grande 
voile à antenne. 

BALAXCEMEXT, S. m., mouvement d'un corps 
qui penche tantôt d'un côté, tantôt de l'autre; qui 
monte et descend alernativement : — d'utie voiture, 
d'un bateau; — d'une lampe. \\ Hésitation. = Peint., 
disposition symétrique de masses, de groupes qui se 
répondent. 

BALANCER, v. a, mouvoir tantôt d'un côté, tan- 
tôt de l'autre; faire monter et descendre alternati- 
vement : — ses bras. — l'encensoir. = Tenir en 
équilibre : un danseur de corde qui ne balance pas 
bien son corps (Ac.) \\ La maison de France et celle 
d'Autriche dont Dieu se sert pour — les choses humai- 
nes ( Boss. ) = Compenser : ses moindres vertus 
BALANCENT (OMS SCS vices (Boil.) = Examiner scru- 
puleusement; empêcher de prévaloir; égaler en 
importance, en mérite : — les suites d*une rupture. 
Surpasser Euripide et — Corneille (Boil.) = Ren- 
dre incertain : — la victoire. = Peint., distribuer 
avec symétrie : — les groupes. = Établir la ba- 
lance de : — un compte. := V. n., aller tantôt d'un 
côté, tantôt de l'autre : la mer balance par des os- 
cillations régulières (Barlh.) || Être irrésolu : je ne 
balance pas, je veux être peuple (La Br.) — entre le 



ciel et 



fa 



terrty Mass.^ = Exécuter un balancé. = 



BAL 

Se — , V. pr., pencher son corps à droite et à gau- 
che; monter et descendre alternativement. H Se com- 
penser, s'égaler. = Se dit aussi d'un oiseau qui se 
tient en l'air sans presque remuer les ailes. 

§ BALANCER, HESITER. Le premier marque l'incer- 
titude; le second, l'irrésolution. Celui qui balance délibère 
encore; celui qui hésite n'a pas de force dans la volonté ou 
recule devant l'exécution. 

BALANCIER, s. m., artisan qui fait ou vend des 
balances. = Pièce dont le mouvement d'oscillation 
sert à régler le mouvement général de toutes les piè- 
ces d'une machine. = Machine pour frapper la 
monnaie, les médailles. = Long brUon qui sert aux 
.danseurs de corde pour se tenir en équilibre. 

BALANCINE, S. f., corde qui soutient l'extré- 
mité d'une vergue. — de chaloupe, manœuvre ou 
corde qui sert à soutenir le gui. 

BALANÇOIRE, s. f., pièce de bois, en équilibre 
sur un point d'appui, sur laquelle deux personnes, 
piquées l'une à chaque bout, peuvent se balancer. = 
Nom de divers instruments destinés au même usage. 
BALANDRAN OU BALANDRAS, S. m., ancien 
manteau : sous son — fait qu'il sue (La F.) 

BALANE, BALANIDE ou BALANITE, s. m., 
mollusque vulgairement nommé gland de mer. 
BAL.\NDRE, S. f., sorte de bâtiment de mer. 
BALANITE, 8. m., arbre épineux originaire du 
centre de l'Afrique. = Syn. de balane. 

BALASSE, s. f., paillasse remplie de balle d'a- 
voine. = Jarre de terre poreuse où l'on met rafraî- 
chir l'eau. 

BALATAS, s. m., gros arbre de laGuiane. 
BALATON, grand lac de Hongrie. 
BALAUSTE, S. f., fleur desséchée du balaustier. 
BALAUSTIER, S. m., grenadier sauvage. 
BALAYAGE, s. m., action de balayer; frais 
qu'elle occasionne : — des voies publiques. 

BALAYER, V. a., nettoyer, enlever avec un ba- 
lai : — une cour ; — les ordures. \\ Traîner à terre : 
la queue de sa robe balaye le plancher (Ac.) |1 
— l'ennemi, le mettre en fuite, l'expulser. — la 
mer, la purger de pirates. Le vent balaye le ciel, 
les nuages, tait disparaître les nuages du ciel. = On 
disait autrefois balier et ballier : lui qui ballie le 
matin sa chambre (La Br.) 

BALAYEUR, EUSE, S., personne qui balaye. 
BALAYURES, S. f. pi., ordures amassées avec 
un balai. — de mer, ce qu'elle jette sur ses bords. 
BALBECK, "vil. de la Turquie d'Asie, au pied de l'Anti- 
Liban ; ruines magnifiques. 

BALBl (Adrien), géographe vénitien, mort en t848. 
BALBO (Cesare), homme d'État et historien piémontais, 
mort en 1853. 

BALBUTIE, S. f., vice de prononciation qui pro- 
duit le balbutiement : la — des premiers âges (Did.) 
peu us. 

BALBUTIEMENT, S. m., action de balbutier; 
vice de prononciation qui fait qu'on balbutie. 

BALBUTIER, V. n., articuler imparfaitement les 
mots ; hésiter en parlant : quand l'enfant commence 
à — (J.-J.) Je balbutiais sans lui pouvoir répondre 
(Chat.) Il Prononcer confusément : je vois qu'il a 
balbutié des mots dont il n'a aucune idée (Volt.) 

§ BALBUTIER, BEGAYER, BREDOUILLER. Au 
propre, les deux premiers diffèrent comme un défaut passa- 
ger et un vice permanent. Au fig., on balbutie par ine^é- 
rience ou embarras momentané ; on bégaye par ignorance 
ou incapacité. Bredouiller, c'est parler tort vite et n'émettre 
que des sons conlus et indistincts. 

BALBUZAR, S. m., espèce d'aigle pêcheur. 
BALCON , s. m. , saillie entourée d'une balustrade. 



BAL 

au-devant d'une fenêtre ou sur la façade d'un bâti- 
ment. = Petite galerie à côté de l'avant-scène. = 
Galerie couverte sur les grands vaisseaux. = Se dit 
aussi de la grille qui sert d'appui à un balcon ou 
qui garnit l'embrasure d'une fenêtre. 

BALDAQUIN, s. m., espèce de dais qui sur- 
monte un trône, un autel. = Ciel de lit demi- 
circulaire. On dit aussi le — d'un catafalque (Âc.) 

BÂLE, vil. et ancien canton du N.-O. de la Suisse. Il se 
tint à Bâle, de 1431 à 1443, un célèbre concile général. 
Depuis 1833, le canton de Bàle a été divisé en deux cantons 
indépendants : Bàle-Ville et Bâle-Campagne. 

BALÉARES, îles de la Méditerranée, près de la côte 
occidentale de l'Espagne. 

BALEINE, s. f., mammifère cétacé, le plus gros 
des poissons et même des animaux. r= Fanon ou 
barbe de la baleine qui sert à divers usages : un 
buse de — ; un parapluie garni de baleines. = Cons- 
tellation de l'hémisphère austral. 

BALEINÉ, E, adj., garni de baleines. 

BALEINEAU, S. m., petit de la baleine. 

BALEINIER, adj. et s. m., navire pour la pêche 
de la baleine. = Pêcheur de baleines. = Artisan qui 
prépare ou vend des fanons de baleine. 

BALEINIÈRE, s. f., embarcation ou canot de 
forme longue, étroite et légère. 

BALENAS, s. m., pénis de la baleine. 

BALÈVRE, s. f., excédant d'une pierre sur une 
autre, près d'un joint. =: Éclat près d'un joint, occa- 
sionné dans la pierre par une trop grande pression. 
= Bavures ou inégalités du métal sur une pièce 
qu'on vient de fondre. 

BÂLI ou PÂLI, s. m., langue savante de tous les 
peuples indo-chinois. 

BALISAGE, s. m., action de placer des balises. 

BALISE, s. f., objet apparent placé à l'entrée ou 
à l'intérieur des ports, à l'embouchure des rivières, 
pour indiquer les endroits dangereux. = Bouée indi- 
quant l'endroit où se trouve un filet de fond. = Es- 
pace laissé libre sur le bord des rivières pour le 
halage des bateaux. = Fruit du balisier. 

BALISER, V. a., garnir de balises : — un port. 

BALISEUR, s. m., celui qui place ou qui sur- 
veille des balises. 

BALISIER, s. m. , arbrisseau originaire des Indes, 
dont les fleurs sont d'un rouge vif. 

BALISTE, s. f., machine de guerre des anciens 
pour lancer des pierres ou des traits. = Genre de 
poissons couverts d'écaillés et remarquables par la 
vivacité de leurs couleurs. 

BALISTIQUE, s. f., art de calculer le jet des 
projectiles. = Adj. des deux genres: art — . 

BALIVAGE, s. m., choix et marque, pendant 
l'été, des arbres qui doivent être conservés dans les 
coupes de l'hiver suivant. 

BALIVEAU, s. m,, nom des jeunes arbres qu'on 
laisse sur pied lors de la coupe des taillis. 

BALIVERNE, s. f., propos frivole ou occupation 
tatile; s'emploie surtout au pi.; fam. 

BALIVERNER, v. n., s'occuper de balivernes. 
= V. a., amuser avec des balivernes : me — avec 
vos contes bleus (Reg.) 

BALKANS (monts), chaîne de montagnes qui traverse le 
N. de la Turquie d'Europe. 

BALLADE, s. f. (ne pron. qu'un / dans ce mot 
et les suivants), ancienne poésie française, dont les 
couplets étaient sur les mêmes rimes, et se termi- 
naient par le même vers : la — ù mon goût est une 
chose fade (Mol.) = Aujourd'hui, petit poëme naïf 



91 BAL 

et mélancolique. || C'est le refrain de la — , c'est un 
mot qui revient sans cesse. 

BALLANCHE (Pierre-Simon), philosophe humanitaire et 
mystique, mort en 1847. 

BALLANT, E, adj., flottant; se dit de tout corps 
lâche que le vent ou toute autre cause fait balancer : 
,cûble — , voile ballante; marcher les bras ballants. 
= Ballant, s. m., partie lâche d'un cordage. = Ba- 
lancement : donner du — à un grappin. 

BALLARIN, s. m., espèce de faucon. 

BALLAST, s. m., sable ou pierres qui portent les 
pièces de bois sur lesquelles sont posés les rails. 

BALLE, s. f., lest d'un vaisseau. = Petite pelote 
ronde composée de matières plus ou moins élastiques 
et qui sert à divers jeux. || Prendre la — au bond, 
saisir vivement l'occasion favorable. Renvoyer la — , 
se décharger sur un autre d'un soin, d'un travail, 
d'un embarras; répliquer avec vivacité. Se renvoyer 
la — , soutenir la conversation par des traits vifs, 
animés. Enfant delà — , pop., enfant du maître d'un 
jeu de paume, et par ext., toute personne élevée dans 
la profession de son père. = Petite boule sphérique 
ou conique, le plus souvent de plomb, pour charger 
les armes à feu : le ridicule glisse sur eux comme 
les balles de fusil sur un sanglier (Chamf.) Balles 
ramées, deux balles réunies par un fil de fer. || — 
perdues, efforts inutiles. = Gros paquet de mar- 
chandises recouvert de toile. = Instrument avec le- 
quel on applique l'encre sur les caractères. = Pail- 
lette qui recouvre le grain, et s'en sépare quand on 
le vanne : — d'avoine. 

BALLER, v. n., danser en chœur; vieux : il sait 
danser, — , faire des tours de toute sorte (La F.) 

BALLET, s. m., représentation théâtrale où l'ac- 
tion est figurée par les gestes et les attitudes des 
danseurs. = Divertissement de danse à la fin d'une 
pièce ou d'un acte. 

BALLON, s. m., vessie remplie d'air et recou- 
verte de peau, avec laquelle on joue. || — aérostati- 
que, ou simplement ballon. V. Aérostat. — captif, 
aérostat retenu avec une corde; vessie remplie d'un 
fluide plus léger que l'air, et qui, retenue par un fil, 
s'élève dans l'air. \\ Enflé comme un — , rempli d'or- 
gueil. — d'essai, ouvrage publié dans l'intention de 
pressentir le goût du public. = Grand vase de forme 
sphérique qui sert de récipient dans les opérations 
de chimie. = Sommet arrondi d'une montagne. = 
Bâtiment à plusieurs rames chez les Siamois. 

BALLONNÉ, E, adj.; méd., gonflé par des gaz. 

BALLONNEMENT, S. m., distension du ventre 
causée par l'accumulation des gaz. 

BALLONNER, v. a., distendre, enfler comme un 
ballon, = V. n. et se — , v. pr., se distendre. 

BALLONNIER, S. m., celui qui lait, qui vend 
des ballons à jouer. 

BALLOT, s. m., paquet de marchandises. || 
C'est là ton vrai — , c'est ce qui te convient. 

BALLOTTADE, s. f., saut qu'on fait faire à un 
cheval entre deux piliers. 

BALLOTTAGE, s. m. , dernier tour de scrutin pour 
choisir entre deux candidats qui ont eu le plus de 
voix dans un scrutin précédent. 

BALLOTTE, s. f., vaisseau de bois dans lequel 
on porte la vendange à la cuve. = Petite boule pour 
voter ou pour tirer au sort ; peu us. = Plante labiée, 
qu'on nomme aussi marrube noir. 

BALLOTTEMENT, s. m., action de ballotter; 
mouvement d'un corps qui ballotte. « 

BALLOTTER, v. a., remuer, secouer en tous 



BAN 



sens : la mer nous a ballottés pendant trois jours 
(Ac.)= Procéder à un ballottage. H — une affaire, la 
discuter et l'examiner sous tous les rapports. — 
quelqu'un, se jouer de lui. = V. n., être agité, 
secoué en tous sens : ce violon ballotte dans son 
étui. Il Nous nous laissons — par le vent des idées 
(A. Thierry.) 

BALKÉABLE; adj. : eau — , bonne pour le bain. 

BALNÉOGRAPHIE , s. f . , néol., traité sur les 
bains. 

BALOURD, E, S., personne grossière et stupide. 

BALOURDISE, S. f., caractère d'un balourd; 
chose dite ou faite sans esprit ni ù-propos. 

BALSAMIER, s. m., arbrisseau de la famille des 
térébinthacées. V. Baumier. 

BALSAMINE, s. f., plante des bois et des jardins 
dont les capsules lancent leurs graines sitôt qu'on en 
froisse l'extrémité. 

BALSAMIQUE, adj., qui a quelqu'une des ver- 
tus, des propriétés du baume : odeur — . Air — , 
imprégné de parfums. 

BALSAMITE, s. f. V. TanaiSIE. 

BALTADJI, s. m. (mot lurc, porte-hache), em- 
ployé inférieur, garde intérieur du sérail. 

BALTIMORE 9 vil. et port des États-Unis (Maryland). 
= S. m., oiseau de l'Amérique du Nord, de la famille des 
tisserands. = Plante à fleur radiée qui croît dans le Maryland. 

BALTIQUE (mer), grand golfe de l'Europe formé par la 
mer du Nord, entre le Danemark, la Suède, la Prusse et la 
Russie. 

BALUE (Jean de la), ministre de Louis XI, enfermé 
pendant onze ans dans une cage de fer. 

BALUSTRADE, s. f., assemblage de petits piliers 
servant de clôture, de garde-fou, d'ornement. 

BALUSTRE, s. m., petit pilier ordinairement 
façonné. — de chapiteau, ce qui forme la volute dans 
une colonne ionique. 1| Petite et riche balustrade : 
là, ce balcon s'enferme en un — d'or (Boil.) 

BALZAC, vge de la Charente. = Gdez db — , écrivain 
célèbre de la première moitié du xtii^ siècle. = Honoré de 
— , fécond et remarquable romancier, mort en 18 50. 

BALZAN, adj. m. : cheval — , noir ou brun, et 
qui a des taches blanches aux pieds. 

BALZANE, s. f., marque de poils blancs qui vient 
aux pieds de certains chevaux. 

BAMBIN, s. m., petit enfant; fam. 

BAMBOGHADE, s. f., peinture, tableau de scènes 
grotesques ou burlesques. 

BAMBOCHE, s. f., grande marionnette. || Per- 
sonne petite et contrefaite. = Jeune tige de bambou 
dont on fait des cannes légères. = Débauche gaie; 
triv. =rr Au pi., fredaines, folies. 

BAMBOCHER, v. n., faire des bamboches ; triv. 

BAMBOCHEUR, EUSE, s., celui, celle qui aime 
à bambocher ; triv. 

BAMBOU, s. m., roseau très-grand qui croît dans 
les Indes. = Canne faite avec la tige de ce roseau. 

BAN, s. m., mandement public, proclamation so- 
lennelle : — de vendange, proclamation du jour où 
elle s'ouvrira. — de mariage, publication faite à la 
paroisse d'une promesse de mariage; affiche apposée 
à la mairie annonçant un prochain mariage. =: 
Battre un — , publier à son de trompe ou de tam- 
bour. = Convocation de vassaux que faisait le suze- 
rain féodal en cas de guerre. — et arr/ére-BÀN, tout 
le corps de la noblesse, et par ext., tous les citoyens 
en état de porter les armes. \\Convoquer le — et 
l'arrière — , faire appel à tous ceux dont on espère 
quelque secours ; convoquer toute une série de gens. 
Four à —, moulin à —, auquel le seigneur avait 



92 BAN 

droit d'assujettir tous ceux qui étaient dans l'étendue 
de sa seigneurie. = Bannissement : rompre son — , 
revenir aux lieux d'où l'on a été exilé. Mettre au — 
de l'Empire, proscrire et déclarer déchu de ses droits 
et dignités. = Titre de quelques gouverneurs de' 
provinces soumises à l'Autriche : — de Croatie. 

BANAL, E, adj., auquel étaient assujettis tous 
les habitants d'une seigneurie. = Qui sert à tout le 
monde ifour — . ||Fort commun; trivial ou insigni- 
fiant : des sophistes du temps adulateur — (Gilb.) 

BANALITÉ, s. f., qualité de ce qui est banal : 
— d'un moulin. \\ — du style ; dire des BANALITÉS. 

BANANE, s. f., fruit du bananier. 

BANANIER, s. m., gros roseau spongieux des 
Indes, dont le fruit est nourrissant. 

BANAT, s. m., province frontière de la Hongrie gouver- 
née par un ban : le — de Ternes war. 

BANC (pron. ban), s. m. , long siège où plusieurs 
personnes peuvent s'asseoir ensemble : — de bois, 
de pierre, de gazon. \\ Bancs de l'école, bancs sui- 
lesquels s'asseyent les écoliers, et par ext., l'école, 
le collège, la faculté : être sur les — , être écolier ou 
étudiant. Se mettre sur les — , se disposer à discuter 
une question dans les formes. — de Vœuvre, place 
réservée dans l'église aux marguilliers et aux fabri- 
ciens. — des évêques, celui qu'ils occupent dans la 
chambre des Lords en Angleterre ; se dit de ces 
évêques mêmes : tout le — des évêques vola contre 
le bill (Ac.) = Banquettes où siègent les avocats dans 
les tribunaux; place où l'on fait asseoir l'accusé. = 
Planche recouverte de cuir, sur laquelle plusieurs 
rameurs étaient assis. = Méd. , — d'Hippocrate, ma- 
chine qu'il avait inventée pour la réduction des 
luxations et des fractures de la jambe. = Grand 
amas : — de sable, de poissons, de glace, de pierre. 
= Métiers , — à tirer, machine pour tirer les fils 
de niétal. = Nom donné à différents établis. 

BANCAL, E, adj., qui a les jambes tortues. := 
S. : il y a plusieurs BANCALS dans ce quartier. = 
Sabre recourbé : armé d'un — . 

BANCHE, s. f., banc de marne argileuse; roches 
sous-marines qui se feuillettent aisément. = Table 
rectangulaire qui sert à porter les moules chez les 
maçons piseurs. 

BANCO, adj., (mot ital.), s'emploie pour distin- 
guer les valeurs en banque des valeurs courantes. || 
Faire — , tenir tout l'argent qu'il y a sur jeu. 

BANCOUL, s. m., noix du bancoulier. 

BANCOULIER, s. m., arbre des Indes orientales, 
famille des euphorbiacées. 

BANCROCHE, adj. et s., bancal; rachitique. 

BANDAGE, s. m., bandes destinées à maintenir 
un appareil sur une partie du corps ; action de les 
appliquer. = Bande d'acier élastique pour contenir 
les hernies. = Bande de fer qui entoure extérieure- 
ment une roue. 

BANDAGISTE, s. m., fabricant ou marchand de 
bandages. = Adj. : chirurgien — , qui fait et qui ap- 
plique des bandages herniaires. 

BANDE, s. f., lien plat et large pour bander, 
serrer ou envelopper : — de fer, de papier; — d'une 
saignée. = Tout morceau d'étoffe, de métal, de 
cuir, etc., plus long que large, quelle qu'en soit la 
destination. — de velours, de gazon, 'de terre. 
Des BANDES lumineuses s'étendaient à l'horizon (Ac.) 
= Rebord d'un billard. =: Côté d'un vaisseau ; 
donner à la — , pencher, tomber sur le côté. Mettre 
un vaisseau à la — , le coucher sur le flanc. = Large 
raie transversale d'une autre couleur que celle du 



BAN 93 

fond. = Blas. , pièce qui coupe transversalement 
l'écu. = Memljre d'architecture allongé, mais qui 
a peu de saillie et de hauteur. = Extrême limite, 
lisière. = Étendard (vieux). |1 Réunion d'individus 
qui sont ou vont ensemble : — de corbeaux, — de 
voleurs. Faire — ù part, se séparer d'une société, 
prendre des intérêts différents des siens. — noire, 
compagnie de spéculateurs qui, au commencement 
de ce siècle, achetait les grandes propriétés pour en 
vendre les matériaux. = Troupe de soldats : c'est 
toi que veut pour chef leur généreuse — (Corn.) Ces 
vieilles bandes wallones et espagnoles ([n'en n'avait 
pu rompre jusqu'alors (Boss.) V. Barre et Troupe. 

BANDEAU, s. m., bande d'étoffe qui ceint le 
front et la tête : — virginal. — de veuve, de reli- 
gieuse. — royal , diadème dont les rois ceignaient 
autrefois leur tête. = Bande que l'on applique sur 
les yeux : la Justice, l'Amour et la Fortune ont tou- 
jours eu un — sur les yeux. \\ Aveuglement moral 
produit par l'ignorance ou les passions : le — fatal 
qui fermait ses yeux à la vérité (Fléch.) = Bande en 
saillie sur le nu du mur autour d'une porte ou 
d'une fenêtre. =: Bande mince. 

BANDELETTE, s, f., petite bande dont les prê- 
tres païens ceignaient leur front ou dont on ornait 
les victifties, et parext., toute petite bande. = Pe- 
tite moulure plus étroite que la plate-bande. 

BANDER, V. a., lier et serrer avec une bapde : 

— une plaie, le front. = Couvrir avec un bandeau : 

— les yeux.= Tendre avec effort : — un arc, un 
ressort. \\ — son esprit, s'appliquer fortemeiit. — la 
halle, l'enlever avec la raquette et l'envoyer dans 
les filets. = Au trictrac : — les dames, en mettre un 
trop grand nombre sur la même flèche. = Archit., 
assembler les voussoirs. = V. n., être tendu : cette 
corde bande trop (Ac) = Se — , v. pr., se roidir con- 
tre : les bourgeois se «onf bandés contre cette mesure 
(Ac); vieux. = Pouvoir être bandé. 

BANDEREAU, s. m., cordon qui sert à porter 
une trompette en bandoulière. 

BANDEROLE, s, f. , espèce d'étendard pour or- 
ner les mâts d'un navire; petite bande d'étoffe atta- 
chée à un objet quelconque en guise d'ornement.= 
Bretelle du fusil ou de la giberne. 

BANDIÈRE, s. f., bannière de soie; vieux. = 
Front de — , ligne des étendards et des drapeaux à 
la tête d'un camp. 

BANDIT, s. m., malfaiteur, vagabond qui fait 
souvent partie d'une bande de voleurs; se dit par 
ext. des gens sans aveu. Être fait comme un — , 
avoir le visage défait et les vêtements en désordre. 

BANDITISME, s. m., néol., existence de nom- 
breux bandits qui désolent impunément un pays : 
le gouvernement de Napoléon III poursuit, l'extinction 
du — en Corse. 

BANDOULIER, s. m., nom qu'on donnait aux 
voleurs dans les Pyrénées. 

BANDOULIÈRE, s. f., bande de cuir ou d'étoffe 
au moyen de laquelle on suspend une arme à l'é- 
paule. || Do«?2er la — , ôter la — , établir garde- 
chasse, destituer de cette fonction. = Poisson des 
mers des Indes. 

BANGl, s. m., chanvre des Indes qui sert aux 
mêmes usages que le tabac. 

BANIANS, Indiens orientaux qui professent la doctrine 
de la métempsycose, = Figuier des —, arbre de l'Inde et 
de la Perse dont les branches , pendant iusqu'à terre , y 
prennent racine et produisent de nouveaux troncs. 

BAXi;-X0TE, s. f. (mot angl.), billet de banque 



BAN 



d'Angleterre : il tira de sa poche un paquet de bànk- 
NOTES (Mérim.) 

BANKOK, vil. cap. du roy. de Siam. 

BANLIEUE, s. f., étendue de pays qui entoure 
une ville et qui en dépend.^ 

BANNE, s. f., grande toile étendue sur les ba- 
teaux, sur les charettes, etc., pour les garantir de 
la pluie et du soleil. =^ Pièce de toile qu'on étend 
sur l'auvent d'une boutique. = Grand et long pa- 
nier d'osier. = Voiture ou tombereau de transport. 

BANNEAU, s. m., petite banne. = Voiture à 
deux roues tramée par des hommes. 

BANNER, v. a., couvrir d'une banne. 

BANNERET, g. m., seigneur qui avait droit de 
bannière à l'armée. = Adj. : seigneur — . 

BANNETON, s. m., petit panier sans anses, revêtu 
intérieurement d'une toile, dans lequel on met le- 
ver le pain rond. = Coffre percé pour conserver le 
poisson dans l'eau. 

BANNETTE, s. f., petit panier d'osier. 

BANNI, s. m., personne exilée en vertu d'une 
condamnation : obtenir le rappel des bannis. 

BANNIÈRE, s. f. , drapeau carré d'un seigneur 
de fief, sous lequel se rangeaient ses vassaux à la 
guerre. — de France, drapeau de nos anciens rois. 
Se ranger sous la — de, se ranger du parti de. = 
Étendard d'église ou de confrérie : ils se tournaient 
vers leur — , où Jésus-Christ était peint (Pasc.) Jîe- 
cevoir avec la croix et la — , avec appareil. // a 
fallu l'aller chercher avec la croix et la — (Ac), il 
s'est laissé décider difficilement. Voiles en — , que 
le vent fait voltiger autour de leurs vergues. 

BANNIR, V. a., condamner par autorité de justice 
à sortir d'un pays : M^^Le Féron est bannie de la vi- 
comte de Paris (Sé\.) Il Classer, éloigner, exclure : ces 
hommes corrompus qu'on devrait — de lasociété (Pasc.) 
Je crois qu'il n'y a rien qu'il faille — de la conver- 
sation (Sév.) = Éloigner de son âme, de son esprit, de 
sa mémoire : bannissez une crainte mortelle (Corn.) 
Se — , s'expatrier, s'éloigner de. V. Proscrire. 

BANNISSABLE, adj., qui mérite d'être banni. 

BANNISSEMENT, s. m., exil infligé par une 
condamnation : ils viennent de faire pendre un 
homme qui méritait le — (La Br.) 

BANQUE, s. f., commerce d'argent qui se fait 
d'une place à l'autre par le moyen de lettres de 
change. Maison de — , maison qù l'on fait ce com- 
merce ; négociants associés à cet effet. = Caisse 
publique où les particuliers peuvent négocier leurs 
effets, ou déposer leur argent pour en tirer un in- 
térêt. Billet de — , payable à vue sur cette caisse. 
= Somme d'argent que celui qui tient le jeu a de- 
vant lui. Faire la — , tenir le jeu contre les autres. 
Faire sauter la — , gagner tout l'argent que le ban- 
quier a devant lui. = Payement qui se fait aux ou- 
vriers chaque semaine, livre de — , livre où l'on 
établit la somme due à l'ouvrier, d'après son travail. 
== Troupe de bateleurs ; éloquence qu'ils déploient 
dans leurs annonces; triv. 

BANQUEROUTE, s. f., faillite causée par la té- 
mérité ou par la mauvaise foi. — frauduleuse, celle 
où le failli frustre volontairement ses créanciers. 1| 
Faire — à ses créanciers, ne pas les payer. — à 
l'honneur, violer un engagement sacré. — à quel- 
qu'un, lui manquer de parole. 

BANQUEROUTIER, ÈRE, S., celui, celle qui 
fait banqueroute. 

BANQUET, s. m., repas somptueux et nom- 
breux : — des dieux. = Repas où les convives s'as- 



BAR 94 

semblent dans un but politique, ou pour fêter un 
personnage: la révolution de 1848 commença par 
des BANQUETS. || — sacré (Boss.), la sainte commu- 
nion. Au — de la vie (Gilbert). Dans ce grand 

— de la nature (Buff,) = Man., petite branche de 
la bride au-dessous de l'œil. 

BANQUETER, v. n., assister à des banquets. || 
Faire bonne chère ; fam. et peu us. 

BANQUETEUR, S. m., celui qui aime à ban- 
queter. 

BANQUETTE, S. f., petit banc généralement 
rembourré. || Jouer devant les banquettes, devant un 
petit nombre de spectateurs. = Trottoir peu élevé sur 
un pont, dans une rue. = Marcliipied de terre cons- 
truit sur les remparts, derrière un parapet. = Sen- 
tier qui longe un aqueduc des deux côtés. 

BANQUIER, s. m., celui qui fait la banque. 

BANQUISE, s. f., amas de glaces dans les mers 
du Nord. 

BANQUISTE, 8. m., charlatan, bateleur; fam. 

BANS, s. m. pi., véner., lits de chiens. 

BANSE, s. f. , grande manne d'osier pour trans- 
i)orter les marchandises. 

BANTAM, ^il. et roy. de l'île de Java. 

BAXTRY, baie auS.-O. de l'Irlande. 

BAOBAB, s. m., arbre gigantesque, de la famille 
des malvacées, qui croît en Afrique et dans l'Amé- 
rique du Sud. 

BAPTÈ3IE (ne pron. pas le p dans ce mot et 
les quatre suivants), s. m,, celui des sacrements 
de VÉglise par lequel on est fait chrétien : répandre 
sur son front l'eau sainte du — (Volt.)|| — de sang, 
régénération par le martyre, — des cloches, d'un 
vaisseau, cérémonie par laquelle on les bénit et on 
les nomme. |1 — des tropiques, cérémonie burlesque 
dans laquelle on jette de l'eau sur ceux qui passent 
la ligne pour la première fois. 

BAPTISER, V. a., conférer le baptême. — une 
cloche, un vaisseau, les bénir et leur donner un 
nom. H — un passant, jeter de l'eau sur lui. = Don- 
ner un nom, un surnom ou un sobriquet : bapti- 
sant son chagrin du nom de piété (Boil.) Ils se font 

— sous les noms de César, d'Auguste (La Br.) — le 
vin, y mettre de l'eau. |i Enfant difficile à — , se dit 
d'une entreprise difficile ; fam. 

BAPTISMAL, E, adj., qui appartient au bap- 
tême. Fonts baptismaux, où l'on baptise. 

BAPTISTAIRE, adj., qui concerne le baptême. 
= S. m., registre ou extrait qui constate le baptême. 

BAPTISTÈRE, s. m., local, dans une église, des- 
tiné à l'administration du baptême. = Éditice que 
l'on réservait autrefoistout entierpourle même usage. 

BAQUET, s. m., petit cuvier de bois dont les 
bords sont très-bas. — magnétique, caisse fermée 
te garnie de pointes de fer dont se servait Mesmer. 

BAQUETER, v. a., retirer avec une écope ou 
une pelle l'eau d'un bateau ou d'un vase. 

BAQUETURES, s. f. pi., vin qui tombe d'un ton- 
neau en perce dans un baquet placé au-dessous. 

BAR ou BARS, s. m., poisson estimé qu'on 
nomme aussi luup, loubine ou perche de mer. 

BAR (duché de) ou BARROIS, anc. et petite p. deFrance, 
presque toujours réunie à la Lorraine. 

BARAGOUIN, s. m., jargon qui tient à une mau- 
vaise prononciation. || Langue qu'on ne comprend 
pas : leur terrible — est indéchiffrable à mon oreille 
(J.-J.); fam. V. Patois. 

BARAGOUINAGE, s. m., manière de parler em- 
brouillée et difficile à comprendre. 



BAR 

BARAGOUINER, v. n., embrouiller son langage : 
nous baragouinions à qui mieux mieux (V. H.) || Se 
dit en mauv. part de ceux qui parlent une langue 
qu'on n'entend pas. =: V. a., mal articuler, pro- 
noncer d'une façon inintelligible : — un discours. 
= Mal parler une langue : — l'anglais. 

BARAGOUINEUR, EUSE, s., celui, celle qui ba- 
ragouine. 

BARAQUE, s. f., petite maison en planches im- 
provisée par les soldats en campagne. = Petite bou- 
tique en planches sur une promenade ou dans un 
atelier. |1 Mauvaise petite maison. = Maison où les 
domestiques sont mal; atelier où l'on ne fait que 
des ouvrages de peu de valeur. V. Maisonnette. 

BARAQUEMENT, s. m., action de se baraquer ; 
réunion de baraques. 

BARAQUER, V. n. (art milit.), construire des 
baraques, rrr V. a., y loger des soldats. =. Se — , 
V. pr., se construire des baraques, s'y loger. 

BARATERIE, s. f., fraude par laquelle le pa- 
tron, le capitaine d'un navire ou son équipage nui- 
sent aux intérêts des armateurs ou des assureurs. 

BARATTE, S. f., grand vase de bois où l'on bat 
la crème dont on fait le beurre. 

BARATTER, v. a, battre dans une baratte. 
BARBACANE, s. f., ouvrage avancé d'une place 
d'où les soldats tirent à couvert. = Ouverture pra- 
tiquée à un mur de terrasse pour l'écoulement des 
eaux; on l'appelle aussi chantepleure. 

BARBACOLE, s, m., magister de village; maî- 
tre d'école ; fam. et peu us. 
BARBADE (LA), une des Antilles. 
BARBA\ÈGRE , général de brigade qui se distingua 
en 1815. Avec 500 invalides, il défendit Huningue contre 
25,000 Autrichiens. 

BARBARE, adj., se disait de tout étranger chez 
les Grecs et chez les Romains. H Cruel, inhumain : 
père — ; cœur, main — . Action, coutume — , qui 
marque de la cruauté. Peuple, pays — , qui n'est 
pas civilisé. = Qui manque de goût, de grâce ou de 
correction : œuvre, poëme, style — . = Rude, rigou- 
reux : musique, climat — . = S., songez qu'une — 
en son sein l'a porté (Rac.) = Au pi. m., peuples 
qui envahirent l'empire romain. 

BARBARE3HENT, adv., d'une façon barbare. 
BARBARIE ou ÉTATS BARBARESQUES, vaste ré- 
gion au N. de l'Afrique. = BARBARKSQnE, adj., qui appar- 
tient aux peuples de la Barbarie : navire — . 

BARBARIE, S. f., état d'un peuple non civilisé ; 
ignorance des sciences et des arts : comment tant de 
peuples ont-il passé tour à tour de la politesse à 
la —f. (Volt.)= Cruauté, inhumanité ; actes qu'elles 
font commettre : quelle horrible barbarie que de voir 
un peuple qui se joue de la vie d'un autre (Fén.) Une 
— de sang-froid qui va percer votre frère absent 
(Mass.) Commettre des barbaries. — Manque de rè- 
gles, état grossier d'un art, d'une science : avant Cor- 
neille, notre théâtre était encore dans la — (Ac.) 

§ BARBARIE, CRUAUTE, FÉROCITÉ, INHUMA- 
NITE. La première tient à l'état des mœurs ; la seconde à 
une disposition naturellement sanguinaire. La férocité est 
une cruauté ou une barbarie fougueuse et pleine de rage. 
^inhumanité consiste à ne pas se laisser toucher par tes 
prières ou par les souffrances de ses semblables. 

BARBARIN, s. m., nom générique des poissons 
dont les mâchoires sont garnies de barbillons. 

BARBARISME, S. m., faute de langage qui con- 
siste dans l'emploi d'un mot étranger à la langue, 
inusité, ou pris dans un sens contraire au bon usage. 



BAR 

BARBAROrX, avocat de Marseille, député à la Couven- 
tion; exécuté à Bordeaux eu 1794. 

BxVRBASTELLE, s. f., espèce de' chauve-souris. 

BARBE, s. f., poil du menton et des joues: jours 
ile _, où l'on se fait la barbe. H Une jeune —, un 
jeune homme. Une — grise , un vieillard. A la — 
de quehju'nn, en sa présence et malgré lui. Faire la 

— à quelqu'un, le raser; || l'emporter sur lui ou se 
jouer de lui. Rire dans sa — , éprouver une satis- 
faction maligne et intérieure. = Longs poils qu'ont 
certains animaux sous la mâchoire inférieure ou de 
chaque côté de la gueule : — de la chèvre, du chat. 

— de coq, nom donné aux deux petits morceaux 
de chair rouge qui pendent sous son bec. = Petites 
plumes qu'on voit sous le bec de certains oiseaux. 
Barbes déplume, tilaments qui se trouvent de chaque 
côté du tuyau. = Petite arête ou cartilage qui sert 
de nageoire aux poissons plats. — de baleine, crins 
qui garnissent l'extrémité de ses fanons. = Partie 
de la mâchoire du cheval où appuie la gourmette. r= 
Poil des étoffes usées ou non ébarbées. = Duvet 
formé par la moisissure. = Particules attachées à 
une pièce, à un ouvrage de métal. = Partie dentelée 
du pêne d'une serrure. = Filets longs et minces 
attachés à certaines plantes. — d'un bomiet, bande 
(le mousseline ou de dentelle placée sur certains 
1)oimets de femme. = Rayons d'une comète du côté 
opposé à la queue. = Mar., — d'un bordage, par- 
tie de Tavant; sainte — , chambre des canonniers; 
endroit où Ton met la poudre : tirer le canon en — , 
le pointer par-dessus le parapet. = Se dit de plu- 
sieurs plantes : — de bouc, salsifis sauvage. — de 
capucin, chicorée sauvage, produit d'une culture ar- 
tificielle qu'on mange en salade. — de chèvre, es- 
pèce de spirée. — de Jupiter, petit arbrisseau à 
feuilles argentées. — de moine, plante parasite 
à tiges rougeâtres. — de renard, astragale épi- 
neuse. 

BARBE, S. m., cheval de Barbarie. = Adj., 
cheval, jument — . 

BARBEAU, s. m., poisson d'eau douce qui doit 
son nom aux quatre filaments qui pendent de sa mâ- 
choire supérieure. = Nom vulgaire du bluet des 
champs. = Adj. : bleu — , bleu clair. 

BARBELÉ, E, adj., hérissé de pointes; se dit sur- 
tout des traits dont le fer est garni de pointes. 

BARBEROUSSE, nom porté par deux frères, célèbres 
pirates barbaresques. Le second, amiral de Soliman II, se- 
courut François I'' contre Charles-Quint. 

BARBET, TE, s., chien à poil long et frisé, qui 
va à l'eau. Crotté comme tin — ; fam., se dit d'un 
homme qui s'est fort crotté. = Atlj., chien — . 

BARBETTE, s. f., sorte de guimpe dont les re- 
ligieuses se couvrent le sein. = Plate-forme, batterie 
sans embrasure, d'où Ton tire le canon à découvert. 
= Bosse d'embarcation dans la Méditerranée. 

BARBEYIER OU FASïER , v. n., se dit d'une 
voile que le vent rase et agite sans la remplir. 

RARREZIEUX, s.-préf. du départ, de la Charente. 

BARBICAN, s. m., oiseau de l'ordre des grim- 
peurs, qui habile l'Afrique. 

BARBICHE, s. f.; néol., partie dp 1^ barbe qu'on 
laisse pousser à l'extrémité du menton ; barbe petite 
<"t peu fournie. = Nom vulgaire de la nielle. 

BARBICHON, 8. m., petit chien barbet. 

BARPIER, s. m., celui dont le métier est de 
faire la barbe. || Un — rase Vautre , deux personnes 
(|ui ont le même état, les mêmes intérêts, se soutien- 
nent réciproquement. 



95 BAR 

BARBIFIER, v. a., raser, faire la barbe ; fam 
=:= Se — , se faire la barbe; fam. 

BARBIGÈUE, adj.; bot., qui a de la barbe, velu. 

BARBILLE, s. f. , filament aux flans des mon- 
naies. 

BARBILLON, s. m., barbe charnue qui fait 
partie du corps de certains poissons. = Petit bar- 
beau, poisson. r= Petite languette de Thameçon, 
pour empêcher le poisson de se décrocher. =r: Au 
pi., replis membraneux situés sous la langue des 
bœufs et des chevaux. . 

BARBION, s. m., oiseau barbu des pays chauds. 

BARBIPÈDE, adj.; zool., qui a les pieds garnis 
de poils. 

BARBITON, s. m., nom d'un ancien instrument 
de musique dont la forme est inconnue. 

BARBON, s. m., terme de mépris pour désigner 
un vieillard. Faire le — , être trop sérieux pour son 
âge. rrr Bot., genre de plantes graminées. 

BARBONNE, s. f., poisson de mer qui ressemble 
à la perche, et qui en a le goût. 

BARBOTAGE, s. m., eau mêlée de son qu'on 
donne aux animaux pour les rafraîchir. « 

BARBOTE, s. f., poisson d'eau douce qui res- 
semble ù la lotte. = Nom vulgaire de la vesce. 

BARBOTER, v. n., fouiller l'eau ou la bourbe 
avec le bec. |1 Agiter l'eau avec les mains. = Marcher 
dans la boue. = Se dit d'un vaisseau qui avance 
peu et dont l'avant plonge fréquemment. = V. a., 
prononcer entre ses dents et confusément : grondant 
entre mes dents, je barbote une excuse (Reg.) 

BARBOTEUR , s. m. , canard domestique. =Adj. . 
f. EUSE, malpropre, de mauvaise vie. 

BARBOTIÈRE, S. f., mare d'eau où les canards 
barbotent. =: Baquet où l'on met le barbotage. 

BARBOTINE, s. f., nom vulgaire de Y armoise de 
Judée. = Poudre vermifuge faite avec la graine de 
cette plante. 

BARBOUILLAGE, s. m., action de barbouiller, 
d'enduire grossièrement d'une couleur. = Mauvaise 
peinture, méchant tableau. == Écriture mal formée 
et illisible. = Récit confus et embrouillé. 

BARBOUILLÉE, s. f., n'est usité que dans ce 
prov. : se moquer de la — , dire des extravagances ; 
se moquer de tout, quand on a réussi. 

BARBOUILLER, v. a, appliquer grossièrement 
des couleurs sur : — un mur. \\ Peindre sans goût : 

— un dessin. Tous les aiis il barbouille au Capitole 
les ejjigies des nouveaux capitouls (Marm.) — sale- 
ment les décorations du théâtre (Vitet). || Souiller, 
tacher, salir : — le visage d'encre. — du papier, 
écrire d'une manière illisible. J| Salir, perdre du pa- 
pier, écrire beaucoup : il a fallu — bien du papier 
pour ce procès (Ac.) = Composer un méchant ou- 
vrage : poliras-tu les vers que je barbouille? (Volt.) 

— une affaire, un récit, les embrouiller. = Mal pro- 
noncer : — un compliment , et abs. : il a barbouillé 
tout le long de son discours (Ac.) — le cœur, le sou- 
lever, au propre et au fig. = Se — , v. pr., s'enduire 
le visage ; se — de farine, de suie. = Se tacher. || 
Manquer de mémoire. || Se — de grec et de latin, 
faire dans sa tête un amas confus de grec et de latin. 
Le temps se ba-îbouille, se couvre de nuages. 

BARBOUILLEUR, S. m., .;elui qui barbouille. 

BARBOUQ JET, S. m., maladie des bêtes à laine, 
appelée aussi noir-museau. 

BARBU, E, adj., qui a de la barbe : cette femme 
est BARBUE comme un homme (Ac); se dit aussi des 
animaux et des plantes. |1 fw/ance — , sottise de 



BAR 96 

vieillard. ~ S. m., oiseau grimpeur des pays chauds. 
= S. f., poisson de mer qui ressemble au turbot. 

BARBULES, S. f. pi., petits crochets cornés qui 
garnissent les barbes des plumes des oiseaux. 

BARBUQUET, S. m. V. Barbouquet. 

BARCA, vaste contrée déserte de l'Afrique entre l'Egypte, 
le Sahara et la Méditerranée. 

BARCALOX, s. m., premier ministre du roi de Siara, 

BARCAROLLE, S. f., chanson de gondoliers. = 
Air sur lequel on la chante. 

BARCELOXXE, vjl. d'Espagne, anc. cap. de la Cata- 
logne. 

BARCELOXNETTE , s.-préf. des Basses-Alpes. 

BARCELO:V]XETTE, S. f., berceau d'enfant que 
l'on peut mouvoir sans peine. 

BARCLAY DE TOLLY, général russe qui commanda 
pendaut toute la campagne de 1814; mort en 1818. 

BARD, S. m., forte civière qui sert à transporter 
les pierres et les moellons. 

BARDANE, s. f., genre de la famille des fïoscu- 
leuses, croissant partout sans culture dans les cli- 
mats tempérés. On l'appelle vulgairement glouleron. 

BARDE, s. m., nom des anciens poètes gaulois et bre- 
tons. Il Poëte héroïque ou lyrique. = Bardismb, s. m., 
genre de poésie et de musique des bardes. = BAnDiT, s', m., 
chant de guerre composé par les bardes : t75 entonnent le — 
à In louanrje de leurs héros (Chat.) 

BARDE, s. f., ancienne armure qui couvrait le 
poitrail et les flancs des chevaux. = Longue selle 
faite de grosses toiles bourrées. = Mince tranche de 
lard dont on garnit les viandes qu'on met rôtir. 

BARDEAU, s. m., planche mince qui sert aux 
couvreurs pour soutenir les ardoises ou les tuiles ; 
dans les appartements , il sert de support aux car- 
reaux. 

BARDEE, s. f., ensemble des bardes de lard dont 
on garnit le rôti. = Eau qu'on jette dans les cuviers 
pour faire le salpêtre ou pour le raffiner. 

BARDELLE, s. f., selle grossière faite de grosse 
toile et de bourre. 

BARDER, v. a., couvrir de l'armure appelée 
barde, = Envelopper de bardes de lard. = Charger 
des pierres, du bois, etc., sur un bard. || — quel- 
qu'un de ridicules, l'en couvrir. Le -— de cordons, 
de croix, les lui prodiguer. = Se — , v. pr., être 
bardé; se couvrir. 

BARDEUR, s. m., porteur de bard. 

BARDI ou BARDIS, s. m., plancher léger qui 
sert à divers usages sur les vaisseaux. 

BARDOT, s. m., mulet provenant de l'accouple- 
ment du cheval et de l'ànesse. = Petit mulet qui, 
chargé de provisions, marche à la tête des autres. || 
Homme ou animal auquel on fait faire tout le travail 
ou qu'on prend pour sujet de toutes les plaisanteries : 
rànc est le jouet, le plastron, le — des rustres (Buff.) 

BARDOTTIER, s, m., plante qu'on appelle aussi 
nattier ou bois à natte. 

BARÉGE, s. m., étolTe de laine non croisée. 

BARÉGES. vge de France (Hautes-Pyrénées); célèbres 
eaux minérales sulfureuses. 

BAREME, s. m., livre de calculs et de comptes 
faits; pour l'usage du petit commerce. 

BARGE, s. f., bateau à fond plat portant une 
voile carrée. = Oiseau qui se rapproche beaucoup 
de la bécasse. = Meule de foin. — Tas de menu 
bois. 

BARGUIGNAGE, s. m., hésitation à prendre un 
parti : point tant de — (Ac); très-fam. 

BARGUIGNER, v. n., ne pouvoir se décider à 
prendre un parti : à quoi bon tant — ? (Mol.) 



BAR 

BARGUIGIVEUR, EUSE, s., celui, celle qui a 
l'habitude de barguigner. 

BARI, vil. et p. du roy. de Naples. 

BARICOT, s. m., fruit du baricotier; liqueur 
qu'on en extrait. 

BARICOTIER, s. m., arbre de Madagascar. 

BARIGEL ou BARISEL, nom que porte le chef des ar- 
chers à Home et à Modcue. 

BARIGOULE, s. f., sorte de champignon comes- 
tible. = Préparation culinaire de l'artichaut. 

BARIL, s. m., petit tonneau. — d'huile, devin, 
rempli d'huile, de vin. =i Mesure égale à la conte- 
nance d'un baril. = Art milit., — ai-dent, rempli 
de matières combustibles. — foudroyant, rempli de 
grenades. 

BABILLARD, s. m., Ouvrier qui travaille aux 
futailles dans les arsenaux; se disait autrefois de l'of- 
ficier préposé au soin des liquides. 

BAZILLE, s. f., nom donné à plusieurs plantes 
marines dont on extrait de la soude ; soude qu'on 
en extrait. 

BARILLET, s. m., petit baril. = Nom donné à 
plusieurs sortes de tambours ou caisses dans les mé- 
tiers. = Cavité située derrière le tambour de l'o- 
reille. =: Petit baril de poche qui contient l'échelle 
en parchemin sur laquelle on mesure, dans les ports, 
la circonférence des cordages. = Coquille univalve. 

BARIOLAGE, s. m., assemblage bizarre de cou- 
leurs, Il — d'idées ; fam. 

BARIOLER, V. a., peindre de couleurs diverses 
et bizarrement assemblées. || — son style, écrire sans 
unité, sans goût. 

BARIOLURE, s. f., réunion de couleurs mal 
assorties. 

BARIU3I, s. m. V. Baryum. 

BAR-LE-DUC, ch.-l. du départ, de la Meuse. 

BARLIN, s. m., nœud qu'on fait aux deux bouts 
d'une pièce de soie. 

BARLONG, GUE, adj., plus long d'un côté que 
de l'autre. 

BARNABITE, adj. et s., nom donné aux clercs 
réguliers de la congrégation de Saint-Paul. 

BARXAVE, avocat de Grenoble et député à la Consti- 
tuante; exécuté en 1793. 

BARIVE, S. f., lieu où l'on fait le sel. 

BARXEYELDT, homme d'État hollandais auquel Mau- 
rice de Nassau, qu'il avait fait nommer stathouder, flt tran- 
cher la tête en 1619. 

BAROMÈTRE, S. m., instrument qui indique 
les variations de l'atmosphère par le plus ou moins 
de pression de l'air sur une colonne de mercure. 

BAROMÉTRIQUE, adj., qui a rapport au baro- 
mètre : vide — . Observations barométriques. 

BARON, NE, s., titre de noblesse qui, inférieur 
à celui de comte, est supérieur à celui de chevalier. 
= Possesseur d'une baronnie. = Au pi. m., ce mot 
désignait jadis toute la haute noblesse. 

BARONNAGE, s. m., état, qualité de baron; fam, 
= Ancien ordre des barons. 

BARONNET, s. m., titre héréditaire de noblesse 
en Angleterre, qui tient le milieu entre la pairie et 
la chevalerie. 

BARONNIAL, E, adj., qui a rapport, qui appar- 
tient à un baron ou qui dépend d'une baronnie : 

droits BARONNIAUX. 

BARONNIE, s. f., domaine qu'on possédait à 
titre de baron; ce n'est plus aujourd'hui qu'un titre 
de noblesse, sans aucun privilège. 

BAROQUE, adj., se dit au propre des perles qui 
ne sont pas parfaitement rondes. || Bizarre, informe, 



BAU 

irrégulier : meuble, style — . Musique — , pleine de 
dissonances. Esprit—, fantasque. = S. m., genre, 
style baroque : le — est une nuance du bizarre. 

BAROSCOPE,s. m., sorte de baromètre sensible 
aux plus légères variations de l'atmosphère. 

BAROTTE, s. f., vaisseau de bois cerclé de fer, 
pour la vendange. 

BARQUE, s. f., nom générique des bâtiments de 
mer ou de rivière qui ont peu de capacité. || Conduire 
la — , diriger une entreprise. Bien conduire sa — , 
bien mener ses affaires. La — de Caron ou la — à 
Caron; pop., barque dans laquelle, suivant la Fable, 
Caron faisait traverser le Styx aux âmes qui arri- 
vaient aux enfers. = Bassin carré des brasseurs. 

BARQUEROLLE, s. f., canot (Je plaisance sur 
l'Adriatique. = Petit bâtiment sans mât qui ne va 
jamais en haute mer. 

BARQUETTE, 8. f., petite barque. 

BARRAGE, s. m., action de barrer une rue, une 
rivière, un port; barrière employées cet usage; 
droit qu'on payait autrefois pour la franchir. = 
Obstacle opposé à un cours d'eau pour en exhausser 
le niveau en amont. 

BARRAGER, s. m., celui qui perçoit le droit de 
barrage. 

BARRAS (comte de), officier débauché avant la Révolu- 
tion qui se jeta dans la politique et devint un des membres 
les plus influents du Directoire, Le 18 brumaire le fit re- 
tomber dans l'obscurité. 

BARRE, S. f., pièce de bois ou de métal plus 
longue que large. || Cet homme est ime — , une — de 
fer; prov., d'un caractère inflexible, inébranlable. 
-.= Pièce de fer posée en travers des chenets pour 
retenir les tisons. = Morceau de bois cylindrique qui 
sépare deux chevaux dans une écurie. = Essieu de fer 
pour conduire deux roues à la fois. = Pièce de bois 
qui tient réunies les planches d'une porte, d'un con- 
trevent, ou les douves du fond d'un tonneau. — 
d'appui, bande de fer ou de bois pour s'appuyer dans 
une rampe d'escalier, dans un balcon. = Lingot d'or 
ou d'argent. |1 C'est de l'or en — , se dit de tout ce 
qui présente un avantage assuré et une réalisation 
facile. = Trait de plume ou de crayon que l'on fait 
pour biffer, souligner, séparer, etc. =: Mus., trait per- 
pendiculaire à la fin de chaque mesure. = Traits pa- 
rallèles qu'on fait .tracer aux enfants pour commen- 
cer à leur apprendre à écrire. = Blas., trait qui 
traverse obliquement l'écu. = Barrière qui ferme 
l'enceinte où siègent les membres d'un tribunal, 
d'une assemblée politique, et derrière laquelle se 
placent les défenseurs et les accusés. = Mar., — de 
gouvernail, levier qui sert à le faire mouvoir; le mot 
BARRE entre dans tous les commandements adressés 
au timonier, et s'applique encore à plusieurs pièces 
du vaisseau. = Amas de sable ou de rochers à l'en- 
trée d'une rivière, d'un port. = Vague formée par 
le choc des eaux d'un fleuve contre celles de la mer. 
= Au pi., Parties de la bouche du cheval sur les- 
quelles porte le mors. = Jeu de course entre des 
jeunes gens partagés en deux camps. || Nous jouons 
aux BARRES, nous courons l'un après l'autre sans 
nous rencontrer. J'ai — sur vous, j'ai l'avantage 
sur vous. JVe faire que toucher barres, s'arrêter à 
peine dans un endroit. 

§ BARRE, BANDE, LISIERE- La barre manque sur- 
tout de largeur et la bande d'épaisseur. La lisière est une 
bande qui termine l'objet dont elle fait partie. 

BARRE, E, adj., qui est fermé par une barre, 
marqué de barres : écu —, coupé par des barres. 



97 BAR 



RARREAU, s. m., petite barre qui sert de clô- 
ture : — d'une fenêtre, d'une prison. Barreaux d'une 
chaise, petits bâtons qui servent à en maintenir les 
montants. — magnétique, barre d'acier aimantée. 
— d'une presse, qui en fait mouvoir la vis. 

BARREAU, s. m., place où se tiennent les avo- 
cats pour plaider : on a souvent confondu, en par- 
lant des anciens, le — avec la tribune (Marm.) || Pro- 
fession d'avocat : ses parents le destinent au — (Ac.) 
= Tout le corps des avocats : le — français est à son 
apogée au xvi« siècle (Lerminier). = Éloquence, style 
du — , propre aux débats judiciaires. 

BARREMENT, S. m., action de barrer les veines 
d'un cheval pour arrêter l'écoulement des humeurs. 

BARRER, v. a., fermer avec une barre : — une 
porte. = Fermer, obslruer : — une rue, l'entrée 
d'un port. Une large rivière leur barrait le chemin 
(B. de St-P.)l| — le chemin à quelqu'un, l'empêcher 
de passer ou de réussir. = Garnir de barres : — le 
fond d'une futaille. — les chevaux, les séparer par 
des barres. = Tirer une ou plusieurs barres sur des 
mots écrits, pour les effacer ou les annuler. — la 
veine d'un cheval, la lui fermer. 

BARRETTE, s. f., bonnet de cardinal. 

BARREUR, adj. et s. m., nom donné au chien 
qui devance ie gibier et lui barre le chemin. 

BARRICADE, s. f., retranchement fait à la hâte 
avec des pavés, des charrettes, des arbres, etc.; 
chaînes que l'on tendait dans les rues : voir tendre des 
chaînes et faire des barricades pour le seul plaisir 
d'en dire ou d'en apprendre la nouvelle (La Br.) 

Journée des — , révolte contre l'autorité royale en 15S8 
et en 1648. = Au pi., émeutes qui ont précédé les révolu- 
tions de 1830 et de 1848. 

BARRICADER, v. a., fermer, défendre par des 
barricades : — les rues. — une porte, mettre der- 
rière tout ce qu'on peut pour empêcher de l'ouvrir : 
les gardes du corps essayent de — les portes (Mérim.) 
= Se — . v. pr., élever des barricades devant soi; 
s'enfermer dans un endroit pour s'y défendre. || 
S'enfermer pour ne voir personne. 

BARRIERE, S. f., assemblage de pièces de bois 
qui ferment une porte, un passage : et la garde qui 
veille aux barrières du Louvre (Malh.) = Entrée, 
porte d'une ville; lieu où l'on perçoit les droits d'oc- 
troi, d'entrée ou de péage. || Tout obstacle qui sépare, 
empêche de passer ou sert de défense : les places dé- 
mantelées n'opposaient qu'une — impuissante aux bar- 
bares (Am. Thierry). Vous avez opposé à ma justice 
mie — qui l'a arrêtée (Bourd.) = Enceinte, cirque 
préparé pour les tournois et les courses : regarder 
de loin, assis sur la — (Boil.) 

§ BARRIÈRE, TRAVERSE, ENTRAVES. Le premier 
indique un obstacle élevé, qui arrête ou sépare; le second, 
un obàtacle fâcheux qui trouble le bonheur ou empêche de 
réussir. Les entraves sont des empêchements qui gênent la 
liberté d'action. 

BARRIQUAUT, S. m., petite barrique ; ce qu'elle 
peut contenir. 

BARRIQUE, 8. f., futaille dont la contenance 
varie, et qui sert à expédier différentes sortes de 
marchandises; ce qu'elle peut contenir =: Mesure 
de liquide qui tient le quart d'un tonneau. |1 Gros 
comme une — ; prov., excessivement gros; triv. 

BARRIT, s. m., cri de l'éléphant. 

BARROIR, s. m., tarière des tonneliers. 

BARROIS V. Bar. 

BARROT,' s. m., petit baril d'anchois salés. 

BARRY (comtesse du), maîtresse de Louis XV. 

BAR-SUR-AVBE, s.-préf. du départ, de l'Aube. 

7 



BAS 



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BAS 



BAR-SUR-SEIXE, s.-préf. du départ, de l'Aube. 

BART (Jean), célèbre marin français du xvii^ siècle. 

BARTAVKLLE, s. f., grosse perdrix rouge. 

BARTHELEMY (l'abbé), écrivain du xviii» siècle, au- 
teur du Voi/cuje du jeune Anacharsis en Grèce. 

BARTHELEMY (massacre de la Saint-), massacre des 
protestants qui eut lieu i-n France le 24 août 1572. 

BARYTE, s. f., le plus pesant des oxydes ter- 
reux, Bolide, d'un blanc gris, caustique et inodore. 

BARYTON, s. m., voix d'homme tenant le mi- 
lieu entre la voix de basse et celle de ténor. = Ce- 
lui qui possède celte sorte de voix. =: Instrument de 
musii|ue à cordes et à archet qui n'est plus en usage. 
= Adj. ; mot — , mot grec marqué d'un accent 
grave sur la dernière syllabe. 

BARYUM , s. m. , métal qui a la couleur et l'éclat 
de l'argent, mais qui se ternit au contact de l'air. 

BAS, SE, adj., moins élevé que d'ordinaire ou 
que d'autres choses de même nature : siège, pays — ; 
les — côtés d'une église; ce — monde. Qui ne vole 
au sommet rampe au plus — degré (Boil.) = Qui est 
inférieur à son état ordinaire : la rivière est basse; 
un S071 trop — . — de terre, — sur ses jambes (UufT.) 
se dit d'un quadrupède qui a les jambes courtes. || 
Parler à voixBA&SE, de manière à n'être entendu que 
de frèsprès; nte — , qui ne distingue les objets (jue 



de très-près; 



non chantée. mj'o/r/'ore/7/(?. 



être confus, humilié de ce qu'on nous a dit ou fait. 
Faire main — , s'emparer de, ne pas faire quartier. || 
Critiquer sans ménagement. Le jour est — , près de 
linir; le temps est — , chargé de nuages rapprochés 
de la terre. En — âge, dans la première enfance. = 
Qui est inférieur à d'autres en rang, en dignité ou 
en valeur : — clergé; — peuple, basses carres. || 
— etfipire, époque de la décadence de l'empire ro- 
main. La Chambre — , la Chambre des communes 
en Angleterre, — prix. Les fonds sont — , ont di- 
minué de valeur, et au fig., nous n'avons plus d'ar- 
gent. Il Qui manque d'élévation, de digniî^, de no- 
blesse : s'il est pour me trahir des esprits assez — 
(Corn.) Des parasites — et flatteurs (Fén.) LXes rail- 
leries basses et indignes de la vérité (Pasc.)=:Qui 
avilit et dégrade : se livrer aux .ces les plus — . 
Fi/jure — , qui annonce d'ignobles sentiments. = 
Ignoble, trivial : mot — ; pensée — ; style — . 
Cette manière — de plaisanter (La Br.) Basse laii- 
nité, latinité corrompue, de mauvais goût. 

§ BAS, VIL, ABJECT Le premier indique la situation, 
l'état d'un objet ; le second marque l'opiniou qu'on en a ; le 
troisième est le superlatif des deux autres. 

BAS, s. m., la partie la moins élevée d'un objet 
considéré en lui-même ou comparativement à un au- 
tre objet : les noms sont au — de celle page (Pasc.) 
Le vin est au — , le tonneau est presque vide. || 
Avoir des hauts et des — , des inégalités de carac- 
tère, des changements de fortune. = Ce qui est 
vil, mépris.ible : le fond est le même chez les grands 
que dans les conditions les plus ravalées, tout le — , 
tout l'indigne s'y trouvent (La Br.) 

BAS, adv., dans la partie basse, inférieure : un 
étage plus — .l|Dans une condition humble : plus ils 
se trouvent — , moins ils se croient à leur place (Mass.) 
Mettre un peu plus haut ou un peu plus — le rè- 
gne d'Artaxerce (Boss.), un peu avant ou un peu 
après telle date. Jouer, chanter — , au-dessous du 
ton ; parler —, à voix hasse; tout — , dans le fond 
(le son cœur. A bas, par terre. Se jeter n -^ de son 
lit, se lever pn-cipilamment. Être à — , être riiiné ; 
mettre à — , ruiner. Ce malade est bien — , il ap- 
proche de sa fin. A — -, terme de commandement 



pour ôtez; cri d'improbalion : « — le tyran'. En — , 
opposé à en haut ; la tête en bas, la tête la première. || 
Traiter de haut en — , avec dureté ou dédain. = 
Ici — , dans ce monde : rien ici — n'est plus grand 
que la vertu (Mass.) Là — , opposé à là-haut , signifie 
aussi au loin. Chapeau — , avec respect. Mettre — 
les armes, les déposer, s'avouer vaincu ; on dit de 
même: mettre pavillon — . Mettre — , faire un ou 
plusieurs petits, en parlant des animaux; se dé- 
pouiller de son bois, en parlant du cerf. Jeter — , 
dépouiller : jetant — sa robe de classe (La F.) 

BAS, s, m., vêtement qui sert à couvrir le pied 
et la jambe : cela lui va comme un — de soie, prov., 
lui convient parfaitement. 

BASALTE, s. m., roche volcanique très-dure et 
vit ri fiable. 

BASALTIQUE, adj., formé de basalte. 

BASANE, s. f., peau de mouton tannée qui sert 
pour la carrosserie et la reliure. 

BASANÉ, E, adj., noirâtre, hâlé : teint —. 

BAS-BLEU, s. m., femme qui vise à la réputa- 
tion de savante ou qui se mêle d'écrire. 

EAS-BORD, s. m., œuvres mortes d'un vaisseau, 
lorsqu'elles sont peu élevées au-dessus de l'eau. 

BASCULE, s. f., macliine dont un des bouts s'é- 
lève quand on pèse sur l'autre : — d'un pont-levis. 
Faire la — , faire un mouvement semblable à celui 
de la bascule. Pont à — , appareil qui sert à peser 
les grosses voilures chargées. Jeu de — , V. Balan- 
çoire. =r Barre de fer qui sert de fermeture aux 
vantaux de porte ou d'armoire. = Levier qui fait 
mouvoir, dans une horloge, le marteau du timbre. 
= Bateau à coffret pour porter ou pour garder le 
poisson vivant. |1 Système de — , application pratique 
de la pondération des pouvoirs. 

BASE, s, f., partie d'un corps qui lui sert de fon- 
dement et d'appui, et, par ext., tout ce qui sert de 
soutien ou d'appui à un autre corps : — d'une mon- 
tagne; — d'une colonne, d'un clocher. La mode qui 
fait de la tête des femmes la — d'tin édifice à plu- 
sieurs étages (La Br.)|| Appui, soutien; principe fon- 
damental : son honneur est la — de son crédit (Volt.) 
Lui seul de la nature est la — et l'appui (Boil.) Ln 
contradiction semble faire la — de notre nature 
(Volt.) Votre livre manque de — . = Ciiim., toute 
substance qui, dans une combinaison donnée, joue 
le rôle électro-positif. — sali/iable , substance sus- 
ceptible de saturer les propriétés des acides avec les- 
quels elle se combine. = Tout ce qui enlre dans une 
combinaison comme élément principal : le cacao est 
la — du chocolat. — d'une roche, d'un lerraiii; 
celle des parties constituantes qui y prédomine par 
la quantité ou la qualité. = Géom., partie la plus 
basse d'une figure; ligne droite sur le terrain, sur 
laquelle on construit la triangulation. =: Arilh., 
nombre sur lequel roule un système de numération : 
dix est la — du système décimal. = Bot., point par 
lequel un organe tient à son support. V. Fondement. 

BASER, V. a., donner pour base, pour fondement; 
ne s'emploie qu'au fig. : ce système est basé sur des 
faits constants (Villem.) = Se — , v. i»r., se fonder 
s'appuyer sur : se — sur des faits certains. 

BAS-FOND, s. m., terrain bas et enfoncé. || Des 
BAS-FONDS du parterre un bravo général s'éleva 
(Beaum.) = Endroit du fond de la mer au-dessus du- 
quel un vaisseau peut pas.^er sans danger : les hauts- 
fonds sont dangereux et les — 7ie le sont pas (Ac.) 

BASILAIRE, adj., se dit de toute partie qui est 
placée, qui prend naissance à la base d'une autre* 



BAS 



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<; ASILE (saint), condisciple de Julien l'Apostat et de 

:t Grégoire de Nazianze, évoque de Césarée et l'un des 
pères de l'Église grecque, mort en 379. 

BASILIC, S. m., sorte de lézard dont le regard 
passait autrefois pour être mortel. IJDes ijetix de — , 
qui expriment le dépit et le courroux. == Plante 
herbacée et aromatique, de la famille des labiées. 

BASILICATE, p. du roy. de Naples, anc. Liicanie. 

BASILICON OU BASÏLICUM, s. m., pharm., on- 
guent suppuratif qui a de grandes vertus. 

BASILIQUE, s. f., chez les anciens, palais des 
rois; édifice public où l'on rendait la justice et où se 
traitaient les alï'aires commerciales. — Église bâtie 
sur le modèle de ces édifices. 

BASILIQUES, s. f. pi-, lois romaines traduites en grec 
et publiées par l'empereur Léon le philosophe, qui leur donna 
le nom de son père, Basile le Macédonien. 

BASLX, s. m., étoffe croisée dont la chaîne est de 
fil et la trame de coton. 

BASIQUE, adj., chim., qui a les caractères d'une 
base : corps — . Sel — , qui contient un excès de base. 

BASOCHE, s. f., association des clercs du Parlement. 

BASQUE (pays), ancien petit pays, situé à l'extrémité 0. 
des Pyrénées. = Nom du peuple qui l'habitait; langue qu'il 
pariait, ii Courir comme un — , fort vite. V. Tambodr. 

BASQUE, s. f., pan d'étoffe qui forme la partie 
découpée et tombante de certains vêtements : être 
toujours pendu à la — de, ne pas quitter d'un pas. 

BASQUIXE, s. f., sorte de jupe espagnole. 

BAS-IIELIEF, s. m., sculpture formant une fai- 
ble saillie sur un fond uni. 

BASSAM (GRAXD-), vil.de la Nigritie maritime, comp- 
toir français depuis 1843. 

BASSAA'O, vil. de la Vénétie, sur la Brenta. Victoire de 
Napoléon sur les Autrichiens en 1796. = Doc db — , Maret, 
ministre secrétaire d'État sous l'empire. 

BASSE, s. f., nom générique donné à toute espèce 
de voix ou d'instrument qui, dans un morceau de 
musique, fait entendre les sons les plus graves du 
diapason. Voix de — , voix d'homme la plus grave ; 
on appelle aussi basse, celui qui est doué de cette 
espèce de voix. =r Instrument de musique à cordes 
et de grande dimension. = Au pi., cordes graves 
de certains instruments. 

BASSE-CONTRE, s. f., voix du même timbre, 
mais moins aiguë et plus grave que la basse- taille. 
= Partie qu'elle exécute. 

BASSE-COUR, s. f., cour où l'on met le fumier, 
où l'on enferme les volailles, et par ext., cour en- 
tourée de bâtiments dans lesquels on tient les instru- 
ments de labourage et les bestiaux. =: Dans les 
villes, cour destinée aux écuries et aux remises. 

BASSE-FOSSE, s. f., cachot souterrain. Cul 
de — , cachot très-obscur et très-profond. 

BASSE-LISSE, s. f., tapisserie dont la chaîne 
est tendue horizonfalement. 

BASSE-LISSIER, ÈRE, s., celui, celle qui tra- 
vaille à la ba?se-lisse. 

BASSEMENT, adv., avec bassesse. 

KASSER, V. a., imbiber la chaîne d'une étoffe 
avec une colle savonneuse. 

BASSESSE, 8. f., vice qui porte à des sentiments 
et à des actes indignes d'un hoimête homme : 

— de cœur, d'àme. Il était humble sans — (Fléch.) 
= Action basse : faire une — . Que de bassesses 
pour parvenir ! (Mass.) = Qualité de ce qui est bas : 
la — de la débauche et de la dissolution (Id.) = 
Se dit aussi de l'obscurité de la naissance : triom- 
pher de la — et de la pauvreté de son père (La Hr.) 

— Abaissement naturel : que l'ùme doit être péné- 



' BAS 

trée de sa — et de son néant (Boss.) = Emploi 
d'expressions vulgaires et triviales : quoi que twus 
écriviez, évitez la — (Boil.) V. Abaissement. 

BASSET, adj et s. m,, chien de chasse à jambes 
courtes et à pattes cambrées en dedans : chien — . 
un — . Il Petit homme qui a les jambes et les cuisses 
trop courtes pour sa taille; fam. 

BASSE-TAILLE, s. f., synonyme de baryton et 
quelquefois de basse. 

BASSE-TERRE, s. f., sol d'une île peu élevé au- 
dessus du niveau de la mer. 

BASSE-TERRE (la), vil. cap. de la Guadeloupe. 

BASSETTE, s. f., sorte de jeu de caries. 

BASSICOT, s. m., caisse de bois pour enlever 
les blocs d'ardoise de la carrière. 

BASSIERS, s. m. pi-, amas de sable dans les ri- 
vières, qui empêche la navigation. 

BASSIN, s. m., plat creux, de forme ronde ou 
ovale : — de cuivre; — à laver les mains. = Plat 
où l'on reçoit les offrandes à l'église. Cracher au ou 
dans le — , contribuer à quelque dépense; triv. 
= Plat échancré dont se servent les barbiers. — 
oculaire, petit vase pour se laver l'œil. — de ba- 
lance, chacun de ses plateaux. =r Grand vase large 
et profond qui sert dans les métiers à différents 
usages. = Disque de cuivre jaune tondu qui sert aux 
opticiens pour tailler ou polir les verres. = Espace 
ordinairement entouré de sable, dans lequel les ma- 
çons détrempent la chaux. = Petite pièce d'eau, or- 
dinairement bordée de pierre ou de marbre. = Ca- 
vité destinée, par utilité ou par agrément, à rece- 
voir et à contenir l'eau. =Parlie d'un port où les 
vaisseaux trouvent un abri sûr. — de radoub , 
grande enceinte que l'on vide ou que l'on remplit à 
volonté, et dans laquelle on radoube les vaisseaux. 
=: Géol., dépression à la surface du sol, vers le 
centre de laquelle coulent et convergent les eaux 
qui tombent dans un certain rayon : la Béotie est 
comme un grand — (Barth.) = Réunion de terrains 
qui détermine le caractère d'une contrée. =^ Ensem- 
ble de contrées d'où découlent les rivières qui ali- 
mentent un fleuve, les fleuves et rivières qui alimen- 
tent une mer. || La Méditerranée a V inappréciable 
avantage d'être le — même de la civilisation (V. H.) 
= Anat., partie du squelette des vertébrés qui sert 
de point d'attache aux os des membres postérieurs. 

BASS!3>AGE, s. m., façon que le boulanger donne 
à la pâle pour la bien pénétrer d'eau. 

BASSIIVE, s. f., vase de cuivre rouge, large et 
profoiid. r^: Vase rond et peu profond qui sert à Té- 
vaporation dans les opérations chimiques. 

BASSINER, v. a., chaulîer avec une bassinoire : 
— un lit. = Laver légèrement avec un liquide tiède 
ou chaud pour nettoyer et amollir : — uneplaie.= 
Arroser la farine ou la pâte; arroser légèrement une 
plante, le gazon, etc. 

BASSIXET, s. m., partie de la plafine d'un fusil 
où l'on met l'amorce. || Casque léger que portaient 
leshommes d'armes. =: Plante vulgairement nommée 
bouton d'or. = Anat., réservoir membraneux placé 
à la partie postérieure de la scissure du rein. 

BASSINOIRE, s. f., bassin de métal dont on se 
sert pour chauffer un Ht. 

BASSON, s. m., instrument de musique en bois, 
à vent et à anche. =• Celui qui en joue; on l'appelle 
aussi bassoniste. 

RASSORA, vil. commerçante de la Turquie d'Asie, sur le 
Schot-Kl-Aïab ^Euphrate). 

BASTA (motilalO, interj., assez, il miïii. 



BAT • 



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BAT 



BASTE, interj., peu m'importe, allons donc, 
passe pour cela. * 

BASTE, s. m., l'as de trèfle au jeu de l'hombre, 
au quadrille. = S. f., panier qu'on attache au bat 
d'une bête de somme. = Vaisseau de bois pour le 
transport de la vendange. = ÉtofFe de la Chine. 

BASTERNE, s. f., litière fermée, à l'usage des femmes, 
cher les Romains. = Chariot tiré par deux bœufs, à l'usage 
des rois Mérovingiens. 

BASTIA, s.-préf. du départ, de la Corse, cour d'appel. 

BASTIDE, s. f., mot qui en provençal signifie 
maison de campagne, et qui sert de nom à un grand 
nombre de localités. 

BASTILLE, s. f., château petit et flanqué de 
tours; petit fort élevé pour le siège d'une place. 

BASTILLE (la), prison d'État à Paris, détruite depuis 
J739. 

BASTILLE, E, adj.; blas., garni de tours. 

BASTINGAGE, s. m., action de tendre des bas- 
tingues. = Parapet fait avec des baslingucs. 

BASTINGUE, S. f., toile matelassée qu'on tend 
autour du plat-bord d'un vaisseau pour garantir les 
matelots qui sont sur le pont du feu de l'ennemi. 

BASTINGUER, v. a., tendre des bastingues. Se 
— , v. pr., se défendre à l'aide d'un bastingage. 

BASTION, s. m., grande masse de terre revêtue 
de gazon et de pierre en avant d'une place forte. 

BASTIOMXER, v. a., garnir de bastions. 

BASTONNADE, s. f., peine qui consiste dans 
l'application d'un certain nombre de coups de bâton. 

BASTRINGUE, s. m., bal de guinguette; triv. 

BAS-VENTRE, s. m., partie inférieure du ven- 
tre. V. Abdojvien. 

BAT, s. m., selle de bois garnie de cuir pour les 
bêtes de somme. Cheval de —, destiné à porter les 
fardeaux; ^ sot, lourdaud ; individu chargé de la 
grosse bestfgne. || Il sait où le — le blesse, 11 sait ce 
qui le cha^ine. 

BATACL4.N, s. m., attirail, équipage embarras- 
sant ; pop. : '-i^envoyer tout son — . 

BATAILLE, s. f., combat général entre deux ar- 
mées. — rangée, où deux armées sont rangées en 
ordre. — navale, entre deux flottes. = Ordre, dis- 
position d'une armée prête à combattre , d'une 
troupe déployée. Corps de — , partie dé l'armée entre 
les deux ailes. Champ de — , théâtre du combat. || 
Savoir bien choisir son champ de — , prendre le temps 
et l'occasion favorable. Cheval de — , principe sur 
lequel on s'appuie le plus fortement. Sergent de — 
(La F.), officier chargé de ranger les troupes en ba- 
taille. = Tableau représentant une bataille. = Jeu 
de cartes fort simple. 

§ BATAILLE, COMBAT, ACTION. Entre les deux 
premiers il y a d'abord la différence du général au jjarticu- 
lier; puis bataille est plutôt comme un objet qu'on donne, 
qu'on livre, qu'on dispute, qu'on gagne; tandis que combat 
marque mieux le fait, sa durée et son caractère : la reine fit 
donner le signal du comsat et gagna la bataille (Boss.) 
Le mot action est général, indéterminé, et se dit de tout 
engagement, quel qu'en soit le résultat ou l'importance. 

BATAILLER, v. n., livrer bataille, se battre long- 
temps; vieux. 11 Disputer avec chaleur et ténacité. 

BATAILLEUR, EUSE, s. et adj., qui aime les 
combats ou les disputes : humeur batailleuse. 

BATAILLON, s. m., division d'un régiment de 
pied : le — s'arrête pour mourir (C, Del.) H Au pi., 
armée, troupe nombreuse : il se précipita au milieu 
des BATAILLONS ennemis (Ac.) — de grues (Boil.) 

BATARA, s. m., genre d'oiseaux de l'ordre des 
passereaux, de la famille des pies-grièches. 



BÂTARD, E, adj. et s., né hors mariage : en 
fant — .Le — d'Orléans. = Non cultivé, sauvage : 
plante bâtarde. = Mar., semblable. |1 Qui n'est pas 
de la bonne, de la véritable espèce; qui tient de 
deux espèces : fruit — ; oiseau — . 1| Genre — , en 
littérature. Écriture bâtarde, ou s. f., bâtard;:, qui 
tient de la ronde et de la coulée. Porte — , qui 
tient de la porte coclière et de la porte ordinaire. 
= S. m., ver qui sert d'appât. 

BÂTARDE, s. f., grande voile d'une galère. 

BÂTARDEAU, s, m., digue de pieux et de terre 
pour détourner un cours d'eau. = Massif de maçon- 
nerie pour retenir l'eau d'un fossé. =Échafaud de 
planches pour empêcher l'eau d'envahir le pont d'un 
navire qu'on radoube. 

BÂTARDIÈRE, s. f., pépinière d'arbres greffés. 

BÂTARDISE, s. f., état de celui qui est bâtard. 

BATAVE, s. m., ancien et poétique nom des Hollandais. 
= Adj. : race — . 11 Batnvique, adj., larme — , petite 
boule de verre fondu et refroidi subitement dans l'eau. Elle 
fut inventée à Leyde, en Hollande. 

BATAVIA, vil. et p. de l'île de Java. 

BÂTE, s. f., cercle d'une boîte de montre qui 
porte le mouvement. = Ce qui forme les côtés et le 
contour d'une tabatière. 

BÂTE, adj. m., âne — , lourdaud; très-fam. 

BATEAU, s. m., embarcation à voiles ou à rames 
dont on se s'ert dans les ports, sur les côtes de la mer 
et dans les rivières. — à vapeur, qui est mû par 
la vapeur. — poste, sorte de bateau long et étroit 
sur les rivières, qui va fort vite. — plongeur, qui 
peut naviguer sous l'eau. — plat, sorte de vaste 
chaloupe destinée au transport des troupes. Pont de 
— , pont formé de bateaux reliés ensemble et recou- 
verts d'un plancher. || Le contenu d'un bateau ; — 
de sel, de blé. = Bpis de menuiserie qui forme le 
corps d'un caresse. Lit en — , auquel on a donné la 
forme d'un bateau. l|.4rnwr en trois bateaux (La F.), 
avec grand fracas, en nombreuse compagnie. 

BATELAGE, s. m., action déporter sur des ba- 
teaux. =1 Tour de bateleur; vieux. 

BATELÉE, s. f., la charge d'un bateau. 

BATELET, s. m., petit bateau. 

BATELEUR, EUSE, s., celui, celle qui amuse la 
populace sur les places publiques. =: S. m., aigle 
du S. de l'Afrique. = S. f. , alouette du même pays. 

BATELIER, ÈRE, s., celui, celle qui a pour pro- 
fession de conduire un bateau. 

BÂTER, V. a., charger d'un bât. 

BATH , vil. d'Angleterre, cap, du comté de Somerset, 
renommée pour ses eaux minérales et ses fabriques de papier. 

BATHORI, famille noble de Transylvanie qui a donné 
plusieurs waywodes à cet État et un roi à la Pologne. 

BÂTI, s. m. , disposition des pièces d'un vêtement 
faufilées et non cousues. = Fil pour ce travail. 

BÂTI,E, adj., homme mal — , mal fait. |1"I/ est 
ainsi — , tel est son caractère; fam. 

BÂTIER, s. m., celui qui fait et vend des bâts. 

BATIFOLAGE, s. m., action de batifoler; fam. 

BATIFOLER, v. n., folâtrer à la manière des 
enfants; fam. 

BÂTIMENT, s. m., édifice quelconque, et partie, 
édifice que. l'on construit. = Toute espèce de na- 
vire, barque ou vaisseau : — ras, non ponté. 

BÂTINE, s. f., selle rembourrée de poils, et cou- 
verte d'une grosse toile. 

BÂTIR, V. a. , construire un bâtiment ou le faire 
construire : — une maison, un palais, une église. 
Salomon bâtit le temple sur le modèle du tabernacle 
(Boss.) = Élever des constructions quelconques : les 



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I superbes remparts que Minerve a bâtis (Rac), et j 
^j abs,, passe encore de — ; mais planter ù cet âge! j 
i (La F.) = Se dil aussi des animaux : les abeilles bâ- \ 
I TISSENT chacune leur cellule (Buff.)|| Préparer, éta- 
blir, fonder : le perpétuel ouvrage de la vie est de 

— la mort {Monl.) — sa fortune, sa renommée {Corn.) 

— un système ^Cond.) — en l'air, se repaître de j 
vaines espérances. — sur' e sable, fonder un éta- j 
blissemenl sur quelque chose de peu solide. — des 
châteaux en Espagne, se repaître de chimères. = 
Assembler les pièces d'un vêtement en les faufilant 
ensemble. = Se — , bâiir pour soi, être bâti. 

§ BÂTIR, CONSTRUIRE, EDIFIER. Bâtir est le 
ternie général et s'emploie pour toutes les constructions. ConS' 
truire se dit mieux des bâtiments importants ou faits avec 
art. Au fig., on bâtît en entassant des matériaux; on cons- 
truit en les disposant. Edifier, peu us. au propre, s'emploie 
en général lorsqu'il s'agit de monuments durables; il est par- 
fois opposé à détruire. 

BÂTISSE, s. f., toîit ce qui concerne la maçon- 
nerie d'un bàliment. 

BÂTISSEUR, s. m., celui qui a la passion de 
faire bâtir. = Mauvais architecte; fam. 

BÂTISSOIR, s. m., cercle de fer pour assembler 
les douves d'une futaille. 

BATISTE, s. f., espèce de toile de lin très-fine. 

BÂTON, s. m,, long morceau de bois cylindri(iue 
qu'on peut tenir à la main : s'appuyer sur un — . 
Je le ferais mourir sous le — (Mol.) Professeur de 
— , celui qui montre à le manier avec dextérité. =: 
Toute substance mise sous forme de petit bâton : 

— de cire, d'ivoire, de sucre d'orge, etc. — élec- 
trique, qui s'électrise par le frottement. — de me- 
sure, celui que tient à la main un chef d'orchestre. 

— de commandement, que j.ortaient autrefois cer- 
tains ofTiciers. — de maréchal, insigne du maréchalat, 
et au Cg. dignité de maréchal. — pastoral, crosse d'un 
évêque. — de perroquet, bâton garni de petites tra- 
verses sur lesquelles se perche cet oiseau. 1| Maison 
qui n'a qu'une pièce à chaque étage. =r Archit., 
moulure usitée dans la base des colonnes. || — de 
vieillesse, personne qui aide et soutient un vieillard. 
=Au pi. , traits longs et droits que font ceux qui com- 
mencent à écrire. = Volée de coups de — , grand 
nombre de coups de bâton donnés de suite. Mettre 
des BÂTONS dans les roues, susciter des obstacles, 
empêcher de réussir. ==A — rompus, à plusieurs 
reprises. Tour du — , profits illicites et secrets 
d'une charge ou d'une commission. Sortir d'une 
place le — ùla main, en sortir pauvre. Sauter le — , 
faiie quelque chose malgré soi. Mener le — haut, 
traiter avec dédain et dureté. 

BÂTONNER, V. a., donner des coups de bâton. 
= Biffer, rayer : — un article. 

BÂTONNET, s. m., petit bâton taillé en pointe 
par les deux bouts, et qui sert à un jeu d'enfants. 

BÂTONNIER, s. m., chef électif de l'ordre des 
avocats. = Chef d'une confrérie et qui en porte le 
bâton ; il fait au f., Bâtonnière. 

BATONNISTE, S. m., celui qui sait jouer du 
bâton. 

BATRACHOMYOMACHIE (mot grec, combat des gre- 
nouilles et des rats), s. f., poënie héroï-comique attribué à 
Homère. 

BATRACIENS, s. m. pi , ordre de reptiles ayant 
pour type le genre grenouille. 

BATTAGE, g. m., action de battre; action de 
battre le blé ; temps qu'on y emploie. = Pré |. ara- 
lion donnée aux laines avant la fabrication du drap. 

BATTANT, s. m., massue ou marteau de fer 



suspendu à l'intérieur d'une cloche, qui la frappe 
et la fait résonner. = Morceau de bois où s'as- 
semblent les traverses : porte à deux battants. = 
Pièce d'un métier à ourdir avec laquelle on frappe 
la trame pour la serrer, et qui porte le peigne 
entre lequel passent les fils de la chaîne. — d'im 
pavillon, partie qui flotte en l'air. 

BATTANT, E, adj.,qui aime abattre, qui bat: 
je ne suis pas — , de peur d'être battu (Mol.) Porte 
BATTANTE , qui SB referme d'elle-même. Métier — , 
en activité. Pluie —, averse. — neuf, tout neuf; 
fam. Mener — ou tambour — , vite, sans ménage- 
ment, en conservant l'avantage. 1| Sortir tambour — , 
mèche allumée, avec une partie des honneurs de la 
guerre. — l'œil, s. m., coiffure de femme négligiîe, 
dont la garniture retombe en partie sur les yeux. =: 
Au pi., s. m., les battants et les battus. 

BATTE, s. t., masse de bois garnie d'un man- 
che qui sert à battre. = Sabre de bois d'Arletiuin. 

— à beurre, qui sert à battre le beurre. — à bœuf, 
bâton pour battre les gros bestiaux quand ils sont 
tués et soufflés. 

BATTÉE, s, f., ce qu'un papetier, un relieur 
peuvent battre à la fois de papier. 

BATTELLEMENT, S. m., rang de tuiles doubles 
au bord d'un toit. 

BATTEMENT, S.* m., action de battre : — de 
mains , marque d'applaudissement. |1 Applaudisse- 
ment. — d'ailes , mouvement et bruit des ailes 
d'un oiseau. = Contraction et dilatation alternati- 
ves du cœur et des artères : — du pouls. = Archit., 
tringle de bois ou de fer qui cache l'endroit où se 
joignent les battants d'une porte. = Attaque, à l'es- 
crime, en frappant l'épée de ?on adversaire. = Mou- 
vement de danse que l'on fait d'une jambe en se 
soutenant sur l'autre. 

BATTERIE, s. f., querelle accompagnée de coups. 
= Pièces d'artillerie disposées pour tirer ; emplace- 
ment préparé pour les recevoir. 1| Compagnie d'artil- 
lerie et son matériel. = Rangée de canons qui sont 
à bord d'un vaisseau : ce vaisseau a trois batteries. 
Il Plans, moyens, combinaisons : nous avons préparé 
une bonne — pour renverser ce dessein ridicule (Mol.) 
Dresser ses — , prendre ses mesures pour tâcher de 
réussir. Changer de — , prendre d'autres moyens. 
Démonter les — de quelqu'un, déjouer ses plans. = 
Se disait autrefois de la pièce du fusil qui couvrait 
le bassinet. — de cuisine, les ustensiles qui servent 
à la cuisine. — électrique, assemblage de plusieurs 
bouteilles de Leyde. = Différentes manières de pin- 
cer les instruments à corde ou de battre le tambour. 

BATTEUR, s. m., celui qui bat, qui frappe : 
c'est un grand — de gens, fam. || — dépavés, qui 
va de côté et d'autre sans but arrêté, vagabond. 

— d'estrade, cavalier en reconnais^jance. || Coureur 
de grands chemins. = T. de métiers, nom donné 
aux ouvriers dont l'emploi est de battre, d'écraser : 

— de plâtre, de soude, d'or. — en grange, qui bat 
et vanne le grain. = Homme qu'on emploie à la chasse 
pour battre le bois et en faire sortir le gibier. 

BATTHYANI, noble et riche famille de la Hongrie dont 
le dernier représentant, Louis de — , a été fusillé en 1849 
par les troupes du prince Windischgraetz. 

BATTITURES, s. f. pi., écailles ou parcelles qui 
se détachent d'un métal que l'on forge. 

BATTOIR, s. m., palette à manche long ou court 
pour jouer â la paume, battre le linge, etc. 

BATTOLOGIE, s. f., gramm., répétition dans 
les mêmes termes ou dans des termes équivalents 



BAT 



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BAV 



BATTRE, V. a., donner des coups potir faire du 
mal : — un homme, un chien. Enfants qui battent 
leur nourrice (La Br.) — comme plâtre (Sév.), avec 
excès. — de baguettes, frapper un soldai avec des 
verges. || — un homme ù terre, accabler quelqu'un 
qui n'a plus la force de se défendre. = Avoir le des- 
sus, faire éprouver des pertes : — les ennemis. Les 
ennemis supérieurs peuvent vous — et entrer en 
France (Fén.) — à plate couture, complètement. 
^ Gagner au jeu. = T. d'arlil. : — en brèche, ti- 
rer contre une muraille ou un rempart, et d'assez 
près pour y faire brèche, et par ext., // tient que la 
France est battue en ruine par la plume de cet écri- 
vain (Mol.) 11 — un système, un raisonnement, quel- 
qu'un, de raisons sans réplique, le réfuter victorieu- 
sement, = Frapper sur : •— les murailles d'une 
ville avec le bélier (Boss.) — un tapis, un habit, 
pour en faire sortir la poussière ; — le briquet, 
pour en tirer des étincelles. — le tambour, la caisse, 
frapper dessus avec des baguettes ; — la diane, éveil- 
ler les soldats en battant du tambour ; — la marche, 
la retraite, la charge, etc. — Vor, l'argent , pour 
les réduire en feuilles; — le plâtre, pour l'écraser; 
— une allée, pour l'aplanir; — le fer, pour le for- 
ger. Il — le fer quand il est chaud, poursuivre vive- 
ment une affaire bien engagée. — le bois, la plaine, 
une forêt, ies buissons, les parcourir pour y chercher 
des ennemis, des voleurs, du gibier. || — la campa- 
gne, divaguer, déraisonner, répondre vaguement, 
perdre le lll de son discours : quel esprit ne bat la 
campagne? Qui ne fait châteaux en Espagne ? (La F.) 
Il a battu les buissons et un autre a pris les oi- 
seaux; prov., il s'est donné beaucoup de peine et 
un autre en a profilé. — du pays, parcourir beau- 
coup de lieux. \\ Parler de beaucoup de choses. — 
le pavé, aller et venir par désœuvrement. — le 
ruisseau, pour épouvanter le poisson et le faire 
donner dans les filets. 1| — l'eau avec un bùion, 
Be donner une peine inutile. — monnaie, en fabri- 
quer ou la faire frapper à son effigie ; || se pro- 
curer de l'argent. ■^= Se porter contre avec impé- 
tuosité : les ondes noires battaient le Jlanc du na- 
vire (Fén.) = Agiter, mêler : — les œufs, la crème, 
les cartes. — la semelle, pour se réchauffer. = 
V. n., être agité d'un mouvement régulier ou par 
quelque vive impression : son pouls bat, ma montre 
ne BAT plus. Le cœur me battait d' impatience- {i.-i.) 
\\Lecœur, le pouls lui bat (Ac), il a peur. Tant que 
le cœur me battra, tant que je vivrai. — des mains, 
applaudir. — des ailes, les agiter. || — de l'aile, être 
blessé. Ne — que d'une aile , être mal dans ses af- 
faires. — froid, traiter avec froideur. — en retraite, 
se retirer du combat; cesser une discussion; se dé- 
dire; se retirer du monde. = Venir frapper : la 
rivière bat au pied de la montagne. = Être en acti- 
tivité, en mouvement, = Se — , v. pr., se frapper 
soi-même ; combattre, se porter des coups l'un à 
l'autre : c'est ici le verger où vous vous battiez avec 
ma cousim à coups de pêches (J.-J.) Le lion se bat 
les flancs avec sa queue.\\Se — les flancs, faire beau- 
coup d'eiforts. = Se — l'œil ou s'en — l'œil, ne 
pas se soucier de ; triv. 

§ BATTRE, FRAPPER. Battre, c'est frapper à coups 
redoublés; tandis que frapper, c'est donner un coup. Avec 
le premier on ne désigne pas d'ordinaire l'endroit du corps 
où sont appliqués les coups; avec le second on a l'habitude 
de préciser la place qui reçoit l'impression. 

BATTU, E, part. pas. de Battre; s'emploie aussi 
comme adj. : avoir les oreilles battues et rebattues 



d'une affaire, être fatigué d'en entendre parler. Ne 

passe tenir pour — , n'en pas démordre, quoiqu'on 

ait eu le dessous. Chemin — , très-lréquenté. Alar- 

cher par des chemins battus (La Br.), dire ce qui a 

I été dit ; s'attacher aux usages établis, — de l'oi- 

! seau (Ste-B.), découragé, rebuté par une suite de 

j mauvais succès, de traverses. || Affaibli par des ma- 

j ladies. =: Battu, s. m. : les battants et les battus. 

Les — paient l'amende; prov., souvent ceux qui 

avaient droit à une réparation sont réprimandés. 

BATTUE, s. f., action de battre les bois avec 
bruit pour en faire sortir le gibier. = Bruit que 
fait le pied du cheval sur le sol. = Creux dans la 
bourbe où le poisson s'enfonce pendant l'hiver. 

BATTURE, s. f., espèce de dorure faite avec 
du miel, de l'eau de colle et du vinaigre. = Haut- 
lond de roches. 

BATZ ou BATZEN, s. m., monnaie d'Allemagne 
valant de 14 à 15 centimes. , 

BAU, s. m., poutre qui va d'un flanc à l'autre 
du navire. 

BAUBI OU BAUBIS, s. m., sorte de chien de 
chasse. 

BAUD, s. m., chien courant pour la chasse du 
cerf. 

BAUDET, s. m., âne. 1| Homme stupide. = Au 
pi., tréteaux des scieurs de long. 

BAUDIR, V. a., exciter du cor et de la voix. 

BAUDOIN ou BAUDOUIN, nom de deux empereurs 
chrétiens de Constantinople et de cinq rois de Jérusalem. 

BAUDRIER, s. m., large bande de cuir, de buf- 
fle ou d'étoffe qu'on met en écharpe, et qui sert à 
porter l'épée ou le sabre. — d'Orion, nom de trois 
étoiles placées au milieu de cette constellation. — 
de Neptune, nom vulgaire du fuccus saccharin. 

BAUDRUCHE, s. f., membrane très-fine qui ta- 
pisse le gros intestin du bœuf et que l'on prépare 
pour le commerce et pour les batteurs d'or. 

BAUGE, s. f., gîte du sanglier; nid de l'écu- 
reuil. = Mortier fait de terre grasse et de paille. H 
Lit très-sale. 

BAUGÉ, s.-préf, du départ, de Maine-et-Loire. 

BAUGUE OU BAUQUE, s. f., algues que la Mé- 
diterranée rejette sur les côtes. 

BAUME, s. m., nom donné aux résines qui dé- 
coulent de certains arbres, et qu'on emploie dans les 
médicaments comme stimulant ou comme parfum. 
Il 5a réputation fleure comme — , est excellente. =: 
Nom donné à une foule de médicaments qui n'ont 
avec le baume de commun que le nom. || Consola- 
tion, adoucissement : sa présence est un — qui calme 
tous mes maux (Ac.) 

BAUME, s. f. , mot provençal signifiant grolfe ou ca- 
verne. La sainte — , grotte du départ, du Var, où l'on pré- 
tend que se retira sainte Madeleine. 

BAUME-LES-DAMES, s.-préf. du départ, du Doubs. 

BAUMIER, s. m., nom vulgaire de tout arbre 
de toute plante qui donne du baume. 

BAUQUIN, s. m., bout de la canne du verrier. 

BAUTZEN, vil. de Saxe près de laquelle Napoléon battit 
les Russes et les Prussiens en 1813. 

BAVARD, E, adj. et s., qui parle sans mesure, 
sans retenue. V. Babillard. 

BAVARDAGE, s. m., action de havai'der; pro- 
pos ou écrits frivoles; indiscrétion. 

BAVARDER, v. n., parler sans mesure et hors 
de propos; commettre des indiscrétions, V. Ba- 
biller. 

BAVARDERIE, s. f., défaut, propos du bavard. 



♦ 



BÉA 



103 



BEA 



BAVARDINER, V. n., causer de niaiseries : nous 
n'avons fait que — (Sév.); peu us. 

BAVAROISE, s. f,,mo^que Voltaire et Rousseau 
ont employé pour signifier propos de l)avard. 

BAA'AROIS, E, adj. et s,, de la Bavière. = Bavaboisè, 
s. f., boissou composée d'une infusion de thé et de sirop de 
capillaire. 

BAVE, s. f., salive épaisse qui sort de la bouche, 
snrlout chez les enfants et les vieillards. = Salive 
('"cuiueuse de certains animaux et des hydropliobes. 
= Liqueur gluante que jette le limaçon. 

BAVER, V. n., jeter de la bave. || Déborder en ne 
coulant pas droit; se dit du métal en fusion. 

BAVETTE, s, f., morceau de toile qu'on atta- 
che sur la poitrine des enfants pour recevoir leur 
bave.|liVr<? à la — , être fort jeune. UToîV/er une — , 
bavarder; fam. 

BAVEUX, EUSE, adj., qui ha\e.\\ Omelette ba- 
veuse, molle et peu cuite. Lettres baveuses, trop 
chargées d'encre et qui ne s'impriment pas bien. 

BAVIÈRE, roy. d'Allemagne, entre le Tyrol et l'Antriche. 

BAVOCHÉ, E, adj., qui n'est pas net : planche, 
épreuve bavociiée. 

BAVOCHER, v. n., imprimer sans netteté. 

BAVOCHURE, s. f., dékuit de ce qui est bavoché. 

BAVOLET, S. m., coiffure de villageoise. = 
Partie de la coiffure des femmes qui descend sur le 
chignon. 

BAVURE, s. f. , petite trace que laissent les joints 
du moule sur une pièce coulée. , 

BAYADÈRE, s. f. , danseuse et chanteuse in- 
dienne. 

BAYARD (Pierre du Terrail, seigneur de), surnommé le 
chevalier sans peur et sans reproche, un des héros les plus 
populaires de la France (1476-1 b24). 

BAYER, V. n. (pron. bëyé), regarder avec éton- 
nement et la bouche ouverte : — aux corneilles, 
regarder niaisement en l'air. |1 — après quelque 
chose, la désirer avec ardeur. 

BAYEUX, s.-préf. du départ, du Calvados. 

BAYLE (Pierre), philosophe sceptique et grand critique 
du xvn*= siècle. 

BAYLEN, bourg d'Espagne où le général Dupont capitula 
eu 1808. 

RAYONNE, vil. et port de France, au confluent de la 
Nive et de l'Adour, s.-préf. du dép. des Basses-Pyrénées. 

BAZAC, s. m., beau et fin coton de Jérusalem. 

BAZAR, s. m., marché public dans l'Orient. = 
Lieux couverts où se tiennent certains de nos mar- 
chands. 

BAZAS, s.-préî. du départ, de la Gironde. 

BD1::llium, s. m., gomme-résine de l'Arabie. 

BÉANT, E, adj., ouvert démesurément : il vomit 
de ses trois gueules béantes un sang noir (Fén.) || 
Gouffre — . Être ou rester bouche — , très-étonné, 
très -attentif, 

BÉAKN, anc. p. du S.-O. de la France. = Béarnais, e, 
adj. et s., qui est du Béarn : le — , Henri IV. 
_ BEAT, E, adj. et s., hypocrite avec un air de 
béatitude : air, ton — . Pour béate partout le peu- 
ple la renomme (Régn.) 

BÉATIFICATION, S. f.. cérémonie par laquelle 
le pape béatifie; ses effets. V. Canonisation. 

BEATIFIER, v, a., mettre au nombre des bien- 
heureux. Il Mettre au nombre des béatitudes : cette 
pauvreté évangtlique que J.-C. a béatifiée (Bourd.) 
= Rendre très-heureux ; peu us. 

BEATIFIQUE, adj., qui rend heureux, bienheu- 
reux .* vision —• se dit quelquefois ir. 

BEATILLES, s. f. pi., menues choses délicates 
qu'on met dans les pâtés, les tourtes. 



BEATITUDE, S. f., grand bonheur : on s'ima- 
gine que la vraie — est dons l'argent (Pasc.) = 
Félicilé dont jouissent les élus dans le ciel. = Ti- 
tre d'honneur donné au pape. 

BEAU ou BEL, fém., BELLE,. adj. {bel ne s'em- 
ploie que devant les noms m. s. commençant par 
une voyelle ou une h muette, excepté à la fin de 
ces noms propres, Philippe le bel, Charles le bel) , 
dont les proportions, les formes et les couleurs plai- 
sent aux yeux et font naître l'admiration; se dit 
aussi de l'esprit et de ses conceptions : un enfant 
— comme le jour ; un — visage; une —prairie. 
Rien n'est — que le vrai (Boil.) Le — sexe, les 
femmes. Le — monde, la société la plus brillante; 
personnes élégantes , bien mises : j'ai vu lu beau- 
coup de — monde {Ac.) Ma — enfant, ma — amie, 
etabs. , ma — , termes d'afïection et de tendresse 
qu'on adresse à une femme. = Pur, serein, agréa- 
ble : — jour; — temps; — saison. Les bewx jours, 
le temps de l'année le plus agréable. 1| La jeunesse; 
on dit aussi dans ce sens le — âge. Un — âge, un 
âge avancé. Un — jour, un — malin, inopinément. 
Il y a — jour, il y a — temps que, il y a long- 
temps que. = Qui possède une qualité à un degré 
supérieur : — chanteur , parleur , joueur. =: Ir. et 
fam. : voilà un — parleur, un homme qui ne dit 
rien qui vaille. Notre — raison a tout corrompu 
(Pasc.) — équipée, sottise ou maladresse. Il fera — 
quand vous me reverrez, je ne reviendrai plus. Il 
ferait — voir, il serait étrange. = Sert à marquer 
le blâme, le mépris : un — coquin; vous me la bail- 
lez belle, vous voulez m'en faire accroire. J'en ai 
appris de belles sur votre compte, on m'a appris 
vos sottises. L'échapper belle, se tirer heureusement 
d'un mauvais pas. = 11 est aussi quelquefois ex- 
plétif : à — dents; ù — deniers comptants. = Bon, 
avantageux, favorable : un — poste; un — début; 
une — affaire. = Bienséant, honnête, glorieux, gé- 
néreux , élevé : il est — à un jeune homme d'être 
modeste (Marm.) — nom; — mort; — caractère; 
— dévouement; — revenu; — somme. = Beau, 
s. m., ce qui est beau : nous faisons cas du — , 
nous méprisons l'utile (La F.) = Ce qui élève l'âme : 
le — est la splendeur du vrai (R.-CoUard) = Philos., 
une des idées nécessaires et absolues. = Faire le — , 
se pavaner; un — , un fat. = Relle, s. f., une 
femme qui a de la beauté : il était aux pieds de sa — 
(Ac.) Aimer les belles, avoir du penchant à la ga- 
lanterie ; il est quelquefois ir. = T. de jeu : jouer 
la — , la partie qui décide de tout. 

§ BEAU, JOLI. Nous avons de ce qui est beau une 
haute idée,'" ce qui est joli ne nous cause qu'un plaisir et ui- 
attrait. Le beau dans les arts ne peut être produit et ap- 
précié que par une raison supérieure; il suffit d'avoir de 
l'esprit pour produire et sentir le joli. 

BEAU, adv., bien, comme il faut : ce cheval 
porte — , il porte bien sa tête. = En — , loc. adv., 
sous une forme, une couleur favorable : voir en — , 
peindre en — . || Tout — , loc. adv., doucement, con- 
tenez-vous. = Bel et — , loc. adv., comme il faut, 
tout à fait. De plus belle, tout de nouveau. Avoir — , 
faire de vains efforts, prendre une peine inutile : 
j'ai — te le crier, mon zèle est indiscret (La F.) 
L'autorité du prince a — désarmer le glaive, elle ne 
désarme pas le cœur (Mass.) De plus — en plus — , 
en progression croissante. 

BEAUCAIRE, vil. de France (Gard) où se tient au mois 
de juillet une grande foire annuelle. 

BEAUCE, anc. pays de France, dép'udant de l'Or- 
léanais. = Baccbron, onne, adj., de Beauce ou de la Beauce 



BEC 



i04 



BEC 



BEAUCOUP, adv., en nombre, en quantité plus 
ou moins considérable, tant au physique qu'au 
moral : il n'y a pas — d'argent chez les gens de let- 
tres (Vauv.) Vous leur fîtes, Seigneur, en les croquant, 

— d'honneur (La F.) = Il s'emploie sans régime, 
lorsque ce régime se devine facilement : il demande 
■ — pour avoir peu (La Br.) = Marque l'intensité, la 
prolongation ou la fréquence d'une action : // travaille 

— pour ne rien faire qui vaille (Pasc.) = Adverbe 
de prix : cette femme croit valoir — quand elle s'est 
chargée d'or (Boss.) A — près, il s'en faut de beau- 
coup. =Ir , en petite quantité, à peine : c'est — qu'il 
sorte quelquefois de ses méditations (La Br.) = De 
— , infiniment : vous lui êtes de — supérieur» 

BEAU-FILS, S. m., BELLE-FILLE, s. f., fils, 
fille du mari ou delà femme qu'on épouse; se disent 
quelquefois pour gendre et bru. 

BEAIJFORT, ch.-l. de canton (Maine-et-Loire). = Duc 
DE —, fils naturel de Henri IV et qui joua un grand rôle 
dans la Fronde. = Comté de —, nom de deux comtés des 
États-Unis, l'un dans la Caroline du N., l'autre dans la Ca- 
roline du S. 

BEAU-FPiÈRE, s. m., BELLE-SOEUR, s. f., 
celui ou celle dont on a épousé le frère ou la sœur, 
ou qui a épousé notre frère ou notre sœur. 

BEAUHARNAIS (Alexandre), général français, né à la 
Martinique et condamné à mort en 1794, premier époux de 
Joséphine, père d'Hortense et d'Eugène. = Edgè^e de — , 
fils adoptif de Napoléon et vice-roi d'Italie de 1805 à 1814, 
mort en 1824.= Hortkrse de — , épouse de Louis-Napo- 
léon, roi de Hollande, et mère de l'empereur Napoléon III. 

BEAITJEU, ch.-l. de canton (Rhône). = An.xk de — , 
fille de Louis XI et régente de France pendant la minorité de 
Charles VI H. 

BEAITJOLAIS, ancien pays de France, dans le Lyonnais. 

BEAITLIEU. s.-préf. du départ, de la Corrèze. = Baiion 
DE — , général autrichien battu par Bonaparte à Montenotte 
et à Lodi. 

BEAUMARCHAIS, auteur dramatique rnort en 1799. 
Outre ses pièces, il a laissé des mémoires judiciaires pleins 
de verve et de malice. 

BEAITNE, s.-préf. du départ, de la Côte-d'Or. 

BEAU-PARTIR, S. m., vigueur avec laquelle un 
cheval part et arrive en ligne droite à son arrêt. 

BEAU-PÈRE, s. m., BELLE-MERE, s. f., celui, 
celle qui a épousé notre père ou notre mère, ou dont 
nous avons épousé l'enfant. * 

BEAUPRE, s. m., màt couché sur l'éperon, sur 
la proue du vaisseau. 

BEAUPRÉAU, s.-préf. du départ, de Maine-et-Loire. 

BEAUTÉ, s. f., réunion des qualités qui rendent 
beau un être ou un objet : le visage est le siège 
principal de la — (Buff.) La — du paon, la — du 
pays, du ciel, du climat. \\ Personne qui est belle : 
quel nombreux essaim d'innocentes beautés (Rac,)^ 
Les femmes belles en général : rendre hommage à la 

— (.\c.) = Se dit de3 ouvrages de l'esprit et des fa- 
ciUtés qui les produisent : — du style, des pensées, 
d'un poëme. = Détails qui concourent à former la 
beauté d'un tout : toutes les — de détail sont des 
ornements perdus au théâtre (Volt.) = Agrément, 
appas, charmes : les — d'une ville; cette femme a 
mille — (Âc.) =: Titre de certains livres composés 
dfi beaux traits d'histoire ; les — de l'histoire de 
France. = Singularité : pour la — du fait (Mol.) 

BEAUVAIS, ch.-l. du départ, de l'Oise. 
. BÉBÉ, nain de Stanislas, roi de Pologne. Il S. m., per- 
sonne de petite taille. = Femme déguisée en enfant. 

BÉBY, s. m., toile de coton d'Alep. 

BEC, s. m., partie saillante et dure qui tient lieu 
do bouche aux oiseaux. ^] Avoir — et ongles, savoir 



se défendre. II Bouche et langue de l'homme : ce gibier 
vous passera loin du — . Avoir bon — , parler avec 
vivacité, hardiesse, malice. Avoir le — bien affilé, 
savoir bien répondre. Coup de — ^ trait piquant. Se 
prendre de — ; triv., se quereller. Mener par le — , 
gouverner. Tenir quelqu'im le — dans l'eau, l'amuser 
de vaines promesses. Caquet bon — , nom de la pie ; 
Il femme bavarde; fam. H Ce qui a la forme d'un 
bec : — de plume, d'aiguière, de navire, etc. =. Cha- 
cune des pointes d'une ancre. = Partie d'une lampe 
par où sort la mèche. =r Pointe de terre au con- 
fluent de deux rivières : le — d'Ambez. •= Bec- 
COURBÉ, s. m., sorte d'oiseau aquatique. — croche. 
8. m., le jeune ibis rouge. — croisé, s. m., oiseau 
Sylvain granivore. — d'âne, s. m., outil de menui- 
sier, de serrurier; instrument de chifurgie servant 
à retirer les balles d'une plaie. — de-cane, s. m., 
serrure sans clef, qui s'ouvre au moyen d'un bou- 
ton. — DE-coRBiN, s. m., instrument, outil courbé 
et terminé en pointe; canne à — de-corbin, dont la 
poignée a celte forme. =:r Instrument de chirurgie 
pour retirer des plaies les corps étrangers et nuisi- 
bles. — DE-CROSSE, s. m., partie recourbée du fusil 
des fantassins. — de-grle, s. m., espèce de géra- 
nium. — de-lièvre, s. m., difformité qui consiste 
dans la division verticale de la lèvre supérieure ; || 
celui qui a celte difformité. — de-perroquet, s. 
m., nom vulgaire de plusieurs coquilles univalves. 

— EN-ciSEAUXj s. .m., oiseau de l'ordre des palmi- 
pèdes. — FIN, s. m., nom sous lequel on comprend 
tous les passereaux qui ont le bec droit et lin. = 

— OUVERT, s. m., genre de hérons que l'on ren- 
contre dans l'Inde et dans l'Afrique. 

BÉCARD, s. m., saumon mâle. 

BÉCARDE, s. f., pie-grièche de la Guiane. 

BÉCARRE, s. m., signe que l'on met devant une 
note de musique haussée ou baissée d'un demi-ton, 
pour la rétablir dans son ton naturel. = Adj., mar- 
qué d'un bécarre. 

BECCARIA, publiciste et économiste italien du xviu* 
siècle. = Savant physicien italien de la même époque. 

BECASSE, s. f., passereau longiroslre, de l'ordre 
des échassiers. H C'est une — , se dit d'une femme 
sans esprit; triv. Brider la — , attraper, tromper 
quelqu'un. = Outil de vannier. = Nom vulgaire de 
quelques poissons et de plusieurs coquilles. 

BÉCASSEAU, s. m., espèce de petite bécasse. = 
Petit de la bécasse qu de la bécassine. 

BÉCASSINE, s. f., oiseau de passage, plus petit 
que la bécasse, et qui lui ressemble. \\Tirer la — , 
ou et /a — ; prov. , cacher sa supériorité , son 
adresse. 

BECFIGUE, s. m., espèce de gobe-mouches de 
notre pays. =r Becfigues, s. m. pi., petits oiseaux 
à bec menu d'un goût fin et délicat. 

BÉCHAMEL OU BÉCHAMELLE, s. f., espèce de 
sauce blanche. 

BÉCHARD, S. m., houe à deux branches larges 
et pointues. 

BÊCHE, s. f., outil de jardinage, en forme de 
pelle plate. 

BECHER, V. a., remuer la terre avec une bêche. 

BÉCHET, s. m., espèce de chameau. 

BÉCHIQUE, adj., que l'on em[)loie contre la 
toux. = S. m., remède béchique. 

BEC- JAUNE (pr. béjaune). s. m., jeune oiseau ; || 
se disait autrefois de l'apprenti qui devenait ouvrier, 
des jeunes étudiants reçus dans la corporation par 
leurs aînés. =: Régal payé en cette circonstance. = 



BÉG 



Bienvenue que doit payer tout nouveau venu dans 
un corps. 

BECKET (Thomas), archevêque de Cantorbéry, assassiné 
à riûstigati.tn du roi d'Angleterre, Henri II, eu 1170. 

BECQUÉE ou BÉQUÉE, s. f., quantité de nour- 
riture qu'un oiseau peut prendre avec le bec, pour 
la donner à ses petits. = Nourriture que l'oiseleur 
introduit dans le bec d'un jeune oiseau. 

BECQUETER ou BÉQUETER, v. a., donner des 
coups de bec; |1 manger; pop. = Se — , v. pr., se 
battre ou se caresser avec le bec. 

BECQUILLON, s. m,, bec d'un jeune oiseau de 
proie. 

BEDAINE, s. f., gros ventre; fani. 

BEDEAU, s. m., bas ofïlcier d'une église, portant 
verge ou masse. =:Se disait autrefois de l'employé 
de l'Université qu'on appelle au'iouvà'hm appariteur. 

BEDFORT, vil. et comté en Auj^leterre et aux États-Unis. 

BEDON, S. m., vieux mot qui signifiait tambour. 
\\Gros — ; fam., gros et gras. 

BÉDOnx, IXE, s. et adj., Arabe du désert, ordinai- 
rement adonné au brigandage. ^ Langue qu'il parle. 

BÉE, s. f. (vieux mol), risée, moquerie; |] espoir, 
désir. = Il n'est plus usité que dans celte locution : 
tonneau à gueule — , défoncé par un bout. Syno- 
nyme d'Abée. V. ce mol. 

BEEFSTEAK (pron. bifteck), s. m., morceau de 
filet de bœuf qu'on coupe par tranches, et qu'on fait 
cuire sur le gril. 

BÉER, v. n. et défectif, tenir la bouche ouverte, 
regarder avec curiosité : aller dans la rue pour -^ 
comme les autres (Sév.) = Désirer avec ardeur : qui 
ne BÉE point après la faveur des princes^ (Mont.) 

BEETHOVEN, compositeur allemand mort en 1827, 
auteur d'admirables symphonies. 

BEFFROI, s. m., tour ou clocher d'où l'on fait 
le guet, et où il y a une cloche pour sonner l'alarme; 
la cloche elle-même ou la charpente qui la porte. = 
Grive de la Guiane. 

BÉFORT ou BELFORT, s.-préf. du départ, du Haut- 
Rhin. = Trouée de — , espace dépourvu de défenses natu- 
relles entre les Vosges et le Jura, par où les alliés pénétrè- 
rent en France en 1 8 i 4 . 

BÉGAIEMENT, s. m., défaut de celui qui bégaie. 
=:Vice de prononciation. = Premiers essais que 
fait l'enfant pour exprimer ses pensées. 

BÉGAYER, V. n , articuler mal les mots, les 
couper en les prononçant, ou répéter plusieurs fois 
la même syllabe. || Commencer h parler : les enfants 
commencent à — à douze ou quinze mois (Buir.) = 
Parler d'une manière vague ou imparfaite de ce 
qu'on ne sait pas bien : en bégayant, prêcher la vé- 
rité (Boil.) = V. a., prononcer d'un ton mal assuré : 
au sortir du berceau fai bégayé des vers (Volt.) 
V. Balbutier. 

BEGLER-BEY ou BEYLER-BEY (mot turc, prince 
des princes), s. m., titre donné au vitfe-roi ou gouverneur 
de la Roumélie. 

HÉGU, Ë, adj., se dit d'un cheval qui marque 
après avoir passé l'âge. 

RÈGUE, adj. et s., qui bégaie en parlant. 

BÉGUETTES, S. f. pi., pinces de serrurier. 

BÉGUEULE, 8. f., terme injurieux qui se dit fam. 
d'une femme prude avec hauteur, ou dédaigneuse 
avec impertinence. Faire la — , affecter ridicule- 
ment la modestie et la vertu. = Adj. : cette femme 
est bien — (Ac.) 

BÉGUEULERIE, 8. f., caractère, conduite d'une 
bi;gueule : on ne peut supporter sa — . 

BÉGUIN, 4. m., capuchon que portaient les bé- 



105 BEL 

guines. = Coiffe pour les enfants, qu'on leur attache 
sous le menton avec une petite bride. 

RÉGUINAGE, s. m., couvent de béguines. = 
Dévotion puérile et atïectée. 

BÉGUtNE, s. f.; au moyen âge, on donnait ce 
nom à des religieuses dont l'ordre fut supprimé sous 
Louis XI. Elles se sont conservées dans les Pays- 
Bas jusqu'à la fin du xviir siècle; il en existe même 
encore à Tongres. || Dévote minutieuse ou fausse. 

BÉGUM, s. f., titre d'honneur des princesses de l'Hia- ■ 
doustan. 

BÉHÈNE, s. f. , corde avec laquelle on attache les 
vaches dans l'étable. 

BEHRING ou BERING, navigateur danois du xviii« siè- 
cle. = Détroit de — , qui unit l'océan Pacifique à l'océan 
glacial Arctique. = Mer de -^, au N.-O. de l'Asie. 

BEIGE, adj., se dit de la laine qui a sa couleur 
naturelle. = S. f., serge faite avec cette laine. 

BEIGNET, s. m. , pâle frite dans laquellese trouve 
un morceau de fruit, le plus souvent de pomme. 

BEIRA, p. centrale du Portugal. 

BEIRAM. Y. Bairam. 

BÉ JAUNE. V. Bec- JAUNE. 

BEL, BELLE. V. BeAU. 

BÉLANDRE , s. f., petit bâtiment de transport, 
à fond plat. = Caisson à rideaux qui sert à trans- 
porter les militaires malades. 

BÊLANT, E, adj., qui bêle. =: Bœuf saignant, 
mouton — ; prov., il ne faut pas trop faire rôtir la 
viande de bœuf, ni celle de mouton. 

BELEMENT, s. m., cri naturel de^ béliers, des 
moutons, des agneaux, des brebis et des chèvres. 

BÉLEMNITE, s. f., genre de coquilles fossiles 
en forme de doigt ou de fer de lance. 

BÊLER, V. n., pousser des liêlenients. 

BEL-ESPRIT, s. m., personne qui affiche son es- 
prit ou qui affecte d'en avoir : ihi'y a pas de gens plus 
méprisables que les petits beaux-esprits (Mont.) = 
Écrivain spirituel. = Adj. : homme, femme — . 

BELETTE, S. f., petit mammifère sauvage et car- 
nassier : dame — au long corsage (La F.) 

BELGE, adj., de la Belgique ou qui y a rapport, ii S., 
habitant, habitante de ce pays. 

BELGIQUE, roy. d'Europe au N.-E. de la France. 

BELGRADE, vil. forte de la Turquie d'Europe. 

BÉLIAL, divinité des Sidoniens. ii Dans la Bible, ce mot 
désigne le démon : les enfants de — , les impies. 

BÉLIER, s. m., mâle de la brebis. ^ Signe du 
zodiaque où le soleil entre au mois de mars. = Ma- 
chine de guerre, chez les anciens, pour renverser les 
murailles. — hydraulique , machine pour élever 
l'eau d'une rivière au moyen de la force même du 
courant. 

BÉL1ÈRE, s. f., sonnette du bélier qui conduit 
le troupeau. = Anneau auquel on suspend une 
lampe d'église ou le battant d'une cloche. = Anneau 
d'une pendeloque, d'un pendant d'oreille; anneau 
auquel est suspendu le fourreau d'un sabre. 

BÉLISAIRE, général de l'empereur d'Orient Justinienll. 
Après avoir chassé les Vandales de l'Afrique et les Golhs de 
l'Italie, il fut disgracié et réduit, selon la légende, à mendier 
son pain, il Être réduit au sort de — , mendier. 

BÉLÎTRE, S. m., homme vil et misérable 

BELLAC, s.-préf. du départ, de la Haute-Vionne. 
BELLADONE, BELLA-DONA ou BELLE-DAIHE, 
s, f., plante vénéneuse delà famille des solanées.= 
Papillon du chardon. 

BELLÂTRE, adj. et s., qui a un faux air de 
beauté, une beauté mêlée de fadeur. 

BELLE-CHEVREUSE, s, f., variété de pêche. 



BKN. 106 

BÉLLË-DE-JOtJR, s. f., espèce de liseron ou | 
de convolvulus à fleurs Lieues et blanches. 

BELLE-DE-NUIT, S. f., plante exotique à fleurs 
rouges ou jaunes. 

BELLE-DE-ONZE-HEURES, S. f., plante de la 
famille des liliaoées. 

BELLE-FILLE. V. BeAU-FILS. 

belle-Île, île sur les côtes de la Bretagne. 

BELLEMENT, adv., doucement, avec modéra- 
tion . 

BELLE-MÈRE. V. B EAU-PÈRE. 

BELLES-LETTRES. V. LETTRES. 

BELLE-SOEUR. V. BeAU-FRÈRE. 

BELLEVILLE, commune de Paris, autrefois dans la 
banlieue. On y opposa une vive résistance aux alliés en 1814. 

BELLEY, s.-préf. du départ, de l'Ain. 

BELLICANT, s. m,, nom donné à latrigle, pois- 
son des côfes de France. 

BELLIGÉRANT, E, adj., qui est en guerre. 

BELLIIVI, compositeur de musique italien, mort en 183b. 

BELLIQUEUX, EUSE, adj., qui aime la guerre 
ou la lutte; martial, courageux ; prince, peuple — . 
L'humeur de l'Egypte n'était pas belliqueuse (Boss.) 
= Qui excelle dans l'art de la guerre : les peuples 
les plus — cédaient aux Romains (Id.) 

BELLÏSSIME (superlatif de bel), adj., très-beau; 
lam.=:S. f. , variété de poire et de tulipe. 

BELLON, s. m., grand cuvier de pressoir à cidre. 
Il Cuve à raisins. = Maladie d'entrailles causée par 
les exlialaisons des mines de plomb. 

BELLONE, déesse de la guerre; il la guerre. = S. f., 
variété de figue. 

BELLOT, E, adj. et s., petit enfant mignon. 

BELLOTTE, S. f., chêne d'Afrique à glands 
doux. 

BELLUNE, vil. et p. de la Vénétie. = Duc de — , Vic- 
tor Perrin, plus connu sous le nom de maréchal Victor. Il 
se distingua dans toutes les campagnes de l'Empire et resta 
tidèle à Louis XVIII pendant les Cent-Jours. Mort en 1841. 

BELNEAU, S. m., tombereau pour le transport 
du fumier. 

BÉLOTTER, V. n., ne se dit qu'en parlant du 
cri de la belette. 

BÉLOUTCHISTAN, vaste contrée et État de l'Asie mé- 
ridionale. 

BELOUZE, s. f., pièce montée sur le tour du 
potier d'étain. 

BELT, nom de deux détroits de la mer Baltique. 

BÉLUGA, s. m., cachalot des mers du Nord. 

BELVÉDER OU BELVÉDÈRE, S. m., petit pa- 
villon au haut d'une maison, au fond d'un jardin ou 
d'un parc. = Petit pavillon, berceau ou terrasse sur 
une hauteur, d'où la vue s'étend au loin. 

BELVISIE, s. f., genre de plantes cryptogames, 
voisin des fougères. 

BELZÉBUT, nom du démon, du malin esprit. = S. m., 
singe du genre atèle. 

BEM, général polonais qui s'est fort signalé dans la der- 
nière guerre de la Hongrie contre l'Autriche; mort eu 1850. 

BEMBO (Pierre), cardinal et écrivain cicéroniendu com- 
mencement du xvi'' siècle. 

BEMOL, s. m., caractère de musique qu'on met 
devant une note pour la baisser d'un demi-ton. 

BÉMOLISER, V. a., marquer d'un bémol. 

BEN, s. m., arbre des Indes, dont les noix don- 
nent une huile employée dans la parfumerie. 

BÉNARDE, s. f., serrure qui peut s'ouvrir des 
deux côtés. = Adj. f. : clef, serrure — . 

BÉKARÈS, vil. sainte des Hindous, dans l'Hindoustan 
anglais (présidence du Pendjab). 



BEN 

BÉNATE, 8. f., caisse d'osier en usage dans les 
salinps; son contenu : une — de sel. 

BÉNAUT, s. m., baquet cerclé, avec deux mains 
de bois. 

BÉNÉDICITÉ (motlat.), s. m.; inv., prière qu'on 
fait avant le repas. 

BÉNÉDICTIN, INE, S., religieux, religieuse de l'ordre 
de Saint-Benoît, ii C'est un vrai — , un homme savant et labo- 
rieux, = Bénédictins (ordre des), fondé au vi^ siècle par' saint 
Benoît de Nursia. Aucun ordre religieux n'a fourni à l'Église 
ni au monde savant plus de personnages célèbres ; supprimé 
en France en 17 90. 

BÉNÉDICTION, s. f., action de bénir : — d'une 
église, des drapeaux. = Acte par lequel un minis- 
tre du culte bénit les assistants en faisant sur eux 
le signe de la croix : — épiscopale. — nuptiale, cé- 
rémonie religieuse du mariage. = Acte par lequel 
les parents appellent sur leurs enfants la protection 
divine : la solennelle — que Jacob reçut d'Isaac 
(Boss.) = Grâce, faveur particulière du ciel. || Maison, 
pays de — , où tout abonde. Il a été battu, que c'est 
une — ; fam. et ir., à outrance. = Au pi., vœux 
en faveur de quelqu'un; actions de grâces: les airs 
retentissent de leurs bénédictions (Mass.) 

BÉNÉFICE, s. m., grand profit; gain fait dans 
une entreprise commerciale. Représentation à — , 
donnée au profit de quehiu'un. = Privilège accordé 
par la loi ou par le prince : — d'ûge, privilège ac- 
cordé à un mineur de gouverner ses biens avant sa 
majorité. — d'inventaire, à un héritier de ne payer 
les dettes et les charges que jusqu'à concurrence des 
biens qu'il a recueillis. || Par ou sous — d'inventaire, 
jusqu'à plus ample information. = Nom que l'on 
donnait, au moyen âge, aux terres que les chefs 
d'armée distribuaient à leurs compagnons d'armes. 
= Dignité, titre ecclésiastique, accompagné d'un 
revenu, — à charge d'âmes, dont le titulaire devait 
administrer les sacrements. |1 II faut prendre le — 
avec les charges, il faut subir les incommodités d'une 
chose qui nous est avantageuse. = Lieu où est l'é- 
glise et le bien du bénéfice. V. Gain, 

BÉNÉFICENCF, s. f., mot inventé par J.-J. Rous- 
seau ;syn. de Bienfaisance, 

BÉnÎÉFICIABLE, adj., qui peut procurer du bé- 
néfice ; entreprise, commerce — ; peu us. 

BÉNÉFIQAIRE, adj. et s., qui accepte un héri- 
tage sous ^néfice d'inventaire. = Au bénéfice de 
qui on donne une représentation théâtrale. 

BÉNÉFICIAL, E, adj., qui concerne les béné- 
fices ecclésiastiques : matières bénéficiales (Ac.) 

BÉNÉFICIATURE , s. f., bénéfice accordé aux 
fonctionnaires ecclésiastiques inférieurs. 

BÉNÉFICIER, s. m., celui qui a un bénéfice ec- 
clésiastique : le — 7î'est pas propriétaire (Fleury). 

BÉNÉFICIER, v. n., faire quelque profit. = , 
Tirer le métal du minerai. 

BENET, s. et adj. m., homme bon jusqu'à la bê- 
tise : — qu'on se promettait de mener par le nez 
(Did.) V. Niais. 

BÉNÉVENT, vil. forte d'Italie. = Prince db — , V. Tal- 

LEYRAiSD. 

BÉNÉVOLE, adj., qui est ou que l'on suppose 
favorablement disposé : lecteur, auditeur, public — . 

BÉNÉVOLEMENT, adv., volontiers, par un sen- 
timent de bienveillance : accorder — , 

BENGALE, p. de l'empire Mogol dans l'Hindoustan, 
appartenant à l'Angleterre. =^ Présidence du — , la plus 
riche des quatre grandes divisions de l'Hindoustan anglais, 
= Golfe du — , portion de l'océan Indieu comprise entre 
les deux presqu'îles de l'Inde. 



BÉQ 



107 



BER 



BENGALI, s. m., idiome parlé dans le Bengale. 
= Petit oiseau granivore de ce pays. 

BENGUELA, coTitrée et roy. d'Afrique, au S. de la 
Guinée Les Portugais y possèdent plusieurs comptoirs. 

BÉINI, E, part. pas. du verbe bénir, et qui en a 
toutes les acceptions, excepté celle que nous indi- 
quons la première. V. Bémr. 

BÉXIGIVEMEiVT, adv., avec bénignité. 

BÉMGMTÉ, s. f., grande bonté; se dit des 
choses qui exercent une influence salutaire : — du 
soleil (J.-J.)=: Appliqué aux personnes, ce mot dé- 
signe une bonté facile et quelquefois sotte. 

BÉKIN, IGNE, adj., plein de douceur et d'hu- 
manité : naturel — . Mari — , trop facile. = Dont 
rinfluence est favorable : astre — . = Qui n'ofïre 
rien d'alarmant, qui agit sans violence : fièvre bé- 
nigne, remède — . 

BÉXIN. petit roy. d'Afrique, au N. de la Guinée. 

BÉXIR, V. a., consacrer au culte avec le? céré- 
monies religieuses : — une église. — un mariage, des 
époux, les marier suivant le rit religieux. := Faire 
des prières pour attirer la bénédiction du ciel : — 
des armes, des drapeaux. — les assistants, faire sur 
eux le signe de la croix. =: Appeler la protection de 
Dieu sur : Isaac bénit Jacob au préjudice d'Ésail 
(Boss.) Il Louer avec recoimaissance; rendre grâces : 
— la mémoire de quelqu'un (Ac.) — Dieu, le ciel. 
= Se' féliciter de : vous me faites — les malheurs 
qui m'ont attiré de tels amis (J.-J.) = Combler de fa- 
veurs, faire prospérer : Dieu bénissait ses travaux 
(Fléch.) Dieu vous bénisse! façon polie de parler à 
quelqu'un qui éteruue, à un pauvre auquel on n'a 
rien à donner; || ir., se dit à quelqu'un dont on est 
mécontent. 

BÉNISSABLE, adj., néol., qui peut être béni. 

BÉMT, E, part. pas. du verbe bénir, mais seu- 
lement dans le sens que nous avons indiqué le pre- 
mier. V. Dénir. 

BÉNITIER, s. m., vase ou bassin qui contient de 
l'eau bénite. |i Se démener comme un diable dans 
un — , s'agiter beaucoup. = Coquille univalve. 

BENJAMIN, dernier fils de Jacob et de Rachel, tendre- 
ment aimé de son père, il S. m., enfant préféré, gâté, plus 
aimé de ses parents que ses frères ou sœurs ; fam. 

BENJOIN, s. m., résine aromatique . d'une es- 
pèce d'aliboufier. v 

BENNE, s. f., sorte de chariot. = Vaisseau de 
bois pour porter la vendange, la houille, etc. 

BENNINGSEN (comte de), général russe battu par Na- 
poléon à Eylau et à Friedland. 

BENOÎT, E, adj., saint, dévot : un — person- 
nofje, iron. 

BENOÎTE, s. f., genre de plantes de la famille 
des rosacées. 

BENTHAM (Jérémie), pubiiciste et philosophe anglais. 

BENTHEIM, vil. cap. du comté de Hanovre. = Nom 
de plusieurs principautés d'Allemagne. 

BENTINCK, noble famille d'Angleterre dont plusieurs 
membres ont rempli des postes importants. 

BENZINE, s. f., liquide oléagineux, incolore et 
transparent qui sert à dégraisser. 

BENZOATE. s. m, , sel tormé par l'union de l'a- 
cide benzoïque avec une base salifiable. 

BENZOÏQUE, adj. : acide — , qu'on trouve dans 
le benjoin et dans plusieurs substances végétales. 

BÉOTIE, contrée et p. du N.-E. de la Grèce. = Bko- 
TABQCE, s. m., titre que portait le premier magistrat chez 
les Béotiens. == Béotien, ne, adj., qui est de la Béotie ou 
qui s'y rapporte, ii Lourd et illettré. ^ Béotismk, s. m., 
néol., stupidité de Béotien. 

BEQUET, s. m., petite pièce ajoutée à un sou- 



lier. ■=! Petit papier écrit, et ajouté à une copie, à 
une épreuve. 

BÉQUILLARD, s. m., vieillard à béquilles; fam. 

BÉQUILLE, s. f., bâton surmonté d'une petite 
traverse, sur lequel on s'appuie pour marcher. = 
Petit instrument de jardinage. 

BÉQUILLER, v. n., marcher avec une béquille. 
= V. a., labourer légèrement avec la béquille. 

BER, s. m., appareil de charpente et de corda- 
ges qui supporte un bâtiment en construction. 

BÉRANGER (Pierre-Jean de), célèbre poëte et chan- 
sonnier français de notre siècle. 

BERBER, nom d'un peuple indigène du N. et du centre 
de l'Afrique. 

BERBÉRIDÉES, s. f. pi., famille de plantes qui 
a pour type le genre berberis. 

BERBEUIS, s, m., plante fort commune dans les 
haies, à fleurs rouges et acides, épine-vinette. 

BERCAIL, s. m., inv., lieu où l'on enferme les 
troupeaux. || Giron de FÉ^lise catholique : ramener 
au — , un hérétique dans le sein de l'Église ; || quel- 
qu'un à des sentiments de piété ; ramener dans la 
maison paternelle. 

§ BERCAIL, BERGERIE. Le premier désigne l'étable 
même où sont enfermes les troupeaux; tandis que le second 
s'applique à tout le quartier d'une ferme destiné au berger 
et à ses troupeaux. 

BERCE, s. f., genre de plantes ombellifères dont 
la plus connue est la branche — , ursine bâtarde. 
= S. m., petit oiseau à plumage cendré. 

BERCEAU, s. m., petit lit mobile d'enfant à la 
mamelle. |1 La plus tendre enfance : il n'y a d'a- 
mours survivant au tombeau que celles qui sont nées 
au — (B. de St-P.)|| Source, commencement d'une 
chose ; lieu où elle a commencé : — du monde. Les 
arts étaient encore au — (Ac.) Mayence a été le — . 
de l'imprimerie (V. H.) Le château de Habsbourg, le 
— de la maison d'Autriche (id.) = Charmille ou 
treillage en voûte, sur lequel on fait monter des 
plantes ou de la vigne : allée en — , allée couverte. 
= Voijte en plein cintre. — d'eau, formé par deux 
rangées de jets obliques qui se croisent. 

BERCELLE, s. f., pince d'émailleur. 

BERCELONNETTE, s. f. V. BaRCELONNETTE. 

BERCER, V. a.,*' balancer, remuer le berceau 
d'un enfant pour l'endormir. || Endormir : cela me 
berce (Did.) Il Agiter doucement : le flot que j'ai 
franchi revient pour me — (Lam.)=: Leurrer, amu- 
ser : quelque sot espoir dont leur orgueil les berce 
(Boil.) — de sornettes, amuser avec des contes fri- 
voles. On m'a bercé de ces contes-là, on me les a 
mille fois répétés, = Se — , v. pron., se flatter 
vainement, s'abandonner à des idées chimériques : 
j'aime à me — dans mes châteaux en Espagne (J.-J.) 
z= S'agiter doucement ; se dit des chevaux qui se 
balancent en marchant. 

BERCEUSE, s. f., femme chargée de bercer un 
enfant; chanson faite pour endormir un enfant. = 
Air sur lequel on la chante. 

BERCY, bourg au S.-E. de Paris, aujourd'hui annexé ; 
grand entrepôt et commerce de vins. 

BÉRÉSINA , riv. de la Russie d'Europe, tristement cé- 
lèbre pa*r le passage désastreux des Français en 1812. 

BÉRET, s. m. , coiffure des paysans basques. = 
Sorte de toque de laine, ronde et plate. 

BERG, ancien grand-duché d'Allemagne, aujourd'hui en- 
clavé dans la Prusse. = Grand-duc de — , V. Murât. 

BERGAME, vil. forte du roy. d'Italie. = Ancienne ta- 
pisserie de peu de valeur. 

BERGAMOTE, s. f., poire fondante d'un très- 



BER 



108 



BES 



î)on goût. = Orange très-odoranfe. = Petite boîte 
(doublée avec des écorces de cette orange. 

BERGE, s. f., bord relevé ou escarpé d'une ri- 
vière, d'un fossé, d'un chemin. = Rocliers élevés 
à pic au-dessus de l'eau. = Chaloupe étroite. 

BERGEIV, ÈRE, s., celui, celle qui a la garde et 
le soin d'un troupeau de bêtes ovines; par ext., 
quiconque est chargé de conduire un troupeau : 
telle qu'une bergère aux plus beaux jours de fête 
(Boil.) Il Amant, amante, dans la poésie pastorale et 
d'opéra-comique : l'heure du — , le moment favo- 
rable aux amants. Étoile du — , planète de Vénus. 

§ BERGER, PASTEUR, PATRE. Le berger garde 
proprement et seulement des moutons et des brebis. Les 
deux autres désignent des gardiens de toute espèce de bes- 
tiaux. Quand ils sont synonymes, berger est le mot commun, 
pasteur le mot relevé, et pâtre le mot bas. 

BERGEN, vil. et port de la Norvège. = Vge de Hol- 
lande où Brune battit les Anglo-Russes en 1799. 

BERGERAC, s.-préf. du départ, de la Dordogne. 

BERGÈRE, s. f., grand fauteuil à coussins. 

BERGERETTE, s. f., jeune bergère, poét. et 
badin. = Vin mixlionné avec du miel. 

BERGERIE, s. f., étable pour les bêtes ovines, j] 
Enfermer le loup dans la — , laisser quelqu'un dans 
un lieu où il peut faire aisément beaucoup de mal. 

BERGERON, s. m., petite casaque des gens qui 
travaillent sur les ports. 

BERGERONNETTE, s. f., joli petit oiseau au 
bec droit et fin et à longue queue. 

BÉRICHON, s. m., nom vulgaire du troglodyte. 

BERLE, s. f., genre de plantes ombellifères; le 
cresson sauvage et la grisole en sont des espèces. 

BERL1\, vil. cap. du roy. de Prusse. 

BERLINE, S. f., sorte de carrosse. 

BERLINGOT., S. m., petite berline coupée. 

BERLOQUE OU BRELOQL'E, s. f., batterie de 
tambour qui annonce les repas, les distributions, etc. 
Il Battre la — , divaguer, déraisonner; fam. 

BERLUE, s. f., éblouissemenl passager. \\ Avoir 
la —, mal voir, juger mal des choses; fam. 

BEUME, s. f., chemin étroit entre le pied du 
rempart et le fossé, entre une levée et le bord d'un 
canal ou d'un fossé. 

BEUMUDES (les), archipel de Tocéau Atlantique, dé- 
pendant de l'Amérique du Nord. 

BERMUDIENNE, s. f., genre de plantes iridées. 

BERNABLE, adj., digne d'être berné; fam. 

BERNADOTTE. V. Charles XIV. 

BERNARD (saint), grand prédicateur du xii' siècle. 

BERNARD, duc de Saxe-Weimar, lieutenant de Gustave- 
Adolphe, mort en 1639. 

BERNARD (grand Saint-, petit Saint-), deux montagnes 
des Alpes sur chacune desquelles se trouve un couvent et un 
hospice pour les voyageurs. 

BERNARDIN DE SAINT-PIERRE, auteur de l'admi- 
rable petit roman de Paul et Virginie, des Etudes de la 
Nature, etc.; mort en lSi4, 

BERNARDIN, E, adj. et 8., de l'ordre de saint 
Bernard. 

BERNAT, s.-préf. du départ, de l'Eure. 

BERNE, vil. et cant. de la Suisse. 

BERNE, 8. f., mauvais tour qui consiste à faire 
sauter quelqu'un en l'air sur une couverture qu'on 
tient tendue pour le recevoir et le renvoyer.]! Rail- 
lerie, moquerie. = Mar. : mettre le pavillon en — , 
le plier en signe de deuil ou de détresse. 

BERNEMENT, s. m., action de berner. H Mo- 
querie; fam. et peu us. 

BERNER, V. a., faire sauter en l'air avec une 
couverture. JlSe moquer de; fam. 



BERNEUR, EUSE, s., celui, celle qui berne. 

BERNICLES, s. f. pi. (vieux mot), sornettes, 
riens. = Espèce de supplice chez les Sarrasins. 

BERNIQUE, interj., exprime la déception : je 
croyais le trouver chez lui, mais — ! (Ac.) 

BERNIQUET, s. m., bahut pour mettre le son.|| 
Mettre, réduire, envoyer au — , ruiner; pop. 

BERRE, ch,-l. de canton des Bouches-du- Rhône, sur l'é- 
tang du même nom. 

BERRI ou RERRT, anc, p. du centre de la France. = 
Berrichon, onue, s. et adj., qui est du Berri ; quiy a rapport. 

BERTAVELLE, s. f.. nasse de jonc. 

RERTHE, nom de plusieurs princesses du moyen âge. I 
Au temps où la reine — filait, il y a très-longtemps. 

BERTHIER (Alexandre), lieutenant et ami de Napoléon 
qui lui donna tes titres de prince de Neuchâtel et de Wa- 
gram; mort en 1815. 

BERTRAND (comte), général de l'Empire, qui suivit 
Napoléon à File d'Elbe et à Sainte-Hélène. 

BÉRUSE, s. f., sorte d'étoffe de Lyon. 

BERWICK, fils naturel du duc d'York (depuis Jacques II) 
et de la sœur de Mariborough, fait maréchal par Louis XIV; 
il remporta en Espagne l'importante victoire d'Almauza. 

BÉRYL, s. m., variété d'émeraude. 

BESACE, s. f., sac ouvert par le milieu et fermé 
par les deux bouts, formant ainsi deux poches. || 
Être réduit à la — , être ruiné; fam. V. BisSAC. 

BESACIER, s. m., celui qui porte besace; fam.|| 
Le fabricateur souverain nous créa besaciers tpus de 
môme manière (La F.) 

BESAIGRE, adj., se dit d'un vin, d'une liqueur 
qui tourne à l'aigre. = S. m., saveur qui approche 
de celle du vinaigre. 

BESAIGUÈ, s. f., outil de charpentier, taillalit 
parles deux bouts. = Marteau de vitrier. = Oulilde 
cordonnier pour polir. 

BESANÇON, ch.-I. du départ, du Doubs, anc. cap. de 
la Franche-Comté. 

BESANT, s. m., monnaie du Bas-Empire im- 
portée en France vers le xn^ siècle. = Blas., pièce 
de monnaie que les paladins mettaient sur leur écu 
au retour de la croisade. 

BESET, s. m., le coup de deux as au tric-lrac. 

BESI, s. m., mot qui entre dans le nom de plu- 
sieurs espèces de poires : — d'Heri, — de la Motte. 

BESICLES, s. f. pi., lunettes à branehes qu'on 
met sur le nez : en venir à bout à grand renfort 
de — (P.-L. C.) Il Prenez vos — , examinez mieux. 

BÉSIGUE, s. m., jeu de citf|es, qu'on joue d'or- 
dinaire avec deux jeux de piquet. 

BESOCHE, s. f., pioche élargie par un bout et 
pointue de l'autre. = Bêche de pépiniériste. 

BESOGNE, s. f., ouvrage, travail que l'on a ou que 
l'on a eu besoin de faire. S'endormir sur la — , travail- 
ler nonchalamment. Aller vite en — , faire beaucoup 
d'ouvrage, || agir avecprécipitation. Faire plusde bruit 
que de — , parler plus qu'on n'agit. Donner bien de 
la — à, susciter des embarras, des ennuis à. = Au- 
trefois, petites hardes qu'on portait avec soi, et par 
ext., ressource : le galant^ pour toute — , avait un 
brouet clair (La F.) 

BESOIGNEUX, EUSE, adj., qui est dans le be- 
soin, dans la gêne ; fam. 

BESOIN, s. m., rapport des êtres avec les choses 
qui leur sont nécessaires : nous sommes conformés 
pour avoir — de nourriture (Cond.) = Chose qui est 
l'objet du besoin : le tabac est devenu pour lui un 
— (Ac.) Il La pureté de l'âme est le — de la vie 
(Mme de Duras). = Malaise, inquiétude qui résulte 
de la privation d'un objet nécessaire ou regardé 
comme tel, et qui nous pousse à le rechercher : les 



BET 



i09 



BÉZ 



BESOINS de r homme varient avec les habitudes (B. de 
St-P.). Tout désir est un — , une douleur commencée 
(Volt.) = Se dit aussi au moral : l'amour suffit pour 
occuper le cœur, et n'a pas — de variété (Duel.) 
Avoir — de, suivi d'un infinitif, être dans l'obliga- 
tion, dans la nécessité de : malheur ù qui a — de 
lire des livres pour être honnête homme (D'Al.). Le 
pouvoir absolu n'a pas — de mentir (Napol.) Est-il — , 
qu'est-il — ? est-il, qu'esl-il nécessaire? = Faim, 
indigence : nous étions épuisés de fatigue et de — 
(B. de St-P.) Se trouver dans le — . Sojjez compatis- 
sants aux BESOINS des pauvres (Slass.) Si l'on ne pour- 
voit à leurs — (Bourd.) — naturel, ou abs. be- 
soin, besoin du corps qui résulte de la digestion. 
= Péril, circonstance difficile : le — de l'État dé- 
fend de plus attendre (Mass.) Quel important — vous 
a fait devancer l'aurore? (Rac.) = Au — , s'il le faut. 
V. Pauvreté. 

BESSARABIE, p. au S. de la Russie d'Europe. 

BESSARION, cardinal du xy= siècle qui contribua puis- 
samment à la renaissance des lettres. 

BESSIÈRES, intrépide lieutenant de Napoléon, qui le fit 
maréchal d'empire et duc d'Istrie. 

BESSIN, ancien petit pays de France, qui faisait partie 
de la Basse-Normandie. 

BESSON, NE (vieux mot), adj. et s., jumeau. 

BESTIAIRE, s. m., gladiateur romain qui com- 
battait dans l'arène contre les bêtes féroces. 

BESTIAL, E, adj., qui tient de la bête. 

BESTIALEMENT, adv., comme une bête. 

BESTIALITÉ, s. f. , acte ou vice qui nous ravale 
au rang des bêtes. 

BESTIASSE, s. f., personne stupide;triv. 

BESTIAUX, s. m. pi., nom qui comprend tous 
les quadrupèdes domestiques qui servent à la nour- 
riture de l'homme et à la culture des terres. 

BESTIOLE, s. f., petite bête; H jeune fille de peu 
d'esprit; fàm. 

BÈTA, s. m., personne très-bête; triv. 

BÉTAIL, s. m. sing., même sens que Bestiaux. 

BÈTE, s. f., tout animal privé de raison : du 
temps que les bétes parlaient (La F.) — sauvage, 
ni privée ni apprivoisée. — farouche, difficile à 
apprivoiser. — féroce, qui aime le carnage. — noire, 
loup, sanglier, || C'est ma — noire, c'est ce que je hais 
le plus. Remonter sur sa — , reprendre un avantage 
qu'on avait perdu, recouvrer la santé, un emploi, etc. 
Faire la — , atlecter la bêtise ; refuser quelque chose 
mal à propos. =: Au pi., animaux féroces qu'on fai- 
sait combattre dans le cirque •. être condamné aux 
— ; lise dit d'un ouvrage, d'un auteur jugé par des 
critiques ignorants; fam. et ir. = Chasse, l'animal 
que l'on chasse à cor et à cri : lancer la — . =r 
Vermine, chenilles. || Personne qui n'a guère d'es- 
prit, de bon sens, de goût, d'intelligence : c'est la 

— du bon Dieu, on lui fait croire tout ce qu'on 
▼eut. — brute, personne qui ne recherche que les 
plaisirs des sens; — féroce, que la colère aveu- 
gle. = Sorte de jeu. — ombrée, autre sorte de jeu; 
somme que dépose le perdant. =z:Adj., qui manque 
d'intelligence, sot, slupide : ah! que le monde est 

— (Volt.) Air, réponse — . 

§ BÊTE, ÀXE, BUSE, BUTOR, CRUCHE, MA- 
CHOIRE, GAXACHE. Ces mots sont synonymes en tant 
que dénominations injurieuses appliquées aux gens sans es- 
prit. Le premier est le plus général et le moins fort. Ane 
désigne un individu ignorant et sot, bien qu'il ait étudié, 
t On appelle buse, dit Voltaire, un homme très-simple, qui 
se laisse surprendre. » Le 6u<or manque de finesse et com- 
met des maladresses. Cruche exprime le comble' de la stupi- 



dité. Ganache renchérit sur mâchoire; ce sont deux expres- 
sions triviales, qu'on applique aux gens ineptes. 

BETEL, s. m., plante, dont les Indiens mâchent 
les feuilles. = Masticatoire, dont les feuilles de bétel 
sont le principal ingrédient. 

BETEMENT, adv., d'une manière bête. 

BETHLÉEM, petite vil. de la Palestine où naquit Jésus- 
Christ. 

BÉTHULIE, vil. de Palestine près de laquelle Judith tua 
Holopherne. 

BÉTHUNE, s.-préf. du départ, du Pas-de-Calais. 

BÉTIQUE, ancien nom de l'Andalousie. 

BÊTISE, s. f., défaut d'intelligence et de juge- 
ment. = Actions ou discours qui portent le caractère 
de ce défaut. || Chose insignifiante ou ridicule. 

BETLION, s. m.; mar., bec de l'éperon. 

BÉTOINE, s. f., plante labiée et médicinale. 

BÉTOIRES, s. m. pi., creux naturels au bord ou 
dans le fond d'une rivière. = Trous creusés dans 
les champs pour l'écoulement des eaux. 

BÉTON, s. m., mortier qui se durcit dans l'eau. 

BETTE, s. f., plante potagère dont les feuilles 
sont émollientes. 

BETTERAVE, S. f., sorte de bette dont les raci- 
nes grosses, charnues et sucrées, portent le même 
nom ; sucre de — , qu'on extrait de cette racine. 
\\Nezc0m7ne une — , rouge et bourgeonné; triv. 

BÉTULACÉËS, s. f. pi., famille d'arbrisseaux, 
qui comprend le bouleau et l'aune. 

BETUSE, s. f,, tonneau pour transporterie pois- 
son vivant. =r Coffre à avoine. 

BEUGLEMENT, s. m., cri des animaux de l'es- 
pèce bovine ; syn. de Mugissement, qui est pJus us. 

BEUGLER, V. n., pousser des beuglements. || 
Jeter de hauts cris ; très- fam. 

BEURRE, s. m., substance alimentaire et grasse 
qu'on extrait de la crème en la battant. — noir, 
fondu et noirci dans une poêle de fer. || Promettre 
à quelqu'un plus de — que de pain, plus qu'on ne 
veut ou qu'on ne peut tenir. = Toute substance 
grasse et concrète que l'on extrait des végétaux. =z 
Nom de plusieurs préparations culinaires dont le 
beurre fait la base. — d'ail, d'anchois, etc. — de 
roche, masse jaunâtre composée de divers corps. 

BEURRÉ, s. m., sorte de poire fondante. 

BEURRÉE, s. f., tranche de pain beurrée. 

BEURRER, v. a., étendre du beurre sur. 

BEURREPiIE, s. f., lieu où l'on fait, où l'on con- 
serve le beurre. 

BEURRIER, s. m., vase où l'on sertie beurre. 

BEURRIER, ÈRE, s., celui, celle qui vend du 
beurre. || Il faut envoyer ce livre à la beurrière, se 
dit d'un livre qui ne se vend pas. 

BEUVANTE, s. f,, droit que se réserve le maî- 
tre d'un navire lorsqu'il le donne à fret. 

BÉVUE, s. f., méprise grossière, erreur où l'on 
tombe par ignorance, par inadvertance : lourde — . 
La médecine... dont la terre s'empresse de couvrir 
les bévues (Beaum.) V. Méprise. 

BEY, s. m., gouverneur de province ou de ville 
en Turquie. =: Titre purement honorifique. 
BEYUCK, s. m., gouvernement d'un bey. 
BEYLE (Henri). Y. Stbndhal. 
BEYROUTH, vil. de la Turquie d'Asie (Syrie). 
BÈZË (Théodore de), ami et successeur de Calvin. 
BEZEAU, S. m., bois coupé obliquement. 
BEZESTIN ou BEZESTAN, s. m., marché public 
et couvert en Turquie. 

BÉZIERS. s.-préf. du départ, de l'Hérault. 

BEZOARD. S. m., synon. d'Égagropile. 



BIG 



HO 



BIE 



BIAIS, S. m., obliquité, ligne oblique, sens 
oblique : coî/pcr une etojfe du bon —, du bon sens. 
Il Moyen détourné, tour ingénieux employé pour 
réussir : ce mariage y on cherchera des — pour le 
rompre (Mol.)= Bande d'étoJTe coupée de biais pour 
servir de liséré. De — en — , obliquement. \\ Prendre 
un homme de —, le gagner avec habileté. 

BIAIS OIENT, s. m., action de biaiser; peu us. 

BIAISER, V. n., être ou aller de biais. || User de 
défours ; ne pas heurter de front :U y a des hommes 
qu'il ne faut prendre qu'eu biaisant (Mol.) 

BIARITZ f'U BIARUITZ, >'ge des Basses-Pyrénées, sur 
le golfe de Gascogne ; établissement de baius très-fréqueuté. 

BIAS, l'un des sept sages de la Grèce, né à Priène, en 
lonie, vers 500 av. J.-C. 

BIASSE, s. f., soie crue du Levant. 

BIBERACIi , vit. de Wurtemberg, patrie de Wieland; 
victoires des Français sur les Autrichiens en 1796 et ISOO. 

BIBERON, s. m. , petit vase garni d'un tube pour 
faire boire les malades, les enfants. 

BIBERON, NE, s., persoiine qui aime à boire. 

BIBLE, s. f., recueil des saintes Écritures, l'An- 
cien et le Nouveau Testament. 

BIBLIATRIQUE , néol., s. f., art de restaurer 
les livres. 

BIBLIOGRAPHE, s. m., celui qui connaît bien 
les livres, qui est versé dans la bibliographie. 

BIBLIOGRAPHIE, s. f., connaissance des livres, 
de leurs éditions et de leurs prix. 

BIBLIOGRAPHIQUE, adj., qui appartient, qui 
a rapport à la bibliographie. 

BIBLIOGRAPUIQU OIENT, adv., selon l'ordre 
ou les règles de la bibliographie. 

BIBLÏOLITIIE, s. m., schiste dont les lames ont 
Vaspect des feuillets d'un livre. 

BIBLIOMANCIE, S. f., divination par la Bible. 

BIBLIOMANE. S. m., qui a la passion desli\res. 

BIBLIOMAME, S. f., passion des livres. 

BIBLIOMAPPE, s. f., atlas de cartes géogra- 
phiques acoomf agnées d'un texte explicatif. 

BIBLIOPHILE, s. m., ceiui qui aime les livres.* 

BIBLIOPHILIE, s. t., amour des livres fondé sur 
la connaissance de leur valeur. 

BIBLIOTHECAIRE, s. m., celui qui a la garde, 
la conservation et le soin d'une bibliothèciue. 

BIBLIOTHÈQUE, s. f. , lieu oii l'on tient rangés en 
ordre un certain nombre de livres. 1| Armoire, ouvrage 
de menuiserie destiné à les recevoir. = Collection 
de livres ou d'extraits de livres. || — vivante, — am- 
biilauie, homme qui a beaucoup lu et beaucoup re- 
tenu. — renversée, homme d'une érudition confuse. 
Il — bleue, recueil de romans et de contes populaires ; 
on dit dans le même sens : — des voyages. 

BIBLIQUE, adj., qui appartient ou qui a rap- 
port à la Bible : société — , établie chez les protes- 
tants pour la propagation de la Bible. Style — , 
dans lequel on imite celui de la Bible. 

BIBUS, s. m., terme de mépris, de dédain, sy- 
nonyme de RIEN ; fort peu usité. 

BICAPSULAIRE, adj.. qui a deux capsules. 

BICARBONATE, s. m., sel dans lequel l'acide 
carbonique contient deux fois autant d'oxygène que 
la base. 

BîCARBONÉ, E, adj., se dit de l'hydrogène qui 
contient deux fois plus de carbone que l'hydrogène 
carboné. 

BICEPS, 8. m., anat., nom de deux muscles, 
l'un au bras et l'autre à la cuisse, qui ont chacun 
deux attaches à leur partie supérieure. 



BICÉTRE, vge à 2 kilomètres de Paris; noaison de va- 
gabonds et d'aliénés, ii C'est un échappé de — , un fou. Il 
va nous faire encor quelque nouveau — :Mol.), quelque 
malheur, quelque coup de tète. 

BICHAT, anatomiste et physiologiste célèbre, mort eu 
1802, à l'âge de 32 ans. 

BICHE, s. f., femelle du cerf. 1| Expression très- 
familière d'amitié en s'adressant à une jeune per- 
sonne. = Pied-de — , instrument de dentiste. Tout 
objet dont l'extrémité ressemble à un pied-de-biche. 
Table à pieds-de — , dont les pieds sont légèrement 
recourbés en dehors par le bas. 

BICIIET, s. m., ancienne mesure pour les grains 
(environ 40 litres). r= Ce qu'elle contenait; — de 
terre, étendue qu'on pouvait ensemencer avec un 
bichet de blé. 

BICHETTE, s. f., petite biche. = Terme fami- 
lier adressé à une petite fille. 

BICHON, NE, s., jolie race de chiens. = Mot 
d'amitié parlant à. un enfant. 

BICHONNER, v. a., friser, boucler la chevelure. 
II Attifer, pomponner, parer avec soin. = Se — , 
V. pr., s'attifer, se pomponner; Irès-fam. 

BICOLORE, adj., de deux couleurs. 

BICONCAVE, adj., opt., se dit d'un verre con- 
cave des deux côtés. 

BICONJUGUÉE, adj. f., dont chacune des pé- 
tioles secondaires porte une paire de feuilles. 

BICONVEXE, adj., convexe des deux côtés. 

BICOQUE, s. f-, petite ville, place mal fortifiée. 
=-. Petite ou chétive maison. 

BICORNE, adj., qui est terminé par ou garni 
de deux pointes semblables à des cornes. = Bicor- 
nes, s. f. pi., famille de plantes dont les étamines 
sont garnies de deux larges pointes. 

BIDASSOAi riv, entre la France et l'Espagne. Elle forme, 
vers son embouchure, l'île des Faisans, où fut conclu, en 
1659, le traité des Pyrénées. 

BIDENT, S. m., oiseau de proie du Brésil. = 
Genre de la famille des composées, plante annuelle, 
vulg. chanvre aquatique. = Fourche à deux dents. 

BIDENTÉ, E, adj., se dit des animaux qui ont 
deux r£n)s à la bouche ou une double échancrure 
au -/ec, et. dans les végétaux, d'un organe quelcon- 
que terminé par deux saillies en forme de dent. 

BIDET, s. m., petit cheval de selle. == Meuble 
de garde-robe. '\Pousser son — , aller son train, 
faire ses affaires : poussez votre — vous dis-je, et 
laissez faire (Mol.) 

BIDON, s. m., broc de bois qui toniient ûe 4 à 
5 litres ; seau de fer-blanc dans lequel les soldats 
mettent Teau ou tout autre liquide. 

BIEF. V. Biez. 

BIELLE, s. f., forte tige ou levier qui sert à 
communiquer le mouvement. 

BIEN, s. m., tout ce qui procure du plaisir, du 
contentement : 1° ce qui contribue au bonheur : nul 

— sans mal, nul plaisir sans alarme (La F.) Nul — 
sans peine, prov., tout ce qui est avantageux coûte 
à acquérir. = 2° Bien (ait, faveur, service : faites 
du — à ceux qui vous haïssent (Flécli.) Il a une 
puissance absolue pour faire le bien (Fén.) Vouloir 
du — à ou le bien de, avoir l'intentiim d'obliger : 
notre amitié ne veut que votre — (Corn.) Le — pu- 
blic, le — général, l'avantage, le bien-être, l'inté- 
rêt de tous ; on dit dans le même sins : le — du 
pays, de l'Étal, le — commun. Dire du — de, par- 
ier avantageusement de : voulez- vous qu'on dise du 

— de vous, n'en dites point (Pasc.) = 3° Influence 
avantageuse des choses les unes sur les autres : la 



BIE 1 

pluie fera du — aux prairies. \\ On tire ce — de la 
perfidie des femmes, qu'elle guérit de la jalousie 
(La Br.) = 4» Accomplissement du devoir; obéis- 
sance aux ordres de Dieu : l'ordre et le — ne sont 
qu'une seule et même chose (Joufî.), dans ce sens il 
est souvent opposé à mal : le premier pas vers le — 
est de ne pas faire le mal (J.-J.) Homme de — , 
homme d'honneur, honnête homme. = 6° Propriété 
territoriale ou mobilière; valeurs qui la représen- 
tent : la force nous est donnée pour conserver notre 

— et non pour usurper celui d'autrui (Boss.) // vit 
dans son — , stfr son — (Ac.) H Je mets au rang des 
BIENS l'esprit et le savoir (Boil.) = 6" Avantages, 
honneurs, talents, plaisirs : biens terrestres, pas- 
sagers ; — du corps, de l'âme, de l'esprit. ^= 7*^ Per- 
sonne à la possession ou à l'exislence de laquelle on 
a attaché son bonheur : voir son — aux mains de 
son rival (Corn.)= AupL, qualités de l'objet aimé : 
hélas! tant de — que nous possédioiis il y a quelques 
heures nous sont enlevés à jamais (Fén.) En tout — , 
tout honneur, à bonne fin, à bonne intention. 

BIEN, adv., marque un certain degré de perfec- 
tion : il n'est pas vrai qu'on puisse — écrire quand on 
souffre (Chat.) Être — , avoir de la fortune, des 
avantapres physiques. Le malade est — , sa santé 
n'inspire j)lus de craintes. Éti-e — avec quelqu'un, 
avoir avec lui des rapports d'intimité, vivre en 
bonne intelligence. Je le veux — , j'y consens. 
C'est — à vous de, il vous convient. =: Exprime 
l'assentiment, l'approbation : c'est — . Fort — .' 
le trait est bon (Boil.) = Formellement, expressé- 
ment : vous voilà — averti. = Environ, à peu 
près : il y a — vingt ans. = Suffisamment, géné- 
reusement : un soldat — récompensé (La F.) = Il 
est quelquefois explétif ou ironique : je sais — ; 
je vois — . Fort — , ne vous gênez pas. = Pris subs- 
tantivement ; le mieux est l'ennemi du — . Bien 
DE, beaucoup de, une foule de : on fait — des 
fautes quand on est jeune (La Boch.) A —=■, loc, 
adv., heureusement. En — , d'une manière avanta- 
geuse. Tant — que mal , que — que mal, ni bien ni 
mal. j= Interj., sert pour attirer l'attention, pour 
encourager : hé — .' eh —! Bien ! bien! très-bien! 
Marque adhésion, consentement : eh — , madame, 
eh — 77s seront satisfaits (Mol.) 

BIEX-AIME, E, adj., aimé beaucoup, plus que 
les autres : fils — . = S. : Joseph était le — de son 
père (Pasc.)ll Amant, maîtresse. 

BIEX-ETRE, s. m., tout ce qui rend l'existence 
-léable et commode; existence agréable et com- 
mode, rz: Bon étal du corps et de l'esprit : il 
éprouve un — inexprimable (Barfh.) V. Bonheur. 

BIEX-FAIRE ou BIENFAIRE, v. n., faire le 
bien ; faire de bonnes œuvres ; peu us. = S. m., le 

— vaut mieux que le bien-dire. 
BIENFAISANCE, 8. f., inclination à faire du 

bien aux autres : la — est l'élément de toute ùme 
honnête (Brueys). = Pratique des bienfaits. Bu- 
reaux de — , pour la distribution de secours à do- 
micile. 

§ BIEXFAISAXCE, BIEXVEILLAXCE. La bienfai- 
sance consiste à faire et la bienveillance à vouloir du bien 
aux autres. Comme inclinations, la bienfaisance est une 
disposition à être utile, et la bienveillance une dispositiou à 
être agréalile. La première peut entraîner à des sacritices ; 
la seconde est capable tout au plus de démarches. 

BIENFAISANT, E, adj., qui aime à faire du 
bien aux auires et qui on fait : tout mortel — ap- 
proche de Dieu même (Yolt.)llSc dit des choses dont 



Ai 



BIE 



l'action ou Tinfluence est salutaire, utile : rosée, 
chaleur, nature bienfaisante. 

BIENFAIT, s. m., bien qu'on fait à quelqu'un, 
office, faveur : les bienfaits qui ne ramènent pas un 
ennemi ne servent qu'à l'aigrir (Ducl.)||Utilité, avan- 
tages que nous retirons des choses. V. Service. 

BIENFAITEUR, TRICF, s., celui, celle qui a 
fait du bien, qui rend service : le vrai — cède à son 
penchant naturel qui le porte û obliger {Dud.) 

BIEN-FONDS, s. m., biens immeubles. 

BIENHEUREUX, EUSE, adj., très - heureux : 

— sont ceux gui pleurent (Pasc.) = Se dit aussi 
des choses qui nous rendent heureux : ce — 
signé de notre rédemption (Bos&.)= S'emploie ir. : 

— Scudéry, dont la fertile plume (Boil.) z= Qui 
jouit ou dans lequel on jouit de la béatitude éter- 
nelle : le séjour des âmes bienheureuses (Fén ) Du 
séjour — de la Divinité (Bac.) =. Qui a été béatiiié. 
= S., saint ou sainte. |I // a l'air d'un —, se dit 
d'un homme qui a une figure vénérable ou réjouie. 

BIENNAL, E, adj., qui dure deux ans. 

BIEN PUBLIC (ligue duj, formée en 1465 par les sei- 
gneurs contre Louis XI. 

BIEN QUE, loc. conj., quoique. 

BIENSEANCE, 8. f., respect des autres, confor- 
mément aux usages de la société : cnoquer, blesser 
la — ; connaître, observer les lois de la — . =: Con- 
venance : ils regardent comme une — de leur rang 
d'autoriser par leur présence les plaisirs publics{Mass.) 
Cet emploi est à votre — (Ac.) = Bienséances 
oratoires, ton, geste, expression, style et tenue qui 
conviennent le mieux au sujet et à l'auditoire. Par 
droit de — , sans autre droit que celui de sa propre 
convenance. 

BIENSEANT, E, adj., qu'il sied bien de dire, 
de faire : il est — aux jeunes gens de respecter la 
vieillesse. Trait d'humanité — à ce grand homme 
(Pasc.) 

BIENTÔT, adv., dans peu de temps : tout ce que 
je sais, c'est que je dois — mourir (Pasc.) = En peu 
de temps ; les mœurs des grands forment — les 
mœurs publiques (Mass.) Cela est — dit; fam., plus 
facile à dire qu'à faire. -4. — , loc. adv,, formule par 
laquelle on exprime à une personne que l'on quitte 
le désir ou l'espérance de la revoir bientôt. ' 

BIENVEILLANCE, S. f., sentiment qui nous 
porte à vouloir du bie:i aux autres; bonne volonlé, 
disposition favorable d^un supérieur à l'égard de son 
inl'érieur. V. Bienfaisance. 

BIENVEILLANT, E, adj., qui a, qui annonce 
de la bienveillance : disposition bienveillante. Le 
désir d'être — le rendait prodigue de promesses. 

BIENVENU, E, adj., qu'on accueille avec plai- 
sir : c'est un homme qui est — partout (Ac.) = S. , 
madame, soyez la bienvenue. 

BIENVENUE, s. f., bonne, heureuse arrivée : ma 

— au jourmerit dans tousles yeux[k. Ch.)=: Repas 
offert aux membres d'une société dans laquelle on 
a été admis : payer sa — . 

BIÈRE, s. f., coffre de bois pour mettre un mort. 

BIÈRE, s. f., boisson fermentée faite avec du 
houblon et de l'orge : — de mars, brassée dans le 
mois de mars. |1 Ce n'est pas de la petite — ; pop. , 
ce n'e-t pas une chose insignifiante. 

RIÈYRE ou RIVIÈRE DES GOBELINS, petite riv. 
qui se jette dans la Seine à Paris. 

BIEZ, ou BIEF, s. m., canal qui conduit l'eau 
dans quelque élévation pour la faire tomber sur la 
roue d'un moulin. 



BIG 



112 



BIL 



BIFÈRE, adj.; bot, qui produit des fruits ou des 
fleurs deux fois par an. 

BIFFER, V. a., rayer d'autorité, avec colère : le 
roi cassa cet arrêt, et ordonna que la minute serait 
BIFFÉE. (Volt.) Il J'ai BIFFÉ cc traître du registre de 
mes amis (Les.)= Effacer, corriger : j'ai biffé dix 
lignes (J.-J.) V. Effacer. 

BIFIDE, adj.; bot., fendu en deux parties sépa- 
rées par un angle aigu : feuille — . 

BIFLORE, adj.; bot., qui porte deux fleurs, ou 
dont les fleurs sont deux à deux. 

BIFTEK. V. BeefSTEAK. 

BIFURCATION, s. f., endroit où une chose se 
fourche et se divise en deux; division en deux bran- 
ches : — d'un chemin. \\ — des études , séparation 
qui se fait entre des élèves jusque-là réunis, dont 
les uns se consacrent plus spécialement aux sciences 
et les autres aux lettres. 

BIFURQUER (SE), v. pr., fourcher, se diviser en 
deux : la lige de cette plante se bifurque. 

BIGAME, adj., qui est marié à deux personnes 
en même temps. = S., ce — écrivit un petit livre 
sur la légitimité de la bigamie (Volt.) 

BIGAMIE, s. f., crime qui consiste à être marié 
avec deux personnes à la fois. 

BIGARADE, s. f., orange aigre et amère. 

BIGARADIER, s. m,, arbre qui porte des biga- 
rades. 

BIGARREAU, s. m., sorte de grosse cerise. 

BIGARREAUTIER, s. m., arbre qui porte des 
bigarreaux. 

BIGARRER, v. a., rassembler sur un fond quel- 
conque des couleurs tranchantes ou mal assorties. || 

— ses ouvrages de citations, de mots grecs et latins, 
les en surcharger. 

BIGARRURE, s. f., variété de couleurs tran- 
chantes ou mal assorties. || La — de l'habit d'arle- 
quin (Vitet). Il Mélange disparate : la bassesse et la 

— du style défigurent la plupart des épttresde Rous- 
seau (Marm.) V. Différence. 

BIGAUT, s. m., houe à crochets pour le binage 
des vignes. 

BIGÉMINÉ, E, adj.; bot., dont le pétiole se di- 
vise en deux pétioles secondaires portant chacun 
une paire de folioles. Fleurs bigéminées, placées 
deux à deux sur un même pédoncule. 

BIGLE, adj., qui a un œil ou les deux yeux tour- 
nés en dedans. =S. m., espèce de chien de chasse 
de race anglaise. 

BIGLER, V. n., être bigle, loucher. 

BIGXO\ (baron), diplomate et écrivaia du premier em- 
pire, mort en 1841. 

BIGNONE ou BIGNOKIE, S. f., arbre OU arbris- 
seau de la zone tropicale. 

BIGORNE, s. t., enclume dont un bout est ter- 
miné en pointe; ce bout de l'enclume. = Outil ayant 
la forme d'un T. = Petit coquillage univalve. 
.BIGORNEAU, s. m., petite bigorne. 
•"6IGORNER, Y. a., façonner sur la bigorne. 

BIGÔRUE (comté de), ancien pays de France, dans la 
Gascogne, dont Tarbes était la capitale. 

BIGOT DE PUÉAMEXEU, un des auteurs du Code 
Napoléon, mort eu 1825. v!. ni, nr .i,i. in TifU 

BIGOT, E, adj., qoî attadhë %ne "gi^ti^è îffl|)or- 
tance aux menues pratiques de la dévotion. — S., 
hypocrite, sot et faible d'esprit : un — orgueilleux 
couvre tousses défauts d'une sainte apparence (Boil.) 
■' § BIGOT, CAGOT, CAFARD. Le premier est le moins 
injurieux des trois et signifie so.uveatdéworpw^ii. le CttSfôï 

:u6c| /UmI;) yb ititiffi : -n' | ;.!,û;; JUMU.nytlil ■ ; 



est un hypocrite en capuclion ou en baillons ; te cafard, un 
hypocrite fanatique et méchant. 

BIGOTERIE, s. f., dévotion outrée; pratique 
minutieuse et puérile des pratiques extérieures du 
culte : traiter la sincère piété de — (Boss.) 

BIGOTISME, s. m., caractère, vice du bigot: il 
remuait^ par le moyen des prcdicants, les passions 
du — protestant (St-S.) 

BIGUE, s. f., petit màt employé comme levier.=: 
Béunion de deux de ces petits mâts servant à mater 
et à démâter les gros bâtiments. 

BIGOURNEAU, s. m., nom vulfgaire du vignot, 
coquillage fort commun. 

BIJON, s. m., gomme-résine qu'on extrait par 
incision du mélèze. = Térébenthine commune. 

BIJOU, s. m., petit et précieux ouvrage de luxe 
qui sert à la parure d'une personne, à l'ornement 
d'une chambre, d'un meuble : le coco fournit une 
coque très-dure dont on façonne des vases et mille 
petits BIJOUX (Volt.) Il Entant charmant; jolie maison; 
petit ouvrage délicatement travaillé; joli petit ani- 
mal : l'oiseau-mouche, ce — de la nature (Bulï.) 
BIJOUTERIE, s. f., profession, commerce, mar- 
chandises du bijoutier. 

BIJOUTIER, 1ÈRE, S., celui, celle qui fait et 
qui vend des bijoux. 

BIJUGUÉ, E, adj., se dit d'une feuille compo- 
sée, qui a deux paires de folioles opposées deux à 
deux. 

BILAN, s. m., état indiquant la situation de l'ac- 
tif et du passif d'un négociant en faillite : déposer 
son —, se déclarer en état de faillite. = Balance 
établissant le rapport qui existe entre le passif et 
l'actif et la véritable situation commerciale. 

BILATÉRAL, E, adj.; bot., se dit des parties 
d'une plante disposées des deux côtés d'un organe 
central. = Animal — , qu'on peut partager en deux 
moitiés similaires. = Contrat — , qui assigne des 
obligations aux deux parties contractantes. 
BILBAO, vil. d'Espagne, ch.-l. de ta p. de Biscaye. 
BILBOQUET, s. m., jouet de bois ou d'ivoire 
composé d'une boule et d'un petit bâton, à l'une 
des extrémités duquel on doit fixer la boule, ou la 
tenir en équilibre sur l'autre. || Jeu du bilboquet. = 
Petite figure qui, de quelque façon qu'on la tourne, 
se replace toujours debout au moyen du plomb mis 
dans ses jambes. || Homme frivole et léger. = Ou- 
vrage d'imprimerie de peu d'importance. 

BILE, s. f., humeur sécrétée par le foie : sa ré- 
plétion et sa — (LaBr.) Échauffer la — . |! Colère : 
Mon flegme est philosophe autant que votre — (Mol.) 
V. Colère. 

BILÉDULGÉRID, BELAD-ELDJERID ou BELVO- 
EL-DJERID (terre des palmiers), contrée de l'Afrique, 
entre l'Atlas et le Sahara. 

BILIAIRE, adj., qui a rapport à la bile. 

BILIEUX, EUSE, adj., qui tient à la bile : ma- 
ladie -riliy^h^iE. = Qui abonde en bile : tempérament 
— . Il Morose et colère : je suis — comme tous les 
diables (Mol.) = S., les — sont irascibles. 

BILL, s. m., projet de loi ou acte du parlement 
d'Angleterrç. = Décret, loi quelconque en Angle- 
terre et aux Étals-Unis. — d'indemnité, accordé 
par le parlement anglais à un ministre dont la ges- 
tion est répréhensible. — d'attainder, qui permet 
au gouvernement anglais d'arrêter les suspects. 
Alicn —, dirigé contre les étrangers factieux. 

BILLARD, s. m., peu qui consiste â faire courir 
des billes sur une-tabie recouverte d'un tapis vert et 



BIL 



113 



BIP 



garnie de rebords ou bandes. = La table sur laquelle 
on joue ; la salle où elle se trouve. 

BILLARDER, v. n., manquer à l'une des règles 
du jeu de billard. = Se dit d'un cheval qui, en 
marchant, jette ses jambes de devant en dehors. 

BILLAUD-VARENXES, féroce conveutionnel, déporté 
a Cayeiine ea 1795, et mort en 1819 à Port-au-Prince. 

BIIXE, s. f., petite boule de pierre, de marbre, 
de métal, etc., qui sert à des jeux d'enfant. = Boule 
d'ivoire qui sert au jeu de billard. = Bâton pour 
tordre les soies, les peaux, serrer les coi-des des 
ballots. Bille de bois, pièce de bois destinée à être 
('quarrie. = Gros bâton courbe auquel sont atta- 
chés les traits des chevaux qui remorquent les bateaux 
sur les rivières. = Rejeton qui pousse au pied d'un 
arbre, et qu'on enlève pour le planter. 

BILLEBARRER. v. a., bigarrer par un mélange 
bizarre de diverses couleurs ; vieux et peu us. 

BILLEBAUDE, .s. f., confusion, désordre. = ^ 
la —, loc. adv., sans ordre; iam. 

BILLER, V. a., serrer, tordre avec une billQ de 
bois ou de fer. = Atteler un cheval à un bateau. = 
Pousser à droite ou à gauche une pièce de bois en 
équilibre sur un point d'appui. 

BILLET, s. m., petite lettre sans façon : — doux, 
d'amour, de galanterie. = Annonce, petite circu- 
laire écrite à la main ou imprimée : — défaire part, 
de mariage. = Carte pour entrer dans un lieu, pour 
voyager en chemin de fer : — de spectacle. = Bul- 
letin, papier servant à voter : — blanc, sur lequel 
il n'y a rien d'écrit. = Petits rouleaux de papier 
avec lesquels on tire au sort. — de loterie , bulle- 
tin qu'on délivre à ceux qui mettent à une loterie. 
— de logement, donné aux soldats en route ou en 
campagne, pour aller loger chez les bourgeois. — de 
garde , par lequel on avertit un garde national du 
jour et de l'heure de son service. — de confession, 
délivré par le prêtre à la personne qu'il a entendue 
en confession. — de santé, attestation d'un officier 
de santé ou d'un magistrat, en temps de peste, pour 
certifler qu'un voyageur ne vient pas d'un lieu sus- 
pect. =. Engagement par écrit de payer ou de faire 
payer une somme déterminée. = Billet de banque, 
papier de crédit qui tient lieu d'argent monnayé. 

BILLETTE, s. f., petite ensOigne ou écriteau 
<iui, dans les lieux de péage, avertissait les passants 
d'avoir à acquitter les droits. = Acquit, délivré par 
la douane, du droit de sortie des marchandises. 

BILLEVESÉE, s. f., discours frivole, conte vain 
et ridicule; idées creuses, chimériques; fig. et fam. 

BILLION, s. m., mille millions. 

BILLON, s. m., monnaie de cuivre pur ou mêlé 
avec un peu d'argent. = Monnaie décriée ou défec- 
tueuse; lieu où on la porte, \\ Mettre au — , ne faire 
aucun cas. = Ados que forme la charrue à droite et 
à gauche du sillon. := Pièce de sapin équarrie. 

BILLO^NAGE, s. m., action de faire des billons 
avec la charrue; l'ouvrage qui en résulte. 

BILLOT, s. m., grosse pièce de bois cylindrique 
"U taillée carrément, dont la partie supérieure pré- 
onte une surface plane. = Bloc de bois sur lequel 
'•n décapitait : j'en mettrais ma tête, ma main sur 
le — ; fam., je le garantirais au péril de ma tête, 
de ma main. = Livre gros et court. = Morceau de 
bois qu'on attache à la longe d'un cheval. = Tra- 
\ erse de bois attachée au cou d'un chien pour l'em- 
pècl.'or de chasser, d'une vache ou d'un bœuf pour 
les enipùcher de sortir du pâturage. 

BILLOÏËE, s. f., lots, tas de poissons destinés 



à être vendus ensemble. A la — , loc. adv., par tas. 

BILOBÉ, E, adj.; bot., partagé en deux lobes. 

BILOCULAIRE, adj.; bot., qui a, qui présente 
deux lobes ou cavités. 

BILOQUER, v. a., — un champ, y faire un pre- 
mier labour très-profond avant l'hiver. 

BIMANE, adj., qui a deux mains ; de tous les 
animaux, l'homme est le seul qui soit — (Buff.) 

BIMBELOT, s. m., jouet d'enfant. 

BIMBELOTERIE, s. f. , fabrication ou commerce 
de jouets. = Marchandises qui consistent en jouets. 

BIMBELOTIER, s. m., fabricant, marchand de 
bimbelots, de petits objets de fantaisie. 

BINAGE, s. m., action d'un prêtre qui, en verlu 
d'une autorisation, dit deux messes le meme«jour. 
= Seconde façon qu'on donne aux vignes et aux 
terres labourables. 

BINAIRE, adj.; arith., composé de deux unités. 
Arithmétique — , qui n'emploie que deux caractères. 
= Chim., qui est formé de deux corps simples. 

BINARD, s. m., chariot à quatre roues d'égale 
hauteur pour le transport des blocs de pierre. 

BINER, v. a. et n., faire un binage. 

BINET, s. m., petit ustensile qu'on met dans le 
chandelier pour brûler la chandelle ou la bougie 
jusqu'au bouf. = Petite charrue légère. 

BINETTE, s. f., petite pioche pour biner la terre. 
Il Pop. , visage ridicule : quelle — .' 

BINOCHON, s. m., outil pour sarcler l'oignon. 

BINOCLE, s. m. , lunette ou lorgnette à double 
tube, qui rapproche et grossit les objets, 

BINOCULAIRE, adj., qui sert aux deux yeux : 
lorgnon, télescope — . 

BINÔME, s. m.; alg., quantité composée de deux 
parties ou de deux termes liés ensemble par les si- 
gnes -\-, — . 

BINOT ou BINOIR, s. m., charrue très-légère 
pour enterrer le grain avant le dernier labour. 

BINOTIS, s. m., façon donnée à la terre avec le 
binot. 

BIOGRAPHE,*, m., auteur qui a écrit une ou 
plusieurs vies particulières de personnages célèbres. 

BIOGRAPHIE, s. f., histoire de la vie d'un in- 
dividu. = Science et écrits relatifs à ce genre d'ou- 
vrages. = Recueil de vies particulières. 

BIOGRAPHIQUE, adj., qui tient, qui appartient 
à la biographie ; composé de biographies. 

BIOLOGIE, s. f., partie de la physiologie qui 
traite de la vie en général. 

BIOLOGIQUE, adj., relatif à la biologie. 

BIOLOGISTE ou BIOLOGUE, s. , personne qui 
s'occupe de biologie. 

BIOjV, poëte bucolique grec, né à Smyrne au iii" siêcl.^ 
av. J,-C, 

BIOT, astronome et physicien français, mort en 1 S 62. 

BIOXYDE, s. m., oxyde au second degré d'oxy- 
dation . 

BIPARTI, E, adj.; bot., se dit de toute partie 
d'un végétal divisée en deux au delà du milieu. 

BIPARTIBLE, adj.; bot., qui peut se diviser 
spontanément en deux parties. 

BIPÈDE, adj., se dit des animaux à deux pieds. 
= S. : l'homme est un — . =: Deux des pieds ou des 
pattes d'un animal : — antérieur, postérieur, latéraL 
z= Reptile de la famille des lézards. 

BIPENNE, s. f., antique hache à deux tranchants, 

BIPHORE, s. m., mollusque acéphale sans co- 
quille et phosphorescent. 

BIPOLAIRE, adj.; phys , muni de deux pôles. 

8 



BIS 



H4 



BIS 



BIPOLARITÉ, 8. f., état d'un corps électrique 
qui manifeste deux pôles opposés. 

BIQUE, s. f., nom vulgaire de la chèvre. 

BIQUET, s. m., nom vulgaire du chevreau. = 
Trébuchet qui sert à peser de l'or ou de l'argent. 

BIQUETER, V. a., peser avec le biquet. ^= V. n., 
mettre bas, en parlant de la chèvre. 

BIRAMBROT, S. m., sorte de soupe qu'on fait 
en Hollande avec de la bière, du sucre, etc. 

BIRE, s. f., engin ou instrument d'osier pour 
prendre des poissons. 

BIRÈME, s. f., ancienne galère qui avait deux 
rangs de rames de chaque côté. 

BIREN (Ernest-Jean de), fils d'un paysan de la Cour- 
lande cfui devint le favori et le premier ministre de l'impéra- 
trice de Russie Anne. Mort en 1772. 

BIRIBI, s. m., sorte de jeu de hasard. 

BIRLOIR, s. m., tourniquet pour tenir ouvert 
et levé le châssis d'une fenêtre. 

BIRMAN (empire) ou D'AVA, dans la partie occidentale 
de la presqu'île de l'Indo-Chine. 

BIRMINGHAM, l'une des principales villes manufactu- 
rières de l'Angleterre, au centre de ce pays. 

BIRON, petit vge de France (Dordogue). = Armand de 
Gontaut, barin de — , ami de Henri IV et parrain de Ri- 
chelieu. = Charles de Gontaut, duc de — . fils du précé- 
dent, conspira contre Henri IV, son bienfaiteur, et fut déca- 
pité en 1602. Un autre Biron, plus connu sous le nom de 
duc de Lauzun, eut une jeunesse fort dissipée, suivit La 
Fayette en Amérique et périt sur l'échafaud révolutionnaire. 

BIROTINE, 8. f., sorte de soie du Levant. 

BIS, E, adj., brun, brune; se dit du pain et de 
la pâle. = liis, s. m., couleur brune. 

BIS, adv. (mot lat. deux fois) : crier — , deman- 
der, en criant dis, que l'on répète ce que l'on vient 
de dire ou de chanter. Numéro 4 bis, numéro 4 ré- 
pété. i=: S. m. : ce couplet a eu les honneurs du — (Ac.) 

BISAGE, s. m., façon donnée à une étoffe avant 
de la teindre d'une nouvelle couleur. 

BISAÏEUL, E, s., le père, la mère de l'aïeul ou 
de l'aïeule. 

BISAILLE, s. f., la dernière et la plus bise des 
farines. := Mélange de pois gris |t de vesces pour 
nourrir les pigeons et la volaille. 

BISANNUEL, LE (pron. les deux n), adj., qui 
dure deux ans ou qui revient tous les deux ans. 

BISBILLE, s. f., petite querelle qui a lieu pour 
des futilités, dispute légère qui est assoupie dans le 
moment; fam. 

BISCAÏEN, s. m., gros mousquet à longue por- 
tée. = Petit boulet de fer. 

BISCAYE, p. du N. de l'Espagne, une des trois ancien- 
nes provinces basques- 

BISCnÉ, adj. m., se dit d'un œuf couvé el frac- 
turé avant l'éclosion. 

EISCHOF ou BISHOP (mot allem. et angl.), s. m. , 
boisson composée de vin sucré, de citron, etc. 

BISCORNU, E, adj., qui a une forme irrégu- 
lière, baroque. H Esprit, ouvrage, style — . 

BISCOTIN, s. m., petit biscuit dur et cassant. 

BISCOTTE, s. f., tranche de pain séchée au 
four. = En Provence, marron séché au four. 

BISCUIT, s. m., pain en forme de galette mince, 
très-dur, qui se conserve longtemps, et dont on fait 
provision pour les voyages sur mer. || S'embarquer 
sans — , prov., s'engager dans une entreprise sans 
avoir ce qu'il faut pour y réussir. = Pâtisserie lé- 
gère et délicate faite avec des œufs, de la farine, 
du sucre, etc. = Pâte de porcelaine d'un blanc 
mat, sans peinture ni couverte. = Cailloux qui se 
trouvent dans la chaux. = Tuile trop cuite. = 



Pièces de brique mises en fusion et attachées les 
unes aux autres. — de cire, sorte de lampion pour 
les illuminations. — de mer, os de sèche. 

BISE, s. f., vent sec et froid qui souffle du nord- 
est pendant l'hiver. || Hiver : quand la — fut venue 
(La F.) Être frappé du vent de — , prov., être at- 
teint d'un malheur, être en danger de ruine. 

BISEAU, s. m., extrémité ou bord coupé en ta- 
lus. = Outil d'acier dont le tranchant forme un an- 
gle aigu. := Morceau de bois entourant les pages de 
caractèrfs d'imprimerie. = Petit morceau d'étain 
ou de plomb taillé en sifflet qui recouvre les tuyaux 
de l'orgue. = Principales faces qui environnent la 
table d'un brillant. = Syn. de baisure. 

BISEAUTER, v. a., — des cartes, enlever de 
chaque côté de certaines cartes d'un jeu une bande- 
lette aiguë, afin de pouvoir les reconnaître : se ser- 
vir de cartes biseautées. 

BISER, V. n., dégénérer, noircir, en parlant des 
grains. =: V. a., reteindre. 

BISET, 8. m., pigeon de roche. || Garde natio- 
nal' qui fait son service sans uniforme. = Grosse 
étoffe bise anciennement en usage. = Adj. : un pi- 
geon — . 

BISETTE, 8. f., petite dentelle de bas prix. 

BISEXE ou BISEXUÉ, E, OU BISEXUEE, LE, 
adj., bot., qui réunit les deux genres. . 

BISMUTH, s. m., métal blanc et fragile, formé 
de grandes lames brillantes. 

BISON, s. m., taureau sauvage de l'Amérique 
qui a une bosse dorsale. 

BISONTXE , s. f., sorte de toile bise qui sert à 
faire des doublures. 

BISONTIN, E, s. et adj., habitant de Besançon; qui a 
rapport à cette ville ou à ses habitants. 

BISQUAIN ou BISQUIN, s. m., peau de mouton 
garnie de sa laine et préparée par le mégissier. 

BISQUE, s. f., sorte dépotage très-épicé et au- 
trefois très en faveur : teint dont la couleur fleurie 
semblait d'ortolans seuls et de bisques nowrrfe (Boil.)= 
Au jeu de paume, avantage qu'un joueur fait à un 
autre en lui donnant quinze points. 1| Avoir quinze 
et — ,• fana., un grand avantage. Il lui donnerait 
quinze et — , il lui est de beaucoup supérieur. 

BISQUER, v. n., pester, avoir du dépit; pop. 

BISSAC, s. m!», sorte de sac long, ouvert par le 
milieu et fermé par les deux ho\xi^.\\Êlre au — , être 
réduit à la mendicité. 

§ BISSAC, BESACE. H n'y a presque pas de différence 
de sens entre ces deux mots. Pourtant on peut dire que bis- 
sac désigne une besace petite, à l'usage de l'ouvrier et du 
paysan aussi bien que du mendiant. 

BISSECTION, s. f., géom., division en deux 
parties égales. 

BISSER, V. n. et a.; néol., crier bis; faire ré- 
péter un morceau de musique, un chant, une tirade. 

BISSEXTE, s. m., jour ajouté tous les quatre 
ans au mois de février. 

BISSEXTIL, E, adj., se dit de l'année de 36C 
jours, où se rencontre le bissexte. 

BISTORTE, s. f., plante des montagnes, à racines 
tortues et repliées, qu'on fait manger aux bestiaux. 

BISTOURI, s. m., instrument de chirurgie qui 
a la forme d'un petit couteau. 

RISTOURNER, v. a., tourner, courber dans un 
sens contraire, de manière à déformer; fam. = Tor- 
dre certains vaisseaux d'un animal pour le rendre 
incapable de procréer. = Se • — , v. pr., se contour- 
ner, se déformer; pop. 



BLA 



115 



mA 



BISTRE, s. m., suie détrempée. = Couleur d'un 
brun roussàtre faite avec celte suie. 

BISTRER, V. a., donner la couleur du bistre, 
peindre en bistre. 

BITHTXIE, contrée du N.-O. de l'anc. Asie Mineure. 
BITORD, S. m., petit cordage composé de fils 
de caret goudronnés et tortillés ensemble. 

BITTE, s. f., pièces de charpente placées sur l'a- 
vant d'un navire pour amarrer les câbles qui tien- 
nent aux ancres jetées au fond de la mer. = Pièce 
de bois placée sur le devant d'un bateau foncet. 

BITTER, V. n. ou a., tourner le câble sur la tête 
de la bitte.. 

BITTOIV, s, m., pièce de bois pour amarrer un 
vaisseau. 

BITTURE, s. f., portion d'un câble qui doit filer 
librement avec l'ancre quand on la jette. 

BITUME, s. m., matière inflammable, liquide 
et jaunâtre, ou solide, noirâtre et huileuse, qui se 
trouve principalement dans le sein de la terre. 

BITUMINEUX, EU SE, adj., qui contient du bi- 
tume ou qui en a les qualités. 

BIVAC ou BIVOUAC, s. m,, se disait autrefois 
d'une garde extraordinaire faite la nuit en plein 
air. = Station que fait en plein air une troupe, une 
armée en campagne, pour prendre du repos. = Lieu 
où elle se repose ; la troupe elle-même. 

BIVALVE, s. m., se dit des coquillages qui ont 
deux valves ou coquilles réunies par une charnière. 
Adj, coquille — ; et par ext., fruit — . 

BIVAQUER ou BIVOUAQUER, y. n. , camper 
en plein air. H Passer la nuit en plein air, à la belle 
étoile; fam. 

BIVEAU, s. m., équerre stable. = Sorte de 
compas en équerre à branches mobiles. 

BIVIAIRE, adj., se dit des carrefours d'une forêt 
où aboutissent deux chemins. 

BIVLAL, E, adj., se dit quelquefo.is d'u« chemin 
qui se partage en deux ; peu us. 

BIVOIE, s. f., chemin fourchu ; lieu où deux che- 
mins aboutissent. 

BIZARRE, adj., étrange, fantasque, extravagant: 
personne, esprit — (Pasc.) Humeur — (Boil.) Je sais 
bien que ma conduite a lair — (J.-J.)=: Extraor- 
dinaire : couleur, habit, mode, destinée — . = S. m., 
chose, personne bizarre : donner dans le — . Un — 
(Boil.) V. Capricieux. 

BIZARREMENT, adv., d'une manière bizarre. 
BIZARRERIE, s. f., caractère de ce qui est bi- 
zarre. = Singularité , humeur bizarre ou extrava- 
gante. Il — de votre humeur (Mass.) — de l'esprit 
humain "(Pasc.) Il fallait essuijer les bizarreries 
d'un peuple flatté (Boss.) 

BIZE, s. m., outil de buis servant aux cordon- 
niers à régler la trépointe du derrière d'un soulier. 
BLAFARD, E, adj., d'un blanc terne, en par- 
lant de la lumière et des couleurs : teint — . Homme 
— . La BLAFARDE Ctjnthie (la lune). V. Pâle. 

BLAGUE, s. f., vessie ou sac dans lequel les fu- 
meurs mettent leur tabac. 1| Pop., fanfaronnade, 
mensonge impudent. 

BLAGUER, v. n., pop., dire des blagues, men- 
tir pour le plaisir de mentir. 

BLAGUEUR, EUSE, s. et adj., pop., personne 
qui blague, qui se plaît à blaguer. 

BLAIREAU, s. m., bête carnassière à museau 
de chien qui se creuse un terrier. = Pinceau à 
barbe. = Brosse à l'usage du doreur. 

BLÂMABLE, adj., digne de blâm?, Vépr^hèhiî-' 



ble : jamais leur passion n'y voit rien de — (Mol.) 
BLÂBIE, s. m,, sentiment ou discours par le- 
quel on reprend, on désapprouve : encourir le — 
(Boss.) = Autrefois, réprimande faite par le juge. 

BLÂMER, v. a., désapprouver, reprendre : tout 
louer est d'un sot, tout — est d'un fat (J. Ch.) 
Toutes les fausses beautés que nous blâmons dans 
Cicéron ont des imitateurs en grand nombre (Pasc.) 
Je ne puis te — d'avoir fui l'infamie (Corn.) = An- 
cien dr., infliger une réprimande publique : la cour 
pourrait... — par arrêt tes vers (Volt.) 

BLANC (cap), cap de l'État de Tunis. Cap de l'Afrique 
occidentale, sur la côte de Sahara. 

BLANC (mont), le pic le plus élevé des Alpes, dont la 
sommet est couvert de neiges éternelles. 

BLANC, CHE, adj., qui est de la couleur de la 
neige : sucre — . Son cou était plus — que Ici neige 
(Fén.) Des dents blanches. Cheveux blancs, blan- 
chis par l'âge. || Innocent, fam. : vous n'êtes pas — , 
vous courez risque d'être condamné. Les jugements 
de cour vous rendront — ou noir (La F.) || Par op- 
position à noir, il signifie quelquefois pur, heureux: 
mêle une page blanche à sa funèbre histoire (Lam.) 
= Par analogie, tout ce qui se rapproche du blanc : 
pain, vin — ; viande — , viande de volaille. |1 Pro- 
pre, qui n'est pas sale : linge — . Papkr — , 
sur lequel il n'y a rien d^écrit. Carte blanche, 
toute carte sur laquelle il n'y a point de figure. || 
Donner carte — ù quelqu'un, le laisser maître de 
faire ce qu'il jugera à propos. Nuit — , qu'on passe 
sans dormir. Sauce — , faite avec de la farine 
et du beurre qu'on n'a pas fait roussir. De l'ar- 
gent — , de la monnaie en argent. 1| Drapeau — , 
celui qu'arborent des assiégés qui demandent à ca- 
pituler. Il Les défenseurs du drapeau — , les légiti- 
mistes. V. Arme, Eau, Fer, Gelée, Magie , etc. 

BLANC, s. m., couleur blanche : le — est le 
symbole de l'innocence. = Substance blanche qui 
sert à peindre : — de céruse , de plomb. Cette 
femme met du — , du blanc de fard, -r- de chaux, 
eau dans laquelle on a délayé de la chaux et qui 
sert à peindre les murailles. \\ Aller, passer du — ' 
au noir, d'une extrémité à l'autre. Saigner quel- 
qu'un jusqu'au — , jusqu'à ce que le sang perde sa 
couleur; || le ruiner. = Vouer un enfant au — , faire 
vœu de le vêtir de blanc jusqu'à un certain âge. 
— d'œuf, partie glaireuse de l'œuf. — de l'œil, la 
cornée. — de poulet, la chair qui tient à l'estomac. 
=: Espace réservé dans un écrit. = Impr. , dis- 
tance plus grande que les espaces ordinaires : le nom 
est en — (Mariv.) = Marque blanche qui sert de 
but : tirer au — . V. But. = Au jeu de domino, la 
moitié du dé sur laquelle il n'y a aucun point de 
marqué. = Ane, monnaie de cinq deniers. On dit 
encore six blancs pour deux sous six deniers. == 
Nom par lequel on désigne le menu poisson blanc 
qui sert d'appât. = Blanc, blanche, s., personne 
au teint blanc, par opposition aux nègres et aux 
hommes de couleur. ^= Sous la première république 
française, on appelait blancs les, défenseurs 4u dra- 
peau blanc, de la royauté, en Vendée. ,, Ç .','^^ 
IILANC-BEC, s. m.j fam. et ir., jeune homme 
sans expérience. • 

BLANC DE BALEINE, s. m., matière blanche et 
cristalline employée dans la fabrication de la bou- 
gie, et qu'on retire du cerveau de certains cacl.alots. 
BLANC D'ESPAGNE, s. m., espèce de craie 
blanche, très-friable. 
i BLANCHAILLE, s,: tVinénu boisson i)ialk<B.' 



IL'O) 



BLA 



BLANCHÂTRE, adj., tirant sur le blanc. 

BLANCHE, s. f.; mus., note qui vaut deux noi- 
res. =: Bille blanche au billard. = Adj. : reine — , 
veuve d'un roi de France au moyen âge. 

BLANCHE (mer), grand golfe formé par l'océan glacial 
Arctique, sur la côte septentrionale de la Russie d'Europe. 

BLANCHE DE CASTILLE, mère de Saint-Louis, gou- 
verna sagement la France pendant la minorité de son flls. 

BLANCHEMENT, adv., proprement,- n'est us. 
que dans : tenir les enfants le plus — possible. 

BLANCHET, s. m., gros drap blanc dont on gar- 
nit le tympan d'une presse pour rendre le foulage 
plus égal, et pour garantir le caractère. = Morceau 
d'étoffe de laine pour filtrer les liquides épais. 
= Drap blanc pour passer la clairée dans les raffi- 
neries. = Poisson du genre du salmone. 

BLANCHET, TE, adj., diminutif de blanc : sa 
main blanchette; peu us. 

BLANCHEUR, s. f., couleur blanche, qualité de 
ce qui est blanc : on y voit la — des lis, mêlée de 
roses naissantes (Fén.) Une couronne de fleurs rouges 
relevait la — de son teint (B. de St-P.) Aux premières 
BLANCHEURS de l'aube (Chat.) 

BLANCH13IENT, s. m., action de blanchir la 
toile; le sucre, etc.; procédé employé pour blanchir. 

BLANCHIR, V. a., rendre blanc. — de la toile, le 
teint. = Couvrir de quelque chose de blanc : — d'é- 
cume, se dit des flots. — le mors, se dit des chevaux. 
Il Entreprendre de — un nègre, une chose impossible. 
r=: Couvrir d'une couleur, d'une teinte blanche : — 
un mur. — son habit contre le mur. \\ Et du temple 
déjà l'aube a blanchi le faîte (Rac.) = Rendre 
propre, nettoyer : — du linge. On dit aussi : elle 
me blanchit, elle blanchit mon linge. Abs., elle 
BLANCHIT bien. 11 Disculper, justifier : son avocat a su 
le — entièrement. WPaLT ext., dégrossir, donner de 
l'éclat : — une planche, un chaudron. = Cuis., don- 
ner une première cuisson : — des légumes. Faire 
— de la salade, la faire devenir blanche en la liant. 
=: V. n., devenir blanc : cette toile a blanchi. Ses 
chevçux commencent à — . H Vieillir : il a beaucoup 
BLANCHI. Il — sous le homais (La H.) — sur les livres. 
= Se —, V. pr., dans tous les sens de l'actif. 

BLANCHISSAGE, s. m., action de blanchir. 

BLANCHISSANT, E, adj., qui blanchit, qui pa- 
raît blanc : les flots blanchissants (Rac.) 

BLANCHISSERIE, s. f., endroit où l'on blanchit 
la toile, le linge, etc. 

BLANCHISSEUR, EUSE, s., personne qui blan- 
chit la toile, le linge, etc. 

BLANC-MANGER, s. m . , gelée animale combinée 
avec une émulsion d'amandes douces, de l'eau de 
fleurs d'oranger, etc. 

BLANQUE, s. f., jeu en forme de loterie. 

BLANQUETTE, S. f . , espèce de raisin qu'on 
appelle aussi chasselas doré ; petit vin blanc du 
Languedoc fait avec ce raisin. = Ragoût de viande 
à la sauce blanche. = Poire à la peau blanche. 

BLASÉ, ÉE, adj., émoussé, altéré par les excès. 

BLASER, V. a., émousser, user le goût : les li- 
queurs fortes BLASENT le palais. \\ Public blasé 
(Chamf.) Les excès l'ont blasé. = Se — , v. pr. : 
il s'est blasé sur les plaisirs (Âc.) 

BLASON, s. m., science des armoiries; assem- 
blage de tout ce qui constitue Fécu armoriai : vous 
mettez la grandeur dans les blasons (Volt.) 

BLASONNER, v. a., peindre ou expliquer les 
armoiries. Il Fam., critiquer, vilipender. 

^ ]^,LAa:FB£ai4.X£l,J^,, s^.,çt ,aaj . , .^ p^ui, ,^^1,. J^)|p- 

\ >-5î^l. Il Jfivfimiîî) UB iaa'n'Maoïq e^adouod 



16 BLE 

phème : inexorable au repentir d'un — (Fléch.) 

BLASPHÉMATOIRE, adj., qui contient des blas- 
phèmes : discours, écrit — . 

BLASPHÈME, s. m., parole qui outrage la Divi- 
nité, la religion. : les railleries du maître devien- 
nent bientôt des blasphèmes dans la bouche du cour- 
tisan (Mass.) Il Propos déplacé ou injurieux : mais 
ne soutenez point cet horrible — (Boil.) 

BLASPHÉMER, v. n., proférer un blasphème, 
des blasphèmes : — contre la reli<jion (Mass.) || Tenir 
des propos malveillants, injurieux. = V. a. : les 
impies blasphèment la religion chrétienne (Pasc.) — 
le nom du Tout-Puissant (Rac.) 

BLATIER ou BLADIER, s. m., marchand de blé ; 
ne se dit que des marchands noniade(S qui transpor- 
tent du blé d'un marché à l'autre. 

BLATTE, s. f., insecte de l'ordre des orthoptères 
coureurs, dont le cafard et le cancrelat sont des 
espèces. 

BLAUDE. V. Blouse. 

BLAYE, vil. de France (Gironde). Sa citadelle a servi 
de prison à la duchesse de Berry. 

BLÉ, s. m., nom du froment ordinaire, = Tout 
grain farineux dont on fait le pain ; plante qui le pro- 
duit : les grands blés, le froment et le seigle; les 
petits blés, l'orge et l'avoine; — noir, sarrasin; 

— de Turquie , maïs. || Manger son — en herbe , 
dépenser son revenu par avance. =: Une pièce de blé : 
se cacher dans un — . =: Le grain : halle aux — . 
Les — sont chers, et la misère est grande (Volt.) 

BLÈCHE, adj. et s., t. de mépris, homme mou, 
faible de caractère ; fam. 

BLEIME, s. f., irritation de la chair du pied des 
chevaux et des bœufs, due à une contusion de la 
sole des talons, et quelquefois de celle des quartiers. 

BLEME, adj., très-pâle t notre malade avait la 
face — (La F.) Teint — . Plus défait et plus — que 
n'est un pénitent sur la fin du carême (Roil.) V. Pâle. 

BLEMIR, v. n., devenir blême, pâlir; peu us. 

BLENDE, s. f., sulfure de zinc. 

BLÉSER, v. n., avoir le vice de prononciation ap- 
pelé blësité : sous Louis XIV il était à la mode de — . 

BLÉSITÉ, s. f,, vice de prononciation par lequel 
on substitue une consonne douce h. une plus dure. 

BLESSANT, E, adj., qui blesse, offensant : un 
discours — , des paroles blessantes. 

BLESSÉ, E, adj., qui a reçu une blessure : cœur 

— de Vamour divin (Boss.) || Offensé; affligé : auteur 
médiocre dont l'amour -propre est — (La H.) = S. 
m. : Avoir soin des blessés. 

BLESSER, V. a., causer une lésion : poursuivi 
par Pyrrhus qu'il avait blessé (Boss.) L'amour a 
blessé le cœur de la déesse (Fén.) = Contusionner, 
écorcher, incommoder : le joug blesse les bœufs. Ces 
souliers me blessent. V. Bât. || Offenser, choquer : 

— les convenances. La vérité blesse son oreille 
(La Br.) Aucun mot ne le blesse (Boil.) || Causer un 
préjudice, un dommage : tout ce qui blesse les in- 
térêts des hommes (Volt.) || Ne pas observer, pécher 
contre : — toutes les formes de la justice (Pasc.) 
Puissent ces discours licencieux ne jamais — l'in- 
nocence de vos oreilles! (Mass.) — la pureté de la 
langue (LaBr.)=: Se — , v. pr., dans tous les sens 
de l'actif. 

BLESSURE, s. f., toute lésion locale produite 
par une violence extérieure : guérir une — . Ses 
blessures se sont rouvertes. \\ Les — faites à la va- 
nité, à l'amour-propre, à l'honneur. |j Douleurs pro- 
fondes causées par une passion, tourments : je saz,$ 



BLO 



117 



BOE 



que vos regards vont rouvrir mes blessures (Rac.) 

§ BLESSURE, PLAIE. La blessure est toujours un 
effet, la suite d'un coup. La plaie peut provenir d'une cause 
intérieure, de la malignité des humeurs, par exemple. 

BLETTE, adj. f., se dit d'un fruit trop nmrdont 
la chair est tout à fait molle : poire, nèfle — . 

BLETTE ou BLÈTE, S. f., espèce d'amarante, 
plante potagère qu'on appelle aussi carde-poirée. 

BLEU, E, adj., delà couleur du ciel sans nuages : 
des yeux bleus. Satin — . Conte — , récit fabuleux. || 
Se (iit de la couleur que certaines contusions font 
prendre à la peau ; j'ai conservé une marque bleue 
au bras. = Cordon — , large ruban que portaient les 
chevaliers du Saint-Esprit; chevalier de cet ordre ; 
(I excellente cuisinière. =: S. m., couleur bleue : — 
de ciel. Teindre en — . J'ai des bleus, des marques 
bleues. — de Prusse, nom donné au prussiate de fer. 
=: Mettre un brochet, une carpe au — , les faire cuire 
au court bouillon. = Bleds, s. m. pi., nom donné 
par les Vendéens aux soldats de la république. 

BLEUÂTRE, adj., tirant sur le bleu : flamme — . 

BLEUET, s. m. V. Bluet. 

BLEUIR, V. a., rendre bleu : — un métal. = 
V. n. et se — , v. pr., devenir bleu. 

BLr\, s. m., pièce de bois pour assembler les 
pièces des mats et faire glisser un vaisseau sur son ber. 

BLINDAGE, s. m., action de blinder. = Assem- 
blage de blindes. 

BLINDER, V. a., garantir une tranchée au moyen 
de blindes. =: — un vaisseau, couvrir le pont ou 
les bords de vieux câbles, pour le garantir de l'effet 
des-bombes. 

BLINDES, S. f. pi., pièces de bois soutenant les 
fascines d'une tranchée, et servant à mettre les tra- 
vailleurs ou les canonniers à couvert. 

BLOC, s. m., masse pesante, gros morceau de 
pierre, de marbre ou de fer, etc. : un — de bois, 
de lave. — de plomb, billot dont les graveurs se 
servent pour fixer leurs planches. = Assemblage de 
diverses choses, et principalement de marchandises. 
■=z Kn — , loc. adv., en gros, en totalité. 

BLOCAGE, s. m., menu moellon, petites pierres 
servant à remplir les fondations et à paver des 
routes. = Impr., lettre renversée ou retournée, et 
qui tient provisoirement la place de la lettre qui 
manque. = Action de bloquer une bille au billard. 

BLOCKHAUS, s. m., fortin élevé, construit eu 
bois et isolé sur une éminence. 

BLOCUS, s. m., investissement d'une ville, d'un 
port , pour empêcher l'entrée d'aucun secours 
d'iiommes ou de vivres. = État de blocus, défense 
d'entrer sur un territoire : — continental. 

BLOIS, ch.-l, du départ, de Loir-et-Cher. Ce fut dans 
cette ville que se tinrent les états généraux, en 1577 et en 
1588, et qu'Henri III fit assassiner les Guise. 

BLOND, E, adj., d'une couleur entre le doré et 
le châtain clair : poil — . Sa blonde chevelure. Elle 
arracha ses beaux cheveux blonds (Fén.)||Ies — 
épis. = S. m., la couleur blonde : des cheveux d'un 
— doré, cendré. — ardent, qui tire sur le roux.= 
Personne blonde : un beau — , une jolie blonde. = 
Blonde, s. f., dentelle de soie. 

BLOXDEL DE NIESLES , troubadour du xii* siècle, 
connu pour son attachement, à Richard Cœur-de-Lion. 

BLONDIN , E, 8., personne qui a les cheveux 
blond.s. Il Fam., jeune fat qui courtise les dames : 
les coquettes aiment fort les blondins (^Mol.) 

BLONDIR, V. n., en parlant des céréales, devenir 
blond; jaunir; vieux. -^-i '^^- ' •? ' ' * 

BLONDISSANT, E, adj., qui blondit. 



BLOQUE, s. m., coup par lequel on a bloqué la 
bille de son adversaire. 

BLOQUER, V. a. , faire le blocus de : — une ville, 
un port. = Remplir de blocage. = Mettre une lettre 
renversée à la place de la bonne lettre qui manque. 
= Faire entrer une bille dans une blouse. 

BLOTTIR (SE), v. pr., s'accroupir : le chat se 
blottit da7is une huche (La F.) V. Tapir (se). 

BLOUSE, s. f., chacun des trous d'un billard. r= 
Sarrau ou souquenille de grosse toile que portent 
les charretiers. z=z Tout vêtement qui a cette forme. 

BLOUSER, V. a., faire entrer dans la blouse du 
billard. || Fam., tromper, induire en erreur. = Se 
— , V. pr,, mettre sa bille dans la blouse. || Se trom- 
per : il s'est complètement hlovsé; très-fam. 

BLUCHER, feld-maréchal prussien qui, avec Wellington, 
battit Napoléon à Waterloo. 

BLUET ou BLEUET, S. m., centaurée, plante à 
fleurs bleues qui croît dans les blés. 

BLUETTE. s. f., petite étincelle. || Trait d'esprit. 
Il Petit ouvrage d'esprit sans prétention. 

BLUTER, V. a., passer la farine au blutoir. 

BLUTERIE, s. f., lieu où l'on blute la farine. 

BLUTOIR ou BLUTEAU, s. m., long tamis de 
crin, en forme de cylindre, pour passer la farine. 

BOA, s. m., serpent de la plus grosse espèce, 
sans venin. = Fourrure étroite et longue que les 
dames portent autour du cou. 

BOABDIL, dernier roi de Grenade. Après la conquête 
de cette ville par Ferdinand et Isabelle, il se retira en Afrique. 

BOBÈCHE, s. f., petite pièce mobile et évasée 
qu'on adapte aux chandeliers. 

BOBÈCHE, parodiste qui a donné son nom à tous les 
paillasses qui sont venus après lui. il S, m., farceur, mauvais 
plaisant. 

BOBINE, s. f., petit cylindre de bois rond et à 
rebords pour dévider du fil, de la soie, etc. 

BOBINER, V. a., dévider sur une bobine. 

BOBINEUSE, s. f., ouvrière qui dévide sur des 
bobines. 

BOBO, s. m., mot enfantin, mal léger. 

BOCAGE, s. m., petit bois sans culture et om- 
bragé : un nombre infini d'oiseaux faisaient résonner 
ces bocages de leurs doux chants (Fén.) 

BOCAGE (le), pays de la Vendée, aujourd'hui sillonné 
de routes stratégiques, où se sont passés, en 1793, 1815, 
18 32, les guerres dites de la Vendée. 

BOCAGER, ÈRE, adj., qui hante les bois, les 
bocages; qui appartient aux bocages : nymphes bo- 
CAGÈRES (Malûlâtre) ; poét. 

BOCAL, s. m., vase à large ouverture et à cou 
très-court. : un — de cerises à l'eau-de-vie. Des bo- 
caux d'huile. = Globe de verre rempli d'eau pour 
concentrer la lumière sur un seul point. = Embou- 
chure d'un cor, d'une trompette. 

BOCARD, s. m., moulin à pilons pour écraserj 
la mine avant de la fondre. 

BOCARDER, v. a., passer au bocard. 

BOCCACE, auteur du Décaméron, véritable créateur de 
la prose italienne, mort en 137 5. 

BODRUCHE. V. Baudrucbe. 

BOËRHAAVE, célèbre médecin et professeur de l'Uni- 
versité de Leyde, mort en 1738. ' ^'^ ' ' 

BOEUF (pron. bœu au pi.), s. m., genre âe qua- 
drupède domestique ruminant, à cornes creuses, 
dont le taureau est le mâle entier : une couple de 
BŒUFS. Le — au pas tardif a la force en partage _ 
(Rosset). Sans le — , les pauvres et les riches auraient 
beaucoicp de peine à vivre (Buff.) Le — gras, que 
les bouchers promènent au carnaval. || Mettre la 



BOI 



118 



BOï 



charrue devant les boeufs, commencer par où l'on 
devrait finir. C'est un — pour le travail, ou simpl. : 
c'est un — , c'est un homme qui iie recule pas de- 
vant un travail long et pénible. = Employé pour 
taureau : le — Apis. = Chair de bceuf ; morceau de 
bœuf: — ù la mode, assaisonné avec de» carottes ît 
cuit dans son jus. || Fam. : c'est la pièce ie — , cela 
revient tous les jours. V. OEil de boeuf et Nerf. 

BOG, rivière importante de la Pologne, affluent de 'a 
Vistule. 

BOGHEI, 8. m. (mot àngl., pron. bogue), petit 
cabriolet découvert. 

BOGOTA (Saî*ta-Fb de), anc, cap. de la Colombie, au- 
jourd'hui cap de la Nouvelle-Grenade. 

BOHÊME, ancien roy., fait aujourd'hui partie des #.tats 
de l'Autriche. = Bohême ou Bohémien, ^b, adj., qui ap- 
partient à la Bohême ou à ses habitants. = .5., personne 
née en Bohème, ii Personne qui mène une vie errante et dé- 
réglée. On dit par ext., vie de — . La — littéraire. 

BOÏARD. V. Boyard. 

BOILEAIT (Nicolas Despréaux), un des grands poètes du 
«iècle de Louis XIV, législateur du Parnasse français; mort 
ea 1711. 

BOIRE, V. a., avaler un liquide. — de l'eau, du 
vin. — une rasade , un rouge bord ; fam. , un 
verre plein de vin. Je bois mon vin sans eau 
(Bér.) Il — la joie ù pleine coupe 'Boil.) — le ca- 
lice jusqu'à la lie (Mass.), subir toutes les humi- 
liations. — le coup, le vin de l'étrier, avant de par- 
tir. Il n'y a pas de l'eau à — , se dit d'un marché 
où il n'y a rien à gagner. || Absorber : la terre, le 
papier , l'éponge boit l'eau. = Abs. : ce papier 
BOiTr = Le roi boit I la reine boit ! acclamation 
usitée au repas du jour des Rois, quand le roi ou la 
reiAe de la fève boivent. — à la santé de quel- 
qu'un, — à quelqu'un, faire des vœux pour quelqu'un 
en buvant. Donner à — , tenir un cabaret. Chanson 
à — , chanson de table. Donner pour — , une grati- 
fication en sus du salaire. = Abs. : — avec excès, 
s'enivrer. — sec, boire beaucoup ; fam. — comme 
une éponge, comme un trou, comme un Templier, 
boire excessivement. || Prov., qui a bu boira, quand 
on a un défaut, on ne s'en corrige pas. Avoir toute 
honte BUE, n'avoir plus honte de rien. = Se — , 
V. pr. : le café se boit chaud. 

BOIRE, s. m., ce qu'on boit. H Fam. ; // en perd, 
il «M oublie le — et le manger, il est entièrement 
absorbé par cette occupation, par cette passion. 

BOIS, s. m., substance dure et compacte des 
arbres. || Faire flèche de tout — , mettre tout en œuvre 
pour se tirer d'affaire. — Être du — dont on fait 
les généraux, les ministres, etc., avoir les qualités 
qu'exigent ces diverses fonctions. Il est du — dont 
on fait les flûtes, se dit d'un homme complaisant 
qui ne contredit personne. Il ne faut pas mettre le 
doigt entre le — et l'écorce, il ne faut pas se mêler 
des différends qui s'élèvent entre mari et femme, 
frère et sœur, etc. Trouver visage de — , ne pas 
trouver la personne que l'on cherche. = Bois à brû- 
ler. — flotté, venu en train ou à flot perdu. — neuf, 
transporté par voiture ou par bateau. 1| On verra de 
quel — je me chauffe, de quoi je suis capable. = 
Lieu planté d'arbres : le — de Boulogne, de Vincen- 
nes. Aller au — . Yivre dans les — . Mes seuls gémis- 
sements font retentir les — (Rac.) Les hôtes des — , 
les animaux qui vivent dans les bois, et surtout les 
oiseaux : vous êtes le phénix des hôtes de ces — (La 
F.) — sacrés, consacrés à des divinités. 1| Être volé 
comme dans un — ,.avecaudace, sans pouvoir se dé- 
fendre. = Les arbres en général, menues branches, 



rejets : cette vigne a trop de — , il faut la tailler 
(Ac.) = Partie d'un objet fait de bois : le — d'une 
lance. Un — de lit. j] Dames, au trie- trac, quilles, 
au ieu de quilles. = Cornes rameuses des animaux 
du genre cerf : le — du cerf pousse, croit et se com- 
pose comme le — d'un arbre (Buff.) 

ïtOISAGE, A. m., tout le bois dont on s'est servi 
pour boiser. = Action de boiser un navire. 

BOISÉ, E, adj., garni de bois : pays — ; terre 
BOISÉE. = Garni de boiseries : appartement — . 

BOISER, V. a., garnir de boiserie, de menuise- 
rie : faire — un rez-de-chaussée. = Construire la 
carcasse d'un navire. 

BOISEMENT, s. m,, action de boiser, de planter 
des bois. = État d'un pays boisé. 

BOISERIE, 8. f., bois plat dont on revêt les murs 
d'un appartement : — en chêne. Panneaux de — . 

BOISEUX, EUSE, adj., de la nature du bois. 

BOIS-LE-DUC, ch.-l. de la p. de Brabant septentrional. 

BOISILÏER, s. m., mar., coupeur de bois. 

BOISSEAU, s. m., ancienne mesure pour les 
corps îolides : le — de Paris contenait environ dix 
kilogrammes. \\ Mettre la himière sous le — , cacher 
la vérité aux hommes ; refuser de les éclairer. 

BOISSELÉE, s. f., ce qu'un boisseau peut con- 
tenir. — de terre, espace de terre qu'on peut ense- 
mencer avec un boisseau de blé. 

BOISSELIER, s. m., celui qui fait des boisseaux 
et d'autres ustensiles de bois. 

BOISSELLERIE , s. f., métier, commerce du 
boisselièr. = Objets qu'il fabrique. 

BOISSON, s. f., tout ce qu'on boit : le petit-lait, 
tiré du lait de vache, est la — ordinaire en Islande 
(Buff.) = Dans un sens plus restreint, vin, bière, 
cidre, etc. : acheter du vin pour sa — (Ac.) || Fam. : 
adonné à la — , habitué à s'enivTcr. Être pris de 
— , être ivre. =: Eau passée sur le marc de la ven- 
dange. = Tout liquide formé d'eau versée sur une 
substance végétale qu'on laisse fermenter. 

BOISST-D'ANGLAS , président de la Convention au 
1" prairial an m et sénateur sous l'Empire; mort en 1826. 

BOITE, s. f., état du vin bon à boire. 

BOÎTE, s. f., ustensile à couvercle servant à ren- 
fermer quelque chose : — de carton, de fer-blanc. 

— à lettres, espèce de tronc dans lequel on dépose 
les lettres que la poste fait parvenir à leur adresse. 

— de montre, partie d'une montre dans laquelle le 
mouvement est renfermé. \\ On dirait qu'elle sort 
d'une — , se dit d'une personne dont la toilette est 
très-soignée. ■=' Tabatière. = Ce que contient une 
boîte : — de bonbons, de plumes. = Petit mortier 
de fonte qui sert dans les réjouissances publiques. 
= Anat. : — du crâne, cavité osseuse qui renferme 
le crùne. — d'une tortue, la carapace et le plastron. 

BOITER, V. n., incliner plus d'un côté que de 
l'autre en marchant : je connais une femme qui 
marche assez bien, mais qui BOITE dès qu'on la re- 
garde (Mont.) 

§ BOITER, CLOCHER. Clocher ou boiter bas ne s'em- 
ploie guère que dans un sens fam. et fig. : ceux qui vetP- 
lent gloser doivent bien regarder chez eux s'il n'y a rien 
qui CLOCHE (Mol.) 

BOITEUX, EUSE, adj., qui boite : un cheval — . 
Il En parlant des choses qui ont un pied plus court 
que les autres : quatre tabourets — (La F.) Paix 
BOITEUSE, se dit de la paix mal assurée conclue 
avec les calvinistes en 1508. || Ruban — , qui n'a de 
dessin que sur un de ses bords, ou dont les bords 
sont de couleur différente. Chàle — /qui n'a une 



BOIS 



H9 



BON 



large bordure que d'un côlé.\\ Vers —, qui n'a pas 
la mesure. = S., personne qui boite. 

BOÎTIER, s. m., boîte qui, dans les hôpitaux, 
sert à contenir les compresses, les bandes, la char- 
pie et certains instruments. 

BOIVIN, s.m., raar.,cordage qui tient la bouée. 
BOL ou BOLUS, s. m. , petite boule molle com- 
posée de divisions médicinales. — alimentaire, boule 
ou masse des aliments après la mastication. 

BOL. s. m., terre argileuse employée autrefois 
en médecine : — d'Arménie , argile ocreuse rouge. 

BOL, s. m., coupe demi-sphérique. = Ce qu'un 
bol peut contenir : un — de punch, de lait. 

BOL AIRE, adj., de la nature du bol d'Arménie. 

BOLERO, s. m., air espagnol servant à la fois 
de chanson et d'air de danse. 

BOLESLAS, nom commun à six ducs ou rois de Pologne. 

BOLET, S. m., champignon à chapeau conique 
€t poreux en dessous. 

BOLEYN (Anne de) ou BOULEN, femme de Henri VIII 
et mère de la célèbre Élisabelh, décapitée en 1536. 

BOLIA'GBROKE , homme d'État et écrivain anglais, 
ami de Swift et de Pope et adversaire de Walpole, mourut 
en 1751. Il avait résidé plusieurs années en France, où il 
fut, en incrédulité, le précurseur de Voltaire. 

BOLIYAR, fondateur de Tindépendance des républiques 
de l'Amérique du S., mort en 1830. 

BOLIVIE ou HAUT-PÉROU, État de l'Amérique mé- 
ridionale. 

BOLOGNE, vil. des États de l'Kglise. =: Bolonais, b, 
adj. et s., qui est de Bologne. = Ecole bolonaise, aca- 
démie de peinture, fondée par Louis Carrache et ses deux 
cousins, Annibal et Augustin Carrache, d'où sortirent Le 
Dominiquin, Le Guide et l'Albane. 

BOLUS. V. Bol. 

B03IBA1VCE, s. f., fam., chère abondante et ex- 
traordinaire : faire — . 

B03HBARDE, s. f., machine de guerre employée 
autrefois pour lancer de grosses pierres. = Galiote 
à bombes, clialoupe canonnière. = Jou d'orgues très- 
bruyant. =rr Gueule d'un four à briques. 

BOMBARDEMENT, s. m., action de jeter des 
bombes, de bombarder. 

BOMBARDER, v. a., lancer des bombes sur : — 
nne place. \\ — quelqu'un , le lancer comme une 
bombe, le faire entrer de force : elle y bombarda 
Mmed'Arpajon à Vétonnement de toute la cour (St-S.) 

BOMBARDIER, S. m., artilleur qui lance des 
bombes. 

BOMBASIN ou BOMBASINE, s. m., étoffe de 
soie. =z Futaine sans envers. 

BOMBAY, vil. de l'Inde anglaise, cap. de la présidence 
de son nom^ située dans une petite île. 

BOMBE, s. f., globe de fer creux rempli de pou- 
dre (jui, lancé avec un mortier, éclate en tombant. 
Lancer des bombes. || Fam. : la — va crever, ou 
ellipt. : gare la — / il va arriver quelque mallieur; 
le complot est près d'éclater. Tomber comme une — , 
arriver à l'improviste. 

BOMBEMENT, S. m., état de ce qui est bombé; 
convexité : — d'un verre, d'un panier. 

BOMBER, V. a., rendre convexe : — une route, 
un ouvrage de sculpture. = V. n., être convexe : 
boiserie, plancher qui bombe. Verre bombé. 

BOMBEUR, p. m., celui qui fabrique ou qui vend 
des verres bombés.. 

BOMBYX, s. m., nom du genre de ^insecte lépi- 
doptère nocturne dont la chenille est connue sous le 
nom de ver à soie. 

BON, NE, adj., qui a toutes les qualités confor- 
mes ù sa nature et à sa destination, au physique et 



au moral : — pays, blé, vîn, cheval, fils. = Ce 
qui produit l'effet qu'on en attend : — arsenic. 
bonne ciguë. Se donner du — temps , du loisir. = 
Miséricordieux, clément : qjie Dieu est — / (Boss.) = 
Bienveillant, humain : celui-là est — qui fait du 
bien aux autres (LaBr.) Être de bonne coynposition, 
d'un caractère facile. Il est — prince, — enfant, 
commode à vivre. |1 Crédule, simple, facile à trom- 
per : un — homme ; de bonnes gens. La — dupe. = 
Conforme à la raison, à la justice : le — droit; la 
— foi; de bonnes mœurs. Elle eut de bonnes incli- 
nations (Fléch.) Il Être de — compte, sincère. = Qui 
excelle dans une profession, recommandable : mi — 
ouvrier; de bons écrivains; une — maison de com- 
merce. Par anal. : un — chien de chasse.\\Avoir — 
pied, — œil, être actif et vigilant. A — entendeur, 
salut. Ir. : Taisez-vous, bonne pièce (Mol.) = Utile, 
propre à : — à tout; — pour les sots. C'est n'être — 
à rien que de n'être — qu'à soi (Volt.) A quelque 
chose malheur est — . Toute vérité n'est pas bonne 
(■( dire. = Avantageux, favorable : une bonne nou- 
velle. Il n'est pas toujours — d'avoir un haut em- 
ploi (La F.) Prendre les choses en — part, dans un 
sens favorable. = Solide, bien établi, en parlant de 
la fortune : // a huit mille bonnes livres de rente 
(Mol.) =: A quoi — ? pourquoi. A quoi — ce mystère ? 
(Bac) = Fort, vigoureux, considérable : une bonne 
gelée; un — soufjlet; une bonne somme. = Quel- 
quefois il sert à donner plus de force : c'est cent 
bonnes Z/eucs que nous avons faites {S)év.)= Aimable, 
agréable, plaisant : être de bonne humeur; faire 
bonne mine. Un — mot. || Faire contre fortune — 
cœur, se montrer ferme dans le malheur. = Ir, : 
la bailler bonne, tromper; la garder bonne, garder 
rancune. = Les bons, s. m. pi., les gens de bien, 
par opposit. à méchants : remplir les — d'amour et 
les méchants d'effroi (Corn.) Dieu fait luire son soleil 
sur les — et sur les méchants (Boss.) =: Comm., 
bon à payer : — pour deux mille francs ; par anal., 
se dit d'un billet de spectacle : —,pour une, pour 
deux personnes. = Impr., ellipt. : — à tirer, se dit 
d'une feuille qui peut être tirée. = Une bonne /01.9, 
sérieusement, une fois pour toutes. De bonne main, 
de bonne part. 

BON, adv. Sentir — , avoir une odeur agréable. 
Il fait — ici, on y est à son aise, la température y 
est douce. Teyiir — , résister fermement. Trouver — , 
approuver. Coûter —, coûter cher. // nefaitpas- — 
avoir affaire à lui ; il n'est pas commode ; il y a des 
désagréments, des dangers à craindre pour ceux qui 
ont affaire à lui. = Tout de bon, loc. adv., sérieu- 
sement : non : tout de — , quittez toutes ces incar- 
tades (Mol.) = Bon, interj., marque le contenle- 
ment , l'approbation : ah ! — , en voici un fort à 
propos (Mol.) = Se dit quelquefois par antiphrase, 
pour se plaindre, pour marquer du mécontente- 
ment: il m'a trompé, c'est — , je m'en souviendrai. 
Bon ! bon i il faut apprendre à vivre ù la jeunesse 
(Reg.) 

BON, s. m., ce qui est bon -.le — et l'honnête 
ne dépendent pas du jugement des hommes (J.-J.)= 
Bonnes qualités d'une personne, d'une chose : cet 
homme a du — (Ac.)r:^Ce qui résulte d'une chose, 
l'important , le — de l'affaire. Le — de l'histoire, 
du conte, fam., ce qu'il y a de plaisant. =: Autori- 
sation de payer une s^omme, de livrer des marchan- 
dises : — sur le trésor, — de pain. 

BON (cap), cap sur la cote de l'État de Tunis. 

BONACE, S. f. , calme de la mer après un orage. 



BON 



120 



BON 



BONALD (de), écrivain politique et religieux du com- 
mencement de ce siècle; mort en 1840. 

BONAPARTE, famille corse originaire d'Italie. Elle doit 
son illustration à Napoléon Bonaparte, qui devint empereur 
des Français. Les membres les plus connus de cette famille 
sont : Bonaparte (Charles), juge à Ajaccio et député de la 
noblesse de Corse en 1779, mort en 1785. = Bonaparte 
(M^^ Laetitia Ramolino), femme du précédent, née à Ajac- 
cio et morte à Home en 18 36. = Bonaparte (Napoléon). 
V. Napoléon I". = Bonaparte (Joseph), frère aîné de Na- 
poléon \", qui fut roi de Naples, puis roi d'Espagne. = 
Bonaparte (Lucien), prince de Canino, frère de Napoléon, 
mort à Rome en 1 840.=rBonaparte (Jérôme), frère de Napo- 
léon, qu'il fit roi de Westphalie ; mort en 1860. = Bona- 
parte (Louis), autre frère, qu'il fit roi de Hollande. Celui-ci 
est le père de Charles-Louis Napoléon III, empereur des Fran- 
çais. = Bonapartiste, s. m., partisan de Bonaparte ou lic 
sa famille. 

BONASSE, adj., simple, sans malice; fam. 

BONBON, 8. m., expression enfantine, bon, bon, 
passé dans le langage ordinaire pour désigner les 
sucreries fabriquées par les conliseurs. 

BONBONNIÈRE, S. f., boîte à bonbons. || Fam., 
petite maison jolie et commode. 

BONCHAMP (marquis de), un des chefs les plus remar- 
quables de l'insurrection de la Vendée. 

BON-CHRÉTIEN, s. m., grosse poire. 

BOND, s. m., saut d'un corps par suite d'un choc 
violent contre un autre corps : faire faux — , dévier 
enbondi8sant;||manquer àun engaigemenl.=Prcndre 
la balle au — , au moment où elle bondit; || fai*re 
une chose au moment opportun. = Saut, mouve- 
ment brusque : n'aller que par sauts et par bonds 
n'agir que par boutades. Homme tout à^s^t^ 

BONDS (St-S.) 

BONDE, s. f., pièce de bois qui sert à retenilt 
l'eau d'un étang. = Trou rond par lequel on rem- 
plit un tonneau. = Tampon de bois qui le ferme ; 
dans ce sens, on dit plus souvent bondon. 

BONDER, y. a.; mar., charger un navire autant 
qu'il peut l'être. 

BONDIR, V. n., faire un ou plusieurs bonds : 
l'eau, la balle, le cheval bondit. = Sauter, s'élancer : 
leurs pieds légers bondissent en cadence (Del.)|| Cela 
fait — le cœur, le soulève. 

BONDISSANT, E, adj., qui bondit : les agneaux 
bondissants : les bondissantes eaux. (Volt.) 

BONDISSEMENT, s. m., mouvement de ce qui 
bondit : le — des agneaux. || — de cœur, nausée. 

BONDON, s. m., morceau de bois rond qui bou- 
che la bonde d'un tonneau. = Fromage de.Neufcha- 
tel qui a la forme d'un bondon. 

BONDONNER, v. a., boucher avec un bondon. 

BONDONNIÈRE, 8. f., instrument pour percer 
une bonde à un tonneau. 

BONDOU, roy. de l'Afrique occidentale, dans la Séné- 
gambie. 

BONDRÉE, s. f., oiseau de proie qui tient le 
milieu entre le milan et la buse. 

BOXDY, vge du départ, de la Seine dont la forêt fut 
longtemps un repaire de voleurs. 

BOXE, vil. forte de l'Algérie, dans la p. de Constantine. 

BONHEUR , s. m. , chance heureuse : croirai- 
je le — que ta bouche m'annonce (Rac.) Il a cer- 
tains petits bonheurs qui n'appartiennent qu'à lui 
(^é\.) Jouer de — , réussir contre son attente. Au 
petit — -, fam., arrive, ce qu'il pourra. = Lîien-être, 
état heur.ux : le ■— d'une vie tranquille (Fén.) Le 
— des mâchants comme un torrent s'écoule (Rac.) 
Le — naît souvent au sein du malheur même (Chén.) 
= Par e>Lt. : avoir le — de, forme de civilité. = 
Par — , loc. adv., heureusement. 



BONHEUR, PLAISIR, BIEN-ETRE, BEATITUDE, 
PnospÉUlTÉ, FÉLICITÉ. Le bonheur se forme d'une 
suile ou d'une somme de plaisirs. Le plaisir est le bonheur 
d'un instant. Le bien-être est le bonheur physique. La 
béatitude est le bonheur destiné dans l'autre vie à ceux qui 
auront pratiqué la vertu dans celle-ci. La prospérité est un 
bonheur visible, extérieur; la félicité un bonheur intérieur, 
un contentement de l'âme. 

BONHOMIE, s. f., bonté de cœur unie aune 
grande simplicité de manières : Ariste est d'une — 
aimable (LaBr.) = Simplicité d'esprit, exti'êms cré- 
dulité : il est d'une — qui fait pitié (Ac.) 

BONHOMME, s. m., homme d'une bonté, d^une 
simplicité poussée jusqu'à la faiblesse. Racine, Boi- 
leau. Chapelle appelaient La Fontaine le — . Faire 
le — , affecter une bonté, une simplicité contraire 
à sa nature. Dans ce sens, on dit : un faux — . Les 
faux bonshommes. = Un petit — , un enfant. || Fam., 
petit — vit encore, mon allumette n'est pas encore 
éteinte. Aller son petit — de chemin, s'occuper tran- 
quillement de ses affaires. 

BONI, s. m., somme restée en caisse dans une 
opération, et sur l'épargne de laquelle on n'avait 
pas compté. = Ce qui revient sur un gage qu'on a 
laissé vendre au Mont-de-Piété. 

BONIFACE, nom qu'ont porté neuf papes au moyen 
âge. Le plus célèbre est Bonifacb VIH, qui lutta contre Phi- 
lippe le Bel, et essaya vainement de faire triompher les 
idées de Grégoire VII. 

BONIFACIO , vil. de Corse. = Détroit de —, entre la 
Corse et la Sardaigne. 

BONIFICATION, s. f., amélioration, augmenta- 

n du produit d'une affaire. 

BONIFIER, V. a., mettre en meilleur élat : — - 
une terre. = Suppléer un déficit. := Se —, v. pr., 
s'améliorer : le vin se bonifie en vieillissant. 

BONITE, s. f., poisson de mer, à peu près de la 
grosseur de la dorade. 

BONJOUR, s. m., salut du matin : je vous soU' 
haite le — . :^ Ellipt. : — , monsieur. — à mon- 
sieur N., fam., faites-lui mes compliments. 

BON-MOT, S. m. V. Bon. 

BONN, vil. et université de Prusse, p. rhénane. 

BONNE, s. f., domestique, femme de service : 
elle ne voit pas qu'elle n'est que leur nourrice et leur 
— , et non pas leur mère (Buiï.) *". 

BONNE-ESPÉRANCE (cap de), cap au S. de l'Afrique. 

BONNEMENT, adv., de bonne foi; avec simpli- 
cité, naïvement : j'y vais tout — . 

BONNET, s. m., coiffure ronde ou carrée, sans 
rebords. — de coton, de soie. = Coiffure à l'usage 
des femmes. — de gaze, de tulle. — carré, coiffure 
des prêtres, des avocats, des magistrats dans l'exer- 
cice de leurs fonctions. |1 Prendre le — , se faire re- 
cevoir docteur. Prendre une chose sous son — , ima- 
giner un fait sans fondement. Avoir la tête près du 
— , se fâcher aisément. Où sont donc ces esprits si 
vifs, si brillants, ces têtes si près du — ? (Sév.) 
Mettre son — de travers , montrer de l'humeur. 
Jeter son — par-dessus les moulins, braver l'opi- 
nion, les bienséances. Être triste comme un — de 
nuit, l'être beaucoup. C'est — blanc et blanc — , 
l'un vaut l'autre. Ce sont deux têtes dans un —, ils 
sont toujours du même avis, [j Gros — , personnage 
important dans son corps. — rouge, coiffure de laine 
rouge que portaient les ardents révolutionnaires (et 
que portent encore les galériens condamnés pour 
un certain temps). — vert, que l'on était obligé de 
porter quand on avait fait cession de biens : prêts 
à porter le — vert (La F.) — phr/igien , coiffure de 
la liberté. = En terme d'arts, ce qui couvre la par- 



BOR 



4-21 



lie supérieure d'un insfrumcnt, d'une machine. = 
HisU nat.. second estomac des ruminants. 

BO>'KETI:r, V. a.; vieux, saluer fréquemment. 
BOî^NETERIE, s. f., ouvrage, métier, commerce 
du bonnetier. 

BONNETIER, s. m., celui qui fait ou qui vend 
des bonnets, des bas, etc. 

BONNETTE, s. f*, petite coiffure d'enfant. = 
Fortifie, ouvrage saillant à deux faces avec para- 
pet et palissade. = Mar., petites voiles qu'on ajoute 
aux grandes pour présenter une plus grande surface 
au vent. 

BONSOIR, s. m., salut du soir : je vous souhaite 

le ; ou ellipt., — monsieur. \\Yam., pour dire 

qu'une affaire est manquée : tout est dit, — , n'en 
parlons plus [kc.) Dire — à la compagnie, pop., 
mourir. 

BONTÉ, s. f., qualité de ce qui est bon, et, en 
parlant des personnes, disposition à faire le bien, à 
se montrer indulgent : la — d'un ouvrage (Volt.) 
Lorsque Dieu forma le cœur, il y mit premièrement 
la — (Boss.) La — est un goût à faire le bien et à 
pardonner le mal (Vauv.) = Acte de bienveillance, - 
de politesse : je n'ai pu sans envie apprendre vos 
BONTÉS pour l'heureuse Octavie (Rac.) = Ir. Com- 
ment, vous avez eu la — de faire cela? \\ Faiblesse, 
trop grande facilité à céder : trop de — dans les 
parents cause la perte des enfants (Perrault.) = Un 
des attributs divins : ne désespérez point de la — 
céleste (Ducis). 

§ BONTÉ, DOUCEUR, HUMANITÉ, SENSIBI- 
LITÉ. La bonté est unpeachant naturel.à faire le bien, qui 
produit entre les hommes un échange de services. La dou- 
ceur est une qualité qui influe sur l'humeur et entretient 
la société par le liant qu'elle met dans les relations. Nous 
éprouvons de V humanité k l'égard de tous les hommes in- 
différemment et par cela seul qu'ils sont hommes; nous n'a- 
vons de sensibilité que pour ceux dont les maux présents 
nous frappent et nous émeuvent. 

BONZE, s. m., prêtre chinois ou japonais. 
BOQUET, s. m., outil de saunier pour enlever 
la boue des marais salants. = Pelle creuse du jar- 
dinier. 

BOQITILLON, s. m., bûcheron (La F.); vieux. 
BORATE, 8. m., sel formé par la combinaison 
de l'acide borique avec les bases salifiables. 
BORAX, s. m., borate neutre de soude. 
BORD, i. m., extrémiie d'une surface, ce qui 
la termine : — d'un verre, — d'iin chapeau, — d'un 
chemin, d'un précipice. \\ Avoir un mot sur le — des 
lèvres, être sur le point de se le rappeler et de le 
prononcer. Avoir le cœur sur le bord des lèvres, être 
frdiïie. Être sur le — de sa fosse, être au — du tom- 
beau, être extrêmement vieux. Être sur le — du 
précipice, dans un grand danger, près de sa perte. 
=r Rivage, terrain qui est le long de la mer, d'un 
fleuve, d'un lac :le — de l'eau. Les bords du Rhin, 
du lac deCûme. Une île escarpée et sans bords (Boil.) 
=: S. m. pi., contrées environnées d'eau : les bords 
africains (Boil.) |1 Les sombres — (Rac), les bords 
du Cocyte, l'enfer. = Galon ou ruban pour border. 
= Mar., chaque côté d'un bâtiment. Vaisseau de 
haut —, grand bâtiment. Vaisseau de bas — , petit 
bâtiment plat. Virer de — , changer de direction ; 
Il changer de parti. Être du bord de quelqu'un, être 
de son parti, de son opinion. = Le vaisseau même : 
monter, venir ù — ; prendre quelqu'un sur son — . 
•= Bordée : courir — sur — , louvoyer à petites bor- 
dées. = Bord à bord, loc. prép., jusqu'aux bords, 
tout contre les bords : la rivière au — du quai. 



BOR 

Mettre du vin au — du verre. =■ A pleins bords, 
loc. adv., même sens ; se dit souvent au fig. : la 
démocratie corde à pleins — (Royer-CoUard). 

§ BORD, COTE, RIVE, RIVAGE. Le bord et la côte 
sont plus ou moins escarpés. La rive et le rivage sont plu- 
tôt plats; ils vont et s'étendent en pente douce jusqu'à Tèau, 
et celle-ci les couvre quand elle déborde. if ; 

BORDAGE, s. m.; mar., planches épaisses qtîi 
revêtent d'un bout à l'autre le corps d'un bâtiment. 

BORDÉ, s. m., galon d'or, d'argent ou de scie, 
qui sert à border les vêtements, les meubles. ,.„, 

BORDEAUX, ch.-l. du départ, de la Gironde. = S. m., 
vin récolté aux environs de cette ville. = Bordelais, b, 
adj. et s., de Bordeaux; personne qui habite cette ville. = 
S. m., pays de Bordeaux. = Duc de — . V. Chambord. 

BORDÉE, s. f., décharge simultanée de tous les 
canons d'un même côté du vaisseau : lâcher, essuyer 
une — . Il Une — d'injures, ou simpl., une — ; fam., 
beaucoup d'injures dites très-rapidement et presque 
à la fois. = Chemin que fait un bâtiment qui lou- 
voie ; courir des bordées. = Syn. de quart. 

BORDER, V. a., garnir le bord : — unchapeau, 
des souliers; et par ext. : — un champ de fossés, de 
haies. — un lit, enfermer le b«.jd de la couver- 
ture et des draps sous le premier matelas. = jMar., 

— un bâtiment, revêtir sa membrure de bordagcs. 

— un vaisseau ennemi, le suivre de côté pour l'ob- 
server. — une voile^ la tendre par le bas. — un par- 
terre, le garnir d'une bordure. = S'étendre le long 
de : des précipices bordaient notre route (Âc.) Des 
îles bordées de hauts peupliers. Les troupes bordent 
la haie. = Côtoyer; vieux. '' '* 

BORDEREAU, S, m., état des espèces diversèis 
qui composent une somme. — de caisse. — • de 
compte, récapitulation et balance du débit et du 
crédit. — d'un agent de change, écrit constatant 
les opérations qu'il a faites. — d'inscription , titre 
de eréance remis au conservateur des hypothèques 
pour qu'il soit enregistré. ^ ^T 

RORDEU, grand médecin du xviii® siècle, précurseur 
de Bichat. 

BORDIER, S. m., vaisseau qui a un côté plus fort 
que l'autre. = Adj., vais'ieau —, - ■■ 

BORDIGUE, s. f. , enceinte formée avec des clafes, 
des perches, sur le bord de la mer, pour prendre du 
poisson, ou pour retenir le poisson vivant. 

BORDURE, s. f., ce qui borde, ce qui garnitou 
renforce le bord de quelque chose : — d'un chapeau, 
d'un châle. — de gazon. = Cadre : — d'un tableau, 
= Lisière : — d'un bois, d'une forêt. ' t' ' ^ ' 

BORE, S. m-, corps simple, métalloïde (|tiÇ" se 
présente sous la forme d'un brun verdâtre. • 

BORÉAL, E, adj , du coté du nord -.pôle —, 

BORÉE, s. m., vent du nord; poét. 

BORGHÈSE (Pauline), sœur de Napoléon, mariée d'a- 
bord au général Duphot, puis au général Leclcrc, enfin au 
prince Borghèse, fut une des plus belles femmes de son 
temps. ' '■'' '"-• 

BORGIA, famille noble d'Italie, originaire d'Espagne, qui' 
a eu toute son illustration au xvi« siècle. = Alexandre—, 
pape sous le nom d'Alexandre VL = César — , son fils, duc 
de Valentinois, aventurier célèbre. 

BORGNE, adj., qui n'a qu'un œil ou qui ne voit 

que d'un œil : homme, femme, cheval — . || Obscur, 

sans apparence : maison — . Ca^aref .*rHji peu fré< 

quenté, mal famé. = S. m., un — .' ; u iu ;,! U • 

BORGNESSE, s. f., femme, fille borgne; pop. 

BORIQUE, adj., composé de bore et d'oxygène. 

BORMIDA, riv. des Etats sardes, affluent du Tanuro. 
BORNAGE, s. m., action de planter des born,>. 



BOS 



122 



DOT 



pour marquer les limites d'un champ, d'une pro- 
priélé. 

BORNE, s. f., ce qui marquela limite entre deux 
champs ou deux États : les bornes de leur héritage 
étaient pour eux les bornes de leurs désirs (Fléch.) 
= Grosse pierre qu'on met à l'encoignure d'une 
maison, ou le long d'une route. = Par anal., borne- 
fontaine. Il est là planté comme une — ; fam., il ne 
bouge pas.=iS. f. pi., limites d'un État : étendre 
les bornes de son empire (Ac.) || Les bornes de la 
justice (Fléch.) =r Abs. : cela passe toutes les 
BORNES, cela va trop loin. 

BORNÉ, E , adj . , qui a des bornes, qui est limité : 
pouvoir — (Pasc.) Vue bornée (Ac.) Esprit, homme 
— , de peu d'intelligence. Connaissances bornées, 
de peu d'étendue. Vues bornées, étroites. Fortune 
— , médiocre. 

BORNÉO, vil. et roy. de l'Océanie. 

BORNER, V. a., mettre des bornes pour marquer 
des limites : — un champ, un vignoble. = Servir 
de borne, limiter, mettre fin à : des coteaux riants 
bornaient agréablement la vue {}loni.)=. S'applique 
aux personnes par rapport à leurs propriétés : il est 
borné au levant par une chaîne de montagnes. || 
Restreindre, modérer : — son ambition, ses désirs, 
ses espérances. Ne borne pas ta gloire à venger un 
affront (Corn.)=: Se — , v. pr., se prescrire des 
bornes, se restreindre : se — au strict nécessaire. 
Il Se contenter de : il se borne A le voir {La, Br.) 

BORNHOLM, île de la mer Baltique. 

BORXOU, roy. d'Afrique. 

BORNOYER, v. a., regarder d'un œil en fermant 
l'autre, pour juger d'un alignement. = Placer des 
jalons de dislance en distance pour planter des ar- 
bres, pour bâtir un mur, etc. 

BORODINO, vil. de Russie^ près de laquelle se livra, 
en 1 8 1 2, la bataille de la Moskowa. 

BORRAGINÉES, S. f. pi., famille de plantes qui 
a pour type le genre bourrache. 

B0RR03IÉE (Saint Charles), cardinal, archevêque de 
Milan^ fit rédiger le Catéchisme de Trente, se dévoua, pen- 
dant la peste de 1576, au soulagement des pauvres et des 
malades, et mourut en 1584. 

BORROMÉES (îles), groupes d'îles dans le lac Majeur. 

BORYSTHÈXE, fl. de la Russie d'Europe, appelé au- 
jourd'hui Dnieper. 

BOSAN, s. m., breuvage turc fait avec du millet 
bouilli dans de l'eau. 

BOSEL, s. m., moulure ronde à la base des co- 
lonnes, appelée aussi tore. 

BOSNIE, p. de la Turquie, au N. 0. 

lîOSPHORE DE THRACE ou LE BOSPHORE, dé- 
troit entre l'Asie et l'Europe, qui joint la mer de Marmara 
à la mer Noire. = Bosphore cimmérien^ anc. nom du dé- 
troit d'Iéuikaleh. 

BOSQUET, s. m., petit bois; touffe d'arbres : les 
BOSQUETS de Versailles. 

BOSSAGE, s. m., saillie laissée à la surface d'un 
ouvrage de pierre ou de bois, soit pour servir d'or- 
nement, soit pour y faire quelque sculpture. 

BOSSE, s. f., saillie résultant d'une déformation 
delà colonne vertébrale des côtes ou du sternum. =^ 
Grosseur naturelle que quelques animaux ont sur le 
dos ; la — d'un chameau, d'un bison. = Protubé- 
rance du crâne, considérée comme indice des pen- 
chants, des dispositions morales : la — du vol, des 
, mathématiques. = Enflure, tumeur occasionnée i»ar 
nnecontasion : se faire une — au front. \\ Fam., ne 
demander que plaie et — , souhaiter qu'il y ait des que- 
relles. = Anat., émiuence arrondie à la surface des os 
pldts î — frontale. = Élévation sur une surface qui 



devrait e ! re unie : un pompeux vêtement enflé de bosses 
d'or (Del.)= Modèle de plâtre, figure moulée ; des- 
siner d'après la — . Ouvrage de ronde — , de plein re- 
lief, statue. Ouvrage de demi — , en l)as-reliefs, dont 
certaines parties sont saillantes. Vaisselle en — , 
vaisselle travaillée en relief, par opposition à vais- 
selle plate. Serrure à — , en saillie à l'inténeur 
d'une porte. = Au jeu de paume, partie du mur qui 
renvoie la balle. WDoiïucr dans la — , être dupe.=: 
Mar., cordage très-court servant à tendre un câble. 

BOSSELAGE, s. m., travail en bosse sur la vais- 
selle d'argent. 

BOSSELER, V. a. , travailler en bosse : — de lu 
vaisselle. = Se — , v. pr., être bossue : cette écuellc 
s'est bosselée en tombant (Ac.) = Se dit adjectiv. 
des feuilles qui ont des éminences ou des saillies creu- 
ses en dessous : les feuilles de choux sont bosselées. 

BOSSELURE, s. f., ciselure naturelle que l'on 
voit sur certaines feuilles. 

BOSSER, v. a.; mar., retenir, fixer, arrêter 
avec des bosses : — un cûble. 

BOSSETTE, s. f., ornement en forme de bosse 
aux deux côtés du mors d'un cheval. 

BOSSOIR, s. m., chacune des deux grosses pièces 
de bois, en saillie à l'avant du bâtiment, qui ser- 
vent à suspendre et à hisser les ancres. 

BOSSU, E, adj., qui a une bosse au dos ou à la 
poitrine. — par devant et par derrière. = Mon- 
tueux, inégal : terrain — ; peu us. = Subst., per- 
sonne bossue : deux vieilles bossues qui montraient 
à lire aux enfants (Chat.) || Proy. : rire comme un — , 
aux éclats, de bon cœur. 

BOSSUER, v. a., faire par accident des bosses à 
de la vaisselle, à de l'argenterie : — «n casque. 
= Se — , V. pr., être bossue. 

BOSSUET, surnommé V Aigle de Meaux, un des plus élo- 
quents orateure et des plus grands écrivains du siècle de 
Louis XIV ; mort en 1704. 

BOSTANGI, 8. m., jardinier du sérail. = Soldat 
d'un des corps de la milice turque. 

BOSTON, 8. m., jeu de cartes qui se joue à qua- 
tre. Faire — , faire toutes les levées à ce jeu. 

BOSTON, vil. d'Angleterre. = Vil. et beau port des 
États-Unis, cap. de l'État de Massachussets. 

BOT, adj. m. (pron. bo), il n'est usité que dans 
cette locut. : pied — , pied contrefait. = S. m., un 
pied — , homme qui a uh pied contrefait. 

BOTANIQUE, S. f., science qui a pour objet la 
connaissance des végétaux, de leurs caractères et 
de leur classification. 

BOTANIQUE, adj., qui a rapport à la botanique : 
jardin — . Système — (B. de St-P.) 

BOTANISTE, s. m., celui qui cultive la bota- 
nique, qui est savant en botanique. 

BOTANY-BAY, baie de l'océan Pacifique et vil. de la 
Nouvelle-Hollande, où les Anglais déportent leurs criminels.. 

BOTHNIE, golfe et p. de Suède. 

BOTTE, s. f., assemblage de choses de même na- 
ture liées ensemble en forme de faisceau : — de 
paille , de foin ; — de radis , d'asperges. — de 
soie, écheveaux de soie liés ensemble. ijFam., grande 
quantité : une — de lettres, de papiers. 

BOTTE, s. f., chaussure de cuir qui enferme lo 
pied et la jambe, et quelquefois une partie de lu 
• cuisse : les Laponnes ont pendant V hiver des bottes 
de cuir de renne (Reg.) H Prendre ses bottes de sept 
lieues, se disposer à faire beaucoup de chemin et à 
le faire rapidement : V esprit de tout rêveur chaussa 
les — de sept lieues (V. H.) || Avoir du foin dans 
ses bottes, avoir des ressources, être à son aise. 



BOU 423 

Graisser ses — , friv., se préparer à mourir. A pro- 
pos de — , sans motif. || Fam., la terre qui s'attache 
à la chaussure dans un terrain gras ou d^s la neige. 
Il Serrrr la — , serrer les flancs du cheval pour l'ex- 
citer à avancer. = Tonneau : — de vin. 

BOTTE, s. f., coup de fleuret ou d'épée porté à 
celui contre qui on se bat : parer une — . jj Fam. : 
pousser, porter une — à quelqu'un, lui faire une de- 
mande embarrassante ; l'attaquer d'une manière im- 
prévue ; le desservir, lui nuire. 

BOTTELAGE, s. m., action de lier en bottes de 
la paille, du foin, etc. 

BOTTELER, v. a., lier en boites. 

BOTTELEUR, S. m., celui qui fait des bottes de 
paille, de foin, etc. 

BOTTER, V. a., pourvoir de bottes ou faire des 
bottes à quelqu'un. _Abs. : ce cordonnier botte bien. 
Il Singe botté, homme mal fait, embarrassé dans 
son accoutrement. = Se — , v. pr., mettre ses 
bottes. Il Fam., amasser beaucoup de terre ou de 
neige autour de ses pieds en marchant. 

BOTTERIE, s. f., boutique, atelier, commerce 
du bottier. 

BOTTIER, s. m., cordonnier qui fait des bottes. 

BOTILLON, s. m., petite botte d'herbes, de ra- 
cinps que l'on apporte au marché. 

BOTTINE, s. f., petite botte courte et légère. 

BOUC, s. m., le mâle de la chèvre : ai-je besoin 
du sang des boucs et des génisses? {J^aLC.) || Puer comme 
un — , sentir très-mauvais. — émissaire, homme à 
qui on impute tous les torts, par allusion au bouc 
qui était chargé de malédictions et chassé dans le 
désert par les Juifs. = Dieu séparera les brebis des 
BOUCS (Évangile), les bons des méchants. = Peau de 
touc remplie d'huile ou de vin. 

BOUCAN, s. m., lieu où les Caraïbes fument 
leurs viandes. = Gril de bois sur lequel ils les fu- 
ment. ||Pop., bruit, vacarme. 

BOUCANNER, v, a., faire sécher de la viande 
ou du poisson à la fumée. = V. n., aller à la chasse 
des bœufs sauvages. 

BOUCANIER, s. m., celui qui va à la chasse des 
bœufs sauvages. =:Nom donné autrefois à des aven- 
turiers qui vivaient de chasse et de piraterie. = 
Gros et long fusil dont on se servait pour cette chasse. 

BOUCAR ou BOUCAROS, s. m., terre odorante 
et rougeâtre des Indes dont on fait des pots, des 
vases, etc. 

BOUCASSIN, s. m., espèce de futaine employée 
pour doublures. 

BOUCAUT, 8. m., tonneau servant à renfermer 
certaines marchandises sèches : — de sucre, de café. 

BOUCHE, s. f., ensemble de la cavité située à la 
partie inférieure de la face , et dans laquelle se 
trouve logée la langue ; orifice extérieur de cette 
cavité ; partie extérieure de la bouche : ouvrir, fer- 
mer la — . Par anal. : la — d'un cheval, d'un âne, 
Il Faire la petite — , faire le difficile, le dédaigneux. 
Faire la — en cœur, fam., affecter des airs de mi- 
gnardise. = Organe de la voix ; || paroles : mon 
cœur démentait ma — ù tous moments (Rac.) N'o- 
ser ouvrir la — , n'oser parler. V. Fermer. Dire 
'!'' —, de vive voix. = Ellipt. : — close, cousue, 
gardez le silence sur ce point. Allof, passer, voler 
de — en —, se répandre rapidement dans le public. 
La déesse aux cent bouches, la renommée, ij Nour- 
riture : provisions de — . = Les officiers de la — , ou 
simpl., la bouche, les gens préposés à la table du 
souverain. |1 Personne à nourrir : on fit sortir de la 



BOU 



place toutes les bouches inutiles (Ac.) Être sur sa 
— , être gourmand. Prendre sur sa — , épargner 
sur sa nourriture. Poiir la bonne — , pour la fin. 
Laisser quelqu'un sur la bonne — , le laisser dans 
une attente agréable. Cela fait venir l'eau ù la — , 
cela excite l'appétit, le désir. Avoir la — mauvaise, 
sèche, amère, pâteuse, y éprouver une sensation 
d'amertume, de sécheresse. = Manège : ce cheval 
est fort en — ; il n'a point de — , il n'obéit point 
au mors. = Se dit de plusieurs sortes d'ouvertures : 
— d'un canon, d'un volcan, d'un four. — û feu, 
canon, mortier. — de chaleur, ouverture pratiquée 
sur les côtés d'une cheminée ou d'un poêle au moyen 
de laquelle la chaleur se répand dans l'apparte- 
ment. r=: Au pi. , embouchures par lesquelles les 
grands fleuves se jettent dans la mer : les bouches 
du Rhône. 

BOUCHÉ, E, adj., fam., être — ; avoir l'esprit 
— , manquer d'intelligence. 

BOUCHÉE, s. f., morceau d'aliment solide qu'on 
met dans la bouche en une seule fois : — de pain. 
Il 1/ n'en fit qu'une — , il le mangea avidement. Il 
ne ferait de moi qu'une — ; il m'avalerait en quatre 
bouchées, il m'aurait bientôt vaincu. 

BOUCHER, v. a, fermer une ouverture : — une 
porte, une bouteille. — les terriers [Buff.) I|Fam. : — 
un trou, payer une dette, parer à une difficulté. — un 
passage, une rue, y faire obstacle à la libre circula- 
tion. — la vue d'une maison, la masquer par un ar- 
bre, un mur. — les vues d'une maison, en murer 
les fenêtres. Vous tne bouchez la vue , vous m'em- 
pêchez de voir. = Se — , v. pr., se fermer : l'ouver- 
ture s'est bouchée. •= Se — le nez, se garantir 
contre une mauvaise odeur. || Se — les yeux, les 
oreilles, ne vouloir point voir, ne pas vouloir enten- 
dre : la cruelle qu'elle est se bouche les oreilles et 
nous laisse crier (Malh.) 

BOUCHER, s. m., celui qui tue les bestiaux et 
en vend la chair crue. |1 Fam., homme cruel; chi- 
rurgien ignorant et maladroit. 

BOUCHÈRE, s. f., celle qui vend de la viande 
crue ; femme d'un boucher. 

BOUCHERIE, s. f., 'endroit où l'on tue les bes 
tiaux. = Étal, commerce du boucher. 1| Tuerie, 
massacre : ce ne fut point un combat ^ mais une — 
(Roll.) Les Suisses avaient fait une horrible — de 
lansquenets, quoiqu'ils eussent mis les armes bas 
(Boss.) V. Carnage. 

BOUCHES-DU-RHÔNE, départ, de France, au S. 

BOUCHE-TROU, s. m., triv. et méprisant, 
celui qui remplit accidentellement un emploi va- 
cant, qui n'est bon qu'à faire nombre. 

BOUCHOIR, s. m., plaque de tôle servant à fer- 
mer la bouche d'un four. 

BOUCHON, s. m., ce qui sert à boucher une 
bouteille, un flacon, etc. : — de liège, de cristal. 
= Particul., bouchon de liège : faire sauter le — , 
faire partir avec bruit le bouchon d'une bouteille 
de vin mousseux. || Fam. et vieux, terme de caresse : 
mon petit — (Mol.) — de paille, de foin, poignée 
de paille, de foin tortillée qu'on attache à la queue 
d'un cheval à vendre. — de linge, paquet de linge 
tortillé. = Hameau de verdure servant d'enseigne 
à un cabaret. 1| Cabaret : — de village. 

BOUCHONNER, v. a., mettre en bouchon, en 
paquet, — un cheval, le nettoyer avec un bouchon 
de paille. Il Fam., caresser : — un enfant. 

BOUCHONNIER, s. m.^ ««lui- qui fait ou vend 
des bouchons de liège. » = .^ift'u 



BOU 



124 



BOU 



BOUCLE, s. f. anneau de métal avec un ou plu- 
sieurs ardillons : — d'or. Boucles de souliers. = 
Anneau porté comme ornement : des boucles d'o- 
reilles. = Mèche de cheveux formant un anneau. 
= Mar. , gros anneau de fer où l'on atlache un cor- 
dace. = Petit cercle en forme d'anneau, qui sert 
d'ornement à une moulure ronde. = Maladie du 
cochon et du bœuf caractérisée par un bubon qui se 
développe dans l'intérieur de la bouche et y porte 
la gangrène. = Aiguillon de certains poissons. 

BOUCLÉ, E, adj. (v. Boucle) : des souliers bou- 
clés ; des 'cheveux BOUCLÉS. = Se dit des poissons 
armés de pointes recourbées : raie bouclée. 

BOUCLER , V. a. , attacher avec une boucle : 

— une cravate, des souliers. =r Mettre en boucles : 

— des cheveux. Abs. : ses cheveux bouclent. 
BOUCLIER, s. m., arme qu'on portait au bras 

gauche et dont on se servait pour se couvrir le corps : 
les Etrusques avaient des boucliers ciselés d'or 
(Michelet). C'est la nation qui les éleva sur le — 
militaire et les proclama souverains (Mass.) || Dé- 
fense, protection, défenseur : faire un — de son 
corps à quelqu'un, parer les coups qu'on lui porte. 
Le — du pays, des lois (Fléch.) || Se dit de tout ce 
qui prolége, défend : c'était la prière qui devait vous 
servir de — pour repousser les attaques du démon 
(Bourd.) Levée de boucliers, démonstration armée. 
Il Grande démonstration sans résultat. 

§ BOUCLIER, REMPART. Au lig., ces mots signifient 
quelque chose qui sert de défense ; mais le bouclier est faible 
en comparaison du rempart. L'un 'ne préserve que d'une 
manière incomplète, l'autre met à couvert de toutes sortes 
de dangers, 

BOUGON, s. m., pop., vieux, mets ou breuvage 
empoisonné. 

BOUDDHA, signifiait dans l'Inde ancienne savant, c'est- 
à-dire possédant la parfaite science. = Bouddhisme, s. m., 
doctrine religieuse, en Asie, qui met le salut dans la vie ascé- 
tique et contemplative. = Boddohiste, s. m., celui qui pro- 
fesse le bouddhisme. 

BOUDER, V. n. et v. a., faire une mine triste et 
chagrine, en parlant des enfants; témoigner de 
l'humeur par son silence et par un air mécontent : 
cet enfant boude toujours. — quelqu'un ou contre 
quelqu'2in.\\Fam. : — contre son ventre, refuser de 
manger [lar dépit ; jl se priver, par dépit, d'une cliose 
agréable. =: V. n., au jeu de domino, n'avoir pas 
de dé à poser. || Ne pas — , être toujours prêt à 
repousser une attaque. = Se — , v. pr., se faire 
mutuellement mauvaise mine. 

BOUDERIE, s. f., action de bouder; état d'une 
personne qui boude : j'ai eu un petit moment de 
-rt, mais l'explication a bientôt tout raccommodé 
(Y-olt.) Prendre en pique et en — (St-S.) 

! BOUDEUR, EUSE, adj., qui boude liabituelle- 
iiieut : enfant — . = Qui exprime le mécontente- 
ment: mine boudeuse. = S., c'est un ennuyeux — . 

BOUDIN, s. m., boyau rempli de sang et de 
graisse de porc : — noir. — blanc, fait avec du 
lait et un hachis de blanc de volaille. = Se dit de 
plusieurs choses qui, par leur forme, ressemblent 
plus ou moins au boudin : un — de tabac, rouleau 
de feuilles de tabac ; — de cheveux, boucle de che- 
veux en spirale. = Fusée avec, laquelle on met le 
iV'u à la mine. = Petit porle-manteaU en cuir et de 
forme ronde qu'on attache sur le dos d'un cheval. 
= Le gros cordon de la base d'une colonne. 

BOUDINE, s. f., masse formant un noeud au mi- 
lieu d'un plateau de verre. 



»JU<7JJi:joa: 



f., ustensile de charcutier 
monnaie d'Alger qui vaut 



BOUDINIERE, s. 

pour faire le boudin. 
BOUDJjOU, s. m., 

1 fr. 86 c. 

BOUDOIR, s. m., petit cabinet de retraite qui 
fait partie de l'appartement d'une dame. 

BOUE, s. f., fange des rues et des chemins : tom- 
ber dans la — . Dans les villes qui sont pavées de 
grès les boues sont toujours noires (Buff.) || Maison 
faite de. — et de crachat, peu solide. Se traîner 
dans la — (Mass.), se déshonorer. Traîner quelqu'un 
dans la — ,1e diffamer. Des âmes de — ; pétries de 
— (La Br.), des âmes basses et viles. J'avoue que 
ce discours fait plaisir à mon àme de — (Sév.) Nows 
sommes tous sortis de la même — (Mass.) Tous les 
bourgeois voudront marcher sur les traces des finan- 
ciers qu'ils ont vus sortir de la — (Fén.) := Dépôt 
qui se forme dans l'encrier. =*S. f. pi., limon qui 
se trouve près de certaines eaux minérales : les 
boues dc^ Saint-Amand. V. Limon. 

BOUÉE, s, f., mar., baril ou tout corps flot- 
tant pour indiquer une ancre, un écueil. — de 
sauvetage, plateau de liège qu'on jette à un homme 
en danger de périr. 

BOUEUR, EUSE, s., celui, celle qui enlève les 
boues dî^s rues. 

BOUEUX, EUSE, adj. , plein de boue : chemin — . 

BOUFFANT, E, adj., qui bouffe, qui paraît 
gonflé : étoffe bouffante. = S. f., petit panier qui 
servait aux femmes à faire bouffer leurs jupes ; 
guimpe gaufrée que portaient autrefois les femmes. 

BOUFFANT, s. m., partie boutïante de la man- 
che d'une robe. 

BOUFFARDE, 8. f., pipe grossière; triv. 

BOUFFE, s. m., bouffon; acteur qui joue dans 
les opéras italiens. = Abs. : les bouffes, théâtre 
italien à Paris. = Chien à poil long, fin et frisé. 

BOUFFÉE, s. f., souille de vent, brusque courant 
de vapeur : — de fumée, de chaleur. — d'ail, de 
vin, imprégnée de l'odeur de l'ail, du vin. Lancer 
des bouffées de tabac, faire sortir en fumant, par 
la bouche, la fumée du tabac. || Accès subit et passa- 
ger : — de fièvre (Sév.) — de générosité, d'orgueil. 

BOUFFER, v. n., enfler, gonfler ses joues eu 
soufflant; peu us. || — de colère, montrer sa colère 
en gonflant les joues. |i Pop., manger avec avidité. 
= Se gonfler, se soutenir en pariant d'une étoffe 
qui ne s'aplatit pas. = Se dit de la pâle qui enfle 
dans le four par l'effet de la chaleur. = Se dit du 
plâtre qui gonfle, et d'un mur dont les parois s'éloi- 
gnent l'une de l'autre en laissant un vide au miHeu. 
= V. a. : — une béte, la souffler quand elle est tuée, 
pour rendre la chair plus belle. 

BOUFFETTE, s. f . , petite houppe; nœud de rubup 
un peu renflé. 

BOUFFI, E, adj., gonflé : gros visage — ; joues 
bouffies. Il — d'orgueil, de vanité, de colère. (Boil.) 
Style — , ampoulé. V. Gonflé. . , 

BOUFFIR, V. a., rendre enflé, ne se dit qu'en 
parlant des- chairs : un coup d'air lui a bouffi Jles,' 
joues. = V. n., devenir enflé. . \\~ ^ 

BOUFFISSURE, S. f., enflure des chairs, |T7*Ja^j^ 
sîyZe, emploi de termes ampoulés. -S 1 

BOUFFLERf (maréchal de), célèbre défenseur âfi ^Ue^ 
en 1708. ' - ' ' 'V. . m-îj/j^. 

BOUFFOIR, S. îll 

animaux. ' ' 

bol"Ff6# 

de taire rii^èV 



s sdiifllet pour bouifëif W 
*tMmètJutïé —- de François iK ff 



BO 



125 



BOU 



Celui qui cherche à amuser par des plaisanteries. 
Servir de — , de sujet de moquerie. = Bouffonne, 
s. f.; fam., petite 011e gaie et enjouée. 

BOUFFOX, NE, adj., plaisant, facétieux : 7?erson~ 
uage —, humeur bouffonne. = Bouffon, s, m., 
genre bouiTon ou bas comique : distinguer le naïf du 
plat et du — (Boil.) 

BOUFFOjXXER, V. n.,dire ou faire des bouffon- 
neries. 

BOUFFONiVERIE, S. f., plaisanterie exagérée ou 
rotcsque : voir naître et éclore le bon sens du sein 
la bouffOxNnerie (La Br.) V. Plaisanterie. 

BOUC (RUG), riv. d'Europe, affluent de la Vistule, non 
!oiu de Varsovie en Pologne. = BouG, anc. Hypanis, riv. 
de Russie, affluent droit du Dnieper. 

BOUGAINVILLE, célèbre navigateur français. = Plante 
du Brésil qu'il apporta en France. = Ile de l'Océanie (Poly- 
nésie) que Bougainville découvrit en 1768. 

BOUGE, s. m., petit réduit; cabinet de décharge. 
r= Logement obscur et malpropre. = Cabaret du 
plus bas étage. 

BOUGEOIR, s. m., chandelier très-bas avec un 
manche ou un anneau. 

BOUGER, V. n., se mouvoir, remuer : tu es 
mort ^ si tu bouges (Beaum.) |1 Fam., ne — d'un 
lieu, y être fort assidu :je n'ai pas bougé de ce séjour 
(Sév.) Il S'agiter d'une manière hostile : les mécon-- 
tents n'osèrent pas — (Ac.) 

BOUGIE, s. f., chandelle de cire. Pain de —, 
chandelle de cire, mince et flexible, qui se plie en 
rond. Aux bougies, à la lumière des bougies. = 
Petit cyUndre flexible qu'on introduit dans l'urètre 
soit pour le dilater, soit pour porter un caustique 
sur quelque point de sa surface. 

BOUGIE, vil. d'Atrique, en Algérie, sur la Méditerranée, 
d'où la France tirait autrefois beaucoup de cire. 

BOUGIER, V. a., arrêter les effilures d'une étoffe 
avec de la cire fondue. 

BOUGON, NE, adj. et s.; pop., qui a l'habitude 
de bougonner : vieillard — . 

BOUGONNER, v. n.; pop., gronder entre ses 
dents. = V. a., réprimander. 

BOUGRAN, s. m., grosse toile gommée. 

BOUILLANT, E, adj., qui bout : eau, huile 
bouillante. Il Très-chaud. Vif, ardent, pétulant : 
sang — . — de colère (Volt.) — de courage (Boil.) 

BOUILLE, s. f., longue perche pour troubler 
l'eau et chasser le poisson vers le filet. = Mesure de 
charbon, de bois, de braise. 

ROUILLER, V. a., troubler l'eau avec une bouille. 

BOUILLEUR, s. m., ouvrier qui convertit le vin 
en eau-de-vie. = Chaudière d'une machine à vapeur. 

BOUILLI, s. m., viande cuite dans l'eau, et qui 
a servi à faire du bouillon. Se dit particul. du bœuf. 

BOUILLI, adj. m., se dit du cuir de vache endurci 
ù force de bouillir. 

BOUILLIE, s. f., aliment fait de lait et de farine 
ou de fécule bouillis ensemble. On dit par ext. d'une 
viande trop cuite -.'elle s'en va en — . |l Prov., /aire 
de la — pour les chats, se donner de la peine pour 
rien.:= Chiffons bouillis et réduits en pâle liquide, 
dont on fait le papier et le carton. 

BOUILLIR, v. n. etirr., se dit des liquides mis en 
ébullition par la chaleur ou la fermentation : l'eau, 
le café bout. Par ext., se dit des choses que l'on fait 
cuire dans un liquide -.faire — delà viande, des mar- 
rons. \\ Le sang bout dans les veines de ce jeune homme, 
il est plein d'ardeur. La tête me bout, mon front 
brûle. — d'impatience, éprouver une extrême im- 
patience. =: Se dit du vaisseau dans lequel on fait 



bouillir quelque chose : le pot, la marmite bout, [j 
Cela fait — la marmite, procure les moyens de 
vivre. Faire — le sang, causer une vive impatience. 

BOUILLOIRE, s. f., vaisseau pour faire bouillir 
de l'eau. 

BOUILLON, s. m,, bulle qui se forme à la sur- 
face d'un liquide qui bout : de l'eau qui bout ù gros, 
à petits BOUILLONS. = Ondes que forme un liquide 
qui s'échappe en bouillonnant : un ruisseau qui, se 
précipitant du haut d'un rocher, tombait à gros — 
pleins d'écume (Fén.) Le sang coule à gros — (Id.) 
Il Et d'un sang un peu chaud réprime les — (Mol.) 
Les — de la colère (Boil.) = Eau dans laquelle on a 
fait bouillir de la viande ou des herbes : — de bœuf, 
aux herbes. — coupé, affaibli par un mélange d'eau. 
Il Plis bouffants qu'on fait faire à certains vêtements. 
:= Bulle d'air dans le verre, dans les métaux fondus. 
= Première préparation qu'on fait subir aux draps 
qui doivent être teints en écarlate. 

BOUILLON, vil. et principauté du Luxembourg. = Go- 
defroy de — , chef de la première croisade et premier roi 
chrétien de Jérusalem. = Henri de La Tour d'Auvergne, 
duc de — , prince remuant qui se révolta sous Henri IV, 
puis sous Louis XIII, et fut le père de Turenne. 

BOUILLON-BLANC, s. m., plante bisannuelle 
très-commune, dont les fleurs sont employées comme 
pectorales, et les feuilles comme émollientes. 

BOUILLONNANT, E, adj., qui bouillonne. 

BOUILLONNEMENT, S. m., mouvement, agita- 
tion d'un liquide qui bouillonne. 

BOUILLONNER, v. n., s'agiter, s'élever en for- 
mant des bouillons : l'eau commence à — . || — de 
colère, de fureur. = V. a., faire des bouillons à une 
étoffe : — un ruban, une collerette. 

BOUILLOTTE, s. f. V. Bouilloire, = Sorte de 
jeu de cartes, brelan à quatre ou cinq personnes. 

BOUKHARA, vil. d'Asie, cap. de la Boukharie. 

BOURHAREST ou BUCHAREST, cap. de la Valachie. 

BOUKHARIE, État de l'Asie centrale, dans la Tartarie. 

BOULAIE , s. f., lieu planté de bouleaux. 

BOULANGER, ERE, s., celui, celle qui fait et 
vend du pain. = Adj. m., garçon — . = Boulan- 
gère, s. f., espèce de danse en rond, et air sur le- 
quel elle s'exécute. 

BOULANGER, v. a., pétrir, faire cuire le pain. 

BOULANGERIE, s. f., art de faire le pain. = 
Lieu, établissement où se fait le pain. = Com- 
merce et fonds de boulanger, 

BOULAY (de la Meurthe), nom de deux hommes d'État 
estimables, le père et le fils, attachés à la fortune l'un de 
Napoléon I^^, l'autre de Napoléon III. 

BOULE, s. f., corps rond en tous sens : — de 
bois. — de neige, nom donné à une espèce de 
viorne, dont les fleurs blanches sont rassemblées en 
boules. Il Rond comme une — , gros et replet. = Je?f 
de — , jeu où l'on fait rouler une boule vers un but 
ou contre des (\vâ\\Q^. Tenir pied à — , tenir le pied 
à l'endroit même où la boule s'est arrêtée. || Tenir 
ferme, être assidu. = Boule dont on se sert dans les 
assemblées délibérantes, dans les examens, pour don- 
ner son avis : — blanche, — noire. — de mars ou 
de Nancy, boule faite avec, le tartrate de potasse et 
de fer. A — vue, loc. adv., précipitamment, sans 
attention; vieux et peu us. 

BOULEAU, s. m., genre de plantes amentacées- 
dont l'espèce bouleau blanc contient une sève abon- 
dante, d'une saveur douce, sucrée et aigrelette, avec 
laquelle on pn'pare dans le INord une liqueur alcoo- 
lique au moyen de la fermentation. ->,. 

BOULEDOGUE, s. m., chien trapu à mâchoires 



BOU 



126 



BOU 



proéminentes et temporaux volumineux, meilleur 
pour le combat que pour la garde. 

BOULÉE, s. f., résidu du suif fondu. 

BOULER, V. n., enfler la gorge, en pari, des 
pigeons. = Enfler, en pari, du pain. = V. a., battre 
l'eau avec un bouloir. 

BOULET, s. m., boule de fer fondu dont on 
charge les canons : un — de vingt-quatre livres ou 
de vingt-quatre. — rouge, qu'on a fait rougir au 
feu. Il Tirer à — rouge sur quelqu'un, en parler 
d'une manière offensante, lui parler ou l^attaquer vi- 
vement = Peine infamante qui consiste à traîner le 
boulet. = Articulation du canon avec le paturon 
de la jambe du cheval. 

BOULETÉ ou BOUTÉ, adj. m., se dit du che- 
val quand le tendon du muscle fléchisseur est ré- 
tracté. 

BOULETTE, S. f., petite boule. =r Chair ou 
pâte hachée arrondie en boule. || Fam. , légère erreur 
ou bévue. 

BOULEUX, s. m., cheval trapu et propre seule- 
ment à un service de fatigue. || Fam. : bon — , 
homme médiocre, mais qui remplit bien sa tâche. 

BOULEVARD ou BOULEVART, S. m., terre- 
plein d'un rempart; terrain d'un bastion ou d'une 
courtine. = Promenade plantée d'arbres autour et 
à l'intérieur d'une ville. || Place forte qui met un 
pays ù couvert de l'invasion des ennemis. = Tout 
ce qui sert de sauvegarde : ce héros fut le — de la 
chrétienté (Ac.) V. Rempart. 

BOULEVERSEMENT, s. m., action de boule- 
verser; désordre, confusion. || les bouleversements 
qui renversent les empires, les — de mon âme (Volt.) 

BOULEVERSER, v. a., apporter le désordre ou 
la contusion dans quelque chose : /7 a tout boule- 
versé dans ma chambre. \\ Troubler, agiter : — les 
sens, l'esprit {kc.) — l'Europe (Volt.) L'arf de — les 
États (Pasc.) Je ne sais pas ce qu'il a, il est tout bou- 
leversé. = Se — , v. pr. : on dirait ijue le monde 
entier doit se — pour nous ménager un plaisir (Mass.) 

BOULIER, s. m., filet qu'on tend dans les étangs 
salés. 

BOULIMIE , s. f . , faim excessive , envie de 
manger plus d^alimenls qu'on ne peut en digérer. 

BOULIN, s, m., trou pratiqué dans un colom- 
bier pour que les pigeons y nichent. = Pot de terre 
qui leur sert de retraite. = Trou fait à un mur pour 
placer des échafaudages. = Pièces de bois qui por- 
tent les échafaudages. 

BOULINE, s. f,, cordage amarré vers le milieu 
de chaque côté d'une voile carrée, pour lui faire 
prendre le vent de côté. Aller à la — , tenir le plus 
près du vent, recevoir le vent de biais, en mettant 
les voiles de côté à l'aide des boulines. || Courir la 
— , se disait d'un châtiment qui consistait à faire 
passer le condamné entre deux haies de matelots 
qui le frappaient avec des garcettes, peine abolie 
depuis 1848, 

BOULINER, V. a., haler la bouline. = V. n., 
aller ù la bouline, naviguer avec un vent de biais. 

BOULINGRIN, s. m.'., pièce de gazon, tapis de 
verdure dans un jardin. 

BOVLOGNE-SUa-iMER, s.-préf. du départ, du Pas-de- 
Calais, célèbre par le traité entre Henri VIII et François I*', 
qui rendit cette ville à la France, et par le camp que Napo- 
léon y fit former en 1803, lorsqu'il projetait d'opérer une 
ciesceute en Angleterre. = Boolosais, anc. comté de France. 
= BouLONAis, fi, adj. et s., personne née à Boulogne ; qui 
appartient à cette ville ou à ses habitants. 



BOULOIR, 8. m., instrument à long manche qui 
sert à remuer la chaux et à la mêler avec du sable 
ou du ciment. 

BOULON, s. m., cheville de fer à tête ronde, 
avec une clavette ou un écrou au bout. 

BOULONNER, v. a., arrêter avec un boulon. 

BOULOT, TE, adj. et s., se dit d'une personne 
petite et grosse ; pop. 

BOUQUE, s. f., passe, canal, détroit ; vieux. 

BOUQUER, V. n., faire — quelqu'un, le forcer 
à faire quelque chose qui lui déplaît ou l'empêcher 
de faire ce qui lui plaît : moi seul j'ai fait — toute 
la faculté (Reg.) 

BOUQUET, s. m., assemblage de fleurs liées en- 
semble : un — de violettes; faire, offrir un — . Par 
ext., 7m — de bois, une touffe de bois. Rhodes sort 
comme un — de verdure du sein des flots (Lam.) || Pe- 
tite pièce de vers adressée à une personne le jour de 
sa fête, ou cadeau qu'on lui fait à cette occasion. = 
Par ext., assemblage de certaines choses liées en- 
semble : — de persil, de cerises ; — de perles, de 
diamants. = Globe de fusées ou girandole qui ter- 
mine un feu d'artifice. || Chose agréable qu'on ré- 
serve pour la fin. || Parfum : le — du vin de Bour- 
gogne. Un vin qui porte au nez un — qui pétille 
(Boil.)= Bouquet ou noir museau, espèce de dartre 
qui alfecte le museau de la brebis. 

BOUQUETIER, s. m., vase à fleurs. = Celui qui 
fait ou vend des bouquets. 

BOUQUETIÈRE, 8. f., celle qui fait et vend des 
bouquets de fleurs. 

BOUQUETIN, s. m., mammifère du genre des 
chèvres ; bouc sauvage. 

BOUQUIN , s. m. , vieux bouc ; cornet à — , 
sorte de trompe* recourbée faite ordinairement d'une 
corne. = Lièvre, lapin mâle. = Vieux livre dont 
on fait peu de cas. 

. BOUQUINER, V. n., chercher de vieux livres 
d'occasion. =z Consulter de vieux livres. 

BOUQUINERIE, s. f., amas de bouquins ; com- 
merce de vieux livres; boutique de bouquiniste ; fam. 

BOUQUINEUR, s. m., celui qui recherche de 
vieux livres, qui aime à bouquiner. 

BOUQUINISTE, s. m., celui qui achète et vend 
de vieux livres. 

BOURACAN, s. m., gros camelot. 

BOURBE, s. f., boue ou vase qui forme le fond 
des eaux croupissantes : Mai'ius, poursuivi, fut obligé 
de se jeter dans un marais, où il passa la nuit ense- 
veli et enfoncé dans la — jusqu'au cou (Vertot). || 
Je me flatte que votre ami, M. de La Chalotais, sor- 
tira brillant comme un cygne de la — où on l'a fourré 
(Volt.) V. Limon. 

BOURBE (la), hôpital de Paris pour les femmes indi- 
gentes ou détenues, qui sont sur le point d'accoucher. 

BOURBEUX, EUSE, adj., plein de bourbe : eau, 
citerne BOURBEUSE; étang, fossé — . 

BOURBIER, s. m., lieu creux plein de bourbe ; 
tomber dans un — . || Aifaire embarrassée : il s'est 
mis dans un — d'où il aura peine à se tirer (Ac.) |I 
Le — du vice. 

BOURBILLON, S. m., corps filamenteux et blan- 
châtre ()ui se trouve au centre d'un furoncle. ,, , / 

BOniBOX (île), dans la mer des Indes, entre Madagas- 
car et rîl<^ iMaurice ; elle appartient à la France. 

BOURBON (maison de). Plusieurs familles nobles. pî%- 
cières et royales ont porté ce titre, emprunté au Bonrboh-' 
nais, qu'elles possédaient en fief ou en apanage. La maiîèn 
de Bourbon occupait encore, il y a quelques années, :tes 
trônes de France, de Naples et d'Espagne. Les Bouibona^O , 



BOU 



France ont perdu la couronne, la branche aînée en la per- 
sonne de Charles X en 1830, et la branche cadette avec 
Louis-Philippe en 1848. Ils avaient Henri IV pour com- 
mun ancêtre. = Chaklks, duc de — , plus connu sous le 
nom de connétable de Bourbon, prit les armes contre Fran- 
çois I*', son souverain légitime, et fut tué au siège de Rome 
en 1527. = Bourbonniex, ennb, adj. et s., nom que l'on 
donne quelquefois aux partisans des Bourbons. = Adj., nez 

— , gros et aquilin, tel que l'ont eu plusieurs Bourbons. 

BOURBONNAIS (le), anc. p. du centre de la France. 

BOURBONNE- LES-BAINS (Haute-Marne), eaux ther- 
males connues des Romains et très-fréquentées aujourd'hui. 

BOURBON-VENDÉE, nom donné en 18)5 au ch.-l. 
du départ, de la Vendée, Napoléon-Vendée, bâti en 1805, 
sur les ruines de l'anc. forteresse de la Roche-sur- Yoq. 

BOITRCETTE, s. f. V. MÂCHE. 

BOURDAINE OU BOURGÈNE, s. f., arbrisseau 
dont l'écorce est purgative, et dont le bois fournit 
un charbon excellent pour la fabrication de la pou- 
dre à canon. 

BOURDALOU, S. m., tresse qu'on attache avec 
une boucle autour de la forme d'un chapeau. = 
Vase de nuit de forme oblongue. 

BOURDALOUE, célèbre Jésuite qui prêcha pendant les 
plus belles années de Louis XIV. Il fut le fondateur de l'élo- 
quence chrétienne, et il a mérité d'être appelé le prédica- 
teur des rois et le roi des prédicateurs. 

BOURDE, s. f., pop., mensonge, défaite. = 
Fausse nouvelle débitée par plaisanterie : conter des 

BOURDES. 

BOURDILLON, s. m., bois de chêne refendu 
pour faire des futailles. 

BOURDIN, s. m., pêche ronde et colorée qui se 
mange en septembre. 

BOURDON, s. m., insecte de la famille des 
abeilles. = Abeille mâle. = Ton qui sert de basse 
continue dans certains instruments. — d'orgue, 
celui des jeux de l'orgue qui fait la basse. Faux — , 
musique dont toutes les parties se chantent note 
contre note. = Grosse cloche : — de Notre-Dame. 
=:lmpr., omission d'un ou de plusieurs mots. = 
Long bâton que les pèlerins portent dans leurs voya- 
ges; meuble d'armoiries qui représente un bâton de 
pèlerin. |j Planter le — en quelque lieu, s'y fixer, s'y 
établir. 

BOURDONNANT, E, adj. , doué de la faculté de 
bourdonner : des animaux ailés, bourdonn.4.nts, un 
peu longs (La F.) 

BOURDONNEMENT, s. m., bruit que font en- 
tendre, en volant, les bourdons, les mouches et quel- 
ques petits oiseaux : le — de l'oiseau mouche, de 
l'abeille. La mouche prétend les animer par son — 
(La F.) Il Murmure sourd et confus de voix. == Bruit 
qu'à la suite d'une hallucination on croit entendre : 

— d'oreille, — dans l'oreille. 
BOURDONNER, v. n., bruire comme les bour- 
dons : une mouche bourdonne à ses oreilles (Pasc.) |1 
Faire enfendre un murmure confus, et souvent en 
signe de désapprobation. = Y. a., chanter à demi- 
voix, entre ses dents : — de vieux airs. \\ Fam., faire 
entendre une chose avec importunité : n'entendrai- 
je donc plus — d'autre chose parmi vous? (La Br.) 

BOURDONNET, s, m., rouleau de charpie de 
forme oblongue, pour tamponner une plaie. 

BOLTVG, s. m., grand village avec marché : là 
plus d'un — fameux par son antique nom (Boil.) 

BOURGADE, s. f., petit bourg, village dont les 
:aai.^oii.s sont disséminées. 

BOURGÈNE, s. f. V. Bourdaine. 

BOURGEOIS, E, s., citoyen, habitant d'une 
ville : un bon — ; de petits bourgeois. = Collect., 



127 BOU 

tout le corps des bourgeois ; patron ou maître chez 
lequel un ouvrier travaille. = Roturier, par oppo- 
sition à noble et à militaire : c'est un bourgeois 
(La Br.) = Bourgeois, e, adj., qui a rapport à la 
bourgeoisie : habit — , par opposit. aux divers cos- 
tumes officiels. Des habitudes bourgeoises (Mol.) 
Maison bourgeoise, simple et bien tenue, ou par 
opposit. à maison garnie, hôtel. Voiture bourgeoise, 
particulière, par opposit. à voiture publique. Cui- 
sine bourgeoise, bonne, mais sans grands apprêts. 
Comédie bourgeoise , théâtre d amateurs. = Com- 
mun, sans dignité, mesquin : ce nom est bien — 
(Ac.) Avoir l'air, le ton — (Boil.) || A la bourgeoise, 
loc. adv. , manière fort simple d'apprêter les viandes. 

BOURGEOISEMENT, adv., d'une manière bour- 
geoise, en simple bourgeois. 

BOURGEOISIE, s. f., qualité de bourgeois : 
droit de — . || Donner droit de — à un mot, l'a- 
dopter dans sa langue. = Collect., le corps des bour- 
geois : la — fit des représentations. S'allier à la — . 

BOURGEON, s. m., petit corps ovoïde, conique 
ou arrondi, naissant sur les branches des arbres, 
aux aisselles des feuilles ou à l'extrémité des ra- 
meaux. = Nouveau jet de la vigne. || Bouton rouge 
tuberculeux qui vient au visage. 

BOURGEONNÉ, E, adj., qui a des bourgeons 
au visage : cet homme est — ; nez — . 

BOURGEONNEMENT, s. m., ensemble de phé- 
nomènes qui accompagnent la formation et le déve- 
loppement des bourgeons. 

BOURGEONNER, v. n., pousser des bourgeons : 
au printemps tout commence à — . \\ Le front_ lui 
bourgeonne, il commence à y avoir des bourgeons. 

BOURGERON, s. m., blouse courte des ouvriers. 

BOURGES, anc. cap. du Berri, ch.-l. du départ, du 
Cher. Charles VII y tint sa cour pendant l'invasion des An- 
glais, ce qui le fit surnommer le Roi de Bourges. Patrie de 
Louis XI, de Jacques Cœur, de Bourdaloue. 

BOURGMESTRE (pron. bourguemestre), s. m., 
titre du premier magistrat de quelques villes d'Al- 
lemagne, de Hollande, etc. 

BOURGOGNE, anc. prov. de France. = S. m., vin 
qu'on récolte en Bourgogne. :^ Bourguignon, ne, adj., de 
Bourgogne. = S., personne qui habite la Bourgogne. = 
S. m., raisin de ce pays. 

BOURGUIGNONS (faction des), parti contraire à celui 
des Armagnacs, sous le règne de Charles VI, et qui avait 
pour chef Jean sans Peur, duc de Bourgogne. 

BOURLE, s. f., employé par Molière dans le sens 

de BOURDE. 

BOURMONT, noble vendéen qui, après s'être rallié à 
Napoléon, le trahit en 1815. Il eut l'honneur de commander 
l'expédition qui fit la conquête d'Alger. 

BOURNOUS ou BURNOUS, s. m.; manteau de 
laine blanc et à capuchon. 

BOURRACHE, s. f., plante de la famille de< 
borragidées, qu'on emploie comme tisane. 

ROURRADE, s. f., atteinte donnée par le chien 
au lièvre qu'il court. =:. Coup de crosse de fusil ; 
coup de poing. || Attaque soudaine, vive repartie. 

BOURRAS, s. m., espèce de bure, dîî gros drap. 
Toile de — , faite avec le chanvre le plus grossier. 

BOURRASQUE, s. f., tourbillon de vent impé- 
tueux et de peu de durée. || Mouvement d'humeur 
brusque (;t passager : d'une cabale affreuse essuyer 
les BOURRASQUES (Piron). 

BOURRE, s. f., amas de poils détachés de la 
peau des bœufs, des chevaux, servant à garnir des 
selles, des tabourets. =r — de laine ou — Innice, 
la partie la plus grossière de la laine ; — de soiey- 



BOU 



428 



BOU 



la partie la plus grossière du cocon, qui ne se dévide i 
pas. Il Fam., chose inutile, remplissage. = Ce qu'on f 
met par-dessus la charge des armes à feu pour la 
maintenir. = Duvet qui couvre les bourgeons. 

BOURREAU, s. m., exécuteur de la justice cri- 
minelle, des hautes œuvres : mourir par la main du 
— . Je craignais moins les BOURREAUX que ses lar- 
mes (Corn.) Il Insolent comme un valet de — , au su- 
prême degré- || Homme cruel , barbare ; persécu- 
teur acharné : toi-même de ton sang devenir le — 
(Rac.) — de votre fille (Id.) || Tourment, supplice 
intérieur : il y a autant de bourreaux qu'il y a de 
désirs violents (Fén.) || — d'argent, grand dissipa- 
teur. Il Fam., coquin, terme de reproche, expres- 
sion d'humeur : — me feras-tu toujours frapper 
deux heures à la porte? (Brueys.) 

BOURRÉE, s. f., fagot de menues branches. = 
Danse vive et gaie. = Air à deux temps sur lequel 
on Fexécute : chantez-moi la — d'Auvergne. 

BOURRELER, v. a., tourmenter cruellement; 
ne s'emploie qu'au moral : la conscience bourrelée. 
Les libertins, bourrelés qu'ils sont par leur cons- 
cience, ne sont jamais tranquilles {La Roch.) 

BOURRELET ou BOURLET, s. m., coussin rond 
rempli de bourre ou de crin : mettre un — sur sa 
tête pour porter des fagots. = Gaine étroite et lon- 
gue remplie de bourre ou de crin qu'on adapte aux 
bords intérieurs des portes et des fenêtres qui joi- 
gnent mal. = Enflure autour des reins de l'hydro- 
pique. = Renflement circulaire qui se forme à la 
tige d'une plante ; tout renflement arrondi. = Re- 
bord à, l'extrémité d'un canon du côté de la bouche. 
= Entrelacement de cordes autour des mâts. 

BOURRELIER, s, m., celui qui fait et vend des 
harnais. 

BOURRELLE, S. f., femme du bourreau ; vieux. 

BOURRER, V. a., remplir de bourre. V. Rem- 
bourrer. = Enfoncer la bourre d'une arme à feu : 

— un fusil, un canon. \\ — un enfant, le faire trop 
manger. = Donner une bourrade à un lièvre, en 
pari, d'un chien. = Donner des coups de crosse de 
fusil ; maltraiter. = Se — , v. pr., fam., se mal- 
traiter de coups ou de paroles ; se — , manger avec 
excès de quelque chose : se — de pain, de viande. 

BOURRICHE, s. f., panier oblong sans anse 
dont on se sert pour transporter du poisson, de la 
volaille, du gibier. = Son contenu : il m'a envoijé 
une — de volaille, et abusiv., une — d'huîtres. 

BOURRïER, s. m., mélange de paille et de blé 
battu. = Rognure de cuir. 

BOURRIQUE, s. f., ânesse : eh quoi! charger 
ainsi cette pauvre — ,' (La F.) = Mauvais petit che- 
val. ||Pop., personne très-ignorante : quelle — / = 
Sorte de civière à l'usage des maçons, des carriers. 
= Chevalet de couvreur. 

BOURRIQUET, s. m., petit ânon; âne de petite 
taille. = Civière de maçon, de carrier; chevalet de 
couvreur. = Tourniquet de mineur pour monter 
les fardeaux à la surface du sol. 

BOURRU,' E, adj. chargé de bourre; trouble : 
fil — ; vin — , grossier et épais. || Rrusque et cha- 
grin : esprit — ; moine — . V. Moine. = S., homme 
bourru : votre père est un — fieffé (xMol.) Le — 
Jb'ienfaisant de Goldoni. V. C.\pricieux. 

BOURSE, s. f., espèce de sac dans lequel on met 
'l'argent qu'on porte sur soi : je rapporte une grosse 

— toute pleine d'or (La F.) Coupeur de — , filou 
plein de dextérité. Demander la — ou la vie, som- 
mer quelqu'un de livrer sa bourse avec menace de 



le tuer, s'il résiste. 1| Argent : avoir la — ; tenir la 

— , les cordons de la — , avoir le maniement de l'ar- 
gent. Fam. : sans — délier, sans rien dépenser. Faire 

— commune, mettre son argent en commun. ||Somme 
évaluée à 500 piastres dans le Levant. H Pension gra- 
tuite accordée à un élève : une — entière , une 
demi — .yLieu public où s'assemblent les négociants, 
les banquiers pour aiïaires de commerce : bruits 
de — . Il Par ext., les affaires qu'on traite à la Bourse, 
les négociants qui s'y réunissent -.la — a été agi- 
tée. Le cours de la —, le cours des etîets publics. 
Pendant la — , pendant le temps que se font les 
affaires à la Bourse. 1| Petit sac de taffetas noir dans 
lequel on renfermait autrefois ses cheveux : une 
queue à — . || Petit sac pour faire la quête dans une 
église. Il Poche placée à l'entrée d'un terrier pour 
prendre des lapins. = Bourgeons courts et coniques 
qui se trouvent souvent sur les pommiers et les poi- 
riers. = Membrane qui enveloppe les champignons. 
= Anat,, f. pi., nom vulgaire du scrotum. =Chir., 
bandages en forme de poche. 

BOURSICAUT, s. m. , petite bourse, || Petite 
somme mise en réserve, petite économie. 

BOURSIER, s. m., celui qui jouit d'une bourse 
dans un lycée ou une école publique. = Celui qui 
fréquente la Bourse, qui y fait des affaires. 

BOURSIER, ÈRE, s., celui, celle qui lient la 
dépense dans quelques communautés. 

BOURSILLER, v. n., fam., contribuer chacun 
d'une petite somme pour une dépense commune. 

BOURSOUFLAGE, s. m., enflure. Il ne se dit 
qu'au figuré : style plein de — . 

BOURSOUFLER, v. a., rendre enflé. = Se — , 
V. pr., enfler. = Chim., augmenter de volume par 
l'effet du feu ou de la fermentation. 

BOURSOUFLÉ, E, adj., enflé, replet : visage — . 
llAmpoulé : style —.V. Emphatique. = S., homme 
gras et replet, qui a de grosses joues. 

BOURSOUFLEMENT, s. m., chim., augmenta- 
lion de volume par l'effet du feu ou de la fermen- 
tation. 

BOURSOUFLURE, s. f., enflure : — au visage. 
Il — du style. 

BOUSCULEMENT, s. m., fam., action de bous- 
culer ; résultat de cette action*. 

BOUSCULER, V. a., fam., mettre sens dessus- 
dessous : on a bousculé tous mes livres. = Pousser 
en tous sens ; nous fûmes horriblement bousculés 
dans la foule (Ac.) = Se — . v. pr. , se pousser les 
uns les autres. 

BOUSE, s. f., fiente de bœuf ou de vache. 

BOUSILLAGE, s. m., mélange de chaume et de 
terre détrempée. ||Tout ouvrage mal fait. 

BOUSILLER, V. n., maçonner en bousillage.jl 
V. a., fam., travailler mal, gâcher. 

BOUSILLEUR, EUSE, s., personne qui travaille 
en bousillage. || Fam. , qui travaille mal. 

BOUSIN, s. m., surface tendre de la pierre de 
taille lIPop., tapage ; lieu où l'on en fait. 

BOUSSA, vil. d'Afrique (Nigritie). Près de cette ville 
périt le voyageur anglais Mungo-Park. 

BOUSSAC, s.-préf. du départ, de la Creuse. 

BOUSSOLE, s. f., cadran au centre duquel est 
fixée une aiguille mobile dont la pointe aimantée se 
dirige vers le nord : le principal usage de la — est 
sur mer. Il Guide, conducteur : l'expérience est la — 
du philosophe (Cond.) Le renard a toujours son odo- 
rat pour — (Buff.)^ 

BOUSTROPHÉDON, s. m., manière d'écrire al- 



BOU 



129 



BOU 



ternativement de droite à gauche et de gauche à 
droite, comme iiu bœuf latioure un champ. 

BOUT, p. m., oxlrémité d'un corps, d'un es- 
pace : le — d'un bâton, d'un màt, d'un champ. 
le — de l'univers (Boil.) H Être logé au — du monde, 
dans un quartier fort éloigné. H Fam. : c'est tout 
le — du monde, tout au plus. N'être pas au — , 
avoir encore des choses pénibles à supporter. Savoir 
sur le — du doigt ^ parlai! ement. Avoir un mot sur 
le — de la langue, l'oublier quand on allait le 
dire. Être au — de son rôle, ne savoir plus que 
faire ni que dire. Le haut —, la place la plus hono- 
rable; le bas — , la moins honorable. Joindre les 
deux BOUTS, avoir tout juste de quoi subsister. Rire 
du — des dents, sans en avoir envie ; du — des lè- 
vres, à contre-cœur. Montrer le — de l'oreille, lais- 
ser pénétrer sa pensée, ses desseins. = Petite par- 
tie d'une chose : un — de ruban , de bougie. — 
de manche, manche postiche allant du coude au 
poignet. Il Entendre un — de messe. Un — de rôle, 
un rôle peu important. Un — d'homme, un petit 
homme. = Objet allongé, extrémité d'une chose : 
un — de boudin; mettre un — à une aune. \\ Terme, 
fin : a« — d'une semaine. Le — de l'an, service fu- 
nèbre célébré un an après le décès de quelqu'un. Être 
au — de sa carrière (La Br.) Être au — de son ar- 
gent, de sa patience. =. La proue d^un vaisseau : 
avoir vent de — , aller contre le vent. = Au — de, 
loc. prép., après. =: A — de, loc. prép. : venir à 
— d'une chose, réussir, voir la fin d'une chose. 
Venir à — de quelqu'un, triompher de la résistance 
de quelqu'un. = A — , loc. adv. : être à — , être 
épuisé : ma douceur est à — (Rac.) Mettre quelqu'un 
à — ; pousser quelqu'un à — , réduire quelqu'un à 
ne savoir plus que faire ni que dire : esprits pous~ 
ses à — par tant d'injustices (Boss.) L'époux était 
à — (La F.), perdait patience. = Bout à bout, 
loc. adv. : coudre deux bandes de toile — , les 
joindre par leurs extrémités. Mettre — à — , addi- 
tionner ; se dit des choses qui n'ont d'importance 
qu'ajoutées les unes aux autres. = D'un — à l'autre, 
loc. adv., du commencement à la fin, entièrement, 
d'un — du monde, de la terre à l'autre, par toute 
la terre : lorsqu'il allait d'un — de la terre à l'au- 
tre abattre les monstres (Fén.) Remplissez l'uni- 
vers... que les Romains pressés de l'un ù l'autre — 
(Rac.) = A tout — de champ, loc. adv., à tout pro- 
pos. = Au — du compte, après tout. = A — por- 
tant, loc. adv., le bout de l'arme près de l'objet 
qu'on vise. 

§ BOUT, EXTRÉMITÉ, FIN. Le bout répond à un 
autre bout; V extrémité répond au centre; la fin au com- 
mencement. Bout donne l'idée d'une chose, tandis que fin 
rappelle une action. 

BOUTADE , s. f . , caprice ; saillie d'esprit et 
d'humeur : n'agir, ne travailler que par boutades. 
Une satire fade, d'un plaisant du pays insipide — 
(Boil.)= Ancien droit sur la vente des vins. 

BOUTANT, adj., ne s'emploie qu'avec arc et 
pilier. V, Arc-boltant. 

BOUT ARGUE, s. m., œufs de poisson salés et 
confits dans le vinaigre. ^ u.*»! ;* 

BOUT-D'AÏLE, s. m., extrémité dMtr'Jtftfeàfa 
bon à manger. = bouts-d'aile, plumes dubout de 
l'aile des oies, dont on se sert pour écrire. <''<' -' ' 

BOrT-DE-L»AN. V. BoUT. ■■•'•' . ^l'H^a |' .v-u^ - ■ 

BOUTÉ, E, adj., se (lit d'un ^eh'eWl'^^iàî 'îles ' 

jambes droites du genou à la couronne.' " "**' ' J' 

•OUTEHEN-THAlN, 8. m., petit oiseàii^&i^^ért 



à faire chanter les autres. || Homme qui met les au- 
tres en train, en gaieté. 

BOUTE-FEU, s. m., inv., bâton garni à son ex- 
trémité d'une mèche pour mettre le feu au canon. || 
Personne qui excite des désordres, qui suscite des 
querelles : les — de la sédition. 

BOUTEILLE, s. f., vase à goulot étroit pour les 
liquides : — de verre, de terre^ de grès. Le ventre 
d'une — . Boucher, déboucher une — . Boire une — , 
le vin qu'elle contient. |1 Fam. : c'est la — à l'encre, 
c'est une atTaire obscure, embrouillée. = La li- 
queur contenue dans une bouteille : — de vin, de 
bière. \\ Aimer la — , aimer à boire; paijer — , payer 
à boire. = — de Leyde, appareil électrique qui 
consiste en une ou plusieurs bouteilles garnies à 
l'intérieur et au dehors d'une armure métallique. 
= Bouteilles, s. f. pi., lieux d'aisances d'un vais- 
seau, ordinairement placés à la poupe. 

BOUTEILLER, s. m. V. Boutillier. 

BOUTER, v. a., mettre; vieux mot usité seule- 
ment en mar. : — ù l'eau, faire sortir du port. 
— au large, pousser au large. = — un cuir, ôter la 
chair restée après la peau. = V. n., se dit d'un vin 
qui pousse au gras. 

BOUTEROLLE, s. f., garniture du bout d'un 
fourreau d'éj 'e ; sa représentalion dans le bln^ion. 
= Poinçon de lapidaire. :=: Outil de bijou lier et de 
boutonnier. = Ouverture à la clé d'une serrure pour 
le passage des gardes. 

BOUTE-ROUE, s., f., borne qui préserve les 
angles des édifices du choc des roues. 

BOUTE-SELLE, s. m., signal donné avec la 
trompette pour avertir les cavaliers de monter à 
cheval : sonner le — . 

BOUTEUX, s. m., grande truble au bout d'un 
bâton fourchu, pour pêcher des écre visses. 

BOUTILLIER, s. m., échanson ; officier qui a 
l'intendance du vin de la table d'un prince : le 
grand — de France. 

BOUTIQUE, s. f., lieu où l'on expose des mar- 
chandises pour les vendre : Molière resta jusqu'à 
quatorze ans dans la — de son père (Volt.)= Fonds 
de boutique : céder sa — . |1 Fermer —, quitter sa 
profession. = Lieu où un artisan travaille : — de 
tailleur, de cordo/ïn/er.||Fam., maison mal tenue et 
mal gérée. = Bateau de pêcheur disposé pour con- 
server le poisson vivant; coffre percé de trous, ser- 
vant au même usage. ; 

BOUTIQUIER, s. m., artisan ou marchand qy^à 
est en boutique. Se dit souvent ir. : c'est un —n-n 

BOUTIS, s. m., endroit où un sanglier a fouilj^,^ 
avec son boutoir. = Traces de cette fouille. , j^^ 

BOUTISSE, s. f., pierre placée dans le mur su^Lr^^jj] 
vaut sa longueur, et qu'on ne voit, à l'extérieur,— 
que dans sa largeur. j,- ,<jjj 

BOUTOIR, s. m., outil de corroyeur. ^.ÔujKtp, 
de maréchal pour parer les pieds des chevaux. ::;?:,^, 
Groin de sanglier. || Coup de — , attaque soudaine,, o» 
trait d'humeur ; épigrarame blessante. ..^ 

BOUTON, s. m., bourgeon qui commence h-Â'RM^ 
former, et qui donne naissance aux branches, aux. J 
feuilles ou aux fleurs : — ù feuilles, à fruit, La, , 
plante ouvre ses tendres boutons (Fén.) = Fleur 
non épanouie : — d'œillet, de rose. = Par anal,, 
petite tumeur arrondie qui se forme sur la peau : 
visage couvert rfe boutons. = Petite pièce arrondie, . 
de mt'ital ou d'étolTe, servant à attacher les diiïér.'o 
rentes parties d'un vêtement: — d'habit, de chemise. 
Moule de —. = Bijou qui a la même destination : 



BOY 



130 



BRA 



— d'or, de diamant. \\ Fam. : serrer le — à quelqu'un, 
le presser vivement. = Ce qui ressemble à un bouton : 

— de serrure, de porte, de fleuret. = Bout du sein, de 
la mamelle. = Poinfe de métal mise au bout du ca- 
non d'une arme à feu pour servir de point de mire. 
= — de feu, caut''"re dont l'extrémité cautérisante 
se termine en forme d'olive. = Cliir., instrument 
pour l'opération de la taille. = Petite portion d'or 
ou d'argent qui reste après l'opération de la cou- 
pelle. = Bot. : — d'or, nom de la renoncule acre, 
commune dans les prés. — d'argent, nom de plu- 
sieurs plantes à (leurs blanches. 

BOUTON\É, E, adj., dont les boutons sont fer- 
més; qui a poussé des boutons : habit, gilet — ; 
p/an<e BOUTONNÉE. 1| Fam., qui ne laisse pas péné- 
trer sa pensée : un homme toujours — . 

BOUTONiVER, v. n., en pari, des plantes, com- 
mencer à pousser des boutons : l'arbre boutonne. = 
V. a., attacher avec des boutons : — un habit, un 
gilet. = Se — , v. pr., mettre ses boutons. 

BOUTOMVERIE, s. f., fabrication, fabrique de 
boutons ; marchandise, commerce du boulonnier. 

BOUTONKET, s. m., petit bouton : leur — a la 
couleur des roses (Volt.) 

ÏÎ0UT01XNÏ5.R, s. f., celui qui fait ou qui vend 
des boutons. 

BOUTONNIÈRE, s. f., petite fente faite à un vê- 
tement pour y passer un bouton : porter une fleur, 
un ruban à sa — . || Faire une — à quelqu'un, lui 
faire une blessure avec une arme trancliante. 

BOUTOU, s. m., massue plate et longue, arme 
dont se servent le.-; Caraïbes. 

BOUTS-RS3ÏÉS, S. m. pi., rimes données pour 
faire des vers, = Un bout-rimé, petite pièce devers 
composée sur des rimes données. 

BOUTURE, s. f., branche d'un arbre ou d'une 
plante vivace que l'on coupe et que l'on plante en 
terre pour qu'elle prenne racine. 

BOUVARD, s. m., marteau qui servait à frapper 
les monnaies avant l'invention du balancier. 

BOUVART ou BOUVEAU, S. m., jeune bœuf. 

BOUVERIE, s. f., étable àbœufs; habitation des- 
tinée aux bœufs, dans le voisinage d'un marché, 

BOUVET, s. m., rabot à faire des rainures. 

BOUVIER, ÈRE, s., celui, celle qui garde, qui 
conduit les bœufs. |1 Fam., c'est un vrai — , un 
homme grossier. 

BOUVIER, s. m., constellation de l'hémisphère 
boréal. = Nom vulgaire du gobe-mouches. 

BOUVIÈRE, s. f., petit poisson du genre des 
cyprins. 

BOUVILLON, s. m., jeune bœuf; peu us. 

BOUVINES, bourg du départ, du Nord, près de Lille, 
célèbre par la victoire que Philippe-Auguste remporta sur les 
Anglais et l'empereur Olhon eu 1214. 

BOUVREUIL, s. m., oiseau de l'ordre des pas- 
sereaux. 11 a le dos cendré, le ventre rouge et la ca- 
lotte noire. 

BOVINE, adj. f., de la famille du bœuf: la race 
— , les bœufs, les vaches, les taureaux." 

BOXE, s. f., sorte de pugilat très-usité en Angle- 
terre : la — anglaise, la — française. 

BOXER, V. n., et se —, V. pr,, se battre d'après 
les règles de la boxe. ||Se battre à coups de poings. 

BOXEUR, s. m., celui qui boxe ou qui fait métier 
de boxer. 

BOYARD, s. m., nom qu'on donne aux anciens 
feudataires de Russie, de Transylvanie. 

BOYAU, 8. m., intestin : on tire avantage du 



lait, de la peau et mCme des boyaux de la brebis 
(Buff.) Il Pop., aimer quelqu'un comme ses petits 
boyaux, l'aimer excessivement. Rendre ses — , pop., 
vomir abondamment. 1| Corde à boyaux, faite de 
boyaux d'animaux, et préparée pour les instruments 
à cordes. V. Bâcler. = Conduit de cuir, adapté à une 
machine hydraulique. || (Chemin étroit et tortueux 
dans une tranchée. |1 Fam., espace long et étroit : 
cette salle n'est qu'un — . = Ventre, flanc du cheval. 
V. Viscères, 

BOYAUDERIE, s. f., lieu où l'on nettoie et où 
l'on prépare les boyaux employés dans les arts. = 
Commerce du boyaudier. 

BOYAUDIER, s. m., celui qui prépare et file 
des cordes à boyau. 

BOYER, célèbre chirurgien et professeur de médecine, 
mort en 18 33. 

BOYXE, riv. d'Irlande, sur les bords de laquelle Guil- 
laume III battit Jacques II en 1690. 

BRABANT, p. des Pays-Bas. = Brabançon, nb, s., per- 
sonne du Brabant.= Brabançons, anciens mercenaires des 
Anglais et des 'Français. = brabançonne, chanson patrio- 
tique bel^'e de 1830. 

BRACELET, s. m., ornement que, dans l'anti- 
quité, les hommes et les femmes mariés portaient 
au bia.s, et qui aujourd hui sert à la parure des 
femmes : — en or. — de corail, de perles, de dia- 
mants. 

BRACHIAL, E, adj., qui appartient au bras : 
muscle — . Artère brachiale. Nerfs brachiaux. 

BRACIIIOPODES, s. m. pi., mollusques sans tête 
apparente, revêtus de coquilles bivalves et dépour- 
vus de locomotion. 

BRACHYOURES, S. m. pi., genre de crustacés 
qui renfrme l'araignée de mer, le crabe, etc. 

BR.4C0N, s. m., appui qui soutient une porte 
d'écluse. = Espèce de vantaux. = Genre d'insectes 
nuancés de couleurs vives et qu'on voit, pendant la 
belle saison, voltiger sur les fleurs. 

BRACONNAGE, s. m., action de braconner. 

BRACONNER, v. n., chasser furtivement sur les 
terres d'autrui. =: Chasser en temps prohibé. 

BRACONNIER, s. m., celui qui braconne. || Fam,, 
celui qui lu'^ beaucoup de gibier. 

BRACTÉE, s. f., petite feuille distincte des au- 
tres, placée au point d'insertion desfleurs, et qui les 
recouvre avant leur développement. 

BRAGANCE, vil. forte du Portugal (TRAS-OS-MON- 
TES), qui a donné son nom à la famille régnante de Por- 
tugal, montée sur le trône en la personne de Jean IV, hui- 
tième duc de Bragauce. 

BRAGUE, s. f., cordage qui sert à borner le 
recul d'un canon. 

BRAGUETTE, s. f. V. Brayette. 

BRAHMANE, BRAME, BRAMINE, s. m., prêtre in- 
dien qui professe la doctrine des Védas ou livres sacrés. = 
Brahmanique y adj.. qui appartient, qui a rapport aux brah- 
manes, = Brakmanisme, s. m., religion de Brahma; doc- 
trine des brahmanes. 

BRAI, s. m., suc résineux qu'on tire du pin et 
du sapin, = Résine dont on extiail la térébenthine. 

BRAIE, s. f., linge dont on enveloppe le derrière 
des enfants; vieux. Aujourd'hui on dit couche, lange. 
= S. f. pi., anc, culotte, caleçon : il s'en est tiré, il 
en est sorti les braies nettes ; lig. et prov., se dit 
d'un homme qui s'est tiré heureusement d'une 
mauvaise affaire. = Morceau de grosse toile gou- 
dronnée pour garnir le vide aux étambrais des mâts, 
du gouvernail et des pompes. = Impr., feuille de 
papier découpée aux endroits où la feuille doit mar- 



BRA 



131 



BRA 



quer. = Au pi. , pièces de bois sur le palier d'un 
moulin à vent pour soulager les meules. 

BRAILLARD, E, adj.; fam., qui crie ou qui 
parle fort haut. = S. : de grands braillards (Mol.) 

RRAILLE, s. f., pelle pour remuer les harengs 
qu'on sale. 

BRAILLEMENT, s. m., façon de parler, cri de 
celui qui braille. = Cri importun d'un animal. 

BRAILLER, v. n., parler très-haut, crier à tue- 
tete. = Crier sans suivre de voie, en parlant du 
chien. =V. a., remuer les harengs avec la braille. 

BRAILLEUR, EUSE, adj., qui braille, qui ne fait 
que brailler. =: S. Un brailleur, une brailleuse : 
diable soit des brailleurs (Mol.) 

BRAIMENT, S. m., cri de l'àne. 

BRAIRE, V. n., crier, en parlant de l'âne : dès 
qu'il approche de l'écurie, Z'djje brait (Buff.)|| Fam., 
crier, chanter en braillant. 

BRAISE, s. f. , menus charbons ardents ou éteints : 
du bois qui fait de la bonne — .=:Êlre sur la — , avoir 
les pieds sur la — ; fam., être dans la plus vive im- 
patience : quand je garde un secret j'ai les pieds sur 
la — (Dest.) Le rendre chaud comme — ; prov., se 
venger prom[)tement de quelque tort qu'on a reçu. 

BRAISER, v. a., faire cuire de la \iande à la 
braise : gigot braisé. 

BRAISIER, s. m., huche où le boulanger met la 
braise quand elle est étouffée. 

BRAISlÈllE, s. f., grand étouffoir à braise. = 
Vaisseau dans lequel on fait cuire certaines viandes 
à la braise. 

BRAME. V. Brahmane. 

BRAMER, v. n., crier, en pari, du cerf. 

BRAN, s. m.; pop. et bas, matière fécale; vieux. 

BRANCARD, s. m., civière à bras pour trans- 
porter un malade, des meubles ou des objets fra- 
giles. = Les deux pièces de bois ou de fer d'une 
voiture entre lesquelles est placé le cheval qui la 
traîne. =: Dans une voiture à quatre roues, la pièce 
qui unit les deux trains. 

BRANCHAGE, s. m., l'ensemble des branches 
d'un arbre. 

BRANCHE, s. f., bois qui sort du tronc d'un 
arbre, et qui s'allonge comme un bras : nous tenons 
dans une main l'épée, et dans Vautre une — d'oli- 
vier (Fén.) Il L'Église étendait tous les jours ses bran- 
ches par toute la terre (Boss.) S'accrocher à toutes 
les —, recourir à tous les moyens pour sortir d em- 
barras. Prov., être comme l'oiseau sur la — , dans 
une position incertaine. H Tout ce qui offre quelque 
analogie avec les branches des arbres : les branches 
du bois de cerf, d'un lustre. \\Les — d'un fleuve, les 
petits affluents de ce fleuve. Les — d'une montagne. 
Les — d'une mine, les filons qui partent du filon 
principal. = Anat., les — d'une artère, d'un nerf. \\ 
Les familles issues d'une même souche : la — aînée, 
la — cadette. jjLes diiïérentes parties d'une chose, 
d'une science , d'un art : cette — du commerce du 
monde fut anéantie (Volt.) La libéralité est une — 
de la générosité (Vuuv.) = Dans un flambeau, cha- 
cune des parties qui portent une bougie. = Chacune 
des deux parties d'un mors auxquelles on attache 
la bride. = Chacune des deux parties des lunettes 
qui s'appliquent le long des tempes. = Chacune des 
deux parties qui composent les ciseaux. 

BRANCHER, v. a., attacher, pendre à une bran- 
che d'arbre; peu us. = V. n., percher sur des bran- 
ches d'arbre : un faisan branché. || Fam. : un mousse 
branché sur une vergue (Ac.) 



BRANCHE-URSINE, s. f., nom vulgaire de plu- 
sieurs plantes, l'acanlhe, le chardon ,\etc. 

BRANCHIES, s. f. pi,, organes respiratoires de 
tous les animaux qui vivent dans l'eau. 

BRANCHIOl'ODES, s. m. pi., petits crustacés 
d'eau douce. 

BRANCHU, E, adj., qui a beaucoup de branches : 
un arbre — . 

BRANDADE, s. f., ragoût de morue à la pro- 
vençale, avec de la crème, de l'huile et de l'ail. 

BRANDE, s. f., sorte de bruyère, arbuste ra- 
bougri qui croît dans des campagnes incultes. == 
Lieux incultes où croissent ces arbres. =Nom donné 
par les bûcherons aux menues branches d'un arbre. 

BRANDEBOURG, s. m., ornement en broderie 
ou en galon sur un vêtement. =8, f., ancienne ca- 
saque à longues manches, à la mode sous Louis XIV. 

BRANDEBOURG, ancien état de l'empire gTinanique 
dont les électeurs ont fondé la monarchie pn ssienne. = 
Bbandebouhgeois, k, s. et adj., du pays de Brandebourg. 

BRANDEVIN, s. m., eau-de-vie de vin; vin 
brûlé ; pr-u us. 

BRANDEVINIER, ERE, S., celui, celle qui vend 
du brandevin dans un camp, dans une garnison, 
on dit aujourd'hui cantinier. 

BRANDILLEMENT, S. m., mouvement de quel 
qu'un qui se balance ; fam. 

BRANDILLER, V. a.; fam., mouvoir, agiter deçà 
et de là. = V. n.; et se — , v. pr., se balancer à 
l'aide d'une corde, d'une escarpolette, etc. 

BRANDILLOIRE , s. f., balançoire formée avec 
une corde ou des branches ; peu us. 

BRANDIR, V. a., secouer, agiter dans sa main 
une lance, un épieu, une épée, etc., comme si l'on 
se préparait à frapper : je sais — mon large cime- 
terre (Volt.) 

BRANDON, s. m., tison allumé; flambeau fait 
de paille tortillée. 1| Les brandons de la discorde, de 
la guerre civile. = Paille tortillée au bout d'un 
bâton planté aux extrémités d'un champ, pour indi- 
quer qu'il est saisi ; c'est de là que vient l'expression 
de saisie-brandon. V. Satsie. 

BRANDONNER, v, a., planter des brandons aux 
extrémités d'un champ saisi. 

BRANLANT, E, adj., qui branle, qui penche 
tantôt d'un côté, tantôt de l'autre : la tête bran- 
>LANTE. I! Château — , se dit d'une chose peu solide, 
d'une personne mal assurée sur ses jambes. 

BRANLE, s. m., mouvement de ce qui branle, 
oscillation : — d'une cloche. Sonner en — , à la 
volée. Il Au — de sa roue la fortune ennemie et me 
berce et me joue (Regn.)=: Première impulsion don- 
née à quelqu'un ou à quelque chose : la France com- 
mençait à donner le — aux affaira de l'Europe 
(Boss.) =: Fam. , se mettre en — , en mouvement, pour 
faire quelque chose. = Ancienne danse de village : 
mener le — ; || se mettre à la tête, donner l'exemple. 
= Espèce de hamac ; vieux. = Vol d'un oiseau qui 
tourne en battant des ailes. 

BRANLE-BAS, s. m., action de défendre les 
branles ou hamacs pour se disposer au combat. || 
Fam., signal d'une crise; bouleversement. 

BRANLF3IENT, s. m., mouvement de ce qui 
branle : — d'une cloche ; — de tête. 

BRANLER, v. a.,mouvoir, agiter, faire aller deçà 
et delà : — la tête, les jambes. = \. n., pencher de 
côté et d'autre, osciller, remuer : — dans le manche, 
— au manche, être menacé dans sa position, dans 
sa fortune. 



BRA 

BRANLOIRE, s. f., planche en bascule pour se 
soulever tour à tour. 

BRANTOME, chroniqueur du xvi« siècle, célèbre par la 
naïveté et la vanité gasconne qui perce dans son style. 

BRAQUE, S. m., chien de chasse à poil ras. || 
Jeune homme étourdi, écervelé : c'est un — . = 
Adj., chien — , homme — . 

BRAQUEMART, 8, m., ancienne épée courte et 
large; style badin : un — flamboijant. 

BRAQUEMENT, s. m. , action de braquer ; état de 
ce qui est braqué : — des canons (Ac.) ; peu us. 

BRAQUER, V. a., tourner, placer dans une di- 
rection déterminée : — un canon. Par ext. : — un 
lorgnon, une lunette. \\ — ses regards sur quelqu'un 
ou sur quelque chose, 

BRAQUES, s. f. pi.; vieux. Pinces d'une écre- 



BRAS, s. m., membre du corps qui tient à, l'é- 
paule ; partie qui s'étend de Tépaule au coude : 
les deux bras. Le — droit, le — gauche. Il tenait 
entre ses bras le corps de son fils (^Fén.)\\ Languir 
dans les bras du repos (Volt.) Avoir un — de fer, 
fort, vigoureux. Arrêter le — de quelqu'un, l'em- 
pêclier de frapper, de punir : la fidélité du seul 
Mardor^ ce arrêta le — prêt ù tomber sur les inno- 
cents (.vJass.) ^foir le bras long; fam.», beaucoup 
de crédit. Faire de grands bras, de grands gestes; 
faire les beaux bras, se donner de grands airs. 
A bras ouverts, avec empressement. Avoir quel- 
qu'un sur les — , à sa charge. Avoir une armée sur 
les — , avoir à la combattre. Avoir beaucoup d'affaires 
sur les bras, en être accablé. Demeurer les bras troj- 
sés, rester sans rien faire. Ne vivre que de ses bras, 
de son travail. Passer des — du sommeil dans ceux 
de la mort (Barth.) Cela vous coupe — et jambes, 
cela vous ôte tout moyen d'agir. Les — m'en tom- 
bent, ma surprise est extrême. Tendre les — à quel- 
qu'un., lui faire accueil, le secourir, lui demander du 
secours. Lever le — contre, menacer : et même contre 
Dieu lève son — perfide (Rac.) Se jeter dans, entre 
les bras de quelqu'un, se mettre sous sa proteclion. 
Appeler quelqu'un monseigneur gros comme le — , 
lui donner ce titre à tout instant et avec adectation. 
Il Personne qui travaille, force, pouvoir : avoir 
plusieurs — à son service (Pasc.) Les terres exi- 
gent un grand nombre de — (J--J-) Combien est 
puissant le — de Dieu (Boss.) L'univers a craint 
leurs — victorieux (Rac.) Élre le — droit de quel- 
qu'un, son aide, son appui. Aurait -il refusé son — à 
ses voisins, à ses allies? (Boss.) Le — séculier, la 
puissance temporelle. |1 Ce qui a de l'analogie avec le 
feras : — de mer, partie entre deux terres. — d'un 
jltnwe. — de fauteuil, les côtés servant d'appui pour 
les tras. Les bras d'une balance, d'un levier, d'un 
brancard, d'une brouette, etc. Les — d'une baleine, 
ses nageoires. Le — d'un aviron, la partie par la- 
quelle on le tient. les — d'une vergue, les cordages 
amarrés à l'extrémité d'une vergue. = Loc. adv. : 
à — , ou à force de — , ù tour de — , de toute sa 
force. A — raccourci, hors de mesure, de toute la 
force du bras. — dessus, — dessous, en se donnant 
le bras. A — le corps, par le milieu du corps. 

BRASER, V. a., souder ensemble deux pièces de 
fer, d'acier ou de cuivre. 

BRASIER, s. m., feu de charbons ardents. H Sa 
tête est un — , il est dans une grande exaltation. =: 
Grand bassin de métal où l'on met de la braise pour 
chauffer une chambre. 

BRASILLEMEAT, s. m., elfet de la mer qui bra- 



132 BRA 

sille, qui réfléchit les rayons du soleil, de la lune. 

BRASILLER, v. a., faire griller sur de la braise. 
= V. n., se dit de la mer qui, frappée obliquement 
par les rayons du soleil ou de la lune, présente à sa 
surface comme une traînée de lumière. 

BRASQUE, s. m., enduit d'argile et de charbon 
pilé pour les fourneaux de fondeur. 

BRASQUER, v. a., enduire debrasque la surface 
des creusets. 

BliASSADE, s. f., filet à grandes mailles. 

BRASSAGE, s. m., action de brasser; art du 
brasseur. = Façon donnée aux métaux ; droit que 
l'on paye pour les droits de fabrication des mon- 
naies. 

BRASSARD, s. m,, partie de l'ancienne armure 
qui garantissait le bras. =: Garniture de cuir pour 
couvrir le bras au jeu de ballon. = Ornement, in- 
signe qu'on porte au bras. 

BRASSE, s. f., mesure de la longueur de deux 
bras étendus : la — marine est de cinq pieds (Ac.) 
= Nager ù la — , en étendant les bras l'un après 
l'autre au-dessus de l'eau. 

BRASSÉE, s. f., ce que les bras peuvent entou- 
rer et contenir: emporter une — de bois, de foin. 

BRASSER, v. a., remuer à force de bras des li- 
quides pour les mélanger : — de l'or et de l'argent 
fondu dans le creuset. — de la bière^ faire de la 
bière. || Fam., tramer secrètement : — une trahison 
(Ac.) 3Ime d'Alègre m'avertit de la dangereuse ca- 
bale qui se brassait de longue main (St-S.) Mé- 
chante femme, à ton mari tu brassais un tel tour ! 
(La F.) V. Ourdir. = Mar., mouvoir les cordages 
pour changer la direction de la voile. 

BRASSERIE, s. f., lieu où l'on fait de la bière. 
= Se dit abusiv. d'un lieu où l'on vend de la bière 
au détail. 

BRASSEUR, EUSE, s., celui, celle qui fait de la 
bière et qui en vend en gros. 

BRASSIAGE, s, m., mcsurage à la brasse. = 
La quantité de brasses d'eau que l'on trouve avec 
la sonde dans un endroit quelconque de la mer. 

BRASSIÈRE, s. f., petite camisole d'enfant. = 
S. f. pi., espèce de bretelle qui sert à maintenir le 
corps de l'enfant en marchant. || Fam., lisières. 

BRASSIN, s. m., cuve à bière. = Quantité de 
bière que la cuve contient. = Quantité de savon que 
l'on cuit à la fois. 

BRASURE, s. f., endroit où deux pièces de métal 
sont brasées, fondues. 

BRAVACHE, s. m.; fam., faux brave, fanfaron. 

BRAVADE, s. f., action, parole par laquelle on 
brave quelqu'un; fanfaronnade. 

BRAVE, adj., qui a de la valeur, du courage, 
de l'honneur ; un — soldat (Ac), de braves ojljlicie h 
(Boss.) On ne peut déshonorer un — homme (Volt.) Un 
homme — , qui a de la bravoure, qui ne craint pas 
le danger : Cromwel était — sans doute ; les loups 
le sont aussi (Volt.) = Fam., bon, honnête, poli : 
— homme, — femme. Je voulais laisser à l'auber- 
giste ma veste en gage; ce — homme la refusa (J.-J.) 
S'emploie quand on s'adresse à un homme du peu- 
ple : approchez, — homme. = S. m., homme vail- 
lant : nos braves ne reculèrent pas (Ac.) // est de 
faux dévots ainsi que de faux braves (Mol.) = 
Fam., en pari, à un inférieur : moti — . Ir. Nos 
braves s'accrochant, se prennent aux cheveux {\îqil,) 
= Interj., sert ù encourager : Brave! allons t àhij 
mez-vous (Dest.) ', ^ ,, 

BRAVEMEKT, adv., avec bravoure : il monta 



BRE 433 

— à l'assaut (Ac.) = Fam., habilement, adroite- j 
ment : il s'est — tiré de cette affaire. 

BRAVER, V. a., délier, traiter avec liauteur : 
tu me BRAVES, Cinna (Corn.) Ce Dieu que tu bravais 
en nos mains t'a livrée (Rac.) liÂITronfer : — le dan- 
ger, la mort, l'infamie. Vous triomphez, cruelle, et 
BRAVEZ ma douleur (Rac.) Le latin dans les mots 
BRAVE l'honnêteté (Boil.) 

BRAVO (mol ital.) interj., dont on se sert pour 
applaudir; très-bien. On dit aussi : bravissimo, par- 
faitement. := S. m., applaudissement. 

BRAVO, s. m. (pi. bravi), assassin à gagres. 

BRAVOURE, s. f., valeur éclatante : déployer 
une grande — . Il poussa la — jusqu'à la témérité 
(Les.) = Au pi., actions de valeur; ir., et peu us.|| 
Mus. : air de — , air d'une exécution difficile, et dans 
lequel le chanteur déploie tout son talent. V. CœuR. 

BRAVER, V. a.; mar., enduire de brai. 

BRAYETTE, S. f., fente de devant des anciennes 
culottes et des pantalons modernes -.fermer, bouton- 
ner sa — . Deux esta/iers à brillantes brayettes (Volt.) 

BRAYON, S. m,, piège pour prendre les bêtes 
puantes. 

BRÉANT ou BRUANT, s. m., oiseau jaune de 
la grosseur du moineau franc et de l'ordre des syl- 
vains. 

BREBIS, s. f., quadrupède à laine, femelle du 
bélier. — blanche, bêlante; troupeau de brebis. La 

— est sans ressource et sans défense (Buff.)|| — ga- 
leuse, personne dont la société est pernicieuse. Faire 
«n repas de — , manger sans boire. A — tondue. 
Dieu mesure le vent, Dieu proportionne nos attlictions 
à nos forces.il Ouaille : le bon pasteur donne sa vie 
pour ses brebis (Ac.) 

BRÈCHE, s. f., ouverture faite à un mur, aune 
haie : monter ù la — . Entrer par la — . Battre en 
— , tirer avec de l'artillerie contre une muraille. || 
Battre en — un raisonnement: \\ Faire une — à un 
pâté, l'entamer, en manger une partie. = Cassure, 
fracture au tranchant d'une lame : une — à un cou- 
teau, à une serpe. \\ Tort, dommage : les brèches que 
le temps avait faites à la discipline (Fléch.) 

BRÈCHE, s. 1". j sorte de marbre formé d'un amas 
de cailloux divers. 

BRÈCHE-DENT, adj., qui a perdu une ou plu- 
sieurs dents de devant. =8. : un — , une — . 

BRECHET, s. m., extrémité inférieure du ster- 
num des oiseaux. 

BREDA, vil. de Hollande (Brabant septentrional). 
BREDI-BREDA, loc. adv.;fam., à la hâte, pré- 
cipitamment. 

B REDINDIN, 8. m. ; t. de mar. , palan pour enlever 
de médiocres fardeaux. 

.^ BRÉDISSURE, s. f., impossibilité d'écarter les 
mâchoires par l'adhérence de la partie interne des 
joues avec los gencives. 

BREDOUILLE, s. f., au jeu de trictrac, marque 
qui indique qu^on a pris tous ses points ou trous 
sans que l'adversaire ait rien marqué : avoir la — . 
Gagner la petite, la grande — . = Adj., gagner la 
partie — , en faisant douze trous de suite. |1 Fam., 
sortir — d'un lieu, sans y avoir fait ce qu'on s'était 
proposé. Bevenir de la chasse — , sans avoir rien 
tué ni pris. 

BUEDOUILLEMENT, 8. m.; fam., action de bre- 
douiller. 

BREDOUILLER, v. n., parler avec précipitation, 
d'une façon peu distincte. = V. a., — des sottises 
(LaBr.) V. Balbutier. 



BRE 

BREDOITÏLLEUR , EUSE, S.; fam., personne 
qui bredouille. 

BREF, BRÈVE, adj., court, de peu de durée; 
assigner quelqu'un ù bref délai. Faire une réponse 
brève. Parlez, mais surtout soyez bref[y\o\.), expli- 
quez-vous en peu de mots. Un orateur ne doit se 
permettre que de brèves digressions (Boil.) Pep/a le 
bref, de petite taille. = Qu'on prononce vite : voyelle 
brève. = Brève, s. f., voyelle ou syllabe brève : 
l'ïambe est composé d'une — et d'une longue. = Bref, 
adv., enfin, en un mot : — , // a tort. 

BREF, s. m., lettre pastorale d'un pape : — apos- 
tolique, rrr Petit livre indiquant l'office de chaque 
jour. = Mar., congé ou permission de naviguer. 

BREGIN, BREGIER, BRÉGE , s. m., filet à 
mailles^ étroites. 

BRÉHAIGNE, adj.. Stérile, en pari, des animaux. 
Carpe —, qui n'a ni œufs ni lait. 

BRELAN, s. m., jeu qui se joue avec trois cartes. 
Avoir — , avoir trois cartes de même figure ou du 
même point. — carré, quand la carte relournée et 
les trois cartes d'un joueur sont de même espèce. || 
Maison de jeu, tripot. 

BRELANDER, v. n. ; fam. et en mauv. part, 
jouer sans cesse aux cartes. 

BRELLE, s. f., radeau plus court et plus étroit 
qu'un train ordinaire. 

BRELOQUE, S. f., curiosité ou bijou de peu de 
valeur. =: Cachet et petits bijoux qu'on attache aux 
chaînes de montre. = Art milit., Y. Berloque. 
BRELUCIIE, s. f., droguet de fil et de laine. 
BRÈME, s. f., poisson d'eau douce du genre 
cyprin. 

BRÈME, une des quatre villes libres de la confédéralion 
germanique, sur le Weser, dans le Hanovre. 

BRESCIA, "vil. forte de la Lombardie, au pied des Alpes. 
BRÉSIL, vaste contrée de l'Amérique du Sud, gouver- 
née par un empereur constitutionnel. = Bois du — , bois 
rougre pour la ttinture. = BnÉsiLiEN, nb, adj., du Brésil. 
= S., habitant, habitante du Brésil. 

BRÉSILLER, V. a.; fam., rompre, couper en 
petits morceaux. =: Teindre avec du bois du Brésil. 
BRÉSILLET, S. m., l'espèce de bois du Brésil la 
moins estimée. 

BRESLilU, vil. de la monarchie prussienne, cap. de la 
Silésie. 

BRESSE, anc. p. de France dans le gouv. de Bourgogne. 
BRESSUIRE, s.-préf. du départ, des Deux-Sèvres. 
BREST, s.-préf. et port du départ, du Finistère. 
BUESTE, s. f., chasse à la glu avec un appât. 
BRETAGNE, anc. p. de France. = Grande — , grande 
île de l'Europe dans l'océan Atlantique. Elle comprend l'Au- 
gleterre, l'Ecosse et la principauté de Xîalles. =; Nouvelle 
— , contrée au N. de rAmérique. = Breton, kl, adj., qui 
est de la Bretagne. = S., habitant, habitante de ce pays. 

BRET AILLER, v. n.; fam. et en mauv. part, 
fréquenter les salles d'armes. = Tirer l'épée à la 
moindre occasion.- 

BRETAILLEUR, S. m., celui qui brctaiiie, qui 
est toujours prêt à mettre l'épée à la main. 

BRETAUDER, v. a., tondre inégalement. — un 
cheval, lui fouper les oreilles; vieux. || — /c6 che- 
veux de quelqu'un, les lui couper trop courts. 

BRETELLE, s. f., lanière ou sangle de cuir ou 
d'étoffe pour porter diverses choses sur les épaules. 
=: Courroie qu'on attache à un fusil pour le porter 
en bandoulière. = Lanières ou sangles élastiques 
passées sur les épaules pour soutenir le pantalon. 
RRETIGNY , petite vil. du départ. d'Eure-et-Loir. Il y 
fut signé, en 1360, un traité honteux par le roi Jrau, 



BRI 



134 



BRI 



BRETTE, S. f., ancienne longue épée à la bre- 
tonne. 

BRETTÉ, E, adj., se dit d'un outil qui a des 
dents : marteau — . 

BRETTER ou BRETTELER, v. a., tailler, 
gratter avec un outil à dents : — une pierre. 

BRETTEUR, s. m.; fam,, celui qui aime à se 
battre à l'épée, à ferrailler. 

BREUIL, s. m., bois taillis ou buissons formés 
de haies, servant de retraite aux animaux. 

BREUVAGE, s. m., boisson, liqueur à boire : 
qui te rend si hardi de troubler mon — ? (La F.) = 
Potion médicinale. = Mélange d'eau et de vin. 

BREVET, s. m., expédilion non scellée, par la- 
quelle le roi accordait autrefois une grâce ou un 
titre : — de duc. Duc ù — , duc à vie, par opposition 
au duc héréditaire. = Titre ou diplôme délivré au 
nom d'un gouvernement, d'un souverain : — de ca- 
pitaine. — d'invention, qui assure pendant un cer- 
tain nombre d'années à un inventeur la propriété et 
l'exploilalion de sa découverte. — de capacité, dé- 
livré à la personne qui a subi convenablement cer- 
tains examens. H Ir., donner à quelqu'un un — d'é- 
tourdi, ie fou. = Acte en — , acte dont le notaire 
ne garde pas la minute. 

BUEVETÉ, adj., celui, celle qui a un brevet : 
un inventeur — . = S. : un — , une — , 

BREVETER, v. a., donner un brevet : — un in- 
venteur. Se faire — par le gouvernement. 

BRÉVIAIRE, s. m., livre qui contient l'office que 
les prêtres doivent dire tous les jours : — de Paris. 
2= L'office même que les prêtres disent chaque 
jour. Il Fam., livre dont on fait sa lecture habituelle. 

BRÉZË (maison de), très-ancienne famille d'Anjou. 

BRIANÇON, s.-préf. du départ, des Hautes-Alpes. 

BRIBE, s. f.; fam., gros morceau de pain. = 
S. f. pi., par ext., restes d'un repas. || Citations faites 
sans discernement : des bribes de grec, de latin. 

BRIC-À-BRAC, s. m. inv., objets vieux et de ha- 
sard, comme cuivres, ferrailles, etc. : marchand de — . 

BRICK, s. m., bâtiment à deux mâts, dont le 
plus grand est incliné vers l'arrière. 

BRICOLE, s. f., partie du harnais d'un cheval de 
trait contre laquelle s'appuie son poitrail. = Longs 
ou lanière de cuir à l'usage de ceux qui portent des 
fardeaux suspendus. = Sangle qui sert à soulever 
les glaces d'une voiture. =•- Rebond d'une balle sur 
un mur, d'une bille sur une bande de billard : coup 
de — , qui 2onsisle à toucher la bande avant la 
bille. Il Fam., jouer de — , user de moyens détour- 
nés. = Espèce de filet pour le poisson. = S. f. pi., 
rets pour prendre des cerfs, des daims. = De — ou 
par — , loc. adv., indirectement, d'une manière 
imprévue. 

BRICOLER, V. n., jouer de bricole. 1| Fam., 
biaiser, tergiverser. = Se dit d'un chien qui s'é- 
carte e la piste, d'un cheval qui passe adroitement 
entre les arbres, les buissons. 

BRICOLIER, s. m., cheval attelé à côté du cheval 
du brancard d'une chaise de poste. 

BRIDAINE, célèbre missionnaire du xviii* siècle. 

BRIDE, s. f., partie du harnais, composée de la 
têtière, du mors et des renés : mettre la — à un 
cheval. = Rênes : mener un cheval par la — . Je 
voudrais qu'un seigneur... par la — guidât son su- 
perbe coursier (Rac.) !| Fam., tenir quelqu'un en — , 
le contenir, le diriger. Tenir la — haute, courte 
à quelqu'un, ie traiter avec quelque sévérité. Aller 
— en main, procéder avec circonspection. Lâcher la 



— à ses passions, s'y abandonner entièrement. Mettre 
à quelqu'un la — sur le cou, lui laisser toute liberté 
d'agir : j'userai sagement de cette — qu'on m'a mise 
sur le cou (Sév.) Aller à toute — , à — abattue, agir 
sans réserve ni retenue. = Lien pour retenir cer- 
taines coiffures : Brides d'un bonnet, d'un chapeau 
de femme. z= Points qu'on fait aux extrémités d'une 
boutonnière , à l'ouverture d'une chemise. = Lien 
de fer pour empêcher unR pièce de bois de se fen- 
dre. = Partie de la platine d'une arme à feu. 

BRIDÉ, E, adj., à qui l'on s mis une bride : 
cheval — et scellé. Oison — , oison auquel on a 
passé une plume dans les ouvertures de la partie 
supérieure du bec pour l'empêcher d'entrer dans 
les lieux fermés de haies. || Personne niaise et sotte. 

BRIDER, v. a,, mettre la bride à un cheval, à 
un âne, etc. : — un cheval^ ou abs., il est temps 
de — , il faut partir. || Chacun bridera sa bête, se 
conduira comme il l'entend. — son une par la queue, 
prov. ettrès-fam., s'y prendre maladroitement pour 
faire quelque chose. 1| Serrer étroitement : ce bé- 
guin bride trop votre enfant. = Fam., lier par des 
obligations, réprimer : la crainte bride mes senti- 
ments (Mol.) 

BRIDON, s. m., bride légère avec un mors brisé. 

BRIE, s. f., barre de bois pour battre la pâte du 
boulanger ou du pâtissier. 

BRIE, aac. p. de France confprise entre T lie-de-France 
et la Champagne. = S. m., fromage de ce pays. 

BRIEF, lÈVE, adj., court, de peu de durée : 
citer à trois briefs jours ; vieux et peu us. 

BRIENNE, vil. de France (Aube), célèbre par l'école où 
fut élevé Napoléon. Combat opiniâtre entre les Français et 
les alliés (29 janvier 1814). 

RRIEXNE (famille de), une des plus anciennes et des 
plus célèbres de France. = Loménie de — (le cardinal) fut 
contrôleur général des finances après Calonne et avant Nec- 
ker (1787-1788); mais ne montra dans ce poste qu'indéci- 
sion et incapacité. 

BRIEUC (SAINT-), cb,-l. du départ, des Côtes-du-Nord. 

BRIÈVEMENT, adv., en pen de mots. 

BRIÈVETÉ, s. f., courte durée : la — du temps, 
de la vie. La — des syllabes (Volt.) || Concision ; 
trop de — obscurcit un discours (Pasc.) 

BRIFER, V. a., manger avidement; pop. 

BRIGADE, s. f., corps de troupes con)posé de 
deux régiments : — d'infanterie, de cavalerie; gé- 
néral de — . =r Escouade de gendarmes sous les 
ordres d'un sous-oflicier. = Se disait autrefois 
d'une escouade de cavaliers. = Un certain nombre 
d'ouvriers et de matelots réunis pour travailler. 

BRIGADIER, s. m., sous-officier de cavalerie et 
de gendarmerie, dont le grade correspond à celui 
de caporal dans l'infanterie. = Celui qui dirige 
une brigade d'ouvriers. = Mar., le premier des 
matelots d'une embarcation. 

BRIGAND, s. m., voleur de grands chemins : 
une troupe, un chef de brigands ; des brigands ra- 
vageaient la province (Les.) Les compagnies de — 
qui s'étaient formées ù la faveur de la licence et du 
désordre dés guerres (Roli.) Voit -on les loups —, 
comme nous inhumains? (Boil.) || Celui qui commet 
des exactions, homme sanguinaire. V. Voleur. 

BRIGANDAGE, s. m., vol à main armée. HExac- 
tion, déprédation : l'administration dégénéra en 

- (Reg.) 

BRIGANDEAU, S. m., fam., petit brigand; se 
dit d'un agent d'alîaires qui vole.ses clients. 

BRIGANDER, v. n., fam., se livrer au brigan- 
dage, se conduire en brigand. 



BRI 

BRIGANTIN, s. m., petit bâtiment à un ou deux 
mâts et qui n a qu'un pont. 

BRIGANTIKK, s. f., petit bâtiment en usage 
dans la iMédilenanée. =• Voile du briganlin, 

BRIGHTON, vil. d'Angleterre (comté de Susses). Bains 
de mer très-fréquenlés. 

BRIGNOLES, s.-préf. du départ, du Var, avec un châ- 
teau des anciens comtes 'de Provence. = Brignolb, s. f., 
prune desséchée qu'on tire de Brignoles. 

BRIGOT, S. m., bois de chauffage plus court et 
moins gros que le bois ordinaire. 

BRIGUE, s. f., menée secrète pour obtenir quel- 
que chose au moyen d'agents intéressés : celui qui 
sent sa faiblesse appelle la — à son secours (J.-J.) 
Et s'il est par — un rang à disputer (Mol.) = Ca- 
bale, faction : chacune avait sa — et de puissants 
suffrages (Rac.) La — est forte (Mol.) V. Cabale. 

BRIGUER, V. a., tâcher d'obtenir par brigue : 
on DRiGUE les honneurs sans les mériter (Fléch.) Les 
charges furent briguées avec fureur (Boss.) = Re- 
chercher , solliciter : — la faveur , la protection. 
— des récompenses (Volt.) H On briguerait en foule 
une si belle mort (Corn.) 

BRIGUEUR, s. m., vieux, qui brigue : — d'é- 
loges (Balzac). 

BRILLAMMENT, adv., d'une manière brillante. 

BRILLANT, E, adj., qui brille, qui a beaucoup 
d'éclat : — comme un soleil (Ac.) Le ciel est par- 
semé d'étoiles brillantes (Fén.) = Qui frappe les 
regards par le luxe, la magnilicence : parure, fête 
BRILLANTE. || Doux, agréable : ù tes songes brillants 
que j'aime à me livrer (Del.), et par ext. — de santé, 
de gloire. Une jeunesse toute — d'espérances (^lass.) 
= Qui frappe l'oreille d'une manière agréal)le et 
éclatante: une musique, une voix — ; des sons bril- 
lants. Il Très-remarquable dans son genre, qui saisit 
l'esprit, frappe l'imagination : succès — , victoire 
brillante ; un style — , des pensées brillantes. 
Règne — (Boss.) Des événements brillants (Mass.) 
Des autels brillants d'or (Volt.) 

BRILLANT, S. m., éclat, lustre -.le — de l'or , 
d'une pierre précieuse (Ac.) || // faut dans le sa- 
voir préférer l'utile au — (Girard). = Diamant 
taillé à facettes. = Faux brillants, faux diamants. || 
Pensées éclatantes, mais dépourvues de justesse : re- 
chercher un — et un feu d'esprit qui égaie (Boss.) 
Les petits brillants des Isocrates (Voit.) V. Lustre. 

BRILLANTER, v. a., tailler un diamant à fa- 
cettes. Il — son style, le charger de faux ornements. 

BRILLER, V. n., jeter une lumière étincelante, 
réfléchir la lumière : le soleil brille (Rac.) Le 
diamant, l'acier brillent de mille feux. \\ La joie 
brille dans ses regards, ses regards expriment la 
joie qu'il éprouve. Faire — , montrer aux yeux : en 
faisant avant tout — l'or à sa vue (Boil.) || Faire — 
la vérité aux yeux de quelqu'un, la lui faire con- 
naître. = Avoir de l'éclat, attirer les regards par la 
beauté, la pompe : sous leur voile brillaient des 
yeux pleins d'étincelles (La F.) || Frapper l'âme, l'i- 
magination ; se faiie remarquer : le désir de — nuit 
au talent de plaire (La H ) Une héroïque ardeur bril- 
lait sur son visage (Rac.) \\ En parlant des person- 
nes, exceller : tel brille au second rang qui s'é- 
clipse au premier (Volt.) = Chasse, se dit d'un chien 
qui quête bien et bat beaucoup de pays. 

BRIMBALE, s. f., levier qui sert à faire mou- 
voir une pompe. 

BRIMBALER, v, a.; fam., agiter par un branle 
continu, se dit particulièr,ement des cloches. 



133 BRI 

BRIMBORION, s. m., objet, meuble de peu de 
valeur : cent brimborions dont l'aspect mluportune 
(Mol.) V. Bagatelle. 

BRIN, s. m., produit d'une graine sorti de terre ; 

— d'herbe. Oter les mauvaises herbes — à — (Ac.) 
= Pous.^e grêle et allongée d'une plante : un — de 
myrthe, = Toute partie de certaines choses longues 
et ténues : un — de soie, de barbe. Sur notre four- 
milière nous nous disputons un — de paille (Volt.) 
= Dans une phrase négative, la moindre quantité : 
ces pauvres gens n'ont pas un — de paille pour se 
coucher (Ac.) || Fam. : fai un petit — d'espérance 
(Sév.)= S'est dit pour peu ou pas du tout : ne t'at- 
tends pas que je t'aide un seul — (i.a F.) Un petit 

— d'impétuosité (Sév.) = Tige d'arbre longue et 
droite : voilà un beau — d'arbre, = Bois de — , 
arbre qui n'a pas été scié.\\Un beau — de fille, Clle 
grande et bien faite. 

BRINDE, s. f.; fam., coup qu'on boit h la santé 
de quelqu'un, toast: boire des BRiîiDES. \\Être dans 
les — , être ivre ; très-fam. 

BRINDES, ■vil. du pays de Naples, sur l'Adriatique, anc. 
Brundusium, célèbre sous les Romains. Yirgile y mourut. 

BRINDILLE, s. f. , petite branche mince et courte. 

BRINGUE, s. f., petit cheval mal bâti, n Pop. : grande 
— , grande femme mal bâtie et décharnée. 

BRINYILLIERS (marquise de), célèbre empoisonneuse 
jugée et exécutée à Paris en 1676. 

BRIO (mot ital,), s. m., entrain, vivacité, fou- 
gue, élan : elle a chanté cet air avec un — merveil- 
leux. Sa conversation est pleine fie — . 

BRIOCHE, s. f., espèce de pâtisserie faite de 
fleur de farine, d'œufs et de beurre. || Pop., bévue : 
quelle — .' Faire des briûcues, des sottises. 

BRION, s. m., mousse qui croît sur l'écorce des 
arbres et qu'on employait autrefois comme astrin- 
gent et diurétique. 

BRIQUE, s. f., terre argileuse pétrie, puis sé- 
chée au soleil et cuite au feu. = Par anal., ce qui 
en a la forme : — de savon. 

BRIQUET, s. m., pièce d'acier pour tirer du feu 
d'un caillou : battre le — . = Se dit de divers ap- 
pareils au moyen desquels on obtient du feu : — 
chimique, phosphorique. \\ Fam., sabre court, à l'u- 
sage de l'infanterie. 

BRIQUETAGE, s. m., maçonnerie de briques. 
= Enduit qui imite la brique. 

BRIQUETÉ, E, adj., qui a la couleur rougeâtre 
de la brique. 

BRIQUETER, V. a., appliquer sur un mur un 
enduit imitant la brique. 

BRIQUETERIE, S. f.. lieu où l'on fait de la 
brique. = Art, commerce du briquetier. 

BRIQUETIER, 8. m., celui qui fait ou qui vend 
de la brique. 

BRIQUETTE, S. f., petite masse combustible 
faite de houille ou de tourbe. 

BRIS, s. m., rupture, faite avec violence, d'un 
scellé ou d'une porte fermée : — de scellés, de porte, 
de prison. =:M-àv., en parlant des débris d'un vaisseau 
échoué sur la côte ou contre les rochers : droit de — . 

BRISANT, s. m., écueil à fleur d'eau contre le- 
quel se brisent les vagues de la mer. Ce mot s'em- 
ploie le plus souvent au pi. = Se dit aussi d'un 
corps quelconque sur lequel la mer vient se briser. 

BRISCAMBILLE, s. f. V. biîusquembille. 

BRISE, s. f., vent qui souflle sans violence : 

— de terre, de mer. — carabinée, assez violente 
pour être dangereuse aux pelitâ navires. 



BRI 



136 



BIIO 



BRISÉ, E, adj., mis en pièces : un verre — . Des 
idoles BRISÉES (l{oss.) = Las, éreinté : le corps — ; 

— de fatigue. = Qui se brise, qui peut se plier sur 
lui même: un lit — . = Archit., comble — , dont 
la partie supérieure forme égoijt. = Blas. : che- 
vron — , dont la tète est séparée. 

BRISEES, s. f. pi., branches rompues par le 
chasseur pour reconnaître l'endroit où est la bêle.= 
Branches qu'on coupe dans un taillis ou à de grands 
arbres, pour marquer les bornes des coupes. \\ Aller 
sur les — de quelqu'un, entrer en concurrence avec 
lui. Suivre les — de quelqu'un, son exemple. 

BRISE-GLACE, s. m., rang de pieux devant 
des piles de pont pour arrêter et briser les glaces. 

BRISEMENT, s. m., action de briser: — des 
carreaux, des imnqes, des autels. = Choc violent 
des flots qui se brisent contre un rocher, une digue. 
Il — de cœur, douleur profonde; vif repentir. 

BRISËIS, nom patronymique d'Hippodamie, fille de 
Brisés, célèbre par l'amour d'Achille, dans ['Iliade. 

BRISE-MOTTES, s. m., gros cylindre qui sert 
à briser les mottes de terre. 

BRISER, V. a., rompre, mettre en pièces : — 
une porte, une glace : les hérétiques brisèi.i.xt les 
images. \\ — les liens de l'amitié (Volt.) — le joug ; 

— ses fers, ses chaînes, s'afiVanchir. — l'orgueil 
(Boil.) — le cœur, aflliger profondément. = Abs., 
fam., BRISONS là ou lù-dessus, n'en parlons plus. = 
Fatiguer, causer une lassitude extrême : ce cheval a 
un train rude qui m'a tout brisé (Ac.) = V. n., se 
briser, surtout en«parlant des lames : la mer, la 
lame brise sur lajetce. = Se — , v. pr., être mis en 
pièces : le navire alla se — contre un écueil. \\ Tous 
les ressorts de mon cime se sont brisés (La H.) = Se 
heurter contre, échouer : ce sont d'affreux écueils où 
les joueurs viennent se — (La Br.] =: Se — , se dit de 
certains ouvrages de bois ou de fer dont les pièces 
ou parties se plient l'une sur l'autre : ces volets se 
brisent. = Se — , phys., se réfracter. V. Casser. 

BRISE-SCELLÉ, s. m., peu us., celui qui brise 
un scellé pour s'approprier quelque chose. 

BRISE-TOUT, s. m., inv., fam., enfant qui 
brise tout ce qui tombe sous sa main. 

BRISEUR, s. m., celui qui brise : les icono- 
clastes ou briseurs d'images. 

BRISE-VEXT, s. m., clôture destinée à garan- 
tir les arbres ou les plantes contre le vent. 

BRISGAV (le), pays d'Allema^rne, entre le Rtiin et la 
forêt Noire . Depuis 1 8 o , il est partagé entre le roy. de Wur- 
temberg et le grand-duché de Bade, 

BRISIS, s. m., angle d'un comble brisé, 

BRISKA, s. m., calèche très-légère qui a pris 
le nom d'un chariot léger dont on se sert en Rus- 
file et en Pologne. 

BRISOIR, s. m., instrument pour briser le chan- 
cre ou la paille. 

BRISQUE, s. f., jeu de cartes. = Chaque as et 
chaque dix à ce jeu ; toute carte de la couleur qui 
est atout. 

BRISSAC (CO\DÉ), une des plus anciennes et des plus 
illustres familles de France. 

BRISSOT, membre de la Convention, lié avec les Giron- 
dins, qui prirent de lui le surnom de Brissotins ; il vota 
contre la mort de Louis XVI et périt sur l'échafaud en 1793. 

BRISTOL, vil. d'Angleterre (Somerset), un des ports 
les plus commerçants des îles Britanniques. = Vil. de l'Amé- 
rique du Nord. = ConaZ de —, golfe à l'O, de l'Angleterre. 

BRISURE, s. f., partie brisée, cassée. = Toute 
partie d'un ouvrage qui se replie sur une autre au 
moyen de charnières. 



BRITANNICITS, fils de l'empereur Claude et de Messa- 
line, empoisonné par ordre de Néron. Sa mort a fourni à 
Racine le sujet de la belle trajiédie de ce nom. 

BRITANXIQUES (ilcs). On comprend sous ce nom les 
trois roy. d'Angleterre, d'P.cosse et d'Irlande. == Bbitak- 
NiQuK, adj., d'Angleterre, des Anglais: la morgue — . 

BRIVES-LA-GAILLARDE, s.-préf. du départ, de la 
Corrèze. 

BROC, S. m., vase de bois à anse et à bec évasé 
dont on se sert pour tirer et transporter du vin. = 
Ce qu'un broc peut contenir. = De bric et de — , 
loc. adv., de çà et de là, d'une manière et d'une 
autre. 

BROCANTAGE, S. m., action de brocanter. = 
Commerce du brocanleur. 

BROCANTER, v. n., acheter, revendre ou tro- 
quer des marchandises de hasard. 

BROCANTEUR, EUSE, s., celui, celle qui bro- 
cante. 

BROCARD, s. m., moquerie, raillerie piquante; 
fam : heureux ceux qui sont intrépides contre tous 
les brocards des libertins (Fén.) Braver tous les — 
de la malignité (Voll.)= Syn. de Broquart. 

BROCARDER, v. a. ; fam., piquer par des pa- 
roles plaisantes el ironiques. 

BROCARDEUR , EUSE, s., personne qui dit, 
qui lance des brocards. 

BROCART, s. m., étoffe de soie brochée d'or 
ou d argent. 

BROCATELLE, s. f., toile brochée de fleurs ou 
de figures saillantes. = Marbre de plusieurs cou- 
leurs siii- un fond jaune ou rougeàtre. 

BROCHAGE, s. m., action de brocher des li- 
vres. = Ué.-^ultat de cette action. 

BROCHANT, adj., inv. Il Blas., se dit des pièces 
qui passent sur d'autres. || Fam., peu us., — sur le 
tout, loc. adv., par-dessus, de plus. 

BROCHE, s. f., verge de fer longue et pointue 
qu'on passe au travers de.la viande qu'on veut faire 
rôtir : un agneau cuit ù la — (La F.) Tourner la — . 
Donner encore un tour, quelques tours de — , quand 
on ne croit pas la viande assez cuite. = Petite verge 
de fer qu'on adapte à un rouet ou à un métier à li- 
1er. = Aiguille à tricoter. =: Grosse épingle à l'u- 
sage des fenuiies. = L'aguette de bois pour enfiler 
les chandelles, les harengs. = Cheville pour bou- 
cher le trou d'un tonneau. = Petite verge de fer 
placée au milieu d'un carton où l'on tire au blanc. 
= Pointe de fer d'une serrure qui entre dans le 
trou d'une clé lorée. = Sorte de clou à l'usage des 
cordonniers. =: T. de chasse, au pi., premier bois 
du chevreuil ; défenses du sanglier. 

BROCHÉE, s. f., quantité de viande qu'on fait 
rôtir à une broche en une fois. 

BROCHER, V. a. , passer des fils d'or, de soie, etc. , 
en dillérents sens dans une étolîe : — une étoffe 
d'or et d'argent, de soie. = Plier, coudre les feuil- 
les d'un livre, et les couvrir d'un papier. = Faire 
un travail, un ouvrage à la hâte. = Fixer les fers 
d'un cheval en enfonçant les clous à coups de bro- 
ciioir. = Fixer avec des broches, se dit du cordon- 
nier. = — de la tuile, la mettre en pile sur les 
lattes de la couverture. 

BROCHET, s. m., poisson d'eau douc« à tête 
longue, de la famille des ésoces. 

BROCHETO.X, S. m., petit brochet. 

BROCHETTE, s. f., petite broche de fer qui 
sert à maintenir les grosses pièces de viande. = 
Petite broche de fer, d'argent ou de bois pour faire 
rôlir de petile.-= pièces : des goujons, des rognons à 



{ 



BRO 



n? 



BRO 



la — . — d'ortolans. = Peî it bâton pour faire manger 
les peiits oiseaux : élever des oi^aux ù la — .j| Fam. : 
élever un enfant ù la — , avec un soin extrême. 

BROCIIKUR, ECSE, S., celui, celle qui broche 
des livres. 

liUOCIIOTR, s. m., marteau dont se servent les 
maréchaux pour ferrer les chevaux. 

BROCIIl'RE, s. f., action de brocher des livres. 
V. Brochage. =: État de brocheur. = Petit ouvrage 
brovhé de peu d'étendue : — politique. 

BROCKEX, appelé par le peuple Bloonsberg, dans la 
p. prussienne de Saxe; c'est le point culminant du llarz. La 
tradition a vu dans les brouillards et les nuages qui l'enve- 
loppent des danses de sorcières. 

BROCOLI, S. m., chou d'Italie. 

BRODEQUIN, s. m., chaussure antique qui cou- 
vre le pied et une partie de la jambe. = Sorte de pan- 
toufle à l'usage des acteurs qui jouaient la com -die. 
Il Chausser le — , composer une comédie; jouer la 
comédie. = Sorte de bottine lacée ou boutonnée. 
= Brodequins , au pi., se disait d'une torture ou 
question que Ton faisait autrefois subir aux accusés 
et qui s'appliquait de différentes manières. 

BRODER, v. a., travailler avec l'aiguille sur 
une étoffe et y faire des ouvrages en relief : — ime 
fleur, un mouchoir, — au crochet. Porter un habit 
BRODÉ. Il Amplifier, embellir un récit : — une his- 
toire, une nouvelle, et abs. : vous brodez trop. 

BRODERIE, s. f., ouvrage que l'on fait en bro- 
dant; art de broder : des étoffes ornées de brode- 
ries (Fén.) Il Détails ajoutés à un récit pour l'em- 
bellir '. il y a plus de — que de vérité dans ce qu'il 
nous raconte. = Mus., ornement ajouté au chant. 

BRODEUR, EUSE, s., celui, celle qui brode. || 
Prov. et fam. : autant pour le — , on n'en croit rien. 

BROGLIE< faiiidie ori<^inaire du Fiémoat, qui a fourni 
beaucoup d'honunes distingués. 

BROIE, s. f., instrument pour briser le chanvre 
ou le lin, et pour en délacher la fdasse. 

BROIEMENT OU BRODIENT, s. m., action de 
broyer. 

BROME, s. m., corps simple, métalloïde liquide 
à la température ordinaire et dont l'odeur est in- 
fecte. 

BRONCHER, V. n., faire un faux pas, chopper : 
l'éléphant est une monture très-douce , car il ne 
BPyOyCEE jamais (Buff.) || // n'ij a si bon cheval qui 
ne BRONCDE, le plus habile se trompe. 

§ BRONCHER, TRÉBUCHER. Au propre et au fig., 
broncher signifie faire un faux pas, se tromper; trébucher, 
c'est broncher jusqu'à courir le risque de tomber. 

BRONCHES, s. f. pi., vaisseaux de la trachée- 
artère, par lesquels l'air pénètre dans les poumons. 

BRONCHIQUE, adj., qui a rapport, qui appar- 
tient aux bronches : affection — . 

BRONCHITE, s. f., inflammation de la muqueuse 
des bronches. 

BRONCHOTOMIE, s. f., opération chirurgicale 
pratiquée sur le canal aérien. 

BRONZE, s. m., allicige de cuivre, d'élain et de 
zinc : statue de — . || Cœur de — , homme dur, 
insensible. = Toute sculplure en bronze. Un — an- 
tique. Il Canon : du — enflammé les foudres meur- 
trières (Millev.) = Monnaie des anciens, frappée en 
bronze : grand, petit —, grandes, petites médailles. 

BRONZER, v. a., peindre en couleur de bronze : 
— une statue, un vase. — un canon de fusil, lui 
donner une couleur bleuâtre. = Se — , v. pr., pren- 
dre la teinte du bronze. 1| Devenir dur comme le 
bronze, s'endurcir; arrivé à trente ans, il faut que 



le cœur se brise ou qu'il se bronze (Chamfort). 

BROQUART, s. m., bête iauve d'un an. 

BROQUETTE, s. f., petit clou à tête large. = 
Quantité de ces clous : acheter de la — . 

BROSSAGE, s. m., action de brosser. 

BROSSE, s. f., ustensile fait de touffes de poils 
ou de crins, et servant pour les vêtements ou la 
toilette ; — ù habits, — à dents. = Pinceau : 
peindre à la — ; à la grosse —, grossièrement. 

BROSSER, V. a., nettoyer, frotter avec une 
brosse : — des habits, des meubles. Par ext. : — 
quelqu'un, brosser les vêtetiients qu'il a sur lui. || 
Pop., le gagner au jeu, le battre. = Se — , v. pr., 
se nettoyer avec une brosse : se — les cheveux. 

BROSSER, v. n., chasser à courre, à cheval ou à 
pied, au travers des bois les plus épais. 

BROSSERIE, s. f., marchandise, commerce du 
brossier ; objets qu'il fabrique. 

BROSSEUR, s. m., domestique qui nettoie les 
habits, la chaussure. = Soldat qui, pour une faible 
rétribution, rend certains services domestiques à 
un officier. 

BROU, s. m., enveloppe verte de la noix. = — 
de noir, liqueur faite avec le brou de la noix. 

BROUÉE, s. f., brume, brouillard ; peu us. 

BROUET, s. m., bouillon au lait et au sucre. = 
Mets des anciens Spartiates. || Méchant ragoût : le 
galant, pour toute besogne, avait un — c/fl/r(La F.) 

BROUETTE, s. f., petit tombereau à une roue, 
qu'on pousse devant soi. =. Chaise à deux roues 
traînée par une personne. 

BROUETTER, v. a., transporter, mener dans 
une brouette. V. Brouette. 

BROUETTEUR, s. m., celui qui traîne une per- 
sonne dans une brouette ou vinaigrette. 

BROUETTIER, s. m., celui qui transporte des 
terres ou des fardeaux dans une brouette. 

BROUHAHA, s. m.; fam., bruit confus d'appro- 
bation ou d'improbation. = Bruit étourdissant. 

BR0UILLA3IINI, s. m.; fam., désordre, confu- 
sion : // ij a là dedans trop de — (Mol.) 

BROUILLARD, s. m., vapeur qui flotte dans 
l'atmosphère et trouble la transparence de l'air :mw 
épais — obscurcit le cfe/(Fén.)|l Obscurité : un es- 
prit plein de brouillards, dont les idées sont con- 
fuses ; fam., être dans les brouillards, n'avoir pas 
les idées bien nettes par suite de l'ivresse. = Registre, 
livre de commerce où l'on inscrit les atTaires à me- 
sure qu'elles se font. On le nomme aussi brouillon, 
main courante. = Aài-, papier — , papier non collé 
qui boit, dont on se sert pour sécher l'écriture 
fraîche ou pour filtrer les liquides. 

BROUILLE, s. f.; fam., querelle, brouillerie: il 
y a de la — dans le ménage (Ac.) 

BROUILLÉ, E, adj. , mélangé : des œufs b^OVILLéS. 
Il Confus : mes idées sont toutes BRomiLÉES là-dessus. 
Il En brouille : des amis, des ménages brouillés. 
Les caries sont brouillées, il faut s'attendre à une 
guerre, à un procès; fam. // est — avec le bon sens, 
dépourvu de raison; — avec l'argent, sans argent. 

BROUILLEMENT, 8. m., mélange, confusion ; 
fam. 

BROUILLER, v. a., mêler, mettre pêle-mêle : 
— des eufs, des papiers, des cartes. \\ Mettre du 
désordre dans les affaires ou dans les idées. || Semer la 
mésintelligence : — deux amis; — les cartes; fam,, 
semer la discorde. = Se — , v. pr. , dans les mêmes 
sens qu'à l'actif. 1| Se — avec lajusticet s'exposer à 
iêtre poursuivi par elle. 



BRU 



138 



8 BROUILLER, EMBROUILLER. Brouiller, c'est 
déranger, simplement ; embrouiller, c'es: obscurcir les choses 
en les déra;ueaut. Oa embrouille des questions, on ne les 
hrouille pas^ On brouille de? personnes, on ne les em- 
brouille pas. Ce qui est brouillé n'est pas en ordre et d'ac- 
cord; ce qui est embrouillé nVst pas net et clair. 

BROUILLERIE, s. f., petite brouille de peu de 
durée et qui survient entre des gens ordinairement 
amis : on a admiré dans le Dépit amoureux la scène 
de la — (Volt.) Une — d'une heure est une si grande 
affaire! (J.-J.) 

BROUILLON, NE, adj. et s., qui brouille, qui 
met du désordre dans les affaires : vous savez que 
nous trouvons le temps un vrai —, rangeant, déran- 
geant toutes choses (Sév.) Par ext. : un — politique. 
BROUILLON, s. m., première ébauche d'une 
lettre, d'un travail. = Le papier sur lequel on a 
écrit le brouillon. = V. Brouillard. 

BROUIR, V. a., se dit du soleil qui brûle les pro- 
ductions végétales attendries par une gelée. 

BROUISSURE, s. f., brûlure des jeunes bour- 
geons et des fleurs par le soleil, après une gelée. 

BROUSSAILLES, s. f. pi., touffes de buissons 
épineux tels que ronces, genêts^ etc. HFam., s'e- 
chapper par les — , comme on peut. 

BROUSSAIS, célèbre médecin, ctief de l'école physiolo- 
gique, mort à Paris en 1838. 

BROUSSE, vil. de Turquie (Anatolie), où réside l'ancien 
émir de Conslantine, Abd-el-Kader, mis en liberté par Na- 
poléon III. 

BROUSSIN, s. m., excroissance de la tige ou des 
branches de certains arbres. 

BROUT, s. m., pousse des jeunes tailles au prin- 
temps. = Pâture des bêtes fauves. 

BROUTANT, E, adj., qui broute. On appelle 
bêtes BROUTANTES lecerf, le daim, le chamois, etc. 

BROUTER, V. a., paître l'herbe dans les prés, 
manger le brout dans les bois : les moutons brou- 
tent l'herbe, les chèvres broutent les feuilles des 
jeunes arbres. \\ Où la chèvre est attachée, il faut 
qu'elle broute (La F.), il faut demeurer dans l'endroit 
où on est établi. 

BROUTILLES, s. f. pi., menues branches dont 
on fait des fagots. |1 Fam., choses de peu de valeur : 
c'est quand il est en pleines broussailles ou — philo- 
logiques qu'il se met le plus à scintiller (Sle-B.) 

BROYER v. a., écraser, réduire en poudre : — 
des couleurs. Les dents servent à — les aliments 
(Ac.) 11 — dunoir, se laisser aller à des pensées tristes 
et sombres ; fam. 

BROYEUR, s. m., celui qui broie. 
BROYON, s. m., molette dont on se servait au- 
trefois pour broyer le noir de l'encre d'imprimerie. 
= Pilon en bois qui sert à broyer et mêler la chaux. 
BRU, s. f., femme du fils par rapport au père et 
h la mère de ce fils : sois la mère de celle qui doit 
être ta — (J.-J.) On dit plus souvent : belle-fille. 
BRUANT. Y. Bréant. 

BRUCE (Robert), d'abord comte de Garrick, puis roi 
d'Ecosse sous le nom de Robert I*', et reconnu comme tel 
en 1329 par Edouard III. 

BRUCE (Jacques), célèbre voyageur écossais, a contribué 
à faire connaitie l'Abyssiuie, surtout pour l'histoire naturelle. 
BRUCELLES, s. f. pi., petites pincettes très- 
flexibles. 

BRUEYS (de), poète et théologien, connu par son Avo- 
cat Patelin, qu'il écrivit avec son ami Palaprat. 

BRUEYS (Frédéric de), contre-amiral français, tué sur 
son vaisseau à la défaite d'Aboukir, en 1798, commandait 
la flotte qui conduisit en Egypte l'armée de Bonaparte. 



BRU 

de Belgique, ch.-l. de la Flandre occl- 



BRUGES, vil. 
dentale. 

BRUGNON, s. m., espèce de pêche, dont la chair 
est ferme et la peau lisse. 

BRUINE, s. f., pluie fine et froide. 
BRUINER, V. impers., se dit de la bruine qui 
tombe : il bruine. = Bruiné, e, adj., se dit du blé 
gâté par la bruine. 

BRUIR, V. a., assouplir : — une étoffe. 
BRUIRE, V. n. et déCect., produire un son confus, 
murmurer : le vent bruyait dans la forêt (Marm.) Les 
serpents à sonnettes bruissaient de toutes parts (Chat.) 
On entend — les vagues. 

BRUISSEMENT, s. m., bruit confus : le — des 
vagues (Volt.) — d'vn carrosse (La Br.) 

BRUIT, s. m,, sensation que produit dans l'or- 
gane de Fouie toute agilation de l'air; mélange de^ 
sons : — de l'eau, du tonnerre, du canon. Il prête "^^ 
l'oreille au moindre — (Fén.) H Tapage, vacarme : 
— effroyable. Loin du —, loin du commerce et du 
tumulte du monde. |1 Querelle, mouvement séditieux: 
il y a eu du — dans cette ville (Ac.) 1| Éclat : le — 
que ses actions font dans /<? wjonde (Boss.) || Nouvelle 
qui court dans le public :il y a des bruits rfe guerre, 
jiii — de votre mort justement éplorée (Bac.) Il n'est 
bruit que de cette aventure, on en parle beaucoup. = 
Loc. adv., sans—, tout doucement, modestement. 
A grand — , d'une manière éclatante; avec osten- 
tation ; a petit — , sans éclat. 

BRÛLABLE, adj., qui peut ou qui doit être 
brûlé : livre — (Volt.) ; peu us. 

BRÛLANT, E, adj., qui brûle, très-chaud : au 
milieu des étés brûlants (Fléch.) |1 Vif, ardent : un 
zèle — (Boil.) Un œil — de rage (Volt.) 

BRÛLÉ, s. m., odeur, goût de ce qui est brûlé. 
BRÛLÉ, E, adj., trop cuit, qui a l'odeur du 
brûlé : du pain — . Vin — , chauffé avec des épices. 
11 Fam., cerveau —, homme extravagant. 

BRÛLE-GUEULE, S. m.; pop., pipe à très-court 
tuyau. 

BRÛLEMENT, 8. m., action de brûler; état de 
ce qui brûle; destruction par le feu. 

BRÛLE-POURPOINT (À), loc. adv. ; fam. , à bout 
portant. H En face. 

BRÛLER, V. a., consumer par le feu ou par une 
substance corrosive : — une maison, des papiers, 
des corps. L'eau-forte brûle le linge. \\ Quelque am- 
bition qui me brûle (Rac.)|lEn pari, de l'action et 
de l'impression du feu sur la peau : le feu me brûle 
les jambes. = Faire du feu de quelque chose : — 
du bois, du charbon de terre. = Incendier, mettre 
le feu à : brûlons ce Capitule où, fêtais attendu 
(Bac.) Il — ses vaisseaux, s'engager dans une aiïaire 
de manière à ne pas pouvoir reculer. — une étape, 
passer outre sans s'y arrêter. — la politesse à quel { 
qu'un, le quitter brusquement. = Faire subir le sup-*. 
plice du feu: l'inquisition brûlait les hérétiques. =1 
Se servir d'une chose pour s'éclairer : — de la chan-' 
délie, du gaz. — du café, le torréfier avant de le 
moudre. = Mettre un liquide sur le feu pour le dis- 
tiller : — de Veau- de-vie, du vin. — des parfum^, 
pour répandre une bonne odeur.  l'amorce d'un 
fusil, d'un pistolet, en tirant le coup. || Sans — une 
amorce, sans tirer un seul coup de fusil. — la cer- 
velle à quelqu'un, le tuer avec une arme à feu tirée 
à bout portant. |1 Échauffer, dessécher : la fièvre le 
brûle. 11 — le papier, écrire avec une grande chaleur. 
— le pavé, courir très-vite à cheval ou en voilure. 
11 Dessécher, en pari, des plantes, des fruits, etc. 



BRU 



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BRU 



La gelée brûle la racme des arbres. Le soleil lui a 
BRÛLÉ le teint, l'a noirci. = Abs. , échauffer forte- 
ment : le soleil buîle. — des terres, réduire en cendres 
les plantes qui couvrent le sol, pour en former un 
engrais. || — une carte, la retirer du jeu parce qu'elle 
a été vue. = V. n., être dans un état de combustion : 
le bois scié brûle mieux que le bois vert. z= Être 
allumé : des lampes précieuses brûlent dans le sanc- 
tuaire (FIéch.)= Être frappé par un feu trop vif : 
le rôti brûle. || Avoir excessivemonl chaud : mon 
front brûle. Mes 772ams brûlent. \\Ses pieds lui brû- 
lent, il est impatient de sortir, de s'en aller. 1| Être 
possédé d'une grande passion : — d'amour, d'am- 
bition (Volt.) Brîlé de plus de feux que je n'en al- 
lumai (Rac.)= Abs., être enflammé d'amour : vous 
BRÛLEZ, ô malheureux jeune homme', sans le savoir 
(Fén.) Il Désirer ardemment : je brûle de revoir l'I- 
talie. — à petit feu, attendre avec impatience ; fam. 
Le tapis brûle, mettez au jeu. = A certains jeux 
d'enfants : vous brûlez, vous êtes près do l'objet 
que vous cherchez. |1 Vous approchez du but, vous 
êtes sur le point de deviner. := Se — , v. pr. : 
Scévola se brlla la main qui avait manqué Porsenna 
Boss.) =: Se — à la main, à la jambe, y être atteint 
par un corps très chaud |1 Prov. : se — ùla chandelle, 
courir soi-même à sa perte. = Abs., se consumer. 

BRÛLERIE, s. f,, action de brûler. = Atelier où 
l'on distille le vin pour en obtenir l'eaii-de-vie. 

BRÎJLE-TOUT, s. m., sorte de bobèche dont on 
se sert pour brûler les bouts de bougie, 

BRÛLEUR, s. m., incendiaire; peu us. ||Prov. : 
être fait comme un — de jnaisons, être mal habillé 
et tout en désordre. = Ouvrier qui brûle le vin pour 
en extraire l'alcool. 

BRÛLOT, s. m., bâtiment chargé de matières in- 
flammables, et destiné à incendier des vaisseaux 
ennemis. Il Homme ardent, boute-feu. || Fam., mor- 
ceau très-épicé qui brûle la bouche. 

BK.ÛLURE, s. f. , lésion produite sur une partie 
vivante par l'action du feu ou d'un corps fortement 
chauffé = Altération produite sur les plantes soit 
par le soleil, soit par la gelée ou par le vent. 

BRUMAIRE, s. m., deuxième moi» du calendrier répu- 
publicain en France, du 22 octobre au 20 novembre. = Coup 
d'Etat du 1 8 — , par lequel Bonaparte renversa le Directoire. 

BRUMAL, E, adj., d'hiver, qui appartient à 
l'hiver; peu us. 

BUU31E, S. f., brouillard épais. 

BRUMEUX, EUSE, adj., couvert de brume, de 
brouillard : temps — , saison brumeuse. 

BRUN, E, adj., d'une couleur foncée tirant sur 
le noir : son teint devenait plus — (Fén.) = Qui a 
le teint, les cheveux bruns. || // commence à faire — , 
la nuit approche. =: S., personne qui a le teint, les 
cheveux bruns : un beau — , une belle brune. 

BRUN, s. m., couleur brune. 

BRUNÂTRE, adj., qui lire sur le brun. 

BRUNE, s. f., chute du jour : à la — , sur la — , 
vers le soir. 

BtlUXE, maréchal de l'Empire, fut assassiné quelque 
tciftiis après la bataille de Waterloo par la populace roya- 
liste d'Avignon. 

BRUNEHAUT, reine d'Austrasie, ennemie de Frédé- 
goude, fut attachée, par l'ordre de Ciotaire II, à la queue 
d'uu cheval indompté (613). 

BRUNET, TE, s., petit brun, petite brune. 

BRUNI, s. m., poli d'une pièce d'orfèvrerie. 

BRUNIR, V. a., rendre brun : le soleil l'a bruni. 
= Peindre eu brun : faire — une voiture. = l\m- 
dre brillant par le poli : — de l'or, de l'argent. = 



V. n., et se — , v. pr., devenir brun : 27 a bruni. 
Son teint s'est bruni au soleil. 

BRUNISSAGE, s. m., action de brunir, de polir. 

BRUNISSEUR, EUSE, s., celui, celle qui brunit 
les ouvrages d'or et d'argent. 

BRUNISSOIR, s. m., outil qui sert à brunir. 

BRUNISSURE, s. f., poli d'un ouvrage qui a été 
bruni. = Art du brunisseur. =: Action de brunir 
par la teinture les nuances des étoffes. 

6RUNN, anc. ch.-l. du gouv. de Moravie et du cercle 
de son nom, vil. de l'Autriche, célèbre par sa citadelle du 
Spielberg, où fut enfermé Silvio Pellico. 

BRUNNEN , vge suisse, dans le canton de Schwitz, cé- 
lèbre par l'alliance conclue en 1315 entre les cantons de 
Schwitz, d'Uri et d'Unterwalden contre l'Autriche, alliance 
qui fut l'origine de l'indépendance de la Suisse. 

BRUNO (saint), fondateur de l'ordre des Chartreux. 

BRUNSWICK (duché de), Élat de la Confédérati(^ ger- 
manique, situé entre les Etats de Prusse, de Hanovre, d'An- 
halt et de Hesse. 

BRUSQUE, adj., prompt et rude : homme, 
femme, ton — . = Subit , inattendu : attaque — 
(Mont.) J/oîO'empnf5 BRUSQUES (Buff.) 

BRUSQUEMBILLE, s. f., jeu de cartes qui peut 
se jouer à deux, trois, quatre ou cinq personnes. 

BRUSQUEMENT, adv., d'une manière brusque. 

BRUSQUER, V. a., traiter d'une manière brus- 
que ou rude : — tout le monde. \\ — une affaire, 
la faire vite, sans examen. — la fortune, tenter de 
s'enrichir par des moyens prompts et hasardeux 

— une place, l'emporter d'emblée. C'est un dénoû- 
ment un peu brusqué, amené sans préparation. 

BRUSQUERIE, s. f., caractère d'une personne 
brusque : il gardait ce ton de — même dans la louange 
(La H.) r= Parole, action brusque. 

BRUT, E (pron. le t), adj., qui est dans son état 
naturel ou primitif: matière brute. La nature brute 
est hideuse {BoàS.)=^Qu\ n'a pas été dégrossi, fa^'onné, 
raffiné : statue encore brute. Marbre, diamant — ; 
sucre — . Le monde — sera longtemps un composé 
d'ours et de singes (Volt.) = Hist. nat. : corps 
bruts, les minéraux, par opposition aux animaux, 
aux végétaux , qu'on appelle corps organises. =^ 
Privé de raison : béte brute. ||Fam., sans culture, 
grossier, slupide : c'est une bête brute. = Produit 

— , totalité d'une production, d'un impôt, avant la 
déduction des frais. 

BRUT, adv., ellipt. pour en poids — , opposé 
à net : cette caisse pèse — vingt kilogrammes. 

BRUTAL, E, adj., qui lient de la brute : un 
instinct — (Fén.) || Grossier, farouche : sa brutale 
fureur. Ces esprits brutaux ( Vaug. ) Leurs vœux 
brutaux (Mirab.) := S., quel — / En voilà une bru- 
tale ! La valeur seule ne fait que des brutaux, la 
raison fait les braves (Fleury). 

BRUTALEMENT, adv., d'une manière brutale : 
parler, agir — . || Avec férocité : se voir tuer — par 
des gens emportés (Fén.) 

BRUTALISER, v. a.; fam., traiter avec bruta- 
lité, durement = V. n., vivre à la manière des bru- 
tes : le moyen de penser au mariage, puisqu'on y passe 
toute sa vie à -^ avec un homme (Mol.) ; peu us. 

BRUTALITÉ, s. f., vice du brutal; passion bru- 
tale : assouvir sa — . L'aveugle — d'Uolopherne 
(Boss.) = Action ou parole brutale : les brutalités 
de Commode, fils de Marc-Aurèle (Boss.J = Férocité, 
inhumanité : nous avons horreur de cette — qui va 
follement ravager les provinces (Fén.) 

BRUTE, s. f., animal privé de raison: l'instinct 
qui tient lieu de raison aux bruii:s(Ac.) lly a proba- 



BUG 140 

blemcnt une distance immense entre Vhomme et la 

— (Volt.) Il Personne privée d'esprit et de raison : 



BUI 



c'g,s< une —, tmc vraie —. = Adj. : homme, qui 
te fâches de n'être pas tme bêle — / (Boss.) 

BRUTUS, surnom de deux Romains illustres. Le premier 
chassa les Tarquins de Rome et condamna à mort ses deux 
fils, coupables d'avoir conspiré le rétablissement de la royauté. 
Le second fut Marins Junius, l'un des meurtriers de Jules 
César. Ou Ta surnommé le dernier des Romains. = On dé- 
BÏgneaussi par ce nom des républicains du caractère de Rrutus. 

BRUXELLES, cap. du roy. de Belgique. = BnuxELLoxs, 
B, adj. et s., qui est de Bruxelles. 

BRUYAMMENT, adv., avec grand brnit. 

BRUYANT, E, adj., qui fait du bruit; où il se 
fait beaucoup de bruit : voix, musique, personne 
BRUYANTE. Des enfants bruyants. Assemblée , rue 
BRUYANTE. La colère est bruyante dans ses emporte- 
ments (J.-J.) La plus — popularité s'attachait à son 
nom (Guizol). = Qui cherche à attirer l'attention par 
le bruit qu'il fait : il n'y a de bruyantes que les 
folles ii.-i.) 

BRUYÈRE, S. f., genre de plante monopétale 
qui croît dans des terres incultes : la ronce, la —, 
la mousse sauvage [Bel.) =^ Lieu où croît la bruyère : 
plante de —, qui ne vient que dans la lerre de 
bruyère, terre mêlée de sable et de débris de végé- 
taux. V. GoQ, 

BRYACÉES, s. f. pi., famille de végétaux vulg. 
désignés sous le nom de mousses. 

BRYONE, s. f., plante cucurbitacée. 

BUANDERIE, s. f., lieu OÙ l'on fait la buée, la 
lessive. 

BUANDIER, ÈRE, adj., celui, celle qui fait le 
premier blancliiment des toiles neuves. = Buan- 
dière, s. f., femme chargée des lessives dans les 
grands établissements. 

BUBALE, s. m., antilope d'Afrique, animal fa- 
rouche et dangereux, appelé aussi Vache de Bar- 
barie. 

BUBE, s. f., pustule qui vient sur la peau. 

BUBOX, s. m., tumeur intlammatoire des gan- 
glions. =: Bot., -:,cnre de plantes ombellifères. 

BUBONOCÈLE, s. m., hernie inguinale. 

BUCCAL, E adj., qui appartient à la bouche, et 
particulièrement à la face interne des joues : nerf 
— ; glandes buccales ou molaires. 

BUCCIN, s. m , genre de mollusques à coquille 
univalve en forme de cornet. 

BUCCINATlX'R, adj. et s. m., se dit du mus- 
cle situé dans l'épaisseur de la joue. 

BUCEXTAURE, s. m., espèce de centaure qui avait le 
corps d'un bœuf. =^ "Vaisseau que montait le doge de Venise 
quand, le jour de l'Ascension, il jetait un anneau dans l'A- 
driatiqnc pour marquer qu'il l'épousait. 

BIJCÉPIIALE. s. m., nom donné au cheval d'Alexandre. 
=: Cheval de parade ou de bataille, il Ir., rosse, âne : il 
(râne) sert de — à la beauté peureuse (Del.) 

BUCIIAUEST. V. BoUKHAKEST. 

BÛCHE, s. f. morceau de gros bois de chauf- 
fage • — de Noël; — économique. Mettez une — au 
/eu. l|Fam., perj^onne slupide : c'est une — , une 
vraie — que cet homme-lù. =:.Vrox. : il ne se remue 
non plus qu'une —, il n'a aucune activité. 

BUCHER, s. m., lieu où l'on serre le bois à 
brûler. — Pile de bois sur laquelle on mettait an- 
ciennement les corps morts pour les brûler: a-f-// reçu 
de toi les honneurs du ~? (Corn.) = Amas de bois 
sur lequel on plaçait les juils, les hérétiques, con- 
damnés au supplice du feu : on n' éclaire pas les 
esprits ù la lueur des bûchers (Marm.) 

BÛCHER, V. a., dégrossir une pièce de bois, la 



travailler grossièrement. ||Pop., abs., travailler ru- 
dement. =: Se — , V. pr., pop., se battre. 

Bl ClIERON, s. m., celui qui abat du bois dans 
une forêt : un pauvre bûcheron tout couvert de ra- 
mée (La F.) 

BÛCHETTE, S. f., petite bûche. = Petit brin 
de bois ou de paille : tenez donc, voici deux bû- 
chettes (La F.) 

BrCKlNGIIAM, cap. du comté de ce nom (Angleterre). 

BUCKliN'GlIAM. George Viliiers, duc de — , célèbre par 
la faveur dont il jouit auprès de Jacques 1^' et de Charles I", 
fut assassiné en 1628. 

BUCOLIQUE, adj., pastoral: genre — ; poète, 
poésie — . Bucoliques, s. f". pi., poésies pastorales, 
églogues, idylles : les — de Virgile. \\ Fara., ramas 
de choses sans valeur : emportez vos — . 

BUDE ou OFEN, cap. du roy. de Hongrie et du comitat 
de Pesth. 

BUDÉ (Guill.), célèbre helléniste, appelé par Érasme le 
Prodige de la France, décida François l" à fonder le Col- 
lège de France. 

BUDGSlT, s. m., état annuel des dépenses à faire 
et des fonds affectés à ces dépenses : le — de la 
guerre, de la marine. = Abs. , le budget de l'État : 
discuter, voter le — . .:= Dépenses et revenus d'un par- 
ticulier, d'une famille : cela dépasse mon — ; fam. 

BUDGÉTAIRE, adj., qui a rapport au budget. 

BUÉE, s. f., lessive. = Par ext., vapeur hu- 
mide qui se di'gage d'un li(iuide en ébullilion. 

BUÉNOS-AYRES, république et vil. de l'Amérique mé- 
ridionale. 

BUFFET, S. m., armoire pour le linge de table, 
la vaisselle, etc. = Table siu' laquelle on pose la 
vaisselle et tout ce qui est nécessaire au repas. = 
Lieu où sont servis des mets, des vins, des liqueurs. 
= La menuiserie où sont renfermées les orgues. 

BUFFLE, s. m., espèce du genre bœuf, facile 
à conduire au moyen de l'anneau nasal : le — a 
le corps plus gros et plus court que le bœuf (Buff.)|| 
Fam., homme slupide. = Cuir de buffle et de quel- 
ques autres animaux : ceinturon de — . || Justau- 
corps de buffle que porlaieul les gens de guerre en 
guise de cuirasse. 

BUFFLETERIE, S. f., les diverses bandes de 
buffle qui font partie de l'équipement d'un soldat. 

BUFFLETïER, s. m., ouvrier qui fait de la baf- 
fleterie. 

BUFFLETIN ou BUFFLON, s. m., jeune buffle. 

BUFFLONNE ou BUFFLESSE, S. f., femelle du 
buffle. 

BUFFON, célèbre naturaliste et l'un des écrivains dont 
la réputation européenne augmenta la gloire de la France, 
même après le beau siècle de Louis XIV. 

BUGEAUD (maréchal), duc d'Isly, vainqueur d'Abd-el- 
Kader el gouverneur générnl de l'Algérie, reçut des Arabes 
le surnom de Grand (El-Kebir] ; mort en 1849. 

BUGLE, s. f., plante labiée, légèrement astrin- 
gente, employée autrefois comme vulnéraire. 

BUGLE, s. m., mus,, clairon à clé. 

BUGLOSE OU BUGLOSSE, S. f., plante de la 
famille des borraginées. 

BUGRANE, s. f., V. Arrête-bœuf. 

BUIS, s. m., arbrisseau toujours vert, d'un grand 
usage dans la tabletterie : les feuilles du — sont pur^ 
gatives, son bois et sa racine sudorijiques. Un ra- 
meau de — sec trempait dans l'eau bénite (Lam.) 
= Bois de cet arbrisseau, instruments faits de ce 
bois : le — au gré du tour prend une forme heureuse 
(Del.) Et deux fois de sa main le — tombe en rrior- 
i ceanx (Boil.) = Outil du cordonnier pour lisser. 



BUR 



141 



BUR 



BUISSON, s. m., touffe d'arbrisseaux sauvages 
et épineux : — épais, fleuri. Dieu apparut à Moïse 
dans un — ardent (Ac.) || 5e sauver à travers les 
BUISSONS, cherciier des échappatoires pour se tirer 
d'une discussion pressante. = Bois de peu d'éten- 
due. = Arbre en — , ou abs. , — , arbre nain au- 
quel on a donné la forme d'un buisson. 

BUISSONNEUX, EUSE, adj., couvert de buis- 
sons : roches buissonneuses (Del.) 

BUISSONXIER, ÈRE, adj., qui habite les buis- 
sons. Se dit des lapins qui n'ont point de terrier. 
= Écoles BUiSSONNiÈP.ES, écolcs quc, sous Henri JI, 
les luthériens de Paris tenaient à la campagne, de 
crainte d'être découverts. ||Fam.,/a/re l'école buis- 
SONNIÈRE, se promener au lieu d'aller à l'école. 

BULBE, s. f. ou m., oignon de plante: — du lis. 

BULBE, s. m., anat., renflement ovoïde; partie 
globuleuse : — d'un poil, d'une dent, d'un œil. 

BULBEUX, EUSE, adj., qui est pourvu d'une 
bulbe ou qui forme bulbe : plante bulbeuse. 

BULL (John), taureau, sobriquet donné au peuple an- 
glais pour marquer son opiniâtreté. V. AnBouTHNOT. 

BULLAIRE, s. m., recueil des bulles des papes. 
= Écrivain qui copiait les bulles du pape. 

BULGARIE, p. de la Turquie d'Europe. 

BULLE, s. f., globule d'air qui s'élève à la sur- 
face d'un liquide : — d'eau. — d'air ^ petite quan- 
tité d'air enfermée dans une matière coulée. — de 
savon, petit globe transparent et rempli d'air qu'on 
forme avec un chalumeau trempé dans l'eau de sa- 
von. .= Méd., soulèvement de l'épiderme formé par 
l'accumulation d'un liquide séreux. =: Pelite boule 
de métal que les jeunes Romains portaient au cou 
jusqu'à dix-sept ans. 

BULLE, s. {,, lettre du pape expédiée en par- 
chemin et scellée en plomb , avec un sceau de 
ligure ronde , portant d'un côté les têtes de saint 
Pierre et de saint Paul, et de l'autre le nom du 
pape : fulminer une — d'excommunication. \\ Cons- 
titution de quelques empereurs. — d'or, constitution 
de Charles IV qui réglait la forme de l'élection des 
empereurs d'Allemagne. = S. f. pi., provisions d'un 
bénéfice :les bulles d'une abbaye (Ac.) 

BULLE, E, adj., authentique: acte — ; n'est 
us. qu'en terme de chancellerie. 

BULLETIN, s. m., papier sur lequel on éci;it 
son vote dans une élection ou une délibération : 
mettre son — dans l'urne. = Compte journalier de 
l'état d'une chose, d'une personne : — de la santé 
d'un prince ; — de la Bourse ; bulletins de la grande 
armée. = Certificat de dépôt de pièces. — des lois, 
recueil officiel des lois et ordonnances. — de gar- 
nison. V. Billet de logement. 

BULOW, général prussien qui, après s'être distingué 
en 18 13, eut une grande part aux batailles de Leipsick et de 
Waterloo. 

BUPLÈVRE, s. m., plante ombeHifère. 

BUPRESTE, s. m., insecte coléoptère remar- 
quable par l'éclat de ses couleurs. 

BURALISTE , s. , personne préposée à un bu- 
reau de paiement, de distribution, de recelte, de 
débit de tabac, de timbres, etc. 

BURAT, s. m., étoffe commune de laine. 

BURATINE, s. f., étoffe dont la chaîne est de 
soie et la trame de laine. 

BURE, s. f., grosse étoffe de laine : être vêtu 
de — . Il Prov. : n'avoir ni — ni buron, ne rien pos- 
séder au monde. = Puits profonds dans une mine. 
= Partie supérieure d'un fourneau de forge. 



BUREAU, s. m., table sur laquelle on écrit, 
on met des papiers. = Grande table à tiroirs et à 
tablettes. \\L'oJJaire est sur le — . on s'en occupe. 
= Siège d'une administration, lieu où l'on expédie 
des affaires, où l'on travaille, où l'on délibère : les 
bureaux d'un ministère, de la police; — d'un jour- 
nal. Garçon de — , employé subalterne attaché au 
service d'un bureau. = Endroit où l'on prend des 
billets d'entrée : les bureaux d'un théâtre. = Éta- 
blissement public : — de poste, des messageries, — 
restant, bureau où restent les paquets et les lettres 
jusqu'à ce que celui à qui ils sont adressés vienne 
les réclamer. = Personnes employées dans un bu- 
reau : chaque — se compose d'un chef, d'un sous- 
chef et d'un certain nombre d'employés. |1 Personnes 
tirées d'une assemblée et qui se réunissent pour un 
travail particulier. 1| Fam. : prendre l'air du — , cher- 
cher à connaître l'opinion des meaibres qui le com- 
posent ; s'informer de l'état d'une affaire. |1 Le pré- 
sident et les secrétaires d'une commission, d'une as- 
semblée : nommer le — . — de charité, lieu où se 
font les distributions de secours aux ihdigents. — de 
bienfaisance, réunion des administrateurs chargés de 
la direction des bureaux de charité. — de place- 
ment, où l'on se charge de placer des employés, des 
domestiques. |1 — d'esprit, ir., se dit d'une société 
où l'on s'occupe prétentieusement de littérature ; 
là du faux bel esprit se tiennent les bureaux (Boil.) 
— d'adresses. V. Adresse. 

BUREAUCRATE, s. m.; fam., personne de bu- 
reau, puissante dans les bureaux. = Qui se plaît 
dans le travail des bureaux. 

BUREAUCRATIE, s. f., autorité, pouvoir des 
bureaux. = Gens de bureau. = Inlluence abusive des 
commis dans l'administration. 

BUREAUCRATIQUE, adj. propre aux gens de 
bureau : genre, style — . 

BURETTE, s. f., petit vase à goulot où l'on met 
du vinaigre, de l'huile, etc. = Se dit des petits vases 
où l'on met l'eau et le vin pour dire la messe. 

BURGALÈSE, s. f., laine qu'on tire de Burgos. 

BURGANDINE, s. f., belle espèce de nacre. 

BURGAU, s. m., mollusque des Antilles, qui 
fournit la burgandine. 

BURGOS, p. d'Espagne, avec une cap. de même nom. 

BURGRAVE, s. m., ancien titre de dignité en 
Allemagne, chef d'un château impérial ; plus tard 
administrateur d'une ville : l'empereur détruisit les 
burgraves (V. H.) 

BURGRAVIAT, S. m., dignité de burgrave. 

BURIDAN , philosophe du moyen âge, plus connu par 
son sophisme de l'âne que par ses commentaires sur Aris- 
tote. Il supposait qu'un âne, placé entre deux picotins d'a- 
voine, devait mourir de faim s'il n'était pas doué du libre 
arbitre, n Je suis comme l'âne de Buridan, je suis dans une 
grande incertitude. 

BURIN, s. m., instrument d'acier qui sert à gra- 
ver. Il Le — de l'histoire. Qui me donnera le — que 
Job désirait pour graver sur l'airain et sur le mar- 
bre cette parole ? .(Boss.) = L'art du graveur, la 
manière de graver. = Estampe gravée au burin. =: 
Nom donné à divers outils des arts mécaniques. 

BURINER, v. a., t travailler au burin, graver. || 
Écrire dans la perfection. ||Écrire d'une manière éner- 
gique et profonde : Tacite n'écrit pas, il burine (Ac.) 

BURKE, célèbre orateur anglais, mort en 1797. 

BURLESQUE, adj., d'une bouffonnerie outrée : 
le style — , vers burlesques. Un pocme — (Boil.) 
= Bizarre, extravagant : un accoutrement — (La H.) 



BUT 1- 

r= S. m., se dit du genre, du style burlesque : le 

— nous vient des italiens (iMarm.) 
BURLESQUtMENT, adv., d'une manière bur- 
lesque. 

BURNOUF, professeur de l'Université de France, auteur 
de grammaires et de traductions remarquables. = Eugène 

— , 61s du précédent, orientaliste de génie, mort en tSiJ2. 
BURNOUS, s. m. V. BouRNOUS. 

BUROX, s. m., cabane, chaumière (en Auvergne) 
où l'on fait du fromage. 

BURSAL, E, adj., qui a pour objet les impôts : 
des cdits bursalx. 

BUSARD, 8. m., oiseau de proie de la forme des 
autours. 

BUSC, s. m., lame d'acier ou de baleine qui sert 
à maintenir le devant d'un corset. 

BUSE, s. f., oiseau de proie du genre des faucons, 
qui passe pour être très-stupide. |1 C'est une — , ce 
n'est qu'une — se dit d'une personne sotte et propre 
à rien : il faut être — pour aller vivre en Angleterre 
mal voulu du peuple anglais (J.-J.) Je vois qu'on vous 
abuse, et que votre neveu vous prend pour une — 
(Dest.) V. Bête. 

BUSON, s. m., buse de la Guyane. 

BUSQUER, V. a., mettre un buse : — un corset, 
un enfant. = Revêtir d'un assemblage de char- 
pentes. = Raccourcir une robe par devant. 

BUSSANG, bourg du départ, des Vosges, renommé pour 
ses eaux minérales ferrugineuses. 

BUSSY-RABUTIN, gentilhomme bel-esprit, parent de 
M™" de Sévigaé. 

BUSTE, s. m., sculpture ou peinture représen- 
tant la tête, les épaules et la poitrine d'une per- 
sonne : — antique, de bronze, de marbre. Il s'est fait 
peindre en — . = La partie supérieure du corps 
d'une personne. 

BUT, s. m., point où l'on vise : frapper, tou- 
cher, manquer le — . — en blanc. = Terme où l'on 
s'efforce de parvenir : arriver le premier au — . || La 
fm que l'on se propose : aller droit au — . Celui qui 
passe le — , le manque aussi bien que celui qui n'y 
arrive pas (Monlaig.) = A — . loc. , adv., sans 
avantage de part et d'autre : nous sommes à — . De 
• — en blanc, inconsidérément, brusquement. 

BUT, VUES, DESSEIN. On se propose un but, on y 
tend: on y parvient, on l'atteint, on le contrarie. Tout le 
BUT de l'homme est d'être heureux (Boss.) Quand on a des 
vues sur une chose, on ne laisse pas d'y songer ; quand on a 
le dessein de se les procurer, on s'en occupe et on y tra- 
vaille d'une manière plus décidée et plus sérieuse. 

BUTANT, adj., qui soutient la poussée d'une 
voûte, etc. : arc — . On dit mieux arc-boutant. 

BUTE, s. f., outil pour couper la corne des che- 
vaux. 

BUTÉE OU BUTTÉE, 6. f. V. CuLÉE. 

BUTER, V. n., frapper au but ; vieux. || Fam., 
tendre à une fin : si je suivais mon goût je saurais 
où — (La F.) = V. a., soutenir par un pilier bou- 
tant : — un mur, une voûte. =:: Se — , v. pr., se 
fixer, s'opiniàtrer h. = Se — l'un contre l'autre, 
être en opposilion d'idées, de senliments. 

BUTIN, s. m., ce qu'on prend sur l'ennemi : 
faire du —, partager le — . Ces soldats revenaient 
chargés d'un — immense (Roll.) H Pop.,' profit, ri- 
chesse : tout fait nombre, dit l'homme en voyant son 



• BYZ 

— (La F.) Il Ce dont on s'empare comme d'une con- 
quête, ce qu'on obtient par des recherches : un pré- 
cieux — . Poét., le — de V abeille, de la fourmi. 
La diligente abeille qui du — des fleurs va composer 
son miel (Boil.)V. Proie. 

BUTINER, V. n., faire du butin. || Poét., les 
abeilles vont — sur les fleurs (Ac.) = V. a., poét., 
les fleurs que l'abeille butine (Ac.) = — des fleurs, 
les cueillir à la dérobée. 

BUTOIR, s. m., couteau de corroyeur. 

BUTOME, s. m., jonc fleuri. 

BUTOR, s. m., oiseau de proie du genre du 
héron, qui vit dans les marécages. H Fam., homme 
stupide, grossier : peste soit du gros — / (Mol.) 11 
s'emploie au f. : voyez celte maladroite, cette bou- 
vière, cette BUTORDE ! (Mol.)V. Bête. 

BUTORDERIE, s. f., employé par Voltaire dans 
le sens de : action, caractère de butor. 

BUTTAGE, s. m., action de butter. 

BUTTE, s. f., petit tertre, petite élévation de 
terre : monter sur une — . = Petite colline : la — 
Montmartre, Chaumont. =. Élévation de terre où 
l'on place le but pour tirer et viser : la — du po- 
lygone, pour le tir de l'artillerie (Ac.) j] Etre en — 
ù, être exposé à : être en — à la raillerie, aux ou- 
trages, à la calomnie. 

BUTTÉE, s. f. V. Culée. 

BUTTER, V. a., garnir, entourer de terre : — 
unarbre, uneplante.=z\ .n., broncher, faire un faux 
pas : ce cheval butte beaucoup. Il était tellement 
ivre qu'il buttait à chaque pas. 

BUTTOIR, 8. m., espèce de charrue pour butter 
les plantes. 

BUTYREUX, EUSE, adj., qui est de la nature 
du beurre : les parties butvreuses du lait. 

BUVABLE, adj., qui peut être bu ; fam., on dit 
plutôt potable. • 

BUVANT, E, adj., qui boit; fam., i7 est bien — , 
bien mangeant, il est en bonne santé. 

BUVARD, s. m., cahier de papier brouillard, 
servant à faire sécher l'encre d'une écriture fraîche. 

BUVETIER, s. m., celui qui tient buvette. 

BUVETTE, s. f., cabaret près du palais, où les 
avocats allaien