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Full text of "Nouveau dictionnaire historique de Paris, avec une préf. de Charles Normand"



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NOUVEAU 

DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

DE PARIS 



// a été tiré de cet ouvrage 

vingt exemplaires sur papier de Hollande, 

numérotés de i à 20. 



NOUVEAU 



DICTIONNAIRE 

Historique 



DE 



PARIS 



PAR 



GUSTAVE PESSARD 

Membre de la Société des Amis des Monuments Parisiens 
de la Société historique du /F» arr, {La Cité), et*. 



AVEC UNE PREFACE 

DE 

M. CHARLES NORMAND 

Président perpétuel et fondateur de la Société des Amis des Monuments Parisiens. 



TROISIÈME IILLE 




PARIS 

EUGÈNE REY, LIBRAIRE 

8, BOULEVARD DES ITALIENS, 8 

1904 



roi 

?47 



VVBRÀKy 
APR 1 8 1968 



PREAMBULE 



Mon cher Collègue, 



En l'avisant de votre inte^ition de publier le Dictionnaire 
historique des rues de Paris, vous avez prié l'auteur du Nouvel 
itinéraire artistique et archéologique de Paris d'écrire un 
Préambule pour vos lecteurs. 

Belle, mais redoutable entreprise que celle dont vous 
assumez bravement la charge. Aussi ai-je hésité avant 
d'accepter votre offre aimable, car dans ce livre, que pour- 
rais-je dire après vous ? 

Vous avez tant de nouvelles à rapporter d'un captivant 
intérêt. Que de rues dont l'état civil et historiqice est 
encore à faire ! Car depuis l'apparition du Dictionnaire 
administratif et historique, dû au zèle des frères Lazare, 
nul ne s'est soucié de continuer leur œuvre, accomplie 
depuis un demi siècle. Pourtant combien de changements 
sont survenus dans la topographie de la Ville ! 

— VII — 



Préambule 

Nul n'a tenté, depuis lors, de réformer l'histoire de 
nos rues. Pour l'écrire de façon nouvelle, pour réaliser 
une espérance si ambitieuse, la vie d'un homme suffirait- 
elle? 

Et c'est pourquoi, sans surcharger votre œuvre du lourd 
et superbe bagage des grandes éruditions, il vous a semblé 
que c'était faire œuvre très utile déjà, que d'offrir aux 
curieux, aux amis de la Ville, sous forme d'intéressantes 
notices, une collection d'articles de gazettes, écrits à la 
manière de ceux publiés depuis qu'existe la Société des 
Amis des Monuments parisiens. Les services rendus par 
les auteurs de ces notices, les succès obtenus ont été consi- 
dérables. Il faut en louer la Presse entière. Elle a révélé 
aux foules les observations faites au cours de ces visites 
d'étude dans la Capitale, do7it les Amis des Monuments 
parisiens ont eu l'honneur de prendre Vinitiative ; car 
jusqu'alors les Parisiens ignoraient ou négligeaient les 
richesses artistiques de leur ville. La Commission des 
Monuments historiques, elle-même, avait oublié de « clas- 
ser » les édifices et les hôtels les plus importants de la Ville. 
Avec le concours de la Presse, la connaissance du Vieux- 
Paris fut, dès lors, vulgarisée, et l'amour intelligent du 
Paris futur, naquit enfin chez tous. Que de sauvetages 
furent obtenus ainsi, dont la Postérité devra être d'autant 
plus reconnaissante aux lutteurs pour la bonne cause, 
qu'en dépit de leurs efforts spontanés, et de leurs sacrifices, 
les Vandales ont triomphé plus souvent encore qu'il n'eût 
fallu. 

Vous avez trouvé ainsi les conditions de garantie de 
votre réussite. 

Vous avez voulu créer le livre de vulgarisatio7i dont 

— vni — ■ 



Préambule 

l'absence est regrettée de tous. Et vous l'avez fait de 
manière alerte, et de façon qu'il fut facile à lire et a con- 
sulter. 

Jusqu'à la venue de votre ouvrage, on ne pouvait avoir 
d'informations détaillées sur les trois mille rues trans- 
formées depuis un demi siècle. 

Il ne vous a point suffi de rendre aimable l'obligatoire 
aridité d'un tel genre d'écrits, et vous l'avez agrémenté du 
récit d'anecdotes curieuses ou de citations plaisantes. Vous 
avez encore rédigé a grands traits les captivantes mono- 
graphies des bals publics, des cimetières, des diligences, de 
l'éclairage des enceintes, des enseigyies, des modes de 
numérotage, du pavage, des plaques des rues, des théâtres, 
etc. Vous nous entretenez de ces arbres municipaux dont 
l'abattage a causé de si grandes colères aux Parisiens, 
indignés justement d'être^chaque jour privés davantage de 
grands espaces vides, indispensables au bon fonctionne- 
ment des poum^ons de la Métropole, et a l'épanouissement 
de sa beauté et au maintien de sa fortune. Avec quel à- 
propos, vous vous élevez aussi contre le changement des 
noms de rues, si préjudiciable aux intérêts du commerce 
et des souvenirs. Vous citez, h ce sujet, dans votre article 
iyititulé « Nomenclature », ces paroles d'un fervent des 
choses parisiennes, de Georges Montorgueil : « D'année 
en année, écrit-il, ces vieux noms où persiste un peu 
d'histoire de la grande ville se font plus rares... en restau- 
rant de vieux noms abolis, ou en inventant de nouveaux, 
calqués sur les anciens on nous rendrait un peu de ce 
pittoresque dont chaque jour emporte un lambeau ». Réta- 
blissons donc les désignations anciennes au-dessous des 
dénominations actuelles. Placardons aux coins des rues 

— IX •— 



Préambule 

nouvelles^ qui sont de leur temps, les noms des nouveaux 
serviteurs de la Patrie ou de l'Humanité; et pour ne pas 
honorer des « Illustres r, dont l'œuvre est peut être digne 
d'un prompt oubli, imposons un stage. Ainsi on réalisera 
le mariage, nécessaire et fécond, du Passé avec f Avenir. 
Ce n'est point seulement a Baie qu'il convient d'appliquer 
ces paroles qu'y prononçait M. Millerand, lorsqu'il s'adres- 
sait aux membres du Congrès de la Protection légale des 
travailleurs : « Vous vous êtes délassés de votre labeur, 
leur disait-il, en parcourant dans les intervalles des 
séances, cette ville charmante et vénérable, si variée d'as- 
pect et si vivante, oii le lointain passé et le modernisme 
le plus aigu se coudoient en harmonie et en beauté, pour 
le plus grand bien de son heureux peuple, ces deux forces 
qui se disputent V empire du monde : Tesprit de tradition 
et l'esprit du progrès. » L'histoire de Paris m'a toujours 
convaincu de la nécessité de cette difficile conciliation 
entre le respect intelligent du passé et l'ardent appel à 
l'avenir. Dans le programme de l'œuvre des Amis des Monu- 
ments parisiens, que je fondais le 7 février i88k, j'inscri- 
vais cette phrase répondant a ces préoccupations de tous , 
et dont voici le texte: 

« Nous voulons travailler pour notre part au bien de 
la France, en cherchant à protéger ces édifices et ces 
œuvres qui font le charme et la réputation de sa capitale, 
et en veillant sur son embellissement. » 

Depuis lors, depuis vingt ans, à chaque transformation 
du Paris nouveau, nous avons ardemment combattu 
ensemble en faveur de la beauté du Paris futur; la lutte 
est incessante contre des gens, prêts à détruire jusqu'à la 
silhouette d'ime coupole historique, par exemple, pour la 



Préambule 

remplacer par une rue et des maisons, que rien n'empêche 
de créer ailleurs. 

Au contraire la Capitale doit s'épanouir, mais intelli- 
gemment, non brutalement, comme le voudraient ses 
ennemis inconscients. 

On demande qu'on garde ses beautés, ses curiosités, 
ses souvenirs, ses espaces libres, ses verdures et qu'on en 
crée d'autres encore. 

Sollicité par M. Hantich, d'écrire la préface de son 
récent et magnifique livre sur « L'Art tchèque au xix" siè- 
cle », qui est un hommage rendu par VArt tchèque à l'Art 
français, il fallut en faveur de Prague, pousser le même 
cri qu'à Paris. « Comme s'il n était pas interdit, ai-je dû 
dire, là-bas aussi, d'uniformiser toutes les villes du monde, 
comme s il n'était pas facile et charmant d'allier le passé 
au moderne et de conserver les oryiements d'autrefois 
pour donner meilleure et plus originale figure aux créa- 
tions d'aujourd'hui. » 

Au surplus tous adoptent a présent ces conclusions, 
que conduit à prendre, Vétude des annales d'une Cité 
fameuse, vieille de vingt siècles et rayonnante de jeunesse; 
on en peut juger par le nombre des imitateurs, qui en 
France, comme a l'étranger, ont fait leur bien des actes 
d'initiative dont l'idée fut conçue, énergiquement propagée, 
enfin réalisée par la Société des Amis des Monuments 
parisiens, et par les plaidoiries renfermées dans les vingt 
volumes de l'Ami des Monuments et des Arts. Je me gar- 
derai d'oublier dans le nombre de ces initiations, l'insti- 
tution de la Commission municipale du Vieux-Paris ; elle 
pourra rendre les plus grands services et assurer les sau- 



Préambule 

vegardes nécessaires, mais a la condition que, serviteur 
fidèle et ami de la Ville, ce compilé la serve avec indépen- 
dance de parole et de jugement ! 

Vous vulgarisez, mon cher et distingué confrère, par 
votre livre, la connaissance des choses parisiennes. Vous 
contribuez aussi à la propagation de saines idées : 

Comme je V écrivais dans « U avant propos » du livre de 
M. de Rochegude « A Travers le Vieux Paris *, son étude 
éveille « cet amour du Passé, nécessaire à la grandeur du 
peuple; il doit savoir tirer de ses enseignements, comme 
d\ine source d'eau de Jouvence, la sève nécessaire aux 
prospérités futures, » Tel est bien aussi votre idéal. Aussi 
n'avez-\ous point ménagé vos peines pour réaliser^ de 
façon originale, Vœuvre que vous vous étiez imposée de 
mener à bonne fin. Votre ouvrage est heureusement ter- 
miné, selon le programme que vous aviez élaboré, et dont 
l'étendue ne vous a point effrayé. En apprenant par Vhis- 
toire que vous venez d'écrire combien fut fameuse la Ville 
du Passé, chacun voudra qu'elle demeure encore la Ville 
de V Avenir. Puis par extension logique de la pensée, il 
estimera que la France entière, a Vexemple de sa capitale 
aimée, doit tenir le premier rang dans le Monde. Et dès 
lors, chacun voudra contribuer à la réalisation de la 
pensée intime de tous ceux qui sont Français de cœur. 
On méprisera les défaillances présentes; tous se garderont 
des ennemis qui les inspirent. Chacun fatigué des sophis- 
mes, précurseurs de tous les désastres, demeurera a son 
poste de combat; chacun voudra assurer en toutes choses, 
la prééminence du drapeau national, fût-ce au prix des 
plus grands sacrifices. L'histoire, matérialisée par les 
monuments, et la littérature ne sont rien quand ils ne 

— XII — 



Préambule 

servent pas de guidon dans les combats. Votre hon^ieur 
sera d'avoir été Vun des premiers des écrivains dont Vou- 
vrage tende vers ces nobles fins. 

Tous doivent avoir pour but de trouver dans notre 
histoire le moyen [de donner des forces plus puissantes à 
tous les éléments de la vie française. Chacun si modeste 
qu'il se suppose, peut et doit être Vagent puissant de cette 
régénération nationale. Et ce concours' universel, mais 
indomptable des volontés, enfin agissantes, fournira la 
substantifique moelle dont vivra la France ! 

Le Président, fondateur 
de la Société des Amis des Monuments parisiens, 



Ûy/aypj^ 




^ ^//{^/^cr^ 



Directeur de « l'Ami des Monuments et des Arts. » 



— XIII — 



-A.V-A.]VT-F>FlOF>OS 



En 1892, après avoir publié ma petite plaquette intitulée : 
Paris nouveau et ancien, j'eus la bonne fortune de recevoir 
de mon excellent et érudit confrère Henry Céard, alors 
attaché à la bibliothèque de Carnavalet l'aimable lettre 
suivante : 

Paris, il Août 1892. 
Mon cher confrère, 



J'ai reçu votre volume intitulé « Paris nouveau et ancien y>,je Vailu 
avec intérêt; je vous en remercie et je vous en félicite, c'est un mémento 
très exact de ce que notre Paris renferme de curieux, d'artistique et 
d'ignoré, et votre livre, par la simplicité de l'exposition et la sûreté du 
renseignement peut rendre beaucoup de services. 

Ces 'services seraient doublés, si, au lieu de vous en tenir à la 
classification et au résumé des rapports édités par les commissions, vous 
aviez fait rue par rue, ce que vous avez fait par arrondissement. Une 
publication manque justement parmi les nombreuses publications sur 
Paris « c'est celle qui apprendrait simplement et sans phrases à chaque 
habitant de quartier, l'histoire de l'endroit étroit qu'il habite. » 

Par vos qualités de clarté et de sage vulgarisation, vous semblez tout 
désigné pour ce travail plus ardu, sans doute, mais singulièrement plus 
complet et plus profitable. Le plan de votre livre actuel est excellent, 
niais il y a encore bien des intervalles à remplir, bien des lacunes à 
combler, et je Vaime surtout pour ce qu'il promet de définitif 

Vous savez que je suis attaché à la bibliothèque Carnavalet c'est ce 
qui me donne un peu le droit de parler, et c'est là oîi il faudra venir 
écrire l'Histoire élémentaire et pratique de Paris que tout le monde 

— XV — 



réclame et dont vous avez donné un si heureux sommaire. Voici les 
vacances et la maison ferme, mais à la rentrée, quand vous pousserez 
plus avant votre entreprise, soyez assez aimable pour me venir voir 
23, rue de Sévignè. J'aurai alors le plaisir et de vous faire mes 
compliments de vive voir, et de vous fournir rapidement les documents 
supplémentaires pour « le Paris que vous devez écrire ». 

Veuillez trouver ici, mon cher confrère, l'assurance de mes sentiments 
les plus cordiaux, 

Henry CÉARD. 

Au reçu de cette lettre, fortifié dans mes goûts de vieux 
Parisien, je me mis sans tarder au travail, et c'est ainsi 
qu'après avoir parcouru toutes les bibliothèques, examiné 
les rues et les maisons, fouillé les coins et recoins si pitto- 
resques de la Métropole, en un mot, après avoir accumulé 
les volumineux matériaux et les documents considérables, 
qui devaient me servir pour mener à bien une œuvre aussi 
importante que celle que me conseillait d'entreprendre mon 
distingué confrère, M. Henry Céard, j'écrivis le Nouveau 
Dictionnsiire historique de Paris, que j'ai, aujourd'hui le 
plaisir de présenter au public. 

Puisse-t-il remplir le but que je me suis assigné : la con- 
naissance pour tous de l'histoire de Paris, et l'amour de notre vieille 
et glorieuse Lutèce. 

G.-P. 

Octobre 190i. 



=^2»<a!Î.J^i£><S^ 



— XVI 



NOUVEAU 



Dictionnaire Historique 



DE 



PARIS 



A 



ABATTOIRS. 



La création des premiers abattoirs remonte à 1818 ; avant cette 
époque les tueries particulières répandues dans Paris nuisaient à la 
salubrité et donnaient lieu à des accidents nombreux, autrefois les bou- 
chers, érigés en corporation jouissaient seuls du privilège d'abattre. 
En 1182, les chevaliers du Temple voulurent établir une bou- 
cherie, mais la corporation des bouchers s'y opposa. Le roi Philippe 
Auguste, pour les apaiser et les dédommager, leur concéda le droit de 
vendre du poisson. Les chevaliers eurent alors de ces bouchers la per- 
mission d'établir deux étaux de douze pieds. La boucherie de Saint- 
Germain-des-Prés fut créée en 1274 par Gérard, abbé de Saint-Ger- 
main, qui permit aux bouchers de sa terre d'avoir seize étaux, à charge 
par eux de payer vingt livres tournois au prévôt de l'abbaye. 

La grande boucherie était située près du grand Châtelet. Le parti 
des Armagnacs, ou le dauphin, la fit abattre et dépouilla les bouchers 
de leurs privilèges. Ils vinrent alors établir leurs étaux sur le pont 
Notre-Dame. 

Une ordonnance du mois d'août 1416, faite sous le nom de 
Charles VI, prescrit l'établissement de quatre boucheries, l'une dans 
une partie du marché Saint-Jean ; l'autre à l'extrémité méridionale 
du Petit-Pont et auprès du petit Châtelet, la troisième près du grand 
Châtelet, à l'opposite de la chapelle de Saint-Leuffroy ; enfin la qua- 
trième autour des murs du cimetière Saint-Gervais. La construction 
de cette dernière halle fut commencée sur l'emplacement du cimetière 
Saint-Jean. 

Jusqu'en 1808, on tuait au domicile des bouchers, c'était un spec- 
tacle répugnant (Voir Ecole de Médecine). Mercier dans son Tableau 
de Paris, écrit en 1783. « Le sang ruisselle dans les rues, il se cailla 

1 



Abbaye 

a sous vos pieds et vos souliers en sont rougis. En passant, vous êtes 
« tout à coup frappé de mugissements plaintifs. Un jeune bœuf est 
« terrassé et la tête, armée est liée avec des cordes contre la tene ; 
« une lourde massue lui brise le crâne, un long couteau lui fait au 
« gosier une plaie profonde ; un sang qui fume, coule à gros bouillons 
« avec sa vie. Mais ses douloureux gémissements, ses muscles qui 
e tremblent et s'agitent par de terribles convulsions, ses abois, les 
« derniers efforts qu'il fait pour s'arracber à une mort inévitable, tout 
« annonce la violence de ses angoisses et les souffrances de son 
« agonie... » 

En 1789, les bouchers tuaient sous les arcbes du Pont-au-Change, 
et les tanneurs y préparaient les peaux. On tuait et écorcbait aussi sur 
le quai de Gesvres, qui vers 1G42, s'appelait encore la Tuerie et VEscor- 
cherie. 

Les cinqfabattoirs ordonnés par Bonaparte en 1808 étaient : Vabattoir 
Montmartre, avenue Trudalne; Vabattoir de Ménilmontant, rue Saint- 
Maur ; de Villejnif, boulevard de l'Hôpital ; de Grenelle, ancienne 
barrière de Sèvres et celui du Roulej rue de Mirosménil. Ils avaient 
été construits dès 1809 sous la direction de l'arcbitecte Gisors. 

En 1858, on supprima les abattoirs Montmartre, Ménilmontant, 
Grenelle et du Roule, qui furent remplacés par les abattoirs généraux 
de la Villette, 176, rue de Flandre, commencés en 1865 sur les dessins 
de Baltard et inaugurés le 5 janvier 1867. 

Aujourd'hui on compte trois abattoirs pour la boucherie : La Vil- 
lette, Villejuif et V augirard, et un autre dit abattoir des Fourneaux, 
réservé à la charcuterie qui fut ouvert en 1848, au 47 de la rue des 
Fourneaux, actuellement rue Falguiè^e. 

Prochainement, les abattoirs de Yillejuif, situés au 151 du boulevard 
de l'Hôpital, snrles hauteurs de la Salpêtrière vont disparaître pour faire 
place à la nouvelle Ecole ^municipale des Arts et Métiers, qui a été 
décidée en 1902. Cet abattoir spécialement affecté à l'abatage des 
chevaux et mulets, provenant principalement du marché aux chevaux 
du boulevard Saint-Marcel doit être transféré à la Porte Brancion dans 
le nouvel abattoir de Vaugirard. On y établirait, outre Vabattoir 
hippophagique, de nombreux laboratoires destinés aux recherches 
scientifiques des sérums. Cet abattoir a été construit par Moreau en 
1894, et ne fut achevé qu'en 1897. Il a coûté 6 millions 435.000 francs. 

ABBAYE (rue de 1') -«-« rue de l'Echaudé, 18 s-^ rue Saint-Benoît, 11 
[Luxembourg, Saint-Germain~des-Prés, 6« arr. 230 m.] 

Ouverte en l'an viii (1799), son nom lui vient de l'Abbaye Saint- 
Germain-des-Prés, fondée par Childebert en 540 sur l'emplacement 
d'un ancien temple païen consacré à Isis. Cette rue fut appelée rue de 
la Paix en 1802 ; rue Neuve de l'Abbaye en l809 et rue de V Abbaye • 
depuis 1815. 



Abbaye aiijc Bois 

L'abbaye dévastée par les Normands en 885 {Voir Saint- Germ ain- 
l'Auxerrois), servit de prison d'Etat jusqu'en 1793. Le 2 sep- 
tembre 17^2, on y massacra un grand nombre de prisonniers (270 envi- 
ron), {Voir rue Gozlix). Depuis, elle fut transformée en prison 
militaire et subsista jusqu'en 1854. 

Pendant les massacres de Septembre, il y eut près de 1.368 victimes 
réparties dans les 9 prisons qui existaient alors : l'Abbaye, la Force, 
le Châtelet, la Conciergerie, les^ Bernardins, les Carmes, Bicêtre, la 
Salpêtrière et Saint-Firmin. Devant la prison de l'Abbaye, s'élevait le 
pilori, sei"vant à la justice des abbés de Saint-Germain et devant le 
pilori s'ouvrait la rue de la Foire Saint-ijennain devenue depuis 
rue de Montfaiicon (Voir ce nom). Charlotte Cordayfut détenue à 
l'Abbaye. 

Dans les fouilles opérées vers 1855, on a découvert des cercueils 
datant du vi® siècle, c'est-à-dire de la fondation de l'Abbaye. Au 
n° 3, aujourd'hui propriété particulière était autrefois le palais du 
Cardinal Charles de Bourbon, abbé de Saint-Germain-des-Prés. Le 
palais abbatial a été bâti en 1586- 

Cette belle construction est un spécimen unique pour cette époque 
de l'emploi de la pieiTe blanche et de la brique rouge qui ne se géné- 
réalisa que cinquante ans plus tard. Le roi de Pologne Casimir y 
mourut en 1672 et fut enterré à Saint-Germaiii-des-Prés. Le 5 
était une dépendance de l'ancien Palais Cardinal. On remarque au 
sommet du pavillon de gauche un motif de sculpture représentant une 
femme assise tenant un écusson aux armes du fondateur. En 1900 
en démolissant une maison du lOi rue de Furstemberg, on mit à jour 
quelques fragments de l'ancienne Abbaye, aujourd'hui exposés dans 
le square de Saint-Germain-des-Prés. Au 15 de la rue Saint-Benoît, 
on a reconnu le sommet d'une haute tour qui autrefois dépendait de 
l'enceinte fortifiée de l'Abbaye. A l'angle de la rue Bonaparte a été 
retrouvée une grande salle servant aux anciens moines. Au 6 au- 
jourd'hui démoli, se voyaient de très beaux vestiges de la célèbre cha- 
pelle de la Tierge, construite par l'architecte Pierre de Montereau. 
Au 20, marchand de vin à l'enseigne de Bonaparte : intéressant tableau 
de Willette, peint en 1902 {Voir Enseignes). 

ABBAYE AUX BOIS (Maison religieuse de 1') située 16, rue de Sèvres. 
[Palais-Bourboîj, Saint-Thornas-d' Aquin, 1* arr.] 

En 1202, Jean, Seigneur de Nesle, Châtelain de Bruges et Eusta- 
chie, sa femme avaient fondé à Batiz, près de Noyon au milieu des 
hois, une abbaye qu'ils avaient appelée : La Franche Abbaye de N.-D. 
des bois. En 1650, les religieuses de cette abbaye chassées par la guerre 
se réfugièrent à Compiègnç. Anne d'Autriche leur vint en aide et 
grâce à ses générosités, elles achetèrent le 9 mai 1654, moyennant 
126.000 livres, la maison des Annonciades des dix Vertus de Notre- 

— 3 — • 



Abbé de l'Epée 

Dame, située, 16, rue de Sèvres, fondée en 1640 et lui donnèrent le 
nom d'Abbaye de Notre-Dame des bois d'où simplement Abbaye aux 
bois. 

Le monastère a été supprimé en 1790, comme beaucoup d'autres et 
depuis 102 les bâtiments de l'Abbaye sont occupés par les Chanoinesses 
régulières de Saint- Augustin de la Congrégation de Xotre-Dame. L'église 
date seulement de 1718; la première pierre en fut posée le 8 juin de 
la même année par la duchesse d'Orléans, mère du Régent. Ainsi 
qu'elle le raconte elle-même dans sa Correspondance: € Je suis revenue 
« hier soir (8 juin 1718), à dix heures, de Paris, où j'avais été à onze 
« heures du matin, pour assister à' une longue et ennuyeuse cérémonie, 
« dans un couvent qu'on nomme l'Abbaye aux Bois. Il s'agissait de poser 
« la première pierre d'une église que l'on construit. On est venu à ma ren- 
« contre avec des tambours, des fifres, des trompettes, etc., etc.. » 

La célèbre M""® Récamier, la belle Juliette comme on l'appelait, exi- 
lée sous l'Empire, revint pendant la Restauration et se retira à l'Ab- 
baye aux Bois, où elle tenait « bureau d'esprit » et recevait Château- 
briant, Ballande, Lamartine, Benjamin Constant, Sainte-Beuve, ainsi 
qu'un grand nombre d'écrivains qui y préparaient leurs élections à 
l'Académie. Elle y vécut de 1814 à 1849, c'est-à-dire jusqu'à sa mort. 
Pendant la Révolution, l'Abbaye fut convertie en maison d'arrêt et 
vendue en 1797 comme bien national. En 1802, l'église fut rendue au 
culte. 

ABBÉ DE Li'ÉPÉE (rue de 1') *-m rue Gay-Lussac, 48 m-* boulevard Saint- 
Michel, 105 [Pa>thkois, Val-dc-Gruce, 5*= arr. 240 m.] 

Formée en 1567, cette rue n'était alors qu'un passage fermé la nuit; 
on l'appelait Ruelle St-J acques du Haut-Pas, puis Rtielle dxi Civie- 
ticre. Elle fut ensuite nommée Rue des Deiix Eglises, en raison de sa 
situation entre les deux églises de St-Jacques du Haut-Pas et du sémi- 
naire de St-Magloire 

L'institution des Sourds-Muets située au 254 de la rue Saint-Jacques, 
occupe l'emplacement de ce monastère et le nom de cette rue vient de 
l'abbé Charles-Michel de l'Epée, fondateur de cette institution. 

Né à Versailles le 25 novembre 1712, l'abbé de l'Epée fut l'inventeur 
de l'alphabet des sourds-mliets, c'est-à-dire du langage par la vue, 
comme Yalentin Haùy de celui de l'alphabet du toucher à l'usage des 
aveugles. Il avait fondé en 1760, une école publique de sourds-muets, 
au 14 de la rue des Moidins, aujourd'hiii disparue et c'est là qu'il mou- 
rut le 23 décembre 1789 entouré de ses nombreux élèves. Il a été 
enterré à l'église St-Roch, et une inscription placée au 23 de la rue 
Thérèse rappelle la mémoire de ce bienfaiteur de l'humanité. 

A l'angle de cette rue et de la rue Denfert-Rochereau, se trouve 
un regard des eaux d'Arcueil, réédifié en 1846 pour alimenter l'Ins- 
titution nationale des Sourds-Muets. 

— 4 — 



Abbes'ses 

ABBÉ-GRÉGOIRE (rue de 1') -(-m rue de Sèvres, 73 «»-^ rue de Vaugi- 
rard, 92 [Luxembourg, Notre-Dame-des-Champs, 6<= arr. 372 m.] 

Ouverte en 1644 sur les terrains de l'Abbaye Saint-Germain appar- 
tenant aux Bénédictins elle porta d'abord le nom de rue Saint-Maur- 
Saint- Germain en mémoire d'un des principaux disciples de Saint- 
Benoît puis ce fut le passage du Manège en 1816. Plus tard, en 1868, 
elle prit le nom de t'ue des Missions à cause de sa proximité du sémi- 
naire des Missions Etrangères. Depuis 1880, elle s'est appelée rue de 
V Ahbé-Grégoire parce que cet abbé est mort dans une maison voisine 
au 44 de la rue du Cherche -Midi. 

L'abbé Henri Grégoire (1750-1831), Evêque constitutionnel de 
Blois fut député aux Etats Généraux, en 1789. C'est sur sa proposi- 
tion qu'on institua le Conservatoire des Arts et Métiers et le Bureau 
des Longitudes. 

Le peintre Charlet est mort en 1845 au n° 9 de cette rue. Les n"' 8, 
10 et 12 ont été occupés par les sœurs de Saint-Maur. Au 17, demeurait 
le D"* Laënnec, auteur du Traité de l'Auscultation (Voir Hôpital 
Laennec). Le Marcbé des Missions situé dans cette rue a été ouvert 
en 1866. 

ABBÉ-GROULT (rue de T) <-m rue des Entrepreneurs, 104 et du Pourtour 
de l'Eglise m-> vue Corbon et de la Convention [Vaugirard, Javel et Saint- 
Lambert, 15" arr. 1110 m ] 

Après avoir été la rue Groult-d'Arcy, la rue Haute et Basse-du- 
Transit, à cause du voisinage de la gare de chemin de fer cette rue 
a englobé tous ces tronçons et a repris dans toute son étendue le 
nom de VAhhé-Groult. 

L'abbé Groult d'Arcy (1760-1847) religieux bénédictin avait été 
supérieur d'une maison d'éducation de Vaugirard pendant la Restau- 
ration. Il fut plus tard, évêque de Nevers. C'est sur des terrains don- 
nés par lui que s'élève aujourd'hui la nouvelle église Saint-Lambert. 

Au 95, école élémentaire de la Ville. 

ABBESSES (rue des) ■«-« rue des Martyrs, 89 »-> rues Lepic, 34 et Tholozé, 2 
[BuTTES-MoATMARTUE, CUgnaiicourt et Grandes-Carrières, 18*' arr. 418 m.] 

Cette voie très ancienne longeait autrefois les dépendances de 
l'Abbaye de Montmartre fondée par Louis-le-Gros et la reine Adélaïde 
son épouse en 1133 sur l'emplacement d'une chapelle qui existait déjà 
en 1096. Elle a été appelée rue de la Cure (du mot Curé) puis rue de 
l'Abbaye; depuis 1867 elle a reçu le nom de rue des Abbesses- 

L'abbaye fut évacuée en 1792' sur un ordre signé Billaud-Varennea 
et vendue comme bien national en 1794. L'Eglise paroissiale devint 
successivement un magasin d'armes, un temple pour les fêtes patrio- 
tiques et une salle d'assemblée pour les électeurs de la section. 

Le nom actuel lux vient des abbesses de Montmartre. Les dernières 



Ahel 

abbesses depuis 1G99 furent : Bernardine-Thérèse Gigault de Belle- 
fond, décedée en 1717 ; Marguerite de Rochechouart de Monpipeau 
(1727) ; Louise-Emilie de la Tour d'Auvergne ; Catherine de la Eoche- 
foucault (1737-1760) et Marie-Louise de Laval, duchesse de Mont- 
morency. Cette dernière fut condamnée à mort et exécutée le 21 juil- 
let 1794 à la place de la Barrière i-enversèe (place du Trône). Les 
noms de ces cinq abbesses ont été donnés à des mes voisines du ix* arron- 
dissement ( Voir ces noms). 

ABBESSES (place des) -f-*? rue des Abbesses, 6 et 20 [Buttes-Montmautre, 
Clï^mancourt, 18" arr.] 

Cette place indiquée en 1672, sur le plan de Jouvin de Rochefort, 
s'appelait primitivement place de VAbhayc. Depuis 1867, on lui a 
donné le nom actuel. 

Sur l'emplacement de l'ancienne mairie du XYIII" arrondisse- 
ment qui fut inaugurée le 3 mai 1837 par M. de Rambuteau, alors 
préfet de la Seine s'élevait autrefois une chapelle dite des Martyrs. 
(Voir nie des Martyrs). La nouvelle mairie a été ccmstruite place Sainte- 
Euphrasie. 

ABBESSES (passage des) *-m: rue des Abbesses, 20 «j-> rue des Trois- 
Frères. 57 [Buttes-Montmartre, Clignancniiri. IS"-' arr. 99 m.] 

Passage ouvert en 1840, après avoir porté le nom de passage de 
V Arcade à cause d'une Arcade qui autrefois donnait accès à l'ancienne 
abbaye et qui forme aujourd'hui l'entrée du 20 de la rue des Abbesses, il 
a pris la dénominaticm de Passage des Ahhcsses depuis 18()7. 

ABBEVILLE (rue d') --« place Lafayetto. 109 ^-^ rue Baudin, 38 [Opéra, 
Roclieclioiiart, linclos-Saiut-Laurent, 9*= et 10*^ arr. 209 m.] 

Formée de deux tronçons, dont l'un, datant de 1827 commençait de 
la place Lafayette pour finir à la rue de Rocroy, et l'autre décidé en 
1861, allant du faubourg Poissonnière à la rue Baudin , cette rue a été 
définitivement percée en 1894 sûr l'ancien clos Saint-Laurent {Voir 
Lariboisière). Lors de sa création elle s'appelait rue du Gazomètre, 
parce qu'elle était" voisine de la première usine à gaz installée à Paris 
en 1843, au n° 129 du faubourg Poissonnière et dont les terrains 
s'étendaient sur l'emplacement des rues Maubeuge et Condorcet (Voir 
Coxdorcet). Sa proximité avec la gare du IS'ord, lui a fait donner 
en 1847, le nom d'une sous-préfecture du département de la Somme, 
desservie par ce chemin de fer. Aux n°' 14 et 16, deux hôtels « modem 
style » très originaux construits en 1900 et 1901. 

ABEL (rue) -^^-m boulevard Diderot, 23 m-*- avenue Daumesnil, 26 [Reuilly, 
Quinze-Vingts, 12" arr. 115 m] 

Ouverte en 1901 sur le terrain de l'ancienne prison Mazas (Voir 
Diderot) . 

— 6 — 



Aboiikir 

Xicolas-Henri Abel (1802-1829), fut des plus grands génies matliê- 
matiques qiie le monde ait produits. JSTé dans une petite ville de Suède, 
il vint présent-er ses travaux à l'Académie des Sciences de Paris en 
1826. Le géomètre Legendre, qui avait été chargé de les examiner, 
et qui eut conscience de leur importance, lui fit donner le grand prix 
des sciences matliématiques. Abel retourna dans son pays, où il vécut 
d'abord du produit de quelques leçons, et mourut de consomption à 
vingt-sept ans, seul, incompris, dans un état voisin de la misère. 

Quelques années plus tard, réveillé par le cri d'admiration de 
l'Europe, le gouvernement suédois publia ses œuvres. Depuis, il n'est 
pour ainsi dire par un mathématicien du siècle qui n'ait développé 
quelqu'un des principes mathématiques découverts par Abel et qui 
ont ouvert de nouvelles voies à l'analyse mathématique, 

ABEL-HOVELACQUE (rue) -t^-m avenue des Gobelins, 62 m-y boulevard 
d'Italie, 18 [GobeliiNs, Croulebarbe, 13'= arr. 295 m.] 

En 1898, reçut le nom à!Ahèl Hovelacque (1843-1896), Conseiller 
municipal de Paris de 1878 à 1886. Député en 1889 du xiii'= aiTon- 
dissement, Hovelacque a laissé d'importants ouvrages de linguistique 
et d'anthropologie. Cette rue figure sur le plan de Jouvin de Roche- 
fort de 1672, sous le nom de chemin de Gentilly. En 182'9 elle devint 
rwe de Gentilly. Au 28, masure à fenêtres ogivales. 

ABEL-LEBLANC (passade) -(-m rue de Charenton, 127 »-^ rue Crozatier, 19 
[Reuilly, Quinze- Viiii^ts, 12" arr. 126 m.] 

M. Abel Leblanc, propriétaire des terrains sur lesquels ce passage 
a été ouvert en 1860, était un riche industriel de la Brie et possédait 
des moulins modèles à Coulommiers. 

ABEL-RABAUD (rue) ■«-• rue Parmentier, 140 juk* rue des Goncourt, 7 
[PopiNCOURT, Folie- Méricourt, îl« arr. SO m.] 

Ouverte en 1899 par le propriétaire. 

ABOUKIR (rue d') -«-«« rue Vide-Gousset et place des Victoires »-* rue Saint- 
Denis 385 [Bourse, Mail et Bonne-Nouvelle , 2*= arr. 870 nr».] 

A été formée par trois rues : — La rue des Fossés-Montmartre, 
entre la place des Victoires et la rue Montmartre, ainsi nommée parce 
que sous Charles Y, elle longeait les fossés de la porte Montmartre 
qui existait de 1380 à 1634 au croisement des rues Montmartre et 
d'Abouiir. (Voir rue Montmartre). — La rue Neuve-Saint-Eusta- 
che, entre les rues Montmartre et Petits-Carreaux, à cause de l'Eglise 
Saint-Joseph, précédemment appelée Le Petit Saint-Eustache située 
alors rue Montmartre. Cette voie avait été tracée en 1633 — et la 
yue Bourbon-Villeneuve, entre les rues des Petits-Carreaux et Saint- 



Académie de Médecine 

Denis. Cette rue qui avait été ouverte sur les fossés de l'enceinte de 
Charles V se nommait autrefois rue Saint-Côme-du-milieu-des-Fossé$, 
prit en 1639 le nom de Bourbon en l'honneur de Jeanne de Bourbon, 
abbesse de Fontevault, auquel on ajouta, de Villeiteuve, parce que le 
quartier venait d'être récemment construit et par conséquent formait 
une ville neuve. En 1793, on lui donna le nom de riie Neuve-Egalité. 
De 1807 à 18] 5, elle s'est appelée rue d'AbouJcir, en mémoire de la 
victoire remportée par Bonapaiie à Aboukir (Egypte) oii le 25 juillet 
1799, 6.000 Français battirent 18.000 Turcs. Depuis 1865 elle porte 
ce nom dans toute sa longueur. 

La nouvelle maison construite place des Victoires à l'angle de la 
7*we d' Aboukir et de la rue Etienne-Marcel sur l'emplacement de l'an- 
cien n° 2 a fait disparaître l'Hôtel de la Marquise de Pomponne où 
le maréchal de Hallier de l'Hospital, avait épousé une certaine Fran- 
çoise Mignot, qui, de simple « grisette », devenue veuve du maréchal 
épousa en secondes noces Casimir Sobieski, roi de Pologne et abbé de 
Saint-Germain-des-Prés, (1075-169G), 

Après avoir passé en plusieurs mains (Voir Bakqtte de France), la 
Compagnie des Indes vint s'y installer en 1723, puis l'Hôtel de Pom- 
ponne devint la propriété de M. de Massiac. Plus tard la Caisse des 
Comptes Courants, l'occupa et le revendit à la Banque de France, 
qui y resta jusqu'en 1812, époque à laquelle elle prit possession de 
l'Hôtel de la Vrillière. Le Baron Ternaux le racheta pour 315.000 fr. 
De l'autre côté avi n" 1, angle de la rue Yide-Gousset est l'ancien Hôtel 
de Clerambaut, devenu plus tard l'Hôtel de Mme Rambouillet de la 
Sablière, l'amie du bon La Fontaine. — Au 6, ancien Hôtel des Etats 
du Languedoc. — Au 77, joli café empire, avec boiseries du temps. 

ABREUVOIR (rue de) <-m rue des Saules, 5 »-* rue Girardon, 9 [Mo:ntmartre, 
Grandes-Carrières, 18" arr, 133 m.] 

Indiquée à l'état de chemin sur le plan de Jouvin de Roche- 
fort (1672), cette rue conduisait autrefois à V Abreuvoir de Montmartre 
aujourd'hiii disparu. Il se trouvait au bas de la rue Girardon à l'en- 
droit où passe maintenant la rue Caulaincourt ; la margelle de cet 
abreuvoir était faite avec une pierre tumulaire sur laquelle on distin- 
guait l'image d'une abbesse tenant sa crosse en main. La maison de 
santé du D"" Blanche, autrefois située dans cette rue a été transférée 
à Passy (Voir D'' Blanche). Après son départ cette propriété fut 
occupée par un bal public dénommé : Le Château de Brouillards 
{Voir Bals disparus). 

La place de VAbreiivoir, situé rue de la Fontaine-du-But, n'existe 
plus. 

ACADÉMIE DE MÉDECINE. (Wo'w Médeci>'e Académie.) 



A do Iphe-Ja llien 

ACACIAS (rue des) <-m avenue de la Grande-Armée, 36 m-> avenue Mac- 
Mahon, H5 [Batignolles, Ternes, 17» arr. 466 m.] 

Cette rue qui doit finir avenue Mac-Mahon, a été ouverte en 1827, 
sur des terrains plantés d'acacias auxquels elle doit son nom. Au 48, 
se voit une enseigne Au Vieil Acacia, — au 21, imjjasse des Acacias, 
— au 18, est situé le passage des Acacias. 

ACCOUCHEMENT (maison d'). (Voir Maternité.) 

ACHILLE (rue) -t-e rue Hamas, 25 m^ rue des Rondeaux. 14 [Mexilmontant, 
Père-Lachaise, 20'^ arr. 46 m.] 

Avant 1860, C'était un petit sentier qu'on appelait traverse de la 
Cour des Noues. {Noue signifie un sol gras et humide cultivé en prai- 
rie pour servir de pâturage.) Elle a été ouverte par un propriétaire 
qui lui a donné son prénom. 

ACHILLE-MARTINET (rue) <-m rue Marcadet, 178 j~-> rue Montcalm, 30 
[MoNTMARTiiE, Grandes Carrières, 18" arr 150 m.] 

Créée en 1881, elle a reçu de son propriétaire le nom d'Achille Mar- 
tinet. Il y a eu un Achile Martinet, graveur de grand talent, prix de Rome, 
né en 180() et mort en 1877. 

ADOLPHE-ADAM (rue) <~m quai de Gesvres, 14 e-^ avenue Victoria, 13 
[HoTEL-DE-ViLLE, Saiiit-Merri, 4" arr. 42 m.] 

Cette voie ouverte par décret de 1854 sur les terrains expropriés 
aux abords de l'Hôtel de Ville, se nomma en 1864 rue Adam, plus 
tard en 1879 on en compléta la dénomination en y ajoutant Adolphe 
en l'honneur d'Adolphe Adam compositeur de musique, né à Paris 
le 24 février 1803 mort subitement le 5 mai 185P,. Adam fut le créa- 
teur du Théâtre Lyrique qu'il dut abandonner à la veille de la Révolu- 
tion de Février 1848. {Voir hoHles>ard du Temple.) 

Ce fut un de nos plus brillants et de nos plus charmants compositeurs 
français. Parmi ses nombreuses productions, nous citerons : Le Chalet 
(son chef-d'œuvre, 1834), Le Postillon de Longjumeau (1836), Le Bijou 
Perdu, Si j'étais roi. Les Pantins de Violette , etc. 

Le 23 juillet 1897 a été élevée à Lonjumeau une statue à la mémoire 
d'Adolphe Adam. 

ADOLPHE- JULLIEN (rue). 

Ce nom décidé en Conseil le 12 juillet 1903 sera donné prochaine- 
ment à une voie nouvelle. 

Jean-Lucien-Adolç)he JuUien, père de Ma.rcel, Jullien, critique 
musical franais, né à Paris le 1"" juin 1827 à laissé de nombreux 
ouvrages spéciaux sur la Musique et les Comédies. Il y a également 

— 9 — 



AjfaireH ètrangl'res 

Jean Jullien, critique d'art et auteur dramatique, né à Lyon le 
4 décembre 1854, Ce dernier habitait en 1897, 1, rue Chardin. 

ADOLPHE-YVON (rue) -^-«r? avenue Henri Martin, 82 m~> boulevard Lannes, 49 
[Passy, Muette, 16" arr.140 m,] 

Formée en 1898 sur une partie de la rue de la Tour (Voir ce noTn). 

Adolphe Yvon, peintre français né en 1817 à Eschwiller (Alsace), 
moi-t en 1893, élève de Paul Delaroche, a laissé de magnifiques 
tableaux militaires : La Prise de la Tour MalaJxoff, 1857, La Charge de 
Cuûrassiers à Rcichshoffen, 1870. 

ADOUR (villa de V) *-m rue de la Villette, 13 [Buttes Giiaumont. Combat, 
19<^ arr. 10'* m.] 

Créée en 1877, elle fut primitivement appelée cillai Bailhéletny 
du nom de son propriétaire. La dénomination à.\^dour date de 1877,. 

L'Adour prend sa source dans les Pjrrénées et va se jeter dans le 
golfe de Gascogne après un pai-cours de 22'5 kilomètres. 

ADRIENNE (cité) -^-« rueBagnolef,82[MÉNiLMONTA>-T, Charonne, 20« arr. 33 m.] 
Nom de la fille du propriétaire. Date de 1898. 

ADRIENNE (villa) *-a rue d'Orléans, 19 [Observatoire, Petit-Montrouge, 
14'^ arr. 300 m.] 

Ouverte en 1896 par Mme Adrienne Desmont, propriétaire. 

AFFAIRES ÉTRANGÈRES (ministère des) t-m quai d'Orsay, 37 '»-* rue de 

l'Université, 130 [Palais-Bourbon, Invalides, 7" arr.] 

Après avoir été en 1764, à l'Hôtel Praslin, rue de Sèvres, deux ans 
après, en 1766, à VHôtcl de Choîseul, rue de Richelieu, au 9 du quai 
Malaquais sous le ministère de Vergennes de 1777 à 1787, puis rue 
Bonaparte et à V Hôtel Gallifet, rue du Bac, le Ministère des Affaires 
Etrangères fut transféré au boulevard des Capucines, clans V Hôtel 
Wagram, ancien Hôtel Bertin, appelé aussi Hôtel de la Colonnade. 

C'est devant le Ministère des Affaires Etrangères, boulevard des 
Capucines que furent tirés les premiers coups de feu qui décidèrent 
du renversement de Louis-Philippe et de la Révolution de Février 1848 
{Voir boulevard des Capucines). 

Avant d'être V Hôtel Bertin, cet hôtel appartenait au général Ber- 
thier. Quelques temps après le 13 vendémiaire an lY (5 octobre 1795), 
le général Bonaparte qui y demeurait, y fit déposer les armes 
enlevées aux sections insurgées. Le jeune Eugène de Beauharnais 
y vint réclamer l'épée de son père, le vicomte de Beauharnais, mort 
sur l'échafaud en 1794. Cette démarche amena quelques relations 
entre le Général et la mère du jeune homme, Joséphine de Beauhar- 

— 10 — 



Agriculliire 

nais que Bonaparte épousa le 9 mars 1796 dans oe même liôtel. José- 
phine habitait alors au 32, rue des Mathurins. {Voù- rue <5?'Aîctin.) 
Une fois mariés ils allèrent demeurer 46, rue Chantereine, actuelle- 
ment 60', rue de la Victoire (Voir ce nom). L'Hôtel Bertîn a été démoli 
en 1854 et sur son emplacement ont été construits les beaux immeubles 
qui font l'angle du boulevard et portent le n° 24, de la rue des Capu- 
cines. 

Le palais des Affaires Etrangères du quai d'Orsay, œuvre de l'arcbi- 
tecte Lacornée_, a été commencé en 1845 et terminé en 1853. C'est dans 
Une des pièces du Ministère désignée sous le nom de Salon des Ambas- 
sadeurs que se reunirent le 30 juin 1856 après la guerre de Crimée, 
les membres du Congrès de la Paix. 

AFFRE (rue) <-« rue Jessaint, 18 m~> rue Myrrha. 7 [Bittks-Montmartre, 
Goii/tc d'Or. iS" arr. 245 m.] 

Précédemment appelée rue d'Alger, elle reçut par décret du 
24 août 1864 le nom de Mgr Denis-Auguste Affre, archevêque de Paris, 
tué accidentellement le 26 juin 1848 sur une baiTicade du faubourg 
Saint- Antoine (Voir ce noTti) où il était allé porter des paroles de 
conciliation. Ramené à l'Hôtel Chenizeau, alors palais épiscopal, 
5, rue Saint-Louis-en-rile, il expira le 27 juin à l'âge de 54 ans en 
prononçant ces mots : « Puisse mon sang être le dernier versé »• Son 
corps repose à Notre-Dame dans un monument exécuté par Debray 
en 1865, dont la construction avait été votée en 1848 par l'Assemblée 
nationale. — Aux 9 et 11, CV.ap^lle Saint-Bernard, — au 13, Maison 
de secours. (Assistance publique.) 

AGENT BAILLY (rue de 1'). 

Ce nom décidé dans la séance du 12 juillet 1903, par le Conseil 
municipal doit être donné à une voie nouvelle. 

L'agent Bailly, né à Poitiers, le 14 juin 1874, gardien de la paix 
i*n 1898, mourut le 2 novembre 1901, victime de son dévouement en 
cherchant à sauver une malheureuse femme qui s'était jetée dans la 
Seine à la hanteur du pont Marie. Son corps repose au cimetière 
Montparnasse dans le monument élevé par la Ville de Paris à la 
mémoire des victimes du devoir. 

AGRICULTURE (ministère de V) <-« rue de Varenne, 78 3»-> rue Saint- 
Dominique-Saint-Gerniain, 62 [Palais-Bourbon, Saint-Thomas d'Aquin, 7'^ arr.] 

Occupe depuis 1812 les anciens hôtels Tessé et Mole, bâtis en 1726 
pour le maréchal de Roquelaure, pair de France; l'Hôtel de la rue Saint- 
Dominique est devenu par la suite Hôtel de Béthune Sully et de 
Cambacérès." Il a été longtemps la demeure habituelle des présidents 
du Conseil d'Etat. 

— 11 — 



Aisne 

AGRIPPA D'AUBIGNÉ (rue d') <-w. quai Henri IV, 40 »-*■ boulevard Mor- 
land, 17 [Hotel-de-Ville, Arsenal, 4" arr. 108m.] 

Fut ouverte en 18(37 sur des terrains dépendant autrefois de 
l'Arsenal. On lui a donné le nom. d'Aubigné. Ce n'est que depuis 
1891 que le prénom d! Agrippa a été ajouté- 
Théodore Agrippa d'Aubigné (1550-1630) fut un intrépide soldat 
et un écrivain courageux, aïeul maternel de Madame de Maintenon et 
compagnon d'armes du roi Henri lY. « Hedouté de tous, dit un 
contemporain, estimé de quelques-uns; il eut fort peu d'amis. » Il a 
'vissé quelques ouvrages remarquables, entre autres : Les Tragiques, 
Le Baron de Fœneste, des Mémoires et une Histoire Universelle en 
3 volumes. 

AGUESSEAU (marché d') *-« cité Berryer, 16 [Elysée, Madeleine, 8" arr.] 

Ce marché créé le 6 février 172'3 ne fut terminé qu'en 1746. Il avait 
été autorisé par Antoine d'Aguesseau, conseiller au Parlement de 
Pai'is. Il porte le nom d'Aguesseau (François), frère du précédent. (Voif 
ce nom.) 

AGUESSEAU (rue d') *-« rue du Faubourg Saint-Honoré, 60 s^-^ rue de 
Surène, 23 [I'^lysée, Madeleine 8^' arr, 175 m.] 

Rue ouverte en 1723 sur des terrains appartenant au Chancelier 
Antoine d'Aguesseau, elle a reçu le nom de son frère François. 

Henri-François d'Aguesseau, Chancelier de France, fut un des 
plus grands magistrats de l'époque. Né à Limoges en 1668, il perfec- 
tionna la législation dans une large mesure et mourut en 1751. Très 
modeste il signait toujours Daguesseau sans particule. Dupin l'avait 
surnommé « le Massillon du Barreau » . Sa statue fait partie avec celles 
de Sully, de d'Alembert et de l'Hôpital des quatres statues placées 
devant la Chambre des Députés. D'Aguesseau a été enterré en 1753, 
dans l'église d'Auteuil. Son mausolée dans lequel repose également 
sa femme Anne Lefèvre d'Ormesson a été élevé par ordre du premier 
consul en 180£'. 

Au n*" 1 était en 1789, l'Hôtel de Castries; — au n° 5 sur l'emplace- 
ment de l'ancien Hôtiel d'Armaillé est aujourd'hui une Eglise 
anglaise. — ]*]n 1803, la Mairie du l®"" arrondissement avait été transférée 
au n" 18 de cette rue. — Le maréchal de Castellane habita le n° 13 dans 
l'hôtel qui en 1773 appartenait à M. de Durfort Duras. 

AISNE (rue de 1') <-& quai de l'Oise, 15, m-> rue de l'Ourcq, 28 [Buttes-Ghau- 
MONT, Pont de Flandre, 19" arr. 62 m.] 

En 18^2 lors du percement de cette rue elle s'appelait rue 
âlAuTtiale ; le nom de rue de V Aisne lui a été donné en 1869 à cause 
du voisinage du canal de l'Ourcq. 

— 12 — 



Alboni 

L'Aisne, rivière du bassin de l'Oise, prend sa source dans le dépar- 
tement de la Meuse et vient se jeter dans l'Oise près de Compiègne 
après un parcours d'environ 280 kilomètres. 

ALAIN CHARTIER (rue) *-« rue Blomet, 151 »-> rue de Vàugirard, 316 
[Vaugirard, Saint-Lambert, 15« arr. 190 m.] 

Cette rue faisait précédemment partie de la rue de Grenelle. La 
Camille Chartier possédait jadis une seigneurie à Vaugirard ; c'est en 

on honneur qu'en 1865 le nom du poète Chartier lui fut donné. 

Alain Chartier, un des plus anciens poètes français, naquit à 
liayeux en 1386, il fut successivement secrétaire des rois Charles V, 
Charles VI et Charles VIT. Valentine d'Ecosse, première femme du 
Dauphin (depuis Louis XI) était tellement éprise de ses poésies qu'elle 

lisait que « de sa bouche sortait des mots dorés ». Il mourut en 1458. 
"■•es contemporains l'avaient surnommé le père de T éloquence. Son 
{ rincipal ouvrage est le Quadriloge inverti f. Il a laissé aussi un Traité 
de, l'Espérance, le Bréviaire des Nobles, le Curial. Sa statue est rue de 

rocqueville (17® arrondissement). Il en existe une autre à Bayeux, 
(iui fut élevée en sa mémoire le 17 juillet 1898. 

ALASSEUR (rue) -^-« rue Dupleix, 13 »-> En impasse [Vaugirard Grenelle, 
15^= arr.| 

Voie privée ouverte en 1889 par M. Alasseur, propriétaire du 
terrain. 

ALBERT (rue) ^^ rue Regnault, 70 »-^ rue de Tolbiac, 53 [Gobelins, Gare, 
'13e arr. 460 m.] 

Cette rue a été créée en 1857 sur des terrains dépendant de 
l'ancienne commune d'Ivry qu'on appelait, Chamaillard ou Charnp- 
j[aillard, précédemment c'était le Sentie)/' de la coupe des terres au 
cure. Le nom d'Albez-thii a été donné en 1896. 

Albert (Alexandre-Martin, dit), ouvrier mécanicien français (1815- 
.1891), membre du gouvernement provisoire en 1848, prit une part active 
Il la Révolution de Juillet 1830, fonda le journal l'Atelier et fut condamné 
:> la déportation après l'attentat du 15 mai. De retour en France, après 
l'amnistie, il entra comme employé à la Compagnie Parisienne du Gaz. De 
nouveau, mêlé au mouvement communaliste en 1870 et 1871, il fit partie 
de la Commission des Barricades et s'enfuit à l'étranger «où il mourut 
en 1895. 

ALBONI (rue) <-« ((uai de Passy, 16 «^^> boulevard Deîessert, 23 [Passy. Muette, 
16« arr. 'z08 m.] 

Ouverte en 1894 sur le terrain de M. Hottinguer, a pris en 1896 le 
nom d'^1 Iboni. 

Mariette Alboni, cantatrice italienne (1824-1894) débuta à l'âge 

— 13 — 



-4 lésia 

d« 16 ans sur les plus grands théâtres d'Italie, de Londres, de Tienne, 
Saint-Pétersbourg, où elle devint tout de suite célèbre . A Londres 
en 1847 elle touchait déjà 50.000 francs d'appointement, en 1865 à 
Paris, le théâtre des Italiens lui donnait 3.000 francs par soirée. Elle 
se retira de bonne heure du théâtre et se maria à un capitaine de gen- 
darmerie à Besançon. Elle est morte à Passy dans une maison voisine 
de cette rue. — Au n° 6, square Alboni. 

ALBOUY (rue) -t-« rue du Gliàteau-d'l!iau, 32 *»-* quai Valniv, 99 [Enclos- 
Saint-L.\i;ih:m, Porle-Sainl-MarUn, 10*^ ai'i*. 311 m.] 

La partie de cette rue enti-e la lue des Vinaigriers et le boulevard 
Magenta date de 1824. L'autre pai'tie qui va du boulevard à la rue du 
Château-d'Eau a été ouverte en 1859 lors du percement du boulevard 
Magenta. 

Le nom à'Aîbouy lui vient de Pierre-Laurent Albouy, maître char- 
pentier, propriétaire des terrains en 1824. 

ALEMBERT (rue d') -^-r~ rue llallé, 25 >#-*- rue Bezoul 4 [Observatoire, 
J'etit Muntrou^e, 14»^ ave. 178 lu.j 

Ancienne avenue de la Chapelle en 1830, elle a reçu en 1864, à 
cause du voisinage de l'Observatoire, le nom de Jean le Rond, dit 
d'AleTubert. D'Alembert, célèbre écrivain, philosophe et mathémati- 
cien, fut avec Diderot, un des fondateurs les plus actifs de VEncych 
pédic. Né en 1717, il mourut en 1783. Le nom de Jean le Rond lu 
venait de ce que, tout petit, il avait été trouvé abandonné sur le 
marches de l'Eglise Jean le Rond, près de Notre-Dame (Cloître Notre- 
Dame). Sa statue figure sur la façade de la Chambre des Députés. 

ALENÇON (rue d') f-m boulevard Montparnasse, 48 »-> avenue du Maine, ■" 
[Vaugirard, Necker, 15*^ arr. 65 m.] 

Voie privée ouverte en 1882. En raison du Chemin de fer de l'Ouest 
(Montparnasse), elle a pris le nom d'Alençon, chef -lieu du département 
de rOrne,^ desservi par cette ligne. 

ALËSIA (cité d') -mk rue d'Alésia, 16 »-> rue du Commandeur, 9 [Observa- 
toire, Petit Montrouge, 14« arr. 66. m.] 

Précédemment cité Buffetrille, fondée en 1869 par M. Buffetrille, 
propriétaire, a reçu, depuis 1863, le nom à\^lésia. (Voir rue ^'Alésia.) 

ALËSIA (rue d') *-m avenue Reille et rue de la Santé u-> chemin de fer de 
l'Ouest (rive gauche) [Observatoire, Santé, Petit-Montrouge et Plaisance, 
14« arr, 2400 m.] 

En 1837, cette rue qui faisait partie de la route départementale 
n° 10, fut appelé route et boulevard du Transit, à cause du chemin 

— 14 — 



Alexandre III 

ISTé en 1803, à Yillers-Cotterets, il mourut à Puys, près Dieppe, 
en 1870. Sa statue, œuvre de Gustave Doré, orne la place Malesherbes. 
Le centenaire du grand Dumas a été célébré à Paris en juillet 1902. C^e 
célèbre romancier populaire était le fils du général Dumas, né à Saii^t- 
Domingue (1762-1806). Alexandre Dumas fils, auteur de La Dame au 
Camélia, du Père ProdAgue, du Fils naturel, etc., naquit à Paris 
en 1824 au n° 1 de la rue Boieldieu. 

ALEXANDRE DUMAS (statue d') -«^ Place Malesherbes, [Batignolles, 
Plaine- Monceau, 17"^ arr.] 

Cette statue, exécutée par Gustave Doré, le remarquable illustra- 
teur des œuvres de Rabelais, a été inaugurée en 1883. (MM. Bouvard 
et Gravigny, architectes, et Tbiebaut, fondeur). {Voir rue Alexandre- 
Dumas). 

ALEXANDRE LÉCUYER (impasse) <-m rue du Ruisseau, 103 e-^ boule- 
vard Ney 4 [Mo.ntimahthe, Grandes-Carrières, 18'^ arr. 196 m.] 

Yoie privée ouverte par les soins de M. Alexandre Lécuyer, culti- 
vateur, propriétaire du terrain. 

ALEXANDRE PARODI (rue). 

Dans sa séance du 12 juillet 1903, le Conseil Municipal a décidé 
que ce nom serait donné à une nouvelle rue de Paris. 

Dominique-Allevard-Alexandre Parodi, naquit le 15 octobre 1842 à 
La Canée (Ile de Candie). Après avoir habité Smyrne, l'Italie et fait 
plusieurs voyages en France, il vint combattre à Paris et se fit natura- 
liser français en 1874. Son premier roman fut : Le Dernier des Papes. 
En 1876, il donne à la Comédie-Française une tragédie en 5 actes : 
Rome vaincue, et en 1893 La Reine Juana. Il est, en outre, l'auteur 
d'un très grand nombre d'œuvres littéraires. En 1897, Parodi habitait 
le 78 du boulevard des Batignolles. 

ALEXANDRE III (avenue) <-m avenue des Champs-Elysées m-> Pont 
Alexandre III [Elysée, Champs-Elysées, 8" arr. 83 m.] 

Ouverte pour l'Exposition de 1900, cette avenue reçut primitive- 
ment le nom de Nicolas II, fils du czar Alexandre III. Elle fut inau- 
gurée le 15 août 1900 en souvenir du voyage du tsar Nicolas II et de 
la tsarine en octobre 1897. Mais depuis 1901, on lui donna le nom 
à' Alexandre III, à cause du pont Alexandre auquel elle conduit. 

Le Grand Palais et le Petit Palais (Voir ces noms) sont situés dans 
cette avenue. 

ALEXANDRE III (pont) <-m quai de la Conférence »-^ quai d'Orsay [Palais- 
BovRRo^, Saint-T/tomas-d'Aquin, 7" arr.; Elysée, Champs-Elysées, 8° arr. 
200 m.] 

Construit pour l'Exposition de 1900, ce pont a été inauguré le 

— 16 — 



A leaandre- Dumas 

de fer. Depuis 1863, elle porte le nom à'Alésia, qui lui a été donné en 
souvenir du siège mémorable que soutint la ville à^Alésia (Alise-Sainte- 
Reine, près Semur.(Côte-d'Or) contre Jules César, vainqueur de Yer- 
cingétorix, 52 ans avant J.-C. 

Tracé à l'état de chemin champêtre sur un plan de 1730, il est 
appelé chemin de la Justice ou des Bœufs, nom qu'il garda jus- 
qu'en 1804. 

Cette rue ne contient pas rnoin^ Àe 6 écoles et 3 maisons de secours 
(Assistance publique) : n"' 20, maison de secours; 79 et 79 his ,écoles 
de la Ville, garçons et filles, 132, école maternelle; 134, asile Tisserand 
pour les vieillards, 176, maison de secours, 233 et 235, école de filles. — 
Au n° 111, villa d'Alésia. 

ALEXANDRE (passage) -mk boulevard de Vaugirard, 23 a-* rue du Château, 9 
[Vaugiu.vrd, Nec/cer, lô"^ arr. 70 m.] 

A été ouvert en 1840 par un des" propriétaires, M. Alexandre. 

ALEXANDRE CABANEL (rue) <-m avenue de Lowcndal, 28 rrr-> boulevard 
de Gaiibaldi, 1 [Vaugiuahd Necker, Grenelle, 15«^ arr. 123 m.] 

L'emplacement sur lequel a été percée cette rue faisait partie, de 
1846 à 1860, du chemiti de ronde de l'Ecole Militaire et des Failla.s- 
sons. En 1890, on lui donna le nom de Cabancl, qu'on compléta en 1898 
en y ajoutant Alexandre. 

Cabanel (Alexandre), peintre français, né à Marseille en 1823, mort 
en 1889. Auteur d'importants tableaux parmi lesquels : Françoise de 
Riviini, la Naissance de Vénus, la Mort de Moïse. Sa ville natale lui 
a élevé, le 25 novembre 1893, un monument dû à Formigé, architecte 
et Mercier, sculpteur. ^ 

ALFRED DEHODENCQ (rue). 

Ce nom, adopté par le Conseil municipal en juillet 1903, sera donné à 
une rue nouvelle. 

Edme-Alexis-Alfred Dehodencq, peintre français (1822-1882). 

ALEXANDRE DUMAS (rue) <-« boulevard Voltaire, 201 »-> place de la 
Réunion, 69 et rue de Terre-Neuve [Popincourt, Sainte Marguerite, 11*^ arr. 
MÉNiLMONTANT, C/iaronne, 20<» arr. 200 m.] 

Formée en 1872, elle a reçu en 1875 le nom d'Alexandre Dumas, 
auteur d'une fécondité merveilleuse et inépuisable. 

A. Dumas a écrit un très grand nombre de romans plus célèbres les 
uns que les autres : Les 7'rois Mousqtietaires, Joseph Balsam,o, Le Col- 
lier de la Reine, La Reine Margot, Les Mohicans de Paris; de plus, un 
nombre considérable de pièces de théâtre : La Tour de Nesle, Char- 
les VII chez ses grands vassaux, Mademoiselle de Belle-Isle, etc. 

— 15 — 



Ale.xandi-ie 

14 avril 1900. La première pierre en avait été posée le 17 octobre 1897 
par I^icolas II, fils de l'empereur Alexandre III, en présence de Félix 
Faure, président de la République. Ce nom lui fut donné en souvenir 
de l'alliance Franco-Russe, dont Alexandre III et Carnot avaient été 
les promoteurs {Voir Carnot). 

Ce pont est l'œuvre de MM, Résal et Alby, il se compose d'une seule 
arcbe de 107 m. 50 d'ouverture; il sort des ateliers du Creusot. C'est 
assurément un des plus beaux ouvrages du génie teclinique. La décora- 
tion monumentale est due à MM. Cassien-Bernard et Cousin : du côté 
des Champs-Elysées : la France Moyen âge, par Lenoir, et la France 
Moderne, par Michel ; du côté des Invalides : la France Renaissance, 
par Coutans et la France de Louis XIV , par Marqueste. Les lions sont 
de Dalou (rive droite) et de Grardet (rive gauche); les Renommées en 
bronze doré, de Frémiet (rive droite) et de Granet et Steiner (rive 
gauche). 

ALEXANDRIE (rue d') <-« rue Saint-Denis, 2'i7 h^ rue d'Aboukir, 104 
[Bourse, Bonne-Nom'elle, 2" arr. IIU m.] 

Ce nom d'Alexandrie lui a été donné à cause du voisinage de la 
place du Caire. Alexandrie, port d'Egypte, fondé par Alexandre-le- 
Grand 331 ans avant J.-C. Les Français s'emparaient d'Alexandrie 
en 1798, les Anglais la bombardaient en 1882. 

En 1530 c'était la rue N euxe-de-VUrsine (de l'Ourse), en 1643, une 
partie de cette rue se nommait rue Saint-Guillaiims. Les religieuses du 
couvent des Filles-Dieu, chassées de leur monastère alors hors de Paris, 
impasse Saint-Lazare, autrefois impasse des Filles-Dieu sous le règne 
de Charles V, achetèrent dans Paris, rue Saint-Denis, un hôpital dit 
de Sainte-Madeleine, fondé en 1316, par Imbert de Lions, bourgeois de 
Paris. En 1492, à la suite de désordres graves, le couvent fut fermé, et 
tous ses biens donnés à l'ordre de Fontrevault. Une église fut cons- 
truite, de 1496 à 1568. A l'entrée de cette église était placé un crucifix 
que l'on faisait baiser aux « malfaiteurs » se rendant à Montfaucon. 
Une religieuse leur portait à chacun, deux ou trois morceaux de pain 
bénit et un verre de vin. Couvent et chapelle disparurent dans la tour- 
mente révolutionnaire de 1790 et sur leur emplacement fut ouvert, 
en 1799, le passage du Caire (Voir ce nom). 

Le couvent des Filles-Dieu avait été fondé en 1232 par Guil- 
laume III, évêque de Paris, pour y recueillir les filles repenties « les 
pécheresses qui pendant toute leur vie avaient abusé de leur corps et 
à la fin étaient en mendicité ». Il y avait une impasse des Filles-Dieu 
au 20 du boulevard Bonne-Nouvelle, qui en 1594 portait le nom de 
ruelle Couvreuse, et dépendant des terrains appartenant au couvent 
des Filles-Dieu. 

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Alfred- s tevens 

ALEXANDRINE-LiEPEU (passade) ■<-« rue des Boulets, 88 s-> rue Emile- 
Lepeu [PopiNcouRT, Roquette 11« arr. 132 m.] 

Voie privée ouverte en 1865 par le propriétaire, M. Emile Lepeu, 
qui lui donna le nom de sa fille. 

ALFRED-DURAND-GLAYE (rue) -^hs» rues de Vanves et Paturle s*-> rue 
Ven ingétorix, 233 [Obsicrvatoiri;, Petit-Montrouge. 14« arr. 89 m.] 

Créée en 1887 par la Yille, elle fut dénommée rue Dwand-Claye 
en 1890, puis rwe Alf red-Diirand-Claye en 1902. 

Durand-Claye (Alfred), ingénieur du Service des eaux et des égouts 
de la Yille de Paris (1841-1888). Sa statue a été érigée le 27 août 1894 
à Amiens. 

« On sait que la plaine de Gennevilliers fut le premier champ d'expé- 
rience oii l'éminent ingénieur Durand-Claye aborda le vaste et compli- 
qué problème de l'assainissement de la Yille de Paris et de l'uti- 
lisation agricole des eaux usées. Dans cette œuvre de salubrité où il 
consacra sa science et donna libre cours à sa vive intelligence, on peut 
dire hardiment que les cultivateurs furent ses précieux collaborateurs. 
Ce système qui devait féconder un sol jusqu'alors stérile fut exploité 
par les gros propriétaires de l'endroit, et, avec la richesse agricole, 
augmenta progressivement la location des terres. » 

ALFRED DE VIGNY (rue) -<-a rue de.Coupcelles, 80 »-> boulevard de Cour- 
celles, 43 [Elyséi;. Europe, %" arr. 124 m.] 

Formée en 18()1, elle fut d'abord, en 1867, la rue de Vigny, puis 
en 1902 on y ajouta le prénom Alfred, et elle devint la rue Alfred-de- 
Vigny. 

l»e comte Alfred-Yictor de Yigny, littérateur, membre de l'Aca- 
démie, naquit à Loches, le 27 mai 1797, et mourut à Paris le 17 sep- 
tembre 186-3, au n" 6 de la rue des Ecuries^l'Artois, aujoui-d'hui me 
d'Artois. De Yigny fut le traducteur de Shakespeare et l'auteur de 
Cinq-Mars, de Chfttterton, de Grandeur et Décadence militaire, des 
Destinées, de Moïse, etc. Alfred de Yigny aura prochainement son 
monument dans le jardin des poètes, au Luxembourg, en face du 
monument de Leconte de Lisle. C'est M. José de Charmon, le jeune 
sculpteur du tombeau de Beaudelaire (Voir ce nom), qui est chargé de 
l'exécution de la statue d'Alfred de Yigny. 

ALFRED STEVENS (rue) ^-« rue des Martyrs, 65 ii»->passage Stevens [Opéra, 
Saint-Georges, 9" arr. 87 m.] 

Comme le passage, cette rue occupe l'emplacement de l'ancienne 
propriété de M. Alfred Stevens, peintre de genre, né à Bruxelles 
en 1828. Le passage Stevens donne accès au n° 9 du boulevard de Clichy. 
Stevens habite 20, rue Eugène-Flachat. 

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Alif^re 

ALGER (rue d') <-« rue de Rivoli, 214 m-> rue Saint-Hoûoré, 219 [Louvre^ 
Place Vendôme, l**"" arr. 128 m.] 

Ouverte en 1830, sur les terrains de l'ancien Hôtel de Noailles, elle 
fut d'abord appelée rue Louis-Philippe-P^ ,p\iis me d'Alger, en mémoire 
de la prise d'Aller par l'armée française, le 25 juillet 1830, comman- 
dée par le général de Bourmont. Louis XIY fit bombarder une pre- 
mière fois Alger (El-Djézaïr) en 1682, par l'illustre marin Duquesne 
(1()01-1()G8). 

ALIBERT (rue) <-« quai de Jemmapes, 77 «^^ rue Claude Vellefaux, 1 et 
avenue Parraentiei-, 181 [E^ctosSxwr-LwRiiyT, Porle-Saint-Martin etHôpital 
Saint-Louis, 10" arr. 278 m.] 

En 1740, cette rue s'appelait ruelle Dagoiiri, puis rue Notre-Dame^ 
ruelle des^ Postes, impasse Saint-Louis et cul-de-sac de l'Hôpital, à 
cause du voisinage de l'Hôpital Saint-Louis. Le nom d'Alibert lui a 
été donné le 19 janvier 1840. 

Le docteur, baron Jean-Louis- Albert Alibert, fut un des médecins 
en chef qui fit le plus pour l'organisation de l'Hôpital Saint-Louis. Il 
a laissé d'importants traités sur les maladies de la peau, et deux ou- 
vrages célèbres ayant pour titre : La Physiologie des passions et le 
Traité des fièvres inte^rmittentes. Né le 12' mai 1766, il mourut le 
5 novembre 1837, d'un cancer à l'estomac. 

ALIGrHE (cours d') -^m rue Bailleul, 10 mr^ rue Saint-Honoré, 123 [Louvre, 
jLes Halles, l""" arr. 55 m.] 

A été ouverte sur le terrain dépendant de l'ancien Hôtel Schomberg 
et d'Aligre construit en 1624. C'est dans cet hôtel que se tenaient,, 
jusqu'en 1789, les séances du Grand Conseil, établi sous Charles YIII. 
Le Grand Conseil avait jurisprudence sur toute la France. Ses attri-* 
butions ont été réparties depuis entre le Conseil d'Etat et la Cour de 
Cassation. Le premier restaurant à la carte vint s'établir en 1760 dans- 
la cour d'Aligre. 

ALIGRE (place d') ^-m rue Cotte a^-»- rue Beccaria [Reuilly, Quinze-Vingts,. 
12« arr. 114 m.] 

Cette place, formée en 1777 sur les dépendances de l'Abbaye Saint— 
Antoine-des-Champs, a porté jusqu'en 1867 le nom de pla^e du Marché 
BeoMveau-Saint- Antoine (Voir rue ^I'Aligre), Pendant l'a grande 
Eévolution, il y avait sur cette place un grand marché de fourrages. 

ALIGRE (rue d') ■*-« rue de Charenton, 97 »-^ rue du Faubourg Saint- 
Antoine, 138 [Reuilly, Quinze- Vingts, 12» arr. 345 m.] 

Cette rue a été percée en 1777, en même temps que la place 
d'Aligre, sur les dépendances de l'Abbaye Saint-Antoine-des-Champs. 
En 1868, elle s'est augmentée d'une partie de la rue Lenoir, ainsi: 

— 19 — 



Allemagne 

dénommée à cause de Lenoir, dit le Romain, arekitecte (172G-1810), 
qui avait construit le marclié Beauvau et l'ancienne salle de l'Opéra 
(ancien théâtre de la Porte-Saint-Martin) {Voir ce théâtre). 

Etienne-François d'Aligre (1727-1798) était premier président du 
Parlement de Paris, de 1768 à 1788, lorsque le marché auquel aboutit 
la rue d'Aligre fut construit. 

Aux n"^ 3 et 5, écoles de la Ville ; à l'angle des rues Lenoir et Cotte, 
le marché Beauvau-Saint-Antoine, construit par Lenoir {Voir cette 
rue). 

ALLÉE "VERTE -(-fm rue Saint-Sabin, 58 s*-^ boulevard Richard-Lenoir, 59 
[PopiNCouiiT. Saint- Ambroise, W'^ arr.] 

Voisinage de la rue du Chemin- Vert. 

ALLEMAGNE (ambassade d') <-^ rue de Lille, 78 [Palais-BouuboiN, Saint- 
Thomas-d' Aquin, 7" arr.J 

Ancien Hôtel du Maine, occupé sous le premier empire par le Minis- 
tère de la Guerre. Il a appartenu au prince Eugène de Beauharnais qui 
l'a habité longtemps (Voir Affaires étrangères). 

ALLEMAGNE (passage d') <-« rue d'Allemagne, 30 i^-^ rue de Meaux, 65 
BuTTEs-(]n.vL'MONT, La Villeiic, 19* arr. 163 m.] 

Voie privée ouverte en 1865 sous le nom de passage Sauvage. Depuis 
1877 est devenue le passage d' Allemagne {Voir rue ^/'Allemagne). 
Au n" 19, école élémentaire de la Ville de Paris pour jeunes garçons. 

ALLEMAGNE (rue d') ♦-« boulevard de la Villette. 202 w»-> boulevard Séru- 
rier, 71 [Buttes-Cualmont. La Villette, Pont de Flandre, Amérique et Combat, 
19« arr. 1820 m.] 

C'était autrefois la route Nationale n° 3, conduisant de Paris en 
Allemagne, et c'est pour ce motif qu'elle a été appelée rue d'Alle- 
magne. 

Le 11 août 1853, éclata un immense incendie au n° 45 de cette rue, 
à la Scierie Lombard. Tous les chantiers furent consumés et il y eut 
plus de 30 victimes. — Au n° 87, gymnase municipal. 

Les Abattoirs de la Villette {Voir Abattoirs), sont situés 
au 211 de la rue d'Allemagne. C'est là que se tiennent les marchés des 
bestiaux qui avaient lieu primitivement à Sceaux et à Poissy. Le 
marché de Poissy fut établi par lettres patentes délivrées par Louis IX. 
Colbert, ministre de Louis XIV, propriétaire de la terre de Sceaux, y 
fît transférer le marché de Poissy. Le duc du Maine, qui lui succéda 
comr.ie propriétaire de Sceaux, laissa les habitants de Poissy recouvrer 
leur marché, qui fut rétabli par lettres patentes de l'an 1701, mais il 
ne voulut point se dessaisir du marché de Sceaux. 

L'ancien Château d'Eau ou Fontaine des Lions, autrefois installée 

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A Ueray 

au centre de la place de la République, qui précédemment portait le 
nom de Château d'Eau, a été enlevée et réédifîée dans la cour des 
Abattoirs de la Villette, lors de la création de la place de la République, 
puis transportée place Daumesnil. 

ALLENDY (villa) -^-m rue de la Procession, 26 [Vaugirard, Saint-Lanibert, 
lô'' arr. 80 m.] 

Nom du propriétaire, M!. Allendy. 

ALLENT (rue) «-« rue de Lille, 17 »-> rue de Verneuil, 24 [Palais-Bourbon, 
Sainl-Tlwmas-d'Aquin, 7'" arr. 63 m.] 

Cette rue, indiquée en 1672 sur le plan de Jouvin de Rochefort, fut 
appelée rue Sainte-Mark-Saiut-Germain jusqu'en 1864, époque à 
laquelle elle prit le nom d'Allent. Elle devait son nom de Sainte-Marie 
à une cliapelle de la Sainte Vierge qu'on voyait encore en 1632 entre 
la rue de Lille (alors rue de Bourbon) et la rue de Verneuil, et sur 
l'emplacement de laquelle cette rue avait été ouverte en 1839. Au coin 
de la rue de Verneuil, n° 22, est l'Hôtel de Lionne. 

Pierre-Alexandre-Josepk Allent, conseiller d'Etat, député et pair 
de France, lieutenant-colonel du génie, il fut chargé en 1814 de la 
défense de Paris et traça le plan d'attaque et de défense du général 
Marmont (1773-1837) (Voir rue Paradis). 

ALLERAY (impasse d') <^a rue d'AUeray, 102 [Vaugirard, Saint-Lambert, 
15« arr, 70 ni.] 

Voie privée précédemment appelée, en 1859, cité Saint-Georges, a 
reçu, en 1877, la dénomination actuelle, à cause de la rue d'AUeray 
(Voir cette rtie). Le nom de Saint-Georges lui avait été donné par le 
propriétaire, M. Georges Pontonnet. 

ALLERAY (place d') <-«f rue d'AUeray, e5 s^-> rue Dulot, 35 [Vaugirard, 
Saint-Lambert, 15" arr.] 

Précédemment Rond-Point des Tournelles, a pris le nom d'AUeray 
depuis 1864 (Voir rue cZ'Alleray). 

ALLERAY (rue d') ^-^ rue de Vaugirard, 299 m~^ rond-point des Fourneaux, 4 
[Vaugirard, Saint-Lambert, 15« arr. 820 m.] 

Ancien chemin des Tournelles en 1837, et antérieurement rv^ Erard 
entre la rue de la Quintinie et l'extrémité de la rue Yvart. Cette rue 
réunie et classée en totalité vers 1855, n'a reçu le nom d'AUeray 
qu'en 1864. 

Denis-François-Aignan d'AUeray, dernier seigneur de Vaugirard. 
mourut en 1794. 

— 21 — 



Alombert 

^LiMA (avenue de 1') <^iBr place de l'Aima. 5»»-> avenue des Champs-Elysées, 9 
[Elysée, Champs-Elysées, 8" arr. 730 m.] 

Ouverte en 1858, elle a reçu en 1864 la dénomination actuelle (Voir 
font de TAlma). A l'angle de cette avenue et de l'avenue du Trocadéro, 
s'éleva jusqu'en 1893 l'Hippodrome, magnifique cirque dont la piste 
ovale permettait d'exécuter des courses de chars et de jouer d'impor- 
tantes pantomimes militaires. Cet établissement, construit en 1877, 
avait primitivement été avenue d'Eylaii, aujourd'hui Yictor-Hugo, 
mais vers 1860, il fut entièrement incendié; l'Hippodrome était unique 
en son genre {Voir Théâtres disparus). Au 25, Consulat République 
d'Orange (Sud- Afrique). 

JLLMLA. (cité de V) avenue Bosquet, 6 *-« avenue Rapp, 5 [Palais-Bourbon, 
Gros-Caillou, 7^ arr. 78 «i.] 

Voie privée formée en 1859, doit son nom au voisinage du pont de 
l'Aima (Voir ce novi). 

ALMA (place de 1') -<-« avenue de l'Aima, 1, avenue du Trocadéro, 2 et avenue 
Montaigne, 1 [Elysée, Champs-Elysées, 8'" arr. ; Pvssy, Chaillot, 17'' arr.] 

Formée en 1858, cette place a été dénommée de VAlina ( Voir pont 
de TAlma). Au n" 1 était, jusqu'en 1902, la pompe à feu de Chaillot, 
construite de 1778 à 1781 pour élever l'eau de Seine sur la hauteur de 
Passy et d^'Auteuil. Ce furent les frères Perrier qui en avaient été les 
•créateurs (Voir Eaux); elle fut réédifiée en 1857. Sur son emplacement 
ont été ouvertes plusieurs nouvelles voies, entre autres la rue Villebois- 
Mareuil (Voir ce nom). 

L'ancienne Pompe de Chaillot va être réédifiée prochainement à 
Auteuil, sur l'avenue de Versailles, avec un outillage moderne; elle 
servira à l'alimentation du réservoir de Passy, dont les eaux sont utili- 
rsées pour les besoins de la voirie. 

ALMA (pont de). Entre les quais de la Conférence, Debilly et le quai d'Orsay, 
à la droite de la place de l'Aima [Palais-Bourbon, Gros-Caillou, 7*= arr. : 
Elysée, Champs-Elysées, S" arr. ; Passy, Chaillot, 17« arr. 153 m.] 

Ce pont qui a coûté 1.700.000 francs, a été inauguré le 2 avril 1856 
à l'occasion de la remisé des drapeaux aux régiments revenus de 
Crimée. Son nom rappelle la victoire des Français et des Anglais rem- 
portée, sur les Russes le 20 septembre 1854, aux bords de la rivière de 
l'Aima (Crimée). Il est orné de quatre statues de soldats : le grenadier 
et le zouave, sont de M. Hiebolt, le chasseur et l'artilleur de M. Arnaud, 
lies costumes sont intéressants et d'une exactitude absolue. 

ALOMBERT (passage) <-^ rue des Gravilliers, 26 m-^ rue Aumaire,9 [Temple, 
Aris-et-Méiiers, 3« arr. 70 m ] 

Voie privée. Nom du propriétaire, a été ouverte en 1847. 

— 22 -^ 



Alphonse 

ALOUETTES (rue des) <-m rue de la Villette, 49 m-* rue Botzaris, 64 [Buttes- 
Ghaumont, Combat, IQ»^ arr. 384 m.] 

Cette voie appelée en 1734 chemin des Alouettes, a conservé ce nom 
bien que certainement les alouettes qui peuplaient ces cliamps aient 
disparu depuis longtemps. 

ALPES (place des) -<-e boulevard de la Gare 164 m~^ rue Godefroy, 2 [Gobellns, 
Salpétrière, 13" arr.] 

A été ainsi dénommée en 1877, en raison du voisinage de la place 
d'Italie. Les Alpes, cliaîne de montagnes, frontière naturelle entre la 
France et l'Italie, possèdent des monts très élevés, entre autres le Mont 
Blanc, dont l'altitude dépasse 4.800 mètres. 

Les Alpes ont été traversées vers 215 par Annibal à la tête de ses 
Carthaginois, en 800 par Charlemagne qui prit le chemin du Mont- 
Cenis et par Bonaparte, le 14 mai 1800, qui pénétra en Italie par le 
passage du Mont Saint-Bernard. Actuellement on passe les Alpes à 
l'aide des tunnels du Simplon, du Mont-Cenis et du Saint-Gothard, dès 
qu'il sera achevé. 

ALPHAN (passage) -ms* rue des Cinq-Diamants, 56 m-*- rue Barrault, 13 
[GoBELiNS, Maison-Blanche, 13" arr, 155 m.] 

Yoie privée, porte, depuis 1846, le nom de son propriétaire, 
M. Alphan, maître carrier. 

ALPHAND (monument). Avenue du Bois-de-Boulogne, en face la rue Chalgrin 
[Passy, Chaillot, 16" arr.] 

Ce monument, œuvre de Dalou et Formigé, inauguré le 14 décem- 
bre 1899, a été élevé à la mémoire d'Alphand par ses amis et ses admi- 
rateurs avec le concours de la Yille de Paris, du département de la 
Seine et de l'Etat. 

Ml. Alphand, le grand architecte des promenades {Voir boulevard 
BEArsÉJOUR), sorti de Polythecnique, a été directeur des travaux de 
Paris depuis 1854; il aménagea le Bois de Boulogne (1854-1858); le 
Bois de Ymcennes (1861-1864) ; le parc Monceau (1861) ; les Buttes- 
Chaumont (1865) et le parc Montsouris (1870). Il fut chargé de toutes 
les expositions pendant les trente-cinq ans de service qu'il voua à 
l'administration (Expositions 1855-1867-1878-1889). La Yille a perdu 
beaucoup en le perdant. Grand officier de la Légion d'honneur en 1882, 
il fut fait Grand-Croix lors de l'inauguration 'de l'Exposition de 1889 
(1817-1891). 

ALPHONSE (rue) -^^ quai de Javel, 47 »-> rue Saint-Charles. 146 [Valgirard, 
Javel , 15'' arr. 507 m.] 

Yoie privée ouverte en 1832 par M. Alphonse Letellier. propriétaire, 
qui a trouvé que son prénom était suffisant, et classée seulement en 1808. 

— 23 — 



Alsace-Lorraine 

ALPHONSE DAUDET (rue) -^-m rue Sarrette, 30 »-> avenue d'Orléans, 89 
[Montparnasse, Petit-Montrouge, 14 arr. 170 m.] 

Créée en 1891, cette rue a reçu en 1902 le nom à' Alphonse Daitdet, 
écrivain français (1840-1898). 

Alpkonse Daudet est l'auteur du Nabah, des Lettres de mon Moulin, 
de Tartarin, de L'Arlésienne, etc. Sa statue, œuvre de M. de Saint- 
Marceaux a été inaugurée le 31 mai 1902, aux Champs-Elysées, en 
face de la rue de l'Elysée. En 18G7, Daudet habitait à l'Hôtel Lamoignon, 
24, rue Pavée. 

ALPHONSE DE NEUVILLE (rue) <-^ avenue Wagram, 147 s»-> boulevard 
Berthier, 33 [Batignolles, Plaine-Monceau , 17" arr. 385 m.] 

Cette rue primitivement appelée rwe Brémontier, date seulement 
de 1862. Le nom d'Alphonse de Neuville lui a été donné le 30 avril 1888. 

Alphonse-Marie-Adolphe de Neuville, peintre français bien connu 
par ses nombreux tableaux militaires : Les Dernières Cartouches, 
L'Espion, etc., est né à Saint-Omer en 1836; il mourut à Paris eu 1885. 
Sa statue est placée place Wagram. Petits hôtels intéressants comme 
architecture aux n"' 2, 4, 6, 8. 

ALPHONSE DE NEUVILLE (statue d'). Place Wagram [Batignoli.es, Plaine- 
Monceau, 17'^ arr.] 

Cette statue a été inaugurée le 17 novembre 1889. Elle est l'œuvre 
de François de Saint-Vidal, statuaire et de Ulysse Gravigny, archi- 
tecte. Le monument élevé à l'aide d'une souscription publique poite ces 
mots inscrits sur le socle : « A Alphonse de Neuville, l'armée, ses admi- 
rateurs, ses amis ». 

ALSACE (rue d') -<hss rue de Strasbourg, 6 j»-^ rue Lafayetle 166 [Exclos- 
Saint-Laurent, Saint-Vincent-de-Paul, 10 arr. 362 m.] 

Formée en 1865 sous le nom de passage Lafayette, le voisinage de 
la Gare de l'Est lui a fait donner la dénomination à' Alsace. 

Sur un des pavillons du Chemin de fer de Strasbourg, à l'angle de 
cette rue, on remarque une plaque indiquant que : « La Foire Saint- 
Laurent, établie au xvii^ siècle, se tint sur cette place de 1662' à la 
fin du xviii® siècle ». 

L'Alsace, ancienne province française, cédée à l'Allemagne en 1871, 
comprenait deux départements : le Bas-Rhin, chef-lieu Strasbourg et le 
Haut-Rhin, chef-lieu Colmar. Seul, Belfort nous reste de ce départe- 
ment. Aux n°' 21 et 23, Chemin de fer de l'Est. La partie basse de cette 
rue aboutit à un bel escalier en pierre à double mouvement. 

ALSACE-LORRAINE (rue de 1') ^-«s rue du Général-Brunet, 36 «»-^ rue 
Manin [Buttes-Ghaumont, Amérique, 19" arr. 100 m.] 

Cette rue a été créée en 1889. Son nom rappelle les deux provinces 

— 24 — 



Ambigu 

qui furent cédées à F Allemagne en 1871, après la guerre Franco- Alle- 
mande. 

AMALIA (villa) <-^ rue du Générul-Brunet, 36 [Buttes-Ghaumont, Amérique, 
19« arr.] 
Nom donné par le propriétaire ; précédemment vUla des Acacias, 
ouverte par M. Ravel en 1892. 

AMANDIERS (passage des) <-s rue des Amandiers, 60 »-> en impasse 
[MÉNiLMONTANT Père-Lacluiise , 20'" arr. 100 m.] 

Existait en 1734 à l'état de sentier traversant le vignoble des 
Panoyaux (Voir Panoyaux et rue des Amandiers). 

AMANDIERS (rue des) *^ boulevard de Ménilmonfant, 40 »-> rue Ménil- 
montant, 52 |Mkmlmontant Père-Lacliaise, 20« arr. 670 m.] 

Cette voie existait déjà en 1672, depuis 1837 elle fait suite à l'an- 
cienne rue des ATtiandiers-Popincourt, devenue rue du Chemin-Vert, 
qui avait été percée sur un terrain dit des Amandiers, probablement à 
cause des nombreux amandiers qui s'y trouvaient. 

Au n" 14 est la cité des Amandiers. 

Au n° 20i, est mort le 17 décembre 1813, le célèbre agronome Par- 
mentier, qui introduisit en France la culture de la pomme de terre 
(1737-1813). Sa statue avait été élevée à Neuilly-sur-Seine, sur la 
place Parmentier (Voir Parmentier). Il en existe une autre dans la 
cour de l'Ecole de Pharmacie. 

AMBOISE (rue d') -ms? rue de Richelieu. 95 e->- rue Favart. 16 [Bourse, 
Vivierine, 2" arr. 95m.] 

A été ouverte en 1871 sur les terrains de l'Hôtel du Duc de Clioi- 
seul, qui possédait le château de Chanteloup, dépendant de la Sei- 
gneurie à'Amboise. 

Etienne-François de Choiseul, duc de Choiseul-Amboise, marquis 
de Stainville, colonel général des Suisses, né le 28 juin 1719. Il fut 
lieutenant général en 1759, ministre des affaires étrangères et de la 
guen'e. Disgracié en 1770, Louis XY l'exila à Chanteloup. Il mourut 
le 8 mai 1785 {Voir rue de Choiseul) l'Hôtel de Choiseul avait appar- 
tenu quelque temps à la duchesse de Senneterre et au financier Crozat 
{Voir Vendôme et Palais de l'Elysée), 

AMBI&U (théâtre de) situé boulevard Saint-Martin, 2 [Enclos-Saint-Laurent, 
Porte-Saifit-Marli/i , 10« iirr.] 

Audinot acteur de la Comédie-Italienne, fonda en 1759 un théâtre 
qui, de la foire Saint-Laurent (gare de Strasbourg), fut transféré au n° 62 
du boulevard du Temple. C'était primitivement un théâtre de marion- 

— 25 — 



A mbroise-Paré 

nettes auxquelles furent dans la suite, substitués des enfants, le direc- 
teur avait fait inscrire sur la porte du théâtre ce jeu de mots en latin : 
Sicut infantes audinos (Ecoutez-nous comme des enfants). 

Le théâtre d'Audinot eut un grand succès et la Du Barry, pour 
égayer le roi Louis XY, fit venir en août 1772, la troupe d'Audinot à 
Choisy-le-Roi. 

Incendié le 13 juillet 1827, l'Ambigu fut immédiatement recons- 
truit boulevard Saint-Martin par Hittorf et Lecomte, à la place qu'il 
occupe encore aujoiird'hui. Le terrain appai^tenait à l'Hôtel de Muri- 
nais, ci-devant de Jambonne, il fut acheté 315.515 francs et la salle 
édifiée en quelques mois fut inaugurée le 8 juin 1829. 

Pixéricoui-t y donna, en 1797, le fameux mélodrame intitulé : 
Victor ou VEnfant de la Forêt, mais à cette époque les auteurs 
n'étaient pas payés comme ils le sont aujourd'hui ; témoin cette note 
que Pixéricourt lui-même écrivit sur un de ses ouvrages : « La Musico- 
manie a été vendue à Cotte directeur deux louis et cet homme a gagné 
deux millitms avec mes pièces! » 

L'Ambigu-Comique a été restauré en 1847, en 1854 et surtout en 
1887. C'est sur ce théâtre que furent représentés pour la première 
fois Les Mousquetaires d'Alexandre Dumas avec Mélingue dans le 
rôle de d'Artagnan, ; La Closerie des Genêts de Frédéric Soulié ; Les 
Beaux Messieurs de Bois-Doré de George Sand et Paul Meurice avec 
Boccage et Jane Essler; Le Juif Errant d'Eugène Sue avec Chilly dans 
Hodin; Fanfan In Tulipe avec Dumaine et Adèle Page; Le Crime de 
Faverne avec Frederick Lemaître, etc., etc. Les derniers grands succès 
de ce théâtre ont été Roger la Honte, Les Deux Gosses, etc., etc. 

AMBROISE-PARÉ (rue) <-« rue de Maubeuge, 95 **-> boulevard Magenta, 152 
[Enclos-S.vim-Laure.m', Sainl-Vincent-de-Paut, 10« arr. 210 m.] 

Cette rue a été ouverte en 1846 aux abords de l'Hôpital de Lari- 
boisière, situé au n** 2 (Voir ce nom), et a reçu le nom d'Ambroise 
Paré le célèbre chirurgien, 

Ambroise Paré, dit le jjère de la Chirurgie, naquit à Laval en 1517, 
et mourut à Paris le 2"0 décembre 1590 après avoir été le chirurgien 
particulier d'Henri II, François II, Charles IX et Henri III. Il subs- 
titua la ligature des artères à la cautérisation qui se pratiquait 
autrefois dans les amputations. C'est lui qui a dit en parlant d'un 
malade qu'il avait arraché à la mort : Je le soignai, Dieu le guarit ! 
Sa statue est placée à l'entrée du musée Dupuj^tren, rue de l'Ecole-de- 
Médecine. 

Avant 1596, la corporation des Barbiers avait pris de tels empié- 
tements sur les attributions des chirurgiens (Voir Ecole de Méde- 
cine), que le Prévôt de Paris, fut obligé de l'enjoindre de s'en tenir 
aux privilèges qu'on leur avait accordés. Ambroise Paré, dut com- 

— 26 — 



Amelot 

mencer la cliiriirgie chez les barbiers, ainsi que le rapporte Franklin, 
dans la biographie de ce chirurgien, extraite de la Vie privée d'autre- 
fois où il est dit : « Ambroise, arrivé à Paris vers 1532, entra comme 
apprenti chez un barbier. Là, il apprit à raser, à peigner, à panser 
les plaies. Au cours d'un hiver rigoureux, quatre malades de l'Hôtel- 
Dieu ayant eu le bout du nez gelé, ce fut lui qui leur en fit l'ampu- 
tation ». 

AMBROISE-THOMAS (rue) <~m, rue Richer, 4 m-^ faubourg Poissonnière. 57. 
[Opéra, Faubourg-Montmartre, 9<= arr.] 

Anciennement rue des Conserçatoire-prolongée ; a été construite en 
1897, sur remplacement de l'ancien magasin de décors de l'Opéra, 
brûlé le 15 février 1894. Ce magasin occupait au n° 6, l'emplacement 
des -anciens Magasins de Menus plaisirs du Roi, dont le directeur 
était Papillon, dont le nom a été donné à une rue voisine (Voir Papil- 
lon). Ambroise Thomas (1811-1895), compositeur, membre de l'Ins- 
titut, directeur du Conservatoire de Musique, auteur de Mignon, 
à'Hamlet, du Caïd, du Songe d'une nuit d'Eté, etc. 

AMÉLIE (rue) <-ss rue Saint-Dominique, 93 e-^ rue de Grenelle, 172 [Palais- 
Bourbon, Gros-Caillou, 7^ arr. 182 m] 

Autorisée en 1772, cette rue fermée aux deux extrémités en 1832, 
ne fut livrée au public qu'en 1859. Son nom lui a été donné par 
M. Pihan de Laforest, l'un des propriétaires du terrain en souvenir de 
sa fille morte à 15 ans. 

Au n° 19, est l'oratoire du Gros Caillou. 

AMELOT (impasse) située rue Amelot, 62 [Popi?iCOURT, Saint- Ambroise, ll*^ arr. 
233 m.] 

Créée à la fin du xviii* siècle, cette impasse s'appelait alors impasse 
des Jardiniers. Le voisinage de la rue Amelot lui a fait donner ce nom 
en 1877 {Voir Amelot). 

AMELOT (rue) <-^ boulevard Richard Lenoir. 5 s->. boulevard Voltaire, 8 
\Pupmco\}KT, Folie-Méricourt, Saiut-Ambroise, Roquette, il" arr. 1255 m] 

Ouverte, en 1777 par Amelot, ministre de Louis XYI et secrétaite 
d'Etat au Département de Paris, sur les fossés des anciens remparts, 
(chemin de la Contrescarpe, enceinte de Philippe-Auguste) ; les rues 
Saint-Pierre et des Fossés-du-Temple formaient Vaurien chemin de 
la Contrescarpe, entre les rues Saint-Sabin et Oberkampf; et des 
Fossés-du-Tcmple, entre la rue Oberkampf et le boulevard Voltaire. 
Cette rue finissait vers 1860 au n" 1 du faubourg du Temple (maison 
du café Ancelin) placée derrière les théâtres du boulevard du Temple, 
appelé alors le boulevard du Crime, à cause des nombreux drames 

— 27 — 



A miral-Houssin 

qu'on y jouait. Cette rue était presque uniquement fréquentée le soir 
par le personnel des huit théâtres {Voir boulevard du Temple), dont 
les entrées d'artistes étaient dans cette rue. 

Au n° 102, se trouve l'Ecole Supérieure du Commerce (ancien Hôtel 
de Mme de Yaxheim) ; au n" 110, Cirque d'Hiver précédemment 
Cirque Napoléon (Voir Cirque) ; au n° 136, très bel immeuble 
xyiii*^ siècle avec bas-reliefs, plafonds et porte cochère magistrale. 

Amelot fut incarcéré sous la Terreur et mourut dans les prisons du 
Luxembourg en 1794. A l'ancien n" 38 de la rue des Fossés-du-Temple, 
disparu aujourd'hui se trouvait le passage du Jeu-de-Boules, qui 
aboutissait au n" 45 de la rue de Malte. Vers 1726, il existait un jeu 
de boules dans ce passage. 

AMIRAL-COURBET (rue de 1') <-m avenue Victor-Hugo, 96 »- rue de la 
Pompe, 152 [Passy, Porte Dauphinc, 17" arr. 90 m.J 

L'amiral Amédée-Anatole-Prosper Courbet, naquit à Abbeville 
(Somme) en 1827. Nommé chef de division navale des mers de Chine, 
il fut tué au Tonkin en 1885. Ses restes ramenés en France sur le 
vaisseau le Bayard, furent l'objet de grandes funérailles nationales. 
Son coi'ps repose aux Invalides. 

AMIRAL-MOUCHEZ (rue de 1') -«-« rue d'Alésia, 1 »-> boulevard Keller- 
mann, lOS [(.ioinaiiss, Maison-Blanche, 13" arr. ; Obseuvatoire, .S'a«/e, l'i^arr. 
810 m.] 

En 1636, c'était le chemin de la Glacière, parce qu'elle conduisait 
au hameau de ce nom, plus tard ce chemin fut confondu avec la rue de 
la Glacière, puis en 1895, elle devint la rue de VAmiral-Mouchez. 

Amédée-Ernest-Barthélémy Mouchez, né le 24 août 1821 était 
lieutenant dé vaisseau en 1848 ; contre-amiral en 1878. Il avait dirigé 
en 1877 d'importants travaux hydrographiques et astronomiques sur 
le passage de Vénus à l'Ile-Saint-Paul. Il mourut directeur de l'Obser- 
vatoire de Paris. L'amiral Mouchez a laissé des ouvrages remarquables 
sur la marine. 

AMIRAL-ROUSSIN (rue de 1') ^^ rue Croix-Nivert, 39 m-^ rue Blomel, 88 
[Vaugirard, Saint-Lambert, Nec/ier, 15" arr. 554 m.] 

A été formée entre la i-ue de la Croix-Nivert et la rue Lecourbe, sous 
le nom de rite de la Vierge. En 1863 prolongée jusqu'à la rue Blomet, 
on lui donna celui de Trois-Frères. En 1865, on la dénomma rwe Rous- 
sin, et enfin me de V Amiral-Roussin. 

Le baron Albert-René Roussin (1781-1854), s'engagea à 12 ans 
comme mousse et parvint au grade d'amiral. En 1828 il commanda 
le blocus de Buenos- Ayres, puis celui du Portugal en 1821. En 1840, 

— 28 — 



Amyo.t 

il devint ministre de la Marine, et créa les paquebots transatlantiques. 
Il mourut sénateur. 

Au n" 32, est Viinpasse Roussin. 

AMIRAUX (rue des) <-« rue des Poissonniers, 120 «-^-^ rue Clignancourt, 131 
[MoMMARTR*E, CUgnaticourt, 18" arr. 140 m.] 

Précédemment rue et impasse des Vosges, elle a reçu en 1873 le 
nom des Anfnirauœ, en souvenir des amiraux qui ont commandé à 
la bataille du Bourget (23 décembre 1870). 

AMPÈRE (rue) -^-e? rue Jouffroy, 14 m-^ boulevard Pereire, 121 [Batigxolles, 
Plaine-Monceau, 17'= arr. 600 m.] 

Ouverte en 1862, elle a reçu le nom à^Arrifère en 1864. André- 
Marie Ampère, mathématicien et philosophe, découvrit la loi des 
courants électriques et par conséquent de la télégraphie électrique. 
A laissé de nombreux ouvrages scientifiques (1775-1836). Le mot 
« Ampère » sert aujourd'hui à désigner l'unité d'intensité des cou- 
rants électriques. Au 18, Ecole de la Ville; on remarque un joli hôtel 
genre gothique au 68; le peintre Jules Machard, né à Sampans (Jura) le 
22 septembre 1839, habitait le 87; il mourut à Bellevue (Seine-et-Oise) 
le 26 septembre 1900. 

AMSTERDAM (impasse) <-<m rue d'Amsterdam. 21 et rue de Londres, 39 wh^ 
gare de l'Ouest [Elysée, Europe, 8'' arr. 35 m.] 

Créée en 1831 elle faisait partie de la me de Stockhohn, supprimée 
en 1859 pour l'agrandissement du chemin de fer de l'Ouest. Tire son 
nom de la >'i/.e d'Amslerdam. 

AMSTERDAM (rue d') ^-« rue Saint-Lazare, 106 »-> boulevard des Bati- 
gnolles, 1 et place Glichy [Elyske, Europe, 8^ arr.; Opéra, Saint-Georges, 
9« arr. 835 m ] 

Rue ouverte en 1826 comme d'ailleurs presque tout le quartier de 
l'Europe sur des terrains appartenant à MM. Jones Hagerman et 
Sylvain Mignon, la partie aboutissant à la rue Saint-Lazare ne fut 
percée qu'en 1843. 

Par décret du 3 novembre 1885 modifiant le tracé du passage 
Tivoli, il a été formé un carrefour à l'angle de ce passage. Le voisinage 
de la place de l'Europe, lui a fait donner le nom de la ville la plus 
importante de la Hollande. Les Français commandés par Pichegru 
pénétrèrent à Amsterdam en 1795. 

Au n° 61, petit lycée Condorcet. 

AMYOT (rue) <-« rue Tournefort, 12 3-^ rue Lhomond, 23 [Panthéon, Val-de- 
Grdce, 5« arr. 108 m.] 

Cette rue existait déjà en 1588, elle s'appelait, rue du Puits-qui- 

— 29 — 



A ncienne- Comédie 

parle, à cause d'un puits célèbre par son écho, qui était situé à l'angle 
(le la rue Laromiguière ; on la nomma aussi rue des Rosiers, à cause 
des jardins dont elle était entourée. Depuis 1867, elle est devenue 
rue Amyot. 

Jacques Amyot, né à Melun en 1513, fut élevé par charité au 
collège de Navarre ; grand aumônier du roi Charles IX, évêque 
d'Auxerre il passe à juste titre pour un des créateurs de la belle langue 
du XVI* siècle. Montaigne disait « qu'Amyot était le premier écrivain 
français », et Ampère l'appelle « le père de notre idiome ». Sa traduction 
de Plutarque est universellement estimée. Amyot mourut en 1598. 

La rue Amyot, occupe l'emplacement d'un ancien cimetière de 
protestants. 

ANATOLE-DE -LA- FORGE (rue) <-m avenue de hi Grande-Armée 16, m-> 
avenue Carnot, 19 [Passy, Etoile, l'" arr. 142 m.] 

Yoie ouverte en 1892 par MM. de Rothschild; a reçu en 1894 le nom 
d'Anatole de la Forge. 

Anatole de la Forge, publiciste et homme politique français, né 
à Paxis le 20 avril 1820, au n" 18 de la rue Richer, où furent longtemps 
les bureaux de L,a Lanterne. Ancien député de Paris du 9® arrondisse- 
ment en 1879. Il se signala comme préfet de l'Aisne, à la défense de 
Saint-Quentin en 1870 (guerre franco-allemande) ; directeur du ser- 
vice de la Presse au Ministère de. l'Intérieur il collabora quinze ans 
au journal Le Siècle et mourut, le 6 juin 1893 au n" 72, de l'avenue de 
Yilliers. {Voir rue Richer.) 

ANCIENNE-COMÉDIE (rue de 1') <-m rue Saint-André-des-Arts, 67 et rue 
de Buci, 1 m-^ boulevard Saint-Germain. 134 [Luxembourg, Monnaie, 6« arr. 
116 m.J 

Constiniite sur l'emplacement des fossés de l'enceinte de Philippe- 
Auguste elle portait en 1560, le nom de rue des Fossés, puis rue des 
Fossés-Saint-Germain-des-Prés. Doit son appellation actuelle à l'Hôtel 
des Comédiens du Roi devenu Vanctenne Comédie française, qui fut 
établie au n° 14 de cette rue du 18 avril 1689 au 31 mars 1770. D'après 
une ordonnance royale du 21 octobi'e 1680, réunissant les comédiens 
de l'Hôtel de Bourgogne à ceux de la rue Mazarine (Voir Théâtres 
disparus), l'inauguration de la salle eut lieu le 18 avril 1689 avec 
Phèdre et Le Médecin malgré lui, qu'on représentait pour la première 
fois. L'Ancienne Comédie avait été construite sur l'emplacement du 
jeu de paume de VEtoile, existant déjà en 1547. On voit encore dans 
la cour transformée aujourd'hui en magasin de papier, les couloirs, 
foyers, ayant ser\à à ce théâtre, ainsi qu'une partie des anciennes loges 
des acteurs. Entre le deuxième et le troisième étage, en façade sur la 
rue, est une jolie statue de Minerve couchée traçant d'une main ce 

— 30 — 



Andral 

qu'elle observe dans le miroir de la vérité. La représentation d'inau- 
guration avait produit 1.889 livres {Voir Comédie Française). 

Au n" 13, était le café Procope, fondé au xvii^ siècle par le Sicilien 
Procopio Cviltelli, sur l'emplacement d'un ancien établissement de 
bains à l'enseigne du Saint-Suaire de 7urin, qui fut le premier café 
établi dans Paris où l'on mangeât des glaces (Voir Hanovre). Sa 
vogue fut considérable. Ce café réunissant l'élite de la littérature 
française était fréquenté par Voltaire, Piron, La Fontaine, Diderot, 
d'Alembert, Crébillon et une multitude d'auteurs et d'artistes. C'est 
dans cet endroit, que dans la soirée du 27 avril 1784, Beaumarchais et 
ses amis s^étaient réunis, à la première représentation de La Folle 
Journée'ou le Mariage de Figaro, qui se jouait à l'Odéon, pour attendre 
le résultat de la pièce qui fut un véritable événement politique et qui 
valut à son auteur, trois jours de prison qu'il dut faire à Saint-Lazare 
{yoir BEArMARCHAis). Sous le second Empire, Yermorel, Gambetta et 
leurs amis y arrêtèrent leurs plans de réformes sociales. 

Les peintres Gros et Horace Yernet (V oir ces noms), eurent leur 
atelier au n° 14 ; au n° 21, habitait le Tf Guillotin, inventeur de la 
guillotine {Voir Cour dv Commerce). Fabre d'Eglantine, demeurait 
au n° 12, et Cambacérès au n" 5. 

ANCRE (passage de V) <r^ rue Saint-Martin, 223 »-> rue de Turbigo, 30 
[Temple, Saini-Avoye, 2" arr. 68 m.] 

C'était autrefois le passage de V Ancre-Royale, qui devint de 1792 
à 1805 de V Ancre-Nationale. Ce nom provenait d'une enseigne. Le 
premier loueur de voitures de place {Voir Toitures) y fut installé en 
1637. 

ANDRAL (hôpital) situé rue des Tournelles, 35 [Hotel-de-Ville^, Arsenal, 
4« arr.] 

En 1624, Simonne Gaugain, supérieure du couvent de Saint-Louis 
de Louviers vint à Paris pour fonder un nouvel ordre d'Hospitalières, 
elle s'installa dans un « logis sis entre la rue des Minimes et la place 
Royale ». Cette maison prit le nom d'Hôpital de la Charité Notre- 
Dame, ce qui donna lieu à un procès en usurpation de titre de la part 
des Frères de Saint Jean de Dieu, qui venaient justement avec l'aide 
de Marie de Médicis de créer l'Hôpital de la Charité dans la rue Jacob. 

C'est à l'hôpital de la Charité Notre-Dame, que la veuve du poète 
Scarron, — qui fut plus tard Madame de Maintenon et épousa 
Louis XIV — fit une retraite de quelques années après la mort de son 
premier mari. Supprimé en 1792, comme établissement religieux, les 
bâtiments furent occupés d'abord par la filature des indigents, où l'on 
donnait aux femmes indigentes une certaine quantité de lin, qu'elles 
devaient convertir en fil, et qui leur était payée quand le ti^vail était 
achevé. Ce fut ensuite le bureau des nourrices du n° 14 de la rue Sainte- 

— 31 — 



Andrieux 

Appoline {Voir ce nom) qui s'y installa et y resta jusqu'en 179G. Puis 
l'Assistance publique s'en servit comme magasin central ; en 1867 elle 
y était encore. 

En 1880, les salles furent aménagées pour recevoir l'hiver le trop 
plein des grands hôpitaux Parisiens et en 1884 l'ancien hôpital de la 
Charité ^Notre-Dame, devint V Hôpital des Tournelles, depuis, l'Admi- 
nistration tenant à honorer la mémoire de l'un de ses principaux 
médecins, lui a donné le nom du docteur Andral. 

Gabriel Andral (1797-1876), fut reçu doct-eur en 1821, professeur 
à l'Ecole de Médecine, il occupa la chaire de pathologie, laissée vacante 
par Br«)ussais. Andral est l'auteur de nombreux ouvrages de thérapeu- 
tique et d'anatomie pathologique. 

ANDRÉ DEL. SARTE (rue) <-m rue de Clignancoiirt, ÎU m-^ rue Charles- 
Nodier^[MoNTMARTHE, C/ig/iancourt, IS"^ arrr. 160 iii.| 

Cette rue était primitivement appelée me Saint-André, puis rue 
Luc-Lamhin, le nom i}C André dcl Sorte lui a été substitué en 188(). 

Andréa Yanucci, connu sous le nom d'André del Sai-te, était le 
fils d'un taillleur [del Sur to). Peintre de grand talent, il fut appelé par 
François I" à la cour de France et comblé de faveurs (1488-1530). 

Au n° 11, Ecole Maternelle de la Ville. 

ANDRÉ [GILL (rue) ■»-«? rue des Martyrs, 78 rs-> impasse [Montmartre, Cli- 
gnancoiirt, 18° arr. 56 m.] 

Cette petite rue située en face de l'Asile de la Providence a été 
ouverte en 1895 par les soins de MM. Woittier, Bureau et Orienne, 
propriétaires du terrain, sur l'heureuse initiative d'Albert Pelletier 
et d'anciens amis et camarades d'André Gill. Au fond de la cité, au 
milieu d'un petit coin, de verdure s'élève son buste, dii au ciseau du 
sculpteur Rouillière. 

André Gill de son vrai nom Louis Gosset de Guines, naquit à 
Paris en 1839 . Il fut le créateur de la caricature politique moderne et 
ses dessins de La Lune et de l'Eclipsé toujours mordants et satiriques 
eurent bien souvent sous l'Empire, les honneurs de la censure. Comme 
peinture il a laissé le Fou, tableau tiré de l'Assommoir de Zola, où il 
représentait son ami Gil Naza dans le rôle de Coupeau. Ce tableau 
est d'autant plus impressionnant, que le malheureux Gill, mourut 
lui-même fou le V mai 1885 à Charenton. 

ANDRIEUX (rue) <-m rue de Constantinople, 22 s^ boulevard des Bati- 
gnoUes, 45 [Elysée, Europe, 8*^ arr. 132 m.] 

Cette rue décidée en 1873 a été ouverte en 1883. Le voisinage du 
collège Chaptal lui a fait donner le nom à' Andrieuœ en 1867. 

François-Guillaume- Jean-Stanislas Andrieux (1759-1833), auteur 
dramatique fut membre de l'Institut en 1797 et devint secrétaire per- 



Anglais 

pétuel de l'Académie Française en 182'9. Son œuvre principale est la 
comédie dès Etourdis, Andrieux liabita le n° 30 de la rue d i. Dragon 
(Voir ce nom). 

ANDRIEUX (villa) située rue Piccini, 10 [Passy, Cliaillot, 16« arr.] 
Nom du propriétaire. 

ANDROUET (rue) -ms? rue des Trois-Frères, 5i .--> rue Berthe, 57 [Mont- 
martre. Clignancourl, IS"^ arr. 40 m.J 

Formée vers 1840, cette rue portait précédemment le nom de 
rue de l'Arcade, à cause d'une ancienne arcade, donnant autrefois 
accès à l'Abbaye de Montmartre (Voir passage de T Arcade), elle est 
devenue rue Androuet depuis le 24 août 1864. 

Jacques Androuet du Cerceau, fut un des plus célèbres architectes 
du xvi^ siècle, né en 1515, il mourut en 1592. Il commença le Pont- 
Neuf en 1578, continua la Galerie du Louvre sous Henri IV et bâtit 
un grand nombre d'hôtels parmi lesquels : les Hôtels Sully et Carna- 
valet {Voir ces noms). Le nom de du Cerceau vient de ce que son père 
vendait des « vins aromatisés » et qu'à cette époque, tout débitant 
était contraint par ordonnance de police, de mettre comme enseigne 
devant sa porte soit un bouchon, soit un Cerceau, soit enfin quelques 
attributs vinicoles, le père cTAndrouet avait préféré le cercel au cer- 
ceau et quand Jacques Androuet construisit sa maison près le Petit 
Nesle sur le quai Conti, il y plaça un cerceau rappelant son origine, 
car c'était pour, lui le seul titre dont il tirait vanité. Androuet signait 
toujours : Androuet dit Du Cerceau, (Voir Enseignes et Trûdaine). 

ANGÉLIQUE-COMPOINT (rue) <-s passage Saint-Jules h-> boulevard 
Ney, 115, [Montmaktrk, Grandes-Carrières, 18<= arr. 183 m.] 

Ouverte sur des terrains appartenant à la famille Compoint, ori- 
ginaire de Saint-Ouen. 

ANGERS (impasse d') <-m rue Leibnitz, 44 [Montmartre, Grandes- Carrières, 
18« arr. 70 m.] 

Nom donné par un propriétaire probablement angevin. 

ANGLAIS (rue des) -e-e rue Galande, 20 »-> boulevard Saint-Germain, 70 
[Panthéon, Sorbonne, 5" arr. 70 m.] 

Cette me existait déjà en 1190, son nom lui vient d'Ecoliers 
anglais qui l'habitaient au xiii® siècle, alors que la rue du Fouarre 
était le centre universitaire de Paris. [Voir rue du Fouarre.) 

Au n" 4, était le célèbre cabaret du Père Lunette, rendez-vous des 
rôdeurs de nuit, escarpes, filles et « apaches » de tout genre. 

— 33 — 



Anjou 

ANGLETERRE (ambassade d') située faubourg Saint-Honoré, 39 [Elysée, 
Madeleine, 8*= arr ] 

Occupe depuis 1815, l'ancien Hôtel de la princesse Borghèse 
(Pauline Bonaparte) qui appartenait auparavant au comte de 
Béthune-Cliarost. Les magnifiques jardins de l'Ambassade donnent 
sur Vavenue (ùibriel, on y voit au n*" 16, les armes de la Grande-Bre- 
tagne {Voir Gabriel). 

ANGOULiÉME (passage d') <-m rue Oberkanipf, 83 jb-> rue d'Angoulème, 62 
[PoPiNCOUKT, FoUe-Méricourt, ll*^ arr. 183 ni.| 

Il a. porté en 1848 le nom de riwUe Sainte-Genevière , antérieure- 
ment à cette date, en 1892, ce n'était encore qu'une impasse (Voir rue 
«^'Angoulême). 

ANGOULÊME (rue d') ^-t« boulevard du Temple, 20 e-> boulevard de Belle- 
ville, 35 |PopiNCouRT, FoUe-Mcricourt, 11» arr. 957 m.] 

Cette rue a été ouverte eu 1781 sur d'anciennes dépendances du 
domaine des Templiers; elle reçut le nom d'Angoulème, parce que 
L.-A. d'Artois, duc d'Angoulème était grand prieur de France lorsque 
cette voie fut percée. 

Le duc d'Angoulème, fils aîné de Charles X naquit à Versailles, 
le G août 1775 et mourut en exil à Goritz le -3 juin 1844. Au n° 66, 
cité d'Angoulème, formée en 1849. 

ANJOU (quai d') -«-s rue Saint-Louis-en-l'Ile, 2, et pont de Sully m-> rue des 
Deux-Ponts, 40, et pont Marie [1Iotel-di:-Ville, Notre-Dame, 4« arr. 313 m ] 

Commencé en 1614 par Christophe Marie, entrepreneur général des 
Ponts de France (Voir pont Marie), il a été achevé en 1647. Avant 
1848, il existait une passerelle qui reliait ce quai à celui des Cèlestins, 
mais ayant été incendiée pendant les journées de février, elle ne fut pas 
rétablie. Ce quai portait à l'origine le nom d'Anjou, et celui d'^l/e«- 
çoii; en 1780, le nom d'Anjou prévalut en l'honneur de Gaston de 
France, duc d'Anjou, frère du roi Louis XIII. Sous la Révolution le 
quai d'Anjou devint le quai de l'Union. 

On remarque au n° 17, l'Hôtel Pimodan, reconstruit en 1614 pour 
le marquis de La Vallée de Pimodan; en 1830. Roger de Beauvoir, 
Théophile Gauthier et Charles Baudelaire y ont habité; il renferme 
aujourd'hui les merveilleuses collections de livres et d'objet d'art 
réunies par le baron Pichon, l'éminent bibliophile. Depuis 1900 cet 
hôtel a été acheté par la Ville pour y établir un Musée, il sert provi- 
soirement de siège social, aux Parisiens de Paris. C'était antérieure- 
ment l'Hôtel Lauzun, il appartenait au comte de Lauzun, lieutenant 
r?énéral. Au-dessus de la grande porte cochère est placée l'inscription : 
HorEL DE Lauzun, 1(557. 

L'Hôtel Lauzun avait été construit par Charles Gruyn, fils du 

^ 34 — 



Anjou 

célèbre Gruyn, fondateur et propriétaire du fameux cabaret de la 
Pomme de Pin, situé rite de la Licorne, dans la Cité vis-à-vis l'Eglise 
de la Madeleine sur l'emplacement duquel a été établi le marcbé 
aux fleurs près de la rue de Lutèce {Voir Enseignes). Ce Gruyn, 
employé aux Gabelles fit une grande fortune, le céda à Lauzun ; 
après la mort de celui-ci en 1723, l'hôtel eut pour propriétaire le 
marquis de Richelieu, puis il passa aux mains du sieur Ogier, rece- 
veur du clergé; après lui ce fut le marquis de Tessé qui en devint 
acquéi'eur et enfin au commencement du règne de Louis XVI il fut 
acheté par le marquis de Pimodan. En 1842 le baron Pichon, proprié- 
taire de l'hôtel, le loua à Roger de Beauvoir, puis vint l'habiter ; il y 
mourut en 189G, Un certain nombre de peintures de l'Hôtel Lau- 
zun, ont été transportées au Musée Galliéra.. 

Le duc de Lauzun fut surtout célèbre par les aventures galantea 
qu'il eut à la Cour de Louis XIY et le mariage secret qu'il contracta 
en 1669 avec la Grande Mademoiselle, Louise d'Orléans, duchesse de 
Montpensier. 

Au n° 1, à l'angle de la rue Saint-Louis-en -l'Ile, est le magnifique 
Hôtel de Président Lambert de Thorigny (^oir rue Saint-Louis-en- 
l'Ile), construit en 1680 par Le Yau, et décoré par Lesueur et 
Lebrun. 

Au n" 5, Hôtel du marquis Poisson de Marigny. [Voir Marigny.) 
frère de Madame de Pompadour et surintendant des bâtiments du 
roi (1760). En 1778, cet hôtel devint la pro-priété de Ch. Lepeultre, 
comte de Chemillé; l'année suivante, ce fut Louis Pincot ancien offi- 
cier de la chambre du roi qui l'habita jusqu'en 184'J ; le n*" 7, est une 
dépendance de l'Hôtel Lambert ; aux n°^ 11 et 13, Hôtel de Louis 
Lambert de Thorigny, capitaine de cavalerie en 1720 et fils du prési- 
dent Lambert, dont la mei-veilleuse habitation est rue Saint-Louîs- 
en-l'Ile, à l'angle du quai d'Anjou {Voir Saint-Lofis-en-l'Ile) ; au 
n° 17, Hôtel Lauzun ; au n" 19, était le Bureau des saisies et recettes, 
en 1720, c'était l'Hôtel de Tessé, au fond se trouvait autrefois l'Hôtel 
de Galard, dont la façade était rue Saint-Louis-en-l'Ile ; au coin de 
la rue Poulletier, au n° 21, joli hôtel xvii® siècle ; Gaillardon, surin- 
tendant de la Franche— Comté au xviii® siècle habitait au n" 27. Ses 
biens furent séquestrés à la Révolution ; le fournisseur des carrosses de 
Louis XIY, habitait, dit-on, le n° 35. 

Quelques maisons de ce quai ont été bâties sur pilotis, de ce nombre 
sont les immeubles portant les n"' 23 et 25. 

ANJOU (rue d') -f-sif rue du Faubourg-Saint- Honoré, 42 «s-^ rue de la Pépi- 
nière, 15 [Elyséi-, Madeleine, 8<= arr. 680 m.] 

Précédemment rue des Morfondus et i-ue d' An jou-Saint-H onoré 
pour la désigner de la rue d' Anjou-auœ-Marais (Pastourelle) eid'Anjou- 
Dauphine (rue de Nesle) existant alors, elle reçut vers 1672 le nom 

— 35 — 



Aiiiiam 

d'Anjou en l'honneur du duc d'Anjou et d'Alençon, fils d'Henri II et 
de Catherine de Médicis, qui fut plus tard Henri III. La partie com- 
prise entre le faubourg Saint-Honoré et la rue de la Yille-Lévêque 
était ouverte vers la fin du xvi® siècle ; elle fut prolongée jusqu'au 
grand égout en 1721 (angle rue Roquépine) et, en 1778, Louis XVI 
prescrivit de la continuer jusqu'à la rue du Rocher, alors rue de la 
Roche. Mais le travail ne fut achevé que jusqu'à la rue de la Pépi- 
nière. Cette nouvelle partie reçut le nom de QuatremèVe, en mémoire 
de M. Quatremère de l'Epine, échevin de Paris en 1772. Depuis 1881, 
la ru© entière s'appelle uniquement me d'Anjou. 

Au n" 4, était en 1780, l'Hôtel Polignac ; au n° 8, est mort le 
général Lafayette le 20 mai 1834, il était né au Château de Chavagnac 
(Cantal) le 6 septembre 1757 {Voir Lafayette). Le n° 11, est l'ancien 
Hôtel de Contades appartenant au maréchal de Contades, le doyen 
des maréchaux, né en 1704. Cet hôtel qui fut l'Hôtel de Lorraine en 
1728, sert depuis 18G0 à la mairie du 8* arrondissement, autrefois 
l*"" arrondissement {Voir Mairies) ; au ii" 29, mourut le 8 décem- 
bre 1830, Benjamin Constant, publiciste et homme politique, né à 
Lausanne le 2'5 octobre 1767 ; au n° 37, Hôtel des banquiers Mallet 
frères ; le n° 36, aujourd'hui disparu était l'Hôtel Moreau que Bona- 
parte donna au général Bernatlotte, qui sous le nom de Charles XIY 
après avoir été soldat en 1780, sergent en 1789 sous les ordres de 
Napoléon, devint plus tard roi de Suède en 1810; né en 17(54 il mounit 
en 1814 ; au n° 76, maison originale forme cintrée à voir du boule- 
vard Haussmann ; au n° 12, Hôtel Louvois de Lassalle ; aux n°* 42 et 
46, bel immeuble style Louis XIY, bâti en 1900 sur l'emplacement 
des anciens hôtels de BeaufPremont et de Boissy ; la Compagnie des- 
Eaux occupe au n° 52, l'ancien Hôtel de Tracy; au n" 64, Chapelle 
Louis XYI, dite Expiatoire. [Voir ce nom.) 

Au n" 12, existait autrefois l'Hôtel Louvois de Lassalle. 

ANNAM (rue d') ^^s rue des Partants, 65 »-> rue du Retrait, 7 [Mémlmontant,. 
Pbre-Lachaise, 20 arr. 240 m,] 

Tracée en 1812, elle se nommait sentier des Partants et Chemin des 
Carrières, le nom d'Annam, lui a été donné en 1877; le -passage de 
VAnnam, situé rue de la Bidassoa a la même origine. 

L'Annam, région centrale de notre protectorat Indo-Chinois 
depuis 1883, se trouve compris entre la Cochinchine, le Tonkin et les- 
pays laotiens. Hué capitale du royaume ; présidence et siège du gou- 
vernement est situé dans la province du Quang-duv. La grande chaîne 
de YAnnam foiine autour de la ville une immense ceinture que la 
mer seule empêche de fermer. 

Les autres provinces de l' Annam sont : le Binh-Dinh, port de relâ- 
che des bateaux des Messageries maritimes, le Nghéan et le Ha-tinh, le 

— 36 — 



Antin 

Phu-yen, le Quang-Binh, le Quang-nam, le Quang-ugai, le *^uang-tri, 
le Than-Hoa et le Thuan-Khanh. 

ANNELETS (passage des) -^-m rue de Crimée, 34 ;b->- rue des Mignottes, 51 
[Buttes-Chaumont, Amérique, 19« iirr. 68 m.] 

Cette rue figure sur le plan cadastral de 1812 et faisait primitive- 
ment partie de la rue des Annelets, ce n'est qu'en 1881 qu'elle a été 
séparée et dénommée passage . 

ANNELETS (rue des) <-^ rue d" Solitaire, 17 m-> rue de Crimée, 75 [Buttes- 
Chaumont, Amérique, 19'^ arr. 246 m.] 

Date de 184o, le nom àWnnelets semble devoir être l'altération 
du vieux mot français Agnelets, indiquant que des petits agneaux 
avaient coutume de venir paître dans cet endroit. On a prétendu aussi 
qvi' Annelets pouvait désigner des petits ânes, la première version nous 
semble plus ^Taisemblable. 

ANNIBAL (cité) située rue de lu Tombe-Isoire, 87 [Observatoire, Santé, 
14^ arr. 70 m. 

Primitivement cité Napoléon, a pris en 1877 le nom d'Annibal. 

Annibal, fameux général Carthaginois (274-183 av. J.-C.) avait 
juré une haine implacable aux Romains. Il tint parole et les battit 
à Cannes, à Trahie, à Trasimène, etc., etc. Yaincu à Zama (Tunisie) 
par Seipion l'Africain, il ne put supporter cette honte et se donna 
la mort à l'aide de poison qu'il portait toujours sur lui. 

ANNONCIADES (rue des) <-^ rue Lacharrière ss-> rue Saint-Ambroise 
[PopiAcouRT, Saint-Ambroise, 11^ arr. 'il m.] 

Bien que décidée en 1863 et dénommée en 1867, cette voie n'est 
pas encore exécutée. 

Les terrains sur lesquels l'Eglise Saint- Antoine a été élevée, appar- 
tenaient autrefois à l'ancien couvent des Annonciades. 

ANNONCIATION (rue de 1') <-a rue Raynouard, 48 »-> place de Passy, 3 
[Passy. Muette, 16° arr. 315 m.] 

Formée en 1856, sur un chemin indiqué au plan Roussel de 1731, 
mais qui semble être beaucoup plus ancien. Elle a été appelée rue de 
l'Eglise, et depuis 1867 rue de V Annonciation, parce que l'église de 
Passy OTÎ elle conduit au n° 2 de cette rue est sous le vocable de 
V Annonciation de la Yierge ; au n° 2\, Chapelle américaine de la 
Sainte-Trinité. 

ANTIN (avenue d') <-m rue François 1er. 2, et cours La Reine »-* rue de la 
Boétie [Elysée, Champs-Elysées et Faubourg du Roule, 8" arr, 820 m.] 

Cette voie a été plantée en 1723, par ordre du duc d' Antin, surin- 

— 37 — 



Antin 

tendant des bâtiments du roi, qui passait pour Thomme le plus ai- 
mable du monde. 

Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin, duc d' Antin (1G61-1726), 
» se distingua, dit Voltaire, par un art singulier, non pas de dire des 
choses flatteuses, mais d'en faire. » 

Le port de la Conférence, appelé Port au,v pierres de Saint-Leu, 
parce que les bateaux y déchargeaient les pierres venant des carrières de 
Saint-Leu, était situé à la Seine, près du pont de l'Aima, en face l'ave- 
nvie d'Antin. Au n" 25, habite Mme liéjane, ai-tiste dramatique; 
au n° 27, impasse d'Antin, formée vers 1800 ; an n" lô, habitait le Prési- 
dent Carnot, mort assassiné à Lyon, le 24 juin 1894 {Voir Carnot). 
Avant 18-50 s'y trouvait le Bal de Flore, le liai d'Isis, le Bal des: Nègres 
{Voir Bals disparus). Le Jardin de Paris, remplacé en 1900 par le 
Grand Palais, était situé dans cette avenue. 

ANTIN (cité d') *-m rue de Provence, 57 h*^^ rue Lafayette, 3 [Opéra, 
C/iaussce-d'Anti/i, 9" arr. 204 m.| 

Voie privée, ouverte de 1829 à 1830, tire sou nom de la chaussée 
d'Antin, dans laquelle elle a accès par le n" 40. 

Cette cité occupe une partie de l'emplacement de l'Hôtel construit 
par Brongniart, qu'habitait Madame de Montesson, mariée en secret au 
duc d'Orléans, aïeul de Louis-Philippe. En 1810, il était occupé par 
l'ambassadeur d'Autriche, le prince, de Schwarzemberg. C'est là que, 
pendant une fête donnée pour célébrer le mariage de Napoléon et de 
Marie-Louise, éclata un terrible incendie dans lequel périrent de nom- 
breuses victimes, parmi lesquelles la princesse de Schwarzemberg 
(Voir Provence). Sur l'emplacement du Théâtre Mondain, était autre- 
fois une Eglise, dite de Saint- And ré, qui fut supprimée lors de la cons- 
truction de la Trinité (Voir Trinité). Avant 1852, il s'y était établi un 
bal public. 

ANTIN (rue d') <-m rue des Petits-Champs, 66 m>->- nie du Port-Mahon, 5 
,, [Bourse, Gaillon, 2^' arr. 213 m ] 

La partie située entre les rues des Petits-Champs et Saint-Augus- 
tin, date de 1713, l'autre a été ouverte en 1839, sur les terrains de 
l'ancien Hôtel de Richelieu, précédemment Hôtel d'Antin, qui s'éten- 
dait sur toute la partie comprise aujourd'hui par les rues Louis-le- 
Grand, de la Michodière, du Hanovre et Neuve-Saint- Augustin. 

Le pavillon que l'on voit encore au coin du boulevard des Italiens 
et de la rue Louis-le-Grand, dépendait de l'Hôtel Richelieu. Lé nom 
de Hanovre lui vient de ce que l'argent employé par le Cardinal pour 
sa construction, provenait des contributions qu'il avait levées en Ha» 
novre pendant la guerre de 1756 {Voir Chaussée-d'Antïn). 

La Banque de Paris occupe, au n°3, l'ancienne mairie du 2^ arron- 
diasement {Voir Mairies), vieil hôtel appartenant autrefois aux Epinay 

— 38 — 



Antoine- Dubois 

et aux Mondragoii; c'est dans cette mairie qu'eut lieu le 9 mars 1796, 
le mariage de Bonaparte avec Joséphine, la salle existe encore au 
premier étage de cet immeuble. Le maréclial de Moucliy, gouverneur 
de Versailles sous Louis XY, habitait au n° 7 ; au n° 6, joli hôtel genre 
gothique appartenait à un joaillier ; au n° 2, grand bâtiment dépen- 
dant du n° 66 de la rue des Petits-Champs, oii était, avant 1880, la 
première Société des Téléphones; il y a, sur le côté de la rue d'Antin, au 
premier étage, une fenêtre percée de biais, avec un balcon d'une forme 
tout à fait originale. 

ANTOINE (théâtre) situé boulevard de Strasbourg, 14 [Enclos-Saint-Laurent^ 
Porle-Sainl-Deni< , lO'^ arr.] 

Ce théâtre, qui précédemment portait le nom de Menus-Plaisirs, fut 
édifié le 15 décembre 18G6, sur l'emplacement du Café-Concert du 
xix" Siècle. Il a été construit par l'architecte Lehmann. Ce théâtre a 
eu de très grands succès, parmi lesquels il convient de citer : Boubou- 
roche, de Courteline; Blanchette, Les Remplaçantes, de Brieux, etc. 

ANTOINE (villa) située rue Longchamps, 63 [Passy, Chaillot, 16« arr.] 
Nom donné par le propriétaire. 

ANTOINE-ARNAULD (rue). 

Ce nom, adopté par le Conseil Municipal dans sa séance du 12 juil- 
let 1903, doit être donné à une voie nouvelle du xvi" arr. 

Antoine Arnauld, surnommé le Grand Arnauld, dont la sœur, An- 
gélique Amauld, était abbesse de Port-Hoyal, naquit en 1612 et mourut 
à l'âge de 82 ans. Célèbre docteur en théologie, il défendit les Jansé- 
nistes et Port-Royal contre les attaques des membres de la Compagnie 
de Jésus (Voir Pascal et Poet-Royal). 

ANTOINE-CARÊME (rue) <-« rue Pierre-Lescot as-^ rue Vauvilliers [Louvbe, 
Halles, l""- arr. 315 m.] 

Cette rue située entre les deux pavillons des Halles a reçu en 1894 
\enom.d' Antoine-Carême. Marie-Antoine Carême (1784-1833), célèbre cui- 
sinier français, élève delà Guipière, le fameux cuisinier de Napoléon I*"", qui 
mourut de froid en 1812 à la retraite de Moscou. Carême fut le cuisinier de 
l'Empereur et de Talleyrand. Il est l'inventeur de la pâte feuil- 
letée dont on fait la galette. Il mourut au n" 21 de la rue Caumartin. 

ANTOINE-DUBOIS (rue) -(-m rue de l'Ecole-dp-Médecine, 23 »-> rue Monsieur- 
le-Prince, 21, [Luxemboukg, Odéon, 6" arr. 57 m.] 

Rue ouverte en 1672; s'est appelée autrefois rue de l'Observance, 
à cause d'un couvent de Cordeliers, dit de l'Observance qui y était 
situé. Pendant la Révolution on la nommait rue de l'Ami du Peuple, 

— 39 — 



Antoinette 

parce que Marat, habitait non loin de là clans la Cour du Commerce 
et que son journal s'appelait : L'Ami du Peuple (Voir Cour du 
Commerce). 

Le voisinage de l'Ecole de Médecine, lui a fait donner en 1850, le 
nom d'Antoine-Dubois, célèbre chirurgien né à Gramat le 17 sep- 
tembre 1756 et mort à Paris le 30 mars 1887. Antoine Dubois fit partie 
de l'expédition d'Egypte. Il a été chirurgien et fondateur de la Mai- 
son Municipale de Santé, n° 200, faubourg Saint-Denis, qui porte son 
nom ; à l'angle de la rue de l'Ecole-de-Médecine, au n" 23, était autre- 
fois l'Hôtel de Touraine, habité vei'S IGGO par M. de Rancé {Voir 
Dupuytren). 

ANTOINE-L.ECLAIRE (cour/ située rue de Bagnolet, 164 [Mémlmontant, 
C/iaron/ie, '20" arr.] 

Nom du propriétaire. 

ANTOINE-REYNIER (rue) <—■ quai de Seine, 79 *»-> rue de Flandre, 84 
|Bi;Tri;s-CnAi .MONT, La l'il/elte, 19" ar.-. 210 m.] 

E,ue classée en 1898 sous le nom de son propriétaire; avait été 
formée en 1895. 

ANTOINE-ROUCHER (rue) <-« rue Mirabeau, 14 m~> ru3 Corot, 4 [Passy, 
Auleuil, IG" arr. 12U m.] 

A porté primitivement le nom du peintre paysagiste François 
Millet (1814-1875), auteur du célèbre tableau 1' « Angélus » acheté 
500.000 francs par M. Chauchard. Son nom actuel rappelle le poète 
Antoine Roticher, auteur des Mois (1703-1770). 

ANTOINE- VOLLON (rue). 

Ce nom adopté en juillet 1903 doit être attribué à une rue nouvelle 
à créer sur les terrains de l'Hôpital Trousseau (xii" arr.). 

Antoine Yollon, peintre français, est né à Lyon le 20 avril 1833. 
il débuta au salon en 1864 par une nature morte : Art et gour^man- 
dise, et a toujours en quelque sorte, spécialisé ce genre. Il excelle dans 
la peinture des armures, des chaudrons et des friiits. 

ANTOINETTE (rue) <-m rue des Trois-Frères, 9 »-* place des Abbesses, 8 et 
rue de la Vieuville, 2 [Montmartre, Cli^nancourt, IS»^ arr. 189 m.] 

Primitivement dénommée rue Marie- Antoinette du nom de la 
femme du, propriétaire du terrain, elle devint rue Antoinette tout 
court en 1879, sans doute afin de ne pas évoquer le souvenir de la 
reine Marie- Antoinette, épouse de Louis XVI, décapitée le 16 octobre 
1793. Au n° 9, Communauté des Dames bénédictines de Montmartre, 
fondée en 1133 par Louis-le-Gros {Voir Abbesses et Ravignan) ; au 
n° 7, l'Ecole de la Ville (filles) a été construite sur l'emplacement 

— 40 — 



Aqueduc 

de l'ancienne chapelle des Martyrs ou du Martyre dépendant de la 
fameuse Abbaye de Montmartre, fondée en-1134 par Louis le Gros et 
Adélaïde de Savoie (Voir Montmartre). C'est dans une chapelle sou- 
terraine de cette petite église que le 15 août 1534, Ignace de Loyola, 
fonda la Compagnie de Jésus. On raconte aussi que le l^"" mai 1574, 
Marguerite de Valois et la Duchesse de Nevers vinrent secrètement 
dans la crypte de cette chapelle pour y ensevelir « de leurs propres 
mains » les corps de La Môle et d'Annibal de Coconas torturés et 
décapités la veille en place de Grève. Cet épisode a servi de sujet à 
Alexandre Dumas pour son roman bien connu de la Reine Margot 
{Voir Alexandre Dumas). 

ANVERS (place d') <-*? avenue Trudaine, 10 et rue Gérando, 1 *s^> boulevard 
de Rochechouart, 39 el rue de Dunkerque, 95 [Opéra, lîoc/ieclioiiart, 9« arr. 
96 m.] 

Cette place a été formée en 18G8, sur les terrains des anciens 
abattoirs Montmartre (Voir Abattoirs); elle s'appelait primitivement 
place Turgot (voisinage de la; rue Turgot). Depuis le 1" février 1877 
elle a été nommée place d'Anvers en l'honneur du siège d'Anvers 
en 1832, ori les Français s'emparèrent de la citadelle occupée par les 
Hollandais. En 1813 le grand Carnot avait déjà été chargé par Napo- 
léon de la défense de cette ville. 

Au centre de cette place a été réservé un square. Allant de cette 
place au boulevard Rochechouart existait vers 1898, la 7'ue Quesnay, 
créée en l'honneur de Quesnay, fondateur de l'économie politique et 
auteur de l'important ouvrage : La Physiocratie. 

ANVERS (square d') situé place d'Anvers [Opéra, Rochechouart', 9<^ arr.J 

Ce square construit sur l'emplacement des anciens abattoirs Mont- 
martre date de 1877. ' 

Il contient deux statues : l'une de Sedaine, le poëte-maçon et l'autre 
de Diderot, le grand philosophe, fondateur de VEncycïopédie (Voir 
ces noms). 

APENNINS (rue des) *^m avenue de Clichy, 118 ^-> rue Davy, 39 [Batignolles, 
Epinettes, 17" arr. 210 m.] 

Précédemment ime Saint-Geo'rges en 1875, cette rue a été créée 
en 1845 par M. Mabille, propriétaire, et dénommée : des Apennins 
en 1877. ' 

Les Apennins, chaîne de montagnes, d'environ 1.300 kilomètres 
de long qui traverse l'Italie. 

AQUEDUC (rue de V) <-m rue LafayeUe, 169 »-* boulevard de la Villette, 149 
[E^clos-Saint-Laurent, Saint-Vincent-de-Paul, 10" arr. 800 m.] 

Son nom lui vient, de ce qu'elle a été créée au-dessus de VAque- 

— 41 — 



Jirba-lc'te 

duc des eaux du canal de l'Ourcq {Voir ce nom). Cette rue date de 
1872 elle a été terminée en 1883. Au n" 39, Ecole Maternelle de la 
YiUe. 

ARAGO (boulevard) -<-«s avenue des Gobelins, 2'* et boulevard Port-Royal, 1 
»-> place Denfert-Hochereau [Gobelins, Cronlebarbe, 13" arr. ; OBSKRVAToinE, 
Montparnasse, l't" arr. 1353 ni.J 

Ouvert en 1859, oe boulevard a reçu en 1864 le nom de François- 
Dominique-Jean Arago, astronome, né en 1786, un des plus grands 
savants des temps modernes. Membre du gouvernement provisoire en 
1848. Directeur de l'Observatoire de Paris ; secrétaire perpétuel de 
l'Académie des Sciences. Mort à l'Obsei'vatoire le 2 octobre 1853. 

Fr. Arago était professeur à l'Ecole Polytechnique et Membre de 
l'Institut à 23 ans. Il a été ministre de la guerre et de la marine en 
1848. Sa statue œuvre d'Oliva a été érigée le 12 juin 1893, avenue de 
l'Observatoire. 

Au n" 87, groupe scolaire de la Yille. Ce boulevard a^ fait disparaître 
en 1839, VHôtel de la Reine Blanche qui existait rue des Gobelms 
(Voir GoBELixs), ainsi qu'une impasse, allant de la rue Leclerc à 
la rue du Faubourg-Saint-Jacques, qui s'appelait cnl-de-sa€ de Longue- 
i4pome, et qui avait été supprimée en 1795. Ce nom de Longue- Avoine, 
lui avait été donné en raison des champs de longues avoines, qui autre- 
fois en occupaient l'emplacement. 

ARAGO (école) située 4, place de la Nation [Reiïilly, Bel-Air, 12« arr.] 

Ecole primaire supérieure de la Ville de Paris a pris depuis 1880, 
le nom du grand savant Arago. 

. Les écoles supérieures municipales, sont au nombre de six : Arago, 
Chaptal, Colbert, J.-B. S.oy, Lavoisier et Turgot ; les élèves des Ecoles 
municipales, y sont admis comme boursiers après concours. 

ARBALÈTE (rue de 1'} *-& rue des Patriarches, 20 »-> rue Berthollet, 11, 
[Panthéon, Jardin des Plantes, Vaf-de-Grdce, 5" arr. 376 m.] 

La partie entré la rue Mouffetard a été appelée ctil-de-sac des 
Patriarches, parce qu'elle servait d'entrée au marché des Patriarches ; 
celle entre les rues Mouffetard et Berthollet portait au xiv® siècle, le 
nom de rue des Sept-Voies et de la Porte-de-V Arbalète. La porte de 
l'Arbalète, dépendant de l'enceinte de l'Abbaye de Saint-Michel, 
était située entre les rues Mouffetard et Lhomond. Le nom actuel lui 
rient d'une enseigne « à l'Arbalète » à cause d'un tir voisin servant 
aux Archers du temps de Louis le Gros. On voit encore au n° 10, une 
enseigne de ce genre chez un marchand de vin. 

Le chancelier de France sous Louis XII, Jean de Garnay, habitait 
une maison qui autrefois faisait l'angle de la rue Moutïetard. Au n° 9, 
est aujourd'hui l'Institut x^ational Agronomique qui occupe depuis 

— 42 — 



1841 les bâtiments d'un ancien couvent ; au n° 21, était autrefois 
l'Ecole de Pharmacie avant son transfert au n° 4 de l'avenue de 
l'Observatoire. Cette école avait remplacé en 1627 « le jardin de 
l'Apothicaire », créé en 1576 par Nicolas Houel, membre de la cor- 
poration des apothicaires » pour nourrir et instruire des enfants orphelins 
à la pitié aux bonnes lettres et en l'art à' apothicaire rie, de plus 
pour préparer et fournir aux pauvres de Paris, tous les médi- 
caments convenables pour leurs maladies » ; au n° 35, était en 1697, 
le couvent des Filles du Silence ou de la Trappe qui fut supprimé en 
1753. On prétend que Vincent de Paul y dit sa première messe ; du 
ïi° 28 au 40, était le couvent des Filles de la Providence, fondé en 1643 
par Maria Lumagne, pour y recueillir des jeunes filles séduites; sup- 
primé en 1790, les constructions furent vendues en 1797 ; au n° 39 
de cette rue aboutissant au n" 22, de la rue des Bourguignons (disparue) 
était avant 1857, la rue des Charhonniers-Saint-Marcel, qui depuia 
1540, était l'ancien chemin des Charbonniers. Au com de la rue 
Claude-Bernard (côté impair) existait sous Louis XIV, une maison de 
campagne, appartenant aux moines Génovéfains. 

ARBRE-SEC (fontaine de 1') située rue de l'Arbre-Sec, 51, à l'angle de la 
rue Saint-Honoré [Loi vue, Saint-Crermain-L'Auxerrois, l»"" arr.] 

Depuis le commencement du xvi* siècle, il existait une fontaine 
à cet endroit ; la première qui y fut construite en 1529 par ordre de 
François I*"", prit le nom de Fontaine du Trahoir ou du Tiroir, à cause 
de la Croix du Trahoir, sorte de pilori qui était élevée en cet endroit ; 
elle était placée alors au milieu de la chaussée et gênait la circula- 
tion ; en 1606 on la transporta à l'endroit actuel dans un pavillon 
que François Miron avait construit vers 1604 pour recevoir les eaux 
d'Auteuil. Elle possédait des sculptures de Jean Goujon. 

La Fontaine actuelle a été édifiée par Soufflot en 1774 c'est-à-dire 
t la première année du règne de Louis !X*\' » les ornements sculptés 
sont de Boizot. L'intérieur du bâtiment qui sert aujourd'hui au 
service des eaux était autrefois une chambre de justice, où les condam- 
nés qui devaient être exécutés au Trahoir y faisaient leur dernière 
prière. 

ARBRE SEC (rue de 1') -«-hks rue des Prêlros-Saint-Germain-L'Auxerrois, 1& 
■ r > rue Saint-Honoré, 109 [Louvre, Saint-Germain-L'Auxerrois et Halles, 
l*"- arr. 270 m.] 

Existait au xiii* siècle; le nom à'Arhre-sec qu'on donnait autrefois 
à un gibet, doit être l'origine du nom de cette rue voisine de la 
Croix du Trahoir, où était placée une échelle patibulaire [patihulum 
supplice). On a parlé aussi d'une enseigne rappelant la légende chré- 
tienne de YArhre Sech, c'est-à-dire d'un arbre d'Egypte qui, toujours 
vert et plein de feuilles depuis le commencement du monde devint 

— 48 — 



Arbre-sec 

sec dès que Jésus-Christ fut mort en croix. Jusqu'en IGGO, on voyait 
près de l'Eglise Saint-Germain-FAuxerrois, une ensieigne à V Arbre 
Sec. Il en existe une auti-e au n° 41 de cette rue. 

Au n° 15, Ecole de la Ville ; au n" 14, Impasse des Provençaux ; 
au n° 17, Maison de Secours (A. P.). Le n° 21, est une ancienne dépen- 
dance de l'Hôtel Sourdis ; entre le n° 21 et le n" 25, existe une petite 
impasse avec porte grillée qui fut autrefois Yiinpasse Cotirbaton. 
Cette impasse qui communiquait à l'impasse Sourdis, située rue des 
Fossés-Saint-Germain-l'Auxerrois, existait déjà au xiii* siècle, elle 
donnait accès à l'Hôtel Sourdis du côté de la rue de l'Arbre-Sec. 
L'Hôtel Sourdis appartenait à la fin du xv® siècle à la marquise de 
Sourdis, tante de Gabrielle d'Estrées, il avait accès au cloître Saint* 
Germain-l'Auxerrois avec la maisjn dite de Doyenne, habitée par la 
maîtresse d'Henri IV, et où celle-ci mourut le 9 avril 1549 en revenant 
de chez le financier Zamet où elle avait mangé un citron {Voir Les- 
DiGUiÈKES et Place du Loivre). Le nom de Courhaton donné à cette 
ancienne nielle venait par corruption du mot Col de Bacon, nom 
qu'elle devait à un jeu de mots fait par un certain Adam Chardepore 
qui y possédait des maisons. On l'appela également Char de j^orc 
(Chaire de porc). Col de Bacon (Bacon vieux mot français signifie 
lard) dont on fit Coup de Bâton, Cour-Baton et enfin Courhaton; aux 
n°' 48 et 50, Hôtel de Saint-Eoman (1G50) avec cour intérieure trèg 
curieuse; jolie coquille en écusson sur la façade ; au n° 27, enseigne 
de marchanddevin à /'£'to//e rf Or; au n° 51, Fontaine de l'Arbre Sec, 
ancienne Fontaine du Trahoir (Voir ce nom); au n° 52, magnifique 
balcon ; la maison dont il dépend a été bâtie sur l'emplacement de 
l'Hôtel de Trudon, sommelier du roi Louis XV; au n" 9, était autre- 
fois la rue du Roi Chilpéric Z*"" (xiii* siècle) à qui est attribuée la 
fondation de l'Eglise Saint-Germain-l'Auxerrois. On y voyait une petite 
impasse dite du Demi-Saint, parce que, pour empêcher les chevaux 
d'y pénétrer, on avait placé à l'entrée la statue à demi brisée d'un saint 
quelconque ; au n" 1, ù l'enseigne de la Baguette; au n" 2, autre enseigne 
à la Bouteille d'Or; le n° 4 est V Hôtel des Mousquetaires, avec joli balcon 
en ferforgé. D'après la tradition, d'Artagnan, le héros d'Alexandre Dumas, 
y aurait habité alors qu'il était capitaine aux Mousquetaires dans la 
Compagnie de « ce bon monsieur de Tréville ». 

Avant 1853 existait dans cette rue Vivipasse de la Petite-Bastille, 
qui en 1495 se nommait ruelle sans chief ou sans haut. En 1540 elle 
était devenue la ruelle de Jean de Charonne, à cause d'un certain 
Jean de Charonne qui y tenait un cabaret. Ce cabaret existait encore 
en 1738, la maison du n° 83, de la rue de Hivoli, occupe exactement 
le sol de cette impasse. 



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Arbres parisiens 

ARBRES PARISIENS. 

Sans compter les arbres des boulevards et des avenues il existe à 
Paris quelques arbres spéciaux qui par leur histoire ou par leur sin- 
gularité méritent d'être signalés. Dans le nombre était le merveilleux 
orme de la rue Saint-Jacques, dénommé à tort Orme de Sully, qui, 
jusqu'en 1903 .se voyait encore dans la cour de l'Institution des Sourds- 
Muets, et abritait de son ombre bienfaisante la statue de l'Abbé de 
l'Epée (Voir ce nom), toutefois le directeur tenant à conserver un 
dernier vestige de l'arbre séculaire, en a laissé debout un tronc haut 
de 10 mètres, qui va être recouvert d'une rondelle de ciment de 
6 mètres de circonférence afin de le préserver des intempéries. Cet 
arbre qui atteignait jusqu'à 48 mètres de haut soit 4 mètres de plus 
que la colonne Vendôme et 2 mètres de moins que la colonne de Juillet, 
avait fait partie d'une avenue plantée par les moines de Saint-Magloire 
vers 1572. Précédemment ces religieux avaient leur monastère près 
la rue Aubry-le-I3oucher. Sous Louis XIV le séminaire de Saint- 
Magloire, était le lieu de retraite des Jansénistes. Pascal, Racine, 
Nicole et Malebranche s'y réunissaient fréquemment, ce qui fait que 
le fameux orme de Sully fut souvent désigné sous le nom d'orme de 
Malebranche ; on a dit de cet arbre qu'il était « le plus beau de France 
et peut-être de l'Europe ». Débité et vendu par morceaux le 
25 août 1903, il fournit 19 stères de bois de chauffage, qui furent 
adjugés au prix de 105 francs. Sic transit yloria mundi! 

Au bois de Boulogne, existe devant le restaurant de Madrid, un 
vieil arbre qui, dit-on, aurait été planté au retour de la captivité du 
roi François I"'' en Espagne. Aux Tuileries est le iam,eux marronnier 
du 20 mars ainsi dénommé parce qu'il est le plus hâtif de tous les 
marronniers de ce jardin et qu'il fleurit dès le 20 mars, aussi l'a-t-on 
appelé, le Messager du Printevnps. On voit, au Jardin des Plantes sur 
l'ancienne butte des Copeaux, aujourd'hui transformée en labyrinthe, 
le Cèdre du Liban, qui, si on en croit la légende, aurait été rapporté 
en France, dans le béret d'un marin. On sait aujourd'hui que le cèdre 
fut donné à Bernard de Jussieu par le D"" Collinson (Voir i-ue de 
JrssiEu). Au-dessus de la porte du théâtre de l'Opéra (Entrée des 
Artistes) du côté de la rue de Scribe, enchevêtré dans les sculptures 
près du pylône de gauche a poussé un hêtre dont la verte floraison 
jette une note gaie dans l'en&emble de ce portique. Au n° 52 de la me 
Etienne-Marcel, à l'une des fenêtres du rez-de-chaussée, on peut voir 
pousser un platane. Rue du Temple, un commerçant a pris pour 
enseigne l'Orme de Saint-Gervais. Ce vieil orme qui datait de plu- 
sieurs siècles, se trouvait rue François-Miron en face l'Eglise Saint- 
Gervais, il fut abattu en 1806. C'était un usage autrefois de placer 
un ou deux ormes devant les églises; les juges y rendaient la justice, 
et l'on y acquittait les rentes, et comme on s'y donnait rendez-vous, 

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Arcade 

(le là est venue la locution : Attendez-moi sous Vorme. Au square Lou- 
vois, le grand peuplier, qui ombrage la rue Rameau, fut planté en 
1792, comme arbre de la liberté. Au n° 14, de la i-ue des Minimes existe 
mi magniïïque marronnier, qui par suite des abaissements successifs 
du sol, se trouve aujourd'hui encaissé à plus d'un mètre et demi du 
niveau actuel de la i-ue. Dans l'intérieur de l'Ecole des Beaux-Arts, 
du côté du quai, existe un très beau marier, qui a donné son nom à 
une vaste cour carrée sur laquelle les ateliers prennent jour. Cette 
cour s'appelle la cour du Mûrier. Au parc des Buttes-Chaumont, se 
voit un cèdre provenant de la propriété de Nicolaï (de Bercy) sur l'em- 
placement de laquelle, ont été construits les entrepôts. Au quai Debilly, 
au n° 20 se trouve un autre cèdre, qui date du xvii* siècle. Un dea 
arbres les plus anciens de Paris est le faux acacia, introduit en France 
en IGOl par Julien Rabin et qui orne un coin du Jardin des Plantes. 
Vers le n° 233, faubourg Saint-Antoine, en face du corps de garde de 
la Petite Halle on peut voir un peuplier qui fut en 1792, un arbre 
de la Liberté ; au n° 16, place Vendôme, dans l'ancien hôtel du finan- 
cier Herbaut {Voir place Vendôme) uk sycomore trois fois centenaire 
est d'une dimension telle, qu'il a dû être étayé. Au n° 33, rue de la 
Bûcherie, très bel acacia, et en face, adossés aux bâtiments de l'Hôtel- 
Dieu, existent deux frênes qui tous deux faisaient partie de l'ancien 
jardin de l'Hôpital, alors que l'Eglise Saint-Julien-le-Pauvre, servait 
de chapelle à la vieille Maison de Dieu {Voir Hotel-Dieu). 

ARBUSTES (rue des) <— ist chemin de fer de ceinture ^s— >- rue de Vanves, 205 
[Observatoirk, Plaisance, l'i^arr. 168 m.] 

Voie ouverte en 1880, nom donné par les propriétaires en raison 
des petits arbres qui l'environnaient. 

ARCADE (rue de V) -«—s boulevard Malesherbes, 4 s— v rue de Rome, 11 
[Elysée, Madeleine. 8" arr. 460 m.] 

Cette rue ainsi appelée à cause d'une arcade qui se voyait encore 
en 1850 et qui servait de communication entre le couvent et le jardin 
des religieuses de la Ville-L'Evêque, existait au xvii" siècle, sous le 
nom de chemin d'Argenteuil; elle fut aussi rue de la Pologne en 1780, 
à cause du quartier de la Petite Pologne dont elle était voisine {Voir 
place Laboede et rue du Rocher). 

Au n° 21, demeurait Lebas, député de la Convention Nationale, il 
se tua d'un coup de pistolet, pour échapper à la guillotine. 

Le maréchal de Soubise est mort le 5 juillet 1786 dans un petit 
hôtel qui était au n" 12; au n° î^ était autrefois l'Hôtel de Soyecourt, 
construit en 1780 par Célérié; ce fut ensuite l'Hôtel de Lubersac et de 
Castellane, qui fut démoli lors du percement de la rue de Castellane ; 
au n" 57, Hôtel du comte de Pansémont, beau-frère de M. de Tournon, 
gouverneur de Rome et sénateur sous le Premier Empire. 

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Archevêché 

ARC-DE-TRIOMPHE (rue de Y) -K—is^. rue de Montenotte, 28 ss— > rue des 
Acacias, 50 [Batignolles, Les Ternes, \1^ arr. 153 m,] 

Voisine de l'Arc de Tiiomphe de l'Etoile, elle en porte le nom. 
Ouverte en 1827 elle a été terminée en 1848. Il y a quatre arcs de 
triomphe à Paris : l'Etoile, le Carrousel, la Porte Saint-Denis et la 
■ Porte Saint-Martin (Voir ces noms). 

ARCHEVÊCHÉ (hôtel de 1') situé rue de Grenelle- Saint-Germain, 187 [Palais- 
Bourbon, Invalides, l'' arr.] 

Les Evêques de Paris habitaient autrefois au chevet de V Eglise 
Saint-Etienne disparue depuis longtemps, une maison située à la 
pointe orientale de l'île Notre-Dame qu'on appelait Port-l'Evcque. 
Vers 1161, Maurice de Sully, évêque de Paris, fit élever de nouveaux 
bâtiments qui furent encore agrandis au xv® siècle, et en 1697, un 
nouveau palais bâti par le cardinal de Noailles, archevêque de Paris 
remplaça l'ancien. 

En 1809, le palais archiépiscopal fut restauré. Le 14 février 1831 à 
la suite d'une mdnifestation légitimiste qui avait eu lieu à Saint- 
Grermain-l'Auxerrois, en l'honneur du duc de Berry assassiné le 
13 février 1820 par Louvel (yoir Louvois) le peuple se porta sur 
l'Archevêché, occupé alors par Mgr de Quelen, le pilla et y mit le 
feu. On fut obligé de le jeter à bas, quelques années après. Sur son 
emplacement, appelé autrefois le Terrain et la Motte aux Papelards, . 
{Voir quai de Z'Archevêché) il a été formé un jardin entouré de 
grilles au centre duquel, s'élève la Fontaine de la Vierge Notre-Dame. 

C'est dans la cour de l'Evêché de Paris qu'avaient lieu au Moyen 
âge les monomachies ou duels judiciaires. (T"o//- Arts-et-Métiers.) 

Depuis 1831, l'Archevêché a été transféré n° 127, rue de Grenelle- 
Saint-Germain dans l'ancien Hôtel Pompadour et Rochechouart, 
devenu Hôtel Duchatelet, où pendant quelque temps avait été établie 
l'Ambassade d'Autriche, aujourd'hui rue de Varennes, n° 57, 

ARCHEVÊCHÉ (pont de V) -<-«s quai de l'Archevêché ss— >- quai des Tour- 
nelles [Hotel-de- Ville, Notre-Dame, 4*= arr.; Panthéon, Saint-Victor, 5« arr. 
68 m.] 

Constniit en 1827. Son nom est dû au voisinage de l'Archevêché, 

ARCHEVÊCHÉ (quai de Y) -«-^=s pont de l'Archevêché s— >- pont au Double 
[IIoT£L-DE- Ville, Notre-Dame, 4» arr. 304 m.] 

Ce nom lui vient de l'ancien Archevêché (P'or/' Archevêché). En 
1803 (an xii) ce quai était appelé quai Catinat en l'honneur du 
général Catinat (1637-1712) (Voir ce nom). Après la démolition de 
l'ancien Archevêché, l'extrémité orientale de ce quai, aujourd'hui 
occupée par le square de l'Archevêché, était devenue le Terrain, ou la 

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Archives 

Motte aux Papelards (surnom rabelaisien donné aux moines d'alors 
probablement gras comme des papes et qui signifie à peu près : Buttes 
aux Moines). 

En face le chevet de Notre-Dame, sur le quai de l'Arcbevêclié est 
située la Morgue (Voir ce nom). 

ARCHEVÊCHÉ (square de V) situé derrière l'égliso Notre-Dame [IIotel-de- 
ViLLE, Notre-Dame, i* arr.J 

Joli square établi en 1837 sur l'emplacement de l'ancien Archevê- 
ché. Orné d'une ravissante fontaine, appelée Fontaine de la Vierge 
de Notre-Dame. En 1870, on en avait fait un parc d'artillerie. Boileau 
a habité une maison qui se trouvait dans la rue de l'Abreuvoir à la place 
de la fontaine actuelle du square, où il mourut le 13 mai 1711 {Voir 
Boileau). Il y avait autrefois à cette place l'ancienne rue de V Abreu- 
voir, supprimée en 1809, et qui allait du cloître Notre-Dame à la 
rivière. 

ARCHIVES (rue des) -*-^sï rue Rivoli, 50 s— >- rue Dupelit-'lliouars 1, [Temple, 
Enfants- Rouges, Archives et Saint-Avoye, 3o arr ; Hotel-de-Ville, Saint- 
Merri, 4" arr.] ' 

Cette rue qui longe les bâtiments des Archives Nationales dont 
elle a pris le nom en 1874, est composée de plusieurs rues qui furent 
formées à des dates antérieuiies, et qui se nommaient : rue du Chaume, 
entre la rue de Kambuteau et des Haudriettes ; du Grand-Chantier 
de la rue des Haudriettes à la ruB Pastourelle ; des Enfants-Rouges, 
de la rue Pastourelle à la rue Portefoin ; rue Molay, entre la rue 
Portefoin et la rue de Bretagne ; rue des Billettes, de la rue de Hivoli 
à la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie ; de V Homme-Armé, entre 
la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie et des Blancs-Manteaux et des 
Deux-Portes, soit sept rues englobées en une seule. 

1" La rue du Chaume, ouverte au xiii" siècle en dehors de Paris, 
elle aboutissait à une porte de construction récente, on l'avait appelée, 
rue de la Porte-Neuve, de la N euve-Poterne, d'Outre-Poterne; plus 
tard elle reçut le nom de rue Vieil-Braque, de la Chapelle-Braqtie, 
tire son nom des chaumes (champs de blé) qu'elle traversait. Comme 
Grande-rue-de-Braque, à cause de la chapelle de Braque qui y était 
située. Ce fut ensuite la mie de Chantier-du-T emple, parce que le3 
Templiers y avaient des dépôts de bois (des chantiers). 

2° La rue du Grand-Chantier, le doit à un g)rand chantier dépen- 
dant du domaine des Templiers qui avait été donné en présent au 
connétable de Clisson (Voir Archives Nationales). 

3° La riœ des Enfants-Rouges, ainsi dénommée à cause d'une 
maison établie rue Portefoin en 1536 par Marguerite de Valois pour 
recevoir les orphelins de l'Hôtel-Dieu. Ces enfants étaient appelés 
Enfants de Dieu, mais comme ils étaient vêtus de rouge, le surnom 
à' Enfants Rouges leur fut conservé (Voir Enfants Rouges). 

— 48 — 



Ai'chives 

4° La rue Molay, cette rue voisine du Temple, formée en l'an viii 
(1799-1800) sur remplacement de l'hôpital des Enfants-Rouges avait 
reçu le nom de Jacques Molay, dernier grand maître des Templiers, 
brûlé vif à Paris le 11 mars 1314 dans V Ile-aux-V aches, emplacement 
s\u' lequel a été bâtie une partie du Pont-Neuf et plus particulièrement 
le terre-plein où a été placée la statue d'Henri lY. Sous l'iEmpire, la 
rue Molay, a été appelée rue Ferrée, nom donné en l'honneur du 
contre-amiral Perrée, tué le 18 février 1800 à bord du vaisseau 
Le Généreux dans un combat contre 4 vaisseaux anglais commandés 
par Nelson. Cette partie avait été ouverte en 1848 sur remplacement 
d'un ancien couvent de Bénédictins. 

5° La rue des Billettcs existait en 1299, elle s'appelait rue des 
Jardins (vicus Jfirdinoruin ou Jardinis), parce qu'elle longeait les jar 
dina du couvent Sainte-Croix de la Bretonnerie, puis au xv® siècle, 
rue où Dieu fut bouilli, et Dieu bouliz, à cause du juif Jonathas qui 
après avoir volé et profané une hostie, l'avait jetée dans un vase plein 
d'eau bouillante {Voir Temple des Billettes) puis enfin rue des 
Billettes, parce que ce couvent était situé dans cette rue. Les 
religieux hospitaliers de Notre-Dame étaient appelés Billettes, pour 
la raison qu'ils portaient sous leurs habits des petits scapulaires ou 
Billettes. On voit dans l'Eglise Saint-Etienne-du-Mont, des vitraux 
représentant le crime du juif Jonathas. 

6° La rue de VIIomme-Armé devait son nom à une enseigne qui 
existe encore à l'angle de la rue des Blancs-Manteaux. Au xiii^ siècle 
cette rue s'appelait rue Perronnelle ou Pernelle-Saint-Pol. Jacques 
Cœur y avait un magnifique hôtel qui fut habité et terminé par le 
cardinal de la Ballue ; cet hôtel devait s'étendre sur remplacement du 
11° 42 de la riie de Rambuteau, où l'on voit un buste de Jacques Cœur 
et une inscription qui lui est dédiée ; au coin de la rue Sainte-Croix- 
de-la-Bretonnerie existe encore une plaque : rtie de V Homme- Armé 
{Voir Sainïe-Croix-de-la-Biietonnerie et Enseignes). 

7" La rue des Deux-Portes existait en 1281. C'était alors la ru^ 
Entre-Deux-Portes, parce qu'elle se trouvait entre deux portes fermées 
à chaque extrémité, et faisant partie de l'enceinte de Louis le Gros. 
Plus tard on l'appela rue Galiace, puis rue des Deux-Portes. La partie 
sud de cette rue avait été réunie à la rue Rivoli en 1852; depuis 1890, 
elle a été englobée dans la rue des Archives. Tanneguy Duchâtel, pré- 
vôt de Paris au xv^ siècle demeurait dans cette rue. Sully l'habita éga- 
lement avant la construction de son hôtel de la rue St- Antoine, n° 143. 
Au n° 22 de la rue des Archives se voit depuis 1808 l'Ecole protes- 
tante des Billettes (Voir ce nom); au n° 24, l'ancien Cloître des Bil- 
lettes très bien conservé, avec crypte ; au n° 42, Ecole de la Ville, entrée 
originale ; au n° 45 (ancien 1 7 de la rue du Cliaume), est l'entrée de l'an- 
cien Monastère des Révérends Pères de la Merci. Le couvent de la 
Merci, fondé en 12-18 à Barcelone, avait en 1515 une maison à Paris, 

— 49 — 



Archives 

située rue des Sept-]^oies, près Saint-Sulpice ; en IG-Hl les RR. PP. 
vinrent s'installer dans la Chapelle de Braque que leur avait donnée 
Marie de Médieis ; et leur couvent, ainsi que l'indique une inscription 
placée au-dessus du fronton de la porte ' cochère, fut reconstruit 
1727 à 1731 par l'architecte Godeau. Supprimé en 1790, les anciens 
bâtiments servirent à un théâtre dit de la Nation (Voir Théâtres dis- 
parus). Cet hôtel est occupé aujourd'hui par des maisons de commerce. 
Les RR. PP. de A .-7^.- de la Rédemption des Captifs ou de la Merci 
comme les Mathurins (Voir ce nom), faisaient vœu d'aller délivrer les 
captifs en Terre Sainte et s'engageaient de plus à remplacer en escla- 
vage ceux qu'ils ne pouvaient racheter; au n" 56, ancienne fontaine cons- 
truite en 170(J par Charles Boucher d'Orsay, pour le prince de Rohan- 
Soubise; au n° 58, Hôtel du connétable Olivier de Clisson, construit 
en 1880 (Archives Nationalies depuis 1808) ancien n" 12 de la rue 
du Chaume, posskle une porte ogivale ornée d'armoiries et de devises de 
la maison de Lorraine avec tourelles coiffées de poivrières; en 1704, le 
prince de Rohan-Soubise l'acheta et le fit reconstruire par Le Maire; 
les C et L entrelacés sont les initiales de Charles de Lorraine, fils du 
Balafré; la devise : Pour qu'il me plet, fut ajoutée par l'architecte. 

C'est en sortant de cet hôtel que le 1^3 juin l'392, le connétable fut 
assailli à l'entrée de la rue Cultuiie-Sainte-Catherine {Voir Sévigné) 
par des assassins à la solde de Pierre de Craon, mais il leur échappa et 
mourut en 1407 dans son château du Morbihan. Pendant l'occupation 
anglaise, l'Hôtel de Clisson fut habité par le duc de Clarence, frère du 
roi d'Angleterre. Vers 151-3, il devint la propriété des Guises {Voir 
Archives Nationales); au n" 55, marchand de vin, jolie enseigne de 
fer forgé : Au Bon Coing (Voir Enseignes). 

Au n° 60, Hôtel de Choiseul-Beaupré construit en 1720. L'auteur 
Picard, né en 1769, y mourut en 1828. Cette maison portait alors le 
n° 5 de la rue du Grand-Chantier ; au n" 62, Hôtel de Montgelas datant 
de 1708, le marquis de la Yallière, lieutenant général d'artillerie sous 
Louis XY, l'habita ainsi que le procureur général Bellard, accusateur 
public dans le procès du maréchal Ney et des quatre sergents de la 
Rochelle jyoir boulevard Beaumarchais). L'Hôtel Yoyer d'Argenson 
se trouvait au 63; au n" 66, Hôtel d'Anglade (ancien 101) autrefois 
8, ruelle Sourdis, fvit construit par Cotte; de 1730 à 17(57 il appartint 
à Lepage, écuyer du roi, puis successivement aux familles de Yougny, 
de Choiseul-Stainville et d'Anglade. Cet hôtel présente une très belle 
cour intérieure; au n" 68, logeait le marquis Yintimille du Luc en 1728. 
Lamennais, né le 19 juin 1782, mourut le 27 février 1854 au n° 70 dans 
l'Hôtel de Michel Simon, trésorier général de France à Soissons, 
alors propriété de M. Yilleflix; l'Hôtel Yilleflix s'étendait alors jus- 
qu'au n° 72; aux n'* 74 et 76, aujourd'hui maisons appartenant à l'Assis- 
tance publique, étaient en 1642 le sieur Lachapelle, puis Mme de Creil, 
et la duchesse de Beauvilliers ; au n° 78, Hôtel du maréchal de Tal- 

— 50 — 



Arc h if es Nationales 

lard (1728), de Sassenage, de Nicolaï. Son. escalier construit par Bulkt 
passait pour un des plus beaux du xviii' siècle. Constructions anciennes 
aux n°* 81 et 83; au n" 98, Mairie du ni* arrondissement en face du 
squai-e du Temple. 

ARCHIVES NATIONALES (palais des) situé rue des Franes-Bourgeois, 60, 
[Temple, Archives, 3e arr.J 

Le palais des Archives Nationales occupe non seulement les bâti- 
ments de l'Hôtel de Guise, acquis en 1097 par le prince Rohan-Souhise, 
mais de plus, il a englobé un certain nombre d'hôtels ayant appartenu 
à de gi*andes iamilles historiques : 

D'abord VHôtel de Cuisson bâti en 1370 sur l'emplacement du Grand 
Chantier du Temple à l'angle des rues du Chaume et des Quatre-Fils, 
que la Ville reconnaissante avait donné en 1381 au connétable de Clis- 
son, vainqueur de Ilosebecque pour le remercier de l'amnistie qu'il 
avait obtenue du roi Charles YI pour les Parisiens révoltés {Voir n° 58 
rue des iiRCHiVES et rue de Sévigné). Cet hôtel devint la propriété du 
comte de Penthièvre. Vers 1556 l'Hôtel Clisson fut acheté par Anne 
d'Esté, duchesse de Guise et devint la résidence du cardinal de Lor- 
raine. 

Un peu à l'étroit dans la vieille maison de Clisson comme on l'appe- 
lait encore, Henri de Lorraine, prince de Joinville, qui avait hérité de 
son oncle le cardinal, agrandit ce domaine, en y ajoutant du côté de 
la rue Paradis (Francs-Bourgeois) tout VHôtel des rois de Navarre et 
d'Evfeux qui autrefois avait appartenii au duc de Nemours, comte 
d'Armagnac, lequel convaincu de haute trahison, eut la tête tranchée 
par ordre de Louis XL En 1500 François de Lorraine fit l'acquisition 
de l'Hôtel de la. Boche Guyon, situé rue Vieille-du-Temple en face la 
rue Barbette, et qui comme VHôtel de Strasbourg (Voir Imprimerie 
nationale) communiquait avec les jardins de l'Hôtel de Guise. Toutes 
ces propriétés réunies par les soins des Guises et sous la direction de 
l'architecte Le Maire formèrent une vaste résidence où se tenait une 
véritable cour à l'égal de celle d'Henri III au Louvre. C'est là que les 
Guises avaient établi leur quartier général pendant les guerres de la 
Fronde. 

On voit encore la croix de Lorraine sur la rampe du grand escalier 
donnant accès aux appartements du premier étage du côté de l'an» 
cienne me du Chaume (Voir me des Archives). 

En 1097, François de Rohan, prince de Soubise acheta cette propriété 
des héritiers de la duchesse de Guise et grâce aux libéralités du* roi 
Louis XÏY, qui, paraît-il, avait d'intimes relations avec la princesse, 
le vieil hôtel de Guise, reconstruit, restauré de fond en comble en 17-iO, 
devint bientôt un véritable palais. Eien ne fut ménagé pour rendre ce 
séjour enchanteur : la chambre à coucher de la princesse, qui a été 
reconstituée, possède de merveilleuses peintures pastorales et mytho> 

~ 51 — 



Arcole 

logiques de Boucher, Yan Loo, et de bas-reliefs plus suggestifs encore : 
Ce fut alors VHôtel de Roh/zn-Souhise. 

En quittant Rouen, sa ville natale, en 1665 pour venir s'installer à 
Paris, à l'âge de 56 ans, Pierre Corneille reçut l'hospitalité du duc de 
Guise, en son hôtel de la rue Paradis. 

Après être resté inoccupé pendant plus d'un siècle, en 1790, l'hôtel 
de Rohan-Soubise fut déclaré propriété nationale et affecté au dépôt 
des Archives Nationales qui jusqu'alors avaient été placées dans diffé- 
rents endroits : à l'Assemblée nationale, aux Tuileries puis au Corps 
législatif. En 1814 et 1815 une grande partie des documents que Napo- 
léon avait rapportés de ses conquêtes et qui y avaient été placés dès le 
10 mai 1810, furent enlevés par les alliés. 

Les deux statues de Pallas et d'Hercule qui ornent l'entrée du palais 
des archives au fond de la grande cour d'honneur sont dues aux ciseaux 
de Bourdy et de Coustou. Les bâtiments neufs qui se prolongent jus- 
qu'à la rue des Quati'«-Fils sont l'œuvre du marquis de Laborde (Voii' 
Ecole des Chartes) . En 1805, cea bâtiments ont été continués sur tout 
le retour de cette rue, de façon à protéger complètement, comme le dit 
M. Charles Normand, l'aimable président des Amis des Monuments Pari- 
siens^ le trésor sans rival des Chartes de nos rois et les sources abon- 
dantes et pures de l'histoire de notre patrie et de ses monuments ». 

La Cour d'honneur, construite par Le Maire vers 1740, remplace un 
ancien manège qui existait /J/'orAe l'Hôtel de la Roche-Guyon. 

Avant 1740, l'entrée de l'hôtel était rue du Chaume en face la rue 
de Braque, et malgré toutes les supplications de la princesse de Soubise 
pour obtenir la fermeture du pasmfje jnihlic autorisant les piétons, se 
rendant de la rue Yieille-du-Temple à la rue du Chaume, à traverser 
par les jardins des Hôtels de iStrasbourg et de Guise, le long de la 
façade de son hôtel, Louis XIV lui-même ne put la satisfaire et la 
servitude se maintint pendant de longues années. 

ARCHIVES DE LA VILLE, siUiécs boulevard Henri IV, 30 [Hotel-de-Vili.e, 
Arsenal, 4e arr.] 

Les nouveaux bâtiments qui contiennent aujourd'hui les Archives 
de la Ville de Paris, du Département de la Seine et qui servent de 
magasin municipal ont été construits en 1892. Depuis cette époque, les 
archives, reconstituées après la Commune de 1871, qui étaient au 
Palais de la Bourse, y ont été transférées. Il y a encore un autre dépôt 
d'archives, avenue Victoria n° 4. 

ARCOLE (pont d') -<-^s; quai de Gesvres s— > quai aux Fleurs [Hotel-de- 
ViLLE, Saint-Merry, Notre-Dame, 4^ arr. 90 m ] 

Anciennement ce pont qui conduisait à la place de Grève, aujour- 
d'hui place de VHôtel-de-Ville, s'appelait ijont de la Grève ; il fut cons- 
truit en bois vers 1828, et reconstruit en fer en 1854. 

— 52 — 



• Arcole 

Le nom d' Arcole, qu'il ne faut pas confondre avec l' Arcole d« 
Bonaparte (victoire remportée sur les Autrichiens le 17 nov. 1796), 
lui a été donné en mémoire d'un courageux jeune liomme du nom 
d'Etienne-André Arcole qui, à l'attaque de l'Hôtel de Ville commandant 
une colonne d'insurgés, fut tué le 28 juillet 1830 en plantant le dra- 
peau tricolore sur le pont de la Grève ; en tombant il s'écria : « Sou- 
venez-vous que je m'appelle Arcole. » L'on s'en souvint et le pont changea 
bientôt de dénomination. Etienne-André, le tambour d'Aréole figure 
sur le fronton du Panthéon et possède une statue à Cadenet (Yaucluse) 
sa ville natale, qui fut inaugurée le 18 mai 1902. 

ARCOLE (rue d') -*— s= quai aux Fleurs, 23 s— >- rue du Cloître-Nutre-Dame, 22 
et place du i*arvis-Notre-Dame [IIotel-de-Ville, Notre-Dame, 4* arr, 168 m,] 

Située en face du j)ont cT Arcole elle en porte le nom. Cette rue a 
été formée de la réunion de la r<ue du Chevet-Saint-Landry , parce 
qu'elle passait au chevet de l'Eglise Saint-Landry et de la rue Saint- 
Pierre-au.v-Bœufs. L'Eglise Saint-Pierre-aicv-Bœnfs, située au n" 15 de 
cette rue, existait en 1137 ; elle fut démolie en 1837. Son portail conservé 
et restauré, figure au petit portail de Saint-Séverin. 

La rue du Chevet-Saini-Landry, portait déjà ce nom au viii® siècle: 
en 1450 on l'appelait rue de la Co^ironne à cause d'une enseigne. 

La rue Pierre-aux-Bœufs, datait de 1206, Guillot l'a nommée Sflint- 
Fierre-à-Beus. Cette chapelle, d'après Saint-Foix devait être très 
ancienne, et passe pour avoir été la paroisse des bouchers de Paris à 
cause des deux têtes de bœufs qui se voyaient sur le portail. On a pré- 
tendu qu'on y marquait les bœufs à l'aide d'une clef ardente pour les 
préserver de certaines maladies {Voir Saint-Séveein). 

La rue Saint-Christo2)he qui allait de la rue d' Arcole à la rue de la 
Cité a été supprimée en 1865. De 1218 à 1265, c'était la rue de la Regrat- 
terie (vieux effets d'occasion); en 1300 de Grant Christophe à cause 
du Monastère de Saint-Christophe qui existait depuis le vu® siècle et 
qui en 817 fut converti en hôpital. Au n" 9 de cette rue était une 
impasse conduisant à l'ancienne Eglise Saint-Marine, oii fut enterré 
le lieutenant civil François Miron, mort le 4 juin 1609 {Voir rue 
FrajVçois-Miron) . 

Cette impasse Sainte-Marine, existait déjà au xii** siècle, sous le 
nom de cul-de-sac ou ruelle Sainte-Marine. JjEglise de Sainte- 
Marine, avait été donnée en 1036 à l'évêque Imbert par le roi Henri P'". 

« Les personnes, disent les frère 3 Lazare, qui avaient été condam- 
nées et qui se mariaient par les soins de bureau de l'Officialité rece- 
vaient la bénédiction nuptiale dans cette église. Le prêtre exhortait 
les époux à vivre en bonne intelligence, et les conjurait de sauver par 
une conduite plus régulière l'honneur de leur famille et leur passait 
au doigt un anneau de paille qu'on brûlait ensuite; c'était un emblème 

— 53 — 



. Arènes de Liitèce • 

expressif de la fragilité des liens qu'ils avaient contractés sans l'aveu 
de la religion et de la société, » 

ARCUEIL <rue d') -*— «s rue de l'Amiral-Mouchez, 80 ;;«_> boulevard Jour- 
dan, 14 [Observatoire, Santé, 14« arr. 170 m.] 

Ancien chemin vicinal d'Arcueil à la barrière de la iSanté, c«tte 
rue a été ouverte en 1838 et ne porte le nom à' A rcucû que depuis 1877. 
Cette voie occupait l'emplacement d'un ancien aqueduc romain, et 
k nom à-'Arcueil viendrait à'arc ou d'arche, justement à cause de cet 
aqueduc. 

ARDENNES (rue des) -*-s; rae d'Allemagne, 159 î*-> quai de la Marne, 40 
[BirrrES-CflADMOTT Pont de Flandre, 19» arr. 410 m.] 

Cette rue qui figurait à l'état de chemin sur le plan Roussel, a été 
fourée en 1837. Le voisinage du canal de l'Ourcq qui met la région 
des Ardennes en communication avec Paris lui a valu cette dénomi- 
nation. 

ARÈNES (rue des) -<— «» rue Linné, 23 s»-+- rue de Navarre [Panthéon, Saint- 
Victor, 5' arr. 123 m.] 

Voie auvertc en 1888, doit son nom aux Arènes ( Voir square des 
Arènes) qui y sont situées. 

ARÈNES DE LUTÈCE (square des) -*—• rue de Navarre, 14 as— >- me des 
Arènes [PANXuiiON, Saint- Victor, 5" arr.j 

Les arènes romaines ont été découveites en 1883, lors des travaux 
pratiqués pour l'ouverture de la rue Monge. Ces arènes sont en parfait 
état, la partie qui manque existe entièrement sous les bâtiments qui 
furent construits à cette époque par la Compagnie des Omnibus. Leurs 
constructions datent du m^ siècle avant J.-C. Vers 1284, cet emplace- 
ment avait nom le Clos des Arènes. Lors de fouilles qui y furent faites 
en 1869 et 1870 on y trouva une quantité d'objets divers, bijoux, pote- 
ries, armes, des trousses de dentistes -chiinirgiens et de nombreux cer- 
cueils; le sol des arènes <îe la rue de Navarre était recouvert de béton, 
ce qui semblerait indiquer que les arènes romaines étaient en même 
temps un théâtre mixte, où après le combat des gladiateurs, on offrait 
aux spectateui's, des danses, pantomimes et acrobaties. 

C'est avec le Palais des Thermes tout ce qui subsiste actuellement 
des anciens monuments romains, mais, des fouilles opérées sous le 
Lycée Saint-Louis en 1889 et qui vont être poursuivies amèneront très 
probablement la découverte d'un autre théâtre romain, formant le 
sous-sol de ce collège et s'étendant le long de la rue Racine. On 
recherche également sur l'emplacement de la Halle aux Vins de« 
arènes romaines qui existeraient dans toute leur intégrité. Le plan en 
a été relevé, il y a quelques années et grâce aux recherches des 

— 54 — 



Ar^enteuil 

« Amis des Monuments Parisiens », on espère arriver à retrouver les 
fondations de ces monimaents souterrains. En 1902, un Comité d'ar- 
tistes s'est formé pour donner des représentations aux Arènes, dans le 
g^enre de ce qui se fait à Orange. 

ARGENSON (rue d') <-«? rue de la Boëlie, 14 s-> boulevard Ilaussmann, 109 
[Elysée, Europe, 8« arr. 108 m.J 

Cette i-ue fut créée en 1862, et reçut la dénomination actuelle en 
1865 en souvenir d'une famille qui a donné à la France plusieurs 
hommes politiques, entre autres : Marc-René-Louis de Voyer, marquis 
CiArgenson, ministre et philosophe (1693-1757), et Pieire de Yoyer, 
comte d'.Argenson, lieutenant général de police (1696-1764). Ce der- 
nier succéda à La Reynie et devint garde des sceaux. Il inventa les 
lettres de cachet, réorganisa la police et perfectionna le corps des 
sapeurs-pompiers dont Perrier du Mouriez {Voir Guénégaud) avait 
été le véritable créateur. Le marquis d'Argenson possédait un hôtel au 
n° 63 de la rue des Archives. 

Avant I^a Reynie et d'Argenson, Paris où l'on comptait près de 
60.000 voleurs, mendiants et gens sans aveu sur une population de 
530.000 habitants était la nuit un véritable coupe-gorge, on volait, on 
dépouillait et assassinait les passants en pleine rue. Ce qui avait fait 
dire ù Boileau, dans un des passages de son Lutrin. 

« Quo dans le marche Neuf tout est calme et tranquille 
« Les voleurs à l'instant s'emparent de la ville. 
« Le bois le plus funeste et le moins fréquenté, 
« Est auprès de Paris, un lieu de sûreté. » 

D'Argenson, suivant le conseil que lui avait donné le président Du 
Harlay, avait pris pour devise : Clarté! Propreté! Sûreté! 

ARGENTEUIL (rue d') ^.-m rue de l'Echelle, 9 s»-»- rue Saint-Roch, 34 
[LouvuE, Palais-Royal, U'' arr. 284 m.] 

Ancien chemin conduisant au village d'Argenteuil, cette rue a ét« 
alignée en 1826, puis modifiée en 1877 pour la formation des abords 
de l'avenue de l'Opéra. 

Molière y avait une maison de campagne au n" 2 ; au n° 6, logeait 
le grand Corneille, né le 16 juin 1606, il y mourut le 1" décembre 1684, 
et fut enterré à l'Eglise Saint-Roch. La maison a dispani en 1877. 
Victorien Sardou, en possède une photographie, prise pendant les démo- 
litions de ce quartier. La maison de Corneille portait le n° 18 de la rue 
d'Argenteuil. En 1826, le propriétaire y avait fait placer un buste du 
grand poète avec une plaque de marbre {Voir Corneille) ; Au n" 11, 
Ecole de la Yille, ainsi qu'au n° 23. 

Jusqu'en 1667, il se tenait dans cette rue un marché aux chevaux, 
en 1564, une partie de la rue d'Argenteuil était désignée par le nom de 

— 55 — 



Arf(Ofit 

Hmite~V oirie-Saincte-Honoré ; au n" 52, existait jusqu'en 1876, la rue 
des Mulets^ qui finissait rue des Moineaux. Cett>e rue mentionnée pour 
la première fois en 1663 devait sa dénomination aux mulets qui trans- 
portaient les sacs de blé aux moulins situés dans le voisinage {Voir rue 
des Moulins) ; au n° 28, était la rue des Orties, ouverte en 1623 en 
plein champ à'orties, également disparue en 1877. 

ARGONNE (place de 1'), située rue de l'Argonne, 17 IButtes-CImaumont, Po;!« 
de Flandre, l'J« arr. 50 m.J 

Quand elle fut formée en 1838, elle s'appelait place de Lille, parce 
que la rue de l'Argonne était alors la rue de Lille. Ces noms ayant été 
changés en 18G4, cette place est devenue place de VArgonne l^Voir rue 
de TAhgonne). 

ARGONNE (rue de 1') -<-^s quai de l'Oise, 41 ;^-*- rue de Flandre, 156 [Buttes- 
Chaumont, Pont de Flandre, 19« arr. 325 m.] 

S'est appelée rue de Lille en 1838. Depuis le 24 août 1864 elle a 
reçu le nom de VArgonne, célèbiie par la fameuse campagne qu'y fit 
Dumouriez en 1792'. (Défilés de l'Argonne). 

Le voisinage du canal de l'Ourcq, qui met en communication avec 
Paris, cette région montagneuse (Meuse, Moselle, Ardennes) où l'inva- 
sion de 1792 fut arrêtée, lui a fait donner cette dénomination. 

ARGOUT (rue d') -<— e rue Etienne-Marcel, 'i6 s^->- rue Montmartre, 63 
[Bourse, Mail,'2<> arr. 161 m.] 

Ouverte vers 1285, elle prit le nom de rue des Vieux- Au gustins à 
cause du couvent des Yieux-Augustins établi en 1250 à l'angle de cette 
rue et de la rue Montmartre, alors hors de Paris. Voisine de la Banque 
de France elle reçut en 1867 le nom de l'un de ses gouverneurs : le 
comte d'Argout, plusieurs fois ministre sous Louis-Philippe et séna- 
teur sous Napoléon III (1782-1858). 

C'est dans un hôtel garni à l'enseigne de la Providence, tenu par 
Mme Grollier, situé au n" 19 de la rue des Vieux- Augustins (aujour- 
d'hui occupé par un marchand de couleur au n° 57 de la rue d'Argout) 
que la girondine Charlotte Corday venant de Normandie descendit 
quelques jours avant d'assassiner Marat (13 juillet 1793) qui demeu- 
rait n° 20, rue de l'Ecole-de-Médecine. Elle occupait, dit-on, la chambre 
n" 7 dont la petite lucarne domine le sommet de la maison. Charlotte 
Corday périt sur l'échafaud le 17 du même mois. Au n° 40 de la rue des 
Saints-Pères, un propriétaire a eu l'idée assez singulière d'orner l'en- 
trée de sa maison de médaillons représentant d'un côté Marat et de 
l'autre Charlotte Corday {Voir Enseignes). 

Marie-Ànne-Charlotte Corday Darmans (en réalité d'Armont) était 
native de la paroisse de Saint-Saturnin, ci-devanF diocèse de Séez (Orne) 
Agée de 25 ans moins 15 jours, elle habitait Caen, elle était la petite- 

— 56 — 



Armes de Paris 

fille ou la petite-nièce de Corneille. Bien tlécidée à accomplir l'acte 
qu'elle croyait indispensable pour « commencer la pacification de la 
France », Charlotte Corday vint à Paris et c'est en lisant la condam- 
nation des neufs pères de famille d'Orléans qui avaient été condamnés 
à mort par les tribunaux révolutionnaires qu'elle décida d'aller ache- 
ter au n" 177 du Palais-Royal, chez le taillandier Badin, un couteau 
qu'elle paya « 40 sols » puis alla au n" 20 de la rue de l'Ecole-de- 
Médecine poignarder Marat. Jugée quatre jours plus tard (17 juil- 
let 1793) elle fut exécutée le même jour. Elle monta sur l'échafaud 
vêtue de la chemise rouge, que portaient les assassins, en vertu des 
lois pénales votées par la Constituante. Au moment où elle fut arrêtée 
elle avait sur elle 140 livres en assignats, 25 écus de 6 livres, 'et un dé 
en argent. Ce fut Chauveau-Lagarde son défenseur qui fut chargé par 
elle de solder les petites dettes qu'elle laissait à la prison; dans ce 
compte, la facture de l'Hôtel de la Providence se montant à 44 livres 
8 deniers fut oubliée. Il y a à Versailles un tableau de Louis David repré- 
sentant : La Mort de Marat. 

ARMAILLË (rue d') -e-s; rue des Acacias, 31 ss— >- rue des Ternes, 67 [Bati- 
GNOLLES, Les Ternes, 17e arr. 250 m.] 

A été ouverte en 1840 sur la propriété du marquis d'Armaillé. Au 
n° 27, est située l'Eglise Saint-Ferdinand-des-Ternes. 

ARMAND-CARREL (place), située devant la mairie du xixe arr. -*-^s rue 
Meynadier s^-v rue Manin et avenue Laumière [Buttes-Giiaumoist, Combat, 
19e arr.] 

Cette place a été formée en 1879 et a été dénommée Armand-Car- 
rel, en souvenir de Nicolas-Armand Carrel, journaliste, fondateur du 
National, collaborateur de Thiers, de Mignet, etc. Né en 1800, il 
mourut en 1836 dans un duel célèbre qu'il eut avec Emile de Girardin, 
rédacteur en chef de la Presse, pour des raisons des plus futiles. 

ARMAND-CARREL (rue) -<^e rue Cavendish s^-^ place Armand-Carrel, 3 
[Buttes-Ghaumont, La Villelte et Combat, lO» arr. 100 m.] 

Cette rue qui doit être prolongée et qui atteindra près de 700 m. 
de longueur a été ouverte en 1883. Elle tire son nom du voisinage de 
la place Armand-Carrel (Voir ce nom). 

ARMES DE PARIS. 

Par décret du 9 octobre 1900, la Ville de Paris ayant été autorisée à 
faire figurer dans ses armoiries la croix de la Légion d'honneur, le 
blason héraldique de Paris se trouve ainsi désigné : 

« De gueules au navire équipé d'argent, voguant sur des ondes de 
même, au chef d'azur semé de fleurs de lys d'or; l'écu timbré d'une 
couronne murale de quatre tours d'or, surmonté de la devise : Fluctuât 

— 57 — 



Arras 

nec viergitur, et accolé d'une brandie de chêne et d'une de laurier 
liées d'un ruban de gueules soutenant l'étoile de la Légion d'honneur. » 
Voici l'acrostiche qui avait été fait sous le règne de Louis XII pour 
le blaaon de la Ville. 

h^ aisible domaine, 
>» niourc'ux vergier, 
3 cpos sans dangier, 
«H ustice certaine, 
00 cicncc hautaine. 
C'est Paris entier. 

Plusieurs historiens ont prétendu que les armes de Paris représen- 
tent un navire, parce qu« l'île de la Cité a la forme d'un navire à 
l'ancre au milieu de la Seine dont l'arrière serait placé à la pointe de 
l'Archevêché et la proue au terre-plein du Pont-Neuf. Mais il nous 
semble plus naturel de voir simplement dans ce navire, l'emblème de 
la Batellerie parisienne; de cette importante corporation des Nautœ 
Parisiaci (navigateurs Parisiens) dont l'autel à Jupiter, retrouvé 
en 1711 sous le chœur de Notre-Dame, après quatorze siècles et placé 
dans la grande salle des Theianes atteste l'existence de ces Nantes, qui 
devenus les Marchands de Veau ont formé plus tard les PréçcUs des 
Marchands de Jean Augier en 1208 à Jacques de Flesselles en 1789. 

ARMORIQUE (rue de 1') <-m nie du Cotentin, 20 ïs»-> boulevard de Vaugi- 
rard, 79 [Vaugirard, Neckt-r, 15« arr. 167 m.] 

A été ouverte en 1840 par les soins de la Compagnie de chemin de 
fer de l'Ouest (rive gauche). Elle s'appelait précédemment avenue du 
Chemin de fer et rue de la Gare. En 1867, elle a reçu le nom à'Armo- 
rique qui est l'ancien nom de la Bretagne desservie par cette ligne. 

ARQUEBUSIERS (rue des) -<— «£ boulevard Beaumarchais, 91 si^->- rue Saint- 
Claude, 3 [Temple, Archives, 3« arr. 153 m.] 

La partie de cette rue qui débouche sur la rue Saint-Claude exis- 
tait antérieurement à l'état d'impasse. Elle fut ouverte en 1720 sur 
l'emplacement de l'Hôtel de Nicolas du Harlay et fut appelée rue du 
Harlay-aux-Marais, puis rue Diderot, en souvenir du grand encyclopé- 
diste {Voir Diderot). Le nom d'Arquebusiers lui a été donné en 1879, 
parce que l'ancien jardin des Arquebusiers établi dans les fossés de la 
Ville était dans le voisinage. 

ARRAS (rue d') <-^ rue des Ecoles, 9 s;s— >- rue Clopin, 6 [Panthéon, Saint- 
Victor, 5« arr. 138 m.] 

Cette voie qui longeait les murs de l'enceinte de Philippe- Auguste 
a porté longtemps le nom de rue des Murs, puis elle fut appelée par 
corruption, rue Dras ou rue du Ras, à cause du collège d'Arras, fondé 
en 1332 par Nicolas de Cauderlier, abbé de Saint- Vaast d'Arras,. rue 
Chartière et reconstruit plus tard au n° 8 de cette rue. Les bâtiments 

— 58 — 



Arsenal 

vendus en 1791 furent repris par le lycée Louis-le-Grand; au n° 23, 
Madone (Vierge). ( Voir rue de la Madone.) 

La porte Saint-Victor, dépendant de l'enceinte de Philippe-Auguste 
était située autrefois entre les rues d'Arras et du Cardin al- Le moine. 
Au XVI® siècle, la rue d'A\rras a été appelée rue du Pidts et rue du 
Champ-Gaillard, Ce nom lui venait de ce qu'elle était particulièrement 
fréquentée par des tilles publiques. 

Avant 1859, existait entre cette rue et la rue de la Montagne- Sa inte- 
Gnenevièv^e, la vieille rue l\aversine, que Guillot dénommait déjà 
en 1300: 



Et puis la rue Traversaine, 

Qui siet en haut bien loin de la Saine. 

et qui devint ensuite rue Traversière; au n° 15 de la rue Traversine se 
trouvait l'impasse du Bon-Puits, qui avant 1680 avait nom rue de la 
Bonne-Fortune; au n" 14, était la rue du Bon-Puits datant de 1230, 
et qui tenait son nom d'un puits public ; à l'angle de la rue des Ecoles se 
voyait le collège des Bons-Enfants, fondé en 1290, qui fut plus tard le 
séminaire de Saint-Firmin. 

Du temps d'Henri IV, il y avait dans la rue d'Arras, une caserne 
d'hommes d'armes, qui s'étendait jusqu'à la rue Clopin. 

ARRIVÉE (rue de 1') <-«; boulevard Montparnasse, 64 s^— >- place du Maiae 
[Vaugirard, Necker, 15e arr. 193 m.] 

Voie ouverte en 1849 par la Compagnie de l'Ouest, lors de l'éta- 
blissement de la gare Montparnasse, a reçu le nom de V Arrivée depuis 
1864, parce qu'elle longe la gare, côté de l'arrivée. 

ARRONDISSEMENTS DE PARIS. {Voir Mairies.) 

ARSENAL (bibliothèque de 1') située rue de Suliy, 1 [Hotel-de-Ville, 
Arsenal, 4e arr.] 

Vers 1553, il existait derrière le couvent des Célestins un grand 
emplacement appelé le Champ-au-Plâtre où la Ville de Paris avait 
fait construire des granges servant de magasin de munitions et de 
dépôts d'armes. François I" prit quelques-unes de ces granges pour 
y fondre des canons. Henri II y éleva vers 1547 des constructions nou- 
velles et sept, moulins à poudre, destinés au service de l'artillerie, qui, 
le 28 janvier 1562' à la suite d'une terrible explosion de poudre, furent 
en partie détruits. Henri IV acheta de nouveaux terrains et y réédifîa 
les bâtiments qui existaient précédemment, Louis XIII et Louis XIV 
continbuèrent aussi à embellir l'Arsenal. En 1713 une partie des vieux 
bâtiments furent démolis, puis reconstruits en 1718 par ordre du 
Régent sur les dessins de Boffrand. En 1788 Louis XVI supprima 

— 59 — 



Arsene-Houssaye 

TAisenal et sur son emplacement s'ouvrirent plusieurs rues impor- 
tantes. 

Des anciennes constructions de l'Arsenal, datant du règne 
d'Henri r\^, il reste le bâtiment qui sert de bibliothèque^ et dans 
lequel logeait Sully alors grand maître de l'artillerie. Ses apparte- 
ments servent aujourd'liui de salles de lecture et de travail à la biblio- 
thèque. 

La Bibliothèque de l'Arsenal se compose, entre autres, de la collec- 
tion du marquis Voyer de Paulmy d'Argenson {Voir Argenson) qui 
après l'avoir installée en 1718 voulant éviter qu'elle ne fût dispersée 
après sa mort la vendit en 1785 au comte d'Artois, qui régna plus tard 
sous le nom de Charles X. Cette collection augmentée d'une partie de 
la bibliothèque du duc de Vallière fut déposée au Grand Arsenal 
devenu propriété nationale en 1790. 

En 1815, elle s'appelait Bibliothèque de Monsieur; depuis 1830, 
elle a reçu le nom de Bibliothèque de l'Arsenal. Charles Nodier, Louis 
Ulbach et Henri de Bornier ont été successivement bibliothécaires de 
l'Arsenal. 

ARSENAL (rue de 1') -<-^ rue Mornay, 2 Tis^-> rue de la Cerisaie, 6 [IIotel- 
Di>ViLLE, Arsenal, 'i» arr. 260 m.] 

Cette rue a été percée en 1829, elle faisaft partie alors de la rue de 
l'Orme, entre la rue de Mornay et la place de l'Arsenal, appelée précé- 
demment yjZace des Ormes à cause de plantations d'ormes. vSon nom 
actuel lui a été donné en 1867 en raison du voisinage de l'Arsenal, laplace 
de l'Arsenal supprimée en 1878 se nommait autrefois cour du Sal- 
pêtre, et était comprise dans l'enclos' de l'Arsenal, elle était au n° 6 de 
la rue de l'Arsenal. 

ARSÈNE-HOUSSAYE (rue) -^-^s. avenue des Champs-Elysées, 152 ^-k rue 
Beaujon, 'S [Elysée, Faubourg du Roule, 8« arr. 260 m.] 

Rue ouverte en 1825 entre l'avenue des Champs-Elysées et la rue 
Chateaubriand, elle fut prolongée en 1842 jusqu'à la Chartreuse-Beau- 
jon, puis en 1864, de la rue Beaujon à l'avenue Friedland. Elle se 
nommait alors rue du Bel-Respiro. 

Ce nom qui signifie: Bon à respirer, Bon à vivre, lui venait d'une 
villa de ce nom dépendant autrefois de l'ancien jardin de la Eolie-Beau- 
jon. Depuis 1900, elle est devenue, rue Arsène-Houss.aye, 

Adrien Hbusset dit Houssaye, littérateur français, né le 
28 mars 1815. Débuta dans la carrière des lettres par La Couronne de 
Bleuets, roman qui eut un immense succès et qui fut suivi de plusieurs 
autres. En 1849, Arsène Houssaye entra à la Comédie-Française en 
qualité d'administrateur et y resta très longtemps. Son passage à ce 
théâtre y fut très apprécié, il mourut en 1896. En 1892, il habitait au 
n" 49 de l'avenue Friedland. 

— 60 — 



Arts 

ARTILLERIE (Dépôt et musée d') situé place Saint-Thomas-d'Aquin 
[Palais-Bourbon, Saini-Tliomas-d'Aquin, "j^ arr.] 

En 1789, les armes trouvées à la Bastille furent portées aux Feuil- 
lants de la rue Saint-Honoré {Voir rue de Kivoli), puis dans l'ancien 
Couvent des Jacobins (aujourd'hui Eglise Saint-Thomas-d'Aquin) où 
elles sont actuellement. Cette collection déjà intéressante, fut augmen- 
tée en 1794, des armes les plus précieuses provenant des anciens arse- 
naux de province, et notamment de l'Arsenal de Sedan, et aussi des 
armes trouvées dans les dépouilles des émigrés jusqu'à ce qu'elle s'en- 
richît considérablement pendant la période du premier Empire. 

Le Musée d'Artillerie a été en grande partie pillé par les alliés 
en 1815. En 1830, les insurgés y enlevèrent un très grand nombre de 
sabres et de fusils, mais, la lutte terminée, la plupart des combattants 
restituèrent en assez grande quantité les objiets emportés pour le 
combat. 

ARTOIS (rue d') -<-hss rue de la Boëtie, 96 ss— >- rue Washington, 52 [Elyske, 
Faiihoitrg du Roule, 8<= an*. 373 m.] 

Décidée en 1778, elle ne fut ouverte qu'en 1822, sur des terrains de 
l'ancienne pépinière qui avaient appartenus au comte d! Artois et der- 
rière les écuries de ce prince, d'oîi son ancienne dénomination. Elle 
n'allait pas encore jusqu'au faubourg Saint-Honoré. On y joignit plus 
tard une rue formée à la fin du siècle dernier, qui s'étendait de la rue 
de Berry à la rue de l'Oratoire. Enfin en 1823, elle fut prolongée jus- 
qu'à la rue Washington. Elle s'est appelée un moment rue Neuve-de- 
Poitietrs. Et de 1848 à 1850, rue de la Réforme à cause de son voisinage 
avec la riie de V Oratoire. Depuis 1897 on a supprimé: Ecuries et laissé 
rue d'Artois. 

Le comte Alfred de Yigny, poète et romancier, mourut le 17 sep- 
tembre 1863, au n° 6 de cette rue, il était né en 1797 à Loches (Voir 
Alfred de Vigny). 

ARTISTES (cour des) -<— s; boulevard d'Italie, 55 s^->- rue Jonas, 2 [Gobelins, 
Maison-Blanche, 138 arr. 225 m.] 

Nom donné par le propriétaire dans l'intention d'y grouper des 
artistes. 

ARTISTES-MONTROUGE (rue des) ■<-^. avenue de Mont-^ouns et rue 
d'Alésia s— v rue Saint- Yves, 2 [Observatoire, Santé, 14« arr. 170 m.] 

Ainsi dénommée en 1863 à cause des artistes qui la fréquentaient. 

ARTS (impasse des) située rue du Trône, 5 [Reuilly, Picpus, 12o arr. 55 m ] 

Nom donné par M. Piat sculpteur, propriétaire de cette impasse. 

— 61 — 



^ l ris -eL-iMétiei's 

ARTS (passade des) -«— • rue de Vanves, 33 «-> rue Edouard-Jacques 16 
[Observatoire, Plaisance, 14« arr. 58 m.] 

Voie privée habitée par des artistes, ouverte en 1839. 

ARTS (pont des) -4— «k quai du Louvre »-^ quai Conti et quai Malaquais 
[Louvre, Saint-Germain-l'Aiixerrois, l*"" arr. ; Lvxembovrg, Monnaie, 6" arr. 
155 m.} 

Ce pont commencé en 1802", a été achevé en 1804 et restauré en 1854. 
Lors de sa création il était orné de chaque côté d'arbi^s en caisses et de 
bancs ; les arbres ont été supprimés, les bancs seuls sont restés. Le 
nom de pont des Arts lui vient du voisinage de l'Institut (autrefois 
appelé le Palais des ArtsJ. 

En 1190, s'élevait à quelques mètres au-dessus de ce pont, sur le 
quai du Louvre, une grosse tour, dite Tour qui fait le coin, parce qu'en 
eft'et elle formait le coin et la limite de l'enceinte de Philippe-Auguste 
et se reliait à la ïour de Nesle, placée de l'autre côté du fleuve (quai 
Conti, emplacement de l'Institut) à l'aide de foi"tes chaînes de fer, 
supportées par des bateaux. 

Ce pont, cher aux aveugles, joueurs de clarinettes, était autrefois 
recouvert de planches vermoulues et mal jointes qui laissaient entre- 
voir l'eau en-dessous, inutile d'ajouter qu'il était presque toujours en 
réparations ; depuis bientôt vingt ans ce pont a été bitumé sur toute 
sa longueur et forme aujourd'hui, une très jolie promenade pour les 
piétons qui seuls y sont admis. Autrefois et jusqu'en 1849 on payait 
iiîi so^i pour passer ce pont, de là le quatrain si connu: 

N...l'éinulo des Arts 
Pousse si loin rceonomie 
Qull passo sous le pont des Arts 
Pour aller à l'Académie. 

ARTS (villa des) située rue Plerre-Giaier, 15 [Montmartre, Grandes-Carrières, 
18* arr. 35 m.] 

Eenferme de nombreux ateliers d'artistes. 

ARTS-ET-MÉTIERS (conservatoire des) situé rue Saint-Martin, 292 
[Temple, Arts-et-Métiers, 3» arr.] 

Le 22 prairial an vi (10 juin 1798) la Convention Nationale ayant, 
sur le rapport de l'abbé Grégoire, évêque de Blois, voté la création 
d'une Ecole des Arts-et-Métiers, la collection à exposer se composa 
d'abord des trois dépôts d'objets spéciaux de mécanique, de phy- 
sique, etc., placés l'un au Louvre, l'autre à l'Hôtel Mortagne qu'habi- 
tait Yaucanson (rue de Charonné) et le troisième rue de FUniversité. 

En 1795, le Conseil des Cinq Cents décida que les bâtiments non 
encore vendus de Y Ancien 'prieuré de Saint-Martin-des-Champs {Votr 
Eglise Saint-Nicolas-des-Champs), recevrait les collections de l'Ecole 

— 62 — 



A rts-et-Mc'liers 

ou Conservatoire des Arts-et-Métiers et le 6 mai 1798, oette décision fut 
exécutée. Il n'y avait alors au catalogue que 495 objets ; en 1889, la col- 
lection comprenait 11.703 objets ou séries d'objets exposés. 

L'ancien prieuré royal de Saint-Martin-des-Champs, défendu par 
des murailles et des tourelles crénelées, avait été fondé en 1000 par 
Henri I^"", roi de France. Il occupait à peu près l'espace compris entre 
les rues Réaumur, Turbigo, Volta, Yaucanson, du Vertbois et Saint- 
Martin. Il jouissait du droit de justice et avait par conséquent bailli, 
prison et champ clos. La prison située d'abord rue Saint-Martin fut 
détruite en 1712 et reconstruite à l'angle de la rue du Yertbois {Voir 
Fontaine du Vertbois). Le champ clos était également rue Saint- 
Martin, c'est là qu'eut lieu le 29 décembre 1326, le dernier combat 
judiciaire ordonné par le Parlement {Voir Eglise Saint-Nicolas-des- 
Champs). 

De 1845 à 1851, les bâtiments du Conservatoire des Arts-et-Métiers 
ont été restaurés, réédifiés et l'entrée ornée d'ornements allégoriques. 
Des inscriptions rappellent l'historique de VAhhaye de Saint-Martin~ 
des-Chavips, et la date de sa fondation (vu® siècle). 

On raconte « que vers 365 saint Martin guérit un lépreux dans la 
campagne près de la ville. Un oratoire construit en branches d'arbres 
consacra le souvenir de ce miracle. Grégoire de Tours en parle dans 
son récit de l'incendie qui désola Paris en 586 ; cet oratoire fut sans 
doute l'origine du monastère de Saint-Martiîi-des-Champs. En 629 
Dagobert ayant accordé une foire à l'abbaye de Saint-Denis, en fixa la 
champ dans un lieu nommé le Pa^^ ou le Po7it Saint-Martin, ce champ 
était situé entre les basiliques de vSaint-Martin et de Saint-Laurent. La 
basilique de Saint-Martin succédant à l'ancien oratoire fut détruite 
par les Normands en 1060. Mais Henri P"" promit de la réédifier, et 
elle le fut en effet sept ans après. Il y plaça les chanoines séculiers de 
Saint-Martin, qui furent remplacés en 1079 par des i-eligieux de Cluny, 
c'est alors que VAhhaye de Saint-Martin, devint Prieuré de Saint-Mar- 
tin-des-Champs (1097). » Les chanoines prélevaient une redevance sur 
les duels judiciaires qui se livraient sur leur propriété. Cette redevance 
était fixée à 60 sols pour le vaincu roturier et à 60 livres pour le vaincu 
gentilhomme : d'oii ce vieux proverbe : Les vaincus paient l'amende. 
Le Prieuré Saint-Martin-des-Champs fut supprimé en 1790. 

La Bibliothèque du Conservatoire est placée dans l'ancien réfec- 
toire du prieuré. Depuis 1848 l'ancienne église a été affectée au dépôt 
des machines à vapeur. Dans la cour on remarque les statues de Denis 
Papin et de Leblanc (Voir ces noms). Le gi'and escalier restauré et 
décoré de 1860 à 1862 a été construit en 1786 sur les dessins de l'archi- 
tecte Antoine. Le réfectoire est l'œuvre de Pierre de Montreuil. 

Le Conservatoire fut comme le chef-lieu de l'insunection du 13 juin 1849: 
Une trentaine de représentants du peuple réunis dans la grande 
salle sous la protection de la garde nationale furent cernés par la troupe 

— 63 — 



Asiles de naît 

mmmmmÊmmmmÊmimmÊmÊmmÊtmm 

de ligne; Ledru-Ilollin parvint à s'échapper, mais sept de ses coll- 
lègues furent arrêtés. 

Une ordonnance de 1G5G, décida « que les compagnons des Arts et 
Métiers, qui après avoir terminé leur apprentissage épouseraient les 
filles de la maison des Filles de la Miséricorde, fondée par Séguier, au 
n" 23 de la rue Censier, seraient reçus dans la corporation (Voir Cor- 
porations) « sans faire de chef-d'œuvre et sans payer aucun droit 
de réception. » 

D'après un récent projet de 1902', une nouvelle Ecole des Arts et 
Métiers serait créée sur l'emplacement de l'ancien abattoir de Yille- 
juif (boulevard de l'Hôpital) et ses bâtiments terminés en 1905. 

ARTS-ET-MÉTIERS (square des), situé en face du Conservatoire des Arls- 
el-Méiiers [Templk, Aris-ct-Métiers, î{« an-.] 

Ce jardin a été ouvert en 1858, ce fut un des premiers squares, 
établis à Paris. On y a placé au centre une colonne dite de la Victoire 
élevée à la mémoire des troupes de Crimée par les soins de l'architecte 
Davioud, la statue de la Victoire est de Crauk, la colonne porte les 
dates des grandes batailles gagnées par les troupes alliées (Français, 
Anglais et Turcs), contre les Russes : Aima (20 novembre 1854), Inker- 
niann (5 novembre 1854), Tchernaïa (1(3 août 1855) et Sèbaslopol (8 sep- 
tembre 1855). 

Les fontaines sont l'œuvre de MM. Ottin et Gumery. 

ASILE (passage de V) -*-^ passage du Chemin- Vert, 'i ss— > rue Popincourt, 53 
PopiACOuuT, Saiiu-Aiiibroisc, 11» iwf. 70 m.J 

Percée en 1834 et ouverte seulement en 1842. Elle doit son nom à 
une salle d'asile pour les pauvi'es, qu'on appelait Asile Popincourt. 

ASILE POPINCOURT (rue de 1') -e^s passage Moufile, 4 ss^->- rue Popin- 
court. 57 |l*opiNCOURT, Saint-Ainbroise, 11» arr. 160 m.] 

Voie privée tire son nom comme le passage de V Asile, d'un refuge 
pour les pauvres. Ouvert en 1834. 

ASILES DE NUIT. 

Le premier asile de nuit date exactement de 1179. Ce fut un riche 
maçon du nom de Garin qui donna une maison qu'il possédait rue de la 
Ti.reranderie, place de l'Hôtel-de- Ville (Voir ce 7wm). Après lui, un 
certain Imbert de Lions, bourgeois de la rue Saint-Denis, reprit cette 
idée et créa une sorte de refuge, appelé Sainte-Madeleine, où les mal- 
heureux recevaient l'hospitalité ; le lendemain ils étaient renvoyés avec 
un pain et un denier. Il existait également un hôpital de ce genre 
fondé par Nicolas Flaanel en 1407 au n° 51 de la rue deMontmorency 
(Voir ce nom), et un autre encore rue des Blancs-Manteaux, dans 
l'Hôtel du comte d'O. 

— 64 — 



Assas 

L'oeuvre de l'Hospitalité de Nuit dont le siège est n° 59 rue de 
Tocqueville est créée depuis 1878 ; elle a fondé depuis quelques années 
de nombreuses maisons de refuge où les malheureux quels qu'ils soient 
sont admis à passer la nuit. Après avoir reçu les premiers soins de 
propreté, ils sont couchés, nourris et quittent l'établissement le lende- 
main avec des vêtements et un peu de nourriture. 

L'ancien monastère des Filles-Dieu, de la rue Saint-Denis qui, après 
avoir quitté la maison que les frères de Saint-Lazare leur avaient 
fondée en 1832, était venu s'installer dans les bâtiments de l'hôpital 
de Sainte-Madeleine {Voir Alexandrie), était surtout un asile de nuit 
pour les filles repenties. Il y avait 12 lits pour 12 femmes mendiantes; 
elles y étaient logées pour une nuit, et congédiées le lendemain « avec 
un pain et un denier ». 

Outre la rue de Tocqueville, il convient de citer encore d'autres 
asiles: n° 39 rue d'Auteuil, quai Yalmy n° 107, rue des Récollets, boule- 
vard de CHaronne n° 112, avenue du Maine n° 201, rue Labat n° 44, rue 
Fessard n" 37, iiie de Crimée n° 166, rue Laghouat n" 13, boulevard 
de Vaugirard, n° 14 (Maison Lamaze) et n°* 253 et 255 rue Saint- 
Jacques, spécialement réservée aux femmes et aux enfants ( Voir Hospi- 
talité DE Nuit). 

ASSAS (rue d') -<— s rue du Cherche-Midi, 27 s— > avi^nue de l'Observatoire, 2 
[Luxembourg, Odéon, Notre-Dame-des-Chanips, 6« iirr. 1190 ni.j 

Cette rue a été commencée en 1797 et modifi.ée en 189G; elle est 
située sur l'emplacement des anciens couvents des Carmes (Voir rue de 
Yaugirard) et du Cherche-Midi, supprimés en 1790. La rue de VOiiest 
qui a été englobée en 1868 dans le tracé actuel était située entre la rue 
de Yaugirard et l'avenue de l'Observatoire; elle avait été ouverte en 
1796 sur les terres de l'enclos des Chartreux. 

Le nom à' Assas lui a été donné en l'honneur du chevalier Nicolas- 
Louis d'Assas, né au Yigan (Gard) le 23 août 1733 ; capitaine an 
régiment d'Auvergne, connu par sa mort héroïque à la bataille de 
llhimberg, près de Clostercamp, le 16 octobre 1760, où il commandait 
une compagnie d'avant-garde. Surpris par les Autrichiens et menacé 
de mort s'il appelle à son secours, il n'écoute que son courage et pour 
avertir les Français il s'écrie : A moi, Auvergne, faites feu, ce sont les 
ennemis! et tombe aussitôt percé de coups. Quoique cette version ait 
été mise en doute et jusqu'à preuve contraire le chevalier d'Assas 
passera pour le héros de Clostercamp. 

Au n° 23, Institut Catholique; au n° 28, maison oii mourut l'as- 
tronome Foucault en 1868 et où fut expérimenté pour la première fois 
le célèbre pendule relatif à la démonstration de la rotation de la terre; 
au n" 44, est mort le 2 juin 1881 le grand Littré, auteur du Dictionnaire 
de la Langue française, il était né à Paris le 1" février 1801 au n" 21 de 
la rue des Grands- Augustins. Le sculpteur Falguière (Voir ce nom), 

— 65 — 



Assistance publique 

logeait au n" 68; au n° 76, habita dans les dernières années de sa vie 
(1865) l'historien Miohelet; parisien comme Littré, il était né en 1795 
au n° 4 de la rue de Tracy à l'angle de la rue Saint-Denis {Voir rue 
Saint-Denis) ; au n" 86, demeure Morice statuaire et auteur du monu- 
ment de la République, érigé place de la République (Voir Répu- 
blique) ; au n** 89, Clinique d'accouchement du D"" Tarnier; au n° 128, 
est l'Ecole Alsacienne. 

ASSELIN (rue) <—^. boulevard de la Villette, 94 'is^-*- rue Bolivar, 97 [Buttes- 
CiiAUMONT, Combat, 19» arr. 114 m.] 

Ouverte en 1840 par MM. Asselin et Cie qui lui ont donné leur nom. 

ASSELINE (rue). 

Ce nom adopté en juillet 1903 sera donné prochainement à une rue 
de Paris, probablement à la rue Sainte-Alice (Voir ce nom). 

Louis Asseline, littérateur français, né à Versailles 1829, mort le 
6 août 1878. Il fonda en 18G6, La libre pensée, organe de la doctrine 
du matérialisme scientifique. Maire du xiv^ arrondissement, il se pré- 
senta à la députation et collabora en 1872 au Peuple souverain. 

ASSISTANCE PUBLIQUE, située 3, avenue Victoria [Motel-de- Ville, Saint- 
" Gervais, 4* arr.J 

L'Assistance publique centralise tous les hôpitaux généraux et spé- 
ciaux de Paris. Elle a le droit d'inspection sur tous les hospices et mai- 
sons de santé et possède de nombreuses maisons de secours et hospi- 
talières du ressort des bureaux de bienfaisance dispersés dans les 
20 arrondissements. Les bâtiments de l'Assistance publique, occupent 
l'emplacement des anciennes rue aux Coulons et aux Oës, aiu Chevet 
Saint-Christophe, du Porche Sainte-Geneviève, qui toutes trois, dataient 
de 1295. et 1313. 

Cette administration, dont les bareaux étaient primitivement dans 
un édifice construit en 1747 par l'hospice des Enfants-Trouvés, place 
du, Parvis Notre-Dame et qui avait été transférée en 1800 dans les bâti- 
ments de l'Oratoire rue d'Enfer (aujourd'hui rue Denfert-Rochereau), 
a été créée en 1848 pour remplacer le conseil des Hôpitaux et des 
Hospices, mais son origine remonte au Bureau des pauvres. Ce fut 
Jean Morin, prévôt des marchands, qui, en 1544, obtint de Fran- 
çois I®"" des lettres patentes qui attribuèrent à ce magistrat et aux éche- 
vins l'entretien des pauvres de la Ville donî jusqu'alors le Parlement 
avait eu la principale direction. A cette époque la bienfaisance était 
déjà convertie en impôt. 

Une ordonnance du 10 avril 1721, confirmant les anciens édits, 
enjoint aux directeurs de théâtre de donner un neuvième de leurs 
recettes au receveur de l'Hôtel-Dieu de Paris pour être employé au. 
soulagement des pauvres. Cette ordonnance est encore en vigueur, mais, 

— 66 — 



Astorg 

au lieu de verser à l'Hôtel-Dieu, c'est TAssistanoe publique, qui est 
chargée du recouvrement des sommes à percevoir dans les théâtres, 
concerts, etc. 

ASSOMPTION (chapelle de 1'), située rue Sainl-IIonoré, 263 bis [Louvre, 
Place Vendôme, 1«'' arr.] 

Cette chapelle occupe l'emplacement d'un hôtel que possédait à 
cet endroit le cardinal François de la Rochefoucauld et dans lequel 
en 1G22 il installa le couvent des Haudriettes {Voir Haudeiettes) qui 
prit alors le nom de F iUes-de-V Assomption ; de 1670 à 1G7G, les reli- 
gieuses firent construire la chapelle existante ; ce lut le peintre Charles 
Erard, premier directeur de l'Académie de France à Rome, qui en 
fournit les dessins. 

En 1790, le couvent des F ilïes-de-V Assomption fut supprimé; sur 
son emplacement on a ouvert la rue de Moiido^'i, uiie partie de la rue 
du Mont-Thabor, la rue Camhon, etc. Au n° 9 de la rue Cambon une 
partie des anciens bâtiments du couvent ont existé jusqu'en 1899, 
époque à laquelle ils ont été démolis et remplacés par la nouvelle 
Cour des Comptes, dont l'entrée principale est maintenant au n° 44 de 
la rue du Mont-Thabôr. Ils avaient servi longtemps de caserne et 
jusqu'en 1870 de dépôt pour les Archives du Ministère des Finances, 
alors que ce ministère était rue du Mont-Thabor {Voir Ministère des 
Finances) . 

L'Eglise du couvent distraite de la vente des autres bâtiments fut 
affectée par décret du 13 avril 1803 à l'établissement d'un magasin 
de décors pour la Comédie-Française et l'Opéra. Dès que jN^apoléon fut 
nommé empereur il rapporta ce décret et rendit V Eglise de rAssoTnj)- 
tion au culte comme paroisse du i"'' arrondissement. Désaffectée pen- 
dant plusieurs années, depuis 1898, cette église a été de nouveau consa- 
crée pour la célébration du culte de prêtres polonais nommés Résurrec- 
tionnaires. 

C'est de cette église que partirent les enterrements du général 
Lamarque et du duc de Liancourt, préludes des fameuses journées 
de 1848. 

ASSOMPTION (rue de V) <^s^ rue La P'ontaine, 2 et rue de lîoulainvilliers, 19 
ss— *- boulevard Beauséjour, 67 [Passy, Aiiteuil, La Muette, 16e arr. 862 m.] 

Indiquée à l'état de chemin sur le plan de Roussel (1731) elle 
s'appelait r)rimitivement rtie des TomhëreautX. Le nom de VAssorap- 
tion lui a été donné en 1854 à cause du voisinage du couvent des 
Dames de l'Assomption situé aux n"" 17 et 25 de cette rue; aun°58, 
ancien couvent des Missionnaires de la Miséricorde. 

ASTORG (rue d') <-iSi rue de la Ville-L'Evèque, 2i 3s-> rué de la Boëtie, 1 
[Elysiîe, Madeleine, 8e arr. 280 m.] 

La partie de cette rue qui va de la rue de la Ville-Lévêque à la rue 

— 67 — ' 



Athènes 

Roquépine a été formée en 1774 en prolongation de la rue Verte 
aloi"s existante et ainsi dénommée à cause des pépinières qu'elle traver- 
sait. L'autre partie qui rejoint la rue de la Boëtie ne le fut qu'en 1778. 
Quant au tronçon qui allait autrefois rejoindre la nie de La borde, il 
a été supprimé lors de l'ouverture du boulevard Malesherbes. 

Le nom d'Astorg lui a été donné en mémoire de Louis d'Astorg 
d'Aubarède, marquis de Roquépine, connu aussi sous le nom de comte 
de Barbasan, lieutenant général des armées du roi en 1762 et proprié- 
taire des terrains sur lesquels cette rue fut percée en 1774. 

Aux n°* 8 et 10, on remarque l'Hôtel de M. le comte de Greffulhe; 
au n" 12, est l'Hôtel du comte de l'Aigle; le n° 14, est une école mater- 
nelle de la Yille; au n° 26, marchand de vins à l'enseigne de la Tête 
d'Or; au n° 19, marchand de vins grille empire peinte. 

ASTROLABE (impasse de 1'), située rue de Vaugirard, 117 [Vaugiuard, 
Necker, 158 arr. 100 m.] 

Précédemment imjya.sse Béranger, elle a reçu en 1877 la dénomina- 
tion actuelle en mémoire du navire commandé par Dumont-d'llrville 
dans son voyage autour du monde (182G-1829),et d'un des navires de 
l'expédition de La Pérouse (1785-1788) qui tous deux portaient le nom 
à' Astrolabe (instrument d'astronomie servant à mesurer la hauteur 
des astres). 

L'autre motif qui a fait que ce nom a été donné à cette impasse est, 
qu'elle est voisine de la gare Montparnasse, oii le célèbre navigateur 
Dumont-d'Urville périt dans l'affreux accident de 1842 {Voir Dumont- 
d'Urville). a cette époque les portes de wagons étaient fermées à clé, 
et à la suite d'un violent incendie qui se déclara dans les voitures du 
train revenant de Versailles en gare de Montparnasse, une grande quan- 
tité de voyageurs périrent asphyxiés et carbonisés dans leurs compar- 
timents sans qu'il ait été possible de les secourir. 

ATHÉNÉE-COMIQUE, situé square de l'Opéra [Opkra, C/iaiissce-d'And/i, 
9" arr.] 

Ce minuscule théâtre fut fondé en 1860 par les époux Montrouge des 
Folies-Marigny, rue Scribe à l'angle de la rue des Mathurins (Voir 
Mathurins). La salle de spectacle étant au sous-sol la préfecture de 
police la fit fermer à cause des dangers qu'elle présentait en cas d'in- 
cendie. Reconstruit sous le nom de Comédie-Parisienne, rue Boudreau,. 
il fut inauguré le 15 décembre 1893, et a repris aujourd'hui le nom 
d'Athénée-CoTnique, avec L'Enfant du Miracle, Madame Flirt, etc. 

ATHÈNES (passag^e d') -^-m rue Saint-Honoré, 178 a»— v rue du Cloître- 
Saint-Iionoré, 16 [Louvre, Palais-Royal, l*"" arr. 32 m.] 

Etabli en 1793, il doit son nom à un hôtel dit d'Athènes qui y était 
situé. 

— 68 — 



d 



Auher 

ATHÈNES (rue d') -<— ss rue de Clichy, 21 s— v rue d'Amsterdam, 38 et rue 
de Londres, 38 [Opiîka, Saint-Georges. 9" arr. 211 m.] 

Ouverte en 1826, elle fut appelée d'abord, rue de Tivoli, parce que 
le jardin de Tivoli existait à cette époque au n° 1 de la rue de Clichy 
{Voir Clichy); au n" 8, Société des Agriculteurs de Fsance. 

En 1881, lors de la création de la place de l'Europe on lui donna le 
nom de la capitale 'de la Grèce. 

ATLAS (passage de V), situé rue de l'Atlas, 10 [Buttes-Ghaumont, Combat, 
19« arr. 90 m.] 

Alors que la rue Réheval, s'appelait rue Saint-Laurent, ce passage 
qui était seulement une impasse avait nom Saint-Lcmrent, ce fut 
ensuite le passage Réheval et enfin en 1877 le voisinage de la rue de 
V Atlas, lui fit donner la même dénomination {Voir rue de TAtlas). 

ATLAS (rue de 1') -*-^ l'ue Rébeval, 1 s— >- rue Bolivar, 67 [Buttes-Ghaumont, 
Combat, 19'' arr, 258 m.] 

Anciennement cette rue faisait partie de l'impasse Rébeval, elle 
devint ensuite la rue Richer et en 1877 on lui donna le nom de l'Atlas, 
chaînes de montagne qui s'étendent au N.-O. de l'Afrique du cap Bon 
(Méditerranée) au cap Gers (Atlantiqiie) à travers la Tripolitaine, 
la Tunisie, l'Algérie et le Maroc. 

Sur un plan de 1672 (Jouvin de Rochefort), cette rue figure à l'état 
de chemin aboutissant aux carrières. 

AUBE (rue) -*— s quai de la Gité s-^ rue de Lutèce, 2 [Hotel-de-Ville, Notre- 
Dame, 4'= arr. 70 m.] 

Décrétée en 1865, cette rue n'a été dénommée qu'ien 1875. Le 
voisinage du Tribunal de Commerce dont M. Aube avait été président 
lui valut cette appellation. 

La façade du Conseil des Prud'hommes est dans cette rue. 

AUBER (rue) -<— s place de l'Opéra, 5 ^->- rue Tronchet, 36 et boulevard 
Haussmann, 53 [Opéra, Chaussée d'Antin, 9'= arr, 396 m.] • 

Formée en 1858, cette rue s'appelait primitivement rue de Rouen, 
parce qu'elle conduit à la gare de l'Ouest qui dessert la Normandie. 
Ce n'est que le 2 mars 1864 qu'elle devint rue yl/<i<?/- à cause de l'Opéra 
qu'on construisait alors sur la place de l'Opéra. [Voir ce nom.) 

Daniel-François-Esprit Auber, un des plus charmants composi- 
teurs français, naquit à Caen le 29 janvier 1782 et mourut le 12 mai 1871 
dans un petit hôtel de la rue Saint-Georges n°^ 22 et 24. Auber est l'au- 
teur de la Muette de Portici, du Domino noir, de Fra Diavolo, des 
Diamants de la Couronne et de cent autres opéras-comiques plus connus 
les uns que les autres. Auber est enterré au Père-Lachaise. 

Au n° 6, est la Compagnie Transatlantique ; à l'angle de cette rue 

— 69 — 



Âubi iot 

et cUi boulevard des Italiens est situé le Grand-Hôtel. Depuis quelques- 
années seulement, la rue Auber, comme sa voisine, la rue Scribe est 
devenue une véritable rue de Londres, On n'y voit que des inscriptions 
en anglais; cela tient à ce qu'un grand nombre d'agences de voyage, 
de paquebots et de tailleurs « high life » sont venus, s'y établir. 
Presque toutes ces nouvelles boutiques « modem style » sont en aca- 
jou verni et d'un très joli aspect. 

AUBERVILLIERS (rue d') <-si. boulevard de la Chapelle, 2 el de la Vil- 
lette,244 rs > boulevard Ney et Macdoiiald [Montmartre, Za Chapelle, IS'^ari'. ; 
BuTTES-CiiAUMONT, Pont de Flandre, 19" arr. 1700 m.] 

En 184^, la rue d' Aubervilliers, s'appelait rue des Vertus et n'allait 
que jusqu'à la rue Riquet ; l'autre portion appelée chemin d' Aubervil- 
liers, parce qu'il conduit à Aubervilliers, portait en 1731 le nom de 
chemin de A' otrc-Dani e-des-V eiPus ; depuis 1855, elle a pris la déno- 
mination à' Aubervilliers dans toute son étendue; aun''48, est l'impasse 
d' Aubervilliers, qui avant 1877 se nommait impasse de V Entrepôt à 
cause de l'Entrepôt de la Yillette; au n" 104, sont les bâtiments de 
l'Administration des Pompes funèbres, autrefois rue Alibert. 

AUBLET (villa), située rue Laugier, 44 (Batioolles, Les Ternes, 17*= arr. 
108 m.] 

Voie privée, formée en 18G2 par. M. Aublet, propriétaire. 

AUBRIOT (rue) -<-^s rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, 16 3-> rue des 
Blancs-Manteaux, 15 [IIotel-de-Ville, Saint-Gervais, 4" arr. 94 m.] 

Primitivement rue du Puits-au-Marais, elle existait déjà au 
xiti" siècle. Son nom actuel date seulement de 18G7. 

Hugues Aubriot, prévôt de Paris sous Charles Y, fit construire la 
Bastille, dont la première pierre fut posée le 22 avril 1370, et les vieux 
ponts Saint-Michel et au Change, ainsi que le Petit Châtelet. 

Ce fut sous la prévôté d'Hugues Aubriot en 1369, qu'éclata l'insur- 
rection dite des Maiïlotins parce que, à la suite de nouvelles taxes, le 
peuple refusant les impôts exagérés dont le frappait journellement le 
duc d'Anjou, s'empara des maillets de plomb qui étaient à l'Hôtel de 
Yille et s'en servit pour assommer les percepteurs. 

On a prétendu à tort qu'Hugues Aubriot, était mort dans les cachots 
delà Bastille; Hugues Aubriot, né à Paris en 1320, mourut au châteati 
de Sommières près de Lyon en 1387. 

Au n° 2, à l'angle de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, on 
remarque une inscription latine : Ecce mater tria , aittrefois au-dessus 
d'une madone et qui, comme beaucoup d'autres, a du être enlevée et 
brisée en 1793 (Voir rue de la Madone). 

Au n° 10, Hôtel d'Bavis, joli portail du xvii* siècle; escalier et 
cheminées rem^àrc^uables. 

— 70 — 



A lisser 

AUBRY (cité) -<-^5 rue de Bagnolet, 15 ^^s—y rue de Bagnolet, 35 [Ménilmon^ 
TAîST, 7-*è/'e-Z,ac//ai5e, 20" arr. 210 m.] 

Toie privée, fondée par M. Aubry, propriétaire. 

AUBRY-L.E-BOUGHER (rue) -<-€£ rue Saint-Martin, 103 ss— >- boulevard 
Sébastopol, 24 [IIotel-de-Ville, Saint-Merry, 4« arr. 100 m,] 

Cette rue est citée dans un acte du mois d'avril 1275 sous le nom 
de nicu!^ Aïbèrici-Carniûcis (Albéric-le-Boucher), dont par corrulp- 
tion.on en a fait Aubry-le-Boucher. 

La maison n° 18 a été construite sur l'emplacement de l'ancienne 
église Saint- J osse ,(\\\i datait du x® siècle, reconstruites en 1679, elle fut 
supprimée et démolie en 1790. 

AUDE (impasse de V), située me de l'Aude, 16 [Observatoire, Santé, 14" arr. 
40 m.] 

Précédemment imjjasse Saint-Charles, le voisinage des réservoirs 
de la Vanne, lui a fait donner en 1877, le nom de la rivière de l'Aude 
(Voir ce nom). 

AUDE (rue de 1') x— ss avenue de Montsouris s— >- rue de la Tombe-Isoire, 93, 
Observatoire, Santé, 14« arr. 215 m.] 

S'appelait primitivement rue de Gentilly-Saint-M arcel ou rue du 
Chemin allant à Gentilly. Depuis 1877, elle se nomme rue de l'Aude. 

(La Fa?i'/re, prenant sa source dans- le dépaiiement de I'Aube on est 
surpris que l'Administration ait cru devoir lui donner le nom à' Aude 
qui est une rivière de la Méditerranée {Voïj- impasse de /'Aude). 

AUDRAN (rue) -<^-s rue Véron, 26 zs^ >■ rue des Abbesses, 47 [Montmartre,. 
Grandes-Carrières, 18« arr. 60 m.] 

Cette rue qui date de 1839, a porté d'abord le nom de rue Neuve- 
Véron, puis celui de Gérard Audran, célèbre graveur lyonnais 
(1640-1703), qui a gravé les œuvres de Mignard, Lesueur, Le Bran 
et Poussin. Xe pas confondre avec Audran, l'auteur de La Mascotte, de 
Miss Helyctt et du Grand Mogol né à Lyon en 1842, mort à Paris le 
17 août 1901. 



AUGER (rue) -«-^î l)oulevard de Charonne, 36 s—*- rue d'Avron, 16 [Ménil- 
MOisTANT, Charonne, 20" arr. 105 m.] 

Formée en; L844,.elle s'appelait alors rue des Ormes. En 1864 on lui 
a donné le nom de Charles Auger, giénéral d'artillerie tué à la bataille 
de Soiférino en 1859. 

Il y a un passage Auger', qui poiie le nom de son propriétaire. 
(impasse du Rouet, xiv'' arrondissement). 

— 71 — 



A ugiiste- Comte 

AUGEREAU (rue) <-& rue Saint-Dominique, 139 ^-^ rue de Grenelle, 216 
[Palais-Boukbon, Gros-Caillou, 1" arr. 20 m.] 

Précédemment passage Sfiint-DoTninique a reçu, en 1894, le nom 
d'Augereau, maréchal de France, duc de Castiglione, né à Paris 
en 1757, mort en 1816. Augereau se signala dans toutes les cam- 
pagnes à la tête des armées de la République et du premier Empire. 

AUGUSTE-BARBIER (rue) <-s rue Fonlaine-au-Roi, 39 ss-> avenue Par- 
menlier, 125 [Popincouut. Folie-Mcricourt, 13<" arr. 120 m. 

Anciennement rue Provost du nom de son propriétaire, cette rue est 
devenue en 1897, la rue Auguste-Barbie/-. 

Henri-Auguste Barbier, poète français, membre de l'Académie fran- 
çaise, naquit à Paris le 28 avril 1805 et mourut en 1882. C'est en 1830 
qu'il composa les ïambes, et en 18'U, La Curée, remarquable diatribe 
contre Napoléon I""" « le Corse aux cheveux plats » et tous ceux qui 
flattent les chefs du pouvoir. Son fils Jules Barbier, l'auteur de la plu- 
part des livi-ets des grands opéras célèbres: Galathée en 1852, Les Noces 
de Jeannette, Mignon, Carmen, Faust, Ttonnéo et Juliette, etc., etc., 
naquit à Paris en 1825 et mourut le 18 janvier 1901. 

AUGUSTE-CAIN (rue) <-m avenue de Châiillon, 58 3^-> rue des Plantes, 69 
[Observatoiue, Petit-Montrouge, 14'' arr. 150 m.] 

Ouverte en 1896 elle doit son nom à Auguste Cain, né en 1822, mort 
le 7 septembre 1894, célèbre sculpteur animalier, auquel on doit les 
groupes des Palais du Trocadéro, des Tuileries, de l'Hôtel de Ville, etc. 

Son fils, Georges Cain, né à Paris le 26 avril 1856, peintre érudit et 
apprécié, aujourd'hui directeur du Musée Carnavalet s'est longtemps 
adonné à l'histoire de Paris dont il s'est plu, dans ses tableaux, à rap- 
peler des scènes intéressantes, telles que : Le buste de Marat aux Halles ; 
Une barrieade en 1830; Une rixe au café de la Rotonde; Une noce 
sous le Directoire, etc., etc. 

Auguste Cain habitait au 19, rue de l'Entrepôt {Voir Entrepôt). 

AUGUSTE-COMTE (rue) <-zs, boulevard Saint-Michel, 66 5s->- rue d'Assas 
[Panthéon, Odéon, 6^ arr. 435 m.] 

Créée en 1866, un arrêté du 10 novembre 1873 lui avait fait donner 
le nom de rue de V Ahhé-de-VEpée, ce n'est qu'en 1885 qu'elle fut 
dénommée rue Auguste-Comte, 

Auguste -Isidore-Marie -François -Xavier Comte, né en 1798, mou- 
rut en 1857, au n° 10 de la rue Monsieur-le-Prince. Mathématicien et 
philosophe, fondateur de l'école positiviste, ami de Saint-Simon, il 
était professeur à l'Ecole Polytechnique. La doctrine positiviste se ren- 
ferme dans cet axiome : L'amour pour principe, l'ordre pour base, le 
progrès pour but. 

Au n° 5, est le Lycée Molière ; au n° 9, Lycée Montaigne, construit 
en 1885. 

— 72 — 



Auguste-Mie 

La statue d'Auguste Comte, œuvre du sculpteur Injalbert, a été 
érigée le 18 mai 1902 sur la place de la Sorbonne. 

AUGUSTE-LANÇON (rue) -<-^e rue de la Colonie, 26 s— >- rue de Rungis 
[GoBELiNS, Maison-Blancke, 13" arr. 430 m.] 

A été form.ée en 1844. 

Auguste Lançon, publiciste et aqua-fortiste français, naquit le 
9 août 1820 et mourut en 1886. Il a laissé d'importants ouvrages sur 
l'économie politique et les travaux de Paris. 

AUGUSTE-LAURENT (rue) 

Ce nom adopté par le conseil municipal le 12 juillet 1903, doit être 
donné à une rue nouvelle. 

Auguste Laurent, chimiste français, naquit à La Folie près de 
Langres en 1808, et mourut en 1853. Heçu à l'Ecole des Mines en 1826, 
il fut bientôt nommé répétiteur de chimie à l'Ecole Centrale, où il se 
livra à des études sur la naphtaline. Obligé de quitter pour poursuivre 
ses études, il obtint en 1838, comme docteur es sciences, une chaire 
à Bordeaux. Rappelé à Paris, comme essayeur à la Monnaie, il loua 
un modeste laboratoire dans un sous-sol de la rue Guénégaud où il 
finit de compromettre sa santé. La phtisie s'empara de lui et ce savant 
qui usa sa vie dans un labeur constant, en proie aux critiques malveil- 
lantes, mourut le 15 avril 1853 laissant une veuve sans fortune avec 
deux enfants en bas âge. 

Le 23 août 1903, un monument a été élevé à la mémoire du savant 
chimiste qu'était Auguste Laurent, 

AUGUSTE-MAQUET (rue) -*-^; boulevard Exelinans. 7 s^->- boulevard 
Murât, 185 [Passy, Muette, 16« arr. 100 m.] 

Créée en 1896. 

Auguste Maquet, littérateur et romancier, naquit en 1813. Col- 
labora, avec Alexandre Dumas père, aux Trois Mousquetaires, Vingt 
ans ajnès, Bragelonne, Mohicans, Balsamo, c'est-à-dire à tous les grands 
romans du maître. Il est l'auteur de La Belle Gahrielle, de La Maison 
du Baigneur, et du drame Le Courrier de Lyon, qu'il écrivit sans le 
signer. Officier de la Légion d'honneur, il mourut le 8 janvier 1888 
dans son château de Saint-Mesme, gagné, comme il aimait à le dire : 
« avec sa plume seule ». 

AUGUSTE-MIE (rue) -<-s rue Froidevaux, 71 s-> avenue du Maine, 97 
[Obskrvatoire, Montparnasse, 14<= arr. 50 m.] 

Anciennement chemin de Vanves, elle est tracée sur le plan de 
Jouvin de Rochefort (1670) ; depuis 1885, elle porte le nom d'Auguste 
Mie. 

Auguste Mie, fut l'imprimeur républicain, qui en juillet 1830, 

— 73 — 



A II mont . 

fournit ses presses pour imprimer la fameuse proclamation des journa- 
listes contre les ordonnances royales de Charles X. 

AUMAIRE (rue). (Voir rue au Maire) 

AUGUSTE-VACQUERIE (rue) ^-^s rue Newton, 3 ss-> rue Dumont-d'Ur- 
ville, 12 [Passy, Cliaillot, 16'' arr. 268 m.] 

Ancienne rtie des Bhssins en 1836, à cause du voisinage des Bassins 
ou réservoirs qui alimentaient la pompe à feu de Cliaillot, elle a pris 
en 1895, le nom de Vacquerie, journaliste et auteur dramatique, né en 
1819, à Yillequier (Charent-e-Inférieure). Il mourut en 1895 dans son 
hôtel du n° 8 de la rwe Dumont-d'Urville. Yacquerie, fondateur du jour- 
nal « Le Rappel » était le beau-frère du grand poète Victor Hugo. 

On lui doit une belle traduction de Sophocle, et la pièce de Tragal- 
dabm, qui eut un succès retentissant à l'époque où elle fut représentée. 

AUGUSTIN-THIERRY (rue) -«—s rue Compans, V,i 3s-> rue des Prés-Saint- 
(iervnis, 1 'i|1ji;ïtes-Ciialimont, Amérique. 19" arr. 130 m.] 

Précédemment rue Thierry du nom de son propriétaire, en y ajou- 
tant, en 1895, le prénom à' Augustin, on en a fait la rue Augustin- 
Tliierry. 

Augustin Thierry, historien français, né à Blois en 1795, mourut 
en 1856. Il a laissé d'importants ouvrages ; Les Lettres sur l'Histoire 
de France et les Récits des Temps mérovingiens. 

AUMALE (rue d') ■*-€& rue Saint-Georges, 45 s»— >- rue de la Rochefoucauld, 26 
[Opéra Saint-Georges, 9*^ arr. 228 m.] 

Cette rue a été percée en 1846, sur les jardins du comte de Watte- 
ville, baron de Châteauvillain; elle a reçu le nom à'Aumale, ville de 
la province d'Algérie, en souvenir du duc d'Aumale, quatrième fils de 
Louis-Pliilipppe, né en 1823, qui fit les guerres d'Afrique, s'empara 
d'Abd-el-Kader en 1835 et fut gouverneur de l'Algérie en 1847. 

Le duc d'Aumale, mort en 1897, fit partie, en 1873, comme prési- 
dent du tribunal qui condamna le maréchal Bazaine au bannissement. 
Le duc d'Aumale était membre de l'Académie française ; il est l'auteur 
de l'Histoire du prince de Condé. Exilé en 1886, il rentra en France 
après la donation qu'il fit à l'Académie française, du château de Chan- 
tilly et de ses collections ( Voir Chantilly). 

François Mignet, historien, membre de l'Académie française et 
ami de Thiers, est mort le 24 mars 1884 au n° 14 de cette rue. Il était 
né à Aix-en-Provence, le 8 mars 1796 {Voir Mignet). A l'angle de la 
rue de La Rochefoucauld se voyait autrefois l'Hôtel du comte Clary. 

ACTMONT (ruift)i -«-« rue Tolbiac, 127 s^->- avenue d'Ivry, 106 [Gobelins, Gare, 
13<- arr. 65 m.] 

Nom du propriétaire. Voie pnivée^ ouverte en 1894. 

— l'v — ■ 



AuHterlitz 

AUMONT-THIÉ VILLE (rue) -<^s rue Bacon, 11 îs-> boulevard Gouvion- 
Saint-Gyr [Batigxolles,. Ternes, 17« arr. 117 m.] 

Voie privée, ouverte en 1882, par M. Aumont Thiéville, proprié- 
taire. 

AUSTERLITZ (colonne d') [Voir Colonne Vendôme.) 

AUSTERLITZ (pont d') <-^ place Mazas 3^-> place Walhubert [Panthéon, 
[Jardin des Plantes, 5'' arr.; Reuilly, Quinze-Viiigls, 12" arr.; Gobeljns, Sal- 
pélrière, 13'" arr. 200 m.] 

Le pont d'Austerlitz fut décrété par Bonaparte, premier consul, le 
24 ventôse an IX (1802), construit sur les plans de l'ingénieur Becqué- 
Beaupré, on l'inaugura en 1806 en lui donnant le nom de la célèbre 
bataille remportée le 2 décembre 1805 par les Français sur les Russes 
et les Avitrichiens à Austerlitz en Moravie (Autriche). En 1815, les. 
x\lliés ramenant les Bourbons, jaloux du soleil d'Anstefi'litz, débapti- 
sèrent ce pont et lui donnèrent le nom de pont du jardin du Roi, ou 
po7it du jardin des Fiantes. En 1830, Louis-Philippe lui restitua son 
nom primitif. Depuis 1855, ce pont n'est plus payant. A la suite de 
nombreuses ruptures de fonte, qui le rendaient dangereux, le pont 
d'Austerlitz fut reconstruit en pierre en 1855 ; il a été élargi en 1887. 

AUSTERLITZ (quai d') -<— s boulevard de la Gare, 2 s^^ pont d'Austerlitz: 
[GoBELiNS, Salpé/rière, IS" arr. 901 m.] 

Appelé avant la Révolution et pendant la Restauration quai de 
VHôpital par suite du voisinage de l'Hôpital de la Salpêtrière, il a pris 
depuis le nom iV Austerlitz à cause du pont d'Austerlitz auquel il conduit 

{Voir p07lt t^'AuSTERLITZ) . 

En 1863, on a supprimé une rue du nom de Jouffroy qui commen- 
çait au n" 73 de ce quai et qui avait été ainsi appelée en 1844 du nom 
de Claude-François-Dorothée, marquis Jouffroy d'Albans, né en 1751,. 
mort en 1832, inventeur des bateaux à vapeur. 

C'est du pont d'Austerlitz qu'eut lieu le 28 novembre 1870, le départ 
du marin Prinee sur le ballon le Jacquard, emportant avec lui les 
correspondances de Paris. On sait qu'à cette époqiïe Paris était investi 
et qu'il n'y avait pas d'autre moyen de communiquer avec le gouver- 
nement établi à Bordeaux. C'est par la même voie que Ganibetta dut 
quitter Paris ( Voù- Gambetta) . 

La maison d'arrêt de la garde nationale, avant d'avoir été transférée- 
à l'Hôtel des Haricots, près le pont d'Auteuil oii elle resta jusqu'en 
1872, existait à l'extrémité du quai d'Austerlitz. Avant la réunion du 
petit village d'Austerlitz à la Ville de Paris, la barrière de la gare était 
située près de l'ancienne pompe à feu sur l'emplacement de la pro- 
priété qui porte aujourd'hui le n° 21. 

— 75 — 



Au te II il 

AUSTERLITZ (rue d') -e-s rue de Bercy, 232 s— >- rue de Lyon, 23 [Rkuiluy, 
Quinze-Vingts, 12'= an". 150 m. 

Voie privée, s'appelait antérieurement passage d'Orient, puis 
en 1896, le voisinage du pont d'Austerlitz, lui fit donner le nom de 
rue d'Austerlitz. 

AUTEUIL (marché d'), situé rue d'Auteuil et rue Poussin [Passy, Auteuil, 
16" arr.] 

Ce marché situé dans la rue d'Auteuil a été ouvert en 1867. 

AUTEUIL (place d'), située devant l'église d'Auteuil |I*assy, Auteuil, 16" arr.] 

Précédemment rue à'Agttesseaii, parce que d'Aguesseau {Voir ce 
nom) est enterré dans l'Eglise N.-D.-d'Auteuil qui y est située, cette 
rue a été formée en 1753 sur l'emplacement de l'ancien cimetière d'Au- 
teuil. 

AUTEUIL (pont et viaduc) -<— s quai de Javel ss— > quai d'Auteuil [Vaugiraud, 
Javel, 15" arr.; Passy, Autcui.', 16" arr.] 

Ce viaduc long de 90 mètres a été construit en 1865, par ]VI, de Bas- 
sompierre, ingénieur en chef du chemin de fer de ceinture. Il est percé 
d'arcades sous lesquelles, les piétons et les voitures peuvent circuler. 
Pendant la guerre franco-allemande en 1870-71, il fut criblé d'obus 
tirés du plateau de Châtillon, par l'artillerie prussienne. 

AUTEUIL (quai d') <-^£ quaide Grenelle bs— > boulevard Murât [Vxss\, Auteuil, 
16e arr. 1635 ni.] 

Ce quai longe l'ancien village d'Auteuil annexé à Paris en 1862. 

AUTEUIL (rue) -«-s rue Théophile Gauthier, 68 et "Verderet, 2 :^-)- boule- 
vard Murât 1 el Suchet, 95 [Passy, Auteuil, 16" arr. 732 m.] 

Commencée en 1830 entre la rue La Fontaine et les boulevards 
Murât et Suchet, elle s'appelait rue d'Auteuil et rue Molière, le voisi- 
nage de l'ancien village d'Auteuil, lui a fait donner ce nom. 

Auteuil fait partie de Paris depuis l'annexion de 1862. C'était 
autrefois la seigneurie d'Altolin/?i ou d'Altauliiim, célèbre par 
sies vignobles. Elle appartenait à l'Abbaye du Bec qui l'échangea 
en 1109 avec l'Abbaye de Sainte-Geneviève, contre des terrains sis 
près de Yernon. L'acte en fut confirmé par Louis le Gros et Henri P' 
roi d'Angleterre. Sous Louis XIY, Auteuil devint une sorte de Parnasse 
où se réunissait l'élite de la littérature et des écrivains de cette époque. 

Au n° 2 est une maison construite sur l'emplacement d'une maison 
de campagne qu'y possédait ]V[olière et dans laquelle il recevait ses 
amis Boileau, Voltaire, Chapelle, etc., etc. Au n" 11, Ecole normale 

— 76 — 



Ave-Ma7'ia 

d'instituteurs; au n" 11 his, Ecole primaire supérieure Jean-Baptiste- 
Say. A l'angle de la rue Poussin est le Marché d'Auteuil. 

AUTRICHE (ambassade d'), situé 57, rue de Varenne [Palais-Bourbox, 
Invalides, 7° arr ] 

Cet hôtel a été occupé pendant quelque temps par le Ministère de 
l'Intérieur. Sous Louis-Philippe, l'Ambassade d'Autriche était au 
n" 127 de la nie de Grenelle-Saint-Germain, dans l'Hôtel Duchâtelet, 
aujourd'hui archevêché de Paris. 

AUVRY (passage) <-^sl rue de Flandre, 171 s^-> rue de Cambrai, 22 [Buttes- 
Chaumoîst, Pont de Flandre, 19<' arr. 215 m,] 

Voie privée ouverte en 1864, par M, Auvry, propriétaire. 

AVE-MARIA (marché de 1'), situé quai des Gélestins, rue du Fauconier et 
de i'Ave-Maria [Hotel-de- Ville, Arsenal, 4c arr.] 

Ouvert le 21 août 1879, il a remplacé l'ancienne caserne de VAve 
Maria, qui occupait les bâtiments d'un vieux couvent de Béguines, 
fondé par saint Louis vers 1250 au n° 22 de la rue des Barrés {Voir 
Ave-Maria). En 1480, Louis XI donna ce couvent aux religieuses 
de la Tierce-Ordre-Péniteiice-et-Ohscrvance-de-Saint-François et leur 
imposa le nom de religieuses de l'Ave-Maria. Le couvent fut supprimé 
en 1790. Il est question depuis 1903 de désaffecter ce marché et d'en 
faire le Musée de VHygiène de la Ville de Paris. 

La chapelle de ce couvent contenait les sépultures des plus grands 
personnages du temps. Près de ce marché sur le quai des Célestina 
n° 32, était l'emplacement du Jeu de paume de la Croix-Noire, où 
Molière dressa en 1645 son second théâtre (Illustre Théâtre). Il n'y fut 
pas heureux et fut mis au Châtelet pour une dette de 115 livres qu'il 
devait à « un moucheur de chandelles ». {Voir Molière.) 

AVE-MARIA (rue de V) -<— s rue Saint-Paul, 5 s»— >■ rue du Fauconnier, 3 
[rioTEL-DE- Ville, Arsenal, 4« arr. 116 m.] 

Précédemment rue des Barrés, ainsi nommée parce qu'elle condui- 
sait au co\ivent des Carmes dits Barrés à cause de leurs vêtements barrés 
de différentes couleurs, elle avait aussi porté le' nom de rue des 
Béguines, en raison du voisinage du couvent des Béguines, sur l'em- 
placement duquel fut construit d'abord la caserne de l'Ave-Maria, 
puis le marché actuel {Voir Marché Ave-Maria). Depuis 1867 on lui 
a substitué le noin de rue de V Ave-Maria. 

Au n° 14, était l'Illustre Théâtre de Molière dont l'entrée donnait 
au n° 32 du quai des Célestins. Molière lui, devait loger probablement 
dans la maison qui porte le n° 16, au coin du n° 6 de la rue des Jardins, 
oii se trouvait alors une boutique de mercier. Au n" 17, vieille mai,«on 
du xvi" siècle. 

— 77 — 



Aveugles 

AVENIR (cité de 1'), située boulevard de Méniimontant, 121 [Popincourt, Saint- 
Ambroise, 11« arr. 96 m.] 

Yoie privée, fondée en 1864. ]S'om donné par le propriétaire sans 
doute pour évoquer le brillant avenir de ce quartier. 

AVENIR (impasse de T), située rue du Chàteau-des-Renliers, 178 [Gobelins, 
Gare, 13" arr. 112 m.] 

Créée en 1862 (même origine). 

AVENIR (rue de I') située rue de Pixericourt, 30 [Mknilmoîntaint, C/iaron/ie, 
20'^ arr. liO m.] 

Yoie privée (même origine). 

AVEUGLES (institut des jeunes), situé 56. boulevai'd des Invalides [Palais- 
Bourbon, 7'' an-.] 

Fondée par A^alentin Haûy (Voir ce nom) en 1785, l'Ecole des 
Jeunes-Aveugles fut d'abord établie rue Coquillière, au cliâteau des 
Tuileries en 1786, puis rue Notre-Dame-des-Victoires en 1790, dans 
une maison qui portait alors le n° 18 et qui est aujourd'hui le n" 16 
(Maison de Bains). 

En 1800, on réunit cette institution aux Quinze-Vingts de la rue 
Saint-Honoré et Haùy fut congédié-; il employa l'argent qu'on lui avait 
donné (2.000 fr.) à créer rue Sainte-Avoye, une autre maison pour les 
aveugles (jui prit le nom de Mnséum des Aveugles; l'entreprise n'ayant 
pas réussi Haûy partit à l'étranger et en 1806, il fonda des établisse- 
ments similaires à Berlin, Saint-Pétersbourg et Vienne. 

En 18l4, on décida de séparer les Jeunes-Aveugles des Quinze- 
Vingts (Voir ce nom) et on les transféra dans l'ancien collège Saint- 
Firmin, rue Saint-Victor, qu'avait habité saint Vincent de Paul. Puis 
en 1840, cette institution alla occuper les nouveaux bâtiments du bou- 
levard des Invalides que l'architecte Philippon Delacroix venait de 
construire spécialement pour les recevoir; l'inauguration eut lieu le 
22 juin 1839 et M. Dufaure alors ministre des travaux publics en posa 
la première pierre. 

Valentm Haûy était fils d'un pauvre tisserand du village de Saint- 
Just en Picardie, le hasard l'ayant mis en présence d'une demoiselle 
Paradis, pianiste aveugle qui avait imaginé .pour lire et écrire de 
disposer sur une pelote, des épingles, avec lesquelles elle formait des 
lettres et des mots, Haûy utilisa cette découverte, due à un autre 
aveugle, Wiessembourg de Mannheim, la perfectionna et inventa aussi 
le véritable alphabet en relief, encore en usage pour les aveugles. 
Valentin Haûy, mourut en 1822, à l'âge de 77 ans, dans une misère 
profonde. Depuis 1903, il a sa statue à Saint-Just, sa ville natale. 



A zms 

AVRE (rue de 1') -<-^ boulevard de Grenelle, 118 et 140 ss— > rue Letellier. 41 
[Vaugirard, Grenelle, 15" arr. 150 m.] 

Précédemment passage Fougeat, a reçu en 1894, de son propriétaire 
le nom de rue de VAvh'e. 

lu'Avre est une petite rivière qui traverse l'Eure au-dessus de Dreux. 
Ses eaux sont amenées depuis 1895, par Versailles, Saint-Cloud, et 
pénètrent à Paris par la porte d'Auteuil. Cette rivière fournit environ 
130 mètres cubes d'eau par jour (Voir Eaux). 

AVRON (rue d') -*-^s boulevard de Charonne, 4'i 3^— >- boulevard Davoust, 32 
[Mknilmontant, Charonne, 20« arr. 925 m.] 

Antérieurement Grande-Rue-de-Monircuil en 186-3, elle a reçu en 
1877 le nom àWi'ron, parce qu'elle est située dans la direction du 
plateau à'Avron, défendu en 1870, par la garnison de Paris. 

AZAIS (rue) <— «s rue Foyaliers^-> rue Saint-Eleuthère [Montmartre, Clignan- 
court, 18<' arr. 175 m.] 

A été décrétée en 1867. En 1875 on lui a donné le nom à^Azaïs. 
Pierre-Hyacinthe Azaïs, auteur du système philosophique des 
Comjjensations dans les destinées humaines (1766-1845). 



fr^ 



— 79 — 



B 



BABYLONE (rue de) <-s boulevard Rasp:iil, 14 s— >- boulevard des Inva- 
lides, 33 [l*ALAis-BouRBON, Saiiit-TItomas-d'Aquin, luvatides et Ecole Mili- 
taire, 7° arr. 860 m.] 

Indiquée en 1652 sur le plan de Gomboust, cette rue fut modifiée 
en 1778 et plus récemment en 1869. Elle portait autrefois le nom de 
rue de la Fresnaie ou Lafresnaye. En 1448 on la dénommait Chemin 
de la Maladrerle ; en 1641 : Vieux chemin des Garnelhi (Voir Gre- 
nelle), puis en 1670 : Petite rue de Grenelle. Le nom de Babylone lui 
a été donné en mémoire de Bernard de Sainte-Thérèse, évêque de 
Babylone qui possédait plusieurs maisons dans cette rue sur rempla- 
cement desquelles fût bâti plus tard le séminaire des Missions Etran- 
gères. 

Du 21 au 33, ancien couvent des sœurs de Saint- Yincent-de-Paul 
(le 21 était l'ancien hôtel de la Yallière et de Châtillon). Le 22 est le 
séminaire des Missions Etrangères fondé en 1663; au 32, petit hôtel 
Matignon datant de 1750, habité plus tard par le prince de Ligne. 
Au 36 se voient les jardins de l'hôtel Matignon et Galliera. Au 49 
(ancien 37) est la Caserne de Babylone, construite en 1780 pour les 
Gardes françaises. Le 29 juillet 1830 cette caserne fut le théâtre d'un 
combat acharné entre les Suisses et les émeutiers dans lequel périt îe 
jeune Yaneau, élève de l'Ecole Polytechnique, dont le nom a été donné 
à une rue voisine. A l'ouest du boulevard des Invalides n" 35, se trouve 
l'hôtel Yerteillac, qui est aujourd'hui l'hôtel du Duc de Rohan. Au 66, 
est l'administration des Cultes. 

BABYLONE (caserne) ■<— « rue de Babylone, 49 [Palais-Bourbon, Ecole Mili- 
taire, 1" arr.] 

Ancienne Caserne de Gardes françaises, construite en 1780 (Voir 
Caserne Penthièvre). Le 24 juillet 1830 un jeune élève de l'Ecole 
Polytechnique du nom de Yaneau (Voir ce nom), y périt dans un 
combat sanglant qu'il soutint à la tête de ses camarades contre les 
troupes de Charles X. Cette caserne est appelée à disparaître comme 
déjà a disparu la caserne du quai d'Orsay et comme disparaîtra pro- 
chainement la caserne de la Pépinière. 

— 80 — 



Bac 



BAC (rue du) -^-^s. quais Voltaire, 35 et d'Orsay, 1 ^->- rue de Sèvres, 26 
[Palais-Bourbo>, Invalides, 7« arr. 1150 m.] 

Cette rue est, avec la nie de Sèvres, une des voies les plus impor- 
tantes du « noble faubourg Saint-Germain ». Elle a- d'ailleurs 
conservé une allure toute spéciale et les nombreuses maisons reli- 
gieuses qu'on y rencontre avec leurs statues extérieures, leurs cKa- 
pelles et leurs croix apparentes, lui donnent un ton d'austérité qu'on ne 
trouve dans aucun autre quartier. 

Ouverte sous le règne d'Henri IV, de IGOO à IGIO, elle figure sur le 
plan de Gromboust sous le nom de rue de Barq, devenue rue de Barc, 
puis du Petit-Bac. Elle doit son nom actuel à un bac établi dès 1550 
sur la Seine pour mettre en communication le Pré aux Clercs et les 
Tuileries alors en construction, pour y amener les matériaux prove- 
nant des carrières de Notre-Dame-des-Champs et de Vaugirard. Ce 
bac établi en 1550, sur le quai des Théatins par la Confrérie des Frères 
Passeurs, a disparu pour faire place au pont Royal, primitivement 
appelé pont Barhier, de Sainte-Anne, et pont Rouge, à cause de la cou- 
leur de ses piliers. Ce pont, englouti par les glaces en 1684, fut recons- 
truit l'année suivante par ordre de Louis XIV et prit le nom de pont 
Royal. 

L'ingénieur Cbappe (Voir ce nom), dont la statue se dresse au carre- 
four du boulevard Saint-Germain, habitait le 1 de cette rue avant que 
cette maison ne fût incendiée, comme l'ont été, en mai 1871, les 4, 6, 
5, 7, 9 et 11 de cette rue ; avant 1789, l'Hôtel de Mailly-îsesles occupait 
l'emplacement des immeubles 1 à 11. 

Le 2, ancien Café d^Orsay, aujourd'hui disparuat remplacé par l'an- 
nexe de la Caisse des Dépôts et Consignations a joui d'une très grande 
célébrité sous le second Empire ; il était alors fréquenté par les offi- 
ciers de la caserne du quai d'Orsay et particulièrement par les Cent 
gardes de Xapoléon. Ed. Pailleron [Voir ce nom], l'auteur du Monde oii 
Vonsen?iuie (188G-1898), habita le n° 2, au dessus du café. 

On a prétendu que le célèbre sculpteur Jean Goujon avait demeuré 
dans une maison remplacée aujourd'hui par le n" 4. 

Au 15 existait l'hôtel des Mousquetaires gris, qui, converti en mar- 
ché vers 1780, fut démoli en 1834. Ce marché se nommait Marché de 
Boulainv illier s. Au 19, belle enseigne moderne de pharmacien. 

Ly Petit-Saint-Thomas, autrefois Hôtel de l'Université de Paris, 
occupe depuis 1830 toute l'étendue comprise entre les n°^ 27 et 35 de 
cette rue. Avant que les magasins du P etit-Saint-lliovias aient envahi 
tout ce pâté de maisons, dans Tune d'elles existait un hôtel où Chau- 
veau-Lagarde habita pendant la Révolution. Au rez-de-chaussée exis- 
tait sous l'Empire, la Restauration et jusqu'en 1863 le café Desmares 
qui eut une grande célébrité, et qui en 1848 réunissait journellement 
à déjeuner les principaux littérateurs et hommes politiques de 

— 81 — 



Bac 



l'époque : Lamartine, Cavaignac, Lamoricière, Ponsard, Planche, 
Jules iSandeau, etc. Ce café a fermé ses partes en 18G4. 

Au 34, Fouché, duc d'Otrante, habitait l'hôtel Yalbelle, aujourd'hui 
disparu. Le comte de Lanjuinais y mourut en 1834. Au 41, grandes 
ienêtres à 60 petits carreaux. Le 46 est l'ancien hôtel de Boulogne. 
Cette magnifique construction possède une très belle cour intérieure. 
Au-dessus de la porte d'entrée, sous un cartouche en pierre, de jolies 
sculptures sur bois laissent voir le chiffre B entrelacé. Cet hôtel est 
également connu sous le nom d'hôtel Le Vayer. M. de Boulogne était 
fermier général et vivait en 1735. 

Sur remplacement du 62 était autrefois le couvent de la Visitation 
àe Sainte-Marie ; établi d'abord rue Montorgueil en 1660 et transféré 
en 1673 rue du Bac le 3 octobre 1775. Marie-Antoinette posa la pre- 
mière pierre de l'église du couvent ; mais, chapelle et bâtiments furent 
détruits en 1790, et des maisons particulières remplacèrent le vieux 
couvent. Lors de la vente des bâtiments, l'acquéreur devait ouvrir deux 
rues, mais il n'en fit rien et se contenta d'y pratiquer un passage qui 
jusqu'en 1857 porta le nom de iiassagc Sainte-Marie-Saint-Germain. 

Au 84 était l'hôtel de Galliffet, habité en 1816 par le duc de Eiche- 
lieu, alors ministre des Relations Etrangères. C'est dans cet hôtel que, 
pendant quelques jours, M. de La Yalette se cacha en sortant de la 
Conciergerie ; Lanjuinais et Chateaubriand l'habitèrent. 

Le 85, qui fut le Concert, du Pré aux Clercs {Voir Théatees dispa- 
rus), est certainement la maison la plus curieuse de cette rue, par suite 
des nombreuses transformations auxquelles elle a donné lieu : Ancien 
monastère des Filles de l'Immaculée-Conception ou RécoUettes, fondé 
en 1627, la Révolution le supprima. Au-dessus de la porte se voit 
encore la rose mystique des Filles de l'Immaculée-Conception. On ven- 
dit les bâtiments et, pour les utiliser, on y installa une salle de spec- 
tacles qui prit le nom de Théâtre des Victoires nationales. Cette salle 
fut inaugurée le 13 juillet 1798. Les affaires n'allant pas, le théâtre 
fut remplacé par un bal public dénommé le Salon de Mars. 

On en fit ensuite le hal du Pré-auœ-Clercs ; puis ce fut un magasin 
de nouveautés ; plus tard, un magasin de roulage vint s'y établir ; les 
inscriptions : « Voitures pour châteaux, transports par eau et par 
terre », se voyaient encore il y a quelques mois, avant que le badigeon- 
nage administratif n'en ait fait disparaître les traces, mais le fronton 
existe encore et, pour avoir perdu un peu de son originalité, cette cons- 
truction n'en reste pas moins une des plus intéressantes du quartier. 
La boutique a abrité longtemps un bazar ; puis un marchand de vins 
aux tonneaux. 

Le 86, était en 1750 l'hôtel Dillon. Le 94 est l'ancienne maison des 
Frères Prêcheurs. Au 97, hôtel du prince de Salm {Voir Légion 
d'Honneur). Le 102 renferme l'école Saint-Germain. Aux 105 et 107, 
hôtel du marquis d'Aubusson de la Feuillade en 1789 {Voir La Feuil- 

— 82 — 



Bachaumont 

LADE et Saixt-Florentin), ministère des Cultes sous le premier 
Empire. 

Au 108, Pierre Simon, marqiiis de Laplace, sénateur, pair de 
France, mathématicien, astronome, auteur de la Mécanique céleste et 
de VExposition du système des mondes, y mourut le 5 mai 1827, à l'âge 
de soixante-dix-huit ans. Il avait habité précédemment le 100 de la 
même rue. Au 110 est né Delaroche-Yernet. 

Les immeubles qui portent les n"^ 113 et 115 sont des annexes 
des magasins du Bon Marché qui s'étendent du 117 au 137, englo- 
bant aussi tout l'emplacement compris entre les rues du Bac, de 
Sèvres, Babylone et Yelpeau. Au 116 habita le Président Dupin. 

Autrefois, dès le règne de Philippe- Auguste, s'élevait sur une par- 
tie de ces terrains un hôpital de lépreux, nommé la Maladrerie de 
Saint-Thomas. Les bâtiments furent démolis et remplacés par d'autres 
maisons hospitalières, qui furent d'abord l'hôpital Saint-Grermain et 
l'hospice des Ménages. Lors du percement de la rue Chomel, Telpeau et 
du prolongement de la rue de Babylone, en 1868, les Petits Ménages 
furent transférés à Ivry. 

Aux 118 et 120, est le magnifique hôtel de Chateaubriand, où 
l'illustre auteur du Génie du christianisme mourut le 4 juillet 1848,. 
âgé de quatre-vingts ans. Il était né à Saint-Malo le 4 septembre 1768. 
Les portes de cet hôtel dessinées par Toro sont d'une sculpture mer- 
veilleuse. En 1789 c'était l'hôtel de Clennont-Tonnerre. 

Le Séminaire des Missions étrangères est établi au 128. Il fut fondé 
en 1663 par Bernard de Sainte-Thérèse, évêque de Babylone {Voir 
Babylone). Dans la cour existe une très belle chapelle avec dôme dont 
l'entrée est ornée de la statue de saint Vincent de Paul. En face du 
Bon Marché, au 140, se voit l'hôtel Le Blanc de La Yallière, aujour- 
d'hui occupé par les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. 

BACHAUMONT (rue) -^-^ss. rue Montorgueil, G5 ss-^ rue Montmartre, 74 
[BouKSK, Mail, 2^ arr. 71: m.] 

Cette rue qui remplace le passage du Saumon a été ouverte en 1901, 
à la suite de la démolition totale de l'ancien passage. 

Petit de Bachaumont (1698-1771), littérateur, a laissé des 
MéTnoires secrets en 36 volumes et le Journal de Bachaumont, qu'ont 
utilisé tous les historiens du xviii*^ siècle. C'est à Petit de Bachau- 
mont, que l'on doit la conservation de l'intéressante Colonne de V as- 
trologue, dernier vestige de l'Hôtel de Nesle et plus tard de Bohême 
et de Soissons, qui fut construite en 1572 par Bullant pour y établir 
la résidente de Catherine de Médicis (l où' rue de Viarmes et BoimsE 
DU Commerce). Quand l'Hôtel fut démoli en 1749, Bachg,umont 
acheta la colonne pour le prix de 1.800 francs et la céda en 1755 à la 
Ville de Paris. 

Le passage du Saumon, qui existait déjà avant 1763, puisqu'il 

— 83 — 



Bachelet 



figure sur le plan de Deharme, fut appelé du Saumon, parce que, a-t-on 
dit, les terrains sur lesquels il fut ouvert dépendaient à cette époque 
d'une vieille! auberge dite : Maison des Deux Saumons, située rue 
Montorgueil, et où se faisait le roulage des voitures apportant la marée. 

L'autre version connue tendrait à démontrer que le nom de Sau- 
mon, donné à ce passage viendrait de ce qu'à l'origine, cette partie de 
terrain appartenait à Mme la Princesse de Salm, et que par corruption 
du mot anglais de Salm (Salinon), on aurait fait Saumon qui en est 
la traduction française. 

Grâce à ses jolies et nombreuses petites boutiques dorées, autrefois 
occupées presque exclusivement par des modistes, le passage du Sau- 
mon fut pendant longtemps le rendez-vous de la fashion parisienne, 
dont il disputait les faveurs concuri^mment avec la rue de la Paix et 
la Chaussée-d'Antin. 

Mais sa grande vogue fut en 1827, alors que notre Jardin des 
Plantes venait de recevoir d© Méhémet-Ali une magnifique girafe de 
Sennaar, la première de cette espèce qui se fût vue jusqu'alors en 
France. Tout de suite, cette bête étrange devint une actualité, et servit 
de marraine à une quantité d'objets de toilette. On faisait tout à la 
girafe, peignes, coift'ures, parapluies, manteaux, mancbes de 
robes, etc., etc. Or, il se trouva justement qu'une intelligente modiste 
du passage conçut la mirifique idée de fabriquer aussi des Chapeaux 
à la Girafe, qui eurent un tel succès que bientôt tout Paris courut au 
Saumon, admirer et contempler les dimensions gigantesques de ces 
monuments destinés à coiffer nos aimables parisiennes ! C'est ainsi 
que le passage du Saumon acquit cette célébrité qu'il conserva pendant 
si longtemps. 

Depuis quelques années, le genre de commerce du passage s'était 
transf )rmé; avec les modes, on y Vrouvait des instruments de musique, 
des flûtes, des accordéons et même des cors de chasse. Beaucoup de 
soldeurs en tissus s'y étaient établis et y faisaient leurs affaires. Il y 
eut également im théâtre qui de même que le théâtre 7\)ur d'Auvergne 
était dirigé par un professeur dont les élèves jouaient la comédie. 
Quelques artistes aujourd'hui en renom y débutèrent. Plus tard, le 
théâtre fut transformé en café-concert et, le croirait-on ? ce fut là que 
la belle Agar, qui plus tard joua Phèdre à la Comédie-Française, rem- 
porta ses premiers succès comme... romancière de genre !... (Voir 
Théâtres disparus). 

BACHELET (rue) ■<-^' rue Nicolet, 18 s-^ rue Becquerel et Lambert, 
[Montmartre, Clignancourt, 18" arr. 140 m.] 

Comprise dans la zone des anciennes carrières, cette rue a été perct 
en 1869 sur des terrains appartenant à M. Bachelet. Au 9 est le passagi 
Bachelet. 



1 

: 



Bagjiolet 

BACON (rue) -<-^s; rue Guersant, 36 ss— >- rue Bayen, 67 [Batigxolles, Les 
'J'crues, 17" arr. 175 m.] 

Cette rue n'illustre pas le célèbre Lord Roger Bacon, moine auteur, 
qui, dit-on, inventai la poudre à canon (1214-1244); elle rappelle sim- 
plement le nom de la femme du propriétaire du terrain sur lequel 
elle fut créée et qui descend de la famille des Bacon, dont le prin- 
cipal membre fut François Bacon, chancelier d'Angleterre (1560- 
1626), auteur de la Méthode expérimentale dans V Etude des sciences. 

BADUEL (cour) -<— ss passage Thieré, 16 [Popincourt, La Roquette, 11" arr.] 
Doit son nom au propriétaire de cette cour. 

BAGNEUX (rue de) ■<^^sl rue du Cherche-Midi, 85 ss— v rue de Vaugirard, 112 
[Luxembourg, Notre-Dame-des-Cliamps, 6<= arr., 165 m.] 

Elle figurait en 1676 sur les plans de Jouvin et de Bullet, et portait 
déjà le nom de Bagneu.i-, parce qu'elle se dirige vers le chemin Je 
Clamart et par conséquent vers le village de Bagneux. Mais il est 
plus naturel d'admettre, que le nom de Bagnetix lui vient de ce que, 
cette rue fut ouverte en 1530, sur un terrain appartenant à Pierre de 
Bagneulx, dont plus tard on aurait fait Bagneux. 

Au 4, a demeuré Duplessis de Brioché, magistrat en 1748. Au n° 10 
était situé le couvent des Dames de la Compassion. Sur l'emplacement 
du n" 16, à l'angle de la rue de Yaugirard, existait l'ancien cimetière 
de Saint-Sulpice établi en 1749, qui fut supprimé en 1790. On voyait 
encore il y a quelques années à l'angle de cette rue une inscription latine 
rappelant l'existence de ce cimetière : Hic jacent amici vestri. Ora jpro 
eis. C'est là qu'avait été enterré Montesquieu. Au 11, se trouvait autre- 
fois un refuge pour les filles repenties de Saint-Lazare (Voir Faubourg 
Saint-Denis). Au 13, habitait madame de Chalot, veuve en premières 
noces du grand comédien Talma (Voir ce nom). 

BAGNOL.ET (rue de) <— s boulevard de Charonne, 148 s— >- boulevards Mor- 
tier et Davout [Ménilmontant, Saint-Fargeau, Père-Lacliaise et Charonne, 
20<= arr. 1400 m.] 

Doit son nom au village de Bagnolet, précédemment rue de Paris, 
entre le boulevard de Charonne et la place Saint-Biaise ; rue de Bagno- 
let entre cette place et la porte de Bagnolet. Elle avait porté antérieu- 
rement le nom de Fontarahie entre le boulevard de Charonne et la rue 
de Fontarahie. Elle a été Route départementale avant 1868, époque à 
laquelle la rue de Paris fut réunie à la rue de Bagnolet. Cette voie est 
indiquée en 1672 sur le plan de Ilochefort ; la partie entre la rue des 
Prairies et le boulevard Davout est une allée qui limitait extérieure- 
ment l'ancien parc du château de Bagnolet. 

Au 121, maison de secours de l'Assistance publique. Au 150, fon- 



Bâillon 

dation Tisserand, asile de vieillards. Au 152, liospice Braille, pour les 
aveugles, 

BAIGNEUR (rue et impasse du) -<— ss rue Ramey, 53 ^=fr—> rue du Mont- 
Genis, 30 [Montmartue, Clignancourt, 18« arr. 170 m.J 

Précédemment impasse des Bains et plus tai'd^ en 1877, rue du Bai- 
gneur, à cause d'un établissement de bains fondé en 1853 ; après être 
devenue depuis 1898, la rue des Bains et la rue des Bains prolongée, 
en 1903, elle a englobé ces deux rues et repris son ancienne déno- 
mination du Baigneur. Dans la cité des Bains était autrefois Vallée 
Crouste, aujf)urd'hui confondue avec le reste. 

BAIL.L.ET (rue) -«-^s rue de la Monnaie, 23 s-^ rue de l'Arbre-Sec, 24 
[Louvre, Saint-Germain VAuxerrois, 1er ^rr. 73 m.] 

Cette rue s'appelait en 1297, rue Daine Gloriette, en 1300 rue Glo- 
riette, en 1350 rue Bailliette, puis rue Baillet parce que Jean Baillet, 
trésorier du dauphin Charles Y y avait un logis au n° 4. Au 5, demeu^ 
rait en 1789, un certain Chenaud, qui fut le dernier commissaire de 
police du Châtelet. La loge actuelle du concierge était autrefois ie 
cachot du Guet. Le comte d'Aiiois, plus tard Charles X, y fut, dit-on, 
enfermé dans sa jeunesse p^aur avoir insulté « la patrouille »v 

BAIL.L.EULi-(rue) -<-sï rue de l'Arbre-Sec, 39 ss— >- rue du, Louvre. 12. [Louvre, 
Malles, lef arr. 100 m.] 

En 12.71, on l'appelait rue d'Averon,, D'A^ron, ou. Daveron. vSon 
nom. actuel date de 1423 époque à laquelle un certain Robert Bailleul, 
clerc des comptes, y habitait au coin de la ime des Poulies (Voir, rue du 
Louvre). Au 10, emplacement de l'Hôtel des Maréchaux de Schomberg 
puis d'Aligre. Vendu en 1762 et démoli, il n'en reste que les portes. 

BAILLIF (rue) -*-^ rue Croix-des-Petits-Chanips, 35 ss-v rue de Valois 24 
[LoLVKE, Palais-Royal, \"' arr. 114 m.] 

Elle est indiquée sur un plan de 1609 et forme le prolongement de 
la rue des Bons-Enfants, le long du rempart. Le terrain sur lequel cette 
rue a été ouverte appartenait sous Henri IV à Claude Baillitîre, et 
fut adjugé en 1626 à Henri Baïf, surintendant de la Musique du Roi. 
C'est- donc par altération des noms Bailliffre et Baïf qu'elle porte 
aujourd'hui, le nom de Bailli f. Ce Baïf était le fils de Jean- Antoine 
Baïf; poète et musicien, célèbre au temps de Charles IX et Henri III 
(Voirrtie du- Gardtnal-Ebmoxwb). 

BAILIjOU (inie)'-<-Œ rue des Plantes, 52 ss-^ rue Lecuirot, 7 [Observatoire, 
Plaisance., 14? arr. 108 m.] 

Nom du propriétaire. Ouverte en 1890, elle avait porté le nom de 
Baillèu. 

— 86 — 



BAILL.Y (rue) -<-^s rue Réaumur, 27 s;^-»- rue Beaubourg-, 98 [Temple, 
Archives, 3*' arr. 77 m.] 

Précédemment rue Bailly et place du Vieux-Marché (marclié 
Saiiit-Maitin), cette rue a été formée sur la cour Saint-Martin 
vers 1765, puis modifiée en 1858 lors du percement de la rue Turhigo. 
Elle doit son nom au Bailliage do Saint-Martin-des-Cliamps, qui y 
avait son siège dans les environs. Ne pas confondre avec Bailly, le 
littérateur, astronome, président de la Constituante et Maire de Paris 
en 1789, qui, ayant perdu sa popularité en faisant appliquer la loi 
martiale, contre les pétitionnaires assemblés au Champ-de-Mars pour 
réclamer la déchéance du roi Louis XVI, arrêté à Yarennes, fut jugé, 
condamné et exécuté en 1793 près de l'île des Cygnes, au quai de Javel 
{Voir île des Cygnes). On rapporte que le matin de l'exécution, les 
apprêts de son supplice ayant été d'une longueur excessive, ses 
membres glacés s'agitaient convulsivement. « Tu trembles Bailly », 
dit un des assistants. — Oui, naon ami, répondit-il, mais c'est de froid 
simplement. Il existe une me Bmlly sur l'emplacement de l'ancienne' 
Roquette (xi*^ aiT.) 

Lors de la création de la rue Réaumur en 1858, la rue Henri 7" 
fut supprimée. Elle commençait rue Bailly et finissait rue Royale ; 
elle devait son nom à Henri I*"", roi de France, qui régna en 1031 et 
mourut le 4 aoiit 1060 à l'âge de 56 aïns. Vers- 1059 ce monarque avait 
donné des fonda pour la reconstruction de l'abbaye Saiiit-Martîn-des- 
Champs. En mêane temps- disparui^nt plusieurs rues pai'itli lesquelles" 
la rue Suint-Hugues, qui- avait été réunie a la. ruC Beaubourg et absoi- 
bée pai* la i^ue ï'urbigo, —Va: rue Saint-Ma'i'côid', de saint MarCoui, iliort' 
en 558 et particulièrement honoré à Saint-Martin-des-Champs, — le ciil- 
de-sac Saint-Martin, la' rwe Suint-Maur-Saint-Martin ; la rue Sairit- 
Paivent,\B, i*ue Saint-Vannes et la' place du même nom* ;- ces deux dër-^" 
nières avaient été supprimées- à partir de 1^6. 

BAINS (allée des); -<^-^s boidevard* RoclifecHouart, 104 s— > rue Dancout* 
[Montmartre, Clignancourt, 18" arr. 116 m ] 

Doit son nom à un établissement de bains. Cette allée est tout ce 
qui reste de l'ancienne Cité des Bains dont une des entrées principales 
du côté de la fufe BancoUrt a été i^niplacée par l'immeuble portant 
le n° 7. 

BALAGNY (rue) -<— s avenue de Clichy, 152 s— v^rnes de la' Jbriquière, 4' et' 
Legendre, 179 [Batignolles, Epine/tes, 17" arr. 590 m.] 

Créée en^ li846 sous l'administration de M. Balagny, ancien rttaiïe 
de la commune des Batignolles, mort en- 1890,' elle' n^a été numérota' 
qu-'eu' 1876:- A<u n° 40,- G-roupe scolaire. C'était autwfois l'ancien 
Chemin aux Bœufs. 

— 87 — 



Balny-d'A vricourt 

BALARD (rue) -<-^ rue Saint-Charles, 225 ss— >- rue Leblanc et avenue Félix- 
[Vaugirard, Javel, 15" arr. 160 m.] 

Ouverte en 189G, elle doit être prolongée incessamment et sa longueur 
atteindra 950 mètres. 

Balard (1808-i876), chimiste français, membre de l'Institut, 
découvrit le brome ^t contribua surtout à l'étiide des composés du 
chlore et du brome. Mourut professeur au collège de France. 

BALEINE (impasse de la) -<— ^ rue d'Angoulême, 90 [Popincouut, Folie' 
Méricourt, 11" arr. 85 m.] 

Précédemment cité Lugaud, cette impasse a été dénommée de la 

Baleine par son propriétaire, fabricant d'articles de baleine. 

BALKANS (rue des) -<— s rue Vitruve, 61 s— >- rue de Bagnolet, 142 [Ménil- 
MOMANT, C/iaron/ie, 20* arr, 290 m.] 

Indiquée sur le plan de Jouvin de Rochefort (1672), elle s'appelait 
précédemment rwe de Vincennes ; le nom actuel lui a été donné en 1877. 
Les Balkans forment une chaîne de montagnes qui séparent la Bul- 
garie de la Turquie d'Europe. Au n° 1, Ecole municipale de la Ville. 

BALLU (rue) <— ss rue Blanche, 57 s— >- rue de Clichy, 74 [Opéra, Saint- 
Georges, 7« arr. 274 m.] 

Cette rue créée en 1841 sur l'emplacement de l'ancien jardin de 
Tivoli (Voir jjassage Tivoli), a reçu d'abord le nom de Boulogne, à 
cause du voisinage de la place de l'Europe. Elle fit disparaître 
Vimpasse Raugevin, ouverte en 1829 par le propriétaire. En 1836, aux 
n°^ 16 et 18, des fouilles amenèrent la découverte de tombes de l'époque 
gallo-romaine; on y trouva également des vases et des médailles à 
l'effigie de l'empereur Constantin. Le 4 août 1886 elle prit le nom de 
Ballu, en l'honneur de l'architecte de la Trinité et de l'Hôtel de Yille 
(1817-1885) élève d'Hippolyte Lebas, inspecteur général des travaux de 
la Ville de Paris en remplacement de Viollet-le-Duc. Au 7, a été commis 
par la veuve Gras, en avril 1877, le premier attentat au vitriol qui fit 
école et fut bientôt suivi de plusieurs autres. Au 8, Institut de la Vac- 
cine Animale fondé en 1864. 

BALNY (passsage) -<— ss rue de Charenton, 41 ss-> rue du Faubourg-Saint- 
Antoine, 40 [Reuilly, Quinze- Vingts, 12» arr. 52 m.] 

Porte le nom de son propriétaire. 

BALNY-D'A VRICOURT (rue). 

Ce nom adopté par le Conseil municipal dans la séance du 12 juil- 
let 1903 doit être donné à une nouvelle voie du i" arrondissement, des 
environs de la Bourse du Commerce, 

Balny d'Avricourt, explorateur, compagnon de Francis Garnier, 
mourut avec lui en 1873 dans une expédition au Annam, 



Bals disparus 



BALS PARISIENS DISPARUS 



Le nombre des bals qui ont disparu depuis la fin du xviii" siècle et 
surtout depuis le second Empire est extraordinaire. La jeunesse a peu 
à peu abandonné ce genre de sport, et aujourd'hui à part Bullier, le 
Jardin de Paris, le Casino de Paris et quelques bals de quartier, on 
peut dire que le bal public n'existe plus. 

En dehors de ce que les anciens appelaient la Danse des Festins, 
il faut remonter au règne de Charles VI pour voir apparaître les bals 
costumés. On sait que ce monarque déguisé en sauvage et affublé de 
plumes, faillit périr dans les flammes par suite du feu qui s'était com- 
muniqué à son costume au bal travesti qu'il avait donné en l'Hôtel 
de la Reine Blanche (Voir rue des Gobelins). Après lui, François I""", 
Charles IX, Henri IV, Louis XIH, Louis XIV et surtout Louis XV 
furent des fervents de la danse. Mais ce fut certainement Louis XV 
qui en détint le record : V Almanach des Gens de bien disait alors : 
« La danse est aujourd'hui ce que le Parisien aime, chérit, ou plutôt 
« idolâtre, chaque classe a sa société dansante, et du petit au grand, 
« tout danse, c'est un goût universel ». 

Vers la fin du Directoire, au commencement de l'Empire on nom- 
mait les bals des Jardins Lycées. Voici la liste presque complète des 
différents bals disparus depuis un siècle : 

Les Jardins de l'Arsenal, situés boulevard Morland. — Les Allées 
de la Reyne Marguerite, rue de Seine (Voir rue de Seine). — ■ Le Bal 
des Arbicos, Ecole Militaire. — Le Bal des Auvergnats, abreuvoir 
Montmartre. — Le Bal d'Aligre, rue Saint-Honoré. - — Le Bal des 
Amandiers, rue des Amandiers Ménilmontant. — 'Au.r Armes de 
France, créé au 4, de la chaussée Ménilmontant par Gelin en 1827. 
Ce bal eut une vogue immense, il n'était fréquenté que par des ouvriers. 
Plus tard le propriétaire transforma son établissement' en hôtel garni 
à VInnage de Saint-Louis, puis un nouveau bal s'y installa sous le nom 
de Salle Graffard et s'agrandit en façade au côté du boulevard Ménil- 
montant {Voir plus loin vSalle Graffard). — ■ \jAstic, ancienne salle 
de la Dame Blanche, faubourg Saint-Antoine, fréquenté par les 
modèles israélites. 

Le Bal de la Boule Noire, boulevard Rochechouart, aujourd'hui 
Concert de la Cigale. — La Belle Afoissonneuse aux deux Moulins, à' 
Ivry. — La Salle Bréda, rue Bréda. — Le Bal Bardel. — Les Jardins 
Byron rue de Varennes, ouverts en 1797. — Les Barreaux Verts, situé 
au 40 de la chaussée Ménilmontant à quelques pas dé l'ancien hôtel ' 
où le maréchal de Saxe venait courtiser Mlle Favart, la jolie dan- 
seuse. C'était un véritable bal de famille. En entrant on lisait sur une 

— 89 — 



liais dupa fus 

pancarte « Une mise descente est de rigueur ». — Les Jardins Beau- 
jon, créés en 1801 sur remplacement de l'ancienne Folie Beaujon, près 
l'Hôtel Beaujon, aujourd'hui disparu et remplacé par l'Hôpital du même 
nom. — La Salle Barthélémy, rue du Château-d'Eau, et précédem- 
ment en 1856, époque de la construction de la place du Cliâteau-d'Eau, 
à l'endroit oti s'élève actuellement la caserne du Prince Eugène (actuel- 
lement du Château-d'Eau). Cet endroit, lieu de réunion de saltim- 
banques se nommait alors le Champ de Navets (Voii- Château d'Eau). 
■ — Bagatelle, joli bal champêtre au Bois de Boulogne, à l'emplacement 
où est encore le Moulin. — Le Bal des Balayeurs était situé boulevard 
de Belleville, à côté d'un marchand de vins à l'enseigne de la Carotte 
ûlandrensc; la salle, où les balayeurs et balayeuses pour la plupart alsa- 
ciens habitués de la maison, venaient se divertir, était des plus primi- 
tives : « Elle était carrée, éclairée au centre par un quinquet fumeux, 
autour de la salle, des bancs de bo's blancs ; au fond, au centre une 
clarinette et un tambour perchés sur un tonneau écorchant les qua- 
drilles dont le prix de chaque figure était d'un sou ». — Depuis 1866 
le type si original des balayeuses alsaciennes, vêtues de robes de gi'osse 
bure, de forts souliers ferrés et coiffées d'un petit bonnet de velours 
agrémenté de passementerie fanée et qui, entre temps vendaient des 
petits balais, a complètement disparu. — Le Bal du Bois de Boulogne 
fermé en 1785 au 22, du faubourg Saint-Denis et qui donna son nom 
au passage (Voir Bois de Boulogne). 

Le Château Rouge, anciennement rue Labat et chaussée Clignan- 
court avait été dbnné par Henri lY à Grabrielle d'Estrées. En 1824, 
il fut occupé par le roi Joseph, frère de Napoléon I*"" qui y présida le 
Conseil de défense de Paris, et c'est de là qu'il signa la capitulation 
de Paris et l'entrée des alliés. Yers 1845 les jardins furent convertis 
en bal dit dvn- Château Rouge, parce que, Bâti en briques, il était de 
couleur rouge. En 1848 les partisans de la réforme y donnèrent un 
banquet patriotique à la veille de la Révolutioii. Le château disparut 
en 1882 (Voir rue CiiGîf ANcoUiàT) . — Casino Cadet (Voir rue 
Cadet, 16), fut ouvert le 4 février 1859; sous l'a direction de Pellagot, 
l'inventeur du Dîner de Paris, passage JouôVoy ; il fut construit par 
Charles Duval, architecte, sur l'emplacement de l'ancien Hôtel du 
Maréchal Clauzel. C'était un Bal-Concert. Derrière rorchestre se 
trouvait une vaste salle luxueusement décorée, servant de promenoir. 
où avaient été conservés de gra^nds- panneaux représentant les vieux 
généraux de l'Empire : Kléber,. Marceau, Hoche, etc. Onl'appelait le Salon 
de la Vieille Garde, or, comme délaissant la danse et ses plaisirs, cer- 
taines clientes plus raisonnables le fréquentaient plus particulièrement 
pour y causer d'affaires sérieuses, elles prii^ent elles-mêmes le nom de 
. Vieilles Gardes, et ce srimom servit longtemps à désigner toute cette 
catégorie de vieilles hétaïres entre deux- âges. 

— 90 — 



Bals dispofiis 

Les danseuses- deiiéputatlioii d'alors- se uommaieiit : Alice la Proven- 
çale, Einette, Sini-belles^deïitte, Itîgolboehe. Plus tiard' on se servit 
de cette salle pour des réunions publiques ; puis, ce furent des arènes 
athlétiques ; Arban et Constantin y vinrent donner des concerts à 
orchestre ; la salle fut ensiiite louée au. journal : Le XI X^ Siècle, que 
venait de fonder Edmond About,.avec Sarcey et Bigot'. Depuis^ un éta*- 
blissenient de bains s'y est installé. — Grande Chartretise (Voir Bul- 
lier). — Le Colisée créé en 1771 par la haute aristocratie, le duc de 
Yrillière, le chevalier d' Arcq et la comtesse de Langeac pour remplacer 
le Vaiix-Hall des Champs-Elysées, fut supprimé en 1779. — La Clo'- 
série des Lilas (Champs-Elysées), bal célèbre qui rivalisait avec le 
Jardin Mabille, se trouvait un peii au-dessus du Rond-Point. — Le 
Château des Fleurs, également aux Champs-Elysées. 

Le Bal de la Cave était situé rue de la Biicherie et rue des Grands- 
Degrés, à l'endroit même où fut brûlé Etienne Dolet, le 3 août 1546 
(Voir place Maubert). Ce bal, comme l'indique son nom se trouvait 
dans une cave ; le public habituel de cet endroit se composait presque 
exclusivement de chiffonniers, c'est là que Frederick Lemaître alla étu- 
dier le type si curieux, qu'il devait créer dans la pièce de Félix 
Pyat ; — lé Bal des Coryhantes ou des Délices ; — Vincennes, fréquenté 
par des militaires ; — le Bal des Croque-Morts, situé rue de la Folie- 
Regnault, près du Père-Lachaise, à côté de l'endroit où se remisaient 
les bois de Justice servant à la guillotine et dans le voisinage de la 
prison de la Roquette où se réunissaient les fossoyeurs et les croque- 
morts du Père-Lachaise; — la Chaumière à Charonne; — le Bal' du Cha- 
let, avenue de Clichy ; — le Bal des Chiens ; — le Bal du Coq Hardy 
(rue de Lévis), de même que le Grand Vainqueur étaient les proto- 
types du véritable bal de barrière. « Le nom de bal, dit Tirmaître, 
si plein d'attrait pour les femmes, se détache en lettres noires, à la 
lueur d'une lanterne à l'extérieur. A l'intérieur, un ou deux quin- 
quets fumeux sont fixés au plafond, un banc court tout autour des 
murs badigeonnés en rose ou en blanc. Sur les murs l'inscription signi- 
ficative : On ne fume pas en dansant. Au fond un orchestre fait d'une 
estrade peinte aux couleurs nationales, composé d'iin. piston, d'un fla- 
geolet et d'un tambour, et au milieu de la salle obscurcie par un nuage 
de fumée qui s'échappe des pipes de la galerie qui boit du vin sueré 
sur des tables séparées de l'endroit réservé à la danse par un^e barrière, 
s'agitent et se démènent de jeunes femmes en tablier et en bonnet, un 
mouchoir serré autour de la taille pour que les mains de leurs danseurs 
ne leur salissent pas la robe, tandis que de grands gaillards en blouse et 
en casquette de soie noire portant au cou de grandes cravates rouges 
ou bleues, nouées sur le côté, frappent à coups redoublés du talon ferré 
de leurs souliers sur ces parquets largement arrosés de sel pour absor- 
ber la poussière ». — Le Bal Colbus, rue d'Allemagne. — Le Château 

— 91' — 



^ 



Bals dispaTiis 

des Brouillards, rue de l'Abreuvoir, sur la butte Montmartre, dans 
l'ancienne maison de santé du D"" Blancbe (Voir ce nom). 

Le Bal Dourlans, avenue des Ternes, bal très connu, qui servait aux 
réunions publiques sous l'Empire ; — le Bal Desdoinène, rue Bellefond, 
babituellement fréquenté par les soldats de la caserne voisine de la 
Nouvelle-France. — ■ Le Bal du Delta, boulevard Ilocliechouàrt ; c'est 
aujourd'hui un café-concert ; — le Bal Desnoyers, rue de Paris à Belle- 
ville. Ce bal placé en face du Bal Favié, se partageait avec lui les faveurs 
de rôdeurs de barrières et de filles de boulevard. La salle du bal Des- 
noyers a été convertie en café-concert. 

Le Bal Duvert était au 102 du boulevard des Batignolles, il y avait 
été établi en 1820 et ne disparut qu'en 1885. C'était un des bals les plus 
redoutables de la banlieue oii se donnaient rendez-vous les voleurs et 
les escarpes de Paris. 

U Ermitage MontTnartre (boulevard Rocliechouart). — U Elysée 
Ménilinonlant autr.^fois 8, rue Julien-Lacroix {Voir plus loin, Bal 
Mabille). — U Elysée Montmartre, au boulevard Rochecliouart, 
aujourd'hui Théâtre Victor-Hugo. — h'Elysée (Palais de 1'), faubourg 
Saint-Honoré (Voir Elysée). — Jj' Eldorado, rue Duphot. — Les 
Enfants du Cantal, bal musette, rue de Lappe (faubourg Saint- 
Antoine). — ■ Salle des Etrangers, surnommée le Bal des Victoires 
en 1793 (Voir Drouot). 

Folie de Chartres ou Jardin Monceau, créé en 1797 sur l'emplace- 
ment du parc Monceau. — Les Folies Jxohi rf, boulevard Rochecliouart, 
furent inaugurées en 1856 avec Olivier Métra comme chef d'orchestre 
{Voir -plus loin Mabille). — Frascati, boulevard Montmartre, qui 
après avoir été magasin de nouveautés fut conveiti en salle de 
bal avec un orchestre dirigé par Arban. Mais le véritable Frascati 
était au 102 de la rue Richelieu; il avait été installé dans l'Hôtel 
Lecoulteux en 1793. Lavoisier y demeurait et c'est de là que sous 
le coup d'une arrestation immédiate il alla se cacher dans une maison 
au 9 de la rue Eerou {Voir Lavoisier). Frascati, qui fut un des plus 
célèbres cafés de l'Europe, avait été fondé sous le Directoire par le napo- 
litain glacier Garchi. Une magnifique terrasse s'étendait sur le boule- 
vard jusqu'à l'hôtel de Montmorency (aujourd'hui passage des Pano- 
ramas). Après Garchi, le banquier Perrin, qu,i habiiau au 110 en devint 
propriétaire et en fit une maison de jeu ; après lui vinrent successive- 
ment plusieurs antres directeurs, dont le dernier fut Benazet, qui créa 
plus tard les jeux de Baden-Baden. Frascati fut démoli en 1865. C'est 
dans cette maison reconstruite en 1859 que Millaud, fondateur du 

— 92 — 



Bals disparus 

Petit Journal, installa ses bureaux. — La Folie du Trône, barrière 
du Trône ; — de Flore (1830), avenue d'Antin. 

La Grande Chaumière, située 17 boulevard Montparnasse, datait 
de 1787, elle fut fondée par le père Labire. Ce bal, fréquenté par le 
fameux Brididi^ Ckicard et Pomaré, fit les délices des étudiants jusqu'à 
l'époque de sa disparition. — Les Grœnds Marronniers, quai de la Râpée 
à Bercy, fondé en 1787. — Le Grand Salon, rue Coquenard était très 
à la mode avant 1790; c'est là qu'au moment du Carnaval, les belles 
dames et les seigneurs du « noble faubourg » venaient s'y faire 
« engueuler » par les femmes des Halles avec lesquelles on débitait 
le catéchisme poissard. — Annexée à l'établissement était une guin- 
guette oii on venait y boire le petit vin d'Argenteuil, et quand on en 
avait bu par trop, on s'en allait, tout guingois de travers, d'où le nom 
de guinguette. — Le Bal des Gigoteurs, autrement dit le Bal Constant, 
et autrefois les Mille Colonnes; ce bal existe toujours, il fut fonde 
en 1857 [Voi/- i-ne de la Gaité. — Le Bal des Grands Pavillons avait 
son entrée au 27 de la chaussée Ménilmontant; la salle de danse était en 
contre-bas de 25 marches et donnait de plain-pied, rue des Maronites 
(autrefois rue de Constantine). Ce bal était tenu par un 'marchand 
d'homones, qui recrutait son personnel parmi les habitués de son éta- 
blissement {Voir rue Boueg-Tibourg). — Le Bal du Grand Turc, rue 
des Poissonniers. — Salle Graffard, était située au 140i boulevard Ménil- 
montant. Cette salle est surtout célèbre par les réunions politiques qui 
s'y tinrent sous l'Empire. Dans ce bal il n'y avait pas de garçon, cha- 
cun allait chercher lui-même sa consommation au comptoir et payait 
en la prenant. Les petits paquets de sucre étaient préparés d'avance ; 
on n'avait qu'à emporter « son litre et son saladier ». ■ — - Au Grand 
Vainqueur (Voir plus haut). — Le Galant Jardinier, au 35 de la chaus- 
sée Ménilmontant ; on y chantait des chansons de Béranger, de Desau- 
giers et chaque assistant portait comme emblème une lyre à sa bouton- 
nière. — Le Bal du Grand Salon, autrefois au 42 du faubourg Mont- 
martre, passage des Deux-Sœurs. 

Jardin de Hanovre, boulevard des Capucines, appelé aussi Jardin 
des Capucines, était en même temps un bal et un spectacle, dans le 
Manuel du Voyageur dans Paris (1806), il est parlé de marionnettes, 
d'escamoteurs « on y voit également la puce apprivoisée, Vâne savant 
et le tigre du Bengale » {Voir rue Louis-le-Grand). — • Bal de V H er- 
mitage, boulevard des Martyrs ; on y mangeait des échaudés arrosés de 
bocks variés. — Le Bal du Harlay, situé rue des Arquebusiers (à la 
Bastille). — • Le Bal Hérot. — Le Bal Hamonium. — Jardin de VHar- 
monie au Palais-Royal. — Hameau de Chantilly, nom donné en 1793 
au bal public de l'Elysée (Voir ce nom). 

— 93 — * 



liais di.s/jarus 

Bal d'-Idalie ou Jardin d'Idalie, situé avenue Marbeuf, Champs- 
Elysées (il y eut un Bal d'Idalie à V-incennes). ^- Jardin de Vlmpéra- 
trice situé rue Saint-Jacques. — Wlsis (1830), avenue d'Antin. — Jar- 
dins de Paris, aveaue d'Antin, a idisparu depuis .l!expositiioii de 1900. 

Jardin Labouœierre, nouveau Tivoli fondé en 182G (barrière 
Blanche), — Lycée Républicain aux Porcherons (chaussée d'Antin). 

Bal du Mont-Blanc, rue St-Lazare et chaussée d'Antin, cette der- 
nière s'appelait alors rue du Mont-Blanc. — Salon de Mars, installé dans 
l'ancien monastère de l'Immaculée-Conception ; les Récollettes qui y 
avaient fondé une chapelle en furent chassées en 16-J7 ; la. chapelle fut 
convertie en théâtre et en 183G., il prit le nom de Salon de Mars (Voir 
rue du Bac). — Mahille, situé autrefois dans l'allée des Yeuves, sur l'em- 
placement des nouveaux immeubles 53 et 55 de l'avenue Montaigne., 
avait été fondé en 1840 par le « père Mabille ». Au début, ce n'était 
qu'un bal champêtre comme la plupart de ceux alors existant aux 
Champs-Elysées, mais à la mort du vieux patron, en 1848, son fils trans- 
forma l'établissement paternel, et au lieu de faire payer à la contre- 
danse, comme cela se faisait alors, il créa l'entrée à 2 francs pour un 
cavalier et sa dame. Ce fut une révolution complète, et devant le succès 
tous les jours grandissant, il ne s'en tint -pas là .: il inventa l'affiche sen- 
sationnelle pour les bals, et Mabille, devenu une des curiosités pari- 
siennes, attira bientôt chez lui des célébrités chorégraphiques comme 
Pomaré, Maria, Mogador (devenue comtesse de Chabiillan), la belle 
Clara, et tant d'autres, qu'immortalisa le célèbre rondo de Xadaud {Voir 
avenue Montaigne). Plus tard, ce fut le tour de Rigolboche, de 
Finette, etc., etc. {Voir rue Cadet). Olivier Métra y fit exécuter les 
grandes valses : les Roses, la Vague, VEsj^érance, et ses irrésistibles 
quadrilles. A la démolition du bal Mabille, après la guerre de 1870, les 
fameux palmiers en zinc qui décoraient le jardin furent vendus, et 
c'est l'Elysée Ménilmontant, 8, rue Julien-Lacroix, qui en hérita. — • 
Le Bal des Monstres, rue de Flandrei, à la A^illette, exclusivement fré- 
quenté par les géants, nains, phénomènes cte foires, femmes à barbe, 
femmes hercule, etc. C'était un bal de famille exclusivement composé 
de forains. — Le Bal de la mère Cléopâtre au Gros-Caillou. — Le Bal 
Misère, contredanse à 2' sous. — La Musette de Saint-Flour, à l'angle 
de la rue des Martyrs eti du boulevard Clichy, la porte était surmontée 
d'une immense enseigne représentant un Auvergnat gigantesque 
jouant de la musette et dansant la bourrée nationale. — Bal Montpen- 
sier, Palais-Royal. — Bal ou Salle Molière, situé dans le passage de 
ce nom autrefois petit théâtre construit en 1791 {Voir Théâtres Dis- 
parus). 

Le Bal Montesquieu, établi au 6 de la rue du nom eut une très 
grande vogue de 1830 à 1855. La salle Montesquieu après avoir été 

— 94 — 



J3oh disparui) 

le magasin de nouveautés du Pauvre Diable, est maintenant le siège 
de la Société des Bouillons Duval. 

Bal des Nègres, florissant en 1830 avenue d'Antin. 

Le Bal Paylios ou Jardin de Paj^hos créé en 1797 au boulevajd du 
Temple, à l'angle de la rue Béranger, autrefois rue de Vendôme (Voir 
DÉRANGÉE,). — Bal Pérot, Grande-Rue de la Cliapelle. — Psyché, fondé 
en 181G au boulevard des Invalides. — La Piice qui remue, rue Pki- 
lippe-de-Girard. — Le Petit Château Rouge (Voir Château Rouge), 
place Clignancourt. — Prado, créé en 1810 en face le Palais de Justice 
{Voir boulevard du Palais), par Yenaud. Le théâtre ainsi que le foyer 
furent transformés en loges maçonniques où Napoléon et l'impératrice 
Joséphine assistèrent à une fête d'adoption donnée par le Maréchal 
Lannes et le Prince Poniatowski, l'un et l'autre vénérables. L'or- 
chestre du Prado était dirigé par le grand Pilodo. Le bal du Prado eut 
une renommée universelle, il fut ciémoli en 1860. Rue Cujas, il y eut 
longtemps un liquoriste qui avait pris pour enseigne : Aux Enfants 
du Prado; c'était une sorte de garni, refuge des ivi'ognes attardés qui 
pouvaient là, moyennant quelques sous, passer une nuit à peu près 
tranquille. Cet établissement a disparu en 1858. — Le Bal du Pérou, 
rue Coquenard. — Bal de la Punaise, rue Saint-Honoré. — Bal du 
Petit Cochon. — Le Pré Catelan, bois de Boulogne. 

Jardin de Ruggieri, fondé en 1766, aux Percherons pax l'artificier 
Ruggieri. — Le Raiielagh, créé en 1774 à la Muette (Passy), se voyait 
encore en 1860. — La Redoute Chinoise, existait en 1781 à la foire 
Saint-Laurent (gare de l'Est). - — Bal Reversa, boulevard Roche- 
chouart. — La Reine Blanche, boulevard de Clichy, est devenu aujour- 
d'hui le Moulin Rouge. — Bal de la Rosière, rue de Charenton. — La. 
Redoute (35 actuel de la rue J.-J. -Rousseau), sur remplacement de 
l'ancien Hôtel La derrière autrefois au 43 de la rue Grenelle-Saint- 
Honoré. 

Salle Sainte-Cécile. — Bal du Sauvage, rue de Belleville ; une tenue 
décente n'était pas de rigueur. — Bal du Saumon, autrefois passage du 
Saumon, aujourd'hui rue Bachaumont (Voir ce nom). 

Tivoli Montmartre était un bal situé sur la butte Montmartre, près 
du Sacré-Cœur, il eut un moment une certaine célébrité. — Tivoli, rue 
de Clichy (179G-1842) a donné son nom au passage Tivoli {Voir rue 
de Clichy). — Tivoli d'hiver, rue Grenelle-Saint-Honoré, aujourd'hui 
rue Rousseau. — Bal de Therpsichore, rue Saint-Martin. - — Bal de la 
Terrasse, rue Saint-Denis. — Jardin Turc, boulevard du Temple à 

— 95 — 



Bals disparus 

côté de Bonvalet et du Café Concert du Géant, fut fondé en 1835. C'est 
là que JuUien, clief d'orchestre composa la célèbre valse Rosita et 
qu'eut lieu l'attentat Fieschi (Voir boulevard du Temple). — Jardin 
Tripet, Champs-Elysées. 

Valentino, est devenu le Nouveau Cirque après avoir été un Pano- 
rama; il avait été créé en 1880, au 251 de la rue Saint-Honoré sur 
d'anciennes écuries. — Vanxhall de Torrè, fondé en 17()7 ; ce fut un 
lieu de plaisir par excellence et les fêtes qui y furent données et dont 
parle Bachaumont dans ses Mémoires Secrets en font un récit merveil- 
leux. Toute la cour allait chez le sieur Torré voir les Fêtes de Tempe ; 
la création du Vauxhall, patronné par le duc de Choiseul avait coûté 
1.200.000 livres. — Le Vauxhall de la Foire Saint- Germain, établi 
en 1775, rue de Montfaucon. — Au 20 sans (au vin sans eau), bal 
situé rue des Boulets à côté d'un autre marchand de vins qui faisait 
face à la Hoquette et qui avait trouvé cette enseigne : On est mieux ici 
qu'en face (Voir Enseignes). — ■ Il y eut un autre Vauxhall ouvert 
en 1785 boulevard Saint-Martin et un autre rue ue la Douane, qui 
existe encore. — Le Bal Vajjeur, nie d'Allemagne. — Les Vendanges 
de Bourgogne, faubourg du Temple, près du boulevard. — Le Bal des 
Vaches, au n** 2 du boulevard Contrescarpe, près le pont d'Austerlitz, 
créé vers 18G2, dans le bâtiment d'une ancienne maison mal famée 
à la Rose, dont le patron fut guillotiné à Bordeaux en 1884. Cette mai- 
son était un bouge des plus dangereux où la police n'osait même pas 
opérer de descente. Ce fut un nommé Emile qui ouvrit le Bal des 
Vaches. Inutile de dépeindre le genre d'habitués qui s'y réunissaient 
pour « en suer une ». Ce bouge, épouvantable repaire des bas-fonds de 
la population de ce quartier ne disparut qu'en 1881. — Bal de Vestris, 
rue d'Aubervilliers. — Jjq Vieux Chêne était situé rue Mouffetard dans 
une vieille maison construite sur l'emplacement du couvent des Hospi- 
talières de la Miséricorde. Ce bal devait son nom à son voisin,. un mar- 
chand de vins à l'enseigne du Vieux Chêne. Il n'était fréquenté que 
par des chiffonniers. Le Vieux Chêne a fermé ses portes en 1882. 
Le Bal des Victimes, surnom donné en 1793 au Salon des Etrangers 
qui était situé dans l'ancien hôtel du fermier général Daugny, au 6 de 
la rue L)rouot, aujourd'hui Mairie du ix® arrondissement ( Voir 
Droitot). 

Dans l'Assommoir de Zola se trouve le passage intéressant qui a 
trait aux Bals de Montmartre. 

« Nana animait tous les bals des environs. On la connaissait de la 
Reine Blanche au Grand Salon de la Folie. Quand elle entrait à VEly- 
sée-Montmartre, on montait sur les tables pour lui faire faire, à la pas- 
tourelle, l'écrevisse qui renifle. Comme on l'avait flanquée deux fois 
dehors au Château-Rouge, elle rôdait seulement devant la porte, en 
attendant des personnes de sa connaissance. La Boule noire, sur le bou- 

— 96 — 



Balzac 

levard et le Grand Turc, ru© des Poissontiiers^ taient des salles comme 
il faut où elle allait lorsqu'elle avait du linge. Mais de tous les bastrin- 
gues du quartier, elle préférait encore le bal de VErmitage, dans une 
cour humide, et le bal Robert, impasse du Cadran, deux infectes petites 
salles éclairées par une demi-douzaine de quinquets tenus à la papa, 
tous contents et tous libres, si bien qu'on laissait les cavaliers et leurs 
dames s'embrasser au fond, sans les déranger. » 

BALiTARD (rue) -<— s rue Berger 3-> rue de Rambuteau [Louvre, Halles, 
1er arr. 124 m.] 

Ouverte en 1854, elle faisait alors partie de la rue du Pont-Neuf; 
en 1877 elle prit le nom de Victor Baltard, arcbitecte des Halles 
(1805-1874). 

BALZAC (rue de) -*-^s avenue des Champs-Elysées, 124 s— > rue du Fau- 
bourg,'- Sainl-IIunoré, 193 [Elyske, Roule, 8"^ arr. 433 m.] 

Précédemment avenue Fortunée, du prénom de madame Hamelin, 
propriétaire des terrains attenant autrefois à l'ancien jardin de la Char- 
treuse, qui dépendait des terrains de Nicolas Beaujon, sur lesquels 
cette rue a été ouverte en 1825, entre l'avenue des Champs-Elysées et 
la rue Chateaubriand, elle fut prolongée en 1842 jusqu'à la rue du 
raubourg-Saint-Honoré. — En 1850, elle reçut le nom d'Honoré de 
Balzac, le grand romancier naturaliste qui mourut après une longue 
agonie, le 18 aoiit 1850 au 12 de cette rue, ancien 22 de .l'avenue For- 
tuné e,^ 

Honoré de Balzac, descendant du grand Balzac (1594-1655), sur- 
nommé le Prince de l'Eloquence, était né à Tours, le 10 mai 1799. 
Ses principaux ouvrages d'une très haute conception philosophique 
sont : La Comédie hwmaine, Le Cousin Pons, La Cousine Bette, Eugé- 
nie Grandet, La Peau de Chagrin, Le Lys dans la Vallée, Les Contes 
drolatiques, etc. 

Comme Victor-Hugo, Balzac eut de nombreux logis à Paris: 
Vers 1814, il vint habiter avec sa famille le 20 de la rue de Thorigny, 
puis la rue du Temple au 122. C'est de là qu'il quitta ses parents et alla 
s'installer 9, rue de Lesdiguières, où il commença la carrière des lettres. 
Après un début assez heureux chez Pollet qui lui paya 2.000 francs 
ses premiers romans ; ne trouvant plus à se faire éditer, il pensa à deve- 
nir son propre imprimeur et acheta à cet effet une imprimerie située 
rîie du Pot-de-Fer-Saint-Sulpice (rue Bonaparte), et s'installa au 17 
de la rue Visconti; mais forcé de liquider, il vendit son fonds à Deberny 
qui y fit une fortune considérable. — Après s'être remis à la littérature, 
il alla demeurer rue des Martyrs 43, puis au 112, rue de Richelieu 
(ancien Frascati). De là il partit 47 rue Paynouard, à Passy, puis 
revint à Paris, 22, avenue Fortunée, où il mourut, 

— 97 — 



Balzac 

En 1835, Lamartine faisait de Balzac le merveilleux portrait sui- 
vant : 

« Il était gros, épais, carré par la base et les épaules ; le cou, la 
poitrine, le corps, les cuisses, les membres puissants ; beaucoup de 
l'ampleur de Mirabeau, ,mais nulle lourdeur ; il y avait tant d'âme 
qu'elle portait tout cela légèrement, gaiement, comme une enveloppe 
souple, et nullement comme un fardeau ; ce poids semblait lui donner 
de la force et non lui en retirer. Ses bras courts gesticulaient avetc 
aisance ; il causait comme un orateur parle. Sa voix était retentissante 
de l'énergie un peu sauvage de ses poumons, mais elle n'avait ni rudesse, 
ni ironie, ni colère ; ses jambes, sur lesquelles il se dandinait un peu, 
portaient lestement son buste ; ses mains grasses et larges exprimaient 
en s'agitant toute sa pensée. Tel était l'homme dans sa robuste char- 
pente. Mais, en face du visage, on ne pensait plus à la charpente. Cette 
parlante figure, dont on ne pouvait détacher ses regards, vous charmait 
et vous fascinait tout entier. Les cheveux flottaient sur ce fiont en 
grandes boucles ; les yeux noirs perçaient comme des dards émoussés 
par la bienveillance ; ils entraient en confidence dans les vôtres comme 
des amis ; les joues étaient pleines, roses, d'un teint fortement coloré ; 
le nez bien modelé, quoique un peu long ; les lèvres découpées avec 
grâce, mais amples, relevées par les coins ; les dents inégales, ébré- 
chées, noircies par la fumée de cigare ; la tête souvent penchée de côté 
sur le cou, et se relevant avec une fierté héroïque en s'animant dans 
le discours. Mais le trait dominant du visage, plus même que l'intelli- 
gence, était la bonté communicative. Il vous ravissait l'esprit quand 
il parlait ; même en se taisant, il vous ravissait le cœur. Aucune pas- 
sion de haine ou d'envie n'aurait pu être exprimée par cette physio- 
nomie : il lui aurait été impossible de n'être pas bon. » 

George Sand ajoute : 

« Il grimpait avec son gros ventre, tous les étages de la maison du 
quai Saint-Michel, et arrivait soufflant, riant, bavardant, sans reprendre 
haleine. Il prenait des paperasses sur ma table, y jetait les yeux, avait 
rin,tention de s'informer un peu de ce que ce pouvait être ; mais aussi- 
tôt, T)ensant à ce qu'il était en train de faire, il se mettait à le raconter. 
Son commeree était fort agréable, un peu fatigant de paroles pour moî 
qui ne sais pas assez répondre pour varier les stijets de conversation. 
Mais son âme était d'une grande sérénité, et en aucun moment je ne 
l'ai vu maussade. » 

A Toccasion du centenaire de Balzac, une statue du maître, œuvre 
de Falguière, a été placée avemie Friedland, au rond-point de la rue 
Beaujon et inaugurée le 22 novembre 1902 : le sculpteur Eodin, exposa 
en 1899 une statue de Balzac, qui grâce à son extrême originalité eut 
un succès colossal. 

— 98 — 



Banque de France 

BANIS (cité) <-^ rue de la Procession, 54 ss— >- rue d'AlIeraj, 73 [Vaugirard, 
Saint- Lambert, 13« arr. 110 m.] 

Nom du propriétaire du terrain sur lequel elle fut ouverte. 

BANQUE DE FRANCE (hôtel de la) située rue de la Vrfllière, 1 et 3 et rue 
Groix-des-Petits-Champs [Louvre, Halles, 1<^ arr.] 

Avant que La Feuillade ne fît abattre l'Hôtel de la Ferté Senneterre 
sur remplacement duquel il fit construire l'Hôtel de la Yrillière, 
l'Hôtel dé la Ferté-Senneterre, appartenant à un certain courtisan de 
Richelieu du nom de Lopez, fut vendu en 1681, au maréckal de la Feuil- 
lade, pour la somme de 222.000 livres. — L'Hôtel d'Hemery qui avait 
été édifié en 1639 par le beau-frère de M, de la Vrillière, n'était 
séparé de l'Hôtel de la Ferté, que par un petit chemin, qui n'était autre 
que la rue Catinat. — (^.uand on consti^uisit la place des Yictoires, 
tous ces terrains n'étaient que trous et fondrières, les rues n'avaient 
pas de trottoirs, c'était encore les Petits-Champs (Voir ce nom), 
c'est-à-dire presque la campagne. L'Hôtel de la Yrillière a été bâti 
en 1635 sur le plan de Fr. Mansard, pour Raymond Phelipeaux, sieur 
d^Herbauit et duc de la Yrillière dont il porta le nom. Yendu en 1701 à 
M. Rouillé, fermier des Postes, il n'en resta pas moins appelé Hôtel 
de la Vrillière. En 1713, le comte de Toulouse, fils naturel de Louis XIY 
et de Mme de Montespan, en devint propriétaire. Son fils le duc de 
Penthièvrc lui succéda ; l'Hôtel changea alors de nom en même temps 
que de propriétaire. — Devenu propriété nationale, l'Hôtel de Pen- 
thièvrc fut affecté en 1793 au service de l'Imprimerie nationale et 
acheté en 1811 par la Banque de France qui précédemment installée 
à l'Hôtel Massiac 2, rue d'Aboukir (place des Yictoires), y transféra 
ses bureaux en 1812. — • En 1859 la Banque de France fut considéra- 
blement agrandie. 

L'Hôtel de Massiac avait été construit par le maréchal de Hallier 
de l'Hospital, dont la veuve, une ancienne lingère, Françoise Mignot, 
épousa en troisièmes noces après son abdication, Jean Casimir, roi de 
Pologne. {Voir Saint-Germaix-des-Prés). A la mort de la Maréchale 
l'Hôtel passa aux mains de Pomponne, l'ami de madame de Sévigné, 
puis à Michel Bonnier, receveur généraldu Languedoc, qui le vendit 
en 1719 à la nièce de M. de la Galaizière. Ce fut ensuite l'archevêque 
de Cambrai qui en devint possesseur. Puis la Compagnie des Indes s'y 
installa en 1723, plus tard elle céda cet hôtel à M. de Massiac. Après 
lui, la Caisse des Comptes Courants en devint propriétaire, et y fut 
remplacée par la Banque de France, qui le revendit en 1812, après son 
installation à l'Hôtel de la Yrillière, au prix de 315.000 francs au 
baron Ternaux. — Piganiol de la Force habitait VHôtel de Penthiètire, 
lorsqu'il écrivit la Description de Paris, — Florian et aussi madame 
de Lamballe, amie de Marie-Anioinette ont résidé dans cet hôtel. 

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Banque de France 

La Galerie Dorée, véritable bijou de la Banque de France, construite 
par François Mansard, pour le comte de Toulouse a, d'après Piganiol 
de la Force : « 20 toises ou 120 pieds de longueur sur 19 pieds 4 pouces 
de largeur ». Afin d'observer la régularité des proportions, Mansard se 
trouvant gêné à une des extrémités par la rencontre de la rue Neuve 
des Bons-Enfants, aujourd'hui rue Radziwill, s'avisa d'y remédier par 
une trompe et de la faire avancer en saillie sur cette rue afin de gagner 
par ce moyen la largeur qui lui manquait. Cette trompe, qui passe 
pour une merveille au point de vue de la coupe des pierres est l'œuvre 
de Pbilippe-le-Grand, architecte du Roi. 

Cette galerie, autrefois entièrement recouverte de sculptures en 
bois sculpté, or mat et brillant dues à l'incomparable ciseau de Vassé, 
possédait au plafond une fresque de François Perrier, et des panneaux 
de Paul Yéronèse, de Guerchin, de Guide et des plus grands maîtres 
de l'époque. Pendant la Révolution tous ces tableaux furent enlevés 
et portés dans les Musées Nationaux, et cette merveilleuse galerie ser- 
vit à la fabrication des Assignats, bientôt toutes les boiseries furent 
abîmées, et les sculptures furent mises dans un état abominable, et 
comme en 1866, la galerie tout entière menaçait, ruine, et qu'il fallait 
à tout prix conserver cette intéressante galerie, ce fut Questel, l'ar- 
chitecte de Yersailles et de Trianon, qui fut chargé de la reconstituer 
telle qu'elle était au temps du comte de Toulouse. 

Les sculptures sur bois de Yassé représentant les douze mois de 
l'année, furent réparées et remises en place ; la fresque et les tableaux 
recopiés d'après les originaux par les frères Balze et Deruelle, et pour 
compléter la reconstitution d'après les descriptions qu'a laissées Piga- 
niol, comme de chaque côté de la porte d'entrée et de la cheminée, 
devaient se trouver quatre statues représentant les quatre parties du 
monde, elles furent refaites en 18G7 par Thomas qui obtint pour elles 
le premier grand prix de sculpture — • « et voilà comment », dit Paul 
Yibert, « grâce aux patriotiques efforts des régents de la Banque de 
France, nous pouvons admirer aujourd'hui cette galerie dorée dans 
son éclat primitif et incomparable ». 

Le bâtiment élevé en façade sur la rue des Petits-Champs a été 
édifié en 1853 par l'architecte Crétin : Le Groupe du fronton est l'œuvre 
du sculpteur Carrier-Belleuse. 

La Banque de France, fondée le 14 juin 1800, a été établie sieu- 
lemeht le 14 avril 1803, époque à laquelle elle fut autorisée à émettre 
des billets de banque : la première Assemblée de la Banque eut lieu 
à l'Oratoire du Louvre en 1801. 



^ 



BANQUE DE FRANCE (succursale de la) située place Ventadour [Bourse, 
Gaillon, 2^ arr.] ^^ifl 

Ce bâtiment qu'occupe depuis 1893, la Banque de France, aprè8"^B| 
avoir été successivement : Théâtre de l'Opéra-Comique de 1828 à 1832; 

— 100 — 




Banque de France 

Théâtre Nautique en 1833 ; Théâtre de la Renaissance en 1838 et enfin 
Théâtre des Italiens de 1841 à 1875, fut repris à cette époque par la 
Banque d'EscoTujJte, qui y eut ses bureaux jusqu'en 1893. 

En 1570, un Italien nommé Albert Ganasse, amena à Paris une 
troupe d'acteurs italiens qui ouvrirent un tbéâtre, mais en 1576 leurs 
représentations durent être interrompues par arrêt du Parlement, à la 
requête dés Comédiens de la Passion jaloux de cette concurrence. 
En 1577, Henri III fit venir d'Italie une autre troupe qu'il installa 
à l'Hôtel Bourbon (Petit Bourbon) près le Louvre (Voir rue du 
Louvre), et qui eut un succès énorme. Mais, de nouveau poursuivie 
par les Comédiens de la Passion, elle fut obligée de se retirer une 
seconde fois. La même tentative fut renouvelée en 1600, et d'autres 
acteurs italiens cette fois payés par Henri lY s'établirent aux Halles, 
à VHôtel d'Argeîit, rue de la Poterie au coin de la rue de la Verrerie 
(Voir Théâtres Disparus). Expulsés par Louis XI Y, ils furent rappe- 
lés par le Hégent et la troupe vint alors jouer dans l'ancien Hôtel de 
Bourgogne, rvie Mauconseil (Voir Etieis'ne Marcel), où ils y donnèrent 
leur première représentation le 18 mai 1716 : Le fameux acteur Carlin, 
de son vrai nom, Carlo Bertinazzi, qui mourut en 1753 et la charmante 
madame Favart dont les débuts eurent lieu à ce théâtre en 1749, en étaient les 
principaux sujets. Mme Favart mourut en 1772. 

Yers 1762, le théâtre italien réuni à celui de l'Opéra-Comique força 
les Italiens à se réfugier à la salle Favart, où. ils restèrent de 1783 à 1797. 
Après être revenus à la salle Favart, ils y jouèrent jusqu'au 14 jan- 
vier 1838, époque à laquelle le théâtre fut incendié. N'ayant plus de 
local, ils donnèrent quelques représentations sur la scène de l'Odéon, 
puis en 1839, vinrent momentanément s'établir rue Yentadour, dans 
la nouvelle salle qui venait d'être édifiée par les architectes Huvé et 
Gruerchy. Sous le nom de 'Théâtre Nautique cette salle fut de nouveau 
occupée par les artistes de l'Opéra-Comique (Voir Opéra-Comique), 
puis encore une fois par la troupe d'opéra italien. Devenu Théâtre de 
la Renaissance sous la direction d'Anténor Joly, pour y jouer le drame, 
la comédie, etc., Frederick Lemaître y créa Ruy Blas de Yictor Hugo 
en 1838. Après avoir lutté plusieurs années, ce théâtre dut fermer ses 
portes, et en 1841 une nouvelle troupe italienne vint s'y installer défini- 
tivement.^' 

Jusqu'en 1875, époque à laquelle florissait le théâtre Italien — les 
Italiens, comme on disait, — ses représentations avaient lieu les mardis, 
jeudis et samedis de façon à alterner avec l'Opéra, alors rue Lepeletier 
(Voir Opéra), qui lui, jouait les lundis, mercredis et vendredis. Les Ita- 
liens furent pendant longtemps le rendez-vous de la haute aristocratie 
artistique de Paris. Les principaux artistes qui illustrèrent cette scène 
furent : MM. Xourry, Tambourini, Lablache, Nicollini, Delle-Sedie ; 
Mmes Penco, Grisi, Borghi Mamo, l'Alboni, la Patti, etc. La salle des 
Italiens passait à juste titre pour un modèle d'acoustique et de confort. 

— 101 — 



Banque 

BANQUE (caserne de la) située rue de la Banque, 12 [Bourse, Vivienne, 2" arr.] 

Cette caserne construite en 1857 par Grisard, dans le style 
XVII® siècle, occupe l'emplacement des terrains de l'ancien couvent 
des Augustins déchaussés dits Petits Pères, dont les jardins s'éten- 
daient depuis l'Eglise Notxe-Dame-des- Victoires jusqu'à la Bourse et 
la rue des Filles- Saint-Thomas. — Avant la construction de cette 
caserue, les Vétéroais, au nombre de 1.800 environ liabitaien.t encore 
l'ancien cloître humide et sombre des Petits Pères, ■ — • Ce bâtiment est 
orné sur la façade des statues allégoriques de la Force, de la Prudence, 
de la Vigilance et de l'Ordre public. — Elle est occupée actuellement 
par la Garde républicaine. 



BANQUE (rue de la) -«— S5 rues des Pelils-Champs et des Petits-Pères, 1 
= > place delà Bourse, 5 [Bourse, Vivienne, 2^ arr. 280 m.] 

Ouverte en 1779 entre les rues des Petits-Champs et le passage des 
Petits-Pères sur l'emplacement de l'Hôtel de La Ferrière, et les dépen- 
dances de l'ancien Hôtel de Bouillon, elle portait alors le nom de 
passage des Petits-Pères {Voir Petiïs-Pèees). Le nom de r^be de la 
Banque lui a été donné en 1844 à cause du voisinage de la Banque de 
France^ à laquelle elle eonduit. Au n° 5, mouiiit le 31 avril 1811 à 
l'âge de 82 ans, le célèbre exploi-ateur Antoine de Bougainville, auteur 
du Voyage autour du Monde (1766-17G9). Son corps repose dans le 
vieux cimetière de Montmartre. Au 8 est la mairie du ii" arrondisse- 
ment {Voir Maiejes). Au 12, Caserne de la Banque construite en 1857 
dans le style Loui-s XIII par Grisard, architecte. Au 13, a été placée 
l'Administration du Timbre et de l'Enregistrement. Ces bâtiments 
commencés en 1830 furent achevés en 1846 {Voir Enregistrement), 

En 1900, des travaux d'élargissement du eôté de la rue des Petits- 
Pères, ont amené la démolition des hautes maisons d'angle, massives 
et lourdes des n°* 2 et 4, toutes bâties en pierres de taille saillantes. 
Ces immeubles avaient été construits à l'aide de vieux matériaux par 
un certain Mathias Pasquier, sur l'emplacement de l'ancien Hôtel de 
La Ferrière et de Bouillon, bâti pax Mansart vers la fin du xvii^ siècle. 
Cet hôtel passa aux mains de la famille Duras, puis aux Charost. 
En 1777 il apijartenait au marquis de La Ferrière, lieutenant général 
des armées du Hoi. Le gastronome Grimod de la Reynière le pos- 
séda quelques années. Après avoir fait démolir cet hôtel, Mathiaa 
Pasquier ouvrit un chemin pour aboutir à l'ancienne Cour des reli- 
gieux augustins^ deptiis Place des Petits-Pères, et fit construire par 
Ledoux l'architecte des anciens pavillons d'octroi {Voir Boulevards 
ET Barrières), les deux énormes immeubles disparus depuis 1900. La 
paartie située entre le passage des Petits-Pères et la Bourse fut ouverte 
en 1844. 

— 102 — 



Ihira 

BANQUIER (rue du) -<-^s rue Duméril, 22 s^->- avenue des Gobelins, 53 
[GoBELixs, Salpétrière, 13" arr. 390 m.] 

Déjà en 1650 cette rue conduisait à Yillejuif ; on la trouve figurant 
sui- lie plan de Jouvin de Bockefort en 1672. Dès 1676, on la désignait 
sous le nom. de rue du Banquier, voisine d'une autre ruelle, dite rue 
du Petit-Banquier (aujourd'hui Watteau). Ce nom de Banquier peut 
provenir soit d'un banquier qui habitait cette rue, soit encore d'une 
sorte de tapis de table qu'on fabriquait aux Gobelins et qu'on désignait 
sous le nom de « banquier ». Au 10 était autrefois la rtie des Cornes, 
ainsi dénommée à cause des murs, dont la plupart étaient faits à l'aide 
de cornes de bœufs. Cette rue anciennement : Voie Creuse, datait 
de 1789 {Voir rue Oltdry), 

BAPTISTE (église) située rue de Lille, 48 [Palais-Bourbon, Saini-Tlionias- 
dAcjui/i, 1'^ arr.] 

Eglise construite en 1872, consacrée à la religion évangélique. Le 
service divin se fait en anglais. 

BAPTISTE-RENARD (rue) <-^is rue Chàteau-des-Renliers, 117 3s-> rue 
Nationale, 92-94 [Gobelins, Gare, \'à^ arr. 120 m.] 

Cette rue ouverte en 188B porta provisoirement le nom de rue de 
Chinon. 

Baptiste Eenard, ordonnance du Général Dumouriez, l'un des héros 
de la bataille de Jemmapes (6 novembre 1792). « Au moment décisif », 
rapporte un témoin oculaire, « alors que nos troupes après avoir 
emporté à la baïonnette les batteries autrichiennes, épuisées par ce 
Suprême effort, commençaient à fléchir devant la cavalerie ennemie qui 
s'avançait en masses profondes, Baptiste Renard saute à cheval, ramène 
les soldats en désordre, fait signe à nos escadrons d'avancer pour bou- 
cher la trouée qui venait de se produire et, chargeant aux côtés de 
Dumouriez, à la tête des troupes, décida la déroute de l'aimée 
ennemie. » 

Pour prix de son héroïque initiative, la Convention lui décerna une 
récompense nationale et lui accorda les honneurs de la séance. 

BARA (rue) -<-<s; rue d'Assas, 108 s— v rue Notre-Dame-des-Champs, 95 
[Luxembourg, Notre-Dame-des-Champs, 6° arr. 192 m.] 

Précédemment rue Carnot (Voir ce nom) en l'honneur du père de 
l'ancien Président de la République {Voir Elysée), mort assassiné à 
Lyon le 24 juin 1894, cette voie a été formée en 1789 sous le nom de 
passage Laurette, sur une partie des terrains dépendant de l'enclos 
des Chartreuœ. Ce nom de Laurette était le prénom de la femme de 
l'ancien propriétaire des terrains. Depuis 1880 elle porte la dénomi- 
nation de r-ue Bara. 

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Barbes 

Joseph. Bara, tambour, âgé de 1-3 ans, mourut massacré par les Ven- 
déens en décembre 1793. Pris dans une embuscade et sommé de crier : 
Vive le Hoi ! il répondit par le cri de : Yive la République ! et tomba 
percé de coups en embrassant la cocarde tricolore. La Convention 
décréta que le buste de ce jeune béros serait placé au Panthéon. Le 
Salon de 1839 exposa une statue de Bara, de David d'Angers, et une 
autre, due au ciseau d'Albert Lefeuvre, a été érigée à Palaiseau en 1881. 

BARBANÈGRE (rue) ■<—^ rue de Nantes, 14 s^-*- quai de la Gironde, 9 
[Buttes-Ghaumont, Pont de Flandre, 19® arr. 273 m.] 

Décrétée en 1837, cette rue précédemment appelée rué de Boulogne 
prit le nom de Barhanègre en 1868. Le Baron Joseph Barbanègre 
général de l'Empire (1772-1830) défenseur d'Huningue en 1815. 
Enfermé dans la citadelle avec une poignée d'hommes, il tint tête pen- 
dant près de deux mois à 25.000 Autrichiens et s'ortit avec les honneurs 
de la guerre, lui et sa garnison. Détaille, dans un tableau superbe : 
Reddition d'Huningue qu'on voit au Luxembourg, a immortalisé ce 
haut et glorieux fait d'armes. Au 7, groupe scolaire. 

BARBÉS (boulevard) -<— «sboulevard de Rochechouart, 2 et de la Ghapelle, 126, 
3— >- rue Ordener, 67 [Montmartre, Clignancourt, Goutte-d'Or, 28" arr. 825 m.] 

Précédemment boulevard d'Ornano, cette voie a absorbé une partie 
de la rue des Poissonniers et de la rue Lévis. Ouverte en 1803, la déno- 
mination actuelle lui est donnée en 1882. 

Armand Barbes, ardent révolutionnaire français, né en 1809 à la 
Guadeloupe prit une part active aux affaires d'avril 1834, emprisonné 
à la suite de l'attentat Fieschi (Voir boulevard du Temple) il fut pour- 
suivi en 1835 pour fabrication de poudre et condamné à un an de pri- 
son. Affilié aux sociétés secrètes des Droits de l'homme et des Saisons, 
il fut compromis avec Blanqui et Martin Bernard. Traduit devant la 
Chambre des Pairs (Voir Luxembourg), il fut condamné à mort et 
vit sa peine commuée en détention perpétuelle grâce à l'entremise de 
Victor Hugo. La Révolution de 1848 vint le trouver à Doullens, où il 
subissait sa peine. Redevenu libre, il soutint la candidature de Ledru- 
Rollin, et fut élu député de l'Aube. Condamné de nouveau par la Haute- 
Cour de Bourges le 2 avril 1849, il fut conduit à Belle-Ile-en-Mer. 
Rendu à la liberté par Napoléon III, en 1854, à la suit-e d'une lettre 
patriotique qu'il avait adressée à un de ses amis au sujet de la Guerre de 
Crimée, et dans laquelle il faisait des vœux pour le succès des armées 
françaises. Barbes se retira à La Haye où il mourut en 1870. Proudhon 
l'avait surnommé « le Bayard de la Démocratie ». — Au 90, église pro- 
testante; au 10, café-concert. Le dôme qu'on aperçoit du boulevard 
Rochechouart, et qui forme l'axe du boulevard Magenta, est la coupole 
des magasins Dufayel, édifiée en 1896. 

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Barbette 

BARBET-DE-JOUY (rue) -<-^ rue de Varenne, 69 3-> rue de Babylone, 64 
[Pal.vis-Bolubon, Invalides, 7" arr. 405 m.] 

Elle porte le nom de Barbet de Jouy, parce qu'elle fut créée 
eu 1838 sur l'emplacement de l'ancien Hôtel de Seissac, construit 
en 1714, et que Barbet de Jouy, littérateur et arckéologue, conservateur 
du musée du Louvre le possédait à cette époque. L'Hôtel Barbet de 
Jouy qui avait appartenu également à Grimaud d'Orsay, était situé 
au 69 de la rue de Varennes. 

BARBETTE (rue) <-« rue EIzévir, 9 s^-> rue Vieille-du-Temple, 70 [Temple, 
Archives, Z^ arr. 165 m.] 

Créée en 1563 sur l'emplacement de l'Hôtel Barbette, on lui avait 
donné anciennement le nom de rue Neuve -Barbette, pour la distinguer 
de la rue Tieille-du-Temple dont la partie hors l'enceinte de Paris, 
s'appelait rue Vieille-Barbette . L'Hôtel ou Courtille Barbette, qui a 
donné son nom à cette rue, avait été bâti en 1298 par Etienne Barbette, 
Prévôt des marchands et Maître des monnaies. Détruit en 1306 lors 
de l'émeute qui éclata au sujet de l'altération des monnaies, cet hôtel, 
réédifié en 1398 devint la propriété d'Isabeau de Bavière, femme de 
Charles VI (Voir rue des Barres), qui l'acheta du surintendant Mon- 
taigne. C'est en sortant de souper de chez Isabeau de Bavièrj, que le 
23 novembre 1407, le duc Charles d'Orléans, son amant, fut assassiné 
près de l'ancienne poterne Barbette, devant l'Hôtel du Maréchal de 
Rieux, par ordre de Jean-Sans-Peur, duc de Bourgogne. 

On raconte qu'en apprenant la mort de son mari, la Duchesse d'Or- 
léans, Valentine de Milan, revint immédiatement de Château-Thierry 
où elle se trouvait, et entra à Paris dans une voiture entièrement 
drapée de noir et traînée par des chevaux blancs. Elle demanda jus- 
tice au roi Charles VI dans la grande salle de l'Hôtel Saint-Paul, où 
étaient assemblés tous les princes et seigneurs du royaume. Maître 
Jehan Petit, de l'ordre des Cordeliers, s'attacha à prouver que le défunt 
avait machiné la mort du Roi et employé la sorcellerie pour arriver à 
ses fins ; bref le Duc de Bourgogne fut légalement justifié. Valentine 
de Milan dut se retirer au château de Blois avec ses enfants où, acca- 
blée de douleurs elle prit alors pour devise un chantepleure (arrosoir) 
entre deux S, initiales de Souci et de Soupir, avec la mélancolique 
légende si connue : Rien ne m'est plus ; plus ne m'est rien ! que l'on 
voyait répétée sur les murs tendus de noir de tous les appartements. 
Elle mourut un an après en 1408, à l'âge de 38 ans. 

L'Hôtel Barbette, célèbre au temps d'Isabeau de Bavière, sous le 
nom d'Hôtel Notre-Dame et Petit séjour de la Reine appartint par la 
suite à Diane de Poitiers, épouse de Louis de Brézé, et maîtresse 
d Henri IL La tourelle qui fait l'angle de cette rue et de la rue Vieille- 
du-Temple dépendait autrefois de l'Hôtel Barbette (Voir rue Vieille- 

— 105 — 



Barouillerc 

du-Temple). La Belle Ferronnière, maîtresse de François I^"" avait un 
liôtel en face de l'Hôtel Barbette. Au 8, sur l'emplacement des n"^ 2, 4, 
6, 8, occupé pricédemment par l'Hôtel Barbette, fut bâti l'Hôtel du 
Maréchal d'Estrées, père de la belle Gabrielle. Tendu en lGo9 au Pro- 
cureur général de la Briflfe, il appartint ensuite à Pajot de Mouchet 
en 1709 et à M. de Courbexon de 1750 à 1789. Devenu propriété natio- 
nale en 1810, les demoiselles de la Légion d'honneur vinrent s'y ins- 
taller en attendant la construction de la maison d'Ecouen. On y voit 
un très bel escalier, et les vestiges de la Chapelle de la Légion d'hon- 
neur. 

Au 3, Hôtel du Préisident de Rivière (1G93), et du Président Yal- 
lier en 1G98. Au 5, Hôtel Thomery (Président du Parlement de 
1700 à 1750), et Souchet de 1750 à 1790. Le 7, oiî sont installées les 
Ecoles de la Tille, était autrefois l'Hôtel Montaran, bâti en 1709. 
Au 15, ancien Hôtel de Choisy en 1660 et d'Ormesson en 1730. Le 9 
est l'ancien Hôtel de Turgot, bâti en 1630 pour le Duc de Bordeaux, 
séquestré en 1792, il devint propriété nationale. Le 11, ancien Hôtel 
du Meyrat construit en 1685, fut habité en 1755 par la famille d'Ozem- 
bray, aujourd'hui Hôtel, de Clermont. Au 17, jolie porte avec 
médaillon. 

BARDINET (rue) -^-^s-:-. rue d'Alésia, 181 s3-> rue Julie, 29 [Observatoire," 
Plaisance, W'^ arr. 45 m.] 

Ces terrains appartenaient à M. Bardinet. 

BARDOU (impasse) ■< =:. rue Castagiiiiry, 69 [VAUctRARn, Saint- Lamberi, 
15« arr. 78 m ] 

Précédemment impasse des Jardiniers, elle a pris le nom du pro- 
priétaire des terrains en 1877. 

BARGUE (rue) -<-^s rue de Vaugirard, 241 sh-)^ rue Falguière, 136 [Yau- 
GiRAHD, Neckcr, 15e arr. 345 m.J 

Ouverte en 1878, elle porte le nom du propriétaire. 

BAROMÈTRE (galerie du) <-^ boulevard des Italiens, 12 [Opiuia, Faul/ourg- 
Montmartre, 9® arr. 71 m.] 

Formée en 1823, cette galerie fait partie du passage de VOpéra et 
doit son nom au baromètre qui est à son extrémité. 

BARON (rue) ^<— s rue des Epinettes, 8 si— > rue Navier, 51 [Batignolles, Epi- 
neltes, 17e j^pj. 29u m ] 

Créée sur les terrains de M. Baron, ancien adjoint au maire du 
xvii^ arrondissement. . ■ 



BAROUILLÈRE (rue de la) Voir La Barouillfjre (rue de). 

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Barres 

BARRAULT (rue) <-^. boulevard d'Italie, 73 îs^-> place de Rungis 5 [Gobe- 
lins, Maison-Blanche, 13^ arr. 790 m.] 

Anciennement ruelle Barrault entre le boulevard d'Italie et la rue 
de la Providence, elle porte depuis 1877 le nom de son propriétaire. 
En 1876, cette rue a absorbé Vimjfasse Croulebarhe. Au 7, ancien 
passage Dubois, devenu 2)assage Barrault depuis 1873. 

BARRÉME (passage) <-s rue Pelii, 45 s— v rue d'Allemagne, 130 [Buttes- 
Ghaumoîs't. Amérique, 19« arr. 126 m.] 

Porte le nom de Bertrand-François Barrême, auteur du livre des 
Corrifptes faits, né en 1640, mort en 1703. 

BARRES (rue des)-<— s quai de rHôtel-de-Ville,66 s->rue François-Miron,16 
[IIoTEL-DE- Ville, Saint-Gervais, 4" arr. 156 m.J 

En 1250, elle était désignée sous le nom de ruelle aux Moulins des 
Barres à cause des moulins situés sur la rivière au lieu dit des Barres, 
puis les moulins étant devenus la propriété des Templiers, ce fut la 
rue aux Moulins du TeTnple. En 1362', on lui donne la dénomination 
rue qui va de la Seine à la porte Baudet (rue Saint- Antoine), et la 
pai-tie de la rue Saint- Antoine fut confondue avec la rue du Pourtour 
(aujourd'hui François-Miron). A la fin du xiv** siècle en 1386, on l'appe- 
lait la rue du Chevet Saint-Gervais à cause de l'église de ce nom qu'elle 
contournait, puis rue des Barres. La partie du côté de l'eau a porté le 
nom de rue Malvvaux, toujours à cause des moulins de Malivaux pla- 
cés sur la rivière, vis-à-vis de cette rue. 

Au n° 4, était l'ancien Hôtel des Barres, bâti en 1250. Acheté en 1362 
par les moines de Saint-Maur, il prit le nom à'Hôtel de Saint-Maur ; 
plus tard, après avoir été l'Hôtel de Bouredon ou de Bois Bourdon il 
passa aux mains des sires de Charny dont il conserva longtemps le 
titre. Ce Bois Boiirdon était l'amant d'Isabeau de Bavière {Voir rue 
Barbette). Le roi Charles VI ayant appris son crime, le fit saisir et 
après lui avoir appliqué la question, il le fit enfermer dans un sac et 
jeter à la Seine, avec ces mots sur son linceul : Laissez passer la jus- 
tice du Poy. — C'est à l'Hôtel de Charny, ancien bureau des aides où 
siégeait en 1794 le Comité de la section de la Commune, que fut 
porté Robespierre jeune, lorsque le 9 Thermidor, il tenta de se suicider 
en se précipitant d'une fenêtre de l'Hôtel de Ville, transféré au Comité 
de Salut public, il fut jugé eft conduit à l'échafaud en compagnie de 
son frère et de plusieurs membres de la Convention. Au 12 était le cou- 
vent des Filles de la Croix, fondé en 1664, dans l'Hôtel de Maubuisson, 
et qui fut supprimé en 1790. Au 21, existe encore dans la boutique, 
occupée aujourd'hui par un confiseur, une ancienne chapelle de la com- 
munion, dépendant primitivt^aent de la paroisse Saint-Gervais et 
•dans laquelle fut enterré le 14 août 1674, le grand peintre flamand 

— 107 — 



Barrières 

Philippe de Cliampaigiie, qui demeurait alors rue des Ecouffes (Voir 
ce nomj. 

Dans la maison d'angle de la rue des Barres et de la rue François- 
Miron, est restée une inscription creusée dans la pierre qui devait 
être : Porte Saiivt- Antoine ; on en distingue encore quelques lettres malgré 
l'apposition de la nouvelle plaque qui la couvre. 



BARRIER (impasse) -*-^£ rue de Cîteaux, 21 [Reuilly, Quinze-Vingts 
12" an*. 53 m.] 

Nom du propriétaire. 



J 



BARRIERES. 

Les anciennes barrières qui avant 1860 enfermaient Paris étaient 
au nombre de cinquante-huit ; aujourd'hui bien que là capitale ait été 
augmentée de tout l'emplacement compris entre les anciens boulevards 
extérieurs et les fortifications et que les barrières aient été reculées, 
on n'en compte plus que cinquante-six (Voir plus loin). 

Après la destruction des remparts élevés au xvi® siècle, pour la 
défense de Paris, la ville n'avait plus de clôture, et les fermiers géné- 
raux ne savaient plus comment percevoir les droits d'entrée; le service 
des bureaux roulants, appelés roulottes, dans lesquels se tenaient les 
receveurs était tout à fait insuffisant. C'est alors que les fermiers géné- 
raux, Lavoisier et notamment M. de Calonne, ministre, obtinrent l'au- 
torisation de faire construire un mur autour de Paris (1783-1786) 
pour remplacer les murailles informes et provisoires, alternant avec 
de faibles cloisons de planches mal jointes qui existaient alors. 

Cette mesure mécontenta le peuple (Voir Lavoisier) et provoqua 
de nombreuses épigrammes, parmi lesquelles celle-ci bien connue : 

Le mur murant Paris, rend Paris murmurant. 

Puis cette autre, : 

Pour augmenter son numéraire 
Et raccourcir notre horizon 
La Ferme a juge nécessaire 
De mettre Paris en prison. 

C'est l'architecte Ledoux qui fut chargé en 1782, de la constructioî 
de tous les bâtiments des 58 barrières, mais 1791, ayant supprimé les 
octrois, les travaux ne furent repris que par le Directoire et achevés 
sous le premier Empire. 

Les Barrières existèrent jusqu'en 1860; l'annexion des communes 
suburbaines fit mettre à bas les pavillons d'octroi et abattre le mur. 
a Cette muraille grise et intermittente qui entourait Paris d'une bande 
de désert », a dit Zola. 

L'enceinte des boulevards qui existe encore en partie s'appelait 

— 108 — 



liarriei'es 

boulevard extérieur pour la distinguer de la ligne des grands boule- 
vards ; elle suivait dans toute son étendue l'ancien mur d'octroi, et 
réunie à l'ancien chemin de ronde, elle forme aujourd'liui une magni- 
fique promenade plantée d'arbres qui fait le tour de Paris, sur une 
longueur d'environ 24.500 mètres (24 kil. 1/2). En 1383, sous Charles Y, 
la circonférence de Paris n'était que de 4.455 toises, soit 8.650 mètres. 

Les anciens bâtiments de l'octroi ont été pour la plupart démolis 
lors de l'annexion (l*""" janvier 1860) et les barrières rétablies aux portes 
des fortifications ; de ce fait la circonférence totale de Paris s'augmenta 
de 7 kil. 1/2. Elle est aujourd'hui de 32.000 mètres et sa superficie 
de 257.550.000 mètres carrés. Il ne reste des anciens bâtiments d'octroi 
que la rotonde Saint-Martin (Villette) ; les bâtiments de la barrière 
du Trône, la barrière d'Italie et la rotonde de Chartres au Parc Mon- 
ceau 

Yoici le nom des anciennes barrières telles qu'elles existaient avant 
l'annexion ; en commençant par la, Seine du côté de Bercy ; il y avait : 
les barrières de la Râpée, de Bercy, de Charenton, de Reuilly, de Picpus, 
de Saint-Mandé, de Vincennes ou du Trône, de Montreuil, de Fonta^ 
rabie ou de Charonne, des Rats, d'Aunai, des Amandiers, de Ménil- 
montant, des Couronnes, de Raiwponneau, de Bellemlïe, de la Chojji- 
nette, du Combat, de la Boyauderie, de Pantin, de la Rotonde Saisit- 
Martin, de la Villette, des Vertus; de Saint-Denis ou de la Chapelle, 
Poissonnière, de Têlégra-phe ou de Roche cho-uart, des Martyrs, de Mont- 
martre, Blanche, de Clichy, Monceau, de la Rotonde de Chartres (Parc 
Monceau), de Courcelles, du Roule, de Neuilly, des Réservoirs ou des 
Bassins, de Longchamp, de Sainte-Marie, de Franldin et de Passy 
ou des Bons Hommnes. 

Au milieu de la largeur de la Seine, était fixé entre la barrière de 
Passy et celle de la Cunette un grand bateau appelé Potache sur lequel 
étaient établis les bureaux servant à la perception des droits d'octroi. 
Puis venait la barrière de Grenelle, de VEcole imUitaire, des Paillas- 
sons, de Sèvres, de Vaugirard, des Fourneaux, du Maine, de Montpar- 
nasse, d'Enfer, d' Arcueil, de la Santé, de Lourcine, de Croulebarbe, 
d'Italie, d'Ivry, des Deux Moulins et de la Gare. 

Entre la barrière de la Gare et celle de la Râpée existait une patache 
comme à Passy. 

Yoici maintenant quelles sont les 56 nouvelles portes de Paris exis- 
tantes aux Eortifications : 

Porte de Charenton, de Reuilly, de Picpus, de Montempoivre, de 
Saint-Mandé, de Vincennes, de Montreuil, de Bagnolet, de Ménilmon- 
tant, de Romainville, du Pré Saint-Gervais, des Buttes-Chaumont, de 
Pantin, du Canal de l'Ourcq, de la Villette, du Canal Saint-Denis, 
d'Aubervilliers, de la Chapelle Saint-Denis, des Poissonniers, de Cli- 
gnancourt, de Montmartre, de Saint-Ouen, de Clichy, d'Asnières, de 
Courcelles, de Channperret, de Villiers, des Ternes, Porte-Maillot, Dau- 

— 109 — 



Basfroi 

phine, de la Muette, de Passy, à'Auteuil, de Saint-Cloud, du Poir 
d>u-Jour, de Billancourt, de Bas-Meudon, de Sèvres, d'Issy, de Ver^ 
sailles, àe'la Plaine, de Plaisance, Porte Brandon, de yan-ues, de C/?«- 
Ullon, de Montrouge, d'Orléans, d'Arcueil, des Gobelins, créée en 1903, 
de Gentilly, de Bicêtre, d'Italie, de Choisy, d'Ivry, de Vitry et de 
Za Gare. 

BARROIS (passasse) -«— s rue des Gravilliers, 34 =3— > rue Aumaire, 15 
[Temple, Arts-et-Méiiers, 3« arr. 70 m.] 

Créé par M. Barrois. ^^H 

BARTHELEMY <rue) -«-^s avenue de Breteuil, 78 s^->- boulevard Garibaldi, 57 
[Vaugiraro, Necker, 15« arr. 100 m.] 

Ouverte en 1820, cette rue porte le nom de Barthélémy qui fui 
membre du Conseil général de la Seine en 1817. 



M 



BARTHELEMY (passage) ■<-^£i faubourg Saint- Martin, 263 s— >- rue de 
l'Aqueduc, 86 [Enclos-Saint-Laurekt, Saint-Vincent-de-Paul, 10« arr. 50 m.] 

Nom de son propriétaire. 

BARYE <ru«) -<— «s nie Guyot, 21 s— >- rue Cardinet, 22 [Batignolles, Plaine- 
Monceau, 17" arr. 107 m.] 

Voie privée formée en 1880, cette rue s'appelait précédemment rue 
Transversale; depuis le 3 novembre 1884, elle a pris le nom de Barye, 
le célèbre statuaire animalier, membre de l'Académie. 

Antoine-Louis Barye, né à Paris le 24 septembre 1793, mourut 
le 25 juin 1875, au n° h du quai des Célestins. Sa statue a été placée 
le 18 juin 1894, sur le terre-plein du Pont Sully près de l'estacade ; 
elle fut offerte par t ses admirateurs de France et d'Amérique ». En 
façade au-dessus du médaillon du Maître figure le beau groupe du 
Lion et du Serpent fondu par Barbedienne. 

BASFOUR (passage) -«-^s rue Saint-Denis, 178 35-v rue de Palestre, 29 
[Bourse, Bonne-Nouvelle, 2" arr. 60 m.] 

Au xiv^ siècle c'était une ruelle sans chief dite Ba^-Four aboutis- 
sant à la Trinité, enclos qui portait ce nom ; plus tard, probablement 
à cause d'un four banal, la ruelle devint rue Basfour. Contrairement 
aux dispositions arrêtées par un décret de 1854, décidant sa suppres- 
sion pour l'ouverture du boulevard du Centre (boulevard Sébastopol), 
ce passage fut conservé et officiellement classé en 1861. 

BASFROI (passage) -<— ss passag-e Charles-Dallery, 10 s^^ rue Bas roy, 39 et 
avenue Ledru-RoIIin, 159 [Popincourt, Roquette, 11" arr. 73 m.] 

Précédemment passage Levert ; depuis 1877, il a pris le nom de 
Basfrai (Voir ce nom,). 

— 110 — 



Bassompien-e 

BASFROI (rue) -<-^=sr rue de Charonne, 71 3-> rue de la Roquette, 108, [Popin- 
couRT, Roquette, 11*^ arr. 386 m.] 

Ancien chemin situé en 1540, au lieu dit Basfcr, Baffer, et Chan- 
tier du Grand Baffroi, il est encoi"© indiqué ainsi en 1672, sur le plan 
de Jouvin de Rochefort. On pense que l'origine du mot basfrui, peut 
venir de heffredus ou baUredus qui en basse latinité signifiait : une 
tour, un clocher, un beiïroi, dont par altération on aurait fait Bas f roi. 

BASSANO (rue) -<— s avenue d'Iéna, 58 et rue Bizet, 26 s— > avenue des Champs- 
Elysées, 101 [Élysék, Champs-Elysées, S" arr. — Passy, Chaillot, 16« arr. 
500 m.] 

Précédemment miellé des Jardins et rue du ChâteoM-des-Fleurs 
entre la rue Yernet et l'avenue des Champs-Elysées. La ruelle des 
Jardins, entre la rue Keppler et l'impasse des Réservoirs, aujourd'hui 
supprimée existait en 1780. Quant à la rue du Château-des-Fleurs, elle 
servait de limite orientale au Promenoir de Chaillot, créé en date du 
21 avril 1777. (Voir Trocadéro). Le Château des Fleurs, a été pen- 
dant longtemps avec le Bal Mahille, un des bals les plus fréquentés 
de Paris (\^oir Bals Disparus). 

Depuis 1881, cette rue a pris le nom de Hugues-Bernard Maret, 
homme d'Etat, né en 1763, mort en 1839, qui fut fait duc de Bassano,, 
après la victoire que Bonaparte remporta en 1796 sur les Autrichiens 
à Bassano (petite ville d'Italie). 

BASSES-DES-CARMES (rue) -«-« rue de la Montagne-Sainte-Gene- 
viève, 6 :::: > rue des Garmes, 3 [Panthéon, Sorbonne, 5« arr. 58 m.] 

Créée en 1811, sur l'emplacement du Couvent des Carmes, le nom 
de rue Basse-des-Carmes lui vient de ce qu'elle est en contre-bas des 
autres rues avoisinant le Marché des Carmes. 

BASSE-DU-REMPART (rue) (Voir BOULEVARD DE LA MadELEINe). 

Entièrement disparue en 1902, elle allait du n° 1 de la rue Caumartin 
au 16 de la place de la Madeleine. 

Les maisons en contre-bas (16 à 22) sont les seuls vestiges qui res- 
tent de cette rue. Construite sous Louis XIII en bas du rempaii; de 
la nouvelle enceinte, elle avait porté le nom de rue Chevilly à cause 
de l'ancien Hôtel Chevilly qui y était situé. Au 8, était le célèbre Hôtel 
d'Osmond, oii furent donnés les concerts Musard (Voir boulevard de 
la Madeleine). 

BASSOMPIERRE (rue) <-^ boulevard Bourdon, 3 »-^ rue de l'Arsenal [IIotel- 
DE-ViLLE, Arsenal, 4» arr. 42 m.] 

Formée en 1841, sur les terrains de l'ancien enclos de l'Arsenal, 
elle a reçu en 1843, le nom de François de Bassompierre, maréchal de 

— 111 — 



Bastille 

w^ÊmÊmÊiÊÊmmmm 

France, né le 12 novembre 1579, mort le 12 septembre 1646. Courtisan 
du roi Henri IV et colonel général des Suisses, il devint maréchal de 
France en 1(522 et se signala aux sièges de Rethel et de Saint-Jean-d'An- 
gély, de la Rochelle et de Montauban. Nommé ambassadeur en 1622, 
sous Louis XIII, à la suite d'intrigues contre Annand de Richelieu, celui-ci 
le fit mettre à la Bastille d'oii il ne sortit que douze ans après la mort 
du cardinal. Ce qui lui inspira ces vers : 

Enfin, dans l'arriùre saison 
La fortune d'Armand, s'accorde avec la inicnno 
France, je sors de prison 
Quand son Ame sort de la sienne. 

Bassompierre a laissé des Mémoires fort utiles à consulter. IL avait 
habité à Chaillot, dans le fameux couvent de la Visitatioiv (Voir rue 
de Chaillot). 

BASTE (rue) *-«? rue Secrétan, 35 »-* rue Bourel, 18 [Buttes-Chaumont, 
Combat, 19*^ arr. 50 m.] 

Ouverte en 1866, pour la formation des abords du Marché de la 
Villette, elle a pris en 1868, le nom du contre-amiral Pierre Baste 
(1768-1814), qui défendit le' quartier des Buttes-Chaumont en 1814 
{Voir boulevard de la Yillette). 

BASTIEN-LEPAGE (rue) *-^ïx rue Pierre-Guérin, 13 jb-> rue Lafontaine, 79 
[1*ASSY, Aiileuil, 16'' arr. 52 m] 

Cette rue percée en 1883, s'appelait cité Michel-Ange ; à la mort 
de Bastien Lepage, célèbre peintix^, élève de Cabanel, elle prit le nom 
de cet artiste bien connu (1848-1884). 

BASTILLE (place de la), à l'encontre des boulevards Ricliard-Lenoir e! 
Beaumarchais, de la rue Saint-vVntoine, des boulevards Henri IV, Bourdon et 
de la Contrescarpe, des rues de Lyon, du Faubourg-Saint-Antoine et de la 
Roquette. Cette place fait partie de trois arrondissements. [IIoTEL-nE-ViLLE, 
Arsenal, 4<' arr.; Popincourt, Roquette, 11"= arr.; Ueuilly, Quinze-Vingts, 
12« arr. 156 m.] 

Elle fut créée en 1792, sur l'emplacement de la redoutable forte- 
resse, qui, après avoir été construite sous Charles Y par le prévôt 
Hugues Aubryot, pour mettre Paris à l'abri des attaques des Bourgui- 
gnons et des Anglais était devenue une des plus terribles prisons qui 
aient existé. La Bastille avait été commencée le 22 avril 1370. On a 
prétendu à tort que justement Hugues Aubryot après en avoir posé 
la première pierre y fut enfermé le premier. C'est au Fort l'Evêque, 
et non à la Bastille qu'il fut emprisonné en 1380, par ordre de l'évêque 
de Paris (Voir Aubriot). 

La Bastille, y compris les huit grosses tours crénelées hautes de 
23 mètres, s'étendait sur une superficie de 2.670 mètres. Il y avait 

— 112 — 



Bastille 

du côté de la Yille : la tour du Puits, dans l'axe de la rue Saint- 
Antoine ; puis celle de la Liberté, de la Berthaudière et de la Bassin- 
nière. Sur le front du faubourg : la tour de la Comté à l'Est, puis celle 
du Trésor, de la Chapelle et du Coin. L'entrée de la Bastille était au 
Sud entre les tours de la Bassinnière et de la Comté. La deuxième 
enceinte avait 7.800 mètres, le bastion et le jardin 4.080, soit ensemble 
14.550 mètres. 

Primitivement la Bastille devait remplacer la porte Saint-Antoine 
construite par Etienne Marcel, prévôt des marchands et au pied de 
laquelle ce magistrat fut assassiné par Jean Maillard leaSl juillet 1358 
(Voir Etienne Marcel), mais fille fut affectée comme prison d'Etat 
de 1418 à 1789. Sous Henri IV le trésor royal était gardé à la Bastille, 
ainsi qu'il en est question dans une des satires du poète Régnier où 
il est dit : 

« Les abbés volent de leurs mains plus d'argent que le roi n'en a 
dans la Bastille. » 

Sully de son côté parlant de ce trésor fait mention : « D'argent 
comptant placé dans les cbambres voûtées, coiïres et casques de la Bas- 
tille ». 

Parmi les personnages célèbres qui y furent enfermés nous citerons 
en 1475, le cardinal de la Ballue, pour lequel Louis XI inventa la 
fameuse cage de fer ; Bernard de Palissy qui y mourut en 1590 (Voir 
Bernard de Palissy) ; le maréchal Grontaud de Biron, décapité le 
81 juillet 1602', dans une des cours de la Bastille ; Bassompierre (Voir 
ce nom), Yliomme au Masque de fer qui, malgré la légende, ne serait 
autre que le comte Mattioli, secrétaire du prince de Mantoue (Voir 
rue Beautreillis) ; l'intendant Fouquet ; Voltaire pour avoir écrit 
contre le Hégent et la duchesse de Berry le poème : Puero régnante ; 
Lally-Tollendal, âgé de 61 ans, qui, accusé d'avoir causé la perte de nos 
établissements aux Indes (Voir Dupleix) eut la tête coupée le 
6 mai 1706 ; Latude qui fut délivré à la prise de la Bastille le 14 juil- 
let 1789, était né en 1725 ; à la suite d'un pamphlet qu'il fit contre la 
reine Marie-Antoinette en 1749, il fut enfermé à la Bastille où il resta 
jusqu'à l'âge de 61 ans, c'est-à-dire 40 ans ! Il mourut en 1805. Pellis- 
son y écrivit des mémoires, tout en apprivoisant des araignées. Après 
l'affaire du Collier de la Reine (Voir Rohan) « la femme Lamotte » et 
Cagliostro furent arrêtés et voici comment ce dernier a conté lui-même 
sa mésaventure : 

« Le 22 août (1786) un commissaire, un exempt et huit hommes 
de la police se transportent chez moi : Le pillage commence en ma 
présence ; on me force d'ouvrir mon secrétaire : élixirs, baumes, 
liqueurs précieuses, tout devient la proie des sbires chargés de m'es- 
corter ; je prie le commissaire de me permettre de me servir de ma 
voiture ; il refuse ; l'agent des Brunières me prend au collet ; il avait 
des pistolets dont les crosses sortaient des poches de sa houppelande ; 

— 113 — 



Bastille 

on me pousse dans la rue, et, avec le plus graud scandale, on me traîne 
à pkd, en remontant le boulevard jusqu'à la rue Notre-Dame-de-Naza- 
reth ; là, un fiacre se présente, j'obtins la grâce d'y monter et l'on 
prend enfin le chemin de la Bastille... » 

Le 14 juillet 1789, le peuple enflammé par les paroles de Camille 
Desmoulins, part du Jardin du Palais-Eoyal (Voir ce nom) et 
se porte en masse sur la Bastille ; il délivre les prisonniers, massacre 
le gouverneur De Launay, tue d'un coup de pistolet le maire de Paris 
Flesselles et incendie les barrières et les octrois qu'avaient fait élever 
les fermiers généraux (Voir Bareièr'es et Lavoisier), 

La terrible forteresse fut immédiatement jetée à bas et avec les 
matériaux provenant des démolitions on construisit une partie du 
pont de la Concorde. A Fendroit où s'élevait la Bastille on plaça un 
écriteau portant ces mots : ici on danse ! 

Mme Campan quelques années auparavant, lisant tout haut, dans 
la chambre de Marie-Antoinette, le Mariage de Figaro, le Roi donna 
des signes d'impatience quand elle fut arrivée à la tirade sur les /j/v- 
sons d'Etat. « Cela est détestable, s'écria-t-il ; cela ne sera pas joué ! 
Cet homme s^e moque de tout ce qu'il faut respecter ; si on récontait, 
il faudrait démolir la Bastille ! » 

Mercier constate qu'en 1783, bien qu'il ait été souvent question de 
démolir la Bastille « ce monument odieux choquait encore le 
regard ...» 

En 185.5, on voyait encore sur la place de la Bastille, à l'endroit 
où s'élève aujourd'hui la gare de Vincennes, un énorme éléphant en 
plâtre, qui devait plus tard y figurer en bronze. Ce projet ne fut pas 
mis à exécution et l'éléphant fut démoli au grand désespoir des légions 
de rats qui depuis longtemps s'abritaient dans son immense carcasse. 

Au n" 3 de la place a été posée une inscription rappelant que c'est 
le 14 juillet 1789, que la Bastille fut prise par le peuple et rasée 
la même année. Sur le pavé de la place est tracé en pierre blanche 
le plan de l'ancienne forteresse avec ses bastions et S'PS taurelles. 
En 1870, les fédérés voulant faire santer cette plaoe pour empêcher 
l'armée de Versailles d'opérer sa jonction avec d'autres troupes régu- 
lières, se servirent de bateaux chargés de pétrole, qu'ils- amenèrent 
sous la voûte dvi canal et auxquels ils mirent le feu. On voit encore 
à la sortie du tunnel, la trace des flammes et les. pierres calcinées. 

Au centre a été élevée le 28 juillet 1840, la Colonne de Juillet (Voir 
ce nom), en l'honneur des combattants de 18-30. C'est le roi Louis-Phi- 
lippe qui en posa la paremière pierre le 28 juillet 1831. Les gardes 
suisses tués à Fattaque du Louvre aux journées de juillet furent enter- 
rés place de la Bastille. Le 27 juillet 1848, le Gouvernement provi- 
soire y proclama solennellement la République. Au n" 6, on remarque 
un marchand de vins à l'enseigne de la Tour d'Argent. La cour de la 
Juiverie au Juivrerie, située autrefois rue de la Contrescarpe-Saint- 



— 114 



1 



Bastille 

Antoine, a été annexée à la place de la Bastille. Une des faces de la 
cour subsiste encore sur la place et dans la cour de la gare du cliemin 
de fer de Yincennes. Au moment de l'attentat de Fiesclii contre le roi 
Louis-PliiHppe le 2G juillet 1835, Moret, Boireau et Bescher se réu- 
nissaient chez Fieschi qui habitait plàoe de la Bastille à l'ang'le de la 
rue de la Hoquette {Voir boulevai'd du Temple). Lors des fouilles pra- 
tiquées en 1898, dans la rue Saint-Antoine par les soins de M. Charles 
Normand, Président des Amis des Monuments Farisiens, on retrouva 

-4. ' 

la base de la tonr de la Liberté dépendant de l'ancienne Bastille. Ces 
pierres ont été déposées en 1899, sur le qnai des Célestins en face l'Hô- 
tel Fieubet, à côté du pont Sully. Au 12 de la rue de Lesdiguières, 
existe encore un des derniers vestiges, avec la gare de l'Arsenal (Voir 
ce nom) (te la lugubre forteresse ; c'est un important fragment de 
muraille d'enceinte enclavée dans une construction moderne (Voir me. 
de LESDiGriÈREs). 

Le premier gouverneur de la Bastille fut Jean de la Personne en 
1385, et le dernier l'infortuné Jourdan de Launay,^ massacré le jour de 
lu prise de la Bastille >en 1789. Bussi Leclerc avait été gouverneur 
en 1588, Dubourg lui succéda en 1544, à l'entrée d'Henri TV à Paris. 
Sully y était en 1601. En 1617, Bassompierre, qui plus tard devait y 
être enfermé lui-même en avait été gouverneur. Sous la Fro ide, ce 
fut Eouvière, fils du célèbre connétable Pierie Broussel, après lui 
vint le fameux Cinq-Mars. Le gouverneur de la Bastille recevait une 
;3omme proportionnée à la qualité des prisonniers : c'était un écu pour 
un homme sans état; cinq livres pour un bourgeois, un procureur ou un 
avocat ; la taxe d'un prêtre, d'un financier ou d'un juge ordinaire 
était une pistole ; on payait 15 livres pour un conseiller au Parlement, 
24 livres pour un lieutenant-général des armées, 36 livres pour un 
maréchal de France, de sorte que le poste de gouverneur rapportait 
plus de 600.000 livres par an. 

On s'était souvent demandé ce qu'étaient devenus le cadran et les 
taloches de l'horloge de la Bastille que Linguet avait décrits dans ses 
Mémoires : « Le cadran était soutenu par deux esclaves- enchainés. » 
L'horloge arrêtée le 14 juillet 1789, à 5 heures 1/4, avait été commandée 
^-n 1762, par M. de Sartines, lieutenant de police, à l'horloger Quillet 
pour le prix de 3.767 livres- y compri-s les cloches fournies par le fon- 
deur Chéron. Après la prise de la Bastille, l'horloge très maltraitée 
d'ailleurs, fut remise à l'horloger Ilegnault du district de Saint-Louis- 
de-Culture ; plus tard l'horloge disparut mais les cloches furent 
envoyées aux fonderies de Romilly-sur-Andelle chargées de la fonte 
des canons à l'usage de la nation. Guimpert, alors directeur de l'usine 
de Romilly (Aube) conserva les cloches, qu'il plaça dans une des cours 
de ses ateliers après les avoir fait adapter à une autre horloge. Ainsi 
qu'on peut les voir encore aujourd'hui, « après avoir sonné tant 

— 115 — 



lia s tille 

d'heures de captivité, elles sonnent à présent les heures de travail et 
de liberté ». 

* Le démolisseur de la Bastille fut un maître maçon nommé Palloy. 
C'est en 1789, qu'il obtint l'entreprise ; il en tira de très gros bénéfices 
en vendant des morceaux de pierre du vieux donjon aux municipalités 
républicaines, tout comme en 1871^ on trouvait au Palais-Royal, chez 
le bijoutier Gustave Sandoz, des souvenirs des Tuileries faits avec des 
marbres provenant de ce palais. Ce Palloy s'était construit à l'aide de 
ces matériaux royaux une maison qui existe encore à Sceaux, et qui 
fut occupée quelques années avant 1870, par la sous-préfecture. On 
sait que le pont de la Concorde fut également édifié avec des matériaux 
de la Bastille {Voir pont de la Coxcorde). 

Les huit tours de la Bastille, composées chacune de cinq à six 
chambres pouvaient contenir de 70 à 72 personnes ; sur les six chambres 
quatre avaient un plafond, la première, très basse enterrée presque 
au niveau des fossés, ne recevait le jour que par une très étroite 
ouverture. On s'en servait comme de cachot ; dans les chambres, afin 
d'éviter toute escalade, les fenêtres et même les cheminées étaient gril- 
lées à l'intérieur. Yoici à titre de curiosité la formule d'une lettre de 
cachet. Avant 1750, elles étaient écrites entièrement à la main, mais 
à partir de cette époque on les délivrait tout imprimées, il suffisait 
d'y ajouter le nom de la r>ersonne qu'on désirait faire disparaître et le 
tour était joué : 

Monsieur lo Gouverneur, je vous fais cette lettre pour vous dire de roccvc>ir le sieur. . . dans 
mon chAteau de la Bastille et de l'y garder jusqu'à nouvel ordre de ma part. Sur ce, Monsieur le 
Gouverneur, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde. 

Signé : « Louis. » 

Dès que le prisonnier entrait à la Bastille il perdait sa personnalité, 
et les geôliers ne l'appelaient plus que : le prisonnier de la seconde 
ou de la troisième chambre de la tour du Coin, ou de la tour de la 
Liberté. 

BASTILLE (rue de la) <-^ rue des Tournelles, 2 »-> boulevard Beuumar^ 
chais, 1 et place de la Bastille, 7 [Hotel-de-Ville, Arsenal, 4"^ arr. 73 m.] 

Formée en 1866, elle porta jusqu'en 1877 le nom de Petite-Rue- 
Saint- Antoine. 

BASTILLE (boulevard de la) <--« quai de la Râpée, 102 b-^ rue de Lyon, 75 
[Reuilly, Quinze-Vingts, 12" arr. 635 m.] 

Ancien boulevard de la Contrescarpe. Ce boulevard est la rectifi- 
cation de la rue des Portes-Saint- Antoine qui existait vers 1605. 
C'était précédemment le chemin et inie de la Contrcscarpc-Saint- 
Antoinc, nom qui lui avait été donné à cause du voisinage de l'enceinte 
de Philippe-Auguste. Depuis 1900, il a pris le nom de Bastille. 

— 116 — ' 



Batignolles 

BASTION (cité du) située boulevard Bessière, 71 [Batignolles, Epinettes, 
17e arr. 100 m.] 

Anciennement cité du Nord, la proximité des fortifications et des 
bastions l'a fait ainsi dénommer depuis 1877. 

BATACLAN (café-conoert de) situé boulevard Voltaire, 50 [Popincourt, Saint- 
Ambroise, 11'= arr.] 

A été construit en 1862, par l'architecte Duval dans la forme d'une 
pagode chinoise. 

BATIGrNOLLiES (boulevard des) <-^. place Glichy, 3 a-^ rues de Constan- 
tinople et de Levis, 2 [Elysée, Europe, 8« arr.; Batignolles, Batignolles, 
17<= arr. 796 m.] 

Ce boulevard fut créé en 1789. En 18G2, après l'annexion il fut 
augmenté du chemin de ronde de la barrière de Clichy. 

Quelques historiens ont essayé de trouver l'étymologie de Bati- 
gnolh's, dans l'ancien val de Bactillon ou Dastillone, qui existait déjà 
en G80, mais ce village était situé près de Luzarches, et par conséquent, 
semble difficilement pouvoir intéresser Batignolles. Le mieux est donc 
de rechercher l'origine de ce nom, dans les sortes de « batailles » ou 
exercices militaires qui se donnèrent jusque sous Louis XYIII sur 
les terrains comprenant la plaine des Ternes, de Sablonville, etc., et 
qui reçurent le nom de Batignolles, du latin Botagliola ou Baltagiola. 

En 1814, Batignolles ne se composait que de quelques maisons 
éparses, puis peu à peu, les petits rentiers de Paris traversèrent la 
barrière et vinrent s'y installer ; en 1829, le docteur Lemercier y fonda 
une maison de santé autour de laquelle se groupèrent un grand nombre 
d'habitants. Batignolles n'avait seulement à cette époque que 
6.000 âmes ; en 1842 la population s'élevait à 14.000, il y en avait 
19.864 en 1846 ; 40.000 en 1855 ; 54.000 en 1891 ; 56.000 en 1896 et 
aujourd'hui ce quartier compte environ 60.000 habitants {Voir Popu- 
lation) . 

Pendant longtemps, Batignolles a été célèbre par ses tables d'hôte 
et ses pensions bourgeoises. 

« Passer pendant trente ans seize heures par jour dans une bou- 
tique ; loger à l'entresol en un étroit réduit, amasser péniblement 
4 à 5.000 francs de rente en 5 % et se retirer aux Batignolles », tel 
était vers 1840, le lêve de la plupart des négociants de Paris. « Le 
petit rentier des Batignolles » est un type disparu aujourd'hui et 
qu'on ne retrouve plus que dans les romans de Gaboriau. 

Au 45, le Collège Chaptal précédemment rue Blanche a été trans- 
féré en 1875, dans les bâtiments actuels. Au 46, Chapelle des Bati- 
gnolles ouverte en 1875 (rite protestant calviniste). Au 56, Ecole Nor- 
male d'Institutrices établie dans les bâtiments de l'ancienne école 

— 117 — 



lia licites 

Polonaise, Skola-Pohka, aujourd'hui rue Lamandé. Au 78, est le théâtre 
des Batiguolles, construit en 181G, par MM. Seveste frères {Voir Théâtre 
des Batigxolles). 

BATIGNOLLES (marché des) situé rue Lemercier [Batignolles, Epi/iettes, 

IT^^ arr.] 

Ce marché a été établi en 1867. 

BATIGNOLLES (place et square des) <-« rue des Moines, 1 »-^ lue Gar- 
dinet, 146 et le chemin de ler de l'OiiesL [Batignolles, Batig/iolfes, 17" arr.] 

Créée en 1845, cette place s'appelait jjlace de la Promenade. Elle 
a été modifiée et agrandie en 1894. Primitivement le square ne venait 
pas jusqu'à la grilie du chemin de fer de l'Ouest; mais le soir, cette 
partie du jardin qui formait alors une petite avenue séparée, était telle- 
ment mal fréquentée qu'elle fut réunie au square en 1894, et que des 
grilles y furent placées aux deux extrémités. 

BATIGNOLLES (rue des) <-tr- boulevard des Balionolles, 34 &-> rue des 
Moines, 2 [Batignoli.ks. Batignolles, 17'' arr. 637 ia.| 

Commencée en 1845, elle n'allait alors que de la rue des Dames à 
la rue de la Condamine. En IS-'iô, elle fut prolongée jusqu'à la rue 
Legendre, puis jusqu'au boulevard des Batignolles en 1855. Le voisi- 
nage de FËglise Sainte-Marie-des-Batignolles lui avait fait donner le 
nom de rue de VEfiJise ; ce fut ensuite la rue de V H ôt el-d c-V iUe, à 
cause de la mairie qui y est située. Depuis 1808, elle est devenue me 
des Batignolles. Au 16 et au 20 sont des écoles de la Ville; le 18 est 
la Mairie du xvii" arrondissement {Voiv Mairies). 

BATIGNOLLES (théâtre des) situé boulev;ird d. s Batignolles, 78 IBatignolli-s, 
Batignolles, 17« arr.] 

La création de ce théâtre est due à MM. Seveste frères qui comme 
récompense du service qu'ils avaient rendu à la mémoire de Louis XA^I 
et de Marie-Antoinette, en indiquant l'endroit où ils avaient été inhu- 
més après leur exécution, obtinrent en 1825 de Louis XYIII, la conces- 
sion de tous les théâtres de la Banlieue. L'ancienne salle de spectacle 
était primitivement rue Lemercier. {Voir Chapelle Expiatoire). 

BAUGHES (rue des) <-« rue des Boulainvillers, 45 »-> rue Pojou, 9 [Passy, 
Muette, 16e arr. 200 m.] 

Précédemment sentier des Bouches, depuis un déclassement cette 
rue est devenue rue des Bauches. 

On nommait autrefois Bouches, Ba^ige ou Boge du latin Bugi, 
une réunion de petits marais. Au 23, est la villa Dam ont ainsi 
dénommée par son propriétaire. 

— 118 — 



liaiidoijer 

BAUDELiIQUE (rue) ^-m rue Ordener, 64 <-m rue Joseph-Dijon, 1 et boule- 
vard d'Ornano, 23 [Moixtjuktre, Clignancouri, 18" arr. 164 m.] 

î^om de son propriétaire. 

BAUDIN (rue) <-« rue Lafayette, 81 s--> rue de Maubeug-e, 80 et d'Abbeville, 17 
[Opkka, Rocliechouart, 7<-" arr. 306 m.\ 

Ouverte en 1862, entre les rues Lafayette et Bellefond, elle fut ter- 
minée en 1864, et reçut à cette époque le nom de Bœudin, qu'il ne 
faut pas confondre avec le représentant du peuple Alphonse Baudin, 
mort en 1851, sur les barricades, pour la défense de la liberté et auquel 
en 1901, a été élevée une magnifique statue dans le faubourg Saint- 
Antoine (Voir ce novij. 

Charles Baudin, amiral, né à Sedan en 1782, mourut à Paris le 
7 juin 1854, dans une maison de la rue d'Angoulême-Saint-Honoré 
aujourdliui rue Pierre-Charron. A 16 ans il perdit un bras dans un 
combat contre les Anglais dans la mer des Indes et détruisit avec 
quatre vaisseaux seulement le fort de Saint-Jean-d'Ulloa, jusqu'alors 
réputé imprenable. 

BAUDOIN (passage) <-« rue Clisson, 17 «^-^ rue Danois, 42 [Gobeli.ns, Gare, 
13e a,.,._ 144 ni.] 

Yoie privée, a reçu en 1853, le nom du grand-père du propriétaire, 

BAUDOYER (place) -«; rue François-Miron, 1 ?®-> rue de Rivoli, 25 [Hotel- 
DE- Ville, Sat/tt- Gerçais, 4e arr. 56 m.] 

Cette très ancienne place date du xiii® siècle ; formée sur un ancien 
bastion de la muraille de Philippe- Auguste elle a porté successivement 
les noms de Baldœri, Bauderii, Bauderia, Baudet.^, ■porte Baudia, iiorte. 
Bandier, Baudayer\ et Baudoye en 1-366. Elle s'est appelée aussi j)lace 
dit Mavch é-Saiii t-Jea n . 

En 1818, le marché fut supprimé et la place modifiée en 1854, lors 
du percement de la r^le de Rivoli. Elle tire son nom de la porte Baudet 
011 Bantdoyer, située ru^e Saint-Antoine. C'était une porte de l'ancienne 
enceinte de Philippe-Auguste ; son nom dont l'oi-thographe a subi 
de nombreuses transformations pouiTait bien venir de hagaiides, 
paysans gaulois révoltés contre les llomains en 270, à la suite d'une 
ordonnance défendant aux particuliers le port du manteau de pourpre, 
qui, après s'être portés en foule dans le temple d'Isis (Saint-Germain- 
des-Prés) y dérobèrent le voile du sanctuaire, en revêtirent deux de 
leurs chefs Alianus et Amandus et s'emparèrent ensuite du Château 
des Bagaudes situé sur les bords de la Marne. Après s'y être défendus 
avec acharnement ils furent tous massacrés. De bagaudes on a fait 
badauds, surnom donné aux Parisiens. 

Une autre étymologie de Baudoyer, semblerait venir du verbe Bau- 
droyer, corroyer le cuir ; on disait la Baudroyene pour la Corroierie. 

— 119 — 



Baudricoiirt 



Il y avait dans le quartier Saint-Merry une impasse de la Baudroiriel 
spécialement habitée par des corroyeurs qui existe encore. 

D'après Lebeuf : Baudoyer viendrait du latin Batidacharius (Défen- 
seurs de Paris) sortes d'officiers ou de magistrats dont les fonctions 
étaient très importantes. Il en est parlé dans un testament datant de 700, 
d'une dame Hermentrude. Par contraction de Baiidachariiis, on aurait 
fait Baudarius, Baudaire, Baudaïer et Baudoyer, nom qu'on retrouve 
dans une charte de Charles Y en 133G. En 1848, la place Baudoyer fut 1^ 
théâtre de combats acharnés entre les insurgés et les troupes de Louis- 
Philippe. 

La porte Baudoyer fut abattue en 1535, par ordre de François I®'". 
Pierre de Craon y avait un hôtel en 1391, mais, condamné à la confis- 
cation de ses biens après l'assassinat du tluc d'Orléans {Voir rue Bar- 
bette), son hôtel fut rasé et sur son emplacement on y établit d'abord 
un cimetière où Robespierre jeune fut enterré après la journée du 
9 Thermidor ; puis, un marché remplaça le cimetière qui lui-même fut 
supprimé en 1818. Près de cette place était la rue de la Tixeranderie 
(tisseranderie), dans laquelle se trouvait Vimpasse Saint-Faron, créée 
en 1300, la rue de VEscullerie, de la Violette, la rue des Juifs et le 
cul-de-sac Barentin. 

Le poète St'arron, premier mari de Mme de Maintenon, qui eut pour 
successeur le grand roi Louis XIY, demeurait rue de la 7'ixeranderie, 
où il mourut le l*"" octobre 1660, dans un logement sis au deuxième 
étage d'une maison que l'on voyait encore en 1837. Cette vieille rue 
de la Tixeranderie qui datait de 12'50, ne fut supprimée qu'en 1850 ; 
elle donnait rue Jean-Pain-Mollet et place Baudoyer et avait porté 
quelque temps le nom de rue de la Vieille-Oreille à cause d'une 
enseigne. En 1522, existait déjà une ruelle dite : Par où Von va au 
cimetière Saint-Jean, et qui, attenante à la rue de la Tixeranderie, 
devint plus tard la rue Eenaud-le-Fèvre (l'ouvrier), à cause d'un cer- 
tain Renaud qui y habitait. En 1854, elle disparut par la création du 
marché Saint-Jean, qui bientôt fut englobé dans la place Baudoyer. 
Sur cette place a été élevée en 1866, la Mairie du iv'' arrondissement 
(Voir Mairies), constraite par Bailly. Incendiée en 1871, elle fut réé- 
difiée en 1884. Elle occupe l'emplacement de l'ancienne Caserne Napo- 
léon bâtie en 1852, sur des terrains ayant appartenu précédemment 
à l'Hôtel des Abbés de Saint-Faron. 




BAUDRANT (impasse) <-^ rue Damesme, 19 [Gobelins, Maison-Blanche, 
13" arr.] 

Nom du propriétaire. 

BAUDRICOURT (rue) <^ rue du Chàleau-des-Renliers, 127 m^ avenue de 
Choisy, 72 [Gobelins, Gare, 13« arr. 612 m.] 

Indiquée à l'état de chemin sur le plan de Roussel (1730) elle 



— 120 — 



Boyard 

faisait précédemment partie du chemin du Bac. En 1865, elle prit 
le nom de Baudricourt, à cause du voisinage de la place Jeanne Dai-c. 

Robert de Baudricourt, seigneur et gouverneur de Vaucouleurs 
conduisit X anne Darc à Charles YII, et assista avec elle à la prise 
d'Orléans qui, assiégé depuis sept mois (du 12 octobre 1428 au 
29 avril 1429, fut repris aux Anglais le 8 mai 1429, c'est-à-dire dix 
jours après l'arrivée de la Brave Lorraine. 

Aux 53, 55 et 57, Groupe scolaire. Au 11 était le passage Baudri- 
eoiirt, qui, avant 1877 se nommait ivipasse du Bac, et qui depuis 1895 
a été englobé dans la rue Sthrau (Voir ce nom). 

BAUDROIRIE (impasse de la) <-« rue de Venise, 7 [Hotel-de-Ville, Saint- 
Merry, 4« arr. 16 m.] 

Cette impasse existait dès 1300, habitée alors presque exclusivement 
par des Corroyeurs ou Baudroyeurs, elle prit le nom de Baudroirie 
{Voir rue de Venise). Aspect très curieux, maisons du Moyen âge. 

BAUER (cité) <-« rue Diclot,36 »-> passage des Thermopyles, 47 [Observatoire, 
Plaisance, 14<= arr. 129 m.] 

Nom du propriétaire. 

BAUIjANT (rue) <-« rue du Charolais, 30 s^^ rue de Charciiton, 210 [Reuilly, 
Bercy, 12" arr. 75 m.] 

Indiquée sur un plan de 1728, sous le nom de ruelle des Jardiniers, 
elle a pris depuis 1875, le nom du propriétaire du terrain sur lequel 
elle a été ouverte. 

BAUSSET (rue de) <-s pince de Vaugirard. 6 »-> rue de l'Abbé-Groult, 77 
[Valgirard, Saiitt-Lambert, 15" arr. 235 m ] 

Précédemment rue Saint-Nicolas, en 1864, elle reçut le nom du duc 
Louis-François de Bausset, cardinal-écrivain (1794-1824), pair de 
France, né à Pondicbéry, auteur d'une Jlistoire de Bossuet et de 
Fénelon. 

BAYARD (rue) <-« cours la Reine, 16 m~* avenue Montaigne, 44 [Elysée, 
Champs-Elysées , 8" arr. 28 m.] 

Ouverte en 18£"3, cette rue qu'on appelait rue Bayard Champs-Ely- 
sées, a été ainsi nommée en mémoire de Pierre du Terrai, seigneur 
de Bayard, illustre capitaine français, né près de Grenoble, au Châ- 
teau de Bayard, dans la vallée du Grésivaudan en 1476. Il mourut au 
passage de la Sesia à Abbiategrano, le 30 août 152'4, à la retraite de 
llomagnano. 

Bayard avait acquis une grande célébrité de bravoure et de géné- 
rosité dans les expéditions militaires de Charles YIII, Louis XII et 

— 121 — 



Bayen 

François I", ce dernier fut armé ckevalier par Bayard, à la bataille 
de Marignan. Il a été surnommé le Chevalier sans peur et sans 
reproche. 

Sa statue a été érigée le 30 avril^lSO^}, ù Mézières, qu'il défendit 
du 30 août au 27 septembre 1521. Au n° 21 est la maison dite de Fran- 
çois P'^, précédemment pavillon de chasse construit en 1525, à Moret, 
dans la forêt de Fontainebleau. Après la Hestauration en 1823, un par- 
ticulier l'acheta et le fit reconstruire à la place où il est, pièce par 
pièce, morceau par morceau. Les seulptures de la façade sont attri- 
buées à Jean Goujon. Cette habitation a donné son nom à tout le quar 
tier François /''". 

C'est dans cette maison que mourut le 17 mars 1893, Jules Ferry, 
président du Sénat, qui avait été plusieurs fois ministre. Avocat, et 
rédacteur au journal Le Tem/ps sous l'Empire, il se fit un succès colos- 
sal avec ses Comptes fantastiqties d'Haussmann. Elu député de l'oppo- 
sition en 18G9, il combattit la politique d'Emile Ollivier, Comme 
membre du gouvernement provisoire nommé le 4 septembre 1870, il 
fut chargé de la mission délicate de traiter des conditions de la paix 
avec Bismarck. Après la gueiTe, M. Thiers, président de la Répu- 
blique, l'envoya en mission à Athènes, où il resta jusqu'en 1873. 
Rentré en France après le 16 mai 1876, après Mac-Mahon il accepta 
le portefeuille de ministre de l'Instruction publique avec M. Grévy 
{Voir Elysék) et s'y fit remarquer par l'application de l'article ï 
contre les congrégations enseignantes non autorisées. Deux fois pré- 
sident du Consieil, en 1880 et 1885, il entreprit avec succès la conquête 
de la Tunisie et du Tonkin. Nommé président de la République en 
remplacement de M. Grévy il se désista en faveur de Sadi-Carnot 
(Voir ce nom) ; sénateur et président du Sénat en 1893, il mourut 
quelques semaines après d'une affection cardiaque survenue à la suite 
d'une tentative d'assassinat dont il avait été victime en décembre 1887, 
de la part d'un fou nommé Aubertin. Jules Ferry était né à Saint-Dié 
(Yosges), en 1832. 

Il existe une très belle statue de Bayard, œuvre du sculpteur Croisy, 
dans une des cours de la maison d'éducation de la Légion d'honneur 
de Saint-Denis. 

BAYEN (rue) <-<m rue Poncelet, 3 s^> boulevard Goiivion-Saiut-Gyr, 21 et rue 
Galvani, 25 [Batignoijjîs, Les Terw s, 17" nrr. 760 m.] 

Cette rue fut percée en 1828, entre les rues Demours et Poncelet ; 
avant 1877, elle se nommait rue de V Arcade à cause du Pavillon très 
intéressant formant arcade, qui est situé au centre de cette rue. Main- 
tenant, c'est la rue Bayen, de Pierre Bayen, chimiste, né à Châlons-sur- 
Marne en 1725, et mort en 1799. Au 9, passage Bayen. Au 19, impasse 
Bayen. 

— 122 — 



m 



lièarn 

BAYVET (cité) située rue de la Roquette, 78 [Popincourï, Roquette, 11« arr. 
107 m,] 

Ouverte sur le petit bois appartenant à la famille de Bois Halbran, 
elle portait ce nom avant celui de Bayvet, propriétaire actuel de cette 
cité. 

BAZEILLES (rue de) <-m rues Pascal, 1 et Gensier, 53 s»-> rues Monge, 118 
et Claude-Bernard, 2 [Pamhkon, Jardin des Plantes, 5*^ arr. 42 m.] 

Primitivement partie de la rue Mouffetard, elle prit en 1897, le 
nom de Bazçilles, petit bourg des Ardennes à 7 kilomètres de Sedan, 
célèbre par le combat qui s'y livra le l*"" septembre 1870, entre les sol- 
dats de l'infanterie de marine et les troupes de Guillaume I^. Bazeilles 
étant pris, les Allemands pillèrent la ville et y mirent le feu. 

L'héroïque défense du capitaine Chabot du l*''' régiment d'infan- 
terie de marine et du général Lambert enfermés avec quelques hommes 
dans une maisonnette de ce village contre des forces allemandes consi- 
dérables, a été imhiortalisée par Alphonse de Neuville {\'oii- ces noms], 
dans son célèbre tableau des Dernières Carto^ichcs. 

Cette maisonnette acquise par l'Etat, a été transformée en Musée 
historique. 

BÉARN (impasse de) situé rue de Béai'ii, 6 [Temple, Archives, o" arr. 39 m]. 

Précédemment impasse des Hospitalières, du nom des Hos2jitalières 
de la Charité Notre-Dame ou Hospitalières de la j^^cice Royale qui y 
étaient établies. Cet hôpital fondé en 1G24 par Françoise ue la Croix 
fut supprimé en 1790. Mme de Maintenon s'y retira après la mort 
de son premier mari, le poète Scarron, et avant qu'elle ne parût à la 
cour de Louis XIY. Depuis 1867, le voisinage de la rue de Béa/m, lui 
a fait prendre ce nom. Au n° 3, écoles de la Yille. 

BÉARN (rue de) <-s rue des Vosges, 12 bm^ rue Saint-Gilles, 3 [Tïmple, 
Archives, 3" arr. 181 m.] 

Créée en 1607, sur le terrain dépendant du Parc des Tournelles, 
elle fut d'abord appelée du Parc Royal et du Parc des Tournelles, 
puis chaussée des Miniriws, entre les rues des Vosges et des Minimes, 
à cause de l'ancien couvent des Minimes qui existait et existe encore 
dans cette rue. En 1867, le voisinage de la place Royale, aujourd'hui 
place des Vosges, lui a fait donner le nom de Béarn en l'honneur du roi 
Henri IV, dit le Béarnais. 

Au 12, Caserne de Gendarmerie, dite des Minimes (Voir ce nom), 
occupant les bâtiments de l'ancien couvent des Minimes fondé en 1611, 
par Marie de Médicis sur une partie des jardins de l'ancien Hôtel 
des Tournelles. Le couvent fut supprimé en 1790, l'église démolie en 
1793, pour le percement de cotte rue ; seul le cloître a été conservé. 

— 123 — 



Beanboui-(j[ 

BEAUBOURG (impasse) située rue Beaubourg, 37 [Temple, Saint- Avoye, S'^arr. 
55 m.] 

En 1260, on l'appelait cul-de-sac sans-tête, ou sans chief, elle 
aboutissait aux remparts. En 1350 ce fat le petit cul-de-sac près la 
poterne de Saint-Nicolas-Huidelon ou Hydron ; en 1575, le cul-de-sac 
du tripot Bertaud, à cause d'un jeu de paume assez mal famé, tenu 
dans cet endroit par un certain Bertaud. Depuis 1867, elle a pris le 
nom de Beaubourg. Elle s'était nommée 'précédemment impasse des 
Aîiglais, à cause de soiî voisinage avec la cour du More dite aussi 
coxir des Anglais. L'enceinte de Philippe-Auguste passait au fond de 
l'impasse, où existait une poterne {Voir rue Beaubourg). 

BEAUBOURG (rue) <^e rues Maubuée, 2 et Simon-Lefranc, 22 »-> rue de Tur- 
bigo, 50 [TiiMPLE, Aris-ct-Mctiers, Saint-Avoyc, 3" arr. ; Hotel-de- Ville, 
Sainl-Merry, k*^ arr. 588 m ] 

Avant 1851, époquie à laquelle les rues Beaubourg, Transnonnain, 
Saint-Hugues et le passage Aumaire furent réunis et prirent le nom 
de rue Beauboiirg, ce petit coin formait au xii^ siècle un cbarmant 
petit village extra imiros, où les bourgeois de Paris venaient en villé- 
giature ; sa riante verdure et la beauté de son site l'avaient fait sur- 
nommer Beau Bourg. 

Au xiii'' siècle, l'enceinte de Philippe-Auguste, ayant englobé la 
partie allant de la rue Simon-le-Franc à la rue Michei-le-Comte, le 
tronçon de rue qui conduisait à une poterne fut appelé de la Poteme- 
Nicolas-Huidelon ou Hydron, puis rue d'outre-la-poterne. Le 39 a 
été construit sur l'emplacement des remparts de Philippe-Auguste. 

L'ancienne rue Transnonnain, comprise entre la rue Michel-le- 
Conite et la rue Aumaire, se nommait autrefois de Châlons, à cause 
des évêques de Châlons qui habitaient un hôtel qui s'étendait du 62 de 
la rue Beaubourg à la rue Chapon, et qui plus tard fut occupé par les 
Carmélites. Sur la façade de cette maison, haute de trois étages, d'ar- 
chitecture bizarre, tenant à la fois de l'églisie et du théâtre, oh distingue 
encore des vestiges d'anciennes peintures religieuses, qu'un lavage 
approprié remettrait facilement en état. 

Fréquentée ensuite par des femmes de mauvaise vie, cette rue prit 
le nom de Trousse-Nonnain, Trace P..., Trasse-N onnain et enfin par 
corruption Transnonnain. 

Au 62 (ancien 12 de la rue Transnonnain), existait, au xvii*' siècle, 
le petit théâtre du sieur Doyen, où plusieurs artistes dramatiques, 
devenus plus tard célèbres firent leurs premières armes. Lors des 
émeutes des 13 et 14 avril 1834, cette même maison fut rendue triste- 
ment célé"bre par des massacres, qui ont fait longtenips à cette rue 
une sinistre renommée. 

La rue Saint-Hugties, qui allait de la rue Bailly à la rue Réaumur, 

— 124 — 



Beau grenelle 

et qui disparut en 1858, pour le percement de la rue Turbigo, devait 
son nom à saint Hugues, abbé de Cluny qui, en 1079_, substitua dea 
religieuses de son ordre aux chanoines précédemment possesseurs du 
prieuré de Saint-Martin-des-Champs. 

Il subsiste encore dans la rue Beaubourg, deux maisons anciennes 
à pignon portant les numéros 55 et 64. Au 15, auberge du Petit-Saint- 
Jean (xvii" siècle). Au 24, les religieux de Saint-Merri y avaient une 
habitation. Au 29, était autrefois la rue des Petits-Chanijjs, qui datait 
de 1273, et qui est désignée dans l'accord de Philippe-le-Hardi avec 
le Chapitre de Saint-Merry sous la dénomination de Vicus de Parvis 
Campis. Cette rue a disparu en 1854. Au 31, vieil escalier qui dépen- 
dait jadis de l'hôtel de Porquier de Sesseville. Au 39, imjjasse Beau- 
bourg. Au 41, curieuses fenêtres (xvi® siècle). Au 42, était l'Hôtel de 
Fer. On voit une ancienne plaque murale, rue Teansnonnain, sur la 
maison du 79. 

En 1898, la rue Beaubourg a été élargie, entre les rues Michel-le- 
Comte, Grenier-Saint-Lazare et Rambuteau. 

BEAUCE (rue de) -^-s ruo Pastourelle, 8 »-> rue de Bretagne, 45 [Temple, 
Enfants- Rouges, 3« ari". 135 m.] 

Cette rue absolument fermée par des grilles fut créée de 1626 
à 1630. Elle porte le nom d'une des anciennes provinces de France qui 
lui fut donné, alors que Henri lY voulait faire de la place Royale, la 
place de France en groupant autour d'elle les noms des grandes pro- 
vinces {Voir place des Vosges). L'aspect de cette rue ou plutôt de 
cette ruelle est des plus curieux, avec ses bornes, son ruisseau de 
milieu et ses constructions qui surplombent le sol. 

BEAUCOURT (avenue) située rue du Fuubourg-Saint-lIonoré, 248 [Elysée, 
Faubourg du Roule, 8<= arr. 228 m.] 

Ouverte en 1825, sur la propriété de M. Beaucourt, avant d'être 
avenue, elle se nommait impasse Beaucourt, en l'honneur de 
Mme Louise-Geneviève Gillot de Beaucourt, femme de lettre morte 
en 1718. Mme de Beaucourt est l'auteur d'une traduction de VArioste. 



BEAUFILS (passage) ^-m rue du Volga, 3 »-* rue d'Avron, 84 [Ménilmontamt, 
Cliaronne, 20" arr. 10 m.] 

Nom du propriétaire. 

BEAUGRENELLiE (place) *-« rues des Entrepreneurs, 29, Linois, 49 et 
Saint-Charles, 85 [Ghenelle, Jnvcl, 15" arr.] 

Nom donné par la Société des Entrepreneurs de l'ancien village 
de Grenelle, pour attirer le public dans ces parages. 

— 125 — 



Beaiijon 



'H 



BEAUHARNAIS (cité) située rue des Boulets, 52 [^ovi'scomwï ,Sainle-Margue- 
rile, II" arr. 22 1 ni.] 

Le voisinage de rancien boulevard du Prince-Eugène, aujourd'hui 
boulevard Voltaire lui avait fait donner à sa création le nom de -j 
Bi'auhainais. 

Le Prince Eugène de Beauliarnais, fils du vicomte de Beauharnais 
et de Joséphine, deuxième femme de Napoléon I'^'" et par conséquent 
beau-fils de l'Empereur, fut nommé vice-roi d'Italie, prit une part 
active aux guerres de l'Empire et assista à la victoire de Wagram. 
Né €n 1781, à l'Hôtel de Turenne, rue des Beaux- Arts, il mourut 
en 1824 (Voir boulevard des Capucines). 

Son père le vicomte de Beauharnais qui avait épousé Joséphine 
Tascher de la Pagerie, était général en 1792 à l'Armée du Rhin, et 
mourut sur l'échafaud en 1794 ; il était né en 1760. 

BEAUJOLAIS (rue) •'■-^s rue de Valois, 'i3 s>-> rue de Montpensier, 40 [Louvre, 
Palais-Royal, l^"" arr. 128 m.| 

Formée en 1784 sur l'ancien Jardin du Palais-lloyal, elle reçut 
le nom de Beaujolais en l'honneur du troisième fils de Louis-Phi- 
lippe, Alphonse-L.éogard d'Orléans, comte de Beaujolais, né à Paris 
le 7 octobre 1779 et mort à Malte, en 1808. 

De 1796 à 1814, cette rue s'appelait à' Aréole, en souvenir de la vic- 
toire remportée à Arcole le 15 novembre 1796, par Bonaparte siir les 
Autrichiens. En 1795, c'est au Perron Vivienne, que se tenait la 
Bourse, avant de s'installer place de la Bourse, où elle est depuis 1826 
(Voir ce nom). 

La galerie Beaujolais, fait partie du Palais-Iioyal. Le passage Beau- 
jolais est situé au 52 de la rue Richelieu ; il paraît que Napoléon 
habita quelque temps ce pasaage dans les premiers temps de son arri- 
vée à Paris {Voir rue de la Victoire). Au 8, passage des^ Deuiv-Paml- 
lons (nom tiré d'une enseigne). Au 19, théâtre du Palais-Royal (Voir 
ce nom). 

BEAUJON (cité) située boulevard IIaiissmann,150 [Elysée ,/r?/?'o/;e.8'^ arr. 80 m.] 
Le voisinage de l'hôpital Beaujon lui a fait donner ce nom. 

BEAUJON (hôpital) situé rue du Faubourg-SaiQt-Honoré,208 [I^^lysée, Roule, 
8» arr.] 

Cet hôpital fut fondé en 1784 par le financier Beaujon, conseiller 
d'Etat, sur les plans de. l'architecte Girardin pour recevoir « vingt- 
quatre orphelins et orphelines ». La Convention l'appela Hôpital du 
.Roule et l'affecta aux ouvriers de la Monnaie incapables de travailler 
par suite d'infirmités ou de vieillesse, il occupe l'emplacement des jar- 
dins de la Folie Beaujon. 

— 126 — 



Beanlieu 

Yers la fin du xyii*^ siècle, le comte d'Artois acheta tout le terrain 
de la Pépinière (faubourg du Roule, aujourd'hui faubourg Saint- 
Honoré), qui devait être employé pour la construction d'un Hôtel 
des Monnaies^ mais la ville de Paris ne donna pas suite à ce projet, et 
le comte d'Artois qui, depuis longtemps rêvait de construire une série 
de petits cottages à la mode anglaise, dans ce quartier auquel il donna 
le nom de N otiveani-Londre.^, dut encore y lenoncer ; il se contenta sim- 
plement alors, d'y faire édifier de beaux hôtels, et d'y établir de somp- 
tueuses écuries dont quelques bâtiments se voient encore au 170 du 
faubourg Saint-Honoré. Ces écuries donnèrent leur nom à la rue d'Artois, 

En 1773, dit un journal du temps, le financier Beaujon se trouvant 
trop mal logé à l'Hôtel des Ambassadeurs extraordinaires, ci-devant 
Hôtel d'Evreux; depuis Hôtel de la Pompadour et aujourd'hui l'Ely- 
sée (Voir ce noin), acheta une partie des terrains formant le haut du 
faubourg du Roule, et y construisit une magnifique habitation avec 
jardins, terrasses, etc., qui, après avoir pris le nom d'Hcrmitage des 
Chartreux, devint la Folie Beaujon ; c'est là qu'on essaya sous le nom 
de Promenade aénenne une sorte de montagnes russes qui eurent une 
très grande vogue à oette époque. En 178G, à la mort de Beaujon, la 
Folie fut achetée 1.100.000 livres par l'agent de change Durver pour 
le compte du frère du roi. Elle passa ensuite aux mains de Grudin, le 
peintre de marine bien connu, puis au seigneur de Bercy qui la reven- 
dit à la baronne Salomon de Rothschild, laquelle la fit démolir en 1865. 
Pendant quelque temps les jardins devinrent un Bal public (Voir 
Bals disparus). 

Beaujon en mourant avait légué des sommes considérables pour 
servir à des œuvres pieuses et charitables^ et avait fait construire un 
orphelinat à la fois hospice et maison d'éducation pour y loger et y 
élever des enfants pauvres. Cet hospice reconstruit par Nicolas-Claude 
Girardin est devenu Vhôjyital Beaujon et la première pierre en fut 
posée fe 1** juillet 1784. 

BEAUJON (rue) ^-« rue. Balzac et avenue Friedland, 10 »»-> avenue da 
Wagrara, 8 [Elysée, Europe^ 8* gm. 435 m.] 

Cette rue fut commencée en 1842, elle n'allait alors que jusqu'à 
l'avenue Hoche, en 18&7, elle fut terminée de l'avenue Hoche à l'ave- 
nue "Wagram. Elle a été ouverte sur les terrains tle Vayicienne Char- 
treuse Beaujon ou Folie Beaujon^ dont elle prit le nom (FoiV Hôpital 
Beaujon). Au 20, ancienne Congrégation des Soeurs Notre-Dame. 
Au 2^, Tattersall français. 

BEACLIEU (passage) <-« rue de la Lancette, 33 n-> rue Claude^Decaen, 85 
[Reuilly, Picpus, 12e j^^p 243 m.] 

Précédemment passage de la S^ihlière, elle a reçu depuis, le nom' du 
propriétaire du terrain. 

— 127 — 



Beaumarchais 

BEAUMARCHAIS (boulevard) <-«»rue de la Bastille, l.'J et boulevard llichard- 
Lenoir, 1 »»-> rues du Pont-aux-Choux, 1 eL Saint-Sébastien, 2 [11otel-de-Ville, 
^rse/m/, 4» an*. ; Temple, Archives, 3<= an-. ; Popincourt, Roquelle, 11« arr. ; 
Reuilly, Quinze-Vingts, 12<' arr. 750 m.] 

Ce boulevard fut créé en 1760, sous le nom de boulevard Saint- 
Antoine, à cause de son voisinage avec la porte Saint-Antoine. En 1830, 
il devint boulevard Beaumarchais en l'honneur de Pierre-Auguste 
Çaron de Beaumarchais, célèbre auteur dramatique, né à Paris, 30, 
rue Saint-Denis, le 29 juin 1732 et mort le 17 mai 1799 dans un hôtel 
de oe boulevard, anciennement situé au n° 3, à l'angle du boulevard 
Richard-Lenoir et du boulevard Beaumarchais. Il avait acheté des 
terrains en 1787, sur lesquels l'architecte Lemoine lui avait construit 
un élégant hôtel. La propriété fut achetée par l'Etat en 1818 pour 
la régularisation au boulevard et l'ouverture du canal Saint-Martin, 
et fut démoli en 1826, à l'exception d'un pavillon à tourelles qui ser- 
vait de cabinet de travail à l'auteur du Barbier de SéviUe et qui ne 
disparut que vers 1811, après avoir été Entrepôt de sels. La porte 
d'entrée de cet hôtel était ornée de deux figures sculptées, attribuées 
à Jean Goujon et provenant de la porte Saint-Antoine. 

Beaumarchais, l'immortel auteur du Mariage de Figaro, qui, au 
lendemain de la représentation de cette pièce jouée à l'Odéon (Voir 
rue de ^Ancienne-Comédie), fut arrêté et mis à la prison de Saint- 
Lazare pendant trois jours, avait- placé sur le mur de son jardin les 
vers suivants : 



Co polit jardin fut planté 
L'an premier de la Liberté. 



Après s'être livré à des opérations financières très importantes et 
très malheureuses, Beaumarchais faillit être guillotiné. Il fut sauvé 
par Manuel, mais comme tous les joueurs, il se remit à spéculer cette 
fois sur les fournitures militaires, et mourut presque oublié. On a pré- 
tendu qu'il s'était suicidé, mais il est certain aujourd'hui qu'il fut 
pris subitement d'une indisposition pendant son sommeil et qu'il ne 
se réveilla pas. Il avait acheté quelques années auparavant un hôtel 
qui existe encore au 26 de la rue Saint- Sulpice, autrefois rue des 
Aveugles (Voir Saint-Sflpice). Ses deux plus grands succès furent 
le Barbier de Séville, joué le 2'3 février 1775 et le Mariage de Figaro 
représenté le 27 avril 1784. 

Il avait été question de placer une statue de Beaumarchaià sur le 
boulevard, entre le 56 et le 60, en face de la rue Saint-Gilles, mais ce 
projet a été abandonné, et cette statue est aujourd'hui rue Saint- 
Antoine (Voir ce nom). 

Théroigne de Méricourt, la célèbre révolutionnaire, morte folle à 
la Salpêtrière en 1817, avait habité le boulevard Beaumarchais. Aux 

— 128 — 



1 



JJeaiimarrJini.s 

21 et 23 une porte à jour laisse apercevoir un pavillon orné d'élégants 
pilastres : C'est la façade intérieure de l'Hôtel Mansard qui s'ouvre 
au 28 de la rue des Tournelles et qui fut construit par Jules Harduin 
Mansard, fils du grand architecte — Anne de Lenclos, la célèbre 
Ninon — y mourut le 17 octobre 1703, à l'âge de 85 ans. C'est là que 
lui fut présenté le jeune Arouet (A^oltaire), âgé de 11 ans. En mourant 
elle laissa à M. Arouet, notaire, « père du jeune homme », une somme 
de 2.000 francs pour lui acheter des livres. La belle Ninon avait encore 
au 43, une autre petite maison de rendez-vous, dont l'entrée donnait 
au 56 de la rue des Tournelles (Voir Yoltaire). 

Beaumarchais fut un moment directeur du Théâtre des Marais, 
alors situé 11, rue des Cultures-Sainte-Catherine {Voir Sévigné). Au 
n° 99, demeurait le célèbre Cagliostro ; les portes proviennent dit-on, 
des démolitions de la Bastille. Au 113, petite maison connue dans le 
quartier sous le nom de Château; sous l'Empire elle fut la demeure 
du général de Eaudoas. Le général Drouot (Voir ce nom) habita le 
n° 87. 

Le théâtre Beaumarchais, aujourd'hui disparu, avait été bâti en 1834 
par Claussade en 43 jours; il ouvrit le 7 décembre 1835, sous le nom de 
Théâtre de la Porte Saint- Antoine. Devenu Théâtre Beauviarchais en 
1842, Opér/2 Bouffe français de 1843 à 1849, puis Fantaisies Parisiennes 
en 1878, il reprit immédiatement le nom de Théâtre Beaumarchais. 
Reconstruit en 1888, il fut démoli en 1894, et sur son emplacement 
s'élève aujourd'hui un bel immeuble portant le n° 25. Ce théâtre avait 
été la pépinière d'un tirés grand nombre d'acteurs et d'actrices devf©- 
nus célèbres. On y jouait le « pur mélo », mais ce genre ayant cessé de 
plaire, le directeur fut obligé de se retirer {Voir Théâtres disparus). 

Au 3, existe un restaurant à l'enseigne des Quatre Sergents de la 
Rochelle. M. Dumont le fondateur de cet établissement avait été 
inculpé dans l'affaire des sergents, et une fois en liberté, il avait pris 
cette enseigne, qui est des plus curieuses et des plus intéressantes en 
ce sens qu'elle peut être considérée, comme la seule reproduction 
authentique des portraits de ces malheureux jeunes gens Bories, 
Goubin, Raoïil.v et Pommier-, tous quatre sergents au 45*^ de ligne et tous 
quatre condamnés à mort en 1822, pour avoir conspiré contre le roi 
Louis XYIIL Cette conspiration est connue sous le nom de Conspira- 
tion de la Rochelle {Voir rue Descartes). Au 54 du boulevard Mont- 
parnasse, un marchand de vin a pris la même enseigne Aii.t Quatre 
Sergents de la Rochelle. 

BEAUMARCHAIS (statue de) située rue Saint- Antoine, 226 [Hotel-de-Vd.le, 
Arsenal, 4*= arr.| 

Cette statue qui représente l'auteur du Mariage de Figaro (Voir 
Beaumarchais) debout la canne sur le bras, est l'œuvre du sculpteur 

— 129 — 



Beaur égard 

Claussade. Elle fut érigée en 1895. Sur le piédestal a été gravée cette 
inscription : « A Caron de Beaumarchais. La Ville de Paris ». 

BEAUNE (rue de) -^hs» quai Voltaire, 129 »-> rue de l'Université, 36 [Palais- 
Bourbon, Sainl-Tlioinas-d'Aquin, 7<= arr. 215 m.] 

Ouverte en 1640, elle portait alors le nom de la rue du Font et du 
Pont-Rouge parce qu'elle aboutissait au Font-Baibler ou Font-Rouge, 
aujourd'hui Pont-Royal. Le nom de Beaune lui fut donné quelque 
temps après. 

Au n° 1, à l'angle du quai Yoltaire, est l'Hôtel du marquis de Yillette, 
où mourut Voltaire le 30 mai 1778, dans un appartement du 1^' étage 
(y air Voltaire). 

L'appai-iement qu'occupait le grand philosophe resta fermé pen- 
dant plus de 30 ans. En 1845, le littérateur Arsène Houssaye (Voir ce 
nom) y habita. Au 2 Hôtel de Mailly d'Aumont; Louis XV paraît-il, 
fut l'amant heureux des trois filles, du marquis de Nesle, propriétaire 
de cet hôtel ; devei;!!! Cercle agncole en 1835, le fouriériste Victor 
Considérant vint y demeurer en 1848. Au 3 est l'ancien hôtel meublé 
du Colisée (fronton et pinacle). Au 6 (ancien 10) était l'Hôtel des 
Mousquetaires Grris, bâti en 1657, sur remplacement de la Halle du 
Pré-cmx-Clercs, dite Halle Barbier ; M. de Boulainvilliers (Voir ce 
nom), l'acheta en 1780, et en fit un marché qui porta son nom jusqu'en 
1840, époque à laquelle il fut supprimé. Les bâtiments du Quartier des 
Mousquetaires Gris formaient ce vaste quadrilatère situé entre les 
rues de Beaune, de Lille, du Bac et de Vemeuil (Voir rue du Bac). En 
1793, Boissy-d'Anglas habitait l'Hôtel de Erance situé dans cette rue. 

BEAUNIER (rue) <~m avenue Reille m~> avenue d'Orléans [Observatoiri 
Fetit-Montroiige, 14« arr. 424 m.] 

Précédemment rue de la Faix, cette rue fut créée vers 1873, et 
terminée en 1881. Le voisinage de l'Ecole Militaire, lui a fait donner 
le nom de Beaunier, intendant militaire sous le premier Empire, 

BEAUREGARD (rue) <-«» rue Poissonnière, 14 m-^- boulevard Bonne-Nou; 
velle, 5 bis et rue de Cléry, 97 [Bourse, Bonne-Nouvelle, 2« arr. 274 m.] 

Cette rue existait au commencement du xvii^ siècle. Son nom d^ 
Beauregard lui vient, de ce que située au sommet de la colline dite 
Mont^Orgueil, on y jouissait d'une belle vue, d'un beau regard. Lors 
du siège de Paris en 1594, toutes les maisons de cette rue qui formaient 
la limite de la Ville Neuve (Voir ce nom) furent complètement rasées. 
On assure qu'Henri IV qui dirigeait l'attaque, avait établi son obser- 
vatoire -au sommet de la tour de Saint-Germain-des-Prés d'oti il décou- 
vrait toute la campagne. 

' Au 15, tête de cheval dorée (ancienne enseigne). Au 19, marchand 
de vins « Au Bon coing » (Voir Enseignes). L'église de Notre-Dame- 

— 130 — 



Beautreillis 

de-Bonne-Nouvelle est au 21. Au 32 madone dans une niclie vitrée 
iyoir rue de la Madone). 

BEAUREPAIRE (cité) située rue Greneta, 48 [Bourse, Bonne-Nouvelle, 2'' arr. 
60 m.] 

Dé-boucke dans l'ancienne rue Beaurepaire autrefois dénommée 
Bellus locus, Bellus Reditus, que l'on a traduit au xiv® siècle par ceux 
de Bimi-Repère (belle retraite), d'où Beaurepaire, et qui a été réunie 
à la rue Greneta. La rue Beaurepaire existait en 1300 {Voir Greneta). 

BEAUREPAIRE (rue) ^^ boulevard de Magenla, 2 et rue de la Douane, 1 m-^ 
rue de Marseille, 16 et quai de Valmy, 71 [Enclos-Saint-Laurent, Porte Saint- 
Martin, 10« arr. 330 m.] 

Formée en 1864, elle portait alors le nom de Magnan; le maréclial 
Magnan, ami intime de Xapoléon III, avait aidé puissamment au coup 
d'Etat de 1851 {V oir Elysée et rue Blanche). 

Le nom de Beaurepaire lui a été donné en 1879, en l'honneur de 
Nicolas , François Beaurepaire, lieutenant-colonel (1T40-1792) défen- 
seur de Verdun. 

BEAUSÉJOUR (boulevard de) <~m rue Largillière, 7 et chaussée de la 
Muette **-> rue de l'Assomption, 82 [Passy, Muette, 16" arr. 650 m.] 

Créée en 1853, sur l'ancien Parc dit : de Beauséjour. Le célèbre 
ingénieur Alpliand, directeur des travaux de Paris né en 1817 est mort 
en 1891, dans son hôtel placé au n° 7 de oe boulevard (Voir vwrvument 
Alphand). Au n" 1 est la Villa Béranger. 

BEAUTREILLIS (rue) <-^ rue des Lions, 2 m-^ rue Saint-Antoine, 188 
[IIoTEL-DE-ViLLE, Arsenal, 4^ arr. 231 m.] 

Ouverte en 1555, par ordre du roi Henri II sur les terrains de l'Hôtel 
Beautreillis dépendant de l'Hôtel Boyal de Saint-Paul qui, déjà en 
ruines fut divisé à cette époque « en 37 places à bastir », elle doit 
son nom aux belles treilles du jardin de l'Hôtel. En 1838, cette rue 
fut augmentée de la rue Gérard-Beatiquet. Le nom de Gérard Beau- 
quet était celui d'un particulier. Auparavant, c'avait été la rue de Pisto- 
let à cause d'une enseigne voisine. On voit encore à l'angle de la rue 
des Lions-Saint-Paul et de cette rue, une plaque murale : Gtérard-Beau- 
QUET. Au 7, vieille maison xvii^ siècle, très intéressante avec puits dans 
la cour et escalier en bois. Au 9, hôtel datant de 1596, autrefois habité 
par des magistrats. Au lO, Hôtel du duc de Yalentinois, prince de 
Monaco (1G40). Au 11, Hôtel de Pierre Hérouart du Mesnil, conseil- 
ler du roi en 1635 ; en 1719, il passa au marquis de Reinty, qui le 
vendit à Claude de Pye, ancien capitoul de Toulouse. Au 14, Hôtel 
de Lyonne. 

Au 17, était un vieil hôtel datant de 1598 qui devint plus tard 

— 131 — 



lieautreiUis 

riiabitation du président De Plancy. En 1780, le jardin faisait partie 
du cimetière de Saint-Paul, qui servait de lieu d'inhumation aux pri- 
sonniersi de la Bastille et où fut enterré VhoTnvie au masque de fer. 

Oe prisonnier mystérieux, que Toltaire a fait passer pour un frère 
adultérin de Louis XIV, fils de Mazarin et d'Anne d'Autriche, et dont 
la légende s'est emparée pour en faire tour à tour: le duc de Mont- 
mouth, le duc de Beaufort, ou même l'intendant Fouquet, que pour 
raison d'Etat il avait fallu faire disparaître, ne serait autre d'après de 
récentes études publiées par M. Eunck Brentano, qu^un certain comte 
Mattioli, secrétaire d'Etat du duc de Mantoue, qui, après avoir traité 
avec la Erance .de la cession de Casale — que Louis XIV désirait pos- 
séder en Italie pour y établir une place forte afin de tenir ainsi en échec 
la cour de Turin, — et bien qu'ayant reçu cent mille écus pour être 
remis au jeune Charles IV de Gron>^ague, duc de Mantoue et cent 
doubles écus des mains mêmeS' de Louis XIV dans une entrevue 
qu'ils eurent ensemble à Versailles, ne craignit pas d'aller divulguer 
aux couj's de Vienne, de Madrid et de Turin, le secret de cette négo- 
ciation, afin d'essayer par ce « chantage », d'en tirer de nouveaux pro- 
fits. En même temps, on apprenait que le baron d'Asfeld envoyé 
à Louis XIV en Italie pour ratifier le traité avec Mattioli, venant d'être 
arrêté. C'était une véritable trahison! C'est alors, que devant la colère 
du grand roi, Louvois qui avait poussé aux négociations et, pris une 
part active aux préparatifs d'occupation de Casale, décida de se débar- 
rasser de « cet infâme Mattioli ». Ce fut l'abbé d'Estrades qui fut 
chargé de s'en emparer ; ce qu'il fit très adroitement le 2 mars 1679 : 
Après l'avoir attiré dans un rendez-vous sous prétexte de lui remettre 
« la forte somme », aidé d'une douzaine d'hommes, ils se jetèrent sur 
lui et deux heures après Mattioli était remis dans la forteresse de 
Pignerol entre les mains du geôlier Saint-Mars^, Transféré ensuite aux 
îles Sainte -Marguerite le 20 septembre, « le prisonnier inconnu tou- 
jours masqué d'un masque de velours noir » entra à la Bastille. Il 
logeait dans la tour de la Berthaudière. Le 19 novembre 1703. S'étant 
trouvé un peu mal la veille en sortant de la messe, « il mourut ce 
jour d'huj^ », dit l'acte de décès^ « sur les dix heures du soir sans 
« avoir une grande maladie. Le prisonnier inconnu a été enterré le 
a mardy à quatre heures de l'après niidy 20"^ de novembre dans le 
« cimetière Saint-Paul sous le nom de Marchiali, en présence de 
« M. Rosarges major du château et du sieur Reilhe, chirurgien major 
« de la Bastille ». Son enterrement coûta 40 livres. Né à Bologne 
le l®"" décembre 1640, Mattioli mourut à l'âge de 63 ans, et non « à 
45 ans environ » comme il avait été dit. 

Des fouilles pratiquées en 1902, lors de la démolition du 17, qui, 
on le sait, occupait autrefois une partie de l'ancien cimetière Saint- 
Paul à l'effet de rechercher les restes de Vhomvie au masque de fer 
n'ont donné aucun résultat concluant, et à part quelques objets sans 

— 132 — 



Beau.T-Aj'ts 

valeur : crânes, ossements, poteries, etc., etc., rien n'a été retrouvé. 
Au 22, ancien Hôtel de Charny (1676), puis de Maupertuis, fut 
vendu en 1750, à Dumas, officier de la Reine. Cet hôtel occupait autre- 
fois tout le côté de la rue du 12 au 24. Vieilles maisons du 21 au 29. 
Victorien Sardou, l'auteur de Patrie, est né le 7 septembre 1831 au 
16 de cette rue {Voir Victorien Sardou). 

BEAUVAU(place) -t-m rue du Faubourg-Saint-Honoré, 100 jb-^ rues des Saus- 
saies, 1 et de Miromesnil, 2 [Elysée, Madeleine, 8" arr.] 

Créée en 1836, elle doit son nom à l'Hôtel Beauvau construit par 
Camus de Mézières. Le Ministère de Vlntérieur occupe l'Hôtel Beau- 
vau depuis 1836 {Voir Ministère de l'Intérieur). A côté du Minis- 
tère, dans la boutique du pharmacien, le 6 octobre 1879, un nommé 
Walder assassina son patron, en lui brisant le crâne à l'aide 'd'un 
sypbon d'eau de seltz. 

BEAUVEAU-SAINT-ANTOINE (marché) situé rues d'Aligre, Cotte et Lenoir 
[Reuilly, Quinze-Vingts, 12<= arr.] 

Ancien marché au foin et à la paille, il fut construit en 1779 sou's 
la direction de l'architecte Lenoir, sous le nom de marché Beauveau, 
en l'honneur de Mme de Beauveau Craon, abbesse de Saint-Antoine- 
des-Champs. Ce marché fut reconstruit en 1843. 

C'est au faubourg Saint-Antoine que fut établi le premier marché 
public en 1643. 

BEAUX-ARTS (école des) située rue Bonaparte, 14 [Luxembourg, .Saw^-Ge/'- 
mai/i-des-Prés, 6*^ arr.] 

Cette école, occupe l'emplacement de l'ancien Couvent des Petits- 
Augustins. Marguerite de Valois, première femme d'Henri IV, ayant 
fait v(BU de fonder un couvent si elle sortait vivante du château 
d'Husson en Auvergne oii elle était enfermée et menacée de mort, acheta 
en 1613, dans la rue de Seine, des marais et des terrains appartenant 
aux Pères de la Charité et donna cet emplacement à des Augustins 
Déchaussés. Après la mort de la reine, ces religieux firent bâtir une 
église dont la première pierre fut posée le 15 mai 1617, par Anne 
d'Autriche et qui prit le nom de Saint-Nicolas-de-Tolentin. 

En 1619, Henri d'Amboise fit construire le cloître et d'autres bâti- 
ments. En 1789, l'église des Petits-Augustins servit d'hôpital aux sol- 
dats ; supprimé en 1790, le couvent fut afi'ecté en 1795, à la conser- 
vation des tableaux et sculptures recueillis dans les établissements 
religieux et prit le nom de Musée des Monuments français, sous la 
direction de l'architecte Lenoir. 

En 1815, ce musée fut supprimé et devint le dépôt des monuments 
d'art, puis en 1816, on en fit une Ecole des Beaux-Arts et enfin en 1819, 

— 133 — 



Beccaria 

comme les locaux étaient insuffisants, on construisit sur les plans de» 
architectes Debret et Dauban, l'école actuelle dont la première pierre 
fut posée le -'3 mai 1820, mais qui ne fut entièrement terminée que dix- 
huit ans plus tard. 

Dans la cour se trouve la façade extérieure du château d'Anet, que 
Henri II avait fait bâtir par Philibert Delorme pour Diane de Poi- 
tiers, et qui passa aux mains de Concini, maréchal d'Ancre {Voir 
rue de Tournon). 

Diane de Poitiers de Saint-Yallier avait épousé à l'âge de 15 ans 
Louis de Brézé, comte de Maulévrier, grand veneur de France. Elle 
en devint veuve en 1531, et fit graver sur le fronton de la façade du 
château d'Anet, l'inscription qu'on y lit encore à la mémoire de son 
mari. Dans cette même cour, se voit une partie de la façade du châ- 
teau de Gaillon, et quelques portions de celle de l'Hôtel de la Tré- 
moille, situé rue des Bourdonnais et si malheureusement détruit 
en 1841 {Voir BorRDONNAis). La tombe d'Héloïse et d'Abeilaxd qui 
est aujourd'hui au Père-Lachaise y fut placée en 1791 {Voir Méde- 
cine Académie et Pèbe-Lachaise). 

En 18G0, l'Ecole des Beaux-Arts, déjà augmentée des Hôtels de 
C^onti et de Juigné, portant les n°* 11 et 13 quai Malaquais fut encore 
agrandie en 1885, par l'adjonction du Petitet Grand Hôtel de Bouil- 
lon plus connu sous le nom d'Hôtel de Chimay, dont la façade est aux 
15 et 17 du même quai {Voir quai Malaquais) et qui était autrefois 
le couvent des Théatins. La porte d'entrée est remarquable. 

Les ateliers dépendants prennent jour sur une cour carrée appelée 
Cour du Mûrier, à cause d'un magnifique mûrier qui y est situé {Voir 
Arbres Parisiens). 

BEAUX-ARTS (rue des) *-m me de Seine, 14 ;»-> rue Bonaparte, 11 [Luxem- 
bourg, Saint- Germain-des- Prés, 6« arr. 138 m.] 

Ouverte en 1825, sur l'emplacement de l'Hôtel de la Rochefou- 
cauld Liancourt qui appartenait à Turenne et où naquit en 1781, 
Eugène de Beauharnais, fils de Joséphine {Voir boulevard Voltaire 
et rue des Capucines). Cet hôtel avait été construit sur une partie des 
dépendances de l'ancien palais de la reine Marguerite de Valois, situé 
rue de Seine (Voir ce nom). 

BiBCCARIA (rue) *-m boulevard Diderot, 41 et rue de Charenton, 45 »-> place 
d'Aligre, 17 [Reuilly Quinze- Vingts, 12" arr. 248 m.] 

Précédemment rue Beauvau à cause du Marché Beauvau-Saint- 
Antoine (Voir ce nom), elle a été ouverte en 1777 sur les dépendances 
de l'abbaye Saint-Antoine-des-Cha.mps. En 1864, elle prit le nom de 
Beccaria. 

César Bonezana, marquis de Beccaria, économiste politique naquit 

— 134 — 






Beethoven 

à Milan en 1735, et mourut en 1793. En 1TG4, il publia le Traité des 
délits et des peines qui transforma le droit criminel en Europe. 

BECQUEREL (rue) <-m rues Saint-Vincent, 12 et Mont-Cenis m-^ rues Gustine 
et Bachelet, 23 [Montmartre, Clignancourt, 18'^ arr. 60 m.] 

A été ouverte en 1867 ; depuis 1875, elle porte le nom de Antoine- 
César \ffecgi«ereZ, physicien (1788-1874) auteur d'ouvrages importants 
sur rélectricité et le magnétisme. Son petit-fils, Henri Becquerel^ 
membre de l'Institut, professeur à l'Ecole Polyteclinique, découvrit 
en 1896, la radio-activité qui amena la découverte des rayons catko-N 
diques, dits^ rayons lloentgen, ou Rajjoiis X. A la suite de Becquerel, 
de savants et laborieux chercheurs, M. et Mme Curie, ont découvert, 
le radium, ce nouveau produit qui résume en les exaltant toutes les^ 
propriétés de VuraniuTïi, découvert par Becquerel. 

A l'angle des rues Lamarck et Saint- Vincent, en haut de la rue 
Becquerel on pénétrait autrefois dans l'ancien Parc Cottard «t Paraise,. 
où pendant le siège de 1870, les marins s'étaient construit une redoute. 
Aucune pièce de canon n'y fut jamais apportée, ce qui n'empêcha que, 
M. Thiers, en redingote marron, en chapeau gris et le nez orné de ses 
légendaires lunettes d'or ne vînt un jour visiter cette batterie et admi- 
rer le magnifique point de vue que l'on a du haut de la butte. 

C'est au même endroit que le 18 mars 1871, vers six heures du matin,, 
étaient massés les gendarmes versaillais et les soldats du 88* de ligne, 
ces derniers quelques heures plus tard devaient lever la crosse en 
l'air et faire cause commun© avec l'émeute. La maison oii furent fusil- 
lés les généraux Clément-Thomas et Lecomte est contiguë à cette pro- 
priété {Voir rues de la Barre et Clignancourt) . 

BEER (impasse) <-m rue Croix-Nivert, 208 [Vaugirard, Saint-Lambert , 
15« arr. 15 m.] 

Formée en 1883, elle reçut le nom de son propriétaire. 

BEETHOVEN (rue) <^^ quais de Passy, 2 et Debilly m-^ boulevard Delessert, 11 
Passy, Auteuil, 16° arr. 117 m.] 

Précédemment rue de la Montagne à cause de la montée, elle était 
indiquée en 1731 sur le plan Eoussel. Après plusieurs modifications, 
elle a reçu en 1864, le nom de Beethoven. 

Louis van Beethoven, compositeur et auteur d'immortelles sonatea 
et symphonies naquit à Bonn (Allemagne), le 17 décembre 1770, et 
mourut à Vienne le 26 mars 1827. Ses œuvres les plus universellement 
connues sont la Symphonie Pastorale et la Symphonie Héroïque. Dans 
la dernière année de sa vie, Beethoven était devenu sourd. Ses œuvres 
ne furent connues en France que vers 1855. Ce fut, Malibrand, le 
frère de la célèbre cantatrice, qui les fit exécuter pour la première- 
fois à Paris dans la salle du Jardin d'Hiver aux Champs-Elysées (cette 

— i;^5 — 



Belhomine 

salle située dans l'avenue a été démolie vers 1860), puis Habeneck, chef 
d'orchestre de l'Opéra et des Concerts du Conservatoire, acheva de 
les faire apprécier du public parisien. Après Habeneck, Pasdeloup, 
Colonne, Lamoureux, Benja-min Godard et Chevillard, ont contribué 
pour une large part à propager les œuvres du maître {Voir Champs- 
Elysées), 

Au 9, était autrefois un ancien couvent de Minimes, On en voyait 
encore quelques vestiges avant 1870. 

BEL-AIR (avenue du) -^-^ avenue de Saint-Mandé, 15 »-> place de la 
Nation, 26 [Heuilly, Picpus, 12« arr. 235 m,] 

Cette avenue, figure sur le plan de Jaillot en 1775 sans dénomi- 
nation; depuis 1844, comme elle mène au quartier du Bel- Air ainsi 
qualifié à cause de sa situation salubre, elle a pris le nom de Bel-Air. 
Il y a une Villa du Bel-Air au n" 9 de la rue du Niger, voisinage 
do l'avenue du même nom. 

BEL- AIR (cour du) -^-e rue du Fauljourg-Saint-Antoine, 56 [Heuilly, Quinze- 
Vingts, 12'= arr. 100 m] 

Doit son nom à un hôtel du Bel-Air qui y était situé lors de sa 
création. 

BELFORT (rue de) *-^ boulevard Voltaire, 135 »-> rue des Boulets, 111 
[Popi>'COURT, Roquette, 11'' arr. 170ni.] 

Voie privée crée en 1872, par MM. Chevignot en l'honneur de Bel- 
fort (Chef-lieu du Haut-Rhin, Territoire de Belfori;), la seule ville 
d'Alsace restée française, grâce au siège héroïque qu'elle soutint en 
1871, sous le commandement du colonel Denfert-Hochereau et au 
dévouement patriotique de M. Thiers, alors président de la République 
{Voir Denfert-Rochereau). 

BELGRAND (rue) -«-œ place Gambetta, 4 m-y rue Pelleport, 47 [Mkxii.montant, 
Saint-Fargeau, Père-Lachaise, 20" arr. 700 m.] 

Faisait précédemment partie de la rue Sorbier ; elle fut ouverte en 
18G2, mais ce n'est qu'en 1877, qu'elle prit le nom de Belgrand. 

Marie-François-Eugène Belgrand, inspecteur général des ponts et 
chaussées, directeur du service des eaux et égouts de la Vaille de Paris, 
auteur des travaux de dérivation de la Vanne et de la Dhuis 
(1810-1878). Ce nom lui a été donné à cause du voisinage des réser- 
voirs des eaux de la Dhuis dont il a été le créateur {Voir Eaux). 

BELHOMME (rue) ^-e? boulevard Rochechouart, 20 »-* rue de la Nation, 7 
Montmartre, Clignancourt, 18« arr. 102 m.] 

Nom du propriétaire; ancien maire de Montmartre avant l'annexion 
de 1862. 

— 136 — 



Bellay 

Autrefois, existait ylace Belhovinfie, dispaxue depuis la suppression 
des murs d'octroi et aujourd'hui englobée dans la chaussée du boule- 
vard liochechouart, entre les rues Belhomme et Bervic, un cabaret 
très ancien, où, sous Louis-Philippe, se réunissaient tous les conspi- 
rateurs de l'époque pour y parler politique. Ils y tenaient deux réunions 
pai" semaine, le lundi et le jeudi. Le jeudi on présentait les affidés 
le lundi on les recevait. Les habitués de l'endroit étaient : Caussidière, 
Albert, Fargin, FayoUes et d'autres encore qui devaient comme eux 
en 1848, faire partie du gouvernement provisoire. L'amusant de l'affaire 
est que ce cabaret était tenu par un individu attaché à la police, de 
telle sorte que constamment mis au courant de ce qui se passait dans 
ces réunions, le gouvernement n'ayant rien à craindre, fit fermer l'éta- 
blissement en 1846, et arrêter quelques clients. 

Pendant le siège de 1870, le Cabaret de BeUiomme, rétabli un peu 
plus loin, avait pour patron un nommé Bastié « un vieux de 48 » chez 
lequel les gardes nationaux allaient jouer à la roulotte quand ils n'étaient 
pas de faction. Bastié mourut pendant la Commune. 

BELIDOR (rue) <-« avenue des Ternes, 95 m-^ boulevard Gouvion-Saint-Cyr, 71 
[Batignolles, Ternes, le"" arr. 74 m.] 

Créée en 1863, elle reçut le nom de rue des Montagnes, puis celui de 
Bélidor depuis 1877. 

Bernard Forest de Bélidor, ingénieur hydrographe, né en 1697, 
mourut en 1761. 

BELLA (rue) <-« rue Tellier, 3 »-^ rue de la Quintinie, 4 [Vaugirard, Necker, 
15" arr. 51 m.] 

Classée en 1874, cette rue avait dès 1848, été dénommée Bellfi en 
l'honneur de Joseph-Marie-Auguste Bella, ancien directeur de l'Ecole 
d'Agriculture de Grignon. 

BELLARD (rue) <~m rue Pérignon, 3 ^^> boulevard Garibaldi, 57 et avenue de 
Sud'ren, 155 [Vaugirard, Necker, 15" arr. 142 m.] 

Décrétée en 1817, cette rue n'a été ouverte qu'en 1819. 

Nicolas-François Bellart, était procureur général à la Cour d'Appel 
de Paris et membre du Conseil Général de la Seine. Il fit partie du 
tribunal qui condamna le Maréchal Ney à la peine de mort en 1815 
{Voir Observatoire). Né à Paris en 1762, il y mourut le 8 juillet 1826. 

BELLAY (rue du) <-<& quai Bourbon, 55 »-> quai Bourbon, 33 [Hotel-de- 
ViLLE, Notre-Dame, 4" arr. 75 m.] 

Le voisinage de Notre-Dame lui a fait donner en 1867, le nom de 
Jean de Bellay (1492-1560), évêque de Paris et littérateur français 
auteur d'un ouvrage intitulé : Défenses et Illustrations de la langue 
française. 

— 137 — 



Bellechasse 

BELLECHASSE (caserne) située rue Bellechasse, 37 [Palais-Bourbon, Saini- 
Thoinas-d'Aquin, 7*= arr. 

Cette caserne, dite quartier Pantemont, occupe les bâtiments de 
l'ancienne abbaye de Pantemont de l'ordre des Citeaux fondée en 1218, 
sur la colline de Pantemont près Beau vais, transférée à Paris en 
1671, dans le couvent dit des Filles du Verbe incarné. Supprimé en 
1790, le couvent fut converti en caserne. L'église a été affectée au culte 
protestant après avoir longtemps servi de magasin militaire {Voir 
Eglise de Pantemont, 106, rue de Grenelle). 

BELLECHASSE (place et square de) compris entre les rues Saint-Domini- 
que, de Las Cases, Gasimir-Périer et Marlignac [Palais-Bourbon, Invalides, 
7« arr.] 

A été formée en 1828, sur les dépendances de Taucien couvent des 
religieux de Bellechasse (Voir rue de Bellechasse). L'église Sainte- 
Clotilde qui donne sur cette place a été commencée en lS4:i) {Voir 
Sainte-Clotilde) . 

BELLECHASSE (rue) -(-m quai d'Orsay, 7 »-> rue de Vareiine, 68 [Palais- 
Bourbon, Saint-Thomas-d'Aquin, Invalides, 1<^ arr. 741 m.] 

Précédemment nie Neuve de Bellechasse, entre les rues Saint-* 
Dominique et de Grenelle et rue Hillerin-Bertin entre les rues de 
Grenelle et de Varennes; la partie entre le quai d'Orsay et la rue de 
Lille, fut ouverte au commencement du xviii* siècle, celle entre les 
rues de l'Université et Saint-Dominique existait en 1G52. La partie 
entre les rues Saint-Dominique et de Grenelle date de 1805, elle fut 
percée sur l'emplaeement des terrains de Bellechasse et de l'abbaye de 
Pantemont. La rue Hillerin-Be?tin existait en 1650. Ce nom qui était 
celui d'un particulier a été plusieurs fois modifié. On en fit successive- 
ment : Villeran, Guilleri Bertin, Hillorai Bertin, Vallerun, Hillorain 
et Villeriii. On l'appela aussi rue des BohèTues et rue Saint-Sauveur. 

Le nom de Bellechasse, donné à cette rue vient de ce qu'en 1636, 
un sieur Barbier fit don à des religieuses appelées Chanoinesses régu- 
lières de l'Ordre du Sépulcre de Jérusalem, d'un terrain dénommé clos 
de Bellechasse, pour y construire un couvent dit des Religieuses de 
Payitemont, dont les bâtiments séquestrés en 1790, sont devenus 
aujourd'hui la caserne Bellechasse. Au 37 de cette rue, la chapelle 
convertie depuis la Hévolution en temple protestant a son entrée au 
106 de la rue de Grenelle. 

A l'angle de la rue de l'Université et du 11 de la rue de Bellechasse 
se voient deux belles plaques murales portant le n° 20 des anciennes 
divisions de Paris. Bernardin de Saint-Pierre, auteur de Paul et Vir- 
ginie habitait au 15, dans l'ancien hôtel du célèbre chimiste Berthol- 
let. Au 17, partie de l'Hôtel de Broglie ; le reste a été absorbé par 

— 138 — 



Belle ville 

le boulevard Saint-Germairi.. Au 18, Société nationale d'Agriculture 
de France. Au 31 existe un corps de logis dépendant autrefois du 
monastère de BellecKasse. C'est là que le 24 juillet 1818, est mort Gas- 
pard Monge, membre de la Convention nationale et l'un des organi- 
sateurs de l'école Polytechnique (1 o/> Monge). L'administration des 
cultes est au 66. Au 68 était autrefois l'Hôtel du maréclial de Castries. 
Le maréclial de Mac-Mabon (Voir ce nom) avait son bôtel au 70. 

BELLEFOND (rue de) <-«? rue du Faubourg-Poissonnière, 107 »-> rues de 
Rochechouart, 30 et de Maubeuge, 46 [Opkra, Rochecliouart, 9<' arr. 297 m.] 

Ouverte vers le milieu du xvii" siècle sur un terrain relevant de 
l'ancienne abbaye de Montmartre, elle doit son nom à Marie-Eléonore 
Gigault de Bellefond, qui fut, du 24 décembre 1699 au 28 août 1717, 
abbesse de Montmartre {Voir rue des Abbesses). Dans le courant du 
siècle dernier, on la nommait rue Jolivet, et on appelait rue Bellefond 
la rue de la Tour-d'Auvergne (Voir ce nom). 

BELLES-FEUILLES (rue des) <-« rond-point de Lqngchamps »-> rue Spon- 
tini, 3 et rond-point Bugeaud, 5 [Passy, Porie-Dauphine, 16" arr 640 m.] 

Créée en 1856, cette rue s'appelait d'abord rue des Biches entre les 
avenues Bugeaud et Yictor-Hugo ; elle fut prolongée jusqu'à l'avenue 
Bugeaud en 1868, et prit alors le nom de Belle s -Feuille s, à cause 
d'un immense parc dont elle longeait les murs ombragés de belles 
feuilles. Au 61 était l'impasse des Belle s -Feuille s, précédemment 
imqiasse des Biches. La cité des Bell es -Feuille s est au 2 de cette impasse. 

BELLEVILLE (boulevard de) -^-m rues Oberkampf. 159 et de Menibnontant, 1 »-> 
rues du Faubourg-du-Tempie, 124 et de Belleville, 2 [Popincourt, Folie- 
MéjHcourt^ 11"-' arr.; Ménu^montant, Belleville, 20« arr 704 m.] 

Ce boulevard a été formé en 1789, il faisait partie des boulevard» 
dits extérieurs, de l'enceinte des fermiers généraux (Voir Bqule- 
VARDs) et avait alors a 15 toises de largeur » le chemin de ronde ne 
mesurait que 36 pieds. Précédemment boulevard des 'F rois-Couronne s 
et de Belleville ; chemin de ronde de Ramponneau, d'après la barrière 
qui existait sur ce boulevard avant l'annexion de 18(52; boulevard des 
Trois-Couronnes et de Ménilmontant ; jjlacx' de la barnère de Ménil- 
montant, il longe l'ancien territoire de Belleville annexé en 1860, et 
a pris oe nom depuis 1864. 

Belleville était autrefois le fief de Savie, ce mot de Savie vient de 
ce que Belleville était une montagne inculte (Saivharht) en langue 
franque (sale et sauvage), d'où on a fait Savegia, puis Savgia et enfin 
Savia. Les rois mérovingiens y avaient des maisons de plaisance. 
En 1060, sous Henri I*"", le prieur de Saint-Martin-des-Champs (Voir 
ce nom), possédait le fief de Savie ; des hauteurs de Belleville cou- 
laient par l'aqueduc des Prés-Saint-Gei-vais et l'aqueduc de Belleville, 

— 139 — 



BeUei>ille 

établi au vi* siècle par les moines de Saint-Laurent et de Saint-Martin, 
« des eaux vagabondes » (rue des Rigoles, des Cascades, etc.), qui se 
réunissaient dans une grande mare (rite de la Mare) et formant le ruis- 
seaai de M énilinontant, qui descendait jusqu'aux fossés du Temple 
(plaôe de la Répubhgtie) et reprenait son cours, après avoir arrosé le 
bas du faubourg Montmartre en le joignant à la Grange-Batelière 
(Voir ce novi) passait sous l'Opéra (place de l'Opéra) et venait tomber 
à la Seine près du pont de la Concorde {Voir Eaux). 

Sous Charles VI, il y eut sur cette montagne un petit pays appelé 
Poitrouville, mais déjà le nom de Belleville était connu et, cette appel- 
lation qui a prévalu, s'explique naturellement par la beauté et la situa- 
tion élevée de ce pays. Pendant de longues années, à partir du xvi" siècle 
jusqu'en 1775, il était d'usage à Belleville tous les ans au mois de mai 
de couronner une rosière. Cette cérémonie s'appelait la fête de la rose 
nommée. 

Il y a eu à Belleville des cabarets célèbres : Le Ramponneaii, le 
Bœuf rcruge, le Sauvage, la Carotte filandreuse, le père Denoyez, Tria- 
non, la Vielleuse, etc., où l'on venait « boire le vin à 4 sous » et 
où jusqu'en 1860, les Chicards, Débardeurs et Titis remontant des bals 
de Paris, y venaient faire la descente de la Courtille (Voir rue de 
Belleville). Au 75, groupe scolaire. 

BELLEVILLE (chapelle) située rue Julien-Lacroix, 97 [Ménilmontant, Belle- 
ville, 20'= arr.] 

Temple protestant calviniste. 

BELLEVILLE (marché de) situé rue de Puebla [Buttes-Chaumont, Combat, 
19'= arr.] 

A été construit le 7 août 1867. 

BELLEVILLE (rue de) <-^ boulevards de la Villette, 2 et de Belleville, 132 m~^ 
boulevards Serurier, 1 et Mortier [Buttes-Chaumont, Amérique, Combat, 
19« arr.; Ménilmontant, Belleville, Saint- Fargeau, 20" arr. 2210 m.] 

Cette rue est indiquée sur le plan de Jouvin de Rocbefort (1672). 
En 1836, on commença l'alignement ; le nivellement se fit progressi- 
vement de 1851 à 1867, jusqu'au jour où les rues de Paris entre le 
boulevard de la Yillette et la rue Compan et du Parc, entre la rue 
Compans et le boulevard Serurier prirent, définitivement le nom de 
rue de Belleville (Voir boulevard de Belleville). 

On appelait autrefois Courtille ■ — • à cause des nombreuses Courtilles 
ou cabarets en plein vent établis aux environs de Paris et particuliè- 
rement à Belleville — le bas de la rue de Paris avoisinant le boulevard 
de la Yillette et la barrière de Belleville. C'est là, à la sortie des 
bals Favié et Denoyez, qu'après avoir passé la nuit du mardi-gras dans 
les bals de Paris, tous les masques se donnaient rendez-vous pour 

— 140 — 



liellei^ille 

enterrer le carnaval en s'encanaillant à Belleville et rentrer dans Paris, 
ou mieux, descendre (d'où le nom de Descente de la CourtiUe). Le 
fajneux milord l'Arsouille et le Grand Cliicard conduisaient la bande 
joyeuse à travers le faubourg- du Temple, la place du Château-d'Eau 
(place de la République), les boulevards, puis les groupes se disper- 
saient et chacun rentrait cbez soi. Cet usage existait encore en 1855. 

A. Callet, parle également de « Cette vieille bacchanale française 
qui pendant si longtemps fit la joie de nos pères ». 

« Il n'y avait pas jadis, dit-il, de beau carnaval sans une bruyante 
desceiite de la Courtille : toutes les fenêtres étaient louées un mois à 
l'avance ; on les payait un prix fou. C'était la foire du qviartier; en ce 
jour d'orgie et de bombance, les cabarets regorgeaient de m.onde, on 
ne voyait que des têtes et tout cela criait, hurlait, se criblait de bon- 
bons, d'œufs pleins de plâtre et de projectile de tous genres. 

« On échangeait des propos de hniilte gj-ainse et d'étrange saveur. Le 
suprême du genre était d'échanger les -plus jolies choses du monde en 
style poisard, sorte de langage pax assonance dont Yadé futi l'in- 
venteur. Tout cela depuis longtemps n'est plus. Carnaval est mort ». 

Vadé a chanté la Courtille : 

^ Voir Paris sans voir la Courtille 

Où le peuple joyeux fourmille, 
Sans fréquenter les Porcherons, 
Le rendez-vous des francs-lurons, 
C'est voir Rome sans le pape. 

Dans La Vie publique et privée des Français, publiée en 1826, on 
trouve cette description de la> Courtille : « Nous voici arrivés à la 
fameuse Courtille par laquelle entre cent guinguettes on arrive sur 
la hauteur de Belleville. Dans cette large et longue rue, empire éternel 
de la joie, on distingue la fameuse guinguette de l'immortel Desnoyez 
et quelques autres dont les tables immenses se remplissent en hiver 
de familles, et le jardin en été, de danseurs et de danseuses. » 

Et plus loin : 

« En entrant dans les grandes guinguettes, le Bœur rouge, le Sau- 
vage, VEpée de Bois ou le Coq-Hardi, on est d'abord frappé de la quan- 
tité de ragoûts et de rôtis qui garnissent un long et large comptoir 
et de l'activité des femmes de service et des cuisiniers. Sur une vaste 
cheminée, trois ou quatre broches chargées de dindons, de poulets, de 
langues de veau et de gigots de mouton tournent incessamment devant 
un feu ardent. A quelque distance de là, le vin coule à pleins flots 
dans des brocs, dans des bouteilles, dont une n'est pas plus tôt remplie 
qu'elle est remplacée par une autre... C'est à la Courtille que se don- 
nent presque tous les repas de noces des petits bourgeois de Paris. » 

Au n" 3, allée des Faucheurs, ruelle étroite et sombre qui pourrait 
bien tirer son nom du mot d'argot : faucher^ qui signifie : tuer. 

— 141 — 



Bellei>ue 

Au n° 8, hal Desnoyez, ancienne guinguette du père Uesnoyez et, 
actuellement Folies Bellemlle. Au 13, est le hal Fawié, qui fut cons- 
truit en 1830. Au 46, tkéâtre de Belleville. Au 104, école de la Ville. Au 
213, rotonde et inscription curieuse qui date de Henri IV, donnant 
accès sur les eaux du Nord, c'est-à-dire sur la source de Ménilmon- 
tant, appelée autrefois ruissewyi Ménilmontant. Au 259, cité de Bel- 
leville. 

BELLEVILLE (théâtre de) situé rue de Belleville, 46 [MÉ.\iLM0NTANT,5e//e^ 
ville,2(i° arr.] 

Ce théâtre a été construit vers 181G sous la direction de Seveste qui 
obtint ce privilège de façon assez curieuse : Quand en 1815, Louis XVIII 
résolut de faire transférer à Saint-Denis les dépouilles du roi Louis XVI 
et de Marie-Antoinette, personne dans l'entourage de la Cour ne savait, 
l'endroit où les restes du roi et de la reine avaient été déposés après 
l'exécution. Il se trouva qu'un artiste "du Vaudeville nommée Seveste, 
dont le père avait suivi de très près toutes les phases de la Révolution, 
put donner à l'administration des renseignements très précis sur la 
place exacte où reposaient les dépouilles royales. Il indiqua l'ancien 
cimetière de la Madeleine. Des fouilles y furent pratiquées et bientôt 
les cercueils furent retrouvés. (Voir Chapelle Expiatoire). Comme 
récompense dé ses services, le roi lui iiccorda le privilège d'ouvrir des 
théâtres dans toute la banlieue et d'y pouvoir librement représenter les 
pièces à succès jouées dans les autres théâtres de Paris. C'est ainsi que 
le 10 juin 1817, Seveste devint directeur du théâtre de Belleville, puis 
successivement des autres théâtres de Montmartre, Batignolles, Gre- 
nelle et Montparnasse. 

Aujourd'hui, malgré l'annexion de ISHZ, ces théâtres, toujours 
considérés comme théâtres de banlieue ont conservé la liberté de pou- 
voir reprendre les pièces de Paris, huit ou dix jours après qu'elles ont 
été représentées ; chacun de ces théâtres possède maintenant un direc- 
teur particulier. 

Les théâtres de banlieue ont été longtemps la pépinière des grands 
artistes de Paris, Boutin, Melingue, Laferrière, Lacressonnière, Gobin, 
Lassouche, etc., avaient débuté à Montmartre et à Belleville. 

BELLEVUE (avenue de) <~m rue Jenner, 7 3-> avenue Sainte-Marie [Gobe- 
lins, Salpétrière, 13« arr. 24 m.] 

Nom donné par M. Doré, propriétaire en raison de la belle vue 
dont on y jouit. 



BELLEVUE (rue de) <~m rue Gompans, 64 s-^- rue des Lilas, 91 [Buttes- 
Chaumoxt, Amérique, 19'= arr. 295 m.] 

Tracée en 1812, sur le plan du cadastre, cette rue sise sur la partie 
la pluS' élevée de la butte du quartier des Buttes-Chaumont était appe- 



— 142 — 



BeUot 

lée autrefois hutte de Beaur égard. On. y avait une vue très étendue 
sur Paris et la plaine Saint-Denis. Au 17, est la Villa de Bellevue, 
qui fut créée en 1889. Au 24, Villa Bocquet. 

BELiLIARD (rue) ^-eç rue des Poissonniers, 149 i»-^ rue du Ruisseau, 108, 
[MoivTMARTRE, Clignaucourl, IS'' arr. 755 m. 

Précédemment chemin latéral du chemin de fer de Ceinture, elle a 
été classée en 1863, et a pris eu 1868 le nom de Belliard. 

Le comte Auguste-Daniel Belliard, né à Fontenay-le-Comte en 1769, 
se distingua dans les guerres de la République et de l'Empire. Comme 
général de cavalerie, il défendit ce quartier en 1814, et mourut en 
1832. 

BELliIÈVRE (rue de) <-« quai d'Austerlitz, 11 3»-> rue de la Gare, 8 [Gobe- 
Li>'S, Salpétricre, 13'= arr. 147 m.] 

Ouverte en 1818 sur l'ancien chemin du village d'iiusterlitz {Voir 
ce nom). Le voisinage de l'iiôpital de la Salpêtrière lui fit donner 
en 1819, le nom de Pomponne de Bellièvre, premier président du 
Parlement de Paris (1529-1607) qui fut un des fondateurs de l'Hôpital 
général, aujourd'hui hôpital de la Salpêtrière ou simplement la Salpê- 
trière (Voir ce nom). Avant 1838, c'est-à-dire avant la création du che- 
min de fer d'Orléans, la rue de Bellièvre s'étendait jusqu'à la rue 
Bruant. 

BEL.LINI (rue) -<-^ rue Schelîer, 23 m-> rue de la Tour, 56 [Passy, Muette, 
16« arr. 172 m.] 

Précédemment rue de la Planchette, elle porte depuis 1864, le nom. 
de Bellini. 

Vincent Bellini, célèbre compositeur italien, né en 1802, mort à 
Puteaux en 1835. Auteur de la Norma, de la Somnambule, des Puri- 
tains. 

BELLONI (rue) <-&: rue de l'Armorique, 10 »-»- rue Falguière, 57 [Vauguiard, 
Necker, 15« arr. 148 m.] 

Nom du propriétaire. 

BELLOT (rue) <--m rue de Tanger, 17 »->- rue .d'Aubervilliers, 42 [Buttes- 
Chaumom, La Villette, 19« arr. 135 m.] 

Primitivement rue de l'Entrepôt en 1863, à cause des entrepôts 
de la Villette, elle est devenue rue Bellot depuis 1864. 

Joseph-René Bellot (1826-1853), officier de mar-ne, mourut 
dans une expédition aux mers polaires entreprise en vue de découvrir 
les restes de John Franklin (1786-1847), mort dans un voyage d'explo- 
ration au Pôle-Nord quelques années auparavant. 

— 143 — 



Benjamin-Constant 

BELL.OY (rue de) <-^ place des Etats-Unis, 16 »-> avenue Kleber, 39 [Passy, 
Chaillot, 16" arr. 255 m.] 

Voie ouverte en 1883, par la Ville de Paris sur l'emplacement des 
anciens réservoirs de Chaillot, dits Bassins de Chaillot, qui jusqu'en 
1900, servaient à dénommer le quartier des Bassins aujourd'hui devenu 
de Chaillot. Elle prit en 1868, le nom de de Belloy en mémoire de 
Jean-Baptiste de Belloy, archevêque de Paris (1709-1808), Respecté 
de tous il passa la période révolutionnaire à Paris sans jamais être 
inquiété, et fut archevêque de 1802 à 1808; Napoléon 1" lui avait dit 
un jour : « Vous vivrez jusqu'à 150 ans ! » et en effet, il vécut cent 
ans. 

BELZUNGE (rue de) *~m boulevard de Magenta, 111 »-> rues du Faubourg- 
Poissonnière, 118 et de Maubeuge, 86 [Exclos-Saint-Lai;ue>t, Saint-Vincent- 
de-Paul, 10" arr. 255 m.] 

Formée en 1827, sous le nont de rue du Chevet de VEglise Saint-Viii' 
cent-de-Paul à cause du voisinage de cette église cette rue, reçut quel- 
que temps après celui de Belzunce en l'honn^êur de Henri-rrançois- 
Xavier de Belzunce (1671-1765), évêque de Marseille, qui se signala 
pendant la peste qui ravagea cette ville de 1720 à 1721. Mgr de Bel- 
zunce s'était montré tout^ sa vie l'adversaire desi Jansénistes. 

Au n" 24, maison de secours. Au n° 3, école de filles ('Ville de Paris). 

BEN AIAD (passage) <-m rue Saint-Sauveur, 71 »-* rue Bachaumont [Bourse, 
Bonne-Nouvelle, 2" arr.] 

Ainsi dénommée en 1898 par le propriétaire M. Benaïad. 

BÊNARD (cité) <-m rue de Montreuil, 119 [Popi^^court,- Sainte-Marguerite^ 
11<= arr. 270 m.] 

M. Bénard, l'ouvrit en 1899. 

BÉNARD (rue) <-« rue des Plantes, 22 s^ rue de jla Sablière, 49 [Observa- 
ToiRK, Plaisance, 14<^ arr. 270 m.] 

Cette rue a été classée en 1863, sous le nom de son propriétaire. 

BENDER (passage) <-m passage du Sud, 11 s-^ passage Dubois, 8 [Buttes- 
Chaumoist, Combat, l'è^ arr. 270 m.] 

Nom du premier loeatai™ qui haT-îla dans ce passage. g 

BENJAMIN-CONSTANT (rue) <-m rue de Flandre, 183 s-^ rue de Cambrai, 32 
[Buttes-Ghaumont, Pont de Flandre, 19« arr. 90 m.] 

A été exécutée par les riverains pour remplacer une partie de la 
rue de Cambrai supprimée en 1868. En 1875, elle a pris le nom de 
Benjamin -Constant. 

— 14'i — 



Bélanger 

Henri-Benjamin Constant de Rebecque, publiciste et tomme poli- 
tique né à Lausanne, le 25 octobre 1767, fut exilé en 1803, pour ses 
opinions anti-impérialistes. Rentré à Paris en 1814, puis banni de nou- 
veau par Louis XVIII, il obtint sa grâce en 1816, se présenta à la 
députation et fut élu en 1819. Benjamin Constant mourut le 8 oc- 
tobre 18'30, président du Conseil d'Etat, au n° 29 de la rue d'Anjou. 

BENJAMIN- GODARD (rue) *-m avenue d'Auteuili!»->aveoue de Versailles, 67 
[Passy, Auteuil, IG" arr. 30 m.] 

Ouverte en 1896, à la mémoire de Benjamin Godard (1849-1895), 
compositeur français et violoniste de talent. Godard est l'auteur de 
Jocelyn, dont la « Berceuse » est universellement connue, et aussi d'un 
très grand nombre de morceaux pour orchestres. 

Anciennement rue de Galiote, cette rue créée en 1856, portait le 
nom des anciens bateaux, appelés Galiotes, qui faisaient le service 
entre Paris et Saint-Cloud, et dont la station était au quai d' Auteuil. 

BENOUVILLE (rue) <-m rue Spontini, 30 a-> rue de la Faisanderie, 23 [Passy, 
Porte-Dauphine, 16« arr. 98 m.| 

Précédemment rue de Chabrol, en 1856, cette rue a été dénommée 
en 1875, rue de Benouville, en l'honneur de François-Léon Benou- 
ville, peintre (1823-1859). 

BÉRANGER (rue) -<-^s rue Chariot, 83 £3— v rue du Temple, 180 [Temple, 
Enfants-Rouges, S" arr. 274 m.] 

Formée en 1696, sous le nom de rue. de Vendôme, elle devait cette 
appellation à Philippe de Vendôme, chevalier de Saint-Jean de Jéru- 
salem, grand prieur de France qui vendit les terrains dépendant du 
Temple, sur lesquels cette rue avait été créée un an auparavant. Le 
duc de Vendôme né en 1655, mourut le 24 janvier 1727. En 1864, elle 
reçut le nom de rue Béranger, parce que Jean-Pierre de Béranger, 
l'illustre chansonnier né à Paris en 1780, mourut en 1857, au n° 5 de 
cette rue, dans l'ancien Hôtel Bergeret de Trouville maître des 
comptes, précédemment Hôtel de Peyrenc de Moras. 

Béranger est né dans une des maisons de la rue Montorgueil, près 
de la rue Mauconseil, à l'endroit où était autrefois l'ancien parc aux 
huîtres aujourd'hui disparu par suite du percement de la rue Etienne- 
Marcel (Voir ce itom). Frédéric Soulié, le célèbre romancier, habita 
le 2 de la rue Vendôme. Le 3, à l'angle de la rue Chariot est l'ancien 
Hôtel de Brissae et d'Angoulême, occupé aujourd'hui par une école 
de la Ville. Au 6, demeure M. Dausset, ancien président du Conseil 
municipal. Au 13, était en 1789, l'Hôtel de Berthier de Sauvigny. La 
mairie de l'ancien iv* arrondissement vint s'y installer; depuis 1862, 
le local est loué commercialement. L'entrée du théâtre Déjazet est 
au 14. Au 16, passage Vendôme. 

— 145 — 

10 



Bercy 

Entre les n°^ 143 et 145 de la rue de Yaugirard, il y avaiiî encore 
en 1855 une impasse du nom de Béiangcr qui avait été créée vers 1812, 
en l'iionneur du chansonnier populaire. 

BERCY (boulevard de) -f-e quais de la Râpée, 2 et de Bercy »-> rue de Cha- 
renton, 240 [Reuilly, Picpiis, 12« arr. 1050 m.] 

Ouvert en 1789, le boulevard fut appelé successivement de Bercy, 
entre les rues de Bercy et de Charenton ; boulevard de la Râpée, entre 
le quai de Bercy et la rue de Bercy ; chemin de ronde de Bercy, entre 
les rues de Bercy et de Charenton ; de la Râpée, entre le quai de la 
E-apee et la rue de Bercy. Place Cabanis (Voir ce nom) ; pJace de 
la barrière de Bercy ; place de la barrière de Charenton. En 1864, il 
reçut dans toute son étendue le nom de boulevard de Bercy, parce 
qu'il longe le village du même nom. La baiTière de Bercy s'appelait 
aussi Barrière des Poules. 

On croit généralement que le nom de Bercy ou de Percy, ainsi que 
cela figurait sur les plans de Paris de 1615, viendrait de l'ancienne 
grange aux merciers qui plus tard par corniption devint la grange de 
Bercy. Cette grange ou marché situé près de la barrière existait déjà 
du temps de Louis XI ; c'est là, que les princes réunis contre le roi 
s'assemblèrent poiu' former la ligue du Bien public. On donne aussi 
comme origine de Bercy qui anciennement servait de pâturage aux 
bestiaux le vieux nom de Bercil qui signifiait bergerie ; de Bercil, on 
aurait fait Bercy. Toutefois la première hypothèse qui fait dériver 
Bercy de merciers semble plus admissible 

Avant l'annexion (1860), on voyait encore le reste du château de 
Bercy construit par Le Yau et qui avait appartenu à Charles-Fran- 
çois Olier, marquis de Nointel, ambassadeur de France à Constanti- 
nople. 

La, salle à manger du château était décorée de magnifiques tableaux 
de Snyders et de Jordaens. Le parc planté par Le Nôtre fut vendu en 1869, 
avec le château, à la ville de Paris, pour la somme de 10 millions. Sur son 
emplacement furent construits les nouveaux entrepôts de Bercy. 

BERCY (pont) <-^ss.. quais de Bercy et de la Râpée ss— v quais de la Gare et 
d'Austerlitz [Reuilly, Bercy, 12" arr.; Gobelins, Gare, Salpétrière, i8« arr. 
175 m.] 

Précédemment pont d'Orléans à cause du voisinage de la gare 
d'Orléans, il a pris le nom de Bercy par suite de sa situation. 

Ce pont a été construit eu 18-35 ; il était primitivement suspendu, 
et a été refait entièrement vers 1865, 

BERCY (quai de) -<-s boulevard Poniatowski et porte de Bercy [Reuilly, 
Bercy, 12« arr.] 

Mentionné sur le plan de Jouvin de Eochefort en 1672, ce quai 

— 146 — 



Berger 

n'a été classé qu'en 1840 ; il fut élargi en 1877, par la création du 
nouveau périmètre des entrepôts de Bercy. 

D'excellents restaurants s'étaient groupés aux environs des entre- 
pôts, c'est là que se rendaient les fins gourmets. On allait de préfé- 
rence aux Marronniers, où le vin était servi dans des brocs. La plupart 
de ces établissements ont disparu depuis l'annexion (1862). 

BERCY (rue de) -^-^ rue de Dijon s— > boulevard de la Contrescarpe, 18 
[Reuilly, Bercy. Quinze-Vingts, 11'^ a^vY. 2300 m,] 

Antérieurement rue de Bercy -Saint- Antoine, entre les boulevards 
de Bercy et la rue de la Contrescarpe, elle se nommait alors rue de 
1/1 Râpée ; M. de la Râpée était commissaire général des troupes. A 
l'extrémité de cette rue était la grange aMX merciers où se réunit la 
ligue du Bien public sous Louis XI (Voir boulevard de Bercy). 
Depuis l'annexion de 1862 elle porte le nom de rue de Bercy. La gare 
de Lyon, dont l'entrée principale est au boulevard Diderot, occupe 
une grande partie de cette rue. 

Cette nouvelle gare a fait disparaître quelques maisons de la rue 
de Bercy, entre autres, celle du restaurant ayant pour enseigne : 
A la Modestie, « renommé, dit A. Callet, pour son petit bourgogne, où 
venait Caussidière, préfet de police en 1848. En face était la maison 
de Leprovost de Beaumond qui mourut à la Bastille. On y établit 
en 1840, un petit tbéâtre où débuta l'excellent Féraudy des Français, 
et beaucoup d'autres acteurs célèbres. Plus loin était le Soleil d'Or, 
ayant pour enseigne un lapin pendu, dont la patronne était Mme Veuil- 
lot, la mère de Louis Yeuillot, journaliste et polémiste religieux ». 

Au 50 était la rue Libert, disparue en 1888. C'était précédemment 
Vim.passe de la Planchette à cause d'un ruisseau qu'il fallait traverser 
à l'aide d'une plancbette. Elle avait été ouverte en 1854. En 1857, 
quand on la débaptisa pour lui donner le nom de Libert, M. Libert 
Pierre-François était encore maire de Bercy, et occupait cette fonc- 
tion depuis 1832. 

BERGAME (impasse de) *-« rue des Vignolles, 16 [Ménilmo.ntaat, Cliaronne, 
20« arr. 80 m.] 

Primitivement impasse de Chabrol, elle reçut en .1877, le nom de 
rue de Bergame, ville d'Italie, donné par le propriétaire. 

BERGER (rue) -«-«boulevard Sébastopol, 31 »-> rue du Louvre, 40 [Louvre, 
Halles, l"'- arr. 433 m.] 

La partie comprise entre le boulevard de Sébastopol et la rue Saint- 
Denis a été citée dans un acte du mois d'avril 1225. En 1798, cette 
rue formait une partie de la rue Aubry-le-Boucher (Voir ce nom), de 
la rue aux Fers, de la Petite-Friperie et de la rue des Deux-Ecus. 

— 147 — 



Bergère 

La vieille me aux fers existait en 1250. « Jaillot, disent j fies 
frères Lazare, prétend que son véritable nom est celui de rue au Fèvre, 
qu'on écrivait rue au Feure, (la consonne Y ne se distinguant pas alors 
de la voyelle U) dans ce sens Feure ou Fevre venant du mot latin 
faber, signifie aiiisan; mais Saint Victor a pensé que Feure venant de 
Feurre signifiait paille, nous croyons devoir adopter cette seconde opi- 
nion ». En effet, du moment ou, chacune des nombreuses rues ouvertes 
pai" Philippe Auguste sur le terrain de Champeaux, prenait le nom 
du genre de marcliandise qu'on y vendait, comme la nie de la Saucerie, 
de la Fromagerie, de la Cordonnerie, de la Ferronnerie, il est abso- 
lument admissible que cette i-ue, dans laquelle se tenait Un marclié d« 
foin, d'avoine et de paille, ait reçu le nom de rue au Feure {Voir rue di 
Fouarre). La halle aux draps, construite en 1790, par Molinos et qui fut 
incendiée en 1854, était située rue de la Petite-Friperie. 

Après des agrandissements successifs, cette rue prit en 1864, dans 
toute son étendue, le nom de Berger, de -Jean-Jacques Berger, préff 
de la Seine né en 1791, et mort en 1859. 

Au n° 2, à l'angle de la rue Saint-Denis, existe une madone placél 
dans une niche dorée {Voir rue de la Madone). Au 30, de l'ancienne 
rue des Deux-Ecus, se voyait jusqu'en 1886, la rue Babille qui avait ét^^_ 
percée en 1765, sur l'emplacement de l'Hôtel de Soissone (Voir BouRSl^BB 
DU Commerce); son nom lui venait de Laurent- Jean Babille, échevin 
de la Ville de Paris de 1762 à 1763, sous la prévoté de Camus de Pontr^ 
carré, seigneur de Viarmes (Voir ce nom). 



,ns 

1 



BERGÈRE (cité) *-« rue du Faubourg-Montmartre, 6 j®-^ rue Bergère, 
[OptîKÀ, Faubourg-Montmartre , 9'' arr. 170 m.] 

Cette cité a été construite en 1825 (Voir rue Bergère). La galerie 
Bergère créée en 1842, va du 12, de la rue Montyon au 10, de la 
rue Geoffroy-Marie. 

BERGÈRE (rue) «m» rue du Faubourg-Poissonnière, 15»-»- rae du Faubourg^ 
Montmartre, 14 [Opéra, Faubourg-Montmartre, 9« arr. 342 m.] 

Dès 1652, on la nommait rue Bergère ; ce n'était alors qu'un simpli^ 
chemin qui ne se garnit de maisons que vers 1738. 

Le nom de Bergère ou ruelle Berger, vient de ce que cette voie 
fut ouverte sur des terrains dit Clos aux halliers, appartenant à Jean 
Bergier^ maître teinturier, qui moyennant « 20 livres tournois de r^nte, 
avait obtenu de T Hôtel-Dieu, un bail à vie, de huit arpents de terres 
labourables sur le grand chemin de Montmartre ». C'était un joli endroit 
absolument champêtre arrosé par un petit ruisseau venu de Ménil- 
montant qui se déversait dans la Grange-Batelière. On raconte que 
quelques jours après la Saint-Barthélémy, le jeune de Thou, étant 
venu voir son frère, qui demeurait à la porte Montmartre et conduit 
sur la butte aux Gravois [Ville-Neuçe-Bonne-Nouvelle], put aper- 

— 148 — 



I 



J 



Berlin 

cevoir de là « les hauteurs du gibet de Montfaucon, où toute la popu- 
lace dansait en rond autour du cadavre de l'amirai de Coligny » {Voir 
Coligny). Plus tard tout ce quartier recevant les détritus et les ordures 
de Paris, devint un véritable marécage pestilentiel. L'assainissement 
de ce quartier ne commença que lorsque le fermier général Bouret de 
Vezelay ayant eu la concession du grand égout de la rue de Provence, 
acheta tous les terrains avoisinants et y fit élever comme par enckan- 
tement les grands hôtels qui firent bientôt de ce quartier, un des plus 
luxueux de Paris : Hôtel de Choiseul ; Hôtel de Monaco, rue Cadet ; 
Hôtel Danguy, rue Drouot, etc. 

Au 1, Hôtel de Senac de Meilhan. Scribe habita le 7, dans sa jeu- 
nesse. Au 14, est le Comptoir National d'Escompte édifié en 1845, sur 
les dessins de Pagnerre. Après avoir quitté la place du Palais-Royal il 
fut transféré en 1852, rue Bergère et entièrement reconstruit en 1882. 
Le fronton sculpté de la façade est de A. Millet (Voir Comptoir). Au 18, 
aujourd'hui également occupé par le Comptoir d'Escompte, était l'an- 
cien Hôtel Le Normand de Mézières, commissaire des guerres et 
parent de la Pompadour; cet hôtel avait été édifié, le 7 novembre 1766, 
pour Antoine Lévêque, garde général des Menus Plaisirs du roi 
Louis XY ainsi que l'atteste une inscription trouvée en 1903, lors de 
la démolition de l'Hôtel Lenormand, et gravée sur une des pierres dft 
fondation. Mlle Georges la célèbre tragédienne avait occupé cet hôtel 
sous le premier empire. Le 22, a été construit sur l'emplacement de 
l'Hôtel Furtado-Heine (Voir ce nom). L'Hôtel Fould faisait le coin 
de la rue de Trévise. A l'angle du faubourg Poissonnière se trouve le 
Conservatoire de Musique et de Déclamation dont l'entrée principale 
est située au 15 , du faubourg Poissonnière (Voir Conservatoire). 

BERGERS (rue des) ^-« rue de Javel, 69 m-* rue Cauchy, 35 [Vaugirard, 
Javel, 15« arr. 450 m.] 

Lieu dit des Bergers ; anciens pâturages. 

BÉRITE (rue) «-«? rue du Cherche-Midi, 71 m-^ rue Gerbillon, 9 [Luxembourg, 
Notre-Dame-des-Chanips, G*' arr. 70 m.] 

Cédée en 1864 à la Ville de Paris par le concessionnaire du Marché 
Saint-Maur-Saint-Germain ; le voisinage du séminaire des Missions 
Etrangères lui a fait donner en 1867, le nom de Bérite, ville de Phéni- 
cie, siège d'un évêché in partibus. 

BERLIN (rue de) <-m rue de Clichy, 39 m->- place de l'Europe [Elysée, 
Europe, 6" arr. [Opkra, Saint-Georges, 9" arr. 400 m.] 

Ouverte en 1826, entre la rue d'Amsterdam et la place de l'Europe, 
cette rue n'a commencié à être habitée qu'en 1841, époque à laquelle, 
elle fut prolongée jusqu'à la rue de Clichy, par l'adjonction de Tancieni 

— 149 — 




Bernardins 

passage Gramviont, qui appartenait alors à MM. Mallet frères, le 
grands banquiers. 

Le voisinage de la place de l'Europe lui a réservé le nom de la 
capitale de l'Allemagne. Berlin, est située sur la Sprée à 890 kilomètres 
Nord-Fst de Paris. Sa population est de 1.315.800 habitants. En 180G, les 
Français y entrèrent et l'occupèrent trois ans; en 1878, y fut tenu un 
Congrès relatif à la question d'Orient. 

BERLIOZ (rue) <~m rue Pergolèse, 32 »-> Villa du Redan [Passy, Porte- 
Daupliine, 16^ arr. 110 m.] 

Louis-Hector Berlioz^ critique d'art et compositeur (1803-1869) est*' 
mort rue de Calais n° 4. Sa statue a été érigée dans le sqviare Vintimille 
{Voir statue Berlioz). 

Une grande solennité musicale a eu lieu en 1903 à l'occasion de son' 
centenaire. 

BERLIOZ (statue de) située square Vintimille [Opéra, Saint- Georges, 9'' arr. 

A été érigée en 1886, en l'bonneur de Hector Berlioz, composi- 
teur né en 1803, mort en 1869, au n° 4 de la me de Calais. Sa statue est 
l'œuvre d'Alfred Lenoir {Voir rve Vintimille). Berlioz est l'auteur de 
la Damnation de Faust; des Troyens, des Francs-Juges, etc., etc. et 
d'un remarquable Traité d' orchestration. 

BERNARDINS (rue des) <-« quai de la Tournelle, 59 »-> rue des Ecoles, 11 
IPanthéon, Saint- Victor, 5« arr. 235 m.] 

Formé en 1246, sur l'emplacement du jardin des Bernardins dit 
'dos du Chardonneret ou Chardonnet, à cause des cbardons dont le terri- 
toire était couvert, cette ancienne voie doit son nom actuel au couvent 
des Bernardins, dont elle longeait les bâtiments. Elle était située alors 
en face de l'église de ce nom; en 1250, on l'appelait rue Saint-JSicolas 
près le puits, à cause d'un puits voisin. Elle a porté longtemps le nom 
de rue Saint-Nicolas du Chardonneret, en 1300, on disait du Chardon- 
nui. La rue des Bernardins est mentionnée pour la première fois, dans 
un compte de confiscation de 1427. 

Le couvent des Bernardins fut fondé en 1244, par Etienne de 
Lexington, anglais, abbé de Clairvaux pour y établir un collège. En 
1320, il fut cédé à l'ordre des Citeaux. L'église commencée en 1338, aux 
frais du pape Benoit XII passait pour un chef-d'œuvre d'arcbitecture 
gotbique. Le couvent fut supprimé en 1790 ; l'église d'abord convertie 
en magasins, fut ensuite démolie. Le beau réfectoire sert aujourd'hui 
de caserne pour les pompiers de la rue de Poissy ; une partie a été 
affectée a.ux écoles de la Ville ; quant au reste il a été englobé par la 
^chaussée du boulevard Saint-Germain. 

C'est dans la, rue des Bernardins, qu'en 1629, le cardinal de Retz, 

— 150 — 



Bernouilli 

simula sur la personne du syndic Guy Joli, une tentative d'assassinat 
dont on accusa la reine régente Anne d'Autriche et Mazarin. Les bota- 
nistes Laurent, Antoine et Bernard de Jussieu habitèrent le n° 11. Au 
27, de cette rue jusqu'en 1855, était la rue du Cloître des Bernardins, 
connue en 1789, sous le nom de passage conduisant au cloître des Ber- 
nardins. 

BERNARD-DE-PAL.ISSY (école) située rue des Petits-Hôtels [Enclos Saint- 
Laurent, .Sa ni-Vinccnt-de-Paul, 10*^ arr.] 

Cette école a été fondée vers 1857, par le professeur Lequien, pour 
l'enseignement du modelage de la terre glaise et du dessin. 

BERNARD-DE-PALISSY (rue) <-«î rue de Rennes, 54 »-* rue du Dragon, 15 
[Luxembourg, Saint- Gertnain-des-Prés, 6" arr. 106 m.l 

Précédemment Petite rue Taranne ou Tarennes à cause de Simon 
de Tarennes éckevin qui en 1417, avait son hôtel dans le voisinage; 
elle prit le nom de Bernard Palissy en 1864. 

Bernard Palissy, célèbre « potier émailleur », créateur de la céra- 
mique artistique en France, naquit en 1510. Il obtint de la reine 
Catherine de Médicis le titre d' « inventeur de rustiques figurines du 
roi » ; arrêté comme huguenot, il fut enfermé à la Bastille où il mourut 
en 1590. Sa statue œuvre de Barrias a été érigée en 1880, dans le petit 
square de l'église Saint-Germain-des-Prés (côté du boulevard Saint- 
Germain) voisin de l'ancien 24, rue du Dragon, où habitait Bernard de 
Palissy en 1575, et où, il avait établi sa verrerie de Saint-G«rmain-des- 
Prés {Voir rue du Dragon). 

Il y avait autrefois, à la place des médailles coloriées placée» au 
milieu de cette maison, un magnifique sujet en émail du xvi** siècle 
qu'on attribuait au grand céramiste et qui disparut il y a quelques 
années. 

BERNE (rue de) <-m rue de Saint-Pétersbourg, 5 '»^ rue de Moscou, 33 
[Elysée, Europe, 8« arr. 232 m ] 

Avant 1864, c'était la rue Mosnier, du nom du propriétaire. Depuis, 
le voisinage de la place de l'Europe où ont été groupés les noms des 
capitales européennes lui ont fait donner celui de Berne, capitale de 
la Suisse, à 577 kilomètres de Paris. 

BERNKOFF (cité) <-« rues de Flandre, 123, de l'Ourcq, 89 »-> rue de 
Crimée, 204 [Buites-Ghaumont, Za Villette, 19« arr. 73 m.] 

Nom donné par le propriétaire vers 1820. 

BERNOUILLI (rue de) <'^. rue de Rome, 73 »-> rues de Constantinople, 20 
et Andrieux [Elysée, Euro/>e, 8" arr. 135 m.] 

Voie ouverte par la ville de Paris en 1867, et dénommée rue Ber-. 
nouilli en mémoire de la famille Bernouilli, originaire de Bâle qui a 

— 151 — 



Bevryev 

fourni à la. science plusieurs mathématiciens, et dont le plus célèbre 
Jean Bernouilli (1667-1748) découvrit le calcul expérimental et la 
méthode pour les fractions rationnelles. 

BERRI (rue de) -<-s avenue des Champs-Elysées, 92 3s-> boulevard Ilauss- 
mann, 16;J [Elysée, Faubour^-du-Roule, 8" arr. 548 m.] 

Anciennement indiquée sur le plan de Jouvin de Rochef ort, comme 
imelle de Chaillot ou de l'Oratoire, parce qu'elle en longeait les murs, 
cette rue prolongée jusqu'au faubourg Saint-Honoré fut ouverte 
en 1778, par le comte d'Artois sur les terrains d'un des domaines les 
plus importants de la Pépinière ; elle porte le nom de l'apanage du 
second frère de Louis XVI, Charles-Ferdinand, duc de Berry, né 
en 1778, assassiné par Louvel, le 13 février 1820, en se rendant à 
l'Opéra, situé alors place Louvois (Voir ce nom). Au 2, Hôtel de Berry. 
Au 12, ancienne église grecque. La princesse Mathilde avait son hôtel 
au 20. Le 21, est VAvierican Chapel Church. Au 22, habitait en 1731, 
la comtesse de Genlis, qui, par l'entremise de sa tante Mme de Mon- 
tesson épouse du duc d'Orléans, fut Gouverneur-Gouvernante des 
enfants du duc de Chartres. Mme de Genlis (1746-1830) est l'auteur 
d'un grand nombre d'ouvrages d'éducation. — Le Berry, ancienne pro- 
vince française, fut annexé à la Couronne en 1100, sous Philippe I*'. 

Au 20 de cette rue est morte le 2 janvier 1904, à l'âge de 83 ans, 
la princesse Mathilde, nièce de Napoléon I" et cousine de Napo- 
léon III. 

La princesse Mathilde-Loetitia-Wilhelmine Bonaparte, était née 
le 27 mai 1820, à Trieste; elle était fille de Jérôme-Napoléon Bona- 
parte, roi de Westphalie et de la princesse Catherine de Wurtemberg. 
En 1884, elle épousa le prince Demidoff dont elle devint veuve en 1870. 
La « bonne Princesse », comme on l'appelait, élève du peintre Hébert, 
consacra son existence aux œuvres d'art et aux artistes. Très française, 
elle aimait volontiers à raconter le premier épisode de son arrivée en 
France vers 1842, alors que traversant le pont de Kehl, elle aperçut 
sur la rive gauche du fleuve un soldat, en tunique bleue et en pan- 
talon Touge, qui était en faction. « C'était le premier soldat français 
que je voyais, disait-elle, je fis arrêter ma chaise de poste, je descendis, 
je m'approchai du soldat et, brusquement, je l'embrassai sur les deux 
joues. Puis toute ravie, je regagnai ma voiture. Il me semblait avoir 
embrassé le drapeau vivant. » 

Avant d'occuper l'hôtel du 20, la princesse en quittant la rue de 
Courcelles, avait demeuré quelque temps au 24 de la rue de Berri. 

BERRYER (cité) -<-^ rue Royale, 25 s-> rue Boissy-d'Anglas, 24 [Elysée, 
Madeleine, 8° arr. 95 m.] 

C'était précédemment le passage du marché dl Aguesseau ; il a pris 
depuis 18S7, le nom de Berryer (V oir ce nom>). 

— 152 — 



Bertheley 

Cette cité est très intéressante par les constructions qu'elle com- 
porte. D'un côté se trouvent des bâtiments indiqués par les lettres 
A B C D Qi die l'autre des maisons à pignons comme le n" 12, ou 
avec des petits vitraux comme au n" 14. Au fond se voit également 
un escalier très curieux. 

BERRYER (rue) -<— «s avenue Friedland, 4 s— >- rue du Faubourg- Saint- 
Honoré, 191 [Elysée, Madeleine, S" arr. 105 m.] 

Ouverte en 1842, sous le nom des Ecuries â' Artois {Voir cï'Artois), 
elle reçut en 1848 le nom de rue de la Réforme, ce n'est qu'en 1877 
qu'elle prit le nom de Berryer. . 

Pierre-Antoine Berryer, député, orateur célèbre sous le règne de 
Louis-Philippe, est né à Paris le 6 janvier 1790; il babita le n" 64 de 
la rue des Petits-Champs de 1816 à 1868, époque de sa mort. Comme 
légitimiste, il fut un adversaire acharné de Napoléon III ; il était 
membre de l'Académie française depuis 1858. Son père Nicolas Ber- 
ryer, avocat distingué (1737-1841) avait défendu le maréchal Ney 
devant la cour des pairs en 1815 (Voir Luxembourg). Au 11, était l'an- 
cienne Folie-Beaujon, sur laquelle avait été construit le petit hôtel 
de Balzac {Voir Balzac). Le pavillon de la Chartreuse-Beaujon don- 
nait 10, avenue Friedland {Voir Beaujon). 

BERTHAUD (impasse) située rue Beaubourg, 24 [Temple, Saint-Avoye, 
3« arr. 104 m.] 

Cette impasse date de 1273, elle s'appelait alors cul-de-sac sans 
chief; en 1342, on disait rue d' Agnès-cmx-Truyes, rue aux Truyes, 
et des Truyes, sans doute à cause d'une Agnès^ éleveuse de cochons qui 
y habitait. Ce nom lui resta jusqu'en 1723; elle devint alors impasse 
Berthaud, à cause d'un certain Jean Berthaud qui y tenait un jeu de 
paume. 

BERTHE (rue) -<-^ rue Foyatiers— v rue Ravignan, 18 [Montmartre, Clignant 
court, 18" arr. 340 m.] 

Précédemment rue du Poirier, entre les rues Ravignan et Drevet, 
à cause d'un très beau poirier existant dans cette rue, et rue Berthe 
entre les rues Foyatier et Drevet, elle a pris le nom de Berthe, prénom 
de la fille du propriétaire. Au 2, chapelle protestante dite de Mont' 
martre. 

BERTHELEY (cité) située impasse du MouIin-JoIi, 11 [Fopincourt, Folie- 
Méricourt, 11" arr. 75 m j 

Voie privée ouverte en 1885, par son propriétaire M. Bertheley. 

■ — 153 — 



Bertin-Poirée 

BERTHIER (boulevard) -<-^£ avenue et porte de Clichy ss-> avenue de Vîl- 
liers. 138 [Batignolles, Plaine-Monceau, Baùgnolles, Epinetles, 17"= arr. 
1770 m.] 

Antérieurement partie de la rue Militaire, elle fut cédée en 1859, 
par le service du génie à la Ville de Paris. 

En 1864, on lui donna 1© nom de Berthier, en l'konneur du général 
Louis-Alexandre Berthier, prince de Neufehâtel et de Wagram, maré- 
chal de France né en 1753. Il fut ministre de la guerre et jouit d'un 
grand crédit auprès de Napoléon I" dont cependant il signa en 1814, 
l'acte de déchéance. Il se tua ou fut assassiné l'année suivante à Bam- 
berg en Bavière. 

Sur ce boulevard existent depuis 1900, de très beaux hôtels onodern 
style. Le 20' bis, est l'Hôtel de la divette Yvette Guilbert avec sculp- 
tures et buste artistique par Roullière. Le 20 ter, est l'Hôtel gothique 
du ténor Alvarez de l'Opéra. 

BERTHIER (impasse) -<— s avenue de Villiers, 133 [Batignolles, Les Ternes, 
11" arr. 25 m.] 

Cette impasse portait avant 1877, la dénomination d'impasse de 
la F ontaine-des-T ernes ; le voisinage du boulevard Berthier l'a fait 
ainsi dénommer. 

BERTHOLLET (rue) -«-^ rue Claude- Bernard, 45 s^v boulevard Port- 
Royal, 64 [Panthéon, Fal-de-Grâce, 5« arr. 262 m.] 

Ouverte en 1850, cette rue a absorbé en partie le sol de l'ancienn" 
r^le des Charbonniers-Saint-Marcel, qui existait dès le xvi* siècle, elle 
se nommait alors chemin des~ Charbonniers. Depuis 1864, est devenue 
rue Berthollet. 

Le comte Claude-Louis Berthollet, chimiste, naquit en 1748, et 
mourut en Egypte en 1822, oii il avait suivi Bonaparte. Membre de 
l'Institut, il est l'auteur des Eléments de Vart de la teinturerie. La 
science lui doit d'avoir découvert les propriétés décolorantes du chlore 
et leur application au blanchiment des toiles ; l'emploi du charbon 
pour purifier l'eau ; la poudre détonante de chlorate de potasse et 
l'énoncé des lois de la double décomposition des sels. Sa statue, faite 
par le sculpteur David d'Angers figure au fronton du Panthéon avec 
celles de Bichat, Bonaparte, Carnot, Cuvier, Louis David, Fénelon, 
Gutenberg, La Fayette, Laplace, Larrey, Malesherbes, Mirabeau, 
Monge, Jean-Jacques Rousseau, Yoltaire. 

BERTIN-POIRÉE (rue) -<— s quai de la Mégisserie, 12 s— >> rue de Rivoli, 63 
[Louvre, Saint-Gerinain-l'Auxerrois, 1"- arr. 156 m.] 

La partie comprise entre les rues Saint-Germain-l'Auxerrois et de 
Bivoli, portait dès 1240, le nom de Bertin-Poirée, du nom d'un cer- 

— 154-—' 



Bertrand 

tain Poiréc ou Poiré, qui l'habitait à cette époque. Au ynY siècle, 
vers 1371, cette rue s'appelait ruelle Simon-de-Lille ou Simon-Delille, 
du nom d un riche teinturier, propriétaire du terrain. Au xy^ siècle, 
ce fut la rue Jean-du-Mesnil, du nom d'un autre fabricant qui avait 
contribué à l'ouverture de ces voies, puis la r^ie de Sac-Epée ; une 
auti^ partie de la rue avait nom des Fuseaux ; et i"ue des Trois-Gre- 
nouilles, tirés d'une enseigne. 

Au n° 15, demeurait Duval d'Esprémenil, conseiller au Parlement 
de Paris, qui le premier réclama la convocation des Etats-Généraux 
en 1789, et mourut sur l'échafaud en 179-3. C'est dans cet hôtel que 
s'établit sous Louis XIV, la Banque Royale, autrement dit la Lote- 
rie. Au 9, ancien bureau de la corporation des Pelletiers (1680) {Voir 
Corporations). 

BERTON (rue) <-^ quai de Passy, 32 s— >- rues Guillou et Raynouard [Passy, 
Muelte, 16" arr. 415 m.] 

Cette rue existait déjà en 1730, le voisinage de la Seine lui avait 
fait donner le nom de rue du Bac et de Seine. En 1865, on lui donna 
celui de Berton, en mémoire de Pierre Montan-Berton (1727-1780), 
et de Henri Montan-Berton (1767-1834), compositeur, auteur de nom- 
breux opéras-comiques en un acte. Le Château d'Urtuby, œuvre pos- 
thume fut terminé par Eétis. 

Au n° 1, maison de campagne de la princesse de Lamballe (1788) 
(Voir Temple et rue Pavée). 

BERTRAND (cité) située rue Saint-Maur, 18 [Popincourt, Saint-Âmbroise 
ll«arr. 220 m. 

Nom du propriétaire. 

BERTRAND (rue) <^s£ nie Eblé, 17 3s-> rue de Serres, 98 [Palais-Bourbon, 
Ecole Militaire, 7*= arr. 315 m.] 

Créée en 1770, sous le nom de rue des Acacias, sur des terrains 
dépendant d'anciens jardins de l'Hôtel des Invalides, elle est devenue 
rue Bertrand en 1847, en l'honneur du comte Henri-Gratien Bertrand, 
né le 28 mars 1773, à Châteauroux (Indre). A 21 ans il assista comme 
lieutenant du génie au siège de Dietrich. En 1795, il contribua avec 
Monge à la fondation de l'Ecole Polytechnique. En 1798, nommé chef 
de bataillon après la campagne d'Italie, il fut blessé à Abouldr. Aide- 
de-camp de l'empereur en 1805, son nom fut glorieusement cité à la 
bataille d'Austerlitz. Appelé au commandement en chef de l'armée 
du génie en Allemagne, il construisit les forts du Danube, et après 
avoir assisté à toutes les batailles jusqu'en 1813, il fut nommé grand" 
maréchal du palais. Ami de Napoléon, il partagea son exil à l'île 
d'Elbe' et à Sainte-Hélène. Après la mort de l'empereur, le « fidèle 

— 155 — 



Bessières 

Bertrand » rentra en France et se retira clans sa ville natale. Elu député 
en 1840, il ne cessa de réclamer la translation en France des cendres 
de Napoléon, mais il ne l'obtint qu'en 1842, époque à laquelle il fut 
chargé, en compagnie du prince de Joinville, troisième fils de Louis- 
Philippe, d'aller à Sainte-Hélène, ramener les cendres de l'empereur. 
Après avoir accompli cette pieuse mission, il retourna à Châteauroux 
où il mourut le 31 janvier 1844, à l'âge de 71 ans. Louis-Philippe vou- 
lut que son corps ainsi que celui du maréchal Duroc, fussent placés 
aux Invalides, où ils reposent auprès du tombeau de Napoléon. 

BERVIC (rue) -<-^s boulevard Barbes, 3 s?-^ rue Belhomme, 6 [Montmartre, 
Clij^nancourt, 18" arr. 55 m.] 

En 18G8, elle reçut le nom de Charles-Clément Balvan dit Servie 
(175G-1822), célèbre graveur en taille douce. Son chef-d'œuvre est 
Laocoon. Il fit en 1790 un portrait de Louis XYI, puis celui de 
Louis XVIII dont il ne fut tiré que trois épreuves. 

BERZELIUS (rue) t~-^ avenue de Clichy, 168 35^->- rue de la Jonquière, 7 
Batignoles, Epinettes, l?"" arr. 415 m.] 

Précédemment rue Saint-Germain en 1859, époque à laquelle elle 
fut ouverte. En 18G4, elle prit le nom de Berzélivx. 

Jean-François Berzélius, chimiste suédois (1779-1848) est le créa- 
teur de la chimie moderne, il a su déterminer avec précision les équi- 
valents d'un grand nombre de corps simples tels que : le calcium, le 
barium, le silicium, etc. Il étudia l'électrotypie et en développa les 
théories. Au 12, était le passage Berzélius. 

BESLAY (passage) -*-s rue la Folie-Méricourf, 30 ss— > rue Neuve-Popin- 
court, 16 [PopiNCouRT, Sainte Ambroise, 11" arr. 135 m.] 

Précédemment passage Popincourt, porte actuellement le nom du 
propriétaire. 

BESSIÈRES (boulevard) -«-^ porte et avenue de Saint-Ouen, 157 îs— >> porte 
et avenue de Clichy, 198 [BATrcNOLLES, Epinettes, 17« arr. 1185 m.] 

En 1859, partie de la rue Militaire, depuis 1864, elle porte le nom 
de Bessières. 

Jean-Baptiste Bessières, duc d'Istrie, maréchal de France, né à 
Frayssac (Lot) en 1768, mort en 1813, à la bataille de Lutzen. Ce fut 
un des plus habiles officiers de Napoléon I*', 

BESSIÈRES (passage) -«-^s rue Fraffonard, 15 s— >- rue de la Jonquière, 105 
Batignolles, Epinettes, 17'= arr. 100 m.l 

Avant 1873, c'était le passage des Trois-Sœurs (Voir Bessières). 

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Be thune 

BETHUNE (quai de) <-^ boulevard Henri IV si-^ rue des Deux-Ponts, 1 
[lIoTiiL-DE-ViLLE, Notre-Datue, 4« arr. o65 m.| 

Construit de 1614 à 1646, oe quai fut d'abord nommé quai du Dau- 
phin (Louis XIII) et quai des Balcons, à cause des nombreuses mai- 
sons à balcons qui ornent oe quai. Puis il reçut le nom de quai de 
Béthune en l'honneur de Maximilien de Béthune, duc de Sully, ami 
et ministre de Henri IV (1560-1641) (Voir Arsenal). De 1792 à 1806, 
il fut appelé quai de la Liberté, depuis cette époque il a repris le nom 
de quai de Béthune. 

Au 16, demeurait depuis 1886, Madame veuve Lelong, dont les 
ricbissimes collections ont été récemment dispersées au gré des 
encbères. Cette propriété construite vers la fin du xvii'' siècle, par le 
riche financier Claude Le Rajois de Bretonvilliers (Voir ce nom), après 
avoir appartenu à son fils, fut vendue à une grande dame : Marie de 
Coomans d'Astry, déjà propriétaire de l'hôtel contigu dit Hôtel d'As- 
try, qui, aujourd'hui porte le n° 18 du même quai. Les deux propriétés 
réunies en un hôtel unique, revinrent en 1727 en héritage à Margue- 
rite-Thérèse Houille, veuve d'Armand-Jean Duplessis, père du fameux 
maréchal « dont les galanteries ont défrayé la chronique scandaleuse 
du xviii" siècle ». A partir de cette époque cet hôtel prit le nom 
à'Hôtcl Richelieu ; à la mort du maréchal en 1788, ce fut son fils 
Louis-Sophie-Antoine Duplessis de Ilichelieu, lieutenant général des 
armées du roi qui en hérita, puis en 1791, l'hôtel passa aux mains de 
sa veuve, Marie-Antoinette de Galliffet, qui le vendit la même année 
à un nommé Delorme, qui mourut en 1796. C'est alors que les deux 
immeubles de nouveau disjoints, le 16, après avoir appartenu à diffé- 
rents personnages, devint en 1886, la propriété de Mm/ veuve Lelong. 
Cet hôtel possède des plafonds merveilleux « dont les sculptures 
dorées » dit Lefeuve « rappellent les magnificences de l'Hôtel Lauzun 
son voisin dans l'Ile ». 

Au 24, hôtel du prévôt Denys Hesselin, construit en 1650, par Le 
Vau, les têtes de bélier sont du sculpteur Le Hongre. En 1737, après 
avoir appartenu à la famille d'Ambrun il devint la propriété de Parent 
Duchâtelet. Au 26, Hôtel de Binanville (xviii° siècle). Au n° 30, existe 
une maison du genre de celles dont parle Mme de Sévigné lorsqu'elle 
dit « qu'elle connaît une dame dont l'hôtel possède une galerie ou 
porte d'eau qui la faisait communiquer avec la rivière de la Seine ». 
Ce passage « d'où l'on pouvait monter en bateau sans sortir de chez 
soi » a donné lieu en 1902, à un intéressant procès entre la Ville de 
Paris qui avait détruit oe passage, et la propriétaire qui en réclamait 
la reconstruction. Le tribunal condamna la ville de Paris, et la plai- 
gnante rentra en possession de sa « porte d'eau ». Le chevalier 
Turgot, père du ministre, habita le 32. L'Hôtel de Prudent Perrault, 
au 36, servit au temps de la Fronde, de dépôt d'armes. 

— 157 — 



Bibliothèque Nationale de la Ville de Paris 

BEUDANT (rue) -«-« boulevard des Batignolles, 74 s— >- rue des Dames, 71 
Batignolles, [Batignolles, 17" arr. 123 m.] 

Anciennement rue Fortin ; depuis 1864, elle a pris le nom de Fran- 
çois-Sulpiee Beudant, minéralogiste, physicien et membre de l'Ins- 
titut (1787-1850). 

BEURET (rue) <—<m rues Blomet, 73 et Gambronne, 90 2s— > rue de Vaugi- 
rard, 250 [Vaugirard, Saint-Lambert, 15" arr. 260 m.] 

Créée en 1859, cette rue s'appelait alors rue du Para ; à partir 
de 1864, elle devint la rue Beuret, en l'honneur de Georges Beuret, 
général de brigade, tué à Montebello en 1859, à l'âge de 56 ans. 

BEZOUT (rue) -*-^si. rue de la Tombe-Issoire, 68 ss--»- rue Montbrun, 9 [Obser- 
vatoire, Pctit-Montrouge, 14« arr. 224 m.] 

Le voisinage de la rue de la Tombe-Issoire (Voir ce nom), lui avait 
fait donner le nom de rue Neuve de la Tombe-Issoire jusqu'en 1867, 
époque à laquelle elle devint la rue Bézout, en mémoire d'Etienne 
Bézout, mathématicien, membre de l'Académie (1730-1783). 

BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE LA VILLE DE PARIS située rue de 
Sévigné, 21 [Temple, Arc/u\'es, 3« arr.] 

Cette bibliothèque fut inaugurée le 23 juin 1898, en même temps 
que le Musée Carnavalet dans l'ancien Hôtel Lepeletier de Saint-Far- 
geau, construit vers le milieu du règne de Louis XIV, pour Michel 
Lepeletier, conseiller au Parlement, sur les terrains dépendant autre- 
fois de l'Hôtel de Madame d'Orgeval, et dont la ville de Paris fit l'ac- 
quisition en 1896. 

L'idée première de créer une Bibliothèque de la Yille, de façon 
« à faire passer à la postérité les fastes dont l'Hôtel de Ville possède 
les preuves dans son sein », est due tout entière à Michel-Etianne 
Turgot, père de l'économiste et prévôt des marchands (Voir ce nom). 

La modeste collection rassemblée par les soins de Turgot fut bien- 
tôt augmentée par de nombreux donateurs et inaugurée le 13 avril 1763, 
dans l'Hôtel Lamoignon, rue Pavée ; la bibliothèque s'accrut encore, 
et lorsque la Révolution éclata, elle comptait déjà plus de 25.000 vo- 
lumes, mais, par suite de la création de l'Institut (25 ventôse an V), 
tous les volumes appartenant à la Bibliothèque de la Ville durent être 
envoyés au quai Conti. 

Une seconde bibliothèque fut bientôt reconstituée. On l'installa 
d'abord à l'ancien Hôtel des Vivres Saint-Antoine, près du quai d'Aus- 
terlitz, en attendant que les Salles Saint- J ean de l'Hôtel de Ville fus- 
sent aménagées pour recevoir ces nouvelles collections qui s'élevaient 
à près de 120.000 volumes. 

L'incendie de l'Hôtel de Ville en mai 1871, détruisit cette fois 

— 158 — 



liib lio theq n e Nationale 

encore les précieuses collections de la bibliotkèque municipale. C'est 
alors, que grâce à M. Jules Cousin (Voir ce nom), bibliothécaire d© 
la Ville, et aux 6.000 volumes qu'il offrit à la Ville, on put, pour la 
troisième fois reconstituer une bibliothèque historique, qui fut alors 
placée à Carnavalet. Mais peu à peu les collections devinrent si impor- 
tantes, qu'il fallut songer à leur chercher un autre local, et c'est à cet 
effet que la ville de Paris dut faire acquisition de l'ancien hôtel du 
conventionnel Lepelletier de Saint-Fargeau (Voir Palais -Royal), où 
toutes ces richesses se trouvent aujourd'hui réunies. 

BIBLIOTHÈQUE NATIONALE siluée rues de Richelieu, 58, Colbert, 
Vivienne, 8, des Petits-Champs [Bourse, Vivienne, 2e arr.] 

La Bibliothèque Nationale, autrefois Royale, puis Impériale,, 
occupe les bâtiments des deux hôtels que le cardinal Mazarin avait 
acquis en 1624 : VHôtel du président Tubeuf, 8, rue des Petits-Champs, 
au coin de la rue Vivienne et VHôtel de Chivry, à l'angle de la rue de 
Richelieu. Mazarin les fit réunir par des galeries et y installa sa propre 
bibliothèque se composant d'environ 40.000 volumes. A partir de cette 
époque le public y fut admis tous les jours de 8 à 5 heures. A la mort 
du cardinal, le palais fut divisé en deux lots ; l'Hôtel de Tubeuf devint 
la propriété du duc de La Meilleraie, et prit le nom d'Hôtel Mazarin. 
Le roi l'acheta en 1719 et en fit le siège de la Compagnie des Indes 
{Voir DuPLEix). La Bourse s'y installa en 1724, et y resta jusqu'en 1800 
{Voir Boxirse). Sous le premier Empire, le service du Trésor s'en 
empara ; au-dessus de la grande porte d'entrée, on lisait encore 
vers 1860 les mots : Trésor Impérial. L'Hôtel de Chivry et les nou- 
veaux bâtiments construits sur la rue Richelieu devinrent la propriété 
du marquis de Mancini et prirent le nom à'Hôtel de Nevers. La banque 
de Law, y fut établie sous la Régence et ce n'est qu'en 1721, que les 
bâtiments furent rachetés par le régent pour y transférer la biblio- 
thèque qui était située antérieurement rue Vivienne. 

Les bibliothèques particulières existaient déjà du temps de la domi- 
nation romaine à Périgueux, Orléans, Narbonne, Rouen, etc., mais 
bien que saint Louis eut eu l'idée de fonder une bibliohèque publique 
à Paris, la véritable origine de la Bibliothèque Nationale remonte à 
Charles V qui, le premier sut réunir près de 900 volumes dans la Tour 
de la Librairie attenante au Louvre. En 1429y cette bibliothèque fut 
pillée ou vendue et les successeurs de Charles V reformèrent de nou- 
velles collections, qui cette fois demeurèrent leur propriété et qu'ils 
faisaient suivre dans toutes leurs résidences. Ramenées de Fontaine- 
bleau où les avait transportées François I", il les plaça au Collège de 
Clerwont, rue Saint- Jacques, puis au Couvent des Cordeliers et enfin 
rue de la Harpe, dans un bâtiment dépendant de ce couvent. 

Avec Oolbert, en 1666, la bibliothèque vint se fixer rue Vivienne, 
Hôtel Terray et rue Coloert, près de l'hôtel qu'il avait acheté. En 1692, 

— 159 — 



Bicêtre 



elle fut régulièrement ouverte au public. C'est alors que le Régent 
l'installa définitivement en 1721, dans VHôtel de Nevers, ancien Hôtel 
de Chivry, mais bientôt l'emplacement devint insuffisant et il fallut 
reprendre VHôtel Mazarin, ancien Hôtel Tubeuf. 

Dans le but d'isoler les bâtiments et de construire de nouvelles 
annexes ; tout le pâté de maisons compris entre la rue des Petits- 
Champs jusqu'à la rue Colbert, fut démoli en 1880, et le terrain resta 
inoccupé jusqu'en 1900, époque à laquelle a été construite la nouvelle 
salle de lecture par H. Labrouste, architecte chargé de la restauration 
complète des bâtiments. 

A l'intérieur de ce monument, près de l'entrée de la rue de Riche- 
lieu, il a été placé une plaque commémorative qui résume ainsi l'his- 
toire de la Bibliothèque : 

— XIV® siècle. Charles V, fondateur de la Bibliothèque réunit plus 
de 900 volumes dans une tour du Louvre, 

— XV* siècle. Sous le règne de Charles YIII et de Louis XII, 
la Bibliothèque établie dans le château d'Amboise et de Blois et com- 
prenant les collections des ducs d'Orléans s'accroît des livres imprimés 
et des manuscrits recueillis en Italie. 

— xvi' siècle. François I""" fait i-echercher, acheter et copier des 
manuscrits orientaux, grecs et latins, il installe soigneusement la 
Bibliothèque dans le château de Fontainebleau et la met à la dispo- 
sition des savants. 

— XVII* siècle. En 1666, la Bibliothèque est placée dans deux mai- 
sons de la rue Vivienne. En 1692, elle a été ouverte au public. 

- — • XVIII* siècle. La Bibliothèque est donnée au département. En 
1724, le Palais Mazarin et l'Hôtel de Nevers sont affectés à cet établis- 
sement. 

— XIX* siècle. Des travaux de restauration et de reconstruction 
de la Bibliothèque sont entrepris en 1866. De vastes travaux sont ajou- 
tés en 1880 pour isoler et agrandir la Bibliothèque. 

Les bâtiments neufs, dont l'entrée principale est située rue Riche- 
lieu, en face le square Louvois portent la date de 1873. 

A l'angle de la rue Colbert et de la rue Vivienne, contre la Biblio- 
thèque Nationale, existe depuis 1903, une très belle horloge sculptée 
par Barrias avec, au-dessous un Coq Gaulois, du maître animalier 
Guardet. Sur un fronton en granit rouge des Vosges, on lisait cette 
plaisante inscription en lettres d'or : 

« La libéralité des pouvoirs publics a permis d'isoler et d'agrandir 
la Bibliothèque nationale. » (Loi du 23 juin mdccclxxxii.) 

BICÊTRE (porte de) située boulevard Kellermann [Gobelins, Gare, 13"= arr.] 

Conduit au chemin de Bicêtre, oti se trouve le magnifique hospice 
de ce nom. Construit par Louis XIV, il fut d'abord une sorte de dépôt 

— 160 — 



■^ 



Bichat 

consacré aux mendiants de Paris après la suppression des cours des 
Miracles (Voir ce nom). 

La colline de Bicêtre s'appelait au xiv® siècle, la Grange-aux- 
Gueux et fut donnée aux Chartreux par saint Louis. Pendant l'occu- 
pation anglaise, l'évêque de Wincester, oncle du roi d'Angleterre y 
fit bâtir im château qui prit le nom de château de Wincester, mais 
prononcé à la française Wincester, devint bientôt par altération Vin- 
cétre et Bicêtre. Le duc Jean de Berry l'ayant acquis à la mort de 
l'évêque, y éleva un manoir dont Juvénal des Ursins (Voir ce nom) 
vante la magnificence. Richelieu le transforma complètement en 1632, 
pour servir de refuge aux officiers invalides, puis on y envoya les vaga- 
bonds qui encombraient Paris à cette époque. Depuis on y soigne les 
vieillards et les aliénés. 

BICHAT (hôpital) situé boulevard Ney [Buttes-Mommartre, Grandes-Car- 
rières, 18« arr.] 

En 1879, la reconstruction du Pont-au-Double où devait aboutir 
la rue Monge ayant nécessité la démolition de l'ancien Hôtel-Dieu, 
sur la proposition du D"" Thulié et pour remplacer une partie des lits 
supprimés à l'Hôtel-Dieu, on décida que le -poste-caserne n° 39, serait 
transformé en hôpital. Les traA^aux furent dirigés par l'ingénieur Tol- 
let, et au bout de huit mois, c'est-à-dire vers mars 1882, Thôpital achevé 
reçut le nom du célèbre docteur Bichat (Voir ce nom). 

BICHAT (rue) -<^ rue du Faubourg-du-Temple, 47 îs— >- quai de Jemmapes, 108 
[Enclos-Saint-Laurent, Porte Saint-Martin, Hôpital Saint-Louis, 10« arr. 
670 m.] 

Ouverte en 1824, elle s'arrêtait alors à la rue Alibert, on la pro- 
longea en 1886, jusqu'à l'avenue de l'hôpital Saint-Louis et en 1840, 
on l'augmenta d'une partie de l'ancienne rue Carême-Prenant, située 
entre l'avenue Richerand et la rue de la Grange-aux-Bellee, et qui fut 
supprimée presque entièrement lors de la construction du canal Saint- 
Martin. Sous Louis XIV, on donnait le nom de Carême-Prenant au 
Mardi-Gras. 

« Ce jour-là la rue Saint-Antoine regorgeait de monde, c'était une 
épouvantable cohue de déguisés, de curieux, de marchands de masques 
et de gâteaux, on chantait, on criait, on « parlait gras », et les vio- 
lons, les fifres et les tambourins formaient un concert digne de la 
fête. » 

En 1851, l'adjonction d'un tronçon de la rue des Récollets la pro- 
longea jusqu'au quai de Jemmapes. Depuis 1840, elle porte le nom de 
l'illustre médecin Marie-François-Xavier Bichat, né à Toirette (Ain), 
le 14 novembre 1771. 

Bichat est auteur de nombreux ouvrages de physiologie et d'ana- 
tomie parmi lesquels VAriatomie génrale. En 1795, il publia les 

— 161 — 

11 



Bienaimé 

œuvre» de Desault, son maître; devenu professeur en 1797, il fut 
en 1800, médecin de VHôtel-Dieu. A cette époque il faisait ses cotir» 
dans la Tour Bichat (Voir rue des Ecoles). Biehat habita le 14 de la 
rue Chanoinesse, où il mourut en 1802, des suites d'une chute qu'il 
avait faite. Il avait seulement trente et un ans. 

Le centenaire de Bichat a été célébré le 22' juillet 1902 ; la céré- 
monie avait été organisée par les soins de la Société française d'his- 
toire de la Médecine. Auguste Comte, le créateur de la philosophie 
po&itive (Voir ce nom), en lui attribuant une influence prépondérante 
sur la marche de la science et de l'iiumauité s'écriait : 

« ]ii<'hat, est l'uïve des gloires les plus pures et les plus resplendis- 
santes de la médecine française. Bichat a été le promoteur de tous les 
progrès splendides réalisés par la biologie depuis un siècle, Laënnec, 
Claude Bernard, Pasteur, tous les noms illustres de la science se ratta- 
chent directement à lui. » 

Au 40, Hôpital Saint-Louis (ajnbulances urbaines et municipales). 

BICHAT (statue de) [Li vkmbouug, Od'wn, G'" arr.] 

Située place de l'Ecole-de-Médecine, dans la cour d'honneur de 
l'Dcole, cette statue, œuvre de David d'Angers a été élevée en 1845, 
en l'honneur de ce savant docteur par le corps médical de France (Voir 
rue Bichat). Bichat figure également au fronton du Panthéon {Voir 
Panthéon). 

BIDASSOA (rue de la> -«—se rue Sorbier, 5 s > ■ avenue de la République, 201 
[Mk?jilmonta[«t, Père-Lachaise, 20" arr. 463 m.] 

Précédemment rue Latérale, entre les rues Sorbier et des Partants 
et partie de la rue des Prairies entre la rue des Partants et l'avenue 
de la République. Le voisinage de la rtte des Pyrénées lui a fait donner 
le nom, d'un petit fleuve qui sépare la France de l'Espagne. C'est dans 
une île formée par cette rivière ; Vile des Faisans, que fut signé 
en 1659, le fameux traité des Pyrénées qui mit fin aux hostilités entre 
la France et l'Espagne par le mariage de Louis XI Y et de la fille de 
Philippe TV, Marie -Thérèse, infante d'Espagne {Voir Louvre). Au 22, 
école et gymnase municipal. 

BIDAULT (ruelle) -<—îs rue de Charenton, 158 îs-^ avenue Daumesnil, 123 
[Relilly, Quinze-Vingts, 12" arr. 67 m.] 

Nom du principal propriétaire M. Bidault, jardinier. 

BIENAIMÉ (cité) -<— s boulevard Ney, 113 [Momîmautre, Grandes-Carrières, 
18« arr. 123 m.] 

Ouverte en 1898, par le propriétaire M. Bienarmé. 

— 162 — 



Bièi>re 

BIENFAISANCE (rije de la) x-^ rues de Vienne, 5 et du Rocher, 29 s^^ 
avenue de Messine, 22 et rue Treillard, 23 [Elysée, Europe, 8'= arr. 615 m.] 

C'était, lors de son ouverture en 1846, la rtie de V Observance, 
dont luie pai-tie porta le nom de Rovig^o en 1879. Cette rue reçut le 
nom de la Bienfaisance, en souvenir dît docteur Goetz, médecin ino- 
culateur qui habitait au n" 9 (ancien 5), et qui se signala par de nom- 
breux actes de bienfaisance en 1813, époque à laquelle il mourut. 
Au 12, école de la ville. Au 42, Hôtel Van Blarenberge construit par 
Edmond Guillain en 18G5. Au 23 de cette rue se trouvait en 1864,, 
alors que tout le quartier, rues Miromesnil, du Grénéral-Foy, de Turin, 
n'était que des buttes et des amas d'immondices {Voir Laborde), 
ViTnpasse de la F etite-Y oirie-du-Roidey qui disparut lors du percement 
de l'avenue Portails. Le ministre de la marine Chasseloup-Laubat 
habita cette rue. 

BIÈVRE (rivière de la). 

La Bièvre, née dans l'étang de Saint-Quentin près de Trappes en 
Seine-et-Oise,. tire son nom du village de Bièvre, situé dans le vallon 
de Bouviers, où elle prend sa source, à 5 kil. de Versailles et 3 kil. de 
Saint-Cyr en passant par Antony, Arcueil et Gentilly. A l'entrée de 
Paris (xiii^ a^iT. Gobelins) elle se divise en deux bras : la rivière de 
Bièvre et la rigole des Gobelins, lesquels après s'être réunis près de la 
rue MouÔetard disparaissent finalement dans le troisième égout collec- 
teur de la~rive gauche, appelé Végout Pascal. 

Dans la traversée des Gobelins, elle reçoit des affluents de 20 à 
30 petites sources, qui l'augmentent assez pour qu'après un parcours de 
près de 300 mètres, elle ait encore plus d'un mètre de largeur. Son 
parcours total est d'environ 37 kilomètres, et sa plus grande largeur 
de 3 mètres maximum; ce qui n'empêche que pendant longtemps la 
Bièvre causa de graves inondations. 

Dans le Joiirnal de V Etoile, on lit que « la Bièvre s'étant élevée 
sous foime de torrent, à la hauteur de 14 à 15 pieds, se répamdit jus- 
qu'au grand autel de l'église des Cordelières. Pendant trente heures, 
elle abattit une multitude de moulins, murailles et maisons, fit périr 
plusieurs personnes, noya une grande quantité de bétail et causa un 
mal infini. Le samedi suivant, la cour du Parlement, accompagnée du 
corps municipal, fit célébrer à Notre-Dame une messe solennelle pour 
apaiser la colère divine qui, disait-on, paraissait éclater manifeste- 
ment et, deux jours après, une procession générale eut lieu à Paris 
dans le même but. Le désastre fut si grand qu'on l'appela le « I>éluge 
de la Bièvre ou déluge Saint-Marcel ». En 1885, la Bièvre inonda le 
jardin de la manufacture des Gobelins. 

Autrefois vers 1250, la Bièvre descendait jusqu'à la Seine longeant 
le couvent des Cordelières, traversant la grande rue Saint-Marceau, 

— 163 — 



en suivant l'emplacement qu'occupe aujourd'hui la rue Saint-Victor, 
elle descendait dans l'enclos de l'abbaye Saint- Victor et se précipitait 
dans la Seine près de la porte de la Tournelle. En 13G7, sous Charles Y, 
lorsque ce quartier commença à se couvrir de maisons et qu'on entreprit 
les travaux d'enceinte, le cours de la Bièvre fut détourné et mené 
directement à la Seine parallèlement à la. rue des Fossés-Saint-Ber- 
nard, où, avant 1901, elle se jetait près du Jardin des Plantes en 
amont du pont d'Austerlitz. 

Si l'on en croit Jean de Hauterive, poète qui vivait au xii® siècle, 
la Bièvre était une délicieuse rivière « un frais et limpide ruisseau 
qui promenait, en murmurant, ses flots argentés sur un lit semé 
de parcelles d'or, et dont les bords étaient émaillés de fleurs odorantes 
qui, par l'éclat de leurs couleurs, rivalisaient avec l'améthyste et avec 
l'émeraude ». 

Benserade dit : « Ce beau ruisselet qui courait en rossignolant ». 

Quel contraste avec la Bièvre d'aujourd'hui ! de cette Bièvre de 
la ruelle des Gohelin^ ou du jMssage M or et (Voir ces novis) qui, comme 
le dit Huysmans « coule, noire et sordide, scariflée par les acides des 
tanneurs environnants, globulée de crachats, épaissie de craie, 
délayée de suie ; elle roule des amas de feuilles mortes et d'indescrip- 
tibles résidus qui la glacent ainsi qu'un plomb qui bout des pelli- 
cules... » 

Autrefois, bien avant l'existence des lacs du bois de Vincennes 
et de Boulogne, il était de « bon ton » d'aller l'hiver, patiner sur les 
étangs formés par le débordement de la Bièvr'e, et en été, d'y pêcher des 
écrevisses, qui, assure Mme de Maintenon, « étaient les meilleures 
quïl se puisse imaginer ». 

En 1852, des terrassiers travaillant à la construction d'un égout, 
rue Geofl^roy-Saint-Hilaire, mirent à jour à une profondeur de 6 à 
7 mètres en sol, le lit d'une petite rivère, sur laquelle était encore un 
pont de pierre en parfaite conservation. Cette rivière était un des 
affluents de la Bièvre. C'est aux environs de cette rivière, que, paraît- 
il se livra le grand combat où Camulogène, chef des Gaulois fut vaincu, 
par les légions romaines {Voir Littèce). 

Dans la rue de Vplence, près de la rue Moulïetard était autrefois 
le Pont aux Tripes. En 1677, un arrêt du Parlement ordonna aux 
maîtres bouchers de la montagne Sainte-Geneviève, d'aller laver leurs 
tripes et leurs abats, au delà des Gobelins, d'où le nom de Pont-aux- 
T ripe s. 

BIÈVRE (rue de) x-^ quai de la Tournelle, 67 ;^->- boulevard Saint-Germain, 54 
[Pantimîon, Saint-Vicior, 5<= arr. 155 m.] 

Date de 1250, et portait déjà ce nom. A cette époque elle longeait 
l'ancien cours de la Bièvre avant que Charles Y ne la fît détourner pour 

— 164 — 



Billettes 

continuer son mur d'enceinte {Voir Bièvre). Il avait été question de 
donner à cette rue le nom. de Léon Go7idinet, l'auteur de tant de 
pièces amusantes. 

En pratiquant des travaux de canalisation dans cette rue on y 
découvrit plusieurs médailles de l'empereur Titus. Dante habitait la 
rue de Bièvre à l'époque où il suivait les cours de la rue de Fouare 
(Voir ce nonij. Au n° 12, on remarque une petite statue de Saint- 
Michel, placée au-dessus d'une porte qui servait autrefois d'entrée au 
collège de Saint-Michel ou de Chanac, fondé en 1343, par Guillaume 
de Chanac, évêque de Paris pour douze boursiers pauvres du Limousin. 
Devenu la propriété de la fameuse Mme de Pompadour, il prit le nom 
de Collège de Pomjyadour. En 1763, ce collège fut réuni à l'Université, 
au 30, maison ancienne ; Vimpasse de Bièvre qui longe la Bièvre, est 
située au 32 de la rue Geoffroy-Saint-ïïilaire ; au 28, demeura Mlle de 
Dreux d'Aubray plus connue sous le nom de la marquise de Brinvil- 
liers, la célèbre empoisonneuse (Voir rue Charles-V), 

BIGNON (rue) -<-^ rue de Charenton, 191 s— >- avenue Daumesnil, 134 [Reuilly, 
Pic pus, 12° arr. 90 m.| * 

Ouverte en 1867, par la Ville de Paris pour le percement de l'avenue 
Daumesnil elle reçut le nom de Bignon. 

Le baron Louis-Pierre-Edouard Bignon, homme politique, ministre 
sous Louis-Philippe, auteur de VHistoire de la Diplomatie française 
était né à la Meilleraye (Seine-Inférieure) en 1771; il mourut en 1841. 

BIGORRE (rue de) *-m rue du Commandeur, 17 »-> rue d'Alésia, 30 [Obser- 
vatoire, Petit-Montrouge, 14« arr. 51 m.] 

Précédemment chemin de servitude, a pris depuis 1877, le nom de 
Bigorre, contrefort des Pyrénées qui avait donné son nom à une pro- 
vince de France. (Bagnères-de-Bigorre chef-lieu d'arrondissement du 
département des Hautes-Pyrénées.) 

BILCOQ (impasse) <-« rue du Poteau, 42 [Montmartre, CLignancourt, 18« arr. 

70- m.] 

Nom du propriétaire. 

BILLANCOURT (rue de) -^-«avenue de Versailles. 190 a-* boulevard Murât, 129 
Passy, Auteuil, 16« arr. 33 m.] 

A été créée en 1838, et terminée en 1868. Voisinage du village de 
Billancourt, précédemment chemin de Billancourt. 

BILLETTES (temple des) situé rue des Archives, 22 (ancien 18 de la rue des 
Billettes) [HoTEL-DE-ViLLE, Sdint-Geroais, 4" arr.] 

Le temple des Carmes réformés de l'Observance de Rennes était 

— 165 — 



Biragiie 

autrefois l'ancienne église du couvent des Billettes qui fut construite 
vers 1291, par un bourgeois nommé Reinier Flaming auquel Philippe- 
le-13el avait concédé le terrain pour y faire bâtir une ckapelle qu'on 
appela: Chapelle du Miracle à cause du miracle de l'iiostie, dont voici 
la légende : 

Le 12 avril 1290, un juif du nom de Jonathas demeurant dans la 
rue des Jardins (Voir Archives) s'était procuré par fraude une hostie 
et l'avait percée de clous. De cette bostie profanée, il sortit du sang, 
alors Jonathas, îiTité la jeta dans un vase plein d'eau bmiillante qui 
devint également couleur de sang. Le fait se répandit au dehors et- 
le peuple indigné saisit le juif qui fut emprisonné et brûlé vif. La 
propriété où le crime avait été commis fut confisquée et donnée par 1© 
roi à Reinier Tlaming. 

Plus tard, la chapelle et la maison furent achetées par Guy de 
Joinville, seigneur de Dongiers, pour y établir une succursale de l'hôpi- 
tal des Frères de la Charité Notre-Dame qu'il a\"ait institué en 1286, 
à Boucheraumont, aux environs de Châlons-sur-Marne. Les religieux de 
cet établissement portaient de petits scapulaires dits Billettes, d'où 
leur nom de Billettes. 

En 1408, il fallut rebâtir l'église et une partie du couvent, l'an- 
cienne chapelltî <lu Miracle, devant souterraine, et en 1685, on lisait 
encore, au-dessus de la porte d'entrée : « Ci-dessous le Juif Jonathaa 
fit bouillir la Sainte-Hostie ». On appelait aussi ce monastère le cou- 
vent où Dieu fut bouilli, ainsi que le disait Clémence de Hongrie 
épouse de Louis X, et ce nom resta même quelque temps à l'ancienne 
rue des Billettes. En 1683, les Carmes remplacèrent les Billettes et 
vers 1754, l'ancienne église jetée à bas nécessita la reconstruction de 
la chapelle que l'on voit actuellement. 

Le couvent de» Carmes Billettes supprimé en 1790, fut affecté en 
1802, au culte protestant luthérien. L'histoire du juif Jonathas est 
représentée dans l'un des vitraux de l'église Saint-Etienne du Mont. 

BIOT (rue) •'^m place CHchy, 5, 7 »-* rue des Dames, 11 [Batignolles, Bâti' 
gnolles, i''j^ix.vr. 185 m.] 

Précédemment rue d'Antin, quand cette rue fut commencée en 
1855, elle a reçu depuis 1864, le nom de Jean-Baptiste Biot, astronome 
géomètre, né en 1774, mort en 1862. Au 5, Concert Européen. 

BIRAGUE (rue de) -<-« rue Saint-Antoine, 173 s»-*- place des Vosg-es, 2 [Hotel- 
DE-ViLLE, Arsenal, 4* arr. 112 m.] 

Cette rue, ouverte en 1605, sur les terrains de l'ancien hôtel des 
Tournelles, hxi d'abord appelée rue Royale-Saint- Antoine, puis riic du 
P avili on-du-Moi, à cause du pavillon Henri IV qui termine cette rue 
et lui donne accès sur la place des Vosges, anciennement place Royale. 

Ce fut en 1792, la rue Nationale, a^-près avoir été la rue des Fédérés ; 

— 166 — 



puis rue des Vosges de 1800 à 1814^ elle reprit encore le nom de 
Royale-Saint-Antoine et enfin en 1864, on la dénomma rue de Birague 
en riionneur de René de Birague, cardinal et cKancelier de France, 
né à Milan en 1507, mort en 1583. René de Birague passe pour avoir 
été un des principaux instigateurs de la Saint-Barthélémy en 1572. 
Dans le voisinage se trouvait une fontaine dite de Birague qu'il avait 
fait achever et à laquelle il avait donné son nom. 

Au n" 11, de cette rue et 3, place Royale naquit le 6 février 1626, 
Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (Voir ce nom). liaka- 
nal le savant conventionnel auquel on doit la conservation du Jardin 
des Plantes en 1793, mourut le 14 juin 1845, au 10, de oette rue {Voir 
LaivANal) . 

Le Pavillon du Roy fut spécialement ordonné par Henri lY (Voir 
place des Vosges) en même temps que les autres pavillons qui compo- 
sent Tancienne Place Royale; dans sa lettre patente de juillet 1605, 
il s'exprimait ainsi : 

« Pour le plus grand ornement de la dicte place, nous avons à désir 
faict les marchez pour faire bastir ung pavillon à noz dépens à l'entrée 
de ladicte place sur la rue qiie nous faisons percer pour y entrer par la 
nie S ainct -Antoine ». 

BIRON (rue) <-« rue Bachelet m-^ rue Lainarck [Montmartre, Cligaaucourt, 
IH"^ arr. 54 m ] 

Cet escalier est en prolongiement de la rue Lahat, dont une partie 
s'est appelée rue Biron avant 1868 en souvenir du Château rouge, 
d'Henri IV et de Grabrielle d'Estrées (Voir Cligin^ancgitrt). 

BISCORNET (rue) -«-ss rue Lacuée, 11 3&-> boulevard de la Bastille, 50 
[Reuilly, Quinze-Vingts, 12« arr. 220 m ] 

Créée en 1650, sous le nom de rue de la Planchette parce qu'elle 
avait été formée sur l'emplacement d'un chantier de bois flotté, elle fut 
prolongée en 1827, par les soins de M. Lelobe dont les terrains s'éten- 
daient jusqu'au canal Saint-Martin, ancien boulevard de la Contres- 
carj)e et devint la rue Lelobe. Ce n'est qu'en 1864, qu'elle fut appelée 
rue Biscornet. Biscomet, est parait-il le célèbre serrurier auquel, on 
doit les ferrures des portes de Notre-Dame (xil* siècle) précédemment 
placées aux portes de l'église Saint-E tienne -du-M ont. 

BISSON (rue) -<— es boulevard de Belleville, 83 ss— > rue des Couronnes, 27 
|MI;^'lLMo^rA^'T, Be/lei'ille, 20« air. 358 m.] 

Bis son, lieutenant de vaisseau., se fit sauter sur son brick avec son 
équipage pour ne pas se rendre aux Turcs en 1827. Né en 1796, il avait 
alors 31 ans. 

— 167 — 



Bizet 

BITCHE (place de) <-« rue de Crimée, 159 et quai de l'Oise, 1 [Buttes-Chau- 
MONT, ViUette, 19« arr.J 

Déclarée d'utilité publique en 1852, cette place existait déjà en 
1843, sous le nom de place de l'Eglise, à cause du voisinage de l'église. 
En 1881, on lui donna celui de la ville lorraine de Bitche en mémoire 
de l'héroïque résistance qu'elle opposa pendant près de huit mois, du 
7 avril 1870 au 27 mars 1871 contre tout un corps d'armée allemande. 
« Bitche cernée, bombardée, incendiée, raconte l'adjudant Mondelli, 
témoin oculaire, avait été oubliée dans les négociations de paix conclues 
entre Jules Favre et l'état-major allemand, mais elle ne voulut pas 
tapituler. — Sedan s'est rendu, vient dire un parlementaire. — Je 
n'ai rien à savoir de vous, répond le valeureux commandant de place 
Teyssier, que m'importe ce qui se passe au delà de mes remparts. 
— Le 7 octobre 1870, nouveau parlementaire. — Toute démarche 
est inutile nous ne nous rendrons pas. — Le 1" février 1871, un troi- 
sième parlementaire vint annoncer l'armistice et la reddition de Paris. 
Le commandant fit encore la sourde oreille, lui répondant qu'il n'en 
avait pas été informé par son gouvernement, et le drapeau tricolore 
continua à flotter sur le fort de Bitche. 

Enfin la dépêche de Jules Favre annonce: « Vous pouvez sortir 
avec vos armes, vos drapeaux, vos archives et les honneurs de la guerre » , 
Nous refusons les honneurs de la guerre, répond le commandant, ces 
honneurs-là ne se rendent qu'aux places qui capitulent et nous n'avons 
pas capitulé ». 

Le lendemain tous les braves défenseurs de Bitche défilèrent libre- 
ment au milieu des Prussiens en emportant avec eux « leur cher dra- 
peau ». Ce drapeau tricolore qui passa le dernier parmi les étendards 
allemands- est aujourd'hui aux Invalides. En 1793, eette même petite 
place avait déjà repoussé deux fois l'invasion étrangère. 

Sur cette place est l'église Saint-Jacques-et-Saint-Christophe. 

BIZET (rue) <~m avenue Marceau, 7 i»-^ avenue d'Iéna et rue de Bassano, 2 
Passy, Chaillot, 16e arr. 300 m.] 

Fut ouverte en 1826, pour remplacer la ruelle des Blanchisseuses, 
autrefois ruelle des Tourniquets; la partie qui descendait jusqu'au quai 
s'appelait rue des Gourdes; le nom de Tourniquet, lui venait d'un tour- 
niquet placé aux extrémités pour en interdire le passage aux chevaux 
et aux voitures; celui de Blanchisseuses indiquait que les blanchis- 
seuses avait coutume de passer par cette rue pour se rendre à la Seine. 
Quant à la dénomination de rue des Gourdes, elle lui avait été donnée 
en raison des jardins voisins oti se cultivait ce genre de courges. 

En 1826, cette rue, dont une partie a disparu aujourd'hui lors 
de l'ouverture des avenues Morceau et de l'Aima, porte le nom de Bizet. 
propriétaire du terrain qui l'avait fait paver et aligner à ses frais. 

— 168 — 



Blanche 

La partie comprise entre l'avenue Marceau et la rue de Chaillot figure 
sur le plan de Jouvin de Rochefort en 1672. Par décision du conseil 
municipal en date du 12 juillet 1903, il a été décidé qu'on transfor- 
merait la me BIzet en rue Georges-Bizet, l'immortel auteur de Carmen, 
et de VArlésienne, né en 1838 et mort à 37 ans en 1875. 

Au n" 5, église grecque orthodoxe. Au n" 25, Consulat de Roumanie. 

BLAINVILLE (rue) <-^. rue Mouffetard, 10 s— > rue Tournefort, 1 [Panthéon, 
Val-de-Grâce, Sorbone, 5" arr. 74 m.] 

Elle portait autrefois en 1650, le nom de rue de la Contrescarpe- 
Saint-Marcel, et Contrescarpe-Saùite-Geneviève à cause des anciens 
remparts de Philippe-Auguste. En 1710, elle devint rue des Petits- 
Pères à cause du voisinage d'un monastère de religieux dits Petits- 
Pères (Voir ce nom). Cette rue était tellement surélevée, qu'il fallut 
la reprendre de 15 pieds en sous-œuvre pour en diminuer la pente. 
Depuis 1865, la proximité du Jardin des Plantes lui a fait donner le 
nom de Blainville. 

Henri-Marie Ducrotoy de Blainville, célèbre naturaliste, né à 
Arques (Seine-Inférieure) en 1777, mort en 1850. Auteur de la Classifi- 
cation végétale. 

Au coin de la rue Mouffetard, vieille maison amusante d'aspect. 
Au 9, ancienne filature du temps de l'Empire, cette maison a huit 
étages, Au 11, petite niche en façade. Cette maison devait faire partie 
de la caserne des gardes-françaises de la rue Tournefort. 

BLAISE-DESGOFFE (rue). 

Ce nom sera prochainement donné à une rue du xvi" arrondisse- 
ment (Décision du Conseil municipal du 12 juillet 1903). 

Alexandre-5/«/6*e Desgoffe, peintre français, né à Paris le 17 jan- 
vier 1830, mourut en 1882. Il était le fils d'Alexandre Desgoffe, peintre 
distingué, élève de Ingres. 

BLANCHE (cité) <-m rue de Vanves, 190 »-^ rue Vercingélorix, 221 [OBsiiiivA- 
ToiRE, Plaisance, 14» arr. 120 m ] 

Doit cette dénomination au prénom de la fille du propriétaire des 
terrains sur lesquels cette cité a été ouverte. 

BLANCHE (place) -e-ss boulevard de Glichy, 59 is^->- rues Fontaine, 52, 
Blanche, 106 et de Bruxelles, 1 [Opéra, Saint-Georges, 9« arr.] 

Précédemment place de la Barrière-Blanche, avant l'annexion 
de 1860, alors que les barrières existaient aux ouvertures Jes boule- 
vards extérieurs, elle fut créée en 1789, et porte le nom de place 
Blanche depuis 1864. L'ancienne barrière Blanche avait été primiti- 
vement dénommée : barrière de la Croix-Blanche {Voir rue Blanche), 

— 169 — 



Blanchon 



1 



C'est là, cliantait Yadé, que tout Paris « courait galoper à la guin 
guette oii se grenouille la piquette ! » 

BLANCHE] (rue) < s: square de la Trinité et rue de Cliâteaudun, 60 s— > place 
Blanche, 3 [Opéra, Saint- Geo -ges, Cliaussée-d Antin, 9"= arr. 785 m.] 

Ancien chemin conduisant aux carrières de Montmartre, il est indi- 
qué sur un plan de 1672, sous le nom de rue de la Croix-Blanche à 
cause d'un cabaret qu'on voyait encore vers 1860 à l'enseigne de la 
Croix-Blanche. 

Au n° 1, ou du moins sur l'emplacement des premières maisons, 
près de l'église de la Trinité était autrefois l'Hôtel de Vassal de Saint- 
Hubert dont un des plafonds attribué à Halle a été trajisporté à Car- 
navalet. Au 9, Société des Ingénieurs Civils précédemment cité E-ou- 
gemont. Aux 13 et 15, est le Nouveau théâtre, Casino de Paris, ancien 
Skating, fondé en 1891 (une autre entrée existe rue de Clicby). Au 21, ] 
nouvelle construction de grand style édifiée en 1901. Au 25, a été cons 
truit en 1899, un temple protestant spécialement réservé aux Alle- 
mands de Paris. Aux 22, 24 et 26, caserne des pompiers réédifiée 
en 1902. Cette caserne avait été commencée vers la première année 
du XVII* siècle sur un terrain oii s'exerçaient les arquebusiers et plus 
tard les recrues des régiments de mousquetaires, qui y étaient formées 
et commandées par de vieux invalides. Pendant quelque temps, l'im- 
meuble fut transformé en hôpital pour les blessés des batailles de Mal- 
plaquet, de Denain, etc., etc. A l'époque de la Révolution on en fit 
un dépôt de volontaires. La Restauration lui redonna ses premières 
attributions et en fit un hôpital militaire. Louis-Philippe y installa 
une école pour les musiques de la garnison de Paris (Voir Conserva- 
toire), et l'Empire le consacra aux sapeurs- pompiers. Au 70, maison 
oii mourut Daniel Manin (1804-1857), président de la République 
vénitienne en 1848, ardent patriote, l'un des adversaires les plus achar- 
nés de la domination autrichienne. C'est dans cette maison qu'habi- 
tait la baronne Coppens, et c'est chez elle que se réunirent le 
2 décembre 1851, les représentants du peuple, Victor Hugo, Arago, 
Manuel, etc. Victor Hugo- en parle dans sa Nuit terrible. Voici le texte 
de l'inscription placée sur la façade de cette maison : 



Ici est décédé le 27 septembre 1857, dans l'exil 

Daniel Manin qui fut Président de la République et défenseur de Venise 

pendant 17 mois de siège. Il était né le 23 mai 1809. 



é 



Le lycée Chaptal avant d'être au boulevard des Batignolles était 
au 31 die cette rue. 

BLANCHON (rne) -<-^s; rue Boileau, 76 s;^> boulevard Excelmans, 35 [Passy, 
Auteuil, 16e arr. 214m.] 

A été formé en 1895, sur l'emplacement de l'ancienne villa Bann- 

— 170 — 



Blancs- Majilediiv 

boul, puis" villa ExelTnans (Voir ce tiom). Blanchon, est le nom d'un 
directeur d'un établissement médical situé dans cette rue. 

BLANCS-MANTEAUX (marché des) situé rue Vieille-du-Temple [Hotel-de- 
ViLLK, Saint-Gervais, 4<* arr.] 

Constmit de 1813 à 1817, sur les terrains de l'ancienne commu- 
nauté des Hospitalières de Saint- Anasthase ou de Saint-Gervais, qui 
avait été fondé en 117J., par deux ouvriers maçons, Graxin et Harcher 
pour y soigner les pauvres passants malades, et aussi sur l'ancien 
Hôtel d'O qui depuis 1655, était la propriété des religieux Augus- 
tins ce marché ne fut livré au public que le 24 août 1829. 

Sur toute l'étendue du terrain compris par le marché des Blancs- 
Manteaux, la rue du même nom et celle des Hospitalières Saint-Ger- 
vais, s'élevait autrefois un véritable palais « de pierres et de marbres 
que l'Italie eût envié à la France », il avait été bâti par Louis d'Ad- 
jacet, comte de Cbateauvillain. A sa mort le château fut vendu au 
marquis François d'O, mignon de Henri III qui y mourut en 1594. 
L'Hôtel d'O était situé dans la rue Yieillé-du-Temple, entre les rues 
des Rosiers et des Francs-Bourgeois. En 1655, les Filles de Saint- 
Anasthase vinrent s'y installer. Plus tard, reprenant la première idée 
de Garin et de Harcher, on en fit une sorte d'hôpital « asile de nuit » 
où les malheureux y étaient secourus et renvoyés le lendemain avec 
Mn pain et un denier (Foir Hospitalité et Asile de nuit). 

BliANCS-MANTEAUX (église Notre-Dame des) située rue des Blancs- 
Manteaux, 12 [HoTEL-DE-ViLLE, Saùit-Gervais, 4<' arr.] 

Saint Louis avait acheté dès 1258, dans le voisinage du Temple, 
près la vieille porte du mur d'enceinte de Philippe-Auguste {Voir 
MoxT-DE-PiÉTÉ), une maison pour les religieux dits Serfs de la Vierge 
Marie, qui à cause de leur vêtement blanc, furent appelés Blancs- 
Manteauœ. Ces religieux faisaient partie des ordres mendiants; ils 
furent supprimés en 1274, par le concile de Lyon et remplacés par 
des ermites de saint Guillaume ou Guillemites, qui bien qu'ayant des 
manteaux noirs {Voir Guillemites), conservèrent néanmoins le sur- 
nom de Blancs-Manteaux. En 1424, Jean de Malestroit, évêque <le 
Nantes leur donna le fief de la Grange Batelière. En 1618, les Guil- 
lemites furent réformés et réunis aux Bénédictins de Saint-Maur. 
C'est dans ce couvent que certains Bénédictins érudits composèrent 
un grand nombre de manuscrits, parmi lesquels : VArt de vériûer les 
dates, les No^ivelles diplomatiqiuis et la Collection des Histoires de 
France. 

Supprimés en 1790, le couvent et les bâtiments furent mis en vente- 
La Ville racheta en 1807 l'église qui fut dénommée depuis Notre- 
Dame-des-Blancs-Manteaux. Le Mont-de-Piété occupe une partie de 
ces anciens bâtiments. L'église datait de 1547; elle fut complètement 

— 171 — 



Bleue 

réédifiée en 1695, et la. première pierre en fut posée par le chevalier 
Le ïellier et par Elisabeth Turpin, sa femme. La façade tout entière 
appartenait à l'ancienne église Saint-Martial, construite en 1693. 

C'est dans cette ancienne église que fut déposé, le 20 novembre 1407, 
le corps de l'infortuné Louis d'Orléans, assassiné par les ordres de 
Jean-Sans-Peur, duc de Bourgogne, et que l'assassin vint s'agenouiller 
près de sa victime (Voir Barbette). 

En 1843, cette église fut agrandie et son portail fut remplacé par 
celui des Bernahites dont l'église située dans la Cité, était devenue 
un dépôt de mobilier de l'Etat ainsi que l'explique une inscription 
placée dans cette église. 

BLANCS-MANTEAUX (rue des) -<-^£ nie Vieille-du-TempIe, 53 s-> rue du 
Temple, 42 [IIotel-de- Ville, Saint-Merri, Saint-Gervais, 4e arr. 330 m.] 

Doit son nom au couvent des Blancx-Manteaiix {Voir église des 
Blancs-Manteaux). Au xiii* siècle elle portait le nom de rue de la 
Par chemine rie, de la Vieille-Parcheminerie, de la Petite-Pavchemi- 
nerie, parce qu'elle était habitée à cette époque par des marchands 
de parchemin (Voir rues de la Parcheminerie et de la Chapelle). 

Au n° 2, habita en 1787, le célèbre chimiste Fovircroj^ auquel on 
doit la transformation des cimetières de Paris (Voir Fourcroy). Au 10, 
anciennes dépendances du vieux couvent des Blancs-Manteaux 
avant le percement de la rue des Guillemites. Au 12, église des Blancs- 
Manteaux (Voir ce nom). Le 14, qui fut occupé par les Bénédictins 
de Saint-Maur, avait été construit en 1693, pour l'abbé de Rancé et de 
Vernouillet. Le Mont-de-Piété est au 16. Au 22, hôtel ayant appartenu 
avant 1460, à la veuve de Jean Le Yavasseur, puis à Raoul le Refuge, 
tous deux maîtres des comptes. En 1511, les Séguier l'occupèrent, et 
en 1657, il appartenait à Charles de Bourdeilles. Au 27, hôtel du mar- 
quis de Favras, lieutenant des Suisses, qui, sur la dénonciation de Tur- 
catti, fut saisi par la populace en 1789, et massacré en place de Grève 
(Voir HoTEL de Ville). Au 34, se voit le passage Pecquay. Au 35, un 
marchand de vins a conservé une vieille enseigne en relief représen- 
tant des religieux des Blancs-Manteaux. Au 26, était le cabaret de 
VHomme armé, existant déjà en 1432 (Voir Sainte-Croix-de-la-Bre- 
tonnerie). "Vieilles maisons du xvii^ siècle, avec escaliers en fer forgé 
aux 23, 26 et 33. 

BLEUE (rue) -<-^ rues du Faubourg-Poissonnière, 69 et Papillon, 2 5s— *- rues 
Lafayette, 72 et Cadet, 38 [Opéra, Faubourg-Montmartre, 9^ arr. 256 m.] 

Indiquée sur le plan de Gomboust en 1652, cette rue s'appelait pri- 
mitivement rue d'Enfer ; on prétend que ce nom lui avait été donné 
en raison du hrmt d'enfer que faisaient les soldats se rendant à la 
caserne de la Nouvelle-France {Voir faubourg Poissonnière), « après 
avoir fait de copieuses libations dans les guinguettes des Porcherons » 

— 172 — 



BlotLiere 

(Voir rue Cadet). En 1798, elle devint rue Bleu, du nom d'un des 
propriétaires, mais bientôt de même que de Yivien, on avait fait 
Vivienne, et de Coquiller, Coquillière, on rectifia l'orthographe de Bleu, 
dont on fit rue Bleue au féminin. En 1802, M. Story, y installa une 
fabrique de boules d'indigo pour le blanchissage et le nom de Bleue 
fut ainsi doublement confirmé. 

Au 17, habita le grand manufacturier Oberkampf (Voir ce riovi), 
M. de Rochegude assure que « cette maison fut édifiée avec des maté- 
riaux provenant des murailles démolies par l'explosion de la rue Saint- 
Nicaise » (Voir Carrousel). Le 14 remplace une maison où était né 
le bourreau Charles-Henri Sanson, qui décapita Louis XVI (Voir rue 
Victor-Cousin). Barras habitait en 1815, le n° 20 de cette rue. L'ami- 
ral Delsaigne, vainqueur de la Guadeloupe, mourut au n° 25 (Voir ce 
nom). 

BLEUS (cour des) ■<-^. rue Palestro, 15 ss— > rue Saint-Denis, 146 [B.ounsE, 
Bonne- Nouvelle, 2" arr. 58 ni.] 

Ce nom (lui semblerait désigner « des conscrits » n'a rien de mili- 
taire : il rappelle les Enfants-Bleus ou jeunes pensionnaires de l'an- 
cien hôpital de la Trinité ainsi nommés à cause de la couleur de leurs 
vêtements. L'hôpital a été démoli en 1790 {Voir jjassage de la Trinité). 

BLOMET (rue) -<-^£ rue Lecourbe, 25 s^-^ rue Saint-Lambert, 31 [Vaugirard, 
Sainl-Lamberl, Necker, 15« arr. 1490 m.] 

Vers 1672, c'était le chemin d'Issy et de Meudon, conduisant éga- 
lement à un ancien chemin dit de Blomet, dont elle a conservé le nom. 
Au n° 128, asile de N otre-Danne-du-Bon-Repos. 

BL.ONDEL. (rue) ■<-^. rue Saint-Martin, 353 ^->- rue Saint-Denis, 240 Bourse, 
Bonne-Nouvelle, 2« arr. ; Temple, Ats-et-Métiers, 3"= arr. 215 m.] 

Sous Charles IX, cette petite rue n'avait encore que cinq ou six 
maisons et longeait les remparts entre la poterne Saint-Denis et la 
poterne Saint-Martin. C'est pour cette raison qu'elle reçut le nom de 
rue des Deux-Fortes. Plus tard, en 1655, elle devint la rue Neuve- 
Saint-Denis, et enfin en 1864, le voisinage de la porte Saint-Deriis, 
élevée par François Blondel, lui fit donner le nom de cet habile archi- 
tecte-ingénieur, né à Ribecourt (Oise), en 1617 et mort en 1686. Son 
corps repose à Saint-Sulpice. Blondel a construit le grand tunnel de 
Londres sous la Tamise, qui pour l'époque à laquelle il a été fait, peut 
passer pour un travail d'une très grande hardiesse, 

BLOTTIÈRE (rue) x-^s passage Bournisien, 15 ^-> rue de Gergovie, 1 
[Observatoire, Plaisance, 14e arr. 225 m.] 

Cette rue qui doit finir rue Vercingétorix, porte le nom de M. Blot- 
tière, qui la fit ouvrir sur ses terrains. Au 9, est l'impasse Blottière. 

— 173 — 



Bocquet 

BLEUETS (rue des) ■ < =:■ passage Ménilmonlant, 8 m > avenue de la Répu- 
blique, [PopiNCOURT, Saint- Anihroise, 11« arr. 150 m.] 

Après avoir porté jusqu'en 1877, le nom de cité des Bluets, bien 
que connue sous celui de cité des LilaSy depuis sa prolongation jusqu'à 
l'avenue de l'a République (1901) elle est devenue rue des Bluets. 

BOBLLLOT (statue du sergent) située boulevard Voltaire, à l'intersection 
du boulevard Richard-Lenoir [Popincourt, Saint- Ambroise, W." arr.] 

Œuvre d'Auguste Paris, cette statue a été élevée à l'aide d'une 
souscription du Gro^upe fraternel des Amis de la défense de la Patrie 
à la mémoiie du sergent Bobillot, tué au Tonkin en 1885. La statue a 
été inaugurée en 1888 {Voir rue Bobillot). 

BOBILLOT (rue) <--=s place d'Italie, 305 s=^->- place de Rungis [Gobelins, 
Mason-B tanche, 13e arr. 1070 m.] 

Comprise en partie dans la zone des anciennes carrières, cette rue 
a été créée en 1888, et a reçu le nom de Bobillot. 

Le sergent Jules Bobillot, né à Paris en 1860, fut tué au combat 
de Thuyen-Ehan (Tonkin) en 1885. Une statue, œuvre du sculpteur 
Aug. Paris lui a été élevée par les Amis de la défense de la Patrie 
sur le boulevard llichard-Lenoir, à l'angle du boulevard Voltaire. 

BOCCADOR (rue) -i—m avenue Montaigne, 21 ■^—f- avenue de l'Aima, 24 
[Elvsée, Champs-Elysées, 8" arr. 25'i m.] 

Ouverte en 1881, elle fut dénommée Boccador en 1883, en mémoire 
de Dominico de Cortone, dit Le Boccador, arcbitecte du premier 
Hôtel de Ville de Paris (1533) {Voir Hôtel de Ville). Au 3, consu- 
lat de Nicaragua et de l' Amérique centrale. 

BOCHART-DE-SARON (rue) -e-^ rue Gondorcet, 52 s—»- boulevard Roche- 
chouart, 47 [Opéra, Rochechouart, 9<' arr. 227 m.] 

Percée en 1821, entre l'avenue Trudaine et le boulevard Roche- 
ckouart, elle fut prolongée en 1860, jusqu'à la rue Condorcet. Le voi- 
sinage du collège RoUin, lui a fait donner le nom de Bochart de Saron. 

Le mathématicien Jean-Baptiste-Gaspard Bochart de Saron, pre- 
m.ier président du Parlement de Paris,, né à Paris le 16 janvier 1730, 
périt sur l'échafaud le 20 avril 1794. C'est à lui que l'on doit la publi- 
cation du grand ouvrage d'astronomie et de mathématique du mar- 
quis de Laplace (Voir ce nom). 

BOCQUET (villa) -<-^ rue de Bellevue, 24 [Buttes- G iiaumoxt, Amérique, 
19« arr. 40 na.] 

Nom du propriétaire. 

— 174 — 



Boileau 

BŒUF (impasse du) -«-^s rue Saint-Mem, 10 [Hotel-de-Ville, Saint-Merri, 
'le aiT. 10 m.] 

Cette impasse ou ruelle sans cïiief, existait déjà à la fin du 
Xiii'' siècle, elle s'appelait cul-de-sac du Bec-Oye, du Btief et Oë, du 
Bœui et (Jué, puis des Bouvetins, probablement à cause d'une enseigne 
ou de quelque étal de boucher existant aux environs. 

Avec ses constructions en saillie qui s'entre-croisent, la grille d'en- 
trée, qui date de 1774, et sa physionomie générale,, l'impasse du Bœuf 
offre aux amateurs du Vieux-Paris avec Vimpasse Salemhrière (Voir 
ee nom), un des aspects les plus pittoresques des ruelles du Moyen âge. 
Un moment on lui avait donné le nom de rue N euve-Saint-Merry. 

BŒUFS (impasse des) -<-^s^ rue de l'Ecole-Poly technique, 92 [Panthéon, Sor- 
boue, h" arr. 70 ni.] 

Elle existait au xiv® siècle,, et son nom des Bœufs date de cette 
éï)oque. Vers 1710, elle devint cour aux Bœufs; il est probable qu'il 
existait autrefois des étables dans cette impasse et que c'est de là qu'elle 
tire son nom. 

BOIEL.DIEU (place) < :r rue Fav;jrl, 1 r: > rue Marivaux, i [Bouuse, Vivienne, 
2« arr.J 

Formée en 1780, cette place, sur laquelle fut construit 1© théâtre 
de la Comédie-Italienne, prit en 1816, le nom de place des Italiens 
et place de la Comédie-Italienne. Jusqu'en 1852, on lui a donné celui 
de Boieldieu, l'immortel auteur de La Dame Blanche^ de La Fête du 
Village, Voisin, etc. 

François-Adrien Boieldieu, naquit à Rouen, le 15 décembre 1775, 
et mourut à Paris le 8 octobre 1834. On raconte, que venu tout seul 
à Paris, à l'âge de 14 ans, après avoir dépensé les dix-huit francs qu'il 
avait en poche, se trouvant sans aucune ressource, désespéré, il tenta 
de se suicider en se jetant à la Seine. Heureusement, un vieux servi- 
teur de son père qui passait par hasard, le reconnut, l'emmena chez 
lui et lui facilita les moyens de devenir l'aimable compositeur qu'il 
fut depuis. Il habitait un peu avant sa mort, le n** 10 du boulevard 
Montmartre. 

Au 1, est né en 1824, Alexandre Dumas fils, auteur de La Darne 
aux Camélias. Sur cette place est l'Opéra-Comique, qui fut incendié le 
25 mai 1887, et reconstruit de 1894 à 1900 (Voir Opéea-Comique). Le 
groupe de maisons qui fait face au théâtre et qu'entourent les rues 
Marivaux, Grétry et Favart forment un immeuble considérable connu 
des Parisiens sous le nom de Pâté des Italiens. 

BOILEAU (impasse) <-^ me Boileau. 98 [Passy, Auteuil, 16"^ arr. 186 m.] 

Précédemment impasse des Pauvres, porte le nom. de Boileau 
depuis 1877 (Voir rue Boileau). 

— 175 — 



Bois 

BOILEAU (rue) -«—s rue d'Auteuil, 33 =^->- avenue de Versailles, 190 [Passy, 
Auteuil, 16« arr. ,975 m.] 

Ouverte en 1836, cette rue porte le nom de Nicolas Boileau-Des- 
préaux, poète français, auteur satirique, l'un des plus célèbres du 
genre ; ses œuvres les plus connues sont VAi't poétique, le Lutrin et 
toutes ses Satires. Ami de Racine et de Molière, Boileau a été le grand 
réformateur de la poésie française, comme Montaigne et Pascal 
l'avaient été pour la prose. La Harpe, parlant de Boileau a dit « que 
personne avant lui n'avait si bien parlé en vers ». Boileau est né le 
l*"" novembre 1636, au n° 5 de la rue de J érusalem, il mourut le 
13 mars 1711, rue de V Abreuvoir (cloître Notre-Dame), cbez l'abbe 
Cbasselain {Voir gtiai de Z'Archevêché) ; enterré d'abord à la Sainte- 
Chapelle, son corps fut exbumé le 14 juillet 1819, et placé dans les 
caveaux de l'église Saint-Germain-des-Prés. 

Il a donné son nom à cette rue, dont il habitait à l'emplacement du 
n** 38, une grande propriété qui s'étendait autrefois sur une partie de 
la rue Molitor. Au 27, est une école de la Tille. Au 38, Hameau Boi- 
leau. Au 98, impasse Boileau. Au 18, villa Boileau. 

BOINOD (rue) -<-^s boulevard Ornano, 106 et rue de la Porte-Blanche, 48 s-»- 
rues Cliampioniiet, 1 et des Poissonniers [Motmautre, Cli<^nancourt, IS" arr. 
415 m.] 

Créée en 1858, cette rue fut agrandie en 1863 ; elle portait alors le 
nom administratif de rue F. Depuis 1867, à cause du voisinage de la 
route militaire on lui a donné celui de 7'ue Boinod. 

Jean-Daniel-Mathieu Boinod, fut intendant militaire en chef, sous 
Louis-Philippe; né en 1756, il mourut en 1842. 

BOIS (avenue du) <-^ ave lue Verzy, Il ss— v avenue des Pavillons [Bati- 
GNOLLES, Les Ternes, 17« arr. 100 m.] 

Nom donné par le propriétaire à une des avenues dépendantes autre- 
fois de la cité des Ternes. 

BOIS (rue des) -<-^g rue du Pré-Saint-Gervais, 'i'2 ss-^ boulevard Serurier, 69 
[Buttes-Chaumont, Amérique, 19" arr. 410 m.] 

Indiquée sur le plan de Roussel de 1730, et sur le cadastre de 1812 
cette voie fut alignée d'après une ordonnance roj^ale de 1837. Son 
nom date de cette époque ; elle traversait alors d'anciens bois situés 
au pied de la Butte de Beauregard, nom donné autrefois aux coteaux 
de Belle ville (Voir Belleville). Au 2, écoles de la Ville. Au 32, était 
un petit pavillon de chasse qui passait pour avoir appartenu au grand 
Souiïlot, architecte du Panthéon ; c'est une erreur, le Soufflet qui l'habi- 
tait, était le neveu de l'architecte, et se faisait appeler SouMot le 
Romain. 

— 176 — 



Bois-de-Boulogne 

BOIS-DE-BOULOGNE. Commence à la Porte Maillot, s'étend jusqu'à la Seine, 
en face l'île de Puteaux, retourne jusqu'à la Porte de Saiiit-Cloud et revient 
parla Porte d'Auteuil retrouver la Porte Maillot, tout le long des fortifications 
[Passy, Porte-Dauphine, Chaillot, 16e arr.] 

Cédé par l'Etat à la Yille de Pari» par décret du £' juin 1852, 
le hais de Boulogne a été coniplètement transformé depuis cette époque. 
Avant 1878, c'est-à-dire avant que la porte Maillot fiît reculée jus- 
qu'aux fortifications, le Bois de Boulogne était hors Paris, tandis 
que depuis le 25 mars 1878, il est entièrement englobé dans la métro- 
pole. 

C'était autrefois l'antique forêt de Rouvret ou du Rouvray (de 
Roboretnm, forêt de chênes). Ce nom a été conservé à une rue du parc 
de Neuilly. Plus tard ce fut le Bois de Saint-Cloud, et enfin le Bois de 
Boulogne, du nom d'une église construite en 1319, aux Menus-lès-Saint- 
Cloud par des pèlerins à l'imitation d'une église vénérée à Boulogne- 
8ur-Mer, dont le village de Boulogne-sur-Seine, voisin de la forêt, 
prit également le nom. La Forêt de Rouvray couvrait autrefois les 
terrains oii se sont depuis élevés, les villages de Boulogne, Sablonville, 
Neuilly, Chaillot, Passy et Auteuil. Elle fut donnée par Chilpéric II 
à l'abbaye de Saint-Denis. François I®"", y avait un magnifique château 
qui fut dénommé Châtecm de Madrid, en souvenir de la réception qu'il 
fit à Charles Quint, roi d'Espagne, et que le public avait continué 
d'appeler le Château de faïence, parce que les murs extérieurs étaient 
entièrement revêtus de carreaux émaillés, fabriqués par Bernard 
de Palissy, 

Après François I", Henri II et Diane de Poitiers puis Charles IX 
et Marie Touchet y habitèrent; Henri III y fit installer une ménagerie 
et y entretenait des meutes nombreuses, à cette époque, le Bois, 
encore enclos de murs qu'avait fait construire Henri II servait de 
chasse royale. Henri lY donna ce château à la r^ine Marguerite, puis 
Madrid, abandonné fut vendu et démoli par ordre de Louis XIY. Sur 
son emplacement du côté du Bois a été percée la belle avenue de 
Madrid et de la reine Marguerite. 

Il y avait encore le Château de Bagatelle, simple maison de cam- 
pagne dans laquelle Mlle de Charolais y donnait des fêtes très recher- 
chées. A sa mort, le comte d'Artois acheta ' Bagatelle, le fit recons- 
truire et le nomma Folie d'Artois. Pendant la Révolution cette pro- 
priété fut transformée en un bal public. Sous la Restauration, le duc 
de Berry racheta ce château, et y éleva son fils le duc de Bordeaux. 
Plusieurs fois revendu depuis 1830, du château de Bagat-elle, il ne 
reste plus que le Moulin que tout le monde connaît. 

Le Bois de Boulogne en partie dévasté lors de l'invasion de 1815, 
fut considérablement diminué en 1840, par la construction des forti- 
fications. 

Depuis 1852, époque à laquelle l'Etat célda le Bois à la Yille, les 

— 177 — 

12 



Buis-de-Boulogne 

plus grands travaux y out été faits et grâce à réuiiu^nt directeur des 
travaux de Paris M. Alpliaiid le Bois de Boulogne, avec ses grottes, 
ges lacs, ses avenues, ses contre-avenues et ses cascades est devenu 
une des plus belles promenades du inonde (Voir Alphaistd). 

Le Champ de Courses a été établi sur les anciens terrains appar- 
tenant autrefois à l'abbaye de Longehamp, fondée en 12'61, par Isabelle 
de ^France, sœur de saint Louis {Voir Loxgchamp). 

Au XVI® siècle, ce monastère avait perdu son renom d'austérité et, 
si l'on en croit le déplorable tableau qu'en trace saint Yinc^it-de- 
Paul en 1G52, l'état moral de ce couvent était on ne peut plus mauvais. 
C'est alors qu'eurent lieu pendant la semaine sainte des offices des 
ténèbres qui attirèrent une foule considérable à Longehamp (Voir 
ce novi), à cause de l'excellence de la musique et de la beauté des voix 
des religieuses. L'abbaye fut supprimée en 1790, mais les promenades 
continuèrent et depuis cette époque elles n'ont jamais cessé. On n'y 
va plus, il est vrai, pour entendi-e les voix angéliques d'autrefois, mais 
Longehamp changeant d'attribution est devenu le rendez-vous du 
Tout V'dv'iB Select et le lieu de réunion et d'exhibition des plus beaux 
équipages et des plus somptueuses toilettes. C'est surtout au Grand 
Prix de Paris qui a lieu tous les ans au commencement de juin que 
la mode y bat son plein. 

Le Pré Catelan a été ainsi nommé autrefois ù la suite de l'assassinat 
<ia;n8 ce hois du trouvère Annand Catalan, dont une croix perpétue 
le souvenir. Le Jardin d'Accliiimtation, situé dans le Bois de Boulogne, 
fut inauguré le l^"" octobre 1860, par l'empereur Napoléon III. Ce jardin 
a donné il y a. quelques années des exhibitions ethnologiques très inté-^ 
ressantes de Cingalais, de Puégiens, d'Achantis, d'Hottentots, de Nu- 
biens, etc., qui eurent un très grand succès. 

La surface du Bois de Boulogne est de 847 hectares 88 ares. Cette 
surface comporte 308 hectares boisés, 178 hectares de pelouses, 12Ô hec- 
taj*es de routes, 5 hectares d'allées et de sentiers, 28 hectares de pièces 
d'eau et rivières. Les cours d'eau ont une longueur totale de 
de 12.268 mètres et les routes, allées et seiitiers ne mesurent pas moins 
de 153 kilomètres. Il y a en outre 677 bancs, 430 puisards pour les 
eaux pluviales, 1.877 bouches d'arrosage, 63.000 mètres de conduites 
d'eau, 45 fontaines "Wallace, 7 chutes d'eau et l'a grande cascade, 
24 ponts rustiques, 23 ponts en pierre, 5 ponts en fer et 167 becs de 
gaz. 

Les dépenses d'entretien se chiffrent par 659.945 francs par an,, 
mais ces dépenses sont largement compensées par les recettes qui s'élè- 
vent à 721.699 francs, comprenant 209.680 francs pour la location de 
l'Hippodrome de Longehamp, 171.765 francs pour celui d'Auteuil, le 
tir au pigeon rapporte 60.045 francs et le reste payé par les restau- 
rants. Les permis de pêche produisent 3.350 francs par an. 

— 178.— 



Boissière 

BOIS-DE-BOULOGNE (avenue du) -*-s place do l'Etoile ss^-v boulevard 
Lannes et porte Dauphine [Passy, Porte Dauphine, Cliaillot, 16"= arr. 1300 m.] 

Ouverte ea 1854, elle reçut alors le nom à''aveQiue de V Impératrice, 
à cause de l'impératrice Eugénie, femme de l'iempereur Napoléon III. 
E-n 1870, elle fut débaptisée en faveur du général Ulrich, défenseur 
d© Strasbourg (1802-1886) et resta ainsi jusqu'en 1875, époque à 
laquelle elle devint Vaven,ue du Bois-de-Boulogiie (Voir Bois de Bou- 
logne). Au 44, consulat de la République de SaintMarin. Au 64, 
est le square du Bois de Boulogne. Aux 48 et 50, très beaux immeubles 
dont le pavillon central est orné d'un pliénix renaissant de ses cendres. 
Ces magnifiques hôtels sont la propriété de la Compagnie du Pbénix. 
Entre les n'"' 17 et 22, est le monument élevé en 1899, à la. mémoire 
d'Alphand (1817-1891) (Voir ce nom). 

BOIS-BE-BOTTLOGNE (passade du) <-^. boulevard Saint-Denis, 18 sf->- rue 
du Faubourg-Saint-Denis, 12 [E.nclos-Saint-Laurem, Forte- Saint-Denis, 10^ arr. 
118 m.] 

Ce passage créé en 1785, doit son nom à un bal dit du Bois de Bou' 
logne qui y était situé. Les voitures de Paris à Saint-Denis, avaient 
leur bureau dans ce passage (FoiV Omnibus et Yoitures). 

BOIS-DE-BOULOGNE (rue du) -<-ss. rue Lesueur, 17 3^^ rue Duret, 28 
[Passy, Chailiot, 16« arr. 60 mj. 

Le voisinage du Bois de Boulogne lui a fait donner ce nom en 1888. 
{Voir Bois DE Boulogne). 

BOIS-LE-VENT (rue) -e-« place de Passy, 2 s?-> rue Mozart, U [Passv, 
Muette, 16-^ arr. 270 m.] 

Précédemment rue Bois-le-vent entre la place et la rue Boulainvil- 
liers et des Vignes, entre les rues Boulainvilliers et Mozart, elle exis- 
tait dès 1720. Son nom de Bois-le-Vent vient d'un cbantier qui, par 
sa situation, était très aéré, d'où Bois-le-Vent ou Sous-le-V ent. Le 
marcbé de Passy qui y est situé a été construit en 1834. 

BOISSIÈRE (rue) -^--s^ avenue du Trocadéro et d'Iéna 5s-> place d'Eylau, 3 
[Passy, Chaillol, IGe arr. 750 m.] 

Cette rue existait vers 1730 ; après avoir été la rue du Cœur Volant, 
nom qu'elle devait à une enseigne de cabaret, elle prit le nom de Bois- 
sière, ou de la Croix-Boissière, à cause d'une croix boissière plantée 
sur le champ où elle a été ouverte. On voit encore cette croix sur le 
plan de Paris de la fin du xviir siècle. On donnait le nom de Boissière 
aux croix auxquelles on allait attacher du buis, le jour des Eameaux. 
Aux 54 et 56, groupe scolaire important. 

— 179 — 



Boissy-d'Anglas 

ïj'im/paise de la Croix-Boissière, située autrefois au 2 de la rue de 
Longcliainp, appelée aussi du Cœur-Volant, fut supprimée en 1858. 

BOISSIEU (rue) -<— s boulevard Barbes, 5 ss— >- rue Belhomme, 10 [Montmartre, 
Clignancourt, 18° arr. 45 m.] 

Percée en 1868, elle reçut le nom de Boissieu. Jean-Jacques Bois- 
sieu né en 1736, fut un graveur de grand talent qui mourut en 1810. 

BOISSONADE (impasse) -<— s boulevard Raspail, 257 [Observatoire, Mont- 
parnasse, 14'= arr. 175 m.] 

Précédemment impasse Sainte-Elisabeth^ elle fut dénommée Bois- 
sonade en 1875, en l'honneur de Jean-François Boissonade de Fonta- 
rabie, helléniste distingué (1774-1857). 

BOISSY-D'ANGLAS (rue) <-m avenue Gabriel, 2 et place de la Concorde, 10 »-»■ 
boulevard Malesherbes, 5 [Elysée, Madeleine, S^ arr. 372 m.] 

Cette rue s'appelait antérieurement à 1865, la rue des Champs- 
Elysées, du côté des Champs-Elysées et rue de la Madeleine-de-V Ahreu- 
voir-VEvêque, et ri/e de la Bonne-Morue dans la partie située entre le 
faubourg Saint-Honoré et le boulevard Malesherbes. Ce nom de 
Bonne-Morue lui venait d'une enseigne de restaurateur qui s'était fait 
une célébrité dans l'art d'accommoder ce genre de poisson salé. A 
l'angle de la rue de la Ville-l'Evêque et de la rue de la Madeleine 
était située l'ancienne église de la Madeleine construite en 1639, sur 
l'emplacement d'un ancien oratoire fondé au xv® siècle par 
Charles VIII ; reconstruite en 1651, cette église fut supprimée 
en 1790. C'est au cimetière de la Madeleine que furent enten-és le roi 
Louis XVI et la reine Marie- Antoinette {Voir Chapelle Expiatoire). 

Cette voie se trouve indiquée sur un plan de 1652 sous le nom de 
rue Dauphine. En 1865, elle reçut celui de Boissy-d'Anglas, en l'hon- 
neur de François-Antoine Boissy d'Anglas, président de la Convention. 

« Dans la journée du 20 mai 1795, le peuple de Paris avait envahi 
la Chambre. Un jeune député nommé Ferraud fut tué d'un coup de 
pistolet. Sa tête coupée et mise au bout d'une pique fut présentée à 
Boissy d'Anglas qui présidait cette mémorable séance, le courageux 
président resta immobile sur son siège et salua respectueusement la 
tête de son infortuné collègue ». Eugène Delacroix a composé sur ce 
sanglant sujet un tableau remarquable. 

Boissy d'Anglas né en 1756, mourut en 1826. Il avait habité 
en 1793, V Hôtel de France, rue de Beaune ; en 1794, la rue du Bou- 
loi, puis vint demeurer au 56, rue de la Bonne-Morue, aujourd'hui 
Boissy d'Anglas. Au n° 1, s'étendant jusqu'au 7, est l'ancienne demeure 
du richissime fermier général des Postes, Grimod de la Reynière (Voir 
Monceau et Tivoli), qui fut construit en 1735. Après avoir abrité l'am- 

— 180 — 



Bolivar 

bassade de Turquie et de Russie, ce magnifique monument fut occupé 
par le Cercle des Mirlitons, fusion du Cercle Impérial et de l'Union 
artistique précédemment 18, place Vendôme. Ce cercle a été surnommé 
« l'Epatant ». Il possède une superbe terrasse sur l'avenue Gabriel. 
Au 4, était le dépôt des Marbres du Eoi, aujourd'hui transféré au 103 
du quai d'Orsay. Au 12, Hôtel Junot d'Abrantès, ayant appartenu au 
général Junot, duc d'Abrantès, aide de camp de Napoléon I*"" en 
Egypte, en Italie et au Portugal. Junot prit Lisbonne en 1807, et dans 
un accès de folie, il se suicida en 1813. Il était né en 1771. Sa veuve, 
la duchesse d'Abrantès a laissé de curieux et intéressants mémoires 
sur le règne de T Empereur. Au 9, Hôtel de la Trémouille, construit 
en 1789. Au 10, habitait en 1815, le maréchal Sérurier. En 1830, le 
maréchal Marmont, duc de Raguse {Voir Paradis) vint l'occuper ; 
puis en 1841, il passa aux mains du comte Pelet de la Lozère, ancien 
conventionnel et à la famille d'Andlau. Le 24, est une vieille maison 
donnant accès à la cité Berryer (Voir ce nom.). Lully est mort le 
22 mars 1687^ au 28 de cette rue. Au 29, enseigne au Saint-Esyrit chez 
un marchand de vins. , 

BOITON (passage) -<-^ butte aux Cailles, 13 s-^ rue Martin-Bernard 
[GoBELiNS, Maison-Blanche, 13« arr. 103 m] 

Nom du propriétaire. 

BOLIVAR (rue) -<-^ rue de Belleville, 93 s— v rue Secretan, 42 [Buttes- 
Ghaumont, Combat, 19<= arr. 1335 m.] 

Percée en 1862, lors de l'aménagement du parc des Buttes-Chau- 
mont (Voir ce nom), elle reçut le nom de Puebla en souvenir de la 
prise de cette ville au Mexique, le 17 mai 1863. Depuis 1880, elle est 
devenue rue Bolivar. 

Simon Bolivar y Ponte est le libérateur de l'Amérique Méridio- 
nale (1783-1830). Né à Caracas, il devint général, affranchit le Vene- 
zuela et la Nouvelle-Grenade de la domination espagnole, et érigea 
ces provinces en république sous le nom de Colombie. Il fonda égale- 
ment la Bolivie qui porte son nom. Ce héros, a le Washington de l'Amé- 
rique du Sud » a pris une place honorable parmi les grands citoyens 
qui se sont immortalisés pour affranchir leur pays. Aujourd'hui la 
Colombie est annexée aux Etats-Unis d'Amérique. 

Bolivar était tellement populaire en France, que vers 1820, on ne 
portait que des chapeaux à la Bolivar, sorte de gibus énormes 
en castor gris à long poil ; encore aujourd'hui quand on dit Bolivar^ 
on sous-entend un chapeau excentrique et d'une forme extravagante. 

Au 67, école de la Ville de Paris. Au 35, école maternelle. Au 133, 
assistance publique et au 119, école de garçons et filles. L'église Saint- 
Georges est au 114. 

— 181 — 



Bonaparte 

Cette rue a absorbé en 1862, la rue Loysel, et en 1881, la rue 
Péchoin, qui portait le nom d'un des membres de la Société conces- 
sionnaire des terrains sur lesquels elle avait été percée un peu avant 
la création du parc des Buttes-Cbaumont par Alphand (Voir ce nom). 

BONAPARTE (rue) -*-hsî quai Malaquais, 9 -;^v rue de Vaugirard, 18 
[LuxEMBOUKG, Odéofi, Saùtt-Germain-des-Prés, 6*' arr. 916 m.] 

A été formée en 185£', de la réunion des trois rues des Petits-Augus- 
tins, de Saint-Germmn-des-Prês et du Pot-de-Fer-Saint-Sul'pice. 

La rue des Petits- Au gustins entre le quai Malaquais et la rue J acob, 
date du xvn* siècle, elle fut établie sur le Petit-Pré-au.r-Clercs, et porta 
un moment le nom de rue de ta Petite-Seyne parce qu'elle était alignée 
1© long du canal de ce nom qui séparait le grand Pré-aux-Clercs du 
petit Pré-aux-Clercs. Ce canal qui allait se déverser dans les fossés de 
l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, en traversant les terrains, qui depuis 
servirent au cloître des Petits-Augustins, fut comblé lorsqu'on pro- 
céda à l'ouverture de cette rue. Le nom de Petits-Augustins lui avait 
été donné en 1664, à cause du couvent des Petits-Augustins, fondé 
en 1613, par Marguerite de Yalois, épouse divorcée d'Henri lY {Voir 
Jacob) et dont l'emplacement est aujourd'hui occupé par V Ecole des 
Beaux-Arts et la nouvelle Ecole de Médecine (Voir ces noms). 

La riie Saint-Gervi ain-des-Prés , tracée en 1804, entre la rue Jacob 
et la place Saint-Germain-des-Prés, fut ouverte sur des jardins appar- 
tenant anciennement à l'abbaye Saint-Germain-des-Prés, dont elle 
porta le nom en 1816, C'était alors la rue de la Poste-aux-Chevaux, et 
la rue des Religieux. En face de l'église Saint-Germain-des-Prés, la 
place formée par la rue était autrefois une des cour» de la prison de 
l'abbaye, où furent massacrées les victimes du 2 septembre 1792 {Voir 
Abbaye). De 1802 à 1815, cette rue a porté le nom de Bona^iarte, qu'ell© 
n'a repris qu'en 1852. 

La rue du Pot^de-fer-Saint-Sulpice, située entre la ruje Saint-Sul- 
pice et la rue de Vaugirard était au xv® siècle la 'ruelle tendant de la rue 
du Colombier à Vignereiy paice qu'elle conduisait de la rue du CoIoth- 
hier (Jacob) au clos de Vignerei qui fait partie aujourd'hui du jardin 
du Luxembourg. Plus tard, elle devint ruelle Saint-Sulpice (voisinage 
de r église) ; un particulier Henri du Yerger lui donna son nom ; on 
l'appela aussi rue des Jardins-près-Saint-Suljnce; des J é suite s à cause 
du IS'oviciat des Jésuites qui y était situé, et enfin devint la rue du 
Pot-de-Fer, à cause d'une enseigne voisine. 

Le Noviciat des Jésuites occupait aux 80, 82^ 84 et 86, tout l'empla- 
cement situé entre les rues Mézières, Cassette, Honoré Chevalier et 
Bonaparte. 11 avait été fondé en 1610, pai' une dame Madeleine de 
Sainte-Beuve, propriétaire de l'Hôtel Mézières qui avait donné son 
W)tel aux Jésuite». Sublet des Noyers, intendant des finances sous 
Louis XIII, augmenta le legs par la donation de qitelques maisons 

— 182 — 



Bonaparte 

voisiiK^s et y fit construire une ckapelle. Le Noviciat a disparu comme 
tant d'autres en 1790 ; on en voyait encore quelques vestiges au 82 de 
la rue Bonaparte. 

Napoléon Bonaparte, Empereur des Français, naquit à Ajaccio 
le 15 aotit 17G9. Après avoir conquis une grande pa:i-tie de l'Europe, 
il rêva « l'empire de Charlemague ». Mais, vaincu à Vaterloo par la coali- 
tion étrangère (18 juin 1815) il fut exilé à Sainte-Hélène oii il mou- 
rut le 5 mai 1821, d'une maladie de foie. On a prétendu qu'il avait été 
empoisonné par ordre d'Hudson Lowe, le gouverneur de l'île. Ses cendres 
furent ramenées en France le 15 décembre 1840, par les soins du maré- 
chal Bertrand (Voir ce no7n) et du duc de Joinville, un des fils de 
Louis-Pliilippe, et déposées aux Invalides dan» le magnifique mausolée 
construit à cet efiet. L'Empereur repose en.tre ses deux plus fidèles 
compagnons d'armes : Duroc et Bertrand. Cette cérémonie s'accomplit 
par un froid resté légendaire, car ce joui-là, le thermomètre descendit 
à plus de 25 degrés. 

Les n°'' 1 à 3, Hôtel de Chavaudon (1735). Du 7 au 9, hôtel qui 
appartint au marquis de Persan, maréchal des comptes du comte d'Ar- 
tois en 1789. Le 8 a été habité en 1801, par Napoléon I^, Au 5, ancien- 
Hôtel Besean, très belle porte d'entrée avec cour intérieure. Au 10, 
dépendance et entrée du couvent des Petits- Augustins sous Louis XIY. 
Au 12, maison du trésorier des Petits-Augustins en 178-1. Au 14, Ecole 
des Beaux- Arts (ancien couvent des Petits-Augustins). Au 16, nou- 
velle Académie de Médecine construite en 1902, sur l'emplacement de 
l'ancien couvent des Petits-Augustins fondé en 1613 {Voir rue Jacob 
et Notre-Dame-dks-Yictoires). Ces bâtiments démolis vers 1900, 
avaient servi successivement à un Mont-de-Piété, à une école culinaire 
et à un cours spécial de mathématiques. L'Académie de Médecine était 
précédemment installée au 49 de la rue des Saints-Pères dans une cha- 
pelle dépendante de l'hôpital de la Charité. Antérieurement elle avait 
été fondée en 1820, me de Poitiers où elle resta jusqii'en 1849, avant 
d'aller rue des Saints-Pères. Au 19, ancien Hôtel de Rohan Hochefort 
en 1789. Au 20, hôtel ayant appartenu en 1666 au due de Yendôme, 
fils de Gabrielle d'Estrées et d'Henri lY. Au 21, jolie enseigne de mar 
chand de vins « au Silène » (grille). Lacépède habitait en 1808 au n° £ 
Au 28, ancienne dépendance de Tabbaye Saint-Germain-des-Prés. 
Au 27, logea. Yicq d'Azir en 1788. Yauquelin demeurait en 1802, au 39. 
Léon Gambetta, le grand tribun, habitait sous le second empire un 
fort modeste logement au 45 de cette rue. 

Les Jésuites occupaient en 1617, le 74, ancien Hôtel de Denis du 
Chesne, construit en 1610. Claude Foucault, conseiller au parlement, 
le posséda en 1648, et plus tard la famille de Louvencourt. Au 89, 
ancien Noviciat des Jésuites et en 1778, loge maçonnique des Neuf' 
sœurs dont Yoltaire fit partie. Au 78, est l'ancienne mairie du. 
IX® arrondissement, aujourd'hui vi® {Voir Mairies). Au 88, demeurait 

— 183 — 



Bond y 

sous le premier empire, le sénateur Roger Dueo&, membre du Conseil 
des Anciens, puis consul provisoire après le 18 Brumaire. Obligé de 
s'expatrier en 181(J, il périt la même année, victime d'un accident de 
voiture aux environs d'Ulm. Balzac habitait la rue du Pot-de-ier- 
Saiîit-Sulpice (Bonaparte), avant d'aller s'établir imprimeur 17, rue 
Visconti (Yoir Balzac). 



BONDY (rue de) -«— = place de la République, 16 2i^->- rue du Faubourg-Saint- 
Martin, 2 [Enclos-Saint-Laurent, Porte-Saint-Martin, 10*^ arr. 500 rn.] 

Appelée anciennement rue de la Voirie ou chemin de la Voirie, 
à cause d'une voierie voisine, elle reçut plus tard le nom de rwe Basse- 
Saint-Martin, puis des Fossés-Saint-Martin, parce que cette rue était 
déjà en 17G9, en contre-bas et parallèle aux fossés du boulevard Saint- 
Martin. En 1770, sans doute parce que, aboutissant au faubourg Saint- 
Martin, elle pouvait conduire au village de Bondy, elle fut appelée 
rue de Bbndy. 

A l'angle de la rue de Lancry et du boulevard, au n° 2, existait 
de 1764 à 1781, le théâtre de l'artificier Torré qui prit le nom de 
Vau.i'hall. Plus tard le Vauxhall fut transféré rue de la Douane et 
devint un bal public. Au 53, se trouvait en 1779, le théâtre des Variétés 
Amusantes, qui, quelques années après prit le nom de théâtre Fran- 
çais Comique et Lyrique et devint vers 1795, le théâtre des Jeunes 
Artistes. 

En 1827, lors de la construction du passage Choiseul, M. Comte, le 
célèbre prestidigitateur y transporta son théâtre des Jeunes Elèves, 
sous le nom de Théâtre Comle {Voir Bouffes-Parisiens et Théâtres 
Disparus). Desaugiers fit représenter ses premières pièces sur le théâtre 
des Jeunes Artistes qui fut supprimé en 1807. 

Au 17, est l'entrée des artistes du théâtre de la Renaissance ; à côté, 
au 19, se trouve le théâtre de la Porte-Saint-Martin. Aux 54-56, maison 
Christofle, ancien Hôtel d'Aligre datant de 1798. Les bas-reliefs sont 
des copiçs de Clodion, les originaux furent vendus vingt francs dans 
une vente publique. Au 60, se trouve la rue Taylor, ouverte sur l'empla- 
cement de l'ancien hôtel du président Rossambo, construit en 1787, et 
qu'occupa en 1842, le baron Taylor, fondateur de la Société des artistes 
musiciens. Au 66, ancien hôtel du comte de Sechtré, dont héritèrent 
ses deux filles sous Louis XYI; en 1830, ce fut l'Hôtel Worms de 
Romilly. L'Ambigu est au 5. En face, la porte qui se voit au rez-de- 
chaussée, conduisait avant 1870, à la loge impériale. L'impératrice 
Eugénie aimait beaucoup le drame et venait fréquemment à ce théâtre. 
Au 40, théâtre des Folies-Dramatiques construit en 1860. Au 26, Bourse 
du travail, occupe l'emplacement de l'ancien 6^ mn^^ Café Parisien 
(Voir Chateau-d'Eau). 

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Bojine-Noitvellc 

BONHOURE (cité) -<-^s rue des RécoUejLs, 11 [Enclos-Saint-Laurent, Poret- 
Saint- Martin, lO*-" arr 145 m.] 

Xom du propriétaire. 

BON MARCHÉ (magasins du) situés rues du Bac, de Sèvres, de Babylone et 
square du Bon Marclié [Palais-Boukbon, Saini-Tliomas-d'Aquin, 7*^ arr.] 

Ces magnifiques magasins, une des curiosités de Paris, ont été fon- 
dés par M. Boucicaut et édifiés en 1872, par l'arcliite'cte Laplanclie, 
sur l'ancien emplacement d'une Afaladrerie (Voir rue de La Chaise) 
qui fut ensuite Hospice des ménages. Depuis 1868 cet hospice a été 
transféré à Ivry. Avant d'être les propriétaires de l'immense palais 
du Bon Marché, M. et Mme Boucicaut, fondateurs de la maison 
tenaient une petite boutique de mercerie, dans la rue du Bac ( Voir ce 
nom). 

BONNARD (cité) ■<-^ rue Gurial, 70 [Butïes-Giiaumont, La Villette, 19e arr.] 

Formée en 1897, par M. Bonnard, propriétaire. Entrepreneur de tra- 
vaux publics. 

BONNE (rue de la) <— «s rue de la Barre, 30 ss— >- rues Becquerel et Lamarck, 52 
[Montmartre Clignaiicourt, 18« arr.] 

Indiquée sur le plan de Roussel en 1730, elle doit son nom à une 
fontaine dite de la Bonne, qui alimentait autrefois l'abbaye de Mont- 
martre, et qui était renommée aussi bien pour l'excellence que pour la 
pureté de son eau. Une partie de cette voie a été absorbée par la rue 
Lamarch, entre la rue Becquerel et la rue du Mont-Cenis. 

BONNE-GRAINE (cour et passage de la) -*-s rue du Faubourg-Saint- 

Amoine, 115 ss— > passage Josset, 7 [Popingourt, Sainte-Marguerite, 11« arr. 
190m.] 

Ancienne impasse oiï, avant l'établissement du marché Beauveau- 
Saint- Antoine, on vendait de « bonnes graines ». 

Elle fut prolongée en 1825, par M. Josset, marchand de vins, jus- 
qu'au 2?«.95a(7e Josset et en 1835, transformée en cour. 

Aux 9 et 15, écoles de la Ville. 

BONNE-NOUVELLE (boulevard de) <-^ rue Saint- Denis, 291 et faubourâ 
Saint-Denis, 1 si-^ rue Poissonnière, 46 et faubourg Poissonnière, 2 [Bourse, 
Bonne-Nouvelle, 2<= arr. ; Enclos-Saint-Laurent, Porte-Saint-Denis, 10° arr. 
347 m.] 

Ce boulevard fut ouvert en 1676. Il doit son nom à la proximité de 
Véglise N otre-Dame-de-Bonne-N ouvelle et a été formé sur les terrains 
de Vimpasse des Babillards. 

Au 14, est située la maison du Pont-de-fer, curieux immeuble avec 
pont suspendu et cour intérieure ; sous le péristyle existent de très 
beaux bandeaux sculptés représentant des sujets antiques. Au 20, est 

— 185 — 



Bonne-Nouvelle 

le palais B«nne-Nouvelle, dit Ja ^Lénagère construit en 1837, par Gri- 
sart. Autrefois en 1855, c'était un café-concert connu soûs le nom de 
Café de France ; c'est là que débuta Darcier, le fameux chansonnier 
populaire. Ce fut dans ce café qu'en 1855, s'exhibèrent les premiers 
tableaux vivants. Le bâtiment a été complètement reconstruit en 1900, 
{Voir Palais Bonne-^Xouvelle). Au 24, est Vinipaase Bonne-N owvelle, 
ouverte en 1650, sous le nom d^iwpasse des Filles-Dieu (Voir Alexan- 
drie). Aux 26-28, est l'ancienne impasse des Babillards, qui était autre- 
fois située dans la rue Basse-Porte-Saint-Denis, supprimée lors de 
ralig-nement du boulevard en 1832. Cette partie occupe une partie du 
cimetière qui s'étendait jusqu'au Gymnase situé au 38. Le peintre 
Greuze, habitait la rue Basse-Porte-Saint-Denis et y mourut en 1805 
(Voir ce nom,). De grands travaux furent exécutés en 1842 et 1843, 
qui coxltèrent à la ville près de 300.000 francs. 

La rue Basse-Porte-Saint-Denis, absorbée par le boulevard Bonne- 
I^ouvelle depuis 1832, sous le règne de Louis-Philippe, avait été autre- 
fois la rite Bonne-Nouvelle, rue Ncuve-des-Fossés-Saint-Dcnis, rue 
Neuve-des-Filles-Dieu, et sous la Révolution rtie des Fossés de 
Fronciade; elle allait de la rue d'Hauteville au faubourg Saint- 
Denis, et son emplacement est très facile à retrouver par suite 
de l'élargissement du boulevard à cet endroit. Au 8 de cette rue se 
voyait une boutique de perruquier coiffeur, à l'enseigne à! Ah salon,. 
avec ce quatrain : 

Passants, contemploz la doiileur 

D'AJjsalon pendu par la nuque. 

Il eiit évite ce malheur 

S'il eût toujours porto perruque. (Voir Enseignes.) 

BONNE-NOUVELLE (impasse) -<-^s; boulevard" Bonne-Nouvelle, 24 [Enclos- 
Saint-Laurent, Porte- Saint- Denis, 10'= arr. 62 m.] 

.C'était autrefois, en 1650, l'impasse des Filles-Dieu ( F oir. Alexan- 
drie), parce que l'ancien monastère des Filles-Dieu, fondé en 1220, 
par l'évêque Guillaume III, pour servir de refuge « aux filles de joie 
repenties » s'étendait sur toute cette partie du boulevard d'un côté, et 
de l'autre descendait jusqu'au passage du Caire. Ce couvent situé hors 
les portes de Paris sous Charles Y fut détruit par les Anglais. On lui 
a donné un nyoment le nom de réelle Çowureuse et cul-de-sac des Filles- 
Dieu {Voir Alexandrie). 

BONNE-NOUVELLE (palais) situé boulevard Bonne-Nouvelle, 20;i24 [Bourse, 
Bonne-Nouvelle, 2,"^aiT. | 

Aujourd'hui occupé par la Ménagère, ce bâtiment fut construit par 
Grisart en 1837 ;: prit le Bom de Café- Spectacle. Puis le théâtre du 
Vaudeville- ajrant été incendié, rue de Chartres, place du Palaîs- 
Royali en 1838, vint s'y réfugier jusqu'en 1840. En 1848, un sieur Bou- 

— 186 — 



I 



Bunf.-Enfants 

ton y tenait un diorama au premier étage, qui fut ineendié le 14 juil- 
let 1849 ; l'édifice fut réédifié sous le nom de Café de France, et une 
troupe d'acteurs y donnèrent des représentations de tableaux vivants 
qui eurent une certaine vogue dans les premières années du second 
empire. On le voyait encore en 1856. 

Devenu Bazar Bonne-N ouvelle et Ménagère, il fut démoli en 1898, 
et entièrement reconstruit en 1900. 

BONNET (rue) -<-^s; passage Saint-Jules s— >- rue Jean-Dûlfus [Montmartre, 
Gra/ides-Carrières, 18'= arr. 175 ra.] 

Précédemment rue des Vignes, alors qu'elle faisait partie de la com- 
mune de Saint-Ouen, elle a reçu en 1875, le nom de Charles Bonnet, 
naturaliste distingué, né en 1720, mort en 1793. 

BON-SECOURS (cour) ■<-^si rue de GhaFonne, 99 =is-^ boulevard Voltaire, 99 
[PopiNCoURT, La Moquette, 11» arr.] 

Cette cité est l'ancien hôpital de Boîi Secours. Sous le preràier 
Empire, llichard Lenoir y établit une très importante manufac- 
ture de fil de coton, qui fut ruinée par les événements de 1814 {Voiv 
Richard-Lenoir) . En 1846, l'Etat reprit les bâtiments et y installa 
un hospice. 

Au 174 du boulevard Voltaire est l'impasse Bon-Secours, d'où l'on 
découvre une grande partie des anciens bâtiments de l'hôpital. 

BONS-ENFANTS (rue des) -<-^. rue Saint-IIonoré, 192 ss-^ rue Baillif, 3 
[Louvre, Palais- Roy al, 1'''' arr. 240 m.| 

Cette rue déjà connue au xii'^ siècle était désignée sou^ le nom de 
cheviiji qui va à Clichy, et dépendait du fief des Treize Arpents, pro- 
priété de Chanoines de Saint-Honoré. Au xiv^ siècle il prit le nom de 
rue des EscholiersSaÀnt-Hoffwréy ©t die ruelle par on Von Ta au collège 
des Bons-EnfoûitSy à cause de ce collège ou plutôt de cet hôpital des 
pauvres écoliers qui existait dans cette rue depuis 1208. Il avait été 
fondé près de l'église Saint-Honoré, par Renold Chereins, Etienne- 
Belot et sa femme Ada pour y recevoir « treize povres escholiers » pour 
la plupart enfants de chœur de la paroisse. Ces élèves étaient si misé- 
rables que pour se nourrir, ils allaient par les rues mendier leur pain ; 
ainsi qu'il est dit dans les Crieries de Paris : 

Les Bons eofans orrer crier 
Du pain, ne veuil pas oul)lier. 

(Voir VALETTE et FOUARRE). 

Ce collège, q;ui, par la suite avait acquis une certaine aisance, grâce 
aux libéralités de Jacques Cœur, l'argentier du roi Charles VIT (Voir 
Jacques-Cceue,), fut supprimé en 1602, et en souvenir de ce collège, la 
rue reçut le nom de rue des Bons-Enfants. 

— 187 — 



Bons-Enfants 

Cette désignation de Bons Enfants se donnait à cette époque aux 
jeunes gens qui se livraient à l'étude, par opposition à celle de Mom- 
vais Garçons, qui vivaient alors de vol et de brigandage. Il existe une 
rue des 31 au vais-Garçons dans le iv* arrondissement (Voir ce nom). 

Dans la nuit du 28 au 29 mai 1418, Périnet Leelerc ayant livré 
Paris aux Bourguignons {Voii' Bitci), le comte Bernard, connétable 
d'Armagnac qui commandait la ville, s'enfuyait sous un déguisement 
quelconque et cherchait à regagner son hôtel situé rue des Escholiers- 
Saint-Honoré, lorsqu'il fut reconnu par un maçon qui le livra aux sol- 
dats du duc de Bourgogne, qui, après l'avoir massacré, jetèrent son 
cadavre à la voirie. 

Les maisons de 1 à 5, appaiienaient autrefois aux chanoines de 
Saint-Honoré. Au 7, est le curieux passage Henri-IV (Voir ce nom), 
formé sur les dépendances de l'ancienne salle de théâti^ du Palais-Car- 
dinal (Voir Palais-Royal). Au 9, belle voûte, conduisant à la cour des 
Fontaines aujourd'hui place des Valois. Cette maison possède une 
entrée magistrale, dont le fronton est orné d'un énorme médaillon. 
Au-dessous, dans une moulure formant cintre se voit encore, très 
effacée il est vrai, mais lisible cependant, l'inscription suivante du 
siècle dernier : 

Cabinet de lecture, avec abonnement 
aux journaux du jour et de la veille. 

Brillât-Savarin, membre de l'Assemblée nationale, le spirituel 
auteur de la Physiologie du goût habitait en 1794, dans la maison 
qui porte le n° 14. On aperçoit des vestiges de l'Hôtel Mélusine au 17 
(Voir rue de Yalois). Le cloître Saint-Honoré a une entrée bizarre 
au 18 avec escalier intérieur excessivement curieux. 

Au 19, est l'ancien Hôtel d'Orléans, qui d'après la très intéressante 
monographie de M. Gustave Sandoz, avant d'être l'Hôtel de la Chan- 
cellerie d'Orléans, avait appartenu en 1704, à « l'aimable Sery », com- 
tesse d'Argenton, maîtresse du Régent ; l'abbé Dubois le futur ministre 
y logeait en 1708. Ce ne fut que vers 1725, que le duc d'Orléans en 
fit l'acquisition pour y installer la chancellerie, dont'la charge venait 
d'être donnée au comte d'Argenson. Précédemment il avait appartenu 
à M. de Bautru, comte de Serrant et chancelier du duc dont la femme 
Charlotte Bautru, princesse de Montauban, de mœurs assez légères, 
faisait la joie de la cour, chaque fois qu'Anne d'Autriche prononçant 
son nom à l'espagnole, l'appelait :' Madame de Baiitroii. Réédifié par 
Boffrand pour cette princesse, il fit plus tard retour à l'Etat; actuellement 
c'est la baronne Thénard qui en est propriétaire.. 

Cet hôtel, qui a une entrée au 10 de la rue de Valois avec portiques 
et colonnes donnait autrefois de plain-pied sur le jardin du Palais- 

— 188 — 



Borrego 

Royal. Il contient à l'intérieur un magnifique plafond de Coypel {le 
Triomphe de V Amour sur les Dieux), qui décore le grand salon, dans 
lequel assure-t-on fut signée la constitution de la célèbre banque de 
Law {Voir Quincampoix). Sous Napoléon III, il fut loué au facteur 
de pianos Pape, puis servit de bureaux au Constitutionnel. En 1881, ce 
fut l'orfèvre bien connu Gustave Sandoz, qui s'y installa et en restaura 
complètement les x)einture8. De 1896 à 1899, il passa à l'administration 
de l'Union centrale des Arts décoratifs et depuis, est resté inhabité. 

On remarque de chaque côté de l'entrée du 19, rue des Bons-Enfants, 
des bornes-montoirs servant jadis aux cavaliers pour monter à cheval. 
Nous en avons signalé d'autres à l'Hôtel du Cheval-Blanc, rue Mazet ; 
à l'Hôtel Colbert, 16, rue du Croissant et rue Saint-Marc, à l'entrée 
de l'ancien Hôtel de Montmorency, aujourd'hui passage des Pano- 
ramas, etc., etc. 

Au 21, ancien Hôtel Liancourt de la Roche-Guy on, construit en 
1636, et qui en 1692, servait encore aux écuries de Monsieur. C'est 
dans cet hôtel qu'eut lieu le 8 novembre 1892, un terrible attentat à 
la dynamite qui fit plusieurs victimes : l'engin, sorte de marmite à 
renversement, destiné aux mines de Carmaux, fut trouvé au siège de 
cette société, 17, avenue de l'Opéra et porté au commmissariat de police 
établi dans un pavillon à gauche en entrant dans la cour. Le 23, était 
en 1743, l'Hôtel Aymard de Clermont-Tonnerre. Au 28, Richelieu 
habita l'Hôtel de la Guillonière. Cet hôtel mis en loterie fut gagné 
par un nommé Cramer, professeur danois, qui le revendit au biblio- 
phile Silvestre. Au 31, restes de l'Hôtel de Courville. Au 32, Hôtel de 
l'Estoile, 1690. 

BORDA (rue) -<-^ rue Volta, 35 s-> rue Montgolfîer, 12 [Temple, Arts-et- 
Mé tiers, 'S<' arr. 35 m.] 

Créée en 1816, elle reçut en 1817, le nom de Borda. 

•lean-Charles Borda, savant mathématicien et physicien français, 
né à Dax le 4 mai 1733, mort le 20 février 1799, marin distingué et 
chargé de plusieurs missions scientifiques, se fit toujours remarquer 
par son courage et son habileté. Borda fut un des savants choisis en 
1790, pour aller mesurer le méridien devant servir à l'établissement 
du système métrique. Le vaisseau qui sert d'Ecole navale de Brest 
porte son nom. 

BORREGO (rue de) -«—s rue Pelleport, 152 -^-v rue Ilaxo, 67 [Ménilmontant, 
Saint-Far<^eau, 20<= arr. 420 m.] 

Ouverte en 1843, sur l'emplacement d'une allée de l'ancien parc 
de Ménilmontant. Cette rue fut dénommée de la Fontaine, puis en 1864 
de Borégo, ville du Mexique, en souvenir de la guerre franco-mexi- 
caine. Sur un plan cadastral en 1812, elle porte le nom de chemin 
de la Demi-Lune à cause d'une enseigne. 

— 189 — 



Bossuet 

BORROMÉE (rue) -<-s£ rue Blomet, 59 =^-^ rue de Vau^irard, 224 [Vaugirard, 
Necker, \b<' arr. 165 m.] 

Percée en 1863, sous le nom. de Saint-Charles, elle a reçu en 1867, 
celui de Borromée en l'honneur de saint Cliarles-Borroniée, arche- 
vêque de Milan, célèbre par son dévouement pendant la peste de 1576 
(1538-1584) {Voir Belzunce). 

BOSIO (rue) <-és rue Pierre-Guérin, 23 =-> rue Poussin, 8 [Passy, Auteuil, 
16<= arr. 85 m.] 

Elle fut créée en 1852, et prit le nom du statuaire français Bosio, 
élève de Puget. 

Les œuvres les plus connues de Bosio, sont la statue de Louis XIV, 
place des Victoires, le monument de Mirabeau au Palais de Justice, 
et un buste d'Henri IV enfant. Bosio né à Monaco en 1768, mourut 
en 1845, à l'âge de 77 ans. 

BOSQUET (avenue) x— ss quai d'Orsay, 77 et avenue Rapp, 1 s— >- avenue 
de la Motte-Piquet, 46 et de la Bourdonnais, 77 [Palais-Bourbon, Gros-Caillou, 
7" arr. 36 m.] 

Précédemment rue de la Vierge et en 1858, avenue de VAlma après 
la campagne de Crimée, elle reçut le nom de Pierre-François Bosquet, 
maréchal de France, né en 1810, mort en 1861, qui, après s'être dis- 
tingué dans les guerres d'Afrique, avec Pélissier et Canrobert, com- 
manda en chef le 20 septembre 1854, à la bataille de l'Aima. 

Le maréchal Bosquet possède deux statues à Paris et à Lyon, qui 
furent toutes deux érigées le 28 octobre 1894. Au 22, est l'Hôtel de la 
comtesse de Béarn. 

BOSQUET (passag^e) -<-^s rue Clerc,, 46 s— v avenue Bosquet, 69 [Palais- 
BouRBO>', Gros-Caillou, 1" arr. 10 m.] 

Formé en 1844, c'était alors la villa Saint-Pierre, oe n'est qu'en 
1877, qu'il prit le noui de Bosquet {Voir avenue Bosquet). 

BOSSUET (rue) -<-^ rue Lafayette, 111 ss-v rue de Belzunce, 3 [Enclos- 
Saint- Laurent, Saint-Viricent-de-Paul, 10* arr. 125 m.] 

Acquise en 1825, avec les terrains destinés à la construction de 
l'église Saint- Vincent-de-Paul, elle fut ouverte en 1827, et reçut le 
nom de Bossuet. 

Né à Dijon le 27 septembre 1627, Jacques-Bénigne Bossuet mou- 
rut à Paris le 12 avril 1704, dans une maison aujourd'hui disparue 
de la rue Sainte-Anne, qui se trouvait en partie sur le n* 63 actuel et 
qui était alors la communauté des Nouvelles Catholiques. 

Entré dans les ordres en 1652, Bossuet se fit remarquer par des pré- 
dications qui attirèrent bien vite sur lui les yeux du roi Louis XIV ; 



190 



I 



Boiichdrdif 

nommé en 1069^ évêque de Condom, l'année suivante il devint piécep- 
teux du dauphin pour lequel il composa le Dis-couvs sur V Histoire Uni- 
verselle; membre de l'Académie en 16T1, il fut nommé évêque de 
Meaux en 1681. 

Ses sermons comme ses oraisons funèbres sont les monuments les 
plus sublimes de l'éloquence sacrée ; dans les questions théologiques 
il se montra l'ennemi acharné de Fénelon qu'il parvint à faire exiler. 
Il entreprit de concert avec Leibnitz de réunir l'Eglise catholique à 
l'Egli&e luthérienne et prit une part active à la révocation de l'Edit 
de liantes. 

Bossuet a été surnommé « l'Aigle de Meaux ». Un jour qu'il prê- 
chait, il avait 16 ans, son sermon s'étant prolongé jusqu'à 11 heures 
du soir, fit dire à Voiture : « Je n'ai jamais entendu prêcher ni si tôt, 
ni si tard ». La statue de Bossuet faite par David d'Angers figure au 
fronton du Panthéon. Une autre statue, œuvre de MM. Gasp et Mathu- 
rin Moreau, doit être placée prochainement dans la cathédrale de 
Dijon. 

Au 14, est une école professionnelle de jeunes filles. 

BOTZARIS (rue) ■<— sï me Bolivar, 40 s—*- rue de Crimée, 35 [Buttes-Ghau- 
MONT, Amérique, Combat, 19" arr. 860 m.j 

Précédemment r^le de la Vera-Cruz, en souvenir de la guerre du 
Mexique; elle reçut en 1880, le nom de Marc Botzaris, un des héros 
de la gueiTe de l'indépendance grecque, né en 1790, et mort au siège 
de Missolo2ighi en 182-3. Au 10, ancienne cité Fouqnet du nom de son 
propriétaire allant aboutir au 21 rue Pradier. 

BOUCH4RDON (rue) <-is rue de Bondy, 84 ■^-*- rue du CMteau-d'Eau, 31' 
[Enclos Saint-Laurknt, Porte- Saint-Marlin, lO** arr. 220 m.] 

Cette rue, autrefois iinpasse de la Poon'pe, à cause du voisinage d'une 
pompe qu on y voyait auparavant, date de 1821. En 1854, l'impasse fut 
prolongée jusqu'à la rue du Château- d'Eau, mais les travaux d'aligne- 
ment du côté de la rue de Bondy, avaient été exécutés^ dès 1848. 

Depuis 1864, elle a été dénommée Bouchardon, en mémoire d'Edme 
Bouchardon, le sculpteur célèbre qui naquit à Chaumont en 1698, et 
mourut en 1762'. Il est l'auteur de la magnifique fontaine de la rue de 
Grenelle qui porte son nom, d'une grande quantité de statues à Ver- 
sailles et des principales sculptures de l'église Saint-Sulpice. 

BOUCHARD Y (passage) <-^z rue de l'Orillon, 31 3— v nie du Faubourg- du- 
Temple, 106 [Popincourt, FoUe-Méricourt, 11« arr. 145 m.] 

Construit en 1829, il porta le nom de son propriétaire Philibert, puis 
devint en 1846, le passage de l'Isly, en souvenir de la victoii-e de l'Isly 
remportée par le maréchal Bugeaud sur les Marocains, le 14 août 1844. 
Depuis 1875, il est appelé passage Bo'uchardy. 

— 191 -^ 



Boudin 

Joseph Bouchardy (1820-1852) auteur dramatique, un des princi- 
paux créateurs du vieux drame que nous appelons aujourd'hui 
« Mélo », écrivit un nombre incalculable de pièces de théâtre, parmi 
lesquelles les plus connues sont : Le Sonneur de Saint-Paul, Gaspardo 
le Pêcheur, où se trouve le fameux : Tu disais donc cher Mattéo ? et 
encore la Tour de Nesle, en collaboration avec le père Dumas (Voir 
Alexandre Dumas), dont plusieurs tirades sont devenues légendaires, 
entre autres celle de Landry le tavernier, lorsqu'il dit : Une bien belle 
nuit pour une orgie à la tour ! ou Buridan s'écriant : C'était une noble 
tête de vieillard ! ou encore : Six manants contre un gentilhomme, 
c'est cinq de trop ! 

BOUCHER (rue) -<— œ rue d'i Pont-Neuf, 6 a— >- rues de Rivoli, 67 et des 
Bourdonnais, 25 [Louvre, Saint-Germain-iAuxerrois, 1<"" arr. 60 m.] 

Elle fut créée en 1776, sur l'emplacement de l'ancien Hôtel de la 
Monnaie qui était établi dans cette rue, à l'endroit oii était précédem- 
ment l'Hôtel de Conti avant d'avoir été transféré quai Conti, dans 
l'Hôtel de Nevers où il est actuellement {Voir Monnaie). 

M. Boucher, qui a donné son nom à cette rue était échevin de 
Paris de 1773 à 1778. Ne pas confondre avec Boucher, le peintre des 
amoiirs dont la statue érigée en 1900, décore le jardin de l'infante 
(Louvre). 

BOUCHET (impasse) ■<— s rue de Meaux, 24 [Buttes-Ghaumont, Combat, 
IQ" arr. 53 m.] 

Nom du propriétaire du terrain. 

BOUCHUT (rue) -<— « rue Pérignon ?s— >- rue Barthélémy [Vaugirard, Necker, 
15« arr. 188 m.] 

Eue formée en 1900, sur l'emplacement des abattoirs de Grenelle. 

Eugène Bouchât, (1818-1891), médecin de l'hôpital des Enfants- 
Malades, membre de l'Académie. Découvrit le « tubage » du larynx 
qu'il préconisa pour le traitement de la diphtérie afin d'éviter l'opéra- 
tion sanglante de la trachéotomie. Sa découverte ne prévalut pas 
d'abord en France, mais fut appréciée à l'étranger d'ovi elle nous est 
revenue. Le D'' Bouchut est l'auteur d'un important Dictionnaire de 
Médecine et de Thérapeutique. 

BOUCRT (rue) -<-^ rue Cugnot 3s-> rue de la Chapelle, 146 [Montmartre, La 
Chapelle, 18<= arr. 517 m.] 

Ouverte en 1859, elle reçut en 1877, le nom de son propriétaire. 

BOUDIN (passage) -*-^ impasse Haxo, 17 s->- rue de la Justice, 22 [Mknil- 
MONTANT, Sainl-Fargeau, 20« arr. 114 m.] 

Nom du propriétaire. 

— 192 — 



Bouffes-dn-Nord 

BOUDON (avenue) x— ^ rues François-Gérard et La Fontaine, 'i3 ss— >- rue 
Georges-Sand. 12 [Passy, Auteuil, iQ" arr. 125 m.] 

La partie de cette avenue qui formait un coude et déboucliait rue 
La Fontaine, a été prolongée jusqu'à la rue du Point-du-Jour et forme 
la rue Georgc-Sand. Elle a été ouverte par M. Boudon. 

BOUDREAU (rue) -<— s rue Auher. 7 ^^^^^ rue Caumartin, ;{0 [Oi'::ka, C/iaussée- 
d'Antn, 9'' an-. 95 m.J 

Cette rue a été créée en 1779, sous le nom de Boudreau, greffier 
de la Ville de Paris à cette époque. En 1858, lors du percement de la 
rue Auber, elle fut prolongée jusque-là, faisant disparaître le jyassage 
Trudon, qui commençait rue Boudreau pour finir rue des Mathurins. 

Au n° 7 existait en 1882, une magnifique salle de spectacle cons- 
truite dans le genre hindou, en forme de pagode par l'arcliitecte Klein, 
qui fut VEdeii, puis le Grand Théâtre, et enfin VEdeii-Théâtre. L'Eden 
eut un très grand succès avec le ballet Ea-celsîor et les premières audi- 
tions à Paris du Tannhauser de Richard Wagner, par les soins du chef 
d'orchestre Charles Lamoureux. Ces auditions donnèrent lieu à 
quelques manifestations anti-allemandes, qui cependant n'empêchè- 
rent pas ces représentations artistiques d'avoir lieu. Aujourd'hui tout 
a été démoli, et sur l'emplacement de ce théâtre, on a bâti de magni- 
fiques immeubles formant le square de V Opéra (Voir ce nom), dans 
lequel a été ménagée l'entrée de la Comédie-Parisienne, ou Athénée- 
Comique, qui vers 1893 était installé au 9, dans l'ancien Hôtel d'Imé- 
court, devenu sous le règne de Napoléon III, l'Hôtel Schneider, 
directeur du Creusot et président de la, Chambre des députés. Avant l'ou- 
verture delà rue Auber, et la création du quartier de l'Opéra, les jardins 
de l'Hôtel d'Imécourt s'étendaient presque jusqu'à la chaussée d' An- 
tin, où ils allaient retrouver les jardins de l'Hôtel de Padoue, dont 
l'entrée s'ouvrait sur la rue dti Mont-Blanc, (chaussée d'Antin), Eachel 
la grande tragédienne (Voir ce nom), habita la rue Boudreau. 

A la mort de Gounod, il avait été question de changer le nom de 
cette rue et de lui donner celui de l'auteur de Faust et de Mireille, 
mais le Conseil municipal ne crut pas devoir donner suite à ce projet, 
d'autant plus que Gounod possède déjà sa rue dans le quartier de la 
plaine Monceau (xvii'' arr.). 

BOUFFES-DU-NORD (théâtre des) situé boulevard de la Chapelle, 37 et 
rue du Faubourg-Saint-Denis, 209 [Enclos-Saint-Lalhent, Saini-f'i/icent-de- 
Paul, 160 arr.] 

C'e théâtre a été créé en 1876. Ses grands succès furent les Sous- 
Officiers, Devant l'ennemi, la Goualeuse avec Eugénie Buffet, etc., etc. 
Malgré l'exiguïté de son emplacement ce théâtre trouve le moyen, 
grâce à l'habile direction de MM. Clôt et Dublay, de jouer des pièces 

— 193 — 

13 



Boiii>'ai/H>lllL' 

inédites à grand spectacle. Situé dans l'ancien Paris d'avant l'an- 
nexion, il ne profite pas comme ses antres confrères suburbains de l'au- 
torisation qu'ont ceux-ci de reprendre les pièces représentées avec 
succès sur les grands théâtres de Paris (loir Chapelle Expiatoire). 

BOUFFES-PARISIENS (théâtre des) situé passage Choiseul, 65 et rue 
Monsigny, 2 [Bolrsk, Gaillou, 2" an'.] 

Ce théâtre, ancien théâtre Comte, a été fondé en 1810, par le pres- 
tidigitateur de ce nom qui, après avoir d'abord établi son théâtre dans 
la salle des Variétés amusantes, 59, rue de Bondy, sous le nom de 
théâtre des Jeunes Artistes, à l'Hôtel des Fermes, rue de Grenelle- 
Saint-Honoré, dans la salle de la rue de Thionville (Voir Dauphin^e), 
puis au passage des Panoramas, vint enfin s'installer en 1826 dans le 
local du passage Choiseul. En dehors de la fantasmagorie et de la 
.magie blanche, M. Comte exploitait à cette époque une troupe d'en- 
fants qui j(maient la comédie et dont quelques-uns devinrent plus tard 
de grands acteurs. C'était alors le théâtre des Jeunes Elèves. L'inau- 
guration de cette salle eut lieu le 23 décembi-e 1826. 

En 1855, le théâtre changea de nom, et de genre. Offenbach en fut 
directeur et le nomma théâtre des Bouffes-Parisiens ; il eut à cette 
époque une très grande vogue avec des pièces comme : Orphée au.r 
Enfers, les Dames des Halles, les Bavards, Craqueter, la Chanson de 
Fortunio, les I^antins de Violette, d'Adam avec Tayau, Désiré, Léonce, 
Bâche, Mmes Ugalde, Peschard, Testée, etc., etc. 

Les derniers grands succès de oe théâtre ont été la Timbale d'ar- 
gent, avec Judic ; Joséphine vendue par ses sœurs avec Milly-Meyer ; 
la Mascotte jouée par Grrizier-Montbazon ; Miss Helyett, d'Audran, 
avec Biana, Duhamel ; Mani'zelle Carabin, d'Emile Pessard, avec 
Simon Girard et Huguenet. 

La salle a été entièrement reconstruite en 1857, par l'architecte 
Lehmann. 

BOUFFL.ERS (avenue) -<-^ avenue des Tilleuls, 7 ss-^ avenue des Peupliers 

\Pk?,s\, Auteiiil, 16'' arr. 172 m.] 

A reçu le nom du chevalier Stanislas Jean de BouMers, littérateur 
(17-^8-1815), né à Lunéville ; célèbre par ses poésies légères. Il fut 
« bailli d'épée » de Nancy, maréchal de camp, et gouverneur du Séné- 
gal, Son hôtel était près du Temple au Marais, 16, rue Dupetit-Thouars. 

Il y a eu un marquis de Boufflers, le père du chevalier, qui fut 
également maréchal de France (1644-1711), et qui s'illustra à Nassau 
en 1695, à Lille en 1708 et à Malplaquet en 1709. 

BOUGAINVILLE (rue) ^«-^ avenue de la Motte-Ficquet,19 m-^ rue Chevert.lfi 
[Palais-Bourbon, Gros-Caillou, 7'' arr. 06 m.] 

Précédemment petite rue Chevert {Voir rue Ohevert), cette rue 
fut alignée en 1845 ; et en 1864, reçut le nom de Bougcdnville. 

— 194 — 



Bodlard 

Louis-Antoine de Bougainvilk, célèbie .navigateur, viee-amiral et 
membre de l'Institut a écrit de 17.6C .à 1769, un Voyage autour du 
monde. Il mourut le 31 août 1811, dans la maison qui :porte le n" ft. 
de la rue de la Banque. Son corps a été transporté au Panthéon. 

BOULAINVILLIERS (rue de) -*-^ rue Gros et qtiai de Passy, 44 s-*- chaussée 
de la Muette, et rue de Passy, 103 [Passy, Auieuil, Muette, 16» arr. 820 m.] 

Cette rue a été composée d'une partie de la route départementale ,. 
située entre l'avenue de Versailles et la rue de La Fontaine. (La partie 
entre la rue Raynouard et le quai est indiquée sur le plan de Rous- 
sel 1730), celle à la suite, fut ouverte en 1831, sur un côté du jardin 
du cJtâteau de Boulainxilliers, prévôt de Paris, seigneur de Passy 
(1058-1722). 

Au 15 de cette l'ue était avant 1870, la prison ou maison d'arrêt de 
la garde nationale, appelée vulgairement en raison de la. nourriture 
qu'on 3' recevait : V Hôtel des Haricots ; aujourd'hui les bâtiments de 
l'ancienne prison sont occupés par la Compagnie du gaz. Avant d'être 
à Auteuil et jusqu'en 1845, la maison d'arrêt des gardes nationaux 
avait été Hôtel Bazancourt, en face du 30, de la rue des Fossés-Saint- 
Bernard (Voir ce nom). Au 29, est le Hameau Boulainvilliers. 

BOULANGERS (rue Ûes) <-^ë rue de Linné, 41 =3^->- rue Monge, 29 Ois [Pan- 
théon, Saint-Victor, 5e arr. 224 m.] 

Cette rue qui existait déjà en 1350, doit son nom à des boulangers 
qui y étaient installés ; elle s'appelait aloxayrîie N eiive-Saint-V ictor^ 
En 18G8, elle fut prolongée jusqu'à la rue Monge. 

Au 12, demeurait le fourriériste Victor Considérant (Voir ce nom,)^ 
C'est aujourd'hui une école de la Ville. Vieilles maisons à signaler^, 
aux 2, 4, 6 et 13. 

im 

BOULANGERIE DES HOPITAUX (administration générale de la> 

située place Scipion [Panti éov, J ardin-des-Plantes , 5« arr.] 

Cet intéressant établissement occupe la maison dite de Scipion 
(Voir ce nom,), construite en 1565, sous Henri III par un riche finan- 
cier nommé Scipion Sardini. En 1G22, cet hôtel donné à la Salpêtrière, . 
fut transformé en asile pour y recevoir les vieillards pauvres et infirmes. 
Depuis cette époque, les bâtiments ont été affectés exclusivement à la . 
fabrication des pains nécessaires aux hôpitaux de Paris {Voir rue du 
Fer- a-Moulin). Sur la façade se trouvent de très beaux médaillons 
en terre cuite. 

BOULARD (rue) -<-^£ rue Froidevaux, 13 s— >- rue Brézin, 28 [Observatoire,. 
Montparnasse, Petit-Montrouge, l-i» arr. 325 m.] 

Le voisinage de Vhospice La Rochefoucauld lui a fait donner le 

— 1«5 — 



Boulets 

nom d'un philanthrope très connu dans le quartier pour les dons nom- 
breux qu'il fit à l'assistance publique. 
Au 19, école de garçons. 

BOULAY (rue) -*-« avenue de Clichy, 178 3— >- rue de la Jonquière, 85 [Bâti- 
GNOLLES, Epinelies, 17« air. 260 m.] 

Créée par le propriétaire M. Boulay. 

Au 101 de la rue Bessière est situé le passage JJoulaij, primitive- 
ment dit petite rue Boulay. 

BOUL.E-BLA.NCHE (passage de la) ■<-^. rue de Charenlon, 47 s— >- nie du 
Fanboiirg-Saitil-Aiiloiiie, 58 [Ukuilly, Quinze-Virif^ls. l?e arr.] 

Fut percée en 1700, à travers une maison connue sous le nom de 
Maison de la Boule Blanche. Ce nom qui lui venait d'une enseigne, 
lui a été conservé. 

Le passage de la Boule-Blanche est placé exactement en face de 
l'ancienne principale entrée de VHôtel des Mousquetaires, dont les 
bâtiments servent aujourd'hui à l'hospice des Quinze-Vingts (Voir ce 
nom). 

BOULE ROUGE (rue de la) <-^s rue Montyon, 4 jk— v rues GeolIVoy-Marie, 16 
et nicher, 27 [Opkka, Faubourg-Moulmartre, 9« arr. 90 m.] 

Ouverte sur des terrains appartenant aux hospices de Paris, elle 
doit son nom au cabaret à l'enseigne de la Boule Rouge. Elle commen- 
çait en 1833, rue du Faulfcurg-Montmartre et aboutissait par un retour 
d'équerre, à la rue Richer. Cette seconde partie a seule conservé son 
nom primitif ; l'autre section, prolongée en 1844, jusqu'à la rue de 
Trévise est devenue la rue Montyon. Au 6, rue Geoft'roy-Marie est 
Vimpasse de la Boule-Rouge. Il existait autrefois un cul-de-sac de la 
Boule-Rouge qui a été englobé dans la rue Montyon. 

BOULETS (rue des) ■<-^s. rue du Faubourg-Saint-Antoine, 303 s-> rue de la 
Roquette, 158 [Popincourt, La Roquette, Sainte-Marguerite, 11« arr. 1190 m.] 

Précédemment rtie Saint-Denis, entre les rues du Faubourg-Saint- 
Antoine et de Montreuil ; de la Muette, entre les rues de Charonne et 
de la Roquette, à cause d'un lieu dit La Miiette dont il est fait men- 
tion dans une ordonnance royale de 1540 ; et des Boulets entre les 
rues de Charonne et de Montreuil ; depuis 1868, elle poi-te le nom de 
rue des Boulets sur toute son étendue, parce que l'endroit sur lequel 
elle fut percée en 1827, portait au xvi* siècle le nom de Lieu des Boii- 
lets, anciennement des Basses-V ignobles, indiqués tous deux sur le 
plan de Rochefort. 

Comme on le voit, le nom de Boulets n'a rien qui puisse se rap- 
porter aux condamnés, aux forçats soumis autrefois au régime des bou- 

— 196 ~ 



BoHlei>ards 

lets, ni aux détenus de la Roquette. Au 16 de l'ancienne rue de La 
Muette, était la communauté des Filles de Sainte-Marthe, fondée 
en 1713, par Isabelle -Jourdan, veuve de Théodon, le graveur du roi. 
Supprimée en 1790, ses bâtiments sont devenus propriété particulière. 
Au 129, est la F ondation Ledru-Rolïin. 

BOULEVARDS (les) 

Les Grands Boulevards que l'on appelait avant l'annexion de 1860, 
Boulevards Intérieurs pour les distinguer des Boulevards Extérieurs, 
partent de la place de la Bastille et aboutissent à la Madeleine. Ils ont 
un parcours de 4.600 mètres dans toute leur étendue comprenant Ife 
boulevard Beaumarchais (700™), des Filles-du-Calvaire (300™), du 
Temple (ôOG""), Saint-Martin (650""), Saint-Denis (250"), Bonne-Nou- 
velle (350°"), Poissonnière (350™), Montmartre (250™), des Italiens 
(550™), des Capucines (500™), et de la Madeleine (200™) (Voir ces 
noTuS'. 

Les boulevards ont joué à toutes les époques un très grand rôle dan» 
l'histoire de Paris, comme témoins des événements les plus importants, 
ils ont vu, pour ne parler que de l'époque la plus rapprochée de nous : 
Les funérailles de Voltaire (11 juillet 1791), et de Mirabeau 
(2 avril 1791). — Le lugubre cortège de Louis XVI se rendant le 21 jan- 
vier 1793, de la tour du Temple à la place de la Révolution (actuelle- 
ment Concorde), pour y être guillotiné. — Le passage des troupes 
alliées en 1814 et 1815. — Les funérailles du général Lamarque, qui 
furent l'occasion de luttes sanglantes préliminaires de l'insurrection de 
Juillet 1830. — La Révolution de 1848, qui débuta le 24 février au 
ministère des affaires étrangères alors situé boulevard des Capucines 
(Voir ce nom). ■ — Le coup d'Etat de 1851 {Voir Elysée). — ■ L'enter- 
rement de Béranger en août 1857. — La rentrée triomphale de nos 
troupes : Orient 1851 et Italie 1859. — La revue du général Trochu 
avant la campagne de 1870. — En 1871, la Commune de Paris, avec les 
cercueils des fédérés recouverts de drapeaux rouges. — Les funérailles 
du président Thiers en 1877. — Le centenaire de la République le 
22 septembre 1892, où pour la circonstance et pour permettre le pas- 
sage des chars allégoriques, il fallut enlever les lampadaires dea 
refuges installés depuis 1875, sur toute l'étendue des boulevards. — La 
réception des marins russes le 17 août 1893.. — Le voyage du tsar Nico- 
las II en octobre 1895. — L'arrivée du président Kruger (24 novem- 
bre 1900), logé à l'Hôtel Scribe. — La visite du roi d'Angleterre 
Edouard V^II (1*"" mai 1903). — La visite de Victor-Emmanuel III, 
loi d'Italie, et de la reine Hélène (18 octobre 1903), au retour de la 
revue de Vincennes, etc., etc. 

Les anciens remparts élevés en 1356, par Charles V pour mettre 
Paris à l'abri des incursions des Anglais, tombaient en ruines, lors- 

— 197 — 



Boulevards 

qu'en 1634, Louis XIII entreprit d'augmenter l'enceinte de Paris ; à 
cet effet iii conclut un marché avec MM. Barbier et F'roger pour établir 
-de nouveaux. i-empaHs depuis la porte Saint-Denis jusqu'à la porte 
Saint-Honoréavec « Défense sous yeine de hjuet de bâtir au delà des 
faubouigs ». Une plaque gravée portant cette ordonnance se voyait 
encore jusqu'en 18'i9 au n° 1 du boulevard Poissonnière, au coin de 
la rue Poissonnière. La plaque a été remplacée par l'enseigne « Aux 
-anciennes limites de Paris ». 

On raconte qu'en 1(370, le roi Louis XIY, revenant de Yincennes, 
suivait dans sa voiture la ligne que découvrait le rempart pour rentrer 
à son palais par la porte de Richelieu, lorsqu'il fut frappé de l'état 
déplorable dans lequel se trouvaient ces anciennes fortifications et des 
graves inconvénients que ces voiries établies çà et là autour de Paris 
pouvaient entiaîner sous le rapport de la salubrité de la Yille, aussi, 
résolut-il à l'instant de remédier à cet état de choses en achevant 
l'œuvre de son père et en faisant immédiatement construire lai nou- 
veau revij.ai't planté d'arbres depuis la porte Saint- Antoine jusqu'à 
-celle de Saint-Denis. 

Yers la fin du xvii" siècle, le rempart du côté de la Madeleine coin- 
plètement planté atteignait la porte Saint-Honoré, toutefois ce ne fut 
qu'en 1772, que la, chaussée de ce boulevard fut entièrement pavée. 
« Malgré ces améliorations successives, nous disent les frères Lazare, 
le boulevard' bordé à droite et à gauche de murs sans fin, devait être 
Tine promenade peu agréable pendant le jour et très dangereuse pen- 
dant la nuit ». Ce fut alors qvie les grands seigneurs, propriétaires de» 
magnifiques hôtels dont les jardins avaient été coupés en doux par 
,1e rempart, désireux de donner un peu de gaieté au quartier GaiUon, 
obtinrent la permission d'ouvrir des portes sur le rempart, et d'éta- 
blir des terrasses tout le long du boulevard {V oir Hanovre). En 1780, 
on comptait sur ce rempart cent dix maisons et une vingtaine d'hôtels. 
Peu à peu les constructions gagnèrent la Chaussée d'Antin (Voir ee 
nom) et ce quartier bientôt habité par le Tout-Paris d'alors : Mirabeau, 
la Guimard, les gros financiers, etc., etc., devint tout à fait à la 
mode. Sa célébrité s'accrut encore sous le Directoire et surtout sous 
l'Empire, de sorte que bientôt l'exemple fut suivi, et les boulevards se 
remplirent d'un bout à l'autre de nombreuses habitations. 

Il existe beaucoup d'autres boiilevards dans Paris, mais ce qu'on 
appelle les Boulevards, ou plus communément « le boulevard », s'en- 
tend uniquement de cette merveilleuse promenade, qui s'étend de la 
Madeleine à la Bastille, et qui, en certains endroits constitue l'âme et 
l'existence même de Paris {Voir boulevard Montmartre). Aller au 
Boulevard, se dit aujourd'hui comme on disait autrefois: Aller à la 
Place, en parlant de la place Royale quand on voulait parler du seul 
endroit de Paris, reconnu comme le véritable centre des nouvelles (Voir 
place des YosGEs). 

— 19Î — 



Boul'oi 

BOUIilTTE (rue) ■<—^. rue Didot, 97 s^— v en impasse [Observatoire, Plaisance, 
I4e arr. 20 m.j 

Ouverte en 1900 par les soins de M. Boulitte, propriétaire du terrain. 

BOULLE (rue) -*-^s boulevard Richard-Lenoir, 32 s^-> rue Froment, 1 [Popix- 
couRT, La Roqu^tle, 11" arr; 135 m.] 

Jusqu'en 1880, époque à laquelle l'ortliQgraplie du nom fut modi- 
fiée, cette rue s'appelait rue Boulle. 

André-Charles Boulle, sculpteur-ébéniste, chimiste et graveur, né 
en 1642, mourut en 1732. Il est l'inventeur de ce genre de meubles à 
fond de plaquage rouge incrusté d'ornements de caiivre connus sous 
Le nom de meubles Buulle et qui sont aujourd'hui devenus presque 
introuvables. 

Boulle doit avoir sa statue à l'angle de la rue de Reuilly et du fau- 
bourg Saint-Antoine. C'est le sculpteur Edouard Jacques qui a été 
désigné pour l'exécution de cette œuvre. 

BOULNOIS (place) située rue Bayen, 6 [Batignolles, Les Ternes, 11'' arr.] 

Fut percée vers 1820, sur la propriété du baron Louis-Jacques- 
François Boulnois, lieutenant général (1773-1883). 

BOULiOI (rue du) <— «e rue Croix-des-Petits-Cliamps 3==r— v rue Coquillière, 27 
[Louvre, Halles, l'^'' arr. 194 m.] 

Existait en. 1359, et portait alors le nom de riie de Bouloir^ rue mix 
Bouliers ou au,p BulUers, du nom d'un ancien hôtel. Par corruption 
bouloir est devenu Bauloi. Les Bouliers étaient des ouvriers qui 
remuaient la chaux et Bouloir était l'instrument servant à cet usage. 
Ces diiierentes dénominations étaient toujours suivies de : dite cour 
B^x-siJe ou Bmziïe. Le pas^sage V ér<<)-Dodat au- % occupe l'emplaxîement 
dé l'hôtel i\\\ financier <^uatremère, qui s'étendait jusqu'au 4. Aux 8 
et tO, Hôtel de Lude en 1G75, et d'Aubray. Le bureau des diligences 
pour Dieppe appelées « Jumelles » était installé en 182'2, au n" 9 
(Voir Coi'rs-la-Retne). L'ancien Hôtel de Clérambourg, se voyait 
autrefois au 11. Pellegrin de Le&tang habitait en 17;}9, le n** 20i. Au 21, 
ancien couvent des Carmélites, Ferme des Tabacs, puis Hôtel des 
Domaines. Cour spacieuse avec pilastres et bustes à la porte d'entrée, 
avec bornes cerclées de fer. Ce bel immeuble sert aujourd'hui à des 
messageries. Au 22, est la cour des Fermes, ouverte en 1690, sur l'Hôtel 
des Fermiers Généraux, qui lui-même occupait l'emplacement de l'an- 
cien hôtel de Jean de La FeiTière (Voir J.-J- RoussEAr). 

L'imprimerie Paul Dupont, et le journal des Fetites-AMches, 
eurent longtemps leurs bureaux dans l'ancienne cour des Fermes, 
mais depuis 1890, tous les vieux bâtiments ont été démolis et remplacés 
par des constructions modernes d'un très bel aspect {Voir rite du 

— 199 — 



Bouvhon-le-Chdlean 

LouvEE, IB). Au 17, ancien Hôtel de Lussan. Les célèbres messageries 
LafRtte et Gaillard étaient établies au 22 de la rue du Bouloi {}^oir 
rue Notre-Dame-des-Yictoires). C'est dans cette rue qu'habitait 
François à\\ Plessis, seigneur de Hichelieu et son épouse Suzanne de 
la Porte, lorsqu'ils firent baptiser à la paroisse Saint-Eustache, le 
5 mai 1586, leur fils Armand-Jean, né au 7 de la rue de Jouy, le 
9 novembre 1585 (Voir rues de Jouy et Richelieu). 

BOUQUET-DE-LONGCHAMP (rue du) -t-^ rue de Longchamp, 26 =s:— >- rue 
Boissièrc, "iô [Passy, CItnillot, 10'" arr. 1'j8 m.] 

C'tait autrefois une ruelle de l'ancien village de Chaillot, elle 
devait son nom à un bouquet d'arbres dépendant du territoire appar- 
fenant à l'abbave de Longcliamp (Voir ce nom). Son alignement date 
de 1817. 

BOURBON (passage) -*— s rue de la Convention =s-^ rue Olivier-de-Serres, 48 
JVaugikard, Saint-Lambert, 15" arr. 110 m.] 

A été créée sous la Restauration sur l'ancienne commune de Vau- 
girard. Avant l'ouverture de la rue de la Convention cette rue aboutis- 
sait au 339 de la rue de Vaugirard. 

BOURBON (quai de) -«-^; rue des Deux-Ponts, 34 et Pont-Marie s— v rue 
de Bellay et pont Saint-Louis [Hotei,-de-Ville, Notre-Dame, 4e arr. 367 m.] 

Construit de 1614 à 1646, par les entrepreneurs Marie, Poulletier et 
Le Regrattier. Il portait le nom de la famille royale. De 1792; à 1806 
on l'appela quai dp la République ; de 1806 à 1845, quai d'Alençon 
et quai d'Orléans, et depuis 1845, il reprit le nom de quai de Bourbon. 

L'Hôtel Lambert de Thorigny, situé au n° 5 de la rue Saint-Louis- 
en-l'Ile fait l'angle du quai de Bourbon au n° 3. 

Presque toutes les maisons de ce quai, ainsi que celles du quai 
d'Anjou ont des entrées voiitées. A remarquer le n° 15, Hôtel de Claude 
Le Charron, seigneur de Yille Maréchal (1630). Le n° 19, Hôtel de 
Jassaud en 1640, puis de Maupas en 1750, et le 21, Hôtel Le Boulanger 
qui date de 1700. Au 19 bis, statue de la femme sans tête. Le 31, est l'an- 
cien Hôtel de Boisgelon, et le 43 à l'angle de la rue Le Regrattier, est 
l'Hôtel du Martroy {Voir rue Le Regrattier). Au 45, hôtel bâti par 
Le Yau en 1659, appartenant à M. Le Boulanger. 

BOURBON-LE-CHATEAU (rue) -e-ss rue de Buci, 26^;^^ rue de l'Echaudé^lO 
[Luxembourg, Saint-Germain-des-Prés, 6e arr. 37 m.] 

Doit son nom au château abbatial, que le cardinal de Bourbon, 
abbé de Saint-Germain-des-Prés fit construire en 1586. Elle fut ouverte 
en/ 1669. En 1793, elle prit le nom de rue de Lucrèce vengée, devint 
ensuite rue de Petit-Boïirbon; rue. de la Chaumière et en 1806, rue 
de V Abbaye, époque à laquelle elle avait été terminée {Voir Abbaye). 

— 200 — 



Bourdon 

BOURDALOUE (rue) -<-^ rue de Ghâteaudun, 20 s— >- rue Saint-Lazare, 1 
[Opérv, Chausséc-d'Antin, 9" arr. l'i m.] 

Créée eu 1823 et 1824, elle porte le nom de Louis Bourdalo'ue, pré- 
dicateur, né à Bourges en 1632, surnommé le Prédicateur des rois et 
le Roi des prédicateurs. Il mourut le 13 mai 1704, âgé de 72 ans. 



BOURDIN (impasse) -<r-^. rue de Marignan, 3 [Elysée, Champs-Elysées, 
8"^ arr. 78 m.J 

A été percée vers 1800, sur le inarais des Gourdes (Voir avenue 
Montaigne), par un sieur Bourdin, propriétaire qui lui donna son 
nom. 



BOURDON (boulevard) ^—ss. boulevard Morland ss— >- boulevard Henri IV, 46 
et place de la Bastille [IIotel-de-Ville, Arsenal, 4« arr. 585m.] 

Ouvert en 1806, sur l'emplacement de l'Arsenal et de la Bastille, 
il reçut le nom du colonel du 11^ régiment des dragons, Bourdon, tué 
à la bataille d'Austerlitz, le 2 déce^ibre 1805. 

C'est sur ce boulevard qu'eut lieu tous les ans de 1840 à 1869, pen- 
dant la semaine sainte, la foire aux jambons (ancienne foire au lard) 
qui après s'être tenue d'abord au parvis Notre-Dame, au Marché-Neuf 
en 1568, puis au quai des Grands-Augustins, à l'emplacement de la 
« foire aux oignons » qu'elle quitta en 1832, pour le marché aux four- 
rages de la place des Marais, vint s'installer au boulevard Bourdon et 
enfin boulevard Richard-Lenoir où elle est depuis 1869. La foire aux 
jambons et en même temps la foire à la ferraille. 

La création d'un marché aux porcs semble remonter bien loin, oH:' 
doit avoir pris naissance dans les nombreuses redevances que le clergé 
de Notre-Dame exigeait autrefois des habitants. On sait qu'aux xii^ 
et xiii*^ siècles, les cochons pullulaient à Paris au point d'embarrasser 
la circulation. On raconte même « que le prince Philippe, fils de Louis- 
le-Gros passant un jour rue Saint-Paul, fut renversé de son cheval par 
une bande de cochons qui s'était jetée sur sa monture. Une ordonnance 
royale interdit alors de laisser errer les porcs dans les rues, à l'excep- 
tion de ceux qui appartenaient à l'abbaye Saint- Antoine. Ces cochons 
privilégiés, pour qu'on les pût reconnaître, se virent attacher au cou 
une sonnette de forme particulière. Tous leurs congénères, non munis 
du grelot sauveur, qui étaient trouvés allant à l'aventure, étaient tués 
et portés à l'Hôtel-Dieu, au profit des pauvres. C'est le bourreau de 
Paris qui, avec ses argents, était chargé de cette police ». Quand Char- 
les Y créa l'enceinte de la cité, on relégua les porchers et leur bétail 
sur la bufte Saint-Roch, où fut établi le marché aux pourciaux. Les 
charcutiers au Moyen âge s'appelaient « chair-cunetiers ». 

— 201 — 



Boui'doniinis 
Ch. Monselet a chanté le cochon, par ces vers deveims célèbres : 

Tout est bon en toi : chair, graisse, musclcj ti-ipe. 
On t'aime, galantine; on t'adoi-e, houdin. 
Ton pied dont une sainte a consacre le type, 
Empruntant son arôme au sol périgourdin. 
... .4dorable cochon, animai roi, — cher ange! 

BOURDONNAIS (impasse des) -<— ss rue dos Bourdonnais, ;{9 [Louvre, 
Halles, l^i'arr. 42 m 

Cette impasse, qui autrefois se prolongeait jusqu'à la rue Tire- 
chappe (rue -Saint-Honoré), existait déjà en 1421, sou« le nom d'/m- 
passe du marché aux pourceaita', impasse de la place aux chats et de 
la fosse aux chiens. Plus tard elle fut appelée, ruelle qui aboutit en 
la rue des Bourdonnais, puis cul-de-sac de la fosse aux chiens, à cause 
d'une voirie existant en dehors de l'enceinte de Paris. Ce n'est 
qu'en 1818, que sur la demande des habitants de cette rue, on changea 
ce nom en celui à'impasse des Bourdonnais (Voir Boitedonnais). 
Au n° 3, école de garçons établie dans une ancienne maison habitée 
par Henri de Valois, seigneur d'Orcé, historiographe sous Louis XIII 
et Louis XIY. 

BOURDONNAIS (rue des) -*--^ quai de la Méf^isserio, 20 s?— >- rue Bergère, 23 
[LouvuH, Saiitt-Germaiii-VAuxerrois, l*^^'' arr. 384 m.] 

Existait dès 12'^0, à l'état de chemin; en 1297, on la nommait rue 
Adam-Bourdon et rue aux sires Adanu et Guillaume Bourdon, riches 
commerçants, ayant occupé au xiii® siècle des fonctions municipales. 
De Bourdon on fit Bourdonnais. En 1300, c'était la rue de V Abreuvoir 
Thibaut-av.r-dés, Thibaut-è-dez, Thibaut Odé, Aude et Todé. Ce nom 
lui venait d'un certain Thibaut qui y tenait un cabaret oii l'on jouait 
an.r dés. En 1398, elle devint la l'ue des Jardins, et vers 1496, elle prit 
le nom de ruelle qui fut J ean-dc-la-Poterne . Ce Jean y avait un éta- 
blissement de bains, alors appelés étuves. d'oii en 1530, la ruelle des 
Etuves (Corrozet dit : Etuves aux femmes). Les noms de rue de 
r Ab reuvoir-M arion , et de rtie de V Arche-Clarion qui lui furent donnés 
en 1565, venaient également d'un établissement analogue tenu par 
une femme Marion. Ti'drche.Marion descendait sur le quai de la Mégis- 
serie et conduisait directement à la Seine. 

Il y a quelques années se voyait encore dans la rue des Bourdon- 
nais, qui a, repris cette dénomination depuis 1852, un mur très élevé 
terminé en pignon qui était un dernier vestige de l'ancienne prison 
dite le Fort-Lévêque où furent enfermés la Clairon et ses camarades 
de la Comédie-Françaiste. Cette prison avait son entrée principale rue 
Saint-Germain-l'Auxerrois (Voir ce nom). 

Aux 6 et 12, vieilles maisons du xviii^ siècle, fenêtres à guillotine. 
C'est dans cette rue au n° 31, qu'était autrefois V Hôtel de la> Trémouille 

— 292 — 



Bourdonnais 

dit de la Coummte d'or, et aussi la Mai.'ioti des Cerneaux (créneaux), 
qui fut démoli en 1841. Construit en 1378, ce magnifique hôtel avait 
vue sur le quai, les rues de Béthizy, Tirechappe et Saint-Honoré. Après 
avoir appartenu à Pliilippe-le-Long, Guy de la Trémouille, porte-ori- 
flamme de France en devint acquéreur et, à cet eiïet, le roi Charies VI 
lui accorda en janvier 1387, « le gros poids d'eau », pour les besoins 
de rilôtel. En 1500, il passa aux mains du trésorier Pierre-le-Gendre 
qui l'embellit considérablement ; il devint ensuite la propriété des 
Bellièvre qui l'habitèrent de IGOO à 1075, puis ce fut le diancelief 
Dubourg qui y demeura. En 1791, le célèbre chimiste Fourcroy y vint 
passer quelque temps. Les restes de cet hôtel, sont aujourd'hui au 
musée des Beaux-Arts. 

L'hôtel a été complètement démoli vers 1850, et à pai-t les deux bas- 
reliefs du portail qui ont été envoyés au musée des monuments fran- 
çais (école des Beaux- Arts), il ne nous reste rien de ce magnifique 
hôtel qui était assurément un des plus curieux spécimens de l'archi- 
tecture de cette époque. Entre les rues des Déchargeurs et des Bour- 
donnais, existait une petite rue dite de la Limace, ainsi nommée à 
cause d'une enseigne, et qui disparut en 1854, lors du percement de 
la rue de E.ÏA'-oli. En 1300, on lui avait donné le nom de rue de la Man- 
cherie. Plus tard en 157^, on la retrouve indiquée comme rue de la 
Place-auœ-Pourceaniœ, rue aux Chats, et plax^e aux Chats (Voir i<mpass6 
des Bourdonnais). La partie de la rue des Bourdonnais qui aboutis- 
sait à la rue de la Poterie et la rue au Lard, avait été ouverte en 1787> 
C'était, primitivement un petit passage nommé de VEchaudé; le nom 
de Lenoir qui lui avait été donné provisoirement rappelait Jean- 
Charles-Pierre Lenoir, né à Paris en 1732, mort en 1807, et qui suc- 
cessivement avait été : conseiller au Châtelet, lieutenant criminel, 
maître des requêtes, lieutenant général de police, bibliothécaire du Roi 
et président de la Commission des finances. En .1852, la rue des Bour- 
donnais engloba la rue Lenoir et le cul-de-sac au I^ard. 

Entre les n°' 20i et 22 se voit une petite ruelle que d'anciennes ins- 
criptions murales désignent sous le nom de rue des Trois-Visages ; 
elle allait autrefois de la rue Bertin-Poirée à la rue Thibaut-aux-dés. 
De 1245 à 1300i elle avait été désignée comme rue de Jean-U Eveiller, 
puis du Renard. Au 39, belle tête avec une boule d'or, qui devait servir 
d'enseigne à quelque apothicaire, cette maison était connue sous le 
nom de maison de la Tête Noire {Voir Enseignes). Au 35, école de 
filles, ancien logis du cardinal de Mazarin, alors qu'il n'était encore 
que nonce ; le preintre Greuze, auteur de la Cruche oa^ssé^,. demeurait: 
en 1778, rue Thibaut-aux-dés {Voir Greuze). Au 30, ancien hôtel Vil- 
leroy et de Neufville bâti en 1615, qui fut occupé de 1G80 à 1700 par 
Pajot, contrôleur général de la Grande Poste (très bel escalier). 

Dans le cul-de-sac des Chiens, jadis situé dans cette rvie, on brillait 

— 203 — 



Boars-Lahhè 



1 



les hérétiques au xiv'' siècle. Au xviii* siècle, le cabaret du Panier ûe 
réunissait dans sa salle du rez-de-chaussée : Diderot, d'Alembert, Jean- 
Jacques Rousseau et toute la pléiade des littérateurs de l'époque. 
U impasse du Panier-Ueuri, située au 8 de cette rue, a été supprimée 
en 1854. Au 34, hôtel construit en 1640. Au 22, habita Charron, prévôt 
des marchands ; sur cet emplacement dit-on, existait autrefois une 
maison qui avait appartenu à la reine Blanche de Castille. Au 14, logea 
Halle, médecin de Napoléon I*'^ Au 43, est l'ancien cabaret « à l'En- 
fant-Jésus ». _. 

BOURET (rue) ■<—^: impasse Montfaucon ==— >- rue d'Allemagne, 10 [Buttes- 
CiiAUMONT. La Villette, Combat, 19« arr, 'i60 m.] 

Doit son nom au propriétaire des terrains sur lesquels elle fut 
ouverte en 1844. La partie qui va jusqu'à l'impasse Montfaucon a été 
percée en 1880. Au 2, école professionnelle. 

BOURGEOIS (rue) <-^ rue du Moulin-de-Beurre, 12 s?^>- rue du Château, 51 
|OBsi:uvAToiuii, Plaisance, ]'i<' arr. l'iO m] 

Cette rue a pris le nom de M. Léon Bourgeois, député et président 
de la Chambre des députés depuis 1902. Né en 1851, M. Bourgeois a 
été successivement secrétaire de la Préfecture de la Seine, préfet de 
police et plusieurs fois ministre. 

BOURG-L'ABBÉ (rue du) ■*— se rue Saint-Martin, 205 =^-v boulevard de Sébas- 
topol, 68 [Temple, Saint-A^'oye, 3" arr. 90 m.] 

Le quartier où est située cette rue formait autrefois un bourg, dési- 
gné sous le nom de Bourg l'abbé, parce qu'il dépendait de l'abbaye 
de Saint-Martin. Ce bourg qui existait antérieurement au règne de 
Philippe-Auguste, fut enclavé dans Paris vers 1210. 

Au xii" siècle, un nommé Hugues Loup, frère de l'abbesse d'Hyères, 
par abréviation Heu îeu, avait donné son nom à deux rues voisines 
de la 7'ue Neuve du Bourg-Labbé, et qui par la suite devinrent les 
rues du grand et du petit-Hurleur. La première fut supprimée en 1854; 
elle avait porté le nom de riie du Pet et rue des Innocents; la seconde 
disparut également à la même époque; de 1240 à 1552, elle s'appelait rue 
Palée ou Jean-Palée, du nom du fondateur de Thôpital de la Trinité, 
qui existait à l'angle des rues Greneta et Saint-Denis. Le passage 
Saucède et antérieurement passage de la Croix-Blanche qui donnait 
dans l'ancienne rue Bourg-Labbé, commençait au 34 de la rue aux 
Ours et finissait au 43 de la rue Greneta, a été complètement absorbé 
en 1852, par le boulevard du Centre, aujourd'hui boulevard vSébas- 
topol. La rue qui existe actuellement, était la rue Neuve Bourg-Labbé, 
elle fut ouverte en 1859, et devint rue du Bourg-Labbé. L'ancienne 
était si mal famée a,u moyen âge, et ses habitants « tant livrés à la 

— 20^1 — 



lionrgo^ne 

débauche et leur esprit si douteux », que pendant très longtemps, 
quand on voulait parler d'un imbécile et d'un libertin, on avait cou- 
tume de dire : « Ce sont gens de Bourg-Labbé, ils ne demandent 
qu'amour et simplesse ». 

Le jia^sage du Bourg-Labbé, construit en 1828 communique du 
120 de la rue Saint-Denis au 3 de la rue Palestre. 

BOURGOGNE (rue de) -<-hs boulevard Saint-Germain, 243 et quai d'Orsay s^-^ 
rue de Varenne, 86 [Palais-Bourbon, Invalides, 7*^ atr. 720 m.| 

Doit son nom à Louis, duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV 
(1682"-1712). Elle fut formée en 1707, sur les terrains dépendant du 
Pré-aux-Clercs et de la communauté des Filles de Saint-Josepli ; elle 
avait alors « 8 toises de largeur ». En 1717, on réduisit la largeur à 
5 toises, et en 1775, on en modifia le tracé entre les rues de l'Univer- 
sité et Saint-Dominique. A cette époque fut formée la place située 
devant le Palais Bourbon. En 1798, cette rue s'appelait rue du Conseil- 
des Cinq Cents, parce que le Conseil des Cinq Cents siégeait au Palais- 
Bourbon {Voir Chambre des Députés). 

A l'angle de cette rue et de la rue de Grenelle 115, était autrefois 
un chantier de bois, que les eaux de la Seine inondaient constamment ; 
c'est là que dans la nuit du 25 mai 17o0, alors que Lanquest de Cergy, 
curé de Saint-Sulpice eut refusé la sépulture à la grande tragédienne 
Adrienne Lecouvreur {Voir rue Yisconti), un ami du maréchal de 
Saxe, M. de Lambinière amena dans un fiacre le corps de la pauviie 
comédienne, et vint le déposer dans une fosse que des « portefaix » 
avaient creusée au. pied d'une pile de fagots {yoir quai Malaquais). 

Au 10, école de la Ville sur l'emplacement de l'ancien Hôtel Dil- 
lon, existant en 1789. Au 13, était autrefois l'Hôtel Lignerac. Au 24, 
se trouvait l'église Sainte-Valère, dépendant de la communauté des 
Filles Pénitentes, établie en 1718. Cette église fut supprimée en 1837, 
lors de la construction de l'église Sainte-Clotilde. La duchesse de 
Valmy halaitait un hôtel situé sur l'emplacement du n" 25. Au 37, 
Hôtel de Duras, dont l'entrée est au 134 de la rue de Grenelle. Le 46 
fut habité par le maréchal Oudinot, duc de Beggio. Au 48, ancien 
Hôtel Praslin, puis Hôtel Pomereu. Au 45, ancien quartier des Gardes 
sous l'Empire. Au 50, Hôtel de Fermon en 1828 ; autrefois sous la 
Restauration occupé par la duchesse de Damas. Le n° 52 a- été cons- 
truit en 1772, pour Jean Jolly, intendant du prince de Condé. 

Louis, duc de Bourgogne, était né à Versailles, le 6 août 1682, du 
Dauphin, fils de Louis XIV et de Anne de Bavière. Ce fut Fénelon 
qui se chargea de son éducation. En 1711, devenu dauphin par la 
mort de son père, il expirait l'année suivante, le 18 février 1712, 
« d'une maladie violente et inexplicable », six jours après la mort 
de sa femme, Adélaïde de Savoie, également emportée « par un mal 
subit ». 

— 205 — 



Bour^-Tiboiirg 

BOURGOIN (possage) -<-^ rue du Chàteau-des- Rentiers is^-*- rue Nationale, 32 
[GoBELiiVS, Gare, 13« arr. 234 m.] 

Nom du propriétaire du terrain. Au 31 de la rue Nationale est Vhnr 
fasse Bourgoin. 

BOURGON (rue) -<-^£ avenue d'Italie, 140 s— >- rue Damesme, 33 [Gobelins, 
Maison- Blanche, 13'" arr. 190 m.] 

Précédemment comprise dans l'ancienne commune de Gentilly, 
cette rue se nommait de Mazagran en souvenir de la résistance héroïque 
de 123 soldats français contre une armée de 12.000 arabes en 
février 1840 ; mais au moment de l'annexion de 1862, comme elle fai- 
sait double emploi avec la rue de même nom située boulevard Bonne - 
Nouvelle (yoir Mazagran), elle prit le nom de M. Bourgon, un des 
principaux propriétaires de la rue. 

BOURG-TIBOURG (rue de) <-^ rue de Rivoli, 42 bis s^-> rue Sainte-Groix- 
de-la-Bretonnerie, 7 [11otel-de-Ville, Saini-Gen-ais, 4<" arr. 171 m.] 

Cette voie complètement bâtie sous le règne de Louis-le-Jeune 
(11-37-1180), formait la principale rue de l'ancien Bouig-Tibout ou 
Thibault (Viens Burgi Thihaudi), qui fut enclavé dans Paris, lors de 
la construction de l'enceinte de Philippe-Auguste ; elle reçut alors 
le nom de rue Bouig-fhibault, Thibout, Thiébaut et Bmire-Thiboud. 

C'est en 1854 que cette me, qui depuis 1838, n'allait que jusqu'à 
la rue de la Verrerie, fut prolongée jusqu'à la rue d© Rivoli nou- 
vellement créée ; en 1808, on lui ajouta une partie de la place du 
marché Saint- Jean (l'autre ayant été enlevée par le percement de 
la rue de Hivoli). Cette place existait en 1280, et s'appelait la jÀuce 
du Civietière-Saint-Jeaji, puis, en 1300, quand le cimetière fut sup- 
primé, elle devint la place du Vieu.v-Cimetière-Saint-Jean. 

Dans les premières maisons de cette rue près de la rue de Rivoli 
à gauche se tenaient avant 1871 (c'est-à-dire avant la suppression du 
remplacement militaire) des individus dénommés à cette époque : 
Marchands d'hoirimes, qui fournissaient, moyennant finances, des rem- 
plaçants aux jeunes gens qui, appelés sous les drapeaux par un mau- 
vais numéro, préféraient, pour une raison ou pour une autre, ne pas 
faire de service militaire. On passait alors sept années au régiment. 
Le prix des hommes variait suivant les circonstances ; pendant les 
guerres de Crimée en 1855, et d'Italie en 1859, les remplaçants valu- 
renli jusqu'à 5.000 francs. 

Les Raccoleurs, ou Vendeurs de chair humaine, comme on les appe- 
lait, étaient autrefois placés au bas du Pont-Neuf et du quai de la 
Mégisserie; c'est là, d'après Mercier, que par ruse et souvent par vio- 
lence, ils arrachaient à de pauvres niais l'engagement signé qui les 
enrôlait dans les aimées du roi. 

Sous Louis XV, les beaux noms étaient payés 20 à 30 livres pièce. 

— 20ê — 



Bourg- Tib ourg 

Un de ces racoleurs avait mis sur une enseigne, ce vers de Voltaère 
emprunté à Mirame: 

Le pi-emier qui fut roi fut un soldat heureux. 

« A toute heure du jour, nous apprend Mercier, dans son l'ahleau 
de Paris, un cercle de curieux entourait le raccoleur établi dans la 
petite boutique ou cabane de toile en plein air. Le cTiapeau sur le coin 
de l'oreille, l'épée sur les bancbes, il pérorait percké ordinairement 
sur un tonneau qui portait cette inscription : Vin d'Arbois. L'assem- 
blée était toujours composée de jeimes gens curieux et ignorants, d'étu- 
diants flâneurs et débauchés, de filles publiques, payées par le recru- 
teur et d'ouvriers sans travail. Son boniment était toujours le même 
et commençait par ces mots : « Avec l'autorisation de Sa Majesté, je 
viens vous expliquer les avantages qu'elle daigne accorder en vous 
admettant dans ses colonies... » puis il parlait du pays de cocagne, 
des Indes où les chemins sont pavés d'or et de diamants. « On n'a qu'à 
se baisser pour en prendre », sans compter les ananas, les grenades, 
les fruits délicieux des Tropiques ! Bref il finissait toujours par ces 
mots - — ^ « Je ne vous en dirai pas davantage, ceux qui veulent se 
rafraîchir n'ont qu'à parler » — et alors après en avoir fait boii"e 
quelques-uns, il les emmenait au cabaret voisin, en compagnie de 
quelques filles, et là, complètement gris, ils signaient sans savoir ce 
qu'ils faisaient, leurs bons d'engagement. » 

En 1792, les enrôlements volontaires eurent lieu au carrefour de 
Buci. 

A l'angle de la rue Bourtibourg et de la ylace du Marché-Saint- 
Jean était l'Hôtel de Craon. En 1391, Pierre^ de Craon ayant été 
condamné à la confiscation de ses biens après l'assassinat du duc d'Or- 
léans {Voir Barbette), son hôtel fut rasé et Charles YI fit don de 
cet emplacement à la paroisse vSaint-Jean-en-Grève pour y établir un 
cimetière, qui fut appelé le Cimetière Vert, sans doute à cause des 
nombreux arbi^s au milieu desquels il se trouTait, 

Dans un des cabarets de la rue du Cimetière-Saint- Jean, près de 
la place Saint-Jean, à l'enseigne du Mouton blanc se réunissaient 
tous les avocats, procureurs et membres de la basoche ; on assure 
que c'est là où Racine, qui fréquentait ce cabaret, choisit ses person- 
nages des Plaideurs. 

Au 30, mourut le diacre Paris, célèbre par les prétendus miracles 
opérés sur son tombeau ; la maison qu'il habitait en 1727, et qui ser- 
vit de lieu de pèlerinage aux Jansénistes n'a subi aucune transfor- 
mation. Le diacre Paris aTait été enterré au cimetière Saint-Médard 
(Voir ce nom). On sait que pour mettre fin aux scandales causés par 
les convulsionnaires qui visitaient son tombeau, Louis XY fit fermer 
le cimetière, œ qui donna lieu à ce distique connu : 

De par le Roy, défense à Dieu 
Do faire miracle en ce lieu. 

— ao7 — 



Boursault 

Sur l'emplacement des 15, 17, 19 et 21, était l'ancien Hôtel Nicolaï 
d'Argouges, construit sur l'emplacement de l'ancienne habitation de 
Jean Cauchon, évêque de Meaux qui condamna Jeanne Darc ; Nicolaï 
d'Argouges était en 1728, lieutenant général des armées du roi. 

Les Nicolaï furent présidents de la Chambre des Comptas, de père 
en fils de Louis XII à Louis XY. Au 33, Hôtel des ducs de Vendôme, 
fils et petit-fils de Henri IV. Dans la rue Bourg-Tibourg se trouvait 
une herboristerie à l'enseigne du « Palmier Saint-Jean », cett« 
enseigne en fer forgé appartient aujourd'hui à la société historique du 
iv" arrondissement : La Cité. 



BOURGUIGNONS (cour des) -«-st rue de Charenlon. 59 3^-> rue du Faubourg- 
k?aiiit-Aiitoine, 74 [Hkuii.i.v, Quinze-Vingts. 12"' arr. l.'JO m.] 

Primitivement dénommée cour des Miracles (Voir ce nom.), puis 
cour de Bourgogne, elle est devenue en 1877, la cour des Bourgui- 
gnons. 



BOURNISIEN (passage) -«—s; rue Vercingétorix, 72 ss— >- rue Blottière, 1 
[Obsi:k\.\T()ike, Plaisance, l'i" arr. 90 m.] 

Dépendait avant 1860, de la commune de Vaugirard, ce passage 
doit son nom à son propriétaire M. Bournisien. 



BOURSAUL.T (rue) <-^ boulevard des IJatignolIes, '62 s^-> place des Bati- 
gnolles [Batignoli-es, Baiignolles, 17'- arr. 556 m.] 

Ouverte en 1844, sur les jardins de Jean-François Boursault-Msà- 
herbe (1752-1842), ancien comédien, ancien directeur de théâtre, 
financier, représentant du peuple à la Convention, fermier des Jeux 
et des Voiries de Paris, et surtout grand amateur d'horticulture et 
d'oeuvres d'art. Boursault possédait rue Blanche, un merveilleux 
hôtel, où l'on admirait ses tableaux et ses serres magnifiques toutes 
remplies des plantes exotiques les plus rares. 

En 1844, cette rue n'existait que jusqu'à la rue des Dames ; de 
la rue des Dames à la rue Legendre, c'était la rue Benard, et rue Jeanne- 
d'Asnières ; de la rue Legendre à la place des Batignolles (square). 
Depuis 1868, ces trois rues n'en forment qu'une seule réunies sous 
le nom de Boursault. Au 4, Ecole des institutrices. Au 7, est Vimqjasse 
Boursault. Au 10, école Pape Carpentier (Voir ce nom). Au 29, école 
maternelle de la Ville, et au 59, consulat de la République de Libéria 

Il existait en 1839, une autre rue Boursault qui avait été formée 
ainsi que la rue Léonie sur l'emplacement des terrains dépendant de 
l'Hôtel Boursault; cette rue allait du 29 de la rue Pigalle au 48 de 
la rue Blanche. Aujourd'hui elle est remplacée par une partie de la 
riie de La Bruyère. 

_ 208 — 



Bourse 

BOURSE (palais de la) située nie Vivienne et place de la Bourse [Bourse, 
Vivienne, 2^ arr.] 

Les Bourses de commerce sont, de fait, très anciennes, car déjà sous 
le consulat d'Appius Claudius et de Publius Servilius, c'est-à-dire 
500 ans avant J.-C, il existait à Rome une réunion de ce genre qui 
se nommait alors CoUegium Mercatorum. Mais, selon quelques étymo- 
logistes, c'est à Bruges que les réunions de marchands ont commencé 
dans les temps modernes à appeler Bourse la place où elles se tenaient, 
ayant pris ce nom à cause des « trois bourses peintes » sur les armoi- 
ries de Yan der Burse, négociant, dont l'hôtel s'élevait à l'extrémité de 
cette même place. 

La plus ancienne Bourse de France paraît être celle de Lyon ; 
ensuite sont venues celle de Toulouse, établie en 1549 sous Henri II, 
celle de Rouen en 1556 et celle de Bordeaux en 1571 sous Charles IX. 
Celle de Paris ne date officiellement que du 24 septembre 1724. Toute- 
fois, Paris était déjà depuis quatre siècles place de change, et son nom 
figure en tête des quatorze changes royaux établis en 1305. 

La Bourse de Paris existe donc réellement depuis Philippe-le-Bel 
(février 1305) ; elle se t-enait alors au Pont-au-Change; plus tard elle 
fut transférée dans la grande cour du Palais de Justice au-dessous de 
la galerie Dauphine ; de là, à 1 époque fameuse du banquier Law, elle 
alla s'établir dans le jardin de l'Hôtel de Soissons (Voir Bourse du 
Commerce). Elle fut fermée le 25 octobre 1720 par un arrêt du Conseil 
d'Etat. 

Le 24 septembre 1724, la Bourse fut légalement instituée et son 
siège établi dans l'Hôtel de Nevers (aujourd'hui Bibliothèque Natio- 
nale). Ce fut là qu'elle se tint jusqu'au 27 juin 1793, jour de sa ferme- 
ture. 

Elle fut rétablie le 10 mai 1795 au Louvre ; c'est à ce moment que 
par suite des spéculations importantes sur le numéraire et les assi- 
gnats, la Petite Bourse prit naissance au Palais-Royal, au lieu dit : 
« le Perron Vivienne ». 

La Bourse, fermée de nouveau en décembre de la même année, fut 
ouverte derechef le 12 janvier 1796 et tint ses assises dans l'église 
des Petits-Pères. Le 7 octobre 1807, on la transféra au Palais-Royal, 
dans la galerie dite de Virginie, puis de là sur le terrain du couvent 
des Augustins et des Filles Saint- Thomas, c'est-à-dire à l'endroit 
qu'elle occupe actuellement (Voir Filles Saint-Thomas). Mais, à 
cette époque, la Bourse n'était pas encore construite, et ce fut dans un 
hangar presque à claire-voie, parqueté de planches mal jointes, que 
furent conclues les immenses spéculations résultant des combinaisons 
financières du gouvernement de Louis XYIII. 

Enfin par une imposition additionnelle de f r. 15 par franc sur 
le droit fixe des patentes de 40 à 500 francs, qui a subsisté pendant 

— 209 — 

14 



Bourse 

huit années ; grâce aussi aux contributions volontaires des Agents de 
change et Courtiers, l'Etat et la Ville de Paris prenant à frais com- 
muns les charges de l'édifice, la construction de la Bourse actuelle 
iut entreprise en s'autorisant d'un décret du IG mars 1808. 

L'inauguration officielle eut lieu le 3 novembre 1826. Mais les tra- 
vaux, commencés sur les plans de l'architecte Brongniard en 1808, yt 
continués par Labarre, ne furent définitivement achevés qu'en 1827. 

A partir du 17 décembre 1856, le public n'était admis à la Bourse 
que moyeni^nt un droit d'entrée de un franc par personne. Cet impôt 
perçu à l'aide de tourniquets placés aux entrées principales, étant une 
entrave aux négociations, fut aboli le 22 novembre 1861. 

La grande salle centrale de la Bourse, où se trouve la Corbeille des 
agents de change, mesure 37 m. 68 de long, sur 24 m. 68 de large et 
25 mètres de hauteur. La voûte qui soutient le vitrail du haut est 
ornée de belles grisailles imitant le relief, peintes en 18£'6, par Abel 
de Pujol et Masquier, et représentant des sujets allégoriques relatifs 
au commerce et à l'industrie. En 1899, toutes ces grisailles ont été 
restaurées. Primitivement les médaillons réservés sur la frise 
au-dessus des arcades centrales, devaient contenir le fac-similé de 
toutes les principales monnaies européennes. 

Le Palais de la Bourse est exactement placé au centre des quatre 
points cardinaux. Le N. à gauche, le S. à droite, l'O. du côté de la 
rue Vivienne et l'E. derrière, sur la rue Notre-Dame-des-Victoires. 
Les piédestaux de l'escalier de façade sont ornés de statues. Place de 
la Bourse : le Droit coniTnercial de Dumont et la Justice consulaire 
par Duret ; du côté de la rue Notre-Dame-des-Victoires sont, à droite : 
VIndustrie de Pradier (portant au socle les initiales E. E) et à gauche : 
l'Agriculture de Seurre. Ces statues datent de 1851. 

En juillet 1903, lors de l'achèvement des grands travaux d'agran- 
-dissement entrepria par M. Cavel, architecte du Palais de la Bourse, 
on découvrit outre quelques fragments de gros murs de maçonnerie 
ayant fait partie des fondations de l'ancien couvent des Filles Saint- 
Thomas, deux coiïrets qui avaient été placés dans les pierres des fon- 
dations. L'un contenait une plaque en métal avec une inscription rela- 
tant la cérémonie de la pose de la première pierre de l'édifice le 
24 mars 1808, et l'autre, sorte de boîte métallique en zinc avec cou- 
vercle en cuivre renfermant une petite statuette de « la Vierge à l'en- 
fant » en terre cuite, avec des fragments d'anciennes étoffes et cette 
inscription sur le couvercle : 

L'an 1663. Ces infirmeries et sacristies sont dédiées à Jésus, Marie, Joseph 

et à notre Père Saint Dominique. 

La première pierre en 'a esté mise la veille de la feste du Saint par la Kov. Mère, Elisabeth 

de l'Enfant Jésus, 3 aoiH. 

Il s'agit donc bien de la consécration de la cérémonie pour la pose 
•de la première pierre du couvent des Filles-Saint-Thomas. Les dates 



210 — 



a 



Bourse du Commerce, 

ayaiit été recoiiuiies exactes, ces objets ont été déposés au musée Car- 
navalet. Les quelques ossements trouvés dans les fouilles sont aujour- 
d'iLui aux Catacombes. La cloche de l'ancien couvent, après avoir 
pendant un siècle et demi sonné matines, messes et vêpres, servit long- 
temps encore à l'annonce de l'ouverture et de la fermeture du marché 
de la Bourse, jusqu'au jour où elle fut envoyée à Carnavalet. Elle 
porte le millésime de 1667, entouré de fleurs de lys. 

La Bourse actuelle, agrandie de ses deux transepts Xord et Sud 
forme maintenant une vraie croix latine ; les nouveaux bâtiments 
ont été inaugurés officiellement le 14 décembre 1903. Avant le trans- 
fert du Tribunal de Commerce au boulevard du Palais, la Bourse 
portait inscrits sur la façade les mots : Bourse et Tribunal de Com- 
merce entre deux étoiles. (Quoique modifié, remplacement des 
anciennes lettres se voit encore. 

BOURSE (placedela)-^-«rueNolre-Dame-des-Victoires, \Sim-* rue Vivienne,24 
[Bourse, Vivienne, 2*^ arr.] 

Cette place s'étend sur le devant du Palais et sur les deux côtés à 
droite et à gauche. La partie du côté de la rue Réaumur formait autre- 
fois l'amorce de la rue des F illes-Saint-Thomas (Voir ce nom). Le , 
célèbre ténor EUeviou, mort en 1811, habitait le n° 7 de cette rue, à 
l'endroit où a été percée la rue de Ca Banque. 

La place de la Bourse, très modifiée, depuis la suppression des jar- 
dins, occasionnée par la construction des deux nouveaux pavillons 
du palais, a été édifiée sur l'emplacement de l'ancien couvent des 
Filles-Saint-Thomas, fondé le 7 mars 1762, et supprimé en 1790. C'est 
de ce couvent, devenu le siège des séances de la section, que se forma 
le 13 Vendémiaire 1795, la troupe des insurgés, qui après avoir voulu 
attaquer la Convention, fut repoussée à l'église de Saint-Roch par les 
canons de Bonaparte (Voir Saint-Roch). 

BOURSE (rue de la) <— ss. place de la Bourse s?^-^ rue de Richelieu, 78 [Boursi:, 
Vivieiine, 2^ arr. 96 m.] 

Ouverte en 1833, elle doit son nom au Palais de la Bourse situé en 
face ; primitivement elle devait aller rejoindre la rue de Grammont, 
mais ce projet fut abandonné. 

BOURSE DU COMMERCE située rue du Louvj-e, 42 [Louvre, Halles, 1<^'' arr. 

Anciennement Halle au blé, la Bourse de Commerce actuelle 
occupe l'emplacement du vaste Hôtel de Nesle dont les cours et les 
jardins s'étendaient jusqu'à l'église Saint-Eustache et qui au 
xiii" siècle, appartenait aux seigneurs de Nesle. En 1232, cette « meson 
dicte de Keele » comme il est mentionné dans l'acte de cession, fut 
donnée à saint Louis qui la céda à sa mère Blanche de Castille. En 1296, 
Philippe-ie-Bel la donna à son frère Charles, comte de Valois, lequel 

— 211 -- 



Bourse du Commerce 

s'en défit en faveur de son fils. Celui-ci, vers 13£'5, devenu régent du 
royaume la légua à Jean de Luxembourg, roi de Beliaigne (Bohême), 
fils de l'empereur Henri VIII. Cette habitation prit alors le nom 
à.^ Hôtel de Behagne ou de Behaigne. 

En 1346, Jean de Luxembourg fut tué à la bataille de Crécy et la 
propriété fit retour à la couronne. Jean de Montmorency l'habita 
quelque temps. En 1355, le comte de Savoie vint s'y établir ; plus tard 
la veuve de Louis d'Anjou, tante de Charles A^I vendit l'Hôtel de 
Nesle au roi, pour la somme de 1.200 livres. Charles VI le céda à 
Louis de France, duc d'Orléans et de Bohême ; l'hôtel devint alors 
l'Hôtel d'Orléans. En 1499, il appartenait au roi Louis XII qui le 
donna en partie aux Religieuses Pénitentes. Ce fut alors, que Cathe- 
rine de Médicis, après avoir abandonné successivement le Louvre et 
les Tuileries, parce que les astrologues lui avaient prédit qu'elle mour- 
rait a près d'un endioit qui portait le nom de Saint-Germain » et 
trouvant ces résidences trop rapprochées de Saint-Germain-l'Auxer- 
rois, choisit le couvent des Filles Pénitentes pour venir s'y installer. 
Elle transféra le couvent à Saint-Magloire (rue Saint-Denis), acheta 
VHôtél d'Albret afin d'agrandir sa nouvelle résidence et bientôt les 
architectes Salomon de Brosse et Jean Bullant, lui construisirent un 
véritable palais, appelé Hôtel de la Reine. 

Catherine de Médicis mourut à Blois le 5 janvier 1589. « Quand 
on apprit, dit Saint-Foix, que c'était Laurent de Saint-Germain qui 
l'avait assistée à ses derniers moments, les gens infatués de l'astrologie 
prétendirent que la prédiction s'était accomplie (Voir Parc Monceau). 
A sa mort l'Hôtel de la Reine échut par succession à Christine de Lor- 
raine, femme du roi Ferdinand de Toscane, mais pour payer les dettes 
laissées par la reine-mère, il fallut vendre. Acheté en 1601, pax 
Charles de Bourbon, comte de Soissons, l'hôtel prit le nom d'Hôtel de 
Soissons. II passa ensuite au prince de Carignan qui, ruiné par la 
baisse des actions de la banque de Law à laquelle il avait cédé son, 
hôtel, fut obligé de vendre ses propriétés. Démoli en partie en 1749, la 
Ville en acheta le terrain et en 1755, le roi Louis XV chargea Camus 
de Mézières de construire une Halle au Blé, afin de répondre aux 
besoins de la spéculation qui venait de se produire an moment de la 
période appelée jjacte de famine (Voir rue de Viarmes). 

La Halle au Blé commencée en 1763, fut terminée en 1767. La 
coupole primitivement établie en bois par Roubo fut incendiée en 1802, 
et reconstruite en 1807. Le décret de l'Empereur dit que « la coupole 
de la Halle aux bleds de la Ville de Paris sera couverte au moyen 
d'une charpente en fer et en planches de cuivre étamé ». Détruite de 
nouveau par les flammes vers 1854, les bâtiments furent réédifiés et 
terminés en 1889, par les soins de Blondel, architecte de la Ville. 
L'inauguration officielle eut lieu le 24 septembre de la même année. 

Près de ce monument, du côté de la rue de Viarmes, s'élève la 



212 — 



> 

I 



Bojttebrie 

fameuse tour ou Colonne de Médicis ou de V Astrologue construite 
en 1572, par Bullant et qui dépendait alors de l'ancien hôtel de la 
reine Catherine. Elle servait à la veuve d'Henri II à des expériences 
astronomiques. Cette colonne cannelée couverte d'emblèmes sculptés, 
de couronnes, de lacs d'amour et de chifi'res C H enlacés, possédait à 
son sommet une plate-forme à laquelle on accédait à l'aide d'un esca- 
lier à vis. C'est là que la reine accompagnée des physiciens Gaurie 
et Ruggieri, aimait à étudier la marche des astres. Préservée de la 
destruction par M. Petit de Bachaumont qui s'en rendit acquéreur 
en 1755, pour une somme de 1.800 francs, cette tour fut cédée par lui 
à la Ville qui y plaça une fontaine en 1818 {Voir Bachaumont). 

Ters 1715, la Bourse des Valeurs se tenait dans le jardin de l'Hôtel 
de Soissons, avant d'aller en 1725, se rétablir à l'Hôtel de Nevers 
(Bibliothèque nationale), où elle resta jusqu'en 1793 {Voir Bourse). 

BOUSSINGAULT (rue) -*-^ place des Rungis î&->- rues de l'Amiral-Mouchez 

et de Tolbiac, l'il [Gobelins, Maison-Blanche, 13^" arr. 535 m.] 

Ouverte par la Ville en 1887, elle reçut en 1840, le nom de l'agro- 
nome-chimiste Jean-Baptiste-Joseph Dieudonné Bovssingmilt, né 
en 1802, mort en 1887, conservateur du Conservatoire des Arts et 
Métiers. Sa statue a été érigée le 7 juillet 1895, dans la cour de cette 
école. 

BOUTAREL (rue) <-^s quai d'Orléans, 34 3^-> rue Saint-Louis, 75 [Hotel-de- 
ViLLE, Notre-Dame, 4^^ arr. 59 m.J 

Fut créée en 1846, sous le nom de passage Boutarel, parce que le 
terrain appartenait à M. Boutarel, capitaine d'une compagnie de la 
garde nationale qui passait pour la meilleure du quartier. Cette 
compagnie d'élite a été' d'ailleurs célébrée par Louis Reybaud dans 
son Jérôme Paturot. A l'origine, cette rue était fermée par des grilles 
placées aux extrémités. 

BOUTEBRIE (rue) -<-^s; rue de la Parcheminerie, 25 ss^v boulevard Saint- 
Geruiaiii, 92 [Fantiiéon, Sorbonne, 5<' arr. 26 m.] 

Eixistait déjà en 1240, et portait le nom du seigneur Erenihouig- 
de Brie qui y habitait. Ce nom étrangement dénaturé devint par la 
suite Erembo'ure-de-Brie, Boure-de-Brie, Boutte-brie, Bout-de-Brie 
et enfin Boutehrie. Au xvi® siècle, dans un compte des domaines 
de 157'3, elle s'appelait rue des Enlumineurs, parce qu'elle était alors 
habitée par des enlumineurs jurés de l'Université (Voir rue de la 
Parcheminerie) . 

Au 8, intéressante maison à pignon. 

— 213 — 



Boyer-BajT-et 

BOUTIN (rue) -^--s. rue de la Glacière, 116 -^~*- rue de la Sanlé, 121 [GobeliiÎS^ 
Maison-Blanche, 13« arr. 63 m.] 

Ancienne commune de Gentilly, doit son nom à M. Boutin qui y 
avait un chantier en 1865, à l'époque de son ouverture. 

BOUTRON (impasse) -t-sE rue du Faubourg-Saint-Martin, 172 (Enclos-Saint- 
liVUUENT, Hàpital-Saint-Louis, 10" arr. 112 m.] 

Nom du propriétaire. 

BOUVARD (impasse) <-^ rue de Lanneau. 8 |Pa\thho>, Sorbonne. ^<- arr. 

26 \\\.\ 

Formée dès l-WO, on l'appelait Ja longue allée et elle traversait le 
clos Bonneau, plus tard ce fut la ruelle Josselin, Jousseline et Jusse- 
line. En 15'39, on en fit la nielle Saint-Hilairc. Supprimée en 1855, 
pour le prolongement de la rue du Cimetière-Saint-Bowît, elle fut 
rétablie en 1880, sous le nom d'impasse Bouvart, qui était celui du pro- 
priétaire du terrain. 

BOUVINES (avenue de) -«— « place de la Nation. 1 1 s—*- rue de Montreuil, 102 
[Fo^»I^(•.oLRT, Sainte-Marguerite, il» arr. 155 ui.| 

Créée vers 1780, elle était appelée avenue des Ormeaux ; en 1864, 
le voisinage de l'ancienne place du Trône otî se trouvent les statues 
de saint Louis et de Pliilippe-Auguste, lui fit donner le nom de Bcru- 
vi{)ies en mémoire de la célèbre victoire remportée par ce dernier 
en 1214, sur le roi Othon lY et ses alliés, à Bouvines, près de Lille 
(Nord). 

BOUVINES (rue de) <-«s rue de Tunis, 2 »-* avenue de Bouvines 1 [Popin- 
couiiT, Sainie-Mar^ueriic, 11" arr. 27 m.] 

Cette rue est indiquée sur le plan de Jouvin de Rochefort (1672), 
se nommait précédemment rue du chemin de Lagny parce qu'elle 
conduisait à Lagny {Voir avenue de Bouvines). 

BOYER (rue) t— «s rue Bidassoa s^-»- rue de Ménilniontant, 9'i [MkmlmontanTi 
Père-Lachaise, 20'' arr. 273 m.] 

Précédemment rue du Pont-de-Turhigo ; depuis 1864, elle porte le 
nom du baron Philippe Boyer^ médecin, né à Paris en 1802, et mort 
en 1858. 



BOYER-BARRET (rue) -*-^sc rue de Vanves, 9'i =s^-> cité IJauer [Ouseuvatoire, 
Plaisance, l'i«nrr. I7'i m.] 

Ouverte en 1900 sous le nom du propriétaire et de l'archit'ecte. 

— 214 — 



I 



Braque 

BRADY (passage) -<-^ rue du Faubourg-Saint-Martin, 43 »— > rue du Fau- 
bourg-Saint-Denis, 46 [Enclos-Saint-Laurent, Porte-Saint-Denis et Porte- 
Saiiit-Martin, 10^^ arr. 184 m.] 

Ce passade a été formé en 1828, par M. Brady. 

BRAILLE (hospice) situé rue de Bagnolet, 152 [Mknh-montaint, Charonne, 

20e arr.] 

Hôpital pour les jeunes aveugles. Braille devenu aveugle à l'âge 
de 7 ans, s'adonna à l'instruction des aveugles, Il est avec Yalentin 
Hauy, l'un des inventeurs de l'alphabet en relief à l'usage des jeune» 
aveugles. Isé en 1809, il mourut en 1852 (Voir Jeunes Aveugles). 

BRANCION (rue) -e^s; rue des Morillons, 36 s— >> boulevard Lefebvre [Vaugi- 
HARD, Saint-Lambert, 15" arr. 180 m.] 

Précédemment rue du Pont de Turhigo, depuis 1864, elk a été 
dénommée Brandon en l'honneur du colonel Brancion tué à la guerre 
de Crimée à l'attaque du bastion de Malakoff en 1855. 

Au 40 est située V impasse Brancion, autrefois impasse Emélie. 

BRANTOME (rue) <-e rue Beaubourg, 31 m-> rue Saint-Martin, 164 [Tempie, 
Saint-Avoye, 3" arr. 126 m.] 

Dès 1273, elle s'appelait rue des Petits-Champs ; depuis 1864 seu- 
lement, elle a reçu le nom de Brantôme. 

Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantôme (1257-1614), est le 
chroniqueur si intéressant qui fut l'auteur de la Vie des Grands Capi- 
taines, des Hommes illustres et des Dames galantes. On l'a nommé 
« le valet de chambre de l'Histoire », à cause des détails intimes 
qu'il a donnés sur certains de ses personnages, o Ce curieux conteur,, 
disait M. de Barante qui nous fait vivre au milieu d'un siècle dont 
les mœurs prêtent à l'histoire plus d'intérêt que n'en présentent les^ 
temps qui ont suivi. » 

Au 15, est une vieille maison, qu'on prétend avoir été une des nom- 
breuses habitations qu'on prête à Gabrielle d'Estrée. La famille de l'ar-- 
chitecte Lenoir y resta jusqu'en 1792. 

BRAQUE (rue de) -fr-« rue des Archives, 7 m-^ rue du Temple, 70 [Temple,. 
Sai/it-Avoye, 3" arr. 115 m.] 

Cette rue existait déjà en 1182, sous le nom de rue des Bouchers. 
Vers 1300, elle devint rue des Boucheries-du-T emple, nom qu'elle 
garda jusqu'en 1342, époque à laquelle les chevaliers du Temple y 
firent construire de nouvelles boucheries {Voir Abattoirs). En 1348, 
Arnould de Braque, fit bâtir une chapelle à l'angle de la rue du 
Chaume (aujourd'hui Archives) et de celle des Boucheries. Ce fut 
alors, qu'elle prit le nom de Braque. La chapelle fut agrandie et on 

— 215 — 



Bréda 



y ajouta un hôpital où bientôt vinrent s'établir les religieux de Notre- 
Dame de la Rédemption des Captifs de la Merci. 

Aux 4 et 8, Hôtel du marquis de Lagrange en 1690, et de la 
duchesse de Yicence en 1820. Magnifique cour intérieure avec esca- 
liers somptueux, sur la façade beaux balcons avec pilastres. Au 7, 
Hôtel de Mesmes, puis de Vergennes, ministre de Louis XYI en 1776. 

BRAS-D'OR (cour du) <^s; rue du Faul)ourg-Saint-Antoine, 99 m-^ passage 
Josset, [l'oiM.NCOLRT, Sainte-Marguerite , 11'' arr. 102 m.] 

Cette dénomination est due à une enseigne aujourd'hui disparue. 

BRËA (rue) -«-w rue Vavin, 19 m~> boulevard Montparnasse, 107 [I.uxkmbouug, 
. Nolre-Daine-des-Cliamps , 6<' arr. 175 m | 

Créée en 1850, cette rue porte le nom du général Jean-Baptiste- 
Fidèle Bréa né en 1790. Lorsqu'éclata la B/évolution de 1848, le géné- 
ral Bréa et son aide de camp Mangin durent réprimer l'émeute^ aussi 
à quelque temps de là, le 25 juin de la même année, reconnus, comme 
ils passaient à la Maison Blanche, ils furent pris et enfermés 
dans la salle du poste de la barrière d'Italie, et là, sans jugement, 
comme plus tard en 1871, cela devait se reproduire pour les généraux 
Clément Thomas et Lecomte, ils furent immédiatement fusillés. Le 
corps de garde fut démoli et sur son emplacement on y édifia une 
chapelle. Précédemment à cet endroit existait un bal public appelé 
La Belle Moissonneuse, qui ferma ses portes vers 1820. En face de 
cet établissement s'élevait une guinguette, appelée la Maison Blanche 
tenue par le grand-père de l'historien Duruy. C'est cette maison qui a 
donné son nom au quartier. 

BRÈCHE-AUX-LOUPS (rue de la) <-« rue de Gharenton. 257 m^ rue Claude- 
Decaen, 93 [Rkuilly, Picpus, 12<' arr. ilO m.] 

Doit son nom à une vallée oii les loups se montraient pendant les 
hivers rigoureux. On rapporte qu'au xiii® siècle, il y eut des années où 
l'hiver fut tellement froid que des loups affamés venaient jus- 
qu'au Châtelet pour y chercher leur nourriture. 

BRÉDA (place) <-« nies Bréda, 16 et Glauzel, 29 (Opkka, Sai/it-Georges, 9" arr.J 
Ouverte en 1830, sur -les terrains de M. Bréda, elle ne prit 
qu'en 1840, ce nom qui n'a rien de commun avec la ville de Bréda 
(Hollande), conquise par les Français en 1793, et précédemment par 
les Espagnols en 1625. 

BRÉDA (rue) *-« rue Notre-Dame-de-Lorette,, 58 »-> rue Victor-Masse. 27 
[Oi'KRA, Saint-Geoi-ifes, 9« arr. 210 m.] 

Formée en 1830, d'un ancien passage appartenant à M. Bréda 
(Voir place Beéda), cette rue fut bien vite transformée en quartier 

— 216 — 



1 



Bi'etafçne 

général de la galanterie ; à cette époque « les femmes entretenues » 
du quartier Notre-Dame-de-Lorette, étaient qualifiées de lorettes, et 
les hommes à la mode portaient le nom de lions ou de gandins, tout 
comme aujourd'hui on parle de soupeuses, ([''horizontales de marque, 
de mi nui nettes, de snobs ou de pschutteux (Voir boulevard des Ita- 
liens et chaussée ^'Antin). Jusqu'en 1860, le quartier Bréda conserva 
toute sa célébrité, mais depuis cette époque, c'est le quartier de l'Europe 
qui semble avoir reçut illi une grande partie de cette clientèle du Tout- 
Paris qui s'amuse. 

BREGUET (rue) *-« boulevard Richard-Lenoir. 26 «»-* rue Froment [Popin- 
couivT, Roquette, W." arr. 152 m.] 

Ouverte en 1866, elle reçut aussitôt le nom d'Abraham-Louis i3re- 
guet, mécanicien et horloger célèbre, né à Neufchâtel (Suisse) en 1747. 
Breguet fut l'inventeur d'instruments à l'usage de la physique et de 
l'astronomie, il mourut en 1823, Au 13, école maternelle et au 15, école 
de garçons. 

BRÉMANT (passage) <-m rue des Orteaux, 27 *»^ rue de Fontarabie, 16 
[MÉNiLMONTANT, C/iai'onne, 20^ arr. 50 m.] 

Tire son nom du propriétaire du terrain. 

BRÉMONTIER (rue) *-m avenue de Villiers, 72 et rue Jouffroy, 74 «-^ boule- 
vard Berthier, 39 [Batignolles, Place-Monceaux, 17^' arr. 560 m.] 

Créée en 1862, on lui donna en 1864, le nom de Brémontier en 
souvenir de Nicolas-Théodore Brémontier, inspecteur des Ponts et 
Chaussées, auteur de travaux considérables pour fixer les dunes du 
golfe de Gascogne à l'aide de plantations de pins (1738-1809). Au 6, 
est l'église Saint-François-de-Sales. Au 9, habite Mlle Louise Grand- 
jean, l'excellente cantatrice de l'Opéra. 

BRETAGNE (rue de) t-m rue VieilIe-du-Teniple, 139 5^-> rue du Temple, 158 
[Templi-, Enfanis-liouges, 3^ arr. 455 m.] 

La partie située entre la rue Vieille-du-Temple et la rue de Beauce 
existait dès 1626, sur la Culture du Temple, l'autre partie qui longeait 
les murs du Temple, entre les rues de Beauce et du Temple et qui ne 
fut réunie à la rue de Bretagne qu'en 1851, s'appelait mie de la Cor- 
derie-du-T emple, à cause des ouvriers cordiers qui travaillaient le long 
des murs et dans les fossés du Temple. Le voisinage de la place des 
Vosges, qui d'après le projet d'Henri TV devait s'appeler place de 
France, a fait grouper dans ce quartier les noms des anciennes pro- 
vinces de France. La Bretagne réunie à la couronne en 1491, par 
le mariage de Charles YIII et d'Anne de Bretagne, ne fut définitive- 
ment annexée que sous François I*"" en 1532. 

La rue de Bretagne occupe l'emplacement de l'ancien couvent des 

— 217 — 



Breteuil 

F iUes-dv -Calvaire (Voir ce nom), démoli en 1790, et qui fut rem- 
placé par un théâtre nommé le Boudoir des Muses de 1792 à 1807 (Voir 
Théâtres DisrARUs). Au 1, est l'ancien Hôtel Tallard, bâti par Bullet, 
architecte de la porte Saint-Martin ; l'escalier do cet hôtel passait pour 
un des plus beaux du vieux Paris. Au 39, se trouve le Tnarché des 
Enfants-Rouges créé en 1G15 il doit son nom à l'hôpital des Enfants- 
Rouges, autrefois situé rue Portefoin {Voir rue des Archives et mar- 
ché des Enfants -Rouges). Ce marché s'est longtemps appelé le petit 
marché du Marais. 

BRETEUIL (avenue de) ---m. place Vauban, 5 m-^ rue de Sèvres, 114 [Palais- 
BounBON, licole-Militaire, 1" nrv. [Vaugirard, Nccker, 15" arr.| 

La pai"tie comprise entre la place Yauban et la place de Breteuil, 
cf>mme toutes les avenues qui entourent l'Hôtel des Invalides a été 
ouverte veis 1680, l'alignement entre la place de Breteuil et la rue 
de Sèvres date seulement de 1844. 

Le nom de Breteuil lui vient de Louis- Auguste Le Tonnelier, 
baron de Breteuil, ministre de la maison du roi et de Paris, mort le 
2 novembre 1807, à l'âge de 84 ans. 

Il y a eu un Elizabeth-Tliéodore Le Tonnelier de Breteuil, prieur 
de Saint-Nicolas-des-Champs (1710-1789) qui avait donné son nom à 
une rue Breteuil située dans le iii^ arrondissement (Arts et Métiers) 
qui fut supprimée en 1858, pour le prolongement de la rue Réaumur 
et le dégagement au Conservatoire des Arts et Métiers. Cette rue datait 
de 1780. Elle commençait, 50 rue Réaumur et finissait 1 rue Yaucan- 
8on. Au 17, magnifique immeuble primé en 1899. 

Au rond-point s'élevait autrefois un buste du général Lafayette 
qui a été remplacé par le monument de la. Défense Nationale {Voir 
Carrousel). 

BRETEUIL (place de) <-» avenues de Breteuil, 74 et de Saxe, 50 [Falais- 
BouRBON, Ecole-Militaire, 1' arr Vaugirard, Neckert, 15<' arr.] 

Cette place tracée en 1782, a été cédée par l'Etat à la Ville de 
Paris le 19 mars 18'i8, elle tire son nom de l'avenue de Breteuil (Voir 
ce nonvj. Au 4, était l'ancien abattoir de Grenelle (Voir Abattoirs). 

Au centre de cette place, à l'endroit même oii sera élevée la statue 
de Pasteur, œuvre colossale de Falguière, qui, paraît-il pèsera plus de 
120.000 kilos, se voyait jusqu'en 1903, le fameux jjuits artésien de 
Grenelle, qui avait été conçu par l'ingénieur Emmery et exécuté par 
Mulot. Commencés en 1834, les travaux de perforation ne durèrent 
pas moins de sept années et ce ne fut que le 27 février 1841, qu'ils 
furent terminés à cause de l'épaisse couche de craie qu'il fallut percer. 
« Ce jour-là, dit un contemporain, il était deux heures de l'après- 
midi. Tout à coup, on vit la sonde s'enfoncer par son propre poids : 
elle avait rencontré la couche verte. Une eau limoneuse monta des 

— 218 — 



liietonnean 

profondeurs du sol, inonda le chantier, trempa les ouvriers de sa 
fange, et la joie fut du délire. Tout Paris accourut assister à ce phé- 
nomène. Bientôt 300.000 personnes se pressèrent à Grenelle autour 
de ce puits jaillissant selon les prévisions de la science. La gloire 
d'Arago qui avait indiqué l'existence de cette nappe y gagna un nou- 
veau lustie, et le nom de Mulot fut porté aux nues. Il était \e « Chris- 
tophe Colomb des puits artésiens ». Il avait dépensé -300.000 francs, 
somme supérieure de 40.000 francs à ce qui lui revenait par droit d'ad- 
judication. La Ville compléta la somme, le dota de 3.000 francs de 
rente, et le roi Louis-Philippe le décora ». 

On raconte que Mulot, enchanté de son succès, envoya immédiate- 
ment à Arago, alors maire de Paris le billet suivant, aussi coui-t que 
comique : « Arago, nous avons l'eau, Mulot ». 

L'eau sortait du puits de Grenelle d'une profondeur de 547 m. 60, 
à une température de 28 degrés ce qui fit dire dans une chanson : 

Par \\n coup d'sondc au bon endroit. 

Mulot vient d'notis apprendre 
Où l'on trouv' de l'eau chaud' tout droit. 
N'y a qu'un' lieue à descendre. 
Ce qu'il y a de bon, 
C'est tout le cliarbon, 
Que c' bain de pied nous évite. 
Le puits artésien 
Va iairc pour rien 
Bouillir notre marmite. 

Les matériaux de la colonne actuelle, qui doivent d'abord servir 
à l'architecte du monument Pasteur pour la construction de son pié- 
destal, seront encore employés à l'érection d'une petite rotonde artis- 
tique au lieu d'émergence des eaux. 

La colonne de la place de Breteuil haute de 43 mètres n'a jamais 
été que « décorative ». Les eaux souterraines n'émergeaient pas en 
oet endroit, mais à l'angle des rues Yalentin-Haùy et Bouchut. C'est 
dans ce lieu que sera édifiée, au moyen des matériaux provenant du 
soubassement actuel, la petit-e rotonde artistique dont nous parlons. 

Quant aux eaux du puits artésien, qui sont encore tièdes en arri- 
vant à la surface du sol, elles serviront, selon le projet de 
MM. Mithouard et Chautard, à alimenter une piscine, qui serait cons- 
truite rue Blomet, pour l'usage des habitants des deux arrondisse- 
ments voisins, les vii^ et xv'' {Voir Buttes-aux-Cailles). 

BRETONNE AU (rue) <--^ rue Pelleport, 82 si^-> rue Le Bua, 27 ¥^^ [Mknil- 
MONTANT, Saint-Fargeau, 20'' arr. 100 m.] 

Comprise dans l'ancienne commune de Charonne, elle s'appelait 
anciennement rue de la Source. Depuis que l'Hôtel Tenon a été cons- 
truit dans ce quartier elle a reçu le nom de Pierre Bretonneau, célèbre 
médecin (1771- J 862). 

— 219 — 



Brezin 

BRETONS (rue des) <-« rue du Faubourg-du-Temple, 70 »»-> rue du Buisson- 
Saint-Louis, 4 [Enclos-Saint-Laurent, Hopital-Saint- Louis, 10« arr. 245 m.] 

Autrefois cour des Etats-Réninis, à cause des différents corps 
d'état qui s'y étaient réunis, elle devint en 1829, la cour de Bretagne 
et ensuite depuis 1877, la cour des Bretons. Depuis 1895, la cour a été 
transformée en rue. 

BRETONVILLIERS (rue de) -^^ quai de Béthune. 14 m-> rue Saint-Louis- 
en-l'Isle, 7 [IIotel-ue- Ville, Notre-Dame, 4" arr. 74 m.] 

Cette rue fut construite de 1614 à 1643. M. Le Ragois de Breton- 
villiers, alors président de la Chambre des comptes fit bâtir sur les 
dessins d'Àudrouet de Cerceau un hôtel qui occupait tout un côté de 
cette rue. Il en existe quelques vestiges au n° 2. 

L'Hôtel Bretonvilliers qui s'étendait autrefois jusqu'à la porte 
orientale de l'île Saint-Louis fut longtemps occupé par les bureaux 
de la Ferme générale. En 1790, par suite de l'émigration de M. de 
Montmirail, qui en était devenu propriétaire, cette magnifique habi- 
tation fit retour à l'Etat qui la convertit en manufacture d'armes 
en 1793. Vendu ensuite au domaine national, la plus grande partie 
de l'ancien hôtel disparut en 1840. Cet hôtel possédait à l'intérieur 
une magnifique galerie de tableaux des plus grands maîtres : Le 
Poussin, Migiiard, Coypel, etc. 

Avant que la Kévolution n'ait aboli les anciennes compagnies civiles 
et militaires, c'est aux environs de l'Hôtel de Bretonvilliers que la 
compagnie des arbalétriers venait s'exercer « à tirer le papegay et 
abattre l'oiseau ». Selon une charte de Philippe-Auguste, en date 
de 1210, cette société avait le privilège de posséder comme tireur- 
majeiir le roi de France lui-même. La confrérie d'arbalétriers com- 
posée d'un roi, d'un connétable et de maîtres, était exempte de cer- 
taines taxes. Après avoir occupé les terrains de Tîle Saint-Louis, elle 
se transporta dans l'île Louviers. 

Aux 1 et 3, Hôtel d'Astry en 1650 ; de Richelieu en 1696, et de 
Fronsac en 1760. Au 7, vieil hôtel avec toit en poivrière et voûte 
somptueuse, dont la vue prise du quai de Béthune est des plus origi- 
nales (Vojj' Béthune). 

BREY (rue) -<-^s= avenue de Wagram, 21 »-> avenue Mac-Mahon, 18 [Bati- 
GNOLLES, Les Ternes, J 7<^ arr. 170 m.] 

A pris le nom de M. Auguste- Joachim Brey, architecte, adjoint 
au maire de Neuilly (1795-1875). 

BREZIN (rue) -e-« avenue d'Orléans, 46 j»-* avenue du Maine, 171 [Observa- 
ToiKE, Pelil-Montrouge, H^ arr. 290 m.] 

Faisait partie de l'ancienne commune de Montrouge ; en 1844, elle 
a reçu le nom de Michel Brezin, entrepreneur de serrurerie et fon- 



— 220 — 



I 



Bi'illat- Savarin 

dateur de l'hospice qui porte son nom (1757-1828). Cet hospice dit 
de la Reconnaissance est situé à Marnes-la-Coquette près de Yille- 
d'Avray. Ce généreux philanthrope qui, de simple ouvrier avait acquis 
une fortune considérable, consacra plus de 5- millions à la fondation 
de cette bonne œuvre réservée aux ouvriers du marteaiu, que les infir- 
mités ou la vieillesse a rendus incapables de travailler. 

BRIARE (impasse) -<-^s rue Rochechouart [Opéra, Roc/iec/iouart, 9« arr. 
95 m.J 

Ruelle étroite formée à la fin du xviii^ siècle sous le nom de cul" 
de-sac SiMet ; le nom de Briare est celui d'un propriétaire qui y pos- 
sédait plusieurs terrains. Elle allait autrefois jusqu'au n° 20i de la rue 
Neuve-Coquenard, aujourd'hui rue Rodier. Sous la Révolution ce 
fut Vimpa^se Brutus. 

BRIDAINE (rue) -«— ss rue Trufîault, 44 is— > rue Boursault, 50 [Batignolles, 
Bati^nolles, 17« arr. 185 m.] 

De 1852 à 1864, cette rue s'appelait rue Saint-Charles ; le voisi- 
nage de l'église des Batignolles lui a fait donner le nom de Jacques 
Bridaine, prédicateur (1701-1767). 

BRIE (passage de la) ^-ssf rue de Meaux, 43 m-^ impasse de Montferrat, 9 
[Buttes-Chaumont, La Villelte, 19" arr. 70 m.j 

Précédemment passage Buzelin, elle est devenue en 1877, le pas- 
sage de la Brie à cause du voisinage de la rue de Meaux, chef-lieu 
de l'ancienne province de Brie (Seine-et-Marne). 

BRIGNOLiE (rue) <-«? avenue du Trocadéro a>-> rue Pierre-Charron, 10 [Passy, 
CliaVlot, 16*' arr. 60 m.] 

Ouverte en 1879, par M. Brignole de Galliera sur son propre ter- 
rain. Le square Brignole-Galliera est au 16 de l'avenue du Trocadéro. 

BRIGNOLE-GALLIERA (musée) situé rue Pierre-Charron, 10 [Passy, C/iaillot, 
16« arr. €0 m.] 

Ce musée, ou plutôt ce Salon d'Art industriel, fut créé en 1878, 
par M. de Brignole ^ralliera, et construit par l'architecte Louis Ginain 
(1825-1878), mais il ne fut inauguré que dix-sept années plus tard, 
le 19 décembre 1895. 

BRILLAT-SAVARIN (rue) -<-s rue Mauny s— *► rue des Peupliers [Gobelins, 
Gare, V^<' arr. 1080 m.J 

Indiquée au cadastre de 1795, sous le nom de rue du Pot-au-Lait, 
d'une vieille enseigne Perrette ou le Pot au lait ; l'établissement de 
la gare des marchandises de Gentilly a nécessité la suppression de la 
partie de cette rue aboutissant au boulevard Kellermann. Depuis 1895, 

— 221 — 



Biisficic 

elle a reçu le nom de Bnllat-Savarin. Au 93, était la petite rue du 
Pot-au-Iait qui avait été créée en 1837, et qui disparut en 1863. 

Brillât-Savarin naquit à Belley, en 1755, et mourut en 1826. Magis- 
trat et avocat distingué ; il fut condamné à mort en 1789. Il s'enfuit 
en Amérique et ne revint que sous Napoléon I". Il est l'auteur de 
la Physiologie du goût, ouvrage gastronomique très apprécié dont le 
baron Brisse fut le continuateur. 

BRIQUET (rue) <--s boulevard (lo Hochechouart. 66 ^^?^^ rue d'Orsel, 29 
[MoNTMMiTiu;. Cli'^nancourl, 18'' arr. 75 m ] 

Nom du propriétaire. Au 2 est le pa^^sage Briquet. 

BRIQUETERIE (rue de la) -«-^rue de Vanves, 225 35-> boulevard Brune, l'.t 
[Observatoihe, Plaisance, 14« arr. 80 m.] 

Ainsi dénommée en raison d'une briqueterie du voisinage. 

BRISEMICHE (rue) <-^ rue du Cloître-Saint-Merri, 10 iî^-> rue Siinon-le- 
Franc, 29 [IIoïel-ue-Ville, Saint-Mcrri, 4» arr. 167 m.] 

Doit ce nom comme la rue Taillepain aux pains ou miches, que 
l'on distribuait aux cbanoines de Saint-Merri. 

La partie située entre les rues Saint-Merri et Simon-le-Franc, 
existait au xiii* siècle ; celle entre les rues du Cloître et de Saint- 
Merri ne fut ouverte qu'au xv'^ siècle sous le nom de Brise miche. 
En 1560, le tronçon entre les lues Maubuée et Saint-Merri avait nom 
l'ue du P.oirier. En 1207, alors que la future rue Brisemiche, n'était 
encore qu'une impasse confondue avec la rue Taille Pain, elle se nom- 
mait rue Baille-Heu, puis Bay-le-hceu, et Baille-hoë. Vers 12'7'j, elle 
devint rue de la Petite-Bouderie (fabricants de boucles) et en 1512", 
rue de la Baudroirie, mais elle reprit bientôt le nom de Bnsenmche 
qui lui avait été donné en 1420. Au 5, constmction bizarre qui autre- 
fois faisait partie du cloître Saint-Merri. A signaler quelques vieilles 
maisons intéressantes aux 20", 23, 26 et 29. Cette dernière possède 
encore un crochet qui servait à tendre la chaîne la nuit, lorsqu'au 
moyen âge, la police exigeait que cette rue livrée à toutes les 
débauches fût fermée à ses deux extrémités. 

BRISSAC (rue de) -«—s boulevard ^lorland, 10 ss-^ rue de Grillon, 5 [Hotel- 
DE-ViLLE, Arsenal. 4^ arr. 42 m.] 

A été ouverte en 1843, sur les terrains de l'ancien enclos de l'Ar- 
senal (Voir ce nom). 

Charles de Cossé duc de Brissac, pair et maréchal de France, était 
gouverneur de Paris, en 1594, et ce fut lui qui favorisa l'entrée de 
Paris au roi Henri lY (22 mars 1594). Le maréchal de Brissac mou- 
rut en 1621 {Voir Henri IV). 

222 



Broca 



BROCA (hôpital) situé rue Broca, 111 [Gobelins, Crouleharbe, 13*^ arr.] 

Le 12 juin 1892, le Conseil municipal de Paris a décidé que V hôpi- 
tal de Lourcine, prendrait le nom du docteur Broca, le célèbre physio- 
logiste. Depuis 1886, cet hôpital est spécialement réservé aux femmes 
malades. Il occupe une partie des bâtiments de l'ancien couvent des 
Cordeliers. Ce couvent établi en 1270, à Troyes, par Tribault VII, roi 
de Navarre, transféré ensuite vers 1289, à Paris au 111 de la rue de 
Lourcine (aujourd'hui Broca), fut fondé et patronné par Marguerite 
de Provence, femme de Louis IX et par sa fille Blanche, veuve du 
roi de Castille qui y prit le voile. Pillé en 1544, par les troupes du 
Béarnais, ce vieux monastère supprimé à la Révolution, fut vendu le 
15 octobre 1796. En 1829, on y installa une maison de refuge pour les 
mendiants infirmes. 

Avant la laïcisation des hôpitaux (mars 1882) l'hôpital de Lour- 
cine était desservi par les sœurs de la Compassion dont la maison mère 
était à Saint-Denis. 



BROCA (rue) -<— s rue MouiTetard, 142 s— > rue de la Santé, 61 [PAN-rniioN, 
Val-de-Grdce, 5" arr. ; Gobelins, Croulebarbe, IS*' arr. 980 m.] 

Cette rue ne porte le nom du D*" Broca que depuis 1890, aupara- 
vant et depuis 1182 c'était la rue de Lourcine, créée sur l'ancien fief 
de Laorcine. Ce nom paraît venir de locus cinerium (lieu des oendi^es) 
en raison des fours crématoires que les romains avaient installés dans 
le voisinage. Mais par suite d'altérations successives, si fréquentes 
autrefois on en était arrivé, en modifiant le sens du mot Lourcine et 
en l'interprétant comme dérivé diUrsus (ours) à dire: rue de Lur- 
cine, de VOursine et de VUrsine. Un moment, d'après Sauvai, elle fut 
appelée la Ville-de-Lourcine-lès-Saint-Marcel, puis rue du Clos-de- 
Ganay en raison de ce que le chancelier de Ganay y avait dans la rue 
de l'Arbalète une maison de plaisance qui s'étendait jusque-là. On lui 
donna aussi le nom de rue de îa Franchise, parce que les artisans 
du fief de Saint-Tean-de-Latran pouvaient y travailler librement 
sans y payer aucune taxe. Ce fut ensuite la rue des Cordelières à cause 
du couvent des Cordelières, fondé en 1289, par Marguerite de Pro- 
vence, qui était établi au 95, aujourd'hui 111 (lo/r hôpifal Broca). 
Aux 85 et 87, était le carrefour Sai iit-H ipjjolyte qui devait ce nom, à 
l'église Saint-Hyppolite qui avait existé dans cette rue. Construite 
en 1178, elle fut démolie en 1807. Au 62, était l'ancienne Caserne de 
Lourcine, occupée avant la Révolution par les gardes françaises; 
l'entrée de la caserne est maintenant au 27 du boulevard de Port- 
Royal. Au 140, groupe scolaire. 

Le docteur Broca, célèbre chirurgien français, né en 1824, mort 
en 1880, possède sa statue au boulevard Saint-Germain. 

— 223 — 



Brosse 

BROGA (statue du D') située boulevard Saint-Germain, 89-122 [Luxembourg, 
Odéon, 6" arr.] 

A été élevée le 30 juillet 1887, par souscription universelle, sous 
les auspices de la Société d'Anthropologie de Paris. Elle est l'œuvre 
de Paul Glioppin, sculpteur sourd et muet. On sait que le D' Broca, 
était fondateur de la Société d'Anthropologie et professeur à la 
Faculté de Médecine de Paris {Voir me Broca). 

BROCHANT (rue) -«— ss place des Batignolles, 16 ss— >- avenue de Clichy, 129 
[Batignollus, Epinetles, 16" arr. 36'i m.] 

Ouverte en 1845, sous le nom de rue Notre-Dame; porte depuis 1869, 
le nom de Brochant. 

André- Jean-Marie Brochant de Villiers (1773-1840), géologue et 
minéralogiste, directeur de la manufacture de Saint-Gobain, membre 
de l'Académie des mines. Au 28, école maternelle. 

BRODU (rue <— s rue de Vanves, 160 ss— ♦> rue Vercingétorix, 189 [Observa- 
TOiHK, Plaisance, H*" arr. 150 m.] 

Nom du propriétaire ; a été percée en 1888. 

BRONGNIART (rue) -<— ss rue Montmartre, 135 s?— >- rue Notre-Dame-des- 
Victoires, 52 [Bourse, Mail, 2" arr. 23 m.j 

A la suite d'une déviation causée par la construction des rem- 
parts élevés en 1030, entre la rue des Jeûneurs et la rue Saint-Marc 
{Voir rue Montmartre), la partie de la rue Notre-Bame-des- Vic- 
toires qui à cette époque faisait un retour d'équerre pour finir rue 
Montmartre, fut dénommée rue Brongniart tandis que la rue Notre- 
Dame-des-Yictoires (Voir ce nom), put être continuée directement 
jusqu'à la rue Montmartre comme elle l'est aujourd'hui. 

Le voisinage du Palais de la Bourse lui a fait donner le nom de 
Alexandre-Théodore Brongniart, né à Paris en 1739. Architecte 
auquel on doit les plans de ce palais commencé en 1808 {Voir Bourse), 
mais qui mourut le 7 juin 1813, sans avoir pu achever son œuvre. 
Avant d'être architecte Brongniart avait été médecin. 

BROSSE (rue de) -en^ quai de l'Hôtel-de-Ville, 90 3s-> place Saint-Gervais 
[IIoti;l-de- Ville, Saint-Gervais, 4" arr. 60 m.] 

Cette rue qui entoure l'église Saint-Gervais, s'appelait autrefois 
rue de Longpont et aux Moynes-de-Longpont à cause des moines de 
Longpont qui y avaient un hospice. Elle existait au xiii" siècle et 
prit en 1838 le nom de Jacques de Brosse, puis en 1881, la Ville ayant 
supprimé le prénom de Jacques, elle devint rue de Brosse. 

Salomon de Brosse, appelé à tort Jacques de Brosse, archite 
de l'église Saint-Gervais, du Palais du Luxembourg et de l'aqueduc 

— 224 — 




Broivn-Sèqiinrt 

d'Arcueil mourut en 1630. L'aspect de la rue de Brosse est des plus 
pittoresques. Au 8 de la rue Longj)ont était en 1790, le presbytère de 
Saint-Gervais qui avait donné son nom à un passage devenu le 'pas- 
sage Saint-Gervais qui disparut en 1847, à l'exception d'une petite 
impasse qui existe encore, près de la rue des Barres. 

BROUSSAIS (hôpital) situé rue Didot, 96 [Observatoire, Plaisance, 14" arr.] 

L'ancien hôpital des Mariniers, construit en moins de quatorze 
semaines vers 1882, alors que le choléra sévissait si cruellement à 
Paris a été aménagé dans le genre des Hospitnls de Londres (Infec- 
tions deseases). Il a pris depuis 1900, le nom d'hôpital Broussais : la 
dénomination de Mariniers lui venait de ce que le terrain sur lequel il a 
été élevé s'appelait le sentier des Mariniers. 

Le D"" Broussais, breton d'origine, professeur de pathologie et de 
thérapeutique à la Faculté, qui avait créé la chaire pour lui, fut 
membre de l'Institut en 1882, et mourut en 1838 ; il était né à Saint- 
Malo en 1772 {Voir rue Broussais). 

BROUSSAIS (rue) -<-^s rue Dareau, 31 s-^ rue d'Alésia. 2 [Observatoire, 
Santé, l'i« arr. 396 m.] 

Créée en 1863, cette rue porte le nom de Broussais depuis 1867. 
François-Joseph- Victor Broussais, célèbre médecin, fondateur de 
l'école physiologique, auteur de l'Histoire des Phlegmasies chro- 
niq^ies. Broussais, ardent partisan de la saignée fit beaucoup de mal 
en appauvrissant l'espèce humaine. Cette rage de saigner était telle- 
ment innée chez lui qu'il saignait même les femmes en couches ! Il 
est vrai de dire que ces mœurs barbares existaient bien avant lui, 
puisque déjà les maîtres barbiers chirurgiens (Voir Ecole de Méde- 
cine), étaient depuis longtemps chargés de ce soin. Mais c'est sur- 
tout aux XVI® et xvii* siècles que la saignée fut le plus pratiquée. 
Comme exemple, il suffit de citer le cas de Louis XIII qui, sur l'ordre 
de son médecin fut saigné quarante -sept fois en un an ; et celui d'un 
malade atteint de rhumatismes, auquel Guy Patin n'avait pas craint de 
donner soixante-huit coups de lancettes en huit mois. 

BROWTî-SÉ QUART (rue) -<— s rue Falguière, 47 ss— >- boulevard de Vaugi- 
rard, 48 [Vaugirard, Necker, 15" arr. 110 m.] 

Percée en 1900, elle fut dénommée rue Brown-Sêquart en l'hon- 
neur du savant de ce nom, né à l'île Maurice en 1817, et mort à 
Sceaux en 1894, célèbre pour son traitement d'injections organiques 
pour la restauration des forces physiques, qui, malgré les vives 
attaques dont il fut l'objet, fait cependant de la méthode hypoder- 
mique, un excellent moyen d'action contre certaines maladies, les 
débilités séniles ou organiques, l'anémie, les maladies de peau, etc., etc. 

— ^25 — 

15 



Bninel 

BRUANT (rue) -e-œ boulevard de la Gare, 60 's-^ rue Jenner, 4 [Gobelins, 
Salpétrière, l'S" arr. 280 m.] 

Ancien chemin ouvert à la fin du xviii' siècle, à travers le village 
d'Austerlitz, qui ne fut réuni à Paris qu'en 1818 ( Voir Austerlitz), 
il reçut en 1856 le nom de Libéral Bruant architecte de la Salpé- 
trière, de l'Hôtel des Invalides dont il construisit tout l'édifice sauf 
le dôme, et de la Caisse des Dépôts et Consignations du quai d'Orsay. 
Malgré rimportance de ses travaux, la vie de Bruant est restée à 
peu près inconnue. On ignore où et quand il est hé, on croit cependant 
qu'il naquit vers 1637, et mourut en 1697, 

Ne pas confondre avec Aristide Bruant, le jardinier-chansonnier 
montmartrois, auteur des chansons réalistes si connues. 

BRULON (rue) -«-^s rue de Giteaux, 39 s— v rue Crozatier, 66 [Reuilly, 
Quinze-Vingts, \1<^ arr. 1U9 m.] 

Nom du propriétaire. 

BRUNE (boulevard) ;i^î— *- chemin de fer de l'ouest, Montparnasse -<— s; porte 
et avenue d'Orléans [Obskrvatoire, Petit-Monn-ou<^e, Plaisance, 14" arr, 1615 m.] 

Ce boulevard faisait anciennement partie de la rtie Militaire située 
dans les communes de Montrouge et de Yanves. En 1859, le génie le 
céda à la Ville de Paris, qui, en 18G4, lui donna le nom de Brune. 

Guillaume-Marie-Anne Brune est né à Brive le 31 mars 1763. Il 
avait été prote, avant de s'engager en 1794, et travaillait dans 
une petite imprimerie, située au 8 de la nie de l'Ecole-de-Méde- 
cine, où s'imprimait VA7ni du Peuple, le journal dont Marat était 
le principal rédacteur. Simple grenadier en 1790, maréchal de France 
en 1804, après s'être illustré pendant la campagne d'Italie et de Hol- 
lande avec Bonaparte, il mourut assassiné à Avignon le 2 août 1815, 
et son corps mutilé, fut jeté dans le Rhône, 

BRUNE (passage) ■<— «e passage Noirot s-^ ])oulevard Brune, 51 [Observa- 
TOiuE, Plaisance, 14« arr. 130 m.] 

Précédemment impasse Lepilleur, porte lar dénomination actuelle 
depuis 1877 {Voir boulevard Brune). 

BRUNEL (rue) -*— s; avenue de la Grande-Armée, 38 :^->- boulevard Péreire, 235 
[Baïignolles, Zes 7'er7jes, 17" arr. 390 m.] 

Antérieurement rue Sainte-Marie reçut en 1874 le nom de Brunel. 

Marie-Isambert Brunel (1769-1849), célèbre ingénieur, exécuta 
de 1824 à 1842 le tunnel sous la Tamise. Son fils, né à Portsmouth 
en 1808, construisit le Leviathaiv et le Great Eastern, vaisseaux mons- 
trueux qui eurent une très grande célébrité. Brunel fils mourut 
en 1859. ,,:.wr -. 

-^226 — 



Buchèrîé 

BRUNETEAUD (impasse) située rue des Tourneux [Reuilly, Picpus, 12" arr. 
93 m.] 

Nom du propriétaire. 

BRUNOY (passage) -<— s rue de Châlon, 26 ss— >- passage Haguinot, 15 
[Reuilly, Quinze- Vingts, 12« arr., 165 m.] 

Ancien pa.ssage Hébert, il a pris en 1900, le nom de son proprié- 
taire. 

BRUXELLES (rue de) y— =. place Blanche, 7 2s-> rue de Clichy, 80 [Opéra, 
Sainf-Georges, 9" arr. 320 m.] 

A été ouverte en 1864, sur les dépendances du jardin de Tivoli 
(Voir ce nom), elle a reçu en 1826 le nom de Bruxelles, capitale de la 
Belgique, à cause du voisinage de la place de l'Europe. Au 13, habi- 
taient le dessinateur Spoll, et Hector Pessard, journaliste bien 
connu, M. Pessard (1836-1895), avait collaboré au Temps, à La 
Liberté, au Soir, au National, au Gaulois, etc., etc. (Voir rue Riche- 
lieu). Au 21, est mort Emile Zola, célèbre autant par ses œuvres 
littéraires : UAssoinmoir, Pot-Bouille, La Cuvée, Germinal, La 
Terre, etc., etc., que par sa lettre : J^accuse et son retentissant pro- 
cès contre les experts en écriture qui avaient déposé lors de l'affaire 
Dreyfus en 1898. Zola né le 2 avril 1840, au 10 de la rue. Saint-Josepb, 
mourut accidentellement asphyxié dans son sommeil le 2'9 sep- 
tembre 1902. Zola doit avoir son monument dans l'allée centrale du 
jardin des Tuileries en face de la statue d'Alsace de Mercié, et à égale 
distance de la rue des Tuileries. La statue sera de MM. Constantin 
Meunier et Charpentier. 

Le dessinateur Tony Johannot mourut le .5 aoiit 1852, au 26 de 
cette rue. Au 32, école de la Yille. 

BUA (sentier des) situé sentier des Hauts-Montibeufs [Ménilmontant, SainP- 
Fargemi, 20"^ arr. 170 m.] 

Le sentier des Hauts-Montibeufs faisait anciennement partie de 
cette voie, établie vers 1812, sur le lieu dit des Btia. Ce nom doit être 
prochainement modifié. 

BUCHERIE (rue de la) <-^s place Maubert, 2 et rue du Pavé, 6 s— >- place et 
rue du Petit-Pont, 1 [Panthéon, Sorbonne, S^ arr. 235 m.] 

Construite vers la fin du xii" siècle, la proximité du Port-aux- 
bûches, lui avait fait donner le nom de rue de la Buschene-Saiht' 
Paul, à cause des biiches qu'on y débarquait. Prè& de cette rue, 
en 1300, descendant à la Seine, était la rue de la Poissonnerie, qui au 
xviii® siècle était devenue la rue de la place aux Poissons, et du 
Port-à-Maître- Jean-Pierre (dont l'une des portes de son chantier 

— 227 — 



Biici 

existe encore au n° 16 de cette me). Le Trou-Punais, célèbre égout 
immonde longeait la rue de la Bucherie ( Voii- Euouts). 

En 1472, la Faculté de Médecine était établie rue de la BûcLerie. 
On voit encore au n° lî, le dôme de l'ancien amphithéâtre de Winslow, 
construit en 1617, sur l'emplacement d'une maison à l'enseigne du 
Cheval Blanc {Voir Enseignes), qui depuis 1430, avait appartenu aux 
religieux de Sainte-Geneviève, ainsi que la partie des anciens bâti- 
ments qui servait au corps médical. Dans la cour il y a deux inscrip- 
tions latines datant l'une de 1678, et l'autre de 1744, Le bâtiment de 
droite est beaucoup plus ancien que celui de gauche ; il avait été 
a-cheté en 1469, en même temps que les terrains de la Couronne, et 
par conséquent, est antérieur à celui qui fait face à l'entrée et dont 
le rez-de-chaussée servit à un lavoir jusqu'en 1900. 

Avant 1797, les bâtiments de l'ancienne Faculté de Médecine 
étaient loués sous le nom de Do-mus scholarum (maison des écoliers). 
En 1513, ce logis avait été habité par un docteur régent du nom de 
Jehan Guischard; en 1524, un autre docteur régent nommé Œgidius 
de Frontignières en fut le principal locataire; plus tard la Faculté 
y logea des bedeaux de Saint-Séverin et de Saint-Julien-le-Pauvre. 
Au 15, ancien Hôtel Colbert qui avant 1789, appartenait à la famille 
Isalis, greffiers au Parlement. Au 16, existe une vieille porte cochère 
à clous saillants qui était en 1429, la porte principale du chantier 
de bois de Maître Jean-Pierre, dont le nom avait un moment été donné 
à la rue. Depuis le 16 avril 1896, grâce à l'heureuse initiative des 
Amis des monuments parisiens et particulièrement de son président 
M. Normand, l'ancienne Faculté de Médecine a été rachetée par la 
Ville de Paris qui veillera à la conservation de ce précieux bâtiment. 

Le peintre Courbet habitait la rue de la Bucherie et avait son 
atelier au-dessus du célèbre café de la Rotonde, qui faisait l'angle 
de la rue. 

BUCI (carrefour de) situé rues Dauphine, 52, Saint- André-des-Arts, 72, de 
l'Ancienne-Comédie, 2, Mazarine, 84 et de Buci, 2 [Luxembourg, Monnaie, 
6" arr.] 

C'est dansi ce carrefour que commencèrent les enrôlements deis 
volontaires en 1792 {Voir BorEG-TiBOURG), et où eut lieu la même 
année le commencement des massacres des prisons {Voir Abbaye). 

Dans un cabaret de ce carrefour tenu par Landelle, se réunissait 
au xviii' siècle, les grands écrivains tels que Crébillon, d'Alembert, 
Diderot, Gresset, etc. {Voir rue de Brci). 

BUCI (rue de) <-« rues de l'Ancienne-Comédie, 2 et Mazarine, 84 s»-^ boulevard 
St-Germain, 164 [Luxembourg, iWo«/iafe, Saint-Germain-des-Prés,6° arr. 200m.| 

Ouverte en 1351, elle se nomma d'abord rue qui tend du pilori à 
la porte de Buci, parce qu'elle conduisait au pilori de l'abbaye Saint- 

— 228 — 



Biidé 

Germain. Le nom de Buci, qui était celui du propriétaire Philippe de 
Buei, premier président au Parlement, lui fut 'donné en 1352. C'est 
par cette porte que les Bourguignons pénétrèrent dans Paris après 
que Périnet Leclerc, leur en eut favorisé l'entrée dans la nuit du 
28 mai 1418 {Voir rue Saint-André-des-Arts). 

Sur le plan de Tapisserie {Voir Gomboust), cette rue est appelée 
î'iie Dinetanean. Au 4, jolie toile peinte : A la Belle Fermière. 
Au 10, enseigne du Griffon. Au 12 se trouve un vieux médaillon en 
bois sculpté représentant une étoile dans les nuages (Voir Enseignes). 
La Clairon, célèbre comédienne du xviii^ siècle habitait la rue de 
Buci, c'est là qu'ayant « contrevenu aux ordonnances du Roy » elle 
fut arrêtée et conduite aux Madelonnettes, ancienne prison autrefois 
située rue des Fontaines-du-Temple (Voir ce nom). Au 17 de 
cette rue était le jeu de paume de la Croix-Blanche- que Molière fit 
transformer en théâtre, sous le nom de Théâtre Illustre, et où il 
débuta ; mais l'entreprise n'ayant pas réussi, Molière et sa troupe 
se virent obligés en 1663 de partir jouer en province {Voir Molière). 
Au 18, jolie maison à pignons à l'angle de la rue de Seine. 

BUDA-PESTH (place). 

La municipalité de Buda-Pesth, ayant décidé qu'en souvenir des 
bonnes relations qu'elle a toujours entretenues avec la municipalité 
parisienne, le nom de Paris serait donné à une rue de Pesth, le Con- 
seil municipal de Paris dans la séance du 12 juillet 1902", s'est pro- 
noncé pour qu'en échange le nom de Buda-Pesth, soit attribué à une 
place, qui serait formée à l'extrémité du passage Tivoli, à l'endroit 
oii celui-ci se confond avec la rue d'Amsterdam {Voir PraciUe). 

Buda-Pesth, capitale de la Hongrie, célèbre par son port sur le 
Danube, de 400 mètres de largeur qui relie la Bude ou Ofen à Pesth. 

BUDÉ (rue) -<— s quai d'Orléans, 10 s— >- rue Saint-Louis-en-l'Ile, 45 [IIotel- 
DE-ViLLE, Notre-Dame, 4" arr. 84 m.] 

Créée vers 1630, elle porta le nom de Guillaume, un des entrepre- 
neurs qui construisirent les maisons de l'île Saint-Louis. En 1867, 
elle devint rue Budé. 

Guillaume Budé (1467-1540), sieigneur de Marly-la-Ville, philo- 
logue, maître de la librairie du roi François P'", était prévôt des mar- 
chands de 1522 à 1524. Savant helléniste, il profita de son crédit auprès 
de François I" pour le déterminer à fonder le Collège de France {Voir 
ce nom). Il a laissé d'importants ouvrages grecs. Sa statue figure dans 
l'une des cours du Collège de France, du côté de la rue Jean-Cousin. 
Au 1, est né en jl833, Félix d'Arvers, l'auteur de l'incomparable son- 
net, publié en 1850, dans un recueil de poésies intitulé Mes heures 
perdues et qui commence par ces mots : Ma vie a son secret, mon âme 

— 229 — 



Bugeaud 

a son mystère ». D'Arvers mourut ignoré à la maison Dubois après 
avoir demeuré dans le passage Cliausson, aujourd'liui rue Pierre- 
Cliausson. 

Budé est mort le £"3 avril 1540, dans son hôtel du 203 de la rue 
Saint-Martin, qui passait pour un des plus beaux de l'époque. (Cette 
maison dite de Vie, a disparu depuis longtemps). Il fut enterré à 
l'église Saint-Nicolas-des-Champs, ori, selon les termes de son testa- 
ment « il fut porté en terre de nuict et sans semonce, à une tx)rclie 
seulement ». 

BUENOS-AYRES (rue) "<—r-^ avenue du Suftren ss-> Champ de Mars [Palais- 
Bourbon, Gros-Caillou, 7" arr. 40 m.] 

Nom donné en 1880, après l'Exposition universelle de 1878. 
Buenos-Ayres^ capitale de la République Argentine, magnifique 
port sur la Plata. 

BUFFAULT (rue) -<-^; nie du Faubourg-Montmartre, 46 ss— > rue Lamar- 
tine, 11 [Opéua, Faubourg-Montmartre, 9" arr. 197 m.] 

Commencée en 1782', elle doit son nom à la famille Buffmdt, dont 
l'un des membres Jean-Baptiste Butïault, avait été échevin de la Ville 
de Paris en 1789. 

Au 30, Synag-ogue (rite portugais) {Voir Synagogues). Au 32, 
école de la Yille. Le général Gérard liabita le 36. 

BUFFON (rue) -*— s boulevard de l'Hôpital, 2 s^-> rue GeolïVoy-Saint- 
Hilaire, 36 [Panthéon, Jardin-des-Plantes, 5" arr. 616 m.] 

Formée en 1790, sur l'emplacement du Clos Pastouillet, elle reçut 
à cette époque le nom de Buifoii. 

Georges-Léon Lecltrc, comte de Buffon, célèbre naturaliste et un 
des plus grands écrivains français, est l'auteur de l'Histoire naturelle 
des quadrupèdes, de la Théorie de la Terre et des Epoques de la Nature. 
Buffou était académicien. Né au château de Montbard en 1707, il 
mourut à Paris en 1788, directeur du Jardin du roi (Jardin des 
Plantes). Sa maison a été conservée et porte le nom de Maisox de 
BuFFON écrit en lettres d'or. Au 11, école de la Yille. 

On a fondé en 1887, un lycée Buffon au 153 du boulevard Pasteur, 
à l'angle de la rue de Vaugirard. 

BUGEAUD (avenue) -<-^s place d'Eylau, 8 s&-> avenue du Bois-de-Bou- 
logne, 77 [Passy, Porte-Daupliine, 16« arr. 542 m.| 

Précédemment avenue Dauphine parce qu'elle aboutissait à la 
porte Dauphine, elle reçut en 1864, le nom de Bugeaud. 

Thomas-Robert Bugeaud, duc d'Isly, maréchal de France, naquit 
le 15 aovit 1784, à Limoges et mourut le 10 juin 1849. Engagé volon- 
taire, caporal à Austerlitz, il était l'année suivante sous-lieutenant 

— 230 — 



Bullier 

au G4'' régiment de ligne. Vainqueur de l'Isly en 1844, sur les Maro- 
cains il contribua puissamment à la colonisation de nos conquêtes 
d'Afrique. En 1840, il avait été gouverneur de l'Algérie. Sa casquette 
est restée légendaire. On sait qu'un matin au camp, le maréchal 
ayant oublié de mettre son képi était apparu devant les troupes en 
honnet de coton. D'où la chanson connue, sur un refrain de sonnerie : 

As-tu vu la casquette, 

La casquette. 
As-tu vu la cas([uetto 

Du père Uugcaud. 

Au 61 est la rue Bugeaud, et au 46 est le rond-point Bugeaud. 

BUIS (rue du) -k-^si rue du Point-du-Jour, 60 sï-> rue d'Auteuil, 13 [Auteuil, 
Passy, 16« arr. 93 m.] 

Ancienne voie bordée de huis dépendant autrefois de l'ancienne 
commune d'Auteuil. Cette rue date de 1837. 

BUISSON-SAINT-LOUIS (rue du) ^e^ rue Saint-Maur, 192 -ss-^ boulevard 
de la Villette, 27 [Enclos-Saint-Laurent, Hôpital-Saint-Louis, 10« arr. 302 m.) 

Ancien chemin couvert de buissons qui conduisait aux Buttes- 
Chaumont; converti en inie à la fin du xviii'' siècle, il doit son nom à sa 
situation champêtre dans le voisinage de l'hôpital Saint-Louis. C'était 
précédemment la 7*ue des Moulins allant aux moulins de la Butte- 
Chaumont, et aussi la ruelle des Gavées. Au 7, est le passage et au 17, 
Vim.passe du Buisson-Saint-Louis. 

BULLANT (rue) -<— ss rue de la Santé, 103 s^-> en impasse au delà de la rue 
Palmyre [Gobelins, Maison-Blanche, 13« arr. 93 m.] 

Précédemment rue Hélène, a pris depuis 1875, le nom de Bullant.. 

Jean Bullant, sculpteur-architecte (1510-1578), a bâti l'ancien 
Hôtel de la Reine (Voir Bourse du Commerce), le château d'Ecouen, 
travaillé aux Tuileries, et commencé en 1540, l'Hôtel Carnavalet dont 
les travaux furent repris en 1550, par Pierre Lescot, et qui cent dix ans 
après fut transformé par Mansart (Voir Carnavalet). On lui doit 
aussi les tombeaux de Montmorency, d'Henri II et de Catherine de 
Médicis (Voir parc Monceau). 

BULLIER (bal) situé avenue de l'Observatoire, 83 [Luxembourg, Odéon, 6<= arr.] 

Ce bal a été construit vers 1848, sur les terrains de l'ancien cou- 
vent des Chartreux par Bullier. Tout de suite ce bal eut une très 
grande vogue, parce qu'il fut inauguré peu de temps après la dispari- 
tion du Frado (Palais de Justice). Les étoiles de Bullier ont été : 
Rigolboche, Francine de Nevers, Alice la Provençale et tant d'autres 
aujourd'hui oubliées (Voir me Cadet). Le terrain sur lequel a été 

— 2S1 — 



Biitte-ai(.i-Cailles 

installé ce bal, coûta 7.000 francs en 1848, aujourd'hui il vaudrait 
au moins 1 million 500.000 francs {Voir Bals disparus). 

BUL.L.OURDE (passage) -*-^s nie Kcllei-, 14 3i^->- jjassage Charles-Dallery, 15 
[l*oi>i,NCOLit r, Raquette, 11'= arr. 120 in.) 

Nom du propriétaire. 

BUOT (rue) -<— s rue de la Butte-aux-Cailles, 27 et de l'Espérance, 7 s-> rue 
Martin-Bernard [Gobelins, Maison-Blanche, 13" arr. 125 m.] 

C'est M. Buot qui créa cette rue. 

BUREAU (passage du) -«-^s rue de Charonne, 166 ss— >► boulevard de Cha« 
ronne, 69 [Popincourt, Saùite-Marguerite, 11" arr. 468 m.] 

Précédemmeni ruelle des H autes-V ignoles, et ruelle du Bureau, à 
cause d'un bureau d'octroi situé dans cette rue ; depuis 1877, a été 
transformée en passage. 

BURQ (rue) -<-^5: rue des Abbesses, 48 s—»- en impasse au delà de la rue 
Duranlon [Montmautrk, Grandes-Carrières, 18" arr. 162 m.] 

Ouverte en 1863, elle a pris le nom de son propriétaire. La partie 
formant impasse n'est pas encore classée. 

Ne pas confondre Burq avec Burhe, le philosophe anglais, auteur 
des Essais sur le beau et le stiblime. 

BURNOUF (rue) -<-^ boulevard de la Villette,64 ss-> rue Bolivar, 89 [Buttes- 
Chaumont, Combat, 19" arr. 200 m.] 

Cette rue portait avant 1844, le nom de rue Friry, depuis on lui a 
donné celui de Burnouf. 

Eugène Burnouf, savant orientaliste (1801-1852), dont le père, 
philosophe distingué (1775-1844), est l'auteur de la célèbre Gram- 
maire grecque. 

BUTTE-AUX-CAILLES (rue de la) -<— s rue du Moulin-des-Prés et passage 
Simonet ss^^- rue Barrault [Gobelins, Maison-Blanche, 13e arr. 407 m.] 

Le chemin de la Butte-aux-Cailles comprenait autrefois la partie 
de la rue du Moulin-des-Prés entre le boulevard d'Italie et la rue 
Vandrezanne. Cet endroit élevé dominant la Bièvre, dit la Butte-aux- 
Cailles, devait être autrefois peuplé de cailles, alors que tous ces ter- 
rains étaient recouverts de vignobles. Il avait été question un moment 
de donner à cette rue le nom d'Ernest Rousselle, conseiller municipal, 
mais CB projet a été écarté. 

Il existe sur la hauteur de la Butte-aux-Cailles, une vieille masure 
peinte en rouge qui, alors qu'on exécutait à la barrière Saint-Jatques, 
servait de quartier général au bourreau Sanson, qui y venait surveil- 
ler le montage de l'échafaud. De la petite fenêtre de l'étage en sou- 

— 232 — 



linttes-Chaiiniont 

pente, paraît-il, il lançait les ordres aux aides et aux charpentiers qui 
élevaient la machine sur la place. Quatre jours étaient nécessairea 
pour cette besogne, car, pour arriver à l'échafaud, le condamné était 
obligé de gravir neuf marches d'un escalier qui aboutissait à une 
large plate-forme. Ce quartier avait alors une physionomie champêtre, 
de la Tombe-Issoire jusqu'à la porte d'Orléans, ce n'était qu'une suite 
de petites guinguettes entourées de jardins, où les Parisiens venaient 
boire le vin clairet provenant des vignobles de Bagneux. Le jour de 
l'exécution, la foule se portait à la barrière de Gentilly, à la rencontre 
de la charrette amenant de la prison de Bicêtre le condamné à mort. 
Les dernières exécutions, place Saint-Jacques, furent celles des régi- 
cides Fieschi, Pépin et Morey (Voir Roquette). 

Paris possède aujourd'hui un nouveau ijuits artésien sur la Butte- 
aux-Cailles {Voir Breteuil). Ce puits dû à l'ingénieur Arrault fut 
commencé en 1866, mais la guerre survint, puis la Commune, les 
chantiers furent incendiés, et les travaux interrompus. Ce ne fuf que 
22 ans après, en 1892, qu'ils purent être repris. En novembre 1903, 
le puits entièrement terminé à la profondeur de 582 mètres donne un 
débit de 6.000 litres par jour, d'une eau sulfureuse à la température 
de 28 degrés. Ce merveilleux travail n'a coxité que 800.000 francs ! 

BUTTES CHAUMONT (parc des) situé entre les rues Massin, de Crimée, 
Botzaris et Bolivar [Buttes-Ghaumont, Combat, 19° arr.] 

Ce parc, un des plus pittoresques de Paris a été inauguré le jour 
de l'ouverture de l'Exposition, le l*"" mai 1867. C'est Alphand (Voir 
ce nom), qui a dirigé les travaux de cet immense teiTain, construit 
les ponts suspendus, créé le lac, avec ses grottes, bâti sur le point 
culminant le Temple de la Syhille, semblable à celui de Tivoli (Italie), 
en un mot métamorphosé ces buttes informes en un délicieux jardin. 

La Butte-Chaumont, autrefois appelée Montfaucon, ou lieu de 
supplice, parce que les fanicons venaient sur ce mont dévorer les 
cadavres ; possédait au pied des buttes tout près de la rotonde de l'an- 
cien bassin de la Villette, au débouché des rues de Meaux et de la 
Grange-aux-Belles, une construction composée de 16 piliers carrés en 
maçonnerie cimentée et réunis ensemble par de grosses pièces de bois 
transversales auxquelles se balançaient, attachés avec des chaînes de 
fer, les misérables dépouilles des suppliciés. Le gibet était entouré de 
murs afin d'empêcher qu'on ne vînt la nuit pour y voler les corps, 
et au-dessous du gibet avait été pratiqué un grand trou, sorte de char- 
nier, dans lequel tombaient les cadavres en décomposition. 

On a prétendu à tort que Montfaucon fut élevé par Enguerrand 
de Marigny, premier ministre de Louis X le Hutin, le gibet existait 
déjà au xiii® siècle, puisqu'il en est fait mention dans le Roman de 
Berte ans grans pies, écrit vers 1274, par Aduès, mais par une singu- 
larité du sort, Enguerrand de Marigny qui avait fait reconstruire les 

— 233 — 



Bu ttes-Cha u mon t 

fourches patibulaires de Montfaucou, eu fut la première victime. Ayaut fl 
été accusé de malversation, il fut jugé, condamné et pendu le 
13 avril 1315. Son innocence ayant été reconnue quelque temps après 
sa mort, le roi légua à sa famille 100.000 livres en considération de 
« sa grande infortune »; le corps d'Enguerrand fut enlevé du gibet 
de Montfaucou, déposé au couvent des Chartreux et conduit en grande 
pompe en l'église d'Ecouis près les Andelys. 

C'est à Montfaucon, après les massacres de la Saint-Barthélémy 
que furent transportés les restes mutilés de l'amiral Coligny (Voir ce 
nom). « Ils furent hissés à l'aide de cordes sur le gibet et la populace 
après avoir allumé de grands feus; se mit à danser tout autour pen- 
dant que les chairs se détachaient et tombaient en lambeaux. Pendant 
plusieurs jours toute la oour y compris Catherine de Médicis- et le roi 
Charles IX y vint en foule insulter le cadavre du malheureux amiral, 
et comme les courtisans se bouchaient le nez à cause de l'odeur, se 
rappelant le mot ue Yitellius, après la défaite d'Othon, le roi s'écria : 
« Le corps d'un ennemi, Messieurs, sent toujours bon. » 

Malgré l'horrible spectacle de Montfaucon, ses alentours étaient 
remplis de cabarets qu'on appelait alors courtilles où l'on venait se 
rafraîchir après la promenade. C'est dans une courtille de Montfaucon 
que François Yillon place une scène d'une de ses Repues franches. 
Avant Montfaucon, il existait un autre gibet dit Gibet de Montigny, 
qui devait être placé sur le boulevard près de l'école Colbert (rue Châ- 
teau-Landon), à l'endroit oii était autrefois un moulin à vent du nom 
de Moulin des Potences ; la rue Philippe-de-Girard, d'ailleurs s'appe- 
lait alors Chaussée des Potences (Voir rue Philippe-de-Girard). Ce _ 
gibet disparut avant 1416, et le grand gibet fut terminé en 1424. 
Vers 1()25, Montfaucon fut abandonné, mais la voirie y demeura 
jusqu'en 17G5, époque à laquelle on transporta le gibet rue Secrétan, 
entre les n°' 57 et 72, où il resta jusqu'au 21 janvier 1790. Il servait 
alors de dépôt pour les cadavres des suppliciés de Paris, avant que 
l'Assemblée Nationale n'eiit autorisé la sépulture ordinaire aux 
condamnés à mort. Plus tard cette voirie fut affectée à un dépôt de 
poudrette. 

Les Buttes-Chaumont furent longtemps la voirie de Paris, où se 
déversaient toutes les vidanges, toutes les immondices de la capitale, 
en un mot Montfaucon était « un véritable dépotoir ». C'est dans les 
environs de ces cloaques infects que se tenaient les équarrisseurs et où 
les pêcheurs s'alimentaient d'asticots. Les rats de Montfaucon eurent 
également leur célébrité. A partir de 1817, n'y pouvant plus tenir, 
à cause des émanations méphitiques qui s'exhalaient de ces immon- 
dices de toutes sortes, les habitants de Belleville et de la Villette obtin- 
rent le transport de la grande voirie dans la forêt de Bondy. Mais la 
purification complète de Montfaucon et des environs ne s'effectua que 
ie 1845 à 1850. 

— 234 — 



JîifzefU'al 

L'ancienne barrière des. Buttes-Cliaumont était communément 
désignée sous le nom de Barrière de la Boyauderie à cause des 
fabriques de cordes à boyaux établies dans la rue de la Butte-Chau- 
mont, aujourd'hui Louis-lîlanc (Voir ce nom). 

Pendant les journées des 29 et 30 mars 1814, les Buttes-Chaumont 
furent le théâtre d'un véritable combat, livré contre les alliés par 
les marins de la garde et les élèves de l'Ecole polytechnique. Les 
troupes alliées commandées par l'empereur de Russie, Alexandre I*''", 
le roi de Prusse et le prince de Schwartzemberg étaient composées de 
119.000 fantassins et 26.600 cavaliers, tandis que les troupes françaises 
sous les ordres des ducs de Raguse et de Trévise ne représentaient 
qu'un effectif de 23.600 hommes. 

Après un combat à outrance, nos troupes durent se retirer. C'est 
alors que le roi Joseph, frère de Napoléon, dont le quartier général 
était au Ohâteau-Rouge {Voir rue Clignancourt), voyant la situation 
perdue signa la capitulation : les alliés rentrèrent à Paris et Bliicher, 
Alexandre, Frédéric, Guillaume III et les autres souverains quittant 
le château de Bondy passèrent successivement par les Buttes-Chau- 
mont et se « rejoignirent, dit A. Callet, chez un marchand de vins 
à l'enseigne du Petit Jardinet, dont on retrouve les traces sur le quai 
de la Loire, il fut convenu verbalement qu'il y aurait un armistice 
pour laisser à l'armée française le temps d'évacuer Paris ». 

BUZELiIN (rue) ■<-^. rue Riquet, 72 bis ssh-v rue de Torcy, l'S [Montmahtre,. 
La Chapelle, 18« arr. 135 m.] 

Ouverte en 1863, elle doit son nom au propriétaire. 

BUZENVAL (rue de) -^-^i rue de la Plaine, 21(s&->- rue de Terre-Neuve. 40 
[Mk.mlmoxta.nt, Charonne, 20" arr. 180 m.] 

Une partie de cette rue était autrefois la riie des Basses-Vignoles, 
puis rue dea Vignoles. Elle figure à l'état de sentier sur le plan cadas- 
tral de 1812. Depuis 1878, elle a reçu le nom de Buzenval en mémoire 
du combat du 19 janvier 1871, qui se livra entre les troupes assiégées 
dans Pans et l'armée allemande, le peintre Henri Regnault y trouva 
la mort (Voir rue HENUi-REGXAtTLT). 

En 1900, le pa.ssage Papier, formé en 1890, et qui portait le nont 
de sa, propriétaire, a été englobé dans la rue de Buzenval, dont il était 
la continuation. 



235 — 



CABANIS (rue) -*-^ rue de la Santé s— > rue Broussais [Observatoire, Santé 
14" arr. 323 m] 

Précédemment comprise dans la zone des anciennes carrières, elle 
fut classée en 1867, et reçut le nom de Cahanis. 

Pierre-Jean-Greorges Cabanis, médecin-aliéniste, naquit à Cosnao 
(Corrèze) en 1757, et mourut en 1808. Il fut l'ami de Mirabeau ; entre 
autres ouvrages célèbres, il écrivit Les Rapports du physique et du 
moral de UKoinme. 

L'asile actuel des aliénés, fondé en 1861, par le baron Haussmann^ 
sur l'emplacement de V ancien asile Sainte-Anne est situé au n° 1, 
L'asile Sainte-Anne datait de 1652, et avait eu pour fondatrice la 
reine Anne d'Autriche. Au 18, est Vim.passe Cahanis. 

GACHEUX (rue) <-^. boulevard Kellermann, 96 s— >- rue des Longues- 
Raies [GoBELiNS, Maison-Blanche, 13« arr. 155 m.] 

Voie privée ouverte en 1883, par M. Cacheux. 

CADET (rue) -*-^ rue du Faubourg-Montmartre, 34 sa— v rues Lamartine, 1 et 
Montholon, 37 [Opéra, Faubourg-Montmartre, 9« arr. 293 m,] 

Cette rue percée sur un terrain dit Clos Cadet, du nom de son pro- 
priétaire Cadet de Chambine, existait déjà au xvii* siècle à l'état de 
cbemin appelé rue de la Voierie, à cause d'une voirie qui était située 
à l'endroit du croisement de la rue Lafayette. Elle fut alignée une 
première fois en 1845, entre le faubourg Montmartre et la rue 
Lafayette et subit en 1859, un élargissement dans la partie aboutis- 
sant à la rue Montbolon. 

Au 5, école de la Ville. Le 9, était en 1766, l'hôtel du marquis de 
Courmont, dont les jardins occupaient l'emplacement du n° 7. Au 16, 
ancienne maison de campagne du prince de Monaco en 1700. Le duc 
de Richelieu l'occupa, en 1725, puis le Président Bégars en 1780 ; c'est 
aujourd'hui le Grand Orient de France, loge franc-maçonnique inau- 
gurée le 4 février 1859. Le 18, construit en 1858, sur les terrains de 
l'ancien hôtel du Maréchal Clauzel (Voir ce nom) eut son heure de 
célébrité sous le second Empire. C'est là qu'Arban le fameux piston, 
chef d'orchestre, y avait installé son Casino-Cadet. On y faisait de la 
musique et l'on s'y livrait aux plaisirs de la danse. Outre la salle prin- 

— 236 — 



Cadet 

cipale, on avait conservé au fond une grande galerie encore ornée de 
tableaux et de portraits des grands généraux de l'Empire, dépendant 
autrefois de l'hôtel du maréchal et qui servait de fumoir et de pro- 
menoir, or, comme parmi les habituées de l'endroit il s'en trouvait un 
grand nombre qui, à cause de leur âge, dédaignant les folies choré- 
graphiques, préféraient faire les cent pas dans la galerie des antiques, 
plutôt que d'aller se mêler au flot tumultueux des danseurs, on leur 
donna le nom de vieilles gardes, et ce surnom servit encore longtemps 
après à désigner « les vieilles filles en retraite ». 

En 1860 (le 12 février), le Figaro y organisa une grande fête dan- 
sante, au profit des détenus pour dettes de la prison de Clichy (Voir 
rue de Clichy) avec le concours des célébrités de l'époque : Rigol- 
boche, Aline-la-Provençale, Finette, Rosalba-la-Désossée, etc., qui y 
obtinrent un succès énorme (Voir Bals disparus). Puis, comme en ce 
monde toute chose n'a qu'un temps, on ne dansa plus au Casino ; forcé 
de fermer ses portes, il disparut; c'est alors qu'Edmond About, le spi- 
rituel journaliste y fonda Le XIX^ Siècle et qu'ainsi Gutenberg y chassa 
Terpsichore. 

Depuis la mort d' About, l'ancien Casino est devenu un établisse- 
ment d'hydrothérapie. Aux 19 et 21 était le marché Cadet, sur l'empla- 
cement duquel ont été construits en 1901, les nouveaux bâtiments du 
Petit Journal. Ce marché avait remplacé une ancienne guinguette des 
Porcherons appelée le Grand salon Coquenard. 

Le territoire des Porcherons comprenait toute la partie maréca- 
geuse qui s'étendait de la rue Cadet à la rue Saint-Lazare et englobait 
l'ancienne chapelle Saint-Jean-Porte-Latine, devenue depuis l'église 
Notre-Dame-de-Lorette. Déjà en 1581, les Porcherons alors situés aux 
confins de la Yille, regorgeaient de guinguettes et de cabarets, dont 
l'un des plus célèbres prit le titre de Cabaret des Porcherons. Il était, 
aux xvii" et xviii® siècles, dans les habitudes du meilleur m,onde d'y 
venir s'encanailler. Mme de Genlis raconte dans ses Mémoires qu'elle 
s'y rendait « déguisée en grisette et qu'elle rafraîchissait de sacré 
chien tout pur les jeunes garçons, qui la faisaient danser ». Marie- 
Antoinette vint un jour incognito aux Porcherons pour voir danser 
la Camargo et Belle-humeur, sergent aux gardes « et s'y amusa fort ». 
De toutes ces guinguettes la plus célèbre « la plus plaisante », comme 
on disait alors était : le Grand salon Coquenard, situé au 3 de la rue 
Lamartine (ancienne rue Coquenard). On chantait alors sur les Por- 
cherons un rondeau de Vadé ayant pour refrain : 

Voir Paris sans la Courtillc 
Oii lo peuple joyeux fourmille, 
Sans fréquenter les Porcherons, 
Ce rendez-vous des vrais lurons. 
C'est voir Rome sans voir le Pape ! 

Au 24, petite garçonnière du comte d'Artois (Voir Artois), dont 

— 237 — 



Cailliè 

la jolie façade se voit au 35 de la rue Saulnier. Au coin de la rue 
Montliolon et de la rue Cadet, mourut le 18 octobre 1817, le compo- 
siteur Méhul, auteur de la Chasse du jeune Henri et du Chant du 
départ (Voir Méhul). 

CADRAN (impasse du) -^-^£ boulevard de Rochechouart, 54 [Montmartre, 
Clignancourt, 18e arr. 55 m.] 

Yoie privée. Au fond de cette impasse était autrefois un cadran 
solaire, d'où le nom d'impasse du Cadran. 

GAFFARELLI (rue) -«—s rue de Bretagne, 58 ss— > rue Ferrée, ;{ [Temple, 
Enfants-Rouges, ^J" arr. 80 m.] 

Ouverte le 9 septembre 1809, sur les terrains de la prison et de 
l'enclos du Temple, elle reçut le nom de Caffarelli. 

Louis-Marie-Joseph-Maximilien Caffarelli du Falga, né à Falga 
(Hautie-Garonne), le 13 février 1756. Officier d'artillerie, après le 
10 aoiît, seul, il refusa de reconnaître l'autorité de l'Assemblée natio- 
nale. Suspendu de ses fonctions, incarcéré pendant quatorze mois, il 
fut envoyé en 1795, à l'armée de Sambre-et-Meuse où il eut une jambe 
emportée au passage du lihin ; il accompagna cependant comme géné- 
ral du génie, Bonaparte en Egypte où il sut rendre de très grands 
services. Blessé de nouveau au siège de Saint-Tean-d'Acre, d'une balle 
qui lui fracassa le coude, Caifai-elli mourut quelques jours après le 
27 avril 1799, des suites de sa blessure. 

CAILi (rue) -t-ns rue Philippe-de-Girard, 21 3î— > i-ues du Faidwurg-Saint- 
Denis, 212 et Perdonnet, 2 [Enclos-Saint-Laurent, Saint- Jlncent~de-Paul, 
10e arr. 167 m.] 

Créée en 1866, elle ne devint nie Cail qu'en 1868, du nom de Jean- 
François Cail, célèbre constructeur de machines (1804-1871). Voisi- 
nage des gares du Nord et de l'Est. Au 6 de la rue de la Smala est 
la cité Cadl. 

CAIL.LAUX (rue) -<-4s avenue dé Ghoisy, 61 ?m-> avenue d'Italie, li;{ et 117 
[GouEi.iAS, Maison-Blanc/ie, l'i° arr. 132 m.] 

Classée en 1866, elle fut ouverte en 1894, jusqu'à la rue Gandon, 
puis en. 1896 prolongée jusqu'à l'avenue d'Italie. Elle doit son nom à 
M. Caillaux, propriétaire du terrain. 

CAILLIÉ (rue) -<— ss boulevard de la Chapelle, 8 s— > rue du Département, 25 
[Montmartre, La Chapelle, 18« arr. 133 m.] 

Précédemment rue Martin en 1867, elle prit en 1879, le nom de 
Caillié. - . 

René Caillié (1799-1838), est le premier voyageur européen qui 

— 238 — ' 



Calais 

traversa l'Afrique du Maroc au Xiger et pénétra dans le désert jusqu'à 
Tombouctou. 

CAIRE (passage du) <-^sk place du Caire, 2 s— v rue Saint-Denis, 241 et rue 
d'Alexandrie [Bourse, Bonne-Nouvelle, 2^ arr.] 

Ce passage fut construit en 1799, dans le style égyptien, en souve- 
nir de la prise du Caire en 1798 {Voir rue du Caire), et occupe l'em- 
placement de l'ancien couvent des Filles-Dieu, précédemment hôpital 
Sainte-Madeleine {Voir Alexandrie). Ce passage comprend trois par- 
ties : la galerie du Caire, la galerie Saint-Denis, et la galerie Sainte- 
Foy. 

CAIRE (place du) située rue du Caire, 3 [Bourse, Bonne-Nouvelle, 2« arr.] 

Ouverte en 1799 {Voir rue du Caire). Au 2, maison égyptienne, 
à l'entrée du pa(Ssage. 

CAIRE (rue du) -<— s boulevard de Sébastopol, 115 s-^ rue Damiette, 6 et 
place du Caire [Bourse, Bonne-Nouvelle, 2* arr. 330 m.] 

Percée en 1799, sur l'emplacement du couvent des Filles-Dieu 
{Voir Alexandrie), elle a été nommée du Caire en mémoire de la 
prise de cette ville par les Français sous les ordres de Bonaparte, le 
23 juillet 1798. Reconquis en 1802, par les Anglais, le Caire fut 
rendu aux Turcs en 1803. 

En 1858, la rue du Caire fut prolongée jusqu'au boulevard Sébas- 
topol sur l'emplacement de l'ancienne rue des Rentiers. 

CAISSE D'ÉPARGNE. {Voir EpargNe). 

CALAIS (rue de) -«-s rue Blanche, 67 s— v place et rue Vintimille, 24 [Opéra, 
Saint-Georges, 9<^ arr. 153 m.] 

Ouverte en 1844 sur les terrains de l'ancien jardin Tivoli (Voir 
ce nom), elle reçut le nom de la ville de Calais (Pas-de-Calais), célèbre 
par le siège qu'elle soutint en 134T, contre Edouard III sous le règne 
de Pliilippe de Yalois; elle fut reprise aux Anglais par François de 
Guise en 1558. 

Au n° 4, est mort le 8 mars 1869, le célèbre compositeur Henri 
Berlioz, auteur de la Dam nation de Faust, des Troyens et d'un remar- 
quable Traité d' orchestration. Il était né à la Côte-Saint-André (Isère), 
le 11 décembre 1803 {Voir square Vintimille). 

Au 21, se voyait encore en 1875, une petite chapelle dite des Dames 
de la Tnnité qui avait été construite en 1840. Dans cette rue ou plutôt 
sur l'emplacement de cette rue était autrefois l'ancien château de 
Savies qu'habitait Marie d'Angleterre, troisième femme de Louis XII 
(1498). Elle y -avait institué sous le nom de la Rose nommfiée une céré- 

— 239 — 



Camhocéres 

monie qui depuis s'est modifiée, et qui cependant, peut être comparée 
au couronnement annuel d'une rosière, ainsi que cela se fait encore 
à Nanterre et dans d'autres localités des environs de Paris. 

CAIiLOT (rue) -<-^s avenue de Versailles, 151 s— > rue Chardon-Lagache, 81 
[Passy, Auteuil, 16« arr. 50 m.] 

Précédemment rue de F E goût vers 1837, à cause d'un ancien égout 
conduisant à la Seine. Elle a été dénommée rue Callot en 1864. 

Jacques Callot, né à Nancy en 1593, mourut à Paris en 1635. Gra- 
veur et dessinateur, génie hardi et fantasque il a laissé des croquis 
remarquables des mendiants de la Cour des Miracles (Voir ce nom). 
Il a illustré aussi lesi Misères de la guerre, les Hideux, les Gueux, etc. 

CALLOT (rue) -*-= rue de Villejuif, 4 3— > boulevard de l'Hôpital, 155 [Gobe- 
lins, Salpélrière, l.S« arr. 135 m.] 

Cette rue qui porte le nom du propriétaire du terrain a été percée 
en 1898, sur l'emplacement de l'ancien abattoir de Villejuif. 

GALMELS (rue) <—^. rue du Huisseau, 53 s— >- cité Nollet, 10 [Mo.ntmarthe, 
Grandes- Carrières, 18" orr. 155 m.] 

Formée en 1880, jusqu'à la rue Montcalm sur les terrains de 
M. Calmels, elle engloba en 1900, la rwe Cahiiels qjrolongée. Au 18 de 
la rue du Pôle-Nord est V impasse Calmels. 

CALVAIRE (place du) -<-^s rue du Calvaire, 3 [Montmartre, Clignancourt, 
IS" arr.] 

Précédemment place Sainte-Marie jusqu'en 1873, époque à laquelle 
elle prit le nom de place du Calvaire {Voir Calvaire). 

CALVAIRE (rue du) -<-^ rue Gabrielle, 20 s—)- place du Tertre, 11 [Mont- 
martre, Clignancourt, 18« arr. 40 m.] 

Percée en 1844, elle doit sa dénomination à la proximité dui Cal- 
vaire placé au sommet de la butte Montmartre, près de l'ancienne 
église Saint-Pierre-de-Montmartre. Ce calvaire a été créé en 1805. 

CAMBACËRÈS (rue) -<-s rue des Saussaies, 17 -<-s rue de la Boëtie, 15 
[Elysée, Madeleine. 8" arr. 278 m.] 

Faisait autrefois partie de la rue de la Ville-VEvêque (Voir ce 
nom) et fut foimée sur l'emplacement de l'ancienne ferme que les 
évêques de Paris possédaient à la Ville-l'Evêque depuis le xiii^ siècle, 
et qui, devenu bourg, fut enclavé dans Paris sous Louis XV. Vers 1(572, 
la partie comprise entre les rues des Saussaies et de Pentbièvre est 
indiquée sur le plan de Jouvin sous le nom de rue du Chemin-Vert. 
En 1865, on lui donna le nom de Cambacérès. 

Jean-Jacques-ïRégis Cambacérès, conventionnel, jurisconsulte et 

— 240 — 



Cambon 

homme politique français (1752-1824), devint président du Sénat sous 
Napoléon P'. Arclii- chancelier de l'Empire, deuxième Consul, il fut 
fait duc de Parme par l'Empereur, 

Au 3, maison Henaissance. Le ministère de l'Intérieur s'étend sur 
toute la partie comprenant les n°* 7 à 13. 

CAMBODGE (rue du) -<-^s avenue Gambctta, 85 s— >- rue OHila, 60 [Ménil- 
MONTANT, Père-Lachaise, 20"^ arr. 173 m.] 

Avant 1877, oii elle prit le nom de Cambodge, elle était connue 
comme chemin de retrait ou sentier de traverse des Gatines, puis devint 
rue du Métrait. 

Le voisinage de la rue de la Chine, lui a fait donner celui de Cam- 
bodge, royaume de l'Indo-Chine et de Siai-i., qui depuis 1863, est sous 
le protectorat de la France (1.600.000 habitants environ). 

CAMBON (rue) -^-^s. rue de Rivoli, 246 s— >- boulevards de la Madeleine. 1 et 
2 et des Capucines, 23 [Louvre, Place Vendôme, 1*='" arr. 449 m.] 

Ouverte en 1719, sur l'emplacement de l'ancien hôtel du maréchal 
de Luxembourg, elle prit le nom de rue de Luxemhourg. Elle com- 
mençait alors rue Saint-Honoré. En 1810, on la prolongeait jusqu'à 
la rue de Hivoli. 

En 1879, elle devint la rue Cambon en mémoire de Joseph Cam- 
bon, membre de la Convention, né en 1754, qui demeurait au n° 15 de 
cette rue. Cambon est le créateur du Grand Livre de la Dette publique ; 
maire de Paris en 1792, il mourut en exil à Bruxelles en 1820. 

Marmontel habitait cette rue en 1777. Les conventionnels Romme 
et Granet logeaient au n" 33. Du 5 au 11, s'élèvent actuellement les 
nouveaux bâtiments de la Cour des Comptes [Voir ce nom). Aux 9 
et 11, était autrefois un couvent appartenant aux Dames de l'Assomp- 
tion. Ce couvent, ainsi que l'église de l'Assomption qui est voisine 
avaient été construits en 1670, par le cardinal de Larochefoucauld, 
dans les dépendances et le jardin de l'hôtel qu'il possédait près de la 
porte Saint-Honoré pour y abriter les « bonnes femmes » de la cha- 
pelle d'Haudry, sacristain de Saint-Louis, fondateur de l'ordre des 
Haudriettes, dont le a moustier » menaçait ruines {Voir Hau- 

DB.IETTES. 

Sous la Révolution, le couvent et les bâtiments furent convertis 
en fabrique d'armes, puis dans une des salles du premier étage se tint 
un club de patriotes. Plus tard, on en fit une caserne pour les Cent- 
Suisses et la gendarmerie. En 1871, après l'incendie du ministère des 
finances (Voir rue du Mont-Thabor), l'Etat y plaça les archives de 
ce ministère. A part une terrasse élégante avec balustrade forgée, 
située au-dessus d'une galerie à arcades voûtées assez curieuses, ce 
vieux bâtiment ne présentait rien de bien remarquable. Le terrain 

— 241 — 

16 



Camlironne 

veiidiu en 1-8-95, est aujourd'hui occupé en partie par l'école de ga«i'gojis 
de lia Tille, situiée au 13, et aur le reste a été édifiée la nouvelle Gour 
des Comptes, transfuge du Palais d'Orsay {Voir gare (Z'Obxéans). 
Au 28, était jusqu'en 1899, le gouvernement de la Pla^e de Paris. Ce 
service est aujourd'hui transféré à l'Hôtel des Invalides. Au 36^ Minis- 
tère de la Justice, dont l'entrée principale est place Vendôme {Voir 
ce nom). 

Le cloître du couvent des Filles de l'Assomption avait été construit 
par Clément Métezeau, il n'était séparé du presbytère que par un mur 
très peu élevé. En 1871, dans la nuit du 5 avril, au moment oii les 
fédérés venaient arrêter l'abbé Deguerry, curé de la Madeleine, qui 
habitait ce presbytère,, c'est par ce mur qu'il tenta de s'"évader, mais 
après avoir réfléchi que sa préseni^e pouvait compromettre la tranquil- 
lité des surveillants des Archives du Ministère des Finances, il aban- 
donna cette idée et sortit tout simplement par la porte de la rue Cam- 
bon, où immédiatement, il fut arrêté et conduit à l'ancienne prison 
de la Roquette pour y être fusillé avec les autres « otages » {V où- 
rues ÏÏAXO et de la Roquette). 

CAMBRAI {me de> -«—sa vue de l'Oaiircq, 68 »— >- quai de la dironde. t et rue 
de l'iaiidre. 201 |1>uttes-(]iiai mont, Pont-de-Flandre, 1*,)'- arr, 600 in..| 

Ancien chemin vicinal de Cambrai. 

Cambrai, ville du département du Xord où fut conclu en 1529, 
par Louise de Savoie au nom de Français I",. et Eléonore d'Autriche 
«u nom de Charles-Quint, le traité dit de la Pai.r des Dames, qui mit 
fin aux guerres- entre la France et l'Espagne. 

CAMBRONNE (impasse) située rue de Carabronne, 97 [V.vugiraiid, Necker, 
15" an-. 60 ni.] 

Précédemment impasse Saint-Nicolas. Depuis 1^77, porte le nom 
actuel {Voir rue Cambrontste). 

CAMBRONNE (place) située boulevards de Grenelle, 166 et de Garibaldi, 2 
rues (]i'oix-Nivt'rt, Frémicourt et avenue Lowendal [Vaucirard, Necker, 
15" an*.] 

Anciennement place de VEcole Militaire, elle a pris depuis 1864, 
le nom de Camhronne (Voir ce nom). 

CAMBRONNE (rue) -<-^s place Cainbronne, 7 s—*- rue de Vaugirai-d, 230 
[VaugirArd, Saint- Lambert, Necker, 15^ arr. 810 m.] 

Sous la dénomination de rue de V Ecole-Militaire et route départe- 
mentale n° ^6^, elle figurait déjà sur le plan cadastral en 1811. En 1864, 
elle reçut le nom de Camhronne à cause du voisinage de l'Ecole Mili- 
taire. 
• . Le vicomte Pierre-Jacques-Etienne Camhronne, lieutenant géné- 

— 242 — 



Camille- Dbuls i 

rai français, naquit en 1770, à Saint-Sébastien (Loiret-Inférieure). Il 
commandait un bataillon à Waterloo. C'est là, qu'entouré par des 
masses ennemies et sommé de se rendre, il prononça le mot célèbre que 
Victor Hugo a reproduit tout au long dans les Misérables et que.l'liis'- 
toire a cru, à tort, devoir traduire par : a la garde meurt et ne se 
rend pas ». Toutefois il vécut, jusqu'en i£i42. 

Il avait été question de donner -«u prolongement de^ oette^ rme' le 
nom du conventionnel Saint- Just, mais jusqu'icij, aucune suite n'a 
été donnée à ce projet. 



CAMÉLIAS (rue des) <-^sâ rue des Arbustes, 11 s;^-> rue de Vanves, 197 
[GusEUVATOiuE, Plaisance, 14" arr. 90 m.] 

Les propriétaires des jardins sur lesquels- cette rue fut ouverte 
en 1880, lui donnèrent ce nom en raison des camélias qu'on y cultivait 
alors. 



CAMILLE-DESMOUE-INS <rue)-(-^ rue Pétion, 17 ss-^ rue Sàiht-Mîaur, 13 
[J'OPINCOUKT, La Roquette, 11" aiM". 103 ni:] 

Créée en 1883, elle reçut en 1885, la. dénomination aotuelle.. 

CamdUe Desmoulins, avocat, pamphlétaire et journaliste,, naquit à 
Guise (Aisne), en 1762. Au renvoi de Necker il prépara le 13 juil^ 
let 1789, l'attaque contre la Bastille {Voir Palais-Royal), et seconda 
puissamment le mouvement révolutionnaire du 10 août. Membre de^ 
la Convention, il siégea à ra<3tIûntagne..Sonf jpuriiaL:.Z/â5-.^S«éiwZî^tows 
de France et de Brabant, publié de 1789 à 1791, eut un très grand 
succès. Vers la fin de 17^3j il' publia, le Vieux Cordelier dans lequel 
il exprima le désir qu'un comité de clémence fût créé «• pour mettre 
fin aux exécutions qui ensanglantaient la France » ; arrêté comme 
suspect et membre du Club dès Indulgents, il périt courageusement 
sur l'ëchafaud, en compagnie de Danton, Eabre d'Eglantine, etc., etc., , 
le & avi'iri794 (16 germinal, an FI). Ce jour-la. il y eut quinze exécu- 
tions. Sa femme Lucile Desmoulins après avoir tenté de soulever la. 
foule, fut arrêtée et guillotinée à son toun. 

Camille Desmoulins et Lucilè avaient kabité sur la plaoe de- 
l'Odéon, en face le Théâtre Egalité,.ci-dev£Lnt.THéâtre Français {Voir 
Odéon). Un comité d'admirateurs de Camille Desmoulins songerait à 
lui ériger prochainement une statue. 



CAMILiIjE-DOUIjS (rue) -«-^s avenue Gambettà, 142's— >- boulevard" Mortier 
[MKMLMOiSTANT, Saînt-Fargeau, 20e arr. 215 m] 

Voie ouverte par l'Etat en 1890, a pris le nom de Camille UouU,. 
explorateur français, mort au Sahara en 1888. 

— 243 — 



Camulogene 

CAMILLE-TAHAN (rue) -<-^s rue Cavalolti, 8 s-> en impasse [Ménilmontant, 
Grandes-Carrières, 18e arr.] 

Propriétaire des teiTains, M. Camille Tahan forma cette rue 
en 1902. 

CAMOU (rue) -*— s; avenue Rapp, 24 ss-^ avenue de la Bourdonnais, 35 [Palais- 
Bourbon, Gros-Caillou, 7" arr. 127 m.] 

Ouverte en 1868, sur les terrains acquis en 1857, par la Ville de 
Paris au comte de Montessuy, le voisinage de l'Ecole Militaire lui a 
fait donner le nom de Jacques Camou (1792-1808). Engagé volontaire 
à 16 ans, il devint général de division. Camou s'était distingué dans les 
principales guerres du premier Empire, fit la campagne d'Algérie 
en 1830, sous Louis-Philippe, et les guerres de Crimée et d'Italie sous 
Napoléon III. En 1863, le général Camou fut nommé sénateur. 

CAMPAGNE-PREMIÈRE (rue) <^s. boulevard de Montparnasse, 146 s-^ 
boulevard llaspail, 241 [Obseuvatoiue, Montparnasse, 14" arr. 266 m.] 

Ancien chemin existant au xviii' siècle à l'état de ruelle presque 
impraticable du nom de ruelle de Montparnasse ; elle fut percée 
en 1847, sur les terrains provenant autrefois du couvent des Oratoriens, 
appartenant alors au général Taponnier, qui lui donna ce nom en sou' 
venir de la première campagne qu'il avait faite sous la République à 
Wissembourg. 

CAMPO-FORMIO (rue de) -«—s rues Pinel, 2 et Esquirol, 11 boulevard de 
l'Hôpital 123 [Gobelins, Salpétrière, 13e arr. 268 m.] 

Existait à l'état de chemin à la fin du xvii* siècle, sous le nom de 
chemin des étroites ruelles et faisait partie d'un petit village nommé 
Austerlitz qui fut enclavé dans Paris en 1818. Plus tard on la nomma 
petite ime d'Atisterlitz. Depuis 1851, on l'a appelée Campo-FovTnio, 
en mémoire du traité de paix qui fut signé le 17 octobre 1797 à Campo- 
Formio, château près d'Udine (Lombardie-Vénitie), entre la France 
et l'Autriche, pour confirmer à la France la possession de la Belgique. 
Ce traité eut pour négociateur le comte Treilhard (Voir ce nom). Cette 
possession dura jusqu'en 1815, époque à laquelle la Belgique fut réunie 
à la Hollande. Depuis 1830, la Belgique a repris sa liberté ; Léopold P' 
son premier roi, régna de 1831 à 1865. 

CAMULOGENE (rue) ■<—^. rue de Nice-la-Frontière s— >- rue Chauvelot, 9 
[Vaugirard, Saint-Lambert, 15^ arr. 138 m.] 

Précédemment rue Palestro. En 1873, elle fut appelée Camulogene 
en l'honneur du chef gaulois de la tribu des Pai-isii (Parisiens), tué 
en. défendant Paris pendant lai guerre contre Labienus, lieutenant de 
César (51 ans avant J.-C). Cette rue est divisée en deux tronçons. 



— 244 — 



I 



Canal de l'Ourcq 

CAMUS (impasse) située rue des Plantes, 70 [Obseiivatoire, P/ai^ance, H» arr. 
210 m.] 

Voie privée appartenant à M. Camus; faisait anciennement partie 
de la commune de Vanves. 

CANADA (rue du) -<-^ rue Riquet, 84 3s-> rue de la Guadeloupe, 5 [Mont- 
MAinaE, La C/uipcUe, 18'' arr. 70 ni.] 

En 1863, ce n'était qu'une impasse d'environ une cinquantaine 
de mètres appelée impa^sse Bizioux ; en 1881, elle fut prolongée jusqu'à 
la rue de la Guadeloupe, sur des terrains provenant de T ancien mar- 
ché de La Chapelle et prit le nom de Canada, ancienne colonie fran- 
çaise de l'Amérique du Nord (Voir Labbador). 

Le Canada fut découvert en 1497, par Jean et Sébastien Cabot. 
En 1534, Jacques Cartier, pilote malouin prit possession de ce pays 
au nom de François I''''. En 1752, le marquis de Montcalm (Voi?' ce 
nom), général français surnommé le héros du Canada fut tué le 19 sep- 
tembre 1759, sur les murs de Québec en combattant contre les Anglais, 
auxquels Louis XY laissa reprendre ce magnifique pays, qui pendant 
229 ans avait appartenu à la France. 

On parlé l'anglais et le français au Canada, mais plus particuliè- 
rement le français. Les Canadiens qui le parlent ont conservé l'accent 
lent et traînard du patois de nos matelots bretons {Voir Jacques 
Cartier). 

CANAL DE L'OURCQ. 

UOurcq est la dérivation d'un affluent de la Marne, prenant sa 
source dans la forêt de Ris à 18 kilomètres de Château-Thierry, près 
la Ferté-en-Tardenois (Aisne), son cours est de 8 kilomètres. Le canal 
de dérivation de la rivière de l'Ourcq jusqu'à la Seine a été décrété 
en 1802, Le bassin de la Yillette (Canal Saint-Martin), fut terminé 
en 1809. Aux deux angles de ce bassin, les eaux avaient deux issues: 
par l'une elles coulaient dans un aqueduc {Voir rue de Z' Aqueduc) 
dit de ceinture qui alimentait les bornes-fontaines de la rue Saint- 
Denis, la fontaine des Innocents et les rues adjacentes; par l'autre 
elles se répandaient dans le canal Saint-Martin qui aboutissait au 
port de l'Arsenal, et qui ne fut inauguré qu'en 1825 {Voir canal Saint- 
Martin). 

L'eau du canal est réservé au tout-à-V égout , mais ses eaux ne peuvent 
servir à cet usage que dans les quartiers les plus bas de Paris attendu 
qu'elles ne s'élèvent guère au-dessus du premier étage. Dans les autres 
parties de la ville, on ne peut employer que les eaux de source {Voir 
Eaux). 

— 245 — 



Canari 



€ANAL SAINT-MARTIN. 



Commence quais Valmj' et Jemmapes et finit à la Bastille f po7*t ^e 
V Arsenal) ; il fait suite au canal de VOurcq. 

L'exécution du canal Saint-Martin a été prescrite par la loi du 
29 floréal an X, cependant, les travaux exécutés sous la direction de 
l'ingénieur Devilliers ne furent commencés qu'en 1822. La première 
pierre du canal Saint-Martin fut posée le 3 mai 1822', en vertu d'une 
loi du 5 août 1821 ; les travaux coûtèrent à la Tille de Paris plus de 
15 millions et durèrent 4 ans. Le 4 novembre 1825, jour de la fête 
de Charles X, le canal fut inauguré, mais il ne fut livré à la navi- 
gation qxie le 15 novembre de l'année suivante. 

Ce canal a 4.000 mètres de parcours du bassin de la Villette au 
boulevard Morland ; dans )le trajet de la Biwtille à la Seine, le canal 
a lentprunté les fossés de l'ancienne prison de la Bastille (Voir ce 
nom). 

La partie aujourd'hui voûtée qui commence rue Hampon et finit 
à la place de la Bastille (port de l'Arsenal), et qui forme le houle- 
vard Richard-Lenoir, fut décidée un peu après 1848, mais les travaux 
ne furent commencés que beaucoup plus tard vers 1860. Le travail 
a été terminé en 1865 {Voir bouleimrd Richard-Lenoie,). 

La voûte située place de la Bastille fut incendiée sous la Com- 
mune en mai 1871. Les fédérés y avaient placé de nombreux bateaux 
chargés de pétrole, auxquels ils mirent le feu, pensant ;ainsi en fai- 
sant écrouler la place, opposer un obstacle infranchissable aux troupes 
de Versailles, mais l'incendie n'ayant produit aucun eiïet, ils durent 
abandonner leur projet. En regardant la voûte située à l'angle du 
bassin du quai Bourbon, on aperçoit facilement les anciennes pierres 
calcinées par les flammes du pétrole. En 1818, la Ville racheta de 
Mme de Beaumarchais, veuve du célèbre auteur du Barhier de Séville 
{Voir Beaumarchais), une partie des terrains qui ont servi depuis à 
Couverture du canal Saint-Martin du côté de la place de la Bastille. 

CANAL-SAINT-MARTIN (rue du). ■<^. quai Valmy, 169 ^->- rue du 
Faiibourg--Saint-Martin, 224 [Enclos-Saint-Laurent, Hôpital- Saint- Louis,, 
10« arr.-200 m.] 

Cette rue qui avoisine le canal Saint-Martin a été ouverte le 
1** mars 1826, sur la zone des anciennes carrières {Voir canaZ Saint- 
Martijv), par décision du Conseil municipal ; il est question .de lui 
donner le nom à' Alexandre Parodi {Voir ce nom). 

■CANART (impasae) située rue de la Voûte, 34 [Reuilly, Bel-Air, 12" arr. 60 m.] 
Voie privée, porte le nom du propriétaire. 

— 246 — 



Cdiilagrel 

CANDIE (rue de) <-« rue Trousseau, 20 m-^ passage Saint-Bernard [PopincourT, 
Sainte-Marguerite, 11<= arr.] 

Créée par la Yille en 1897, a reçu en 1899, le nom. de Candie. 
L'Ile de Candie ou de Crète, appartenant à la Turquie" est située 
dans la Méditerranée. 

CANDOLLE (rue de) -.^» rues Censier et Mong-e, 104 h-> rue Daubenton, 27 
[VK\-xi\Éo^i Jardin-des-Plantes, b^ arv. 'èl m.] 

Lors du percement de la rue Monge en 1859, cette rue a reçu le 
nom du grand botaniste suisse, Auguste Pyranus de CandoUe, né à 
Genève (1778-1841). Candolle a laissé de précieuses classifications de 
plantes. 

CANETTES (rue des) t-« rue du Four, 29 m-> place Saint-Sulpice, 8 [Luxkm- 
BouitG, Odéon, 6" arr. 132 m.] 

Existait déjà en 1292, et s'appelait rue Saint-Souplice, puis Neuve' 
'Saint-Svl/pice à cause de l'église de ce nom à laquelle elle conduit. 
Au 11" 18, très jolie enseigne sculptée sur pierre, représentant dans un 
médaillon rocaille, quatre petites canes ou canettes s' ébattant dans 
l'eau, qui devait servir à quelque cabaret, et lui a fait donner en 1651, 
le nom de rue des Canettes. Au 9, maison ancienne à pignon avec 
gouttières sur la façade en forme d'Y. Le 15, était habité au 
xvni" siècle par les religieuses du Précieux Sang. Au 17, petite sta- 
tuette de la Vierge (Voir Madoxe), Le 20, dépendait de l'abbaye. 

CANIVET (rue du) «-« rue Servandoni, 10 -^-« rue Férou, 3 [Luxi^mbourg, 
Ot/e'on, 6» iirr. 45 m.;] 

Cette rue existait déjà au milieu du xvi* siècle ; on ne sait pas 
exactement si -ce nom de Oamvet vient de Canivet ou Ganivet (petit 
canif), en mémoire d'une ancienne enseigne de rémouleur* ou d'un 
certain Jean Cami7iet, qui fut propriétaire dans cette me, et dont le 
nom aurait été modifié par la suite. 

Au 3, bôtel construit par le prince de Beauveau; de Breteuil l'ha- 
bita en 1730, puis, plus récemment le philanthrope Denys Cochin, 
fondateur de l'hôpital de ce nom (Voir CocHiisr). 

CANTAGREL (rue) *-« rue du'Chevaleret, 90 «>-> rue de Tolbiac, 45 [Gokelins, 
Gare, iS'^ arr. 490 m.] 

Ouverte en 1896, ce n'est qu'en 1901, qu'elle fut dénommée Cati- 
tagreh 

François- Jean Cantagrel, homme politique (1810-1887). Mêlé au 
mouvement socialiste sous Louis-Philippe il fonda : la Déinocrafie 
pacifique. Député à la Législative en 1849, il prit part à la manifesta- 
tion des Aits et Métiers du 13 jiiin 1849, Condamné à la déportation/ 

— 247 — 



Capucines 

il reviut à l'amnistie eu 1859. Xorunié conseiller municipal do 1871 
à 1875, député en 187G, au xm'" aironùissenitut, il fit partie des 
fameux 363, qui votèrent contre le maréchal de Mac-Malion. Cantagrel 
siégea au Palais Bourbon jusqu'en 1885. 

CAPITAINE-MÉNARD (rue du) <— s? ruo de Javel, 32 -«-«s rue Léoiiline 
[Vaugirard, iavel, 15" 1G6 ni.] 

Créée en 1892, par le propriétaire du terrain, qui lui donna en 1894, 
le nom du capitmne Ménard, en mémoire de ce vaillant explorateur, 
capitaine d'infanterie de marine, qui fut massacré au cours d'une 
mission scientifique dans le Soudan occidental (1861-1892). Une statue 
du capitaine Ménard a été érigée à Lunel, sa ville natale, le 7 jan- 
vier 1899. 

CANTAL (cour du) située rue de la Roquette, 22 et rue de Lalle, 16 [Popin- 
couiiT, J.a Roquette, II'' arr ] 

D'un aspect très original, cette cour doit son nom aux habitants 
du Cantal qui abondent dans ce quartier. Il est curieux de se trouver 
ainsi transporté en pleine Auvergne : il faut voir les boutiques avec 
les sabots, le lard, la fourtie, les salaisons, les crêpes, le miel, le vin 
et jusqu'à la miche qui arrive toute fraîche deux fois par semaine 
« du pays ». 

Le Cantal, département de l'ancienne province d'Auvergne, doit 
son nom à une montagne appelée : Plomb du Cantal. Son chef-lieu 
est Aurillac. 

CAPLAT (rue) -<-^= rue de la Charbonnière, 32 i=s-> rues de la Goutte-d'Or,^ 47 
et de Chartres, 33 [Moxtmartre, Goutte-d'Or, 18 arr. 50 m.] 

Classée en 1863, cette rue a reçu le nom de son propriétaire. 

CAPRON (rue) .-*— s avenue de Clichy, 18 s—*- rue Forest, 9 [Montmartre, 
Grandes-Carrières , 18" arr. 200 m.] 

Autrefois impasse d'Antin, elle est devenue rue Capron, du nom de 
son propriétaire. 

CAPUCINES (boulevard des) <-^ rues Louis-le-Grand, 25 et Chaussée- 
d'Antin, 1 5s-> rue des Capucines, 24 et Caumartin, 2 [Bourse, Gaillon, 2« arr. ; 
Opkra, C/iaussée-d'Anti/i, 9" arr. 440 m.] 

Ce boulevard formé en vertu de lettres patentes de juillet 1676, 
bornait le jardin du couvent des Capucines. Le couvent fut fondé 
en 1684, par Louise de Lorraine, femme de Henri III, En 1688, 
Louis Xiy s'en empara et sur une partie de son emplacement, fit 
construire la place Louis-le-Grand (place Vendôme), et la rue de 
la Paix. Les bâtiments subsistèrent jusqu'en 1790 ; en dernier lieu 

— 248 — 



Capucines 

c'est là que se fabriquaient les assignats. Pendant la Révolution 
de 1830, ce boulevard a reçu le nom de boulevard Cerutti (Voir rue 
Laffitte) . 

Sous Henri IV, sur l'emplacement du boulevard des Capucines et 
de la Madeleine se tenait tous les samedis un marché aux cbevaux 
et aux porcs (Voir Marché aux Chevaux). 

Le ministère des Affaires Etrangères occupait en 1796, l'ancien 
Hôtel Bertin ou Hôtel de la Colonnade, appartenant au général 
Berthier, prince de Wagram. C'est dans cet hôtel, aujourd'hui disparu, 
situé à l'angle du boulevard, au 24 de la rue des Capucines, que 
Napoléon alors général de la République fit la connaissance de José- 
phine de Beauharnais que plus tard, il devait épouser (Voir rue de la 
Victoire). Ce fut également devant le Ministère des Affaires Etran- 
gères, à l'angle de la rue Cambon, qu'éclata la Révolution de 1848 : 
le 23 février, à neuf heures du soir, à la suite d'un coup de pistolet 
dirigé par un nommé Lagrange sur un bataillon du 14* léger (49® de 
ligne), la troupe tira à son tour sur la foule et tua 53 personnes. Le 
lendemain le peuple se souleva et renversa le gouvernement de Louis- 
Philippe, après avoir proclamé la République. L'Hôtel Bertin, occu- 
pait l'emplacement des immeubles portant les n"* 20 à 24. 

Au 2, théâtre du Vaudeville, érigé en 1888, sur une partie des 
anciens Hôtels de Montmorency et d'Osmond (Voir Chaussée-d' An- 
tin). Au 12, est le Grand Hôtel, un des plus grands immeubles de 
Paris. Au 28, théâtre de l'Olympia. Au 39, salle des Capucines. Au 37, 
ancien magasin de la Ville de Lyon. Les deux nymphes nonchalam- 
ment étendues de chaque côté du fronton de la porte cochère, ont 
été, dit-on, peintes en noir, « pour cacher leurs nudités ». Au 39, se 
retrouvent les mêmes nymphes couchées, qu'on peut encore voir au 
n** 1 de la rue Laffitte (Cour des Italiens). De 1668 à 1705, c'était 
une promenade plantée d'arbres située près des anciens fossés de la 
nouvelle enceinte (Voir Pavillon du Hanovre et boulevards). 

CAPUCINES (rue des) -<-^s. place Vendôme, 25 et de la Paix, 1 ss^-> rue 
Ciimbon, 48 et boulevard des Capucines, 43 [Louvre, Place-Vendôme, l'i'arp. ; 
BoijRSK, Gaillon, 2<^ arr. 201 m.] 

Ouverte en 1700, sur les anciens jardins de l'Hôtel du maréchal 
de Luxembourg, qui s'étendaient sur toute la rue Cambon {Voir ce 
nom), et une partie des terrains voisins de la place Vendôme, alors 
place Louis-le-Gramd (Voir Vendôme), cette rue précédemment 
appelée rue Neuve-des-Capucines à cause du couvent des Capucines 
fondé en 1684, devint en 1881, la rue des Capucines. 

Les écuries de la duchesse d'Orléans étaient situées en 1730, aux 
n"' 5, 7, 9 et 11. Au 19, le Crédit Foncier de France, occupe depuis 1854, 
les anciens hôtels de Villequier, de Septeuil et de Mazade. Le plus 
important, celui du duc de Villequier d'Aumont était aux 17 et 19; il 

— 249 — 



Cardinal-hemoine 

avait été constmit vers 1722. Les jardins intérieurs dépendant de 
l'Hôtel du gouvemeui' (entrée place Vendôme, 19, ancien Hôtel Crozat) 
-t>xistent tels qu'ils étaient autrefois. Ceux de l'hôtel de Septeuil ont été 
t^onvertis en hcûh (Voir Crédit Foncier). Au 12, était l'hôtel du lieu- 
tenant général de police, devenu en 1789, la Mairie de Paris cm. 
Pétion et Bailly demeurèrent en 1792 et 1793. Cette maison fut démolie 
•en 1854, et sur son emplacement fut créée la rve Sdint-Arnaiid, deve- 
nue rue Volneij (Voir ce îiom). Au 21, demeurait Cambon, membre de 
la Canvention xckori en 1808. Cambon a laissé son nom à nine rue voi- 
sine (Voir Cambon). Au 24, emplacement de l'ancien hôtel Bertin, 
•construit en 1713, pai- l'architecte Cotte ayant appartenu en 179G, au 
sprince Berthier, «due de Wagram. C'est à l'angle de la rue Caimbon et 
•des Capucines, (^ue le 23 février 1848, un coup de pistolet tiré sur un 
•batailhm du 14*^ léger, décida de la Révolution de 1848 (Voir boule- 
vard des Capucines). Au 11, est la Compagnie Algérienne, fondée 
en 1877. Cet important établissement financier, possède des succursales 
dans toutes les villes d'Algérie et de Tunisie. 

GARCEL (rue) -«-œ rue Maublanc, 3 =^^^^->- rue Gerbert, 3 [Vaugirard, Saint" 
Lambert, 15« arr. 82 m. | 

Précédeminent Petite rue de la Paix, depuis 1875, elle a reçu le nom 
de Guillaume Carcel, horloger mécanicien, inventeur de la lampe à 
huile qui porte son nom (1750-1812). 

CARDINALE (rue) -«-^sï rue de FurtembL'i-g, 5 ssr->- rue de l'Abbaye, '2 his 
[Luxembourg, Saint-Germain-des-Prés, 6" arr. 61 m] 

Cette rue reçut en 1701, le nom de Cardinale parce qu'elle fut créée 
sur des terrains dépendant de l'abbaye, et appartenant à M. le Cardinal 
dfi Furstenberg (Voir ce nom,), abbé de Saint-Germain-des-Prés. Elle 
fut élargie en 1844. De 1806 à 1814, on la nommait rue de Gunshourg, 
en mémoire de la victoire que le 9 octobre 1805, le maréchal Ney rem- 
porta sur les troupes autrichiennes (Voir avenue de Z'Observatoire). 

CARDINAL-LEMOIIirE -*-«ï (tu© du) quai de la Tournelle, 19 s^-^ place de 
la Contrescarpe [Panthéon, Saint-Victor, 5e arr. 680 m.] 

Antérieurement rue du Cardinal- LeTnoine, entre le quai de la Tour- 
nelle et la rue Saint-Victor ; des Fossés-Saint-Victor, entre les rues 
Saint-Victor et Thouin.; et de la Contrescarpe ^ à cause des fossés de 
l'enceinte de Philippe-Auguste, entre la rue de Thouin et la place Con- 
trescarpe (Voir ces rues), depuis 1868, elle porte sur toute sa longueur 
le nom de Cardinal-Lemoine, parce que cette rue a été ouverte sur le 
"terrain qui formait autrefois l'enclos du collège de ce nom, fondé 
en 1302, par le cardinal Jean I/emoine, mort en 1313. 

Ce collège supprimé en 1790, fut vendu comme propriété nationale, 
avec réserve de l'ouverture d'une rue dont le projet remontait à 1687; 

— 250 — 



CiirdiiKil-l^e moine 

mais cette voie ne fut créée qu'en 182'4. Les bâtiments de l'ancien col- 
lège étaient au n° 66 de la. rue Saint-Victor, tiansf ormes en caserne, 
ils ont été occupés jusqu'en 1848, par la garde municipale et républi- 
caine, la garde de Paris sous l'empire et de nouveau en 1870 j)ar la 
garde municipale. Aux 49, 51, 53 et 55, était Tliôtel qu'haïbitait le 
célèbre Charles Lebrun (1G19-1G96), premier peintre du roi Louis XIV, 
et directeur de la manufacture desGdbelins; on y voit encore un 
médaillon daté de 1700. Au 18, est la cité du Cardinal-Lemoine. Au 52, 
se trouve l'Ecole Poljrteclini'que dont l'entrée principale est située iiie 
Descartes. Au 65, ancien collège des Ecossais, fondé au iciv® siècle par 
Barclay, évêque de Murray ; ce collège établi primitivement rue des 
Amandiers {Voir Laplace), fut transféré rue des Fossés-Saint-Victor 
(ancien 33), en 1G02. On y conservait dans xine urne d'or la cervelle 
du roi Jacques II. Ce collège supprimé en 1792, servit provisoirement 
de prison et à la suite du 9 thermidor, on y enferma Saint- Just. Au 30, 
ancien hôtel de Mlle de la Vaïlière. 

Dans cette rue, voisine du collège du Cardinal-Lemoine, était le 
séminaire de Saint^Firmin, fondé en 1248, par Grautier, administrateur 
de la Moiison des Bons-E^ifanfs. Ce collège était abandonné, lorsqii'en 
1624, .■Sa.int-Vincen"t-de-Paul :en fut nommé principal. C'est^ là qu'il 
créa les il//.m«»>s, en formant 'de ^jeunes ecclésiastiques chargés d'aller 
porter la bonne parole dans les campagnes. Jean Calvin fit partie de ce 
séminairequi disparuten 1790. Les jeunes aveugles vinrent s'y installer 
en r81S,'en attendant la Gonstimction de l'hôtel du boulevard 'des Inva- 
lides, où ùls furent tranrférés en 184-} (Voir J'EUNEK AveitCtLEs). Pen- 
dant la Eiévalution, tous les prêtres de Saint-iFiTmin f virent massacrés. 
Ce « travail » fut payé « 48 livres 12 sous»» aux citoyens Grilbert, Petit ^et 
trois autres camarades. 

Entre la rue Clopin et la rue de Eourcy, la.' rue du Cardinàl-LeTnoine 
a porté le nom de rue des Pères-de-la-Doctrine-Chrétienne, à cause ôe 
la congrégation de ce nom qui y était établie a:u 45. En 1793, on lui 
donna le nom de Zow^ia/o^, journaliste de l'époque. Lors de l'occupa- 
tion rpomaine il y avait ides Arènes à la .partie supérieure de cette rue. 
Au 25, se trouvait lé couvent des Augustines ou Anglaises, fondé en 
16-35, et bâti sur l'emplacement d'une maison ayant appartenu à 
J.-A. Baïf, musicien, ipoète du xvi' siècle, qui y donnait des confé- 
rences et des concerts auxquels assistèrent plusieurs fois Charles IK 
et Henri III (low- Opéra). Au 45 était la Matison Saînt-Charïes autre- 
fois des iPere^ .<fe i« cZooirwe chrétienne. Elle avait été fondée en 1562, 
par César de Bus et établie en 1628, dans l'hôtel de Verberie, au clos 
des Arènes. Cette congrégation fut supprimée en 1792. Le poète Ron- 
sard habitait une maison de cette rue située près des remparts. Buffon 
y demeura en 1771. De 1751 à 1776, l'historien Saint-Foix, auteur des 
Essais sur Paris, occupait une maison qui disparut avec le percement 
de la rue Clovis. 

— 251 — 



Carinci 

Cette rue très escarpée a été abaissée en 1685, par M. de Fourey, 
alors prévôt des marchands. 

CARDINET (rue) <-^s avenue de Wa^ram, 66 s— >- avenue de Clichy. 149 
[Batignolles, Place-Monceau; Batioolles, Epinettes, 17« arr. 1780m.] 

Doit son nom au propriétaire des terrains sur lesquels elle fut per- 
cée en 1853 ; elle portait alors le nom de rue des Daines dans une par- 
tie et de rue Cardinet dans l'autre. Depuis 1868, on lui a donné celui 
de Cardinet dans toute son étendue. 

Au 127, est le j)assage Cardinet. 

CARL.IER (passage) <-« rue des Morillons, 2'i h-^ rue (luillaunie-Laplagne 
[Vaugikard, Saint- Lambert, io" arr. 110 ni.j 

Ce passage qui jusqu'en 1860, dépendait de la commune de Vau- 
girard, porte le nom du propriétaire des terrains. 

CARMÉLITES (impasse des) -t-tn rue Saint-Jacques, 284 [Panthéon, Val-de- 
Griice, 5'= arr. 16 m.] 

Cette voie privée formée en 1604, était précédemment un passage 
aboutissant rue Denfert-Rochereau, autrefois rue d'Enfer. Son nom 
lui vient du voisinage de l'ancien couvent des Carmélites de la rue 
Saint-Jacques, dont on voit encore la porte au fond de l'impasse. Ce 
couvent, fondé par Catherine d'Orléans, duchesse de Longueville 
au 282, de la rue Saint-Jacques pour y loger des religieuses envoyées 
par le général des Carmes d'Espagne, occupait l'emplacement d'un 
vaste camp romain nommé Champ de Sépultures. 

CARMES (église des) située rue de Vaugirard, 71 [Luxembourg, Notre-Dame- 
des- Champs, 6" arr.] 

Faisait partie de l'ancien couvent des Carm^es Déchaussés, ainsi 
nommés, parce qu'ils marchaient pieds nus, le couvent avait été fondé 
en 1611, par deux Carmes qui après avoir logé d'abord rue des Mathu' 
rins, puis au collège de Cluny étaient venus s'installer dans une mai- 
son que leur avait donnée Nicolas Vivian, maître des comptes ; d'une 
salle ayant servi aux catacombes, ils en firent une chapelle et y éta- 
blirent quelques logements. En 1613, la chapelle étant devenue insuffi- 
sante fut reconstruite. Marie de Médicis posa la première pierre de 
l'église actuelle. En 1693, elle servit de prison aux Grirondins. Le cou- 
vent fut supprimé en 1790, et une grande partie de ses terrains ser- 
virent à l'établissement de la rue d'Assas. 

Cette église est la première de France consacrée à Dieu sous l'invo- 
cation de Saint Joseph en 1623; elle fut restaurée en 1802. Le portail 
date seulement de 1819. 

En 1792', lorsque par ordre de Louis XYI, Paris fut divisé en 

— 252 — 



Carniea 

60 districts, un de ces districts vint s'installer aux Carmes, dont il 
prit le nom. Le blason du couvent fut même placé sur le drapeau de 
la compagnie de la garde nationale de ce quartier. 

Le 2 septembre de la même année un grand nombre de prêtres 
qui s'étaient refusés à reconnaître la nouvelle constitution s'y étaient 
réfugiés ; mais ils furent poursuivis et massacrés dans la chapelle sou- 
terraine par des bandes armées qui, à la nouvelle de l'arrivée de l'ar- 
mée de Brunswick. à Verdun, croyant à une trahison de la part dès 
aristocrates et des prêtres, s'étaient ruées sur la prison et avaient tout 
égorgé. Pendant qu'on massacrait aux Carmes, les malheureux pri- 
sonniers détenus à l'Abbaye (Saint-Germain-des-Prés), à la Force 
(rue Malher), et aux Madelonnettes (rue des Fontaines) subissaient 
le même sort (Voir Abbaye). 

La chapelle a été démolie en 1867, mais la crypte est restée ; les 
ossements ont été religieusement consei-vés, et tous les ans se dit une 
messe anniversaire en souvenir de ces massacres. 

CARMES (marché des) situé place Maubert et boulevard Saint-Germain 
[Panthkon, Sorbonne, 5'' arr.] 

Construit de 1813 à 1818, il fut inauguré le 15 février 1819. Ce 
marché qui occupe l'emplacement de l'ancien grand couvent des 
Carmes (Voir rue des Carmes) a porté le nom de marché de la place 
Maubert. 

CARMES (rue des) ♦h» boulevard Sainl-Germain, 49 ^-> rue de l'Ecole- 
Polytechnique, 22 [1*antiikon, Sorbonne, 5e arr. 208 m.] 

Cette rue date de 1250, elle fut percée sur le clos Bruneau, qui 
dépendait de la seigneurie de Garlande {Voir Galande) et se nomma 
rue Bruneau puis Saint-Hilaire en 1322, à cause du voisinage de 
l'église de ce nom. Quand les Carmes s'y établirent en 1318, elle devint 
rue des Carmes, nom qu'elle a conservé depuis. 

Les Carmes, religieux de l'ordre du Mont Carmel prétendaient 
avoir été institués par le prophète Elie, habitant le mont Carmel lors 
de la première croisade de 1254. Saint Louis en amena six de Pales- 
tine, qu'il logea au port saint Paul à l'endroit où furent depuis les 
Célestins. Ils portaient des manteaux blancs avec des raies ou barres 
noires ce qui les fit appeler Barrés. Sous Philippe-le-Bel, ils se trans- 
portèrent rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, dans une maison dite 
du Lion {Voir Enseignes) et revinrent rue des Carmes où ils achetè- 
rent une partie du collège de Dace (Danemark) dont il est parlé plus 
loin. 

Aux 6 et 8, aujourd'hui démolis était le collège de Presles ou de 
Soissons fondé en 1313, par Guy, chanoine de Laon et Robert de 
Presles, secrétaire de Philippe-le-Bel. Avant d'être rue des Carvies, 
ce collège avait été rue de la Montagne-Sainte-Geneviève ; le collège 

— 253 — 



Carnavalet 

de Presles fut réuni en 1764, au collège Louis-le-Grrand. En 1572; 
pendant la Saint-Bai-thélemy, lianius qui était, principal de ce collège^ 
y fut lâchement assassiné et son corps mutilé, après avoir été l'objet 
d'outrages révoltants fut précipité par une dés fenêtres du bâtiment. 

Au 15 (ancien 23), se trouvait lé collège des Loinbards, nommé 
aussi d'Italie ou de Tournai, fondé en 1323, par le cardinal André 
Chini de Florence, évêque de Tournai. On le nommait aussi « Maison 
des pauvres escoliers italiens de la Charité de Notre-Dame de la bien- 
heureuse Marie ». Ce collège ayant été fermé, deux prêtres irlandais 
obtinrent l'autorisation d'y instmire les jeunes prêtres de même natio- 
nalité, destinés à des missions. Plus tard cette maison fut transférée 
rue des Irlandais. L'Eglise de ce collège reconstruite vers 1775, sub- 
siste encore et sert de magasin. C'est également dans cette rue qu'était 
le collège de Dace, fondé en 1275, par un danois; réunis au collège de 
Laon en 1384, les bâtiments furent vendus aux Carmes pour servir 
à l'agrandissement de leur couvent. 

Grille Corrozet (1510-1568), poète français, qui vivait au xvi" siècle^ 
auteur de la plus ancienne description de Paris parue en 1568 : les 
Antiquités, Chroniques et Simplicités de Faris, fut enterxé au cou- 
vent des Carmes de la place Maubert. Sur son tombeau fut placée cette- 
épitaphe : 

L'an mil cinq cent soixante et huit, 

A cinq heures devant midi, 

Le quatorze de juillet, 

Décoda Gille Corrozet 

Qui libraire était en son temps. 

Son corps repose en ce lieu-ci 

A l'Ame, Dieu passe merci. 

CARNAVALET (musée municipal) situé rue de Sévigné, 23 [Tempi.b. 
Archiver, 'M arr.] 

Ce musée, un des plus intéressants au point de vue de l'histoire 
de Paris, occupe l'ancien Hôtel de Kerrievenoy, dont le chef François 
dfe Kernevenoy avait été gouverneur du roi Henri III et que l'on avait 
coutume d'appeler François de Carnavalet. 

Cet hôtel commencé en l'544, par Jean Bullant fut achevé en 15'6t);. 
par Pîerr-e Lescot et orné de magnifiques sculptures par Jean Goujon, 
pour Jacques de Ligneris, Président au Parlement. En 1660, Mansard' 
transforma l'hôtel et ne conserva que le portail de la rue de Sévigné 
qui est du xvi^ siècle. Après de Ligneris, l'Hôtel Carnavalet passa aux 
mains du financier Claude Boislève, l'un des intendants de Fouquet, 
qui bientôt criblé de dettes et ses biens confisqués, le revendit en 1672^; 
à Fr. de la Baume sans l'avoir habité. Ce fut ensuite Mme de Sévigné 
qui l'occupa vingt années consécutives dé 1677 à 1696, et y donna 
de splendides fêtes littéraires {Voir rue dk Sévigné). 

Mme de Sévigné occupait avec Mme de Grignan sa fille, l'appar- 

— 254 — 



Carnol 

tement du premier au fond de la cour de l'Hôtel Carnavalet; ses appar- 
tements ont été convertis en salle de lecture de la biWiotkèque. On 
y accédait par le grand escalier de pierre qui existe encore. La salk 
actuelle des estampes, qui a conservé la décoration d'autrefois, était 
le salon de réception. Le m,arquis de Sévigné, son fils, habitait sur la 
rue et l'abbé de (Joulanges, oncle de la marquise, s'était réservé l'aile 
droite sur la cour. 

Sous la Restauration, cet bôtel devint la Direction de la Librairie, 
puis jusqu'en 18^0, abrita l'Ecole des Ponts et Chaussées, avec le 
baron de Prony comme directeur {Voir Prony) ; ensuite plusieurs 
institutions, entre autres celle de MM. Lievyns et Verdot s'y succé- 
dèrent jusqu'en 188G, époque à laquelle la Ville de Paris s'en rendit 
acquéreur pour y transférer sa bibliothèque et son Musée historique 
(Voir ces noms). Au centre de la cour a été placée en 1888, la belle 
statue de Louis XIY, œuvre de Coysevox qui, autrefois et jus- 
qu'en 1871, décorait le pied du grand escalier d'honneur de l'Hôtel 
de Ville, où elle y avait été érigée en mémoire du festin solennel offert 
au roi le 30 janvier 1687, par la municipalité parisienne. Cette statue 
fut mise en place le 14 juillet 1689, c'est-à-dire cent ans jour pour jour 
avant la prise de la Bastille. 

En 1896, le musée a été agrandi par suite de l'annexion de l'ancien 
hôtel Lepeletier de Saint-Fargeau également acquis par la Ville. Elevé 
vers le milieu du règne de Louis XIV, sur l'emplacement de l'ancien 
Hôtel d'Orgeval, à l'angle des rues Culture-Sainte -Catherine et du 
Parc-Royal, cet hôtel construit pour Michel Le Peletier, conseiller 
au Parlement, devint la propriété du conventionnel Lepeletier de 
Saint-Fargeau qui mourut assassiné le 20 janvier 179o, par le garde 
du corps Paris {Voir Palais-Royal). L'Hôtel vSaint-Fargeau est cer- 
tainement un des plus beaux spécimens qui existent aujourd'hui des 
anciennes maisons nobles du Marais. La porte est surmontée d'un 
bas-relief de Coustou. 

Actuellement les deux magnifiques hôtels, quoique séparés l'un de- 
l'autre, ont été mis en oomnmnieation, de cette façon, on peut librement 
admirer dans les magnifiques galeries qu'ils contiennent, tout ce que 
le Vieux Paris a d'intéressant et tout ce que « Carnavalet, cette belle 
demeure de l'architecture privée de la Renaissance, offre encore à 
l'admiration des artistes ». 

CARNOT (avenue) x-hs place de l'Etoile s— >- rue des Acacias, 30 [Bati- 
G^OLLl•:s, Les Ternes, l/'' arr. 299 m.] 

En 1854, sous le nom, d'arvenue d'Esling, cette voie fut créée 
entre la place de l'Etoile et la rue de Tilsitt. En 1867, elle fut pro- 
longée jusqu'à la rue des Acacias, mais ce ne fut que vers 1880, qu'elle 
fut appelée a'venue Carnot en mémoire de Lazare-Nicolas-Marguerite 
Carnot, savant mathématicien, homme politique^ né le 13 mars 1753,. 

— 255 — 



Carnot 

à Nolay (Côte-d'Or). Comme membre du Comité de Salut Public à 
la direction des armées, il s'acquitta si merveilleusement de cette 
lourde tâche, que la République lui conféra le surnom de « Camot 
l'organisateur de la victoire ». 

En 1813, Bonaparte lui confia la défense de la ville d'Anvers qu'il 
ne rendit qu'après la chute de l'Empire. La Restauration l'envoya en 
exil à Magdebourg où il mourut le 2 août 1823. Soixante six ans après, 
son corps ramené d'Allemagne, fut porté au Panthéon le 4 août 1889. 
A cet elïet son petit-fils Marie-François-Sadi Carnot, alors Président 
de la République, lui fit de splendides funérailles nationales. 

Sadi Carnot, ingénieur et député de la Côte-d'Or, né le 26 juin 1837, 
à Limoges (Haute-Tienne), avait été élu à la présidence le 3 dé- 
cembre 1887. Il mourut assassiné à l'inauguration de l'Exposition de 
Lyon par l'anarchiste Caserio, le 24 juin 1894. Son corps repose égale- 
ment dans les caveaux du Panthéon. 

Il existe en France un trçs grand nombre de monuments élevés à 
la mémoire de l'infortuné Président ; nous en trouvons à Nancy, à 
Nolay, à Limoges, à Châlons, à Fontainebleau, à Dijon, à la Ferté- 
Alais, etc. Celui de Nancy perpétue le souvenir du premier voyage que 
fit le président en 1892, dans les provinces de l'Est qui depuis la 
guerre franco-allemande, n'avaient pas été visitées et aussi l'entretien 
qu'il eut le 6 juin de cette même année avec le grand-duc Constantin, 
cousin du tsar Alexandre III. Bans cette journée mémorable fut 
scellée l'alliance de la France et de la Russie et préparée la visite que 
l'escadre russe devait faire l'année suivante à Cherbourg, 

Le monument de Nancy, œuvre de MM. Bourgon pour la partie 
architecturale, Prouvé pour la sculpture, ValUn pour l'ornementation, 
a été inauguré le 28 juin 189(). Il consiste en une pyramide de 
10 mètres à mi-hauteur de laquelle se détache, dans un médaillon 
encadré de branches de laurier, le buste en bronze du président Carnot; 
au-dessus, en bronze également, hautes de 3 mètres, deux femmes ten- 
drement enlacées, symbolisent l'alliance franco-russe. Des plaques de 
marbre fixées sur les quatre faces du piédestal portent des inscriptions 
commémoratives. Sur le côté principal on lit : Au président Carnot, 
la Lorraine. Sur le côté opposé : Ce monument a été érigé sur Vinitia- 
tive du commerce nancéen par 28.000 souscriptions et 867 subven- 
tions de comnifiunes. Une des plaques latérales porte cette inscription : 
Le 6 juin 1892, le grand-duc Constantin de Russie vint saluer à Nancy 
le président Carnot. La quatrième plaque porte le nom des communes 
qui ont souscrit au monument. 

Celui de Nolay, de Falguière a été inauguré le 8 septembre 1895 
~ Fontainebleau, le 29 septembre 1895 — Angoulême, le 12 mai 1897 
— Châlons, le 16 avril 1898 — Dijon, le 21 mai 1899 — Limoges, le 
26 juillet, 1899 — la Ferté-Alais, le 4 juillet 1900. 

Le président Carnot, avant d'occuper le Palais de l'Elysée {Voir ce 

— 256 — 



Cnrpeaux 

nom) avait son appartement au 19 de l'avenue d'Anton. Le Grand 
Carnot logeait en 1805, dans une maison de la rue N euve-Saint-F ran- 
çois, aujourd'hui Debelleyme, portant le n° 451, suivant l'usage établi 
BOUS Louis XYI, de numéroter les maisons non par rue, mais par quar- 
tier ou par district (Voir Garancière et Richelieu). 

CARNOT (Lycée) situé boulevard Malesherbes, 141 à 145 [Batignolles, Plaine 

Monceau, 17" arr.] 

Fondée en 18G9, par d'anciens élèves de Polytechnique, elle fut 
dénommée d'abord Ecole A/onge (Voir ce nom), puis en 1875, reprise 
par la Ville de Paris, cette école est devenue le Lycée Carnot. Les bâti- 
ments ont été élevés par Degeorges, architecte, sur les plans de 
M. Demimuid et s'étendent sur tout l'emplacement compris entre le 
boulevard Malesherbes, la rue Yiète, l'avenue de Villiers et la. rue 
Cardinet. 

CAROLINE (rue) -<-^ rue Darcet, 7 ss— >- r.ie des Batignolles, 6 [Batignolles, 
Batignolles, 17« arr. 113 m.] 

Prénom de la femme d'un des propriétaires donné en 1863. Au 11, 
est le passage Caroline, qui aboutit au 30 du boulevard des Batignolles. 

CARON (rue) -*-^s rue Sdint-Aiiloine, 115 ss—>- rue de Jarente, 5 [IIotel-de- 
ViLLE, Saint-Gervais, -t" arr. 94 m.] 

Précédemment rue Ducolovibier et lue Caron; elle fut ouverte 
en 1783. 

Ducolomhier était le nom de Marchand Ducolombier, avocat et 
conseiller du roi Louis XVI, propriétaire d'une partie des terrains sur 
lesquels cette rue fut percée; Caron, lui, était maître général des bâti- 
ments du roi, et des Ponts et Chaussées. Il est l'auteur du premier 
projet du marché Sainte-Catherine, ouvert en 1770, sur l'emplacement 
du prieuré de Sainte-Catherine du Val des Ecoliers. 

C'est par erreur qu'on a cru un moment pouvoir attribuer la parenté 
de cette rue à Caron de Beaumarchais qui y est complètement étranger 
{Voir Beaumarchais). 

CARPE AUX (rue) -«-^ rue Etex 6 s^->- rue Marcadet, 216 [Montmartre, 
Grandes- Carrières, 18" arr. 345 m.] 

Date de 1880, elle a été décrétée par la Ville sur une partie de» ter- 
rains du cimetière du Nord en mémoire du grand sculpteur Carpeaux. 

Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) est l'auteur du célèbre groupe 
de la Danse à l'Opéra, et de nombreuses œuvres très appréciées. En 1879, 
un fanatique offusqué du « Nu » de ce groupe, essaya de dégrader 
cette œuvre remarquable en y jetant une bouteille d'encre qui alla se 
briser sur le flanc droit du génie de la danse, de telle sorte que pen- 

— 257 — 

17 



Ca?'rousel 

dant plusieurs jours on vit une large taelie noire s'y étaler comme 
une plaie. 

CARRIER-BELLEUSE (rue) -è^» boulevard Garibaldi m-^ rue Cambronne, 15 
[Vaugikard, Necker, 15<' arr. 125 m.] 

Créée en 1894, elle reçut en 1897, le nom de Carrier-Belleuse. 

Albert-Ernest Carrier de Belleuse, dit Carrier-Belleuse (1824- 
1887), statuaire français, membre de l'Institut. Son fils Pierre-Carrier 
Belleuse né en 1851, élève de Cabanel s'est exclusivement adonné au 
pastel depuis 1825, et excelle dans les croquis de danseuses. 

CARRIÈRE-MAINGUET (rue) siluée rue des Boulets, 96 [Popincourt, 
Hoquette, 11« arr. 185 m.] 

Nom de l'un des propriétaires des terrains, autrefois impasse Car' 
rière. 

CARRIÈRES (chemin des) -*-^s rue de Meaux, 40 s-> rue Bolivar, 12, 
[BuTTES-CiiAUMONT, Combat, .19<' arr. 80 m.] 

Voisinage des carrières d'Amérique (anciennement commune de 
Belleville) qui ont donné leur nom à ce quartier. 

OARRIËRES (impasse des) -*-^s rue de Passy, 24 [Passy, Muette, 17« arr. 
32 m.] 

Ancienne rue des Carrières, ainsi nommée parce qu'elle conduisait 
aux carrières de Passy, 

>CARRIÈRES-D'AMÉRIQUE (rue des) tr^s. rue Manin, 62 s3-> boulevard 
Sérurier, 139 [Buttes-Chaumont, Amérique, 19" arr. 385 m.] 

Elle figure sur le plan cadastral de 1812, comme chemin des Car- 
rières, et aboutissait alors rue d'Hautpoul, depuis on en a fait la rue 
des Carrières d'Aviérique, à cause du quartier de ce nom. 

•CARROUSEL (arc de triomphe du) situé place du Carrousel [Louvre, Sainte 
Germain-I,' Au.)cerrois , 1*-"' arr.] 

Ce monument imité de l'arc de triomphe de Septime Sévère à 
Home, érigé au Campo Vaccino, a été construit en 1806, sur l'ordre de 
Napoléon I*"" par Percier et Fontaine, architectes du Louvre, à la gloire 
des armées françaises. Un million prélevé sur la contribution de guerre 
de Hollande en solda la dépense. Les six bas-reliefs qui ornent ce 
monument, et qui ont trait à la campagne de 1805, après avoir été 
retirés en 1815, par les alliés, furent replacés après 1830. Ils représen- 
tent la capitulation d'Ulm, la victoire d'Austerlitz, l'entrée à Munich, 
l'entrée à Vienne, l'entrevue des deux empereurs et la paix de Pres^- 
tourg. \ 

— 258 — 



Carrousel 

Napoléon avait fait placer sur la plate-forme, un quadrige, œuvre 
de Lemot auquel étaient attelés les célèbres chevaux qui ornaient 
autrefois le temple du Soleil à Corinthe et que Théodose avait enlevés 
de cette ville au v® siècle pour les transporter à Constantinople, et de 
là à Rome, sous le règne de Néron, puis à Venise, d'où Napoléon les 
ramena en France, Repris après "Waterloo par les Italiens en 1815, les 
chevaux de Corinthe retournèrent à \'enise. Les bas-reliefs furent arra^- 
chés mais on les retrouva intacts; de sorte qu'en 1828, on reparu le 
monument, et à la place des chevaux de Théodose on y a placé le qua- 
drige actuel, qui représente la Restauration guidée par la Paix. Ce 
groupe est l'œuvre de Bosio. 

Quatre inscriptions, en style épigraphique de 1805, comme les cos- 
tumes des soldats, complètent ce monument : 

Du côté du Louvre : 

L'armée française embarquée à Boulogne menaçait l'Angleterre. Une troisième 
coalition éclate sur le continent. Les Français volent de l'Océan au Danube, la Bavière 
est délivrée, l'artnée autrichienne prisonnière à Ulnt. Napoléon entre à Vienne. Il triomphe 
à Austerlitz. En 7noins de cent jours la coalition est dissoute. 

Du côté des Tuileries : 

A la voix du vainqueur d'Austerlitz l'empire d'Allemagne tombe, la confédération du 
Rhin commence Les royaumes de Bavière et de Wurtemberg sont créés. Venise est réu- 
nie à la couronne de fer. L'Italie tout entière se range sous les lois de so7i libé- 
rateur. 

Du côté de la Seine : 

Honneur à la grande armée, victorieuse à Austerlitz en. Moravie le î décembre 1805, 
jour anniversaire du couronnemenl de Napoléon. 

Du côté de la rue de Rivoli : 

Maître des états de so7i ennemi. Napoléon les lut rend. Il signe la paix le Î7 décem- 
bre 1805, dans la capitale de la Hongrie occupée par son armée victorieuse 

CARROUSEL (place du) située entre les palais du Louvre et les Tuileries 
[LouvuE, Saint-Germain-l'Auxerrois, l^^'' arr.| 

La place du Carrousel a été créée en 1662, en souvenir du tournoi 
ou carrour-sel donné par le roi Louis XIY les 5 et 6 juin de cette même 
année et qui coûta 1. 200.000 livres. 

En 1564, à l'époque où Catherine de Médicis ne pouvant plus vivre 
au palais des Tournelles, où avait expiré son époux Henri II (Voi?' 
place des Vosges), se fit construire e.rfra muroi^ le palais des Tuiles 
{Tuileries) {Vuir Bourse du Commerce) ; la place du Carrousel n'était 
autre qu'un grand terrain vague occupé par les fossés et les anciens 
remparts de Paris. Vers 1600, sur l'emplacement des fossés comblés et 
des mursi démolis, on construisit un jardin qui prit le nom de jardin 
de Mademoiselle, parce que Mlle de Montpensier habitait alors le palais 
des Tuileries. En 1793, la place du Carrousel fut appelée ylace de la 

— 259 — 



Carrousel 

Fraternité, et un monument funéraire y fut élevé à la mémoire de 
Marat {Voir <Z'ARGorT). Ce monument (îisparut en février 1795. 

\J hospice des Quinze-Vingts, aujourd'hui rue de Charenton y était 
situé. Il y avait été établi vers 1260, sur un emplacement appelé in luco, 
dont une partie était occupée par un bois qui datait de Saint-Louis. 
Plus tard cet endroit fut dénommé Champ Pourri à cause des émana- 
tions provenant des eaux stagnantes, des ruisseaux qui, venant des 
Champs-Klysées, inondaient cette place. 

En 1790, à la suite du transfert des Quinze-Vingts du cloître Saint- 
Honoré à VHôtel des Mousquetaires 7wirs de la rue de Charenton 
(Voir QnxzE-YixGTs) et par conséquent de la démolition des anciens 
bâtiments abandonnés, on ouvrit de nombreuses voies sur ces terrains ; 
les rues de Chartres, de Valois, de Beaujolais, de Rohan et Montpen- 
sier. 

En 1808, on perça à travers toutes les maisons de la place et sur 
les anciens murs de Charles Y une large voie pour mettre en commu- 
nication les Tuileries et le Louvre. Cette nouvelle rue fut appelée rue 
Impériale, puis rrte du Carrousel. 

Après la terrible explosion de la rue Saint-Nicaise qui fut dirigée 
le 24 décembre 1800, contre IVapoléon 1", se rendant à l'Opéra, alors 
place Louvois (Voir Opéra), une grande partie des maisons (on dit 
quarante au moins) ayant été ébranlées, il fallut les jeter à bas 
et de cette époque date l'agrandissement de la place du Carrousel. 
L'explosion en épargnant Xapoléon avait fait plus de cent victimes. 
Une chanson du temps racontait que : 

Celle machine infernale 
Etait faite d'un tonneau 
Et renfermait an lieu d'eau 
Ueaucoup de poudre et de balles. 

A l'époque où Catherine de Médici» fit l'acquisition de cej ter- 
rains pour son palais des Tuileries, il existait le loDg de la Seine un 
ancien chemin de halage dont les maisons n'étaient bâties que d'un 
côté. En 1455 il se nommait le Grant'rue du Louvre, en 1568, elle 
devint la me de Seyne; de 1623 à 1647, ce fut la rue des Galeries du 
Louvre, puis rue des Ortils ou Orties, dont on fit la rue des Orties du 
Louvre, à cause des orties qui poussaient dans le chemin. Cette rue 
existait encore vers 1800. La place du Carrousel fut le théâtre de plu- 
sieurs manifestations révolutionnaires : Le 20 juin 1792, le peuple s'y 
porta en masse pour envahir les Tuileries. Le 10 août 1793, il y revint, 
s'empara du palais et y livra cette fois une sanglante bataille contre 
la garde suisse, qui fut en partie massacrée. Plus tard, le 24 juil- 
let 1830, le peuple attaqua les Tuileries et y entra de vive force. Jus- 
qu'en 1852, rue de Rohan, au coin de la rue de Chartres, on avait placé 
une pierre avec une inscription rappelant que le 29 juillet Georges 

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Carrousel 

Farcy, ancien élève de Normale, professeur de philosophie « avait été 
tué pour la liberté ». Le 24 février 1848, les citoyens et la garde natio- 
nale après s'être battus au poste du Château d'Eau envahirent le Car- 
rousel {place du Palais-Royal). 

Le 22 mai 1871, les fédérés de la Commune de Paris incendièrent 
le palais des Tuileries, et sur ses ruines fut ouverte en 1877, la rwe des 
Tuileries (Voir ce nom). 

Napoléon I*"" comme Louis XIY, et tant d'autres avant eux avait 
eu l'idée de réunir les Tuileries au Louvre ; Louis-Philippe tenta égale- 
ment de mettre ce projet à exécution, mais il se heurta à son tour à 
de nouvelles difficultés de la part des propriétaires des quelques mai- 
sons qui n'avaient pas encore été démolies. C'est ainsi que Vhôtel de 
Nantes où avait habité Cavaignae, resté seul au milieu de la place, 
y demeura jusqu'en 1852, époque à laquelle furent commencés les tra- 
vaux d'achèvement du Louvre, décrétés par la République de 1848. 

« Vers cette époque, la place du Carrousel, très mal éclairée par 
quelques rares lanternes à l'huile et formant un dédale inextricable de 
petites rues était un véritable coupe -gorge quand arrivait la nuit, de 
sorte que c'est à peine si les passants osaient s'y hasarder seuls à cause 
des sinistres habitués des bouges environnants. Le jour, les baraques 
de brocanteurs, de bouquinistes, de marchands d'oiseaux installés 
contre des palissades en bois avaient envahi les moindres espaces laissés 
vides, l'herbe poussait entre les pavés disjoints et pour compléter le 
déplorable état de cette place, un large égout nauséabond s'engouffrait 
au pied des palissades vermoulues placées de tous côtés. » 

Dans la rue de Chartres aujourd'hui disparue, comme les rues 
Saint-Nicaise, Thomas-du-Louvre, du Musée, Frovienteau, et du 
Doyenné où Balzac place son Père Goi'iot et dépeint si merveilleuse- 
ment ce quartier, existait la salle de danse du Vau.xhall d'hiver. Après 
ce bal, ce fut le théâtre du Vaudeville qui vint s'y installer, jusqu'au 
jour (17 juillet 1838) où un terrible incendie le détruisit de fond en 
comble (Voir Théâtres de Paris). 

La rtie Saint-Nicaise, commençait rue de Rivoli et finissait rue 
Saint-Honoré, alignée sur l'emplacement des anciens remparts de 
Charles \ {Voir Palais-Royal), elle devait son nom à l'église Saint- 
Nicaise dont la fondation remontait au vu'' siècle. Une partie de cette 
rue fut supprimée lors de la construction des nouvelles galeries du 
Louvre. 

La rue Froidmanteau dénommée en 1290, Vicus-de-Fromentel, et 
Frigido-Mantello, prit en 1313, le nom de Froit-Mantel, Froit-Man- 
teau, Froyt-M antyau, etc. Cette rue qui déjà, au temps du poète Guillot 
passait pour « une rue chaude » était restée un centre de prostitution. 
En 1839^ elle devint la rue du Musée., en raison du voisinage du musée 
du Louvre. 

La rue Thomas-du-Louvre tirait son nom de l'ancienne église Tho- 

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Carrousel 

mas-du-Louvre autrefois située entre le palais du Louvre et la place 
du Carrousel sur l'emplacement de la jÂace Napoléon III, cette église 
fondée en 1100, tombait en ruines et le 15 septembre 1739, le clocher 
s'écroula et ensevelit six chanoines; reconstruit en 1741, sous le vocable 
de Saint-Loui s-du-Louvre , et après avoir servi de temple protestant 
pendant la Révolution, elle fut démolie. 

La rue du Doyenné, tirait son nom d'une maison habitée par le 
doyen de l'église Saint-Thomas-du-Louvre. 

Les quatre colonnettes surmontées de boules dorées et les deux 
édicules placés de chaque côté de l'Arc de Triomphe du Carrousel sont 
les seuls vestiges ([ui restent sur cette place du Palais des Tuileries. 
Quelques frontons, avec leurs colonnes, qui formaient autrefois les 
fenêtres du Palais ont été réédifiés dans le jardin des Tuileries, près 
du Jeu de Paume. La porte d'entrée de l'ancien Palais de V Industrie, 
démolie en 1900, pour la construction du Petit et du Grand Palais, 
figure à leurs côtés'. 

Sur la place se trouvé, outie l'arc de triomphe du Carrousel (Voir 
ce nom), le monument élevé le Vi juillet 1888, à la mémoire de Gam- 
betta, le grand patriote fi-ançais. Cette statue monumentale est l'œuvre 
du statuaire Aube et de l'architecte Boileau fils. Elle a été édifiée à 
l'aide d'une souscription nationale qui commença le 8 janvier 1883, 
et à laquelle s'associèrent plus de 280.000 citoyens. 

Le 3 juillet 1900, a été érigée dans le square du Louvre, derrière 
la statue de Gambetta, la statue équestre de Lafayetfe, oft'erte par les 
enfants des écoles d'Amérique à l'aide d'une souscription qui a donné 
50.000 dollars. Cette statue est de M. Hastings, architecte, et de 
M. Paul Bartlett, sculpteur, tous deux américains (Voir Lafayette). 
Après être restée trois ans à l'état de maquette provisoire, elle a été 
définitivement remplacée par la statue en bronze montée sur un socle 
en granit rose venu d'Amérique. 

Entre la place du Carrousel et le Palais du Louvre était avant 1870, 
la j}Iace Napoléon III. Louis-Napoléon Bonaparte, empereur des 
Français, naquit à Paris, 17, rue Latfitte en 1808 {Voir Laffitte), 
et mourut à Chislehurst (Angleterre) en 1873. Il était le fils de Louis 
Bonaparte, roi de Hollande, frère de Napoléon I*''' et d'Hortense de 
Beauharnais. Il conspira en 1836, contre Louis-Philippe à Strasbourg, 
et en 1840, à Boulogne, Interné au fort de Ham, il s'en échappa, à 
l'aide de vêtements que lui avait prêtés un certain Badin guet, et se 
réfugia en Angleterre et en Belgique jusqu'à la Révolution de 1848. 
Nommé président de la République à la chute de Louis-Philippe, il 
fit le coup d'Etat en 1851, et se fit proclamer empereur par 7.500.000 
voix (Voir cité Napoléox). 

Avant d'être transportée sur la place de la Concorde pour l'exécu- 
tion de Louis XYI (21 janvier 1893), la guillotine avait été établie 
place du Carrousel (Voir places de la Concoede et Roquette). 

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Ca sim iv-P évier 

CARROUSEL (pont du) -<— « quais du Louvre et des Tuileries s— >- quais 
Malaquais et Voltaire [Louvre, Saint-Germain- l'Auxerrois, !<='■ an*. ; Palais- 
Bourbon, Notre- Dame-des-Champs, 6« aiT. 168 m.] 

Ce pont fut construit de 1831 à 1834, sous ks ordres de l'ingénieur 
Polonceau en vertu d'une ordonnance royale de 1831, et reçut d'abord 
le nom. de Pont-des-Saints-Pères, puis du Carrousel parce qu'il est 
situé en face des guichets de la place du Carrousel. 

Les quatre statues placées à l'entrée et à la sortie de ce pont sont 
l'œuvre de Petitot, et servaient autrefois de bureau de péage, alors 
que pour ce pont comme pour tous les autres d'ailleurs, il fallait payer 
« un sou » pour le traverser. Ce droit de péage ne devait expirer que 
le 1*"" novembre 1887, mais en 1848, la Ville racheta tous ces privilèges. 
Ce pont a coûté 900.000 francs. 

CARTES ET PLANS DE LA MARINE (Dépôt des) situé rue de l'Univer- 
sité, 13 [Palais-Bourbon, Saint-Tlionias-cCAquin, 7<' arr.J 

Le Dépôt des Cartes et Plans de la Marine, créé en 1720, resta à 
Versailles jusqu'à la Restauration, puis réuni en 1792', au dépôt de la 
Guerre, il en fut séparé plus tard et placé rue Saint-Antoine dan» 
l'ancienne maison des Jésuites. Transféré ensuite rue Louis-le-Grand 
à l'Hôtel d'Egmont il est actuellement à VHôtel (TAUgre. 

CASCADES (rue des) -<-^s rues de la Mare, 82 et Levert, 2 3^->- rue Ménil- 
montant, 101 [Ménilmontant, Belleville, 20^ arr. 480 m.] 

Cette rue qui figurait déjà sur un plan de 1812, à l'état de sentier 
est devenue une rue en 1837, mais ce n'est qu'en 1877, que la muni- 
cipalité de Belleville lui donna le nom de rue des Cascades, à cause 
d'un regard qui existait sur la chute foi-mée par les lacs de Belleville 
et de Ménilmontant (Voir rue de Belleville). 

CASIMIR-DELA VIGNE (rue) -(-^ rue Monsieur-le-Prince, 15 ^-> place 
de rOdéon, 3 [Luxembourg, Odéon, 6" arr. 99 m.] 

Ouverte sur l'emplacement de l'ancien Hôtel de Condé, elle reçut 
en 1779, le nom de Voltaire qu'elle porta jusqu'en 1864, époque à 
laquelle elle prit celui de Casimir Delavigne. 

Jean-François-Casimir Delavigne, auteur de Don Juan d'Autriche, 
des Enfaiits d'Edouard, de Louis XI, des Vêpres siciliennes, est né au 
Havre en 1793 et mourut en 1843. 

CASIMIR-PÉRIER (rue) ^(-s rue Saint-Dominique, 31 s^->- rue de Gre- 
nelle, 126 [Palais-Bourbon, Invalides, 7^ arr. 230 m.] 

Créée en 1828, sur les dépendances des couvents de Bellechasse et 
des Carmélites, elle fut dénommée rue Casimir- Perier en 1802, à la 
mort de Casimir Perier, président du conseil des ministres sous la 
monarchie de Juillet. 

— 263 — 



Cassette 

Casimir Perier né à Grenoble, le 12 octobre 1777, mourut le 
16 mai 1832. Ami de Royer-Collard et du général Foy, il fit toujours 
partie de l'opposition. D'ancien officier de génie en 1799, devenu direc- 
teur d'une des plus grandes maisons de banque de Paris, Casimir 
Perier se fit élire député en 1817 ; comme ministre de l'Intérieur il 
inaugura la politique de résistance en ordonnant le siège d'Anvers et 
l'occupation d'Ancône. 

Son petit-fils Casimir-Perier, député de l'Aube, qui succéda le 
28 juin 1894, au regretté Sadi Carnot, assassiné le 24 du même mois 
à Lyon (V oir Carnot), ne resta à la présidence de la République que 
jusqu'au 17 janvier 1895, époque à laquelle il donna sa démission. 
Après lui vint Félix Faure, né le 30 janvier 1841, et mort le 16 fé- 
vrier 1899. Depuis cette époque, c'est M. Emile Loubet, qui est prési- 
dent de la République. M. Emile Loubet est né à Montélimar le 
31 décembre 1838 {Voir Elysée). 

CASINO DE PARIS situé rue de Clichy, 30 et rue Blanche, 29 [Opéra, Saint- 
Georges, 9« arr.] 

Le Casino occupe l'emplacement du SJcating ou salon de patinage 
fondé en 1891, qui avait été créé sur les terrains de l'ancien collège 
Chaptal, précédemment Institution Saint-Victor, et collège Fran- 
çois /*"■. Le collège Chaptal est depuis 1874, reconstruit au 45 du bou- 
levard des Batignolles. 

CASPIENNE (impasse) située rue du Volga, 76 [Mémlmontant, Cliaronne, 
20° arr. 40 m.] 

Le voisinage de la rue du Volga, lui a fait donner le nom de Cas- 
pienne. On sait que le Yolga a son embouchure dans la mer Caspienne, 
mer intérieure située entre l'Europe et l'Asie. 

CASSETTE (rue) -(-m rue de Rennes, 73 »-» rue de Vaugirard, 68 [Luxembourg, 
Nolre-Dame-des-Cliamps, 6° arr. 290 m.] 

Cette rue existait déjà en 1521. Elle portait le nom de n/e Cassai, 
à cause de V Hôtel Ca<ssel qui en occupait une grande partie. En 1523, 
c'était le chemin de PouUgnies ; en 1561, on l'appelait Grande-rue-de- 
Cassel, et enfin en 1570, rue Cassette par altération de Cassel. 

Au n" 1, vieille construction intéressante à l'angle de la rue Pape- 
Carpentier. Du 4 au 10, existait autrefois le couvent de V Adoration 
'perpétuelle fondé par Anne d'Autriche en 1654. Le 12, était l'ancien 
couvent des Carmélites avant 1790. Les maisons du 18 au 24, dépen- 
dent de l'ancien hôtel du marquis de Sachet, bâti en 1704, habité 
ensuite par le maréchal de Brissac. En 1808, devenu Hôtel d'Hinnis- 
dal, c'est aujourd'hui V Institut catholique {Voir Yaugirard). Ces 
bâtiments occupent l'emplacement de l'ancien couvent des Filles du 
Saint-Sacrement. En 1643, les Bénédictines de la Conception de Notre- 

— 264 — 



Castagnnry 

Dame, établies à Rambervillers (Vosges) après avoir eu leur couvent 
dévasté par « les gens de guerre » durent se réfugier à Saint-Maur- 
les-Fossés. En 1653, elles vinrent s'établir rue du Bac, puis rue 
Férou, et en 1059, elles se transportèrent définitivement rue Cassette. 
Cette communauté fut supprimée en 1790, et ses bâtiments furent jetés 
à bas. On raconte que pour expier les outrages faits au Saint-Sacre- 
ment, pendant la guerre civile qui avait obligé le couvent à quitter la 
Franche-Comté « tous les jours, une religieuse, la corde au cou, une 
torche à la main venait s'agenouiller devant un poteau dressé au milieu 
de la chapelle et faisait amende honorable à Dieu ». Cette expiation 
avait été faite la première fois le 12 mars 1654, par la reine Anne d'Au- 
triche elle-même. Le 29, fut habité par le comte de Montalivet. Au 25, 
est le petit Hôtel Cossé Brissac. 

CASSINI (rue) <-^s rue du Faubourg-Saint-Jaçques, 3i 3^-»- rue Denfert- 
Rochereau, 6;^ ['Obskrvatoire, Montparnasse, 14c arr. 207 m.] 

Voisine de l'Observatoire, elle reçut en 1790, sur la proposition de 
Lalande, le nom de Cassini. Précédemment, rue des Deux-Anges, rue 
Maillet, du Maillet et des deux Maillets, cette rue existait à l'état de 
chemin sur le plan de Jouvin de Rochefort (xvii^ siècle). 

Jean-Dominique Cassini, fondateur de l'Observatoire était né à 
Perinaldo (ancien comté de Nice), le 8 juin 1625. Après avoir été pro- 
fesseur d'astronomie à Bologne en 1650, il vint en France où il se fit 
naturaliser en 1659, et mourut en 1712, membre de l'Académie des 
Sciences. On doit à Cassini d'importants travaux astronomiques. Avant 
d'être directeur de l'Observatoire, il demeurait au 5 de la rue Saint- 
Guillaume. Quand il mourut il fut déposé dans l'église Saint-Jacques- 
du-Haut-Pas et sa statue érigée dans la cour d'honneur de l'Observa- 
toire. 

La Carte dite de Cassini, la première carte de France dont l'exécu- 
tion demanda 45 ans de travail, et changea complètement l'enseigne- 
ment de la géographie est l'œuvre de son petit-fils Cassini de Thury. 
Cette carte qui comprend 180 feuillets, mesure 11 métros de hauteur 
sur 11 mètres 33 de largeur. 

CASTAGNARY (rue) -*-^. rond-point des Fourneaux, 8 s^->- rue Brancion, 27 
[Vaugiiiard, Saint-Lamhert, 15« arr. 1030 m.] 

Antérieurement partie de la rue des Fourneaux, et anciennement 
rue Neuve-de-Vanves, et rwe de l'Obélisque, entre leu rues de Brancion 
et Camulogène, elle a reçu en 1896, le nom de Castagnary. La partie 
située entre le rond-point et la rue de Vouillié existait en 1516. 
En 1873, un arrêté préfectoral réunit les rues de Vanves et de l'Obé- 
lisque, sous le nom de rue des Fourneaux (aujourd'hui Falguière). 

Jules-Antoine Castagnary, critique d'art et journaliste, ancien 
conseiller municipal de Paris ettiirecteur des Beaux- Arts (1831-1888). 

— 265 — 



Caldcoinbe.s 

CASTEGGIO (impasse de) -<— ss rue des Vignoles, 11 [Mémlmontant, Clia^ 
roitne, 20« arr. 72 m.] 

Précédemment passage, puis ivipasse de Moutchello, cette impasse 
a pris en 1877, le nom de Ca^steggio en souvenir de la victoire remportée 
par les Français sur les Autrichiens le 9 mars 1800, par Napoléon P^ 

CASTELLANE (rue de) -<-« rue Tronchet, 19 m-> rue de l'Arcade, 30 [Elysée, 
Madeleine, 8" arr. 135 m.] 

Ouverte en 1825, elle occupe l'emplacement de l'ancien Hôtel de 
Soyecourt, puis de CasteUane, qui avait été construit en 1780, par Cel- 
lerié, et où mourut le prince de Soubise en 1789. On ne commença à 
y construire qu'en 1834. 

Le comte Esprit-Yictor-Elisabeth-Boniface de Castellane, colonel 
des hussards de la garde en 1825, puis maréchal de France, né à Pans 
en 1788, mourut en 1802. Le maréchal commanda longtemps la place 
de Lj-on, où ses excentricités sont restées légendaires. 

CASTEX (rue) <^i boulevard llenri-IV ?r-* rue Saint-Antoine, 218 [IIoïia-oE- 
ViLLE, Arsenal, 4" arr. 120 m.\ 

Voie formée en 1805, sur l'emplacement de l'ancien couvent des 
Filles-Sainte-Marie, le voisinage du pont d'Austerlitz lui a fait donner 
le nom de Pierre Castex, colonel au l-}" rég'iment d'infanterie* légère, 
tué à la bataille d'Austerlitz le 2 décembre 1805. Il était né en 1760. 

CASTIGLIONE (rue de) <-« rue de Rivoli, 232 m-^ rue Saint-Honoré, 23S 
LouvKE, Place- rendome. !•"' arr. 155 m.] 

Créée sur l'emplacement du couvent des Feuillants et de l'ancien 
Manège de la rue Saint-Honoré en 1811 {Voir Rivoli), elle a pris le 
nom de Castiglione, en souvenir de la victoire remportée par le général 
Bonaparte sur les Autrichiens commandés par le feld-maréchal Wurm- 
ser, le 5 août 1796. Cette victoire valut à Augereau, le titre de duc 
àç. Ca^stiglione. 

CATACOMBES (entrée des) située place Denfert-Uochereau (pavillon de 
droilt) [OiîSKKVAToïKE, Monlpariiasse, 14^ arr.] 

Les Catacombes de Paris ainsi appelées d'après les catacombes 
de Rome et dont le nom signifie « cavités basses », sont d'anciennes 
carrières d'où sortirent toutes les pierres de l'antique Lutèce, et aussi 
la plus grande partie de celles qui furent employées à la constiniction 
du Yieux-Paris et des premiers édifices encore existants, et qui depuis 
1780, servent de dépôt aux ossements provenant soit des églises, soit 
des cimetières où ils avaient été inhumés. 

Ces extractions de pierre, commencèrent sur les bords de la Bièvre, 
boulevard Saint-Marcel, puis peu à peu. les fouilles opérées sans 

— 266 — 



Catacombes 

méthode et sans surveillance au gré des entrepreneurs s'avançaient fort 
avant dans la ville depuis le Jardin des Plantes à l'Est, jusqu'à l'an- 
cienne barrière de Yaugirard à l'Ouest. Les nombreuses galeries qui 
les sillonnent représentent exactement au-dessous du sol, la configura- 
tion de sa surface. 

Le quartier Saint-Jacques, le territoire de Montrouge, Montsouris 
et Gentilly. Le Jardin des Plantées, le Yal de Grâce, les Gobelins, la 
Salpêtrière, la prison de la Santé, la gare Montparnasse, la rue de 
Fleurus, tout le quartier de la Tombe-Issoire, une pai-tie du boulevard 
Saint-Michel, le Luxembourg, la Mairie du xiii^ arr., etc., etc., repo- 
sent sur les catacombes et ont au-dessous de leurs caves 1.400 mètres de 
souterrains ! 

En 1774, à la suite d'éboulements, on fut obligé de consolider les 
carrières, mais ce ne fut qu'en 1780, que Lenoir alors lieutenant géné- 
ral de police conçut le projet de se servir des catacombes pour y trans- 
porter les cimetières parisiens et de les convertir en ossuaires à 
l'exemple des villes de Naples et de Home. 

Yoici ce qui lui en avait donné l'idée : Vers 1779, les habitants de 
la rue de la Lingerie près les Saints-Innocents, effrayés des accidents 
d'infiltration qui eurent lieu dans les caves de plusieurs maisons de ce 
quartier, par suite du voisinage d'une fosse commune ouverte en 1778, 
et destinée à contenir plus de 2.000 corps, s'adressèrent au lieutenant 
général de police, en démontrant les dangers dont la salubrité publique 
était menacée par ce foyer de corruption dans lequel « le nombre de 
corps déposés excédant toute mesure et ne pouvant se calculer, en avait 
exhaussé le sol, de plus de 8 pieds au-dessus des rues et habitation» 
voisines ». On estime qu'en sept siècles le charnier des Innocents doit 
avoir dévoré plus de 12.000 cadavres {Voir Innocents). 

On nomma aussitôt une commission chargée de supprimer ce cime- 
tière et Lenoir désigna pour i^ecevoir les ossements de ce charnier, lea 
anciennes carrières de Montsouris, au lieu dit de la Tomhe-Issoire ou 
hoard (Voir ce nom). 

En 1786, les ossements du cimetière des Innocents y furent trans- 
portés et le 7 avril de la même année, la bénédiction officielle se fit en 
présence des autorités civiles et religieuses. D'autres cimetières ayant 
été supprimés, on les y transféra au fur et à mesure. Vers 1810, le préfet 
de la Seine Frochot, prit le soin d'organiser définitivement les cata- 
combes par des travaux de réédification et de soutènement rendus 
indispensables par le mauvais état des voûtes. C'est à lui en outre, 
qu'on doit le rangement symétrique et la classification des ossements 
par date et par cimetière. Héricart de Thury y fit établir un cabinet 
de pathologie et de minéralogie. On a évalué à plus de 6 millions Ifr 
nombre de morts dont les ossements i-eposent dans cette vaste nécro- 
pole. Cette population souterraine a été fournie successivement par 
le cimetière des Innocents, de 1786 à 1809; par les cimetières de Sainte 

— 267 — 



Cauchy 



nts I 



Eustache et de Saint-Germain-des-Prés en 1787; par les combattants 
des émeutes de la plaee de Grève en 1788, de ceux des TxtUeiies en 
août 1792; par les cimetières de Saint-Landry, Saint- JuUen-des-Mene^ 
trier s, des Bernardins et de Sainte-Croix-dc-la-Bretonnerie en 1793; 
de Saint-Lazare, Saint-Laurent, des Capucines de la rue Saint-Honoré, 
des Blancs-Manteau.c, du Petit-Saint- Antoine en 1804; de la Trinité, 
des Carmes de la place Maubert en 1814; du cloître de l'église Saint- 
Benoît en 1817; de Saint-Jean du faubourg- Montmartre, de Vaugirard, 
de la Madeleine, de la Ville-Lévêque, de Saint-Jacques-la-Boucherie, 
/îe la rue de Douai en 1859, En 1871, on y porta des ossements trouvés 
à l'église Saint-Laiirent (boulevard Magenta) et en 1900, ceux 
recueillis au cours des fouilles pratiquées au 17 de la rue Beautreillis, 
et provenant de l'ancien cimetière Saint-Paul {Voir Beautreillis). 
La sortie du public, autorisé à visiter les catacombes, se fait par 
le h" 92 de la rue Dareau, mais il y en a beaucoup d'autres, accessibles 
seulement au personnel chargé de l'entretien et de la surveillance des 
galeries. On compte plus de 70 sorties et entrées différentes. 

CATINAT (rue) -fr-m rue de la Vrillère, 4 »-»■ place des Victoires, 1 [Louvre, 
Palais-Royal, le'' arr. 29 m.] 

Ouverte au commencement du xvii* siècle sur les anciens remparts 
des fossés Montmartre, elle fut appelée d'abord rtie Percée, puis Petite 
rue de la Vrillière, ensuite rue de la Banque, parce qu'en effet elle 
conduit à la Banque de France et enfin en 1851, on lui donna le nom 
de 7'ue Catinat; elle remplace' un ancien corps de logis dépendant de 
l'Hôtel de la Yrillière, qui s'avançait au-devant de l'hôtel et en mas- 
quait la vue. 

JS^icolas de Catinat, né à Paris en 1737, au 31 de la rue de la Sor- 
bonne fut nommé lieutenant général en 1688, puis maréchal de France 
après la victoire qu'il remporta sur le duc de Savoie à Staffarde en 1690, 
et à Marsalle en 1693. Disgracié en 1701, il mourut en 1712, à Saint- 
Gratien près d'Enghien. En raison de l'honnêteté et de la droiture de 
son caractère, Catinat avait été surnomm par les soldats : le Père de 
la Pensée. 

CAUCHOIS (rue) ■«-• rue Lepic, 15 m-^ rue Gonstaace, 7 [Motmaiitue, Grandes' 
C arrières, 18« arr. 108 m.] 

Nom du propriétaire. Au 10, est V impasse Cauchois. 

CAUCHY (rue) -<-^ quai de Javel, 77 s-> rue Saint-Charles, 174 [Vaugirard, 
Javel, 15" arr. 500 m.] 

Cette rue qui dépendait de l'ancienne commune de Grenelle, était 
autrefois en 1868, rwe Saint-Paul, puis rue Vignon ; depuis 1881, elle 
a reçu le nom d'Augustin-Louis Cauchy, mathématicien, né à Paris 
en 1780, qui suivit Charles X en exil. Cauchy mourut en 1857. 

— 268 — 



Caumartin 

CAUL.AINCOURT (rue) -«-^ boulevard de Clichy, 124 ^-^ rue du Mont- 
Cenis, 55 [Moistmautrk, Grandes-Carrières, Clignancourt, 18" arr. 1244 m.] 

Créée en 1867, elle prit en 1889, le nom de Caulaincourt. 

Armand-Auguste-Louis de Caulaincourt, duc de Yicense, général 
de division et ambassadeur, était né à Caulaincourt (Aisne) en 1773 ; 
il mourut en 1827. Comme ambassadeur à Saint-Pétersbourg, il assista 
au nom de Napoléon I*'" aux négociations du congrès de Châtillon. Le 
général de Caulaincourt habitait le n" 39 de la rue Joubert. 

La rue Caulaincourt traverse sur un pont une partie du cimetière 
du Nord dit cimetière Afontwartre. Dans cette rue est le square Cau- 
laincourt qui fut formé en 1897. Au 1, est l'Hippodrome. 

CAUMARTIN (rue) i-m boulevard des Capucines, 30 s-> rue Saint-Lazare, 97 
[Opéra, Cliaussée-d'Antin, 9» arr. 524 m.] 

Cette rue porte le nom d'Antoine-Louis Lefèvre de Caumartin, mar- 
quis de Saint-Ange qui était prévôt des marchands 1778 à 1784, à 
l'époque où elle fut ouverte. Elle n'allait alors que de la rue Basse-du- 
Rempart à la rue des Mathurins, plus tard elle fut prolongée jusqu'à 
la rue Saint-Nicolas (aujourd'hui de Provence) et appelée rue Thiroux, 
puis en 1780, on perça un nouveau tronçon de la rue Thiroux à la rue 
Saint-Lazare, qui devint la rue Sainte-Croix-d' Antin , du nom du pro- 
priétaire M. de Sainte-Croix qui y possédait un pavillon au n° 1. 

La partie de cette rue située entre la. rue de Provence et la rue 
des Mathurins, appelée rue Thiroux, avait été créée en 1773, et por- 
tait le nom de Thiroux-de-Crosne, maître des requêtes qui obtint la 
revision du procès de Calas et devint en 1785, lieutenant général de 
police. Il fut décapité en 1794. En 1849, un décret réunit les rues Thi- 
roux et Sainte-Croix-d'Antin sous le même nom de Caumartin. 

Au n° 1, pavillon de M. de Sainte-Foix, trésorier de la marine 
en 1780. C'est dans cet hôtel en 1789, que Mirabeau logeait avant de 
venir demeurer au 42 de la Chaussée-d'Antin, alors rxie du Mont- 
Blanc. Le 2, bâti en 1789, par Aubert, appartenait au duc d'Aumont 
riche sportman qui fut le créateur des attelages dits à la Daumont. 
Au 7, habitait le marquis de Calvimont. L'amiral Mackau y mourut. 
Au 21, est mort en 1833, le fameux cuisinier Antoine Carême, dont le 
nom a été glorifié, et auquel la Yille de Paris a fait l'honneur de réser- 
ver une rue aux Pavillons des Halles Centrales (Voir ce nom). Au 26, 
était le siège de la Compagnie Interocéanique du canal de Panama, qui 
eut en 1888, une faillite retentissante et fit perdre plus de 1.900.000.000 fr. 
à l'épargne française. Au 28, est l'Hôtel Ma^ïades (Voir Botjdreau). 
Au 34, demeurait en 1793, le chimiste Guyton de Morveau (Voir ce 
nom). Au 63, est l'église Saint-Louis-d' Antin, qui a une sortie au 4 
de la rue du Havre. Cette église était autrefois la chapelle des Capu- 
cines, dont le couvent se trouvait au 65. Le lycée Condorcet situé au 65, 

— 269 — 



Cazotte 

occupe les bâtiments de l'ancien couvent des Cajniciues de la Chaussée- 
d'Antin. Biongniart en fut l'architecte ; il le consti-uisit en même 
temps que la rue en 1780. Le monastère fut supprimé en 1790, et 
converti en hôpital affecté aux maladies spéciales de la peau. Le lycée 
Bonaparte vint s'y installer en 1802, et fut appelé de 1814 à 1848 : 
Collège Royal Bourbon (Voir lycée Condorcet). 

CAVALERIE (rue de la) <-m avenue de la Motte-Picquet, 55 m-> avenue de 
SufTren, 96 [Vaugirard, Grenelle, 15e arr. 212 m.] 

Précédemment ruelle de la Ferme de Grenelle^ à cause de la ferme 
du château de Grenelle qui y était située ; cette rue a pris en 1877, 
le nom de Cavalerie, par suite de son voisinage avec le quaïtier de 
cavalerie de l'Ecole militaire. 

CAVALOTTI (rue) <-m rue Forest, 7 sj-> rue Ganneron, 18 [Montmartre, 
Grandes-Carrières, 18« arr.] 

Cavalotti a laissé de nombreux ouvrages sur l'enseignement à don- 
ner à l'enfance. 



CAVE (rue) <-m rue Sléphenson, 25 «>-)- rue des Gardes, 16 [Montmartre 
Goutte-dOr, 18« arr. 260 m.] 

Faisait partie depuis 1840, de la commune de La Chapelle, lorsque 
par suite du voisinage du chemin de fer du Noi-d, elle prit en 1875 
le nom de Cave pour honorer la mémoire du célèbre mécanicien Fran- 
çois Cave, dont les travaux furent si utiles pour la construction des 
machines à vapeur (1794-1875). 

CAVENDISH (rue) -«-s rue Manin, 63 ss-^ rue de Meaux, 84 [Buttes-Chai - 
MONT, Combat, \^<' arr. 330 m.] 

Cette rue ouverte en 1883 a entraîné la suppression de la cité du 
Tarn et des impasses du Père, du Fils, du Nord et du Midi. En 1885, 
elle fut appelée : Cavendish. 

Heniy Cavendish, savant phj^sicien et chimiste anglais né à Nice 
en 17-31, analysa le premier l'air atmosphérique, détermina la densité 
moyenne du globe, découvrit la composition de l'eau, et fit connaître 
la propriété de l'hydrogène; il mourut en 1810. 

CAZOTTE (rue) <-m rue Charles-Nodier. 3 m-^ rue Ronsard, 4 [Montmartre, 
Clignancourt, 18". arr. 25 m.] 

Formée en 1900, elle devait primitivement commencer rue André- 
del-Sarte, en face du marché. 

Jacques Cazotte, né à Dijon en 1720, fut le conteur charmant du 
Diable amtoureux et des Contes arabes, mais ce qui surtout le rendit 
célèbre, ce fut sa fameuse jjrophétie racontée par La Harpe, où dans 

— 270 — 



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tE, 1 

le j 



Ce (es tins 

un dîner auquel il assistait sous la Révolution, il prophétisa la fin tra- 
fique de chacun des convives. Lui, mourut décapité en 1793, comme 
il l'avait annoncé, Condorcet, condamné à mort s'empoisonna pour 
fuir l'échafaud, Bailly, maire de Paris périt exécuté à l'île des Cygnes 
(Passy), Chamfort se suicida dans son cachot et Malesherhes, mourut 
guillotiné en 1794. 

CËL.ESTIN (impasse) -<-^ rue du Pressoir, 16 [Ménilmoatant, Bellevilley^ 
20« arr. 55 m.] 

Yoie privée. Célestin est le nom du propriétaire. Il y a une autre 
impasse Célestin, au 16, rue du Pressoir, dans le xx^ aiT. 

CÉLESTINS (caserne des) située boulevard Henri IV, 5 [Hotel-de-Ville, 
Arsenal, 4« arr.] 

Cette caserne occupa l'emplacement des anciens bâtiments du Couvent 
des Célestins ( Voir rue du Petit-Musc). Saint Louis, en revenant de 
Palestine en 1269, avait amené avec lui six religieux du Mont-Carmel 
dits Carmes et que l'on nommait alors Barrés à cause de leur man- 
teau rayé de noir et de blanc et qu'il logea d'abord dans un vaste ter- 
rain appelé le Champ de plâtre, puis dans un monastère située près la 
place Maubert. Les Barrés ayant quitté ce local en 1318, pour aller 
habiter la Montagne Sainte-Geneviève, le vendirent à un certain 
Jacques Marcel qui y fit élever deux chapelles et y établit les Célestins 
ainsi nommés parce qu'ils avaient été fondés en 1352, au mont Muro 
en Italie, par Pierre de Noron, qui fut pape sous le nom de Célestin. 
En 1367, Charles V leur fournit les moyens de reconstruire une nou- 
velle église dont il posa lui-même la première pierre en 1378, et grâce 
aux libéralités de ce prince le couvent des Célestins fut réédifié en 
entier vers 1380. En 1539, le cloître passait déjà pour un des plus beaux 
de Paris. Le plafond de l'escalier représentant l'apothéose de l'ordre 
était peint par Bon de Boullogne (Voir ce nom). L'église contenait une 
foule de sépultures importantes, de personnages considérables comme 
par exemple : Philippe de France mort en 1391; Léon de Lusignan, 
roi d'Arménie, mort en 1393 ; Anne de Bourgogne, fille de Jean-Sans- 
Peur et femme du régent Bedford, décédée en 1432 ; Louis d'Orléans, 
fils de Charles Y, assassiné en 1407; Valentine de Milan, sa femme et 
leurs enfants; Sébastien Zaïnet, mort en 1614 (Voir rue du Louvre). 
Cette église renfermait en outre, le cœur de plusieurs princes entre 
autres, celui du roi Jean décédé en 1364; à' Anne de Montmorency, 
connétable de France, mort en 1567; du roi Henri II, de Catherine de 
Médicis, de Charles IX et de son frère le duc d'Anjoti; ces quatre der- 
niers étaient réunis dans un monument exécuté par Germain Pilon. 

En 1779, les Célestins, un moment remplacés par les Cordeliers, 
reprirent possession du couvent jusqu'en 1796, époque à laquelle ils 

— 271 — 



Célestins 



furent expulsés et les bâtiments affectés à l'établissement des sourds 
muets et aveugles. En 1849, une partie de l'ancien couvent servant de 
caserne fut recons^truite. Il y a quelques années on voyait encore des 
portions considérables des anciennes constructions de l'église et du 
couvent. 

L'ancienne église des Célestins qui était située à l'angle de la rue 
du Petit-Musc et de la rue^de Sully ne fut abattue qu'en 1847, et c'est 
en procédant aux fouilles nécessaires à la démolition, qu'on retrouva 
les restes d'Anne de Bourgogne, décédée en 1432. Ces ossements 
recueillis avec soin furent transférés à Dijon au pied du cercueil de 
Philippe-le-Hardi, duc de Bourgogne. 

CÉLESTINS (port des) -<-« passerelle de l'Estacade s— ► en face la rue Saint< 
Paul [HoTEL-DE-ViLLE, Arsenal, Notre-Dame, 4*^ arr,] 

La partie située entre le pont Sully et la rue Saint-Paul, por- 
tait autrefois le nom de Port-aïu.x-parés, et celle entre l'estacade et le 
pont Sully se trouvait sur l'emplacement du Mail (Voir quai des Céles- 
tins). 

CÉLESTINS (quai des) --m pont Sully et rue du Petit-Musc »-> pont Marie et 
rue des Nonnains-d'IIyères, 2 [Hotel-de-Ville, Saint- Gen'ais, Arsenal, 
4» arr. 380 m.] 

Cette voie existait à la fin du xiii® siècle. Précédemment quai des 
Célestins entre les rues du Petit-Musc et Saint-Paul; quai Saint-Paul 
entre les rues Saint-Paul et du Fauconnier et quai des Ormes (^partie) 
entre les rues du Fauconnier et des Nonnains-d'Hyères, ce quai doit 
son nom au couvent des Célestins, dont il longeait les murs, et que 
fonda en 1352, Pierre de Noron, qui fut plus tard le pape Célestin Y 
{Voir caserne des Célestins). 

L'ancien nom de quai Saint-Paul, s'expliquait par le voisinage de 
l'Hôtel royal de Saint-Paul et celui de qiiai des Ormes, par le fait, que 
pour embellir les abords de son habitation, Charles Y avait fait planter 
de chaque côté de ce quai, conduisant à l'hôtel, des petits ormes, d'où 
le nom de qiiai des Ormes et des Ormeaux. Il y eut de 1646 à 1774, 
sur ce quai et sur l'emplacement du jardin des Bernardins, un marché 
aux veaux et aux suifs. 

L'Hôtel Saint-Paul, bâti au quai des Célestins en 1364, par le roi 
Charles Y, et primitivement dénommé Hôtel solennel des grands esba- 
tements s'étendait de la Seine à la rue Saint-Antoine d'un côté et de 
l'autre de la rue Saint-Paul jusqu'à l'Arsenal. C'était moins un palais 
qu'une vaste suite d'habitations, contenant des logis pour le roi, les 
princes, les grands dignitaires et les nombreux officiers de la Cour. Il 
y avait en outre, un jeu de paume, une volière, une ménagerie de lions, 
des colombiers, des poulaillers, des chenils, etc., etc. 

De hautes tours dominaient les bâtiments. Dans les jardins au lieu 

— 272 — 



.1 



Célestins 

d'arbres d'agrément, de parterre, on ne voyait que treillis, légumes et 
arbres fruitiers. Les différents bâtiments étaient désignés par les 
noni3 : à' Hôtel du Roi, de la Reine, de Beautreillis, logis des Lions, 
de la Pissotie^ du Font-Perrin, etc., etc. 

Cbarles Y vint l'babiter parce qu'il était fatigué du Palais de la 
Cité et même du Louvre. Il logeait alors dans Tancien bôtel des arche- 
vêques de Sens, situé rue du Figuier (Voir ce nom). Aussi dépensa-t-il 
beaucoup d'argent pour aménager l'Hôtel Saint-Paul, dont l'entrée 
principale était située rue Saint-Antoine en face Sainte-Catberine du 
Yal-des-Ecoliers {Voir Sévigné). Cette habitation contenait à l'inté- 
rieur un très grand nombre d'appartements. Il y avait dix chambres 
de Conseil. La chambre de parade dite « à parer » avait au moins 
30 mètres de long sur 12 de large. La chambre des Nappes, la grande 
chambre du grand retrait (repos), la chambre du iietit retrait, la 
chambre des bains, la chambre des étuves, le chauffe-doux, deux cha- 
pelles et les communs pour les domestiques. Les fenêtres recouvertes de 
vitraux d'église, chargés d'armoiries, de devises et d'images de saints 
étaient garnies de barres de fer à l'intérieur et de treillage en même 
métal « pour empêcher les oiseaux de venir faire leurs ordures dans les 
chambres ». Dans les chambres on n'y voyait d'autres sièges que des bancs 
ou des cscabelles, le roi seul avait des chaises à bras tendues de cuir 
rouge, avec franges de soie; ses lits, qu'on nommait couches, étaient 
recouverts d'un drap d'or. 

Charles V (1364-1880), y mourut ainsi qu'Isabelle de Bavière 
(1371-1435). Dans la suite l'Hôtel Saint-Paul devenu inhabitable à 
cause de l'air fétide et des émanations pestilentielles provenant des 
égouts fut abandonné par nos rois, qui allèrent s'installer au palais 
des Tournelles {Voir place des Yosges). 

Il tombait en ruines, lorsqu'en 1519, François I*"" commença à 
vendre quelques parties de l'hôtel. Le reste fut aliéné vers 1651, et peu 
après toutes les constructions furent démolies, et sur leur emplacement 
furent percées des rue^ dont quelques-unes rappellent par leur nom 
certaines localités de l'ancienne résidence royale, telles : les rues Beau- 
treillis, de la Cerisaie, de Saint-Paul, des Lions-Saint-Paul, etc. Une 
partie des terrains vendus en 1511, à Jacques Genouillac du Gaillot, 
■ grand maître de l'artillerie, seiv^irent plus tard à l'Arsenal. 

La seule construction qui existe encore de l'Hôtel Saint-Paul, est 
ia partie de l'Hôtel La Yieuville, qui est située dans la cour du n° 4 
rue Saint-Paul et dont on aperçoit la cour intérieure par le n° 17 
de la rue des Lions-Saint-Paul {Voir Saiîn't-P aul) . Au n" 2, du quai 
de& Célestins se trouve l'Hôtel de Gaspard de Fieubet, chancelier 
d'Anne d'Autriche, constniit en 1671, par Mansard. Cet hôtel est vul- 
gairement connu sous le nom d'Hôtel Saint-Paul, parce qu'il occupe 
l'emplacement d'une partie des anciens bâtiments. 

— 273 ^ 

18 



Cendriers 

Après avoir servi à une raffinerie de sucre, puis à un pensionnat, 
l'Hôtel Fieubet réuni aujourd'hui à VHôtcl Jjaamlette, forme Vécole 
Mas-^illon. Il a été habité de 1640 à 1G50, par la famille Fieubet, à 
laquelle succédèrent les Combourg. En 1850, il fut complètement res- 
tauré par Adrian de Lavalette, ancien rédacteur en chef du journal 
V Assemblée Nationale. 

Au 4 (Hôtel Nicolaï et marquis de Goussainville en 1790), mourut 
le 25 juin 1875, le célèbre sculpteur animalier Antoine-Louis Barye 
(Voir ce nom) qui était né à Paris le 24 septembre 1795. Sa statue est 
élevée sur le teri^e-plein du boulevard Henri-IV, près de l'estacade du 
pont de bois, elle fut érigée en juin 189-3. Au 6, était en 1628, l'Hôtel 
Saint-Mesmes. En face de l'Hôtel Fieubet à côté du pont Sully ont été 
transportés en 1899, les restes d'une tour de la Bastille, dite de la 
h'iherté mis à jour par les travaux du Métropolitain entrepris sous la 
place de la Bastille (Voir ce nom). Au 14, dépendance de l'ancien Hôtel 
de la Tieuville (joli balcon). Au 28, une plaque commémorative 
f appelle que llabelai», l'immortel auteur de Gargantua et de Panta- 
gruel, né à Chinon en 1483, est mort dans une des premières maisons 
de la rue des Jardins-Saint -F nul le 9 avril 155^i. à l'âge de 70 ans. 
Au 32, ancien emplacement du jeu de paume de la Croix Noire où 
l'Illustre théâtre dirig par Molière donna ses représentations en 1645, 
après avoir quitté le 12 de la rue Mazarine (Jeu de paume des Métayers) 
qu'il occupait en 164-3, Ce jeu de paume avait été construit sur l'em- 
placement de la porte Barbeau, dépendant de l'ancienne enceinte de 
Philippe- Auguste. La plaque commémorative qu'on voit au-dessus de 
la porte du 28, a été placée en 1889. Au bout du couloir qui servait 
d'entrée aux artistes de la troupe de Molière, se trouve un vieux puits 
assez curieux de l'époque, mais qui est loin de valoir celui du 5 de la 
rue du Figuier (] oir ce nom) vraiment remarquable avec sa margelle 
sculptée. 

Le quai des Célestins a. été réparé en 1705. 

CEIiS (rue) £-^-« rue Fermât, 8 b-î rue Auguste-Mie, 5 [Observatoire 
par nasse, 14" arr. 158 m.| 

Nom donné par le propriétaire de ce terrain, en l'honneur de son 
grand-père Jacques-Martin Cels, horticulteur (174')-1806). 

CENDRIERS (rue des) -*-« boulevard Ménilmontant, lOO ss— > rue des Aman- 
diers, 77 [MÉNILMONTANT, Père-Lac/iaise, 20" an*. 340 m.] 

La partie attenante au boulevard de Ménilmontant a été formée 
en 1851; plus tard vers 1860, cette rue fut prolongée jusqu'à la rue 
des Amandiers. 

Le nom qu'elle porte, du lieu dit des Cendriers, évoque l'idée de 
fours crématoires quelconques qui devaient exister dans ce quartier,. 

— 274 — 




Centrale 

comme on en trouve de l'autre côté de l'eau {Voir rue de la Tombe- 
Issoire) et d'un endroit locus cinertivi (lieu des cendres) dont on 
aurait fait Cendriers. 



GENSIER (rue) -^-m rue Geoffroy-Saint-Hilaire, '135 m-* rue MoufTelard, 143 
[Panthéon, Jardin-des-Plantes, S"^ arr. 462 m,] 

Existait déjà au xvii'' siècle à l'état d'impasse, c'était un cul-de-sac, 
appelé alors rue sans-chief, dont par corruption on fit rue Sensée, Cen- 
sée, C entier et Censier. On la trouve sur deux plans à la date de 1603, 
sous le nom de riie Vieille-Saint- Jacques, entre la rue Mouffetard et 
la rue de la Clef, puis de rue Vieille-Notre-Dame, de la rue de la Clef à 
la rue Geoiïroy-Saint-Hilaire. En 1646, on la dénommait rue des 
Treilles à cause des vignes qui y avaient existé. 

Antoine Seguier avait fondé en 1624, aux 19, 21 et 23' de cette rue 
un hôpitaJ dit des Cent filles de la Miséricorde, pour recevoir cent filles 
pauvres. En 1656, une ordonnance du roi Louis XIV, décida que « les 
compagnons d'arts et métiers qui après avoir fait leur apprentissage, 
épouseraient les filles de cette maison, seraient reçus maîtres sans faire 
d« chef-d'œuvre et sans payer aucun droit de réception {Voir Coepora- 
Tioxs). Cet hôpital a été supprimé en 1790; les bâtiments et la chapelle 
subsistent encore. 

Au 15, ancienne caserne sous Louis XV. Lé père du brasseui San- 
terre, devenu général pendant la Hévolution tenait une brasserie au 19 
de la rue Censier {Voir faubourgs Saint-Antoine et Temple). 

CENTRALE (école) située rue Moatgolfier, 1 [Temple, Aris-et'Métiers, 3*^ arr- 

L'Ecole Centrale des Arts et Manufactures fut construite de 1878 à i 
1885, par l'architecte Deminuid Denfer, Au centre de la cour inté- - 
rieure a été placée l'ancienne fontaine du Tnœrché Saint-Martin, qu'on ■ 
appelait autrefois le Carré Saint-Martin; il dépendait du prieuré de 
Saint-Nicolas-des-Champs et c'était là qu'au moyen âge se livraient 
les duels judiciaires. Cette place servait aussi de champ clos et les 
moines en tiraient un revenu considérable, lorsqu'il y avait « gage 
de bataille », l'amende à payer par le vaincu roturier était de 60 livres. 
Cette coutume a donné lieu au proverbe connu : les battus payent 
l'amende {Voir Arts et Métiers). 

Le marché Saint-Martin, construit- par l'architecte Petit-Radel y 
fut établi en 1807, en remplacement d'un ancien marché ouvert qui 
datait de 1765. Le marché aux oiseaux, actuellement quai aux Fleurs 
se tenait précédemment au carré Saint-Martin. 

L'Ecole Centrale a été fondée en 18£"9, au 5 de la rue de Thorigny, . 
dans l'Hôtel de Juigné, vulgairement appelé V Hôtel Salé {Voir Thori- 
gny), elle fut reconnue d'utilité publique en 1857. 

-- 275 — 



Cei' vantes 

CEPRÉ (passage) -*-« boulevard de Ganbaldi, 18 m-> rue MioUis, 22 [Vau- 
GiRARD, Neclœr, 15" arr. 130 m.] 

Nom du propriétaire. 

CERISAIE (rue de la) <-^ss:, boulevard Bourdon, H3 s— > rue du Pelit-lNIusc, 26 
[IIoniL-DK-ViLLii, Arsenal, i" arr. 261 m.] 

A été ouverte en 1516, sur les jardins de l'ancien Hôtel royal de. 
8aint-Paul, elle occupe le tracé d'une avenue de cerisiers, appelée If» 
Cerisaie, dont elle a pris le nom {Voir quai des Célestins), 

L'architecte des Tuileries, Philibert Delorme, habitait î.u n" 16, 
un pavillon élégant qu'on voyait encore en 1855, à l'état de ruines dans 
le fond d'un jardin. Ix' 15, était autrefois la demeure du financier 
Titon du Tillet {Voir rue Ïitox). Le 12, ancien Hôtel Lesdiguièreo 
bâti pour un autre financier non moins impoiiant, Sébastien Zamet. 
C'est en sortant de chez lui, que la belle Gabrielle, prise d'un mal subit, 
rentra mourante dans sa maison du Doyenné sise au cloître Saint- 
Germain-des-Prés et expira le soir même {Voir place du Louvre). A 
la mort de Zamet, en 1614, l'Hôtel fut acheté par François de Bonne, 
connétable de France et marquis de Lesdiguières. Le tsar Pierre-le- 
Grand, y logea lors du voyage qu'il fit à Paris en 1717. 

Il y a une impasse de la Cerisaie au 19 de la rue Lahire aux Gobe- 
lins (xiii" arr.) 

GERISOL.es (rue de) *-«» rue Cléinent-Marot. 24 m~> rue François-I", 43 
[liLYSKE, Cliainps-Elysces, 8'' arr. 80 m.] 

Cette rue du quartier François I*"" a été formée en 1884 ; elle porte 
le nom d'un bourg du royaume d'Italie (anciens Etats Sardes) oii le 
15 avril 1544, les Français commandés par le comte d'Enghien et Gas- 
pard de Coligny f FotV ce nom), remportèrent une victoire décisive sur 
les Impériaux et les Espagnols. 

CERNUSCHI (rue) <-« boulevard Malesherbes, 150 ^ > rue de Tocqueville, 85 
[Batig?<oi,les, Plaine- Monceau, 17" arr. 158*m.] 

Ouverte en 1896, elle a reçu le nom de Cernuschi. 

Cernuschi (1821-1896), économiste distingué, naturalisé français 
en 1871, a laissé à la Ville de Paris de très belles collections d'objets 
d'art, et son magnifique hôtel qu'il habitait au 7 de l'avenue Velasquez, 
et qui, aujourd'hui a été transformé en Musée Cernuschi. 

OEtlVANTÈS (rue) -f-^ rue Bargue, 52 îs->- rue de la Procession, 47 [Vau- 
GiRAUD, Necker, 15e arr. 70 m.] 

Nom donné en souvenir de Miguel Cervantes Saavedra, littérateur 
•espagnol (1547-1616), célèbre auteur de Don Qtiichotte de la Manche 
et d'un grand jiombre de comédies. Cervantes assistait à la bataille 



— 276 



I 



Chabanais 

de Lépante, fut fait prisonnier par les pirates et resta cinq ans parmi 
eux. De retour en Europe il composa son Don Quichotte. 

Le passage Cervantes prolongé, va de la rue Bargue au passage 
Guilbert. 

CÉSAR-FRANCK (rue) -^^ place de Breleuil »-> rue Bellart, 1 [Vaugirard^ 
Necker, 15''air. 168 m ] 

Créée en 1901, sur l'emplacement de Vahattoir de Grenelle., elle a 
été ainsi dénommée en l'honneur de CésaT Franck. 

César Franck (IS^^-ISOO), professeur du Conservatoire, organiste 
et compositeur, a laissé de très belles oeuvres d^orchestre : Rédemp- 
tion, La Béatitude, etc., etc. César Franck habitait au 95 du boulevard 
Saint-Michel, à l'époque de sa mort. 

CESSELIN (impasse) -*-^s rue Paul-Bert [Popincourt, Sainte- M ar guérite ^ 
ll«aiT.] 

Nom du propriétaire. 

CÉVENNES (rue des) <-^ quai de Javel, 57 sss-*- rue de Lourmel, 146 
[Vaugirard, Javel, 15^ arr. 765 m.] 

Précédemment rue des Marguerites (terrain rempli de margue- 
rites et de fleurs des champs) existait en 1868; en 1882, elle fut pro- 
longée à partir de la rue Lecourbe sur l'emplacement de V impasse 
Chandon. 

Les Cévennes, chaîne de montagnes traversant le centre de la 
France du département de l'Aude au plateau de Langres. Les princi- 
paux sommets sont : le Gerbier-des-Joncs, le Tarare, la Lozère, le 
Meygal, le Puy-de-Montoncelle, le Pilt et le Montout. Les habitants 
des Cévennes se nomment les Cévenols. 

L'hôpital Brémontier fondé en 1897, est dans cette rue. 

CHABANAIS (rue) *-« rue des Petits-Champs, 22 m~> rue Rameau, 9 [Bourse, 
Vivienne, 2" arr. 112 m.] 

Décrétée en 1775, et ouverte en 1777, sur l'emplacement de l'Hôtel 
Saint-Pouanges, appartenant à Claude-Théophile-Gilbert Colbert, 
marquis de Chabanais, elle aboutissait autrefois par un retour 
d'équerre à la rue Sainte-Anne. Cette partie reçut le nom de Chéru- 
hini le 26 mai 1838, lorsque la rue Chabanais fut mise en communica- 
tion avec la rue Rameau. En 1854, on écrivait encore Chabanois. 

Le compositeur Gluck, auteur d'Orphée (Voir Gluck), demeurait 
au 2, à l'angle de la rue des Petits-Champs, précédemment Neuve-des- 
Petits -Champs. Au 4, maison du Coq d'Or, autrefois établie 8, rue 
Sainte-Anne, habita l'acteur Tallien après son divorce. La veuve de 
Fouquier-Tinville, le terrible accusateur public du tribunal révolu- 

— 277 — 



Chaillot 

i;ioanaire qui mourut en 1827, occupait en 1812, un appartement au 9 
de cette rue. Au 10, Chamfort tenta de se suicider en 1793. Pichegru 
fut arrêté le 27 février 1804, au il, et transféré à la prison du Temple 
^Voir ce ncrm). 

Cambacérès a occupé un logement dans une maison de la partie 
-de la rue Chabanais, devenue depuis rue Chéruhini. 

-CHABLIS (rue de) -<— «s rue de Pomard, 4 s»-»- rue de Bercy 63 [Reuilly, Bercy, 
120 arr. 36 m.] 

Le voisinage de l'entrepôt des vins de Bercy, lui a fait donner le 
nom de Chablis, bourg du département de l'Yonne renommé par ses 
• excellents vins blancs. Cette rue fut ouverte en 1877, et ainsi dé- 
nommée en 1879. 

'CHABRAND (cité) située rue Saint-Honoré, 247 [Louvre, Place-Vendôme, 
!<='■ arr. 56 m.] 

Nom du propriétaire fondateur de la cité. 

XliHABROIj (rue de) *-« boulevard Magenta, 85 m-^ rue Lafayette, 100 [Enclos- 
^S.\lNï-LAUHE^T, SaiiU-Vincent-de-Paul , Porte-Saint- Denis, lOo arr. 420 m.] 

dette rue fut formée en 1822, alo-rs que M. le comte Odlbei"t-Gas- 
pard de Chabrol àe Volvic était préfet de la Seine (1773-1843). 

M. de Chabrol, fut VHaussw/inn de son époque: il autorisa l'éclai- 
rage au ga^i dans les rues, améliora les Halles, l'ICntrepôt des vins., 
l'Hôtel de Ville, etc., et ne négligea rien pour assainir Paris. Il ouvrit 
soixante-cinq rues avec trottoirs, en élargit vingt-quatre et créa quatre 
grandes places, conformément au plan dressé par Louis XVI. 

Débaptisée de 1830 à 1835, au profit de De la Borde qui fut préfet 
de la Seine après la Révolution de Juillet, cette rue ne reçut son nom 
de Chabrol qu'en 1835. Au 27, est la cité Chabrol qui occupe une partie 

■de l'ancienne ferme Saint-Lazare. Jules Guérin, fondateur de V Anti- 
Juif et du Grand Occident de France menacé d'arrestation, y soutint, 

-au n° 51, un véritable siège du 10 août au 15 septembre 1899, contre 
les gardes municipaux et les agents de police qui cernaient sa maison 
pour s'emparer de sa personne. Condamné pour ce fait par la Haute- 
Cour, à dix ans de détention, il vit en 1901, sa peine commuée en dix 

années de bannissement. 

♦CHAILLOT (rue d«) ^»^^ rues Pierre-Charron, 9 et Freycinet, 24 s— v avenue 
des Champs-Elysées, 79 [Elysée, Champs-Elysées, 8« arr. ; Passy, Chaillot, 
16« arr. 695 m.J 

Principale rue de l'anciesn village de Cliaillot qui existait déjà au 
xi^ siècle sous le nom de Challoia et de Chall&el, du mot franck Chail 
-(déboisement,). Au xiv^ siècle ce fut Chailluyau, Chailleani qui se 

— 278 — 



Chaillot 

transforma eu Chaillot. En 1472, Philippe de Commines fut nommé 
seigneur de Chaillot. En 1097, Chaillot avait été érigé en paroisse dépen- 
dante du prieuié de iSaint-Nicolas-des-Champs {Voir rue Saint-Mar- 
tin). Les habitants de Chaillot devaient tous les ans, le jour de V As- 
cension porter au curé de Saint-Germain-des-Prés : huit bouquets 
(deux gros et six petits), un fromage gras et un denier parisis pour 
chaque vache qui paissait dans l'île Maqtierelle, appelée plus tard île 
des Cygnes (Voir ce nom). 

Au vu" siècle, ce village s'appelait en latin Nimio et en français 
Nijon. Il était alors situé plus près de Passy qu'il n'est aujourd'hui. 
Dans la suite, les habitants de ce lieu se séparèrent ; les uns allèrent 
fonner le village d'Auteuil, les autres se rapprochèrent de Paris, et 
vinrent défricher (abattre les arbres) d'une partie du bois de Rou- 
vray ou de Rouvret aujourd'hui Bois de Boulogne. Ce travail de déboi- 
sement, de Choil comme on disait alors, fut Forigine du mot Chaillot. 
En 1659, le hameau de Chaillot fut déclaré faubourg de Paris sous le 
nom de village de la. Conféi'^nce (Voir cours la Reine). 

Le fameux couvent de la Visitation, où se retira plusieurs fois 
Mlle de La Tallière, sous le nom de sœur Louise de la Miséricorde, 
avait été fondé à Chaillot par Henriette de France, fille de Henri IV 
et veuve de Charles I*"", roi d'Angleterre, qui acheta en 1G22, une grande 
propriété dite Maison de Graninwnt, ayant appaiienu d'abord à Cathe- 
rine de Médicis, puis sous Louis XIII, au maréchal de Bassompierre 
(Voir ce nom), pour y installer ce couvent juste à l'endroit où se trouve 
aujourd'hui la rue Magdebourg sur le côté du square du Trocadéro, 
Ce couvent, qui avait été la plus grande illustration de Chaillot, après 
avoir été restauré en 1655, disparut tout à fait en 1790. 

Au 2, était autrefois la rue Gra^sté, qui allait de la rue Basse-Saint- 
Pierre, actuellement rue de la Manutention, à la rue des Batailles (dis- 
parue). Cette rue supprimée en 1858, figurait sur d'anciens plans sous 
le nom de ruelle montante et de rue Brunette. Au 26, est l'église Saint- 
Pierre-de-Chaillot. Au 52, Hôtel de Grammont. Barras, l'ex-Directeur, 
ami de Napoléon I*'", né en 1755, mourut en 1829, au 70 de cette rue. 
Au 99, se trouvait une abbaye de l'ordre de Saint-Augustin, qui fut 
depuis Vinstitution Saint-Pierre, aujourd'hui transférée à Auteuil, 
rue Chardon-Lagache (Voir ce nom). Au 101 se trouvait vers 1865, 
l'hôtel de la ravissante Cora Pearl (Cora Perle) qui joua dans Orphée 
aux Enfers aux Bouffes-Parisiens, le rôle très court vêtu de l'Amour 
où elle obtint un très grand succès de plastique. Plus tard, la belle 
Blanche d'Antigny, la créatrice de Marguerite du Petit Faust d'Hervé 
aux Folies Dramatiques, vint l'habiter, mais cette artiste étant morte 
quelques années après en Egypte, dans une tournée théâtrale qu'elle 
avait entreprise avec ses camarades, le petit hôtel de la rue de Chaillot 
fut vendu et démoli. On assure que c'est Blanche d'Antigny que Zola 
a voulu représenter dans son roman de Nana. 

— 279 — 



Chalets 

En 1903, il a été décidé que la petite place que foraae la rue de 
ChaiUot devant le musée Galliera, prendrait prochainement le nom de 
place de ChaiUot on avait proposé: plaee des Bassins pour rappeler 
l'ancien quartier de ce nom, mais ce projet n'a pas été accepté. 

CHAISE (rue de la) -*-^ rue de Grenelle, 35 =s5— >- rue de Sèvres, 16 [Palais- 
Bourbon, Saint-Thonias-d' Aquin, 7« arr. 200 m.] 

Ce nom de la Chaise qu'il ne faut pas confondre avec le père 
Lachoise, jésuite qui fut le confesseur de Louis XI Y, et qui donna le 
terrain qu'il possédait, au Mont-Louis (Amandiers) pour y établir le 
cimetière qui porte son nom, vient d'une enseigne de marchand de vins 
représentant une petite chaise qui se voit au 36 de la rue de Grenelle. 

Cette rue existait en 1529, mais sous le nom de chcTnin qui tend de 
V église Saint-Pierre à la Maladrerie. Plus tard le voisinage de la Mala- 
drerie, où l'on soignait plus spécialement les malades atteints de la 
teigne, lui fit donner le nom de rue des Teigneux. L'hospice des Petits- 
Ménages autrefois installé sur l'emplacemenï du square du Bon 
Marché fut transféré à Ivry en 1872. Au n° 1, hôtel bâti en 1760, 
appartenant au vicomte de Brosses. Le 3 était en 1650, la propriété 
de la princesse de Carthenay, puis du comte de Vertus; les Chemilly 
l'habitèrent en 1664. Au 5, ancien couvent des Daines de la Retraite, 
précédemment Hôtel d'Uzès et antérieurement Hôtel Abdobrandini 
Borghèse, prince italien, grand ami des arts, construit en 1750. Au 7, 
étaient les Dominicains expulsés en 1903. Au 11, dépendance de 
V Ahhaye-au.T-Bois (Voir ce nom) qui s'étend du 16 de la rue de Sèvres 
à la rue de la Chaise. 

CHALABRE (impasse) <-« aveïiue de Clichy, 163 bis [Batignolles, Epi* 
nettes, 17« arr. 15 m.] 

Nom du propriétaire. Cette impasse est en partie absorbée par la 
gare des marchandises de la gare des Batignolles. 

CHALET (rue du) <-« rue du Buisson-Saint-Louis, 27 s^ rue Saint-Marlin, 16 
[Enclos-Saint- Laurent, Hôpital-Saint-Louis., 10« arr. 185 m.] 

Précédemment passage Saint-Joseph, à cause du voisinage de la 
rue Saint-Joseph ; en 1877, elle a été dénommée du Chalet, probable- 
ment parce qu'il y avait une maison bâtie en forme de chalet dans 
cette rue. 

CHALETS (avenue des) <-^s rue du Renelagh, 101 bis s^-*- rue de l'Assomp- 
tion, 66 [Passy, La Muette, 16c arr. 100 m.] 

-N'om 4onné par le propriétaire. Voisinage du bois, chalets rus- 
tiques. 

— 280 — 



Chamhiges 

CHALGRIN (rue) -«-s; avenue du Bois-de-Boulogne, 20 =sr->- rue Lesueur, 4 
[Passy, C//a«//of, 16«;irr. 278 m. I 

Cette avenue qui existait sur le cadastre de 1825, où elle débou- 
chait sur l'avenue de la Grande-Armée était autrefois formée en deux 
parties : l'une située entre l'avenue du Bois de Boulogne et la partie 
formant coude s'appelait rue Bellevue, l'autre, entre le coude et la rue 
Lesueur avait nom rue des Bouchers. En 1865, ces deux rues ont été 
réunies sous le nom de Chalgrin. 

Jean-rrançois-Thérèse Chalgrin, architecte français, né en 1739, 
mourut en 1811, avant d'avoir achevé l'Arc de Triom.'phe. Il a tra- 
vaillé à la construction de Saint-Sulpice et de Saint-Philippe-du- 
Iloule. Au 5 bis, hôtel du sculpteur Soldi-Colbert. 

CHALiIGNY (rue) ^-«! rues Crozotier, 2 et Evrard 1 m-> rue du Faubourg-Saint- 
Antoine, 200 et de Reuilly, 2 [Reuilly, Picpus, Quinze-Vingts, 12" arr. 545 m.] 

Ouverte en 1856, elle prit en 1864, le nom de rue Clialigny, en 
mémoire des Chaligny, qui furent tous d'habiles fondeurs au xvi® siècle. 
Au 21, ambulance urbaine et municipale. 

CHALON (rue de) -«-«rue de Rambouillet, 5 a-^ boulevard Diderot, 22 [Reuilly, 
Quinze-Vingts, 12« 434 m.] 

Créée en 1850, et longeant le chemin de fer de Lyon, elle a reçu 
le nom de Chalon-sur-Saonc, sous-préfecture du département de 
Saône-et-Loire. Au 30', est Viwpasse de Chalon. 

CHAMBERTIN (rue de) -<-^ rue de Bercy, 118 s^-v boulevard de Bercy, 38 
[Rkuilly, Bercy, 12" arr. 13 m.] 

Formée en 1879, sur l'emplacement de la place Cabanis dont le 
reste a été absorbé par le boulevard de Bercy, le voisinage de la halle 
aux vins lui a fait donner la dénomination de Chambertin, haut cru de 
la Bourgogne. 

CHAMBÉRY (rue de) ^s. rue des Morillons 50 s— > en impasse [Vaugirard, 
Saint-Lambert, 15° arr. 210 m.] 

Percée en 1890, on lui a donné le nom de Choimbéry, chef-lieu de 
la Savoie annexée à la France en 1860. C'est M. Chauvelot, fondateur 
du village de l'Avenir, qui a donné tous ces noms aux rues qu'il a 
créées. 

CHAMBI6ES (rue) ^-e rue Boccador, 3 »-> rue Clément-Marot, 5 [Elyske, 
Cliautps-Elysées, 8o arr. 83 m.] 

Ouverte en 1883, elle a pris le nom de Chambiges. 
Pierre Chambiges « maître des œuvres de maçonnerie et pavement 
de la Yille » fut un des architectes du Louvre choisis par Catherine 

— 281 — 



Champ-de-V alouette 

•de Médicis. On lui doit diverses parties de la galerie des Antiques. 
Pierre Chambiges, mort en 1544, était un descendant des grands 
maîtres maçons qui avaient travaillé aux grandes constructions à 
Sens, Troyes, Fontainebleau, Saint-Germain-en-Laye et Paris. Mais 
l'œuvre principale de Pierre Chambîges fut, d'après Marins Yaclion 
en 153'J, la construction du second Hôtel de Ville de Paris; à sa mort 
les importants travaux furent continués sous Henri IV et Louis XIII, 
par son neveu Guillaume Guillain, auquel on doit également le beau 
monument du Pont-au-Cliange (Voir ce nom), actuellement au 
Louvre {\ oir Hôtel de Tille). 

■CHAMFORT (rue) <-e rue de la SoiUHîe, 18 <5^-> rue Mozart, lu7 [Passy, 
Auteuil, 16'" arr. 27 m.] 

Oette me a été formée d'une partie de la sente de la Petite Fon- 
taine et de la me Dangeau. Depuis 1895, on lui a donné le nom de 
diamiort. 

■ Sébastien-Hocli-Nicolas, dit Chamfoi-t, littérateur français, né à 
Clermont-Ferrand en 1741. Poursuivi sous la Teireur, il se suicida 
en 1794, pour échapper à la guillotine (Voir Cazottk). Chanifort avait 
habité le 10 de la rue Chabanais. 

•CHAMPAGNY (rue de) -<-^ rue Gasimir-Périer, 2 ss— >- rue Martignac, 1 
[Palvis-Boi RiiON, Saint-Tlionias-U'Aquin, 7^ arr. 39 m.] 

Percée en 1828, sur les terrains du couvent des religieuses de Belle- 
•chasse, elle reçut en 1844, le nom de Chaiiijmgny. 

J-ean-Baptiste Nampère de Champagny, duc de Codore, ministre 
sous Napoléon I^"", était né à Roanne le 4 août 1756, et mourut le -i juil- 
let 1834. Député aux Etats-Généraux, il avait été major général de 
vaisseau. Forcé d'émigrer il revint en France en 1804, et devint 
ministre des affaires étrangères et de l'intérieur en 1805. M. de Chani- 
pagny s'occupa beaucoup de Paris, il commença la me de Rivoli, fit 
élever la Madeleine, la Bourse, etc., etc. 

■CHAMP-D'ASILE (passage du) <-« rue Fermai, 4 ««►-»■ rue Auguste-Mie, 3 
[Ohsekvatoike, Montparnasse, 14« arr.] 

Voie privée, voisinage d'un ancien refuge, ou asile pour les «aal- 
Jieureux. 

-CHAMP-DE-L'ALOUETTE (rue du) -<-s rue Corvisart, 20 s^-v rue de la 
Glacière, 54 [Gobelins, Croulebarbe, 13"^ arr. 208 m.] 

Cette me, est l'ancienne rue des Petit s -Champ s, qui portait autre- 
fois le nom de Payen, et qui en 1636, devint la rue de la Barrière. Sur 
un plan de Yerniquet elle est dénommée tnie des Anglaises. En 1802, 
•on l'appela rue Saint-Louis, puis rue du Petit-Champ-de-V Alouette. 

— 282 — 



Champ -de- M a l's 

Cet endroit dit C/iamp de V Alouette, est une petite vallée de la Bièvre,. 
où probablement on chassait aiiti^ms oet oiseaïi. 

CHAMPS DE MARS situé entre les avenues de la Motte-Picquet, de la Bour- 
donnais, de Suffren et le quai d'Orsay [Palais-Bourbon, Gros-Caillou, 7^ arr.] 

Le Champ-de-Mars mesure 985 mètres de long sur 42'3 de large. Il 
a été tracé en 1770, sur un terrain maraîcher et rései-vé pour les exer- 
cices des élèves de l'Ecole Militaire, d'où Cha7np-de-Mars (Dieu des 
batailles), à cette époque il était entouré de fossés et d'un mur à hau- 
teur d'appui ; il avait alors cinq entrées, dont quatre garnies de grilles 
en fer. 

Le Champ-de-Mars est mêlé par de nombreux événements aux 
pages les plus mémorables de notre histoire. Le 14 juillet 1790 — ■ le 
Champ-de-Mars s'appelait alors Chmnfp^de-Réunio.n — y fut célébré 
pour la première fois la grande fête de la Fédération, à laquelle assis- 
tèrent plus de 600.000 personnes « à cette occasion il fallut nivelei'' le 
Cham.p-de-Mars et plus de 150.000 hommes devenus tout à coup ter- 
rassiers, travaillèrent pendant près d'un mois au son du tambour et 
des chants patriotiques. La fête fut magnifique, Louis XYI y assistait, 
l'évêque d'Autun officia et bénit la bannièie et l'oriflamme que la 
Commune avait distribués aux 10-^ représentants des troupes (garde 
nationale et autres) et aux 83 députés des départements ; puis le géné- 
ral La Fayette, major de la Fédération tenant à la main son épée 
appuyée sur l'autel prononça ces paroles : <( Je jure d'être à jamais 
fidèle à la nation, à la loi et à la Constitution décrétée par l'Assem- 
blée Nationale et acceptée par le Roi » qui furent répétées par tous 
les assistants. Le E-oi jura également, et la fête se termina au milieu 
de frénétiques applaudissements » {Voir L.O'ayette). 

Un an plus tard, le 17 juillet 1791, le sang coula au Champ-de- 
Mars à la suite d'une répression populaire, le peuple se porta en foule 
pour signer une pétition tendant à faire proclamer la déchéance du 
roi. Dans la bagarre Bailly, niaire de Paris fut massacré (Voir ce nom^ 
€t Lafayette dut s'enfuir et s'exiler. Le 10 novembre 1804, Napoléon 
y reçut le serment des départements et des corps d'armée, et y dis- 
tribua les aigles et les insignes de la légion d'honneur. Le 1" juin 1815, 
au retour de l'île d'Elbe, il y tint le Champ de Mai pour l'acceptation 
de l'acte additionnel. Un peu plus tard le roi Louis XVIII, y fit la 
distribution des drapeaux blancs. — Le 29 avril 1827, Charles X y passa 
la revue de la garde nationale dont il prononça le licenciement le len- 
demain. Le 4 août 1830, Louis-Philippe la rétablit. 

Le 14 juin 1837, une fête donnée pour ie mariage du duc d'Orléans, 
causa un tel encombrement à la grille de la rue de Grenelle qu'à la 
suite d'une terrible bousculade plusieurs personnes furent étouffées ou 
périrent écrasées contre les grilles ou dans les fossés. C'est de cette 

— 283 — 



Champ- de- Mars 

époque que fut décidée leur suppression. Il restait cependant encore quel- 
ques grilles vers 1855, qui disparurent seulement avec les fossés un peu 
avant 18G0. 

En 1830, de nombreuses victimes de la E-évolution de Juillet y 
furent enterrées et y restèrent jusqu'en 1840, époque de l'inauguration 
de la colonne de Juillet (place de la Bastille) sous laquelle tous les 
cadavres furent ensevelis {Voir Bastille). 

Le Champ-de-Mars a été pendant longtemps le lieu habituel des 
courses de chevaux, avant qu'elles n'aient été établies à Longchamp 
iyoir Bols de Boulogne). C'est le 27 août 1783, qu'eut lieu la pre- 
mière ascension aérostatique par Charles et Robert qui allèrent atterrir 
à Gonesse, où les paysans effrayés à la vue « de ces deux hommes tom- 
bant du ciel », les reçurent à coups de fourches et mirent en pièce leur 
ballon. Le 31 novembre de la même année, ils tentèrent une nouvelle 
ascension au château de la Muette à Passy iyoir Muette). Depuis 
1889, le Champ-de-Mars ne sert plus aux manœuvres de troupes et 
la plupart des constructions qui y furent établies lors de l'Exposition, 
après avoir subsisté jusqu'en 1903, ont été démolies sauf la Tour 
Eiffel. A signaler comme singularité qu'à Eiffel (Pmsse llhénane), il 
y a un plateau dont l'altitude est de plus de 500 mètres; la Tour Eiffel 
du nom de son constructeur est haute de 300 mètres {Voir Tous 
Eiffel). 

La première Exposition fut donnée au Champ-de-Mars en 1798, 
les deuxième et troisième eurent lieu dans la Cour du Louvre en 1801 
et 1802. En 1806, elle fut transportée à V esplanade des Invalides, 
en 1819 et 1823, on se servit des salles du Louvre pour donner les 
cinquième et sixième expositions. En 1827, on revint à la Cour du 
Louvre, puis à la pla^e de la Concorde en 1834 ; en 1839, la neuvième 
exposition eut lieu au grand carré des Cha7nj}s-Elysées. I^e Palais des 
Champs-Elysées en 1844, servit à la dixième. La onzième se fit en 1849, 
au caiv'é des jeu.r des Charn.ps-Elysées. C'est alors, que i on songea à 
construire un palais spécial, pour les expositions et l'ère des grandes 
expositions commença par la douzième qui inaugura le Palais de Vln- 
dustrie en 1855, sous Napoléon III. 

Depuis 1867, c est toujours le Champ-de-Mars qui a été choisi; 
en 1878, on construisit le Palais du Trocadéro, en 1889, outre le Champ- 
de-Mars et le Trocadéro, on y ajouta Vesplanàde des Invalides, et la 
dernière exposition de 1900 commença aux Champs-Elysées pour 
s'étendre jusqu'au Trocadéro par le Chavip-de-Alars et les Invalides 
{Voir Exposition). 

A la suite d'un récent projet de transformation du Champ-de-Mars, 
datant de 1901, dû à l'initiative de l'éminent architecte de la Ville 
M. Bouvard, il a été décidé en juin 1903, de faire disparaître le Champ- 
de-Mars et de transformer sa vaste enceinte en Champs-Elysées de la 
ri^>e gauche, or, comme ces modifications qui déjà ont entraîné la sup- 

— 284 — 



Champenet 

pression du palais des Arts libéraux, du Dôme central, et très proba- 
blement entraîneront celle de la merveilleuse Galerie des Machines, 
il nous a paru intéressant de rappeler ce qu'étaient ces superbes cons- 
tructions. 

La Galerie des Machines qui avait 48 mètres de hauteur sur 420 de 
longueur et 115 de largeur avait été édifiée sur les ordres et d'après 
les plans de MM. Dutert et Contamin, qui obtinrent à cet eiïet le prix 
de 100.000 francs institué par M. Osiris pour récompenser l'œuvre la 
plus remarquable de l'Exposition de 1889. Le Palais des Beaux- Arts 
et défi Arts libéraux eut pour architectes MM. Sedille et Formigé. Le 
Dôme Central était l'œuvre de M. Bouvard, l'auteur du projet. Les 
serres, seules seront conservées par la Société d'Horticulture de Paris. 
En somme, à quelques détails près, faisait remarquer à cette occasion 
Georges Montorgueil dans VEclair « il est certain que dans un pro- 
chain avenir, nous ne verrons plus la Galerie des machines, et non 
plus peut-être la tour Eiffel; nous ne verrons pas davantage les sque- 
lettes de la défunte Exposition, si invraisemblable que cela paraisse. 
L'Esplanade sera verdoyante; les berges de la Seine fleuries; les 
Champs-Elysées, par des quinconces, s'approcheront du fleuve; le 
Champ-de-Mars sera un parc sur lequel s'ouvriront des hôtels somp- 
tueux d'une architecture variée ». 

« Où le Travail, comme disent les économistes, tiendra-t-il désor- 
mais ses assises, le jour où il conviera l'univers ? Nous n'en savons 
absolument rien, et c'est de nulle importance. L'essentiel, c'est que le 
Champ-de-Mars devienne une oasis, et que les Champs-Elysées aient 
une rive gauche. » ^ ' ' 

Quoi qu'il en soit et malgré les beautés que nous réserve ce projet, 
nous déplorerons avec M. Charles Normand, non seulement la suppres- 
sion du Cha.mp-de-Mars, mais encore et surtout « la continuation de 
la destruction des réservoirs d'air de Paris et le brocantage dont le sol 
parisien est incessamment l'objet ». 



CHAMP-DE-MARS (rue du) "^-m rue Duvivier, 18 ^^-^ avenue de hi Bour- 
donnais, 93 [Païais-Bourbon, Gros-Caillou, 1^ arr. 302 m.] 

Doit au voisinage du Cham/p-de-Mars ce nom qui lui fut donné 
en 1852. 



CHAMPERRET (porte de) -<— s boulevard Gouvion-Saint-Cyr [Batignolles, 
Les Ternes^ 17" arr.] 

Cette porte s'ouvre en face du village de Chanfiperret, nom d'un 
ancien hameau établi dans des champs appartenant à M. Perret, d'où 
Champenet, 

— 285 — 



Champollion 

CHAMPIONNET (rue) -<— ^ rues Boinod, 51 et des Poissonniers, 135 ss— > rue 
Marcadet, 27* et avenue de Saiiit-Ouen, 90 [Montmartre, Grandes-Carrière», 
Clignancoitrt, 18" arr. 1870 m.] 

Commencée en 1858, entre la rue Boinod et la rue Yauvenar- 
gues; elle fut continuée en 1863, jusqu'à la rue MaTcadet. En 1874, on 
m le nivellement entre la rue du Poteau et l'avenue de Saint-Ouen et 
en 1877, les deux rues furent réunies sous la même dénomination de 
Jhainipionnet. 

Jean-Etienne Championnet, célèbre général français, naquit à 
Valence en 17()2. Il organisa à Xaples la République Parthénopéenne 
et mourut à Antibes en 1800. Il était d'une bravoure et d'une huma- 
nité exemplaires. 

A.U 57, pasaage Chanipionnct qui porte ce nom depuis 1877, c'était 
précédemment le passage Saint-Victor. Au 200, villa Channpionnetf 
antérieurement passage Jean-Jaeques Roit^sseau, puis Andrieux. 

CHAMPLAIN (cité) <-m rue EHsa-Borey, 5 «--> rue Sorbier [MÉxrLMONTANT, 
Père-Lachaise, 20^' arr. 67 m.] 

Avant d'être la cité Champlaiti en 1877, c'était la cité Saint-Louis 
{Vtyir rue Champlain). 

CHAMPLAIN (rue) -<-« rue des Amandiers, 92 »-> rue Sorbier, 17 [Méml- 
MONTAiNT, Père-Lachaisc, 20" arr. 100 m.] 

Précédemment passage Saint-Louis; a pris depuis 1876, le nom 
de Samuel de Champlain, voyageur français né à Brouage (Cbarente- 
Inférieure) en 1570, mort en 1635. Il fut gouverneur du Canada et 
fondateur de Québec. Il a donné son nom à un lac situé entre le Bas- 
Canada et les Etats-Unis, qu'il découvrit en 1608. 

CHAMP-MARIE (passage) -^-^, rue Vincent-Gompoint, 25 m-y passage 
Jobert, [MoATMARTRK, Grandes-Carrières, 18'^ arr. 555 m.] 

Ce nom de Champ-Marie désigne le lieu où a été établi ce passage. 

CHAMPOLLION (rue) -^-m rue des Ecoles, 53 ,b>-> place de la Sorbonne, 8 
[Panthéon, 'Sorbonne, 5<= arr. 145 m ] 

Existait en 1254, sous le nom de Vicus Lathomorum et Vicus 
Cœinenfariorruin (chemin des Maçons). Après avoir porté très long- 
temps le nom de rue des Al açons-Sorhonne elle prit en 1867, celui 
de rue Chmnpollion. Elle occupe une partie de l'ancienne enceinte du 
palais des Tliermes. 

Jean-Erançois Cbampollion le Jeune, orientaliste, né à Eigeac 
(Lot) en 1790, fut le premier à traduire les caractères hiéroglyphiques 
égyptiens. C'est à lui qu'on doit l'explication de ceux gravés sur l'obé- 

— 286 — 



ChnmpH-Klysèes 

lisqwe de Louqsor de la place de la Concorde (Voi?' Obélisque). Cliaoïi- 
pollion mourut en 1832. 

Yers 1848, se trouvait à l'angle de cette rue et de la place, le 
fameïLK restaurateur Kicoteaux, dont parle Balzac dans son Gentil- 
honrnne de province et chez lequel se réunissaient tous les artistes et 
étudiante du quartier latin. Adolphe Thiers, que plus tard on devait 
appeler le « petit père Thiers » et Alfred de Musset y prenaient leurs 
repas. C'est aujourd'hui le café d'Harcourt. Racine habita le n*^ 16>, et 
Dulaure' l'historien de Paris mourut le 19 août 1835, dans une maison 
de cette rue qui portait alors le n'^ 24. 

Jacques-Antoine Dulaure, était né en 1755; géographe et journa- 
liste pamphlétaire, il fit partie de la Convention. Condamné à mort 
il parvint à s'échapper, s'enfuit en Suisse et ne revint à Paris qu'en 
1795. Il y avait une me Dulmire entre les rues Chasseloup-Laubat et 
Caulaincourt (xviii* arr.), mais bien que décidée en 1875, elle ne fut 
jamais ouverte. 

Au n° 1 de la rue des Maçons-Sorhorme, mourut en 1810, le comte- 
Treilhard (Voir ce nom). Aux 5 et 7, ancien Hôtel d'Harcourt, et plus 
tard de la Ferrière. Au 15 se trouve le passage Champollion. 

CHAMPS-ELYSÉES [Elysée, Champs-Elysées, 8« arr.| 

On appelle Champs-Elysées^ toute la partie qui s'étend de la place 
de la Concorde au rond-point de l'Etoile. Le nom de Champs-Elysées 
a été danné à ce quartier par allusion aux Chavips-Elyséeris ou séjour 
des bienheureux décrit par les poètes. 

Les Champs-Elysées sont formés d'un terrain cultivé dépendant du 
Cours la Reine, que Marie de Médicis avait fait planter en 1616, depuis 
la place de la Concorde jusqu'au quai des Bonshommes (aujourd'hui 
quai Debilly). Cette avenue était fermée pai' des grilles et entourée 
de fossés, la grille la plus rapprochée de la ville s'appelait la Porte 
de la Conférence. En 1724, le duc d'Antin surintendant des bâtiments 
royaux fit leplanter le Cours-la-Reine (Voir ce nom,). 

Avant d'être la splendide promenade qu'ils sont aujourd'hui, les 
Champs-Elysées offraient un aspect peu réjouissant : « Du côté du 
faubourg Saint-Honoré, nous dit La BedoUière, ce n'était que des 
petites allées malpropres et marécageuses ori les eaux de pluie séjour- 
naient et croupissaient à plaisir. Près de la place de la Concorde, au 
milieu d*'un terrain en contre-bas s'élevaient trois cafés placés en 
triangle, qui avaient été construits sur des dessins donnés par Jean- 
Jacques Rousseau. Le principal avait reçu le nom de Café des Ambais- 
sadeurs, à cause du voisinage de l'Hôtel Crillon où logeaient les diplo- 
mates étrangers ». En 1792, « le Cafté appelé cy devant des Ambas- 
sadeurs » fut reconstruit entièrement et transformé en pavillon où 
depuis 1841 jusqu'en 1903, passa toute la jeunesse dorée du Paris qui 

— 287 — 



Chanips-Eli/fiéës 

s'amuse. Autour de ces cafés s'étaient groupés des cabarets à bière, 
et des guinguettes de bas étage, sorte de bouges souterrains où se 
réfugiaient la nuit les voleurs et les prostituées. Eugène Sue dans les 
Mystères de Paris décrit ainsi un de ces caveaux : 

Œ Un escalier creusé dans la terre humide et grasse conduisait 
au fond de cette espèce de large fossé; à l'un des pans, coupés à pic, 
s'adossait une masure basse, sordide, lézardée; son toit recouvert de 
tuiles moussues, s'élevait à peine au niveau du sol. Deux ou trois 
huttes en planches vermoulues, servant de cellier, de hangar, de 
cabanes à lapins, faisaient suite à ce misérable bouge. Une allée très 
étroite, traversait le fossé dans sa longueur, conduisant de l'escah'er 
de la porte à la maison, le reste du terrain disparaissait sous un ber- 
ceau de treillage qui abritait deux rangées de tables grossières plan- 
tées dans le sol. Le vent faisait tristement gémir sur ses gonds une 
méchante plaque de tôle, sorte d'enseigne qui se balançait à un poteau 
dressé au-dessus de cet antre, véritable terrier humain. » 

Vers 1770, on procéda à quelques travaux en vue de mettre en état 
certaines parties des Champs-Elysées et des arbres y furent plantés. 
Plus tard, une loi du 27 novembre 1792, réunit les Champs-Elysées 
au domaine national. En 1793, il fut question de placer au rond-point, 
un mausolée de verdure élevé à la mémoire ce Le Pelletier de Saint- 
Fargeau ( Voir Palais-Royal) et de Marat. Le Directoire fit élargir 
et niveler la grande avenue, abattre les baraques et combler les caves 
et souterrains. Les chevaux de Marly, œuvre de Coustou furent enle- 
vés en 1794, de l'abreuvoir de Marly-lc-Uoi et placés de chaque côté 
de l'avenue des Champs-Elysées. 

En 1814, les cosaques du Don y campèrent, comme en pays conquis, 
leurs chevaux attachés aux arbres, eh dévorèrent les jeunes écorces, 
et le feu de leurs bivouacs achevèrent de détruire non seulement les 
arbres, mais encore le gazon, les massifs, tout enfin. C'est alors que 
Louis XVIII pour réparer les dégâts qu'avait occasionnés l'occupa- 
tion étrangère, « des alliés » comme on disait alors, fit remplacer les 
arbres, créer de nouvelles avenues, parmi lesquelles Vavenue Gabriel 
et le Rond-Point; mais une grande partie de ces travaux restèrent 
en suspens et ce ne fut qu'en 1828, que le comte de Chabrol, alors 
préfet de la Seine, put enfin opérer leur achèvement. C'est réellement 
de cette époque que date la transformation générale des Champs-Ely- 
sées. L'emplacement des jardins Beaujon et de Marbeuf, fut bientôt 
occupé par des rues nouvelles. Hittorff y construisit le Cirque d'Eté 
au carré Marigny {Voir Cirques), et de nombreux bals, Mabille, 
la Closene des Lilas, le Château des Flevrs vinrent égayer ce quar- 
tier (Voir Bals disparus) ; des fontaines s'élevèrent dans les quin- 
conces, des cafés élégants remplacèrent les masures informes, et le 
Grand Cours prit véritablement le nom de Champs-Elysées. 

En 1823, un nouveau quartier dit de François P'^ fut formé dans 

— 288 — 



Champs-Elysées 

les Champs-Elysées, de nombreux embellissements y furent exécutés, 
et de nouvelles constructions s'y élevèrent de toutes parts. En 1855, 
on y construisit le Palais de Vlndustrie; ce palais, supprimé lors de 
l'Exposition de 1900 par l'ouverture de Ya\>enHe Nicolas II et du 
pont Alexandre, a été remplacé par le Petit et le Grand Palais (Voir 
ces noms). 

Aujourd'hui, par suite des nouveaux aménagements, les Champs- 
Elysées traversés par des voies superbes, sont vraiment tout ce qu'on 
peut rêver de plus beau au monde comme promenade et justifient 
pleinement le nom qui leur a été donné. 

CHAMPS-ELYSÉES (avenue des) <-« place de la Concorde »-> place de 
l'étoile [Elysée, Faubourg-du-Roule, 8'' arr. 1880 m.) 

Cette avenue fut créée en 1670, sous le nom de Grande allée du 
Roule parce qu'elle conduisait au village du Roule (Sablonville- 
î^euilly). Tous les terrains qu'elle traversait étaient cultivés. En 1616, 
Marie de Médicis fit planter tout le cours (la Reine) jusqu'à la porte 
de' la Conférence {Voir Champs-Elysées). Gomboust nous apprend 
que le cours avait « 1.500 pas communs de longueur et 40 de largeur, 
un rond au milieu de 100 pas de diamètre dont trois rangées d'or- 
meaux formaient trois allées dont celle du milieu avait 20 pas de lar- 
geur. ■ A chaque bout un portail d'architecture et les portes de fer 
en balustres ». En 1616, on planta parallèlement à la Seine trois nou- 
velles allées d'arbres réservées aux promenades particulières de la 
reine Marie de Médicis, alors veuve d'Henri IV, et qui reçurent à 
cause de cela le nom de Cours de la Reine ou Cours-la-Reine. Ce sont 
ces promenades qui sont devenues les Champs-Elysées. En 1800, il 
n'existait encore que six maisons dans toute l'étendue de Vavenue des 
Cham.ps-Elysées ! La partie qui est située à l'ancienne barrière de 
l'Etoile (Arc de Triomphe) et qui fut cédée à la Yille le 30 mai 1854, 
s'appelait autrefois le Promenoir de Chaillot (Voir Etoile). 

Dans le haut de l'avenue se trouvait le Château des Fleurs, le Jar- 
din Marheuf, le Moulin Rouge, contemporains du Jardin Mabille de 
l'allée des Veuves, aujourd'hui avenue Montaigne {Voir Bals dis- 
parus). Vers le milieu, un peu au-dessus du rond-point se voyait 
le Jardin d'Hiver, grand établissement public oii Malibran, le frère 
de la célèbre cantatrice, y dirigeait l'orchestre, et où, pour la pre- 
mière fois à Paris vers 1855 il fit entendre les œuvres jusqu'alors inconnues 
de Beethoven, et créa ainsi les concerts populaires, dont l'idée fut reprise 
plus tard par le Conservatoire avec Habeneck puis par Pasdeloup, 
Colonne, Lamoureux et son successeur Chevillard. 

C'est dans cette avenue que sont les plus beaux hôtels de Paris, 
Au 25, ancien Hôtel de la Païva célèbre demi-mondaine qui, avant 
la guerre franco-allemande, y avait un salon politique; devenu restau- 
rant Cubât, il fut question un moment d'y transférer les bureaux de 

— 289 — • 

19 



Cham ps- Elysée'^ 

la Mairie du vin® arr. actuellement rue d'Anjou. Le 51 appartient 
à M. Haro — Hôtel de Grammont au 79. Au 92, Hôt«l de Trévise. Au 90, 
ancien hôtel de la comtesse d'Uzès, récemment acheté par M. Dufajel. 
Au coin de l'avenue, au 111 de la rue de la Boëtie, est situé l'hôtel 
du duc de Massa, contre les murs duquel se voyait encore il y a très 
peu de temps' une ancienne boîte en fer qui sei-vait autrefois, à l'aide 
d'une corde placée à l'intérieur, à monter et à descendre les lanternes 
à huile avant l'installation du gaz (Voir Eclairages). Le peintre 
Carolus Duian habite au 125. Aux 111 et 113, propriété de M. Singer; 
au 111 était autrefois un hôtel où demeurait la belle Delphine Gay, 
qui épousa Emile de Girardin {Voir rue Pauqfet). Un peu plus loin 
se trouvait l'hôtel de Vendôme, qui fut célèbre sous le Directoire pour 
avoir été occupé par M""* Tallien. 

Le l*"" mars 1871, après la capitulation, les Prussiens furent auto- 
risés à entrer dans Paris ; les premières colonnes ennemies débouchè- 
rent par l'avenue de la Grande-Armée et Vavcnue de r Impératrice, 
et descendirent jusqu'à l'Arc de Triomphe qui était barricadé, et de 
là parvinrent jusqu'à la place de la Concorde, dont les abords étaient 
gardés par la troupe et les bataillons de la garde nationale. « J'ai vu, 
relate M, Charles Yriarte, les hussards espacés les uns des autres lan- 
■çant leurs chevaux à toute bride pour éclairer la marche, il était huit 
heures trente du matin. La solitude était complète dans les Champs- 
Elysées; vingt personnes tout au plus stationnaient dans l'avenue; 
c'étaient pour la plupai-t des gens de service des maisons situées entre 
la rue de Morny (Pierre Charron) et le rond-point de l'Etoile qui 
apparurent se tenant sur la porte. » 

« Les hussards éclairèrent les rues jusqu'à la place de la Concorde ; 
à neuf heures s'avança la première colonne d'état-major, précédée de 
tambours et de fifres. Le régiment s'arrêta au palais de l'Industrie. 
L'état-major poussa jusqu'à la place de la Concorde ; à la hauteur de 
la fontaine, à gauche, sept ou huit citoyens s'avancèrent jusque sous 
la tête des chevaux, criant « Vive la République I ». La statue de 
Strasbourg, pendant la nuit, avait été voilée d'un crêpe. Toutes les 
boutiques étaient fermées et portaient cette inscription : « Fermé 
pour cause de deuil national ». Çà et là des drapeaux noirs flottaient 
aux fenêtres. » 

Ce n'était encore qu'une avant-garde. Le gros des forces rentra 
trois heures après la revue passée par le roi de Prusse à Longchamp. 

CHAMPS-ELYSÉES (rond-point des) situé avenue des Champs-Elysées 
entre les rues d'Antin, 45; Montaigne, 105 et Matignon, 1 [Elysée, Faubour}^- 
du-Roule, CJiainps-Elysces, 8" arr.] 

Le Rond-Point fut tracé dès 1670, mais il ne fut complètement 
-aménagé qu'en 1815 {Voir Champs-Elysées). En 1710, il existait à 
►cet endroit un petit pont dit pont d'Antitv, à l'aide duquel on traver- 

— 290 — 



CJumge 

sait lin égout découvert. Yers 1793, à la, suite des assassinats de Marat 
et du conventionnel Le Pelletier de Saint-Fargeau {Voir Palais- 
Royal), il fut question de leur élever un mausolée à cet endroit. 
En 1828, il y eut un projet d'une statue équestre de Louis XY, mais 
ce fut une fontaine qui le remplaça et qui disparut en 1854. 

GHANALEIL.L.ES (rue de) <-^s rue Vanneau, 24 rs^-»- rue Barbe t-de-Jouy, 17 
[Palais-Bourbon, Invalides, 7*= arr. 117 m.] 

En 1844, cette rue ouverte par M. Barbet de Jouy, prit le nom 
du comte Sostliène de Chanaleilles, alors capitaine de hussards, dont 
l'hôtel était au n° 2. 

■CHANDON (impasse) *-« rue Lecourbe, 282 [Vaugirard, Javel, lo'^ arr. 
282 ni.| 

Nom du propriétaire. 

CHANEZ (rue) <^s^ rue d'Auteuil 77 s»-> rue Molitor, 48 [Passy, Auieuil, 16" arr. 
230 m.] 

Précédemment avenue de VAlma^ elle a pris en 1868, le nom de 
Chanez en l'honneur du baron Jean-Baptiste-Yictor Chanez, général 
de brigade (1746-1825). 

CHANGE (pont au) situé entre les <{uais de Gesvres et de la Mégisserie, et 
les quais de la Cité et de l'Horloge [Louvre, Saint-Gerniain-VAuxerrois, 
l"'" arr. ; IIotel-de-Ville, Saini-Merry, Notre-Dame, 4e arr. 103 m.] 

Ce pont, qui remonte à la domination romaine est, avec le Petit- 
Pont, un des plus anciens de Paris. On le nomma Grand-Pont en 127'j, 
pour le distinguer du Petit-Pont qui traversait la partie méridionale 
de la Seine. En 1141, Louis YII y avait établi des changeurs, ce 
qui lui fit donner le nom de Pont-au-Change ou Pont des Changeurs. 
Enlevé plusieurs fois par les eaux, il fut reconstruit tantôt en pierre, 
tantôt en bois. On le rebâtit complètement en pierre de 1639 à 1647, 
et on le garnit de maisons de chaque côté comme, l'étaient autrefois 
tous les ponts de Paris. Lors du percement du boulevard Sébastopol, 
de 1856 à 1860, il fallut le refaire entièrement pour le remettre dans 
l'axe du boule'vard du Palais. 

Yers 865, Charles le Chauve avait fait construire presque au 
même endroit un pont dit Pont-aux-Moulins ou Pont-aux-MeunierSf 
qui ne servait qu'à l'usage des moulins, mais le Gro/)id-Pont ou Pont' 
au-Chaiige ayant été rompu en 1374, on permit au public, pendant 
la reconstruction, de passer par le Pont-auœ -Meunier s. Ce pont qui 
n'existe plus, aboutissait d'un côté au quai de l'Horloge, entre les deux 
tours de la Conciergerie, et de l'autre au quai de la Mégisserie, presque 
en faoe de la rue de la Saunerie (Voir Mégisserie). 

La reine Isabeau de Bavière, femme de Charles YI, lors de son 

— 291 — 



Chauffe 

arrivée à Paris en 1389, pa«sa par le Pont-au-Change : « Au moment 
où elle arrivait au milieu du pont, un homme tenant un flambeau 
allumé descendit par une corde fixée au sommet d'une tour et vint 
poser une couronne sur la tête de la nouvelle reine de France ». Le 
jour du carnaval, on dressait le long du Pont-au-Change des tables 
sur lesquelles les amateurs venaient jouer aux dés. Cet usage fort 
ancien, qui existait encore en 1604, fut aboli par ordre du roi Henri lY. 
Dans une de ses satires, le poète Begnier consacre ces vers aux 
orfèvres du Pont-aii-Change {Voir Orfèvres). 



« Va doncq : et d'un cœur sain, voyant le Pont-au-Change 
« Désire l'or brillant, souz mainte pierre estrangc. 
« Ces gros lingots d'argent qu'à grands coups de marteaux 
n L'art forme de cent façons de plats et de vaisseaux. » 

Les deux rangées de maisons ne furent supprimées qu'en 1769. Il 
a été appelé Pont-aux-Colomhcs, puis Pont-aux-Meuniers. En 1600, 
on le nomma Pont-de-la-Marchandise, Pont-auœ-Marchands et Pont- 
anx-Oisemix, parce que les oiseleurs avaient le droit de s'y établir 
certains jours de la semaine à la condition de lâclier 200 douzaines 
d'oiseaux au^ entrées des rois. En 1621, à la suite d'un débordement 
de la Seine, qui avait miné les piles du pont, on le réparait lorsque 
le feu atteignit le pont lui-même et le consuma en quelques heures. 
Il fut alors reconstruit en pierre avec « ses deux haies de maisons ». 

« Yers 1738 », disent les frères Lazare, « le quai des Marchands, 
aujourd'hui de l'Horloge était alors très étroit; des embarras de voi- 
tures amenaient souvent des accidents graves. Pour les faire cesser 
on acheta les quatre dernières maisons du Pont-au-Change, on les 
abattit et leur emplacement forma un utile dégagement ». Ce pont 
avait du côté du Grand Châtelet (place du Châtelet) deux entrées for- 
mées par un groupe triangulaire de maisons. La façade de ces mai- 
sons qui correspondait au milieu de la voûte de ce pont était ornée 
d'un groupe de trois statues en bronze représentant le roi Louis XIII, 
Anne d'Autriche son épouse, et leur fils Louis XIV âgé de 10 ans. 
Au-dessous de ces figures se trouvait un large bas-relief où se voyaient 
des esclaves enchaînés avec cette inscription : Ce pont a été coviviencé 
le 19 sejjtembre 1639 et achevé le 20 octobre 1647. Ce monument en 
marbre noir, d'un très bel aspect était l'œuvre de Simon Guillain, il 
fut détruit en 1786, à l'époque où toutes les maisons qui encombraient 
ce pont durent être enlevées; mais les trois statues conservées avec 
s-oin ont été placées au Louvre, où on peut les voir, sous les n°* 403 a 
405, dans la salle Puget (Sculpture moderne), ainsi que le bas-relief 
dont il est parlé plus haut. 

Jusqu'en 1789, les bouchers tuaient sous les arches du Pont au 
Change et les tanneurs y préparaient leurs peaux (Voir Abattoirs). 

— 292 — 



Chanoinesse 

CHANOINESSE (rue) ^« rue du Cloître-Notre-Dame, 4 »-^ rue d'Arcole, 9 
[IIoTEL-i)E-ViLLE, Notre-Dame, 4e arr. 190 m.] 

Cette rue, qui faisait partie du cloître Notre-Dame a conservé une 
très grande originalité, elle doit son nom aux chanoines de Notre- 
Dame qui rhabitaient autrefois {Voir Cloître Notre-Dame). Avant 
d'être la rue Chanoiîiesse elle portait le nom de rue des Marmousets 
à cause d'une maison dite des Marmousets qui existait dans cette rue. 
C'était en 1206, Vicus Marmosetarum ; en 1313, rue Marinozet; 
en 1405, rue des Marmozets, et enfin rue des Marmousets de la Cité, 
pour la distinguer de la rue des Marmousets Saint-Marcel. 

On appelait Marmousets à cette époque les figurines grotesques ou 
satiriques dont les architectes au moyen âge se servaient comme genre 
d'ornementation. Ce nom se donnait aussi aux anciens conseillers «du 
roi Charles V demeurés en fonctions sous Charles VI et que le duc 
de Bourgogne exila après la démence du roi. 

C'est à l'angle de l'ancienne rwe des Maniwusets et de celle des 
Deux-Herijiites, aujourd'hui également disparue, que la tradition 
place la demeure d un barbier et d'un pâtissier dont l'un égorgeait 
ses pratiques avec le cadaATe desquelles l'autre confectionnait des 
pâtés qui, paraît-il, avaient une excellente renommée « d'autant que 
la chair humaine est plus délicate à cause de la nourriture » dit le 
père Dubreuil, en racontant cette horrible histoire. Pour perpétuer 
le souvenir de ces crimes abominables la maison fut abattue et, on 
t)laça au coin de la rue des Deux-H ermites une borne sur laquelle 
on avait figuré une tête de chien pour en défendre l'entrée. Cette tête, 
rappelait que c'était grâce à un chien qui grattait le sol pour en 
déterrer les os, qu'on avait découvert les débris humains de toutes 
ces malheureuses victimes. Ce terrain resta inoccupé pendant près 
d'un siècle. Ce n'est qu'en 1536, que François P*" autorisa P. Bélut, 
conseiller au Parlement à y construira une maison. La borne qu'on 
voyait encore en 1864 a été enlevée lors de la transformation du quar- 
tier de la Cité, On ignore ce qu'elle est devenue. 

C'est dans cette rue que donnait la fameuse rue de Glatigny {Voir 
quai aux Fleurs) du nom d'une famille de Glatigny, qui y logeait 
en 1241 et que l'on appelait aussi rue du Val d'Amour à cause de ses 
habitantes dont parle le poète Guillot dans son Dit des Rues, de « ces 
dames o cors gent » qui portaient accrochée à leur ceinture dorée 
{Voir Colombe et Faub. Saint-Antoine), un gobelet d'étain qui leur 
servait pour donner à boire aux soudards qu'elles emmenaient chez 
elles. 

Au 6 de la rue de Glatigny, allant à la rue de la Cité, était la rue 
du Haut-Moulin ainsi nommée à cause d'un moulin voisin situé sur 
la Seine, Cette rue qui datait de 1204 s'appelait alors rue Neuve Saint- 
Denis, puis en 1300, rue Saint-Denis de la Chartre, parce qu'elle bor- 

— 293 — 



Chanoinesse 

(lait un des côtés de l'Eglise portant ce nom. Au xvi'' siècle ce fut de 
nouveau la rue du Haut-Moulin. Cette rue fut supprimée en 18G5 en 
même temps que la rue de Glatigny — au 11 était la vieille chapelle 
Saint-Luc qui datait de 1-305. 

La rue de la Licorne, aujourd'hui disparue, commençait rue des 
Mannouîcets, En 1269, c'était la me yrès le chevet de la Madeleine, 
parce qu'elle passait derrière le clievet de cette église. Ce fut plus tard, 
en 1300, le Chemin des Brouillards (Viens N ehularioriuin)^ puis la riie 
des Ouhloyers, Ouhlayeurs et Oiihlieiirs, nom que l'on donnait alors 
aux fabricants iVouhlies, genre de pâtisserie que nous appelons aujour- 
d'hui flaisirs. Une enseigne représentait une licorne, animal fabuleux 
à corps de cheval et à corne de rhinocéros, existant au xiv* siècle lui 
valut cette dénomination. — Jean Pitard, chirurgien du roi saint Louis 
fondateur de l'Ecole de Médecine {Voir Ecole de Médecine) habitait 
la rue de la Licorne. Il y avait fait creuser un puits pour prései-ver 
le public des dangers qu'il y avait à boire de l'eau de Seine « quekiue- 
fois bourbeuse et nuisible ». — En 1611 existait encore l'inscription 
suivante : 

Jean Pitard en ce repaire 
Chirurgien du roi fit faire 
Ce puits on mille trois cent dix. 
Dont Dieu lui doint son |)aradis. 

C'est encore dans la rue de la Licorne que se trouvait le célèbre 
Cabaret de la Pomme de Pin {Voir Enseignes), fondé eu 1200. Rabe- 
lais dans son Pantagruel en parle comme d'une « taverne méritoire » 
se disputant la renommée avec « le Castel, la Magdalène et la Mule » 
où les écoliers y mangeaient de belles épaules de mouton parfumées 
de persil (belles spatules vervecines perforaminées de petrosil) et y 
humaient « la purée septembrale ». La Pomme de Pin ne disparut 
qu'au XVII® siècle. Il existait dans Paris, beaucoup d'autres tavernes 
de ce nom, mais, de toutes, celle-ci fut toujours la plus importante 
{Voir place de la Contrescarpe et quai ^Z' Anjou). 

Près de cette rue était la rue des Trois Cannettes, supprimée en 1865 
qui, en 1300, s'appelait rue de la PoTnme, puis en 1480 rue de la Ponvme 
rouge. Le nom de Cannettes, lui venait dé deux maisons dites les 
Grandes et les Petites Cannettes; celui de la Pomme rappelait une 
enseigne. Il y avait encore aux environs du Parvis Notre-Dame, 
avant 1864 : 

1* La rue Saint-Christophe qui en 1218 s'appelait rue de la Regrat- 
terie, à cause des regrattiers ou vendeurs de vêtements et objets d'oc- 
casion {Voir Temple). En 1300 elle avait nom : Grant'rue Saint- 
Christovhc dans une partie, et rtie du Marché Palu (de Palus, marais) 
dans l'autre. 

2° La rue de Perpignan qui commençait rue des Marmousets pour 

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Chantiers 

finir rue des Trois-Cannettes. De 1205 à 1235, ce fut la rue Chévaurî 
ou Cherauvi, que Guillot écrit « Charoni » eu 1300. Devenue rue- 
Chamjyron, en 1370, puis Champrosé en 1399, on en fit en 1482 la ru& 
Champourri. Cham.'prausier, ChampHory et Champrosy en 1586. Enfijï 
entre la rue des Trois-Cannettes et la rue Constantine, existait la rue 
Cocatrix, qui avait été percée .en 1300 sur le fief Cocatrix, du nom de 
son propriétaire. La rwe des Deux-H ermites, supprimée en 1865 et 
qui s'étendait de la rue des Marmousets à la rue Constantine existait 
en 1220 sous le nom de Cour Ferri de Pans; en 1300 ce fut la rue d& 
la Coîifrairie de Notre-Dame; en 1500, rue de l'Armite, rue des Her- 
mites et des Deux-Ermites. Elle devint en 1640 la rue des Deux-Ser- 
viteurs à cause des Serfs ou Serviteurs de la Vierge Marie, qui étaient 
en même temps de la Confrérie Notre-Dame. 

Le vindicatif Fulbert, oncle d'Héloïse, habitait le 10 de la rue CKa 
noinesse, voisine de la rue des Chantres (Voir ce nom.) où demeurait 
Abeilard. Au 14, ancien 10, était la maison du D"" Bichat (Voir ce nom),. 
où il mourut le 8 thermidor an X, et sur laquelle cent ans après, ï& 
22 juillet 1902, la Société française d'histoire et de médecine fit appo- 
ser une plaque commémorative en signe de pieux hommage. Au 18, 
appartenant à MM. Allez frères se trouve dans la cour une tour dite 
de Dagohert, datant du xv^ siècle, haute de 15 mètres environ. On y 
accède par un escalier en colimaçon dont le pivot est formé d'un arbre 
de chêne sculpté d'un seul morceau. Du haut de cette tour l'aspect 
du vieux quartier Notre-Dame est excessivement intéressant. On pré- 
tend que cette tour qui remonte à la plus haute antiquité, et qui pou- 
vait fort bien avoir fait partie de la prison que fit bâtir Dagobert devait 
servir par la suite au guetteur du cloître Notre-Dame, qui muni d'un 
fanal de haute dimension pouvait à l'occasion, éclairer la Seine et 
la grève. On lui a donné autrefois le nom de Tour Marquefas et de- 
Tour Roland. Aux 20 et 24, anciennes maisons de chanoines. Au 26,. 
à l'angle de la i-ue de la Colombe (Voir ce nom) est située la chapelle 
Saint-Agnan fondée en 1120, par- Etienne de Garlande doyen de Saint- 
Agnan d'Orléans (Voir Galande). 

CHANTIERS (rue des) -<— s rue des Fossés-Saînt-Bernard ss— v rue du Car- 
dinal-Lemoine, 5 [Panthéon, Saint-Victor, 5« arr. 78 m.] 

Créée en 1824, elle a été fermée pendant plusieurs années. Ouverte 
de nouveau en 1850, elle prit le nom de Chantiers, à cause des chan- 
tiers de bois qui la bordaient. Elle allait autrefois, avant le percement 
du boulevard Saint-Germain, jusqu'au 11 de la rue de Poissy et occu- 
pait dans cette partie l'emplacement de l'ancienne église des Bernar- 
dins qui était située entre les rues de Poissy et de Pontoise, sous le sol 
actuel du boulevard Saint-Germain {Voir rue des Bernardins et rue 
de Pontoise). 

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Chanzy 

CHANTIliLLY (rue de) <-he rue de Belleiond, 26 s^->- rue de Maubeni^e, 05 
[Opéra, Rochechouarl, 9'= arr. 116 m.] 

Percée en '1891, sur l'ancien dépôt des Petites Toitures de la rue 
Bellefond, elle doit son nom an voisinage de la gare du ISTord, qui des- 
sert la ville de Chantilly (Oise), célèbre par son beau château, et la 
remarquable collection léguée par le duc d'Aumale à l'Institut de 
France en 1897. 

CHANTRES (rue des) ^-*s quai aux Fleurs, 11 »-* rue Chanoinesse, 12 
[lIoTEL-DE- Ville Notre-Dame, 4<' arr. 50 m.] 

Existait déjà sous ce nom en 1540, elle était ainsi appelée parce 
que autrefois les Chantres de Notre-Dame y avaient des écoles. f3ui- 
vant la tradition, Abeilard aurait demeuré dans une maison de la rue 
des Chantres portant le n° 1, Héloïse et son oncle Fulbert logeaient 
à côté, 10, rue Chanoinesse. Sur le quai aux Fleurs n°^ 9 et 11, on voyait 
avant 1849 à l'emplacement de la maison dite d'Héloïse et d' Abeilard 
une petite bicoque ornée d'un jardinet, sur le miir duquel était gravée 
la date 1118 avec ces deux vers : 

« Héloïse, Abeilard, habitèrent ces lieux, 
« Des fidèles amants modèles précieux. 

Depuis, une autre maison a été reconstruite et une inscription pla- 
cée au-dessus de la porte d'entrée en rappelle le souvenir. Abeilard 
(1079-1142) théologien et philosophe ouvrit d'abord dans la Cité, puis 
sur la montagne Sainte-Geneviève, une des plus célèbres écoles de 
théologie {Voir rue du Fotjarre). Héloïse et Abeilard, après avoir été 
enterrés ensemble au Paraclet, furent ramenés au Musée des Monu- 
Tnents français (Ecole des Beaux- Arts, rue Bonaparte) et transférés, 
lors de la construction de l'ancien Mont-de-Piété (aujourd'hui Ecole 
de Médecine), au cimetière du Père Lachaise (Voir ce voiih). 

€HANZY (rue) <-« rue Saint-Bernard, 30 m^ boulevard Voltaire 215 [Popin- 
couRT, Sainte-Marguerite, 11" arr. 325 m.] 

Cette rue faisait précédemment partie de la rue Titon, entre la rue 
Titon et le boulevard Voltaire ; elle avait été ouverte vers 1885. Pro- 
longée en 1889, jusqu'à la rue Saint-Bernard, elle prit en 1890, le nom 
de Chanzy. 

Antonin-Eugène-Alfred Chanzy, général français, commandant 
l'armée de la Loire pendant la guerre franco-allemande de 1870. Il 
était né à Nouart (Ardennes) en 1823, et mourut à Charleville en 1883. 
Comme député des Ardennes en 1871, il vota contre les préliminaires 
de la paix et fonda le Centre gauche. 

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Chapelle 

CHAPELLE (avenue de la) ^-«s avenue de Verzy, 1 m-^ en impasse [Bati- 
G-NOLLES, Les Ternes, 17'' arr. 80 m.] 

Faisait précédemment partie de la cité des Ternes. Le nom de Cha- 
pelle lui a été donné à cause du voisinage de l'église Saint-Ferdinand. 

CHAPELLE (boulevard de la) -^-m rues de Chàteau-Landon, 41 et d'Aiiber- 
villiers, 1 m-^ boulevards de Magenta, 170 et Barbes, 2 [Enclos-Saint- 
Laurknt, Saiut-Vincent-de-Paul, 10" arr.; Mojntmautue, Gouttc-d'Or, La 
Chapelle, 18'= arr. 1095 m.] 

Comme tous les anciens boulevards extérieurs, oelui-ci date de 1789. 
Précédemment boulevard des Vertus enti^ les rues d'Aubervilliers et 
de la Chapelle, et de la Chajjelle entre la rue de la Chapelle et le bou- 
levard Barbes, chemin de ronde des Vertus, entre la rue Château-Lan- 
don et le faubourg Saint-Denis, chemin de ronde de Saint-Denis entre 
le faubourg Saint-Denis et le boulevard Magenta, ce boulevard, bordant 
l'ancienne commune de La Chapelle, a pris depuis l'annexion de 1860, 
le nom de La Chapelle dans toute son étendue (V^oir Barrières). 

Au 37, théâtre des Bouffes du Nord, construit en 1882, dans une 
maison particulière (Voir Bouffes du Nord). 

CHAPELLE (impasse de la) -<-« rue de la Chapelle, 107 m~* chemin de fer 
du Nord [Monïhakthe, Gouite-d'Or, IS'' îirr ] 

Cette impasse, ancienne rue des Poiriers, était indiquée au plan 
de Roussel (1730), comme un chemin aboutissant à la rue du Mont- 
Cenis {Voir rue de la Chapelle). 

CHAPELLE (place de la) située boulevard de la Chapelle, 34, rues Pajol, 2, 
de la Chapelle, 2 et Jessaint, 2 [Montmartre, Goutte-d'Or, La Chapelle, 
18'= arr. 200 m.] 

Avant l'annexion de La Chapelle à Paris en 1860, la pailie ouest 
de la place était limitée par le boulevard Saint-Ange. Elle a été for- 
mée en 1877, avec une partie du boulevard des Vertus et de la place 
Jessaint. 

CHAPELLE (rue de la) ^^ place de la Chapelle, 20 »-»• boulevard Ney, 29 
et port de la Chapelle [Montmartiu:, Goutte-d'Or, La Chapelle, 18'^ arr. 
1480 m.] 

Principale rue de l'ancienne commune de la Chapelle Saint-Denin 
avant 1867, elle s'appelait Grande-Rue de la Chapelle et route Royale 
n° 1. Pendant la Révolution, on la nommait rue de la Chapelle Fran- 
ciade; en 1814, faubourg de Gloire. 

A l'extrémité de la rue de la Chapelle, sur la route de Saint-Denis 
se tenait du temps de Philippe-Auguste le lendemain de la Saint-Bar- 
nabe vers le 12 juin, une foire importante créée par Dagobert, qui 
s'appelait et s'appelle encore la Foire de Lendit. Elle était bénie par 

— 297 — 



Chapelle expiatoire 

l'évêque de Paris, qui se faisait payer 10 livres pour remplir cet offiee. 
C'e&t là que les écoliers de l'Université de Paris s'approvisionnaient 
de parchemins {Voir Parcheminerie). Au centre du marché se tenait 
dans une baraque spéciale, l'abbé de Saint-Denis pour décider et juger 
des discussions qui pouvaient intervenir entre marchands et clients. 
Le mot Lendit serait une altération de Foire de l'Indict. 

Au 5, Gaieté Parisienne, café concert. Au 39„ cité de la Chapelle. 
Au 79, marchand de vins à l'enseigne du « Petit trou »; à l'intérieur 
bel escalier Louis XIII. Au 96 de cette rue est l'église de la Chapelle, 
appelée église de Saint-Denis de la Choipelle, qui fut construite au 
xiii^ siècle. Elle remplace une ancienne chapelle, dite des Ardents, où 
sainte Geneviève, patronne de Paris, avait coutume de venir prier avec 
ses compagnons, lorsqu'elle allait à Saint-Denis; cette chapelle qui 
avait été créée en 1111 fut briilée en 1358 par les Anglais et par les 
Aimagnacs en 1418. On assure que Jeanne Darc se rendant de Reims 
à Paris s'y arrêta, en si^ptembre 1429, « pour y faire ses oraisons » ; on y 
voit une statue en bronze de la Vierge de Domrémy par Charpentier qui 
y fut placée sous Louis XYI (Voir Jeanne Darc). 

La Chapelle, qu'on appelait aussi le village des Roses (Voir rue 
des Roses), doit son nom à cette chapelle. C'était autrefois un bourg 
fortifié, entouré de murs et de fossés. A l'angle de la rue Riquet était 
une tourelle, d'où la dénomination de rue de la Tourelle donnée à une 
partie de cette rue Riquet {Voir ce nom). 

En 18-31, la Chapelle ne comptait que 2.440 habitants, aujourd'hui 
d'après le dernier recensement de 1901, Montmartre et la Chapelle, 
c'est-à-dire le xviii"' àrr. en possède 247.460 contre 225.005 en 1896 
(Voir Populations). 

CHAPELLE EXPIATOIRE située dans le square Louis XVI, Hue Pas- 
quier, 29. rue d'Anjou, 64, boulevard Haussmann et rue des Mathurins 
[Elysée, Madeleine, %" arr.] 

Ce monument élevé par les ordres de Louis XYIII à la mémoire 
de Louis XYI et de Marie-Antoinette pour consacrer le lieu où ils 
furent inlîumés après leur exécution {Voir place de la Concorde), a 
été construit par Percier et Fontaine. Son inauguration eut lieu le 
21 janvier 1825, sous le règne de Charles X et il fut achevé en 182^, 
ainsi que l'atteste l'inscription suivante qui se lit sur la façade : 

Le roi Louis XVIII a élevé ce monument pour consacrer le lieu où les dépouilles mortelles du roi 
Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette transférés le XXI janvier MDCCCXV dans la sépulture 
royale de Saint-Denis ont reposé pendant XXI ans. 

Il a été élevé dans la deuxième année du règne de Charles X. 
L'an de grâce M. D. CGC. XXVI. 

A noter cette coïncidence, que Louis XYI a été décapité le 21 jan- 
vier 1793, que son corps resta 21 ans dans l'ancien cimetière de la 

— 298 — 



Chapelle expiatoire 

Madeleine, et que c'est le 21 janvier 1825, que ses restes furent trans- 
férés dans les caveaux de Saint-Denis! 

Après l'exécution, le corps de Louis XYI avait été placé dans une 
fos&e de IT) à 12 pieds de profondeur, le cercueil découvert reposant 
dans un lit de chaux vive ; puis par dessus « on répandit de la terre, 
qui fut battue à plusieurs reprises ». 

C'est sur les indications de l'acteur Seveste que furent retrouvés 
dans le cimetière de la Madeleine les restes de Louis XYI et de Marie- 
Antoinette {Voir rue Boissy-d'Anglas). Pour l'en récompenser, il lui 
fut accordé le privilège des théâtres des banlieues de Montmartre, 
BatignoUes, les Gobelins, Montparnasse, Belleville, etc. {Voir théâtre 
de Belleville). 

Dans la' chapelle se trouve le groui>e de Louis XYI et de son confes- 
seur par Bosio; celui de Marie-Antoinette et de la Religion est de 
Cortot. 

Yoici quelques renseignements très intéressants sur ce monument 
et sur l'ancien cimetière de la Madeleine, que nous empruntons à 
M. G. Lenotre, l'historien de Paris Révolutionnaire : 



« L'autel de la crypte s'élève à l'endroit précis où l'on découvrit en 1815 les ossements du roi et de 
la reine. Le cimetière de la Madeleine n'était autre en 1793 qu'un terrain de forme assez irrégulière, 
enclos de murs, s'ouvrant sur la rue d'Anjou, et bornant au nord l'immense potager des religieuses 
de la Ville-l'Evéque. Les premiers corps qvii y furent inliumés étaient ceux des 103 victimes de 
l'accident survenu le 6 juin 1770 à la place de Louis XV, à l'occasion des fêtes données pour le ma- 
riage du dauphin. II reçut pendant la Révolution toutes les victimes de l'échafaud dressé sur la 
place de son nom. Desclozcaux, ancien avocat, propriétaire au n" 48 de la rue d'.\njou, qui avait 
assisté à la besogne des fossoyeurs, acquit plus tard le terrain où les victimes reposaient, assignant, 
par ses souvenirs, une place aux morts célèbres. A l'endroit où il présumait qu'étaient enterrés le 
roi et la reine, il avait planté deux saules pleureurs et une haie de charmille. A la Restauration, il 
mit son terrain à la disposition de la famille royale... 

Ce terrain avait servi de cimetière des suppliciés jusqu'au 25 mars 1794. Du 25 mars au 13 juin 
1794, les inhumations eurent lieu à la fosse des Krrancis, petit terrain, clos de murs, joignant le parc 
Monceau et louchant à la l)arrière (voir ruu du hooiikh). C'est là que furent jetés Danton, Camille 
et Lucile Desmoulins, M™» Elisabeth. Le 14 juin, l'échafaud fut porté à la place de la Bastille et les 
corps des 38 victimes de la fournée du jour — parlementaires pour la plupart — furent inhumés au 
cimetière Sainte-Marguerite. Du 15 juin à la fin de juillet (9 thermidor), — pleine Terreur, 1,306 vic- 
times, — l'échafaud est à la barrière du Trône renversé, et les corps déposés à Picpus, où ils sont 
encore. 

Le 9 thermidor, pour Robespierre et Saint-Just, et leurs amis, l'échafaud est ramené place de la 
Concorde; les corps sont portés aux Errancis (parc Monceau). Ce terrain reçut les fournées des 11 
et 12 thermidor; il se rouvrit pour Rourbotte, Romme et les derniers montagnards. Puis il fut clos, 
et sur la porte on traça le mot : Dormir. Plus tard sur son emplacement, s'éleva un cabaret ,\ mu- 
sique, où l'on donnait joyeusement à danser ; le boulevard Malesherbes passa sur les morts et fit 
taire les violons. » 

Le nom d'ea-piatoire donné à cette chapelle avait déjà en 1871, 
provoqué de la part des membres de la Commune de Paris, un décret 
de démolition. « Il y eut même commencement d'exécution, nous 
apprend le très érudit M. Auge de Lassus, de par l'enlèvement de 
quelques bornes, mais l'arrivée des troupes de Yersailles y mit heureu- 
sement le hola ». Aujourd'hui, des voix se sont de nouveau élevées à 
la Chambre en vue de reprendre l'œuvre de destruction commencée 
par la Commune et restée inachevée, et c'est toujours le mot : Expia- 

— 299 — 



Chapon 

~^ . . Il 

toire qui déchaîne les colères et livre ainsi périodiquement cette clia™" 
pelle à la politique des partis, alors qu'elle n'est en réalité qu'un monu- 
ment du souvenir, aussi bien pour Louis XVI et Marie-Antoinette 
que pour toutes les victimes de l'écliafaud dressé sur la place de la 
Révolution. 

Cette qualification cVea-piatoire, lui est d'ailleurs faussement attri- 
buée attendu que le mot n'est pas inscrit, ni sur la façade, ni à l'inté- 
rieur du monument. L'inscription de Louis XYIII est muette à cet 
égard, le monument est donc tout simplement commémoratif, et il 
nous semble que pour mettre tout le monde d'accord, la commission 
du Vieux Paris devrait proposer de remplacer le titre de Chapelle 
Expiatoire, par celui de Chapelle du Souvenir ou de Chapelle com- 
mémorative. Ce serait le moyen le plus pratique d'aplanir toutes les 
difficultés et de calmer aussi les susceptibilités politiques de certains 
de nos élus. D'autant plus, que le vouliit-elle, l'administration se trou- 
verait probablement dans l'impossibilité de supprimer cette chapelle 
par la raison qu'elle fut construite sur un terrain gracieusement offert 
par un particulier, avec stipulation formelle « que ledit terrain revien««i 
drait à ses héritiers si l'Etat démolissait la chapelle ». ^|{ 

On dit même que les héritiers existent et seraient disposés à faire 
respecter cette clause au cas échéant. 



I 



CHAPON (rue) -f-m rue du Temple, 115 m-^ rue Saint-Martin, 282 [Tempi. 
Saint-Avoyc, 2" arr. 378 m.] 

Cette rue existait déjà en 1292, sous le nom de Viens Roberti 
Begonis sive Capon (me de Robert Begon autrement dit Capon) du 
nom d'un de ses habitants, et de Capon, terme de mépris employé déjà 
du temps de Philippe-le-Bel pour désigner les Juifs. On appelait alors 
une synagogue la inaison des Capons. Par la suite, de Capon, on fit 
rue du Coq et rue Chapon. 

Une partie de cette rue créée en 1220, qui se nommait rue du cime- 
tière Saint-Nicolas, entre les rues Beaubourg et Saint-Martin, fut réu- 
nie en 1861, à la rue Chapon. Le cimetière qui avait été établi par 
les religieux de Saint-Martin, sur l'enclos donné par eux à Saint-Nico- 
las existait encore en 1789, et avait une entrée dans la rue Transno- 
nain aujourd'hui Beaubourg. Les maisons 27 à 37 de la rwe Chapon 
occupent une partie de l'emplacement de l'ancien cimetière Saint- 
Nicolas. 

Au 13, était un couvent de Carmélites établi en 1619, dans l'ancien 
hôtel des archevêques de Reims, puis des évêques de Châlons. Ce cou- 
vent s'étendait jusqu'au 10 de la rue de Montmorency en passant par 
la rue Beaubourg; supprimé en 1790, il a été démoli en 1792 {Voir rue 
Beaubourg). Le 4 dépendait autrefois d'un hôtel oxi habita le fameux 
Jean Bart (Voir ce nom). Cette propriété possède une autre entrée 
au 115 de la rue du Temple. Maison intéressante au 5, et magnifique 

— 300 — 



Chappe 

porte sculptée. Au 9, se voient au quatrième étage des fenêtres très ori- 
ginales. A^ieilles maisons aux 22, 38 et 62, cette dernière avec porte 
ornée de mascarons. 

CHAPPE (rue) -«— «s rues des Trois-Frères, 8 et Tardieu, 8 ss— v rue Saint- 
Eleutlière [Montmartre, Clignancourt, 18^ arr. 133 m.] 

Précédemment rue du Télégraphe, à cause du voisinage de l'an- 
cien télégraphe de Montmartre, elle a reçu en 1867, le nom de Chappe 
l'inventeur de la télégraphie aérienne. 

Claude Chappe était né en 1763, à Brûlons (province du Maine). 
Après une démonstration officielle de son appareil le 22 mars 1792, il 
fut nommé ingénieur-têlégrajjhe (sic) par la Convention nationale 
le 26 juillet 1793. Les premières nouvelles télégraphiques reçues à Paris 
quelques heures après les événements de la reprise de Quesnoy et de 
Condé, arrivèrent les 15 et 30 août 1793 (Voir monument Chappe). 

Sur le moulin de la Galette à Montmartre était installé un télé- 
graphe aérien, il y en avait un autre à Belleville, dont le nom est resté 
à la rue dans laquelle il était placé. On peut voir encore sur les toi- 
tures des églises Saint-Eustache, de Notre-Dame-des-Victoires et de 
Saint-Sulpice, des belvédères qui, autrefois étaient munis d'appareils 
Chappe. Il y avait cinq postes à Paris qui en quelques minutes met- 
taient la métropole en communication avec Lille, Brest, Lyon et Bor- 
deaux; c'était l'Hôtel des Postes (rue Jean-Jacques-llousseau) ; le 
ministre de la Marine (rue Royale) ; Saint-Sulpice, Saint-Eustache et 
l'église des Petits-Pères. On a cru longtemps que ce système de com- 
munication rudimentaire ne donnait que des résultats négatifs, c'est 
une erreur : par un beau temps, la rapidité était très appréciable, et 
en 1793, une dépêche se transmettait de Calais à Paris distant de 
68 lieues (2'72 kil.) en 3 minutes à l'aide de 33 télégraphes aériens; 
il ne fallait que 2 minutes pour Lille (22 appareils), et 6 minutes pour 
Strasbourg (46 appareils). Le télégraphe de Montmartre communi- 
quait d'un côté avec Saint-Sulpice et de l'autre avec la Tour de Mont- 
Ihéry. 

Le l^"" novembre 1836 un supplément du Moniteur publia au milieu 
de la journée la dépêche suivante transmise par le télégraphe Chappe. 

« Ce matin, vers 6 heures, Louis-Napoléon, qui avait dans sa confi- 
dence le colonel cl artillerie Vauchez a parcouru les rues de Strasbourg 
avec une partie du..." ». Le Moniteur ajoutait « la brume s'étant élevée 
au moment où l'on transmettait cette dépêche on ne put, ni la continuer 
ni vérifier le passage souligné qui laisse^ des doutes ». Il s'agissait de 
l'échauffourée de Strasbourg! {Voir caserne Napoléon). 

Chappe a sa statue boulevard Saint-Germain, en face de la rue du 
Bao, dont il avait habité en 1792, l'ancien Hôtel de Mailly Nesles situé 
au n" 1 {Voir rue du Bac). Cette statue inaugurée le 14 juillet 1893, 
est l'œuvre du sculpteur C. Damé et de l'architecte Léon Farcy. 

— 301 — 



CJuirhonniers 

CHAPU (rue) -<— s boulevard Excelmans, 18 s;^— >- avenue de Versailles, 163 
[Batignolles, Plaine-Monceau, 17" arr. 40 m.] 

Ouverte en 1893, par M. Maxime Tassu, elle prit d'abord le nom 
de rue ]\[axims, puis quelques années après celui de Chapu. 

Henri-Michel-Antoine Chapu, célèbre sculpteur français, membre 
de l'Institut, né en 1833, mourut en 1891, dans la cité Vaneau à 
laquelle on devait tout d'abord donner son nom. 

CHAPTAL (collège) situé boulevard des Batignolles, 45 [Elysée, Europ^—- 
8e arr.] . ^| 

A été fondé en 1844, sous le nom de Lycée }[nnici'pal, au 31 de la 
rue Blanche, à l'endroit où plus tard fut installé le Casino de Paris 
(Voir ce jwm,), il avait porté successivement le nom de Collège Fran- 
çois /*"■ et A'Institution Saint-Victor. ^ En 1874, le collège Chaptal fut 
transféré au 45 du boulevard des Batignolles et construit sur les pla: 
de l'architecte Eugène Train. 

Chaptal fut ministre sous Napoléon I" {Voir rue Chaptal). 



1 



CHAPTAL (rue) <r-m rues Pigalle, 49 et Fontaine, 1 «s-> rue Blanche,|68 [Ope 
Saint-Georges, 9'= arr. 249 m.] 

Cette rue a été créée en 1825, sur les terrains de M. le vicom 
Chaptal, fils du célèbre chimiste. 

Chaptal comte de Chanteloup était né à Nogaret (Lozère), en 175 
On lui doit de nombreuses découvertes pour la fabrication de l'alun, 
le blanchiement à la vapeur et l'art de teindre le rouge Andrinople. 
Il devint ministre sous le premier Empire et moiirut en 1832. 

Au 9, maison Goupil construite en 1858. Au 10, Société des Auteurs 
Compositeurs et Editeurs de Musique. Au 12, école municipale. A côté 
est le théâtre du Gî'and-Guignol où fiirent représentés Mademoiselle, 
tm, Lui!, d'Oscar Méténier, et tant d'autres pièces d'un réalisme toiit 
montmartrois. 

CHARBONNEL. (rue) -<—s^. rue Brillât-Savarin, 57 2^-v rue de l'Ainiri 
Mouchez, 57 [Gobelins, Maison-Blanche, 14« arr. 140 m.] 

Nom du propriétaire. 

CHARBONNIÈRE (rue de la) ^^ rues Jessaint, 27 et de la Goutte-d'Or, 1 
boulevard de la Chapelle, 100 [Montmartre, Goutte-d'Or, 18<' arr. 255 m.] 

Créée en 1842, doit _son nom au dépôt de charbon du chemin de f^ 
du Nord. 

CHARBONNIERS (passage des) ^-^ boulevard Garibaldi, 86 s^ rue lA 
courbe, 10 [Vaugirard, Necker, 15" arr. 73 m.] 

Voisinage de chantiers de bois et charbons. 

— 302 — 



P 



Ch(ird()ii-La cache 

CHARBONNIERS (rue des) -<^s; rue deChalon, 48 s^=^— »- rue de Charenton, 108 
[Ueuilly, Quinze-Vingts, 12'^ arr. 295 m.] 

Cette voie figure sur le plan de Jouvin de Rochefort (1672); elle 
fut appelée d'abord rue du Port-au-Plâtre, puis rue Cîochepin et en 
1849 rue de liethmoiit; depuis, le nom actuel lui a. été donné à cause 
des charbonniers qui vont à la gare de Bercy chercber le ckarbon. 
Jusqu'en 18G0, elle a porté le nom de rue des Charbonniers-Saint- 
Antoine pour la distinguer de la rxie des Charbon}) iers-Saint-AIarcel. 

€HARCOT (rue) <-ês rue du Chevaleret, 123 Sr->- rue Danois, 121 [Gobelixs, 
Gare, 13*^ arr. 150 m.] 

Précédemment rue des S ou s -V aillants, elle fut créée par la Com- 
pagnie du Cbemin de fer d'Orléans en 1874, et cédée à la Ville à la 
même époque. Le voisinage de la Salpêtrière où le docteur Charcot y 
soignait les maladies nerveuses lui a fait attribuer le nom de Jean- 
Martin Charcot, médecin français (1825-1893), Ckarcot avait babité 
Tin hôtel au 217 du boulevard Saint-Germain, aujourd'hui occupé par 
la Banque d'Algérie. Le 20 septembre 1903, a été inauguré à Lamalou- 
les-Bains, le buste du docteur, exécuté par madame Charcot. 

CHARDIN (rue) <-^ss. rue Le Notrj, 5 ss-^ rue Beethoven [Passy, Muette, 
W arr. 110 m.] 

Ouverte par la Ville de Paris en 1877, qui lui donna le nom de. 
Jean-Baptiste-Simon Chardin, peintre né à Paris en 1699, qui mourut 
en 1779. Il était élève de Coypel, le peintre de Louis XV. Un des nom- 
breujx chefs-d'œuvre de Chardin est le Benedicite qui fait partie de 
la collection du Louvre. 

CHARDON-LAGACHE (maison) située rue Ciiardon-Lagaclie, 1 [Passy, 
Anteuil, 16« arr.| 

Cet établissement hospitalier est en quelque sorte une annexe de 
V Institution de Sainte-Périne (Voir ce nom), elle a la même direction 
et le même service médical, mais son origine est plus moderne. M. et 
Mme Chardon Lagache, négociants à Paris, le fondèrent en 1861. Les 
bâtiments construits par Veza, architecte, ont été inaugurés en juil- 
let 1865. 

CHARDON-LAGACHE (rue) <hs rue d'Auteuil, I -s-^ avenue de Versailles, 170 
[l^vssY, Auteuil, Jô*^ ai'r. 950 m.] 

Précédemment partie de la rue de la Municipalité, puis, rue du 
Point-du-Jour, à cause du hameau du Point-du-Jour (Voir ce nom); 
cette rue a reçu en 1895, le nom de Chardon-La gâche , négociant fran- 
çais, fondateur de la maison de retraite située au 1 de cette rue. L'Ins- 
titution de Sainte-Perrine est au 11, et le collège Jean-Baptiste Say 
au 8. 

— 303 — 



Charenton 

La rue du P oint-du-J our , commencée en 1837, fut successivement 
prolongée en 1862, en 1876 et en 1882. La dénomination de Point-du- 
Jour donnée à l'ancien hameau de ce nom lui avait été attribiié assure- 
t-on à la suite d'un duel où le comte de Coigny, dont l'hôtel est au 83 
de la rue des Petits-Champs, aurait été tué par le prince de Dombes> 
le 4 mars 1748, au point du jour. Gavarni mourut le 23 novembre 1866, 
au 31 de cette rue (Fow* Gavarni). 

C'est de la porte du Point-du-Jour, que le 21 mai 1871, guidées par 
un agent des ponts et chaussées nommé Ducatel, les troupes de Ver- 
sailles commandées par le maréchal de Mac-Mahon, franchirent les 
fortifications et entrèrent dans Paris. Après s'être emparées des pre- 
miers postes de l'Ecole Militaire, elles- poursuivirent leur marche en 
avant. Le combat dura neuf jours et ce n'est que le 29 mai qvi'il prit 
fin. Cette semaine a conservé le nom de semaine sanglante. La lutte 
fut terrible de part et d'autre et c'est au milieu des incendies multiples 
allumés par la Commune que disparurent le Ministère des Finances, 
le pavillon central des Tuileries, la bibliothèque du Louvre, le Con- 
seil d'Etat, le Palads de la Légion d'Honneur, la Préfecture de police, 
les magniûques tapisseries des Gobelins, le Palais de Justice, VHôtel 
de Ville, la gare de Lyon, les docks de la Villette, le grenier d'abon- 
dance (boulevard Bourdon), la maison du président Thiers, le i/iéairi|Hj 
de la Porte- Saint-Martin, le restœurant DeMeux {Voir Renaissance)^ 
.et quantité de maisons et d'hôtel» particuliers des rues du Bac, de Lille^^ 
de Yerneuil, etc., etc. ^H 

CHARENTE (quai de la) '^-m canal de l'Ourcq s»-> boulevard Macdonald, 9- 
[BuTTES-GnAUMONT, Po/it de-Flandre, 19" arr. 790 m.] J^Ml 

Ce quai a reçu le nom de Charente en 1863. Fleuve de l'Ouest de^ 
la France qui prend sa source dans la Haute-Vienne et se jette dans 
l'Océan à Rochefort. 

Tous les quais avoisinant le canal de Bercy ont reçu des noms del 
fleuves par lesquels arrivent les bateaux. 

CHARENTON (rue de) ^-«; rue du Faubourg-Saint-Antoine, 3 et place de Ij 
Bastille, 4 m^ boulevard Poniatowski, 1 et Porte de Charenton [Heuilly| 
Picpus, Bercy, Quinze-Vi/i<^(s, 12« arr. 3150 m.] 

Ainsi nommée parce qu'elle conduisait au village de Charenton. 
En 1828, cette rue s'appelait rwe de la Planchette et de la vallée dm 
Fécanip, près du boul. de Peuilly, c'est-à-dire à l'endroit oii était avant 
1860 la barrière de Charenton, par laquelle le 3 juillet 1800, Bonaparte 
revenant d'Italie, fit son entrée dans Paris. A cette occasion elle prit 
jusqu'en 1815, le nom de Marengo, en mémoire de la victoire que le 
premier Consul venait de remporter sur les Autrichiens, le 14 juin de 
la même année. 

La vallée de Fécamp, ainsi qualifiée à cause d'un ruisseau di^ 

— 304 — 



Charité 

de Fécani'p, qui descendait des liauteurs de Charonne, comprend une 
grande paiiie du quartier de Picpus ; elle s'étend entre l'avenue Dau- 
ménil, les fortifications, la rue de Charenton et le boulevard de Reuilly. 
Un peu plus loin du côté de Bercy, compris dans le même quartier, 
se trouve un endroit désigné sous le nom de la Grande Pinte. L'an- 
cienne barrière de Charenton était vulgairement dénommée barrière 
de la Grande Pinte. La vallée de Fécamp fut le théâtre le 26 sep- 
tembre 1021, d'une bagarre sanglante entre « de furieux vagabonds et 
voleurs annés » et des protestants qui revenaient du prêche à Charen- 
ton. La plupart d'entre eux furent massacrés par la foule. Un des 
ministres protestants eut le nez coupé, on mutila son corps et ses 
restes furent promenés dans la capitale. 

C'est dans cette rue, à la hauteur delà rue Traversiere, que le 13 sep- 
tembre 1841, un individu du nom de Quenis&et, tenta d'assassiner le 
duc d'Aumale revenant d'Afrique à la tête de son régiment le 17* léger. 
Au 2, à la Tour d'Argent; le 25 juin 1848, Mgr Affre pénétra dans 
cette maison située dans l'enceinte des barricades et y fut tué (Voir 
Affre). Au 26, est la chapelle Saint-Antoine, aujourd'hui chapelle 
des Quinze-Vingts. L'hospice des Quinze-Vingts fondé par saint Louis 
pour « quinze fois vingt aveugles » (300) sur le terrain du cloître 
Saint-Honoré et transféré en 1779, dans l'Hôtel des Mousquetaires 
Noirs, occupe les bâtiments du n° 28, qui furent construits en 1702, 
par l'architecte Cotte. Au 40, à l'angle de la rue Moreau existait le 
couvent des Filles Anglaises, qui étaient venues s'y installer en 1672, 
après avoir quitté leur maison du faubourg Saint-Jacques. Au 67, 
enseigne du Soleil d'Or. Au 89, ancien hospice des Enfants trouvé. 
fondé en 1GG9, par Marie-Thérèse, devenu hosj^ice Sainte-Eugénie sous 
Napoléon III, on lui donna le nom d'hôpital Trousseau. Aujourd'hui 
tout cela est démoli. Au 87, est une ancienne fontaine édifiée en 1846. 
Aux 172 et 176, existait autrefois la Folie Rambouillet, que Louis XIV 
avait fait construire par le financier Rambouillet (il en reste un pan 
de mur au 172). Au 236 était la ruelle de la Planchette, ouverte en 1650, 
et supprimée en 1841. La manufac ture des Tabacs dite de Reuilly est 
située au 319. Aux 49, 51, 219 et 315, sont des écoles municipales. 

CHARITÉ (hôpital de la) situé rue Jacob, 47 [Luxembourg, Saint-Gerniain- 
des-Pres, 6*^ arr.] 

A été fondé par les Pères de l'ordre de Sai nt-J ean-de-Dieu ou de 
la Charité, que Marie de Médicis avait fait venir de Florence et établis 
en 1602, dans un couvent de la rue des Petits -Augustins, actuellement 
rue Bonaparte ,exactement « rue de Petite-Seyne, devant le quai Mala- 
quais ». En 1607, Marguerite de Valois, ayant besoin de ces terrains 
les délogea et les transféra à l'église Saint-Pierre, rue des Saints-Pères, 
c'est-à-dire à l'endroit où esti actuellement l'hôpital de la Charité. On 
sait que les bâtiments de la Charité comprennent tout l'emplacement 

— 305 — 

20 



Ch(irlcm(iii;nc 

&itué entre la rue Jacob et le boulevard Saint-Germain; le rez-de- 
chaussée seul du côté de la rue des Saints-Pères, est occupé dans toute 
son étendue par de petites boutiques. Quand Marie de Médicis fit cons- 
truire cet hospice, l'entrée principale était au 39 de la rue des Saints- 
Pères, entre les deux pavillons à fronton portant les n"^ 35 et 45. Ce n'est 
qu'en 185'», qu'elle fut transportée rue Jacob 47. Pendant la Révolu- 
tion, l'hôpital prit le nom d'hôpital de f Unité. 

En 1612', le curé et le marguiller de Saint-Sulpice, concédèrent aux 
Pères de la Charité pour une somme de 500 livres, un cimetière voi- 
sin de l'abbaye qui servait aux pestiférés. Yers la fin du xviii" siècle, 
les bâtiments de la Charité furent agrandis. On y soignait tout spécia- 
lement les maladies de la vessie et l'opération de la taille y fut publi- 
quement pratiquée (Voir Saint-Séveein). Les rhumatisants et les 
ouvriers peintres atteints de a la colique de plomb » s'y faisaient par- 
ticulièrement soigner. Le poète cul-de-jatte Scarron s'y était fait trans- 
porter pour essayer de guérir ses accès de goutte et ses nombreuses infir- 
mités (Voir Saint-Gervais). 

C'est à la Charité que mourut en 1839 Hégésippe Moreau, le doux 
chanteur de la Voulzie, des Cloches, du Hameau incendié. Ouvrier 
typographe, il devint poète, mais désespéré de la vie, il s'adonna aux 
excès alcooliques et mourut jeune comme Gilbert (Voir rue Hégé 
siFrE Moreau et Hôtel-Dieu). 

Hégésippe Moreau dans un poème Souvenir à l'hôpital écrit en 
18-32, s'écriait se sentant déjà abandonné de tous : 

si soulcinonl une voix consolante 
Mo répondait quand j'ai longtemps gémi : 
Si je pouvais sentir ma main tremblante 
Se réchauffer dans la main d'un ami ! 

Né en 1810, il mourut à l'âge de 29 ans! 

Dans une dépendance construite à la fin du siècle dernier et qui 
fut longtemps occupée par la clinique du D' Corvisart, s'abritait assez 
mal depuis 1820, Y ancienne Académie de Médecine. Aujourd'hui 
réédifiée depuis 1902', nie Bonaparte, près du palais des Beaux-Arts 
{Voir Ecole de Médecine et Bonaparte). 

CHARL.EMAGNE (lycée) situé rue Saint-Antoine, 130 et rue Charlemagne, 10 
[HoTEL-uE-ViLLE, Salnt-Gervals, ^'-' arr.] 

Certaines parties du lycée Charlemagne sont les restes de l'ancien 
hôtel de Graville d'Anville et de Eochepot, qui s'étendait de la, rue 
Saint-Paul aux remparts de la Ville et qui en 1580, devint l'habitation 
et la maison professe des Pères Jésuites. La chapelle qui en dépendait 
est devenue l'église Saint-Paul-Saint-Louis (T'o?> ce noni); recons- 
truite en 1630, elle fut inaug^irée par le cardinal de Bourbon. Le 
lycée Charlemagne a été établi en 1802. 

— 306 — 




Charlemogne 

CHARLEMAGNE (passage) <-s rue Gharlemagne, 16 »-> rue Saint- 
Antoine, 102 [HoTEL-DE- Ville, Saint-Gervais, 4" arr. 100 m.] 

Cet intéressant passage ne fut ouvert au public qu'en 1825. Il doit 
son nom au lycée Charlemagne {Voir rue Charlemagis^e). On remar- 
que dans ce passage au n" 13, quelques vestiges de l'ancien kôtel d'An- 
ville, aujourd'hui dépendant du collège. Anciennement maison pro- 
fesse des jésuites léguée en 1580, par le cai-dinal de Bourbon qui la 
tenait de la veuve du connétable Anne de Montmorency. Cet hôtel, 
ancien « Logis des Marmousets » {Voir Chanoinesse), avait été 
habité par Hugues Aubryot. Ce fut Charles V, qui en 1369, pour le 
récompenser de « ses bons et loyaux services » lui donna les 1.5ÛG 
livres d'or nécessaires à l'acquisition de cette propriété appartenant à 
Jacques de Pacy, c'était en même temps un moyen pratique d'avoir 
près de lui, c'est-à-dire à proximité de son hôtel Saint-Paul (Voir 
CÉLESTiNs), son prévôt qui officiellement a.urait dû habiter au Grand 
Châtelet (Chambre des notaires place du Châtèlet). 

Avant qu'il y eut des prévôts à Paris, c'était Te roi de France qui 
était le comte de Paris, plus tard, on institua des vicomtes. Le prévôt 
de Paris avait le commandement général des troupes, de la justice et, 
de plus, était chargé de la perception des impôts. Après la disgrâce 
d'Hugues Aubryot, celui-ci étant mort, Pierre de Giac chancelier de 
France, acheta de Charles TI en 1383, l'hôtel du Prévôt, puis le vendit 
en 1397, à Louis d'Orléans, frère du roi, et, à cause des porcs-épics figu- 
rant dans ses armoiries, l'hôtel ne fut plus dénommé qu'Hôtel du 
Porc-Ejric. Après lui, le duc de Berry, puis Jean de Montaigu, déca- 
pité aux Halles en 1409, en devinrent possesseurs; Jacques d'Estou- 
teville leur succéda puis ce fut Malet, dit l'amiral de Graville, 
arrière-petit-fils de Montaigu, qui en devint le propriétaire. Vendu et 
morcelé, il ne reste depuis 1891, que les bâtiments de la cour, qui se 
composent de quelques constructions et particulièrement d'une jolie 
tourelle renfermant un escalier à vis très original, des cariatides, et des 
fenêtres curieuses. 

Avant d'être cédée au collège Charlemagne, le dernier acquéreur 
en 1608 fut M. de Jassaud, seigneur de Bournonville. 

Du temps où. Jean de Montaigu, habitait cet hôtel, l'ancienne 
demeure d'Hugues Aubryot fut divisée : une partie occupée par les 
jardins et attenante aux anciens remparts prit le nom d'Hôtel de lœ 
Barre, à cause de Jean de la Barre, ancien bailli de Paris et gouver- 
neur de la ville de 1526 à 1534; quant au restant, du côté de la rue- 
Percée, il devint l'Hôtel de Graville d'Anville. Yers 1629, les Pères - 
Jésuites, achetèrent cet hôt«l pour agrandir leur maison professe,, 
située à côté, sur l'emplacement de l'ancien hôtel de Rochepot, puis, 
il passa aux mains des chanoines du Val des Ecoliers en 1767. 

— 307 — 



Charles-Albert 

ClHARLEMAGNE (rue) <-s rue Saint-Paul, 31 «*-> rues des Nonnains- 
d'IIyères. 28 et de Fourcy, 2 [Hotel-de-Villi:, Sainl-Gen'uis, 'i" arr. 236 ni.| 

Cette rue existait au xii® siècle sous le nom de rue de la Fausse- 
poterne-Saitit-Faid, parce qu'elle conduisait à une fausse porte, dite 
Saint-Paul, faisant partie de l'enceinte de Philippe-Auguste. Appelée 
plus tard, 7'we des Prêtres-Saint-Paul et de VArclievêché-Saint-Paul 
à cause du voisinage de V église Saint-Paul et des prêtres qui demeu- 
raient dans cette rue. Elle a pris en 1844, le nom de Charlemagne. 

Charlemagne ou Charle& P"" ait Charles-le-Grand (Carolus magnus) 
roi des Francs, a donné son nom à la dynastie Carlovingienne, né en 
742, il était le fils de Pépin-le-Bref . Le pape Léon III le sacra empe- 
reur d'Occident en 800. Il rédigea les Cajyitulaires et réforma la 
justice, à ce titre Charlemagne doit être considéré comme une des plus 
grandes figures du moyen âge. 

« Le règne entier de Charlemagne, dit Sismondi, dans son Histoire 
des Français, depuis l'an 7G8 jusqu'en 814, est une des plus importantes 
périodes de l'histoire moderne. Charlemagne proclamé par l'Eglise 
comme un saint, par les Français comme leur plus grand roi, par les 
allemands comme leur compatriote, par les Italiens comme leur em- 
pereur, se trouve, en quelque sorte, en tête de toutes les histoires 
modernes; c'est toujours à lui qu'il faut remonter pour comprendre 
notre état actuel. » 

Charlemagne avait établi sa cour à Aix-la-Chapelle et c'est là qu'il 
fut enterré en 814. Sa statue équestre, œuvre de Louis Rochet, figure 
sur la place du Parvis-Notre-Dame ( Voir statue de Charlemagne). 

Aux 2 et 4, anciennes maisons appartenant avant la Révolution à 
la Fabrique de l'église Saint-Paul. L'entrée de la r-ue Eginhard est 
au 6. Au 9, hôtel de Jassaud, seigneur de Bournonville de 1640 à 1784. 
Le lycée Charlemagne occupe le 10. Au 18, hôtel du président Cha- 
teaugiron qui l'occupait en 1708. Au 21, est l'ancien hôt«l Charpentier 
de Sainsot, qui appartint à la même famille de 1700 à 1800. Le 
qjassage CJiarleviagne s'ouvre au n" î6. 



CHARLEMAGNE (statue de) située sur le parvis Notro-Dame [Hôtel- d: 
Ville, Notre-Dame, 4"' arr.] - 

Cette statue, œuvre du sculpteur Lou^'s Rochet, après avoir été 
placée « provisoirement » pendant de longues années sur des char- 
pentes entourées de toiles peintes, a, enfin, été inaugurée officielle- 
ment le 14 juillet 1882, c'est-à-dire après avoir figuré avec succès aux 
-expositions de 1867 et de 1878. L'artiste n'eut aucune récompense, mais 
on décora le fondeur! 

CHARLES-ALBERT (impasse) -(-^ rue Leibnitz, 70 s^-^ rue Jules Cloqu< 
[Montmartre, Grandes-Carrières, IS^ arr. 120 m.] 

Prénoms de M. Frossart, ancien propriétaire. 

— 308 — 



I 



Charles-Cazui 

CHARLES-BAUDELAIRE (rue). 

La Tille doit donner prochainement ce nom à une rue nouvelle à 
percer sur les terrains de l'hôpital Trousseau (xii^ arr.). 

Charles Baudelaire, poète, réaliste, naquit à Paris rue Haute- 
feuille, le 21 avril 1821; il mourut en 1867, et fut enterré au cimetière 
de Montparnasse dans un remarquable monument œuvre du sculpteur 
José de Charmoy, qui y fut édifié le 26 octobre 1902^. 

Baudelaire est l'auteur des Fleurs du Mal, et le traducteur des' 
Contes fantastiques d'Edgar Poé. « Les pensées les plus compliquées, 
les plus subtiles, les plus internes, disait Théophile Gautier dans une 
de ses études sur Baudelaire, sont celles qui se présentent les pre- 
mières à son esprit. Ses pièces de vers d'une saveur si exquisement 
étrange, renfermées dans des flacons si bien ciselés, ne lui deman- 
daient pas plus qu'à d'autres, pour un lieu commun mal rimé. Les^ 
Fleurs du Mal sont les plus beaux fleurons de la carrière poétique de 
Baudelaire ». 

Charles Baudelaire, demeurait en 1849, à l'Hôtel Pimodan quai 
d'Anjou; fumeur de haschich, il aimait à se donner de son vivant 
« toutes les voluptés des Paradis artiûciels ». 



CHARLES-BERTHEAU (passage) <-m avenue d'Ivry, 61 »-* avenue de- 
Ghoisy, 44 [Gobelins, Gare, 13" arr. 190 m.] 

Précédemment passage Bertheau il est devenu en 1877: passage 
Charles Bertheau, du nom du propriétaire. 

CHARLES-BOSSUT (rue) <-^ rue du Gharolais, 94 e^ avenue Daume^nil, lOtt 
[Reuilly, Bercy, 12<= arr.J 

Créée en 1873, sous le nom de Bossut tout court, elle devint en 
1897, rue Charles Bossut. 

Charles Bossut, savant géomètre (1730-1814) était né à Tarare^ 
ami de d'Alembert, il fut chargé de la partie mathématique de VEn- 
eyclopédie, et a laissé des ouvrages très importants. 

On raconte que quelques instants avant de mourir, comme il ne 
donnait plus aucun signe d'existence, Maupertuis pour le faire parler 
cependant lui demanda le carré de 12. — C'est 144 murmura-t-il et 
il expira! 

CHARLES-CAZIN (rue). 

Nom adopté en juillet 1903, et qui doit être donné à une voie nou- 
velle. 

Jean-Charles Cazin, peintre français, naquit à Samer (Pas-de- 
Calais) en 1814, et mourut en 1901. C'est en 1876, qu'il fit un premier 
envoi à l'Exposition. Le musée du Luxembourg a de lui Agar et 

— 309 — 



Charles-Dallery 

Ismaël (1880). Il a laissé un tableau représentant la Chambre mor- 
tuaire de Gamhetta. 

Carlin habitait en 1897, au 40 de la rue du Luxembourg. 

€HARLES V (rue) <^s rue du Petit-Musc, 19 «*-> rue Saint-Paul, 20 [Hotel-de- 
ViLLE, Arsenal, 4« arr. 188 m.] 

Cette rue dénommée : Chajules V en 1864, et que « les anciens fau- 
bouriens qui n'ont pas été à la laïque, dit Callet, s'obstinent à appeler 
la rue Charles Vé » fut ouverte sur l'emplacement des écuries de la 
reine Isabeau de Bavière, est formée de deux parties : l'une comprise 
entre la rue du Petit-Musc et la rue Beautreillis, ouverte vers 1556, 
a' appelant rue des T rois-Pistolets à cause d'une enseigne ; l'autre, 
percée en 1552 sur l'emplacement de l'Hôtel Saint-Maur dit des 
Ecuries de la reine Isabeau de Bavière, femme de Charles lY, fut 
appelée rue N euve-Saint-Paul à cause du voisinage de l'église de ce 
nom. 

La célèbre empoisonneuse, devenue plus tard marquise de Brin- 
villiers, demeurait en 1660, dans l'hôtel de son père Antoine d'Aubray 
situé au 12. Le bâtiment de gauche dans la cour était tout récemment 
occupé par les sœurs gardes-malades de Troyes. Très bel escalier, et 
porte cochère curieuse {Voir place de THôtel de Ville). 

Le voisinage de l'hôtel Saint-Paul, habité autrefois par Charles Y, 
a fait donner le nom de ce roi à cette rue. Au 10, construit en 1550 et 
■dépendant du 12, était l'hôtel de l'Aigle, de la famille Maillé, et plus 
tard du duc de Beaufort-Canillac. Au 16, à l'angle de la rue Saint- 
Paul, petite statue de la Sainte-Yierge parfaitement conservée {Voir 
Madone). On remarque aux 2, 3, 6, 8 et 15, des maisons anciennes. 

Charles Y le Sage, qui régna de 1364 à 1380, était fils de Jean le 
Bon. « Né vieux, dit Michelet, le jeune roi avait de bonne heure beau- 
coup vu et beaucoup souffert. De sa personne il était faible et malade. 
Tel royaume tel roi. On disait que Charles le, Mauvais l'avait empoi- 
sonné, il en était resté pâle et avait une main enflée, ce qui l'empê- 
chait de tenir la lance... Jusque-là on se figurait qu'un roi devait 
monter à cheval et guerroyer. Charles Y combattit mieux de sa 
chaise ». En effet, il reprit aux Anglais toutes les provinces qu'ils 
avaient conquises, et aidé de Du Guesclin, chassa les grandes compa- 
gnies. On lui doit de plus l'agrandissement de Paris (remparts de 
€harles Y) et la création de la première bibliothèque, formée d'un 
millier de manuscrits {Voir Louvre et Bibliothèque). 

■CHARLES-DALLERY (passag^e) -*-^s rue de Charonne, 55 3^> rue de la 
Roquette, 92 [Popi>'court, Roquette 11" arr. 360 m.] 

Précédemment impasse de la Roquette, elle existait déjà en 1672. 
J^n 1840, à l'époque où elle fut prolongée jusqu'à la rue de la Roquette 

— 310 — 



Charles- G nrnier 

sur les terrains de l'anc'en hôtel de Mortagne devenu en 1746, la pro- 
priété du célèbre mécanicien Vau<canson, elle reçut le nom de passage 
Vancans^n. 

Depuis 1875, elle est devenue la rue Charles-Dallery, pour honorer 
la mémoire de cet ingénieur, célèbre par ses travaux sur 1 1. navigation 
à vapeur. Charles Dallery né en 1754, mourut en 1835. 

CHARLES-DIVRY (rue) <-^. rue Boulard, 42 s^^ rue Gassendi, 29 [Obseri. 
vAToiiiE, Pctit-Montrouge, 17*^ arr. 175 m.] 

Ouvei-te en 1890, elle reçut le nom. de Charles Divry, ancien maire 
du xiv^ arr. 

CHARL.ES-FOURIER (rue) <-«s rues de la Colonie et des Peupliers :s-> rues 
lîobillot et Tolbiac [Reuillv, Maison- Blanche, 13"= arr. 275 m.] 

Créée par la Yille en 1887, elle a été appelée en 1890, rue Charles- 
Fourier. 

Charles Fourier, célèbre sociologue fondateur de l'Ecole pha- 
lanstérienne, naquit à Besançon en 1772, et mourut à Paris en 1837. 
Les disciples de Fourier furent connus sous le nom de Fouriéristes et 
se réunissaient à Ménilmontant, au 147 de la rîie des Partants (Voir 
rue de Ménilmontant). 

CHARLES-GARNIER (place) située à l'intersection des rues Scribe et Auber 
[Opéua, Chaussée-d'Anlin, 9« arr.] 

Cette place, qui jusqu'alors, n'était pas dénommée, a reçu en avril 1904, 
le nom de Charles Garnier, en raison du voisinage de l'Opéra et de la 
statue récemment élevée à sa mémoire, dans la cour de ce merveilleux 
monument dont il fut l'habile architecte ( Voir Opéra) . 

Précédemment, on lui avait attribué une rue, — • là-bas, — sur l'empla- 
cement de l'ancienne prison de la Grande Roquette, mais sur les instances 
de la famille, l'Administration municipale a modifié le nom de cette rue 
qui depuis, porte celui de rue de la Croix-Faubin ( Voir cenom) et créé une 
place derrière l'Opéra pour y loger plus dignement le nom du grand 
artiste que fut Charles Garnier. 

Charles Garnier, né à Paris au 264 de la rue Mouffetard, le 6 no- 
vembre 1825, mourut en 1899. Il était architecte et membre de 
l'Institut. Doué d'une extrême activité et d'une grande vivacité 
d'imagination; Prix de Rome en 1848, il concourut en 1875 pour la 
construction de 1 Opéra et obtint la priorité sur les autres concurrents. 

Sa statue a été érigée, dans la petite cour de la bibliothèque de 
l'Opéra, à l'angle de la. rue Auber, le 20 juin 1903. Le monument en 
granit rouge est de Pascal; entre les deux figures couchées repré- 

— 311 — 



Charles-Robin 

sentant le Travail et Y Avenir de Thomas, se dresse le buste en bronze 
de Charles Gamier par Carpeaux, avec ces mots comme inscription: 

CiiAïu.KS Gauniku 

1825-1899 
Fii.s DK FouaiuioN 



CHARLES-GERHARD (rue) 

Ce nom adopté par le conseil municipal dans sa séance du 12 juillet 
1903, sera donné à une voie nouvelle, dans le xvii® arr., près de I^^hi 
rue Toricelli. ^11 

Charles (jcrhardt, chimiste français né à Strasbourg (1816-1856), 
fut professeur de physique et de chimie à l'Ecole de Strasbourg, 
laissé de nombreux traités de chimie et de sciences spéciales. 

CHARLES-LAMOUREUX (rue). 

Décidée en juillet 1903, cette dénomination doit être attribuée 
une nouvelle rue de Paris. 

Charles Lamonreux, excellent- musicien et chef d'orchestre érudit* 
naquit à Bordeaux en 1834, et mourut à Paris en 1899. Lamoureux 
fervent propagateur de Wagner, monta le premier à Paris le Tan% 
hauser dans la salle de l'Eden de la rue Boudreau iy oir square de 
l'Opéra). Ces leprésentations donnèrent lieu à des manifestations 
assez importantes. Chef d'orchestre de l'Opéra-Comique en 1876, et 
de l'Opéra en 1877, il fut le fondateur des Concerts Lamoureux 

Charles Lamoureux" demeurait au 64 de la rue Saint-Lazare. 






CHARLES-NODIER (rue) <-m place Saint-Pierre »-»■ rue Ronsard [ 
M.vniRE, Cli^nancourt, 18« arr. 130 m.] 

Ouvert en 1867, ce ne fut qu'en 1875, qu'elle reçut le nom d 
Charles I\odier. 

Charles Nodier, littérateur et bibliophile, était né à Besançon en 
1780, et mourut en 1844. Auteur d'ouvrages estimés, on lui doit 
Triïby, la Fée aux Miettes, etc., etc. 

CHARLES-PETIT (impasse) située rue Paul-Bert, 6 [Popincourt, Saint- 
Ambroise, 11" arr. 60 m.] 

Primitivement impasse Petit, le propriétaire l'a complétée en "jl 
ajoutant son prénom de Charles. 

CHARLES-ROBIN (rue) ■«-« rue Claude-Vellefaux, 37 »-> rue Grange-aux>j 
Belles, 38 [Enclos-Saint-Laurent, Hôpital- Saint- Louis, 10" arr.] 

Après avoir fait partie de la rue Claude Vellefaux, créée en 1825^ 

— 312 — 



Chariot 

depuis 1894, elle a formé une rue spéciale sous le uoni de Charles 
Robin. 

Le D'' Charles Eobin (1821-1855) savant médecin français, membre 
de l'Institut; auteur de nombreux traités d'anatomie et de patho- 
logie, collaborateur de Littré pour l'édition française du Dictionnaire 
de Médecine de Nysten. Le D' Charles Robin, était sénateur de l'Ain 
quand il mourut en 1883. 

CHARLOT (rue) <--« rue des Quatre-P'ils, 12 »-> boulevard du Temple, 27 
[Tkmple, Enfants-Rouges, Archives, 3" arr. 652 m.] 

Cette rue qui existait déjà en 1626, a été formée en 1852, des 
anciennes rues ; d'Orléans, entre les rues des Quatre-Fils et de Poitou; 
de Berry, de la rue de Poitou à la rue de Bretagne et à'Angoumois, de 
la rue de Bretagne au boulevard ouvert en 1826. 

La rue Chariot, s'est appelée rue d'AngouTnois, pour la raison, que 
le voisinage de la place Royale, aujourd'hui place des Vosges (Voir ce 
nom), avait fait grouper autour d'elle, suivant le désir d'Henri IV, 
les noms des anciennes provinces de France : Normandie, Bretagne, 
Saintonge, Berry, Poitou, etc., etc. En 1851, elle prit le nom de Joseph 
Chariot, riche financier qui y avait fait élever plusieurs hôtels au 
XVII® siècle. Ce Chariot, seigneur de Prince, fut échevin de la ville 
de Paris de 16-34 à 1637, et conseiller au Parlement. La rue Chariot 
r^çut un moment le nom de Claude Bosc, seigneur d'Ivry-sur-Seine 
alors prévôt des marchands. 

Au 5, hôtel de Sourdis en 1650, de Canibis en 1766 et d'Ormesson 
en 1789. Au 6, église Saint-Jean-Saint-François. Au 7, hôtel Le Pileur 
de Brévannes, conseiller au Parlement. Au 8, hôtel de Turmény qu'ha- 
bita Regnault Saint-Jean d'Ang'ely, en 1801. Le 9, est l'ancien hôtel 
de Pierre de Gondi de Retz en 1652, de Créqui en 1674, et de Charnace 
en 1875. Au 12, hôtel de Brossier, trésorier des guerres. Au 21, hôtel 
Colbert de Maulevrier, construit en 1695. Au 24, hôtel de Godefroy 
en 1610, et de Pérignon en 1815. Au 28, hôtel de Berancourt en 1680, 
et de Brillon de Saint-Cyr en 1745. Au 50' hôtel de l'Ecluse (1700) et 
Maupéou en 1714. Aux 58 et 60, hôtel, du chevalier Bayard en 1521, 
Cossé Brissac en 1779. Au 57, hôtel ûe Boulainvilliers, où fut élevée 
Mme de Lamôtte, condainnée dans l'affaire du Collier de la Reine 
{Voir Rouan) et guillotinée en 1792. Au 62, hôtel de Bragelonne 
datant de 1760. Au 70i, fontaine Boucherat édifiée en 1735 (Voir rue 
Turenne). Au 83, était l'élégant hôtel de Mascarini, président de la 
Cour des Comptes en 1750. Cet intéressant spécimen de l'architecture 
du xviii* siècle, dont on apercevait' de la rue de Turenne, les belles 
tours en poivrière, a été démoli en août 1903. Comme souvenir, quel- 
ques photographies prises par les soins du Vieux Paris, ont été dépo- 
sées à Carnavalet. 



C haro nue 

CHARMILLES (impasse des) <-« rue Gastagnary, 56 [Vaugiuaud, Saint- 
Lambert, 15» arr. 110 m.] 

Précédemment im'passe des Jardinets, elle a pris depuis 1877, grâce 
aux charmilles dont elle était bordée, le joli nom qu'elle porte aujour- 
d'hui. 

CHAROLAIS (rue du) <-m rue de Rambouillet, 23 m-^ avenue Daumesnil, 82 
[Reuilly, Bercy, 12* arr. 705 m.] 

Cette rue remplace une voie qui existait déjà en 1849; le nom de 
Charolais lui vient de ce qu'elle a été ouverte en 1868, par la Com- 
pagnie du Chemin de fer de Lyon, et que le Charolais, chef-lieu 
Charolles (Saône-et-Loire), est une des anciennes provinces de France 
desservie par le P.-L.-M. Au 26, ya.ssage du Charolais. 

CHARONNE (boulevard de) *~m avenue du Trône, 7 et cours de Vin- 
cennes, 1 »->■ rues Mont-Louis, 12 et des Rats, 2 |Poi'iNcouRT,/fo^Me//e, Sainte- 
Marguerite, Ile arr. ; Mkmlmontaist, Père-Lac/iaise, C/iaronne, 20" arr. 1344m.] 

Créé en 1789, ce boulevard qui depuis 1864, porte sur toute son 
étendue le nom de Charonne, à cause du voisinage de l'ancienne com- 
mune de Charonne était autrefois formé par plusieurs boulevards : 
Entre l'avenue de Vincennes et la rue d'Avron c'était le boulevard 
de Montreuil; de la rue d'Avron à la rue de Bagnolet, il s'appelait 
boulevard de Charonne; puis honlevard de Fontarahie entre les rues 
de Bagnolet et des llats ; à la suite, entre l'avenue du Trône et la rue 
de Montreuil, cette voie devenait le chemin de ronde de Vincennes; 
dé Montreuil entre les rues» de Montreuil et de Charonne et enfin de 
Fontarahie, entre les rues de Charonne et de Mont-Louis (Voir Bou- 
levards). 

Au 99, est une école municipale de filles. 

CHARONNE (rue de) -^-^s rue du Faubourg-Saint-Antoine, 63 isy-*- boule- 
vard de Charonne, 113 [Popincouut, Roquette, Sainte-Marguerite, lie arr. 
1607 m.] 

Ancien chemin de Charonne, existait au commencement du 
xvii" siècle. Charonne, n'était qu'un village lorsqu'en 12'30, vint s'y 
établir une « devineresse » qu'on venait consulter de tous les coins de 
Paris; en 1643, plusieurs établissements religieux y furent fondés, 
mais, tous disparurent en 1790. Avant cette époque ce village n'était 
rempli que de couvents et de riches maisons de campagne qui por- 
taient alors le nom de « Folies ». C'est là que se trouvait l'Orangerie du 
château de Bagnolet, appartenant aux ducs d'Orléans. L'église de 
Charonne {Voir ce nom) qui est très ancienne, est intéressante à 
visiter. 

Au 1, fontaine Charonne à l'angle du faubourg Saint-Antoine. 

— 314 — 



Chai'onne 

Au 17, liôtel (le Toulouse, avec jolis mascarons et têtes de faunes. 
Au 51, habitait en 1728, le célèbre mécanicien "V'aucanson, dans l'aji- 
cien hôtel du maréchal de Mortagne. C'est là qu'il mourut le 
21 novembre 1783. Il existe encore au fond de la cour quelques 
vestiges de l'ancien hôtel ; beau fronton sculpté au-dessus de la porte 
cochère. Cest dans cet hôtel, que Vaucanson avait réuni la première 
collection des modèles mécaniques qui ont servi de base, avec ceux du 
duc d'Orléans, aux magnifiquesi collections actuellement placées aux 
Arts et Métiers. Au 95, ancien prieuré de Bon Secours, fondé en 1G48, 
par Dame Claude de Bouchavannes, veuve du sieur Tiguier, conseiller 
du roi. C'est dans les bâtiments de ce monastère qu'en 1810, Richard 
Lenoir (Voir ce nom) y avait établi la première filature de coton 
connue en France. Napoléon I" qui voyait avec plaisir l'indiistrie 
française, concurrencer « les maudits Anglais » qui jusqu'alors déte- 
naient seuls le monopole de la fabrication cotonnière, encouragea de 
ses conseils et de ses dons ce manufacturier patriote. Mais la. chute de 
l'Empereur en 1814, le força bientôt à arrêter ses métiers. Richard 
Lenoir fut ruiné, et mourut dans la plus profonde misère en 1839; à 
sa mort cette fabrique fut transformée en caserne, puis en hospice. Les 
bâtiments devenus la propriété de Ledru-Rollin et plus tard de sa 
veuve, celle-ci en 1848, les céda à la Ville de Paris pour y constituer 
une cité ouvrière. 

Au 98, qui autrefois portait le n° 6, et où se voit « au pied droit de la 
porte cochère le numéro gravé dans la pierre » ainsi que le voulait l'or- 
donnance de Louis XV en 1720 {Voir Divisions et houîevard Pois- 
soxnière) était autrefois le couvent des Filles de la Croi.r, fondé 
en 1641, par le prince de Condé et le maréchal d'Effiat. Les Filles de 
la Croix de l'ordre ae Saint-Dominique, habitèrent d'abord le fau- 
bourg Saint-Marcel, puis vinrent s'établir rue Plmtrière actuellement 
rue Jean- Jacques-Rousseau; de là, elles allèrent occuper en 1G41, le 
couvent de Charonne qui fut supprimé en 1790. Ce couvent d'une très 
grande étendue, comprenait toutes les maisons existantes entre le 80 
et le 98. Cyrano de Bergerac le fameux cadet de Gascogne, immortalisé 
par Rostand, y fut enterré en 1655 (Voir ce nom). Xx\ 97, est 
la chapelle gothique de la Sainte-Famille (style flamand) créée en 
1862', et construite par M. Verhoylen, architecte de Gand. De 96 à 100, 
se trouvait autrefois l'ancienne communauté des Bénédictins de 
Sam te -Madeleine du Traissel qui existait au xii** siècle à Traissel en 
Champagne. Cette maison a été occupée jusqu'en 1903, par les Dames 
de la Croix. 

Au 161, hôtel du marquis de Chabanais, ancienne maison de santé 
du D' Belhomme installée en 1768. Pendant la Révolution, ce docteur 
grand ami de Robespierre, obtint en 1793, d'y recevoir moyennant 
finances, quelques prisonniers de marque, entre autres la duchesse 

— 315 — 



Char lier e 

d'Orléans, mère ae Louis-Philippe, M* Lange, Portalis, etc., etc. Pour 
certains d'-entre eux, quand leurs ressources étaient épuisées et qu'ils 
ne pouvaient plus payer le hon docteur, celui-ci les envoyait tout sim- 
plement à la guillotine. 

CHARRAS (rue) -^m boulevard llaussin.inn, 54 j»-^ rue de Provence, 99 
[Opéra, Cliaussée-d'Antln, 9« arr. 68 m.] 

En 18(19, cette rue fut d'abord dénommée Square Clary, puis 
rw€ Clary. En 1879, on en fit la rue Charra.s en l'honneur de Jean- 
Baptiste-Adolphe Charras, lieutenant-colonel et homme politique, né 
à Clermont-Ferrand en 1810. Très activement mêlé aux révolutions 
de 1830 et 1848. Adolphe Charras fut ministre de la guerre avec 
Cavaignac, et exilé au coup d'Etat de 1852. Il mourut en 1865. Au 9, 
hôtel de la Compagnie du canal de Suez, en face est la salle Krigelstein. 

CHARRAUD (cité) ■<-^si. rue de Meaux, 30 [Bittes-Ciiaumont, Combat, 19*^^ orr. 
180 m.] 

Nom du propriétaire du terrain. 

CHARTES (école des) située à la Scrbonne [Panthéon, Sorbonne, 5« arr.] 

Précédemment située rue des Francs-Bourgeois 58, dans le palais 
des Archives nationales (Voir ce nom), l'Ecole des Chartes avait été 
créée en 1821. Elle a pour objet l'enseignement des sciences spéciales, 
nécessaires à l'étude et à l'interprétation des anciens manuscrits rela- 
tifs à l'histoire de France, appelés Chartes. Les bâtiments de l'Ecole 
dépendaient de l'ancien hôtel Clisson et de Soubise. Avant d'être rue 
des Francs-Bourgeois, elle avait été à la Bibliothèque Nationale de la 
rue Richelieu, où elle resta jusqu'en 1846. Depuis 1898, l'Ecole des 
Chartes a été transférée à la Sorbonne. 

CHARTIÈRE (impasse) -<— es rue Lanneau, 11 et Fromentel, 1 s— >- en 
impasse [Panthéon, Sorbonne, 5" arr. ilO m.] 

Avant 1880, cette impasse finissait au 6, de la rue de Reims, mais 
depuis la suppression de cette rue qui devait son nom au collège de 
Reims s'étendant jusqu'à la rue Valette {Voir ce nom), l'ancienne 
rue Chartière est devenue impasse Chartière. 

Construite déjà au xii® siècle, elle s'appelait rue de la Charterie, 
de la Charretière en 1300 ; de la Charrière en 1329, ainsi qu'il est dit 
dans l'acte de fondation du collège de Marmoutiers, établi dans cette 
rue à l'emplacement du n° 8; puis, riie des Charrettes en 1421, et enfin 
rue Chartière. A l'angle de la rue Fromentel existait, il y a quelques 
années encore, une belle statue de Saint-Jean de Latran. La statue a 
disparu, mais la toiture de la niche oii elle était placée, existe tou- 
jours. En face se voit une autre petite statuette de Jeanne Darc, dans 

— 316 — 



Chasselo up-La iihat 

une niche intéressante. Au 2, au-dessus de la boutique d'un marchand 
de vins, on distingue encore les vestiges de l'enseigne peinte « à 
Henri lY ». Il paraît que le roi vert-galant y venait là visiter quel- 
ques belles (y oir Fromentel). Au 11, la porte cintrée décorée d'une 
coquille, rappelle, par un jeu de mot usité à cette époque, l'ancien 
collège Coqueret, fondé par Nicolas Cocquerel ou Coqueret vers 1550, 
et qui avait remplacé le collège de Reims dévasté en 1418. Le poète 
Ronsard fut élève du collège Coqueret. 

CHARTRES (galerie de) *-« galeries du Théâti'e Français et de Nemours m~> 
galeries de Montpensier et de la Cour d'honneur [Louvre, Palais-Royal, 
!<=•■ arr. 61 m.] 

A été ainsi nommée en l'honneur du duc de Chartres, fils du roi 
Louis-Philippe. Au 22, est le péristyle de Chartres. 

CHARTRES (rotonde de) située boulevard de Courcelles, à l'entrée du Parc 
Monceau [Batignolles, Plaine-Monceau, 17« arr.] 

Enclavé dans le Parc Monceau, elle faisait autrefois partie de 
l'ancienne barrière de Chartres supprimée en 1860, lors de l'annexion 
des communes suburbaines à Paris. Elle avait reçu le nom du duc de 
Chartres, depuis, duc d'Orléans (Philippe-Egalité) qui avait fait 
planter ce parc (Voir Parc Monceau et Palais Royal). 

CHARTRES (rue de) ^^-ss boulevard de la Chapelle, 58 s^^ rue de la Goutte- 
d'Or, 45 [Montmartre, Goutle-d'Or, 18" 3rr. 240 m.] 

Cette rue a été créée en 1842, en l'honneur du duc de Chartres, fils 
de Louis-Philippe né en 1840. 

CHARTREUX (rue des) <-« avenue de l'Observatoire, 8 m-> rue d'Assas, 87 
[Luvkmhourg, Odéon, 6« arr. 69 m.] 

Percée en 186G, sur l'emplacement de l'ancien couvent des Char- 
treux, religieux de l'ordre fondé en 1089 par Saint-Bruno, qui se 
îetira à la Grande Chartreuse. En 1876, par suite de la reconstruction 
de la Clinique d'accouchement Tarnier, il fallut en modifier le tracé ; 
elle a été terminée en 1879. 

CHASSELOUP-LAUBAT (rue) <-m avenue de Suger, 48 m-^ avenue de 
SulTren, 140 [Vaugirard, Necker, 15« arr. 120 m.] 

Ouverte en 1890, sous le nom de Canrohert (1809-1895) ancien 
maréchal de France, qui s'illustra en Algérie avec Pélissier, fut aide 
de camp de l'empereur Napoléon III, général en chef en 1855 (guerre 
de Crimée), et assista en 1870, aux combats de Borny et de Gravelotte. 
Oanrobert était général depuis 1876. En 1902, elle prit le nom de 
C hasseloup-Laubat. 

— 317 — 



Chdteau-d'Eau 

Le marquis François de Chas&eloiip-Laubat était né à Saint-Sorniii 
(Charente-Inférieure) en 1754. lugén^eiir distingué, il devint général 
de division du génie et dirigea en 1807 les opérations du siège de 
Dantzig;il mourut en 1833. Il y eut un autre Chasseloup-Laubat 
(1835-1873), qui fut plusieurs fois ministre sous Napoléon III. 

CHASSEURS (avenue des) <-m boulevard Péreire, 63 m-> boulevard IMales- 
herbes, 168 [Batignollks, Plainô-Monceau, 17" arr. 80 m.] 

Créée en 1862. Le nom de Chasseurs lui vient d'un ancien rendez- 
vous d€ chaése qui existait dans le voisinage (Voir rue du Rocher) 



CHATEAU (rue du) <-« boulevard de Vaugirard, 75 et rue de rArniorique 1 
avenue du Maine, 166 [Observatoire, Plaisance, 14'^ arr. ; Vaugirard, ^YecA- 
15"^ arr. 1070 ni.] 

Précédemment rue du Chemin de fer, et du Châtecm-du-Maine, le 
nom de Château, lui a été conse-rvé parce que cette rue conduisait à 
l'ancien château du duc du Maine situé au 28, et qui fut vendu en 1798. 

Le duc du Maine, fils légitime de Louis XIV et de Mme de Mon- 
tespan, naquit à Versailles en 1670, et mourut en 173G. Outre ce châ- 
teau, il possédait à Sceaux, un château magnifique où il allait fré- 
quemment chasser (Voir Maine), 



1 



I 



CHATEAUBRIAND (rue) ♦-«srue Washington, 19 3-> avenue de Friediand, 
[blLYSÉE, Faubourg- du-Roule, 8" arr. 266 m.] 

Cette rue ouverte en 1825, sur l'emplacement du jardin Beaujon,' 
sous le nom d'ayewwe Chateaubriand, prit en 1863, celui de rue Cha- 
teaubriand. ^M\ 

Le vicomte François-René de Chateaubriand, naquit à Saint-Malo, 
le 4 sept-embre 1769. Littérateur et homme politique, il fut ambassa- 
deur à Rome, à Londres et à Berlin. Il devint pair de France et 
ministre sous la Restauration. Il est l'auteur d'un grand nombre d'ou- 
vrages célèbres : le Génie du Christianisme, Atala et René, les Mar- 
tyrs, le Dernier des Abencérages, etc. Disgracié en 1824, il se jeta dans 
l'opposition et collabora au Journal des Débats. Il mourut le 4 juillet 
1848, dans son hôtel situé 130 rue du Bac. Son corps fut transporté à. 
Saint-Malo, où il repose sur l'îlot du Grand-Bé. 



CHATEAU-D'EAU (caserne du) située place de la République [Enclos-Saiint 
Laurent, Porte-Saint-Denis, 18" arr.] 

Cette caserne fut construite en 1854, par Degrove, sur l'emplace 
ment de l'ancien Vaua-hall imité de la célèbre salle de danse édifiée 
à Londres par un nommé Vaux, dont on avait fait Vauœ-hall (salon de 
Vaux). Ce bal fut transféré rue de la i)ouane près du Canal Saint- 
Martin. Avant 1854, il y avait à l'endroit où s'élève la caserne, un 

— 818 — 



I 



Châleau-d' Eau 

graud bâtiment circulaire, construit avec luxe, dans le genre du Cirque- 
d'Hiver, et qui avait nom : le Grand Café Parisien; ce café contenait 
100 billards ! Remplacé par la caserne, il dut aller se réfugier en face, 
au 3, de la rue du Château-d'Eau, et rue de Bondy, à la place oii est 
aujourd'hui la Bourse du Tra<>>ail. 

Antérieurement au Yauxhall, se trouvait à cette place un Dio- 
rama, que Daguerre, l'inventeur de la pbotogiapliie {\ oir Daguerre) 
avait établi dans les jardins de l'ancien hôtel de Sanson trésorier de la 
Chambre des deniers, qu'il ne faut pas confondre avec le bourreau 
Sanson, dont la maison était située rue des Marais {Voir ce nom). 

Un peu avant la construction de la caserne du Prince Eugène, il 
s'était établi sur les terrains vagues, une véritable fête foraine, avec 
chevaux de bois, baraques en plein vent, tirs à la carabine, marchandvS 
de galette, etc., sorte de foire perpétuelle qui dura pendant plusieurs 
années. 

CHATEAU-D'EAU (rue du) <-« boulevard de Magenta, 1 ^-> rue du Faubourg- 
Saint-Denis, 70 [Enclos-Sainï-Laurent, Porte-Saint-Denis, Porte-Saint- 
Martin, W arr. 692 m.] 

L'alignement de cette rue date du 25 messidor an X (juillet 1802). 
Elle portait autrefois deux noms différents, c'était la rue Neuve-Saint- 
Nicolas-Saint-Martin, entre la rue de la Douane et le faubourg Saint- 
Martin ; et rue Neuve-Saint-Jean entre le faubourg Saint-Martin et 
le faubourg Saint-Denis. En 1851, ces deux rues furent réunies sous 
le nom de Château-d'Eau, à cause du voisinage de la place de ce nom 
aujourd'hui place de la République. 

Le Château-d'Eau était une fontaine construite d'après les dessins 
de Girard, formée d'un bassin circulaire au milieu duquel s'élevait 
en gradins trois autres bassins, dans lesquels huit lions en bronze lan- 
çaient l'ea-u par la gueule. Inaugurée le 15 août 1811, elle était placée 
au centre de la place du Château-d'Eau, sur la gauche du monument 
actuel de la République. Lors de la transformation de cette place en 
1869, la fontaine aux lions après avoir été enlevée et transportée dans 
une des cours des abattoirs de la Yillette, est aujourd'hui réédifiée 
place Daumesnil {Voir ce nom). 

C'est dans cette rue à l'emplacement où commence le boulevard 
Magenta qu'avait été construite en 1847, la Salle Barthélémy, sorte de 
café-concert devenu bal public très en vogue, oii, au commencement 
du règne de Napoléon III, on allait voir danser « la fille du bourreau » 
qui logeait rue des Marais {Voir ce nom). Cette salle a été démolie 
en 1806, lors de l'ouverture du boulevard Magenta. Barthélémy était 
l'architecte de ce bal auquel il avait donné son nom {Voir Bals dis- 
parus). , 

Au 9, est l'entrée des artistes du théâtre des Folies Dramatiques. 

— 319 — 



Chdlenudun 

La Bourse du Travail est au n° 3; elle a été construite de 1888 à 1893, 
par l'architecte Bouvard sur l'emplacement du Grand Café Parisien 
qui, avant d'être rue du Château-d'Eau, avait été primitivement éta- 
bli à l'endroit où est aujourd'hui la^ caserne (Voir Caserne du Cha- 
teau-d'Eau). Au 39, existe la plus petite maison de Paris; elle n'a que 
90 centimètres de largeur, à peine 5 mètres de haut ; par opposition, la 
plus haute maison de la capitale est celle qui porte le n" 33, de la rue 
Radziwill et qui a neuf étages ! Au 45, est le marché du Château- 
d'Eau, autrefois dénommé marché de la Porte-Saint-Martin, fut créé 
en 1854. La nouvelle Mairie du x*" arr. occupe le n° 72 {Voir Mairies). 
En travaillant à ses fondations M. Rouyer, architecte découvrit à l'an- 
gle de la rue du Château-d'Eau et du faubourg Saint-Mai-tin à cinq 
mètres en contrebas du niveau du trottoir, une arche de pont qui 
devait servir à passer la rivière dite Grange-Batelière, qui descendait 
des hauteurs de Ménilmontant sous le nom de Ruisseau de Ménil- 
montant, suivant les rues du Château-d'Eau, des Petites-Ecuries, 
Ilicher, regagnait le faubourg Montmartre, la rue Grange-Batelière, 
la rue Drouot, lOpéra et après avoir traversé les Champs-Elysées, 
allait se perdre dans la Seine (Voir Grange-Batelière). 

En 18T9, il fut question de construire dans la rue du Château-d'Eau 
un grand orphéon municipal, mais ce projet fut abandonné. 

CHATEAU-DES-RENTIERS (rue du) ^-^ boulevard Masséna, 10 »^ boule- 
vard de la Gare, [Gobelins, Gare, 13« arr. 1415 m.] 

Indiquée sur le plan de Jouvin de Rochefort en 1672. Elle doit son 
nom soit à une maison, soit à un château, où s'étaient retirés des ren- 
tiers; peut-être même une pension bourgeoise. 

CHATEAUDUN (rue de) ^h« rue Lafayette, 57 »-> rues de la Gliaussée- 
d'Antin, 70 et Blanche, 2 [OinhiA, Chaussée-d" Antin, Faubourg-Montmartre , 
9c arr. 755 m.] 

En 1824, la Ville ouvrit entre le faubourg Montmartre et la rue 
Saint-Georges, une rue qui fut appelée rue Ollivier, du nom du député 
Ollivier, membre du" conseil général (ne pas confondre avec Emile 
Ollivier ministre de l'Empire en 1870). En 1859, continuée entre les 
rues Lafayette et Buffault, et prolongée en 1862, jusqu'à la. rue 
Blanche, elle reçut alors le nom du cardinal Fesch, oncle de Napo- 
léon I", archevêque de Lyon, grand aumônier de l'Empire (1763- 
1839). Le cardinal avait son hôtel dit Montfermeil au 66, de la rue de 
rue de la Chaussée-d' Antin. Le Crédit Industriel, actuellement rue de 
la Victoire, était primitivement installé dans cet hôtel, dont il occupe_ 
encore une très grande partie. Le reste du côté de la Ohaussée-d'Antii 
a été démoli et remplacé par des maisons de rapport. 

Après la défense héroïque de Châteaiidun (Eure-et-Loir), 

— 320 — 



Châtelain 

18 octobre 1870, pendant la guerre franco-allemande, le maire de 
Paris décréta six jours après que le nom de Cliâteauàun serait donné 
à cette rue, en remplacement de celui du Cardinal Fesch. Ciiâteaudun, 
fut presque entièrement détruit par les Priissiens en 1870. Le com- 
mandant Leporowski, avec 2,000 hommes à peine composés de gardes 
mobiles et de la garde nationale de cette ville, résista une journée 
entièi-e à plus de 20.000 Allemands; se voyant dans l'impossibilité de 
tenir davantage, ils abandonnèrent la place, mais aucun bomme ne 
fut fait prisonnier {Voir Belfort). 

Le 58, occupe l'emplacement de l'ancien hôtel Ledoux, voisin de 
celui de Napoléon, 6Q, rue de la Victoire, qu'habitait Barras et qui fut 
célèbre par les fêtes qu'il y donna. Cet hôtel construit par Ledoujx se 
voyait encore en 1875. Au 18, est l'église Notre-Dame-de-Lorette. 

CHATEAU-LANDON (rue de) -*-«s rue du Faubourg-Saint-Martin, 185 »-> 
boulevard de la Chapelle, 1 et de la Villette, 171 [Enclos-Saint-Laurent, 
Saiiit-Vincent-de-Paul, 10<^ arr. 600 m.] 

Sous le nom. de cheimin de Châteaii-Landon , ville de France, 
connue par ses belles carrières de pierre de taille, elle existait déjà 
au XVII® siècle. Précédemment comme elle conduisait au gibet de 
Montfaucon (Buttes-Chaumont), on l'appelait aussi cheinm des 
Potences. 

Au 27, est l'école Colbert. Au 39, au coin du boulevard de la Cha- 
pelle, ancienne maison de campagne dépendant de la Ferme Saint- 
Lazare, habitée autrefois par les Lazaristes. On en voit encore la 
porte d'entrée. 

CHATEAU-ROUGE (place du) située rue Barbés, 44 et rue Gusline, 2 [Mont- 
martre, Ciiif/ia/icoui't, 18« arr.] 

En partie absorbée par l'ouvei-ture du boulevard d'Ornano, cette 
place a été formée en 1847. On lui a donné le nom de Château-Rouge 
à cause du Petit château, dit Château-Rouge, construit spécialement 
en briques rouges et pierres de taille, comme toutes les constructions 
de l'époque, pour Gabrielle d'Estrées par son royal amant Henri IV. 
Ce sont aujourd'hui les maisons de 42 à 52, de la rue de Clignancourt 
(anciennes parties de la rue du Château- Rouge) qui le remplacent. 

C'est au Château Rouge, ancien bal public (Voir Clignancourt et 
Bals disparus), que furent conduits le 18 mars 1871, les généraux 
Lecomte et Clément Thomas, avant d'être livrés au peloton d'exécu- 
tion qui devait les conduire rue des Rosiers, près de la vieille église 
de Montmartre pour y être fusillés (Voir rue de lai Barre). 

CHATELAIN (rue) <-^ rue de l'Ouest, 101 &-> rue de Vanves, 84 [Obser- 
vatoire, Plaisance, 14" arr. 118 m.] 

Nom du propriétaire dat;e de 1863. 

— 321 — 

21 



Chdtelet 

€HATELET (passage) -^-^ avenue de Saint-Uuen, 12,'] b^ boulevard 
. Bessières, 37 [BATrooLLEs, Epinettes, 17" arr. 410 m.] 

Foiiné sur les terrains de M. Châtelet. 



1 



CHATELET (place du) située entre les quais de la Mégisserie, 2 et de 
Gesvres, 16 et le boulevard de Sébastopol, 1, l'avenue Victoria, 15 et la rue 
Saint-Denis, 2 [Louvrk, Saini-Germain-rJuxerrois, l^^' acr.; 1Iotel-de-Ville, 
Saint-Merri, l'' arr.] 

Créée sur l'emplacement du Grand Châtelet démoli en 1803, 
cette place fut complètement transformée en 1854, lors du percement^ 
de la rue de Hivoli. 

Le Grand Châtelet était une forteresse destinée à défendre l'accès 
de Paris par le pont au Change ; on en attribuait la construction aux| 
llomains, parce qu'il y avait une chambre dite de César, et qu'au-dessus 
de la porte d'entrée, se trouvaient gravés les mots l^rihutiuDi Cœsaris^ 
mais il semble plus vraisemblable d'en attribuer l'édification au roi 
Louis YI dit le gros, qui régna de 1108 à 1137, et qui remplaça la Tour' 
en bois, qui s'élevait primitivement à l'extrémité du pont au Change, 
par une autre tour ou forteresse plus grande, qui en 1147, dans ^^u.^| 
acte de Louis VII, fils de Louis le Gros, figure sous le nom de Rcgis^^ 
Castellucius (Châtelet du roi). liC Châtelet brûlé par les Normands fut 
reconstruit et agrandi par Charles Y; les nouveaux bâtiments servaient 
alors comme siège de la jurisprudence parisienne et aussi comme prison 
Ces prisons ou plutôt ces cachots étaient malsains et malpropres. Dan 
quelques-uns on y descendait les prisonniers à l'aide de poulies. L'un 
s'appelait Chausse d'Hypocras (les captifs y avaient les pieds dans 
l'eau croupie). Un autre: Fin d'Aise était rempli de reptiles et d'im- 
mondices. Il y avait encore le Berceau, le Paradis, le Grièche, le Puits, 
les Oubliettes, etc., etc. Le Châtelet fut successivement agrandi pen 
dant les années 1242, 1257 et 12G1 et reconstruit en 1684. 

Le 12 juin 1418, quand les Bourguignons furent introduits dans 
Paris par Perinet-Leclerc (Voir Buci), ils se portèrent sur le Petit et 
le Grand Châtelet et y égorgèrent les 21G Armagnacs qui s'y trouvaient 
détenus. Les bâtiments du Châtelet tombaient en ruines en 1460, et 
Charles YII transféra sa juridiction au Louvre. En 1507, après quel- 
ques réparations indispensables Louis XII le rétablit comme il était 
autrefois. Yers 1{)84, Louis XIY fit entièrement reconstruire le Châ- 
telet sur l'emplacement de l'ancienne église Saint-Leufroy et de trois 
maisons achetées à cet effiet. Il ne resta que plusieurs tours de l'ancien 
édifice, sous lesquelles on avait réservé un passage étroit et obscur qui 
permettait de se rendre du pont au Change à la rue Saint-Denis. L'an- 
cienne place du Châtelet s'est appelée : Ayjwrt de Paris, ancien nom 
qui lui venait, soit de Porte de Paris, soit d'Ajyport de Paris, qui vou- 
lait dire: marché de Paris. 

La place actuelle a été formée sur l'emplacement de l'ancien Châ- 

— 322 — 



Châtelet 

telet et aussi des rues ; 1° de la Joaillerie, autrefois en 1300, rue du 
Chevet Saint-Leufroy, parce qu'elle longeait le chevet de l'église de ce 
nom en 1684. Prolongée en 1313, sur l'emplacement du four banal elle 
devint rue du Four d'Enfer ou Four de Métier; ce n'est qu'en 162^1 
qu'elle prit le nom de rue de la Joaillerie, en raison des joailliers et des 
orfèvres qui vinrent s'y établir, après la destruction du pont au Cbange 
(Voir ce nom)', 2** de la Vieille Chevalerie, de la Tuerie, autrefois rue 
de V E SCO r chérie en 1280, noms qu'elle devait au voisinage des bouche- 
ries Saint- Jacques. En 1512, on l'appelait la rue des Lessives; 3° de la 
T riperie, qu'en 1210 on dénommait rue des Bouticles, en raison des 
petites « bouticles » (boutiques) de tripiers qui s'y trouvaient. Ce fut 
ensuite la /ne de l'Araigne (croc à plusieurs branches qui servait jadis 
. à attacher la viande à l'étalage) ; 4" du Pied de Bœuf, de la rue Saint- 
Leufroy, précédemment rue devant le Chastel (château, châtelet) et 
enfin la rue Trop va qui dure ou qui m'y trouva si dure, dénomination 
dont l'origine est restée inconnue; cette rue qui conduisait au Châtelet 
prit le nom en 1634, de Descente de la vallée de Misère! 

Parmi les rues disparues, il y avait encore, la rue Pierre Poisson, 
qui commençait à la place du Châtelet pour finir rue de la Saunerie 
(grenier à sel). Cette i"ue existait vers 1180 et devait son nom aux 
pierres sur lesquelles se vendait le poisson. A cette époque Philippe- 
Auguste avait autorisé les bouchers à vendre également la viande de 
poisson (\ oir Abattoirs). En 1300, le poète Guillot la désigne comme 
■rue O.-Poisson; au xvii" siècle ce fut la rue de la Sarderie, puis de la 
Poulaillerie, à cause des volailles dont on y faisait le commerce. 

Le Châtelet, était le siège d'une juridiction toute spéciale dite: Jus- 
tice du Châtelet, qui datait d'une époque très reculée et que Philippe 
le Bel régularisa en 1302; elle fut complètement abolie en 1798. Sous le 
Consulat vers 1802, les bâtiments furent jetés à bas, et depuis il ne reste 
plus rien de la redoutable prison. 

Une inscription placée sur le mur de la Chambre des Notaires ins- 
tallée depuis 1803, rappelle que ce fut là « l'emplacement du Grand 
Châtelet », elle donne en outre le plan des bâtiments et indique que de- 
puis Louis YII « il fut le siège de la Prévôté de Paris et de la Chambre 
des Notaires ». A ces tribunaux qui étaient en quelque soi-te une succur- 
sale du Parlement, étaient annexés: une prison, la grande morgue où 
l'on exposait les cadavres relevés dans Paris (Voir Morgue) et le corps 
de garde desservi par la compagnie du guet de l'Etoile, composée d'un 
chevalier du guet, de 4 lieutenants, d'un guidon, de 8 exempts, de 
39 archers à cheval et de 100 hommes à pied. Cette compagnie créée 
sous le règne du roi Jean en 1350, fut supprimée en 1733, puis rétablie 
le 22 juillet 1765. Lavallée appelle le Châtelet « le monument 
sinistre ». 

Au centre de la place du Châtelet, est la Fontaine de la Victoire ou 

— 323 — 



Chdlelet 

du Palmier, édifiée en 1807, par l'arcliitecte Bralle, en souvenir de 
l'expédition d'Egypte. Elle a été restaurée en 1858 par Ballu, lors de la 
translation, le 22 avril de la même année, à quelques mètres de l'en- 
droit où elle était primitivement, et cela à cause des modifications 
apportées à la place, cette fontaine fut de nouveau remise à neuf 
en 1898. 

Cette place est ornée de deux théâtres: le Châtelet (Voir ce nom) 
et l'ancien théâtre lyrique, devenu théâtre des Nations, puis F Opéra - 
Comique, après l'incendie de la salle Favart (le 25 mai 1887) et enfin 
théâtre Sarah-Bernhardt primitivement théâtre de la Renaissance, 
au boulevard Saint-Martin (Voir ce nom). 

CHATELET (théâtre du) situé place du Châtelet [Louvre, Saint- Germain- 

l'Auxerrois, 4"= arr.] 

La salle du Châtelet a été construite en 1860, par Davioud en 
même temps que l'ancien théâtre lyrique, aujourd'hui théâtre Sarah 
Bernhardt, qui fut inauguré le 19 août 1862. 

L'origine du ThèdUe du Châtelet remonte à 1780. Il fut f(mdé 
24, faubourg du Temple, par Antoinei Franconi et l'écuyer Astley, et 
fut surtout un cirque consacré aux exercices de voltige. Un peu plus 
tard, le fils de Franconi, succédant à son père, ajouta au cirque un 
théâtre et s'installa au jardin des Capucines (1798). 

En 1807, l'Empire ayant exproprié ce jardin pour le percement de 
la rue de la Paix, Franconi transporta son théâtre rue du Mont-Tliabor, 
sous le titre de Cirque Olympique. En 1816, exproprié de nouveau pour 
la construction du Ministère des Finances (aujourd'hui Hôtel Conti- 
nental), il retourna faubourg du Temple. Incendié le 16 mars 1826, il 
rouvrit le 31 mars 1827, boulevard du Temple, entre l'Ambigu et l'an- 
cien hôtel Foulon (disparu), sur un emplacement occupé précédemment 
par les Cafés Chinois, du Périgord, le Théâtre de la Malaga, les 
Ombres chinoises Dhurpy et le Théâtre des Troubadours. Le genre du 
théâtre, des lors définitif, fut la pièce militaire à grand spectacle et 
la féerie. 

A la révolution de 1848, il changea son titre et devint Théâtre 
National, puis, dès le troisième empire, il prit celui de Théâtre Impé' 
liai du Cirque. 

Enfin, en 1862, ayant encore été exproprié pour le percement du 
boulevard du Prince-Eugène, aujourd'hui boulevard Voltaire, il fut 
transféré à la place du Châtelet dont il prit le nom. 

La grande vogue de ce théâtre date surtout de la Révolution de 1830, 
et se continua pendant le lègne de Louis-Philippe et celui de Napo- 
léon III, parla représentation des nombreux épisodes de l'épopée impé- 
riale. C'est un certain Gobert, artiste de ce théâtre, qui, doué d'une res- 
semblance frappante avec l'empereur, le représenta dans toutes ses 

— 324 — 



Chauchat 

attitudes depuis le Bonaparte de Brienne, jusqu'au Napoléon de Sainte- 
Hélène. Gobert à force de « jouer les Napoléon » — car toute sa vie il 
n'eut pas d'autres rôles — était tellement « entré dans la peau du bon- 
homme » comme il disait, que même à la ville, soucieux de sa person- 
nalité, il conservait des airs d'autorité, causait peu avec les camarade» 
et par instants se prenait réellement pour le vainqueur d'Austerlitz ! 

Les grands succès du Châtelet furent, au boulevard du Temple, les 
Vilule^ du Diable, la, Prise de PélHn, les Cosaques, M aven go; avec Clé- 
ment Just, Colbrun, Maurice Coste, Dumaine, et plus tard, place du 
Châtelet, Michel Strogoff avec Marais, Marie Lavirent, etc., etc. 

Les concerts Colonne, se donnent depuis 1865, dans la salle du 
Châtelet, et ont lieu le dimanche de ;i à 5 heures. 

CHATÏLLON (avenue de) <-« avenue d'Orléans, 90 et rue d'Alésia, 87 »-^ 
boulevard Brune, 89 [Observatoire, Petil-Montrouge, l'i© arr. 625 m.] 

En 1730, sur le plan de Roussel, elle portait le nom à^avenue de 
Chevreuse ; en 1813, c'était la, roide départevienfalc n° 54. En 1863, 
elle reçut le nom de Châtillon parce qu'elle conduit au village de Châ- 
tillon-sous-Bagneux. Pendant la guerre franco-allemande de 1870-71, 
l'artillerie prussienne occupait les hauteurs de Châtillon et l'on chantait 
alors sur un air de sonnerie militaire (Voir Bi geaud). 

As-tu vu Bismarck à la Porte de Châtillon... (bis) 

CHA-TILLON (passa°^e de) *-^ avenue de Châtillon, 20 m-* rue des Planlc s 
[Observatoire, Petit-Moiitrow^e, 14<= arr. 180 m.] 

Précédemment impasse Marais, a changé de nom en 18T7 (Voir 
avenue de Châtillon). 

CHAT-QUI-PÊCHE (rue du) -e^s quai Saint-Michel, 11 s^-> rue de la 
Huchette, 14 [Panthéon, Sorbontie, 5" arr, 29 m ] 

Cette petite rue étroite date de 1540. C'était autrefois la ruelle des 
Etuves à cause des bains qui y étaient situés, puis du Renard, par suite 
d'une enseigne, rue des Deux Bouticles, voisinage de la Seine (bouti- 
ques à pêche), et enfin du Chat qui pêche, nom emprunté à une ensei- 
gne de traiteur. 

CHAUCHAT (rue) <-?» galerie de l'Horloge, 6 (passage de l'Opéra) m~^ rue 
Lafayette, 44 [Opéra, Faubourg-Montmartre, 9» arr. 246 m.] 

Percée en 1779, par les soins de Jean-Joseph de la Borde, seigneur 
de la Ferté {Voir Laborde) qui habitait un hôtel au 17 de cette) rue, 
on lui a donné le nom de Jacques Chamchat, écuyer, avocat au Parle- 
ment et échevin de Paris de 1778 à 1780; à cette époque elle n'allait 
encore que de la rue de Provence à la rue Chantereine (aujourd'hui de 
la Victoire); la partie située entre les rues de Provence et Rossini n'a été 

— ;}25 — 



Chaussée-d' Antin 

ouverte qu'en 1822, et le petit tronçon attenant au passage de l'Opéra 
fut pratiqué en 1875, sur l'emplacement de l'ancien théâtre de rOpéra, 
incendié en 1873 (Voir Oi'era). 

Au 6, Salle des Elèves des Arts et Métiers, construite en 1875, ayant 
servi avant le hrach de 1882, à une société financière. En face est la 
banque de l'Union Parisienne. Au 16, Halle de l'Octroi, datant de 1821; 
transformée en temple protestant de la Rédemption, le 25 juin 1843. 
jour anniversaire de la présentation de la confession d'Augsbourg à 
l'empereur Charles-Quint. Au 24, ancienne maison du Siècle (sculp- 
tures et nombreux motifs d'ornementation). 

CHAUDRON (rue) <-«? rue du Faubourg-Saint-Martin, 243 mr~> rue Château- 
Landon, 56 [Enclos-Saint-Lauiient, Sainl-Vincent-de-Paul, 10*= arr. 217 m.] 

Elle doit son nom à l'ancienne fontaine Chaudron ou du Chaudron, 
située à l'angle de la rue Lafayette (vieux chemin de Pantin) et du 
faubourg Saint-Martin, qui fut édifiée en 1718, par Joseph Chaudron 
en même temps que la rue du même nom. Cette fontaine a cessé de 
couler depuis 1861. 

CHAUFOURNIERS (rue des) <-« rue de Meaiix, 16 ;=^^ eu impasse [Buttks- 
Chaumont, Combat, 19« arr. 320 m.] 

Précédemment rue Arago (Voir Observatoire), elle a été appelée 
en 1867, rue des Chaufourniers, à cause du voisinage des anciens fours 
à chaux de» Buttes-Chaumont. On sait, qu'on nomme Chaufourniers, 
les ouvriers qui travaillent dans les carrières à chaux. 

CHAUSSÉE-D'ANTIN (rue de la) ^-«boulevards des Capucines, 2 et des 
Italiens, 38 »-> rue Saint-Lazare, 73 et de Ghàteaudun, 57 [Opéra, Chaussée- 
d'AnUn, 9'= arr. 578 m.] 

Cette rue n'était au xvii® siècle qu'un chemin sinueux allant de la 
porte Gaillon au village des Porcherons situé aux environs de l'avenue 
du Coq (rue Saint-Lazare). On l'appelait à cette époque: chemin des 
Porcherons, de Végout de Gaillon et chemin de la Gratide-Pinte, parce 
qu'elle était voisine du cabaret de la Grande-Pinte ou Tambour royal 
et du château de^ Porcherons bâti en 1320, et appartenant à la famille 
de Coq. En 1760, le fameux cabaret de -Tean Ramponeau venu de Bel- 
leville vint s'installer aux Porcherons. La barrière des Porcherons était 
située rue vSaint-Lazare. 

En 1720, on la nommait rue de V Hôtel-Dieu, parce que l'Hôtel- 
Dieu y possédait une ferme, (^uant Mirabeau (Voir ce nom) mourut 
le 2 août 1791 an 42 de cette rue, elle prit alors le nom de rue Mira- 
beau le Patriote; une plaque scellée au mur portait gravés en lettres 
d'or ces deux vers de Chénier: 

L'âme de Mirabeau s'exhala en ces lieux ! 
Hommes libres pleurez ! Tyrans fermez les yeux ! 

— 336 — 



Clui nssée-d'A n lia 

Cette inscription fut enlevée en 1T93, alors que cette rue devint la 
rue du Mont-Blanc, en mémoire de la réunion à la France du départe- 
ment du Mont-Blanc, partie de la Savoie dont Cliambéry était le chef- 
lieu, et. enfin la Bestauration lui donna le nom de Chaussée d'Antin 
parce qu'elle avait été ouverte en face des jardins de l'Hôtel d'Antin. 
Au coin de la Chaussée d'Antin et de la rue Saint-Lazare était le 
fameux hal du Mont-Blanc (Voir Bals disparus). 

Le vieux Clievreul, qui mourut le 9 avril 1889, à l'âge de 108 ans 
(Voir Chevreul), se jappelait que dans sa jeunesse, il avait fait l'ou- 
verture de la chasse dans les terrains de la Chaussée d'Antin. Mais 
vers la fin du xviii'' siècle, grâce à l'initiative du marquis de Montespau, 
duc d'Antin, dont elle porte le nom, et qui à cette époque occupait les 
fonctions de surintendant des bâtiments du roi (Voir boulevard des 
Italiens), la Chaussée d'Antin devint bien vite le quartier de Paris le 
plus « à la mode ». 

Le Vaudeville, occupe au n° 1 l'emplacement du petit hôtel de 
Montmorency qui existait en 1775. Au 2, était en 17G4 un dépôt de 
gardes françaises qui avait été fondé par le colonel de Biron; leur 
musique fut versée au Conservatoire en 1790 (Voir Conservatoire). 
Rossini l'immortel auteur de Guillaume Tell et du Barbier de Séville 
y habita. Il était né en 1792 à Pesaro (Italie) et mourut le 13 novem- 
bre 1865, avenue Ingres à Passy (Voir Rossini)^ Les maisons 4 et 6, ont 
été construites sur l'emplacement de l'ancien cimetière Saint-lloch. 
L'ouverture de la rue Meyerbeer a fait disparaître en 1860, plusieurs 
hôtels intéressants, entre autres: celui de M. d'Epinay qui y habitait 
avec Grimm en 1784; cet hôtel était au 5; Mozart y passa, quelques 
mois. Au 7, était en 1775, le ministre Necker, sa fille Mme de Staël y 
avait été élevée (Fo«> Mulhouse). Sou's le Directoire le docteur Réca- 
mier le posséda, et le salon de la « belle madame Récamier » était 
envié de tous; plus tard cet hôtel fut vendu à Mosselmann, devint la 
propriété de la comtesse Le Hon, ambassadrice de Belgique, La célèbre 
danseuse de l'Opéra, la Guimard, y avait son hôtel au 9. Les frères 
Lazare, nous apprennent que l'hôtel de cette étoile était plus somp- 
tueux que celui de Neeker et ajoutent : « Mlle Guimard sut gagner à la 
pointe de ses pirouettes, sa réputation, sa fortune et le cœur de cet 
excellent prince de Soubise, qui était plus à son aise aux pieds d'une 
danseuse qu'à la bataille de Rosbach, en face du Grand Frédéric. Un 
jour la jeune et belle damnée, comme l'appelait Marmontel, en s'éveil- 
lant se dégoûta de sa maison de Pantiii qui sentait la roture, elle vou- 
lut un hôtel dans cette rue que hantait le beau monde. Ledoux se mit 
à l'œuvre et bientôt, une fête mei-veilleuse inaugura le temple de la 
déesse, dénommé temple de Terpsichore. Cet hôtel renfermait un théâ- 
tre assez vaste pour contenir cinq cents personnes. Après le ballet, la 
Guimard se donnait le délassement de la comédie jouée par l'élite des 
pensionnaires du Roi... ». Cet hôtel avait une terrasse qui dominait le 

— 327 — 



Chaussée-d'Antiii 

boulevard des Italiens (Voir ce nom,). Mis €11 loterie et gagné par la 
comtesse Dulan, il fut acheté quelque temps après par le célèbre finan- 
cier Perragaux. Plus tard, un autre banquier, Jacques Laffitte vint 
s'y installer (Voir Laffitte). Ce fut ensuite un magasin de nou- 
veautés. 

Au 10, hôtel de Périer (Voir Mazarine). Au 22, ancien hôtel qui 
fut habité par le conventionnel Lakanal, par le général Moreau et le 
général Bourmont en 1816; de chaque côté de la porte d'entrée on y 
voit encore de vieilles bornes cerclées de fer, servant autrefois à proté- 
ger les murs des atteintes des roues des carrosses. Au 23, vieille mai- 
son avec hôtel intérieur. Au 36, habitait et mourut Fontanes, grand- 
maître de l'Université (1757-1821) dont le nom a été donné à l'ancien 
collège Condorcet situé rue Caumartin (Voir ce nom). C'est par le 38 
de la Chaussée d'Antin, que les troupes de Versailles pénétrèrent le 
«i'B mai 1871 pour s'emparer des barricades de la rue Lafayette. 

Au 53, Gambetta y fonda le journal L« République Française et 
habita cette maison avant d'aller rue Saint-Didier, 57. Ce fut dans un 
petit jardin englobé aujourd'hui dans la rue Mogador, que la veille de 
son duel avec M. de Fourtou, ministre de Mac-Mahon (16 mai 1876), 
il s'essaya toute la nuit au tir au pistolet. 

Au coin de la rue de Provence, au ii° 54 était autrefois l'hôtel Mon- 
tesson, qui s'étendait jusqu'à la rue Taitbout. En 1810, cette propriété 
appartenait au prince de Schwartzenberg, ambassadeur d'Autriche. Ce 
fut là, que pendant une fête donnée en rhoniieur du mariage de Napo- 
léon et de Marie-Louise, éclata un terrible incendie dans lequel 
périt malheureusement la princesse de Schwartzenberg (Voir Pro- 
vexce). Au 56, est un marchand de vins, sur la porte duquel est ins- 
crit « fondé en 1555 ». La vérité est que ce cabaret faisait partie des 
nombreux cabarets ou vide-bouteilles installés aux Percherons, parmi 
lesquels se trouvaient: le Grand Coquenard (Voir rue Caîdet), le Petit 
Suisse, le Franc Pineau et le Tainbour Boyal; celui-ci se nommait 
aussi la Grande Pinte, il avait été créé sous Louis XIV, dans un enclos 
des Mathurins, sur la rue du Moulin des choux, ainsi dénommée à 
cause d'un moulin à eau servant à arroser les jardins maraîchers du 
voisinage. Ce cabaret eut une immense vogue au xviii^ siècle, et même 
sous la Restauration, il était encore très à la mode; le 27 juillet 1830, 
Grarnier Pages, Barbes et les autres députés libéraux y tinrent conseil 
en attendant la décision des autres députés réunis à l'Hôtel Laffitte. A 
cette époque, on traversait la Chaussée d'Antin à l'aide d'un petit 
pont appelé pont de V Hôtel-Dieu, au-dessous duquel coulait un ruis- 
seau fétide et noir. 

Au 62, construit sur l'emplacement du pavillon de M. de la Popeli- 
nière, fermier général en JL747, que Joséphine de Beauharnais pos- 
sédait avant son mariage avec Napoléon {Voir rnie de la Victoire), le 
général Foy, orateur politique, né à Ham (Somme) le 3 février 1775, 

— ■ 328 — 



cil cm in - des- de ii.v- F/ères 

mourut dans cette maison le 28 novembre 1825 (Voir Général Foy). 
Au 66, dans l'ancien hôtel Montfermeil, demeurait le cardinal Fesch, 
oncle de Napoléon I'"' (176:1-1839). Le Crédit Industriel en occupe une 
grande partie. 

CHAUSSÉE-DE-LA-MUETTE (rue de la) <^-^ rue de la Pompe, 1 »-^ avenue 
Ingres [Passy, Muette, Porte-Daupliine, 16« arr. 340 m.] {Voir Muette). 

CHAUSSIN (passage) <-« rue Picpus, 99 »-^ rue de Toul, 23 [Reujlly, Bel-Air, 
12^ arr. 134 m.] 

Ouverte en 1884, par M. Chaussin, propriétaire. 

CHAUVEAU-L.AGARDE (rue) <-«« place de la Madeleine, 21 m-* boulevard 
Malesherbes [Elysée, Madeleine, 8" arr. 163 m.] 

Créée en 1824, sur les terrains du cjuvent de N otre-Dams-de- 
Grâce, elle n'allait alors que jusqu'à la rue de l'Arcade. Ce n'est qu'en 
1862, qu'elle fut prolongée jusqu'au boulevard Malesherbes. Le voi- 
sinage de la chapelle expiatoire {Voir ce nom) lui a fait donner le 
nom de Chawveau-Lagarde. 

Claude-François Chauveau-Lagarde, avocat, conseiller à la Cour 
de cassation (1756-1841), défendit devant le tribunal révolutionnaire 
Marie-Anfoinette, Mme Elisabeth, et plus tard Charlotte Corday 
(Voir Argout). En 1808, Chaveau-Lagarde, habitait l'hôtel portant le 
n° 18 , de la rue de FUniversité. Au 1, se trouve une ancienne inscrip- 
tion de rue sur fond jaune bordée de noir {Voir Plaques des Rues). 

CHAUVELOT (boulevard) -<-^ rue de Veuille, 38 ss-^- rue des Morillons, 25 
[Vaugirard, Saint-Lambert, 15« arr. 135 m.] 

M. Chauvelot est fondateur du village de l'Avenir aux rues duquel 
il avait donné le nom des principales victoires de la campagne d'Italie 
1859. 



CHAUVELOT (rue) <-^ss rue Brancion, 33 S3-»- boulevard Lefèvre, 22 [Vau- 
girard, Saint-Lambert, 15« arr. 174 m.] 

Classée en 1854 (Voir boulevard Chauvelot). 

CHAZEL.L.ES (rue de) -<— sa boulevard de Courcelles, 94 ss— >- rue de Prony, 17 
[Batignoi.les, Plaine-Monceau, 11'^ arr, 315 m.] 

Formée en 1868, par son propriétaire M. de Chazelles. 

CHEMIN-DES-DEUX-FRÈRES (impasse du) -<-^ impasse de Montviso, 8 
[Montmartre, Clignancourt, IS^ arr. 70 m.] 

Ce chemin appartenait à deux frères. 

— 329 — 



Chemins de fer 

CHAUSSON (impasse) située rue de la Grange-aux-13elles, 33 [Mnclos-Saint- 
Lauuent, Hôpital- Sainl-Louis, lO» arr. 100 m.] 

Nom du propriétaire. L'ancien passage Chausson, aujourd'hui rue 
Pierre Chausson, va du 24, de la rue du Château-d'Eau, au 21, du bou- 
levard Magenta {Voir ce nom). 

CHEMIN-VERT (rue du) -<-^ boulevard Beaumarchais, 46 5^-> avenue de la 
République, 182 [Popincourt, Saint- Ambroise, Roquette, 11" arr. 1511 m.] 

Cet ancien cbemin existait en 1G50, et conduisait de la Bastille à 
Ménilmontant sous le nom. de rue Verte. Des lettres patentes d 
2 mai 1780, ordonnèrent, le prolongement de cette rue jusqu'au rem 
part. 

Elle avait reçu le nom de rue VeHe parce qu'elle n'était primiti 
vement qu'un chemin pratiqué au milieu de marais et d'herbage? 
verts. En 1780, pour honorer la mémoire de Jean-Denis Levé, écuyer 
du roi et échevin de Paris, il fut décidé qu'on donnerait son nom à 1 
rue Verte, mais cette dénomination ne fut jamais ratifiée et de ru 
Verte on ht rue du Cliemin-Vert. 

Jean-Jacques Rousseau, raconte qu'un jour, revenant d'herborisé 
sur la colline de Ménilmontant, il fut renversé dans cette rue par u 
gros chien danois appartenant à M. Le Pelletier de Saint-Fargea 
(Voir rue Sévigné) et que a dans sa chute il faillit se rompre 1 
mâchoire ». Relevé sans connaissance il fut transporté dans un^ 
maison de la Haute-Bôrne, nom donné en souvenir d'une ancienne 
pierre druidique (Men-hir) trouvée en cet endroit {Voir Pierre- 
Levée). Au 68, est moi-t le 17 décembre 1813, l'agronome Parmentie 
qui le( premier intioduisit la pomme de terre en France. Il était né 
Montdidier (Somme) en 1787. Une &tatu© de lui avait été érigée 
Neuilly-sur-Seine, en face de la Justice de paix, et décorait une plao 
qui porté son nom {Voir Parmentier), mais elle a été enlevée il y 
une dizaine d'années. Au 45, passage du Chewdn-Vert, ouvert en 1834, 
Au 76, emplacement d'une maison de ceumpagne, une folie que possédait 
Mme de Genlis, gouvernante des enfants du duc de Chartres, bien 
avant que l'avenue Parmentier ne l'ait fait disparaître. 



J 



CHEMINS DE FER. 

La première ligne de cbemin de fer construite à Paris a été celle 
de VOuest (rive droite) : de Paris à Saint-Grermain ; elle fut inaugurée 
le 9 juillet 1835. UOuest (rive gauche) du boulevard Montparnasse 
n'obtint son autorisation qu'en 1836. Le Chewiin. de fer d'Orléan 
date du 7 juillet 1838; le prolongement du quai d'Orsay a été exécuté 
en 1900, puis vint le Chemin de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, qui 
commença à marcher le 15 juillet 1845. (^uant à la Compagnie d< 
l'Est, elle avait été établie le 29 juillet 1844 {Voir Jullien). 

— 330 — 



Clu'Diins de fer 

En ce qui concerne les lignes secondaires, ou de raccordement, 
nous voyons la ligne de Paris à Sceau.i-, concédée le 5 aoiit 1844 (gare 
de Sceaux, avenue de l'ObseiTatoire), le prolongement jusqu'à la Gare 
de Médicu (2, rue Gay-Lussac) a été achevé le l*"" avril 1895. 

Le Chemin de fer de Ceinture entre la gare d'Orléans et l'avenue 
de Clicliy fut terminé le 10 décembre 1851; la portion entre la rue de 
Rome et Auteuil, le 18 avril 1852; celle entre Auteuil et le chemin 
de fer d'Orléans le 14 juillet 1861; le raccordement av«c les docks de 
Saint-Ouen, le 31 juillet 1802, le raccordement entre le chemin de 
fer de Ceinture et le marché aux Bestiaux de la Yillette, le 19 octobi^ 
1864, et celui de l'avenue de Clichy et Courcelles-Ceinture, le 
'SI mai 1865. 

Le chemin de fer des Moulineaux, date du 31 décembre 1875, il a 
été raccordé avec la gare des Invalides-Ceinture pour l'Exposition de 
1889. Le nouveau service de la gare du Nord et retour par la Ceinture 
a commencé le 1^"" avril 1893. 

Depuis l'Exposition de 1900, d'immenses travaux ont été faits, 
les lignes ont été doublées sur une grande partie du parcours et de 
nouveaux tronçons desservent les gares du Champ-de-Mars, des Inva- 
lides et même de A^ersailles, depuis 1902. 

Le Métropolitain de Paris (chemin de fer souterrain) a été com- 
mencé en 1898, et son premier tronçon allant de Vincennes à l'Etoile, 
par le faubourg Saint-Antoine, la rue de Rivoli, et l'avenue des 
Champs-Elysées, fut inauguré le 19 juillet 1900, année de l'Exposi- 
tion. Cette ligne qui comporte 14 kilomètres a été construite par 
M. Bienvenue, l'habile ingénieur en chef de cette Compagnie. 

Un second tronçon allant de la ijlace de l'Etoile à la place de la 
Nation et se raccordant sur le premier, par les anciens boulevards 
extérieurs {Voir Boulevards), d'une longueur de 12 kilomètres, a été 
ouverte au public le 30 janvier 1903. Beaucoup d'autres lignes sont en 
préparation, entre autre Courcelles-Ménilmontant et le Circulaire Tro- 
cadéro, Pont d' Austerlitz par la rue Réaumur, traversant deux fois la 
Seine, au pont d'Austerlitz et à Passy' à l'île des Cygnes. La ligne de 
l'Etoile à la Nation a donné lieu à des travaux mei-veilleux pour son. 
établissement au-dessus des chemins de fer du Nord et de l'Est, où 
elle emploie la voie aérienne sur un viaduc de deux kilomètres, établi 
entre la place d'Anvers et Belleville. 

Place de l'Opéra, trois lignes passeront à cet endroit les unes sur 
les autres. Si nous les classons d'après leur rang de profondeur, nous 
aurons en premier, la ligne du Boulevard de Courcelles à Ménilmon- 
tant qui passera le plus près du sol; ensuite la li^gne Auteuil-Opéra, 
et enfin, à 20 ou 22 mètres de profondeur, la ligne Palais-Royal à la 
place du Danube. Les sondages entrepris à la place de l'Opéra ont fait 
découvrir l'existence de l'eau à une profondeur relativement faible. 

— 331 — 



Chenier 

C'est cette même nappe que l'on rencontra lors de la construction de 
rOpéra. Cette grande quantité d'eau provient de l'ancien ruisseau de 
la Grange-Batelière {Voir ce vovi) qui coulait aux temps anciens à tra- 
Ters les faubourgs Saint-Denis, Saint-Martin, par la- Yille-Lévêque et 
passant par le fief ae la Grange-Batelière allait se jeter dans la Seine 
au bas de Cliaillot. 

Piganiol de la Force, dans son histoire de Paris au XYiii^ siècle, 
dit : « Les eaux de ce ruisseau, absorbées sans doute par les carrières 
de plâtre, ne coulent plus ; une partie de son lit forme le grand égout 
de la ville.» 

Quoi qu'il en soit, eau de ruisseau ou eau d'infiltration, la nappe 
existe et a donné lieu à des travaux importants, au coulage d'un cais- 
son de dimensions gigantesques, de 32 mètres de long sur 23 mètres 
de large, sur lequel reposent les assises de la triple gaxe de l'Opéra. 

Dès 1853, il y eut un projet de chemin de fer souterrain à système 
de « trottoir roulant » qui devait circuler sur 25 kilomètres d'étendue, 
et qui aurait coiité 40 millions. 

CHÊNE-VERT (passage du) <— es rue de Charenton, 46 ^-> avenue Dau- 
mesnil, Il [IIkuilly, Ou inze- Vingts, 12" arr. 152 m.] 

Doit son nom à une enseigne « Au Chêne Yert » qui se voyait 
encore en 1840. 

CHENIER (rue) ■<-^. rue Sainte«Foy, 27 ss— >- rue de Gléry, 96 [Bourse, Bonne- 
Noucelle, i" arr. 73 m.] 

Ouverte en 1660, elle fut d'abord dénommée: : me Sainte-Anne, 
puis Saint-Claude, à cause d'une image de ce saint placée au coin 
de l'ancienne rue Bourbon- Villeneuve (Voir Aboukir). On voit encore 
à l'angle de la rue Sainte-Foy, une inscription murale de Rue 
Claude, l'S de Snint-GXiàViàe ayant été gratté en 1793, après que la 
commun© eut aboli les saints {Voir Plaques des Rues). En 1804, on 
lui donna le nom de rue Chénicr. 

André-Marie Chénier, poète élégiaque, né à Constantinople en 
1762, auteur de la Jeune Captive, de V Aveugle, de la, Jeune Malade. 
Son père Joseph Chénier est l'auteur du Chant du Départ dont Méhul 
fit la musique. André Chénier écrivait en 1792, au Journal de Paris; 
gravement compromis par la publication d'un plaidoyer en faveur de 
Louis XYI, rédigé par Malesherbes et de nombreux articles où il cri- 
tiquait les excès de la Révolution, il fut arrêté à Passy, le 17 ventôse, 
amené à Saint-Lazare le 19, traduit devant la Convention pour com- 
plicité dans la fuite de Pastoret ancien procureur syndic, il fut 
condamné et mourut sur l'échafaud le 25 juillet 1794. Avant de livrer 
sa tête au bourreau Sanson, il se frappa le front en disant : Et cei)en- 
dant, j'avais quelque chose là! 

— 332 — 



cil orch e-Midi 

Un contemporain fait de Chénier le portrait suivant : a Lourd 
d'aspect, avec sa tête énorme couronnée d'une épaisse chevelure 
re jetée en arrière, des yeux petits mais vifs, le poète n'avait à pre- 
mière vue, rien de plaisant ». 

André Chénier avait habité la petite maison d'angle de la rue Beau- 
regard, au 97, de la rue de Cléiy dite « Maison du signe de la Croix » 
à cause d'une enseigne encore existante {Voir Enseignes et rue de 
Cléry). 

CHENU (cité) -*-«s rue de l'Ouest, 4 ^^st-*- rue Vercingétorix, 3 [Observatoire, 
Plaisance, 14« arr. 

Nom du propriétaire. 

CHER (rue du) -<-^s rue des Prairies, 80 s^-> rue Belgrand, 6 [MiiNinioiSTANT, 
Père-Lachaise, 20« arr. 104 m.] 

Précédemment en 1830, chemin puis rue du Ratrait, (de retrait, 
retraite, asile, refuge, dont on a fait Retrait). En 1877, le voisinage 
du réservoir de Ménilmontant lui a fait donner le nom du Cher rivière 
du bassin de la Loire. 

CHERBOURG (galerie de) -<-s rue de la Pépinière, 8 ssr^f- rue deLaborde, 1 
[ELysée, Europe, 8<= arr. 57 m.] 

A été créée en 1839, et portait alors le nom de passage du Soleil 
d^Or, provenant d'une enseigne « au Soleil doré » ; celui de Cherbourg 
port de guerre sur la Manche lui a été donné en raison du voisinage 
du chemin de fer de l'Ouest qui dessert cette localité. 

CHERCHE-MIDI (prison du) située rue du Cherche-Midi, o8 [Luxembourg, 
Notre-Damc-des-Chainps, 6<^ arr.] 

Cette prison militaire a été installée en 1686, par une protestante 
nouvellement convertie au catholicisme , Mme Marie-Madeleine de 
Ciz, veuve du sieur Adrien de Combé, pour les filles débauchées et 
repentantes et aussi pour des protestœtites converties. Ce couvent était 
dirigé par les Dames de Saint-Thomas de Villeneuve, qui y avaient 
fondé en 1669, la communauté du Bon Pasteur. Supprimés en 1790, 
les bâtiments après avoir servi longtemps pour la manutention des 
vivres dé l'armée {Voir quai Debilly), ont été démolis et reconstruits 
pour remplacer l'ancienne prison militaire, qui jusqu'en 1853, était 
située à l'Abbaye, près Saint-Germain-des-Prés {Voir Abbaye). 

CHERCHE-MIDI (rue du) <-« rue du Vieux-Colombier, 25 et de Sèvres, 1 ^ 
rue de Vaugirard, 144 [Luxembourg, Notre- Dame-des-Champs, 6« arr.; Vau- 
GiRARD, Necker, 15= arr. 1212 m.] 

On prétend que ce nom qu'elle portait déjà en 1595, alors qu'elle 
n'allait que du carrefour de la Croix-Rouge à la rue du. Regard, lui 

— ']33 — 



Cherche-Midi 

vient d'une enseigne située au n" 19, représentant des gens qui cher- 
che ntmidi à quatorze heures sur un cadran dont les aiguilles marquent 
XIY heures, comme sur les horaires d'Italie et comme l'usage s'en est 
répandu depuis 1900. Une autre version ferait supposer qu'à une 
époque très reculée, il y avait en cet endroit une forêt tellement 
épaisse et sombre « qu'on y eut vainement cherché le soleil à midi »;. 
au xiii* siècle on disait rue du Cha^sse-ulidy. 

Pendant longtemps, cette rue était divisée en trois parties ; la pre- 
mière, qui était la rue du Cherche-Midi; la seconde, entre les rues du 
du Regard et de Bagneux dénommée rue des Vieilles-Tmleries à 
cause des fabriques de tuiles qui s'y trouvaient autrefois; la troisième 
allant de la rue de Bagneux à la rue de Yaugirard, était appelée rue 
du Petit-]' augirard pour la distinguer de son aînée. En 18-32, ces 
trois tronçons réunis sous la même dénomination formèrent la. inie du 
Cherche-Midi. 

Au 4, emplacement de l'ancien couvent des Préviontrés de Sainte- 
Anne, dits de la Croix Rouge. Au 5, hôtelj du marquis de Bullion de 
Gallardan, garde à la prévôté en 1(570; de Peyrenc de Moras conseillM^ 
du roi en 172G, et du marquis de Paraibère en 1738. Les anciennJ^B 
écuries de l'hôtel de Montmorency situées au 15, en 1710, existaient 
au n" 9. Au 11, hôtel de Sully Chaiost. Au 13, ancien couvent des Reli- 
gieuseti du Saint-Sacrevient. Le général Hullin l'habita en 1840. 
Au 18, hôtel de Lambrechts, ministre sous le Directoire. Au 23 était 
le Prieuré de Notre-Dame de Consolation dit du Cherche Midi, fond^_, 
en 16-M, par les Augustiues de Laon. En 1669, leur maison fut vendd^H 
et rachetée par Marie-Eléonore de Rohan qui en prit la direction et y 
mourut en 1681 ; l'église fut reconstruite en 1737. En 1790, le couvenj^. 
fut supprimé, puis démoli, et, sur son emplacement on ouvrit la ^^^H 
d'Assax (^ oir ce nom). Le Conseil de guerre situé au 37, occupe les 
bâtiments de l'ancien hôtel de Toulouse-Lautrec construit en 1750, e^ 
qui précédemment, en 1713, appartenait à la comtesse de Yerue-Luyn^H 
Au 38; dans l'ajieienne comnninmité du Bon Pasteur, fondée en 1669, 
par les Daanes de Saint-Thomas de Villeneuve, et devenue plus tard 
e.n 1686, le couvent des Protestantes converties suivant le désir de sa 
créatrice Mme de Combé, a été installée la prison du Cherche-MidMI 
(Voir ce nom). ^ÊA 

Au 42, naquit en 1774, le célèbre peintre Cogniet mort en 1880. 
Au 40, hôtel du comte de Rochambeau. Kxx 44, maison construite en 
1771, dans laquelle mourut l'abbé Grégoire, qui a laissé son nom à 
l'ancienne me des Missions devenue riie de Vahhé Grégoire depuis 
1880' • (Voir ce nom.). C'est également au 44 qu'habitait Garât 
qui, en 1793, fut chargé d'aller signifier au roi Louis XYI 
son arrêt de mort. Au 78, vieille boutique avec margelle en 
pierre (Voir Petite Boucherie). Au 83, hôtel de Clermont-Tonnerr^ 

— 334 — 



Chevaleret 

où résida Cabanis, médecin de Mirabeau, et où le 10 août 1793, le 
comte de Clermont-Tonnerre fut massacré devant sa porte. Au 85, 
maison du xvii" siècle avec jolie madone. Au 86, est l'ancienne cour 
des Vieilles-Tuileries. Au 87, hôtel de Perusse de Cars, bâti en 1789. Le 
maréchal Lefèvre, duc de Dantzig l'occupait en 1812'. 

Victor Hugo, le grand poète (Voir ce nom) habitait le 27 de cette 
rue en 1822, lors de son mariage. 

CHEREAU (rue) <-^ rue de la Butte-aux-Gailles, 3 -^s-> rue Bobillot, 38 
[GoBELiiNS, Maison-Blanche, 13« arr. 90 m.] 

Nom du propriétaire. 

CHEROY (rue de) -<-^ boulevard des Batignolles, 78 ss^— >► nie des Dames, 99 
[Batigaolles, Batigtiol/es, 17" an*. 120 lA.] 

Précédemment rue Cherroy, en 1880, l'orthographe du nom a été 
rectifiée, et cette rue est devenue la rue Chéroy. Chéroy est le chef- 
lieu du canton du département de l'Yonne où est né M. Puteaux, 
ancien propriétaire des terrains environnants. 

CHERUBINI (rue) <-^ rue Ghabanais, 15 3sï— >- rue Sainte-Anne, 54 [BounsE, 
Vivienne. 2<' arr. 19 m.| 

Créée en 1775, elle faisait partie de la. rue Chahanais, et reçut en 
1844, le nom de Cherubiîii à cause du voisinage de l'ancien Opéra de 
la place Louvois. 

Marie-Louis-Charles'-Zanobi-Salvator Cherubini, compositeur, né 
à Florence en 1700. jSTommé directeur du Conservatoire, il y mourut 
en 1842. Cherubini s'est rendu célèbre par ses œuvres de musique reli- 
gieuse, et principalement par sa messe dite du Sacre de Charles X 
contenant un magnifique Requiem, qui fut exécuté ù l'occasion de 
cette cérémonie en 1824. Il est en outre l'auteur de I)eu,v Journées et 
de Médée. 

Cambacérès habitait la partie de la rue Chabanais, qui depuis 1844 
est devenue la rue Cherubini. 

CHEVAL-BLANC (passage du) -<— as rue de la Boquette, 2 [Popiîvcouut, 
Boqueile, 11" arr. 150 m.J 

Voie privée construite en 1824, sur l'emplacement d'un ancien 
chantier à l'enseigne du Cheval blanc. 

CHEVALERET (rue) <- s rue Begnault, 12 -?=—>■ boulevard de la Gare, 79 
[GoBELi.xs, Gare, 13" arr. 1340 m.] 

Ce quartier exclusivement habité par des mégissiers, corroyeurs et 
tanneurs, porte le nom de Cheval eret, outil indispensable pour le tra- 
vail de la peausserie. 

— 335 — 



Cheçert 

Cette rue indiquée sur le plan de Roussel en 1730, se nommait 
en 1837: Chemin de Liégat dans une partie, et Chemin du Chevaleret 
dans l'autre. Au 141, est Yiinpasse du Chevaleret. 

CHEVALIERS (impasse des) située rue Pixéricourt, iO [Ménilmontant, 

Saint- Far geau, 20" arr. 05 m.] 

Dénomination tirée d'une enseigne de cabaret « aux Chevaliers de 
VArc-i. 

CHEVAUX (marché aux) situé boulevard de l'Hôpital, 50 et 52 [Gobelins, 
Salpélricre, 13" arr.] ^Ê\ 

Sous Henri III, la vente des clievaux se faisait sur l'emplaceme^P' 
de l'ancien hôtel des Tournelles, c'est-à-dire jjlace Royale, Henri IV 
en créant cette place (aujourd'hui j)lace des Vosges) transféra ce mar- 
ché sur le boulevard des Capucines près du couvent des Capucines 
(Voir ce nom). Le marché y resta jusqu'à ce que François Baraugon 
« appotiquaive et valet de chambre de Louis XY » obtint du roi, l'au- 
torisation d'établir un marché de chevaux et de bestiaux à a pied fou: 
ché » dans un emplacement nommé autrefois la Folie Eschalart, p 
che la croix de Clamart. Ce marché restauré en 1818, est celui q 
nous voyons aujourd'hui. 

Les chevaux ne coiltaient pas cher, il y a cinq cents ans, à en juger 
par les comptes d'un éleveur artésien, Thierry d'Hireson, garde du 
domaine de Roquestor : 

En 1315, il achète pour le domaine deux juments quinze livres, 
deux chevaux dix livres, un autre « moriel ronchi » (roussin 
noir) 14 livres. En 1325, il acquiert, pour la terre de Bonnières, « un 
cheval de 8 livres et une jument de 115 sols ». A Sailly, il paie un che- 
val de charrue 106 sols, et douze poulains en bloc 45 livres. 

Vers 1400, le prix des chevaux avait beaucoup augmenté, et plus 
tard, lorsque après l'entrevue de Chinon on équipa Jeanne Darc sur 
l'ordre et aux frais du « gentil roi Charles VII », on lui donna deux 
chevaux, qui coûtèrent 138 livres 10 sols chacun. Deux montuires 
octroyées également au bâtard d'Orléans, coûtèrent beaucoup plus 
chers : la grise atteignit la somme de 5.200 livres, la fauve fut 
payée 8.700 livres ! 



i 



I 



CHEVERT (rue) -<-^ boulevard de la Tour-Maubourg, 72 =&-> ave 
Tourville, 24 [Palais-Bourbon, Gros-Caillou, 7" arr. 287 m.] 

Créée en 1802, le voisinage de l'Hôtel des Invalides lui fit donner le 
nom de Chevert. 

François de Chevert, né le 2 février 1695, à Verdun (Meuse) se di 
tingua par une foule d'actions d'éclat, principalement au siège 
Prague en 1741, où pendant 18 jours avec 1.800 hommes il tint têtei 

— 336 — 



Chèvre al 

toute l'armée autrichienne et obtint une capitulation honorable. 
Devenu lieutenant-général, il contribua à la victoire d'Hastenbeck en 
1757, et mourut le 24 juin 1769. Son corps a été enterré dans les 
caveaux de Téglise Saint-Eustache, et son épitaphe, une des plus remar- 
quables qu'il existe, a été composée par d'Alembert. En voici le texte : 

« Sans ayen.T, sans fortune, sans appuy, orphelin dès l'enfance, il 
entra au service à Vâge de XI ans, il s'éleva malgré l'envie à force de 
mérite, et chaque grade fut le prix d'une action d'éclat; le seul grade 
de maréchal de France a manqué non pas à sa gloire, mais à l'exemple 
de ceux qui le prendront pour modèle. » 

Au-dessus de cette épitaphe, est un portrait-médaillon de Fran- 
çois de Chevert fait par Maulevant en 1771. 

CHEVET (rue du) ■<—m rue Deguerry, 6 s^-v rue Darboy, 3 [Popincourt, 
Folie-Méricourt, 11» arr. 30 m.] 

Créée en 1865, comme elle est au chevet de l'église Saint-Joseph, 
elle fut dénommée en 1877, rue du Chevet. On appelle chevet, la partie 
généralement arrondie qui termine le chœur d'une église. 

CHEVERUS (rue de) <-^s square de la Trinité, »-> rue de la Trinité, 1 
[Opkhv, Saint-Georges, 9" arr. 67 m.] 

Ouverte en 1860, elle a pris le nom de Cheverus en 1864. 

Jean-Louis-Anne-Madeleine Lefebvre de Cheverus fut évêque de 
Boston, de Montauban et cardinal archevêque de Bordeaux. Né en 1768, 
il mourut en 1830. 

CHEVREUIL (passage) <-« rue Michet-Bizot, 135 »-^ rue Sibuet, 54 [Reuilly 
Bel-Air^ 12'= arr. 186 m.] 

Formé en 1889 par M. Chevreuil, propriétaire. 

CHEVREULi (rue) <-^s. rue du Faubourf^-Saint-Antoine, 303 s^^ rue de 
Montreuil, 72 [Popincourt, Sainle-Marguerue, 11« arr. 135 m.] 

Construite en 1881, sous le nom de rue Félix Hurez, elle^ devint 
en 1884, la rue Chevreul. 

Michel-Eugène Chevreul, né à Angers en 1786. Chimiste, directeur 
du Muséum d'histoire naturelle de Paris de 1863 à 1864, et professeur 
de chimie de 1830 à 1889; mourut rue Cuvie.r 57, le 9 avril 1889, à l'âge 
de 103 ans. Sai statue a été érigée le 3 décembre 1893, au Jardin des 
Plantes d'Angers, et une autre, œuvre de Fagel, fut élevée le 12 juil- 
let 1901, au Jardin des Plantes de Paris. 

Chevreul s'est appliqué à l'étude des corps gras. On lui doit l'inven- 
tion et la fabrication de la chandelle perfectionnée, dite chandelle 
économique, de la bougie, et d'une foule de découvertes des plus inté- 
ressantes. 

— 337 — 



Choiseul 

"CHEVREUSE (rue de) ■<r-^~ rue Notre-Dame-des-Champs, 78 s— >- boulevard 
Montparnasse, 125 [Luxembourg, Notre-Dame-des-Champs , 6« arr.] 

C'était en 1672, un chemin, faisant partie du grand chemin de Che- 
ireuse, conduisant à Vanves et à Issy. Mentionné en 1210, il était déjà 
probablement plus ancien et servait de limite de ce côté au fief de 
Saint-Germain. 

CHEYSSON (passage) -<-His rue Boileau, 86s-> passage Emile Meyer [Passy, 
Auteuil, 16« arr. 110 m.] 

Nom du propriétaire. 

CHIFFLARD (rue). 

Ce nom adopté par le conseil municipal en juillet 1903, doit être 
donné à une voie nouvelle. 

Nicolas-François Chifflard^ peintre et graveur français, né à Saint- 
Omer (Pas-de-Calais), le 21 mars 1821; a laissé des eaux fortes très 
remarquables. 

•CHIMAY (cité) -<— «s rue du Championnet, 153 [Montmartre, Grandes-Car- 
rières, 18<= arr. 84 m.] 

Ainsi dénommée par le propriétaire. 

'CHINE (rue de la) -<-« cour des Noues, 18 s— >- rue Ménilmontaot 128 [Ménil- 
MONTANT, Père-Lachaise, 20« arr. 250 m.] 

Etait indiquée sur le plan de Roussel de 1730. Précédemment me 
de la cour des Noues (partie) ou sentier des H mites Gatines entre les 
rues de la cour des Noues et des Partants. 

Ce nom de Chine, a dû lui être donné en 1800, en raison de l'en- 
droit éloigné où cette rue était située : on sait que vulgairement quand 
on dit « aller en Chine ou jusqu'en Chine », c'est l'équivalent d'aller 
au bout du monde. 

Au 4, Hôpital Tenon, ancien hôpital Ménilmontant, construit 
en 1879. Au 10', est V impasse de la Chine. 

'CHOISEUL (passage) -e-^ rue des Petits-Champs, 40 s^> rue Saint- 
Augustin, 33 [Bourse, Gaillon, 2^ arr. 190 m.] 

Créé eji 1825, en prolongement de la rue de Choiseul, sur les 

dessins de l'architecte Tavernier (Voir rue de Choiseul), il occupe 

l'emplacement des anciens hôtels de Gesvres et de Lyonne; ce dernier 

fut longtemps affecté au contrôle général des finances. Le passage est 

-actuellement la propriété de MM. Mallet fils, banquiers. 

Le théâtre des Bouffes Parisiens, ancien théâtre Comte (Voir 
Théâtres disparus) ou théâtre des Jeunes Elèves est au 65. L'entrée 

— 338 — 



Choisi 



du passage du côté de la rue Saint-Augustin est l'ancien poitail de 
i'hôtel de Gesvres. L'Hôtel du marquis de Lyonne, secrétaire des 
aiïaires étrangères, et, comme le dit Saint-Simon « du plus grand 
ministre de Louis XIV » s'étendait sur tout le terrain compris entre 
les rues Choiseul, Méhul, Maxsollier, Dalayrac, etc., et avait été cons- 
ti-uit par Le Tau : c'était une magnifique demeure que M. de Lyonne 
n'habita jamais. Elle fut occupée par le maréchal Villeroy, par le duo 
d'Estrée, gendre du marquis de Lyonne et aussi par Phelippeaux de 
Pont-Cliaxtrain, chancelier de France qui l'acheta en 1702. Ces deux 
hôtels étaient mitoyens. 

En 1748, le duc de Nivernais prit possession de l'hôtel de Lyonne, 
puis le céda au roi en échange de l'ancien hôtel du maréchal d'Ancre 
rue de Tournon (Voir ce nom). En 1756, après avoir été l'hôtel des 
Ambassadeurs, on y installa les bureaux du contrôle général des 
finances. Mme Eolland y vint habiter, alors que son mari était 
ministre; elle occupait les mêmes appartements "qu'avait occupés 
Xecker avant la Révolution. Lors du transfert du ministère des 
Finances rue de Rivoli (Voir ce 7iom) les banquiers Mallet achetèrent 
l'hôtel qu'ils firent abattre et sur l'emplacement duquel furent percées 
toutes les rues avoisinantes. 

CHOISEUL. (rue de) ^^ rue Saint- Augustin, 16 »-> boulevard des Italiens, 21 
[Bourse, Gaillon, 2e arr. 243 m.] 

Ouverte en 1779, sur les terrains dépendant de l'ancien kôtel de 
Choiseul appartenant alors au comte de Choiseul-Gouffier, fils du duc 
de Choiseul-Amboise, ministre des Affaires étrangères sous' Louis XV 
(Voir Amuoise). Le comte de Choiseul, ambassadeur à Constantinople 
réfugié en Russie pendant la Terreur, mourut en 1817, à l'âge de 65 ans,, 

Au 12 de cette rue, existait avant la construction du Crédit Lyon- 
nais, un passage appelé : Galerie de Fer, qui conduisait au 19, du bou- 
levard des Italiens. Ce passage ayant été ouvert sur' l'emplacement de 
l'hôtel Bouiflers, reçut le nom de 2>«'>'''«',9e' BouMers. Incendié en 1829, 
il fut, l'année suivante reconstruit tout en. ier, ce qui justifie son nom 
de Galerie de Fer. C'est dans ce passage que furent faits les premiers 
essaisi publics du gaz d'éclairage (Voir Conuorcet). Aujourd'hui tout 
le côté des numéros impairs jusqu'à la rue du Quatre-Septembre fait 
par-tie du Crédit I^yonnais ( Voir ce nom). 

CHOISY (avenue de) -<-^s boulevard JNIasséna 120 s— v boulevard de la 
Gare, 121 et place d'Italie [Gorelins, Gare, Maison-Blanche, 13e arr. 1310 m.] 

Cette avenue conduit au village de Choisy, elle était indiquée en 
1672, sur le plan de Jouvin de Rochefort. Mlle de Montpensier, avait 
fait construire pax Mansard, un château, qui prit le nom, de Clioisy- 
Mademoiselle, plus tard Louis XV, l'ayant considérablement agrandi 
et embelli, lui donnait le nom de ( hoisy-lc-Roy. 

— 339 — 



Christian Dewet 

GHOMEL (rue) <-m boulevard Raspail, 8 -m-* rue de Babylone, 12 [Palais- 
Bourbon, Saint-Thomas-d Aqidn, 7'' arr. 145 m.] 

Créée en 1869, sur des terrains de l'hospice des Petits Ménages 
cédés à la Tille par l'Assistance publique, elle reçut le nom de ChovieJ. 

Le D"" Jean-Baptiste Chomel (1671-1740) et son petit-fils Auguste- 
l'rançois Chomel (1788-1858), fuirent d'excellents médecins. 

CHOPIN (place) -<— s; rue Singer, 20 [Passy, Auteuil, 16e arr. 142 m ] 

Chopin, célèbre pianiste compositeur, né à Yarsovie en 1810, mort 
à Paris en 1849, est l'auteur de Mazurkas, Valses et d'Impromptus 
remarqua'bles. On l'avait surnommé « le poète du piano ». Depuis le 
17 septembre 1900, Chopin a son buste, œuvre de P. Dubois, dans le 
jardin du Luxembourg. 

CHOQUET (impasse) -*— s rue Gurial, 48 [Buttes-Ghaumont, La \Villette, 
19e arr. 142 m.J 

Nom du propriétaii'e; précédemment impasse Fournier. 

CHORON (rue) -^hs» rues Rodier, ;} et de Maubeuge, 11 h>-^ rue des Martyrs, 18 
[Opéra, Rochcchonart, 9« arr. 182 m.] 

Cette rue fut ouverte en 1861, sur l'ancienne cour Saint-Guil- 
laume, prénom de M. Guillaume Perier qui en était propriétaire de- 
puis 1826; en 1868, on en fit la rue Choron. 

Alexandre-Etienne Choron, professeur de musique (1772-1834). 
Ce fut Choron, qui, de passage à Lyon, s'intéressa le premier à Rachel 
alors chanteuse des rues, et lui donna les premières leçons de chant 
{Voir avenue Rachel). 

CHRISTI (impasse) -<-^f passage Châtelet, 10 [Batignolles, Epinettes, 
11" arr. 47 m.] 

Voie privée formée en 1881, sur des terrains appartenant à 
M. Christi. 

CHRISTIAN DEWET (rue) ^-^ rue du Sergent-Bauchat, 47 s-> en 
impasse [Reuilly, Picpus, 12« arr.] 

Christian Dewet, né à Dewetsdorp (Transvaal),fut un des généraux 
en chef boers qui pendant trois années consécutives, de 1898 à 1901, tou- 
jours à la tête de leurs hommes, risquant mille dangers, luttèrent pour 
la défense de leur pays attaqué pour la troisième fois par les armées 
anglaises. (Christian Dewet fut un héros qui étonna le monde par son 
courage, son intrépidité et son énergie patriotique. 

Cette^ rue fut décidée en 1902. 

— 340 — 



Cibiel 



CHRISTIANA (rue). 

D'après une récente décision du Conseil municipal (12 juillet 1903) 
il sera créé une rue qui portera ce nom. 

Christiania, capitale de la Norvège est située sur le Skager-Rack. 

CHRISTIANI (rue) -<-^ boulevard Barbes, 19 s-> rues de Glignancourt, 34 
et Myrrha, 89 [Montmartre, Glignancourt, 18« arr. 125 m.] 

Précédemment rue des Vinaigriers, elle changea son nom en 1864, 
pour celui de ChristLani, parce que le général Christiani fut un de 
ceux qui défendirent ce quartier en 1814, contre les troupes alliées. 

A l'emplacement du n° 17, sur la place, existait autrefois vers 1864, 
le hal du Petit Château Rouge, ainsi dénommé pour le distinguer du 
grand Château Rouge, qui eut sa célébrité et qui était situé rue de 
Glignancourt, à l'endroit où ont été construits depuis, les immeubles 
portant les n"^ 42 à 52 {Voir Château RorGE). 

CHRISTINE (rue) <-^ rue des Grands-Auguslins, 12 i^r^> rue Dauphine, 33 
[Luxembourg, Monnaie, 6« arr. 96 m.] 

Construite en 1606, à l'époque de la naissance de Christine de 
France, seconde fille d'Henri lY et de Marie de Médicis, qui épousa 
le duc de Savoie en 1619, et mourut en 16G3, cette rue occupe une 
partie de l'ancien hôtel et collège des Charités Saint-Denis, qui s'éten- 
dait autrefois jusqu'à la Seine (Voir nie Dauphine). xiu 1, existe 
encore une vieille maison de ce collège, fondé par Henri IV. Denis 
Allain, médecin de Louis XIV, habitait le n° 4. Le 9, appartenait en 
1728, au chancelier D'Aguesseau. 

CHRISTOPHE-COLOMB (rue) -^-m avenue de l'Aima ^s»-^ avenue Marceau, 44 
[Elysée, Champs-Elysées^ 8 arr. 165 m.] 

Créée en 1865, elle fut dénommée en 1867, rue Christophe-Colomh. 

Christophe Colomb, né à Gênes en 1436, partit à la découverte d'un 
monde nouveau, il aborda le 12 octobre 1492, à San-Salvador, puis 
à Cuba et à Haïti, qu'il appela HispanioJa, où son fils fonda Saint- 
Domingue en 1502'. Revenu à Haïti, il en fut chassé par ses anciens 
compagnons; de retour en Espagne en 1506, le roi Ferdinand l'empri- 
sonna et le laissa mourir à Séville dans le plus complet dénûment. 

Plus heureux, Améric Vespuce (1451-1512) qui ne fit que visiter 
le nouveau monde déjà découvert par Christophe Colomb, eut cepen- 
dant la gloire d'attacher son nom à V Amérique. 

CIBIEL. (impasse) -^-m rue Lecourbe, 76 [Vaugirard, Necker, 15° arr. 97 m.] 
Nom du propriétaire 

— 341 — 



Cimetières pa?i.siens 

GICË (rue de) -<-^ss rue Stanislas, 16 ^s^— >- rue du Montparnasse, 25 [Luxkm- 
BOURG, Notre-Dame- des-Champs, 6« arr. 63 m.] 

Décidée en 1864, cette rue a été exécutée en 1877. Le voisinage de 
l'église Notfe-Dame-des-Chaviqis, lui a fait donner le nom de Jérome- 
Marie-Champion de Cicé, prélat et homme d'Etat (1735-1810). 

CIMAROSA (rue) x-^s avenue Kléber, 66 s-^ rue Lauriston, 79 [Passy, 
Chaillot, 16« arr. 110 m.] 

Antérieurement rue Saint-André en 1856; elle porte depuis 1864, 
le nom de rue Cimarosa. 

Dominique Cimarosa, compositeur italien (1754-1801), est l'auteur 
de l'opéra : Il iiiatinnonio segreto (Le Mariage secret), des Astuces 
fcinJmnes, et d'un grand nombre d'œuvres, musique religieuse et 
autre». Il prit une part active à la Révolution de Xaples, fut jeté en 
prison et mouinit empoisonné, dit-on, par ordre de la reine Caroline 
de Naples. On prétend également qu'exilé en Autriche, il expira à 
Vienne, des suites des mauvais traitements qu'il avait subis dans les 
cachots d'Italie. 

CIMETIÈRES PARISIENS. 

La Ville de Paris possède dix-neuf cimetières, dont treize à l'in- 
térieur et six hors des fortifications. Les cimetières intérieurs sont 
réservés exclusivement aux inhumations en concessions perpétuelles ; 
les cimetières de banlieue sont affectés aux inhumations en concessions 
trentenaires, temporaires et gratuites. 

Les treize cimetières de Paris sont : 

Le cim-etière de l'Est (Père-Lachaise) boulevard de Ménilmontant 
(xx* arr.); du Nord (Montmartre) boulevard de Clichy (xviii^ arr.); 
dti Sud (Moiitparnasse) boulevard Edgar-Quinet (xiv" arr.); d'Auteuil 
rue Claude-Lorrain 57 (xvi*' arr.) ; de BelleviUe, rue du Télégraphe 40 
(xix'^ arr.); de Bercy, rue de Charenton 331 (xii" arr.); de Charonne, 
rue de Bagnolet (xx^ arr.); d^e Grenelle, rue Saint-Charles (xv^ arr.); 
de la Villette, rue d'Hautpoul (xix" arr.); de MontmaHre-Calvaire, 
place Saint-Pierre Montmartre (xviii" arr.); de Passy, rue des Réser- 
voirs 2 (xvi^ arr.); de Saint-Vincent, rue Samt-Vincent (xviii" arr.); 
et de Vaugirard, rue Lecourbe 318 (xv^ arr.). 

Les six cimetières de banlieue sont : 

Le civietière de Bagneux, route stratégique à Montrouge; de Bati- 
gnoïles, boulevard Saint- Vincent à Clichy; d'Ivry, route de Choisy; 
de la Chaqielle, route de Paris à Saint-Denis; de Pantin-Bohigny, 
route de Maubeuge, et de Saint-Oueu, route d'Epinay. Tous ces cime- 
tières portent les surnoms les plus fantaisistes; c'est ainsi que Pantin 
est dénommé le Chamij) de Navets, que Saint-Ouen est désigné sous le 

— 3'i2 — 



Cimetières parîsientf 

nom de Cayenne et que le cimetière (ïlvry est qualifié de Nouvelle" 
Calédonie. 

Tous ces cimetières occupent tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de- 
Paris, une supei-ficie de 320 hectares. Le plus grand d'entre eux est 
celui de Pantin-Bohigny qui dépasse à lui seul 99 hectares; Bagneux 
vient ensuite avec Gl hectares. Comme particularité, on faisait remar- 
quer dernièrement que ces deux nécropoles qui datent de 1887, ont 
été établies sur l'emplacement de deux crimes célèbres. En effet, le 
cimetière de Pantin occupe le terrain sur lequel furent trouvées le» 
victimes de Tropmann et dans les terrains achetés par la Ville de Paris^ 
pour y établir le cimetière de Bagneii.r, se trouve le puits dans lequel 
Moyaux jeta sa petite fille. 

Les autres cimetières plus petits que le& précédents, recouvrent d'im-^ 
portantes surfaces: Père-Lachaise, 43 hectares; hi^y, 25 hectares; Saint-' 
Ouen, 23 hectares; Montparnasse^ 19 hectares; Batignolles, 12 hectares 
et Montmartj'e, 11 hectares. 

Les Romains enterraient leurs morts dans le Grand CJumnp de 
s&pidture placé sur le versant du mont Leucotitius (Panthéon) (Voir 
rue de Lourcine) et jusqu'au commencement du xviii" siècle les inhu- 
mations se faisaient à l'intérieur de Paris, soit dans les églises, soit 
dans les cimetières les plus rapprochés. Un des plus anciens fut celui 
de Saint-Etienne-du-Mont où furent enterrés les premiers Parisiens. 
En 1765, un arrêt interdisant les inhumations dans la ville, resta sans 
effet, toutefois en 1780, on supprima quelques cimetières intérieurs 
de Paris, celui des S. -S. -Innocents entre autres. On en fouilla le sol 
et les débris qu'on en retira furent déposés en 1786, dans les Cata- 
combes, vastes excavations produites par d'anciennes carrières aban- 
données qui existaient sur la partie méridionale de Pa^is {V oir Càta- 
COMB-Es). En 1790,. l'Assemblée Constituante confirme l'arrêt du Par- 
lement, interdit d'enterrer dans les églises et ordonna l'établissement 
de trois enclos « hors de la ville » à l'usage de cimetières. Ces créations 
n'eurent lieu cependant qu'en 1804. C'est le préfet de la Seine 
Frochot, qui établit le Cimetière du Nord ou de Montmartre, 
et celui de l'Est ou Père-Lachaise (Voir ces noms). Un troisiènae 
fut créé en 1824, ce fut le Cimetière du Sud ou Montparnasse. 
La vérité est qu'à Paris, nous marchons littéralement sur nos morts 
et' qu'à chaque pas nous pourrions y rencontrer un cimetière. Il suffit 
de gratter le sol pour trouver des tombes gallo-romaines dans le fau- 
bourg Sai 7) t- Jacques; celles des premiers chrétiens aux abords de 
Saint-Cers>ais, de Saint-Marcel ou de Saint-Germain-des-Prés ; les 
« squelettes tragiques des victimes des cirques » aux arènes de la rue 
Moncje. Dernièrement, des ouvriers travaillant dans la rue de Béa/rn, 
ont mis à découvert de nombreux cercueils, on sait qu'une partie de ce 
terrain dépendait autrefois du Grand couvent des Minimes, où furent 

— 343 — 



Cimetières parisiens 

inhumés tant de giands personnages (T o/r Minimes). Il y a tellement 
eu de bouleversements dans les anciens cimetières de Paris que cela a 
peimis à Ménorval de dire « qu'il n'y avait pas actuellement deux 
cents parisiens de la petite bourgeoisie ou du peuple, capables de dire 
où est placé leur bisaïeul ». 

Il y a un siècle, existaient encore deux cimetières importants : 
Sainû-Roch et Bonne -Nouvelle, qui, tous deux étaient situés en plein 
boulevard. Sur l'emplacement du premier a été édifié le théâtre du 
Vaudeville (Voir Chaussée-d'Antin), quant au Gymnase, il fut cons- 
truit sur le cimetière de Bonne -Nouvelle. Le petit square de la, CharitéjH 
à l'angle de la rue des Saints-Pères et du boulevard Saint-Germain^^ 
était autrefois un ancien cimetière de Hug^ienots. Le sol de l'Hôtel 
de Ville était primitivement le ciinetière Saint-Jeaiv. La rue Greneta, 
la rue Beaubourg, furent créées s-ur le vieux cimetière de la Trinité, 
ainsi que le marché des Innocents sur les charniers des S.-S. -Inno- 
cents. Rue Beautreillis, dans le cimetière Saint-Paul fut enterré 
« l'homme au Masque de fer » {Voir Bastille et Beautreillis). 
Cimetières à Saint-Séverin, à Saint-Joseph (rue Montmartre) à la 
Madeleine, à la Chapelle expiatoire, au parc Monceau, rue Mouffetard, 
rue Sainte-Marguente, à Auteuil, à Charonne, au Calvaire de Mon- 
martre. En 1851, on retrouva des squelettes rue Vivienne et au Palais- 
Royal. Vers 1860, dans un ancien caveau transformé en fosses 
d'aisance, on mit à jour plusieurs cercueils, 7nie de la Pai.v. Au 15, de 
la rue Royale était un cimetière dont les cadavres, paraît-il, servaient 
à des travaux anatomiques. Le boulevard Malesherbes a fait dispa- 
raître la fosse des Errancis (parc Monceau) où furent portés les corps 
de Robespierre et de Saint-Just (Voir Chapelle Expiatoire). En 
1903, on mit à découvert de nombreux squelettes rue de V augirard. 
Avant 1859, existait un cinietière rue de Douai. Une partie de la rue 
Caulaincourt a emprunté le sol du cimetière Montmartre. 

Florian, le fabuliste est enterré dans l'église de Sceaux. Uéglise 
de Plessis-Picquet, renferme le corps de Pierre Montesquiou-d'Ai-ta- 
gnan, maréchal de France, mor-t en 1725, que Dumas père prit comme 
héros de ses Trois Mousquetaires. Le général Daumesnil, repose dans 
le ciinetière de Vincennes, et, à côté de lui est la tombe du marquis de 
Puyvert, qui fut également gouverneur du fort. Sur son monument 
on lit : « Parti tambour à la grande armée, il revint colonel ». Le 
général de Catinat est enterré dans l'église de Saint-Gratien, ainsi 
que la princesse Mathilde, fille de Jérôme, frère de Napoléon I^'. A 
Saint-Mandé git Armand Canel, tué en duel par Emile de Girardin. 
Chateaubriand fit pendant longtemps les frais d'entretien de cette 
tombe. A Saint-Leu-Taverny sont inhumés, Charles Bonaparte, père 
de Napoléon I^»" et le maréchal Ney (Voir Observatoire). A Rueil 
est le tombeau de Joséphine de Beauharnais, femme de Napoléon I^', 

— 344 — 



Ciiuj-Dia nid lits 

moi-te à la Malniaison, et celui de la reine Hortense mère de Napo- 
léon III. La famille Tascher de la Pagerie est inhumée à Naisy-le- 
Grand. C'est dans cette localité que Joséphine épousa en premières 
noces le vicomte de Beauharnais {Voir boulevard des Capucines). La 
famille a'Orléans est à Dreux. Daguerre, l'inventeur de la photo- 
graphie repose à Bry- sur-Marne. Le grammairien Chaptal fut enterré 
au cimetière de Joinville-îe-Pont, où il possédait le domaine de Palan- 
gis. Sualem Rennequin, constructeur de la machine de Marly, est 
inhumé dans l'église de Bougival. Emile Augier, l'auteur dramatique 
{Voir ce nom) est enterré dans le cimetière de la Celle-Saint- 
Cloud, etc., etc. 

Avant l'ère chrétienne, les morts de qualité étaient incinérés, on 
n'enterrait que les esclaves. Aujourd'hui, l'incinération est autorisée 
pour toutes les classes de citoyens moyennant certaines formalités 
imposées par la préfectui"e de police. Le monument crématoire installé 
au Père-Lachaise (cimetière de l'Est), a été édifié par l'architecte 
Formigé. Commencé en 1894, il fonctionne depuis 1901, et a coûté 
700.000 francs. 

Voici à titre documentaire, à combien s'élevaient les frais d'inhu- 
mation et d'embaumement du corps d'une personne de la noblesse « en 
l'an de grâce 1379 ». 



Au sergent du cloître, pour faire la fosse en l'église de Paris et pour tous 

droits lui appartenant 40 sous. 

Au curé, maçon de l'église de Paris pour massonncr ladite fosse, lever et 

asseoir les pierres plates dessus et pour plâtre et main-d'œuvre 112 sous 8 deniers. 

A Jehan de Lua/. et Oudin Mouton, herbiers et apothicaires, pour appa- 
reiller et mettre à point le corps 8 livres. 

Toile pour envelopper le corps 35 sous. 

Cercueil 20 sous. 

(Ledit cercueil tout revestu en la manière accoutumé.) 



CIMETIÈRE-SAINT-BENOIST (rue du) <-së place Fromentel s^ rue 
Saint-Jacques [Pamhéon, Sorbonne, 5" an*. 88 m ] 

En 1-300, sous forme de ruelle, cette rue qui conduisait au cime- 
tière Saint-Benoît, s'appelait rue de VOseraie, puis me Orde et rue 
Bréneuse. Ces deux dernières appellations suffisent à donner une idée 
de l'état de malpropreté dans lequel étaient alors certaines rues de 
Paris. En 1615, après avoir été la rue des Poirées, on lui donna le nom 
qu'elle porte encore aujourd'hui de Cinietière-Saint-Benoît. En 1820 
et 1836, elle fut considérablement élargie. 

CINQ-DIAMANTS (rue des) -«-s boulevard d'Italie, ;m 2s-> rue de la Butte* 
aux-Cailles, 32 [Gobelins, Maison-Blanche, 13« arr. 340 m.] 

Date de 1873; tire son nom d'une enseigne aux Cinq Diamants. 

— 345 — 



Cirque d'hiver 

CIRQUE (rue du) -<-hïs avenue Gabriel, 'lO m—> rue du Faul)ourg-Saint- 
Honoré, 61 [Elysék, Madeleine, 8« arr. 240 m.] 

Précédemment mie de Joinville, en l'honneur du prince de Join- 
ville (Voir, ce nom), fils du roi Louis-Philippe; elle fut ouverte en 
1847, sur les terrains du duc de Gralliera. Son nom actuel lui vient de 
ce qu'elle conduisait à l'ancien Cirque des Champs-Elj'^sées, démoli 
en 1902 {Voir Cirque d'Hiver). 

CIRQUE D'HIVER situé rue Amelot, 112 [Popincourt, Folie-Méricourt, 
M" arr.] 

Construit par Dejean en 1852, on lui donna ce nom pour le dis- 
tinguer du Cirque d'Eté, qui existait aux Champs-Elysées, et qui fi 
démoli, reconstruit et enfin supprimé en 1902. 

Le Cirque d'Hiver occupe remplacement des anciens réservoirs 
des Eaux de Belleville, que Turgot avait fait établir pour fournir de 
l'eau nécessaire au lavage du grand égout {Voir Egouts). Il fut érigé 
par Hittorlf, architecte, et orné par Bosio pour le compte de M. Dejean, 
alors directeur du Cirque des Champs-Elysées. Les deux guerriers et 
l'amazone qui décorent l'entrée principale du cirque du côté du bou- 
levaid, sont du sculpteur Pradier. |fl| 

Astley, écuyer anglais qui avait ouvert en 1780, au 24, du faï^"i 
bourg du Temple {Voir Théâtres disparus) un établissement d'exer- 
cices d'équitation, s'associa à Franconi, proscrit italien qui avait acquis 
une certaine renommée à Lyon, dans l'exhibition d'animaux vivants, 
mais ce genre de spectacle ne ré\ississant pas à Paris, Franconi dut 
retourner à Lyon, où il établit un cirque qui brilla en 1793, et revint 
alors au faubourg du Temple. Cette fois, son succès fut considérable 
et en 1800, il transporta son théâtre dans le jardin de l'ancien couvent 
des Capucines, où il resta jusqu'en 1806, époque à laquelle Touverture 
de la rue de la Paix, le força à chercher refuge au 335, de la rue Saint- 
Honoré, mais il n y fut pas plus heureux et au bout de quelques mois 
il se vit obligé de retourner à l'ancien manège d'Astley. Incendié de 
nouveau en 1826. Franconi se décida à faire édifier sur le boulevard d^^ 
Temple, un véritable théâtre {Voir Chatelet) sur lequel, outre l€^H 
exercices de chevaux, il y fit représenter des pantomimes à gran^^ 
spectacle. Notons comme souvenir, qu'en 1817, Franconi donna quel- 
ques représentations à l'ancien Prado avant d'aller rue Saint-Honoré 
{Voir Tribunal de Commerce;. 

Devenu directeur du Théâtre du Cirque, précédemment Cirq 
Olympique, M. Dejean réserva ce théâtre pour y donner des pièces 
militaires et installa sa troupe d'écuyers aux Champs-Elysées, dans un 
magnifique cirque qui fut édifié par le même architecte qui, plus tard 
devait construire celui de la rue Amelot. Ayant amassé une fortune 
considérable dans l'exploitation du Cirque des Champs-Elysées, e: 

— 346 — 



CAlé 

1852, il en fit construire un autre boulevaxd des Filles-du-Calvaire, 
qui prit le nom de Cirque d'Hiver. Sous l'Empire, il le baptisa : Cirque 
Napoléon, et l'autre devint le Cirque de V Impératrice. 

C'est au cirque Dejean, qu'eurent lieu les débuts du fameux 
écuyer Auriol, créateur des exercices de clowneries à cheval, puis du 
non moins célèbre gymnarsiarque Léotard, qui fit courir tout Paris 
dans ses exercices de trapèze. On y vit tour à tour les clowns Botkwell, 
dit « tête .en bas », les étonnants frères Priée, et une foule de wuméros 
des plus sensationnels. En 1865, Pasdeloup, y créa des concerts de 
musique classique, qui prirent le nom de Concerts-Pasdeloup. 

L'emplacement sur lequel s'élevait autrefois le Cirque des Chamips- 
Elysées, a été transformé en 1902, en une grande salle de jeux, une 
promenade oii les enfants vont jouer aux barres ou au. ballon. Le 
fronton de Pradier, vendu aux démolitions a été racheté par la. Yille 
pour être placé au Palais Municipal des Beaux-Arts, ou mieux encore 
dans un des paiterres des Champs-Elysées. 

CISEAUX (rue des) -<-^ boulevard Saint-Germain, 147 s— > rue du Four, 30 
[Luxembourg, Sainl-Germain-des-Prés, 6« arr. 69 m.] 

Existait en 1429, doit son nom soit à une enseigne « Aux Ciseaux 
d'Or », soit au voisinage de l'ancien hôtel des Ciseaux. 

Au 19, à l'angle de la rue Grozlin, existait jusqu'en 1900, un char- 
cutier qui avait pris pour enseigne : Tout en est bon, depuis les pieds 
jusqu'à la tête. Au 23, maison de construction moderne mais originale, 
ornée d'un buste de Rabelais (servant autrefois à une brasserie). 

La rue des Ciseaux allait primitivement jusqu'à l'entrée de l'église 
Saint-G-ermain-des-Prés qui se trouve aujourd'hui en façade sur le 
boulevard Saint-Grermain. A cette époque les boutiques étaient ados- 
sées à l'église et l'on voit encore dans le square sur un pan de mur à 
la gauche d'une poi-te marquée n° 2, une ancienne inscription en 
partie effacée : Ledoux, vend Me (fils) de toutes sortes pour cordonnier.. 

On l'a appelée aussi rue des F ossés-Saint-Gerwain , parce qu'elle 
aboutissait aux fossés de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés. En 1866, 
cette rue a englobé la petite rue d'Erfurth qui datait de 1806, et qui 
existait déjà en 1715 sous le nom de : Petite rue Sainte-MaT guérite. 

CITÉ (caserne de la) située rue de la Cité, \ et boulevard du Palais (IIotel- 
Du- Ville, Notre-Dame, 4e arr.] 

Cette caserne, occupe l'emplacement dune partie de la rue de la 
Calandre, aujourd'hui rue de Lutèce (Voir ce nom), qui remplaçait 
dit-on, un ancien logis que le roi Dagobert avait fait construire pour 
son premier ministre Saint-Eloi. Tranformé en couvent, trois cents 
religieuses sous la conduite de leur abbesse Sainte- Anne, vinrent s'y 
établir, et furent plus tard remplacées par des Sœurs Barnahites. Ce 

— 347 — 



Cité 



1 



couvent occupait précédemment tout le terrain situé entre l'Hôte 
Dieu et le Palais « en longeant la rivière de Seyne ». 

CITÉ (rue de la) <-m quai aux Fleurs et quai de la Cité h^^ place du Parvis- 
Notre-Dame et quai du Marché-Neuf, 2 [IIotel-de-Ville, Notre-Dame, 't" arr. 
195 m.] 

Cette rue, qui traverse Vile de la Cité, est certainement une des 
plus anciennes voies de Paris; en 18-'54, on lui a donné le nom de : rue 
de la Cité en réunissant sous la même dénomination les rues de la 
Lanterne, de la Juivrerie, et du Marché Palu. En face du vieux palais 
de la Cité, aujourd'hui Palais de Justice, se trouvait une foule de 
petites| églises qui, toutes, ou presque toutes, dataient des Vi" ou vi^^ 
siècles: Saint -Barthélémy, Saint -Pierre- des - Arcis, Saint -DeniÊÊX 
Sainte-M adeleine, Saint-Eloy, Sainte-Mane, Scdnt-J ean-le-V ieil, ete. 

L'église de Saint-Denis fut donnée vers 1133, par Louis-le-Grc 
aux religieux de Saint-Martin-des-Champs et devint un prieuré. 
1790, l'église fut supprimée, puis vendue en 1810; on la démolit 
sur son emplacement fut construite une partie de l'ancien quai Napo- 
léon, aujourd'hui quai au.r Fleurs. On voyait encore dans la Cité, un 
peu avant 1790, la vieille église Sainte- M adeleine établie en 1183, 
dans une ancienne synagogue, après l'expulsion des juifs. Agrandi^ 
vers 1749, elle fut démolie en 1791. Les autres chapelles ont disparu, 1 
des époques différentes. 

La rue de la Lanterne, existait déjà en 1326; elle avait eu diff^ 
rents noms, entre autres ceux de rue devant la Croix-de-Saint-Dems 
et rue devant la place de VEgUse-de-Saint-Denis, à cause de l'église 
de Saint-Denis de la Chartre qui y était située, à côté d'une prison 
qu'on appelait alors Chartre. C'est dans la rue de la Lanterne, que ce 
malheui'eux Gérard de Nerval, le romancier bien connu, se pendit en 
1855, au-dessus d'une grille d'égout. Près de là, était la rue Gervais- 
Loorand, Leorens ou Gervase Lorens, à laquelle un certain Gervais 
Laurent avait donné son nom. ^hi 

Dans la rue de la Juiverie ou de la Juivrerie, ainsi qualifiée à caudHI 
des juifs qui l'habitaient au xii® siècle, existait un marché au blé, 
appelé la Halle de Bcauce, que Philippe- Auguste avait « octroyée » à 
son échanson, lequel le céda par la suite à Philippe de Convers, cha- 
noine de Notre-Dame. ^bI 

Le Marché Palu, voisin de cette rue, devait sa dénomination à un 
ancien marché, et le surnom de Palu (de palus-marais) à l'humidité 
de son emplacement qui resta des siècles sans être pavé. wÊà 

Entre la rue de la Pelleterie et la rue de Constantine, toutes deux 
disparues aujourd'hui et englobées dans le boulevard du Palais (Voir 
ce nom), était avant 1858, sur l'emplacement de l'ancienne église 
royale et paroissiale de Saint-Barthélémy, un passage dit de Flor\ 

— 3'j8 — 



)0- 

un 
lie 

1 



Cité 

qui avait été créé en 1791, sur une partie de cette église fondée en 965 
par Hugues Capet. Dans l'autre partie on avait édifié un théâtre 
appelé : Théâtre du Valais de Variétés, dont l'ouverture eut lieu le 
SÔ octobre 1792. Une troupe de musiciens allemands en firent ensuite 
le Théâtre Mozart. C'est dans cette salle aevenue vacante, que s'instal- 
lèrent les artistes des Variétés pendant la construction de la salle du 
boulevard Montmartre. Plus tard, on en fit un bal public, qui fut 
célèbre dans les annales chorégraphiques, sous le nom de Prado (Voir 
Théâtres et Bals disparus). 

Entre la inie de la Cité et la rue de la Barillerie, se voyait encore 
avant 1860, la rue de la Pelleterie, qui datait de 1183, et que La Caille 
dénomma rue de la Vieille-Pelleterie; habitée par des juifs, Philippe- 
Auguste les en expulsa et fit vendre dix-huit de leur propriétés à des 
pelletiers qui vinrent s'y établir. Cette rue avait été appelée : rue 
Macacre-Meine, nom assez singulier, qui semble avoir été celui d'un 
des habitants. En 1761, un édit royal fit démolir toutes les maisons 
existant au bord de l'eau. Vers 1806, elle reçut le nom de rive Desaix; 
mais reprit en 1814, son ancienne appellation. Au 11 de la rue Pelle- 
terie allant au 12, de la rue de Constantine, était la rue du Marché- aai.r- 
Fleurs, qui avait été ouverte en 1812, sur l'emplacement de l'ancienne 
église de iSaint-Pierre-des-Arcis, fondée en 926, par Theudon, sur les 
terrains d'une ancienne chapelle de Saint-Pierre. Une bulle d'Inno- 
cent II, la désigne : Ecclesia sancti Pétri de Arsionihus. Elle fut 
érigée en paroisse vers 1130, reconstruite en 1424, et supprimée en 
1791. Devenue propriété nationale, elle servit quelque temps à un 
dépôt de cloches destinées à la fabrication des canons (Voir Bastille), 
et disparut en 1812. 

La Cité, était primitivement appelée Vile des Corbeaux, puis Vile 
du Palais à cause du Palais des Rois qui y était situé; jusqu'en 508, le 
terre-plein du Pont-Neuf formait un petit îlot connu sous le nom de 
La Gourdaine, qui fut donné en 1607, par Henri IV, au président du 
Harlay. 'Ulle des Juifs ou du passeur de vaches, sur laquelle la statue 
d'Henri lY a été érigée, fut le 11 mars 1314, témoin de l'horrible 
supplice de Jacques Molay, grand-maître des Templiers qui y fut 
brûlé vif (Voir Temple). C'est la réunion de ces petites îles qui ont 
formé la Cité actuelle. 

Yera 1872, on installa sur l'ancienne île des juifs, qui forme uu 
square au bas de la statue, un café-concert du nom de Café du\ Vert- 
Galant; puis ce fut un « skating », mais ces deux industries ne furent 
que passagères et disparurent quelque temps après {Voir Théâtres 
disparus). Le Pont-Neuf construit le 21 mai 1588, par Jacques 
Androuet du Cerceau, relie Vîle du passeur auœ vaches à la Cité (Voir 
Pont-Neup). 

D'après Auguste Vitu, « les armes de Paris représentent un navire, 

— 349 — 



Civiale 

parce que Yîle de la Cité a la l'orme d'iiii navire à l'ancre au milieu 
(lu fleuve ». Mais il est plus généralement admis de voir simplement 
dans ces armes, l'emblème des Nantes paiisiens {Voir Armes dk 
Paris). 

La Cité, ce berceau de Paris, renferme les monuments les plus 
considérables de la métropole : la magnifique basilique de Notre- 
Dame, le palais de Justice, ancien padais de nos rois. La Sainte-Cha- 
pelle, l'Hôtel-Dieu, le Pont-neuf, la Préfecture de Police, le Tribu- 
nal de Commerce, la Morgue, et deux importantes casernes. 

CITÉ (quai de la) -<— s me de la Cité et pont Notre-Dame ss?^->- boulevard du 
Palais, 1 et pont au Change [IIotel-de-Ville, iVb^re-Z>rtme, 4« arr. J20 m.] 

Ce quai, comme la rue du même nom a la même origine. Conetiiiit 
en 1786, sur l'ancien quai appelé alors Port-aux-œufs; il l'eçut en 1788, 
le nom de qitai de Breteuil, qui, en 1806, après la mort du général 
Desaix, devint le quai Desaix. Depuis 187r}, il a été dénommé quai de 
la Cité. 

Desaix, dont la statue érigée place Dauphine, fut enlevée lors de la 
transfonnation du Palais de Justice, fut un des généraux les plus 
distingués de la République et de l'Empire. Il suivit Bonaparte en 
Egypte, où ses qualités personnelles lui acquirent le surnom de « Sul- 
tan juste ». Après avoir participé à toutes les grandes batailles de 
l'épopée napoléonienne, il fut tué le 14 juin 1800, à Marengo, au 
milieu d'une charge qu'il commandait et qui décida de la victoire. Il 
était né en 1768, au château d'Ayat près de Hiom (Puy-de-Dôme) 
{Voir Desaix et plare des Victoires). 

Le pont de la Cité, s'appelait autrefois : pont de Bois, -pms po)it 
Rouge; il fut détruit en 1799 {Voir pont Saint-Lottis). 

€ITEATJX (rue de) <s boulevard Diderot, 45 ss— >- rue du Faubourg-Saint- 
Antoine, 164 [Reuilly, Quinze -Vingts, 12» ;irrr, 415 m.] 

Elle portait en 1861, le nom d'iwpasse de F Abbaye-Saint-Antoine, 
puis en 1864, elle devint la rue de Citeaux, parce que l'abbaye de 
Citeaux près de Beaune (Câte-d'Or), était du même ordre que l'an- 
cienne abbaye Samt-Antoine. 

L'abbaye de Citeaux avait été fondée en 1098, par Robert de 
Molesme; aujourd'hui les bâtiments de l'abbaye sont occupés par une 
colonie agricole de jeunes détenus. Aux 24 et 26, école de la Yille. 
Au 28 assistance publique. 

CIVIALE (rue) -^-m rue du Buisson-Saint- Louis, 30 m-* boulevard de la Vil^ 
lette, 7 [Enclos-Saint-Laurent, Hôpital-Saint-Louis, 10e arr. 122 m.] 

Le voisinage de l'hôpital Saint-Louis lui a fait donner le nom d 
Jean Civiale, célèbre médecin français (1792-1867), qui s'occupa tou| 

— 350 — 



Claude-Bernard 

spécialement des maladies de la vessie et des calculs urinaux. Civiale 
fut le premier qui opéra, la pierre en remplaçant par la lithotritie, la 
terrible opération de la taille qui fut expérimentée pour la première 
fois devant l'église Saint-Severin en jaaivier 1474 {Voir Saint-Séve- 
rin). Cette iiie fut ouverte en 1882'. 

CIVRY (rue de) -*-^ boulevard Exehnans, 71 s—»- rue de Varize, 25 [ Passy» 
Au te ni l, le-" arr. 280 m.] 

Créée en 1869, elle reçut en 1875 le nom de Civr-y, village situé près 
de Châteaudun, célèbre par la défense du 18 octobre 1870 (guerre 
franco-allemande). 

CLAIRAUT (rue) -<-^ avenue de Clichy, 113 s—»- rue Lemercier, 84 (Bati- 
GNOLLEs, Epinettes, 17" arr. 145 m.] 

Primitivement rue Sainte-Thérèse en 1867, elle a pris le nom de 
Clair aut en 1869. 

Alexis-Claude Clairaut, né en 1713, mathématicien d'un génie pré- 
coce, fut à l'âge de 18 ans reçu membre de l'Académie des sciences, et 
mourut en 1765. Au n° 13, école de la Ville. Au '20, temple protestant 
•des Batignolles. 

CLAIRVAUX (impasse de) <-m rue Saint-Martin, 180 [Temple, Saint- 
Merri, 3« arr. 27 m.) 

En 1830, c'était la r^ielïe Troussevache aboutissant à la rue Trous- 
senonain (aujourd'hui rue Beaubourg). Au xv" siècle, elle prit le nom 
d'imjMsse de CJairvaua' parce que les abbés de Clairvaux, y ayant 
fa)it construire une maison de ville, la réduisirent en impasse. 

Toutes ces rues, foyer de la prostitution, portaient pour la plupart 
des noms obscènes et les noms de Tro^isse-vaehe, Trousse-noiiaiii, 
démontrent suffisamment, quelles pouvaient êtres les mœurs des habi- 
tants et habitantes de ces rues « chaudes » comme les appelait le poète 
Guillot. 

CLiAPEYROTî (rue) -ts^ rues de Moscou, 24 et de Turin, 15 -s-> boulevard 
des Batignolles, 29 [Elysée, lùu-ope, 8» arr. 181 m.] 

Classée en 1867, cette rue a reçu le nom de Benoît-Paul-Emile 
Clapeyron, ingénieur (1797-1864), à cause du voisinage de la gare 
de rOiiest. 

CLAUDE -BERNARD (rue) ^h» avenue des Gobelins, 5 et rue Moulle- 
tard, 152 »-^ rues d'Ulm, 47 et des Feuillantines, 1 [Panthéoiv, Jardin-des- 
Plantes, Val-de-Grâce, 5* arr. 575 m.] 

Précédemment impasse des Pénitentes, elle fut percée en 1859, et 
prit en 1881, le nom de Claude Bernard célèbre physiologi&te né à 

— 351 — 



Cl a H de-Lo rrd in 

Saint-Julien (Rkône) en 1813, découvrit le rôle du pancréas dans la 
digestion des coi-ps gras et l'existence indépendante du système ner- 
veux, il mourut en 1878, Claude Bernard a sa statue, œuvre d'Eugène 
Guillaume, en face du collège de France. Au n" 16, est l'Institut natio- 
nal agronomique, fondé en 1579, par Nicolas Houël. Restauré en 1841, 
pour élever des orphelins et leur apprendre l'usage des simples, il 
devint ensuite une école de pharmacie. Cet établissement a une entrée 
au n" 9, de la rue de l'Arbalète (Voir ce noTn). 

Le nom de Feuillantines, avait été donné à cette rue, parce que 
autrefois, elle conduisait au couvent des Feuillantines, fondé en 1622, 
par Anne Gobelin, veuve d'Estourmel. L'église fut construite en 1719. 
Le couvent supprimé en 1790, a été vendu. Il en reste encore une 
partie occupée au 16, par VInstitut agronomique , et anciennement par 
une école de garçons. Il existe à Lyon une statue de Claude Bernard, 
qui fut érigée le 28 octobre 1894. 

Sous Louis XIY, les Génovéfains y possédaient une maison de 
campagne au coin de la rue de V Arbalète. 

CLAUDE-CHAHU (rue) -t^s. rue de Passy, 168 ^-^ rue Gavarni, 10 [Passy, 
Muette, IG» arr. 95 m.J 

Voie» privée ouverte en 1881, mais qui ne reçut le nom de Claude 
Chahu qu'en 1895. 

Claude Chahu, seigneur de Passy, trésorier général des Finances, 
fut en 1670, le fondateur de l'ancienne commune de Passy. Il mourut 
en 1672. Il est question de prolonger cette rue en deux parties dis- 
tinctes, dont l'une prendrait le nom de rue Francisque Sarcey, et 
l'autre celui d'Eugène Manuel (Voir ces novis). 

CLAUDE-DECAEN (rue) •«-« boulevard Poniatowski w>-^ place Daumesnil, 8 
[Rkuilly, Picpus, 12" arr. 790 m.] 

En 1730, elle se nommait chemin des Meuniers; vers 1817, elle 
devint chemin, de Reuilly, puis rue Decaen en 1875. Depuis 1877, elle 
a été modifiée par l'adjonction du prénom Claude. 

Claude, né à Caen en 1769, d'où Claude de Caen et Decaen, avait 
été aveci Kléber au siège de Mayence en 1793, et fut fait général de 
division à l'armée du Rhin, puiisi gouverneur des possessions fran- 
çaises aux Indes. Arrêté après les Cent jours, il resta quinze mois en 
prison et mourut à Montmorency en 1832, d'une attaque d'apoplexie 
(Voir DuPLEix). 

CLAUDE-LORRAIN (impasse) ■<-^. rue Claude-Lorrain, 1 [Passy, Muette, 
16« arr. 80 m.] 

D'abord impasse des Clos, elle prit en 1877, le nom de Claude-Lor- 
rain (Voir rue Claude-Loerain). 

— 352 — 



Claude- Vellefaiix 

CLAUDE-LORRAIN (rue) -<-^ rue Chardon-Lagache, 88 ss-> rue Michel- 
Ange, 72 [Passy, Muette, 16« arr. 335 m.j 

Précédemment rue et avenue des Clos depuis 1837, elle est devenue 
en 1892, la rue Claude Lorrain. 

Claude Gelée, surnommé le Lorrain, célèbre peintre paysagiste 
naquit au château de Chamagnes (Vosges) en 1600, et mourut à 
78 ans. Le Louvre possède plusieurs de ses tableaux. 

CLAUDE-POUILLET (rue) -<— s rue Lebouteux, 12 s^-v rue Legendre, 36 
[Batignolles, Batignolles, 17<^ arr. 130 m.] 

En 1863, cette rue s'appelait rue du Havre puis rue Pouillet en 
1869. En 1877, on y ajouta Claude et la rue devint rue Claude-Pouillet. 

Claude-Servais-Mathias Pouillet, physicien, directeur des Arts et 
Métiers (1791-1868). Précepteur des enfants de Louis-Philippe il obtint 
en 1838, une chaire à la Sorbonne. 

CLAUDE-TILLIER (rue) -«-« boulevard Diderot, 79 ss-^ rue du Faubourg- 
Saint- Antoine, 285 [Reuilly, Ficpus, 12« arr. 240 m.] 

Primitivement passage Mazas, puis passage Tocanier, a pris en 
1892 le nom de Clatide Tillier. 

Claude Tillier pamphlétaire et feuilletonniste, né à Clamecy 
(Nièvre), le 10 avril 1801, mourut à Nevers en 1844. Très peu connu 
en France, malgré l'œuvre remarquable qu'est Mon Oncle Benjamin, 
Tillier est très apprécié en Allemagne où ses livres sont cités dans 
tous les cours de littérature française. Il est également l'auteur de 
nombreux romans parmi lesquels : Belle Plante et Cornélius. Un 
comité récemment formé, a décidé de faire prochainement élever un 
monument à Clamecy à la mémoire de Claude Tillier. Le buste ser«i 
l'œuvre du sculpteur nivernais Boisseau. 

CLAUDE-VELLEFAUX (rue) -^-a rue Alibert,24etavenueParmentier, 186»»-> 
rue Grange-aux-Belles, 40 [Enclos-Saint-Laurent, Hôpital-Samt-Louis, 
10-= arr. 615 m.] 

Ouverte en 1825, cette rue n'allait que de lia rue Grange-aux-Belles 
à la rue Sambre-et-Meuse ; elle fut prolongée en 1855, jusqu'à la rue 
Alibert depuis cette époque elle porte le nom de Claude-V ellefauiv , 
un des architectes de l'hôpital Saint-Louis, qui le termina en 1607 
{Voir Hôpital Saint-Louis). 

En haut de la rue Grange-aux-Belles, était autrefois la barrière du 
Combat qui fut démolie en 1860, lors de l'annexion- des communes 
suburbaines. Cette barrière a été célèbre par les combats d'animaux 
qui se livraient dans des arènes publiques. On y faisait battre des 
chiens, des taureaux, des ânes. Ces jeux répugnants furent supprimés 
en 1833. Pour en avoir une description exacte, nous renvoyons nos 

— 353 — 

23 



Clavet 

lecteurs au roman naturaliste de Jules Janiu, intitulé VAne mort ou 
ïa Femme guillotinée, dans lequel il est parlé de « ces énormes 
molosses, les yeux injectés de sang, la bouche écumante de cette écume 
blanchâtre (jui bave lentement à travers les commissures des lèvres 
livides ». 

« Ce spectacle hideux qui faisait les délices d'une partie du peuple 
parisien, nous dit La lie<l()llière, avait lieu dans une arène entourée 
d'un amphithéâtre de planches. Les luttes à mort n'avaient lieu que les 
jours de grande fête ; ces solennités se terminaient par un feu d'ar- 
tifice ; plus tard, après l'invention des aérostats, on faisait partir un 
ballon avec un chien dans la nacelle. On faisait battre aussi dans 
l'arène des chiens contie des sangliers, contre des loups, ou même 
contre desi vieux taureaux. D'autres fois, c'était une bataille entre des 
chiens et un âne auquel on avait attaché un singe sur le dos, lutte 
désespérée où le pauvre baudet, avant de mourir sous les morsuies de 
ses adversaires, avait à endurer les blessures faites par le quadrumane 
aux abois. vSouvent encore, c'était une lutte entre chiens, avec des 
paris, pour l'un ou pour l'autre des combattants : mais, presijue tou- 
jours quand ceux-ci avaient fini, les parieurs se prenaient de mots 
et s'empoignaient à leur tour. » 

CLAUSS (impasse) -<— s; rue des Alouettes, 7 [Buttes-Giiaumont, Combat 
Vy an-. 50 m.j 

Nom du propriétaire. 

CLAUZEL (rue) -^-^^ rue des Martyrs, ;J5 îs— >- rue et place Bréda [Oi'kua. 
Saint-Geori^es, 9"^ arr. 184 ni.] 

Créée en 18'30, sous le nom de rue Neuve-Brédn (Voir Bs,éda),! du 
nom du propriétaire des terrains; elle' a pris le nom de Clmizel en 18C)4. 

Le comte Bertrand Clauzel, né à Mirepoix en 1772, s'engagea 
volontairement en 1791, s'illustra avec Bochambeau en Amérique, 
avec Junot et Masséna, en Espagne, et dirigea en 1802, la retraite de 
Portugal. Devenu maréchal de France, il mourut en 1842. 

Clauzel avait son hôtel au 18, rue Cadet, sur l'emplacement duquel 
avait été constiiiit le Ca.^ino Cadet {Voir Cadet), et qui est occupé 
aujourd'hui par un établissement de bains. 

Au 5, porte d'entrée artistique, avec fronton et joli motif de 
sculpture. 

CLAVEL(rue) <-« rue de Belleville, 97 »-j- rue Fessart, 45 (Buttes-ChaumoxNT, 
Comlmî, 19^ arr. 335 m.| «à 

Existait en 1812, et figurait déjà au plan de Roussel en 1730. JË^H 
1837, elle reçut le nom de me des Moulins qu'elle conserva jusqu'en 
1868, époque à laquelle on lui donna celiii de Clavel. 

— 354 — 



Clef 

Pierre Clavel, général de brigade (1773-1843), prit part .à la 
défense héroïque des Buttes Chaumont en 1814, contre les troupes 
alliées {Voir Buttes Chal'MONt). 

CLEF (rue de la) -<-^ rue du Fer-à-Moulin, 24 3-*- rue Lacépèdef 15 [Pan- 
théon, Jardin-des-Plantes , 5« arr. 525.] 

Cette rue était autrefois la rue Saint-Médard, parce qu'elle con- 
duisait à l'église Saint-Médard, au xvii^ siècle, une enseigne repré- 
sentant une clef par antithèse à la prison Sainte-Pélagie, qui existait 
au n° 18, de cette rue et « où ou l'avait si bien enfermé », lui fit donner 
le nom de rue de la Clef. 

Elle est formée de deux anciennes rues : la rue Vieille-Notre- 
Dame, et la rue du Pont-aux-Biches, à cause d'un pont voisin construit 
sur la Bièvi-e. Le voisinage de Vhôpital Notre-Dame-de-la-Miséri- 
corde, de la rue Censier, appelé les Cent Filles et fondé en 1627, pour 
cent filles malades, lui avait fait donner le nom de rue de la Misé- 
ricorde. Henriot, clief de la garde nationale pendant la Terreur, qui 
fut tué le 9 thermidor, à l'attaque de Saint-Roch, habitait la rue de 
la Clef. Au 25, est l'ancienne pension Savouré, où furent élevés Jérôme 
Bonapai-te, l'amiral Baudin et aussi Gay-Lussac, La halle aux cuirs, 
qui donna un moment son nom à cette rue avait une entrée rue 
vSanteuil [Voir rue Dieu). 

La prison de Sainte-Pélagie, démolie en août 1898, occupait les 
bâtiments de l'ancien courvent de Sainte-Pélagie, fondé en 1665, sur 
des terrains achetés par Mme de Beauharnais de Miramion, la créa- 
trice des Miramdones du quai de la Tournelle. Le couvent de Sainte- 
Pélagie servait alors de réclusion pour des filles et femmes de mau- 
vaise vie. Pendant la Révolution, on en fit une prison d'Etat. 
Mme Rolland y fut internée et c'est là qu'elle écrivit ses Mémoires 
(Voir Conciergerie). Joséphine de Beauharnais, qui plus tard devait 
devenir impératrice, passa, quelques mois à Sainte-Pélagie pendant la 
Restauration. 

De 1797 à 1834, les détenus pour dettes y furent enfermés et parmi 
eux, ce pauvre Rouget de Lisle, l'immortel auteur de La Marseillaise 
(Voir Rouget de Lisle). Dès 1828, la maison fut dédoublée, l'une 
pour les dettes et l'autre pour la détention. On transféra les mauvais 
payeurs à la prison de Clichy (Voir ce nom,) et il ne resta à Sainte- 
Pélagie que les criminels et les « politiques », à qui le pavillon des 
princes était réservé. 

Paul-Louis Courier, pour un pamphlet, inaugura le pavillon ; après 
lui vint Béranger qui y resta deux jours, puis Méry, Armand Carrel, 
et d'autres encore. Sous la monarchie de Juillet, le pavillon fut rare- 
ment vide, tous ceux qui refusèrent de se soumettre au nouveau 
régime, y furent enfermés ; de ce nombre étaient : Raspail, Lamen- 
nais, Godefroy Cavaignac, Barbes, Blanqui, Arago, etc., etc. 

— 355 — 



Cléinence-Royer 

En 1835, plusieurs détenus parvinrent à s'évader en creusant un 
troij, sous le mur, sorte de souteiTain qui aboutissait dans ks massifs 
d'un jardin d'une des maisons de la rue Lacépède. La République de 
1848, y enferma Proudhon, et le second Empire y vit défiler toute la 
pléiade^des journalistes de l'opposition : liane, Pelletan, Rochefort, 
Vallès, Vermorel, Clemenceau, Scheurer-Kestner, Humbert, etc. {Voir 
Lacépède). 

C'est à vSainte-Pélagie, qu'en mai 1871, Raoul Rigaud, alors 
membre de la Commune, délégué à la Justice, fit fusiller le malheu- 
reux Cbaudey, rédacteur au journal Le Siècle, Le nom de Sainte- 
Pélagie, venait de sainte Pélagie, comédienne à Antioclie, qui, au 
v" siècle s'illustra par la pénitence. 

a C'était là, dans cette vieille petite rue de la Clef » fait observer 
A. Callet, a que s'étaient réfugiées toutes ces petites pensions bour- 
geoises où somnolaient avant de dormir leur dernier sommeil, de 
pauvres vieilles ratatinées, convexes, au chef branlant, qui avaient été 
de belles et éblouissantes pécheresses et de petits vieux qui avaient eu 
des malheurs dans l'industrie des soies ou le commerce des denrées 
coloniales. Balzac, dans le Père Goriot, a tracé un portrait frappant 
de couleur de ces « pensions bourgeoises des deux sexes et autres » on 
vivotaient o des femmes aux robes passées, reteintes, déteintes, des 
fichus éraillés, des hommes aux vêtements qui n'avaient plus que 
l'âme, aux faces froides, dures, effacées comme celles des écus démo- 
nétisés qui avaient résisté aux tempêtes de la vie ». 

« Toutes ces pensions qui donnaient à ce coin de Paris un aspect si 
provincial, n'existent presqiie plus, tous ces petits vieux des denix 
sexes et autres trouvent plus économique et plus commode aujourd'hui 
d'aller se caserner dans quelque grand hospice payant, comme Sainte- 
Perine, Yvry ou Brévannes. » 

CLÉMENCE-ROYER (rue). 

Dans sa séance du 12 juillet 1,893, sur la proposition de M. Chau- 
tard, le conseil municipal a décidé que ce nom serait donné au sentier 
des Bua, situé dans le xx® arr. 

Augustine-Clémence Royer, femme auteur et économiste française, 
traducteur de Darwin (rOrigiîie des Espèces), naquit à Nantes en 
1830, et mourut en 1901. « Pendant des années et des années, elle 
écrivit et publia des ouvrages philosophiques et scientifiques, s'occu- 
pant à la fois de morale, d'économie politique, de psychologie, de phy- 
sique, de sciences naturelles et d'astronomie; elle avait conquis, en 
entassant ainsi, travaux sur travaux, l'admiration de quelques esprits 
d'élite, mais elle était inconnue de la foule. Il fallut que MM. Ber- 
thelot,, Richet, Levasseur, Léon Bourgeois, lui fissent l'honneur d'un 
banquet, pour que le public connût enfin le nom de cette bénédictine 

— 356 — 



Clénient-Marot 

qui n'avait gagné, à élaborer son œuvre immense, ni gloire, ni argent. » 
Le plus grand titre de gloire de Mme Royer, en dehors de la publi- 
cation de ses œuvres : Histoire des Religions, De l'origine de Vhomms 
et des sociétés, Histoire de VAtomisme, est d'avoir partagé avec 
Proudhon un prix académique sur la Théorie de V Impôt. 

Mme Royer avait une très baute idée de sa valeur; quand, au cours 
d'un banquet, le ministre lui remit sa croix de cbevalière de la Légion 
d'honneur, elle eut ce mot typique : « Si j'étais un homme, il y a long- 
temps que je serais commandeur ». 

CLÉMENT (rue) -^-m rue de Seine, 72 »-> rue Mabillon, 3 [Luxembourg, Odéon, 
6« urr. 120 m.] 

Ouverte en 1817, sur une partie de l'emplacement des fossés Saint- 
Germain, elle reçut le nom de Dom.-Cléivcnt, religieux bénédictin de 
la congrégation de Saint-Maur (1714-1793). Clément, historien, est 
l'auteur de VArt de vérifier les dates. Au 4, était le passage de la 
Treille, qui aboutissait au 97, de la rue de l'Ecole-de-Médecine. Ce 
passage existait déjà en 1489, et fut vendu à l'abbaye de Saint- 
Germain-des-Prés. Comme le greffier de l'abbaye y demeurait, elle fut 
appelée quelque temps : rue GreMer ou GreMère. 

CL.ÉMENT-MAROT (rue) <-« avenue Montaigne, 47 ii^-> rue Pierre-Charron, 46 

[Ely^kk, Champs-Elysées, 8" arr. 829 m.] 

A été créée en 1881, et dénommée rue Clément-Marot en 1883. 

Le poète Clément Marot, né à Cahors (Lot) en 1495, fut d'abord 
valet de chambre de Marguerite de Valois. Ses œuvres de poésie légère 
sont généralement très hardies. Il excelle dans le rondeau, l'épi- 
gramme, le madrigal et la ballade. Qui ne connaît son épître badine 
à François I^*", dans laquelle il parle « d'un maître fripon, sentant la 
hart à cent pas à la ronde, au demeurant le meilleur homme du 
monde • » . 

Il mourut en exil à Turin en 1544, après avoir connu la faveur de 
la cour de François I", la disgrâce, la prison et la misère. Sa statue 
a été érigée à Cahors le 3 juillet 1892. Clément Marot possédait, au temps de 
sa splendeur, une maison dite Maison d'airain au 27, de la rue de 
Tournon (Voir ce nom). 

« Marot, dit Géruzez, est un poète excellent et il est le premier en 
date qui ait mérité ce titre. Dans les genres où il a complètement 
réussi, il n'a pas été surpassé. Sou Enfer, composé dans la prison de 
Chartres en 1526, est une satire très fine de justice criminelle, VEpître 
aux Dames de Paris, sous forme de badinage est cruellement sarcas- 
tique. Tour à tour poète satirique, élégiaque et bucolique. Clément 
Marot est en même temps fabuliste et devança La Fontaine dans sa 
onzième épître : Le Rat et le Lion. Ajoutons que la langue de Marot, 



Clichy 

n'a point péri ; elle reste, tournure et mots, un dialecte dans la langua^j 
générale et pour les genres qu'elle a consacrés, il n'y a ni vocabulaire^"' 
plus précis, ni syntaxe plus convenable » . 

CLER (rue) -«-^s; rue Dominique, 113 ss— >- avenue de la Motte-Picquet, 32 
[Bourbon, Gros-Caillou, 7" arr. 428 m.] 

Précédemment rue de l'Eglise de 1738 à 1864, elle est devenue de- 
puis la l'tœ Cler. 

Jean- Joseph-Gustave Cler, général de brigade, tué à la bataille de 
Magenta (1814-1859) (Voir Magenta). 



CLËRY (rue de) -«—es rue Montmartre, 104 s^-^ rue Beauregard, 60 et boul 
vard Bonne-Nouvelle, 5 [Bourse, Mail, Bonne-Nouvelle, 2« arr. 600 m, 

Ouverte en 1633, sur l'ancien chemin, des Gravais, qui longeait les 
fossés de la porte Saint-Denis, elle reçut le nom de Cléry, à cause de 
VHôfel de Cléry qui y était situé. La partie qui va de la rue Poisson- 
nière à la porte Saint-Denis, s'est appelée rue Mouffetard, de 
« Mouettes ou Mouiïettes », qui désignait alors, ce que nous appelons, 
aujourd'hui « la gadoue de Paris » [Voir Bonne-Nouveli^e). 

Sur l'emplacement où est actuellement la rue de Mulhouse, était 
autrefois l'hôtel de Cuisy,^ qu'habita Necker ministre de Louis XVI 
et sa fille Mme de Staël (Voir Choiseul). Au 23, avait logé le poète 
Ducis. Au 24, ancienne madone {Voir Madone), 

Le poète André Chénier {Voir ce nom), décapité le 25 juillet 1794, 
demeurait au 97, de la rue de Cléry, au coin de la rue Beauregard, 
dans la maison d'angle qui a consei^é l'enseigne du Signe de la Croix 
(un cygne et une croix), jeu de mots fort en usage au xviii'' siècle 
{Voir Enseignes). A la mort du duc de Guise en 1664, le grand Cor- 
neille, jusqu'alors hébergé chez le duc dans son hôtel de la rue du 
Chaume (Archives Nationales) et n'ayant pu obtenir du roi Louis XIV 
l'autorisation de loger au Louvre, se vit forcé d'habiter une maison 
de la rue de Cléry, avant d'aller se fixer rue d'Argenteuil {Voir axvenue 
de Z'Opéra). 

C'est dans un hôtel portant le n° 19, de la rue de Cléry, aujourd'hui 
disparu et englobé dans la rue de Réaumur, que la célèbre 
Mme A'igée-Lebrun, donna le fameux repas à la grecque, dans lequel 
« Vêtues ou plutôt dévêtues, ajoute A. Callet, les beautés de l'époque 
à demi-couchées autour d'une table, buvaient le Chypre à pleines 
coupes, tandis que Garât récitait des odes antiques, qu'accompagnait 
Grétry sur une lyre d'or ». En 1793, elle prêta son salon pour y dire 
secrètement la messe. 

CLICHY (avenue de) -<-^ place Clichy, 7 s^ boulevard Berlhier, 1 et Bes- 
sières,131 [B/VTiGNOLLES,^ai/o-/io//es, 17'= arr. ; Montmartre, Grandes- Carrières, 
18« arr. 1580 m.] 

Cette voie indiquée" sur le plan de Deharme en 1763, formait autrefois 

— 358 — 



I 



Clichy 

d^ux rues distinctes : la Grand' rue des Batignolles, entre la place 
Clichy et l'avenue de Saint-Oiien et V avenue de Clichy, de l'avenue de 
iSaint-Ouen a,u boulevard Beitliier. En 1868, elle est devenue avenue 
de Clichy, dans toute son étendue. 

Au n° 7, le restaurant du Père Lathidlle^ date de 179;]. En 1814, 
il servit de quartier général au maréchal Moncey et de point de mir« 
à l'artillerie de Blûcher. On montrait encore en 1860, un boulet de 
canon qui était venu se loger dans le comptoir de l'établissemient. 
Horace A'ernet a laissé un tableau célèbre, représentant la défense 
de la place Clichy (30 mars 1814). Au 50, théâtre Maguera, ancienne- 
ment théâtre Moncey. 

L'avenue de Clichy fut plantée d'arbres en 1705, aux frais de la 
marquise Marguerite de Bauton, veuve du marquis de Vaubrun. Le 
chemin qui conduisait de Paris au village de Clichy, passait à côté 
du château et des cabarets des Porcherons où se trouvaient alors les 
guinguettes les plus fréquentées du xviii'' siècle {Voir Chaussée- 
d'Antix; . 

L'endroit où cette avenue se croise avec l'avenue de Saint-Ouen, au 
62, s'appelle la Fourche. 

CLICHY (boulevard de) -^-^s rue des ^Martyrs, 67 s^-v place de Clichy {Opkra, 
Saint- Georges, {)'' arr. ; Montmartre, Grandes-Carrières. Cligtiancourt, IS' ari\ 
976 m.] 

Réuni sous une même dénomination en 1864, il est composé dei 
boulevards des Martyrs, Pigalle et Clichy et des anciens chemins de 
Tonde des Martyrs et Montmartre et de la barrière Blanche (Voir 
avenue de ClichyJ. 

Au 7, est l'atelier du peintre Yeyrassat. Au 25, habite le peintre 
Vollon. Au 50, conduisant au cimetière du Nord, est Vavenue Rachel 
(Voir ce nom). Au 83, le Moulin Rouge occupe l'emplacement de l'an- 
cien bal de la Reine Blanche (Voir Bals disparus). Au 124, est 
l'Hippodrome qui devint un moment Hippo-Palace. 

CLICHY (passage de) -*-^s£ avenue de Clichy, 4 ss— >- boulevard de Clichy, 128 
[MoNTMARTHE, Graudes-Camères, 18" arr, 202 m.| 

Autretois passage Saifit-Pierre; porte depuis 187-5 le nom actuel ( Voir 
avenue de Clichy), 

CLICHY (place) *-m rue de Clichy, 88 m-^ boulevard des Batignolles, 16. Fait 
partie de quatre arrondissements : |Le S^ : Elysée; le 9« : Opéra; le 17>= : 
Batignolles et le 18*^ : Montmahtke.] 

Précédemment place et barrière de Clichy de 1789 à 1864, elle a été 
construite sur l'emplacement des anciens bâtiments de la barrière de 
Clichy, qui en 179-{, avait été appelée : barrière Fructidor. 

Le 30 mars 1814, la garde nationale de Paris, commandée par le 

— 359 — 



Clichy 

général Moncey, y soutint un combat héroïque contre les troupes 
alliées ayant à leur tête le général Bluclier {Voir Moncey). 

Le monumient comménioratif de ce brillant fait d'armes qui orne 
le centre de cette place, a été érigé en 1869, par les soins et aux frais 
de la Ville de Paris, en l'honneur du maréchal Moncey, qui y est 
représenté. 

CUCHY (rue de) *-m rue Saint-Lazare et square de la Trinité j»-^ place 
Clichy [Opéra, Saint-Georges, 9" arr. 820 m.] 

Précédemment rue du Coq, à cause du voisinage du cabaret des 
Percherons appartenant a M. Coq {Voir Chatjssée-d'Antin), et origi- 
nairement chemin de Clichy; elle est indiquée sur le plan de Jouvin 
de E-ochefort (1672'). Depuis 1877, on l'a dénommée rue de Clichy. 

Elle suit presque exactement le tracé de l'ancienne voie romaine 
allant de Paris au Havre et appelée la voie de la iner. C'est de la rue 
de Clichy, où se tenait le célèbre club royaliste, que partit le signal du 
mouvement insurrectionnel du 18 vendémiaire. L'ancienne caserne des 
gardes françaises devenue caserne d'infanterie, existait encore en 
1855, au b, de cette rue. C'est là que les soldats partirent le 13 juillet 
1789, pour se joindre au peuple, après avoir culbuté les dragons du 
prince de Lambèze. Le giiondin Yergniaud y demeurait en 1793; il y 
fut arrêté le 17 de la même année chez Mlle Coupé, danseuse de l'Opéra 
dont l'hôtel disparut lors du percement de la rue de Parme. 

Aux 68 et 70, ancien hôtel du baron Saillard, devenu en 1826 : 
Frison pour dettes (Clichy). Les créanciers aux noms desquels étaient- 
incarcérés les débiteurs, devaient payer pour eux une pension de 
45 francs par mois. Cette prison a disparu vers 1860, époque à laquelle 
l'abolition de la contrainte par corps fut décidée. Cette suppression a 
fait disparaître en même temps les fameux gardes du commerce, 
appelés records, chargés des arrestations dont on ne retrouve plus 
trace, que sur les dessins de Gavarni. Il y avait à Clichy : 200 cellules 
pour hommes et seulement 18 pour femmes. Sur l'emplacement de 
l'ancienne prison pour dettes, ont été élevés de très beaux immeubles. 

Après 1870, Victor Hugo, habita le 21 et le 23, de la rue de Clichy 
{Voir Victor Hugo). Au 34, temple protestant d'Augsbourg. Au 39, 
eut lieu l'attentat anarchiste de Havachol à l'aide d'une marmite rem- 
plie de dynamite, que ce dernier avait apportée avec lui sur l'impé- 
riale de l'omnibus avant de la déposer dans cette maison. Acquitté 
d'abord par le Jury de la Cour d'Assises de Paris, Eavachol jugé de 
nouveau à Montbrison, fut condamné et exécuté dans cette ville, le 
11 juillet 1892. Le Casino de Paris occupe l'emplaceme^it d'une 
ancienne petite maison de campagne, qui, après avoir appartenu au 
duc de Richelieu, devint sous le Directoire, la propriété de la belle 
Mme Hamelin, puis plus tard de Caulaincourt, duc de Vicence {Voir 

— 360 — 



CU<^nancourt 

Caitlaincourï). La Folie Boutin {Voir Tivoli), située au 1, compre- 
nait toute la rue de Londres, avec retour par la rue Saint-Lazare, à 
l'endroit du passage Tivoli. 

CLIGNANCOURT (rue de) *-« boulevard Kochechouart, 36 m-^ rue Gham- 
pionaet [Montmartre, Clignancourt, 18" arr. 1365 m.] 

Indiquée sur le plan de Jouvin de Rochefort de 1672, cette rue a 
été ouverte en 1813, sous le nom de chaussée Clignancourt; elle n'allait 
alors que jusqu'aux rues Ramey et Poulet; elle fut prolongée en 1868 
jusqu'à son extrémité et engloba, la rue du CJiâteau-Rouge qui com- 
mençait au n" 40, et reçut en 1868, la dénomination de r^ie de Clignan- 
court parce qu'elle conduisait à l'ancien village de ce nom. 

Clignancourt, qu'on écrivait autrefois Clignencourt, est mentionné 
dans plusieurs actes du xiii" siècle. En 1637, à la suite de fouilles 
opérées dans ce quartier, on mit à découvert d'importantes fondations, 
des vases, des fragments de statues et d'autre» objets datant de l'occu- 
pation romaine. 

En 1579, Clignancourt appartenait à Jacques Légier, trésorier du 
cardinal de Bourbon, il y avait fait construire une cbapelle dite de la 
Trinité, aux environs de la rue Marcadet. En 1709, le village de Cli- 
gnancourt devenu propriété de Mme de Bsllefond, abbesse de Mont- 
martre, fut cédé tout entier au duc de Mayenne pour la somme de 
5.500 francs. En 1771, un certain Desruelles y établit une importante 
fabrique de porcelaine (Voir Tretaigxe) et en 1787, il s'y fonda, une 
usine de nitre artificiel, pour la fabrication des poudres et salpêtres. 
De cette époque, date le développement industriel de Clignancourt 
qui n'a. cessé d'augmenter jusqu'à l'annexion de 1860. 

Sur l'emplacement des maisons 4'2 et 52, existait jusqu'en 1872, 
le bal du Château Rouge (Voir Bals disparits). Ce cbâteau construit 
en briques rouges comme toutes les habitations d'alors, avait été bâti 
par Henri IV pour servir de maison de campagne à sa maîtresse, la 
belle Gabrielle d'Estrées, dont l'iiôtel à Paris était situé rue dea 
Erancs-Bourgeois 14. Elle mourut subitement à 28 ans en 1599, dans 
sa maison du Doyenné (Voir place du Louvre), en revenant de rendre 
visite au financier Zamet, qui habitait au 12, de la rue de la Cerisaie. 

C'est au Château Rouge, qu'en 1814, le roi Joseph, frère de Napo- 
léon I*"", qui y avait son quartier général, y présida le Conseil de la 
défense de Paris; les traités d'abdication furent signés chez le géné- 
ral Marmont, dans son hôtel du 30i, rue du Faul)ourg-Poissonnière. 
C'est encore au Château Rouge que le 21 mai 1871, furent conduits les 
généraux Clément Thomas et Lecomte, avant d'être fusillés sur la 
butte Montmartre (Voir rue des Rosiers). 

Au n" 1, à l'angle du boulevard, boutique de charcutier à l'en- 
seigne du Porte-Veine. Du 22 au 34, magasins Dufayel, construits en 
1895, par l'architecte G. Rives ; à l'entrée principale, au 24, magnifique 

— 361 — 



Cloche-Perce 

grille et groupes en bronze de Falguière. Ces magasins courrent tou^f 
l'emplacement entre les rnes de Clignancourt et Christiani, où était 
situé autrefois le petit Château Rouge {Voir Bals disparus), et 
revient par le boulevard Barbes en retour d'équerre par la rue de la 
Nation. Ces bâtiments sont recouverts d'un dôme imposant, qui s'aper- 
çoit du bas du boulevard Magenta, dont il forme l'axe. Au 134, 
impasse Clignancourt. 

A l'entrée de la chaussée Clignancourt, près le boulevard Roche- 
cbouart, à l'endroit où est aujourd'hui la rue d'Orsel, existait bien 
avant 1854, un cabaret appelé le Petit Rampojieau, qui rivalisait avec 
les autres guinguettes da barrière. Fondé en 1790, ce cabaret n'était 
à cette époque qu'une buvette en plein vent où les consommateurs 
s'installaient sur des bancs et jouaient au tonneau et aux quilles. Il 
avait été créé par Nicolet après que celui-ci eiit quitté son Ramponeau 
de la Courtille du Temple (Belleville), où l'on buvait du cin à quatre 
sous, qualifié alors de « Nectar en perce ». 

CLINIQUE DE L'ÉCOLE DE MÉDECINE située place de l'Ecole-de-Méde- 
cine [Lij\i:mbulkg, Odéo/i, 6« an- j 

Cet hôpital a été construit en 18-U, sur une partie de l'ancien 
cloître dxi cou\>ent des Cordeliers, fondé au xiii" siècle. A l'endroit où 
l'entrée a été pratiquée, s'élevait en 1806, une fontaine, d'où l'eau 
tombait en cascades; le bassin a été comblé et les colonnes qui la déco- 
raient, ornent maintenant l'entrée de l'hôpital (Voir Ecole de Méde- 
cine). 

CLISSON (rue) -«— œ rue du ("hevaleret, 173 as— *- rues du Château-des- 
Rentiers, 142 et Nationale, 4 [Goueliins, Gare, 13'' arr. 550 m.] 

Précédemment chemiîi du Bac; le voisinage de la place Jeamne- 
Darrc, lui a fait donner en 1868, le nom de Clisson. 

Olivier de Clisson (1326-1407), connétable de France sous 
Charles VI, vainqueur de Ilobesèque, puis gouverneur des Marmousets, 
nom par lequel on désignait les conseillers de Charles V, demeurés en 
fonctions sous Charles VI (Voir Archives et rue Sévigné). 

CLOCHE (rue de la) <-« rue des Partants, 46 »-> rue Sorbier 23 bis [Ménil- 
Mo>TAisT, Père-Lacliaise, 20*^ arr. 42 m.] 

A été ouverte sur une ancienne carrière qu'on appelait la Cloche à 
Veau, d'où rue de la Cloche. 

€LOCHE-PERCE (rue) *-m rue François-Miron, 15 h-^ rue du Roi-de-Sicile, 27 
[IIoTEL-DE- Ville, Saint-Gervais, 4" arr. 81 la.] 

Date de 1250 environ, elle doit son nom à une enseigne : A la Cloche 
apercée, dont par corruption on a fait Cloche Perce. Cette enseigne se 
voyait encore en 1636. 

— 362 — 



Une grande partie de cette i-ue fut absorbée en 1854, poiu" le per- 
cement de la rue de Rivoli. En 1660, elle avait porté le nom de me de 
lai Grosse-Margot, à cause d'une auberge, dont la patronne probable- 
ment assez grassouillette, répondait au nom de Margot. Précédemment 
de l'^OO à 1-'}13, elle s'appelait la. rue Renaut-le-Fèvre (Renaut l'ai'ti- 
san, l'ouvrier) {Voir rue de la Cossonnerie). 

CLODION (rue) ^—ss boulevard de Grenelle 3ï->- rue Dupleix [Vaugiraud, 
Grenelle, 15« arr.] 

A été formée d'une pai'tie de la rue Dupleix (Voir ce nom). 

Claudev-Michel Clodion (1738-1814), sculpteur français. A côtié 
des œuvres de grande importance comme Cléopâtre mourante, Homère 
mendiant, V Entrée des Français à Nancy, qui décorent l'arc de 
triomphe de la place du Carrousel, des quinze panneaux décoratifs de 
la colonne Vendôme, etc. Clodion est surtout remarquable par la pro- 
duction incessante de statuettes charmantes : le Baiser rendu, Une 
bacchante, Jeune fille attrapant un papillon, etc. 

CLOITRE-NOTRE-DAME (rue du) -f-^ quais de l'Archevêché et aux 
Fleurs, l 3^^ place du Parvis-Notre-Dame et rue d'Arcole, 23 [Hotkl-de- 
ViLLE, Notre-Dame, 4* arr. 233 m.] 

Cette rue était située dans l'ancien cloître Notre-Dame, qui occu- 
pait autrefois tout l'espace compris depuis le quai Xapoléon jusqu'à 
la Seine, derrière Notre-Dame. Le cloître était fermé par deux portes, 
il renfermait deux églises : V église Saint- Jea,n-le-Rond, à cause de sa 
forme ronde, et VégJise Saint-Denis-au-Pas parce qu'elle n'était 
séparée du chevet Notre-Dame que par un pas. 

Ces églises furent toutes deux supprimées en 1748 et en 1790. A 
la porte de l'église Saint- Jean-le-Rond en 1717, fut exposé pour être 
recueilli par la charité publique, l'enfant qui devait être plus tard, le 
grand philosophe d'Alembert (Voir ce nom). Philibert de l'Orme cha- 
noine, un des architectes des Tuileries, mourut au cloître Notre-Dame 
le 8 janvier 1570. Fulbert, l'oncle d'Héloïse amante d'Abeilard, était 
chanoine de Notre-Dame et habitait au 10, de la rue Chanoinesse (Voir 
ce nom). Nicolas Boileau-Despréaux y demeurait en 1710, et c'est là 
qu'il décéda le 13 mars 1711, chez son ami, l'abbé Chasselain, dont la 
maison était située rue de V Abreuvoir, dépendant du cloître {Voir 

BoiLEAU). 

Les chanoines y possédaient trente-sept maisons portant leurs 
noms et dont ils pouvaient librement disposer. Lorsqu'un chanoine 
mourait, le Chapitre touchait le cinquième de la vente ou le dixième 
selon que le défunt avait ou n'avait pas laissé de testament. Ces droits 
de transmission lurent abolis en 1790. On retrouve facilement quelques 
noms de ces habitations : au 14, où habitait Picot, chancelier de 
l'église, confesseur de la Brinvilliers, au 16, logis du chanoine Feydeau, 

— 363 — 



Clopin 

puis de Jean Hilleiin, au 18, qui fut le Bureau des Aides. Les 20 et 
22, sont également de l'époque. Les chanoines de Notre-Dame tou- 
chaient, pour assister aux offices, un jeton de présence, qu'on nom- 
mait un méreau. 

GLiOITRE-SAINT-HONORÉ (rue du) <-^ rue des Bons-Enfants, 8 s^-v rue 
Saint-IIonoré, 186 [Louvre, Palais-Royal, !«■• arr.] 

Formé sur l'ancien emplacement du Cloître Saint-Honoré, dont 
l'église avait été fondée en 1204, par Reynold Chéreims, le voisinage 
de la place aux Pourceaux, située- près des Champeaux (Halles), 
l'avait fait appeler Saint-Honoré-au.r-PorciaAix, comme on disait 
Saint-Huystace-anx-Chdmpeaux (Saint-Eustache). L'église possédait 
une tour datant de Philippe-le-Bel, réparée en 1859, elle disparut com- 
plètement en 1793. Le mausolée du cardinal Dubois, élevé dans cette 
église fut sauvé par Lenoir, qui fit gratter les inscriptions et transporta 
la statue de l'ancien ministre du régent, dans l'église Saint-Roch. 

Les entrées du cloître Saint-Honoré soutenues par de gros piliers 
en bois, sont toutes curieuses et forment pour la plupart des voûtes 
originales, surtout celle qui donne accès sur la rue'des Bons-Enfants, 
avec son escalier et ses constructions intérieures [Voir ce nom). 

CLOITRE-SAINT-MERRY (rue du) <^» rue du Renard, 19 »-> rue Saint- 
Martin, 80 [HoTKL-DE-ViLLE, Soi/it-Merri, 'i« arr. 132 m.] 

Indiquée dans le Dit des rues de Paris du poète Guillot en 1330, 
cette rue était ainsi nommée parce qu'elle traversait autrefois le 
cloître de l'église Saint-Merry, comprenant dans son périmètre les 
rues Brisemiche et Taillepain {Voir ces noms). Elle était fermée de 
chaque côté par ues portes dont l'une, celle qui donnait sur la rue 
Saint-Martin s'appelait la hai^e ou V archet. 

Les chanoines de Saint-Merry, y exerçaient une juridiction tem- 
porelle et les prisons du Chapitre étaient situées dans cet endroit. On 
y tenait également les assemblées capitulaires. Cette rue a. été le 
théâtre de véritables massaeres pendant les journées révolutionnaires 
des 5 et 6 juin 1830, oii une centaine de républicains résistèrent pen- 
dant plus de vingt-quatre heures aux troupes du roi Charles X. 

CLOPIN (impasse) -<-^s rue Descartes, 19 [PANTnÉON, Saint-Viclor, 5« arr. 
19 m.] 

Formée depuis 1809, par la suppression d'une partie de la rue 
Clopin-, elle portait au xiv® siècle le no-m de Cul-de-sac ou rue sans 
Chief, plus tard elle fit partie de la rue Clopin, mais s'en trouvait 
séparée par les murs de l'enceinte de Philippe-Auguste. Elle a encore, 
et définitivement été séparée en 1807, par la construction de l'Ecole 
Polytechnique {Voir rue Clopin). 

— 364 — 



Clotaire 

CL.OPIN (rue) <-m rue du Gardinal-Lemoine, 50 »-> rue d'Arras, 29 [Pantiikon, 
Saint-Victor, S^ arr. 48 m.] 

Elle doit son nom à un logis dit Maison Clopin, qui existait déjà 
en 1248. Elle fut appelée ensuite rue des Anglaises, parce qu'elle 
débouche en face du couvent des. Dames Anglaises fondé en 1677, et 
Tnie du Champ-Gaillard ou chemin Gaillard, à cause des filles publi- 
ques qui y pullulaient. Une partie de la rue a été supprimée en 1809, 
réunissant les collèges de Boncourt et de Navarre, affectés à l'Ecole 
Polytechnique. Cette rue fut alignée de 1829 à 1845. 

CLOS (impasse des) <-« rue Gardinet, 78 [Batignolles, Plaine-Monceau, 
17" arr. 40 m.] 

Ancien chemin dit des Clos, dépendant autrefois d'anciens 
vignobles, 

CLOS (rue du) <-^s. rue Gourât, 64 ss— >- rue Saint-Biaise, 58 [Ménilmoîntant, 
Cliaronne. 20« arr. 200 m.] 

Créée en 1844, elle doit son nom au lieu dit du Clos Réglise, renommé 
alors par son vin. 

CLOS-BRUNEAU (passage du) -<^ss rue des Ecoles ss^-> rue des Carmes, 13 
[Panthéon, Sorbonne, 5«arr. 47 m.| 

Dès 1243, d'après les Cartulaires de Sainte-Geneviève, on la nom- 
mait rue Judas, à cause des nombreux juifs qui l'habitaient et comme 
elle avait été ouverte sur le clos Bruneau, anciennement renommé 
pour son petit vin « pinot », elle prit le nom de ce clos. On disait aussi 
Clos Burniau et Brunel {Voir rue Jean-de-Beauvais). En 1838, elle 
devint le passage du Clos-Bruneatt. On sait que toute cette partie de 
Paris était autrefois couverte de vignes. 

CLOS-FEUQUIÈRES (rue du) <-m rue Théodore-Deck »^ rue Desnouettes, 10 
[Vaugirard, Saint-Lambert, 15"= arr. 285 m.] 

Nom choisi par le propriétaire. 

CLOTAIRE (rue) <-^s place du Panthéon, 13 s— >■ rue des Fossés-Saint- 
.Tacques, 15 [Panthéon, Sorbonne, 5" arr. 38 m.] 

Décrétée en 1804, elle ne fut formée qu'en 1832, sous le nom de 
rue Clothaire, à cause du voisinage de l'ancienne abbaye de Sainte- 
Geneviève, fondée par Clovi». 

Clotaire I*"", quatrième fils de Clovis, roi de France né en 497, 
mourut à Compiègne en 558. Dévot, cruel et sanguinaire, il fit avec 
son frère Chilpéric, périr les fils de leur frère Clodomir. 

— 365 — 



Clovis < 

CLOTIL.de (rue) -<— = rue Glovis, 23 et place du Panthéon ;s-> rue de l'Estra- 
pade, 17 [Panthéon, Sorbonne, 5" arr. 173 m.] 

Projetée en 1807, à travers les jardins de la « cy devant abbaye de 
Sainte-Greneviève », cette rue ne fut achevée qu'en 1841. 

ClotiLde, épouae de Clovis (4G6-543), fut enterrée dans l'église 
Saint-Pierre-et-Saint-Paul, depuis Sainte-Geneviève. 

CLOVIS (rue) <-^e rue du Cardinal-Lemoine, 58 ss-> rue Clotilde, 1 et place 
Sainte-Geneviève [Panthéon, Saint-Victor, Sorbonne, 5» arr. 237 m.] 

Après la découverte du tombeau, de Clovis et de celui de la reine 
Clotilde, dans les fouilles qui lurent pratiquées en cet endroit le 
10 mars 1807, pour le terrassement de cette voie, il lut décidé qu'on 
lui donnerait le nom de Clovix, parce que cette rue se trouvait ouverte 
sur remplacement de l'ancienne abbaye Sainte-Geneviève, fondée par 
Clovis, et où il avait été enterré vers l'an 511. Les corps furent relevé»^ 
et transportés dans les caveaux de la basilique de Saint-Denis. 

Clovis I*"'", roi des Francs, premier roi chrétien (465-511), vain- 
queur des Romains à Soissons en 486; des Allemands à Tolbiac en 
496; des Bourguignons près de Dijon en 500, et des Visigoths à Vouillé 
en 507. Fondateur de la Monarchie franque, fut baptisé à Reims en 
496, et trois mille Francs suivirent son exemple. 

La partie qui se termine rue du Cardinal-Lemoine, date de 1809, 
elle fut créée sur l'emplacement de l'ancien collège des Irlandais et 
les dépendances du collège de Boncourt {Voir Ecole Polytechnique).^ 

Du côté de la rue des Fossés-Saint-Victor, près de "l'Ecole Poly- 
technique, au n° 7, existe une portion considérable des anciennes 
murailles de Philippe-Auguste, qui est, avec le mur du Mont-de-Piété 
de la nirC d^s Francs-Bourgeois, le talus de la cour du Covianeros et 
(quelques débris épars enfouis sous le sol, notamment rue Dauphine, 
tout ce qui subsiste de cette formidable enceinte qui fut réparée et 
augmentée par le roi Charles Y, et sur laquelle Bonnaxdot a fait tant 
de recherches. 

« Ce débris de muraille consiste en deux murs reliés entre eux par 
un blocage de moellons et de cailloux arrondis, noyés dans un ciment 
dur et ferme. C'est une sorte de béton fort tenace encore. Les faces de 
ces deux murs de soutien se composent de pierres de petit appareil, 
équa.rries, mais inégales dans leurs dimensions. Le blocage et les murs 
de face ont une épaisseur moyenne d'environ, H mètre» à fleur de sol 
et de 2 mètres 30 centimètres à une hauteur de 6 ou 7 mèties au-dessus 
des fondations. » 

Il est facile de voir, par la, différence des matériaux dont elle est 
composée, que la muraille a été rehaussée et qu'elle est de deux éipo- 
ques différentes. En effet, en 1356, lors de la guerre de Cent ans avec 

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(■lit ni/ 

l'Angleterre, on l'exhaussa de onze pieds, la trace est visible, son 
épaisseur est d'environ 4 mètres ! 

Eugène Sue parle de la rue Clovis dans Le Juif Errant, et y place 
une des scènes les plus émouvantes de son roman. Au 23, est le lycée 
Henri II , anciennement lycée Napoléon; attenante au lycée est la 
tour de Clovis {Voir Lycée Henri IY). 

CLOVIS (tour de) située rue Clovis, 23 [Panthéon, Saint- Victor, 5» arr.] 

Cette tour carrée qui dépend du lycée Henri IV, faisait autrefois 
partie de Téglise Saint-Pierre-Saint-Paul, devenue l'église Sainte- 
Geneviève et antérieurement de l'ancienne abbaye de Sainte-Gene- 
viève, fondée en 510, par Clovis et où il fut enterré en 511, avec sa 
femme Clotilde et ses enfants. La Tour Clovis, remonte! au xi" siècle. 
A l'époque de la démolition de l'ancienne église, elle a été heureuse- 
ment épargnée. C'est du pied de cette tour qu'Abeilard fit des confé- 
rences sur la liberté de la pensée humaine (Voir rue du Fofare) et 
« Ce fut de là, s'écrie Michelet, que toutes les écoles modernes descen- 
dirent comme du Sinaï et inondèrent l'Europe, se ruant à l'assaut de 
la scolastique ». 

CLOYS (rue des) <-^ rue Duchesne, 55 s—»- rues Damrémont, 102 et 
Ordener, 75 [Montmauthe, Grandes- Carrières, 18" arr. 355 m.] 

Précédemment partie de la rue de la Pompe entre les rues Duhesme 
et du Iluisseau, la 7'ue de Cloys, date de 1858. Le nom de Cloys vient 
de ce qu'elle est située dans un lieu dit des Cloys. Au 23, impasse des 
Cloys et auparavant impasse des Artistes; au 190, de la rue Marcadet, 
est le passage des Cloys. 

GLUNY (hôtel et musée de) situés rue Du Sommerard, 24 [Pantméoin, 
Sorbonne, 5" arr.] 

L'Hôtel de Cluny date du milieu du, xiv^ siècle. Il fut commencé 
par Pierre de Chaslus en 1340; continué en 1400, par Jean de Bourbon 
et achevé en 1490, sous Louis XII par Jacques d'Amboise, dont les 
armes : coquilles de bourdons de pèlerin, sont encore empreintes sur les 
murs de ce merveilleux édifice. 

L'Hôtel de Cluny, est un des rares spécimens de l'architecture 
civile du Moyen-Age et de la Renaissance {Voir Thermes). Dans une 
des chambres de cet hôtel, François I*""" surprit Marie d'Angleterre 
veuve de Louis XII, en tête à tête avec le duc de Suiïolk, dans la 
chambre dite de la Reine Blanche, et les fit immédiatement marier 
par un cardinal qu'il avait amené avec lui. C'est aussi dans une des 
salles de l'Hôtel de Cluny que s'établit en 1579, la première troupe 
de comédiens faisant concurrence aux Maîtres ou confrères de la Pas- 
sion dont les représentations y attirèrent une telle affluence « que les 

— 367 — 



Cluny 

quatre meilleurs prédicateurs de Paris, dit l'Estoile, n'en avaient pas 
tous ensemble autant quand ils prêchaient ». Un arrêt du Parlement 
suspendit ces représentations à la date du 6 octobre 1584. Les nonces du 
pape babitèrent ensuite l'Hôtel de Cluny, qui leur convenait d'autant 
mieux, qu'il se trouvait à proximité de la Sorbonne où se teuaient 
les grandes assemblées de théologie. ( Voù- Sorbonne). 

Les religieux de Port-Eoyal, a qui eurent l'honneur d'avoir Racine 
pour historien » y logèrent en 1625, en attendant l'achèvement de leur 
monastère du faubourg Saint-Jacques {Voir Port- Royal). Devenu 
propriété nationale en 1790, l'Hôtel de Cluny fut vendu à des parti- 
culiers. Le gouvernement de Louis-Philippe le racheta et le préserva 
ainsi d'une ruine certaine. Pendant plusieurs, années tous les apparte- 
ments du premier et second étage ont été successivement occupés 
par le grand établissement de typographie de MM. Montard, Vincent 
Fuchs et Le Prieur. Ce dernier en était propriétaire. 

L'Hôtel de Cluny, avant d'être l'admirable musée que nous con- 
naissons, fut habité par M. Du Sommerard, conseiller, maître à la 
Cour des comptes, qui avait employé plus de trente ans de sa vie à 
rassembler des collections merveilleuses d'objets d'art de toutes sortes. 
A sa mort, la direction des Beaux -Arts, désireuse de posséder de telles 
richesses, offrit aux héritiers de Du Sommerard, une somme de 
200.000 francs que ceux-ci acceptèrent par patriotisme bien que des 
étrangers leur fissent des offres beaucoup plus avantageuses. Une fois 
en possession de cette collection unique cm inonde, l'Etat acheta en 
1843, de Mme veuve Le Prieur, au prix de 390.000 francs, l'Hôtel et le 
transforma en Tmisée archéologique dont l'inauguration eut lieu le 
16 mai 1844. 

Le raccordement des deux édifices Hôtel de Cluny et Palais des 
Thermes, a été exécuté par Albert Lenoir. 

En dégageant les abords de l'Hôtel de Cluny, il fallut sacrifier les 
restesi du cloître de la Collégiale de Saint-Benoît le Bétourné {Voir 
me Du Sommerard). Le chapitre de Notre-Dame, y exerçait la jus- 
tice et y avait une prison. Le cimetière de Saint-Benoît dépendait 
également de ce cloître. 

CLUNY (rue) -<— ss boulevard Saint-Germain, 73 s— >- rue des Ecoles, 56 [Pan- 
théon, Sorbonne, S^ arr. 117 m.] 

Cette rue qui existait déjà en 1300, sous le nom de rue de Vàbhê 
de Cluny, ou de Gligny, comme le dit le poète Guillot, porta pendant 
quelque temps celui de Fontanes, en l'honneur de Fontanes (1757- 
1821) grand-maître de l'Université sous le premier Empire {Voir 
Condorcet). La dénomination de Cluny, lui vient du voisinage de l'an- 
cien collège de oe nom, aujourd'hui Musée de Cluny. En 1826, la rue 
fut modifiée et considérablement élargie en 1849. 

Aux 5, et 7, à l'angle de la rue Du Sommerard, fragment de voûte 

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Cochin 

dépendant autrefois de l'église des Mathurins-Saint-Jacques. Avant 
d'être démolie, cette chapelle avait servi d'atelier au grand peintre 
Louis David [Voir ce nom). Au 11, furent découverts en 1900, dans 
les caves, des vestiges de l'ancien cloître Saint-Benoît-le-Bétourné, 
qui occupe en sous-sol une certaine partie de cette rue. 

GLUNY (square) situé boulevard Saint-Germain et rue de Cluny [Panthéon, 
Sorbonne, 5* arr.] 

Ce square fut formé en 185G, à l'époque où on a entrepris le raccorde- 
ment de l'Hôtel de Cluny aven l'ancien Palais des Thermes (Voir ces 
noms). 

CLUNY (théâtre de) situé boulevard Saint-Germain, 71 [Panthéon, Sorbonne, 
5« arr.] 

Construit par Cusin, il a été inauguré en 1862, par Raousset Boul- 
bon, sous le nom d'Athénée Musical; en 1864, le nouveau directeur 
M. Géraud lui donna celui de Théâtre Saint-Germain, puis passant 
aux mains de Larochelle (Voir ce nom), il fut appelé Théâtre des 
Folies-Saint-Germain, de 1866 à 1868, et devint ensuite Théâtre de 
Cluny. Les plus grands succès de ce théâtre furent : Les Inutiles 
d'Edouard Cadol, Le Juif Polonais d'Erckmann-Chatrian (Voir ce9 
nom&) avec Tallien de l'Odéon, La Marraine de Charley, sous- la. direc- 
tion de Marx, etc. 

Ce théâtre occupe l'emplaeement de l'ancien couvent des Mathu- 
rins dits Frères aux ânes, qui avait été fondé au Moyen-Age pour la 
rédemption des captifs, sous l'invocation de Saint-Mathurin. Le» 
Assemblées générales de l'Université se tenaient dans le cloître. Le 
couvent fut supprimé en 1790, et les bâtiments servirent de dépôt 
d'armes. Lors de la construction du Théâtre Cluny, on trouva une 
pierre scellée dans le mur avec cette épitapho, à la mémoire d'un des 
portiers de ce couvent : 

Ci-gist le leal Mathurin 
Sans reproche bon serviteur. 
Qui céans garda pain et vin 
Et fut des portes gouverneur. 

Paniers ou hottes par honneur 
Au marché volontiers portait 
Fort diligent et bon sonneur, 
Dieu, pardon à l'âme lui soit ! * 

(Voir Du SoMMERARD et Mathitrins). 

COCHIN (hôpital) situé rue du Faubourg-Saint-Jacques, 47 [Observatoire, 
Montparnasse, 14» arr.] 

C'est l'abbé Jean-Denis Cochin, curé de Saint-Jacques-du-Haut- 
Paa, qui fonda, de ses propres deniers, cet hôpital en 1779, pour y 

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24 



Colhei't 

recevoir les malades de son quartier. La première pi-erre en fut posée 
par deux pauvres de la paroisse. Construit pai' l'architecte Yiel de 
Saiat-Maux, do 1779 à 1782, il fut appelé d'abord Hôpital de Saint- 
Jiacgues^dti-H mit-Pas, mais deux ans après, en 1784, le Conseil des 
Hôpitaux lui décerna le nom de son fondateur qu'il porte encore au- 
jourd'hui; toutefois, pendant la Révolution on lui substitua celui 
iVHospioe Jacques.. 

L'abbé Cochin mort le 3 juin 1783, a été enterré dans l'église 
Saint- Jacq'ue8-du-Haut-Pa8 ; il était né le 17 janvier 1726. 

-COCHIN (rue) -<-^ rue de Poissy, 7 ss— >- rue de Pontoise, 3 [Panthiîon, Saint- 
Victor, 5« arr. 62 m.] 

Cette voie a été fornotée -en 1774, en m(êm« temps que la Halle mi.r, 
Veamr, aujourd'hui supprimée, et s'est appelée place aux Veauœ. En 

1840, elle reçut le nom de Cochin. 

Jean-Denis-Alaric Codiin, parent de l'abbé Cochin, fondateur de 
l'hôpital du même nom, naquit le 14 juillet 1789. Philanthrope, admi- 
nistrateur des hospices, maire du v® arr., et député de Paris, il s'occupa 
beaucoup des questions d'assistance, et fut le créateur de la première 
salle d'asile de Pai-is. C'est également à lui, que l'on est redevable de 
la canalisation de la Bièvre (Voir ce nom). Cochin mourut le 18 avril 

1841, en regrettant « que sa vie n'ait pas été assez longue pour réaliser 
tout le bien qu'il avait dans le cœur ». 

Comme les rues de Poissy et de Pontoise, la rue Cochin occupe 
l'emplacement de l'ancien jardin du couvent des Bernardins (Voir 
Pontoise)^ 

GOËTLiOGON (rue) -<— ss rue de Rennes, 92 ;^->- rue d'Assas, ,5 [Luxembourg, 
Notre- Dame-des-C/iamps, 6'= arr. 108 m.] 

Précédemment impasse d'Assas, en 1869, a été dénommé Coëtlogon 
en mémoire du marquis Aliain-Emmanuel de Coëtlogon, vice-amiral, 
maréchal de France (1646-1730). 

CŒUR-DE-VEY (impasse) situéeiaivenue d'Orléans, 5'i [Observatoire, Petil- 
Montrouge, 14"= arr. 115 m.] 

Nom du propriétaire du terrain. 

COLAS (rue) -<-^ rue Vercingétorix, •60 :^»— »-ir!iie Mottière (projetée) [Observa- 
toire, Plaisance, 14e arr. 111 m.| 

M. Coîlas, propriétaire, habitait cette rue. 

COLBERT !(galerle) -«-s rue des P^tits-Ghamps, 6 s— >- rue Vivàenne, 2 
[Bourse, Vivienne, 2<' arr. 100 m.] '^^ 

Cette .galerie ^édifiée en 1826, occupe l'emplaoement de l'aneien 
Hôtel de vColbert-, construit par Le Yau, précédemment Hôtel Bautii 

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Colbert 

de Saint-Serrant, qui autrefois foraiait exactement l'angle des rues 
Vivienne et des Petits-Champs. Mme Bautru, de moeurs plutôt légères, 
était reçue au Palais-Royal et son nom prononcé d'une certaine façon 
par Anne d'Autriche, avait le don, parait-il, de mettre en joie toute la 
cour {Voir rue des Bons-Enfants). 

Le pa.fnage Colbert, situé au 4, de la galerie Colbert, n'existe que 
depuis 1828; il a porté le nom de passage du Trésor, puis de passage 
Colbert (Voir ce nom). 

COLBERT (rue) <^m rue Vivienne, 11 ss-^ rue Richelieu, 58 [Bourse, Vivienne, 
2e arr. 93 m.] 

Ouverte en 1683, par ordre de Colbert, devant son hôtel de la nie 
Vivienne, elle s'appelait alors r