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Full text of "Nouveau dictionnaire militaire"

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Presented to the 

UNIVERSITY OF TORONTO 
LIBRARY 

bythe 

ONTARIO LEGISLATIVE 
LIBRARY 

1980 






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in 2010 with funding from 

University of Ottawa 



http://www.archive.org/details/nouveaudictionnaOOunco 



NOUVEAU 



DICTIONNAIRE 



MILITAIRE 






?./ 



PARTS. IMPRIMEUIE L. BAUDOIN, 2, RUE CHRISTINE. 



»V L^ 



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NOUVEAU 






DICTIONNAIRE 



.^""s^ 



^lIlLITAmE 









PAR 



UN COMITE D'OFFICIERS DE TOUTES ARMES 



sous 



LA DIRECTION D'UN OFFICIER SUPÉRIEUR 



o 



^vec 310 figures intercalées dans le texte 









II* ♦•» 




PARIS 

LIBRAIRIE MILITAIRE DE L. BAUDOIN 

IMPRIMEUR-ÉDITEUR 
3O9 Rue et Passage Dauphine» 30 



1892 

Tous droits réserTés. 



PRÉFACE 



Il n'a pas été publié do Dictionnaire militaire depuis 
un certain temps déjà, de sorte que ceux qui existent ne 
sont pas à hauteur des progrès considérables accomplis 
récemment dans les sciences militaires comme dans toutes 
les autres. En outre, la plupart de ces dictionnaires sont 
très volumineux et affectent un caractère encyclopédique, 
de sorte qu'ils ne conviennent guère qu'aux bibliothèques 
pubhques. 

C'est évidemment dans les traités spéciaux qu'il convient 
d'étudier en détail chaque partie de l'art militaire, mais 
une semblable étude n'est pas à la portée de tout le 
monde, et un grand nombre d'officiers manquent soit du 
temps, soit des livres nécessaires pour l'entreprendre. D'un 
autre côté, chaque officier doit non seulement posséder 
complètement tout ce qui concerne l'arme à laquelle il 
appartient, mais aussi avoir des notions générales suffi- 
santes sur toutes les autres armes ou services et sur toutes 
les sciences militaires. 

Or ces notions générales, qui ne sont pas moins utiles 
aux sous-officiers, on ne les trouve nulle part. Dans ces 



M PREFACE. 

ronditions . il nous a paru qu'un Dictionnaire militaire, 
contenaiil Ions les mots dont il importe de connaître le 
sens et racceplioii inililaire. rédigé de manière à en taire 
une soric d lidc-inci noire (jcnéral de toutes les sciences mili- 
taires dans leur élat actuel, comblerait une véritable lacune. 
Cet ouvrage, l'acilc a consulter, ne peut manquer de rendre 
de ])récicux services non seulement aux militaires, mais 
aussi à tous les fonctionnaires qui, à un titre quelconque, 
ont besoin d'avoir des notions générales exactes sur les 
questions mililaires. lesquelles intéressent aujourd'hui le 
pavs tout entier. 

Nous avons donc cherché k faire un ouvrage à la portée 
de tous sous tous les rapports, en nous inspirant des con- 
sidérations précédentes et en adoptant le programme 
suivant : 

Les mots traités ont été l'objet d'un choix approfondi, 
afin de ne comprendre que ceux qui ont un sens ou une 
acception militaire et de n'en oublier aucun d'essentiel. Leur 
développement a été proportionné k leur importance et 
(|iiaii(l. j)()in- faciliter ou simplifier les explications, des 
ligures ont été jugées nécessaires, on n'a pas hésité k les 
intercaler dans le tCxte. 

Notre Dictionnaire n'ayant pas la prétention de rem- 
placer les cours ou traités spéciaux, on s'est borné k donner, 
pour chaque mot, des définitions exactes, des notions claires 
et précises, en renvoyant au besoin aux sources. Toutes les 
nidicalions données ont été puisées dans les règlements, 
instructions, aide-mémoire ou documents officiels rendus 
publics, ainsi (juc dans les dictionnaires militaires faisant 
autorité. 

Pour ne pas trop allonger l'ouvrage, on a supprimé toute 
espèce de notice biographique, géographique ou historique. 



PREFACE. YII 

On a cru devoir éviter, pour la même raison, les termes 
trop techniques, n'ayant d'intérêt que pour les spécialistes 
qui les connaissent : tels sont les instruments de vérification 
de l'artillerie, les outils employés dans les arsenaux ou 
ateliers, le détail des noms des différentes parties des 
armes, etc. De même, on n'a conservé des termes appli- 
cables aux armées anciennes que ceux cpi sont d'un usage 
courant . ou cj[u'il peut être encore utile aujourd'hui de 
connaître. 

En principe, l'on ne s est occupé que de ce qui concerne 
l'armée française, et on a groupé sous le titre concernant 
chaque puissance les notions sommaires se rapportant à 
l'organisation militaire et k l'armement de cet Etat. Ainsi, 
on trouvera au mot Allemagne les indications en question sur 
l'armée allemande. Toutefois, les renseignements concernant 
1 artillerie, et surtout les armes portatives, sont donnés 
aussi complètement c|ue possible pour toutes les puissances 
européennes. 

Enfin, on a cru devoir supprimer, en principe, la mention 
de renvoi à un mot traité dans 1 ouvrage, car le lecteur est 
assez intelligent pour savoir faire les recherches nécessaires 
et combiner les termes ; du reste, les mots qui se trouvent 
dans le Dictionnaire sont, en général, soulignés au passage. 

La réalisation de ce programme et l'emploi d'un texte très 
fin et très serré ont permis de grouper, dans un volume de 
85o pages, grand in-8°. des notions sufi^isantes sur tous les 
mots se rattachant aux sciences militaires suivantes : 

Administration et comptabilité, aérostation, artillerie et arme- 
ment, art militaire, attaque et défense des places, chemins de 
fer, colombophilie, écoles militaires, fortification passagère, 
permanente et semi-permanente, justice et législation, logistique, 
médecine et art vétérinaire, organisation des armées, pensions. 






4, 



•«' 



Vlii PRÉFACE. 

recrnicmcnL rèqlcmcnls militaires (service intérieur, des places, 
en rainnnqnc. elc), réquisitions, stratégie, tactique, télégraphie, 
télénlionic, tir. topographie, travaux de campagne et de siège, etc. 

Des collaborateurs compétents, empruntés à chaque arme 
ou a chaciue spécialité, ont concouru a la rédaction des divers 
mots, qui ont été revus, assemblés, mis au point par un 
direcleur unique, pour conserver a l'ensemble son caractère 
d'uniformité et aux divers mots leur importance relative. 

Malgré tout le soin apporté à la réalisation du programme 
indiqué, nous ne nous dissimulons pas que des erreurs ou 
des omissions ont pu être commises. Aussi, nous accueil- 
lerons avec reconnaissance toutes les observations qu'on 
voudra bien nous communiquer a ce sujet. D'ailleurs, pour 
que ce Dictionnaire, actuellement au courant, soit toujours 
à la h auteur des progrès incessants des sciences militaires, 
nous publierons des suppléments, dans lesquels il sera tenu 
compte de toutes les modifications reconnues indispensables, 
et auxquelles la forme du Dictionnaire se prêle mieux que 
toute autre. 

Quoi qu'il on soit, nous avons fait de notre mieux pour 
atteindre le but que nous nous sommes proposé et nous 
espérons avoir ainsi produit une œuvre utile, qui ne peut 
manquer de rendre des services à tous ceux qui tiennent à 
être au courant des sciences militaires ou que ces questions 
inléressenl. 



DICTIONNAIRE 



DES 



SCIENCES MILITAIRES 



A6A. Espèce de manteau en laine gros- 
sière dont la forme ressemble à celle du 
burnous. Est porté eu Turquie par les 
matelots et les marins. 

ABAISSEMENT du terre-plein. Dans 
la construction d'un ouvrage de campagne, 
on ne peut dépasser une hauteur ou relief 
de 4 mètres pour le parapet, sinon les défen- 
seurs circulant à l'intérieur ne seraient plus 
suffisamment couverts (défilés). On est quel- 
quefois amené, après avoir donné ce relief 
maximum au parapet, à abaisser le terre- 
plein de l'ouvrage de manière à le tenir à 
2™,o0 au-dessous du plan de dèfdement. Il 
est préférable, en pareil cas, pour assurer la 
circulation à couvert, de creuser une tran- 
chée intérieure au pied du parapet. 

— du tir. Avec une même hausse pour 
des distances égales, les coups peuvent s'a- 
baisser d'une certaine quantité résultant des 
variations de la température, ou de la qua- 
lité des armes, des tireurs et des cartouches. 

— de la trajectoire. Distance verticale 
qui sépare de la ligne de tir et de la ligne 
DE MiHE un point quelconque de la trajec- 
toire. 

ABANDON. Action d'abandonner, de 
délaisser, de céder. — En terme de droit, 
Tabandon est un acte par lequel on se 
dessaisit d'une cbose ou d'un droit ; c'est 
également l'acte par lequel un débiteur cède 
ses biens à ses créanciers. 

— de son poste. Action coupable par 
laquelle un militaire s'éloigne du poste à la 
garde duquel il est commis, sans en être 
relevé régulièrement. Le Code de justice 
militaire prévoit deux cas distincts, suivant 



que le militaire est en faction ou en vedette 
(art. 211), ou qu'il fait partie d'un poste 
composé de plusieurs soldats. 

Dans les deux cas, la peine de mort est 
prononcée lorsque l'abandon a eu lieu en pré- 
sence de l'ennemi ou de rebelles armés ; elle 
est de 2 à 5 ans de travaux publics, pour le 
factionnaire, et de 2 à o ans d'emprisonne- 
ment pour l'homme non isolé, lorsque l'a- 
bandon s'est produit sur un territoire en 
état de guerre ou de siège, mais non en pré- 
sence de l'ennemi ; enfin la peine varie de 
2 mois à 1 an d'emprisonnement (faction- 
naire), ou de 2 mois à 6 mois (non faction- 
naire). Dans tous les cas, le chef de poste 
coupable est toujours condamné au maxi- 
mum de la peine. 

ABANDONNEMENT. Terme tombé en 
désuétude; désignait la conduite coupable 
des capitaines propriétaires de leurs compa- 
gnies qui, au moment d'entrer en cam- 
pagne, abandonnaient leurs hommes dans le 
dénuement le plus complet, après avoir 
dissipé l'argent destiné à leurs besoins. 

ABAQUE. Dans le sens général, instru- 
ment servant à faciliter les calculs. 

Par extension, on a donné le nom d'a- 
baque à des tableaux graphiques qui per- 
mettent d'effectuer rapidement certains cal- 
culs. Ainsi, pour déterminer les relations 
qui existent entre la charge d'un fourneau 
de mine, sa ligne de moindre résistance et 
ses diverses lignes de rupture, les abaques 
permettent de trouver bien plus rapidement 
que par le calcul les solutions dans les 
divers cas, 

— de marche. Genre de tracé géomé- 

i 



ABATAGE d'arures. 

trique analnjîue aux (:ra[(liiques ou tableaux 
horaires en usage jiour les mouvements des 
trains, et qui a pour but de se rendre 
compte, au moyen de lignes qui s'entrecroi- 
sent, de la fombinaison des mouvements de 
i-oluiines de Iroujies eu maivlie sur la m('^me 
roule dans dis luiiditionsdilTerentes (V. Gra- 
jiltiiim (/>■ iiiiirrlu). 

ABATAGE d'arbres. Pour organiser la 
défense d'un bois, d'une route, etc., on a 
souMiil à abattie des arbres. Cette opéra- 
tion peut s'effectuer avec les diverses 
espèces de iiaclies ou de scies, mais toujouis 
le plus rapidement possible, et, pour arriver 
à ce résultat, on emploie tous les outils, 
m^me portatifs, dont on dispose. 

Pour un grand nombre d'arbres voisins, 
il est avantageux de se servir d'outils. Mais 
dans bien des cas, et surtout pour des arbres 
d'un certain diamètre, il est préférable 
d'employer la dynamite ou la mélixite. A 
cet effet, on entoure l'arbre d'un cordon de 
pétards contenant 133 grammes de matière, 
que l'on attache avec une ficelle, et se tou- 
chant, mais dont un seul est amorcé. Si on 
a le temps et les outils nécessaires, on éco- 
nomise les EXPLOSIFS en plaçant les charges 
dans un ou plusieurs petits forages faits avec 
une tarière. Voici la charge à employer 
dans les deux cas : 

Diim. de l'arbre. Par le contact. Par le forage. 



0"M0 

0'",30 

0"',i() 



1 pétard 

5 — 

10 — 

20 — 



1 pétard 
1 — 
3 — 
5 — 



— de chevaux. La proposition d'abat- 
tre un cheval doit être faite par le vétéri- 
naire en premier. Le colonel convoque la 
commission d'abalage, composée en principe 
du chef d'escadrons de semaine, président, 
du capitaine commandant l'escadron auquel 
appartient le cheval et des vétérinaires du 
régiment. 

Si la maladie est évidente, la commission 
propose l'abatage immédiat ; le chef de corps 
ou de détachcmiiit prononce. Lorsque la ma- 
ladie ne paraît pas bien confirmée, le cheval 
e>t mis en observation jusqu'à ce qu'il n'y 
ail |>lus de doute sur la solution à donner 
au cas. 

Les avis de la commission, concernant les 
chevaux morveux ou farcineux, et les déci- 
sions qui les suivent sont résumés dans un 
rapport qui est joint au |»rocès-verbal d'aba- 
lage dressé par le sous- intendant militaire 
(mfxJ. VII et VIII du décret du :2S dé- 
cembre i«8:i). 

Far ex>cplion, le vétérinaire en premier 



ABATIS. 

fait procéder immédiatement à l'abatage des 
chevaux atteints de fracture ou d'iiydro- 
pliobic. La commission contrôle, aussitôt que 
possible, l'opportunité de l'abatage. 

Le vétérinaire en premier assiste le sous- 
intendant militaire et le major dans la con- 
statation de la mort des chevaux. A cet effet, 
il présente le cadavre de l'animal, en prouve 
l'identité par le signalement (mod. IX), fait 
connaître la cause de la mort et signe au 
procés-verbal. 

Un rapport d'autopsie est établi par le 
vétérinaire en premier et signé par le chef 
d'escadron de semaine, à la suite de la mort 
ou de l'abatage d'un cheval (mod. X). Tous 
lotf vétérinaires assistent à l'autopsie. Lors- 
qu'elle n'a pu avoir- lieu, le rapport en fait 
connaître les motifs. 

11 est permis de pratiquer, dans Içs quar- 
tiers ou dans les camps, l'autopsie des che- 
vaux morts ou abattus, à l'exception de ceux 
atteints de maladies contagieuses. Pour ces 
derniers, l'opération doit être faite dans le 
clos d'équarrissage ou aux lieux désignés par 
les autorités locales. 

ABATIS. Les abatis sont des corps d'ar- 
bres dont on enlève les petites branches. Ils 
peuvent être constitués au moyen d'arbres 
existant sur le lieu même, comme à la lisière 
des forêts, et on a alors des abatis naturels. 
Ils peuvent aussi provenir d'arbres abattus 
à distance et que l'on transporte sur le lieu 
d'emploi : ce sont des abatis de transport. 

— naturels. Les aibres sont abattus à 
0™,50 du sol et renversés du côté de l'en- 
nemi ; ils ne sont pas sciés entièrement, alin 
que le tronc reste attaclié à la souche, ce qui 
rend le déblaiement plus difficile. Les petites 
branches et feuillages gênant le tir sont 
enlevés et les autres branches sont taillées en 
pointe et fortement entrelacées d'un arbre à 
l'autre pour fermer tout passage ; si les 
arbres sont de faibles dimensions, les bran» 
ches doivent être reliées au sol au moyen de 
piquets et de harts. L'abatage se fait à l'aide 




de liaches el de scics, sur une profondeur 
plus ou moins grande (au moins G mètres), 
selon l'importance que l'on veut donner à 
l'obstacle (fiy. i). 

Les abatis naturels s'emploient à la lisière 
des forêts ou pour former des coupures à 
l'iiiléricur même des forêts. On les emploie 



ABATTEMENT d'hoxneur. 

aussi pour obstruer une route ou ua défilé 
bordé d'arbres. 

— de transport. Les arbres doivent être 
de dimensions relativement faibles (0™,lo 
à 0™,io de diamètre), sinon il faut se con- 
tenter de transporter seulement les bran- 
ches, et l'on a alors des abatis de brandies. 
Le transport se fait à bras d'hommes, avec 
des cordes, au moyen d'un avant-train, ou 
encore avec des voitures. II faut les main- 
tenir solidement sur le sol au moyen de 
piquets ou de harts. 

Les abatis de transport s'emploient : 
1° Sur les glacis des ouvrages, en les dis- 
posant sur 3 ou 4 rangées au moins, et en 
les protégeant contre les vues et le canon 
ennemis par un petit avant-glacis (fig. 2) ; 




2° A la gorge des ouvrages mi-fermés, 
pour mettre ceux-ci à l'abri îles surprises ; on 
se contente, dans ce cas, d'un ou deux rangs 
d'arbres ; 

3° Adossés à la contrescarpe pour rendre 
la descente plus difficile (fig. 3): 




4° Dans le fond des fossés, pour donner à 
ceux-ci plus de valeur comme obstacle, 
quand on n'a pu les approfondir suffisam- 
ment ; 

3° Quelquefois pour fermer les intervalles 
entre les ouvrages. 

ABATTEMENT d'honneur. Au moyen 
âge, les chevaliers qui avaient commis une 
faute contre le devoir militaire étaient punis. 
par l'addition à leui- Écu, de marques indi- 
quant une suppression de dignité ; c'est ce 



ABDUCTION. 

qu'on désignait par l'expression abatlemenl 
d'honneur. 

ABATTOIR. Établissement d'utilité pu- 
blique où se fuit l'abatage des bestiaux. 

Les abattoirs sont généralement situés 
hors de l'enceinte des villes, mais à proxi- 
mité de celles-ci, afin de préserver les habi- 
tants des émanations délétères provoquées 
par l'abatage des bestiaux. Ces établisse- 
ments permettent, en outre, à l'administra- 
tion d'exercer une surveillance efficace sur la 
qualité des viandes livrées à la consommation 
publique. Les quartiers de viande provenant 
des abattoirs sont marqués d'une estampille. 
Les officiers chargés de la réception des 
viandes des ordinaires de la troupe doivent 
se faire représenter cette marque sur tous 
les quartiers livrés entiers. 

Dans les camps, non seulement les abat- 
toirs doivent être aussi éloignes que possible 
du camp, mais il faut également y répandre 
de la chaux vive et des chlorures. 

ABATTRE l'arme. L'arme étant dans la 
position verticale, on l'abaisse en faisant un 
demi-à-droite et en l'inclinant de manière 
que le bout ou la pointe soit à hauteur de 
l'œil ou de l'épaule, la main droite généra- 
lement appuyée à la hanche et, par suite, le 
talon ou la crosse dirigée vers le sol. Ou 
abaisse l'arme pour croiser la baïonnette, 
pour la charger et pour tirer, ainsi que pour 
l'escrime à la baïonnette. 

— le chien. Se produit par l'action du 
grand ressort, déterminant le chien du fusil 
à faire basculer la batterie de la platine. 

ABCISSE ou ABSCISSE. Pour déter- 
miner la position d'un point sur un plan, 
on emploie souvent la méthode des abscisses 
et des ordonnées, inventée par Descartes. 

En abaissant du point considéré deux per- 
pendiculaii es sur deux lignes généralement 
tracées à angle droit et que l'on appelle axe 
de coordonnées, la ligne verticale est l'or- 
donnée et la ligne horizontale est l'abscisse 
du point. Les abscisses donnent la distance 
des divers points d'un plan à l'axe des coor- 
données et sont, par suite, parallèles à l'axe 
des abscisses. Les aliscisses sont positives 
pour les points situés à droite de l'axe des 
ordonnées, et négatives, dans le cas con- 
traire. Quand les axes des coordonnées ne se 
coupent pas à angle droit, on mène les 
abscisses et les ordonnées parallèlement à ces 
axes. 

ABDUCTION. Mot d'origine bien latine 
qui, dans la tactique des Romains, signifiait 
déboîtement , dislocation , rupture d'une 
troupe en ligne pour passer sur un front 
plus étroit. Ce mot n'est plus en usage dans 
les armées modernes, bien que, pour tra- 



ABOIS. 

verser des obstacles ou dos di-lilés, etc., ou 
ait coiplové divers niouvemeuts du même 
genre : mettre des files en arriè-ie, rompre 
les subdivisions, etc. 

ABOIS. Terme emprunté à la vénerie 
par la laiipue militaire, iKUir indiquer qu'une 
troupe est dans un état désespéré et hors 
d'étal de prolnn;;er sa résistance. 

ABOLITION. Annulation, suppression. 
Ine lui ne peut être abolie que par une 
autre loi, c'est-a-dire par un nouvel acte du 
pouvoir législatif, ou par désuétude, en ce 
qui concerne les lois très anciennes, que l'on 
n'applique plus depuis longtemps (V. l^oi). 

ABOLLA. Sorte de manteau militaire en 
usage chez les Homains. t'ait d'étoffe gros- 
sière et sans manches, il s'attachait sous le 
cou ou à l'épaule et servait plutôt à couvrir 
qu'à vêtir. 

ABONNATAIRE. Agent ou entrepreneur 
qui consent a assurer un service déterminé 
ilans des «ondilions et à un prix tixcs, pen- 
dant le temps qui a été convenu. 

ABONNEMENT. Convention ou marché 
par lequel une des deux parties contractantes 
s'engage a fournir à l'autre certains objets, 
à effectuer certaines l'éparations, à exécuter 
certain service, pour un temps limité, 
moyennant un prix déterminé. 

L'abonnement est un système qui donne 
d'excellents résultats au point de vue de l'é- 
conomie et de la simplilication des écritures, 
lorsque les conditions en sont bien réglées et 
que l'exécution du service est Lien sur- 
veillée. 

Jadis, les armées françaises étaient entre- 
tenues par les chefs de corps au moyen d'un 
abonnement annuel prévu par chaque homme 
et chaque cheval. Des abus se produisirent, 
car les colonels n'entretinrent pas les effec- 
tifs prévus et jjour lesquels ils recevaient 
l'abonnenient ; lorsque des revues d'effectifs 
étaient passées, on complétait le nombre 
prescrit pour le jour de la revue seulement au 
moyen de i-asse-files et de passe-volants. 

Four remédier à ces fiaudes, qui allaient 
en s'aggravanl de plus en plus, l'Ktal prit 
a sa charge la fourniture directe de tout ce 
qui était nécessaire à la nourriture et à l'en- 
tretien des hommes et des chevaux. .Mais 
c'était passer d'un extrême à l'autre, l'ad- 
ministration était fort compliquée, et les 
chefs de corps se désintéressaient de laques- 
lion sur laquelle ils n'avaient plus aucune 
action directe. 

On revint bientôt au système de l'abou- 
uemeiit, non plus en bloc comme jadis, mais 
par nature de fourniture ou de service à 
effectuer. 

On •oMiuienca par les oiidinaires de la 



ABORDAGE. 

troupe ; moyennant une allocation journa- 
lière et individuelle fixée d'avance pour 
chaque arme, il devait être pourvu à la 
fourniture de toutes les denrées (à l'exception 
du pain de main), ainsi qu'au blanchissage 
du linge de corps, à l'achat des ingrédients 
de propreté et autres menues dépenses. 

On eut également recuuis à l'abonnemenl 
pour l'exécution des réparations à exécuter, 
au compte de l'Etat, à l'habillement, à la 
chaussure, à l'équipement, à la coiffure, à 
l'armement, au harnachement. 

i-'his tard on créa, sous le nom de masses, 
une certaine quantité d'abonnements entre 
l'État et les corps de troupe, pour la fourni- 
ture du linge et de la chaussure, pour l'en- 
tretien du harnachement et le ferrage des 
chevaux, pour l'entretien de la musique et 
des services généraux du corps. 

Depuis quelques années, on a étendu le 
système de l'abonnement à la presque tota- 
lité des fournitures nécessaires aux troupes : 
les ordinaires, l'habillement, Je chauffage et 
l'éclairage, les écoles régimentaires, le har- 
nachement et le ferrage des chevaux, les 
fourrages, et môme certaines dépenses d'en- 
tretien du casernement font l'objet d'abon- 
nements distincts ou Duisses, dont il sera 
parlé plus loin. 

Le couchage des troupes est également 
assuré par un marché d'abonnement passe 
pour 20 ans (V. Lits milUaires) . 

Enfin certaines troupes spéciales, telles 
que la gendarmerie et les spahis, doivent se 
pourvoir de chevaux au moyen d'un abon- 
nement appelé niasse de remonte. On vient 
de décider également que les ofiBciers supé- 
rieurs qui, jusqu'alors, devaient acheter leurs 
chevaux, pourront se remonter par abonne- 
ment à raison de quinze francs par mois. 

ABORDS. Les abords d'une position sont 
les lieux situés dans son voisinage immédiat 
et par lesquels on peut y accéder. Si l'accès 
de la position n'olFre pas de difficultés, on 
dit que ces abords sont faciles ; ils sont dif- 
ficiles, dans le cas contraire. Tous les objets 
ou accidents de terrain qui, dans la limite 
de la portée efficace des armes, peuvent 
gêner les vues du défenseur de la position ou 
faciliter l'attaque de cette dernière, doivent 
être enlevés ou dégagés dans la mesure du 
possible. 

ABORDAGE . Kn terme de marine , 
l'abordage est la rencontre, la jonction de 
deux vaisseaux bord cà bord, soit accidentel- 
lement, soit à la suite d'une manœuvre ayant 
pour objet de faire condjattrc les équipages 
corps à corps. Dans le langage militaire, le 
mot abordage se dit également de deux 
armées qui en viennent aux mains. 



ABORDER. 



ABROGATION. 



ABORDER. Se dit pour occuper les 
abords d'une position, pour attaquer l'en- 
nemi, pour s'élancer à l'assaut d'un retran- 
chement. En général, aborder signifie atta- 
quer de vive fori-e. 

ABREUVOIR. Lieu organisé pour faire 
boire les chevaux et aussi, quelquefois, pour 
les faire baigner. Dans les quartiers de cava- 
lerie, les abreuvoirs consistent généralement 
en de longues auges en pierre ou en bois, 
disposées à une hauteur convenable pour 
permettre aux chevaux de boire commodé- 
ment. En route, on utilise les puits et les 
cours d'eau ; dans un camp, on organise les 
abreuvoirs dans un cours d'eau, s'il en 
existe, ou sinon dans des auges en bois. La 
pai'tie affectée au lavage du linge des soldats 
doit toujours être située au-dessous de celle 
destinée à faire boire les chevaux. 

L'abreuvoir dans lequel on veut faire bai- 
gner les animaux est un bassin dont le fond 
est pavé, et dont les parois latérales sont 
verticales et enduites de ciment jusqu'à la 
hauteur voulue. On accède à ce bassin par 
deux rampes en pente douce, situées aux 
deux extrémités opposées, de manière à per- 
mettre aux chevaux d'arriver d'un côté et 
de sortir de l'autre. 

ABRÉVIATIONS. Suppression de lettres 
dans les mots les plus usuels, dans le but 
d'écrire plus vite. L'abréviation peut aller 
jusqu'à représenter le mot par sa lettre ini- 
tiale. C'est ainsi que Bon = Bataillon : 
0"^ = Compagnie ; Ef"> = Escadron ; B. 0.. 
P. R. = Bulletin officiel, partie réglemen- 
taire, etc. 

On en fait ainsi un très grand usage dans 
les cartes topographiques, afin de compléter 
plus nettement les indications données ; 
ainsi M'° = Moulin ; P^ = Prairie, etc. 

ABRI. Dispositifs destinés à mettre plus 
ou moins en sûreté les hommes, les muni- 
tions ou les vivres. Leur organisation varie 
suivant les circonstances et les conditions de 
résistance auxquelles ils doivent satisfaire. 
Ils sont passifs, lorsqu'ils servent simplement 
de couvert ; et -défensifs, lorqu'ils peuvent 
être défendus par les armes à feu. 

Dans les retr.\ncheme\ts de campagne, ils 
ne sont généralement que passifs et disposés 
uniquement pour les mettre à l'épreuve des 
projectiles de campagne ou simplement de 
leurs éclats. Ces abris sont constitués au 
moyen de dispositifs de charpente recouverts 
d'un bUndage consistant en pièces de bois, 
en fascines, en rails de chemins de fer, sur- 
monté d'une épaisseur de terre suffisante 
(l™,oO au minimum). On les place au 
niveau du terrain naturel, de sorte que l'on 
est obligé d'approfondir le sol à 2 mètres 



environ à leur endroit ; des gradins permet- 
tent aux hommes d'en sortir rapidement. 

Les abris organisés défensivement servent 
soit à donner des feux dans les fossés (V. Ca- 
l)onnières et Coffres flanquants), soit pour 
constituer des ouvrages dans les pays où l'on 
n'a pas à craindre le canon (V. Blockhaus) . 

Dans les ouvrages de fortification perma- 
nente, les abris sont très nombreux et con- 
struits avec toute la solidité désirable (V. C'a- 
SPViates, Magasins^ 

— de tirailleurs. L'abri de tirailleurs, 
ou tranchée-abri pour tireurs coucliés, a le 
profil indiqué dans la fig. 4. 11 s'exécute en 

Fis-. 4. 



quelques minutes, est peu visible et peut se 
transformer facilement en tranchée - abri 

— en feuillage . Genre d'abri léger, appelé 
autrefois abri rert. et destiné à protéger les 
hommes contre le vent et la pluie. 11 est 
constitué par des piquets verticaux, réunis 
par une traverse à leur partie supérieure. 
Sur cette traverse, on appuie des claies, ou 
simplement des branches d'arlires feuillues 
ou recouvertes de paille, roseaux, toiles, etc. 
On peut encore, s'il y a des planches dans 
le voisinage, les utiliser pour constituer le 
toit de cet abri. Si le sol est humide, on le 
recouvre de menues branches .sèches, de 
planches, de paille, etc. 

On peut, surtout pour les petits postes 
isolés, donner à cet abri une forme circu- 
laire : au centre de l'espace libre, on dispo- 
sera un foyer. L'entrée est ménagée du côté 
où sort la fumée. 

— en clayonnage. Pour un séjour de 
7 ou 8 jours au moins dans un camp, il est 
préférable de construire des abris en clajon- 
nage. La longueur nécessaire est calculée à 
raison de 0™,7o pour deux hommes. 

ABROGATION. Acte par lequel on sup- 
prime une loi, un décret, une coutume. 
L'abrogation se distingue de l'abolitio\ en ce 
qu'elle peut être partielle et peut avoir lieu 
par désuétude, mais qu'elle doit toujours 
être prononcée par un nouvel acte de l'au- 
torité souveraine. Elle est expresse lorsqu'elle 
est prononcée par une loi ou un édit nou- 
veaux ; elle est tacite lorsque la loi ou le 
décret nouveaux contiennent des dispositions 
contraù-es aux anciennes, sans la mention 
expresse d'abrogation de celles-ci. Toutefois, 
on évite autant que possible les abi'ogations 
taiites, et l'on termine dans ce but les lois 
ou décrets portant abrogation par ces mots : 



ABRUPT. 

« Toutps les dispositions contraires à la pré- 
s<>ntt' loi (ou au présent décret) sont et 
denuMiri'iit îihrojjées. » 

ABRUPT. Terme employé pour désigner 
des tcriains ou des rocliers ;i pente très 
raidi' ft disposés comme s'ils avaient cto 
rompus. — /„>..• une cûte alirupto. 

ABSENCE. Position d'un militaire non 
jjréscnt a son poste, lilie est rèiiuUère lors- 
qu'elle a lieu par suite de mission, de per- 
mission ou de congé régulier, accordés par 
les autorités compétentes. Elle est h-gule 
lorsqu'elle se produit sans la volonté de l'in- 
téressé, par suite d'entrée à l'hôpital, de 
détention, ou de captivité à l'ennemi. Enfin 
elle est illcijale lorsqu'elle provient du fait 
du militaire, qui manque à son poste de sa 
propre volonté et sans autorisation. L'ab- 
sence ilh'gale devient désertion au bout d'un 
temps qui sera indiqué quand nous parlerons 
de ce mol. 

ABSENT. Se dit d'une personne non 
présente à son domicile et sur l'existence de 
laquelle il y a incertitude. Trois périodes 
sont prévues par la loi en ce cas et, pour les 
militaires, elles se résument comme il suit : 
1° pri'so)ii]ilion d'ahsenrr, comprenant une 
période de 4 ans, pendant laquelle le minis- 
tère public doit veiller aux intérêts de l'ab- 
sent ; en cas de guerre, cette période peut 
Aire réduite à deux ans après la réception 
des dernières nouvelles, si l'armée opérait en 
Europe ; 2° envoi en possession provisoire, 
ordonné à la suite d'un jugement définitif 
de déclaration d'absence, lequel fait sup- 
poser l'individu mort, mais oblige les héri- 
tiers à fournir caution. A la suite d'une 
absence lors d'une campagne, les tribunaux 
peuvent constater le décès judiciairement un 
an après l'insertion de !a requête des inté- 
ressés au Journal officiel ; '3° enroi en pos- 
session dèfinilive, après HO ans de la période 
provisoire. 

Est r-galement déclarée absente la personne 
qui, citée régulièrement à comparaître de- 
vant un tri!)unal ou conseil de guerre, ne 
compiriil [i;is (V. Définit, Lonlitmace). 

ABSOLUTION. L'absolution, qu'il ne 
faut pas confondre avec l'acquittemiîvt, est 
déclarée par un jugement par liMpiel un 
accusé est mis en liberté à l'expiration 
du délai fixé [lar le recours en revision, si le 
fait commis ne donne lieu à l'application 
d'aucune jieine (art. 130 du Code de justice 
miljl:iin>). 

ABTHEILUNG. Mot alL-maml qui n'a 
pas d'équivalent dans noire langue, dans 
laquelle il est entré depuis 1871, et qui est 
l'unité fomiée par la réunion de trois ou 
quatre batteries de campagne allemandes 



ACCÉLÉROGRAPHE. 

sous un même commandement. C'est l'unité 
tactique et administrative de l'artillerie en 
Allemagne, tandis qu'en France c'est la bat- 
terie. Il y a aussi VAblkeHung de colonnes 
de munitions, comprenant 2 colonnes d'in- 
fanterie et 3 d'ai tillerie. 

Noire groupe de batteries répond, jusqu'à 
un certain point, à V Abllieilung. 

ABUS d'autorité. Est conmiis par tout 
foncfionijaire qui dépasse, dans l'exercice de 
ses fonctions, la limite de l'autorité (attri- 
butions ou pouvoir) qui lui est dévolue. 

Les cas d'abus d'autorité militaire sont 
prévus par les articles 226 à 229 du Code 
de justice militaire; ceux qui n'ont que peu 
de gravité sont réprimés disciplinairement. 

— de confiance. Est défini comme il 
suit par l'artirle 408 du Code pénal : « Qui- 
conque aura détourné ou dissipé au préju- 
dice des propriétaires, possesseurs ou déten- 
teurs, des effets, denrées, marchandises, 
billets, quittances ou tous autres écrits cou- 
tenant obligation ou décharge, qui ne lui 
auraient été remis qu'à titre de louage, de 
dépôt, de mandat, de nantissement, de prêt 
à usage, ou pour un travail salarié ou non 
salarié, à la charge de les rendre ou repré- 
senter, ou d'en faire un usage ou un emploi 
déterminé. » 

ABUTER. Mot employé autrefois dans le 
sens actuel de viser, ajuster le but. 

ACADÉMIE MILITAIRE. Nom donné 
dans ccrlains pays aux écoles militaires. 

ACANZL -Milice volontaire dans l'an- 
cienne iiit'anterie turque. Elle avait, en 
échange de ses services, l'usufruit de con- 
cessions de terres. 

ACCABLER l'ennemi. Consiste à le faire 
succomber soit par l;i supériorité du nombre, 
soit par l'habileté des dispositions ou le 
choix des positions. 

ACCÉLÉRER. Hâter, pousser, accroître 
la vitesse. Ex. : accélérer un mouvement en 
avant ou en retraite ; accélérer le pas 
{y. Pas accélère). 

ACCÉLÉROGRAPHE ; ACCËLÉRO- 
MÉTRE. Appareils balistiques ayant pour 
objet de mesurer les pressions développées 
par les gaz dans une bouche à feu ou dans 
une éprouvette. Inventés en 1873 par 
.M. .Marcel Deprez, ils ont été ensuite perfec- 
tionnés par le colonel Sebert, de l'artillerie 
de marine. 

Ces deux instruments se composent eu 
principe d'un piston recevant directement, 
sur sa base, l'action des gaz et pouvant se 
mouvoir librement dans un canal percé nor- 
malement à l'àme de la pièce. En détermi- 
nant les accélérations imprimées à ce piston, 
on a tous les éléments nécessaires pour cal- 



ACCENSES. 



ACCIDENT. 



culer les pressions successivement dévelop- 
pées au point où débouche le canal. 

Vaccélérométre permet d'évaluer la vitesse 
du piston au moment d'un arrêt brusque 
servant à limiter la course de ce dernier 
après qu'il a parcouru un trajet fixe. On y 
arrive en observant la hauteur à laquelle 
s'élève une masse additionnelle libre préala- 
blement fixée sur la tète du piston et laucée 
verticalement, ou la flexion que ce poids 
additionnel détermine dans un ressort à 
boudin convenablement taré et fixé à l'en- 
veloppe de la bouclie à feu. 

Uaccélérographe permet d'obtenir, par 
une seule expérience, la loi de succession 
des pressions développées pendant le tir en 
un point quelconque de l'àme. Dans ce but, 
le pistou porte un cadre ou tableau cou- 
vert de noir sur lequel un style se meut 
dans une direction perpendiculaire à l'axe 
du piston et décrit, suivant des conditions 
fort régulières, une courbe produite par le 
tir. La forme de cette courbe suffit, à l'aide 
du calcul, pour connaître le caractère de la 
poudre et obtenir le résultat cherché. 

ACCENSES. Soldats complémentaires 
qui, dans la légion romaine, devaient rem- 
placer les hommes tués, dont ils prenaient 
alors les armes. 

ACCEPTATION. Action de recevoir vo- 
lontairement ce qui est ofTert ou de convenir 
de paver, ii une date fixée, une dette. 

ACCEPTER le combat. C'est ne pas 
refuser de se mesurer avec l'ennemi en pré- 
sence duquel on se trouve, soit un peu à 
l'improviste. soit après l'avoir cherché. 

ACCESSIBLE. En parlant d'un terrain, 
on dit qu'il est plus ou moins accessible, 
suivant que, pour l'aborder, il se présente 
des difficultés plus ou moins grandes, dépen- 
dant surtout des pentes, de la nature des 
chemins, des obstacles qui l'entourent ou le 
couvrent. 

ACCESSOIRES d'armes. Ce sont les 
petits instruments qui, bien qu'indépendants 
de l'arme, sont nécessaires au soldat pour 
lui permettre de monter, démonter et net- 
toj'er son arme à feu. Ils se composent 
actuellement du nécessaire d'armes et du 
lavoir. 

Le nécessaire comprend une boîte en tôle 
de fer, dont le fond est percé d'une fente, 
d'un tourne-vis pouvant s'engager dans cette 
fente, d'un huilier, d'une curette-spatule et 
d'une trousse en drap. 

Le lavoir porte un trou taraudé qui sert 
à le fixer au bout de la baguette. 11 est percé 
d'une fente dans laquelle on engage un 
chiffon pour laver l'arme et essuyer ou 
graisser l'intérieur du canon. 



De même, dans les bouches à feu se 
chargeant par la culasse, on considère comme 
accessoires toutes les parties du mécanisme 
de culasse qui peuvent se séparer de la pièce 
principale, ainsi que la hausse et le guidon. 

— d'embarquement. Pour embarquer 
et débarquer rapidement, dans toutes les 
conditions, le matériel des armées en chemin 
de fer, on a prévu les accessoires suivants : 

i" Des rampes mobiles eu charpente ou en 
fer avec yonls volants ; 

2° Le strapontin ou planche pouvant se 
fixer au moyen de quatre bouts de corde 
dans un wagon renfermant des chevaux, 
pour permettre au conducteur de s'asseoir ; 

3" Un seau en toile, pour abreuver les 
chevaux en route ; 

4° Des jarretières, ou cordages de 3 mètres 
de longueur environ sur 3^™ de diamètre ; 

5° Des bouts de madriers, en sapin ; 

6° De grandes cales de roue, en chêne, 
emmanchées ; 

7° Des leviers de manœuvre, autant que 
possible en ciiêne de brin ; 

— de la selle. Comprenant les parties 
complémentaires de la selle et qui peuvent 
s'en détacher. Ce sont : les sangles, les contre- 
sanglons, les étrivières, les fontes et les sa- 
coches. 

— de solde. Sont alloués, d'une ma- 
nière spéciale, sur le service de la solde et 
indépendamment de la solde d'activité, en 
raison d'un service ou de dépenses particu- 
liers, ou pour remplacer une allocation en 
nature. Us se divisent en hautes payes, 

INDEMNITÉS, PRIMES DE TRAVAIL et GRATIFI- 
CATIONS. 

— du tir à la cible. Ce sont : 

1° Le tampon, qui sert à boucher les 
trous produits par les balles ayant atteint 
la cible ; 

2" Les fanions, servant de signaux ; . 

3° Les ustensiles de marqueurs (lunettes, 
pots et pinceaux à colle et à couleur noire, 
ronds de papier) ; 

4° Le réflecteur à miroir, pour passer 
l'inspection des canons de fusil ; 

o" Et les appuis de tir (instruction de 
1888 sur l'armement, etc., art. 72). 

ACCIDENT. Événement qui arrive par 
hasard ; se dit principalement d'un événe- 
ment d'une importance secondaire. 

En topographie, on désigne sous le nom 
d'accident de terrain une élévation ou une 
dépression qui modifie brusquement la forme 
du terrain et la perspective. Tels sont, par 
exemple, les hauteurs, les escarpements, les 
ravins ou précipices, les croupes, vallées, 
forêts, etc., qui sont en général indiqués sur 
les cartes topograpiiiques. En dehors de ces 



ACCIDENTÉ. 



8 



ACCUMULATEUR. 



aiTÙlt'iils luiturtls, il y en a d'arlificiL-ls, 
tels qui' iii;iison>, routes, fossés, haies, plan- 
tation-i, etc. L'étude dos divers arcideiils du 
sol a une ^rrande iinportanee au point de 
vue militaire, parce qu'en sarliant lis uti- 
liser, on peut en tirer un grand profit pour 
l'attaque ou pour la défense, suivant les 
ronditions où l'on se trouve. Des reconnais- 
sani'es dnivent, au besoin, précéder l'utilisa- 
tion du terrain. 

ACCIDENTÉ. Terrain présentant de 
iioniluviix .'1 si'iii'u\ obstacles aux niouve- 
nienls. 

ACCINTUS ou ACCINCTUS. Mut qui, 
chez les Humains. sij,'ni(iait le soldat muni, 
ceint de son équipement et de son armement 
complets, qu'il ne devait jamais quitter en 
présence de l'ennemi. 

ACCOLADE. L'accolade était une des 
piin.i(iali s ■■iTcuionies anciennement obser- 
vées dans la léceptioii d'un chevalier. Celui 
qui armait le nouveau ciievalier lui donnait 
trois coups de plat de l'épée sur l'épaule et 
sur le cou et l'embrassait en signe d'amitié 
fraternelle. 

Otte coutume a été conservée pour la 
réception des militaires nommés à un grade 
dans la Légion d'honneur. L'article 30 du 
décret organiiiue du 16 mars 1832 porte que 
l'odicier cjiargé de la réception d'un mili- 
taire dans l'ordre de la Légion d'honneur le 
frappe du plat de l'épée sur chaque épaule 
et, en lui remettant son brevet ainsi que sa 
décoiatioii. lui donne l'accolade. 

ACCOLER. HIacer deux choses côte à côte. 
Ce terme s'emploie pour indiquer que des 
fractions constituées de troupes, telles que 
compagnies, escadrons, batteries, bataillons, 
régiments, brigades, divisions sont placés 
côte à côte, soit pour marcher, soit pour 
camper ou bivouaquer, soit pour manœu- 
vrer, soit pour loinlialtie. 

ACCOMPAGNEMENT d'enceinte. Xom 

donne a l;i luTiiu' par quchiues auteurs an- 

cilMI-i. 

ACCOTEMENTS. Ce sont les deux 
bandes de terrain qui, dans une route, bor- 
dent la chaussée à droite et à gauche, et qui 
.servent à la circulation des piétons, en même 
temps qu'elles permettent aux voitures de se 
garer lorsqu'elles viennent à se rencontrer. 
Us sont souvent plantés d'arbres (V. Roules). 

Le mot s'emploie aussi comme synonjme 
de [ferme. 

Dans les chemins de fer, l'accotement est 
l'espace compris entre le rail extérieur et le 
bord cxtiTiiMii- du ballast. 

ACCODDEMENT. Pour signifier que les 
hommes sont placés coude à coude dans le 
rang, dans la formation lactique de l'infan- 



terie en ordre serré. Dans cette formation, 
les hommes devaient se sentir les coudes dans 
les alignements, les marches et les manœu- 
vres. 

Actuellement, le tact des coudes n'a plus 
lieu qu'au moment de l'alignement, alors 
que les hommes doivent placer leur poing 
gauche sur la hanche et que leur voisin 
vient leur toucher le coude gauche avec leur 
bras droit. iMais il en résulte que lorsque lu 
bras gauciie pend naturellement, il veste 
entre chaque homme un intervalle de 0"^,12 
environ, qui a été leconnu nécessaire pour 
permettre la liberté de mouvements voulue 
dans le iiinnioniciit d'armes et les niarclies. 

ACCOUPLEMENTS. Voici comment on 
procède en ce qui concerne les accouplements 
des pigeons voyaçjeurs . Ces volatiles ne sont, 
en général, en état d'obtenir une bonne 
reproduction qu'à l'âge d'un an, mais on 
laisse s'accoupler librement en automne ceux 
qui sont nés au printemps, afin de distinguer 
les mâles des femelles et de développer l'ap- 
titude à la reproduction. On laisse, en prin- 
cipe, les pigeons libres de s'accoupler comme 
ils l'entendent {accouplemenls facultatifs), à 
moins qu'on n'ait en vue d'amélioier la race 
ou d'obtenir des produits particuliers, au- 
quel cas on fait des accouplements dirigés. 

ACCOUSTREMENT. Ancien mot (d'où 
est venu accoutrement) signifiant, au moyen 
âge, équipement et armement des milices, à 
peu près dans le môme sens qu'acciiitus. 

ACCRÉDITER. Donner du crédit, faire 
reconnaître une personne auprès d'une au- 
torité civile ou militaire , ou même d'un 
souverain, et donner l'authenticité à .sa mis- 
sion. Tout ordonnateur militaire doit accré- 
diter sa signature auprès des payeurs. 

ACCUSE. Signifiant anciennement lit de 
camp. 

ACCUL. Pour limiter le recul des canons, 
on plantait un peu en arrière, lors des pre- 
miers essais, une série de pieux qui consti- 
tuait un arcul. 

ACCULER. Pousser une troupe dans un 
endroit où elle ne peut plus reculer. Ex.: ac- 
culer à un fleuve, à la mer, à un obstacle 
infranchissable. Quelquefois une troupe, infé- 
rieure en nombre à l'ennemi, peut s'acculer 
pour garantir ses derrières. En général, une 
troupe acculée est dans de très mauvaises 
conditions tactiques, puisqu'elle n'a aucune 
voie de retraite, et l'action de s'acculer 
volontairement doit être considérée comme 
une résolution suprême et désespérée qui, en 
cas de revers, aboutira à l'anéantissement 
complet de la troupe. 

ACCUMULATEUR. Appareil destiné à 
ajouter plusieurs ciioses les unes aux autres. 



ACCUSATEUR militaire. 



9 



ACHETEUR. 



Les plus usités dans l'armée sont les accu- 
mulateurs lie pression pour le filtrage de 
l'eau au moyeu des filtres Chamberland, 
système Pasteur. 

Ces appareils, dont l'invention est récente, 
sont destinés à permettre l'installation des 
filtres Chamberland dans tous les établisse- 
ments militaires, où il est nécessaire de fil- 

ACCUSATEDR MILITAIRE. Ce genre 
de ministère public n'a existé dans les ar- 
mées que sous Charlemagne, puis à la suite de 
l'ordonnance de 1319, de celle de 176a et 
en 1791. A cette dernière époque, l'accusa- 
teur militaire faisait partie d'un tribunal 
militaire, mais sans prendre part au juge- 
ment ; son pouvoir presque illimité fut beu- 
reusement de courte durée. 

ACCUSATION. L'accusation est l'action 
intentée et suivie en justice au nom de la 
société par le ministère public, pour l'appli- 
cation de la peine contre un ou plusieurs 
individus incriminés. 

Devant les tribunaux militaires, l'accu- 
sation est intentée et soutenue par un offi- 
cier supérieur, qui porte le litre de commis- 
saire DU GOUVERNEMENT. En temps ordinaire, 
ce commissaire doit être d'un grade supérieur 
â celui de l'accusé, ou être plus ancien à 
grade égal, car il est contraire aux principes 
fondamentaux de la biérarcbie et de la dis- 
cipline militaires qu'un inférieur vienne re- 
quérir contre son supérieur (V. Conseil de 
guerre, rie revision). 

ACCUSÉ. Personne contre laquelle il est 
fintenté une accusation. Les militaires ac- 
cusés d'un crime ou d'un délit sont soumis 
à une juridiction et à des règles spéciales 
(V. Conseil de guerre, de revision), à l'ex- 
ception des délits de chasse, de pèche et 
d'octroi, pour lesquels ils sont justiciables 
des tribunaux ordinaires. 

La différence entre l'accusé et le prévenu, 
c'est que le premier est soupçonné d'avoir 
commis un crime, tandis que le dernier est 
sous le coup d'un délit. 

ACHAT. Action d'acquérir à prix d'ar- 
gent. 

L'administration de la guerre emploie, 
pour se procurer les matières et denrées qui 
sont nécessaires à l'armée, différentes espèces 
d'achats, savoir: 1" directs; "2° par marché ; 
3° par voie de commission; 4° à caisse ou- 
verte. 

i ° Les admis directs sont ceux que l'on 
effectue directement, pour des fournitures 
peu importantes, et dont le montant est payé 
immédiatement sur la production d'une 
simple facture. Le plus souvent, ces achats 
sont effectués par les corps de troupe ou éta- 



blissements intéressés, dans des limites de 
prix et de quantités fixées par l'administra- 
tion. 

2° Les achats par marché sont ceux qui 
sont faits au moyen d'actes ou conventions 
passées entre l'État et les particuliers. Ces 
marchés peuvent être traités soit par adju- 
dication publique, soit de gré à gré, soit par 
concours. 

Les marchés par adjudication publique 
sont annoncés à l'avance et les conditions en 
sont fixées par un cahier des charges ; le 
soumissionnaire qui s'engage à remplir les 
conditions énoncées au prix le plus bas, si 
ce prix ne dépasse pas le prix-limite, est 
déclaré adjudicataire (V. Adjudication), sauf 
approbation ministérielle. Ce genre de mar- 
ché, en provoquant la concurrence et en se 
passant au grand jour, est le plus avantageux 
sous tous les rapports ; seulement, il ne peut 
s'appliquer à des achats de peu d'importance 
ou dont on veut garder le secret. 

Les marelles de gré à gré sont traités dans 
les conditions fixées par le ministre : 1" lors- 
qu'il ne s'est pas présenté d'adjudicataire ou 
que le prix-limite a été dépassé ; 2° pour 
des objets brevetés ; 3° pour des achats dont 
la valeur est inférieure à 10,000 francs ; 
4° quand il y a urgence ; o° quand le secret 
est nécessaire. 

Les marchés par concours sont passés à la 
suite d'un concours non public, ouvert entre 
un certain nombre de concurrents seulement, 
et l'on choisit librement entre ceux-ci. Ils 
sont une espèce d'intermédiaire entre les 
deux espèces de marchés précédents. Ils sont 
employés pour assurer la fourniture des den- 
rées de la troupe, par les commissions des 
ordinaires, et aussi par les conseils d'admi- 
nistration des corps de troupe pour l'achat 
des effets de petit équipement ; 

3° Les achats par voie de commission sont 
ceux qui ont lieu par l'intermédiaire d'un 
commissionnaù-e, qui agit en son nom et 
n'engage nullement la responsabilité de l'ad- 
ministration ; il a pour bénéfice tant pour 
cent sur le montant des acliats effectués ; 

4° Les achats à caisse ouverte consi.stent à 
faire payer immédiatement, à des prix fixés 
d'avance et portés à la connaissance du 
public, les denrées ou les matières livrées 
par les habitants. Ce procédé est rapide et 
fructueux en temps de guerre, sur le terri- 
toire national, à proximité de l'ennemi, 
mais, de même que le précédent, il ne con 
vient pas pour le temps de paix, 

— des chevaux par les officiers ou par 
les corps (V. Remonte). 

ACHETEUR. Celui qui achète. On donne 
le nom d'of/iciers aciieteurs aux officiers des 



A CHEVAL. 



■10 



ACQUERAUX. 



dépôts de romonte qui font partie des com- 
niissioiis chargées d'aoljeter les chevaux 
nécessaires à l'arniée. 

A CHEVAL. Position d'une troupe croi- 
sant un oliîtacle, une li^rne, etc., et séta- 
blissaiil Al' chaipie cùtc au moyen de frac- 
lions se reliant le plus possible, 

ACIER POUR CANON. Lacier n'est 
autre clio.-e (|ue du fer dans lequel on trouve 
du carljone dans des proportions variant 
di- 1/2 à 1 1/2 p. 100. L'acier pour canons 
est de l'acier fondu que l'on oliticnt au 
iuo\'*n de trois procédés principaux : 1° en 
fondant au petit creuset ; 2» par la métiiode 
Bessenier ; 3° par la méthode Martin Sie- 
mens : 

1" Par la méthode du pelil creuset, on 
peut obtenir de Vacier de cémentation ou de 
ViiciiT pudillé. 

Uiicirr de cémentation est celui qu'on 
obtient en recarburant du fer aussi pur que 
possible avec du charbon ou des réactifs 
charbonneux bien purs. L'acier puddié est 
obtenu en décarburant la fonte dans des 
fours à parois de fonte, à courant d'eau ou 
à courant d'air. 

Ces deux espèces d'acier sont loin d'être 
homogènes; pour obtenir cette qualité, il est 
nécessaire de les fondio ; 

2° La mélliode Bessemer consiste à décar- 
burer la fonte au moyen d'un appareil spé- 
cial appelé coni-ertisxeur. Cette méthode a 
pour principe l'action produite sur les élé- 
ments de la fonte par le passage de cou- 
rants d'air à forte pression à travers un bain 
de fonte continu. Le procédé ne peut s'ap- 
pliquer (|u'aux fontes grises siliceuses et 
phosphoreuses, c'est-à-dire à la plus grande 
partie des fontes de France et d'Angleterre. 
Ouand on emploie des petits creusets pour 
cette opération, on obtient de l'acier fondu, 
ou de l'acier de deuxième fusion quand la 
charge des petits creusets, amenée à l'état 
p.iteux, est versée dans un four unique ; 

3° La métiutde Martin Siemens permet 
d'obtenir directement, par réaction, l'acier 
de la fonte dans une simple fusion. Dans ce 
procijdé , la fonte est affinée au moyen 
d'agents solides tels que le fer et l'oxyde de 
fer. 

Em]iloi. L'acier fondu peu carburé con- 
vient pour la fabrication des bouches à feu ; 
autrement, il est propre à la fabrication des 
armes et instruments tranchants. L'acier 
pnddié fondu peut servir à fabriquer des 
canons de fusil; non fondu, on en fait de» 
frettes pour canons. 

L'acier Bessemer et l'acier Martin Siemens 
(celui-ci est de qualité supérieure) sont em- 
ployés à la fabrication des bouches à feu. 



des canons de fusil, des plaqnes de blindage, 
des rails, etc. 

L'acier coulé sans soufflures, produit par 
les forges de Terrenoire et par le construc- 
teur anglais Whitworth, sert à la fabrication 
de plaques de blindage et d'obus de rupture 
en acier. 

ACINACE ; ACÈS. Poignard droit et 
court dont faisaient usage plusieurs peuples 
de l'antiquité (Perses, Mèdes, etc.). C'était 
une espèce de cimeterre ou de coutelas sus- 
pendu à un ceinturon et pendant sur la 
jambe droite. 

ACLIDE; ACLIS ou AGLYS. Sorte de 
javelot massif, composé d'un bâton gros et 
court, hérissé de pointes, qu'on lançait au 
moyen d'une corde permettant de le ramener. 
En usage à une époque très reculée. 

ACOMPTE. Somme payée à valoir sur 
un compte ou sur une créance. Métiiode 
employée par l'administration pour le paye- 
ment des fournitures effectuées par les entre- 
preneurs ou adjudicataires des fournitures de 
l'État. En principe, les acomptes ne doivent 
pas dépasser les 5/6 des droits constatés. Le 
sixième réservé est payé après vérification et 
liquidation, soit finale, soit trimestrielle. En 
Algérie, les 11/12 de fournitures faites peu- 
vent être payées. 

ACONIT . Poison violent extrait de 
l'aconit nnprl et dans lequel plusieurs peu- 
ples de l'antiquité trempaient leurs flèches. 

ACONTISMOLOGIE. Étude sur la ba- 
listique ou art de lancer des projectiles à 
pointe. 

ACONTISTES. Nom donné aux soldats 
grecs ou romains qui lançaient des projectiles 
à pointe, tels que d.\rds, traits, javelots. 

A-COUP. Temps d'arrêt très nuisible à 
la régularité de la marche ou de la ma- 
nœuvre d'une troupe. Les à-coups dans la 
marche sont très fatigants et produisent en 
outre une perte de temps très appréciable, 
surtout s'ils se renouvellent. Pour les éviter 
en très grande partie, il faut prévoir d'avance 
l'allongement inévitable des colonnes de 
troupes en marche et ménager, dès le mo- 
ment du départ, des intervalles suffisants 
entre les ditVérentes unités (V. Marclies). 

ACOUSTIQUE. Partie de la physique 
qui traite des phénomènes sensibles à nos 
oreilles. On a en vain cherché jusqu'ici à 
utiliser les signaux acoustiques pour l'armée. 
La seule application qu'on en fait est l'usage 
du silllet ciimnie moyen d'avertissement. 

ACQUËRAUX. Espèces de pièces à boîtes 
ainsi décrites par Viollet-lc-IJuc : « Ces 
bouches à feu, qu'on appelait alors acquê- 
raux, sarres ou spirales, et plus tard, veu- 
(jlaires, se composaient d'un tube ouvert à 



ACQUISITIONS D'JMMEOBLES 

haque bout. A l'une des extrémités s'adap- 
tait une boîte contenant la charge de poudre 
et le projectile, c'est-à-dire qu'on chargeait 
la pièce par la culasse, mais cette culasse 
était complètement indépendante du tul)e et 
s'y adaptait au moven d'un étrier mobile ». 

ACQUISITIONS d'immeubles . Ces 
acquisitions sont autorisées, ^oit par la loi, 
soit par décret, soit par décision ministé- 
rielle. Elles peuvent se faire à l'amiable ou 
par expropriation. 

ACQUIT. Lacquit est un reçu apposé par 
le créancier au bas d'un mémoire, d'une 
facture ou de tout autre titre de créance, par 
lequel il donne décharge complète de la 
somme totale faisant l'objet de ce titre. L'ac- 
quit se distingue de la quittance en ce qu'il 
est toujours donné sur le titre lui-même, 
tandis que la quittance peut être partielle et 
être donnée sur un titi'c autre que le titre 
de créance. 

ACQUITTÉ; ACQUITTEMENT. Con- 
statation légale, par le tribunal, de la non- 
culpabilité de l'accusé. Renvoi d'un militaire 
déclaré non coupable par un conseil de 
GUERRE ou une cocR d'assises. L'acquittement 
a pour efifet d'anéantir l'accusation quant à 
l'accusé et de le faire mettre immédiatement 
en liberté, s'il n'est pas retenu pour une 
autre cause. 

ACROBALISTE ou ACROBOLISTE. 
Cavalerie légère des anciens, lançant des 
flèches et des traits. Elle était employée aux 
escarmouMies et engageait le combat. 

ACROPOLE. Nom sous lequel les an- 
ciens désignaient une forteresse ou une cita- 
delle placée sur la partie élevée d'une ville. 

ACTE. Écrit autiientique constatant des 
faits ou des droits. Ce mot reçoit un grand 
nombre d'acceptions dans le langage mili- 
taire. Les principaux sont les suivants : 

— conservatoire. Acte ayant pour effet 
de sauvegarder les intérêts ou les droits 
d'une personne absente, de ses héritiers ou 
de l'État. La liste des effets appartenant aux 
militaires décédés en activité doit être en- 
voyée au maire du dernier domicile du défunt 
par les soins du sous-intenJant. 

— d'accusation. Exposé du fait dont 
un accusé est présumé coupable. L'acte d'ac- 
cusation est ^isé dans l'article 108 du Code 
de justice militaire. 

— d'administration ou administratif. 
Actes émanant régulièrement de lautorité 
administrative. 

— d'adoption. Ne peut pas être conclu 
aux armées. 

— de courage (V. Aciio7i d'éclat). 

— de l'état civil. La rédaction d'actes 
de l'état civil est prescrite par la loi pour 



M ACTE DE DISPARITION. 

les naissances, les mariages et les décès. En 
temps de paix, ces actes sont rédigés dans 
les mêmes conditions que pour les autres 
citoyens, sauf les modifications nécessaiies. 
Aux armées, ou dès que les circonstances 
empêchent les officiers de l'état civil de rem- 
plir leurs fonctions, celles-ci incombent aux 
officiers chargés de la tenue des contrôles des 
corps ou des détachements formant corps, ou 
sinon par les intendants et sous-intendants 
militaires. 11 est alors tenu, par ces difl'é- 
rents officiers ou fonctionnaires, un registre 
spécial relatant simplement les divers actes 
faits ou reçus. Ces registres sont envoyés au 
ministre de la guerre dès la rentrée en 
France. 

Les déclarations de naissance aux armées 
doivent être faites dans les dix jours qui 
suivent l'accoucliement. Un extrait de Vacle 
de naissance doit être envoyé dans les dix 
jours au dernier domicile des parents ; un 
double en est envoyé au ministre. Les offi- 
ciers militaires de l'état ci\il ne sont pas 
compétents pour recevoir les actions en dé- 
saveu d'un enfant. 

Les actes constatant la célébration d'un 
mariage sont dressés publiquement après la 
célébration du mariage en présence de quatre 
témoins. Copie de l'acte est envoyée aussitôt 
au dernier domicile de chacun des époux. 
Les publications ordonnées par la loi doivent 
être faites régulièrement et l'acte de publica- 
tion, l'acte d'autorisation de mariage pour le 
militaire, les actes respectueux, etc., doivent 
être mentionnés sur l'acte de mariage. 

Les actes de décès doivent contenir toutes 
les indications prescrites pour bien constater 
le décès des militaires. Trois témoins sont 
nécessaires pour dresser ces actes, dont un 
extrait est envoyé dans les dix jours au 
maii'e du dernier domicile du défunt et au 
ministre. Les cas de mort violente, de suicide, 
d'exécution ou de décès dans les prisons ne 
sont pas mentionnés sur ces actes. On y 
relate, au contraiie, les particularités hono- 
rables, telles que mort sur le champ de 
bataille ou à la suite de blessures, etc. 
Toutes omissions dans l'exécution des pres- 
criptions légales doivent être mentionnées, 
afin qu'elles ne paraissent pas résulter d'un 
oubli et qu'elles ne créent pas des embarras 
aux héritiers. Lorsque le décès d'un homme 
mort en captivité n'a pas été constaté régu- 
lièrement par les autorités locales, l'acte de 
décès est remplacé par une déclaration signée 
de trois témoins qui ont pu constater la 
moi t du prisonnier. 

— de disparition. Ayant pour but de 
constater la disparition d'un militaire. 11 est 
dressé par le conseil d'administration et en- 



ACTE DICNT.Al.EMKNT. ^ 

voyé au ministre. On iloil inentitiimcr dans 
cet acte luus les faits jioitant présoniplioii 
du dt'ri'S. 

— d'engagement. Acte par lequel un 
jeune homme remplissant les eonditions re- 
quises, et n'ayant pas eneore servi, déclare 
se lier au service pour une période de trois 
à i-inq ans. La durée du service prend date 
ilu jour de la si^-nature de cet acte (V. E)uja~ 
il)-mfut). 

L'nitiiKjemenl conditionnel d'un an ne 
pouvait l'être contracté que par des jeunes 
gens n'ayant pas encore tiré au sort et rem- 
plissant certaines conditions spéciales. A 
moinsd'exonération, il entraînait le versement 
d'une soinmi' de loOO francs au Trésor. 

— d'hostilité. Acte de violence ou at- 
taque a main armée, qui équivaut à une 
déclaration de fruerre, à la rupture d'un 
traité ou à la cessation d'un armistice. 

— judiciaire. Acte litigieux qui doit 
Hre soumis a un tribunal ou contrôlé par le 
juge. Tout acte fait en dehors du juge et 
sans sa participation est exlrajudiciaire . 

— de notoriété. Acte par lequel deux 
(»u plusieurs témoins attestent, par-devant le 
juge de paix ou le notaire, un fait connu 
qui sert à établir l'identité des personnes ou 
la qualit<' d'héritier. 

— privés de l'état civil. Comprennent 
le? certilicats de vie, les procurations et les 
testaments. 

Les cerlifjcalx de tne et les procurations 
sont établis par les sous-intendants mili- 
taires (avec deux témoins) ou les conseils 
d'administration, et signés par les requé- 
rants. Les testaments peuvent être reçus par 
un officier supi-rieur, par un officier d'un 
grade plus élevé que le testateur (avec deux 
témoins), par deux sous-intendants ou un 
sous-intendant et deux témoins; aux hôpi- 
taux, par le médecin-chef assisté du com- 
mandant militaire. Ces testaments, qui doi- 
vent i^tre transmis au ministre, ne sont 
valables que pendant six mois après que 
l'on peut tester à la manière ordinaire. Avis 
doit être donné aussitôt que possible du tes- 
tament à ceux qui ont intiTèt à le connaître, 
en cas de décès. 

— de procédure. Actes se rapportant à 
un <y\\\\o un ihht militaire et qui doivent 
ètp- transmis au g'-néral commandant le 
corps d'armée, auquel appartient le dioit de 
donner l'ordre il'infDrmfr. 

— de recours. .\cte par lequel le com- 
missaire du (jouvernement prés_ un conseil 
de guerre, apn-s la dérbration de recours en 
revision, inforni'- de cette déclaration sans 
retard h- ii>ns>il i\f rc\i<ion. 

— de rengagement. Acte par lequel un 



ACTIVITÉ. 

militaire libéré du service actif ou entrant 
dans la dernière année de ce service, consent 
à reprendre du service ou à prolonger la 
durée de son service pour un temps déter- 
miné dans les conditions prévues par la loi. 

— séditieux. Tout acte de révolte contre 
les lois ou règlements est considéré comme 
séditieux. 

— de substitution. Acte constatant que 
deux frères de la même classe et du même 
canton ont été autorisés à changer entre eux 
de numéros de tirage au sort. 

ACTIF. Qui agit ou qui a la vertu d'agir. 
En langage militaire, on appelle service actif 
le temps pendant lequel un militaiie est 
sous les drapeaux. De même, on donne le 
nom d'ARMKE ACTIVE aux troupes qui font 
un service actif. En France, la loi du 
lo juillet 1889 a fixé à trois ans la durée 
du service actif, sauf pour certaines catégo- 
ries de dispensés qui ne font qu'un an et 
sont ensuite classés dans la dispombimtk 
pendant deux ans. 

ACTION. En terme d'art militaire, on 
donne le nom d'action à tout engagement de 
deux troupes adverses, quelle qu'en soit 
l'importance. L'expression <( yendant l'ac- 
tion » veut dire pendant le combat, pendant 
la bataille. 

En terme de jurisprudence, on entend par 
action le droit de poursuivre en justice. On 
distingue Vaction publique et l'action civile. 
La première est le droit qu'a la société de 
poursuivre et de punir celui qui enfreint ses 
lois ; l'action civile est le droit qu'a toute 
personne lésée dans ses intérêts de faire fixer 
le dommage qui lui a été causé. Les conseils 
de guerre ne statuent que sur l'action pu- 
blique ; il appartient aux personnes lésées 
de poursuivre ensuite l'accusé devant les tri- 
bunaux civils au point de vue de l'action 
civile <^V. Comjiétence). 

— d'éclat. On appelle action d'éclat un 
acte de courage ou de dévouement particu- 
lièrement remarquable accompli pendant 
une bataille, un siège ou en présence d'un 
danger imminent. Les actions d'éclat sont 
portées à la connaissance des troupes par la 
voie de l'ordre de l'armée ou du corps 
d'armée ; elles sont inscrites sur les états de 
service du militaire et constituent un titre 
pour obtenir en campagne, sans aucune con- 
dition d'ancienneté, l'avancement au grade 
immédiatement supérieur ou la nomination 
dans la Légion d'honneur. 

ACTIVITÉ. L'activité est la position 
d'un militaire pourvu d'un emploi dans 
l'armée ai-tive. 

L'activité comprend la position de pré- 
sence et la position d'absence. 



ACTIVITÉ (NON-) 

Sont considéiés comme élant en position 
de présence tous les militaires présents à leur 
poste ou en route pour s'y rendre, ou en 
mission. 

Sont considérés comme étant en position 
d'absence les militaires en congé ou en per- 
mission, à l'hôpital, en jugement ou en 
détention, en captivité à l'ennemi. 

Au point de vue judiciaire, tous les indi- 
vidus comptant à l'effectif soldé, même mo- 
mentanément, comme les territoriaux ou les 
réservistes, sont justiciables des conseils de 
guerre (art. 36 du Code de justice niilit.). 

ACTIVITÉ (NON-). Position de l'officier 
momentanément non employé, mais pouvant 
être rappelé à l'activité. Ne peut être pro- 
noncée que par suite de licenciement de 
corps, de suppression d'emploi, de rentrée 
de captivité à l'ennemi, d'infirmités tempo- 
raires ou enfin de retrait ou suspension 
d'emploi par mesure disciplinaire. Dans les 
trois premiers cas, l'officier a droit à la 
moitié des emplois de son grade vacants 
dans son arme et il conserve tous ses 
droits comme s'il avait été présent. Pour 
les deux dernières causes, l'officier ne peut 
se prévaloir d'aucun droit et le temps passé 
en non-activité ne compte que pour la re- 
traite et pour la réforme. 

ACTUAIRES. Nom donné dans la milice 
romaine aux ofticiers chargés de distribuer 
les vivres ou de tenir les comptes s'y rap- 
portant, ou bien encore aux rédacteurs des 
opérations de guerre. 

ADŒRATIO. Mot latin signifiant exoné- 
ration du service militaire moyennant une 
somme d'argent. 

Â^DALIDE. Mot d'origine arabe s'appli- 
quant à certains chefs de la milice espagnole, 
chargés plus particulièrement d'exercerla jus- 
tice et de veiller au maintien de la discipline. 

ADAMS (revolver;. Revolver à 6 coups 
et à mouvement continu, du calibre de 
11™™, 94, en service dans l'armée anglaise. 

ADDIT. Jeunes soldats que l'on voit ap- 
paraître dans les milices romaines à partir 
du IV^ siècle. Ils étaient armés de la fronde 
ou lançaient simplement des pierres à la 
main et ils se tenaient, à cet effet, entre les 
lignes des cohortes. Ils étaient aussi chargés 
de la garde et du service des machines ba- 
listiques. 

ADDITION. D'après l'article 128 du 
Code de justice militaire, le président d'un 
conseil de guerre duit faire noter par le gref- 
fier toutes les additions, changements ou 
variations constatés entre les diflerentes dé- 
clarations ou dispositions d'un témoin. 

ADDITIONNEL. Ce qui doit être ajouté. 
Recettes additionnelles (V. Ordinaires.) 



13 ADJUDANT. 

ADELANTADE. Gouverneur militaire 
d'une province espagnole dans l'ancienne 
armée. 

ADJOINT. Militaires en sous -ordres 
chargés d'aider ou de suppléer au besoin un 
chef de service. 

II en est spécialement ainsi, dans les corps 
de troupe, pour l'officier adjoint à I'arme- 
MENT ou à I'habillemext et l'officier adjoint 

au TRÉSORIER. 

Mais il existe en outre deux catégories de 
militaires ayant le titre d'adjoints : ce .sont 
les adjoints à l' intendance militaire et les 
adjoints du génie. 

Les adjoints à l'intendance militaire 

sont des fonctionnaires de l'intendance ayant 
la correspondance du grade de capitaine. Ils 
constituent l'échelon inférieur du corps de 
l'intendance et se recrutent parmi les capi- 
taines de toutes armes, ainsi que parmi les 
officiers d'administration de l""* et de 
2^ classe. L'admission a lieu à la suite d'un 
concours. La limite d'âge fixée pour les can- 
didats est 42 ans. Les adjoints à l'intendance 
sont employés exclusivement, en temps de 
paix, à des travaux dans les bureaux des 
sous-intendants ou intendants et ne peuvent, 
en aucune circonstance, exercer en titre les 
fonctions de chef de service. Complet consti- 
tutif: oO ; effectif entretenu : 43 {\. Inten- 
dance), 

Les adjoints du génie sont des employés 
militaires assermentés, placés sous les ordres 
des officiers du génie pour les aider dans 
leurs fonctions. Ils se recrutent exclusive- 
ment parmi les sous-officiers des troupes de 
l'arme qui remplissent les conditions pres- 
crites. Us ont rang d'officier, sont nommés 
par décret, et les dispositions de la loi sur 
l'état des officiers (19 mai 1834) leur sont 
appUcables. Toutefois, ils ont une hiérarchie 
qui leur est propre et qui ne comporte une 
assimilation avec les grades de l'armée que 
pour la solde et pour la retraite. 

Le tableau suivant indique la composition 
du cadre des adjoints du génie et leur assi- 
milation : 





ASSIMILATION 


CHIFFRE 


DÉSIGXATIOX. 


lixé 


en- 




pour la solde. 


par 
la loi. 


trete- 
nu. 

17 


.Adjoints principaux 
Je 1" classe 


Chef de bataillon. 


20 


Adjoints principaux 
de 2» classe 


Capitaine. 


100 


8S 


Adjoints de l"cl. . . 


Capitaine. 


100 


95 


— de 2» cl. . . 


Lieutenant. 


lôO 


142 


— de 3o cl. . . 


Sous-Lieutenant. 


21)0 


Ks.s 



ADJUDANT. Militaires gradés de cer- 



ADJUDA.NT. 

taincs ratégories, chargeas d'en aider d'autres 
d'un grade pins l'ievi''. 

— d'administration. Porte aujuurd'liui 
le titre d'ofliricr (railmiiiistralion adjoint. 

— général. Pemlanl la période des 
guerres di- la Hépnbliqiie et du premier 
Empire, il existait des mljudanls gcnn-nux 
ou adjndauls coDiinandanls, qui étaient em- 
ployés comme ehefs d'état-major, de division 
ou de corps d'armée. Ils étaient choisis 
parmi les colonels et prenaient rang immé- 
diati nient après les généraux de brigade. 

— de place. L'ancien étal-major des 
places, suiipriiiic en 1873, comprenait un 
certain nombre d'officiers, appelés adjuddnls 
de pince, chargés de seconder le commandant 
de place dans ses fondions ou de le suppléer 
au besoin. Ces oflicicrs étaient choisis parmi 
ceux que leur âge ou leurs infirmités ren- 
daient incapables d'un service en campagne. 

Depuis le décret du 23 octobre 1883, les 
fonctions des adjudants de place sont actuel- 
lement dévolues, à titre temporaire, à des 
officiiMS des corps de troupe en résidence 
dans la place et qui prennent alors le titre 
d'adjudants de la (larnison. S'il n'y a qu'un 
seul cor[)S dans la place, l'adjudant-major 
de semaine, secondé par un adjudant, rem- 
plit les fonctions d'adjudant de la garnison. 

— major. D'après la loi des cadres du 
13 mars 1873, il existe dans chaque ba- 
taillon d'infanterie un capitaine adjudant- 
majur chargé de seconder le chef de bataillon 
dans les détails du .service. Il est chargé de 
l'instruclioii théorique et pratique des sous- 
olliciers et caporaux de son bataillon en ce 
ijui concerne les exercices à rangs serrés ; il 
surveille les tables des .sous-ofliciers et la 
cantine de son bataillon. Dans chaque régi- 
ment, un des adjudants-juajors est chargé 
de la .surveillance de l'instruction des tam- 
bours, clairons et élèves ; enfin, les adjudants- 
majors roulent entre eux pour le service de 
semaine, qui consiste à aider le chef de 
bataillon pour les rassemblements, les ap- 
pels, la [iropri'té du quartier, les gardes, les 
• létenus. Ic^ disti'iiiiilious, etc. 

— sous-officier, {/adjudant som-of licier 
(jrcu|ie le grade le (dus élevé dans la hiérar- 
chie des jous-officiiirs ; il a deux .sortes de 
fonctions: 1° adjudant de batadlou ; 2° ad- 
judant de compagnie. 

Les fonctions d'adjudant de bataillon sont 
reuifdies, en temps de paix, par des adju- 
dants de compagnie choisis par le colonel ; 
ils ont le commandement sur les autres 
adjudants de compagnie. Bien (ju'ils conti- 
nuent .i faire partie administrativement du 
ladre d'une compagnie, ils n'y font plus 
aucun seiTice et restent c.xidusivemcnt à la 



Vt ADJUDICATION- 

disposition de l'adjudant-major pour l'aider 
dans ses fonctions. 

L'adjudant de compaijnie est employé par 
le capitaine, sous la surveillance des officiers 
de peloton, à tous les détails du service et 
de l'instruction. Il est spécialement chargé 
de rinstruclion des retardataires et de celle 
des tireurs de 3" das.se. Il est l'auxiliaire 
immédiat et constant de l'ofllcicr de se- 
maine ; il est chargé de commander le ser- 
vice dans la compagnie ; il alterne, pour 
l'appel du soir, avec le sergent-major. 

— élève d'administration. Sous offi- 
cier sortant de l'École d'administration et 
classé comme adjudant dans les bureaux ou 
services de l'administration, en alteudant 
sa nominatioi' d'officier d'administration 
adjoint. 

ADJUDANTURE. Une des subdivisions 
et auxiliaire essentiel du service d'état-major 
dans l'armée allemande. En principe, .son 
service consiste à traiter les affaires de 
second ordre, afin de décharger les officiers 
d'état-major proprement dits. 

ADJUDICATAIRE. Celui en faveur de 
qui a ét(' prononcée une adjudication. 

ADJUDICATION. Acte par lequel on 
attribue une chose, une fourniture, une en- 
treprise à un individu ou à une société. 

Les adjudications administratives sont 
publiques et toujours annoncées d'avance. 
Elles peuvent avoir lieu de deux manières : 
par voie d'enchères ou par t^oie de soumission, 
suivant la nature du marché. 

Lorsque l'administration vend, comme 
cela a lieu, par exemple, pour les chevaux 
réformés et les effets ou objets classés hors 
de service remis au service des domaines, 
l'adjudication est faite par voie d'enchères, 
c'est-à-dire que l'on adjuge l'objet à vendre 
à celui qui fait l'offre la plus élevée. 

Au contraire, lorsque l'administration 
achète, elle emploie la l'oie des soumissions 
et l'adjudication est donnée à la personne 
qui a fait les prix les plus ba.s. 

Les adjudications peuvent être de deux 
espèces : 

1° L'adjudication simple, qui ne com- 
porte qu'une seule séance, dans laquelle 
l'ailmissibilité des concurrents résulte de 
l'acceptation même de leur soumis.sion, en 
séance publique, par la commission d'adju- 
dication. Ce mode s'applique aux fourni- 
tures, travaux, transports, exploitations ou 
fabrications qui peuvent être fractionnés et 
livrés sans inconvénient à une concurrence 
illimiti'e ; 

2'^ L'adjudication précédée d'une 
séance préparatoire, dans laquelle l'ad- 
missibilité résulte de la notification faite à 



ADMINISTRATEUR. 



Va 



ADMINISTRATION. 



l'intéressé de la décision prise par la com- 
mission d'admission dans une séanoe prépa- 
ratoiie non publique. Ce mode d'adjudica- 
tion est employé quand les fournitures, 
travaux, etc., ne peuvent être confies qu'à 
des personnes reconnues capables et rem- 
plissant les conditions déterminées. 

En principe, nul n'est admis à concourir 
à une adjudication pour des fournitures à 
faire à un service quelconque du départe- 
ment de la guerre, s'il n'est muni d'une 
pièce constatant sa qualité de Français et 
d'un certincat du maire de sa commune con- 
statant le lieu de son domicile et témoignant 
de sa moralité. 

Les quantités mises en adjudication sont 
indiquées dans l'avis au public et dans le 
CAHIER DES CHARGES ; cUes sout, quaud il y 
a lieu, divisées eu lots. 

Les soumissions sont établies sur papier 
timbré et doivent réunir les conditions pres- 
crites. 

Les adjudications dont l'importance est 
égale ou supérieure à 20,000 francs, en 
France, et à 5,000 francs en Algérie, exi- 
gent le dépôt préalable d'un CAnTiox.NEiiENT 
de la part des soumissionnaires. 

La commission d'adjudication se réunit 
aux jour, beure et lieu indiqués par l'avis 
au public ; elle procède, suivant les forma- 
lités réglementaires, à la réception des sou- 
missions, à leur ouverture et à leur lecture, 
compare les prix au prix-limite fixé par le 
ministre et déclare adjudicataires ceux des 
soumissionnaires dont les offres sont égales 
ou inférieures au prix-limite, en prenant 
d'abord ceux dont les soumissions sout le 
plus avantageuses pour l'État. 

Lorsque l'ensemble des quantités adjugées 
est inférieur au cbiffre de la fourniture à 
effectuer, un nouveau concours a lieu immé- 
diatement entre les personnes présentes 
remplissant les conditions indiquées pour la 
quantité restant à adjuger, que l'on fait 
alors connaître. 

Les différentes opérations de la commis- 
sion et les résultats de l'adjudication sont 
constatés par un procès-verbal qui tient lieu 
de marché en cas d'adjudication. 

Les sociétés de toute espèce (en nom col- 
lectif ou en commandite, anonymes ou d'ou- 
vriers français) peuvent être admises à 
prendre part aux adjudications du départe- 
ment de la guerre, en produisant les mêmes 
pièces que les autres soumissionnaires, et en 
remplissant certaines formalités particu- 
lières. 

ADMINISTRATEUR. On donne le nom 
d'administrateur a toute personne qui est 
chargée de quelques parties de l'administra- 



tiou. En Algérie, il existe, à la tête de 
chaque commune mixte, un fonctionnaire 
nommé et rétribué par le Gouvernement et 
portant le nom d'aduiiiiislrateur, chargé de 
gérer toutes les affaires de la commune ; il 
est secondé par un ou plusieurs fonction- 
naires portant le titre d'adjoint à l'adminis- 
trateur (V. Affaiies indigènes). 

ADMINISTRATIF. Qui a rapport à 
l'administration. Ex. : règlements admiuis- 
tratils, procédés administratifs. 

ADMINISTRATION. L'administra- 
tion publique est l'ensemble des méthodes 
et des moyens par lesquels le Gouvernement 
pourvoit aux besoins généraux des citoyens, 
c'est-à-dire aux garanties de calme et de 
sécurité nécessaires à l'industrie, au travail, 
aux arts, au développement de l'instruction, 
de la moralité, etc., nécessaires à tous les 
peuples. 

L'administration de l'armée est une 
des branches de l'administration publique ; 
elle a dans ses attributions tout ce qui con- 
cerne l'organisation, l'instruction, l'entretien 
et la conservation de l'armée. 

Toute administration exige un personnel, 
des ressources matérielles et, enfin, des 
règles ou statuts. 

Le ministre de la guerre est le clief res- 
ponsable de l'administration de l'armée, qui 
comprend les services ci-après : Artillerie, 
Génie, I.vtexua.vce, Poudres et Salpêtres, 
Service de santé. 

Le principe général de l'organisation des 
services est la séparation en « Direction', 
Gestion ou Exécution et Contrôle ». La di- 
rection ne participe pas aux actes de la ges- 
tion, qui lui est soumise. Le contrôle ne 
prend part ni à la direction ni à la gestion 
et ne relève que du ministre. 

La délégation des crédits est faite par le 
ministre aux directeurs des services, qui 
sont chargés de l'ordonnancement des dé- 
penses. Dans le service de l'intendance, les 
directeurs ont la faculté de sous-déléguer 
tout ou partie de leurs crédits aux fonction- 
naires de l'intendance soumis à leur direc- 
tion. 

En cas de formation d'armée, la délégation 
des crédits est faite, pour tous les services, 
à l'intendant de l'année, lequel les sous- 
délègue, sur l'ordre du commandant en chef, 
et au fur et à mesure des besoins, aux 
directeurs des services de l'armée et des corps 
d'armée. 

Le général commandant un corps d'armée 
est, sous l'autorité supérieure du ministre, 
le chef responsable de l'administration dans 
son corps d'armée. Toutefois, les établisse- 
ments et services spéciaux destinés à assurer 



ADMINISTRATION. 

la ili'fonst' ilu l>a_\s on ;i jiourvoir aux be- 
soins gém-ratix «les armées sont placés sous 
l'autorité imniédialt' <lii ministre de la 
guerre. 

l^s directeurs des service> sont suiis les 
oixlres immédiats du général commandant le 
corps d'armée ; ils exercent une surveillance 
permanente sur toutes les opérations du per- 
sonnel de leur ser\iee; ils s'assurent de la 
réiiulariti- des dépenses qu'ils sont chargés 
d'ordonnancer ou d'approuver. 

Le général commandant le corps d'armée 
doit : 1° prévoir et exposer au ministre, en 
temps opportun, les besoins de son cor|ts 
d'armée ; 2° donner, quand il y a lieu, 
l'ordre de pourvoir et de distribuer, dans les 
limites tracées jiar les règlements ; 3" veiller 
il ce que les troupes du corps d'armée soient 
pourvues de tout ce qui leur est alloué par 
les règlements et les décisions ministérielles ; 
4° s'assurer de l'existence des approvision- 
nements des magasins du corps d'armée. 

Les généraux commandant les corps d'ar- 
mée ne peuvent, en dehors des cas prévus 
par les ordonnances, décrets et règlements, 
presi-rire aucune mesure pouvant entraîner 
des dépenses pour l'État, sauf dans les cir- 
constances urgentes ou de force majeure. Ils 
doivent, dans ce dernier cas, donner leurs 
ordres par écrit, sous leur responsabilité 
même pécuniaire, et en rendre compte immé- 
diatement au ministre. Les directeurs des 
services .sont tenus, après observation, d'ob- 
tempérer à ces ordres dont ils transmettent, 
de leur cùté, une copie au mmistre. 

En cas de formation d'armée, le ministre 
délègue ses pouvoirs administratifs, dans les 
limites nécessaires, au général en chef de 
l'année, h-quel représente alors le ministre 
vi>-à-vis des i-ommaudants de corps d'armée. 

Dans les places investies, le gouverneur 
ou commandant de la défense exerce une 
autorité absolue sur tous les services. 

L'administration intérieure des corps de 
troupe et des établissements considérés 
comme tels est dirigée par un conseil n'Ao- 
Mi.NisTnATioN que préside le chef de corps. 
Le chef de corps et le conseil sont solidaire- 
ment responsables envers l'Ktat. 

La GESTION est confiée à des officiers qui 
font partie du conseil d'administration et 
qui Sont responsables envers ce dernier. 

Les déjienses en deniers et en matières 
eiïeclnées par la caisse ou les magasins du 
corps, en vertu des décisions des conseils 
d'administration, sont vérifiées et n-gulari- 
sées par le service de l'intendance. 

Les >omj(agnies ou sections formant corps 
sont administrées par leur chef, responsable 
envers l'Ktat. Leurs dépenses sont véiifiées 



l(i ADOUCIR. 

et régularisées par le service de l'inten- 
dance. 

L'administration et la comptabilité inté- 
rieures des corps de troupe sont actuellement 
régis par le décret du 14 janvier 1889 
{H. 0., 1'. R., i" 89). 

On donne encore le nom d'administration 
au personnel chargé d'une partie de l'adminis- 
tration publique. C'est ainsi que l'on dit : 
l'aduiinislralion pénitentiaire, — militaire, 
— muniiipale, etc. 

ADMINISTRATIVEMENT. Ce qui est 
fait sui\ ;ml les règlements administratifs. 

ADMINISTRER. Pourvoir à des besoins 
en utili>,int certaines ressources et en suivant 
certaines rè;.'les. 

ADMISSIBILITÉ. Aptitude à être ad- 
mis. 

ADMISSION. Action d'admettre. 

Kn général, les épreuves pour l'admission 
dans les différentes écoles militaires sont de 
deux sortes : 1" les épreuves d'admissibilité, 
consistant en compositions écrites, épu- 
res, etc., les mômes pour tous les candidats; 
2° les épreuves d'admission, consistant en 
examens oraux ou pratiques, auxquels ne 
prennent part que les candidats ayant subi 
avec succès les premières, c'est-à-dire qui 
sont déclarés admissibles. 

ADOPTION. Acte qui établit légalement, 
entre deux personnes, des rapports de pater- 
nité et de filiation. Aux armées, il est impos- 
sible de faire acte d'adoption, car la loi n'a 
confié à personne le droit de dresser les actes 
nécessaires. 

— par les armes. Acte par lequel, dans 
une assemblée publique, un des chefs mili- 
taires, le père ou un parent, faisait d'un 
adolescent un guerrier chez les Francs, les 
Goths ou les Lombards. C'était encore une 
récompense comme prix d'un haut fait, 
d'un acte courageux à la guerre. 

ADOREA. Mot latin francisé. Signifiait 
une prestation accordée chez les Romains 
pour une action d'éclat. Cett3 récompense 
pouvait consister aussi en une couronne ou 
une liii-le s:ins fei'. 

ADOSSER. Placer une chose contre une 
autre pourl'apfiuyer. Un retranchement peut 
être adossé à une muraille, à des construc- 
tions ; une troupe peut être adossée à une 
forêt, à un village, etc. Le règlement sur le 
service des armées en campagne prescrit 
d'éviter d'adosser les grand'gardes à un bois, 
ilaiis la <rainte qu'elles ne soient enlevées. 

ADOUBER. Du latin adobare, armer. 
Signilinit ahmkr un chevalier au moyen âge. 

ADOUCIR. Terme d'armurerie, expri- 
mant l'oiiéralion d'enlever à la lime douce 



ADRESSE. 



il 



AEROSTATION. 



les traces de la grosse lime sur une pièi'e 
d'armement. 

ADRESSE. Indication du domicile ;i 
donner par les militaires, même de la ré- 
serve, dans tons les cas de présence ou d'ab- 
sence, pour qu'il soit possible de leur trans- 
mettre en tout temps les communications de 
service les concernant. 

Habileté, dextérité pour les exercices du 
corps, — au tir, — à l'escrime, — à l'é- 
quitation. Se dit également de certains actes 
de rmtelligence. 

A-DROITE. Mouvement par lequel le 
soldat étant de front se trouve par le flam- 
droit. Il s'exécute en tournant sur le talon 
gauche et en faisant face à droite, puis en 
rapportant le talon droit à côté du gauche 
et sur le même alignement. 

Cette expression est encore employée pour 
désigner toute espèce de changement de di- 
rection ou de front vers la droite par une 
troupe quelconque. 

ADUIRE. Exercer les jeunes pigeons à 
voler autour de leur colombier et à y re- 
venii". 

ADUCTION ou ADDITION. L'aduction 
se fait en 8 ou 10 jours pour les jeunes pi- 
geons, mais, pour ceux introduits dans le 
colombier après l'âge de 35 jours, il faut 
attendre au moins 8 jours pour les en 
laisser sortir. Il est préférable d'avoir re- 
cours aux premiers. 

ADVERSAIRE. Celui qui est opposé et 
sur lequel on veut remporter l'avantage. En 
langage militaire, l'adversaire signifie l'en- 
nemi, mais, en langage ordinaire, il n'en est 
pas de même, car, pour une doctrine, par 
exempte, on peut trouver des adversaires 
parmi ses amis et des adhérents parmi ses 
ennemis. 

JEGIO. Espèce de cuirasse faite en peau 
de chèvre, employée par quelques nations de 
l'antiquité. 

iENEATEUR. Nom sous lequel les Ro- 
mains désignaient les musiciens militaires 
qui faisaient usage des instruments de 
cuivre. 

.«RARIUM MILITARE. Épargne mi- 
litaire, trésor de guerre distinct qu'Auguste 
établit le premier pour subvenir aux dé- 
penses des troupes et entretenu par des im- 
pôts spéciaux. 

JEB.0 Sorte de panier arrondi, tressé 
d'osier ou de jonc, servant au soldat romain 
pour transporter de la terre dans les tra- 
vaux de fortification. 

AÉROMÈTRE. Instrument servant à 
peser la densité de l'air, des fluides. Em- 
ployé par les commissions d'expérience char- 
gées d'établir les tables de tir des bouches à 



feu pour corriger les résultats donnés par 
l'expérience. 

AÉRONAUTE Navigateur aérien. 

AÉROSTAT. Appareil dont le poids est 
plus léger que celui du volume d'air qu'il 
déplace, de sorte qu'il peut s'élever dans l'at- 
mosphère. Il se compose de deux parties 
principales : le ballon et la nacelle et de 
parties accessoires comprenant les engins et 
les agrès. 

AÉROSTATION militaire ; AÉRO- 
STIER. A peine l'acrostation (art de faire 
des ballons et de les employer) était-elle née 
que les militaires cherchaient à en tirer 
parti. Le Comité de salut public décida que 
des aérostats captifs seraient employés comme 
moyen d'observations aux armées, et une 
compagnie d'aérostiers militaires fut créée 
dans ce but. Elle assista au siège de Mau- 
beuge, à l'investissement de Ciiarleroi, à la 
bataille de Fleurus , suivit l'armée de 
Sambre-et-Meuse en faisant de nombreuses 
reconnaissances, fut prise au siège de Wurz- 
bourg et, après sa réorganisation ix l'Ecole 
acrostatiqur de Meudon, elle fut envoyée en 
Egypte, où elle ne put jouer aucun rôle 
faute de moyens d'action. Une deuxième 
compagnie, créée un an après la première, 
rendit des services au siège de Mayence 
(1795), suivit, en 1796, l'armée de Moreau 
en Allemagne et, après quelques reconnais- 
sances, elle rentra en France avec cette 
armée. Le rôle de ces deux compagnies était 
terminé, car, à sa rentrée d'Egypte, Bona- 
parte, qui n'aimait pas cette institution, 
licencia les compagnies, ferma l'école de 
Meudon et fit vendre tout le matériel. 

En 1848, les Autrichiens utilisèrent à 
Milan des ballons comme télégraphes aériens. 
Au siège de Venise, en 1849, ils essayèrent 
sans succès de faire tomber sur la ville des 
bombes lancées par de petits ballons. 

Les Américains orgarjsèrent le service 
aérostatique sur une assez grande échelle 
pendant la guerre de la Sécession. Ils for- 
mèrent plusieurs compagnies d'aérostiers, 
dont les nombreuses reconnaissances rendi- 
rent de réels services. 

Pendant la guerre de 1870, aucune des 
deux armées, française ou allemande, ne 
put faire d'application réelle de l'aérosta- 
tion, faute de matériel et de préparation. 
Mais, pendant le siège de Paris, des ballons 
libres servirent à mettre en communication 
Paris avec la province. 

On sait qu'une section d'aérostiers a été 
envoyée au Tonkin,avec un parc de ballons 
captifs, et qu'on les a employés à diverses 
reprises pour faire des observations ; ces 
ballons suivaient l'armée tout gonflés. 



AÉROTONE. 

Tue orgaiiisaliou iiuiivollc cl très coiuiilt'tc 
a été faito do cl- servire on Kranre à partir 

(II' 1871. L'KCOLE o'AKftOSTATION MILITAIRE a 

oto rétalilie a (llialais-Mcuilon fl une cumpa- 
gnio (le chai'un des 4 premiers r(!'^'iinents du 
génie est cliarpée spécialenienl de l'emploi 
militaire de raéntstatioii. Les exercices com- 
portent la maiiiruN re et le gontlenient des 
ballons, <iue l'on peut employer libres ou 
captifs : 1" pour le service des reconnais- 
sances dans les sièges ou les armées en caiii- 
pagne ; 2" cumuie moyen de correspondance 
pour les places assiégées (V. Ballons). 

Toutes les armées étrangcsres ont une or- 
ganisation spéciale de ce service ; seule, 
l'Autriche, jusiju'à présent, n'est pas entrée 
dans cette voie. 

ÂËROTONE. Fusil à air comprimé, dont 
la plus graille portée ne dépasse pas 
50 mètres et qui ne peut recevoir d'applica- 
tion militaire. La crosse est un réservoir en 
cuivre, muni d'une soupape gui s'ouvre 
lorsqu'on appuie sur le bouton de la visière 
et sur l'extrémité du canon en faisant bas- 
culer celui-ci jus(|u'au cran d'arr(^t. Après 
avoir introduit le projectile, on redresse le 
fusil, qui se trouve amsi chargé par l'elTet 
de l'air ont ni dans la crosse et qui est com- 
primé par une petite pompe foulante. En 
appuyant sur la détente, on ouvre brusque- 
ment la soupape, qui donne alors passage à 
l'air ciiiipririiè et au projectile. 

AFFAIRE. En langage adminisiralif, le 
mot alTaire s'emploie pour parler de tout ce 
qui concerne l'administration et le gouver- 
nement des choses publiques. 

En langage cumvietcial, on entend par 
affaire toute opération industrielle ou com- 
merciale telle que vente, achat, marché, 
traite, entreprise, spéculation financière. 

En langage milUaire, on désigne par 
affaire tout engagement entre deux troupes 
ou entre deux armées ennemies. Une affaire 
d'honneur e^t simiileiiicnt un duel. 

AFFAIRES indigènes. On donne le 
nom il <i/}mn's iuilii/enes ou <ïa(j(iires (irubes, 
en Algérie, à tout ce qui concerne l'admi- 
nistration du tnriluire milUuire. Cette admi- 
nistration est placée sous la haute autorité 
du général commandant le !'.(<= c(jrps à 
Alger, lequel est lui-même sous l'autorité 
immédiate du gouverneur général de l'Al- 
gérie. 

Il y a, dans chaque division militaire de 
l'Algérie, une direction des affaires arabes. 
Des bureaux, désignés sons le nom de bu- 
reaux itrabex, sont placés dans ciiaquc sub- 
(livii^ioii militaire et aux points occupi's par 
l'armée où le besoin en est reconnu. U'aprùs 
la loi du 13 mars 1875, le personnel de ces 



US AFFECTATION. 

bureaux comprend : 1" 5 chefs de bataillon 
et 70 capitaines hors cadre ; 2° un nombre 
variable de lieutenants et de sous-lieutenants 
simplement détachés des corps de troupe. 

Les bureaux arabes sont spécialement 
chargés des traductions et rédactions arabes, 
de la préjiaration et de l'expédition des or- 
dres et autres travaux relatifs à la conduite 
des affaires arabes, de la surveillance des 
marchés et de l'établissement des comptes de 
toute nature à rendre au gouverneur sur la 
situation politique et administrative du 
pays. Les chefs de ces bureaux sont officiers 
de police judiciaire et administrateurs directs 
des Arabes ; ils ont dans leurs attributions 
ce qui concerne la manière dont .s'exécutent 
les marchés, la justice indigène, l'assiette et 
le recouvrement des impôts spéciaux. En cas 
d'exiiédition, ils se mettent à la tête des 
goums (cavaliers indigènes) et réunissent les 
combattants que doit fournir le territoire. 

Les bureaux arabes, si souvent calomniés, 
ont rendu les plus grands services, car c'est 
grâce à eux qu'il a été possible d'administrer 
et de coloniser l'Algérie dans les circon- 
stances les plus difficiles. Depuis 1870, on a 
commencé à substituer l'administration ci- 
vile aux bureaux arabes dans tous les terri- 
toires colonisés, et cette administration 
s'étend maintenant dans tout le Tell algé- 
rien. 

Le territoire de cliaque division militaire 
est partagé en subdivisions, cercles et an- 
nexes, dans lesquels l'administration est 
exercée par les commandants de cercle, ayant 
sous leurs ordres les officiers des bureaux 
arabes et des fonctionnaires indigènes de tous 
rangs, agluis, cnids et clieiks. Les comman- 
dements de cercles sont exercés par des offi- 
ciers désignés par le ministre, qui peut les 
mettre liors cadre, toutes les fois que l'intérêt 
du service l'exige. 

AFFAISSEMENT. Dépression du métal 
dans les bouches à feu en fonte, résultant 
d'un défaut de fabrication. 

Tassement des terres fraîchement remuées 
dans les lalus de la fortification. 

AFFAMER. Action d'amener une forte^ 
l'esse assiégée à la privation de vivres par 
un siÈci-: long ou un blocus rigoureux. 

AFFECTATION. Désignation officielle 
d'un militaire pour une arme ou pour un 
service. 

C'est le commandant du bureau de recrU' 
lenient qui procède, chaque année, à l'affec- 
talioa des hommes de la classe appelée à 
servir sous les drapeaux. 11 opère également 
l'affectation des hommes de la réserve de 
l'armée active et de l'armée territoriale dans 
les différents corps auxquels la subdivision 



AFFECTA'flON spéciale. 



•19 



AFFUT. 



de région doit fournir des hommes (V. Armée 
tfrritoriah'. Réserve). 

AFFECTATION spéciale. Le person- 
nel de certains seivioes spéciaux, tels que 
les sections techniques de chemins de fer, 
les sections de télégraphie, la trésorerie et 
les postes aux armées, les douanes, les fo- 
rêts, les étahlissements de la guerre et de la 
marine et les bâtiments de la flotte est af- 
fecté, comme réserve ou disponibilité, selon 
un mode particulier. Cliacuu des services 
ci-dessus sert à former des corps spéciaux et 
chaque militaire qui eu fait partie reçoit un 
titre individuel et spécial d'afTectatiou, le 
classant au corps, service ou emploi où l'on 
en a besoin et où l'on pourra le mieux uti- 
liser ses aptitudes ou connaissances parti- 
culières. 

AFFERMAGE. Les terrains cultivables 
situés sur les fortifications, les bâtiments 
sans emploi et les jardins appartenant au 
domaine militaire sont affermés par les soins 
des directeurs du génie. L'affermage a lieu 
par adjudication dont le procès- verbal, dressé 
par le sous-intendant, sert de bail. 

AFFICHAGE ; AFFICHE. Avis au pu- 
blic É.'rit ou imprimé que l'on placarde 
dans un lieu apparent. En ce qui concerne 
la législation miUtaire, il est prescrit d'affi- 
cher le tableau de recensement de chaque 
commune, la liste du tirage au sort, la liste 
des dispensés de chaque commune ; la con- 
vocation pour les manœuvres annuelles des 
réservistes et des territoriaux peut égale- 
ment avoir lieu par voie d'atSches et, dans 
ce cas, il n'y a pas d'ordres d'appel indivi- 
duel. Les avis d'adjudication sont également 
affichés, ainsi que les jugements des conseils 
de gue^rre. 

La couleur blanche pom* les affiches est 
réservée à l'administration. 

AFFIDATION. Acte par lequel, au temps 
de la féodalité, une personne engageait sa 
foi à un seigneur qui, en retour, devait lui 
prêter aide et assistance. 

AFFILAGE; AFFILER. Rendre tran- 
chant une arme ou un outil qui est 
émoussé. Les sabres ne doivent être affilés 
que sur l'ordre du général. 

AFFILIATION. Cérémonie ou procédure 
pour recevoir un membre nouveau dans une 
société ou association. Coutume militaire 
constituant à la fois une adoption indivi- 
duelle et une sorte d'initiation publique dans 
lacpielle on remettait au récipiendaire une 
épée, une écharpe, etc. Certaines des formes 
de l'adoption ont été appliquées dans la 
cérémonie de la réception des chevaliers du 
moyen âge. 

AFFINAGE. Opération métallurgique par 



laquelle on transforme un métal impur en 
un métal suffisamment purifié pour subir 
d'autres opérations. Affinage du fer, de 
I'acier, etc. 

AFFLEUREMENT. Partie apparente à 
la surface du sol des diverses couches géolo- 
giques . 

AFFLUENT- Cours d'eau qui vient se 
jeter dans un autre. Dans la reconnaissance 
d'un cours d'eau, on doit indiquer les affluents 
de chaque rive et leur importance relative, 
ainsi que leur direction. 

AFFOLÉ. L'aiguille d'une boussole est 
(ifjolée quand elle cesse momentanément d'in- 
diquer le nord magnétique, soit en raison de 
l'électricité anormale de l'air, soit du voisi- 
nage accidentel d'une masse de fer. 

AFFOUILLEMENTS. Cavités de forme 
allongée et sinueuse qui se forment dans les 
bouches à feu en bronze. 

— des balles. Perforation accidentelle 
qui se produisait dans les balles évidées, sur- 
tout dans les simples. 

— du terrain. Excavations produites 
par le jtassage de l'eau dans les terres. 

AFFRANCHISSEMENT. Action de ren- 
dre libre, d'escompter, de décharger. 

Ce terme s'emploie aussi pour indiquer 
qu'on a payé le port d'une lettre, d'un 
objet, etc. Les correspondances relatives au 
service militaire circulent sans affranchisse- 
ment, sous certaines conditions (V. Fran- 
chise de correspondance, — télégraphique). 

AFFUT. Appareil sur lequel est disposée 
une bouche à feu pour être pointée. La 
forme des affûts varie suivant les bouches à 
feu et suivant la nature de leur service. 
Dans certains cas, l'affût sert de véhicule 
pour le transport de la pièce. L'affût ne peut 
avoii' que deux roues, les autres parties 
posent à terre et constituent un frottement 
qui diminue le recul. Pour la marche, l'affût 
est réuni à un avaxt-traix. 

Les conditions générales à remplir par les 
affûts sont les suivantes : 1" l'affût, avec sa 
pièce, doit constituer un ensemble doué d'une 
stabilité suffisante ; 2° il ne doit pas trop 
souffrir du recul de la pièce et compoiter, 
dans ce but, un poids proportionné qui di- 
minue ce recul ; 3° il doit présenter une 
organisation solide qui lui permette de ré- 
sister, soit aux effets du recul, soit aux 
transports ; 4° il doit permettre le pointage, 
soit en direction, soit eu hauteur, et en as- 
surer la conservation ; o° il doit être aussi 
simple que possible ; 6° tous les affûts de 
même espèce doivent être uniformes. 

Les affûts actuels sont construits en tôle 
de fer ou en tôle d'acier, ce qui leur procure 
une grande légèreté en même temps qu'une 



AFFUT, 20 

grandi' solidité ; de plus, rcs deux niéiauv 
pri'sonti'ut l'avanlago de se laisser traverser 
par les projectiles sans produire d'éclats et 
de faciliter la construction des affûts par 
l'industrie privée, 

11 existe quatre espèces principales d af- 
fûts : de cauipngnc, de siètje, de place, de 
côtes, repondant chacune à un but ou ser\ ice 
particulier. 

— de campagne- i-es «//«<« de cam- 

))a(jne, pour les canons de 80 et 90""", se 
composent de deux côtés ou flasques qui se 
prolonjjent jusqu'à la culasse du canon et se 
rapproclient ensuite i)our former un buut 

Fig. .-.. 

upvort dr ioiwtUttri. 
\. ^Support du poùiUufé 
'Galet 
tVu d» pointoMi 



AFFUT. 




Martji/epioâ. fij- 



de flèche. Entre les deux flasques, se trouve 
\'a]iparcU de pointage. Vu cofjre n munitions 
est placé sur l'anùt. La figure Ti indique la 
disposition et lu dénomination des diverses 
parties de l'affût de campagne. 

— de siège. Les affûts de siège, étant 
de.stinés à être placés derrière des épaule- 
ments, doivent élever la pièce à une hauteur 
de 1"',80 au minimum afin d'éviter de pra- 
tiquer des emhrasures dans les parapets, tout 
en couvrant les servants. Ils doivent aussi 
permettre le tir sous de grands angles afin 
de pouvoir utiliser le maximum de portée de 
la pièce ; enfin, ils doivent présenter une 
plus grande solidité que les affûts de cam- 
pagne. 11 en existe de différents modèles dans 
le détail desquels nous n'entrerons pas ici. 
La figure représente l'affût de io5 court. 




modèle 1881, qui se monte, pour les trans- 
ports seulement, sur des roues ; pour les 
déplacements de peu d'importance, l'affût 
est pourvu de deux roulettes. Pour le canon 
de 138, le colonel de Lihitolle a imaginé 
Yafji'it li soulèvement, avec flasques en tôle 



d'acier et dont le pointage en hauteur est 
assuré au moyen d'une manivelle qui ac- 
tionne une vis à triple filet, laquelle se meut 
à demeure dans un écrou fixé sur l'affût. 

— de place. Les affûts de place étant 
destinés à tirer à barlielte ou derrière des 
embrasures profondes au plus de 0™,30, 
doivent donc élever la pièce au-dessus de la 
plate-forme, permettre le tir sous les grands 
angles et faciliter le transport du canon 
dans la place même ou sur la fortification. 
Il y en a de doux espèces principales : les 
uns sont destinés aux pièces qui doivent 
combattre à ciel ouvert et sont exactement 
semblables aux affûts de siège (il existe 
même un affût de siège et de place, mo- 
dèle 1880, pour bouches à feu de petit ca- 
libre) ; les autres sont destinas aux bouches 
à feu armant les casemates ou les coupoles 
cuirassées. Ces derniers sont moins élevés 
([ue les premiers et le recul des pièces doit 
être plus faible. Pour diminuer la hauteur 
de l'affût, on remplace le châssis ordinaire 
par une sorte de châssis bas, que l'on nomme 
lisoir directeur. 

Pour réduire l'ouverture des embrasures, 
en pareil cas, on a des affûts à embrasure 
miniiiia. 

Pour les affûts de coupoles cuirassées, voir 
ce mot. 

— de côte. Les affûts de côte sont de 
deux modèles principaux comme les affûts 
de place : les uns très élevés, pour combattre 
à ciel ouvert, derrière un parapet; les autres 
moins hauts, destinés aux pièces tirant sous 
casemates. 

Ces affûts, en fonte et de construction très 
solide, doivent permettre rapidement les 
opérations de pointage en hauteur et en 
direction. C'est pourquoi on fait mouvoir la 
pièce au moyen d'engrenage, on fait pivoter 
l'affût sur des roulettes et l'on cherche à 
limiter le recul au moyen de freins ou de 
coins. Il existe divers modèles d'affûts de 
côtes et de place. 

— de montagne. Les affûts de mon- 
tagne constituent une variété de ceux de 
campagne et présentent à peu près les 
mêmes dispositions. On a adopté en 1880 
un affût de montagne en fer, se décomposant 
en deux parties, pour satisfaire à la condi- 
tion de n'avoir que des poids de 100 kilogr. 
;i transporter à dos de mulet, l'n mulet porte 
le corps d'affût proprement dit, un antre la 
rallonge de llèche. les roues et la limonière, 
un troisième porte le canon. Ce genre d'affût 
peut également être traîné sur ses i-oues à 
l'aide de la limonière. 

— de mortiers. Les affûts de mortiers 
rentrent également dans la catégorie des 



AFFtjTER. 

affûts de siège et de place. Ces affûts n'ont 
pas de roues et sont très bas parce que les 
mortiers, faisant feu sous de grands angles, 
peuvent avoir leur bouche fortement en 
contre-bas de la masse couvrante. Eu outre, 
par suite du poids relativement considérable 
de leurs projectiles, les mortiers onttoujouis 
nécessité l'emploi d'affûts très solides et plus 
massifs que ceux des canons. Nous donnons, 
dans la figure 7, le type de l'affût pour le 
mortier rayé de 220™™ se chargeant par la 




calasse. Cet affût se compose de 2 flasques 
en tôle d'acier, fixées sur 2 semelles au 
moyen de 4 cornières fortement rivées. La 
rigidité du système est maintenue par 3 en- 
ireloises : un support de culasse sert d'appui 
à cette dernière pendant le chargement. Le 
transport des mortiers et de leurs affûts 
s'effectue au moyen de chariots porte-corps 
ou autres voitures d'un modèle spécial. 

— à éclipse. Les affûts à éclipse ont 
tous pour but de permettre d'élever la pièce 
au moment du pointage pour tirer par- 
dessus le parapet, puis, le coup parti, de 
ramener la pièce en arrière ou de l'abaisser, 
de façon à pouvoir charger complètement à 
l'abri. L'Angleterre a adopté réglementaire- 
ment un affût de ce genre du système Mon- 
crieff. Divers modèles d'affûts à éclipse fonc- 
tionnent régulièrement dans les coupoles 
cuirassées. 

— démontable. Espèce d'affût permet- 
tant, par le démontage, de faciliter les con- 
ditions de transport, dans les régions mon- 
tagneuses, d'affûts d'un poids total assez 
élevé. 

AFFUTER. Aiguiser un outil pour le 
faire couper. Le terme affûter, signitiant 
monter un canon et le disposer sur son affût, 
a vieilli. 

AGA ou AGHA. Nom donné par les Turcs 
à un ciief militaire ; désignait particulière- 
ment le chef des Janissaires. En Algérie, le 
titre d'agha, à peu près équivalent à celui 
de colonel, est supérieur à celui de caïd, 
mais inférieur à celui de bach agka (V. Af- 
faires indigènes). 

AGE. Les lois et règlements militaires 
ont fixé des conditions d'âge pour l'admis- 
sion dans Varmée et dans les écoles mili- 



21 AGE. 

laires, de même que pour la mise définitive 
à la retraite. Ces conditions sont limitatives, 
c'est-à-dire qu'elles comportent un minimum 
et un maximum. 

L'âge minimum pour l'engagement volon- 
taire est fixé à 16 ans pour l'armée de mer 
et à 18 ans pour l'armée de terre, l'âge 
maximum à 32 ans. 

L'âge auquel les jeunes gens sont appelés 
sous les drapeaux est fixé à 20 ans accom- 
plis au 31 décembre de l'année qui précède 
celle du tirage au sort ; il est fixé à 21 ans 
pour les fils d'étrangers nés en France et il 
s'étend jusqu'à 43 ans pour les omis. 

L'âge minimum, pour l'entrée à i'École de 
Saint-Cgr, est fixé à 17 ans ; pour V École 
poliitechnique, à 16 ans; l'âge maximum 
pour les deux est fixé à 21 ans. 

L'âge minimum pour entrer à VÈcolc na- 
vale est fixé à 16 ans, l'âge maximum à 
21 ans ; l'âge minimum pour entrer à V Ecole 
de santé militaire et à l'École vétéritiaire est 
fixé à 17 ans. 

La limite d'âge pour les officiers qui dési- 
rent entrer dans l'intendance militaire est 
fixée à 42 ans pour les candidats au grade 
d'adjoint et à 4o ans pour les candidats au 
grade de sous-intendant militaire de 3° classe. 
Aucune limite d'âge n'est fixée pour les can- 
didats au grade de sous - intendant de 
2* classe. 

La limite inférieure d'âge pour les mili- 
taires qui doivent remplir les fonctions de 
greftîei" auprès d'un conseil de guerre ou 
pour les officiers chargés de l'instruction 
d'une plainte en conseil de guerre est fixée 
à 23 ans. 

La limite, à partir de laquelle les mili- 
taires ne peuvent plus continuer à servir, a 
été fixée ainsi qu'il suit pour les différents 
grades : 

Hommes de troupe. . 47 ans. 

Sous-lieutenant 31 — • 

Lieutenant o2 — 

Capitaine 33 — 

Commandant 36 — 

Lieutenant - colonel. . 38 — 

Colonel 60 — 

Général de brigade. . 62 — 

Général de division . . 63 — 

Les maîtres ouvriers des corps de troupe 
peuvent servir comme commissionnés jusqu'à 
60 ans, s'ils sont valides. 

Les généraux qui ont commandé avec dis- 
tinction devant l'ennemi une armée, un 
corps d'année, l'artillerie ou le génie d'une 
armée, peuvent être maintenus en activité, 
sans limite d'âge, par décret du chef do 
l'État rendu en conseil des ministres. 



AGEMA. 



AIDE. 



AGEMA. Troupp grecrpin analogue ;i la 
li'j^iuM il''> Hoinains. 

AGENCE. Kxpressioii employée seule- 
mont par li's t'Crivairis qui traitent de i'nd- 
tninùlradiin des) aniices, qui la confunijent 
aver 1'' mot n-gie. il n'existe plus, acluelle- 
nicnt, irapeiices militaires dans notre armée. 

AGENT. On donne le nom d'agent à 
toute persoiuie qui agit au nom et pour le 
compte de l'Ktat, d'une administration ou 
môme de simples particuliers. 

Dans les arméfs en campagne, on désigne 
sous le nom d'agents les employés inférieurs 
des services mobilisés de la trésorerie, des 
postes, des télégraphes et des chemins de fer. 

Avant 1838, les agents des divers services 
administratifs de l'armée étaient placés sous 
les ordres des directeurs des régies ou agences 
de ces ser\ices ; ils furent militarisés en 1838 
sous le aomd'of/icU'rs d'ndminixlration. Dans 
chaque corps de troupe, ou établissement 
militaire important, il y a des agents 
chargés de la manutention et de la compta- 
bilité du matériel et des finances. Dans les 
troupes, ces agents sont le trésorier et Voffi- 
cier d'habilleiin'nl. 

— principal des prisons militaires. 
Prépoié militaire, du grade d'adjudant, à la 
surveillance du service intérieur et du per- 
sonnel subalterne d'une prison militaire. 

En Algérie, les agents principaux sont 
chargés, en outre, de pourvoir par abonne- 
ment aux besoins des prisonniers. 

AGER murortim. Soite de terrassement 
construit a une certaine distance des murs, 
ainsi qu'on la fait plus tard pour les paral- 
lèles, et sur lequel on établissait ancienne- 
ment les travaux de défense d'une ville ou 
bien la levée de terre élevée par les assail- 
l.'ints pour se trouver au niveau du rem- 
part. 

AGGER. Nom donné par les Romains à 
une sorte de rempart ou de relmnclietiient 
qui entourait un camp ou une position quel- 
conque que l'on devait occuper pendant 
quelque temps. Il pouvait être en bois ou en 
terre, mais, géncralement, il consistait en 
une levée de terre surmontée de palissades 
i-t prt-céiiée d'uni' tranchée. 

AGGLOMÉRATION. Rassemblement de 
troupes nombreuses dans un espace assez 
concentré. 

AGIEM-CLICH. Cimeterre courbe ou 
nabn dont on sc sert jtour trancher en glis- 
.sanl, d'un usage très répandu en Perse et en 
Turquie. Les Mameluks se servaient d'un 
sabre de ce genre. 

AGIR. S'emploie quelquefois dans le .sens 
d'opArer ; agir sur un pays, contre une 
armée, agir ofTensivement, etc. 



AGMEN. Mot exprimant, chez les Ro- 
mains, la marciie d'une armée et, quelque- 
fois, l'armée elle-même. 

AGON. Lieu où chez les Grecs on com- 
battait, on s'exerçait à la lutte, à la course. 

AGRAFE. Petite tige métallique en forme 
d'épingle servant à fixer un insigne honori- 
fique (fjrenade ou cor de chasse) sur l'uni- 
forme. 

Désigne aussi les petites plaques traver- 
sant le ruban de certaines médailles commé- 
moratives (de Crimée, par exemple) sur 
chacune desquelles on inscrit le nom d'une 
des principales affaires de la campagne. 

— d'artillerie. Sorte de crochet en fer 
servant à relier ensemble certaines parties. 

— de cuirasse. Crochets servant à fixer 
autrefois la inatelassure à l'intérieur des 
cuirasses. 

AGRÉGATION. Dans le sens militaire, 
s'applique aux rnsscmblrmentx réguliers, 
constitutifs, tactiques ou administratifs. 

AGRÉMENTS. Ornements ou signes dis- 
tinclifs appliqués sur la coiffure et les vête- 
ments militaires. 

AGRÈS. Objets d'équilibre et de suspen- 
sion constituant le matériel d'un gymnase. 

Accessoires servant à exécuter les manœu- 
vres de force dans VartiUerie. 

— de pont. Matériel servant à consti- 
tuer le tablier d"un;;on( et les poutrelles qui 
le supportent, ainsi que les engins néces- 
saires pour jeter le pont. 

AGRESSEUR. Celui qui commence les 
hostilités; signifie aussi provocateur. 

AGRESSION. Initiative de l'attaquant 
envers un ennemi attaqué; incursions à 
main armée. 

Le cas d'agression contre des troupe.s ou 
sujets d'une puissance alliée ou neutre, sans 
provocation, ordre ou autorisation, constitue 
un abu.'i d'autorité et est puni de mort 
(art. :220 du Code de justice militaire). 

AGUERRI. Soldat formé et rompu aux 
fatigues et aux habitudes de la guerre, 

AGUET. Poste où l'on faisait le guet. 

AGUETS (aux). Être aux aguets, être 
aux écoutes. 

AIDE. Employé dans le sens de compU- 
cité. 

En langage d'équitation, on appelle aides 
les moyens que le cavalier emploie pour faire 
comprendre au cheval ce qu'il exige de lui ; 
elles servent à mettre le cheval en mouve- 
ment, a le diriger ou à l'arrêter. 

Avant la Révolution, on donnait le nom 
à'aides aux subsides que les vassaux étaient 
tenus de payer à leurs seigneurs, ou au roi, 
dans certains cas déterminés. 

On donne, en général, le nom d'aide à 



AIDE!#t)ï 



23 



AIGUILLE. 



oelui qui assiste, qui seconde quelqu'un 
dans une fonction ou un travail. 

Dans l'armée, on distingue différentes ca- 
tégories d'aides : aides de camp, aides-ma- 
jors. aidi'S-rélcnuaires, aides de cuisine 
(V. Ordinaire), aides-maréchaux, sans parler 
des titres aujourd'hui disparus de : aide-chi- 
rurgien, — comtnissaire, — major de place, 
— major-îiéntral, — médecin, etc. 

AIDES de camp. Officiers attachés à la 
personne d'un général ou d'un souverain 
pour le seconder dans ses fonctions, trans- 
mettre ses ordres et recueillir les renseigne- 
ments dont il a besoin. 

Les officiers d'ordonnance, que l'on "con- 
fond souvent, sont uniquement chargés de 
la transmission des ordres. 

De tout temps, les généraux ont eu auprès 
d'eux des officiers intelligents et capables, 
pour remplir, sous des noms divers, la mis- 
sion d'aide de camp. Ils avaient le droit de 
choisir eux-mêmes les officiers qu'ils inves- 
tissaient de ces fonctions, qui, d'ailleurs, 
n'étaient que temporaires et cessaient avec 
les circonstances qui les avaient fait naître. 
Le 15 octobre 1790, l'Assemblée consti- 
tuante décida que le nombre et le grade des 
aides de camp varieraient en raison de l'élé- 
vation des grades des officiers généraux aux- 
quels ils étaient attachés. Depuis cette 
époque, l'institution a été l'objet d'un assez 
grand nombre de modifications ayant pour 
but d'améliorer l'état de choses antérieur. 
Actuellement, ils sont tous pris parmi les 
officiers brevetés et portent différents titres : 
chef ou sous-chef d'état-major, attaché à 
l'état-major de tel corps d'armée, cUvision 
ou brigade (V. Etat-major). 

aïeul. La déposition de l'aïeul n'est pas 
valable, mais n'est pas une cause de nullité 
(art. 322 du Code d'inst. criminel applicable 
à la justice militaire). 

AIGLE. L'aigle avait été adoptée jadis 
par les Romains, comme emblème de la force 
et de la puissance, pour constituer les ensei- 
gnes qui devaient guider les légions à la 
victoire. Ce fut également cet emblème qu'a- 
dopta Charlemagne, lorsqu'il eut mis sur sa 
tète la couronne d'Occident. L'aigle fut éga- 
lement adoptée par Napoléon I''"^, puis par 
Napoléon 111 ; elle figure encore actuellement 
dans les blasons d'un certain nombre de sou- 
verains, tels que ceux d'Allemagne, de Russie, 
d'Autriche et d'Italie. 

AIGRETTE. Ornement porté sur la coif- 
fure militaire et consistant en un bouquet 
ou touffe de plumes effilées et droites ou de 
crins de diverses formes et de diverses cou- 
leurs. Tous les colonels de l'armée française 
ont l'aigrette blanche en plumes de héron. 



AIGUILLE. Petite tige d'acier pointue 
par un bout et percée par l'autre pour y 
passer du fil, de la soie, de la laine et dont 
on se sert pour coudre, pour brcxJer, etc. 
Outre les aiguilles employées dans le sens 
général par les soldats, tailleurs, cordonniers 
et selliers de l'armée, le mot a, au point de 
vue militaire, les diverses acceptions sui- 
vantes : 

— aimantée. Petite barre d'acier ai- 
mantée, ayant deux pôles situés à ses extré- 
mités et pourvue en son milieu d'une chape 
par laquelle elle repose sur un pivot vertical 
très fin, de manière à être parfaitement mo- 
bile (V. Aimant). L'une des extrémités de 
l'aiguille, appelée pCde nord, regarde con- 
stamment le nord ; l'extrémité opposée , 
appelée pôle sud, regarde constamment le 
sud. On appelle méridien magnétique le plan 
vertical qui passe par les deux pôles de l'ai- 
guille aimantée, lorsqu'elle est en repos. Ce 
méridien ne coïncide pas avec le méridien 
terrestre, mais il fait avec celui-ci un certain 
angle, variable suivant les lieux, et que l'on 
appelle déclinaison. La déclinaison est dite 
orientale lorsque l'extrémité de l'aiguille, 
dirigée vers le nord, est à lest du méridien 
terrestre ; elle est dite occidentale, dans le 
cas contraire. 

A Paris, l'aiguille aimantée a une décli- 
naison occidentale d'environ 22 degrés, mais 
cette déclinaison n'est pas fixe et varie con- 
tinuellement avec le temps, dans des limites 
très rapprochées. On a remarqué aussi que 
l'aiguille aimantée, librement suspendue, 
n'est pas horizontale, mais que la moitié de 
l'aiguille, qui regarde vers le nord, est in- 
clinée vers le sol. 

On a donné le nom d'inclinaison à l'angle 
que fait l'axe de l'aiguille avec l'horizon. 
Cet angle augmente à mesure qu'on s'avance 
vers le nord : il est d'environ 70 degrés à 
Paris. 

L'aiguille aimantée est l'organe essentiel 
de la boussole. 

— d'artificier. Tige de fer employée 
dans la confection des artifices de guerre. 

— de chemin de fer. On appelle ai- 
guille de chemin de fer un appareil formé 
de deux rails mobiles coupés, présentant des 
pointes longues et effilées, que l'on ma- 
nœuvre au moyen d'une tringle et d'un 
levier lorsqu'on veut changer de voie {fifi. 8). 
Les deux rails intérieurs ont été rendus 
mobiles autour d'axes, situés à 5 mètres 
de la bifurcation, et coupés do manière à 
s'appliquer exactement contre l'un ou l'autre 
des deux rails intérieurs. L'appareil a été 
rendu solidaire par des tiges rigides appelées 
tringles de connexion qui établissent entre 



AIGUILLE 

les aiguilU's un iiioiivciiicnt do iir-placemeiit 
siinultaiii'. Les Iriiitrle^ sont droites ou ar- 
ticulées ; elles sont iiuel(|iiefois recoin ertes 
d'un eouvro-triuj^le pour eiuix^rlier (|u'elles 
ne soient aecrocliées ou faussées pendaiil la 
eireulalion. Si l'on avait voulu raccorder les 
voies tan^îentiellenient, il aurait fallu em- 
])loyer des aiguilles de 8 à iO mètres de 
longueur, plus ou moins, suivant le rayon 

Fis. 8. 




"n nom 1:1 a t] ù 




de la courbe, ce qui aurait rendu le système 
coûteux et difficile ;ï manœuvrer. Pour cette 
raison, on a renoncé au raccordement tan- 
gentiel et adopté des aiguilles d'une longueur 
uniforme de 5 mètres ; pour prévenir la 
flexion horizontale au passage des locomo- 
tives, on leur a fait pi'endre appui contre 
des butoirs fixés aux boulons des rails contre- 
aiguilles. 

Les aiguilles sont mises en mouvement et 
maintenues dans une position déterminée 
au moyen d'un levier dont le grand bras 
reçoit l'impulsion que lui donne l'aiguilleur. 
Dans la plupart des cas, le grand bras du 
levier se meut dans un plan perpendiculaire 
à l'axe de la voie, à l'extrémité du petit 
bras, et est reliée par une articulation à la 
tringle de mameuvre. 

— de fusil. Tige d'acier pointue d'un 
côté et terminée de l'autre par une espèce 
de tôte ou de bourrelet qui permet de l'a- 
dapter à la tige porle-aiguille de la culasse 
uiobile. 

Lorsqu'on presse du doigt sur la détente, 
on dégage le ressort de la culasse mobile ; 
l'aiguille se trouvant alors poussée fortement 
en avant vient perforer la capsule qui se 
trouve à la partie antérieure de la cartouciie 
et produit ainsi l'explosion du fulminate et 
di- la charge. 

L'aiguille employée pour faire partir le 
cou|>, dans les premiers systèmes de fusils 
se chargeant par la culasse, avait l'inconvé- 
nient d'être très fragile, de sorte qu'on était 



24 AILETTES. 

obligé de la remplacer souvent pendant le 
tir ; pour cette raison, on l'a remplacée dans 
les nouveaux fusils par un appareil plus 
résistant njjpeié pcrculeur. 

— de mineur. Barre aciérée dont se 
servait le mineur pour pratiquer le trou 
dans le roc. 

AIGUILLETTES. Au début, lacets ou 
cordonnets remiilaçaiit nos boutons et bou- 
tonnières ; actuellement, cordons tressés ou 
fils d'or ou d'argent terminés par des fer- 
rets qui se placent sur l'épaule droite et ser- 
vent à distinguer les officiers attachés à un 
état-major et ceux de toute espèce ou assi- 
milés faisant partie des écoles militaires, 
ainsi que les officiers de gendarmerie. Les 
sou s-of liciers et soldats de celte dernière 
arme et ceux faisant partie du cadre des 
écoles militaires portent également les ai- 
guillettes, mais en laine. 

AIGUISAGE des armes blanches. 
(]ette ojjération, qui se fait au moyen de 
meules en grès, a pour but d'enlever le 
métal en excès dans la lame pour amener 
celle-ci à sa forme précise et définitive. 

AIGUISER. Faire un tranchant à une 
arme ou à un outil. 

AIGUISERIE. Atelier dans lequel on 
aiguise les pièces d'armes dans les manufac- 
tures. 

AIGUISEUR. Ouvrier qui travaille, soit 
à aiguiser les lames des sabres, soit à 
émoudre les canons de fusil. 

AILE. Dans une armée, on distingue tou- 
jours, quelle que soit sa formation, trois par- 
ties principales: la partie centrale, ou centre, 
et les deux parties extrêmes, à droite et à 
gauch{; de la partie centrale, qui portent le 
nom iYaile droite et d'aile (jauche. Les ailes 
manœuvrent en s'appuyant sur le centre : 
lorsqu'elles dépassent celui-ci, on dit qu'elles 
le débordent ; lorsqu'elles sont en arrière, on 
dit qu'elles .sont refusées. C'est ainsi qu'on 
dit qu'une armée se porte en avant avec 
l'aile droite débordante et en refusant l'aile 
gauche. Se dit aussi de la droite ou de la 
gauche d'une portion de troupe quelconque, 
ainsi on fait des mouvements l'aile droite en 
avant, on dit l'aile marchante. 

— de fortification. Longues branches 
placées sur les flancs d'un ouvrage ouvert à 
la goi'ge. Ce sont généralement les faces laté- 
rales d'un ouvrage à corne ou à couronne. 

AILERON. Caponniére simple servant 
au llanquement d'une seule direiîtion de 
fossé d'ouvrage et qui le bat d'une manière 
rasante. 

AILETTES. Parties saillantes placées 
sur certains projectiles d'artillerie et desti- 
nées à coulisser dans les rayiires des bouches 



AllfeANT. 



25 



AIRE. 



à feu. Elles présentent, en relief, le même 
profil que la rayure en creux, c'est-à-dire un 
flanc de oharjrement et une partie supérieure 
cylindrique. Les ailettes sont d'un métal 
moins dur que celui de la bouche à feu, 
c'est-à-dire en zinc, si celle-ci est en bronze, 
et en bronze ou en cuivre si la bouche à feu 
est en acier. Elles correspondent, par deux 
ou par trois, aux diverses rayures du canon 
et forment sur le projectile deux coussinets 
dans le premier cas et trois dans le second. 

AIMANT. On donne le nom d'aimant à 
tout corps qui a la propriété d'attirer le fer. 
Les aimants sont dits naturels lorsqu'ils ont, 
sans aucune préparation préalable, la pro- 
priété d'attirer le fer ; ils sont dits arlificiels 
lorsque cette propriété leur est donnée au 
moyen d'une préparation appelée aimanta- 
tion. 

Lorsqu'on suspend un aimant par un fil, 
de manière que la ligne qui passe par les 
pôles soit horizontale, on remarque que l'axe 
hors de l'aimant prend une position à peu 
prés parallèle au méridien géographique. 

On donne le nom de pôle nord à celui des 
pôles de l'aimant qui regarde le nord et de 
pôle sud à celui qui regarde le sud. Si l'on 
rapproche deux barres d'aimant suspendues 
comme on vient de le dire, on remarque que 
les pôles de même nom se repoussent et que 
les pôles de nom dififérent s'attirent. On 
donne souvent aux aimants la forme d'un 
fer à cheval. Les aimants artificiels pren- 
nent le nom d'aiguilles, de barres ou de bar- 
reaux, suivant leur dimension. 

AIMANTATION. Opération d'aimanter. 
Les procédés les plus utiles pour aimanter 
les aiguilles ou barreau d'acier d'une ma- 
nière durable, au moyen d'un aimant naturel 
ou d'un barreau artificiellement aimanté, sont 
les suivants : 

1° Par la simple touche, qui consiste à 
faire glisser le barreau sur le corps à ai- 
manter, d'une extrémité à l'autre et con- 
stamment dans le même sens ; 

f^ Par la double louche, dans laquelle le 
frottement se fait à la fois sur les deux moi- 
tiés du barreau à aimanter, en partant du 
centre et en allant vers les extrémités, puis 
d'une extrémité vers l'autre, en revenant 
ensuite au milieu ; 

3" Par la touche séparée, consistant à faire 
poser le corps à aimanter sur le bord de 
deux puissants barreaux aimantés de pôles 
contraires, puis à faire glisser simultanément 
et lentement sur ce corps deux barreaux en 
allant du milieu vers les extrémités de ce 
dernier ; les barreaux sont alors relevés, rap- 
portés au milieu et l'opération continue 
jusqu'à ce que l'aimantation soit complète. 



L'aimantation peut encore s'obtenir en 
faisant passer un courant dans un fil con- 
ducteur enroulé en spirale autour du barreau 
à aimanter, mais alors le barreau n'est 
aimanté que pendant le passage du courant. 

AIN. Abréviation du vieux mot centain 
qui, dans la fabrication du drap, signifie une 
portée de 100 tils en chaîne. La largeur des 
draps militaires étant uniforme (119 ou 140 
centimètres), moins il y a d'ains, plus les 
draps sont grossiers et de qualité inférieure. 
11 y a des draps de 19, 21, 23 et 27 ains. 

AI NÉ. La loi du 15 juillet 1889 accorde 
la dispense, après un an de présence sous les 
drapeaux, à différentes catégories d'aînés 
qu'elle considère comme indispensables sou- 
tiens de famille, savoir: l" l'aîné d'orphe- 
lins de père et de mère, ou l'aîné d'orphelins 
de mère dont le père est légalement déclaré 
absent ou interdit ; 2° l'aîné des fils ou, 
à défaut de fils ou de gendre, l'aîné des 
petit-fils a'une femme actuellement veuve 
ou d'une femme dont le mari a été légale- 
ment déclaré absent ou interdit, ou d'un père 
aveugle ou entré dans sa 70^ année ; 3° l'aîné 
des fils d'une famille de sept enfants au 
moins ; dans les cas prévus par les trois pa- 
ragraphes précédents, le frère puîné jouira 
de la dispense, si le frère aîné est aveugle ou 
atteint de toute autre infirmité qui le rende 
impotent ; 4° le plus âgé des deux frères 
inscrits la même année sur les listes de recru- 
tement cantonal. Les enfants légitimes seuls 
ont droit aux dispenses. 

AIR. Pour obvier aux inconvénients de 
l'air confiné, l'hygiène exige avant tout l'al- 
location d'un certain cube d'air par homme. 
On a alloué en France 12 mètres cubes par 
fantassin et 14 par cavalier. Cette quantité 
n'est suffisante que parce que des ventouses 
assurent la ventilation. 

AIRAIN. L'airain ou bronze est un alliage 
de S à 11 parties d'étain pour 100 parties 
de cuivre. 

AIRE. On donne le nom d'aire à une 
surface aplanie. En géométrie, l'aire d'une 
figure signifie l'étendue superficielle de cette 
figure, en tant qu'elle est mesurée ou com- 
parée à d'autres surfaces. 

On désigne aussi sous ce nom le sol des 
pièces des rez-de-chaussée qui ne sont ni 
parquetés, ni carrelés, dans les casernes ; le 
sol de ces pièces est généralement recouvert 
d'un enduit en béton ou d'une couche 
d'asphalte destinés à prévenir l'humidité. 
Des précautions particulières sont prises dans 
les magasins à poudre pour assurer la siecité 
parfaite de l'abri où sont déposés les barils 
ou caisses à poudre. 

AISANCE des coudes. Espace laissé 



AJOURNEMENT. 



26 



ALCOOL. 



entre rhaque lionime d'un môme rang pour 
lui porniL'tlre do se mouvoir cl de manœu- 
vrer |)Uis aisément soir arme. Le rèjrlemenl 
de manœuvres français fixe à 0'",12 la dis- 
tante qui doit séparer deux hommes consé- 
cutifs. 

AJOURNEMENT. Renvoi d'une aiïaire 
à un autre jour nu à une époque indéter- 
minée. 

D'après rarlicle 27 de la loi du ITJ juillet 
1889, peuvent être ajournés deux ans de 
suite, à un nouvel examen du conseil de 
révision, les jeunes gens qui n'ont pas la 
tiiillo réglementaire de 1".54 ou qui sont 
reconnus d'une complcxion trop faible pour 
un service armé. Les ajournés reçoivent, 
pour justifier de leur situation, un certilicat 
qu'ils sont tenus de représenter à toute 
réquisition des autorités militaires, judi- 
ciaires ou civiles. Ceux qui,. après l'examen 
définitif, sont recoimus propres au service 
armé uu auxiliaire, sont soumis aux obliga- 
tions de la classe à laquelle ils appartiennent. 
Ils peuvent faire valoir les droits de dis- 
pense énoncés aux articles 21, 22 et 23 de 
liidite loi. Les droits à la dispense prévus 
au paiagraphe 5 de l'article 21 (frère sous 
les drapeaux), qui existaient au moment de 
l'ajournemeiit, j)0uvent être valablement in- 
voqués l'année suivante lors mémo que, pen- 
dant l'ajournement, le frère du réclamant 
aurait cessé d'être présent sous les dia- 
peaux. 

Avant qu'il .'^oit statué, le médecin doit 
émettre son avis sur les chances d'améliora- 
tion que peuvent apporter une, ou deux an- 
nées d(; délai. 

— de rappel de solde. Les militaires 
qui ont droit a une anhU; pendant leur ab- 
sence, et qui ne lappurtenl pas à leur ren- 
trée au corps les titres constatant ces droits, 
ne reçoivent leur rappel qu(i six mois après 
leur rentrée. 

— de réception d'effets. Les étofîes 
ou elTi'ts jiiésenlés aux commissions de ré- 
ception .sont ajournés à un nouvel examen, 
lorsfju'ils jnésentent des défauts qui ne per- 
mettent pas do les recevoir en l'état, mais 
qui |iiii\riil être léparés. 

AJOURNÉ. Cc'lni qui a été l'objet d'un 
ajourni'fiK'iit. 

AJUSTAGE. Arlion d'ajuster, c'est-à- 
dire de faire qu'une chose s'adapte nette- 
ment à une autie. Opération d'assembler les 
diverses [>ièces des marbines, armes ou pièces 
d'armes iniliUiires. C'est um- opération des 
pins iléliiates, jtuisqu'il s'agit d'adapter 
exaelernent des pièces fabii([uées dans des 
.ateliers dilTérenls et de les mettre en état de 
functioimcr ronvenablcmeut. On dit égale- 



ment ajuster V équipement , pour exprimer 
l'opération do bien adapter à la taille de 
l'homme les ceinturon, havresac ou autres 
parties de son équipement. 11 en est de môme 
pour les effets d'habillement et de harnache- 
nienl. 

AJUSTER. A rem|dacé le mot ahuler 
et t^sl reniplacé à son tour par l'expression 
pointer et pointage, c'est-à-dire prendre la 
ligne do mire et la diriger .sur le but à at- 
teindre. 

Le verbe ajuster signifie aussi assembler 
dans le sens d'ajustag(\ 

— les rênes, les étriers. Dans la ca- 
valerie, ce conimandemeut signifie de [)rendre 
les positions presciites. 

ALAISES. Lamelles de bois mince an- 
tref(jis engagées dans les fourreaux de sabre 
pour les soutenir; sont aclnellenHiit suppri- 
mées. 

ALARME. Cri d'appel aux armes en 
présence d'une attaque inopinée de l'einiemi. 
Employé aussi souvent dans le sens d'alerte. 
Lorsqu'on bat la générale, les troupes pren- 
nent les aimes et se réiinissenl en tenue de 
campagne sur les emplacements indiqués 
d'avance comme j^lace d'alarme. 

ALARII. Troupes placées sur les ailes de 
l'année cli(>z les Romains et composées géné- 
ralement d'infanterie et de cavalerie formées 
par les alliés. 

ALAUDA. Nom d'une légion formée par 
Jules César et qui prit son nom de l'alanda 
(alouette), qui constituait l'emblème de leur 
casque. Elle était composée dos meilleurs 
!;iieirieis de la Gaule. 

ALBANAIS. Troupes mercenaires levées 
en Albanie qui prirent part aux guerres du 
XV au XVllI" siècles. C'était la môme 
chose que les Arnautes. 

ALBÉSIE. Grand bouclier que portaient 
les b;ibilaiits d'Albe. 

ALBINI-BRAENDLIN. Fusil en service 
dans l'infanterie belge jusqu'en 1890. Arme 
à culasse tournante et à cbariiiè'e transvei- 
sale intérieure ; elle tire à percussion cen- 
trale une cartouche métallique. 

ALCAZAR. Forteresses ou châteaux forts 
iiHisliuils en Espagne, à partir du IX" siècle, 
par les Arabes, pour la sûreté des gouver- 
neurs des principales villes, 

ALCOOL. Provient de la fermentation 
subi(! par le sucre dans certaines plantes, 
dans certains fruits, lequel se transforme en 
alcool et en acide carbonique. 

L'alcool acheté par l'administralion mili- 
taire sort à fabriquer l'eau-de-vic^ |)ar l'ad- 
dition d'eau pure et de caramel. L'alcool de 
vin doit être pur et franc de goût, mesurer 



ALCOOLISME. 



27 



ALGÉRIE. 



86° à rali'oomètro do Gay-Lussae et à la 
température de 15° centigrades. L'aleool de 
betteraves ou de grains doit être de la qua- 
lité dite esprit 3/6 extra-fin, à double rot-ti- 
fication, et marquer 90° à 9o° à la tempé- 
rature de 13°. 

Outre son usage comme boisson, hygié- 
nique ou autre, on emploie encore l'alcool 
pour humecter les compositions d'artifice 
parce que le salpêtre ne s'y dissout pas. 

La ration ordinaire d'eau-de-vie est de 
0,0623 (1/16) et la ration hvgiénique de 
O.OSlâ.i (l/3-2\ 

ALCOOLISME. L'alcoolisme, ou intoxi- 
cation alcoolique, est produit par l'ivresse à 
la suite d'absoijUion d'alcool. 

ALCOOMÈTRE Gay-Lussac. L'instru- 
ment cm[iloyé dans radiiiiiiistration, pour 
constater la richesse en alcool des liquides 
spiritueux, est l'alcoomètre centésimal de 
Gay-Lussac. C'est un tube en pierre gradué 
de 0° (eau pure) à 100° (alcool pur) et qu'il 
suffit de plonger dans un liquide pour en 
connaître la richesse alcoolique en notant le 
numéro de la tige qui affleure le liquide. 

ALDIONNAIRE. Sorte d'écuyer mili- 
taire, d'un grade inférieur, entretenu aux 
frais de son maître. 

ALEM. Etendard impérial de l'empire 
turc. 

ÂLEMDAR. Officier qui porte l'étendard 
vert de Mahomet, lorsque le sultan assiste à 
une solennité. 

ALÊNE. D'abord employé dans le sens 
de flèche. 

Poinçon droit emmanché qui fait partie de 
''la trousse du soldat. 

ALERTE. Ne s'emploie qu'exceptionnel- 
lement dans son vrai sens, qui signifie, en 
])arlant d'un soldat ou d'une troupe, que 
l'on peut compter sur sa vigilance et son 
activité. 

Dans le sens le plus général, le mot alerte 
signifie une émotion, un tumulte subit causé 
par la présence inopinée d'un danger auquel 
il faut parer sans retard. D'après le règle- 
ment du 23 octobre 1883 sur le service des 
troupes dans les places, les sentinelles ont 
trois alertes, ou trois cas dans lesquels les 
sentinelles doivent appeler aux armes les 
soldats de garde, savoir : un incendie, du 
bruit et les honneurs à rendre. 

ALÉSAGE ou ALISAGE. Opération qui 
a pour but d'agrandir et surtout de régula- 
riser l'àme d'une bouche à feu ou d'un fusil 
pour l'amener à son calibre définitif. L'outil 
employé est une barre d'alésage, qui se com- 
pose d'une longue tige cylindrique, portant 
à son extrémité une tête d'alésoir, formée 
par un cylindre concentrique à la tige. La 



tète d'alé.soir porte trois ételles mobiles en 
acier et une lame tranchante dont la pointe 
se trouve sur le cercle des trois ételles. Les 
mouvements d'alésage doivent se faire len- 
tement ; c'est le canon qui tourne et l'outil 
qui avance, guidé par les parties déjà 
faites. 

ALEDROMÈTRE. Instrument servant à 
reconnaître les ])ropriétés panifiables de la 
farine par la dilatation du gluten. Il consiste 
en un petit cylindre en cuivre jaune por- 
tant, à sa partie inférieure, une petite cu- 
vette vissée et, à sa partie supérieure, un 
couvercle également vissé et traversé par 
une tige graduée de 23 à 50 degrés, creuse, 
dont le bas est muni d'un disque. L'emploi 
de cet instrument est très simple : on dépose 
le gluten dans la cuvette et on place l'aleu- 
romètre, soit dans un four cliaud dont la 
température atteigne au moins 150 degrés, 
soit dans une étuve chauiTée. à la température 
de 150 à 200 degiés. Le gluten se gonfle 
sous l'action de la ciialeur, pèse sur le disque 
de la tige graduée, fait soulever et monter 
celle-ci. Cette tige, accusant ainsi la force 
d'extensibilité du gluten, donne la mesure de 
la qualité de ce produit et, par suite, de la 
farine. 

Cet instrument est employé dans le ser- 
vice des subsistances militaires. 

ALEZAN. On dit qu'un cheval est alezan 
lorsque sa robe, sa crinière et sa queue sont 
de couleur jaune cannelle variant du clair au 
foncé. On distingue cinq espèces d'alezans : 
— clair, — doré, — cerise, — châtain, — 
brûlé; ce dernier passe pour le pins vigou- 
reux. 

ALFANGE. Sabre large et légèrement 
courbe en usage chez les Espagnols. 

ALFIER; ALFIÉRÉ. -Nom donné en 
Espagne au porte-drapeau vers le XV siècle 
et dans la milice italienne. Le mot olferez, 
sous-lieutenant de l'armée espagnole, en 
provient. 

ALGARADE. De l'espagnol algarada, si- 
gnifiant simulacre d'attaque ou excursion 
imprévue, ayant pour but de semer l'a- 
larme. A peu piès synonyme de fausse 
alerte. 

ALGÉRIE. L'administration de l'Algérie 
est rattachée au Ministère de l'intérieur ; 
elle 'a à sa tète un gouverneur civil auquel 
on a confié, de plus, les attributions du 
commandement militaire et maritime. Il est 
assisté d'un directeur général des affaires 
civiles et financières et d'un conseil de gou- 
vernement. Ce conseil comprend : le général 
commandant le 19^ corps, les trois généraux 
commandant les divisions territoriales et les 
principaux hauts fonctionnaires, au nombre 



ALIDADE 



28 



ALIGNEMENT. 



de douzi'. Los prûfi'ls pouvciit iVrc appolt-s, 
par le piuvtMin'iir. aux st'ain'i's di' <-c coiiseil 
avtv voix didibéiativi'. 

Au point dt' \ut' adiiiinistratif, on a divisé 
l'Al^rt-rio en trois di''partcmi'iils foniiaiit 
«•haruii un li-rritoirc ciNii administra' par un 
préfet et um- division niilitairo. 

Le territoire civil di- eliacjue département 
est situé dans li- Toil. .'est-à-dire dans la 
partie septentrionale de l'Algérie où se 
trouvent les terres fertiles, les eoloiis et les 
indipènes sédentaires ; le territoire militaire 
comprend la réjrion des Hauts-Plateaux et 
la réf;ion saliarienne au sud, lesquelles sont 
peu fertiles, peu cultivées et habitées par 
des indigènes nomades d'un tempérament 
ltelli((UOUX. 

Le territoiie civil se subdivise en arron- 
dissements, avec des sous-préfets, et en com- 
munes mixtes (que l'on pourrait comparer 
à nos cantons fiançais, mais dont l'étendue 
est beaucoup plus considérable) ayant à leur 
tète des fonctionnaires nommés par l'État et 
appelés administrateurs. 

Aussil(M (jue, dans un centre quelconque, 
la |iopulation euroitéemie a pris un certain 
développement, on le constitue en commune 
avec un maire et mi conseil municipal. Les 
lois et l'administration de ces connnunes sont 
celles de la métropole, mais avec certaines 
modilîcations. 

Chaque préfet a aupiès de lui un conseil 
de préfecture et un conseil général élu. Les 
membres français sont élus par les électeurs 
français de leur circonscription ; les asses- 
seurs musulmans sont choisis, par le gou- 
vern<'ur, parmi les notables. 

Les conseils généraux sont nommés pour 
6 ans, renouvelables par tiers tous les deux 
ans. 

Le conseil nomme dans son sein une com- 
mission départementale. 

Le territoire militaire est partagé en sub- 
divisions, divisées elles-mêmes en cercles et 
annexes. Dans chaque subdivision, cercle et 
annexe, l'administration est exercée par les 
commandants militaires ayant sous leurs or- 
dres les officiers des bureaux arabes et des 
foni'lionnaires indigènes de tous rangs : agbas, 
caïds, cheiks, etc. (V. Affaires indigènes). 

ALIDADE. De l'espagnol, alhada, régie. 
Se dit d'' touti' espèce d'index placé sur le 
centre d'un instrument pour y indiquer de 
rotnbii'ii de degiOs il a tourné. Cet a|)|)areil 
est joint à un assez grand nombre d'instru- 
ments, que nous allons indiquer sommaire- 
ment. 

— à pinnules Hègle divisée générale- 
ment en imllimètns (ligne de foi) aux deux 
extrémités de laquelle se dressent deux plan- 



chettes métalliques on pinnules. L'une, pin- 
nule-œilleton, est jx'rcée d'un tiou rond d'un 
millimètre de diamètre environ, qui sert à 
viser ; l'autre est traversée dans toute sa 
hauteur ])ar un fil tendu au milieu d'une 
ouverture rectangulaire. Le plan de l'œil- 
leton et du 111 SI! nonnne ])lan de visée ; il 
est parallèle à la ligne di> foi. 

— plongeante. Instrument basé sur le 
niènie piiii(i|H' que le précédent, avec cette 
différence que la règle est formée par un 
tube-viseur en bois dont l'intérieur est creux 
(0™,0'2) et est terminé à une extrémité par 
une plaque percée d'un œilleton et à l'autre 
par une plaque percée d'une ouverture cariée 
dans laquelle sont tendus deux lils en croix. 

— nlvelatrice. Un niveau à bulle d'air 
est loge dans la règle de manière à obtenir 
l'horizontalité de celle-ci ; en outre, la pin- 
nule, traversée par le fil vertical, est graduée 
de chaque côté en divisions égales au cen- 
tième de la distance qui sépare les deux 
pinnules. 

— autoréductrice. Permet de déter- 
miner en même leni|)s la dislance horizon- 
tale ([ni sépare le point visé de la station 
et la différence de niveau de ces deux points. 
Avec cet instrument, qui fonctionne auto- 
matiquement, on peut lever et niveler rapi- 
dement, d'une seule station et sans calcul, 
une zone de 150 mètres de terrain. 

— plongeante à lunettes. Diffère de 

l'alidade plongeante indiquée plus haut en 
ce qu'une petite lunette munie d'un réticule 
remplace le tube viseur. Le réticule est un 
petit cercle sur lequel se croisent, à angle 
droit, deux fils très fins sur l'axe même de 
la lunette. 

Tous les instruments destinés à la mesure 
précise des angles, tels que : graphomètre, 
éclinièlre, équerre d'arpenteur, théodolite, 
sextant, cercle irpctiteur, lioussoles de diverses 
espèces, etc., sont munis d'alidades. 

ALIÉNATION. Kn terme de droit, l'alié- 
nation est le transport d'une chose mobilière 
ou immobilière fait par \un' |)(Usonne ca- 
j)able d'en disposer à une personne capable 
de la recevoir. 

L'aliénation mentale est une affection ci- 
rébrale, ordinairement chronique, sans trêve, 
caractérisée par les désordres de la sensibi- 
lité, de l'intelligence et de la volonté. Lors- 
qu'elle est recomiue incurable, elle constitue 
un cas d'exemption ou de réforme. 

Les militaires atteint d'aliénation mentale 
ne peuvent être admis dans les hôpitaux mi- 
litaires qu'en attendant (ju'ils jmissent être 
transférés sur les établissements civils des- 
tinés au tiaitement de cette maladie. 

ALIGNEMENT. Mouvement par lequel 



ALIM;pNT. 

les soldat-; so pla.oiit sur une ligne droite. 

L'iilignement est direct lorsque, pour l'ob- 
tenir, les houmies n'ont qu'à se porter droit 
devant eux ; il est oblique lorsqu'il faut 
avanoer une épaule (obliquer) pour y arriver. 

L'alignement en arrière se fait en arrière 
de l'endroit où la troupe se trouve. 

Dans tous les alignements, les hommes 
sont placés de maïuère à toueiier légèrement 
le coude du voisin auquel ils doivent ap- 
puyer (O^jlo environ) dans le même rang. 

Eu dehors des alignements réguliers, qui 
se font à commandement et dans des condi- 
tions déterminées, les honnnes doivent tou- 
jours s'aligner d'eux-mêmes s\iffisamment 
après l'exécution d'un mouvement eu mar- 
chant. En outre, toute troupe en marche, la 
cavalerie surtout, doit observer avec le plus 
grand soin l'alignement, qui, seul, permet la 
cohésion et la régularité. 

— topographique. Trois points situés 
dans un même plan vertical constituent un 
alignement et ont leurs projections en ligne 
droite. 

— des comptes. Mettre un compte à 
jour de telle sorte qu'il n'y ait qu'à faire la 
balance pour avoir la situation exactement 
et lapidcment. 

— des approvisionnements. Maintenii 
les approvisionjiements à une quotité fixée. 
Ainsi les vivres du sac sont alignés pour 
deux jours lorsque les hommes disposent 
des rations en question pour deux jours, eti-. 

ALIMENT. On appelle aliment toute 
matière qui. introduite dans l'organisme, a 
pour but de léparcr les pertes que lui fait 
subir la destruction contiime des éléments 
Vonstitutifs de nos organes et de nos tissus. 
Les aliments servent encore à l'entretien de 
la chaleur humaine, laquelle se maintient 
par la combustion du carbone qu'ils fournis- 
sent au corps. 

ALIMENTATION du soldat. La viande 
étant le meilleur réparateur de la force mus- 
lulaire, il faudra donc l'introduire en quan- 
tité suffisante dans le régime du soldat. Or, 
pour donner à celui-ci les 300 grammes de 
carbone et les 20 grammes d'azote dont il a 
besoin pour réparer ses pertes et pour déter- 
miner le régime qui lui convient, il faut 
trouver une combinaison d'aliments em- 
pruntés au règne animal et au règne végétal, 
en proportion telle qu'ils contiennent les 
quantités voulues de carbone et d'azote, et 
cela sous une forme qui rende la digestion 
facile. 

La nourriture du soldat français, en temps 
de paix, se compose généralement de la 
soupe, avec viande pour un repas, et d'un 
ragoût de viande pour le second repas de la 



»•) ALIMENTATION. 



journée ; sa ration a iloiic la composition 
suivante : 

AZOTE. CARBONE. 

o*!°-; lo? ^"^^ i 875 10,50 2G3,00 

Pain de soupe. 12» gr. f ' ' 

Viande 300 7,20 26,20 

Légume? frais 200 0,62 11,00 

I.é!,'umes .'=ecs 30 1,30 14,30 

Sucre 10 » 4, .50 

Café 10 0,14 1,40 

ToTADX 1,425 l'J,7li 320,40 

Cette ration contient les quantités de car- 
bone et d'azote exigés par la physiologie ; 
elle est suffisante pour la moyenne des sol- 
dats, sauf aux époques de grandes manœu- 
vres. 

La ration du soldat français sur le pied 
de guerre se distingue en ration normale et 
en ration forte. La première est allouée pen- 
dant les statiomiements de quelque durée ou 
pendant toutes les périodes de guerre n'im- 
posant pas des fatigues exceptionnelles ; la 
seconde est allouée pendant toute la période 
active d'une campagne. 

La ration normale de guerre a la compo- 
sition suivante : 

AZOTE. CARBONE. 



^^!"-: lo- ^"^^ i 8'5 10,00 263,00 

Pain (le soupe. 12o gr. f ' ' 

Viande fraîche...:..) ^q^ g gg 3^ y^ 

ou lard sale... 240 gr. J ' ' 

Graisse 1 

OMsaindoux. ..... .[ .3Q ,g .,. QQ 

OU conserves de viande l ' 

200 gr. ; 

Légumes secs .".... 60 2,60 28,60 

Sel 16 

Sucre 21 .. 0,00 

Café 16 0.20 2,00 

Totaux 1,418 23,09 362,50 

A cette ration s'ajoutent les aliments com- 
plémentaires achetés par le corps au compte 
des ordinaires, savoir : des condiments et un 
complément de légumes frais ou secs, ou 
d'autres denrées, suivant les circonstances. 
En outre, une ration de liquide est accordée 
à tout iiommc de troupe bivouaqué. 

La ration forte de guerre a la composition 
suivante : 

AZOTE. CARBONE. 

gr. gr. gr. 

Pain. ...... 750 gr. » ^-^ ,, qq 225,00 

ov. biscuit. .. . 060 gr. ( ' ' 

Viande fraîche. 500 gr. j 

o« lard salé. . 300 ir. f ^q^ j., qq ^335 

01/ conserves de l ' 

viande 250 gr. ) 

Légumes secs ou riz 100 4,33 47,67 

Saindou.x 30 0,10 25,00 

S.3I 16 » 

Sucre 21 >> 0,00 

Cafc 16 0,20 2,00 

TOTAD.X i,443 25,72 3.V2,32 



ALIMENTATION. 



30 



La coinposiliuii ili' relie ration a élé ré- 
jjlée dans la |tii'visioii iiiU', dans la période 
active, on ne |iuuna que difficilement se 
procurer du |iain de soupe. En outre, tout 
liitmnie de Iroupe bivouaqué reçoit une ra- 
tion de liquide de ()',25 de vin, 0',S0 do 
bière on tir liilic, on O',00:2o d'ean-do-vie. 

— des militaires dans les hôpitaux 

(V. Hùl><l<lU.r). 

— des armées. En cas de guerre, l'ali- 
nii-nlaliiMi des armées comprend trois phases 
|irinci|iales : ralimentalion pendant les trans- 
ports stratégiques, l'alimentation pendant la 
|iériode de concentration et l'alimentation 
pendant la jiériode des opérations actives. 

L'aliDuntaliou pendant les Iransporls slra- 
légiques est assurée par deux jours de pain 
r[ue les troupes touchent en sus des vivres 
du sac, par un rejias fioid fourni par l'ordi- 
naire, et, si le trajet doit durer plus de 
â4 heures, par des provisions telles que fro- 
mage, charcuterie, etc., pour un repas sem- 
blable à consommer chaque jour. 

Indépendannnent de ces repas froids, les 
lioupes reçoivent chaque jour, aux stations- 
lutlk-repns, un repas chaud et, chaque uuit, 
un café chaud. 

A la dernière station-halte-repas, il est 
fait aux troupes une distribution de pain et 
d'avoine pour les aligner à 2 jours. 

L'aliinenlation pendant la période de con- 
centration est assuièe par l'administration 
en ce qui concerne le pain, les vivies de 
cani|>a<rne et l'avoine ; [lar voie d'achats sur 
place ou de réquisition, en ce qui concerne 
la viande fraîche, la paille, le foin, les 
liquides et le cbaufTage. 

L'alimentation pendant la période des opé- 
rations actives est assurée : par la nourriture 
chez l'habiUint ; par la distribution directe 
des denrées requises sur les lieux par les 
officiers d'approvisionnement ou les servi<'es 
administratifs ; par des prélèvements sur les 
trains régimentaires et les convois admiuis- 



ALLEMAGNE. 

tralifs; à défaut d'autres ressources, par les 
vivres du sac, sur l'ordre du commande- 
ment. 

Les trains régimentaires et les convois 
administratifs sont recomplétés eux-mêmes, 
soit par le jnoduit de rex[)loitation locale, 
soit par les approvisionnements rassemblés 
en arrière. 

L'ensemble du service comprend ainsi 
deux genres d'opérations : l'exploitation des 
ressources locales et le ravitaillement par 
l'arrière. Ces deux modes de vivre sont em- 
ployés simultanément ou successivement, 
suivant les liiciiiislances. 

ALLEMAGNE; armée allemande. Le 

service, personnel et obligatoire, dure de 
17 à 45 ans. Les 28 classes sont réparties, 
suivant leur âge et leurs aptitudes, dans 
Varmée de terre, dans la marine ou dans le 
landsturin . 

L'armée de terre se divise en armée active, 
i-éserve de complément {Ersatz réserve) et 
landwehr. Tout lionnne propie au service 
fait 7 ans dans l'armée active (3 sous les 
drapeaux et 4 dans la réserve), 11 ans dans 
la landwebr (5 dans le 1"' ban, 6 dans le 2°) 
et passe à 39 ans dans le landsturm, où il 
reste jusqu'à sa 43« année accomplie. La 
réserve de l'armée active est convoquée 
2 fois pour des exercices de 8 semaines. Les 
troupes du l»"' ban de la landwehr, à l'ex- 
ception de la cavalerie qui n'est pas appelée, 
sont convoqués 2 fois pour des exercices de 
8 à 14 jours. Les plus jeunes classes de la 
landwelir (leuvent servir à compléter l'armée 
active, qui comprend en temps de paix 
468,409 hommes. 

Les troupes, formées en régiments (pour 
l'infanterie, à 3 bataillons ; pour la cava- 
lerie, à 5 escadrons ; pour l'artillerie de 
campagne, de 2 à 4 sections) ou en batail- 
lons (pour les chasseurs à pied, l'artillerie à 
pied, les pionniers et le train), se divisent 
comme il suit : 



llésiGNÀTION DES TROCI'ES. 


PRUSSE. 


SAXE. 


WUP.TEM- 
DERO. 


BAVliîRE. 


NOMBRE 

d'unités. 


EFFECTIF. 




133 
73 
33 

14 

24 

20 
l(i 


12 
11 
3 

'' 
2 

1 


H 
1 

1 

1 

1 


20 

10 
5 

4 

2 


319 bataillons. 
4r>5 escadrons. 
434 batteries. 

10 bataillons. 

31 — 

21 — 


329,112 
(14,590 
38,097 

Compris 

dans l'infanterie 

17,227 

12,285 

0,111 

922 




— (l'artillerie de campagne 


— d'artillerie h pied 

— de pionniers et de trou- 

pes de chemins de fer. 
Bataillons du train .... 


Kormationi npi-riali-s 





Deux ou trois régiments forment une bri- 
gade ; deux ou trois brigades d'infanterie ou 
(le cavalerie, une division. Deux ou trois 



divisions forment, avec des groupes de bat- 
teries et des détachements de pionniers et du 
train, un corps d'armée, de telle sorte que 



ALLEU. 



31 



AiJLIANCE. 



l'armée allemande est divisée eu vingt 
corps. 

Le corps d'armée mobilisé est constitué 
comme il suit : 



CÛMPOSITIOX. 


■s. 


S 

s 

c 


s 
< 
> 


ce 

■x. 

o 

< 

a 


o 


Comoiandement du 
corps d'armée .... 

2 divisions d'infan- 
terie complètes. . . 

1 bataillon de chas- 


13 

702 

22 

83 

5 
30 


2lU 

30,810 

1,02G 

3,000 

200 
2,443 


240 

4,878 

35 

3,016 

19 
2,804 


72 

48 
» 


19 

476 
11 

450 

1 

684 


La réserve d'artille- 


1 compagnie de pion- 
niers (réserve} . . . 
Train et convois . . . 


855 


:n,740 


11,022 


120 


1,053 



L'infanterie est armée actuellement du 
fusil à répétition modèle 1888 {fig. 9), avec 
une baïonnette assez semblable a un cou- 
teau. Il ne peut se cbarirer qu'au moyen 
d'une boîte-chargeur contenant 5 cartouches, 
que l'on introduit dans un magasin placé 
sous la boite de culasse. Le canon est du 
calibre de 7""", 9 ; il est muni d'un man- 
chon destiné à permettre librement la dila- 
tation du canon, à empêcher qu'il soit dé- 
gradé et à préserver les mains du tireur 
contre l'excès de chaleur. La vitesse initiale 
de la balle est de 620 mètres par seconde et 
sa portée entièrement de 3,800 mètres. La 
l)alle a une force de pénétration telle qu'un 
parapet en terre devia avoir au moins 0™,75 
d'épaisseur pour protéger contre elle. Le mé- 
canisme de fermeture est à verrou, avec 
levier se rabattant à droite ; chaque homme 
porte 150 cartouches. 



Fis. 9. 




ALLEU ou ÂLLOD. Parcelle de terre 
que les chefs franks furent obligés de distraire 
de leurs domaines pour récompenser leurs 
compagnons. 

Les bénéfices n'ont pas d'autre origine. 

ALLIAGE. Corps composé résultant de 
la fusion de deux ou plusieurs métaux en- 
semble. 

Les principaux alliages usités pour le ser- 
vice de l'armée sont le bronze, le laiton et le 
plomb durci. 

ALLIANCE. En terme de droit interna- 
tional, on entend par alliance l'union établie 
par des traités entre deux ou plusieurs puis- 
sances. 



Les alliances sont dites offensives lorsque 
les alliés se proposent d'attaquer un ennemi 
commun ; elles sont dites défensives lors- 
qu'elles se bornent simplement à la défense 
commune contre toute agression. 

L'alliance formée en 1813 par la plupart 
des puissances européennes contre la France 
était une alliance oifensive; celle qui fut 
conclue eu 1833 entre la France, l'Angle- 
terre, l'Esiiagne et le Portugal était une 
alliance défensive. 

La fameuse triple alliance, qui existe ac- 
tuellement entre l'Allemagne, l'Autriche et 
l'Italie, est aussi en apparence une alliance 
défensive ; mais, d'après certains renseigne- 



ALLIES. 



32 



ALLUMEURS. 



meiils, flli- sérail uiio xorilahlo alliance 
oITensive dans certains cas bien diHeiniinés 
et qualitii'S de casus hclli. 

I^es Ir.iito 0)1 pactes d'alliance détermi- 
nent les droits et les obligations des alliés 
entre eux. Ces derniers jK'uvent, soit s'en- 
pajzer à poursnix re la ftnerrc avec toutes 
leurs forces et toutes lems ressources, c'est 
le cas pénéral ; soit fournir un certain con- 
lin;;ent (fhonunes et des subsides en argent 
aux antres alliés belligérants : c'est le pro- 
cédé liabilnel de l'Angb'terre. 

ALLIES- I-es souverains confédérés do 
Russie, «l'Autricbe, de Prusse, d'Angle- 
lerri', etc., (|ui envaliireiit la France en 1815 
avec leurs aimées, sont .spécialement dési- 
gnés sous ce nom. 

ALLIGÂTI. Les Romains désignaient 
ainsi le prisonnier de guerre et le soldat qni 
l'avait lait captif, parce qu'une cbaîne de fer 
les attacha it l'un à l'autre. 

ALLOCATION. Action d'allouer, de 
donnri , en (Iclerminant le montant ou la 
(juantité, suivant le cas. 

Les militaires ont droit à deux espèces 
d'alloi'ations : les allocations en deniers et 
les allocations en matière. Les premières 
comprennent la solde, les hautes payes, les 
indemnités et les primes en arijcnt attri- 
buées aux militaires par les lèglcments ; 
les allocations en nature comprennent les 
denrées et les matières qui leur sont dis- 
tribuées gratuitement pour satisfaiie leurs 
difTérents bi'soins. Ces allocations sont va- 
riables suivant les grades, les lieux et les 
positions dans lesquelles peuvent se trouver 
les militaires ; elles se complètent les unes 
les autres de manière à assurer la sub- 
sistance, l'habillement, le logement, le cou- 
<-|iage et l'instruction dos bommes, ainsi que 
la nourriture et l'entietien des cbevaux et 
mulets. 

En temps de paix, la plupart dos alloca- 
tions sont faites en deniers, à cause de la 
facilité qu'ont les troupes de pouvoir se pro- 
curer, contre remboursement et d'une ma- 
nière économique, tout ce qui leur est 
nécessaire ; en temps de guerre, au con- 
traire, la plnjiart des allocations sont faites 
en natnic. 

ALLOCUTION. Mot latin .signifiant dis- 
cours prononcé devant le centre de Tarmée. 
Harangue ;tiix trou[ies dans des circonstances 
solennelles. Fort en usage l'Iiez les Romains, 
a peu à peu Uni par disparaîlie. Bonaparte 
l'a lessuscilée un instant. (>e genre d'élo- 
quence, qui doit tenir de l'improvisation, ne 
peut que se traduire par des discours en- 
flammés, concis, allant droit au but et le 
dépassant même pour électriser b'S troujies. 



ALLONGE. Uni sert à allonger. Bande 
de iiiM rtioitc supportant le pendant du 
ceinturon et venant se rattacber à la ])artie 
gauche de ce dernier. — Allonge. Boilerio 
des nicmbies jioslérieurs du cheval. 

ALLONGÉ. Siï dit d'une allure plus ra- 
pide de la niairhe : Irol nlloniji''. 

ALLONGEMENT des colonnes. Ac- 
croissement de la longueur des colonnes en 
marche. Ce phénomène est dû normalement 
à ce que chaque soldat marche à son pas, 
qui n'est pas celui de son voisin, et pour peu 
que, dans quelques files, le ])as se soit lac- 
courci, ce ralentissement élémentaire se i)ro- 
page, s'accumule et se traduit par un allou- 
giMnent considérable. On a reconnu que cet 
allongement inévitable pouvait être évalué 
au quart de la longueur de la colonne 
primitive, et nos règlements actuels prescri- 
vent d'en tenir compte. 

La colonne est considérée non comme con- 
tinue, mais comme formée de chaînons, — ba- 
taillon, escadron, batterie, — jusqu'à un 
certain point indépendants les uns des au- 
tres, et l'on assure l'indépendance de leur 
mouvement en ménageant à priori, entre 
deux chaînons consécutifs, une distance égale 
à l'allongement probable du chaînon qui 
précède. 

Indépendamment de cet allongement nor- 
mal des coloimes, il tend à s'en produire 
d'accidentels pom' différentes causes telles 
que l'état des routes, les circonstances atmo- 
sphériques, la grande longueur dos colonnes, 
une fatigue générale résultant des marches 
précédentes, etc. On peut, jusqu'à un cer- 
tain point, atténuer les conséquences de ces 
influences en ralentissant la marche et en 
faisant des haltes périodiques. 

ALLONGER. Porter, allonger un coup 
d'épée en avançant le pied droit sans bouger 
le gauche. 

ALLONGEZ. Commandement de cava- 
lerie signifiant accélérer l'allure. 

ALLOUER. Constater et approuver le 
dr(jil aux allocations. 

ALLUMAGE. Action de mettre le feu 
anx fijiirneanx de mines. 

ALUMELLE. Sorte d'épée longue et 
mince, sans garde, dont on se servait en 
manière de lance pour percer au défaut des 
armures du mo\en âge. 

ALLUMETTES. Les allumettes amor- 
phes siinl siiiles admises dans les casernes 
el (■tahlisseiiieiils militaires. 

ALLUMEURS. Engins employés pour 
mettre le feu en évitant qu'il se connnn- 
nique à l'enveloppe du cordeau. Pour cela, 
on fait usage d'allumeurs spéciaux ne don- 



ALLHRE. 

liant pas do flamme, tels que l'amadou, la 
mèi-lie à canon, la mèche soufrée, ou même 
une eigarette allumée, un morceau de hois 
brûlant sans flamme. Mais le mot allumeur 
s'applique, en principe, à un cylindre de 4 
à 5 centimètres de diamètre, en pajner bu- 
vard emoulè en forme de cigarette et forte- 
ment imbibé d'acétate de soude. Il brûle 
sans donner de flamme, en formant une 
pointe incandescente, et à la vitesse dcO™,50 
à l'heure. L'aUumeur Ruggiéri consiste en 
un petit tube en laiton foi iné par un tampon 
de com|)osition vive, nnuiie d'une i)etite 
mèche ([ui brûle très facilement par tous les 
temps. 

ALLURE. Façon de marcher. L'allure 
iiabituelle de l'infanterie est le pas. 

On donne également le nom d'allure aux 
diflFérents modes de progression du cheval ; 
les allures naturelles sont le pas, le trot et 
le galop ; les allures défectueuses sont 
l'amble, le traquenard et Vaiihin; les allures 
artificielles sont dues à l'instruction et con- 
stituent les airs de manège. 

On dit également qu'un cheval a de belles 
allures lorsqu'il a les mouvements gracieux 
et vifs, qu'il a des allures douces lorsque ses 
réactions sont peu sensibles, etc. 

ALOPÉCIE. Chute partielle ou complète 
des cheveux. Elle motive l'exemption ou 
la réforme lorsqu'elle occujie une grande 
étendue et qu'elle est reconnue incurable. 

ALPIN. On donne le nom de trou[)es al- 
pines aux troupes qui ont été chargées spé- 
cialement de la défense des Alpes et qui 
tiennent garnison dans cette région en temps 
ordinaire. Ces troupes compremient 12 ba- 
taillons de chasseurs à pied à 6 compagnies 
et un certain nombre de batteries d'artil- 
lerie. Leur habillement a été modifié de ma- 
nière à leur permettre de résister aux ri- 
gueurs du climat: c'est ainsi que les hommes 
ont été pourvus d'un béret, d'une vareuse, 
de chaussures spéciales, d'une ceinture de 
laine, etc. 

L'Italie a également des troupes alpines. 

ÂLMOGAVARES. Milice particulière em- 
ployée au moyen âge, en Espagne, à faire 
aux Maures la guerre de guérillas. 

ALTÉRATION de consigne. Change- 
ment volontaire de consigne constituant un 
délit prévu par le Code pénal en 1791, qui 
appliquait la peine de mort, et par celui de 
l'an V, qui n'infligeait que la peine de six 
mois d'emprisonnement. 

ALTERCATION. Contestation, querelle, 
débat. 

ALTITUDE. Élévation d'un Heu an- 
dessus du niveau de la mer. Cette compa- 
raison de l'élévation de tous les points du 



33 AMBASSADEUR. 

globe au-dessus du niveau de la mer permet 
de se rendre compte facilement de la hau- 
teur relative de tous les lieux que l'on con- 
sidère. Le résultat de cette comparaison est 
exprimé par un nombre appelé cote d'alti- 
tude, dont l'approximation est poussée jus- 
qu'aux inilliiuètres lorsque c'est nécessaire. 

AMADOU. Sorte de cryptogame préparé 
de manière à être très combustible ; sert a 
mettie le feu aux mines connue allumeur. 

AMALGAME. Le mot a été employé par 
analogie pour marquer le mélange intime 
de deux troupes dont l'une, constituant un 
élément éventuel ou jjrovisoire, vient se 
fondre dans l'élément existant primitive- 
ment. Ainsi, eu 1871, il se produisit eu 
France de nombreux amalgames de ce genre. 

AMARRAGE. Action de fixer, au moyen 
d'un câble, un bateau ou tout autre corps 
flottant à un point fixe généralement situé 
sur la rive. Ce procédé s'emploie spéciale- 
ment pour les ponts de bateaux ou de ra- 
deaux. On amarre généralement chacun des 
bateaux ou des radeaux à un pieu enfoncé 
sur la rive, le plus loin possible des culées, 
pour diminuer l'obliquité des cordages par 
rap[)ort au courant. 

A défaut d'une quantité suffisante de cor- 
dages, on se borne à amener directement sur 
la rive les corps de supports ([ui en sont voi- 
sins, et on prend sur leur cordage d'ancre 
des points d'appui pour les autres supports ; 
cette opération porte le nom d'amarrage eu 
patte d'oie. Enlin, lorsque la rivière ne dé- 
passe pas 100 mètres de largeur et que le 
courant n'est pas trop fort, on peut amarrer 
les bateaux à un gros câble appelé cinque- 
nelle tendu en amont du pont d'un bord à 
l'autre. 

AMARRE. Cordage ou câble servant à 
retenir un liateau au rivage. On emploie en 
France, dans les équipages de ponts, des 
amaires de 14 mètres de longueur sur en- 
viron 2o™°i de diamètre. 

AMAZONES Tribu de femmes guer- 
rièies qui, d'après la légende grecque, n'ad- 
mettaient aucun homme dans leur société. 
On donne encore ce nom aux femmes guer- 
rières qui combattent avec des armes. 

Amazone, longue robe que les femmes 
portent pour monter à cheval. 

AMBACTES. Nom donné dans la basse 
latinité à une espèce de garde d'honneur, 
formée de soldats choisis, pour être attachés 
aux jirinces dans la milice gauloise. 

AMBASSADEUR. Représentant d'un 
grand ii-tat auprès d'un autre grand État. 

Les représentants des petits ÉUits portent 
le titre de ministres plniipotentiaires ou 
même simplenn'iit de charges d'affairrs. 

3 



AMBLE. 



34 



Lfs jîiailos ili|iU)iii;ilii|iii's des irpioscn- 
Uuits ili's ÈUili sont riii|iroijiii's. 

On ;i|ii»i'llo aiiihiissadi'urs ordinaires reux 
qui iloivent lésitlcr dans le pays où on les 
t'nvoie, et aitibassadiurs cxtriiurdinaires eeux 
qui vont seulement leniidir une mission 
spéci;de. 

Ciiaquc ambassadeur a auprès do lui des 
seeiélaires. des altaeliés, ete. Il est aeciêdite 
au iniijen de li'ttrt's de créance. Lorsqu'il est 
relevé île ses fomtions, il piésente ses leiUrs 
de raiipel ; si le inutif est ^'ravo, il demande 
ses jMsscporls et part après avoir chargé un 
eollèguu d'une [uiissance amie des intérêts de 
ses nationaux. 

La personne de l'ambassadeur est invio- 
lable dans le pays où il est aeerédité ; tou- 
tefois, d'après le droit international moderne, 
il peut être poursuivi, eomnie un simple 
particulier étranger, pour tous les faits qua- 
lifiés crimes par la loi de tous les pays, mais 
il iw saurait ètro recherché pour les actes 
défendus seulement par la loi du pays où 
il se trouve. 

AMBLE. L'amble est un mud(! de pro- 
gression de certains quadrupèdes et qui con- 
siste à s'avancer en faisant mouvoir simul- 
tanément les deux mendjres du même côté. 
Cette allure est ^ icieuse, car le corps n'étant 
soutenu que d'un (-olé, l'animal est forcé à 
raser la terre poui donner plus d'assuiance 
à sa marche inceitaine. Les jeunes poulains 
(|ui n'ont pas encore acquis toutes leurs 
forces, les chevaux usés et ruinés par le tra- 
vail prennent l'amble naturellement. Le 
cheval (|ui va l'amble avance^ avec une rapi- 
dité presque égale à celle du trot, et le ca- 
valier n'éprouve qu'un balancement à peine 
sensible ; c'est pour ciitte raison que l'on 
dresse à cette allure les chevaux destinés à 
servir de montures aux dames et aux per- 
sonnes jieu familiarisées avec les diflicullés 
de l'é(|nit.iliijii. 

AMBULANCE. Ktablisiement temporaire 
et mobile destiné à conq)létcr l'action du 
service de santé régimentaire, en marche et 
eu station, à rec^jvoir les blessés relevés sur 
le champ de bataille et à leur donner les 
soins nécessaires pour ({u'ils puissent être 
évacués promptemenl. 

Chaque corps d'armée possède (juatre am- 
bulances: une andjulance de (juartier géné- 
ral, deux amijulances de division et une 
ambulamc de brigade de cavalerie. 

l'iM- ambulance de division de cavalerie 
iudépend.iiile est composée des trois ambu- 
lances di- brigade de cavalerie. 

Chaque ambulanc(; di; division ou de i{uar- 
tier général possède les ressources nécessaires 
pour panser 8,74U blesie-; ; duniue ambu- 



AMÉNAGEMENT. 

lanco de brigade de cavalerie est appiovi- 
sionnée pour suffire au pansement do 9G0 
honnnes. 

L'emplacement de l'ambulance est indi- 
qué : pendant le jour, par le fanion de la 
convention de Genève, i)lai-é à côté d'un fa- 
nion aux couleurs nationales ; pendant la 
nuit, par deux lanternes, l'unu à vcrro 
rouge, l'autre à verre blanc. 

Les amijulanccs divisiomiaires enlient les 
premières en action. 

Lorsque le combat devient imminent, le 
médecin chef de la division, après avoir jtris 
les ordres du général connnandant, fixe 
l'emplacement que devra occuper l'andiu- 
lance divisionnaire. 

L'ambulance du quartier général entre l'u 
action sur l'ordre du général comn^.andant le 
corps d'armée, ou, en cas d'urgence, du 
médecin directeur. 

L'ambulance doit ètro étajjlie, autant que 
possible, à pioximitô des réserves de ladi\i- 
sion, de façon à être soustraite aux oscilla- 
tions de la lutte. On donne la préférence à 
des points de facile accès, abrités du feu, 
abondamment pourvus d'eau, situés à proxi- 
mité d'une route conduisant vers l'arriére, 
et se reliant, s'il est possible, aux postes de 
secours, par des chemins praticables. 

Les blessés reçus à l'andjulance sont di- 
visés en trois catégories : i° ceux qui sont 
encore cajiables de marcher; 2° ceux qui, 
atteints plus grièvement, [leuvent néanmoins 
supporter le transport ; 3° ceux (jui, abso- 
lument intranspoitables, doivent être remis 
à un hôpital de campagne venant s'installer 
sur l.-i place même uii foiiclioiiiie l'andiulance. 

AMBULANCIER; ambulancière. Per- 
sonnes civiles qui remplissent, dans les am- 
bulances civiles, des fonctions analogues à 
celles des infirmiers militaires dans les hôpi- 
taux militaires. Ces ()eisonnes jtorlent le 
brassard de la Convention de Genève {V.So- 
cièlè française de secours aux blessés ; Asso- 
ciation des Dames françaises ; Union des 
Femmes de France). 

AME d'ane arme à feu. Vide intérieur 
d'une arme un d'uiii' Ijouche à feu. Celle 
âme était lissi; jus(|ue vers 18.j5; depuis on 
l'a pourvue de raijures sur toute la partie ser- 
vant à la direction du projectile; une partie 
en arrière, servant de logement à la charge, 
est lisse et s'appelb^ chambre. 

AME d'un cordage. Fil intérieur placé 
au i-i-nlri'. 

AMÉNAGEMENT. Travaux exécutés par 
le service (hi Lri^nie pour ii'iidre les locaux 
piopres au servi<e auijuel ils sont destinés 
(planches à pain, râteliers d'armes, man- 
geoires, làteliers, etc.). 



AMBi^DE. 



36 



AMORCE. 



AMENDE. Peine rarement pioiioucée par 
kijiistiie militaire, qui ne doit l'appliqner 
qu'en dernier lieu et qui, d'a|)rès l'ar- 
ticle 195, peut remplacer cette [teiiu' par un 
emprisonnement de 6 jours à t> mois. Mais, 
lors4]ue l'amende est appliquée par les tri- 
bunaux militaires, ceux-ci doivent se con- 
former aux règles du droit eomnuui, qui 
prescrivent de poursuivre le remboursement 
de l'amende i>ar la voie de la contrainte par 
corps, et c'est pour éviter celle-ci à un mi- 
litaire insolvable qu'on remi)lace ordinaire- 
ment l'amende par la prison. 

L'amende peut aussi être prononcée contre 
les adjudicataires qui ne livrent pas à temps 
les fournitures pour lesquelles ils ont traité. 
Le montant en est acquis au Trésiir. 

AMENER les avant-trains, opération 
qui consiste à amener l'aïaiil-lrain auprès 
de l'affût supportant la bouche à feu, afin 
de remorquer celle-ci pour changer de posi- 
tion. Cette manœuvre doit être faite avec 
beaucoup de célérité et de précision, car 
c'est une de celles que l'on fait le plus fré- 
quemment sur le champ de bataille. 

AMEUBLEMENT. Ensemble des objets 
moliilieis qui ;:ai nissent un local. Les prin- 
cipaux ameublements militaires sont: 

1° Ceux (tes chambres île troupe, com- 
prenant une fourniture de literie par homme, 
des tables, des bancs, des râteliers d'armes, 
des planches à pain, des planches à ba- 
gages, des planchettes à astiquer, des cru- 
ches en grès: 

2° Les ameublements de sous- officiers qui 
comprennent une fourniture de liteiie sem- 
blable à celle des soldats, une armoire, une 
chaise pour chaque sous-ofticier, el une table 
pour deux ; 

S** Les ameublements de cluimbres d'adju- 
dants, qui comprennent une fourniture de 
literie semblable a celle des soldats, une 
conamode, une table, deux chaises, une tabh' 
de toilette et quelques menus objets, le tout 
fourni par l'entrepreneur du service des lits 
militaires ; 

4° Les ameublements de cliambres d'offi- 
ciers, qui sont également fournis par le 
service des lits militaires, mais seulement 
aux adjudants-majors et aux médecins de 
semaine couchant au quartier, ainsi q'aux 
officiers occupant les forts et aux ofticieis 
détenus par mesure de discipline ou eu ju- 
gement ; 

o° Les ameublements des liùtels îles géné- 
raux commandant les corps d'armée, qui 
sont fournis et entretenus jiar i'Ltat. 

Les autres locaux, tels que: ateliers, bi- 
bliolliéques, cantines, cuisines, écoles, infir- 
meries, magasins, locaux de punition, elc. 



reçoivent l'ameublement spécial qui leur est 
nécessaire et qui est prévu jtar le Hèglement 
du 30 juin 1850 sur le sercice du caserne- 
ment. \ 

Tous les officiers ou assimilés, à l'excep- 
tion des officiers de semaine, qui reçoivent 
des ameublements fournis par l'Etait, subis- 
sent une retenue mensuelle dont le terme 
est fixé, suivant le grade du détenteur, par 
le décret du 27 décembre 1890, [lortant re- 
vision des tarifs i!" solde. 

AMINCISSEMENT tactique. La foi- 

malion, tièi profonde au iléi)ul. (les rangs 
de rinfaiiterie, a toujours été en diminuant : 
la différence d'armement, dans l'artillerie 
surtout, a amené cette moditication qui 
porte le nom d'amincissement taclii|ue. 

AMINES. Espèce de cotte de n\ailles fort 
usitée au moyen âge par les gens de guérie, 
suitout par les aiqueiiusicrs, (jii'elie proté- 
geait suffisamment contre les flèches. 

AMIRAL. Giade le plus élevé de l'armée 
navale ; il équivaut à cehii de maréchal de 
France et ne peut être conféré qu'aux vice- 
amiraux ayant commandé en chef, avec dis- 
tinction, une flotte devaut rennemi. 11 
n'existe actuellement en France aucun titu- 
laire du grade d'amiral. Le grade de vice- 
amiral correspond à celui de général de divi- 
sion et le grade de contre-amiral à celui de 
général de brigade. 

AMIRAUTÉ. Administration supérieure 
de la marine. Le Conseil d'amirauté, qui 
vient d'être supprimé, avait pour attribu- 
tions la rédaction ainsi que la levision des 
projets de loi, des décrets et des règlements 
relatifs a la marine. 

AMNISTIE. Pardon collectif que le sou- 
verain accorde, dans une occasion solennelle, 
a certaines catégories de condamnés. 

En France, l'amnistie ne peut être ac- 
cordée qu'en vertu d'une loi votée par les 
deux Chambres et promulguée par le chef de 
l'État. 

11 ne faut pas confondre l'amnistie, qui 
efface complètement la faute et tous les eflets 
qui en sont la conséquence, avec la grâce, 
qui n'est qu'une sinqile remise de peine. 

AMONT (ad. montem,y(ii-s la montagne). 
Partie d'un cours d'eau qui s'étend depuis 
l'obsej-va*eur jusqu'à la source, c'est-à-dire 
le côté d'où vient leau, 

AMORÇAGE. Action d'amorcer; se dit 
aussi de l'opération consisttint à disposer 
l'amorce nécessaire pour produire l'explosion. 

AMORCE. Dispositif employé pour dé- 
terminer l'inflammation d'une charge de 
poudre ou autre explosif, dans les mines ou 
dans les armes à feu. Il y en a de quatre 
espèces différentes : 



AMORCE. 31) 

1" Mécaniques, fuiiclioiuiiinl les unes 
jiar iirivM>Miiii. l'csl-à-dirc par !<■ rluic d'im 
torps dur qui roui|)iiiiif liiiisfjuciiiciit l'a- 
iiiorif, IfS autres par fiiclinii, par raclioii 
d'nii corps iiijrui'ux qui travi'ise violoniim*iit 
la sulislaiicc si iisildc ; les étoupilk's em- 
ployées pour iiii'ttie le feu à la chaip' des 
bouehos à feu ap|iartieiuient à celle dernière 
ealô;,'oiie. Le eidorate de jtotasse a d'aliord 
servi de base à ce genre d'anioirc, mais, 
comme il coiiode forleinent le fer et l'acier, 
on a dû le remplacer par le fulminate de 
mercure, plus a\anlageu\ ; 

2" Chimiques, formées d'un mélange de 
chlorate de potasse et d'un corps combus- 
lible, sur leipiel on a laissé tomber une 
goutte d'aiide sulfurique concentré qui pro- 
duil rintl.immation, a moins que ce ne soit 
par un fragment de potassium conservé dans 
un tube fermé ; 

3" Les amorces pyrotechniques lum- 
prennent : la ftisve lenli-, ou cordeau Bichford, 
et la fusée vire ou cordeau yorle-feu. La jire- 
miére est formée par un lilct continu de 
poudie Hue fortement tissée dans un canal 
de 3 millimètres existant au centre d'une 
corde composée elle-même de deux enve- 
loppes eu étoupe ou en til de coton gou- 
droimé moulées en spirale l'une sur l'autre 
et eu sens contraire. Le diamètre intérieur 
de la corde est de 5 millimètres {fi(j. 10). On 
trouve aussi des cordeaux Bickford imjier- 



e 






méables et lecouverts d'une enveloppe en 
gutla-percba ou eu caoutchouc. La fusée 
lente brûle régulièrement avec une vitesse 
de 1 mètre eu 90 secondes ; elle peut, sans 
incouvénient, séjourner sous l'eau pendant 
plusieuis jours. Cette fusée est basée sur la 
lenli'Ur de sa combustion, de telle sorti; que 
lorsqu'on a mis le feu à l'extrémité libre, on 
a tout le temps de se mettre en dehors du 
rayon de l'explosion avant que le feu n'ar- 
rive à l'autre extrémité et, par suite, à la 
cliargi;. La fuwe instaninnce ou cordeau 
jiorte-feu est, au contraire, basée s«n- la vi- 
tesse de combustion. On emploie alors une 
longuem suffisante de cette amorce de ma- 
nière (pie, du jioint où l'on y met le feu, on 
soit siiftisamment éloigné du fourneau de 
mine pour n'avoir pas a ci.iindre les effets 
(le l'exiilosion. Cette fusée est compcjsée de 
trois brins de mèche à étoupille serrés dans 
une première enveloppe de toile cirée par un 
tressage de brins de coton; le tout es! recou- 



AMORCER. 

\ert d'une en\elo|ipe de caoutchouc soudée 
à la lienzine, puis <'onsolidée par une arma- 
ture extérieure de fortes ficelles. La fusée 
instantanée supporte sans se rompre un 
poids (le 140 kilogr. et résiste à une iminer- 

Fi". 11. 



sion sous l'eau prolongée pendant jilusieurs 
mois. La vitesse de combustion est d'environ 
100 mètres par seconde (fig. H); 

4" L'amorce électrique se compose essen- 
tiellement de deux fils de cuivre réunis par 
un fil de platine très fin n, enroulé en forme 
d'hélice et qui, échauffé par le courant éma- 
nant de la pile, enflamme un petit tampon 
(le fulmicoton avec lequel il est en contact. 
Les deux fils de cuivre sont flxés dans un 
noyau en bois dur b, surmonté d'un tube en 
|iapier (/ dans lequel est logé le fulmi- 
l'oton c ; le tout est coiffé d'une capsule en 
fulminate e et recouvert d'une enveloppe /' 
en chatterton qui rend l'amorce imper- 
méalile. Cette amorce; sert également pour 
faire détoner la jtoudre et la dynamite, l'our 
y mettre le feu, on emploie une ])ile à un 
seul élément, dite pile des parcs du génie, à 
laejuelle sont rattachés des conducteurs for- 
més de deux fils de cuivre recouverts d'une 
enveloppe de caoutchouc garnie de coton qui 
les isole l'un de l'autre. Ces deux fils sont 
réunis dans une deuxième eiivelop|»e com- 



imiiie formée d'une petite tresse plate et con- 
stituant le câble des parcs du génie. A dé- 
faut de câble, on peut employer des fils sûrs, 
mais ce système est bien moins avantageux, 
car il occasionne des accidents et des rates 
assez nombreux {Jiy. 12). 

Les amorces ou capsules, actuellement au 
servii-e dans presque toutes les armées, sont 
à ]ir'rcussioii centrale. 

AMORCER. Installer nii dispositif des- 
tini' à mettre le feu à nue mine ou à un 
exijhjsif quelconque, suit au moyen de pro- 
cédés pyrotechniques, soit au moyen de pro- 
cédés électriques. 

Procédés j/t/rotechniques. Le plus avanta- 
geux est celui qui se fait au UKjyen do la 
boite d'amorce et de la fusée instantanée. 
Cet amoirage comprend les dispositions sui- 
vantes : 1" adapter le coidean porte-.feu à 



ef: ''^^ 



■• . I 



■ ! ": 



AMOACER. 



37 



AMPLITUDE. 



la boîto d'amonv ; 2° instoller la boîte da- 
moiTO dans le fourneau : 3° dis|ioser le cor- 
deau transmetteur du feu dans les comniu- 
nii-ations. avee les soins néeessaiies pour 
assurer s;x conservation, jusqu'au niouient 
où l'on devra produire l'explosion. 

L'amorçage, avee la fusée instantanée, de 
fourneaux chargés avec de la dynamite, se 
fait de la manière suivante : i° dépouiller 
l'extrémité de la fusée de son enveloppe en 
treillage, sur une longueur de 3 centimètres 
environ, la dégager également de son enve- 
loppe de caoutchouc en retroussant celle-ci. 
puis raviver, par une section bien nette, 
faite carrément, l'extrémité ainsi dégagée en 
réduisant sa longueur à 2 centimètres ; 
2° introduire dans la capsule, en la jjous- 
sant jusqu'au fulminate, l'extrémité ainsi 
préparée ; rabattre sur la capsule l'enve- 
loppe en caoutcjiouc retroussée, ainsi que le 
tressage ; 3° loger la capsule dans le loge- 
ment ad hoc de la cartouche amorcée et lier 
le cordeau à cette cartouche par un ficelage ; 
4° louler le cordeau et en luter l'extrémité, 
on y greffer un morceau de fusée lente si le 
feu doit être donné à bref délai ; o° placer 
la cartouche-amorce contre une des caisses 
contenant la dynamite et l'y fixer solide- 
ment, ainsi que le cordeau ; 6° installer le 
cordeau dans les communications. 

L'amorçage avec le cordeau Bickford ou 
fusée lente s'opère, suivant les différents 
cas, de la même manière qu'avec la fusée 
instantanée, sauf la simplification résultant 
de l'absence de tressage intérieur en ficelle. 
11 faut avoir soin, lorsqu'on dispose le cor- 
deau Bickford dans la boîte d'amorce ou dans 
la charge, de faire en sorte que son extré- 
mité arrive au centre ou à la partie infé- 
rieure de la charge. La figure 13 représente 
l'ajustage d'un morceau de fusée lente à une 
i-apsule de fulminate préparée pour la déto- 
nation d'une charge de dynamite. L'amor- 
çage au moyen de la fusée lente no peut être 
employé que pour la détonation d'une charge 
de dynamite. L'amorçage au moyen de la 
fusée lente ne peut être employé que pour 
les explosions à la surface du sol : rupture 
de rails, abatage d'arbres, des murs, des- 
truction des ponts, etc. 

Procédés élfctriques . L'amorçage d'un 
fourneau de mine avec la boîte d'amorce, 

Fig. 13. 



l'amorce électrique et le câble des parcs du 
génie comprend les opérations suivantes : 



l" installer l'amorce électrique dans la boîte 
d'amorce ; 2" adapter les conducteurs à cette 
même boite ; 3° insUiUer la boîte d'amorce 
dans la chambre aux poudres ; 4° disposer 
les conducteurs dans les connnunications 
(/.'</. 14). 

L'amorçage avec l'amorce électrique et le 
cible des parcs d'un fourneau de mine 
chargé à la dynamite s'opère de la manière 
suivante : on lixe l'amorce à l'extiémitê du 
câble au moyen de ligatures pratiquées sur 
chaque fil ; on place ensuite la capsule dans 
la cartouche-amorce et on fixe celle-ci soli- 
dement contre une des caisses contenant de 
la dynamite. 

Lorsque les conducteurs dont on dispose 
ne sont pas recouverts d'une enveloppe iso- 
lante, l'amorçage est opéré ainsi qu'il suit : 
1" introduite les extrémités des deux con- 
ducteurs dans les deux trous percés dans le 
bouchon de la boîte d'amorce, attacher l'a- 
morce à ces conducteurs et la disposer sous 
le bouchon dans le prolongement de son 
axe ; 2" fixer l'amorce dans la position qui 
lui a été donnée en raidissant un peu les tils 
et en les maintenant au moyen d'une che- 
ville disposée trans- 
versalement au-dessus ^'^' •"• ^'°- ^'^' 
du bouchon, cheville 
à laquelle chaque con- 
ducteur sera relié par 
une boucle ou liga- 
ture ; 3° fermer la 
boîte d'amorce et la 
placerdanslachanJjre 
aux poudres; dévelop- 
per successivement , § 
dans les angles oppo- 
sés des communications, chacun des con- 
ducteurs, en prenant les précautions néces- 
saires pour empêcher tout contact entre eux, 
et avec l'enveloppe métallique de la Itoîte 
d'amoi'ce (fiq. 15). 

AMORCEZ. 3e temps de la charge eu 
12 teni|(s, jadis usitée. 

AMORÇiOIR. Petit instrument destiné à 
amorcer les anciens fusils à jjiston. 

Petiti" boîte de cuivre où l'on dispose les 
capsules. 

AMPLIATION. Copie en double d'une 
quittance ou d'un acte dont les originaux 
restent déposés dans les archives publiques, 
ou d'un fonctionnaire de l'intendance. 

Les fonctionnaires et les notaires, lorsqu'ils 
délivrent ces sortes de copies, les revêtent de 
leur signature et inscrivent en bas : Pour 
amplidtion. 

AMPLITUDE. Distance qui sépare la 
tranche d'une bouche à feu du point où la 
trajectoire vient rencontrer le plan hori- 



t' Ht» 



f" i 






AMPOULETTE. 



38 



ANÉMOMÈTRE. 



zuiital |ias<aiit par le i-mlrc »li' la pircc On 
«'iniiloii' aiijininJ'Imi di' picfiinici' h' mot 
porter. 

AMPOULETTE. T.tinpon IronroniqHO cii 
bois ti'iidii' siTvaiit à fi-rmiT la lumii'ii' ik'S 
proji'i'lili's iiriiN I'! à en cuiiti'iiir la fli<('i'. 

AMPUTATION. Oppialinn (•l.im.-i.-alc 
par lac|iifllr du riili'Vf un mctiihic' l'ii tout 
ou «Ml partit". Lorsipu' l'opération est la cou- 
si^quiMirc d'uui' lili'SïUrc n-ruf dans uu scr- 
vii'c commandé, et qu'cili' entraîne rinca|ia- 
l'it»' de ïer\ir. elle donne droit à une pen- 
sion. 

AMPUTÉ. Oui a sulii \ii>(' atnputntion. 

AMSLER-MÎLBANK. An.iea fusil de 
l'arini'i' .-ui^si', du ïxstrnie dit à pêne. 

AMUSETTE. Petit eanou léfrer on fer, se 
(•liaij:iMiit par la eulasse, et porté sur un 
alFùt eu liois que deux iionimes pouvaient 
mauo'uvrer. Le maréchal de Saxe, qui a 
iuM'uté cette sorte de fusil de rempart, lui 
altriliuait une portée et des avantages qu'il 
n'avait pas ; aussi renonça-t-on à son usage 
aussitôt après la mort de son inventeur. 

Les fusils dits de Vincennes, Montalem- 
herl, Robert, Lefauclieux, etc., sont des sys- 
t'-mis a ]i('u près analogues. 

ANACARA. Sorte de tambour en usags 
dans la f:i\ ulrrii' orientale. 

ANALYSE. Hésolution d'un tout en ses 
parties iiinstilutives ou en ses éléments pri- 
maires. .Méthode par laquelle on remonte des 
effets aux causes. Résumé précis et métiio- 
dii(ue d'un ouviage scientifique et littéraire. 

— chimique, opération souvent eni- 
jilovée |»our vérifier la qualité des produits 
ou des matières juemières dont on fait usage 
dans les fonderies, les ]>oudieries et les cartou- 
cheries, notamment pour la poudre, le l)ronze 
et le cuivre. Cette opération est basée sur 
Vannli/xe sppclrnle, qui permet de reconnaître 
les traces d'un métal déterminé en décom- 
posant par le prisme la himière d'une 
llamme, dans laquelle ce métal ou un de ses 
sels se trouve porté à l'incandescence. On 
fait usage (lu spi'ciroxcnpe. 

ANASTROPHE. yuart de conversion de 
la seitidii dans la inanoîuvre des Grecs. 

ANCHE, petite lamelle en bois ou en 
métal lixée dans les instruments à vent près 
de l'endjouchure et qui sert à en j)roduire le 
son. 

ANCIENNETÉ. Oualité de co qui est 
ancien, tiri distingue, dans l'état militaire, 
deux espèces d'auciennelés : 1" Vancifinneté 
de sennce, c'est-à-dire la durée totale des 
service-; militaires, depuis l'entrée au ser- 
vice, jusqu'au moment que l'on considère ; 
2* Vnncieviirli' dans le firade, c'est-à-dire le 
temps qui s'est écoulé depuis la promotion 




au grade actn •! d'un militaire jusqu'au mo- 
ment que l'on considère. L'ancienneté de 
servi<'e donne droit à une pension de retraite; 
l'anciennelè dans le grade est une des con- 
ditions (le \'iininrr)ne)it. 

ANCRAGE. Lien où les navires peuvent 
ancrer commodément. Action d'anci'or. A 
défaut d'ancre, on peut faire usage d'une 
caisse d'ancrnije. Cette caisse est confec- 
tionnée en madriers et peut contenir 1000 ki- 
logr. de graviers ; elle est pen-ée d'un trou 
au centre de chaque petite face pour per- 
mettre d'introduire le cordage d'ancre. Elle 
ne convient que pour l'ancrage des ponts do 
liateaiix ou de rafîeaux. 

ANCRE. Instrument en fer qui, (■tant jeté 
au fond de l'eau, s'y accroche et constitue 
un point fixe pour l'a- 
marrage des corps tlot- 
tants, des bateaux ou 
des navires. Les or- 
ganes essentiels sont : 
la verge A B, dans la- 
quelle on remarque la 
culasse A et l'encolure 
H ; la croisée C B D, qui 
comprenil les bras E F 
et les pattes CD; les 
ai.<<selles G II ■. \'im7ieau 
n tig(^ T ; Vorçiinniean 0; le jas 1 (/('y. 10). 

— des ballons. Était d'aboid semblable 
à celle employée dans la marine ; on la je- 
tait au moment où le ballon touchait terre, 
pour éviter d'être ti'aîné ou ballotté. Cette 
ancre ordinaire a été lemplacée par une 
herse articulée, de l'invention du comman- 
d.int Renard, laquelle se jilie et se déplie 
facilement, en s'élaigissant au fur et à me- 
sure ([u'elle augmente de longueur. Elle a 
donné (i'exeelients résultats. 

ANCRER. Opération qui consiste à jeter 
l'ancre ; ptmr cela, on la munit d'un cor- 
dage ou dune chaîne que l'on passe dans 
l'organneau, puis on la laisse tomber à l'eau 
verticalement les bras en avant. Lorsqu'elle 
arrive au fond de l'eau, elle s'incline et pose, 
d'une part, sur la croisée et, de l'autre, sur 
une des extrémités du jas. iMais l'action du 
cordage tenil à faire tomber le jas à plat : 
dans cette position, l'une des deux pattes 
pique le fond et y pénètre plus profondé- 
ment, à mesure que le cordage se raidit, jus- 
qu'à ce q\ii> le bras se trouve enterré en tout 
ou en partie. 

ANÉMOGRAPHE. Instrument servant à 
noter anlomatiquement les variations des 
vents à tous les moments. Il peut être com- 
biné mécaniquement ou électriquement. 

ANÉMOMÈTRE. Appareil destiné à faire 
connaître l;i din'iiion du vent et à mesurer 



ANÉMOMÉTÎIOGRAPHE. 



39 



ANGLETERRE. 



sa vitesse. Le plus employé est un petit 
moulinet avoi- i-ompteur. 

ANÉMOMÉTROGRAPHE. Instrument 
qui reproduit sur le papier un tracé permet- 
tant de mesurer la durée et la vitesse du 
vent. 

ANGE. Poulet formé de deux parties 
réunies par une ehaine de fer. Etait surtout 
employé, à bord des navires, pour rompre 
les mâts et eouper les rordages des navires 
ennemis. 

ANGLE. En fortification, il y a dans les 
ouvrages diverses espèces d'angles qui ont 
reçu des noms particuliers, surtout dans la 
fortification iiastionnée. En général, ils sont : 

— saillants, quand leur sommet est 
avancé du côté de l'ennemi ; ils sont ainsi 
plus exposés et doivent être organisés plus 
fortement au détriment des angles rentrants, 
dont le sommet est tourné vers la défense. 
Dans le trai-é' liastionné. on distingue : 

— de défense. Forme par la ligne de 
défense et le flanc. 11 ne peut être inférieur 
à 90 degrés afin que les défenseius du flanc 




ne soient pas exposés à atteindre ceux de la 
face opposée, ni supérieur à 100 degrés, sinon 
la face serait mal flanquée. Les angles A EF 
et BDC sont des angles de flanc {(îg. 17). 

— diminaé. Compris entre le coté exté- 
rieur A B et les lignes de défense AE et BD. 
Plus il est grand, plus la profondeur de la 
fortification s'accroît ; par conséquent, il est 
toujours assez petit, A B D r= B A E. 

— d'épaule. Formé par la face du bas- 
tion et le flanc rontigu A C D =: E F B. 

— de flanc ou flanquant. Angle du 
flanc et de la courtine ; toujours obtus; 
CDE = DE T. 

— flanqué ou saillant. Formé par les 
deux faces du bastion, C A X = F B Y. Son 
nom vient de ce que le saillant présente un 
secteur privé de feu qui a besoin d'être 
flanqué. 

— de polygone. Formé par deux côtés 
adjacents du polygone à fortifier (côtés exté- 
rieurs). 

— de tenaille ou tenaillé. A B, 
formée par la rencontre des deux lignes de 
défense. 

— mort. Bande de terrain située en 
avant d'une crête qui ne peut être battue 
directement par celle-ci. Elle est limitée par 
l'intersection du plan de la plongée pro- 



longée avec le sol naturel. L'inconvénient 
pré-enté par l'angle mort est, en général, 
supprimé par le flanguement. 

En (irtiUerie, le mot angle est employé 
sous des désignations particulières dans la 
théorie du tir et dans les études concernant 
le recul des bouches à feu. On a ainsi : 

— de chute. Angle formé par la trajec- 
toire du projectile avec le sol au point où 
elle le rencontre. 

— de départ ou de projection. Angle 
que fait avee Tliorizon la direction du pre- 
mier élément de la trajectoire à sou départ 
de la bouche à feu. C'est la somme de 
l'angle de tir et de l'angle de relèvement. 

— limite. Les angles-limites, pour un 
afiFùt, sont les plus grands angles au-dessus 
et au-dessous de l'horizon sous lesquels on 
puisse tirer la pièce. 

— de mire. Formé par la rencontre de 
la ligne de mire avec la ligne de tir. Est 
d'autant plus grand que le btit à atteindre 
est plus éloigné. 

— de relèvement on simplcmcni re- 
lèvement. DitTcrcnce entie l'angle de départ 
et l'angle de tir. 

— de recul. Angle que fait, avec le plan 
horizontal, la droite qui rejoint le i-entre de 
l'em-astrenienl des tourillons au point où la 
crosse de l'alTùt s'a|ipiii(' sur le sol. 

— de soulèvement. Inclinaison limite 
de l'axe de la pièie, an-dessous de laquelle 
l'afFùt aurait des tenilanees au soulèveineiit 
dans les premiers moments du recul. 

— de tète ou d'élévation du but. 
Angle que fait, avec l'horizon, la droite qui 
joint la bouche de la pièce au but. 

— de tir. Angle que fait l'axe du canon 
ou du fusil, ligne de tir, avec le plan hori- 
zontal. Il en lésulte que la portée augmente 
jusqu'à une certaine limite avec l'angle de 
tir. 

ANGLETERRE et armée anglaise. 
Les forces militaires de la Grande-Bretagne 
forment 4 groupes, dont l'ensemble s'élève 
à 620,000 hommes environ et qui ont 
chacun leur mode de lecrutement, leur con- 
stitution .spéciale, savoir : 

1° L'armée active et ses réserves, qui se 
recrute au moyen d'enrôlements volontaires 
de jeunes gens ayant de 18 à 25 ans. La 
durée de l'engagement est de 12 ans, mais 
la recrue jieut choisir le service long, con- 
sistant à rester les 12 ans sous les drapeaux 
(1/14 seulement), ou le service cotirt, avec 
un séjour de 3 à 7 ans sous les drapeaux et 
le reste des 12 ans dans la réserve. Les 
sous-offlciers ou soldats peuvent contracter 
des rengagements après 9 ans de service, et 
les hommes figurant sur les contrôles de la 



ANGLETERRE. 

milice ou des rolontairei iieuvcnl vive imlo- 
iis»''s à s'i'ii;.';ijri'r dans, rainii'-e activo. Les 
reserris: |iniM'iiaiit des soldats lilicivs ou 
jifiisiiimirs l't df la iiiiliic (•(iiii|it('iit t'iiviroii 
8a,nOO liomiiit's, dont 50,000 au plus ont 
l'instruction néfessairc. Li's léservislfs pro- 
venant de la niiliie peuvent être ajipelés 
pour une période d'instiuetion n'exiédant 
pas 56 joui-s. 

L'année aitive se déeompose connne il 
suit : 

Cavalerie 19.000 

Artillerie 36/200 

Génie 6,700 

Garde à pied et infanterie de 

li^ne 1U.200 

Intendante et ser\iies adminis- 
tratifs 3,000 

Service de santé 2,400 

Corps colonial 2,500 

Sur ces 211,000 hommes, 74,000 sont 
aux Indes et 33,000 dans les autres colo- 
nies. 

Le total des forces militaires de l'An^rle- 
terre en cas de nioliilisatiuM est, ajjpi'oxinia- 
tivement, de 561,000 liommes, savoii : 

Armée active et ses réserves. . . . 296,000 

Milices 120.000 

Yeomanrv 15.000 

Volontaires 230,000 

Il y a, en outre, une armée indifrèue des 



40 ANGLETERRE. 

Indes, d'iiM etlVvtif de 150,000 iionimes eii- 
Nirun; 

2° Les iiiilices : 

a) Locale, pour la défense du leniloire 
ou de l'oidre ; elle serait recrutée, au be- 
soin, au moyen d'un tirajre au .sort parmi 
les hommes àfrés de 18 à 30 ans ", 

h) Générale, leciutée au moyen d'enga- 
j.'ements volontaires d'une durée de 6 ans 
au |)lus, avec reufra^rements successifs de 
4 ans jusqu'à 45 ans. Une jjériode de dres- 
sa,i.'e préliminaire de 6 mois au plus est 
exijrée des miliciens n'ayant pas servi, et 
il y a cliaijue année pour tous une période 
d'instruction variant de 28 à 56 jours. Leur 
nombre est de 120,000 environ. Il y a 
encore d'antres milices sans importance poui' 
certaines îles ; 

3° La Yeomanry cavalry, dont il existe 
39 régiments, armés et équipés en cavalerie 
léfjère. Les hommes sont recrutés parmi les 
sujets anglais de 17 à 49 ans, ayant l'iia- 
bitude du cheval et pouvant fournir ce der- 
nier. L'engagement est de durée variable, 
mais ne jteut être moindie que 3 ans. 
Ciiaque homme doit prendre part aimuelle- 
ment à 11 séances d'exercice. Leur effectif 
est d'environ 15,000 honmies ; 

4° Les volontaires, qui sont recrutés 
I)arnii les Anglais, nés ou naturalisés, âgés 
de 1 7 à 49 ans. Le nombre des engagements 
et leur durée ne sont pas fixés. Ils sont 
tenus d'assister à 30 .séances d'exercice la 



Fi:.-. 18 




1»* année et la 2». et de 7 à 11 la 3« année 
et les suivantes. Tout engagé peut .se retirer 
en en prévenant, 14 jours d'avance, son 
chef de corps. Leur nombre est d'environ 
230,000. 



L'infanterie vient d'être armée d'un fusil 
à répétition (fig. 18) du calibre de 7"™,?, 
avec 7 layures du système Metford. Le 
système de fermeture est à verrou ; un 
loquet de sûreté, placé sur le côté gauche 



ANftON. 



41 



ANNUAIRE MILITAIRE. 



de la culasse, permet, eu le feniiant, d'ar- 
ivter l'acliou de la détente quand le chien 
est armé. Le magasin mobile est en acier et 
contient S cartouches ; il peut être chargé 
sur l'arme ou séparément, mais en introdui- 
.sant les cartouches une à une. En appuyant 
sur un petit levier placé sous le pontet, on 
l)eut séparer le magasin de l'arme. Chaque 
soldat est nnini d'un magasin de rechange. 
Vn protége-main en bois est fixé à hauteur 
du tonnerre, pour garantir la main contre 
léchautrement du canon. Le sabre-baïon- 
nette, avec jioignée en bois, est à 2 tran- 
cliants et peut être fixé sous le canon. Les 
distances de tir prévues vont de 230 à 
1600 métrés (et même à 3.000 métrés, au 
moyen d'un guidon à cadran et d'une 
hausse à œilleton que l'on fixe sur le côté 
gauche du fusil). 

Le Martini-Henry constituait auparavant 
l'armement de l'infanterie, et il a été, en 
sou temps, un des meilleurs fusils de l'Eu- 
rope. 

ANGON. Espèce de javelot, fort en usage 
chez les Francs, composé de trois laines aciê- 
rées et tranchantes eu forme de fleur de lis. 

— Catabalistique. Machine de guerre 
formé d'un arbre sur pied courbé de force 
au moyen d'un cordage. Lorsqu'on lâchait 
celui-ci, l'arbre se redressait avec force et 
venait chasser violemment un trait ou une 
pierre placée sur un pieu qu'il venait ren- 
contrer. 

ANGUÉS. Drapeau de la cohorte dans 
rarmêe romaine et dont la forme était celle 
d'un serpent. On appelait cette enseigne plus 
ordinairement draco. 

ANICROCHE. Instrument en forme de 
croc dont on se servait jadis dans les sièges 
pour détruire les murailles des forteresses. 
Ce mot s'emploie au figuré pour désigner 
nue difficulté, un obstacle. 

ANIMAUX rongeurs. Lorsqu'on re- 
connaît, dans ini bâtiment militaire, la pré- 
sence d'animaux rongeurs, le corps occupant 
est tenu d'en prévenir le service du génie, 
qui doit prendre les mesures nécessaires 
pour leur destruction. Les procés-verbaux 
lapportés pour constater les dégâts commis 
doivent mentionner que des mesures ont été 
prisi's pour la destruction de ces animaux. 

ANIME. Arme défensive en usage en 
Italie jusqu'au XYII^ siècle et composée de 
lames de métal flexible disposées de manière 
à ni' pas gêner les mouvements de l'homme. 

ANISOCYCLE. Machine de guerre des 
Bysantins, en forme de ressort de montre, et 
lançant des flèches en se détendant. 

ANNÉE. Laps de temps servant à dé- 
compter la durée des emplois, positions ou 



services militaires, dans les conditions pré- 
vues par les lois et règlements. 
— de campagne (V. Campagne). 

— de grade. En principe, on ne peut 
passer d'un grade à un autre sans avoir 
accompli dans chaque grade un temps dé- 
terminé. Il en est de même pour changer 
d'emploi, de résidence, etc. La date du 
grade ou de l'emploi part du jour du décret 
ou de l'ordre de promotion. 

— de services effectifs. Nombre d'an- 
nées ou décompte du tcniiis rèelleinent passé 
au service, depuis la date de l'entrée jusqu'à 
une date déterminée. Pour la retraite, ou en 
déduit le temps passé l'u détention par suite 
d'un jugement, ainsi que la période passée 
dans la réserre ou la disponibilité. Dans le 
décompte des services pour les |tiopositions 
dans la Légion d'honneur, on doit défalquer 
le temps passé en non-activité par retrait ou 
suspension d'emploi ou pour infirmités tem- 
poraires. 

ANNEAU. A de nombreux sens dans le 
langagi> militaire. 

— d'or. Marque de distinction ou ré- 
conipcuse accordée aux guerriers. 

— de bombe. Anneaux en fer fixés aux 
bombes pour permettre de les manier ])lus 
aisément. 

— de calotte. Anneau fixé à l'extrémité 
des revolvers pour permettre de suspendre 
ceux-ci aux râteliers d'armes. 

— élingue. Anneau de forme spéciale 
que l'on engage dans les tourillons des bou- 
ches à feu dépourvues d'anse, surtout avec 
celles de côte, pour faciliter les mano'uvres 
de force. 

— obturateur. Obturateur métallique 
employé pour assurer l'obtu'ation de cer- 
taines bouches à feu se chargeant par la 
culasse. 

— de pansage. Boucles en fer fixées 
dans les murs extéiieurs des écuries et ser- 
vant à attacher les chevaux pendant le pan- 
sage. 

— de pointage. Anneaux au nombre 
de deux, l'un fixe, l'autre mobUe, dont est 
munie la crosse des canons de campagne 
français pour recevoir le levier de pointage. 

— de sabre. Anneau servant à attacher 
le fourreau du sabre au ceinturon à l'aide 
de bélier es. 

ANNEXES. Tableaux ou docimienls ac- 
cessoires unis à un document principal. Se 
dit aussi des places secondaires qui dépen- 
dent d'une place principale. 

ANNUAIRE militaire. Publication pa- 
raissant ciiaque année et rédigée d'après des 
documents ofliciels ; elle présente la nomen- 
clature de tous les corps au service de l'armée 



ANNUITÉ. 

fiançaisp, lonr rnmposition ol lour rôpailition 
dans les divfisps ftariiisons, l.-s noms par 
raiitt «i'aricii'iinptr, dans chaque grade, dos 
oflitit-rs tant de l'armi'p activi' l'I do sa rô- 
servp que di' cciiv do l'arniôo tcnitorialo. 

Outre l'annuaire général, chaque arme en 
servire a un annuaire spécial. qneI(fuefois 
a|i|iclé l'Iiil lin rnrps. 

ANNUITE. I.emot amtuilè. dans le lan- 
gMgi' niililaiic, est quelquefois employé pour 
décompte de services ou de sommes dues 
pour une période d'un an ; quand elle varie 
do ^"i jours à mois l/i, c'est une domi- 
aiiuuité. 

Ainsi los services au delà de la limite 
minima prévue pour la retraite se décomp- 
tent par annuités ou demi-annuités, suivant 
le cas. 

De même, le capitaine promu comman- 
dant, et qui conserve à titre onéreux le 
cheval dont il était détenteur à titre gratuit, 
a droit à faire déduire sur le prix d'achat 
un nombre d'annuités (ou demi-annuités) 
égal à autant de septièmes que le cheval est 
resté entre les mains de l'ofticier et qu'il 
s'est écoulé d'années depuis celle dans la- 
quelle le cheval a pris 9 ans, sans que la 
somme à rembourser puisse descendre au- 
dessoiis de 3/7. Le droit aux annuités peut 
même èlri> repoité sur un autre cheval dans 
des conditions diMerminées. 

ANNULATION. Action d'annuler, de 
rendre nul un ;ic|e, un contrat ou une pièce 
de cumplabilité lorsque certaines causes ren- 
dent ces docnmiMitsde nulle valeur. A la fin 
de ch.Tqiie exercice, les excédents des crédits 
délé;'uéi |mr les Chambres, et qui n'ont pas 
été entièrement employés, sont frappés d'an- 
nulation, sauf à ouvrir de nouveaux crédits 
sur l'exercice suivant, si c'est nécessaire. 

ANNEXION. Aition d'annexer, de réunir 
une |iii)viiice on une iiartie de province à un 
p;iys .mire qne la pairie piimitive. 

ANSE. Dans une bouche à feu, les anses 
ont pour but de faiiliter les manœuvres de 
force de cette dernière. H y- en a deux dans 
les anciemies pièces en bronze, à l'exception 
des mortiers qui n'en ont qu'une. Il n'y en 
a pas dans les nouveaux canons en acier de 
petit calibre se chargeant par la culasse; les 
gros en ont une et les très gros deux. 

— de panier. Courbe souvent emjdoyée 
dans la consii nction des routes et formée 
par le ra.coidement de trois .ircs de cercle. 

— de bombe. Anneau de fer placé de 
chaipie . .'it.' .).• |:i bomite jiour la saisir. 

ANSETTE. ^orte d'.aiaclie dans laquelle 
on p.KM' le ruban d'une croix d'ordre. 

ANSOINE. Ancienne denooiiofiiioo de 
l'enseigne de guerre. 



42 ANTISTROPHE. 

ANSPECToM BARRE d'anspect. Sorte 

de pince on île levier, genéralenient en bois, 
dont le gros bout, taillé en sifllot, est garni 
de fer; sert pour la manœuvre de l'artillerie 
de gros calibie de la marine et, on général, 
de tous les gros poids, à bord. 

ANSPESSADE on ANCEPESSADE. 
DiTiNé (le liiiicc spczziiln, lance rompue ; ce 
mot désiitnailau début les chevaliers qui, 
obligés de servir à pied momentanément, 
rompaient leurs lances à la longueur des 
hallebardes de sergent. Le grade, qui exista 
depuis François ['^'■jusqu'en 1762, répondait 
à peu près à celui de caporal de notre 
époque. 

ANTÉCÉDENTS. Actes de la vie passée 
d'un honinie : ce môme mot désigne aussi le 
prenijei icinic d'un rappoi't. 

ANTECESSORES ou ANTICESSO- 
RES. Cavalerie légère formant l'avanl-gaiile 
dos armées romaines on man-ho. 

ANTEPILANI. Soldats formant los doux 
jiiemiers rangs {kastaires et j^^'i-'^^^s) de la 
légion romaine en ordre de bataille. Ils 
étaient ainsi placés devant los pilani ou 
Iriinii, qui t'urniaicnl 1(> troisième ranu. 

ANTESIGNANI on ANTESIGNAIRES. 
Honnnes choisis, chargés do défendre los 
enseignes dans la légion romaine. 

ANTESTATURE. Barricade ou retran- 
clieini'iil improvisé formé do gabions, fasci- 
nes, sacs à lene on i>alissades. 

ANTICIPATION. Action de devancer, 
par exemple, un payement. Le juot s'emploie 
aussi pour désigner un empiétement. 

Les engagés volontaires et coitaines autres 
calégorios do jeunes gens (art. 59 de la loi 
du 15 juillet 1889) sont autorisés à béné- 
ficier d'anticipations de services dans des 
coiidilions (iêterminéos. 

ANTIMOINE. Métal d'une structure fine 
cl grenue ol d'une couleur blanc lilonàfre 
lorsqu'il est pur. On l'emfiloie pour obtenir 
des balles en plomb durci, en l'ajoutant au 
plomb dans la proportion do 1/10 à 1/20. 
On l'utilise aussi pour obtenir dos llammes 
très blanches et à reflet très lumineux, ainsi 
que pour la préparation de la roche à feu. 

ANTISEPTIQUE. Qui empêche la pu- 
Iretaction. On sait que l'une des consé- 
quences immédiates les plus r(>dontables des 
blessures de guerre est la gmigrènn qui se 
mot dans la plaie et qui est, le plus sou- 
vent, mortelle. 

On est arrivé, depuis plusieurs années, à 
préserver los blessés de cotte terrible ma- 
ladie on omployanl les pansements nntisep- 
tùiiii's, dont la base est Vacide phénique ol 
la ouiilp. 

ANTISTROPHE. Monvemont on usage 



ANTRÉdïkIÈTRE. 



43 



APPAREILS. 



dans les arniêos grecques et qui avait iiour 
but de rétablir la troupe sur son terrain pri- 
mitif par un contre-mouvement ; espèce de 
conrersion. 

ANTRÉOMÈTRE. Instrument qui sert à 
vérifier la j)ointure des elïets de coitTure et 
dont, par déiision ministérielle du 8 juillet 
1879, les commissions de réception, même 
di's corjis de ti'oupe, doivent être nmnies. 

ANTRUSTION ou LEUDES. Volon- 
taires ou nobles qui, chez les anciens Ger- 
mains, se liaient à la personne d'un jirince 
et le suivaient dans ses expéditions comme 
chefs et compagnons. 

Chez les Francs, ils furent appelés leudes 
et obtiinent de larjres bénélices en terre ; ils 
furent lorigine de la noblesse et de la féoda- 
lité. 

APERTISE ou APPERTISE. Terme de 
che^alerie si^rnitiant dextérité dans la con- 
duite de la guerre, luibiletê dans le manie- 
ment des armes blanciies, supériorité dans 
la lutte des tournois. 

APEX. Partie du casque romain à la- 
quelle était attachée la crinière en crin de 
r|)..v.:il. 

APLANÉTIQUE (V. Réflecteur). 

APLOMB. Le mot d'aplomb signifie ver- 
tii'alement. Le corps d'aplomb est une ex- 
pression qui veut dire que le haut du corps 
doit rester bien vertical quelle que soit la 
jiosition des j.'inibes. 

Les aplombs du cheval se disent de la 
position des jambes, comparée à la verti- 
cale. 

APOCOGUE. C'était Vabduclio des tacti- 
ciens latins, mouvement consistant à former 
en i-oloinie nue ligne de bataille. 

APOMAQUE, soldat grec, trop îigè pour 
continuer à servir ; âge de la retraite, géné- 
ralement fixé à 60 ans. 

APOMÉCOMÊTRIE. Art de mesurer les 
distances au moyen du nombre de pas éta- 
loimés, du degré de vitesse et de la durée 
lioraire des mouvements ; sert dans les levers 
au jjas et, d'une manière générale, pour se 
former le coup d'œil. 

APPAREIL. -Machine, instrument ou 
dispositif nécessaire pour exécuter quelque 
opération ou pourfabriquer quelque produit; 
terme chirurgical : substances médicamen- 
teuses, bandes, compresses, éclisses, etc., 
dont on se sert pour le pansement des plaies, 
des fractures, etc.; terme d'architecture : se 
dit de la coupe et de la pose des pierres, 
surtout pour les voûtes. 

— alimentaire Giffard. Consiste en 
deux tubes nnH.'illiques logés l'un dans 
l'autre, de telle sorte qu'un jet de vapeur 
arrivant de la chaudière dans le tube inté- 



rieur et s'en êchap])ant par l'extrémité 
conique vienne frapper l'eau qui arrive dans 
le tube extérieui- et la ciiasse dans la chau- 
dière. Cet appareil peut ainsi tenir lieu de 
pompe. 

— de détente. Dans un fusil se diar- 
geant par la culasse, l'aiipareil de détente, 
compris dans la boîte de culasse, se compose 
d'un ressort-gdchette servant à maintenir le 
chien à l'armé au moyen d'un bec faisant 
saillie dans l'intérieur de la boîte, et d'une 
détente sur laquelle on jiresse pour faire ren- 
trer le bec de gâchette et partir le coup. 

— d'éclairage (V. Èdairaiie) . 

— électrique. Les appareils électriques 
ein|)loyés dans l'armée sont destinés à mettre 
le feu aux fourneaux de mine. 11 en existe 
de deux genres : les uns fournissent de 
Vélectricité à faible tension ou électricité 
dynamique pouvant produire l'incandescence 
d'un fîl de platine très fin placé entre les 
extrémités des conducteurs; les autres four- 
nissent de l'électricité statique ou d'induction, 
à forte tension, mais en quantité insuffisante 
pour déterminer l'incandescence d'un fil de 
platine et suscejitihle seulement d'enflammer 
une |)oudre fulminante en franciiissant une 
courte interruption ménagée entre les extré- 
mités des deux conducteurs. 

Au premiei- genre appartiennent les piles, 
et notanmient celles des parcs du génie, 
ainsi que certains appareils fondés sur l'in- 
duction magnéto-électiique. 

Au second genre appartiennent les ma- 
chines électriques à frottement, dont le tj'pe 
est la machine Holtz, et les appareils ordi- 
naires d'induction. 

En généial, on emploie les appareils du 
premiei- genre lorsque l'on ojière a loisir et 
que la mise de feu est préparée assez long- 
temps avant l'explosion, ainsi que cela a 
lieu, par exemple, dans les systèmes de 
mines ; les appareils du second geni-e s'em- 
ploient de préférence dans les autres cas. 

— à soulèvement. Dispositif employé 
pour faciliter le pointage en direction des 
affûts à soulèvement, au moyen de galets 
disposés de manière à permettre de soulever 
la crosse sans effort, et de transformer le 
mouvement de glissement en un mouvement 
de loulement. 

— de pointage. Appareil qui sert à 
pointer une bouche à feu, c'est-à-dire à la 
disposer de façon que la trajectoire passe 
par le but. 

Dans les canons de campagne, l'appareil 
de pointage en hauteur consiste en une vis 
nme ]tar une manivelle. La vis a une direc- 
tion fixe et ne peut prendre qu'un mouve- 
ment de rotation autour de son axe ; par 



APPAREILS. 



APPAREILLAGE 



siliU', ri'croii iiicnd nu mouvcnu'iil do Iraiis- 
liitioii <iiivaiit fctio ini^iiii» iliroclioii. Dansée 
mouvement, il eulraîue \uie bielle reliée à 
un axe de rotalit)u parallèle à l'elui des tou- 
riliiiiis et fiiiee, par conséqueut, eette Jjielle 
à touruei- autour de ce! axe. A eause de ce 
douille mouvement, il faut que les liaisons 
du système soient mobiles, aussi l'érrou 
poite-t-il des tourillons s'enjraf,'eant dans des 
supports qui peuvent prendre eux-mêmes un 
mouvement de translation par lapport à la 
bielle, au moyen d'une fjlissière ménafcèe 
dans eette dernière. De cette manière, on 
peut donner à l'axe de la pièce un angle 
allant jusqu'à 3r> dejrrés. 

— de sauvetage. Appareil employé 
pour pénétrer dans les galeries de mines 
a(in d'en retirer des hommes asphyxiés 
lorsque l'air est vicié par des explosions. 
Les plus usités sont l'appai'eil à feu de cave 
et l'appareil Deiiayronze. 

L'appareil à feu de cave est celui qui sert 
aux pompiers pour pénétrer dans les caves 
en cas d'incendie. On revêt l'honnue d'une 
blouse en cuir qui le couvre jusqu'à la cein- 
ture et qui est serrée sur les hanches par 
une courroie et, autour des poignets, jtar des 
manchettes en caoutchouc. A hauteur des 
yeux est un verre épais et, au-dessous, un 
sifflet pour les signaux. L'intérieur de l'ç 
vêtement, qui isole absolument l'hounne du 
milieu dans lequel il se trouve, communique 
par un tujau llexible, soit avec une pompe, 
soit avec un ventilateur qui foninit constam- 
ment de l'air respirablc. 

Les appareils Denatjrouze sont au nombie 
de deux et fonctionnent, l'un à basse pres- 
sion et l'autre à haute pression. Ce ([ui les 
caiactérise essentiellement, c'est un n'gida- 
teur automatique que l'Iiomme poite sui lui 
et dont la partie inférieure comnnini(]ne 
avec la sourci- d'air respirabh^ par l'intermi'- 
diaiie d'un long tuyau de caoutchouc qui se 
déroule au fur et à mesure que le mineur 
avance. Dans l'appareil à basse piession, ce 
tuyau aboutit â une petite jiompe foulante ; 
dans lelui à haute pression, il est relié à 
une série de cylindres d'air comprimé que le 
mineur emporte avec lui. La partie supé- 
rieure du même régulateur est séparée de la 
partie inférieure par une soupape, dont l'as- 
piration détermine le jeu et dont on peut à 
volonté faire varier la seusibililc ; elle porte 
deux tuyaux souples dont l'un aboutit à la 
bouche du mineur par l'intermédiaire d'un 
ferme-bouche en caoutchouc vulcanisé, ap- 
pliqué entre les lèvres i-t les gencives et 
tenu entre les dents, et dont l'autre se rend 
à une lampe de sûreté d'une construction 
particulière. 



— de sûreté. Dispositif dont est nmni 
le mécanisme de culasse des arwiex jiorla- 
lives, en vue de prévenir les accidents qui 
peuvent se produire lorsque rbonnne est 
a|)|ielé à marclier on à manœuvrer, j'aiine 
étant cliaigée. 

— télégraphique. On utilise, dans 
l'armée française, deux ap|)ai'eils de télégra- 
phi(> électrique : l'apjmreil modèle 1868 et 
l'appareil modèle 1874. Ils sont tous les 
deux du systêin(; Morse et ne dilfèrent entre 
eux (fue |)ar l'agencement de leurs divers 
éléments (V. Télégraphie militaire). 

On utilise également, dans l'armée fran- 
çaise, deux api)areils de télégraphier optique: 
l'appaieil de canqiagne à lentille, qui est 
portatif et a une portée de 10 kilomètres; 
et l'appareil de [losition, appelé aussi appa- 
reil télescopique, qui est lixe. mais a une 
portée beaui'oup plus considérable que le 
précédent et peut permettre la communica- 
tion jusqu'à 120 kiloniètres de dislani'e 
(V. Télàjraphie militaire). 

— de tir à mitraille des mortiers. 
Divers a|)pareils sont emploies pour rem- 
placer le tir à mitraille du [lierrier par le tir 
d'obus, de grenades et de boulets dans les 
mortiers de tous calibres; ces ap|iai'(îils con- 
stituent de véritables projectiles pour les 
murtieis. 

L'appareil Moisson (du nom de son in- 
venteur) se compose d'un baril cou|)é en 
deux, recevant 50 kilogr. de jioudre, sur le 
fond duquel on fixe perpendiculairement un 
tampon prisinati(iue en bois qui i)cut s'en- 
gager dans l'âme du mortier en venant 
reposer sur la charge et en assujettissant le 
deini-baiil sur la tranche de la bouche. Des 
obus et des grenades sont rangés par couche 
dans l'aiipareil l'œil en bas, la fusée dé- 
cdiflee. Les gaz de la charge du mortier 
]iassent à travers des trous ménagés de ma- 
nière à permettre au feu de se comnumiquer 
aux divers projectiles. Au moment de l'ex- 
plosion, l'appareil entier est projeté et les 
projectiles sont dis|)ersés dans l'air. 

L'appareil à tige cannelée se conqwse 

d'un sabol en bois dur, icnfurcé par un disque 
en fer sur lequel est fixée veilicalement une 
tige de même métal. Un manchon cylin- 
drique en bois est engagé sur cette tige et 
porte 6 cannelures longitudinales. Le sabot 
étant introduit dans l'âme du mortier conlie 
la charge, on dispose les pi'ojectiles autour 
du manchon de telle sorte qu'ils soient main- 
tenus jiar les cannelnies de la tige et les 
p.'irois de l'âme. L'exphtsion et la dis])ersion 
ont lieu comme dans l'appareil ])récéd<'nt. 

APPAREILLAGE. iMisemble des ma- 
meiures qu'on exécute jiour lever les ancres 



APPARITORES. 



4o 



APPORT DOTAL. 



et oritMiter les navires, lorsqu'on veut 
prendre la mer. 

APPARITORES. Hommes qui servaient 
les triliuns militaires dans les armées ro- 
maines. 

APPASTIS ou PACTIS. Contribution 
de guerre dont on frappait anciennement le 
pays eonquis. 

APPEL. Action de dênonnner à haute 
voix les militaires qui doivent se trouver à 
un certain endroit à un moment donné, atin 
de constater leur présence. 11 est fait un 
appel à cliaque rassemblement de troupes, 
soit pour un exercice, soit pour une revue, 
soit pour une corvée, soit pour tout autre 
service commande. lndé[)endamment de ces 
appels, le règlement sur le service intérieur 
en prescrit deux autres : un le matin, l'autre 
le soir (V. Service intérieur, article 48). 

On donne également le nom d'appel au 
signal qui se fait avec le tambour, le clairon 
ou la trompette pour assembler les soldats. 

En matière de recrutement, l'appel d'une 
classe comprend les opérations suivantes : 
foiination et affichage des tableaux de recen- 
sement, tirage au sort, établissement de la 
liste de recrutement cantonal i)ar le conseil 
de revision, établissement du registre matri- 
cule par le commandant du recrutement, 
répartition du contingent, enfin, appel à l'ac- 
tivité, c'est-à-dire convocation sous les dra- 
peaux (V. Becrulement). 

Pour les appels des réservistes et de 
l'armée territoriale, voir Convocation. 

En terme de droit, l'appel est un leconrs 
à un tribunal supérieur contre une sentence 
prononcée par un autre tribunal d'un ordre 
inférieur. En ce qui concerne la justice mili- 
taire, on peut faire appel des jugements des 
conseils de guerre devant les conseils d<' 
revision . 

APPELÉ. Jeune soldat qui fait partie 
d'une classe appelée sous les drapeaux. 

APPELER. Faire un ajipel ; convoquer 
unc^ ou ])lusieurs classes sous les drapeaux. 

APPELLATIONS militaires. Le supé- 
rieur parlant à un inférieur l'appelle par 
son grade, en ajoutant le nom, s'il le juge à 
propos. L'inférieur parlant à sou supérieur 
l'appelle par son grade, précédé du mot 
« mon » ; quand il s'adresse à un caporal 
ou à un sous-officier autre qu'un adjudant, 
il l'appelle simplement par son grade. 

Tout militaire parlant à un dignitaire, à 
un fonctionnaire ou à un employé mili- 
taire, l'appelle par sa qualification, sans 
distinction de classe, précédée des mots 
<c .Monsieur le ». 

Le Ministre de la guerre, les maréchaux 
de Fiance, le grand chancelier de la Légion 



d'honneur, les gouverneurs militaires de 
Paris et de Lyon, les gouverneurs désignés 
pour les places fortes, sont toujours désignés 
par leur titre précédé des mots <( Mon- 
sieur le » . 

Mais ni dans la correspondance, ni dans 
le service, un officier ne doit être appelé 
ofiiciellement par le titre nobiliaire qu'il 
I)eut avoir. 

APPENDICE. Orilice béant laissé à la 
partie inférieure du ballon, pour permettre 
de remplir celui-ci et aux gaz dilatés de 
s'échapper, sinon l'envelopjje éclaterait. 

Cet appendice est formé d'un cylindre en 
zinc, d'environ 0"',30 de diamètre, terminé 
par une manche donnant libre issue aux 
gaz et venant se fermer par la pression seule 
de l'air, de manière à empèchei- l'entrée de 
celui-ci quand le l)allon n'est pas plein. 

APPLICATION de peine. L'application 
de la [leine est jnuiionrée, sur la réquisition 
du conmiissaire du Gouvernement, jiar le 
l)résident du conseil de gueire, après qu'il a 
pris et fait connaître l'avis de celui-ci sur la 
culpabilité du préveim. L'article 74 porte 
que la fausse application de la loi est un cas 
d'aimulation du jugement, et, si celle-ci est 
prononcée uniquement pour' ce cas, l'affaire 
est renvoyée devant un autre conseil de 
guerre, qui n'a à se prononcer que sur l'ap- 
plication de la peine. 

Tout militaire est pvuii de la dégradation 
pour application frauduleuse ou tentative 
d'ajjplication frauduleuse de sceaux, timbres 
ou maiifues militaires dans un but de 
fraude. 

APPOINT. Monnaie que l'on donne pour 
parfaire un payement, lorsque celui-ci ne 
peut se faire avec les espèces principales. On 
donne également ce nom à la quantité de 
vivres, de denrées, de marchandises qu'il 
faut ajouter pour parfaire un lot constitué 
au moyen de récipients d'une capacité déter- 
minée. 

APPOINTEMENTS. Rétribution pécu- 
niaire attachée à une place, à un emploi 
civil. Cette rétribution porte le nom de trai- 
tenœnt loisqu'il s'agit d'un fonctionnaire et 
de solde lorsqu'il s'agit d'un militaire, quel 
que soit d'ailleurs son grade. 

APPORT dotal. Apport que doit ap- 
porter en mariage la future d'un officier, 
dans le cas où la solde annuelle de celui-ci 
est inférieure à 5,000 francs. La quotité de 
l'appoit dotal a été fixée à un revenu non 
viager de 1200 francs au moins, représen- 
tant un capital de 24,000 francs. La décla- 
ration d'apport de la future est faite par acte 
notarié, qui porte le nom de projet de con- 
trat de mariage. Ce document est joint à la 



APPOSITION. 



H> 



APPROCHES. 



ili'ni;iridi' de rnlïnii'r, pour obtenir l'autori- 
s;itioii (le si< mai it>i'. Il n'crfl |ms tenu <-oni|iti', 
dans la (-oni|uisition de ra|)[)oi't dotal, de la 
valeur alliilméi' aux effets, bijou \ ou autres 
objets mobiliers composant son ti'ousseau, ou 
ijui i>eu\ent lui ùlve donnés à l'oiTasioii de 
son mariaj,'e ; eet apport ne peut être eon- 
slitué ni en ar;.'enl comptant, ni en valeurs 
au porteur, mais les valeurs reposant sur de 
boimes jraranties et insciites uu nom d'un 
donateur <{ui déclare les affecter à la con-ti- 
tution de la dot de la future épouse, sont 
acceptées dans la déclaration d'a|ipurt. 

APPOSITION. Upérali.m (|ui ci.nsiste à 
placer un limljre uu des scellés... Elle a en 
principe pour but, dans le cas de décès d'un 
militaire, de réserver les droits des béritiers, 
des créanciers et de l'État. En temps de 
pai\, à l'intérieur, ce sont les juges de paiv 
cjui ajiposent les scellés ; en catnpagne, ce 
sont les fonctionnaires de l'intendance ou. à 
défaut, le cbef de corps ou l'officier le plus 
élevé en jrrade. 

APPRÉCIATION des distances. Lupé- 

ratioii, liés iiii|Mii l.iiilr, d'apiirécier, sans la 
mesurer direcicment, la distance qui sépare 
le tireur du point visé, se fait soit à vue, 
soit à l'aide d'instruments. 

Four apprécier les distances à simple vue, 
il faut une ,i,'rande Jiabileté et encore, mal^né 
toute l'aptitude ou l'babileté |iussiljle, l'éva- 
luation ne présente aucune garantie d'exac- 
titude. 

Les instruments servant à celle a|)pré- 
ciutiuii peuvent être classes en deux es- 
I)èces : 

1° Ceux qui permettent d'obtenir la dis- 
tance cbercbée à l'aide d'une slalioa auxi- 
liaire, par la résolution grapbique ou numé- 
rique d'un triangle ; ce sont : la boussole, 
IVv/utrrc d'arpenteur, le grapkoinètre, la 
planckelle et l'alUlade, etc.; 

2° Ceux à l'aide desquels on peut obtenir 
directement la distance, au moyen d'une 
base très courte donnée par l'une des parties 
de l'appareil, et dont il faut mesurer une 
autre partie pour obtenir des liiangles sem- 
blables. Celte partie est mesurée au moyen 
de règles, décaiHélres, ckaines, etc., si elle 
est accessible, et, dans le cas coniraire, à 
l'aide de tcléinctres ou de sladiris (V. ces 
molsj. 

— des angles. Ne peut guère se faire à 
vue, mais uniquement avec des instruments 
à liiniie cuvulaire, tels que : la boussole, 
W'querre d' arpenteur , lo ijraplwmélre, le 
jmntoiiiélri', t-w. 

— des pentes. Ne peut se. faire assez 
exactement ipi'.i l'aide d'instruments don- 
nant la pente lelativement à la verliiab; 



(boussoles à main, niveau liurrl, niveau de 
//(«(■rt/i, roUiinalcar, etc.). 

L'appréciation des pentes à vue est foi't 
peu exacte, car il faut avant tout déterminer 
la position d'un plan hoiizontal passant par 
l'œil, l(M|uel sera rarement exact et devra 
être reclilié au moyeu d'un instrument; pri- 
mitif au besoin. On en inq)rovise un de cette 
es|)éce en atlacbant, aux deux extrémités 
d'un crayon, deux fds de même longueur 
léunis de manière à former un triangle iso- 
cèles ayant le crayon pour base et la jonction 
des (ils |»our sommet ; on rend le crayon, 
que l'on tient à bauteur de l'oîil, horizontal 
en suspendant l'ajqtareil au [loint de jonc- 
tion des lils, et l'on a ainsi un plan de com- 
paraison. 

APPRÊTEZ vos armes. Commandement 
(|ui a\ :iit autre t'ois pour oljjet de faire prendre 
a l'arme à feu du soldat une position fixée 
permettant à celui-ci d'être prêt à faire feu. 

APPROBATION. Les procès - verbaux 
}iuui perte ou dégradation d'effets à mettre 
à la charge de l'Ktat sont approuvés par les 
sous-intendants militaires jusqu'à 50 francs, 
par les intendants militaires jusiju'à 100 fr., 
et, au-dessus de 100 francs, par le .Ministre. 

APPROCHES. Dans l'attaque métlio- 
dique d'une place, on doime le nom d'ap- 
proches aux travaux dont les pi'océdés 
d'exécution sont parfaitement définis et sont 
l'onnnencés par l'établissement de la pre- 
miéie parallèle. Ils constituent ce qu'on ap- 
))elle Vattaque rapprocliée et conduisent nié- 
tliudiquemenl jusque dans les ouvrages, tout 
en se mettant à couvert des feux de la 
place. 

Les approches comprennent : 1° des pa- 
rallèles ou places d'armes, vastes tranchées 
à peu près |taiallèles à la place, servant ix 
j)rotéger les tranchées, à relier les chemine- 
ments, à recevoir la garde de tranchée, à 
permettre la circulation du matériel sur 
roues ù couvert : leur nombre dépend de la 
distance à laquelle la pi'emièie a été établie 
de la crête du glacis, nuiis n'est jamais infé- 
lieur à trois : 2° des chcminetiiaits, nommés 
aussi boyaux de comiiiunicalion ou zigzags, 
travaux de sape servant à relier entre elles 
les parallèles et dirigées aussi directement 
que possible vers la |>lace sans risquer d'être 
enljlés ; 3" des de}ui-paraUcles ou tranchées 
qui n'embrassent qu'une face d'un ouvrage ; 
4° des halti-rii's de 1'''^ position construites 
avant l'ouverture de la l""" parallèle, et qui 
ont pour but de désorganiser les éléments de 
la lésistance avant qu'on entame les attaques 
rapprochées ; elles peuvent être remplacées, 
dans ceitains cas, par d'autres plus avan- 
cées dites de '2'^ écliclon ; o° des batteries de 



APPROFONDIR. 



47 



APPUI 



2"= position, encore plus rappiochoos, éta- 
blies sûus la piûlectioii de la i"^' parallèle et 
un \wu en arrière, pour aiiiever de désorga- 
niser les éléments de résistance de l'assiégé; 
6° queUjuefois des travaux île contremines, 
lorsque la place est pourvue d'un système de 
mines. 

Les travaux d'approches, toujours très 
longs et pénibles, ne doivent être employés, 
comme le siège régulier, que loisquil n'est 
pas possible de venir à bout plus facilement 
et plus rapidement de la résistance de la 
place, qui est prise infailliblement par cette 
mélbude si elle nest pas secourue. 

APPROFONDIR. Creuser plus avant, 
rendre plus inofond. En général, les tran- 
ché''s que l'on construit sur les champs de 
bataille ou dans un siège ne reçoivent d'a- 
bord que la profondeur strictement néces- 
saire pour abriter les hommes, car il importe 
avant tout d'aboutir et de leur donner un 
développement suflis^mt ; mais si l'on dis- 
pose ensuite de temps, on les approfondit 
afin de mieux couvrir les défenseurs. 

Ce mot s'emploie aussi au ligure et signifie 
pénétrer plus avant dans la connaissance de 
quelque chose. 

APPROVISIONNEMENTS. Rassemble- 
ment (if deiuccs, (i'i'tlVts un de matériel 
nécessaires aussi bien pour le service dos 
subsistances que |)our ceux de l'artillerie et 
du génie à l'armée. Les approvisionnements 
sont divisée en deux catégories: 1" Ifs. ap- 
provisionnements de la réserve de guerre ; 
2° les approvisionnements du service courant. 

1° Les approvisionnements de la réserve 
de guerre comprennent les denrées et le ma- 
tériel entretenus d'une manière permanente 
en vue de la mobilisation de l'armée. L'im- 
portance de ces approvisionnements est fi\ée, 
pour chaque place et pour chaque service, 
piiT le Ministre de la guerre, qui adresse une 
expédition de l'état de fixations à chuque 
chef de service et à chaque conseil d'admi- 
nistration intéressé. Les approvisionnements 
fixés doivent être constamment entretenus 
au complet et en état d'être employés pour 
un service de guerre. Il est fomiellement 
interdit de les mettre, même temporaire- 
ment, en service, en dehors des cas réglemeo- 
tairement prévus ou d'un oixlre du Ministre 
de la guerre. Les prélèvements destinés à 
assurer le renouvellement des approvision- 
nements de réserve doivent toujours être 
compensés par des entrées préalables, aux- 
quelles ces prélèvements sont .subordonnés. 
Ces appro\'isionnemeuts tont constitués de la 
manière suivante : 

a. Les approvisionnements des transports 
stratégiques, constitués dans des stations- 



halte-repas, et destinés à assurer la nourri- 
ture des honnues et des chevaux pendant les 
transports stratégiques ; 

6. Les approvisionnements de i'^ ligne 
comprenant â jours de vivres et d'avoine 
du sac, 2 jours de vivres et d'avoine, des 
convois régimentaires, 4 jours de vivres et 
d'avoine des convois administratifs, soit 
8 jours de vivres en tout ; 

c. Les approvisionnements de concentra- 
lion, formés en temps dt^ paix et transportés, 
dès les premiers jours de la mobilisation, sur 
des points désignés comme centre de fabri- 
cation du j)ain, à j)roximité des cantonne- 
ments ; 

(/. Les approvisionnements des 20 jours, 
constitués en tout tenqis dans toutes les 
places de garnison et destinés à assurer la 
subsistance des honunes et des chevaux 
pendant les 20 premiers jours de la mobili- 
sation ; 

e. Les approvisionnements de siège, dont 
l'importance est variable suivant que la 
place forte est plus ou moins exposée à être 
investie dès le début de la guerre, suivant 
les facilités que l'on aurait de la lavitailler 
au moment de la déclaiation de guerre, enfin, 
suivant la durée probable de la résistance de 
la forteresse ; 

2° Les approvisionnements du service cou- 
rant sont destinés à assurer les besoins régu- 
liers du servii-e courant, sans que la réserve 
de guerre soit jamais entamée. La moyenne 
des approvisionnements à entretenir dans ce 
but est déterminée par le Ministre de la 
guérie. Les achats effei-tués par les différents 
services doivent être constitués de manière 
à é\iter que, au 3i décembre de l'année, la 
situation d'ensemble des instants accuse des 
quantités supérieures aux fixations arrêtées 
par le Ministre. 

APPROVISIONNEZ . Commandement 
auquel le soldat, daiis l'une des positions du 
tireur, doit garnir le magasin de son arme 
des 8 cartouches qu'il doit contenir. 

APPROXIMATION. Degré d'exactitude 
qu'il est possiblr d'ulitenir, soit dans la lec- 
ture des instruments de topographie (un 
dixième de millimètre), soit dans la lecture 
des cartes (un cinquième de milliniètie). 

APPUI. Protection procurée par des ob- 
stacles ou des troupes à un terrain ou à des 
troupes dont la position n'est pas assez forte 
sans le secours des premiers. 

— de tir. Instrument servant à l'officier 
de tir pour déteiniiner, avant le commence- 
ment du tir, le point moyen à viser. 

Cet ajjpui se compose d'une tablette mo- 
bile en bois, iecou\erte d'mi coussin et 



APPUYER. 



48 



ARBITRAIRE. 



portée par uni' ti^'o, qui scil à nioiUcr ou ;i 
aliaissiT la talilette à la volouté du tireur. 

— pour les roues, liaiules de fer ayant 
jKiur liut il"i'\ilc'i, dans les louinants trop 
bruscpies, toute dc^'iadalion au coips des 
Noitures, de l'aililleiie et des trains. 

APPUYER. FrntiVer une troujte, un ou- 
vra;:c'. niic |iiisition eontre les attaques de 
l'ennend, si;:nilie aussi rendre inattaquable ; 
les aili's d'une |)osition doivent être a|(pn_vées 
à des obstacles naturels très forts, etc., etc.; 
appuyer une Iroupe sii;niGe venir au secours 
de l'etli' troupe ou inarcber à son ap|)ui ; 
appuyer d'un certain côté signilie, puni' une 
troupe en niarcbe, frairner du teriain du côté 
indiipié. vers lequel tous les bommes du 
même ran;; doi\ent sentir le coude : il en 
est de même dans les alifrnenuMits. 

Le mouvement appuyer, en équilaliou, 
consiste ii faire marcber un cheval de ma- 
nière que les é|)aules et les hanches parcou- 
rent deuv jiistes [laralléles. De même, donner 
un point d'appui au cheval c'est le laisser 
appesantir sur la main tout en le jioitanl 
éner,i.'iquement en avant. 

APTITUDE. Conditions à remplir pour 
être rfniiimi propre à certains services ou 
em|ilois. Un certificat constate frénéialement 
cette aptitude. 11 y a le certificat d'aptitude 
iinhldire constatant qu'un jeune soldat 
léuiiit les conditions d'aptitude piiysique 
voulues pour s'cn^'ager dans l'aime, ou <{u'uii 
militaire |)('ut se reniîajrer ; le certificat d'ap- 
litudc profession Mlle jjour entier dans cer- 
taines armes ou certains services (ouvriers 
d'aitilli'ili', ouvriers d'administration). 

APUREMENT. Vérification définitive 
d'un luniptc jiour s'assurer (pie toutes ses 
jiarlies sont en ré;,'le ; à la suite de ces opé- 
rations, \i' com|)table est reconnu ({uitle. 

AQUILIFER. Synonyme de porte-aif;Ie. 
Priinip.il ciisiM^jne d'une légion. 

ARABE. Peuple f,'uerrier, de race sémi- 
tiqnr, ori^jinaire de l'Arabie et qui, dans les 
prcmicis siècles de l'ère chrétienne, s'est 
répandu dans le nord de l'Afrique et dans 
le midi de l'Euiope sous le nom de Maures 
ou de Sarrasins. Ils forment une notaljle 
partie de la popul.'ition indigène de l'Algérie 
et de la Tunisie, mais il ne faut pas les 
i-iinfoiidre avec les Kabyles, (jui sont de race 

bellièie. 

ARAIGNÉE. Espèce de .système de mine 
se ciiriipo^Miit lie rameauv divergents parlant 
d'un même |iuinl et terminés |»ar des foui- 
noau\ auxquels on mettait le fen simullaiié- 

meHt. 

Le mot et la cbose ne sont plus em|iloyés 
aiinelli'inenl. 

ARBALETE, .\rnir emiilovée an nioveii 



âge et consistant en \u\ arc do petite dimen- 
sion composé d'une branche de métal, de 
bois flexible ou de corne, aux deux extré- 
mités de laquelle était fixée une corde de 
boyau de bœuf ou de mouton, qui servait à 
tendre l'arc. Celui-ci était monté sur un fût 
ou arbrier, creusé en rainure pour recevoir 
le jirojeclile ou flèclie. Une espèce de rouet 
d'acier ou 7ioix, engagée dans une fente pra- 
liipiée vers le milieu de la rainure, faisait 
saillie sur l'arbrier et, soutenu jiar une dé- 
tente, il retenait la corde quand l'arc était 
bandé. En pressant avec la main le ressort 
de détente, la noix, n'étant plus soutenue, 
s'abaissait et la corde se détendait en proje- 
tant la flèche en avant avei' une grande 
force d'impulsion. Le fût était terminé par 
une espèce de crosse pouvant être appuyée à 
l'é])aule pour viser et tirer. 

— à jalet. Aibalète de dimensions plus 
petites et dans laquelle le fût avait la forme 
d'un tube ou canon de fusil ; ce fut l'origine 
de l'arquebuse névrobalislique. 

— à tour. Ainsi nommée parce qu'elle 
se tendait an moyen d'un tour ou tourni- 
quet, ou système de treuil à manivelle. Elle 
était alors jilus grosse, jilus lourde et jilus 
précise et fut souvent ainsi em[)loyée dans 
l'attaque et la défense des ])laces. 

— à cric. Plus légère et plus commode 
que la ])rècédeiite ; la corde était tendue au 
moyen d'une crémaillère à crochet traver- 
sant une boîte qui renfermait une roue d'en- 
grenage. 

— de passe. Arbalète de grande dimen- 
sion, ayant un arc de 4 à 5 mètres et lan- 
çant des traits ou des carreaux de l^Sôo à 
2 mètres. Ce n'était plus une machine de 
guerre portative. 

L'arbalète lançait des flèches ordinaires, 
des dards gros et courts appelés carreaux, 
mairas ou (jarrotes pour briser les armures, 
di'S malléoles ou flèches garnies de matières 
inflammables auxquelles ou mettait le feu 
en les Iniiraiil . 

ARBALÉTILLE. Petite arbalète. 

ARBALÉTRIER. Soldat armé d'une ar- 
balète, ([ni fut créé sons Philijipe II et qui 
disparut lors de l'apiiarition des armes à 
feu. Les arbaléti'iers jouèrent un grand rôle 
à Crécy et à Marignaii. On parle d'arbalé- 
triers à cheval à Formose et à Marignan. 

ARBALÉTRIÉRE. Esjièce de créneau ou 
menrlririe ;i travers lequel on envoyait des 
coups (r,irli;ilèle sans se découvrir. 

ARBITRAGE. Juridiction et jugement 
des .-Lchitres en cas de contestations. 

ARBITRAIRE. Oui n'est pas conforme 
aux prescriptions de la loi ou des règle- 
ments. 



ARBITJIE. 

ARBITRE. Celui ijui t'jt thoisi [lour toi- 
iniiior un difforciul. iJaiis raniuV, les arbi- 
ties ont pour rôle de trancher les questions 
douteuses et d'éviter toute invraiseinhlaïue 
daus les frrandes manœuvres. Ils ne doivent 
pc\s intervenir dans la manœuvre. Lorsqu'un 
cas douteux se présente, l'arbitre peut fane 
rétrograder lattaijue, en indiquant la dis- 
tance à laquelle elle devra se reformer, ou 
bien il décide que le moment est venu, pour 
celui qui est attaqué, d'abandonner la posi- 
tion. 11 peut également décider qu'une troupe 
sera neutralisée, en tout ou en partie, pen- 
dant le reste de la manœuvre, ou seulement 
pendant un temps déterminé. Les décisions 
des arbitres sont exécutoires de suite et sans 
appel ; ils veillent eux-mêmes à <'e qu'on .se 
conforme aux ordres qu'ils ont donnés. L'ai- 
bitre qui a pris une décision en informe im- 
médiatement les chefs directs des fractions 
opposées que cette décision concerne ; ceux-ci 
font aussitôt cesser le feu et se portent au- 
près de l'arbitre, qui s'est placé entre les 
deux troupes. La décision de l'arbitre comme, 
ils donnent les ordres nécessaires pour en 
assurer l'exécution immédiate. 

Dans la rencontre de deux détachements 
isolés, aux avant-postes par exemple, et en 
l'absence d'un arbitre, c'est le plus élevé en 
grade des othciers présents qui prononce, 
s'il y a lieu, après avoir pris connaissance de 
la position des deux partis. 11 rend immédia- 
tement compte des décisions qu'il a prises. 
ARBORER. Planter, dresser, déployer au 
vent un drapeau, une bannière ou un pa- 
villon. 

ARBRE. Pièce cylindi-ique sur laquelle 
sont montées les roues ou poulies des ma- 
chines. 

Dans les anciennes platines, l'arbre de la 
noix était un pivot rond dans la partie 
pénétrant dans le corps de platnie, et carré 
dans la partie extérieure recevant le chirn. 
ARBRIERfV. Arbalète). 
ARC. Arme de jet la plus anciennement 
connue. Se composait dune tige de bois ou 
de métal dont les extrémités étaient légère- 
ment recourbées et tendues par une corde en 
boyau sur laquelle on engageait la coche de 
la fUclie que l'on voulait projeter en avant. 
La forme de l'arc a peu varié à travers 
les âges, mais ses dimensions et les maté- 
riaux dont il se compose sont variables avec 
les temps et les peuples. C'est l'élasticité du 
bois ou du métal qui donne sa force à l'arc, 
lequel est d'autant plus puissant qu'il est 
plus long et plus fortement tendu. A disparu 
avec les armes à feu, mais encore en usage 
chez les peuplades sauvages. 



19 



ARCHITECTURE. 



— de cercle. Portion de la circonférence 
dont la mesure donne celle des angles. 

— voltaïque. Lumière éclatante et con- 
tinue piodnite dans le circuit d'une forte 
pile électrique entre deux pointes de charbon 
de cornue maintenues très rapprochées. 

— à jalet. Petite arbalète avec laquelle 
on pouvait lancer des balles. 

ARCADE. Partie de l'arçon formant 
voûte en arc. 11 y en a deux dans un hdt. 

ARCANGELET. Petite arbalète à balles 
et à traits ; différent de Varclielet ou petit 
arc. 

ARC-BOUTANT. Pièce inclinée s'ap- 
puyant sur le sol pour consolider une con- 
struction. Souvent employé dans les abris 
ados.sés à un massif de terre, surtout dans 
les parallèles, pour leur permettre de ré- 
sister aux coups d'écharpe. 

Dans l'affût de place, Varc-boutant dé- 
signe une pièce de bois inclinée soutenant le 
montant vertical portant les encastrements 
de tourillons. 

ARCHE. Voûte d'un pont. 

ARCHEGAIE ou ARCHE-JAYE. Lance 
en usage chez les Gaulois et les Francs, 
qui s'en servaient à cheval ; elle consistait 
en un fer pointu très étroit emmanché sur 
une hampe légère. 

ARCHÉOLOGIE. Science ayant pour 
objet la connaissance de l'antiquité, monu- 
ments, coutumes, armes, aussi bien mili- 
taires que civils. 

ARCHER. Soldat armé de l'arc et, par 
suite, aussi ancien que celui-ci. Formèrent 
en France des compagnies régulières sous 
Charles Vil et disparurent sous François P"". 
Les Anglais les conservèrent jusqu'en 1643, 
II existe même encore aujourd'hui , en 
Ecosse, une compagnie d'archers volontaires. 
On rencontre également en France de nom- 
breuses compagnies d'amateurs dites d'ar- 
clters. 

ARCHET. Instrument en acier, en fer ou 
on baleine, employé souvent pour percer des 
trous, et de même forme que l'archet d'un 
violon ; la corde s'enroule autour de l'outil 
portant le foret et lui communique un mou- 
vement de rotation rapide. 

ARCHIERES. Créneaux ou meurtrières 
pratiquées dans les murs d'une forteresse et 
par lesquels les archers envoyaient leurs 
tlèches aux assaillants. 

ARCHISTRATÉGIE. Stratégie suprême, 
ou commandement momentané des armées 
grecques. 

ARCHITECTURE militaire. Science 
qui s'occupe de la partie des bâtiments ou 
fortifications servant exclusivement à des 
usages militaires. Ce service, qui comprend 

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ARCHITONNÈRRE 



les pcnrps les plus divois, ineomho ai-tucllc- 
inent à l'arnio ilii fn'nic. 

ARCHITONNÈRRE. Machine il.; cuivre, 
appi'lrc au^si riiimii à vapeur, qui lançait 
dos lialles de fer a ^'rand bruit et avec une 
ttvs >:raiide foire. Inventée par ArcliimMe. 
ARCHIVES. Dépôt des minutes des actes 
d'une adinini>tratii)n civile ou militaire. 

Ui noinhre de ces actes est considérabli' 
dans l'adniinislration de la guerre, de sorte 
(ju'il a été nécessaire d'introduire un classe- 
ment raétliodique et uniforme de ces docu- 
ments et de les réduire à ce qui est vérita- 
Itlement nécessaire au service. 

De nondjreuses décisions ministérielles ont 
fi\ô la nature des documents et registres à 
conserver par les corps ou services, ainsi que 
les mesures à prendre pour la destruction 
ou pour la remise au Domaine, au bout de 
périodes déterminées, des papiers devenus 
sans intérêt qui ne feraient qu'encombrer les 
archives et y rendre les recherches plus dif- 
ficiles. Grâce à ces précautions, on est arrivé 
à conserver et à retrouver facilement tous les 
do<;uments utiles à consulter, tout en rédui- 
sant leur volume à des proportions conve- 
nables. 

ARCHIVISTES. La loi du 20 mars 1880 
a i-réi', pour le service des bureaux d'état- 
major, un cori»» spéi-ial d'archivistes, ayant 
le rang d'oflicier, et une hiérarchie propre 
sans assimilation avçc les divers grades de 
l'armée. Les dispositions de la loi du 19 mai 
iH'M leur sont applicables. Us sont chargés, 
sous les ordres des ofDciers employés à des 
fonctions d'état-major, du service des bu- 
reaux et de la conservation des archives. 
D'après la loi du 2i juin 1890, ce personnel 
comprend, au maximum : 

10 archivistes principaux de l'''^ classe. 
33 — de 2« — 

40 archivistes de l''<' classe. 
43 — de 2° — 
50 — de 3e — 

Les archivistes sont placés dans les divci-s 
états-majors de corps d'armée, de subdivi- 
sions du région, des gouvernements militaires 
de Paris et de Lyon, ainsi qu'au ministère. 
En cas de mobilisation, un des archivistes 
employés à l'état-major de chaque corps 
d'armée part avec la portion active. 

Les archivistes employés au ministère de 
la guerre peuvent être mobilisés et placés 
aux états-majors d'armée ; les autres archi- 
vistes restt-nt au siège du conmiandement 
territorial auquel ils sont atUichés. 

Les archivistes des Imreaux d'ètat-major 
ont la même solde, les mêmes prestations tie 
toute nature, les mêmes pensions de retraite 



0(1 ARGANÈTE. 

que les ailjoints du génie et les gardes d'ar- 
tillerie ; ils ont dioit aux mêmes honneurs. 
Le recrutement des archivistes de 3* classe 
a lieu au i-oncours, jiarmi les sous-ofliciers 
des sections de secrétaires d'état-m.aior et du 
recrutement ayant au moins deux années do 
grade l't proposés à l'inspection générale. 

ARCHONTES. Magistrats investis, pen- 
dant 3UU ans, du pouvoir souverain à 
Athènes. L'un des trois était généralissime 
en temps de guerre et, en paix, il avait l'in- 
tendance el jugeait toutes les causes mili- 
taires. 

ARÇON, l'ièce de bois arquée, qui fait 
partie de la chiirpente d'une selle d(M-heval. 
La confection de cette pièce est telhMiient 
importante, au jtoint de vue de la boinio 
confoi niation de la selle du cheval de guerre, 
ifu'on l'a. confiée, en France, à un atelier 
militaire spécial, Valelier d'arçonneric ik 
Snumur. 

ARCUBALISTE. M.iciiine employée par 
li's anciens pour lamuM- des flèches el dont 
on ne coiiiiaiL ]»lus la forme exacte. 

ARCURE. Défaut de fabrication des bou- 
ches à feu en fonte, consistant en une 
inflexion ou soulèvement de la surface exté- 
rieure, 

ARDILLON. Tige métallique terminée 
en pointe, (jui sert à arrêter la courroie 
[lassée dans la boucle dont elle fait partie. 
ARÈOTECTONIQUE. Selon les uns, 
c'était l'art ou la science du général d'armèo, 
la conduite de la guerre ; i)onr d'autres, c'est 
la partie de la science de l'ingénieur mili- 
taire qui comprend l'art de fortifier, d'atta- 
quer et de défendre les places. Enlln, selon 
les temps, l'aréoteclonique a été synonyme 
de stratégie, ou bien ces deux sciences su 
sont complétées réciproquenient. 

ARÊTE. En <oy(ogij'a;j/ue, c'est la ligne de 
séiia ration de deux versants. 

En forli/icalion, c'est la ligne d'intersec- 
tion de deux plans ou deux faces d'ouvrage 
faisant sailli(! ; cette ligne se nomme (joul- 
tiére, dans le cas contraire. 

En armement, il y a les arêtes de lames 
de baioinn^ttes, au nombre de trois, se ter- 
minant en pointe. De même, il y a une ou 
plusieurs arêtes dans la plupart des armes 
blanches, La cuirasse a également, en son 
milieu, une arête hu.sr/ftép formant de chaque 
cAté un plan incliné sur lequel les balles ont 
une tendance a glisser. 

ARGELINOS; Algérinos. Nom donné, 
par les Espagnols, à la légion étrangère qui 
leur fut envoyée d'Algérie par Louis-Philippe. 

ARGANÈTE. Ma.-hine de guerre du 
nioven âge propre à lancer des artifices, des 
lionleli^ et de:-, matières incendiaires. 



ARGENT (#NVOi d). 

ARGENT (envoi d') (V. Vaguemestre). 

ARGENT détonant. Métal d'abord em- 
|iloyé pour la faliricatioii des anioii-os fiilini- 
iiaiites. mais laissé de côté à partir de 1820. 

ARGOULETS. Arquebusiers à elieval. 
dont larijuehuse avait moins d'un mètre de 
longueur. Leur rôle était celui d'éclaireurs 
et de partisans et on les opposait aux bat- 
teurs d'estrade étrangers nonniiés estradiots, 
mais c'étaient en général de mauvais sol- 
dats, peu l'onsidérés, plus propres au pillaj;e 
qu'au combat. On les surnomma même 
croque-moutons et le nom d'argoulet devint 
un terme de mépris. 

Argoulet est aussi le nom dotmé, dans le 
pays de Liège, à des fusils de pacotille fabri- 
qués piiur la traite des nègres. 

ARGYRASPIDE. Troupes ma.édoniennes 
d'élite, couvei tes d'armes de parade argen- 
tées et faisant fondions de gardes du corps. 
Elles se rangeaient sur huit raugs. 

ARIÉS fV. Bélier). 

ARIGOT. Nom doimé aux fifres, flûtes, 
::aloubets, flageolets et aux chalumeaux en 
général ; de là le dicton : boire à tire-la- 
rigot, boire au chalumeau ou flùter. 

ARITHMOMÈTRE. Machùie à calculer, 
d'un emploi fort commode et très régulier 
poui' les ojiérations comprenant un grand 
nombre de chiflfres ; est en usage dans cer- 
tains établissements militaires pour vérifier 
les coni|itc<. 

ARMATEUR. Nom donné à celui ((ui 
arme un navire, c'est-à-dire le pourvoit de 
tout le matériel nécessaire pour naviguer, 
négocier et se défendre. 

ARMATOLES. -Milice grecque delà Thes- 
salie, créée par Sélim I*"" au commencement 
du XVl'^ siècle, qui, destinée d'abord à ré- 
primer les incursions des montagnards Ideples, 
s'unit ensuite à ceux-ci contre les Tuics. 

ARMATURE. Nom donné à des soldats 
primipaux de la milice romaine au temps 
de sa décadence. Se dit aussi d'une bande de 
tôle dont sont garnies les planches de châ- 
lits. 

ARME. Se dit de tout instrument qui 
sert pour attaquer (arme o}fenslve) ou pour 
se défendre {arme défensive). Ces dernières, 
destinées à protéger le corps contre les coups 
de l'adversaire, ne pouvaient seivir que 
contre les armes non à feu et consistent en 
boucliers, cuirasses, casques, armures du 
moyen âge, etc. Elles n'ont plus aucune effi- 
cacité contre les armes à feu, même contre 
les fusils actuels. Il y avait aussi la demi- 
cuirasse, la cotte de mailles ou haubert. 
Les armes offensives sont très nombreuses, 
ont varié suivant les temps, se sont modi- 



o! ARMES. 

fiées et perfectionnées sans cesse ; elles peu- 
vent se diviser connue il suit : 

Armes de main, parce qu'on les tient à 
la main |iour en fraii|tcr l'ennemi par la force 
du bras. Elles comprennent : les armes con- 
tondantes (massues d'armes, casse-tète) ; les 
armes tranchantes (haches d'armes, cime- 
terres); Wsarmes de pointe ou </'cs/oc (épées, 
poignards) ; les armes d'estoc et de taille (sa- 
bres) ; les armes de luist (piques, lances, hal- 
lebardes) : 

1° Les armes contondantes, qui ne 
sont destinées à aj,'ir ((ue par le choc de leur 
niasse, pour assommer ou briser. Elles sont 
d'autant plus à craindre qu'elles sont plus 
lourdes et maniées avec plus de vigueur 
musculaire ; ce sont : la massue, le mail ou 
maillet, le marteau, la masse et le fléau 
d'armes, le casse-téte. Les armes de ce genre 
pouvaient seules venir à bout des armures 
du moyen âge, en les faussant ou en les bri- 
sant, mais elles disparurent dés que les 
armes à feu devinrent d'un emploi pra- 
tique ; 

2» Les armes tranchantes ou de taille, 
dans lesquelles la parti(^ frappant l'ennemi 
est tranchante, c'est-à-dire a une arête aiguë 
facilitant la jiénétration. Les blessures faites 
par ces armes ne sont pas, en général, bien 
dangereuses. Les variétés d'armes tran- 
chantes sont assez nombreuses : haches, fau- 
chards, vouges, guisarmes, hallebardes, cou- 
teaux, coutelas, cimeterres, sabres à un ou 
deux tranchants ; 

3° Les armes de pointe ou d'estoc sont 
celles avec lesquelles on agit par la pointe 
qui, par sa pénétration,, produit des bles- 
sures plus graves et moins visibles que les 
armes tranchantes. Dans cette catégorie, il 
faut classer les javelots, javelines, framées, 
angons, épieux, pilum, lances, piques, épées, 
rapières, poignards, dajiues, sabres droits ; 

4° Les armes de jet, qui servent à lancer 
un projectile avec um(> force produite par 
une série d'efiforts; ce sont : la fronde, l'arc, 
l'arbalète, etc., qui ont précédé et remplacé 
les armes à feu comme machines servant à 
atteindre l'ennemi à distance, pour éviter 
l'attaque corps à corps. Nous ne parlons |)as 
ici des machines de gueiie de l'antiquité ou 
du moyen âge, telles que : balisles, cata- 
pultes, fauconneurs, trébuchets, etc.; 

50 Les armes à feu utilisent la force pro- 
duite par l'explosion des gaz pour obtenir le 
but précédemment demandé aux armes de 
jet. 11 y a des aimes à feu portatives, pou- 
vant être maniées par un seul homme, et 
Tion portatives, exigeant le concours de plu- 
sieurs servants pour pouvoir être tirées ; ces 
dernières portent le nom particulier d'artil'- 



ARMES. 

ierir. Comme arnios à fou porl.itivcs, il faut 
liter les biitons à feu, rnnons el couleirincs 
à wain, arquebuses et mousquets, fusils. 

Lo métal iMii|ili)yé pour la fabricatimi des 
armes a mitu' a\ei' le dejrit' de eivilisalioii, 
e'est-à-dire d'hahileté dans l'usage des mé- 
taux ; de pienr. dans les teniiis préhistori- 
ques, elles s.' sont tiaiisforniées lentement en 
armes de bronze ou de fer, ear les anciens 
ne eonnaissaient ipiimiiarfaitement l'art de 
travailler le fer. L'acier ne vint qu'en der- 
nier lieu et ne fut, pendant longtemps, em- 
ployé que jiour les armures et les lames 
d'épée ou de sabres (armes blauclies); actuel- 
lement, c'est l'acier qui est presque unique- 
ment employé. 

— d'honneur. Sous la première Ftépu- 
blique, on donna comme récompense natio- 
nale, aux militaires ayant accompli des 
actions d'éclat, des armes dites d'honneur. 
Elles furiMil remplacées par la décoration de 
la Légion d'honneur. Elles consistaient en 
sabres pour les officiers, en fusils, carabines 
ou grenades pour les sous-officiers et soldats, 
et donnaient droit à une haute paye de 
5 centimes pour les simples soldats. 

Le mot arme s'emploie aussi pour dési- 
j.'ner l'ensemble des militaires armés de la 
même manière et ayant la même instruction 
et le même rôle en vue de la guerre. Dans 
ce sens, il y a quatre armes : 1° I'ixfan- 
TERiE. marchant et combattant à pied, sur- 
tout avec h- fusil; 2° la CAVALERIE, marchant 
et combattant à cheval, surtout au moyen des 
armes d'estoc et de taille ; 3» I'autii.i.erie, 
employant les armes à feu non portatives. 
Ce sont les trois armes principales. La qua- 
trième, le GÉNIE, est chargée de préparer ou 
détruire les communications, les fortifica- 
tions de campagne ou permanentes, de la 
construition et di' l'entretien des ouvrages 
de fortification iiermanente et des bâtiments 
militaires ; elle joue également un jrrand 
rôle dans l'attaque et la défense des pla<'es. 
Les quatre armes, bien qu'ayant leur rôle 
S|)écial et li'iir instruction particulière, sont 
organisées de manière à se compléter léci- 
pioqueiiicnt et à condjinei' leurs moyens 
d'action <'t leurs qualités propres pour triom- 
pher de toutes les difficultés et arriver au 
résultat, qui est de vaincre l'enneini. 

— d abordage. Armes offensives en 
usa;.'!' d.iiis 1,1 niMrine militaire et distribuées 
seulemenl en cas dt; branle-b;is ou d'attaque 
corps à corps. Elles consistent en épées lon- 
gues, faux, haches, masses, piques, rançons 
et amies de lon^rneur. 

— de longueur. Sortes d'armes à hampe. 
dont la diiiMii-ioii déjjasse les proportions 
ordinaires <lc la taille inovenin'. Elles con- 



t ARMÉ. 

stituaient le moyen de défense des files pro- 
fondes et des colonnes compactes de l'infan- 
terie communale et même de l'infanterie au 
temps où l'on donnait aux ailes le nom de 
manches. 

Le mot arme s'emploie aussi dans le sens 
d'armoiries. 

— courtoise. Arme ne pouvant causer 
aucune blessure danj.'ereuse, dont on faisait 
usage dans certaines joutes, au moyen âge ; 
il suffisait pour cela de placer, au bout de 
l'arme ordinaire, une espèce d'anneau ap- 
pelée fret ou frette. 

Les fleurets mouchetés sont une es|)ècc 
d'arme courtoise. 

— au pied. Position du soldat reposé sur 
l'arme. 

— au bras. Temps du maniement 
d'armes exécuté en trois mouvements et 
actuellement supprimé. Il servait, lorsque le 
fusil était porté dans le bras gauche, à re- 
poser celui-ci, qui venait s'étendre horizon- 
talement sur la ))oitrine en soutenant le 
cliieii appuyé près de la saignée. 

— à volonté. Commandement signifiant 
que les hommes peuvent alors porter le 
fusil sur l'une ou l'autre épaule, à la bre- 
telle, sans aucune espèce de régularité, de la 
manière qui leur parait la plus commode. 

— sur l'épaule droite. Temps du ma- 
niement d'armes, qui s'exécute en trois mou- 
vements, le fusil étant ou au pied ou au 
port d'armes. Il est employé dans les mar- 
ches ou pour remplacer l'ancien mouvement 
de l'arme au bras, pour reposer l'homme, en 
conservant une certaine régularité. Dans les 
marches, on place aussi l'arme sur l'épaule 
gauche. 

— SOUS le bras gauche. Mouvement 
employé surtout par les détachements en 
aimes qui accompagnent les convois funè- 
bres. 

— spéciales. On donne ce nom à Var- 
lilleric cl au yénie parce que ces armes doi- 
vent recevoir une instruction spéciale et ont 
diverses spécialités de rôles à remplir. On les 
nomrne aussi armes savantes. 

ARME à la légère. Anciennes troupes 
légères qui engageaient l'action; elles se ser- 
vaient d'armes de jet. Au moyen âge, jeunes 
gentilhommes a.spirants, écuyers, qui s'atta- 
chaient à un chevalier banneret et qui, 
n'ayant qu'à seconder les gens d'arme, n'a- 
vaient que la tète, le buste et les bras pro- 
tégés par diH'érentes pièces de l'armure com- 
plète. 

— automatique (V. Coin (Varrêi). 

— • de pied en cap. Gentilshommes 
nonnués clie\aliers qui avaient toutes les 
parties du corps, depuis le pied jusqu'à la 



% 

ARMÉE. 



53 



ARMÉE. 



l^te. protégées par différentes pièces dont l'en- 
semble constituait l'armure complète. 

— jusqu'aux dents. Locution signifiant 
qu'on est absolument prêt pour la lutte et 
qui vient de ce qu'à l'époque du mousquet à 
main le mousquetaire plaçait en réserve plu- 
sieurs balles dans sa bouche afin de pouvoir 
cliarger plus rapidement. 

— de toutes pièces (V. Chevalier). 

ARMËE. Ensemble des ressources eu per- 
sonnel et en matériel dont un pays peut dis- 
poser en vue de la guerre, en lui donnant 
une organisation en rapport avec les circon- 
stances, la situation générale du pays, le 
but poursuivi, etc. 

L'organisation, la composition, la propor- 
tion des diverses armes, la manière de com- 
battre, etc., ont naturellement varié suivant 
les époques, les contrées, les progrès de l'ar- 
mement, etc. Nous nous bornerons à indi- 
quer ici l'organisation actuelle de l'armée 
française et quelques chiffres concernant les 
armées étrangères. 

Les lois fondamentales qui régissent l'ar- 
mée française sont les suivantes : 

La loi du 15 juillet 1«89, qui édicté l'o- 
bligation du service militaire pour tous, est 
la répartition équitable des charges de ce 
service entre tous (V. Recrutement). 

La loi 4u 13 mars 1875, sur Voninuisa- 
tion de l'armée, ses cadres et ses effectifs en 
temps de paix et en temps de guerre. Cette 
loi est basée sur ce principe que l'organisa- 
tion militaire du temps de paix doit être la 
même que celle du temps de guerre, et qu'il 
faut pouvoir passer rapidement de l'un à 
l'autre par un simple accroissement d'effec- 
tifs. 

La loi du 20 mars 1880, sur l'état-major, 
modifié par celle du 24 juin 1890, fixe la 
composition du personnel de l'état-major de 
l'armée, ainsi que ses attributions (V. État- 
major, A rch iristes) . 

La loi du 16 mars 1882, sur l'administra- 
tion de l'armée, modifiée par celle du 
1^' juillet 1889, donnant l'autonomie au 
service de santé, pose les grands principes de 
l'administration militaire. 

L'armée est commandée par l'état-major 
gênerai, comprenant les maréchaux et les 
généraux secondés par le service d'état-ma- 
jor. Elle comprend : 1° des corps de troupe 
(infanterie, cavalerie, artillerie, génie, train 
des équipages et corps spéciaux) : 2" des 
services particuliers [intendance, service de 
santé, service vétérinaire, service des cultes, 
interprètes, recrutement, remonte, poudres 
et salpêtres, justice militaire, contrôle); 
3° des services auxiliaires, fonctionnant en 
temps de guerre seulement {chemins de fer. 



télégraphie militaire, trésorerie et postes, 
serrice des étapes) ; 4° l'armée territoriale. 

Au l^r avril 1891, la composition des 
corps de troupe de l'armée française était la 
suivante : 

1° Infanterie: 144 régiments subdivi- 
sionnaires à 3 bataillons de 4 compagnies, 
plus une section hors rang et un cadie com- 
plémentaire pour un 4' batiiillon ; 18 régi- 
ments régionaux ayant la même composition 
que les précédents, mais sans cadre complé- 
mentaire ; 30 bataillons de chasseurs à pied 
à 6 compaj:nies, plus une section hors rang ; 
4 régiments de zouaves à 4 bataillons de 

4 compagnies, plus 2 compagnies de dépôt 
et une section hors rang ; 4 régiments de 
tirailleurs algériens et 2 régiments étrangers 
ayant la même composition que les régi- 
ments de zouaves, mais avec une seule com- 
pagnie de dépôt ; 5 bataillons d'infanterie 
légère d'Afrique à 6 compagnies chacun, plus 
une section hors rang ; 4 compagnies de 
fusiliers de discipline, en Algérie; 

2° Cavalerie: 12 régiments de cuiras- 
siers, 30 régiments de dragons, 21 régiments 
de chasseurs. 12 régiments de hussards, 
6 régiments de chasseurs d'Afrique, 4 régi- 
ments de spahis. 

Tous les régiments de cavalerie sont à 

5 escadrons avec un peloton hors rang, à 
l'exception des régiments de spahis qui ont 

6 escadrons, plus un peloton hors rang. 

En exécution de la loi du 25 juillet 1887, 
le Ministre de la guerre est autorisé à créer 
encore : 2 régiments de cuirassiers, 2 régi- 
ments de dragons et 2 régiments de hus- 
sards, au fur et à mesure que les ressources 
le permettront. 

La cavalerie comprend encore 4 compa- 
gnies de cavalerie de remonte ; 

3° Artillerie : 38 régiments d'artilllerie 
de campagne, à 12 batteries chacun et un 
peloton hors rang ; 16 bataillons d'artUlerie 
de forteresse à 6 batteries chacun ; 12 bat- 
teries d'artillerie de montagne pour la dé- 
fense des Alpes ; 16 batteries d'artillerie 
(dont 4 à pied, 4 montées et 8 de mon- 
tagne), pour le service de l'Algérie et de la 
Tunisie ; 2 régiments de pontonniers à 
14 compagnies et une section hors rang 
chacun ; 10 compagnies d'ouvriers d'artil- 
lerie ; 3 compagnies d'artificiers; 

4° Génie : 4 régiments de sapeurs-nii- 
neurs, dont 3 à 5 bataillons de 4 compa- 
gnies, et un à 4 bataillons de 4 compagnies, 
jjlus une compagnie de sapeurs conducteurs 
et une section hors rang, à chaque régiment : 
1 régiment de sapeurs de ciiemin de fer, 
comprenant 3 bataillons de 4 compagnies. 



ARMÉES KTRANGKRES. 

pins iiiK- fTiiii|i;ij;nii' (lt> s:i|iiMirs-coiiduct('iirs 
l'I lin»* sertion lior^ niiij:; 

5° Train des vifuiiiages : 20 osciuirons du 
trnin des équipages à 3 compapiiios. à l'in- 
térit'ur; 9 cdinp.-i^rnit's mixtes rattacliéesclia- 
«iii»' à 1 halailloii de l'inléiiiMir, pour assu- 
rer le seivii't' en Aljférie. 

En temps de ftuerre, chacune des compa- 
gnies de l'intérieur se dédouble, de façon <fue 
l'escadron du train com|)rend 6 compagnies ; 

6" ItxlirinU'rs iinlitaire:< : "26 sections; 

7° Commis et ouvriers mililaires d'admi- 
nistration : io sections ; 

8° Sea-èlaires d'étal-major et de recrute- 
ment : 20 sections ; 

9" tiendiirmerie : une léfrion de la frardc 
républicaine, formée de 3 hataillons à 4 i-om- 
(lajfnies chacun et de 4 escadrons ; 26 léjrions 
de gendarmerie dé|)artementaln ; 

10" Sapeurs-pompiers de la ville de Paris: 
un réjfiment fornu- de 2 Ijataillons ;i 6 com- 
pairnies chacun. 

ARMÉES étrangères. L'effectif dos ar- 
mées françaises et élran^èios est, en ciiiffres 
ronds, le suivant : 

Pied Pioii 

de paix. de ^'uerre. 

AUemacup 490,000 3,200,000 

Anjflelerre 280,000 810,000 

Autriclie-Honirrie. . 275,000 1.540,000 

Belfrique 43,000 165,000 

Buii-'arie 32,000 91,000 

Danemark 42,000 60,000 

Kspaj.'ne 130,000 800,000 

France 520,000 3,780,000 

Grèce 27,000 40,000 

Hollande 65,000 180.000 

Italie 240.000 2,500,000 

Fortupal 30,000 125,000 

Roumanie 35,000 175,000 

Kussie 800,000 5,000,000 

Serbie 15,000 190,000 

Suède et iNorvèjre . . 56,000 275,000 

Suisse 120,000 200,000 

Turquie 180,000 350,000 

ARMÉE territoriale. L'armée territo- 
riale se coniiiose dr- tous les hommes propies 
nu service militaire, qui ont passé dans 
l'armée active et dans sa reserve le temps 
fi\é par la loi, soit 10 ans. 

La durée du service dans l'armée teirilo- 
rirdc et d.ans sa réserve est de 16 ans. 

L'armée territoriale jieut être affectée, en 
cas de mobilisation, à la garnison des places 
fortes, nu\ postes et lignes d'étapes, à la 
défense des côtes, des jioints stratégiques ; 
elle peut aussi être formée en brigades, divi- 
sions ou corps d'armée destinés à tenir cam- 
pagne; enfin, certains corps de troupe terri- 



ARMÉE DE MER. 

loriaux |)envenl être détaehés pour faire 
partie de l'armée aetive. 

Les cadres de l'armée territoriale sont con- 
stitués dès le temps de paix ; en dehors des 
périodes d'appel, il n'y a que le cadre per- 
manent qui soit soldé. Ce cadre est chargé 
de l'administration, de la tenue des contrôles 
et surtout de la préparation des mesures né- 
cessaires pour l'appel à. l'activité. 

L'organisation de celte armée a été cal- 
quée, autant ({ue possii)le, sur celle d(i 
l'armée activ(>, c'est-à-dire par région de 
corps d'armée, et même par subdivision de ré- 
gion, pour l'infanterie. 

Giiaque légion de corps d'armée com- 
prend : 8 régiments d'infanterie à nombre 
variai)le de l)ataillons, plus un dépôt; 4 esca- 
drons de dragons et 4 escadrons de chasseurs 
à ciieval ; 1 régiment d'artilhnie, dont le 
nombre de batteries varie avec les ressources 
de la région ; 1 bataillon du génie; 1 esca- 
dron du train ; 1 section d'infirmiers, 

1 section de commis et ouvriers militaires 
d'administration. 

La 19'' région (Algérie) aune organisation 
spéciale et conqirend : 10 bataillons territo- 
riaux de zouaves, 4 escadrons de chasseurs 
d'Afrique, 13 Ijalteries d'artillerie à pied, 
3 sections d'infirmiers et 3 sections de com- 
mis et ouvriers militaires d'administration. 

La !'■"' région (Lille) comprend en outre 

2 bataillons de caiionniers sédentaires (1 à 
Lille, 1 à Valenciennes) se recrutant, par 
enrôlements volontaires, parmi les hommes 
de l'armée territoriale ou libérés ; la 15® ré- 
gion (Marseille) a 9 régiments au lieu do 8, 
ce qui |)orte à 145 le nombre total des régi- 
ments d'infanterie teiritoriaux. 

i/administration des corps de troupe de 
l'armée territoriale est la même que celle des 
corps de troupe de l'armée active. 

Les territoriaux convoqués pour une pé- 
riode d'instiuction doivent rapjiorter en état 
convenable les effets militaires qu'ils ont 
emportés avec eux lors de leur renvoi dans 
lenis foyers. 

— de mer. L'armée de mer comprend : 
1° des états-majors, des équipages de la 
flotte et des services particuliers qui coiisti- 
tiient la marine proprement dite ; 2° Vin- 
fanterie de marine, formée de 8 régiments 
ayant chacun une jiortion centrale en 
France et des détachements aux colonies ; 
3" Varlillcrie de marme, composée d'un 
état -major particulier, d'un régiment de 
29 batteries avec une compagnie de con- 
ducteurs, de 6 i-ompagnies d'ouvriers et 
d'une compagnie d'artificiers ; 4° de la gen- 
darmerie coloniale, formée de 5 compagnies 
à pied ; 8" d'une compagnie de discipline do 



ARMEMENT. 



ARMISTICE. 



la marine : 6° do 4 compagnies de disiipli- 
naires ooloniaux ; 7° de 3 léfrimcuts de ti- 
itiilleurs tonkinois à 3 bataillons : 8° d'un 
ri'jrimeut de tirailleurs itvnétjalats ; 9" de 
1 i'ompa?nie de cipahis df l'Inde, 

ARMEMENT. Nature des armes et outil- 
laire dont sont pourvues les troupes. 

Larniement des combattants varie suivant 
leur mode de locomotion et leur manière de 
l'ombattre. 

Les troupes à pied (infanterie et génie) 
sont armées du fusil à longue portée et à 
répétition, ainsi que d'une épve-buionnelte ; 
la cavalerie, dont l'action particulière tient 
surtout à la facnlté de locomotion rapide 
qu'elle possède, a pour arme princi|)ale 
Varme blanche (sabre ou lance) et pour arme 
secondaire une arme a feu (carabine ou re- 
volver) ; enfin, l'artillerie est armée du 
canon comme arme jtrincipale, mais les 
hommes à cheval et les <rradés sont en outre 
pourvus d'un mbre et d'un revolver, et les 
hommes à pied d'un mousqueton et d'un 
sabre-bnionnelte. L'armement des non-com- 
battants se compose uniformément d'une ca- 
rabine et d'un sabre-baionnelte. 

Armement, préparatifs de guerre d'une 
puissame. 

]):ui> r.MtiUerie on désigne, sous lo nom 
d'armements d'une bouche à feu, les |)rin- 
cipaux objets qui sont nécessaires pour la 
servir, savoir : les écouvillons longs et courts, 
le levier de pointage, le seau et les divers 
objets de nettoyage placés dans les coffrets. 

C'est VnrtiUerie qui est chargée, en France, 
d'assurer l'armement des corps de 
troupe, dont chacun dispose du nombre 
d'armes nécessaire pour la mobilisation. Ces 
armes sont partagées en deux catégories : 
l'armement du service courant, pour les 
hommes de l'armée active, et l'armement de 
réserve, pour les hommes qui rejoignent en 
cas de mobilisation. 

L'armement d'une place de guerre, 
arrêté par le .Ministre, i-oniprend : 

1° L'armement de sûreté, qui est utilisé, 
soit pour l'action rapprochée en concourant, 
avec les feux de mousqueterie, à repousser 
les attaques par surprise ou de vive force, 
soit pour l'action éloignée, en tenant l'en- 
nemi au loin, en le forçant à élargir son 
cercle d'investissement, en entiavant ses 
mouvements, enfin en appuyant la défense 
extérieure active. 

L'espèce, le nombre et la répartition des 
pièces de l'armement de sûreté dépendent de 
la nature de la fortification et du terrain 
extérieur ; elles sont en tout temps montées 
sur leurs affûts et installées aux points où 
elles peuvent le mieux remplir leur but : 



2" L'armement de défense qui, abstraction 
faite des batteries de sodie, comprend toute 
l'artillerie nécessaire pour soutenir la lutte 
sur les secteurs où se dévelopjtent les atta- 
(|ues et pour parer à tontes les éventualités 
sur les autres secteurs. 11 se compose d'abord 
di' l'armement de sûreté, puis do l 'armement 
complémentaire des ouvrages et do la réserve 
générale. 

L'armement complémentaire d'un ouvrage 
permanent se compose des ])ièces, en majo- 
rité de forts calibres, ajoutées à l'armement 
de sûreté. 

La réserve générale est destinée à renforcer 
rapidement l'artillerie du côté des attaques. 
Elle comprend, en grande partie, des pièces 
faciles à transporter et sert, en particulier, à 
l'armement des batteries de circonstance, qui 
sont établies dans les mêmes conditions que 
les batteries de siège ; 

3° Les batleri^'s mobiles, qui sont attelées 
et ont pour destination principale d'accom- 
pagner et d'appuyer, dans leurs opérations 
actives, les troupes mobiles de la garnison. 
Elles concourent aussi à défendre les posi- 
tions extérieures retranihécs et à atteindre 
les travaux d'approche ; 

4° Les bouches à feu de rechange, desti- 
nées à remplacer celles qui auraient été 
mises hors de service. 

L'armement des batteries de côtes se com- 
pose di's plus gros calibre;; de l'armée de 
terre (iii de marine. 

ARMER. Pourvoir d'armes. Bander le res- 
sort du chien. Munir une forteresse de tous 
les engins de guerre et de toutes les muni- 
tions nécessaires à sa défense. Equiper un 
navire et le pourvoir de tout ce qui est né- 
cessaire à l'expédition ([u'il va entreprendre, 
suit poui- la guerre, suit ])onr lo commerce. 

ARMET ou ARMERET. Casque du 
moyen âge, pointu, sans visière et sans gor- 
gerin. Il différait du heaume, surtout en ce 
qu'il était moins épais et moins lourd. 

ARMISTICE. Suspension des hostilités 
entre des armées belligéiantes, pour une 
durée en général assez courte et dans un but 
particulier: enterrer les morts, permettre aux 
étrangers de s'éloigner d'une ville assiégée 
ou conclure la paix. Il est particulier 
quand il n'a son effet que sur un point dé- 
terminé du théâtre de la guerre; il est 3e- 
néral quand il doit faire cesser partout les 
opérations militaires des puissances qui sont 
en lutte. On peut dénoncer l'armistice avant 
le terme marqué pour sa fin, lorsqu'on s'en 
est réservé la faculté, mais le violer a tou- 
jours été considéré comme un attentat des 
plus graves au droit des gens et l'article 227 
(lu Code de justice militaire punit de mort 



ARMOIRE. 



.")() 



ARPENTAGE. 



tiinl cliff (|ni pidloii}.'!' les liostiliti'S après 
a\i>ir iii.ii l"avis offii-icl d'un ariiiislii'i». 

ARMOIRE, ni'piiis une viiijrtaine d'an- 
lU'i's. il est aciurdi- à cliaqui' sous-oflioior 
uiw aiiiioiit'-i'la;,'t'ri' dans la(|iii'llf il peut 
plai-iT et ciifcrmiT ses offets (riialiillcmcnt cl 
de |irtil i'(|iiip('nii-iit. 

ARMOIRIES. .Manjucs dislin.Uvcs adup- 
li'fs par la nolilcssc v<'rs le Vl*^ siècle et com- 
posées de certaines fi^rures ou endtlènies qui 
furent, le plus souvent, reproduites sur les 
armures et sur les bannières. Elles datent à 
peu piès de la même époque que les sui- 
noms de famille. Supprimées en 1790, elles 
furent rétablies pai' Napoléon I'"' et conser- 
vées depuis. 

ARMONS. Pièces symétriques reliant 
res>i.ii a l;i \olée dans les avanl-ti'ains mo- 
dèle 18:27 et suivants; ils servent en même 
temps à su()pnrler le eolTre à munitions. 

ARMSTRONG. lufiénieur andais qui in- 
venta les premiers canons rayés se charfreant 
par la culasse, adoptés en 1858 par l'Anjjle- 
terre et auxquelles on donna son nom. Ils 
furent remplacés dix ans après par d'autres 
se chargeant par la bouche et ce n'est que 
depuis peu d'années que les pièces i-ayées 
sont adoptéi's définitivement en Anudeterre. 
Au service de son pays de 1858 à 1863, sir 
W. Arnistron;; dirige depuis, dans l'indus- 
trie privée, une usine importante de faliri- 
calion de canons, qui rivalise avec l'usine 
Krupp à Esseii. 

ARMURE. Ensemble des armes dcfen- 

Fig. 19. 




$iiei servant à |;arautii- un homme de ^ruerre 
et son cheval, tant iln-z les anciens que chez 



les modernes, jusqu'à Louis XIV. Avec les 
armes de jel peu meuitrières en usaj^'e jus- 
qu'à l'invention de la poudre, la protection 
de l'armure était à peu près complète. L'ar- 
mure complète on fer |)lein prit naissance 
vers la fin du Xlll" siècle, où elle remplaça 
le luiitbfrl. ou vêtement de mailles ra|iporté 
des cioisades ; son usaije devint ijénéi'al sous 
Charles VI. 

Certaines arninies pesaient plus de 50 ki- 
logr. et comprenaient jusqu'à 250 pièces dif- 
férentes, ajustées et disposées de manière à 
permettre le jeu des articulations et à cou- 
vrir néanmoins toutes les parties du corps, 
même dans le choc et l'acritation du combat 
(V. Ii(,. 19). 

Les armures, après diverses modifications 
de forme et d'épaisseur, furent généralement 
abandonnées au XVl*' siècle, lorsque les pio- 
erès des armes à feu eurent rendu leur pro- 
tection insuffisante». 

— du génie. .Jusqu'en 1878, dans la 
sape jdeine, les deux sapeurs qui marcliaient 
en tète étaient revêtus d'une armure com- 
prenant une cuirasse et un pot-en-tète, qui 
pouvaient jusqu'alors les protéger contre les 
balli's. Insuffisants contre les projectiles des 
fusils actuels, ces objets ont été abandonnés 
comme inutiles et gênants. 

ARMURIERS militaires. Employés 
d'artillerie chargés de l'entretien et de la 
réparation des armes dans les corps de 
tioupe. Ils portent le titre de chefs armu- 
riers militaires et prennent rang de préséance 
après les adjudants. 

Il en existe un dans chaque corps de 
troupe ; les 3/5 du nombre total des cJiefs 
armuriers sont de l''" classe et ont droit à 
la solde et aux prestations des seigents-ma- 
jors. 

Les chefs armuriers de 2^ classe sont pris 
parmi les ouvriers immatriculés des manu- 
factures d'armes et parmi les ouvriers des 
corps remplissant les conditions de capacité 
déterminées par les règlements. 

Les chefs aimuriers de 1'^'= classe sont pris 
parmi ceux de 2*-' classe, moitié au choix, 
moitié à l'ancienneté. 

ARNAUTES ou ARNOUTS. Mili.e 
grec(|ui', creei' en 176U, ]>uur garder les 
côtes de la Ciiniée. 

ARONDE. Assemblage en forme de queue 
d'hirondelle (bironde) pour relier deux pièces 
d<' bois. 

ARPENTAGE. Art de l'arpenteur, qui a 
pour olijet la mesure des terres. L'arpentage 
se fait au moyen d'une chaîne, ou ruban 
de 10 mètres de longueur, appelée chaîne 
d'arpenteur ])Our les mesures de longueur, 
et d'une équerre d'arpenteur, servant à tracer 



% 

ARQUÉ. o7 

des perpendiculaires ou des lij,'ues à 45". 
Ces deux instruments permettent de repré- 
senter exactement toute espèce de terrain, 
que l'on décompose en trianjrles rectandes 
ou en trapèzes rectangles, dont on mesure 
les côtés. 

ARQUÉ. Qui a les jambes en forme d'arc. 
Se dit surtout du cheval. 

âRQUEBUSâDE. Coups d'arqiiebuse . 
Employé autrefois dans le sens de décharges 
simultrinées, salves de coups de feu. 

ARQUEBUSE. Première forme des armes 
à feu porlatires en usage dans les armées. 
Au début, l'arquebuse n'était autre chose 
'"[u'une coulevrine allégée et raccounùe de 
manière à la rendre portative. Placée dans 
une monture en bois terminée par une 
crosse, elle était néaimioins trop lourde pour 
être tirée à l'épaule et, à cet effet, était 
appuyée sur une fourquine ou fourcliette, ou 
sur un pieu recevant un croc de fer fixé au 

fût : de là les noms d'arquebuses à croc 
ou à fourquine. On y mettait le feu à la 
main. 

Ou chercha à l'alléger de plus en plus 
pour pouvoir épauler commodément et la 
tirer plus pratiquement ; c'est ainsi qu'on 
employa, pour l'infanterie, l'arquebuse à 
mèche, rtans laquelle la mèche, attachée à 
une tige de fer nommée serpentin, communi- 
quait le feu à l'amorci' au moyen d'une dé- 
tente, et l'arquebuse à rouets relativement 
plus légère pour la cavalerie dans laquelle 
l'amorce, enflammée au moyen d'une petite 
roue d'acier qu'un ressort faisait tourner 
rapidement, faisait jaUhr une étincelle d'un 
morceau de silex qu'elle frottait. L'emploi 
de l'arquebuse, arquebute, hocquebute, pé- 
irinal, etc., fut maintenu jusqu'à l'inven- 
tion du mouxquet et du fusil au XVIl^ siècle. 

ARQUEBUSIER. Soldat armé d'une ar- 
quebuse. Fabricant d'armes à feu ; mais, 
dans ce dernit'r sens, on dit actuellement 
plutôt armurier. 

ARRACHE-CARTOUCHE (V. Extrac- 
teur). 

— culot. Tige en acier, avec poignée, 
dont la moitié est taraudée et que l'on em- 
ploie dans les canons à balles pour extraire 
le culot de cartouche. 

ARRANGEMENT tactique. Manière 
de disposer des rangs ou des files. Le mot 
arrangement, qui provient de rang, est rem- 
placé auiourd'hui par le mot ordre. 

ARRÉRAGES. Termes échus d'une pen- 
sion ou d'uni- redevance quelconque. 

ARRESTATION. Action de se saisir 
d'une personne pour l'emprisonner ou la 
garder à vue, en vertu d'un ordre supérieur 
ou en exécution d'un juirement. 1 



ARRÊTS. 

ARRÊTÉ. Dikision prise par une autorité 
administrative ou par une assemblée délibé- 
rante. 

Jugement des cours d'assises, des cours 
d'appel et de la Cour de cassation. 

— de comptes. Opération qui fixe la 
situation précise d'un compte: cet arrêté est 
mentionné à la suite des écritures s'y rap- 
portant. La centralisation trimestrielle des 
comptes des corps de troupe donne la situa- 
tion exacte des écritures du trimestre. 

ARRÊTE. Cri de signal fait par une sen- 
tinelle placée à la porte intérieui'e d'une 
ville il la sentinelle extérieure de ne pas 
laisser pénétrer de voitures venant du de- 
hors jusqu'à ce que le passage puisse s'ef- 
fectuer librement. 

— là-bas. Cri de signal, fait parla sen- 
tinelle extéiieure d'une porte, dans le but 
d'empèchor d'entrer de l'intérieur. 

ARRÊTOIR. Partie de la virole de la 
baiomiette destinée à buter contre Vêtouteau 
afin de borner le mouvement de circulation 
de la bague. 

— de levier de pointage, d'écouvil- 
lons. des coffres à munitions. Pièce en 
fer servant à arrètei- on à t\\i-\- le bois du 
levier de pointage avec son anneau, l'écou- 
villon sous la flèche des aflùts, les coffres à 
munitions sur les caissons. 

— vis-arrêtoir. Vis destinée à empê- 
cher le cylindre de se séparer de la boite de 
culasse dans les fusils modèles 1866, 1874 
et 1886. 

ARRÊTS. Punition infligée aux officiers 
seulement, pour fautes contre la discipline. 
11 existe trois espèces d'arrêts : les arrêts 
simples, les arrêts de rigueur et les arrêts de 
forteresse. 

Arrêts simples. Un officier aux arrêts 
simples n'est exempt d'aucun service ; il est 
tenu de garder la chambre sans recevoir 
personne, excepté pour affaires de service. 
Un officier peut être mis aux arrêts par tout 
officier d'un grade supérieur au sien, ou 
même d'un grade égal, si ce dernier est plus 
ancien, et s'il est chef de détachement ou 
commandant d'armes. 

Un lieutenant peut ordonner les arrêts 
pendant 4 jours, un capitaine pendant 8, 
un capitaine dans sa compagnie ou un offi- 
cier supérieur, pendant lo ; le colonel et les 
généraux, pendant 30 jours. 

Les arrêts de rigueur et les arrêts de 
forteresse ne peuvent être ordonnés que 
par le colonel : les arrêts de rigueur pen- 
dant 30 jours, les arrêts de forteresse pen- 
dant io jours. 

Ces punitions suspendent de toutes fonc- 



ARRIÉRE. 



58 



ARRONDISSEMENT. 



lions militaires et iinposciil à roffnicr les 
iiiAmes oblijtalioiis que U's ainHs simples. 

Les arrêts peuvent i^tre uidoniiés jiar écrit 
ou de vive voi\. Dans tout» les ras, un liillet 
lathcté fait connnilro à l'officier puni le 
motif de la punition ainsi que le jour et 
l'heure de l'expiration des arrt^ts ; il est 
donné re(.'u de eet avis. 

Un oflieier d'un grade supérieur a l'offi- 
eier puni, nu plus îmcien que lui, peut èti'e 
eliar^'é de lui sijjnilier verlialenionl les ar- 
rêts. La punition coinnicme dès qu'elle est 
infligée. 

Le fj'éiiéral de brigade décide, sur la pro- 
position du colonel, si l'oflicier puni des ar- 
rêts de forteresse doit se rendre lilireinent au 
lieu de détention, ou s'il doit y être con- 
duit. 

— dans les marches (V. llnUex). 

— des trains (V. Chiniins dr fer). 

— de cartouches. Pièce du mécanisme 
du fii>il à npètilidii ayant pour but d'em- 
péclier une cartouche de sortir du magasin 
avant le moment voulu. 

— du cheval. On arrête le cheval en 
opéniMl uni' trai'tinn sur les rênes. 

ARRIËRE. Kmpioyé pour exprimer le 
derrière il'une armée. 

L'ensemble des services de l'arriôie est 
ainsi défini par les rèfilenients : assurer la 
continuité et la facilité des cchanfres entre 
les armées et le territoire national, c'est- 
à-dire amener aux armées les ravitaille- 
ments dont elle? ont besoin ; ramener en 
arrière les malades, les blessés, les prison- 
niers et le matériel inutile ; surveiller ou 
défendre toutes les communications du 
théâtre de la guerre en arrière des armées ; 
pourvoir au logement et à tous les JH'soins 
des hommes et des chevaux qui séjournent 
dans ces régions ; emmagasiner et conserver 
le matériel, les munitions et denrées de ra- 
vitaillement ; assurer le service d'ordre et 
de police en arrière des armées ; organiser 
et administrer le territoire ennemi oc- 
cupé, etc. 

— han. Second et dernier appel des vas- 
saiix convoqués par les suzerains lors d'uiK* 
guerre chi-/, les Francs. Représente vague- 
ment notre armée territoriale. 

— bec. l'oupe ou îirrièi-e d'un i)ateau ou 
ponlnn militaire. 

— lief. I^'s nobles héritiers, de leurs 
fiefs créèrent de» (irrière-flefs, piis le plus 
souvent sur le domaine royal, au profit de 
leurs gens, ou arrière-vantaux, auxquels ils 
imposaient la redevance du serviie mili- 
taire, qui n'était jusque-là exigible que du 
fief seul. 

— garde. Tmupe d'un efTecllf relalive- 



nu'iil faible, qui marche en arrière d'une 
colonne pour assurer sa sécurité sur ses der- 
rières. 

Dans la marche en avant, son service est 
peu important ; aussi ne compiend-elle, pour 
uni^ division, qu'une seule compagnie em- 
pruntée au dernier bataillon, et, pour un 
corps d'armée, (|u'un bataillon emprunté au 
dernier légiment. 

Elle marche habituellement à 800 mètres 
en airièrc do la colonne, avec laquelle elle 
maintient ses relations au moyen de quel- 
(jues cavaliers qui lui sont attachés. Elle se 
fractionne en trois éléments de moins en 
moins importants (gros, tête et pointe) 
comme l'avanl-g.trde, le dernier se réduisant 
à une pointe d'arrière-gaide qui s(! compose, 
en général, de tiois honinu's seulement. 

Dans une marche eu retraite, l'arriôre- 
garde a une importance énorme, car elle 
constitue, le plus souvent, l'élément unique 
du combat, c'est-à-dire le salut do l'armée. 
Elle est organisée de manière à présenter 
une résistance sérieuse et son effectif atteint 
le (|uart et mémo le tiers de. reffeclif total. 

Dans la marclie en retrail(% la distance de 
l'ai rière-garde est assez considérable ; elle 
peut, en ceitaines circonstani-es, être nmin- 
tenue à une demi-journée de marche, eai' il 
importe de i'onserv<'r à la colonne, qu'elle 
couvre, la liberté de ses mouvenuMits. 

— maio. Train de derrière du cheval. 

— train. Partie d'une voiture à 4 roues 
qui est suppoi'tée par les i roues de der- 
rière ; dans l'artillerie d« campagne, l'ar- 
rière-train, simplement accroché a l'avant- 
train, forme une espèce de voiture à 2 roues 
indèi^endante. 

Train postérieur d'un animal. 

ARRIMAGE. Arrangement dans et sur 
le liavii's.ic, et ili^ la nuinière régl(;mentaire, 
des divers objets, ustensiles et outils ([iii 
doivent y trouver place. 

Pour la cavalerie, l'arrimage s'entend de 
la manière dont les objets (pie le cavalier 
doit errrpor'ter sorrl fixés à la selle. 

ARRIÉRÉ. I)é|)enses rron acquittées dans 
l'exercice qu'elles concerrriMit et pour les- 
(juelles des ciédits spéciaux sont ouverts 
[mur les payei' dairs l'exercice courairt, mais 
à litre (le rappel sur exercice clox, 

ARRIVÉE. Monierrt oi'i nuo personrre, 
une troupe ou uu convoi arriverrt en quelque 
enilioil. 

ARRONDISSEMENT. Division leirito- 
riale formée par- la réuriiorr de plusicmrs 
cantons. 

On donne égalenieirl ce rroni à tout(! cir- 
conscription territoriale soumise à qui-lque 
auloritè civile ou militaire. 



ARROSOIR. 



fil» 



ARTILLERIE. 



Les arroiulissempiits d'artillerie, de Vin- 
tendancf, du génie ne ooirespoiideiit pas à 
des divisions fixes du territoire ; ils ont été 
organisés suivant les besoins de <es services 
spéciaux, de manière à euihnisser la partie 
de territoire que l'officier placé ù leur tête 
peut diriirer utilement. 

Dans les fossés de la fortification perma- 
nente, la contrescarpe est arrondie en face 
des angles saillants pour éviter des angles 
rentrants . 

ARROSOIR. Vase en fei-hlanc. de la 
contenance de 2 litres, employé dans les 
corps de garde pour arroser avant de ba- 
layer. 

ARROT. Disposition tactique des troupes, 
qui porte aujourd'hui le nom d'ordre de ba- 
tmllê. Cette expression, tombée en désué- 
tude, est rorieine du mot déxnrroi. 

ARSENAL. Établissement dans lequel on 
construit et l'on conserve le matériel de 
guerre, surtout l'armentent ; il n'y a actuel- 
lement que des arsenaux d'artillerie, dans 
lesquels on constiuit le niatiTiel nécessaire 
à toute l'année, moins celui (jui est confié 
à l'industrie civile. L'arsenal du génie, 
qui était installé à Metz avant 1871, n'a pu 
être rétajjli depuis et le matériel nécessaire à 
cette arme est procuré par les écoles atta- 
chées aux régiments. 

Un colonel directeur d'artillerie est placé 
à la tête de chaque arsenal d'artillerie avec 
un officier supérieur comme sous-directeur, 
un certain nombre de capitaines et d'em- 
ployés, une compagnie ou un détachement 
d'ouvriers d'artillerie et des ouvriers civils. 

ART ; art militaire ou art de la 
gnerre. Ensemble de toutes les connais- 
sances qui ont trait a la guerre. Cet en- 
semble est extrêmement vaste et comprend, 
outre les sciences et les lettres, les connais- 
sances'^ci-aprés : tactiqiie, stratégie, logistique, 
fortification, artillerie, topographie, admini- 
utration. 

ARTIFICES. Préparations pyrotechni- 
ques employées pour la communication du 
feu, soit aux projectiles, tels que capsules, 
mèches, étoupilles, lances à feu et fusées, 
soit à des objets à détruire au moyen de 
fascines goudronnées et de roches à feu, soit 
comme matériel d'éclairage, flambeaux, tour- 
teaux, balles a feu, soit comme signaux, fu- 
sées volantes, étoiles, pétards, saucissons et 
autres préparations formant les feux d'arti- 
fice. 

— de guerre. Ruses de guerre. 
ARTIFICIERS. Artilleurs spécialement 
employés à la manipulation et à la fabrica- 
tion des artifices nécessaires à l'armée. Il y 
en a actuellement .3 compagnies en France : 



une pour l'École de pyrotechnie, à Bourges; 
une pour la poudrerie du Bouchet ; et une 
pour la Commission centrale de réception 
des poudres, à Versailles. 11 y a encore, dans 
ciiaque régiment d'artillerie, un artificier 
par pièce, un sous-chef artificier par batterie 
et un chef artificier par régiment. 

ARTILLERIE. Art de lancer les projec- 
tiles. Cet art embrasse des parties variées et 
complexes telles que la balistique, les bou- 
ches à feu et leur fabrication, les poudres de 
guerre et leur fabrication, le tir des bouches 
à feu, le tracé et la construction des batte- 
ries, les armes portatives et leur fabrication. 

Le service de l'artillerie consiste : 

1" A Vintérieur, a fabriquer toutes les 
armes nécessaires à l'armée (bouches à feu, 
armes portatives, etc.), à vérifier et à con- 
server le matériel et les munitions de 
guerre, à fabriquer tout le matériel de trans- 
port de l'armée, à construire et à entretenir 
les établissements spéciaux à l'arme ; 

2° En campagne, à approvisionner l'ar- 
mée en armes et en munitions, à construire 
les batteries, à effectuer les passages en ba- 
teaux, et à construire les ponts mobiles avec 
les équipages réglementaires ou avec les 
matériaux trouvés dans le pays. 

L'artillerie existait même avant l'inven- 
tion de la poudre, car on désignait alors 
sous ce nom les machines et engins de 
guerre servant au moyen âge pour l'attaque 
et la défense des châteaux et villes fortes. 
Le .sens actuel du mot ne date que du com- 
mencement du XIV^ siècle, où l'on fit usage 
de bouches à feu d'abord pour la défense 
des places. Ce furent les Anglais qui s'en 
servirent les premiers, en plaine, à la ba- 
taille de Crécy. Ce fut Sully qui, en France, 
donna à l'artillerie sa première organisation 
comme arme, laquelle, continuée sous 
Louis XIII, ne fut complète que sous 
Louis XIV et subit depuis lois de nombreuses 
transformations, au fur et à mesure que sa 
mobilité et, par suite, son importance s'ac- 
crut. 

Actuellement, l'expression artillerie a trois 
acceptions bien tranchées : c'est un service 
ou UJi personnel, un matériel, une science. 

Le personnel comprend aujourd'hui des 
troupes, des établissements et un état-major 
particulier. Les troupes se décomposent en 
artillerie montée, à cheval, de forteresse, 
pontonniers, ouvriers d'artillerie et artifi- 
ciers (V. Artnée). 

L'état-major partiiulier comprend des 
officiers de tous grades, des gardes d'artil- 
lerie, des contrôleurs d'armes, des ouviners 
d'état et des gardiens de batlei'ie. 

— à cheval. Dans les batteries à cheval. 



ARTILLERIE. 

les servants, ainsi (|iie les londniti'uis. sont 
:ï cheval. Klles sont destinées ;i acconi]iaf,'ner 
la cavalerie. Il y a trois de ces l)atteries 
dans clia([ne rèjiinienl de corjjs des 19 lni- 
f,'ades d".Mlillerie. 

— montée. I..es don/.e liatteiies dn 1" ré- 
{fimenl ili\ isioiinaiie de chaque l)iif.'ade d'ar- 
tillerie et neuf dn :2' réirinient de corps sont 
montées, c'est-à-dire que les conducteurs des 
pièces sont à clicval et les servants à jned. 

— de forteresse. L'artillerie de forte- 
resse à pied t'st cjiarj,'ée du service de cette 
arme pour tout ce qui se rattache à l'at- 
taque et à II défense des places. 

— de campagne. I^es liatteriesà cheval 
et les hattcrics montées constituent ce qu'on 
appelle l'artillerie de campagne, c'est-à-dire 
accompairrjant les armées de campagne. 

— de montagne. Batteries à pied dont 
le rôle e>t de condialtre dans les montagnes 
et dans les pays impraticables aux voitures. 
Dans l'C liut, le matériel, pièces et aft'ùts, est 
porté à dos de mulet ; le poids de chaque 
engin ne peut donc dépasser 80 à 100 kilog. 

— de marine. Pour les besoins spéciaux 
de la défense des ports et des rades, ou poui' 
ceux des colonies, il a été créé un service 
d'artillerie de marine ayant les mêmes attri- 
butions en général que l'artillerie de terre 
(V. Armel' de mer). 

— pontonniers. Les pontonniers sont 
chargés des passages en bateaux et de l'éta- 
blissement lies ponts mobiles construits avec 
les éi|uii)ages réglementaires ou avec les ma- 
tériaux trouvés dans le pays. 

Matériel. Knvisagée au point de vue du 
matériel, l'artillerie se divise eu artillerie 
de campagne, de montagne, de siège, de 
place, de lôte et de marine, suivant le ser- 
vii-e au(iuel sont destinées les l)ouches à feu 
(V. Affût.';, Bouches fi feu, Projectiles). 

ARTILLERIES étrangères. La com- 
)to>itioii en arlillerie des principales armées 
étrangères est, sur le pied de paix, la sui- 
vante : 

Allemagne: 387 batteiies montées et 47 
à cheval en 43 régiments, 31 batteries de 
forteresse. Les batteries sont à. 6 pièces. 

Anffkterrè : "2 régiments d'artillerie à 
cheval à 13 batteries, 4 brigades à pied 
ayant ensend)le 84 batteries, 10 batteries 
de montagne, 11 divisions d'artillerie de 
forteres.se (103 batteries) et 1 brigade d'ar- 
tillerie de côte. Toutes les batteries sont à 
6 pièces. 

AutrirJie-Honijrie : 14 régiments de corps 
à 8 batteries, 28 divisions indépendantes 
à 3 batteries, 16 batteries à cheval, 24 bat- 
teries de montagne, 14 bataillons d'artillerie 
à pied à 5 compagnies de campagne et 1 de 



60 ASPIRANT. 

complément. Les batteries sont de 4 ou de 
8 pièces. 

Espagne : 5 régiments d'artillerie divi- 
sionnaire à 6 lialteries, 5 régiments d'artil- 
lerie de corps à 4 batteries, 2 régiments 
d'artillerie montée à chacun 30 pièces, 1 ré- 
giment de siège et de position à 4 batteries 
de 4 pièces. "Total : 388 pièces. 

Italie : 24 régiments à 10 batteries, 
G batteries à cheval et 18 de montagne, 
5 régnments d'artillerie de forteresse (08 com- 
|)agnies). 

Russie: 48 brigades à pied à 6 batteries, 
28 batteries à cheval et quelques batteries 
de montagne. Les batteries sont de 8 pièces 
en temps de guerre et de,4 en temps de paix. 
11 y a en outre 50 batteiies d'artillerie de 
forteresse et 8 batteries d'artillerie cosaque. 

Turquie : 7 régiments d'artillerie de cam- 
pagne à 14 batterii's de pièces, dont 3 à 
cheval (;t 2 de montagne. 

ARTILLEUR. Militaire de tout grade 
faisant (lartii^ du corps de l'artillerie. 

ARZÈGAIE. Corruption de l'arabe za- 
GAiE ; arme de jet ou espèce de javeline ; ser- 
vait égalemeirt de demi-pique. Encore en usage 
dans la milice turque et danslestribusarabes. 

AS DE PIQUE (V. Caponnière). 

ASCENDANT. Personne dont l'on des- 
cend; les pèie et mère sont les ascendants au 
premier di^grè et leurs noms figurent dans le 
signalement des militaires. 

ASCENSION. En aérostation, l'enlève- 
nieiit d'un ballon dans les airs s'appelle 
ascension. Celle-ci est captive, quand le 
ballon est retenu par un câble au bout du- 
quel il ne ])eut s'élever qu'à la hauteur 
mesurée par la longueur de ce dernier. Dans 
l'armée française, ce câble, de 500 mètres, 
est enroulé sur un treuil actioinié par une 
petite machine à vaj)eur et transporté sur 
une voiture dite voiture-treuil. Les ascen- 
sions captives servent aux reconnaissances, 
mais, pour ne pas être trop facilement dé- 
truit, le ballon ne doit pas s'approcher à 
plus de 3 kilomètres de l'ennemi. 

L'ascension libre est celle dans laijnelle le 
ballon s'élève librement dans les airs, où il 
est à la merci des courants atnios|)héri(jues. 
Des essais de direction ont été faits (V. Di- 
rection d<'s huilons). 

ASPHALTE. Variété de bitume noir 
ayant l'aspect de la houille, fusible à 100°; 
on s'en sert dans les bâtiments militaires 
pour daller l'aire de certaines pièces du rez- 
de-chaussée. 

ASPIC. Nom donné à une ancienne 
bourjie à feu à tir direc-t. 

ASPIRANT. Crade inférieur de la hié- 
raivhie {\i'> officiers dans la marine. 



ASSAILLANT. 



ASSISTANCE. 



ASSAILLANT. Celui qui attaque, soit 
roiinemi. soit uiu' [)lai'e ; veut dire maivher 
à l'ajsaat. 

ASSAILLIR. .Manher à l'assaut, atta- 
quer avi'i- \ ii.'ui'iir. 

ASSAINISSEMENT. Action de rendre 
sain en taisant disparaître les causes morlii- 
tiques. 

ASSASSIN. Tout militaire qui attente à 
la vie des liabitants non armés ou qui, en 
dépouillant un homme iiors de combat, le 
mutile et le tue. est un assassin. 

ASSASSINAT. La législation pénale mi- 
litaire |iuiiit de mort le crime d'assassinat 
dans tous les i-as. 

ASSAUT d armes ou d'escrime. Lutte 
à qui fera le mieux, consistant en un duel 
simulé entre des tireurs ; il est précédé du 
salut d'armes. 

— d'une position; d'un ouvrage. At- 
taque viifoureuse contre un point faible, en 
vue de s'emparer de la position, de l'ou- 
vrage et de s'y établir après en avoir expulsé 
l'ennemi. L'assaut est généralement préparé 
par une canoiniade suflisante pour ébianler 
les défenseurs et faciliter le passage et l'en- 
trée de l'assaillant, c'est-à-dire faire une 
brèche (V. Altariue, Brèche). 

Au moment de l'assaut, qui a été lixé 
d'une manière précise, on suspend la canon- 
nade ou l'on allonge le tir. Ciiaqne colonne 
d'assaut est précédée de tirailleurs qui tirent 
sur les flanquements et de travailleurs qui 
détruisent les défenses accessoires et écartent 
les obstacles existant au pied de la bièche. 
Un fort détachement de travailleurs suit la 
première colonne et une réserve de combat- 
tants est installée dans le couronnement du 
chemin couvert prête à se porter au secours 
des troupes engagées et des travailleurs. 

Dans une place assiégée, l'assaut est le 
dernier acte de siège ; il consiste en une at- 
taque de vive force destinée à se icndre 
niaître de l'ouvrage ou de la partie du 
'orps de place devant lequel on a fait les 
travaux préliminaires. On peut être oblige 
de donner l'assaut aux divers ouvrages suc- 
cessifs d'une place. 

Par analogie, on appelle assaut, dans le 
combat offensif de l'infanterie, la poussée en 
avant finale, qui doit briser la résistance de 
l'erniemi et faiie tomber la position atta- 
quée. 

ASSEMBLAGES. Pour bi construction 
des abris en campagne, on ne dispose, en 
général, que de bois bruts ou grossièrement 
équarris. Leur mise en œuvre^ pour le but 
prévu, exige l'emploi de travaux de char- 
pente pour assembler les diverses i)iéces. 
Avec des bois bruts, les assemblages sont 



' faits, en général, sans tenons ni mortaises et 
à l'aide de la cognée, de la scie ou de Vlwr- 
iiiiiu'tle. 

ASSEMBLEE. Réunion d'un certain 
nombre de personnes. Dans une troupe, c'est 
le signal donné par le tambour ou le clairon 
]iour une réunion ou une prise d'armes. 

ASSEOIR. Ce mot signifie détermine)- 
l'emplacement d'une aimée assiégeante ; 
fixer la position d'un camp, en régler l'as- 
siette, l'établir dans les conditions prescrites. 
Établir sur des bases solides. Asseoir un 
cheval sur ses jambes, c'est le dresser à e\é- 
cutei- les aiis de manège ou à galoper ayant 
la croupe plus basse que les épaules. 

ASSERMENTÉ. Fonctionnaire public 
qui a piété serment pour pouvoir remplir ses 
fonctions ; tels sont, dans l'armée, les ad- 
joints du génie. 

ASSEUREMENT. Pour réagir contre le 
fléau des guerres privées, on employa divers 
moyens à l'époque féodale, tels que : les at- 
tenances, les paix, les sauvegardes, les trêves, 
les asseurements . Ces derniers constituaient 
une paix conclue d'un commun accord entre 
les deux parties, ou imposée par le loi ou 
un seigneur haut justicier. 

ASSIÉGEANT. iMot qui désigne l'en- 
M'iiililc (les troupes qui attaijuent, assiègent 
une |ilair. nu ouvrage, une position. 

ASSIÉGÉ. Ensemble des défenseuis d'une 
ville ou (l'un ouvrage assiégé. 

ASSIÉGER. Faire le siège d'une place, 
d'un ouviage. Bloquer, investij- une forte- 
resse et exécuter contre elle des travaux et 
des attaques pour s'en emparer. 

ASSIETTE. -Manière de po.ser, d'asseoir. 

— d'une ville. Position topographique 
de la ville. 

— d'un camp. Disp(3sition et position 
d'un camp, suivant des règles précises. 

— d'une place forte. Situation et 
étendue de la forteiesse, plan et forme, et 
même position au point de vue politique 
et stratégique. 

— du casernement. Affettation des 
différents locaux d'un casernement et fixa- 
tion de leur contenance en hommes et en 
chevaux. 

— du logement. Répartition, entre les 
unités d'une troupe, des divers locaux qui 
lui sont affectés. Cette répartition est faite 
par la commission de casernement, qui se 
compose du commandant d'armes, du chef 
du génie, du sous-intendant militaire et 
d'un médecin militaire. 

En route, cette assiette est réglée au 
moyen de billets de logement délivrés pai- 
b^s autorités locales. 

ASSIGNATION. Cédule lancée par le 



ASSOCIATION. 

rapport»'» I' pivs d'un coiiM'il lio vu»''"' pour 
ordonner l.i fonip.uution des militaires qui 
doivi'iil ili''|iii^iT connite léinoins. 

ASSIMILÉS. Calévorics de militaires 
non eoMil)atlants, qui ont reçu des >,'rado,s 
rorres|i()ndanl h eeux des «oinlialtanls. Tels 
sont les niéderins, pliaririaeieiis et \étéri- 
naires militaires, ainsi que les fouctiuiinaiies 
do rintendanre. 

ASSISTANCE. Aide, seeours, appui. 
l»rr>enci' d'un oflii-ier puhlii- exerçant une 
foiii'lioM. 

ASSOCIATION. Union de plu.sieuis per- 
>unnes dans un tint eomniun. 

On li'S dislinjrue eu deux espèces: relies 
qui sont faites dans un intérêt privé, et 
••elles qui ont pour but l'intérêt j.'énéral. Ces 
dernières sont soumises à l'autorisation du 
(îou\ernenient, mais eette autorisation est 
toujours ié\or;il)le (V. Sociélès). 

— des Dames françaises. Assoi iation 

de liienfaisanee ciéée dans le but de seeondei- 
l(^ sei-\iie de sauté militaire, en temps de 
j;uerre, par laerèation d'hôpitaux militaires, 
la réunion et l'envoi de donsjtour les hli^ssés. 

Son intervention est limitée au teiritoiie 
national et son ronrours ne peut être étendu 
aux liApitaux de première liirue ni aux hôi)i- 
taux d'évaluation. 

Cette assoeiatiun a été aulorisèe par dé- 
eret du IB novemlire 1886. Elle est repré- 
sentée auprès des Ministres de la guerre el 
do la marine, ainsi que dans les régions de 
«•or|)s d'armée. 

Le personiud est [lorleur d'un liiassard el 
d'une raile nominati\e. 

ASSURANCE. Contrat jiar lequel une 
soi'ièté s'i'tigairc', moyennant une certaine lè- 
Iriiiution, à payer une certaine somme à une 
p<'rsoinie dans le cas d'un événement |)révu 
et spécitié dans l'acte. Telles sont : les assu- 
rances maritimes, les iissurances contre l'in- 
cendie, contre la grêle, <'ontre les épizooties, 
et enfin les as-;uran(;es sur la vie. 

Tous les entiepreneuis de l'administration 
de l'armée sont tenus, d'après les cahiers des 
charges régissant leurs marchés, de faire as- 
surer contre l'incendie, contre la foudie et 
contre le recours des v(jisins, tous les Ijàti- 
iiients affectés .au sen ice, les aiiprovisioniu - 
ments qu'ils doivent entretenir, ainsi que les 
denrées et les ohjets mobiliers appartenant à 
l'Ktat. qui leur ont été lemis. 

ASTIC; ASTIQUER. Folissoir de l)ois 
ou d'une m.ilière duie au moyen duquel on 
étend la cin- sui hs diverses parties en cuir 
du grand équipement. K'une manière géné- 
rale, lo mot a.stiquer signifie rendre un équi- 
pement brillant .lu mo\en des divei-ses opé- 
rations qui con>titucMl l'asliiiuage. 



«2 ATTAQUE. 

ATELIERS. Lieu où des ouvriers tra- 
vaillent en conniinn. Tels sont les ateliers 
des tailleurs, des cordomiiers ou bottiers, des 
selliers ou bouireliers, des aiinuriers, dans 
les corps de troupe ; les ateliers régimentaires 
du génie et, enfin, les arsenaux. 

— de travaux publics. Ateliers com- 
posés d(^ mililaiirs condamnés par les con- 
seils de guerre pour certains crimes ou 
<iciits, ainsi que de ceux qui ont obtenu la 
cununutation d'une peine plus grave en celle 
correctionnelle des travaux publics. Ces ate- 
liers sont au nombie de six, tous en Al- 
gérie. 

ATTACHE. Lien, courroie servant à at- 
tacher. A de nombreuses acceptions dans lo 
langage militaire. 

ATTACHÉ militaire ou naval. Oflicier 

(jue sou (ionvci iiement adjoint à une am- 
bassade ]iour le renseigner sur la maniéie 
dont sont traitées les questions militaires 
dans le pays où l'attaché est envoyé. 11 .sert 
en même temps de conseiller technique à son 
amba.ssadeur. Ils rendent compte au moyen 
de ra[)ports transmis par ce dernier et ne 
négligent aucun moyen ni aucune occasion 
de se renseigne!'. Ils n'ont pas d'assimilation 
avec le personnel de l'ambassade et prennent 
rang avec les él rangers de marque. 

ATTACHEMENTS. Constatation d'un 
travail de construction destiné à no pas 
rester apparent ou (pi'il ne serait pas pos- 
sil)le de vérifier apiès coup. 11 y a les atta- 
chements écrits (notes) et les attachements 
figurés (dessins) ; un registre. îles allache- 
wents est conservé dans cha(|ue cfielferie du 
génie et reçoit, jour par jour, l'inscription 
des attachements lelevés au fur et à mesure 
de l'avancement des travaux. 

— du mineur. Opération faite par l'a.s- 
siégeaut autrefois et peu usitée actuellement. 
Elle consiste à introduire un mineur dans le 
massif d'un ouvrage pour y continuer et 
agrandir le trou déjà commencé à coups de 
canon. Ainsi, attacker le mineur, c'est le 
placer dans un entonnoir commencé et où il 
est à couvert |)our achever de percer le pied 
du revêtement d'escarpe en vue d'y disj)0.ser 
un fourneau <le mine. En cas d'attaque, l'at- 
tarbement est soutenu à l'aide de logements 
établis près de l'ouverture de la descente du 
fossé. 

lJ'a|(rès Vauban, chaijne attachement doit 
marcher en même temps que la construction 
d'une batterie de hréche. 

ATTACHER ù un corps, à un service 
(exprime l'action et le droit de désigner 
l'arme, le corps ou le service dont un mili- 
taire ou une troupe feront partie. 

ATTAQUANT. Militaire qui altaque en 



ATTAQUÏ DES PLACES. 03 

rase canipa^Mif. Il s'appelle assiégeant lors- 
qu'il atUique mie place et asmillant lois<jii'il 
doit prendre part ;i un assaut ou à nue esca- 
lade. 

ATTAQUE. Action d'attaquer une posi- 
tion, un convoi, un détilé, etc. Les règles 
pour l'attatjue \arient suivant les cas et les 
conditions données. 

— des places. Ensemble des moyens 
employés par une lrou[)e de siège poui' s'em- 
parer d'une place ou d'un ouvrage de foitit'i- 
cation j)ermanente dans le moins de temps 
et avec" le moins de pertes possilile. Les 
règles à suivre dépendent de la manière dont 
est conduite la défense. 

On distingue plusieurs esjwces d'attaques: 

1° La surprise, qui consiste à escalader 
rapidement, et a l'improviste. les remparts. 
de façon à ne combattre qu'à l'intérieur de 
la place ; le secret et le silence sont de 
rigueur en pareil cas ; 

2° L'action de rive force, dans hujuelle on 
chercbe à pénétrer à tout prix, par une 
attaque audacieuse et énergique dans la for- 
teresse ; 

3' Le bombarilemenl, qui a pour but de 
produire dans l'intérieur de la ville, par 
l'action des [trojectiles incendiaires ou autres, 
des donnnayes assez sérieux pour amener la 
capitulation de la place : 

4° Le blocus, qui a pour but d'isoler com- 
plètement une place, afin de l'obliger à se 
rendre par suite de l'épuisement de ses res- 
sources. 

Ces quatre geines d'attaques prennent le 
nom d'attaques irréijulières ou brusquées ; 
elles amènent la reddition d'une place d'une 
façon plus ou moins immédiate, mais ne 
jieuvent réussir que contre des fortifications 
défa:tueuses, mal armées, mal défendues ou 
mal approvisionnées. 

Le siège en règle ou attaque pied à pied 
arrive lentement, mais sûrement, à vaincre 
la résistance de la place, au moyen d'opé- 
rations et de travaux conduits d'une ma- 
nière méthodique et qui constituent réelle- 
ment l'attaque des places. Nous allons les 
résumer succinctement, en supposant que la 
défense présente quatre échelons : 1° les po- 
sitions extérieures : 2° les forts de l'aligne; 
3° les forts de 2* ligne ; 4° le noyau. Avant 
tout, il faudra isoler la place et l'empêcher 
de recevoir aucuu secours extérieur : ce sera 
l'objet de l'investissement provisoire d'abord, 
au moyen des premières colonnes dirigées 
sur la place en vue de déloger l'assiégé du 
terrain avancé et de constituer un cordon 
fermant les communications de la place avec 
l'extérieur ; puis définitif, c'est-à-dire com- 
plété par l'organisation de la ligne d'inves- 



ATTAQUE DES PLACES. 

tisseraent au moyen de travaux de campagne 
et d'installation assurant définitivement la 
position du terrain occupé. On s'occupe en 
même temps des préparatifs du, siège, qui ont 
surtout en vue l'arrivée du complément du 
persoiniel et du matériel nécessaires, l'orga- 
nisation des divei-s services (parcs, dépôts de 
tranchées, etc.), le choix du point d'at- 
ta((ue, etc. On enlève ensuite la ligne de 
combat de la défense crtérieure active, c'est- 
à-dire la ligne dans laquelle la partie mo- 
bile de la garnison est venue se fortifier en 
avant des ouvrages de la place pour retarder 
le moment où ceux-ci seront directement 
attaqués. 

Uattaque directe des forts de première 
ligne porte sur un ou plusieui's forts, sui- 
vant l'importauce et la situation respective 
de ces derniers et suivant les moyens dont 
l'assaillant dispose. Pour s'emparer de ces 
ouvrages, il faut emjjloyer la lutte d'artil- 
lerie et les travaux d'approciie. 

La lutte ou combat d'artillerie a pour 
objet de ruiner ou de paralyser l'artillerie de 
la défense, de désorganiser les éléments de 
la résistance, de détruire les ressources de 
l'assiégé, etc.. avant d'entourer les travaux 
d'approche ou attaqua rapprochée (fig. 20). 

Le procédé le meilleur pour arriver à ce 
lésultat consiste à établir des batteries dites 
de !"■<= position, sous la protection de la ligne 
d'investissement. Ces batteries, pour répondre 
à la nombreuse artillerie de gros calibre de 
la [ilace, doivent également être armées de 
pièces de gros calibres qui ouvriront un feu 
intense, prolongé et supérieur, de manière à 
faire taire celui de l'adversaire, à rendre ses 
positions intenables, à enfiler ses communi- 
cations ou les lignes d'ouvrages, etc. La dis- 
tance de ces batteries aux ouvrages de la 
place varie entre 2,000 et 4.000 mètres, et 
l'on doit chercher à dissimuler leur empla- 
cement aux vues de la place en utilisant 
tous les couverts ou masques naturels exis- 
tant ou même en en créant d'artificiels. 
Pour être à même de mieux en surveiller le 
tir, on les réunit par groupes, mais sans trop 
les rapprocher entre elles, pour ne pas les 
faire écraser par le feu convergent de la 
place. 11 y a intérêt à en disposer un certain 
nombre pour que le tir puisse se continuer 
pendant toute la durée du siège. Ces batte- 
ries sont construites sous la protection de la 
l""^ parallèle dans le but de créer des brèches 
praticables, de détruire ou de paralyser les 
organes de flanquement, tout en protégeant 
les travaux d'approche conjointement avec 
l'infanterie, dont le tir est alors très effi- 
cace. 

La portée et la précision de l'artillerie 



ATTAQUE IKS I'LACes. 



actuelle laisseront pins de latitude dans le 
choix et le nombre des emplacements de ces 
Itatteries. et l'on pourra même comiiliiiuer 
leur rôle d'un bombardement partiel on 
systématique de la place, des ouvrages et de 
leur intérieur. 

Pour créer des brèches praticables, dé- 
truire ou paralyser les organes de flanque- 
meut, tout en protégeant les travaux d'ap- 
proche, on établit les batteries de i'^ position 
sous la protection des batteries de l'* posi- 
tion et de la 1" parallèle. Ces batteries 
couiprennent des batteries d'enfilade, à dé- 
monter, de bréclie, de mortiers. Leur ar- 
iiiement. étant plus difticile à effectuer, 
sera composé de |)iéces de calibres rela- 
tivement faiblos. On devra choisir les em- 
placements de ces batteries d'une manière 
exacte, par rapport aux lignes et au tracé 
des ouvrages à battre. Un les installe, en 
airière de la l'*" parallèle, à une distance 
suftisante pour que leur tir n'imiuiète i)as 
l'infanterie, qui y est postée comme garde 
de trancliée, dont le tir est alors très efti- 
ca<"e. 

A partir du moment où l'on a maîtrisé 
l'artillerie de la jilace, ou cherche à s'ap- 
|iro<her de celle-ci au moyen des travaux 
de siège, exécutés sous la direction du génie 
l't a|i|>elés traraux d'approclie. Les attaques 
~ont, en général, dirigées contre le |)oint le 
|»lus faible de la fortification, à moins que 
d'autres considérations, parmi lesquelles 
entre surtout l'importance des communica- 
tions au point de vue du matéiiel, pour 
une large part, n'en fassent décider autre- 
ment : c'est ce qu'on appelle le choix du 
point d'attaque. Tous les renseignements con- 
cernant l'attaque d'une place sont portés sur 
un plan nommé plan directeur. 

Les travaux d'approihe ont pour but de 
permettre à l'assiégeant de se frayer un pas- 
sage abiité des feux depuis les j)oints ex- 
trêmes où l'on a à ciaindre le tir (dépôts de 
tranchée) jusqu'au sommet de la brèche. Ils 
ont pour point de départ une tramliée ap- 
pelée première parallèle, formant une posi- 
tion solide pour permettre de repousser les 
retours offensifs de la défense. Cette paral- 
lèle s'ouvre, en principe, à une dist^mce de 
800 à iOOO mètres des saillants les plus 
a\anc:és, mais en la rapprochant davantage 
si l'ensemble des conditions le permet. Elle 
comprend des portions distinctes pour chaque 
fort attaqué ; elle s'exécute de nuit, et par 
surprise, sur tout son développement à la 
fois, en sape volante sans gabion, ou en 
tranchée simple. Cette opération prend aussi 
le non d'ouverture de la trancliée. Des tran- 
l'hées, dites boyaux de communication, per- 



66 ATTAQUE des places. 

mettent de circuler à couvert entie cette 
parallèle et les couverts en arrière. 

D'autres boyaux de communication, tracés 
en zigzags de chaque côté des capitales, c'est- 
à-dire dans le secteur privé de feux de ma- 
nière à être défilés des coups, relient les 
diverses parallèles entre elles. Ces boyaux 
sont établis à la sape volante. Au moyen de 
cheminements et d'autres parallèles ou placées 
d'armes, on gagne pied à pied le terrain qui 
sépare la l''^ parallèle des ouvrages à em- 
jiorter d'assaut. 

Le nombre des parallèles est fixé de telle 
sorte qu'il y en ait une au pied des glacis 
(60 mètres environ du saillant des chemins 
couverts) et que l'intervalle entre chaque 
parallèle et celle qui la suit soit un peu 
moindre que la distance de cette deinièie 
aux saillants du chemin couvert. On peut 
généralement remplacer la parallèle piécé- 
dant celle du pied des glacis par un en- 
semble de demi-places d'armes. Les diverses 
parallèles servent d'emplacements couverts 
et de liaison entre les batteries d'attaque et 
les troupes chargées de repousser les soities 
(gardes de tranchées). Elles sont munies de 
gradins pour la fusillade et jjour le franchis- 
sement. 

On limite le tracé des clieniinements à 
deux droites situées de part et d'autre de la 
direction générale de chaque attaque et éloi- 
gnées de cette direction de 40 mètres à hau- 
teur de la 1" parallèle, de 20 mètres à 
hauteur de la dernière à construire, de ma- 
nière que la longueur d'un boyau ne dépasse 
pas 120 mètres, pour éviter l'enfilade. Lors- 
qu'on arrive à iSO mètres environ de la 
place, on ne peut plus cheminer qu'à la sape 
pleine. Arrivé au pied du glacis, si celui-ci 
est contreminé, il faut tout d'abord ruiner 
les contremines au moyen d'une guerre sou- 
terraine ayant pour but de permettre le cou- 
ronn^menl du cliemin couvert. 

Si le glacis n'est pas contreminé, on 
cherche à s'en emparer de vive force si les 
conditions le permettent ; on est obligé de 
couronner le cliemin couvert, soit de vive 
force, soit pied à pied. 

Il faut alors exécuter la descente de fossé 
qui, généralement, avec des fossés secs, con- 
siste à renverser la contiescarpe par la miue 
pour établir une descente de fossé souter- 
raine au moyen de blindes. Le passage du 
fossé, dans ce cas, se fait également au 
moyen de blindes. 

Il faut alors achever de rendre intenables 
les remjiarts, ou débris des organes de flan- 
quement, après avoir détruit ces derniers 
en ayant recours, soit à l'action de pièces 
légères installées dans le couronnement du 



ATTAQUE DES placks. 

clu'iiiiii <uu\c'il, soil à irlle de fourneaux de 
raine. 

La brklie a dû èlro faite, eu piimipe, de 
loin a\ee le canon, soit à l'aide de batteries 
de 2' position, soit, en outre, à l'aide de 
lialteries aiuiées de pitVes léjtères placées 
dans le couioinienieut du cheuiiu couvert. 
La mine e.-.t employée à faire sauter quelques 
portions d'ouvraffes ou à compléter les brèches 
faites par le canon ; mais on n'y a recours, 
comme moyen unique d'ouvrir la brèrlie, que 
quand il est impossible de faiie autrement. 

L'tismut. aux forts extérieui s d'une place, 
se donne i^éiiéraleiuenl eu paitant, soit du 
chemin cou\ert,soit du fond du fossé, aiirès 
que la brèche a été leconnue suftisauuiient 
praticable. Si le sommet de la Ijrèche est 
défendu par un retranchement intérieur, des 
dispositions sont prises pour détruire ou 
tourner cet obstacle, sans suspendre l'at- 
taque. Une fois maître du fort, l'assiégeant 
reiherciie les fourneaux de mine iuslallés 
par la défense, détruit les conunuuicatioiis 
électriques, etc., et prend les dispositions 
nécessaires pour empèciier un retour offensif 
de l'ennemi (mettre la gorge eu état de dé- 
fense). 

A lires la chute des ouvrages attaqués, les 
ouvrages collatéraux, quoique ayant beau- 
coup souffert, peuvent encore être eu état de 
flanquer la position intermédiaire et donner 
des feux gênants pour l'assiégeant, placé 
alors dans un rentrant. Dans ce but, et aussi 
pour élargir la base d'opération des atta(jues 
ultérieures, on est souvent conduit à s'em- 
parer d'un ou deux des forts collatéraux, 
opération qui sera facilitée par l'occupation 
des firemiers forts attaqués et dirigée contre 
leurs Ibincs et leur gorge. Dans tous les cas, 
ilfaudiailau moins coutrebaltre ces forts. En 
même temps, on pousse vivement les travaux 
d'attaque contre la troisième ligne de défense 
oiganisée entie la ligne de forts et le noyau 
central. L'attaque de cette ligne peut, en 
principe, être exécutée comme lelle de la 
première ligne, c'est-à-dire en opérant j»ar 
bonds successifs et eu terminant par des 
atlaijues de vive force. On conmience, avant 
tout, par reporter généralement sur la ligne 
de forts conquis (et jamais dans ceux-ci), ou 
même un peu en avant, les batteries qui ne 
[leuveiil plus être utilisées sur leurs anciens 
enqdacements. 

Il ne reste plus alors qu'à enlever le noyau 
central ou corjis de place, qui, s'il a été con- 
stitué solidement et a peu soull'ert, donne 
lieu a la répétition des opérations méthodi- 
ques déjà indi(|uécs. Il faut avant tout rap- 
pro<her les cantonnements des troupes, les 
pan:s el dépôts, les huileries de !■■<= et de 



66 ATTRIBUTION. 

â'" position, etc. On peut être conduit à s'em- 
jtarer successivement des dillérents dehors 
qui peuvent existei'. 

A toutes ces opérations, qui s'exécutent 
sous le feu ennemi, viennent s'ajouter, à 
( lia(jm' période du siège, les Jnesures à 
prendre, pour se maintenir sur le terrain 
conquis et occupé, contre les sorties de la 
garnison et pour défendre les ouvrages contre 
les tentatives de leprise. 

La physionomie générale de l'attaque eu 
règle que nous venons de tracer s'applique 
au cas le [dus compliqué : dans la pratique, 
elle sera beaucou[) simplifiée el devra l'être 
suivant les cas, circonstances ou ciiances 
heureuses. On su]iprime toutes les oi>éralions 
qui pourront l'être eu les brusquant dans la 
mesure du possible. 

ATTAQUER. Assaillii', se porter à l'at- 
taque, engager l'action contre l'einiemi, une 
position, une place. 

— l'arme. Saisir le fusil en exécution 
d'un commandement relatif au maniement 
d'armes. Attaquer brusquement l'arme si- 
gnifie saisir brusquement l'arme. 

ATTELAGE. Nombie d'animaux attelés 
à un \ rhinilc. 

ATTELLE. Partie du colUer à laquelle 
les traita siml attachés. 

ATTENTAT. Entreprise criminelle contre 
les iji'isDiiiics ou lonlre les lois. 

ATTENTION. Terme de commande- 
ment, d'a\ertissenient employé pour faire 
exécuter les feux de salve. Dans les armées 
étrangères, ce mot est employé au lieu el 
fil ace du cormnandemeul « Garde à vous », 
usité en France. 

ATTESTATION. Action de certilier. Té- 
moignage iju'on donne à quelqu'un. 

— de repentir. Les soldats lUjérés dans 
les compagnies de discipline ne peuveul, en 
aucun cas, prétendre obtenir un certilicat de 
lionne conduite, mais il peut leur être dé- 
livré une attestation de repentir. Une attes- 
tation de même nature peut être délivrée 
aux soldats qui, sortant des compagnies de 
discijiliue, sont réintégrés dans les régi- 
ments. S'ils restent ensuite plus d'un au au 
régiment, ils peuvent oi)tenir un certilicat 
de lionne conduite. 

ATTIRAIL de guerre. Ensemble des 
l'hoses nèccssiiires pour faiie la guerre. 

ATTRIBUT. Signe, empreinte, effigie ou 
manjues distinclives qui accusent le rang de 
ceituins [lersonnages ou qui différencient cer- 
tains effets d'uniforme ou certaines parties 
de ces clîels. 

ATTRIBUTION. Partie d'administration 
assignée à une fonction puljlique, soit civile, 
soit militaire. 



ATTROUPEMENT. 



67 



AUMONIER. 



Dans ranutf, il y a iiutaut d'attiiljutioiis 
différentes que do ijiades. 

ATTROUPEMENT. Rassembloniout tu- 
nuiltuou\. U après la loi du 7 juin 1848, 
eniore en vi-iueur artuellenient. tout attrou- 
Itenient armé, formé sur la voie publique, 
est interdit. La même interdirlion est faite 
a tout attroupement non armé qui jjourrail 
troubler la tranquillité publique. Lorsqu'un 
attroujtement, armé ou non aiiiié, s'est 
formé .sur la voie publique, le maire ou l'un 
de ses adjoints, à leur défaut le commissaiie 
de police ou tout autre agent ou dé|)osit;iii(' 
de la force publique et du pouvoir exécutif, 
portant lécliarpe tricolore, se rend sur le 
lieu de l'attroupeuient. L'n roulement de 
tamiiour aunonce l'arrivée du magistrat. Si 
laltroufienient est armé, le magistrat le 
somme de se dissoudre et de se retirer. 
Lorsijue cette première sommation reste sans 
effet, une seconde sommation, précédée d'un 
roulement de taiiiljour, est faite par le ma- 
gistrat. Eu cas de résistance, l'attroupement 
est dissipé par la force. Si l'attroupement 
est sans armes, le magistrat, après le jire- 
mier roulement de tambour, e\borte les 
citoyens à se dispei-ser. S'ils ne se retirent 
pas, trois somjnations sont successivement 
faites. En cas de résistance, l'attroupement 
est dissipé par la force. 

AUBADE. Espèce de concert donné par 
les tiunbours et la musique militaire devant 
la tente ou la demeure d'un chef militaire 
auquel on veut faire honneur. Ce concert 
e^t donné généralement à l'aube du jour et 
commence par quelques reprises de la diane 
et de la batterie au\ champs. 

AUBAINE. Avantage inattendu remporté 
sur l'ennemi. 

AUBÈRE. Cheval dont la robe est mé- 
langée de [loils blancs et alezans. 

AUBIN. Allure défectueuse du cheval, 
qui consi>te à galoper avec les jambes de 
devant et à trotter ou à aller l'amJjle avec 
celles de derrière. Cette allure dénote une 
faiblesse des reins et de l'arrière-train et le 
cheval est incapable de la soutenir long- 
temps; aussi les chevaux qui vont de l'auJjin 
ont peu de valeur. 

âUDâCE. Hardiesse excessive qui exclut 
presque toujours la réflexion. 

AUDIENCE. Réception où une personne 
écoute celle qui a à lui parler. Séance dans 
laquelle les juges écoutent les plaidoiries. 
AUDITEURS. Ofticiers autrefois atta- 
iliès a la justiie militaire dans l'année fran- 
çaise ; il en existe encore dans certaines 
aimées étrangères. 

AUDITION de témoins. Dans la jus- 
tice militaire, l'audition des témoins a lieu 



immédiatement après l'interrogatoire de l'ac- 
cusé, en commençant par les témoins à 
cliarge et en terminant par ceux à décharge. 

AU FEU. Cri d'alerte en cas d'incendie, 
le(iuel doit être répété de sentinelle eu .seu- 
tinelle pour être transmis au chef de poste. 

AU LARGE. Expression employée par 
les >entinelles pour avertir les passant.s de 
circuler sans s'approcher d'elles ou d'un 
point qui ne doit pas être abordé. 

AU PAS. Gomandement fait |)ar l'in- 
strurii'Mi dans une marche en bataille, lors- 
qu'il Mtit le pas se perdre. 

AUGE. Compartiment carré servant, dans 
les anciennes gibernes, à recevoir un paquet 
de cartouches. 

AUGET. Conduit en bois en forme de 
tuyau carré, de 4 à 3 centimètres de côté, 
destiné à protéger le saucisson servant à 
mettre le feu à un fourneau de mine ou à 
une fougasse. 

Dans les fusils à répétition, l'auget est 
une pièce creuse servant à tra:isporter la 
cartouche du magasin dans le canon du fusil. 
Cette pièce tourne autour d'un axe et a, 
généralement, la forme indiquée dans la 
tiguie (/('i/. 21). 

L'auget prend le nom de transporteur, 
quand il se transporte parallèlement à lui- 

Fis. -'1. 




même ; c'est un barillet, quand il reçoit 
plusieurs cartouches. Mais ce dernier système, 
généralement adopté pour les revolvers, ne 
convient pas aux fusils. 

AUGMENTATION. Accroissement d'ef- 
fectif ou de cadres motivé par les circon- 
stances et toujours en vertu d'une loi. 

AUGUSTICUM . Gi atitication donnée 
aux soldats romains lorsqu'ils prêtaient ou 
renouvelaient le serment de lidélité. 

AULIQUE (conseil). Conseil s'occupaut 
autrefois des questions politiques et mili- 
taires en Autriche. 

AUMACOR. Mot qui signifie connétable 
et servait à désigner le chef des Sarrasins 
au temps des croisades. 

AUMONIER. Ministre d'un culte reconnu 
par l'État et chargé d'assurer le service reli- 
gieux dans l'armée. 



AUNE. 

Eli temps de pair, il i'\i.--to un auinôiiier 
(l;iiis ilwKjue l'amp. foil ou fraiiiison, placé 
liois (le ri'iictniitc dt's villes foiinarit un las- 
scrulilcnu-nt de 2,000 iionnnes au moins, et 
éloi}.'nés des é^Mises ou temples de plus de 
3 kilomètres. 

Vans les places en état de (juerre ou de 
siège, il doit y avoir un auim^niei' eatlio- 
lique dans cliaiiue fort avant 2,000 hommes 
de ^'arnison. dans elia(jue plaee ayant 
10,000 lionnnes de ^'arnison et poui"cha<}ue 
frai-tion de 10,000 hommes ; un aumônier 
protestant dans ejuujue plaee ayant 20,000 
honnnes de frarnison, et un aumônier isiaélite 
dans cha([ue plaee ayant 30,000 honnnes de 
j.'arnison. 

Aux armées en campagne, il doit y avoir 
un aumônier eatholicjue à ehaque (}uartier 
j.'ênéral de coriis d'armée, à. ehaeune des di- 
verses andjulances des corps d'aimée, à 
cliaijue division de cavalerie, à chaque di\ i- 
>ion active de l'année teriitoriale ; il doit y 
avoir un aumônier protestant et un aumô- 
nier Israélite à clia(pie (juartier i;énéial de 
corps d'armée. 

AUNE. Mesure ancienne (pii représente 
ailiicllciiiciil une lon^'ueur de l"',iyi niilli- 
nuln's (l;iij,'cur ancienne du drap de troupe). 

AUSPICE. Présasfc tiré d'un sifme sur- 
naturel, et surtout des oiseaux. 

Chez les Romains, le chef d'une armée 
prenait les auspices en môme temps que le 
coimnandement. Ces au.spices consistaient 
dans l'observation de la manière dontman- 
j^eaient les oiseaux (habituellement des pou- 
lets), que l'on tenait enfermés dans une 
cage. Au moment voulu, on ouvrait la cage 
cl on jetait la pâtée. Si les oiseauv se j)ié- 
cipitaient avidement sur la nouriiture, les 
ausj)ices étaient jugés favorables ; si, au 
contraire, les oiseaux refusaient de sortir 
de la cage ou de manger, s'ils battaient des 
ailes ou s'ils s'enfuyaient, les auspices 
étaient juL'és déf;ivorables. 

AUSSIËRE. Toit càble.servant à amarrer. 

AUTEL. Dans les messes militaires, 
l'autel était gaidé par trois soldats en armes, 
plai'és l'un en face et les autres de cha(|ue 
côté de r.-uitel. 

AUTEUR d'attroupement. Militaires 

con>idérés connue instigateurs ou chefs d'une 
mutinerie ou d'une émeute. Les ofliciers ou 
les sous-officjers faisant jtartie d'un attrou- 
pement .sont toujours compris parmi les 
chefs d'attroupement. 

— militaire. Ivrivain avant composé, 
traduit on nii.N an jour des livres ou des ar- 
ticles militaires. Les règlements français dé- 
fendent à tout militaire de publier aucun écrit 
sans l'autorisation du Ministre de la guerre. 



(iS AUTRICHE-HONGRIE. 

AUTORITÉS. La ou les personnes con- 
sidéièt's dan- l'exeicice légal d'un connnan- 
demeiil hièrarchicpie ou d'une fonction de 
l'administration militaire. 

AUTHENTICITÉ. Qualité de ce qui est 
authfntii|ue. c'est-à-dire dont la certitude, 
dont l'autorité ne |)eut être contestée. Tels 
.sont les actes dressés par les ofliciers publics, 
par' les officiers de l'état civil aux armées, 
par les fonctionnaires de l'intendance. 

AUTONOME. Qualité d'un État indé- 
pendant, qui se gouverne par ses propres 
lois. Un dorme par extension ce qualiticalif 
aux services de l'armée (|ui dépendent direc- 
tement du Ministre de la guerre. 

AUTOPSIE. Ouverture et examen d'un 
cadavie. 

L'antopsie d'un cadavre humain peut 
avoir lieu, soit dans le but de renseigner la 
justice, et elle est alors effectuée sur l'ordre 
du (irocureur de la Républi(jue, soit dans un 
but médical, mais alors il faut le consente- 
ment de la famille du défunt. 

En ce qui concerne les chevaux de l'armée, 
un rapportd'autojisie (modèle X. .. annexé, au 
rè/.dement du 23 décemhic 1883 sur le Service, 
intérieur) est établi par le vétérijiaire en 
|iremier et signé par le chef d'escadion de 
semaine, à la suite de la mort ou de l'aba- 
tage d'un cheval. Tous les vétérinaires du corps 
assistent à l'autopsie. Lor.squ'elle n'a ])u avoii' 
lieu, le rapport en fait connaître les motifs. 

11 est permis de praticjuer, dans les quar- 
tieis ou dans les camps, l'autopsie des che- 
vaux morts ou abattus, à l'exception de 
ceux atteints de maladies contagieu.ses. Pour 
ces dernieis, l'opération doit être faite dans 
le clos d'éqnarrissagi^ ou aux lieux désignés 
par les antoi'itès locales. 

AUTORISATION. Action par laquelle 
on donne à i(n('li|irun l'autorité, la faculté, 
la permission lie faiie une certaine chose. 
Telle est, par exemple, l'autorisation minis- 
téiielle, pour pas.ser des marchés d'une cer- 
taine inipiii lance, etc. 

AUTORITÉ. Gouvernenjcnt, administra- 
lion publique. Pouvoir de .se faire obéir. 
L'abus d'autorité est un mauvais usage d(s 
l'autoiilé, par lequel on exige au delà de 
son droit ou de son pouvoir légal. 

AUTRICHE-HONGRIE et son armée. 

L'aiiiiiT aiislro-hongroise se compose de 
4 élènients distincts, concourant également 
aux formations de guerre; ce sont: 

1" Ij'armée commune; 

2" La milice cisleithatie (landivekr), parti- 
culière aux Ltats cisleithans ; 

3° La milice hongroise (honved). spéciale 
à la Hongrie ; 

Ces éléments s'alimentent chacun à l'aide 



AUTRICHE^ONGRIE. 



G'.l 



AUTRICHE HONGRIE. 



d'un contingent particulier divisé en 2 por- 
tions. L'armée commune fait un service actif 
de 3 ans, passe dans la réserve pciuiaiit 
7 ans et ensuite 2 ans dans la milice. Dans 
les milices, la !''<' portion (cisleithane) passe 
1 an sous les drapeaux, et la honved 2 ans. 
puis elle est versée dans la réserve, où elle 
demeure 11 ou 10 ans. La 2" portion, dite 
réserve de complément, reçoit une instruction 
sommaire de 8 semaines, complétée par 
quelques exercices ultérieurs : 

4*" L'armée ten'itoriale (landalurm . 1*' ban) 
et sa réserve (2* ban), destinées à renforcer 
l'armée et les milices, mais rattadiées à 
ces dernières pour la préparation à la truei re. 
A cette armée appartieiment tous les liommes 
valides de 19 à 42 ans, non classés dans 
l'une des catégories précédentes. Le service, 
commençant normalement à l'àjre de 21 ans, 
elle comprend 9 classes d'honniies exeicés, 
dont les 2 plus jeunes font retour à l'armée 
ou aux milices ; les 3 suivantes sont utili- 
sées pour des formations de marche. Les au- 
tres, qui constituent la réserve, sont em- 
ployées dans des formations territoriales. 



En cas de mobilisation générale, les forces 
militaires de l'Autriche-Hongrie sur le pied 
de guerre se décomposeraient : 

i" En forces de i''" ligue, destinées à faire 
partie des armées d'opérations et composées 
d'unités immédiatement mobilisées et compre- 
nant des hommes de l'armée commune et 
des landwehrs, âgés de 21 à 33 ans, et de 
réserves de l''"' ligne, comprenant les hommes 
de l'armée commune, des landwehrs et du 
l^"^ ban du landsturm, âgés de 21 à 38 ans. 
Avec ces forces, on constituerait 15 corps 
d'armée et leur réserve; 

2*' En forces de 2® ligne, comprenant des 
troupes de siège et de forteresse et des troupes 
de dépôt. 

Chaque corps d'armée sur le ])ied de 
guerre comprend 40 à 43 bataillons d'infan- 
terie, 13 à 14 escadrons de cavalerie, 14 bat- 
teries représentant 112 pièces de campagne, 
2 compagnies du génie, 1 compagnie de pon- 
tonniers-pionniers, le train et les services 
ai'cessoiies. 

Le tableau ci-aprés récapitule reffectif 
général de guerre du pays : 



ARMES ET SERVICES 



lofaoterie 

Caraierie 

Artillerie 

Génie 

Pionniers 

Chemins de fer et télé 

graphes 

Train des équipaçes.. . 

Service de santé 

Services administratifs 

Commandement 

Divers 

TOTACX 



TROrl'ES DE 1" LIGNE. 



Hommes. 


Che- 
vaux. 


Voi- 
tures. 


1,000.000 


27,500 


8,100 


82,500 


79,130 


1,700 


75,000 


63,000 


11,170 


11,500 


1,900 


410 


0,150 


930 


840/ 


6,300 


350 


50' 


40,000 


50.500 


8,300 


17,700 


50 


1,610 


11,900 


50 


20 


10,000 
» 


6,100 


630 


1,2150,000 

■ 


228.650 


32,840 



Uoités. 



1014 bat. 
447 esc. 



264 batt. 



conip. 





TROCPES DE 2l' I. 


Hom- 


Che. 


Voi- 


mes. 


vans. 


tures. 


445,000 


500 


„ 


10,000 


8,800 


» 


30,600 


4,000 


620 


5.500 


130 


" ) 


2,150 


» 


170 ( 


750 


» 


., ( 


1,750 


900 


100 


2,500 


» 


» 


2,000 


„ 


» 


1,400 


400 


» 


19,000 


600 


» 


529,000 


15,350 


890 



Unités. 



443 bataillons. 

57 escadrons. 

28 batteries 
et 12 bataillons 

d'art, de fort. 

17 compagnies. 



Les fusils en service dans l'armée austro- 
hongroise sont actuellement de 4 modèles, 
savoir : 

1° Le fusil Mannlicher à répétition 
(fig. 22), du calibre de 8™™, qui constitue 
l'annement normal. Le mécanisme de fer- 
meture consiste en un cylindre à mouvement 
direit en avant ou en arrière, sans aucun 
mouvement transversal. Le magasin, placé 
sous la culasse mobile, est en tôle d'acier et 
contient 3 cartouciies ; «'est une boite-char- 
geur en tôle qui tombe d'elle-même quand 
elle est vide. La balle de 4 calibres, e.st en 
plomb à chemise d'acier. La vitesse ordinaire 
du tir est de 10 à 12 coups par minute; 



elle peut être doublée dans le feu rapide. 
Pour empêcher les liommes de se brûler au 
contact du canon, à la suite d'un tir rapide 
et prolongé, on a dû adapter au fusil un 
protège-main enveloppant le canon et le fût 
en avant de la hausse. C'est une gaine en 
toile doublée d'un feutre et d'un morceau 
de cuir. Trajectoire très tendue ; 

2° Le fusil Mannlicher à répétition de 
11™™ ne diffère du précédent que par les 
dimensions du canon et du magasin ; c'est 
nu modèle transitoire, dont il n'existe que 
90,000 ; 

3° Le fusil Werndl, à barillet à inflamma- 
tion centrale, avec balle en |)l(iiiili (iuii'i. du 



AUVENT. 

calibre de 11""". Précédent iimieniciil de 
l'infanterie, qui doit servir à l'arnicment 
de.s troupes tenitorinles du Intidstur»! : 
4° Le fu^il U'-()i:7. du cnlibre de 14'"'". 



70 AVANCEMENT. 

C'est une ai-me à inflammation péripiiéri- 
Cfiic et. iï bloc mobile, autour d'une char- 
nière transversale antérieure. — Doit dispa- 
raître. 



rie. 22. 




AUVENT. L:i visière d'un casque était 
autrefois n|ipelée aussi auvent d'un casque. 

AUXILIAIRE. 0"' donne des secours, 
qui ;iide, (le m's nrines on autrement. 

AUX ARMES. Appi'i de la sentinelle ou 
du tambour pour mettre sous les armes les 
irardes. jnistes et f)i({>iets. 

AUX CHAMPS. Au drapeau, aux let- 
/rc.s-, aux iiinlndes, aux tambours, aux capo- 
raux, eli'. (V. liât ter i-s el Sonneries). 

AVANCÉE. Désifine le poste établi en 
avant de la première barrière d'une place ou 
d'un ouvra^'e et le bâtiment qui sert de corps 
de j.'Mi(le :i ce poste. 

AVANCEMENT. Progrès ; artion de 
monter en (rrade. 

L'avancement, qui est à lu fois une ré- 
compense et le moyen nécessaire de recruter 
les échelons de la iiiéiarchie militaire, est 
régi encore actuellement par la loi du 
14 avril 1832 et l'ordonnance du 16 mars 
1838. 

La loi de 1832 dispose: 1" que nul ne 
peut entrer dans l'armée française (jue 
comme .soldat ou comme sous-lieutenant 
sortant d'une école militaire; 2" que nul ne 
peut, depuis son entiée dans l'armée, être 
j»romu à un grade quelconque, sans a\(nv 
pa.ssé par tous les grades inférieurs; 3° qu'il 
faut, en temps de paix, pour être promu ;i 
un grade supérieur, avoir passé dans le giade 
immédiatement inférieur le minimum do 
temps suivant: soldat, 6 mois; caporal, 
6 mois; sous-officier, i ans; sous-lieutenant, 
2 ans ; lieutenant, 2 ans ; capitaine, 4 ans ; 
chef de bataillon ou d'escadrons, 3 ans ; 
lieutenant-colonel, 2 ans; colonel, 3 ans; 
général de brigade, 3 ans; eiilin, général de 
division, 3 ans, pour <^tre nommé maréchal 
de Frame ; 4° que l'avancement a lieu sui- 
vant deux modes : le choix el l'aneienneté, 
dans des prof»ortions déterminées. 



Tous les grades inférieurs de la hiérarchie 
jusqu'au grade de sous-lieutenant sont exclu- 
sivement donnés au choix. L'avancement a 
lieu par corps, d'apiès un tatileau établi par 
le chef de coips et anèlé déhnitivenienl par 
l'inspecteur général. 

Pour le grade de sous-lieutenant, l'avan- 
cement dévolu à chaque arme roule sur tous 
les coips d'une même arme. Nul ne peut être 
sous-lieutenant dans l'armée active s'il n'est 
âgé de 18 ans au moins et s'il n'a satisfait 
aux examens de sortie de l'École spéciale 
militaire ou de l'Ecole polytechnique, ou s'il 
n'a servi pendant 2 ans au moins commi> 
sous-officier et suivi avec succès les cours des 
Ecoles de Saint-Maixent, Saumur ou Ver- 
sailles. Le tiers des emplois vacants, au mi- 
nimum, doit toujours étie donné aux sous- 
ofticiers. Le numéro obtenu au classement de 
sortie de ciiacune de ces écoles détermine le 
rang d'ancienneté dans le grade de sous- 
lieutenant. 

L'avancement des officiers, jusqu'au grade 
de colonel inclus, se fait par arme. Tous les 
officiers d'une même aiine concourent entre 
eux. L'avancement a lieu uniquement à l'an- 
ciennet('' et après deux ans de grade de sous- 
lieutenant, pour les lieutenants; il a lieu au 
choix et à l'ancienneté pour les grades de 
capitaine et chef de ])ataillon ou d'escadrons, 
et uniquement au choix pour les grades 
supérieurs. 

En temps de paix, on accorde à l'ancien- 
neté les deux tiers des emplois de lieutenant 
et capitaine, et la moitié de ceux de chef 
de bataillon. Les officiers en non-activité 
susceptibles d'être replacés dans la position 
d'activité, ont droit à la moitié des vacances 
de leur grade. 

Poui assurer la régularité dans les nomi- 
nations, on a établi des tours : ain.si, pour 
les lieutenants promus capitaines, le l^i^tour 



AVANCfER. 

appartient à laïKnenneté. 1p i" tour au 
' lioi\. le 3^ tour à raïuienneté. Ou re»"oni- 
uieni"e ensuite de la même manière pour le 
1^' tonr. Si l'on a à replacer des ofluiei-s en 
non-aetivité. on double les toui-s et on leur 
accorde les 2^, 4'' et 6"^ toui-s. 

£»i camjHigne. le temps de service exigé 
pour passer d'un grade à un autre est réduit 
de moitié ; de plus, aucune condition d'an- 
cienneté n'est exigée dans les cas ci-aprés : 
1° action d'éclat dûment justifiée et acte 
Je courage mis à l'ordre de l'armée; 2° lors- 
qu'il n'est pas possible de pourvoir autre- 
ment aux vacances qui se produisent en pré- 
sence de l'eiuiemi. Les ofticiers en campagne 
peuvent être promus à un grade supérieur 
sans figurer au tableau d'avancement établi 
à l'intérieur: de plus, la part du cboi\ 
augmente, car l'ancienneté n'a plus que la 
moitié des grades de lieutenant et de capi- 
taine, et tous les autres sont donnés aucboix. 

Dans une place de guerre investie, l'avan- 
cement aux emplois vacants appartient exclu- 
sivement aux militaires ipii lonconrent à la 
défense de cette place. Le commandant supé- 
rieur d'une place investie peut nommer pro- 
risoirement, s'il ^ est colonel ou lieutenant- 
colonel, à tous les emplois vacants des grades 
inférieurs à celui de dief de bataillon : s'il 
est général, il peut nommer de plus aux em- 
plois vacants de cbef de bataillon ou d'esca- 
drons. Toutes les nominations provisoires 
faites par le commandant en cbef ou les 
commandants supérieurs des places investies 
doivent être ultérieurement confirmées par 
des décrets. 

AVANCER. Marcber en avant. Faire des 
progrès dans une carrière. 

AVANCES. Premières démarches, pre- 
mières propositions que l'on fait à quelqu'un. 
Somme prêtée, payement anticipé ; telles 
sont les avances aux militaires allant accom- 
plir certaines missions ; les avances autori- 
sées pour les familles des prisonniers de 
guerre, les avances sur les arrérages de la 
pension ou de la solde de réforme (règlement 
du 29 mai 1890, art. 21 et 136). En debors 
de ces cas, les payements d'avance ne doi- 
vent être faits que pour les dépenses sui- 
vantes : 1» .solde des troupes de toutes 
armes ; 2" services régis par économie ; 
3° achats à la commission; 4° transports 
par commission, par terre ou par eau ; 
5" afTrètement des navires de commerce. 

AVAL. Partie d'un cours d'eau qui s'é- 
tend depuis l'obsenateur jusqu'au confluent 
ou à l'embouclinre. 

AVALOIRE. Pièce du bainais sur laquelle 
'appuie le cheval de timon pour retenir la 
i liarsre. 



71 AVANT-GARDE. 

AVANT-AVANT. Ancien cri de guerre 
servant à aiiinier les combattants et ;ï pro- 
voquer l'ennenii. 

AVANTAGEUR. Engagé volontaire qui, 
dans r:u inée allemande, désire devenir porte- 
êpèe fù'hnrich pour subir ensuite l'examen 
d'officier. H doit avoir de 17 à 23 ans, pos- 
séder le certificat d'études répondant à notre 
diplôme de bachelier et avoir le consente- 
ment dn chef de corps et du commandant 
de la compagnie dans lestpiels il veut entrer. 

AVANT-BATAILLE (V. Aranl-qarde). 

AVANT-CUIRASSE. Anneau circulaire 
en métal qui a pour liut d'empêcher l'a.ssié- 
geant de détruire le parapet qui couvre les 
parties vulnérables des coupoles. Cet anneau, 
dont la partie supérieure est au niveau du 
sol, doit descendre assez bas pour qu'un 
obus, éclatant dans le massif de béton qui 
le précède, ne puisse atteindre la chambre 
de manœuvre de la coupole et en rendre le 
service impossible. 

AVANT-CHEMIN couvert. Terme de 
fortification permanente désignant un second 
chemin couvert établi au pied des glacis du 
premier, qui borde la contrescaspe, ou sur 
le bord d'un avant-fossé. Cette espèce de re- 
tranchement avancé, qui a pour objet de 
permettre à la garnison d'étendre un peu 
plus son action, ne peut guère se recom- 
mander qu'en avant des forts isoles. 

AVANT-FOSSÉ. Second fossé creusé 
quelquefois à la queue des glacis d'une en- 
ceinte, .soit pour se procurer la terre néces- 
saire aux fortifications, soit pour augmenter 
les difficultés de la défense. Dans tous les 
cas, leur organisation ne peut être admise 
que s'ils peuvent être remplis d'eau, afin 
d'éviter qu'ils ne sei-vent de refuge à l'as- 
saillant qui s'en serait rendu maître. Vauban 
les proscrit parce qu'ils entravent les sorties. 

AVANT-GARDE. Troupe d'un efifec.tif 
relativement faible, qui marche en avant 
d'une coloime pour l'éclairer et pour a.ssurer 
sa sécurité. La force varie entre 1/4 et 1/6 
de l'efrectif du corps auquel elle appartient 
et elle comprend des unités de toutes armes 
lorsqu'il s'agit d'une colonne qui les com- 
porte toutes. L'avant-garde d'une division 
comprend un régiment d'infanterie, une bat- 
terie montée et une section du génie ; 
l'avant-garde d'un corps d'armée est formée 
d'une brigade d'infanterie avec laquelle mar- 
chent deux batteries montées, une section 
du génie et un détachement d'ambulance. 

L'avant-garde est fractionnée en plusieurs 
échelons ; le plus avancé, ou pointe d'avant- 
(jarde, destiné surtout à voir et à avertir, est 
d'un faible effectif ; en arrière, un second 
échelon, ou têle d'nrant-finrde, correspond 



AVANT-GLACIS. 



AVARIE. 



aux renfort» dans le loinh.it en ordre dis- 
persé ; enlin. à une eertaine dislance en 
arriére. le jjros de l'avant-parde reniiilil un 
rûle analo^'uc à t'chii des soutiens dans le 
tondjiit. 

La dislan.i- de la tète d'avant-jjarde à la 
liHe de la eolonne est variable suivant l'im- 
portaii.e de celle-ii : elle est de loOO à 
i.OOO mètres ]>our un lialaillon, de 2,500 
mètres pour un régiment, de 4 kilomètres 
pour une hrigade, de 6 kilomètres pour une 
division et de 8 à 9 kilomètres |tour un 
corps (i'ainièe. 

AVANT-GLACIS. Dans le cas d'un 
avant-clicniin couvert, le glacis ijui précède 
ce dernier s'appelle avant-glacis. 

AVANT-LIGNE. Ensemble des travaux 
de fortiliialioii |iassagère exécutés par les 
avant-postes de l'assiégeant pour s'établir 
solidement sur le terrain qui leur est assigné 
en avant de la ligne de combat faisant partie 
di' I:i /«/»*• d'inri'stissement. 

AVANT-MAIN. Expression de manège, 
signifiant la partie du clieval comprenant la 
tète, remoluie. le garrot, le poitrail, les 
épawli's et les exlièjnitès antérieures. 

AVANT-MÉTRÉ. Dans tout travail 
soumis à une adjudication publique, ra\ant- 
niétré sert à évaluer en cbilbes. suivant leur 
natnr.', li-; (pi:iiitités d'ouvrages à exécuter. 

AVANT-MUR. Enceinte en maçonnerie 
la plus éloignée du corps de place d'une for- 
teresse. 

AVANT-PARALLÈLE. Pla.e d'armes 
intermédiaire innslrnite entre les batteiies 
de l'« position et la l''" parallèle, lorsque les 
travaux faits entre ces ouvrages ne consti- 
tuent pas un appui suftisant pour rétablis- 
sement de cette dernière. 

AVANT-POSTES. Troupes de protection 
destinées à prévenir de toute surpri.se une 
lioupe en station et à opposer en cas d'at- 
taque une résistance suffisante pour pei- 
mettie à cette dernière, soit de se former 
pour engager le combat, suit de refuser le 
combat. Poui' remplir ces conditions, on 
admet : 1° que la force constituant les avant- 
postes doit avoir un elfectif atteignant en- 
viron le (juart et ipnlquefois le tiers de la 
force à protéger ; 2" qu'elle doit être formée 
d'unités constituées, liomogènes, pourvues 
d'un commandement assurant l'unité de di- 
rection ; '.i" que l'ordie ailopté soit analogue 
ù la formation normale du combat. Le règle- 
ment admet qu'en général le service des 
avant- postes doit être assuré : dans un 
corps d'armée, par une brigade ; dans une 
division, par un régiment ; dans une bri- 
gade, par deux bataillons; dans un régiment, 
pai un bat.iillon ; dans un bataillon, par 



une compagnie ; dans une compagnie, par 
une section. 

Les différents écbelons des avant-postes 
sont : la ligne des sentinelles ou des vedettes, 
les petits j)ostcs, les grand'gardes, la réserve 
d'avant-postes. 

Lorsque le corps qui doit pourvoir à sa 
sécurité est inférieur a un régiment, il n'est 
pas formé de réserves d'avant-postes. Les 
petits postes sont à 200 mètres environ en 
arrière de la ligne des sentinelles ; les grand'- 
gardes sont à une distance de 500 à 700 
mètres de la ligne des petits postes ; la ré- 
serve d'avant-postes e.st à une distance de 
600 à 800 mètres en ari'ièrc des grand'- 
gardes. 

Dans la cavalerie, la disposition des 
avant-postes est la même que celle de l'in- 
fanterie : mais, en raison de la plus grande 
facilité que possède le cavalier pour se porter 
rapidement en avant, les distances des diffé- 
rents échelons sont les suivantes : les petits 
postes sont à 600 ou 800 mètres en arrière 
de la ligne des vedettes, les grand'gardes à 
1200 mètres des petits postes et les réserves 
à 2,000 mètres des grand'gardes. Dans tous 
les cas, la troupe est placée à une distance 
de 2,500 à 3,000 mètres en arrière des 
avant-postes. 

Ce système d'avant-postes peut être sim- 
plifié sur certains points qui sont peu dan- 
gereux, ou encore, lorsque l'étendue à sur- 
veiller est trop considérable ; dans ces 
conditions, on se borne à établir les grand'- 
gardes sur les positions mêmes dont on veut 
s'assurer la possession, en les organisant 
défensivement ; elles s'éclairent alors seule- 
ment par une ligne de sentinelles simples, 
et les réserves, bivouaquées, se tiennent 
piôtes à marcher au premier signal. 

AVANT-TRAIN. Véhicule à deux roues 
qui sert à remorquer ratïùt d'une bouche à 
feu ou d'un caUson de munitions. L'avant- 
train des canons de 80 et de 90™ "' est en 
ttMe d'acier : il porte un coffre de même 
métal renfermant un approvisionnement de 
munitions suffisant pour les besoins immé- 
diats. 

L'avant-train français porte, au-dessus d(î 
l'essieu, une tige verticale en fer appelée 
crochet'cheriUe om^rière, dans lequel vient 
s'engager l'anneau fixé au bout de la crosse 
de l'aff'ùt. De cette façon, l'arrière-lrain est 
suspendu à l'avant-train et chacun des deux 
trains peut prendre, sans entraîner l'autre, 
la position que lui font les irrégularités du 
sol. 

AVARIE. Détérioration survenue à une 
denrée, un effet ou un objet quelconcjue, 
flepnis sa sortie des mains de l'expéditeur 



AVENTURIERS. 73 

jusqu'à sa réception par le destinataire : on 
donne également le nom d'avarie aux dété- 
riorations survenues dans les magasins. 

D'après le Code de commerce, le transpor- 
teur est responsable des pertes ou avaries 
des marchandises qui lui ont été confiées. 

En ce qui concerne les transports de la 
guerre, en cas d'avarie ou de ditTérence dans 
les quantités portées sur la lettre de voiture, 
il est procédé, au moment de la livraison ou 
dans un délai de 4 jours au minimum, à la 
vérification du matériel, en présence du 
préposé ou de son représentant, et, en son 
alisence. s'il ne se présente pas au jour in- 
diqué. Un procés-verbal est dressé, pour 
constater cette vérification, par le sous-in- 
tendant ou par son suppléant légal (Modèle E. 
annexé au traité 22 décembre 1879, J. 3/. ). Ce 
procès-verbal indique le montant des pertes 
ou avaries à imputer aux compagnies de 
rliemins de fer, ou à laisser à la charge, soit 
de l'Etal, soit de l'expéditeur. En cas de 
désaccord sur la cause, l'importance et l'éva- 
luation des avaries, il est procédé à une 
expertise. Le récéfiissé de l'expédition, donné 
par le destinataire au dos de la lettre de 
voiture, doit faire mention des conclusions 
du procés-verbal. Si les pertes ou avaries 
concernent les officiers et autres, à qui est 
réservée la faculté d'user des transports de la 
guerre, elles sont constatées suivant les 
régies du droit commun et le montant est 
payé directement aux intéressés par les com- 
pagnies. 

AVENTURIERS. Expression s'appli- 
quant à des bandes militaires formées d'un 
ramassis d'hommes de toutes les nations, 
.servant indifféremment à pied ou à cheval, 
pour et contre le premier venu qui leur 
offrait le plus d'avantages. Depuis Louis 
le Jeune, où il en est question pour la pre- 
mière fois en Kraiice, ces bandes constituiTcnl 
les éléments essentiels des troupes de guerre 
jusqu'en 1370, époque où l'on créa les pre- 
mières troupes vraiment régulières. 

AVERTISSEMENT. A\is que le rap- 
porteur d'un conseil de guérie est tenu de 
donner à un condamné au moment de la 
lecture du jugement pour le prévenir qu'il a 
24 heures pour se pourvoir en revision 
contre ce dernier. 

AVEU. Déclaration par laquelle on re- 
connaît avoir fait une chose. L'aveu judi- 
ciairi' est cette déclaration faite en justice et 
tient lieu de preuve contre celui qui l'a re- 
connu, mais il ne peut être divisé et doit 
être accepté dans son ensemble. Il ne peut 
être révoqué, si re n'est pour une erreur de 
fait. L'aveu exlrajudiciuire, qui est fait hors 
justice, n'a pour ainsi dire aucune valeur. 



AVIS. 



AVEUGLE. Celui (fui est privé de l'usage 
de la vue. Lorsque c-lte infirmité a été con- 
tractée dans un service commandé, ou à l'oc- 
casion du service, elle donne droit, aux mili- 
taires qui eu sont atteints, à une pension de 
l''" classe, c'est-à-dire au tarif maximum, 
augmenté de 20 p. 100 pour les officiers et 
df 30 p. 100 pour les hommes de troupe 
(V. Penaions iiouv blessures ou iiifirmités). 

AVIATION. S.\stème de locomotion an- 
cienne, basé sur l'emploi d'un véhicule plus 
lourd que l'air en imitant le vol des oiseaux. 
C'est le principe contraire à celui des ballons. 
De nombreux appareils d'aviation ont été 
expérimentés depuis la plus haute antiquité. 
Les principaux appareils de ce genre, dont 
nous devons donner ici une idée, au même 
titre que les ballons, sont groupés sous le 
nom de : aéroplanes, Itélicoptères, orthoptères 
ou oiseaux mécaniques ; tous sont actionnés 
par des moteurs mécaniques légers. 

Les aéroplanes sont des surfaces à peu 
prés planes, faiblement inclinées sur l'ho- 
rizon et poussées en avant jiar des propul- 
seurs qui sont, en général, des hélices. 

Les hélicoptères se soutiennent à l'aide 
d'hélices dont les axes différent peu de la 
verticale. 

Enfin, les orUwptéres ont pour organes 
principaux des surfaces animées de mouve- 
ments sensiblement verticaux et généralement 
alternatifs : on y range les ailes artificielles 
et les surfaces à mouvements de queue de 
poisson . 

Les oiseaux mécaniques, mus par des res- 
sorts ou par l'air comprimé, n'ont pas donné 
de résultats satisfaisants. Pas plus que les 
hélicoptères, ils ne paraissent pouvoir être 
exécutés en grand. 

Jusqu'à présent, les appareils d'aviation 
n'ont pu résoudre le problème de la naviga- 
tion aérienne et les reclierches à ce point de 
vue se portent particulièrement sur les bal- 
lons. 

AVIRON. Rame ; espèce de pelle en bois 
qui sert à faire marcher les barques, les ca- 
nots et autres embarcations légères. 

AVIS. Opinion; conseil; avertissement. 
Dans l'armée, les avis de mouvement de 
troupe, les avis de passage, les avis d'expé- 
dition, etc., sont des documents qui ont pour 
but d'avertir les intéressés, soit de mouve- 
ments ou de passages de troupe, soit d'ex- 
pédition de matériel, afin qu'ils puissent 
prendre leurs mesures en conséquence. 

Dans toute cassation ou rétrogradation, 
tous les supérieurs hiérarchiques du capi- 
taine de l'inculpé, qui a fait le rapport, don- 
nent leur avis motivé ; il en est de même 
pour les plaintes en conseil de guerre ou en 



AVISO. 



74 



AZAPES. 



conseil de discipline. Ces avis expliquint ou 
notent la punition à infliger ou la plainte. 
Au lonseil de guerre, les jupes donnent leur 
avis à huis clos, à haute voix, en commen- 
çant par le grade le moins élevé. Le noml)re 
des réponses positives ou m^galives aux 
questions posées motivent le prononcé du 
jugement. 

AVISO. Petit navire d'une marche rapide 
et d'allures légères, que l'on emploie à porter 
les avis, les ili'péclies. les paquets, etc. 

AVITAILLEMENT. Action de pourvoir 
de vivres el de munitions une place forte, 
un eainp, un vaisseau. 

AVOCAT. Celui dont la profession est de 
plaider en justice. Les militaires ou autres 
individus justiciables des conseils de guerre 
ont le droit de prendre pour défenseur un 
avocat, ou un avoué, ou un militaire, ou 
même enlin un de leurs parents ou amis, à 
condition de le faire agréer par le président. 
Si l'accusé ne fait pas choix d'un défenseur, 
il lui en est désigné un d'office. 

AVOINE. L'avoine est une plante de la 
famille des (jraminccs, où elle constitue le 
type des nvenacées. Le fruit est un cariopse, 
c'est-à-dire un fruit sec ou grain dont le 
principe est adhérent à la graine. L'avoine 
est une des céréales les plus nécessaires à 
l'armée, pour la nourriture des chevaux. 
Elle y est très estimée à cause de ses pro- 
priétés excitantes, stimulantes, susceptibles 
de permettre le développement de Vénernie 
dans l'animal, en même temps qu'elle 
fournit tous les principes d'une l)onne ali- 
mentation. 

L'avoine pré.sentée en livraison pour les 
chevaux de l'armée doit remplir les condi- 
tions suivantes : être de bonne qualité, per 
santé, bien sèche, et couler facilement entre 
les doigts ; son écorce doit être mince, bril- 
lante et lustrée, sans rides ; son amande 
.serrée, lilanche et laissant, quand on l'écrase 
dans la bouche, une saveur agréable et fari- 
neuse ; versée dune certaine hauteur sur 
une surface dure, elle doit rendre un bruit 
sec. Elle doit être exempte île mauvaise 
odeur, d'avarie ou d'altération quelconque ; 
homogène, c'est-à-dire non mélangée de 
graines d'essence, de provenance et de ré- 
eolle différentes, non plus que de graines 



étrangères à sa production; en un mot, être 
propre de tous points à faire un excellent 
service. 

AVOIR la masse. Excédent des recettes 
sur les dépenses de la masfie hnliiHilurlle. 

Cet avoir est la propriété de l'homme ; il 
lui est pa\ é intégralement lorsqu'il quitte le 
service actif. 

AVOUÉ. Officier ministériel dont les fonc- 
tions consistent à représenter les parties de- 
vant les tribunaux et à faire en leur nom 
toutes les procédures nécessaires. Au moyen 
âge, ce terme s'appliquait à des personnes 
chargées de défendre les droits de l'Église, 
soit devant la justice, soit aussi en condui- 
sant à la guerre les vassaux des évoques et 
des abbés. 

AXE. Ligne droite qui passe parle centre 
d'un corps et sur laquelle il tourne. Ce 
terme a de nondireuses acceptions dans le 
langage militaire, mais toutes peuvent s'ex- 
pliquer par la d('finition précédente. Exemple : 
axe tactique, axe d'alignement, etc. 

— de rotation des projectiles. Pour 
tous les projectiles, aussi bien sphériques 
qu'oblongs, il faut créer un mouvement de 
rotation autour d'un axe bien déterminé, en 
vue d'éviter les déviations et d'obtenir la 
justesse du tir. Ces déviations sont moins 
prononcées lorsque la rotation du projectile 
s'exécute autour d'un axe dirigé dans le sens 
môme de son mouvement général. Enfin, il 
parait plus aisé, au premier abord, de don- 
ner, autour d'un axe bien dirigé, un mou- 
vement de rotation régulier au projectile. 

AXIOMES de guerre. Principes do 
guerre d'une vérité évidente, dont un certain 
nombre sont ci'lèbres et fort connus. 

AXONGE. Graisse de porc fondue et 
passée à travers un linge ; sert à la fabrica- 
tion de la graisse nécessaire pour l'entretien 
des armes. 

AZAGAYE. Espèce de lance employée par 
les Stradiots ; longue de 4 mètres environ, 
s<m fer avait deux pointes, l'une forte et 
allongée, l'autre simple. 

AZAINE. Ancienne dénomination du 
trompette de l'armée. 

AZAPES. Ancienne milice turque, levée 
en Anatolie et employée à la garde des villes 
conjointement avec les troupes régulières. 



BABORD. 



75 



BAGUETTE. 



B 



Bâbord. Cùté gamhe d'un navire. 

BABORDAIS. Nom donné aux matelots 
qui sont momentanément de service à bâbord. 

BAC. Grand bateau plat glissant le long 
d'une cinquenelle. qui sert à le faire mou- 
voir, et destiné à assurer la communication 
entre les deux rives d'un cours d'eau sur le- 
quel il n'existe pas de pont dans le voisi- 
nage. On le fait passer d'une rive à l'autre 
en halant, sur une cinquenelh' tendue en 
travers du cours d'eau. Deux fourches fixées 
contre le bordage d'amont du ])ateau servent 
d'appuis à la cinquenelle. Ce système ne 
peut être employé que sur les cours d'eau à 
faible courant. 

— à traille. Dans le bac à traille, ou 
simplement traille, la cinquenelle traverse 
le fleuve sans toucher l'eau. La portière, ou 
radeau qui forme la traille. est réunie à la 
cinquenelle à l'aide d'une corde ou dune 
chaîne, terminé^ par une poulie double, 
dont l'un des galets roule sur la cinquenelle 
et l'autre sur la bride formée par la corde 
ou la chaîne. Le mouvement est dû à l'ac- 
tion du courant, lequel agit obliquement sur 
la traille, qu'un gouvernail maintient dans 
cette position oblique. 

— à vapeur. La traction de certains 
bacs importants, surtout vers l'embouchure 
des fleuves, se fait au moyeu de remor- 
queurs à vapeur; mais, en général, dans ce 
cas, il est plus avantageux de placer la ma- 
chine à vapeur sur le bac lui-même. 

BACËLE. Étendue de terres formant un 
fief de degré inférieur ; origine du mot 
bachelier feudataire. 

BACHE. Espèce de couverture en forte 
toile, parfois goudronnée, dont on recouvre 
les wagons ou les voitures pour mettre leur 
chargement à Tabri des intempéries. 

BACHELIER d'armes ou BAS cheva- 
lier, (ientilhomme qui, dans ses débuts, 
servait sous les ordres d'un autre noble, 
pour apprendie le métier des armes. 

BACHEVALEUREUX. Vieux mot fran- 
çais signifiant fiiierrier, brave, valeureux. 

BACHI-BOUZODK. Mot turc signifiant 
tête brisée : s'applique aux soldats irrégulieis 
de l'armée turque. Ils sont indisciplinés, 
mais braves, et servent aussi bien dans l'in- 
fanterie que dans la cavalerie. 

BACHOT. Petit bateau, ordinairement à 
fond plat, 

BACINET. Espèce de casque d'infanterie 



employé au moyen âge ; il n'avait ni gor- 
gerin ni rrâfe et, en général, pas de visière. 

BACULE. Machine de guerre du moyen 
âge, consistant en caisses suspendues et rem- 
plies de pierres, que l'on renversait à vo- 
lonté sur l'ennemi cherchant à escalader les 
remparts. 

BADELAIRE ou BAUDELAIRE. Sa- 
bres à deux tranchants, .'i lame courte et 
large, re^'ourhé brusquement à la pointe. 

BAGAGES. Efi"ets de toute nature, y 
compris les armes et les munitions, em- 
portés par les soldats en campagne. On ap- 
|)elle menu bagage celui qui peut être porté 
par l'homme et gros bagage celui qui ne 
peut être transporté que par des bétes de 
somme. Lorsque les militaires voyagent par 
les voies ferrées, isolément ou en détache- 
ment, ils ont droit au transport gratuit de 
30 kilogr. de bagage, indépendamment de 
celui qu'ils portent sur eux. 

BAGARRE. Rassemblement tumultueux, 
encombrement. 

BAGUE. Terme de guerre usité jadis aux 
lieu et i)lace de bagages. Ce terme s'est con- 
servé seulement dans cette locution : sortir 
d'une place vie et bagues sauves, c'est-à-dire 
avec la faculté d'emporter ses bagages avec 
soi. 

BAGUETTE. Verge, petit bâton très 
mince. L'une des peines corporelles en usage 
dans l'armée française, avant la Révolution, 
consistait à faire passer l'homme, qui s'était 
rendu coupable de certaines fautes contre la 
discipline, entre deux haies de soldats qui 
étaient armés de baguettes de saule ou d'o- 
sier et qui frappaient le condamné à mesure 
que celui-ci passait devant eux. Cette peine 
existe encore dans quelques armées étran- 
gères. 

— de fusée. Baguette attachée à une 
fusée volante pour la faire monter en ligne 
droite. 

— de fuslL Tige en acier trempé et re- 
cuit, qui sert à nettoyer et à décharger 
l'arme. La tète présente un trou fraisé à la 
partie supérieure, et l'extrémité inférieure 
est filetée, afin qu'on puisse y adapter le la- 
voir et aussi pour pouvoir la fixer dans le 
taquet-écrou. Une fente, pratiquée dans la 
tète de la baguette, permet l'introduction 
de la lame du tournevis. Avant l'adoption 
des armes se chargeant par la culasse, la 



BAHUT. 



71) 



baïonnette. 



baguette servait ;i liourrer les armes se ihar- 
geant pur la luuirhe. 

— de tambour. Petits liàtons courls, eu 
liois (iiir. a\ei- lesquels on bat le tambour. 

BAHUT. «AilTre servant autrefois à re- 
i-evoir les bagages des troujies et les muni- 
tions (le guerre. Hemplacé actuellement par 
le fourgon. 

— (mar à). Disposition en faveur en 
Alleniai.'nr et eonsistant à eouronner l'e.scar/jp 
par un mur qui s'élève à 1"',20 au-dessus 
du pied du talus extérieur, en laissant en 
airière un chemin des rondes de 1 mètre de 
largeur. Cette disposition est mauvaise, car 
elle constitue un couloir encaissé et enfilé, 
en même temps qiu' facilement destructible. 

BAI. Se dit de la robe des cbevaux tirant 
sur le rouge brun, mais ayant la crinière et 
la queue noires. Il y a le bai brun, le bai 
cerise, le bai cbàtain, le bai clair et le l)ai 
doré. 

BAIGNOIRE. Récipient en zinc dans 
lequel on prend des iiains. Les baignoires 
nécessaires aux intirnieries sont fournies par 
le service de l'intendance. 

BAIL. Contrat par liHjuel une personne 
s'oblige envers une autre personne fi la faire 
jouir d'une cbose pendant nn certain temjjs 
et moyennant un certain prix (V. (]ode civ., 
art. 1714 à 1 731). 

En ce qui concerne l'administration de la 
guerre, les baux sont passés do gré à gré 
entre celle-ci et le propriétaire de la ci)Ose 
louée, lis sont dressés sous seing privé par 
les sous-intendants militaires, de concert 
avec les ciiefs du génie. Ils doivent exprimer : 
1° la date du procès- verbal ; 2" la décision 
ministérielle approbative de la proposition 
de location ; 'i'^ la description sommaire de 
la cbose louée ; 4" le service pour lequel la 
location est faite et la destination particu- 
lière de la cbose louée ; o° la durée du bail ; 
6» le prix du loyer, l'époque des payements 
et toutes les conditions de la location. La 
prise de possession s'efTectuc au moyen des 
états de lieux ou inventaires dressés contra- 
dictoirement par un adjoint du génie et par 
le bailleur. 

BAILLE. Ancien mot signifiant mcur- 
Irièn-, ou quelquefois aussi un ouvrage 
nrnnn: couvrant un avant-poste, une porte 
ou une route. 

BAILLI. Officier royal d'épée qui ren- 
dait la justice dans un certain ressort. (Jffi- 
rier de robe qui rendait la justice au nom 
d'un ^eigneui'. (^es titres ont été abolis en 
I7s'.t. 

BAIN. Immersion du corps dans l'eau. 
Hes dispositions sont prises, dans les corps 
de troupe, pour que les liommes puissent 



prendre des bains cbauds en iiiver et des 
bains froids en été. 

Ordre de cbevalerie anglais créé en 1399 
et destiné à récompenser les services civils 
et militaires. 11 comprend des grands-croix, 
des commandeurs et des compagnons. 

— de mer. Les militaires envoyés aux 
bains de mer sur la proposition des médecms 
traitants sont divisés en deux catégories : la 
première comprend les iiommes débiles cbez 
lesquels on ne cbercbe qu'à stimuler l'orga- 
nisme, les convalescents, etc., qui sont mis 
en sub.sistance dans un corps du littoral; la 
deuxième comprend les malades exigeant des 
soins et un régime particuUer, qui sont 
hospitalisés. Les militaires de la première 
catégorie reçoivent une lation journalière de 
vin. 

BAÏONNETTE ou BAYONNETTE. 
Lame d'acier pointue que l'on fixe au bout 
du fusil pour transformer ce dernier en arme 
de main sans empêcher le tir. On prétend 
qu'elle tire son nom de Bayonne, où elle 
aurait été inventée pendant le siège de cette 
ville en 1523 ; mais en réalité, on se servit 
d'armes de ce genre bien auparavant, à 
l'origine même en attachant des couteaux 
au bout du fusil. La première baïonnette 
régulière était à douille, c'est-à-dire pourvue 
d'un manche de fer creux servant à la fixer 
au fusil. Ce fut Vauban qui en généralisa 
l'usage en France en 1703, et elle fut main- 
tenue en usage, sauf quelques modifications, 
jusqu'en 1866. A cette date, l'adoption du 
chassepot fit remplacer la baïonnette par le 
sabre-baionnetle, sorte de sabre court, très 
affilé et très tranchant dont la lame, en 
forme de yalagan, se fixait au fusil par un 
système de ressort. Mais en 1873, le sabre- 
baïonnette trop lourd et trop flexible, fut 
remplacé dans le fusil Gras modèle 1874 
par Vèpde-baionnelti', à lame triangulaire, à 
dos plat, sans pans creux, avec poignée en 
bois de noyer au lieu d'être en laiton. En 
outre, par suite d'une diminution de 5'""» 
de longueur dans la lame , l'épée-baïon- 
nette était plus légère et plus rigide que le 
sabre-baionnetti'. Enfin, pour le fusil mo- 
dèle 1886, on a adopté une épèe-bdionnctic 
à lame quadraugulaire, avec poignée en 
bronze de nickel : cette nouvelle épée, bien 
qu'aussi résùstante que la précédente, est 
beaucoup plus légère. 

La baïonnette, qui jouait un grand rôle 
dans lequel excellaient les Français à l'époque 
des fusils à tir peu rapide et à faillie portée, 
a bien perdu de son importance avec les fu- 
sils à tir rapide et à longue portée, qui ne 
l)erniellroiil que rarement le corps à corps. 
— au canon. Commandement qui s'ext'-- 



BALAFRE. 

l'ute eu trois mouvements pour fixer la 
baïonnette au bout du fusil. 

BALAFRE. Blessure longue faite au 
visage par une arme blanche. Cicatrice qui 
reste quand la blessure est guérie. 

BALAI, l'itensile fait de menues tiges 
de bouleau ou de paille de riz, que l'on 
emploie pour ramasser les ordures éparses. 
Les balais employés pour la propreté des 
chambres de troupe sont achetés en compte 
des ordinaires. Les balais d'écurie sont ache- 
tés au compte de la masse de harnachement 
et de ferrage. 

BALANCE. Instrument qui sert à peser. 
Elle se compose de deux plateaux suspendus 
aux deux extrémités d'un levier à bras 
égaux, appelé tléau. In cylindre d'acier, 
passant à angle droit au milieu du fléau, en 
forme l'axe; il est taillé eu biseau, de façon 
à présenter à sa partie inférieure une arête 
tranchante appelée couteau , sur laquelle 
porte tout le poids du fléau. Le couteau 
pose sur un plan d'acier poli qui porte le 
nom de chape. A chacune des extrémités du 
tléau se trouve un autre couteau dont 
l'arête est terminée en haut, et sur lequel 
repose le crochet de suspension du plateau. 

Les corps de troupe sont pourvus de ba- 
lances à bras égaux pour peser les denrées 
destinées aux ordinaires. Ces balances sont 
au nombre de trois par régiment d'infan- 
terie, de deux par bataillon de chasseurs à 
pied et de deux dans les régiments de cava- 
lerie. 

BALAYAGE. Action de balayer. Les ba- 
layages de ciiambres de troupe, des corri- 
dors et des escaliers des casernes, ainsi que 
des écuries des chevaux dans les quartiers, 
sont une mesure de propreté indispensable au 
point de vue de l'hygiène et de la salubrité. 
Tous ces locaux sont balayés au moins une 
fois par jour, immédiatement après le réveil, 
et, en outre, dans la journée, chaque fois 
que c'est nécessaire. 

BALDAQUIN. Espèce de dais d'où tom- 
bent des rideaux. Ouvrage d'architecture en 
marbre ou en bronze, imitant un dais : tels 
sont les baldaquins des Invalides et du Val- 
de-Gràce. 

BALISE. Marque très apparente placée 
sur un écueil, un banc de sable ou tout 
autre obstacle à la navigation, pour avertir 
les marins, et leur indiquer les passes. Elle 
consiste le plus souvent en un baril fixé à 
une barre de fer plantée verticalement sur 
le point à éviter, ou encore en bouées flot- 
tantes. 

BALISER. Marquer par des balises un 
banc, une passe, etc. 

BALISTAIRE. Soldat qui recevait les 



BALISTIQUE extériecbe. 

balisles. Officier romain chargé de la conser- 
vation des machines de guerre. 

BALISTE. Machine de guerre des Grecs 
et des Romains, servant à lancer des pierres, 
des flèches ou autres projectiles pouvant 
peser de 50 à 100 kilogrammes, à une dis- 
tance pouvant aller jusqu'à 500 mètres. 
C'était une sorte d'arbalète de position, qui 
communiquait au projectile une impulsion 
énergique par la détente brusque d'un arc 
de grandes dimensions, dont les cordes de 
boyaux ou de crin étaient bandées au moyen 
d'un treuil nui par plusieurs hommes. 

BALISTIQUE. Étude du mouvement des 
projectiles. Eu ce qui concerne l'artillerie, 
cette étude se divise en deux parties : la 
balistiquf intérieure, qui a pour objet l'élude 
des lois du mouvement des projectiles dans 
l'intérieur des bouches à feu, et la balistique 
extérieure qui s'occupe de l'étude des lois du 
mouvement des projectiles depuis leur sortie 
de la bouche à feu jusqu'à leur point de 
chute. 

BALISTIQUE intérieure. Pour arriver 
à déterminer la loi du mouvement des pro- 
jectiles dans l'intérieur du canon, il faudrait 
connaître la valeur de la tension des gaz de 
la poudre enflammée dans le canon, c'est-à- 
dire la loi de production de ces gaz et la loi 
suivant laquelle ils agissent sur le projectile. 
Or, les lois de la production sont trop peu 
connues pour qu'on puisse espérer obtenir ce 
résultat par le calcul. Aussi, on a dû s'en 
rapporter à l'expérience, notamment pour 
calculer la vitesse initiale des projectiles. 

BALISTIQUE extérieure. Si le pro- 
jectile lancé dans l'espace n'était sollicité 
que par sa première impulsion, il irait en 
ligne droite ; mais il est soumis en même 
temps à la pesanteur, de sorte que sa tra- 
jectoire, c'est-à-dire la ligne décrite par son 
centre de gravité, est une ligne courbe. Une 
troisième cause vient encore modifier le 
mouvement du projectile ; c'est la résistance 
de l'air. Pour déterminer la trajectoire des 
projectiles dans l'air, il a été nécessaire, au 
préalable, de la déterminer dans le vide, 
puis d'examiner les modifications qu'apporte 
à cette trajectoire la résistance de l'air et la 
forme extérieure des projectiles. On a été 
amené ainsi à reconnaître que la forme ex- 
térieure la plus favorable au mouvement 
des projectiles dans l'air, est la forme cylin- 
dro-ogivale, mais que pour éviter le mouve- 
ment de culbute du projectile autour d'un 
axe perpendiculaire au plan de tir, il est in- 
dispensable de lui imprimer un mouvement 
de rotation autour de son axe longitudinal. 
L'effet de cette rotation est d'augmenter la 
stabilité du projectile et de ramener con- 



BALISTITE. 



BALLE DE FUSIL. 



stamniont l'axe de figure dans le voisinage 
de la langi'nte en ipnpriniant à la preniii^rc 
de ces deux droites un niou\ fuient de rota- 
lioii autouf de l;i seconde. Ce mouvement 
est produit par les rayures iiiléritures du 
lanon. (tu a déterminé, par le calcul, que la 
trajectoire des projectiles de forme cylindre- 
ogivale, est la suivante : 1° elle est une 
ligne à double courbure ; 2° le projectile 
tourne avec une grande vitesse autour de 
son axe de ligure ; 3" l'axe de figure tourne 
lui-même lentement dans l'espace autour de 
la taiiireiite. 

BALISTITE ou BALLISTITE. Poudn 
sans fumée adoptée pour le fusil d'infanterie 
italien. Cette poudre est fabriquée par 
M. Nobel et on n'en connaît pas la compo- 
sition exacte. D'après le brevet, cette sub- 
staiii'c est une matière coinée, formée de 
nitro-u'ivcérine, de nilro-ccllulose et de cam- 
phre, dont les proportions peuvent varier 
dans des limites assez étendues. D'après un 
autre lircvet, il n'est plus (jueslion de cam- 
phre. Cette poudre ne produit presque pas 
de fumée, est progressive et ne laisse i)as de 
résidus. 

La l)aUstite a également été essayée en 
Italie pour les canons de campagne, les ca- 
nons de moyen calibre et les canons à tir 
ra()ide, mais on n'est pas encore lixé sur les 
résultats des expériences. 

BALLAST. Matériaux à peu près incom- 
pressibles dont est composée la partie supé- 
rieure des chaussées des voies ferrées. Le 
ballast a pour objet de répartir, sur une 
grande surface, la pression que les trains 
exercent sur les traverses, et de maintenir 
celles-ii dans un milieu suffisamment résis- 
tant pour conserver à la voie toute la stabi- 
lité désirable ; il sert, en outre, à assurer le 
drainage permanent de la voie, et, par suite, 
sa conservation. Ce ballast se compose géné- 
ralement de sable et de gravier. 11 est posé 
sur deux couches : la première, destinée à 
supi)orter les traverses; la seconde, à les 
maintenir en place. L'épaisseur totale des 
deux couches est d'environ 50 centimè- 
tres. 

BALLE de fusil. Projectile généralement 
en ploiiil), lancé par une arme à feu porta- 
tive ou faisant partie de quelques projectiles 
d'artillerie. 

Métal. Le plomb a de tout temps été le 
métal préféré à cause de sa malléabilité et 
de sa grande densité. Mais depuis l'adoption 
des armes à tir rapide et de petits calibres, 
pour éviter l'i-niploinbage des rayures qui 
nuirait à la justesse du tir, on a d'abord 
cni|iloyé divers procédés pour donner plus de 
dureté an [ilomij (liié, durci), puis on l'a 



enveloppé d'une enveloppe métallique très 
mince faisant corps avec elle, et générale- 
ment en acier, en cuivre, en nickel ou en 
maillecbort. Cette chemise, permettant des 
rayures à pas progressifs, augmente la puis- 
sance de pénétration. 

Forme. La forme spliérique a été consi- 
dérée longtemps comme la plus favorable à 
la justesse du tir. Mais lorsqu'on voulut 
augmenter la portée, on reconnut qu'il fal- 
lait augmenter la masse du projectile, afin 
de mieux conserver la vitesse. On fut ainsi 
amené à des calibres considérables et inad- 
missii)les ; de sorte que, pour la réduire sans 
diminuer la niasse du projectile, on fut con- 
traint d'allongei- celui-ci, puis de lui impri- 
mer un mouvement de rotation, ainsi que 
cela a été démontré en balistique. On rei'on- 
nut alors la nécessité des raijures pour assu- 
rer la justesse du tir, et par suite on adopta 
le principe du forcement de la balle, à la- 
quelle on donne une forme cylindro-ogivale, 
avec évidenient au culot, nécessaire pour 
pei'mettre d'allonger la balle, qui, pour 
mieux se diriger dans l'air, devait avoir 
environ trois calibres de longueur. Cet évi- 
dement fut supprimé avec les calibres ac- 
tuels. La forme allongée de la pointe est 
favorable à la conservation de la vitesse, 
mais reste sans influence sur la précision. 
On a employé successivement pour le fusil 
modèle 1874 trois balles de forme différente, 
les deux premiers modèles en plomb dur de 
24'""',5 et 25"°', 3 de longueur, le dernier 
en plomb durci de 25"'™, 3 de longueur. La 
balle modèle 1883 présente un méplat de 
gmm (|g diamètre, afin de lui conserver le 
poids de 25 grammes et la longueur niaxima 
de 27™'", 75, tout en employant le plomb 
durci à 5 p. 100 d'antimoine (fig. 23). 

Fig. 23. Fig. i!4. 



Fig. 25. 



La balle du fusil modèle 1886, en plomb 
durci, est enveloppée d'une chemise en 
mailleciiort ; elle pèse 15 grammes et a 
30""" de long. Clle porte à l'avant un raé- 



BAL&ON. 



79 



BANDAGE. 



plat pour empêcher les cartouclies placées 
dans le magasin de faire explosion accidea- 
tellemeut (/»;/. 2i). 

— de revolver (/iy. 23). Évidée à l'ar- 
rière, lougue de lo™"" et du poids de 
11?',6. 

— à feu ou lumineuse. Projectiles 
lancés au uio\en do mortiers jiour éclairer 
le terrain pendant la nuit dans les sièges et 
reconnaître les travaux de l'adversaii-e. Leur 
portée maxima est de 1200 mètres, leur 
durée moyenne de combustion de 6' environ, 
leur rayon moyen déclairage de 300 à 
400 mètres. 

BALLON. Projectile employé jusqu'en 
179:2 dans la défense des places, tiré au 
moyen d'un mortier et consistant eu un sac, 
globe ou cylindre, rempli de petites bombes, 
grenades, balles à feu, etc. 

BALLON. Enveloppe mince, aussi légère 
et aussi solide que possible, renfermant un 
(jaz plus léger que l'air et que l'on rend 
imperméalile au moyen d'un venim pour ne 
pas laisser échapper le gaz. C'est le ballon 
qui sert de moteur pour enlever la nacelle 
dans l'atmosphère. L'étoffe est coupée par 
bandes étroites aux deux bouts et plus lar- 
ges au milieu, ''appelées fuseaux. Ceux-ci 
sont réunis par des coutures que l'on aplatit 
et que l'on recouvre d'une nouvelle couche 
de vernis, pour ne laisser aucun passage à 
l'air. La partie supérieure du ballon est 
munie d'une soupape foimée de deux cla- 
pets, que des liges en caoutchouc tiennent 
fermés et que l'on peut ouvrir de la nacelle; 
la soupape est destinée à donner passage au 
gaz, quand on veut atterrir. Pour permettre 
de remplir le ballon et aux gaz dilatés de 
s'échapper, celui-ci présente à sa partie in- 
férieure un orilice béant auquel on donne le 
nom d'appendice. 

Le mot de ballon employé pour les pre- 
miers appareils aérostatiques qui étaient de 
forme sphérique, a été conservé, bien qu'on 
ait donné depuis des formes très différentes. 
Un l'emploie également dans le sens d'aéros- 
tal. La forme spliérique est préférable pour 
les ballons caiitifs, et la forme allongée pour 
les ballons dirigeables. Le ballon est enve- 
loppé dans un filet, qui a pour but de répar- 
tir uniformément sur toute la surface supé- 
rieure du ballon la pression du poids que 
celui-ci doit supporter, et en même temjis 
d'augmenter la résistance de l'enveloppe 
contre l'expansion des gaz. 

Les ballons libres peuvent être employés 
par une place assiégée pour communiquer 
avec l'extérieur, ainsi qu'on l'a fait pendant 
le siège de Paris en 1870-71, mais on ne 
parvicndi'a à faire communiquer le reste du 



|ia_\s avec une pUvce assiégée qu'au moyen 
de ballons dirigeables, lorsqu'on aura pu 
réaliser pratiquement la direction des aéros- 
tats. 

Les ballons captifs peuvcntservir d'oftser- 
valoires aussi bien dans les villes assiégées 
que pour les opérations en rase campagne. 
Ce ser\'ice est assuré, eu France, par des 
compagnies du génie (V. Aèrostiers). 

BALLOT. Petit paquet d'effets recouvert 
d'une enveloppe en toile. Au moment de la 
mobilisation, les hommes de troupe confec- 
tionnent cha>'un un petit ballot contenant 
les effets qui leur appartiennent. Ces ballots 
sont licelés, étiquetés, puis placés dans des 
sacs hors de service. Ils sont ensuite déiiosés 
au magasin du corps pour être retirés une 
fois la guerre terminée. De même les réser- 
vistes et les territoriaux allant accomplir 
une période d'instruction, font de petits bal- 
lots avec les effets civils qui ne peuvent 
être utilisés avec la tenue militaire ; ces bal- 
lots sont déposés au magasin de la compa- 
gnie, et sont rendus à leurs proi)riëtaires 
respectifs à la tin de la période d'instruction. 

BALZANES. Taches blanches entourant 
l'evti'éniité des jambes d'un certain nombre 
de chevaux. 

BAN. Roulement de tambour destiné à 
annoncer qu'il va être fait une proclamation 
ofticielle, telle que la reconnaissance d'un 
officier nouvellement promu devant la troupe 
qu'il devra commander, la remise des insi- 
gnes de la Légion d'honneur, etc. Le roule- 
ment fait pour annoncer la proclamation est 
appelé ouverture du ban ; celui qui indique 
qu'elle est terminée est appelé fermeture du 
ban. 

On désignait autrefois sous le nom de ban, 
la convocation publique adressée par un sou- 
verain à ses vassaux pour le service mili- 
taire, et, par extension, ce nom fut appliqué 
à la réunion même des individus ainsi con- 
voqués. Sous la féodalité, le ban se compo- 
sait des possesseurs de liefs qui relevaient 
directement du roi, et l'arrière-ban de ceux 
qui se trouvaient sous la dépendance des 
seigneurs. 

BANC. Siège composé d'une planche ou 
d'un madrier et de quatre pieds , le plus 
souvent réunis par des traverses. Il en existe 
dans toutes les chambres de la troupe. Ils 
sont fournis et entretenus par le service du 
génie. 

BANCAL. Sabre recourbé fort en usage 
sous la République et le premier Empire. 

BANDAGE. Lien, bande ou appareil ser- 
vant à maintenir un pansement, ou une 
hernie, ou une fracture. On les divise, sous 
le rapi)ort de leur construction, en bandages 



BANDE 



80 



BANGE (système de). 



sini|ilt's, luuida;jt's coniiioscs et banda^'cs iiié- 
«•aiiiqiit's. Los hiindaiifs ximplcx roiisistciit en 
une seule liande nu pièce de linije que l'on 
ajuste de dilléreiiles inaniéies, suivant l'exi- 
jienee des cas. Les bnmUujvx composés sont 
formés de plusieurs pièces de Un'^e réunies 
ensemble, soil par des coutures, soit autre- 
ment ; ils comprennent les bandages en 
eroi\, en T, en fronde, en gaine et en 
bourse. Les bandnju's mécaniques sont des 
appareils chirurgicaux qui ont des destina- 
tions tout il fait spéciales, soit pour les her- 
nies, soit pour les fractures, etc. 

Les bandages herniaires nécessaires aux 
militaires des corps de troupe, sont délivrés 
par les iiùpitauv inihlaires et les hospices 
civils, sur la proiluction d'un bon signé par 
Je mèdecin-major. chef <le service. 

— des wagons. Partie de la loue des 
w.-igoiis c(ui frotte dircclcnient sur les rails; 
elle pii-.si'i|r UNI' foinie tronconique et est 
miMiic (runc siidli'j du houdin. 

BANDE. Troupes irrégulières en usage 
dans les guei'res du moyen âge, où elles fu- 
rent lonnues sous les noms de routicTs, 
d'arcnluriers^ de nialandriiis, de braban- 
riins, de cotereaux, etc. Aux XIV", XV siè- 
cles, on les appela imindes compagnies, bandes 
noires, lansquenets, etc. (Quoique composées, 
selon l'expression de Brantôme, d'hommes 
de sac et de torde, ces corps n'en furent pas 
moins d'une grande utilité, et on les vit 
ligurer dans les armées, même après l'orga- 
nisation de l'infanterie régulière de Fran- 
çois l'^'' et de Henri II. ïous le nom de lé- 
gions provinciales ; mais elles ne disparurent 
entièrement qu'après les guerres de religion, 
sous Henri IV, qui en forma plusieurs régi- 
ments. 

Un grand nombre d'effets de grand (-qui- 
jH'inent ou de harnachement sont formés 
d'une bande de cuir, (jui entre sous le nom 
de bantle dans la composition et la nomen- 
clature de ces effets. 

— à pansement. Morceau de toile de 
|)cu de largeur cl d'une grande longueur, 
qui vert a piiiiser les plaies. 

BANDEAU, bande d'étoffe plus ou moins 
èjiaisse qu'on met sur les yeux de quelqu'un 
pour l'empécher de voir. Le bandeau est 
employé pour les parlementaires ennemis 
lorsqu'ils sont autorisés à franchir la ligne 
lies seiitiiiellcs. 

BANDER. Tendre, s'employait comme 
synonyme d'armer, pour l'arc, l'arbalète et 
le mousquet ; actuellement on dit encore 
bander un landjour, <:<■ qui signilie tendre 
ses cortla^rcs. 

BANDEREAU. Cordon qui sert à porter 
une trompette en bandoulière. 



BANDEROLE. Flamme que l'on met 
comme oi'nement à différentes choses. On 
désignait ainsi sous ce nom une espèce de 
Ijaudrier cfui était attaché à la giberne. 

BANDIÈRE (front de). Front d'une 
armée rangée en bataille sur une ligne 
droite. C'est aussi le terrain qui s'étend eu 
avant du front d'une troupe campée ou bi- 
vouaquée en ligne, sur laquelle les soldats 
forment les faisceaux. Le front de bandièrc 
a, dans ce cas, la même étendue que la 
ligne de bataille, et lui est parallèle. iMais 
dans le cas où l'espace est resserré et où les 
conditions tactiques l'exigent , la troupe 
peut être campée ou bivouaquée en (îolonne, 
et, dans ce cas, le front de bandière ne com- 
prend ({lie la face tournée vers l'ennemi. 

BANDON. D'où vient le mot abandon, 
est un \icu\ mol i|ui signilie drapeau. 

BANDOULIÈRE. Large baudrier d'élotre 
ou de cuii- qui servait autrefois à suspendre 
les armes et les munitions. 

Porter le fusil en bandoulière, signilie 
qu'il est porté au moyen de la bretelle pas- 
sant en travers de la poitrine, d'une épaule 
au-dessous du bras opposé. 

BANGE (système de). Système de fer- 
meture à vis pour les canons se chargeant 
par la culasse et dont le colonel d'artillerie 
de Bange est l'inventeur. Cette vis, à lilets 
interrompus, est munie d'une poifinée fixe 
pour faire mouvoir la culasse en avant ou 
en arrière, et d'un levier-poifinée pour exé- 
cuter le mouvement de rotation. Le système 
de fermeture est complété par une lunette à 
charnière ou rolet, qui vient former recou- 
vrement. Un loquet mobile fonctionne auto- 
matiquement pour tenir la culasse ouverte 
ou fermée (/i;/. 2(5). 

Le mécanisme fonctionne de la façon sui- 
vante. La culasse étant fermée, pour l'ou- 
vrir, on fait opérer à la vis-culasse un 
sixième de tour à gauche, de manière à faire 
correspondre les secteurs filetés de la vis aux 
secteurs lisses de l'ccrou, ce qui permet de 
ramener la vis en arrière, jusqu'à ce qu'elle 
soit arrêtée par la butée des vis-guides contre 
les extrémités des coulisses. Lorsque ce mou- 
vement en arrière a ramené la vis d'une cer- 
taine quantité, le talon du loquet mobile 
s'engage dans l'entaille et retondje brusque- 
ment dans la gâche au moment où la vis 
entre complètement dans le volet. Dès lors, 
la vis fait corps avec ce dernier, et, en vertu 
de la vitesse acquise, la culasse s'ouvre 
d'elle-même et l'on peut alors introduire la 
charge. Pour fermer la culasse, on fait la 
maud'uvre inverse de celle qui vient d'être 
décrite (//«/. 26). 



BANLIEUE. 



BAPTÊME. 



BANLIEUE. Territoire dan> le voisinage 
dune plai-e et qui en dépend administrati- 
venient. 

BANNERET. Pour être admis dieraUer 
hami^ret. e'est-à-dire avoir le droit de lever 
bannièt-e, un homme noble devait posséder 
des domaines sutlisants pour disposer d'un 
certain nombre de vassauv pouvant contri- 
buer à forniiT sa compagnie. 

BANNIÈRE. Enseigne : étendard. On 
désignait sous ce nom, au moyen âge, un 
signe de ralliement, de forme carrée, adopté 
soit par les armées, soit par les corporations 
religieuses ou industrielles. A l'origine, une 
simple croiv paraît avoir tenu lieu de signe 
de ralliement aux g^ns des paroisses. Plus 
tard, ils ajouti'rent à la traverse liori/ontale 



une pièce d'étoile carrée sur laquelle ils tirent 
représenter leur saint patron. C'est avec des 
bannières de ce genre que les milices com- 
munales parurent aux années. La bannière 
n'est plus usitée, actuellement, que dans les 
églises et aux processions religieuses. 

— nationale. Imitation de l'aigle ro- 
maine et du Idharum bysaiitin. C'était la 
bannière la plus grande et la plus ornée, 
servant de centre de ralliement, autour du- 
quel toutes les bannières seigneuriales ou 
subalternes devaient venir se grouper. Ainsi 
placée au centre de l'année, son emploi 
tactique ressemblait alors à celui du drapeau 
• lu règimeiil. 

— royale. Bannière particulière des rois 
et qui aurait été leur plus ancien drapeau. 



Fis. 2«;. 




BANNIR. Condamner quelqu'un à sortir 
d'un pavs avec défense d'v rentier. 

BANNISSEMENT. Peine d'un caractère 
essentiellement politique. Le Code civil pré- 
voit treize cas auxquels le bannissement 
peut être appliqué ; tous, à l'exception d'un 
seul, se rappoitent à des crimes politiques. 
Le banni arrêté sur le territoire français est, 
par ce seul fait, passible de la prison et de 
la déportation. Le plus souvent, le bannis- 
sement est une mesure de circonstance prise 
par un Gouvernement pour sa propre sécu- 
rité. 

BANQUETTE dartillerie. Banquette 
située a 2™, 15 au-dessous de la crête de feu 
et dont la largeur est fixée à 9™,.o0 à partir 
de cette crête. Le profil pour l'infanterie et 
l'artillerie à la fois est peu usité. On a d'a- 
bord eu un profil disposé en tout temps pour 
l'infanterie et l'on organisait, au moment 
du besoin, les banquettes dartillerie aux 
endroits voulus. On préfère aituellemeni 



disposer tout d'abord le profil pour l'artil- 
lerie, sauf à organiser, au moment du be- 
soin, des banquettes pour l'infanterie. Mais 
la disposition la plus avantageuse, que l'on 
emploie dans les nouveaux ouvrages, con- 
siste à construire des banquettes pour l'in- 
fanterie et d'autres pour l'artillerie, suivant 
les besoins prévus, 

— d'infanterie. Emplacement où se 
tiennent, dans tous les ouvrages de fortifi- 
cation, les défenseurs chargés de tirer par- 
dessus la ligne ou crête de feu au-dessous de 
laquelle elle est immédiatement située, à 
une distance verticale de 1™,30 correspon- 
dant à la hauteur à laquelle un homme de 
taille moyenne peut épauler. Cette banquette 
doit avoir de 0",80 à 1™,20 de largeur 
pour le tir sur 2 rangs debout, et de O'°,o0 
à 0™,(30 pour le tir sur 1 rang. Le talus 
qui la relie au terre-plein ou à la banquette 
inférieure s'appelle talus de banquette. 

BAPTEME. Le premier des sept sacre- 





BAQUET DK PROPRETE. i 

menls do rK){lisi'. Far extension, on a donné 
le non) do hniilfino du fi'u au premier com- 
bat ampi'l ;i<si>li' lin niililMire. 

BAQUET de propreté. Haqnets d'une 
forme parlirulièrc, dont It s liordâ sont tiès 
élevés et pourvus d'anses. Ils sont placés 
dans k'î» cours des casernes, où ils servent 
d'urinoirs pendant la nuit, à raison de 4 par 
b.itaillon el de 2 par escadron; on en place 
éfjalement en nomlire suilisant dans les lo- 
caux de pnnilions et dans les intirineries; ils 
sont alors pourvus de couvercles et servent 
de latrines. Les corps sont cliarjjés de les 
vider et de les laver au moins une fois par 
jour. La fourniture, l'entretien et le rem- 
placement des baquets de propreté incombent 
au serviit' du ^énie. 

BARAQUE. Construction légère et provi- 
soire, en phiiirlics ou en torchis, que l'on 
établit pour loger les troupes devant sé- 
journer quelque» semaines en un même 
point, comme lorsqu'il s'agit de troupes de 
siège. On en construit également dan.s cer- 
tains cas pour supi)léer à l'insufHsance du 
casernement; mais, bien que dans ce cas, le 
fer et_ la maçonnerie puissent être employés 
dans leur établissement, ces constructions 
n'en afTeclent pas moins, presque touj(Hirs, 
uu caractère provisoire. 

BARAQUEMENT. Action de baraquer. 
Installation dis troupes dans un ensemble de 
baraques. S'emploie aussi dans le même sens 
que ciwrncment. 

BARAQUER, Loger dans les baraques. 

BARATERIE. Malversation ou fraude 
loniniisc par le capitaine ou le patron d'un 
navire, ou par léquipage, au préjudice des 
armateurs, des assureurs ou des expéditeurs 
de in.ii-itiarnlises. 

BARBACANE. Ouvertuie étroite et ver- 
ticali- pratiquée dans les murs de la fortifi- 
cation ancienne, pour [)ermettre aux arcbcis 
de décocher leurs flèches. Par imitation, à 
cause de la similitude de leur forme, on ap- 
pelle actuellement barbacane les ouvertures 
pratiquées dans les murs qui soutiennent les 
terres, pour ficilifor l'écoulement des eau\. 

BARBARE. Homme ou peuple dépourvu 
de civilisaiion. Se dit encore de celui qui est 
grossier, sauvage et cruel. 

BARBARESQUE. Qui appartient à <ette 
partie .•septentrionale de l'Afrique qu'on ap- 
|toIle la Itirharie et qui comprend le Maroc, 
l'Algérie, la Tunisie et la Tripolitaine. 

BARBARIE Ciuauté, lidÉumanité. État 
d'un peuple barbare. 

BARBARICAIRE Soldat étranger de la 
milice h\<antin'', se distinguant par un 
e i>((i)P enrichi de métaux précieux. 

BVRBE. l'nil di ntMii ,■1 des joues. 



BARDE. 

D'après le décret du 1" juillet 1887, les 
officiers et les hommes de troupe portent à 
leur gré la moustache ou la mouche, ou la 
barbe entière ; celle-ci doit être assez courte 
pour ne pas luasquer les ècussons du collet. 

BARBEAU. Nuance bleu clair. 

BARBELË. Se dit des /mi76 ou des flèches 
dont le ter est garni de dents ou de pointes. 

BARBETTE. Flate- forme horizontale 
placée à 0"'.80 au-dessous de la crête d'un 
ouvrage et disposée de manière à [terraettre 
aux pièces de tirer, par-dessus le parapet, 
dans toutes les directions, de manière à ob' 
tenir un grand champ de tir. Généralement 
organisée aux saillants des ouvrages. La 
figure (fig. 27) indique les dimensions et 




j l'organisation d'une barbette pour trois pièces 
i à un saillant. De petites rigoles doivent 
être creusées sur le flanc des pièces pour 
couvrir les servants. Le défaut des barbettes 
est de ne pas couvrir suffisamment les servants 
et les pièces. 

BARBIER (V. Perruquier). 

BARBILLONS. Replis nombreux, placés 
près de la langue du cheval et destinds à 
faciliter le mouvement de cet organe. 

BARBUTE. l'artie du casque, nommée 
aussi iiieiilannière, qui renfermait la barbe 
de certaines troupes d'aventuriers à cheval 
des républiques italiennes. 

BARCO. Bouche à feu à tir direct ; fut 
employée autrefois par la marine. Elle était 
courte, d'une grande épaisseur de métal et 
d'un fort calibre. Les caronades y ressem- 
lilaii'nt beaucdup. 

BARDARIOTES. Soldats d'origine per- 
sane (jui, dans la milice bysantine, consti- 
tuaient la garde du corps des empereurs. 

BARDE. Ancienne armure faite de lames 
de for qu'on plaçait sur le poitrail d'un 
cheval. Ce mot désignait aussi le poète qui, 
chez les Gaulois, chantait les exploits des 
bf'ros pour enflammer le eoura^'c des guer- 
lieis dans le l'oiubat. 



BARÈME 



83 



BAROMÈTRE 



BARÈME. He<ueil. table de <ak»ils tout 
faits, pour l'usage de la comptabilité admi- 
nistrative on l'ommerciale : tels sont les ba- 
rèmes de siilde. des frais de route, etc. 

BARIL. Petit tonneau de Ihms destiné ;i 
Contenir des liijuides. de la poitdre ou d'au- 
tres substances explosibles. 

Les barils li liquide ont une contenance 
de 50 litres, de façon à pouvoir être trans- 
portés h dos de mulets ou de chameaux ; ils 
sont surtout usités en Aigrie et aux colo- 
nies. 

Le baril à potuire en boix est un récipient 
adopté pour le chargement des dispositifs de 
minés permanents. Il contient oO kilo?r. de 
|K)udre : il est enfermé dans une chape qui 
n'est autre chose qu'un baril un peu plus 
grand, (in lui substitui' actuellement la Mj.s.<e 
à poudre du modèle i869. 

Le baril à poudre en zinc est un récipient 
adopté pour le ciiargement des dispositifs de 
mine qui ne sont pas suflisammeiit i l'abri 
de l'eau. II affecte la forme d'un cylindre de 
0'>'.425 et de O^^oS de hauteur. Il contient 
oO kilogr. de poudre. Il présente à .-^a partie 
supérieure un orifire de 8 centimètres fermé 
au moyen d'une jilaque. O récipient est 
enfermé dan^ une^hape en bois. 

— éclairant. Baril à poudre rempli de 
'opeaux enduits de poix et amurcé avec des 
lances à feu pincées à l'intérieur et sur le 
pourtour. Le baril est lui-même «-nduit de 
poix, puis enchapé ; il sert à éclairer les 
fossés, les brèches. 

BâRILLET. Gros cylindre court percé 
de trous dans lesquels sont engagés les 
6 balles. du revolver. II est mobile autour 
d'un axe horizontal et, chaque fois qu'on 
arme le revolver, le barillet fait un sixième 
de tour. (Jn a essayé d'appliquer le barillet aux 
fusils pour en faire des armes à répélitian, 
mais il est difficile d'empêcher la déforma- 
tion des cartouches, le déplacement du centre 
de gravité après chaque coup tiré, et la fai- 
blesse de la monture au point où le barillet 
est intercaléi Comme il est farile de trouver 
un mode de magasin plus avantageux, on a 
renon<-ê à ci-lui a barillet pour les fusils. 

BAROMÈTRE. Instrument qui sert a 
mesurer la pression de l'atmosphère. Il en 
existe de deux espèces principales : les 6aro- 
mètres n nwrcitre et les baromètres ané- 
roides . 

Les baromètres à mercure sont basés 
sur le principe bien connu de physique,d'après 
lequel la pression de l'atmosphère est suflB- 
sante pour faire monter une colonne de mer- 
cure à une hauteur de 0'°,76 dans un tube 
fermé à son extrémité supérieure, dans le- 
quel on a fait le vide, et qui plonge par son 



extrémité inférieure dans une cuvette conte- 
nant du mercure. Le baromètre Fortin est 
construit de cette façon, mais le tube en 
verre est muni dune enveloppe en laiton qui 
le protège contre les chocs, et qui est fendue 
dans sa partie supérieure, afin qu'on puisse 
apercevoir la colonne de mercure. Les autres 
baromètres à mercure se composent simple- 
ment d'un tulie recourbé à deux branches 
inégales, dont la plus longue est fermée à 
son extrémité supérieure et communique, 
par son extrémité inférieure, avec l'autre 
branche plus courte, d'un plus grand diamè- 
tre, et ouverte à sa partie supérieure. Le 
vide étant fait dans le tube, si l'on y intro- 
duit du mercure par l'orifice de la petite 
branche, il ntontera dans l'autre branche 
jusqu'à une hauteur de 0™,76 au-dessus du 
niveau du liquide dans la première. Ce tube 
est adapté à une monture en bois. Une 
échelle graduée est placée ;i la partie supé- 
rieure de la colonne de mercure derrière la 
longue branche, afin d'indiquer la hausse ou 
la baisse de cette colonne. 

— anéroïdes. Leur construction est 
basée sur le principe suivant : Lorsqu'un 
tube à parois llexibles et légèrement aplaties 
sur elles-mêmes est courbé en spirale ou cir- 
culairement dans le sens de son plus petit 
diamètre, toute pression intérieure sur les 
parois a pour effet de dérouler le tube ; toute 
pression extèrieuie, au contraire, à pour 
effet de l'enrouler davantage. Le baromètre 
de Bourdon est un instrument de ce genre ; 
il Si' compose d'un tube comme celui qui 
vient d'être décrit, dans lequel on fait le 
vide, et qui est liermétiquement fermé, roulé 
en cercle et fixé seulement en son milieu. 

Toutes les fois que la pression atmosphé- 
rique diminue, ce tube se déroule en vertu 
du principe susénoncè. Le mouvement se 
transmet ensuite à une aiguille dont l'extré- 
mité parcourt un segment de cercle gradué. 
Si, au contraire, la pression augmente, le 
tube se feime sur lui-même, et c'est un pe- 
tit ressort en spirale, placé à l'extrémité 
fixe du levier, qui tend à ramener l'aisuille 
en sens inverse. 

Le baromètre est employé à mesurer les 
hauteurs; en effet, plus on s'élève sur la 
surface du irlobe, plus l'épaisseur de la cou- 
che d'air, et par suite la pression atmosphé- 
rique, diminuent ; les résultats des expé- 
riences faites sur le baromètre sont donnés 
par des tables, calculées d'avance, aux- 
quelles on fait subir les corrections nécessi- 
tées par le degré de température, qui influe 
sur la longueur de la colonne de mercure. 

Toutefois , l'usage le plus commun du 
b.iromètre est d'indiquer les pronostic? mé- 



BARON. 

tJ^oniltifriqut's. Kii t'Iîft, lorM[UP l'.iii ist 
ihaifr»' (11- vapeurs, il devii'iil plus léj.'i'i , l;i 
pressiou exercée sur le mercure est moins 
forle, et ]>ar suite, la colonne de nuMcure 
descend dans la longue l)raiiclie; au con- 
traire, lorsque l'air devient plus sec, il est 
également filus jiesant, et la pression exer- 
cée sur le mercure aufmiente; par suite, la 
lolonne de mercure monte dans la longue 
liiaiiclie; des éclielles j.'raduées expérimenta- 
letnent pour c|ia(]ue endroit, indiquant les 
liauteur> haronn-triques qui correspondent à 
la pluie, au varialtle, au iteau temps, etc. 
(les indications ne sont qu'appiovimatives, 
car d'antri's causes encore ((ne la siccilé de 
l'air inflncnl >ni le- variations de la tcMi|ir- 
Jalure. 

BARON. Titre noliiliaire sui)érieur à celui 
t\>' clirviilii')-, inférieur à celui de comte ou 
fie vicomte. Les barons étaient siniplemenl 
des oflîciers, à l'époque de (]|iarlenia,i,'Me. 

BARONNET. Titre d'un ordre de clu- 
valcrie (Oiiferé par le roi en Anglelei'ie aux 
militaires, aux honnnes jjolitiques, aux sa- 
\aiils, etc., (jui se sont distingués d'une 
manière toute particulière. 

BARQUL. Bateau de petite dimension, 
servant à la pèclie, au cabotage, au trans- 
port et au passage des cours d'eau. 

BARRAGE. Espèce de digue en tore uu 
en maçonnerie, établie en ti'avers d'un cours 
d'eau ou d'une \allée, en vue de faiic mon- 
ter le niveau des eaux (jui j)assent. Un bar- 
rage, au ])oii.>t de vue militaire, a surtout 
pour but A'inonder une certaine étendue de 
leirain. 

BARRE. Bancs de sable qui se forment 
a remboinliure de certains couis d'eau, ])ar 
suite du dépôt opéré par la jonction des 
eaux douces et de la mer. La barre, . en 
s'opposant au libre [lassage de la boule ve- 
nant du large, a pour résultat de la faire 
déferlei- eu lames très violentes. 

Nom donné à diverses i)iéci's de JKjis on 
de fer de forme allongée entrant dans la 
construction d'un navire et alfectant des 
«sages fort dixers. Mettie à la luirre. c'est 
prendre la diieition du gouveinail. 

Espace compris entri' les incisives et les 
inolairi'S du cbe\al. Le mors de la biide est 
introduit dans b's barres. 

— à mine, fige de fer de 2 mètres en- 
viron de longueui', terminée le jilns sranent 
en pointe ou à diamants iroisés. 

La barre à mine ordinaire sert i)our le> 
forages ne dépassant jjas 2 mètres de pro- 
fondeur, sinon on emploie la barie à mine 
à rallonge, dont les allonges sont creuses et 
assenddèes à vis avec manclion. Pour faire 
dcsi-endre la barre à jnine. on frappe avec 



84 BASCULE. 

un mouton sni une tète de Turc vissée sur 
la rallonge. Le tube intéiieur des allonges 
permet, au besoin, l'introiiuction des poudres 
au fond du forage. 

— de cabestan. Pièce de bois ou de fer 
engagée dan- l'axe du cabestan |)Our lui im- 
primer un nidoxeinent <le l'otalion. 

— de suspension, fixe, parallèle. 

Agrè< du matériel de gymnastique. 

BARREAU. Barre de bois ou de métal, 
qui sert de clôture. Lieu où se tiennent, à 
l'audience, les avocats pour plaider. Par 
extension, on a doinié le nom de barreau à 
l'urdic (les a\(M■at^ et à leur profession. 

BARRICADE. Uetrancbement dispo.sè en 
travers d'une ine pour en bairer le j)assage. 
Elle (>sl organisée, à la liàte d'abord, au 
moyeu de barriques (d'où le nom) lemplies 
de j)ierres ou de terre, puis avec toute espèce 
de matériaux, tels que cbarrettes renversées, 
fascines, aibres, ])avés, meubles de toute 
espèi-e. palissades, etc.! 

BARRER. Fermer avec une barre ; ob- 
struer, interrompre nn passage par un 
ol)Stacle quelconque. Tirer un trait déplume 
sur nn mut on sur un passage d'écriture 
pour l'annuler. 

BARRIÈRE. Solide porte en bois em- 
pluy(''e pour interce|)ter le jiassage des ou\ er- 
tnres jiiatiquées dans les ouvrages de forti- 
tication. Elles sont à un ou à deux ranluux. 
simples ou doubles, suivant rimp((rtance des 
ouvrages. On doit prendre de sérieuses pré- 
cautions, en cas de guerre, pour leur ouver- 
ture et jeni fermeture. 

BARRIQUE. Sorte de futaille dont la 
capacité équivaut au quart d'un totnieau. 
Toutefois. c(^tte mesure n'est pas lixe ; dans 
certaines localités, la contenance de la bar- 
rique (\st de 228 lities ; dans d'autics, de 
220 liti-es. etc. 

BAS (substantif). Vèterrrent qui sert 
à couvrii' le pied et la jambe. 

— (adjectif), (jui a peu de bautcnr, (pri 
est situé au-dessous d'autre cbose ; qui n'at- 
teint pas un certain degré d'élévatiorr pris 
pour- terme de comparaison ; qui se fait à 
peine errteirdre, etc. 

BASANE. Peau de moutorr .préparée, (jtn 
sert II l'ccdUN rir' les livres. On donne égale- 
merrl ce nom aux garrritures de cuir cousues 
au bas des pantalons de cheval des Irommes 
de troupe. 

BASCULE. Irrstrument de pesage qui 
ir'esl autre cbose qu'un leviei' à bras iné- 
gaux. On sait qu'urr levier se trouve en 
é(juilibre lor-sque le poids et la puissance 
sont en laisorr irrverse de leurs distances res- 
pectives au point d'ajipui. Il err résulte que, 
si je lira> de levier- du côté (lir poid- e-t (li\ 



BASE. 



BASSINE. 



fuis |>liis court que le luas de le\ ier du côté 
de l'ohjet à peser, uu poids de 1 kilogr. fera 
équilibre à uu objet pesaut 10 kilogr. C'est 
le eas des bascules ordinaires. Pour les far- 
deaux très lourds, tels que les voitures, ie 
rapport des bras de levier est de 1/100. On 
conçoit qu'un seud)lable instrument puisse 
prêter facilement ù la fraude, puist(u'un 
léger déplacement du point d'appui peut 
faire varier d'une façon notable le rapport 
des deux bnis de levier et, par suite, le ré- 
sultat du pesage. Aussi la bascule n'est-elle 
tolérée, par l'administration de la guerre, 
que pour le pesage du foin, de la paille et 
(lu bois de cliautTage. 
BASE. Appui, soutien. 

— d'approvisionnements. Zone de la- 
quelle on tire les ap|irovisiunnements néces- 
saires à l'armée, soit \\o\iv subsister, soit 
pour combattre. De nos jours, la base |)rin- 
cipale n'est autre que l'ensemble du terri- 
ttiire national, cbaque région restant, en 
principe, cliargée de pourvoir au ravitaille- 
ment du corps qui en émane. Une base pri- 
mitive et des bases secondaires sont formées 
par un certain noraiire de stations-viagasins 
établies dans desYonditions de sécurité suf- 
fisantes et formant intermédiaire entre la 
pioduction et la consommation. Enfin, des 
dipots secondaires, alimentés jiar les statii'us- 
magasins et maintenus à distance à peu 
près constante du front des opérations, assu- 
rent le réappro\isionnement des convois ad- 
ministratifs des corps d'armée, ceux-ci 
alimentent à leur tour les trains régimen- 
taires, pourvoyeurs immédiats dans le rayon 
même des opérations. 

— d opérations. Zone qui sert de [loiiit 
de départ et d'ap|iui aux opérations, et dont 
ou a besoin de rester maître parce qu'elle 
couvre les derrières, assure l'arrivage régu- 
lier des troupes de remplacement et des ap- 
provisionnements, enfin, parce qu'elle |)ro- 
tège éventuellement la retraite et limite les 
progrès de l'ennemi. 

Au fur et à mesure que l'armée s'éloigne 
de son point de départ, ses lignes de coni- 
mimication s'étendent et sont, par consé- 
quent, plus exposées aux entreprises de l'en- 
nemi. De là résulte, pour l'armée, la nécessité 
de se créer, de distance en distance, de nou- 
veaux points d'appui écbelonnés plus ou 
moins régulièrement sur la ligne d'oi)éra- 
tions et qui forment autant de bases succes- 
sives. On les désigne sous le nom de bases 
secondaires lorsqu'elles sont sur la ligne des 
opérations normales, et sous le nom de bases 
accidentelles loisqu'elles sont constituées tem- 
porairement, en vue d'une opération acci- 
dentelle. 



Les jirincipes qui doivent guider dans le 
choix et l'organisation d'une base d'opéra- 
tions i)euvent se formuler ainsi : 1° la base 
doit être considérée comme une grande posi- 
tion militaire et organisée comme telle, soit 
sur son front et ses abords, soit sur ses 
flancs, soit dans l'intérieur même de la zone 
qu'elle occupe; 2" elle doit être, autant que 
(tossible, enveloppante, par rapjjort aux li- 
gnes de défense de l'ennemi ; 3" i)rolongèe 
jusqu'à des obstacles qui assurent la sécurité 
de ses flancs, elle doit être aussi étendue que 
le permettent les forces que l'on pourra con- 
sacrer à son occupation ; 4° elle doit couviir 
])arfaitement l'objectif probable de l'ennemi ; 
5° elle doit êtie, enfin, ciioisie le plus près 
possible de l'objectif que l'on vent atteindre, 
mais assez distante de la frontière pour être 
soustraite aux premières entreprises de l'en- 
nenii. Les mêmes principes doivent pièsidei- 
au choix et à l'oiganisation des bases secon- 
daires et accidentelles. 

— d'alignement. Tout rassemblement 
ou mouNement de tioupes est précédé ou 
suivi d'un alignement, pour leijuel une base 
est nécessaire. Cette base est cuustitnée par 
3 honnnes, pour l'escouade et la section ; 
par deux guides, pour la com|)agnie ; parle 
drapeau et deux guides, pour le bataillon. 

BASILIC. Sorte de lézard, de la famille 
des Ignaniines. Jadis, on prétendait que le 
regard seul de cet animal était mortel. 
. BAS -OFFICIER. Ancienne dénomination 
des sous-ofticieis ; ils avaient été appelés 
au [là ra va lit dizniniers. 

BASQUE. Pan d'une tuni([ue, d'un iiabit. 

BASSE. Instrument à cordes et à archet 
appelé plus ordinairement riotoncelle. En 
terme de musique, on donne le nom de basse 
à la partie qui ne fait entendre que les sons 
les plus graves des accords. 

En terme de marine, on donne le nom de 
basse à un endroit où l'eau est peu profonde 
et où se trouve caché un banc de sable ou 
de rocbers. 

BASSIN. Grand réservoir, dans un port, 
destiné à garder l'eau pour que les navires 
restent à flot et à la marée basse. Le bassin 
de construction est un ouvrage d'architecture 
nautique où l'on construit et radoube les 
vaisseaux, à sec, et où l'on fait ensuite en- 
trer l'eau pour les mettre à flot. Dans le lan- 
gage de la géographie, on donne le nom de 
bassin à toute dépression de la surface du 
globe, vers le centre de laquelle coulent et 
convergent les eaux qui tombent dans un 
certain rayon. 

BASSINE. Sorte d(; plat creux, de métal, 
large et profond, dont on se sert pour faire 
rliaufl'er on fondre diverses substances. 



BASSINET. 



BAT 



BASSINET, l'.tilr iiiù(i'irius('(.iMiii\iv 
qui, lians l;i philiiu' iltis nrines à silex ou à 
mèche, i:ùimnuiiit|iiait avir le toiiiiunn par 
la lumiérv tl i|iii servait à lOiili'iiii la pulitr' 
ijuaiitilé di' |ii)iiiiii' d'amorce. Cello-ei était 
inaiiileime et |inilé;rée |(:ir iiii cmivre-lius- 
siiiel. 

— do sûreté. Demi ivlimiie eieu\ qui, 
fil tournant de (Imite à gauelie, recouvrait 
toute laiiiDive |iiiur empêcher, en ras du d»'i- 
part aecidoiilel do la détente, Vctiticello de 
luniber >ui eetle anioire. Son oniftloi n'a 
jam:iis ele i[ue fort restreint. 

BASSON. Instrument à vent vl k amiie 
doubli^ qui, dans la musique militaire, rem- 
plit la partie de basse que font, dans l'iiar- 
nionie des nndes. la eontreliasse et le \i(i- 
Inneelli'. 

BASTAGAIRE. Oftieier kh''- préposé à la 
garde (les ii,i;.'aj:es des empereurs bysantins 

BASTILLE. Abréviation de bâtisse et 
dérivé de lidflixe. jKirapet ; ee nom a été 
donné priniilivément à toutes les fortit'iea- 
tions tdevées hors de l'enceinte d'une place, 
soit isolées, soit attenantes à cette dernière; 
dans ce dernier cas, c'étaient des tours ser- 
vant à flanquer les remparts, surtout les 
portes. Dans l'attaque des places au moyen 
à;.'e, on employait également des bastilles, 
consistant en machines portées sur roues ou 
sur rouleauv et contenant, aux éta^'os supé- 
rieins, des honniies et des béliers pour faiic 
tomber les murs. 

La plus célèbre des constructions de le 
■jenre fut la bastille construite, de i370 à 
1382, SOI l'emplacement de la porte Saint- 
Anlojiii'. Elle de\int célèbre comme prison 
d'Klat et l'on sait qu'elle fut prise et détruite 
le 14 juillet 1789, date qui est di'veinu; la 
fête nationale de la l{épubliqui\ 

BASTILLON. Petite bastill.-, d'où est 
venu le niitl lidsliiin. 

BASTINGAGE. On nonnne .linsi nn 
sjslèine de cli^mdeliers de fer et de lilières, 
établi sur le plat-bord et le lonj{ des jjail- 
lards des bâtiments de guerre et destinés à 
suppoiter les lilets dans lesquels on place les 
hamacs des matelots pi'ndant le joui . 

BASTION. Partie de l'enceinte d'un uu- 
vrage /ivacV d'apiés le système bastioiiné. 
Un bastion (fifi. 28) coiiipii'iid deux faces 
HE, BU ; deuv fluncs E<i, Il K, ces derniers 
reliés aux flancs voisins par des courtines. 
Ce tracé a pour but de piucurei' à toutes les 
parties du fossé un flanqnemcnt assuré et de 
permettre uux cinq li):iies qui constituent le 
bastion de se fbinqiiei réciproquement. Un 
;}rand nombre du comiiinaisons peut résoudre 
le problème, mai», ajués de iKjmbreux tùlon- 
iiemeiiti, on avait admis, depuis V;iuban et 



ju>(|u'eii 1.S70. le tiaré suivant en prin- 
cipe : 

8ur la ligne A B, dite côté egaiéricur, dune 
longueni comprise entre 300 et 400 mètres, 
on abaisse, en son milieu N, une perpendi- 
culaire XC = 1/6 de AD. (hi joint BC 




et A(^, qu'on prolonjre de jiart et d'antre 
de C. On jiorte ensuite sur B K et A G la 
longueur des tifjnfls de défense, la bonne 
portée du fusil de l'époque = 2.50 à 300 
mètres, et les points G F reliés ensemble 
donnent la courtine. En menant les flancs 
PD, GE faisant uu angle de 100 mètres 
avec cette dernière, on avait limité la lon- 
gueur des faces A D = D E. L'ensemble de 
toute la fortitication comprise entre les ca- 
pitales I A, K B de deux bastions consé- 
cutifs porte le nom de front bastionné ; la 
magistrale de ce front est représentée par 
le tracé de la ligne hrisée A D F G E B 
^V. Angle). Les lignes A 1, BL sont les ca- 
pitales du front on les hissectrices des 
bastions. 

Ce tracé, ijui permettait de battre jus- 
qu'au dernier moment toutes les parties de 
la fortitication, avait des avantages énormes 
à l'éfioque où le tir était peu rapide et l'ar- 
tillerie peu dangereuse de loin. 11 présente, 
d'ailleurs, les inciinvénieiits suivants : faces 
enfilables, flancs pris de revers, tracé trop 
])i()fond et trop compliqué, lignes de défense 
se recroisant, etc., défauts qui se sont ag- 
gravés par suite de la grande portée des 
armes, du tir jilongeant et de la prépondé- 
rance de la lutte d'artillerie. 

BASTIONNE. <Jni a des bast.io7}s. 

BASTIONNER. Fortifier un ouvrage on 
une p.irtie iToiiviage au moyen de bastions. 

BASTONNADE. Pénalité jadis usitée 
dans l'armée et qui consistait en un certain 
nombre de coups de b.àtoii ou de baguette 
donnés habituellenieiit sur la jilante des 
pieds. 

BAT. Effet de hariiacliemenl servant à 
siijipuilei les caisses ou autres objets que 
l'on veut faire porter sur le d^s des chevaux 
et mulets, dits alors chevaui' ou mulets de 
bat. C'est une e.spèce de selle grossière, solide 
et légère en même temps, comprenant d'à- 



bataiLle. 



BATIMENTS militaires. 



bord un fût uu arçon fait dç deux pièces lie 
hois concavos. leinbounêes par des panneaux 
ou couisim. Un harnacheoieut spécial niaiii- 
tient le bât sur le dos de laiiimal de ma- 
nière à rempêiher de vaciller. Des arroses, 
des buchoiis et des crocliets sont fixés sur le 
bât, où ils sont répartis en vue de la rharge 
à y ti\>»r. 

BATAILLE. Lutte prolongée résultant 
tlu iluii ili' diux aimées nombreuses et coni- 
|»ûsées de ditférenti's armes. Elle doit avoir 
pour but lanéantissenient des forces adver- 
ses et employer dans ce but primordial et 
absolu, toutes les nvssourccs ot toutes les 
'ombinaisons tactiques ou morales. Le covi- 
bat uu'il ne faut pas confondre avec bataille, 
est simplement l'exécution de la hit te 
d'après les récries prévues. On distinfrue 
généralement les jrt'ures de biitMiJIc sni- 
\ant* : 

— défensive, pour l'armée qui chercbe 
à se maintcnii ^nr ses positions i^t à y ic- 
[tousser rcniurni. 

— défensive-offensive, lorsque l'on 
aarde la défensive sur une partie du front 
de bataille et qu'on piend l'offensive sur 
l'autre parti'-. 

— démonstrative. Qui a pour but d'in- 
duire l'ennemi en erreur sur la direction 
séritable de l'.Utaque principale. 

— de rencontre ou imprévue. Anv - 
née par l.i ivn<ontrc ;i peu près fortuite de 
deux armées manœuvrant à proximité l'une 
de l'autre. 

— offensive, pour l'armée qui cberche 
à expulser l'ennemi de ses positions en mar- 
ihant en avant. 

— rangée. Livrée par deux aimées 
ayant pu être disposées suivant les régies et 
l'ordre prévus {ordre ite bataille). 

Dans tonte action offensive, il se présente 
trois phases piincipales successives : 

i° L'Jn<rof/uc<io/i se fait toujouis par l'ar- 
tillerie, A cause de la plus grande portée de 
ses pièces, ifui permet de commencer la lutte 
à plus irrande distance, et à cause de la 
nécessité de réduire au silence l'artillerie ad- 
verse, afin de permettre la marche en avant 
de l'infanterie; 

2° h'atlaque décisive est faite par linfaii- 
terie, placée sur deux lignes : la piijiiiière, 
divisée en plusieurs échelons, attaque en or- 
dre dispersé, la deuxième ligne détache les 
tioupes inutiles qui font les attaques sur les 
ailes ; elle soutient la première ligne et la 
rivitaille en cas d'échec. 

3° La poursuite est faite par la cavalerie, 
dès que l'ennemi commence à battre en 
retraite, de manière à ne pas lui laisser le 



temps de se rallier, ou de se reformer, el à 
changer la retraite en déroute. 

BATAILLER. Combattre, livrer des ba- 
tailles. S'emploie au figuré dans le .sens de 
dispute) a\ec ténacité. 

BATAILLON. Réunion de 4 à 6 compa- 
gnies d'infanterie formant une unité tacti- 
que. C'est généralement une fraction inté- 
grante d'un régiment, commandée par un 
chff de bataillon, et dont le nombre varie 
entre 3 et 4 par régbnent. Un certain nom- 
bre de bataillons (artillerie de forteresse, 
clia.sseurs à pied, infanterie légère d'Afrique) 
fonnuiit corps et constituent en même teni|is 
une unité adiiiiiiistiative. 

— de marche. Formé par la réunion 
de compagnies prises dans différents régi- 
ments et organisé seulement à des époques 
(Révolution de 1789 et guerre de 1870) on 
le défaut de ressources régulières on d'orga- 
nisation force à y avoir recours. Avec les 
dispositions prises actuellement pour enca- 
drer toutes les forces disponibles, ce genre 
di» bataillon ne se verra plus. 

BATAILLEUR. Qui aime à batailler, à 
se disputer. 

BATARD. Qui est né hors mariage. Ce 
terme est considéré comme injurieux; il est 
jilus correct de dire enfant naturel. Celui-ci 
n'a pas droit à certains cas de dispense ré- 
servés aux enfants légitimes, mais il peut 
conférer la dispense aux enfants légitimes 
nés de la même mère. 

En parlant des animaux, qui n'est pas de 

race pure; en parlant des végétaux, qui est 

dégénéré de l'espèce à laquelle il appartient. 

Ce mot se dit encore de tout ce qui ne 

rentre pas dans une classe déterminée. 

BATARDE. Sorte d'écriture penchée, à 
jambages pleins et à liaisons arrondies, qui 
est une imitation de l'ancienne écriture ro- 
maine. Elle est usitée dans l'armée pour les 
en-tètes des écrits, les étiquettes, etc. 

BATARDEAU. Digue en maçonnerie éta- 
blie en travers d'un fossé de furtiflcation 
pour en retenir les eaux. Pour que ce mur 
ne puisse semr à traverser le fossé, on a 
terminé le faite en dos d'àne, en y ajoutant 
au milieu une tourelle en maçonnerie appe- 
lée dame. Une écluse ou vanne permet au 
besoin l'évacuation des eaux. 

BATEAU. Sorte de barque dont on se 
sert plus particulièrement pour la navigation 
fluviale. On se sert de bateaux poui' établir 
des passages de cours d'eau (V. Ponts). 

BATELIER aide-pottier. Batelier ad- 
joint au portier-consigne dans certaines pla- 
ces fortes à fusses pleins d'eau avec ma- 
nœuvre d'eau. 
BATIMENTS militaires. Bâtiments ei 



BAT-FLANCS. 



8S 



BATTERIE. 



r-lal)lisï('iiii'iils a|i|irii|iri(''s :iii l(ii.'iM.('iil ou :'i 
riiistiiiiliiiii (li's ti(Hi|it'.s, ainsi (luaii foiii- 
tiiiiiiii-mcMl dos dixiTS Sfivin'.-; lie la «tiiciic. 
(.les l)àtiiiii'nls soiil construits jiar le gniie, 
sauf ii'UX dcslini's au service de l'ai tilli-ric, 
(|ui sont ctinsliiiils par ii-tte dernièif. Leur 
fntri'lien est à la cliaij.'e du l)U(ij.'('t, mais, 
fil Cl- qui coiircrni" les casernes, il est en 
|irinci|i(- eiïectué ]iar les corps iiccnpants. 
Toutefois, les villes de ftarnisoii doivent ver- 
ser à l'Ktat sur les recettes de leur octroi, 
une sûinnie annuelle de 7 francs par liomine 
monté et de 3 francs par homme à pied, en 
atténuation des dépenses causées par le ca- 
serneuient. La j.'endarinerie e>t lojrée aux 
frais des départements. Tous les liommes di' 
Iriuipe présents ont droit au lo^'ement dans 
les bâtiments militaires, et dans certains cas, 
(liez riialiitant. Les sous-ofliciers mariés 
peuvent être autorisés à loger en ville, et 
reçoivent alors une indenniité mensuelle de 
15 francs. Les ofticiers sont, en ]irincipe, 
lojîés à leurs frais, et lors(|ne. jiar exception, 
ils sont locés dans les hàtiiiieiits militaires, 
(Ml leur retient, sur la solde, une indemnité 
proportiunnelle au jjirade. De même, les che- 
vaux des ofticiers ne sont lo^'és dans les écu- 
ries de l'Ktat (|ue jusqu'à i-oncurrence du 
nombre de places disjionibles, mais en réa- 
lité, ce iKjmbre est suflisant. C'est le chef du 
j.'énie qui a la garde des bâtiments inociu- 
pés, et, conjointement avei- le sous-inten- 
dant militaire, la [tolice administrative des 
bâtiments occupés. La jtolice militaire des 
casernes occupées et des locaux accessoires 
incombe au commandant d'armes. 

Dans la marine, (jii donne le nom «le hàli- 
ment, à toute construction pontée destinée à 
tenir la mer. Ces bâtiments reçoivent, en 
outre, des noms différents, suivant la classe 
à laquelle ils a|)partiennent : cuirassés, croi- 
seui^s, transports, torpilleurs, vaisseaux de 
ligne, garde-cotes, frégates, bricks, cor- 
vettes, etc. 

BAT-FLANCS. App.ueil composé d-|iii 
madrier ti\é a la mangeoire par une extré- 
mité et suspendue |)ai une chaîne à l'autre 
extrémité. Il est destiné à séparer les che- 
vaux et à les empêcher de se donner récipro- 
quement des coups de pied. Les bat-flancs 
sont fournis [lar le service du génie, mais 
ils sont entretenus et rem|)lacés au coin])te 
de la masse de harnachement et ferrage. Le 
nombre de Ijal-flancs livrés à chaque corps 
de troupi' est supérieur de 2 pour 100 au 
nombre d'animaux attribués normalement à 
ce corps, atin de permettre le remplac(«ment 
immédiat de ceux de ces appareils qui vien- 
draient à être mis hors de service on (|iii .in- 
raient besoin de réparations. 



BATON. M.ir.v:,!! ,1,. |„,is ,|U-ou peut 
tenir à la iii.iin. 

— de commandement. Bâton que por- 
tent certains ofticiers et qui est le signe de 
l'autorité : tel est le liâton de maréchal de 
Krance. 

— de mesure. Bàlon (pii sert au ilicf 
de musique poiii marquer la mesure. 

BATTANT. Uni bat. S'emploie dans les 
locutions militaires suivantes : tambour hal- 
tanl, qui sigiiilie au son du tambour, vais- 
seau de fiui'vre bien battanl, où le service do 
rartillerie est facile ; mener batlani les enne- 
mis, les obliger à fuir an plus vite. 

— de crosse. Ksitéce de boude qui sert 
;i recevoir une des extrémités de la bretelle 
de fuiil, et qui est lixée à son ])ivot au 
moyi'ii de rosettes et d'un rivet. 

— de grenadiére. Boucle analogue an 
battant île sous-garde et servant à lecuvuir 
l'antre cxtri'iiiile de la bretelle. 

BATTEMENT. Choc des projectiles con- 
tre les parois de l'arme pendant leui' ])ar- 
cours dans le canon des armes non rayées. 
Ce choc provenait du jeu que l'on devait 
nécessairement lai.sser entre le projectihi et 
les parois de l'arme du canon, pour ne pas 
|)rovoquer l'éclatement de ce dernier, il en 
résultait des mouvements irréguliers, nuisant 
à la justesse du tir et auxquels on a remé- 
die par les rniiures et le forcement du \no- 
jeclile. 

BATTEBIE. Réunion d'un certain nom- 
bre de bourlies à feu sous un même comman- 
dement et disposées pour agir en commun. 
An point de vue du personnel, la batterie 
désigne l'unité de combat, unité correspon- 
dant à la compagnie pour l'infanterie et à 
Vescadron pour la cavalerie. En France , 
toutes les batteries, qu'elles soient à cheval, 
à pied, on montées (V. Artillerie), sont à 
6 pièces. L'effectif d'une batterie montée est 
d'environ 180 hommes, 130 chevaux, avec 
9 caissons, 1 forge, i chariot de batterie, 
1 chariol-fnxirragére et 3 ou 4 fourgons. 
Tous ces éléments occupent sur une route 
une longueur de 200 mètres. 

Tne batterie sur le pied de guerre se frac- 
tionne toujours en trois groupes : 1° la bat- 
terir de combat, composée de 6 pièces et de 
6 caissons, fortement constituée en person- 
nel ; 2" la réserre, comprenant le reste des 
caissons, le chariot de batterie et la forge, 
ainsi que les hommes qui n'ont pas trouvé 
place dans la batterie de combat : ces deux 
groupes marchent généralement réunis ; 3° le 
convoi des subsistances, avec le chariot-four- 
ragère ; les fourgons à vivres et à bagages, 
et le jiersoimel nécessaire pour conduire et 
surveiller ces voitures ; ce groupe qui mar- 



BATTERIE. 



89 



BATTERIE. 



flu' avef ies trains régimentaires de la co- 
lonne rejoint chaque jour la batterie. Les 
batteries de forteresse n'ont qu'un personnel 
d'un effectif déterminé, elles n'ont pas de 
matériel pesant, mais le trouvent dans les 
places qu'elles auraient défondues ou devant 
celles qu'elles auraient à assiéger. 

On distingue encore les batteries d'après 
le calibre des bouches à feu qui constituent 
leur armement : batterie de 80. de 90, de 
mortiers, et-. Au point de vue de leur em- 
ploi, on dislingue ; 1" des batteries de cnm- 
pngne organisées de manière à suivre les 
troupes sur le champ de bataille et à y 
prendre rapidement leurs emplacements; 
2° des batteries de montaiine. ne comportant 
que des pièces légères pouvant être trans- 
portées à dos de mulet pour la guerre de 
montagne ; 3° des batteries de siéi/e. com- 
posées de pièces de siège de fort calibre et 
d'un déplacement difficile ; 4° des batteries 
de côte, composées également de pièces très 
lourdes et très grosses, qui sont instaUées 
au\ emplacements choisis dans des ouvrages 
de fortitication permanente, qui jouent le 
rôle de forts détachés pour la défense des 
ports ou des villes maritimes. 

Les batteries de siège se divisent à leur 
tour, suivant l'époque de leur construction, 
en batteries de première position, de deuxième 
position, de couronnement (V. Attaque des 
places), et suivant la nature de leur emploi 
en batteries : 

— à démonter, dont le tir est dirigé 
directement contre les faces des ouvrages, 
dont elles cherchent à détruire rarmement. 

— de bombardement, qui doivent 
non seulement remplir le but du bombarde- 
ment proprement dit, mais aussi maîtriser 
par un tir de front et plongeant l'artillerie 
des ouvrages attaqués. Les pièces qui con- 
viennent le mieux sont le 120™™ et le 
153™™. 

— de brèche, qui ont pour objet la 
destruction partielle des murs d'escarpe, alin 
d'obtenir une ou plusieurs bréihes destinées 
à livrer passage aux colonnes d'assaut ; elles 
emploient le tir direct ou le tir plongeant. 
Pour les batteries de campaijne (Yoir Épnule- 
ment). 

Enfin, le mot batterie sert à désigner un 
ouvrage de fortification passagère disposé 
pour permettre le tir de deux ou plusieurs 
pièces derrière un épaulement, tir qui peut 
avoir lieu à barbette ou à embrasure. Leur 
genre de construction dans un siège varie 
suivant quelles sont de première ou de 
deuxième position. 

Dans la première position, les batteries 
n'étant pas soutenues, on choisit leur empla- 



cement de manière à ce que la construction 
puisse en être dérobée aux vues de la place ; 
d'nn autre côté, trop éloignées de celle-ci 
pour être exposées aux coups dècliarpe. on 
se dispense d'y mettre des traverses. 

Les batteries de deuxième position étant 
exposées à des feux rapprochés et préiis , 
doivent être traversées an moins de 2 en 
2 pièces, mais, par contre, leur construction 
est facilitée par les batteries en arrière. On 
dispose aussi une traverse au tlanc menacé. 
Lorsqu'on est pressé d'ouvrir le feu, aussi 
bien dans la première que dans la deuxième 
position, on emploie quelquefois des batte- 
ries rapides également traversées de 2 en 
2 pièces (/i^. 29). On cherche à ne donner uux^ 
diverses parties que les dimensions strictement 
suffisantes pour que ces batteries soient eu 

Fi-. 20. 




état d'ouvrir le feu après une nuit de tra- 
vail. L'emplacement doit être choisi en con- 
séquence, et le tracé a pour objet d'augmen- 
ter la superficie sur laquelle se développent 
les travailleurs et de diminuer le cube de.s 
terres à remuer. 

11 y a également des ouvrages de fortifi- 
cation permanente ou semi-permanente, aux- 
quels on donne le nom de batterie. Il y a 
des batteries annexes, emplacements orga- 
nisés en dehors des forts et sous leur protec- 
tion immédiate pour recevoir des pièces qu'il 
y aurait inconvénient de laisser grouper 
dans les forts, et des batteries détachées, ser- 
vant à renforcer un fort qui sert de réduit 
ou de point d'appui à ces batteries. 

Les batteries de côte peuvent tirer : 1" à 
ciel ouvert, et dans ce cas, il y a une tra- 
verse entre chaque pièce ; c'est le type le 
plus général: 2° sous casemates, lorsqu'on 
avait besoin de disposer beaucoup de pièces 
en un espace resserré ; c'étaient de véritables 
tours avec plusieurs étages de feux ; on a 
conservé ceiks qui sont acceptables, mais on 
les a remplacées par : 3° les buttenrs cui- 



BATTERIE. 



i)0 



BAUDRIER. 



rassées ou coupoles. Les deu\ dernières" espè- 
ces permettent de couvrir les pièces et les 
servants et d'assurer par suite au tir une 
action plus prolongée. 

— de démolition, qui sont destinées 
ù découvrir et à démolir de loin, les capon- 
nières, réduits, casemates, magasins à pou- 
ilre ou autres ma(;onneries vulnérables. Eljes 
sont placées en des positions dominantes et 
armées de canons courts (lao court) et de 
j.'ros mortiers pour les grands angles. 

— d'enfilade ou de revers, qui tirent 
à feu\ coui'bes sur le personnel et le maté- 
riel et cherchent à enfiler ou a pretidre à dos 
les longues branciies des ouvrages ou des 
communications importantes. Elles occupent 
de préférence des positions dominantes et 
peuvent comprendre du iSo long. 

— de circonstance. (V. Armement, de 
silreté et Défense des places). 

— mobiles. (V. Armemeni de sûreté et 
Défense des places). 

— OU casemates cuirassées. On 
donne ordinairement le nom de casemate 
cuirassée à un cuirassement qui ne reçoit 
qu'une seule bouche à feu, et celui de bat- 
terie cuirassée , quand il y a plusieurs 
pièces. 

Après avoir constaté la nécessité d'em- 
ployer des plaques de fer pour protéger la 
tête des casemates à canons, on employa di- 
vers dispositifs, appelés boucliers ou cui- 
rasses, pour arriver au résultat cherché. (Jn 
essaya d'abord d'appliquer ces plaques con- 
tre la maçonnerie, mais le fer se juxtapose 
mal à cette dernière, et s'en sépare violem- 
ment au choc des projectiles, à cause de son 
manque il'élasticité. En interposant un ma- 
telas de bois entre le fer et la maçonnerie, 
les résultats, quoique meilleurs, furent insuf- 
fisants. On essaya de réduire les embrasures 
au moyen d'un alfût à pivotement fictif et à 
tourillonnement autour de la bouclie, ou de 
mantelets de métal s'ouvrant au moment de 
faire feu, mais sans arriver au but cherché. 

L'usine Griison obtint un résultat plus 
satisfaisant au moyen d'ime fonte durcie, 
coulée en coquilles, qui présentait une résis- 
tance suflisante. On en fit des batteries en 
forme de casemate, dont la partie antérieure 
reposant sur \]u massif en maçonnerie, a 
une épaisseur sufhsaiite avec une endjrasure 
rainima qui jieut ètri' masquée par un ulitn- 
rateur ou verrou à contiepoids, qu'il est fa- 
cile de faire monter ou descendre. Le ciel se 
compose d'un petit nombre do pièces juxta- 
posées et il est recouvert d'une couche de 
béton de ciment, puis d'une couche de 
terre. 

Les modèU-s et le mtital des bntteiies cui- 



rassées ont èlé pei fi'ctionués depuis, cl il 
n'y a économie à en employer, au lieu de 
coupoles, que, lorsque pour battre un dé- 
bouché important pour l'ennemi, le point 
d'accès ne présente qu'un champ de tir res- 
treint. Le corps de la batterie est formé de 
voûtes en béton de ciment, recouvertes d'un 
inassif de sable d'une épaisseur suffisante, 
chaque travée est fermée par une ]ilaque de 
cuirasse verticale rectangulaire, en fer la- 
miné, adossée à lU] matelas élastique. L'ou- 
verture et la fermeture de. l'embrasure sont 
organisées dans les meilleuri'S conditions, et 
la partie inférieure de la batterie est proté- 
gée par une ])longée eu béton de ciment, 
noyée dans un massif de sable. 

Les dimensions générales de l'ouvrage et 
l'épaisseur des plaques dépendent naturelle- 
ment de son armement et du genre de pro- 
jectiles auxquelles il aura à résister. 

BATTERIE. En terme de marine, c'est 
l'ensemble des i>ièces d'un navire et l'empla- 
cement ([u'elles occupent à bord. Se dit aussi 
du pont et des sabords armés de canons. 

— circulaire. Batterie fiottante, à flot- 
taison circulaire, pour permettre aux navires 
d'évoluer avec une giande facilité. 

— flottante. Navire à faible vitesse, à 
fond jilat, portant une puissante artillerie et 
destiné à l'attaque des places maiitimes. 

— de fusil. Pièce d'acier qui, dans les 
armes à silex, recouvrait le bassinet et sur 
laquelle viMiait frapper la pierr(^ adaptée au 
chien. 

BATTERIES et SONNERIES. Ma- 
nières réglenieiitaires, )iour les tambours, de 
battre ; [lour les clairons, de sonner les mar- 
ches, signaux, appels nécessaires pour l'exé- 
cution des diverses parties du service. 

BATTEUR d'estrade. Cavalerie légère 
employée au moyiMi âge pour aller à la dé- 
CDUveite. 

BATTRE. Frapper à coups reiimibli's. 
Vaincre, défaire l'ennemi. Diriger le lir <le 
l'artillerie sur un point déterminé. 

— en brèche. Diriger les coups d(^ l'ar- 
tillerie contre un rempart, une muraille, de 
façon à y prati(|uer une brèche. 

— en retraite. Se retinn' du conibal eu 
bon ordre. 

— du tambour. Frapper sur un tam- 
bour aM'c des baguettes. Par métonymie, on 
dit : battre le rappel, la marche, la géné- 
rale, etc. 

BAUDRIER. Large bande de cuir ou 
d'etofTe qui, mise en écharjie, servait à porter 
le sabre ou l'épée. 

Le baudrier a été supprimé dans toute 
l'armée française, y compris la gendarmerie, 
et remplacé par le ceinturon. 



BAUDRUCHE. 

BAUDRUCHE. iJim-e pellieul.< transpa- 
reate fabiiquêt* avec la membrane périto- 
iiéale qui reiouvii* le civcuin du bœuf. Elle 
est utilisée dans l'armée sous forme de po- 
rhette pour reoe%'oir des cartes d'élut-major 
pliées convenablement et en permettre la 
lecture, tout en les préservant de la pluie. 
Ou en fait aussi des enveloppes de ballon. 

BAUDELAIRE. Sabre à deux tranchants 
à lame iar^e et courte, recourbée à la 
pointe. 

BAVIÈRES. Garnitures d'étoffes qui or- 
naient les casques légers ; espèce de juifu- 
laire. 

BAVURE. Imperfection ou aspérité laissée 
par les joints des moules sur les balles de 
fusil. Se dit aus.si d'aspérités produites sur 
certaines parties de l'armement par des 
chocs répétés. 
. BEAUMONT (fusil) (V. Hollande). 

BEC de capncine. Partie prolongée de la 
capucine, dont le milieu correspond à la 
direction du canal de la baguette. 

— de crosse. Partie la plus anguleuse 
de la crosse du fusil. 

— de gâchette. Partie saillante du de- 
\ ant de la gâchette ; il s'engage dans l'un 
ou lautre des crans de la noix, en faisant 
agir le ressort de gâchette. 

BÊCHE (pelle). Outil portatif distribué 
à raison de. 48 par compagnie d'infanterie. 
Elle se compose d'un fer aplati en feuille de 
bêche, d'un renfort, d'une virole ou collier 
et d'un manche. Le bord supérieur, des deuv 
côtés, est éi-hancré et retroussé de manière 
à former une surface d'appui pom* le pied ; 
le bord inférieur et le bord droit sont tran- 
chants: le bord gauche est taillé en dents de 
scie. Un étui sert au transport et à la con- 
servation de l'outil, 

BEDAINE. Panse: gros ventre. Pierre 
arrondie en boulet, tirée par une dnndiiiue. 

BEDEAU. Bas-officier d'une église, qui 
est chargé de précéder les ecclésiastiques et 
de maintenir le bon ordre. 

Héraut de la milice communale. 

BEDON. Vieux mot qui signifiait tam- 
bour. S'emploie actuellement pour désignei- 
un honnue gros et gras. 

BÉDOUIN (en arabe BÉÛADDI). Habi- 
tant du désert. Nom duinié aux Arabes no- 
mades et à ceux ([ui habitent le désert. 

BEFFROI. Avant l'emploi de la poudre 
à canon, le btiJroi était synoujine d'Iiélijjnlo. 
C'étaient de hautes tours roulantes, que l'on 
faisait avancer le plus prés possible des murs 
d'une ville assiégée et du haut desquelles les 
soldats qu'elles renfermaient lancaiept des 
traits ou autres projectiles sur les défen- 
seurs. 



•Il BELGIQUE. 

BÉGAIEMENT. Vice de parole qui con- 
siste a mal articuler les mots. Il est une 
cause d'exemption ou de réforme lorsqu'il est 
très prononcé. 

BÉHOURD, BIHOURT ou BOHOURT. 
Attaque et défense d'un bastion dans eer- 
taines passes d'armes, au moyen âge. 

Course de cavaliers dans les réjouissances 
publiques. Combat soutenu à cheval et la 
lance au poing. 

BEIGE. Se dit de la laine qui a sa cou- 
leur naturelle. Les pantalons et les capotes 
que portent les soldats dans les hôpitaux 
militaiies sont en drap beige. 

BELGE. Oui est originaire de la Bel- 
gique. Ce nom provient de l'ancienne tribu 
gauloise des Belges ou Kiwris. 

BELGIQUE et son armée. L'armée 

active est constituée par les volontaires et les 
8 plus jeunes elasses de milice donnant un 
effectif d'environ 105,000 hommes, avec une 
réserve composée des o plus anciennes classes 
classes de milice et comptant à peu près 
33.000 hommes. 

L'armée, en temps de paix, a la composi- 
tion suivante : 19 réghuents d'infanterie 
donnant un ensemble de 98 bataillons actifs 
et 39 bataillons de réserve : 8 régiments de 
cavalerie, avi*e 48 escadiuns, dont 8 de 
dépôt ; 4 régiments d'arlillerie de campagne 
et 4 d'artillerie de forteresse, avec 40 batte- 
ries de campagnes et 70 de forteresse, plus 

4 compagnii's spéciales ; 1 régiment du ^enie 
et 5 compagnies spéciales, donnant 21 com- 
pagnies; 1 régiment et 1 compagnie du train, 
soit 8 compagnies. 

L'armée de campagne se composerait de 
2 corps d'armée, comprenant chacun 2 divi- 
sions mixtes, avei- tous les services, ainsi 
que de 2 divisions de cavalerie d'explora- 
tion. U y aurait, en outre, des troupes de 
forteresse com])renant 17 bataillons, 4 esca- 
drons et 6 batteries pour la défense mobile 
des grandes places, 28 bataillons d'infan- 
terie. 67 batteries de forteiesse, 48 compa- 
gnies du génie, de télégraphistes, de poii- 
tormiers. d'ouvriers, pour la défense propre- 
ment dite des forteresses. Enfin, il resterait 
encoie les conqiagnies spéciales pour le ser- 
vice des grands étaiilissenienls militaires e! 
les divers dépôts, ainsi que la gendarmerie. 

L'infanterii' belge est armée, par arrêté 
royal du 16 octobre 1889, du fusil Mauser 
à répétition, du calilire de 7™"", 75, tirant 
une cartouche à goige sans liourrelet. C'est 
une anno à verrou, avec magasin fixe placé 
sous la boîte de culasse et pouvant coutenir 

5 cartouches. Le canon est entouré d'une 
ebeminée en acier. Le niéi-anisnie de répéti- 



BELIER. 



02 



BERME. 



-lion SI' comiiosc du magasin rt d'un éltiva- 
teur à ressort {fig. 30). Le mécanisme de 
fermeture, du système Mauser modifié, est 
indiqué dans la tlgure. La caitouehe, du 
poids de 28S'',6, coniiircnd : ]a balle en 



plomb, ic\ètui' d'une enve[o[ij)e en nuiille- 
ehort et qui pèse 14 grammes aveu une lon- 
gueur de 30™'",8 ; la charge, de 3&^.5 de 
poudre sans fumée HP, imprimant à la balle 
une vitesse initiale de 025 mètres. 



Fis. :w. 




BÉLIER. Machine de guerre usitée jus- 
qu'au V siècle pour battre les murailles que 
l'on voulait renverser. Elle consistait en une 
grosse pièce de bois, ou poutres ferrée, ter- 
minée par une tète de bélier, inanœuvrée 
par un certain nombre d'hommes (jui, au 
moyen de cordes, lui imprimaient un mou- 
vement d'oscillation. Ces hommes étaient 
abrités, contre les projectiles de l'assiégé, 
par de fortes maisonnettes, ou galeries mobiles 
sur des louleaux, et que l'on appelait tor- 
tues hélièrcs. 

BÉLIËRE. Bracelet ou chape de fourreau 
di' sabre. Lanièi-e de cuir venant s'engager 
dans l'anneau de béliére des sabres. Ceu\-oi 
M\ aient autrefois deux anneaux qui néces- 
sitaient deux morceaux de cuir ou bcUércs 
de grandeur différente : la grande et la pe- 
tite. 11 n'y en a actuellement qu'une seule. 

BELLIGÉRANT. Qui est en guerre, qui 
fait la guerre. Directement engagé dans la 
lutte. 

BELLIQUEUX. Maitial, qui aime la 
guerre. 

BÉNÉDICTION. Cérémonie religieuse 
ou prières prononcées sur les armes, les ar- 
mées, fes chevaux, etc. Les drapeaux sur- 
tout recevaient la bénédiction en grande 
pompe jusqu'en 1870. Au point de vue mi- 
litaire, la bénédiction n'est plus conser^ée 
que pour les navires. 

BÉNÉFICIAIRE. Le titulaire d'un béné- 
lice. Se dit de l'héritier qui n'a accepté une 
succession que sous bénéfice d'inventaire, 
c'est-à-dire sous la condition que l'actif dé- 
passera le passif. 



Soldat principal de la milice romaine, qui 
jouissait de certains privilèges et recevait 
une haute pave. 

BÉNÉFICie. Avantage, pain, profit, pri- 
vilège. Se dit des teries conquises par les 
Francs dans les Gaules et que les chefs ou 
princes distribuaient -à leurs compagnons 
d'armes. 

BENZINE. Substance qui a la propriété 
de dissoudre les corps gras et résineux. Elle 
est très em])loyée pour enlever les taches de 
graisse sur les effets d'habillement. 

BÉQUILLE. Espèce de bâton surmonté 
d'une petite traverse sur laquelle les infirmes 
s'appuient poui- marcher. Les béquilles sont 
délivrées dans les hôpitaux militaires sur la 
production d'un bon signé par le médecin 
traitant. 

BERCHE. Petite bouche à feu à tir direct 
et en fonte verte, dont on se servait autre- 
fois à bord. 

BERDAN (fusil) (V. Bume). 

BERGE. Bord relevé, ou escarpe dune 
rivière ou d'un chemin. On l'organise défen- 
si veulent, en y taillant une banquette, quand 
la berge est tournée vers la défense, et en 
organisant une trancitée et une banquette au 
sommet (juand la pente est tournée vers 
l'attaque. 

BÉRET. Toque de laine, ronde et plate, 
qui constitue la coitTure de nos troupes al- 
pines. 

BERME. Bande de terrain naturel, de 
0™,60 à i mètre de largeur, ménagée entre 
le talus extérieur et la contrescarpe d'un 
ouvrage; elle sert à faciliter l'exécution des 



BERSAGLIER. 



93 



BIBLIOTHÈQUE. 



terrassements et à empèclier les éboulements 
du parapet dans le fossé. Dans les ouvrages 
de campagne, il est avantageux de la sup- 
primer après racliévement du travail, sinon 
elle faciliterait aux assaillants l'escalade du 
parapet. 

BERSAGLIER. Soldat d'infanterie ita- 
lienne, destiné à servir de soutien à lartil- 
lerie ou à r-tre employé dans le service 
d'avaut-postes. Lesbersagheri forment 12 ré- 
giments à 3 bataillons de 4 compagnies et 
un dépôt. Leur uniforme est celui de l'in- 
fanterie, r'est-à-dire le pantalon gris bleuté, 
la tunique bleu foncé, mais la coiffure est 
un cbapeau en cuir bouilli orné d'un pa- 
nai'he de plumes tum!)anti's. 

BERSAULT. But sur lequel on tirait 
Tarme et la flèche. A formé le mot bermglieri. 

BESACE. Sorte de sac ouvert par le mi- 
lieu et fermé par les deux bouts, en sorte 
qu'il forme deux poches. 

Les mots besace et bissar ont tous deux la 
même étymologie et la même signification ; 
toutefois, la besace est l'attribut distinctif 
du mendiant, tandis que le bissac est em- 
ployé par les cavaliers et les troupes mon- 
tées pour y mettre^ies vivres ou de l'avoine. 

BESAIGUE. Arme du moyen âge; espèce 
de hallebarde ayant d'un côté une hache 
assez large et, de l'autre, un morceau de fer 
très pointu. Actuellement, outil de char- 
pentier tranchant par les deux bouts. 

BESOIN. Sensation qu'éprouve l'homme 
par rapport à certaines choses qui lui sont 
nécessaires pour aciomplir certaines fonc- 
tions ou pour remplir sa destination. Tels 
sont : le manger, le boire, le rejios, le som- 
meil, etc. 

Les principaux besoins matériels de l'armée 
sont : la nourriture et la boisson des hommes 
et des chevaux, l'habillement, le logement, 
les soins à donner aux malades et aux 
blessés, etc. 

BÉTAIL (au pluriel BESTIAUX). Trou- 
peau de bieufs, de vaches, de clièvres, de 
brebis ou de porcs. On désigne sous le nom 
de gros bélail les animaux de l'espèce bo- 
vine et, de menu bétail, les brebis, les chèvres 
et les porcs. 

Tout le bétail destiné à l'alimentation de 
l'armée doit être soigneusement visité par 
les vétérinaires avant d'être abattu. 

BÊTE de somme. Animal qui porte di- 
rectement les fardeaux au moyen d'un 
bdt. Les chevaux, mulets, chameaux, élé- 
phants, etc., peuvent être employés comme 
bêtes de somme. 

BÉTON. Mélange de mortier hydrau- 
liciue et de petites pierres ou de pierres con- 



cassées. C'est une espèce de maçonnerie à 
petits matériaux qui se prépare au lieu 
même où l'on veut l'employer et qui se soli- 
difie en prenant la forme de l'enceinte où on 
l'a renfermée. La quantité de pierres qui 
entre dans sa composition varie suivant les 
résultats que l'on veut obtenir. 

Le béton sert de base à toutes les con- 
structions hydrauliques : il est employé dans 
la construction des fortifications pour former 
les massifs dans lesquels sont installées les 
tourelles ou coupoles cuirassées. Le béton 
employé pour la collerette des tourelles a la 
composition suivante, dans les différents 
pays : 



PAYS. 


SABLE. 


CIMENT. 


l'IERRES 

cassée? 
ou çalet?. 


Pour 
an mètre 

cube 
de béton. 


France. . . . 
Belïique. .. 
AUemaïiie. 


O-s.SOO 
0"5,375 

U'"3,300 


0°>=,330 

0°'5,2.=)0 

o°3.-'()0 


l^s.OOO 
1-»3,000 
l^s.oûO 



Le béton s'emploie encore pour la con- 
struction des casemates qui doivent résister 
aux nouveaux projectiles, pour établir des 
plate-formes dans certains cas particuliers, 
et pour constituer les murs de fond aux 
locaux, voûtes, etc. 

BEY. Titre de dignité usité chez les 
Turcs, chez les Arabes et chez ([uelques peu- 
ples orientaux. 11 signifie chef, seigneur, et 
s'applique soit à des souverains, comme le 
bcy de Tunis, soit à des chefs civils ou mi- 
litaires : il est même conféré, quelquefois, à 
des étrangers de distinction. 

BIBATJLX, BIBAUS, BIBADX ou PE- 

TAUX. Aventuriers du moyen âge et arba- 
létriers armés d'une longue pique, qui furent 
un objet de terreur pour les campagnes. 
Fantassins qui servirent dans les armées de 
Philippe-Auguste. 

BIBLE. Espèce de catapulte peu différente 
de la bu(!le. Le mot bihclot en est dérivé. 

BIBLIOTHÉCAIRE. Celui qui est pré- 
posé à la garde et aux soins d'une biblio- 
thèque. 

Dans les corps de troupe et dans les cer- 
cles militaires, on désigne pour cette fonc- 
tion un sous-officier présentant les capacités 
et les garanties nécessaires, 

BIBLIOTHÈQUE. Lieu où l'on tient un 
graïul noiribre de livres rangés en ordre. Se 
dit égakMuent des livres qui sont contenus 
dans la bibliothèque. 

11 existe dans l'armée deux espèces de bi- 
bliothèques : les bibliothèques de garnison et 
les bibliotliètiues régiiuentaires. 

Les bil)li()!hè'iues île garnisioii ont pour but 



BICHE. 



94 



BIÈRE. 



lie Illettré à la disposition des offlciers Une 
salle de réunion et de lectul-e-et de faire des 
prêts de livres aux officiers de la garnison. 

Ces bililiotiièques fonctionnent par les soins 
de commissions spéciales, sous la surveillance 
du commandement. Le rôle des commissions 
est d'assurer le fonctionnement matériel ré- 
gulier, l'ordre et l'administratiou des biblio- 
thè([ues, mais surtout de se tenir au cou^ 
rant des désirs et des besoins des officiers, 
de rombler les lacunes et d'éviter les doubles 
emplois des livres. 

Les locaux sont fournis, soit par l'iïtal. 
soit par les municipalités. 

Les bibliothèques réyinienlaircs sont lais- 
sées à l'entière initiative des chefs de corps 
et des officiers ; toutefois, le Ministre leur 
vient en aide par des envois de livres, des 
allocations de chauffage et d'éclairage, de 
même qu'aux bibliothèques de garnison. 

BICHE. Femelle du cerf. Pied-de-biche, 
outil dont l'extrémité ressemble au pied de 
la biche ; il est em|)loyé dans les travaux de 
mines et de ponts militaires. 

BICKFORD (V. Amorce). 

BICOQUE. Petite place ou poste peu im- 
portant, mal fortifié ou à peu jirès sans 
défense. 

BICORNE. Chapeau à deux cornes porté 
comme coifFure de ville et de grande tenue 
de service par les généraux ou assimilés. 
Cette coiffure est plus connue sous le nom 
de chapeau à claque. 

BICYCLE ou BICYCLETTE. Ap[.areil 
léger :i deux roues monté par un homme 
qui, par le mouvement des pieds aj)pliqué à 
un système de pcdaleit, arrive à parcourir 
très rapidement d'assez grands trajets. 

(hi a cherché à employer ce moyen de 
locomotion pour le transpoit des ordres dans 
l'armée (V. Vèlocipédie). 

BlDAUX. Corps d'infanterie du moyen 
Mge armé de deux dards â maiti (d'où le 
nom). 

Plusieurs écrivains emploient ce mot 
lomme terme de mépris, signifiant des mi- 
lices à jiied de peu de valeur. 

BIDET. Petit cheval que n)ontent les 
courriers et qui n'est [tas destiné à être at- 
telé. 

BIDON. Ustensile en fer-blanc qui sert à 
contenir la boisson des soldats eu campagne 
et pendant les marches ou les manœuvres. Il 
est formé de deux coquilles soudées ensemble 
et recouvert d'une envelojqte en drap pour 
amortir les chocs et pour atténuer l'action 
des rayons du soleil. Pour maintenir frais 
le liquide contenu dans le bidon, il suffit de 
mouiller l'enveloppe. Le bidon est porté en 
bandoulière aU moven d'une courroie. La 



contenance est de 1 litre eu France et de 
2 litres en Algérie, en Tunisie et dans les 
colonies. 

Le bidon de la cavalerie est d'une forme 
particulière, avec quart adhérent, c'est- 
;i-dire que le quart vient emboîter le fond 
de l'ustensile afin d'éviter le cliquetis que 
produiraient ces deu^ objets en s'entrecho- 
quant. 

Le bidon 'et sa courroie font partie des 
effets de la 1""'' portion: ils sont achetés au 
compte de la masse d'habillement et d'en- 
tretien. 

BIEF. Canal qui conduit les eaui pour 
les amener à un moteur hydraulique. 

BIEN. Ce qui est bon, utile, avantageux, 
convenable, juste et honnête. Note donnée 
en ce qui concerne l'instruction tliéorique et 
pratique des militaires, les travaux des offi- 
ciers, etc. 

BIENS. En législation, ou désigne sous 
le nom de biens toutes les choses qui peuvent 
servir à la satisfaction des besoins de l'homme 
et qui sont en même temps susceptibles d'ap- 
propriation. 

Ces biens sont meubles lorKqu'ils iieuvent 
se transporter d'un lieu dans un autre ; ils 
sont immeubles, lorsqu'ils sont fixes et adhé- 
rents au sol. 

Considéiés dans leurs rapports avec ceux 
(jui les possèdent, les biens se divisent en : 
biens de l'État ou biens nationaux, biens 
communaux, biens des établissements publics 
ou des communautés, biens des particuliers. 
Ces derniers se distinguent en : biens pater- 
nels, appartenant au père ; biens dotaux, 
constituant une dot ; biens paraphcrnaux , 
qui ne constituent pas la dot de la femme. 

Les biens des militaires sont soumis à la 
loi commune et passibles des droits des 
créanciers. 

BIENVENUE. Droit ve\atoire exigé des 
jeunes soldats, lors de leur arrivée au corps, 
par les soldats de la chambiée où ils étaient 
loges. Les règlements militaires défendent de 
tolérer ce genre d'impôt exercé sur la fai- 
blesse et l'inexpérience par la force et la bru- 
talité. 

BIËRE. Boisson feiineutée qui a pour 
base Torge germée, soumise à la fermenta- 
tion, et le houblon. Elle constitue la boisson 
principale dans certains pays, tels qne l'An- 
gleterre et rAlleniagiië. En campagne, la 
bière peut être admise en remplacement de 
vin ou d'eau-dé-vie ; le tarif de substitution 
est de 0,.50 centilitres de bière pour 0,25 cen- 
tilitres de vin. 

On désigne encore sous le nom de bière 
un cercueil en planches où l'on met un 
corps mort- pour le porter et le déposer en 



BISE. 



'Jo 



BISCUITÉ. 



tciTi'. Eli temps de jiaix, les lioinmes de 
tronpes déicdês au service, et dout les corps 
ne sont pas réclamés par leurs familles, sont 
inhumés dans une bière en sapin et les oflB- 
ciers dans une bière en chêne. Ces bières 
sont fournies par les hùpitauv, qui sont, 
d'ailleuis. chargés de l'enterrement. 

BI6E . Char à deux roues des Romains. 
Expression de tournoi signifiant la moitié du 
quadrige. 

BIGORNE. Enclume dont les deux extré- 
mités sont pointues. Fait partie de la forge 
de campagne. 

BIGOE. Sorte de chèvre composée de 
deux pièces de bois en forme de A, qui ont 
à leur extrémité supérieure une poulie et 
des cordages pour soulever des fardeaux. 

BILLEBAUDE. Nom donné, au début, 
au feu de deux rangs et au feu à volonté. 11 
signifie aussi désordre, confusion. 

BILLET. Petite lettre écrite sans le céré- 
monial usité dans les lettres proprement 
dites. On donne encore le nom de billet à un 

— à ordre. Billet sous seing privé par 
lequel un individu promet à une autre per- 
sonne de payer une somme à elle ou à son 
ordre, c'est-à-dire^ à quiconque, au moyen 
d'un endossement en bonne forme, se trou- 
vera cessionnaire de ses droits. 

— d'appel (V. Appel). 

— d'arrêts ÏV. Arrêh). 

— de banque. Lettre de change payable 
à vue et au [lorteur. émise par l'État. Cet 
avantage d'être payable au porteur fait du 
billet de baiique un véritable papier-mon- 
iiaie. 

— d'hôpital. Billet (fui sert à un mili- 
taire malade pour être admis à l'hôpital. 
Il y en a de deux sortes : l'un, pour les mi- 
litaires de tous grades a[)parteiiant à un 
"orps de troupe et présents au corps, dont 
le certificat de visite est rempli ]iar le mé- 
decin chef de service : l'autre, pour les offi- 
ciers sans troupe, les employés militaires et 
les isolés, dont le certificat de visite est établi 
|iar le médecin désigné jiar le commandant 
d'armes. 

Les billets sont, autant que possible, éta- 
blis la veille de rentréi'. Ouand le malade 
doit entrer le jour même à l'hôpital, il l'st 
reçu avec le certificat de visite, sur lequel 
l'admission d'urgence est mentionnée. La 
deuxiéiue partie du billet doit être envoyée 
par h' corps le lendemain. 

— de logement. Écrit délivré par le 
raaiie d'une commune, qui enjoint à un 
citoyen de loger un ou plusieurs militaires. 

— de salle. Billet établi par l'officier 
d'administration préposé aux entrées à l'hô- 
pital. Le rrrio est semblable au hilli'l d'i'ii- 



tiée ; le rtrsu reçoit l'inscription de tous les 
effets dont le malade est porteur. Ce billet 
est ensuite placé dans un cadre à la tête du 
lit du malade. 

— de sortie. N'est autre que le billet 
di- salli' sur lequel on inscrit la sortie. Ce 
billi't est remis à l'homme à sa sortie ou 
au fourrier qui l'accompagne. 

BILLOT. Tenue de manège, .signifiant un 
morceau de bois qu'on attache à la longe du 
ciieval. Morceau de bois qui doit être disposé 
à la porte des cuisines militaires pour per- 
mettre de fendre le bois. Petite pièce de bois 
cylindrique employée pour le guindage des 
ponts militaires. 

BISCAÏEN. Balle de fonte ou de fer de 
la grosseur d'un petit fjeuf que l'on mettait 
dans le mousquet biscaïen, ainsi que dans 
les boîtes à mitrailles. Il n'est plus usité au- 
jourd'iiui. 

BISEAU. In certaiu nombre d'armes 
blanches et doutils eu usage dans l'armée 
sont taillés en biseau, c'est-à-dire que leur 
tniiuhant est terminé en face inclinée. 

BISET. Espèce de pigeon voyageur. 

BISCUIT. Pain très dur, en forme de 
galette carrée ou ronde, fait avec de la farine 
et de leau. Son nom lui vient de la durée 
de sa cuisson, qui est de deux heures en- 
viron, c'est-à-dire deux fois plus longue que 
celle du pain. Après le pétrissage, la pâte 
est soumise à un foulage, sous des rouleaux 
en foute, puis déeoupée eu galettes percées de 
trous, pour faciliter la cuisson et la dessio 
cation. Ajtrès la cuisson, on laisse le biscuit 
ressuer pendant n k 1 jouis dans des pièces 
chauffées, ou ])endant 13 à 16 jours dans des 
pièces non chauffées. Le bon biscuit est lisse, 
sonore, d'une belle nuance fauve pâle, d'une 
siccité parfaite. La mie est blanche, fine, 
serrée, la croûte peu épaisse ; la cassure 
nette, plus ou moins vitreuse. Le biscuit ne 
s'endette pas: il gonfie dans l'eau; son odeur 
et sa saveur sont as.'réables. 

Les galettes ont environ U'",13 de côté et 
0'",016 à (("',019 d'épaisseur; elles pèsent 
en moyenne 200 grammes. Le taux de la 
ration est de SnO giannnes. La limite théo- 
lique de conservation est de 14 mois; mais 
il jicnl être conservé jusqu'à 2 ans lorsqu'il 
est enuuagasiné dans de bonnes conditions. 

Les approvisionni'nients des armées en 
campat'ue comprennent S jours de biscuit de 
léseive, .savoir : 2 jours dans le sac des 
hommes. 2 jours dans les convois régimen- 
taires et 4 jours dans les convois adminis- 
tratifs. 

BISCUITÈ(Pnm).Cepainn'estautrechose 
([ue le pain ordinaire de la Irouiie, mais dont 



BISSAC. 



96 



BLE. 



la cuisson a ôli' pruloiigéo plus luiiglemps, 
soit 1 heure 10 minutes, au lieu de 50 mi- 
nutes. 11 pèse, après 24 heures de lessuage, 
l'S400 au lieu de l'^,oÛO; par conséquent, 
la ration de pain biscuité est de 700 grammes. 
Ce pain se conserve de 15 à 25 jours, selon 
la fabrication, l'essence de farine, la tempé- 
rature et le mode d'arrimage. 

BISSAC (V. Besace). 

BIVOUAC. Lieu où les troupes s'établis- 
sent, pour un séjour généralement très court, 
sous des abris improvisés ou en plein air. 
Autant que possible, les bivouacs sont établis 
sur des terrains secs, abrités, et à portée des 
ressources en bois, en eau et en fourrages. 

Arrivé au lieu désigné pour l'établisse- 
ment des troupes au bivouac, le commandant 
du campement reconnaît rapidement le ter- 
rain et indique à chaque chef de campement 
l'emplacement que doit occuper le corps qu'il 
représente, les endroits où les hommes doi- 
vent prendre l'eau, laver leur linge, abreuver 
leurs chevaux et, au besoin, faire leurs pro- 
visions de bois. 

Le chef de chaque campement de corps 
explore rapidement l'emplacement qui lui est 
attribué ; il fait faire les travaux qui lui 
paraissent nécessaires pour rendre les abreu- 
voirs praticables ; il fait placer des faction- 
naires aux puits et aux fontaines ; il fait 
jalonner les lignes sur lesquelles doivent être 
placées les têtes de colonnes ou les ailes de 
bataillons, escadrons ou batteries, puis il 
envoie les adjudants-majors sur les points 
les plus favorables pour attendre les troupes 
et se porter à la rencontre du commandant 
de la colonne. Les troupes, guidées par les 
chefs de leur campement, se dirigent vers les 
emplacements qui leur sont désignés et éta- 
blissent leurs bivouacs. 

La disposition des bivouacs étant subor- 
donnée a la forme du terrain, à la dimension 
des espaces liitres, et surtout aux exigences 
tactiques du moment, il est nécessaire que 
les troupes puissent bivouaquer, soit en co- 
lonne, soit en ligne. Un régiment d'infanterie 
peut se former, pour le bivouac: en colonne, 
en ligne de bataillons, en colonne double ou 
en ligne déployée; un régiment de cava- 
lerie : en colonne d'escadrons ou en bataille; 
un groupe de batteries : par batterie, en co- 
lonne ou en bataille. 

Le Règlement du 26 octobre 1883 sur le 
service des armées en campagne indique 
quels sont les dispositifs à prendre dans ces 
différents cas, de même que pour les bivouacs 
des parcs (articles 46 à 51). 

BIVOUAQUER. Action de stationner 
dans un liivouac. En principe, les troupes 
jie doivent bivouaquer que lorsqu'on est 



dans l'obligation de les concentrer sur des 
positions où il est impossible de les canton- 
ner; ou, lorsque larmée étant à proximité 
de l'ennemi, elles doivent occuper des posi- 
tions défensives, ou s'établir, pour un temps 
généralement très court, en des lieux favo- 
rables pour l'attaque des lignes ennemies. 
Les officiels doivent bivouaquer avec leurs 
troupes ; nul ne peut s'établir dans les mai- 
sons qui sont à côté du bivouac, lors même 
quelles sont vides, à moins d'une autorisa- 
tion expresse du commandant du bivouac ■■ 

BLANC. Couleur blanche, semblable à 
celle de la neige. Intervalle plus grand que 
les espaces on interlignes ordinaires, dans un 
document. 11 est formellement défendu de 
laisser des blancs dans les actes authentiques. 
On dit aussi tirer à blanc, tirer à poudre, 
sans projectile dans l'arme. 

BLANCHIMENT. Action de blanchir. Se 
dit prini'ipalement des tissus, des laines. 

BLANCHIR. Rendre blanc. Couvrir 
dune couleur blanche. 

BLANCHISSAGE. Action de blanchir le 
linge, de couvrir 1rs nuirs d'une couleur 
blanche, à la chaux. Le blanchissage du 
linge de corps des hommes de troupe et des 
effets de cuisine est effectué chaque semaine, 
au <-ompte de l'ordinaire, suivant le mode 
fixé par le chef de corps, c'est-à-dire, soit 
dans des buanderies militaires, soit par des 
entrepreneurs particulieis, soit par l'entie- 
preneui' du service des lits militaires. 

Le blanchissage des murs des casernes est 
exécuté à deux couches, tous les ans, par les 
troupes, sous la direction des agents du gé- 
nie. Les soldats employés au blanchissage 
sont payés à raison d'un quart de centime 
par mètre carré et par couche. Cette dépense 
et celle de la chaux, des ustensiles et des 
vêtements de toile pour les travailleurs sont 
à la charge du service du génie. Les salles 
de police, les prisons et les cellules sont 
échauiiées et blanchies à la chaux, au moins 
une fois par an ; les latrines le sont au 
moins une fois tous les six mois. Les man- 
geoires, les râteliers, les murs et les pavés 
des écuries sont passés à l'eau de chaux, ]iar 
les soins des corps, tous les six mois, et, en 
outre, })ar les soins du service du génie, à 
chaijue changement de garnison. 

BLASON. Connaissance de ce qui a rap- 
port aux armoiries, description des diffé- 
rentes parties. Ensemble de tout ce qui com- 
pose lécu armoriai. 

BLASONNER. Expliquer le sens des 
armes ou signes du Idason. 

BLË. Grain ou froment dont on fait la 
farine et le pain de la troupe. H y a plu- 
sieurs espèces de lilé : le /*/■ dur. ({ui est 



exotique, lo hlé tendre et le blc miladin, qui 
sont indigènes ou exotiques. 

Le blé dur est d'un jaune fauve plus ou 
moias foncé ; sa cassure est nette et vitreuse, 
de la même couleur que l'écorce ; le grain 
est clair, presque translucide, de forme al- 
longée ; sa pellicule est mince et line. La 
moyenne du poids à l'hectolitre est de 77 à 
78 kilogrammes ; la proportion de gluten 
humide varie de 32 à 40 p. 100, suivant la 
qualité et la récolte. La France ne produit 
pas de blé dur, mais on en récolte en Algérie. 

Le blé tendre est plus arrondi, plus bomljé 
que le blé dur ; on le distingue en blé rouge, 
blanc ou bigarré. Il est opaque, flexible sous 
la dent; sa cassure est blanche et farineuse. 
Le poids à l'Iiectolitre est de 74 à 76 kilo- 
grammes; la proportion du gluten humide 
est de 25 à 33 p. 100, suivant la qualité du 
blé et de la récolte. 

Le ble mitadin participe tantôt du blé 
dur, tantôt du blé tendre. Le poids à l'hec- 
tolitre est de 76 kilogrammes, la proportion 
de gluten humide qu'il contient varie de 28 
à 36 p. 100, suivant la qualité du blé et la 
récolte. 

BLESSÉ. Individu qui a reçu une bles- 
sure. En temps de paix, les militaires bles- 
sés sont traités dans les hôpitaux ; en cam- 
pagne, ils sont traités comme il a été 
indiqué au mot ambulance. 

BLESSURE. Lésion locale, avec ou sans 
solution de continuité, produite par une 
cause extérieure. Ainsi les contusions, les 
commotions, toutes les plaies, quelle que soit 
leur cause, les luxations, les fractures, les 
brûlures sont comprises sous la dénomina- 
tion générale de blessures. 

Toutes les blessures contractées dans le 
service militaire doivent être constatées par 
un certificat d'origine établi immédiatement 
après l'accident ; ce certiScat est signé par 
le capitaine, ou par le chef de corps, par le 
médecin traitant et par trois témoins ; il est 
visé par le sous-intendant militaire. Après 
la guérison, si la blessure entraîne l'incapa- 
cité de servir, le blessé est réformé. S'il est 
officier ou assimilé, il reçoit alors une pen- 
sion ; s'il est homme de troupe, il reçoit 
également une pension, s'il est incapable de 
travailler, ou une gratihcation de réfonne, 
si sa capacité de travail est simplement di- 
minuée. 

BLIÂUD. Espèce de manteau en usage 
au temps de la milice communale ou de l'in- 
fanterie des communes. On l'a depuis nommé 
blaude et blouse. 

BLINDAGE. Espèce de cuirassement con- 
sistant en plaques de fer ou d'acier destinées 
à assurer aux batteries de côtes et aux na- 



[97 BLOCKHAUS. 

vires de guerre une protection suffisante 
contre les effets de plus en plus redoutables 
de l'artillerie. Il existe cinq types principaux 
de blindage : 

1° Les plaques en fer, qui résistent bien 
aux effets de rupture, mais non à ceux de 
pénétration ; 

2° Les plaques en fonte durcie, plus fa- 
ciles à fabriquer sous les formes voulues, 
mais elles se fendent à la suite des chocs et 
ne sont plus suffisantes pour résister aux 
projectiles actuels ; 

Z" Les plaques en acier, qui se laissent 
perforer par les projectiles, mais ne se fen- 
dent pas et peuvent continuer à résister; 

4° Les plaques Compound, ou mixtes, 
formées d'acier dur (1/3) d'un côté et de fer 
ou d'acier doux de l'autre (2/3), mais la 
réunion des deux parties est rarement par- 
faite ; 

5" Des plaques en nickel-acier, établies 
comme celles en acier par l'usine Schneider, 
du Creusot, et qui, dans des expériences 
récentes aux Etats-Unis, ont fait preuve 
d'une supériorité réelle sur toutes les autres 
variétés, à l'exception de celles en acier doux 
du Creusot. Le nickel-acier n'est pas autre 
chose qu'un acier dans lequel entre une 
faible proportion de nickel. 

Disposition de matériaux pour garantir 
des projectiles de l'artillerie certains locaux, 
une batterie, en cas de siège, etc. (3n admet- 
tait, jusqu'à ces derniers temps, qu'un blin- 
dage était suffisant contre l'artillerie de 
siège quand il consistait en une double 
rangée de rails recouverte d'une couche de 
terre de 4 mètres : contre l'artillerie de cam- 
pagne, la moitié aurait suffi. Les projectiles 
employés actuellement ne permettent plus 
de croire à l'efficacité de ces moyens. 

BLINDES. Châssis en bois dont on se 
sert pour maintenir ou supporter les planches 
ou fascines dans les sapes ou descentes de 
fossés blindées. Chaque cadre ou châssis a 
intérieurement 0™,8o de largeur sur 1",70 
de hauteur, et les montants ou traverses ont 
O^jlo d'équarrissage. On emploie les blindes 
dans la partie ascendante d'une descente de 
fossé, qui s'exécute à ciel ouvert. Ces tra- 
vaux sont du ressort des troupes du génie. 

Pièces de bois destinées à faire un blindage. 

BLINDE (abri). Abri dont les parois et 
le ciel sont organisés de manière à résister 
aux projectiles les plus dangereux qui doi- 
vent l'atteindre. 

BLINDER. Mettre un ouvnage de forti- 
fiiatioii ou un navire à l'épreuve des pro- 
jectiles qui lui sont destinés. 

BLOC de culasse {\' . Fermeture à bloc). 

BLOCKHAUS. Abris blindés défensifs 



BLOCK-SYSTEME. 



98 



BOIS. 



avec ou sans fossés, généralement construits 
en bois et recouverts d'un ciel en charpente 
ou en rails, portant un remblai de terre 
d'au moins i mètre. Ils sont percés de nom- 
breux créneaux. La forme et la dimension 
des blockhaus varient suivant le but à rem- 
plir et la position à occuper, mais toujours 
les branches doivent être à angle droit pour 
faciliter les assemblages et assurer le flan- 
quement, la hauteur doit être de 2™, 50 à 
3 mètres et les parois, pour résister à l'ar- 
tillerie, doivent être formées de deux rangs 
de corps d'arbres séparés par au moins 1"\50 
de terre. De nombreux créneaux doivent y 
être percés. 11 suflit d'un seul cours de corps 
d'arbres de 0™,30 à 0™,40 pour résister aux 
balles. 

En pays de montagnes, c'est un excellent 
genre de retranchement, car on y trouve 
facilement les matériaux de construction né- 
cessaires et l'on n'a pas à craindre beaucoup 
l'artillerie. 

On a fait également un grand usage de 
blockhaus à étage pendant nos guerres 
d'Afrique, le rez-de-chaussée servant de 
magasins et l'étage supérieur de réduit dé- 
fensif. Ces blockhaus ne pouvaient pas ré- 
sister à l'artillerie. 

BLOCK-SYSTÊME. Méthode consistant 
à diviser une ligne ferrée en sections, ou can- 
tons (blocks) de longueur convenable et à 
ne jamais permettre que deux trains se 
trouvent sinmltanément dans une de ces 
sections. Aucune collision de trains n'est 
possible si les signaux du Block sont rigou- 
i'eusement faits et strictement observés. 

BLOCUS. A pour objet de priver une 
lilace ou un fort de toute communication 
avec l'extérieur, de telle sorte que la gar- 
nison soit obligée de se rendre après avoir 
épuisé ses vivres et ses munitions, qu'elle ne 
peut renouveler. 

S'emploie pour les places que l'on veut 
simplement maintenir en respect ou que l'on 
ne pourrait prendre par un procédé plus ra- 
pide, ou bien lorsque la place, mal api)ro- 
visionnée, seia amenée à capituler sans 
effusion de sang. Ce mode d'attaque peut, 
d'ailleurs, être accéléré en le combinant avec 
le bombardement, Vattaque de vive force ou 
la surprise. 

L'opération débute par un investissement 
et l'on orgMuise des lignes de blocus de la 
même manière, mais plus rai)pi'ochées de la 
place. Il faut organiser très solidement les 
positions occupées par le gros des troupes de 
l'o ligne où, en cas d'attaque de la garnison, 
s'engage généralement l'action décisive avec 
le secouis des réserves. II est bon souvent 
d'établir aussi quelques positions'de 2"= ligne, 



pour y soutenir éventuellement le combat, 
ou comme points d'ajjpui ou de retraite. 

De bonnes communications doivent relier 
les différentes fractions des troupes de 
blocus. 

BLOQUER. Action de mettre le blocus 
devant nue forteresse. 

BLOUSE. Surtout de grosse toile que 
poitent les cuisiniers dans l'exercice de leurs 
fonctions. 

BLUTAGE. Action de passer la farine au 
blutoir, c'est à-dire sur un appareil composé 
de tamis de différentes grosseurs, disposés 
par ordre de gradation, les premiers étant 
les ])lus fins. On sépare ainsi les produits 
qui composent la faiine, ce qui permet d'en 
extraire la semoule, le son, les farines pre- 
mières, les gruaus, etc. 

BOCAL. Récipient en verre ou en grès 
dont le col est ouvert et l'ouverture large ; 
est employé principalement dans les infir- 
nict'ies et dans les hôpitaux militaires. 

BŒUF. Taureau mis hors d'état de se 
reproduire. La chair de bœuf doit entrer 
pour la moitié au moins de la quantité de 
viande destinée à ralimciitation des troupes, 

BOIS. On distingue deux modes do cul- 
ture des bois : les taillis et les futaies. Les 
taillis sont, le plus souvent, impénétrables 
et se prêtent mal aux combats de tirailleui's 
tandis que les futaies offrent des avantages 
défensifs considérables. Les liois présentent 
un bon couvert contre les balles et les éclats 
de projectiles; ils masquent surtout parfai- 
tement les dispositions et les mouvements de 
la défense ; enfin, ils peuvent être défendus 
avec des effectifs relativement faibles. En 
revanche, ils rendent le commandement dif- 
ficile et présentent une certaine désorgani- 
sation des unités tactiques. Néarunoins, les 
avantages l'emportent sur les inconvénients 
et l'on ne manqueia pas d'organiser les bois 
défensivement, quand on en aura le temps 
et les moyens. Pour cela, on occupe la lisière 
comme l'" ligne et on y organise des abatis, 
d'abord aux parties saillantes, puis l'on con- 
struit en arrière des abatis qui ont de 15 à 
20 mètres de profondeur, des tranchées pour 
mieux abriter les défenseurs. Les paities ren- 
trantes sont organisées pour flanquer les sail- 
lants ; à défaut de rentrants, on flanque au 
moyen d'ouvrages à faible profil protégés 
par des abatis. On renforce le plus possible 
ces obstacles. On dispose une 2» ligne ;iu 
moyen de i-oupures ou clairières qui peuvent 
exister à l'intérieur du bois. On barre toutes 
les routes qui pénètrent dans le bois, mais 
de façon ({ue la défense puisse les uti- 
liseï' pour l'offensive et les contre-attaques. 
On améliore toutes les communications cou- 



B0IS90N. 



BOMBARDE. 



dliisaiil ili' riiitéi'ioui ;i la lisière et on en 
crée au besoin de nouvelles. On prépare des 
eiiemins de retraite. L"artillerie est placée 
sur les flancs et quelquefois on dispose aussi 
quelques pièces en avant de la lisière pour 
battre les routes ou autres parties trop 
accessibles. Entiii, pour euipècber l'ennemi 
de déboucber du bois, on choisit et on orga- 
nise, eu dehors de la portée de la niousque- 
terie et en arrière du bois, des positions 
d'artillerie pouvant enliler les principaux 
débouchés du bois. On construit des tranchées 
et on ort-Muise des comertu naturels, pour 
l'infanterie, à bonne portée de la lisière. 

— de fusil. Partie de la monture du 
fusil (}Ui sert à recevoir le canon et la holle 
de culasse. Ce bois est quelquefois en deux 
parties : le fût et la crosse. 

— ' de mine. Se dit des montants, se- 
melles et chapeaux en usage dans les galeries 
de mine. 

BOISSON. Tout liquide qui sert à désal- 
térer. Leau constitue la boisson habituelle 
du soldat. Toutes les fois que les fonds de 
l'ordinaire le permettent, le capitaine doit 
faire des distributions de vin (Service inté- 
rieur, article 338). ^Pendant la saison des 
chaleurs, l'eau que les hommes boivent doit 
être assainie au moyen d'eau-de-vie, ou 
remplacée par une boisson rafraîchissante et 
tonique. L'eau-de-vie peut aussi être distri- 
buée dans certaines circonstances. 

En campagne, on admet éj^alement comme 
boisson le cidre et la bière, à défaut de vin. 
Le taux de la ration est de 1/4 de litre de 
vin, ou 1/2 litre de cidre ou de bière, 



in, ou 1/ 
u 1/16 d( 



ou 1/16 de litre d'eau-de-vie; la ration 
hygiénique d'eau-de-vie n'est que de 1/32 
de litre. 

BOITE. Ustensile à couvercle, en bois, en 
carton ou en métal. Chaque compagnie, esca- 
dron ou batterie, possède : 1° des boites à 
livrets; 2° des bottes à marques; 3° des 
boites à plaques d'identité. 

— à boulets, à balles ou caffùts. Pro- 
jectile pour mortier lisse se composant à 
l'avant d'un sabot en bois dur, de forme 
tronconique ; à l'arrière, d'un culot en fer, 
reliés par une enveloppe cylindrique en fer. 
La boîte est remplie de balles eu fonte de 
400 à 600 grammes et de boulets de 4, 6, 
8 et 12, ({ui y sont disposés par couches, et 
dont le nombre et l'espèce varient avec le 
calibie du mortier. Les caffûts sont des dé- 
bris (le projectile ou de feriaille. Ces projec- 
tiles ne seront plus guère employés â l'avenii . 

— à graisse. Petite boîte en fer-blanc, 
(le forme ovale, renfermant de la graisse et 
une petite brosse ]K)ur graisser les armes, se 
dit aussi d'une boîte en fer-blanc renfermant 



de la graisse pour graisser les essieux des 
voitures. 

— à mitraille. Boîte cylindrique en fer- 
blanc ou en zinc, terminée à un bout par 
un couvercle et à l'autre par un culot en zinc 
fondu, lenfermant des balles qui, au mo- 
ment de l'explosion, brisent l'enveloppe dans 
l'intérieur de l'âme et se dispersent en 
formant un cône de dispersion, dont le som- 
met est à la bouche de la pièce. Le nombre 
des balles est déterminé par la nature des 
bouches à feu. Les balles sont en fer, en 
fonte ou en plomb durci jiar un alliage d'an- 
timoine : elles ont nu diamètre de 16""°, 7 
et du soufre fondu remplit les interstices. La 
boîte à mitraille n'est plus qu'un projectile 
défensif qui s'emploie à faible distance et 
contre des troupes à découvert. 

— aux lettres, il est placé, dans cha- 
que quartier, piès du corps de garde de po- 
lice, une boîte aux lettres dont le vague- 
mestre a la clef. Les heures des levées sont 
indiquées par une affiche. 

— chargeur. Boile légère, contenant de 
4 à 12 cartouches, employée j)Our augmen- 
ter la vitesse de chargement des armes, à 
répétition ou même à simple charge. 

— d'amorce. Récipient en zinc, de 
forme cubique, de 0™,18 de côté, contenant 
4 kilogrammes de }ioudre. Sur une de ses 
faces, sont percées deux tubulures destinées 
à l'introduction de la poudre et des conduc- 
teurs. C'est à cette boîte que l'on adapte 
l'amorce destinée à produire l'explosion des 
fourneaux de mine. U suffit ensuite de la 
placer en contact avec la charge. 

— de culasse. Partie qui prolonge le 
canon du fusil ; sert à introduire la cartou- 
che et peut s'ouvrir ou se fermer au moyen 
de la culasse mobile. 

BOITERIE. Infirmité d'un cheval qui 
boîte. C'est ainsi que l'on dit : ce cheval est 
atteint d'une boiterie à tel menJjre. 

BOLADE. .4rme qui avait la forme d'une 
massue. 

BOLÂS. F'ronde composée de trois cordes 
réunies à un bout et ayant à l'autre extré- 
mité trois petites pierres ou boules bien atta- 
chées. En usage chez les peuplades de l'Amé- 
rique méridionale. 

BOMBARDE. Pièce d'artillerie primiti\e 
qui a succédé à la baliste, et qui, à l'ori- 
gine, était destinée surtout au tir des liom- 
bes de gros calibres. Elle était formée alors 
de douves en fer forgé, cerclées comme un 
tonneau; elle n'avait ni anses, ni tourillons, 
(^e genre de pièces fut ensuite fabriqué en fer 
forgé, puis coulé en fonte. L'invention des 
boulets en fonte amena le remplacement des 
bombaides [lar les canons. 



BOMBARDELLE. 



100 



BONNET. 



— à main. Fusil primitif , qui consistait 
m un tube assez long et lourd se chargeant 
par la bouche, et n'était généralement tiré 
que par fleu\ hommes, l'un tenant le tube 
et l'nutn' mettant le feu. 

BOMBARDELLE. Petite bomljarde, qui 
était employée en même temps que la 
grande. 

BOMBARDEMENT. Feu violent d'artil- 
lerie ayant en général pour Imt de détruire 
les j)rincipaux moyens de résistance d'une 
place, de démoraliser la garnison et de jeter 
la terreur dans la ])opulation civile, qui se- 
rait ainsi amenée à exercer une pression sur 
le gouverneur pour le forcer à capituler pré- 
maturément. Un homhardement peut aussi 
servir uniquement à anéantir les ressources 
d'une place. 

Le corps de bombardement doit être assez 
fort pour repousser les sorties de la garnison 
et pour investir la place ou tout au moins 
en surveiller les issues. Ce corps est pourvu 
d'une iirtillerie nombreuse et spéciale, car le 
rôle princi|ial apiiartient en pareil cas à cette 
ar-me, qui construit des batteries de bombar- 
dement. Pendant la construction de ces bat- 
teries, le gétiie établit les communications 
nécessaires, soit pour y accéder, soit pour 
les relier entre elles. Il procède également à 
une organisation défensive permettant de 
repousser les sorties de l'assiégé sur un ter- 
rain préparé. 

Le bombardement peut êtie employé, soit 
isolément, soit concurremment, avec d'autres 
procédés d'attaque ; s'il sert à préparer une 
attaque de vive force, on le dirige principale- 
ment sur les ouvrages à assaillir. Comme 
complément d'un blocus, on tire surtout sur 
les magasins et les maisons; comme auxi- 
liaire d'un siège en règle, on fait tirer a la 
fois contre les fortifications et sur l'intérieur 
de la ville, si c'est possible. 

BOMBARDER. Ouvrir contre une place 
un feu violent d'artillerie : l'écraser de bom- 
bes, lui faire subir un bombardement. 

BOMBARDIERS. Corps créé par 
Louis XIV jioui- le seivice des mortiers et 
des obusiers, et dont le roi était colonel ; il 
fut réuni en 1720 à l'artillerie. 

BOMBE. Projectile creux, de forme sphé- 
rique, et percé d'un œil pour introduire la 
])Oudre et loger la fusée. On est obligé quel- 
quefois de le munir de deux anses iorsrpi'il 
est très grand et très lourd. Le nombre des 
éclats va en diminuant avec le volume du 
j)rojectile, tandis que les effets de pénétra- 
tion, sans être proportionnels à la giosseur 
du calibre, vont en croissant avec celui-ci. 
La ])énélration dépend de la vitesse de chute 



de la bombe ; elle va donc en augmentant 
avec les angles et la distance du tir. 

Les bombes, qui sont les projectiles des 
mortiers, servent au tir vertical, c'est-à-dire 
à enfoncer les voûtes et les abris horizon- 
taux. 

BON. Reçu par écrit, établi d'avance, 
que le corps de troupe et les parties pre- 
nantes individuelles présentent aux officiers 
comptables ou aux entrepreneurs pour per- 
cevoir des vivres, des fourrages, du chauf- 
fage, des effets, du matériel, etc. Les quan- 
tités portées sur les bons doivent être 
exprimées en toutes lettres. 

Dans les corps de troupe, les bons de 
vivres, de fourrage et de chauffage sont 
établis et signés par le trésorier et visés par 
Je major. Les parties prenantes isolées rela- 
tent sur les bons leur nom, grade et emploi. 
Ces bons sont appelés bons partiels ; ils 
sont récapitulés trimestriellement sur des 
espèces de bordereaux nommés bons to- 
taux, qui sont soumis à l'acceptation des 
l)arties prenantes. Ils tiennent alors lieu des 
bons partiels, que l'on annule. 

Les effets au compte de la masse d'ha- 
billement et d'entretien sont perçus, chaque 
mois, par les capitaines-commandants, qui 
remettent à l'officier d'habillement des bons 
mensuels d'un modèle spécial. 

BOND. Mouvement d'im corps qui re- 
jaillit en rencontrant un autre corps. 

BONDS successifs. Marche intermit- 
tente en avant, irrégulièrement coupée d'ar- 
rêts. Cette marche est em|)loyée dans les 
mouvements en avant de la chaîne des ti- 
railleurs. La longueur des bonds varie de 
100 mètres à 50 mètres, suivant la distance 
où l'on se trouve de l'ennemi. 

BONI. Somme restée en caisse dans une 
opération. 

— de l'ordinaire. Somme représentant 
l'excédent des recettes sur les dépenses de 
l'ordinaire. Il reste déposé entre les mains 
du capitaine commandant l'unité. Toute- 
fois, quand ce boni dépasse le maximum 
fixé, l'excédent est déposé, le 1" de chaque 
mois, dans la caisse du trésorier. Lorsque 
les circonstances l'exigent, le capitaine de- 
mande au chef de corps l'autorisation de 
retirer tout ou parti(> des fonds ainsi dé- 
posés. 

BONNET. Coiffure en tricot de coton que 
l'on donne aux soldats, pour la nuit, et aux 
malades dans les hôpitaux militaires. 

— à poil. Coiffure de grande tenue de 
ceitains l'orps dans l'armée française. Actuel- 
lement supprimée. 

— de police. Coiffure de petite tenue, 
sans visière, et dont les côtés pouvaient se 



BONNETTES. 



101 



BOUCHE A FED. 



rabattre, qui a précédé l'emploi du képi dans 
rarmée française. 

— • de prêtre. Retranchement composé 
de deu\ redaus à faces inégales, accolés par 
leurs faces courtes et présentant à l'extérieur 
leurs faces longues. Ce retranchement n'est 
plus guère usité aujourd'hui ; on l'employait 
jadis comme tète de pont. 

BONNETTES. Les bonnettes sont des 
exhaussements du parapet servant à pro- 
téger la tète des hommes qui tirent par- 
dessus ce dernier. A cet efiFet, dans la forti- 
fnation, on dispose, à O'",7o les uns des 
autres, des espèces de créneaux de 0™,2o de 
profondeur, de 0™,0o de largeur à l'inté- 
rieur, allant en s'élargissant vers l'extérieur, 
avec des joues aussi raides que possible. 

Dans la fortification de campagne, les bon- 
nettes sont construites plus solidement, au 
moyen de tas de terre de 0™,40 de hauteur 
et 0'",60 d'épaisseur, laissant de mètre en 
mètre un créneau évasé vers l'intérieur. Il 
est plus facile et plus avantageux de con- 
struire ces bonnettes à l'aide de sacs à terre, 
lorsqu'on en a de disponibles. Ce genre de 
bonnettes doit servir également à protéger 
les servants placés sur la plate-forme d'une 
barbette. 

Il ne faut pas se dissimuler qu'avec la 
pénétration des balles actuelles, les bonnettes 
ne constituent guère qu'une protection fic- 
tive ; elles se détachent d'ailleurs sur l'ho- 
rizon si l'on n'a pas soin de les masquer. 

On a aussi donné le nom de bonnette à 
une espèce de lunette ou flèche. 

BORD. Rivage d'un cours d'eau ; limite 
d'un chemin ; extrémité d'une surface d'une 
lame de sabre, etc. 

BORDÉ. Galon qui entoure le chapeau 
des officiers généraux. 

BORDÉE. Salve de toutes les pièces de 
l'un des bords d'un navire, par exemple 
pour préparer un abordage. Vulgairement, 
on dit : tirer une bordée, lorsqu'un soldat fait 
une fugue. 

BORDER. On dit border un parapet, un 
relrancliement, pour occuper la banquette 
de ces ouvrages par un ou deux rangs de 
troupes. Border la haie signifie garnir d'un 
rang de troupe le chemin que doit parcourir 
un cortège ou un personnage important ; on 
dit plutôt : former la haie. 

BORDEREAU. État ou note détaUlée 
des différents documents que l'on adresse à 
ime administration ou à une autorité mili- 
taire ; le destinataire le revêt de son leçu et 
le renvoie à l'expéditeur. 

Récapitulation de recettes et dépenses. 

BORDURE. Ce qui garnit ou lenforce le 
bord d«' quelque ciiose. 



BORI. Nom donné par les Turcs à leur 
trompette militaire. 

BOSSE. Grosseur contre nature qui se 
forme au dos ou à la poitrine par la dévia- 
tion de la colonne vertébrale, du sternum ou 
des eûtes. Cette infirmité exempte du service 
militaire. 

BOSSETTE. Ornemement en forme de 
bosse qui est attache aux deux côtés du mors 
d'un rheval. 

BOSTELLES. Propriétés assignées, en 
Suède, aux miUtaires de tous grades pour y 
établir leur demeure. Chaque bostelle doit 
se composer d'une chambre, d'une écurie, 
d'une grange et, autant que possible, d'un 
champ et d'un pré. 

BOTTES. Chaussure de cuir à tiges mon- 
tantes qui enferme le pied et la jambe. On 
donne le nom de bottes à l'écuijère à des 
bottes à tiges rigides, qui se portent par- 
dessus la culotte; cette chaussure est régle- 
mentaire pour les officiers montés. 

On donne encore le nom de botte à l'as- 
semblage de plusieurs choses de même na- 
ture liées ensemble ; par exemple, une botte 
de foin, une botte de paille. Le foin et la 
paille distribués aux ti'oupes, en France, 
sont livrés en bottes représentant la ration 
journalière du cheval. 

En escrime, une botte est un coup que 
l'on poitf avec la pointe du fleuret. 

BOTTELEUR. Ouvrier qui fait des bottes 
de foin ou de paille. 

BOTTIER. Ouvrier qui fait principale- 
ment des bottes et des bottines. 11 existe un 
1" ouvrier bottier dans tous les corps de 
cavaleiie, d'artillerie et du train des équi- 
pages. 

BOTTILLON. Espèce de botte de paUle 
de forme cylindrique, emploj'ée pour le char- 
gement des selles en chemin de fer à raison 
d'un bottillon pour quatre selles ; on en 
emploie également pour amortir le choc des 
roues de voiture sur le plancher des wagons, 
à raison de deux par truc. Les bottillons 
pour les selles ont 1™,30 de long et yièsent 
12 kilogr.; ceux pour les voitures ont 0™, 80 
de long et pèsent 7'',oOÛ : les uns et les au- 
tres ont 0",40 de diamètre. 

BOTTINE. Petite botte dont la tige a 
peu di' liauteur. La bottine est la chaussure 
de la cavalerie française, ainsi que de tous 
les hommes montés dans l'artillerie, le génie 
et le train des équipages. 

BOUCHE à feu. Désignation générale 
donnéi' à toutes les pièces d'artillerie. On les 
distingue, suivant leur longueur et la nature 
de leur ser\ice, en canons, obusiers et mor- 
tiers. 

Dans une bouche à feu. ou distingue: 



BOUCHER 



10^ 



BOUILLON. 



Vâme, ovi intérieur dn la pireo ; la bouche, 
extrémité fintérieure de la pièce ; la culasse, 
partie postérieure de la pièce ; la chambre, 
partie où l'on met la charge ; le canal de 
la lumière, petit trou qui seit à mettre le 
feu : les tourillons, qui sont les deux bras 
sur lesquels la pièce pivote sur Vaffût ; la 
volée, ou partie voisine de la bouche. Les 
bouches à feu sont lisses, quand l'intérieur 
de l'àme n'a pas de rayures, et rayées, dans 
le cas contraire. Toutes les pièces lisses se 
chargent par la bouclie, tandis que les pièces 
rayées se chargent, les unes par la bouche, 
d'autres ]iar la culasse,. Les projectiles sont 
sphériques pour les pièces lisses et ol)longs 
pour les pièces rayées. 

Autrefois, on désignait les bouches à feu 
par le poids de leur projectile en livres; 
mais, actuellement, on les désigne par le 
calibre de l'âme mesurée à In boucIie de la 
pièce et e\])rimée en millimètres. 

Suivant l'usage auquel elh^s sont desti- 
nées, les bouches à feu sont ein'ore divisées 
on : bouches à feu de campagae, pour 
la guerre de campagne : de siège, pour 
l'attaque des places ; de place, puu: In dé- 
fense des forteresses ; de CÔte, pmir les Jiat- 
teries de côte. 

Les bouches à feu sont construites en 
bronze, en fonte ou en acier. Elles sont gé- 
néralement frettées, c'est-à-dire consolidées 
par des anneaux extéiieurs ou frettes, avec 
ces deux derniers métaux, qui peuvent 
éclater. Pour la même raison, la pièce peut 
être tubée. quand on place nu tube en acier 
à l'inléiiein- de l'àine. 

BOUCHER. Celui qni tue le bétail et qui 
en débite la chair. 

Dans les troupes d'administration, on uti- 
lise les bouchers pour l'aliatage et la distri- 
bution du bétail en campagne et aux ma- 
nœuvres. Il en est de même dans les corps 
de troupe, pour le cas où le bétail serait 
livré sur pied. A cet effet, chaque corps de 
troupe a été po\irvu, dès le temps de paix, 
d'une S('rie d'outils de boucher. 

BOUCHERIE. Endroit où l'on dé])it.> l(> 
bétail. S'emploie au figuré ])Qnv désigner une 
tuerie, un massacre, un carnage. 

BOUCHES. Ce mot sert à désigner les 
individus ù nourrir dans une place forte ; 
de là vient aussi qu'on appelle bouches inu- 
lUes les ]iersonnes qui ne sont pas susi'epti- 
bles de rendre des services à. la défense de 
la place. 11 est recommandé, lorsqu'on pré- 
voit avoir à soutenir un siège dans une )ilace 
forte, d'en faire sortir les bouches inu- 
tiles. 

BOUCHON. Ce qui sert à boucher l'ou- 
yerlure d'un récipient, et plus particulière- 



ment d'une bouteille. Poignée de paille ou 
de foin tortillé. 

— en acier. Dans les obus à tenons, 
un liouchon en acier, qui forme culot, ferme 
le logement ménagé sur la tranche posté- 
lieure de l'obus. 

BOUCHONNER. Frotter un cheval avec 
un bouchon de paille. 

BOUCLE. Sorte d'anneau, de forme très 
variable, qui est muni d'une ou plusieurs 
pointes mobiles fixées sur ini axe, et qui seit 
à tendre une ceinture, une counoie, une 
sangle, etc. Telles sont les boucles de pan- 
talons, de bretelles de fusil, de certains cein- 
turons, etc. 

BOUCLETEÂ.U. Courroie ou partie do 
courroie différant d'un contre-sanglon en ce 
qu'il enclmpe une boucle à l'une de ses 
extrémités. 

BOUCLIER. Arme défensive très an- 
cienne, de forme très diverse, mais toujours 
bombée en dehors, qui se portait au bras, 
à la main ou au cou, et avait pour but de 
se couvrir le corps et de se préserver, pen- 
dant le combat, des coujis de l'ennemi. Le 
jjonclier, souvent richement orné, était géné- 
ralement fait de métal, ou encore de bois on 
d'osier recouvert de cuir. Il a disparu à peu 
près à l'époque où est apparue l'artillerie, 
contre laquelle il ne pouvait protéger, 

BOUDIN. Fusée ou mèche avec laquelle 
on communique le feu à un fourneau de 
mine, tin dit plutôt saucisson. 

BOUÉE. Baril ou corps flottant employé 
dons les travaux de pontage. 

BOUFFETTES. Nœuds de rubans fai- 
sant auticfois [)artie de l'uniforme de cer- 
tains officiers. 

BOUGE ou BOULGE. Masse dont on se 
servait jwur assommer les blessés ; on l'ap- 
pelait aussi plombée, parce que la tète était 
pleine de plomb, La bouge, qu'on lançait 
au lieu de la manier, s'appelait bouge pro' 
jcctile on mélras. 

BOUGIE. Chandelle de cire, de blanc do 
baleine, ou d'acide stéarique. Ce sont ces 
dernièies qui sont les plus répandues, à cause 
de leur bas prix. Les bougies peuvent être 
admises dans l'armée, comme combustible 
d'éclairage. Elles doivent être de la bonne 
qualité courante. On les achète au |)oids et 
non à la pièce. 

BOUILLI. Viande de bœuf ou de vache, 
cuite dans l'eau, et qui a servi à faire du 
bouillon. Entre au moins i)0ur moitié dans 
l'alimentation de la troupe. 

BOUILLON. Eau dans laquelle on a fait 
bouillir pendant quelque temps de la viande 
ou des herbes que l'on emploie comme nour- 
riture ou connne remède. Par extension, on 



BOULANGER. 



103 



BOURGUIGNOTTE. 



donne le nom de houiUon concentré à des 
conserves de légumes et de viande, qui ser- 
vent à préparer du bouillon. 

BOULANGER. Ouvrier qui fait du pain. 
Ce sont, en général, des boulangers mili- 
taires qui préparent le pain de la troupe. 

BOULANGERIE. Endroit où l'on fait le 
pain. Dans les manutentions militaires, la 
boulangerie consiste en un local où se trou- 
vent les pétrins et les fours. Elle est tou- 
jours située au rez-de-chaussée des bâti- 
ments : ses dimensions sont en rapport avec 
l'importance de l'établissement. L'aire doit 
être carrelée ou dallée, ou être faite en ciment. 

— de campagne. Boulangerie destinée à 
faire le pain nécessaire aux armées en cam- 
pagne. Chaque corps d'une armée est pourvu 
d'une boulangerie de campagne composée de 
i8 fours roulants, avec les tentes-baraques 
nécessaires pour abriter le personnel, les 
tentes à distributions et les étagères néces- 
saires pour recevoir le pain. Chaque boulan- 
gerie se fiactionne en trois sections identi- 
ques de 6 fours, ce qui permet la séparation 
des éléments et facilite le service pratique. 

En station, le rendement journalier des 
18 fours de la boulangerie de campagne est 
de 35,000 rations, en travaillant jour et 
nuit, à brigades relevées, c'est-à-dire en fa- 
briquant 11 fournées par 24 heures. 

Lorsque la boulangerie se déplace, le ren- 
dement pour la journée de marche est réduit 
au moins de moitié, et encore faut-il que le 
levain ait été emporté au départ dans un 
certain état, et, s'il y a lieu, qu'il ait été ra- 
fraîchi en route. 

BOULE. Ancien projectile ou globe de 
plomb qui se tirait avec l'aie et la fronde. 

BOULET. Masse de fonte coulée, de 
forme sphérique. En pierre, au début, il 
était trop léger et tiés fragile. Des cercles de 
fer ne remédièrent qu'en partie à ce dernier 
inconvénient. Le boulet de plomb, qui vint 
ensuite, était assez lourd, mais se déformait 
trop facilement. Aussi, construisit-on les 
boulets en fonte de fer, dès qu'on sut couler 
la fonte suivant des modèles donnés, et ce 
sont ceux qu'on a employés jusqu'à l'adop- 
tion dos i-anons rayés. 

Mais pour employer toute la force de pro- 
jection de ceux-ci. il aurait fallu augmenter 
la masse du projectile pour conserver sa vi- 
tesse ; ce qui aurait conduit à augmenter le 
calibre de la bouche à feu, qui n'eût plus été 
transportable. C'est ce qui amena la recher- 
che des projectiles oblongs. Il n'existe plus 
actuellement en service dans notre artille- 
rie, comme boulets sphériques, que ceux de 
4, 6, ou 8 livres, que l'on emploie avec les 
mortiers de 22^ 27<' et 32^ 



— de rupture. Boulet en acier sans 
soufflure, employé contre les murailles cui- 
rassées, et qui, d'abord cylindrique avec 
tète plate, est actuellement de forme ogivale, 
mais toujours massif. 

— ramé. Boulet formé de deux demi- 
boulets réunis par une barre de fer, et prin- 
cipalement employé jadis contre les bâti- 
ments en mer, pour détruire les mats, les 
cordages et les voilures. 

— rouge. Boulet chauffé au rouge cerise 
et lancé sur les villes ennemies pour y allu- 
mer des incendies. Ce genre de projectile est 
actuellement remplacé par les projectiles 
creux, dans lesquels on peut introduire toute 
espèce de composition incendiaire. 

BOULETTE. Petite boule de pierre ou 
de plomii, lauiée autrefois par les fron- 
deurs. 

BOULEVARD ou boulevart. On dési- 
gnait ainsi, au XVF siècle, une enceinte ex- 
térieure, généralement en terre, servant à 
couvrir l'enceinte intérieure dune place. Plus 
tard, le mot a été employé comme syno- 
nyme d'enceinte bastionnée. (]e terme n'est 
plus employé ai-tuellement en fortification. 

BOURDÀLOU. Tresse plate attachée au- 
tour d'un chapeau. Large galon fixé à la 
partie supérieure du bandeau de certains 
képis et de certains shakos, 

BOURDON. Lance de chevalier d'une 
longueur double de celle du glaive, avec une 
hampe très forte et un fer en forme de lo- 
sange. Employé aussi dans le sens de 
pique. 

BOURDONNANTE. Bombarde de fort 
calibre, ainsi nommée autrefois à cause du 
bruit qu'elle faisait. 

BOURDONNASSE. Lance à grosse poi- 
gnée creuse, en forme de poire. 

BOURGEOIS. Citoyen dune ville. Se dit 
aussi par opposition à noble ou à militaire. 

BOURGEOISE. Mot employé autrefois 
pour désigner une bombarde ou une pièce du 
plus gros calibre. 

BOURGERON. Petite casaque en toile 
blanche que portent les caporaux et les sol- 
dats pour les corvées, pour les travaux à 
l'intérieur du quartier, et même pour les 
exercices militaires. Cet effet est générale- 
ment porté par-dessus la veste, dans la mau- 
vaise saison. 

BOURGUIGNOTTE. Armure de tète 
pour homme de cheval, empruntée à la 
Bourgogne au XV siècle. C'était un casque 
ouvert par-devant, à auvent ou petite vi- 
sière mobile, saillante et se renversant sur 
la crête de la coiffure. Elle garantissait le 
visage au moyen d'un masque percé d'ouver- 
tures. D'antres avaient des visières fixes et 



BOURLETTE. 



lOi- 



BOUSSOLE. 



quclquos-nnes ]ioitaient un cimier et \m plu- 
mail. 

BOURLETTE. Ancienne masse rVarme, 
garnie rie pointes de fer. 

BOURNOUS ou burnous. Sorte de 
manteau de laine à capuchon, dont l'usage 
empiunté aux Arabes s'est introduit dans 
l'armée française. 

BOURRADE. Atteinte donnée par un 
chien au lièvre qu'il poursuit. Coups donnés 
à quelqu'un avec la crosse d'un fusil. 

BOURRAGE. Remplissage, sur une cer- 
taine longueur, et après chargement d'un 
fourneau de mine, du rameau ou de la gale- 
rie chargée, afin d'empêcher l'explosion de se 
produire dans le vide, en arrière. 

La longueur du bourrage doit être telle 
que la résistance qu'il oppose soit supérieure 
à celle qu'elle rencontre sur les côtés où l'on 
veut faire agir le fourneau. Elle dépend 
aussi de la nature des matériaux employés 
au bourrage, lesquels consistent en terre, 
gazons, briques crues, sacs à terre, bois, etc. 
d^s divers matériaux sont utilisés, soit iso- 
lément, soit mélangés ; mais le moyen le 
plus expéditif consiste à employer des sacs à 
terre. 

On admet, en général, que la longueur du 
bourrage L doit êti'e égale à deux fois le 
rayon H de rupture du fourneau ordinaire. 
Mais il est toujours préférable, quand on a 
le temps, de faire un bourrage largement 
suffisant, pour éviter le refoulage en arriére 
d'un bourrage incomplet ainsi que l'infection 
des galei'ies. 

BOURRE. Petit tampon en ]>apier, en 
étoupe ou en feutie, que l'on interpose entre 
la poudre et la balle dans le chargement 
par la bouche d'une arme à feu. 

La bourre de canon ou tampon de charge 
employée actuellement pour quelques pièces, 
est formée de foin pressé et d'algue marine ; 
elle sert à remplir le vide existant entre la 
gargousse et ]v projectile. 

BOURRE-NOIX. Ancienne pièce de né- 
cessaire d'armes, dont la tige servait à chas- 
ser les goupilles. 

BOURREAU. Exécuteur des arrêts ren- 
dus en matière criminelle. Honuue cruel, 
inhumain. Les arrêts de mort de la justice 
militaire sont exécutés par des pelotons de 
12 hommes, commandés spécialement pour 
ce sei'vice. 

BOURRELET. Gaine de toile remplie de 
bourre ou de crin, qu'on adapte aux bords 
intérieurs des portes et des fenêtres, pour 
qu'elles ferment exactement. Rond d'étoffe 
qui est au bout du chaperon que les doc- 
teurs, les licenciés et certains magistrats 
))ortent sur l'épaule. 



Petite saillie qui se trouve à l'extrémité 
inférieure de l'étui de certaines cartouches, 
pour donner prise à l'extracteur. 

Renflement venu de fonte qui, dans les 
obus de 11'^^ de la marine, prend le nom de 
bourrelet. 

BOURRELIER. Ouvrier qui fait les har- 
nais des chevaux et des animaux de b:U. Il 
existe xm certain nombre de ces ouvrieis 
dans les régiments d'artillerie, du génie et 
dans le train des équipages. 

BOURRER. Enfoncer la charge dans les 
armes à feu ou les bouches à feu se char- 
geant par la bouche, en pressant cette charge 
à l'aide du gros bout de la baguette ou du 
refouloir. 

C'est aussi exécuter l'opération du bour- 
rage d'un fourneau de mine. 

BOURREZ. Un des commandements de 
l'ancienne cjuirge en douze temps, ayant pour 
objet d'assujettir solidement la charge dans le 
canon du fusil en le frappant deux fois foi- 
tement avec la tête de la baguette, saisie par 
le jietit bout et enfoncée de toute la force du 
bras. 

BOURRIQUET. Machine servant à ex- 
traire, dans les mines militaires, les terres 
de fond d'un puits. Elle comprend une caisse 
ou panier qui contient la terre et un treuil 
qui sert à l'élever. 

BOURSE. Petit sac seivant à contenir de 
l'aigent. Pension fondée dans un établisse- 
ment d'instruction publique, soit civil, soit 
militaiie, pour l'entretien d'un élève pen- 
dant le cours de ses études. L'Etat peut ac- 
coider seulement la moitié ou le quart de 
cette pension : on dit alors que l'élève a la 
demi-bourse ou le quart de bourse. 

On désigne encore sous le nom de Bourse 
le lieu public où s'assemblent, à certaines 
heures, les agents de change, les courtiers, 
l(>s banquiers et les négociants pour traiter 
d'affaires. Par extension, ce nom se donne 
à la réunion même d(i ces personnes. 

BOURSIER. Celui qui jouit d'une bourse 
dans un établissement d'instiuction publique. 
Celui qui joue à la Bouise. 

BOUSSOLE. La boussole se compose 
essentiellement d'une aiguille aimantée tour- 
nant librement sur un pivot, lequel est fixé 
sur un cadian muni d'un limbe gradué. 

Le tout est contenu dans une boîte. Cet 
instrument est fonde sur la propriété de l'ai- 
guille aimantée, de se touiner vers le nord, 
lorsqu'elle est suspendue librement par son 
centre de gravité. L'aiguille de la boussole a 
la forme d'un losange allongé ; l'une des moi- 
tiés, celle qui regaide vers le nord, est colo- 
rée en bleu, tandis que l'autre, qui est 
blanche, indique le sud. A sa partie centrale 



i 



BOUT. 



105 



BOUTONNER. 



se trouve une chape d'agate qui repose sur 
une pointe verticale d'acier, constituant le 
pivot. Un petit levier, auquel est adapté un 
anneau, soulève la chape de manière à mo- 
dérer l'amplitude des oscillations, ou à sou- 
lever le pivot lorsque l'appareil ne fonc- 
tionne pas. Ce mouvement s'opère de 
l'intérieur au moyen d'un bouton qui com- 
munique avec le levier. Au centre de la face 
intérieure de la boite, se trouve un axe de 
rotation que l'on peut rendre vertical au 
moyen d'un genou à coquilles , dont la 
douille peut être fixée sur un trépied ; enfin, 
sur le côté de cette boîte, parallèle au dia- 
mètre — 180° du limbe, est fixé un viseur 
ou une lunette tournant autour d'un axe qui 
est horizontal, quand celui de la boîte est 
lui-même vertical, de telle sorte que la ligne 
de visée décrit alors un plan vertical paral- 
lèle au diamètre — 180°. On conçoit 
qu'avec un pareil instrument on puisse me- 
surer les angles des côtés d'un canevas, soit 
entre eux, soit plutôt avec la direction, sup- 
posée fixe, du méridien magnétique. En 
effet, si on dirige le viseur de telle sorte que 
l'aiguille corresponde au diamètre — 180° 
du limbe, c'est qu'on vise dans le plan 
même du méridien magnétique. Si on fait 
ensuite tourner l'instrument de manière que 
la ligne de visée fasse avec ce méridien un 
angle de 20». 40°, le diamètre — 180» 
aura tourné précisément du ruème angle, et 
l'aiguille aimantée étant restée fixe, on lira, 
en regard de la pointe nord, l'angle dont 
l'instrument aura tourné.^ 

— à éclimètre (V. ÉcUmètre). 
BOUT. Extrémité d'un corps. Tirer un 

coup de fusil à bout portant, c'est tirer 
lorsque le bout du canon touche en quelque 
sorle le but que l'on veut atteindre. 

BOUTEILLE. Vase à goulot, étroit gé- 
néralement, destiné à contenir des liquides. 

— en tôle. Récipient ayant la forme 
d'un tronc de cône, terminé à chacune de ses 
extrémités par une calotte sphérique. Une 
ouverture circulaire de O^'jOô est ménagée à 
sa partie supérieure pour l'introduction de 
la poudre. Son diamètre extérieur est de 
0"%26o ; sa longueur, de i™,09 pour le type 
n° 1, qui contient 30 kilogr. de poudre; et 
de 1™,.34 pour le type n° 2, qui contient 
40 kilogr. de poudre. 

Les bouteilles en tôle sont affectées exclu- 
sivement au chargement des dispositifs de 
mines forées de 0™.30 de diamètre. 

BOUTE-CHARGE. Sonnerie de trompette 
qui sert à |)rèveiiii' les cavalieis de placer la 
charge sur les chevaux ou les voitures dans 
les convois et les c-olonnes expéditionnai- 
res. 



BOUTE-FEU. Baguette d'environ O^^.QO 
de longueur, taillée en pointe d'un bout et 
recevant dans l'autre une mèche servant 
jadis à mettre le feu à la pièce d'artillerie 
ou aux arquebuses à croc. 

BOUTEROLLE. Partie renforcée de forge 
qu'on réserve dans certaines pièces d'armes 
à feu portatives. 

Garniture métallique du bout d'un four- 
reau d'èpée. 

BOUTE-SELLE. Sonnerie de trompette 
pour avertir les cavaliers de seller les che- 
vaux et de se tenir en.suite prêts à monter en 
selle. 

BOUTIQUE. Lieu où travaille un ar- 
tisan. Lieu où un commerçant étale et vend 
sa marciiandise. 

BOUTOIR. Instrument avec lequel le 
maréchal ferrant enlève la coine superflue 
du pied d'un cheval avant de le ferrer. 

Coup de boutoir, trait d'humeur, épi- 
gramme blessante. 

BOUTON. Petite pièce en métal, en os 
ou en corne, qui sert à attacher les différentes 
parties d'un vêtement. 11 existe un type spé- 
cial de boutons pour chaque arme ou ser- 
vice, mais non pour chaque corps. La cou- 
leur du bouton métallique est la même que 
celle des galons des officiers, c'est-à-dire 
jaune ou blanche, suivant l'arme. Les bou- 
tons des effets hors de service doivent être 
détachés avant cpie ces derniers ne soient 
remis au Domaine. Ces boutons sont utilisés 
pour les besoins du corps ; l'excédent est 
versé dans le magasin administratif le plus 
voi.sin, qui en rembourse le montant au 
corps. 

Des boutons en métal pu en cuir servent 
également à tenir fermées certaines parties 
de l'équipement. 

— de culasse. SailUe située en avant 
du renfort du cylindre de culasse des fusils 
français. Ce bouton engrène dans une mor- 
taise correspondante ménagée sous la queue 
du renfort de la tête mobile, de manière à 
rendre ces deux pièces solidaires dans le sens 
longitudinal, tout en les laissant indépen- 
dantes dans les mouvements transversaux. 

— de levier de manœuvre. Bouton 
quadrillé relié au levier de manœuvre, et qui 
sert à faire glisser ce levier dans la position 
du tir coup par coup ou du tir à répétition. 

BOUTONNER. Attacher, arrêter un vête- 
ment ou quelque partie d'un vêtement au 
moyen de boutons que l'on passe dans des 
lioutoiniières ou daus des ganses. 

En terme d'escrime, boutonner veut dire 
donner un coup au moyen du fleuret mou- 
cheté. 

La capote et la tunique sont boutonnées : 



BOUTONNIÈRE. 



106 



BRAIE OU BRAYE. 



à droite, pendant la l'''" quinzaine du mois; 
et à gauckfi, pendant la 2*. 

BOUTONNIÈRE. Petite fente pratiquée 
à un vêtement pour y passer un bouton. 

Diverses pièces métalliques ou en cuir 
portent également des boutonnières. 

BOX. Stalle fermée dans laquelle on en- 
ferme un cheval, sans l'attacher. 

BOXE. Sorte de combat à coups de poinj,'. 
La boxe est enseignée dans certains corps de 
troupe, mais facultativement. 

BOYAU de communication; de tran- 
chée. Tranckée scvvnwl k reliei- les ^)arai/è/c.>! 
entre elles. Ces tranchées se dirigent sur la 
capitale de l'ouvrage attaqué aussi directe- 
ment que possible ; mais, pour éviter l'enfi- 
lade, on les trace en zigzag, de manière à 
laisser l'ouvrage tantôt à droite, tantôt à 
gauche de leur prolongement. De même. 



pour que les coups A'écharpc ne soient pas 
trop dangereux, on ne donne pas plus de 
250 mètres de longueur à un zigzag dans sa 
partie la plus éloignée, et cette longueur va 
en diminuant d'autant plus que le danger 
augmente, c'est-à-dire qu'on se rapproche de 
la place (V. fig. 20). 

En principe, on limite ces cheminemenls 
sur le plan, à droite et à gauche de la capi- 
tale de l'ouvrage, en leur donnant une lar- 
geur de 40 mètres lorsqu'ils sont arrivés à 
(iO mètres des saillants de la contrescarpe et 
de 80 à 200 mètres à la distance do 
1000 mètres de ces saillants. On établit, à. 
l'extrémité de chaque branche ainsi limitée, 
un retour de 10 i'i. 12 mètres, qui seit de 
garage, tle dépôt provisoire et de point de 
surveillance. Le profil du boyau de commu- 
nication est donnée dans la ligure 31 : elle 



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Tr.iÈipliie simple ou sape à terre roulante transformée en boyau do (•ommunioalioii. 



est exécutée en tranchée simple, en !<ape vo- 
lante, en sajje dérobée ou en sape à terre 
roulante, suivant la disposition du terrain, 
l'attitude de la défense, la nature du sol et 
l'éloignement des ouvrages. 

BRABANÇONS. Aventuriers venant de 
l'Allemagne et de la Flandre, qui devinrent 
la souche des troupes mercenaires et des ar- 
mées permanentes. C'était, en général, un 
ramassis de bandits, qui se livraient nu vol 
et à tous les désordres. 

BRABANÇONNE. Air national de la Bel- 
gique. 

BRACELET. Anneau d'or ou d'argent, 
porté au bras, décerné comme récompense 
militaire chez les Romains. Huban de soie 
frangé que les aides de camp portaient autre- 
fois comme marque distinctive de leurs fonc- 
tions. Anneau de fer fixé autour de la partie 
supérieure du fourreau de sabre en tôle. 
Certains sabres comportent un second bra- 
celet. Chaque bracelet est terminé par un 
piton dans lequel s'engage un anneau mo- 
bile dans lequel s'engage la bélière. 



BRACHIAL. Qui appartient, qui a rap- 
]>orl au bras. 

BRACONNIÈRE. Partie de l'armure 
des chevaliers qui était attachée au bas de 
la cuirasse et descendait jusqu'à mi-cuisse. 

BRAGUE. Cordage qui sert à limiter le 
recul d'un canon. 

Corruption du mot braies, synonyme de 
culotte. 

BRAGUETTE. Dérivé en corruption du 
mot braie, synonyme de culotte. 

Pièce de l'armure du moyen âge, destinée 
à loger ou à protéger les parties génitales. 
Cette pièce s'est aussi appelée brayette. 

Fente de devant d'une culotte ou d'un 
pantalon. 

BRAIE ou BRAYE. Avant-mur ou espèce 
de tambour, qui faisait saillie à l'extérieur 
de la tour sous laquelle passait la voûte 
d'entrée d'une forteiesse. On a donné le nom 
de fausse braie à une crête basse organisée 
en avant d'un parapet plus élevé dont les 
fossés inondés ne pouvaient être revêtus, et 
formant ainsi une double enceinte. Celle-ci, 



i 



BRANC ou BRAND. 



101 



BRASSARD. 



d'abord simple niasse couvrante, ne tarda pas 
à devenir défensive, et on l'employa ainsi 
en France jnsqu'.iprés Vauban. 

BRANC ou BRAND. Sabre à un seul 
tranchant, que les chevaliers du moyen âge 
maniaient à deux mains, et pouvant servir 
de hache d'armes. 

BRANCARD. Espèce de civière à bras 
servant à transporter les malades et les 
blessés. Les brancards employés en temps de 
pai\ sont fournis et entretenus par le ser- 
vice du génie ; ils .sont déposés dans les corps 
de garde de police des casernes. 

Se dit de deux pièces de bois ou de fer 
qui, dans les voitures à timon et à 4 roues, 
réimissent le train de derrière et celui de 
devant. 

BRANCARDIER. Soldat qui est chargé 
de relever les blessés sur le champ de ba- 
taille et de les transporter, sur un brancard, 
à l'ambulance. ]1 en existe quatre dans 
chaque compagnie d'infanterie et dans chaque 
batterie d'artillerie ; il en existe de même 
un certain nombre attachés à chaque am- 
bulance que l'on nomme brancardiers d'am- 
bulance. V 

Les brancardiers d'infanterie sont fournis 
par les musiciens et les réservistes ; ceux de 
l'artillerie, par les musiciens de l'École d'ar- 
tillerie ; ceux des ambulances sont recrutés 
parmi les réservistes musiciens et ouvriers 
d'infanterie en excédent, et parmi les réser- 
vistes et hommes à la disposition des sections 
d'infirmiers et des régiments d'infanterie. 

BRANCHE. Parties ou divisions de l'ar- 
mement, de la fortification, de l'art mili- 
taire, etc. Dans l'armement, on distingue la 
branche de baïonneiie, de gâchette, de garde 
d'arme blanclie, de monte-ressort, de grand 
ressort, de pontet, de tournevis, d'écus- 
son, etc. 

— d'ouvrage de fortification. On 
donne ce nom à certaines parties rectilignes 
de la fortification permanente, telles que les 
différentes parties du chemin couvert et du 
fossé, les faces ou les flancs de bastions, etc. 
Ces branches doivent être soustraites à l'en- 
filade. 

BRANCHES. Fascines de bois sec gou- 
dronnées que l'on lançait à bras ou au 
moyen d'engins en vue de mettre le feu aux 
maciiines de guerre des ennemis. 

BRANCHER. Peine de mort que les pré- 
vôts des armées pouvaient infliger sans forme 
de procès et qui consistait à pendre, à la 
première branriie d'un arbre, les espions, 
maraudeurs ou soldats pris en flagrant délit. 

BRANDEBOURG. Galon servant d'orne- 
ment et ])orté sur le devant de la jioitrine, 
dans l'unifornie de certaines troupes. 



BRANDIR. Secouer, agiter dans sa main 
uni- arme ou un ])àton. 

BRANDON. Esiièce de flambeau fuit avec 
de la paille tortillée. 

BRANLE-BAS de combat. Se préparer 
au combat ; s'emploie surtout dans la ma- 
rine. 

BRAQUEMART ou JACQUEMART. 
Sabre court, large, épais, ;i deux tranchants, 
et pointu, employé au temps des croisades. 
C'était au.ssi une épée longue, à lame droite 
et lourde, au bout arromli et aussi à double 
tranchant. 

BRAQUER. Faiie pivoter une pièce et 
son nlfiil pour la diriger veis un but déter- 
miné. 

BRAS. Nom du membre supérieur dans 
le corps humain. 

En anatoraie, on nomme propiement 6ras 
la partie du membre supérieur qui s'étend 
depuis l'épaule jusqu'au coude, et avant- 
bras, celle qui va du coude au poignet. 

On désigne encore sous le nom de bras un 
des courants d'un fleuve qui en a plusieurs, 
ou un détroit de mer. 

S'emploie dans cette locution : avoir une 
ai'mée entière sur les bras, ce qui signifie 
avoir à combattre une armée entière. 

BRASER. Unir intimement, au moyen 
d'un métal intermédiaire (alliage composé 
de laiton et de zincj, deux parties métalli- 
ques dont les parties à braser doivent avoir, 
au préalable, été bien ajustées. Le métal in- 
termédiaire doit être en fusion quand on 
remploie. 

BRASSARD. Partie de l'ancienne ar- 
mure, qui couvrait le bras. Tout ornement 
porté au bras en signe de reconnaissance. 

Les officiers attachés à l'état-major d'un 
général de brigade portent le brassard bleu; 
ceux qui sont attachés à l'état-major d'un 
général de division portent le brassard rouge ; 
et enfin, ceux qui .sont attachés à l'état- 
major d'un général commandant un corps 
d'armée portent le brassard blanc. 

Le personnel du service de santé en cam- 
pagne, médecins, pharmaciens, infirmiers, 
brancardiers d'ambulance, conducteurs de 
mulets ou de v^oitures médicales portent le 
brassard de la convention de Genève (blanc 
à croix rouge). 

Les coiulucteurs des voitures régimen- 
taires et d'état-major portent un brassard en 
drap du fond, avec passepoil distinctif et 
attribut de l'arme. Les brancardiers régi- 
mentaires portent le même brassard, sauf 
que l'attribut de l'arme est remplacé par 
une croix de Malte en drap blanc, renversée 
et reposant sur ses deux branches. 



BRASSE. 



108 



BREVETÉ. 



Les auxiliaires de la lélégiaphie militaire 
employés à l'intérieur, et qui n'ont pu être 
habillés avec des effets militaires, portent 
un brassard bleu avec foudres blanclies. 

Les conducteurs d'animaux et de voitures 
de réquisition, ainsi que les hommes em- 
ployés dans le service d'alimentation de 
l'armée, reçoivent un brassard en toile ca- 
chou avec plaque métallique portant en 
exergue : Réquisitions militaires. 

Des galons en or ou en laine sont apposés 
sur le brassard des gradés. 

BRASSE. Mesure qui correspond à la 
longueur des deux bras étendus et qui a été 
fixée uniformément à 5 pieds ({"".ôô). 

BRASURE. Opération de braser ; la bra- 
sure est plus coûteuse que la soudure, qui 
n'exige pas l'ajustage préalable des parties 
à l'éunir. 

BRAVACHE. Faux brave, fanfaron. 

BRAVADE. Action, parole ou geste par 
lequel un délie quelqu'un. 

BRAVE. Honune vaillant et courageux. 
Brave [adjeclif) signifie également un hon- 
nête honune. 

BRAVER. Affionter les dangers, s'y ex- 
poser. Défiei- quelqu'un, lui témoigner ouver- 
tement qu'on ne le craint pas, en même 
temps qu'on le méprise. 

BRAVOURE. Courage du brave ; vertu 
militaire qui fait braver les dangers. 

BRAYETTE {\. Braguette). 

BRÈCHE. Ouverture faite avec le canon 
ou la 7iiine aux remparts d'une place assiégée, 
pour permettre le passage des colonnes d'as- 
saut. Les brèches doivent avoir au moins de 
40 à 60 mètres de largeur. Elles ne sont 
pratiquées à la raine que lorsqu'il n'est pas 
possible de faire autrement (V. Attachement 
du mineur). Elles peuvent généralement être 
faites, ou du moins largement amorcées de 
loin avec le canon. Des batteries de brèche sont 
chargées de les amener à la forme voulue au 
dernier moment. On peut établir, au besoin, 
des batteries armées de pièces légères dans 
le couronnement du chemin couvert, mais ce 
moyen n'est plus praticable aujourd'hui. 

Dans la fortification bastionnée, la brèche 
est faite dans le voisinage d'un saillant, 
tandis que dans la polygonale elle est prati- 
quée dans le voisinage de la caponnière afin 
d'en masquer les flanquements par les débris 
de la brèche. On fait sauter, au besoin, à la 
mine les portions ou murs qui masquent ou 
gênent. 

La brèche est pratiquée, autant que pos- 
sible, au tiers inférieur de la hauteur dans 
les escarpes pleines et au quart dans les 
escarpes détachées. La brèche, pour ôti'e pra- 
ticable, doit permettre de livrer un passage 



d'un accès facile et sur une largeur suffi- 
sante, non seulement aux colonnes d'assaut, 
mais aussi pour les assiégés obligés d'éva- 
cuer. 

On fait généralement deux brèches à un 
même ouvrage, afin de pouvoir employer 
simultanément deux colonnes d'assaut de 
front et d'obliger le défenseur à diviser son 
attention et son feu sur deux côtés diffé- 
rents. 

BRÊLAGE. Ligature en corde, ayant 
pour but de relier deux ou plusieurs pièces 
de bois. 

BRELOQUE et berloque. Batterie de 
tambour indiquant que les soldats peuvent 
rompre les rangs et se disperser. 

BRETÉCHE ou bretesche. Fortifica- 
tion en bois à plusieurs étages, crénelée au 
moyen âge, était destinée à défendre les 
abords d'une phwe. 

BRETELLE. Double bande qui porte sur 
l'une et l'autre épaule, et qui sert à soute- 
nir le pantalon, la culotte. Le port de cet 
effet est réglementai le dans l'armée française. 
Bande de cuir ou d'étoffe qui, passée sur les 
épaules, sert à porter une civière, un bran- 
card. 

— de fusil. Bande de cuir placée sous 
le fût, fixée d'une paît au battant de grena- 
dière et de l'autie au battant de crosse, et 
qui sert k porter l'arme derrière l'une ou 
l'autre épaule ou en bandoulière. 

BRETTE. Longue épée à lame étroite, 
sorte de rapière originaire de la Bretagne, 
d'où son nom. 

BRETTEUR. Duelliste se servant de la 
brette, aime employée dans les duels. 

BREUVAGE. Boisson, liqueur à boire. 
Médicament liquide qu'on administre aux 
chevaux malades. 

BREVET. Titre, diplôme délivré au nom 
d'un souverain, d'un gouvernement. Le bre- 
vet d'état-major est un diplôme délivré aux 
officiers qui ont satisfait à des examens dé- 
terminés, passés devant une commission spé- 
ciale. 

BREVETÉ (officier). Officier qui est 
pourvu du brevet d'état-major. Le plus 
grand nombre des officiers brevetés sortent de 
l'Ecole supérieure de guerre, où ils ont suivi 
des cours spéciaux pendant deux ans. Les 
officiers sortant de l'Ecole supérieure de 
guerre et qui ont obtenu le brevet d'état- 
major, sont immédiatement appelés à faire 
dans un état-major un stage de deux ans, à 
la suite duquel ils peuvent, suivant les be- 
soins du service, être mis hors cadres pour 
être maintenus dans le service, soit être ren- 
dus jusqu'à nouvel ordre à leur arme. Au 
cours de ces deux années de stage, ils accom- 



BRICOLE. 



100 



BRIMADE. 



])lissout dans li-s arme;; autres que leur arme 
d'origine, iiu service de troupe dont l'épo- 
que et la durée sont déterminées par le Mi- 
nistre. 

Les capitaines, les commandants et les 
colonels brevetés d'état-major ne peuvent 
être nonunés en grade supérieur qii'aprés 
avoir exercé dans leur arme d'origine un 
commandement effectif de troupe correspon- 
dant à leur grade pendant une durée de deux 
ans au moins. Sont dispensés de cette obliga- 
tion, les capitaines qui ont exercé ce com- 
mandement avant l'obtention du brevet, 
ainsi que les colonels qui, comme lieute- 
nants-colonels, ont commandé pendant deux 
ans un régiment. 

BRICOLE. Espèce de catapulte ou de 
viangonneau du moyen âge. Plus ancienne- 
ment sorte de fronde de cuir lançant des 
balles. Espèce de tir à ricochet ou à répéti- 
tion. Sangle de cuir ou de chanvre, se ter- 
minant par une corde d'attelage, à laquelle 
les canonniers s'attelaient aux pièces de cam- 
pagne ; fut employée jusqu'en 1810. Partie 
du harnais du cheval de trait, représentée 
par une large courroie s'appuyant sur le poi- 
trail quand le che\al tire. 

BRICK. Navire à voiles n'ayant que deux 
mats ; le grand mât et le mât de misaine. 

BRIDE. Ensemble de pièces en cuir et en 
métal dont on se sert pour conduire le che- 



Hl ? S 





1. Dessus de tête. 

2. FroDtal. 

3. Sons-gorge. 

4. Montants. 

5. Porte-mors, 
fi. Mors de bride. 
7. Mors de filet. 



8. Gonrmette. 

9. Gonrmette de re- 

change. 

10. Rênes de bride. 

11. Rênes de filet. 

12. Collier d'attache. 

13. Longe en chaîne. 



val. La bride actuelle de cavalerie comprend 
la monture, les mors, les rênes et la têtière 
{fin. 32). 



Le mors est un instrimient de fer plus ou 
moins compliqué, suivant qu'il est destiné à 
exercer une action plus ou moins violente 
On le place dans la bouche du cheval, où il 
est maintenu par la têtière, et sur laquelle 
il agit par l'intermédiaire des rênes. 

— de bassinet. Partie prolongée du de- 
vant du bassinet dans les fusils à bassinet. 

— d'épaulette. Petite bande appliquée 
sur la veste, la tunique ou la capote, pour 
maintenir le corps de l'épaulette. 

— de noix de platine. Partie en acier 
qui assujettit entre elle et le corps de platine 
la noix, de manière à ne pas entraver le jeu 
de cette dernière. 

BRIDER. Mettre la bride à un cheval. 
L'expression brider une forteresse signifiait 
qu'on avait fermé une ou plusieurs de ses 
issues. 

BRIDON. Espèce de bride légère, dont 
le mors sans iDranches est généralement 
brisé. Fatigue moins la bouche que la bride 
et diffère du filet en ce qu'il est employé 
seul. 

BRIGADE. Ce mot désignait jadis un 
groupe d'un petit nombre d'hommes, com- 
mandé par un bas officier appelé brigadier. 
Sous Henri IV et ses successeurs, la brigade 
se composa de 8 bataillons d'infanterie ou 
de 8 escadrons de cavalerie commandés par 
un officier général. Sous la Révolution, la 
brigade se composa de 6 bataillons divisés en 
2 demi-brigades. De nos jours, la brigade se 
compose de 2 régiments ; elle est commandée 
par un général de brigade. Dans la gendar- 
merie, la brigade est de 4 hommes, com- 
mandés par un brigadier. On donne encore 
le nom de brigade, dans le génie, les pon- 
tonniers et l'administration, à de petits 
groupes de travailleurs ayant une fonction 
déterminée dans un travail d'ensemble, tel 
que la construction d'un pont, etc. 

BRIGADIER. Sous-officier qui commande 
une ]>rigade de gendarmerie. On désigne éga- 
lement sous ce nom, dans les armes à cheval, 
le premier grade de la hiérarchie militaire, 
ayant pour insignes deux galons de laine sur 
chaque bras. 

BRIGANDAGE. Pillage, vol commis à 
main armée, et le plus souvent par des mal- 
faiteurs réunis en troupe. 

BRIGANTINE. Espèce de cotte de mail- 
les ou de lorselet porté d'abord par les ban- 
des d'arenturiers. 

BRIGANTINE. Petit navire à voiles â 
deux mâts, gréé conmie un brick et qui n'a 
qu'un pont. 

BRIN d'estoc. Demi-lance ou javelot à 
courte hampe. 

BRIMADE. Action do brimer, c'est-à-dire 



BRIQUE. 

de soumettre les uouveaux venus dans un 
corps de troupe ou dans une Ecole militaire, 
à toutes sortes d'épreuves plus ou moins pé- 
nibles et souvent vexatoires. Les brimades 
sont sévèrement interdites dans l'armée fran- 
çaise. 

BRIQUE. Sorte de pierre artificielle en 
terre argileuse, pétrie et moulée, qu'on fait 
cuire dans des fours spéciaux et qui sert à 
bâtir. Toutes ses dimensions sont nmltiples 
l'une do l'autre. 

— pilée. Poudre de brique humectée 
d'huile, employée pour enlever les petites 
taches de rouille des armes portatives. 

BRIQUET. Espèce de sabre court à l'u- 
sage do l'infanterie; aujourd'hui supprimé. 

BRIQUETTE. Espèce de brique faite 
avec de la poussière de houille et de la terre 
grasse (en\iroii 1/8 de cette dernière). Em- 
ployée comme comliustible. 

BRIS. Rupture faite avec violence, d'une 
fenêtre, d'une porte fermée, d'un meuble, 
d'une clôture, etc. 

BRISE. Qui a été mis en pièces par une 
action violente. Se dit aussi d'un tracé de 
retranchement composé de lignes droites for- 
mant alternativement des saillants et dos 
rentrants. 

BRISEMUR. Bouche à feu à tir direct 
employée au XV siècle pour abattre les murs. 

BRISURE. Toute partie brisée dans un 
ouvrage de fortiûcation, c'est-à-dire toute 
partie composée de deux lignes formant un 
saillant ou un rentrant par rapport au tracé 
de la crête de feux de l'ouvrage. 

BROCHAGE. Action de brocher un livre, 
c'est-à-dii'o d'assembler et de coudre solide- 
ment les feuilles qui le composent, mais sans 
le recouvrir en carton. Les règlements ad- 
ministratifs prescrivent de brocher, chaque 
semestre, la partie supplémentaire du Bulle- 
tin officiel du Ministère de la Guerre. 

BROCHE. Instrument de cuisine, qui sert 
à rôtir la viande. Petite tige de fer pointue 
dont on se sert pour assembler les différentes 
parties d'un chevalet de pont. 

— à expansion. Instrument de vérih- 
cation pour s'assurer du diamètre intérieur 
des fretles de bouches à feu. 

BRODEQUIN. Espèce de bottine ouverte 
et lacée par-devant, qui constitue actuelle- 
ment la chaussure de l'armée française, con- 
curremment avec le soulier bas. Le brode- 
quin offre l'avantage de bien adhérer au 
pied, et de pouvoir être chaussé et dé- 
chaussé très rapidement; enfin^ il dispense 
du port des guêtres. 

BRODERIE. Bordure brodée en or ou en 
argent et servant de marques distinctives 
de grades ou de fonctions ; les broderies sont 



-l-IO BRUIT. 

portées généi'alement au bandeau du képi, 
au collet, au parement des manches, et quel- 
quefois aux basques de l'habit. 

BRONZAGE. A pour but de garantir le 
métal de certaines parties de l'armement 
contre l'oxydation et d'empêcher les reflets 
qui décèlent au loin la présence d'une 
troupe. Le canon du fusil, la boîte de cU' 
lasse, le fourreau d'épée-baïonnette sont 
bronzés chimiquement. Les garnitures le- 
çoivent une application d'un mélange d'huile 
de lin, de térébenthine et d'huile hydrofuge. 

BRONZE. Alliage de cuivre et d'étain 
additionné parfois d'un peu de zinc ou do 
plomi) ; il est beaucoup plus dur que le cui- 
VI e. Le bronze employé auticfois en France 
pour la fabrication dos canons était compose 
de 11 parlies d'étain et de 100 parties de 
cuivre: il était donc environ à 10 p. 100 
d'étain. 

BRONZE-ACIER. Bionze homogène et 
très tenace, composé de 92 parties de cuivre 
et de 8 d'étain, adojjté en Autriche pour la 
fabrication des canons, mais employé d'après 
un pi'océdé particulier dû au général Ucha- 
lius. Ce procédé consiste à couler les canons 
avec le bronze précédent, puis à les forer à 
un diamètre un peu inférieur au calibre défi- 
nitif et à chasser a l'intérieur de l'âme, pour 
l'amener aux dimensions voulues, une série 
de mandrins coniques dont le diamètre croît 
progressivement. Le métal ainsi obtenu pré- 
sente une dureté et'des propriétés compara- 
bles à colles de l'acier. 

BROQUEL. Boucher d'nifanterie ou de 
piquior. 

BROSSE. Ustensile fait de poils durs de 
certains animaux, ou de brins de chiendent, 
et qui sert à nettoyer les vêtements, à grais- 
ser les armes, etc. Les brosses en usage dans 
l'ai niée sont : la brosse double et la brosse 
à reluire, pour la chaussure ; la brosse 
ordinaire, pour les vêtements; la brosse 
à patience, pour astiquer les boutons ; la 
brosse à graisse , pour les armes ; la 
brosse en chiendent ou en crin, pour 

panser los chevaux. 

BROUETTE. Petite voiture à une roue 
à l'avant et à deux bras à l'arrière, servant 
à la faire manœuvrer par un homme. Em- 
ployée dans les travaux du génie, des poly- 
gones, et pour le nettoyage des quartiers. 

BROUILLER. Alettre du trouble, du dé- 
sordre, (lo la confusion dans les affaires. 
Mettre le désaccord, la mésintelligence entre 
des personnes ou des États. 

BRUGNE. Espèce de hriycmtine plus 
ajustée ot il'uii tricot plus sûr. 

BRUIT. Mélange confus de sons. Dires^ 
nouvelles qui circulent dans le public : tels 



^'- ri 

•■■ if V 



'«^ 



i 



BRULE POURPOINT 111 

sont les bruits de irueire, les faux Ijiuits, etc. 
Tumulte, mouvement séditieux. 

BRULE-POURPOINT. De très près. 
Dire une chose à Inùle-pourpoiut, la dire 
en fare. 

BRULER. Consumer une chose par le 
feu. S'emploie au figuré dans un grand 
nombre d'expressions : ce cavalier brûle le 
pavé, c'est-à-dire qu'il va avec une rapidité 
extrême, etc. 

BRULOT. Projectiles formés de matièi'es 
incendiaires, employés au moyen âge pour 
incendier les hélepoles ou auties machines 
cValtaque. employées par l'assiégeant. On 
emploie encore quelquefois des brûlots (ba- 
teaux ou radeaux chargés d'artifices et de 
matières enflanunées) pour incendier un 
jiont, contre lequel on les lance. Une meule 
de foin en feu portée par un radeau, consti- 
tue ini excellent brûlot, à cause de la cha- 
leur qu'elle répand autour d'elle. 

BRUNISSAGE. A pour but de donner 
aux lames de sabre, d'épée, de baïon- 
nette, etc., un brillant mat. On emploie, à 
cet effet, des meules de bois dur, sur les- 
quelles on a incrusté une certaine quantité 
de poussière de chanbon. 

BRUSQUÉ; BRUSQUÉE. (V. Attaque 
des places). 

BRUSQUER, brusquer une attaque, un 
siège, un poste, signifie qu'on arrive direc- 
tement au but décisif sans passer ou sans 
s'arrêter aux préliminaires ou aux phases de 
l'action. 

BUANDERIE. Lieu où l'on a établi un 
fourneau et des cuviers pour faire la lessive. 
On a établi des buanderies militaires dans 
certains corps de troupe, notamment dans la 
16" région de corps d'armée. 

BUCCELLAIRE. Soldat romain chargé 
du service des vivres ou à qui la nourriture 
était spécialement fournie. 

BUCCIN. Espèce de trombone en usage 
autrefois dans le service militaire. 

BUCCINATEUR. Sonneur de buccine, 
dans les légions de la milice romaine. 

BUCCINE. Instrument à vent, en forme 
de trompe et recourbé en G, dont on faisait 
usage dans les armées anciennes, pour les 
signaux ou le commandement. 

BUCÉPHALE. Nom du cheval d'Alexan- 
dre. Se dit (jnelquefois d'un cheval de pa- 
rade, de bataille. 

BUCHE. Morceau de bois de chauffage. 
La longueur des bûches livrées pour le 
chauffage des troupes ne doit pas dépasser 
1 mètre ; le pourtour doit être au minimum 
de 10 centimètres et au maximum de 30 cen- 
timètres; si elles dépassent cette dernière di- 
mension, elles doivent être refondues. 



BUGLE. 

BUCHERON. Celui qui est employé à 
abattre les arbres dans les forêts et à pré- 
parer le bois de chauffage. 

BUDGET. Acte par lequel sont prévues 
et autorisées les recettes et les dépenses an- 
nuelles de l'État. Le budget de l'État se di- 
vise en deux sections : les dépenses, et les 
voies et moyens d'y faire face, c'est-à-dire 
les lecettes. Les dépenses comprennent les 
fonds nécessaires pour assurer l'exécution des 
divers services dans des limites définies. Les 
recettes comprennent l'impôt, les revenus 
publics et les recettes accessoires des divers 
ministères, qui sont toutes versées au Tré- 
sor public. Chaque ministre établit annuel- 
lement l'aperçu des dépenses probables de 
son ministère, pour l'année suivante, et le 
remet au ministre des finances. Celui-ci éta- 
blit alors l'aperçu des recettes probables, 
d'après les années antérieures. Il coordonne 
ensuite les budgets particuliers et en forme 
un tableau d'ensemble qui présente, d'une 
part les dépenses afférentes à chaque minis- 
tère et à chaque service, et, d'autre part, 
les recettes par lesquelles il pouria être fait 
face à ces dépenses. 

Ce travail est ensuite remis à la Chambre 
des députés qui le fait examiner à loisir par 
une commission prise dans son sein et nom- 
mée commission du budget. 

Le budget est voté par chapitre et article, 
pour chaqtie ministère, d'abord par la Cham- 
bre des députés, puis par le Sénat : il est 
nécessaire que les Chambres se mettent d'ac- 
cord sur tous les points pour que le budget 
soit promulgué par le Chef de l'État et re- 
çoive ensuite son exécution. 

Indépendamment du budget Ordinaire, 
dont il vient d'être parlé, certaines circon- 
stances excejjtionnelles telles que la réfec- 
tion du matériel de guerre, l'exécution de 
grands travaux, etc., nécessitent parfois des 
dépenses considérables auxquelles on fait 
face au moyen d'enqirunts. Ce l^udgct porte 
le nom de budget extraordinaire. 

BUFFLE. Bœuf sauvage dont la peau 
servait autrefois à faire des justaucorps que 
les gens de guerre portaient en guise de cui- 
rasse. On en faisait également des baudi'iers. 
des ceinturons, etc. 

BUFFLETERIE. Nom collectif sous le- 
quel on désigne les di\ erses bandes do 
buftie ou de cuir fort qui font partie de 
l'équipement d'un soldat, tel que le porte- 
épée, le ceinturon, la bretelle de fusil. 

BUGLE. Espèce de trompette imaginée 
yiai' Weidengor, avec tube percé et armé de 
clés. Un grand et un petit bugle font partie 
do la musique militaire. 



.\ibc 




BULGARIE. 



412 



BUTOIR. 



BULGARIE et son armée. Le service 
niilitaiie est obligatoire à partir de l'âge de 
20 ans et sa durée est de 25 ans, dont 10 
dans l'armée active et sa réserve, 7 dans 
l'armée de réserve ou de 2" ligne, et 8 dans 
la milice nationale. 

Dans Varmce active, le temps de service 
sous les drapeaux est de 2 ans pour l'infan- 
terie et de 3 ans pour les autres armes, mais 
il y a une sorte de 2" portion du contingent 
qui ne reste que 2 mois. Les hommes d'in- 
fanterie passent 8 ans dans la réserve de 
l'armée active et, ceux des autres armes, 
5 ans. Les réservistes peuvent être convo- 
qués à des périodes d'instruction d'une durée 
de 4 semaines au plus. 

Les hommes de Varmée de 2° ligne ne sont 
astreints à aucune convocation d'instruction, 
mais simplement à des revues de contrôle. 
11 en est de même pour les hommes de la 
milice. 

Les effectifs de l'armée bulgare seraient 
ainsi de 46,500 hommes : 

Armée active et 

sa réserve.... 207,000 h™^'«. 

Armée de 2Migne. 128,000 — 

Milice 130,000 — 

L'infanterie est armée du fusil autrichien 
système Mannlicher à répétition, du calibre 
de 8™™ (V. Autriclie). 

BULLETIN. Écrit par lequel on rend 
compte, rhn(iue jour, de l'état actuel d'une 
chose importante pour le public. 

— administratif. Petit état ou écrit 
servant à constater certaines opérations 
telles que réparations aux armes ou aux 
efifets, versements d'armes ou d'effets, etc. 

de l'armée. Récit officiel d'une ou 

de plusieurs opérations de l'année. 

— officiel du Ministère de la 
guerre. Recueil dans lequel sont publiés 
les lois, ordonnances, décrets, décisions mi- 
nistérielles, règlements, notes, circulaires.etc, 
(•oncernant l'organisation et l'administration 
de l'armée de terre. Chaque bulletin porte 
un numéro et, sur la première page, le som- 
maire des matières qui y sont contenues ; il 
paraît à des époques quelconques. 

Le Balletin olficiel est divisé en deux par- 
ties : l'une, dite réglementaire, contient 
toutes les lois, règlements, décrets, déci- 
sions, etc., qui ont un caractère permanent; 
l'autre, dite supplémentaire, ne contient que 
les décrets, décisions, notes, etc., d'une uti- 
lité momentanée. 

Toute disposition insérée au BaUelin offi- 
ciel devient réglementaire et exécutoire à 
partir de la date de la réception du fascicule 
qui la contient, à défaut de notification an- 



térieure, aux autorités militaires qu'elle 
concerne. 

Chaque semestre, la partie réglementaire 
est reliée en un ou plusieurs volumes car- 
tonnés, suivant l'abondance des matières, et 
la partie supplémentaire est brochée en un 
volume. • . 

Des tables alphabétiques et des tables 
chronologiques, placées au dernier volume 
de chaque semestre, facilitent les recher- 
ches; il est établi, en outre, une table géné- 
rale, tenue à jour semestriellement, pour l'en- 
semble de la collection du Journal militaire 
et du Bulletin officiel, partie réglementaire. 
BUREAU. Meuble composé d'une table 
pour écrire et de tiroirs ou casiers dans les- 
quels on enferme des papiers, de l'argent, etc» 
Local où travaillent iiabituellement les 
commis, les employés. 

Se dit aussi de certains établissements qui 
dépendent de l'administration publique et 
qui sont destinés à quelque service public 
ou militaire. Tels sont : les bureaux de la 
guérie, au Ministère ; les bureaux du niajor, 
du trésorier, de l'officier d'iiabillement, dans 
les corps de troupe; les bureaux du génie, 
de l'artillerie, de l'état-major de la place, de 
la sous - intendance, du recrutement, etc., 
dans les villes de garnison. 

BUSQUE. Partie de la crosse du fusil 
qui s'unit à la poignée ; le nez et le talon en 
sont les extrémités. 

BUSQUÉ. Cheval dont la tète est arquée 
en forme de buse. 

BUSTE. La tète et la partie supérieure 
du corps d'une personne. 

Les salles d'honneur des corps de troupe 
doivent être ornées du portrait en buste du 
Président de la RépuJjlique. 

BUT. Point où l'on vise. La fin qu'on se 
propose. L'intention que l'on a. 

— en blanc Le second point d'inter- 
section de la trajectoire d'un projectile avec 
la ligne de mire. La portée de but en blanc 
est la distance du but en blanc à la bouche 
de l'arme à feu. 

BUTE. Instrument qui sert à couper la 
corne des chevaux. 

BUTER. Frapper, toucher au but. Sou- 
tenir un nmr, une voûte à l'aide d'un con- 
trefort. Se dit d'un cheval qu'une irrégula- 
rité de terrain fait broncher. 

BUTIN. Ce qu'on enlève à l'ennemi. 
Tout le butin pris sur l'ennemi devient la 
propriété de l'État. Dans certaines circon- 
stances seulement, le général en chef peut 
accorder aux partisans une part du butin 
dont ils se sont emparés, atin de les encou- 
rager. 

BUTOIR d'auget. Pièce du fusil à répé- 



CABJfcLE. 



113 



CADDOR. 



titioii français, fini sert à soulever et à 
abaisser l'auget pour le tir à répétition. La 
tranche inférieure de ce butoir, en prenant 
appui sur la nervure droite du corps de mé- 
canisme , fait également relever l'auget 
lorsque, celui-ci étant à l'abattu, on met le 
levier de manœuvre à la position du tir coup 
par coup. 

— de relèvement. Partie de Vauget 
qui, dans le tir cuiip par coup, arrête le 
tenon inférieur de la tète mobile lorsqu'on 
ramène la culasse mobile en arriére. 



BUTTE. Massif de terre élevé dans les 
champs de tir pour y appuyer les cibles et 
dans lequel doivent venir se perdre les balles 
tirées. 11 doit être assez élevé pour inter- 
cepter au passage toutes les balles tirées 
dans des conditions à peu prés normales. 

BUTTURE. Espèce de fusil de rempart 
dont la longueur allait parfois jusqu'à 
3 mètres. 

Longue arquebuse à raie ou carabine à 
rouet dont le canon était rave. 



CABACLE. Habit militaire des Grecs 
modernes. 

CABAN. Capote à capuchon et à man- 
ches, ne dépassant pas le genou. A été en 
service dans l'armée française jusqu'à l'adop- 
tion de la i-apote-manteau actuelle. 

CABARET. Auberge de rang inférieur. 
L'autorité militaire fait surveiller les caba- 
rets après la retraite ou dans les marches, 
pour empêcher les hommes de troupe de s'y 
arrêter clandestinement. 

CABAS. Espèce de grand bouclier em- 
ployé autrefois pour protéger les archers et 
les arbalétriers, ainsi que les assaillants d'un 
ouvrage. 

CABASSET ou CABACET. Casque ru- 
dimentaire, couvrant seulement la partie 
supérieure de la tète, de manière à permettre 
de mettre en joue les armes a feu. 11 n'avait 
ni crête, ni gorgerin, ni visière, et sa partie 
supérieure se terminait à vive arête et en 
pointe arrondie. Appelé aussi cerreliére. 

CABESTAN. Treuil à axe vertical mis 
en mouvement à l'aide de barres horizon- 
tales en crois, sur lesquelles agissent des 
hommes. Sert à faire effort sur un câble pour 
lui donner une tension plus ou moins grande, 
ou pour haler un fardeau. 

CABILLOT. Espèce d'olive en bois tourné, 
dont on se sert pour le gréement des cordages 
des ballons. 

CABINET. Petite pièce servant de lieu 
de retraite pour travailler. Se dit encore du 
ministère, considéré dans son ensemble, et 
du conseil, où se traitent les affaires géné- 
rales de l'État. 

Un cabinet, contenant deux baignoires et 
un lavabo, doit exister dans chaque in6r- 
merie régimentairc. 

CABLE. Gros cordage employé pour les 



manœuvres de force ou pour l'établissement 
de certains ponts militaiies. On en fabrique 
en chanvre, en acier, en /('/ de fer, etc. 

On emploie, dans la télégraphie militaire, 
un câble formé d'une âme consistant en sept 
fils de cuivre tressés de 0™™,4 de diamètre, 
entourés d'une enveloppe isolante de gutta- 
percha et d'une deuxième enveloppe isolante 
et protectrice en fdin tressé et goudronné. 
Son diamètre total est de 4™™, 5 ; il pèse 
28 kilogr. le kilomètre. 

CA60. Nom du caporal espagnol. 

CABULE. Espèce de bélier employé au 
XIP siècle. 

CACHET. Petit sceau métallique dont les 
fonctionnaires civils et militaires appliquent 
l'empreinte, à l'encre indélébile, à côté de 
leur signature, pour la rendre authentique. 
Dans ce cachet, les caractères et les em- 
blèmes sont en relief. Ces mêmes fonction- 
naires sont pourvus d'un second cachet, 
semblable au premier, mais dont les carac- 
tères et les emblèmes sont en creux, et qu'ils 
appliquent sur de la cire pour fermer les plis 
officiels, lorsque c'est nécessaire. 

CACHE-TÊTE. Capote en usage dans les 
corps pour protéger les yeux des chevaux 
qu'on abat. 

CACHOT. Petit local obscur où l'on en- 
ferme les prisonniers, par punition. 

CACOLET. Espèce de aiège à dossier que 
l'on adapte de chaque côté du bât des mulets, 
pour servir au transport des blessés qui peu- 
vent se tenir assis. 

CADAVRE. Corps privé de \ie. Se dit 
du corps humain, principalement. Il est 
prescrit, à la suite de chaque combat ou ba- 
taille, d'enterrer les morts et d'enfouir les 
cadavres des chevaux tués. 

CADDOR. Longue épée à lame droite que 
les .</>()/().< attai'liaient à la selle de leurs che- 



CADENCE. 

vaux pour sV'ii servir en monièrc de lance 
ou à (li'faut de leur sabre. 

CADENCE. Mesure qui règle la longueur 
et la vitesse du pas du soldat ; ce mouve- 
ment doit être égal et bien réglé. 

La vitesse du pas accélère, de 0™,75 de 
longueur, est de 120 pas par minute ; celle 
du pas gymnastique, de 0™,80 de longueur, 
est de 170 par minute. Le pas de route n'est 
pas cadencé ; sa longueur et sa vitesse sont 
variables. Le pas de clcarge est cadencé ; il 
est exécuté d'après les mêmes règles que le 
pas accéléré, mais à la vitesse de 140 pas à 
la minute. 

CADËNE. Cbahie à laquelle étaient atta- 
cbés les gabM'iens. 

CADENETTE. Ti-esse ou natte de clie- 
velure miliL;iire ; petite cbaîne double se 
retroussant de chaque côté de la tête sous le 
chapeau. 

CADET. Fils de seigneur servant volon- 
tairement, sans paye et sans être enrôlé, 
comme aspirant officier. Le corps des cadets, 
organisé par Louvois, a disparu à la Révo- 
lution après diverses vicissitudes. Cette 
institution est conservée dans un certain 
iiomljre d'armées étrangères, notamment en 
Allemagne et on Autriche. 

CADI. Magistrat qui remplit des fonctions 
analogues à celles de nos juges de paix, en 
Algérie et en Tunisie, mais seulement en ce 
qui concerne les indigènes. 

CADIS. Étofl'e de laine croisée presque 
semblable au drap. 

CADRE. Ensemble des ofliciers d'un ré- 
giment ; des officiers, sous-officiers et capo- 
raux d'une compagnie, d'un escadron ou 
d'une batterie. La loi du 18 mars 1875, 
modifiée par quelques lois postérieures, a 
organisé les cadres de l'armée française 
(armée active, réserve et armée territo- 
riale). 

— de mine. Employé dans la construc- 
tion des puits de mines militaires. 11 se com- 
pose de quatre pièces équarries, de mêmes 
dimensions , dont les 
deuxinférieures portent 
le nom de semelles et, 
les deux supérieures, le 
nom de chapeaux. On 
en distingue de deux 
espèces: 1° le cadre à 
oreilles (/i(/. 33), placé 
à la partie supérieure 
du puits, et dans lequel 
les bouts des semelles 
et des chapeaux dépas- 
sent le hors-d'œuvre du cadre de 0°\30 à 
0™,50, suivant la grandeur du puits (on 
supprime quelquefois les oreilles des cha- 



33. 





4U. CAHIER. 

peaux dans les petits puits) ; 2° le cadre 
uni, dans lequel les extrémités des chapeaux 
et des semelles affleurent le hors-d'œuvre 
du cadre. On appelle faux cadre un cadre ujii 
dont les dimensions hors œuvre sont de 
C^jOS à 0'",04 plus grandes ; on l'emploie 
comme cadre intermédiaire en cas de mau- 
vais terrain. 

Pour les puits de petite dimension, no- 
tamment pour ceux de 0'",80 de largeur 
dans œuvre, ou pour ceux 
de 0™,80 surO™,6S, on 
emploie des cadres cof- 
frants composés chacun 
de 4 planches de 0"',25 à 
0™,30 de largeur, assem- 
blées de champ au moyen 
d'entailles de la moitié 
de leur largeur (fig. 34). 
Le cadre supérieur est à 
oreilles, comme dans les 
puits ordinaires, mais pour les semelles seu- 
lement. 

CADUCÉE. Baguette entourée de deux 
serpents et formée de deux ailerons. Les an- 
ciens en avaient fait le symbole de la paix. 
11 constitue actuellement l'emblème distinetif 
du personnel militaire du service de santé. 

CAFË. Graine du caféier que l'on tor- 
léfie et que l'on réduit en poudre pour en 
faire une infusion dans l'eau bouillante. Le 
café est un stimulant énergique qui a tous 
les avantages des boissons spiritueuses sans 
en avoir les inconvénients. Cette vertu est 
attribuée à l'un des éléments essentiels qu'il 
contient, la caféine. Le café veit se conserve 
assez bien, mais le café torréfié perd son 
arôme, malgré tout le soin que l'on prend de 
le conserver dans des récipients parfaitement 
clos. Pour cette raison, le café ne doit pas 
être torréfié longtemps à l'avance, et il ne 
doit être moulu qu'au moment même de s'en 
servir. Le bon café torréfié doit avoir bonne 
odeur, bon goût et une nuance marron, plutôt 
rousse que foncée. 

Le taux de la lation de café est de 
16 grammes, mais elle est réduite à 10 gr. 
pour les troupes disposant de percolateurs. 

CAGE. On entend par cage d'un escalier, 
les murs qui limitent l'espace occupé par 
l'escalier. La cage du barillet est l'espace 
i-ectaiigulaire dans lequel il se meut. 

CAHIER. Assemblage de plusieurs feuil- 
lets de papier réunis. 11 y a, dans l'armée, 
des cahiers de rapport, de prescription des 
médecins, de visites médicales, de muta- 
tions, etc., réglementaires pour divers objets 
ou services. 

■ — des charges. État des clauses et con- 
ditions auxquelles sera faite une adjudica- 



% 

CAHUTE. 

tiou publique, et qui règlent les obligations 
véi'iproques des deux parties. 

CAHUTE. -Mauvais bâtiment. Se dit en 
terme de mêpiis d'une petite place ou d'un 
poste mal fortilié et en mauvais état. 

CÂID. Oflîeier public qui remplit en Al- 
gérie, vis-à-vis des indigènes, des fonctions 
presque analogues à celles de nos maires en 
France (V. Administration de l'Algérie). 

CAISSE. Golïre en bois dans lequel on 
met des maicbandises pom* les conserver ou 
pour les transporter. Cofïre-fort dans lequel 
on dépose de l'argent. Tous les comptables 
en deniers de l'administration de la guerre 
doivent être pourvus d'une caisse. Les con- 
seils d'administration des corps de troupe 
sont également pourvus d'une caisse fermée 
par deux serrures fonctionnant cliacuue au 
moyeu d'une clef spéciale : l'une de ces clefs 
est entre les mains du président du conseil 
d'administration, et l'autre entre les mains 
du major. 

— à archives. Les corps doivent possé- 
der des caisses d'un modèle particulier pour 
le transport de leurs arcbives (Décision mi- 
jiistérielle des 11 avTil et 3 juillet 1869). 

— à bagages. Les dimensions de la 
caisse à bagages sont : O'^.ôlO sur O'^.dîo 
et 0™,2oO. Poids maximum de la caisse 
vide 5 kilogrammes, pleine 14 kilogrammes. 
Les capitaines ont droit à 6 kilogrammes de 
supplément. Les officiers subalternes et les 
adjudants ont cb'oit à emporter avec eux, 
en campagne, une caisse à bagages ; les chefs 
de bataillon, ou assimilés, 2 ; les lieutenants- 
colonels, ou assimilés, 3 ; les colonels, ou assi- 
milés, 4. 

Les sous-officiers rengagés peuvent ache- 
ter des caisses à bagages peintes en noir 
(Décision ministérielle du 23 fé\Tier 1886). 

— à charbon. Caisses mobiles en bois, 
placées dans les chambres pour recevoir le 
charbon de chauffage. 

— à cartouches. Chaque fourgon à ba- 
gages des régiments d'infanterie et des ba- 
taillons de chasseurs à pied transporte une 
caisse chargée de cartouches à balles. 

— à effets. La voiture dite d'équipe- 
ment des régiments d'infanterie est chargée 
de 6 caisses; o pour les effets et la sixième 
pour une partie du matériel de réparations 
(Décision ministérielle du 26 décembre 1874, 
21 juin 1877 et 31 décembre 1883). 

— de tambour. Cylindre du tambour. 

— des dépôts et consignations. Eta- 
blissement fonctionnant sous le contrôle de 
l'Etat et dans les caisses de laquelle sont 
versées, au titre de l'armée, les sommes 
pouvant revenir aux héritiers des militaires 



4i5 



CALEÇON. 



décédés, ou celles qui, pour une raison pré- 
vue, ne peuvent être payées directement par 
les caisses militaires aux ayants droit. 

— d'outils d'art. Caisse transportée sur 
la voiture régimentaire d'outils de pionniers 
et contenant un certain nombre d'outils d'art. 

— de réparations. Chaque chef armu- 
rier a une caisse d'outils et pièces d'armes, 
qui est chargée sur les voitures à bagages de 
l'état-majoi-. 

— d'instruments de chirurgie vété- 
rinaire. Une décision ministérielle du 
29 juillet 1873, prescrit l'usage, dans- les 
corps de troupes à cheval, d'une caisse d'in- 
struments de chirurgie vétérinaire, payée 
par la masse de harnachement et ferrage. 

CAISSON à munitions. Voiture à qua- 
tre roues, destinée à porter des munitions. 
La partie essentielle d'un caisson est formée 
par des coffres, renfermant les projectiles, 
gargousses, étoupilles et autres objets néces- 
saires au service de la bouche à feu et au 
transport de son approvisionnement normal 
en munitions. 

Un caisson se compose d'un avant-train 
portant un seul coffre et d'un arrière-train 
portant un ou deux coffres semblables à ce- 
lui de V avant-train, ou un seul coffre d'un 
modèle spécial. Ces divers coffres sont orga- 
nisés de manière à pouvoir servir pour le 
transport des sacs des servants, et, au be- 
soin, des servants eux-mêmes. 

Le caisson transporte, en outre, des pièces 
de rechange, des moyens d'attache pour les 
chevaux, et des outils pour la construction 
des ouvrages en terre. 

Il y a, dans une batterie de campagne, 
6 caissons de première ligne et 3 caissons de 
deuxième ligne, portant ensemble 143 coups, 
y compris ceux contenus dans l'avant-train 
de l'affût. 

CALAT R A VA. Ordre de chevalerie espa- 
gnol, fondé en 1158; d'abord militaire et 
religieux, ne constitue plus qu'une distinc- 
tion honorifique. 

CALCANS. Nom que les Turcs donnaient 
à leurs boucliers au moyen âge. 

CALCAR. Nom donné par les anciens ù 
l'éperon du cavalier. 

CALCUL. Compte, supputation. Se dit 
des moyens que l'on combine pour le succès 
d'une affaire. Ce même mot s'applique encore 
à toutes les branches de la science des nom- 
bres qui emploient des méthodes parti( n- 
lières. C'est ainsi qu'où dit calcul intégral, 
calcul différentiel, etc. On a imaginé un 
grand nombre d'instruments et de machines 
pour faciliter ou effectuer les calculs. Les 
plus usités sont les abaques. 

CALEÇON. Espèce de culotte de dessous 



CALÉIE. 

desceiidaDt deiniis la reiiiture jusqu'à la 
cheville. Dans l'armée française, chaque 
homme de troupe est pourvu de deux cale- 
çons en tode de coton. 

— de bain. Caleçons en toile de coton 
nécessaires pour l'école de natation et payés 
par la masse d'habillement et d'entretien. 

CALÉIE. Massue d'un poids énorme que 
les anciens lançaient sur les ennemis pour 
les écraser. 

CALEPIN. Petit morceau de papier en- 
roulé autour de la partie cylindrique des 
balles de fusil qui n'ont pas d'enveloppe 
métallique; il sert à empêcher Vemjdombage 
des rayures. 

CALIBRAGE. Opération de fixer et de 
vérifier le calibre do Vdme des bouches à feu. 
Les contrôleurs d'armes, dans leurs visites 
annuelles de l'armement, doivent spéciale- 
ment procéder à cette vérification au moyen 
d'un projectile vérificateur. 

CALIBRE. Diamètre intérieur de Vdme 
d'une bouche à feu, mesuré à la bouche. Le 
calibre des projectdes se mesure extérieure- 
ment ; c'est son diamètre pour le projectile 
cylindrique ou cylindio-conique ; s'il est 
ovoïde, c'est le plus petit diamètre de son 
milieu. On désignait autrefois la longueur 
du canon par le nomljre des calibres ; actuel- 
lement, on désigne souvent ainsi la longueur 
de la cartouche. L'instrument servant à ca- 
librer s'appelle aussi le calibre. 

11 y a aussi des calibres pour la véi'ifica- 
tion des fers confectionnés ; ils sont fournis 
par le Ministre. 

CALIBRER. Régler le calibre de l'âme de 
la bouche à feu et celui du projectile qui lui 
convient, suivant des règles déterminées. 

CALIGA. Espèce de sandale constituant 
la chaussure des soldats romains. 

CALOT. Partie supérieure du schako ou 
du képi. 

CALOTTE. Petit bonnet en drap, dont 
sont pourvus les hommes montés pour le ser- 
vice des écuries et pour les corvées. 

La calotte d'écurie est confectionnée avec 
du drap provenant des effets hors de service. 

La calotte de coton est le bonnet de nuit 
que portent les soldats. 

Partie du revolver qui termine la carcasse 
à son extrémité inférieure. 

CAMAIL. Partie supérieure de la colle 
de mailles qui, en se rabattant sur la tète 
comme un capuchon, formait une espèce de 
bonnet appelé cap de mailles, d'où camail. 

Dans les dépôts de remonte, il doit exister 
un certain nombre de camails, confectionnés 
avec de vieilles couvertures, destinés aux 
chevaux malades, lors de la mise en route 
des convois. 



I1() CAMOUFLET. 

CAMARADE. Celui qui partage le même 
genre de vie, les mêmes dangers. Lorsque 
les soldats couchent par deux, en billet de 
logement, on nomme camarades de lit les 
deux hommes qui doiveirt partager le même 
lit ; les camarades de chambrée sont ceux 
qui font partie de la même chambrée ; les 
camarades de combat sont ceux qui ne 
doivent pas se quitter pendant les manœu- 
vres en ui'dre dispersé et pendant le combat. 
CAMARADERIE. Union familière qui 
existe entre camarades. 

CAMBOUIS. Vieux oing dont on a 
graissé les roues d'une voiture, et qui est 
devenu noir par le frottement. 

CAMBRURE. Courbure légère qui, dans 
les chaussures militaires, va du devant du 
talon à l'avant-pied. 

CAME. Disque calé sur un arbre et des- 
tiné à transformer un mouvement circulaire 
continu en mouvement alternatif, rectiligne 
ou ciri-ulaire, en exerçant une action inter- 
mittente. On en trouve dans les fusils à ré- 
pétition et dans les viilrailleuses. 

CAMIONNAGE. Transport par camion. 
On doiuie plus particulièrement ce nom au 
transport du matériel de la gare à l'adresse 
du destinataire et vice versa. Le camionnage 
à l'arrivée et au départ doit s'effectuer par 
les corps de troupe eux-mêmes, lorsqu'ils 
possèdent des moyens de transport; à dé- 
faut, on a recours au train des équipages, 
lorsqu'il en existe dans la place; enfin, à 
défaut d'autres moyens, on a recours à un 
entrepreneur civil, avec lequel le service de 
l'intendance jiasse un marché. 

CAMISADE. Nom donné aux surprises 
de places fortes ou de postes pendant la 
nuit, aux XVI'= et XVII" siècles. Les troupes 
assaillantes mettaient quelquefois leur che- 
mise par-dessus l'armure, pour se recon- 
naître. 

CAMOUFLET. Fourneau de mine à fai- 
ble charge, qui ne produit pas d'effet exté- 
rieur, et dont le but est seulement d'agir 
contre une galerie voisine. Employé surtout 
pai' la défense, il doit être établi rapidement, 
tantôt au moyen d'un rameau, tantôt au 
moyen d'un forage. Jadis, le camouflet con- 
sistait à souffler une fumée très épaisse ou 
puante sur le mineur ennemi, à travers des 
trous de tarière ou des canons de fusil ou- 
verts aux deux Ijouts. 

— Contrepuits. Fourneau de mine pré- 
paré d'avance de l'intérieur des galeries, au 
moyen de la machine à camouflets, et des- 
tiné à détruire les puits ou autres ouvrages 
de l'attaque, sans nuire aux galeries de la 
défense. La machine à camouflets se compose 
essentiellement d'une tarière de 0'",18 de 



CAlfcP. 



Ul 



CANAL. 



largeur, mise en mouvement au moyen d'eii- 
5:rena?es qui lui impriment un double mou- 
vement de rotation et de translation. 

CAMP. Terrain choisi et préparé d'a- 
vance sur lequel une troupe en armes s'éta- 
blit, soit sous des tentes, soit dans des bara- 
ques, pour un séjour de quelque durée. 

Les troupes ne sont campées que dans des 
cas particuliers, par exemple lorsqu'il s'agit 
d'occuper une position fortifiée, d'assiéger ou 
d'investir xme place forte, sans qu'il soit 
possible de cantoyiner. Le choix de l'empla- 
cement d'un camp, sa forme, son installa- 
tion, dépendent du but qu'on se propose et 
de sa durée présumée. 

L'établissement d'un camp, dans l'anti- 
quité, constituait \ine opération très impor- 
tante, au moyen de laquelle un camp deve- 
nait une vraie position militaire, plus ou 
moins fortifiée. 

— d'instruction ou de manœuvre. 
Rassemblement de troupes, fait le plus sou- 
vent en temps de paix, dans des emplace- 
ments convenables, pendant un temps plus 
ou moins considérable, en vue de développer 
l'instruction ou d'expérimenter des manœu- 
vres. Sont presquc-complètemeut supprimés 
et remplacés par les grandes manœuvres. 

— de rassemblement. Lieu où l'on 
réunit toutes les troupes qui doivent former 
une armée au début d'une campagne. 11 peut 
avoir pour but l'envahissement du pays 
étranger (camp de Boulogne), soit de s'op- 
poser à l'envahissement des armées enne- 
mies. Ne sera plus guère employé à cause 
des effectifs considérables des armées mo- 
dernes. 

— retranché. Camp établi autrefois 
sous les murs d'une place de guerre et que 
l'on protégeait par des retrancliements de 
fortification passagère venant s'appuyer à 
l'enceinte de la place. Actuellement, un 
camp retranché n'est autre chose qu'une po- 
sition militaire assez étendue et importante 
qui est fortifiée de manière à pouvoir abriter 
une armée qui a besoin de se refaire ou de 
compléter ses approvisionnements. Ces forti- 
fications peuvent être établies soit à l'avance, 
soit au moment même d'une guerre comme 
à Plewna. 

Les places fortes actuelles, avec forts dé- 
tachés, ne sont pas des camps retranchés, 
puisqu'elles n'ont pas été construites dans ce 
but, à l'exception de Paris; mais elles pour- 
raient, en général, être utilisées dans ce 
sens. 

— volant. Camp occupé par une troupe 
légère, composé surtout de cavalerie, dans 
le but d'observer et de harceler l'ennemi. 

CAMPAGNE. Grande étendue de pays. 



En terme militaire, ce mot désigne le temps 
que dure une guerre ou une grande expédi- 
tion militaire. 

Pour la retraite, les campagnes des mili- 
taires se comptent de la manière suivante : 
une demi-campagne, pour chaque année de 
service fait à bord d'un vaisseau en temps 
de paix ; une campagne, pour chaque année 
de service de guerre en Europe, ou à bord 
d'un vaisseau eii temps de guerre ; deux 
campagnes, pour le service de guerre fait à 
une armée hors de l'Europe. Par exception, 
le service fait en Ci'imée a été compté comme 
fait hors de l'Europe, et le senice fait 
actuellement en Algérie, au Tonkin ou aux 
colonies est assimilé au service fait en Eu- 
rope. 

CAMPEMENT. Action de camper. Lieu 
où des troupes sont campées. Matériel néces- 
saire pour camper et service chargé de fournir 
ce matériel. Réunion du personnel chargé de 
reconnaître et de préparer un cantonnement 
ou un bivouac. Ce personnel comprend: pour 
un régiment d'infanterie, 1 adjudant-major, 

1 adjudant par bataillon, 1 fourrier, 1 ca- 
poral et 2 soldats par compagnie ; pour un 
régiment de cavalerie ou un groupe de bat- 
teries, 1 officier et 1 adjudant, et, par esca- 
dron ou batterie, 1 fourrier, 1 brigadier et 

2 soldats. 

Le campement de cliacun des services du 
corps d'armée ou de la division comprend un 
seul oflîcier ou sous-officier, assisté d'un ou 
de plusieurs soldats. 

CAMPER. Opération de dresser et d'or- 
ganiser un camp ; séjourner temporaire- 
ment. 

CAMPESTRE. Espèce de jupon court ou 
tablier de cuir descendant des reins aux ge- 
noux et employé par les soldats grecs ou 
romains pour certains exercices où le reste 
du corps demeurait nu. 

CAMPHRE. Composé neutre, analogue à 
la résine, blanc, transparent, d'une odeur 
vive et pénétrante. Est employé dans les 
magasins d'habillement, concurremment avec 
d'autres substances, pour la conservation des 
effets de laine et de drap. 

CAMPIDUCTEUR. Instructeur ou direc- 
teur des exeii'ices d'un camp romain. 

CAMPYLOMÈTRE. Instrument servant 
à mesurer les distances sinueuses sur une 
carte. C'est un curvimèlre perfectionné, au- 
quel on a ajouté des éciielles permettant de 
lire directement les distances parcourues par 
une roue dentée que l'on fait circuler sur les 
lignes à mesurer. 

CAMUS. Qui a le nez court et plat. 

CANAL. Cours d'eau artificiel. Se dit de 



CANAPSA. 



U8 



CANON. 



toute espèce de voie qui sert de passage aux 
liquides. 

— de baguette. Rainure pratiquée dans 
le bois d'un fusil pour servir de logement à 
la baguette. 

— de lumière. Petit trou percé dans la 
culasse d'une bouclie à feu pour mettre le 
feu à la charge. 

CANAPSA. Espèce de carnassière en toile 
0X1 en cuir que les lansquenets portaient en 
sautoir et qui est devenue le havresac de 
l'infanterie et le sac à avoine de la cavalerie. 

CANARDER. Tirer, d'un endroit cou- 
vert, un peu à tort et à travers. 

CANARDIÈRE. Soite de guérite ou 
ècUnuguelle faisant saillie dans les anciens 
chdlcaux forts, et d'où l'on pouvait tirer de 
très loin, et en sûreté, sur les assaillants. 

CANCER. Tumeur qui se développe dans 
tous les tissus du corps. Celui du testicule 
est un cas de réforme. 

CANDIDAT. Celui qui postule une place, 
un emploi, un grade, ou qui est insoit pour 
un examen. Les règlements ou décisions mi- 
nistériels indiquent les conditions à remplir 
par les candidats. 

CANDIDATURE. État d'un candidat ; 
poursuite que fait un candidat. 

CANDJIAR. Espèce de sabre court à 
deux tranchants, dont la lame est légère- 
ment recourbée. C'était l'arme des Janis- 
saires. 

CANEVAS polygonal. Ensemble des 
polygones contigus, qui forment l'ossature 
B'un terrain à lever et qui sont déterminés 
de façon qu'il soit facile d'y rapporter tous 
les détails à j-eprésenter sur le plan. Ce ca- 
nevas a pour but d'éviter l'accumulation des 
erreurs dans le lever des détails. 

CANNE. Bâton léger dont on se sert pour 
marcher. 

Il y a des cours de canne facultatifs dans 
les régiments d'infanteiie. 

— de tambour-major. Longue canne 
terminée par un pommeau à l'une de ses 
extrémités et entourée d'un cordon portant 
des pompons. Elle sert, au tambour-major, 
pour diriger les batteries des tambours et les 
sonneries des clairons. Les caporaux tam- 
bours en ont une à peu près semblable. 

CANNELURE. Évidement existant dans 
les lames de sabre. 

CANNETILLE. Petite lame très fine d'or 
ou d'argent tortillé, qui est placée comme 
ornement sur les képis et les collets des offi- 
ciers d'administration, des adjoints du génie, 
des gardes d'artillerie et des archivistes 
d'état-niMJor. 

CANON. C'est la bouche à feu organisée 
pour tirer de In poudre 1p rendement maxi- 



mum, c'est-à-dire pour imprimer la plus 
grande vitesse possible à un projectile de 
poids donné. 11 y a des canons de calibres, 
de longueurs et de poids très divers, pour 
répondre aux conditions de puissance, de 
mobilité et de service auxquelles doit ré- 
pondre l'artilleiie dans les chvers cas. Au 
point de vue de la longueur et du poids, les 
canons se divisent en longs, appelés aussi 
lourds, et en courts ou légers. La longueur 
des canons varie avec la vitesse de combus- 
tion de la poudre employée, et, pour per- 
mettre aux gaz de la poudre de produire 
leur maximum d'effet utile, elle est d'autant 
plus grande que la combustion est plus lente. 
Le poids est limité surtout par des considé- 
rations de résistance des atTùts et de mobi- 
lité pour les canons de campagne ; pour 
le matériel de siège, on ne peut (k^jtasser 
3,S00 kilogr. pour des raisons de mobilité ; 
il n'y a pas de limite de poids pour les ca- 
nons de place, de côte et de marine, 
qui n'ont pas à être déplacés. 

On a indiqué, au mot bouches à feu, la 
division et le rôle des diverses espèces do 
pièces. Le tableau ci-contre résume les don- 
nées générales sur les diverses esi^èces de 
canons, leurs projectiles et leurs affûts. 

Les canons employés par la marine sont, 
en général, très puissants et très lourds. Les 
principaux sont : 1'' les canons modèle 1875, 
de 10"™, â?"^"", 34<^™ et 42«™, avec une vi- 
tesse maxima de 530 mètres ; 2° le canon 
modèle 1875-79, de 10°^, 55 de longueur ; 
3° les canons modèles 1881, en service, jus- 
qu'au calibre de Si*"™ et construits sans 
tubage; 4" les canons modèle 1884, de lO"^"", 
14cm^ 16"™, 24"", 27"™, 34"™, de 28 à 30 
calibres de long, et devant donner une vi- 
tesse de 620 mètres : le canon est frellé jus- 
qu'à la bouche et la pièce organisée pour 
l'emploi des poudres brunes prismatiques. 

CANON automatique Maxim. M. Hi- 
rand Maxim, outre ses mitrailleuses lançant 
automatiquement des balles de fusil, a in- 
venté une série de canons à tir rapide, et un 
canon automatique de 37™™ qui tire des 
projectiles de 5'',65. C'est la force de recul 
du canon qui produit automatiquement les 
différents mouvements de la charge. Notre 
marine étudie ce genre de canon. 

— à balles. Le canon à balles, destiné 
à la défense des fossés, est formé de 25 tubes 
en acier, du calibre de 13™™, disposés par 
séries de 5 et enfermés dans une enveloppe 
en bronze. Il peut lancer très rapidement un 
grand nombre de projectiles. La culasse mo- 
bile est un plateau d'acier percé de 25 trous 
pour recevoir les cartouches. Ce canon, dont 
la portée et la vitesse ne sont guère supé- 



CANbN. 



-119 



CANON. 





I.OX- 


















POIDS 


POIDS 


POIDS 


du 


PORTÉE 




ESPÈCES DE PIÈCES. 


du 
canon. 


de 


de 


de la 




OBSERVATIONS. 




l'affi\t. 


la pièce. 


charge. 


tile. 


inaxima. 




1» de campagtiP. 


met. 


kil. 


kil. 


kil. 


kil. 


met. 


/ Les 3 pièce? de campagne sont 
en acier, rayées, frettées, du sys- 
tème de Banse. Elles tirent des 
















SO"" de campagne. 


2,300 


500 


430 


1,500 


5,500 


7,000 


obus ordinaires, des obus à balles, 


80"" de montagne. 


1,200 


117 


105 


0,400 


5,850 


» 


j à mitraille. Les projectiles du 


90 mm (Je campagne. 


2 , 280 


710 


530 


1,900 


8,000 


7,500 


1 canon de montagne sont tirés 
avec une charge plus faible que 
celle du 80"" de campagne; aussi 


2e de siège. 














la portée est inférieure. 
f On utilise encore provisoire- 


95°"° 


2,. 500 


710 


710 


2,100 


10,950 


8,000 


ment comme pièces de siège, 
quelques pièces ancien modèle de 




r'O"" 


3,600 
3,700 


1 440 


1 200 


4 500 


18 000 


9 000 


12 et de 24. Les pièces de 120"", 
lôômm et 220"" sont en acier, 
ravées, frettées, du système de 


155mm court 


1,125 


1,025 


7,000 


34,000 


9,000 ^ 


155°"° Ion:; 


4,200 


3,270 


2,530 


8,750 


40,000 


10.000 


Bange. — Le canon de 95"", le 


SÎO"" 


.. 


5,650 


6,027 


» 


.. 


» 


plus mobile, a encore une effica- 
cité suffisante contre les obsta- 




13§mm PU lironze. . 


3,104 


-00 


1,940 


3,540 


23,500 


7,700 


cles. — Le r.anon de 138"" en 
V bronze se charçe par la culasse. 


3' de place. 














En dehors des canons indi- 














qués ei-eontre, on utilise en- 


12 He campagne 
transformé 














core, comme matériel de place, 


2,982 


1,193 


610 


1,400 


11,500 


4,700 


les canons de siège ci-dessus, et 
l'ancien matériel des calibres ci- 


Canon à balles... 


» 


„ 


„ 


» 


072 


» \ 


après : 5 et 7 rayé, en bronze, se 


Canon-revolver. . . 


1-800 


'• 


» 


» 


0,032 




chargeant par la culasse ; 4 de 
montas^ne : 4, 8 et 12 de cam- 
pagne '; 12 et 24 de siège et de 


4» de côte. 














place, tons en bronze rayé et se 
chars^eant par la bouche. 


19-«> 


3,800 


„ 


8,000 


8,000 


52,250 


» / 


Toutes les pièces de côte se 


24':»' 


4,580 


» 


14,500 


16,000 


100,000 


1 


charsent par la culasse. Les ca- 
nons" de 19'", 24'", 27'" et 32'" 


27'°" 


5,380 
6,700 


» 


23,200 
39,000 


42,000 
66,000 


180,000 
286,500 


„ i 


sont en fonte, rayés, tuhés et 
Irettés ; le canon de 240"" est en 
acier rayé et fretté. Les frettes 


32'" 




240"" 


4,940 


I) 


15,660 


28,000 


120,000 


i 


et les tubes sont en acier. 





lieures à celles du fusil à répétition actuel, 
et dont le mécanisme est délicat, est supprimé 
en principe et remplacé par le canon-re- 
volver. 

— à fils d'acier. Canons entourés de 
frettes posées sans serrage, ce qui augmente 
d'autant plus la résistance des tubes qii'il y 
a davantage de rangées de frettes superpo- 
sées. Des essais des canons de ce genre, faits 
dès I800 par un ingénieur anglais, M. Lou- 
gridge, ne réussirent pas mais furent repris 
avec succès, en 1871, par le capitaine Schulz, 
de l'artillerie française, qui trouva un pro- 
cédé pratique pour attacher les fils sans pres- 
sion. Divers types ont été construits et sont 
encore en expérience dans quelques puis- 
sances. 

— démontables. La difficulté de trans- 
porter et de mettre eu batterie, dans les 
tranchées ou pendant les diverses périodes 
du siège, les pièces de gros calibres de l'as- 
siégeant, a donné l'idée, au colonel russe 
Kolokolzone, de partager ces pièces en plu- 



sieurs parties faciles à démonter et à re- 
monter, dans un temps relativement court, 
avec des moyens méi'aniques fort simples, 
sans que la résistance et la sécurité de la 
pièce fussent compromises. Il y est parvenu 

Fig. 35. 




eu fractionnant le canon en deux parties et 
eu y introduisant un tube central {/ig. 33). 
Le colonel anglais Le Jlesurier a admis le 
même ordre d'idées pour des pièces de mou- 



CA.NON. 



tagne plus lourdes que celles du type actuel ; 
les deux tronçons sont assemblés au moyen 
d'un écrou et munis d'un obturateur empê- 
chant les fuites de gaz par le joint. 

La question des canons démontables n'est 
pas encore parfaitement résolue, mais elle 
est en bonne voie et elle ne peut que contri- 
buer au développement de l'artillerie. 

— pneumatiques. L'effet destructeur 
des projectiles creu\ de l'artillerie chargés 
de poudres brisantes telles que la dynamite, 
la nitro-glycérine, est considérable et rien 
n'y résiste ; mais le tir de ces projectiles 
dans les canons, et par les procédés ordi- 
naires, n'avait pas d'autre résultat que des 
accidents et la destruction des pièces em- 
ployées pour les essais. Pour y remédier, on 
a cherché à supprimer ou à atténuer sensi- 
blement le choc au départ auquel sont soumis 
ces projectiles. Deu\ moyens ont été pro- 
posés pour résoudre la difticulté: 1° conserver 
la poudre comme propulseur, mais en inter- 
calant entre le projectile et la gargousse un 
tampon destiné à amortir le choc au départ ; 
2° en employant l'air comprimé à une pres- 
sion déterminée comme force de projection. 

Au lieu d'employer uniquement l'air com- 
primé, comme le fait le capitaine Zalinski, 
de la marine des États-Unis, dont nous ve- 
nons d'indiquer la méthode, M. Maxim ajoute 
une certaine quantité d'un hydrocarbure vo- 
latil, comme la gazoline. Le mélange gazeux 
ainsi produit est introduit sous pression der- 
rière le projectile qui, après un certain par- 
cours dans Vm'me, fait agir un détonateur 
produisant l'explosion du mélange gazeux. 
D'après M. Maxim, la pression initiale em- 
ployée pourrait être moitié moindre qu'avec 
le procédé Zalinski et, par suite, les dangers 
d'explosion prématurée beaucoup moindres. 

— revolver. Engin intermédiaire entre 
le canon de campagne et la mitrailleuse. 11 
tient du canon en ce qu'il lance des projec- 
tiles creux en fonte faisant explosion au 
point de chute, au moyen d'une fusée per- 
cutante ; il ressemble à la mitrailleuse par la 
multiplicité des canons (5 ou 6), dont le 
chargement se fait automatiquement, et par 
son tir, qui est continu sans produire de 
recul ; mais il en diffère parce qu'il ne pos- 
sède qu'un seul mécanisme de culasse pour 
tous les canons. 

Depuis 1879, l'artillerie française a admis, 
pour l'armement des caponniéres, le canon- 
revolver Hotchkiss, dont les 5 tubes de 40™™ 
de diamètre ont une rayure de pas différent ; 
cette différence de pas permet de cribler de 
projectiles un espace correspondant à la lon- 
gueur et à la largeur d'un fossé de fortifica- 
tion. Un mécanisme simple et solide, ren- 



420 CANON. 

fermé dans un manchon-enveloppe, permet, 
au moyen d'une manivelle et d'une vis sans 
fin, de tirer sans interruption, l'extraction 
se faisant automatiquement. L'alimentation 
peut se faire, soit à la main, soit à l'aide 
d'une trémie. L'absence de recul permet de 
ne pas renouveler le pointage à chaque coup 
et, par suite, de tirer par le brouillard, 
l'obscurité, etc. (/?(/. 36, p. 999). 

Fis. 36. 




— à tir rapide. Le canon à tir rapide 
lance des projectiles creux (obus ordinaires, 
obus à balles ou boîtes à mitraille) avec une 
vitesse pouvant atteindre 36 coups par mi- 
nute, mais en moyenne de 10 à 12. 11 ne 
comporte qu'un seul tube, de calibre infé- 
rieur à celui des canons de campagne. Ces 
canons sont utilisés pour la défense des 
places, principalement pour l'armement des 
caponniéres de flanquement. En vue de sup- 
pléer à l'insuflisance du canon-revolver, la 
marine a étudié les systèmes de canons à tir 
rapide Hotchkiss et NordenfeU, au point de 
vue de l'armemeut des navires et des com- 
pa.îïnies de débarquement. 

Les canons Hotchkiss sont des calibres 
de 37™™, 47™™ et 57™™ ; leur mécanisme de 
culasse est à bloc ; en tirant à soi un levier 
fixé à droite du canon, on abaisse le bloc et 
le percuteur se trouve armé, en même temps 
que l'extracteur a expulsé l'étui vide. Une 
cartouche est introduite et l'on ferme la cu- 
lasse, qui est fixée à une espèce de crosse de 
pistolet dont on presse la détente pour faire 
partir le coup. On distingue deux groupes : 
les canont longs, dont la vitesse initiale at- 
teint 620 mètres, et les canons courts, dont 
la vitesse varie de 435 à 4o0 mètres. L'effet 
du tir des canons longs est suffisant pour 
perforer les organes essentiels des torpilleurs 
(chaudière et machine). Le 47™™ est en ser- 
vice dans la marine française ; le 57™™ est 
adopté par l'amirauté anglaise. On étudie 
des canons à tir rapide de 67™™ et de 
100™™. 

Les canons Nordenfelt. plus compliqués, 
mais à tir plus rai)ide que les Hotchkiss, ont 



i 



CANONNADE. 



m 



C ANTONN EMENT. 



un mécanisme de culasse comprenant un bloc 
et un coin, articulés ensemble. Ils ont des 
calibres bien plus variés (de 32'""" à 107™-") 
et un plus grand nombre d'affectations, mais 
ils n'ont pas été admis en France. 

11 existe encore divers systèmes de canons 
à tir rapide, dont on doit se borner à donner 
ici le titre : tels sont les systèmes Griison, 
Armstrong, Krupp, 3/axiHi, dont les calibres 
vont jusqu'à 13"^™ et même IS'^™. 

CANONNADE. Feu souteim d'une ou 
plusieurs pièces de canon ; effet que produit 
l'explosion du canon dans une bataille ou 
dans un combat. 

CANONNER. Battre à coups de canon ; 
lancer des projectiles avec le canon. 

CANONNIER. Soldat d'artillerie chargé 
du service des bouches à feu; synonyme 
d'artilleur. Ceux qui sont montés sont 
nommés canonniers conducteurs; ceux qui 
sont à pied portent le nom de canonniers 
servants. 

— gardes-côtes. Canonniers affectés spé- 
cialement à la défense des côtes ; créés par 
Louis XIV ; n'existent plus actuellement. 

— vétérans ^ou sédentaires. Sous- 
arme de l'artillerie à pied ; devenaient partie 
intégrante de l'armée sédentaire après avoir 
servi activement dans l'artillerie. Un arrêté 
du 12 floréal an xi distinguait 4 compagnies 
de canonniers vétérans parmi les sédentaires. 
Actuellement, on désigne sous le nom de 
canonnier vétéran un sous-officier ou [quar- 
tier-maître de marine qui, après avoir sem 
à bord 4 ans comme canonnier, est envoyé 
sur un vaisseau spécial pour perfectionner 
son instruction dans la manœuvre et le ser- 
vice des pièces de l'artillerie de marine. 

La f" région de corps d'armée comprend 
2 bataillons de canonniers sédentaires (là 
Lille et 1 à V'alenciennes) , créés depuis le 
siège de ces villes en 1792, et que l'on a 
maintenus à cause de leur valeureuse défense 
à cette époque. Ces 2 bataillons font partie 
de l'arntée territoriale et se recrutent par 
enrôlements volontaires parmi les hommes 
de l'armée territoriale, ou sa résene, ou 
même libérés définitivement du service mili- 
taire. 

CANONNIÈRE. Au début, tente servant 
à abriter 4 canonniers, puis toutes les tentes 
portèrent ce nom jusque vers 1830. On 
donnait aussi ce nom, autrefois, à des ou- 
vertures pratiquées dans les murs, analogues 
à nos embrasures couvertes. 

En terme de marine, une canonnière ou 
plutôt une clialoupe-canonnière est un petit 
navire à faible tirant d'eau et pourvu d'une 
puissante artillerie ; elle est employée sur 
les côtes ou dans les grands cours d'eau pour 



coopérer au bombardement des ports ou au 
servii-e des stations navales. 

CANOT. Petite embarcation; petit ba- 
teau. 

CANOTAGE. Action de conduire un ca- 
nut. Les pontonniers et les soldats du génie 
sont exercés au canotage. 

CANTABRE. Habitant de la Tarraco- 
naise. 11 y a eu à plusieurs reprises, dans 
l'armée française, des corps basques, bis- 
caïens, pyrénéens, nommés Cantabres et 
coiffés d'un béret. 

CANTINE. Lieu où l'on vend à boire et 
à manger, dans une caserne ou autre établis- 
sement. Elles ont pour but principal de pour- 
voir à la nourriture des sous-officiers. Il en 
existe généralement une par bataillon, dans 
l'infanterie ; deux par régiment, dans la ca- 
valerie ; trois par régiment, dans l'artillerie ; 
et quatre par régiment, dans le génie; mais 
ces chiffres n'ont rien d'absolu. 

— d*ambulance vétérinaire. 

— à vivres. Coffre à compartiments des- 
tiné à contenir les vivres et les ustensiles 
nécessaires aux officiers en campagne. Il en 
est alloué une pour 4 ou 5 officiers. Elle 
renferme 2 rations de vivres par officier, 
ainsi que le matériel nécessaire pour faire la 
cuisine et pour prendre les repas. 

— médicale, il existe, dans chaque 
corps, une paire de cantines médicales desti- 
nées uniquement à être utilisées en cam- 
pagne. 

CANTINIER. Celui qui est chargé de 
tenir une cantine. En temps de guerre, les 
cantiniers civils autorisés à suivre les armées 
en campagne seront pourvus d'un uniforme 
en drap gris bleuté et devront porter une 
plaque. 

CANTINIÈRE. L'épouse du cantinier. 
Elle est pourvue d'une commission délivrée 
par le conseil d'administration. Elle est tenue 
de nourrir, à des tarifs fixés par le colonel, 
les sous-ofliciers et les caporaux ou soldats 
autorisés à ne pas vivre à l'ordinaire. Elle a 
la permission de tenir, dans la caserne, un 
débit de boissons et de denrées alimentaires. 
Elle n'est plus astreinte à porter un uni- 
forme, comme jadis, mais seulement une 
plaque sur le bras. Elle a le droit d'em- 
mener, en campagne ou aux manœuvres, une 
voiture portant certaines inscriptions régle- 
mentaires et qui marche avec le train régi- 
mentaire. 

CANTONNEMENT. Lieux habités que 
les troupes occupent sans y être casernées. 
L'établissement des troupes au cantonne- 
ment doit être aussi fréquent que possible, 
d'après le règlement sur le service en cam- 
pagne. Pour cantonner, on utilise toute la 



CANTONNER. 



422 



CAPONNIÈRE. 



superficie couverte ; toutefois, les habitants 
ne sont jamais délogés. de la chambre et du 
lit où ils ont l'habitude de coucher. Lorsque 
l'armée est couverte à gi-ande distance, les 
cantonnements peuvent être étendus, de 
façon à assurer aux hommes des abris con- 
venables ; dans le voisinage de l'ennemi, et 
quand il est nécessaire de se concentrer, les 
cantonnements sont plus resserrés. La répar- 
tition du cantonnement est faite par les gé- 
néraux ; la préparation du cantonnement est 
faite par le détachement du campement, de 
la manière indiquée à l'article 44 du Service 
en campagne. 

Dans les investissements, les cantonne- 
ments des troupes de siège sont situés hors 
de portée du canon de la place, soit à 8 ou 
10 kilomètres des ouvrages les plus avancés. 
On utilise, pour leur installation, les vil- 
lages, hameaux, fermes, etc., et, exception- 
nellement, on crée à cet effet des camps bara- 
ffués. 

CANTONNER. Action de s'installer dans 
un cantonnement. 

CAP. Tête [armé de, pied en cap). 

— de mailles (V. Camail). 

— d'escouade. Chef d'escouade, quelque 
chose comme le caporal actuel. 

— de more. Cheval à poil rouan, avec 
tète et pieds noii's. 

CAPARAÇON. Armure de fer ou couver- 
turc qui enveloppait le cheval, au temps de 
la clicvalerie. 

CAPE. Manteau militaire des anciens, 
fait en poil de chèvre. Il recouvrait et ca- 
chait l'armure des chevaliers sous une forme 
ressemblant un peu à notre capote de troupe. 

CAPELINE. Espèce de casque de fer en 
usage dans l'infanterie. C'était un ;jo( garni 
de quelques accessoires. 

CAPITAINE. Officier subalterne qni com- 
mande une compagnie, un escadron ou une 
batterie. Il porte comme insignes de grade 
trois galons d'or ou d'argent au képi et sur 
les manclies. Le capitaine est responsable de 
l'instruction théorique et pratique, de la 
discipline des officiers et des hommes de 
troupe, ainsi que de l'administration de sa 
compagnie. Il veille à ce que les militaires 
sous ses ordres soient pourvus des effets ré- 
glementaires et soient constamment prêts à 
marcher. Les titres : capitaine de distribu- 
tion, de piquet, de semaine, de visite, s'expli- 
quent d'eux-mêmes. 

— adjudant-major. (V. Adjudant-ma- 
jor). 

— d'habillement. Officier qai est chargé 
de la comptabilité et de la gestion de tout le 
matériel du régiment. Il est membre du 
conseil d'administration; il commande la 



section ou le peloton hors rang, et le petit 
état-major. Dans un bataillon formant corps, 
les fonctions d'officier d'habillement sont 
rempbesparun lieutenant ou sous-lieutenant. 
Il est secondé par un officier adjoint. 

— trésorier. Officier qui est chargé de 
la comptabilité en deniers du régiment, ainsi 
que de toutes les opérations relatives à cette 
gestion. Il est membre et secrétaire du con- 
seil d'administration ; il est archiviste du 
corps. Dans les bataillons formant corps et 
dans la gendarmerie, les fonctions de tréso- 
rier sont remplies par un lieutenant ou 
sous-lieutenant. Le capitaine trésorier est 
secondé par un adjoint. 

— d'armes. Sous-officier ayant le rang 
d'adjudant, qui remplit les fonctions d'in- 
structeur pour les manœuvres d'infanterie, à 
liord des navires de guerre. 

— de louveterie. Officier civil chargé 
de la destruction des loups et des fauves. 

CAPITAINERIE. Etendue de la juridic- 
tion d'un capitaine de louveterie. 

Le capitaine de gendarmerie commande 
la gendarmerie d'un arrondissement, comme 
les lieutenants et sous-lieutenants. 

CAPITAL. Principal. Peine capitale, 
peine de mort. Dans le langage commercial, 
on donne le nom de capital à toute somme 
qui produit un intérêt. 

CAPITALE. La capitale d'un bastion ou 
d'un ouvrage de fortification quelconque, est 
la bissextrice de l'angle saillant formé par 
les faces. 

CAPITULATION. Convention fixant les 
conditions auxcjuelles une troupe ou une 
place de guerre consent à cesser les hostilités 
et à rendre les armes ou la jjlace. Tout com- 
mandant d'une place qui a capitulé, doit en 
rendre compte devant un conseil de guerre. 
Autrefois, il ne pouvait capituler que lors- 
qu'il existait une brèche praticable et qu'il 
avait été livré un assaut. Le conseil de 
guerre est actuellement chargé d'apprécier 
si le commandant ou gouverneur a rendu la 
jilace qui lui était confiée, sans avoir épuisé 
tous les moyens de défense dont il disposait 
et sans avoir fait tout ce que prescrivaient 
le devoir et l'honneur. Le commandant 
d'une troupe armée qui capitule en rase 
campagne est puni de la destitution, s'il a, 
au préalable, épuisé tous les moyens de ré- 
sistance ; il est puni de mort dans tous les 
autres cas. La capitulation d'une place avec 
les honneurs de la guerre signifie que la gar- 
nison a le droit de se retirer avec armes et 
bagages. 

CAPITULER. Conclure une capitulation. 

CAPONNIÈRE. A une double acception 
dans la fortification française : 1° Suréleva- 



CAPOI^IÈRE. 

tion de terrain servant de communication, à 
ciel ouvert, dans les fossés; elle est organisée 
dêfeusivement, c'est-à-dire en forme de pa- 
rapet ; elle est double quand elle couvre des 

Fis. 37. 



123 CAPONNIÈRE. 

A l'origine, c'était un petit corps de garde 
casemate et h meurtrières, d'où l'on pouvait 
en quelque sorte se battre en capon. Elle fut 

Fis. 38. 




coups des deux côtés, et simple quand elle 
n'abrite que d'un côté. — 2° Construction 
casematée servant au flanquement des fossés 
d'un ouvrage de fortification permanente. 




ensuite employée sous le nom de basse-cour 
et de moineau. Avec la fortification polygo- 
nale, le flanquement est obtenu par des 
caponnières placées au fond du fossé et dou- 



Fie. 41. 




CAPONNIÈRE. 



-124 



CAPORAL. 



naiit des feux rasants dans le sens de la 
longueur de celui-ci. Elle peut affecter 
toutes les formes, pourvu que ses faces 
flanquantes soient à peu près normales à la 
direction du tir ; mais sa forme la plus géné- 
rale comporte deux faces, à peu près perpen- 
diculaires aux fossés, et une tête, c'est-à-dire 
une partie qui la termine vers la contres- 
carpe. Cette tète affecte des formes tiès va- 
riées : à redan (fiy. 37), en as de pique 
{fig. 38), en fer à cheval (fig. 39), à oreilles 

Fia-. 39. 




de chat {fuj. 40). Ces différentes dispositions 
très compliquées de la tète de la caponnière 
ont été employées surtout en Allemagne 
et en Autriche pour flanquer les fossés du 
corps de place , mais cette tête demande 
à son tour à être flanquée par une brisure 
du parapet en arrière {fig. 41); elles sont 
souvent à deux étages, mais paraissent 
abandonnées dans les constructions actuelles. 
Dans les autres, la tête se flanque par elle- 
même, c'est-à-dire au moyen de créneaux- 
mâchicoulis, disposition plus avantageuse 
sous tous les rapports. Les caponnières qui 
ne donnent des feux que d'un côté sont 

Fig. 40. 




simples ; celles qui donnent des feux des 
deux côtés sont doubles. On peut aussi flan- 
quer la caponnière par elle-même au moyen 
d'un orillon. Un fossé-diamant, flanqué par 
des galeries d'escarpe, précède le mur de 
masque par lequel on tire, afin d'em])êcher les 
créneaux d'être embouchés (/?</. 41). Ton tes les 
fois qu'une caponnière est exposée aux feux 
directs ou plongeants, on la protège par une 



voûte placée en avant et que l'on appelle 
visière ou voûte-tunnel. La voûte qui sert de 
toit aux caponnières est recouverte d'une 
épaisseur de 3 mètres de terre, au moins ; 
malgré cette épaisseur et les précautions 
prises pour masquer le mieux possible les 
caponnières, il est à peu près reconnu qu'elles 
ne résisteraient pas suffisamment aux pro- 
jectiles de siège actuels ; on étudie les 
moyens de les améliorer ou de les rempla- 
cer. 

CAPORAL. Premier grade de la hiérar- 
chie militaire. Les insignes distinctifs de ce 
grade consistent en deux galons de laine 
rouge ou jonquille sur chaque manche. Le 
caporal commande une escouade, sous la 
direction des sous-officiers et des officiers de 
la compagnie. Indépendamment de ces attri- 
butions essentielles, il peut remplir les 
fonctions suivantes : caporal de chambrée, 
qui est chargé de la police et de la propreté 
de la chambrée, ainsi que de la conservation 
des effets de casernement qui y sont conte- 
nus ; caporal d'ordinaire, qui est chargé de 
tous les détails du service de l'ordinaire de 
la compagnie, sous la direction du sergent- 
major, du lieutenant et du capitaine ; capo- 
ral de semaine, qui est chargé de seconder 
le sergent de semaine dans tous les détails 
du service de semaine ; caporal de pose, qui 
est chargé de poser et de relever les senti- 
nelles, quand il est de garde. 

— armurier, qui est adjoint au chef 
armurier, pour le seconder dans son ser- 
vice. 

— clairon, qui est chargé, sous les 
ordres du tambour-major, de l'instruction 
des clairons du régiment. 

— d'infirmerie, qui est chargé de la 
surveillance des malades à l'infirmerie, ainsi 
que de l'exécution des ordres du médecin 
chef de service, et de la tenue des écritures 
de l'infirmerie. 

— moniteur d'escrime, qui est chargé 
de seconder le sous-oflicier maître d'escrime, 
pour l'enseignement de l'esrrime dans un 
corps de troupe. 

— l^'' ouvrier tailleur , cordon- 
nier, etc., qui est placé à la tète des ou- 
vriers composant l'atelier des tailleurs, ou 
celui des cordonniers, etc., pour exécuter 
les confections, les retouches et les répara- 
tions des effets d'habillement et de chaus- 
sure, sous la direction de l'officier d'habil- 
lement. 

— sapeur, qui connnande aux sapeurs 
du régiment, et qui est responsable de leur 
instruction. 

— secrétaire, qui remplit les fonctions 
de secrétaire auprès du major, ou du tréso- 



CAPOTE. 



)âo 



CARNET. 



lier, ou de l'ofûcier d'habillement, ou de 
l'oflicier d'armoment du régiment. 

— tambour , qui est chargé, sous les 
ordres du tambour-major, de l'instruction 
des tambours du bataillon. 

CAPOTE . Effet d'habillement long et 
ample que portent les soldats et les officiers 
des armes à pied. La capote est en drap 
gris bleuté pour les hommes de troupe, et 
en drap bleu foncé pour les officiers. 

CAPSULE. Petit godet de cuivre au fond 
duquel est déposée une couche de poudre 
fulminante, que Ton enflamme au moyen 
d'un mécanisme de percussion. Etait em- 
ployée avec les fusils à piston. Pour les 
canons, à cause de leur épaisseur, la capsule 
surmonte une éloupille qui porte le feu 
jusqu'à la gargousse. Avec les fusils à 
aiguille, la capsule en forme de chapeau fait 
partie intégrante de la carlouche ; chaque 
capsule contient 13 grammes d'une poudre 
fulminante composée de 2 parties en poids 
de fulminate de mercure, 1 partie de sal- 
pêtre et une partie de sulfure d'antimoine. 
Dans les fusils modèles 1874 et 1886, la 
capsule est une simple alvéole en cuivre 
sans rebord, de 4™™ environ, contenant à 
peu prés 1/2™™ de poudre fulminante de la 
composition précédente. La détonation de la 
poudre fulminante, par le percuteur, est 
provoquée par l'intermédiaire d'une pièce 
métallique {enclume ou enclumette), contre 
laquelle le ciioc vient la comprimer. Cotte 
enclumette est formée par le métal même du 
culol, embouli en conséquence. Les explosifs 
tels que la dynamite, etc., ne peuvent faire 
explosion qu'au moyen de capsules spéciales 
appelées détonateurs, dont la charge de ful- 
minate de mercure varie suivant le but à 
obtenir ; les dimensions de la capsule varient 
de même. 

CAPTAL. Titre en usage jadis chez les 
Romains ; il a quelque analogie avec celui 
de général d'armée, de gouverneur d'une 
forteresse ou d'une région frontière. 

CAPTIF. Celui qui a été pris à la guerre 
et rendu esclave. Cette coutume barbare 
n'existe plus chez les nations civilisées. Les 
militaires, pris à la guerre, sont maintenant 
appelés prisonniers de guerre. 

CAPTIVITÉ. Privation de la liberté, soit 
comme captif, soit comme prisonnier. 

CAPTURE. Prise faite à la guerre par 
des soldats. Arrestation d'une personne. Sai- 
sie de marchandises de contrebande. 

CAPUCE. Pièce faisant partie de la garde 
des sabres modèle 1817, pour officiers; elle 
surmontait la branche de la garde et était 
entourée par la calotte. 



CAPUCHON. Vêtement servant à recou- 
vrir la tète ; collet à capuchon. 

CAPUCINE. Anneau de fer ou de cuivre, 
à bec coupé droit, qui sert à maintenir le 
canon d'une arme à feu sur sa monture. 
C'est une des pièces de garniture. 

CARABIN. Soldats de cavalerie légère 
ciiargés d'escarmoucher et de protéger les 
retraites aux XVF et XYIl" siècles. Rem- 
placés depuis Louis XV par les carabiniers, 
supprimés en 1871. Etudiant en médecine. 

CARABINE. Arme à feu portative plus 
courte et plus légère que le fusil, mais ti- 
rant la même cartouche que ce dernier. Elle 
constitue l'armement de certaines troupes à 
cheval. Cette arme est du môme système que 
le fusil, c'est-à-dire du modèle 1886 à répé- 
tition, mais le levier est recourbé pour éviter 
les chocs accidentels à cheval, et permettre 
le port de cette arme à la botte. 

CARABINER. Creuser des rayures dans 
le canon d'une arme à feu. 

CARABINIER. Soldat de grosse cava- 
lerie armé d'une carabine : les deux régi- 
ments existant en France en 1814 étaient 
cuirassés et furent fondus en un seul sous le 
second Empire, avec le titre de carabiniers 
de la garde. Ils furent supprimés en 1871. 
Dans l'infanterie légère , les carabiniers 
étaient des soldats d'élite, comme les grena- 
diers dans l'infanterie. 

CARACOLE. Mouvement de cavalerie 
consistant à faire par le flanc, puis à décrire 
un cercle ou un demi-cercle. 

CARACOLER. Manier de côté et d'autre 
un clieval isolément. 

CARCAMUSE ou CARCAMOUSSE. 
Espèce de bélier en usage sous Charles le 
Simple, pour renverser les murailles. 

CARCAS. Un des noms donnés au car- 
quois au moyen âge. 

CARCASSE. Projectile de guerre, explo- 
sif et incendiaire, de la forme d'un œuf et 
tiré comme les bombes au moyen de mor- 
tiers ou de pierriers. Inventé en 1672, ce 
projectile a été peu employé. Actuellement, 
partie du revolver recevant les diverses piè- 
ces démontables de l'arme. 

CARDINAL. Un des soixante et dix pré- 
lats du sacré-collège ou conseil du pape. Ils 
sont nommés directement par le pape, après 
entente avec leurs gouvernements respectifs, 
pour ceux qui sont étrangers. Us portent la 
soutane, le chapeau et la barrette rouges. 
La France compte actuellement 6 cardinaux. 
Us avaient droit aux mêmes honneurs mili- 
taires que les maréchaux ou amiraux. 

CARNAGE. Massacre, tuerie. 

CARNET. Petit livre de notes que l'on 
porte avec soi. Pour le service militaire, on 



CAROBALISTE. 



en emploie un certain nombre qui portent 
les titres suivants : des malades et blessés, 
de ferracje des maréchaux, des mutations, des 
bons des médecins, des accidents de tir, de 
l'cglaye des armes, de caisse, de comptabilité, 
de compte courant avec le Trésor, de muni- 
tions, des brigades de gendarmerie, des dé- 
serteurs, des économies de fourrages, des 
efjets prélevés, des fonds divers, des opéra- 
tions journalières, des pointures, de mobili- 
sation, de ?-epîts e< d'ordres, de réquisition, 
de réparations à Varmement, etc. 

CAROBALISTE. Espèce de be/ier ou ha- 
liste moyenne portée sur un train à quatre 
roues, traîné par deux animaux qui étaient 
protégés par un caparaçon de mailles. 

CAROBOTANE. Nom sous lequel on dé- 
signait autrefois la bombarde. 

CARONADE. Bouche A feu à âme lisse, 
très courte et très légère, en usage dans la 
marine. Elle est très simple et très facile à 
manœuvrer, mais son recul est considé- 
rable. 

CAROTTE. Plante potagère à racine co- 
mestilile. Elle fait partie des légumes admis 
pour les ordinaires de la troupe. Elle peut 
aussi être substituée au fourrage dans les 
proportions suivantes : à la paille, pour 
deux fois le poids ; au foin, pour trois fois 
le poids ; à l'avoine, pour six fois le poids. 
CARQUOIS. Etui à flèches, porté sur 
l'épaule au moyen d'une attaclie. 

CARRE. Face d'une lame d'épée, de 
baïonnette ou de fleuret, 

CARRE. Figure qui a quatre côtés égaux 
et quatre angles droits. Ordre de formation, 
naguère en usage dans l'infanterie, pour ré- 
sister aux attaques de la cavalerie en masse. . 
Cette formation est remplacée, depuis 1873, 
par la colonne contre la cavalerie. 

CARREAU. Le remplacement des car- 
reaux de fenêtre est à la charge de la masse 
de casernement, dans les corps où elle existe, 
et par la masse d'habillement et d'entretien 
dans les autres corps. Un carreau de chaque 
fenêtre est remplacé, dans chaque chambre, 
par une toile métallique, pour assurer l'aéra- 
tion (Instr. du 4 mai 1883). 

CARRELET. Sorte d'épée dont la lame 
est très mince et triangulaire. 

CARRER. Former le carré, d'où est venu 
le mot contrecarrer, opposer carré à carré. 
Se carrer, avoir un maintien qui dénote la 
prétention, l'arrogance. 

CARRIÈRE. Lieu fermé de barrières et 
disposé pour les courses, les exercices à che- 
val.. Lieu d'où l'on tire la pierre, l'ardoise, 
le marbre, etc. Celles d'une certaine éten- 
due peuvent être organisées défensivement 



126 CARTOUCHE. 

comme les chemins creux. Au figure : pro- 
fession que l'on embrasse. 

CARROUSEL. Autrefois tournois, consis- 
tant principalement en courses de chevaux 
et de chariots, en joutes, jeux guerriers, etc. 
Actuellement, fête militaire donnant une 
image d'un combat représenté par plusieurs 
groupes ou (fuadrilles de cavaliers se livrant 
à certaines courses (de bagues, de tètes), et 
à certains exercices plus ou moins compli- 
qués et cUf fi elles. 

CARROUSSE ou CARROUZE. Char ou 
machine roulante sur laquelle les Italiens, 
au moyen âge, plantaient l'étendard de la 
patrie, et qui ne marchait qu'avec le géné- 
ral de l'armée. 

CARRURE. Largeur du dos à l'endroit 
des épaules. 

CARTE. Feuille de papier sur laquelle 
est représentée quelque partie de la surface 
du globe terrestre. Les principales cartes 
employées dans l'armée française sont : la 
carte de l'état-major à l'échelle de 5075^, 
par feuilles ou par quart de feuilles, et sa 
réduction à l'échelle de 



fo- pour les 
études d'ensemble. 

Ces cartes sont noires et le relief du ter- 
rain est représenté par des hachures et des 
côles d'altitude. 

Le service du génie a publié une carte 
coloriée en trois couleurs, à l'échelle de 
iTôfôô^' '^'^"^ laquelle le relief du terrain 
est indiqué au moyen de courbes horizon- 
tales, et par des teintes bistrées plus ou 
moins foncées, suivant l'altitude. 

La lecture des cartes exige la connaissance 
de la topographie et des signes convention- 
nels adoptés. 

CARTEL. Espèce de convention qui, 
même jusqu'au XVIll^ siècle, réglait le nom- 
bre d'honmies dont pouvait être composé un 
parti à la guerre, les balles de fusil à em- 
ployer, etc. Accord stipulant au moyen âge 
la rançon (somme à payer) d'un prisonnier 
vaincu dans un comhat. Promesse récipro- 
que faite par des puissances limitrophes de 
se rendre leurs déserteurs ; c'est alors un car- 
tel d'extradition. Provocation ou déû eu 
usage dans les guerres du moyen âge. 

CARTOGRAPHIE militaire. Le service 
géographique est chargé de tout ce qui con- 
cerne la confection, la mise à jour, la pré- 
paration et la distribution des cartes de toute 
espèce qui peuvent être nécessaires à l'armée 
en temps de paix ou en cas de mobilisation . 

CARTOUCHE. Dans les armes se char- 
geant par la bouche, la cartouche consistait 
en une bande de carton ou de gros papier 
enveloppant la balle et la poudre, de ma- 
nière à accélérer le chargement. 



CARTOUCHE. 



Ul 



CARTOUCHE. 



Avec les armes se chargeant par la ca- 
lasse , la cartouche comprend i'étui , la 
charge, la bnlle et Yamorce. 

Il y en a de deux espères princiiiales : 

1° les cartouches à étui combustible, 
dans lesquelles tous les résidus sont brûlés ou 
disparaissent par le tir, conmie notre an- 
cienne cartouche du fusil modèle 1866. A 
côté de leurs avantages balistiques, de légè- 
reté, de facilité de fabrication et de sup- 
pression de l'extracteur, ces cartouches pré- 
sentent de nombreux inconvénients qui ont 
forcé de les délaisser, savoir : emploi d'une 
aiguille longue et fragile, obturation incom- 
plète du mécanisme et crachements, ratés 
assez nombreux, encrassement de l'arme, 
défaut de résistance à l'humidité ; 2^ les 

cartouches à étui métallique, qui peu- 
vent être à percussion périphérique ou à 
percussion centrale. 

Dans la cartouche à percussion périphéri- 
que, telle que la cartouche Yetterli [pg. 42), 
adoptée eu Suisse, le fulminate est placé dans 
un bourrelet ménagé au pourtour du culot 
de l'étui, et l'inflanmiation est produite par 
un percuteur agissajit sur un point quelcon- 
que du bourrelet ; en cas de raté, il suffit de 
faire tourner un peu la cartouche pour ame- 
ner un autre point du bourrelet en contact 
avec le percuteur; ce genre de cartouches, 

Fis. 42. Fie-. 43. Fisr. 44. 






exigeant un bourrelet très mince 
et peu solide, ne peut supporter 
un effort considéralile et produit 
des crachements ; il ne convient que pour 
des armes tirant à faibles charges, et on lui 
a préféré les cartouches à percussion centrale , 
dans lesquelles Yamorce est placée au centre 
du culot. 

Il y en a de deux types principaux : le 
type Boxer (fig. 43), adopté en Angleterre, 
dans lequel l'étui en clinquant, fortement 
attaché à un culot en laiton, est renforcé à 
sa partie postérieure par deux ou trois 
culots métalliques s'emboitant les uns dans 



les autres; le type Berdan, dont l'étui a la 
forme de deux cylindres raccordés par une 
portion tronconique, et dont la base est re- 
poussée en deux sens différents, pour former 
au centre une sorte d'enclume contre laquelle 
se place l'amorce {fig. 44). 

Les cartouches à étui métallique résistent 
bien à l'humidité, sont d'une fabrication ra- 
pide, facile et économique, et ne produisent 
point de ratés. 

Les cartouches réglementaires actuelle- 
ment en service en France, sont du système 
Berdan et comprennent : 1° la cartouche 
du fusil modèle 1874, employée aussi pour 
la carabine de cavalerie et celle de gendar- 
merie, pour le mousqueton d'artillerie, le 
fusil de la marine, le canon à balles et le 
canon-revolver. Elle a été modifiée en 1879 
et en 1883 ; elle comporte actuellement : 
re'^MJ en laiton pesant 12 grammes; la 
charge de S gr. 25 de poudre F ; Yamorce 
ou capsule en cuivre rouge avec couvre- 
amorce en laiton ; le lubrificateur, ou bourre 
en cire, qui sépare la balle de la poudre; 
la balle en plomb durci, pesant 23 grammes ; 
la longueur de cette cartouche est de 75™"i, 
son diamètre de lliiim, son poids de 43 gr., 
et sa vitesse initiale de 430 mètres [fig. 23); 
2» la cartouche du fusil modèle 1886 
(fig. 24) ; elle a 70""™ de longueur et pèse 
environ 29 grammes, avec une charge de 
2 gr, 1/2 de poudre sans fumée et une balle 
en plomb avec chemise en maillechort et du 
poids de 15 grammes; 3° la cartouche du 
revolver modèle 1873 (fîg. 23), qui pèse 
16 grammes et comprend Yétui en laiton, le 
tampon en carton comprimé, l'appareil d'a- 
morce, la charge de gr. 65 de poudre su- 
perfine de chasse, la balle cordée, en 
plomb pur, de forme cylindro-ogivale, pesant 
11 gr. 6 et ayant 11™"»,? de diamètre. 

Il existe aussi des cartouches de tir ré- 
duit, confectionnées par les corps pour le fusil 
modèle 1874, et comprenant un étui amorcé, 
une charge de gr. 4 de poudre et une 
jjalle sphérique en plomb de 11"»™, 35 de 
diamètre et pesant environ 8 gr. 7, Il y a 
en outre des cartouches sans balle pour les 
exercices préparatoires de tir et les manœu- 
vres, et enfin des cartouches avec fausse 
balle pour le fusil modèle 1886. 

Les cartouches de canons à balles 
sont en carton, avec culot métallique et 
amorce fulminante ; elles contiennent des 
rondelles de poudre comprimée et une balle 
de plomb ; leur longueur est double de 
l'épaisseur de la culasse mobile. 

Les cartouches des canons à tir ra- 
pide IlotchLisa sont niétalli(|ues, avec amorce 
centrale placée dans le culot; le projectile 



CARTOUCHERIE . 



128 



CASEMATE. 



est réuni à la (JouiUe, do sorle que, pour 
charger la pièce, il suffit d'introduire la 
cartouche dans la chambre du canon. 

Les cartouches de dynamite sont de 
iOO et de 200 gr. L'enveloppe se compose 
d'une feuille de papier fort sur laquelle une 
feuille d'étain est soudée. D'autres explosifs 
s'emploient également en cartouches. 

CARTOUCHERIE. Atelier spécial dans 
lequel on confectionne les munitions pour 
armes portatives ; il y a en France 9 éta- 
blissements d'artillerie de ce genre, dont les 
uns sont chargés de la fabrication des étuis, 
les autres de la confection des balles et du 
chargement des cartouches. 

CARTOUCHIÈRE. Espèce de pochette 
en cuir, suspendue au ceinturon de l'homme 
et servant à recevoir des cartouches. Cet 
objet a subi bien des transformations depuis 
1870, aussi il en existe plusieurs modèles 
en service. Le système le plus récemment 
adopté consiste en une pochette à soufflet 
en cuir. Chaque homme sera pourvu de 
trois de ces cartouchières, afin de pouvoir y 
placer tout son approvisionnement de car- 
touches. Des courroies, passant derrière les 
épaules de l'homme, et fixées à. chaque car- 
touchière, serviront à soulager la charge des 
hanches. 

CAS. Ce qui est advenu ou pourrait 
advenir; occasion, hypothèse, circonstance; 
fait pouvant donner des droits à la réforme, 
à une indemnité, etc. Les cas de force ma- 
jeure, spécifiés dans les règlements, déchar- 
gent les intéressés de toute responsabilité pé- 
cuniaire (V. En-cas mobile). 

CASAQUE ou CASAQUIN. Espèce de 
manteau qui se portait sur l'armure. 

CASE. Divisions d'un registre formées 
par des lignes qui coupent les colonnes 
transversalement ; elle est souvent employée 
dans les contrôles ou registres militaires. 

CASEMATE. Local souterrain, à l'abri 
des coups de l'artillerie, servant de logement 
pour les hommes ou de magasin pour les 
approvisionnements et les munitions dans 
les forts et dans les places fortes. La case- 
mate servant de logement est généralement 
à deux étages ; elle se compose de deux pié- 
droits espacés de 6 mètres, supportant une 
voûte surbaissée d'une épaisseur de 0'",80 
à la clef, et recouverte d'une couche de terre 
de 3 mètres d'épaisseur au moins. Les pié- 
droits ont 4 mètres de hauteur ; un plancher 
sur charpente en fer, placé à 2 mètres du 
sol, sépare l'étage inférieur de l'étage supé- 
rieur. Les casemates sont le plus souvent 
accolées et placées sous le massif du cavalier, 
avec façade tournée du côté opposé aux 
coups. Les casemates pour munitions sont 



placées sous les traverses; elles se composent 
de deux piédroits de l'",80 de hauteur, 
supportant une voûte en plein cintre de 
0™80, recouverte de 3 mètres de terre au 
minimum. Cette épaisseur est insuffisante 
actuellement, et il est nécessaire de bétonner 
les casemates. 

Pour assainir les casemates d habita- 
tion, on les sépare des terres à l'arrière par 
une gaine-enveloppe, et des chaim imperméa- 
bles facilitent l'écoulement des eaux. 

Les casemates défensives comprennent 
les casemates de flanquement, les caves à mor- 
tiers ou à canons, les casemates à canons pro- 
prement dites, enfin les galeries d'escarpe et 
de contrescarpe. 

Les casemates de flanquement sont 
généralement employées sous forme de capon- 
nières ou cofjres flanquants. On les dispose 
quelquefois derrière l'escarpe, dans le pro- 
longement des fossés à flanquer. Le flanque- 
ment peut aussi avoir lieu au moyen de ca- 
semates d'escarpe, avec le tracé baslionnc 
ou ie)}aillé, en casematant sur toute la lar- 
geur du fossé la partie de l'escarpe placée 
dans le prolongement de ce dernier, ou au 
moyen de casemates de contrescarpe, 
disposées sous le glacis aux saillants d'un 
front; ces dernières, rarement employées, 
prennent aussi le nom de casemates de 
revers. 

Les caves à mortiers, proposées par 
Carnot, sont des batteries couvertes à l'é- 
preuve de la bombe pour le tir indirect ; 
elles sont ouvertes à leurs deux extrémités et 
placées en arrière d'un parapet. 

Les caves à canons sont de simples 
voûtes recouvertes de 2 à 3 mètres de terre 
et placées en arrière des remparts ou dans 
les parties basses de la fortification, en lais- 
sant un espace de 6 à 8 mètres, de manière 
à permettre la circulation en conservant le 
défilement. 

Les casemates à canon sont destinées 
à recevoir des pièces tirant de plein fouet et 
établies sur le parapet; elles doivent donc 
être organisées solidement et de manière à 
présenter la plus petite ouverture possible. 
Mais la protection obtenue par différents 
moyens (murs de tète très épais, casemates 
à la llaxo) est devenue insuffisante actuelle- 
ment, et, depuis 1871, on a dû recourir aux 
cuirassements pour couvrir la tète de ces ca- 
semates, et on est arrivé ainsi aux batteries 
cuirassées et aux coupoles. 

Les casemates à la Haxo, imaginées 
par le général de ce nom, consistaient en une 
voûte fermée à la partie antérieure par un 
mur percé d'une embrasure aussi petite que 
possible ; ce niur était protégé en-dessous et 



CASEMATE. 



•29 



CASSE. 



latéralement i)ar un parapet eu terre, et, a 
sa partie supérieure, par un épais blindage 
en bois de chêne. Ces casemates seraient 
absolument insut'tisaiiles aujourd'liui. 

Les casemates à tir indirect, qui ont 
rendu de très grands sen'iœs à la défense de 
Belfort, consistent en voûtes de o à 6 mètres 
de largeur sur 2™,o0 de hauteur environ, 
dont la partie antérieure est légèrement ré- 
trécie. Ces voûtes sont toujours placées dans 
un massif de terre et cachées à l'ennemi. 
Leur partie antérieure est recouverte par la 
terre même du massif ; leur ouverture exté- 
rieure est presque entièrement bouchée par 
un parapet laissant en haut une faible em- 
brasure. La partie postérieure de la casemate 
est complètement ouverte ou donne sur une 
large gaine de circulation et d'aérage. Ces 
lasemates offrent peu de résistance lorsque 
l'ennemi a pu découvrir leur emplacement 
exact. 

CASEMATE. Lo'-al construit sous forme 
de casemate. Etre logé, abrité sous une rase- 
iitate. 

CASERNE. Bâtiment servant au loge- 
jnent des troupes. J^es casernes sont con- 
struites et entretenues par le service du 
génie, sauf en ce qui concerne les sapeurs- 
pompiers de la ville de Paris, dont les 
casernes sont construites et entretenues par 
cette dernière, et les casernes de gendar- 
merie, qui sont construites et entretenues 
par les départements. Dans les ouvrages de 
fortification permanente, les casernes sont 
disposées sous forme de casemates. 

CASERNEMENT. Ensemble des établis- 
sements affectés, soit au logement, au ser- 
vice et à l'instruction des troupes, soit aux 
divers services administratifs de la guerre 
ou à celui de la justice militaire. Le caser- 
nement d'un régiment comprend tous les 
locaux affectés soit au logement, soit au 
ser\nce, soit à l'instruction des troupes. 
L'état d'assiette détaillé est arrêté de con- 
cert avec le commandant d'armes, le chef du 
génie, le sous-intendant militaire et un 
médecin-major de la garnison. Le logement 
ilu régiment doit toujours être établi selon 
l'ordre des bataillons, compagnies, esca- 
drons ou batteries. Des locaux spéciaux sont 
affectés aux tables des sous-officiers et, 
quand les ressources du casernement le per- 
mettent, des salles spéciales sont désignées 
pour les repas des hommes. Le major est 
chargé de la direction du casernement ; il a 
sous ses ordres, pour en suivre les détails, 
un lieutenant ou un sous-lieutenant appelé 
officier de casernement. 

CASERNIER. (Concierge chargé de veiller 
à tout ce {|ui intéresse la garde et la conser- 



\ation des bâtiments et des objets d'ameu- 
lilement affectés au logement des troupes. 
Les caserniers sont nommés par le ministre 
de la guerre et sont sous les ordres immédiats 
des chefs du génie. Ils sont dépositaires de 
toutes les clefs des chambres et des parties 
des bâtiments non occupés; ils sont respon- 
sables de la consei'vation du mobilier déposé 
dans ces locaux. 

CASIER. Compartiment dans lequel sont 
classés ou conservés les livrets ou autres 
papiers dans les bureaux militaires. 

L'extrait du casier judiciaire est exigé 
pour certaines propositions faites en faveur 
des militaires, et c'est le trésorier des corps 
qui doit acquitter les frais en résultant. 

CASQUE. Partie de Varmure servant à 
protéger la tête. Il est le plus généralement 
eu métal, mais, en usage depuis la plus 
haute antiquité, il a eu les formes les plus 
variées et la composition la plus diverse : 
en acier ou en peau, recouvert de bandes de 
métal, ou bien en cuivre, en acier, en fer, etc. 
Des appendices ou des ornements de toute 
espèce y furent ajoutés, soit pour désigner le 
rang, le grade ou le degré de noblesse, soit 
simplement pour l'orner ou le rendre plus 
pratique. Sa partie principale est la bombe 
ou timbre, qui emboîte la tète et protège le 
crâne. On connaît le casque à pointe des 
Allemands. Dans l'armée française, les cui- 
rassiers, les dragons et les sapeurs-pompiers 
seuls portent le casque. 

CASQUET. Casque ouvert, très léger, en 
usage sous François I", dans l'infanterie. 

CASQUETTE. Espèce de coiffure très lé- 
gère, qui a porté aussi le nom de bonnet de 
police ou de képi. La sonnerie « Aux 
champs », des clairons, a pris le nom de 
« la Casquette », parce qu'elle fut composée 
en Algérie du temps du maréchal Bugeaud, 
appelé par les soldais le père la Casquette. 

CASSATION. Annulation d'une nomi- 
nation eu ce qui concerne les caporaux et 
les sous-officiers. La cassation, portant at- 
teinte à toute la carrière militaire, n'est pro- 
noncée que pour les fautes très graves ou 
l'incorrigibilité bien reconnue. La marche à 
suivre, pour casser un caporal ou un sous- 
oflicier, est tracée par l'article 318 du Uègle- 
ment sur le service intérieur des troupes 
d'infanterie. 

En terme de jurisprudence, la cassation 
est l'annulation, pour contravention à la loi, 
d'une décision judiciaire délinitive et en der- 
nier ressort. Ce jugement est rendu par la 
Cour de cassation, qui est la juridiction su- 
prême en France. 

CASSE. Mot employé, de 1768 à 1800, 
pour signilier rassatinn. C'était aussi, au 

V 



CASSER. 



;ju 



CAVALERIE. 



moyen âge, une espèce de caisson à compar- 
timents pour les projectiles d'artillerie. 

CASSER. Action de prononcer une cas^ 
snlion. Briser, rompre. 

CASSE-TÊTE. Petite wassmc en bois très 
dur ou en pierre en usage depuis la plus 
haute antiqifité ; n'est plus employé que par 
les sauvages pour le combat. C'est aussi un 
petit bâton court, flexible et plombé à une 
extrémité. 

CASSINE. Place de peu d'importance ; 
■poste ou ville ne pouvant être défendus. 

CASTEL. Château fort du moyen âge. 
Engin de la même époque, employé comme 
befjyoi. 

CASTELAIN ou CASTELAN. Gowm- 
neur de forteresse ou commandant de caslel. 
Actuellement inusité. 

CASTILLE. Simulacre d'attaque d'un 
château ou d'un bastion ; exei'cice de cheva- 
lerie, un des principaux jeux des carrousels 
et des tournois. Il n'est plus usité. 

CASTRAMÉTATION. Art de disposer 
le campement d'une aimée d'après des dis- 
positions prévues et surtout lorsque le camp 
doit subsister un certain temps. S'applique 
tout particulièrement aux camps perma- 
nents. 

CATALOGUE. Liste, dénombrement mé- 
thodique. 11 ebt tenu, pour le classement des 
archives des différents services de l'armée, 
des catalogues qui sont de véritables réper- 
toires divisés en un certain nombre de par- 
ties et donnant pour chacune d'elles les ren- 
seignements nécessaires pour faciliter les 
reclierches. 

Dans les corps ou établissements, il y a 
le catalogue des archives, des écoles, des par- 
titions et morceaux de musique. Un cata- 
logue est également tenu dans chaque biblio- 
thèque miUlaire. 

CATAPHRACTE. Soldat des milices 
grecques et romaines portant une espèce de 
cuirasse appelée cataphracte. 

CATAPULTE. Machine de guerre du 
genre de la batiste, servant à lancer des 
pierres et des traits dans Vattaque des places 
anciennes. Elle se bandait à l'aide de leviers 
et de moulinets. 

CATARACTE. Changement brusque du 
niveau d'un cours d'eau, produisant une 
chute plus ou moins considérable. Maladie 
qui consiste dans l'opacité du cristallin ou 
de sa membrane. Espèce de herse de fortifi- 
cation. 

CATÉGORIE. Classe dans laquelle on 
range plusieurs individus ou objets de même 
nature. On entendait par revue des catégo- 
ries l'examen, par un général inspecteur, 
des militaires se trouvant daus le même cas. 



Les effets se divisaient autretbis en mléyo-i 
ries, se distinguant suivant leur jn.Qde de 
remplacement ou de décompte de durée. 

Les blessures ou infirmités sont classées 
en catégories, donnant des droits différents. 

Les chevaux, dans les corps de troupes à 
cheval, forment diverses catégories au point 
de vue de la remonte des ofliciers. Dans le 
recensement des chevaux et mulets pour la 
mobilisation, ces animaux sont classés en 
9 catégories répondant aux catégories éta- 
blies au budget pour les achats annuels de 
la remonte. 

CATÈRE on CATÊJA. Espèce de jarelol 
ou arme de bois mince, que l'on ramenait à 
soi à l'aide d'une corde après l'avoir lancée. 
Employée par les Gaulois et les Germains, 

CATERVE. Infanterie gauloise, ou corps 
d'infanterie composé de barbares et ne fai- 
sant usage ni de phalanges, ni de légions. 
Comme nomlire, elle représentait à peu près 
ce qu'est le réqimeni. 

CATOGAN ou CADOGAN. Genre de 
coiffure formée par les cheveux roulés et 
noués en pelote vers le milieu, mais ne des- 
cendant qu'à la hauteur prescrite. Il a suc- 
cédé à la cadenette et a été remplacé par la 
queue en 1792; il était jusqu'alors obliga- 
toire pour l'infanterie. 

CATTUS. Espèce de cliecal île frise em- 
ployé par les Romains. Dans la milice fran- 
çaise, c'était une espèce de tortue ou d'abri 
roulant servant à s'approcher à couvert des 
murs d'uni' place pour les saper. 

CAUTION. Celui qui répond pour un 
autre, qui s'engage à satisfaire à l'obligation 
contractée par un autre, dans le cas oii 
celui-ci n'y satisferait pas. 

CAUTIONNEMENT. Somme qu'on dé- 
pose comme garantie d'une gestion. Les en- 
trepreneurs du département de la gueri'e 
sont tenus de réaliser, comme garantie de 
l'exécution de leurs marchés, un cautionne- 
ment en numéraire ou en valeurs sui- l'État 
français, au titre de la Caisse des dépôts et 
consignations. Le montant du cautionnenrent 
est déterminé d'après l'importance du mar- 
ché. Les entrepreneurs peuvent, sur leur 
demande et si le Ministre le juge convenable, 
être autorisés à remplacer le cautionneineut 
par une affectation hypothécaire présentant 
des garanties suffisantes. Le cautionnement 
est restitué aux ayants droit après lapura- 
tion des comptes de l'entreprise. 

CAVALCADE. Troupe ou marche de 
gens à cheval. 

CAVALERIE. Enseniljle des corps de 
troupes à cheval. La composition de la ca- 
valerie française a été indiquée au jnol 
armée. 



cavaIier. 



131 



CÉLÉBRATION, 



La 'as aleiifi se divLie en trois catégories : 
la cavalerie légère, chargée du servies des 
avant-postes, des reioimaissaui-es et de tout 
l'e qui exijie une criaude rapidité : elle com- 
prend les eliasseurs et les hussards : la cava- 
lerie de ligne, diargée de coopérer au ser- 
vice des avaul-postes et aux reconnaissances, 
et qui est exercée à combattre à pied : elle 
<-omprend uniquement les dragons ; la cava- 
lerie de réserve, qui sert à soutenir les 
autres e3>alerieset à agir par son choc contre 
riiifanterje déjà éhranlée. Enfin, toute la ca- 
valerie a pour rôle commun la poursuite de 
l'ennemi, lorsque celui-ci lommence à battre 
en retraite, et les surprises lorsqu'il se garde 
mal. 

La cavalerie française est répartie dans 
l'armée de la manière suivante : 1° une bri- 
gade composée de 1 régiment de dragons et 
de 1 régiment de chasseurs ou de hussards, 
avec chaque corps d'armée ; 2° un certain 
nombre de divisions de cavalerie indépen- 
dantes, c'est-à-dire qui ne sont attachées à 
aucun corps d'armée en particulier, et qui se 
composent de trois brigades, la première de 
cavalerie légère, la seconde de cavalerie de 
ligne, et la troisième de cavalerie de ré- 
serve. 

Le rôle de la cavalerie indépendante est, 
dés les débuts de la guerre, de couvrir la 
mobilisation et la concentration à la fron- 
tière, avec l'appui des batteries à cheval et 
de certaines autres troupes ; pendant le cours 
des opérations, elle est chargée du service 
d'exploration eu avant du front et sur les 
lianes de l'armée : sur le champ de bataille, 
son rôle est de couvrir les flancs de l'année, 
de chercher quels soiit les points faibles de 
la ligne ennemie et de se précipiter à propos 
sur l'infanterie ennemie pour la mettre en 
fuite ; en cas de revers, elle est chaz'gée de 
protéger la retraite avec le concours des 
troupes d'arrière-garde, et surtout d'arrêter 
les charges de la cavalerie ennemie. 

CAVALIER. Homme à cheval ; militaire 
qui sert dans la cavalerie. 

En fortilication, on donne le nom de ca- 
valier à un massif de terre qui dépasse le 
relief des retranchements environnants et 
qui est, généralement, destiné à donner un 
étage supérieur de feux. Tels sont les cava- 
liers, flans (les forts, et les cavaliers de 
tranchée dans les travaux d'attaque des 
)ilace>. 

CAVALOT. Sorte de fusU de roiiparl. 

CAVE à mortier (V. Casemate). 

CAVEÇON nu CAVESSON. Espèce de 
bride emplo>ee pour icduire les chevaux 
vicieux ou indociles à l'obéissance. Elle est 
composée d'une bande de fer cintrée, L'arnie 



de trois anneaux, montée avec têtière et som- 
gorge. Pour ne point nuire à l'action du 
mors et de la biide, il doit être placé un pey 
plus haut Cfue l'œil de la branche de la 
bride. 

GAVER. Creuser des cavités. 

En terme d'escriote, signifiait se découvrir 
pour doinier à l'épée de l'adversaire la faci- 
lité d'aiiiver. 

CAVIN. Cavité naturelle, chemin creux, 
foi)driére ou ravin qui, dans le voisinage des 
places, devaient être remblayés ou occupés 
par l'assiégé pour empêcher l'assiégeant d'eu 
profiter. 

C£CIT£. Privation de la faculté de voii': 
C'est un cas de réforme, et, pour la pensiotf, 
de retraite, elle est considérée comme égale 
à la perte de deux membres. 

CEDULE. Invitation signée d'un rappor- 
teur miUtaire à un témoin, d'avoir à cqn)T 
paraître pour déposer devant un conseil de 
guerre. 

CEINDRE. Entourer, environner; exem- 
ple : ceindre une ville de lemparts, ceij^dre 
un camp de retranchements, de fossés, etc. 
Se dit des choses qui entourent le corps à la 
ceinture, telles qu'une écharpe, un ceintu- 
ron. Geindre l'épée, signifie mettre l'épée au 
côté. 

CEINTURE. Bande de cuir, de sangle ou 
d'étoile, servant à ceindre le milieu du 
corps. Telles sont, dans l'armée, les ceintu- 
res de gymnastique, de natation. 

Une ceinture de flanelle est distrihuée 
aux hommes de troupe, en cas d'entrée en 
campagne, en cas d'épidémie, et pour les 
grandes manœuvres, de même qu'en Afrique 
et aux colonies. 

Les généraux, les membres du contrôle, 
les intendants rnilitaiies, etc., portent une 
ceinture comme marque de leur rang. 

Les troupes particulières d'Afrique et des 
colonies portent une ceinture de laine rouge, 
pour les cavaliers, et bleue, pour les fantas- 
sins. 

On donne aussi le nom de ceinture aux 
remparts qui entourent une ville, aux forts 
et autres ouvrages qui environnent une 
place forte, un camp :etranché. 

CEINTURON. Sorte de ceinture de cuir, 
qui sert à poiter une arme blanche, ainsi 
(jue les cartouchières du soldat. Les ofticitTs 
ont un nrodèle de ceinturon difféiept de celui 
du soldat ; il en est de même des sergents- 
majors. 

CÉLÉBRATION. Au ponit de vue mili- 
taire, la ctUebration des mariages, à la suite 
d'une autorisation régulièren»ent obtenue* 
est j)urement civile et constatée par un adt' 
qui en fasse foi. 



CÉLEUSTIQUE. 



CÉLEUSTIQUE. Art de transmettre des 
ordres militaires au moyen de signaux ou 
d'instruments. Comme brandie de la tacti- 
que, c'est la science qui applique le cri, le 
son des Instruments, les vibrations modulées 
aux maniements d'armes, aux marches ou 
aux manœuvres, à l'excitation des guerriers. 
Ce mot est maintenant peu usité. 

CELLULE. Petit local ovi l'on enferme 
isolément les soldats punis de cellule. C'est 
la punition la plus grave qu'un soldat puisse 
subir au corps ; elle ne peut ètre-intligée que 
par le chef de corps et pour une durée de 
8 jours au maximum. Les soldats punis de 
cellule ne sont pas employés aux corvées de 
quartier, ni exercés au peloton de punition ; 
ils sont séquestrés pendant toute la durée de 
cette punilion. Ils reçoivent pour nourriture 
le pain et deux soupes, dont une sans 
viande. Ils couchent sur un lit de camp et 
ne reçoivent qu'une couverture. 

CELT. Hache gauloise en bronze, avec un 
manche pénétrant dans une douille placée 
dans le prolongement du manche, ce dernier 
étant maintenu par un lieu en bronze pas- 
sant dans un anneau placé à la partie infé- 
rieure de la haciie. 

CENDRE. Résidu de la combustion du 
bois vl autres matières inllainmables. On 
l'emploie i)0ur la lessive du linge, à cause 
des sels de potasse qu'elle contient. Les cen- 
dres, s'il y a lieu, font partie de la vente 
des issues diverses provenant de l'ordinaire. 

CENTAINE. Représentait la troupe d'un 
cenlarijuc dans la milice du moyen âge. 

CENTARQUE. Chef d'une" centaine; à 
peu près capitaine connnandant une compa- 
gnie. 

CENTENIER. Officier de la milice ro- 
maine, dont la charge succéda à celle de 
centurion. W y eut également des centeniers 
sous Cbaiiemagne et François l", répondant 
au grade de capitaine. En 1792, on fit une 
levée en niasse, par compagnies de iOO hom- 
mes, conmiandées pai' un centenier. 

CENT-GARDES. Garde d'élite créée en 
1834 et qui éiait chargée spécialement de la 
garde de rem[)eieur Napoléon 111. Ce corps 
se composait au début de 100 hommes, 
mais cet effectif fut augmenté par la suite. 
Le corps des cent-gardes a été supprimé en 
1870, lors de la chute du secoiul Empire. 

CENTIMES de poche. Partie de la 
solde des hommes de troupe qui leur est re- 
mise directement, et qui n'est pas versée à 
l'ordinaire. Le chef de corps doit fixer le 
montant du versement à l'ordinaire, de fa- 
çon qu'il reste au moins à chaque soldat 
5 centimes de poche par jour. Les centimes 
de poche des hommes ]mius de prison ou de 



132 CENT-SUISSES. 

cellule, ainsi que ceux des hommes absents 
illégalement le dernier jour du prêt, sont 
versés à l'ordinaire. 

CENTON. Vêtement fait de pièces et de 
morceaux. Ouvrage fait de morceaux em- 
pruntés. 

CENTRAL. Qui est ou qui a rapport au 
centre. (V. Conseil d'administration.) 

CENTRAGE. Opération qui a pour but 
de déterminer l'axe d'une bouche à feu brute 
avant de la dégrossir extérieurement et de 
la forer. Cet axe se détermine par ses tracés 
sur les deux bouts de la pièce. 

CENTRALISATION. Réunion des di- 
verses attributions de la puissance publique 
au centre du gouvernement. 

Dans_ les corps de troupe et les établis- 
sements militaires considérés comme tels, il 
est tenu un registre de centralisation piésen- 
tant, pour les recettes et les dépenses, autant 
de colonnes distinctes qu'il y a de natures 
de fonds. 

On y reporte avec un libellé sommaire, 
toutes les recettes et les dépenses portées au 
Registre-Journal, en ayant soin d'inscrire 
les sommes dans les colonnes convenables. 

Ce registre est tenu par trimestre d'exer- 
cice ; dès que la dernière inscription relati\ e 
au trimestre a été faite, on totalise toutes 
les colonnes, puis on ajout(>,. en une seule 
ligne, pour chaque portion détachée, le total 
des recettes et des dépenses pour ce même 
trimestre, distinguées par nature d(^ fonds ; 
ou fait ensuite le total général du registre. 
puis la balance, et un certain nombre d'au- 
tres opérations telles que les virements, la 
comparaison avec les résultats de la revue 
de liquidation, et l'on a la situation exacte 
des diveis fonds, solde, masses, etc., du 
corps à la tin du trimestre d'exercice, c'est- 
à-dire les excédents ou les déficits que |iré- 
sente chaque fonds. 

Ces excédents et ces délicits font l'objet 
d'explications données sur le registre lui- 
même, à la suite de la récapitulation trimes- 
trielle. 

CENTRE. Dans les formations tactiques, 
le centre est la partie d'une tioupe qui oc- 
cu]ie à peu [irès le milieu de l'ordre de ba- 
taille, dont celles qui occupent les extrémités 
forment les ailes; celles-ci étaient fournies 
par des tjrenadiers ou des voltigeurs dans 
l'infanterie, alors que les soldats du centre 
n'avaient pas de sabre pour sortir en ville. 
Actuellement, ces distinctions ont disparu. 
Dans les marches de front, Valignement se 
prend au centre; dans certains cas, on pi- 
vote sur le centre, mais ces expressions s'en- 
tendent d'elles-mêmes. 

CENT-SUISSES. Troupe d'infanterie 



CENTtJRIE 



^33 



CERTIFICAT. 



recrutée en Suisse et dont l'origine paraît 
remonter à 1481. C'était un corps privilégié, 
faisant partie de la maison du roi et qui 
disparut définitivement eu 1830. 

CENTURIE. Compagnie de 100 hommes 
d'armes ciiez les Romains; il en fallait 6 
pour une cohorte et 60 pour une légion. 
Comparahle à la compagnie d'infanterie. 

CENTURION. Officier qui commandait 
la centurie militaire. Le premier centurion 
de chaque légion s'appelait principiiaire , 
grade qui venait immédiatement après celui 
de tribun. Le cep de vigne était l'insigne de 
son rang. 

CERCLE. Surface plane limitée par la 
circonférence. L'aire du cercle ^ -R^. En 
terme de manège, le cercle est la courbe 
fermée décrite par le cheval travaillant dans 
un espace restreint. 

Disposition en forme de circonférence que 
prennent les rangs des soldats pour entendre 
la leclure de la décision du rapport ou des 
ordres. 

Division du territoire militaire algérien . 

En astronomie et en géodésie, ou donne 

le nom de cercles à divers instruments qui 

servent à mesurer tes angles au moyen d'un 

l'ercle gradué sur toute sa circonférence. 

Un cercle militaire est la réunion, dans 
un établissement unique, de tous les offi- 
ciers d'une même garnison. Le cercle ren- 
ferme une bibliothèque, des salles de lec- 
ture, de réunion, etc. 

Cerceau employé dans les caisses de tam- 
bour pour maintenir les peaux sur le fût. 
CERCUEIL. (Y. Bière.) 
CÉRÉALES. Plantes dont les graines 
servent à faire le pain. Tels sont : le blé, le 
seigle, le méteil, Vorge, le maïs, Vavoine. 

CÉRÉMONIAL. Ensemble des disposi- 
tions prescrites pour les cérémonies aux- 
quelles prennent part les troupes. 

CÉRÉMONIE. Actes d'un appareil public 
qui sont militaires en tout ou en partie. On 
peut citer les cérémonies de réception du 
drapeau, dans la Légion d'honneur, les cé- 
rémonies funèbres, etc. Divers décrets ou 
règlements déterminent les conditions, rangs 
et préséances, suivant lesquels les militaires 
doivent participer aux cérémonies publiques, 
civiles ou militaires. 

CERF. Espèce d'abatis formé par les sol- 
dats romains au moyen de branches d'ai- 
bre. 

CERNER. Entourer d'un cercle. A en 
général le même sens qxi'iiivestir. Cerner une 
trou]ie, c'est ou l'envelopjjer complètement 
ou l'acculer à une situation sans issue. Cer- 
ner une place, un poste, c'est les priver de 
loute communicatinn avec l'extérieur au 



moyen d'un cordon de troupes occupant des 
positions fortifiées ou non. 

CERTIFICAT. Ecrit qui fait foi de quel- 
(|ue chose. Il est piivé, lorsqu'il émane d'un 
simple particuliei' ; il est public ou authenti- 
que, lorsqu'il est délivré en forme d'acte 
public par une autorité compétente. Les 
[trincipaux certificats authentiques qui peu- 
vent être nécessaires aux militaires sont les 
suivants : 

— d'acceptation. 11 est délivré par le 
chef de corps ou par le connnandant du bu- 
reau de recrutement au jeune homme qui est 
admis à contracter un engagement volon- 
taire. 11 est signé également par le médecin 
militaire qui a constaté l'aptitude physique 
de l'intéressé. 

— d'aptitude. Il est délivré par le chef 
de corps aux militaires qui sont admis à 
contracter un rengagement. Il est signé par 
le médecin militaire qui a constaté l'apti- 
tude physique de l'homme. 

— de bonne conduite. Ce certificat 
est délivré aux militaires ayant accompli 
sous les drapeaux plus d'un an de service, 
et qui se sont bien conduits pendant ce laps 
de temps ; mentioa de l'obtention ou du 
refus de ce certificat est faite sur les livrets. 
Il est accordé ou refusé par le gênerai de 
brigade, sur la proposition d'une commission 
présidée par le chef de corps qui signe, seul, 
le certificat. Il ne peut être refusé aux sous- 
oflli'iers, aux caporaux et aux soldats de 
l''" classe. 11 ne peut être délivré aucune 
autre attestation de bons services ou de mo- 
ralité. 

— de cessation de payement. 11 est 
établi par les conseils d'administration, pour 
les officiers des corps de tioupe, et par les 
sous-intendants militaires chargés de l'or- 
donnancement de la solde pour les officiers 
sans troupe et pour les employés mili- 
taires. 

Ce do('ument relate jusqu'à quelle date 
inclusivement l'intéressé a reçu sa solde, et, 
s'il y a lieu, l'indication des retenues qu'il 
doit subir sur sa solde, ou s'il n'y a point 
de retenue à opérer. 

Pour les officiers sans troupe et les era- 
|iloyés militaires, le certilicat de cessation 
de payemeiil est établi sur le livret de solde. 

— de contre-visite. Il sert à contrôler 
le précédent. 11 est délivré par un médecin 
militaire de grade supérieur ou plus ancien 
dans le grade que le signataire du certificat 
de visite, dans les cas 3° et 4° ci-dessus ; 
dans les cas 5° et 6°, la contre-visite est 
passée par deux médecins désignés par le 
président de la commission spéciale de ré- 
forme. 



CERVELIÈRE. 



■13^ 



— d'examen. II est établi par deux mé- 
decins qui visitent le militaire en présence 
du conseil d'administration et du sous-inten- 
dant militaire. H est destiné à justifier la 
demande de retiaite des militaires de tous 
trrades, et la réforme n° i des hommes de 
troupe, poui- cause de blessures et d'infirmi- 
tés contractées dans le service militaire. 

— d'incurabilité. Il est établi par le 
rnédecin-chef de l'hôpital pour justilier la 
demande de mise en réforme des officiers et 
assimilés pour infirmités iiuurables ne j)0u- 
vant être attribuées au service. 

— d'origine de blessures ou d'infir- 
mités (V. Blessure). 

— de présence sous les drapeaux. 
Il est délivré ]iar les conseils d'administra- 
tion aux tnilitaires qui sont présents sous les 
drapeaux à l'époque des séances de conseil 
de révision cantonaux et qui n'auront pas 
cessé d'être présents au l*""^ novembre do la 
inème année. Il doit donc- êtie refusé aux 
militaires qui ne font qu'une année de ser- 
vice et à ceux qui doivent passer dans la 
réserve au 1" novembre de la même année. 

— de vérification. Il a pour but de 
contrôler le précédent. 11 est établi par deux 
médecins d'un grade supérieur ou plus an- 
ciens dans le grade que ceiix qui ont délivré 
le certificat d'examen. Ils visitent le mili- 
taire en ptésetice d'un officier général et dli 
.sous-iiltendant militaire. Ce certificat est 
joitit au dossier de retraite de l'intéressé. 

— de vie. Acte qui constate l'existence 
d'un individu. 11 est indispensable pour ob- 
ténil le payement d'une pension ou du trai- 
tement de la Légion d'honneur ou de la mé- 
daille militaire. Il est délivré par les 
fonctionnaires de l'intendance, pour les mili- 
taires eti activité de service, et par les 
notaires, pour U'S militaires en retraite. 

— de visite. Il est délivré par un mé- 
decin militaire dans les cas suivants : 

1*' Admission d'un etifànt de trou|!e ; 

2" Changenlelit d'aliue ; 

3" Congé de convalescence ; 

4" Évacuation d'un malade siii- un éta- 
blissement d'aliénés ou sur l'hôpital du Val- 
dë-Gl'âce ; 

S** Réforme u" 2 des soits-officiers et sol- 
dats ; 

6" Mise en non-activité d'un officier pour 
infirmités temporaires (dans ce dernier cas, 
le certificat est établi par deux médecins). 

CERVELIÈRE. Casque ouvert, employé 
.■uiiieriiiemfnt pour les hommes de pied. 

CERVICALE. Partie de l'armure du 
cheval bardé, servant de pièce défensive 
pour la partie supérieure du cou. 



CHALIT. 

CESSATION. Discontinuatioii, fin. Ex.: 
cessation d'hostilités ; cessation de pâyeMêfll ; 
cessation de poursuites. 

CESSION. Action de céder, d'abandoiihër 
à un autre ce dont on est prOpriétAlfe. 

Des cessions peuvent être fait(>s d'un set- 
vice à l'autre du département de la guerre, 
avec l'autorisation dii Winistie de la gtlérrc, 
ou dii général en chef potlr lés afiîK^PS eu 
cainpagne. 

CESTRE. Espèce de dard court que les 
Crées lançaient au moyen d'une fronde. 

CÈTRE. Bouclier rond et léger, de 0"',60 
de diamètre, employé j)ar les troupes ro- 
maines. Il était de peau d'éléphant oit du 
cuir d'une espèce dé <"hèvre appelée ori/x. 

CHAGRINER. Contrarier les projets de 
l'ennemi par des chicanes de toute espèce ; 
chercher à entraver ses entreprises. Peu 
usité. 

CHAINE. Espèce de lien formé d'une 
suite d'anneaux de métal. Suite non inter- 
lompue d'objets semblables. Des chaînes 
sont employées pour suspendre les bat-flancs 
dans les écuries, pour attacher les chevftux, 
pour enrayer les voitures, etc. 

— de titailleurs. La chaîne de tirail- 
leurs est le premier échelon de combat ; elle 
comptend en moyenne un peloton pour le 
front de combat de la compagnie, c'est-à- 
dire pour loO mètres environ, soit 2 hommes 
pour 3 mètres. Cette chaîne est ainsi une 
espèce de ligne continue dans laquelle les 
hommes sont formés sur Un rang, avec un 
intervalle ou créneau entre chaque groupe 
de deux hommes ou camarades de combat. 
C'est la chaîne qui engage le cottlbât par 
soft feu, et elle le continue jusqu'à ce ([u'il 
lui soit matériellement impossible d'avaiicet ; 
elle est alors renforcée par des fractions 
empruntées au soutien. 

— de sécurité. Chaînes fixées aux tra- 
verses extrêmes des wagons et dés ttttcs, et 
terminées par des crochets que l'on passe 
l'un dans l'autre. Elles ont pour but de sup- 
pléer le tendeur en cas de rupture de l'atte- 
lage, en route. Elles sont accrochées salis 
être tendues, pour laisser libre le jeu des 
ressorts de traction. 

CHAINETTE. Pièce du revolver, (\m sett 
à relier le chien au grand ressort. 

CHAISE. Siège à dossier supporté par 
quatre pieds. Cet objet entre dans la coin- 
position des ameublements de sous-officier, 
d'adjudant et d'officier. Il en existe aussi 
dans les infirmeiies et les écoles régiraerl- 
taires. 

CHALIT. Bois de lit. Les châlits destinés 
à servir de supports aux fournitures des lits 
militaires, se composaient priuntivement de 



CHAMADE. 



138 



CHAMP. 



denx tréteaux en l)ois. Leurs incotivétiients 
étaient d'être fragiles et de servir de récep- 
tacles aux punaises. On remplace ces châlits 
au fur et à mesure de leur mise hors de 
service, par des châlits en fer composés 
d'une tète avec galerie et tréteau en fer ; et 
d'un tréteau en fer formant le pied. La 
partie supérieure do ces tréteaux présente 
trois goujons qui viennent s'engager dans 
des trous pratitfués dans chacune des trois 
planches composant le plancher du châlit, 
de telle sorte qu'elles soieht maintenues 
jointives. On peut adapter aussi à ces châlits 
un sommier élastique appelé sommier 
Thuau. Les chàhts sont la propriété de 
l'Ftat. 

CHAMADE. Batterie et sonnerie que les 
assiégeants employaient au moment de las- 
saut pour amener l'assiégé à composition en 
le prévenant du danger qui le menaçait. 

CHAMAILLER. Espèce d'escarmouche, 
û' engagement de partisans sans importance. 

CHÀMBRAGE. Opération de préparer la 
cluimbre de mine dans les forages et les pétar- 
dements. Le chamhrage se pratique alors au 
moyen d'explosions soit en tète, soit sur 
une longueur plus ou moins grande du 
forage. On introduit la charge nécessaire en 
gargousses, en cartouches, ou pétards ficelés 
jointivement sur une baguette. Dans le roc 
calcaire, on peut employer l'acide chlorhy- 
drique. 

CHAMBRE. Local dans lequel couchent 
les militaires dans les casernes. La capacité 
d'une chambre de troupe doit être telle que 
le cube attribué à chaque homme soit de 
12 mètres cubes dans les troupes à pied et 
de 14 mètres cubes dans les troupes à che- 
val, et qu'il y ait une distance de 0^,25 
au ininimum entre deux lits voisins. 11 est 
attribué, autant que possible, une chambre 
Spéciale à chaque adjudant ou sergent-major 
et à chaque sous-officier rengagé, et une 
i-hambre pour deux, aux autres sous-offi- 
ciers. 

— d'une arme à feu. Partie de l'âme 

dé l'arme où l'on met la charge. 

— de lUine. Espace préparé poUr rece- 
voir les explosifs destinés à faire joUer une 
mine. Cette chambre prend le nom de four- 
neau quand les poudres y sont déposées. On 
doit la disposer autant que possible sur le 
flanc des puits ou des rameaux ; on la coffre 
sommairement. 

Si l'on est pressé par le temps, on ne 
creuse pas de chambre, et c'est à l'extré- 
mité du rameau lui-même que la charge est 
déposée. 

Quand la charge est considérable, comme 
elle occuperait une trop grande longueur. 



soit sur le côté, soit suivant l'axe du rameau, 
on constitue la chambre par deux portions 
de rameau formant, avec le rameau primitif, 
un T ou une croix, ce qui ramène le centre 
de la charge à peu près dans l'axe du ra- 
meau. 

CHAMBRÉE. L'ensemble des hommes de 
troupe qui logent dans la même chambre. 

CHAMBRER. Tenir enfermé dans une 
cliambre. Prendre quelqu'un à part pour le 
circonvenir. Pratiquer la chambre d'un four- 
neau de mine. 

CHAMEAU. Quadrupède ruminant qui a 
une ou deux bosses. Le chameau à une 
bosse, ou dromadaire, est celui que l'on ren- 
contre dans l'Algérie et dans toute l'Afrique 
septentrionale. La sobriété de cet animal, sa 
résistance aux privations et au climat, l'ont 
rendu précieux au point de vue du service 
des convois, à la suite des lolonnes opérant 
dans ces pays. Il peut porter jusqu'à 300 kilo- 
grammes et faire jusqu'à 50 kilomètres dans 
une journée ; mais ordinairement, on ne lui 
fait porter que la moitié de cette charge, et 
faire des étapes ordinaires de 25 à 30 kilo- 
mètres. Il peut ainsi, tout en marchant, 
brouter l'alfa, le diss et toutes les plantes 
ligneuses ou herbacées qu'il trouve sur son 
passage, de sorte qu'on n'est pas obligé de 
lui allouer des rations spéciales pour sa 
subsistance, sauf lorsqu'on le fait Voyager 
par troupes nombreuses, serrées, et qu'il ne 
trouve pas de quoi se nourrir en arrivant 
au gîte. Les chameaux de course, ou meliari, 
parcourent de 200 à 300 kilomètres par 
jour. 

Le chameau à 2 bosses est l'hôte des 
régions tempérées; on le rencontre princi- 
palement en Asie. 

CHAMP. Corruption ou homonyme du 
mot ca)np. La batterie aux champs ne s'em- 
ploie que pour le chef de l'État. 

— de bataille. Terrain qui sert de 
théâtre à un combat, à un engagement de 
deux armées. 

Au point de vue de l'organisation déféii' 
sive à donner suivant les différents cas, on 
emploie fréquemment les dénominations sui- 
vantes pour les champs de bataille : 

Champ de bataille offensif. A orga- 
niser dans le coiiihat offensif, eu se cOnten^ 
tant d'une seule ligne à grands intervalles, 
lonsistant presque entièrement en profils lé- 
gers, avec quelques ouvrages plus forts en 
arriére comme point d'appui au cas où l'on 
<(Mait réduit à la défensive. 

Champ de bataille défensif. Pour le 
combat défensif, à organiser très fortement, 
à peu près comme il suit : une ligne princi- 
pale lie combat, précédée d'une ligne d'acant- 



CHAMPION. 



13(5 



CHANGEMENT. 



postes ou avant-ligne, et suivie d'une position 
de retraite. Sur les parties de la ligne prin- 
cipale dont la conservation est la plus im- 
portante, on pourra organiser des lignes con- 
tinues, sinon des ouvrages ordinaires ou des 
localités mises en état de défense. L'avant- 
ligne, placée à 1800 mètres environ en avant 
de la ligne principale, seia formée d'ou- 
vrages légers, mais placés en des points sur- 
veillant bien les abords. Enfin, la position 
de retraite, à 1000 mètres environ en arrière 
de la ligne principale, sera composée d'ou- 
vrages assez forts disposés aux points qui 
commandent les lignes de retraite. 
Champ de bataille défensif-offensif. 

Sera organisé d'une nianièic analogue au 
cas précédent, mais en ménageant des intei- 
valles plus considérables dans les parties 
favorables à l'offensive, en supprimant les 
lignes continués et en constituant des groupes 
d'ouvrages placés sur les saillants du terrain 
et sépares par un intervalle moyen de 1500 
à 2,000 métrés. 

— clos. Lice dans laquelle les clievaliers 
vidaient un différend par les armes. 

— de feu. Ancienne dénomination de 
l'espace parcouru pai- un projectile lancé par 
une arme à feu. Ce n'est pas autre cbose 
que la trajectoire. 

— de Mai ou de Mars. Assemblées des 
chefs et guerrieis francs, qui se tenaient 
d'abord en mars, puis en mai. Exclusive- 
ment militaires à l'origine, elles ne tardèrent 
pas à s'occuper également de questions 
administratives et mômes ecclésiastiques.. 

Par imitation de l'ancien Champ de Mars 
lomain, on donna ce nom au terrain de 
manoeuvre créé en 1770 devant l'Ecole mili- 
taire, et qui vient d'être abandoinié à la 
Ville de Paris après avoir servi aux fêtes dé 
la Fédération, au Champ de M'ai de 1815, 
et aux Expositions universclb's de 1867, 
1878 et 1889. 

— de manœuvre. Champ ou terrain (le 
manœuvre, situé à proximité d'une garnison 
pour les exercices d'ensemble de cette der- 
nière. 

— de tir. Teirain aménagé pour le tir 
au fusil ou au revolver des tioupes de la 
garnison. Le champ de tir de l'artillerie 
])rend le nom de polygone. 

S'emploie aussi dans le sens d'étendue de 
terrain à l)attre en avant d'un ouvrage ou 
d'une position. 

CHAMPION. Gladiateur mercenaire ou 
volontaire qui, dans un duel judiciaire, re- 
présentait l'absent ou l'accusé hors d'état 
d'entrer en lice et subissait même la peine 
de mort, s'il était vaincu, dans le cas où son 
client était condamné à cette peine. 



CHANCELER. Vaciller, n'être pas ferme 
sur ses pieds, sur son assiette. Ce mot s'ap- 
plique surtout à des troupes qui faiblissent 
dans un engagement. 

CHANCELIER. 11 y eut en France des 
chanceliers d'armée, dont les fonctions res- 
semblaient à celles de chef d'état-major et 
d' intendant d'armée. 

Les divers ordres de chevalerie, et notam- 
ment la Légion d'honneur, ont eu ou ont 
des chanceliers, grands chanceliers, qui ont 
pour mission de tenir les registres concer- 
nant les membres do l'ordre, de conserver 
les archives et de piésider le conseil de 
l'ordre. 

CHANCELLERIE. Siège d'un ordre de 
clievalcrie où réside le chanceUer et où se 
trouvent les bureaux chargés d'expédier les 
affaires <'t de régulariser les questions se 
rapportant à cet ordre. 

CHANDELIER. Ustensile qui sert <à 
porter la chandelle et qui fait partie des 
ameublements militaires. 

Appareil à pivot, qui sert à porter le 
canon-revolver Hotchkiss. 

CHANDELLE. Petit cylindre de suif au 
centre duquel se trouve une mèche de fils 
de coton. 

La chandelle est utilisée pour l'éclairage 
des chambres de troupe ; elle doit être de 
suif pur ; la mèche, du diamètre de O'",004, 
doit être un double lil de coton cardé. Ces 
chandelles doivent être de 16 au kilogr. 

CHANFREIN ou CHAMFRAIN. Pièce 
d'a)'(;(M/c en métal ou en cuir bouilU qui 
couvrait la partie antérieure de la tête du 
cheval, de|misles oreilles jusqu'à la bouche. 

CHANGE. Troc d'une chose contre une 
autre. Négociation relative à l'échange des 
monnaies, des valeurs, des matières d'or ou 
d'argent, etc. 

Donner ou prendre le change signilie que 
l'on cherche à tromper l'ennemi sur ses vé- 
ritables intentions, au moyen de faux mou- 
vements. 

CHANGEMENT. Mutation, conversion ; 
action de changer. Les changements de rési- 
dence ou de garnison sont des mutations ; 
les changements de direction d'une troupe 
sont des conversions exécutées soit en ligne, 
sur l'une ou l'autie aile, soit en marchant 
])ar le flanc à droite ou à gauche. 

— de voie. Appareil nonmié aiguille. 
qui sert à faire communiquer une voie avec 
une ou deux autres. 

— de corps. Les changements de corps 
pour convenances personnelles sont pio- 
noncés : par le Ministre, poui- les officiers et 
les sous-oflBciers rengagés ; par les généraux 
de brigade, ou par les directeurs de service. 



CHANGER. 



i37 



CHAPITEAU. 



pour les autres hommes de troupe. Le con- 
sentement des deux chefs de corps est indis- 
pensable. On y joint l'état signalétique et 
de services, ainsi que le relevé des punitions, 
pour les liommes de troupe. 

— d'arme. Les changements d'armes 
sont prononcés d'office par les généraux 
commandant les corps d'armée, par mesure 
de discipline, pour raison de service et pour 
inaptitude physique. Dans ce dernier cas, la 
commission spéciale de réforme est appelée à 
ilonner son avis. 

Les changements d'arme par convenance 
personnelle sont prononcés par le Ministre 
de la guerre, après constatation que le mili- 
taire réunit les loiiditions d'aptitude voulue. 
Ces changemiMits S(jnl très rares. 

— de dimension ; de pente. Dans 
l'exécution des galeries de mine, les change- 
ments de dimension consistent à passer à une 
galerie plus petite ou plus grande; les chan- 
gements de pente, à une pente différente de 
relie qui est commencée. 

— de direction dans les mines 

(V. Retours). 

— de garnison. En cas de changement 
de garnison, les règlements ont prévu les 
effets que les corps doivent laisser ou em- 
porter. 

— de sape. Passage d'un mode d'exécu- 
tion de la sape à un autre mode plus avan- 
tageux dans les circonstances particuliéies 
où l'on se trouve. 

CHANGER. Remplacer une chose par 
une autre : modifier radicalement l'état d'une 
chose. 

CHANGEZ LE PAS. Mouvement d'exer- 
cice que l'on fait exécuter aux soldats en 
marche. 11 consiste à placer à terre et à sa 
distance le pied qui est levé, à rapprocher le 
pied qui est en arriére à côté de l'elui qui 
est à terre et à repartir de le deruiei pied. 

CHANSON ou CHANT militaire. Dès 
la plus haute antiquité, on a employé des 
hynmies ou chants avant ou après le combat. 
Chaque nation a un cliant national et, dans 
l'armée, on ne fait guère usage de chan- 
sons, pendant le service, qui' dans les routt's 
et exclusivement par des chanteurs de bonne 
volonté. L'école de chant pour les soldats 
est facultative et elle est :i peu près aban- 
donnée. 

CHANTRE ou CHANTEUR. Ce genre 
d'emploi, autrefois réglementé, n'existe plus 
dans l'armée française. Quelques armées 
étrangères, l'armée russe notamment, ont 
conservé des chanteurs en titre. 

CHAPARDEUR. Sobriquet donné aux 
soldats maraudeurs de l'armée d'Afrique. 

CHAPE. Partie d'une boucle par laquelle 



elle est fixée à l'objet et sur laquelle appuie 
et roule l'ardillon. Garniture supérieure, en 
cuivre généralement, des fourreaux en cuivre ; 
a produit le mot enchapure. La chape d'une 
voûte est l'enduit au ciment qui est posé 
sur l'extrados de la voûte. 

CHAPEAU. Genre de coiffure, de forme 
assez variée, qui, à diverses époques, a été 
employé dans l'armée. Le chapeau a rem- 
placé le casque sous Louis XIII et il a été en 
usage pour certaines troupes (la garde im- 
périale, la gendarmerie) jusqu'actuellement. 
Orné de galons, de plumets ou d'autres 
signes distinctifs, il a servi à indiquer les 
grades, à distinguer certains officiers et 
fonctionnaires ; il était porté, généralement, 
par tous les officiers sans troupes. Actuelle- 
ment, les généraux et assimilés seuls l'ont 
conservé. Celui des maréchaux et des com- 
mandants d'armée ou de corps d'armée est 
garni de plumes blanches ; pour les autres 
généraux, la plume est noire. 

Le chapeau militaire a été à deux cornes 
(bicorne), à trois cornes (tricorne) et même 
à quatre cornes. 

CHAPEL. Espèce de casque ou de paï- 
en- tète. 

CHAPELAIN. Prêtres autrefois attachés 
à l'armée, à raison d'un par chaque compa- 
gnie d'infanterie. 

CHAPELET . Paire d'étrivières avec 
étriers, attachée au pommeau de la selle 
pour aider à monter à cheval. 

— de torpilles. Réunion de plusieurs 
torpilles entre deux eaux, sur une même 
corde placée au fond. 

CHAPELLE. Petite église militaire ou 
même simple autel, en plein vent, construit 
dans les camps. Se disait aussi du lieu où 
se célébraient, en campagne, la messe ou 
autres cérémonies du culte. 11 existe des 
cha])elles de campagne dans les approvi- 
sionnements du service de. santé. Elles com- 
prennent strictement les objets nécessaires 
pour célébrer la messe et pour administrei- 
l'extrème-oiiction. 

CHAPERON. Casque d'une espèce parti- 
culière que portaient les arbalétriers au 
moyen âge. 

Petit toit que l'on place au sommet d'un 
mur pour faciliter l'écoulement des eaux. 
Pièce de cuir qui lecouvre les fontes des 
pistolets pour les préserver de la pluie. 

— de mailles. Armure de tète qui em- 
boîtait tout h' lieaume, (juand le chevalier 
combattait. Il constitua également une arme 
défensive des arclwrs, arbalétriers ou autres 
Cor|)s d'infanteiie. 

CHAPITEAU. Couronnement du corps 
de la rliape du fourreau de certaines armes 



CHAPLE. 438 

biciflchps; il est fornit" d'une demi-bairuette 
df- cuivre. 

CHAPLE. Cdmbrtt de chevalier par roiiple 
(deux) oti par quadrille (ffitatre). 
( GHAPSKA. Ancienne coiffure des lan- 
ciers. 

CllÂR; Voilure k deilx roues chez les 
.■iilciens. 

— à faux. En usage depuis la plus 
haute afltifjnitê, ils étaient hérissés d'armes 
tianchantés et pointues, et ils transportaient 
des combattants protégés à dos par le char. 
Chacun des deux chevaUx bnrdès attelés au 
char était monté par un cal aphr acte. 

-^ â foudre. Rudiment des canons 
aetueis employé par les Mongols dès 1251. 

^— dé guerre. Char à deux ou à quatre 
rotiés de formes diverses attelé de plusieurs 
îtnimaUx de trait, et dans lequel se trouvaient 
un certain nombre de combattants (Jus- 
qu'à 25). Ne sont plus en usage depuis 
longtemps. 

CHARBON. Maladie qui s'obsefve chez 
l'homme et chez les animaux, et qui con- 
siste dans l'apparition de tumeui's inflam- 
tnatoires et ftangféneuses. 

Menu bois chauffé, jusqu'à prendre la 
couleur noire, et qui ne jette plUs de flamme 
quand on l'allunie. Le chafbon de bols est 
le résultat de la carljonisatioU, c'est-à-dire 
de la combustion imparfaite du bois. Dans 
les cas exceptionnels oU il en est fait usage 
dans l'aimée, les livraisons sont faites en 
jjros morceaux et ne doivent contenir ni 
fumerons, ni poussiers. Le châibon doit être 
sec, sonore, provenir de bois d'essence dnic 
et être emmagasiné à couvert. 

— de terre. fV. Houille). 
CHARBONNIER. Celui qui fait ou vend 

du chaiiioii. 

CHARDON. Crampon façonné eii forme 
d'ejjeroti, dont on s'est quelquefois servi 
pour monter à Yassaid. 

CHABGE. F^ardeau qlie peut portet- un 
h(jmme, un animal. Action 'de charger Une 
arme à feu. Quantité de poudre et projectiles 
(JU'on met dans une arrrie à fexl ou dans une 
mine. l^OUr le fusil, on emploie la charge 
en quatre temps et la charge à volonté. 

Signal d'attaque donné par les tambours 
et les clairons. Attaque impétueuse poUr 
déloger l'ennemi des positions qu'il occupe ; 
se dit surtout des attarjUes de la cavalerie. 
Emploi honorifique militaire. Conditions 
imposées aux abonnatairès OU à ceux qui 
passent des marchés avec l'administtation 
militaire. 

CHARGÉ D'AFFAIRES. (V. Ambassa- 
ileur). 

CHARGEMENT. Ouantité de denrées. 



CHARIOT. 

de marciiandises ou de matériel chargée SOi' 
Une voiture, un wagoU, Un navire. Action 
de faire constater, sot les registres de la 
poste, l'envoi d'une lettre, d'un paquet. 

Action et manière de chatget Une arme ù 
feu. Le chargement peut se faire pàt- la 
bouche, ce qui était l'ancien procédé, ou par 
la culasse, qui est le procédé adopté actuel- 
lement d'une manière générale. Les avan- 
tages de ce dernier mode de chatgement 
sont : chargement plus rapide et forcémeni 
plus grand du projectile; en outre, pout les 
canons, facilite et séi'urité du service. 

— d'un fourneau. Action de plaeerune 
charge de jioudre ou d'un explosif quelconque 
dans une chambre de mine. Il est préférable 
de charger avec des gargousses ou de mettre 
en place les récipients tout chargés et de leur 
communiquer le feu rtu moyen d'une bnile 
d'amorce. Eviter les chocs ; réduire au 
minimum le nombre des lumières et les 
supprimer au besoin. 

CHARGER. Mettre Une charge sur Un 
animal, sur un véhicule ou sur Un navire. 
Exécuter une charge. 

CHARGEZ . Commandement adressé à 
une troupe de cavalerie pour lui faire exé- 
cuter une charge, ou à une troupe quel- 
conque pour lui faire charger ses armes. 

CHARGEUR. (V. Magasin mobile.) 

CHARIOT. Voiture à quatre roues ser- 
vant à transporter les fardeaux assez volu- 
mineux, et faisant généralement partie du 
train des équipages de l'armée. 
Le chariot de batterie affecté à chaque 

batterie, se compose d'un coffre avec avant- 
traih et d'un arrière-train ; il est destiné au 
transport des outils, rechanges et objets 
d'approvisionnement nécessaires à l'entretien 
du matériel de toute espèce dont dispose la 
liatterie en campagne. 
Le Chariot-fourragère de batterie est 

allongé de manière à permettre le transpoit 
des fourrages ou autre matériel volumilieux 
nécessaires pour les troupes de l'artillerie. 

Le chariot de parc est une voiture solide, 
d'une assez grande capacité et d'un modèle 
spécial, servant à réapprovisionner les batte- 
ries auprès des parcs de campagne. 

Le chariot porte-corps est une voiture 
plus forte que la précédente et destinée au 
transport des lourds fardeaux, ainsi qu'à 
celui des mortiers, des obusiers de 16 et de 
32, et des gros projectiles. Un treuil, placé 
à l'arrière, sert à hisser les fardeaux. 

Les chariots à Canoflà sont des véhicules 
encore plus solides que les précédents et 
employés pour le ti-ansport des bouchés à 
feu les plus lourdes, telles qUe le 18, le 24 
et le 27f*. 11 v en h de trois modèles : 



CHARPENTIER. 



139 



CHASSIS. 



Le 11" 1, pour le canon de 18"" (poids, 
8,000 kilOKi.), de 24"-°^ (poids. 16,000 kil.), 
de 27''*n (poids, 30.000 kilo?r.), pèse lui- 
mi'me 3,000 et 3,000 kilogr., et est attelé 
de H et 20 chevaux. 

CHARPENTIER. Ouvrier qui travaille 
^h charpente, c'est-à-dire qui façonne et qui 
assemble les pièces de hois servant à une 
construction. Les charpeiitiers sont ilicor- 
jiofés de préférence dans les régiments du 
L'énie et dans les pontonniers, ou bien dans 
la marine. 

CHARPIE. Filaments jirovenant de mor- 
ceaux de \neille toile qu'on a effilés. Est 
employée pour le pansement des plaies. 

CHARRETTE. Pour les sièges, l'artillerie 
emploie des charrettes à deux roues, particu- 
lièrement destinées aU transport, dans les 
tranchées, des divers objets qui y sont néces- 
saires pour l'approvisionnement des batteries 
de siège. Peilvént être attelées à un ou à 
deux chevaux. 

CHARROI. Les charrois avaient pour 
objet le transport en campagne aes bagages 
des corps. Ils S'exécutaient d'abord par cor- 
vées, mais ils ont été^rettiplacés pat les divefs 
trainx : des équipages militaires, de Tartil- 
lefie, du génie. 

CHAS; CHAS-CHATEIL. (V. Chastpa). 

CHASSE. Impulsion que le chien d'iine 
arine à feu exerce par sa cjiute et soli cboc 
contre la batterie. 

CHASSE D'EAU. OuvertUfe brusque dés 
portes d'une écluse, qui a pour résultat de 
lâcher une masse d'eau, laquelle balaye 
tout devant elle. Cette méthode est égale- 
ment employée dans les places fortes avec 
fossés pleins d'eau, pour détruire les tia- 
vaux de passage des fossés faits paf l'assié- 
geant. 

CHASSE -Noix. Espèce de poinçon 
émoussé dont on se sert pour démonter les 
petites armes à feU. 

CHASSEPOT {fusil}. Le fusil modèle 
1866, dit chasse|)nt, du nom de son inven- 
teur, est une arme à verrou établie pour 
le tir d'une cartouche combustible à per- 
cussion centrale, à laquelle le feu est com- 
muniqué par une aiguille. L'obturation, 
obtenue par la compression d'une rondelle 
en caoulchouc, h'einpèche qii'iuipalfaltettlent 
les crachements. 

CHASSEUR. 11 existe dans l'arniée fran- 
çaise, différentes troupes, soit à pied, soit à 
cheval, qui portent le hom de chasseurs. 
Tels sont les chasseurs à pied, les chasseurs 
forestiers, l(\s chasseurs à rheral et les rhm- 
seurs iV Afrique. 

Les chasseurs à pied ont été ct-ëés le 

W iioviMubre 1838, sous le nom de chaS- 



senrs de Vincennes le 28 décetobfe 1840. 
ils furent portés à 10 bataillons, et jirirent 
le nom de chasseurs d'Orléans, nldis ce ndtri 
disparut en 1 848 et fiit templâcé par celui 
de chasseurs à pied, il existe actuélleniènt 
30 bataillons de chasseiits à pied, dofit l'ef- 
fectif normal est de 6 compaghies, plus ilil 
état-major. Un petit état-majol- et uJie sec- 
tion hors rang. Leur uniforme consiste eri UM 
pantalon gris bleuté avec passepoil jdn- 
qnille, tUnique et képi bled, ce dernier avec 
passepoils jonquilles, la capote gris bleuté. 
Toutefois, les chasseurs à pied faisftht pattie 
des groupes alpins portent ilhe vareuse et Url 
béret bleus, en remplacemetit de la tutlique 
et du képi. 

— fotestiefS. Ce corps comprend les 
agents des forêts qui ont été organisés mi- 
litairement en deux catégOties : 1" les uni- 
tés de forteresse, constituées en compagnies, 
sections ou détachements, comprenant les 
agents à proximité des forteresses et qui 
sont chargés de collaborer à ta défense dés 
places fortes ; 2° les unilês actives constituées 
en compagnies et comprenant les agents des- 
tinés à seconder les opérations de l*àrmée 
active dans la région de leUi- service de paix. 

En Algérie, les agents du service des forêts 
ont été organisés en 3 escadrons à cheval. 
Ils portent l'uniforme ordinaire des fores- 
tiers, c'est-cà-dire le pantalon gris bleu, tu- 
nique et képi verts. 

— à cheval. Les chasseurs à cheval ont 
paru pour la première fois en 1740 et for- 
maient une légion. En 1776, il en fut atta- 
ché 1 escadron à chacun des 24 régiments 
de dragons, puis ils furent réunis en un seul 
corps dont on fit 6 régiments. Actuellement, 
les chasseurs à cheval forment 21 iégiments 
à o escadrons, dont 1 de dépôt. 

Leur uniforme consiste en pantalon et un 
képi rouges, à passepoils bleu clair, veste et 
manteau bleu clair, schako bleu clair atec 
chaînette, doltaàn bleu avec tresses lioires et 
collet rouge. 

— d'Afrique. Les deUx preùiiers régi- 
ments de chasseurs d'Afrique fureftt créés le 
17 novembre 1831 ; le 3", le 6 janvier 
1833; le 4«, le 31 octobre 1839; les 5= et 
6% le 20 septembre 1887. Ils ont la inènle 
composition et le même Uniforme que les 
chasseurs à cheval, avec cette différence que 
le collet du dolman est jaune, et que le 
schako est l'em placé pai- la chéchia. 

CHASSIS. Ouvrage en fer ou en bois 
qui sert a encadrer une porte, une fenêtre, 
une lucarne. 

— d'affût de place. PoUi- permettre le 

tir sous les grands angles et ;"i diverses hau- 
teurs, les anciens affùlx île place compre- 



CHASTEL. 



i/iO 



CHAUDIÈRE. 



liaient un grand et un petit châssis. Il existait 
3 modèles de grands châssis, ne différant 
que par leurs dimensions et se composant 
essentiellement : de deux côtés, reliés par un 
lisoir, une cntreloise du milieu et une e)itre- 
toise de derrière, d'une directrice terminée à 
l'arrière par une bride de via^ia'uvi'e et s'ap- 
puyant sur les entretoises et sur le lisoir. 
Ce châssis tourne autour d'une cheville ou- 
vrière, dans laquelle il est engagé à sa partie 
antérieure, cheville qui fait corps avec une 
foite semelle lixée en terre et appelée le 
petit châssis. La partie postérieure du grand 
ch;lssis est munie de deux roulettes qui se 
déplacent sur une voie circulaire. 

Les nouveaux affûts de place en tnlc 
d'acier ne l'Oiniiortent pas de châssis. 

— de mine. Espèce de cadre en char- 
pente formé d'une semelle, sur laquelle re- 
posent deux montants supportant un cha- 
peau. Le chapeau est fixé sur les montants 
nu moyen de tasseaux, doués aux angles. Ce 
châssis est employé dans les mines militaires 
pour soutenir le coffrage et les terres (/(</. 45). 

— coffrant. Châssis dont les différentes 
parties : semelle, montants, chapeau, sont 
formées de madriers de 0™,2S à 0"',30 de 
largeur, et qui sonl posés jointivemeiit. de 

Fie. 4.^. Fisc. 4»!. 





manière à former coffrage. Ils ne sont em- 
ployés que pour des rameaux de petites di- 
mensions, tels que le rameau hoUandais et 
le rameau de combat; ils ne peuvent conve- 
nir ])our les galeries de mines, à cause de 
la grande épaisseur qu'il faudrait leur 
donner (fiq. 4'}), 

CHASTEL ou CHAT CHATEIL. Sorte 
de galerie couverte flanquée de tours, ima- 
ginée par saint Louis pour protéger les tra- 
vailleurs. 

CHAT. Animal domestique de l'ordre des 
carnassiers. On recommande d'en entretenir 
dans les magasins pour détruire les ron- 
geurs. 

— ou CHAT offensif. Tour mobile en 
charpente, que l'on approchait d'une place 
assiégée à l'aide de rouleaux ; sa plate-forme 
était garnie de soldats qui manœuvraient 



une poutre armée d'un harpon de fer en 
guise de bélier ou de corbeau. D'autres au- 
teurs en parlent comme d'un mangonneau, 
((ui faisait voler dans les airs de petits cail- 
loux. 

CHATEAU fort. Demeure féodale forti- 
fiée. C'est le type de la forteresse féodale du 
moyen âge, dont le sol de la France était 
hérissé. Au déhut, c'était une simple tour 
crénelée, élevée dans un endroit aussi inac- 
cessible (jue possible, mais commandant tou- 
jours une vallée, un cours d'eau ou un point 
de passage. 

Cette toul-, nommée donjon, de forme 
ronde ou carrée, ou comprenant quatre tours 
ai l'olées, .servait de refuge au seigneur et à 
ses vassaux. Puis lorsque ceux-ci vinrent 
construire leurs habitations sous la protec- 
tion immédiate du donjon, on fut amené à 
construire des fortifications plus étendues ou 
castels. Ceux-ci, situés de manière à n'être 
abordables que d'un seul côté, où se trou- 
vait également la porte d'entrée, avaient 
une enceinte extérieure formée de hautes et 
épaisses murailles crénelées, précédée au be- 
soin par un fossé autant qu(> possilile plein 
d'eau, souvent précédé d'autres ouvrages. 

La fortification de l'ensemble comprenait 
plusieurs enceintes ou lignes de défense éta- 
gées les unes derrière les autres. La porte 
était bien protégée et généralement un sou- 
terrain servait à communiquer secrètement 
avec la campagne. (]es derniers vestiges de- 
là féodalité disparurent en 1626 par ordre 
de Richelieu. 

CHATEL. Diminutif de château ; pris 
ici seulement dans le sens de petit château 
fort. Espèce d'engin d'attaque du genre des 
bastilles, beffrois, kélépoles. 

CHATELAIN. D'abord grade de noblesse 
signifiant seigneur ayant un château fort. 
Ensuite grade militaire répondant à celui de 
commandant de place ou de gouverneur de 
forteresse, qui subsista jusqu'en 1316, épo- 
que à laquelle il fut supprimé à la suite 
d'abus de pouvoir. 

CHATELET. Petite demeure seigneuriale, 
sou\eiit synonyme de siège de justice. Le 
Graiid-Châtelet de Paris était le reste d'un 
château fort bâti par Jules-César. 

CHATIMENT. Peine qui a pour but la 
lorrectioii de celui à qui on l'inflige. Les 
châtiments corporels sont depuis longtemps 
jnohibés dans l'armée française ; les peines 
ou punitions infligées consistent dans l'exé- 
cution de corvées, la privation de la liberté 
pendant un temps plus ou moins long cl 
l'envoi dans les corps disciplinaires. 

CHAUDIÈRE. Vaisseau de métal où l'on 
fait cuire on bouillir quelque chose. Les 



CHAUF 



^AGE. 



U1 



CHAUSSURE. 



t'haudières sont encore employées pour pro- 
duire la vapeur dans les machines à vapeiii- 
et les locomotives. Elles ont alors une forme 
appropriée à leur destination. La chaudière 
des locomotives consiste en un long cjlindre 
fermé aux deux extrémités, et traversé, dans 
le sens de sa longueur, par une quantité de 
120 à 200 tul)es en cuivre de 4 à o centi- 
mètres de diamètre. 

Ces tubes sont creux et ouverts aux deux 
bouts; ils communiquent au foyer par une 
de leurs extrémités, et à la cheminée par 
l'autre; c'est entre eux que se trouve l'eau 
à vaporiser. 

On conçoit que ces tubes augmentent nota- 
blement la surface de chauffe et produisent 
la vapeur plus rapidement et en plus giande 
quantité que les chaudières ordinaires. 

CHAUFFAGE. Utilisation de la chaleur 
])roduile par la com])ustion pour divers be- 
soins de l'homme. Dans l'armée, le service 
du chauffage a pour but de pourvoir à la 
cuisson des aliments, à la préparation du 
café, au chauffage des locaux affectés au 
casernement, et divers besoins. 

Les allocations sont faites en deniers et 
les corps achètent directement le combus- 
tible nécessaire. 11 a été créé, à cet effet, 
dans chaque corps de troupe et établissement 
militaire, une masse de ckauffagc. 

Le chauffage et l'éclairage des bibliothè- 
ques et des corps de garde sont assurés par 
un corps de troupe désigné dans chaque 
place, d'après les bases indiquées au règle- 
ment du 15 janvier 1890, articles 23, 24 
et 2o. 

Les dépenses de chauffage des ateliers lè- 
gimentaires incombent aux premiers ou- 
vriers; celles du chauffage des magasins 
d'habillement et d'aiinement sont supportées 
pai- l'Etat. 

Les officiers qui ont des bureaux les chauf- 
fent au moyen de leuis frais de bureau. 

CHAUFFER. Terme trivial pour expri- 
mer que le comliat est chaud. 

CHAUSSE. Espèce de long bas ou de ca- 
leçon qui sçr\ait de culotte au moyen ùge. 
Chaussure de l'époque des croisades. 

— de mailles. Partie de Varvuin' à 
haubert, consistant en une sorte de pantalon 
de peau, garni extérieurement de vmilles de 
fer, excepté aux endroits qui touchent la 
selle. 

CHAUSSEE. Ce mot est em|tloyé dans le 
sens de roule m\ langage militaire. On prend 
les disitositioHS suivantes pour l'oiganiser 
défensivement an besoin. Si la c/iaussee com- 
porte un remblai peu élevé, on occupe le 
talus opposé à l'ennemi et on organise la 
chaussée en y lacis ifif/. 47). Si le lemblai est 



trop élevé, on construit une tranchée au 
sommet du talus qui fait face à l'ennemi 



(fig. 48). Le^ cliaussées en déblai s'oiganisent 
comme les grands fossés secs ; si le déblai 



Fiç. 48. 




est très profond, il peut servir d'obstacle, et 
celui-ci peut être leiiforcè par des défenses 




accessoires [liij. 49). Dans les routes au niveau 
du sol, ou occupe et on lenforce le fossé situé 
du côté de l'ennemi. 

CHAUSSES-TRAPES. Pièces en fer forgé 
ou en fonte coulée, présentant quatre poin- 
tes formant les sommets d'un tétraédie régu- 
lier. Cette disposition a pour conséquence 
qu'en jetant les chausses-trappes sur le sol, 
elles y reposent toujours pai- trois pointes, 
la quatrième étant en l'air. Ce genre de dé- 
fense accessoire s'emploie sur les glacis ou 
dans le fond des fossés, mais surtout pour 
rendre un f/«e ou un marais impraticable. 
Peuvent facilement être enlevées à la main. 

CHAUSSETTE. Demi-bas de coton ou 
de laine, dont les militaires sont autorisés à 
se ])OUiV()ir à leurs frais. 

CHAUSSON. Chaussure en laine, en li- 
sières ou en flanelle, que l'on porte généra- 
lement par-dessus les bas. Distribué régle- 
mentairement aux hommes montés, campés 
ou baraqués. 

CHAUSSURE. Ce qui .sert à chausser les 
j)iedî5. La chaussure militaire doit remplir 
les conditi(ms suivantes : 1" protéger le pied 
contre les corps extérieurs; 2° ne pas pré- 
senter de défauts pouvant nuire à la santé 
du pied; 3° être légère et conunode; 4° pou- 
voir être enlevée et remise facilement et ra- 
pidement ; 5" être solide; 6° ne pas être 
trop encuudiraiite pour le paquetage; 7" être 



CHAUX. 

c.g.oii.on)i,qB.e ; 8° ètrie jép;,uabU' aviu-c l'aL-i- 

Les chaussures réglementaires dans l'ar- 
niée française sont : le brodequin et le sou- 
lier pour les hommes de troupes à pied ; la 
hotiine, le soulier |)our les hommes de troupe 
montés, ce dernier servant de chaussure de 
repos; enfin, les boties à l'écuyère pour les 
officiers montés. 

CHAUX. Protoxyde de calcium. Lu 
l'haux vive est celle qu'où a déijarrassée de 
son acide carbonique en la faisant cuire dans 
des fours à chaux; la chaux éteinte n'est 
autre chose que la chaux hydradée refroi- 
die. Cette dernière est employée pour le 
blanchissage des bâtiments militaires, aj)rès 
avoir été étendue d'eau. 

CHÉCHIA. Calotte louge, de forme cylin- 
drique, avec houppe, que portent les Ara- 
bes, et qui a été adoptée comme coiffure de 
nos troupes indigènes de l'Algérie et de la 
Tunisie, ainsi que des chasseurs d'Afrique. 

CHEF. Celui qui commande et auquel on 
doit obéissance. Dans l'armée, le mot chef 
désigne en généial les officiers, les sous-offi- 
ciers et tous les gradés. Ternie générique 
sous lequel on désigne tous les militaires 
ayant un grade. On appelle ainsi, par abré- 
viation, le maréclial des logis chef. 

— d'attaque. Ofiicier du génie com- 
mandé cliaque jour et dans chaque attaque 
ou portion importante d'attaque (V. Chemi- 
nements); il dirige l'exécution des travaux 
d'après les indications du commandant du 
génip du siège. 

•rr- de bataillon. Officier supérieur d'in- 
fanterie et du génie, dont le grade, immé- 
diatement au-dessus de celui de capitaine, a 
été créé en 1793. 

— d'escadron. Gjade créé eu 1774 et 
corrfispojidant, pour l'artillerie, la cavalerie 
et le tiain des équipages à celui de clief de 
bataillon. On désigne aussi le chef de ba- 
tiiillon ou d'escadron sous le nojn de com- 
mandant- 

— de corps. Counnandant d'un corjis, 
quelque soit son grade, colonel, beutenant- 
colonel on counnandant. 

— d'état-major. Officier chargé de rem- 
Jtlir auprès d'un général ou d'un cl»ef de 
service des fonctions déterminées par les rè- 
glements, et différentes suivant le géjiéral 
auprès duquel il «st placé. En principe, le 
chef d'élat-niajor est chargé de la correspon- 
dunce, de la partie adminislrative, de la 
transmission des ordres, des renseignements 
à donner ou à rej:evoir, de la surveillance 
du tbnctionneinent de l'ensentble des diffé- 
rents servijces se rattachant à l'état-majuJ' 
dont U est le chef. 



142 CHEF^ 

— d état-major de l'armée- Cetii 

fonctinn a été ciéée, en Fiance, par le dé- 
cret du fi mai 1890. Cet officier général est 
chargé, sous l'autorité di| Ministre de la 
guerre, de la direction du service d'état- 
major, ainsi que du choix et de l'instruction 
des officiei's de ce servjce. 

Kn temps de guerre, le thi^f d'état-niajor 
général de l'armée passe sous les ordres du 
commandant en chef du groupe piincjpal 
d'armées, en qualité de mqjor-général. 

— de chambrée. Généralement un m- 
porfil, responsable de la propreté, du bon 
ordre et de la discipline des hon^mes d'une 
chandjre. Remplacé eji cas d'absence par le 
plus ancien soldat. 

rr- de complot ou de révolte. Le ou 

les instigateurs ou promoteurs d'une révolte, 
d'un complot, d'une désertion, etc. Si l'insti- 
gateur n'est |)as connu, le plus élevé en 
grade d'entre les coupables ou le plus ancien 
à. grade égal, est déclaré cjief de complot. 

— de convoi ou d'escorte. Counnan^ 
dant d'un eunvoi ou d'une escorte. 

— de détachement Le gradé, généra- 
lement officier, qui commande un détache- 
ment de tioupes, quel qui; soit son grade et 
quelle (|ue soit la force du détachement, 11 est, 
pendant la durée de celui-ci, chargé de la 
tenue, de la police, de la discipline, de l'ad- 
ministration, de l'instruction et aussi de la 
bonne exécutLon de la mission de la troupe 
qui lui est coidiée. Ses pouvoirs et ses attii- 
butions varient d'ailleurs suivant son gi-aile 
et suivant les circonstances. 

— de fanfare. Musicien ayant rang de 
sergent-major qui, dans les corps où il existe 
des fanfares, a à peu près les altrdmtions 
d'un chef de musique. 

— de file. Soldat qui est le premier 
d'une file de soldats, soit à pied, soit à che- 
val. 

— du génie. Officier du génie, du grade 
de capitaine au moins, qui exen-e daiis la 
circonscription où il est employé les fonc- 
tions de détail dont il est chargé par les rè- 
glements. 

— de musique. Musicien ayant iang de 
sous-lieutenant, ou de lieutenant après dix 
ans de grade, qui est chargé de la direction, 
de l'instruction, de la pobce et de la disci- 
pline de la musique dans un régiment. 

— de peloton, de section. Celui qui, 
dans les exercices, dirige un peloton, une 
section. 

— de pièce- Sous-ûfficier d'artillerie ijui 
dirige }a manieuvre d'une i)iéce. 

— de poste ou de patrouille. Offi- 
cier, sous-oflicier ou capoial, qui conunandc 
un poste, mu' patrouille^ 



i 



CHEFPERIE 



n-3 



CHEMISE. 



— d'escouade t^V. Caporal d' escouade). 

— armurier (V. Annurier). 

— ouvrier |V, i/rt/Ov-ourmr). 
CHEFFERIE. Circonscriptiou dans la- 

ijm'Ue un i-liel" du ^.'éiiie exerce ses foiic- 
lioiis. 

CHEF-LIEU. Sié^re d'une division adnii- 
iiistiati\e du territoire. Exemple : clief-lieu 
de corps d'artiiée, clief-lieu de subdivision de 
région, chef-lieu d^ canton, d'arrondissement, 
de d-Jj/ortenient. 

CHEMIN (V. Cluiussèe, Route). 

— de fer. Chemiu formé de deux jau- 
^èea de rails paiallèles, fixées solidenieut sur 
le sol, par différeuts moyens, sur lequel 
peuvent cinuler des véhicules spécijiux ap- 
pelés wagons, traînés par des locomotives. 

L'avantage des chemins de fer est de di- 
minuer le flottement de roulement dans une 
proportion telle que la résistance au niouve- 
meut des voitui'es se trouve être, suivant 
les cas, de six à sept fois moindre que sur 
les meilleures routes. 

Pour uiaintenii- les rails dans une posi- 
tion stable, on les a fixés, soit sur des piè- 
ces de bois longitudinales appelées longrines, 
soit sur des pièces de bois transversales ap- 
pelées traverses ; soit enfin sur des dils en 
maçonnerie ou en pierre, suffisamment rap- 
prochés les uns des autres. 

Lorsque le chemin de fer cojiipreud uue 
seule paire de rails parallèles, il est dit à 
voie simple ; lorsqu'il en comprend deux 
paires, il est dit a double voie. 

Eulin, il existe un ^eure tout particulier 
de voie ferrée assemblée d'avance et pouvant 
être posée directement sur le sol, sans tra- 
verses; c'est le cliejnin de fer du système 
Decauville. La largeur de la voie varie de 
0°»,oO à i mètre. 

La largeur de la voie normale en France 
est de i™,4o; celle de la voie étroite de 
1 mètre ; on a même adopté, pour les \ oies 
ferrées des places fortes une voie ayant 
0",60 de largeur. 

— couvert. Retranchement qui boide la 
contrescarpe à 4 ou 5 mètres de distance et 
qui enveloppe toute la fortilication d'une 
place, corps île place et dcliors compris. Il a 
poui- but de renforcer la défense de front, de 
mieux surveillei- la campagne et de prévenir 
les surprises contre le corps de place ; il sert 
aussi de lieu de rassemblement pour les sor- 
ties. 

Il s'adapte à tous les tracés et est spécia- 
lement organisé pour la défense par la 
mousqueterie, mais en y ménageant des em- 
placements pour les mortiers et les pièces de 
campagne. On y crée des abris défensifs à 
l'épreuve pour recevoir les petits jjostes et 



les muiutions. Des traverses, souvent oigaui- 
sè*s dèfensivement, sont installées sur l*^ 
branches du chemin couvert, pour empêcker 
celles-ci d'être enfilées. Des places d'armes 
sont ménagées aux. saillants et aux ren-- 
trants pour servir de lieu de rassembfefuent 
pour les sorties. 

Pour s'emparer du cjiemin couvert, l'asr 
saillant est obligé d'employer un procédé 
spécial, appelé couronnement du chemin cou- 
vert. 

— ds ronde. Espace ou berme de 1 à 
2 mètres de lai'geur laissé entre le pied du 
talus extérieur et l'escarpe détachée d'un pa- 
rapet. C'est un corridor de surveillance qui 
permet aux officiers de s'assurer que les sen- 
tinelles font leur service régulièrement. N'est 
guère admissible actuellement, car ce long 
couloir encaissé serait facilement destruc- 
tible au canon. 

CHEMINÉE. Petit cylindre saillant qui, 
dans les armes à percussion, reçoit la cap- 
sule d'amorce servant à communiquer le feu 
à la charge de poudre, par l'iutermédiaire du 
canal de lumière, 

CHEMINEMENT. Méthode de lever, qui 
consiste a rapporter, de proche en proche, 
sur la planchette, à une échelle déterminée, 
les divers côtés du polygone que l'on veut 
lever. Ou se transporte successivement d'un 
sommet à un autre de ce polygone, eu eu 
mesurant tous les angles et tous les côtés. 
Méthode très générale, parce qu'elle est 
presque toujours possible. 

Marche piogre.-^sive des travaux d'attaque 
dans un siège. l-]nsemble des travaux de 
sape exécutés méthodiquement à partir de la 
première parallèle pour s'approcher à cou- 
vert jusqu'aux fossés d'une place assiégée 
(V. Approclw et Attaque des places). 

— tactique. Procédés pour mesurer les 
divers genres de pas, de marches et d'allures 
des différentes arme^. Marcher sur un che- 
min, sur une route. 

CHEMINER. Gagner progressivement du 
terrain \ ers une place assiégée au moyeu de 
cheminements. 

CHEMISE. Chaque homme de troup*^ doit 
être pourvu de trois chemises de coton. 
On fait actuellement des expérienco pour 

sulisiituer à celles-ci des chemises de fla- 
nelle de coton. 

— de batterie. Epaulnncnt de batterie. 

— de fer ou de mailles (V. Cotte de 
mailles. 

— de fortification. Signi6e surtout 
l'enceinte d'un ou\rage en terre. En fortifi- 
cation permanente, le mot chemise signifie 
aussi le corps de place lorsqu'il est peu ré- 
sistant. 



CHENET. 



44-4 



CHEVALERIE. 



CHENET. Ustensile de ehemiaêe que l'on 
ciniiloie par paire pour tenir le bois soulevé 
dans les cheminées. Les ameublements d'of- 
licier fournis par le service des lits militaires 
comprennent une paire de chenets. 

CHEVAL. Quadrupède de la famille des 
Equidês, de l'ordre des Pachydermes. Son 
corps est élevé, musculeux et couvert d'un 
|)oil ordinairement ras et court en été ; la 
queue est garnie de crins ; les jambes sont 
hautes et finissent toutes les quatre par un 
seul doigt apparent muni d'un sabot semi- 
circulaire. 




1 Les oreilles. 

2 La nuque. 

3 Le toupet. 

4 Le iront. 

.'i Les salières, 
(î L'œil. 

7 Le chanfrein. 

8 Les joues. 

9 Les naseaux . 

10 Les lèvres. 

11 Le menton. 

12 Le menton. 
L^ La barbe. 

14 L'auge. 

15 La ganaebe. 

16 Le gosier. 

17 L'encolure. 

18 La crinière. 

19 Le garrot. 

20 Le poitrail. 

21 L'épaule. 

22 Le bras. 

23 L'avant-bras. 

24 Le coude. 

25 La châtaigne. 

26 Le genou. 

27 Le canop. 

28 Le tendon- 

29 Le boulet. 



30 Le fanon. 

:il Le paturon. 

32 La couronne. 

33 Le sabot. 

34 Les ijuartier.s. 

35 Le taloD. 
3C> La pince. 

Le corps. 

■M Le dos. 

38 Les reins. 

39 Passage des sangles. 

10 Les côtes. 

1 1 Le ventre. 

42 Les lianes. 

43 Le fourreau. 

L'arricrc-inaiii. 

44 La croupe. 

45 La'i|ueue. 

46 Les fesses. 

47 Les hanches. 

48 La cuisse. 
19 La jambe. 

50 Le grasset. 

51 Le jarret. 

52 I>a pointe du jarret. 



Le cheval (!st herbivore et granivore. 
La durée de sa vie est en général de 20 à. 
23 ans. La femelle, appelée jument, porte 

11 mois et quelques jours, et assez souvent 

12 mois entiers. Elle ne fait qu'un petit ap- 
pelé poulaiii. 



Les allures naturelles du cheval sont le 
pas, le trot et le galop; les allur(>s artificiel- 
les ou vicieuses sont Veiitrepas, l'amble, Vau- 
bin, le traquenard. 

La figure (fin. 50) indique quelle est la no- 
menclature des différentes parties du cheval. 

Les différentes espèces de pelages ou robe 
du cheval sont : l'alezan, le bai, le rouan, 
l'isabelle, le pie, et dans chacune de ces 
robes, on distingue des nuances, exemple : 
Ijai-cerise, bai-brun, etc. 

Les principales races de ciievaux sont : la 
race arabe, la race barbe, la race persane, 
la race andalouse, la race anglaise, la race 
hongroise, la race allemande, et les diverses 
races françaises. 

Au point de vue de l'année, les chevaux 
sont distingués en chevaux de cavalerie 
légère, chevaux de cavalerie de ligne, che- 
vaux .de cavalerie de réserve, chevaux de 
trait léger et chevaux de gros trait; parmi 
les chevaux de selle, ceux qui sont les plus 
vigoureux et en même temps les plus élé- 
gants, sont nommés chevaux de tète et ser- 
vent à remonter les officiers (V. Remonte, 
Harnachement, Ferrage) . 

— de frise. Défense accessoire formée 
par des poutrelles de O'^.âO d'équarrissage, 
dans lesquelles sont engagées des fuseaux 
placés alternativement dans deux sens per- 
pendiculaires ; ces fuseaux ont de 3 à 4 mè- 
tres de long. Ce genre de défense est facile 
à détruire ; c'est pourquoi il ne faut l'em- 
ployer que comme barrière de fermeture des 
ouvrages dont la gorge ne sera pas en prise 
au feu di' l'artillerie ennemie. 

CHEVALERIE. Institution militaire du 
moyen âge et qui paraît lenionter à Charle- 
magne ; c'était la plus haute dignité à la- 
quelle un homme de guerre pût aspirer el 
l'on n'y arrivait qu'en remplissant certaines 
conditions assez difficiles. La réception d'un 
chevalier se faisait avec un cérémonial im- 
posant. 

H n'existe plus actuellement de chevalerie 
en Fiance, la Légion d'honneur ne pouvant 
être assimilée à un ordre nobiliaire. 

Partout où elle a existé, la chevalerie n'a 
pas fait progresser l'art militaire, car elle 
comptait trop exclusivement sur sa bra- 
voure individuelle, sans se préoccuper de la 
cohésion et de l'ordre des formations de 
combat. 

— régulière. Chevalerie d'un genre 
mixte, c'est à-dire militaire et monacale, 
créée à l'époque des Croisades et composée 
d'associations libres et hospitalières ; elle 
prononçait des vœux religieux plus ou moins 
austères; elle était soumise à. une règle 
écrite. Elle disparut à la fin du XV^IU» siècle. 



CHEVAÏiET. 



lib 



CHEVRE. 



CHEVALET. Le chevalet employé pour 
la (onstrut-lioii des ponts militaires se com- 
pose d'un chapeau, supporté par quatre 
piedx qui sont assemhlés avec lui à queue 

Fis. 51. 




d'hi ronde ; de deux traverses, de quatre 
écharpes et de deux cojissinets. Toutes ces 
pièces sont réunies par des che\illes ou des 
l)roclies (fig. oi). 

Le chevalet à 2 pieds, qui fait partie 
de l'équipage du pout français, se compose 
d'un chapeau percé, près de ses extrémités, 
de 2 mortaises inclinées, dans lesquelles 
viennent coulisser deux pieds terminés, à 
leur extrémité supérieure, par une partie 
cylindrique à laquelle viennent s'accrocher 




des chaînes de suspension, à leur extrémité 
inférieure, par une pointe dans laquelle 
\ient s'engager une semelle que l'on tixe au 
moyen d'une broche en fer pour donner jilus 
d'assiette {(ig. 32). 

Le chevalet Birago. employé dans l'ar- 
mée autriciiieinie.est analogue au précédent, 
avec cette différence que les mortaises du 
chapeau sont |)lus larges, de manière à per- 
mettre le [lassage de deux pieds pour le cas 
où la profondeur de l'eau est de 4 mètres. 

— d'armes. Chevalet très primitif ser- 
\ant de support aux fusils dans les camps, 

— de corps de garde. Chevalet servant 
à scier le Ijois, faisant partie du mobilier des 
corps de garde. 

CHEVALIER. Au moyen âge, celui qui 
avait reçu l'oKlre de la chevalerie ; actuel- 
lement, celui qui a reçu lyi décoration d'un 
ordre existant. En France, il n'existe plus 
que des chevaliers de la Légion d'hon- 
neur el du Mérite agricole, mais il y avait 



sous la monarchie des chevaliers de Saint- 
Louis et d'autres ordres du même genre. 

— du gaet. Espèce de maréchaussée qui 
peut être considérée comme l'origine de la 
gendarmerie. 

CHEVALIÈRE (V. Éperon). 

CHEVAUCHÉE. Service que le vassal 
devait à son seigneur dans les guerres privées 
au moyen âge. Se dit aujourd'hui d'une 
course longue et rapide à cheval. 

CHEVAUCHER. Aller à cheval. 

CHEVAU - LEGERS. Cavalerie légère 
créée par Louis XII, et dont un escadron 
faisait partie de la maison du roi. Ils furent 
supprimés en 1787; mais la compagnie de 
chevau-légers de la maison du roi fut réta- 
blie sous la première Restauration et dis- 
parut définitivement en 1830. 

CHEVAUX. 11 y a dans l'armée deux 
grandes classes de chevaux : ceux d'officier 
et ceux de troupe. Ces derniers se subdivisent 
en chevaux de selle, pour la cavalerie; de 
trait léger, pour les cadres de l'artillerie, 
du génie et du train des équipages ; de 
gros trait, pour traîner les voitures de ces 
corps ; des équipages régimentaires, pour 
l'infanterie ; de bât, quand ils servent à 
porter des fa idéaux. 

CHEVELURE. L'ensemble des cheveux. 
La chevelure a été portée de bien des ma- 
nières au point de vue militaire : tresses, 
queues, cadenetles, catogans, chevrettes, cra- 
pands, etc. 

La chevelure longue fut abolie en 1804 
dans l'armée française. L'exemple fut donné 
par la division de grenadiers d'Uudinot, à 
Arras. 

CHÉVETAIN ou CHÉVETAINE. A 
l'origine, capitaine ou colonel de la milice 
française, puis ce nom fut donné aux mili- 
taires qui avaient les droits attachés au titre 
de chef et tenant le chevet ou la tète. 

CHEVEUX. Hoil particulier à la partie 
de la peau qui recouvre le ciàne dans l'espèce 
humaine. 

Les cheveux des militaires doivent être 
coupés courts et ne jamais formm- de touffe 
ni de boucle. 

CHEVILLE. Morceau de bois ou de fer 
qu'on fait entrer dans un trou pour le bou- 
cher, pour assembler deux pièces ou pour 
accrocher un objet. 

— ouvrière. Grosse cheville eu fer qui 
sert à assembler l'avant-lrain avec le train 
de deriière des fourgons, des caissons, etc. 

CHEVRE. Sorte de trépied qui, au moyen 
d'un treuil et d'un certain nombre de pou- 
lies, sert a soule\er des fardeaux. L'artillerie 
emploie deux modèles de chèvres : la chèvre 
modèle 1840, el la chèvre modèle 1869. dite 

10 



CHEVRETTE. 



U6 



chèvre de tranchée, parce qu'elle na que 
2™, 25 de hauteur, de manière à ne pas dé- 
passer les épaulemeats. 

CHEVRETTE. Plaque de rorne ou de 
cuir bouilli i{ui servait de lieu et d'ornement 
aux calogtms. 

Petit trépied à bascule que les corps d'in- 
fanterie sont autorisés à acheter pour pro- 
céder au nettoyage des voitures. 

CHEVRON. Galons en or ou en Saine 
assemblés en forme de chevron de charjwnte, 
que les hommes de troupe portaient sur le 
haut de la manche gauche après un certain 
temps de service. Les chevrons ont été su]i- 
primés et remplacés, pour les sous-officiers 
rengagés, par un galon de soutache en ar- 
gent ou en or, selon l'arme, mélangé de soie 
rouge, porté sur le bord supérieur des pare- 
ments des manches. 

CHEVROTINE. Balle de très petit ca- 
libre, qui est plutôt un gros plomb. 

CHICANE. Escarmouche ou affaire de 
peu d'importance, ayant pour objet de fuir- 
celer l'ennemi, de lui disputer le terrain par 
des marches ou conti-emarches. 

Ce mot désigne aussi les ent^ins, ouvrages, 
mines, etc., établis parles assiégés pour dis- 
puter le terrain aux assiégeants. 

CHIEN de fusil. Pièce extérieure de la 
platine du fusil. Dans les armes à silex, le 
chien tient la pierre à feu entre deux mâ- 
choires ; dans les armes à percussion ù che- 
minée, il vient frapper sur la capsule placée 
sur la cheminée ; dans les armes actuelles, le 
(•bien est la partie massive située à l'arrière 
de la culasse mobile qui, par l'action de la 
détente, entraîne brusquement le percuteur 
en avant pour enflammer l'amorce. 11 se 
compose essentiellement d'un coips cylin- 
drique, surmonté d'un renfort qui se pro- 
longe en avant et est terminé en arrière par 
une crête quadrillée. Sous le renfort est uu 
cran d'arrêt et, à la partie inférieure du 
chien, on remarque le cran de repos et le 
craii de l'abattu. 

— de guerre. Les clùens ont été em- 
ployés à la guerre comme auxiliaires depuis 
les Gi-ecs, qui leur faisaient (jarder des camps 
et des forts ; les Romains s'en servirent dans 
le même but. Les Celtes en tirent usage 
comme combattants et des limiers de la 
Grande-Bretagne furent employés dans la 
guerre des Gaules. A Granson et à Morat 
(1476) des troupes de chiens de montagne 
entamèrent l'action contre les chiens bour- 
guignons. Les chiens d'Ecosse se distin- 
guèrent dans plusieurs grandes batailles. 
Dans les guerres d'Espagne, les Français uti- 
lisèrent des chiens comme vedettes dans les 
places fortes. Pendant la conquête de l'Al- 



CHOIX. 

gérie, on s'en servit aux avant-postes pour 
tenir les sentinelles en éveil et pour accom- 
pagner les rondes et patrouilles. 

Tout récemment, on a préconisé de nou- 
veau l'emploi de ces auxiliaires, surtout aux 
;ivant-])0stes, ou comme porteurs de dépê- 
ches, ou connue pourvoyeurs de munitions 
sur le champ de bataille. 

L'expérience [n'ayant pas encore été faile 
d'une manière suffisante, il n'est pas pos- 
sO)le de se prononcer sur les avantages et les 
inconvénients de ce genre de service. 
CHIFFRE (V. Cryptographie). 
Des cliiffres d'un modèle spécial sont em- 
ployés pour marquer les effets de toute espèce 
des militaires et les sabots des chevaux. 

CHILIARCHIE. Cori»s de 1024 hommes 
chez les Grecs ; la phalange macédonienne 
com|)renait 16 chiliarchies. 

CHILI ARQUE. Commandant d'une chi- 
lùirchie grecque. Chez les Romains, c'était 
le chef des soldats qui constituaient l'équi- 
page d'une flotte. 

CHIROBALISTE. Arme de trait en usage 
dans la milice romaine et consistant en une 
sorte d'arbalète. 

CHIRURGICAL. Oui se rapporte à la 
i'])irurgie. 

CHIRURGIE. Partie de l'art de guérir 
qui s'occupe des maladies externes exigeant, 
pour leur traitement, le secours d'une opé- 
ration ; telles i\nr les blessures de guerre, etc. 
CHIRURGIEN. Celui qui exerce la chi- 
rurgie. Ce titre a été donné pendant long- 
tcmjjs aux médecins militaires, notamment 
pendant les guerres de la Révolution et du 
premier Empire. 

CHLAMYDE. Manteau court dont se ser- 
\ ait la milice grecque et qui se portait par- 
dessus l'armure en temps de guerre. U ve- 
nait se rattacher par une agrafe, soit devant 
le cou. soit sur l'épaule. 

CHOC. Combat coips à corps de deu\ 
troupes ennemies. Se dit surtout du momenl 
où un corps de cavalerie qui charge rencon- 
tre le corps qui lui est opposé. 

CHOIX. Préférence donnée à une per- 
sonne on à une chose sur une ou plusieurs 
autres (V. Avancement). 

— du point d'attaque. Dans l'attaque 
régulière d'une place, on procède à un en- 
semble d'opérations et de travaux méthodi- 
ques (V. Attaque des places) seulement en 
un certain point, qui présente le moins de 
difficultés. Les études faites pendant la paix 
et les premiers renseignements permettent 
de déterminer approximativement le point 
d'attaque, que l'on arrête définitivement à 
la suite de reconnaissances faites pendant 
l'investissement. Li- choix doit se porter sur 



CHOLÉRA. 



m 



CIMETERRE. 



les ouvrages dont il e^t le plus facile de 
s'emparer en tenant compte de la valeur de 
la fortification, de la coniiguration et de la 
nature du terrain. 11 y a lieu de faire entrer 
aussi en ligne de compte la proximité des 
voies de communication. 

CHOLERA. Maladie très grave, caracté- 
risée par des évacuations abondantes, une 
grande faiblesse et du refroidissement. Il est 
sporadique ou épidémique. 

Une instruction du 20 juillet 1883 pres- 
crit, en cas d'épidémie de choléra, de dispo- 
ser des annexes aux infirmeries régimen- 
taires ou des locaux spéciaux pour recevoir 
les malades. 

CHOSE MILITAIRE. Tout ce qui se 
rapporte à la science, à l'ait de la guerre. 

CHOU. Plante potagère de la famille des 
crucifères. Fait partie des légumes admis 
pour Vordinnire des troupes. 

CHOUMARA. Ancien officier supérieur 
du génie qui a imaginé un système de four- 
neau particulier pour la cuisson des ali- 
ments des troupes. Ce système est cai'actérisé 
par une meilleure utilisation de la chaleur, 
et par l'augmentation de la surface de 
chauffe des marmites, d'où il résulte une 
économie notable de combustible, par rapport 
aux systèmes précédemment employés. La 
ration journalière de combustible est fixée a 
24 kilogr. de charbon de terre ou 42 kilogr. 
de bois pour le fourneau à double marmite, 
d'une contenance de 75 litres et au-dessous, 
et à 23 kilogr. de charbon de terre, ou 
43 kilogr. de bois pour les fourneaux à 
double mai-mite, d'une contenance de 73 à 
100 litres. 

CHRONOMÈTRE. Montre de précision, 
qui indique les plus petites divisions du 
temps avec la plus grande exactitude. Le 
mécanisme, combiné en conséquence, reste à 
peu près insensible aux effets de la tempéra- 
ture et aux perturbations extérieures. Cet 
instrument est surtout usité dans la marine. 

CIBLE. Appareil servant de but, pour 
exercer les soldats au tir des armes à feu. 
La i.'ible dont il est fait usage en France 
pour les tirs individuels d'instruction, est un 
panneau carré de 2 mètres de côté, formé 
d'un cadre en bois de peuplier, dont l'inté- 
rieur est garni dune toile d'emballage ten- 
due, à laquelle on donne de la rigidité au 
moyen de vieux papiers collés sur ses deux 
faces; la face antérieure est ensuite recou- 
verte avec de grandes feuilles de papier 
blanc. Le poijit à viser, déterminé par un 
tir sur appui fait par l'officier de tir, est 
marqué sur la cible à l'aide d'un carré ou 
d'un cercle eu papier noir, dont le diamètre 



ou le côté est égal au millième de la distance 
de tii". 

Pour le tir individuel à la distance de 
600 mètres et le tir au revolver, on emploie 
une ou plusieurs cibles rectangulaires de 
1 mètre de large sur 2 mètres de haut, ainsi 
que pour les tirs collectifs dans certains 
cas. 11 existe aussi des cibles silhouettes : 
1° d'homme debout, employées dans les tirs 
individuels d'application, les tirs collectifs, 
les tirs de combat et les tirs de perfectionne- 
ment; 2" d'homme à genou, utilisées comme 
les précédentes, excepté dans les tirs collec- 
tifs; 3" d'homme couché, pour les tirs indi- 
viduels d'application et, éventuellement, pour 
les tirs de perfectionnement. La cible de 
buste sert à l'exécution des deux derniers tirs 
d'application, et, au besoin, des tirs de per- 
fectionnement. 

— pour tir réduit. Il existe dans chaque 
corps, pour les exercices de tir réduit, un 
certain nombre de cibles en fer de 0'",60 de 
côté. 

CICATRICE. Marque des plaies ou bles- 
sures après leur guérison. Dans certains cas, 
la cicatrice peut devenir une cause de ré- 
forme. 

CIDRE. Boisson fermentée faite avec le 
jus de pommes. Le cidre peut être admis 
comme boisson hygiénique, à défaut de vin, 
dans la proportion de 1/2 litre de cidre pour 
1/4 de litre de vin. 

CIEL. L'expression à ciel ouvert signifie 
à découvert. Le ciel d'une galerie de mine 
est la partie supérieure de cette galerie ; 
dans les mines militaires, ce ciel est quel- 
quefois voûté, mais il est le plus souvent 
formé de planches de ciel qui sont placées 
jointivement sur les chapeaux des châssis. 
Le ciel d'une coupole en est la partie supé- 
rieure. 

CILICE. Etoffe épaisse inventée en Cilicie 
et fabriquée avec du crin ou du poil de cha- 
meau. On en faisait des espèces de masques 
ou de matelas pour préserver les machines 
de guerre des assiégeants, ou pour protéger 
les murailles assiégées. Ces matelas étaient 
rembourrés avec des herbes marines, des 
matières sjiongieuses, de la bourre, etc. 

CIMAISE. Partie de la garde d'épée 
modèle 1817, qui supporte la calotte. 

CIMBALE. Plateaux en cuivre servant 
d'accompagnement aux musiques militaues. 

CIMENT. Variété de chaux liydiaulique 
renfermant do 23 à 35 UjU d'argile. Les 
ciments les plus renommés sont ceux de 
Portland, de N assy, de Grenoble, de Pouilly. 
de Boulogne, etc. Employé dans la compo- 
sition du bt'ton. 

CIMETERRE. Espèce de sabre fort lourd 



CIMETIERE. 



■148 



CISELAGE. 



à poignée en forme de manche, à lame 
recourbée et assez courte, s'élargissant vers 
la pointe, qui est trandiante des deux côtés. 

CIMETIÈRE. Lieu où l'on enterre les 
morts. Dans les pays civilisés, les cimetières 
sont toujours entourés d'un mur plus ou 
moins élevé, de sorte qu'ils ont servi bien 
souvent de réduits fortifiés, après avoir été 
crénelés ou organisés définitivement. Dans 
un camp, le cimetière doit être éloigné autant 
que possible, pour n'avoir pas à souffrir des 
émanntions délétères. 

CIMIER. Ornement en métal qui sur- 
monte le casque, et dont on faisait, au 
moyen âge, un insigne de noblesse, que les 
chevaliers seuls avaient le droit de porter. 

CINQUAIN. Ordre de bataille dans lequel 
l'armée était divisée en cinq masses, s'appe- 
lant alors bataillons, avec lesquels on formait 
trois lignes. Employé aux XVI® et XVII" siè- 
cles. 

CINQUANTAINE. Compagnie d'arbalé- 
triers, d'infanterie, même de bounjeois, 
composée de SU hommes et commandée par 
un cinquanlenier . 

CINQUANTENIER. Officier subalterne 
qui connnandait une cinquantaine. 

CINQUENELLE. Cordage ou câble mé- 
tallique qu'on tend au travers d'une rivièi'e 
pour y amarrer les supports flottants d'un 
pont. La cinquenelle est amarrée sur l'une 
des rives à un pieu, à un arbre, etc., et est 
attachée, sur l'autre rive, au treuil d'un 
cabestan ou d'un vindas. 

CINTRER. Se dit d'une ligne qui, dan- 
une marche, s'infléchit au centre. 

CIPÂHIS. Soldat hindou, au service du 
gouvernement français. 11 en existait une 
compagnie affectée à la protection de jios 
établissements de l'Inde ; elle vient d'être 
supprimée par la loi de finances fixant le 
budget de 1891. 

CIPAYE. Soldat hindou, au service du 
gouvernem(Mit anglais. 

CIRAGE Ingrédient employé pour noircir 
la chaussure et les harnais. Le cirage pour 
la chaussure est acheté au compte des ordi- 
naires: c'est généralement un mélange de 
noir d'ivoire, d'eau, de vinaigre, de mélasse, 
de gomme, d'huile, d'acide sullurique et 
d'acide cbloriiydrique. Le cirage pour les 
harnais est acheté au compte de la masse de 
harnachement et ferrage : il se compose gé- 
néralement de noir d'ivoire, de l'b'e, d'huile 
et d'essence de térébentiiine. 

CIRCONFÉRENCE. Ligne courbe fermée 
dont tous les points sont à égale distance 
d'un point intérieur nommé centre. La lon- 
gueur de la circonférence est approximative- 
ment égale à celle de son diamètre multipliée 



par 3,1416, c'est ce qu'on exprime pai la 
formule 2 t: R. 

CIRCONSCRIPTION. Limite qui borne 
l'étendue d'un corps. Division administra- 
tive, militaire, judiciaire, etc. 

CIRCONSTANCE. Particularité qui ac- 
compagne un fait. En terme de droit, les 
circonstances sont dites ayyravantes loi's- 
qu'elles rendent le crime ou le délit plus 
grave au point de vue moial ; elles sont dites 
atténuantes dans le cas contraire. Les cir- 
constances de guerre sont les événements 
particuliers qui surgissent plus ou moins 
inopinément; on conçoit qu'elles jouent un 
grand rôle à la guerre, et qu'il faut en tenir 
compte dans la conduite des opérations. 

CIRCONVALLATION (Ligne de). Ligne 
de tianchèes destinées à protéger le corps de 
siège contre les armées de secours, et distantes 
de' 3,000 à 3,600 mètres de la place. 
(V. Attaque des places). Les lignes de ce 
genre sont en général abandonnées aujour- 
d'hui; la cavalei'ie et des colonnes légères 
sont chargées de couvrir les troupes. Cepen- 
dant, pour protéger celles-ci contre les ten- 
tatives d'une armée de secours, on organise 
(juelquefois en arrière certaines positions 
importantes, sur lesquelles on prépare des 
ouvraijes et des batteries pouvant être facile- 
ment arnu^s et défendus au moment du 
besoin. 

CIRCULAIRE, (jui a la forme d'un 
ceicle. Lettre écrite dans les mêmes termes 
et adressée à différentes personnes pour le 
même sujet. Telles sont les circulaires minis- 
térielles, etc. 

— de tir. Cercle gradué eu cuivre, ser- 
vant, dans les coupoles, pour le pointage en 
direction. 

CIRCULATION. Les senlinellas doivent 
maintenir la circulation, c'est-à-dire empê- 
cher de statioinier au point d'entraver le 
mou\ement des gens et des voitures. 

CIRE. Substance jaunâtre, produite pai' 
les abeilles. Ce mot s'applique également à 
diverses substances analogues, d'origine soil 
animale, soit végétale. On l'emploie pour 
astiquer les fonr)ii)iienls. 

CIRQUE. Encenile circulaire couverte 
destinée au spectacle donné par des écuyers. 
En topographie, on donne le nom de cirque 
à tout espace plus ou moins circulaire, doni 
la circont'érencc est formée par des hauteurs 
ou des rochers. 

CISEAU. Instrument tranchant par un 
boni. Au pluriel : instrument formé de deux 
lames tianchantes. Chaque soldat est pourvu 
d'une paire de ciseaux dans sa trousse. 

CISELAGE. Opération qui consiste à ci- 
seler au burin certaines parties d'une bouche 



cistAe. 



] i!) 



CLASSE. 



à feu, telles que les anses et certains évide- 
luents, puis à les égaliser à l'aide d'un 
marteau à panne bombée. 

CISTRE. Instrument de musique à cordes, 
ressemblant à un luth, employé chez les 
anciens. 

CITADELLE. Petite forteresse située à côté 
dune ville et attenant à l'enceinte de celle-ci 
lorsqu'elle est fortifiée. Son but principal était 
non-seulement de servir de refuge à la gar- 
nison en cas d'émeute, mais aussi de soutenir 
un nouveau siège après la chute de la ville, 
puis prolonger la résistance ou de ménager 
lies conditions de capitulation plus favorables. 
Ine citadelle devait être située de telle ma- 
nière que l'ennemi n'eût pas de raison d'en 
faire le point d'attaque; elle devait com- 
mander le corps de place et être séparée de 
la \nlle par un espace dérouvert (esplanade) 
hien battu par la citadelle: enfin, elle 
devait être assez vaste, assez bien fortifiée, 
approvisionnée, organisée pour faire une 
bonne résistame. Dans les grandes places 
actuelles, la citadelle sera généralement l'un 
des forts, mieux organisé et plus puissant 
ou mieux situé que les autres. 

CITATION. Acte par lequel on appelle 
quelqu'un devant les juges. Passage emprunté 
a un auteur. Des militaires peuvent obtenir 
des citations à l'ordre de l'armée (V. Action 
iVéclat), qui sont inscrites sur leurs états de 
service. 

CITERNE. Réservoir fait pour recueillir 
et conserver les eaux de pluie. Dans les 
forts où il n'existe ni souives, ni puits, on 
établit des citernes d'une capacité suffisante 
pour appro\isionner d'eau la garnison pen- 
dant six mois an moins. Les citernes sont 
placées dans les sous-sols, voûtées et munies 
de quelques évents, ne laissant cependant 
pas entrer trop de lumière. Les citernes 
destinées à recueillir l'eau des pluies, se 
divisent en deux chambres de grandeur iné- 
gale : le citerneau, où les eaux se réunissent 
et déposent les matières qui les troublent, 
et la citerne proprement dite, où elles se 
conservent. 

CITOYEN. Titre sous lequel les mili- 
taires sont compris, sauf les modifications 
indispensables, dans les dispositions de 
l'état civil qui régissent tous les habitants 
d'un pays. 

CIVIÈRE. Espèce de brancard dont on 
fait usage pour le transport des fardeaux à 
bras. Tous les corps doivent avoir un certain 
nombre de civières pour enlever le fumier 
des écuries. 

CIVIL. Qui concerne tous les citoyens. 
Désignation, dans l'armée, des personnes 
non militaires. 



CIVIQUE. (V. Couronne). 

CLAIE. Surface plane, confectionnée au 
moyen de gaulettes entrelacées sur des pi- 
quets ; elle affecte les dimensions de la 
surface à revêtir quand le l'iayonnage est 
fait sur place, et ordinairement celles d'un 
rectangle de 2 mètres de long sur 0™,80 à 
i^jâO de haut, si la claie est confectionnée 
à l'avance. Pour cela, on place le long d'un 
cordeau tendu, 6 piquets à 0"",40 l'un de 
l'autre et on les enfonce de O^.iS. Le 
dayonnage étant monté à la hauteur voulue, 
on l'arrête au moyen de harts. Les claies 
servent, soit au revêtement des talus, soit 
pour franchir des petits fossés ou certaines 
défenses accessoires. 

CLAIMOR ou CLAYMORE. Grande et 
large épée dont font usage les Ecossais. Elle 
se distingue surtout par sa poignée, fabri- 
quée de manière à couvrir complètement la 
main. 

CLAIRON. Instrument de vmsique en 
cuivre à son clair et perçant, en usage dans 
l'armée. Le clairon nouveau modèle a la 
forme d'un cor de chasse ; son pavillon est 
dirigé en arrière par rapport à celui qui en 
joue. On donne également le nom de clairon 
au soldat qui joue de cet instrument . Il en 
existe un par compagnie, ainsi qu'un élève 
clairon. 

11 était employé déjà par les Romains, 
sous le nom de lituus, et au moyen âge, 
sous celui de buccine. 

CLAMEAU. Morceau de fer d'environ 
0™,22 de long, portant à chaque extrémité 
une fort(> pointe perpendiculaire à l'une des 
faces. Le clameau est à une face, lorsque les 
deux pointes sont parallèles; il est à deux 
faces, lorsque les deux pointes ont des direc- 
tions à peu près perpendiculaires. 

CLAMEUR. Cris séditieux, punis par le 
Code de justice militaire lorsqu'ils ont été 
proférés par des militaires. 

CLAMPIN. Soldat retardataire, trahiard. 
écloppè. 

CLAN. Sorte de tribu en Ecosse et en 
Irlande ; a joué un grand rôle comme mi- 
l'ce. 

CLAQUE. Grand chapeau à deux cornes, 
à l'usage des officiers sous Napoléon I". 

CLAQUETTE. Espèce d'instrument de 
musifiup, servant à imiter le claquement du 
fouet. 

CLARINETTE. Inf;trument à vent, à bec 
et à mèche. Il en existe un certain nombre 
dans les musiques régimentaires de l'armée 
française. On donne également le nom de 
clarinette an musicien qui joue de cet instru- 
ment. 

CLASSE. Ordre suivant lequel sont ran- 



CLASSEMENT. 



gées diverses personnes ou diverses choses. 
Ensemble des jeunes gens appelés, chaque 
année, à concourir au tirage au sort ; elle 
elle est appelée classe de recrutement. 

On distingue encore la classe de mobili- 
sation, qui est celle avec laquelle les hommes 
doivent marcher en cas de réunion, revue 
ou appel sous les drapeaux. Cette dernière 
n'est pas la même que la classe de recrute- 
ment ; par exenrple, pour les engagés volon- 
taires, qui ont le point de départ de leur 
service avancé, ainsi que pour les déserteurs, 
les insoumis, les condamnés, qui ont le point 
de départ de leur service retardé, c'est la 
classe de mobilisation qui est inscrite sur la 
couverture du livret individuel des hommes. 

Les capitaines et les lieutenants, ainsi que 
les soldats, sont, au début, de 2" classe, puis 
sont élevés à la l''" classe dans des conditions 
déterminées. 

CLASSEMENT. Action de classer, de 
mettre dans un certain ordre. Tel est, par 
exemple, le classement des officiers dans un 
corps de troupe, le classement des candidats, 
des chevaux, des effets de toute espèce, etc. 

CLAUDICATION. Action de boiter. La 
claudication permanente, même légère, est 
un cas d'exemption ou de réforme. 

CLAVETTE. Petite cheville plate passant 
en travers d'un tenon pour servir à fixer un 
objet sur un autre ; par exemple : la plaque 
du collier des tambours sui' le collier. 

CLAVICULE. Os qui sert d'arc-boutanl 
à l'épaule. 

CLAYONNAGE. Espèce de tressage fait, 
autour de piquets plantés en terre, au moyen 
de clayons ou menus branchages que l'on 
entrelace les uns avec les autres et autour 
des piquets. On s'en sert pour faire des claies 
et des gabions. 

CLÉ ou CLEF, instrument en fonte mal- 
léable ou en acier, qui sert à ouvrir ou à 
fermer une porte (V. Caser nier, Portier-con- 
signe, Caisse du Conseil). 

— tactique. Points dominants qui 
jouissent d'une influence décisive sur le ré- 
sultat du combat ; telle était la hauteur de 
Pratzen à la bataille d'Austerlitz, celle de 
Ghlum à la bataille de Sadowa. 

— d'arbalète. Clef en saillie au-dessous 
de Varbrier et remplissant le rôle de la dé- 
tente pour les fusils. 

CLERC. Toute personne entrée dans l'état 
ecclésiastique. Se cUt par opposition à laïque. 
Compter de clerc à mailre, ne rendre compte 
que de la recette et de la dépense, sans être 
tenu d'aucune responsabilité particulière. Ce 
régime est appliqué actuellement aux répa- 
rations à l'armement. 

CLIBANNAIRE. Milice grecque de Da- 



1.30 CLOTURE. 

rius. Ce soldat était vêtu d'une tunique en 
cotte de mailles et armé d'un arc tirant des 



CLIDE. Engin du moyen âge servant à 
lancer des pierres sur les assiégeants. C'était 
une calapulte à bascule, ressemblant beau- 
coup au bacule. 

CLIENT. Personne qui confie ses intéiêts 
ù un homme d'affaires ; qui confie à un mé- 
decin le soin de sa santé. S'emploie encore 
abusivement comme synonyme de chaland. 
Nom donné dans la milice féodale à des 
guerriers d'un certain rang, attachés au ser- 
vice d'un maître très puissant, qui leur don- 
nait le titre de seigneur. 

CLIENTÈLE. Tous les chents d'un 
homme d'affaire, d'un médecin, d'un com- 
merçant. 

Il est interdit aux maîtres ouvriers des 
corps de travailler pour la clientèle bour- 
geoise autre que la famille directe des mili- 
taires (femmes et enfants). 

CLIQUETIS. Bruit que font des armes 
qui s'entrechoquent. 

CLISE. Mouvement qui, dans la milice 
grecque, représentait le mouvement indivi- 
duel par le flanc, ou un changement de front 
individuel sur un quart de cercle. 

CLOCHE. Instrument d'airain produisant 
des sons retentissants à l'aide d'un battant 
suspendu dans l'intérieur. 

Jusqu'à l'emploi du canon, les cloches ser- 
vaient de signaux d'alarme, d'ouverture ou 
de fermeture des portes, des alertes, etc. 

CLOCHER. Bâtiment élevé au-dessus 
d'une église, dans lequel sont suspendues les 
cloches. 

Les clochers servent d' observatoires) pour 
suivre les mouvements de l'ennemi, mais ils 
ont l'inconvénient de servir de points de re- 
père pour le tir de l'artillerie, de soite qu'il 
est recommandé d'éviter de grouper des 
troupes dans les abords immédiats d'une 
église. 

CLOISON. Intervalle plein qui sépare 
deux rayures voisines dans une bouche à feu. 
On a reconnu que la largeur minima de la 
cloison devait être de 2™™, 5, afin de ne pas 
être rasée par le projectile. 

Parties du barillet qui séparent les cartou- 
ches. Il existe aussi des cloisons dans les car- 
touchières ou gibernes. 

CLORE. Fermer, pris dans un sens très 
vaste. Ainsi; on dit : cette ville est close de 
murailles, ce passage est fermé. 

CLOS. Espace de terre cultivé et fermé 
de murailles. 

CLOTURE. ' Enceinte de murailles, de 
haies, de palissades, etc. Les clôtures sont 



CLOtl. 



151 



COFFRE A MUNITION? 



utilisées dans l'organisation défensive des 
localités. 

Fin des opérations de l'exercice financier, 
du conseil de révision, etc. 

GLOD. Petite tige de métal avec tète et 
pointe. Les acceptions militaires de ce mot 
sont : 

— à glace, qui, pour permettre aux che- 
\aHX de mardier sur la glace, ont une tète 
se terminant en pointe pour empêcher les 
chevaux de glisser en pénétrant dans la glace. 
On en a proposé de différents modèles dont 
le plus pratique est celui dont la tige se visse 
dans le fer. 

— de rue. Clou, morceau de verre, etc., 
qui s'enfonce dans le pied du cheval en 
marchant et qui peut occasionner un abcès, 
ou tout au moins un peu de repos. 

— de fer à cheval. Clou fabriqué à la 
main et qui sert à maintenir le fer au pied 
du cheval. 

— de souliers. Clous à tête large et 
à courte tige servant à garnir la semelle 
des chaussures de la troupe. Ces clous sont 
de l'espèce dite à vis, c'est-à-dire que la tige 
porte des semblants de filets de vis qui em- 
pêchent le clou de sortir de la semelle une 
fois placé. 

CLOUER. Fixer ou placer des clous : 
maintenir un objet avec des clous. 

CLYPE ou CLYPEUS. Grand bouclier 
rond et convexe, de i-uivre ou de fer, servant 
à armer les soldats romains de la classe des 
princes et des triaires. D'abord très lourd, ce 
bouclier s'allégea par la suite et on lui donna 
toute espèce de formes. 

CO ACCUSE. Celui qui est accusé avec un 
ou plusieurs autres. 

COALISÉS. Troupes de diverses puis- 
sances associées dans un intérêt commun. 

COALITION. Association réglée par traité 
de diverses puissances en vue d'obtenir un 
même but. La plus célèbre est celle de 1792, 
qui eut un insuccès complet. Aussi, bien que 
les armées réunies en 1814 pour abattre 
Napoléon I*"" aient réellement formé une con- 
lition, on préféra leur donner le nom d'ar- 
Diées (lihées, ou simplement û'alliés. 

COALTAR. Espèce de vernis-résine em- 
ployé pour préserver de l'humidité les outils 
en fer en magasin. 

COCARDE. Insigne aux couleurs natio- 
nales que les troupes portent à la coiffure. 
La cocarde est, ordinairement, une petite 
plaque roule de métal. Elle a remplacé la 
toufle, ordinairement de plumes de coq (co- 
quarde) aux couleurs du prince, que les sol- 
dats français avaient à leurs chapeaux. Ce[ 
ornement ne devint général que vers 1700; 
elle fut blanche ou verte d'abord, puis en- 



tièrement blanche jusqu'en 1791, où l'on 
adopta la cocarJe tricolore qui fut remplacée 
par la cocarde blanche par la Restauration, 
pour redevenir détinitivement tricolore en 
1830. 

COCHE. Entaille faite à un corps solide. 
Ex.: la coche d'une arbalète, c'est-à-dire 
l'entaille qui est sur le fût et qui sert pour 
arrêter la corde quand ou bande l'arbalète. 
A le sens d'encoche. 

COCHER. Disposer une (lèche dans l'en- 
taille ou ciiche d'un arc. 

COCHON. Porc. La viande de porc est 
utilisée dans l'armée pour des salaisons. On 
n'admet que des animaux dont le poids 
est compris entre 50 kilogr. au moins et 
130 kilogr. au plus. Les truies ayant porté, 
les verrats et les cochons ladres sont refusés. 

Ce mot s'emploie au figuré pour désigner 
un homme sale, malpropre, ayant des habi- 
tudes ou des goûts vils et crapuleux. 

CODE. Corps de lois renfermant un sys- 
tème complet de législation sur une matière 
déterminée. Les Codes français datent du 
premier empire ; ils comprennent le Code 
civil, le Code de procédure criminelle, le 
Code de commerce, le Code d'instruction cri' 
minelle, le Code pénal et le Code forestier. 
Ils sont généralement réunis en un seul vo- 
lume, avec les lois usuelles que nul Français 
n'est censé ignorer. 

11 existe un Code spécial de justice mi- 
litaire. 

COFFIN. Accessoire de fourniment en 
usage sous Henri III. C'était un cylindre 
contenant une charge de poudre à mousquet, 
non compris Yamorce. A été remplacé par la 
poire à poudre et la gibecière dans l'infan- 
terie française. 

COFFRAGE. Planches dont on garnit les 
parois des puits et des galeries de mine non 
permanents, pour s'opposer à l'éboulement 
des terres. Ces planches sont maintenues, de 
distance en distance, par des cliàssis pour 
les galeries et des cadres pour les puits. 

COFFRE à munitions. Coffres portés 
sur les avant-trains d'atîùt et de caisson et 
sur les arrière-trains de caisson et destinés à 
contenir les munitions nécessaires aux batte- 
lies de campagne et aux munitions de cara- 
bine et de revolver de la cavalerie indépen- 
dante attachée aux batteries de 80. Ces 
coffres sont fixés à demeur(^ sur les trains des 
voitures et, dans chacun d eux, les obus sont 
disposés dans des porte-obus mobiles, conte- 
nant chacun 5 projectiles, et les gargousses 
dans des porte-charges en cuivre, contenant 
chacun o charges dans des tubes fixés. Ces 
coffres contiennent, en outre, des éloupitles, 
des armements et divers objets qui trouvent 



COFFRE-FORT. 



V-\i 



place dans des tiroirs occupant des parties 
libres. Il y a également des coffres pour les 
munitions d"infanterie et de cavalerie. 

— à avoine. Il existe, dans chaque 
unité de cavalerie, un coffre fermant à clef 
contenant la provision d'avoine. La clef de 
ce coffre est entre les mains de l'adjudant de 
semaine. 

— de fortification. Ouvrajre blindé 
dont on se scivait anciennement en travers 
d'un fossé d'un ])astion pour en défendre le 
passage : il n'était en saillie que d'un mètre 
sur le fossé et a été remplacé par la rapon- 
nière. 

Les Allemands appellent encore colfre 
notre caponnière double servant au flanque- 
ment des fossés et donnant des feux des deux 
côtés; notre caponnière simple est un demi- 
rofjre. 

— de mine. Nom donné autrefois à la 
chambre ou fourneau de mine. 

— flanquant. Dans les ouvrages impor- 
tants de lortifii-ation passagère, on emploie 
des coffres flanquants ou espèces de blockliaus 
qu'on ]ilace dans les fossés pour les flanquer 
et supprimer l'angle mort. Ces coffres, qui ne 
peuvent avoir que des dimensions restreintes, 
sont le plus souvent remplacés, en pareil cas, 
par des caponnières. 

COFFRE-FORT (V. Caisse). 

COFFRET de flèche. L'affùl du canon 
de gO'""'^ contient un coffret de flèche formé 
latéralement par les flasques et limité par 
deux entretoises. Il est aménagé intérieure- 
ment de manière à renfermer, dans les meil- 
leures conditions, divers outils ou pièces de 
lechange de la bouche à feu. 

— de giberne ou de cartouchière. 
Petit coffre en cuir qui lenfernic un certain 
nombre de cartouches. 

COHORTE. Corps d'infanterie lomaine, 
se composant de la dixième partie d'une 
légion et comptant, en principe, 420 hommes. 
La cohorte disparut après l'établissement de 
l'empire d'Orient. 

Au début de l'institution, Napoléon I'^^ 
organisa la Légion d'honneur t'u cohortes. 
Vers la fin de .son règne, il forma des cohortes 
de gardes nationaux, qui combattirent bra- 
vement pendant la campagne de Fiance en 
1814. 

COIFFE. Effet de toile blanche qui est 
placé sur le kepi et auquel vient s'adapter 
le couvre-nuque. Toutes nos troupes d'Algé- 
rie, de Tunisie sont pourvues de cet etlet. 
Chaque effet de coiffure est doublé d'une 
coiffe en basane v'ernie. 

COIFFER. Couvrir la tète. 

COIFFURE. La coiffure de l'infanterie, 
de l'artillerie de forteresse et du génie se 



COL. 

compose d'un képi avec carcasse rigide pour 
la grande teiuie et sans carcasse pour la 
petite tenue : toutefois, un certain nom- 
bre de ces troupes portent encore le schako, 
pour utiliser le stock existant. La coiffure 
de l'artillerie montée et à cheval, de la 
cavalerie légère et du train des équipages, 
est le schako pour la tenue de guerre ou de 
parade, le képi pour la petite tenue et les 
manœuvres. La coiffure de la cavalerie de 
ligne et de la cavalerie de réserve, est le 
casque en cuivre pour la tenue de guerre ou 
de parade, et le képi pour la petite tenue. 
Tous les hommes montés sont, en outre, 
pourvus d'une calotte d'écurie. 

COIN. Morceau de bois ou de fer ayant 
la forme d'un prisme quadrangulaire. S'em- 
ploie dans les travaux de uiine, pour faire 
appuyer ou écarter suffisamment les planches 
de ciel ou de coffrage. 

Appareil de fermeture de certaines bouches 
à feu se chargeant par la culasse. Cette fer- 
meture, adoptée en Allemagne, est effectuée 
par un coin simple ou double glissant sous 
une ouverture pratiquée à l'arrière du 
canon, perpendiculairement à l'axe de lu 
bouche à feu. 

— d'arrêt. Pièce du chien, qui seit à 
arrêter ce dernier dans la position de l'armé 
en prenant appui, par son arête antérieure, 
sur le cran de l'armé du cylindre. Elle est 
située sous le renfort du chien et s'engage 
dans l'entaille correspondante du cylindre, 
lorsque le mécanisme est à l'abattu. L'une 
de ses faces est taillée en rampe hélicoïdale 
à la demande de celle de l'entaille du 
cylindre. C'est le frottement de ces deux 
surfaces l'une contre l'autre, qui produit 
Varmé automatique. 

— de mire. Employé pour le poin- 
tage en hauteur des mortiers lisses ; il est 
engagé entre la face supérieure de la plaque 
mobile et la volée du mortier. 

— tactique. Disposition donnée autre- 
fois à une colonne d'infanterie grecque ; elle 
se terminait en pointe par le front et s'élar- 
gissait à la base, en dessinant uue espèce 
de trapèze sur le teirain. Le dispositif, ap- 
pelé aussi ordre rostral, triangles ou têtes de 
porc, avait pour but de rompre en un point 
la ligne ennemie en y faisant converger une 
grande quantité de traits. 

COL. La partie d'un effet qui entoure le 
cou ; espèce de cravate en satin qui s'agrafe 
derrière le cou. Le col est réglementaire dans 
la cavalerie. 

En géographie, un col désigne un passage 
étroit entre deux montagnes. Le passage, la 
défense et l'attaque d'un col sont des opéra- 
tions de guerre très délicates (V. Défilés). 



COLBACK. 



i5:î 



COLONIE. 



COLBACK. Sorte de bonncl ù innl en 
forme de cône tronqué, renversé ; la partie 
supérieure se termine par une espèce de 
poche conique en étotî'e venant tomber sur 
le côté avec un jjland au bout. 

COLICHEMARDE ou COLISMARDE. 
Arme d'estoc, principalement consacrée à 
['escrime. C'est une épée longue et mince, 
dont la lame s'élargit brusquement en se 
rapprochant de la garde et l'orme un talon 
peu épais mais large, atin d'augmenter l'op- 
position des parades. 

COLIS. Caisse, ballot d'effets ou de ma- 
tériel, considéré comme formant un objet 
unique, au point de vue de l'expédition. 

COLLE. Préparation gluante qui sert à 
joindre d'une manière fi\e des objets. Au 
figuré : bourde, menterie. 

COLLECTIF. Qui renferme, qui embras^^ 
plusieurs personnes ou plusieurs choses. 

COLLECTION d'effets. Les effets de 
toute nature en la possession des troupes 
doivent être répartis en trois collections, dont 
la composition est déterminée p.ir le com- 
mandant de corps d'armée. En principe, les 
collections doivent contenir : 

Collection n" i. Les effets d'habille- 
ment (et képis des troupes à pied), de guerre 
et de parade, une réserve d'effets d'équipe- 
ment et de campement, etc., égale au 1/7 
de l'effectif de paix, et les chaussures n" 1, 
lorsqu'elles doivent être déposées en ma- 
gasin. 

Collection n" 2. Tous les effets formant 
la tenue extérieure et dont, en principe, les 
soldats doivent toujours être pourvus. 

Collection n'' 3. Tous ks effets inqno- 
pres au service de guerre et à la tenue d'ex- 
térieur; utilisés dans les coivées, exercices 
<^t pour rhabillemenl des léservistes et des 
tei'ritoriaux. 

— d'effets de pansage. Cette collec- 
tion comprend : une brosse a cheval, un tor- 
chon, une serviette, une éponge, une étrille, 
une pane de ci.seaux, une corde à fourrage, 
un sac ;i avoine, un fouet et nue musette 
enfermant le tout. 

COLLÈGE. Synonyme d'école militaire. 

COLLET. Partie d'un vêtement qui est 
autour du coa. Paitie supérieure de l'étui de 
cartouche et dans lequel la balle est engagée. 

COLLIER. (Chaîne d'or que portent les 
chevaliers de certains ordres, et à laquelle 
est suspendu le signe de l'ordre ; tel est le 
collier de l'ordre du Saint-Esprit, celui de 
la Toison d'or, etc. 

Partie du harnais des chevaux de trait, 
à laquelle les traits sont attachés. Dans 
l'armée française, le collier est remplacé par 
la bricole, pour les chi-vaux de trait. 



La caisse du tambour est portée par un 

collier. 

COLLIMATEUR (niveau). Il se com- 
pose essentiellement d'un pendule oscillant 
autour d'une double suspension; la ligne de 
visée liorizontale est donnée par un collima- 
teur lié invariablement au pendule. C'est un 
petit tube en laiton, fermé à l'une de ses 
extrémités par une lentille convergente et. à 
l'autre, par un verre dépoli: un fil de cocon 
de soie teint en noir est fixé sur un dia- 
pbiagme un peu en deçà du foyer principal 
de la lentille. Le plan passant par ce tll et le 
centre optique de la lunette doit être hori- 
zontal par construction, quand le pendule 
est librement suspendu et en repos. 

COLOMBIER militaire. Local destiné 
à l'élevage et à l'éducation des pigeons 
militaires. 11 suffit que ce local remplisse 
les conditions hygiéniques voulues pour 
éviter les épidémies auxquelles ces oiseaux 
sont facilement sujets, que le séjour en soit 
absolument i)rotégé contre les rongeurs, et 
que l'installation intérieure .soit organisée 
de manière à plaire assez aux jugeons pour 
qu'ils tiennent à y rentrer. 

COLONEL. Ofjicier supérieur comman- 
dant un régiment ou exerçant des attribu- 
tions et un commandement de ce grade dans 
les différentes armes. Ce fut sous Louis XII 
que ce titre parut pour la première fois pour 
désigner les chefs des bandes d'infanterie ; 
les régiments de .-avalerie étaient commandés 
par des mestres de camp. Ce dernier titre et 
celui de colonel furent donnés ensuite simul- 
tanément et successivement aux comman- 
dants de régiment. Ceux-ci prirent le titre 
de chefs de demi-brigade du 21 février 1793 
au l""' vendémiaire an xii ; mais, h partir de 
cette dernière date, la dénonw'nation de co- 
lonel a prévalu. Les attributions générales 
et les pouvoirs du colonel sont réglés par le 
décret du 28 décembre 1883, portant règle- 
ment sur le service intérieur des troupes. 

— général. Un des grands offices de la 
couronne. La charge de colonel général de 
l'infanterie, créée par François 1", et qui était 
la plus considérable de l'armée, disparut 
sous la Révolution pour reparaître pendant 
la Restauration et disparaître définitivement 
en 1830. Celle de colonel général de la cava- 
lerie date de Louis XII et fut supprimée en 
179). 

COLONELLE. Se disait de la l""" com- 
l)agnie d'un régiment. 

COLONIE. Population qui s'est formée 
dans un pays étranger. Possession d'une na- 
tion européenne dans une autre partie du 
monde. 



COLONNE. 



loi 



COMBATTANT. 



Les colonies françaises, y compris les pays 
de protectorat, sont les suivantes : 

En Afrique : l'Algérie, la Tunisie, le Sé- 
négal, le Soudan français, le Gabon-Congo, 
la Guinée, Oboek et les îles de Madagascar, 
de Sainte-Marie, de Nossi-Bé, des Comores, 
de Mayotte et de la Réunion; 

En Asie: les établissements français de 
l'Inde (Pondidiéry, Chandeinagor, Yanaon. 
Karikal et Mahé), la Gochinchine, le Cam- 
bodge, l'Annam et le Toiikin ; 

En Amérique : la Guyane française et les 
îles de la Martinique, la Guadeloupe et dé- 
pendances, Saint-Pierre et iliquelon : 

En Ocêanie : la Nouvelle-Calédonie, les 
îles sous le Yent, les Nouvelles-Hébrides, 
Tabiti , Vallis. Futuna, Kerguelen. 

COLONNE. Disposition de troupes occu- 
pant en profondeur une étendue beaucoup 
plus considérable qu'en largeur. Les divers 
genres de colonnes employés dans l'armée 
française, pour l'infanterie, sont : 

Colonne de compagnie, dans laquelle 
les 4 sections viennent se placer à 6 pas 
l'une derrière l'autre sur une compagnie des 
ailes (babituellement,en arrière de la l""" sec- 
tion). 

Colonne à distance entière, dans la- 
quelle les sections sont disposées l'une der- 
rière l'autre à distance de section. 

Colonne de route : la compagnie marcbe 
babituellenient par le flanc sur 4 rangs, les 
deux rangs doublés occupant toujours le côté 
droit de la route ; si l'on ne peut prendre 
cette formation, chacun de s deux rangs dou- 
blés maiche sur un des côtés de la route. La 
moitié de la chaussée, ou le milieu de 
celle-ci, doit rester absolument libre. 

Colonne contre la cavalerie, qui se 
forme avec la colonne de compagnie, les sec- 
tions intermédiaires fermant l'intervalle 
entre les sections extrêmes, dont celle de 
queue serre au préalable sur la précédente 
et fait demi-tour. Les soldats mettent d'eux- 
mêmes la baïonnette au canon. 

Colonne de biataillon, dans laquelle les 
compagnies, en colonne de compagnie, sont 
placées l'une derrière l'autre ayant entre 
elles une distance égale à un fi'ont de section 
plus 6 pas. 

Colonne double, formée de deux co- 
lonnes séparées par un intervalle de 6 pas, 
de 24 pas ou même davantage ; chacune 
d'elles se compose de deux colonnes de coni' 
■pagnies placées l'une derrière l'autre à la 
distance indiquée. 

Colonne de bataillon en masse, dans 
laquelle les compagnies, en ligne déployée, 
sont placées l'une derrière Tautre à une dis- 
tance de 6 pas. 



Colonne de régiment, où les batail- 
lons, formés eu colonne de bataillon, sont 
placés l'un derrière l'autre à distance de 
front de section plus 12 pas. 

Colonne de bataillons en masse, avec 
les bataillons en niasse placés l'un derrière 
l'autre à distance de front de compagnie 
plus 12 pas. 

Colonne d'attaque, formée pour l'at- 
taque des positions ou l'assaut des retran- 
chements et des ouviages (V. Attaque des 
places). Actuellement, dans le combat, l'at- 
taque est conduite par la fraction de la 
troupe qui l'a engagée, soutenue et renforcée 
successivement par les échelons en arriére. 

Il y a également, dans les situations, con- 
trôles, feuilles de journées, états, etc., à éta- 
blir pour l'administration ou le commande- 
ment, diverses ro/oxHfS dont l'en-tête indique 
l'objet et dont l'ensemble résume les effec- 
tifs, droits à la solde, etc. 

COLOUGLIS. Race d'indigènes de l'Al- 
gérie résultant du croisement des anciens 
soldats turcs de la régence d'Alger et des 
femmes indigènes. 

COMBAT. Diminutif de bataille, action 
partielle, précédant quelquefois une bataille. 
Un combat peut être engagé par une troupe 
quelconque, d'arant-garde, de reconnais- 
sance, d'exploration, etc., et les résultats 
sont en lapport avec le nombre des forces 
qui ont pris part à l'action, avec l'impor- 
tance de la position enlevée ou défendue, etc. 
Des instructions précises doivent régler la 
part d'initiative que peut prendre tout chef 
de troupe exposé à se trouver en présence de 
l'enueini, afin que le fait d'un engagement 
partiel n'entraîne pas la mise en action des 
diverses forces présentes dans des conditions 
défavorables ou d'une manière imprévue. 

Le duel de deux individus ou de deux 
parties s'appelle aussi combat. 

— à la barrière. Jeux militaires du 
moyen âge entre chevaliers qui combattaient 
à pied. 

— judiciaire. Coutume importée dans 
la Gaule vers la lin du X' siècle et abolie par 
saint Louis en 1261. Il s'appelait nus&iduel 
judiciaire ou jugement de Dieu et consistait 
dans les épreuves de l'eau froide, de l'eau 
bouillante et du fer chaud. 

COMBATTANT. Soldat qui prend part 
à un combat ; homme armé pour la guerre. 
On donne le nom générique de combattants 
aux soldats des armes combattantes (infan- 
terie, cavalerie, artillerie, génie, train des 
équipages), à l'exclusion des employés et 
troupes des services administratifs, médi- 
caux, vétérinaires, etc. 



COMBATTRE 



V. 



COMMANDANT. 



COMBATTRE. Livrer combat; prendre 
part à un combat. Lutter. 

COMBE. Vallée entre deux montagnes, 

COMBINER. Assembler plusieurs choses 
en les disposant deux à deux. Dispositions 
que l'on prend ; calculs que l'on fait pour 
■ irriver à un certain résultat. Armée com- 
binée : armée composée de troupes apparte- 
nant à deux ou plusieurs puissances alliées ; 
flotte combinée : flotte composée de navires 
appartenant à deux ou plusieurs puissances 
alliées. 

COMBLE AU. Fort cordage employé par 
les artilleurs pour soulever les canons et* au 
hesoin, atteler les pièces et autres véhi- 
cules. 

COMBLEMENT ; COMBLER. Remplir 
un fossé, une dépression, etc. Se dit surtout 
lie l'opération de combler les tranchées de 
l'assiégeant dans les sorties faites par l'as- 

-léw. 

COMBUSTIBLE. Les combustibles admis 
par l'administration de l'armée sont, pour 
le ckauffafie : le bois, le charbon de terre et, 
exceptionnellement, le charbon de bois ; pour 
V éclairage : le (ja:, -l'huile, les mèches, les 
chandelles et les bougies (V. Chauffage et 
l'éclairage). 

COMESTIBLE. Ce qui convient à la 
nourriture di; l'homme. 

COMITE. Officier préposé à la chiourme 
d'une galère. 

COMITÉ. Réunion de généraux, d'offi- 
ciers supérieurs et de hauts fonctionnaires 
militaires, commis par le Ministre de la 
guerre, pour l'examen de certaines questions 
qu'il leur .soumet. Ces comités siègent au 
Ministère de la guerre ; leur rôle est pure- 
ment consultatif; ils portent le nom de co- 
mités techniques. Les comités techniques 
sont ceux de ['état-major de l'infanterie, de la 
cavalerie, de l'artillerie, du génie, de l'iii- 
tendance et du service de santé. Ils sont 
composés de 9 membres et présidés chacun 
par l'officier général ou assimilé le plus élevé 
en grade. 

11 a été créé, |)our la gendarmerie, un 
comité distinct composé de 6 membres, dont 
4 de l'arme. 

Il existe, dans chaque dépôt de remonte, 
un comité d'achat, composé du président 
de l'établissement et de deux officiers, pour 
procéder à l'achat des chevaux dont le 
nombre a étc- prescrit par le Ministre. 

COMMANDANT. Militaire qui com- 
mande une troupe, ou un détachement. 
S'emploie particulièrement pour désigner les 
chefs de bataillon ou d'escadron. 

— d'armes. Officier le plus élevé en 
'.'rade dans une place de garnison en temps 



de paix. Il est chargé de la police des mili- 
taires de la place et du maintien de l'ordre 
public. Ses fonctions sont indiquées en détail 
par les articles 14 à 21 du service des places. 
Dans les places de guerre, ses fonctions ces- 
sent dès la publication du décret de mobili- 
sation ou la proclamation de l'état de siège, 
et SOS attributions passent au gouverneur. 

— de fort isolé. Les officiers qui doi- 
vent remplir ces fonctions sont désignés dès 
le temps de paix. Leurs devoirs et leurs 
attril)utions sont ceux des gouverneurs. 

— de fort détaché. Les commandants 
particuliers des forts détachés et autres ou- 
vrages faisant partie du système de fortifi- 
cation d'une place forte sont choisis et 
nommés par le gouverneur parmi les offi- 
ciers sous ses ordres; ils sont responsables 
envers lui seid. 

— de corps n'ayant pas de conseil. 
Les officiers qui ont l'administration d'une 
partie de corps sans conseil réunissent les 
attributions et les responsabilités des conseils 
d'administration. Ils peuvent se faire aidei- 
par un lieutenant ou un sous-lieutenant 
dans les écrituies et détails de l'administra- 
tion dont ils sont chargés. 

— d'unités administratives. Ils sont 
chargés de la garde, de l'entretien et de 
l'emploi du matériel qui leur est confié, ainsi 
que de tous les détails et écritures qui ont 
pour objet l'administration de la troupe 
placée sous leurs ordres, lis font tenir les 
écritures par les sergents-majors ou maré- 
chaux des logis chefs et les founiers. 

— d'étapes. Officier supérieur ou capi- 
taine chargé du lommandement dans une 
station tête d'étapes ou dans un gîte d'étapes 
de route. Il est chargé d'assurer l'exécution 
des transports, le mouvement des détache- 
ments et des isolés, les distributions de 
vivres, les soins à donner aux malades et 
aux blessés, ainsi que le logement des troupes 
de passage. 

Sur les lignes d'étapes parallèles aux voies 
ferrées, le service des étapes peut être confié 
aux coinmissaires militaires ou aux comman- 
dants de gares. 

Dans les stations-magasins créées au delà 
de la base d'opérations, le commissaire mili- 
taire ou commandant de gare est toujours 
en tnènie temps commandant d'étapes. 

— de gare. Officier qui a, dans un com- 
mandement de gare situé au delà de la base 
d'opérations, un rôle analogue à celui du 
commissaire de gare dans les stations en deçà 
de cette base, c'est-à-dire qu'il remplit les 
fonctions de commandant d'armes à l'égard 
des isolés ou des corps de troupe de pas- 
sage. 



COMMANDE. 



I.IG 



COMMISSAIRE 



COMMANDE. Corde qui sert à faire 
mouvoir ou à diriger une pièce d'un certain 
poids, dans la construction des ponts mili- 
taires. 

COMMANDÉ. Commandé de service si- 
gnide être di'sigiié pour faire un certain ser- 
vice. 

Seuls, les accideiUs ou blessures surve- 
nus dans un service commandé peuvent ou- 
vrir des droits à une pension. 

COMMANDEMENT de gare (V. Com- 
mission de i-heiiiin de fer de campagne). 

COMMANDEMENT. Auloriu' mililaire 
ayant le droit de commander les diverses 
tractions de troupes ou de diriger les opéra- 
tions d'une armée. Se dit surtout des chefs 
les plus élevés, actuellement les maréchaux 
de France et les commandants de corps d'ar- 
mée. Les maréchaux ont un bâton de com- 
mandement ; des lettres de commandement 
confèrent aux chefs désignés les pouvoirs de 
commander, même éventuellement en cam- 
pagne, en cas de mort du titulaire. 

L'expression commandement s'entend aussi 
de la fraction du territoire ou des troupes 
placées sons les ordres d'un même comman- 
dant. 

Ordre bref donné à haute voix pour faire 
exécuter un mouvement, une mameuvre. Il 
y en a de deux espèces : les commande- 
ments préparatoires et les commandements 
d'exécution. Les premiers sont prononcés 
distinctement et dans le haut de la voix, en 
allongeant un peu la dernière syllabe ; pour 
l'exécution, les commandements, générale- 
ment d'une syllabe, sont prononcés d'un ton 
ferme et bref. 

En fortification, le commandement est la 
diflerence d'altitude entre deux points. 

Le commandement absolu d'un ouvrage 
sur un antre ou sur un terrain déterminé 
est la hauteur verticale de sa ci été au-dessus 
de l'autre ouvrage ou du terrain. Le com- 
mandement d'un ouvrage faisant partie 
d'un ensemble doit être offensif, c'e.st- 
à-dire avoir ses crêtes commandées par celles 
des ouvrages en arrière. 

COMMANDER. Exercer le commande- 
ment sur une arnu^e ou une troupe quel- 
conque, sur un corps d'armée, une place 
forte, etc.; donner des ordres; occuper une 

position dominante L'enceinte d'une place 

commande les dehors. 

COMMANDERIE. Nom que portait, 
dans certains ordres religieux et militaiies, 
l'administration de divers biens ou revenus 
que l'on confiait à un ou plusieurs mem- 
bres. 

COMMANDEUR. Les chevaliers des or- 
dres pmirvus d'une l'ommanderip prenaient 



le titre de commandeurs. C'était un grade 
dans l'ordre de Saint- Louis. C'est le troi- 
sième grade dans la Légion d'honneur, dont 
la progression est : chevalier, officier, com- 
mandeur, grand-officier, grand-croix. 

COMMENCER. Exécuter la partie ini- 
tiale d'une opération ou d'un mouvement 
militaire. 

COMMENCEZ ! Seul ou accompagnéd'un 
complément direct, est un commandement 
signifiant qu'il faut aussitôt mettre à exécu- 
tion le mouvement prescrit. 

COMMERCE. Fonction économique qui 
a pour objet d'effectuer entre les produc- 
teurs, ainsi qu'entre les pi'oducteurs et les 
consommateurs, l'échange des produits. 

Au figuré, se dit des relations, des liai- 
sons que les hommes ont les uns avec les 
autres. 

Les militaires de l'armée active ne peu- 
vent exercer aucune profession industrielle 
ou commerciale, ni prendre un intérêt dans 
les affaires dont ils ont la surveillance admi- 
nistrative ou la gestion, ni enfin se consti- 
tuer agents ou mandataires d'une entreprise 
quelconque. 

COMMETTRE. Préposer à une .hose. 
Charger de faire une chose. 

COMMIS. Celui qui est chargé par une 
administration puljlique ou par une personne 
privée, de quelque fonction dont il doit ren- 
dre compte. 

— aux écritures (V. Sections de trou- 
pes d'administration). 

COMMISSAIRE. Fonctionnaire de l'or- 
dre militaire, judiciaire ou civil, chargé tem- 
porairement ou d'une manière permanente 
d'une mission particulière ou de fonctions 
.spéciales. 

— d'artillerie. Ofiicier qui, avant 1789, 
était spécialement commis pour surveiller le 
matériel de l'artillerie. 

— de la marine. Fonctionnaire qui 
remplit, à l'égard des troupes de la marine 
et des équipages embarqués, les mêmes fonc- 
tions que les fonctionnaires de l'intendance 
dans le département de la guerre. 

Il en existe deux catégories, ayant un 
avancement distinct l'un de l'autre : les 
commissaires coloniaux et les commissaires 
de la marine proprement dits. 

— des guerres. Fonctionnaires mili- 
taires qui étaient chargés, jadis, de l'admi- 
nistration de l'armée. 

Un arrêté du 29 janvier 1800 partagea 
leurs attributions entre deux corps distincts : 
les ijtspecteurs aux revues et les commis- 
saires des guerres. 

Les inspecteurs furent chargés de la levée, 



COMMISSARIAT. 



l.iT 



COMMISSION. 



de rorganisatioii, du licenciemenl, de la 
solde et de la comptabilité des corps, de la 
tenue des contrôles et de la formation des 
revues. 

Les commissaires eurent dans leurs attri- 
butions la surveillance des approvisionne- 
ments eu tout genre, la levée des contribu- 
tions en pays ennemi, la police des étapes et 
des convois militaires, de l'artillerie, des 
ambulances, des hôpitaux, des prisons, des 
corps de garde et de tous les autres établis- 
sements militaires; les distributions de vi- 
vres, de fourrage, de chauffage, l'habille- 
meut et l'équipement ; enfin, la vérification 
de toutes les dépenses autres que la solde. 

h' inspection aux revues et le commissariat 
lies yuerres ont été supprimés par ordon- 
nance du 29 juillet 1817 et remplacés par 
V intendance militaire. 

— du Gouvernement. Officier supé- 
rieur ou assimilé qui remplit le rôle de mi- 
nistère public auprès des conseils de guerre, 
il cela près qu'il ne peut poursuivre une af- 
faire que sur l'ordre du général en chef. 

On donne également ce nom aux ofliciers 
généraux ou autres chargés d'une mission 
spéciale, telle que cdle d'assister le Ministre 
de la guerre dans la discussion du hudget, 
devant les Chamiires. etc. 

— général de la cavalerie. Officier 
supérieur qui commaudait la cavalerie lé- 
gère sous l'autorité du colonel général et du 
mestre de camp général, ou en leur ab- 
sence. 

— militaire de gare (V. Commissions 

de qare). 

COMMISSARIAT. Fonction, emploi de 
rijinmissaire. L'ensemble du corps des com- 
missaires. 

COMMISSION. Réunion de personnes 
chargées de quelque fonction spéciale, de 
quelque travail, de l'examen de quelque af- 
faire. 

Espèce de brevet ou de lettre de ser- 
vice que l'on délivre a certaines catégories 
d'hommes de troupes, pour les maintenir 
sous les drapeaux en qualité de commis- 
sionnés. 

— arbitrale. Conmiission constituée 
dans toutes le< places où il est fait des distri- 
liutions, pour juger les contestations qui peu- 
\ eut s'élever entre les parties prenantes dune 
fiart, et l'officier d'administration comptable 
du service on l'entreiireiieur de l'autre. 

— d'abatage (V. Abaldiie <lix clteranx). 

— d'achat d'effets de petit équipe- 
ment (\'. Acluils}. 

— de défense. Commission chargée, dés 
le temps de paix, de préparer la défense 
d'une plan-. Elle se compose du gouverneur 



désigné, président; du connnandaut de l'ar- 
tillerie, du chef du génie et du sous-inten- 
dant militaire. Elle peut s'adjoindre un 
médecin militaire pour les questions se rap- 
portant au service de santé et appeler le 
maire à titre consultatif. 

Les travaux de la commission qui consti- 
tuent le plan de mobilisation et de défense 
de la place comportent : 1» la défense pro- 
prement dite, comprenant l'établissement du 
projet de défense, les dispositions à prévoir 
pour l'armement, la garnison et le matériel 
nécessaire à la place; 2° les approvisionne- 
ntenls administratifs; 3° le service de santé: 
4° les intérêts civils. 

Lors de l'état de guerre, elle est rem- 
placée par le conseil de défense. 

— de certificat de bonne cenduite. 
Une commission spéciale, dont la composi- 
tion varie suivant les corps ou unités, et 
présidée par le chef de corps, examine les 
droits des sous-officiers et soldats à l'obten- 
tion d'un certificat de bonne conduite, que 
le président signe seul. 

— de classement des chevaux. Tons 
les deux ans, le Ministre peut faire procéder 
au classement et à l'inspection des chevaux 
et mulets ayant atteint l'âge de 5 ans au 
l""" janvier. Il y est procédé par des commis- 
sions mixtes, qui se transportent dans i-haquc 
commune et qui sont composées d'un oflicier 
président, d'un membre civil choisi dans la 
commune, ayant voix délibérative, et d'un 
vétérinaire militaire ou civil, ayant voix 
consultative. 

— de classement du personnel fai- 
sant l'objet d'une proposition. A lissue 
de l'inspection générale, le classement des 
officiers, assimilés et employés militaires, 
figurent sur les états arrêtés par le comman- 
dant de corps d'armée pour l'infanterie et, 
de concert avec l'inspecteur général pour les 
autres armes ou services, est elfectué, sui- 
vant le grade, par des commissions d'armes 
ou, sur la présentation de celles-ci, par une 
commission supérieure. 

Les commissions d'armes, instituées 
chacune pour une arme ou service, pronon- 
i-eut l'inscrijttion définitive au tableau d'a- 
vancement jusqu'au grade de chef de bataillon 
indus ou assimdé et pour tous lç> grades de^ 
t'ni[iloyés militaires. 

La commission supérieure de clas- 
sement endjrasse toutes le> arme^ et tous les 
ser\ices ; elle prononce, sur la pré>entation 
des commissions d'armes, l'inscription défi- 
nitive au tableau d'avancement pour les 
grades de lieutenant-colonel et de colonel. 
Elle classe, par ordre de ()référence et par 
arme, les candidats au grade de général de 



COMMISSION. 



1o8 



COMMISSION, 



brigade ou assimilé, présenté par les commis- 
sions d'arme. Elle dresse des listes de pré- 
sentation pour le irrade de général de divi- 
sion ou assimilé. 

C'est le consfil supérieur de la ijuerrc qui 
classe, par ordi-e de préférence et séparé- 
ment, suivant leur arme d'origine, les géné- 
raux de brigade ou assimilés présentés pour 
le grade supérieur. 

— de classement des sous-officiers. 
Établie auprès dn Ministre, pour dresser la 
liste de classement des sous-officiers candi- 
dats aux emplois civils. 

— des ordinaires. Commission chargée 
de procurer les denrées nécessaires à l'ali- 
mentation des hommes vivant à l'ordinaiie 
dans les corps de troupe composés de plus 
d'une compagnie. 

Elle comprend, dans un régiment : 1 chef 
de bataillon ou d'escadron, président; 4 ca- 
pitaines, menibrea : et 1 lieutenant ou 1 sous- 
lieutenant, secrétaire ; ànns 1 bataillon ou 
détachement de plusieurs unités : 3 officiers, 
y compris le président, et 1 lieutenant ou 
1 sous-lieutenant, secrétaire. 

Le chef de détachement n'en fait jamais 
partie. Elle est constituée trois lois par an. 
le l^f janvier, le 1'='^ mai et le l^'"" septem- 
bre ; les membres sont renouvelés par moitié 
6 fois par an. 

Dans les corps de cavalerie, la commis- 
sion des ordinaires est constituée le l*"" jan- 
vier de chaque année ; le président est 
changé tous les ans. 

Le chef de corps peut désigner Vofficier 
d'approvisionnement pour remplir en perma- 
nence les fonctions de secrétaire de la com- 
mission des ordinaires dans la cavalerie ; 
ces fonctions sont toujours remplies par le 
porte-étendard. 

La commission peut délihérei' au nombre 
de trois memljres. 

— de réception d'effets (V. Hécep- 

iion). 

— d'expérience. Le service de l'artil- 
lerie a des commissions d'expérience qui 
fonctionnent à Bourges, à Calais, à Ver- 
sailles, au camp do Chàlons. 

— militaire supérieure des chemins 
de fer. Commission consullalive instituée 
dès le temps de paix sous la présidence du 
chef d'état-major général du Ministre, com- 
posée de membres militaires et de membres 
civils. 

Elle est chargée d'émettre des avis sur 
toutes les questions relatives à la prépara- 
tion des transports stratégiques, aux projets 
de lignes nouvelles, de raccordements ou 
d'aménagements, à l'organisation et h l'in- 
struction des troupes de chemin de fer, au 



matériel roulant, etc. Son vice-président est 
le général désigné pour exercer aux armées 
la direction des chemins de fer et des 
étapes. 

— de réseau. Commission qui, en 
lem|)s de paix, est chargée de l'étude de 
toutes les questions se rattachant au service 
des chemins de fer sur son réseau, et qui, 
en temps de guerre, est chargée de l'exécu- 
tion du service sur le même réseau. 

Il en e\iste sept : une pour chacune des 
six grandes compagnies de chemins de fei', 
et une pour le réseau de l'Etat. 

Chaque commission se compose de deux 
membres : un agent de la compagnie, coiii- 
ndssaire technique, et un officier supérieur, 
commissaire militaire. 

A la mobilisation, elle est secondée dans 
l'exécution du service par des sous-commis- 
sions de réseau et des commissions de gare. 

— de gare. Elle est chargée, en temps 
de guerre, dans la station qui lui a été assi- 
gnée, de l'exécution des transports, des dis- 
tributions de vivres, des soins à donner aux 
malades et aux blessés, ainsi que du loge- 
ment des militaires isolés et des troupes de 
passage. 

Elle est composée : d'un agent des che- 
mins de fer, commissaire technique, et d'un 
officier supérieur ou capitaine, covitnissaire 
militaire. 

Le commissaire teclinique est spécialemoiiL 
chargé de l'exécution des transports et du 
mouvement des trains; le commissaire mili- 
taire exerce les fonctions d'un commandant 
d'armes k l'égard des isolés ou des corps de 
troupe qui s'embarquent à la gare, qui la 
traversent ou qui y debanjuenl. 

— de chemin de fer de campagne. 
Commission qui, eu temps de guerre, est 
chargée de l'exécution des transports par 
chemin de fer, au delà de la base d'opéra- 
tions. 

Son rôle est analogue à celui d'une com- 
nussion de réseau. 

Elle est composée d'un officier supérieur. 
président; d'un officier du génie, comman- 
dant les troupes spéciales ; d'un fonction- 
naire de l'intendance et d'un ingénieur des 
chemins de fer. Elle est sous les ordres de 
la direction des chemins de fer de campagne. 
Elle est secondée par des commandements de 
gare, composés d'un officier commandant mi- 
litaire, et d'un chef de gare pris dans le 
peisonnel des sections techniques ; le rôle de 
ces commandements de gare est le même que 
celui des commissions de gare. 

— mixte des travaux publics. Com- 
mission composée de membres militaires et 
(le membres civils, qui est chargée d'exa- 



COMMISSIONNÉ. 



1o9 



COMMUNICATION. 



miiK'i" et de disiuter les [irojels tloiit l'exô- 
cntion, dans Tétondue de la zone frontière 
et dans le rayon dos serWtudes des enceintes 
fortifiées, peut intéresser à la fois la défense 
du territoire et un ou plusieurs des services 
livils et maritimes. 

— de réquisition. Au moment d'une 
mobilisation, des commissions désignées d'a- 
vance procèdent par canton à l'examen et au 
classement des animaux dusses ou remplis- 
sant les conditions voulues. Les voitures 
sont également présentées. 

— spéciale de réforme. Il en existe 
une par subdivision de région. Elle est 
composée de quatre membres : le fjénéral de 
liricade, président; le sous-intendant mili- 
taire, le commandant du bureau de recrute- 
ment et l'officier de gendarmerie de l'arron- 
dissement. En las de partage des voix, celle 
du président est prèpandérante. 

Deux médecins militaires assistent à la 
commission ; à défaut, le président désigne, 
pour les suppléer, des médecins civils. 

Ces médecins procèdent, en présence de la 
commission ." à la contrevisite des hommes 
présentés pour la réforme et constatent les 
résultats de leur examen par un lertificat. 

La commission décide si le militaiie doit 
être réformé ou non, puis elle examine s'il 
convient do lui domiçr un confie n" 1 ou un 
co«</e n° 2. 

Dans le cas où elle accorde un congé n" 1 , 
la commission apprécie s'il y a lieu de pro- 
poser le titulaire pour une gratification re- 
nouvelable. 

Elle émet, à «"e sujet, un avis motivé, qui 
est transmis, avec tout le dossier, au Minis- 
tre de la guerre, par la voie hiérarchique. 

COMMISSIONNÉ. Homme de troupe 
pourvu d'une connnission qui lui permet de 
rester sous les drapeaux après avoir accom- 
pli son temps de service. 

Peuvent être conimissionnés : 1° les sous- 
'iffii-iers de toutes armes, dans les conditions 
indiquées par la loi du 19 mars 1889 ; 
2° les militaires de la gendarmerie, ceux du 
régiment des sapeurs-pompiers de Paris et le 
liersonnel des Ecoles militaires ; 3" les capo- 
raux ou brigadiers et soldats affectés dans 
les divers corps et services à certains em- 
plois. 

Les militaires coramissionnés peuvent être 
mis à la retraite après 25 ans de services ; 
ils ne peuvent être maintenus sous les dra- 
peaux que jusqu'à l'âge de 50 ans, à l'ex- 
ception des militaires de la gendarmerie et 
de la justice militaire. 

Les commissionnés ont droit à la haute- 
paye de leur grade, dans les mêmes condi- 
tions que les rengagés. 



En cas d'iuconduite, le Ministre de la 
guerre peut, sur l'avis conforme d'un con- 
seil de discipline, soit suspendre les effets de 
la commission, soit révoquer définitivement 
le militaire commissionné. 

Les commissionnés ont droit à une pen- 
sion proportionnelle au bout de 15 ans de 
service. Ils sont soumis aux lois et règle- 
ments militaires. Ils ne peuvent quitter leur 
emploi sans avoir reçu notification de l'ac- 
ceptation de leur démission. 

En cas de guerre, les démissions ne sont 
jamais aceptées. 

COMMISSIONNER. Délivrer une com- 
mission. 

COMMODE. Meuble à plusieurs tiroirs, 
faisant })artie de l'ameublement d'officier 
(ou d'adjudant) fourni par le service des lits 
militaiies. 

COMMODORE. Titre donné en Angle- 
terre et en Amérique, au capitaine de vais- 
seau qui a momentanément plusieurs na- 
vires sous ses ordres. 

COMMUN. Se dit de ce qui est d'un 
usage étendu ou qui s'applique à plusieurs ; 
droU coiiimun. délit rounnun, etc. 

COMMUNAL. Qui appartient à une com- 
mune, ou qui la concerne. (V. Infanterie 
communale. Milice communale). 

COMMUNES. L'institution des commu- 
nes appartient au régne de Louis le Gros. 
Les habitants des villes, pour lutter contre 
le pouvoir presque sans frein des seigneurs, 
éprouvèrent le besoin de se réunir et reçu- 
rent le droit de bourgeoisie ; une force armée 
locale fut créée et chaque autorité eut ses 
soldats. On appelait également commune, la 
partie de la milice ou infanterie communale 
qui était mise en campagne par les ordres 
du maire ou de certains seigneurs ; en temps 
de paix, elle faisait le service qu'on appelait 
le guet et formait quelquefois seule la ijar- 
nison du pays. 

COMMUNICATION. Se dit en général 
de toutes les voies ou moyens qui servent à 
faire communiquer les armées ou corps d'ar- 
mée entre eux ou avec le pajs. 

En fortification, les communications sont 
les moyens d'aller dun point à un autre des 
diverses parties des ouvrages. Elles se font 
ou à ciel ouvert, au moyen de rampes, esca- 
liers, hahas, sorties de chemin couvert ou sou- 
tcrrainement au moyen de poternes voûtées. 

Les comuiunications de ce genre doivent : 
1° être indépendantes; 2° ne pas supprimer 
l'obstacle passif; 3° n'être point vues do l'as- 
siégeant ; 4° être battues par les ouvrages 
qui ne sont pas encore pris (V. Boyau de 
rommunicntion). 

On appelle ligne de coniinunicalionx l'en- 



COMMUTATEUR. 



nio 



COMPAGNIE. 



semble des voies permettant à une armée de 
communiquer librement avec les points d'où 
elle doit tirer ses ressources. 

Les ordres doivent se transmettre par 
commu7iirations\-erha\es, télégraphiques, par 
pigeons, par vélocipèdes, par ballon, etc. 

Un officier aux arrêts de rigueur ne doit 
avoir aucune espèce de communication avec 
l'extérieur. 

COMMUTATEUR. Organe qui sert a 
faire aboutir un courant électrique au récep- 
leur ou à la sonnerie d'un appareil télégra- 
phique, ou à l'envoyer dans des directions 
variables, dans le cas où plusieurs lignes 
viennent aboutir à un même poste. 

Lorsqu'on s'empare d'une ligne ennemi(^ 
et (ju'on disy)Ose d'un peu de temps, il est 
toujours haljile d'essayer de surprendre les 
dépèches envoyées par l'adversaire et même. 



.i^ne 




si on le peut, de lui en envoyer de fausses 
pour l'induire en erreur. On emploie dans ce 
but un commutateur de ligne (/i?/. 53) 
formé d'une barre AB de matière isolante 
(ébonite ou autre) el munie à chaque extré- 
mité de mâchoires métalliques M et N dans 
lesquelles on engage le lil de la ligne, que 
l'on coupe entre les deux. Le courant arri- 
vant en M, par exemple, passe dans le fd G 
qui communique avec la mâchoire M par la 
poupée métalliciue P et revient, par l'autre 
extrémité D du circuit dérivé CD, dans la 
poupée Q, puis dans la mâchoire N et enfin 
dans le til de la ligne. 11 suftit d'installer un 
parleur dans le cinaiit CD pour rerevoir les 
dépêches de l'ennemi et, au besoin, lui en 
envoyer de fausses. 

COMMUTATION. Changement d'une 
peine en une autre moins grave. 

COMPAGNIE. Groupe de militaires en- 
cadrés, et commandés par un capilaine. Elle 
constitue l'unité de combat et l'unité admi- 
nistrative. Généralement, elle n'est qu'une 
subdivision du bataillon, mais il existe cer- 
taines compagnies formant corps : telles 
sont les compagnies d'artifieiers, d'oavriern 
iCarlillerie, de (jendariiierie, de dincipline. 

La compagnie se divise en 2 pelotons 
commandés chacun par un oflkkr du grade 
de UevAenant ou de sous-lieulennnt; chaque 
peloton se divise en "1 sections, donl l'une 



est commandée par le c/te/ de peloton; l'au- 
tre, par un officier de réserve, ou par un 
adjudant ; chaque section se divise en 
2 demi-sections commandées par des ser- 
gents, et chaque demi-section en 2 escoua- 
des, commandées par des caporaux. 

Ainsi, la compagnie d'infanterie se divise 
en 2 i!elotons, ou 4 sections, ou 8 demi- 
sections, ou 16 escouades. 

Toutefois, en temps de paix, vu la fai- 
blesse des elTectifs, le nombre des escouades 
n'est que de 12; les escouades complémen- 
taires sont foimées au moment de la mobili- 
sation. 

En temps de paix, la compagnie d'in- 
fanterie possède : 3 officiers, dont 1 capi- 
taine et 2 lieutenants ou sou.s-lieutenants ; 
9 sous-officiers, dont 1 adjudant, 1 sergent- 
major, 1 seigent-foui'rieret 6 sergents; 12 ca- 
poraux; 1 tambour, 1 clairon et 102 soldats, 
soit en tout 125 hommes de troupe, mais 
cet effectif est rarement atteint. 

En temps de guerre, la compagnie d'in- 
fanterie possède 4 officiers, dont 1 de la ré- 
serve ; 2 adjudants, dont 1 de réserve ; 1 ser- 
gent-major, 8 sergents, 1 sergent fourrier, 
1 caporal fourrier, 16 caporaux, 2 tam- 
bours, 2 clairons, 1 infirmier, 4 brancar- 
diers, 1 conducteur de nuilets d'outils et 
217 soldats, soit en tout 256 hommes de 
troupe. 

La compagnie de fusiliers de disci- 
pline possède 4 officiers, 20 sous-ofticiers. 
19 caporaux, 3 tambours ou clairons, et un 
effectif indéterminé de soldats. 

La compagnie du génie a la même 
composition que relie d'infanterie, mais elle 
a 2 capitaines, dont 1 en second, et 4 maî- 
tres-ouvriers; son effectif est de 108 hommes 
de troupe en temps de paix. 

La compagnie de pontonniers a, eu 
temps de paix, 4 ofticiers, comme celle du 
génie, et 104 honnnes de troupe, dont 1 ad- 
judant, 1 maréchal des logis chef, 7 maré- 
chaux des logis, 1 fourrier, 6 brigadiers, 
10 maitres-ouvriers, 2 ouvriers, 2 trom- 
pettes, et 70 soldais. 

La compagnie d'ouvriers d'artillerie 
a 4 officiers, 10 sous-offiriers, 8 brigadiers, 
12 maîtres-ouvriers, 2 trompettes et J50 sol- 
dats. 

La compagnie d'artificiers possède 
4 officiers, 8 sous-ofticiers, 6 Itrigadiers, 
12 maîtres-artificiers, 2 trompettes et 73 sol- 
dats. 

— d'élite. C'étaient les compagnies de 
yrenadiers et de voltigeurs, qui ont été sup- 
primées. 

COMPAGNON. Désignait autrefois une 
cs[ière de (/c/'/c ou de raïuj ; dans une ordoti- 



COMPAÏISES. 



le-i 



COMPTE. 



nance de François P"", datée de 1334, le 
mot compagnon est employé comme syno- 
nyme légal de fantassin ou de soldat rotu- 
rier. 

Les chevaliers du moyen âge s'appelaient en 
général compagnons et compagnons d'ar- 
mes. Ce dernier terme donne aussi l'idée, 
d'une amitié étroite, impliquant secours en- 
tier et absolu dans le danger et communauté 
d'intérêts inséparables. 

COMPARSES. Personnages qui figu- 
raient dans les évolutions e.^écutées avant 
les joutes ou les quadrilles ; troupes de cbe- 
valiers au moyen âge. 

COMPAS. Instrument à deux branches 
mol)iles autour d'un axe et dont les pointes 
servent à décrire des arcs de cercle ou à me- 
surer des distances ou des épaisseurs. Sous 
le nom de compas d'épaisseur, compas 
à pression constante, etc.. il existe dans 
le service de l'artillerie des modèles de 
compas disposés en vue du genre de vérifi- 
cation auquel ils sont destinés. 

COMPARTIMENT. Division d'une caisse 
ou d'un wagon à voyageurs. Les militaires 
conduits sous l'escorte de la gendarmerie, 
doivent occuper un co'rnpartiment de 2*^ classe, 
avec les gendarmes qui les conduisent. 

COMPARUTION, .\ction de comparaître 
devant un tribunal ou un juge. 

COMPASSEMENT. Action de compasser. 

COMPASSER les feux. Déterminer et 
régler lo point de départ du saucisson ou 
cordeau-porte- feu, pour arriver à produire 
l'explosion simultanée de plusieurs four- 
neaux ou leur explosion successive à des in- 
tervalles pi-évus. 

COMPENSATION. La compensation d'un 
trop-perçu avec un nioins-perçu est autori- 
sée, dans la limite d'un même trimestre, 
pour les denrées qui sont de nature à être 
substituées les unes aux autres : tels sont le 
biscuit et le pain, le bois et le charbon. Les 
trop-perçus en foin et en paille ne se com- 
pensent pas avec uu moins-perçu en avoine. 

COMPÉTENCE. Pouvoirs et limites des 
pouvoirs que peuvent exercer certains con- 
seils ou tribunaux militaires pour juger de 
crimes et déUts déterminés. Par extension, 
se dit aussi de l'autorité atTérente à chaque 
grade. 

COMPLÉMENT. Ce que l'on doit ajouter 
à une chose pour la rendre complète. 

COMPLET. Ce qui est entier, achevé. 
On dit qu'un régiment, un bataillon, ime 
compagnie ou une troupe quelconque, sont 
au complet lorsqu'ils possèdent tous leurs 
éléments constitutifs. 

Le complet réglementaire d'une masse in- 
dividuelle est la somme fixée comme maxi- 



mum de l'avoir à la masse. Tout ce qui 
excède ce complet est remboursé à l'inté- 
ressé, trimestriellement. 

COMPLÉTER. Rendie complet en ajou- 
tant ce qui manquait. 

COMPLICATION. Cas où un coyiseil de 
guerre reconnaît qu'un accusé a commis un 
délit militaire, différent de celui pour lequel 
il est traduit à la justice. 

COMPLICE. Militaire qui a pris part au 
crime ou délit d'un autre. Le complice est 
passible des mêmes peines que le fauteur 
principal. 

COMPLICITÉ. Participation à un crime 
ou à un délit. 

COMPLOT. Révolution concertée secrète- 
ment entre plusieurs complices dans un but 
coupable, parmi lesquels la loi désigne un 
chef de complot. 

COMPOSITION. Assemblage des élé- 
ments nécessaires pour former une armée, 
un corps, le conseil d'administration, les 
musiques militaires ou fanfares, les ateliers 
des corps, ou pour l'entretien des e/fets. pour 
la constitution des approvisionnements, etc. 

Proportion des divers corps ou substances 
qui entrent dans la composition des poudres 
ou autres s-ubstances explosives, etc. 

— (d'une armée). Action de former 
une armée pour l'assemblage bien entendu 
des divers éléments qui doivent y entrer. 
Cette composition, essentiellement variable, 
dépend des ressources dont on dispose, de 
l'ennemi que l'on a à combattre, du genre 
d'opérations que l'on veut entreprendre, etc. 
Suivant les cas, il y entre, en principe, une 
proportion prévue des différentes armes. 

COMPRESSION. Formation dans la- 
quelle les langs ou colonnes de l'infanterie 
sont le plus serrés. .Actuellement, on em- 
ploie plutôt l'expression à rangs serrés, co- 
lonne serrée en masse, etc. 

COMPTAEILITÉ. L'ensemble des mé- 
thodes relatives à l'établissement des comptes. 
Comprend deux grandes divisions : la comp- 
tabilité-fniances et la compiabililé-maliéres . 
Se dit par extension des comptes tenus. 

COMPTABLE. Celui qui fait profession 
de tenir une comptabilité dans une adminis- 
tration publique, et qui est assujetti à ren- 
dre compte. Les deniers et les matières dé- 
livrés à l'armée sont sous la responsabilité 
d'agents comptables, tels que : trésoriers, of- 
ficiers d'Iiabillement, officiers d'administra- 
tion, adjoints du génie, gardes d'artille- 
rie, etc. 

Les pertes ou avaries sont à leur charge, 
sauf le cas de force majeure dûment constaté. 

COMPTE. Action de compter, résultat 
de cette action. 

fi 



COMPTE RENDU. 



'Iti2 CONCORDANCE des charges. 



11 existe, dans radministration, différentes 
espèces de comptes : i° les comptes élé- 
mentaires, qui sont fourni.s par les officiers 
comptables, par les conseils d'administration 
et par les entrepreneurs ; 2° les comptes 
généraux, fournis par les Ministres, et qui 
sont la centralisation des comptes élémen- 
taires de chaque ministère ; 3° le compte 
général de l'Etat, formé par la réunion 
des comptes généraux. 

Ce compte est soumis à l'approbation des 
Chambres après vérification par la Cour des 
comptes. 

— en deniers, ils s'appliquent à toutes 
les recettes et à toutes les dépenses en de- 
mers. Ils sont trimestriels, et vérifiés avec 
les pièces à l'appui et l'existant en caisse. 

— matières. Us s'appliquent à toutes 
les entrées et à toutes les sorties de matiè- 
res. On en distingue de deux espèces : les 
entrées et sorties réelles, qui accroissent ou 
léduisent l'actif de chaque service du dépar- 
tement de la guerre ; les entrées et sorties 
d'ordre, qui comprennent les versements de 
comptable à comptable du même service 
ainsi que la réintégration d'effets prêtés ou 
mis en dépôt. 

Les comptes-matières sont distincts pour 
le matériel appartenant à l'Etat et pour le 
matériel appartenant aux corps de troupe. 

— de gestion. Compte annuel du maté- 
riel appartenant à l'Etat, présentant dans 
l'ordre de la nomenclature réglementaire, 
par numéro détaillé, la situation de chaque 
espèce de matière. 

La balance, au 31 décembre, donne l'exis- 
tant et sa valeur, et, par suite, tient lieu 
d'inventaire. 

Le compte de gestion est établi en deux 
expéditions, dont l'une est envoyée au Mi- 
nistre, à la fin de l'année, avec les pièces à 
ra])pui. 

COMPTE RENDU. Etat ou rapport pro- 
duit sur les opérations d'un certain ordre 
(recrutement, réservistes, etc.) et les résumant. 
COMPTEUR. Des compteurs à eau et 
à gaz sont employés dans les établissements 
militaires, quand il y a lieu, pour mesurer 
la quantité d'eau ou de gaz consommée, afin 
d'en payer le montant à qui de droit. 

COMPTER. Calculer, nombrer, compren- 
dre dans un compter 

COMPULSEUR. Fonctionnaire militaire 
qui avait aucienneraent pour mission de 
pousser et d'exciter les soldats au combat. 
COMTE. Grade anciennement en usage 
dans les milices romaines et bj'santines, 
puis dans la milice française et pendant la 
féodalité au IV' siècle ; c'étaient des officiers 
civils et militaires, qui étaient généralement 



gouverneurs des villes ou des diocèses. Sous 
les rois barbares, le titre de comte appartint 
à tous les officiers de leur maison. 

CONCAVE. Ligne courbe, dont la partie 
courbe se replie intérieurement. Comme ex- 
pressions militaires où figure ce mol, il faut 
citer : courtine concave, face ou flanc con- 
cave, ordre concave, etc. 

CONCENTRATION. Action de faire con- 
verger, de lassembler en un lieu déterminé 
divers (»rps de troupe en vue de la guerre 
ou d'opérations d'ensemble en temps de paix 
[camps ou grandes manœuvres). La concen- 
tration, précédant une mobilisation, est une 
opération très délicate, très compliquée, qui 
exige l'étude et l'emploi bien entendu de 
tous les moyens de transport, suivant leur 
maximum de rendement, sans confusion et 
sans à-coup. La préparation de la concen- 
tration fait l'olijet d'études continuelles. 

Dans les idaces, on doit prendre les me- 
sures nécessaires pour obtenir la concen- 
tration du tir sur un même objectif au 
moyen d'observatoires, des téléphones, de 
refiles de repère, de planchettes de tir, etc. 

CONCENTRIQUE. Se dit de marches ou 
de -inouvciiients curvilignes et parallèles. 

CONCERT. Accord entre plusieurs puis- 
sances ou plusieurs i)ersonnes tendant à un 
même but. Peut s'entendre aussi dans le 
sens de complot. 

CONCERTER. S'entcndie pour agir dans 
le même sens dans une attaque ou une opé- 
ration. 

CONCESSION. Terres que l'État donne 
aux particuliers dans une nouvelle colonie, 
à la condition de les défricher et de les cul- 
tiver. Les concessions ne sont faites qu'aux 
nationaux, c'est-à-dire aux Français et na- 
turalisés. Les titulaires d'une concession ne 
peuvent vendre le terrain concédé qu'au 
bout d'un certain temps, qui a été fixé à 
cinq ans en Algéi'ie. 

CONCIERGE. Celui qui garde une mai- 
son, un établissement militaire un une ]iri- 
son. Les concierges des établissements 
militaires ont le grade de sergent. 

CONCILIATION. Action de concilier. 
Accord que le juge de paix cheiche à amener 
entre deux individus qui ont un différend. 

Les différends qui surviennent entre les 
})articuliers et les commissions d'évaluation 
des dégâts pendant les manœuvres sont d'a- 
bord portés devant le juge de paix, qui 
cherche à les régler en conciliation. 

Action de faire concorder des textes ou 
des lois qui paraissent en opposition. 

CONCORDANCE des charges. Suivant 

l'espèce de poudre employée, il peut être 

I nécessaire de faire varier la charge des pro- 



CONCORDAT. 



103 



CONFÉDÉRATION. 



jeotiles pour obtenir la concordance d'effets. 
Un tableau do concordance des charges per- 
met d'obtenir ce résultat. 

CONCORDAT. Accord contractuel par 
lequel les ofticiers assuraient, autrefois, en 
France, une prime à un nouveau promu 
qui consentait ix quitter le service, ce qui 
jusqu'à un certain point établissait la véna- 
lité des grades. Cette coutume, prohiijée à 
partir de 1731, ne disparut réellement qu'à 
la Révolution. 

CONCOURS. Épreuves ou examens à 
subir pour obtenir certains emplois ou pour 
entrer dans certaines Ecoles militaires, entre 
autres l'Ecole poli/tecliniqae, l'Ecole spéciale 
militaire {Saint-djr) , l'Ecole supérieure de 
guerre, les Ecoles de médecine ou vétérinaire, 
les Ecoles de sous-officiers candidats offi- 
ciers, les candidats adjoints du génie, gardes 
d'artillerie, etc. 

Ces concours comprennent une partie 
écrite éliminatoire et un examen oral. 

Il y a aussi, annuellement, des concours 
de tir pour décerner les 2)rix de tir, des 

concours de conduite des voitures, etc. 

CONCURRENCE. Compétition de plu- 
sieurs individus qui" aspirent au même avan- 
tage et s'efforcent à l'envi de l'obtenir. En 
jurisprudence, égalité de droit entre plu- 
sieurs personnes sur une même chose. 

Les corps de troupe et l'administration 
militaire doivent provoquer la concurrence 
pour les achats ou adjudications qu'ils ont à 
faire. 

CONDAMNATION. Jugement par lequel 
on est condamné, ou par lequel on con- 
damne. Se dit aussi des amendes et des 
d!)mniages-intérêts auxquels on a été con- 
damné. 

CONDAMNÉ. Celui contre lequel a été 
prononcée une peine afflictive ou infamante. 

Les condamnés par les conseils de guerre 
ont un délai de 24 heures pour se pourvoir 
en révision . 

CONDENSATION, CONDENSER. Em- 
ployé r;i rement dans le sens d'ordre serré, 
de rangs serrés. 

CONDENSEUR. Cylindre fermé et vide 
d'ail-, dans lequel arrive un jet continu d'eau 
froide qui perniet la condensation de la va- 
peur dans les niacliines à vapeur. 

CONDITION. Situation d'une personne 
ou d'une chose. Circonstance qui limite un 
droit ou qui peut exercer une influence sur 
une ol)li;.'ation, une convention. Il y a des 
conditions à remplir pour l'avancement, pour 
entrer dans une Ecole militaire, etc. 

CONDOTTIERE. Nom sous lequel on 
«h-signait en Italie, aux XIII» siècle cl 
.\IV« siècle, les caiiitaines de soldats merce- 



naires, et qui, plus vantards que redouta- 
bles dans les combats, rançonnaient en gé- 
néral sans merci les vaincus. Actuellement 
le mot s'emploie dans le sens d'aventurier 
s'engageant à servir une cause dans un inté- 
rêt personnel. 

CONDUCTEURS. Soldat chargé de la 
conduite du matériel roulant. Il y a des 
conducteurs du train des équipages militaires, 
d'artillerie (canonniers-conducteurs) et du 
génie (sapeurs -conducteurs). 

L'infanterie en a également pour con- 
duire son convoi régimentaire et ses caissons 
de munitions. 

Se disait au moyen âge pour chef de sol- 
dats aventuriers. 

Pour les télégraphes de campagne et pour 
les mines, on fait usage de conducteurs (fils 
ou câbles) de divers modèles. Dans les mines, 
ils servent à transmettre, à distance, le feu 
aux fourneaux. 11 y a les COnducteurs- 
maîtres, consistant en 7 fils fins, réunis en 
torsade, recouverte d'une enveloppe isolante, 
et les conducteurs secondaires (à em- 
ployer entre les conducteurs-maîtres et les 
fourneaux) et consistant en un câble de deux 
fils de cuivre isolés l'un de l'autre. 

CONDUIRE. Mener ou diriger un convoi, 
des recrues, des chevaux de remonte, etc., à 
leur destination. 

CONDUITE. Action de mener, de guider. 
Se dit du commandement des peuples et des 
armées. Manière d'agir, de se comporter. 

Direction de travaux de construction, de 
fortification, de siège, etc. 

Les militaires qui se comportent liien au 
régiment, reçoivent au moment de leur dé- 
part en congé, un certificat de bonne con- 
duite. 

Des gi'adés sont désignés pour servir de 
cadres de conduite aux recrues qui rejoignent 
leur corps. 

CONFECTION. Action par laquelle on 
fait, on faltrique quelque chose. La confec- 
tion des effets d'habillement, de grand et de 
petit équipement, de harnachemtmt, néces- 
saires à l'armée, est exécutée par des ate- 
liers civils et par les ateliers régimentaires. 
Il y a tendance à augmenter la quantité des 
confections confiées à ces derniers. 

Les corps sont également chargés de la 
l'onfection des fascinages, des cartouches de 
tir réduit et de certains objets nécessaires à 
leur inslrui'lion. 

CONFECTIONNÉ. Effet fabriqué. 
CONFECTIONNEUR. Celui qui confec- 
tionne des ell'els. 

CONFÉDÉRATION. Union ou alliance 
de plusieurs Etats en vue de défendre une 
cause commune: chaque puissance .s'engage 



CONFÉDÉRÉ. 



'I(ii 



CONGE, 



à fournir un certain contingent de troupes 
en cas de liesoin. 

CONFÉDÉRÉ. Les forces qui se réunis- 
sent par confédération sont des forces confé- 
dérées. On dit simplement les confédérés pour 
signifier l'armée confédérée. 

CONFÉRENCE. Réunion de plusieurs 
militaires, souvent de différents services, 
pour s'entretenir sur une affaire ou une 
question importante. Espèce de cours fait 
devant une réunion de plusieurs personnes : 
telles sont les conférences faites chaque an- 
née devant les officiers sur les différentes 
parties de l'art militaiie. 

CONFIRMATION. Appiobation donnée 
par un conseil de révision à un jw/einent 
qui lui a été renvoyé. 

CONFLIT. Choc, lutte. En droit admi- 
nistratif, on donne le nom de conflit à une 
lutte de compétence entre deux autorités, 
deux juridictions. 

11 y a conflit de juridiction, lorsque les 
deux autorités sont de même ordre. 

11 y a conflit d'attributions, lorsque la 
lutte s'élève entre le pouvoir judiciaire et 
le pouvoir administratif. 

Le droit d'élever le conflit appartient au 
préfet ; il doit proposer d'abord à l'autorité 
judiciaire un déclinatoire d'incompétence; 
si celle-ci persiste, il prend dans la quinzaine 
un arrêté de conflit. 

On surseoit alors à toute procédure et 
l'affaire est portée devant le tribunal des 
co)ifUls. 

CONFORMATION. Manière dont sont 
disposées entre elles les différentes parties 
d'un corps organisé, tel que l'homme, le 
cheval . 

Les vices de conformation qui s'opposent 
à la marche ou à l'exécution du service mi- 
litaire sont des cas de réforme. 

CONFRONTATION. Entrevue d'un ac- 
cusé et des témoins à charge avant le com- 
mencement du procès. N'est plus en usage 
actuellement dans \a. justice mililaire. 

CONGÉ. Permission de s'absenter pen- 
dant plus de 30 jours ; autorisation donnée 
à un militaire de rentrer dans ses foyers. 
Les différentes espèces de congés accordés 
aux militaires sont : les congés pour affaires 
personnelles, les congés de convalescence, les 
congés â titre de soutien de famille, les con- 
gés pour aller faire usage des eaux, les 
congés pour aller à l'étranger, les congés 
de réforme. 

— à titre de soutien de famille. Us 
sont délivrés par les chefs de corps ou de 
service aux militaires ayant un an ou deux 
ans de présence sous les drapeaux, jusqu'à 
concurrence de 1 p. 100 de l'effectif des 



hommes de la classe, après la première an- 
née, et i p. 100 après la seconde. Ces con- 
gés sont valables jusqu'à l'époque du pas- 
sage des titulaires dans la réserve de l'armée 
active ; il est fait mention de leur renvoi sur 
le livret individuel. 

Chaque demande doit comprendre à l'ap- 
pui : 1" un relevé des contributions payées 
par la famille et certifié par le percepteur; 
2° un ceitificat modèle n° o portant l'avis 
motivé de trois pères de famille, ainsi que 
celui du Conseil municipal. 

— de convalescence. Ils sont accordés 
dans la limite de trois mois pour les officiers 
et de six mois pour les hommes de troupe, 
par le général de brigade commandant la 
subdivision de région, ils peuvent être pro- 
longés dans les mêmes conditions de durée ; 
toutefois, les propositions formées en f'aveui- 
des officiers sont transmises au Ministre, 
quand elles ont pour effet de porter à plus 
de six mois la durée totale de l'absence. 

Les demandes de congé et de prolongation 
de congé de convalescence sont appuyées des 
certificats de visite et de contrevisite déli ■ 
vrés par les médecins traitants et les méde- 
cins chefs des hôpitaux ; lorsque les mili- 
taires sont en liaitement dans des hospices 
civils, la contrevisite est alors passée par des 
médecins militaires. 

Les généraux de brigade qui accordent les 
congés de convalescence peuvent, en même 
temps, accorder la solde de présence pour 
une durée d'un mois; cette solde peut être 
accordée, pour une durée plus longue, jjar 
les généraux commandant les corjis d'armée. 

— de réforme. Ils sont dèhvrés par la 
commission spéciale de réforme. 11 y en a de 
deux espèces : le congé n° 1 est délivré 
lorsque la réforme a été prononcée, soit pour 
blessures reçues dans un service commandé, 
soit pour infirmités contractées dans les ar- 
mées de terre ou de mer, soit enfin pour 
infirmités existant avant l'incorporation, 
mais ayant ultérieuiement acquis, en raison 
des fatigues du service, un développement 
entraînant l'incapacité de servir. 

Les titulaires du congé n° 1 ouvrent, en 
faveur de leurs frères, la dispense prévue 
par le paragraphe 6 de l'article 21 de la loi 
du 15 juillet 1889. 

Ce congé peut ouvrir des droits à une 
gratification renouvelable, dans le cas où les 
blessures ou infirmités diminueraient la ca- 
pacité de travail du titulaire. 

Les titres de ces congés sont établis et 
signés par le commandant de recrutement. 
visés par le sous-intendant militaire et le 
général de brigade, et approuvés par le gé- 
néral commandant le corps d'armée. 



CONGÉDIER. 

Le congé n" 2 est délivré par la coHnHt.s- 
sion spéciale de réforme, dans les cas où la 
réforme a été prononcée, soit pour des bles- 
sures rerues hors du service, soit pour des 
infirmités contractées hors des armées de 
terre ou de mer. 

li n'est pas délivré de titre de congé n° 2, 
le commandant de recrutement se borne à 
porter la date et les motifs de la réforme 
sur les livrets matricule et individuel de 
l'homme. 

— pour affaires personnelles, lis sont 
accordés dans la limite de trois mois au.K 
officiers et aux hommes de troupe rengagés 
et comrnissionnés, par les gouverneurs mili- 
taires, par les généraux commandant les 
corps d'armée ou les troupes d'occupation 
dans les protectorats ; au delà de trois mois, 
ils sont accordés par le Ministre. 

Ces mêmes officiers généraux peuvent ac- 
corder des congés, sans limite de durée, aux 
militaires en instance de retraite. 

Les congés pour affaires personnelles sont 
accordés : avec solde d'absence aux officiers 
assimilés et aux sou s-of liciers rengagés ou 
commissionnés ; sans solde, à tous les autres 
militaires. 

Les demandes de prolongation de congé 
sont adressées au général commandant la 
subdivision territoriale, qui les transmet à 
qui de dioit. 

— pour aller à l'étranger. Ils ne sont 
accordés que jjar le Ministre, qui en règle 
les conditions ;iu point de vue de la solde. 

— pour aller faire usage des eaux. 
Ces congés, dont la durée ne peut dépasser 
deux mois, sont délivrés par les gouverneurs 
militaires et les généraux commandant les 
corps d'armée ; les demandes sont accompa- 
gnées de certificats de visite spéciaux indivi- 
duels. 

La solde de présence est allouée pour 
toutes les journées passées aux eaux et pour 
les délais de route et de tolérance. 

CONGÉDIER. Envoyer en congé. Ren- 
voyer quelqu'un. 

CONGRÈS. Réunion de plénipotentiaires 
de divers pays après une guerre pour régler 
les diverses questions soulevées par l'état de 
guerre l'ntre les puissances intéressées. 

CONGRE VE (Y. Fum-). 

CONIQUE. La chambre du fusil se com- 
pose de troncs de cône successifs raccordés 
et dont le dernier, qui sert de logement à la 
balle, raccorde la chambre avec l'âme. On 
dit que la chambre est conique. Il y a éga- 
lement des projectiles coniques. 

CONJURATION. Conspiration contre le 
•nouvel, lin ou l'Htat. 



165 CONQUÊTE. 

CONJURÉ. Celui qui prend part à une 
cuiijuvntion , à un coniplol. 

CONNAISSANCE. Se dit pour science. 
Ainsi, ciDinaiasiance du, terrain, signifie qu'on 
sait distinguer les formes et les propriétés du 
terrain pour en tirer le meilleur parti au 
point de vue militaire. 

De même, pour chaque concours, il est 
exigé certaines ra/*Ham«Hces, c'est-à-dire cer- 
taines parties des sciences civiles ou mili- 
taires. 

La connaissance du cheval est exigée 
des officiers de cavalerie. 

CONNAISSEMENT. Etat signé des ob- 
jets faisant partie d'une cargaison. C'est une 
police de chargement par laquelle celui qui 
transporte des marchandises sur un navire, 
s'engage à les remettre à destination à des 
conditions prévues. 

CONNAÎTRE. Avoir autorité pour sta- 
tuer sur certaines affaires. 

CONNÉTABLE. Un des grands officiers 
de la couronne sous l'ancienne monarchie ; 
chef des armées en l'absence du roi à partir 
de 1191. A partir de cette époque, le conné- 
table prit une importance considérable, qui 
inquiéta souvent les rois ; il avait des privi- 
lèges fort nombreux, des pouvoirs considé- 
rables dans toute la France et une juridic- 
tion presque absolue sur les armées. Il était 
inamovible et avait le droit de mettre la 
main sur les plus liants seigneurs de l'Etat, 
tandis qu'il était inviolable pour tout autre 
que le roi. Cette charge resta quelquefois 
vacante et elle fut réellement supprimée 
sous Louis XIU, par Richelieu, en 1627. 

CONNÉTABLIE. Fonctions de connéta- 
ble. Juridiction du connétable et des maré- 
chaux de France (même après la suppres- 
sion du connétable) sur les gens de guerre 
et sur ce qui concernait la guerre, tant au 
civil qu'au militaire. 

Il y eut une compagnie de connétablie éta- 
blie en 1760, et que l'on croit être l'origine 
de la maréchaussée. Après la suppression du 
connétable, cette compagnie devint la garde 
du tribunal des ninréchau.v de France ; elle a 
subsisté jusqu'en 1790. 

CONQUÉRANT. Celui qui a fait des 
conquêtes. Les grands conquérants n'ont ja- 
mais pu rien fonder de stable. 

CONQUÉRIR. Soumettre par les armes 
une ri'rtaiiie étendue de pays. 

CONQUÊTE. Occupation à main armée. 
par le droit du plus fort, de pays étraiigei^s. 
(^'esl un nom honnête donné à une usurpa- 
tion ou à une spoliation dont la guerre est 
l'occasion et l'armée le moyen. Les conquêtes 
ont presque toujours été la cause d'inimitiés 



CONQUISITEUR. 

prolongées, de rivalités redoutables et de 
guerres nouvelles. 

CONQUISITEUR. Sortes d'officiers re- 
cruteurs pour les milices romaines. 

CONSCRIPTION. Système de recrute- 
me.nl inauguré en France en 1798, et qui 
consiste à inscrire tous les citoyens ayant 
l'âge déterminé et appelés par la loi à faire 
partie de l'armée, puis à faire désigner par 
le sort ceux qui seront appelés sous les dra- 
peaux. 

Ce système a duré jusqu'en 1872, épo- 
que à laquelle le service militaire devint 
obligatoire pour tous les Français valides, et 
le mot de recrutement a été substitué à celui 
de cmncriptian. 

Pourtant, on désigne encore sous le nom de 
conscription des chevaux, lé recensement 
des cbevaux et mulets remplissant les con- 
ditions voulues pour le service de l'armée 
en cas de guerre, 

CONSCRIT. Celui qui était appelé au 
service militaire pendant la période de 1798 
à 1872. La loi n'admet plus cette dénomi- 
nation qui est remplacée par celle de jeuue 
soldai appelé. 

Se dit quelquefois ironiquement pour dé- 
signer un novice dans la profession des 
armes. 

CONSEIL. Ce mot sert à désigner un 
grand nombre de corps de nature fort di- 
verse. Nous allons passer successivement en 
revue ceux qui intéressent l'armée. 

— d'administration. Conseil qui est 
cbargé d'exercer l'administration dans cba- 
que corps de troupe. Le conseil d'adminis- 
traion d'un l'égiment et d'un corps organisé 
sous le titre de bataillon ou escadron, se com- 
pose de cinq membres : le chef de corps, pré- 
sident; le 'major, lapporteur; le trésorier, 
secrétaire; Y officier d'habillcmeut ; un capi- 
taine commandant une unité administrative. 

Lorsque le corps est divisé, le conseil 
d'administration de la portion centrale est 
présidé par le commandant de cette frac- 
tion. 

Dans le cas où le major commande la 
portion centrale, il prend la présidence du 
conseil, et celui-ci se trouve réduit à quatre 
membres ou même à trois, s'il ne reste que 
trois officiers. 

La portion séparée est administrée par 
un conseil éventuel, si elle comprend au 
moins 6 compagnies. Le conseil éventuel 
comprend les cinq membres suivants : le 
commandant du détachement, président; 
l'officier faisant fonctions de major, rappor- 
teur ; Y officier payeur, secrétaire ; Y officier 
délégué pour riiabiUement ; un capitaine 
commandant vue unilé administrative. 



166 CONSEIL. 

Le conseil d'administration délibère en 
séance. 

Les membres se réunissent sur la convoca- 
tion du président ; ils ont voix délibérative, 
les moins élevés en grade votant les pre- 
miers. 

Les décisions sont prises à la majorité des 
voix et sont inscrites sous forme de procés- 
verhal, sur le registre des délibérations. 

— de défense, il est constitué par le 
gouverneur d'une place dés la déclaration 
de Yétat de guerre, pour prendre la place de 
la commission de défense, et composé de la 
même manière que celle-ci, 11 est réuni sur 
un ordre du gouverneur et délibère sur tou- 
tes les questions intéressant la défense dont 
il est saisi, mais les délibérations ne sont 
valables que si tous les membres ou sup- 
pléants sont présents. Le secret le plus ab- 
solu doit être observé. 

Dans les cas graves, le gouverneur con- 
sulte séparément les divers membres réunis 
en conseil, mais, dans tous les cas, il décide 
seul et sous sa responsabilité. 

— de discipline. Il est chargé d'émettre 
des avis au sujet des soldats que les capi- 
taines jugent passibles d'être envoyés dans 
une compagnie de discipline, en raison des 
punitions qui leur ont été infligées. 

Ce conseil se compose de cinq membres 
pour un régiment, savoir : un clief de batail- 
lon ou d'escadron, président; les deux plus 
anciens capitaines de compagnie et les deux 
plus anciens lieutenants, membres; tous pris 
liors du bataillon, de l'escadron ou de la bat- 
terie de l'inculpé. 

Dans un bataillon foiinant corps, ce con- 
seil se compose également de cinq membres, 
savoir : le plus ancien capitaine, président ; 
les deux plus anciens lieutenants ; et les 
deux plus anciens sous-lieutenants, membres. 

Dans un détacbement commandé par un 
officier supérieur, la composition du conseil 
de discipline est celle qui est fixée pour le 
régiment, si c'est possible ; dans le cas con- 
traire, elle est analogue à celle du conseil de 
bataillon formant corps. 

Dans les petits détachements, le général 
de brigade commandant la subdivision de 
région, désigne les officiers qui doivent com- 
poser le conseil de discipline, lorsque c'est 
nécessaire. 

— d'enquête. 11 est chargé de donner 
un avis motivé sur la reddition de toute 
place forte, en indiquant ce qui, dans la dé- 
fense, paraît mériter l'éloge ou le blâme. 

11 est composé d'un maréchal de France, 
et, à son défaut, d'un amiral ou d'un géné- 
ral de division, président ; et de quatre offi- 
ciers généraux, dont un de l'artiileiie et un 



CONifelL. 



<67 



CONSEIL. 



du génie, quel qiie soit le grade de l'officier 
qui commandait la place. 

Vu intendant général ou un intendant 
militaire y est adjoint avec voix consulta- 
tive, en ce qui concerne les approvisionne- 
ments des subsistances. 

Il existe une autre espèce de cotist'il d'en- 
quête, qui est chargé d'émettre un avis sur 
la mise en réforme d'un officier. U y a trois 
sortes de ces conseils if enquête : i° le conseil 
de régiment (ou corps de troupe formant ba- 
taillon ou escadron), pour les officiers subal- 
ternes de ces corps. Les membres en sont 
nommés par le général de division et pris 
parmi les officiers du corps, ou à défaut, de 
la division ; 2° le conseil df région ou de 
corps d'armée, pour les officiers sans troupe, 
de grade subalterne, et pour tous les offi- 
ciers supérieurs. La nomination des mem- 
bres revient au général commandant le 
corps d'armée, qui les choisit parmi tous les 
officiers de la région ; S** les conseils spé- 
ciaux, pour les officiers généraux et assi- 
milés dont le Ministre a seul le droit de 
désigner les membres, pris dans le cadre de 
l'état-major général. 

Lo conseil d'enquête se compose toujours 
do cinq membres, en activité, tous plus 
élevés en grade, ou plus anciens en grade 
que l'officier objet de l'enquête. Ces membres 
sont choisis, à tour de rôle, sur une liste 
générale dressée dans les corps, les régions 
ou au ministère de la guerre. Deux des 
membres du conseil doivent être de l'arme 
ou du service de l'officier inculpé ; de plus, 
il partir du grade de capitaine, il y a tou- 
jours deux officiers du grade de l'inculpé et 
jamais plus de deux. 

Le chef de l'Etat ne peut mettre en ré- 
forme l'officier inculpé que si le conseil d'en- 
quête émet un avis défavorable à ce dernier. 

— de guerre, il en existe un par corps 
d'armée à l'intérieur et un par division en 
Algérie, en temps de paix ; aux armées en 
campagne, il en existe un ou deux pour 
i-haque quartier général d'armée ou de corps 
d'armée, un ou deux par division active, et 
deux dans chaque place forte investie. 

En temps de paix, le conseil de guerre se 
compose de 7 membres : 1 colonel ou lieute- 
nant-colonel, président ; 1 chef de bataillon, 
2 capitaines, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant 
l't 1 sous-officier. Cotte composition varie, 
d'ailleurs, avec le grade de l'accusé, mais 
sans qu'il y ait jamais d'officiers du grade 
inférieur, ni jamais plus de deux officiers du 
même grade que l'accusé. 

Eu campagne, le conseil de guerre n'est 
composé que do 5 membres, savoir : 1 co- 
lonel ou lieutenant-colonel, président ; l chef 



de bataillon ou d'escadrons, i capitaine. 
i lieutenant ou sous-lieutenant et 1 sous- 
officier. 

Dans les places assiégées, la composition 
du conseil de guerre est, en principe, le 
même qu'aux armées ; mais, ù défaut d'of- 
ficiers de l'armée active, le gouverneur peut 
désigner des officiers en congé, en retraite 
ou en non-activité, et, au besoin, la totalité 
des juges peut être d'un grade inférieur à 
celui de l'accusé. 

Tout conseil de j/weiTe comprend, en outre, 
nu commissaire du Gouvernement et un rap- 
porteur, pris parmi les officiers supérieurs 
ou les capitaines en activité ou en retraite, 
enfin, un officier d'administration greffier, un 
adjudant commis-greffier et un sergent huis- 
sier-appariteur. 

La compétence des conseils de guerre 
s'étend à tous les crimes et délits commis par 
les militaires, qu'ils soient prévus par le 
Gode spécial militaire ou par le Code pénal 
civil, à l'exception, toutefois, des contra- 
ventions pour infractions aux lois sur la 
diasse, la pèche, les douanes, les octrois, les 
forêts, les contributions indirectes, etc. 

— de régiment, il est chargé d'émettre 
un avis au sujet des demandes de rengage- 
ments des sous-officiers. 11 est composé de 
8 membres, savoir : le colonel, le lieutenant- 
colonel, 2 chefs de bataillon et 4 capitaines. 
11 siège à la portion centrale pour toutes les 
fractions du corps stationnées eu France. 

Le général commandant le corps d'armée 
ne peut refuser l'autorisation de rengage- 
ment que si ra\is du conseil est défavorable 
au sous-officier. 

— de revision. Tribunal supérieur qui 
est, pour les militaires, ce qu'est la Cour de 
cassation pour les civils, c'est-à-dire qu'il ne 
peut que confirmer les jugements des con- 
seils de guerre, ou les annuler, et renvoyer 
l'accusé devant un autre conseil de guerre. 

En temps de paix, il existe deux conseils 
de révision, l'un à Paris, l'autre à Alger; en 
temps de guerre, il en existe un au quartier 
général de chaque armée et un dans chaque 
place assiégée. 

En temps de paix, le conseil se compose 
de 5 membres : 1 général de brigade, prési- 
dent ; 2 colonels ou lieutenants-colonels et 
2 cliefs de bataillon ou d'escadrons. 

Aux armées en campa^rne, le conseil de 
revision peut être réduit à 3 juges : 1 co- 
lonel ou lieuteiuint-colonel et 2 chefs de 
bataillon ou d'escadrons. Dans une place 
assiégée, sa composition est la même qu'en 
campagne ; majs le gouverneur peut dési- 
gner, au besoin, des officiers eu congé, en 
retraite ou cri iion-;u'tivité. 



CONSEIL. 



168 



CONSERVE. 



Un officier supérieur est, en outre, dé- 
signé en qualité de commissaire du Gouver- 
nement ; l'un des juges, à tour de rôle, 
remplit les fonctions de rapporteur; enfin, 
xui officier d'arlniinistratioii est greffier. 

— de re vision cantonal. Il est chargé 
de revoir les opérations de recrutement dans 
chaque canton, d'entendre les réclamations 
auxquelles ces opérations peuvent donner 
lieu, et enfin de juger en séance publique les 
causes d'exemption et de dispense prévues 
par la loi. 

Il se compose du piéfet, président ; d'un 
conseiller de préfectuie, d'un membre du 
conseil général, d'un membre du conseil 
d'arrondissement et d'un officier généial ou 
supérieur désigné par l'autorité militaire. 

Le préfet peut être remplacé par le secré- 
taire général ou par un conseiller de préfec- 
ture ; le conseiller général et le conseiller 
d'arrondissement sont pris dans un canton 
antre que celui ou siège le conseil de revi- 
sion. Tous ces meinbies ont voix délibéra- 
tive. En cas d'absence de l'un d'eux, autre 
que le généial ou l'officier supérieur, le con- 
seil peut néanmoins délibérer, mais les déci- 
sions doivent être prises à la majoiitê de 
trois voix, sinon elles sont ajournées. 

Assistent également aux opérations du 
lOiiseil : un sous-intendant militaire. |)onr 
remplir les fonctions de commissaire du (îou- 
vernement ; le commandant de reciutement, 
pour prendre les signalements et les ren- 
seignements sur l'aptitude des hommes a.u\ 
différentes armes ; un médecin militaire, 
pour donner son avis sni' l'ajiUtude phy- 
sique des hommes. 

Les décisions du conseil de revision sont 
définitives ; elles peuvent, néanmoins, être 
attaquées devant le Conseil d'Etat pour in- 
compétence, excès de pouvoir ou violation de 
la loi. 

— de revision départementaL 11 est 
chargé de prononcer, en séance publique, 
sur les demandes de dispense, à titre de sou- 
liens de famille, stipulées à l'article 22 de 
la loi du 15 juillet 1889. Il est composé 
comme le conseil de revision cantonal, mais 
il lui est adjoint deux autres membres du 
conseil général. 

— supérieur de la guerre. Conseil 
consultatif S])écialement chargé de l'examen 
des questions qui se rattachent à la prépa- 
ration de la guerre. Il est composé de 
12 membies, dont 4 membres de droit et 
8 membres nommés par décret. 

Les 4 membres de droit sont : le Ministre 
de la guerre, président ; le chef d'état-major 
général, rapporteur ; le j)résident du comité 



technique d'artillerie et le président du comité 
technique du génie. 

Les 8 membres nommés par décret sont 
pris parmi les généraux de division que 
leurs services désignent pour prendre des 
commandemenls importants en temps de 
guerre. 

Les directeurs de divers services du minis- 
tère de la guerre peuvent être admis au 
conseil à titre consultatif pour la discussion 
des affaires de leur ressort. Le sous-chef 
d'état-major général, chargé du bureau des 
opérations militaires, remplit les fonctions de 
seciétaire. 

CONSEILLER. Celui qui donne un con- 
seil ; celui qui est membre d'un conseil. 

CONSENTEMENT. Autorisation donnée 
par celui i|ni a le droit de conclure un acte. 
Le consentement du père est exigé pour le 
jeune Jiomme qui veut s'engager avant 
21 ans. Pour changer de corps, le consente- 
ment des deux chefs de corps est nécessaire. 

CONSERVATEUR des bâtiments mi- 
litaires. Ancienne dénomination des caser- 
niers. 

CONSERVATION. Des règles et des dis- 
|)Ositioiis |»articulières sont prévues pour la 
conservation des chevaux, des locaux, du 
matériel et des effets entretenus dans les 
magasins ou mis par l'administration à la 
disposition des particuliers ou des unités 
dans l'intérêt du service. 

CONSERVATOIRE. C'est au Conserra- 
toire de musique, à Paris, que les candidats 
chefs ou sous-chefs de musique vont subir leur 
concours d'admission . 

CONSERVE. Substance alimentaire pré- 
paiée de manière à se conserver longtemps. 

Les conserves utilisées dans l'année sont 
celles de légumes frais, de viande, les po- 
tages condensés et les salaisons. 

Les conserves de légumes frais des- 
séchés et comprimés se composent, soit de 
légumes d'une seule espèce, soit d'un amal- 
game de diverses espèces. Les tablettes sont 
conservées dans des boîtes de fer-blanc ou de 
zinc. On doit pouvoii' les conserver deux ans. 

Les conserves de viande sont préparées 
avec du bœuf ou du mouton cuit et désossé 
renfermé dans des boîtes en fer-blanc fer- 
mant hermétiquement, de manière à le 
mettre à l'abri de l'action de l'oxj'gène de 
l'air. La viajide provient des meilleures par- 
ties de l'animal ; elle est placée dans les 
boîtes avec sa gelée et sa graisse et doit pou- 
voir se conserver plus de deux ans. La con- 
tenance de ces boîtes est de 1 kiiogr. , soit 
S rations normales de 200 giammes, ou 
4 rations fortes de 250 grannnes. 

Les conserves de bœuf-mode sont pré- 



CONSERVER les distances. 



4 09 



CONSUL. 



parées comme les précédentes avec du bœuf 
et des carottes cuits placés dans des boîtes de 
1 kilogr. fermant hermétiquement. Au-des- 
sous de la boîte se trouve soudée une petite 
lampe à alcool -irarnie de mèches, qui suffit 
à réchauffer le contenu. Ces conserves sont 
destinées aux. avant-postes qui ne peuvent 
pas faire de feu. 

CONSERVER les distances. Pour éviter 
les à-coups dans les marches, chaque file, 
chaque partie d'une colonne, chaque corps 
ou unité doit conserver toujours la distance 
prescrite. 

CONSIGNATION. Dépôt d'une somme 
ou d'un objet entre les mains d'une per- 
sonne publique. 

CONSIGNE. Punition qui, pour les ca- 
poraux et soldats, a pour effet de les priver 
de sortir du quartier pendant un nombre de 
jours fixés. Pour les sous-officiers, il y ^ 1* 
consigne au quartier, qui léporid à la 
précédente, et la consigne à la chambre, 
pendant laquelle ils ne doivent quitter la 
chambre que pour le service et où ils doi- 
vent même prendre leurs repas. 

Ensemble des ordres ou instructions qu'un 
rlief de poste ou une sentinelle doit con- 
naître, exécuter et faire observer. Ce genre 
de consigne doit être mentionné par écrit au 
poste ou dans la guérite de la sentinelle ; 
néanmoins, celle-ci doit la répéter verbale- 
ment, en présence du aipural de pose, à la 
sentinelle qui la relève de faction. Il y a, en 
outre, la consigne générale non écrite pour 
rendre les honneurs ou arrêter les rondes on 
patrouilles, et des consignes verbales, qui ne 
peuvent être que pour un jour. 

On appelle aussi consigne le crochet en fer 
employé pour attiser le feu dans les poêles 
de troupe. 

— (portier-). Ancien sous-officier pré- 
posé à la surveillance d'une porte de forte- 
resse pour examiner les entrants et les sor- 
tants et s'opposer à certaines infractions. 
Logé près de son poste . 

CONSIGNE. Militaire puni de consigne. 
11 doit répondre à des batteries ou sonneries 
spéciales, faites pour s'assurer de sa pré- 
sence au quartier ; il doit également faire 
certaines corvées. 

CONSIGNER. Infliger une punition de 
consigne. Notitier certaines exceptions ou 
pi'ohihitioiis. 

CONSOMMATION. Action de consom- 
mer, '•'est-à-dire de se servir de choses qui 
se détruisent par l'usage qu'on en fait, telles 
que les denrées, les li([uides, etc. Les con- 
sunmiations, dans les corps de troupe, doi- 
vent être justifiées par des pièces comptables 
et répondre à des besoins jjrévus. 



CONSPIRATION ; CONSPIRER. En- 
tente établie entre plusieurs pour renverser 
les pouvoirs établis. 

CONSTATATION. Action de constater, 
de certifier. La constatation des services 
militaires est faite par les conseils d'admi- 
nistration des corps au moyen des registres 
matricules . 

CONSTITUANT. Qui entre dans la cohi- 
position d'un corps de troupe. 

CONSTITUER. Former, organiser une 
troupe. 

CONSTITUTIF. Qui fait partie inté- 
grante, qui entre dans la constitution 
d'un corps de troupe, des cadres, de l'ordre 
de bataille. 

CONSTITUTION. Au point de vue mili- 
taire, la constitution exprime le principe de 
l'organisation des forces nationales consti- 
tuant l'armée, c'est-à-dire tout ce qui touche 
au recrutement, à V administration, au com 
mandement, à la hiérarchie, à la composition 
des diverses parties ou armes dont l'en- 
semble forme V armée. 

La constitution militaire doit surtout 
être en harmonie avec la constitution politique 
du pays, avec le génie de la nation, et tenir 
compte des conditions générales de la nation 
et de celles des puissances voisines, de la 
position géographique, de la sûreté des fron- 
tières, de la situation probable des théâtres 
d'hostilité, etc. 

Les diverses branches dont l'ensemble 
forme la constitution militaire d'un pays 
devraient êtie fondues en un tout bien har- 
monique et non discutées séparément de ma- 
nière, tout en s'améliorant sans cesse, à ne 
pas être continuellement revisées au gré des 
ministres ou des asseniljlées. 

Le mot constitution signifie aussi organi- 
sation ; e.T. : constitution d'un corps, d'une 
place forte, etc. 

CONSTITUTIONNEL. Qui est réglé par 
une constitution ; qui défend la constitution 
(garde constitutionnelle) 

CONSTRUCTION. La construction des 
bcUiments militaires, des ouvrages de forti- 
fication permanente ou de cantjiiHfne est, en 
général, dirigée par le génie militaire, qui 
en prépare les projets ou plans, en fait le 
tracé et en surveille Ve.vécution. 

L'artilUerie construit ses batteries et di- 
rige la construction de ses bâtiments et de 
son matériel. 

CONSOLE. Partie du revolver qui porte 
la douille dans laquelle est vissé le canon. 

CONSUL. Nom donné à deux magistrats 
qui exerçaient l'autorité suprême, cirile et 
militaire, dans la République romaine. Avec 
la nmltiplication des armées romaines, les 



CONSULAIRE. 



170 



CONTRE. 



consuls durent être représentés ou secondés 
par des proconsuls, ou espèce de sous-con- 
suls. La constitution de l'an viii confia le 
Gouvernement de la République française à 
trois consuls, dont Bonaparte, premier consul, 
devint empereur en 1804, après s'être fait 
nommer consul à vie en 1802. 

Agent diplomatique envoyé par un Gou- 
vernement dans une place maritime étrangère 
pour y pi'otéger les nationaux et les opéra- 
tions commerciales auxquelles ils se livrent. 

Les consuls français tiennent un registre 
des nationaux soumis par leur âge aux obli- 
gations de la loi de recrutement et leur faci- 
litent leur rapatriement en cas de mobilisa- 
tion générale. 

Les consuls en résidence hors d'Europe 
donnent avis aux préfets des jeunes gens qui 
se sont établis à l'étranger avant l'âge de 
19 ans et qui y occupent une situation régu- 
lière. Ces jeunes gens sont dispensés du ser- 
vice militaire en temps de paix, mais ils 
doivent justifier de leur situation chaque 
année fart. 50 de la loi du 15 juillet 1889). 

CONSULAIRE. Qui appartient aux con- 
suls. La fiarde consulaire de l'an viii fut 
l'origine de la garde impériale. 

CONSULTATIF. Commission ou comité 
constitué pour donner son avis sur certaines 
matières spéciales. 

CONTACT. Opération qui a pour but de 
suivre constamment et de près la trace de 
l'ennemi dans tous ses mouvements, de s'at- 
lachei' en quelque sorte à ses pas. 

CONTENIR. Renfermer, retenir, main- 
tenir. 

Contenir Vennemi, c'est arrêter ses mou- 
vements et l'empêcher de donner suite à ses 
opéiations. 

CONTENTIEUX administratifs. Diffi- 
cultés i[ui ont leur origine dans l'antago- 
nisme entre l'intérêt public et l'intérêt privé. 
Elles sont résolues par la juridiction admi- 
nistralire. 

CONTESTATION. Débat entre deux ou 
plusieurs personnes au sujet de quelque 
affaire. 

Désaccord au sujet des conventions d'un 
marché A'ahonnemenl, de la nature des ré- 
parations à faire aux effets, de leur imputa- 
tion. Est, en principe, tranché par le major 
et, en dernier ressort, par le sous-intendant 
militaire. 

CONTINGENT. La part que chacun doit 
recevoir ou fournir. Le nombre de jeunes 
soldats qu'une classe doit fournir. 

Lorsque les nécessités budgétaires ne per- 
mettent pas de conserver la totalité du con- 
tingent sous les drapeaux pendant trois ans, 
le Ministre de la guerre fixe, après l'achève- 



ment des opérations du recrutement, sur la 
liste du tirage au sort de chaque canton, et 
proportionnellement en commençant par les 
numéros les plus élevés, le nombre d'hommes 
qui sei'ont envoyés dans leurs foyers en dis- 
ponibilité, après leur première année de ser- 
vice. Ces hommes constituent la 2° portion 
du contingent, tandis que ceux qui doivent 
accomplir trois années de service sous les 
drapeaux forment la 1'"'= portion du contin- 
gent. 

CONTONDANT. Se dit d'une arme qui 
blesse sans couper ni percer. 

CONTOUR. Garniture qui entoure le mi- 
lieu du gland d'un cordon de drapeau ou 
qui, dans une épaulette, masque la jonction 
de la frange et du corps. 

CONTRACTER. Faire une convention 
telle qu'une alliance, un mariage, un euga- 
gem.ent, etc. 

Se dit aussi des maladies que détermine 
l'influence des milieux, un principe conta- 
gieux, etc. 

CONTRACTUEL. Qui est stipulé par un 
contrai. 

CONTRADICTOIRE. Qui exprime des 
choses directement opposées l'une à l'autre. 
Se dit de certains actes de procédure faits 
en présence des deux parties. 

CONTRAINTE. Violence que l'on em- 
ploie contre quelqu'un pour le forcer à faiie 
quelque chose malgré lui. 

Ordre de payer décerné contre un rede- 
vable de deniers publics. 

CONTRAT. Convention par laquelle une 
ou plusieurs personnes s'obligent envers une 
ou plusieujs autres à donner, à faire ou à ne 
pas faire quelque chose. 

— de mariage. Un extrait du contrat 
de mariage des officiers ou assimilés doit être 
envoyé au Ministre dans le mois qui suit la 
célébration du mariage. 

CONTRAVENTION. Action contraire à 
ce qui est prescrit par une loi, une ordon- 
nance ou un règlement. 

CONTRE. S'unit à un grand nombre de 
mots, dont nous donnons ci-après les princi- 
paux ayant un sens militaire. 

— amiral. Officier général dans la ma- 
rine dont le grade est équivalent à celui de 
général de brigade. 

— appel. Second apjwl fait la nuit et à 
l'improviste pour s'assurer que personne ne 
s'est absenté irrégulièrement depuis l'appel 
précédent. 

— approche. Tranchées et ouvrages que 
les assiégés exécutent aux abords de la place 
pour retarder l'avancement des travaux d'ap- 
proche. 

— attaque. Travaux exécutés d'avance 



CONTRE-FORT. 



i:\ 



CONTRE-PUITS. 



et à une certaine distance de la place par la 
fiarnison, à l'approche d'un siège, pour 
prendre d'enfilade et de revers les tranchées 
ou les batteries de l'assiégeant. En réalité, 
les travaux de contre-attaque peuvent être 
compris dans ceu\ de contre-approche, dont 
l'emploi a pris une grande extension avec 
les opérations extérieures de la défense ac- 
tive, car l'on peut y rattacher tous les tra- 
vaux défensifs faits par l'assiégé pour se 
rapprocher de l'ennemi. 

— batterie. Batterie de deuxième posi- 
tion dont Tobjet est de démonter les pièces 
de llanquement. On désigne en général sous 
ce nom les batteries d'attaque chargées de 
faire cesser ou ralentir le feu de l'artillerie 
ennemie. 

— battre. Opposer des batteries à celles 
de l'adversaire, 

— carrer. S'opposer directement aux 
opérations ou aux mouvements de l'ennemi. 

— changement. Terme de manège si- 
gnifiant la manœuvre du cavalier qui décrit 
une équerre à l'angle de laquelle le cheval 
change de côté. 

— cœur. Rail coudé qui, dans les croi- 
sements de voie, supporte le bandage de la 
roue pendant le passage de l'interruption de 
rail. 

— d'escrime. Mouvement d'épée qui 
consiste à parer en dégageant, ou à dégager 
sur un dégagement. Il y a des contre de 
tierce, de quarte, doubles, contre-appels et 
contre-dégagements. 

— épaulettes. Corps d'épaulette dé- 
pourvu de franges. Employée autrefois pour 
les musiciens militaires. 

Les officiers qui n'ont qu'une épaulette à 
franges portent une contre-épaulette sur 
l'autre épaulette. 

CONTRE-FORT ou CONTREFORT. Pi- 
lier en maçonnerie construit en saillie de 
distance en distance, sur un mur qui a be- 
soin d'être renforcé pour résister à la poussée 
des terres. 

C'est aussi une pièce de cuir destinée à 
renforcer le talon des chaussures. 

En géologie, ce sont des ramifications de 
montagne à peu près perpendiculaires à la 
chaîne principale. 

— fossé. Mot employé anciennement 
jiùur avant-fossé. 

CONTRE-GARDE ou CONTREGARDE. 
Enveloppe foitifiée disposée en avant des faces 
d'un bastion ou d'une demi-lune; elle doit 
être tenue sous le feu de l'ouvrage enve- 
loppé, dont elle protège les faces, et force 
ainsi l'assiégeant à s'en emparer avant de 
prendre l'ouvrage principal. 

— manœuvre, Disj)osition tactique 



qu'on est obligé d'exécuter à l'iraproviste 
devant l'ennemi en renonçant aux disposi- 
tions primitives. 

— marche. Mouvement employé autre- 
fois pour faire marcher une colonne dans la 
direction opposée, en restant la droite en 
tête. Se dit encore de la marche d'une armée 
en sens contraire ou opposé à celui vers 
lequel elle se dirigeait précédemment. 

— mine. Travaux de mine exécutés 
d'avance sous les glacis des ouvrages exposés 
à une attaque en règle, dans le but de s'op- 
poser à l'effet des mines de l'assiégeant ou 
d'en retarder les progrés. 

Les travaux de contre-mines permanents 
sont complétés, au moment du besoin, par 
des dispositifs improvisés. Un système de 
contre-mines doit satisfaire aux conditions 
suivantes : 1 ° permettre de bouleverser tout 
le terrain supérieur, mais sans endommager 
ses propres galeries ; 2° enfoncer suffisam- 
ment les galeries pour que le défenseur oc- 
cupe toujours le dessous du terrain ; 3° per- 
mettre de faire surveiller tout le terrain en 
avant par des écouteurs placés dans les gale- 
ries et rameaux ; 4° se prêter aux retours 
offensifs, à l'emploi de forages, à la guerre 
de chicanes ; o" ne compromettre en aucun 
cas la sécurité de la place ; 6° être facile à 
détruire pour en interdire l'usage à l'en- 
nemi. 

— mineur. Qui construit ou défend un 
système de contre-mines. 

— mot. -Mot qu'on donne en réponse au 
mot d'ordre et signifie alors mot de rallie- 
ment. Peut signifier aussi second mot donné, 
aux avant-postes et sentinelles, dans le cas 
où l'on craint que le premier a été surpris 
par l'ennemi. 

— mur. Mur extérieur construit en 
avant du mur principal d'une ville. 

— ordre. Second ordre donné pour em- 
pêcher l'exécution d'un premier. 

— pas. Demi-pas qui sert à reprendre le 
pas lorsqu'un soldat l'a perdu. Se dit aussi 
de l'homme qui ne marche pas au pas. 

— platine. Pièce de métal opposée à la 
platine dans les armes à feu portatives ; elle 
porte la tète des vis qui servent à fixer la 
platine et prend aussi le nom de porte-vis. 

— pointe. Partie tranchante du bout du 
dos de la lame d'un sabre. 

Escrime du sabre de la cavalerie, que l'on 
manie partie en hachant, partie en poin- 
tant. 

— puits. Cavités préparées par l'assiégé 
à 2 mètres ou 2"', 50 au-dessous de la sur- 
face du sol pour recevoir, au moment op- 
portun, les charges de poudre destinées à 
agir contre les puits ou contre les travaux 



CONTRESCARPE. 



172 



CONTRIBUTION. 



supérieurs de l'attaque et calculés de ma- 
nièie à ne pas endommager les galeries de 
la défense. 

La botte aux poudres cominunique avec la 
galerie la plus rapprochée par l'intermé- 
diaire d'une gaine en bois dont l'emplace- 
ment est préparé, de l'intérieur de la galerie, 
avec la machine à camouflets ou, à défaut, 
avec im trépan ordinaire {V. Camouflets). 

— rail. Bouts de rails qui, dans les croi- 
sements de voie, agissant sur le boudin de 
la roue conjuguée, empêchent celle-ci de sortir 
de la voie. 

— rondes. Rondes extraordinaires faites 
inopinément pour s'assurer que les rondes 
ordinaires ont été bien faites et que les sen- 
tinelles sont vigilantes. 

— saaglon. Lanière ou morceau de cuir 
percé de trous, lesquels viennent s'engager 
dans Vardillon d'une boucle d'équipement. 
Courroie lixée à l'arçon de la selle et dans 
laquelle on passe la boucle de la sangle pour 
la maintenir en place . 

— seing. Signature ou cachet de celui 
qui contresigne. La correspondance militaire 
circule en franchise avec le contreseing de 
celui qui a le droit de l'expédier. 

— signal. Signe double et réciproque de 
reconnaissance employé autrefois dans les 
places assiégées pour éviter les surprises. 

Précaution analogue au contre-mot. 

— sortie. Dispositions actives des ^aî'tto 
de tranchée ou d'autres troupes des assié- 
geants pour s'opposer aux sorties des as- 
siégés. 

— temps. Terme de manège qui signifie 
le passage subit et inopiné de l'action à 
l'inaction. 

— visite. Visite contradictoire à laquelle 
on soumet des recrues ou des malades pour 
constater l'exactitude et la sincérité d'une 
première visite médicale. 

— volte. Seconde volte qui, dans la ca- 
valerie, détruit l'effet d'une première. 

CONTRESCARPE. Talus d'un fossé de 
fortification opposé à l'escarpe et tourné vers 
l'ennemi. 

Dans les ouvrages de fortiflcalion de cam- 
pagne, la contrescarpe, simplement en terre, 
est tenue aussi raide que possible, soit 3/1 
à 2/1, pour empêcher l'adversaire d'y des- 
cendre trop facilement. 

En fortification permanente, elle doit avoir 
au moins 6 mètres de hauteur pour consti- 
tuer un obstacle sérieux et être revêtue avec 
voûtes en décharge ou galeries parallèles 
(V. Revêtements) à moins que des conditions 
partiiHilières ne permettent de les laisser en 
terre. 



CONTREVALLATION (ligne de). Ligne 
de tranchées établies par l'assiégeant, au 
début de ses opérations d'attaque, pour isoler 
complètement les défenseurs et pour protéger 
le premier contre les sorties de ceux-ci. L'or- 
ganisation de la ligne de contrevallation, qui 
a subi de nombreuses modifications par la 
suite des temps, est actuellement semblable 
à celle des lignes d'investissement. 

CONTRIBUTION. Ce que chacun doit 
donner pour sa part dans une dépense ou 
une charge commune. Se dit spécialement 
en matière d'i)npôt. 

Il existe en France deux grandes classes 
de contributions : les contributions directes 
et les contributions indirectes. 

Les contributions directes sont ainsi 
nommées parce qu'elles atteignent directe- 
ment les personnes ou les biens, et qu'elles 
sont perçues d'après un rôle nominatif des con- 
tribuables. Elles sont au nombre de quatre : 
la contribution foncière ou taxe sur les re- 
venus de la propriété foncière ; la cote per- 
sonnelle ou mobilière, qui frappe les per- 
sonnes et la valeur locative des bâtiments 
d'habitation ; la contribution des portes et 
fenêtres; enfin, les patentes. 

Les contributions indirectes compren- 
nent toutes les autres sources de revenus du 
Trésor, c'est-à-dire les droits sur les bois- 
sons, le sucre, le sel, les cartes à jouer ; le 
produit des douanes, des forêts, de la pèche, 
de l'enregistrement, des domaines, du tim- 
bre ; l'impôt sur les valeurs mobilières ; le 
dixième des revenus d'octroi ; les deux 
dixièmes du revenu des places dans les che- 
mins de fer, etc. 

— de guerre. Ce que les habitants d'un 
pays occupé par l'ennemi sont oliligés de 
donner ou de payer à ce dernier. On en dis- 
tingue de deux espèces : les contributions en- 
nature et les contributions en. argent. 

— personnelle et mobilière. Les offi- 
ciers des corps de troupe en sont exempts, à 
la condition toutefois que le logement qu'ils 
occupent soit en rapport avec celui que leur 
fournirait l'Etat, s'il les logeait ; dans le cas 
contraire, ils ne seraient exemptés que jus- 
qu'à concurrence du montant de la retenue 
exercée sur leur solde lorsqu'ils reçoivent le 
logement en nature. 

Tous les autres officiers ou employés mili- 
taires sont soumis aux mêmes contributions 
ou prestations que les autres citoyens. 

Tous les généraux ont autorité pour 
frapper de contributions en nature un 
pays ennemi occupé par leurs troupes ; mais 
le général en chef a seul le droit d'ordonner 
des contributions en argent en pays en- 
nemi. 



CONTROLE. 



173 



CONVENTION. 



Daus aucun cas, une contribution de j,'ueiTe 
ne peut être imposée à un territoire français, 
allié ou neutre. 

CONTRÔLE. Vérification, surveillance 
des opérations administratives. Il a pour but 
de sauvegarder les intérêts du Trésor et 
d'assurer à chacun ce qui lui est dû. 

Il existe trois degrés de contrôle dans 
l'armée française : le contrôle local, le con- 
trôle central et le contrôle extérieur. 

— local. Celui qui est exercé d'une ma- 
nière constante et sur place par les direc- 
teurs des services de l'artillerie, du génie, 
de l'intendance, de santé, sur toutes les 
opérations du personnel sous leurs ordres; 
de plus, les fonctionnaires de l'intendance 
sont chargés de la surveillance administra- 
tive des corps de troupe et des établisse- 
ments considérés comme tels. 

— central. Celui qui est exercé par les 
bureaux de l'administration centrale au mi- 
nistère, par les inspecteurs généraux et par 
les cotilrùteurs de l'administration de l'armée 
auxquelles le Ministre confie le soin d'aller 
contrôler sur place. 

Le corps du contrôle de l'administration 
de l'armée, créé par la loi du 16 mars 1882, 
a été constitué définitivement comme ci- 
après par la loi de finances du 29 dé- 
cembre 1883 : 6 contrôleurs généraux de 
1"^^ classe ; 9 contrôleurs généraux de 
2*^ classe; 16 contrôleurs de 1'"'' classe; 
16 contrôleurs de 2« classe ; 5 contrôleurs 
adjoints ; au total, 52 membres. 

Le personnel du contrôle ne relève que du 
Ministre de la guerre ; il n'a aucune assimi- 
lation avec les diflFérents grades de l'armée ; 
il procède à des vérifications inopinées, soit 
avec des pièces, soit au moyen de revues ou 
de recensements. Son action s'étend sur tous 
les services du département de la guerre ; il 
rend compte au .Ministre seulement. 

— extérieur. Celui qui est exercé par 
la Cour des Comptes, puis par les Chambres. 

Le mot contrôle se dit aussi de l'état no- 
minatif des militaires qui appartiennent à 
un corps ou à certaines catégories. Il y a 
entre autres : le contrôle de la disponibilité, 
des engagés, des non-disponibles, des détache- 
ments de recrues, des clievaux, des Iwtnmes, 
pour le tir réduit, pour la visite des ar- 
mes, etc. 

— annuel. H comprend le contrôle no- 
minatif des officiers, celui des hommes de 
troupe et celui des chevaux appartenant à 
chaque unité administrative. 

Le contrôle des hommes est divisé eu au- 
tant de catégories qu'il y a de grades ; dans 
chaque catégorie, les militaires sont classés 



par grade et emploi, et, dans chaque grade 
et emploi, par numéro matricule. Le con- 
trôle est tenu annuellement et présente, en 
regard de chaque nom, quatre cases affé- 
rentes aux quatre trimestres de l'année. Les 
mutations sont inscrites sommairement dans 
la case du trimestre auquel elles se rappor- 
tent. 

On passe un trait diagonal dans les cases 
du militaire rayé définitivement de la caté- 
gorie où il est inscrit. 

Les contrôles servent à justiGer l'effectif 
de l'unité administrative et à passer les rc' 
vues d'effectif. 

CONTRÔLEMENT. Obligation du comp- 
table à être souihis au contrôle. 

CONTRÔLEUR. Celui ([ui exerce le con- 
trôle. 

Membre du corps du contrôle de l'admi- 
nistration de l'armée. 

— d'armes. Employés militaires de l'ar- 
tillerie divisés en o classes. Ils sont chargés, 
de concert avec des capitaines d'artillerie, de 
la vérification de l'armement des arsenaux 
et de celui des corps de troupe. 

CONTUMAX ou CONTUMACE. État de 
celui qui, mis en accusation pour un crime 
emportant une peine afflictive ou infamante, 
ne se présente point au moment du juge- 
ment. 

CONVAINCU (d'un crime, don dé- 
lit). Auteur d'une faute anieiié à reconnaître 
les faits qui lui sont reprochés. 

CONVALESCENCE. Période de transi- 
tion entre la guérison de la maladie et le 
retom' parfait des forces. 

Les militaiies convalescents sont envoj'és, 
sur leur demande, en congé de convalescence, 
ou dirigés sur des dépôts de convalescents. 

CONVALESCENT. Des salles de conva- 
lescents devraient être ouvertes dans toutes 
les garnisons afin de soustraire les militaires 
sortant de l'hôpital aux occasions de rechute 
lorsqu'ils reprennent immédiatement leur 
service et vivent à l'ordinaire. 

CONVENTION. Accord entre deux ou 
plusieurs personnes, entre deux ou plusieurs 
Etats. 

Assembh'e nationale munie de pouvoirs 
extraordinaires pour établir ou modifier la 
constitution de l'Etat. 

— de Genève. Conclue en 1864 et mo- 
difiée en liS68. Ses principales dispositions 
sont les suivantes ; neutralité des ambu- 
lances et des hôpitaux militaires, ainsi que 
du personnel attaché à ces établissements ; 
permission à ce personnel de continuer à 
remplir ses fonctions après l'occupation par 
l'ennemi, et stipulation qu'il sera reconduit 



CONVERGENT. 

aux avant-postes lorsque l'oL-cupant pourra 
le faire sans inconvénient pour ses opéra- 
tions ; décisio7i que les malades et les blessés 
recueillis dans les maisons particulières ser- 
viront de sauvegarde à ces maisons ; assu- 
rance de soins communs aux Liesses des 
deux partis ; enfin, l'article 7 établit comme 
signe distinctif, pour les hôpitaux, les am- 
bulances et le personnel neutralisés, le dra- 
peau ou le brassard portant croix rouge sur 
fond blanc. 

Cette convention est obligatoire pour tons 
les Etats qui l'ont signée, c'est-à-dire pour 
tous les Etats européens. 

CONVERGENT. Se dit, en parlant du 
tir, lorsque les trajectoires se dirigent sur un 
même point. 

CONVERSION. Changement de direction 
du front d'une troupe, en faisant tourner ou 
pivoter celle-ci sur l'une de ses extrémités. 11 
s'exécute de pied ferme et alors le pivot est 
fixe, ou en marchant, et alors l'homme qui 
est au pivot exécute le pas d'environ 0™,25. 

CONVEXE. Courl)e dont la saillie se pré- 
sente extérieurement. Ce mot s'applique à 
des courtinex, faces ou ordres coni'ei'es. 

CONVOCATION. A.-tion d'appeler, d'or- 
donner de se réunir. 

Les réservistes sont convoqués à deux 
périodes d'exercices ne pouvant dépasser 
quatre semaines chacune : la première con- 
vocation a lieu pendant la deuxième année, 
et la seconde, pendant la sixième année de 
leur service dans la réserve de Vannée active. 

Les territoriaux sont convoqués à une 
période d'exercices ne pouvant dépasser deux 
semaines, pendant le temps qu'ils passent 
dans Vannée territoriale. 

Ces convocations ont lieu par voie d'affi- 
ches pour les catégories dont l'appel a lieu 
en une seule fois ; elles ont lieu par ordre 
d'appel individuel pour les catégories dont 
les appels sont échelonnés, c'est-à-dire en 
général pour les non-combattants. 

CONVOI. Réunion de transports condui- 
.sant des denrées, du matéiiel de guerre, des 
munitions, ou des malades ou des blessés. 
Le règlement da 26 octobre 1883 sur le ser- 
vice en campagne, indique en détail (art. 202 
à 208), quelle est la composition de l'escorte, 
suivant les cas, et quelles sont les disposi- 
tions à prendre pour la marche et la défense 
d'un convoi, en temps de guerre. 

— régimentaire (V. Train régimen- 
laire). 

— administratif. Réunion des trans- 
^jor<sconduisantclesdenrées, des liquides, etc., 
nécessaires à la subsistance de l'armée. 

11 existe un de ces convois pour le quar- 
tier général de chaque corps d'armée, et un 



i74 COQUILLARD. 

pour chaque division; toutefois, ces convois 
peuvent marcher réunis, sur l'ordre du géné- 
ral commandant le corps d'armée. 

Le convoi administratif est divisé en qua- 
tre sections portant chacune 1 jour de vivres 
et 1 jour d'avoine pour le groupe auquel elle 
est affectée. 

— auxiliaire. 11 en existe un par corps 
d'armée ; il est formé de voitures réquisi- 
tionnées dans chaque région, à la mobilisa- 
tion. 11 est composé de quatre sections 
égales. 

Les cadres de chaque section sont pré- 
parés en vue de l'encadrement d'un nombre 
de voitures susceptilile de porter 1 jour com- 
plet de vivres pour le coi'ps d'armée et 
2 jours de vivres régimentaires pour son 
propre effectif. 

Les convois auxiliaires sont rattachés au 
service des étapes de route. 

— de poudre. Les convois de poudre ou 
autres substances explosives doivent être 
accompagnés par une escorte suffisante sur 
les voies de terre. 

— ordinaire. — En temps de paix, 
les troupes en marche ont droit, au titre du 
service des convois, à une voiture à un col- 
lier pour tout détachement de 2o à 
160 hommes, et à 1 collier supplémentaire 
pour chaque fraction de 160 hommes en plus 
de cet effectif. 

Le détachement a droit à une voiture et à 
1 collier, quel que soit son effectif, s'il est 
commandé par un officier. 

Le sous-intendant peut augmenter ce 
nombre dans le cas où il y aurait beaucoup 
de malades et d'éclopés. 

CONVOYER. Servir d'escorte, marcher 
comme défenseuis et gardiens d'un convoi. 

COPHTE. En 1799, le général Kléber, ne 
recevant pas de renforts, forma une légion 
cophte , au moj'en d'habitants de l'Egypte 
favorables à la France. Lors de l'évacuation, 
ceux qui désirèrent venir en France furent 
incorporés dans les mamehicks. 

COPIE. Ecrit qui eu reproduit un autre. 

Une copie peut tenir* lieu de document 
authentique lorsqu'elle est certifiée conforme 
à l'original par l'autorité compétente. 

COQ. Les Gaulois représentaient cet oi- 
seau sur leurs enseignes. Il fut adopté en 
1792 pour remplacer les fleurs de lis jus- 
qu'en 1804, reparut comme emblème en 
1830 et fut remplacé par l'ai'^fc impériale en 
1862. 

COQUILLAGE. Terme de passementerie 
qui s'applique aux glands des cordons de 
bonnet. 

COQUILLARD. Surnom donné aux cui- 



COQUILLE. Mo 

COQUILLE. Partie de la garde d'une 
'■pée. eu forme de double coquille, pour pro- 
téger le poignet, elle est généralement ornée 
d'attributs. 

COR. Sorte d'instrument à vent. 

Tumeur épidermique et dure qui survient 
aux orteils ou à la plante des pieds, et qui 
est ordinairement causée par la compression 
qu'exercent les chaussures trop étroites et 
trop dures. 

CORACE. Type originaire du mot cui- 
ra-ssi'. 

CORBEAU. Machine de guerre, consistant 
on une espèce de grue, armée de griffes de 
fer dont on se servait dans les sièges et les 
combats sur mer, pour amener le combat 
corps à corps. 

Le corbeau à griffe servait aux assié- 
geants pour monter à l'assaut ; le corbeau 
à tenaille avait une forte pince ou tenaille 
à l'aide de laquelle les assiégés accrochaient 
et enlevaient le bélier de l'assiégeant ; le 
corbeau défensif servant dans les forte- 
resses maritimes à détruire les vaisseaux 
assiégeants; le corbeau double avait pour 
objet d'abaisser par son poids le bélier de 
l'assiégeant et d'en rompre ainsi le choc ; le 
corbeau offensif ou démolisseur, monté 
sur roues, consistait en une poutre ou une 
perche à deux crochets servant à arracher et 
à renverser les pierres des remparts. 

CORBEILLE. Espèce de petit gabion de- 
forme tronconique, employé autrefois. 

CORDAGE. Cordes assez grosses em- 
ployées pour les équipages d'artillerie. 

Un cordage de caisse est une petite 
lorde de l'hanvre que l'on emploie à serrer 
les cercles des cai'.sses de tambour. 

CORDE. Torsion à plusieurs brins, faite 
au moyen de chanvre, de crin ou d'autre 
matière tlexible. 

Les cordes d'arbalète ou d'arc étaient 
en bogau ou composées d'une certaine quan- 
tité de fils cachés par une cordelette montée 
en spirales. 

Les cordes de baliste. de catapulte 
et autres machines de guerre étaient de 
composition très variée ; il y entrait de la 
soie, du chanvre, de l'étoupe, du crin, des 
cheveux, des boyaux, des nerfs, etc., en 
combinaisons et en proportions diverses. 

La corde à fourrage, câblée à 4 brins, 
est terminée par un anneau en fer et sert à 
attacher ou à. maintenir les bottes do four- 
rage. 

La corde de timbre, ou simplement le 
timbre, dune caisse de lanibour, rend plus 
éclatant le sou au moyen de la répercussion 
([u'olie iiroduit. 

Dos cordes de poitrail sont prévues pour 



CORDON. 

l'emljarquement des chevaux en chemin de 
fer en cas de mobilisation. Il y a aussi des 
cordes de gymnase, de chariots-fourragères, 
de suspension, etc., dont le sens s'explique 
de lui-même. 

CORDEAU. Petite corde servant à tracer 
des alignements. 

On emploie des cordeaux de tirage et 
des cordeaux de piquet dans le montage 
des tentes. 

On fait l'exercice au cordeau, lorsque, 
faute d'un nomljre d'hommes suffisant, on 
remplace les files qui manquent par des cor- 
deaux tenus à leurs extrémités ; ne s'em- 
ploie guère que pour l'instruction des 
cculres. 

— porte-feu (V. Amorce). 

COR de chasse. Des cors de chasse en 
or ou en argent, avec ou sans épinglettes et 
chaînes eu argent, sont délivrés comme prix 
de lir de l'année ou de concours dans l'in- 
fanterie et dans le génie. Des cors de chasse 
eu drap écarlate sont cousus sur la manche 
gauche des capotes et tuniques des tireurs 
de l""" classe comme insignes de tir. 

CORDELIÈRE. Partie du dessus de la 
frange des épauleltes des officiers supérieui's. 

CORDITE. Espèce de j^oudre sans fumée 
qui prend son nom de sa foime. On la croit 
composée de gélatine détonante ordinaire, 
mélangée avec de la nitro-cellulose liquide 
et un dissolvant, de manière à obtenir une 
pâte de la consistance d'une gelée d'une 
épaisseur modérée. 

On la passe à travers des trous poui on 
formel- des cordes de section circulaire ou 
rectangulaire qui, après desssiccation, sont 
coupées de la longueur voulue et empaquetées 
dans des douilles. 

Prête pour le service, elle ressemble beau- 
coup à la ballistite. A l'air libre, elle brûle 
sans bruit et assez lentement i^^n donnant 
une belle flamme jaune. 

Cette poudre a été expérimentée on Italie 
dans les canons Armstrong à tir rapide. Elle 
paraît avoii- étt^ adoptée eu Angleterre jjour 
les fusils à répétition et les canons à lir 
rapide. 

Dans les canons elle ne laisse, dit-on, 
aucun résidu et ne produit qu'un léger voile 
qui se dissipe rapidement. 

Avec des charges moitié de celles de la 
j)Oudie ordinaire, la corditc donne do [dus 
grandes vitesses et do plus faibles pressions. 
On aurait obtenu une vitesse do 700 mètres 
avec une pression légèrement supérieure à 
700 kilogr. 

CORDON. Le cordon de coiffure ser- 
vait d'ornement à certains schakos ou bon- 
nets à poil. 



CORDONNET. 



i76 



CORPS. 



En (orlijicalwn, le cordon est la partie 
saillante du sommet des maçonneries (escarpe 
et contrescarpe) servant à rejeter les eaux 
pluviales. 

Un cordon de troupes ou de postes se 
compose d'une série de petits détachements 
établis pour couper des communications, 
observer une portion de pays, ou protéger 
certains points ou certaines fo)inations. 

Un cordon sanitaire a surtout, pour 
objet d'empêcher la propagation d'une épi- 
démie. 

Il y a, en usage dans l'armée, des cor- 
dons de canne, de clairon, de plaque 
d'identité, de sabre, de trompette, etc. 

CORDONNET. Sorte de petit cordon des- 
tiné à masquer des coutures. 

CORDONNIER. Celui qui l'onfectioinie 
des chaussures en cuir. 

Dans tous les corps de troupe à pied, il 
existe un premier ouvrier cordonnier, chef 
d'atelier, qui a le grade de caporal, et trois 
ouvriers cordonniers à la section hors rang ; 
de plus, chaque compagnie comprend dans 
le rang un ouvrier cordonnier et un apprenti 
cordonnier. 

CORNE. Partie dure qui est au pied du 
cheval. 

Saillants que présentent certains ouvrages 
anciens de fortification, appelés ouvrages à 
cornes. 

Pli que l'on fait au coin d'un feuillet 
pour marquer l'endroit que l'on veut retrou- 
ver. 

Instrument à vent ou cornet rustique, fait 
d'une corne. 

CORNER. Sonner d'un cornet ou d'une 
rurne. 

Faire une corne à un livre. 

CORNET. Petit cor, petite trompe. 

CORNETTE. Petite troupe d'honnnes à 
cheval réunis sous les ordres d'un oisi'igiw 
nommé cornette et faisant partie de la caivi- 
lei'ie française sous Louis Xll. 

Espèce d'étendard à cornes et aux cou- 
leurs du capitaine, qu'avait chaque compa- 
gnie ou escadron de cavalerie. 

Sous Louis Xlll, c'était simplement un 
porte-étendard. 

Sous Louis XIV, ce n'était plus qu'un 
sous-lieutenant de cavalerie. 

CORNICULAIRE. Officier de la milice 
romaine qui était lieutenant du tribun. 

Soldat (jui avait leçu comme récompense 
le corniculc. 

CORNICULE. Ornement ou marque dis- 
tinctive qui se portait sur le casque pour 
supporter V aigrette . 

CORNU. Cheval dont les hanches sont 
plus élevées que la croupe. 



Partie du casque formant ornement chez 
les anciens. 

CORPORATIONS religieuses et mili- 
taires. Ordres de chevalerie qm se formèrent 
du temps des croisades et dont quelques-uns 
ont subsisté jusqu'à nos jours. 

CORPOREL. Qui concerne le corps. 
Exem})le ; yeine corporelle. 

Les punitions corporelles sont interdites 
dans l'armée française. 

CORPS. Réunion de troupes d'une même 
armée : se dit d'ime armée entière, d'une 
fraction de troupes, d'un régiment. Se dit 
surtout de ce dernier au point de vue admi- 
nistratif, mais à ce point de vue, il y a des 
bataillons et même des compagnies formant 
corps. 

On donne aussi le nom de corps aux ditFc- 
rentes a.r)nes, surtout aux armes spéciales : 
corps de l'artillerie, du génie, de santé, etc. 

— d'armée. Le corps d'armée est la base 
de toute formation d'armée. 

Dès le temps de paix, il est pourvu de ses 
éléments ; il est toujours prêt à être mobi- 
lisé (Service en campagne, art. 1'^''). 

Le corps d'armée, en France, est composé 
de deux divisions d'infanterie avec tous les élé- 
ments et services accessoires, d'une brigade 
de cavalerie, d'un bataillon de chasseurs à 
pied, de 8 batteries d'artillerie de corps avec 
2 sections de munitions d'artillerie, d'un 
parc d'artillerie, d'un parc du génie avec 
une compagnie du génie, d'un équipage de 
ponts avec une compagnie de pontonniers, 
d'une ambulance, de 12 hôpitaux de cam- 
pagne, du convoi administratif et du convoi 
auxiliaire des subsistances, d'un escadron, du 
train des équipages, d'un quartier général 
comprenant les états-majors et les directions 
des différents services, la pi'évôté, le trésor 
et les postes et, éventuellement, une section 
télégraphique de i''*^ ligne. 

En temps de paix, les troupes du corps 
d'armée occupent une position déterminée 
du territoire national appelée région de corps 
d'armée. 

— de délit. Ensemble de preuves maté- 
rielles constatant qu'il a été commis un délit 
militaire et dont il s'agit de rechercher les 
auteurs. 

— de garde. Local pourvu d'un mobi- 
lier sonnnairc {lit de camp et râtelier d'armes) 
et destiné à recevoir un poste d'hommes de 
garde. 

— de mécanisme. Plaque à oreilles sur 
laquelle sont assemblées les pièces du méca- 
nisme de répétition du fusil modèle 1886, en 
même temps que celles qui forment le méca- 
nisme de détente de l'arme. 

— déplace. Ensemble de la fortification 



CORRECTION. 177 

{enceinte avec fossé.'; flanqués) ijui entoure 
une ville ou une position militaire. Le corps 
(le place doit commander la cani])afrne et les 
ilfltors, n'être pas commandé, flanquer com- 
plètement toutes ses parties, qui doivent 
être soustraites aux coups de revers, d'ê- 
charpe et d'entilade. 

— de platine. Pièce en acier d'une arme 
à feu portative sur laquelle sont fixées les 
pièces qui composent la platine. 

— de support. Dispositif fixe ou flottant 
i-mployê dans le passaire des cours d'eau 
pour supporter les poutrelles sur lesquelles 
viendra reposer le tablier du pont. Les sup- 
ports, plus ou moins éloignés les uns des 
autres, sont disposés parallèlement au cou- 
rant . 

— étranger. Auxiliaires de pays étran- 
gei's prêts à se mettre au service de tout 
gouvernement qui les paye. Ce furent d'abord 
des bandes d'aventuriers, puis des régiments 
réguliers, recrutés surtout en Suisse. Sous 
Napoléon I*''", il y eut des régiments ou lé- 
yions étrangères a. peu près de tous les pays. 
Actuellement, nous n'avons plus que deux 
régiments étrangers à 4 bataillons de 4 com- 
pagnies et ime compagnie de dépôt. 

— francs. Troupes mercenaires des an- 
ciennes armées françaises. 

Bataillons de volontaires non soumis à la 
discipline militaire et qui, sous la République 
et l'Empire, causèrent souvent des dom- 
mages sérieux aux ennemis. Pourtant, ceux 
qui furent constitués en 1870-71 ne ren- 
dirent, en général, que des services fort con- 
testables. La loi des cadres les a supprimés, 
tous les corps eu armes devant relever de 
l'autorité militaire. 

— indigènes. Coips de troupe formés 
par la France en Algérie, en Tunisie et dans 
les colonies, au moyen d'indigènes encadrés 
par des Français. Ces corps sont les sui- 
vants : 4 régiments de tirailleurs algériens à 
4 bataillons de 4 compagnies et 1 compa- 
gnie de dépôt ; 4 régiments de spahis à 
6 escadrons ; 1 régiment de tirailleurs anna- 
mites à 3 bataillons de 4 compagnies ; 3 ré- 
giments de tirailleurs tonkinois ;i 3 batail- 
lons de 4 compagnies ; 1 régiment de 
tirailleurs sénégalais a. 3 bataillons de 4 com- 
pagnies. 

— mort. Poutrelle de O^.aO environ 
d'équarissage établie sur la rive de départ 
d'un cours d'eau au point où l'on veut éta- 
blir un pont ; le corps mort, établi perpen- 
diculairement à l'axe du pont, à bauteur des 
corps de support, est maintenu par des pi- 
quets. 

CORRECTION. Action de châtier, de 
punir, d'enlever un défaut. 



COSAQUE. 



— du tir. Rectifier Ir^ tir au moyen des 
observations faites. 

CORRECTIONNEL. Se dit des tribunaux 
qui connaissent des actes qualitiés délits par 
la loi ; de ces déUts eux-mêmes ; des peines 
qu'on leur applique. 

CORRESPONDANCE. Choses qui se rap- 
portent, qui cadrent ensemble. 

Les peisonnels militaires assimilés ont la 
correspondance des grades des officiers. 

Se dit encore des lettres, des communica- 
tions écrites échangées entre les différents 
services. 

L'échange de la correspondance officielle 
des militaires a lieu hiérarchiquement et en 
franchise. 

CORRIDOR. La propreté des corridors 
est sous la surveillame de l'adjudant i-t du 
capitaine adjudant-major de semaine. 

Etait employé autrefois dans le sens de 
chemin couvert. 

CORROIS ou COUROI. Signifiait ordre 
de bataille, troupe, compagnie. 

CORROYER. Alélanger différents métaux 
pour en façonner un métal ayant des qua- 
lités particulières, comme on le fait, par 
exemple, pour les lames des armes blanches. 

CORSECQUE ou CORSESQDE. Espèce 
de javeline a trois dents, dont i-elie du milieu 
plus allongée. En usage au XV siècle dans 
l'infanterie corse et italienne. Rappelle la 
forme de la fleur de lis. 

CORSELET. Partie principale de l'an- 
cienne cuirasse, celle qui protégeait la poi- 
trine et les épaules ; elle était portée par l;i, 
cavalerie jusqu'à l'emploi de l'artillerie qui, 
en la faisant alléger et simplifier, la fit 
adopter pour l'infanterie sous François P"". 
Sous Henri II, on nommait corselets les pi- 
quiers et les hallebardières. Le corselet fut 
supprimé en principe en 1641. 

CORSES. Ancienne milice du pape qui 
fut supprimée, en 1664, à la suite d'une in- 
sulte qu'elle fit à l'ambassadeur de France. 

CORT. Nom donné anciemiement à la 
courtine. 

CORTEGE. Réunion de personnes qui en 
accompagnent une autre (V. Escorte). 

CORVÉE. Travaux que font tour à tour 
les soldats d'une compagnie, d'un escadron 
ou d'une batterie. 

Les gradés peuvent aussi infliger des cor- 
vées hors tour, comme punitions, aux sol- 
dats. 

CORVETTE. Ancien bâtiment de guerre, 
à trois mâts, à voiles, et qui tenait le milieu 
entre la frégate et le brick. 

COSAQUE. Population russe, en partie 
nomade, provenant d'un mélange de Slaves 
et de Tartares. Cette peuidade est organisée 



COSTUME. 



■178 



COTUE. 



juilitairement depuis 1516 ; elle forme des 
corps de cavalerie légère dont l'arme prin- 
cipale est. la lance ; leur chef général prend 
le titre A'helman ou d'attaiiian Quelques ré- 
giments réguliers de Cosaques font partie de 
la garde impériale russe. 

COSTUME. Habillement. Le costume mi- 
litaire est actuellement uniforme dans chaque 
arme, grade ou service. 

COTE. Indii'ation de VaJtiluiIe d'un lieu, 



exprimée en mètres et fractions de mètre, 

COTE. Os courbe et plat qui concourt à 
formel' les jiaiois de la poitrine. 

Se dit aussi du rivage de la jner, de la 
montée d'une colline. 

— (bouches à feu de). Le tableau sui- 
vant donne les indications générales suffi- 
santes sur les diveis modèles de pièces em- 
ployées pour le service des côtes : 







MODE 


LON- 


POIDS 


POIDS 


POIDS 




DÉNOMINATION. 


MODÈLE. 


de 
charge- 


GUEDR 


delà 


delà 


du 

projec- 
tile. 


OBSERVATIONS. 






ment. 


totale. 


pièce. 


charge. 










met. 


kil. 


kil. 


kil. 




Obusier de O^/^li de côte li?se. . 


„ 


B 


2,780 


3,036 


3,000 


27,000 


Ed fonte. 


Canon de 0<ij,30 


1864 


B 
B 


3^66 
2,527 


3,130 
3,700 


3,750 
5,000 


11,440 

79,800 


En fonte fretlce, provient 
d'obusiers lisses modifiés 


Obusier rayé de 0°',22. 




Canon ravii de 0",30 


1804 
1858-60 

1873 


B 
C 
C 
C 
C 


3,106 
2,550 

2,821 


3,140 

3,040 
8,000 

1,200 


3,000 
3,500 
10,000 

3,100 


31,490 
31,490 

75,400 

12,000 


En fonte frettée. 

— et lubi'o. 
En acier fretté et tube. 


de O^ilG 


— de O^iig 


— de0'»,24 


Canons raves et frettés 


— " — deO-,!!. 


1870 


c 


3,130 


2,090 


4,100 


21,000 


En fonte frettée et tubée. 


— — de 0"',1I. 


1864 


c 


2,000 


1,900 


2,000 


18,650 


— 


— ~ deO",10. 


1864 


c 


3,385 


5,000 


5,000 


31,490 


— 


_ —de 0"°,19. 


1870 


c 


4,150 


7 , 900 


15,000 


62,500 


— 


_ _ de 0'",i9. 


1864 


C 


3, SOU 


8,000 


8,000 


52,250 





_ _ de0"',24. 


1870 


c 


4,940 


15,660 


28,000 


120,000 


— 


_ _ de 0m,24. 


1804 


c 


4,560 


14,500 


10,000 


100,000 


— 


— — de O",??. 


1870 


C 


.5,380 


23,20'i 


42,000 


180,000 


— 


— — de 0"",27. 


1864 


c 


4 , 000 


20^500 


21,000 


144,000 


-^ 


_ _ ae0'",32. 


1870 


c 


0,700 


06,000 


06,000 


286,500 


— 



CÔTÉ. Lignes qui forment la limite d'une 
ligure, le contour d'une surface. 

Se dit aussi des petites faces d'un corps. 
Ex.: le côté droit, le côté ifauche d'un 
koviiiie. 

Se dit également des parties ojjposées, la- 
térales d'une chose. Ex.: le côte droit, le 
cOté gauche d'une rouie, etc. 

— extérieur. Ligne qui joint les deux, 
points où s'appuie le front de fortification 
à construire (V, Bastion). 

COTEAU. Penchant d'une colline. 

Se dit par extension de la colline elle- 
même, 

COTEREAUX on COTTEREAUX. 
Bande d'aventuriei's qui ont figuré en France 
vers le douzième siècle. 

COTEREL ou COTERIAU. Arme à 
manche analogue à nos couteaux de chasse. 

COTHURNE. Chaussure de hauteur 
moyenne, semblable au Jnodequin, dont fai- 
saient usage les guerriers grecs ou romains. 

COTON-POUDRE. Le coton-poudre, ap- 
pelé aussi fulmicolon ou pyroxile, est obtenu 
par la réaction de l'acide azotique concentré 
ou d'un mélange d'acide sulfurique et d'acide 



azotique sur le coton, lequel peut être con- 
sidéré comme de la cellulose presque pure. 
Cet explosif est inaltérable à l'eau ; d est 
peu sensible aux chocs ordinaires et s'en- 
llamme vers la température de 180 degrés, 
mais alors il ne fait que brûler. Pour le 
faire détoner, il faut employer des amorces 
fulminantes, comme pour la dynamite, mais 
plus fortes que pour cette dernière sub- 
stance. 

Le coton-poudre est employé à l'état im- 
mide, par la marine, pour !c chargement des 
torpilles. 

COTTE d'armes. Sorte de casaque ou 
de lunique dont les dimensions, les formes 
et l'étolie ont beaucoup varié, que les che- 
valiers et les hommes d'armes mettaient 
par-dessus la cuirasse ou la cotte de mailles, 
soit à la guerre, soit dans des tournois. 

— de mailles. Armure défensive en 
forme de chemise ou de blouse et faite d'un 
tissu de petits anneaux ou mailles de fer. 

COTUE. Sorte de masse d'armes très mas- 
sive en usage chez les Francs qui, en la lan- 
çant dans les rangs ennemis, écrasaient 
ceux-ci par son poids. D'autres la manreu- 



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COUCHAGE. 479 

viaieiit à deux iiiaius el s'en servaieut 
comme assommoir. 

COUCHAGE. Le service du couchage a 
liuur olijel de piocurer aux militaires, lo!.'ês 
daus les locaux dont dispose le ministère de 
la guerre, les effets de couchage et d'ameu- 
hlement qui leur sont nécessaires ; de fournir 
les capotes de sentinelle, ainsi qu'une partie 
du mobilier des corps de garde ; de hlancliir 
le linge de corps de la troupe lorsque le chef 
de corps désire confier cette opération à 
l'entrepreneur du service. 

Le matériel de couchage d'un soldat se 
compose d'un diàlit en fer, d'un sommier ou 
d'une paillasse, d'un matelas, d'une paire de 
draps, d'un traversin, d'une couverture, et, 
daus la saison froide, d'un couvre-pied. 

Ce matéiiel, à l'exception du châlit, qui 
appartient à l'Etat, est fourni et entretenu 
par un entrepreneur. 

Eu cas d'insuffisance de fournitures de 
l'entrepreneur du service des lits militaires, 
le service du campement assure le couchage 
au moyen d'un matériel composé de : 1 sac 
de couchage ou 2 sat-s tentes-abris tenant lieu 
de draps, d'un sac à paille (traversin) en 
toile, d'une paillasse et d'une couverture par 
homme. 

COUCHE. Forme plus ou moins courbée 
donnée à la crosse d'an fusil pour faciliter 
la mise en joue ; la plaque de couche est 
l'armature en fer qui protège la semelle de 
la crosse du fusil. 

COUCHEPOINT. Partie eu cuir plus 
forte que la Irépointe du soulier et intercalée 
entre la seconde semelle, entre l'allonge de 
la dernière semelle et la partie inférieure de 
l'empeigne. 

COUCHER. Renverser, incliner une arme 
naturellement droite. Ex.: coucher la lance. 
Etre étendu pour prendre son repos. La gar- 
niture d'un lit. 

— en joue. Ajuster un fusil et viser 
jiour tiier sur quelqu'un ou sur quelque 
chose. 

COUCHETTE. Petit lit en fer d'une seule 
l»iéi-e. qui est attribué de préférence aux 
sous-ofHciers, au lieu du cliàht. Elle est 
destinée à éti-e employée avec un somTuier 
systcnii- Tliuau. 

COUDE. La partie de rarliculatimi du 
l)ras avec l'avant-bras, qui est opposée ;i l;i 
saignée. 

Endroit de la niamhe ijui correspond au 
ou de. 

Brusque chanyemeiU <<c direction. 

COUDE A COUDE. Ahgnement ou mardie 
dans lequel les soldats d'un même rang doi- 
vent se sentir le coude. 



COULEUVRINE. 



COUILLARD Espèce de calapulk- ser- 
vant M lancer des ]iierres. 

COUIN ou COVIN. Chars de guerre 
armés de faux ou do lames tranchantes, dont 
on fit usage dans les Gaules et dans la 
Grande-Bretagne. 

COULAGE des bouches à feu. Opéra- 
tion de fonderie consistant à donner aux 
bouches à feu en bronze, en fonte ou en 
acier leur forme générale aussi rapprochée 
que possible de leur forme définitive. Pour 
le bronze et la fonte, on moule les modèles 
dans du sable à mouler et l'on coule le 
métal dans les moules. Les pièces en acier 
présenteraient des soufflures si on employait 
le procédé précédent ; aussi l'acier est coulé 
dans des lingotières produisant des lingots 
ayant la torme de troncs de pyramide et une 
section 4 à o fois plus grande que celle de 
la bouche à feu à obtenir. Une série d'opé- 
rations de forgeage, de dégrossissage el d'usi- 
nagi' tei'ininent les pièces. 

COULANT. Anneau plal, métallique, au 
moyen duquel on maintient l'extrémité du 
ceinturon rapprochée de ce dernier, après 
avoii- été repliée. 

COULE. Eu terme d'escrime, un coule ou 
coulement consiste à glisser la lame le long 
de celle de l'adversaire, en dégaijeanl ou 
non. 

COULEE des projectiles. Pour couh r 
les projectiles en fonte de l'artillerie, on 
emploie de la fonte très liquide qu'on a|i- 
porte aux moules au moyen de poches en 
fer, en ayant soin qu'il n'y ait pas d'inter- 
ruption dans la coulée d'un même projec- 
tile. 

COULEUR. Le mot peut s'appliquei- aux 
couleurs qui entrent dans la composition des 
uuifornies, qui peuvent servir à distinguer 
les diverses armes ou ariuées, etc. 

On appelle couleurs nationales les trois 
couleuis du drapeau français. 

COULEUVRE. Ancienne évolution d'in- 
fanterie. 

COULEUVRINE OU COULEVRINE. Une 

des plus anciennes armes à feu à tir direct. 
dont l'usage était déjà très lépandu en 1380 
el il en a été construit dès 1258. 

D'abord employée par l'infanterie, la 
coulevrine consistait en un tube de métal 
(fer ou cui\re) auquel on mettait le feu au 
moyen d'une mèche ; la crosse très allouArèe 
portait une entaille (fui s'adaptait à l'épaule 
du tireur. Elle avait environ 1 pouce(0™,03) 
de calibre et tirait des balles de plomb. 

Pour le cavalier, elle était plus courte et 
s'appuyait sur une fourche engagée à l'avant 
de la selle ; un chien à longue détente com- 
muniquait le feu. On fit aussi usage de cm- 






COULEVRINIER. 



180 



COUPOLE. 



Icvriiies raoïitéfs sur chevalet ]ioni' tirer et 
((ui, du poids de 10 à 30 kilo.sframmes, exi- 
geaient 2 homwies pour leur service. 

Malgré ses imperfections, la COulevrine à 
main rendit de grands services pour l'épo- 
({ue et perçait toutes les cuirasses. 

De 1330 à 1480, on fabriqua également 
des coulevrines de siège en fer forgé, qui 
étaient très légères et étaient montées sur un 
affût en bois. Mais depuis, on a fait des bou- 
ches à feu de ce genre très variées comme 
forme et comme calibre et comme cliarge; 
celles-ci variaient de 10 à 70 kilogrammes 
de balles. 

COULEVRINIER. Soldats qui maua-u- 
vraient la coulrrriiii'. Ceu\ à pied furent 
organisés ))ar le due de Bourgogne, et ceux 
à cheval par Charles VllI. 

COULISSE. Ilahuire pratiquée dans 
l'épaisseur des murs pour laisser glisser la 
lierxr seivant à fermer un passage voûté 
dans les forteresses. 

COUP. Effet produit par un. corps qui en 
frappe un autre. 

La décharge d'une arme à feu ; exemple : 
coup (le fusil, coup de cano)i, etc. 

La charge de l'arme. 

Blessure, contusion. 

COUP-DE-POING (ou exploseur Bré- 
guet) (V. Kxploscur). 

COUPABLE. Celui (pii a commis une 
faute, un (lèlit, un crime. 

Se dit aussi des choses : un dessein cou- 
pable. 

COUPE-CHOUX. Terme d'argot mili- 
laire, servant à désigner le sabre du fan- 
tassin. 

COUPÉ (pan). On ai)pelle pan coupé la 
jonction du saillant de la crête intérieure de 
deux faces d'un ouviage à 3 ou 4 métrés' de 
ce saillant. 

COUPELLE. Petite pelle en cuivre dont 
on se sert pour mettre la poudre dans les 
gargousses. 

COUPER. Diviser un coriis avec un 
instrument tranchant. 

Barrer, intercepter des connnunications. 
une colonne, etc. 

COUPLET. Fusil dont le canon est formé 
de deux pièces vissées ensemble. 

COUPOLE. Les coupoles présentent, sur 
les batteries cuirassées, l'avantage : 

i° D avoir un champ de tir illimité; 

2" De n'avoir pour amsi dire pas à crain- 
dre les coups d'embrasure; 

3° De donner un tir plus rapide; 

4° De mieux atteindre un but mobile. 

Elles présentent l'inconvénient d'être d'un 
prix assez élevé, mais la nécessité de se 
couvrir à tout prix et l'impossibilité d'uti- 



liser l'artillerie à ciel ouvert dans les ou- 
vrages de fortitication permanente, forcent à 
donner la préférence aux coupoles, sans 
compter qne le champ de tir illimité qu'elles 
procurent en réduit sensiblement le nombre 
et diminue ainsi la dépense. 

Des expériences faites depuis 1885 et tout 
récemment, ont permis de constater que les 
plaques en fer laminé, en acier laminé, en 
nickel-acier entre autres, présentaient une 
résistance suffisante aux projectiles que l'on 
peut employer dans l'attaque des places. 

Une coupole se compose en général du 
pourtour, du ciel ou plafond, du mécanisme 
et des canons. La tourelle elle-même se 
meut dans un bâti ou parapet, surmonté 
d'un anneau (ixe ou avant-cuirasse. 

Lvjxnirtour doit être formé d'un petit 
nombre de voussoirs, afin que la masse de 
chaque élément soit considérable par rappoit 
à celle des projectiles. Le ciel ne comprend 
qu'une <à trois plaques, afin d'éviter les dif- 
ficultés de consliuction et d'assemblage , 
ainsi que les causes de faiblesse résultant de 
nombreux joints. 

{.l'expérience a démontré que les plaques 
(de pourtour et du plafond) résistent mieux, 
à épaisseur égale, lorsqu'elles sont faites 
d'une seule épaisseur de métal que lors- 
(ju'elles sont composées de plusieurs plaques 
superposées et boulonnées. 

Le mécanisme, l'espèce des bouches à feu, 
la forme et les dimensions des coupoles 
varient suivant la destination de celles-ci. 

En général, on doit prendre pour les cou- 
jioles des dispositions ])0ur que leurs embra- 
sures ne soient exposées aux coups de 
l'ennemi qu'au moment où les pièces font 
feu. afin d'éviter le jilus possible les coups 
d'embrasure, les seuls dangereux ; pour em- 
pêcher de pénétrer dans l'intérieur les balles 
et éclats de projectiles, ainsi que les gaz exté- 
rieurs ; pour assurer Véclairage, la ventila- 
tion et les mouvements de matériel. 
Les coupoles peuvent être à 1 ou à 2 ca- 
nons. Ces dernières doublent les coups d'em- 
brasure, immobilisent 2 pièces en cas de 
cessation inopinée du fonctionnement; l'in- 
flammation non simultanée des deux canons 
est une cause de déviation dans le tir ; elles 
sont plus vite démontées qu'un nombre 
double de coupoles à 1 canon ; enfin, la ma- 
nœuvre en est plus difficile. 

Par contre, une coupole à 2 canons coûte 
environ 40 p. 100 moins cher que deux cou- 
poles à 1 canon ; son emploi permet de ré- 
duire les dimensions des ouviages et par 
suite leur piix, ainsi que le personnel. 
Gomme, d'autre part, divers procédés permet- 
tent de supprimer presque complètement les 



COUPOLE. 



-181 



COUPOLE. 



coups d'embrasure, il eu résulte que les cou- 
poles à 2 canons sont les plus avantageuses. 

La forme des coupoles peut être cylindri- 
que ou spliêrique. 

Les expériences ont prouvé que la forme 
sphérique est moins visible, ce qui diminue 
les chances d'atteinte, et facilite le mouve- 
ment de glissement des projectiles, auxquels 
elle fait perdi-e une partie de leur force vive ; 
les embrasures, évidées en forme de gorge, 
sont atteintes près de leur pourtour, par les 
projectiles qui ricochent sans nuire à la 
pièce. 

La forme cylindrique (à laquelle s'applique 
plutôt le nom de tourelle) présente en outre 
l'inconvénient d'augmenter le danger résul- 
tant des coups d'embrasure, car les projec- 
tiles refoulent ainsi le métal vers l'intérieur 
et atteignent la volée de la pièce. 

Au point de vue de leur emploi, il faut 
deux espèces de coupoles : 

1° Celles qui sont destinées à ne lii-er 
quà grande portée; elles sont armées de 
canons longs de gros calibre (15o™™) ; on les 
protège contre les coups d'embrasure au 
moyen d'une bonnette dont la hauteur est 
réglée par l'inclinaison de la ligne de tir; 

2° Celles qui sont destinées au tir indi- 
rect, et, par suite, plus spécialement à la 
lutte d'artillerie rapprociiée. Elles sont 
armées de préférence d'obusiers ou de mor- 
tiers de gros calibre qui, en raison de leur 
genre de tir, peuvent être installés dans des 
batteries basses où ils sont complètement 
dérobés aux vues. 

Diverses expériences ayant paru faire 
craindre que, quelle que soit la forme adoptée, 
il n'est pas possible qu'une coupole résiste 
longtemps si elle est constamment exposée à 
un feu de longue durée, on a proposé l'em- 
ploi de coupoles à éclipse, pour remédier 
à cet inconvénient. De cette manière, elles 
n'auraient plus à se montrer que pendant 
les quelques secondes nécessaires pour tirei', 
et elles disparaîtraient aussitôt pour toute la 
période nécessaire au chargement, au poin- 
tage, etc. 

11 existe divers modèles très pratiques de 
coupoles à éclipse, entre autres ceux du 
colonel Hussiére et du colonel Soariau, pour 
les canons de gros calibres, car celles pour les 
canons-revolvers ou pour les mitrailleuses ne 
présentent pas de difficultés pratiques. Nous 
(lonuous, figure 34, celle du colonel Bussière. 
Mais le conmrandant Jlougin, convaincu <[ue 
la forme cylindrique, qui s'impose pour les 
cou|)oles à éclipse, résiste mal aux effets du 
tir en brèche et aux projectiles à méliuite 
des mortiers rayés, a cherché à substituer à 
leur mécanisme délicat et coûteux, un méca- 



nisme simple et plus résistant au moyen de 
sa coupole oscillante. 

L'oscillation se produit autour d'un axe 
horizontal passant par le centre de la sphère 
dont la calotte cuirassée fait partie et sur 
laquelle calotte les canons ne font pas saillie. 
Les deux canons, longs de 13 centimètres, 
solidaires de la coupole, n'ont ni affût, ni 
recul propre ; il se produit, au moment du 
tir, une légère oscillation de la coupole, qui 
est amortie par des tampons à ressort Belle- 
ville. 

L'engin, très simple et peu coûteux, peut 
être manœuvré à bras d'hommes. 

Le mouvement de rotation des coupoles 
peut s'effectuer au moyen d'un pivot qui, s'il 
est hydraulique, est plus rapide que lorsqu'il 
s'effectue sur une couronne de galets ou de bou- 
lets. Mais cette couronne assure, plus facile- 
ment que les pivots, la stabilité des coupoles 
et l'invariabilité de leur axe ; en outre, ce- 
mode de rotation convient seul aux coupoles 
à 2 canons et assure la régularité du tir en 
mouvement. 

Fig. 54. 




h'cmplacement des' coupoles dépend de 
nombreuses conditions ou considérations : 
nature du métal, genre de coupole, rôle à 
remjdir par cette dernière, organisation des 
ouvrages, etc. 

Comme indication générale, il faut éviter 
de placei- les coupoles en des points où les 
coups qui leur sont destinés viendraient, en 
les mau(|uant, atteindre les parties impor- 
tantes des ouvrages situés en arriére ou sur 
les côtés. Les saillants paraissent désignés 
omme emplacement. 

.Malgré l'économie et la solidité résultant 
(lu gniupemenl , on aura le \i\\is souvent 
recours à l'emiiloi de coupoles isolées qui 
sont moins faciles à atteindre. 



COUPOLE. 



182 



COUPURE. 



' Le jjoiiitiKje des coupolos \\onl se l'aire 
directement ou indirectement. 

Le pointage direct, le plus simple et géné- 
ralement le j)lus exact, peut s'effectuer : 

i° Par V embrasure, mais on ne peut alors 
empèclier l'introduction des gaz extérieurs; 

2" Par le trou tllioniiiit', praticjué dans la 
calotte ; ce mode de pointage très délicat est 
assez compliqué cl n'est pas toujours pos- 
sible ; 

3° Par la rainure de visée, avec hausse et 
guidon, percée dans la calotte cuirassée du 
côté opposé aux embrasures ; procédé offrant 
plus de sécurité, mais donnant des résultats 
moins certains que le précédent, qu'il peut 
servir à compléter. 

Le pointage indirect, offre une grande 
sécuiité aux pointeurs, mais il est plus com- 
pliqué et moins exact que le tir direct, 
attendu qu'il exige l'aide d'observateurs qui 
peuvent se tromper. 

11 se fait, en principe, au moyen d'une 
planchette de tir et d'une règle île direction 
que l'on dirige d'après les indications d'ob- 
servateurs intelligents placés en dehors de 
la tourelle et qui correspondent avec celle-ci 
à l'aide de téléphones ou de tuyaux acous- 
tiques. 

A la rigueur, le pointage indirect pour- 
rait se faire simplement à l'aide de tables 
lie tir. 

Le tir indirect permet de tirer par tous 
les temps, de concentrer les feux, de battre 
les plis de terrain invisililes, de sorte qu'il 
est seul possible la nuit et contre des buts 
invisibles, mais il ne convient pas lorsqu'il 
s'agit d'atteindre des buts mobiles ou se pré- 
sentant à l'improviste. 

Le tir avec la cou))ole en mouremenl est 
le seul efficace contre des buts mobiles ; il 
présente, en outre, l'avantage de rendre 
plus difficile !e groupement des corps de 
l'ennemi et de diminuer les chances des 
coups d'embrasure. 

Pour les affûts, deux principes sont en 
discussion : lier l'affût à la cuirasse, ou 
avoir des affûts spéciaux. 

La liaison de rafjùt au cuirasseinent pro- 
cure une grande simplicité au uK^canisme, 
et, en y ajoutant l'emploi d'un seul canon 
du calibre de 12" et la réduction de l'épais- 
seur de la cuirasse à 0'°,12, on peut obtenir 
une grande mobilité des cuirassements, faci- 
liter l'éclipsé et diminuer notablement le 
prix de revient. C'est en se basant sur ces 
conditions que le major allemand Scliu- 
mann a construit des a/fûts cuirassés diffé- 
rant sensiblement des coupoles ordinaires. 

Dans l'affût cuirassé à éclipse pour canon 
de 12''. la cuirasse est formée d'une calotte 



spliérique cl d'une partie cylindrique, le 
tout reposant par l'intermédiaire d'un étrier 
sur un pivot équilibré par un levier. 

Pendant le tir, la pièce pivote autour de 
sa bouche, guidée par des coulisseaux et 
une tige spéciale qui est elle-même guidée 
entre deux galets, dont l'un sert de poulie 
de renvoi à la chaîne d'un contrepoids équi- 
librant la pièce. 

Le mou\ement d'éclipsc se fait automati- 
quement au moyen d'un mécanisme com- 
mandant le levier; l'éclipsé ne dure que 2". 

Le ])ointage en direction et en hauteur 
est très rapidement exécuté (lar i ou 
2 hommes. 

Le |)oids total de la construction est de 
62 tonnes. 

Il y a aussi des affûts cuirassés pour 
mortiers et pour canons à tir rapide de 

Les affiits hydrauliques, très coûteux, 
ont causé des accidents provenant de l'énornio 
pression que subit la glycérine pendant le 
recul. 

La supjiression du recul, qui peut s'effec- 
tuer sans inconvénient au moyen de dispo- 
sitions particulières, entraîne celle des affûts 
hydrauliques. Mais les alfûts cuirassés Schu- 
mann ne paraissent pas résoudre la ques- 
tion, car il est nécessaiie que les affûts 
soient indépendants du cuirassement, si l'on 
veut éviter leur mise hors de service à la 
suite d'une déformation de celui-ci. 

Divers systèmes d'affûts sans recul ont 
d'ailleurs été présentés. 

En l'ésumé, les diverses espèces de cou- 
poles existantes peuvent se distinguer, 
d'après le principe de leur construction : en 
coupoles à 1 ou 2 canons ; en coupoles à 
éclipse ou non ; en coupoles à affûts cui- 
rassés ou affûts indépendants ; en couitoles 
pour canons longs, canons ordinaires, canons 
à tir rapide, mitrailleuses ou canons-revol- 
vers, obusiers ou mortiers rayés. 

Cette question des coupoles est actuelle- 
ment à l'ordre du jour, car cet engin est 
api)elé à jouer un lôle considérable, sinon 
prépondérant, dans la nouvelle fortification ; 
elle n'est pas encore résolue en ce moment 
(1891). 

COUPON. Petit reste d'une pièce d'étoffe. 

Papier à détacher d'une pièce administra- 
tive comme mandat de fourniture. 

COUPURE. Petite plaie faite avec un 
instrument tranchant. 

Retranchements, fossés, palissades, qui se 
font en arriére d'une brèche ou d'un sail- 
lant d'un ouvrage do fortitication. 

Ouvrage tracé on ligne droite, assez fré- 
quemment employé dans la fortification im- 



COUR. 



183 



COURONNE. 



provisée. C'est le tracé ordinaire des tran- 
chées-abris. On l'emploie, sous des dimension? 
restreintes, pour barrer ou couper les voies 
de communication : routes, déâlés, rues de 
villages, etc. ; dans ce cas. la coupure prend 
généralement le nom de barricade. Les cou- 
pures doivent être appuyées à des obstacles 
naturels ou à des ouvrages fermés, afin que 
l'ennemi ne puisse les tourner. 

COUR. Espace clos qui dépend d'une ha- 
bitation. 

Se dit de la société particulière qui vit au- 
tour d'un souverain. 

Se dit des tribunaux supérieurs tels que 
la cour d'appel, la cour de cassation, 
la cour d'assises, la haute cour de jus- 
tice. 

On a d'ailleurs donné le nom de cour à 
des juridictions fort différentes dont beau- 
coup n'existent plus aujourd'hui : c'est ainsi 
que les conneils df guerre s'appelaient jadis 
cours martiales ; les prévôtés, cours pré- 
vôtales, etc. 

— des comptes. Elle est chargée 
d'exercer le contrôle sur tous les comptes 
élémentaires ou généraux de l'Etat. 

Elle a été créée pai' la loi du 16 sep- 
tembre 1807. 

Elle se compose : d'un premier président, 
(le 3 présidents de chambre et de plus de 
100 conseillers, dont 18 conseillers-maîtres, 
tous inamovibles. 

Elle forme trois chambres, qui ont cha- 
cune leur président et leur spécialité. 

Les conseillers-maîtres sont seuls attachés 
à l'une ou à l'autre des chambres ; les autres 
rapportent les affaires qui leur sont distri- 
1 tuées par toutes les trois. 

Les trois ciiambres sont réunies pour pro- 
noncer des arrêts ou des déclarations de con- 
formité concernant les comptes généraux des 
ministres ; la Cour des comptes est alors pré- 
sidée par son premier président. 

COURANT. Mouvement de l'eau, dans la 
direction de sa pente. 

Par extension, se dit d'un fluide quel- 
conque lorsqu'il se meut dans une certaine 
direction. 

— électrique. Mouvement de l'électri- 
cité qui sert à dédiarger un corps électrisé. 
Si l'on considère une pile électrique dans 
laquelle on a établi, à l'aide d'un fil métal- 
lique, la communication entre les deux 
pôles, on supi)Ose que l'électricité positive 
parcourt la pile ainsi que le (il conducteur 
dans un sens et l'électricité négative dans un 
autre. Le courant n'est décelé par aucun 
phénomène extérieur, mais il se reconnaît 
facilement par l'action qu'il exerce sur l'ai- 
guille aimantée, laquelle, si ou l'approche 



du lil, dévie de sa position et se met en • 
croix avec la direction du courant après plu- 
sieurs oscillations. On obtient de même un 
courant en faisant communiquer, par un fil 
métallique, le pôle positif d'une pile avec le 
pôle négatif d'une autre pile. 

Ampère a aussi constaté que les courants 
agissent les uns sur les autres et il a été re- 
connu que deux courants parallèles s'atliiont 
lorsqu'ils marchent dans le même sens et 
qu'ils se repoussent quand ils marchent en 
sens contraire. Un courant qui traverse un 
fil conducteur peut faire naître un courant 
dans un fil voisin ; ce nouveau courant prend 
le nom de courant par induction. 11 se ma- 
nifeste au moment où le courant électrique 
«■ominence à traverser le fil voisin et au mo- 
ment où il cesse. Le courant qui commence 
fait naître un courant par induction dans le 
même sens; le courant qui finit fait naître 
un courant par induction en sens contraire. 

COURBE de niveau ou horizontale. 
Courbes qui sont toutes au même niveau et 
qui, en topographie, représentent en plan 
toutes les sinuosités du terrain . Une série de 
courbes de ce genre, équidistantes, donne 
une figure semblable à celle que tracerait 
sur le terrain le niveau de la mer qui, ayant 
recouvert d'abord toute la surface, s'abaisse- 
rait successivement d'une quantité égale ;i 
l'équidistanee des courbes. 

COURBETTE. Terme de manège s'a)»- 
pliquant à un mouvement que fait le cheval 
en levant également et simultanément les 
deux pieds de devant ; les hanches suivent 
le mouvement du devant. 

COUREUR. Cavalier appartenant à uni> 
espèce de cavalei'ie légère employée ancien- 
nement et qui a précédé nos éclaireurs. 

COURIR. S'emploie dans le sens de courir 
aux annes, prendre les armes avei; précipi- 
tation, ou de courir sus; faire des courses 
ou des incursions chez l'ennemi, à la manière 
des partisans. 

COURONNADE. Mot employé autrefois 
pour exprimer une attaque en coiironne. 
c'est-à-dire circulaire et enveloppante. 

COURONNE. D'abord récompense mili- 
taire chez les Grecs et les Romains ; plus 
tard, ornement des casques des nobles au 
moyen âge ; actuellement, il existe en Hon- 
grie un ordre de la Couronne de fer. 

Les officiers de la couronne étaient des di- 
gnitaires, plutôt civils, chargés des offices 
on grandes charges de la cour. 

En fortification, la couronne on ouvrage 
à couronne est un ouvrage avancé dont le 
front de tète est formé de deux fronts bas- 
tionnés, accolés et complétés par deux lon- 
gues ailes ou flancs, lesquels doivent être 



COURONNEMENT. 



1^ 



COURTINE. 



flanqués par la place. Dans la double cou- 
ronne, le front de tète se coinpose de trois 
fronts biisltonnés accolés. C'est une véiitable 
portion de lempart avancé. On ne construit 
jilus ce genre d'ouvrages. 

— de galets (V. Coupole). 

COURONNEMENT du chemin cou- 
vert. Opération d'occuper les crêtes du clie- 
min couvert ou du (ilacis par une place 
d'armes d'une espèce particulière, munie de 
(iradins de fusillade et de même largeur que 
les parallèles. Elle suit la crête à une dis- 
tance de 5 à 7 mètres, nécessaire pour le 
parapet, et elle est protégée par des tra- 
verses et des couvre-faces contre les coups 
à'enfdade et de revers auxquels elle est alors 
directement exposée. Ce couronnement s'exé- 
cute de vive force ou pied à pied. Pour l'exé- 
cuter de vive force, il faut procéder comme 
pour une attaque de vive force : à la suite 
d'un violent bombardement et un peu avant 
la nuit close, les troupes d'attaque, rassem- 
blées dans la dernière parallèle, s'élancent 
dans le cbemin couvert ; des soldats du génie 
sont placés en tête pour détruire les défenses 
accessoires et ils sont suivis par des travail- 
leurs qui exécutent le couronnement en 
ayant soin de s'approfondir avant tout, le 
reste de l'œuvre devant être accompli et 
perfectionné par des brigades successives de 
travailleuis. 

Pour le couronnement pied à pied, on 

longe la crête par une sape double à tra- 
verses ou, lorsque c'est possible, par une 
sape simple. On peut souvent se borner à 
faire cette opération sur les saillants, et vis- 
à-vis des brèches, en leliant ensuite ces por- 
tions par une simple tranchée. 

— de gabiounade. Opération qui con- 
siste à placer longitudinalement trois ran- 
gées de fascines sur une (jabionnade. 

COURONNER. Ce verbe s'applique à 
certaines opérations telles que couronner le 
chemin couvert, des hauteurs, un entonnoir, 
une contrescarpe. Elles ont pour objet d'oc- 
cuper les ("rêtes en y établissant au besoin 
un parapet, de les organiser défensivement 
et, parfois, de les relier par de bonnes com- 
munications avec les positions eu arrière. On 
dit aussi que des ouvrages et forteresses cou- 
roiuient les points culminants. 

COURPENTIER ou COURPENTIÈRE. 
Pourpoint d'armure servant de doublure à 
la cuirasse et à la cotte de mailles. 

COURRE. S'employait autrefois pour le 
mot courir. 11 en est resté l'expression chasse 
à courre. 

COURRIER. Soldat employé à porter des 
dépêches. Vhi courrier volant ou boulet lues- 
saijer désignait autrefois un projectile creux 



renfermant une dépêche. Les courriers muets 
étaient des soldats détachés d'un poste 
éloigné d'une place menacée d'un siège qui 
venaient donner communication au poste 
voisin des renseignements concernant l'en- 
nemi. 

COURROIE. Bande étroite de cuir ou de 
tissu, qui seit à lier, à attacher. Telles sont 
les courroies du havresac, du harnache- 
ment, etc. 

COURS. Mouvement de l'eau dans les 
fleuves, les rivières ou les ruisseaux. 

Au figuré, suite, enchaînement, conti- 
nuité. 

Se dit du prix, des marciiandises constaté 
par les mercuriales, du taux de la rente et 
autres valeurs cotées dans les Bourses de 
commerce. 

— d'eau. Les cours d'eau constituent un 
obstacle de valeur plus ou moins grande, 
suivant leur largeur, leur profondeur, la na- 
ture des rives, la forme des vallées, etc. 

Si l'obstacle est de faible valeui', on le 
renforce en tentant une inondation au moyen 
de digues, ou bien on obstrue les gués au 
moyen de défenses accessoires. En tous cas, 
ce sont les points où les passages sont le plus 
faciles qu'il faut surveiller le plus active- 
ment, et en face desquels l'organisation doit 
être particuliciement forte. 

L'organisation défensive comporte aussi la 
préparation, par les troupes du génie, des 
moyens de passage pour l'offensive. 

COURSE. Action de courir. Pas militaire 
plus rapide que le pas gymnastique. Trajet 
parcouru ou à parcourir à pied, à cheval ou 
en voiture. 

Les courses de chevaux sont des espèces 
de jeux qui ont lieu sur des terrains spé- 
ciaux et qui ont pour but de comparer la 
vitesse des chevaux à différentes allures, 
leur habileté à franchir des obstacles, etc. 

COURSIER. Cheval de bataille. N'est 
usité qu'en poésie et dans le style soutenu. 

COURT bâton, .irme du genre des cannes 
d'armes, des demi-piques, etc. 

COURTAUD. Cheval robuste et vigou- 
reux, mais de taille moyenne, qui servait 
de second cheval ou de monture de route 
aux chevaliers du moyen âge. 

COURTE-ÉPÉE. Armes blanches dont la 
lame a peu de longueur, telles que: la dague, 
la miséricorde, etc. Le terme est peu usité 
aujourd'hui. 

COURTINE. Partie d'un front bastionné 
comprise entre deux bastions voisins et les 
reliant entre eux. Les courtines sont ordinai- 
rement rectilignes ; cependant, on eu a fait 
de concaves et de convexes, de brisées ou à 
ressauts: d'autres ont eu une de leurs parties 



COURT JOINTE. 



183 



COUVRE-FEU. 



disposée en flanc oblique ou ont été doublées 
d'un second flanc ; mais ces dispositions 
n'ont pas subsisté. La courtine mise à l'abri 
de l'enfilade, et généralement couverte par 
une tenaille, est la partie la plus forte d'un 
front et c'est vers son milieu que l'on fait 
aboutir les jjontx dormants et les portes. 

COURT-JOINTÉ. Cheval dont les arti- 
culations inférieures sont trop courtes. 

COURTOIS. Affable dans ses paroles et 
dans ses manières. 

Se dit aussi des choses. Ex. : armes cour- 
toises. 

COURTOISIE. Urbanité, déférence, for- 
mes convenables apportées au moyen âge et 
jusqu'au XYlIl^ siècle dans les joutes et les 
conibats. 

COUSSIN. Bloc de bois que l'on pose à 
l'arrière de l'affût pour supporter la culasse 
du canon. 

COUSSINET. Petit coussin de selle, de 
cuirasse. 

Cylindre ou demi-cylindre en bois ou en 
métal dans lequel tournent les tourillons 
d'une machine. 

— de chevalet (V. Chevalet). 

COUSTILLADE ou COUTILLADE. Ba- 
lafre ou blessure faite par une couslille ou 
autre aime tranchante. 

COUSTILLE ou COUTILLE. Espèce de 
couteau ou de poignard dont étaient armés 
les cousiilliers au XV'' siècle. 

COUSTILLIER, COUTILLIER ou 
GUISARMIER. Ecuyers ou valets armés 
de la coustiUe et souvent aussi d'une gui- 
sarnie, sorte de liMche d'armes ou hallebarde 
à long manche, de forme irrégulière sur 
l'ave. 

COUTAL. Sabre qui formait baïonnette 
et s'ajustait aux carabines. 

COUTEAU. Instrument tranchant com- 
posé d'une lame et d'un manche, qui sert à 
couper. 

COUTELAS. Sorte d'épée courte et large 
qui ne coupe que d'un côté. 

COUTELIER. Celui qui fabrique des 
couteaux et autres instruments tranchants. 

COUTIL. Toile lissée et fort serrée, faite 
en til de chanvre, et qui sert à confectionner 
les pantalons blancs des officiers, les ten- 
tes, etc. 

COUTURE. Action de coudre, résultat de 
cette action. 

Se dit aussi de la cicatrice qui reste d'une 
plaie, qu'elle ait été recousue ou non. 

Au ligure, battre une armée à plaie cou- 
ture signifie la défaire coinitlètement. 

COUVERCLE. Ce qui sert à couvrir un 
récipient à large ouverture. 

COUVERT. Abri contre les vues ou contre 



les coups de l'ennemi; tels sont : les bois, les 
murs, les haies, les hautes cultures, les mai- 
sons, etc. 

Partie du profil qui protège le défenseur 
contre les coups de son adversaire et lui 
permet de faire usage de ses armes dans de 
bonnes conditions. Est généralement con- 
stitué par une masse de terre appelée pa- 
rapet. 

COUVERTURE. Ce qui sert à couvrir ; 
s'entend ordinairement de la couverture 
d'un lit. 

La couverture des lits militaires est 
en laine brune ou beige; elle a 2'", 75 à 
3 mètres de longueur sur l°',6o à 1™,90 de 
largeur ; elle doit peser, Jieuve, de 3'^,500 
à 4^,400. 

La couverture du service du campe- 
ment est en laines grise et blanche mélan- 
gées ; elle mesure 2°^, 30 de longueur et i™,7o 
de largeur; elle pèse 3^^,100. Elle porte deux 
bandes jaunes tressées dans le sens de la 
chaîne, et des liteaux d'encadrement, égale- 
ment en laine jaune, sur le pourtour et au 
milieu, ce qui permet de la diviser en deux 
parties égales formant deux petites couver- 
tures. 

Il est affecté aussi une couverture eu 
laine grise à chaque cheval. 

On désigne sous le nom de troupes de 
couverture, des troupes tenant garnison 
dans des places-frontières, dès le temps de 
paix, et destinées, en cas de guerre, à pro- 
téger la mobilisation des régions-frontières, 
ainsi que la concentration des armées. Ces 
troupes sont maintenues à un effectif ren- 
forcé. 

COUVRE-AMORCE (V. Cartouclw). 

COUVRE-BASSINET. Pièce de cuir 
servant a couviir le bassinet. 

COUVRE-CHEF. Toute espèce de coif- 
fure ser\ant ;'i couvrir la tète. 

COUVRE-COLBACK. Pièce de toile cirée 
arrondie que l'on adapte sur le dessus du 
colback pour garantir celui-ci de la pluie. 

COUVRE-CUISSE. Pièce d'armure ou de 
fer forgé, qui avait à pou prés la forme d'un 
demi-cylindre et servait à protéger la cuisse 
quand l'homme était à cheval. 

COUVRE-FACE. Ouvrage de fortification 
servant à couvrir les faces de cette dernière 
et ne différant de la contregarde qu'en ce 
que Yescarpe est en terre au lieu d'être en 
maçonnerie et qu'elle n'est pas organisée dé- 
fensivenient. N'est employée que dans la 
fortilication bastionnée. 

COUVRE-FEU. Au début, c'était une 
sonnerie de cloches, ou. à défaut, une 
sonnerie de la retraite pour annoncer la fer- 
meture des portes des forteresses et défendre 



COUVRE-GIBERNE . 

aux habitants de conserver de la lumière. 
Au siècle dernier, c'était encore le signal de 
la fermeture des portes, mais aussi celui de 
ne plus sortir dans la rue sans porter de la 
luiriière, pour pouvoir être aperçu et reconnu 
par les postes. 

COUVRE-GIBERNE. Etui servant, il y a 
peu do temps encore, à recouvrir la 71- 
bernc. 

COUVRE-LUMIÈRE. Petit dôme en 
plomb ou en cuivre qu'on dispose sur la lu- 
mière des canons de manière à préserver 
cette partie contre l'introduction de corps 
étrangers. 

COUVRE-NUQUE. Autrefois partie du 
cmitTC-KchaLn qui, en s'abaissant, servait à 
protéger la nuque. Actuellement, le couvre- 
nuque est cousu au manchon en toile blanche 
que l'on donne aux troupes d'Afrique. 

COUVRE PIED. Petite couverture qui 
sert à couvrir les pieds et que l'on délivre au 
soldat pendant la saison d'hiver. Est géné- 
ralement faite avec des couvertures hors de 
service dans certaines limites de poids. 

COUVRE -PLATINE. Enveloppe de cuir 
employée autrefois pour mettre la platine du 
fusil à l'abri de la pluie et de l'humidité. 

COUVRE-SHAKO. Enveloppe de toile 
cirée employée autrefois pour couvrir le 
shako , qui n'était découvert que le di- 
manche, les jours de revue ou pour certains 
services. 

COUVRIR. Mettre une chose sur une 
autre ou devant une autre pour la cacher 
ou la protéger. 

Eu terme d'art militaire, couvrir veut 
dire protéger ; c'est ainsi qu'on dit : couvrir 
une frontière, couvrir une place, couvrir la 
letraite d'une armée. 

COVIN. Char de guerre armé de faux, 
dont les Bretons et les Belges faisaient usage 
autrefois (V. Couin). 

CRACHAT. Terme figuré et populaire 
pour signifier une plaque indiquant un grade 
supérieur dans les ordres de chevalerie, 

CRACHER. On dit qu'un fusil crache 
lorsque la fermeture de culasse n'est pas assez 
parfaite pour empêcher le passage de la 
poudre ou d'étincelles. 

CRAIE. Calcaire tendre, de couleur 
blanche. On l'emploie dans les cantonne- 
ments pour indiquer sur les portes des mai- 
sons le nombre d'hommes et de chevaux qui 
doivent y être abrités, ainsi que le corps, 
l'unité et la fraction d'unité à laquelle ils 
appartiennent. 

CRAMOISI. Couleur d'un rouge foncé. 
Est employé poui' la teinture des drapeaux. 

CRAMPON. Morceau de fer ou de bronze 
dont les doux extrémités appointées sont re- 



'I8G 



CRANEQUINIER, 



liées en équerre. Outre leur usage dans le 
sens général, les soldats se servaient autre- 
fois d'un crampon d'assaut ou chardon 
qu'ils attachaient à leurs chaussures pour 
monter à l'assaut. 

CRAN. Petite entaille dans une pièce 
métallique. 

— de départ. Partie de la branche an- 
térieure du corps cylindrique du chien qui 
s'appuie, à l'armé, contre la tête de gâ- 
chette. 

— de l'abattu. Entaille située à la 
partie inférieure du chien, en arrière du cran 
de repos. 

— de mire. Saillie placée à la plate- 
bande de la culasse et au bourrelet, ou à la 
plate-bande de la bouche d'anciennes pièces 
d'artillerie et servant le guidon à déterminer 
la ligne de mire naturelle. Dans les nouvelles 
bouches à feu, c'est-à-dire celles qui se char- 
gent par la culasse, le cran de mii-e est rem- 
placé par un œilleton mobile porté par la 
hausse latérale. 

Les crans de mire des armes à feu porta- 
tives sont placés dans le fusil actuel, savoir ; 
sur la planche mobile de hausse, celui de 
250 mètres ; sur le pied de la planchette 
rabattue en avant, celui de 2,000 mètres 
(marqué 20) ; sur le sommet de la planclœ, 
et un troisième pratiqué dans le talon de lu 
planche et donnant les lignes de mire de 400 
cà 800 mètres lorsqu'on fait reposer le cur- 
seur sur les différents gradins du pied ; en 
outre, le curseur porte le cran de mire mo- 
bile pour les distances de 900 à 1900 mètres. 

Dans le revolver, le cran de mire est pra- 
tiqué dans une légère saillie de la partie 
postérieure de la carcasse. 

— de repos. Entaille pratiquée sur le 
chien dans une position convenablement 
choisie entre les crans de départ et de l'a- 
battu, de telle sorte que, l'arme étant 
chargée, si l'on provoque le départ du chien 
de cette position, le percuteur n'ait plus à 
courir qu'une distance de 1™™,5 environ 
pour atteindre le couvre-amorce de la car- 
touche, course insuffisante pour faire détoner 
la capsule. 

CRANE.- Partie supérieure de la boîte 
osseuse de la tête. 

Se dit d'un homme hardi, audacieux, et 
aussi d'un homme qui fait le rodomont, te 
tapageur. 

CRANEQUIN. Instrument dont l'an- 
cienne milice française se servait pour bander 
son arbalète et qui consistait en une mani- 
velle en forme de pied de biche mettant 
en mouvement une roue dentée qui tendait 
la corde de l'arc. 

CRANEQUINIER. Arbalétrier à cheval 



crapaVd. 



<87 



CRENEAUX. 



qui se servait d'arbalètes légères tendues à 
l'aide du cranequi». 

CRAPAUD. Petite bourse en étoffe de 
laine noire qui servait à enfermer la partie 
postérieure de la chevelure militaire après 
les cadenettes et avant la queue C'était aussi 
un a/}ùt de mortier ou de pterrier, en bronze 
ou en bois, plat et sans roue, inventé en 
176.=>. 

CRATES. Claies sous lesquelles les Ro- 
mains s'abritaient lorsqu'ils se trouvaient 
devant des retrait chements. 

CRAVACHE. Sorte de fouet à manciie 
flexible et :i mèche courte dont font usage les 
envaUerx. 

CRAVATE. -Morceau d'étoffe bleue en co- 
ton que les soldats portent autour du cou. 
Elle doit faire deux fois le tour du cou et se 
nouer par-devant. 

( )n donne également ce nom à un morceau 
d'étoffe de soie qu'on attache au haut de la 
hampe des drapeaux et des éteniards. 

CRÉANCE. Droit qu'on a de demander 
à quelqu'un le payement d'une somme d'ar- 
gent. 

Les créances contre les militaires suivent 
le droit commun. Il ne peut être fait sur la 
solde des militaires d'autres retenues que 
pour les dettes contractées pour leur nourri- 
ture, leur logement ou leur entretien. 

CRÉANCIER. Celui à qui il est du une 
somme d'argent. 

CRÉATION. Action de fonder, d'orga- 
niser une institution nouvelle, un corpx de 
troupe ou un service nouveau. 

CRÉDIT. Confiance qu'on inspire au 
point de vue de la solvabilité et qui permet 
de se procurer des capitaux. En terme de 
comptabilité, se dit des sommes dont on est 
créancier par opposition à débit. 

CRÉMAILLÈRE. Le /race ou ligne à cré- 
maillère est formé de lignes droites alterna- 
tivement longues et courtes qui viennent se 
couper sous des angles voisins de 00" ; les 
côtés courts, ou flancs, sont dirigés de ma- 
nière à prendre en flanc l'assaillant et à flan- 
quer les cotés longs qui sont, le plus possible, 
pinvUlèlcs au terrain des attaques (fiq. S5;. 



Ce genre de tracé convient surtout en pays 
de montagne et pour éviter le tir d'enfilade. 
Pour ménager un passage autour des tra- 
verses du chemin couvert, une des méthodes 
employées, dite à crémaillère, consiste à 
limiter extérieurement la crête intérieure de 



chaque traverse au prolongement du chemin 
couvert et à tracer les diverses branches de 
ce dernier entre chaque traverse en longue 
branche de crémaillère passant à 2 mètres 
de la crête avec un petit flanc tracé à 
2 mètres au delà du pied du talus extérieur 
de chaque traverse. Dans la sape double, 
lorsque plusieurs retours se présentent du 
même côté, on a une communication à cré- 
maillère. 

CRÉNEAUX. Dans la fortification im- 
provisée, les créneaux sont des ouvertures de 
forme irrégulière pratiquées dans les murs 
pour permettre aux défenseurs de faire feu 
à couvert. Ils sont généralement espacés de 
mètre en mètre et sont évasés vers l'inté- 
rieur ou l'extérieur pour permettre un champ 
de tir suffisant. L'ouverture ménagée pour 
le passage du fusil est de 0»,10 de largeur 
sur 0"»,40 à »)™,80 de hauteur pour les cre- 
neaux verticaux et de 0°',40 à 0™,80 de 
largeur sur 0™,40 de hauteur pour les cré- 
neaux horizontaux ; ces derniers, qui don- 
nent un plus grand champ de tir, affaiblis- 
sent les murs et ne doivent être employés 
qu'en cas de murs très solides. Avec des 
murs épais de plus de 0™,60, on fait un 
évasement de chaque côté. Les créneaux sont 
percés à l'aide de pioches, de pics à roc ou 
de pinces, soit aussi à l'aide de pétards de 
mélinite. On peut aussi créer des créneaux 
sur la plongée d'un ouvrage au moyen de 
sacs à terre; on en ménage également de 
mètre en mètre dans les palissades. 

Les créneaux de la fortification perma- 
nente sont construits avec soin, de la ma- 
nière la plus avantageuse, pour couvrir les 
défenseurs tout en facilitant leur tir. Le cré- 
neau est droit lorsque son axe est perpendi- 
culaire à la direction du mur ; il est oblique 
lorsque cet axe est oblique. Les formes sont 
plus variées et compliquées que dans la for- 
tification de campagne. 

Au début, les créneaux étaient la partir 
pleine des maçonneries dentelées qui couron- 
naient les murailles des châteaux forts, dont 
les vides à ciel ouvert et seivant à tirer s'ap- 
pelaient archicres. 

Les créneaux sont verticaux (//</. 50) 
lorsqu'ils sont formés de deux plans s'èva- 
sant et laissant une ouverture de 0™,10 au 
maximum. 

Les créneaux horizontaux {fig. 37) 
sont formés d'une voùle très surbaissée, de 
1 mètre de large environ, recouvrant une 
sorte de plongée en pierres placées au-des- 
sous. 

l)n donne aussi le nom de créneau à l'in- 
tervalle laissé entre les diverses unités pla- 
cées en ligne déployée. 



CRÉNEAUX 

— mâchicoulis. Créneau peiraettaut de 
faire le coup de feu verticalement, de haut 
(Il bas ; on l'appelle aussi créneau de 
pied. 




Anciennement, ces créneaux étaient orga- 
nisés dans des espèces de balcons en encor- 
bellement, dans la partie inférieure desquels 
011 pratiquait des ouvertures. 



Fis. :>■ 




Actuellement ces créneaux sont obtenus, 
le plus souvent, au moyen d'un retrait du 




mur de fond entre les deux pieds-droits d'une 
voûte en décharge, de (elle sorte que le 



188 CRI. 

sommet du parement extérieur de ce mur se 
trouve un peu en arrière du mur de revête- 
ment, laissant ainsi un large créneau hori- 
zontal qui sert en même temps d'évent pour 
la fumée. 

La figure 58 représente un dispositif qui 
donne aux créneaux de pied un champ de 
tir complet dans toutes les directions, avec 
une ouverture réduite au minimum. 

CRÊPANT. Nom donné autrefois à cer- 
taines bouches à feu. 

CRÊPE. Sorte d'étoiïe noire très légère 
que l'on porte en signe de deuil. 

Les militaires le portent au bras pour les 
deuils privés et les officiers le jinrtent au 
sabre ou à l'épée lorsqu'ils assistent à l'enter- 
rement d'un personnage auquel on rend les 
honneurs funèbres. 

CRËPIDÂ. Sorte de sandale d'un usage 
général dans les armées grecques. 

CRÉSYLITE. Espèce de mclinite. 

CRÊTE. Arête saillante formant l'inter- 
section de deux pians ou talus de fortitica- 
tion. 

Dans un parapet, on distingue générale- 
ment : la crête intérieure ou ligne de feu, 
intersection de la plongée et du talus inté- 
rieur, qui est la partie la plus élevée du 
profil et sur laquelle on appuie les armes 
pour tirer ; la crête extérieure, intersection 
de la plongée et du talus extérieur. La crâte 
du chemin couvert est l'intersection du glacis 
avec le talus intérieur du chemin couvert. 

— du chien. Le chien du fusil est une 
partie saillante située à l'arrière du renfort 
et qui, pour faciliter l'action à laquelle elle 
peut être soumise, est munie d'un quadril- 
lage destiné à donner prise aux doigts. 

— militaire (V. Hauteurs). 

CREUX. Cavité, espace vide dans l'inté- 
rieur d'un corps. Dépression de terrain. 
Chemin en déblai. 

CREVASSE. Défaut des bouches à feu 
en bronze. 

CREVER. Rompre avec un eflfort plus ou 
moins considérable. Ex.: un canon, un pro- 
jectile crève ; crever une ligne. 

CRI. Ton de voix élevé que l'on emploie 
pour se faire entendre : tels sont les cris des 
sentinelles. 

— de guerre. Paroles que l'on pronon- 
çait jadis en criant, chez les différents peu- 
ples de l'Europe, pour animer les soldats au 
combat et pour se faire connaître sur les 
champs de liataille. 

En France, sous la féodalité, les cris de 
guerre n'étaient autres que les noms des 
princes et seigneurs ; plus tard, on adopta 
celui du roi : « Montjoye — Saint-De7iis » ; 
sous la Révolution, les soldats criaient : 



CRIBLER. 



189 



CROISADE. 



.> Vire laimlion » eu marcliant à l'ennemi; 
sous l'Empire, les troupes aguerries ne pous- 
saient généralement aucun cri ; mais, dans 
les moments eritiques, on les lançait sur 
Tennenii, pour hriser définitivement sa ré- 
sistance, aux cris de: « Vive l'Empereur ». 
Actuellemmt, notre cri de guerre est celui 
de: « Eu avant >■>, qui est poussé au moment 
de l'attaque décisive ; celui des Allemands 
est le " Htirrah ou Hourra » plusieurs fois 
répété. 

CRIBLER. Nettoyer avec un «rible. L'a- 
voine et l'orge livrées aux troupes doivent 
être préalablement criblées. 

Percer en beaucoup d'endroits (par allu- 
sion aux trous du crible). Ex.: cet homme 
est criblé ds blessures. 

Ecraser une position ou une troupe sous 
le nombie des projectiles. 

CRIC. Macbine servant à élever des ma- 
tériaux. C'est un treiiil dont la manivelle est 
la roue, et le pignon le cylindre ; à simple ou 
à double engrenage, suivant qu'il y a un ou 
deux axes entre l'arbre moteur et la crémail- 
lère: celle-ci porte en baut une grifTe et en 
J)as une patte. La force est babituellenienl 
indiquée sur le corps du cric. 

CRIC ou CRISS. Espèce de jjoiijiiard qui 
est l'arme nationale des liabitants de la Ma- 
laisie et de l'in'le. La lame plate, large de 
trois doigts au talon, a la longueur d'une 
petite baïonnette : elle est quelquefois on- 
dulée et à talon en crochet et presque tou- 
jours empoisonnée. 

CRIER. Pousser un ou plusieurs cris. 
Paroles qu'on articule d'un ton élevé pour 
avertir. 

CRIEUR. Sorte de héraut 'faones ou 
d'excitateur existant dans les armées an- 
ciennes. 

CRIME. Violation grave de la loi impli- 
quant un haut degré de perversité et à laquelle 
sont appliquées les peines les plus sévères. 
Les crimes de droit commun sont justicia- 
bles des cours d'assises lorsqu'ils sont commis 
par des civils, et des conseils de fjuerre lors- 
qu'ils sont commis par des militaires. Lors- 
qu'il y a complicité de civils et de militaires, 
tous les complices sont traduits devant la 
cour d'assises. 

CRIMINEL, ('elui ({ui a commis un 
crime. Ce qui est condamnable au point de 
vue moial. 

CRIMÉENNE. Petit collet à capuchon 
que l'on adapta à la capote d'infanterie pen- 
dant le siège de Sébastopol. 

CRINIËRE. Longs crins qui garnissent le 
cou du cheval et retombent sur les côtés. 
Touffe de ciins de cheval qui \ont tomlier 



deii'ière le casque des cuii'assiers et des dra- 
gons. 

CRINOLINE. Etoffe de crin dont on fait 
des cols, des jupons. 

Il y a des affûts à crinoline (V. fig. o9). 

CRIQUE. En çicoloçiie, ravine de terrain 
submersible ; géographiquement. petite anse 
ou petit port creusé au milieu des terres ou 
des rochers. 

Les armuriers donnent ce nom à des lis- 
sures ou fentes transversales presque imper- 
ceptibles que l'on rencontre dans les pièces 
' de fer forgées et qui sont une cause de 
rejet. 

Enfin, on appelait autrefois criques des 
fossés ou des canaux, creusés en divers sens 
dans les environs d'une place forte pouvant 
être inondée, pour empêcher ainsi l'assiégeant 
de creuser des tranchées. 

CROATES. Troupes de cavalerie légère 
provenant, en général, de la Bosnie, de la 
Croatie et de la Hongrie, qui se mettaient à 
la solde des puissances qui voulaient les 
payer. En Allemagne, on leur donnait le 
nom de pandours. Us remplissaient, en gé- 
néral, le rôle de batteurs d'estrade, surpre- 
naient les convois et les isolés, coupaient les 
comiiiunications, etc. Employés en France de 
Louis XIII à la Révolution. 

CROCS. Espèce de fourches en fer de 
diverses formes avec une pointe recourbée 
ou un crochet en hameçon dont on faisait 
usage au moyen âge, dont les assiégés fai- 
saient usage surtout comme armes de pa- 
rapet. Plus tard, on en utilisa dans les sor- 
ties pour disperser les fascines et renverser 
les gidnons ennemis. 

CROCHET. On donne ce nom à diverses 
pièces de fer servant à accrocher certaines 
parties de V armement ou de V équipement. 

En tactique, un crochet est un retour oblique 
formé par une troupe à l'extrémité d'une 
ligne ; il est défensif quand le retour se fait 
en arrière pour protéger un flanc menacé et 
offenxif quand il est fait en avant pour me- 
nacer un des flancs de l'ennemi. 

En fortification, on donne le nom de cro- 
chet à l'espèce de recouvrement forme en 
prolongeant d'une dizaine de mètres en 
arriére un boyau qui change de direction : 
ce crociiet a pour but d'éviter les coups d'é- 
charpe et le feu des sorties. 

CROCHU. Courbé en forme de crochet. 

CROISADE. Expédition faite au moyen 
âge contre les infidèles ou les hérétiques. On 
sait que ces expéditions furent ainsi nom- 
mées parce que ceux qui en faisaient partie 
porlaiiMit une croix sur leur habit on leur 
armure. 



CROISE. 



490 



CROUPIERE. 



CROISÉ. Nom donné à ceux qui fai- 
saient partie d'une croisade. 

CROISÉE. Nom générique donné à toutes 
les épéesi dont la garda n'avait que deux 
hraiulies en quillons droits et dont les pom- 
meaux étaient très pesants pour faire con- 
trepoids à la lonîjueur de la lame. 

CROISEMENT. Action de croiser les 
épées, les fleui'ets. 

Action d'accoupler des animaux du même 
genre, mais de races ou même d'espèces dif- 
férentes. 

Endroit où deux routes, deux voies fer- ' 
rces se croisent. 

CROISER. Disposer quelque chose en 
forme di' croix. 

CROISETTE. Partie de certaines mon- 
tures d'armes hlanches qui termine la poi- 
irnée en simple croix, sans aucune protection 
pour la main. 

CROISEUR. Navire de guerre qui va et 
vient dans un paragc déterminé. 

CROISEZ la baïonnette t Commande- 
ment du inaniement d'armes qui se pro- 
nonce : croisez... cite! et s'exécute en deux 
mouvements en partant de la position du 
soldat reposé sur l'arme ou au port d'arme. 
Le mouvement exécuté, le fusil est placé le 
canon en dessus, la main droite à la poignée 
appuyée à la hanche, la pointe de la baïon- 
nette à hauteur de l'œil. 

CROISSANT. Antique symbole de la 
ville de Bysance, devenu celui de l'empire 
turc. 

Vordre du Croissant a été institué par 
Sélim 111 pour les chrétiens qui auraient 
rendu service à la Tuiquie. 

CROIX. Considéré dans le sens de déco- 
ration, c'est l'insigne d'un ordre, 

La Croix de Saint-Louis a été fondée en 
1693 par Louis XIV pour récompenser les 
belles actions des ofliciers ; peu à peu, elle 
fut également donnée après un certain 
nombre d'années de service. Une loi du 
6 août 1791 substitua à l'ordre et à la croix 
de Saint-Louis la dénomination de décora- 
tion militaire. Une ordonnance de Louis XVlll 
a fait revivre l'ordre de Saint-Louis, qui a 
été supprimé en 1830. 

L'ordre prussien de la Croix de Fer a été 
créé par Frédéric-Guillaume 111 en 1813. 

CROQUIS pittoresques. Très utiles à 
joindre à tout lever topographique. Lors- 
qu'on ne peut les exécuter à vue, on peut 
employer la chambre claire ou un instru- 
ment de perspective quelconque. 

CROSSE. Partie recourbée du bois d'une 
arquebuse, d'un mousquet, d'une carabine, 
d'un fusil, disposée de manièie qu'elle puisse 
se loger contre l'épaule pour le tir. 



La crosse du fusil modèle 1886 comprend, 
entre autres, le bec, le t;ilon, le buse, les 
joues et la poignée; elle porte la plaque de 
couche ; sur la joue gauche, sont imprimés la 
lettre de série et le numéro de l'arme. La 
joue droite porte une estampille donnant 
des indications sur la fabrication et la récep- 
tion ; au centre, est collée une cheville mar- 
quée M. A. (manufacture d'armes). 

La crosse de l'affût est la partie de la 
flèche d'alTùt qui vient reposer sur le sol quand 
la pièce est en batterie. Cette crosse est ferrée 
pour résister aux frottements sui' le terrain . 

Dans les canons-revolvers du système Hol- 
chkiss, la culasse est tixée à une sorte de 
crosse à jour, terminée par une pièce 
d'épaule cintrée, en bois recouvert d'un tube 
en caoutchouc. Ce caoutchouc a ])our but de 
contribuer à amortir reffet durecul {fig. 59). 

Fii.-. .'S'J. 




La crosse du ^nstolet est la partie arrondie 
qui termine le bois du pistolet et qui per- 
met de manier plus facilement l'arme. La 
crosse du revolver n'existe pas sous ce nom: 
elle est formée par la poignée et ses jjIu- 
quettes de recouvrement. 

Mettre la crosse en l'air, signifie rendre 
les armes, cesser la résistance, se rendre, 

CROUPE. Partie du cheval qui s'étend 
dejiuis les reins jusqu'à l'origine de la 
(jueue. 

Prendre en croupe signifie qu'un second 
soldat, et, généralement un fantassin, vient 
se placer à cheval derrière le premier cava- 
lier. 

Le sommet d'une montagne s'appelle aussi 
croupe, ainsi que le point où la crête 
s'abaisse en colline de moindre hauteur. 

CROUPIÈRE. Morceau de cuir rem- 
liourré qu'on passe sous la queue d'un chevnl 



CROUTE. 



l'JI 



CUIRASSE. 



ot qui lient à la selle ou au bât pour l'em- 
pècher d'avancer siu' le garrot. 

CROUTE. La partie extérieure du pain 
qui a été durcie par la cuisson. La croûte 
doit être bruue, sans iHre brûlée. 

En terme de médecine, toute plaque plus 
ou moins dure qui se forme à la surface de 
la peau. 

CRU. Qui n'est pas cuil. 

A cru, sur la peau nue; exemple : montei- 
un cheval à cru. 

CRUCHE. Vase de terre ou de grès muni 
d'une anse. 

Les chambres de la troupe doivent être 
munies de cruches en grès achetées au compte 
des ordinaires. 

— à feu. Pots de terre remplis de gre- 
iMdes à main enterrées dans une couche de 
poudre et que les assiégés lançaient à la 
main sur les assiégeants, surtout au moment 
de l'assaut. L'orifice de ces cruches était 
fermé par une peau de mouton percée pour 
laisser passer la mèche. 

CRUPELLAIRE. Gladiateur armé de 
pied en cap. 

CRYPTOGRAPHIE. Moyen de rendre 
incompréhensible une dépèche pour toute 
autre personne que le destinataire, au moyen 
de signes, de mots ou de phrases convenues 
d'avance et dont il faut connaître le sens ou 
la valeur. 

De nombreuses méthodes peuvent èti'e 
employées, mais il faut avant tout qu'elles 
ne se laissent pas déchiffrer. 

On appelle chiffre chiffrant, un tableau 
qui contient les lettres et les mots dont on 
doit se servir, ainsi que les nombres, chif- 
fres ou caractères qui les représentent. 

Le chiffre déchiffrant est un tableau sem- 
blable, mais inversement disposé. 

Ces deux tableaux peuvent être à simple 
clef, quand la môme figure désigne toujours 
la même lettre, ou à double clef, quand on 
change d'alphabet à chaque mot ou bien 
qu'on emploie des mots inutiles. 

Une méthode fort simple consiste à con- 
venir d'un livre peu connu, qui sert pour 
ainsi dire de vocabulaire. On forme alors 
une clef de 3 chiffres, dont le premier indi- 
que la page, le deuxième la ligne et le troi- 
sième le mot. 

On emploie aussi des cMffres à grille». 

La grille est une feuille de carton qui 
porte deux points de roiière et dans laquelle 
on a découpé un vide suivant des lignes irrè- 
guliéres. 

Pour correspondre, il faut avoir deux 
grilles identiques. 

Pour composer la dépêche, on place la 
grille sur une feuille de papier, et l'on écrit 



couramment sur la (lartie du papier que la 
grille laisse à découvert, apiès avoir marqué 
les points de repère. Eu suivant les 
inflexions du vide de la grille, les lettres 
sont disposées tantôt de droite k gauche, 
tantôt de haut en bas. 

L'inscription de la missive terminée, on 
remplit le reste de la feuille, de lettres, de 
chiffres ou de signes n'ayant aucune signifi- 
cation. 

Pour déchiffrer la dépèdie, on place la 
grille sur cette dernière à l'aide des points 
de repère, et on lit couramment la commu- 
nication à travers les vides. 

11 existe d'ailleurs uiite grande variété de 
chiffre». 

CUBE. Corps solide compris entre 6 faces 
carrées et égales, et dont les angles sont 
droits. 

Nombre formé par l'élévation d'un autre 
nombre à la troisième puissance. 

CUBILOT. Four à manche employé pour 
obtenir la fonte de S"* fusion nécessaire pour 
la fabrication des projectiles. 

Ce genre de fourneau peut être utilisé 
dans une place assiégée et épuisée de pro- 
jectiles pour refondre les affûts mélangés 
avec d'autres fontes et en faire des projec- 
tiles. 

CUBIQUE. Qui appartient au cube : 
exemple : racine cubique, projectile cubique. 

CUBISTIQUE. Etait, dans les usages an- 
tiques, une partie de la gymnastique et un 
des genres de la danse ; c'était une série de 
tours de force. 

CUBITIÈRE. Partie de Varmure défen- 
sive, en métal battu, qui enveloppait le 
coude et passait sur le pli du bras, de ma- 
nière à garantir surtout le côté opposé à ce 
pli sans gêner les mouvements de flexion. 
Cette pièce se rattachait aux deux parties 
du brassard par divers systèmes de ligature* 

CUILLER. Ustensile de table dont on se 
sert pour manger le potage. 

Chaque ordinaire fait également usage 
d'une cuiller à pot. 

Outil en forme de cuiller dont on se sert 
pour exécuter certains tiavaux dans les sapes 
et dans les mine». 

CUILLERON. Espèce de grande cuiller 
servant, dans la balisle et la aitapulte, à 
recevoir les projectiles (généralement des 
blocs de pierre) lancés par le bras de ces 
engins. 

CUIR. La peau des animaux, quand elle 
est séparée de la chair et tannée. 

Sert à la confection des chaussures, de 
l'équipement et du luirnachement. 

CUIRASSE. Arme défensive destinée à 
protéger la poitrine et le dos. En usase 



CUIRASSE. 



11)2 



CUIRASSEMENT. 



(lopiiis l;i plus haute anliquiti'-. elle fut sup- 
cessiveinoiit en peau ou Landes de cuir, en 
tissus, en cuivre battu ou en métal plein, en 
cuir bouilli, en écailles, en feutre, en lin, en 
mailles, etc. ; et enfin elle fut faite avec les 
divers métaux cuivre, or, argent, fer, acier. 

L'usage de la cuirasse ne parut en France 
que vers le IX" siècle; elle se composait dès 
lors d'un plaatron ou pectoral et d'une dos- 
sirre ou huiiiériil. 

L'emploi de la cuirasse, supprimé au 
début du XVII" siècle ne fut repris que vers 
1703. 

Certains corps de grosse cavalerie en 
faisaient usage à partir de la Révolution : 
cuirassiers, carabiniers, cent-gardes ; actuel- 
lement, les cuirassiers seuls subsistent et por- 
tent une cuirasse, composée de deu\ ])arties 
écbancrées près du cou et autour des bras : 
le plastron, à l'épreuve de l'ancienne balle, 
est tant soit peu bombé et forme une arête 
dans son milieu; la dossiére, à l'épreuve de 
Vanne blanche, prend la forme des épaules 
et des reins. Ces deux parties, dont l'inté- 
rieur est matelassé, sont réunies par une 
i-einture à boucle à la partie inférieure du 
corps. 

Jusqu'en 1875, les sapeurs du génie por- 
taient pour les travaux de sape, une cui- 
rasse solide et devant résister à la balle.; on 
l'a supprimée parce que, à la distance à 
laquelle ces travaux s'exécutent devant une 
jjlace, il aurait fallu les rendre beaucoup 
trop lourdes pour les mettre à l'épreuve des 
balles des armes à feu portatives actuelles ou 
des fusils de rempart. 

Ensemble des plaques métalli(jues ([ui ser- 
vent à protéger une ou plusieurs bouches à 
feu contre les coups de l'artillerie ennemie, 
dans un ouvrage de fortification permanente; 
ou à protéger un navire de guerre dans toute 
la partie située au-dessus de la ligne de 
flottaison, et même à quelques métrés au- 
dessous de celle-ci. 

CUIRASSÉ. Navire de guerre protégé 
par des cuirassements contre l'artillerie enne- 
mie. Ce sont actuellement les navires les 
plus puissants et qui remplissent le rôle des 
anciens vaisseaux de ligne (V. Batterie cui- 
rassée). 

CUIRASSEMENT des navires. A une 
époque très leculée déjà, on a essayé de pro- 
téger les navires par des plaques métalli- 
ques. iMais depuis l'emploi des canons lan- 
çant des obus qui percent de larges trous 
dans les parois des navires, on a dû revêtir 
celles-ci de plaques métalliques en mesure de 
s'opposer à la pénétration des projectiles. 11 
en est résulté une espèce de lutte entre les 
canons, dont on a augmenté sans cesse les 



effets destructeurs et les plaques de blindage 
que l'on a dû épaissir de plus en plus et 
fabriquer en métal de choix. 

— de la fortification. Ainsi qu'il a été 
indiqué aiLX mots Batteries cuirassées et 
Coupoles, on a dû recourir à l'emploi de pla- 
ques métalli(iues, portant le nom de cuiras- 
sement, pour donner dans certains cas une 
protection assurée à l'artillerie nécessaire à 
la défense des ouvrages de fortification per- 
manente. 

Nous avons indiqué au mot blindage les 
divei'ses espèces de métaux employés pour la 
fabrication des plaques de cuirassement. 

Des expériences récentes ont permis de 
déduire exactement l'épaisseur de métal qui 
est traversée par un projectile d'une force 
vive donnée ; cette épaisseur est, en général, 
égale au calibre du piojectile. On peut en 
déduire l'épaisseur des plaques directement 
exposées au tir, épaisseur qui varie d'ailleurs 
avec la nature du métal, le genre de tir, 
l'emplacement , l'espèce de projectiles à 
craindre, etc. L'épaisseur des plaques de la 
calotte sphérique peut être suffisante dans 
tous les cas avec 0'",25. 

— de tranchée - abri. Coupoles pour 
canons àtir rapidede S?""™ et de 57">'" mon- 
tées sur roues et pouvant être transportées 
en campagne par un seul cheval (//(/. 00). 




D'après le major Schumann, leur inven- 
teur, ces cuirassements, en tôle de 0™,02o 
d'épaisseur à la partie supérieure, sont à 
l'abri des balles et des éclats d'obus ; ils 
sont enterrés dans les tranchées établies en 
avant, sur les côtés, ou en arrière des batte- 
ries intermédiaires des places fortes, pour 
)epousser les attaques de vive force dirigées 
contre ces batteries. Leur canon tire, par 
minute, 20 boites à mitraille, contenant 
chacune 20 balles sphériques. L'inventeur 
considère l'emploi de ces coupoles comme 
possible, même dans les combats défensifs, 
et elles ont été expérimentées à ce point de 
vue en Allemagne. Elles pouiraient égale- 
ment être utilisées pour la défense des ou- 
vrages de campagne assez importants. Leur 



CUIRASSIERS. 



1'J3 



CULASSE. 



prix de revient, y loinpris celui du canon, 
n'est que de 4,400 francs. 

En France, on n"a pas admis ce genre de 
cuiraxsenieut, qui serait facilement détruit 
par l'artillrric. 

CUIRASSIERS. Soldats qui portent une 
cuirasse (ainsi qu'un casque). Ce n'est guère 
qu'en 1791 qu'on «Téa un certain nomhre 
de régiments de cuirassiers, qui fut porté à 
14 sous le premier Empire et réduit à 10 
sous la Restauration. On y ajouta un régi- 
ment de cuirassiers de la garde, sous Napo- 
léon 111, dont on forma le n° 11 en 1871, 
ainsi que le n° 12 avec le régiment de cara- 
biniers de la irarde. 

Depuis 1872, on a allégé le casque des 
cuirassiers, qui ne pèse plus que l'^,2o0. La 
cuirasse est toute en acier et pèse Gi^.OQO. 

En 1880, on avait décrété la suppression 
des cuirassiers et leur remplacement par des 
carabiniers de taille moyenne ; mais, après 
avoir immédiatement opéré la transforma- 
tion des régiments pairs, on leur rendit la 
cuirasse en .1883 et les douze régiments l'ont 
conservée depuis. 

Ces douze régiments forment six brigades 
spéciales faisant partie des divisions de cava- 
lerie indépendante. Ils doivent être portés à 
14 régiments par la création de deux régi- 
ments nouveaux. 

Leur uniforme consiste en un pantalon 
rouge avec passepoil bleu clair ; une tunique 
ample et courte de couleur bleu foncé, avec 
collet et parements rouges : une veste et un 
manteau également de couleur bleu foiicé ; 
un képi rouge pour la petite tenue et un 
casque en métal blanc avec une crinière 
garnie d'une aigrette à la partie supérieure 
et un plumet rouge sur le côté, pour la 
grande tenue. 

CUISINE. Local dans lequel on prépare 
les mets de l'ordinaire des soldats. 

Elle contient un certain nombre de four- 
neaux pour la cuisson des aliments et un 
percolateur pour la préparation du café. Ce 
mobilier est fourni par le service du génie, 
ainsi que les tables, les tablettes, le che- 
valet pour scier le bois et le billot pour le 
fendre. Les scies et les haches sont achetées 
et entretenues par la masse d'habillement et 
d'entretien; les ustensiles sont achetés et 
entretenus au compte des ordinaires. 

Une consigne, afiichée dans chaque cui- 
sine, indique la manière de conduire le feu 
et de surveiller le chauffage des fourneaux 
de cuisine, de préparer la snupe, les aliments, 
le café, d'entretenir le percolateur et les 
ustensiles. 

Dans les camps, les cuisines sont de sim- 
ples . rigoles creusées dans le sol, assez 



étroites pour que les marmites de campement 
puissent y reposer en travers sur les bords, 
et juste assez profonde pour qu'on puisse y 
placer le bois. 

CUISINIER. Soldat chargé de la prépa- 
ration et de la cuisson des aliments dans 
chaque compagnie formant ordinaire. Le 
même soldat ne peut remplir les fonctions 
de cuisinier pendant plus de trois mois ; il 
ne peut y être appelé deux fois dans le cours 
d'une année. 11 reçoit le prêt franc. Il est 
secondé par un aide-cuisinier relevé toutes 
les semaines. Un soldat, désigné par le chef 
de corps, est chargé de la préparation du café 
au moyen du percolateur. Ces militaires sont 
exempts de tout service. 

CUISSARD. Pièce de Varmure qui, au 
moyen âge, couvrait la cuisse et formait le 
prolongement antérieur de la cuirasse. 

CUISSIÈRE. Morceau de cuir que. les 
tambours portent sur la jambe gauche pour 
recevoir leur instrument et préserver ainsi 
leur pantalon d'une détérioration rapide. 

CUISSON. Action de faire cuire une 
chose; le résultat de cette action. 

Douleur particulière que fait éprouver une 
brûlure. 

" La cuisson du pain et du biscuit doit 
avoir lieu dans des fours convenablement 
chauffés ; sa durée est de 50 minutes pour 
le pain ordinaire, de I h. 10' pour le pain 
biscuité, et de 2 heures environ pour le bis- 
cuit. 

CUISSOT. Partie supérieure du ca/ssan/, 
garantissant les hanches et le haut de la 
cuisse. 

CUIVRE. Métal de couleur rougeàtre, 
doué d'un vif éclat quand il a été frotté. 

11 est employé pour la fabrication des bou- 
tons d'uniforme, pour les garnitures de cer- 
taines armes à feu, etc.; il forme avec Vclain 
un alliage appelé bronze, et avec le zinc un 
autre alliage appelé laiton. 

CUL de dé. Tissu des galons ou che- 
rrons dont les fils s'entrecroisent régulière- 
ment et formant un dessin semblable à celui 
des dés à coudre. 

— de-lampe. Espèce de pyramide ren- 
versée formant encorbellement et servant à 
soutenir, à une certaine hauteur du rem- 
part, une tourelle ou une guérite. 

Se dit aussi de la partie dn canon qui 
comprend le relief de la culasse et du 
bouton. 

— de-poule. Talon de la plaque de 
couchr du lusil. 

CULASSE. Partie postérieure d'une arme 
à feu. Toutes ces armes se chargent actuel- 
lement par la culasse; il a donc été néces- 

13 



CULBUTER LKNNEMl. 



194 



CURETTE SPATULE. 



saire de fermer celle-ci par des appareils de 
jei'iïïêture et des obturateurs. 

— mobile. Appareil de fermeture et 
d'obturation du fusil modèle 1874 et du 
fusil modèle 1886. 

La culasse mobile du fusil modèle 1874 



se compose de 7 pièces, savoir : le cijUndre, 
la tête mobile, l'extracteur, le percuteur, le 
ressort à boudin, le manchon, le chien. 

La culasse mobile du fusil modèle 1886 
comprend, eu outre, la vis d'assvmbhige du 
cylindre et de la tète mobile (fig. (il). 




CULBUTER l'ennemi. Forcer renuemi 
à se replier vivement ; rem]jorler sur lui un 
avantage marqué dans un combal, une 
charge. 

CULÉE. Organisation du support lixe d'un 
])ont sur chacune des rives d'un cours d'eau. 
Une culée se compose d'un corps mort pour 
supporter les poutrelles et d'un madrier placé 
de champ à 0™,15 en arrière du corps mort 
pour arrêter l'extrémité des poutrelles. Le 
corps mort et les madriers sont maintenus 
par des piquets. 

CULOT. Partie d'une frauile ijui rcvoiL 
le projectile à lancer. 

Partie plate formant le fond d'une car- 
touche, d'une gargousse, d'un obus. 

Partie renforcée d'une bombe qui se trouve 
à. l'opposé de l'ouverture appelé wil. 

CULOTTE. Morceau de métal creux et 
arrondi terminant la poignée d'un pistolet. 

Partie du vêtement des officiers montes 
qui couvre depuis la ceinture jusqu'aux ge- 
noux. 

CULTE. Hommage qu'on rend à Dieu par 
des actes de religion. 

Les cultes reconnus par l'État sont les 
suivants : catholique, calviniste, luthérien, 
israélite et mahomôtan (ce dernier en Algérie 
seulement). 

Les cultes lecoiuius sont salariés i)ai' 
l'Etat ; leurs minist)es jouissent de certains 
privilèges ; les édifices attachés à chaque 
culte sont entretenus par les comnmnes ; 
enfin, il est réservé un cimetière pour chaque 
culte. 

Le scrcice des cultes est assuré, dans 
l'armée, par des aumôniers qui entrent en 
fonction seulement en temps de guerre, pour 
la plupart. 

Les frais de culte, quand ils sont néces- 
saires, sont im[iutés au service des hô])itau\. 



CUMUL. Action d'occuper plusieurs em- 
plois, de toucher plusieurs traitements à la 
fois. 

En matière administrative, on appelle 
cumul la réunion de deux ou plusieurs fonc- 
tions publiques rétribuées. Ce cumul esl 
défendu dans l'armée. De plus, d'après la 
loi de finances du 25 décendjrc 1890, un 
militaire ne peut cumuler un traitement 
d'activité avec sa pension de retraite que 
jusqu'à concurrence de la solde du grade 
qu'il occupait avant de quitter l'armée. 

CUNETTE. Petit fossé, de 0«>,gO à 
1 mètre de profondeur, que l'on établit 
ordinairement au milieu des fossés princi- 
paux des ouviages de fortification perma- 
nente pour recueillir et faciliter l'écoulement 
des eaux de pluie. Dans les fosses pleins 
d'eau, la cunette est large et profonde pour 
permettre le curage des fossés et pour aug- 
menter la valeur de l'obstacle. 

CUPELLAIRE. Soldat éduen. i)esam- 
mcnt ci complèlement armé. 

CURATELLE. La charge du curateur, 
c'est-à-dire de celui qui est nommé par le 
conseil de famille pour assister le mineur 
émancipé quand on lui rend les comptes de 
sa succession. 

La curatelle est obligatoire pour tous les 
citoyens ; elle est facultative seulement pour 
les militaires. 

CURE-PIED. Instrument employé poui' 
nettoyer l'intérieur du sabot des chevaux. 

CURETTE. Petit morceau de bois garni 
de peau ou de buffle pour servir au net- 
toyage des parties métalliques des armes du 
soldat. 

— de mineur. Tige en fer terminée en 
cuiller à un bout et ayant pour objet lé 
nettoyage des trous de pétardement. 

CÛRETTE-SPATULE. Morceau de lil 



CURftSUX 



VJ.) 



DAMAS. 



de fer aplati cl teruiiné en pointe d'un côté, 
tourne en boucle de l'autre pour donner prise 
aux doigts ; sert à, nettoyer les logements des 
différentes pièces de la culasse mobile. 

CURIEUX. Sorte de gendarmes de police 
créés p:ir Diodétieu. 

CURSEUR. Bois ((ui traverse la flèche de 
l'arbalète. 

n y a aussi un curseur à rallonge qui 
fait partie de l'appareil de hausse du fusil et 
qui glisse à frottement doux sur lu planche 
de hausse ; c'est le bord supérieur du cur- 
seur qui doit être amsné en regard des traits 
de graduation de la hausse. Les deux côtés 
sont quadrillés pour donner prise aux doigts. 
La rallonge, qui fait lorps avec le curseur, 
est semblable à la planche, mais ne porte 
pas de graduation. 

CURVIGRAPHE. Instrument eu forme 
de montre, d'invention récente, qui donne 
non seulement la mesure des distances sur 
la carte, mais aussi le temps qu'on mettrait 
a les parcourir. 

CURVIMÈTRE. Instrument permettant 
de mesurer directement, sur une carte géo- 
graphique, la longueur d'une ligne sinueuse 
quelconque en suivant tous ses détours. 

CUVETTE. Vase dont on se sert pour les 
ablutions. 

Les ))iobiliers d'adjudant et d'ofliciei', 
fournis par le service des lits militaires, doi- 
vent comprendre une cuvette en poicelaine. 

— de chape. Partie qui couronne le 
haut de la chape des fourreaux de sabre 
d'officier ou d'épée ; elle se recourbe intérieu- 
rement pour recouvrir l'épaisseur du cuir et 
faciliter l'introduction de la lame. 

CYLINDRE. Le cylindre est la pièce de 
fermeture proprement dite du fusil modèle 
1874 et du fusil modèle 1886. Il est creux et 
renferme le ressort a boudin ainsi ijue le 
percuteur. A l'intérieur se trouve le renfort 
qui sert à guider les mouvements de la cu- 



lasse mobile, mais surtout à fermer le canon. 
Un levier, avec pommeau et renfort, sert à 
manieuvrer le cijlindre. On y trouve aussi la 
rainure <le départ, la rampe hélicoidale Ct le 
cran de l'ariné (V. la /((j. (31). 

— extracteur. CyUndre faisant partie 
de l'outillage des chefs armuriers et destine 
à enlever rapidement les fragments d'étui ou 
d'enveloppes de balle restés dans le canon 
des armes de 8™". 

CYLINDRES incendiaires. ArtiQces 
composés de cylindres renfermant une com- 
position propre à incendier. Ceux que l'artil- 
lerie française transporte dans ses coffres à 
munitions permettent de transformer en in- 
cendiaires tous les obus ordinaires, en lem- 
plaçant une partie de la charge intérieure 
par un certain nombre de ces artifices, qui 
brûlent pendant 2 minutes enviion au mo- 
ment où le projectile éclate. 

— lunettes. Cylindres servant à véritier 
les diamètres de la c-einture et du plus grand 
renflement de l'ogive dans les obus à cein- 
ture. Employés aussi pour véritier les dia- 
mètres du corps de l'obus brut de fonte dans 
les projectiles à cordons de plomb ou à ai- 
lettes. 

CYLINDRO-OGIVAL. Oui a la forme 
d'un cylindre à la partie jiostérieure, et 
celle d'une ogive à la partie antérieure. C'est 
la forme actuelle des balles et des projectiles 
de l'aitillerie. 

CYLINDRIQUE. Oui a la forme du cy- 
lindie. 

CYOLODIATOMIE. Calcul des directions 
et des inclinaisons des projectiles en balis- 

ti(lHC. 

CYMBALE. Instrument de uuisique com- 
posé de deux disques de cuivre de grandeur 
égale, ayant à leur centre une petite cavité 
percée d'un trou par lequel passe la courroie 
double, dans laquelle l'instrumentiste engage 
la main pour frapper les surfaces intérieures 
des disques l'une contre l'autre. 



D 



DAGUE. Poignard de moyenne dimen- 
sion dont les chevalieis du moyen âge étaient 
quelquefois armés et qu'ils portaient au côté 
droit. Elle se composait d'un fer gros et 
pointu, assez court, à un ou deux tran- 
chants, de foi-rae triangulaire et cannelée. 
Elle s'appelait aussi miséricorde ou poignard 
de miséricorde, parce qu'on s'en servait pour 
achever le chevalier renversé de che\al s'il 
refusait de crier miséricorde. 



Les archers a pied, les coulevrinieis et 
autres espèces d'infanterie légère ont égale- 
ment porté la dague. 

DAGUETTE. JJague de petite dimen- 
sion. 

DAMAS. Lame de sabre fabriquée dans 
le Levant et nolaunnent à Damas, avec nu 
acier fondu particulier, plus chargé de car- 
bone que les aciers ordinaires. Leur trempe, 
qui est restée un secret, était excellente et 



DAMASQUINAGE. 



1% 



DANOISE (armée). 



permettait de donner un affilage tivs tran- 
chant. 

On imite actuellement ee ireiu-c de lame a 
la perfection. 

DAMASQUINAGE mi DAMASQUI- 
NURE. Dessins moirés très variés, ou veines 
alternées de diverses eouleni's que présentent 
les lames de Dainnu. 

DAMASQUINER. Incruster des filets ou 
orncnienls d'or el d'arirent dans le fer ou 
l'acier. 

DAME. Massif de terre laissé ou resté 
intact entre diverses excavations, pour en 
jnarfjuer la hauteur. 

En fortificaiion, c'est une petite tour en 
maçonnerie pleine, terminée en forme de 
cône, qui surmonte le milieu d'un bntardeau 
pour empèi'iier de traverser le fossé en sui- 
vant la crête du bàtardeau. 

On donne également ce nom à un outil 
en bois, avec une partie plate ou ronde em- 
manchée, qui sert à battre les terres des 
talus ou des remblais pour leui' donner toute 
la consistance possible. 

DAMER. Battre les terres avec des 
dames. 

DAMOCLÈS (épée de). Terme hguré 
représenté par une épée nue suspendue par 
un fil au-dessus de la tète et que la moindre 
cause peut faire tomber. 



S'emploie ]»our parlei' d'un danger per- 
manent. 

DAMOISEAU. Au moyen âge, c'était un 
jeune gentilhomme, faisant l'apprentissage 
du métier des armes et qui n'était pas encore 
reçu liacbelicr. 

DANE6R0G. Ordre danois institué en 
1219. renouvelé en 1671 et réformé en 
180S. 

DANGER. Péril qui expose à une perte, 
à un dommage; exemple : les dangers de la 
guerre. 

DANOISE. Espèce de hache d'armes 
qu'employaient surtout les Danois. 

DANOISE (armée). Elle comprend : 

1» Une armée de ligne, formée de 10 régi- 
ments d'infanterie à 3 bataillons, i batail- 
lon de la garde ; 4 régiments de cavalerie à 
4 escadrons, 1 escadron de la garde ; 4 régi- 
ments d'artillerie de campagne à 3 batteries 
de 8 pièces et 1 compagnie du train d'artil- 
lerie ; 2 régiments d'artillerie de forteresse à 
4 bataillons ; 3 compagnies d'ouvriers d'ar- 
tillerie; 10 compagnies du génie, 1 compa- 
gnie de pontonniers, 1 compagnie de chemin 
de fer, 2 compagnies de télégraphistes ; 

2° Une armée de rés'vve composée de 
1 régiment d'infanterie à 4 bataillons, 5 ré- 
giments à 3 bataillons, 1 bataillon, de la 
garde, 4 batteries de campagne, 4 bataillons 



Fis. C-'. 




d'artillerie de forteiesse et des troupes 
techniques ; 

3° Une landaehr divisée en deux levées : 
la première, comprenant les hommes âgés de 
moins de 42 ans, pour la défense des places; 
la seconde, comprenant les hommes de 42 à 
52 ans, pour la défense des côtes. 

L'infanterie danoise est armée du fusil 



modèle 1889, du système Krag-Jorgenso»: 
c'est une arme à verrou du calibre de 8"°', 
permettant le tir coup par coup ou à répéti- 
tion ; son magasin, fixé sous la boîte de 
culasse, peut contenir 5 cartou<'hes et se 
charger, soit à la main, soit avec un cliar- 
geur, sans qu'il soit nécessaire d'ouvrir la 
culasse (//;/. 62). Le canon est entouré d'une 



DAltSE. 



497 



DEBARQUEMENT. 



cheinbe iiiétalli({ue. La baïonnelte est lon- 
gue de 0™,35. 

La carlouclie, pesant 33 grammes, est chai- 
gée de 5 iriammes de poudre comprimée ; la 
balh', avei- enveloppe de cuivre, pèse 15?'',4. 
La vitesse initiale est de 540 mètres. 

On étudie actuellement une poudre plus 
puissante, développant moins de fumée et 
devant peunettre d'atteindre une vitesse ini- 
tiale de 640 mètres. 

11 est probable que chaque homme portera 
sur lui 120 cartouches; il y en aura eu 
outre 50 par fusil sur les voitures de compa- 
gnie et oO dans les sections de munitions. 

DANSE. L'enseignement de la danse est 
sinon prescrit, du moins encouragé dans 
l'armée. 

Comme danses militaires, on peut citer : 
la danse de l'épée. en usage aux XVII^ et 
XVIII^ siècles, et consistant en une sorte de 
ballet exécuté par des militaires, l'épée nue 
à la main ; la danse persique, sorte de con- 
Ireinpuclie en usage dans la milice grecque ; 
la danse pi/rrhique , simulacre dramatique 
d'une action de guerre, apprentissage élé- 
mentaire des évolutions de la phalange, 
exercice gymnastique qui passa des Grecs 
aux Romains. 

DARD ou DART. Projectile à main ou 
à trait plus ou moins robuste, qui fait 
partie des armes dardelles. 

Le fer, généralement plat, se terminait en 
pointe avec dent en retour; quelquefois 
même, le fer était barbelé ou à crochets, ce 
qui ne permettait de retirer le dard de la 
plaie qu'en la déchirant. 

Certaines batistes lançaient des poutres en 
forme de dard, ou de grands dards nommés 
tracules. 

DARDS à feu ou enflammés. Dards 
lancés ordinairement à l'aide d'arcs ou d'en- 
gins, quelquefois à la main, que l'on em- 
ployait contre des troupes retranchées, mais 
surtout contre des navires en mer. 

Plus tard, dans la marine, c'était une 
baguette d'artilice qu'on lançait dans les 
voiles d'un navire pour l'incendier; ce genre 
de dard a été remplacé par la fusée à la 
ronfiri're. 

DARD à main. Employé depuis la plus 
haute antiquité, et qui consistait en une 
espèce de bâton de 2 mètres de long environ, 
garni d'une pointe de for. 

— de fourreau de sabre. Garniture en 

métal qui renforce l'extrémité inférieure du 
fourreau de sabre, pour que le bout de ce 
fourreau ne s'use pas en traînant à terre. 

DARDAIRE. Soldat lançant des dards. 
Nom doimé aussi aux arbalétriers. 

DARDE. Sorte de trait lancé au moyen 



d'une arbalète et dont la pointe était munie 
de deux crochets recourbés qui retenaient le 
fei' dans la blessure. 

DARDELLE ou DARDILLE. Petit dard 
liarbelé ou petite flèche qu'on lançait avec 
l'aibalète. 

DARDEUR ou JACULATEUR. Troupes 
des niilircs grecques ou des légions romaines 
qui lançaient le dard. 

DARTRE. Affection cutanée telle que 
l'eczéma, le psoriasis, le pityriasis, le 
lupus, etc. 

Ces maladies, lorsqu'elles sont incurables, 
entraînent l'exemption du service militaire 
ou la réforme. 

DATE. Indication du temps et du lieu où 
un acte a été fait, où un document a été 
établi, où une lettre a été écrite, etc. 

En droit, la date est nécessaire pour la 
validité des actes ; elle doit nidiquer le lieu, 
l'année, le mois et le jour du mois. 

DATTE. Fruit du dattier. Elle constitue 
l'aliment principal des Arabes de la région 
saharienne en Algérie et en Tunisie. 

DÉ. Mandrin de fer qui sert à vérifier le 
calibre d'un canon d'arme à feu. 

— en pierre. Bloc de pierre taillée sous 
la forme d'un parallélipéde rectangle de 
0™,60 de côté et 0™,3o de hauteur, qui ser- 
vait de support aux rails dans les premiers 
chemins de fer. 

Ce genre de support est encore conservé 
par la Bavière, mais elle a dû pour cela di- 
minuer la vitesse des trains, et intercaler des 
traverses à l'endroit des joints, dans les 
courbes, afin de maintenir l'écartement. 

— à coudre. Objet aidant à pousser 
l'aiguille et qui fait partie de la trousse de 
[letit équipement dont clia({ue soldat est 
pourvu. 

DÉBÂCLE. Synonyme de revers subit 
occasiuiinaut désordre, confusion et déroute. 

DÉBAILLER. Action de tirer de l'arba- 
lète h travers une baille ou meurtrière. 

DÉBALLAGE. Action de défaire un em- 
ballage. 11 doit être effectué par les maîtres- 
ouvriers abonnataires, chacun en ce qui les 
concerne. 

DÉBANDADE. Se disperser en désordre, 
.■oiifusi'inent. 

DÉBANDER. Comme verbe actif s'entend 
pour' cesser de bander un arc, mettre en dés- 
ordre et disperser des troupes. 

DÉBARQUEMENT. Action par laquelle 
on fait passer sur le rivage les personnes ou 
les choses que contient un navire. 

Les troupes de débarquement sont celles 
([ui .sont destinées à faire une descente sur 
la côte. 

Ce mot s'applique, par extension, à l'ope- 



DÉBET. 



198 



DÉCATISSAGE. 



ration qui consiste à faire descendre d'un 
train de chemin de fer les hommes et les 
chevaux. 

DÉBET. Ce qui reste dû après l'arrêté 
d'un compte. 

Se dit piincipalement en ce qui concerne 
les masses des corps de troupe, et les masses 
individuelles des militaires. 

Les officiels doivent être invités à verser 
les sommes dont ils sont débiteurs, avant 
d'être constitués eu débet, et de s'exposer 
ainsi à des retenues sur leur solde. 

DÉBIT. Le passif, le doit d'un compte. 

Se dit par opposition à crédit. 

Le débit d'une fontaine, d'un cours d'eau, 
signitie ce que fournit la fontaine, le cours 
d'eau dans un temps donné. 

DÉBITEUR. Celui qui doit; se dit par 
opposition à créancier. 

DÉBLAI. Excavation pratiquée dans le 
sol naturel pour fournir le massif de terre 
nécessaire à la formation du parapet ou 
remblai; cotte excavation prend le nom de 
fossé. 

Dans les ouvrages do campagne, Vécjuilibre 
des déblais et des remblais doit être obtenu, 
c'est-à-dire que les terres du fossé doivent 
suffire à constituer le parapet, en tenant 
compte pour ce dernier du foisonnement, ou 
place plus grande occupée par les remblais 
que par les déblais. 

DÉBLOCUS. DÉBLOQUER. Faire ,esser 
ou lever un blocus. 

DÉBOÎTEMENT. DÉBOÎTER. Place- 
ment dans la iiouvoUo diio(>tion des pre- 
mières lilos d'une troupe par le flanc qui 
doit s'engager dans une direction perpendi- 
culaire à coUp qu'elle occupe dans b^ mouve- 
ment de « jjar files à di'oite ou à fjauche ». 

DÉBORDER. Action de dépasser un flanc, 
une aile do ronnorai, de manière à être 
maître de ce flanc ou à prendre cette aile 
(Vécharpe, à tourner l'adversaire. 

Etre débordé, c'est commencer à être pris 
en flanc et bientôt à être tourné. 

DÉBOUCHÉ. Sortie d'un défilé du côté 
de l'ennemi. 

Une armée en campagne doit toujours 
s'assurer des débouchés, que l'avaiit-garde 
doit tenir libres dans une marche en avant. 

— de sape. A pour objet d'entreprendre 
une sape à tiavors le parapet d'une tranchée 
existante. 

Peut s'exécuter seulement après l'élargis- 
sement de la tranchée (V. Retour de sape), 

DÉBOUCHER. Action de sortir d'un 
défilé: on débouche toujonis en colonnes. 

DÉBOURRAGE ou DÉBOURER. En- 
lever le bourraçie d'un fourneau de mine ; 
ôter la bourre d'une arme à feu. 



DEBOUT ! Commandement d'exécution 
pour faire relover les troupes quand elles se 
sont agenouillées dans une cérémonie reli- 
gieuse, ou quand elles sont dans la position 
du tireui- à genou ou couché. 

DÉBRIDER. Enlever la bride d'un 
cheval. 

Sans débrider, signifie sans interruption. 

DÉBRIS de houille. Dans la houille ou 
charbon de terre, destiné au service du 
chauffage dans l'armée, la proportion des 
menus débris, ne passant pas dans des 
barreaux espacés de 0™,01, ne doit pas être 
supérieure aux 2/3 de la distribution. 

DÉBROUILLER (Se). Se sortir d'affaire 
dans toutes les circonstances, savoir prendre 
de l'initiative. 

Go principe, poussé autrefois trop loin 
dans l'armée française, ne doit pas exclure 
la prévoyance et la prudence. 

DÉBUSQUEMENT ; DÉBUSQUER. 
Expulser l'ennemi d'une position avanta- 
geuse où il était embusqué. 

DÉCADE. Chez les Grecs, escouade de 
10 liommes dont le chef s'appelait décan. 

DÉCAGONE. Ouvrage de foi lilication 
composé do dix bastions. 

DÉCALIBREMENT. Modification du 
calibre d'une Jiouche à feu, soit par suite 
d'un accident, soit par suite d'une transfor- 
mation de l'âme de la pièce. 

DÉCAMPER. Action de lever le camp 
formé de lentes. 

En temps ordinaire, cette opération se 
fait méthodiquement, mais en cas d'alerte 
marquée par la générale ou la sonnerie à 
cheval, les troupes courent aux armes et se 
forment rapidement en avant du camp. 

DECAPAGE. Pour relier ensemble les 
extrémités do conducteurs électriques, il est 
nécessaire d'enlever au moyen de papier do 
verre ou de sable, c'est-à-dire de décaper, 
l'oxydation ou les im|)urotés qui les recou- 
vrent, do manièie que le contact du métal 
soit intime. 

Les gamelles individuelles et les ustensiles 
de campement sont également décapés avant 
d'être étamés. Pour cela, on les plonge dans 
un bain d'acide sulfurique étendu d'eau. 

DÉCARQUE. Clief d'une décurie de 
10 cavaliers bysantins. 

DÉCATISSAGE. Opération par laquelle 
on ôte l'apprêt donné aux draps des troupes 
au moment du tissage. 11 se pratique en ]ila- 
çant l'étolfe sur une table métallique percéi' 
de trous dans le sens de la largeur, de ma- 
nière à ne pas dépasser les trous de la table. 

On maintient fortement les pièces de drap 
en plaçant sur elles un plateau en bois serré 
par une vis de pression, puis l'on fait arriver 



DÉCADE. 



199 



DÉCLARATION. 



par-dessous la table , au moyen d'un tuyau, 
de la vapeur bien sèche qui traverse tous 
les plis du drap. 

Les pièces sont ensuite fortement éventées, 
puis séchêes pendant deux jours au moins. 

Le dëcatissage s'opère dans les manufac- 
tures des entrepreneurs ou dans les maga- 
sins de l'Etat. 

DECAUVILLE (V. Cheviin de fer). 

DECEDE. Se dit d'une personne qui est 
morte. 

La solde due aux officiers décédés, est 
versée entre les mains des trésoriers-payeurs 
généraux, au titre de la Caisse des dépôts et 
lonsignations. 

On opère de même pour la solde et les 
indemnités dues aux sous-officiers rengagés 
ou commissionnés qui viennent à décéder. 

DÉCENTRALISATION. Action de dé- 
truire la centralisation. 

État de choses opposé à la centralisation. 

Se dit en matière de gouvernement, d'ad- 
ministration, de commandement. 

DÉCÈS. -Mort d'une personne. 

Quand un militaire présent au corps vient 
à décéder, le médecin chef de service con- 
state le décès et établit un certificat provi- 
soire sur le vu duquel le corps est reçu à 
l'hôpital militaire ou à l'hospice civil du 
lieu, à titre de dépôt. 

11 rend compte au chef de corps, dans un 
rapport circonstancié, des causes du décès ; 
ce rapport est transmis au Ministre. 

En cas de mort violente, le corps ne peut 
être enlevé et transporté à l'hôpital ou à 
l'hospice civil que lorsqu'un officier de police 
judiciaire a rempli les formalités légales. 

Les conseils d'adm.inistration préviennent 
la famille du décédé par un télégramme 
adressé au maire de la commune ; ils font 
également, dans les vingt-quatre heures, la 
déclaration du décès à l'ofticier de l'état civil. 

En cas de décès d'un militaire dans un 
hôpital civil ou militaire, le directeur de cet 
établissement, ou l'officier d'administration 
gestionnaire, suivant le cas, donne avis du 
décès, par télégramme, au maire de la com- 
mune où habite la famille du décédé ; il en 
donne également avis au commandant d'ar- 
mes et au corps; enfin, il doit, dans les 
vingt-quatre heures, transmettre la déclara- 
tion du décès à l'officier de l'état civil du 
lieu. 

En campagne, les actes de décès sont 
dressés par l'officier de l'état civil aux 
armées, sur l'attestation de trois témoins : 
les extraits sont envoyés, dans un délai de 
10 jours, au Ministre de la guerre et à l'offi- 
cier de l'état civil du dernier domicile du 
décédé. 



Les chefs de corps ou de service adressent 
chaque mois, au commandement, un état 
des militaires décédés qui étaient décorés ou 
médaillés. 

DÉCHARGE. Série de coups de canon ou 
de fusil tirés avec ensemble. 

— juridique. Déclaration de la non-cul- 
pabilité et de l'absolution d'un prévenu. 
Déclarer qu'une dette a été acquittée. 
DÉCHARGER. Enlever la charge d'une 
arme à feu ou d'un fourneau de mine. 

DÉCHÉANCE. Perte d'un droit ou d'une 
faculté, faute d'en avoir usé dans les délais 
fixés par la loi, ou selon les formes et les 
conditions prescrites. 

Perte de la couronne, du tiône. 
DÉCHET. Perte qu'une chose éprouve 
dans sa quantité, sa quahté, sa valeur. 

Les déchets de distribution doivent être 
justifiés par des procès-verbaux établis ou 
approuvés par le sous-intendant dans un 
délai lie 48 heures. 

DÉCIMALES. Fractions de l'unité pla- 
cées à la droite de la virgule et qui re- 
présentent des dixièmes, centièmes, mil- 
lièmes, etc., de l'unité. 

Sur les pièces de dépenses, les décomptes 
en deniers ne doivent pas comprendre de 
millième. On force d'une unité la seconde 
décimale lorsque la troisième est o ou au- 
dessus. 

DÉCIMATION ; DÉCIMER. Peine en 
usage dans l'armée romaine et qui consistait 
à livrer à la hache du licteur chaque dixième 
homme (dont le nom était tiré au sort) 
d'une troupe lâche ou insubordonnée. Cette 
punition barbare a été employée plus tard 
dans d'autres armées. Quelquefois, au lieu 
du dixième homme, ce n'était que le 
vingtième, le trentième qui était conduit au 
supplice. 

DÉCISIF ; DÉCISIVE. Une bataille est 
décisive quand son résultat met fin à la 
guerre, à une opération. 

DÉCISION. Jugement prononcé. Résolu- 
tion que l'on prend. 

En matière d'administration, les décisions 
ministérielles ont pour but de fixer les points 
de détail d'une loi, d'un décret ou d'un 
règlement et de prononcer sur les questions 
de droit individuel. 

DÉCLARATION de décès (V. Actes de 
l'état-civil}. 

— de guerre. Action de déclarer la ces- 
sation de la paix entre deux puissances, à 
la suite de laquelle les hostilités vont com- 
mencer. 

Cette déclaration a généralement été faite 
avec des formes plus ou moins solennelles, 
et actuellement cette formalité, que les évé- 



DECLASSEMENT. 



iOO 



DÉCORATION. 



nemeiits ont pu faire prévoir au moins 
quelques jours à l'avance, s'accomplit par 
voie diplomatique sous forme d'une déclara- 
tion remise par l'ambassadeur au Gouverne- 
ment auprès duquel il est accrédité et après 
laquelle cet ambassadeur regagne son pays. 

— de quittance. Mention faite sur l'une 
des expéditions (bleue) des états de solde 
que le payement de la somme portée sur cet 
état a été fait à qui de droit : elle est ren- 
voyée à l'ordonnateur de la dépense après 
payement pour servir de pièce à l'appui de 
la revue de liquidation. 

— de versement au Trésor. Tout 
conseil d'administration ou tout militaire 
qui doit une sonnne à l'Etat eu fait le ver- 
sement dans les caisses du Trésor, qui doit 
en donner un seul récépissé, mais autant de 
déclarations de versement qu'il est nécessaire 
aux intéressés pour justifier auprès de qui 
de droit qu'ils se sont acquittés de leur 
dette. 

DÉCLASSEMENT ; DÉCLASSER. Faire 
changer de classe des effets ou matières. 
Cette opération se fait au moyen d'un certi- 
ficat administratif établi par le sous-inten- 
dant militaire. 

On dit qu'une place ou un ouvrage est 
déclassé lorsqu'il y a lieu de le démanteler, 
parce qu'il n'atteint plus son but. 

Il faut une loi pour autoriser le déclas- 
sement. 

DÉCLIC. Mouvement de détente brusque 
(lu ressort d'une machine de guerre [haliste, 
catapulte) ou de la platine d'une arme à feu. 
C'est aussi un appareil destiné à arrêter, à 
un moment déteriniué, la marche d'un mé- 
canisme, comme dans la sonnette à battre les 
pilots. 

DÉCLIN ou CLIQUET. Ressort d'une 
arme à feu servant à abattre le chien sur le 
bassinet. 

DÉCLINAISON. On a donné ce nom au- 
trefois au mouvement de Tournez à droite 
iyauche) d'une colonne en marche (V. .4«- 
(jiaUe aimantée). 

DÉCLINATOIRE. Petite boussole de 
forme rectangulaire dont on se sert surtout 
pour faire des levés de reconnaissance ; elle 
donne avec précision la déclinaison de l'ai- 
guille aimantée. 

Exception par laquelle le défendeur d'une 
cause demande son renvoi devant une autre 
juridiction. 

DÉCOCHER. Lancer une flèche ou un 
trait en le faisant partir de la corde de l'arc, 
de l'arbalète ou de toute autre machine ser- 
vant à le projeter. 

DÉCOIFFER une fusée. Enlever la 



garniture se i vaut à la préserver contre une 
inllainmation accidentelle jusqu'au moment 
du tir. 

DECOMMANDER. Ordonner de ne pas 
exécuter un ordre précédemment donné. 

DÉCOMPOSITION. Corruption, altéra- 
tion profonde. Résolution d'un corps en ses 
principes ou parties simples. 

— de l'effectif. Des états de décompo- 
sition de l'effectif, réunis en un cahier par 
corps ou service, dressés à la date du 1*'' jan- 
vier de chaque année, sont envoyés directe- 
ment au Ministre le 15 du même mois. Cette 
décomposition est établie sous les rapports 
du titre en vertu duquel les militaires sont 
liés au service, de la taille, de la durée du 
service restant à faire, de l'instruction pri- 
maire, de l'âge, de l'ancienneté de service, 
de l'ancienneté de grade, des professions, des 
quantités de promotions faites, des diverses 
positions des militaires en mission, du nombre 
des militaires libérables étant en congé, des 
gains et des perte-, du nombre des engage- 
ments et des rengagements effectués, etc. 

— en triangles. Dans certaines inè- 
tiiodes de lerés, par exemple par chemine- 
ment ou pour les détails, on décompose eu 
triangles les diverses parties à rapporter sur 
le plan. 

DÉCOMPTE. Supputation de ce qu'il y a 
a rabattre sur un compte, sur une somme 
qu'on paye. C'est aussi établir le compte 
de ce qu'il y a à payer dans certains cas, 
par exemple, aux abonnataires, ou la va- 
leur de certains effets, suivant leur classe- 
ment. 

La durée des effets se décomptait autrefois 
par trimestre ou par an. 

Le décompte de la masse indivi- 
duelle, dans les corps où cette masse existe 
encore, a pour objet de déduire de l'avoir à 
la masse de chaque homme les fournitures, 
les dégradations, les imputations au compte 
de cette masse. 

Le décompte de libération est un ta- 
bleau qui termine la reçue de liquidation, 
qui récapitule tous les payements effectués 
pendant le trimestre et établit la balance d(! 
ces payements avec les crédits, de manière 
à faire ressortir les trop ou moins-perçus. 

DÉCORATION. Marque ostensible, signe 
distinctif doiiiiô comme récompense de ser- 
vices rendus un témoignage de gratitude à 
certaines personnalités. 

Les décorations {croix de Saint-Louis, de.) 
furent supprimées eu France en 1792, puis 
remplacées sous le Directoire par des armes 
d'honneur, auxquelles succéda, en 1802, 
l'ordre de la Légion d'honneur. Une déco- 
ration dite de juillet a été également ac- 



DECOUCHER. 



i^Ol 



DÉFENSE. 



coidoe aux combattants qui ont pris paît à 
la Révolution de 1830. 

Toute personne qui iiorte publiquement 
une décoration qui ne lui appartient pas est 
l>assible d'un emprisonnement d'un mois à 
deux ans. 

Le port des décorations étrangères doit 
être autorisé par le Gouvernement français 
(V. Insignes. Légion d'honneur, Médailles, 
Ordres mililoires, etc.). 

DÉCOUCHER. Coucher hors de chez soi. 
Dans l'armée, ce mot signifie que le soldat 
a passé la nuit sans permission hors de la 
caserne. 

DÉCOURONNER. Expulser les troupes 
qui couromient une hauteur. 

DÉCOUVERT. Une position, une ville, 
une troupe sont découvertes ou à découvert 
lorsque aucun couvert, moyen de défense ou 
fortification ne les dérobe à la vue ou au feu 
ennemi. 

DÉCOUVERTE. Aller à la découverte 
c'est aller en reconnaissance en pays ennemi 
pour être fixé sur les positions et les moyens 
d'action de l'adversaire. 

DÉCOUVRIR (SE). Une troupe se dé- 
couvre lorsqu'elle cesse d'utiliser l'abri, la 
fi-otection que lui assuraient le terrain, des 
obstacles ou des fortifications. 

DÉCRET. Ordre, ilécision émanant du 
chef de l'Etat pour assurer l'exécution des 
lois. Il résulte de cette définition qu'un dé- 
cret n'est valable qu'autant qu'il n'est pas 
contraire aux lois. 

DÉCROISER les échelons. Dans les 
mouvements par échelons obliques, décroiser 
les échelons c'est les redresser pour les re- 
mettre perpendiculairement en bataille. 

DÉCULASSER. Enlever la culasse d'une 
bouche à feu. 

Le déculassement se produit quelque- 
fois accidentellement par défaut de précau- 
tions dans la fermeture de culasse. 

DÉCURIE. Escouade de dix honmies de 
l'armée romaine, surtout de cavalerie. 

DÉCURION. Chef d'une décurie ; il avait 
pour insigne une canne faite d'un cep de 
vigne. 

DÉDOUBLEMENT. Mouvement qui con- 
siste à faire mettre sur deux rangs les soldats 
qui étaient sur quatre, ou à faire mettre sur un 
rang les soldats qui étaient sur deux rangs. 
Dédoubler un régiment, une compa- 
gnie, etc., c'est faire d'un régiment deux ré- 
giments, etc. 

Les compagnies, escadrons ou batteries sont 
dédoublés, en vertu des lois ou décrets, d'a- 
près les instructions spéciales du Ministie. 
par les généraux assistés d'un fonctionnaire 
de l'intendance. Toutes les opérations consta- 



tant ces dédoublements sont rapportées dans 
des procès-verbaux établis par les fonction- 
naires de l'intendance. Ces actes sont signés 
tant par ces fonctionnaires que par les géné- 
raux et les conseils d'administration ou les 
conmiandants des corps n'ayant pas de con- 
seil. Ils sont ensuite transcrits au registre 
des délibérations du conseil d'administration 
du corps. 

DÉDUCTION. Conséquence tirée d'un 
raisonnement. Ce que l'on retranche, ce que 
l'on retient d'un compte (V. Retenues sur la 
solde), ou des services en cas de non-conti- 
nuité. 

DÉFAITE. Perte d'une bataille. Échec 
en rnsH cam[iagne ; désavantage marqué. 

DÉFAUT. Imperfection physique ou mo- 
rale : le manque de quelque chose. 

Défaut de la cuirasse, l'intervalle qui 
existe enUe la cuirasse et les autres pièces 
de l'anneau qui s'y joignent. 

Le défaut de l'épaule, l'endroit où 
l'épaule se joint au corps. 

Faire défaut signifie manquer à une as- 
signation, eu ternie de jurisprudence (V. .46- 
sent ' ar défaut). 

DÉFECTION. Troupes qui abandonnent 
traîtreusement leurs chefs ou leurs alliés. 

DÉFENDRE. Résister à l'ennemi pour 
l'enipi-çhcr d'occuper une position. 

DÉFENDRE (se). Opposer une résistance 
aux attaques de l'ennemi. 

DÉFENSE. Action de défendre ou de se 
défendre. 

Une guerre de défense ou guerre dé- 
fensive est celle que l'on fait avec une armée 
inférieure en nombre en n'acceptant le 
combat que dans de bonnes conditions que 
l'on renforce au besoin en harcelant l'ennemi 
et faisant trauier les choses en longueur. 

Une place de défense ou en état de 
défense 'St celle qui est fortitiée, armée, 
approvisiormée, pourvue du personnel et du 
matéiiel pour soutenir un siège. 

Une ligne de défense est constituée par 
une position assez étendue et organisée de ma- 
nière à permettre à l'armée qui l'occupe de 
résister à un adversaire, même supérieur en 
nombre. 

— des places. Ensemble des prépara- 
tifs, des mesures d'organisation et des niogens 
de défense employés pour résister aux di- 
vers genres d'attaque que l'ennemi peut 
tenter contre une place, mais surtout à l'at- 
taque en règle, dont nous parlerons unique- 
ment ici, en supposant que la place est en 
mesure de faire toute la résistance pos- 
sible. 

En principe, la tactique de la défense con- 
siste à entraver le plus possihle les entre- 



DEFENSE. 



302 



DEFENSE. 



prises de l'adversaire, c'est-ii-dira de subor- 
donner presque constamment ses opérations 
à celles de l'assiégeant, une fois que celui-ci 
a refoulé la garnisan. Nous indiquerons dans 
l'ordre où ils doivent se succéder, suivant les 
périodes de l'attaque, les procédés méthodi- 
ques ou spéciaux qui sont applicables sui- 
vant les circonstances et dans la mesure du 
possible. 

En règle générale, la défense ne doit pas 
attendre l'assiégeant dans la limite de pro- 
tection des canons des ouvrages, mais se 
porter au-devant de lui, en faisant tout d'a- 
bord une défense extérieure et active aussi 
prolongée que possible, suivant la force 
et l'étendue de la place, la valeur et la 
composition de la garnison. Les opérations 
de ce genre, exécutées par le corps mobile, 
sont plutôt du ressort de la guerre de cam- 
pagne et conduites d'après les lôgles de la 
guerre défensive. 

Pendant la période d'observations, le corps 
mobile, pourvu de tous les moyens d'action 
voulus pour lutter en rase campagne et de 
nombreux outils, se porte aussi loin que 
possible à la rencontre de l'adversaire pour 
connaître ses intentions et ses forces, re- 
fouler les avant-gardes, désorganiser le ter- 
rain et détruire ou emporter les ressour-es 
sur la plus grande étendue possible. 

Pendant la période de refoulement, c'est- 
à-dire dans la période des opérations effec- 
tuées dans la zone qui s'étend à 10 ou IS ki- 
lomètres en avant des forts, le corps mobile 
peut s'établir sur les positions les plus favo- 
lables pour entraver l'investissement. Les 
troupes se retranchent dans ces positions, 
étudiées à l'avani'e si elles en ont le temps 
et les moyens, et font duier la lutte assez 
longtemps pour arriver à être fixées sur le 
choix du point ou de la zone d'allaquc. 

Pendant la période d'investissement défi- 
nitif, la défense active doit opposer des me- 
sures très énergiques pour forcer l'assiégeant 
à. reporter le plus loin possible la ligne d'in- 
vestissement et en entraver l'organisation 
afin de s'opposer à l'établissement des parcs 
et empêcher la construction des batteries de 
première position. Le corps mobile s'attaque 
alors surtout aux détachements (jue l'assié- 
geant lance sur ses ailes pour se prolonger 
autour de la place ; il cherche par tous les 
moyens à forcer l'ennemi à n'agir qu'avec 
des forces respectables, à lui disputer le ter- 
rain pied à pied, sans s'engager jamais à 
fond, mais en profitant de la connaissance 
du terrain et en cherchant h. aguerrir les 
troupes et à exalter leur moral par des succès 
partiels. L'artillerie des forts et des batteries 
de circonstance, construites dans les inter- 



valles de ces derniers, 'peut, jusqu'à l'établis- 
sement solide des lignes d'investissement et 
des batteries de première position, soutenir 
puissamment, lorsque la portée le permet, 
les troupes mobiles, gêner tout mouvement 
ou tout établissement de l'ennemi dans la 
zone d'investissement et appuyer les retours 
offensifs. Mais, à partir du moment où l'as- 
siégeant a assis solidement ses lignes d'in- 
vestissement, il ne reste plus pour ainsi dire 
qu'à défendre chaque ouvrage pied à pied et 
avec la derniéie énergie. Les troupes mobiles 
se replient sur la première ligne de défense 
appuyée aux forts, ligne qui forme la base 
de nouvelles opérations offensives, si la place 
est simplement soumise à un blocus, ou qui 
devient le champ de bataille principal de la 
défense dans le cas d'un siège en règle. 
Dans l'intervalle, on a dû être fixé sur la 
zone d'attaque et on complète en conséquence 
l'organisation de la première ligne de dé- 
fense, en arrière et sous la protection de 
laquelle on installe généralement la première 
ligne d'artillerie, dont l'objet principal est 
de contrebattre les batteries de siège de pr(>- 
niière, puis de deuxième position. Lorsque 
celles-ci ouvrent le feu, l'assiégé doit mettre 
en jeu toutes les pièces de fort calibre qui 
peuvent entrer en ligne pour résister avec 
avantage à, la latte d'artillerie engagée par 
l'assiégeant. 

On tire d'abord de plein fouet, puis k 
feux courbes. On fait contribuer le plus 
possible les ouvrages collatéraux au déga- 
gement du secteur d'attaque. 

L'assiégé doit se maintenir sur la pre- 
mière ligne de défense avec la dernière 
énergie, lorsque l'assiégeant, voyant la lutte 
d'artillerie tourner à son avantage, com- 
mence à attaquer cette ligne. Si un des 
points de cette ligne tombe au pouvoir de 
l'adversaire, l'assiégé devra immédiatement 
chercher à l'empêcher de s'y installer au 
moyen de )etours offensifs, de canonnades 
brusques et violentes, mais courtes. 

La défense s'oppose aux travaux d'ap- 
proche, et surtout à Vouverlure de la pre- 
mière parallèle, par tous les moyens indiqués 
en pareil cas : lumière électrique, patrouilles, 
sorties, artillerie, mousqueterie, contre-ap- 
proches, chicanes de toute sorte, de manière 
à entraver les progrès de ces travaux, sur- 
tout des premiers. 

Pour s'opposer à l'établissement des bat- 
teries de deuxième position, le défenseur re- 
prend la lutte d'artillerie avec la plus 
grande vigueur et toutes les pièces disponi- 
bles ; on y joindra même le tir de l'infan- 
terie. 

Après l'écrasement de son artillerie de 



DEFENSE. 



203 



DÉFENSE. 



premiéio ligue, le défenseur procède à l'or- 
ganisation de la deuxième ligne d'artillerie 
et retire une partie de larniement des forts 
et batteries qui ont pris part au combat. Les 
feux de cette deuxième ligne, les sorties et 
les contre-approches sont les seuls moyens à 
employer alors pour ralentir les travaux de 
l'assiégeant. 

La défense prend également en temps op- 
portun toutes les dispositions possililes pour 
réparer les brèches et repousser les assauts, 
ou pour organiser un retranchement inté- 
rieur, si c'est possible. 

Avant d'évacuer les forts de première 
ligne, on aura soin de dètiuire tout le ma- 
tériel qu'on n'a pu faire replier en arrière 
aupaiavant et de faire sauter les ouvrages 
au moyen de fourneaux de mine. 

On a alors à défendre la zone comprise 
entre la ligne des forts et le noyau. Cette 
seconde ligne de défense, organisée de la 
même manière que la première, est solide- 
ment appuyée à des forts collatéraux ou à 
des localités mises en état de défense. Cette 
ligne, qui n'est pas continue, se compose 
d'une série d'ouvrages semi-permanents, ou 
même de campagne, reliés par des batteries 
de circonstance, dont l'ensemble constitue la 
deuxième ligne d'artillerie et qui sont proté- 
gées par des tranchées-abris et des emplace- 
ments pour pièces de campagne. Dans cette 
phase de la lutte, le défenseur s'efforce de 
rendre aussi difflcile que possible, à l'assié- 
geant, l'occupation de sa nouvelle base d'al- 
taque. 

La défense mobile doit se multiplier sur 
les ailes et diriger, pendant la nuit, des 
attaques répétées sur les flancs de l'assié- 
geant. 

Malgré son affaiblissement, l'assiégé fait 
en sorte de mettre à profit les avantages qui 
résultent de sa position flanquante et du 
concours de l'enceinte pour n'abandonner ce 
terrain qu'après avoir forcé l'assiégeant à 
) lasser par toutes les phases de l'attaque 
régulière devant un certain nombre des ou- 
vrages de deuxième ligne. 

Lorsque l'assiégé est refoulé dans l'en- 
ceinte, la défense mobile, bien que très ré- 
duite et très diflicile, neu doit pas moins, 
dans la limite du possible, continuer à har- 
celer l'assiégeant, en dirigeant sur ses flancs 
des attaques fréquentes. L'artillerie, ren- 
forcée par toutes les pièces disponibles, doit 
être aussi puissante que possible sur le front 
il' attaque. 

Après la prise de l'enceinte, il reste à dé- 
fendre l'intérieur de la ville au moyen d'une 
nouvelle ligne défensive, de coupures inté- 
rieures, etc. 



S'il est possible, on organisera, à l'aide de 
forts encore en état de résister, un réduit 
qui deviendra une espèce de citadelle. Malgré 
les difficultés de la défense à ce moment cri- 
tique, la pénurie des ressources, il est du 
devoir de la garnison de se défendre jusqu'à 
la dernière extrémité, car chaque jour de 
résistance peut avoir des conséquences im- 
menses pour l'ensemble des opérations mili- 
taires. 

Il ne faut jamais négliger de rassembler 
aux points voulus les forces et moyens de 
défense, tout en prenant toutes les mesures 
et les précautions possibles pour n'exposer 
que le strict indispensable, pour préserver 
des effets de l'artillerie et pour réparer le 
mieux possible les dommages causés par le 
tir ennemi. 

Lorsque le gouverneur juge que le der- 
nier terme de la résistance est arrivé, il 
prend sous sa seule responsabilité, mais après 
avoir consulté le conseil de défense et en 
s'inspirant de l'avis le plus énergique, s'il 
n'est absolument impraticable, les résolu- 
tions que le sentiment de son devoir et de 
sa responsabilité lui suggère. Mais, en cas de 
capitulation, il ne peut se séparer son sort de 
celui de ses officiers et de ses troupes et il 
doit toujours détruire les drapeaux. En 
outre, il ne peut comprendre dans la capi- 
tulation les forts et les ouvrages isolés de la 
place qui seraient encore en état de prolonger 
leur résistance. 

La défense d'une place sans forts détaches 
ou d'un fort isolé se déduit aisément de la 
marche générale des opérations qui vient 
d'être exposée. 

— d'un accnsé. Arguments qu'un ae- 
cusé ou son défenseur pioduit devant un tir- 
bunal militaire ou civil pour se disculper du 
fait dont il est accusé ou pour atténuer sa 
faute. 

A partir du moment où la notification du 
jugement a été faite à l'accusé, notification 
qui doit avoir lieu au moins trois jours 
pleins avant la date fixée pour les débats 
publics, le défenseur peut communiquer libre- 
ment avec son client et j)rendre a\i greffe 
coimaissance ou même copie de toutes les 
pièces du dossier. 

La défense doit être libre. Fendant les dé- 
bats, le défenseur doit toujours avoir la 
parole le dernier. Eniin, avant de prononcer 
la clôture des débats, le président doit tou- 
jours demander à l'accusé s'il n'a rien à 
ajouter pour sa défense. 

— d'un convoi. En principe, le com- 
mandant il un convoi évite les occasions de 
combattre ; s'il y est obligé et qu'il puisse 
entamer la lutte sans une trop grande infé- 



DÉFENSE. 



204 



DEFENSE. 



rioiitè on noinbie, il fait serrer le iilus pos- 
sible les liles de voilures et continue sa 
marche. 

Si l'ennemi l'a devancé dans un délilé ou 
dans une position qui commande la loute, il 
l'attaque avec la plus gi'ande partie de sa 
troupe et fait tous ses elForts pour le re- 
pousser, mais sans le poursuivre, alin de ne 
pas s'éloigner du convoi. 

Quand l'ennemi dispose de forces très su- 
périeures, le conmiandant du convoi fait 
former le parc à ses voitures, hors de la route 
et en carré. 

Lorsqu'il n'est pas possible de sortir de la 
route, les voitures doublent les (lies ou occu- 
pent les deux côtés de la route ; chaque voi- 
ture serre sur la précédente, le plus possible, 
le timon placé en dedans de la route, mais 
obliquement ; en tète et à la queue du 
convoi, des voitures sont mises en travers 
pour fermer le passage. 

Les tirailleurs tiennent le plus longtemps 
possible rennemi loin du convoi ; le com- 
mandant les fait renforcer, si c'est nécessaire, 
mais en ayant soin de ne pas ti'op se dé- 
garnir, alin de pouvoir résister à l'assaut de 
l'ennemi. 

Lorsque après une défense opiniâtre, et la 
perte de la majeure partie de sa troupe, le 
commandant se sent trop faillie pour résister 
plus longtemps, et s'il ne peut espérer aucun 
secours, il fait mettre le feu au convoi, puis 
il tente, par une action vigoureuse, de se 
frayer une issue et d'enunener ses chevaux 
d'attelage ; il les tue plutôt que de les aiian- 
donner à l'ennemi. 

La défense d'un coDvoi de prisonniers 
présente des difficultés particulières : si l'on 
est forcé de s'arrêter pour résister à l'ennemi, 
il faut les obliger à se tenir (touchés avec me- 
nace de tirer sur eux s'ils veulent se relever 
avant d'en avoir reçu l'ordre. IJaus tout 
autre cas, il faut presser leur marche, at- 
teindie un village et les enfermer dans un 
grand bâtiment dont on défend les appro- 
ches. 

— d'un bois. La défense d'un bois n'est 
autre que celle de la lisière. 

L'organisation défensive se borne donc à 
détruire ou à incendier tous les couverts 
situés sur les abords , puis à fortifier la 
lisière au moyen de tranchées-abris et 
d'abatis. 

On barie les débouchés des chemins du 
côté de l'ennemi et on crée en arrière des 
chemins de communication artificiels. 

Les saillants auront surtout besoin d'être 
renforcés par la fortification passagère. 

Lorsque la piofondeur du bois est consi- 



dérable, on cherche à y organiser une dé- 
fense par échelons successifs. 

On utilise pour cela les grandes coupures, 
les clairières, les carrefours, etc. 

Les troupes occupent la lisière de la forêt, 
sur une seule ligne autant que possible; au 
cas où elles sont repoussées, elles se replient 
par des chemins indiqués d'avance, jusque 
sur les réserves placées en arrière du bois. 

— de lieux habités. Les lieux habités 
peuvent constituer des points d'appui pour 
la défense ; dans ce cas, il y a avantage à 
les organiser défensivement. 

La mise en état de défense comprend : 

1° La constitution d'mie ligne extérieure 
de défense au moyen de haies, des murs de 
clôture, etc., que l'on relie par des bouts de 
tranchée-abri, de manière à former une en- 
ceinte continue ; 

2" La création d'une deuxième ligne de 
défense au moyen des maisons extérieures, 
reliées au besoin par des retranchements ou 
des barricades à travers les routes; 

3" L'organisation de la défense pied à 
pied, permettant de défendre séparément 
chaque îlot de maisons ; 

4° La fortification d'un réduit formé d'un 
groupe important de constructions , d'un 
cimetière, etc., battant bien les rues qui y 
aboutissent et permettant la retraite; 

5° Le dégagement des vues aux abords de 
la première ligne ; 

6" Le percement de communications entre 
les dilïérentes ligues de défense, lorsque c'est 
nécessaire, ainsi qu'entre les maisons d'un 
même îlot. 

La défense est divisée en secteurs : la 
chaîne et les renforts occupent la première 
ligne ; les soutiens, la deuxiénu^ ligne ; enfin 
les réserves occupent le réduit ou se tiennent 
sur les ailes de la localité. 

L'artillerie s'établit généralement derrière 
des épaulements s'appuyant à la localité. 

L'organisation défensive d'une ferme , 
d'une maison isolée, se fait en constituant 
une première ligne de défense au moyen des 
clôtures extérieures, la maison servant alors 
de première ligne et de réduit. 

— d'un défilé. La défense d'un défilé 
peut se faire soit en arrière, soit à l'inté- 
rieur, soit en avant du débouché. 

La défejise du détilé eu arriére est très 
avantageuse ; elle permet de déployer ses 
troupes et de prendre une position envelop- 
pante par rapport à l'ennemi qui débou- 
chera sur un front très étroit. 

On défendra le défilé à l'intérieur lorsqu'on 
pourra en même temps grimper sur les hau- 
teurs qui le bordent. 

Enfin, le défilé sera défendu en avant 



DÉFENSE. iU-'l 

loi-squ'il sera indispensable d'avoir les deux 
dêboiu'hês, ou lorsque le terrain en avant 
t'ommaiide celui qui est en arrière. 

Il faudra alors iragner du terrain en avant, 
de manière à orciiper un front d'une certaine 
larireur. afin de mieux utiliser les feux de 
l'artillerie et de l'infanterie. 

On se couvrira par des retranchements 
qui seront particulièrement renforcés en 
trois points : Tun au milieu du défilé, et un 
de chaque côté de celui-ci. 

Les règlements sur les manœuvres donnent 
les règles à suivre pour la défense ou l'atta- 
que des détilès dans les difTêrents cas. 

— d'un pont. La défense d'un pont par 
une arrière-garde se fait an moyen d'une 
tête de pont formée de trois échelons, savoir : 
une première ligne de tranchées-abris ; une 
deuxième ligne formée d'ouvrages de cam- 
pagne, reliés par des tranchées ; enHn. une 
tlèche formant réduit eu avant du pont. 

Dans le cas où l'eflFectif de l'arrière-garde 
est peu élevé, la tète de pont ne comporte 
que deux échelons, savoir : une ligne de 
retranchements d'une étendue en rapport 
avec le nombre des défenseurs, et un réduit. 

Des batteries peuvent être disposées sur la 
rive amie pour flanquer le réduit. 

Enfin, la destruction ilu pont a dû être 
]jréparée d'avance; elle a lieu lorsque toutes 
les troupes ont frani'hi le cours d'eau. 

DÉFENSE des positions. Cette défense 
suppose, en général, que l'on est inférieur 
en nombre ; elle comporte les dispositions 
suivantes : 

1" Reconnaissance des abords ; 

2° Division des troupes par secteur de 
défense ; 

3" Organisation défensive du front, ou 
tout au moins de certains points d'appui; 

4° Rendre les retours offensifs possibles ; 

5" Avoir des réserves spéciales d'ailes, se 
prémunir contre les mouvements tournants 
de l'eimemi. 

DÉFENSES accessoires. Obstacles que 
l'on dispose en avant des retranchements, 
surtout de ceux de champ de bataille, pour 
en augmenter les difficultés d'accès. 

Les défenses accessoires se placent en 
avant des ouvrages et sous leurs feux rap- 
prochés : dans les fossés, pour empêcher 
l'enneini d'y descendre et pour supprimer 
Vamjle mort ; à la gorç/e des ouvrages ouverts 
ou mi-fermés, pour les mettre à l'abri des 
surprises ; à travers certains passages que 
l'on veut obstruer; enfin sur tous les points 
que. pour une raison (liiclconque. on vent 
interdire à l'ennemi. 

Les défenses accessoires les j)lus fréquem- 
ment employées, en raison de leni valeur et 



DÉFILÉ, 



de leur facilité d'exécution, sont : les abatis, 
les réseaux de fil de fer et les jmlmades. 

Les autres défenses : fraises, cheratix de 
frise, petits piquets, chansses-trapes, trous île 
loup, fowjnsses. etc.. sont d'un emploi moins 
fréquent. 

' DÉFENSEUR. Mot qui a la même oii- 
gine que défmxe et qui signifie : ou Varocat 
chargé de défendre un accusé ou les troupes 
chargées de défendre une place, une posi- 
tion, etc. 

DÉFENSIF (VE) (adjectif). Convenant 
particulièrement à la défense : combat dé- 
feiisif, position défensive, etc. 

DÉFENSIVE (substantif). Attitude d'une 
troupe réduite à une résistance prolongée 
en rase campagne, où elle est obligée de se 
borner à se défendre sans attaquer, par 
suite d'une grande infériorité du nombre. 

La défensive tire sa force principale des 
feux et de l'emploi judicieux du terrain. 

Ln principe, l'hypothèse d'une défense 
passive doit être absolument repoussée. 

La défense active, la seule à envisager, ne 
doit chercher, dans le choix du terrain et 
dans la situation d'attente, qu'un surcroît 
de force et le moyen d'attirer le combat sur 
une position qu'elle connaît, afin de frapper 
l'ennemi plus sûrement et dans de meil- 
leures conditions. 

Se tenir, rester sur la défensive, est le 
contraire de prendre l'ofiFensive. 

DÉFI. Provocation à un combat ; employé 
surtout dans le sens de combat sinijuVœr. 

DÉFICIT. Ce qui manque dans un maga- 
sin, dans une caisse, d'après la comparaison 
entre les écritures et les existants réels. 

Ces déficits font l'objet de procès-verbaux 
rapportés par les directeurs de service ou les 
fonctionnaires de l'intendance. 

Les comptables en deniers ou en matières 
sont responsables des déficits, sauf le cas de 
force majrure. 

Les conseils d'administration sont égale- 
ment responsables des pertes ou déficits de 
fonds jusqu'à concurrence de la sonnne qiu" 
le conseil aurait laissée entre les mains du 
trésorier en excédent des besoins du service. 

DÉFIER. Provoquer à un combat. 

Braver, affronter. 

DÉFILÉ. Passage resserré qui ne peut 
être franchi que sur un front restreint. 

Certains défilés, tels que les cols, les 
gorges, les petites vallées, etc.. ont leurs 
fronts plus ou moins praticables ; les autres, 
tels que les ponts, les digues, les gués, ont 
leurs flancs inaccessibles. 

Parmi ces derniers, il y a encore lieu do 
distinguer ceux dont les flancs, quoique inac- 



DEFILEMENT 



tW) 



DEGAT. 



cessibles aux troupes, peuvent ''-tre battus 
par le feu. 

Quelle que soit là nature des détilés, les 
combats qui s'y livrent présentent un carac- 
tère commun : l'importance qu'on doit atta- 
cher à la possession des issues autour des- 
quelles se l'oncentrent tous les efforts de 
l'attaque et de la défense. 

DÉFILEMENT. Défiler un ouviage, c'eil 
le disposer de manière que son intérieur soit 
masqué, par des crêtes de parapet ou des 
masses couvrantes spéciales, aux vues de 
l'extérieur dans uq rayon donné. Toutes 
les lignes de cet ouvrage, ou au moins les 
principales, doivent être soustraites à l'action 
des coups d'enfilade (défilées horizontale- 
ment) pour tout le terrain que l'ennemi peut 
occuper. 

Le résultat s'obtient en déterminant des 
plans, dits ijlans de déjUetiient, qui soient 
supérieurs aux terrains d'où partent les vues 
et viennent raser les crêtes à couvrir. 

Il faut surtout se défiler du point ou du 
terrain qui dominent le plus les ouvrages, 
et que l'on appelle points ou terrain danye- 
reux. 

Le plus souvent on ne peut se défiler de 
ceux-ci que jusqu'à 4,000 ou 5,000 métrés. 

On opère le (téfdeiiienl de deux manières : 

1° Par la masse couvrante, disposition 
consistant, après avoir déterminé le plan de 
défilement passant par un saillant ou une 
crête, à tenir la surface, à couvrir d'une 
quantité convenable au-dessous de ce plan ; 

2° P.'ir la surface à couvrir, disposition 
consistant à relever cette surface d'une quan- 
tité suffisante, puis à élever la masse con- 
viante jusqu'au plan de défilement déter- 
miné ])ré ilablement. 

DÉFILER. iMarcher par files (générale- 
ment 4) et sur un front peu étendu. 

Alarche en colonne terminant une revue, 
devant le personnage en l'honneur duquel on 
a pris les armes, ou devant le personnage le 
plus élevé en grade ; les fonctionnaires du 
contrôle et de l'intendance ir'ont pas droit 
aux bonneuis du défUê. 

— la parade. Délilé de troupes qui a 
lieu à la parade d'une garnison ou d'un 
camp. 

— (Se). Se glisser derrière un abri. 
DÉFLAGRATION. Combustion rapide 

accompagnée d'un dégagement considérable 
de chaleur, d'une flamme vive et d'un bruit 
plus ou moins fort, mais souvent répété. 

La poudre et les différents explosifs brû- 
lent avec déflagiation. 

DEGAGEMENT du champ de tir. 
Opération consi^tant à supprimer tous les 
obstacles ou couverts qui, dans la limite de 



la boime portée des armes, peuvent entraver 
l'efficacité du tir. En avant de toute organi- 
sation défensive, il est de la plus grande im- 
portance de dégager le champ de tir poui- 
que l'assaUlant ne puisse trouver aucun 
couvert. On abat les arbres, broussailles, 
baies ; on biùle les maisons, les meules de 
foin ; on comble les dépressions, les fossés, 
ou bien on adoucit leurs talus de manière à 
les faire battre par le feu des défenseurs ; on 
foule aux pieds ou l'on fauche les moissons 
et les hautes herbes, etc. Ce travail doit 
précéder celui de l'organisation même, ou du 
moins marcher sinmltanément avec celui-ci. 
DÉGAGER l'épée. En escrime, c'est 
jiilacer sa lame ])ar rapport à celle de son 
adveisaire autrement que celui-ci n'avait 
prévu pour le coup qu'il méditait. 

— le pivot. Dans les changements de 
direction o|)posès au guide, l'homme qui est 
au jnvot l'ait le pas d'environ O'^.SS et 
gagne ainsi du terrain imi avant en se con- 
formant au mouvement de l'aile marchante, 
et eu décrivant un arc de cercle de maniérf 
à dégager le point de conversion. 

— une troupe. Sicourir une troujje 
engagée dans de inauvaises conditions; la 
préserver d'une défaite imminente. 

— le champ de tir. Opération consis- 
tant à enlever eu avant de toute organisa- 
tion défensive, les divers objets qui peuvent 
servir de couvert à l'assaillant dans le rayon 
de bonne portée des armes. Cette opération, 
très importante, doit marcher en même 
temjjs que l'organisation même, si elle ne la 
précède. 

DÉGAINER. Tirer un couteau, un sabre, 
une époe de sa gaine. Mettre l'épée à la 
main. 

DÉGARNIR une place. Lui enlever 
une partie de sa garnison ou de ses res- 
sources. 

— le centre, les ailes. Diminuer le 
nombre des troupes afl'ectées à ces parties de 
la ligne de combat. 

DÉGÂT. Dommage, ravage, dévastation. 
Consommation de vivres et de denrées faite 
avec désordre et sans mesure. 

Les dégâts occasionnés par les troupes 
dans leurs logements sont à leur charge s'ils 
proviennent de leur négligence. Ils sont con- 
statés par un procès-verbal dressé contradic- 
toirement par le maire et par l'officier dé- 
légué par le commandant de la troupe. La 
dépense est payée parla masse d'habillement 
et d'entretien. 

Les dégâts commis dans les propriétés 
pendant les grandes manœuvres sont évalués 
par une commission spéciale conformément 
aux dispositions de l'instruction ministérielle 



DÉGONFI^EMENT. 



-201 



DEHORS. 



(lu 'lu ;ivnl 188i, pour l'application de la 
lui (lu 3 juillet 1877 sur les r(^(fuisitioiis. 

Le montant de l'évaluiition des dégâts est 
immédiatement payé aux intéressés, au 
compte de l'Etat. 

Les dispositions ci-dessus sont également 
applicables aux dégâts faits dans les pro- 
priétés privées par toute réunion de troupe 
exécutant des manœuvres, marches, exer- 
cices, etc.: mais la commission cliaigée de 
régler les indemnités ne comprend qu'un 
officier délégué et le maire de la commune. 
En temps de guerre et en cas de départ 
inopiné des troupes logées chez l'habitant, 
si aucun officier n'a été laissé en arrière pour 
recevoir les réclamations, celles-ci sont re- 
çues par le juge de paix ou, à défaut, par le 
maire, qui dresse un procés-verbal et le 
remet à la personne intéressée pour faire 
valoir ses droits comme en matière de réqui- 
sition. 

DÉGONFLEMENT. Dégonfler un ballon, 
c'est en enlever le gaz. 

DÉGORGEOIR.' Poimoii qu'on introduit 
dans la lumière d'une Louche à feu pour 
percer la charge, avant de placer Vélou- 
pille. 

DÉGRADATION. Détérioration commise 
dans les bâtiments militaires, à la literie, à 
l'armement, etc. 

Le montant de ces dégradations est sup- 
porté par la masse d' liabillement et d'entre- 
lien lorsqu'elles ont été occasionnées par la 
faute des hommes : il est mis au compte de 
l'Etat lorsque les dégradations proviennent 
des intempéries, de l'user naturel ou de cas 
de force majeure. 

Les dégradations doivent être immédiate- 
ment réparées par le service institué à cet 
effet. 

Les pertes et les dégradations causées par 
les troupes logées chez l'habitant sont ré- 
glées comme il a été dit pour les dégâts. 

— militaire. Peine prononcée par un 
conseil de guerre et qui consiste dans la 
destitution de la qualité de militaire comme 
étant indigne de porter les armes. 

La dégradation militaire a lieu devant un 
détachement de chacun des corps de la 
garnison, devant les recrues ayant moins de 
trois mois de sei-vico et devant le corps entier 
auquel appartient le condamné. Celui-ci est 
dégiadé après que la lecture de sou jugement 
a été faite par le greffier. Le commandant 
des troupes réunies prononce à haute voix 
la formule de dégradation. Le plus ancien 
sous-oflicier lui enlève les insignes de grade 
et les décorations, s'il y a lieu, les épaulettes 
et tous les accessoires de l'uniforme qui sont 
des marques distinctives. Le condamné, con- 



duit par un caporal ou brigadier et quatre 
soldats, passe ensuite devant le front des 
troupes, ([ui sont au poit d'armes. 

— de chevalier de la Légion d'hon- 
neur ou de la Médaille militaire. Elle 
est prononcée par le chef de l'Etat sur la 
]iroposition du conseil de l'Ordre de la Lé- 
gion d'honneur, à moins qu'elle ne résulte 
d'une condamnation à la dégradation mili- 
taire prononcée par un conseil de guerre. 

Aucune peine infamante ne peut être prise 
contre un membre de la Légion d'honneur 
sans qu'auparavant il n'ait subi la dégrada- 
tion militaire ; par conséquent, les membres 
civils de la Légion d'honneur et les membres 
militaires non condamnés sont purement et 
simplement destitués, avec défense de porter 
les insignes de l'Ordre. 

DÉGRADER. Dépouiller, avec ignominie, 
d'un grade ou d'une dignité. 
Commettre une détérioration. 
DÉGRAISSAGE. Action de dépouiller 
une chose de la matière grasse dont elle est 
imprégnée; c'est une des préparations qu'on 
fait sirbir aux laines avant de les filer pour 
servir ensuite à la fabrication des draps de 
troupe. 

Action d'enlever les taches faites par 
quelque substance grasse. 

Le dégraissage des effets militaires est 
généralement opéré au moyen du savon ou 
de la benzine» 

Les effets réintégrés dans les magasins 
doivent être pnialablement dégraissés, sinon 
cette opération est faite immédiatement par 
des hommes de corvée. 

DÉGRAS. Liqueur savonneuse chaude 
qui n'est autre chose qu'une lessive de cen- 
dres de bois neuf ou de potasse à 2 degrés 
de Baume. 

DÉGROSSISSAGE. Opération qui a pour 
but d'eidever une partie du métal en excé- 
dent dans une bouche à feu ou dans un fusil 
et de faire disparaître les iriégularités de la 
forme extérieure. Ce trav;iil s'effectue sur un 
chariot de tournage à l'aide de deux outils : 
l'outil à dégrossir, qui laisse des séries de sil- 
lons sur le métal et l'outil à planer, qui les 
enlève et nHahlit une surface unie. 

DÉGUSTATION. Essai qu'on fait des 
liqueurs en les goûtant. 

DÉHANCHÉ. Oui a les hanches dislo- 
quées. Ex. : ce cheval est tout déhanché. 

DEHORS. On nomme ainsi en fortifica- 
tion pcnnanente les ouvrages en dehors du 
fossé du corjts de place qui reçoivent leur 
flanquemenl de celui-ci et sont envoloppi's 
par le chemin couvert; ils servent à com- 
pléter l'action de l'enceinte. Les dehors les 
plus usités sont : le chemin cuurerl, la 



DELAI. 

conlre-çiardc , la cuupuir. la demi-lune, les 
places d'amies, les rèduiis de places d'armes 
et \i\ tenaille {firj. (J3). 

DÉLAI. Temps ai-cordé iiour faire une 
chose. 

— d'arrivée. Temps dont ilis])Ose tout 
militaire pour se rendre à destination. 

— de grèiCe {\. Doser leurs et Insoumis). 

— de recours. Les décisions rendues 



208 DÉLÉGATION. 

par le Ministre, et régulièrement notifiées, 
ne peuvent être attaquées que par voie de 
recburs au Conseil d'Etat et dans les 3 mois 
après le jour où la notification en a été 
faite. 

— de repentir. Délai accordé à un mi- 
litaire en absence illégale avant d'être déclaré 
déserteur ou insoumis. Ce délai varie de 
6 jours à 1 mois, suivant les cas. 




— de tolérance. Délai de 4 jours ac- 
cordé en sus du nombre de jours réglemen- 
taires à tout officier qui change de lésidence. 
Ce délai ne donne droit à aucune indemnité 
supplémentaire ; il doit être considéré comme 
une simple permission. 

DÉLÉGATAIRE. Celui qui a reçu une 
d