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Full text of "Nouveau Larousse illustré : dictionnaire universel encyclopédique"

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Digitized by the Internet Archive 

in 2009 with funding from 

University of Ottawa 



http://www.archive.org/details/nouveaularoussei06laro 



NOUVEAU 



LAROUSSE 



ILLUSTRE 

i 



CLASSEMENT 

ni:s cAUTFs kt des planches en couleurs 



liONTENlIES DANS IF. TOMT. VI 



c-Â 



Apre» 
la pag«. 

MI:R "i rnil(^s1 . 28 

MKTHIQUE (SvsTf-MF.) 'plnncho\ . 04 

MEXIQUE (carie) '!'t 

MINÉRAUX (2 planches) . ...... 106 

MINIATURES (planche) \\i 

MOLLUSQUES (planche) 154 

NAVIGATION (planche) 324 

OCÉAN (2 planches) 4r.n 

OCÉANIK (cailei 4S4 

(«•: U !•' S ( planche ' 472 



Apr*i 

In pafff. 

OISEAUX (4 planches) 1« 

PALÉOGHAIMIIH l'pl.Tiicho <',l(i 

PALESTINE (carie) 024 

PAPILLONS (2 planches! 65a 

PARIS Kl- SES EN viRON s (2 cartes . 079 

PAVILLONS (planchei 734 

PAVS-UAS (carlo et plaïK-hoi .... 742 

PLUIES (carte) 04S 

POISSONS (2 planches) 071 

PÔLES (carte) '-""O 



PMRTUG.M. fcnrip et planche . 



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NOUVEAU 



LAROUSSE 



ILLUSTRE 



DICTIONNAIRE UNIVERSEL ENCYCLOPÉDIQUE 



Frni>iÉ sous i.a dihkction hk 



CLAUDE AUGE 



TOME SIXIEME 



8 098 fifavures. — 152 Tableaux. — 68 Cartes. 



ri e L - "T^O 



JE 





PARIS 

LIBRAIRIE LAROUSSE 



17, RUE MONTPARNASSE, 17 



Tmis droits réserv(^s. 



^> 



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25 

t-fc 







Mêle, comm. d'Italie {Ligurie [prov. de Gènes]), sur 
un rocher dominant la mer ;.2.902 hab. 

MÉLÉAGRE ou MELEAGBIS (mé-lé-a-griss) n. m. Nom 
vulgaire d'une fritillaire, dont la fleur est mar([uée de pe- 
tites taches imitant les divisions d'un damier. 

— Adjectiv. : Fritillaire méléagre. 

MÉLÉAGRE. Myth. gr. Héros étolien du cycle des Ar- 
gonautes, tils d'Œnée, roi de Calydon. et d'Althaea. fille de 
Thestios. Le Destin voulait qu'il vécût tant que durerait 
un tison qui brûlait au moment de sa naissance. Sa mère 
éteignit aussitôt le tison qu'elle garda soigneusement. Il 
épousa Cléopàtre, appelée aussi Alcyone, dont il eut une 
fille, Polydora. Il fut vainqueur aux jeux funéraires en 
l'honneur d'Acaste, et prit part à l'expédition dos Argo- 
nautes. Mais il est connu surtout par la chasse de Calydon 
(v. ce nom), où il tua le fameux sanglier, qu'Atalanie avait 
d'abord blessé. Méléagre voulut otfrir ces dépouilles à 
Atalante, dont il était épris. Mais ses on- 
cles, les fils de Thestios, Ancée, Céphée et 
Ploxippc, réclamèrent les dépouilles. Une 
bagarre éclata, au cours de laquelle Mé- 
léagre tua deux de ses oncles. AUhsea. irritée 
du meurtre de ses frères, jeta au feu le tison 
fatal, et Méléagre expira aussitôt. On mon- 
trait à Tégée,dans Je temple d'Athéna Aléa, 
les défenses du sanglier do Calydon, et à 
Sicvone, dans le temple d Apollon, l'épieu 
de Méléagre. 

— Iconogr. Les aventures de Méléagre 
sont souvent retracées sur les monuments 
antiques. Nous citerons la belle statue du 
Vatican, les sarcophages du musée des 
Offices, à Florence, et du palais Dorîa. à 
Rome; les trois bas-reliefs trouvés en 1ST3, 
dans les fouilles de Salonique, qui probable- 
ment décoraient le portique de Constantin, et qui ont été 
déposés au musée de Sainte-Irène, à Constantinople. Une 
peinture antique représente Méléagre et Atalante. La 
Chasse de Méléagre a été peinte par Poussin (Madridl, 
par La Hyre, Jordaens (Madrid), P. Van der Faes 
(Louvre\Ch. Le Brun [Louvrel. etc. Rude a sculpté, pour 
la décoration du château de Tervueren, en Belgique, un 
grand bas-relief en pierre sur te même sujet. 



Méléagre, général macédonien, un des lieutenants 
d'Alexandre, mort en 323 av. J.-C. Après la mort d'Alexan- 
dre, il soutint le fils de Roxane, puis Arrhidée, obtint le 
gouvernement de la Lydie, fut un des chefs du parti op- 
posé à Perdiccas. Enfin, il fut nommé régent avec Pcr- 
diccas, contre lequel il complota, et qui le fît tuer. 

Méléagre, roi de Macédoine (280 av. J.-C). Il était fils 
de Ptolémée Soter et d'Eurydice, fille d'AntIpatros. Il 
succéda à son frère Ptolémée Ceraunos, et ne régna que 
deux mois ; il fut déposé par ses soldats. 

Méléagre, poète grec, né à Gadara, en Cœlésvrie, 
entre 140 et 130 av. J.-C.. mort à Cos. Il imita d'abord son 
compatriote Ménippe. le philosophe cynique, composa des 
Ménippées et un ouvrage philosophique, les Charités, où 
il développait des théories cyniques sous une forme bur- 
lesque, puis se rendit à Tyr, y chanta ses maîtresses Hé- 
liodore et Zénophile, et écrivit les Païdika. Vers 80, il se 




Méléagre chassant le sanglier de Calydon tlias-relief d'un sarcophage, 
'au palais Doria;! 

fixa à Cos, où il composa quelques pièces pour une cer- 
taine Phanie. C'est là aussi qu'il réunit les éléments de sa 
célèbre Anthologie connue sous le nom de la Couronne ou 
du Bouquet, où il rassembla les œuvres choisies d'une qua- 
rantaine de poètes, depuis le vu* siècle avant notre ère 
jusqu'au ii* siècle. Ce recueil, souvent remanié et com- 
plété, a fourni le premier fonds de VAnthoiogie grecque 
Nous avons de Méléagre quelques fragments de ses Ménip- 



pées. conservées par Athénée; de nombreuses parties de 
sa Couronne, insérées dans l'Anthologie grectjue. et en- 
viron 140 Epiqrammes personnelles, très variées de thème 
et de ton, d allure très vive et d'un sentiment délicat. 
— BiBLioGR. : Ouvré, Méléagre de Gadara (Paris, 1894). 

MéLÉAGRIDES. Myth. gT. Nom donné aux sœurs de 
Méléagre : Déjanire, Gorgé, Eurymède. Mélanippo. Elles 
pleurèrent longtemps !a mort du héros. Artémis, irritée, 
changea Eurymède et Mélanippe en pintades (sur le plu- 
mage desquelles les taches blanches figurent les larmes\ 
et Tes transporta dans l'île de Lèros; tiorgo et Déja- 
nire échappèrent à cette métamorphose, à la prière dû 
Dionysos. 

MÉLÉAGRIDES n. m. pi. Famille de gallinacés, compre- 
nant les dindons [7neleagris) et genre voisins. — L'n .mk- 

LÉAGEIDE. 

MELEAGRINA (mé-lé) ou MÉLÉAGRINE n. f. Nom des 

pintadines. V. pimadine. 

MÉLÉAGRIS n. m. Nom scientifique du genre dindon. 

MÊLÉ-CASSIS et par abrév. MÊLÉ-CASS et wtht n. m. 
Pop. Mélange d"eau-de-vie et de cassis : Le mèle-cass est 
le nectar des déesses du cordon. (L. Rigaut.l ii Par anal., Se 
dit d'un mélange quelconque, surtout d'éléments hétéro- 
clites : Etrange MÊLÉ-CASSis rédigé en caiacttrc^ hiéro- 
gbfphiqucs. iMonlécourt.) 

MéLÈCE saint), patriarche d'Antioche. né à Mélitèno 
{Petite Arménie) vers 310, mort à Consiantiûopie en 3Sl. 
Evoque de Sébaste (357\ il devint patriarche d'Antioche 
en 360. Mais Lucifer, évêque de Cagliari, sacra Paulin, 
chef de la fraction dissidente, et le fit reconnaître comme 
patriarche d'Antioche par les évèques d Occident. Mélèce 
combattit avec constance les ariens et fut exilé troK» fois 
par leurs protecteurs : par l'empereur Constance en 300. 
par Julien en 362, par Valens en 364. I! présida le concile 
d'Antioche (363). qui condamna les ariens, et le premier 
concile œcuménique de Constantinople (3811. Son pané- 
gyrique est un des chefs-d'œuvre de saint Jeao Chrysos- 
tÔme. — Fête le 12 février. 

MÉLÈCE ou MéLICE, en latin Melicius, évôqoe de 
Lycopolis. en Egypte, mort en 326. 11 fonda le schisme 
dès méiétiens. 



VI. 



MELECE — MELHANIE 

MÉLtcC Syrique, théologien grec, né à Candie en 
158fi, inori u Galaia en 1GG4. Après avoir fait ses études 
à Padûue, il entra dans un monastère catholique do lilo 
de Candie; puis, étant passé a l'Eglise grecque ortho- 
doxe, il fui nommé protosyncello de Constantinople par le 
patriarche Cyrille Lucar Û630). En IGJI, il ouvrit, à Con- 
stantinople, une écolo célèbre, qu'il dirigea jusqu'en 1660. 
De ses nombreux ouvrages écrits eu grec, les plus impor- 
tants sont : sa Héfutation de la confession de fui de Cyrille 
Lucar {\ùy)), insérée en partie dans la « Perpétuité do la 
foi " d'Arnauld et do Nicole, et i)uhliôe, en grec et en la- 
tin, par Richard Simon (1683), sous le titre de Créance de 
l'Eglise orientale sur la transsultstuntlation (1687); et um- 
Aj)f)robation de la profession de foi de AJohila, th:êoue île 
Kief, <]ui devint, à partir de 10-12, io symbole ofticiel de 
l'Kgliso d'Orit-nt. 

MÊLÉGIEN n. m. Hist. relig. V. mêlétien. 

MÉLECTE ilèkt') n. f. Genre d'insectes hyménoptères 
porte-aiguillon, comnrenani une vingtaine d espèces, des 
régions tempérées uo l'ancien monde. (Les mAectcs sont 
des mé^achilinés de taille moyenne, noirs avec des taches 
d'un blanc pur. Parasites des anthophoros et autres 
abeilles solitaires, elles s'introduisent dans leurs nids pour 
V pondre leurs œufs sur la pâtée mielleuse destinée aux 
iarves. La meltcta punctata est commune en France.) 

Meleda, île austro-hongroise de l'Adriatique (Dalma- 
tie), séparée de la presqu'île de Sabioncello par le canal 
dit « de Meleda «. Do forme allongée, montagneuse, vaste 
de 03 kilom. carr.,olleest peuplée do 1.800 hab. Vins, huile, 
fruits, niiol, vers à soie, chèvres. 

Meleda (maladib de), nom donné par Ehlors à une 
maladie familiale qui s'observe dans 1 île de Moleda, et 
qui est caractérisée par une dilatation dos vaisseaux des 
extrémités, avec hyporkératose et hyperhidrose. 

MÊLÉE {rad. mêler) n. f. Combat corps à corps entre les 
soldats de doux troupes ennemies, qui confondent leurs 
rangs : Se jeter dans la mki.iîk. 

— Par ext. Rixe entre un certain nombre d'individus: 
H a perdu son chapeau dans ta lUKLiiE. il Confusion : C'est 
une MÔLÉE, une cohue. 

— Par anal. Lutte do paroles: // faut que les hommes 
jettent cJiacun leurs idées dans la tjrande mêlée. i,E. Sche- 
ror.) Il Contlit quelconque : La mklkk des intérêts. 

— Agric. Mélange do paille et de foin. 
MelegaRI (Dora), femme de lettres, née à Lausanne 

en isiy, rillo d'un ancien ambassadeur italien. Klle a dirigé 
longtemps la « Revue internationale ». Ecrivain délicat, 
au style élégant et sobro. elle a publié on français dos ro- 
mans : Expiation (1S81), sans nom d'auteur; puis, sous le 
pseudonyme de Fors.^n : Marthe de Thiennes (1883); les 
incertitudes de Livia (1881); Dans la vieille rue (1885); la 
Duchesse Ghislaine (1886) ; Ktjrie eleison (1896); etc. On lui 
doit encore : \o Journal intime de /îenjamin Cotistant (1894) 
et les Lettres intimes de Joseph Mtizzini (1895). 

Melegnano (en franc. Marignan). V. Mahignan. 

MÉLÉGUCTTE {ghèt') n. f. Nom vulgaire de divers 
amnrnes. li On dit aussi MHLiGUETTt:, maliguettei:, etc. 

MelEK. Biogr. V. Mi^xiK. 

Mélek el-Mout, l'ange do la mort, chez les Persans. 
C'est l'Azraél dos Juifs et le Mordad dos mages. 

MÉLÉKIA P. m. Nom do l'une des sectes musulmanes 
qni rL-sidunt dans la régence do Tunis. 

MÉLÉNA on MELANA imé) n. m. Flux intestinal noi- 
râtre s'écliappant par l'anus. 

— E.NcYcL. Lo mtH'.-na apparaît chaque fois qu'une hé- 
morragie imporlantose produit dans lo tube digestif ; sui- 
vant son origine, il est traumatique, idiopathique ou symp- 
tomatique. Dansions les cas, lors(|ue l'écoulement sanguin 
est abondant, on observe des colic^ues, do la tension abdo- 
minale, pâleur de la face, affaiblissement et rapidité du 
pouls, tendance aux syncopes, puis, plus tard, les fèces de- 
viennent rouges ou noirâtres (couleur do suie), suivant la 
durée de séjour dans l'intestin. 

Lo môléna traumatique s'observe dans les plaies do 
l'intestin; le méléna idiopathique se rencontre surtout 
chez les enfants. Le méléna symptomatique le plus fré- 
(^uont peut être produit par une lésion intestinale (ulcéra- 
tion) ou une maladie d'un organe voisin, etc. C'est ainsi 
au'il peut apparaître vers la fin de la fièvre typhoïde, 
ans les dysenteries ou chez les cancéreux. 

ho traitement consistera en un repos absolu, injection 
d'ergotino pour arrêter l'hémorragie, injection do caféine 
et d'éihor pour stimuler lo cœur du malade ; bien entendu, 
une diète rigoureuse sera instituée : on no permettra que 
des boissons froides on très petites quantités. 

Melenczc, bourg d' Austro-Hongrie (Hongrie mérid. 
[coniiiat de Torontalj); 8.691 hab. Aux environs, lac de. 
soude de Russanda, dont les bains sont recommandés pour 
le traitement do la scrofule, dos rhumatismes et dermatoses. 

MelenoA, ancienne ville de l'Inde en deçàduGango, 
sur la tûte occidentale, aujourd'hui Cochin. 

Melendez Valdes (Juan), poèto espagnol, né à 
Rib.-ra del Fresno (Estrémaduro) en 1754, mort L Mont- 
pellier en 1817. n fut nommé 
on 1789, alcalde del crinien 
(jugo d'instruction) à Sara- 
gosso, puis, en 1701, auditeur 
à la chanccllorio de Valtado- 
lid, et, en 1797, trésorier des 
alcaldes de Covte, ù. Madrid. 
Entraîné dans la chute do 
son protecteur, Jovollanos 
(1798). il fut exilé à Médina 
del Campo et Zamora. En- 
voyé en mission à Oviédo, 
on 1806, il faillit être victime 
dos soupçons populaires. Il 
se rallia au roi Joseph, et, 
lors do la chute du nouveau 
régime, il passa on France. 
Ses succès académj()ues com- 
mencèrent sa réputation : Sur 
le bonheur drs champs (1780); 
A la gloire des arts; les Xoces 
de Camacho le riche (1784). Il 
excellait dans la poésie bucolique et anacréontiquc; mais, 
BOUS l'iaflueuco do la poésie anglaise (surtout cellu de 




Mcleodez. 



Young) et des idées philosophiques françaises, il essaya 
d'élever le ion, et écrivit quelques poésies d'une plus 
haute portée : Epïtre à Jovellanos, Ode à la bimfaisauce, 
le Philosophe aux champs, les Misères humaines, les Adieux 
du vieillard, etc. Enfin, il imite souvent avec bonheur les 
poètes du xvi* siècle, particulièrcniont des Séviilans. Me- 
lendez possède la clarté, la limpidité, lo choix, le goût et 
l'art do composer. Il excelle surtout dans lo genre léger 
et erotique. J>es Poésies parurent successivement en 1785, 
1797. isïo. Or. a publié quelques-uns do ses plaidoyers et 
discours [Discursus furenses). 

Melendugno, comm. d'Italie fprov. de Locee [Terre 
dOtrautej) ; 3.079 hab. 

MÉLÈNE n. m. Variété do paraffine. V. paraffine. 

Melenki, ville de Russie, ch.-l. de district du gouv, 
de \ladiiinr. au roiilluent de la Melenka et do t'OuiiJa, 
sous-afiluciit du Volga par l'Oka ; 9.000 hab. — Lo district 
a r..-.'70 kilom. carr. et 150. ooû hab. 

MÉLEQUIN (/ci>i) n. m. Ancienne monnaie française. 

MÊLER (du bas lat. misculare, dérivé du lat. class. 
miscere, même sens) v. a. Mélanger des choses diverses : 
Miller de l'eau avec du vin. Mêler des couleurs, ti Entre- 
mêler dans un ensemble : Mêler des fleurs à ses cheveux. 

— Unir, associer des hommes : Dieu ne nous a ài'oyés 
que pour nous mêlkr. (J. do Maistre.) 

— Emmêler, embrouiller : Mêler ses cheveux, un éche- 
veau, des notes. 

— Confondre : Mêler ses pleurs à ceux d'un ami. La 
MaJ'neMÈLv. ses eaux avec celles de la Seine, il Joindre, unir, 
ajouter ; Mêler l'agréable à l'utile, il Comprendre, faire 
entrer : Mêler ^ueli^u'un à une intrigue, dans une conver- 
sation. Il Introduire, insinuer : Mêler partout son inot. 

— Loc. div. Mêler une serrur'ef La fausser, n Mêler les 
cartes, Les battre avant do commencer la partie. — Fig. 
Embrouiller une afi'airo. 

— Manèg. Mêler un cheval, Le mener à tort et à tra- 
vers do façon tju'il ne sache plus ce qu'on exige do lui. 

— Techn. Mêler les feuilles, Distribuer les feuilles sui- 
vant l'ordre qu'elles doivent avoir dans les cartons collés. 

Mêlé, ée part. pass. du v. Mêler. 

— Loc. div. Société mêlée, Monde mêlé. Réunion où il se 
trouve des personnes inférieures à d'autres par les mœurs, 
les habitudes, etc. it Cheval mêlé, Cheval dont les pieds 
sont embarrassés dans les traits, n Personne de sang mêlé, 
et,substantiv.. Cfn sang mêlé. Une sang 7nêlée, Personne 
issue d'une union entre père et mère de races différentes. 

Il .4i'0fr les dents mêlées ou la langue mêlée, Avoir la pa- 
role très embarrassée, dans l'état d'ivresse. 
Se mêler, v. pr. Etre associé, amalgamé, confondu. 

Il S'unir, se confondre, en parlant des hommes, ii S'accou- 
pler en parlant des animaux : Les oiseaux qui ne font 
point de nid se mêlent indifféremment. (Buff. > il Se croiser, 
par des unions entre races diverses : I^s races immaines 
tendent de plus en plus à se mêler. 

— 5e mêler à. Prendre part à : Se mêler X une intr'ique. 
Il .4ccompagner, être lié à : L'intérêt se mêle k tout. 

— Se mêler de. S'occuper, s'ingérer de, s'immiscer ù. : 
Il ne faut pas se mêler des araires des autres, il Avoir 
rinlaruation do : Se mêler de mner, de pérorer. 

— Loc. div. Se mêler de filer la quenouille. Se mêler do 
cela et pas d'autre chose, rester dans son rôle, en par- 
lant d'une femme, n Le diable s'en mêle. Il y a là-dessous 
(quelque influence inexplicable. 

— Syn. Mélanger, mixtionner. V. mélanger, ii Se mêler, 
s'immiscer. 

— Anton. Démêler. 

MELES (riê-lèss) n. m. Nom scientifique des blaireaux 
proprement dits. V. blaireau. 

MÉLÈS, petit fleuve côtier de Lydie et d'Ionie, sortant 
des environs du mont Sipyle et tombant dans le golfe de 
Smyrno. On faisait naître Homère sur ses bords, d'où le 
surnom do Mélésigène quo porte parfois le poète. 

Melesse, (•omtu.d'I]le-et-Vilaine,arrond.et à U kilom. 
do Rennes; 2 537 hab. Tannerie, clouterie, moulin, toiles 
de lin. Carrières do pierre. Monuments mégalithiques. 
Eglise en partie du xv' siècle, porche en bois sculpté. 

MÊLE-SUR-SARTHE (Le), ch.-l. de cant. de l'Orne, 
arrond. et à 22 kilom. d'Alonçon; 744 hab. Ch. de f. 
Ounst. Dépôt d'étalons et école de dressage. — Le canton 
a 15 l'omm. et 6. MO hab. 

MélESVILLE (Annc-Honoré-Joseph Dcvetrier, dit), 
auteur dramatique français, né à Paris en 1787, mort à 
Marly-Io-Roi en 1865. Fils d'un magistrat, il quitta en 1815 
la magistrature pour se consacrer au théâtre. Il a fait 
représenter, sous le pseudonyme de MélesviUe, trois 
cent quarante et une pièces de tout genre, soit seul, soit 
on collaboration avec Scribe, Bayard, Carmoucho, Du- 
mersan, Théanlnn, Drazior. etc. Beaucoup de ces pièces, 
pleines do vorvo et d'esprit, représentées de 1811 à 1857, 
ont eu un vif succès. Nous nous bornerons à citer : les 
Deux précepteurs {\S\1) ; Erontin mari garçon (1821) ; l'Es- 
pionne nia.îc(1829); Zoé{\%2Q)\ le Philtre champenois (1831); 
Zam/)a (1831); une Affaire d'honneur {\tZ2)\ le Chalet (IS3y)\ 
la Marquise de Senncterre (1837); le Chevalier de Saint- 
Georges (18-11); une Fièvre brûlante ilS47); le Eruit défendu 
(1848): tes liijoux indiscrets (1850); etc. 

MÉLÉTÉ(gr.nj(f/f'/(?. proprem. " sollicitude h ) n. f. Lit ter. 
anc. Exercice oratoire, déclamation. li Sujet de discussion 
ou d'étude. Il Exerciecs ou manœuvres militaires. 

— Kncycl. L'usage des déclamations oratoires se ré- 
pandit dans les pays grecs à l'époque alexandrine, et passa 
ensuite à Rome. La mélété était une déclamation étudiée, 
où le rhéteur traitait lo plus souvent un sujet imaginaire, 
ou mettait en scène un personnage célèbre. Parmi les au- 
teurs qui excellèrent dans ce genre de déclamation, on 
i*iie Lesbonax, lils do Potamon de Mylilèue et père de 
l'olénion, lo précepteur do Tibère. 

Mélété. Myth. gr. Une des trois Muses primitives, 
suivant Pausanias et Varron. Les deux autres étaient 
JE.àé et Muémé. 

Mélété n. f. Planète téloscopique, n" 56, découverte 
en 1857, par Goldschmidt. 

MÊLÉTIEN ou MÉLÉCIEN {si-in^ n.m. Hist. roi. Disci- 
ple de Mélèce ou Mélélins, évêque de Lvcopolis. Il Parti- 
san do saint Mclèce, patriarche d'Antiocho. 



— Kncycl. Mélèco, évoque de Lycopolis (Egypte), fut, 
en 306, déposé par Pierre, patriarche d'Alexaudrie, après 
avoir été convaincu d'apostasie. Mais il refusa de se sou- 
mettre à cette sentence et demeura en possession de soa 
siège. A sa mort, ses fidèles ou méléciens se donnèrent 
un autre évêque, et le schisme persista durant deux cents 
ans. Vers 330, ils s'unirent aux ariens pour itersécuter 
saint Athanase, et un certain nombre d'entre eux embras- 
seront l'ariauismo. Le nom de <> méléciens » a été égale- 
ment donné aux fidèles de l'Eglise d'Antioche, qui re- 
cunnaissaient pour patriarche légitime saint Mélèce. 

Meletos. Biogr. V. Melitos. 

MELETTE (léf) n. f. Genre do poissons physostomes, 
laniillo des clupéidés, comprenant quelques espèces ré- 
parties dans presque toutes les mers du globe. 

— Encyil. Les mf/cHes ressemblent à de petits harengs; 
la molette commune [meletta sprattus) ou esprot, sprat, 
harenguet, est commune dans l'Océan et la mer du Nord» 
d'où on l'exporte, sa- 
lée ou conservée dans -^ 

la saumure, sous I<- 
nom d'nnc//ois de \or 

vt'ge ou petits fiarengs -^ — :=^ ^ — ~ 

de J\ orvêge; on la 

vend en Normandie Mclette. 

comme sardine. Elle 

est remplacée dans la Méditerranée par la meletta pha~ 
lerica. Dans les mors de l'Inde existe une molette [meletta 
lenenosa), dont la chair est an poison violent et mortel. 
La meletto do Cuvier est un autre poisson du genre an- 
chois, Vengraulis enchrasicolus. 

MELEUS [mé'lé-uss) n. m. Genre do charançons, delà 
tribu dos curculioninés, comprenant de nombreuses es- 
pèces, répandues surtout eu Europe et en Asie oi:ridentale. 
(Les ?ncleus sont lourds, trapus, aptères, à livrée fauvo ou 
rousse, variée de gri.s ou de jaunâtre.) Syn. plinthls. 

MÉLÈZE (peut-être du lat. met, miel) n. m. Hot. GeDr& 
de conifères, de la tribu des abié- 
linécs. 

— Encycl. Le genre mélèze (la- 
rix) comprend huit espèces des ré- 
gions tempérées de l'hémisphère 
nord, parmi lesquelles le mélèze 
d'Europe (larix Europxus), originaire 
des Alpes et des Karpalhcs, C'est 
un arbre à feuilles caduques (fait 
assez rare chez les conifères), qui 
porte deux sortes de rameaux : les 
uns allongés et à feuilles très es- 
pacées ; les autres courts, et dont 
les feuilles forment une sorte de 
boufjuet. Les feuilles sont planes 
et molles ; les cônes sont dressés, 
ovoïdes, formés d'écaillés minces. 
Le mélèze recherche les sols meu- 
bles et profonds; sa croissance est 
d'abord rapide, mais il commence ù 
vieillir dès l'âge de trente ans. U 
fournit un bois rouge brun, résis- , 
tant, facile à fendre, employé pour 
la construction des chalets de mon- 
tagne ou des conduites d'eau ; c'est, 
d'ailleurs, un excellent combustible. 
Kn perdant des trous de bas en haut dans l'aubier, on ob- 
tient la térébenthine de Venise. Des feuilles s'écoulo 1* 
manne de Briançon. 

MÉLÉziTOSE u. f. Espèce do sucre, extrait de la maone- 
de Bnaneon. 

Melfi, ville d'Italie (Basilicate ["prov. de Potenza])^ 
au pied du mont Vultur ; 12.1G6 hab. Ch.-l. de circondario. 
Kvêché. Commerce de bétail et de vin. Ruines d'un chàteait 
construit par Robert Guiscard. Le tremblement de terre- 
do 1851, en même temps imil faisait périr i .000 personnes^ 
a détruit sa belle catliétlrale. Fondée au iv« siècle, ello> 
fut, sous les Normands, la capitale do l'Apulie (1041) ; elle- 
fut pillée en 1167 par Frédéric Barberousse, et en 1528- 
par Lautrec. — Le circondario a 109. S85 hab. 

Melgar, bourg d'Espagne (Vieille-Castille [prov. do- 
Burgos]), près de la Pisuerga ; 3.000 hab. TannorieSr 
cumnicrco d'étolTos, de lin et de grains. 

Melghat, massif do l'Inde centrale, dans la chaîne des- 
monis Siitpoura. 11 se dresse, haut de 1.200 mètres, au N. 
du [dateau de Berar, qu'il domine de 600 mètres environ. 
Fait do roches métamorphiques, il est vêludevastesforêts. 

Melghir ou Melrir, ou Melghigh (chott), une- 

des grandes scbidias du Saliara algérien, au S.-E. de Bis- 
kra, au S. de l'Aurès, occupant la partie nord-ouest de la 
vaste dépression au-dessous du niveau de la mer qui sug- 
géra au commandant Roudaire son proiot d'une mer saha- 
rienne. Alimenté notamment par l'oued Djedi cl l'oued Rir,, 
le chott Moltjhir est partagé en deux bassins distincts : 
celui du Nord et celui du Sud, communiquant par un seuil 
étroit, et parsemés de peiilcs îles. Cette vaste lacune forte- 
ment salée et d'une superficie très variable selon les sai- 
sons se continue vers l'E. par une série do dépressions, 
dunt les principales sont celles du choit P]l-Ghasra et du 
cliott Djcrid. dans la direction du golfe de Gabès. 

MELGORIEN, ENNE [mèl', ri-in, en') adj. Géogr. Qui a 
rapport ù l'ancien comté de Molgueil. 

— Métrol. anc. Sou melt/orien ou substantiv. Melgorien, 
Monnaie d'argent qui avait cours en Provence et daosJe 
Languedoc, et qui valait fr. 40 c. 

Melgueil, nom primitif do Mauguio et du comté dont 

ce bourg était le ehef-lieu. Le pavs de Molgueil (pagus 
Melgoriensis) s'étendait an N. de l'État de Maugtiio, entro 
Lunel et Montpellier. La forteresse romaine do Substantio, 
aujourd'hui Castelnau, en avait été d'abord le centre. Lo 
comté do Melgueil échut, par suite do la guerre des albi- 
geois, an cointe-évê<|uo de Maguelonne. i\u\ frappa les de- 
niers melgoricns et jusqu'à des dinars arabes. 

Melgven, comm. du Finistère, arrond. et à 26 kilom. dt» 

Qnimporlé ; 2.928 hab. Tombelles, dolmens et menhirs ; 
dans la forêt do Lusuen, ruines d'une tour moyen âge. 

MELHANIE Imé-lanî) n. f. Genre de malvacéos, com- 
prenant des herbes et dos sous-arbrisseaux A feuilles 
alternes palminervées, à fleurs on cymes axillaircs. (On oû 




Mélèze d'Europe : 
a, graille. 




Mélianthe : a, fleur ouverte ; 
h, fruit. 



connaît une vinglaîno d'espèces, des régions tropicales 
de l'Asie, TAirique et l'Ocêanie.) 

MeLHUS, bourg do la Norvège septentrionale l'prov. 
de Drontheini), sur le Gula-Elf. Environ 3.000 liab. 

MeLI (Jean), poète et chimiste italien, né et mort à 
Palermo (1740-1815). A dix-huit ans, il publia la Fèe r/a- 
tante, poème, puis étudia la médecine, se fit recevoir doc- 
teur, et devint professeur do chimie à l'université de Pa- 
lermo. Cependant, il ne cessait de cultiver les lettres, et 
l'on a de lui dos poésies pastorales, des odes, des sonnets, 
des canzones, des élégies, des épitros, des satires, des 
fables, plus une épop^'C satirique en douze chants, intitu- 
lée Don Quichotle, pleine do verve boud'otine. Meli a sur- 
tout oxcoUé dans les Eclo(//ie pescatorie ou Dialogues des 
pêcheurs, dans lesquels il a reproduit le langage et l'hu- 
meur do cette classe du peuple. 

MÉLIA n. m. Bot. Genre type de la famille des mélia- 
oées. Il On dit, aussi mélie n.'f., et mêlier n. m. 

— Paléont. Syn. de ortiiockras. 

— Enctcl. Bot. Les mélitts sont des arbres ou des ar- 
bustes à feuilles alternes, à fleurs groupées en panioules 
ramitiés, rarement polygames, à. fruit drupacé. On en con- 
naît trois espaces, de l'Asie et de rOcéanie; on cultive dans 
le Midi la Jiielia azedarach, dont lécorce est insecticide et 
la meha azadirachta, amcre et fébriluge. 

MÉLIACÉES (se) n. f. pi. Famille de dicotylédones dia- 
lyi'i'Uiles supcrovariées, du type diplostémone. — Une 

iÏELIACÉi^. 

— Encycl. Les méUaci^es, voisines des rutacécs. sont dos 
arbres ou arbrisseaux, à bois dur, coloré, odorant, à feuilles 
isolées, généralement composées-pennées, à fleurs pe- 
tites, groupées en panicules. On en connaît 36 genres, avec 
plus do 'iôo espèces, des régions chaudes de l'Asie et do 
l'Amérique. Genres principaux : méliei', swieténie, cé- 
drèle, etc. 

MÉLIANTHE n. m. Genre de sapindacées, comprenant 
quelques arbrisseaux du Cap. 
Syn. l'iMPRENKi-LE d'Afbique. 

— E.NCYCL. Les mélianthes 
ont une tige haute de 2 à 3 mè- 
tres, portant des feuilles al- 
ternes, très grandes, d'un vert 

flanque; les fleurs, petites et 
'un rouge foncé ou jaune rou- 
geâire, sont disposées en pani- 
cule terminale. Ils contiennent 
un© matière sucrée, qui découle 
■des fouilles sous forme de li- 
<|Uour miellée, noirâtre, regar- 
dée comme cordiale et pecto- 
rale, et les Holtentots la sucent 
pour se rafraîchir. 

MELIBAUS [ma, bi^-uss) n. m. 
Sous-gonrc iVagrUus, compre- 
nant de jolis buprestes, aont 
une douzaine d'espèces habitent l'Europe. (Le melibxus 
jeneicollis vit dans le midi de la France.) 

MÉLIBE n. f. Genre de mollusques gastéropodes, habi- 
tant U's mers chaudes. (Les mélibes sont des animaux 
nus, aliunués, à grande tête en capuchon, avec des pa- 
pilles dorsales étalées, un pied étroit, arrondi.) 

MÉLIBÉE. Myth. gr. Une des filles de Niobé. Elle fut 
•épargnée par Artémis, ainsi que sa sœur Amycla. On la 
•surnomma Chloris (du gr. xl^opc;, pâle), à cause 'de la pâleur 
■qu'avait conservée son visage après le massacre. 

MÉLIBÉE, nom que Virgile a donné à deux bergers de 
ses h'(/l"f;ties. Dans la première, Mélibée, interlocuteur de 
Tityrè, déplore en termes touchants la perte de son champ, 
•conrtsqué au profit des vétérans d'Octave, il Dans la sep- 
tième églogue. imitée de Théocrite, un autre berger du 
nom de Mèlil)ée raconte la lutte poétique qui a eu lieu 
récemment entre Thyrsis et Corydon. 

Mélibée n. f. Planète télescopique, n" 137, découverte 
-en 1S71, par Palisa. 

MÉLICACÉ {se}, ÉE adj. Bot. Qui ressemble à une mo- 
lique. 

— n. f. pi. Tribu de graminées, ayant pour type le genre 
méligue. — Une mélic.\.cée. 

MÉLICÉRIQUE {sc'-rik') adj. et n. m. Qui se rapporte 
ûu uit.-licêns, qui en est atteint. 

MÉLICÉRIS [sé-riss — du gr. méli. miel, et kéros, cire) 
n. m. Paibol. Loupe ou kyste sébacé, renfermant une sub- 
stance de la consistance'ei de la couleur du miel. 

MÉLICÉBITE (sé) n. f. Genre de bryozoaires chilosto- 
mates, fossiles dans les terrains tertiaires. 

MÉLICERTE {sert') n. m. Helminth. Genre de vers rota- 
teurs, vivant dans les eaux douces de France. (Ce sont de 
petits organismes allongés, qui vivent temporairement 
^Kés sur les conferves dans un tube transparent.) 

— Zooph- Genre de méduses hydroïdes campanulaires, 
type d'une famille dite des mélicertidês, répandues en di- 
verses mers. (L'espèce type du genre est le melicertum 
■campanula, du grand Océan.) 

MÉLICERTE. Myth. gr. Dieu marin, fils d'Athamas et 
d'Ino. qui litn int un dieu marin sous le nom de Palémon. 
Nélicerte-Palémon était adoré surtout au crand sanc- 
tuaire do l'isthme de Corinthe ; c'est en son donneur que 
furent institues les jeux Isthmiques. 

Mélicerte, comédie pastorale héroïque, en deux actes, 
■en vers, de Molière, représentée dans le Ballet des muses, 
à Saint-Germain-en-Layo en 1666. — Improvisation de com- 
mande, il/e/i'cerfe servit de début à Baron, âgé de treize 
ans, qui créa lo rôle de Myrtil à côté de l'auteur fLycar- 
sis) et de M"* Molière. Méîicerte s'étant, aux répétitions, 
oubliée jusqu'à souffleter Myrtil, Baron quitta la troupe 
de Molière, qui laissa sa pièce inachevée, ne la porta pas 
à son théâtre du Palais-Royal, et ne la fit pas imprimer. 
Les deux actes ne furent publiés qu'après sa mort, en 
1682. La Comédie les a repris en 1864. Le fils que la veuve 
de Molière eut d'un second mariage, Nicolas Guérin, en- 
treprit de terminer la pièce de Molière; il ajouta un troi- 
sième acte, refit les deux premiers en vers irrèguliers, et 
fit représenter Mifrtil et Méîicerte à Fontainebleau, devant 
<!a cour, et neuf fois à la Comédie-Française (1699). Mo- 




Mélicoque : a, fleur. 



lière avait rapidement tiré ce sujet des Illustres pêcheurs 
de son ami Marcassus et de l'histoire égyptienne do Tima- 
rète et Sésostris, qu'on trouve dans la sixième partie du 
Grand Cyrus. La scène, en Thessalie. dans la vallée do 
Tempe, se passe entre pâtres et bergères. La pièce, as- 
surément, n est pas parmi les meilleures de Molière, mais 
elle ne mérite pas l'injuste dédain de la critique, et il con- 
vient de citer : le second monologue de MélicertCt qui est 
un modèle de poésie lyrique; le couplet de Myrtil ; Inno- 
cente petite bête ; le délicieux duo : 

J'ai f.iit pour vous, charmante Méticerf. 

Un petit prisonnier que je garde pour vous. 

et la touchante scène de Lycarsis : 

Ah[ que pour ses enfants un père a de tendresse! 

MÉLICERTIDÉS {sèr') n. m. pi. Famille de méduses 
campanulaires. comprenant les genres méîicerte et voi- 
sins. — Cn MÈLICHRTIDÉ. 

MELICERTITES {mé, sèr-ti-téss) n. m. Genre de bryo- 
zoaires cyclosiomates, fossiles dans les terrains crétacés. 

MÉLICHRUS kruss) D. m. Genro d'éricacées épacri- 

dées, cuniprtMiant 
des petits arbris- 
seaux de la Nou- 
velle-Hollande. 

MÉLICOQUE 

{kok'] n. m. Genre 
de sapindacées, 
comprenant des ar- 
bres ou des arbris- 
seaux do r.-\.méri- 
que tropicale, vul- 
gairement appelés 
kn épi ers. 

— Enctcl. Les 
feuilles des mélico- 
ques sont alternes, 
composées de deux 
ou plusieurs paires 
de folioles persis- 
tantes. Les fleurs, généralement blanches et odorantes, 
dont les sexes sont séparés par des individus distincts, 
sont groupées en panicules, en cymes fasciculéos ou en 
épis terminaux. Le fruit est un drupe sec. On mange, à 
la Jamaùpie. la pulpe douce et acidulé et l'amande des 
fruits du mélicoque bijugué. 

MÉLICRAT n. m. Syn. do méliérat. 

M ÉLIDO- ACÉTATE n. m. Sel dérivant do l'acido mé- 

lido-acélique. 

MÉLIDO- ACÉTIQUE adj. So dit d'un acido de fornnilo 
C'.Vz 11- CH-cO-H. et qu'on obtient en faisant agir l'éther 
nionochloracétique sur le sodium-cyanamide. 

MÉLIDOR n. m. Nom donné par les fleuristes des xvii* 
et xviir siècles à une variété de tulipe blanche, panachée 
do rose incarnat. 

MÉLIDORE n. f. Nom donné par les fleuristes desxvn* 
et xvui'= siècles à une variété d'anémone écarlate et brune 
sur fond blanc. 

MÉLIE [II] n. f. Genre de crustacés décapodes bra- 
chyurcs, comprenant des formes propres aux mers chaudes. 
(Les môlies sont de petits crabes à carapace bombée, avec 
front largo et déclive, à pattes très inégales. L'espèce 
type du genre se trouve sur les côtes des Alascareignes.) 

MÉLIE n. f. Bot. Syn. de mêlu, 

— Paléont. V. ORTHOCÉRAS. 

MÉLIE n. f. Mythol. gr. Nom donné à des nymphes 
nées de la Terre, t'écondée par lesangd'Ouranos, qu'avait 
mutilé Kronos. 

MéLIEN, ENNE {li-in, en'), personne née dans l'île de 
Mélos ou Slilo, ou qui l'habite. — 
Les MÊLiENS. 

— Adjectiv. : Population mé- 

LIENNK. 

— Techn. Terre mélienne, Terre 
qu'on mêle aux couleurs pour les 
conserver fraîches plus longtemps. 

MÉLIER {li-t'; n. m. Nom vulgaire 
des molias. 

MÉLIÉRAT OU MÉLICRAT n. m. 
Syn. de hydromel. 

MELIERAX \ mé-li-é-rakss) n. m. 
Genre d oiseaux rapaces. famille des 
falconidés, comprenant huit espèces 
de l'Afrique. 

— Encycl. hes n^elierax ou faucons 
chanteurs, ainsi appelés de leur cri 
modulé en gazouillement, sont de 
taille médiocre, avec le bec assez 
long et peu arqué, les serres fortes. 
L'espèce la plus commune est le melierax canorus, de 
l'Afrique orientale: mais la plus répandue est le rnelierax 
polt/zonus, qui s'étend du Maroc et de la Scnégambie jus- 
qu'au sud de l'Arabie. 

MELIGÈTHE {Jet') n. m. Genre d'insectes coléoptères 
clavicornes, comprenant plus de cent cinquante espèces, 
répandues particulièrement dans l'hémisphère boréal. 

— Encycl. Les méligéthes sont de petits nitidulidés 
abondant sur les fleurs des composées. 
Les uns sont bronzés ou vert métalli- 
que (meligethes viridescens, ^neus, rufi- 
pes), Près communs en France ; les au- 
tres, noirs et roux (meligethes fuseus), 
ou roux tachés de ferrugineux [melige- 
thes discoidei's^ : il en existe quelques 
espèces en Amérique. 

MÉLIGUETTE n. f. Bot. Syn. de mè- 

LÉGrhTTE. 

MÉLIK ou MÊLER n. m. Mot arabe 
dérivé de la racine rnalaka, «régner, Meligèthe(gr.6f.). 
posséder >, qui signifie roi, souverain. 
I Ce titre est inférieur à sultan et supérieur à émir ; à l'épo- 
que des califes, il désignait un prince vassal du califat 
abbasside. Les noms royaux sont toujours formés de mélik 




Melierax. 




MELHUS — MÉLIK 

avec un adjectif; ex. : cZ-mélik et-kamel. le roi parfait; 
e/-.MÉLiK el-moazzani, lo roi auguste, etc.) 

MÉLIK ou Malek el-Mansour, sultan d'Egypte, de 

la dynastie des mamiouks. V. KÉLAOt:N. 

MÉLIK-SCHAHI'f(Djélal-ed-Din), troisième sultan seld- 
joukido de Perse, né à Ispahan en 105*, mort à Bagdad en 
10?2. Il succéda à son père Alp-Arslan. Ses généraux lui 
soumirent presque toute la Syrie et l'Egypte ; il conquit 
Boukhara, Samarkand et Khvarizm, et força lo prince de 
Kashgar à se considérer comme son vassal. Il protégea 
les savants et les lettrés et fit construire un observatoire 
à Bagdad; sous son règne, en 1086, eut lieu la réiorme du 
calendrier persan qui donna naissance à l'ère djélaléeune. 

MÉLIK-SCBAH U Mougbis-ed-Dîn-AbouI-Fath), sultan 
seldjoukide de Perse, peiii-Jils du précédent, né en 1128,. 
mort cn 1 160. Il succéda on 1 152 à son oucle Mesoud, mais 
il ne tarda pas à être renversé par ses émirs, qui procla- 
mèrent sultan son frère Ghias-ed-Din-Mobammed. A la 
monde celui-ci, Mélik-Schah II s'empara d'Ispahan ; mais 
il périt, au bout de quelques jours, de mort violente. 

Mélik-ARSLAN-SCHAH Aboul-Mozaffer-Zeïn-ed-Dîn), 
sultan seldjoukide de Perse, né et mort â Hamadan (1133- 
1175). Il était fils de Toghrnl II et succéda, en 1160. à. son 
neveu Soleïman. Il battit Scbah-i-ArmeD-Sokman, prince 
de Khélath, et le roi de Géorgie, Georges II. Malgré ses 
snccès. des dynasties indépendantes se fondèrent à Hérat 
et à Cbiraz, sans qu'il pût s'y opposer. 

MÉLIK el-Adel, sultan d'Egypte et de Damas, frère du 
grand Salab-ed-Din. né à Haalbëk en 1139, mort en 1218. 
Il réunit sous sa domination l'empire du fondateur do la 
dynastie des .\youbites( 1200-1 218). Charge successivement 
des gouvernements d'Alep, de Damas et de l'Egypte, il 
prit part aux hostilités contre les chrétiens, penuant la 
troisième croisade (1I8K , puis négocia la paix entre Salah- 
ed-Din (Saladin) et Richard Cœur de Lion. Il eut surtout 
un rôle prépondérant pendant la cinquième et la sixième 
croisade. En apprenant que les Français assiégeaient 
Damiette, Mélik e!-Adel quitta la Syrie pour secourir la 
place. La mort le surprit en route. 

MélIK el-Kamel (Aboul-Fetb-Nasir-ed-Din-Moham- 
mcd), sultan ayoubito d'Egypte et de Syrie, né et mort 
au Caire (116S-1238). Il succéda à son père, Mélik el-Adel, 
alors que les croisés menaçaient Damiette. Il faillit être 
détrôné par ses émirs, et, pour échapper à Icnrs complots, 
il alla s'enfermer dans son camp situé cniro les deux 
branches du Nil, où il fit construire la ville de Mansourah. 
Damiette fut prise par les chrétiens en 1219, mais el-Ka- 
mel la leur reprit en 1221. Son frère, Mélik cl-Moazzem, 
ayant cherché à s'emparer de l'Egypte. el-Kamel s'allia 
pour lui résister avec l'empereur d'Allemagne Frédéric II, 
à qui il céda Jérusalem; à la mort d'el-Moazzem, il s'em- 
para de ses Etats, dont la capitale était Damas, et la mort 
d'el-Aschraf (1237)Ie rendit maître de toute la Syrie. Sous 
son rè^ne, les Ayoubites perdirent le Yémen. Ce prince 
cultivait avec succès les belles-lettres et la philosophie. 

Mélik el-Afdal (Nour-ed-Din-AIi), sultan ayoubito 
d'Egypte, do Syrie et de Mésopotamie, né au Caire en 1170, 
mort à Samos'atc en 1225. Fils aîné du sultan Salah-ed- 
Din, il remporta, en 1187, la victoire de Tibériade sur les 
templiers et les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Il 
hérita de la Svrie, mais son oncle Melik el-Adel et son 
frère Mélik eî-Aziz lo dépouillèrent de son royaume, à, 
l'exception de la petite ville de Sarkhad. Mélik el-Afdal 
essaya en vain à. plusieurs reprises de reconquérir la 
Syrie. Il avait été durant un certain temps régent do 
l'Egypte durant la minorité de son neveu Mélik cI-Man- 
sour; et, contrairement aux habitudes courantes, il no 
chercha pas à s'emparer du trône. 

MélIK al-Mansour (Hosaro-edDin-Ladjm el-Man- 
sounj, onzième sultan de la dynastie des Mamelouks 
babrites en Egypte, né vers l25o', mort au Caire cn I2y9. 
Il était Allemand de naissance et il entra dans l'ordre Teu- 
tonique, d'où il fut chassé pour son inconduite : converti à 
l'islamisme, il prit du service dans la milice des Mamelouks 
et fut nommé gouverneur de Damas en 1279; il pouverna 
la Syrie de 1280 à 1291 et conquit Saint^Jean d Acre sur 
les clirétiens. U prit une grande part au complot qui coûta 
la vie au sultan Aschraf^Khalil (1294 . et il tenta d'assas- 
siner le sultan Ketboga en 1296. Proclamé souverain après 
la fuite de ce dernier, il gouverna sagement l'empire des 
Mamelouks et conquit une partie de la Petite-Arménie ; il 
fut assassiné en 1299 par ses émirs. 

Mélik el-Moadham ou Mélik el-Moazzem 

iShéref-ed-Din-.\bou-Bfkr*lsa . sultan de S\'nc de la dy- 
nastie des Ayoubites, né au Caire en 1180. mort à Damas 
en 1227. Il gouverna la Syrie durant le règne de son père 
Mélik el-Adel I", et. à sa mort ;i218), il devint sultan do 
ce pays: ce prince passa la plus grande partie do son 
règneà lutter contre les croisés: il enleva Césarée aux 
chrétiens (1220', et. en 1221, il aida son frère, le sultan 
d'Egypte, Mélik el-Kamel, à reprendre Damiette. Il cnlli- 
vaitla poésie, et il a laissé un Divan et une Etude sur le 
commentair-e du Coran de Zauxakhshari. C'est le Coradin 
des historiens occidentaux. 

Mélik el-Saleb, sultan ayoubîte d'EIgypte, de Syrio 
et de Mésopotamie, né au Caire en 1205. mort à Mansou- 
rah en 1350. U s'empara du pouvoir aux dépens de son 
frère Mélik el-Saleh (IsW. U reprit Jérusalem. Damas et 
les places fortes de la côte (1244-1246 . Bientôt après, 
Mélik eut à lutter contre cinquante mille croises comman- 
dés par Louis IX. Après une héroïque résistance, Damiette 
tomba au pouvoir des Français. Peu après, le sultan mou- 
rait à Mansourah (1250 1. Le corps des mamelouks, réor- 
ganisé par lui, continua la résistance et fut vainqueur 
des croisés à la journée de Faraskor, où Louis IX fut fait 
prisonnier. La mort de Mélik, jusqu'alors tenue secrète, 
fut déclarée, et son fils EI-Moadhem lui succéda. 

MÉLIK el - Moadham , dernier sultan ayoubito 
d'Egypte et de Syrie. U succéda à son père Mclik-el Sa- 
leh et régna à peine quelques semaines (1250). Les prin- 
cipaux chefs musulmans d'Ecypte. irrités de ses cruautés, 
le firent massacrer par les mamelouks. 

Mélik el-Naser (Salab-ed-Din-Daondl, sultan ayou- 
bito de Syrie, né au Caire en 1206, mort près de Damas, 
à Bouvaïâa, en 1258. A la mort de son père, Mélik el- 
Moadham, il hérita d'une partie de la Syrie avec Damas 



MÉLIKOV — MELIPOiNE 

et Jérusalem (1227), mais il fut dépouillé de ses Etats par 
ses deux oncles, Mélik el-Keraol et Mélik el-Aschraf, et 
par reinpcreur d'Allemagne. Frédéric II, et ne put garder 
(luo la forioresso de Karak ; on 1238, il redevint maili-e 
do Damas pour quokjuc temps, mais il dut bientôt l'abaii- 
donner au pondre de Mélik el-Aschraf, Mélik el-Djevad. Il 
mena depuis co moment uuô vie errante, ei mourut do la 
peste près de Damas. 

MÉLIKOV (Michaol Tariclovitch Tainow, comte Lo- 
RIS>), oftioior et administrateur russe, né à Tiflis en 182C, 
mort à Nico on 18S8. Iî>su d'une famille arménienne, il 
entra do bonne heure dans l'armée, et commandait pen- 
dant la guerre de Crimée un régiment do hussards, à. la 
tète duijuol il prit part au siège do Kars. Il lit ensuite la 
guerre du Caucase i,18G0), puis voyagea en Europe, et 
rei;ut, pendant la guerre russo-turque de 1877, lo poste 
d'adjudant général du grand-duc Michel, chargé des opé- 
rations dans lo Caucase. La. prise d'Ardahau et celle de 
Kars furent son œuvre. Nonmié général de cavalt^rie, il 
fut désigné en 1878 comme gouverneur d'Astrakan, et, 
en 1879, comme gouverneur du la circonscription militaire 
de Kharkof, avec une mission itarticulière de surveillance 
des nihilistes. En 1880, iî prit la présidence de ia commis- 
sion executive constituée ù. Saint-Pétersbourg après l'at- 
tentat du 17 février 1880 contre Alexandre II. Visé lui- 
mémo par One première tentative, il ne put empêcher 
l'assassinat do son maître le 13 mars ISSI, et vécut, depuis 
ce jour, dans la retruite. 

Meulla, ville maritime do la côte septentrionale de 
l'Afritiuc, sur la Méditerranée, une des possessions espa- 
gnoles enclavées dans lo torriloire marocain; 2.000 hab. 
Hésidencc d'un commandant espagnol; pénitencier. La 
ville est inaccessible du côté de la terre et bien fortifiée 
du côté de la mer. Le port, petit et médiocrement pro- 
fond, no peut admettre que des navires de faible tonnage ; 
son commerce est à peu près nul. — Molilla est l'ancionno 
colonie romaine de ausaUir oppidum, dans la Mauritanie 
Tingitano. Los Espagnols s'emparèrent de la ville en l'i'jG, 
et la rendirent à peu près inexi)ugnable. Ils y soutinrent 
avec succès contre les Maures un long siège, en 1774. 
Depuis eetto date, Melilla a eu souvent à subir les atta- 
ques âes tribus rifaincs voisines. 

Melilli, ville du roy. d'Italie (île de Sicile [prov. do 
SyracuseJ). non loin de la mer Ionienne; 6. 883 hab. 

MÉULOT (lo —du gr. mt^liloios; de méli, miel, et îôtoSy 
lotus) n. m. Genre de légumineuses papilionacées , tribu 
des lotées. 

— Enctcl. Les mélilots (melilotus) sont des herbes an- 
ntielles ou bisannuelles, à feuil- 
les trifoliolécs, à fleurs petites, 
jaunes ou blanches, groupées 
on grappes grêles ou courtes, 
à gousses petites, souvent in- 
déhiscentes. On en connaît une 
dizaine d'espèces des régions 
tempérées et subtropicales do 
l'hémisplièro nord, dans l'an- 
cien monde, appartenant pres- 
que toutes à la ilore française. 
Los principales sont : le mélilot 
blanc (melilotus vulgaris), qui 
constitue un excellent four- 
rage; lo nhUilot 6/('M (melilotus 
ccerulea). de Bohême, à fleurs 
ornementales, très recherchées 
des abeilles; le jnétilot officinal 
{melilotus officinalis), dont les 
sommités fleuries, renfermant 
de la coumarino, fournissent 
une infusion employée contre les inflammations do l'ap- 
pareil oculaire et 'un parfum agréable par distillation 
avec de l'eau. 

HÉLILOTAHIDE 'de mélilot, et amidé) n. f. Chim. Amide 
correspondaut à iacido mélilolique. 

MÉLILOTATE n. m. Chîm. Sel dérivant do l'acide méli- 
lolique, 

MÉLILOTIQUE {tik') adj. Chim. Se dit d'un acide extrait 
du mciii'jt. C est l'un des trois acides hydrocoumariques. 

[V. HVIIJUK uljMAKIyUEj.J S^'n. HYDROCÔUMARIQUE ; OXY- 
l'UÉNYLl'ROI'IONHjfK. 

MÉUMÈLE OU MÉLIMÉLAN [du gr. méli, miel, et mêlorty 
pomme ou coing) n. m. Pharm. Médicament composé do 
miel cl do coin^ ou de miel et de pomme. (D'où le mot po- 
pulaire méli-méto.) 

— Bot. Nom scientifique do la pomme d'api. 
MÉLI'MÉLO rad. mêler) n. m. P'am. Mélange confus ; 

'n M Kl 

MÉLOS. 




MéUlot: a, fleur; b, fruit. 



f'n MKLi'MtiLo de gens, de choses, de 



. Mélange 
faits. 11 Dc^ 



'es &1EL1S- 



MÉLIN n. m. Etoffe do laine, que Ton fabrique spéciale- 
ment on llollaado et que l'on nomme aussi revécue. 

Melin 'Karl Alfred), poète suédois, ne en \s\0. Pro- 
fesseur adjoint au Nouveau Lycée de Stockholm depuis 
1883, il a publié : le cycle poétique la Cueillette du hou- 
blon (1882); la Princesse et le Paye (1885), poème légen- 
daire ; un volume de Poilties (1888) ; des Tableaux de la vie 
(tesUols (I89i); A /treilenfeld (1893;, épisode dramatique; 
lilancheneiq'^ (I897\ conte dramatique. Il a été élu membre 
do l'Académie suédoise en 1898. 

HELINA imé) n. m. Genre d'insectes coléoptères phyto- 
phages, comprenant quelques espèces do l'Amérique tro- 
picale. (Les melina sont do petits oumolpiués ovales, 
roussâtres ou jaunâtres et ponctués.) 

IflÉLiNDE n. f. Archéol. Nom donné anciennement par 
les fleuristes à. une variété de tulipe pourpre et blanche 

(XVll' et XVIII» s.). 

MÉLINDE, anc. ville do d'Afrique orientale, à l'embou- 
churo du Zaïnbèzc. jadis très prospère, aujourd'hui ruinée. 
0.!cupéc par les Portugais au début du xvi' siècle, ello 
resta un <tc leurs principaux comptoirs jusqu'en ir.9;î. Ello 
tomba alors au pouvoir dos Arnlios. devint la capitale 
du sultanat do Mélinde et fut longtemps le centre d un 
commerce très actif entre les pays du Zambèze el la côto 
de Zanzibar, l'Arabie, la Perse ot l'Inde. 

MÉLINE 'Félix-Jw/cs), homme politique français, né à 
Rcmiremont ( Vosgesj en 1838. Il fit son droit à Paris, col- 




Mt'Uae. 




Mélioet : a, 



labora aux journaux de l'opposition et fut nommé, pendant 
le siège, adjoint au maire du \" arrondissement. Elu 
membre de la Commune, il donna aussitôt sa démission. 
Député des Vosges en 1872. il a, 
depuis, conservé constamment 
son siège. Il soutint la politi- 
que de Thiers, fut au nombre 
des 363, devint sous-sccrélaîre 
d'Etat au ministère de la jus- 
tice du 4 février au 4 mars 1879 
et se fit connaitrc ù la Chambre 
comme lo représentant du pro- 
tectionnisme. Ministre de l'agri- 
culture dans lo cabinet Ferry 
(1883-1885), i! institua l'ordre du 
Mérite agricole. Président do 
la Chambre do 1888, il occupa 
ce poste jusqu'aux élections do 
1889. Réélu par l'arrondisse- 
ment de Romiromont, il fut le 
chef de la majorité qui vota 
les tarifs protectionnistes ilu 
U janvier 1892, ot. après la 
chute du cabinet radical Bour- 
geois, le président de la Ré- 
publique, Félix Fauro, lo choisit comme président du 
conseil (avr. 1S9G). Son ministère, (|ui dura deux ans, 
s'appuya sur une majorité formée des éléments modérés 
de gauche avec l'appoint de la droite. Lorsqu'il touiba 
(juin 18981, à la suite des nouvelles élections, Méline resta 
le chef dos anciens centre-gauche et opportunistes, réunis 
sous le nom de progressistes. Sous son ministère, com- 
mença ia campagne tendant à la revision de l'affaire 
Dreyfus, à laquelle il s'opposa. 

MÉLINÉE n. f. Genre d'insectes lépidoptères rhopalo- 
cères, famille des danaïdés, compre- 
nant vingt-cinq espèces de l'Amérique 
tropicale. (Les mélinées sont de jolis 
papillons élancés, à ailes étroites et 
arrondies, orangées et jaunes tachées 
de noir.) 

MÉLINÉS n. m. pi. Tribu de mam- 
mifères carnassiers, de la famille des 
mustélidés, comprenant les blaireaux 
et genres voisins, tels que les ratels, 
mydaus, etc., el les fossiles Irochictis, 
promeles, etc. — Un mélinê. 

MÉLINET (ne) n. m. Genre de bor- 
raginées, comprenant des plantes an- 
nuelles, à tiges un peu rameuses, cou- 
vertes d'un feuillage toutTu. d'un vert 
bleuâtre, parsemé de petits tubercules 
argentés. (Leurs fleurs, jaunes, quel- 
quefois mélangées de pourpre, sont 
réunies en épis courts au sommet des 
rameaux. Ce genre comprend un petit 
nombre d'espèces du midi de l'Europe. 
On emploie parfois les feuilles comme émoUientes contre 
les maladies des yeux.) 

MÉLINGUE (EtienDe-Marin\ acteur et sculpteur fran- 
çais, né à Caen en 1808, mort à Paris en 1875. D'abord 
apprenti menuisier, il étudia ensuite le dessin et la sculp- 
ture et se rendit à Paris, où il travailla comme ornemaniste à 
l'église de la Madeleine. Cédant 
à son goût pour lo théâtre, il 
s'engagea dans une troupe am- 
bulante, et dut à un hasard 
d'interpréter à la Porte-Saiut- 
Martin le rôle de Buridan dans 
la Tour de Sesle. 11 y obtint un 
succès éclatant, ot devint rapi- 
dement l'acteur lo plus popu- 
laire du boulevard. Avec son 
jeu vif . original et bravache, 
ses allures cavalières, il excella 
dans les rôles de cape etd'épée. 
Il se lit applaudir tour à tour à 
la Porte-Saint-Martin, à l'Am- 
bigu, au Théâtre-Historique, à 
la Gaité, à l'Odéon. Parmi les 
pièces où il eut lo plus de suc- 
cès, citons : les Sept infants de 
Lara , les Mousquctmre.'i , la 
Beine Maraot, Alonte-Cvislo, Mélingue. 

fienvenuto Cellini, où il mode- 
lait sur la scène une statuette d'Hébé; Fan fan la Tulipe, 
la Dame de Alontsoreau, le Bossu, etc. Comme sculpteur, 
il a exécuté des statuettes, dont deux, l'Histrion el Œneis, 
lui ont valu des récompenses au Salon. — Sa femme, 
Hosalin-Tht^odorine Tiiikssht, d'abord connue sous le nom 
de M"' Théodorine, née et morte ù Paris (1813-188G), 
joua au Gymnase, aux Folies-Dramatiques, à l'Ambigu, à, 
la Porte-Saint-Martin, où son bel organe, son jeu expres- 
sif la firent applaudir. Ayant épousé Mélingue, elle entra 
avec lui à l'Ambigu. Sa' création do Madeleine lui valut 
d'être engagée au Théâtre-Français, où elle interpréta les 
Burf/raves, la Mère et la Fille, Don Juan d'Autriche, etc. ; 
excellente surtout dans le drame et lu comédie, elle prit 
sa retraite en 1852. 

Mélingue (Théodore-Georges-Gos/on), peintre fran- 
çais, fils du précédent, né à Paris en 1840, mort à Aix en 
1889. 11 débuta au Salon de 18GI, par un tableau de genre, 
les Galants Trompettes. Il exposa ensuite : en 1863, un 
Garde-pêche ; en 18G9, Bacchante portée par deux faunes; 
on 1870, une Ajnazone: eu 1878, l ffuitre et le^ Plaideurs; 
en 1873, Babelnis à l'hôtellerie de la Lamproi*', à Chmon, 
sujet traité avec beaucoup do verve; au Salon de 1874, 
le Juif errant. Au Salon de 1S77, il a donné son meilleur 
tableau : un Diner chez Molière, à Auteuil. 

Mélingue {Etienne- Lucien) , second fils do l'acteur 
Mélingue, peintre français, né à Paris en 1841. Il débuta 
au Salon do 1861 avec un paysage : Souvenir de Veules. 
Citons encore do lui : une Courpn J\'ormandie {l$C>3) ', Cérèa 
chez la vieille (1870); /** :M août 1573 (1873); Messieurs du 
tiers avant la séance roi/ale du :iSjuin 1789 (l8"4) : le iS mai 
1588 (1875'!; Quatrième discours des Damos galantes de 
Brantôme (1876); le Matin du 10 thermidor an //(I877). 
Lo Matin du 10 thermidor valut â l'artiste une médaille do 
1" classo. 





MEUNIE n. f. Genre do broméliacées, comprenant des 
plantes herbacées, à feuilles alternes, à fleurs en grappes 
simples. (On en connaît plus de soixante-quinze espèces 
de l Amérique tropicale, dont plusieurs cultivées dans nos 
serres pour leur port élégant.) 

MÉLINITE n. f. Argile ocreuse ot jaune, happant forte- 
ment i la langue. V. ^ol. 

MÉLINITE (du lat. melinus, gr. mélinos, qui est de la 
couleur du coing) n. f. Explosif très puissant, très peu 
sensililo aux chocs, formé d'acide picrique fondu à 212" C. 

— Encycl. On lo fait détoner au moyen d'un détona- 
tour contenant un explosif pulvérulent et une forte amorce 
do fulminate, ou au moyen d'un cordeau détonant. La mô- 
linite fournit, en se décomposant, d'abondantes fumées 
délétères. On ne peut songer à y mélanger des nitrates 
ou des chlorates pour brûler l'excès de carbone produit, 
à cause du danger des picrates qui pourraient se former 
en présence dos bases, et déterminer des détonations for- 
tuites. On emploie la méiinite pour le chargement des 
obus explosifs. iCet explosif a été découvert par Turpin.) 

Melinno, poétesse grecque de Lesbos, d'époque in- 
certaine. On lui attribue une ode qui nous a été conservée 
par Stobée, et (^ui se compose de cinq strophes saphiques. 
Cette pièce est intitulée Ei; 'P6ij.t,v, ce qui signifie à la fois 
A Rome et .4 la Force. Stobée identifie à tort Melinno avec 
Erinna de Lesbos. 

MélinoÉ ou MilinoÉ. Myth.gr. Fille de Zeus et do 
Coré. Ello naquit sur les eaux du Cocyte, et devint rein© 
des Ombres. Elle se présentait parfuis aux hommes sous 
des formes eflfroyables qui les frappaient d'épouvante. 

MÉLINOPHANE {du gr. mélinos, couleur do miel, et 
phaineîji, briller) n. f. Silicale naturel répondant à la for- 
mule Na*(Gl,Ca)'*Si'0*°Fl* ; son poids spécifique est de 3,02 
et sa dureté 5. On trouve cette espèce en petites masses 
cristallisées, jaune de miel, principalement en Norvège. 

MÉLINOPTÈRE n. m. Sous-genro 
à'aphodius, comprenant plus do quatre- 
vingts espèces, répandues surtout dans 
l'ancien monde. 

— Encycl. Les mélinoptâres sont de 
taille médiocre, ordinairement bruns ou 
noirs, avec le thorax bordé de fauve rou- 
geâtre et les élytres jaunâtres variés de 
brun. Le melinopterus inquinatus est com- 
mun en France. 

MÉLINOSE (du gr. mélinos, couleur de 
mieli n. f. Molybdale naturel de plomb 
d'un beau jaune de miel, dont la formule 
est PbMoÔ*, le poids spécirique 6,3 à 6,9 el la dureté 3. 
(On l'appelle encore plomb jaune.) Il Syu. de woLFâNixE. 

MÉLINUM [nom' — du gr. mèlinon ; de méli. miel) n. m. 
Antiq. Nom de plusieurs terres jaunes ou blanches, que 
les anciens employaient en peinture et en pharmacie. 
Il Blanc do Mélos, "sorte do fard, ii Huile de fleur de coing. 

MÉLIOLE n. m. Genre de champignons, de la famille 
des périsporiacées, caractérisé par ses périthèces qui 
sont ornés d'appendices variés et contiennent des as- 
ques courts, larges, ayant de deux à huit spores allongées, 
brunes, et présentant plusieurs cloisons. 

MeliOR, cardinal itdlicn, désigne parfois sous le nom 
de Melcbior, né à Pise vers 1120, mort vers U98. Ar- 
chidiacre do Laon, vidamo de Reims, cardinal vers 1185 
et légat du pape (1193), il accompagna en France, à 
ce dernier titre, Bérengère, femme de Richard Cœur do 
Lion, qui revenait de Syrie, fit signer une trêve entre 
la France et l'Angleterre!, 1194). présida, en 1196, à Paris, 
un comité assemblé pour entendre la cause d'Ingelburge, 
que Philippe Auguste venait de répudier, et lança, l'an- 
née suivante, l'interdit sur les possessions du comte 
de Flandre. 

MÉLIORAT (ra) n. m. Espèce d'organsin, qui se fa- 
brique à Bologne. 

Meliorati (Cosme dk), pape. V. Innocent VIL 

MÉLIORATION {si-on — du lat. melior, meilleur) n. f. 
Dr. anc Impenses faites par un possesseur dans un héri- 
tage, et qui en augmentent la valeur. 

MELIORIBUS ANNIS (pans des temps plus heureux). 
Fin d un vers de Virgile {Enéide, liv. VI, v. 649), que l'on 
rappelle pour désigner une époque que l'on regrette. Voici 
le passage où so trouve cet hémistiche : 

Ilir genus antiquum Teurri. jiuliherrima proies, 
Miifliianimi heroes. nati molinrilms annis, 
llusque, Assaracusgue et i'rojx Dardanus auctor. 

n Là est la race antiaue de Toucer, brillante descendance . 
héros magnanimes. Ilus, Assaracus et Dardanus, fonda- 
teur de Troie, nés dans des temps plus heureux. » 

MÉLIOSME \nssm') n. m. Genre de sapindacées. com- 
prenant lies arbres à feuilles simples, à fleurs axiltaires, 
réunies en cymes. (On en connaît plusieurs espèces d© 
l'Asie et de 1 Océanie.) 

MÉLIPHAGE i/aj") n. m. Genre d'oiseaux passereaux» 
tribu des méliphaffinés, comprenant une quarantaine d'qs- 
pcces répandues de la Nouvelle-Guinée en Océanie. 

— Encycl. Les mi'liphafjes sont de taille médiocre, svel- 
tes, élégants, à bec fin et courbé : ils ont les mêmes moeurs 
que les grimperoaux. L'espèce type du genre est lo me- 
liphaf/a phnjyta, du sud do l'Australie. — 

MÉLIPHAGIDÉ5 (ji) n. m. pi. Faniillo d'oiseaux pas- 
sereaux téiiuirostres, comprenant les mélipkaginés cl iri- 
bus voisines. — Un MÉLiruAGiDÉ. 

MÉLIPHAGINÉS iji) n. m. pi. Tribu d'oiseaux de la 
famille des méliphagidés. comprenant les méliphages et 
genres voisins. — Un MKLiPHAciiNB. 

MÉUPHANITE n. f. Miner. Syn. de mélinophank. 

Melipilla, ville du Chili (prov. do Santiago), chef- 
lieu du département du mémo nom, bâtie dans la vallée 
du Maipo; 3. .^00 hab. — Lo département de Melipilla a 
55.000 hab. enviroQ. 

MÉLIPONE n. f. Genre d'insectes hyménoptères, type 
de la tribu des méliponinés, comprenant une soixantam& 
d espèces dos régions tropicales du globo. 



MÉLIPONINES 



MELKART 




a, épillet grosBÎ. 



— Encycl. Les mélipones sont do taille moyenne ou 
petite courtes, velues, avec l'abdomen bombé ; leurs 
mœurs sont celles dos abeilles, mais elles ne possèdent pas 
d*ai"uillon ; par contre, leur morsure est assez venimeuse. 
Leurs gâteaux sont horizontaux et non verticaux, et servent 
à Io"er le couvain. Ils sont reliés entre eux par des cloisons 
do cire en labyrinthe, qui abritent aussi des réservoirs 
à miel en forme d'outre. I^our miel est dassez bonne qua- 
lité. L'espèce la plus connue est la meUi>ona scuteltans du 
Brésil, nrusiiu des Brésiliens. 

MÉLIPONINÉS n. m. pi. Tribu d'insectes hyménoptères, 
do la laniiUo des apidés, comprenant les mélipones et 
genres voisins. — L'n MÉLiroNiNÉ. 

MÉLIQUE [lik' — du lat. mel, miel, par allusion à la 
saveur douce de la plante) n. f. Genre 
de graminées, trdiu des festucacées, 
comprenant des plantes généralement 
vivaces, à tiges droites, minces, assez 
élevées, portant un petit nombre do 
feuilles, à fleurs disposées en paui- 
culos terminales. 

— Encvcl. Ce genre comprend do 
nombreuses espèces, répandues sur- 
tout dans les régions tempérées du 
globe. Quelques espèces se trouvent 
en Europe ot fournissent un fourrage 
peu abondant, fort recherclié dos bes- 
tiaux au printemps, quoiqu'on pré- 
tende qu'il leur soit nuisible. 

MÉLIQUE {lik' — du gr. mHikos, 
qui concerne le chant) adj. Littér. gr. 
Poésie mélifjue. Nom donné parfois à 
la poésie lyrique grecque, et spéciale- 
ment à la' poésie chorale. 

MÉLIS (//) n. m. Comm. Toile à 
voiles, tout en fil do chanvre premier 
brin, qui se fabriquait dans l'Ouest, 
surtout aux environs de Quimper. 

— Pèch. Variétés de petits poissons de mer servant à 
escher les ligues de fond. Syn. dlanchailli-:, et blaquet. 

MelisEY, ch.-l. de cant. de la Haute-Saûne, arrond. 
ot à 10 kilom. de Lure, sur 1 Ognon, aflluent gauche de 
la Saône; 1.7G2 li;ib. Carrières do grès rouge; tourbières. 
Scierie, faltiiquo do toiles cretonnes ; commerce de beurre 
et d(i froTn;i;^i'. — Le canton a 12 comm. et 11.180 hab. 

MÉLISODÈRE n. f. Genre d'insectes coléoptères, de la 
famille dos carabidés, comprenant quelques espèces pro- 
pres a l'Austiahe. 

MÉLISPONDE [ipond' — du gr. mélisponda; de méli, 
miel, et spomltî, libation) n. f. Anliq. gr. Libation de miel. 
Il Sacrifice où figuraient des libations de miel. (Syn. méli- 

TOSl'ONE.) 

MÉUSSA. Myth. gr. Nymphe, fille de Mélissée, roi de 
Crète. Avec sa sœur AmalUiée, elle éleva Zeus, le nourrit 
de miel et de lait de chèvre. On lui attribuait l'invention 
de la i)réparatiou du miel. — Prêtresse de Delphes. 

MÉLISSA , femme do Pérlandre , tyran de Corinthe 
(première moitié du vi* s. av. notre ère). D'après Dio- 

fèno Laérce, elle était fille de Proclès, roi d'Èpidaure ; 
après d'autres, elle était do naissance obscure, et sé- 
duisit Pt-riaudro par sa beauté. Devenu un tyran sangui- 
naire, Périandre, dans un de ses accès do colère, se jeta 
sur sa femme, qui était enceinte, et la tua à coups de pied. 
MÉLISSE igr. mélissa, abeille, parce que cotte plante 
est aimée des abeilles) n. f. 
Genre de labiées. 

— Encycl. Les mélisses 
sont des herbes à feuilles 
dentées, à fleurs blanches 
ou jaunâtres, disposées en 
faux verticilles. On en con- 
naît quelques espèces, d'Eu- 
rope et d'.\sie. La mélisse of- 
ficinale (melissa officinalis) 
a une tigo rameuse, dont la 
hauteur peut atteindre près 
do 1 môlre, des feuilles cor- 
diforuies et d'un vert clair, 
des fleurs jaunes, puis blan- 
ches, parfois tachées do 
roso ; elle est assez com- 
mune dans le raidi de la 
France. Froissée, elle ré- 
pand une odeur de citron ; 
d'oii son nom vulgaire de ci- 
tronnelle. Comme toutes les 
labiées, elle renferme uno 
essence et on l'emploie 
comme stimulante et tonique du système nerveux, surtout 
sous forme d'eau de mélisse pure sur un morceau de sucre, 
ou mieux dans une infusion do camomille ou de menthe. 

MÉLISSÉE [li-sé] n. f. Nom donné par les fleuristes des 
xvii"^ et xviii" siècles à une variété de tulipe rose, mêlée 
d'intarnat et de blauc. 




Mélisse : a. fleur ; b, 
de la Heur. 



coupe 



— du gr. mélisseios ; de mélîssa. 
Surnom de Zeus, qui fut nourri 



MÉHSSÉEN (li-sé-in 
abeille) adj. m. Myth. gr 
par des abeilles. 

MÉLISSÈNE, famille byzantine, d'origine assez an- 
cienne, qui apparaît dès le viii" siècle. Le |)las célèbre do 
ses membres est Nickphore Melissèno, qui, en 1080, avec 
l'appui des Turcs, se proclama empereur, et qui, maître 
do 1 .\sie Mineure presque entière, consentit à abandonner 
le trône à son compétiteur et beau-frère Alexis Comnène ; 
il reçut, en échange de sa soumission, Thessalonique et le 
titre de César. Jus(|u"à la fin de l'empu'e, les Mélissônes 
jouèrent un rôle important. Même après la chute de By- 
zance, ils demeurèrent puissants. Ils sé,tablirent plus tard 
à Naples et se mirent au service de l'Espagne. 

MÉLISSIÈRE n. f. Bot. Mélitte à feuilles de mélisse. 

MËLISSINE U. 
V. -MYRUIviUK. 




f. Chim. Syn. de alcool myricique. 



MÉLISSIQUE (li-sik') adj. m. Chim. Se dit d'un acide que 
l'on olitioiit en traitant l^alcool mclissique ou myricique 
par de la chaux potassée, que donne la mélissine traitée 
par la potasse. 



MÉLISSODE n. f. Genre d'insectes hyménoptères porte- 
aiguillon, comprenant quelques espèces propres à 1 Amé- 
rique tropicale. (IjOs 
mélissodes sont des 
apiilés de couleur mé- 
tallique, à longues an- 
tennes. Dans la belle 
melissoda Lntreilli, du 
Brésil, la livrée est 
bleu violet métallique, 
avec un revôtemout 
de poil roux.) 

MÉLISSOGRAPHE 

fli-so — du gr. mt'- 

lissa. abeille, et gra- 

phein, écrire) n. m. 

Auteur d'un traité sur 

les abeilles. .,„. . , ^ , 

Mélissoat? (gr. oat.}. 

MÉUSSOGRAPHIE 

{li-so, fi — rad. mi'lissograpke) n. f. Traité sur les abeilles. 

MÉLISSOGRAPHIQUE (/i-5o, fik") adj. Qui appartient à 
la mélissographie. 

MÉLISSOPHAGE li-so-faj' — du gr. méli, miel, et pha- 
gein. mangcri adj. gui vit de miel, qui mange le miel. 

MÉLISSUS, pliilosopbe grec, né à Samos vers l'an 430 
av. J.-C. U scmblo avoir jouo un rôle politique important, 
mais nous ne savons rien du précis sur sa vie. Il écrivit 
un traité Sur la nature, dont les idées devaient être voi- 
sines do celles do l'éiTolo éléatique. Aristoto rapproche 
toujours le nom de Mélissus do celui de Parméniue. 

MÉLITAGRE (du gr. méU, itos , miel, et agra, dartre) 
n. m. Vanété d'impétiyo. (No pas confondre, comme on lo 
fait (|ULdqui'fois, avec inélagre, nom donné autrefois aux 
douleurs des uicmijres.) 

MÉLITAGREUX if/reù). EUSE [rad. méUtagre] adj. Se 
dit do certaines croûtes do l'impétigo, qui ressemblent à 
du miel. 

MÉLITE n. f. "Variété de figue de couleur jaune, très 
ostinii-o. 

MÉLITE n. f. Genre do crustacés amphipodos, compre- 
nant quelques espèces des mors de l'hémisphèro boréal. 
(Los mélitcs sont des crevettines allongées, arquées; 
l'espèce type du genre est la melita pabnata, répandue 
des nuTs du nord i la .Méditerranée.) 

Mélite ou les Fausses Lettres, pièce comique en cinq 
actes, en vers, de Pierre Corneille, représentée en 1629 
par la troupe de Mondory, qui l'avait apportée de Rouen 
à Paris. Lo succès on fut prodigieux, établit la nouvelle 
troupe à Paris, et fit connaître Corneille à la cour. Pour la 
première fois, on vit l'unité d'action et l'unité de lieu pa- 
raître sur la scène et les acteurs parler une langue naïve 
et enjouée, qui, au dire do l'auteur, faisait -< une peinture 
de la conversation des honnêtes gens». Pourtant, ce coup 
d'essai n'était pas conforme aux règles que Corneille ne 
connaissait pas encore. 

L'iniriguo de cotte comédie est si compli(iuéo que l'au- 
tour lui-même n'a pas réussi à en donner, dans sa préface, 
uno analyse plus claire que sa pièce. Eraste, amoureux 
de Mélite, conduit chez sa maîtresse Tircis, qui se fait aimer 
d'elle. Eraste, jaloux, adresse des lettres supposées de Mé- 
liie à Philandre, fiancé de Chloris, qui est sceur de Tircis. 
Tircis voit ces lettres et tombe dans le désespoir. Mélite, 
qui croit Tircis mort, n'est pas moins malheureuse. Mais 
tout s'arrange: Tirtds épouse Molite, et Eraste, Chloris. 
Mélite, souvenir d'une aventure galante dont i'auieur 
avait été lo héros, est l'anagramme de Milet, nom d'une 
demoiselle de la rue aux Juifs, quoique la scène se passe 
à Paris. Mélite est la première des trente pièces repré- 
sentées do Corneille et la seconde imprimée (1633); Cli- 
tandre avait paru l'année précédente. 

MELITÉE n. f. Genre d'insectes lépidoptères rhopalo- 
cères, comprenant do nombreuses 
espèces des régions tempérées de 
riiémisphère boréal. (Les méUtées 
sont des papillonsde taille 
moyenne, à livrée fauve tachée de 
noir en damier, d'où leur nom vul- 
gaire de damiers. La vielitxa arte- 
mis est commune en France.) 

MÉLITÉEou MeLITEUS. Myth. 
gr. Héros épomnie de lu ville de 
Mélitée, en Phtbiotide, fils de Zeus 
et de la nymphe Othréis. 11 fut ex- 
posé dans un bois par sa mère, qui craignait la colère de 
Hèra, et nourri par des abeilles, d'où son nom do Melitcus. 

MÉLITÈNE ou MeliTA, ville de l'ancienne Cappa- 
doce. près du confluent du Mêlas avec l'Euplirate, fondée 
par Trajan au ii* siècle. Elle devint le chef-lieu de la Mé- 
li tône. Victoire deChosroès sur les Grecs, en 570. Dans cette 
ville fut persécuté Polyeucte. A Mélitène résidait, sous 
Marc-Aurèle, la légion Fulminante. (V. LÉGION fulmi- 
nante.) Auj. i'éni Malatia. (V. ce mot.) 

MÉLITÈNE(Ia), district de l'ancicnneAsie Mineure, dans 
la Cappadoce. qui s'étendait autour de la ville de Méli- 
tène, le long de l'Euphrate supérieur. Elle forma dans la 
suite une préfecture de la Petite Arménie, qui fit partie de 
l'Aladulie (Turquie d'Asie). 

MÉLITÈNE, personne née à Mélitène ou qui habitait 
cette ville. — Les Mêlitènes. 

— Adjectiv. : Antiquité mélitène. 

— Hist. Légion mélitène. V. légion fulminante. 
MÉLITHÉE n. f. Zool. Genre d'alcyonaires des mers 

chaudes. (Les mélithées sont des colonies de polypes, dont 
on peut prendre comme types les melithxa ochracea et se- 
tifera de l'océan Indien.) 

MÉLITHÉINÉS n. m. pi. Zool. Tribu de zoanthaires al- 
cynnaires. famille des gorgonidés, comprenant les genres 
métUhri' et voisins. — tn méhthuinÉ. 

MÉLITHBEPTE (trèpt') n. m. Genre d'oiseaux passe- 
reaux, type do la tribu des mélithreptinés, comprenant huit 
espèces' propres à l'Australie et à la Tasmanie. 

— Encycl. Les mélithreptes sont de taille médiocre, 
sveltes, avec le bec fin et recourbé; leurs mœurs sont 
celles des grimpereaux. Le type du genre est le melithrep- 
tus lunulatus, des Nouvelle-Galles du Sud. 




MèlJtée (réd. d'un tiers). 




Mélitte: a. flt-ur. 



MÉLITHREPTINÉS {{rèp') D. m. pi. Tribu d'oiseaui 
passereaux leuuirusiros, uo la famille des méliphagidés, 
comprenant les genres melithveptus ot voisins. — Ln mb- 

LITHEEPTINÉ. 

HÉLITHYTE (du gr. méli, miel, et thuein. otîrir en sacri- 
fice) n. m, Antiq. gr. Nom donné à des gâteaux au miel, 
qu'on otTratt à Tropbonios, dans son sanctuaire de Béotie. 

Melito di NapoU, comm. d'Italie (prov. do Naples) ; 

S.'jlù liab. 

Melito di Porto Salvo, comm. d'Italie (Calabre 
Ultérieure I'* [prov. do Keggioj), sur la mer Ionienne ; 
4.25'j bab. 

MéLITON (saint), évoque do Sardes, en Lydie, vivait 
au w siècle apr. J.-C. 11 avait beaucoup écrit, et était une 
des lumières de l'Eglise d'Asie. Il adressa à Marc-Aurèlc 
une Apologie pour les ctiréliena (vers ns). On a de lui des 
fragments conservés par Eusèbe. — Fête le 1" avril. 

MÉLITONOME n. f. Genre dînscctes coléoptères phyto- 
phages, comprenant une vingtaine d'espèces des régions 
chaudes de 1 ancien monde. (L'espèce la plus septentrio- 
nale est la melitonoma sobrina, du Sénégal, qui se trouve 
jusqu'en Tunisie.) 

MÉLITOPOL, ville de la Russie méridionale. ch.-I. do 
distr. du gouv.de la Tauride, surlaMolotcbnaia; 15.000 hab. 
Grand marché agricole. — Lo district a 13.388 kil. carr. et 
390.000 hab. 

MÉLITOS ou MeleTOS, poète tragique athénien (fin 
du v s. av. J.-C). 11 a été souvent raillé par Aristophane ; 
mais nous ne savons presque rien de précis sur ses tra- 
gédies et ses drames satyriques. U avait composé une 
Œdipodie. Il fut un des accusateurs de Socraic. On a 
prétendu, sans preuve certaine, que les Athéniens le lapi- 
dèrent plus tard comme calomniateur (400 av. J.-C). 

MÉUTOSE (du gr. ni^/i, t/o«,miei) n. f. Chim. Matière sa- 
crée, produite par divers eu- 
calyptus croissant àVan-Dîo- 
mcn et qui, après avoir été 
purifiée au noir animal, se 
présente sous forme d'ai- 
guilles entrelacées. 

MÉLITTE n. f. Bot. Genre 
de labiées. 

— Encycl. La mélitte à 
feuilles de mélisse (mclittis 
melissophyllum), vulgaire- 
ment appelée mélisse sau- 
vage, ou mélisse des bois, ou 
encore mélitte pu<inte, mé- 
litte à punaises, mélissière, 
*st une belle labiée indigène, 
qui peut atteindre 50 centi- 
mètres de haut, à feuilles 
ovales, oblongues, dentées, 
à corolles très grandes, lar- 
ges dès leur base, blanches, 
tachées de rouge; c'est uno plante ornementale et aro- 
matique. 

MÉHTTOPHAGE {U-to-faj') n. m. Genre d'oiseaux pas- 
sereaux lévirostres, de la famille des méropidés, compre- 
nant six espèces africaines. {Les mélittophages sont des 
guêpiers do petite taille ; tel est le guêpier nain [melit- 
tvphinjiis j-ntsiUu.s], répandu de l'Abyssinie jusqu'au Cap.) 

MÉLITTOTHÈRE ili-to) n. m. Genre d'oiseaux pa-sse- 
reaux lévirostres, do la famille des méropidés, compre- 
nant deux espèces d'Afrique. (Les mélittothères sont des 
guêpiers de couleurs vives et brillantes où dominent le 
rouge et le rose ; leur queue possède deux longues pennes 
allongées en brins. Le mélittothères Aubicus est commua 
du Sénégal aux Mascareignes.) 

MÉLITUBGE {turf) n f. Genre d'insectes hyménoptères 
porte-aiguillon, comprenant quelques espèces de l'ancien 
monde. (Les raéliturges sont des apidés velues, avec les 
antennes assez courtes et renflées en massue; la meli- 
turga clavicomis du midi de la France est une abeille soli- 
taire noire, couverte de poils roussâtres.) 

MÉLITURGIE [ji — du gr. méli, itos, et ergon, travail) 
n. f. Travail, imlùstrie des abeilles. 

MÉLITURGIQUE [iik' — rad. mélUurgie) adj. Qui a rap- 
port au travail des abeilles. 

MÉLITURIE ; rî — du gr. méli, itos, miel, et ourein, 
uriiien n. f. Patbol. Syn. glycosurie. 

MELIUS EST NUBERE QUAM URI (mots latins signif. Il 
vaut mieux se marier que de brûler), paroles de saint Paul 
(I Cor., ch. Vil, V. il l L'apôtre était partisan cotivaincu 
du célibat, même pour les simples chrétiens; mais il di- 
sait qu il valait mieux cependant se marier que d'être 
consumé par le feu dos passions, tout le monde n'ayant 
pas le don de la continence, « chacun ayant reçu de Dieu 
son don particulier ». On rappelle quelquefois la conces- 
sion faite par saint Paul à la faiblesse humaine. 

MeLIUS (Spurius), chevalier romain, qui s'acquit une 
grande popularité en soulageant la misère publique pen- 
dant une famine qui sévit à Rome en 439 av. J.-C Les 
patriciens lui adressèrent le reproche banal, mais d'unetfet 
infaillible, d'aspirer à la royauté. Ou nomma un dictateur, 
qui fut le vieux Cincinnatus. Spurius Melius, ayant refusé 
de comparaître, fut tué par le maître de la cavalerie .Ser- 
vilius Ahala. que le dictateur félicita pour ce fait ( i3S;. 

MeLK (en lat. Medelecium), bourg d'Austro-Hongrie 
(prov. de la Basse-Autriche [cercle d'Ober \Viener\vald,i, 
sur la rive droite du Danube ; 2.000 hab. Sur un rocher 
granitique dominant le fleuve, célèbre abbaye bénédictine, 
qui possède 
une bibliothè- 
que de 30.000 
volumes, avec 
des incunables 
et des manus- 
crits, et une 
galerie de ta- 
bleaux. 

Melkart, 

nom d'une di- Melkart. 

vinité phéni- 

cienne, forme du dieu Baal, honorée spécialement à lyr, 

où on la représentait sous les traits d'un guerrier victorieux 




MELKI — MELLONI 

et d'un grand navigateur. Les Tyriens appelaient colonnes 
de Mel/cart les rochers du détroit do Gibraltar auxuuols 
les Grecs avaient donné le nom do colonnes d'IJercule. I.a 
statue que Mcikart avait à Carihago fut prise on Itfl et 
transportée à Rome pour y orner le temple dos nations. 
Les Grecs l'identilièront avec leur Héraklès. V. Héraklès. 

MELKI {"uH') adj. invar. So dit do certains vases fabri- 
qués à Tunis. 

Melksham, bourg d'Angleterre (comté do Wilts), sur 
une colline au pied de laquelle coulo l'Avon ; 7.000 hab. 
Sources minérales. Fabrication de draps. 

ISeLLA, rivière d'Italie (prov. do Rrescia). qui traverse 
le val Truuipia et so jette dans l'O^'lio, au-dessus d'Os- 
liano, après un cours do 90 kilom. Cette rivière a donné 
sou nom, sous le premier Kmpire, à un département fran- 
çais du royaume d'Italie. Ch.-l. lirescia. 

MellaC, comm. du Finistère, arrond. et à 4 kilom. do 
Quimperlé, sur un plnteau do la rive droite de Tlsole ; 
1.4yG liab. Motte léodalo. 

MeLLACORÉE, estuaire marin, formé do deux petites 
rivit-rcs, situe au sud do la Guinée française. Il donne son 
nom à un cercle de la Guinée (ch.-l. Uenty). Ses habitants 
sont les Soussous, cultivateurs et commerçants. Le pays 
produit kola, manioc, sésame, mil, palmier. 

MELLAH n. m. Quartier des villes du Maroc où les Juifs 
sont astreints do demeurer (ghetto). 

Mellan (Claude), graveur et dessinateur français, né 
à Abl)eville en 1598,' mort à Taris on 1688. II exécuta à 
Homo un grand nombre d'ouvrages, des vignettes, des 
frontispices do livres, des portraits, nolammi-nt un Saint 
Pierre Nolasque, son chef-d'œuvre. Il imas^Mua une nou- 
velle manière de graver, consistant ù n'employer que dos 
tailles parallèles contournées et renflées. En quittant l'Iia- 
lie, Mellan se rendit à Aix (1636). et puis à Paris (1637), où 
il reçut un logement au Louvre, une pension de Louis XIII, 
et fut désigné pour graver les statues et bronzes antiques 
du cabinet du roi. L'un do ses tours d'adresse les plus 
connus est la Sainte Jùicc, gravée en 1649, d'un seul trait 
en spirale. Il a gravé plus do 300 planches, d'un dessin 
correct, élégant. 

MELLANURIQUE adj. Chim. Syn. do mélanurique. 

MeLLAOUÎ. surnommée el-Ariche, ville d'Egypte 
(Moyenne-Egypte [ moudirièh d'AssioutjJ, sur la rive gaucho 
du Nil; 15.471 hab. Chef-lieu d'un marUaz. Kilo s'olèvo 
sur les silos do l'ancien port d'IiermepoHs la Grande. 

MELLARIUM {mèl', ri-om' — mot lat. formé de mpl, 
miel n. m. Antiq. rom. Vase rempli do miel, qu'on portait 
dans les fétcs de la Bonne Déesse. 

MELLATE [mèV) n. m. Sel dérivant de l'acide melllque. 

MelLBY, MjeLLBY, nom do plusieurs bourgs de la 
Suèdi' mérLdiouale. dont le plus peuplé, dans la province 
maritime de iilekingc, renferme 7.000 hab. 

MELLE {mèi) n. f. Métrol. Ancienne mesure pour les 
grains. 

— Econ. rur. En Normandie, Nèfle. 

MellE, ch.-l. d'arrond. des Deux-Sèvres, à 25 kilom. 
do Niort, sur un plateau de la rivo gauche do la Béronne ; 
2.669 hab. [Mvllois, aises.) Ch. de f. 
Etat. Exploitation de plomb sulfuré 
argentifère. Commerce do bestiaux, 
mules, mulets. Disiillcries, iiupriino- 
ries, teintureries, corderies, tuileries. 
Eglises Saint-llilaire des XI' et XII* siè- 
cles, tvpo du stylo roman poitevin, 
Saint-t*ierre (xii* s.). Saint-Saviniou 
(xi* s.) sert de prison ; clocher roman 
remanjé au xv* siècle. Hospice, belle 
porte datant de Louis XIV ; deux 
tours (xv« s.); restes des remparts. 
— Melle appartint au duc Jean de 
Berry, puis aux comtes du Maine. 
Au xvii* siècle, c'était un centre industriel prospère; la 
révocation de ledit de Nantes porta un coup mortel à son 
industrie. — L'arrondissement de Melle a 7 cant., 92 comm. 
ot 68.7^1 hab. Le canton a 13 comm. et 9.936 hab. 

IQeLLE, villo d'Allemagne (Prusse [présid. d'Osna- 
bruck]i,sur rElsc,sous-af!luoDt du Wesor; 2.706 hab. Chef- 
lieu do cercle. Brasserie. 

Melle, comm. d'Italie (Piémont [prov. do Coni^); 
2.558 hab. 

BIellE, comm. de Belgique (Flandre-Orient, [arrond. 
de Gand/, sur l'Escaut; 4.G14 hab. Dentelles, distilleries. 

MelLÉ, comm. d'IlIe-ot-'Vilaino, arrond. et à 18 kilom. 
de Fougères; l.llO hab. Carrière do granit, beaux rochers. 

Mellecey, comm. de Saôno-et-Loire, arrond. ot à 
Il kilom. de Chalon, sur l'Orbise; 962 hab. Vms ordinaires; 
fours à chaux. A OermoUes, château ayant appartenu aux 
ducs de Bourgogne, et où séjournèrent Philippe lo Hardi, 
puis les rois Charles VI et Henri IV. 

MELLÉOLÉ("JL^r — du lat. me;,T?ie;//5,micl)n. m. Pharm. 
Médicamont préparô avec du miel et une poudre quel- 
conque. 

HELLET {mèl'-lè\ D. m. Tchtyol. Nom vulgaire d'un pois- 
son du genre athérine. (On donne lo nom do niellet, sur lo 
marché de Nice, à l'athérine sauclct [athvrina /lepsetiis].) 

— Arboric. Variété do ligue. 

Melleban. comm. des Deux -Sèvres, arrond. et à 
17 kiloni. do Melle; 1.095 hab. Haras particulier. Elevage. 
Eglise du xii* siècle, curieux clocher. 

MelleraY, comm. do la Sarthc, arrond. et à 47 kilom. 
de Mamcrs, près de la Braye; 1.070 hab. Commerce do 
chevaux, de porcs, de fruits. 

Melleville (Maximilicn), géologue et historien fran- 
çais, no à Laon (.Visno) on 1807, mort à Paris en 1872. 
Comme géologue, on lui doit, entre autres travaux, Ifu 
dituvium : recherches sur les drpôts auTt/ufU on doit donner 
ce nom et sur la cause qui les a produits (1842); Throrîe des 
puits nntiirels {\%\'-S); etc. Comme historien, il a laissé d'in- 
téressants ouvrages sur Ihistoire du département do 
l'Âisoe : Dictionnaire historique, généalogique et géogra- 




Armes de Melle. 



phiquc du département de l'Aisne (1857-1858); Histoire de 
l'affranchisiemcnt communal dans les anciens diocèses de 
Laon, Soissons et JVuyon (1859 ; etc. 

MELLIFÈRE {mèi — du lat. mal, meltis, miel, et ferre, 
porter) adj. tjui produit du miel : Insecte mkllik^re. 

— n. m. pi. Ancienne division des insectes hyménoptères 
porte-aiguillon, comprenant les aheilleSf xylocopes, bour- 
dons, andrt'ms, etc. — L'n MELLiFÎiRE. 

MELLIFICATION imèV, si-on — du lat. mel, melUs, miel, 
et facere, faire) n. f. Eutom. Elaboration du miel par les 
abeilles. V. mif.l. 

MELLIFIQUE imH', f\k' — du lat. mel, mellis, et facere, 
fairej adj. Qm fabriijue du mitd ; Abeilles mellifiqces. 

MELLIFLUE {mèi, fin — du lat. mellifluus, môme sens) 
adj. Qui distille le miel, qui abonde en miel : Les abeilles 

MELI.IFLDES. (VioUX.) 

— Fig. Qui a la douceur du miel, et en mauvaise part, 
Fade, doucereux : Eloquence melliflue. 

MELLIFLUITÉ [mèl) n. f. Caractère d'une chose mel- 
liflue : La MELLIFLUITÉ d'un discours. 

Mellin (Gustaf Henrik), écrivain suédois, né à Re- 
vola (Finlande) en 1803, mort à Norra-Vram en 1876. Il fut 
pasteur adjoint à Stockholm, puis pourvu en 1S51 d'un pas- 
toral dans le diocèse d<-' Lund. On lui doit des contes liis- 
toriques, justement populaires, dun style alerte et d'une 
couleur à peu près exacte, réunis sous lo titre : liccueil de 
ttumwlles historiques suédoises (18G6-1S67;. Il s'est montré 
historien do talent dans ses ouvrages, tels que : la Guerre et 
les Itévolutions politiques à notre époçuc (1848-1849); His- 
toire du Nord scandinarc (1850-1855, inachevé); Tableaux 
de la vie nationale et de la nature du Nord Scandinave (1855- 
1876), etc. Il a publié, en outre, des poésies lyriques (6'i/n7/(, 
l'Esclave, etc.), a rédige le calendrier Fleurs a'hiver {lS3t- 
1846, sauf l'année 1837); /e Panthéon suédois {l&Z2-li30) et 
plusieurs grands ouvrages ù. i)Ianches. 

Mellin de Saint-gelais. Biogr. V. Saint-Gelais. 

MELLINE {uirl') n, m. Genre d'insectes hyménoptères 
porte-aiguillon, famille des nyssonidés, comprenant quel- 
ques espèces do l'hémisphère nord. 

— En'cycl. Les mellines sont de taille médiocre, avec 
l'abdomen pétiole ; leur livrée est noire, avec des bandes 
blanches ei. jaunes. Le mellino des champs {melUnus ar- 
vensis) est commun en France. 

lV[ELLINET(François-.A.imé), officier français, né à Cor- 
beil tSeine-et-Oise) en 1768, mort à. Anvers en I85«. II sui- 
vit la carrière des armes, l'abandonna en 1793, fut sous- 
inspecteur aux revues sous l'Empire et chef d'état-major 
de la jeune garde à Waterloo. Banni de 1816 à 1819, il 
vécut dans la retraite jusqu'en 1830, organisa un corps de 
volontaires pour seconder l'insurrection belge, et se fixa 
à Bruxelles, où il devint un des chefs du parti radical. 
Compromis dans une échautfourée républicaine en 1848, 
il fut enfermé à la citadelle d'Anvers, où il mourut. 

MeLLINET (Emile), général français, fils du précédent, 
né et mort à Nantes (179S-1S94)- Sous-lieutenant en 1815, 
il fut blessé pendant la guerre d'Espagne (i823) et devint 
chef de bataiilun en 1840. Il se distingua en Afrique de 
1S42 à 1850, fut promu général de brigade à son retour en 
France; sa blessure devant Sébastopol (18 juin 1855) lui 
valut lo grade de général de division. A Magenta (1859\ 
il so distingua à la tête des grenadiers de la garde. Séna- 
teur en 1865, il passa au cadre de réserve en 1869. 

MelLING (Antoine-Ignace), peintre et architecte alle- 
mand, né à Carlsruhe en 1773, mort à Paris en 1831. 11 fit 
de longs voyages en Europe et en Orient, et, pondant le 
séjour qu'il fit à Constantinople, devint architecte de la 
sœur do Selîm III, la sultane Hadidge ( 1795), qui le chargea 
d'élever plusieurs édifices. De retour on Europe, il alla se 
fixer à Paris, où il publia son Voi/aqe pittoresque à Constan- 
tinople et sur les rives du Bosphore (1807-1824). Ce bel ou- 
vrage, dont le texte est do Lacretelle, lui valut (en 1803) 
le titre de peintre paysagiste de l'impératrice Joséphine, 
ot des Pai/saqes, qu'il exposa au Louvre, lui firent décerner 
une médaille d'or. En même temps, il fut attaché, comme 
peintre dessinateur, au ministère des affaires étrangères, 
ot reçut enfin lo titre de peintre paysagiste do la chambre 
et du cabinet du roi. Il a publié encore : Voyage pittoresque 
dans les Pyrénées françaises et dans les départements adja- 
cents, avec texte de Cervini. Parmi ses tableaux, on cite 
les Vues des châteaux de M'arwirk, de Gosfiste, de Harwel, 
en Angleterre; au musée de Versailles), la Distribution 
des drapeaux de la garde nationale; etc. 

MellingEN, village de Suisse (cant. d'Argovie), sur 
la Keuss, affluent de 1 Aar; 810 hab. En 1654, les paysans 
lies cantons de Berne. Luccrno et Soloure, qui revendi- 
quaient l'extension do leurs droits politiques, y furent 
battus par l'armée dos gouvernants suisses. 

Mellini (Dominique), littérateur italien, né à Flo- 
rence vers 1540, mort A Florence en IGSO. Il assista au 
concile de Trente, en qualité do secrétaire do Jean Strozzi 
(1562), puis fut gouverneur de Pierre do Médicts. Nous 
citerons de lui : In vetere.t quosda7n scriptores christiani 
nnminis obtrecfatores libri I V (l^ll), recueil rare ot estimé 
d'écrits anciens publiés contre le christianisme. 

MellionneC, comm. dos Côtes-du-Nord, arrond. et 
à 411 kilom. de Loudéac, près du canal uo Nantes à Brest; 
1.252 hab. Château de Trégarantec (xiu* s.). 

MELLIQUE 'mèl'-lik"' adj. Se dit d'un acide extrait de la 
mcllite. Syn. mrlutujuk. 

— Encyci,. Chim. L'acirfc melllque C'fCO'H)' ou nie//i- 
tique présente un intérêt particulier, parce qu'il est partie 
intégrante de la mellite, minéral mil se rencontre dans la 
houille. Schulz l'a obtenu en chaulYant du charbon de bois 
ou mémo du graphite avec du permanganate do potassium. 
Friedel et Craft en ont fait la synthèse en oxydant l'hexa- 
mélhylbenzino, obtenue suivant la méthode" générale do 
synthèse des composés henzéniques en présence du chlo- 
rure d'aluminium. C'est donc une benzine où six groupes 
acides CO'II sont substitués à six atomes d'hydrogène. 

MelUS, nègres du Soudan. viv.int A l'O. du lac Tchad, 
qui ont fondé jadis le grand empire do Mellé ou Malé. De 
ce groupe sont issus les Malinkés. V. ce mot. 

MELLISUGE {mèl', suf) n. m. Sous-genre d'oiseanx- 
mouc hes, comprenant une seule espèce propre aux Antilles. 



{hemeltisugaminima ou oiseau-mouche nain ne se trouve 
qu'à la Jamaïque et à Saint-Domingue.) 

MELLTTA (met') n. f. Genre d'oursins, type de la tribu 
des mellitinés, comprenant des iormes propres aux mers 
chaudes ou fossiles dans les terrains quaternaires de l'Amé- 
rique septentrionale et centrale. (L'espèce type du genre 
est la mellila quinquefora, de l'Atlantique tropical.) 

MELLITATE n. m. Chim. Syn. de mellate. 

MELLITE [mêV) n. m. Pharm. et thérap. Médicament do 
consisianco sirupeuse, préparé avec du miel. 

— Miner. Substance minérale répondant ù la formule 
H"A1*C"0*". (Elle se présente en petits cristaux octaé- 
driques jaune do soufre, que Ion trouve dans certains li- 
gnites de l'Europe centrale et orientale. Son poids spéci- 
fique varie de i,57 à 1,64 et sa dureté do 2 à 2.5.) 

— Encycl. Pharm. et thérap. Un 7/iC^/i7eso compose d'un 
liquide médicamenteux (vinaigre, suc de plante, infusion, 
décoction), dans lequol on fait dissoudre à chaud du miel 
blanc, jusqu'à consistance sirupeuse (densité 1,24 à 1,25). 
Ex. : Àliel rosat (mellite de roses rouges) : On prépare, 
avec des pétales secs de roses et de l'alcool, une teinture, 
que l'on réduit à moitié par distillation; dans le résidu, on 
fait dissoudre le miel ; on évapore, on écume et Ion filtre. 
Miel de mercuriale : On prépare une infusion do mercu- 
riale annuelle, dans laquelle on fait dissoudre du miel. Mcl- 
lite de vinaigre {oxymel simple) : On fait dissoudre le miel 
dans le vinaigre à Tébullition. Les mcUites sont employés, 
soit pour édulcorer les gargarismes [miel rosat)^ soit pour 
édulcorer des boissons rafraîchissantes (oxymel simple)^ 
soit en lavements {miel de mercuriale). Tous ces médica- 
ments s'altèrent assez promptement. 

MELLITINÉS {mèl') n. m. pi. Tribu d'oursins clypéa- 
stroïdes, de la famille des sculcllidés, renfermant les 
genres mellita et voisins. — Vu mellitiné. 

MELLlTlONlDÉS(méZ') n.m. pl.Zool. Famille d'épongés 

hexactinellides. — Un melmtionidé. 

— Encycl. Les mellitionid'':s renferment les formes bran- 
chues, spbériques ou déprimées, à paroi traversée par do 
nombreux canaux aquifères tabulés, dont les ouvertures 
donnent à la surface l'aspect d'un gâteau d'abeilles. L'é- 
ponge est revêtue d'une mince enveloppe siliceuse. 

MELLITOME {mèl') n. m. Tige de fer, dont les extré- 
mités sont rtM-tturbécs à anijU- droit, et (pii sert à l'api- 
culteur pour le transvasement d'un essaim d abeilles. 

MELLIVORA fmè/'^ n. m. Nom scientifique des mammi- 
fères carnassiers vulgairement appelés ratels. V. ce mot. 

MellO, comm. do l'Oise, arrond. et à 22 kilom. do 
Seulis, sur le Thérain ; 427 hab. Fabrique de mesures mé- 
triques, de limes, de calicots, filature de laine, tourbe. 
Eglise des xi*, xii*. xiii' siècles; chapelle latérale des 
Montmorency. Château féodal fondé vers l'an 800, datant 

fresque entièrement, dans son état actuel, du xviii* siècle. 
otéressantes collections formées par le baron Sellière. Au 
village de Mello se rattache le souvenir des anciens sei- 
gneurs Dreux de Mello. de Nesle, de Montmorency et du 
chef de la Jacquerie, Guillaume Cale. 

Mello (Dreux de), connétable de France, quatrième 
seigneur de ce nom, né en 1138, mort en 1218. Il appa- 
raît à la cour de Louis VII à cûté de son frère aîné 
Guillaume, seigneur de Mello. En 1191, il suivit Philippe 
Auguste à la troisième croisade ; devint connétable en 1193, 
àla mort de Raoul, comte de Clermont. Philippe lui donna 
en outre, en 1204, la ville et le château de Loches et la 
ville de Châtillon-sur-Iudre. H fut enterré à Saint-Prise 
ou Saint-Bris (diocèse d'Auxerre) dont il était seigneur. 

Mello. Biogr. V. Cadaval. 

Mello de Castro (Julio de), littérateur portugais, 
né à Goa en 1658. mort à Lisbonne en 1721. Il était fils 
d'un vice-roi des Indes. Il fit partie de l'Académie portu- 
gaise et de l'Académie royale d'histoire (1720). Outre des 
Odes, qui eurent boaucouj) do succès, et un poème sur la 
vie de la Vierge, on a de lui : Historia da vida de Diniz 
de Mello {\~-ii); Problema sobre os eff'eilos do amor e do 
odio (1752); Vida de Luiz de Conte; etc. 

Mello e Castro (dom Joao de Amrïda de), comte 

DAS Galvas, diplomate portugais, né à Lisbonne en 1767, 
mort à Kio-Janeiro en 1814. H fut ministre du Portugal à 
La Haye, à Rome, à Londres, ministre des alfaires étran- 
gères et de la guerre on 1797. Sur la demande imitéricuso 
du général Lannes, ambassadeur de la France, il déposa 
son portefeuille; mais, en 1807, il fit de nouveau partie 
du conseil, puis suivit au Brésil Jean VI, qui lui confia lo 
portefeuille de la guerre et des afl'aires étrangères. 

MelLOBAUDES ou MaLLOBAUDE, chef franc, le plus 
ancien que mentionne lliisiuire. Il fut tribun militaire et, 
en ;i7S, iiattit les Alamans qui avaient envahi le territoire 
de l'onipereur Gratien. 

MELLON {mèi) n. m. Chim. Corps que l'on obtient en 
faisant agir à chaud le chlore sec sur le sulfocyanuro do 
potassium : Acide hydromello.nkjub, mellonujue, mbl- 
LONHVDRiQtJE. Syn. mkllonb. 

— Encycl. Le mcllon se prépare en distillant le sulfo- 
cyanuro de potassium dans un courant de chlore. Il est 
peu stable, se combine avec les métaux pour donner des 
composés [mellonures) généralement stables. 

MelLONA, déesse latine du miel et dos abeilles. 

MELLONHYDRIQUE adj. Chim. Syn. de mellon. 

MellONI (Macédoine), physicien italien, né à Parioo 
enl798,mort àPortici.prèsdo Naples,en 1854. Professeur 
de physique dans sa ville natale (1824), il s'expatria, à la 
suite des événements poli tiques do 1831, se rendit en France, 
où il fut pendant quelque temps professeur à Dèle, passa 
do là à Genève, oè il lit de belles découVLirtes sur le ca- 
lorique ravonnant. puis se rendit à Paris. Une série de 
mémoires "i|u'il publia furent, de la part de Biot, l'objet 
d'un rapport flatteur, et lui firent décerner par la Société 
rovale de Londres la grande médaille de Rumford. Quelque 
temps après, grâce à Arago et à de Humholdt, qui inter- 
vinrent en sa faveur auprès de Mettornich. Melloni put 
retourner en Italie, devint, on 1839. professeur de physi- 
que au bureau de météorologie de Nanlcs, puis directeur 
du Conservatoire des arts et métiers tle cette ville. C'est 
A Melloni que l'on doit la connaissance des principales lois 
de la chaleur rayonnante, qu'il a expérimentées à l'aide 



MELLONURE — MÉLOLOxNTIIE 



de son thermo-multiplicateur. Ces travaux Tont conduit à 
faire sur la nature complexe de la chaleur Ihypoihéso 
d*apr6s laquollo le caloi'ique se composerait, comme la 
lumière, do ravons de nature diverse, qui peuvent coexis- 
ter ou se propager isolément. Tous ses travaux ont été 
publiés sous lorme de mémoires; il avait commencé un 
important ouvrage dont le premier volume seul a paru sous 
lo titre : la Thermocrose ou la Colûraiion calorifique (iSoOj. 

MELLONURE [mèi) n. m. Corps résultant do la combi- 
oaisoii du iiu-'Uon avec un corps simple. 

MelLRICHSTADT, ville d'Allemagne (roy. de Bavière 
'cercle de Uasse-Franconie]), sur la Streu. sous-ariluent 
du Mein; 2.177 bab.Ch.-l.de district. Institut commer- 
cial ; mai-clié de céréales, de bestiaux. Fonderie do cloches. 

Melma. comm. d'Italie ( Vénétie [prov. de Trévise]). sur 
la Melma, sous-altlucnt de la Piave par Je Sile ; 2.8G5 hab. 

MelniK, ville de la Turquie d'Europe (Macédoine), sur 
un aftluent du Strounia; 6.000 hab. 

MelNIK, ville d'Austro-Hongrie {Bohême), on face du 
conlîucnt do la Moldau et de l'Elbe; 4.il3 hab. Ch.-l. do 
district. Eglise du xii* siècle; château des Lobkowitz, ré- 
sidence de veuvage pour plusieurs reines douairières de 
lïohôme. Sucrerie. Vignoble planté en pineau et donnant 
de bon vin rougo. 

Melnikov (Paul-Ivanovitch), écrivain russe, né à 
Nijni-N'ovgorod en 18-'l, mort en 1884. Il publia divers ou- 
vrages sur l'Egliso orthodoxe et plusieurs romans : Bans 
la forêt fiSTl); ^""* '" montagne (1878); etc. Melnikov 
décrivit, Vun des premiers, les mœurs des Raskolniky. 

MÉLO n. m. Abréviation populaire de mélodrame. 

MelO, chef de parti italien, du commencement du 
XI" siucle. Lombard d'origine, mais citoyen de Bari, il so 
mit à. la tète d'un complut qui avait pour but de chasser 
les Grecs de rHalie méridionale. Mais il faillit être livré 
au catapan grec do liari, ot s'enfuit, avec son beau-frèro 
Dath, à Ascoli, puis à Bénévcnt et Capoue (1016). Il 
prit alors à sa solde les Normands dOsmond de Quonel, 
■mi s'étaient établis .sur lo Monte-Gargaro. Battu à Cannes, 
il alla en Allemagne solliciter le secours de l'empereur 
Henri II, mais il mourut à Baraberg en 1020. 

MelO (Francisco Manuel de), auteur portugais et es- 
pagnol, né et mort à Lisbonne 1,1611-1666). Sa vie fut 
pleine d'événements dramatiques. Echappé au naufrage 
de la Hotte portugaise en 1627, il combattit, au service 
de l'Espagne, dans les Flandres et en Catalogne. Il re- 
tourna, en 1641, combattre pour l'indépendance de sa pa- 
trie, mais fut retenu pendant une douzaine d'années en 
prison sous une fausse inculpation de meurtre, puis exilé 
au Brésil. Il regac;na son pays, et y mourut. Melo a com- 
posé un très graml nombre d'ouvrages, en portugais comme 
en espagnol, et il occupe une place distinguée dans les 
deux littératures. Son teuvre principale, en espagnol, est 
son histoire du soulèvement de la Catalogne en 1640 {Hls- 
toria de los movimientoSf separacion y guerra de CatuluFia, 
1615) qui est devenu classique, malgré une certaine re- 
cherche d'expression. Les poésies espagnoles do Melo sont 
contenues dans ses Tt'es musas del Melodius (1649). Elles 
sont infestées de gongorisme. Ses vers portugais sont très 
nombreux : on connaît surtout ses Sonnets à la mort de 
dona Inès de Castro (1628). .Ses mélanges de Varia historia 
poHugmza (1660), la Caria de Casudos, etc., peuvent 
donner une idée do sa prose dans sa langue maternelle, 

MÉLOBÉSIE (zî) n. f. Genre d'algues corallioéos. à 
frondes planes, d'une couleur rosée, formant une croûte à 
la surface de diverses plantes marines. (Ou en connaît plu- 
sieurs espèces marines, et, parmi elles, Voci-anide, décrite 
par Hésiode.) 

MÉLOCAGTE ou MELOCAGTUS (mé, tuss) n. m. Genre 
de cactacées, comprenant des plantes basses, à tige sphé- 
roïde ou conique, marquée de nombreuses côtes longitu- 
dinales, hérissées d'épines. 

— Encycl. Sur cette tige naît une sorte de touffe sphé- 
roïde ou conique, formée de mame- 
lons très serrés, qui donnent à la 
plante l'aspect d'une mairtillairo 
implantée au sommet d'un mrfo- 
cacte. Il en sort de nombreuses et 
jolies petites fleurs roses, aux- 
quelles succèdent des baies lisse^>. 
d'un rouge vif. On en connaît um- 
trentaine d'espèces, des régions 
chaudes de l'Amérique, souvent 
cultivées en serre. 

MÉLOCHIE {ckî) n. f. Genre de 
malvucées, comprenant des 
plantes herbacées ou ligneuses, 
dont on connaît plusieurs espèces des régions tropicales. 
i^La melochia corchorifoUa est employée comme émolliente.) 

MÉLOCRINIDÉS n. m. pi. Paléont. Famille de crinoïdes 
eucrinuidos, comprenant les melocrînus et genres voisins. 

— Un MKLOCRINIUÈ. 

MELOCRINUS Im^. nuss) n. m. Genre de crinoïdes, com- 
prenant quelques espèces fossiles dans les terrains paléo- 
zoïques de l'Iiémisphèro boréal. 

MÉLODICA n. f. Instrument de musique expressif, à cla- 
vier, ayant la forme d'un clavecin, avec un jeu de fliite, 
inventé en 1770 par Johann-André Stein, et décrit par 
lui-même dans Description de ma mêlodica (1773). 

MÉLODICON n. m. Instrument de musique à clavier, 
invL'iiiL' en isâo, à Copenhague, par Pierre Rieffelsen, et 
dont la sonorité était produtte par une série de diapasons 
mis en vibration par le frottement d'un archet. 

MÉLODIE [di - lat. melodia, gr. mélâdia) n. f. Suite de 
sons qui flattent l'oreille, ii Par ext. Suite de mots, do 
phrases agréables à l'oreille : La mélodie des vers de La- 
martine. 

— Encycl. Une mélorfie est une succession de sons qui, 
aidés par lo rythme, dont la mélodie ne saurait en au- 
cune manière se passer, forment un sens musical plus ou 
moins agréable à l'oreille. La mélodie est du domaine 
absolu de l'imagination ; elle est le résultat do l'inspiration 
du compositeur, et la science musicale proprement dite 
n'y entre pour rien. Aussi a-t-on vu des musiciens très 
médiocres, comme Jean-Jacques Rousseau, même des 




hommes absolument ignorants des premiers éléments de 
la musique, comme Pierre Dupont, inventer de jolies mé- 
lodies. 1 outefois, do telles mélodies sont courtes, sans dé- 
veloppements, parce que encore faut-il savoir conduire 
une méloilie, lorsqu'elle prend certaines proportions, pour 
ou'ello ne soit pas gauche et lâche. Uno romance comme 
// pleut, bergère, uno simple chanson, comme Au clair de 
la lu7ie ou le Itoi Daijobert, constituent chacune uno mé- 
lodie. Mais la musique, au seul point do vue mélodique, 
no so borne pas à des manifestations :;i rudimontaires. 
Elle prend souvent des proportions plus ou moins considé- 
rables et atteint à certaines complications. Il faut envisa- 
ger alors l'enchaînement mélodique, c'est-à-dire la suc- 
cession do plusieurs mélodies ayant entre elles uno étroite 
aflinité en ce qui concerne le dessin, le rythme, toutes 
choses dont l'ensemble constitue proprement le discours 
musical. Que l'on prenne, par exemple, 1 arioso de Fidès 
au (juatrième acte du Prophète, et on aura lo modèle d'une 
longue mélodie, puissamment expressive, composée do 
toute une suite de phrases mélodiques reliées entre elles 
par un sentiment profond d'unité. 

Mélodies irlandaises (les), de Thomas Moore, pu- 
bliées par livraisons de 180G à 1834. — Ce recueil se com- 
pose d environ cent vingt poèmes, adaptés à do vieux airs 
irlandais. Dans la plupart, l'auteur pleure les malheurs 
do son pays ou célèbre sa gloire en maudissant ses op- 

fresseurs. Remarquables pour l'intensité du sentiment, 
éclat des images, l'exquise pureté du style, le parfait 
accord de la musique et de la poésie, les Mélodies enveut 
un très vif succès dans l'Europe entière. 

MÉLODIEUSEMENT adv. D'une manière mélodieuse : 
/.t' rN.î.îif/'i'W chante mélodieusbmknt. 

MÉLODIEUX idi-eù), EUSE [rad. mélodie] adj. Qui pro- 
duit uno suite de sons agréables à l'oreille : Une voix mé- 
lodieuse. Des chants mélodieux. 

— Par anal. : Des vers mklodieux. 

MÉLODIN n. m. Genre d'apocynacées, comprenant des 
arbustes à feuilles opposées, à fleurs en cymes, à fruit 
charnu, souvent comestible. (On en connaît une vingtaine 
d'espèces, do l'Asie et de l'Océanie.) 

MELODINIUM (mé, nî-om') n.m. Genre d'infusoires cilio- 
flagellés, comprenant des formes d'eau douce. Jv'espèco 
tyiie du genre, melnjinium aterrinum, vit par bandes dans 
les mares, en Angleterre.) 

MÉLODION n. m. Nom donné par Jean-Chrétien Dietz 
à un instrument de musique à clavier imaginé par lui. 

— Encycl. Le mélodion qui fut construit par lui en 1805 
avait la forme d'un petit piano carré; ses sons, qui se 
rapprochaient de ceux de l'harmonica, étaient produits 
par un frottement opéré sur des tiges métalliques, et leur 
intensité pouvait être modiflée par la pression plus ou 
moins forte des doigts sur les touches. 

MÉLODIQUE {dik") adj. Relatif à la mélodie : Progres- 
sion MKI.ODWL'E. 

MÉLODIQUEMENT {ke) adv. D'une manière mélodique : 
Suns mki.odhjccmknt combinés. 

MÉLODISTE {dtsst') n. m. Musicien habile à composer 
d'agréables mélodies, il Musicien qui est d'avis que la mé- 
lodie doit avoir le pas sur l'harmonie : L'école des mélo- 
distes et celle des harmonistes. 

MÉLODIUM [di-om') n. m. Nom donné, dans l'origine, 
à rha,rinuuium. qu'on appelait aussi ORGUE expressif. 

MÉLODRAMATIQUE [tik') adj. Qui a rapport au mélo- 
drame : Le genre mklodrama- 
TiQOK. Il Qui rappelle le mélo- 
drame : Un tun mélodr.\ma- 

TlijUK. 

MÉLODRAMATISER v. a. 

Rendre mélodramatique : MÉ- 
lodramatiser un rôle, une en- 
trevue. 

MÉLODRAMATURGE {turf 
— du S'c. 7nt'los. chant, drarna, 
atos, action, et ergon, œuvre) / 
n. m. Auteur, faiseur de mélo- 
drames. 

MÉLODRAME (du gr. mélos, \ 
chant , et de drame) n. m. 
Théâtr. Anciennem. Sorte de 
drame où le dialogue était 
coupé, et où les entrées de 
chaque acteur étaient accom- 
pagnées par les sous d'une 
musique instrumentale : Le 
Pygmalion est un mélodrame 
dont J.-J. Rousseau a écrit le 

livret et l'accompagnement, ii Auj. Ouvrage dramatique 
et populaire, visant à émouvoir la foule par l'accumu- 
lation do situations violentes et de péripéties impré- 
vues. 

— Fam. Héros de mélodrame, Individu outré dans ses 
paroles, dans ses gestes. 

— Musiq. Court morceau symphonique, qui, dans cer- 
taines pièces, lyriques ou non,' accompagne et souligne en 
queliiue sorte certaines situations. 

— Encycl. Théâtr. Le poignard, le poison, l'incendie 
jouaient ou jouent encore le premier rôle dans les mélo- 
drames, avec complications d'enfants volés et retrouvés, 
machinations ténébreuses d'un traître, etc. Une des lois 
du genre était aussi de mêler toujours ou des scènes gaies 
ou un personnage franchement comique à l'action. 

Les auteurs contemporains ont compliqué ces procédés 
trop simples de l'ancien mélodrame. Ils ont profité des 
progrès de la mise en scène.. Le fond, pourtant, est resté 
ce qu'il était au temps où la foule se pressait dans les 
salles de spectacle de l'ancien boulevard du Temple, lo 
fameux « boulevard du Crime », comme l'appelait la chro- 
nique. A l'étranger, nombreuses sont les pièces anglaises, 
allemandes, slaves, où la prédilection de l'horrible, le 
retour aux moyens violents des romanciers et drama- 
turges continuent, sous une étiquette différente, la simple 
et vieille tradition du mélodrame. 

Il y a eu des maîtres spéciaux, en cette forme spéciale 
du théâtre, depuis Guilbert de Pixérécourt, Caignez, Cu- 
velier de Trye, V. Ducange et Bouchardy, le dernier des 
B ogres romantiques », jusqu'à Anicet-Bourgeois et Den- 




Mélot,^ ;réd. de moitié). 



nery. On peut citer les titres suivants : Victor ou l Enfant 
de ta forêt ill9S); Cœtina ou l'Enfant du mystère \\iOl) , 
le Chien de Montargis {\iili); Eualdès, l'Orpheline de Ge- 
nève (1820J; Gaspardo le pêcheur (1837); le Sonneur de 
Saint-Paul (1838); V Aïeule (18G3); ta Fille de» chiffonniers ; 
les Deux orphelines, les Deux gosses, etc. 

— Musiq. On peut citer les mélodrames superbes qu'ont 
écrits Beethoven pour Egmont, Mendelssohn pour le Songe 
d'une nmt d'été, Moyerbcer pour Struensèe, Bizot pour 
VArlésienne, Massenet pour la Phèdre do Racine et pour 
lo dernier entr'acte de son Werther, cntr'acto en aciioD. 
qui se passe à la vue du public, 3tc. 

MÉLOÉ n. m. Genre d'insectes coléoptères vésicants, 
comprenant plus de quatre-vingts espèces du t^lobo. 

— Kncycl. Los méloés, type de la tribu des méloJnés^ 
sont de gros et lourds insectes noirs ov. bleus, parfois 
métalliques, privés d'ailes, 
et dont les élytres, courts 
et déhiscents, no recouvrent 
que la base de l'abdomen, 
ijui est énorme chez les fe- 
melles. Les méloés jouissent 
de propriétés vésicantes très 
énergiques ot entrent dans 
la préparation des vésica- 
toires (surtout le meloe ma- 
jalis, d'Espagne et du midi de la France). Sauf do rares 
cspièces américaines {meloe opacus, Californie^, les méloés 
sont répandus dans les régions chaudes et arides de l'an- 
cien monde jusqu'au sud de l'Afrique. Quelques espèces 
se trouvent aux environs de Paris {meloe proscaraàxus, va- 
riegatus, etc.). 

MÉLOGAIX n . f . Genre de mammifères carnassiers, com- 

ffrenant cinq espèces des régions chaudes de lAsie ot de 
a Malaisie. ^Les mélogales [/ie/jc/(sj sont des musiélidés 
de taille moyenne, fauves avec des raies blanches, grises 
ou jaunâtres. Ces animaux, nocturnes, ont les mœurs des 
civettes et habitent les rég^ions montagneuses. L'espèce 
la plus répandue est la mélogale de l'Inde 'helictis Orien- 
tidis ,, qui se trouve de l'Hirnalaya à Java.) 

MÉLOGRAPHE (du gr. mélos, ehant, otgraphein, écrire) 

n. m. Celui fini écrit, qui co- 
pie de la musique. 

MÉLOGRAPHE (mémo 

étymol. qu'à l'art, précéd.) 
n. m. Appareil rjui, adapté à 
un orgue ou à un piano, re- 
produit mécaniquement, à 
l'aide de signes d'un genre 
particulier, toutes les impro- 
visations auxquelles un com- 
positeur se livre sur son cla- 
vier. [On peut citer parmi les 
nombreux facteurs qui ont 
créé des instruments de ce 
genre :Creed (Londres, 17.i7); 
Unger (Brunswick, 1749); 
Hohlfeld (Berlin, n^î), En- 
gramelle (Paris, 1760). Mer- 
lin (Londres, 1770), Gattey 
(Paris, 1783), Adorno (Paris, 
1815); Guérin (Paris, 1844), 
qui donnait à son instrument 
le nom de pianographe. En 1805, Rivoire, d'Orléans, a 
exhibé à Paris un appareil très ingénieux, mais d'une 
extrême délicatesse. Voici commenT il fonctionne : Eu 




Coupe du mélograpbe Rtroire. 




#* 



nu 

t/o 


""^ ^^^ 


- — =- 






Ili il; 

II 




— - 



Reprodui'liun d un morceau au moyea du mélograplie ou enregistreur musical de Rivuire. 

appuyant sur la touche de piano A, la tige BCD actionne, 
au moyen de l'arbre de transmission E, la molette n qui 
est imbibée d'encre et qui inscrit les signes sur uno 
bande de papier sans tin disposée sur ïe rouleau K. Mue 
par un mouvement d'horlogerie, la bande, après avoir 
passé par les cylindres guideurs JGl, s'enroule sur le 
récepteur H.] 

MÉLOGRAPHIE fî — rad. métographe) n. f. Art ou action 
d'écrire de la musique. 

MÉLOGRAPHIQUE {fik') adj. Quî a rapport à la mélo- 
grajiliie. 

MÊLOÏDÉS n. m. pi. Famille d'insectes coléoptères hé- 
téromères, comprenant les méloés, mytabres, cantharides. 
et genres voisins. Les méloïdés sont les cantharidiens ou 
vésicants des anciens auteurs. On les subdivise actuelle- 
ment en deux tribus : méloÎ7iés et lyttinés.) — Un méloïdé. 

MÉLOÏNÉS n. m. pi. Tribu de méloïdés, comprenant 
les méloés et genres voisins. — Un méloïné. 

Meloiset, comm. de la Côte-dOr. arrond. etàlOkiL 

de Beaune ; 624 hab. Vins ordinaires ; église du xv* siècle. 

MÉLOLOBION n. m. Genre de légumineuses papiliona- 
cées, comprenant des arbrisseaux à feuilles digitées, à 
gousse linéaire, qui croissent dans l'Afrique du Sud. 

MÉLOLONTHE ou MELOLONTHA {mé) n. m. Nom donné 
par les auteurs ç^recs anciens à un insecte indéterminé, 
qui était peut-être la cétoine dorée. (C'a été le nom scien- 
tifique des coléoptères du genre hanneton. Dans la nomea- 



MÊLOLONTHINE 



MELRIR 




McIoD à perruque. 



claturo molierno [1900], c'est lo nom scientifique dos cly- 
thres, coléopt6res du groupe des chrysonitles.) 

MÊLOLONTHINE (rad. midolonthe) n. f. Chim. Substance 
sulfurée, oxiraiie des hannetons. 

MÉL0L0NTHINÉ3 n. m. pi. Tribu d'insoctos coléoptôrcs 

phytopha{?es, de la laniille des chrysomclidès, comprenant 
les cli/tfires et genres voisins. — Un mklolonthink. 

— Encycl. Dans la nomenclature acluelle, les clvthres 
portent lo nom scioniilique de meîolontha; les mt^lolon- 
thinés des anciens autours, ijui comprenaient los hanne- 
tons, s'appellent maintenant rki^troginés. 

MÉLOMANE (du pr. mélos, musFquo, ot mania, folie) n. 
et adj. So du do celui oui aime la musique avec une sorte 
do passion maladive ; un Allemand mélomane. 

MÉLOMANIE {nî) a. f. Caractère d'une personne mélo- 
manL'. 

MÉLOMÈLE (du gr. mélos, membre [on r<5p(5tant ce mol]) 
n. m. Monstre offrant des membres supplémentaires iu- 
si^rcs sur les mombres normaux. 

MÉLOMÉLIE {lî — rad. mélomèle) n. f. Monstruosité 
produite par l'insertion de membres accessoires sur les 
membres normaux. 

MÉLOMÉLIEN, ENNE (/i-i»» en) adj. Qui a le caractère 

do la niLdotnelio. 

MELON i,du lat. melo, mfimo sens) n. m. Bot. Espèce de 
cucurl>itacces du genre 
concombre, ou fruit do cette 
plante, il Melon d'eau, Syn. 

GO PASTÈQUE. 

— Pop. Imbécile. 

— Archéoï. Etui hémi- 
sphérique, ordinairement de 
cuir, où l'on gardait an© 
perruque. (Expression des 
XVII* et xviii" s.) 

— Arg. des écoles. Elève 
do première année à l'école 
do Saint-Cyr. 

— Conch.vl. Nom vulgaire 
d'une cotiuille de l'océan In- 
dien, la volula melo. (V. VO- 
LUTE. ) Il Sous-gonro de yetus, 
comprenant quelques espèces propres aux mers chaudes 
de l'ancien monde. 

— Mod. Chapeau rond, bombé, dont la forme rappelle 
nn pou colle d'un melon : Vn mhlon 
coiueur d'amadou. (J.-K. Huysmans.) 

Il Adjoctiv. : Chapeau melon. 

— Vitic. Syn. do chardonat. 

— Zool. Melon de mer. Nom vul- 
gaire dos oursins des mers d'Eu- 
rope. 

— Encycl. Bot. Le fruit du melon 
(cuoumis melo) est ordinairement 
volumineux, sphériqno ou ovoïde, 
lisse ou rugueux, souvent marqué 
de grosses côtes. Sa pulpe, charnue, 
jutouso, parfumée, de couleur va- 
riable , renferme do nombreuses 

f raines ovales, aplaties, luisantes, 
lanc jaunâtre. Cette espèce est Melon (conchyl.). 

originaire do l'Asie ot do 1 Afrique ; 

mais, depuis les incursions do Charles VIIT on Italie, elle 
devint commune en France, d'abord dans le Languedoc. 

On distinguo trois catégories de melons: les melons 
communs ou brodés, les cantaloups et 
les melons lisses: les premiers ont les 
côtes pou marquées, et leur surface est 
couverte d'un réseau de lignes rugueu- 
ses ot peu saillantes [broderie) ; ils sont 
rustiques, mais peu savoureux : melon 
maraîcher^ de forme sphérique et de 
goût assez fade, sucrin de Tours, petit, 
ovoïde et sucré, melon jaune de Cavail- 
lon,k chair rilandreuse. etc. Les can- 
taloups sont gros, déprimés, marqués 
do côtes larges ot nettement séparées; 
leur peau est rugueuse et hérissée de 
verrues, leur chair est rougo orangé, 
fondante, très sucrôo : cantaloup» Près- Cbapeaa melon. 
cott, cantaloup des environs de Paris, 
cantaloup noir des carmes, cantaloup d'Alger, cantaloup 
sucrin. Los melons lisses sont ovoïdes, dépourvus de 
côtos, à écorce vert 
clair ou blanchâtre, 
souvent inodores, à 
chair très fondante 
{melons de Malte, par 
exemple'. 

Dans lo midi de la 
France, on cultive le 
moto n on pleine 
terre. Aprèsavoirou- 
vert une petite fosso, 
onlaremplitdevioux 
fumier, qu'on recou- 
vre d'une mince cou 
cho do terre , dans 
laquelle on sème une 
demi-douzaine do 
graines; quand los 
jeunes plantes ont 
environ cinq feuilles, on no garde que deux individus et 
l'on abandonne la culture à elle-mAme, Dans le contre ot 
le nord do la Franco, le melon, qui exige une température 
élevée et une atmosphère huniido, n'est guère i^uftivé que 
sur couches, sous châssis ou sous cloches. On sèmo vers 
la fin do janvier, sur couche chaude do fumier de cheval ; 
on rcplciue le jeune plant dès qu'il a développé son bour- 
geon terminal, alin de provoquer la formation d'un grand 
nombre do racines adventives ; puis on le repique do nou- 
veau, après la formation lie deux bourgeons latéraux; en 
général, on no laisse arriver à maturité que deux fruits 
par pied. 

Lo melon mûr constitue un aliment savoureux, adoucis- 
sant et rafraîchissant. Ses graines, employées on mé<Io- 
cine comme semences froides, sont laxativ'es. 

— Art culin. Un bon melon doit être lourd, la partie 






Melon (cantaloup d'Alger) : a. coupe 

de (leur m&X*- ; h. roupe de fleur femelle ; 

c, fruit. 



opposée à la quouo un peu flexible sous la pression; la 
([Ucuo sera cornée, facile à détacher; enfin, lo bon melon 
a un parfum qui se sent avant qu'on ne l'ouvre. Le melon 
se sert surtout comme hors-d'œuvro. Quand il est insuffi- 
samment mi'ir ou sucré, on 1 assaisonne do sol ot do poivre. 

Compote de melon. Prenez le melon avant sa maturité, 
dépouillez-le dt- son écorce, coupoz-lo en morceaux et 
faitos-lo cuire à feu doux avec du sucro aromatisé do 
girolle ot d'un peu do cannelle. 

Pttits melons confits au vinaigre. Les jeunes fruits, soi- 

gnousomont brossés ot mis dans des bocaux (lu'on emplit 
vinaigre bouilli avec do l'estragon et refroidi, se man- 
gent en garniture comme les cornichons. 

MELONfJean-François), économiste français, né à Tulle, 
mortù Paris en 1738. Avocat à Bordeaux, il contribua à la 
fondation d<! l'académie de cette ville, puis suivit à Paris 
le duc de La Forge. Nommé par d'Argenson inspecteur 
général des fermes à Bordeaux, il retourna bientôt à Paris 
auprès du ranlinal Dubois, et fut plus tard secrétaire do 
Law. puis du régent. On lui doit un essai sur le commerce 
(1731). Voltaire lo qualifie un peu sévèrement d'esprit sys- 
tématique, très éclairé, mais chimérique. 

MÉLONELLE (nèl') n. f. Genre d'épongés pierreuses, 
coiiipronant des formes fossiles dans lo jurassique supé- 
rieur. (L'pspèce type du genre est la melonclla radiata, 
du jurassique allcniand.) 

MÉLONGÉNE ou MÉLONGINE n. f. Bot. Syn. de au- 
bergine. 

MÉLONGÈNE (jt'n') n. f. Zool. Genre do mollusques 
gastéropo<les, irilju des mélongénim's, comprenant do nom- 
breuses espèces répandues dans les mers chaudes. 

— Encycl. Les mèlongènes ont la tête étroite, les ten- 
tacules courts et convergents; leur coquille pyriformo, à 
bouche en ovale allongé, possède un openMile épais et 
corné. Telle est la melongena fasciata, des Antilles. 

MÉLONGÉNINÉS (je) n. m. pi. Tribu de mollusques 
gastéropodes, de la famille des lurbinellidés. comprenant 
les mtHunijrnes et genres voisins. — Un melongéniné. 

MÉLONIDE (du gr. melon, fruit, et eidos, aspect) adj. 
Bot. Qui ressemble à une pomme. 

— n. f. Nom générique des fruits formés, comme la 
pomme, de plusieurs ovaires réunis et soudés avec lo 
tube du calice, il On dit aussi mélonidie. 

MELONirÉRE du lat. melo, onis, melon, ot ferre, porter) 
a(lj. Se dit dos plantes dont les fruits ressemblent au melon. 

MELONIFORME (du lat. melo, onis, melon, et do forme) 
ailj. Bot. (^)ui a la forme d'un melon. 

MÉLONITE (rad. melon) n. m. Tellurure naturel do 

nickel. 

MÉLONITE n. m. Genre d'oursins, fossiles dans le cal- 
caire carbonifère de l'hémisphère boréal. 

MÉLONITIDÉS n. m. pi. Paléont. Famille d'oursins 
palôchinidés, renfermant les genres mélonite ot voisins. 

— Vn MÉLONITIDÉ. 

MELONNÉ llo-né), ÉE adj. Bot. Qui ressemble au melon. 

— n. f. Variété de courge, appelée aussi pèpon musqué. 

MELONNIÈRE 'Jo-ni-èr') D. f. Terre affectée spéciale- 
mont à la <:ulture des melons. 

MÉLOPÉE (du lat. melopœia, gr. mêlopoiia) n. f. Musiq. 
gr. Ensemble des règles de la composition du chant. 

— Déclamation notée, n Par ext. Récitatif. 

— Encycl. Sous la première do ces deux acceptions, lo 
mot n'a plus d'objet cliez les modernes; mais, sous la se- 
conde, on l'emploie volontiers aujourd'hui. Georges Kastner 
a dit à ce sujet : « Il me semble qu'on peut fort bien ap- 
pliquer ce mot aujourd'hui aux phrases de récitatif me- 
suré, d'autant plus qu'il nous manque un terme exprimant 
l'arrangement des sons dans le cas dont il s'agit. Un réci- 
tatif est plus ou moins mélodieux, mais il n'a pas de mé- 
lodie en propre, suivant l'acception ordinaire qu'on donne 
à ce mol dans la musique moderne. On ne peut donc, à 
proprement parler, citer la mélodie d'un récitatif, puisque 
un récitatif no comporte pas un arrangement de sons d où 
résultent des phrases symétriques et régulières, mais on 
peut en vanter la mélopée. Il y a dans les opéras do Gluck 
un grand nombre de passages admirables qui ne sont que 
des mél'tpres. >i 

MÉLOPHAGE {ftij") n. m. Genre d'insectes diptères bra- 
chycèrcs , famille dos ornithomyidés , 
comprenant une espèce parasite sur les 
moutons. 

— Encycl. Lo melophagus ovinus, sou- 
vent appelé pou de moulon, est un diptère 
dégrade, court, largo, aplati, coriaco, 
avec les pattes fortes et velues; il est 
d'un jaune roug«û,tre ot long d'un demi- 
centimètre environ. La femelle est vivi- 
pare. Les mélophages vivent accrochés 
dans la laine des moutons, dont ils su- 
cent le sang; mais ils sont la proie dos 
étourneaux ot des corneilles, qui les 
chassent jusque sur lo dos do leurs hôtes. 

MÉLOPHOBE Mu gr. mélos, musique, et phohein, crain- 
dre) n. et adj. Se dit d'une personne qui hait la musique 

MÉLOPHONE (du gr. v\élos, mélodie, ot phônè. voix) n. m. 
Instrument do musique ;\ vent, formé d'anches et de tu vaux, 
inventé en 1837, à Paris, par un horloger nommé Leclerc. 

— • PJncvoi,. Lo métophonc a la forme d'une guitare très 
épaisse, dont la caisse renferme une soufflerie ot un som- 
mier sur lequel 
est disposée 
une série d'an- 
ches libres. 
Cotto souffle- 
rie fonctionno 
à l'aide d'une 

fioignéo appo- 
t^earchet, pla- 
cée extérieure- 
ment, au talon de la caisse, et à laquelle la main droite 
do l'exérutant imprime un mouvement do va-et-vient, tan- 
dis fjuo les duigis de ta main pauche appuient sur do pe- 
tites roulettes d'ivoire placées en demi-saillie sur le man- 
cho ot qui font l'office do touches. Le mélophono, dont lo 

8—08 




Mriophng? 

du mouton {gr. 

3 fois). 




Miîlriphono. 




8 

son est grave et soutenu, obtiut, à son apparition, une 
vogue. Il est aujourd'hui complètement oublié. 

MÉLOPHORE (du gr. melon, pomme, et phoros, qui 
porte) n. m. Hist. anc. Nom donné aux gardes du roi de 
Perso qui portaient des bâtons terminés par dos pommes 
d'or. 

MÉLOPLASTE {plasst' — du gr. mélos, mélodie, et plas- 
tés, (|ui faeonne) n. m. Nom donné par Pierre Galin à la mé- 
tbodft deiiseignoinont musical imaginée par lui. V. Galin, 

MÉLOPLASTIE (stl — du gr, melon, joue, et plastés, ont 
façonne) n, f. Kcstauration de la face par autoplastie- 
V. ce mot. 

MÉLOPSITE n. f. Silicate hydraté naturel. "Variété de 

talr ou do gymnile, 

MÉLOPSITTE ou MELOPSITTACUS (mé, kuss) n. m 
Genre de perruches, comj'renant une espèce d'Australie. 

— Encycl. Le 
mélopsitte ondulé 
ou perruche insé- 
parable est un 
psittacidé do la 
tribu des pézopo- 
rinés, à longue 
queue, à plumage 
vert, gris et jaune 
harmonieusement 
nuancé et disjiosé 
par bandes ondu- 
ieuses. Ces perru- 
ches, communes 
dans le commerce, 
vivent bien en 
France, où on les 
connaît sous le 
nom d' « inséparables » parce qu'elles ne prospèrent quo 
par paires. 

MeloriA, île ou banc de sable do la mer Tyrrhé- 
nieniie. non loin de Livourne, inhabitée. En r-'41, Enzio et 
les Pisans y battirent la flotte génoise, mais ils furent 
vaincus à leur tour en 12S4. 

Mélos. Géogr. V. Milo. 

MÉLOSAURE {sôr') n. m. Genre do batraciens temno- 
spoii'lyles. du groupe des archégosaures, fossiles dans le 
trias de Russie. (Les mélosaures étaient des animaux d<- 
grande taille, à en juger par leur crâne long de O^.so et 
très large en arrière, avec le museau rétréci en avant. 
L'espèce type est le melosaurus l/ralensis.) 

MÉLOSIRE n. m. Genre d'algues diatomacées. famillG 

de.s tnélosir-ées , chez lequel les diverses cellules sont 
groupées en filament les unes à la suite des autres, i Parmi 
les espèces de ce genre, les unes sont marines, les autres 
habitent les eaux douces, auxquelles elles donnent parfois 
une odeur oléagineuse assez caractérisée.) 

MÉLOSIRÉES n. f. pi. Famille d'algues cryptoraphidées, 
comprenant dos diatomacées à articles généralement 
soudés deux par deux. (On on connaît dix genres environ.) 
— l'ue MÉLOSIRÉE. 

MÉLOTE (du gr. melon, brebis) n. f. Peau de mouton qui 
a gardé sa laine. {Expression ancienne, encore en usage 
au xvin' s. Se disait surtout de la peau do brebis ou do 
chèvre, garnie do sa laine ou de ses poils, que portaient 
les solitaires.) 

MÉLOTHRIE (trî) n. f. Genre de cucurbitacées à tige 
rampante, à feuilles palmées, lobées, anguleuses. 

— Encycl. Les fleurs des mélothries sont solitaires et 
monoïques. Lo fruit est une petite baie ovoïde, allongée, 
trigone, polysperme. On connaît près de 50 espèces amé- 
ricaines. Là mélothrie pendante croît jusqu'au Canada, 
où elle infeste les champs. Son fruit, qui est de la^gros- 
seur d'une olive, est mis souvent à mariner. 

MÉLOTROPE fdu gr. mélos, chant, et trépein, tourner) 
n. m. Aiqtareil servant à reproduire, au moyen de la ro- 
tation d une manivelle, sur un piano ou un clavier quel- 
conque, de la musique enregistrée sur une bande de carton 
par le mélographe. 

Melozzo da Forli (Francesco), peintre italien, né à 
Furli en 143S, mort après 1494. C'est à lui que l'on doit 
l'art do faire plafonner les figures au moyen de la per- 
spective verticale. On cito particulièrement, parmi ses 
œuvres : Y Ascension, jadis à l'égliso des Saints-Apôtres, 
;ï Home, et transportée auQuirinal (1711); Sixte IV confiant 
u i'iatina la direction de la biblîo- 
t/iè'/ur du Vatican, au musée do ce 
palais ; etc. 

MeLPOMÈNE n. f. Planète téles- 
copique, n*" 18, découverte en 1852, 
par Ilind. 

MelPOMÈNE. Myth. gr. Unedes 
Muses, considérée ordinairement 
comme la Muse do la tragédie. Son 
nom signifie en grec u la Chanteuse <■ . 
Melpomèno fut d'abord la Muse du 
chant. Cependant, chez les Grecs des 
derniers siècles do l'âge classique, 
ollo était devenue aussi la Muse de 
la tragédie, sans doute à cause de 
ses rapports avec Dionysos qui, lui- 
même, portait le surnom de Melpo^ 
menos. Suivant une légende, Molpo- 
mène s'unit à Achéloos, et enfanta 
los Sirènes. On la représentait cou 
ronnéo de pampre, tenant do sa 
main gauche, un masque tragique. Melpomtne (Louvre). 
Les plus célèbres statues antiques 
do Melpoméno sont celle du Vatican et la statue colossale 
du Louvre, qui a probablement décoré, à Home, lo théâtre 
de Pompée. Parmi les représentations modernes, la plus 
connue est la Melpomène do Durot, dans lo vestibule du 
Théatro- Français. 

— Poétiq. Favori, Disciple de Melpomène, Autour, ac- 
teur tragique. 

MelRAND. comm. du Morbihan, arrond. et A 17 kil. de 
Pontivy ; 3.r>35 hab. Papeterie. Au confluent du Blavet et 
du Sai-, grotte taillée, statue de saint Kivalin. 

Melrir. Géogr. "V. Melghir. 




MELROSE 



MEMBRANEUX 




Armes de Meluii. 



MCLROSE, ville d'Ecosse (comté de Roxîmrg), sur la 
TweeJ. an piod des collines d'Eildon; 12.000 hab. Kuiaes 
d'une ancienne abbaye fuiidue par David 1" en 1136. 

Mels, bourg de Suisse {cant. de Saint-Gall), au point 
où la Si-ez sort de la vallée de Weisstanncn pour rouler 
vers le lac de Wallenstadt, dans la vallée du Kbin, au 
pied do l'Alvier (2.363 m.) ; 4.000 hab. 

MelsELLE, comm. de Belgiauo (Flandre-Orientale 
[arrond. do yaint-Mcolas]); 3. "52 hab. Dentelles. 

MeLSENS {Louis-Henri-Frédéric), physicien et chimiste 
bel^e, né à Louvain en 1814, mort à linixelles en 1886. 
Il travailla au laboratoire particulier do Dumas et se fit 
bientôt remarquer par ses travaux sur l'acideacétique, puis 
devint préparateur particulier à la Sorbonne et à l'Ecole 
de médecine do I*aris. Il partit ensuite pourrAUcma^'no et 
fréquenta lo laboratoire de Liebig ; le titre do doclvr philo- 
sophie lui fut accordé par l'université do tiiessen, en 1841. 
Do retour en Belgique en 184G, il fut nommé professeur 
do chimie et do physique à l'école de médecine vétéri- 
naire do Bruxelles. Melsens a inventé les paratonnerres 
à pointes, à conducteurs et à raccordements terrestres 
multiples. Il lit paraître successivement ses travaux sur 
les cbarboos décolorants, sur la conservation des bois, 
des cuirs et dos harnais par le goudron ; sur lés mines de 
houille à grisou ; etc. Il imprima aussi un essor considéra- 
ble à la fabrication des bougies stéariques. 

Melsungen, ville d'Allemagne (Prusse [présid. de Cas- 
sel]), sur la Fulda; 3.742 hab. Chfiteau des anciens land- 
graves, l)âti en 1550. Fabrique de drap. 

Meltham, ville d'Ançletcrre (comté d'York [West- 
Uiilitii,']); 4.000 hab. Fabrication do lainages. 

MeltON-MOWBRAY, ville d'Angleterre (comté de Lei- 
costcr), sur IKve; o.oôO hab. Fromages renommés. 

MelUN ;,en lat. MeiKÎunum), ch.-I. do Seine-et-Marne. 
à 45 kil. do Paris, sur la Seine; 13.641 hab. {Melunoïs, oises. 
ou Mehiiiais, aises.) Ch. de f. P.-L.-M. Tribunal de V in- 
stance, justices do paix, maison centrale. Fabriques de 
calicot, voitures d'enfants, balances, billards, chocolat, 
quincaillerie, brasserie, tannerie, mégisserie, imprime- 
ries. Commerce do grains, volailles et fromages de Brie. 
Ancienne cité gallo-romaine fun<iée dans une île de la 
Seine, Melun s est développé sur les 
deux rives du ileuvo. Au S. est le 
faubourg Saint-. A,mbroise (rive gau- 
cho); au N. le faubourg des Carmes 
{rive droite); enlin, entre les deux 
bras du fleuve, l'Ile, la ville gauloise. 
A la pointe do l'île, Tour ae Cciar, 
vostigo d'une forteresse romaine et 
d'un palais élevé par les premiers 
rois capétiens. Prison départemen- 
tale et maison centrale de détention. 
Restes du prieuré de Saint-Sauveur 
(Renaissance). Eglise Notre-Dame, 
édifice roman du xii" siècle, remanié 
aux xv", XVII" et xix* s. Eglise Saint-Aspais (du nom d'un 
évoque de Gascogne, retiré à Melun vers l'an 600) du 
XV siècle ; clocher de l'ancienne église Saint-Barthélémy, 
des XVI* et xvm' siècles. Hôtel de ville style Renaissance, 
terminé eu 1848. Statue d'Amyot. L'arrond. de Melun a 
6 cant., 97 comm. et 69.259 liab. ; lo canton Nord a 16 comm. 
et 14.641 hab., lo canton Sud, 15 comm. et 14.016 hab. 

— Histoire. L'oppidum de Melodunum fut pris par Labie- 
nus, lieutenant de César, en 53 av. J.-C. Au moyen ûge, 
Melun, ravagé parles Normands, se releva comme rési- 
dence royale sous les premiers Capétiens. Les rois Ro- 
bert I*' et Philippe I" y moururent. Charles V, secondé 

far Du Guosclin, reprit ;\Ielun à Charles le Mauvais (1359 1. 
.es Anglais s'y introduisirent en 1420 et en furent chassés 
en 1430. Henri IV enleva la ville aux Ligueurs en 1590. 
Louis XIV érigea la vicomte de Melun en duché-pairie 
pour lo maréchal de Villars. Patrie de Jacques Amyot. 

Melun (Charles de), seigneur de Nantouillet et de 
NoRMANViLLE, barou DE Landes, mort en 1468. Il fut d'a- 
bord un des confidents de Louis XI, qui le lit lieutenant 
fénéral dans l'Ile-de-France et l'éleva, en 1465, à la dignité 
e grand maître faisant les fonctions de connétable. Mais, 
pendant la guerre de la Ligue du bien public, il eut une 
attitude louche. Louis XI, 
rentré dans Paris, lui en- 
leva la lieutenance géné- 
rale, puis, a[)rôs les traités 
de Conflans et do Saint- 
Maur, le mit en jugement 
et le fit décapiter. 

MÉLUSINE (do Mélusine, 
n. d'une i'éo) n. f. Blas. Fi- 
gure de fantaisie, repré- 
sentant une femme nue, 
échevelée, dont le corps, 
à partir des hanches, se con- 
tinue en queue do serpent. 

— Encvcl. La méhisine. attribut des Lusignan, est tou- 
jours figurée en train de se coit^'er et se mirant dans une 
cuve d'où elle sort à moitié. Elle ne diffère de la sirène 
héraldique que par la queue de serpent et l'absence de 
miroir, et elle ne se porte qu'en cimier (maisons de Lu- 
signan et de Saint-Gelais). 

MÉLUSINE, personnage fabuleux, dont la légende a 
été contée pour la première fois dans un roman en prose, 
composé en 1387 par .lean dArras pour Jean, duc de 
Berry. Mélusine, fille d'Elinas, roi d'Albanie, et de Pres- 
sine. a reçu do sa mère, qui était fée, le « don « d'avoir 
tous les samedis le bas du corps en forme do serpent. Mé- 
lusine épouse néanmoins le comte Raymondin. auquel 
elle fait promettre de ne jamais chercher à la voir le 
samedi. Elle bâtit povir lui le château de Lusignan et tme 
foule d'autres. Ils vivent longtemps heureux ; mais un jour 
Raymondin, à l'instigation de son frère, le comte do Fo- 
rêt, viole sa promesse et surprend le secret do Mélusine. 
Aussitôt, celle-ci se change en serpent et s'échappe par 
une fenêtre du château en poussant des cris de douleur. 
Depuis, elle reparaît et vient pousser des cris semblables 
sur les tours, quand les seigneurs de Lusignan sont près 
de mourir. De là ces mots : cris de mélusine, ou, par cor- 
ruption, cris de merlusine, expression qui est restée en 
usage dans certaines provinces. La légende de Mélusine, 




que Jean d'Arras a dû recueillir aux environs do Lusi- 
gnan, parait Hvg une contamination do divers thèmes fré- 
(juents dans les niytbologies antique et germaniaue. On 
attribue à Mélusine la construction de beaucoup de châ- 
teaux du Poitou et des provinces voisines. On l'appela 
d'abord AS ère des Lusignan, -[wxx^ Mère Lusigne, Merlusine el 
enfin Mélusine. \j Histoire de Mélusine a.éX6 réimprimée par 
C. Brunet dans la Bibliothèque elsévirienne (Paris, 1854). 

Mélusine, revue fondée à Paris, en 1875, par E. Rol- 
land et A. Gaidoz. Elle paraît tous les deux mois et publie 
dos articles sur les mythes et les vieilles traditions, la 
littérature populaire, les chansons anciennes, etc. 

Melvil ou mieux Melville fsir James), historien 
écossais, né en i:>35, mort à Ilallbill en 1017. Page do 
Marie Stuart en France, puis gentilhomme de la maison 
do Jean do Montluc, évoque de Valence, il entra ensuite 
au service du grand connétable et fut blessé ù. la bataille 
de Saint-Quentin (1557). Henri II le chargea de diverses 
missions, puis Marie Stuart se l'attacha. Melville inspira 
la môme confiance au roi Jacques, qui voulut l'emmener 
avec lui lorsqu'il monta sur le trône d'Angleterre (1603] ; 
mais Melville refusa, en raison de son âge. U est l'auteur 
de Mémoires ( 108:1 >, souvent réimprimés. 

Melvill de MarnbÉE ^Pierre, baron), amiral hollan- 
dais, né à Dordrecbi en 1743, mort en 1810. Il entra dans 
la marine en 1759, se battit vaillamment contre les An- 
glais et fut fait prisonnier. Contre-amiral en 1789, il se 
rendit à Alger, où il conclut avec lo dey un traité avan- 
tageux. Lorsque, en 1793. une armée française envahit la 
Hollande, Melvill défendit avec succès ^Villemstad (1793). 
L'année suivante, il repoussa les Français au delà de Her- 
waarden ; mais sa flotte, enfermée dans les glaces du 
Znyderzéo, fut enlevée par la cavalerie de Pichegru (1795). 
Après lo rétablissement de la maison d'Orange, il devint 
vice-amiral (1814), membre du conseil d'Etat, et fut que 1- 
()U0 temps minisfre de la marine. 

Melvill de MarnBÉE' Pierre, baron), géographe et 
hydrographe hollandais, petit-fils du précédent, né à La 
tfayoen 1816, mort à Batavia en 185iî. Il servit d'abord 
dans la marine nationale, puis fut attaché au bureau 
hydrographique de Batavia, publia en 1842 un Guide nau- 
tique de l océan Indien, dressa, vers la même époque, une 
carte nautique en cinq feuilles des côtes de Java et des 
îles voisines, et une Carte hypsométrique de Varchippl lu- 
dien (1843). De retour en Hollande en 1845, il publia à 
La Haye, de 1847 à 18 I9, le Moniteur des Indes orientales. 
De retour à Batavia en 1850, il devint directeur du bureau 
hydrographique, adjudant du vice-amiral Van den Bosch, 
»t cntrei»rit l'exécution d'un Atlas général de l'Inde néer- 
landaise, qu'il laissa inachevé. 

Melville (cap), cap d'Australie (Nouvelle -Galles du 
Sudi, à l'E. de la baie de Bathurst et à l'extrémité d'une 
chaîne montagneuse déuommée Coast-ïiange. 

Melville (île), île de l'océan Glacial arctique, au N. 
de l'Amérique septentrionale (archipel ParrvN entre le 
canal do Fox, nui la sépare de la Terre de Bafiin à TE., et 
lo détroit dHclîla, qui la sépare de la Terre de Cockburn 
à l'O. ; 61.900 kilom. carr. de superficie. Pays âpre et mon- 
tagneux, habité par des Esquimaux. Découverte en 1819 
par l'Anglais Parry. — Ile de la côte nord de l'Australie, 
à l'entrée do la baie de Van Diémen ; 6.200 kilom. carr. 
Terre montueuse, mais mal arrosée. Les Anglais y ont 
abandonné la tentative de colonisation entreprise en 1824. 

Melville (presqu'île de\ presqu'île de la partie sep- 
tentrionale de l'Amérique du Nord iDominion). rattachée 
à la terre ferme par l'istlime de Rae. Côtes fortement dé- 
coupées par des anses et des fjords que creusent le canal 
de Fox. lo détroit de Fury et d'Hokla, et le golfe de Boo- 
thia. Région désolée, végétation de mousses et lichens. 

Melville (détroit de), détroit de la mer polaire arc- 
tique, au N. deTAmérique septentrionale, entre l'archipel 
de Parry, la Terre de Banks, la Terre du Prince-Albert et 
l'île du Prince-de-Galles. 

Melville (bail: de), baie du Groenland occidental, 
sur la mer de Baffin. — Baie d'Australie (Terre d'Arnhem), 
au N.-O. du golfe de Carpentarie. Bon mouillage. 

Melville (Hermann), romancier américain, né et 
mort à New-York (1819-1891). H s'embarqua très jeune- 
comme matelot, déserta à Nouka-Hiva, vécut quatre mois' 
chez les Taïpis, fut délivré par l'équipage d'un navire de 
Sidney, qui le mena à Taïti et aux Sandwich, et servit plu- 
sieurs" années sur un bâtiment de guerre américain. Il 
débuta avec éclat dans la littérature par Ti/pee ou les 
Iles Marquises (1S46). Il publia ensuite Omoo, Mardi, lied- 
burn, la Jaquette blanche, Moby Dtck ou la Pèche à la ba- 
leine, et, délaissant les scènes maritimes où il excellait. 
Peter, Israël Potier, Scènes de bataille, etc. 

MELVILLE(Ilenry DuNDAs, vicomte). V. Dundas. 
MELWAH (mér-oH-â) n. m. Métrol. Mesure de capacité 
égyptienne, qui é(|uivautà 3lit. 8224. il On dit aussi .maluah. 

MELYCHIOPHARIS {mé. ki-o, riss) n.m. Genre d'arach- 
nides aranéides, famille des argiopidés, propre à l'Amé- 
rique du Sud. (Le meli/chiopharis cynips, unique espèce du 
genre, a l'aspecl d'une fourmi jaune, rousse et orangée.) 

MÉLTRINÉS n. m. pi. Tribu d'insectes coléoptères ma- 
lacodermes. renfermant les mélyris et genres voisins. — 

Cn MKLYRINÊ. 

MELYRIS {mé, riss] n. m. Genre d'insectos coléoptères, 
comprenant une trentaine d'espèces des régions chaudes 
de l'ancien monde. (Les melyris sont des dasytidés de la 
tribu des 7nêlyrinés. Ordinairement verts ou bleus, ils sont 
de taille médiocre.) 

MELYROSOMA imé)n. m. Genre d'insectes coléoptères, 
voisins des melyris, comprenant six ou sept espèces, qui 
vivent aux Canaries et à Madère. 

Melzi (Francesco), peintre italien, né à Milan, mort 
vers 1570. Il eut pour maître Léonard de Vinci, qui le prit 
en amitié, l'emmena en France, et lui légua ses dessins, 
ses livres, etc. Meizi a laissé peu de peintures, mais on y 
retrouve l'influence heureuse de son maître. Le musée 
de Berlin possède de lui Vertumne et Pomone. 

Melzi D'Eril (François, comte), homme d'Etat ita- 
lien, né et mort à Milan (1753-1816). Fils d'un profes- 
seur et d'une noblo Espagnole, Teresa d'Eril, il se trou- 



vait, en 1796, chambellan et grand d'Esj-agne de 1" classe. 
Membre de la municipalité milanaise, il fut envoyé au 
congrès de Rastadi, député à la consulte de Lvon (1802) 
et élu vice-président de la république Cisalpine. 11 négocia 
avec lo pape lo concordat do I8O3 et, après la proclama- 
tion du royaume d'Italie, fut nommé gardcdes sceaux(1805) 
et duc de Lodi (1807). En 1814, après l'abdication do Napo- 
léon, il essaya d'assurer la couronne au prince Eugène et 
organisa le gouvernement provisoire. 

Melzi (Gaétan, comtej, bibliographe italien, né et mort 
à Milan (1783-1852). Il forma uno riche bibliothèque, re- 
cueillit un grand nomSre de notes et do manuscrits, et 
publia deux ouvrages estimés : Bibliographta dei romanzi 
e poemi cavallareschi italiàni (1838); Dizionario di opère 
anonime e pseudonime di scrittorî italiàni o corne chi $ia 
aventi relazione aW Italia (i848-I859j. 

Melzo, comm. d'Italie (Lombardie [prov. de Milan]); 
3.100 hab. Tissage de soie et de coton. 

BIEM {mém') n. m. Philol. Nom de la treizième lettre 
de l'alphabet hébraïque, correspondant à la lettre M. 

MÉMACTÉRIES (ri — de Maimaktès, l'Impétueux, sur- 
nom do Z<us/ n. f. pi. Antiq. gr. Fêtes athéniennes en 
l'honneur de Zcus. 

MÉMACTÉRION (gr. maimaklérion — do Maimaktès, le 
dieu des tempêtes, épitbète de Zeus) n. m. Chronol. Mois 
de l'année atliénienne, qui parait avoir correspondu à la 
seconde moitié d'octobre et à la première de novembre. 

HÉMARCHER (pour mesmarcher; de la partie, mes, et de 
marcher \ v. 11. Faire un faux pas. (Vieux. j 

MÉMARCBURE (rad. mémarcher) n. f. Art vétér. Vul- 
gairem. Entorse que se donne un cheval en posant son 
pied à faux. (Vieux.) 

MEMBRACE iman-brass) n. m. Genre d'insectes hémi- 
ptères homoptères, comprenant une centaine d'espèces 
des régions tropicales du globe. 

MEMBRACIDÉS [man, si) n. m. pi. Famille d'insectes 
hémiptères honioptères.renfermant les memôrace* et genres 
voisins. — Un mi^miiRacioé. 

— Encycl. Les menibracidés sont toujours do petite 
taille et de formes singulières, avec des clytres en toit 
ressemblant à des feuilles, un corselet et uno tête armés 
de tubercules, de saillies, de longues cornes brancliues. 
Ces insectes fournissent un bel exemple de mimétisme ; ils 
vivent sur les buissons et les arbres, dont ils imitent les 
épines, les bourgeons, les graines. Les nombreuses espèces 
abondent surtout dans les régions tropicales. 

MEMBRANACÉ {man, sé'\, ÉE adj. Bot. Qui ressemble à 
une membrane : Expansion membranacke. 

MEMBRANE {man — lat. membrana, m^me sens) n. f. 
Bot. Assise ou ensemble d'assises cellulaires, assez forte- 
ment cohérentes entre elles pour servir d'enveloppe à 
d'autres parties, par exemple I épiderme d'une tige. 

— Anat. Organe ou partie d'organe disposés en feuillet 
plus ou moins mince. (D'après leur revêtement épithé- 
lial, on distingue les membranes muque\(.ies, séreuses ou 
fibreuses. [V. ces mots].) 

— Techn. Ais que le relieur place au-dessus et au- 
dessous d'un paquet de livres qu'il veut mettre en presse. 

— Téléph. Membrane phonique. Membrane qui vibre 
dans un téléphone, sous l'inâueuco de la parole ou d'un 
autre bruit quelconque. 

— Encycl. Biol. On désigne, en biologie, sous le nom 
de membrane, la partie différenciée qui limite extérieure- 
ment soit le cytoplasma, soit les divers organitcs do la 
cellule. Tantôt, elle est isolable et a une existence réelle, 
comme la membrane cuticulaire, la membrane nucléaire; 
tantôt, elle ne représente qu'une couche périphérique 
plus ou moins différenciée au contact du milieu ambiant. 
La membrane cuticulaire est constituée par de la cellulose 
chez les végétaux, où elle ne manque jamais; par de la 
kératine ou des albuminoïdes voisines chez les animaux, 
où elle manque souvent. Quand elle existe chez ces der- 
niers, elle est généralement anhiste, tandis que, chez les 
végétaux, elle présente une structure assez complexe. 
V, cellule, 

— Bot. Une fausse membrane, par exemple l'hyménium 
d'un agaric, est constituée par des cellules primitivement 
séparées les unes des autres et qui se rapprochent ulté- 
rieurement, de manière à devenir cohérentes ; les cellules 
d'une membrane vraie sont, au contraire, cohérentes dès 
leur origine, parce qu'elles proviennent des cloisonne- 
ments successifs d'une cellule ou d'un groupe de cellules. 

La 7)ieinbrane cellulaire des végétaux se distingue gé- 
néralement do celle des animaux en ce qu'à la membrane 
protoplasmique ou couche membraneuse du protoplasme s'a- 
joute extérieurement une sorte de coque séparée du corps 
protoplasmique, bien que produite par lui, qui mériterait 
le nom de cuticule (v. cellule' si elle était complètement 
inerte, et qui est la membrane proprement dite. 

La différenciation de la cellule végétale peut être ac- 
compagnée de modirtcations portant sur sa membrane. La 
croissance de la membrane, quelle se fasse par simple 
juxtaposition d'éléments nouveaux ou par intussusception, 
ne va pas sans un. certain épaississement ; s'il est le même 
en tous les points de la membrane, celle-ci garde im 
aspect uniforme; s'il est inégal, la membrane prend di- 
vers ornements : réseaux, ponctuations. Au point de vue 
chimique, la constitution de la membrane peut se modi- 
fier assez profondément, soit par une transformation de 
la cellulose en une substance différente {cutinisation,8U- 
bérification, gélification), soit parce que la cellulose s'im- 
prègne d'une substance nouvelle, qu'on peut faire dispa- 
raître à l'aide de réactifs appropriés {ligni/îcatioti); la li- 
gnine peut être dissoute par l'acide nitrique ou ta potasse 
à chaud sous pression, ce qui laisse réapparaître la cellu- 
lose, bleuissable par le chlorure de zinc iodé. 

MEMBRANE, ÉE {man) adj, Hist. nat. Qui est aplati 
comme une membrane : Cloison membranêe. 

MEMBRANEUX (mon, nen), EUSE '^rad. membrane] adj. 
Anat. Qui est de la nature des envoloopes, des aponé- 
vroses : Tissu MEMBR.O'EUS. U MuscUs aemi-membraneux. 

V. DEMI-MEMBRANEUX. 

— Bot. Qui est formé de membranes superposées, sans 
pulpe intermédiaire ; Feuille membraneuse. 

— Miner. Se dit de certains corps minces et flexibles, 
formés de filaments entrelacés. 



VI. 



ï, 



MEMBRANIFOLIÉ — MEMEL 

— Zool. Qui a la nature d'uno monit)rano. (Se dit surtout 
des téguments souples, et g6ui'ra!emeiu iu<'oIorcs,ûui unis- 
sent les diverses parties dures du tt'f^'umont cliez les ani- 
maux articulés.) Il Ai7e« membraneuses, Celles qui ne sont 
pas chitinisées, dures, coriaces, comme les élytros. (l,os 
hôraiptèros homoptèros ont, comme les hym(.inopt<>res, 
loursquatroailes membraneuses, tandis que les oriliop tores 
ont leurs ailes supérieures à demi membraneuses, et les 
hémiptères hétéropl^res ont leurs héméljtros membra- 
neux dans la seconde moitié.) 

MEMBRANIFOLIÉ, ÉE {man — de membrane, et du lat. 
folium. l'euillo) adj. Hist. nat. Dont les fouilles ou les ex- 
pansions foliacées sont membraneuses. 

MEMBRANIFORME {man) adj. Qui a la formo d'une 
membrane. 

MEMBRANINB [man] n. f. Substance protéiquo, insoluble 
à froid dans l'eau, les solutions salines, les acides et les 
alcalis étendus, mais solublo à chaud. (Elle se rencontre 
dans la capsule du cristallin de l'œil.) 

MEMBRANIPORE (man) ou MEMBRANIPORA (min) 
n. f. Genre de bryozoaires, type do la famille des membra- 
niporidés, vivant en diverses mers ou fossiles depuis 1 épo- 
que crétacée. (Los membranipores se présentent en colo- 
nies de cellules réunies par grandes surfaces irrégulièros 
et ressemblant à des croûtes. Les cellules, réparties on 
quinconce, armées parfois do pointes ou de mamelons, 
sont incrustées do calcaire, mais membraneuses en avant.) 

MEMBRANIP0RIDÉ3 [man) n. m. pi. Zool. Famille do 
bryozoaires L'vmnolémates cycloslomés. comprenant les 
mëmbrauiports et genres vois'ins. — Un mkmbraniporidé. 

MEMBRANULE (man)n. f. Anat. Petite membrane. 

— Bot. Nom donné par Necker à la petite membrane où. 
sont insérés les cils du péristome de quelques mousses. 

MEMBRE {manbr'— du lat. membntm) n. m. Anat. Ap- 
pendice du tronc de l'homme ou do l'animal, disposé par 
aires et destiné à l'exercice des fonctions de relation : 
e corps hionain comprend ia tête, le tronc et les membkks. 

— Poét. Corps mis en pièces : Que de mkmbbes épars! 

— Fig. Chacun des individus dont se compose un tout: 
Les MKMURES d'une famille, d'une assemblée, n Membre ho- 
noraire. Dans une association. Membre qui paye une coti- 
sation sans avoir les avantages des membres participants. 

— Algébr. Chacune des expressions d'uno équation ou 
d'une inégalité. 

— Archéol. Dans le langage dos foudistes du moyen 
âge, Partie d'un fief, soit terre, soit bénélire, etc. (C'est 
do là quo vient l'expression démembrer, appliquée à un 
ensemble de biens ou à un seul fief. Dans le vieux droit de 
Normandie, on disait le membre ou un 
membre de tîef de haubert pour le hui- 
tième de ce fief, etc.) 

— Archit. Chacune des parties qui en- 
trent dans la composition d'un ouvrage 
d'architecture, ii Membre crciiXj Moulure 
concave, il Membre couronné , Moulure 
surmontée d'un tilet. 

— Blas. Jambe ou patte de griffon, 
d'aigle ou d'autre oiseau, isolée, déta- 
chée du corps. (On no spécifie pas l'ani- 
mal quand il s'agit de l'aigle. Les mem- 
bres, dans la régie, sont placés en barre.) 

— Féod. Dépendance d'uno seigneurie, d'un bénéfice : 
Fief qui est un mkmbre de la ten-e seigneuriale. 

— Gramm. Chacune des divisions do la phrase, de la 
période, it Chacun des termes d'une comparaison. 

— Mar. Chacune des grosses pièces qui forment les 
côtes ou couples d'un navire. 

— Mélriq. anc. Groupe do mots qui est une division du 
système et qui, comme le vers, est soumis à un rythme, 
mais diffère du vers en ce que la dernière syllabe n'est 

Sas inditfèronte et en ce qu'il peut y avoir élision entre 
eux membres. 

— Relig. Dans le langage mystique, Le corps, par oppo- 
sition à l'âme : La loi des mbmbrgs 7\ous entraîne vers les 
plaisirs des sens. (Mass.) ii Membres de l'Eglise, Ceux qui 
appartiennent à l'Eglise par le baptême, il Membres de 
Jësu.'i-(Shrist, Ceux qui, étant en étal do grâce, font partie 
du corps mystique do Jésus-Christ et vivent de la vie 
surnaturelle. 

— Tccbn. Mpmbre creux. Moulure do bois ou de fer. 
concave, il Membre couronné, Moulure en bois ou métalli- 
que que surmonte un listel ou lilet. 

— Zool. et anat. Membre génital, Organe do la géné- 
ration chez les animaux mâles, li Membre viril. Organe de 
la génération chez l'homme. 

— Allus. hist. et littbr. : Les membres et l'estomac, 
Apologue célèbre, dont l'origine remonte à la plus haute 
antiquité. ï.,es membres, fatigués de leur rôle actif, ne veu- 
lent plus travailler pour l'estomac, dont ils n'apprécient pas 
les fonctions secrètes, et le résultat do cette grève, c'est la 
mort du corps tout entier. Moralité : les divers membres 
du corps social doivent tous, dans la mesure do leurs 
forces, concourir à la conservation et à la prospérité gé- 
nérales, et la nature do ce concours doit être déterminée 
par les aptitudes de chacun. C'est Esope qui a le premier 
formulé en un apologue soc et froiu [le Ventre et les 
Pieds) cotte antique légende, qui devait recevoir à Rome 
la consécration do l'histoire. Lan 193 av. J.-C, le peuple 
romain, poussé par l'excès do la misère et irrité de l'oisi- 
veté des patriciens, se relira en armes sur le mont Sa- 
cré. Ménénius Açrippa, chargé par le sénat d'essayer do 
le ramener par la persuasion, raconta au peuple* l'apo- 
logue tes Membrrs et l'Estomac, dont l'application, jointe 
aux sages conseils qu'il ajouta, ouvrit les voies à la conci- 
liation. Les modernes ont également traité cet apologue. 
Citons on première liçne Rabelais dans Pantagruel {\\\. III, 
ch. m) et La Fontaine, qui a véritablement popularisé 
l'apologue les Membres et l'Estomac en faisant de l'esto- 
mac un véritable personnage vivant, messer Gnster. 

— Encycl. Anat. Chez l'homme, les membres sont au 
nombre do quatre : doux membres inférieurs ou abdomi- 
nau.T, qui servent ù. la sustentation et à la locomotion, et 
deux supérieurs ou thoraciqiies, qui servent au toucher et 
à la préhension. (Dans les autres espères animales, les 
membres fhoraciqucs servent également â la locomotion.) 
Chacune des paires do membres est rattachée au tronc 
par un onsemnle osseux, qui porte le nom do ceinture : 
ceinture seapulaire ou épaules, formée dos omoplates et dos 
clavicules pour les membres supérieurs; ceinture pel- 
vienne ou bassin, formée dos os iliaques pour les membres 




De gueules, à un 
membre d'argent. 



inférieurs. Chaque membre csi composé de trois segments, 
réunis par des articulations. Au membre supérieur on dis- 
tinguo le bras, l'avant-bras et la main; au membre info- 
rieur : la cuisse, la jambe, le pied. Les membres supé- 
rieurs et inférieurs sont homotgpes, mais il faut savoir 
cpi'ils ont été tordus en sons invoi-sc. La paumo de la main, 
qui regarde en avant, a comme segment homologue la 
plante du i)ied, qui regarde en arrière. 

Les membres apparaissent à la troisième semaine de la 
vie intra-utérine, sous forme de palettes, dont le mancho 
augmente peu à peu, puis se divise en trois segments, 
tandis que sur la palette se forment les doigts. 

— Ttfrat. A la naissance, le membre peut faire complè- 
tement défaut {eetrumèlie): il peut être limité à la portion 
palmaire ou plantaire (phocomélie); la cuisse ou lo bras 
peuvent manquer [hémiiJiélie). Parmi les autres malforma- 
tions dos membres, on peut encore citer la luxation congé- 
nitale de la hanche, lo pied bot, la main bote et les mal- 
formations des doigts {ectrodactylie, syndactijlie). 

On observe surtout au niveau des membres des frac- 
tures du squelette, des luxations, des lésions trauniati- 
quos ; contusions, écrasements et, cntin, les différentes 
variétés do lésions inflammatoires et gangreneuses : phleg- 
mons, tétanos, etc. 

MEMBRE, ÉE [man — rad. membre) adj. Physiol. Se dit 
d'une personne par rapport à la qualité 
do ses membres : Etre mal, bien membre. 

— Blas. Qui a les membres inférieurs 
d'un autre émail que celui du corps, en 
parlant d'un oiseau. 

Membres ( Edmond ) , compositeur 
français, ne à Valeiiciennes en 1820, mort 
à Paris en 1882. Elève distingué du Con- 
servatoire, il se livra ensuite à l'ensei- 
gnement, tout en publiant do nombreuses 
mélodies vocales, dont quelques-unes, 
comme Page, écugcr, capitaine ; Roméo et 
Juliette; Chanson d'amour, obtinrent un 
succès populaire. Il a fait représenter les 
ouvrages suivants : l'rançois Villon (1857); V Esclave {IZli); 
les Parias (l&l A) ; la Courte Echelle (1879), écrit des chœurs 
pour VŒdipe roi de Jules Lacroix, représenté à la Comé- 
die-Française en 1852, et fait jouer au théâtre de Bade, 
en 18G3, un opéra-comique en un acte, la Fille de l'or- 
fèvre, etc. Il a été président de la Société des composi- 
teurs de musique. 

MEMBRER {man) v. n. Arg. milit. Travailler ferme. 

MEMBRET {jiian-brè) n. m. Petite épaisseur, qu'on mé- 
na^'e au liout do chaque branche d'un éperon. 

MEMBRETTE {man-brèt') n. f. Surface du pied-droit 
d'une arcade qui est ornée d'un pilastre et qui reste nue 
de chaque côté du pilastre. (On dit aussi alette.) ii Plan- 
che de chêne de 0",28 do large et d'une épaisseur variant 
entre 0^,05 et û",06. 

MEMBRIÈRE [man) n. f. Pièce de bois qui entre dans 
une membrure, n Planche de chêne de û«,l6 de largeur 
sur 0°',078 d'épaisseur. 

Membrilla, ville d'Espagne (Nouvolle-Castille ["prov. 
de Ciu'lad-Kealj), sur l'Azuer ; 8.000 hab. Savonnerie. 

MEMBRILLE {man, et // mil.) n. f. Un des noms du coing. 

MEMBRON {man — rad. membre) n. m. Petite baguette qui 
sert d'ourlet à la bavette d'un bourseau. il Partie d'une 




D'argent au coq 

hardi de sînople, 

membre 

de gueules. 




Mcmhron en zinc : 1. De 
faut comble ; 2. De brisis. 



Membron à bourseau ; 1. De 
paQoe de brisis ; 2. De voligcage. 



couverture mansardée recouvrant la panne de brisis et 
reliant les couvertures du vrai comble et du faux comble. 
MEMBRU, UE (man) adj. Qui a les membres forts et 
vigoureux ; Une jeune fille membuuk. 

— Substaniiv. : Une grosse membroe. 

— Fig. Vigoureux : La période large, membruk et pom- 
peuse de Mirabeau. (Ch. ISod.) 

MEMBRURE {man) n. f. Ensemble des membres du 
corps humain : La mkmbrcru délicate d'une jeune fille. 

— Mar. Ensemble des couples d'un navire. (La mem- 
brure est en bois ou for, longitudinale ou transversale sui- 
vant lo système do 
construction et la po- 
sition des couples ou 
membres ou lisses 
dont il s'agit.) 

— Métrol. Sorte do 
mesure de volume, 
constituée par un as- 
semblage de che- 
vrons convenable - 
mont espacés pour 
mesurer le bois de 
chauffage. 

— Techn . Planche Membrure, 
dans laquelle on en- 

chûsse les panneaux d'une porte. 11 Ensemble des deux 
planchettes ou ais, appelées membranes, plus épaisses d'un 
côté que de l'autre, entre lesquelles le relieur place lo vo- 
lume qu'il veut grecquer. 

MÊME (pour meesme — du lat. pop. metipsimum, superl. 
do la loc. metipse, qui s'emploie on lat. class. avec ego, 
ego metipse ou egomet ipse, moi-même) adj. Qui n'est pas 
autre : Cervantes mourut la même année et le mêmk mois 
que Shakspeare. il Parfaitement semblable : Ce sont tou- 
jours les MÈMKS rusfs qui trompent les hommes. Il Avec el- 
lipse de l'article : ?*'ous avons mÈmiî so)7. (Mol.) 

— Précédé d'un nom ou d'un pronom personnel, Mrme 
donne plus de force à ce pronom et signilie En personne, 
personaellement : Connais-toi ^oi-m^mk 





D'arpont h U 
fascc lie piieules 
accompagnée de 
trois tourlcaux de 
même (ou du 



iO 

— Loc. div. Etre, liestei- soi-même, Ne pas démentir son 
caractère, il De lui-même. De soi-mê'ite. De son propre mou- 
vement : Malfaiteur qui se livre de LDI-même, ii Tout seul, 
naturellement : Affaire qui va d'ulle-même. il Par cela 
même, Précisément par c(> fait ; Toute reliijion qui ne se dit 
pas infaillible se commue d'erreur par ckla mI^me. (Lacord.) 

\i En même temps, A la fois, simultanément : On ne peut 
pas être en deux endroits kn même tkmps. 

— Substantiv. M^mo persorme, mémo chose -.Adressez- 
vous aux Mi^MES. Ce vin est bon, apportez-nous du mêmb. 

— adv. Qui plus est. encore, aussi, jusqu'à ce point : 
MÊME quand nous croyons avoir le plus raison, soyons mO' 
desle. (Ste-Beuve.) 

— Loc. adv. Pas même. Pas seulement : L'homme n'a 
PAS MÊ.ME pouvoir sur sa propre vie. (Pasc.) il A même. Sans 
intermédiaire d'instrument, d'outil, sans interposition de 
quoi que ce soit : Doive k MÊME la bouteille ou (vieilli) 
de la bouteille. Il Dans lo vif, en plein dans : Des escaliers 
taillés A MÊ.ME la pierre. Il De même. Do la mémo manière, 
semblablement : Bien mal acquis s'en va DE MÊME, il Tout 
rfermîme. Egalement, pareillement; néanmoins, après tout: 
C'est TocT DE MÊME di'sespêrant d'espérer toujours. 

— Loc. prép. A même de. En état de, libre do : L'or 
vous met X même d'acquérir tous tes plaisirs, n Autref., Etre 
à même de quelque chose. Etre à la source même de cette 
chose : Afin d'ÈJiiE k miïme des consultations. 

— Loc. conj. De même que. Comme, aussi bien que. ainsi 
que : I)k même qu un siècle influe sur un homme, un homme 
influe sur un siècle. (Chateaubr.) 

— n. m. Môme objet, même chose, même point : Etoffe 

doublée du MÊME. 

— Devenir au même. Etre la mémo chose au fond, quant 
au résultat : .S'e (aire ou consentir revient souvent AtJ même. 

— Blas. S'emploie on blason pour évi- 

ter une répétition du métal ou de l'émail 
que l'on vient do citer. Il On dit aussi du 

MÊME. 

— Jeux. A l'ancien jeu de billard. Coup 
dans lequel on poussait la bille de si. . 
adversaire dans une blouse sans lui fan» 
toucher la bande. (.S'opposait à doublé. > 

Il Pop. Faire quelqu'un uu même, L'attra- 
per, le tromper. 

— Rem. Les grammairiens posent ordi- 
nairement les règles suivantes sur même : 

Même est adjectif et variable : i» quand 
il précède le substantif : Ecoliers qui font 
toujours les mêmes fautes; 2° quand il est mém.-"), Aeux en 
placé après un seul substantif : Les murs chef,un eu pointe. 
MÊMES peuvent avoir des yeux; 3° lorsqu'il 
suit un pronom personnel auquel il se joint par un trait 
d'union : Les rois eux-mêmes doivent respecter les lois. 

Même est adverbe et invariable : 1" quand il modifie un 
adjectif ou un verbe : Les hommes tes plus braves même 
craignent la mort. Nous devons aimer MÊME nos eîtnemis ; 
2° quand il est placé après plusieurs noms : Les femmes, 
les enfants même furent massacrés; 3' quand, placé après 
un seul nom, ce nom on suppose d'autres sous-entendus : 
Ses ennemis même l'eslimaienl. 

— Allus. hist. : Ce sont toujours les mêmes qui se font 
tuer, Mot du maréchal Bugeaud. Ce mot est resté popu- 
laire en raison de sa forme paradoxale. Le maréchal, en 
parlant ainsi, voulait dire : Ce sont toujours les mêmes 
qu'on voit au premier rang dans la mêlée, au poste le plus 
périlleu.ï. 

.Syn. De même que, ainsi que, comme. > . ainsi. 

MemÉ. Géogr. V. Ukt [rio del). 

ME, ME ADSUM Qtn FECI! {Me voici, c'est moi qui ai 
tout failli, commencement d'un vers de Virgile (£'néirff, 
liv. IX, v. 42"), dans le célèbre épisode de Nisus et Eu- 
ryale. Les deux amis, voulant tenter ensemble quelque 
chose d'héroïque, pénètrent pendant la nuit dans le camp 
des Rutiilcs, massacrent un grand nombre de guerriers 
endormis dans l'ivresse, et s'apprêtent à rentrer. Mais lo 
jour parait, et un chef rutule, 'Volscons, à la tête de trois 
cents cavaliers, surprend Euryale. Nisus, caché dans 
l'ombre, voit lépéo do Volscons levée sur Eur^'alo ; il 
s'élance do sa retraite en criant : « Me voici, c est moi 
qui ai tout fait!... • On rappelle cette exclamation quand 
on veut revendiquer généreusement une responsabilité , 
détourner sur soi le coup qui va frapper un autre, etc. 

MÉMÉCYLE (sii) n. m. Genre de molastomacées mémê- 
cylées , comprenant des 
arbrisseaux et des arbres 
à fouilles opposées et 
fleurs axillaires, dont on 
connaît une centaine ^>,s/r'in 

d'espèces de l'Asie et des 
lies do l'Afrique tropi- 
cale. (Plusieurs espèces ^.^ 
fournissent des fruits co- X 
inestibles; d'autres sont 
employées en teinture.) 

MËMÉCYLÉ, ÉE Isi) 
adj. Qui ressemble à un 
mémécvie. 

— a. f. pi. Tribu de 
mélastomacées, ayant 
pour tvpe le genre mémé- 
cyle. — Une meméctlbk. 

MÉMÉCTLON [si: n. m. 
Matière colorante tirée 
des feuilles du mémécylo, 

et dont la couleur, sous _ 

l'inlluenco des mordants 

d'alumine ou de fer, se rapproche de celle du quercitron ou 
du sumac. (On emploie généralement cette matière pour 
l'obtention des teintures dites rouge d'Andrinople.) 

MCMCL, ville et port d'Allemagne (Prusse [présid. de 
Kœnigsborg]), sur la Baltique, il l'embouchure de la Dango 
dans la laqune de Memel, qui relie le Kuricshes Ilatr, ù a 
mer Baltique; 10.200 hab. Ch.-I. de cercle. Fabrique do 
produits chimiques, constructions navales, fonderies do 
fer, fabrique do machines ; distillerie. Commerce do bois, 
chanvre, houille, poissons (harengs). Ecole de navigatioii. 

Fondée en 1252 au pied d un château de l'ordre Teutoni- 
nue, la ville fu.t vassale do Lubeck. Les chevaliers touto- 
niqucs en devinrent seuls propriétaires en 1328. Elle souf- 
frit beaucoup au cours des guerres entre Prusse, Litnua- 
nic, Pologne et Suède (xiii'-xvu' s.). 




.J^i 





11 

MÊMEMENT adv. Même : Aux personnes mÊmement les 
pîits douces. \^a.\idé.) I! Priocipalement: On donna des gardes 
aux ambassadeurs et mêmë.ment à celui d'Espagne. [Mal- 
herbe.) Il Aussi, pareillement, de môme : 

Ventirodi chair ne mangfras, 
Ni le samedi m^memtnt. 

(Comm" do l'Egliso.) [Vx.] 

MÉMENTO {min — mot lat. signif. souviens-toi) n. m. 
Marciuu laite ou placée (jmîUjue part à dessein, jmur rap- 
peler une chose à faire : Mettre des mkmknto-s dans Sun 
carnet, il Livret, agenda où Ton place, sur l«.'(|uel on inscrit 
des mémentos : Acheter deux mkmentûs. ii Kcrit, olijot des- 
tiné à rappeler un souvenir, à donner un avertissement : 
Les sciences sont les mémentos de l'impuissance humaine. 
Il Par ext. Petit livre où sont résumées toutes les parties 
essentioUos duno question, d'une matière : Le mémknto 
Larousse est une véritable encyclopédie de la vie pratique. 

— Liiurg. Nom donné à deux priùrcs du canon do la 
messe : /.e mémknto des vivants. Le mémento des morts. 

MEMENTO, HOMO, QUIA PULVIS ES ET IN PULVE- 
REM REVERTERIS mots lat. si{,'nif. : Suuviens-tui, lunninr, 
que tues pous^-iurc et que tu retourneras en poussière). Paroles 
que prononce lo prêtre, le jour dos Cendres, en traçant 
une croix de cendres sur le front des fidèles. (C'est le sou- 
venir do la parole do la Genèse, dite par Dieu à Adam 
après le pi-clu' originel : o Tu es poussière, et... «). 

MEMENTO-MORI (mots lat. signif. Sottviens-toi que lu 
es mortel) n. m. Objet de piété représentant un crâne hu- 
main ou une tète décharnée, pour servir do sujet de mé- 
ditation sur la mort, ii Ornement 
des rosaires qui présente deux figu- 
res adossées : l'une do la mort, lau- 
tro du Christ. — PI. Des membnto- 

MORI. 

— Encycl. Archéol. Dès le début 
du christianisme, les religieux gar- 
daient toujours sous leurs yeux une 
tête de mort, pour se pénétrer do 
l'idée du néant. On en vint par la 
suite, surtout à la Renaissance et 
au xvii" siè<'le, à faire do ces crânes 
de véritables objets d'art. On voit Memento-mori (xvn« s.}. 
dans les collections publiijues et 

privées des memento-mori de cette époque exécutés en 
ivoire et qui représentent une tète à moitié décharnée, 
rongée par dos lézards et dos serpents. 

MÊMETÉ n. f. Syn. inus. do IDENTITÉ. 

MéMINES en lat. Memini), peuple do l'ancienne Gaule 

SNarboniiaiso II'), entre la Ùruentia (Durance) à l'E., et 
es VuIgicntesàl'O. Ville principale : Forum JVeronis {For- 
calquier). — Un, Vue Mkmine. 

Memling ou Memling (parfois, mais fautivement 
Hemling) [Hansl, neimre Hamand, né vers 1435. mort à 
Bruges en li'Jl. Sa biograpliie, inveutéo do toutes pièces 
par Descamps en 1753, adonné lieu à une foule d'erreurs. 
Memling est on réalité oriirinaire de Memelingen, dans la 
principauté do Mayence. De là son nom. Il est probable 
qu'il lit son apprentissage dans l'atelier de "van der 
Weyden, à Bruxelles ; puis il alla 
se fixer à Bruges. Une ao ses pre- 
mières œuvres fut lo triptyiiuo 
e.\écuté pour lo seigneur de'Clif- 
ford, entre 1161 et 1467; tousses 
autres tableaux datés sont com- 
pris entre 1472 et 1491 : la Vierge 
et l'Enfant adorés par un dona- 
teur {galerie Liechtenstein 
(l472]); le Jugement dernier [WVi- 
1473), grand triptyque , aujour- 
d'hui au Dôme de Ûantzig; le po- 
lyptyque do la Passion (à Lubeck) 
est de 1491. Dans l'intervalle, il 
faut placer tout le reste, c'est-à- 
dire : te Mariage mystique de 
sainte Catherine, à Bruges ; l'Ado- 
ration des mages, à Bruges ; le 
Saint Christophe, et la célèbre 
Châsse de sainte Ursule, même 
ville ; les Sept Joies de la Vierge, 
à Munich ; les .Sp/j( douleurs de la 
Vwrge, à Turin ; la Descente de croix, à Rome ; la Vierge 
adoi'ée parla famille Flureins, à Paris, à Vienne; à Flo- 
rence, une Vierge et l'Enfant; à Bruxelles, un Saint 
Sébastien, et des portraits. En outre, Wauters a pu rendre 
à Memling un grand triptyque, le Christ et tes anges, exé- 
cuté pour lo monastère de Najera, en Castille, 

I/œuvre do Memling est extraordinairement varié. Il 
a déroulé, parmi des panoramas superbes, les scènes pas- 
sionnantes de la vie du Christ, do la Vierge, des samts, 
et notamment de saint Jean, son patron. À la fois puis- 
sant et touchant, ingénu, candide; mâle par contre dans 
ses portraits d'homme, il est moins large et moins fort do 
génie que Van Kyck, mais plus sensible et plus tendre. Il 
a créé un type féminin, ses Vierges, emblèmes de grâce, 
de recueillement, de distinction. Son influence fut pro- 
fonde sur les écoles de Bruges, Gand, Bruxelles, Anvers, 
et mémo sur celle du Rliin. 

— BiBLiOGR. : A. Wauters, la Peinture flamande; Sept 
études pour servir à l'étude de ffans Memling (1893). 

MemmI (Simone), peintre italien, également connu 
sous les noms de Simone Martini, de Simone di 
Martine, do Simon de Sienne, né à Sienne en 1284, 
mort probablement en 1344. D'après Vasari, il fut l'élève 
de Giotto. Comme son maître, il rompit avec les tradi- 
tions do l'école byzantine. Pendant un assez long séjour 
à Avignon, il se lia avec Pétrarque, pour qui il exécuta 
le portrait de la belle Laure. Simone Memmi a peint dans 
les priDcinalos villes d'Italie un grand nombre de fresques 
remarquables par l'invention, par le coloris, par une cor- 
rection relative dans le dessin. Il excellait surtout dans 
le portrait. Parmi ses fresques, nous citerons sa belle 
Assomption, Saint Dénier dans le monde, le Départ de 
saint Rénier, les Miracles du même saint, dans le Campo- 
Sanfo cie Pise; l'Eglise 7nilitante et l'Eglise trioiyiphante, 
à Sainte-Marie-Nouvelle de Florence. On voit à la biblio- 
thèque Ambrosienne, à Milan, un curieux manuscrit de 
Virgile, orné do miniatures de Memmi, et dont Pétrarque 
fut possesseur. 




Memling. 



Memmia (famille), maison plébéienne de Rome qui, 
d'après Virgile, descendait do Mnesthée , compagnon 
d'Enée. Les Régulas en étaient une branche. Cette famille 
compta surtout des tribuns du peuple. 

Memmia (Sulpicia) , impératrice romaine , femme 
d Alexandre Sévère. Kilo est restée célèbre par son hu- 
meur hautaine. Un jour qu'elle reprochait son atTabiliié à 
Sun mari, celui-ci lui répondit : « J'affermis mon autorité 
on uic rendant populaire. » 

Memmingen, ville d'Allemagne froy. do Bavière 
[cercle <lo Souabo]), sur l'Ach, sous-affluent du Danube ; 
9.972 hab. Hôtel de ville (stylo Renaissance) et maisons 
remarquables. Filature et lissage de lin ; commerce de liou- 
blon, de grains, laine, cuir, bétail. Ville libre iniuériale en 
1 286, Memmingen possédait un domaine de 1 10 kiiom. carr. 
Kn 1331, elle lit partie de la Ligue des villes souabes, rédi- 
;;oa en 1530 la Confessio tetrapolitaua. Les 9 et 10 mai 1800, 
Moreau y battit l'.-Vutrichien Kray. En 1802, Meauiiingen 
fut annexée à la Bavière. 

Memmius Caïus), tribun romain, mort en 100 av. J.-C. 
Tribun du peuple en Ui. il lit amener Jugurtba à Rome. 
Kxi:elleiit orateur, c'est lui qui fit doutier lo commandement 
de la guerre en Afrique à ^ïétellus, puis à Marlus. Il périt 
dans uuo émouti-, comme il briguait le consulat. 

Memmius Gemellus (Caïus), orateur romain du 
I" siècle avant notre ère. tribun du peuple en 66, édile en 
60, préteur en 58. Il fit d'abord une vivo opposition à Lu- 
cullus et l'empêcha d obtenir le triomphe après sa cam- 
pagne contre Mithridate ; puis, champion du sénat, il lutta 
contre Clodius, Vatinius, enfin Jules César, qui l'ai-heta 
en lui promettant le consulat. Mais, César l'ayant aban- 
donné, il échoua et fut poursuivi pour brigue. Certain 
d'ètro condamné, il s'exila à Mytilène. Il avait épousé 
uno lillo do Sylla, dont il so sépara par divorce. Très dé- 
bauché, il est accusé par Cicéron d'avoir séduit la femme 
do Pompée et colle do LucuUus. Il avait un graml talent 
oratoire et réussissait dans la poésie. Le poème de Lucrèce 
De natura reruni lui est dédié. 

MeMMO ou Mémo (Tribune), vingt-cinquième doge 
de Venise, mort en 991. Elu doge en 979, après la mort do 
Vitale Candiano, il montra uno incapacité qui lui valut 
d'être déposé par le peuple, et il dut se faire moine au cou- 
vent de Saint-Zacharie. où il mourut six jours plus tard. 

MemMO ou Mémo (Marcantoniol, quatre-vingt-trei- 
zième doge de Venise, né en 1539, mort en 1G15. Klu doge 
on 1612, il eut à lutter contre les Usconucs, pirates is- 
iriotes et dalmates, puis contre Ferdioano, archiduc d'Au- 
triche, accusé do favoriser leurs entreprises. 

MeMNON, nom d'un héros grec, dans la légende du- 
quel so trouvent réunis des traits empruntés à des sources 
orientales. Il était fils de Tithon et de l'Aurore, et il fut 
envoyé par les dieux, à la tête d'une armée d'Ethio- 
piens, au secours de Troie, assiégée par les Grecs. Il périt 
de la main d'Achille, et sa mère, au désespoir, alla prier 
Zens de l'élever au rang des immortels. La légende prit 
ensuite une double forme ; selon les uns, Meninon aurait 
été roi dos Ethiopiens d'Asie et il aurait eu pour rési- 
dence Suso, capitale des rois achéménides; selon les au- 
tres, il aurait régné sur Thèbes d'Egypte et sur les 
Ethiopiens d'Afrique. Cette seconde fornie do la légende 
l'emporta à partir du i*' siècle avant notre ère, lorsqu'on 
eut cru reconnaître l'image du héros dans le plus sep- 
tentrional des deux colosses d'Aménôthês ÏII, qui domi- 
nent la nécropole thébaine. La moitié supérieure de ce 
colosse ayant été détachée, probablement par un Irem- 
bleuient do terre, des sons que l'on qualifia d'harmonieux 
ronmiencèrent à s'échapper du troneon demeuré en place, 
le malin, au lever du soleil. On déclara que Memnon s'ef- 
forçait ainsi de saluer sa mère; et l'on tira des présages 
do l'abondance des sons ou du silence. La vogue do 
l'oracle de Memnon fut grande sous l'empire romain. Les 
savants ont essayé souvent d'expliquer la nature de ce phé- 
nomène. La plupart crurent à une fraude pieuse : un servi- 
teur du dieu, caché dans uno chambre intérieure, émettait 
les sons mvstérieux, ou bien c'était un appareil spécial, 
une sorte de harpe, dont les cordes, relâchées par l'hu- 
midité de la nuit, se tendaient à la chaleur du soleil et 
se rompaient avec fracas comme une corde de violon. De 
fait, il n'y avait là qu'un phénomène naturel, produit par lo 
grès dur et très dilatable dans lequel la statue avait été 
taillée. Sous l'action de la rosée du matin et des pre- 
miers rayons du soleil, la surface inégale de la cassure 
émettait "des vibrations sonores plus ou moins fortes : lors- 
(juc la maçonnerie l'eut mise à l'abri des actions du de- 
hors, l'otret cessa de so produire et la statue se tut. 

Memnon, dit le Rhodien, général perse, né à Rho- 
des, mort en 333 av. J.-C. Il devint beau-frère d'Artabaze, 
satrape do la basse Phrygie, lo seconda dans sa révolte 
contre Artaxerxès Ochus, obtint son pardon, et fut nommé, 
vers 336, gouverneur des côtes occiuentales de l'Asie Mi- 
neure. Il se distingua à la bataille du Granique, qu'il avait 
déconseillé de livrer. Investi du commandement suprême 
do toute l'Asie occidentale, il défendit vaillamment lla- 
licarnasse, passa dans l'île de Cos, et proposa à Darius 
de porter la guerre en Macédoine et en Grèce, pour 
contraindre Alexandre à revenir dans son royaume. Il 
réunit des mercenaires et 300 vaisseaux, prit Chios et 
plusieurs villes de Lesbos; mais il mourut devant My- 
tilène, au moment oii Sparte et d'autres Etats grecs se 
préparaient à le rejoindre. 

Memnon, historien grec, né probablement à Héraclée 
du Pont (tin du i" s. de notre ère). Il avait composé, sur 
l'histoire d'Héraclée, un çrand ouvrage dont Photios nous 
a conservé un long extrait et divers fragments. 

MemnONIDES. Myth. gr. Oiseaux qui naquirent du 
bûcher de Memnon, fils de Tithon et d'Eos. (La mère du 
héros avait supplié Zeus de le rendre immortel. Quand le 
bûcher fut consumé, on vit sortir des cendres une foule 
d'oiseaux, qui firent trois fois le tour du bûcher en pous- 
sant le même cri plaintif; puis ils s'attaquèrent et s'entre- 
tuèront jusqu'au dernier, faisant de leur sang une libation 
en l'honneur du héros. Ces oiseaux étaient. di"t-on, les com- 
pagnons de Memnon. Tous les ans, au jour anniversaire, 
ils reparaissaient autour du tombeau, pour se lamenter 
et se battre.) — Un Memnonioe. 

mémoire (du lat. memoria, même sens) n. f. Faculté 
par laquelle l'esprit conserve les idées antérieurement 
acquises ; La mémoire est l'étui de la science. ^Montaigne.) 



MÉMEMExNT — MEMOIRE 

Il Faculté spéciale de conserver certaines notions : MÉ- 
MoiRK locale ou dea lieux. Mémoire des dates, tl Mémoire 
artificielle. Moyen employé pour aider la mémoire. 

— Souvenir : On ne vit dans la mémoire dn monde que 
par des travaux pour le monde. (Chateaubr.) Il Réputation 
qu'on laisse après sa mort : JVe vous reposez pas sur vos 
descendants pour le soin de votre mkmoirr. (La Bruy.) 

— Loc. diV. De mémoire. En s'aidant de sa mémoire 
seule, sans texte sous les yeux : Dire uk mi^moire une 
fable. Il Avec une épithète. Formule louangeuse ou criliqu© 
à l'adresse d'un défunt : Henri IV, de glorieuse mémoire. 
(Fléchier.) il De mémoire d'homme. Du plus loin qu'on se 
souvienne : Db mémoire d'homme on n'a vu tant de crimes. 

Il En mémoire de, Pour perpétuer le souvenir de : Monu- 
ment élevé EN MÉMOIRE Dune victoire. il A la mémoire de, 
Kn l'honneur de, comme souvenir de. (Se place souvent en 
têto des épitaphes.) il Aroir mémoire, Se souvenir : On a 
toujours Mi-JMOiRB de ce qu'on a souffert, w Si J'ai bonne mé- 
moire. Si mes souvenirs ne me trompent pas. il liafralchir 
la mémoire, Rappeler quelque chose à quelqu'un, i: Se ra- 
fraîchir la mémoire, Repasser ce qu'on savait autrefois, re- 
lire ce qu'on avait déjà lu. il Mémoire de lièvre. V. lièvre. 

— Dr. Kéhabiliter ta mémoire de quelqu'un. Annuler un 
jugement infamant prononcé contre lui. n Curateur à la 
mémoire, Personne cliargée, dans un procès en révision, ^ 
de défendre la mémoire de l'accusé défunt. 

— Fin. Pour mémoire, Terme do comptabilité usité pour 
indiquer qu'un article mentionné, à litre de rcuseigno- 
mcnt. n'est pas jiorté en ligne de compte. 

— Ilist. rom. Maître de lamémoire. Chef des secrétaires 
qui notaient les faits et dits mémorables de l'empereur. 

— i-iturg. Commémoration : A la l'oussamt. l'tylise fait 
MÉMOIRE de tous ceux qui ont mérité le ciel, ii Invocation : 
Autel privilégié sous la .mémcuke de la Vierge. 

— Pkov. : Mémoire du mal a longue trace, mémoire du 
bien bientdt passe, Lo ressontiuiCDt est plus durable quo 
la reconnaissance. 

— Sy.n. Mémoire, souvenir. I-a mémoire est la faculté 
qui retient les choses; lo souvenir est le résultat de l'exer- 
cice de cette faculté. 

— Encycl. La mémoire est la faculté de conserver et 
d'éprouver à nouveau des états do conscience passés ou 
les reconnaissant comme passés. Lo souvenir est donc un 
état complexe, qui suppose, pour être parfait : l* la conser- 
vation des impressions antérieures; 2" leur reproduction; 
3» leur reviviscence; i" leur localisation. 

La mémoire n'est pas une faculté spéciale, maïs une 
forme possible de tous les phénomènes psychologiques. 
Le souvenir d'un état n'est autre chose que cet état lui- 
même renaissant. Le souvenir d'une douleur est une dou- 
leur atténuée. Si l'on a pu soutenir le contraire, cela tient 
à ce que les images auditives et visuelles sont plus faci- 
lement et plus fréquemment rappelées que les plaisirs, 
les tristesses, les passions, les désirs. Nous nous souvenons 
des circonstances extérieures, spectacles et discours, qui 
ont accompagné une émotion plutôt que de l'émotion elle- 
même. II n'en existe pas moins une mémoire all'eclive tout 
aussi bien qu'une mémoire représentative. 

Descartes expliquait la conservation des états psy- 
chologiques par la persistance de certains o vestiges ■ 
laissés par les esprits animaux dans le cerveau. Cette 
théorie a été reprise et perfectionnée par les psycholo- 
gues contemporains : Maudsley, ^Vundt, Delbœuf.'Hering 
et Ribot. Celui-ci a montré que la mémoire no suppose 
pas seulement une modification des éléments nerveux, 
mais aussi des associations dynamiques entre eux. Plus 
l'association aura été répétée, plus le souvenir sera te- 
nace ; c'est ce qui explique que les souvenirs les plus an- 
ciens soient les derniers à disparaître (loi de régression; 
certains vieillards n'ont plus que les souvenirs de leur 
enfance). Si, parmi la multiplicité des états psychologiques 
conservés, quelques-uns sont rappelés plutôt que d'autres, 
c'est qu'ils se sont trouvés en relation avec un état actuel. 
La volonté ne peut pas directement provoquer la revi- 
viscence d'un état passé: elle n'y réussit qu'en fixant l'at- 
tention de l'esprit sur telle ou telle idée, de manière à 
provoquer le jeu de l'association des idées. La mnémo- 
technie est l'art d'associer des idées dont la reproduction 
est difficile à d'autres qui sont aisément rappelées. 

L'image rappelée doit être reconnue comme nous don- 
nant la représentation de quelque chose de déjà perçu. Il 
laut donc la distinguer et des sensations actuelles et des 
fictions de l'imagination. Elle se distingue dos perceptions 
actuelles parce qu'elle est généralement plus faiole cl 
plus indécise. Elle se distingue des fictions de l'imagina- 
tion en co qu'elle est plus nécessairement rattachée à 
d'autres représentations. Cependant, cette distinction n'est 
pas toujours absolue; il arrive que l'on croit reconnaître 
des endroits que l'on voit pour la première fois. 

La reconnaissance du souvenir n'est parfaite que lorsque 
le souvenir est localisé, c'est-à-dire situé à un moment 
déterminé du temps. Cette localisation se fait en groupant 
les états psychologiques autour d'un événement qui nous 
a paru particulièrement important et d'une façon plus 
précise en rattachant les souvenirs à telle ou telle date. 

La mémoire s'explique par l'habitude. Mais la mémoire 
a aussi ses habitudes, très différentes selon les divers 
individus. Un tel se rappelle plus faiblement les images 
auditives, tel autre les images visuelles, tel autre les ima- 
ges motrices : fait important, dont on doit tenir compte 
dans les méthodes employées pour instruire les enfants. 

Mémoire (t.es Maladies de la), ouvrage de Th. Ri- 
bot (1883). — Avant d'aborder l'étude des maladies de la 
mémoire, Ribot donne une théorie de lamémoire normale. 
Elle est essentiellement, à ses yeux, un fait biologique. 
Des trois éléments qu'elle suppose pour être parfaite : 
conservation de certains états, leur reproduction et leur 
localisation dans le passé, les deux premiers seuls sont 
indispensables. Or la conservation et la reproduction sont 
des propriétés de tous les tissus vivants et plus particu- 
lièrement du tissu nerveux. Dans les maladies de la mé- 
moire, Ribot distingue deux grandes classes : les mala- 
dies générales et les maladies partielles. Les premières 
peuvent se subdiviser en amnésies temporaires, amné- 
sies périodiques, amnésies à forme progressive. La dispa- 
rition des souvenirs suit une marche logitiue. une loi de 
régression. Elle descend progressivement ae l'instable au 
stable : les faits récents sont les premiers oubliés, puis 
disparaissent les idées en général, enfin les sentiments, 
puis les actes. Les maladives partielles consistent dans 
la disparition temporaire ou définitive d'un groupe de 



MÉMOIRE — MEMORANDUM 

souvoDirs. Dans l'oubli dos signes, la porto des souvenirs 
suit une marche invariable : noms propres, noms com- 
muns, adjectifs, vorbos, interjections, postes. Lo dernier 
chapitre est consacré à l'étudo des liypermnésies ou 
exaltations do la mémoire, qui sont, elles auiîsi, ou géné- 
rales ou partic-llos. 

Mémoire (i.k Prodi.èmb de la), par lo D' Paul SoIIier 
(lyook — Lo D"" Hollior discute dans cot ouvrage les tliéo- 
ri(-'S do Ribot, Wundt, Sergi, Pitres, etc., et chorclio une 
explication psycbo-mécauiquo du souvenir. D'après lui, 
la conservatKm des souvenirs se fait datis d'antres centres 
que la réception des impressions. Uo cerveau pourrait ôtro 
divisé on deux régions : l'uno, lo cc7'vciiu orijanique, i\i\\ re- 
çoit les impressions venues do la périphérie; l'autre serait 
le cerveau psychique, ainsi appelé parce que les réactions 

3ui accompagnent lo retour do son fonctionnement sont 
'ordre psychique. Lo mécanisme do la mémoire serait lo 
suivant ; une excitation périphérique engendre un cou- 
rant nerveux, qui engendre à. son tour dans certains 
groupes cellulaires du cerveau un état dynamique spé- 
cial, différent du courant nerveux, mais qui lui corres- 
pond exactement. Lorsque lo m^mo étal dynamique so 
reproduit dans lo cerveau psychique, il évoque le mAmo 
état moléculaire dans lo cerveau récepteur et, par consé- 
quent, la représentation de l'excitation correspondante. 

MÉMOIRE OU MnémosynE. Myth. anc. V. Mné- 

MOSVNi;. 

— Poétiq. l'ustcs de Mémoire, Temple de Mémoire, Sou- 
venir que garde la postérité, ii Le Temple de Mémoire, 
Temple dans lequel uno fiction poéLi(iuo prétend que sont 
conservés los noms dos personnages dignes de passer à la 
postérité, il Les Filles de Mémoire, Les Muses. 

MÉMOIRE (de mémoire n. f.) n. m, Kxposé des faits ot 
moyens d'une cause, destiné à rendre favorable l'oi)inion 
du public, des jugos (Dans ce sons, nrend uno majus- 
cule) : MÉMOIRES (7e Pellisson. il Enseniole des documents 
à l'aide desquels on écrit l'histoire. Il Helaiion écrite dos 
événements (|ui so sont passés durant la vie d'un homme, 
et dans lesquels l'auteur a joué un rôle ou dont il a été 
témoin : Les MiiMOiKES de Sully, du cardinal de lielz. 

— Dissertation sur quelque point scientiliquo ou histo- 
rique : Un MKMOiRiî sur le Masque de fer. 

— Etat de ce «lui est dû à un marchand, à un artisan, 
ou à un homme de loi : Z/n mkmoire de tailleur, w Fam. 
Mémoire d'apothtcaire, Facture démesurément grossie. 

— Fig. Avoir de bons, de 7nauvais mémoires, Etre bien, 
être mal renseigné. 

— Dr. intern. Mémoire ou Mémorandum. V. MiÏMonANDUM. 

— n. m. pi. Comptes rendus, recueil des dissertations 
lues dans uno société savante ou littéraire : Les Mémoires 
de l'Académie des scie/ices. 

— Encycl. ï)r. Il y a plusieurs sortes de mémoires. Pour 
l'instruction d'un procès, les parties fournissent au tribu- 
nal des mémoires destinés à établir leurs droits. Ces mé- 
moires, d'après l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881, no 
donnent lieu à aucune action on ditfamation, injure ou 
outrage ; mais les tril)uuaux peuvent prononcer, avec dora- 
magos-intérôts, la suppression dos mémoires calomnieux, 
et môme frai)per tic peines disciplinaires les avocats ot of- 
ficiers ministériels signataires; d'autre part, le privilège 
ne s'applique qu'aux faits diffamatoires so rattachant à la 
cause : pour ceux qui lui sont étrangers, ils restent soumis 
aux règles générales do l'action publique ou do l'action ci- 
vile. — Les fournisseurs quelconques (médecins, pharma- 
ciens, marchands, ouvriers, etc.) présentent à leurs débi- 
teurs dos mémoires établissant lo chiffre de la dette. S'il 
y a contestation, lo demandeur doit prouver que ce qu'il ré- 
clame lui est bien dft, ot celui qui soutient qu'il a payé doit 
fournir la preuve do sa libération. 

— Littôr. Ecartons tout do suite de cot article certains 
mémoires qui n'ont rion do littéraire : les mémoires admi- 
nistratifs, diplomatiques, etc. Parmi les mémoires judi- 
ciaires, quelques-uns figurent avec honneur dans la litté- 
rature : ceux do Voltaire en faveur do Sirveo, do Calas, de 
La Barro, coux de Beaumarchais pour lui-môme. C'est sur- 
tout du mémoire historique ot biographique qu'il doit être 
ici question. La littérature de tous les pays et de tous les 
temps abonde en ouvrages de cotte sorte ; tels, chez les an- 
ciens, la lietraitc des Dix Mille ot les Mémoires sur Socratc, 
par Xénoplion, les Commentaires de César, les Confessions 
de saint Augustin. Citons seulement los mémoires qui 
ont à la fois uno valeur do commentaire et uno valeur 
littéraire. D'abord coux do Joinville et de Comines ; au 
XVI' siècle, ceux do Montluc et do La Noue ; au xvii', ceux 
do Sully, do Uiclielieu, du cardinal do Uetz, de La Ko- 
chefoucauld, do M™» de Mottevillo, de Saint-Simon; au 
XV!!!» siècle, ceux do Rousseau, intitulés Confessions, coux 
do M"" Roland ; au xix", los Mémoires d' outre-tombe, coux 
d'un grand nombre do généraux et d'hommes politiques 
de la Révolution ot de l'Kmpiro, do Napoléon I", de 'i'al- 
loyrand, de lîarras, do Savary.doPasquier, de Guizot, ceux 
de Renan [Souvenirs d'enfance et de jeunesse), cic. A l'étran- 
ger, mentionnons, parmi les auteurs do Mémoires : on Ita- 
lie, Beuvonuto Cellini, Altieri, Silvio Pellico; en Angle- 
terre, Mrs. EUiot, Garrick, Wellington; on Allemagne, 
Gœtho, Webcr, Arndt, Motternich, etc. 

La littérature française est, do toutes, la plus riche en 
mémorialistes. Chateaubriand rend compte do la supé- 
riorité des Fran<:ats sur ce point en disant qu'ils ont tou- 
jours été un peuple curioux, sociable, très apte à observer 
les détails, et que, d'ailleurs, le Français trouve satisfac- 
tion à parler de soi. Ce qu'il y a do certain, c'est quo plu- 
sieurs chefs-d'œuvre do la liùératuro française sont des 
mémoires, non seulement ceux do Chateaubriand, de Rous- 
seau, mais quelques autres encore qui, quel qu'en soit lo 
titre, appartiennent bien au genre, comme los lassais de 
Montaigne, etc. 

— Syn. Annales, archives, otc. "V. annales. 

Mémoires de PAcadémie des Inscriptions et 

belles-lettres ( IIistoirr et), de l"oi :\ nua (Paris, 1717- 
1793, r>o vol., plus une table des tomes XL-L. Paris, 18H i. 
— Suivent les Mémoires de rinstitiit. classe d'histoire cl do 
littérature ani:ionnn ( iso3 et années suiv.), qui forment les 
<ïuatre premiers volumes de la nouvelle série parvonuo 
au tome XXXVI, ping lO volumes do Mémoires présentés 
par divers savants étrangers à l'Académie. Cette collection 
so complète par la Table générale et méthodique des Mé- 
moires coutehui dans tes recueils de l'Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres et de l'Académie d^s sciences morales 
et politiques, par Eug. do Rozièro et Kug. Ghatol (185G); 



cette table porto sur 88 volumes, parus do 1717 à 1850. 
La table des volumes 12 à "21 est contenue dans lo tome XXII ; 
cello des volumes 23 à 33 paraîtra sous la forme dune troi- 
sième jiartio du tome XXXIII. 

Mémoires de l'Institut, Paris, an VI (I798) et années 
suivantes. — Ils comprennent deux séries : 1" Ancien Ins- 
titut : H volumes pour les sciences physiques et mathé- 
matiques (179G-1815)'; 5 vol. pour les sciences morales et 
politiques (1796 ot 1803); 5 pour la littérature et les beaux- 
arts (1798-1804); 2 do mémoires présentés par des savants 
étrangers à l'Institut (sciences mathématiques et physi- 
ques) [1805-1811J, et 5 de rapports; 2" Nouvelle série (1816 
etann. suiv.) ; elle comprend les diverses publications de 
mémoires et rap|iorts faites par l'Académio française, 
l'Académie dos inscriptions et belles-lettres, ot l'Académie 
dos sciences morales et politiques. 

Mémoires de Napoléon. V. Napoléon. 

Mémoires de PAcadémie des sciences. Sous lo 
titre : Mcmoircs de l'Jnstiiut national des sciences et arts 
pour l'an I V de la liépuhlique, avec le sous-titre Sciences 
mathématiques et physiques, paraissait en lliermidoran VI, 
à Paris, lo tome I*^ premier volume d'une importante col- 
lection. — La table des matières nous renseigne sur le but 
et l'ordonnancement do cette publication : sujets dos prix 
proposés, mémoires quo la classe juge dignes d'être im- 
primés aux Mémoires dos savants étrangers, machines, in- 
ventious ot préparations approuvées par la classe, ouvra- 
ges imprimés présentés à la classe, notices sur ia vie et 
les travaux des savants... et mémoires. Le premier travail, 
inséré par Pierre Lassus, a pour objet : Mémoire sur lo 
prolongement morbifiquo de la langue hors do la bouche. 

Puis les volumes so distinguent beaucoup plus par leur 
date do publication quo par un numéro dorure; enlin, lo 
tome XIV clét cette série pour 1813-1815. En 18iG, paraît 
alors le tome I'"' d'une nouvelle série, au l'ond do mémo 
nature, sous le titre : Mémoires de l'Académie royale des 
sciences de l'Institut de France. L'habitude s'établit d'y 
publier une proportion croissante de notices et d'éloges 
académiques, ot le tomo XLIV do cette série correspond 
à l'année 1888. 

Entre temps, à partir de 1835, l'Académie se mit à pu- 
blier les comptes rendus hebdomadaires do ses séances; 
cette publication ne doit pas renfermer do mémoires dé- 
taillés, mais dos notes concises, des résumés do travaux 
pour constituer des prises de date. 

Sous lo nom de Recueil {on Mémoires) des savants étran- 
qers, on désigne une autre série inaugurée en l'an X par 
l'Académie, sous Ile titre précis ; Mémoires présentés à 
l'Institut des sciences, lettres et arts par divei's savants et 
lus dans tes asseniblces. 

Mémoires relatifs à Phistoire de France jus- 
qu'au commencement du XVII" siècle (Coi.nx tion 
COMPLÈTE des) 1" séi'ie (Paris, 18iy-I827, 52 vol.). 2° série 
Depuis l'avènement de Henri I V jusqu'à la paix de Paris 
en nés (Paris, 1820-1829, 78 vol.). — Ce recueil, formé par 
Petitot et Monmerqué, aidé par divers collaborateurs, 
comprend entre autres les Mémoires do Villchardouin, de 
Joinville, de Christine do Pisan, d'Olivier do La Marche, 
de Philippe do Comines, de Robert de La Mark, de Louise 
do Savoie, des Du Bellay, de Montluc, do Tavannos, de 
La Chartre, du duc do Bouillon, de Choverny, de Margue- 
rite de Valois, de Palma Cayet, do Villeroy, de Pierre do 
L'Estoile, de Groulard, de Marillac, du cardinal de Riche- 
lieu, du maréchal d'Estrécs, do Phélippeaux, do Pont- 
chartrain, du duc de Rohan, du maréchal ue Bassonipierre, 
do Gaston d'Orléans, do l'abbé Arnauld, do la dur-hcsso do 
Nemours, do M""* de Mottevillo, de la Grande Mademoi- 
selle, du cardinal do Retz, de Guy Joly, do Conrart, de 
Montgeat, do La Rochefoucauld, ae Gourville, do Lenot, 
du duc de Guise, du maréchal de Grammont, d'Omor Ta- 
lon, do l'abbé de Choisy, de M"' de Lafayette, de La 
Fare.do M^'do Caylus, du maréchal de Villars,de Duclos, 
de M"* de Staal.'La collection Petitot a rendu et rend 
encore do grands services; malheureusement, ses textes 
ne sont pas établis avec assez do rigueur. 

Mémoires relatifs à la Révolution française 

(Collection dcs) [Paris, 1820-18*27, 55 vol.]. — Cette collec- 
tion, formée par Berville et Barrière, dnnne, avec des no- 
tices assez détaillées sur les auteurs dos ouvrages publiés, 
une série de documents intéressants sur les événeincMits qui 
ont précédé, accompagne et suivi la révolution do 1789. Ils 
comprennent, entre autres, les Mémoires de M"' du Ilaus- 
set, du baron do Bosenval, do Linguot, de M""" Campan, do 
Bailly, du marquis do Ferrières, do Webor, de Rivarol, 
du marquis de Bouille, de la marquise do Bonchamps, do 
la marquise de La Rochoia(|uelcin. de Turreau, do M"** Ro- 
land, do Durand de Maillane, do Barbaroux, do Louvet, du 
duc do Monpcnsier, de Cléry, do Dumouriez, de Carnot, 
de Fréron, do Thibaudoau; los Guerres des Vendéens et 
des Chouans, les mémoires sur les journées do septem- 
bre 1702, lo Vieux Cordelier, do Camille Desmoulins, etc. 

Mémoires relatifs à Phistoire de la révolution 
d'Angleterre (Collkction dks), traduits do l'anglais 
par uno Société de gens do lettres (Paris, 1823 et suiv., 
26 vol.). — Ce recueil, entrepris sous la direction do Guizot, 
et auquel il a donné uno introduction sur l'histoire de 
la révolution d'Angleterre et des notices sur les diffé- 
rents auteurs do mémoires qu'il a rassemblées par la suite 
dans un volume intitulé : Etudes biographiques sur la ré- 
volution d'Angleterre ili^^i), contient, entre autres, les mé- 
moires et relations do Burnet, de Buckingham, de Claron- 
don, do Dalrymplo, do Ludlow, do Mrs. Ilutchinson, do 
Thomas May, do Fairfax, do Prico, do Warwick, do 
Wliitelocko, "Charles 1", Jacques II, etc. 

Mémoires relatifs à l'histoire de France de- 
puis la fondation de la monarchie française 
jusqu'au XIII'' siècle (Collection dks) (Paris, 1823- 

is:i5, 31 vol., dont un pour liniroduction, ijui n'est pas 
tome]. — Ce recueil a été formé par Guizot, avec la collabo- 
ration do nombreux auteurs qu'il n'a pas nommés. L'intro- 
duction a été écrite par Bourdon de Sigrais et Trognon. 
La collection comprend, outre de nombreuses vies de rois 
et do princes, do chroniques et de poèmes historiques : 
l'Uisioirc des Francs, do (irégoiro de Tours (t. I ot II] ; la 

Vie de Charlemagne. de Eginhart (t. III); les Chroniques 
do Frodoard ot do Raoul Glabor (t. VI) ; cello do Hughes 
de Floury (t. VII); la Vie de Louis le Gros, par Suger 
(t. VIII); y//istoire des Croisades, do Guil)ert do Nogont 
(t. IX et X); la CAroni-^we do Guillaurao doNangis(t.XlII) ; 



12 

la Croisade des Albigeois (t. XIII ot XV); VHistoire, do 
Guillaume do Tvr (t. XVI et XIX); VHistoire de i\or- 
mnndie, par Frédéric Vital (t. XXV et XXVIII) ; V Histoire 
des IS'urmands, do Guillaume de Juniiège (t. XXIXj. La 
plupart de ces ouvrages ont été réédités et traduits par la 
Société de l'histoire do France. 

Mémoires pour servir à Phistoire de France, 
depuis le XIII' siècle jusqu'à la fin du X'VIII» 

(Nouvelle collection des) [Paris, isati-lyyg, 32 vol.J. 
— Formé par Michaud et Poujoulat, co recueil renferme 
tous les mémoires édités par Petitot et Monmerqué, plus 
un certain nombre de mémoires jusqu'alors Inédits, comme 
coux do ï*ierro Sarrazin ou do Pnjot-Marbault, et uno 
assez grande quantité d'adjonctions inédites aux mémoires 
déjà, publiés do Ketz, de Lenet, d'Omor Talon, de Les- 
toile, de Fénin, etc. ; enfin, une réédition d'ouvrages quo 
n'avait encore donnés aucune collection do mémoires et 
(|ui étaient devenus rares; entre autres, le Journal d'un 
bourgeois de Paris sous Charles VI et Charles VII, les Mé~ 
moires du duc d'York, do Dubois, do Turenne, etc. Les 
textes sont encore médiocrement établis, et l'abscDCe 
complète do tables rend les consultations pénibles. 

Mémoires de Beaimiarchais. V. Béai marchais. 

Mémoires secrets pour servir à Phistoire de 
la République des lettres. V. Bachaumont. 

Memoiresd'outre-tombe, par Chateaubriand (Paris, 

I8.iy-185u). — chateaubriand commença à écrire ses mé- 
moires en 1811 ot les termina vingt-cinq ans plus tard. 
Quoique temps avant sa mort, il les vendit à uno société 
commerciale, à condition qu'ils ne paraîtraient pas de son 
vivant. La publication en fut d'abord faite sous forme d© 
feuilletons dans le journal <« la Presse». Dans CQ^Mémoirea 
s'étalent à plein l'égoïsme et l'orgueil de l'auteur. Les 
renseignements historiques que nous y trouvons et les 
nombreuses médisances à l'adresse des contemporains 
doivent être soumis a un rigoureux contrôle. Malgré ces 
réserves nécessaires, les Mémoires d'outre-tombe n'en res- 
tent pas moins une des œuvres les plus intéressantes do 
l'illustre écrivain. Au puint do vue ]>ropremont littéraire, 
ils sont fort inégaux. Lo stylo est parfois affecté, pénible, 
heurté. Mais certains chapitres ne sont pas inférieurs à co 
quo Chateaubriand écrivit jamais do plus beau, dans ta 
première partie notamment, où il raconte son enfance et 
sa jeunesse. Comme le dit Sainte-Beuve, qui a jugé le 
livre sévèrement, on sent à chaque pas, dans les Mémoires 
d'outre-tombe, la griffe du vieux lion. 

Mémoires du duc de Sully. V. économies royales. 

Mémoires relatifs à Phistoire de France pen- 
dant le XVIII* siècle (Bibliothèque des) jParis, ls55- 
1875, 30 vol.], — Formé par Barrière et do Lcscure, ce 
recueil comprend une partie des mémoires publiés dans la 
" Collection des mémoires relatifs à la Révolution fran- 
çaise » , idus un certain nombre d'auteurs du xviii* siècle, 
comme Aliîeri, Bachaumont, Barras, Billaud-Varennes, 
Lucien Bonaparte, Collé, M"* Clairon, Coliot d'Ilerbois, 
Daunou, Dulaure, Fievée. Guhier, Lauzuo, le prince de 
Ligne, Marmontel, Préville, le maréchal do Richelieu, 
Rœderer, duc do Saint-Simon, comte de Ségur, Sieyès, 
Soulavio, M™' de Staël, Thibaudeau, comte deVaublanc, etc. 

Mémoires pour servir à l'histoire de mon 
temps, par Guizot (1858-18G7, 10 vol.). — Ces mémoires, 
quo Guizot composa pour occuper les loisirs do sa retraite, 
n'apportent quo peu de renseignements nouveaux sur los 
affaires auxquelles il fut mêlé; mais lui-même y apparaît 
avec un relief surprenant. Le tome III, dans lequel il ra- 
conte ses efforts pour réorganiser l'instruction publique 
(1833), est particulièrement intéressant. Au point de vue 
littéraire, l'ouvrage est écrit avec uno grande souplesse 
do stylo et un rare talent do portraitiste. 

MÉMONDAR n. m. Officier persan, chargé de recevoir 
ot do traiter les étrangers. 

Memor (Sc.-eva), poète latin du i" siècle de notre ère, 
né à Arunca. On l'estimait beaucoup. Il avait composé, 
entre autres tragédies, un Hercule. Saumaiso lui attribue 
VOclavie comprise parmi les tragédies de Sônèquo. 

MÉMORABLE (du lat. memorabilis, môme sens) adj. 
Qui est digue do rester dans la mémoire : Une journée 

MÉMORABLE. 

— Anat. Anse mémorable de W'risberg, Longue arcade 
nerveuse à concavité supérieure, que forme au-dessus du 
pancréas, au-devant <lu pilier droit du diaphragme, la réu- 
nion du grand splanc!inii|U0 droit ot du pneuniogaslrirjuo 
droit. (L'anse mémorable |)orte à son sommet un ganglion 
sympathique, du \olunie d un petit haricot; c'est le gan- 
glion semilunairo droit du plexus solaire.) 

Mémorables ou /entretiens mémorables de Socralr, 
ouvrage de Xénojjlion. — Ces Entretiens ou Souvenirs sur 
Socraie portent aussi, dans les anciennes traductions 
frani7aises, les titres do Dits mémorables ou do Mémoires 
de Sucratc. L'ouvrage, composé au début du iV siècle 
avant notro ère, peu après la mort du maître, a été divisé 
en quatre livres à répo<|ue alcxandrino. Xénoplion s'r t 
proposé do défendre son maître contre les calomnies •' 
ses accusateurs , notamment do Melilos. Il nous f;i 
connaître lo vrai Socrato, tel qu'il l'a connu; il lo met ■ 
scène, avec divers interlocuteurs, dans uno série de <ii. 
iogues, où il expose ses conseils et ses idées sur la pitii 
ia tempérance, les devoirs do famille, l'amitié, les devoirs 
civiques, les arts, la dialectique. Lo)> Mémorables portent 
des traces do remaniements; on croit que lo texte actuel 
est le produit do plusieurs rédactions mal fondues-Jj'ou- 
vrago n'en est pas moins fort précieux et apréable; on y 
trouve un vivant portrait do Socrato, au moins do Socrato 
moraliste, et l'on y entrevoit souvent l'aimable physio- 
nomie do Xénophon. 

MÉMORABLEMENTadv. D'uno façon mémorable. 

MÉMORANDUM Idoiyi' — mot lat. signif. Chose qu'on 
doit sr rappeler) n. m. Note diplomatique adressée par un 
gouvernement à un ou plusieurs gouvernements étran- 
gers, dans lo but d'exposer l'élat d'une question, et do jns- 
lilier les mesures qu'il a prises ou qu'il so propose do 
pron<lre. il PI. Ih'S mémorandums. 

— Note qu'un prend d'uno chose qu'on veut ne pas ou- 
blier. Il Carnot sur lequel on inscrit des nntes do ce genre. 

— Comptab. Ordre d'achat de marchandises rédigé par 
le commerçant et remis par ses commis aux fournisseurs. 




Mémorandum (techn). 



13 

— Techn. Sorte de tablette en os, en ivoire ou en por- 
celaine, sur lanuelle on inscrit provisoirement des no- 
tes au crayon et que l'on peut 
elFacer ensuite. 

MÉMORATIF, IVE {du lat. 
meinorativu.^, même sens; adj. Qui 
con''erne la mémoire : La fa- 
culté MÉMORATIVR 7l'est pOS tOlt- 
JoH)3 subordonnée à la volonté. 
(Alibort.) H Qui ala mcmoiro d'une 
chose : Soyez miîmoratif. (Volt.) 

— n. m. Ce oui aide à rappeler 
une chose : L envoi de ces pièces servira de mkmoratif. 
(J.-J. Rouss.) 

MÉMORER (du lat. memorare, môme sens) v. a. Rappe- 
ler : MiÎMoiiKR un fait. H Absolura. Se rappeler. (Vx.) 
MÉMORIAL, ALE, AUX adj. Qui a rapport à la mémoire. 

(PfU us. 

— n. in. Mf-muiro servant à l'instruction d'une affaire 
dipIomali(|UO ; Présenter un MKMORiAr.. 

— Ouvraffo dans lequel sont cûnsig:n(^s certains faits 
mémoralili-s : Le Mémorial de Sainte-Hélène. 

— Admin. Registre sur lequel, dans les chambres des 
comptes, on transcrivait les lettres patentes des rois : 
MÉMORIAUX de la chambre des comptes. Il Mémorial admi- 
nistratif. Recueil des actes administratifs d'une localité. 

— Arch<5oI. Extrait des preuves ou lettres de noblesse 
nue le ré<'ipiendaire devait remettre à la maîtrise de 
1 ordre de Malle, pour être admis et reeu chevalier. 

— Conim. Livre-journal sur lecjuol commerçants et ban- 
quiers inscrivent leurs alfairos, au fur et à mesure qu'elles 
sont conclues. V. brouillard. 

— Tbéol. Ce qui sort à consacrer la mémoire de Dieu 
ou de ses actes : On se prosternait devant l'arche comme 
devant le mi:morlvl de /lieu. (Boss.) L'Eucluirtstie est un 
MKMdHiAL et un abrégé de toutes les grâces. (Boss.) 

Mémorial de Sainte-Hélène, par Las Cases (Paris, 
I82:ii. — L'auu-tjr, qui avait accompagné Napoléon àSainte- 
Hélùno, y devint son secrétaire et resta auprès de lui 
jusqu'au 27 novembre 1816, jour où. sur la demande du 
gouverneur anglais, il fut expulsé de lile. Durant son sé- 
jour de dix-huit mois auprès do Napoléon, il avait consi- 
gné, jour par jour, tout ce qui avait trait i l'existence de 
ce dernier et les conversations familières dans lesquelles 
l'Empereur tomlié jugeait les événements de sa carrière 
et les hommes au milieu desuuels il avait vécu. Ce fut 
cette suite do notes qu'il puolia quelques années après 
son retour eu France. 11 n'y a point de composition pro- 
prement liite dans le Mémorial de Sainte-lJélène ; mais, 
quelque décousu qu'il soit, le Mémorial n'en reste pas 
moins curieux et intéressant. On y trouve des vues poli- 
tiques quelquefois neuves et profondes, de vastes projets, 
dos tableaux digues de l'histoire, des portraits vifs et 
exacts, des souvenirs intéressants et instructifs, des anec- 
dotes et maintes récriminations contre le gouverneur 
Hudson Lowo. Le livre est d'une lecture attachante, et 
de nombreux témoignages en ont attesté l'exactitude. Il 
faut toutefois se prémunir contre l'enthousiaste admira- 
tion que professait Las Cases pour Napoléon. 

MÉMORIALISTE {lisst') Q. m. Auteur de mémoires histo- 
riques. 

MÉMORISATION {si-on) n. f. Travail de la mémoire ; 
action do livei- ilans la mémoire : Des procédés de mémo- 
risation. (T'iplfer.) 

Memphis, forme grecque du nom égyptien Menfi, 
forme populaire du nom antique Mannotir, Mannofriou, 
que portait la capitale du premier nome du Delta. Il si- 
gnifiait, sous la (orme Mannufir, le port du bon, c'est-à-dire 
du dieu Pbtah ; sous la forme Mannofriou, le port des 
bons, c'est-à-dire des bienheureux. 

Memphis remontait jusqu'aux époques antéhistoriqucs 
de l'Egypte. La tradition de l'époque grectiue lui attri- 
buait pour fondateur Menés, le premier roi do la V* dy- 
nastie tliiuite. Mais ce fut seulement vers la tin de la V» 
ou vers le commencement de la VI* dynastie qu'elle de- 
vint la résidence des souverains; elle atteignit son plein 
développement après l'expulsion des Hyksos. Au début de 
la XIX» dynastie, eUe était au môme niveau que Tbèbes, 
et, à partir de la XX', elle dépassa graduellement sa ri- 
vale. Si Alexandrie la supplanta au iV* siècle comme 
ville royale, elle resta pourtant, môme sous les Romains 
et les Byzantins, la capitale indigène de TEgj'pte. Son 
temple de Phtah était, comme celui d'Amon à Karnak. un 
assemblage immense d'édifices d'époques dilférentes. Vers 
la lin du v" siècle apr. J.-C, Memphis, convertie au 
christianisme, devint le siège d'un évêché, mais la con- 
quête arabe ^640) et la fondation de Postât, près de la 
forteresse de Babylone, lui portèrent un coup mortel, au 
XI* siècle, elle n'était plus qu un champ de ruines, parsemé 
de villages misérables : Mit-Rabîuèh, el-Aziz, Tell-Monf, 
et que les sultans mamelouks exploitèrent pour la construc- 
tion de la citadelle et des remparts du Caire. Mariette, 
Maspero et Morgan ont mis au jour une petite portion des 
substructions du temple de Phtah, et quelques colosses de 
Ranisès II sont visibles au S. du lac Sacre. 

Memphis, ville des Etats-Unis (Tennessee), ch.-l. du 
comté de Shelby, sur le Mississipi ; 102.320 hab. La ville 
est largement b'àtie, sur une falaise de grès dominant le 
Mississini. Grand commerce de tabac, coton, céréales. In- 
dustrie florissante, malgré les épidémies de lièvre jaune 
(^ui, à deux reprises (1S7S et 1879), ont décimé la popula- 
tion. Moulins à huile, ateliers de constructions mécani- 
(pies, scieries à vapeur. Port fluvial très actif. Memphis 
est un ancien poste militaire créé par les Français en 1736, 
occupé par les Espagnols de la Louisiane do 'l773 à 1820. 
Fondée en 1S20, ia ville actuelle a particulièrement souffert 
pendant la guerre de Sécession. 

Memphis (rit de), rit maçonnique, datant de 1838, et 
qui eut pour fondateur Marconnis. II cqmpto 95 grades et 
prétend remonter aux mystères de l'ancienne Egypte. 

Memphite (min), personne née à Memphis ou qui ha- 
bitait cette ville. — Les Me.mphites. 

— Adjectiv. Qui se rapporte à Memphis ou à ses habi- 
tants : Les 'uonumejits mlmphites. 

Memphite [?«m] (nomr), le premier des nomes de la 
Basse-Egypte : il s'appelait en égyptien AnboK-ILazou, le 
Mur blanc, du nom antique de sa capitale, Memphis. Il 



était situé sur la rive gauche du Nil, près des enviroDS 
du village actuel do Métdoum et de la ville de Gizèh. 

Me^MPHITE [min] (pierre), pierre inconnue, que les mé- 
decins égyptiens et grecs employèrent contre l'épilepsie, 
les maux dyeux, etc., et pour le traitement des plaies. 

MEMPHITIQUC {min, tilt') adj. Linguist. So dit d'un 
dialecte égyptien parlé à Memphis. 

— n, f. Antiq. gr. Sorte de danse armée, analogue à la 
pijrr/iiijue. 

Mena, ville de Russie (gouv. do Tchcrnigof), sur la 
Mena, sous-afiluent du Dnieper; 4-000 hab. Tabac. 

Mena {Pedro dk), sculpteur espagnol, né à Adra au 
conmiencement du xvii* siècle, mort à Malaga en ïG9'S. 
Elève d'Alonso Cano à Grenade, on lui doit ; quarante 
statues qui ornent le chœur de la cathédrale do Malaga 
(1658-1772); un groupe de la Vierge deU'ilar arec saint Jac- 
ques à ses jticd-i. otiert par D. Juan d'Autriche à la reine 
d'Espagne; une belle statuette de saint François pour la 
cathédrale de Tolède ; etc. 

Mena (Juan de), poète espagnol, né àCordoue en Mil, 
mort à Torrelaguna en M56. 11 devint chroniqueur royal, 
poète favori du roi Jean II, ami du marquis de Santillane 
et du connétable Alvaro tie Luna. Ses écrits en prose sont 
insigniliants ; encore reste-t-il, pour la poésie lyriipio et 
courtoise, inférieur à quelques-uns do ses contemporains, 
et particulièrement à Santillane. Ces poésies se trouvent 
dans les Cuncioneros du temps (Baena, Stuniga, Herbc- 
ray, etc.). Le chef-d'œuvre do Mena est le Labi/rintho, 
connu sous le nom de las 2'rescientas, parce que le nombre 
des couplets, octaves de vers dodécasyllabiquos, était ori- 
ginairement de 300. Il fut porté plus tard à 3G5 par l'au- 
teur, sur la prière de don Juan. C'est une allégorie à la 
manière de Dante, qui nous promène à travers sept cer- 
cles planétaires, et fournit à l'auteur l'occasion do chanter 
une loulo d'événements passés, présents et même futurs. 
Il es( plein de réminiscences antiques. Un souffle de patrio- 
tisme l'anime et eu fait en partie le mérite. 

Mena (Felipe Gil de), peintre espagnol, né et mort à 
Valladolid ^1600-1674), étabht à Valiadolid une école gra- 
tuite de peinture, etc. Le meilleur de ses tableaux, dont 
la manière est entachée d'affectation, est un Autodafé. 
— Un autre peintre et sculpteur espagnol du mémo nom, 
dom Pedro dk Mena, né à Adra (Grenade) en 1620, mort 
à Malaga en 1693, eut pour maître Alonzo Cano et devint 
un artiste fort habile. Parmi ses tableaux, on cite un Christ 
à l'agonie, œuvre qui se trouve à Gênes ; parmi ses sculp- 
tures, une Conception de la Vierge, à Algendin ; une Made- 
leine pénitente, cncz les jésuites de Madrid ; etc. 

MÉNABÉ, partie médiane du pays sakalave, à l'O. de 
Madagascar, située au pied du massif central, que limite 
de ce côté la falaise de Bongo-Lava. Elle comprend des 
plaines ondulées, traversées par la longue chaîne du Be- 
maraba. Peu civilisée, la population du Ménabé a opposé 
une sérieuse résistance à l'occupation française. 

MENABLE adj. Qui peut être mené : Cn peuple facile- 
ment .MK.NADLE. 

Menabrea (Léon-Camille), magistrat et écrivain sa- 
voisien, né à Bassons, près de Chambéry, en 180-1, mort 
à Chambéry en 1857. Docteur en droit et conseiller à la 
cour d'appel »ie Chambéry, Menabrea prit part aux négo- 
ciations pour la paix entre le Piémont et l'Autriche après 
Novare (1849), mais il est surtout connu comme écrivain 
et comme savant. On a de lui : Feux follets i 1836), recueil 
de légendes ; Reguiescat in pace (1838), roman ; Histoire de 
Chambéry depuis son origine jiixqu'à la fin du xvii" siècle 
(1848), inachevée ; les Origines féodales dans les Alpes occi- 
dentales (1865) : etc. Il fut membre, puis secrétaire perpé- 
tuel de l'Académie de Turin. 

Menabrea (Louis-Frédéric, comte), marquis de Val- 
DORK, général et homme dEiat italien, frère du précédent, 
né à (Jnambêry en 1809, mort à Saint-Cassin. près Cham- 
béry, en 1896. Docteur es sciences et ingénieur, il servit 
dans le génie militaire. En 1848, 
il fut nommé premier secrétaire 
du ministre do la guerre et ap- 
pelé, l'année suivante, au se- 
crétariat général des affaires 
étrangères. Colonel en 1859, il 
couvrit Turin par des travaux 
fortifiés en attendant l'arrivée 
de l'armée française. Nommé 
major général, il commanda 
durant la campagne le génie 
de l'armée sarde. Après Villa- 
franca, il opta pour la natio- 
nalité italienne et dirigea les 
opérations du siège contre lô 
roi de Naples, notamment à 
Gaète, dont ia prise lui valut 
le grade de lieutenant général. 
Nommé sénateur à la même 
époque, il fut appelé, en 1861, 
au ministère de la marine. Rem- Menabrea. 

placé par l'amiral Persane en 

mars 1862, il revint au pouvoir le 8 décembre de la même 
année comme ministre des travaux publics. 

Après la chute du cabinet Rattazzi, il futappelé à former 
un nouveau cabinet, dit de conciliation [1867). Après Mon- 
tana, il dut céder le pouvoir au cabinet Lanza-Sella (1869). 
Dès lors, sa carrière fut purement diplomatique. Ambas- 
sadeur à Vienne [1870-1871), puis à Londres (1876), il fut 
nommé à Paris en 1882. II y resta jusqu'en 1S92. Menabrea 
était membre de r.\cadémie des sciences de Turin depuis 
1836 et correspondant de l'Institut de France. 

MÉNACANITE (de Ménacan ou Ménackan, n. de lieu) 
n. f. Minér. Fer titane, que Ion rencontre en grains ou 
nodules isolés dans les sables de Ménacan (comté de Cor- 
nouailles, en Angleterre;. Variété dilménite. 

MENAÇANT \san), ANTE adj. Qui menace, qui est plein 
de menaces : Des esprits menaçants. Une proclamation 
MENAÇANTE. 11 Qui paraît devoir être malheureux: Un avenir 

MI'NAÇANT. 

— Temps menaçant, Circonstances atmosphériques qui 
font prévoir un orage prochain. 

— Anton. Rassurant, ante. 

MENACE (nass — du lat. minacia, même sens*^ n. f. Re- 
gard, geste, parole, acte par lequel on exprime la volonté 




MEMORATIF — MENAGE 

qu'on a do faire du mal à quelqu'un : La sienace irrite Us 
courages, il Menaces en l'air. Menaces qu'on n'est pas dans 
l'intention ou dans la possibilité d'accomplir. 

— Imminence ou présage d'un danger : Ciel d'un bleu 
dur éclatant, plein de MKKACK. iE. Feydeau.) 

— Encycl. Les menaces sont prévues et réprimées par 
les articles 305 et suivants du Code pénal, qui graduent 
les peines selon que les menaces so produisent par écrit 
ou verbalement, selon qu'elles sont pures et simples ou ac- 
compagnées d'un ordro ou d'une condition, enlin selon le 
fait sur lequel elles portent (assassinat, violences, etc.). 

La menace de destruction à l'aide d'explosifs ei la me- 
nace d'incendie font l'objet de l'article 436 du Code pénal 
(modifié par la loi du 2 avr. 1892) ; elles sont punies de la 
peine portée contre la menace d'assassinat. 

Les menaces à un magistrat, à un juré, à tout officier 
ministériel ou agent dépositaire de la force publique, sont 
considérées et punies comme outrages. V. otttbage. 

Les menaces constituent une circonstance aggravante 
du délit de mendicité (C. pén., art. 276). V. mendicité. 

BCENACER (se — rad. menace. Prend une cédille sous 
le c devant un a ou un o : Je menaçais. Aous menaçons) v. a. 
Faire une menace, des menaces à : Mlnacek quelqu'un 
de sa colère. 

— Absolum. : La vie est un combat où il faut toujours 
menacer. (Balz.) 

— Inspirer la crainte de, montrer un danger imminent 
à : L'extrême chaleur nous miînace en général d'un orage. 

Il Mettre en péril : Plus on tient à la vie, plus ce qui la 
MENACE nous alarme. (Mass.) il Faire craindre, se montrer 
sur le point : Le vieux monde mknace de s'écrouler. 

— Menacer ruine, Etre dans un état de délabrement qui 
fait craindre une chute prochaine : Vieux château qui me- 
nace RUINE. Il Fig. : C'ne grandeur qui menace ruine. (Fén.) 

— Poétiq. ou lam. Menacer le ciel ou les cieitx, Monter 
très haut : Tour qui semble menackb i.e ciel. 

— Anton. Rassurer. 

— pROv. Tel menace qui tremble, On fait souvent des 
menaces violentes pour cacher sa peur. 

Se menacer, v. pr. Se faire réciproquement des me- 
naces. 

MENACEUR {senr"}, EUSE n. Personne qui fait, qui a 
l'habitude do faire des menaces : De grand menacecr peu 
de faits. (Des Periers.) 

— Ajectiv. ; Humeur menacecsb. 

MÉNADE (du gr. maiTtas , ados; de mainesthai, être 
furieux) n. f. Antiq. gr. Nom des nymphes du cortège de 
Dionysos; des femmes qui célébraient les mystères de ce 
dieu. 1! Prêtresse de Cybèle; femme inspirée par Cybèle. 
Il A Rome, Prêtresse de Priape, dans le temple de la 
Bonne Déesse. 

— Enctcl. Le terme de ménades n'était, à rorigîne, 

âu'une épithète des bacchantes. Peu à peu, les ménades se 
istinguèrent à demi des bacchantes. On se les représen- 
tait courant à la suite do Dionysos, échevelées, demi- 
nues, agitant le thyrse, faisant retentir les monts et les 
bois de leurs hurlements et du bruit de leurs tambours. 
tuant même les malheureux qu'elles rencontraient. Elles 




Ménades (bas-relief antique). 

mirent en pièces Orphée, pour le punir de ses mépris, et 
dispersèrent ses membres. Dionysos les punit de ce crime, 
en les changeant en arbres. Dans les derniers siècles do 
l'antiquité, chez Lycophron, Juvénal et autres poètes, lo 
nom est souvent synonyme de Femme dissolue ouacariâtre. 

MENATTHIUS {mé, uss) n. m. Genre de crustacés déca- 
podes brachyures, des mers chaudes de l'ancien monde. 

— Encycl. Les menxtliius sont de petits majidés for- 
mant passage entre les pises et les halimes ; leur carapace 
allongée, triangulaire, se termine en avant par une grande 
et forto pointe. Le menxthius monoceros est répandu dans 
la mer Rouge et dans l'océan Indien. 

MENAGE [naf) n. m. Action, art de mener :Ze ménage 
des chevaux, des charrettes. 

MÉNAGE (naf — ancienn. maisnage; du lat. pop. man- 
sionaticum, de mansio, maison) n. m. Ensemble des soins 
qu'exige la vie de famille : L'ne femme propre au ménage. 
il Vie commune de l'homme et de la femme : Entrer en 
MÉNAGE. Il Jeune ménage. Homme et femme récemment 
mariés, il Personnes qui composent une famille : Maison 
habitée par de petits ménages. 

— Meubles, ustensiles nécessaires à la vie de ménage : 
Avoir un ménage bien monté. II Collection de petits usten- 
siles de ce genre, que l'on donne aux enfants pour s'amu- 
ser : Un MÉNAGE à treize sous. 

— Administration des revenus domestiques : Les deniers 
des recettes en partie se perdaient par mauvais ménage. 
(Malh.) [Vx.J 11 Absol. Epargne, économie: Vn-re aiec 
grand ménage.— Fam. Ménagé de bouts de chandelle, Eco- 
nomie qui porte sur de toutes petites choses. 

— Loc. div. De ménage. Se dit des objets que l'on con- 
fectionne dans sa propre maison, au lieu de les acheter 
ou de les faire confectionner au dehors : Pain, Confiture 
de ménage. Il Vivre de ménage. Vivre économiquement. — 
t'ar plaisant. Vendre, pour vivre, ses ustensiles de mé- 
nage. Il Femme de ménage. Femme qui, sans être domes- 
tique dans une famille, vient y vaquer aux soins du mé- 
nage. Il Faire un ménage, des ménages. Etre femme de 
ménage dans une ou plusieurs familles, u Faire bon, mau- 
vais ménage. Vivre en bonne, en mauvaise intelligence. 



MÉNAGE — MENAISIEN 

rr Avoir un ménage en ville, P^ntrotenir uno maîtresse, 
n Kam. Ménage à trois, Lo mari, la femme et lamaut. 

— Pop. Ménage à la colle, Concubina^'C. 

— Coût. anc. Manoir ou masure silm*e aux champs, 
maison entourée d"un verger. (Mot usité en Nonnaudio. 
Mômo sens que mksuagb.) Syn. micsnage. 

— Jeux. A divers jeux de cartes, principalement dans 
le cinq-cents et le bésigue, Kéimiou do la dame de pique 
et du valet de carreau : Quarante de mknagiî. Il Faire le 
ménage. A la bouillotte, au whist, Uamassor, aprùs chaque 
coup joué, les cartes (jui viennent de servir, les môler et 
les mettre sous la main du joueur ({ui doit donner au 
coup suivant, ii Aux dominos, Mt^h^r les dés. 

— Syn. Economie, épargne, etc. V. kconomib. 

— Encycl. Icoiio^'r. l*rcs(juo tous les peintres hollan- 
dais se sont appliques à peindre ies scènes intimes de la 
famille. Rembrandt, A. liranwer. Torburg, les Ostade, 
Gérard Dov, Moizu, Kalf, les Miéris, P. do IIoo','he, 
J. Steen, Slingelandt, etc. Le Ménage du menuisier, appelé 
aussi la Sainte Famille, <\ei Rembrandt, est une page maî- 
tresse que possède le Louvre. Lo /Ic/ias de famille, do 
Gérard I)ov, au musc^o do rKrmirago, à Saint-Pétersbourg ; 
la Ménagère hollandaise, du même, gravée par Lacourot 




Le luéDage du menuisier, d'après Rembrandt. 

Pigeot ; une Famille de paysan (galerie de la reine d'Angle- 
terre) ; Intérieur d'un ménan'' (Louvre), par Fr. Miéris, etc., 
sont également remarquables. On a d'Albert Diirer uno 
jolie estampe, la Ménagère et le Cuisinier. En France, sous 
Louis XV.Greuzo et Chardin, celui-ci surtout, rendent avec 
bonheur les scènes d'intérieur avec uno grâce et une pointe 
d'esprit toutes françaises. 

Ménage de garçon (le) ou la liahouilleuse, roman, 
par H. de Balzac I812) [Scènes de la vie de province : les 
Célibataires]. — La veuve Agathe Bridou a deux Hls : Phi- 
lippe, lieutenant-colonel en domi-solde, le préféré de sa 
môrc, et le peintre Joseph. Tandis que Joseph entoure sa 
mère do soins dévoués, Philippe est un chenapan qui vit 
dans le désordre, qui vole sa mère, son frère et sa vieille 
tante Descoings. M"" Bridou a un frère riche qui habite 
Issoudun. Ce frère, J.-J. Rouget, est aux mains d'une ser- 
vante-maîtresse, Flore Brazier, la Itahouilleuse, qui, de 
concert avec son amant de cœur, Maxime Gilet, espère 
hériter des biens du vieux gari;on. Pour empocher uno 
captation, Agathe vient à ïssoudim avec son tlls Joseph, 
mais les doux loyales créatures ont affaire à trop forte 
partie et doivent retourner à Paris. Ce sera Philippe qui, 
envoyé on résidence à Issoudun, réformera lo n ménage de 
garçon n : il tue Maxime en due!, oblige Flore à épouser 
son onclo Rouget, hâto la fin do ce dernier en l'entraînant 
dans des excès, épouse Flore, la laisse mourir dans la dé- 
bauche et, devenu maître do la fortune de son oncle, ar- 
rive au comble des honneurs. Sa mère meurt sans qu'il 
daigne l'aller voir. Ruiné par des spéculateurs, il se fait 
tuer en Afrique. Malgré des invraisemblances et des lon- 
gueurs, ce roman est parmi les meilleurs de Balzac par la 
richesse, la puissanco et l'unité des caractères. 

Ménages (hospick dics), maison de retraite pour les 
vieillards dos doux sexes. Fondé en 1511, rue de Sèvres, 
sur remplacement do l'ancienne maladrcrie de Saint- 
Germain-des-Prés, l'hospice était primitivement destiné à 
recevoir desmaladfs et des aliénés. Kn 1801, il fut changé 
en maison de retraite. En 1863, celle-ci fut transférée ù 
Issy. Les pensionnaires doivent être époux, veufs ou veu- 
ves, âgés de soixante ans, et ayant vécu vingt ans en mé- 
nage. Ils doivent payer uno modique pension, ou verser 
un capital de 1.800 à 1.200 francs, et une somme de 200 fr. 
pour le mobilier. On leur donne la nourriture, lo chautTage 
ot 3 francs tous les dix iours. Leur habillement et leur 
blanchissage sont à leur r*nar;;e. Aussi doivent-ils justifier 
d'un revenu annuel do 150 fram-s. 

MÉNAGE (Gilles), en lat. ^Egidius Menaglus, érndit 
et bid esprit, né à Angers on lt)i:t, mort à Paris en 16U2. Fils 
de Guillaume Ménage, avocat du roi, il fut reçu avocat au 
Parlement, puis embrassa l'état ecclésiastique, et fut 
nommé bénéllciaire du <ioyenné de Saint-Pierre d'Angers. 
Protégé par lo prince do Conti, pensionné par les cardi- 
naux de Retz et de M^izarin, il se lia avec Chapelain et 
Balzac, fonda chez lui uno sorto 'l'académie, tint dans lo 
cloître de Notre-Dame ses a^^.•mbb■■es du mercredi, qu'il 
appelait Mercuriales, se rendit célèbre par sa ftegueste des 
Dictionnaires (1638), se fit une réputation do bel esprit 
piquant ot malin, fut l'ami do Pellisson, do Iluet, de Scu- 
déry, do .Sarasin, do Vaugolas, do Conrart, do Tallemant, 
enseigna l'italien, l'espagnol, le latin à M""* de Sévigné, 
âM"* de La Vergue (M"* de La Fayette), -^ M"* do La Mar- 
tellière (M*"* de Longueval), s'éprit do ses élèves, se plon- 




gea dans l'érudition, ce qui ne manqua point de le faire 
railler par Boileau et de fournir à Molière le type do Va- 
dius dans les Femmes savantes. Arrivé ù. un point de no- 
toriété qui faisait do lui un redouté critit|uo, il soutint 
des polémiques nombreuses, tantôt sur les sonuets do Job 
et d Uranio, tantôt sur les 
trois unités, à propos des co- 
wi('(//e5 do Térouco,avocrabbé 
d'Aubignac, avec Cotin, qui 
publia contre lui, en 1G6G, la 
Ménagerie, avec Salo, Bail- 
let, etc. 

Il a laissé des vers français 
et italiens qui no man(]uent 
point de facilité. Il convient 
do roconnaître aussi et de 
louer son activité littéraire, 
SOS recherches érudites, la 
façon dont il a ouvert la 
route aux étymologistes qui 
lui ont succédé, et l'étendue 
do ses connaissances. La liste 
est longue de ses (l'Juvres de 
toute sorte. Citons : Origines 
de la langue française (1650), 
qui devint le Dictionnaire 
éti/molog ique ; M i s ce II a n ea 

(1*652); Observations sur l'Anùnla du Tasse (1653); Observa- 
tions sur les poésies de Malherbe (1066) ; Origines de la lan- 
gue italienne (1669); Observations sur ta langue française 
(1673); Vie de Mathieu Ménage, chanoine d'Angers (167-i); 
Histoire de Sablé (1682); V Anti- Baillct (1690). On doit 
consulter sur lui le Menagiana, recueil de ses conversa- 
tions ot do ses mots, publié par Boivin, Pinson, Galland, 
Dubus, Valois (|GI»3), réédité on 1691, repris ot complété 
[.ar La Mumioye (1715-1729). 

MÉNAGEABLE ijabV) adj. Qui peut ou doit être mé- 
nagé : bes opinions mknageables. (Sto-Beuve.) 

MÉNAGEMENT ije-man — rad. ménager) n. m. Circon- 
spection, précaution pour éviter d'être blessant, nuisible, 
ou désagréable ; Tout cœur qui souffre demande de grands 
MÉNAGEMENTS. ii Actiou do régler les choses avec méthode 
et mesure : Pour le ménagement ^/e M chaleur. (Butf.) [Vx.J 

— Autref. Exercice de l'administration domestique : 
Avec le bon ménagement de sa femme. (La Noue.) 

— Syn. Attentions, etc. V. attention. 

IVlENAGEOT(François-Guillaume), peintre français, né 
à Londres en 17-14, mort à Paris en 1816. Il remporta, en 1766, 
le grand prix de peinture. Après cinq ans d'études àKome, 
il retourna à Paris, dut à son tableau représentant les 
Adieux de Polyxène à Hécube d'être agréé à l'Académio 
royale (1777), à son allégorie du Temps arrêté par l'étude 
d'être reçu académicien ( 1780). Nommé professeur adjoint, 
puis professeur on titre, '1 remplit, de 1787 à 1793, les fonc- 
tions de directeur de l'Académie de France à Rome. Cette 
Académie ayant été supprimée en 1793, Menageot se retira 
à Vicence, retourna en France vers 1802, reprit sa place 
de professeur et fut admis de nouveau à l'Académie des 
boaux-arts, en remplacement de Vien, en 1809. Menageot 
est un artiste du style do Vien, avec quelque chose de plus 
gracieux et de plus élégant. Son coloris, discret, a de l'îiar- 
monie à défaut de vigueur. Parmi ses meilleurs ouvrages, 
nous citerons : f^éonard de Vinci mourant entre les bras de 
François I" (1781), son chef-d'œuvre; les Adieux de Cléo- 
pâtre au tombeau d'Antoine ; Mars et Vénus; etc. 

MÉNAGER ( je — rad. ménage. Prend un e après le g de- 
vant A ou o : ïl ménagea. Nous ménageons) v. a. Disposer, 
utiliser pour un certain but ; conduire, régler avec certaines 
précautions : Voltaire, si habile à ménager et à nouer une 
négociation. (Ste-Beuve.) il Préparer, amener par certains 
procédés, avec un certain art : Ménager son dénouement. 
Il Faciliter, procurer, réserver : Ménager une entrevue, 
une surprise. — En ce sens, s'employait autrefois avec 
uno proposition pour complément : I^otre grande a/faire, 
c'est de MËNAGKR qu'un Dieu nous pardonne. (Boss.) 

— Conduire uno maison, administrer une fortune : Le 
marquis ménage lui-mântc son anjent. (M""* de Sév.) [Vx.] 

— Réserver une place à ; Ménager un escalier dans 
le mur. 

— Employer avec économie, discrétion, circonspection : 
MÉNAGER son argent, sa santé, ses relations. \\ Ne pas expo- 
ser, no pas fatiguer inutilement : Ménager ses troupes, 
son cheval, il Tirer soigneusement parti do : Ménager un 
terrain, une étoffe. 

— Eviter do froisser, traiter avec circonspection, avec 
certains égards : H faut ménager les sots : c'est une majo- 
rité. Il Ne pas accabler, n'user qu'avec ménagement do sa 
victoire sur : Ménager un adversaire. 

— I^oc. div. Ménager le temps, Ne pas le perdre inuti- 
lement. Il Ménager l'occasion, La préparer, la faire naître. 

Il .lAf/mjer SCS ;)as, Eviter de faire des démarches inutiles. 

Il Ménager ses paroles. Parler peu. n Ménager tes expres- 
sions, les termes. Mettre do la précaution, de la circon- 
spection, do la retenue dans l'expression de sa pensée. 

Il Ménager les intérêts de quelqu'un. Eviter de les compro- 
mettre. wMénager la chèvre et le chou. V. chèvre. Il N'avoir 
rien à ménager, N'avoir aucune mesure à garder. 

— Anton. Brusquer; prodiguer. 

— pROV. Qui veut aller (ou voyager) loin ménage sa 
monture, Il faut user avec modération des choses dont on 
veut ]>ouvoir se servir longtemps. 

Se ménager, v. pr. Se conduire avec prudence, adresse, 
réserve; ne pas se prodiguer, il Mettre de la retenue 
d.ins ses actions, dans ses discours, il Avoir soin de sa 
santé; user discrètement do ses forces, de ses moyens. 
ii Avoir des ménagements l'un pour l'autre : Det adversai- 
res gui SE ména«i-:nt. tl Réserver, préparer à soi-même : 
La plupart des hommes se ménagent un triste avenir, 

MÉNAGER (je), ÈRE [rad. ménage] adj. Qui est chargé 
de l'administration doniesticiuo. (Vx.)iiyui a rapport au 
ménage ; qui provient du ménage; Les travaux ménagers. 
L'enseignement ménager. L'écoulement des eaux ménagères. 

— Econome, qui uso avec réserve d'une chose : Une 
femme très ménagère. 

— Substan'iv. Personne économe : De bons ménagers. 

— n.m. Petit propriétaire agricole, dans certains dépar- 
tements. Il Se disait, on Normandie, do Celui qui occu- 
pait un manoir. 

— n. f. Femme qui s'occupe des soins du ménage. 
Une bonne ménagI^re est un trésor, n Se dit par plaisautc- 




M^cagére. 



14 

rie pour Epouse, maîtresse : Mari, amant, qui ne fait 
rien sans l'autorisation de sa MÉNAGÈRE, il Servante qui 
fait un ménage. 

— Econ. dom. Sorte d'huilier qui, outre les burettes à 
huile et à vinaigre, porte la sa- 
lière, la poivrière ot souvent les 
flacons pour les épiccs. il On l'ap- 
pelle aussi PORTE-SAUCE. 

MÉNAGERIE {je-rl — rad. mé- 
nager) n. f. Collection d'animaux 
vivants, féroces, curieux, etc., 
réunis pour la curiosité ou i>our 
l'étude ; La ménagerie du Jardin 
des Plantes. Il Lieu où se trouvent 
réunis <"es animaux : Une ména- 
gerie bien installée, il Collection 
foraine et ambulante d'animaux 
enfermés dans des voitures et qui 
so rend de ville en ville, il Admi- 
nistration domestique : Quant à la ménagerie, les bêtes 
nou^ surpassent en cette prévoyance d'amasser. (Montai- 
gne.) [Vx.] Il Administration d'une ferme. (Vx.) ii Endroit où 

I on élève des bestiaux, des volailles. (Peu us.) 

— Jeux. Jouet qui consiste en la réunion d'animaux di- 
vers, en buis, en carton, en fer ou en caoutchouc, il Ména- 
gerie fantastique, Album d'images représentant des per- 
sonnages et des animaux absolument de même grandeur 
et dont les pages, coupées horizontalement en deux ou 
trois parties, peuvent s alterner en se reportant les unes 
sur les autres, de manière à produire des compositions 
bizarres, en partie humaines, en partie animales. 

— Encycl. Il a certainement existé, dans l'antiquité 
grec(|uo et romaine, des collections d'animaux sauvages 
ou curieux réunis par les souverains, les villes ou les ri- 
ches particuliers, en vue de l'instruction des savants ou 
de l'amusement de la foule. C'est ainsi qu'Alexandre ras- 
sembla à Babylone et envoya en Grèce des spécimens 
nombreux de la faune asiatique, qu'Aristote put étudier 
avant d'entreprendre sa belle Histoire naturelle. A Rome, 
tous les riches particuliers eurent leur ménagerie et les 
combats de bêtes féroces contre les gladiateurs ou do 
bêtes féroces entre elles furent de tout temps parmi les 
jeux du cirque les plus goûtés. En France, dès la lin du 
moyen âge, indépendamment des petites collections pri- 
vées des «montreurs», les rois eurent des ménageries 
plus ou moins fournies. Il en existait une, sous Fran- 
çois P% à l'hôtel .Saint-Paul. Plus tard, la ménagerie 
royale, installée à Versailles par Louis XIV, subsista, 
assez mal entretenue, jusqu'à la Révolution. 

C'est à Bernardin de Saint-Pierre que l'en doit la pre- 
mière idée, en 1792, de la ménagerie du Jardin des Plan- 
tes, devenu en 1793 le Muséum ; il avait proposé de la 
constituer au moyen des animaux de Versailles. Le pro- 
cureur général de la commune donna à cette idée uno 
forme plus pratique en faisant confisquer et conduire 
dans le nouvel établissement, où Geolfroy Saint-IIilairo 
et Daubenton les recueillirent, les animaux de toutes les 
ménageries privées de Paris et des environs. Co premier 
fonds fut rapidement enrichi par dos dons et des achats 
divers et notamment par l'adjonction, en 1810, de la mé- 
nagerie royale de Hollande. Il est devenu la base des 
riches collections vivantes du Muséum actuel. Dos éta- 
blissements analogues existent dans les principales villes 
d'Europe, organisés surtout dans un but scientifique. 
Quant aux ménageries privées, elles ont surtout pour 
objet l'amusement du public, soit par la singularité des 
espèces réunies, soit surtout en éveillant sou émotion 
par la vue du dressage dangereux des fauves. A ce point 
de vue, les collections réunies par certains dompteurs ou 
managers célèbres : Batty, Carter, Juliano, Bidel, Lau- 
rent, Singer, Pezon, etc., ont joui d'une réelle notoriété. 

MÉNAGEUR (jeur"), EUSE n. Personne qui ménage, 
qui prend des ménagcmonts ; Des ménagecrs politiques. 
[M">' de Sév.) [Peu us.] 

MÉNAGIER (ji-é — rad. ménage) n. m. Au moyen ftgo, 

Traité de morale et d'économie domestique. 

Ménagier de Paris (t,E), traité de morale et d'économie 
domestique, composé à Paris vers 1390. — C'est le recueil 
des conseils qu'un bourgeois riche et âgé est censé don- 
ner à sa jeune femme. Le livre se divise en trois parties. 
La première est consacrée à la morale; à l'exposé des 
devoirs de la femme envers Dieu, son mari et le monde, 
l'auteur ajoute les conseils pratiques les plus divers. Il 
appuie ses exhortations d'exemples et d'anecdotes, citant 
même des ouvrages étrangers, qui font du Ménagier un 
livre curieux pour l'étude des traditions et contes popu- 
laires. La deuxième partie est l'un des plus anciens re- 
cueils de recettes culinaires. La troisième, qui parait 
.ijoutée après coup, traite de la chasse à l'épervier. Lo 
Ménagier de Paris a été publié par J. Pichon (1816). 

MÉNAGYRTE {jïrf — du gr. mên. mois, et agurtês, quê- 
teur) n. m. Anliq. gr. Prôtro mendiant de Cybèle, qui faisait 
une tournée chaciue 
7nois, pour recueillir 
les aumônes. 

Menai (détroit 

iw.) , détroit formé 
dans la mer d'Ir- 
lande, au N.-O. du 
fays de Galles, par 
île d'/Vnglesoy et la 
presqu'île de Caer- 
narvon. Sa largeur 
varie entre 200 et 
400 mètres, pour 
2r>kilom.delongucur. 

II est traversé par 
deux beaux ponts. 

MEN Aie A n. f. 

Enibaro;itiun allant 

à la voilt» ou à l'avi- Mcnalcr 

ron (voilée à la latine 

avec niftt incliné vers l'avant) et qu'on omploïo dans lo 

sud de rilalie. 

MENAISIEN, ENNE {nè-zi-in. dn'— de Lamennais, n.pr.) 
adj. i^ui appartient à Lamennais ou à sa doctrine. 

— n. m. Partisan des doctrines philosophiques ot reli- 
gieuses de Lamennais. 




15 

MéNAKÂ, fée ou nymphe céleste, l'une dos plus belles 
parmi les dix Apsaras. Klle séiimsit lo sa*;o Vif^vâmitra, 
qui la rendit mère de Çakouutala, rbéroino du drame cé- 
lèbre do Calidasa. 

MÉNAKANITE n. f. Miner. Syn. do mknacanite. 

MÉNAKHEM, Manahem, fils do Gadi, général de 
Jiirolfoaiu II, rnort en 737. 11 assassina, on 739, Sliallouui, 
et se fit roi d'Israël on sa place. XI déploya une énor^'io 
sauvage pour se rendre niaîlro du pays, reconnut la su- 
préma'iio do l'Assyrie et paya tribut à Tiglatphalazar III 
en 739 et en 737. Il eut pour succossour son fils, Pékakhiah. 

MÉNALE, ancien Mennlua mons, montagne du centre 
de l'Arcadie. Hercule atteignit sur cotto montagne la biche 
aux pieds d'airain et aux cornes d'or. 

MÉNALICN, ENNE ili-in, en') adj. Mythol. gr. Qui a rap- 
port au mont Ménaie. il Biche ménalienne, liiclie aux pieds 
d'airain, fju'Hôraklès prit à. la cuurso, sur le raont Mônalo. 

MénaM, MÉ-NAM ou MÉI-NAM, fiouve du Siam 
(Indo-Cliine centrale), tributaire du gulfe do Siam (mer 
de Chine); 1.200 kilom. Des deux rivières cjui le forment, 
la plus importante, le Méping, à l'ouest, naît sur la fron- 
tiôro dos Etats chans birmans (Indo Chine anglaise), non 
loin du g: and coude du Mékong; arrose Xicng-Maï, au 
centre des exploitations do bois do tek, est coupé, sur une 
longueur de 30 kiloin., par une série do rapides (lo Doï- 
OmTo); reçoit lo Mévan, arroso Rahang, où remontent les 
vapeurs lors dos hautes oaux ; puis, aprùs ôtro passé à 
Karapang, à Ban-Pao, s'unit à Paknam avec lo bras orien- 
tal, ou Mé-Nam proprement dit. Celui-ci drsrend des Etats 
shans siamois, arrose Muong-Pray, et reçoit à gauche le 
Nan-Nan.A Nakhon-Savvan (200 Tkilom. de Ja mer) com- 
mence le delta très allongé du Méuam ; à l'O. du bras prin- 
cipal, le Souphanbouri, va suivre, justiu'à la mor, un cours 
parallèle. Le Mé-Nam reçoit encore, à gaucho, le Nam- 
Sak, puis, à partir d'Ayouthia. se dirige droit au S., sur 
Bangkok, capitale du Siam. et sur Paknam, où est son 
embouchure, obstruée par une barre. A ce delta se joi- 

fnent los bouches du Méklon à l'O., du Bang-Pa-Kong à 
E. Le bassin du Ménam a été garanti au Siam par la 
convention anglo-françaiso du 15 janvier 18y5. V. Siam. 

Menamah ou Medina, ville de l'Asie méridionale, 
sur la <-oto nord-ost de l'île do Bahreïn (golfe Persique), à 
liroxiniité do la côto orientale d'Arabie; 40.000 hab. Elle 
est sous le protectorat anglais. Centre commercial des 
pôchorios de perles du golfe Persique. 

MÉNANDRE, poète comique grec, le principal repré- 
sentant do la comédie nouvelle, né à Athènes vers 342, 
mon à Atlionos vers 202 av. J.-C. Fils de Diopithe de 
Kephissia et d'Hegesistrate, noveu du poète comique 
Alexis, il appartenait à la riche bourgeoisie athénienne. 
Il reçut d'Alexis les premières leçons do son art; en phi- 
losophie, il fut disciple de Théophraste et d'Epicure. U 
mena la vie élégante et se livra 
aux plaisirs ; il eut pour maîtresses 
la courtisane Giycère, puis Thaïs. 
11 n'aimait vivre qu'à Athènes, et 
il rejeta les olîres do Ptolémée So- 
tor.qui voulait l'attirer eu Egypte. 
11 composa, dit-on, 108 comt^Lnes, 
dont la première fut jouée en 322, 
et remporta huit fois lo prix. Ses 
comédies nous sont connues seu- 
lement par do nombreux frag- 
ments, par les imitations qu'on ont 
faites Plante et Térence, et par 
un recueil de Sentences monosti- 
ques,(\n'\ parait avoir été composé 
à l'époquo romaine, avec des ex- 
traits de ses œuvres. Voici los 
titres des principales ;/'Anrf/'(e«He, 
les Aphrodisies, le Bouquet, la /ît'o- 
tienne, le Calomniateur, la Cané- 
phore, le Carlhaginois, la Citha- 
riste, la Cnidienne, le Cocher, les 
Convives, les Cousins, la Cruche, le 
D^^ôt, la Devineresse, l'Esclave, 
l'Eunuque, le Faux Hêraklès, la Femme battue, les Fêtes 
d'/Iephaistos, le Flatteur, l'Héritière, la l'âtissirre, les Pê- 
cheurs, les Pilotes, les Pi'êtres de Cybèle, les Soldats, la 
Superstition, Thaïs, le Trésor, la Veuve, etc. Ménandre fut 
un peintre de mtcurs incomparable; le premier dans l'iiis- 
toiro do la comédie, il excella à nouer fortement une in- 
trigue ; il eut le don du pathétique, de l'invention comique ; 
il sut tirer du théâtre des leçons de philosophie familière; 
il a créé ou tixé la plupart des types qui, de la comédie 
nouvelle passèrent dans la comédie latine, et souvent 
mémo dans la comédie modorno. Il a été aussi un mer- 
veilleux écrivain, à la langue simple et pure, alerte, pit- 
toresque. Fragments dans les « Fragmenta comicorum 
graecorum» de Meineke (1839-1841), dans los « Comicorum 
atticorum fragmenta » de Kock (1880-1888), etc. Trad. 
française par Lévesque (1782), par Raoul Rochette (1825). 

— BiHLioGR. : Ch. Benoît, Essai historique sur la comé- 
die de Ménandre (1854). 

Ménandre, roi grec de Bactriano (ii" s. av. notre 
ère). D'après Strabon, il étendit ses conquêtes dans l'Inde 
jusqu'à 1 embouchure de l'Indus. Plutarque vante sa jus- 
tice et sa bonté. 

Ménandre de Laodicée, rhéteur grec (iii« s. de 
noire ère'. Il commenta Hermogéne et Minucauus. Nous 
avons do lui un traité Sur les discours épidicliques. 

Ménandre, sectaire. V. mênandrien, 

Ménandre, surnommé Protector, parce qu'il com- 
mença sa carrière en servant dans la garde, écrivain 
byzantin de la fin du vi' siècle. II a continué Agathias en 
racontant l'histoire des années 558-582. Nous n'avons de 
cet ouvrage que des fragments, nombreux d'ailleurs, et 
d'une grande valeur géographique et ethnographique. 

MÉNANDRIEN [di-i-in] n. m. Hist. ecclés. Disciple de 
Ménandre, sectaire du i" siècle. 

— Encycl. Disciples de Ménandre, qui eut lui-même 
pour maître Simon lo Magicien, les ménatidriens peuvent 
^tre considérés comme les précurseurs des gnosiiques. 
Ils enseignaient que le monde avait été fait par une 
multitude d'anges démiurges, émanés de la substance di- 
vine. A leurs yeux, l'âme humaine, immortelle de sa na- 




M-'iniiilri-- statue an- 
tique du inubéo Pie-Clé- 
mentin [N'aticanJ). 




ture, pouvait communiquer l'immortalité à son corps, si 
elle parvenait à la porfociion do la sainteté. Ils persis- 
tèrent à Auiioche, jusqu'à la fin du n* siècle. 

MenangrabO, ancien royaume do la Malaisie néer- 
landaise [ilo de Sumatra), qui comprenait, sur lo versant 
occidental de l'île, une partie de la région montagneuse 
des hautes terres do Padang. Habité par la plus pure race 
malaise, on groupe assez dense, il avait succédé à un em- 
pire liindou, disparu devant l'apparition du mahométisme. 

MENANT («a/i), ANTE adj. Qui a la propriété do mener, 
do conduire. 

— Ch. de f. Houes menantes. Se disait pour roues mo- 
trices, roues do la locomotive qui reçoivent l'action du 
piston et font marcher la machine. 

Menant (Joachim), assyriologue français, né à Cher- 
bourg en 1S20, mort à Paris en 1899. Il publia, en 1842, 
les Leçons de philosophie orientale de sou maître Charma, 
disciple de Cousin. Destiné à la magistrature, il fut nommé 
substitut en 1851 ot prit sa retraite comme conseiller à la 
cour d'ap[)oI do Rouen en 1890. Il s'adonna à l'étude des mé- 
thodes flo déchilTrement des écritures cunéiformes, ot fut, 
avec Oppert, le fondateur de l'assyriologie en Franco. Ses 
premières publications datent de 1858. Il réussit & démon- 
trer le principe do la polyphonie 
(1859). Son Syllabaire assyrien 
(1869-1873) fut suivi, en 1868, 
d'une Grammaire assyrienne, véé- 
ditée en 1880, sous le litre de Ma- 
nuel de la langue asstjrienne. En 
1868-1869, il inaugura à la Sor- 
bouno Je premier cours d'assy- 
rien qui ait été professé. Le ré- 
sultat do ses travaux sur la 
glyptique orientale est consigné 
dans les Pierres gravées de la 
haute Asie (1883-1885), Ot dans 
le Catalogue de la collection de 
M. de Clercq. Il aborda aussi 
l'étude des inscriptions hétéen- 
nes. En 1887, il fut élu membre 
libre do l'Académie des inscrip- 
tions et belles - lettres. — Ses 
principales œuvres, outre les ou- 
vrages cités, sont : les Ecritures Menant, 
cunt^i/oî'mes (1860) ; les Achémé- 

nides et les Inscriptions de la Perse (1812) ; Leçons d'épigra- 
phie assyriemie professées aux cours libres de la Sorbonne 
pendant l'année fS69 (1873); Annales des rois d'Assyrie 
(1874); Dabylone et la Chaldée (1875); Documents juridiques 
de l'Assyrie et de la Chaldée, avec Oppert (1877); la Biblio- 
thèque au palais de J\inive (1880) ; les Langues perdues de la 
Perse et de TAs^t/ne (1885-1886) ; Ninive et Babylone {ms); 
les Hétéens. Histoire d'un empire oublié, par Sayce [trad. do 
langî. (1890)]; Etudes .'lètéennes {\&90); Kar-Kemish (1891); 
les Yezidis (1892); Eléments du syllabaire hétéen (1892). 
— Sa tille, M"« Delphine Menant, née à Cherbourg en 
1850, s'est distinguée par de romarauables études sur les 
Parsis et sur la condition des natiis de l'Inde anglaise. 
Elle a été chargée, en 1900-1901, d'une mission scientitiquo 
dans co pays. On lui doit une Histoire des communnuds 
zoroastriennes de l'Inde (1898 et suiv.), couronnée par 
l'Académie française; une traduction française de la Vie 
de Behramji M . Malahari, parGîdumal Dayaram(i898j; otc. 

MÉNAPHTOXYLAMIDE n. f. Chim. Amide de l'acide 
méiiapluoxyliquc ou naphtoïque. 

MÉNAPHTOXYLATE n. f. Chim. Syn. de naphtoatk. 

MÉNAPHTOXYLIQUE adj. Chim. Syn. de naphtoïque. 

MÉNAPHTOXYLONE n. m. Chim. Acétone de l'acido mô- 
naphioxylique ou naphtoïque. 

MénapiENS [pi'in — en lat. Menapii), peuple de l'an- 
cienne Gaule (Germanie II'i. entre les Bataves au N., les 
Caninéfates au N.-C, los Ambivaritiens au S. et les Ubiens 
à lE. Ville principale, Castellum Menapîorum (auj. Kessel 
[Limbourg hollandais]). 

MENARD {nar') n. m. Moteur appliqué aune série d'as- 
ples, dans le dévidage do la soie. 

MÉNARD (Léon), antiquaire français, né à TarascoD 
en 1706, mort à Paris en 1767. Il fut conseiller au prési- 
dial de Nîmes, puis se fixa à Paris et devint membre de 
l'Académie des inscriptions et belles-lettres, des acadé- 
mies de Lyon et de Marseille. On a de lui : Histoire des 
évêqucs de Nîmes (1737); Histoire civile, ecclésiastique et 
liitéraire de la ville de Nîmes (1750-1758, 7 vol.); etc. 

MÉNARD ^ioiiis-Nicolas), écrivain et érudit français, né 
et mon à Paris (1822-1901). Il s'adonna à la poésie, puis à 
la chimie, et découvrit le coUodion (1846). Républicain ar- 
dent, il collabora après 1848 aux journaux de Proudhon, 
fut condamné, en 1849, à quinze mois de prison pour un 
livre intitulé : Prologue dune révolution, passa alors en 
Angleterre, regagna Paris en 1852, et renonça à la politi- 
que active. Doué des aptitudes les plus diverses, il s'occupa 
à la fois do peinture, de poésie, de philosophie, d'histoire 
religieuse, de travau,x sur los beaux-arts. En 1860, il se 
fit recevoir docteur es lettres. De 1857 à 1869, il exposa 
au Salon des paysages. En 1887, il devenait professeur à 
l'Ecole des arts décoratifs, et, en 1889, le conseil municipal 
do Paris le cliarL'cait de professer à l'Hôtel de Ville un 
cours d'histoire q"u'il fît Jusqu'à la fin de sa vie. C'était un 
penseur, un poète pessimiste, un admirateur passionné 
de l'hellénisme, un « pa'ïen mystique », comme il s'appe- 
lait lui-même. Nous citerons de lui : Poè}nes (1855); De la 
morale avant les philosophes (1860), thèse de doctorat: Du 
polythéisme hellénique (1863); Hermès Trismégiste {\&Q6), 
traduction précédée d'une introduction magistrale; Etu- 
des sur les origines du christianisme ; les Femmes et la Mo- 
rale chrétienne ilSQl) ; Tableau historique des beaux-arts rfe- 
puis la Benaissance{ IS6S), a.vec son frère Kené ; Jiéveries 
d'un païen mystique {IS16), curieux recueil en vers et en 
prose; Histoire des anciens peuples de l'Oripnt [l^Si); 
Histoire des Israélites 1,1883' ; Histoire des Grecs (l.'^86): 
Etudes sur les origines du ch7'istianisme (1894); Symbolique 
des religions anciennes et modernes (1897) ; etc. 

MÉNARD {Bené -Joseph), peintre et écrivain français, 
frère du précédent, né et mort à Paris i,iS27-l8S7}. Il 
s'adonna d'abord à la peinture et exposa au Salon jusqu'en 
1896 un assez grand nombre de paysages et d'études d'ani- 



MÉNAKÂ — MENCIUS 

maux. Il s'occupait en même temps de critique d'art, 
dansdivcrses revues, notamment à la ■ Gazette des beaux- 
arts »,dont il fut pendant un certain temps rédacteur en 
chef, à • l'Artiste », à la • Revue des Deux Mondes •, au 
« Grand Dictionnaire Larousse •, etc., et il entra comme 
professeur à l'Ecole dos arts décoratifs, dont il devint le 
secrétaire. Parmi ses ouvrages, nous citerons : Histoire 
des beaux-arts {ISlO-lilZ); Entretiens sur la peinture (lilS); 
la Mythologie dans l'art ancien et modeime (_l876i ; les Cu- 
riosités artistiques de Paris (1878;; Histoire artistique du 
mélal(lSSl) ; la Vie privée des anciens (1882) ; Histoire des 
arts décoratifs {l&ii); etc. On lui doit aussi, en collabora- 
tion avec son frère Loi;is : Tableau historique des beaux- 
arts; Musée de peinture et de sculpture ; eic. — Son fils, 
Auguste Emile-Kéné, né à Paris en 1862, artiste très 
distingué, a exposé, depuis 1883, de nombreux tableaux 
ou études de plein air, des pa^'sagcs, des portraits, etc. 
Ses toiles, do dimensions restreintes, sont d'une chaude 
couleur ot respirent une poésie pénétrante : l'Ame de Ker- 
gos, le Mont Blanc, la Ferme (1894); Homère, Crépuscule 
(1896); Automne, Nu devant la mer, le Troupeau (1897); la 
Clairière, le Jugement de Paris, le Soir (1S98); au Salon do 
1899, un ensemble tout à fait remarquable de six toiles : 
Harmonie du soir. Terre antique. Nu sur la mer. Lever de 
lune. Causse Méjean, et Mer calme. En 1901, paraissaient : 
le Troupeau, le Fleuve, et Terre antique {le Tetnple), otc. 

MÉNARD (Cliarles), officier et explorateur français, né 
à Lunel en 1861, mort à Séguéla, dans la boucle du Niger, 
en 1892. Envoyé, à sa sortie de Saint Cyr, d'abord au Sé- 
négal, puisa Madagascar, il fut chargé en 1890 de remonter 
de Grand-Bassam vers le Gourma et le Moussi, puis de 
gagner le haut Niger. Il accomplit avec succès, en pas- 
sant par Kong et Sikasso, la première partie do sa mis- 
sion ; mais, en traversant les Etats de Samory, il fut 
assassiné par les Sofas. Lune! lui a élevé un monument. 

MÉNARDEn. f. Genre deuphorbiacées, comprenant des 
arbustes à rameaux grAles, à feuilles simples, à ûeurs pe- 
tites, solitaires ou réunies en cymes. (On en connaît 
plusieurs espèces africaines et américaines.) 

MÉNARS ou MéNARS-LE-ChAteau, comm. de Loir- 
et-Cher, arronil. et à 7 kilom. de Bluis. sur la Loire et le 
talus du rebord de la Beauce ; 517 hab. Ch. do f. Orléans. 



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Commerce do voiam.'s. t iiai.'au I7'ii t>uti pour M. de 
Marigny, frère do M"" <le Pompadour; en 1848, on y 
installa, sous le nom de Pvytanéc, une institution d'ensei- 
gnement professionnel qui eut un certain renom. 

Menas (Sextius), général romain, mort en 35 av. J.-C. 
Sextus Pompée le choisit pour lieutenant et lui confia le 
commandement d'une Hotte. Mais sa fidélité étant devenue 
justement suspecte à son chef, il jeta le masque, passa 
avec sa flotte du côté d'Octave, lui livra la Corse et la 
Sardaigne, et périt au siège de Siscia. 

Menasalbas. bourg d'Espagne ( Nouvelle -Castille 

[prov. de Tolède]); 3.900 hab. 

Menasser oq BÉNI-MENASSER, tribu berbère de 
la province d'Alger. Cantonnés dans les montagnes si- 
tuées entre Miliana et Cherchell, longtemps hostiles à 
l'influence française, ils faillirent, en 1871. soulever une 
grande partie do l'Algérie. Ils sont aujourd'hui divisés en 
quatre douars : Sidi-Simian, el-Gourine, Bou-Mad et Zaccar. 

Menasses, roi de Juda. V. Manassé. 

Menât, ch.-l. de cant. du Puy-de-Dôme, arrond. et à 

37 kilom. de Riom, prèsde laSioule; 1.342 hab. Schistes bitu- 
meux. Fabrique de noir animal. Eglise romane, reste d'une 
abbaye de bénédictins fondée au vi*s. Patrie du sculpteur 
Simon Bauer. — Le canton a 12 comm. et 10.786 hab. 

Menato, personnage de la comédie italienne, créé 
par Marco Aurelio Alvarotto, le même que Menego. 

Mença-MONSAF', sultan de Tombouctou, né en 1285. 
mort en 1331. Il succéda, en 1311, à son père Abou-Bekr 
et réunit sous sa domination tout le Soudan occidental. 
Tombouctou devint, sgus son règne, une cité riche et 
prospère, siège dune université musulmane. 

MeNÇA-MONSA II, sultan do Tombouctoa, né en 1330, 
mort en 1407. Quoique souverain médiocre, il s'occupa 
néanmoins d'embellir sa capitale et de lui maintenir sa 
réputation de centre littéraire. 

Mença-SULEIMAN, sultan de Tombouctoa, né en 1300, 
mort en 1350. Il continua les traditions de Mença-Monsa I", 
au fils duquel il succéda en 1335. 

MENCAUDÉE {man-K-ô-d€) n. f. Mesure de capacité, 
usitée en France avant la réforme des poids et mesures. 
Il On disait aussi menc.\ult, maccaud n. m. 

MenchiÈH ou mieux El-MINCHAH, ville d'Egypte 
f Haute-Egypte [moudirièh de Girgêh"', sur le Nil; 10.451 h. 
Elle s'élève sur l'emplacement de l'antique Psaï, que les 
Macédoniens colonisèrent, et qui fut à l'époque gréco-ro- 
maine la première cité de la Thébaïde. Restes d'un grand 
temple de style moitié égyptien, moitié grec. 

MenchikOV (princes). V. Mentchikof. 

MenciuS ,Meng-Tsé ou Meng-Tsec, connu sons lo 
nom latinisé de), philosophe chinois, né à Tséou prov. du 
Chan-Toung) dans la première partie du iV siècle avant 
notre ère, mort vers 314 av. J.-C. Il devînt disciple de 
Tse-Sse, petit-fils de Confucius et continuateur de son 
enseignement. Après avoir approfondi les King ou livres 



MENCKE — MENDIANT 

sacrés, il entreprit do propager ses doctrines. Mais, peu 
écouté des princes, il retourna dans son pays natal, lit une 
revision du Cliin-Kinc/ (ou Livre des livres) et exposa ses 
propres idées dans le Meng-tsé-Chou. qui a pris rang 
parmi les ouvrages classiques de la Chine. Son système 
se réduit ù des lieux communs de morale exposés ou dé- 
fendus avec une certaine ironie. 

MeNCKE ou MenCKEN, famille de savants allemands 
dont les principaux sont : 1» Othon, né à Oldenbourg en 
icit, mort à Leipzig en 1107. [Il fut professeur do morale 
à Leipzig. En 1082, il fonda avec Leibniz et d'autres les 
Acta erudilorum de Leipzig, destinés à analy.'^er tous les 
ouvrages importants qui paraîtraient en Europe]; — 
2° Jean-Bdrckhard, fils du précédent, né et mort à Leip- 
zig (1674-1732). [Il devint, en 1609, professeur dliistoiro à 
Leipzig et, on 1708, historiographe de la Saxe-Electorale. 
Il publia notamment Scriplores rerurn gei-manicarum préci- 
pite siixonicartim (1728-1730). A la mort do son père, il di- 
rigea les Aeia erudilorum]: — y Kkèdkric-Othon. lils du 
précédent, né et mort à Leipzig (1703-1751). [Il succéda à 
son père dans la chaire d histoire de Leipzig, continua 
les Acla erudilorum. Il a laissé de nombreux ouvrages] ; 
— 4' .■VsAsr.vsE-LoLis, né à Helmsttedt en 1752, mort à 
Potsdani en 1801. [11 entra, en 1776, dans l'administra- 
tion prussienne et fut, en 1782, secrétaire du cabinet do 
Frédéric le Grand. Sa tille Wilhelmiue, née en 1790, épousa 
le capitaine do cavalerie Ferdinand von Bismark et devint, 
on 1815, mère du cliancelier Bismarck.] 

MENDAÏTE, MANDAÏTE ou MENDÉEN (man-dé-in) 
n. m. Membre d'une secte très ancienne qui habite l'Ara- 
bie, les bords du Tigre et le rivage du golfe Pursique. 

— Encycl. Le P. Ignace de Jésus, religieux carme, qui 
découvrit les menduites en 1650, leur donna, bien à tort, 
le nom de chrétiens de Saint-Jean. En cHct, bien qu'ils ren- 
dent un culte à saint Jean-Baptiste et à la croix, qu ils 
pratiquent le baptême et donnent le nom d évoques à leurs 
pontifes, ils sont, en réalité, de vrais païens. Ils placent à 
l'origine des choses un germe mystérieux, d'où est sortie, 
par voie d'émanation, la « première vie ", qui donne olle- 
mômo naissance aux personnages divins, dont les prin- 
cipaux sont Mana-Rabba ot Manda-di-haï. Celui-ci est une 
sorte do médiateur, qui lutte contre les esprits mauvais 
ot sauve les justes. A ces points fondamentaux la théo- 
logie des mendaïtes ajoute un amalgame de théories 
giiostiques et quelques réminiscences bibliques. 
Mendana (ARCuifEL de). 'V. M,vrquises (Hes). 
MENDAinA, bourg d Espagne (Navarre [prov. de Pam- 
peluue I, sur la rive gauche de l'Ebro ; 2.200 hab. Mines 
do sel. En 1507, aux environs de cette ville, entre les rois 
d'Aragon et de Navarre, bataille oti fut tué César Borgia. 
MeNDE (on lat. Mimalum). ch.-l. du départ, do la Lo- 
zère, à 651 kilom. de Paris, dans une vallée verdoyante 
dominée par les escarpements du causse de Mende, sur 
la rive gauche du Lot ; 7.370 hab. IMendois, oises.) Ch. de f . 
Midi. Evécho suffragant d'Albi. Do nombreuses forêts do 
pins entourent la villo, qui est le 
centre d'exploitation do la mino de 
plomb argentifère de Bahours. Fa- 
briques de serges ot d'oscots; fila- 
tures do laines; fonderies et construc- 
tions mécaniques. Belle cathédrale, 
commencée au xv" siècle sur l'ordre 
d'Urbain 'V, terminée de 1508 à 1512 
par l'évéque italien François de La 
Rovère, qui fit construire ses deux 
flèches do pierre ; mais, dévastée par 
les protestants au xvi' siècle, on la 
réédilia en l'altérant au xvii". A signa- 
ler aussi ; l'église ogivale dos Corde- 
liers, qui sert do chapelle à la prison ; l'ancien palais épis- 
copal; cnlin, dans une montagne voisine, l'ermitage de 
Saint-Privat, taillé dans le roc. — L'arrond. a 7 cant., 
67 comm. ot 50.695 hab. ; le canton, 10 comm. ot 12.729 h. 
— Histoire. Petit bourg à l'époque gallo-romaine, Mendo 
devint le siège épiscopal du Gévaudan au début du v siè- 
cle, après la destruction de Javols par les Vandales. Saint 
Privât, s'y étant réfugié, y fut, dit-on, tué par ceux-ci. Les 
évéques suzerains do la ville durent la partager, en 1306, 
avec Philippe le Bel. En 1579 et 1580, les protestants la 
saccagèrent; une citadelle y fut élevée par le duc de 
Joyeuse et détruite après la soumission à Henri IV. Mendo 
eut pour évéques celui qui fut le pape Urbain V et le 
théofogion Guy-Durant (1285-1296). 

MenDE (cmissk de), petit causse du département de la 
Lozère, au-dessus de ilende, au midi de cette ville. Entre 
le Lot et son afiluent gaucho, le Bramont ouValdonnès, 
il se lève à 1.258 métros. D'une superficie do 27 kilom. 
carr., c'est un plan désolé, désert, froid, nu ; les pontes 
se reboisent peu i peu. Nombreux dolmens, tumuli. 

MendÉ ou IIindi, pavs do l'Afrique occidentale, dans 
le protectorat anglais do 'Sierra- Leone. C'est une région 
basse et marécageuse, s'étcndant jusqu'à loo kilom. de la 
cèle, inondée à la saison dos pluies. Les habitants culti- 
vent le riz et lo palmier à huile. Un chemin de fer relie 
Mano. Matlru, Bo et les autres centres du pays mendo 
avec Freetown vers l'O. et le 
Libéria vers l'E. 

MendEL (llermann), mu- 
sicographe allemand, né à 
Uallo on 1834, mort  Berlin 
en 1876. Il apprit le piano 
avec Moscheles, collabora à 
divers journaux et publia en- 
suite : Mei/erbcer, biographie 
(1S.ÎS\ et Alei/erbeer, sa vie et 
ses œuvres [1869). Mais il se fit 
une renuinméo par la publi- 
cation d'une vaste encyclonô- 
dio musicale : MiL^ikaliscnes 
Konversalions-LeT.ikon (1870). 
Son oeuvre, arrêtée à ta let- 
tre M, dut être achevée sous 
la direction d'Auguste Keiss- 
mann. 

Mendélëev ou Men- 
DÉLÉEF (Dmitri Tvanovitch). 
chimiste russe, né à Toholsk en 1831. II alla terminer ses 
études à Paris ot travailla dans le laboratoire de M'urtz. 
Après être resté quelque temps on Ponsylvanio ot au Cau- 




Armes dô Mendc. 





Moses MeDdeIssohn. 



Mendifléev. 



case pour étudier lo pétrole, il obtînt la chaire de chimie 
do l'université do Saint-Pétersbourg. On lui doit do nom- 
breux travaux sur la compression des gaz, le pétrole, l'iso- 
morphisme, etc. Il a publié : Traité de chimie (1868); la 
Loi périodique des éléments chimiques (1879). C'est dans ce 
dernier ouvrage que l'on trouve sa classification. V. corps 
(Taille de .Mendélëev). 

MendelSSOBN [mèn-dèV-son'] (Moses), philosophe 
allemand, né à Dessau on 1729, mort à Berlin on 1786. Issu 
d'une famille juive très pauvre, il alla à Berlin, où ilajiprit 
l'allemand littéraire et lo latin, au point do pouvoir lire les 
Essais sur l'entendement do Locke. Un riche négociant, son 
coreligionnaire, le prit pour précepteur, pour bibliothé- 
caire, enfin pour associé. U débuta, on 1755, par ses Entre- 
tiens philosophiques, que Lessing 
lit imprimer en secret. Dans cet 
ouvrage, il défend Leibniz et son 
optimisme contre Voltaire. Il 
donna ensuite, avec Lessing : 
Pope métnphijsicien (1755). La 
même année parurent ses Lettres 
sur les sensations, où il s'élevait 
contre la conception qui attri- 
buait seulement aux facultés in- 
férieures do l'àme les intuitions 
sensibles et les sensations. En 
1757, il publia les Considératiorts 
sur les sources et les Jiupporls des 
beniiT-arts et de la littérature. 
Dans la philosophie religieuse, 
Moiidelssohn a écrit : De l'évi- 
dence en métaphysique (1763); 
Phédon ou l'Immortalité de l'àme, 
on trois dialogues (1767); Mati- 
nées (1785). Mendelssohn est un 

aiiôtre du déisme, qu'il défend avec une conviction cha- 
leureuse, une clarté logique et une grande simplicité do 
langage. Pour ses coreligionnaires, il traduisit en alle- 
mand le Pentateuque et les Psaumes. Lo monothéisme 
Israélite lui était à cœur et il n'était pas d'attaques qu'il ne 
dirigeât contre lo panthéisme et l'athéisme. Un écrit do 
Jacobi, Sur la doctrine de Spinoza, dans lequel il accusait 
Lessing de spinozisme, mit Mendelssohn dans un tel état 
d'cxcitîition qu'il mourut peu après avoir rédigé : Mendel- 
ssohn aux amis de Lessimi, où il défendait l'honneur, lésé 
selon lui, de Lessing. Une édition complète dos Œuvres 
de Mendelssohn a paru à Leipzig (1843-1845). 

— BiBLioGR. : Kayserling, Mendelssohns Leben und 
^'irken (Leipzig, 1887). 

Mendelssohn-BARTHOLDY {mèn'-del'-son'] (Félix^, 
compositeur allemand, né à Hambourg en 1809, mort à 
Leipzig en 1847. Fils d'un banquier et petit-fils du philo- 
sophe Moses Mendelssohn, il publiait à dix-sept ans une 
traduction en vers allemands do VAndrienne de Térenco 
ot montrait pour la musique une égale précocité. .A seize 
ans, il fit représenter à Berlin un opéra, les Noces de 
Gamache. 

A vingt ans, il entreprit un grand voyage en Angleterre, 
en Italie et en France. A Londres, il fait exécuter avec un 
grand succès sa première symphonie et sa délicieuse ou- 
verture du Songe d'une nuit 
d'été, puis visite l'Italie, Pa- 
ris, fait exécuter à Londres 
l'ouverture des Hébrides et 
publie ses premières Ito- 
inances sans paroles. De re- 
tour en Allemagne, il accepta 
bientijt la direction des 
concerts du Gewandhaus, à 
Leipzig. En 1843, il fonda à 
Leipzig le Conservatoire ; il 
avait atteint lo comble de la 
renommée lorsqu'il fut em- 
porté, jeune encore, par une 
apoplexie nerveuse. 

Doué d'une inspiration dé- 
licate et poétique, ayant la 
science et l'intuition des res- 
sources de l'orcliesire, Men- 
delssohn occupe dans l'bis- 
toiro de l'art au xix' siècle 
une place à part. Malgré cor- 
tains essais timides en ce sens, il est certain que le théâtre 
n'était point son fait. Mais, dans la musique instrumen- 
tale et surtout symphonique, nul ne l'a égalé do son temps. 

Parmi ses compositions, il faut citer surtout quatre sym- 
phonies ; les quatre ouvertures des Hébrides, de la Mer 
calme, do la /telle Mélusine ot do liai/ Blas ; la musique 
pour le Songe d'une nuit d'été, pour Àlhalic, pour Œdjpe 
à Colone et pour Antigone; Paulus et Elle, oratorios; un 
concerto de violon et deux concertos do piano avec or- 
chestre ; dix quatuors ot deux trios avec ou sans piano ; des 
sonates, caprices, fantaisies, variations et sept recueils de 
romances sans paroles pour piano ; des chœurs, hymnes, 
cantates d'église; neuf recueils de lieder; les yoces de 
Gamache, le Iletour de voyage, ojiéras, etc. — Son fils, 
Charles, historien, né à Leipzig en 1838, mort à Fribourg 
en Brisgau en 1871, fut professeur aux universités de Hei- 
delberg. puis de Fribourg on Brisgau. Une affection men- 
tale l'obligea à renoncer ù renseignement. On lui doit : 
Jean C'apo tl'Islria; Frédéric de Oenlz ot Histoire de la 
Grèce, de l-lôS Jusqu'à nos jours, 

Menden, ville d'.Allemagne (Prusse [présid. d'Arns- 
borg), sur la HOnnc, sous-affluent du Khin; 7.509 hab. Fa- 
brique d'objets on laiton ot en métal blanc, do coutelle- 
rie, de fil de fer; laminerie, four â puddler. 

MendÉRÈR (l'antique Méandre), fleuve do l'Asie Mi- 
neure, sorti, à près do 1.000 mètres d'altitude, d'un petit 
lac du plateau d'Anatolie. Il coule vers l'O., fort sinueu- 
semeiit, arrosant des plaines très fertiles, et se perd en 
Méditerranée, près dos ruines de l'antique Milet; ù cette 
fin do son cours, il a comblé déjà par ses alluvions 325 kil. 
cairr. du vieux golfe Latmiquo ; 380 kilom. 

MendÉRÉ-SOU , petit fleuve do la Turquie d'Asie 

(AïKii.ilie., le Simois d'Homère. V. SiMOÏs. 

MendÈS (min-rfcs). transcription grecque : 1» du nom 
BANinnfti), l'âme du maître de Vadou, que les Egyptiens 
donnaient au bélicrd'Osiris adoré dans lo Delta; 2» du nom 
PuAMBUÂD, do la ville du Delta où ce bélier était adoré. 

8—02 




MendeUsohn-Bartholdy. 




16 

Mondes ^tait la capitale du seizième nome de la basse 
E^'Vpte, lo nonio de Hàmahi. Elle avait donné son nom à 
i'uiio des hranohes sccoudairos du ÎSil, \3. McmUÎ!iicnne,(\n\ 
se jetait dans la mer, à travers les marais du lac Mcnzalèh. 

MendÈS (Catulle), littérateur français, né à Bordeaux 
en 1811. 8'étant rendu à Paris, il fondait, dés I85y, la lie- 
vue fantaisiste. Cette feuille littéraire vécut assez long- 
temps pour assister à la naissance do l'écolo des par- 
nassicMis, qui s'y groupèrent. 
Catiillo Mondes a raconté les 
ori^'ines do cette écolo dans la 
Légende du Parnasse contem- 
porain (1884). U épousa en I8G6 
Judith Gautier, dont il se sé- 
para depuis. Ses premiers vers : 
Phitumela{lS6A), Odelettes guer- 
rières (1871), Contes épiques 
(1870); puis son étrange épo- 
pée, ffespérus (18G9), mspiréo 
des mystiques rêveries do 
Swedenborg, furent accueillies 
avec faveur, ainsi que le Soleii 
de minuit el Soirs morosesilB'ù), 
malgré bien des étrangetôs vou 
lues, des clfcts trop recherchés 
d'énergie et l'abus d'expres- 
sions nuageuses. Doué d'une 
brillante facilité, Catulle Mon- Mi-ndèi. 

des menait de front la prose 

et la poésie, s'essayait tour à tour dans la nouvelle : flù- 
tiiires d'amour ( IStlà), et au théâtre : la Part du roi (1872) ; 
les Itères d'armes, dramo en quatre actes et on prose (1873) ; 
la Justice, drame en trois actes (1877) ; le Capitaine Fra- 
casse, opéra-comique, mus. de Pessard (I878;; les Mères 
ennemiesj drame (1882); Gwendoline, opéra, musique de 
Cliabrier (1886); la Femme de Tabarin {\mi) ; la Heine Fia- 
mette (1889); Médée, tragédie en trois actes, en vers (i 898), 
eutîn prodiguait des romans qui, pour la plupart, laissent 
loin derrière eux, en perversité subtile, les débauches 
d'imagination des conteurs licencieux du xviii' siècle : les 
Folies amoureuses [isn); la Vie et la Mort d'un clown (1879) ; 
le liai vierge fl88l,i ; Monstres porisicns (1882) ; Jupe courte. 
Pour lire au bain (1881): la Demoiselle en or (1886); la Pe- 
tite Impératrice, Pour lire au couvent, l'Homme tout nu 
(1887); l'incestueuse aventure de Zo'har (1880); la Pre- 
mière Maîtresse (1887); Gog (1894); etc. Il a encore écrit : 
les 73 Jourm^es de la Commune (1871); et, avec R. Les- 
clide ; la Divine Aventure, traduct. des Confessions do 
Cagliostro (1881). 11 publiait en même temps des chroni- 
ques, et, en 1893, était chargé au 1 Journal », de la cri- 
tique dramatique et musicale. Comme auteur d'imagina- 
tion, Catulle Mendés a déployé une singulière virtuosité, 
sur dos thèmes chers aux littératures de décadence. Sa 
prose, à la fois travaillée et négligée, est inférieure à ses 
vers, qui le distinguent des autres parnassiens par quelque 
chose d'aigu et de précieux. 

MendÈS i;M°« Judith). Biogr. V. Gautier (Judith). 
Mendes Leal (José DA Silva), écrivain et homm« 
politique portugais, né à Lisbonne en 1820, mort à Cintra 
en 1886. 11 fut bibliothécaire de de la Bibliothèque natio- 
nale, secrétaire du Conservatoire, député (l8r»l), secré- 
taire de l'Académie des sciences, président do la Chambre 
(1868), ministre d'Eiat, pair du royaume, ministre de la 
marine, dos alfaires étrangères, mmistre plénipotentiaire 
à Madrid (1871), ambassadeur 
à Paris (1874-1883), puis de nou- 
veau à Madrid. Il fonda, avec 
le ministre de la république du 
Salvador, Terres Caïcedo, l'As- 
sociation littéraire internatio- 
nale, pour la protection des in- 
térêts littéraires. Mendes Leal 
a écrit dans presque tous les 
genres. Il a publié (I8ô8) un 
recueil de poésies, inspirées 
en partie de Garrett : le Fan- 
tôme noir. Chant à Charles- 
Albert de Piémont, Croix et 
Croissant, Are Cépsar, etc. Il a 
donné au théâtre des drames : 
les Deux renégats, le Tribut des 
cent vierges, l'Homme de mar- 
bre, Maria de Alencasti'e ; des 
comédies ; un Homan par lettres, 
l'Oncle André qui vient du Bré- 
sil, Qui veut tout, perd tout, etc. 
Mendes Leal s'est placé au premier rang des romanciers 
portugais. Il a produit beaucoup dans ce genre : la Statue 
de Nabiico, les Frères Cai'vajal, la Fleur de la mer, Maître, 
Martial Estoiro, la Vision d'Ezéchiel, Napoléon au Krem- 
lin, Abd'Ct-h'adrr. Mondes Leal fut égalenipnt historien. 
Il écrivit, en ctfet, l'Histoire de la guerre d Orient, un ou- 
vrage sur les Deux péninsules, et donna, en 1887, une 
grande étude sur les Edifices nationaux du Portugal. 

MENDÉZIE :man, s^ n. f.Gonre do composées hélianthées, 
comprenant des herbes annuelles ou vivaces. à tleurs réu- 
nies en capitules. ^On en connaît dix espèces, du Mexique.) 
MENDIANT (man-di-an), ANTE adj. Qui mendie : Le* 
ordres mendiants. 

— Substaniiv. Personne qui mendie: Faire t aumône à 

une MENDIANTE. 

— Ac* quatre mendiants. Les quatre principaux ordres 
mendiants. (V. mendiants.) il Quatre mendiants ou siniplem. 
Mendiants, Dessert composé do quatre sortes de Ttuits 
secs : figues, raisins, amandes et noisettes, parce qu'on a 
voulu retrouver dans la couleur de la figue la robe grise du 
franciscain; dans celle de lamande, la robe écrue du do- 
minicain ; dans la noisette, la robe brune du carme ; dans 
lo raisin, la robe foncée do l'augusiin. 

— Fig. Personne ou chose personnifiée qui se livre à de 
fréquentes sollicitations : L'orqueil est un MENnUNT qui 
crie aussi haut i/ne le besoin. (Franklin.) 

— SvN. Gueux, Indigent, etc. V. GUEUX. 

— tCNCYCL. V. MKNÎMCITÉ. 

— Iconogr. Les peintres réalistes se sont plu à rendre 
ce qu'il y a do pittoresque dans les physionomies et les 
guenilles dos mendiants. Kibcra aimait à reproduire leurs 
rides, leur barbe inculte, leurs haillons. Au musée d'Avi- 
gnon est un Mendiant do Herrera le Vieux, plein do relief 
et do couleur. I^ Jeune mendiant do Murillo (Louvre) 



I 




Mendes Leal- 




une mendiant, d'après Murlllo (Louvre). 



17 

est un flos chefs-d'œuvre du maître. Rembrandt a point 
un Mendiant jouant du violoQ dans uno taverne (musée 
d"Amslcrdainj. Les Mendiants de Sébastien Bourdon (Lou- 
vre) sont groupés d'une façon pittorcsi|ue. On trouve les 
nualités ordinaires des maîtres flamands dans le Mendiant 
do Jau Mcel 
( Louvre). Los 
Mendiants do 
Callot sont po- 
pulaires. Tout ^1/ J,^Hi^^^^^^^^^^K' ^ 
autro est le 
J e u n c »i e n - 
dinnt do Rey- 
nolds, dans la 
manière pro- 
pre ot distia- 
^néo do lar- 
listo anglais. 

Paul Dôlaro 
cheapcint un<- 
Memtiante ita- 
lienne, gravt'o 
par Zachôo 
Prévost ; Uo- 
i:amps, le Men- 
diant comptant 
sa recct te, d' uno 
vérité saisis- 
sante ; Louis 
Boulanger, /,a- 
zarille de Ter- 
mes et le Men- 
diant ; J can- 

ron, un Aveiujle mendiant; R. Lohmann, dos Mendiants 
romains ri dvs Mendiants des Abruzzes; G.Courbot, l'Au- 
mône du mendiant, um- a-uvre magistrale. Bastiun-Lepage 
a expose^ on isai un Mendiant qui est certainement uu do 
ses tncillours morceaux. 

Parmi les statuaiies, rappelons Pri^ault : la Mendicité., 
bas-rolief on plâtre ; Graillon, un Groupe de mendiants, 
torre cuito, des Mendiants, bas-reliof ivoire, etc. 

Mendiants (ordrks). Cotte dénomination fut appli- 
quée au xn" siècle aux ordres fondés ou réorganisés à 
cotto épofiuo, qui, étant déclarés incapables do posséder 
aucun bénéfice ecclésiasti<|ue, faisaient profession de no 
vivre que de la charité. Il n'y eut d'abord que quatre 
ordres mendiants : les carmes, les franciscains, les domi- 
nicains et les aucustins. Leur nombre s'augmenta, dans 
la suite, par la tondalion des religieux de la Merci, des 
trinitaircs, des servitos, dos hiéronymites, des jésuites, 
des hospitaliers do Salnt-Jean-de-Dieu, astreints à ne pos- 
séder aucun revenu fjxe. Le concile de Trente permit aux 
ordres mendiants (excepté quelques branches de francis- 
cains, entre autres les capucins) d'acquérir dos revenus, 
en leur enjoignant toutefois de continuer à faire des 
quôtos, comme souvenir de leur disciphue primitive, et 
on maintenant l'ancionno législation eu ce qui coacernait 
les bénélices ecolésiasLi(iue5. 

Mendxcino, comm. d'Italie (Calabre Ultérieure [prov. 
de Cosonza]), sur uu affluent du Crati ; 3.627 hab. 

MENDICITÉ [man, si — du lat. mendiciias; de mendi- 
care, mendier) n. f. Action do mendier; condition de ceux 
qui mendient, qui vivent d'aumônes ; La pauvreté est une 
situation, la MiiNDiciTÊ est une profession. (A. Karr.) 

— ensemble dos mendiants ; Dépôt de meni»icité. 

— Encvcl. La tncndicilé n'est point en cUe-mémo un 
délit; cependant, au mémo titre que le vagabondage, elle 
constitue uno manière do vivre menaçante pour l'ordre 
public. Aussi, de tout temps, les lois ont-elles essayé de 
préveni,r et de réprimer la mendicité et le vagabondage; 
mais, dès le droit romain, toutes les législations se sont 
inspirées de la distinction suivante : le mendiant invalide 
no doit pas être puni ; mais il faut frapper le mendiant va- 
lide, qui no se livre à la mendicité qu'à cause de sa fai- 
Déautise. 

En France, aux termes du décret du 5 juillet 1808. il doit 
exister pour chaque département un dépôt de mendicité, 
destiné à assurer aux indigents un asile, la subsistance 
ot do l'ouvrage. D'autre part, le Code pénal divise les 
communes en deux catégories et les mendiants en deux 
classes : dans les lieux pour lesquels il existe un établis- 
sement public destiné à obvier à la mendicité, c'est-à- 
diro un dépôt de mendicité, la mendicité est absolument 
interdilo, et tout individu, même invalide, qui y est trouvé 
mendiant, est frappé d'une peine correctionnelle, à l'ex- 
uiraiion de laqueile il est conduit au dépôt de mendicité 
(art. 271); dans los lieux où il n'existe pas de tels établis- 
someiiTs, los mendiants invalides sont tolérés, et la men- 
dicité des individus valides n'est punissable que si elle 
est habituelle (art. 27.5). 

Cependant, les distinctions disparaissent et la pénalité 
s'élève lorsqu'au fait de mendicité se joint quelque cir- 
const;ince aggravante : menaces, entrée sans permission 
dans les habitations ou leurs dépendances, simulation de 
plaies ou intirmités, mendicité en réunion (art. 276). En 
outre, diverses autres circonstances aggravantes du délit 
do mendicité (celles-ci applicables également au délit de 
vagabondage) sont prévues parles arf. 277, 278, 279 et 281 : 
travestissement, port d'armes, actes do violence envers 
les personnes, etc. 

MENDIER (mnn — du lat. mendicare, môme sens. Prend 
deux i de suite aux deux prem. pers. pi. de l'imp. do l'ind. 
et du nrés. du subj. : Nvics mendiions. Que vous inendiiez) 
v. n. Demander l'aumône : Etre réduit à mendier. 

— V. a. Demander comme une aumône : Mendier 
son pain. 

— Par ext. Quêter, solliciter humblement, avec impor- 
tunitô : MENOitiB des votes, w Appeler, avoir un extrême 
besoin do : Les idées .mendient l'expression. (Rivarol.) 

MENDIGOT [man, ^o](ou MENDIGO),OTE fde l'espagn. 
mendi./o. mendiant] n. m. Pop. Mendiant, m'endianteret 
surtout professionnel qui exploite la charité publique, 
qui en vit grassement : Un membre du syndicat des men- 

DIGOTS. 

Mendionde, comm. des Basses-Pvrénées. arrond. et 
à 31 kilum. ileBayouue; 1.03S hab. Fabriques de sandales. 

MENDIPITE n. f. Oxychlorure naturel de plomb, ainsi 
appelé pan-e qu'il a d'abord été trouvé à Churchill, dans 
los Mcûdip-IIills, en Angleterre. 

VI. 




MeNDIZABAL (don Juan Alvarez y), homme d'Etat 
espagnol, né à Cadix vers 1790, mort à Madrid en 1853. 
Pourvu en 1808 d'un emploi dans le service des approvi- 
sionnements militaires, il entra ensuite dans les bureaux 
du banquier Beltran de Lis. Pendant la période constitu- 
tionnelle de 1820 à 1823, il négocia avec succès plusieurs 
emprunts en Angleterre. Après la victoire de l'absolu- 
tisme, il se réfugia à Londres, y fonda une maison do 
commerce. Employé par don Pedro, recommandé au gou- 
vernement espagnol par le général Alava, ambassadeur 
à Londres, Men<Uzaba( fut appelé au ministère par le 
comte Toreno. débordé par une formidable insurrection; il 
demanda cl obtint la présidence du conseil (14 sept. 1835), 
et montra dans ce poste la plus grande activité. 11 désarma 
les juntes insurrectionnelles, réorganisa la garde natio- 
nale, etc. Un décret royal du 11 octobre 1835 supprima 
tous les monastères d'hommes et amena la vente dos biens 
monastiques; mais le ministre ne put triompher ni des 
modérés do la Chambre des pairs, ni des progressistes in- 
surgés des provinces, ni des carlistes, et il fui bientôt ren- 
voyé par la régente (15 mailSifi^ Il fui plusieurs fois 
rappelé aux aftaires comme ministre des liuauces. Actif, 
mais brouillon et d'une moralité suspecte, il a douné au 
nioEia' hisnie espagnol un coup terrible, 

MendOÇA. Biogr. V. Mendoza. 

MENDOLE [man\ n. f. Gearo do poissons acanthoptëres, 

faiiiillc des mé n i dés, 
comprenant quatre es- 
pèces propres à. la Médi- 
terranée. (Les mendoles 
[mxna] sont de forme as- 
sez ramassée, oblongue, 
le corps couvert de gran- 
des écailles cténoïdes. La 
mendolo commune [m<3?Hrt ".'."-'j^.v. 

vul/jaris], gris do plomb avec des raies brunes longitu- 
dinales, le ventre argenté, est appelée amendoiila à 
Nicô et matasouldai à Port-Vendros; elle ne dépasse pas 
20 centimètres.) 

MENDONCIE {man, sî) n. f. Genre d'acanthacées, com- 
preiiaitt des plantes volubilcs, à fleurs solitaires, à fruit 
drupaoé, dont on connaît vingt espèces américaines. 

MENDOSOME [man) n. m. Genre do poissons acantho- 
ptères, famille des cirrhitidés, comprenant des formes do 
l'Amérique du Sud. (Le mendosoma linealum, des côtes du 
Chili, est un petit poisson oblong,très comprimé, vordâtre, 
avec des marques longitudinales brunes.) 

Mendoza i min), ville de la république Argentine, ch.-l. 
de provineo et de département, au pied des Andes et sur 
un canal d irrigation aénvé du rio de Mendoza ; 10.000 hab. 
environ. Commerce important de.s produits de la pampa, 
bestiaux, céréales. Station de la voie ferrée qui, par le 
col d'Uspallata, relie Valparaiso à Buenos-Ayres. Aux 
environs, nombreuses sources thermales. Mendoza, bâtie 
en 1559 par le capitaine espagnol Pedro Castillo, deve- 
nue à. la tin du xviii* siècle la capitale do la vice-royauté 
do La Plata, a subi, au cours du xix" siècle, de désas- 
treux tremblements de terre. — Lo département de Men- 
doza est peuplé do 16.000 hab. 

Mendoza [min] (province de), province de la répu- 
blique Argentine, sur le revers oriental des Andes; 
88.193 kilom. carr., lOO.oOO hab. Sol montagneux, mais 
fertile et bien arrosé par les rivières, qui vont, à l'Est, 
se perdre dans les pampas. Culture du blé, du maïs, de la 
luzerne, de la vigne, du tabac, etc. Elevage très actit. 
Magnaneries. Grandes richesses minérales encore peu 
exploitées : argent et cuivre, fer. houille, gisements pétro- 
lifères. La province est divisée en 12 départements; ch.-l. 
Mendoza. 

Mendoza [min] (Inigo Lopez de), marquis de San- 
TiLLANE, homme de guerre et écrivain espagnol, né à 
Carrion de Los Condes en 1398, mort à Guadalajara 
en 1458. Fils de l'amiral Diego 
Hurtado de Mendoza, il guer- 
roya contre les Aragonais, puis 
fut envoyé contre les Maures 
par le roi Jean II de Castillo. 
Il figura à la journée d'Olmédo 
(1445) et contribua à la chute 
de D. Alvaro de Luna. Jean II 
lui donna les titres do marquis 
de Saniillano et de comte du 
Real do Manzanares. Après la 
mort do sa femme, il se retira 
de la cour et consacra ses loi- 
sirs aux lettres. Ses œuvres, 
éditées à Alcala en 1566, l'ont 
été à nouveau à Madrid en 1852, 
par Amador de Los Rios. Le 
marquis de Santillane s'est 
inspiré des poètes provençaux; 
il a imité et parfois traduit 
Boccace, Pétrarque et Dante. 
Ses vers sur la chute du conné- 
table de Luna et son poème sur le combat naval de 
Ponza (1435) sont considérés comme ses chefs-d'œuvre. 
On lui doit l'introductiou du sonnet dans la littérature 
espagnole. 

Mendoza ^mi'H] (Pedro Gonzalez de), dit le Cardinal 
d'Espagne, Homme d'Etat castillan, fils du précédent, 
né en 145S, mort à Guadalajara en 1495. Evèciue de Ca- 
lahorra, puis de Siguenza, cardinal en 1473, il fut nommé, 
l'année suivante, archevêque de Séville. A la mort de 
Henri IV, il suivit le parti d'Isabelle et assista à la 
bataille de Toro. Nommé en 14S1 archevêque de Tolède, 
il contribua à l'adoption des plans proposés par Chris- 
tophe Colomb. Il fonda à Valladoiid le collège de Sainte- 
Croix. 

Mendoza '»îi«](Pedro de\ fondateur de Buenos-Ayres, 
né vers 1487, mort en 1537. Grand échanson de Charles- 
Quint, il obtint de l'empereur le titre d'adelantade do la 
côte de l'Océan, entre l'embouchure du Rio de la Plata 
et le détroit de Magellan. Il partit en i535 avec douze vais- 
seaux, jota les fondements d'une ville à l'embouchure du 
Rio de la Plata et la nomma ^l'aeslra Seno7-a de Buenos 
Ai/res ; mais la famine et les maladies décimèrent la 
petite colonie espagnole. Mendoza se décida à laisser le 
gouvernement aux mains de son lieutenant Ayolas, et 





D. d« Mendoza. 



MENDIAJ^TS — MENEAC 

mourut avant d'avoir revu l'Espagne, dans un accès 

de folie. 

Mendoza [min] (Diego HuBTADo de), homme d'Etat, 
historien et poète espagnol, né à Grenade on 1503, mort 
à Madrid en 1575. Fils du comte do Tcndilla, premier 
gouverneur do Grenade, il eut jjour précepteur Vhuma- 
nisto italien Pierre-Martyr d'Anghiera, puis alla suivre 
les cours do l'université 'de Salamauque, oii il composa 
un do ses chefs-d'œuvre, le roman satirique Lazarillo de 
Tormes, publié en 1554 sous 
uu nom d'emprunt. Il fit ses 
premières armes au sièf^o do 
Slarscille et à Pavie, puis de- 
vint ambas-sadcurde l'empereur 
à Venise, à Trente et à Homo. 
Il profila de son séjour en Italie 
pour réunir une collection consi- 
dérable do manuscrits grecs, 
de médailles antiques, et même 
d'ouvrages protestants, qu'il 
mit ù la disposition des Pères 
du concile de Trente. Disgracié 
par Philippe 11, il se retira à Gre- 
nade et employa ses loi:sirs à 
réunir une superbe collection 
de manuscrits arabes, qu'il lé- 
gua a la Bibliothèque de l'Es- 
curtal. 

Mendoza était à la fois 
homme de plumo et homme 
d'action. Ses Œuvres poétit/ues 
ont été publiées à Madrid en 1610. Knapp en a publié 
une édition critique à Madrid, en 1877. Son roman de 
Lazarillo de Tormes a été traduit en fran(;ais pour la 
dernière fois en 188G par Morel Faiio. Son ouvrage capi- 
tal, la GtieiTC de Grenade, raconte avec une remarquable 
impartialité, et dans un stvie admirable do noblesse et do 
concision, lesoulèvementJesMorisquescontre Philippe II. 
Citons encore de lui des Lettres sur ta (pierre contre les 
princes protestants, des Lettres à sainte Thérèse, etc. 

Mendoza (don André JIurtado de). V. Canetta. 

Mendoza [min" i Juan Gouzalès i>r), missionnaire espa- 
gnol de l'ordre des ermites de Saint .Augustin, né à Tolède 
vers 1540, mort à Popayan ^Nouvelle-Grenade) en 1617. 
Officier déjà illustre, il embrassa la vie monastique, et 
partit pour l'extrême Orient. En 1580, Philippe H l'envoya 
comme ambassadeur à Pékin. A son retour, il fut fait 
évêque des îles Lipari il503). Nommé, en 1605, vicaire 
apostolique, il se rendit dans la Nouvelle-Grenade et de- 
vint évéque do Ciudad-Real (1607), puis de Popayan (1608). 
Il a laissé deux ouvrages très estimés, qui furent traduits 
de l'espagnol en français, par Luc de La Porte : Histoire 
du grand royaume de la Chine et Itinéraire du nouveau 
monde avec le Découvrement du Nouveau-Mexique (1589). 

Mendoza [rm'n] (Bernardin de\ diplomate et ListorieD 
espagnol de la seconde moitié du xvi» siècle. Il fut ambas- 
sadeur auprès du roi Henri de Navarre, auprès du roi de 
France Henri III et auprès d'Elisabeth d'Angleterre. Etant 
retourné ensuite au même titre en France, il prit uno 
grande part à la formation do la Ligue. Ses principaux 
écrits sont : Theorica y practica de guerra (1577) ; Commen- 
tarios de lu sucedido en los Paises baxos (1592); etc. 

Mendoza [min] (Antonio), poète espagnol, né vers 1590, 
mort eu 1644. Philippe IV le fit secrétaire d'Etat, com- 
mandeur de l'ordre de Calatrava et membre do l'inqui- 
sition. On a de lui des pièces fugitives, une Vie de Notre- 
Dame en vers, quelques comédies d'un mérite réel : Qui 
aime beaucoup mérite beaucoup ; La société change les mœurs; 
l'Amour pour l'amour; la Celestina, diverses œuvres en 
prose, etc. Ses oeuvres ont été publiées en IG90 sous le litre : 
el Fenix Castellano, D. Antonio de Mendoza reneiscido. 

MENDOZITE (man) n. f. Sulfate hydraté naturel d'alu- 
mine et de soude, qui se présente en masses fibreuses 
blanches, ressemblant au gypse. Syn. alcn de soude. 

Mendrisio, ville de Suisse (cant. du Tessin), au pied 
du monte Generoso ; 2.750 hab. Ch.-l. de district. Filatures 
et moulineries de soie. — Le district a 28 comm. et 19.515 hab. 

MENÉ n. m. Genre de poissons acaniboptères, famille 
des scombéridés, comprenant uno espèce do l'océan In- 
dien. (Le mené tacheté est un poisson allongé, bleu d'acier, 
avec des marques métalliques chatoyantes, et le ventre 
argenté : c'est Vamalti-kalli, Vambutan parah des Hindous; 
sa taille est de 30 à 40 centimètres.) 

Mené (Maurice du), capitaine breton du xv" siècle. II 
fut au service de Louis XI. puis du duc François II de 
Bretagne ; cependant, en 1487, pendant la guerre faite par 
Charles VIII et Anne de Beaujeu contre le duc de Breta- 
LTie. allié du duc d'Orléans, il suscita uno révolte et une 
détection des bas-bretons envoyés par le duc au secours 
do Plocrmel. Après la mort de François II, il se laissa 
gagner au parti français; il voulut, en 1490, revenir au 
parti do la duchesse Anne, mais celle-ci se refusa à lui 
rendre sa charge. Il ne fut pas toutefois étranger aux négo- 
ciations de 1492, qui aboutirent au mariage de Charles VIII 
et d'.Anne. 

MÈNE n. f. Ensemble des çuviers dans lesquels le fabri- 
cant de savon fait et recueille les lessives alcalines non 
encore saponifiées. 

Mène (Pierre-Jules), sculpteur, né et mort à Paris 
(1810-1879). Animalier de haut mérite, il s'est fait, de 
concert avec son gendre Cain, éditeur de bronzes de fantai- 
sie, dont la vogue est très grande. U a exécuté, en outre, 
un nombre considérable de types ou de scènes d'animaux 
en fonte, en plâtre, en cire, e'tc. Citons de lui : Cheval atta- 
qué par un loup, un Cerf , un Bélier, bas-relief; Panthère 
et gazelle. Panthère se Jetant sur »n chevreuil. Chevaux 
arabes. Chevreuil et héron. Chien et gibier, Combat de 
cerfs, une de ses meilleures œuvres, etc. Le musée du 
Luxembourg a possédé de lui un Veneur à cheval. 

Mené (monts du) [du breton mené, chaîne de monts], 
chaîne de hautes collines des Côtes-du-Nord, sur le faîte, 
entre la Manche au N., l'Atlantique, par la Vilaine au S. 
Culmen, 340 mètres seiilement. Granits et schistes, forêts. 

MÉNÉAC, comm. du Morbihan, arrond. et à 26 kilom. 
de Ploërmel ; 3.805 hab. Commerce de bois et de miel. Mo- 
numents mégalithiques, chapelle Sainte^Anne* 



MEiNEAU — MENER 




M, M. meneauï- 



MENEAU {no — orig. iiiconn.) n. m. Traverse do pierre 
délimitant les baies 
d'une fenCtre. 

Il Montants et irr'.- 
vorses d'une croi- 
sée, sur lesquels 
viennent s'adapter 
les châssis mobiles. 

Il Faux rnencau. 
Meneau qui est as- 
semblé avec le 
châssis, s'ouvrant 
ou se formant avec 
lui. 

— Enctcl. Arcli. 
D'une façon géné- 
rale, on oiileud par 
meneaux aussi bien 
les traverses hori- 
zontales quo les 
montants verti- 
caux; cependant, 
au moyen âge et 
jusqu'à la lin du 
XVI" siècle, on fai- 
sait la différence entre les estanlîquos ou membrures ver- 
ticales et les meneaux iiorizontaux. 

MÉNÉCÉE. Mj th. gr. Tèro do Créon, roi de Tliébes. 
— Fils do Créon. Au moment du siègo do ïhèbcs par les 
sept chefs, il se rendit ilans l'antre du dragon tué par 
Cadmos, et s'y donna la mort, pour apaiser Ares. Son tani- 
beau, qu'on voyait devant la porte NoitiJe, était ombragé 
par un grenadier dont les fruits semblaient jeter du sang. 

MÉNECHME {nèlan — nom de deux personnages de co- 
médie; du gr. mt'naiklimus, signif. proprem. à la lance 
ini^bratilalile) a. m. Individu qui ressemble parfaitement à 
un autre : Les jumeaux sont souvent des mi'cnechmes. 

— Fig. Objet exactement semblable à un autre : Le suc- 
cès, ce MiiNECHME rfii talent... fV. Hugo.) 

Mènechmes (les), comédie de Plante, imitée de Mé- 
nandro. La pièce repose sur la ressemblance absolue qui 
existe entre doux frôros et les confusions qui en peuvent 
résulter. — Un marchand sicilien avait deux fils jumeaux. 
L'un d'eux lui fut dérobé. Le marchand étant mort, l'aïeul 
éleva avec soin l'enfant qui restait. Celui-ci, devenu grand, 
chercha partout son frém. Il arrive à Epid.amne eu Epire, 
où l'enfant dérobé a fait fortune. Chacun prend le nouveau 
débarqué pour le Méneclime connu. Femme, maîtresse 
et beau-pôro s'y trompent. Après une foule d'incidents 
comiques, les deux frères se reconnaissent. Cotte donnée 
est d'autant moins vraisemblable quo Plante no s'est pas 
borné à donner aux doux frères une ressemblance phy- 
sique : il suppose aussi une complète ressemblance mo- 
rale ; mais, par la gaieté et l'ingéniosité de l'action, par 
la verve du stvlc, les Mènechmes sont incontestablement 
l'une des moilfeures pièces du théâtre antique. — Le sujet 
des Minechmes de Plauto a été repris par lo cardinal Bib- 
biena (/a Calandra); par Trissin (i Stmillimi, 1517-1048); 
par Shakspoare (Comedi/ nf errors, 1593); par Rotrou {(es 
Alénechmcs, 1032) ; par Kegnard, etc. 

Ménecbmes (les) ou les Jumeaux, comédie en cinq 
actes et en vers, do Rognard (4 déc. 1705). Regnard 
n'a pris Je la pièce de Plaute que l'idée de la ressem- 
blance physique des deux frères. Il leur a donné des ca- 
ractères opposés. — Ménochme est un provincial grossier, 
?ui va à Paris recueillir la succession d'un oncle. Son 
rère, le chevalier Méneclimo, qu'il croit mort, mène à 
Paris joyeuse vie; une vieille, Araminte, est disposée à 
l'enrichir en l'épousant ; mais il aimo Isabelle, fille de 
Démophon et nièce d'Araminto. Or il se trouve que c'est 
cotte môme Isabelle que Démophon réserve comme femme 
à Ménechme le provincial. Lo chevalier, avec l'aide de 
son valet Valentin, profite de la ressemblance qu'il a avec 
son jumeau : il touche chez lo notaire les 60.000 écus do 
la succession et se fait bien accueillir do Démophon. Son 
frère, au contraire, pris pour lo chevalier, est assailli par 
la tondre Araminte et sa suivante Finette; par le créan- 
cier Coquelet, par un marquis gascon, qui se fait payer 
une dette do jeu, par le notaire Kobortin, qui soutient lui 
avoir payé son argent. A la fin, il consent à partager la 
succession avec le chevalier, qui épousera Isabelle, et ;V 
prendre lui-môme Araminte pour femme. Le dénouement 
n'est guère moral, et le héros. lo chevalier, est loin d'être 
un modèle do délicatesse. Mais la ra|)idité avec lacpielle 
Regnard démôle les quiproquos les plus embrouillés, la 
variété et l'entrain des scènes épisodiques sont d'une 
©xtrômo gaieté. 

MÉNECHME de Prooonnèse ou d'Alopéconnèse, 
géomètre grec du iv« siècle, frôro de Dinostrato. Il s'oc- 
cupa on particulier do la théorie des coniques, appelées 
dans l'antiquité courljes de Miinechme, et appliqua les pro- 
priétés des sections coniques i la résolution du problème 
do la duplication du cube. Eutocius nous a conservé deux 
constructions, relatives â ce problème. 

MÉNÉCLÈS, historien grec, né à Baroé, en Cyrénaïquo 
{II* s. av. notre ère). Il avait composé une Histoire d'Athè- 
nes et une Histoire de Libije , dont Miiller a publié des 
fragments dans les « Fragmenta historicorum Gra;co- 
rum ■- — Un autre Mknécli^s, d'Alabanda, en Carie, fut 
un rhéteur célèbre d'Asio au commencement du i*' siècle 
avant notre ôro. Il fut lo maître d'ApoUonios et de Melon. 
MÉNÉCRATE, médecin grec de Syracuse, du i\" siècle 
av. J.-C. Sa vanité passa en proverbe. Il écrivait à Phi- 
lippe de Macédoine : « Ménécr.ate-Jupiter ù Philippe, s.a- 
lut. » Le roi, 1' «ayant un jour invité à sa table, ne lui fit 
servir quo de l'encens. — Tiberius Claudius Quirinua MkNii- 
CHATR, médecin grec du 1" siècle apr. J.-C. Il devint le 
médecin de Tibère et do Claude, inventa l'emplâtre connu 
sous lo nom do diacitylon. On a de lui quelques fragments. 

MéNÉDÈME. Myth. gr. Héros éléon, fils de Bunéas. Il 
indiqua à Iléraklès le moyen do nettoyer les écuries d'.Vu- 
gias, l'aida à combattre (-0 prince, et périt dans lo com- 
bat. Le héros l'inhuma sur le promontoire Loproon. 

MÉNÉDÈME d*Eréthrie, philosophe grec du m* siècle 
av. J.-C. H transporta â Eréthrie l'école fondée â Elis, et 
mourut en 278. Disciple de Stilpon, il attachait principa- 
lement do l'importance aux questions do morale pratique. 
Diogèno Laérco a écrit la Vie do MénOdèmo. 



MENÉE (rad. mener) n. f. Voie où l'on mène quelqu'un, 
(pielque chose. CVx.) Il Au fig. Intrigue, manœuvre sourde, 
Iiratique secrète : Les menées d'un parti. 

— Féoil. .l/fm!e de senjent, Exploit par lequel un sei- 
gneur signifiait à son vassal do satisfaire à ses devoirs. 

Il Menée du fief, Citation par laquelle lo seigneur convo- 
quait ses vassaux pour une guerre ou pour un jugement. 

— Météor. En Franche-Comté, Tempête môlée do tour- 
billons de neige enlevée du sol et retombant en glaçons. 

Il Direction où lo vent accumule la neige. 

— Techn. Chemin que parcourt une dont de roue d'hor- 
logo, durant tout le temps qu'elle agit sur le pignon ou 
cjuo le pignon agit sur elle, il Chemin fait par la roue de 
rencontre dans une montre, une pendule, pendant qu'elle 
pousse la palette. Il Menie des ven/es, Reculement des ba- 
guettes d'encroix ou d'envergeure, en T. de tisseur. 

~ Véiier. Route du cerf qui fuit, poursuivi par la meute. 
Il Chasser ment'e, Suivre la voie, n Avoir la menée belle. So 
dit d'un chien qui ne se détourne pas do la voie et ne crie 
qu'à propos. 

— Sym. Intrigue, etc. V. inteigde. 

MENÉES {né — du gr. mèu, mois) n. f. pi. Livre des 
chrétiens grecs, divisé en douze parties, une pour chaque 
mois do l'année, et dans lequel se trouvent jour par jour 
les noms et les offices des saints. 

MÉNÉUHINITE n. f. Antimoniosulfure naturel de plomb, 
qu'on trouve à lioitino, en Toscane, où il so présente en 
masses fibreuses de couleur grisâtre, avec un éclat très vif. 

MeneghinO, tvpe de la comédie italienne. Il répond, 
dans le Milanais, au Stenterello de la Toscane et au Gian- 
duja du Piémont. C'est un paysan distrait, na'if et poltron, 
mais non point privé de bon sens, et qui dit rudement do 
ferles vérités. Il dérive du Menego du xvl* siècle, et peut- 
être aussi du Menijhino de la Lena de l'Arioste. 

Menego, personnage do la comédie italienne, créé 
par Marc Aurelio Alvarotto, acteur de la troupe padouano 
do Ruzzante. Menego (diminutif de Dominique) est un type 
comique, sorte de paysan naïf et poltron, fidèle image dos 
mœurs rustiques do l'Italie dans la première moitié du 
xvl* siècle, et qui, sous le raas(jue d'une apparente bêtise, 
so plaint avec amertume des vices de sou époque. 

MenEHILDIEN, ENNE {di-in, en'), personne née à 
Saiiito-Monoliould ou qui habita cette ville. — Les Mene- 

UILDIENS. 

— Adjectiv. ; Monuments menehildiens. 

MÉNÉ-HOM ou Menez-BOM, haute colline du Finis- 
tère (330 m.), isolée, entre la rade de Brest au N. et la 
baie de Douarnenez au S. ; elle est faite de grès silurien. 

MÉNÉLA'iES (la-i) n. f. pi. Antiq. gr. Fêtes qui se célé- 
braient en 1 honneur de Monélas à Thérapné, ville de La- 
conie, où étaient les tombeaux de Ménélas et d'Hélène. 

MÉNÉLAOS, géomètre grec, de l'école d'Alexandrie. Il 
vivait vers l'an 80 apr. J.-C. Il avait composé sur lo 
calcul des cordes six livres aujourd'hui perdus ; il reste de 
lui le texte latin de trois livres, intitulés : Sjjhériques, qm 
sont consacrés aux triangles. On trouve pour la première 
fois dans cet ouvrage le théorème relatit au quadrilatère 
inscrit, qui équivaut aux formules modernes pour l'addi- 
tion des arcs, et diverses propositions curieuses. 

MÉNÉLAOS, sculpteur grec de la fin du i" siècle do 
notre ère, élève de Stéphanos. 11 est connu par un groupe 
en marbre, composé d'un homme et d'une femme do gran- 
deur naturelle, qu'on voit à la villa Ludovisi. Selon les 
uns, co groupe représente Papirius et sa mère ; selon 
d'autres, Marcellus et Octavie; selon 'Winckelmann, Oreste 
et Electre. 

MÉNÉLAS. Myth. gr. Roi de Lacédémone, do la fa- 
mille des Pélopides; fils d'Atrée et frère d'Agamemnon. 
11 fut élevé avec Agamemnon et son cousin Egisthe dans 
le [lalais d'Atrée. Après le meurtre d'Atrée par Egisthe, 
les deux frères s'enfuirent à Sparte, auprès du roi Tyudare, 
dont ils épousèrent les deux filles, Hélène et Clytcmnestre. 
Menôlas devint plus tard roi de Lacédémone ; il eut 
d'Hélène deux enfants : Hermiono 
et Megapenthès. Pendant une ab- 
sence de Ménélas, Hélène so laissa 
enlever par Paris, fils de Priam, qui 
l'emmena en Troade. Ce fut l'origine 
de la guerre do Troie. (V. Troie.) 
Ménélas lui-môme conduisit à Troie 
soixante navires et les contingents 
do Laconie. Protégé par Atlièna et 
liera, il lutte contre Enée, défie 
ilector, provoque Paris, qui s'enfuit 
et est sauvé par Aphrodite. Il est 
blessé lui-même par Pandaros, dont 
la même Aphrodite dirige lo jave- 
lot. Après la prise de Troie, il re- 
prend Hélène, lui pardonne, et 
s'embarque avec elle pour la La- 
conie. Une tempête les jette sur la 
côte d'Egypte. D'après une tradition Menyiaa. 

adoptée par Euripide, c'est là quo 

Ménélas aurait retrouvé la véritable Hélène ; Paris n'au- 
rait emmené à Troie qu'un fantôme. Quoi qu'il on soit, 
Ménélas erre pendant huit ans sur la Méditerranée. 11 
arrive enfin à Sparte avec Hélène, le jour mônio où 
Clytcmnestre ot Egisthe tombaient sous les coups d'Oreste. 
On montrait son tombeau à Thérapné, en Laconie, où on 
lui rendait un culte. La légende do Ménélas a inspiré bien 
souvent les poètes, depuis Homère ot les tragiques grecs, 
jusqu'à Racine et aux modernes. A cette légemlo se ratta- 
chent aussi bien des œuvres d'art : peintures do vases, 
marbres du Vatican ot do Florence, etc. 

MÉNÉLIK II, negus neguesti (roi des rois) ou empe- 
reur d'Ethiopie, né au Choa en 1842. Fils du roi de Choa, 
Ilaeli Melicoth, il porta d'abord le nom de Saliala Mariem. 
A la mort de son pèro (1856), l'empereur Tliéodoros l'in- 
terna à Gondar et lui fit épouser sa fille Bafana. Etant 
parvenu à s'éch.appor, il retourna au Choa, so fit recon- 
naître roi sous le nom do Ménélik II (1866), dut, à la suiio 
d'échecs, renoncer à lutter contre Théodoros et étendit ses 
Etats en prenant le pavs des Gallas, lo Kalfa, le Harrar 
égyptien (1887). Battu par Johannès, successeur de Théo- 
doros, il traita avec lui. Après la mort do ce dernier, tué 
par les derviches (10 mars 1889). il so proclama empereur 
d'Ethiopie. H négociaavec ITtalie, maîtresse do l'Erythrée, 



18 

lo traité d'Ucciali (sept. 1889), mais il fut trf-s irrité lors- 
(j^n'il apprit que le gouvernemeut italien interprétait l'ar- 
ticle 17 de ce traité comme impliquant le protectorat da 
l'Italie, alors que lo texte abys- 



sin portait que l'empereur 
■il lo vo ' ■ 



ïï-^S 





pourrait, s il le voulait 
servir do l'entremise du gou- 
vernement italienpour ses re- 
lations avec les autres puis- 
sances. Il demanda, sans pou- 
voir l'obtenir, l'annulation do 
cet article et remboursa, en 
1893, un emprunt fait à l'Italie. 
La situation devint, à partir do 
co moment, très tendue entre 
les deux pays : la guerre finit 
par éclater (1895). Ménélik 
groupa autour de lui ses grands 
vassaux, réunit ses armées. 
Après quelques succès, les Ita- 
liens furent battus à Amba- 
Alaghi (déc. 1895), et subirent 
à Adoua (mars 1896) un irrépa- 
rable désastre. Le traité de paix 
d'Addis-Ababa (26 oct. 1896) 

abolit le traité d'Ucciali et reconnut l'indépendance ab- 
solue do l'Ethiopie. Depuis lors, Ménélik s'est borné à 
comprimer quelques révoltes comme celles du ras Man- 
gascia. Politique habile et d'une rare intelligence, il s'est 
attaché à introduire dans ses Etats des éléments civilisa- 
teurs, à opérer des réformes administratives, à créer des 
routes et â organiser une puissante armée. Il n'a pas eu 
de fils de sa première fomme, Bafana, ni de la seconde, 
Onizero Taitou, née en 1856, et (pi'il a épousée ©n 1883. 

Ménélik (ordre de). V. étoile d'Ethiopie. 

Menemen ou Menimen, ville de la Turquie d'Asio 
(Analolic [prov. d'Aidin]), près de la dérivation du Ghédiz- 
tchai ; 9.400 hab. 

MenendEZ (Michel-Hyacinthe), peintre espagnol, 
né à Oviodo en 1679, mort à Madrid en 1743. Il devint 
premier peintre do Philippe V en 1712. On a de lui des 
tableaux d'un dessin et d'une composition remarquables; 
entre autres, une Madeleine, les Apôtres, des traits de la 
Vie du prophète Elie, à Madrid. Il a donné les cartons des 
tableaux exécutés dans l'église San-Felippe-el-Réal, de la 
môme ville, par André de La Calleja. 

MENENDEZ(Francisco Antonio), peintre espagnol, frère 
du précédent, no à Oviedo en 1682, mort à Madrid en 1751. 
Il partit pour l'Italie en 1699, mais, réduit à la misère, fl 
s'engagea dans l'infanterie espagnole (1700). Lorsque les 
Espagnols évacuèrent le royaume de Naples, Menendez 
quitta l'épée, retourna à Rome, s'y fit connaiiro comme 
peintre de portrait et de genre, retourna à Madrid en 1717, 
s'adonna alors à la miniature et obtint bientôt une grande 
vogue. Lorsque, on 1744, on ouvrit à la Panaderia un ate- 
lier de dessin, il en fut nommé directeur. Cet atelier fut 
l'origine de l'académie de Saint-Ferdinand. On cite, comme 
son chef-d'œuvre, la Tempête, à l'église do Rosario, à 
Madrid. — Son fils et élève, Ltjis, peintre espagnol, né 
à Naples en 1716, mort à Madrid en 1780, se forma à 
Rome, fut peintre du roi Charles III de Naples, puis do 
Ferdinand VI à Madrid, C'est un bon peintre de portraits 
ot de natures mortes. Ses principales œuvres se voient 
au musée du Prado. 

Menendez y PelAYO (Marcelino), historien et cri- 
tique espagnol, né à Sautandcr eu 1856. Professeur à 
l'université de Madrid (1878), membre de l'Académie espa- 
gnole, directeur de la Bibliothèque nationale, il a étô 
député aux Certes en 1885. Comme critique et historien 
(le la littérature, il a produit, avec une abondance extraor- 
dinaire, des œuvres qui ont renouvelé la science. Nous 
citerons de lui : Estudws criticos sobre cscritores mon- 
taûeses (1876); Uoracio en A'snana (1877-1885); Calderon 
y su teairo (188); Estudio's de critica lileraria (1884); 
Bisloria de los I]elerodoxosespaùotes{\iiO-\ii\)\ Historia 
de las ideas estcticas (1883, inachevé) ; L'sludios de critica 
lileraria; la Cienciaespaûola; Ensai/os de critica filosofica. 

11 a étô chargé par l'Académie espagnole do la granda 
édition de Lope de Vega, et a donné des études prélimi- 
naires importantes pour les dix volumes publiés de l'AntO' 
lui/ia de poêlas liricus castellanos, ainsi que peur l'Antolo- 
i/ia de poêlas americanos. Ses poésies {Ûdas, epistolas y 
trnqedias) ont été réunies en un volume. 

Menenia (famille), maison patricienne de Rome. Le 
siirnum iV Aijrippa y était fréquent, ainsi que celui do 
Lanatus. Le plus célèbre de ces patriciens est ce Mene- 
nins Agrippa qui, en 261, réconcilia lo peuple et le sénat 
grâce à son apologue les Membres et l'Estomac. V. membre. 

MÉNÉPHILE n. m. Genre d'insectes coléoptères hété- 
roniêres, comprenant une seule espèce d'Europe. (Le meiie- 
jihilus curvipes est un ténébrion assez allongé, à pattes 
courtes; noir, avec les élytres striés, il est long do 10 à 

12 millimètres ; on lo trouve dans le midi de la Franco.) 
MÉNEPHTAH ou MÎNÈPHTAH, transcriptions mo- 
dernes du nom ég^-ptien Mnrine]dituh, ou Mainéphtnh, 
quo portait lo quatrième roi do la XIX' dynastie, fils ot 
successeur de Ramsès II. ,Son principal, commencé dans 
la paix, se poursuivit bientôt parmi des inv.asions étran- 
gères et des guerres civiles. Il triompha de la confédéra- 
tion des Libyens, nui avaient envahi l'Egypte, puis em- 
bellit Mcmpfiis et l bêbes, où il l'ut enterré dans la vallée 
dos Rois. Hoaucoup d'historiens modernes voulent-reeon- 
naîtro en lui le pharaon do VExode. 

MENER (du lat. poi), minare, même sens. — Change c en 
é, lorsque la terminaison commence par un e muet : Je 
mène. Je mènerai. Aous 7nènerions) v. a. Guider, conduire : 
Menhr un enfant par la main, un chenal par la bride. 
Il Conduire chez queh|u'un. dans un endroit : Mener sa 
fille dans le monde, il Conduire |iar force ; Mener un voleur 
en prison. Il Accomp-agner une dame, lui offrir la main 
pour la danse, etc. : Mener /<i quêteuse. 

— Etre à la tôte de : Mener la danse, il Faire marcher, 
en commandant : Mener son rèiiiment au feu. il Entraîner 
à sa suite : Cerf qui a mené loin la chasse. Il Diriger, gou- 
verner, régler la marche do : Mener un motocycle. 

— Transporter au moyen d'un véhicule ; servir au trans- 
port do : Omnibus qui mène les voyageurs à la gare. Char- 
rette qui MÈNE des pommes de terre au marché. 



19 

— Servir do communication pour aller : Sentier qui 
MÈNE le touriste à un site pittoresque. 

— Pop. Mener en bateau, V. bateau. 

— Fig. Faire agir, gouverner, ri^'gler la conduite de : 
A'e savoir pas :^eneb ses enfants, il Amuser, leurrer ; Me- 
ner quelqu'un oiiec de belles paroles, ii Traiter, se conduire 
à l'égard de : Mener quelqu'un rudement, il Régir, admi- 
nistrer : Mener sagement sa fortune. Il Faire arriver, 
faire atteindre, pousser, porter : La politique mène à tout 
un habile homme. — Absoluni. : ta vieillesse mène à la 
mort. Il Suivre, accompagner : Une manie nous mène 
jusqu'au tombeau. \\ Suivre, accomplir, tenir : Mener une 
vie déréglée. \i Manier, se servir de : Mener adroitement 
la parole. 

— Loc. div. ; Mener guerre. Faire la puorro. (Vx.) il Sé- 
rier battant. Poursuivre avec vigueur ; Mener les ennemis 
BATTANT. ( Vx.) Il Mener quelqu'un tambour battant, Le 
contraindre rudement à agir comme on l'entend; no lui 
laisser aucun répit, ii Mener quelqu'un a la baguette, S'en 
faire obéir strictement, ii Mener quelqu'un par le nez, par le 
bout du nez. Lui faire accroire tout ce qu'on veut, Le faire 
agir comme on l'entend, il Mener quelqu'un par un chemin 
ou il n'y a pas de pierres. Ne lui laisser aucun répit, ne 
lui rien passer, le contraindre à obéir toujours, ii Mener 
de front. Guider, en parlant d'animaux attelés sur une 
môme ligno. — Fig. S'occuper simultaui-menL de : Mener 
DE FRONT quatre procès, il Mener un chien en laisse, Le tenir 
par une laisse, pour l'empt^chor de s'écarter. — Fig- Mener 
quelqu'un en laisse (ou à la lisière), Le gouverner à son gré, 
no lui laisser aucune liberté d'action, il Mener le deuil, i'ré- 
sidor à uu convoi funèbre, il Mener grand deuil d'- quelque 
chose, Kn manifester un très grand regret, il Mener en terre, 
Aller enterrer. — Air amener un mort (ou le diable) en terre. 
Air triste ou languissant, ii Mener la barque, Au lig. Avoir 
ladirection d'une affaire. lUl/tfHcr 3ra«(//;'« in, Vivre luxueu- 
sement. Il Mener beau bruit, grand bruit. Faire beaucoup 
de bruit; se montrer très irrité, ii Fam. X'en pas mener 
large. Etre dompté, se montrer humble et contraint; être 
inquiet, avoir peur, ii Mener loin, Servit- ûc ressource, four- 
nir des ressources pendant longtemps : Provisions, For- 
tune qui ne peuvent mener quelqu'un bien loin. — Conduire 
& un résultat important, grave, en bien ou en mal : L'n 
seul pas hors du devoir peut nous mener bien loin. Il Mener 
à bien, Faire réussir, faire prospérer, ii .Mener à mal, Con- 
duire à un résultat fâcheux, il Mener à fin. Terminer. 

— Chass. Mener la quête, Faire une battue pour trouver 
la perdrix, le lièvre. 

— Coût. Mener le boîirru, Faire un charivari au mari 
qui s'est laissé battre par sa femme. 

— Dr. anc. Faire l'office de tuteur. Il Mener par court. 
Faire droit, rendre justice. 

— Féod. Mener bannière. Exercer le droit de gentil- 
homme banneret, dont le tiof était dit fief de bannière; 
réunir le ban du fief. 

— Géom. Tracer : Mener une ligne droite entre deux 
points. Mener une circonférence par trois points donriés. 

— Manèg. Le pied qui mène, Le pied droit do devant du 
cheval. Il .ue;jer son cheval en avant, Lui faire garder son 
allure, quand il parait vouloir la ralentir, il Mener un 
cheval en main, Lo conduire par la bride, en marchant 
près de lui. n Mener un cheval droit, Lui faire occuper une 
position telle qu'il ait les épaules et les hanches sur une 
môme ligne, ii Mener sur le bon pied, Partir le pied droit 
on avant au moment où le cheval prend le galop. 

— Mécan. Commander, transmettre le mouvement à : 
Faire mener un pignon par une roue. 

— Tcchn. Mener la table. Chez les cartiors, Assortir les 
cartes à jouer, et les diviser par jeux. 

— Véuer. Mener les chiens à l'ébat, Los mener se pro- 
mener. 

Mené, ée part. pass. du v. Mener. 

— Suhstaniiv. ; Personne menée, gouvernée : Les me- 
nants et les MENÉS. 

— Véner. Chassé, poursuivi do prés par les chiens cou- 
rants : Cerf mal METsE. 

Se mener; v. pr. Etre mené, ii Conduire soi-même sa 
voiture, ii Se conduire l'un l'autre : De vieux rats aveugles 
qui SE menaient les uns les autres. (X. de Maistre.) 

— Allus. littér. : L'homme s'agite, Dieu le mène. 
V. agiter. 

— Prov et LOc. PROV. : Mener les poules pisser et les 
ramener sans boire. Se dit d'un mais qui lait juste le 
contraire de ce qu'on lui commande, ii C'eet un aveugle 
qui mène l'autre. Se dit d'un homme qui a peu d'esprit, do 
raison, do savoir, etc.. et qui a la prétention do diriger un 
autre. (Locution tirée de 1 Evangile : Si un aveugle conduit 
ttn aveugle, tous deux tomberont dans quelque fosse.) il Tout 
chemin mène à Rome, Les moyens los plus détournés 
peuvent conduire au résultat. 

— SvN. Conduire, guider. V. conduire, il Amener, em- 
mener, etc. V. amener. 

MENER ,"'-'■>''"; n. m. Mine, minière. (Vx.) 

Ménerbes, comm. de Vaucluse, arrond. et à 9 kilom. 
d'Apt, sur un roc escarpé du versant nord du Luberon ; 
i.^03 hab. Carrières, tuileries. Eglise du xiv* siècle. Patrie 
do Ciovis Hugues. 

^ MÉNERVILLE, comm. d'Algérie, arrond. et à 50 kilom. 
d'Alger, dans une belle situation ot sur le ch. de f. d'Alger 
à Palcstro; 7.143 hab. 

MENÉS, MENAS, Mên, MnÉSIS, forme grécisée du 
nom de Mani, Mèni, qui fut porté par lo premier roi his- 
torique de l'Egypte, chef delà première dvnastie thinite. 
Historiquomcnc, on ne sait rien de lui, mais l'imagination 
populaire avait groupé autour do son nom un certain 
nombre de légendes. Il aurait détourné le cours du Nil, 
qui passait jadis le long de la montagne libyque, au 
moyen d'une digue en pierre qui serait la digue" actuelle 
de Kochéîche, et sur le terrain conquis de la sorte il au- 
rait bâti la ville de Memphis. Ami du luxe, il avait ensei- 
gné à ses sujets l'art de servir un dîner et la manière de 
manger étendu sur son lit. Après un règne de soixante à 
soixante-deux ans. les dieux irrités conli» lui lauraiem 
fait périr sous la dent d'un hippopotame. 

Menesès ou MenezÈS (Alexis de), prélat et vice- 
roi do Portugal, né à Lisbonne en 1559, mort à Madrid 
en 1617. Entré dans l'ordre des ermites do Saint-Aueustin, 
il fut envoyé par Philippe H à Goa. Devenu archevêque 
do cette ville (1595), il ramena à la foi catholique presque 
tous les nestoriens de la côte de Malabar, connus sous le 
nom de chrétiens de Saint-Thomas, et fut nommé vice-roi 



des Indes (160G-1609V De retour en Europe, il devint arche- 
vêque de iJraga, ot, en 1614, reçut de Philippe III lo tiiro 
de vice-roi do Portugal. On a de lui, en portugais, lo Jour- 
nal de son voyage (1606), ot Actes du sijnode de Dniamper 
pour la réunion des anciens chrétiens de Saint - Thomas 
1,1606), ouvrage traduit en français (1609). 

Meneses Osorio (François), peintre espagnol, né 
vers 1010, mort à Sévillo vers 1705. Il eut pour maître 
l'illustre MunUo, dont il s'assimila la manière et qui lo 
chargea do terminer son tableau de Sainte Catherine. Il fut 
majordome do l'Académie de peinture do Sévillo. Ses ta- 
bleaux les plus remarauables sont : Elie fortifié par un 
ange dans le désert, à ^Iad^id ; une magnifique Conception 
et Saint Philippe de Néri adorant la Vierge, à Sévillo; 
le fameux tableau du maître-autel des Capucins de Cadix, 
ébauolié par Murillo et qu'il termina; etc. 

Menesplet, comm. de la Dordogno, arrond. et à 
37 kilom. de Kibéracsur llsle ; 928 hab. Tourbe, minoterie. 

MÉNESSE n. f. Arg. Femme. 

MéNESTÉROL-MONTIGNAC, comm. de la Dordogno. 
arrond. et à 33 kilom. de Kibérac, près de l'Islo; 1.158 hab. 
Minoterie, tuilerie ; Couvent de Vauclaire, 
fondé-en 1335 par des chartreux ; belle église 
gothique. 

MénesthÉE. Myth. gr. Fils de Pélée, et 
roi ligondaire d'Athènes. II détrôna Thésée 
grâce au secours des Tyndarides, devint roi 
d Athènes, prit part au siège de Troie, et 
mourut au retour do cotto expédition, dans 
lile do Mélos. 

MÉNESTRANDIE (nêss, dt — rad. ménes- 
trel} n. f. Art du ménestrel; troupe ou cor- 
poration do ménestrels. (Vx.) Syn. mênes- 

TRAUDIE, MÉNESTRAtTDERlE, MÉNESTRALDISE. 

MENESTRE [nèsstr -xiaX. mmes^ra, mémo 
sens) n. f. Potage. (Vx.) it Docteur de me- 
nestve. Para-sitc; alfamé. (.Vx.) 

Ménestreau-en-villette , comm. 
du Loiret, arr. et à 27 kiiom. d'Orléans, en 
Sologne, prés do la Canne, affluent du Cos- 
son : 1.113 hab. 

MÉNESTREL {nèss-trèl') n. m. Au moyen 
âge. Poète musicien qui parcourait les 
cliâteaux : // y avait le ménestrel poète et 
improvisateur et le ménestrel chanteur. 
Il On dit aussi ménestrier, et ménétrier. 

— A signifié Ouvrier, homme vivant du travail de ses 
mains. 

— Encycl. Lo mot ménestrel, du latin vulgaire ministe- 
lialis, signifie à l'origine «• serviteur attaché à la per- 
sonne d'un maître " ; peu à peu, 
il en vint à signifier le serviteur 
spécialement chargé des diver- 
tissements. Longtemps, les deux 
mots jongleur et ménestrel fu- 
rent employés inditféremment 
pour désigner tous les joueurs 
d'instruments, faiseurs de tours, 
chanteurs ou récitateurs publics. 
Vers le xiV siècle, le mot « mé- 
nestrel commença à être réser- 
vé aux chanteurs ou musiciens 
engagés par un grand soigneur. 
Froissart fut un ménestrel. La 
mode d'avoir à ses gages des 
gens de cette sorte était alors si 
répandue parmi les grands, que 
Louis IX lui-même s'y était sou- 
mis. Dans certaines villes, les 
ménestrels devinrent assez nom- 
breux pour s'organiser en corpo- 
rations. A Paris, une association 
de cette sorte ne se créa qu'en 
1328- En 1397, les jongleurs s'en séparèrent, ^t les mé- 
nestrels (appelés aussi dès lors ménestriers) se réunirent 
sous le nom de communauté des joueurs d'instruments, 
tant hauts que bas. Réorganisée en 
1407, cette corporation avait à sa 
tête des prud'liommes élus par les 
confrères et un « roi », dont le roi 
de France lui-même avait la nomi- 
nation. Toute la corporation était 
confinée dans une même rue et pos- 
sédait son éiglise et son hôpital 
I Saint-Julien-des-Ménétriersl placés 
sous le vocable de saint Julien, pa- 
tron de cette corporation; mais l un 
de ses rois (Guillaume II), ambi- 
tieux et entreprenant, rêva de cour- 
ber sous son sceptre tous les musi- 
ciens. Dès lors, la » ménestrandie », 
eut d'interminables démêlés avec les 
autres corporations de musiciens. 
Louis XIV réglementa en 1707 la turbulente corporation 
des ménétriers et maîtres à danser, qui devait, finale- 
ment, disparaître à la Révolution. 

— Bibliogr. : Bernhart, Mémoire sur la corporation des 
ménestrels, dans la « Bibliothèque de l'Ecole des chartes «, 
t. m (1842). 

Ménestrier (Claude-François), héraldiste français, 
de la compagnie de Jésus, né à Lyon en 1631, mort à Pa- 
ris en 1705. Il professa les humanités à Chambéry, à 
Vienne, à Grenoble et Lyon, et fut bibliothécaire de cette 
ville. Il s'acquit une grande réputation comme écrivain 
héraldique. Nous citerons de lui : le Véritable Art du bla- 
son (1658) ; le Dessin de la science du blason (1659) ; Abrégé 
méthodique des principes héraldiques {\G61); Science de la 
noblesse <\69l) A la Nouvelle Méthode du blason {1696, dont 
on eut de nombreuses éditions jusqu'en 1784) ; Origine 
des ornements des armoiries : etc. 

Menet, comm. du Cantal, arrond. et à 31 kilom. do 
Mauriac; 1.733 hab. Carrières. Lac. Eglise romane, avec 
additions de la Renaissance : croix en pierre du xv* siècle. 
Aux environs, ruines du château de Murat-Ia-Rabe. 

Menetou-COUTURE, comm. du Cher, arrond. et à 
58 kilom. de Saint-Amand-Mont-Rond, à la source du 




Ménestrel [xm« s.). 




Armes de la cor- 
poration parisieDoe d^'s 
méDiîtrîers, maîtres à 
danser ixviu* a.). 



MENER — MENEZES 

Lizcron, affluent de la Vauvise; 1.020 hab. Mines de fer. 
Restes d un château du xv« siècle. Ruines de 1 abbaye do 
Fontmorigny (xii* et xviii» s.). Ancienne grange monastique. 

Menetou-RATEL, comm. du Cher, arrond. et à 1 1 kiloro. 
de Sancerre, au-dessus de la source de la Balance, af- 
fluent de la Sauldro ; 1.195 hab. 

Menetou-SALON, comm. du Cher, arrond. et à 
18 kilom. de Bourses, près de la source du Mouton, tri- 
butaire de l'Yevre; ï.609 hab. Ch. de f. Orléans. Vins 
estimés. Fabrique d'eaux-de-vio. Beau château moderne. 
Patrie do lérudii Bucbon. 

Ménetreuzl, comm. de Saône-ct-Loiro, arrond. et 
à 12 kilom. de Louhans, sur la Sano-Morio. l'une des 
branches de la Sane, alfluent de la Seille; 1.025 hab. 

MÉNÉTRIER [tri-é — rad. ménestrel) n. m. Musicien am- 
bulant; joueur de violon qui fait danser les gens du village ^ 
Le mênetbier est la dcnntre transfiguration du ménestrel. 
(Le mot ménétrier, autrefois syn. de ■ ménestrel », no 
désigne plus aujourd'hui que les joueurs de violon ambu- 
lants.) V. MÉNESTREL. 

— Enctcl. Iconogr. Dans leurs kermesses, "Van Ostade, 




Le iiiOtiLtML-r, J ajifL-s Tcoicrs. 

Teniers ne manquent jamais de représenter des ménétriers. 
Van Ostade a peint un Joueur de violon, excellente toile, 
et le Ménestrel villageois, joueur do vielle, tous deux à 
S.iint-Pétersbourçr (musée de l'Ermitage); un Villageois 
écoutant un ménétrier, daté de 1670, composition très 
réussie, connue aussi sous lo nom de iMusicien ambulant, 
ot remarquable par le contraste des tons clairs et frais 
avec l'éclat de la couleur du soleil (musée do La Haye) ; 
Teniers, les Musiciens villageois, deux tableaux (même 
musée'i ; etc. 

HÉNÉTRIÉRE (fém. de ménétrier) n. f. Femme qui joue 
du violon pour faire danser. 

MenÉTRU-LE-VIGNOBLE, comm. du Jura, arrond. et à 
1 1 kilom. de Lons-Ie-Saiinicr, dans la région dite « le Vi- 
gnoble », près de la Seille ; 300 hab. Vins rouges assez 
estimés et vin jaune délicat, analogue à celui do Châloau- 
Chalon. Ancien manoir. Sur le pic du Galardon, ruines 
d'un château du xii* siècle. 

MENETTE {nèf) adj. fém. Prude, dévote. 

MENEUR. EUSB (rad. mener) n. Celui qui conduit une 
dame par la main à la danse ou dans certaines cérémo- 
nies : // faut un meneur à cette quêteuse. 

— Nom donné, à Paris, à toute personne qui se charge 
de conduire les nouveau-nés en province, chez les nour- 
rices, ou d'amener les nourrices à Paris pour s'y placer. 

— Meneur d'ours. Individu qui exhibe des ours'dans les 
rues. Il Par ext. Homme grossier et mal bâti. 

— Fig. Chef, personne qui entraîne et conduit les au- 
tres : Les MENEURS d'un parti. 

— Mines. Syn. de hercueur. 

— Superst. Menetir de loups. Sorcier de campagne, doué 
du pouvoir de se faire suivre par les loups. 

— Techn. Ouvrier, ouvrière qui dirige un travail, qui 
guide un outil ou une machine, ii Meneur de ciseaux. Ou- 
vrier Cartier qui découpe les cartes. '! Meneur, Meneuse de 
table. Ouvrier, ouvrière qui assortit les jeux de cane. 

Méneval Claude-François, baron de), écrivain fran- 
çais, né et mort à Paris (1778-1850). Il fut secrétaire de 
Joseph Bonaparte, puis de Napoléon, qui le nomma maî- 
tre des requêtes au conseil d'Etal, secrétaire des com- 
mandements de Marie-Louise. Ses principaux ouvrages 
sont : Napoléon et Marie-Louise, souvenirs historiques 
(1843-1845); fl(îci7 d'une excursion de l'impératrice Mai ie- 
Louise aux glaciers de Sai'oie f 1847) ; Mémoires pour servir 
à rhistoire de Napoléon I"" (1894). — Son fils, Eugène, né 
en 1815, mort en 18S2, fut ministre plénipotentiaire à Bade 
(1851), puis a Munich, et entra dans les ordres après la 
mort de sa femme (1858). Il a publié : Marie Stuart; Cathe- 
rine de Médicis; le Concordat en fSOf ; etc. 

MÉNÉVIEN, ENNE (ri-iu. en — du lat. Menevîa, n. lat. 
de la ville de Saint-Davids) adj. Se dit d'tme division de 
l'étage cambrien de l'Angleterre. 

— n. m. : Le ménkvie.n. 

Ménexène (lb), dialogue de Platon, ainsi appelé du 
nom de Ménexène, l'interlocuteur de Socrate. — Ménexène 
annonce qu'il vient du sénat, qu'on devait y désigner l'o- 
rateur chargé de prononcer l'oraison funèfere des soldats 
morts sur le champ do bataille, et que ce choix a été 
ajourné. Socrate raille ce genre d'éloquence, qu'il déclare 
facile. Mis au défi par Ménexène, il lui débite une oraison 
funèbre (^u'il avait entendue, dit-il, de la bouche d'Aspa- 
sie, pastiche curieux do l'éloquence des rhéteurs du temps. 
Le Ménexène fut très populaire à Athènes. L'authenticité 
du dialogue, contestée par quelques savants, est généra- 
lement admise aujourd'hui. 

Menez (monts). Géogr. V. Mené. 

Menezes fPedro), comte de Villaréal, capitaine 
portugais du xv« siècle, mort à Coûta en 1437. Ayant pris 



MENFl 



MENINAS 



part à l'oxpéditiou do Coûta (1415) avec los Espagnols, il 
so chargeaaprès la conquôio do garder cotto ville, repoussa 
los attaques réitérées des musulmans d'Afrique et battit 
le roi de Grenade qui s'était joint ù eux. 

MCNFI. ville du roy. d'Italio (île do Sicile [prov. de 
Gir^onti] , prés dun petit tributaire de la Méditerranée, 
sur la c<>ie méridionale de l'île; 10.09G liab. 

MeNGADD (liUcion), poète populaire toulousain, né 
et mort à Toulouse (1803-1877). Contomporain do Jasmin, 
simple bijoutier, il s'elVorça d'imiier le célèbre coifleur- 
poète. Son principal recueil do poésies en parler toulou- 
sain, Jtosos t't Piinpanèlos (Roses et Pâquerettes), parut 
on 1841. Il dut, on 1845, en publier une seconde édition. 
On lui doit la chanson ta Toidousèno, tnie la musique do 
DoîTôs a popularisée, et une pièce do théâtre : les Aoucos 
(les Oies) del 'J'ou7nas de Fonsogribos, représentée à Tou- 
louse en I8(î0. 

MENGEL (pron. allem. mèn-ohèV) n. m. Mesure de ca- 
pacité en usago i Brème et en Hollande. 

Mengen, ville d'Allemagne (Wurtemberg [cercle du 
Danuboji.dans la vallée de i'Ablacb, affluent du Danube; 
2.509 liab. Soieries; fabrique do drap. Culture do lin. 

MengeR (Karl), économiste aulricliien, né à Neusau- 
doc (Galicie) on 1S40. 11 devint, en 1870, professeur d'éco- 
nomie politique ù l'université do Vi<^nne. Kn 1876, il ac- 
compagna dans un voyage d'études on Furope le prince 
impérial Hodolnhe. iTrcprit ses cours à l'université en 
1878. Citons do lui : Principes d'économie poli t it/tie {lill); 
Itechercfies sur h méthode des sciences sociales (1883); les 
erreurs de la méthode historique dans l'économie politique 
en Allemagne (1884). 

MenGIN (N.), une des célébrités do la rue, mort en 
1964. Pendant une quinzaine d'années, il s'est coilTé d'un 
casque doré et vôtu d'une houppelande bariolée pour ven- 
dre dos crayons. Il avait un luxueux équipage et des che- 
vaux superbes, derrière lui tout un orchestre, et, ce qui 
valait mieux encore, le génie de la parade, du boniment 
hâbleur, une faconde pleine de verve, d'imprévu et des- 
prit dù-propos. Ses crayons, excellents du reste, étaient 
dorés; il ne les veudaît qu'accompagnés d'un jeton por- 
tant son efligie et qui ressemblait à un louis. 

MCNGITE {man-jil') n. f. Nom par lequel on désigne deux 
minéraux : un phosphate de cerium, lanthane et thorium, 
qui est la monazite, et un titanate ferriquo do zircoiie. 

Meng-KA, villo du Japon (ilo do Formose), sur le 
Tamsoui-ki ; 40.000 bah. Commerce de riz, canne à sucre 
et surtout de thé. Aux environs, sources sulfureuses. 

MengO, ville do l'Afrique oriontalo, capitale de l'Ou- 
ganda, à peu do distance do la baie Murchison, au N. du 
lac Victoria. Elle fut visitée pour la première fois en 1860 
par Spoke, au temps du roi Mlésa, qui y reçut ensuite 
Stanlev, Linant de Bellefonds, Emin-Pacha, etc. A la suite 
des luttes qui éclatèrent dans l'Ouganda entre catholiques 
©t protestants, Mengo fut occupée par le capitaine anglais 
Lugard (1892). Les Anglais fondèrent auprès de la ville le 
f<jrt do Kampala, et Mengo est devenu le centre do la do- 
minaiion anglaise dans l'Ouganda. 

Mengotti (Franccsco, comte), économiste italien, né 
à Fonzaso, près de Bellune, en 1749, mort à Milan on 1830. 
Docteur en liroit à l'université do Padoue, avocat à Venise, 
il fut nommé jiar l'administration française en 1803 inspec- 
teur des linances, organisa, on 1808, le régime tinancier 
des Romagnes. Napoléon le fit sénateur du royaume d'Italie 
(1809). puis comte (ISIO). Après I8lj, Mengotti accepta la 
domination autrichienno, sous laquelle il fut conseiller 
auliiMie et vice-présideut de la commission des finances 
de Milan (1819). On a de lui : Sur le commerce des liomains 
depuis la seconde guerre punique jusqu'à Constantin (1787); 
.Sur l'administration de Colberl (1791); etc. 

Mengozzi (Bernardo), chanteur et compositeur ita- 
lien, né à Florence en 1758, mort à Paris en 1800. II fut 
appelé en 1786 à Londres avec sa femme. Anna Benini, puis 
à Paris, fit partie (1787) de la troupe des chanteurs ita- 
liens que la Montansier engagea pour ses théâtres do Ver- 
sailles et de Saint-Cloud et fut engagé au théâtre de 
Monsieur, en 1789. Mengozzi, comme compositeur, se fit 
connaître par les nombreux morceaux qu'il ajouta aux opé- 
ras do Paesit'llo et de Cimarosa. Il écrivit un opéra, l'Isola 
disabitata, qui fut représenté au théâtre do Monsieur en 
1789. Il composa, dès ce moment, plusieurs opéras fran- 
çais, qu'il fit représenter au théâtre que la Montansier 
Tenait de fonder oUo-méme (les Variétés actuelles) : Au- 
jmrd'Uui (1791); Isabelle de Salisburtj {\10\), et les Deux 
vizirs (1792). — Citons encore : l'Amant jaloux (1793); 
Pourceaugnae (1793); Selico ou les A'ègres (1793); la Jour- 
née de l'amour (1794); une Faute par amour (1795); les 
Habitants de Vaucluse (1799); la Dame voilée on l'Adresse 
et /'.4moHr(n99); otc. Professeur au Conservatoire (1795), 
il laissa inachevée l'excellonte Méthode de chant du Conser- 
vatoire, dont Langlé dut terminer la rédaction. 

BIengs (Antoino-Raphaël), peintre allemand, do l'école 
italienne, né à Aussig (Bohème) en 1728» mort à Rome OD 
1779. Fils d'un peintre distin- 
gué, Ismaul MiîNCis' 16881764), 
il étudia à Rume, devint, en 
1744, peintre d'.Àuguste III 
de Pologne, et retourna on 
Italie, où il se lit catholi()ue. 
En 17 t9. de retour â Dresde, 
il fut chargé d'exécuter un 
tabloau destiné à décorer lo 
maître-autol d'une église ca- 
tholique. Il acheva son ta- 
bleau à Romo(|752) où, doux 
ans plus tard, il devint direc- 
teur et professeur de l'école 
d© peinture. Après avoir pas- 
sé quoique temps à la cour 
du roi do Naples, où il fit 
los portraits des principaux 
membres do la famille royalo. 
Mon^ retourna â Ronio. Il 
peignit A cotto époque les 
vastes fresques de la voûto 
do Saint Ensèl)o, puis exécuta à la villn Albani des pein- 
tures décoratives, dont l'une, représentant Apnllnn sur 




le Parnasse entouré des neuf Muses, fut célébrée comme 
un chef-d'œuvre. Appelé on Espagne par Charles III, en 
1761, il y reçut le litre do premier peintre du roi. 

Pondant les huit années qu'il passa à Madrid, il exé- 
cuta : une Assemblée des dieiLx, une Descente de croix, 
y Asceyxsion qu'on voit â Dresde, les Stations de la passion 
de Jésus-Christ, dans la chambre à coucher du roi. ot de 
nombreux portraits. Kn 1769, il retourna en Italie, s'arrêta 
à Florence, où il fit le portrait du grand-duc et reçut le 
titre do grand prince do l'acadcmio de Saint-Luc, puis alla 
à Rome, avant de retourner en Espagne, où il exécuta un 
Christ allant an Calvaire et le plafond do la salle à man- 
ger du roi, représentant le Temple de la Gloire et V Apo- 
théose de Trajnn, regardé conimc son œuvre capitale. Puis 
il retourna à Rome, où il s'éteignit peu de temps après. 

Mengs, qui jouit en son temps d'uno grande réinitation, 
est, en réalité, un peintre froid ot sans verve. 11 incarna 
surtout un docte et solennel éclectisme. Il a laissé plu- 
sieurs écrits sur los arts, recueillis et publiés par le che- 
valier d'Araza, sous lo titre do Oprre di Antonio liaffacUe 
Mengs 1780), traduits en français par Jansen (1786). — Sa 
fille, Thkrèse, née â Dresde en 1751, morte à Madrid en 
1790, épousa le graveur Salvador Carmonaet l'accompagna 
en Espagne, où elle exécuta desportraitsetdosminiaturos. 
Kilo était membre do l'académie de San-Fernando. 

MenG-TSEU. Biogr. V. Mencifs. 

MeNG-TSOU, MoUNG-TSEU ou MON-TZÉ, villo do 
la Chine miTidionalo i^prov. du Vuriuan;, dans la vallT'o du 
Ta-Tchouang. Transit do coton, thé, métaux (dans les 
environs, mines de Ko-Kiéou). 

MeNGUELLAT ou MENGUELLET (AXT-), confédéra- 
tion de tnl)us herl)ères mélangées de (juclques villages 
noirs dans la Grande Kabylie. 

MENHIR {mè-nir — du celtique armoricain tnen, pierre, 
et hir. long) n. m. Pierre debout, dont l'érection a été 
longii*mps ot à tort attribuée aux druides. 

— K.NCVCL. V. Ml-X'.ALITIIES. 

Meni, mot hébreu qui, 
nité étrangère à qui les Is- 
raélites infidèles rendaient 
un culte idolâtriquo. Les 
Septante traduisent Meni 
par Tijché, la Fortune, ot 
co sens a été adopté par 
la Vul^'ato. 

MÉNIANE (do l'ital. me- 
nania; lat. mxnianum, do 
Ma'nius, n. pr.) n. f. Petite 
terrasse ou balcon en avant- 
corps, dans les construc- 
tions romaines ou ita- 
liennes. 

— adj. f. Se dit d'uno co- 
lonne qu'on employait dans 



dans Isaie, désigne uno divi- 




A, méniane (coupe). 



Xlcags- 



l'architecture romaine, et qui était surmontée d'une espèce 
de balcon : Colonne mèniank. 

MENICLE (du lat. manuSj main) n. f. Menotte, li Chaîne, 
entrave l1 un prisonnier. 

MÉNIDÉS n. m. pi. Famille de poissons acanthoptères, 
comprenant les mendoles et les picarels. — Un ménidé. 
Il On écrit aussi m^nidés. 

MCNIDI, ville do Grèce (prov. d'Attique-et-Béotio [arr. 
d'AttiijueJi. sur un affluent du Céphiso ; 2.550 hab. 

MÉNIDROSE (du gr. mên, mois, et hidi^sis, sueur) n. f. 
Mcd. Sueur périodique, qui parfois supplée les règles. 

MÉNIE(?)i — du lat. mansio, maison) n. f. Maisonnée, 
famille, gens de la maison. CVx.) Il On a dit aussi më- 

ÛNIE. 

MÉNlER(Jean-Roné-Paul LEcoMTE.dit Paulin). acteur 
français, né à Nice on 1822, mort à Paris en 1898. Fils de 
comédiens, il débuta au théâtre Comte, entra à l'Ambigu, 
où il obtint son premier succès dans Grimaud des Mous- 
quetaires (1855), créa à la Gaîté, dans lo Courrier de Lyon, 
lo rôle de Chopart, dont il fit un type inoubliable, puis il 
joua tour à tour au Châtelet, à la Renaissance, à l'Am- 
bigu, à la Gaîté, ù la Porte-Saint-Mariin. etc., un grand 
nombre <Xci drames. Cet acteur à la voix enrouée était un 
artiste amoureux du détail et do la vérité. Parmi los dra- 
mes où il fut le plus applaudi, nous citerons : les Cosa- 
queSt les Crochets du père Martin, le Juif polonais. Quatre- 
vingt-treize, le Juif errant, la Grande iUarnîéï'e (1888) ; la 
Petite Mionne (1890); etc. 

Menier (Emile-Justin), industriel et homme politique 
français, né à Paris en 1826, mort à Noisiel-sur-Marne en 
1881. D'abord adjoint à son père dans la direction des 
vastes établissements industriels fondés par co dernier à 
Saint-Donis et à Noisiel, il on prit la direction en 1853, 
laissa de côté los produits chimiques pour s'occuper exclu- 
sivement de la fabrication du chocolat, et créa au Nica- 
ragua do vastes plantations do cacao. 11 fit pour ses ou- 
vriers do nombreuses créations philanthropiques. Elu 
député do Mcaux en 1876, réélu en 1877, il vota avec 
l'extrême gauche. Nous citerons do lui : l'Impôt sur le 
capital (1872); Théorie et application de l'impôt sur le ca- 
pital (1874); Economie rurale (1875); l'Avenir économique 
(1875-1879) ; Atlas de la production de la richesseilS'^): etc. 
En 1875, il avait fondé une revue : la Jiéfonne économique. 

— Ses trois fils. Henri, né en 1853. Gaston, né à Paris 
en 1855, député do Mcaux en 1898. ot Ai.Diinx, né on 1858, 
mort on 1899, ont continué son industrie. 

MÉNIÈRB (Prosper), médecin français, né à Angers 
en 1801, mort à Pans on 1862. II s'est surtout occupé des 
maladies do l'oreille et a été médecin chef do l'Institution 
naiionv^lo des sourds -muets. C'est lui qui accoucha, à 
Blaye, la duchesse de Berry. Nous citerons do lui : Traité 
des maladies de l'orrillf ; De la guérison delà surdité et de 
l'éducation des sourds-muets (1853): la Captivité de M*^* la 
duchesse de lirrrjf à Hlaye en iSSS. publiée p.ir son fils (1882). 

— Son fils, Emile-Antoink, né à Paris en 1839. est connu 
par la découverte d'un symptôme dos atrections do l'oroilio 
interne, qui a reçu le nom de maladie de Mcniére ou rer- 
tigc de Ménière. 

MÉNIGOUTE, ch.-l. de cant.des Deux-Sèvres. arrond. et 
à 20 kilom. de Pari henay, au-dessus fie la Von ne ; l.OGl hab. 
Commerce do bestiaux "Ancienne collégiale, fondée on 1328. 



20 

Hospice du xv* siècle ; chapelle de l'Aumônerie, bûtio vers 
1530; restes de l'abbaye dos Châtelliers, fondée vers iiio 
(beaux carrelages émaillés des xiii' et xiv" s.). Restes des 
châteaux de Bois-Pouvreau et de la Barre (Renaissance et 
XVIII" s.). — Le canton a 10 comm. et 9.407 hab. 

MÉNIL (ni — du lat. nianere, rester) n. m. Maison, ha- 
bitation. Il Village, hameau. 

— Vieux mot qui- est resté dans certains noms propres, 
d'homme ou do lieu : Mi-:NiLmo«/«n(, Dum^kil, etc. 

MÉNIL, comm. do la Mayenne, arrond. et à 7 kilom. do 
Château-Gontier, sur la Mayenne; 1.189 hab. Château do 
la Rouvraye (xv* et xvii* s.)". 

MÉNIL (Le), comm. des Vosges, arrond. et à 27 kilom. 
de Kcmireniont, sur lo Mi^nil, affluent do la Moselle; 
1.329 hab. Tissage inccanique du coton ; fromages. 

MÉNIL ou Mesnil-DURAND (Francis-Jean de Grain- 
DORGK n'OudEviLLE, baron de;, tacticien français, né ;l 
Lisieux en 1729, mort à Londres en 1799. Il so distingua 
dans la guerre do succession d'Autriche et servit sous les 
ordres du maréchal d'Estrées (l7r.7) et du maréchal do 
Broglie. Il essaya do changer la tactique militaire, en 
substituant à l'ancienne organisation dite o ordre mince » 
uno organisation nouvelle dite " ordre profond». Gouver- 
neur de la Normandie au moment où la Révolution 
éclata, il se réfugia à Londres. Il avait publié, entre autres 
ouvrages, un Projet d'un ordre français en tactique (1757). 

MÉNIL-DE-BRIOUZE fLR\ comm. do lOrne, arrond. et 
à 31 kilom. d Argentan ; 913 hab. 

MÉNILITE n. f. Sorte d'opale impure formée, comme 
cette pierre précieuse, do silice hydratée. (Elle cxisto en 
tubercules et rognons dans le calcaire de Saint-Ouen.) 

MÉNILLE [Il mil.) n. f. Syn. de manille. 

— Mar. Taquet fixé à la poignée d'un aviron de galère. 
Il Ménille de barre franche. Anneau qui termine l'extré- 
mité d'une tiarre franche, il Boucle servant à enchaîner les 
forçats par les jambes dans les galères. 

— Techn. Manche servant aux papetiers pour lever les 
mises. 

MENILLETTE Inill-èt' \ll mil.]) n. f. Grosse poignée 
d'épis de blé, que l'on coupe en mémo temps que la paille, 
et que Ion assujettit de manière que ces épis soient ver- 
ticaux, pour que lo grain sèche plus rapidement. 

MÉNILMONTANT, ancien écart de la comm. de Bello- 
ville, annexé avec elle à Paris en ISCO. Ménilmontant 
existait au xui» siècle. On le nommait alors lo Mesnil 
Mau temps, d'où, par corruption, Méuil-niontani, en rai- 
son de la nature accidentée du site, et ses habitants ro- 
lovaicnt do la paroisse do Bag:nolet. Au xvii' sicclc, la 
famille LepoUeticr de Saint-Fargeau s'y créa un vaste 
domaine. Peu d'années avant la Révolution. Ménilmontant 
fut rattaché à la paroisse do Belleville. Durant la pre- 
mière partie du xix* siècle, co n'était encore qu'un hameau 
champêtre, célèbre par les marronniers de ses guinguettes, 
lorsque les saint-simoniens vinrent s'y établir. Ménilmon- 
tant a commencé à se peupler surtout à dater du second 
Empire. L'annexion de 1860 en a fait un des quartiers les 
plus populeux du XX" arrondissement do Paris. 

MENIN (de l'espagn. menino, petit mignon) n. m. Nom 
donné, en Espagne, â do jeunes nobles désignés pour étro 
les compagnons dos enfants de la famille royale. 

— Encycl. En France, ce nom fut emnlové pour la pre- 
mière fois quand on composa la maison au Dauphin, fils do 
Louis XIV, et il désigna les six geniiihonimes (|ui étaient 
i)lus particulièrement attachés à l'héritier présomptif do 
ta couronne. On les appelait aussi gentilshommes de la 
manche, parce que l'étiquette ne leur permettait de tou- 
cher lo Dauphin qu'à la manche. 

MenIN lon flam. Mcenen). ville de Belgique (Flandro- 
Occid. 'arrond. <lo Courtraij), sur la Lys; 19.455 hab. 
Fabriques do chicorée, tabacs, tissus de coton, dentelles. 
Prise par Turenne en 1G58. elle appartint à la France jus- 
qu'au traité de Nimèguo, qui la restitua â l'Espagne. 
Cette ville tomba au pouvoir des Français pendant les 
guerres de la Révolution (1792-1794). 

MENINAGE [naj') n. m. Office de menin. 

Meninas ilas) ou les Filles d'honneur, tableau de Vé- 
lasqucz (iGr>8i, au Museo del rey, à Madrid. Au milieu do 
la salle est la jeune infante, Marie-Marguerite d'Autriche; 
sur lo devant du tableau, un énorme chien, avec lequel 
veut jouor Nicolas Portusano, nain attaché & la jeuno 




Las Mcniûas, d'après Vélnsquez- 

princesse; â côté du nain, on voit la naipe Barbola, sui- 
vante do l'infante. A gauche, une jeune femme présente, 
à genoux, à Uinfante. un sorbet; à droite une autre cher- 
che à distraire la petite princesse. Sur le second plan, à 
droite, Josepli Nieto. quartier-maître, et dnfia Marcella 
d'UUoa, roligicuso ot dame d'honneur du palais, surveillent 



21 

en causant la scène; à gauche, Vélasquez s'est repré- 
senté lui-m^'Oie. Toutes les figures sont do grandeur na- 
turelle, d'une ctonnanto vérité. Il est peu d'œuvrcs fjui 
approchent de la grâce, de léclal, do la beauté, de la per- 
fection de ce tableau. Lorsque l'œuvre fut achevée, Vélas- 
quez lapréscn*aà Philippe IV, qui peignit, de sa main, sur 
la poitrine do l'artiste représenté dans le tableau, la croix 
do l'ordre do Saint-Jacques. 

MENINE (fém. do nienin) n. f. Femme do qualiti?, atta- 
chée à la personne d'une jeune princesse espagnole. 

MÉNINGE [ninj' — lat. meninga, gr. mviiif/x, Jgoos) a. f. 
Chacune dos membranes qui enveloppent lo cerveau et la 
moelle épinière, la dure-mère, Varac/uiolile et la pie-mère. 
V. res mots, et mè.ningitb. 

MÉNINGÉ 0/^), ÉE adj. Anat. Qui a rapport aux mé- 
ninges : A r^'re* mi-:ningkes. 

— Pathol. Apoplexie mriiingre, Syn. do pachymicningite. 

— Encycl. Artère méniny'e moyenne. C'est une bran- 
che de l'artôro maxillaire interne; elle pénétre dans le 
crâne par le trou petit rond, et so place alors entre la 
dure-môro et les os en so divisant en deux portions, qui 
se logent dans les gouttières de l'occipital et du pariétal. 
Elle porte lo sang aux os du cràno et à la dure-mère. 

Artère petite méninrjre. Ce petit vaisseau, branche do la 
maxillaire interne, fournit des rameaux au voile du palais 
et au musclo ptérygoïdien interne, pénètre dans le crâne 
par lo trou ovale et so ramifie dans la duro-mèro et lo 
ganglion do Gasser. 

MÉNINGETTE (Jet') n. f. Anat. Nom de l'une des ménin- 
ges, appelée aussi pn:-Mf;iîE. 

MÉNINGIEN, ENNE {ji-in, i^-n') adj. Qui appartient 
aux méninges, ii Granulations méningiennes de Pacchioni. 

V. i.UANCLATION. 

MÉNINGINE (./m*) n. f. Nom do l'une des méninges, 
appoléo aussi akachnoïdi-:. ii Nom donné par quelques ana- 
tomistes à la réunion do doux méninges, l'arachnoïde et 
la pie-mère. 

MÉNINGITE ijif) n. f. Maladie ou inflammation des 
méninges. 

— Encycl. Méd. Les maladies des méninges compren- 
nent rhéniorragio méningée ou pachijménint/ite (v. ce 
mot), la mèiiint/ite aiffUt', la méningite tuberculeuse et une 
forme épidémique, la méningite cérébro-spinale épîdé- 
mi'jue. 

Àféningite aigu/!. L'inflammation atteint très rarement 
la dure-môro; au contraire, la pie-mère et l'arachnoïde 
sont toujours prises; elle donne naissance à un épanche- 
ment purulent, avec formation de fausses membranes. La 
méningite aigué est toujours d'origine infectieuse; elle 
résulte de traumatismes crâniens ou est duo à la propa- 
gation d'une otite ou d'inflammations nasales et oculaires; 
ello s'observe dans les maladies infectieuses (pneumonie, 
fièvre typhoïde, etc.)- On distingue, dans son évolution : 
la période d'éréthisme, caractérisée par une céphalalgie 
intense, des vomissements bilieux, des frissons, de la 
constipation, du délire et une température dépassant 40°. 
On observe lo pliénomène de la raie méninijitigue, des 
contractions.dcs convulsions, surtout cliez les enfants, avec 
strabisme. I^a deuxième période, ou asthénique, consiste en 
une résolution générale des forces, une torpeur, un coma 
profond. La respiration est lento, lo pouls petit et peu 
fréquent (50 pulsations); enfin, la mort arrive au bout do 
cinq ou six jours. Le diagnostic est généralement assez fa- 
cile. Le pronostic est grave; la guérison laisse souvent 
des troubles de l'intelligence. Lo traitement consiste en 
une diète et un repos absolus. On évitera les bruits autour 
du malade; on placera sur sa tète une vessie pleine de 
glace et on appliquera sur la région mastoïdienuo de 10 à 
20 sangsues, qui seront placées successivement pour per- 
mettre un écoulement sanguin de douze à vingt-quatre 
heures. Des injections de morphine calmeront l'agitation 
dans la première période; plus tard, ou administrera des 
toniques et de l'iodure de potassium. 

Méningite tuberculeuse. L'inflammation méningitiquo 
porte surtout sur la base du cerveau, et so caractérise 
par des granulations tuberculeuses. Elle est surtout fré- 
quente chez les enfants. L'incubation, longue, se manifeste 
par la céphalée et l'insomnie. La période d'excitation pré- 
sente à peu près lo mr-me aspect auo celle de la ménin- 
gite aiguô. On remarque, en outre, la rétraction du ventre 
en bateau; do plus, le malade est couché les jambes re- 
pliées en chi*'n de fusil et pousse un cri spécial, lo cri 
htfdr encéphalique, plaintif et très vif. A la deuxième pé- 
riode, la mort survient par asphyxie, après refroidissement 
des extrémités. Le traitement est celui de la variété pré- 
cédente. 

Méningite cérébro-spinale épidémique. Dans cette va- 
riété, l'inflammation s'étend à toutes les méninges céré- 
bro-spmales, et la maladie atTccte une allure nettement 
épidémique, qui frappe plus fréquemment la population 
militaire. Aux symptômes déjà décrits s'ajoute une rai- 
deur do la nuque presque caractéristique et, aux appro- 
ches de la mort, une hypertliermio considérable. Le trai- 
tement est semblable à celui de la méningite aiguë. On 
surveillera les complications (angines, arthrites, pleuré- 
sies. etc.\ qui sont frcquenies. Le pronostic n'est pas tou- 
jours fatal, la maladie avortant parfois après une esquisse 
dos divers symptômes. 

— Artvétér. La méningite est assez fréquente chez le 
cheval et le cliien. Elle se caractérise par au coma ou du 
vertige plus ou moins furieux. Chez le cheval, le vertige 
résultant de la consommation de mauvais fourrage ou de 
fourrage nouveau est un empoisonnement typhiquo du 
sang dans le premier cas; dans le second cas, c'est une 
indigestion avec influence des principes aromatiques trop 
abondants. Il y a môme un vertige épizoottque, qui n'est 
qu'une forme d'une afl'ection typhoïde. 

Il existe, de même, une paraplégie épizootique, qui est 
de même nature que lo vertige épizootique. et se traduit 
par une méningite médullaire ; de même qu'il v a une 
paraplégie en quelque sorte traumatique, causée' par des 
glissades, des cfiutes sur le train postérieur, qui se traduit 
par une méningite lombaire. La méningite traumatique se 
traite par une abondante saignée à la queue, et la ménin- 
gite septicémique par des antiseptiques internes et sur- 
tout par des injections sous- cutanées de sérum artifi- 
ciel. 

La méninsite du chien est généralement de nature 
l^phique; quand elle s'accuse par lo coma ou la paraplé- 



MENLNE 



MENNONITE 



gie, elle se traite avec succès par l'arséniate do strichnino; 
quand, au contraire, elle est vertigineuse, elle réclame un 
traitement à l'iodoforme ou à l'éther. 

MÉNINGITIQUE [ji-tik') adj. Qui a rapport à la ménin- 
gite. Il haie méningitigue, Raie rouge qui apparaît sur la 
peau rayée par l'ongle, et qui, pour Trousseau, était ca- 
ractéristique de la méningite. fOo la rencontre dans divers 
phénomènes morbides d'origine nerveuse.) 

MÉNINGOCÈLE [sèV — de méninge, et du gr. kèlê, tu- 
metiri n. f. Tumeur du cràno remplie do sérosité arach- 
noïdioime et constituée par une ucrnie de la pie-mère. 
Syn. de encéphaiocele. 

MÉNINGO-ENCÉPHALITE n. f. Pathol. Inflammation 
des méninges et do l'cncéphalic, méningite compliquée 
d'uno encpplialito. 

MÉNINGOBfALACIE (si — du gr. ménigx, iggos, méninge, 
et malakos, mou) n. f. Pathol. Ramoilisseraent des mé- 
ninges. 

MÉNINGOPHYLAX (en gr. ménigx, iggos, méninge, et 
phul'i.r, gardien,! n. m. Instrument de chirurgie dont on se 
servait, jusqu'au xviu* siècle, pour l'opération du trépan. 

MÉNINGORRAGIE (go-ra-jl — do méninge, et du gr. 
rliègiiumi, je fais éruption) n. f. Apoplexie méningée. 

MÉNINGOSE rad. méninge) n. f. Anat. Union des parties 
osseuses au moyeu d'une membrane. 

MÉNIOQUE [ui-ok') n. m. Genre de crucifères, compre- 
nant des herbes couvertes d'un duvet blanc, à fleurs 
blanches ou jaunes réunies en grappes, et qui sont très 
aljondantcs en Espagne et dans les environs du Caucase. 

MÉNIPÉE n. f. Genre de bryozoaires gymnolémates 
cyclostomés, comprenant quelques espèces des mers de 
l'Europe et de l'Inde. (Les ménipces sont des ccliulariidés, 
qui furment des colonies ramifiées eu segments composés 
chacun de plusieurs cellules.) 

Ménippe, poète et pliilosophe grec de l'écolo cynique, 
né à Gadara, en Cœlésyrio (ivMii' s. av. J.-C). Il était 
d'origine phénicienne, et fut d'abord esclave. 11 se rendit 
à yinope avec son mailro Bâton. Atfranchi plus tard, il 
s'enrichit par l'usure, puis perdit sa fortune, et se pendit 
de désespoir. Les anciens lisaient sous son nom une dou- 
zaine d'ouvrages : une iS'ekyia, parodie d'Homère; une 
Naissance d'Epicure ; dos Testaments ; des Lettres ou dia- 
logues des dieux ; des Etendes ; divers ouvrages contre 
les savants : etc. Tous ces livres étaient de vives et spiri- 
tuelles satires, mêlées do proso et de vers. Ménippe 
donna son nom à ce genre ; à son exemple, Méléagre, 
Yarron et d'autres ont composé des Ménippécs; et Lucien 
l'a souvent pris pour modèle dans ses Dialogues. — Mé- 
nippe de Stratonice, orateur asiatique dont parle Cicéron. 
— Mknippe de Pergame, contemporain d'Auguste, auteur 
d'un Périple de la Méditerranée, dont nous possédons 
quelques fragments, et un abrégé par Marcien d'IIôra- 
cléo. 

Ménippe. Myth gr. Fille d'Orion, et sœur de Métio- 
ché. Ses deux jeunes filles se sacrifièrent pour apaiser les 
Erynies et délivrer l'Aonie d'une peste; elles furent chan- 
gées en comètes par Hadès et Coré. 

MenippÉ (n. mylhol.) n. f. Planète télescopique, n» ISS, 
découverte, en li>"8, par C.-H.-F. Peters. 

Ménippée (satire), pamphlet politique du xvi* siècle, 
dirigé contre la Liguo (1591) et dont les auteurs fu- 
rent P. Pithou, Jacques Gillot, Pierre Le Roy, Nicolas 
Rapin, Florent Chrestien et les poètes Jean l"^asserat et 
Gilles Durand. Ces hommes se réunissaient chez J. Gillot, 
et ce fut le chanoine Lo Roy qui eut l'idée et traça le plan 
du pamphlet. Le nom de satire Ménippée lui t'ut donné en 
souvenir de l'œuvre du savant latin Varron, qui a pour titre 
Satires Ménippées, et ofiTro un mélange de vers et de prose. 
La Ménippée ou satire Ménippée eut un succès considé- 
rable. C'est une sorte de farce en deux actes, ou plutôt, un 
acte avec prologue et épilogue. Le prologue met en scène 
deux charlatans, représentant le parti de Lorraine et celui 
d'Espagne, qui débitent lo catholicon, drogue merveilleuse 
qui permet d'être perfide et assassin pour le bien de notre 
sainte mère l'Eglise. La comédie proprement dite nous 
fait assister d'abord à une procession burlesque, où sont 
passées en revue les forces de la Ligue ; puis à l'ouverture 
des états, de la Ligue (10 févr. 1593). où chacun des me- 
neurs vient livrer en public le secret de sa conduite : c'est 
d'abord Mayenne, puis le légat de Rome, dont la harangue 
est en latin, puis l'évèque Rose et le cardinal de Pellevé, 
ligueur au service de la maison de Lorraine, et enfin le 
représentant du tiers, d'Aubray, qui déplore dans une 
harangue admirable le triste état de la France. Il y a 
dans ce pamphlet des longueurs, des redites et des dispa- 
rates ; mais on y trouve surtout de la verve, de l'esprit, 
de l'ironie et souvent de la haute éloquence. 

MÉNIQUE(«iA-') adj.Chim.So dit d'un acide qu'on extrait 
de l'acide pyruvique ou pyrotartrique, et qui est une sub- 
stance brune, insoluble dans l'eau, décomposant les carbo- 
nates et acétates alcalins. 

MÉNISCIUM {niss-si-om') n. m. Bot. Genre de fougères 
polypodiacées, à sores allongés et confluents, croissant 
dans toutes les régions tropicales, ti On dit aussi ménis- 

ClON. 

MÉNISCOÏDE [niss — du gr. mêniskos. croissant, et eidos, 
aspectj adj lïist. nat. Qui a la forme d'un croissant. 

MÉNISCOSTOME {niss, stom') n. m. Genre d'infusoires 
holotriolios. vivant dans les eaux douces d'Europe. 

MENISE ou MENUISE n. f. Nom vulgaire d'un poisson 
des côtes de Normandie, le harengule blanquette [haren- 
gula latuliis'i. 

MÉNISPERMACÉES [spèr\ se) n. f. pi. Bot. Famille de 
dicotylédones dialypétales superovariées. — Cne ^Éxi- 

SPERMACEE. 

— Encycl. La famille des ménispermarées comprend des 
herbes vivaces ou des plantes ligneuses et volubiles, à 
feuilles isolées, sans stipules, entières ou lobées, palmi- 
nervées. à fleurs petites, unisexuées par avortement. or- 
dinairement trimôres, et dont le fruit comprend autant de 
drupes que la fleur contenait de carpelles. Elle renferme 
une trentaine de genres, de l'Asie et de l'Amérique tro- 
picales. 




Ménispermc du CaD.ida. 



MÉNISPERME Ispôrm') n. m. Genre de ménispermacées. 

— Encycl. Les ménispei-n\es sont des arbrisseaux grim- 
pants, â feuilles alierncs, pétiolées, à fleurs dioiques, po- 
lîtes, axillaires ou si- 
tuées hors de l'ais- 
selle des feuilles. 
Les espèces de ce 
genre habitent 
l'Amérique du Nord. 
Quelques-unes sont 
cultivées dans les 
jardins en Europe. 

MÉNISPERMINE 

(«ptr'j n. f. Alcaloïde 
découvert par Pelle- 
tier et Couerbe dans 
la coque du Levant 
hnenispermum coccu- 

ius.) 

MÉNISPORE ^t/)Or') 
n. m. <M[ir>' 'le cliam- 
pignoiis liypliomycètes, à mycélium çrêle. dont on connaît 
douze espèces, qui vivent sûr les bois morts de rEurope 
et de l'Amérique boréale. 

MÉNISQUE {nissk' — gr. mêniskos, croissant, dérivé do 
mené, lune) n. m. Physiq. Verre convexe d'un côté et 
concave de l'autre, lu^iurfaco concave ou convexe, 
qui se forme à l'extrémité supérieure d'une co- 
lonne de liquide contenue dans un tube, n Mé- 
nisgtie convergent. Lentille dont la face convexe 
est d'un rayon moindre que la face concave. 
Il Ménisque divergent. Lentille dont la face 
convexe est d'un rayon plus grand que la face 
concave. 

— Anat. Cloison fibro-cartilagineusc, que l'on 
rencontre dans certaines jointures entre les 
surfaces articulaires adjacentes, comme dans 
l'articulation sterno-claviculairo ou dans la 
temporo-maxillaire. (Chacune des deux faces 
de cette cloison prend l'empreinte de la surface Dibque. 
osseuse à laqueUe elle correspond, et l'ensem- 
ble donne l'aspect d'une lentille biconcave ou ménisque.) 

— Antiq. Plaque métallique, que les anciens plaçaient 
au-dessus de la tête des statues pour les garantir. 

— Géom. Figure plane ou solide, convexe d'un côté et 
concave de l'autre, n Solide de révolution, engendré par un 
croissant tournant autour de la corde conmmno de ses 
deux arcs. 

— Techn. Ornement en forme de croissant. 

— Adjectiv. Se dit d'une chambre obscure dans laquelle 
la lentille et le miroir sont remplacés par un seul prisme 
triangulaire, à faces planes et à faces courbes, il Prisme 
ménisque. Prisme à cinq faces, dont deux sont sphériques. 
(Mais l'une est concave et l'autre convexe.) 

— EscYCL. Physiq. V. capillarité. 

MÉNITRÉ iLa), comm. de Maine-et-Loire, arrond. et H 
2> kilom. d'Angers, sur la Loire; 1.6S3 hab. Cheni. do fer 
Orléans. Chanvre et graines. Restes du manoir de Jeanne 
.le Laval, seconde femme du roi Keno. 

Menjaud (Alexandre), peintre français, né et mort à 
Paris (iTTS-lSsa"). Grand prix de peinture en isOS, il exposa 
au Salon de 1806 le Itoi Candaule, puis rit paraître aux Sa- 
lons do peinture un assez grand nombre de tableaux esti- 
mables. Nous citerons, entre autres : J'rançots l" et la 
belle Ferronnière (1810 : Napoléon et le roi de Home; Nai$- 
sance de Louis X/i I ; Louis XlVet /faciiie (iSiSj; UenrilV 
ffiez Miclutut (1814); le Tasse couronné, Itaphaêt et la for' 
narina (1819); la Mort du duc de BeiTy, le Tintoretet i'Aré- 
tin (1822); la Vision du Tasse {iJi'îij; etc. 

Menjibar, bourg d'Espagne (Andalousie [prov. de 
Jaen ;i, [iros du Guadalquivir ; S.OOo hab. 

Menn (Barthélémy), peintre suisse, né et mort à Ge- 
nève (1815-1893). Elève d'Ingres, il fut, en 1848, nommé 
professeur à l'Ecole des beaux-arts do Genève et concou- 
rut avec Baron et Corot à la décoration du ch&teau de 
Gruyère. Il avait fondé à Genève le petit groupe des • hu- 
manistes", et déclarait que l'art doit avoir pour objet de 
mettre les œuvres en harmonie avec le milieu cosmique 
et le nulieu social. Parmi ses tableaux, nous citerons : 
les Proscrits de Tibère (IS39V, les Sirènes et l'iysse llSiZ); 
la Découverte du pays d'en haut et les Bords du Léman, 
qu'on voit au château de Gruyère. 

Mennecy, comm. do Scine-ct-Oise, arrond. et à 8 kil- 
de Corbeil, sur l'Essonne; 1.6i2 hab. Ch.de f. P.-L.-M- 
Tourbe, pierre à bâtir. Eglise de la fin du xii* siècle. 

MennessiER -NODIER ( Marie-Antoinette-Elisabeth 
Nodier, dame , t'eniniode lettres française, née âQuintigny 
iJurajeu isu, morte âFontenay-aux-Koses,Seine;en 1893. 
Fille de Charles Nodier, lettrée et artiste, elle a publié 
des articles, des nouvelles, des poésies d'un sentiment 
délicat, dont un certain nombre ont paru sous le titre de 
Perce-neige (1836). On lui doit aussi un livre fort intéres- 
sant : Charles Nodier, épisodes et souvenii's de sa vie (1867). 

Mennetou-SUR-GHER, ch.-l. de cant. de Loir-et- 
Cher, arrond. et à 15 kilom. de Romorantin, sur le Cher 
et lo canal du Berry ; l.t>5: hab. Ch. de f. Orléans. Restes 
des fortifications et d'un château du xiii* siècle. — Le can- 
ton a S comm. et 6. 838 hab. 

Mennevret, comm. de l'Aisne, arrond. et à 36 kilom. 
de Vorviiis. à la lisière de la forêt d'Andigny ; 1.947 hab. 

MenniGHUFFEN, bourg d'Allemagne (Prusse [présid. 
de MindtM^ . sur la rive gaucho de la "Werra; 3.100 hab. 

MennO SimONIS, c'est-à dire Mennon, fils de Simon, 
réformateur hollandais, né à Milmarsum, près de Franeker, 
en 14^8, mort dans les environs de Lubeck en 1561. Prêtre 
catholique, il se sépara dès 1536 de l'Eglise romaine et 
adopta les principes des anabaptistes en les mitigeant. 
Il rassembla les débris épars de la secte qu'il avait em- 
brassée et lui gagna de nombreux adhérents. Ses Œuvres 
ont été publiées à Amsterdam on 1651. 

MENNONISME {mèn'-no-nissm') n. m. Doctrine d'une 
secte d'anabaptistes, fondée en Hollande au xvi" siècle 
par Menno Simonis. 

MENNONITE \mèn'\ n. m. Hist.relig. Disciple de Menno. 
1 On dit aussi mknnomstk. 

— Encycl. Les menuonites ne donnent le bapièmo 
qu'aux adultes, condamnent la guerre, le serment, la peine 



MÉNOBRANCUE — MENSONGÈREMENT 



de mort. On trouve encore dos mennonitcs en Hollande, 
on Allemagne, on Russie et aux Etats-Unis. 

MÉNOBRANCRC n. m. Genre de batraciens nrodùlos, voi- 
sin des protùes, et dont le vrai nomestnt'Cdirus.V.NECïfKE. 

MÉNODORE n. f. Genre d'oléacées jasminées, compro- 
naut des arbrisseaux à feuilles opposées, à fleurs en cymos, 
de l'Amôriquo orientale. 

MëNODORE, sculpteur atbénion du i" siècle, contem- 
porain de N'iTon. Son cbef-d'œuvro était un A'cos, trans- 
porto à Rome sous Néron, dtUruit dans un incendie, et 
dont il existait beaucoup do copies anti([iies. 

MÉNODORE, affranchi do Cneius Pompée. Il livra la 
Sardaigne ot la Corso (38 av. J.-C.) à Oclave, qui le nomma 
légat do la flotte, puis, doux ans après, passa do nouveau 
au parti do Pompée, pour revenir encore ù celui d'Octave. 
Il fut tué au siège de Siscia (35 av. J.-C). 

MENOIDIUM (md, di-om') n. m. Genre d'infusoires fla- 
gollatos, comprenant des animalcules qui vivent dans les 
eaux douces d'Kuropo. 

MÉNOLE [du gr. mainolés, furieux) adj. m. Mythol. gr. 
Epithcio de Dionysos. 

MÉNOLE n. f. Bâton garni d'une planche rondo et 
trouée servant à battre le beurre. 

MÉNOLOGE ifoj' — du gr. mênotogion : de mên, mênos, 
mois, et logos, discours, n. m. Cbronol. Calendrier, marty- 
rologe des chrétiens grecs. 

— Bibliogr. Traité sur les mois do l'année, chez les dif- 
férents peuples : Le ménologe de l'aOricius. 

MenOMBLET, comm. de la Vendée, arrond. et à 33 kil. 
de Funtenav-le-ConUe, au penchant d'un coteau incliné 
vers Ulière" affluent do la Sèvro Nantaise; 1.203 hab. 

MÉNOMÈNE n. m. Langue parlée par les Ménoménes. 

MÉNOMÈNES, MeNOMINEES ou MeNOMONEES, pe- 
tite nation poan-rou^'c, ri'iioinuiée pour sa beauté ot sou 
iiitelligence, ot à peu près civilisée. Le teint clair des 
Monomènos les a fait ijualiflor d'Indiens blancs. 

MenoMINEE ou MenOMONEE, rivière des Etats- 
Unis, séparant le Michigan (à gauche) du Wisconsin (à 
droite). Elle naît près de la rive méridionale du lac Supé- 
rieur, et se perd dans la baie Verte (lac Michigan), après 
un cours, coupé de cascades, de 280 kilomètres. 

MENON n. m. Peau do chèvre provenant du Levant et 
quo I on emploie pour la fabrication du maroquin. 

MENON n. m. Bouc drossé qui marche en avant des 
troupeaux transhumants do chèvres et de moutons, dans 
lo midi de la Franco. 

— Encycl. Les menons, choisis parmi les boucs los 
plus forts et les plus vigoureux, forment le premier rang 
de chaque troupeau. Ils portent à leur cou, pendue à un 
un largo et épais collier de cuir, une sonnaille très forte. 
Us sont dressés à diriger lo troupeau, ainsi qu'à ramener 
les bètes qui s'écartent. 

MÉNONVILLÉE {Il mil.) n. f. Genre do crucifères lépi- 
diéos, comprenant dos herbes du Pérou et du Chili. 

MÉNOPAUSE 'poz' — du gr. mân, mênos, mois, et pausis, 
cessation! n. f. Palhol, Cessation définitive des menstrues. 

— E.NiTCL. La mi'nopnuse a lieu le plus souvent do qua- 
rante-cinq ù cinquante ans. Cette disparition a lieu d'or- 
dinaire lentement. Lorsqu'elle est proche, on observe dos 
troubles dans la nature et les époques do la menstruation. 
On donne à cette période, qui peut durer quatre ou cinq ans, 
lo nom i'àge critwue à cause dos désordres, généralement 
peu graves, qui 1 accompagnent : troubles digestifs, pal- 
pitations, pesanteurs dans le ventre, élancements, dé- 
mangeaisons volvaires, bouffées de chaleur au visage, 
migraines, etc. Quelquefois, on observe aussi des douleurs, 
.les élancements vers l'utérus, de la pesanteur dans la 
région lombaire ; le pouls est fort, la femme se plaint do 
palpitations et d'étouffcments ; elle est dans certains cas 
atteinte d'hémorragies et en particulier d'hémorroïdes. 
Après la ménopause, la santé des femmes est souvent 
mieux équilibrée qu'avant cette période critique. 

MENOPHYLLUM (mi', lom') n. m. Genre d'anthozoaires 
zoanihaires, fossiles dans lo calcaire carbonifère de l'hé- 
misphère boréal. (On eu peut prendre comme exemple le 
menophyllum tenuiman/inatum, du calcaire carbonifère do 
Tournay, on Belgique.) 

MÉNOPOME n. m. Genro do batraciens urodèles, dont 
on connaît une espèce, propre aux Etats-Unis. (Lo mé- 
jtome géant [cri/idoliranchus Allcghanien- 
sis\ est une grande salamandre, longue 
lie 40 centimètres, brune ou verdâtre, à 
large této plate. Il vit dans les cours 
d'eau tributaires du Mississipi ot dans les 
torrents de la Caroline.) 

HÉNOPON n. m. Genre d'insoctos hé- 
miptères mallophages, parasites sur di- 
vers oiseaux. 

— Enctcl. Los ménopons sont dos phi- 
loptéridés très petits, allongés, avec la 
lôto élargie en arrière, les antennes cla- 
viformcs, l'abdomen en massue, les pattes 
larges ot courtes. L'espèce type du genro 
est le liottiée des coqs {menopon pallidnm), d'un jaune 
pâle, très commun sur les poules, dont il suée lo sang. 

MÉNORRAGIG !no-ra-jl — du pr. mên, mênos, mois, et 
rhèfjnunû, je fais irrujition) n. f. Klux excessif dos règles. 

— Encycl. On attribue les ménorraijies à diverses cau- 
ses : excitations génésiques de toutes sortes, exercices 
violents, chutes, émotions vives, etc. Lo plus souvent, la 
ménorragie vraiment pathologique est un symptôme d'uno 
maladie de l'utérus ou do ses annexes. Lo repos au lit ot 
les injections d'eau très chaude sont d'excellents palliatifs. 
Le tamponnement est un moyen inlldèle, parfois dange- 
reux, que l'on tend ù abandonner. Il imporlo surtout d'in- 
stituer le traitement de la cause. 

MÉNORRAGIQUE (no-Ta-jiK) adj. Méd. Qui a rapport à 
la ménorraL'ie ; /''/«.r ménorragique. 

MENORRHÉE n. f. Méd. Syn. de menstrdes. 

MéNORVAL Eugène DE La GotTBLA^E de), érudit et 
homme politique français, né ot mort 4 Paris (1829-1897). 





Menotte ; 1. De palonnier ; 
3. De camion. 




II fonda, à Paris, une école libre ot entreprit d'intéres- 
santes études sur l'histoire de la capitale. Conseiller mu- 
nicipal de Paris, il lit une ardente campagne en faveur du 
général Boulanger. En 188'.i, il échoua à la députation , 
donna sa démission de conseiller municipal et collabora 
à r « Eclair ». Eu 1891, il publia la Fronde, pamphlet po- 
litique hebdomadaire, qui disparut peu après. On lui doit ; 
J'aris depids ses orifiines jusqu'à nos jours (1889-1892); 
jMthnoirt's pour servir à l'histoire de î\apoléon 1" depuis 
ISOJ jiisijuu ISir, (1893); liourdaloue {\m). 

MÉNOSCÉLIDE [no-sé) n. f. Genre d'insectes coléoptères 
clavicornes, comprenant cinq ou six espèces de 1 Amé- 
rique centrale et méridionale. (Les ménoscélides sont dos 
cociinollos très convoxos, à pattes robustes et à tête large 
et courte, voisines des hyperaspis.) 

MÉNOSTASE [staz' — du gr. mên, mêuos , mois, et 
sUists, arrêt) n. f. Pathol. Rétention du flux menstruel. 

MenOT (Michel), prédicateur frani^ais, né vers 1410, 
mort à Paris en 1518. Il reçut de ses contemporains le 
surnom de Langue d'or. Cependant, les sermons qui 
nous sont parvenus sous son nom présentent, à côté do 
mouvomonts remarquables, un grand nombre do passages 
burlesques, inconvenants, écrits dans un jargon macaro- 
nique. Lo premier éditeur, Claude Chevallon ou Chevallier, 
déclare qu'il n'a eu sous les yeux que dos notes recueil- 
lies par los auditeurs. On est donc en droit do suspecter 
l'intégrité des Sermons publiés sous le nom do Menot. 
Voici les titres des recueils qui les contiennent : Sermons 
de Carême prononcés autrefois à Tours, en I50S (1519); 
Magnifique exposition des 
épïires des dimancties et des 
pries de Carême (1519); 
Œuvre d'or ou Evangiles de 
Carême prêches dans l'Aca- 
démie de Paris (1519). 

MENOTTE (rad. main) 
n.f. Fam. Petite main : Akî 
hrlles petites micnottes! pe- 
tits ongles bien faits! (^lo\.) 

— liot. Nom vulgaire de 
la clavaire à cause de sa 
ressemblance avec une pe- 
tite main. V. ci.avaire. 

— Carross. Sorte de demi- 
anneau en for, dont la partie non formée est traversée par 
un boulon à této et écrou que l'on emploie en carrosserie, 
soit comme intermédiaire 

entre la caisse et le pa- (^ Menottes de prisonnier, 
lonnior, soit comme par- 
tie du système de sus- 
pension des véhicules. 

— n. f. pi. Lien de fer 
ou do corde, avec lequel 
on attache ensemble les 
mains d'un prisonnier. 

Il Fig. Mettre des menottes à quelqu'un. Lui ôter toute 
liberté d'action. 

MENOTTER {no-tê) V. a. Attacher avec des menottes : 
Mkndttku un voleur. 

MenOTTI (Ciro), patriote italien, né à Modèno, exé- 
cuté en 1831. Affilié de bonne heure aux carbonari, il de- 
vint, après 1821, le chef des libéraux modérés. Après 1830, 
le duc de Modène, François IV, qui rêvait la couronne de 
l'Italie unifiée, s'était lié, par l'intermédiaire d'un assez 
énigmatiquo personnage, Henri Miley, avec Menotti. 
Mais, tandis que Menotti croyait pouvoir compter sur le 
duc, celui-ci so décidait à éto'uffer la conjuration et lo fai- 
sait arrêter avec ses compagnons (1831). Deux jours après, 
l'insurrection délivrait les prisonniers; mais François IV, 
rentré à Modène à la suite des Autrichiens, le lit condam- 
ner à mort ot exécuter. 

MenoU (Charles d'Aclnay de), sieur de Cuarnizat, 
colonisateur français, de la première moitié du xvii' s., 
mort en Acadie, dans la rivière de Port-Royal, en 1650. En 
1632, il accompagna son parent de Razilly, chargé de re- 
prendre la Nouvelle-France, s'empara de Penlagoct et re- 
poussa les Anglais jusqu'à Penhuilt. Après la mort do 
Razilly (1635), il devint l'agent d'uno société fondée cette 
même année pour coloniser l'Acadie et acquit, en 1G42, 
les droits des six membres de cette société. Il développa 
d'abord intelligemment l'entreprise, mais y perdit ensuite 
sa fortune personnoUo, ot mourut ruiné. 

MenOU (.Jacques-François, baron de), général et homme 
poliiii|ue français, né à Boussay-de-Loches (Indre-et- 
Loire) en 1750, mort à Venise en 1810. Engagé volontaire 
en 1770, colonel on 1788, député de la noblesse de 'l'ou- 
raino aux états de 1789, il se réunit au tiers et siégea à 
la gaucho. Général de brigade en 1792, il fut envoyé en 
Vondéo, 011 il se lit battre à Saumur par La Rochejaque- 
loiu. Il fut mis, en 1795, à la tête de l'armée do l'intérieur, 
puis il obtint, en 1798, le commandement de la 4* division 
de l'armée d'Egypte. Après l'assassinat de Kléber, il jirit 
lo commandement de l'armée. Il épousa une Egyptienne, 
embrassa l'islamisme et adopta lo prénom d'Abd-Allah. 
Brave soldat, mais incapable, d'ailleurs mal secondé, il 
fut battu par les Anglais à Canope et corné dans Alexan- 
drie, où il dut capituler. A son retour on France, il n'en 
fut pas moins nommé membre du 'l'ribunat (1802), gouver- 
nenr du Piémont peu de temps après, puis gouverneur 
général do la Toscane en 1808 et de Venise en 1809. 

MÉNOUF, villo d'Egypto (Basse-Egvpte), de la mou- 
dirièh do Ménoufièh,sur'le canal de Ménoufièh ; 19.726 hab. 
Ch.-l. d'un district. Commerce du riz, du blé et du coton. 
MÉNOUFIÈH, une des six moudirièhs do la Basse- 
Egypte, occn|iant la pointe du Delta outre los deux liran- 
clie's do llaniiottc et de Rosette ; 861.200 hab. Ch.-l. Cliibln 
et-Kom. Kilo so divise on cinq markaz ou districts. 

MENOUILLE (nou-ill \ll mil.] — altérat.du vx franc, 
mounoif) n. f. Pop. Argent : Le samedi, quand on déballe 
la MESouiLr,K de la paye. (Denis Poulet.) 

Mens (miins.t) ch.-I. de cant. de l'Isère, arrond. ot à 
4! kilom. lie Grenoble, sur un sous-affluent do l'Isère par 
le Drac; 1.706 hab. Ch.de f. P.-L.-M. Toiles. — Lo canton 
a 11 connu, et 5.511 hab. 

MensA, petit pavs d'Ethiopie, sur la frontière septen- 
trionale de lErythrce italienne, entre lo Sambar à l'E. et 



22 

lo Barca à \'0. Il doit son nom à la tribu à demi nomade 
des Mensas, qui le peuplent. Ces Monsas vivent sous la 
tente, mais so livrent, nL'anmoins, à l'agriculture. 

MENS AGITAT MOLEM {L'esprit meut la 7nasse), com- 
nioncement d iiu vers do Virj^ilo [Enéide, liv. VI, v. 727). 
Kuée, descendu aux champs Klyséos, domando à l'ombre 
do son père s'il est vrai (juo quelques âmes retoarncront 
sur la lorre animer des corps mai(5riels. Anchise rôpond 
d'abord par uno explination panthéiste et stoïcionno du 
monde. Un môme principe, souffle, esprit, fou subtil, anime 
le ciel, la terre, les eaux, les astros, les ôiros vivants : 
L'esprit meut la mas;e et se mêle à ce vaste organisme ■■ 
Mons agitât molera, et ma'jno se corpore mvscet.. . 

Cette expression s'omploio parfois plaisamment, pour 
lit-signer tout ce qui marque l'empire do la pensée, de 
rinlolligcnce sur la matière. 

MENSAIRE {man-srr' — du lat. mensarius; do mensa, 
t;il)l"') n. m. Antiq. rom. Nom donnô à dos magistrats 
romains , sortes do baiHjuiers qui , dans los moments 
do grande misère puldiquo, étaient institués par l'Ktat 
pour prêter do l'argent aux débiteurs capables ae fournir 
un ga<>:e. 

— Encycl. Los mensaires furent créés pour la première 
fois en 352 av. J.-C, époque où les débiteurs insolvables 
en étaient réduits à emprunter à des taux usurairos. Outre 
ces mcnsaires temporaires, il semble qu'il y ait eu des 
magistrats d'ordre inférieur, désignés par la mômo appel- 
lation, et qui recevaient en dépôtrargent des pariiculiors. 
Ils étaient aussi chargés du contrôle et du change des 
monnaies étrangères. Enfln, il y cul, dès le temps de la 
république, des magistrats du m^me nom, chargés d'ad- 
ministrer los rinances do certaines villes de province. 

MCNSALC iman) n. f. Chirom. Ligne qui traverse lo 
milieu de la paume do la main. 

MENSALE (min — du lat. mensalis ; do menais, mois) 
adj. f. Mythol. rom. Surnom do Junon présidant aux paye- 
ments qui se faisaient au jour des calendes. 

MENS DIVINIOR {le snuffle divin), mots d'Horace (li- 
vre l'^ sai. IV, V 43j. Horace so met modestement en 
dehors de ceux auxquels il concède lo titre de poètes : il 
ne suffit pas, pour être poète, de savoir construire un vers, 
il faut encore avoir le mens divinior, l'inspiration divine, 
ou, comme dira Boileau, « du ciel l'influence secrète ». 

MensdORFF-POUILLY (Alexandre, comte)., homme 
d'Etat autrichien, ne à Cobourg en 1813, mort en Bohème 
en 1871. Il était issu d une famille lorraine, qui roeut la 
dignité comtale en Autriche, en 1818. H entra en 1829 dans 
l'armée, combattit en 1818-1849 en Italie et en Hongrie, 
et devint général en 1850. Commissaire autrichien dans 
le Slosvig-Holstein (1851), ambassadeur à Saint-Péters- 
bourg (1852). Gouverneur général do la Oalicie pendant 
lo soulèvement de la Pologne (1863), il remplaça, aux 
affaires étrangères, en 1861, le comte Rechberg, et quitta 
lo ministère en novembre 1866, après avoir en vain es- 
sayé d'apaiser le conflit de la Russie et de l'Autriche. 

MENSE {manss — du lat. mensa, table) n. f. Table où l'on 
mange. (Vx.) il Fig. : La mknse de la nature. (But!'.) 

— Dr. can. Revenu ecclésiastique : Mense abbatiale. 
Mknse épiscopale. Mense conventuelle. Il Mense commune, 
Revenu commun à un abbé et à ses religieux. 

MeNSIGNAC {man), comm. de la Dorilogne, arrond. et 
à IG kilom. de Périgucux. sur deux collines séparant l'Isl© 
de son affluent la Dronne; 970 hab. Ch. de f. Orléans. 

MENSOLE (man — ital. mensola ; do mense, table) n. f. 
Archéul. Ancien nom de la clef de voàte. V. voûte. 

MENSONGE (man-sonj' — du bas lat. mentitionica; de 
meutiri, mentir) n. f. jusqu'au xvi" s., auj. m. Action 
ou habitude d'altérer la vérité : Le mensonge est une dé- 
(fradation du caracfé»'e.(Maquet.) Il Assertion sciemment 
"contraire à la vérité : fout menso.nge répété devient une 
vérité. (Chateaubr.) 

— Par ext. Erreur, illusion : Telle chose est une réalité 
pour In jeunesse et un MENSONGEpoi/r la vieillesse. (lioitard. 

— Fausseté, chose pleine de fourberie : La perfidie est 
un MENSONGE dc toute la personne. (Do Bruix.) 

— Relig. Pire du mensonge, Esprit de mensonge, Démen. 

— Thôol. Mensonge joyeuT, Mensonge fait par plaisan- 
terie ou amusement, ii Mensonge officieux. Mensonge qu'on 
fait pour être agréable à quelqu'un ou utile A soi-même. Il 
Mensonge pernicieux, Celui qu'on fait dans le dessein do 
nuire. 

— Piîov. : Tous songea sont mensonges, Il ne faut pas 
attacher de signilioation aux rêves. 

— Syn. Mensonge, menterie. Mensonge appartient à 
tous les styles ; menterie n'est que du stylo familier. Aussi, 
lo premier seul s'cmploio-tdl au liguré. 

— Anton. Franchise, véracité, vérité. 

Mensonge (cuamp du). V. champ. 

Mensonges, roman de Paul Bourpet(l887). — Suzanne 
Moraines a un mari qui l'aime naivoment; elle a aussi, 
dans lo baron Dcsforges, un amant quinquagénaire, qui 
payo son luxe avec discrétion. Un hasard lui tait connaîiri 
René Vincv, jf^unc poèto très ingénu, (pii s'éprend d'oll.- 
sur le coup. Elle-même goûte fort René : elle se fait 
passer aux veux du jeune homme, grâce à son profil do 
Madone, pour la plus chaste des femmes, et, après une 
résistance savamment encourageante, finit par succomber, 
La liaison dure quelnues mois. Par des prodiges d'habi- 
leté, Suzanne la cache au baron Desforges, et, d'autro 
part, René reste persuadé quo sa maitresso est nn'ango 
de jinroté. Mais, enfin, le gentil poète finit par tout dé- 
couvrir. Il propose il sa maîtresse de s'enfuir avec lui. 
Naturellement, elle refuse. Alors, il se tire un coup do 
pistolet dans la poitrine, ot, quoiqu'il doivo en réchapper, 
c'est sur cette tentative do suicide quo so termine lo livre. 

— Mensonges renferme des parties remarquables d'ana- 
lyse psychologique. Si René vincy n'est qu'un assez piètre 
j'euno premier, Suzanne, «ne mondaine qui no se dislmguo 
"pas assez du type général, il y a dans lo livre un person- 
nage vraiment vivant, le baron Dcsforges. 

MENSONGER (man.jé), ÈRE [rad. mensonge] adj. Faux, 
trumpeur: Uj{ discours mensonger. Il Qui repose sur uno 
fiction : t.'ne histoire mensongî-ibe. 

MENSONGÈREMENT fmnn. jé) adv. D'une façon mcû- 
songèro : Arranger MENSONtiicBEMENT un récit. 



I 



23 

MENS SANA IN CORPORE SANO (Vn esprit sain dans 
un corps sain], iin «l'un vors de Juvénal (sat. X, v. 356) 
qui conseille (to ileniaiidcr aux dieux, comme seule la- 
veur, un esprit sain dans un corps sain. Ces mots sont pris 
souvent corame maxime ou comme devise par ceux qui 
voient avec raison dans la bonne santé du corps une con- 
dition favorahio do la santé de l'esprit. 

MENSTRUATION {inanss, si-on) n. f. Physiol. Fonction 
physioloeiquo, consistant dans le flux régulier des mens- 
trues. Il Quclqnof'. Syn. do MRNSTitciiS. 

— Encycl. La menstruation comprend : 1« la période 
d'établissement, qui correspond sensiblement avec la pu- 
berté ; 20 la période d'état, qui correspond à la vie pcni- 
tale do la femme ; :(" la période de cessation ou mcnonauso. 

La période menstruelle ou intervalle entre le début do 
deux menstrues consécutives varie, suivant les femmes, 
de vingt-cinq à trente jours environ ; elle est même variable 
chez une mémo fomnio. 

On admet, malgré quelques circonstances difncilos à 
expliquer, que la menstruation est sous la dépendance do 
l'ovulation, et lui est consécutive. Les femmes ne sont or- 
dinairement fécondes que quand elles sont réglées : et 
elles le sont beaucoup plus tôt (dix ou q^ualorze ans) dans 
les pays chauds que dans les pays froids, où les règles 
n'apparaissent souvent qu'à seize ou dix-huit ans. 

Les menstrues sont presque toujours suspendues pen- 
dant la grossesse et ordinairement pendant Vallaitement. 
Chez la mère qui n'est pas nourrice, elles réapparaissent 
au bout do dix semaines environ {retour do couches). En 
dehors do ces cas, l'absence do règles ou aménorrhée est 
l'indice d'un état morbide. 

Chez certaines femmes, on voit, soit constamment, soit 
accidentellement, des hémorragies périodiques (bémur- 
roïdales, buci^ales, pulmonaires, stomacales, intestinales) 
compléler ou mémo suppléer l'écoulement cataménial. 
C'est ce que l'on a désigné sous le nom de rèylcs déviées, 
d'iiémorrai/ics cotnplémentaires. 

Los menstrues no sont pas absolument propres à l'espèce 
humaine. On les voit se produire chez quelques femelles 
de singes, et faire complètement défaut chez les femmes 
indigènes do certaines contrées sauvages. V. menstrce. 

MCNSTRUC {manss-li'â — du lat. menstruus, mensuel) 
n. m. Chim. Liquide servant à dissoudre les corps solides : 
L'eau régale est le Mf-:NSTRUE de l'or. [Peu us.) 

— Alchim. Menstrne blanchi, Menstrue puant, Menstrue 
essentiel, Menatrue des philoaophes, Mercure des sages. 

Il Menstrue reflétai. Eau ardente sept fois rectifiée. 

— n. f. pi. l^hysiol. Flux périodique de liquide sanglant 
chez la femme, dont la période est environ un mois, ii Lo 
liquide lui-môme : Avoir ses menstrues, il Quelquefois 
au sing, : 

La f*^mTnc à, Loth, quoique sel devenue, 
£st femme encor, car elle a sa menstrue. 

Voltaire. 

— Encycl. Les menstrues sont constituées par du sérum 
sanguin venant de l'utérus, contenant des globules blancs 
et rouges et des sécrétions muqueuses avec dos débris 
d'épithéïium. Pauvres en globules rouges et peu colorées 
au début et à la lin, elles sont, à la période d'état, formées 
de sang presque pur. La quantité moyenne de sang qui 
s'écoule est de I50 à 200 grammes. Variable avec les su- 
jets, elle est faible chez les femmes grasses ou anémiques. 

Le flux menstruel est le plus souvent précédé et accom- 
pagné, surtout au début, d'une sensation de pesanteur et 
quelquefois d'une véritable douleur. Certaines substances 
comme l'armoiso, l'absinthe, la sabine, la rue, lo persil 
(dont on extrait l'apiol) passent pour favoriser la régu- 
larité de l'écoulomout menstruel. V. menstruation. 

— Stn. Règles, ménorrhée, Qux cataménial, mois, 
époques. 

MENSTRUE, ÉE (ma7iss) adj. Dont les menstrues sont 
établies ; t'cmme menstruéc. 

MENSTRUEL, ELLE [manss-tru-èl') adj. PhysioL Qui a 
rapport aux menstrues : Sang menstruel, il Flux men- 
struel. Les menstrues. 

— Linguist. Fig. et par dénigrement dans le sens de 
MENSUKL : Il ij a plus de six ans Çueje ne lis point les sot- 
tises MENSTRUKLLiiS du Garasse de Trévoux. (D'Alemb.) 

MENSUALITÉ (man) n. f. Qualité de ce qui est mensuel. 
Il Somme payée monsuellcment. 

MENSUEL, ELLE {man-su-èl' — du lat. mensualis, même 
sens) adj. Qui a lieu tous les mois, qui se fait une fois 
chaque mois : Publication mensuelle. 

MENSUELLEMENT [man-su-è-le] adv. Une fois chaque 
mois. 

MENSURABILITÉ {man — rad. mensurabîe) n. f. Qualité 
de ce qui peut être mesuré : La mensurabilite d'utie 
grandeur. 

MENSURABLE {man — lat. mensurabilis) adj. Qui est 
susceptible détro mesuré : Etendue mensurable. 

MENSURATEUR {man — rad. 7nensu7'ation) n. m. Celui 
qui mesure; ubjet servant à mesurer. (Peu us.) 

MENSURATION {man, si-on — lat. mensuratio; de tnen- 
surare, mesurer) n. f. Moyeu d'investigation employé en 
médecine et en anthropologie, pour déterminer certaines 
dimensions ou lo lieu de certains points anatomiques. 

— Encycl. l" Médecine. Los principales mensui-ations 
usitées en médecine sont ; 

a) La taille, que l'on mesure à l'aide de la toise. {L'an- 
dromètre est une variété de toise, qui permet de prendre 
simultanément d'autres mesures, corame la largeur du 
corps au niveau des épaules, du bassin, etc.) ; 

b) Le périmètre thoracique, que l'on prend à l'aide du 
cyrton-.ctre ou, plus simplement, à l'aide d'un mètre souple 
et inextensible; 

c) Le bassin, dont on mesure principalement le diamètre 
antéro-postérieur (AP) à l'aide du pelvimètre ou de li7itro- 
pelvimètre. 

d) Lo creur, et spécialement la projection de l'aire du 
cœur obtenue par le radioscope. 

e) La surface du corps, que 1 on obtient, soit directement, 
à l'aide du procédé des lames souples de Bergonié ou du 
bain d'air du D"" D'Arsonval, méthodes exactes, mais lon- 
gues; soit empiriquement, à laide des formules de Meeh 

(l2,3 VF') ou de Bouchard ( 3.544 v/^ Y P désignant le 

poids et H la hauteur (taille). 



Z" Anthropologie. En anthropologie, il y a un très grand 
nombre do mensurations, dont les principales sont : les in- 
dices céphalique, nasal, orbitaire; les diamètres iniaque, 
temporal, bizygomatique ; les courbes iniofrontato, bi- 
auriculaire; les diverses mesures du squelette ; la lon- 
gueur comparée des membres, du thorax, du bassin, de la 
taille, etc. Ces mensurations se pratiquent à l'aido do 
compas d'épaisseur ou à glissière, d'étjjuerres verticales 
ou à coulisse, de planchettes ostéométriques, etc. 

Les mensurations judiciaires servent à établir le si- 
gnalement des prévenus et à permettre la reconnaissance 
des repris do justice; elles constituent proprement Van- 
thrupumc/rie. V. ce mot. 

MENTAGRE {man — du lat. mentum, menton, et du gr. 
ayra, prise) n. f. FoUicuHte pileuse, localisée au menton. 

— Knoycl. La mentagre est une forme du sgcosis, li- 
mitée au menton ou aux parties tout à fait voisines, 
et caractérisée par des papules superficielles ou des pro- 
ductions inflammatoires, douloureuses, traversées par un 
poil, qui peuvent suppurer et laisser des cicatrices. La 
maladie, très tenace, paraît duo au trichophyton tonsurans. 
Le traitement consiste d'abord en une épilation soigneuse 
et répétée, puis en applications de pommades ou de lo- 
tions antise[)tiques. 

MENTAGROPHYTE {man — de mentagre, et du gr. phu- 
ton, plante) n. m. Parasite auquel serait due ta mentagre, 
désignée sous le nom do trichophyton tonsurans. 

MENTAL, ALE, AUX 'man — lat. mentalis, même sons) 
adj. Qui a rapport à l'esprit, à l'entendement : Les opéra- 
tions MENTALES. Il Qui so passo exclusivement dans l'esprit, 
dans l'entendement : Oraison mentale. 

— liestriction mentale. V. restriction. 

MENTAL, ALE, AUX {man — du lat. mentum, menton) 
adj. Anat. So dit de 1 angle formé par la réunion des deux 
branches de la mandibule, chez les oiseaux: Angle mental. 

MENTALEMENT {man) adv. Sans parler, par uno simple 
opération de l'esprit ; Prier Dieu mentalement. 

MENTALITÉ {man — rad. mental [lat. mentalis]) n. f. 
Etal d'esprit. 

Mentana \min), comm. d'Italie fprov. deRome), entre 
des affluents de gauche du Tibre ; 929 hab. Le 3 novembre 
1SG7, l'armée franco-pontificale du général de Failly. y 
livra un combat aux volontaires garibaldiens, qui durent 
battre en retraite après un combat de quatre heures. 
C'est dans cette atfaire que les Français se servirent 
pour la première fois du fusil Chassepot. Le général de 
Failly adressa au gouvernement une dépêche qui se ter- 
minait par ces mots restés célèbres : « Nos fusils Chas- 
sepot ont fait merveille. « Ils avaient, en effet, mis hors 
de combat ï.200 garibaldiens; les pertes des Français 
étaient insignifiantes. 

Mentana [mm] (médaille de), décernée par le pape aux 
militaires du corps expéditionnaire 
français ayant pris part aux événe- 
ments survenus dans les Etats pon- 
tificaux en 1867. Elle a la forme dune 
croix latine à branches égales et 
d'une hauteur de 40 millimètres. La 
face porte, au centre, une tiare sur- 
montant deux clefs; autour de ce 
trophée, on lit les mots : Fidei et 
Virtuli (A la foi et au courage i; sur 
la branche supérieure se trouvent 
les initiales P. P., sur les bran- 
ches horizontales le nom Pius IX, 
et sur la branche inférieure la date 
de fStj7. Le revers figure une croix 
entourée de lauriers avec l'inscrip- Médaille de Mentana. 
lion : Bine Victoria. La médaille est 
suspendue à un ruban blanc moiré à deux raies bleu clair. 

MentcHIKOF (Alexandre Danilovitch, prince), homme 
d'Etat russe, né à Moscou en 1672, mort en Sibérie en 1729. 
Fils d'un pâtissier, il fut camarade de jeux de Pierre le 
Grand, qui le nomma sergent dans la garde Préobra- 
jenski; en 1696, il fit la campagne d'Azof et accompagna 
ensuite le tsar en Hollande 
et en .Angleterre. Il se signala 
pendant la guerre du Nord : 
la prise de'Schiiisselbourg, 
en 1702, lui valut le comman- 
dement de la ville. L'empe- 
reur Léopold I*"^ nomma Ment- 
chikof comte du Saint-Em- 
pire, et Pierre le Grand lui 
accorda le titre de prince 
après la bataille de Kalisck 
(1706\ où il avait défait les 
Suédois. En 170'.», Mentchikof 
détruisit en grande partie 
l'armée suédoise à PoUava 
et reçut lo bâton do maré- 
chal. En 1710, il prit Riga; 
en 1711, il occupa la Cour- 
lande ; en 1712, la Poméra- 
nie; en 1713, il prit Stet- 
tin. Gouverneur général de 
Saint-Pétersbourg, il se li- 
vra à de telles malversations 
que le tsar le fit mettre en jugement; mais la faveur de 
Catherine le sauva. A la mort de Pierre le Grand (1725), 
il aida Catherine à monter sur le trône et, tant que vécut 
la tsarine, il gouverna en réalité la Russie, accroissant 
considérablement sa fortune et devenant possesseur de 
plus de cent mille serfs. Il fiança Pierre II, qu'il avait 
lait désigner comme successeur au trône, avec sa fille ; 
mais, peu après l'avènement de Pierre H, ses ennemis ob- 
tinrent du nouveau tsar un ukase qui exilait Mentchikof 
et sa famille en Sibérie, et le dépouillait do tous ses biens. 
Il supporta avec fermeté sa disgrâce et mourut en exil. 

Mentchikof (Alexandre-Sergevitch, prince), amiral 
et liomme d'Etat russe, né et mort à Saint-Pétersbourg 
(1787-1S69). Aide de camp d'Alexandre I" (1812), il fut 
rapidement promu général. Sous Nicolas I", il remplit 
auprès du chah de Perse une mission pendant laquelle 
il faillit rester prisonnier de ce prince. Après avoir pris 
avec uno division la ville d'Anapa (1S2S), il reçut le com- 
mandement en chef d'une armée contre la Turquie, fut 






Mentchikof. 




/ 



Mentchikof. 



MENS SANA — MENTEUR 

blessé devant Varna, puis fut successivement nommé vice- 
amiral, chef d'état-major général de la marine, gouver- 
neur de Finlande (1831) et mi- 
nistre do la marine [1836). Lors- 
que, en 1853, la question des 
Lieux saints amena un conflit 
entre la Porto et la Russie, 
Mentchikof fut envoyé comme 
ambassadeur à Constantinoplo 
et, par sa brusquerie, contribua 
à amener uno ruuturo défini- 
tive. 11 quitta Drusi^ucment 
cette ville le 21 mai, après 
avoir signifié à la Porte un 
ultimatum arrogant. Nommé, 
au début de la guerre, gouver- 
neur do Crimée, il contribua à 
l'anéantissement d'une partie 
do la flotte turque à Sinope; 
mais bientôt il fut battu à 
l'Aima par les armées alliées, 
se replia sur Sébastopol, subit 
un nouvel échec à Inkcrmann, 
tomba malade et se démit de 
son commandement (mars 1855). En décembre, il fut chargé 
de la défense de Cronstadt, puis il retourna à Saint-Péters- 
bourg (1856) et ne fît plus parler de lui. Il passait pour te 
chef du vieux parti russe opposé à tome réforme. 

mente [mant') n. f. Espèce do tissu de laine. [Mente est 
une vieille expression des drapiers de Champagne, dési- 
gnant toute couverture de laine fabriquée avec les sortes 

communes.] 

MentÉCHÉ (anciennem. Myndus), ville et port de la 
Turquie d Asie, sur le golfe d'Assem-Kalasi; chef-lieu 
d'un sandjak peuplé de 14.200 hab. 

Mentel ou Mentelin (Jan), le plus ancien impri- 
meur do Strasbourg, né à Schlestadt vers MIO, mort à 
Strasbourg en 1178. On croit qu'il fut initié à l'art typo- 
graphique par Gutenberg lui-mémo. Il était enlumineur 
ou écrivain en or à Strasbourg en U17, et il fut admis, 
cette même année, dans la corporation des peintres do 
cette ville, où il établit un atelier typographique en U58. 
Son œuvre capitale est la coUectiOD des Èpecula de Vin- 
cent de Beauvais (1473). 

MentellE (Edme), géographe et historien français, 
né et mort à Paris (1730-1815). II devint, en 1700, profes- 
seur de géographie et d'histoire à l'Ecole militaire; puis, 
après la suppression de cet établissement en 1792, il 
ouvrit des cours particuliers et fut successivement pro- 
fesseur de géographie à l'Ecole centrale et, en 1794, à 
l'Ecole normale ; enfin, il devint membre do l'Institut dès 
la création de ce corps. Ses nombreux ouvrages, aujour- 
d'hui sans intérêt, ont contribué à répandre en France lo 
goût des études géographiques. 

MenTEUX ( François-Simon ), ingénieur -géo graphe 
français, frère du précédent, né à Paris en 1731, mort à 
Cayeone en 1799. 11 travailla d'abord, sous la direction de 
Cassini, à la célèbre carte de la Franco entreprise par 
cet astronome, puis, en 1763, passa à la Guyane, et, après 
la désastreuse issue do la tentative de colonisation sur 
les bords du Kourou, fut chargé à Cayenne de l'organisa- 
tion d'un service sanitaire et de la voirie. En même temps, 
il entreprenait d'utiles opérations çéodésiqucs, et formait 
un dépôt de documents géographiques dont Malouet te 
nomma conservateur (1777). Demeuré pendant la Révolu- 
tion dans la colonie, il s'efforça, en 1798, d'adoucir le sort 
des déportés du 18-Fructidor. 

MENTERIE (nian, rî — rad. mentir) n. f. Mcnsoogo. 

— Stn. Menterie, mensonge. V. mensonge. 

MENTEUR, EUSE [man) adj. Qui ment, qui a l'habitadd 
de mentir : L'homme est néMENTKUR. (La Bruy.) 

— Qui n'est pas ce qu'il paraît être ; qui n'est pas conforme 
à la vérité : Lne apparence menteuse. 

— Fam. Etre menteur comme un laquais, comme un arra- 
cheur de dents, comme une épitre dédicatoire, Mentireffron- 
tément; mentir très fréquemment. 

— n. Personne qui ment, qui a l'habitude do mentir : 
La langue du muet vaut mieux que celle du menteur. (Max. 
orient.) 

— n. m. Logiq. Argument célèbre parmi les sophistes 
grecs. 

— n. f. Arg. Langue, it Affiche. 

— Prov. : H faut qu'un menteur ait bonne mémoire, Les 
affirmations d'un menteur étant fantaisistes, il est exposé 
ù. so contredire si ses souvenirs le servent mal. i On at- 
trape plus vite un menteur qu'un voleur, Il est aisé de 
confondre celui qui a l'habitude de mentir. 

— Stn. Craqueur, fanfaron, etc. V. cb.\<jlecr. 

— Anton. Franc; vrai, véridique, exact. 

— Enctcl. Logiq. ArQument du menteur. Ce sophisme, 
qui vient de Zenon d'Elée, a été conservé par Cicéron 
{Académiques) sous la forme suivante : « Si tu dis que tu 
mens et si tu dis vrai, tu mens; mais tu dis que tu mens 
et tu dis vrai, tu mens donc. Mais si tu mens, tu ne dis 
donc pas vrai ; il n'est donc pas vrai oue tu mentes. • 
L'antiquité avait mis ce sophisme sons le nom d'Epimé- 
nide le Cretois. Quelques mots suffisent pour le résoudre, 
La conséquence naturelle de l'argumentation serait 

?;U'une même proposition peut être à la fois vraie et 
ausse; conséquence absurde en soi, mais qui peut être 
ici regardée comme vraie, en ce sens que la proposition 
je mens, employée isolément, est absolument dépourvue 
de sens. <- Quant à l'usage qu'on devait faire d'un pareil ar- 
gument, dit Renouvier, nous croyons qu'il consistait à mon- 
trer les difficultés attachées à certaines relations dans 
une école qui les niait toutes, et à soulever d'inextricables 
querelles sur la nature de la vérité et du mensonge, » 

Menteur (le), comédie en cinq actes et en vers, de 
P. Corneille, jouée au théâtre du Marais dans l'hiver de 
1643-1644. — Dorante, jeune étudiant frais débarqué do 
Poitiers à Paris, rencontre Clarice et Lucrèce aux Tui- 
leries et pense les éblouir par le récit tout imaginaire 
de ses campagnes en Allemagne, Il s'attire un duel avec 
son ami Alcippe pour s'être vanté gratuitement d'être 
l'auteur d'une galante collation donnée sur l'eau. Pour 
détourner son père Géronte de le marier, il invente l'his- 
toire romanesque d'un mariage qu'il a été forcé de con- 
clure à Poitiers. Une série de quiproquos naît de ce fait 




MENTEUR — MENTONNIÈRE 

qno Dorante, qui aimo Clarice, cruit que c'est elle qui 
s'appelle Lucrèce. A son père qui, dans une belle scène 
(acte V, V. 'J,, lui reproche ses mensonges indignes d'un 
gffntilhomme, il annonce qu'il veut épouser Lucrèce. Et 
c'est il Clarice qu'il adresse sa déclaration. Il se tire spi- 
rituellement do cotte méprise, et les choses s' arrangent 
d'aut.int mieux qu'i la fin, il se sent plus de gofit pour la 
vraio Lucrèce, que celle-ci le paye de retour, et que Clarice 
est engagée avec .Alcippo. Cette pièce, imitée de la Verdad 
aospecTiom (la Vérité suspecte) d Alarcon (1025] (et non do 
Lope de Voga comme lo croyait Corneille), est une comé- 
die A quiproquos, mais aussi une comédie do caractère : 
les situations comiques résultent du défaut du personnage 
principal, qui, d'ailleurs, est moins un menteur qu un hâ- 
bleur. Ce qui lit du Meilleur quelque chose de tout nou- 
veau dans 1 histoire de la comédie en France, c'est lo plai- 
sant, un air de noblesse inconnu jusquc-li sur la scène 
comique, et aussi la franchise honnête, lo naturel et la 
vivacité de l'intriguo et du dialogue. Quelques vers sont 
devenus proverbes ; 

La façoa .le donner vaut mieux que ce qu'on donne. 

Si quelqu'un l'entend mieux, je l'irai dire b. Rume. 
Goldoni a imité le Menteur dans son Duijiardo (1750). 
Menteur (l\ Suitk du), comédie en cinq actes et en 
vers, (le P. Cornoille, jouée au Marais vers 1614-10-15. — Au 
lieu dépenser Lucrèce, Dorante s'est enfui en Italie avec 
la dot. Mais, depuis deux ans, il s'est corrigé do ses 
défauts, et, s'il lui arrive encore de ne pas dire la vérité, 
ce sera par délicatesse et par point d'honnour. Dorante, 
revenant d'Italie, est arrêté à Lvon et emprisonné pour 
un duel auquel il n'a pas pris part. U connaît le vrai cou- 
pable, Cloandre, mais sa générosité l'empêche do lo nom- 
mer. La sœur do Cléandre, Mélisse, touchée de sa belle 
conduite, lui envoie par sa suivante Lyse do l'or et des 
confitures, et va le voir dans sa prison. Délivré par 1 in- 
tercession de son ami Philiste, il découvre bientôt que son 
bienfaiteur est son rival. 11 veut renoncer à sa maltresse; 
mais, luttant de générosité avec lui, Philiste lui aban- 
donne l'amour do Mélisse. Cette comédie imitée de Amar 
sine saber à tjiiien (Aimer sans savoir qui), de Lope do Voga, 
est plus romanesque et moius comique que le Menleur. 
Elle renferme un passage assez connu sur la sympatliio ou 
la prédestination on amour. Andrieux a remanié coite co- 
médie (Théâtre-Français, oct. isosi; A. Charlemagoo a 
écrit: 'es Dcscenitiints du Menteur (1805). 
MENTEUSEMENT {man) adv. D'une manière menteuse. 
MENTÉVISME [mnn, vissm' — du lat. mens, mentis, 
esprit) n. f. Spirit. Phénomène qui consisterait dans la 
transmission de pensée opérée sur un médium, sorte de 
suggestion que les spirites attribuent au pouvoir spirituel. 
MENTHASTRE iman-tasstr') n. m. Menthe sauvage, à 
feuilles rondes [mentlia sijlvestris). 
UENTBE {manf — lat. ment/m; 
et. minthaj n. f. Bot. Genre de la- 
biées. 

— E>'CTcL. Les menthes sont des 
herbes odorantes, à feuilles oppo- 
sées, à fleurs roses, violacées ou 
blanches, dont les glomérulos sont 
disposés ou épis, parfois entremêlés 
do feuilles végétatives. On en connaît 
environ vingt-cinq espèces, dos ré- 
gions tempérées du globe. La menthe 
à feuilles rondos {mentlia rutundifo- 
lia), la menthe aquatique {mentlia 
amiatica), la menthe sauvage (meii- 
tha stiheslris), la menthe pouliot 
{mentna puleijium) et la menthe dos 
champs (mentlia arvensis), sont parmi 
les plus communes. La menthe poi- 
vrée {mentlia piperita) est cultivée 
en erand en Angleterre etaux Etats- 
Unis; on en retire une essence de 
menllie, qui se retrouve, d'ailleurs, 
dans toutes les espèces, et do la- 
quelle on peut extraire un camphre 
cristallisablc, lo menthol, utilisé pour 
aromatiser des pastilles, des liqueurs, etc. Les menthes 
sont carminatives et stomachiques : on les prescrit on in- 
fusions thoiformes dans certains cas do dyspepsie et dans 
la cholérine. 

MENTHE-COQ n. f. Bot. Nom vulgaire des balsamites. 
(PI. Des mi:nthi:s-coq.) n On l'appelle aussi menthe i bou- 
quets ou MENTHE GUECQUE. V. UALSAMITE. 

MENTHÉNE i^man) n. m. Chim. Hydrocarbure extrait do 
l'essence di- menthe. 

— Encvcl. Lo menlhhie est un carbure aromatique 
ayant pour formule C'°H", qu'on obtient en traitant le 
mentliol {\. ce mot), par un déshydratant i P'O' ou Zn CI"). 

Le menthol C'"1I"'0, fondu dansune cornue tubuléc, re- 
çoit peu à peu de l'anhydride phosphorique P'O' ; puis 
on distille. On obtient un liquide incolore, d'odeur agréa- 
ble, bouillant i 1G7», insoluble dans l'eau, mais soluble 
dans l'alcool, l'éthor et l'essence de térébenthine. 

Le groupement C'°H", que l'on retrouve dans le men- 
thol écrit sous la forme[C">H") (OH), traverse sans alté- 
ration un grand nombre" de réactions dans lesquelles in- 
tervient lo menthol; on lui a donné, suivant un usage 
général en chimie organique, un nom particulier, »icn//iv/e ; 
par suite de cette dénomination, lo menthol, son étlier 
chlorhvdriquo et le mentliène deviennent respectivement 
Vliydràle, le chlorure de jncnthi/le et le mcnlhijlène. 

MENTHO'lDÉ, ÉE (man) adi. Qui ressemble à la menthe. 

— n. f. pi. Bot. Tribu do la famille dos labiées, ayant 
pour type lo genre menthe. — L'nc mentuoïdée. 

MENTHOL (Mnin)n. m. Alcool-idiénol, extrait de l'es- 
sence de menthe par congélation avec un mélange réfri- 
gérant : l'essence du Japon en renferme une forte propor- 
tion. 

— Encvcl. Le menthol est solide, cristallisé en gros 
prismes transparents, d'odeur vive et agréable do menthe, 
do saveur acre et brillante, très peu solublos dans l'eau, 
très solubles dans : alcool, étlier, chloroforme, huiles, 
essences, assez solubles dans la vaseline, fondant à 3T, 
tnuillant vers 208% lévogyrcs. Ces prismes sont solubles 
dans les acides chlorhydrique, nitrique, formique et acé- 
tique. H est emplové à l'intérieur co.itre les l'ermenta- 
tions anormales de l'estomac (dose 0,05 â 0,10 on élixir ou 



Menthe : a. fleur 
grossie. 



en pilulesl; à l'extérieur, dissous dans l'éthor et le chlo- 
roforme, c'est un excellent antinévralgique. On l'emploie 
aussi en pommades, liniments huileux; en le coulant dans 
des moules après fusion, on en fait des crayons très em- 
ployés contre la migraine. 

MenthON, comm. do la Haute-Savoie, arrond. et à 
G kilom. d'Annecy, sur le lac d'Annecy; 588 liab. Station 
d'été fréquentée ; source froide sulfureuse. Ruines de bains 
romains. Château des xii" et xvii' siècles. 

MenthONNEX-SOUS-CLERMONT, comm. delà Haute- 
Saviiic. arrond. et â 35 Icilom. do Saiiit-Julion, sur la Pe- 
tiic Morgo ; 952 hab. Fabrique de fromages. 

MENTOPHILE {man) n. m. Genre d'insectes lamelli- 
cornes coprophagès, comprenant dos bousiers propres à 
l'Australie. 

MENTHYLE n. m. Chim. Y. mentuèse. 

menthylène n. m. Chim. V. mentuène. 

MENTIANE (ma;i-si) n. f. Nom vulgaire de la viorne. 

MENTION {man-si — du lat. mentio, même sens) n. f. 
Action do nommer, do citer : Faire mention d'un évé- 
neincnt. ,, . t^- . - 

— Mention honorable ou simplem. Mention, Distinction 
accordée à une personne, à un ouvrage <|ui, sans avoir 
obtenu le prix ou l'accessit, mérite d'être cité. 

MENTIONNER { man-si-o-nt' — rad. mention) v. a. Citer, 
parler de : Mentionner un auteur, un fait dans une enquête. 

MENTIR {man — du lat. mentiri, môme sens : Je mens, 
tu mens, il ment, nous mentons, vous meniez, ils mentent. 
Je mentais, nous mentions. Je mentis, nous mentîmes. Je 
mentirai, nous mentirons. Je mentirais, nous mentirions. 
Mens, jyientons. mentez. Que je mente, que nous mentions. 
Hue je mentisse, que nous mentissions. Mentant. Menti, ie) 
V. n. Aflirnier ce qu'on sait être faux ou nier ce qu'on sait 
être vrai : On ment d'abord pour s'excuser, ensuite pour 
accuser. (Latena.) Il Contenir des mensonges, des choses 
fausses : La satire et l'apotoi/ie mentent éijalement. il Trom- 
per par do fausses apparences : En général, la photogra- 
phie ne mknt pas. 

— Loc. div. : Mentir à, Désavouer, renier, fairo tort, 
donner un démenti à, se mettre en contradiction avec : 
Mkntir k sa conviction, c'est mentir k sa conscieticc. n Mc-n- 
tir à Dieu, au Saint-Esprit, Essayer de tromper Dieu, le 
Saint-Esprit (expression tirée do l'Ecriture sainte, parti- 
culièrement du passage des Actes des apôtres relatif à la 
tromperie d'Ananias. [V. co nom]). « Sans mentir, l'uur ne 
pas mentir, A dire vrai, pour être dans lo vrai, franche- 
ment. Il En avoir menti, Avoir fait un mensonge en aftir- 
mant ou niant une chose qui vient d'être énoncée. (Se 
dit pour donner un démenti.) — /( en a menti par la gorije. 
Se disait autrefois, lorsqu'on voulait donner â quelqu'un 
un démenti énergique. (Cet emploi do en avec le verbe 
mentir est restreint aux temps composés ; ainsi, l'on ne 
doit jamais dire : Vous en mentez, il en mentait.) 

Prov. et LOC. PROV. Faire mentir quelqu'un, le pro- 
verbe, Le mettre en défaut â propos de ce qu'il annonce : 
On a dit de (ui: Qui a bu boira; mais il fait mentir le 
proverbe : il ne boit plus, li II ne ment jamais s'il n'ouvre 
la bouche, Il fait dos mensonges continuels. Il II n'enrage 
pas pour mentir, U ne lui coûte rien do mentir. « A beau 
mentir qui vient de loin. Il est facile d'en faire accroire à 
des gens qui no connaissent pas les choses dont on parle. 
I! Nature ne peut mentir, Los instincts no trompent ja- 
mais. Il Bon sang ne peut mentir. Les enfants ont les 
qualités et les dél'aut-, de leurs parents, il • Peut-être ■• 
garde les gens de mentir, En ne s'ex]irimant qu'avec doute, 
on ne s'expose pas â soutenir des choses fausses. 

— V. a. Dire, exprimer en mentant, d'une façon men- 
songère : Peu MBNTiR n'est pas possible; celui qui ment, 
MENT tout le mensonge. (V. Hugo.) /.e perroquet ment la 
voix humaine. 

— n. m. .Action ou habitude de mentir: Le mentir est 
un maudit. (Montaigne.) [Vieux.] 

Menti, ie part. pass. Dit, fait en mentant; représenté 
volontairement sous do fausses couleurs : Des plaintes 
MKNTiKS. (Peu usité.) Il Foi mentie, Foi juréo et violée, 
ûdelité promise et non gardée. . 

Se mentir, v. pr. Chercher à se faire illusion à soi- 
même : Un bon menteur su ment d'abord à lui-même. Il Se 
dire des mensonges l'un à l'autre. 

MENTO-LABIAL adj. m. Anat. Se dit d'un muscle qui 
s'attaclie au iiicnion et à la lèvre inférieure, il Substantiv. : 

Le MENTO-LAIUAL. 

MENTON (man — du lat. pop. men(o, lat. class. men- 
tuui, mémo sens) n. m. Partie de la face qui est située 
au-dessous de la lèvre inférieure, et qui termine le visage 
par en bas : L'n mknton pointu. (On appelle menton, chez 
tes mammifères tout comme chez l'hommo, la région in- 
férieure de la fonction des deux maxillaires inférieurs.) 

— Loc. div. Menton deqaloclie. Menton proéminent et 
recourbé en avant, u Double, Triple menton. Menton à dou- 
ble, à triple étaqe, Menton dont le dessous, fort gras, 
forme deux ou trois bourrelets, u Etre à table jusqu'au men- 
ton, Etro assis fort bas à table, il Jusqu'au menton. Au 
Hg., Jusqu'à satiété. H Etre grosse jusqu au menton. Se dit 
d une femme enceinte, chez qui le ventre est très déve- 
loppé. Il Uranler le menton, Lo remuer en mangeant. — .\u 
lig.. Manger. Il Secouer te mcn<on. Se moquer d'un reproche, 
d une réprimande, u ierer le menton. Se vanter, se donner 
des airs d'importance, il Mettre ses nuiins sous le tnenton. 
Prendre ses aises, il Penser sous son menton. Kéfléchir. 

— Archéol. Ancien terme de fleuriste désignant la partie 
des pétales d'un iris qui est inclinée vers lo bas, tandis 
qu'on appelait langues ceux qui étaient dirigés en haut. 
(Se disait aux xvii' et xviti' s.) 

— Encvcl. Anat. Le menton humain est plus ou moins 
saillant, fuyant ou carré. Sa disposition est un élément 
do classiflcation important on antliropologie (races progna- 
thes). Il présente aussi de nombreuses variétés de forme, 
selon les individus et l'âge. La peau du menton roiifermo 
des follicules pileux, qui contribuent â former la barbe; 
à sa face ]jrol'oiulo sont de petits muscles peaucicrs, los 
triangulaires des lèvres et les carrt'j du menton. 

— Entom. Chez les insectes, le menton, qui est une 
des parties constituantes do la lèvre inférieure, est une 
plaque do forme variable, plus ou moins plate, bombée 
ou concave, souvent écliancrée on avant et munie ou non 
d'une dent ; en avant du menton s'articule la languette 
avec ses paraglosses et ses palpes labiaux. 



mm 




Aruies «le Meolon. 




24 

— Ornith. Chez les oiseaux, on donne le nom do menton 
à la région située au-dessous de la mâchoire inférieure 
et à sa base. La mâchoire inférieure des oiseaux est 
appelée aussi mandibule inférieure et composée de deux 
branches qui se soudent en avant pour former une poinie 
appelée dille ou mgxa; le bord intérieur de la mâchoire, 
compris do l'angle du menton â cette pointe, s'appcllo lo 
gongs. 

Menton, ch.-l. de cant. des Alpes-Maritimes, arrond. 
et â 21 kilom. do Nice, sur une petite baie de la côte mé- 
diterranéenne ; 9.01 1 hab. (.Mentonnais, aises.) Ch. de f. 
P.-L.-.M. La ville, étagée sur un pro- 
montoire, dominée par les crêtes 
nues ou couvertes do bosquets d'oli- 
viers des derniers contreforts des 
Alpes maritimes, est entourée de 
villas de plaisance. Kcstes d'un châ- 
teau fort du XVI' siècle. Culture in- 
dustrielle de roses, jasmins, etc. 
Grand commerce de citrons, de cé- 
drats, de ligues, d'une huile d'olive 
renommée, d'essences pour la par- 
fumerie, etc. Sous un climat mer- 
veilleusement doux et égal, où le 
thermomètre descend très exception- 
nellement au-dessous de-t-S^C, Menton, presque abrité 
du mistral, est une des stations hivernales les plus salu- 
bres de toute la Cote d'azur, et convient surtout aux ma- 
lades et aux convalescents de tempérament lymphatique. 
La ville, qui date du x" siècle, appartint du xiV au xix', 
aux princes de Monaco. Un instant érigée en répu- 
blique sous la protection de la Sardaigne (1848), elle fut 
réunie â la France, selon le vœu des habitants, après la 
guerre d'italio (1860). — Lo canton comprend 5 comm. et 
13.435 hab. 

MENTONNET (man-to-nè — rad. menton) a. m. Techn. 
Pièce saillante fixée à une roue ou à un arbre tournant, 
pour déterminer un arrêt lorsqu'elle se rencontre ave 
une autre pièce fixe, u Pièce de fer qui reçoit les bout 
libres des loquets et des loqueteaux, pour tenir la porte Icr- 
niée. Il Sorte de tenon pratiqué sur la tète d'un pilot, pour 
y fixer, â l'aide de che- 
viUettes, les madriers 
ou plates-formes, il Gâ- 
che à mentonnet. Gâche 
portant un mentonnet 
et recevant le pêne d'un 
bec de cane à loquet. 
Il Partie à angle droit 
d'une cuiller de son- 
dage qui s'oppose à la 
chute hors de la cuiller 
des terres ou débris 
enlevés par cette cuil- 
ler. Il Sorte de tenon ré- 
servé au talon d'une 
lame de couteau pliant, 

pour empêcher le tranchant de se gâter en venant tou- 
cher le ressort, lorsqu'on ferme le couteau. Il Pièce qui 
reçoit l'impulsion des cames dans un soufflet mécanique, 
un' gros marteau de forge, etc. 

— Archéol. Syn. de mkntonnièke. 

— Artill. Petit renflement du métal dune bombe où 
sont engagés les anneaux. V. bombe. 

— Milit. Syn. de jugulaire. 

MENTONNIERimnn-(o-ni-e), ÈRE adj. Anat. Qui appar- 
tient au menton, u Trou mentonnier. Petit orifice, situe sur 
la face externe du maxillaire inférieur, au nivc: ^i des ra- 
cines de la première molaire, et par où séchaipent, du 
canal dentaire, los vaisseaux et nerfs menlonniers. 

MENTONNIÈRE (man-to-ni-ér) n. f. Archéol. Bande de 
tissu passant sous le menton et qui servait aux femmes â 
tenir leur masque carré en place, du xvi- au xviif siècle. 
Il Pièce inférieure de la visière des salades qui proté- 
geait la mâchoire inférieure. . j , 

— Chir. Bandage employé pour maintenir le menton, dans 
les cas de fractures "^ 
du maxillaire. 

— Modes. Par!: 
de la coilTure 
femmes, destinée j 
couvrir 1© menton ou 
â s'attacher sous lo 
menton : Un bonne 
à MENTONNIÈRES. 

— Techn. Plateau 
saillant du fourneau 
de l'cmaillenr. il Pla- 
que de fer placée ho- 

î.ant'e!Ta'"us"deî'ontrée du moufle dans nn fourneau 

•^ !l^Typogr. Sorte de tasseau triangulaire, qu'on place 
sous la casse pour la relever par devant. 

— Zool. Avlncc du prosternum, chez certains insectes 
et qui est toujours dirigée en avant, %M.rs la bouche il Chez 
les\nciens auteurs, Slasque des libellules, ç est-à-dire 
l'ensemble formé par lo menton et les palpes labiaux. 

— Encvcl. Archéol. La mentonnière des salades fer- 
mées ou .•irmots, eu usage do 1460 à 1640 environ, est la 
seconde divi- 
sion de la vi- 
sière (la pre- 
mière étant lo 
mézail). Elle 
s'articule des 
deux côtés du 
casque sur le 
pivot c o m- 
nnindumézail 
et peut se re- 
lever sur le 
timbre. Ello 
protège lo 

mâchoî'ro 'inférieure et la région des joues. Inféricuremenl, 
elle se continue avec le gorgerin et se relie au coiivro- 
nunue par des crochets ou des boutons à ressort. Dans 
les bourguignotes, la mentonnière mobile devient beau- 
coup plus haute et constitue ce qu'on appelle lo roasquo. 



E ^fej' 




BODDCt h 

meotoDDicrcs. 




Mentonnière : !. En 1520; î. Mobili-, - n 1 lo 




25 

Mentor (ntin), fils d'Alkimos, personnapre do VOdyssée 
{II. III. IV. XXII, XXIV). U1.V5SC, partant pour Troio, 
lui conlia l'a<Iministration do sa maison. A pIu^H-urs ro- 
prisGS, Atliôna emprunte ses traits : pour accompagner 
Télémaquo à l^ylos et à Lacédé^mone, pour venir en aido 
à Ulysse dans "le massacre des prétondants, etc. Cette 
fiction a ôt6 popularisée par Fénelon, dans son Télrmar/ue. 
11 représente la dôosso de la sagesse, sous les traits du 
fidèle ami d'Ulysso, accompagnant Télémaquo dans son 
voyage, le dirigeant par ses avis atfectueux, et lo ramo- 
nant enfin entre les bras d'Ulysse après en avoir fait un 
héritier digne do succéder à l'un des vainqueurs do Troie. 

— n. m. Par antonom., est devenu un terme l'amilior et 
noble tout à la fois par lequel on désigne un guide aimable 
et sago : in prt^cienx mkntor. 

— Fig. : Ce lirre eut un cxfelîent mentor. (J.-J. Rouss.) 
Mentor {ntin), générai norse, né à Rbodes, mort en 336 

av. J.-C. Il était frère do Memnon, le Hhodien. II lut suc- 
cessivement au service du satrape Artabaze, révolté 
contre la Perso, du roi d'Egypte ^ectanabis, de Tonnés, 
roi do Sidon, et d'Artaxorxès Ochus, roi do Perse. Mentor 
réussit à ramener l'Egypto sous la domination de la Perso 
(345). Il ro'.'ut la satrapio des côtes occidentales d'Asie Mi- 
neure, tt sV mpara des Etats dllormias, tyran d'Ataruée. 
MENTOHAT [min, rai a. m. Fonction de mentor. 

MeNTOU, plus exactem. ManTOU, puis MONTOU, 
nom diin dieu égyptien, qui fut adore ù. lorigmo dans 
toute la plaine thfl)aine, mais plus spé- 
cialemont sur la riv*^ gaurlio du Nil. Il 
avait lie i>référenco Li lormo d'un homme 
à tôte d'éporvier, et il parait avoir été 
d'abord uno variante do l'Horus adoré 
dans la hauto Egypte comme divinité 
du ciel. Il figura ensuite lo soloil, et on 
l'idontiHa avec Uà jusqu'à lui attribuer 
le nom composite do Mentou-Hà. 

MENTULAGRE (man — du lat. men- 
tiila. vrrgi', et du gr. af/ra, prise) n. f. 
Pathoi. Erection spasmodique do la 
verge. (Peu usité.) 

MENTZÉLIAGÉ {mint'-zé, stf), ÉE adj. 
Bot. Qm ressemble à uno mentzélie. 

— n. f. pi. Bot. Tribu do la famille des 
loasées. avant pour type le genre ment- 
zélie. — Vue MKNTZÉLIACIÎE. 

MENTZÉLIE {mint\ li) n. f. Genre do Meutou. 

loasacéi's , comprenant dos plantes de 
l'Amérique centrale, annuelles ou vivaces, couvertes do 
poils rudes et uriicanls, à feuilles alternes, à fleurs jau- 
nâtres ou rouge brique , 
réunies on petit nombre à 
l'extrémité dos rameaux. 
(Le fruit est uno capsule 
cylindrique et polysperme.) 

MENU, UE (de minuerc, 
supin niiiiuium, amoindrir] 
adj. Miin-c, délié, petit, qui 
a pou de volume : Herbe 
MRNOE Menus morceaux, 

— Par oxt. Pou considé- 
rable : De Mi;Nns frais. 

— Loc.div. : Menu peuple. 
Classe inférieure du peuple. 

Il Menu plomb, Petit plomb 
do chasse, il Menue mon- 
naie, Monnaie do cuivre ou 
do billon. ii Menus plaisirs. 
Dépenses d'agrément, do 
fantaisie. — Dépenses de la 
couronne ayant pour objet 

les cérémonies, les fêtes : Mentzélie. 

Intendant des menus plai- 
sirs. U Menus su/frat/es» Petits pro6ts attachés à uno 
charge. (^Vieille locution empruntée à la liturgie.) 

— Agnc. Menue paille. Débris détachés par lo battage. 

— Archéol. Menue seizaine. Ancien terme du cordier 
désignant la petite corde d'emballage plus ordinairement 
appelée fH-atjor et seizaine. (La menue seizaine mesurait 
environ i millimètres de diamètre et était faite de trois 
lils do chanvre câblés; elle servait à corder les ballots.) 

— Art culin. Menus droits ou substantiv. Menus, Aile- 
rons, foies, létos et cous des volailles qui se vendent à 
part. Il Menu rôt. Petits oiseaux rôtis. 

— Chass. Menu gibier. Gibier de petite taille : grive, 
merle, alouette, etc. 

— Eaux et for. Menus marchés. Bois que les officiers de 
maîtrise pouvaient vendre sans autorisation du grand 
maître. 

— Econ. rur. Menu bétail. Moutons, brebis, chèvres, etc., 
par opposition à Gros bétail, tel que bœufs ou vaches. 

Il Menus f/ruins, Pois, lentilles, millet. 

— Féod. Menue dîme, par opposition à Grosse dîme. Dîme 

fierçue sur des fruits <iui no sont pas le principal objet de 
a culture du pays. (Ce qui était menue dime ou grosse dime 
variait nécessairement selon les régions ) 

— llist. relig. Frères menus. Ancien nom des frères mi- 
neurs. 

— Liturg. Menus suffrages. Oraisons qui se disent, dans 
les fêtes du rit semi-double, à la tin de l'oftice du jour. 

Il Courtes prières qu'on dit par dévotion. 

— Mar. Menu film, Cordages de petit diamètre. Il Menue 
7nAturc, Vergues et accessoires des mâts supérieurs, il Me- 
nues voiles. Voiles de ces mâts, ii Le menu n. m. Poussière 
de charbon des soutes : On hrùle le menu à la forge. 

— Véner. jVctius (/rotVs.Oreilles, mufle, dainiiers et nœuds 
du cerf, qui appartiennent de droit aux valets de chiens. 

— n. m. Bas peuple : Des gens du mknl*. ii Par le menu. 
Avec détail : liacnnter un fait par le menu. 

— Art culin. Détail, énumération des mets à seirir dans 
tin re]ias : Faire le menu d'un repas. \\ Carton sur lequel 
cette énumération est faite : Des menus illustrés. V. repas. 

— Econ. dom. Petites pièces de lingerie. 

— Techn. Petit diamant taillé en rose ou en brillant. 
11 Nom donné, dans plusieurs houillères, aux fragments 

de houille plus petits qu'un œuf de moineau, n Dans cer- 
tains marais salants, Sel blanc qui se montre, sous forme 
de crème, â la surface de l'eau, dans les aires ou œillets. 

— adv. En petits morceaux : Le sol le plus productif est 
celui dont les molécules peuvent être divisées plus menu. 




(Raspail.^ il En caractères déliés, très petits : Ecrire fort 
MENU. Il Hacher menu, Hacher en morceaux très lins, u 
Trotter menu. Marcher vite et à petits pas. ii Dru et menu, 
Beaucoup et vigoureusement : Bùtonner dru et meno. 

MENUAILLE [a-ill[ll mil.] — rad. menu) n. f. Quantité 
de petites choses sans valeur, n Quantité do petite mon- 
naie : Payer en menuaille. h Quantité de petits poissons : 
Faire une matelote avec de la mi'.nuaille. 

— Econ. rur. Vers à soie affectés de gattlno. 
MENUCHON n. m. Bot. Nom vulgaire du mouron des 

champs, il Ou l'appelle aussi menuet. 

MENUEL {nu-èl') n. m. Espèce de cor do chasse. (Vx.) 
MENUET, ETTE {nu-é, et' — dimin. do menu] adj. Petit 

et délicat. (Vieux.) 
MENUET {nu-è — rad. menu) n. m. Chorégr. Ancienne 

danso grave, à évolutions et révérences, originaire du 

Poitou, qui s'exécutait sur un air à trois temps, il Cot air 

lui-mèmo. 

— Bot. Syn. de mrnuchon. 

— Musiq. Morceau, ordinairement on 3/4, qui suit l'ada- 
gio, l'andante d'une sonate, d'une symphonie, d'un quatuor. 

— Encycl. Musiq. Lo menuet est lune des plus ancien- 
nes et des plus jolies danses françaises. Suivant Brossard, 
il est originaire du Poitou et tire son nom dos petits pas 
menus et serrés dont il se composait. A partir du xvu" s. 
et pendant tout le xviii", il fit fureur à la cour et chez les 
grands. De la cour, il passa au théâtre, où il se compliqua 
quelque peu. C'est au fameux danseur Pécour. le « maitro 
à danser » do Louis XIV, qu'on doit, dit-on. la chorégra- 
l>liie du premier menuet introduit dans un ballot. 

Lo menuet se danso ordinairement par deux couples, 
comme lo quadrille, de façon que les dames passent tour 



Andanimo 




^m 



rrtffin 



jTrir oc 



Menuet d' • Orphée • (de Gluck). 

à tour d'un cavalier à l'autre. Le pas du menuet se dé- 
compose ainsi : 1° plier également les deux genoux ; 2" dé- 
gager un pied en avant ou on arrière, ou de côté, sur la 
pointe d'abord, puis laisser retomber le talon; 'i» rappro- 
cher sur la pointe, puis sur lo talon, le pied opposé à celui 
qui s'est avancé. Les figures, peu nombreuses, consistent 
surtout en marches de côté, saluts, mouvements de bras. 

En ce qui concerne la musique, le menuet doit être écrit 
à trois temps, dans un mouvement modéré, avec des mo- 
tifs do quatre ou huit mesures. Les anciens opéras de 
Lulli, de Campra, de Rameau, de Gluck sont fertiles en 
menuets, dont plusieurs sont de véritables bijoux. 

Du théâtre, la forme musicale du menuet passa alors 
dans la musique instrumentale. Jean-Sébastien Bach et 
Hœndel n'hésitèrent pas à l'intercaler dans leurs " suites • . 
De son côté, Haydn l'introduisit dans la symphonie, on 
sait avec quelle grâce, mais en lui donnant par- 
fois uno allure un peu plus vive ; Mozart fit de 
mémo, en donnant à son menuet plus de douceur 
peut-être et, si l'on peut dire, de velouté. 

MENUFEUILLÉ, ÉE (de menu, et feuille) adj. 
Bot. Dont les feuilles sont très étroites. 

MENU-FILÉ n. m. Espèce de tabac à chiquer. 

— Encvcl. Le menu-filé est constitué par une M'-im- 
corde de tabac de 5 millimètres do diamètre en- flii-. 
viron, qu'on enroule, à la façon d'une pelote de 
ficelle, en paquets de 100 gr. C'est la qualité supérieure 
des tabacs à chiquer. 

MENU-GROS n. m. Fragment d'or et d'argent qu'on re- 
tire des cendres après la première opération du lavage. 

MENUISAGE [zaf) n. m. Action de menuiser : Le me- 
nuisage des bois de charpente. 

MENUISAILLE n. f. Chass. et péch. Sj'n. de menuisb. 

MENUISE (du lat. minutia, même sens) n. f. Chass. Petit 
plomb, cendrée, qui, dans la numérotation de Paris, pour 
le plomb de chasse, porte le numéro 12 et sert pour tuer 
les petits oiseaux. S^'n. de menuisaille. 

— Eaux et for. Bois trop menu pour figurer avec le 
bois de compte ou de corde, d'une longueur n'excédant pas 
1",15 et dont la circonférence est inférieure àO^.iô. ^H sert 
priHcipalement pour la fabrication du charbon de bois.) 

— Péch. Petit poisson bon à frire. 

MENUISER (du lat. pop. TTiinu/iare; de nimtzere. dimi- 
nuer' V. a. Amincir et découper, du bois en général, et, 
en particulier des planches. Il A signifié Rendre menu, 
petit, en général. 

MENUISEEUE [rV. n. f. Art du menuisier. li Ouvrages 
faits par un menuisier, u Atelier de menuisier. 

— Petits ouvrages en or ou en argent, tels que boucles, 
anneaux, crochets, etc. il Menuiserie d'étain, Objets qui se 
fabriquent en étain, excepté la vaisselle et les plats. 

— A siginifié Minutie, bagatelle. 

— Encycl. La menuiserie remonte à la plus haute anti- 
quité. Cet art se distingue de la charpenterie, en ce que 
1 on y emploie pour le débitage, la coupe et le polissage 
des bois, des outils très perfectionnés, tels que les rabots 
et les scies de toutes sortes. Cette partie de la construc- 
tion brille surtout par la perfection des assemblages, par 
les combinaisons de coupe et de trait, ainsi que par le 
mélange des bois de diïférentes essences suivant leur tex- 
ture et leur force. La menuiserie se divise en deux par- 




Armes de la corpo- 
ration des meaubien 

(XVIU' I.]. 




Ménures : a, mâle ; b, fcmeUe- 



MENTOR — MENU-VAIRE 

tics : la première, connue sous lo nom de menuiserie dor- 
mante, comprend les ouvrages appliqués aux murs, aux 
voûtes, aux planchers et aux plafonds des bâtiments, et 
en général à toutes les constructions 
fixes exécutées par les procédés do 
cet art; la seconde, à la(]uellc on 
donne lo nom de menuiserie mobile, 
comprend les portes, les croisées, les 
volets, etc. On divise encore la me- 
nuiserie en cinq catégories. La plus 
importante esf la menuiserie en bâti- 
ment; dans cette catégorie rentrent 
les deux parties dormante et mobile. 
Vient ensuite la menuiserie en meu- 
bles, à laquelle se rattache l'ébénis- 
tcrio ; puis la menuiserie en voilure, 
reliée à la carrosserie ; la menuiterie 
en marqueterie, annexe de celle on 
meubles, et enfin la menuiserie en 
treillage, relevant de l'art du treillageur. On désigric aussi 
cette dernière sous l'appellation de irt€/ii(i*erie des Jardins. 

MENUISIER (zi-é — rad. menuiser) n. m. Techn. Artisan 
qui travaille le bois en ])lanches, qui fait «les meubles ei 
autres ouvrages de boiserie : L'n menulsier en bâtiments. 

— Adjoctiv. : Cn ouvrier MENUlsim. 

— Zool. Qualificatif vulgaire des insectes qui percent 1© 
bois. [L'abeille menuisière, des vietix auteurs, est le xylo- 
cope violet. [V. xylocopk].) 

MÉNURE n. m. Genre d'oiseaux, type de la fomillc des 

ménuruh-s, comprenant trois es[»èces d Australie. 

— Encycl. Les ménures, ménures-lyrcs ou oiseaux-lyres 
sont ainsi appelés de 
la disposition de leur 
queue, dont les pen- 
nes, étalées en éven- 
tail, sont incurvées à 
la façon des montants 
d'une lyre. Le ménure 
commun [menura su- 
perba ) est réiiandu 
dans la Nouvelle- 
Galles du Sud; le 
menura A Iberti, beau- 
coup plus rare, est 
de Richmond River; 
le îuenura Viclorise , 
de Port-Philip. Tous 
sont de la taille d'un 
faisan de movenne 
grosseur, de livrée 
brune et olivâtre, 
grise ou rousse. 

HÉNURIDÉSn. m. 

pi. Famille d'oiseaux 

passereaux ténuiros- 

tros. comprenant les 

ménures. (On les 

range soit parmi les 

dent i rostres du 

groupe des merles [turdidés], soit près des tichodromes 

[ténuirostres].) — Un ménuridé. 

Menus-Plaisirs (thé.vtrb des). Situé sur lo boule- 
vard de Strasl)0urg iParisi et construit par larchiiecte 
Lehmann sur l'emplacement do l ancien café-concert du 
XLX.» Siècle, ce théâtre ouvrit ses portes le 15 décem- 
bre 1866, sous la direction de Gaspari. Son existence fut 
souvent difficile, et il changea fréquemment de titre et de 

fenre. En 1873, il passe aux mains de Merkleln ; en 1874, il 
evicnt théâtre desArtsavec Weinscheink et, en I8"5.avec 
Paul Clèves, qui en cumule à la fois la direction et celle 
du théâtre Cluny, dont il devient une sorte de succursale. 
En 1876, il prend le titre d'Opéra-Bouflc avec Gardel ; 
en 1877, il redevient théâtre des Menus-Plaisirs avec Du- 
récu. On le retrouve, en 1S79. théâtre des Arts avccWessel 
et l'année suivante avec Okolowicz: Dormeuil père le rou- 
vre en 18S1. sous le titre de Comédie-Parisienne, et le laisse 
l'année suivante aux mains de son fils et de Philibert Bré- 
ban, qui lui rendent son appellation de Menus-Plaisirs. 
On y voit alors se succéder les directions Blandin (1884), 
Derembourg et Lagoanère (I887i. Lagoanère seul 1891), 
Miran f 1893). puis tour à tour Chape. Cox, Chapuis, Gilbert- 
Gigout, Minute. Grisier, G. Mathieu, jusqu'à ce qu'enfin 
Antoine, qui avait donné dans cette salle, depuis 1891, 
les représentations de son Théâtre-Libre, en prenne la di- 
rection (1897), en lui donnant le nom de Théâtre-Antoine- 
V. ThéAtbe-Antoine. 

MENUSSE n. f. Pêch. Syn. de blaquet, de blanchaille 
et de MELis. 

MenuTHIAS, nom ancien dune île de la mer Erythrée, 
sur la cote orientale d'.lfrique, assimilée à Madagascar. 

MENU-VAJR (vèr') n. m. Cost. Fourrure faite avec la 
peau do lécureuil du Nord, il On dit auj. 

PETIT-GRIS. 

— Blas. Représentation théorique de 
celte fourrure dans les blasons. (Le menu- 
vair héraldique est disposé par six tires 
ou plus, alors que le vair ordinaire n'en 
a que quatre ou cinq.) 

— Encycl. Cost. Le menu-vair a été 
employé comme fourrure jusqu'à la fin 
du XV' siècle, dans le costume courant; 
puis il disparut peu à peu, ne subsistant 
que dans la tenue officielle des magis- 
trats. C'était un ensemble de peaux de petit-gris, écureuil 
du Nord, réunies en nappe, en panne 
comme on disait alors, où les dos gns 
et les ventres blancs alternaient en da- 
mier; les rangées de peaux composant 
une même panne s'appelaient tires. En- 
core au xiv« siècle, le menu-vair était 
porté par les grandes dames, qui en dou- 
blaieut leurs robes. 

MENU-VAIRÉ. ÉE (vè) adj. Blas. Qui 
est couvert de menu-vair, en parlant de M'-nu-vairé d'ar- 
l'écu ou d'une pièce. (L'expression de geot et de sable. 
rnenu-vairé s'applique encore à un écu 
couvert de menu-vair quand les clochettes sont d autres 
émaux qu'argent et aztir.J 



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De iiienu-vair 
plein. 




VJ. 




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Ményanthe : a, coupe 
de la fleur. 



MÉNYANTHE — MÉPRISANT 

MÉNYANTHEn.m. Bot.Nomd'ungonrodogontianacécs. 

— En'cyll. Les ményanthes sout des herbes vivaces, 
aquatiques, dont lo rhizome 
rampe dans la vaso et dont lus 
tiges aérionnos, annuelles, per- 
lent dos fouilles isolées, com- 
poséos-palmiics, et des grappes 
do llours à rôcoptaclo plus ou 
moins concave. Lo mcnyanthe 
trifoliata, vulgairement appelé 
" trèfle d'eau ", est commun 
dans les eaux, où il attire l'at- 
tonlion par ses feuilles à trois ^ 

grandes folioles et ses fleurs ^ 

(élégantes, d'un blanc rosé. Ses .. j 

fouilles cuiitieiiiuMU un principe ' ^^ 

amor. l;i mrnijnnthine, doué do 

propriétés diurétiques et an- .|i-^|, 

tiscorlfutiques. La médecine 'S \i<\ 

Fopuluire et l'art vétérinaire 
emploient on infusion comme 
digestif et fél)rifuge. Dans quel- ^.^^ 

quespays.un l'utilise aussi pour ^^^^^^^"^ 
donner de ramortume à la biôre. 
MÉNYANTHE, ÉE adj . Qui 
ressemble au genre ményantho. 

— n. f. pi. Tribu de gontianées aquatiques, à feuilles 
alternes, à graines ligneuses. — Une mésyan'THke. 

MÉNYANTHINE n. f. Chim. Substance amére décou- 
verlo par Hraiidos lians le trèfle d'eau {meiwjanthvs irifo- 
liata\, et ([u'oii olHient sous la forme d'une masse amorphe, 
friable, se liquéliant à U5«. 

MenzaléH, ville d'Egypte (Basse-Egypte [moudirièh 
de Dakaliliéb]), sur lo canal dit Bahr-Menzalèn, non loin 
do son embouchure, dans le lac Menzalèh; 10. U4 hab. 
Commerco do riz et do poisson. 

Menzalèh (lac), lagune de la Rasse-Egypto, séparée 
de la Méditerranée par un étroit cordon littoral. Elle va 
de Uamiotte à Port-Saïd; 1.200 kiiom. carr. lors des crues 
du Nil, avec lequel elle communique par des canaux tem- 
poraires; lo fleuve la comble insensiblement. 

Menzel (Charles-Adolphe), historien allemand, nÔ et 
mort à Griinborg (Silésio) [1781-1855], Il fut professeur 
(1809) et prorecteur (1814) à l'Elizabetlianum do Brcslau. 
Ses principaux ouvrages sont : Histoire des Allemands 
(1811-1823 }; Nouvelle histoire des Allemands depuis la lié- 
foi'me jusqu'à l'acte de la Cojifédf'ration (1826-1848); His- 
toire ae Frédéric // (18-24-1825), suite de ['Histoire univei'- 
selle do Becker; Vingt années d'histoire pntssienne (1786- 
1806). II. Wuttke a publié de lui : la lieligion et la Poli- 
tique avant Jésus-Christ (1872). 

•Menzel (Wolfgang), écrivain allemand, né à Wal- 
denburg (Silésie) en 1798, mort à Stuttgart en 1873. Il 
étudia à Tunivorsité d'Iéna, où il fut l'un des fondateurs 
de la Burschenschaft, puis à Bonn. En butte aux tracas- 
series de !a police prussienne, il se réfugia en Suisse, 
puis vécut successivement à Zurich, à Heidelberg et à 
Stuttgart, où lo libraire Cotla lui confia la rédaction de 
sa Feuille littéraire. D'humeur brouillonne et d'un carac- 
tère emporté, il eut à soutenir d'innombrables querelles. Il 
s'est ridiculisé par ses attaques violentes contre Gœthe 
et contre Vd. Jeune- AUemaone .On ado lui, entre autres nom- 
breux ouvrages généralement hâtifs et mal composés, une 
Histoire des Allemands, (\\i\ n'est pas dénuée de valeur; etc. 
Menzel (Adolphe-Frédéric), peintre et lithographe 
allemand, né à Breslau en 1815. Conduit en 1830, à Berlin, 
il suivit les cours do l'Académie des beaux-arts et ouvrit 
un établissement lithographique. Les Pérégrinations d'un 
artiste, série do lithographies (1833), attirèrent l'attention 
sur lui. Il apprenait en même temps la peinture, exécutait 
plusieurs talueaux de genre : Consultation de droit (1837); 
une Promenade de Frédéric le Grand; etc., et illustrait 
différents ouvrages. Menzel a 
beaucoup exposé à Paris : 
Frédéric le Grand à table avec 
ses amis à Sans-Souci {IS5Q); 
un Concert à Sans-Souci{\S52y, 
la Bataille de H <ichkirch{i9,hZ)\ 
Frédéric le Grand en voyage 
(18^>4^; Frédéric le Grand à la 
reddition de lircslau (1855); 
Première rencontre de Fré- 
déric le Grand avec Joseph II 
a Neisse (iSôl) ; le Couronne- 
ment du roi de Prusse, Guil' 
laume 1", dans l'église de 
Kœnigsberg [I8tî5); Frédéric 
le Grand dans la nuit de 
Hochkirch, qui a paru à l'Ex- 
position universelle de Pa- 
ris en 18G7; etc. Mentionnons 
encoro une grande fresque 
du château de Marionbourg, 
les Grands Maîtres Siegfried Ad. Mcnzol. 

de Feucthwangen et Ludgerde 

Brunswick {is:»'^), et un grand tableau dans le palais impé- 
rial, à Berlin, la Bencontre de Blûcher et de Wellington 
après la bataille de Waterloo. Menzel devint, en 1853, 
membre de l'académie de Berlin, et reçut lo titre de peintre 
do la cour. En 1878, on 1889, en 1900, il a paru aux Exposi- 
tions universelles de Paris. Malgré sa vieillesse, il donnait 
alors, dans dos gouaches de petites dimensions {En chemin 
fie fer, Pâtisserie à Kissingen), des spécimens remarqua- 
bles do son talent d'observation, talent jovial, d'expression 
vive, naturaliste même, d'une réalité et d'un mouvement 
étonnants; ces qualités se rofroidisseut quand il aborde la 
grande peinture, 

MenzÉLINSK, villo do la Russie orientale, ch.-L de 
distr. du gouv. d'Oufa, sur un sous-affluent du Volga par 
rik et la Kama ; 8.000 hab. — Lo district est peuplé do 
385.000 liab. 
MENZIÉZIE {min, z() n. f. Bot. Genre d'éricacécs. 
— EscYct.. Les menziéries sont dos arbrisseaux k fouilles 
alternes, ovales ou linéaires, à fleurs pourpres ou blanches 
terminales solitaires ou réunies en grappe ; le fruit est une 
capsule à quatre ou cinq loges polyspormes. On on connaît 
sept espèces, dos régions boréales ou montagneuses des 
doux continents. La mcnziézio à feuilles do gormandréc 
habite l'Europe ; on la cultive dans les jardins. 




MCNZINI (Bonodetto), poète italien, né à Florence en 
1C46, mort à Rome en 1704. Il entra dans les ordres et 
fut attaché à la maison do la reine Christine de Suède, qui 
vivait alors à Romo. Lo cardinal Albani, depuis Clé- 
ment XI. lui donna un canouicat à l'église San-Angelo-in- 
Peschiera (1701) et lo fit nommer professeur sui>pîéanl de 
philosophie ot d'éloquence au collège do la Sapienco. Dans 
la poésie anacréonticjue.dans le sonnet, l'élégie ou l'hymne 
sacré, peu do poètes l'égalent. Sa Poéligne est. pour la pu- 
reté du style et l'excellence des préceptes, un des chefs- 
d'œuvre de la langue italienne. Citons de lui : Poésie {Xdli] ; 
Poésie liriche (1680); Arte pnetica ^1690) ; l'Academia Tus- 
culann (170:.); Satire (1718), recueil fort remanjuablo. 

Meolo, comm. d'Italie (Vénétie [prov. de VcniseJ) ; 
3.311 hab. 

MEOMA {mé) n. m. Genre d'oursins spatangoïdes, pro- 
pres aux mers chaudes do l'ancien monde. (Les tneoma sont 
des brissinéscordiformos, à sommet excentrique, avec les 
ambulacres pairs subégaux, enfoncés dans des sillons.) 

MÉON n. m. Bot. V. méum. 

MéON (Domini(|uo-Martin), philologue français, né à 
Saint-Nicolas (Meurthe) en 1748, mort à Paris en 18-29. 
Conservateur adjoint des manuscrits à la Bibliothèque 
royale, il devint conservateur titulaire en \SiG. Il s'est 
fait surtout connaître par la publication d'une nouvelle 
édition du Boman de la Bose (1813). Méon a édité, en ou- 
tre : Blasons, poésies des \\" et xvi" siècles (1807) ; Fa- 
bliaux et contes dct poètes français des xi", xu", xiii", Xïv 
et KV siècles (1808); Nouveau recueil de fabliaux inédits 
(1824) ; le Boman du renard (1825). 

MéONIDE, personne née en Méonie ou qui habitait ce 
pays. — Les Mfonides. 

— Adjectiv. Qui appartient à la Méonie ou à ses habi- 
tants : Population mkonidi-:. 

— Mythol. gr. Surnom des Muses, de Dyonisos, d'Om- 
phalc et d'Arachné. qui étaient l'objet d'un culte particu- 
lier en Méonie. Il Surnom poétique d Homère, qu'on suppo- 
sait être né en Méonie ou Lydie. 

Méonie, ancien nom de la Lydie. Homère est appelé 
que[(|uefois Vieillard ou Poète de Méonie, parce qu'on 
suppose qu'il naquit en Lydie. — Nom donné parfois par les 
Humains à l'Etrurie, qui avait re^;u une colonie lydienne. 

MEONIS [mé-o-niss] n. f. Genre d'insectes coléoptères 
carnassiers, de la famille des carabidés, comprenant quel- 
ques espèces d'Australie. (Les rneonis sont petites, de cou- 
leur noire et luisante. L'espèce type est la rneonis nigra.) 

MeO-PATACCA, type de la comédie italienne, sorte 
de Pulcinelta transtévérin. Spirituel et insolent, il ne peut 
pas souffrir la contradiction et a perpétuellement recours 
à son bâton. 11 parle le dialecte de Home. Giuscppe Ber- 
neri a écrit tout un poème en dialecte populaire de Home 
sur Meo-Patacca (1685), illustré on 1823 par Bartolomeo 
Pinelli. Cet artiste donne à Meo-Patacca le fungo à larges 
bords et le manteau; il noue en une grande rosette sur la 
poitrine une sorte d'écharpe qui sert d'ornement sur ses 
épaules. Une large ceinture retient une forte trique. Lo 
gilet à manches se boutonne de côté. Les culottes sont 
ouvertes aux jambes. 

MÉOS, nom donné à deux populations différentes, qui 
vivent, l'une dans lo nord de l'Inde (Radjpoutana, Agra 
et Delhi), l'autre dans le Tonkin. 

— Encycl. Les Àléos de l'Inde résultent d'un croisement 
do tribus hindoues avec des Touranicns. Ils sont divisés en 
cinquante-deux clans, comprenant plus de 200.000 individus. 
Quoiqu'ils aient embrassé l'islamisme, ils ont conservé un 
certain nombre de pratiques anciennes. Ivrognes, supers- 
titieux et voleurs, ils pratiquaient naguère l'infanticide. 

Les Méos du Tonkin lorment deux groupes : l'un dans le 
Nord-Ouest, l'autre dans la principauté de Tran-Ninh. Ils 
appartiennent à la famille des Mans. Ils se livrent à l'agri- 
culture et font un petit commerce avec les sauvages. Ceux 
du Nord travaillent les métaux. 

Meo-SQUAQUARA, danseur italien du xvi" siècle, dont 
le tvpo nous a été conservé par une eau-forte de Callot. 
Ce Meo-Sqnaquara se livrait, à Florence, en compagnie 
do son compère Pasquariello-Truonno, à une sorte do 
cancan peu chaste, très apprécié dos Florentins. 

MéOTES (lat. Mœotœ), ancien peuple de la Scythio 
d'P^urope, sur la rive orientale du marais Méotide (mer 
d'Azof), qui en tira son nom, entre le Tanaïs au N. et l'Hy- 
panis au S. — L'n, Une Méote. 

MÉOTIDE (marais) [en lat. Palus M.rotis], ancien nom 
de la mer ilAzof. Cette mer était adorée comme un dieu 
par les Massagèlcs. 

MEOTIPA Imé) n. m. Genre d'arachnides aranéidcs, fa- 
mille des tbéridiidés, comprenant quelques ospècesde l'Inde 
méridionale et des Philippines. 

MÉOTIQUE {tik') ad]. Nom 
donné par le géologue Androusow 
à une division intermédiaire entre 
les étages sarmatien et pontien. 

MÉPHISTO (fiss) n. m. Al)révia- 
lionfamilièredeMi-:pinsToriit;i.i:s^ 



Méphistophélès , 

nage du Fuusl de (id'ibe 



person- 
Méphis- 
tophclès est un démon venu sur la 
terre pour satisfaire les passions 
de Faust. II a une connaissance 
universelle des choses et juge lo 
monde avec une ironie dédai- 
gneuse. Sa gaieté audacieuse 
amuso ; mais on sent, sous ses 
mofiueries légères en apparence, 
une perversité ot un raffinement 
de méchanceté qui effrayent. 

— n. m. Par antonom. Homme 
froidement railleur et méchant : 
C'est un MF.r'HisToi'nr:Lf;s. . . 

M^phistopbOIAs. 

MÉPHISTOPHÉLÉTIQUE adj. 
Ot MÉPHISTOPHÉLÉT1QUEMENT adv. Syn. peu usités 

de MKPHISTOI'nKI.WCK et de Ml>IMIlSTOPHÉLmUKMENT. 

MÉPHISTOPHÉLIQUE (fiss, lik') adj. Qui appartient à 
M«'phisioplii'lr'S : l'n rire MKPinsToniKLKiUE. a Qui a la 
méchanceté diabolique de Méphistophélès. 




26 

MÉPHISTOPHÉLIQUEMENT (fiss, ke) aav. D'une ma- 
nière méphistopliélique. 

MÉPHISTOPHÉLISME {fiss, lissm') n. m. Manière d'être, 
d'agir, semblable à celle qui est propre à Méphistophélès. 

MÉPHITE n. f. Chim. Ancien nom de divers carbo- 
nates <'t sous-oarbonates. il Ancien nom de l'acide sulfu- 
reux. (On disait aussi mkphitis.) 

MÉPHITIQUE [tik' — du lat. mephiticus) adj. Qui a une 
odeur répugnante ou malfaisante : Un gaz méphitiqub. 

— Fig. Qui corrompt lo cœur ou l'esprit : L'air qu'on 
respire dans les coteries est tAÈi^nniQUEet mo7'tel.{K. deGir.) 

MEPHITIS [mé, tiss) n. m. Zool. Nom scieutiBquo des 
moutTottes. 

MÉPHITISER (du lat. mepliitis, odeur infecte") v. a. In- 
fecter de.xhalaisons méphitiques : Mépuitiskr /'aiV. 

MÉPHITISME [lissm') n. m. Etat, caractère de ce qui est 
méphiMi|ue ; exhalaisons méphitiques : Le mëpuitisme de» 

fosses d'aisances. 

MÉPHYSTICIN (fiss, sin) a. m. Matièro cristallisable, 
insipide, se rapprochant du pipérin, découverte dans la 
racine du kawa. 

MÉPLAT {pla)t ATE [pour mesplat; do la partie, mes, 
et de plutj adj. Qui a plus d'épaisseur d'un côté que de 
l'autre : Ifois méplat. Planche mkplatk. 

— Comm. Fer méplat, Nom commercial d'une harre do 
fer plus largo qu'épaisse-, il On dit aussi ker en bandk. 

— (irav. Tailles méplates. Tailles plus tranchées. i|u'on 
emploie pour fortifier les ombres et arrêter les extrémités. 

— Point. Lignes méplates, Celles qui établissent le pas- 
sage d'un plan à un autre, il Formes méplates, Celles qui 
se composent do plans, et non de surfaces courbes. 

— Sculpt. Bas-relief méplat, Bas-relief où l'on atténue 
l'épaisseur relative des premiers plans afin que les ombres 
portées ne fassent pas tort aux figures placées derrière. 

— n. m. Art milit. Surface plane à la partie antérieure 
d'une Ijallo cylindro-ogivale. 

— B.-arls. Chacun des plans dont la réunion forme la sur- 
face d'un corps. 

— Charp. Pièce do bois de charpente, dont l'épaisseur 
varie d'une extrémité à l'autre. 

Meppel, ville des Pays-Bas (prov. de Drentho), sur 
lo Meppel Diep, qui se perd bientôt dans le Zuydorzéo; 
10.000 liab. Fabriques do toiles à voiles, tourbières. 

Meppen, ville d'Allemagne (Prusse [présid. d'Osna- 
hriickj), au confluent de la Hase et de l'Ems ; 3.972 hab. 
Ch.-l. de cercle. 

MÉPRENDRE (SE) [do la partie, mes, et àe prendre. — Se 
conjugue comme ce dernier verbe] v. pr. Prendre un© 
chose, une personne pour une autre : Entre deux j«- 
meaux, il est souvent facile de se mépreîndre. Il Se trom- 
per sur le compte de quelqu'un ou de queloue chose : 
Garo trouvait que Dieu s'est mépris. Il Se ait à quel- 
qu'un qui s'oublie au point de manquer de respect ou de 
faire quelque chose d'excessif : A qui pensez-vous parler ? 

Vous VOt;S MÉPRENEZ. 

— A s'y méprendrej Au point do se tromper, do confon- 
dre deux choses. 

— Gramm. Le participe passé, mépris, ise, est toujours 
variable dans les temps composés de co verbe. 

MÉPRIS (pri — subst. verb. do mépriser) a. m. Dédain, 
manque d'estime, idée désavantageuse : Le mépris frappe 
d'autant plus rudcfnent qu'il tombe de plus haut, n Peu do 
cas que l'on fait d'une personne ou d'une chose : Le mépris 
de la vie aide souvent à la conserver. (De Bugny.) Il Marque 
de mépris : Les mépris nous révoltent. (Mass.) 

— A signifié Estimation à vil prix d'une personne ou 
d'uno chose. 

— Loc. div. : Traiter quelqu'un, quelque chose, de mé- 
pris. En faire peu de cas, n'en pas tenir compte. (Vx.) 

Il Avoir, Tenir en mépris. Mépriser, il Etre à mépris, Etre 
méprisé. 

Quand un bien est facile, il nous est à mépris. 

ROTROU. 

Il Tomber, Etre dans le mépris, Encourir, avoir encouru lo 
mépris des autres. 

— Loc. prépos. : Au mépris de. Sans avoir égard à, con- 
trairement à: Agir AC mépris du bon sens, w En mépris 
de, Par un sentiment de mépris pour : Agir en mépris ve 
l'opinion publique. 

— Prov. : La familiarité engendre le mépris, Une fami- 
liarité excessive conduit à la perte de l'estime réciproque. 

Il II n'est point de dette qui soit sitôt payée que le mépris, 
On rend immédiatement mépris pour mépris. 

— Syn. Mépris, dédaia. V. dédain. 

— Anton. Estime. 

Mépris (révolution du). C'est au banquet de Màcon 
(18 juiU. isi") que Lamartine laissa tomber ces paroles 
devenues historiques. L'orateur, après avoir énumérô les 
fautes commises par la monarchie de Juillet, annonça sa 
chute si elle continuait à tromper les espérances de la 
nation, et termina jpar ces mots : »i Elle tomberait, cette 
rovaulé, soyez-en surs! elle tomberait non dans son sang, 
comme celle do 1789, mais elle tomberait dans son pièce! 
Et, après avoir eu les révolutions do la liberté et jes 
contre-révolutions do la gloire, vous auriez la révolution 
do la conscience publique ot la révolution du mépris! " 
Sept mois plus tard, éclatait la révolution de Février, à 
laquelle on donna le nom do r^i'o/»/io« du mépris. 

MÉPRISABLE adj. Digne do mépris : Louis XVj si MÉ- 
rniii\iti.K par le caractère. (Stc-Beuve.) Il Qui ne mérite pas 
qu'on en fasse cas : Les grands événements tiennent parfois 
aux causes les plus méprisables. 

Souvent un triste hidiit couvre un homme rstimable, 
Tandis {jii'un habit d'or cache un cœur niéfirisablc. 

MoRKL-VlNI>É. 

— Syn. Contemptible. 

— Anton. Estimable. 

MÉPRISABLEMENT adv. D'uno manièro méprisable : 
Se conduire méprisadlement. (Peu us.) 

MÉPRISAMMENT(r(i-nirtn) adv. D'uno manièro mépri- 
sante : Traiter quelqu'un mépbisamment. (Peu us.) 

MÉPRISANT (zan), ANTE adj. Qui a OU qui affecte du 
mépris : Un maître méprisant, ii t|}ui dénote, qui trahit 
lo mépris : Un air, Un sourire méprisant. 



27 

MÉPRISE n. f. Erreur do celui qui se méprend : Com- 
mettre une MÉi'RisE. Il Pu/' méprise. Grâce  uuo erreur : Jn- 
noceiif Cfjrnlamné I'AR MKPRisy. 

— Syn. Bévue, erreur. V. bëvue. 

MÉPRISER (pour mcspriser; do la partie, mes, et do 
pnser) v. a. Ksiimer à vil prix qucfitu'un ou quelque 
chose. (Vx.) II Avoir, inoutrcr du mépris pour : L'oryueit- 
leux MEi'RisE ses srmljlablea. il N'attacher aucune impor- 
tance à : MÉPRISER la mort, il Nê^'iiger, transprosser : 
MÉPRISER ses enyat/emenls. — Avec un inlinitif pour 
complcment : Vous méprisez de suivre les lois que Dieu 
même vous a données. (Boss.) 

Se niéppiser, v. pr. Avoir du mépris pour soi-m6mo. 
Il Avoir, montrer du mépris les uns pour les autres. 

— Allds. littér. : 

Qui niéyrise Cotin n'estime point son roi, 
El n'a, selon Cotin. ni Dieu, ni foi, ai loi, 

Vers do la IX" satire de Boileau. Dans l'application, on 
les dirige contre ceux qui ont la prétention cl abriter leur 
inhabileté derrière une personne ou uuo chose respectée. 

— Anton. Estimer, apprécier, il Craindre, redouter, il Ob- 
server. 

MÉPRISEUR, EUSE n. Personne qui méprise : Pyrrhus 
cstoit un trop grand mepriseur du peuple. i,.\niyol.j 

MÉPRIX [pri — du préf. jnes, et de prix) n. m. Prix infé- 
rieur à, la valeur réelle, vil prix : Les bourgeois ne ven- 
daient jamais à MÉPRix. (Sismondi.) [Peu us.] 

Mequinenza (anc. Octogesa), villo d'Espagne (Ara- 
gon jprov. di* Saragosse]), au confluent de la Ségre ot do 
l'Kbrc; :f.ooo liab. 

MéQUINEZ, Meknès ou MiKNAS, ville du Maroc, 
dans la partie nord-ouest du pays, au pied du djebel 
Zéghouu, sur un aftluout do l'ouèd Ourdouni (bassin du 
Sébou) ; 30.000 hab. environ. La ville, entourée do remparts 
a demi ruinés, est largement bâtie au penchant d'une col- 
line, dominant une plaine lertile et bien cultivée (oliviers, 
citronniers, céréales). Vaste palais tenant le centre de la 
feasbah, et où l'on remarque une très belle porte ogivale 
du xvii» siècle. Mosquée do Moulaï-Ismail, où ont été 
ensevelis do nombreux empereurs. Méiiuinez, reliée à 
Kez par uno route, fait un certain conmicrce d'ôtotres, 
d'huiles, de cuirs, etc. La ville, qui fut. surtout au cours 
du xviii' siècle, la résidence assez permanente do plu- 
sieurs sultans, est cependant aujourd'hui en décadence. 

MER {mèr — du lat. Jiiare, mémo sons) n. f. Très vaste 
tendue d'eau salée 
surface do la torro 
partie de la terre aujourd'hui habitée- 



étendue d'eau salée, qui occupe une grande partie de la 
La 
_our< 
Otto étendue : La mer Bouge. 



mer a couvert jadis une grande 
Partie définie de 



— Par exagér. Vaste étendue d'eau; Pendant les inon- 
dations, la campagne devient une mer. n (iraiulo quantité 
de liquide quelconque : Accident gui a fait dans la cave 
une MER de vin. Des mers de sang. 

— Par anal. Vaste étendue, vaste superficie : Une mer 
de glace. Une mer de sable. 

— Fig. Ce qui offre dos fluctuations, des vicissitudes : 
La MiiR des passions. La haute mer du mariage. (H. Taine.) 

Il Quantité do soucis et de chagrins dans lesquels on 
est comme plongé : Une mer de tribulation et d'amer- 
tume. (Mass.) 

— Loc. div. Par mer. Par la voie de mer. n Chercher par 
terre et par mer. Chercher do tous côtés, li Les deux mers, 
L'océan Atlantique et la Méditerranée. luVer iritérieure, 
Espèce de grand lac d'eau salée, qui ne communique pas 
du tout, ou seulement par un canal étroit, avec la masse 
des eaux de la mer : La Méditerranée est la plus vaste des 
MERS intérieures. II Vert d*i m^r, Vert d'une teinte sem- 
blable â celle de la haute mer. n Fam. Mer à éoire. Chose 
difiicile, qui demande du temps, dont on aura peine à 
venir â bout, ii Salé cornme la me/; Extrêmement salé. Il Une 
i^outtv d'eau dans la mer. Chose insigniiiante donnée là où 
Il faudrait quelque chose do très considérable : La charité 
publique est pour le paupérisme une goutte d'eau dans la 
MER. Il Porter l'eau à la 7ner, Apporter, faire arriver une 
chose en un lieu où les choses de même espèce abondent 
déjà. Il Labourer le rivage de la mer. Prendre une peine 
complètement inutile, ii Voguer en pleine mer. Etre en 
pleine réussite, avoir des atfaires tout à fait prospères et 
oiea lancées. Il // avalerait la mer et les poissons. Se dit 
d'un homme qui a un appétit extraordinaire. 

— Alchim. La merdes philosophes, Le chaos, dans lequel 
rô^ne l'unité de la matière avant d'avoir 
subi les transmutations sous l'influence de 
la force et du mouvement. 

— Aniiq. hébr. Mer d'airain. Cuve d'ai- 
rain, de iormo ronde, que Salomon fit 
fondre par Iliram ot plaça dans le vesti- 
bule du temple de Jérusalem. 

— AstroD. Mer lunaire, ?vom donné à 
do vastes espaces de teinte sombre et 
uniforme, qu'on distingue dans la lune. 

— Blas. Figuration théorique sur un 
blason, indiquée par des lignes flexueuses 
dont l'ensomble occupe, en règle, le tiers 
inférieur de l'écu, comme la Champagne, mais à laquelle 
on donne quelquefois uuo largeur supérieure. (Ordinaire- 
ment, la mer héraldique est d\rgent.) 

— Econ. dom. Grand vase de terre plein do vin, que l'on 
remplit à mesure qu'on y puise : Une mer de vin de Chypre. 

— Hist. Lettres de mer. Lettres qu'on délivrait en Bre- 
tagne à certains navires qui naviguaient le long des côtes, 
pour les exempter du droit de bris et leur permettre do 
s'abriter et de se ravitailler dans les ports. 

— Jeux et chorégr. Mer agitée. Nom d'un jeu do société 
et dune figure de cotillon. 

— Mar. Mettre à la mer. Quitter un mouillage et ga- 
gner le largo, il Prendre la mer. Commencer sa naviga- 
tion. Il // y a de la mer, I^ mer est houleuse et battue. 

it Coup de mer, Lame qui vient heurter le navire. Tempête 
de peu do durée, il Paquet de mer. Lame qui embarque 
avec violence, n Tenir la mer. Rester loin .du mouiPago 
ou des côtes. — Occuper la mer avec des forces navales. 

Il Pleine mer. Marée haute, ii Mer basse, Marée basse. 

Il Mer étale. Marée étale, ii Pleine tner, Haute mer. Partie 
de la mer éloignée du rivage, ii Mer basse. Endroit de la 
mer peu profond, il Bras de mer, Partie do mer profondé- 
ment resserrée entre deux terres sur une crande longueur. 

Il Homme de mer. Marin, matelot, n Armée de »icr. Flotte 
de vaisseaux de guerre, ii Ensemble des navires de la flotte 
de guerre, n Port de mer. Port formé par les eaux de mer. 




D'azur h une mer 
d'argent. 



— Villo possédant un port de ce genre. Ii Oiseau de mer. 
Oiseau qui vole presque continuellement au-dessus de la 
mer ou qui vit sur les rochers au milieu do la mer. H La 
mer brise. Son mouvement ondulatoire est arrêté par un 
récif sur lequel elle se réduit en écume, a La mer se lève 
(ou se fait], .Sa surface commence à devenir agitée. R La 
mer tombe, La hauteur des vagues diminue, il La mer mou- 
tonne, Les lames sont courtes et déferlent en formant de 
petites masses d'écume, il La mer est creuse ou courte. Les 
lames sont hachées et profondes, u Ecumeur de nier. Pirate, 
forban, il Mettre un canot à la mer. Le débarquer du bord. 

Il Un hojnme à la mer, Homme tombé à l'eau par accident. 

— Au fig-. C'est un homme à la mer. Se dit en parlant do 
quelqu'un perdu do réputation et do considération, ii Mer 
territoriale, Portion do la mer baignant les côtes d'un 
pays, et sur laquelle ce pays a tout droit, toute juridiction. 

— Pathol. Mal de mer. Malaise général, accompagné 
de nausées, provoqué par le mouvement d'un navire. 

— Physiq. Mer de lait ou Mer d'hiver. Phénomène par 
lequel la mer prend l'apparence d'une plaine couverte do 
neige, et qui est dû, pense-t-on, à la présence d'une multi- 
tude inlînio d'animalcules phosphorescents. 

— Théâtr. Mer agitée, Machine de théâtre, destinée à 
imiter le mouvement des flots de la mer. 

— pROV. : Qui craint le danger ne doit pas aller en mer, 
Il ne faut pas s'engager dans certaines affaires, si l'on no 
veut pas en affronter les dangers ou les inconvénients. 

— Encvcl. Géogr. Le mot mer reçoit, dans le langage 
géographique, doux acceptions différentes. Dans son sens 
le plus généra!, il désigne, par opposition aux masses 
continentales, à la terre ferme, l'ensemble des eaux sa- 
lées du globe. Dans un sens plus restreint, il arrive par- 
fois que l'on oppose les termes de mer et d'océan, en ap- 
pliquant ce dernier terme aux grands espaces maritimes 
dont la constitution est ou paraît sensiblement uniforme, 
tandis que l'expression do mer est réservée à celles des 
parties du domaine maritime général, à qui leurs limites 
géographiques précises, ou certaines particularités de leur 
régime (marées, courants, constituent une sorte d'indi- 
vidualité. Ainsi, r.-Vtlantique ou le PaciGque sont des 
océans; la Méditerranée, la Manche, la Baltique, etc., 
sont des mers. On désigne parfois, dans la terminologie 
géographique, sous le nom do mers secondaires ceux de 
ces organismes dont le régime général est étroitement 
lié à celui de l'océan ou même de la plus grande mer voi- 
sine, dont ils sont une dépendance et comme une pro- 
vince : ainsi, la mer des Antilles par rapport à l'Océan, 
l'Adriatique par rapport à la Méditerranée. Le terme de 
mer bordière est appliqué souvent à celles de ces mers, 
généralement peu profondes, qui couvrent, à la lisière des 
terres, uno partie du socle continental (Manche, mer du 
Nord, par exemple). Enfin, l'expression de méditerranée 
sert à désigner les mers qui n'ont avec le reste des 
océans qu'une communication précaire, et jouissent en 
conséquence d'une grande indépendance de régime : ainsi 
la mer Méditerranée, la mer Rouge, etc. 

Pendant longtemps on s'est borné à étudier la surface 
des mers, sans chercher à se rendre compte do co qu'en 
recelaient les profondeurs; et c'est seulement des phéno- 
mènes utiles à la navigation que se sont préoccupés soit 
les savants et les marins de l'antiquité, soit ceux des 
xvi", XVII* et XVIII' siècles. On peut même dire qu'on no 
s'est pas préoccupe d'autre chose pendant la première moi- 
tié du XIX* siècle; le commodore américain Maury s'cï^t 
borné, en publiant ses cartes de vents et de courants et 
les ouvrages qui les accompagnent, à mettre en lumière 
une nouvelle application des sciences physiques à la na- 
vigation à voile ; il n'a pas soupçonné quel vaste champ 
d'investigations de tout ordre pouvaient offrir les profon- 
deurs des océans. C'est ce que l'amélioration des procédés 
de sondage et la pose des câbles sous-marins ont montré 
bientôt après : aussi, à partir de 1860 environ, des spécia- 
listes ont-ils commencé à s'adonner à l'élude des diffé- 
rentes brandies de l'océanographie, soit à l'étude des 
fonds des mers, soit à celle de la physique et de la chimie, 
ou encore de la biologie sous-marines. Peu de temps après, 
a commencé l'organisation de nombreuses expéditions, 
munies d'un outillage de plus en plus perfectionné, pour 
explorer les profondeurs des mers du globe. 

Ce sont les Anglais qui ont donné l'exemple : le ÏJght- 
Hiny (1S68) et \e Porcupine (1869-1S70) sont les premiers 
bâtiments qui, sous la direction du savant Wyvillo Thom- 
son, aient commencé l'étude océanographique systémati- 
que des mers européennes. Des navires allemands {Pom- 
rnerania, 1S11-\S':2 ; Drasche, ISS1-18S4 ; /To/M/ia, 18S6-1887]; 
norvégien ( Vôringen, 1876-1878} ; danois [Fylla, 1S77-187S ; 
Ingolf)', français (Travailleur et T^iUsman, 1880-1883); ita- 
lien (Was/iiïK/fon, ISSl); russe \Tchernomorez, 1890), et 
autrichien {Pola, 1890-1892) ont avec d'autres bâtiments 
anglais [Triton, 1882; etc.), continué l'exploration des 
mers qui entourent l'Europe, tandis que le Bâche et le 
Dlake, de 1872 à 1888, VAlbatross, de 1883 à 1890, tous 
trois américains, étudiaient les mers du nouveau monde. 

Beaucoup plus vaste a été le champ d'autres expédi- 
tions océaniques; ce sont de vrais voyages de circimna- 
vigation que ceux du Challenger, de 1872 à 1.S76; du Tus- 
carora, de 1873 à 1878; de la Gazelle, de 1874 à 1S76 ; de 
l'Entreprise, de 1883 à 1886; du Xational (expédition dite 
du Plankton, en 1889), de la Valdivia. Toutes les études 
faites par les savants montés à bord de ces bâtiments 
iW. Tliomson, Murray, Buchanan, Agassiz, Milne-Ed- 
wards, etc.). de mèni^ que celles faites dans les mers arc- 
tiques par le Vôrinycn, le Valoroits, puis la Véga (187S- 
1S79). la Manche (1891\ etc., dans l'océan Atlantique par 
le prince de Monaco sur Y Hirondelle et la Princesse-Alice, 
dans les mers australes par la Eomanche et surtout la 
Belgica, contribuent à préciser notre connaissance des 
mers du globe et aux progrès constants de l'océanographie. 
(Pour l'exposé des méthodes d'investigation dont dispose 
ia géographie des mers et pour l'exa^men des principaux 
résultats scientifiques, particulièrement au point de vue 
de la répartition des flores et des faunes, de la nature des 
fonds, etc., qu'ont fournis les dernières explorations ma- 
ritimes, T. OCÉANOGRAPHIE. Nous uous coutentcrons de 
donner ici un aperçu rapide de la géographie physique du 
domaine total des mers.) 

Bépartition des mers. La grande étendue relative du 
domaine maritime est un deslraîts essentiels de la struc- 
ture du globe. La superficie totale de celui-ci étant éva- 
luée à 510 millions de kilomètres carrés, 365 millions sont 
occupés par les océans et leurs dépendances, boit envi- 
ron les sept dixièmes. Dans l'hémisphère nord, le partage [ 



MEPRISE — MER 

entre la terre et la mer. bien qu'à l'avantage de cette 
dernière, présente un certain équilibre : i à 1,5 environ; 
mais, dans l'hémisphère sud, cet équilibre est notablement 
rompu, en raison do l'effîlement progressif des masses 
continentales au S. de l'équateur: 44.200.000 kilom. carrés 
de terres contre 810.800. 000 kilom. carrés d'eau; et la 
prééminence du domaine maritime s'affirmerait encore 
mieux si l'on choisissait, a%ec le géographe Penck. comme 
pôle géographique un point situé dans le nord-est do la 
France : on obtiendrait ainsi deux hémisphères, dont l'un 
contiendrait 122 millions de kilom. carrés environ, et 
l'autre seulement 20 millions, tout le reste étant occupé 
par les mers. 

Belief sous-marin. Sans entrer dans l'étude détaillée du 
relief sous-marin do chacune des grandes divisions du 
domaine maritime (v. Atlantique, Indien, Pacifique), il 
est bon, néanmoins, d'insister sur quelques conclusions 
quo la seule étude de la répartition des profondeurs océa- 
niques suffit à mettre en relief. Notons dabord ce fait, 
quo, dans le relief sous-marin comme dans le relief terres- 
tre, les dénivellations extrêmes constatées, au-dessus de 
8.000 mètres, sont tout à fait exceptionnelles, et constituent 
des fosses locales : 8.613 mètres dans la dépression du "Tusca- 
rora, sur la côte orientale de l'archipel sibérien ; 9.400 mètres 
aux abords des îles Tonga, dans le Pacifique, sont les fonds 
les plus considérables que l'on ait été amené à constater. 
La moyenne des grandes profondeurs marines oscille en- 
tre 3.000 ot 4.500 mètres, et la valeur de la dépression 
moyenne correspondrait, d'après Penck. à 3.650 mètres, 
l'océan Pacifique, l'océan Indien et l'Atlantique venant 
dans cet ordre dans la croissance des profondeurs moyen- 
nes. En second lieu, il faut signaler comme un fait la coïn- 
cidence des grandes fosses avec les lignes princii)ales de 
relief du globe, telles qu'elles sont marq nées i)ar les chaînes 
de montagnes do structure récente. Il y a là comme une 
sorte de toi de diasymétrie , qui parait opposer les plus 
grandes profondeurs aux plus grandes altitudes. Co fait 
est mis en évidence, pour ne citer qu'un exemple, dans 
le Pacifique nord, par l'existence de la Fosse du Tusca- 
rora sur le rebord des chaînes de soulèvement qui bor- 
dent l'Asie orientale et, mieux encore, par la continuité de 
cette dépression de près de 4.000 mètres en moyenne qui 
forme comme un fossé profond au pied des hautes monta- 
gnes des rivages occidentaux de l'Amérique. Il se vérifie 
en détail dans la Méditerranée, où l'on voit les côtes mon- 
tagneuses bordées en général de notables dépressions 
(golfe de Gènes, environ d'Alger), de même quo les régions 
encore tourmentées par le volcanisme et les séismes, 
c'est-à-dire où le travail orogénique n'est manifestement 
pas achevé, telles que l'archipel grec. Dans les régions, 
au contraire, où le relief continental ancien est depuis 
longtemps établi et stable, la mer apparaît souvent comme 
une mince nappe couvrant une sorte de pénéplaine : 
ainsi les mers bordières de l'Europe occidentale. Manche, 
mer du Nord, Baltique. En troisième lieu, il est bon d'in- 
sister sur la remarque faite par Supan de l'opposition entre 
la concavité générale des formes au relief terrestre, dû on 
grande partie à l'érosion, et la convexité des grands reliefs 
maritimes, où peut-être se retrouve la forme première des 

f»Iis essentiels de l'écorce. Enfin, on se souviendra que, dans 
a répartition générale des profondeurs, les dépressions 
inférieures à 2.000 mètres n'occupent qu'un cinquième en- 
viron de la superficie totale des mers, et qu'un exhausse- 
ment do pareille valeur des continents ne modifierait, par 
suite, leur forme que d'une manière très légère. Les zones 
de dépression entre 3.0ùO et 5.000 mètres représentent plus 
de la moitié des fonds marins; encore ces dénivellations 
sont-elles insuffisantes, eu égard à la convexité naturelle 
de la surface terrestre, pour donner au fond des océans un 
profil concave ; ce cas ne peut être réalisé que dans de très 
étroits bras de mer. 

Niveau des eaux marines. Il faut se garder de considérer 
le niveau des mers comme formant uno surface plane, 
horizontale, en vertu du principe des vases communicants, 
en dehors, bien entendu, des mouvements accidentels de 
la surface. D'une part, en effet, il faut tenir compte de l'at- 
traction opérée sur les eaux par les masses do haut-relief, 
ou seulement par l'existence de masses continentales voi- 
sines de haute densité, qui attirent ou repoussent la masse 
fluide des eaux de même qu'elles font dévier le fil à plomb. 
D'autre part, les différences de salinité, parfois considé- 
rables, entre mers voisines, entraînant des différences de 
densité, il s'ensuit, conformément au principe même des 
vases communicants, que la hauteur de la colonne d'eau 
marine doit être différente dans l'une et dans l'autre mer. 
Enfin, il faut tenir compte, malgré la très faible compres- 
sibilité de l'eau, de la diminution de volume que peut 
occasionner la pression des couches supérieures sur les 
couches inférieures de l'eau dans les grandes fosses mari- 
times, et dont le résultat serait un abaissement général 
du niveau marin au voisinage de ces dépressions. 

Température. Le fait essentiel à considérer dans l'étude 
des températures des eaux marines superficielles, c'est le 
peu de conductibilité calorifique qu'elles présentent. Dans 
un même lieu, l'écart entre les températures extrêmes de 
l'air, selon les saisons, est souvent de moitié moindre que 
celui entre les températures extrêmes des eaux superfi- 
cielles de la mer. A l'égard des terres, la mer se trouve 
ainsi jouer le rôle d'un véritable manchon atténuant les 
brusques variations de la température. La température 
superficielle des eaux marines est en rapport avec la cha- 
leur solaire, qu'elle emmagasine, pour ainsi dire ; en ce 
sens, il existe, pour la mer, des lignes isothermes, co'in- 
cidant assez souvent avec les parallèles, et, en tout cas 
moins tourmentées quo les isothermes terrestres; mais ces 
isothermes ne valent que pour les couches superficielles, 
soumises directement à l'action solaire : au-dessous d'une 
certaine profondeur, généralement faible (environ XIO à 
150 m. pour l'Atlantique), la température de la masse des 
eaux, directement sous l'influence des courants profonds» 
s'abaisse rapidement, surtout dans le Pacifique, de ma- 
nière à rester, dans chaque région, de beaucoup plus basse 
que celle qui règne à la surface de la mer pendant le mois 
le plus froid. Vers le fond régnent les températures voisi- 
nes de 0°. La raison de ce fait doit être cherchée dans l'af- 
flux constant des eaux polaires destinées à compenser l'éva- 
poration superficielle, afflux qui s'effectue par le fond et 
qui est surtout intense dans l'hémisphère sud, où il n-existo 
aucune barrière géographique entr« les eaux du Pacifique 
et celles de l'océan Antarctique. Dans les mers fermées, 
ou seulement faiblement ouvertes, où cette circulation par 
les grands fonds ne peut avoir lieu, le refroidissement en 



MER — MERARD 

s'offoctuo pas, et la tompèraturo abyssale reste colle du 
mois lo plus froid à la surlaco : dans la Moditerranôo. au- 
dessous do la couclie, profondo do 230 à 300 mètres, que le 
soleil échautfo constamment, la température reste ù. peu 
prùs constante, comprise entre 13", 6 et 13", 5, au fond, pré- 
cisément la température dos eaux de l'Océan à la profon- 
deur do 305 mètres, qui est celle du détroit de Gibraltar, 
par où se produit dans la Méditerranée l'aftluxd eau froido. 
Le mémo phénomène peut d'ailleurs se présenter dans des 
mors libres à la surface, mais dont les cuvettes profondes 
sont isolées par des bourrelets sous-marins, comme tel est, 
par exomplo, lo cas pour la mer do Banda. 

Salinité et densité. Kn dehors de traces d'un grand 
nombre do minéraux divers, l'eau do mer est surtout mo- 
difiée dans sa teneur et sa densité par la présence du 
chlorure do sodium (sel), dans la proportion moyenne de 
78,32 p. 100 ; de chlorure de magnésium (0,-4-l), ao sulfate 
de magnésie {6, 10), de sulfate de chaux (3,1*4), de chlorure 
do potassium (1,69) et de divers autres sels (0,21). Kilo 
tient en dissolution de l'oxygène (surtout dans les régions 
voisines de la surface) ot do l'azote. Quant à sa densité, 
elle dépend do doux éléments : la température, modilica- 
irico du volume, et la salinité, qui est elle-même en rapport 
étroit avec la température superficioUo et aussi souvent 
avec la régularité des vents (jui activent l'évaporation. 
C'est dans la région tropicale, domaine des alizés, que 
la salinité et, par là mémo, la dousité dos eaux superficielles 
apparaissent le plus fortes, en raison de l'intensité de cotte 
évaporation. La densité et la salinité diminuent, dans une 
proportion d'ailleurs assez faible, à mesure que l'on s'élève 
en latitude, exception faite pour les régions marines par- 
courues par des courants chauds ; mais les dilîérencos do- 
vioiinent plus notables, si l'on pénètre dans les bassins 
maritimes relativement fermés. La mer Rouge, par exem- 
ple, sous son ciel de feu, privée d'eaux douces qui lui 
pourraient venir dos fleuves, garde une salure unifor- 
mément forte; môme phénomène, quoique à un moindre 
degré, pour la mer Méditorranéo. Par contre, la mer Noire, 
alimentée eu eaux douces par les grands fleuves do la 
Russie méridionale, voit sa salinité considérablement dimi- 
nuée, ot certaines parties do la Baltique, telles que le golfe 
de Finlande, présentent do largos zones d'eau à peine sau- 
mâtre. De tous les phénomènes auxquels los diirérences do 
salinité donnent lieu, le plus intéressant est assurément 
celui ()uo présentent les eaux do la mer Morte, chargées do 
sels divers concentrés au point de les rendre impropres à 
la vie, et d'une densité telle [1,28 environ) qu'il est à peu 
près impossible à un homme de s'y noyer : il est vrai que 
nous sommes en présence, ici, du résidu, en quelque sorte, 
d un bassin maritime jadis plus élargi. 

Dynamique. En co qui conccrno Ta dynamique marine, 
nous nous contenterons de donner ici quelques Indications 
générales, la plupart des questions qu'elle comporte ayant 
été traitées plus am[»loment à leur ordre alphabétique. 
Parmi les mouvemonts continuels dont la mer est le 
théâtre, los uns sont dus à des causes fortuites, pression 
et conflits des vents, etc., et restent strictement localisés 
à la surface : co sont les vagues, dont l'ampleur peut 
attendre quelquefois 16 à 18 mètres de hauteur, mais dont 
l'efTet ne se fait guère sentir au-dessous d'une profondeur 
do 20 mètres, et dont l'intensité dépend le plus souvent 
des obslaclos littoraux qui viennent s'opposer à l'élan des 
eaux. Leur rôle est capital dans le modelé des rivages 
maritimes. (V. vaguk.) Dautres sont réguliers et sous la 
dépendance des lois générales de l'attraction : ce sont les 
marées. (V. markes.) Ici encore, des ditrérences tout à fait 
notables se présentent dans la marche et l'intensité du 
phénomène, dont l'amplitude, normale dans les larges 
zones océaniques, à peu près nulle dans les bassins pres- 
que fermés tels que la Méditerranée ou la Baltique, 
devient tout à coup considérable dans les seuils étroits 
ou pou profonds, tels que le Pas de Calais ou la Manche. 
Enlin, 1 élément essentiel de la circulation marine est 
fourni par les courants : courants profonds, encore d'ail- 
leurs insuffisamment connus, qui amènent vers l'équateur 
les eaux froides des polos, courants superficiels, les uns 
locaux, et dus ù telle ou telle disposition des rivages 
qui détourne ou canalise le flot de marée (courants de ma- 
rée, courants côtiors), los autres généraux et traversant 
les océans entiers, sans quo l'on puisse fixer encore d'une 
manière absolue leur genèse et leur théorie, mais dans 
Taciion ot la permanence desquels il semble bien qu'il 
faille faire entrer la régularité de tel ou tel système do 
vents (Gulf-Stream, Kouro-Sivo, etc.) V. courant. 

Do même, nous no pouvons qu'indiquer ici l'importance 
dos (juostions relatives au rôle des mers, distributrices, 
par 1 intermédiaire des vents, do l'humidité et do la cha- 
leur, dans l'établissement dos différents régimes climatô- 
riques. (V. météorologie.) Quant à leur rôle dans le mo- 
delé des contours des continents, on en trouvera l'exposé 
aux mots côte, rivage, dune, etc. Rappelons seulement 
que l'action dos mers, A ce point do vue, pour être éner- 
gique ot souvent bruyante (démantèlement des falaises, 
destruction do eûtes boçIiousos, etc.), n'en est pas moins lo 
plus souvent locale, et d'ailleurs compensée dans la plu- 
part des cas par un travail concomitant do transport et do 
sédimentation. En France, les golfes anciens de la Flandre 
ont été comblés avec les matériaux enlevés aux falaises 
de la Normandie. Et, si Ion jieut citer des exemples re- 
marquables d'une érosion marino continue amenant des 
modifications notables dans la répartition des terres (ainsi 
la destruction du seuil primaire entre la Bretagne ot lo 
pays do Gallos, le creusement du Pas de Calais, etc.), il 
n'y a aucun parallèle à établir, au point do vue do l'effica- 
cité réelle, outre l'érosion marino et celle des eaux do ruis- 
soHomont ou dos courants fluviaux. 

— BiRLiOGR. : Thoulot, Océanographie, Statique (ISOO) ; 
Dynamique fl89G); Bogulawski etKrummel, Uandhuchder 
Ozeanoijraimie (1884-1887) ; /{''ports on tlie scientifics i'esuttx 
of thi' roi/aye of //. AI. S. Challenger duriny the years 
fS73f876; Suess, das Antlitz dcr Erde, etc. 

— Dr. Au j>oint «le vue du droit des gens, on distingue 
la haute ou pleine mer, la mer territoriale, littorale ou ju- 
ridictionnelle, et les mers intérieures ou fermées. 

!• Haute ou pleine mer. La haut© ou pleine mer ne fait 
partie du territoire d'aucun Etat. La lilierté do navigation 
y est complète pour lotis les peuples. Tel est. du moins, le 
principe reconnu aujourd'hui. Au moyen ûço ot mémo 
plus tard, certains Etats, comme Venise, le Portugal, la 
Hollande et surtout la Grande-Bretagne prétendirent à un 
droit de propriété sur certaines mers. Crotius, un des pre- 
miers, dans son Mare liOerum (iGoy;, a soutenu lo principe 



do la liberté absolue des mors, do tout temps défendu par 
la Franco. 

2» Mer territoriale, juridictionnelle ou littorale. C'est la 
portion do mer qui entoure le territoire continental dos 
Etats. On admet théoriquement qu'elle comprend l'espace 
marqué par la plus grande portée du canon établi sur le 
rivage. En fait, la plupart des conventions la fixent à 
3 milles marins. Quelques auteurs reconnaissent à l'Etat 
riverain un droit de propriété sur la mer territoriale, les 
autres un droit de souveraineté, un droit d'empire et de 
juridiction ; c'est cotte dernière opinion qui tend à prévaloir 
aujourd'liui. L'Etat limitrophe peut prendre les mesures 
d'ordre public qu'il juge nécessaires, régler l'exercice de 
la police do sûreté et de la police sanitaire, du droit de 
cabotage ot de pilotage, do la pèche et do la navigation, 
et soumettre los navires à la visite des douanes, etc. 

3* Mers intérieures ou fermées. Co sont les mers qui, 
enclavées dans lo territoire continental d'un Etat, no com- 
muniquent pas avec l'Océan. Telles la mer Morte ot la mor 
Caspienne. Elles font partie intégrante du territoire de 
l'Etat qui y exerce tous les droits d empire ot do propriété. 

— Pathul. Mal de mer. La personne atteinte du mal de 
mer éprouve tout d'abord de l'angoisse et do l'anxiété res- 
piratoire, de la cardialgie, des vertiges; elle devient pâlo, 
puis les nausées surviennent, précédant les vomissements. 
Les manifestations, d'ailleurs, varient avec los individus. 
Parfois lo mal de mor dure plusieurs jours consécutifs ; 
l'impossibilité do se nourrir peut alors déterminer un atTai- 
blissoment inquiétant. Le traitementest encore à découvrir; 
cependant, on se trouvera bien de faire un fort repas avant 
rembarquement, de maintenir l'abdomen par une ceinture 
do flanelle ; dès que la mer est mauvaise, garder la posi- 
tion horizontale. On prendra à l'intérieur des boissons 
glacées, du cliampagne, du thé. En général, le mal de mer 
cesse immédiatement, dès que l'on met lo pied à terre. 

— Thérap. /iants de mer. Les bains do mer agissent par 
l'effet de la température, de l'agitation et de la composi- 
tion do l'eau; toniques et excitants, ils doivent être pris 
très courts au début (deux à trois minutes pour les enfants, 
cinq minutes pour les adultes, quand il y a intolérance); 
quand l'adaptation est faite, la durée moyenne est de dix 
à quinze minutes, exceptionnellement plus de trente, sauf 
parfois sur certaines plages sédatives (Arcachonj. Quand 
on arrive à. la mer, il faut immédiatement se mouiller les 
pieds et la tête; les personnes qui savent nager se lan- 
cent ; les autres n'ont qu'à sauter dans l'eau et à présen- 
ter le dos à la lame. A la sortie, pour faciliter la réaction, 
on peut recourir à quelques exercices : la marche, un mas- 
sage léger, quelques gorgées de boissons chaudes toni- 
ques, du bouillon. 

Les bains doivent être pris de neuf heures du matin à 
cinq heures du soir, ot à jeun, ou tout au moins trois heures 
après avoir mangé. Avant six ans, et sauf indication, il 
no faut pas donner de bain do mer aux enfants. 

— Jeux et chorégr. La mer agitée peut se jouer partout 
où il y a un nombre de sièges égal au nombre des joueurs, 
moins un. Un joueur conduit la partie; tous les autres ayant 
pris place sur les sièges, il donne à chacun d'eux un nom 
de poisson. Puis il se met à trottiner autour des sièges en 
marmottant « La mer est agitée, la mer est agitée ! « et s'in- 
terrompant de temps en temps pour appeler un poisso". 
A l'appel de son nom, chaque joueur se lève et suit le 
conducteur on murmurant avec lut : « La mer est agitée! ■• 
Quand tous les poissons ont été appelés, le conducteur 
fait avec eux deux ou trois fois le tour des sièges, et crie 
tout à coup : « La mer est calme / i> A ce cri, chacun doit 
s'asseoir sur un des sièges, le conducteur comme les au- 
tres, s'il lo peut. Celui qui reste debout paye un gage et 
devient conducteur à son tour. — Dans lo cotillon, on a 
introduit une figure, la mer agitée, qui a beaucoup d' ana- 
logie avec le jeu ci-dessus. 

— Antiq. hébr. Mer d'airain. Co bassin, qui se trouvait 
dans le toniple do Salomon, avait 12 mètres de diamètre, 
6 de profon- 
deur, 36 de 
circonférence. 
Sa contenance 
était do 2.000 
bat/is, environ 
2.000 mètres 
cubes. Ses 
bords étaient 
recourbés en 
forme do lia 
épanoui. Lo 
bassin reposait 
sur un fût do 
colonne creux, 

entouré de douze bœufs d'airain accouplés trois par trois, 
chaque groupe étant orienté vers chacun des points car- 
dinaux. Rempli d'eau au moyen do conduits intérieurs, il 
servait aux purifications des prêtres. Après la prise de Jé- 
rusalem, les Chaldéens le mirent on pièces ot ou transpor- 
tèrent los fragments à. Babylone. 

Mer (Poi'^MKS DE la), par Joseph Autran (1852). — C'est 
le plus richo ot le plus varié de tous los recueils de l'au- 
teur. Co sont on général des tableaux pittoresques, aux- 
quels se mêle un sincère accent d'humanité. Il y a chez 
Autran un descripteur, très louable par l'éclat do la fac- 
ture, par lo sentiment de la couleur ot des contours ; il y 
a aussi un poète, sensible aux joies, aux soulfrancos. aux 
luttes do ceux pour lesquels la mor est tantôt n une mère » 
et tantôt « une tombe ■>. 

Mer (la), par Michelet (1861). — Co livre, si plein do 
poésie et do science, fait suite à l'Oiseau otù. t' Discc te. L'an- 
teur n'a pas osé l'intituler : le Poisson. La première partie, 
un Iteqard sur les mers, décrit los sentiments qu'inspire 
d'abord l'aspect de la mer : l'olfroi, la haine, l'idée de la 
mort toujours présente. Là se trouve réniouvantc peinture 
de la « tempête d'octobre 1859 » à Saint-(îoorgos. à l'em- 
bouchure de laGirondo. — La deuxième partie, la (leni-se 
de la mer, fait contraste avec la précédent©. Ici la mer, 
abimo fécond où fermentent d' n innombrables germes, 
c'est la vio, c'est la grande femelle du globe ». Suit la 
description superbe et imagé© do ses espèces les plus 
variées. — La troisième partie, la Conquête de la -mer, 
contient un brillant historiquo de la navigation et des dé- 
couvertes maritimes ; la quatrième, la liennissance par la 
mer, dos consi<lérations un pou imprévues sur l'efficacité 
des bains do mer. On sont que l'inspiration de l'auteur a 
tari après los doux premières parties do son œuvre. 



-«e- 




Mer d'airain. 



28 

Mer (LA'», recueil do poésies, par Jean Richepin (1886). 
— Il y a, dans ce recueil, beaucoup do rhétorique et de 
truculence, avec une certaine sincérité. Le poète a connu 
les marins, a même partagé ((uclque temps leur vio. Do 
là, le sentiment do sympathie humaine que dénotent quel- 
ques pièces. A citer, par exemple : les i^ouillards, le Ser- 
ment, les //âleurs, les Sardinières, et surtout la complainte 
des Trois mntelots.de Groix. D'autres sont suriout remar- 
quables par lo merveilleux talent descriptif do l'auteur. 
"v'crs la fin se trouvent un certain nombre de poèmes cos- 
mogoniqiies, dont on a dit qu'ils sont vraiment des tours 
de force. Il faut leur préférer certains tableaux de genre, 
certaines pochades à la Teniors, qui ont beaucoup de 
saveur dans leur crudité pittoresque. 

MER Blanche, mer Bleue, mer Jaune, mer 
Morte, MER Noire, oto. v. Blanche, Blkle, etc. 

Mer de Glace, glacier des Alpes françaises, le 
plus vaste du massif du Mont-Dlanc, si on lui adjoint les 
trois glaciers qu'elle réunit on un seul couloir de glace : 
glacier du Géant ou du Tacul, glacier de Leschaux, gla- 
cier do Talôfre, Comme tel, le courant perpéiuelU-ment 
gelé a U kilom. de long ; réduit à la seule Aler de Glace, 
nommé en sa partie inférieure lo glacier des Bois, il n'a 
que 6 kilom. sur Too mètres do largeur moyenne. Il nour- 
rit l'énorme torrent de l'Arveyron, affluent do l'Arve. 
V. Blanc {mont). 

MER Intérieure d'Algérie. Il existe au sud do 
l'Algérie, en plein Sahara algérien, de vastes dépressions 
au dessous du niveau do là mer, lits d'anciens lacs dessé- 
chés dont le fond, encore recouvert d'une couche de sel 
atteignant par endroits 0°, 80 d'épaisseur, présente l'aspect 
d'une immense plaine blanchâtre. Tels sont les chotts 
El-Djérid. Mclghir, etc., séparés par un seuil bas et étroit 
du golfe (leGabès.Lo commandant Roudaire assimila cette 
région mal desséchée avec lo lac Triton des anciens et 
voulut, en creusant un canal à travers un isthme qu'il esti- 
mait étroit, reconstituer une vaste mer au sud de 1 Algérie, 
pour rendre la vie au désert. Contredite par divers savants, 
la théorie de Roudaire le fut encore plus par les faits eux- 
mêmes ; au cours d'une mission, en effet, et en opérant 
lo nivellement des chotts, le hardi promoteur de la mer 
intérieure constata qu'il lui faudrait creuser un canal do 
160 kilomètres pour réaliser son projet. Malgré l'appui de 
do Lesseps, le commandant Roudaire ne parvint â fairo 
approuver sou projet ni par une commission officielle, ni 
par l'Association française pour l'avancement des sciences 
(congrès de Blois, 1884) ; il mourut peu de temps après, et 
son projet n'a pas été repris. 

Mer, ch.-l. de cant. de Loir-et-Chor.arrond. et à 19 kil. 
do Blois, sur la Tronne, affluent de la Loire ; 3. '07 hab. 
cil. de f. Orléans. Carrières. Chaux, distilleries. Eglise du 
début du XI* et du xv" siècle, belle tour gothique. Patrie 
de Pierre Jurieu. — Le canton a U connu, et 10.621 hab. 
MÉRA, ville de Portugal, dans la province do lîeira, à 
30 kil. N.-O. de Coimbre, sur l'océan Atlantique; 6.200 hab. 
MerAou Mère. Myih. gr. Fille de Prœtos et de la 
nvnipho Ausia, nymphe du cortège d'Artémis. Zens la 
rendit mère de Locre. Artémis, irritée, la perça do ses 
flèches et la changea en cliicnne (gr. tiaipa, chienne). — 
Nom d'Hécube changée en chienne. — Nom de la Canicule. 
MÉRACANTHE n. m. Genre d'insectes coléoiitères hé- 
ti-ruMures, rumprcnant deux espèces propres à 1 Amérique 
du Nord. (Les méracanlhes sont des hélopinés d'assez 
grande taille, à livrée métallique bronzée ; leurs tégu- 
ments sont rugueux, leurs élytrcs bombés et ponctués.) 
MÉRAL, comm. de la Mayenne, arrond. et à 28 kilom. 
de Cbâteau-Gontier. près de lOiidon ; 1.24G hab. Scierie. 
MÉRALGIE iji — du gr. méros, cuisse, et olgos. douleur) 
n. f. Douleur et trouble do la sensibilité survenant dans le 
domaine du nerf fémoro-cutané (cuisse et fesse). 

— Encycl. La méralgie se présente surtout à la suit© 
du diabète, do la fièvre typhoïde ou d'afl'ections nerveuses, 
comme lo tabès, la paralysie générale, ou encore de sim- 
ples troubles locaux (muscle paralysé) ou d'accidents do 
fatigue (station debout prolongée). Le traitement de la 
méralgie est en général subordonné à la cause, mais lo 
massage et l'électricité donnent souvent de bons résultais. 
MéRAN, ville d'Austro-Honcrie (Tyrol), sur la Passer, 
prés do son confluent avec l'Adige ; 13.000 hab. Ch.-l. de 
district, Méran, composée de la vieille ville aux ruelles 
pittoresques et de la ville neuve, possède un château du 
xV siècle, des églises gothiques (xiV s.), un couvent, etc.; 
station d'hiver. Cures do lait au printemps, de raisin à 
l'automne. Etablissements de bains froids. La ville, qui 
occupe probablement l'emplacement de la cité rbélo- 
romane do Maias, fut, de 1290 à 1 190, la capitale du Tyrol. 
MÉRANDINE n. f. Toile qu'on fabrique en Auvergne. 
MérangèNE \jèn') n. f. Nom vulgaire do l'aubergino. 
MéRANIE vDucHt: iie), ancien Etat de l'AUeniagno mé- 
ri<lionale, composé d'une grande par- 
tie du Tyrol et do ristrie. Au xi* siè- 
cle, il faisait partie des possessions 
des comtes d'Andech. Relevant des 
ducs do Bavière, lo pays devint fief 
immédiai do l'empire en 1180, ot prit 
le titre de « duché de Méranie », du 
nom de sa capitale, Méran. Othon P' 
adjoignit au duché la Franche-Comté 
par son mariage avec Béatrix, héri- 
tière des comtes de Bourgogne (1208). 
Agnès de Méranie fut la troisième 
femme de Philippe Auguste. La mai- Arme» Ao M-'rnn et 
son de Méranie s'éteignit dans los du duchc do MOrnoie. 
mâles (1248) on la personne d'Othon IL 
Ses domaines passeront eu majeure partie à la maison 
d'.Vutriche. 
MÉRANIE (Agnès Diî), reine de France. V. AoNiiS. 
MéRAPI, volcan de Malaisio (île de Java), sur la cor 
dillèro centrale do l'île ; 2.870 mètres. Le cratère, qui émet 
dos vapeurs sulfureuses, se déplace vers l'Ouest. 

MÉRARCHŒ (chl — gr. mérarchia; de mvros, partie, et 
archos. chef) n. f. Antiq. gr. Demi-brigade, suivant Ar- 
rien. Élien çt autres tacticiens grecs; elle était forte de 
2. OIS hommes et se sulidivisait en deux chiliarchics. 

MÉRARD DE SaiNT-JUST I Simon Pierrel, littérateur, 
né et mort à Pans (1749-1S12J. U fut maître d'hôtel du 




MER 



N'oUVSiU LAKOUSSr lUirSTRÉ 




MER 



NonVEAtt LKRnuHHV. U.lMfiTKfi 




COUPE SUIVANT LE 20? DE LATITUDE NORD 



MER 



Nouveau I-iRot'SRE irj.usTRfi. 



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COUPE SUIVANT LE 20" DE LATITUDE NORD 




*.-î*.-,-i_^^A«-i.^^jr' 



MER 



Nouvbaii Larousse n.i.i'STRÉ 




29 

comte do Provence, puis iï employa les loisirs que lui 
laissait sa gramle fortune à composer des ouvra^-es d'une 
tournure d esprit quelque peu licencieuse : Contes très 
tnofjols, enrickia de notes (1770); Espièijleries, joyeusetés, 
bons mots, foliée, vt'i'iti'S (1789); Fables et contes en vers 
(1791) ; etc. — Sa femme. Anne-Jeanne-Kélkité d'Obmoy, 
liée à Pithiviers en 17G5, morte en 1830, publia, sous le 
voile de lanonymat, divers ouvrages, notamment /e Petit 
tarater ou Tablettes mijslt-riewies (1799-1801). 

MÉRARITE n, m. Hist. héhr. Descendant do Lévi par 
Wèrari, chiirLTc'i de ceriaincs fonctions sacerdotales. 

MÉRARQUE {rark' ~ gr. mérarchos) n. m. Antiq. gr. 
Comrnanilanl d une môrarchie. 

Mérat (1. auront-Germain), botaniste français, né à 
Auxcrro en 1712, mort en 1790. A la suite de quarante an- 
nées de roclierclies sur la végétation spontanée do son 
pays natal, il rédigea divers ouvrages restés manuscrits 
que Boreau a utilisés dans sa célèbre l'iore centrale de l<i 
Frnnre (1810). — Son petit-lils, François-Victor, médecin 
et botanisto, né et mort ù. Paris (1780-1851), fut membre 
do l'Académio do médecine. On a de lui : Flore des environs 
de Paris (1832) ; Dictionnaire universel de matière médicale 
et de thérapeutique [avec Dclons] (1829-1834); etc. 

MÉRAT (Albert), poète français, né à Troycs en 1810. 
r>'al)ord employé à la préfecture de la Seine, il fut en- 
suite attaché au Sénat comme secrétaire, puis comme 
sous-bibliothécairo f 18971 Poôto parnassien, à diverses 
reprises lauréat do l'Académie, il a écrit des vers dont le 
fond est un pou fruste, mais où il y a do la sincérité et de 
lajustesse. Dans de petites pièces d'une forme élégante et 
précise, d'un rytbmo léger et coquet, habilement rimées, 
il excelle à cojiiposer dos paysages parisiens, des tableaux 
do mœurs, ou à rappeler des souvenirs de vie sentimentale, 
sur un ton attendri et malicieux. Nous citerons do lui : les 
Chimères (ISCG); l'Idole {\$G0) ; les Villes de marbre (1809); 
les Souvenirs (1872) ; l'Adieu (1873); Au fil de l'eau (1877) : 
Poèmes de Paris, Pa7-i s iennes (ISSO); \ers le soir (1900); 
Triolets dc$ Parisiennes de Paris (1901) ; les Joies de l'heure 
(19.0Î); etc. 

Merate, comm. d'Italie (Lombardie [prov. de Cômo]), 
prés do l'Adda ; 2.698 bab. 

MÉRATROPHIE [fi — du gr. mâros, cuisse, et do atro- 
phie) n. f. l'inr. Atrophie de la cuisse. (Peu usité.) 

MÉRAY (.\ntony). littérateur français, néà Chalon-sur- 
Saôno en 1817. Il a collaboré à 1" " Opinion nationale » et 
à diverses revues et put>lié notamment deux ouvrages 
assez curieux : les Uhres Prêcheuj's, devanciers de Luther 
et de liabelnis [ISGO), refondu sous le titre de la Vie au 
temps des l-brcs prêcheurs [IS'^): la Vie au temps des trou- 
vères (1873) ; la Vie au temps des cours d'amour (1876) ; etc. 

McRAT (Hugues- Charles -Robert ) , mathématicien 
français, né à Chalon-sur-SaAne en 1835. Ancien élève de 
l'Ecolo normale supérieure, il devint professeur au lycée 
de Saint-Quentin ii8d7-1859\ puis chargé do coursa la 
faculté dos sciences do Lyon (1866), professeur à la fa- 
culté do Dijon '1867). Citons, parmi ses ouvrages : Exposition 
nouvelle de la théorie des formes linéaires et des détermi- 
nants (1884); Théorie anabjtigue du logarithme népérien 
et de la fonction exponentielle (1891) ; otc. 

Merayah, Maraya, Maheyeh, ville de la Med- 
jourtine, dans le pays dos Suiaalis, sur le golfe d'Aden ; 
8.000 hab. 

MERG {mèrk' — forme anc. de marque) n. m. Dr. anc. 
Borne, limite, n Droit de merc. Droit qu'on payait pour le 
bornage dos terres. 

Merga (La), comm. d'Espagne (Galice [prov. d'Orenso]), 
sur l'Arnoya, afiluoul du Miuho ; 4.600 bab. 

Mercadal, ville du roy. d'Espagne (archipel des Ba- 
léares ilo lie .Minorquel) ; 2.800 hab. Sur les hauteurs des 
alentours, chapelles très vénérées dans le pays. 

MercadantE (Giuseppe Saverio Raffaele), composi- 
teur italien, né à Altamura en 1795. mort à Naples en 
1870. Elève du conservatoire do San Sebastiano à Xaples, 
il donna ses premières œu\Tcs aux théâtres San Carlo et 
Nuovo do Naples, puis fit représenter à Vienne, coup sur 
coup, sans succès, trois ouvrages importants. Il retourna 
alors en Italie, puis en 1827. partit pour rKspaL-no^ où il 
séjourna jusqu'en 1830. 11 fut 
un instant directeur do la 
musique à l'Opéra italien de 
Madrid. De là il retourna à 
Naples, puis à Milan et, en 
1833, devint maître de cba- 
pelJe do la cathédrale de No- 
varo. En 1810, il fut appelé 
à Naples pour succéder à 
Zingarelli conmie directeur 
du conservatoire. Une oph- 
talmie grave lui fit perdre 
un œil et, en 1862, il devint 
aveugle. 

Sa carrière présente une 
alternative do succès bril- 
lants et de revers cruels. 
Doué do pou d'invention, mais 

fiourvu d'une instruction so- 
lde, il suppléait parfois à la 

richesse do l'imagination par Mercadante. 

de réelles qualités dramati- 
ques et par une rare habileté dans l'art d'écrire. Parmi 
ses ouvrages les plus heureux à la scène, il faut citer. 
dans lo genre bouffe : Violenza e Costanza (1820\ et le 
Due tllustri /?u-a;. (1S38), et, dans le genre sérieux : Ana- 
creontem .Ça^jo (1820) ; Scipione in Cartaqine (1821) ; Didone 
abbandonata (1822); gli Amici di Siraêusa (1823): Zaira 
VH VJ •^.'^'•'" '?,""' « Parigi (1832) ; Elena da Feltre (1839^ ; 
la Solitarm délie Asturie {\U^)-, ta ÏVsMfe (1840); ùonora 
(1844); gltOrazzi ed t Curiaci (1846) ; Virginia ^866) : etc. 
un lui doit aussi une quinzaine de symphonies pour or- 
chestre, quatre symphonies funèbres,' un nombre considé- 
rable d œuvres d© musique religieuse, etc. Il était membre 
correspondant de l'Académio des beau.x-arts de France. 

Mercadet ou le Faiseur, comédie en prose d'H de 
Balzac, écrite en cinq actes vers 1838-1840, réduite à trois 
actes par Dennery, et jouée au Gymnase le 9 sept. 1S51 




— C'est la meilleure des comédies de Balzac; il y a créé 
un type : Mercadet, l'agioteur, le tripoteur d'alfaires, re- 
muant, rusé, doué d'une imagination endiablée, bon homme 
au fond. Mercadet vient détre ruiné par la fuite d'un associe 
infidèle, Godcau, qui s'est sauvé aux Indes avec la caisse. 
Sa seule ressource est de faire croire qu'il est riche et du 
marier Julio, sa fille, qui est laide, avec un homme opu- 
lent. Il croit trouver le gendre idéal dans la personne do 
M. do La Brive. Mais ce dernier, do son vrai nom Michon- 
nin, n'a quo des dettes. Faute de mieux, Mercadet tirera 
parti de son gendre manqué en le donnant pour Godeau re- 
venu des Indes, ce qui fera patienter ses créanciers. Mais 
M"» Mercadet s'oppose à cette manœuvre : elle va paver 
les créanciers avec ses biens. Cependant, le véritable 6o- 
doau revient en personne et sauve la situation. Julie épouse 
le teneur de livres. Minard, un dévoué soupirant qui se 
trouve être fils naturel de Godeau. Les figures dos créan- 
ciers (le propriétaire Brédif, les courtiers ou usuriers 
Berchut, Goulard, Pieniuin, Violette), les prodiges qu'ac- 
complit Mercadoi pour les faire patienter, les types des 
domestiques inquiets, mais admiratifs, et surtout l'excel- 
lente scène où Mercadet et Michonnin reconnaissent l'ina- 
nité de leurs espérances sont do la bonne comédie. 

MERCADET {mèr', de — du n. du personnage de Balzac) 

n. m. Ilumino d'afi'aires rusé et retors. 

Mercadier ou, comme lappoUent les chroniqueurs, 
Merchadarius, chef de routiers, d'origino provençale, 
mort à Bonicaux en 1200. Il semble qu'iïait fait ses pre- 
mières armes sous Richard Cœur de Lion, alors duo 
d'Aquitaine et comte de Poitiers. Ses premiers exploits 
consistèrent dans une épouvantable dévastation du Limou- 
sin, en 1183. et. l'année suivante, du comté d'Aniroulémc. 
Serviteur zélé de Richard auprès do qui il combattit dans 
ses luttes contre le roi de Franco, il resta après sa mort 
au service de Jean sans Terre. Il s'était rendu ù Bordeaux 
pour saluer la reine Eléonore do Guyenne, lorsqu'il fut 
assassiné par un homme aux gages "de Brandin, autre 
clief do routiers au ser^'ico de Jean sans Terre. 

Mercadier Ernest), savant français, né à Montau- 
ban en 1836. Sorti de l'Ecole polytechnique en 1859, dans 
!o service télégraphique, ce lut lui qui, pendant le siège 
de Paris, eut la direction de ce service et en particulier 
organisa, pendant cette pé- 
riode, la télégraphie militaire. Il 
devint professeur de physique 
ù l'Ecole supérieure de télégra- 
phie (1878) et directeur des 
études à l'Ecole polytechnique 
(1881). Ses travaux ont eu pour 
objet l'étude de l'acoustique, de 
l'électricité, do la télégraphie, 
téléphonie, etc. Nous citerons, 
ontro autres : son électro-dia- 
pason à mouvement continu, 
son commutateur général de 
pile. II a remplacé la roue dis- 
iributivo des courants alternés, 
organe assez délicat, par un 
diapason, dont l'une des bran- 
ches est reliée au pôle positif, 
l'autre au pôle négatii de la 
pile. En 1881. il rejirit des expé- 
riences do télégraphie optique, 
déjà entreprises et essayées Mercadier. 

pratiquement, en 1870 ot 1871, 

par Crova et Lo Verrier. Ses travaux les plus importants 
portent sur la radiophonie et sur son télégraphe multiple. 
Il a, dans lo même ordre d'études, inventé un tkermophone 
et simplifié la forme des récepteurs à sélénium et à noir 
de fumée. .Nous citerons de lui, entre autres ouvrages : 
Princihes de télégraphie optique (IS80); Traité élémen- 
taire de télégraphie électrique (1880). 

MCRCANA (mèr') n. f. Branche de la cabbale qui traite 
do la science des choses surnaturelles et en donne la clef. 

MERCANETTE [mèr, net') n. f. Nom vulgaire de la sar- 
celle. 

MERCANTI 'mer') n. m. Marchand dans les bazars 
d'Orient et d Afrique, ou à la suite dos armées. 

MERCANTILE (mèr' ~ ital. mercantile, même sens) adj. 
Qui a rapport au commerce : Opérations mercantilks. Le 
génie mercantile d'un jieuple. n En mauv. part, Qui porte 
à l'excès l'amour du gain : Un esprit mercantile. 

MERCANTILEMENT {mèr') adv. D*une façon mercantile. 

MERCANTILISME mer', lissni' — rad. mercantile) n. m. 
Action de taire le commerce avec un esprit étroit et la 
passion âpre du gain, ii Caractère d'une personne ou d'un 
acte mercantile. 

— Econ. polit. Système économique, qui voit dans le 
métal précieux la richesse par excellence, il Parext. Com- 
merce en général. 

— Enxtcl. En économie politique, l'erreur du mercan- 
tilisme est do considérer les métaux précieux comme 
constituant la richesse par excellence. En conséquence, on 
doit favoriser la fabrication de tous les objets que le pavs 
peut produire et pour cela en prohiber l'importation et en 
encourager l'exportation. C'est, sous un autre nom, le sys- 
tème de la balance du commerce tel qu'il fut pratiqué en 
France par Colbert. 

MERCANTILISTE {mèr', îisst' — rad. mercantile) n. m. 
Partisan outré du commerce; celui pour lequel la monnaie 
et les métaux précieux sont la seule richesse. 

MERCANTILLE {mèr, et II mil. — autre forme de mer- 
cantilei n. f. Petit commerce sans importance : Faire ia 

MERCANTILLE. PoU USité.) 

Mercantini (Luigii. poète italien, né à Ripatransone 
(Marcliesj en IS2I. mort à Palerme en 1872. Professeur 
d'éloquence à Sinigaglia. il défendit les idées libérales et 
fut obligé de s'exiler quand les Autrichiens entrèrent dans 
les Marches, en 1S49. En 1860, il fut secrétaire du commis- 
saire général Valérie et fonda le Cor-riere de la Marche. II 
devint professeur d'histoire à Bologne et de littérature 
italienne à Palerme (1865). Il est l'autour de l'hymne de 
Garibaldi; Siscopron /e iomôe, mis en musique par'OIivieri. 

MERGAPTAN {mèr' — contr. do mercure, et de capler) 
n. m. Chim. Nom donné aux alcools dont loxvircne est rem- 
placé par du soufre et qui attaquent le mercure. 



MÉRARITE — MERCEDOiMUS 

— Encvcl. Les mercaptans sont des alcools sulfurés 
cest-à-dire qu ils dérivent des hydrocarbures parlasub 
siiiution du groupe SH à 1 hydrogène. Ils diffcrent des al- 
cools ordinaires par le seul fait (|ue loxygéne y est rem- 
placé par du soufre. Le mercaptan proprement dit oa 
sulflnj^rale délliyk (C'H',.SH su produit dans do nom- 
breuses réactions, en particulier lorsqu on traite un suif- 
hydrate alcalin par le sulfure dcthvie. 

Les mercaptans s'obtiennent, soit en distillant les sels 
des éthers sulfuriques acides des vrais alcools avec du 
sulfliydrato do potassium, soit en faisant agir des éthers 
simples sur ces mêmes suif hy.lrates : il se forme un sel po- 
tassique et lo mercapian cherché. En substituant un nio- 
nosulfure au sulfhydrate dans l'opération piéo.-lcnte. on 
obtient des sulfures do radicaux alcooliques qui sont les 
éthers proprement dits des mercaptans. Avec les bisul- 
fures alcalins, on aurait dos bisulfures de radicau.\ alcoo- 
liques. On pourrait, en remplaçant les sulfures par les 
sçléniures ou les telluriurcs. obtenir des mercaplaus sélé- 
niés et telluriés ou leurs éthers. 

Les mercaptans sont des corps liquides fétides, qui dis- 
solvent le sodium en dégageant do rhydrogcnc à la ma- 
nière des vrais alcools; il y a alors formation do siiW//,u- 
lalet ou mercaplides de potassium C'H'SK ou de sodium 
C'H'SNa; on donne encore à ces composés les noms do 

itentpres- 
des nier- 




alcools sulfopolassique ou sulfusodique. ifs précipi 

que tous les sels métalliques, donnant encore 

captides comme le mercaplide de mercure ou alcool sulfo- 
mercurique (C'H'.S'IIg. 

HERCAPTIOC (mèr') n. m. Chim. Combinaison do mer- 
captan avec un métal. 

MERCAPTURE n. m. Chim. Syn. do MERCAPnoE. 

Mercara. Géogr. V. Merkara. 

Mercateixo, comm. d'Italie (Marches [prov. do Pe- 

saro-e-Urbino i. à l'endroit oii le .Métaure se forme do la 
réunion de la .Meta et do r.\uro; 2.370 hab. 

MCRCATI (.Michel), savant italien, né à San-Miniato 
(Toscane) en 1541, mort à Rome en 1593. Reçu docteur 
en médecine et en philosophie, il fut appelé, dès l'âge do 
vingt ans, à la direction du jardin botanique du Vatican 
par lo pape Pie V. Il créa la première galerie de iriinfra- 
logie que l'on ait vue en Europe : la métallothèqiie du 
Vatican, instituée en 1585. Nommé protonotaire apostolique 
par .Sixto V, il devint premier médecin do Clément VIII 
(1592). On lui doit : [struzzioni sopra ta pente, podaqra e 
paralisil lôiey. De r/li obelische di Homa {1589 ; Cunsidera- 
zioni (1590 ; Metaltotheca, public par Laocisï i,I717-i7I9}. 

Mercato San Severino, comm. d'Italie (Principauté 
Citéricure prov. de Salcrue] , sur le Sarno; 10.517 hab. 

Mercato Saraceno, comm. d'Italie (Emilie [prov. 

de Forli'i, î)Ur le Savio; ^.785 hab. 

Mercator (Gérard Kbembr. connu sons le nom latin 
'le . iiiatliéniaticien et géographe flamand, né Â Ktipel- 
monde en 1512. mort à Duisbourg en 1591. Entré au .ser- 
vice do Charles-Quint en 1541, il exécuta pour lui deux 
globes : l'un céleste et l'autre ter- 
restre, très admirés des contem- 
porains, et qui ont été détruits 
dans lesguerres des Pays-Bas. En 
1552, il se fixa à Duisbôurg et de- 
vint cosmographe du duc de Ju- 
liers. Il dressa un grand nombre 
de cartes géographiques, et 
donna son nom à la projection 
employé© dans les cartes ma- 
rines ;' il publia, en 1569. la pre- 
mière carte hydrographique <ie co 
genre. Vers la fiu do sa vie, lo 
géographe hollandais s'adonna à 
fa théologie, et publia quelques 
traités qui furent mis à rinde\. 
Les principaux ouvrages de ce 
savant sont : De usa annuli astro- 
nomici(i552) ; Chronoloffiaamuiidi 
exordio adannum /.'»6'^"(1568) ; 7'rt- 
bul^ geoyrnphicx ad mentem l'to- 
lemxi reslilulx (1578), entin et surtout son Allas sive 
Cosmographie^ medituliones de fahrica mundi et fabricati 
figura (1585). Cf. Brcusing, Gerhard Kremer, genanni Mer- 
cator (ISTS). 

Mercator (Nicolas), astronome et mathématicien 
allemand, néà Cismar, dans le Holstein, vers 1620, mort 
à Paris en 16S7. Son véritable nom est Kauffmann. Il 
passa en Angleterre vers ICCO et s'établit ensuite en 
France, où il travailla aux fontaines do Versailles; il ne 
fut d'ailleurs pas rémunéré, avaiit refusé de se convertir 
au catholicisme. Il est célèbre par sa découverte de la 

série logarithmique L(l +x) = x \-- — — -|-.... On a 

de lui, outre sa. Logarithmotechnia (1668-1674), où est dé- 
veloppée la démonstration de la formule que nous venons 
do citer, un certain nombre d'ouvrages, parmi lesquels 
nous citerons : Institutionwu ttslronomicarum liàri duo 
(1676). et Cosmographia sive Descriptio cxli et ^erraf (1651). 
On trouve, dans ses Institutions astronomiques t une mé- 
thode plus ingénieuse que sûre pour calculGr l'anomalie 
vraie par l'anomalie moyenne. y 

MERCAVA Imèr") n. m. Relig. Partie mystérieuse do la 
création, d'après les rabbins, il Spéculation sur la nature 
de Dieu et de ses œuvres. 

Mercedes, ville de l'Uruguay, ch.-l. du départ, do 
Soriano. sur le cours inférieur du rio Negro, à l'endroit 
oii commence la navigation à vapeur ; 9.000 hab. 

Mercedes, ville de la république .Argentine (prov. de 
Buenos- .\yres'. sur la grande voie ferrée de Buenos-Ayres 
à Vaiparaiso ; 10.000 hab. 

MercÉDONB (lat. Mercedona). nom d'une déesse qui 
présidait au.\ marchandises et aux payements. 

HERCÉDONIEN, ENNE imèr', ni-in, en') adj. Mylh. rom. 
Qui appartient à la déesse Mercédone. 
— .\ntiq. rom. Se disait du jour où le salaire était payé. 

MERCEDONIUS (mèr'-sc, ni-uss) n. m. Chronol. Mois inter- 
calaire, alternativement de 22 et 23 jours, consacré à la 
déesse Mercédone, que Numa introduisit dans le calendrier. 




Mercator. 



MERCENAIRE — MERCIER 

MERCENAIRE {rnrr', tirr' — du lat. mercenarius) adj. 
Qui travaille pour un salaire convenu: 0«r/-/frMEBCKNAiBE. 
Il Qui est fait pour un prix convenu : Travail mercenaire. 

— Kig. Avide de gain ; Atne mercenaire, il Inspiré par 
l'intérêt : Louaiu/es mercenaires, il Piété mercenaire^ Piété 
inspirée uniquement par le désir des récompenses. 

— llist. ecclés. Prêtre mercenaire. Prêtre qui n'était 
attaché à aucun service r(>g:ulicr, mais qui prêtait son 
ministère aux titulaires qui le rétril)uaient. 

— n. Fig. Personne bassement intéressée. 

— n. m. Ouvrier, et. par exi., Personne quelconque qui 
travaille pour un salaire convenu : // ne faut pas retenir 
le salaire du mercenaire, it Soldat qui sort à prix d'argent 
un gouvernement étranger : Un corps de meucenaibes. 

— Encyci.. 1/omploi des troupes soldées, étrangères à la 
cité ou à l'Etat qui les employait, fut général pendant tonte 
l'antiquité classique, particnlièremont dans les républi- 
ques marilimcs du bassin oriental do la Méditerranée, 
organisées selon le système aristocratique et incapables 
do défendre, avec le nombre restreint de citoyens dont elles 
disposaient, un domaine politique ou commercial sou- 
vent étendu, sans compter que les exigences du service 
militaire personnel paraissaient lourdes à des commer- 
çants, épris surtout ne vie tranquille et luxueuse. Tel fut 
le cas pourTyr et les autres villes phéniciennes; tel fut 
le cas, plus tard, pour les colonies ioniennes do l'Asie 
Mineure, Milet, Sardes, etc., et pour Athènes même, dans 
l'armée de laquelle entrèrent des auxiliaires macédoniens, 
ihraces, gaulois ou asiatiques. Des Grecs, par contre, en- 
traient, avec Xénophon, au service des rois do Perso. Le 
secret de la force do Sparte fut dans la composition do 
son armée, vraiment nationale. Ce fut aussi le secret do 
la force de Rome en présence do Carthage, à qui ses ar- 
mées de mercenaires pris dans toutes les nations, do la 
Bretagne à ia Libye, causèrent de terribles embarras. 
(V. pi. bas.) Copenciant, Rome elle-même dut peu i peu 
faire appel aux mercenaires, dès la fin du m* siècle avant 
notre ère : Celtibériens d'abord, puis Gaulois, Barbares 
do toute sorte, avant qu'elle n'en vînt, sous l'empire, à 
prendre on masse ù sa solde les plus proches des peupla- 
des germaines ou slaves de ses troniiôres : Francs, Mar- 
comans, Goths. etc. Au moyen âge, les arniccs de raer- 
conairos ont une égale importanco ; il sultit de rappeler 
les condottieri de l'Italie du Nord, les bandes de j^outiers, 
lirabançons, cottereaux, navarrais de la guerre de Cent 
ans et, plus tard, les levées de Suisses par la France ou 
l'organisation des compagnies do reitres ou lansquenets 
allemands, passant alternativement au service des prin- 
ces d'empire, dos évéques, des rois do France, etc., l'Al- 
lemagne devenant, au moment de la guerre de Trente 
ans, 10 plus grand marché de soldats que le monde ait 
connu. C'est seulement à la fin du xvn" siècle que partout 
les exigences do la politique amènent la constitution d'ar- 
mées nationales. En France, les Suisses seront les der- 
nières troupes soldées étrangères entretenues par l'Etat. 
Encore subsisteront-ils seulement comme garde particu- 
lière du souverain jjlutôt que comme troupe de bataille, 
avant que leur suppression délinitivo (1830) ne suive de 
près la chuio do la monarchie. 

Mercenaires (gderre dks). Quand finit la première 
guerre puni(]ue (241 av. J.-C), Carthage épuisée ne put 
payer ses troupes mercenaires. Au nombre de 25.000, 
coflos-ci, commandées par Spendius et Mathos, se révol- 
tèrent ot appelèrent à la liberté les peuples d'Afrique. 
Seules, Utiquo et Hippacra demeurèrent fidèles à Car- 
thage. Celle-ci, sans hommes et presque sans argent, en- 
rôla tous les citoyens, arma une flotte. Une première ba- 
taille fut perdue. Enfin, Amilcar Barca força les révoltés 
à lover le siège d'Utique et les défit partiellement. Par 
représailles, ils massacrèrent tous leurs prisonniers. 
Utique et Hippacra se soulevèrent à leur tour, et le siège 
fut mis devant Carthage. Mais Amilcar fut assez habile 
pour enfermer ses adversaires dans une position telle qu'ils 
en furent réduits bientôt ù. s'entro-dévorer, et durent se 
rendre à merci; 40.000 furent massacrés. L'Afrique se 
soumit et, après quelques succès divers, la guerre prit fin 
par la prise et la mort de Mathos. Elle avait duré trois 
ans et demi, signalée par toutes les horreurs; on l'appela 
guerre inexpiable. 

MERCENAi REMENT (mér',«e-né)adv. D'une façon mer- 
cenaire. 

MERCENARlAT [mèr'-se, ri-a) n. m. Etat do mercenaire : 
Le mercunariat militaire. 

MERCENARISME {mér'-se, rissm') Q. m. Esprit merce- 
naire : Un MERCENARISME' /lon/ét/x. Il Etat do mercenaire : 
/.eMKRCENARisMK cst la loi communc. 

MERGENARITÉ hnèr'-se) n. f. Caractère de ce qui est 
mercenaire: /.a mercknarité d'une c/mrye. il Caractère 
duno personne mercenaire. (,Peu usité.) 

Mercer, nom do plusieurs comtés des Etats-Unis, dont 
les principaux sont : comté de l'Etat d'Ulinois ; 20.000 hab. 
Ch.-l. Aledo; — comté de l'Etat de Kentucky ; 16.000 hab. 
Ch.-I. HatTodiburg ; — comté do lEtai do New-Jersey; 
60.000 hab. Cb.-l. Trenton ; — comté de l'Etat d'Ohio ; 
25.000 hab. Ch.-l. Ce/tna; — comté de l'Etat de Pensyl- 
vanie; Gl.OOO hab. Ch.-l. Mercer (2.500 hab.). 

MERCERIE {mèr''se-ri) n. f. Commerce du mercier : 
Connaître la mercerie, li Marchandises de mercier : Ache- 
ter de la MKiîCEniB. n Boutique do mercier : Entrer dans 
une MBRCiîRiB. Il Ensemble dos merciers : La mërcbriu se 
plaint. 

— Fam. // a plu sur sa mercerie, Son commerce va mal. 

MERCERISAGE {màr'-se, zaj' — de Mercer, n. do l'in- 
venteur) n. m. Opération qui consiste à imprégner les fils 
ou les tissus do coton préalablement tendus d'une solu- 
tion de soude caustique, qui produit un gonflement et par 
conséquent une contraction 'les fibres, et laisse aux uls, 
après la dessiccation, un brillant soyeux. 

MERCERISETTE {mrr'-sc, zèt') n. f. Sorto de satinette 
obtenue par morccrisago, 

MERCEROT iuu'r'-se-ro — dimin. do mercier) n. m. Petit 
mercier; portc-l>allo qui parcourt les villages. 

MeRCEY (Frédéric Bourceois de), peintre, écrivain 
et administrateur, né ù Paris on 1805, mort à La Faloiso 
(Somme) en isoo. Il a exposé un certain nombre do pay- 
sages attestant un talent distinf^'ué. Entré en 1810 au mi- 
Distèro do i'inlérieur, il passa, eu 18:.3. au ministère d'Etat 



comme directeur dos beaux-arts. Parmi ses tableaux, ci- 
tons : le Palais ducal, à Venise; Vue du pas de l'inster- 
7iiiin:; Vue prise aux environs de Trente; Vucd'/'Jdimboury ; 
la Place du Grand-Duc à Florence ; Environs de liastia; etc. 
Il a publié, entre autres ouvrages : le Tyrol et le Nord de 
l'Italie (1835); Scotta, souvenirs de voyages (1841); le Sa- 
lon de i848 (1848), sous le pseudonyme de La Genevais; 
Etudes sur les ()eaux-arts depuis leur origine jusqu'à nos 
Jours (1855-1857); la Toscane et le Midi de l'Italie (1858). 
De Mcrccy fut élu à l'Académie des beaux-arts eu 1851». 

Merchtem, comm. de Belgique (Brabant [arrond. de 
Bruxelles)), sur luVliet, affinent du Kupel ; 5.255 hab. 

MeRCHWEXLER, ville d'Allemagne (Prusse [présid. de 
Trêves^ ; 3.650 hab. Mine do houille. Verrerie. 

MERCI {mèr'-si. — V. le mot suiv.) n. m. Parole de re- 
merciement pour un service rendu: Èire un grand merci. 
(Se dit aussi par ironie pour un mauvais office reçu, etc.) 
Il Formule do politesse pour refuser : Prendrez-vous du 
thé? — Mkrce. 

— Ellipt. Merci, Grand merci, Merci de, Grand merci 
de, Je vous dis merci, grand merci; je vous remercie de. 

— Fam. Merci du /)pu / Exclamation qui exprime i'éiou- 
nement au sujet do quelque chose d'excessif. 

MERCI [mèr'-si — du lat. merces, même sens) n. f. Pitié, 
miséricorde, grâce : Crier merci. A'e faire aucune merci. 

— Sa merci, Grâce à lui : Sa merci, nous osons à celte 
heure et parler et écrire. (Montaigne.) [Vieux.] 

— Loc. div. : Merci de ma fie, Merci de niui. Exclamation 
arrachée par la surprise mêlée d'une sorte d'indignation ou 
de colère. (Vx.) il iJieu jnerci! Grâce à Dieu, heureusement. 

Il Crier mei'ci. Dans l'ancien droit. Demander la conversion 
d'une peine corporelle en une amende, il Demander tnerci. 
Se reconnaître vaincu, demander grâce, il Sans merxi, Sans 
pitié. Il Dû7i d'atnoureuse merci, Dernières faveurs d'une 
femme : Octroi/er le don d'amoureuse merci. (Vx.) ii Déce- 
voir quelqu'un à merci. Lui pardonner, lui faire grâce. (Vx.) 

— Loc. adv. A merci, A tiiscrétion, à volonté : Les contri- 
buables sont restés taillables et corvéables À merci. 

— Loc. prépos. A la merci de, A la discrétion do : .Ce 
livrer \ la mkrci du vainqueur, w Aux effets, à l'influence, 
à l'action de : A'avire À la merci des vents. 

Merci (ordre de la) ou ordre de Notre-Dame dp la 
Merci, pour la rédemption des pauvres captifs en Aragon. 
La fondation on est attribuée par quelques chroniqueurs 
à Jacques ou Jayme 1"^, roi d'Aragon, par d'autres à 
saint Raymond de Pennafort, de l'ordro des frères prê- 
cheurs, confesseur de ce prince, et â 
Pierre Nolasco, chevalier français. La 
création de l'Ordre daterait de l'année 
1218 ; mais ce n'est qu'en 1223 qu'en fut 
célébrée à Barcelone l'institution offi- 
cielle, et que Pierre Nolasco reçut de 
saint Kaymond la dignité de grand 
maître. En dehors des trois vœux mo- 
nastiques ordinaires, les chevaliers de 
la Merci s'engageaient à aller se met- 
tre entre les mains des Maures comme 
caution dos prisonniers qui seraient ren- 
voyés sans rançon. L ordre fut ap- 
prouvé par le pape Grégoire IX en 
1235; il devait suivre la règle de saint 
Augustin. L'ordre s'illustra par la part 
qu'il prit, en 1229, à la conquête do 
Majorque et de Minorque et, en 1238, 
à la conquête du royaume de Valence. 
Mais, au xiv" siècle, il perdit son ca- 
ractère militaire pour devenir un ordre 
ecclésiastique. Réformé au xvu" siècle, 
il a disparu do France, à la Révolu- 
tion. Il ne doit pas être confondu avec 
les religieux déchaussés de l'ordre de Notre-Dame de la 
Merci, fondé en iiïos. A côté de cet ordre, se place la 
congrégation des religieuses de l'ordre de la Merci, fondé 
à Séviile, en 1568, par le père Antonio Velasco. 

MbrgiE (lat. Mercia), un des royaumes do l'heptarchie 
anglo-saxonne, qui s'étendait depuis la mer du Nord jus- 
qu'au pays de Galles, et comprenait les comtés actuels do 
Gloccster, Worcester, Leicester, Nortbampton. Bodford, 
Buckingham, Derby, Nottingham, Hereford, Warwick, 
Chester et Lincoln. Capit. Lincoln. Fondé en 584 par Crida 
ou Créoda, chef angle, il exerça sur le reste de l'Angle- 
terre une véritable suprématie depuis 685 jusqu'en 825, 
date à laquelle le roi de Morcio, Wiglaf, fut vaincu par 
les Angles do l'Est et les Saxons de l'Ouest coalisés. 

MerciÉ (Marius-Jean-An/()»in), sculpteur et peintre 
français, né à Toulouse en 1845, élève de JoulTroy et Fal- 
guièro. Grand prix de Rome en 1808, il envoya au Salon, 
en 1872, une statue en plâtre de David, qui, par l'élé- 
gance des formes, rappelait lo 
style de Donatellu, et un buste 
oii bronze de Dalila. De retour 
en France, il exécuta (1874) son 
groupe allégorique en plâtre, in- 
titulé Gloria victis! qui obtint la 
médaille d'honneur du Salon. 
En 1875, Mercié exposa avec ce 
groupe, reproduit on bronze, un 
b:is-relief en bronze, le Loup, ta 
Mrrc et l'Enfant. En 1876, il en- 
voya une élégante statuette on 
marbre, David avant le combat, 
et fut chargé do composer un 
haut-relief pour lo grand guichet 
du Louvre : le Génie des arts, qui 
parut au Salon de 1877 avec une 
statuette on marbre, Junon vain- 
cue. Il exécuta la statue colossale 
de la Itenommée, pour le palais 
du Trocadéro (i878). L'année sui- 
vante, il envoyait au Salon : un bas-relief en plâtre pour 
le Tombeau de Michelct; Amiyo^statuo de bronze, et la Jeu- 
nesse d'Arago, bas-relief do bronze pour le monument érigé 
par la ville de Perpignan. Puis vinrent : Judith, des por- 
traits, peintures (1880); la statue de Thiors à Saint-Ger- 
main (1880). L'Etat avait commandé à l'artiste, cette même 
année, un Saint filoi destiné au Panthéon. Après VEn- 
terrcmcnt. Souvenir de Bretagne, et /)a/(7fl^ peintures (1881), 
il exposa : un tableau, Première étape, et Quand même, 
groupe pour la ville de Belfort (1882J; Véntw (1883). Puis 





A. Mercié. 



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Armes lie la corpora- 
tion dps nicrcit-ri 

(XVIU' fi.). 



30 

vinrent ; Léda (1884), peinture, et le Souvenir (1885); 
haut-relief qui remporta le succès le jjIus mérité. Ajou- 
tons : le Tombeau du roi Louis-Philippe et de la reine Amélie 
(1886j; Génie pleurant; la Gloire et la Douleur, pour le 
monument élevé à Paul Baudry au cimetière du Pôre- 
Lachaiso (1889). On lui doit le monument de Victor Massé 
ù Lorient, et les Sciences, fronton qui décore la façade 
de la nouvelle Sorbonno ; Jtegrct, statue pour le tombeau 
de Cabanel ; Guillaume Tell, pour la ville de Lausanne; 
Jeanne d'Arc, pour Domrémy; Pour l'honneur, destiné à 
la ville de Chùteaudun; le tombeau de M'°' Carvalho, à 
Paris ; etc. Membre de l'Institut en 1891, il devint, en 1900, 
professeur à l'Ecole des beaux-arts. 

Mercien , ENNE (mcr'-si-in , en'), personne née en 
Mercié ou qui habitait ce pays. — Les Merciens, 

— Adjoctiv. : Uoyaume mkkcien. 

MERCIER (mt'r'-S(-('),ÈRE[du lat. pop. merciarms, même 
sonsj n. Personne qui vend do menus objets servant au 
travail des femmes, des couturières et des tailleurs, au 
vêtement et à la parure ; fil, soie à coudre, laine et cane- 
vas à tapisserie, aiguilles, épingles, passementerie, ru- 
bans, cordons, agrafes, boutons, etc. 

— Coût. anc. Roi des merciers. Chef do la corporatioa 
dos merciers, il Grand maître des merciers. Chef dos mer- 
ciers â partir du règne de Henri IV. 

— A<ijectiv. : Commis mercier. 

— Pkdv. et LOC pRov. viiiiLLis. A petit mercier, petit 
panier, Il faut proportionner ses projets, ses affaires à. 
SCS ressources, il Chaque mercier prise Bes aiguilles et boq 
panier, Chacun vante ce qu'il veut \ endre. ii Assez dépendre 
et ne rien gagner met à mal le pauvre mercier, Les grosses 
dépenses et les petits bénéfices conduisent a la ruine. 

il N'est pas digne d'être mercier qui ne sait pas faire sa 
loge, Un bon commerçant doit savoir se former une clien- 
tèle. I! Au jour du jugement, chacun sera son mercier, et 
portera son panier, An ju^jernent dernier, chacun répondra 
de ses propres fautes, ii II tuerait un mercier pour un pei- 
gne, Il se livrerait, pour de faibles 
raisons, aux actes les plus violents 
et les plus criminels. 

— Encycl. Les merciers tenaient 
dans l'ancienne France un rang bril 
lant parmi les corporations ouvrit 
res. Ils vendaient, outre la menu 
mercerie, des métaux bruts et ou 
vrés, des armes, des bronzes, Aq^ 
dorures, des dentelles, de la tapis- 
serie, des gants, des meubles, des 
estampes, des teintures et des dro- 
gues. Leur activité se manifestait 
surtout aux grandes foires, au len- 
dit, aux foires Saint-Denis et Saint- 
Germain et dans les marchés hebdo- 
madaires des halles. A la tète de la corporation il y avait. 
pour toute la France, un u roy des merciers « , mais iF 
ne-xerçait son autorité que sur les marchands de menue 
mercerie. Il donnait les brevets d'apprentissage et les 
lettres. Les statuts des merciers disparurent avec les au- 
tres corporations, à l'époque de la Uévolution. 

Mercier ou Le Mercier (Jean), en latin Merce- 
rus, hébraïsant français, né à Uzès au commencement 
du XVI" siècle, mort dans cette ville en 1570. Il succéda 
ù son maître Valable, dans la chaire d'hébreu au collège 
royal de France en 1546. Ayant embrassé la Réforme, il 
se retira à Venise. Il mourut au cours do son retour dans' 
sa patrie. 11 a découvert le premier la quantité et la me- 
sure des vers hébreux. On a de lui : des Commentaires- 
latins sur les livres de l'Ancien Testament, diverses tra- 
ductions du chaldéen et du syriaque, etc. 

Mercier (Philippe), peintre français, né à Berlin, de 
parents français, en 16S9, mort en Angleterre en 1760. 
Lorsqu'il eut appris son art d'Antoine Pesne, il visita 
riialie, puis se rendit en Angleterre, où il devint le favori- 
du prince de Galles, et exécuta de nombreux portraits. 
Au bout de neuf ans, il alla en Irlande, puis en Portugal, 
et retourna une seconde fois à Londres. Outre ses por- 
traits, on a do lui de gracieux intérieurs, r|ui rappelbnt 
la manière de Watteau. — Sa fille, Charlotte Mercier, 
liiurte en 1762, a aussi peint et gravé. 

Mercier de La Rivière, économiste français, né- 
vers 17-^0, mort à Paris vers 1793. Conseiller au parlement 
de Paris de 17i7à 1758. il devint intendant de la Marti- 
nique. L'impératrice Catherine II l'appela on Hussie. 
Dans son ouvrage capital : l'Ordre naturel et essentiel des 
sociétés politiques (1767). il se prononce pour lo pouvoir 
monarchique, ce qui donna lieu à une controverse entre 
Voltaire et Mably. On cite encore : Essai sur les maximes- 
et lois fondamentales de la înonarchie française ou C'aHC- 
vas d'uJi code constitutionnel (1789); etc. 

Mercier (Barthélémy), abbé de Saint-Léger, généra- 
lement connu sous le nom de Mercier de Saint-Légerv 
bibliographe français, né ù Lyon en 1734, mort à Paris 
en 17i'9. Chanoine régulier do Sainte-Geneviève de Paris, 
il professa dans une des maisons de l'ordre, puis devint, 
en 1751, bibliothécaire adjoint du P. Pingre, à qui il suc- 
céda en 1700. Louis XV lui donna l'abbaye do Saint-Léger 
en 1761. Son caractère vétilleux le força do se démettre, 
en 1772, de ses fonctions de bibliothécaire; il visita la 
Belgique et la Hollande, et y fit une ample moisson do 
matériaux. La Révolution française le priva de ses béné- 
fices. Nommé en 1792 membre de la commission des mo- 
numents, il rendit d'importants services en sauvant des. 
collections publiques et privées, et en rédigeant desjn- 
struclions sur la manière do classer les livres dans les 
bil)Iiolhèques nouvellement formées. Nous citerons parmi 
ses principaux ouvrages, d'une érudition méthodique et 
claire : Supplément à l'histoire de l'imprimerie par Prospcr 
Marchand (1772): Extrait d'un manuscrit intitulé o le LivrC' 
du très chovalereux comte d'Artois et do sa femme, fille 
du comte do Boulogne •• (1783); Projet pour l'établissement 
d'une bibliothèque nationale (1791); etc. 

Mercier (Louis-Sébastien), littérateur français, né et 
mort ù Paris (1740-18M). Il publia à vingt ans des Hé- 
roïdes qui n'eurent aucun succès, puis fut quelque temps, 
professeur de rhétorique ù Bordeaux. De retour A Pans. 
et après avoir composé quelques romans et pièces do 
théâtre peu goûtées, il puulia en 1773 son célèbre Essai 
sur l'art dramatique, violente déclaration do guerre i 
l'art classique, où l'auteur veut imposer à l'écrivain» 




31 

au lieu des sujets ot des proc(5dés conventionnels, la 
représentation de la société moderne et en particulier 
<lu peuple. Joignant l'exemple au précepte, il donna plu- 
sieurs pièces à la Comédie- 
Italienne : l'Habitant de la Gua- 
deloupe, iindit/ent, et surtout ta 
Brouette du vinaigrier ot le Dt'- 
gertenr (qui valut à Mercier la 
protection do Marie-Antoinctto 
et une pension). En 1770, il pu- 
blia l'An 2440 ou liêve, s'il en 
fut jamais, où l'on trouve, au 
milieu d'un fatras baroque, d'é- 
tranges ot curieux pressenti- 
ments do la Révolution fran- 
çaise. Le grand ouvrage do 
Mercier est son intéressant et 
confus Tableau de Paris {11^1- 
Î790), suivi du Nouveau Paris 
(179P-I800), où il peint les mœurs 
«t les coutumes du Paris d'alors. 
Mercier, pendant la Révolu- 
tion, fut député de Scine-et-Oiso 
à la Convention, et siégea pins L.-Séb. Mercier, 

lard au coiiseil des Cinq-Cents. 

Professeur d'histoire à l'Ecole centrale, membre de l'Insti- 
tut, il eut le courage do demeurer républicain sous l'Em- 
pire. Outre les ouvrages, cités plus liant, il a composé un 
très grand nombre de livres, marqués au coin de la fan- 
taisie la plus originale : V Homme sauvage {I7r.7), où Cba- 
leaubriand prit peut-étro l'idée d'Ataln; Idéologie (1801); 
Satire contre liacine et Boilean (1808); Jeanne d'Arc, 
drame traduit de Schiller; Mon honnct de nuit (1784J, 
amèro critique de la littérature classique; etc. 

Mercier (Clande-François-Xavior), dit Mercier de 
Compiègne, littérateur français, né à Compiùgiie en 
I"o3, mort à Paris en 1800. Secrétaire du chevalier do 
Jaucourt, il se rendit à Paris (1779). Sous la Révolution, 
il composa à la hâte un assez grand nombre d'ouvrages 
ot ouvrit une librairie. Mercier tournait agréablement lo 
vers: mais il s'est surtout consacré à écrire, traduire ou 
éditer des livres licencieux. Nous citerons de lui : les 
Veillées du couvent ou le Noviciat d'amour, poème éro- 
tico-satiriquo, en prose (1793) ; le Palmier ou ^e Triomphe 
de l'amour conjugal (1795), la moilleuro do ses produc- 
tions poétiques ; le Bréviaire des jolies femmes (1799) ; etc. 

Mercier (Pierre), dit la Vendée, l'un des chefs de 
la chouannerie, né au Lion-d'Angers on 1774, mort à La 
Motte (Côtes-du-Nord) en 1801. Il était encore écolier au 
coilègo de Boaupréau lorsque éclata l'insurrection ven- 
déenne. Il alla aussitôt rojomdre l'armée de Bonchamps. 
Après lo désastre dos "Vendéens à ."^avcnay, il se retira à 
Kerléauo, près d'Auray, chez les parents de Georges Ca- 
doudal, sou ami intime, qu'il seconda activement. Arrêté 
en 1794 ot emprisonné à Brest, il s'évada et, l'année sui- 
vante, combattit à Quiberon. Dans la nuit du 25 octo- 
bre 1799, il parvint à s'omparcr de Saint-Brieue, où il ne 
resta quo quelques heures. Il passa alors en Angleterre 
pour tenter d'amener les princes à prendre le commande- 
ment ties insurgés bretons. Do retour dans les Côtes-du- 
Nord, il se disposait à gagner le Morbihan, lorsqu'il fut 
pris, ot tué par la gendarmerie, en essayant do fuir. 

Mercier (Achille), économiste français, né à Pontle- 
voy (Loir-et-Cher) en 1830, mort à Paris on 1891. Après 
avoir exercé les fonctions do notaire, il commença, en 
1863, contre l'Empire une polémique républicaine qui 
avait pour objoctit les questions do finance. En dehors 
de sa collaboration à divers journaux et revues, il publia : 
la Politique du grand-livre (1868): la Marée montante, 
étude budgétaire (1868); la Beconstitution du patrimoine 
national el de la famille (1874). 

Mercier (Auguste), général français, né à Arras en 
1833. Elève do l'Ecole polytechnique, officier d'artillerie, 
il servit au Mexique, prit part en 1870 aux batailles sous 
Metz. Général deorigade en 1884, directeur des services 
administratifs à la guerre (1888), il fut nommé division- 
naire (1889) ot commandant du 18* corps (1893). Chargé du 
portefeuille de la guerre dans lo cabinet Casimir-Perier 
(1893-1894), il le conserva dans lo cabinet Dupuy (1894- 
1895). En 1894, il fit traduire devant un conseil de guerre 
pour crime de trahison lo capitaine Dreyfus. En quittant 
îe ministère, il devint commandant du 4' corps d'armée 
<févr. 1895) et passa dans la réserve en 1898. Violemment 
attaqué lors de la revision du procès Dreyfus, il ne cessa 
d'afiirmer la culpabilité du condamné. En I9o0. il fut élu, 
comme nationaliste, sénateur do la Loire-Inférieure. 

MercieR-LACOMBE, comm. d'Algérie, départ. d'Oran, 
arrond. et à 36 kilora. de Sidi-bcl-Abljès, au pied du Dje- 
liel-Oulad-Sliman, sur un affluent de l'Oued-el-Hamman ; 
2.800 hab. 

Merck (Jean-Henri), littérateur allemand, né et mort 
à Darmstadt (1741-1791). Il remplit diverses fonctions à 
Darmstadt. En 1783, il alla à Saint-Pétersbourg avec la 
princesse de Hesse-Darmstadt. Ses dernières années fu- 
rent attristées par des pertes d'argent et des chagrins 
domesti(|ues. qui l'amenèrent à se donner la mort. Il a 
peu publié sous son nom, mais il était l'âme des plus 
célèbres revues do cette époque : du Mercure, de la Bi- 
bliothèque allemande universelle et des Annonces savantes 
<te Francfort, en collaboration avec Gœthe ot Schlosser. 

Merckem, comm. de Belgique (Ftandre-Occid. [arrond. 
do Dixmude]), près de rYperléo canalisée, affluent de 
l'Yscr ; 3.769 bat). Dentelles. 

Mercœur (en lat. Mercorium), ch.-l. de cant. do la 
Corrèzo. arrond. et à 40 kilora. de Tulle, entre le Deyroux 
et le torrent d'Orgues, affluents de la Cère ; 766 hab. Plomb 
inexploité. — Le canton a 1 1 comm. et 6.907 hab. 

Mercœur (Philippe -Emmanuel de Lorraine, duc 
DEi, lils de Nicolas de Lorraine, comto, de Vaudemont, 
puis duc de Mercœur, né à Nomény on 1558, mort à Nu- 
renberg en 1602. Le mariage do sa sœur, la princesse 
Louise, avec le roi Henri III, en 1575, le fitentrer dans la fa- 
veur do ce prince. En 1582, il reçut lo gouvernement de 
la Bretagne. Sa femme. Marie de Luxembourg, descendait 
du comte Charles do Blois, compétiteur malheureux de 
Jean de Montfort. Toute la politique de Mercœur fut, 
depuis 1582, de se servir do ses cousins de Guise contre 
Henri III, quitte à se servir, le cas échéant, do Henri III 




contre ses cousins de Guiso. Après l'assassinat do ses 
parents (fin de déc. 1588), le roi le fit arrêter. L'avènement 
de Henri IV lui permit bientôt de trancher du souverain, 
" en attendant un roi catholique ". 
Bientôt, il alla jusqu'à intituler 
son fils aîné " prince et duc de 
Bretagne ». Les Bretons faisaient 
cause commune avec lui. Mais, en 
1590, vigoureusement attaqué par 
le duc ao Montpensier, il perdit 
successivement , malgré les se- 
cours quo lui envoya Philippe II, 
Saint-.Malo, Dinan ot Morlaix. 
Après la signature do la paix (\o 
Yervins, le roi de France marcha 
do sa personne contre Mercœur, 
qui vint faire sa soumission à 
Angers. Il mourut au retour d'une 
expédition contre les Turcs, dans 
les rangs des Impériaux. 

Mercœur {Eli sa), femme 
poète française, née à Nantes en 
1S09, morte à Paris en 1835, D'une Mprcœur. 

précocité rare, elle mérita de 

bonne heure lo surnom de Muse armoricaine. Elle 
publia en 1827 son premier recueil do Poésies, et se rendit 
à Paris avec sa méro (1828). Ses Œuvres complètes, pu- 
bliées par sa môro en 1843, et précédées de Mémoires et 
notices sur la vie de l'auteur, écrits par sa mère, compren- 
nent, outre ses poésies et dos nouvelles : Boabdil (1831'' et 
les Abencérages, tragédies; Louis XI et le Bénédictin, 
chronique ; les Italiennes ; les Quatre Amours ; Louis XIII ; 
etc. Sun inspiration est gracieuse et toucbauto. 

Mercogliano, comm. d'Italie fCampanio [prov. d'A- 
vellinoj), sur les pentes du monto Vergine ; 3.152 hab. 

Mercoire (monts de), montagnes de la Lozère, dans 
les (,'évennes méridionales, ensemble do chaînons peu 
élevés au-dessus du pays environnant, qui forment un 
massif désert aux sources de l'Allier. Pays do gneiss et 
de micaschistes, tirant son nom de Mercure, auquel la 
grande forêt qui le couvrait était anciennement consa- 
crée. Le massif s'élève i 1.501 mètres d'altitude, au 
Mourro de la Gardille. 

MERCORET [mèr, rè) n. m. Bot. Nora vulgaire de la 
mercuriale annuelle. 

MERCREDI [mèr' — du lat. Mercurins, Mercure, et dies, 
iour) n. m. Chronol. Quatrième jour de la semaine, entre 
"le mardi et lo jeudi, ainsi nommé de ce quo la planète 
Mercure y présidait. 

— Liturg. jl/ercrerit des Cenrfres. Premier jour de carême, 
qui est le premier après la quinquagésimo. (Il a été ainsi 
appelé parce que, ce jour-là, les prêtres imposent des 
cendres sur le front des fidèles. [V. mémento, homo.j) 

MERCURE [mèr —àe Mercure, n. pr.)n. m. Chim. Corps 
simple métallique, liquide à la température ordinaire. 

— .\lchim. Mercure animé, Préparation destinée à four- 
nir la i)iorre philosopbalo. 

— Loc. fam. Etre mobile comme le mercure. Avoir un ca- 
ractère très changeant ; avoir des mouvements rapides et 
variés, ii Fixer le mercure, Fixer les sentiments ou les 
soins d'une personne très mobile, très inconstante. 

■ — Encycl. Chim. Le mercure est un métal liquide à la 
température ordinaire, d'un blanc bleuâtre, d'où son nom 
vulgaire do vif-argent. Le symbole de ce corps est Hg, 
son poids atomique 200. 

Le mercure natif se trouve accidentellement dans les 
mines de mercure, où il existe presque toujours à l'état 
do sulfure, appelé aussi cinabre. Ce minerai, qui se pré- 
sente en masses cristallines d'un rouge vif, disséminées 
ou en filons, se rencontre notamment â Idria en Autriche, 
à Almaden en Espagne et à New-.\lmaden on Californie. 

On obtient le mercure en grillant son sulfure, soit sur 
la sole d'un four, soit dans des cornues en terre ; le soufre 
se dégage à l'état d'acide sulfureux, et le mercure distille 




^^ i j i wjX i i 



■ jj^w^^.ig t igi^ ' 



Extraction du mercure (procf^dé d'Almaden) : A, four; B. série 
d'aludels ; C, rigole; D, chambre de condensation des dernières 
vapeui's mercurielles. 

dans une série d'allonges (aludels), puis dans des chambres 
de condensation, où on lo recueille. Il est expédié dans des 
bouteilles en fer forgé. On peut le purifier par voie sèche, 
en lui faisant subir une seconde distillation ou par voie 
humide en l'agitant avec de l'acide azotique. 

Le mercure est blanc et très brillant ; c'est lo seul mé- 
tal qui soit liquide à la température ordinaire ; sa densité 
est de 13,59. Il so solidifie à — 40'> et bout à 3500; il émet 
des vapeurs à toutes les températures. Il se divise par 
l'agitation en gouttelettes excessivement fines et de cou- 
leur gris terne; il porte alors le nom de inercure éteint. 
Il s'altère lentement au contact de l'air à la température 
ordinaire en s'oxydant partiellement; l'oxydation se l'ait 
plus rapidement à 350** en donnant naissance à de l'oxyde 
rouge, appelé aussi précipité per se; cette propriété a 
conduit Lavoisier â la découverte de la composition de 
l'air. Le mercure est attaqué par le chlore, par le soufre, 
par l'acide sulfurique à chaud, par l'acide azotique. 

Le mercure est utilisé en médecine; on l'emploie dans 
la construction des appareils de physique : thermomètres, 
baromètres, cuves à mercure ; il sert à l'étamage des 
glaces et surtout à l'extraction do l'or et de l'argent, avec 
lesquels il s'allie facilement. 

Les alliages de mercure sont désignés sous le nom d'a- 
malgames. Lo mercure ne s'allie pas, en général, avec les 
métaux à point de fusion élevé ; les amalgames sont li- 
quides ou solides, suivant ta proportion de mercure qu'ils 
renferment. Tous les amalgames sont décomposés par la 
chaleur, avec volatilisation^du mercure. 



MERCIER — MERCURE 

Composés du mercure. Lo roorcuro est dîatomique, et 
SOS atomes ont la propriété do se combiner à eux-mêmes 
en perdant uno partie seulement de leur capacité do sa- 
turation. 11 en résulte quo ce métal peut f^^rmer deux 
sortes de sels : les sels mercuriques, ou au maximum, dans 
lesquels entre l'atomo Hg. et les sels mercureux, ou au 
minimum, dans lesquels entre lo groupe Hg*. 

Le chlorure mcrcurique, ou bicnlorure de mercure, ou 
sublimé corrosif, HgCP, se prépare en sublimant un mé- 
lange de sulfate mercurique et do sel marin. C'est un corps 
blanc satiné, cristallisé, do saveur acre et désagréable, 
soluble dans l'eau, i'alcool et l'éther, facilement sutli- 
mable et extrêmement toxique. 

L'iodure mcrcurique, ou biiodure de mercure, HgP. 
usité en médecine, se fait par action directe de l'iode sur 
le mercure, ou par double décomposition entre un ioduro 
soluble et lo chlorure mcrcurique. Il se présente en cris- 
taux rouges, qui, par sublimation, deviennent jaunes. 

Le sulfure mcrcurique, lïgS. se présente sous deux 
états : par union directe du soufre et du mercure, il est 
noir ot porte le nom d'éihiops minéral ; par sublimation ou 
à l'état naturel, il est rouge et constitue le cinabre ou ver- 
millon, employé on peinture. 

L'oxyde mercurique, HgO, présente la couleur rouge 
s'il est préparé par calcination du mercure, et ta couleur 
jaune s'il est obtenu par précipitation d'un sel mercuri<(ue 
par un alcali. Cet oxyde se décompose par la chaleur en 
mercure ot oxygène; c'est un oxydant énergique. 

Le sulfate mercuriouo, SO'Hg, se présente en aiguilles 
blanches décomposables par l'eau en donnant naissance à 
un sel iauno basique (turbitb minéral). 

Le cnlorure mercureux, ou protochlorure de mercure, 
ou calomel Hg*Cl*, préparé par action du chlorure de so- 
dium sur le sulfate mercureux, se présente en cristaux 
volatils, insolubles dans l'eau, l'alcool et l'éther, décom- 
posables peu À peu à la lumière, el transformables en 
chlorure morcunquo sous l'action des chlorures alcalins. 

L'iodure mercureux est une poudre vorlo obtenue en tri- 
turant ensemble do liodo, du mercure et de l'alcooL Le 
sulfate mercureux, préparé par action de l'acide sulfurique 
sur un excès de mercure, sert dans l'alimentation do cer- 
taines piles et dans la préparation du calomol. Lo fulmi- 
nate do mercure, employé comme explosif, s'obtient en 
traitant le mercure par l'acide azotique et l'alcool. Enfin, 
le mercure peut donner des composés organométalliques 
en se combinant avec les radicaux monovarents des alcools 
méthylique, éthylique, du phénol, du napbtol. etc. 

— Atcnim. Le mercure ou vif-argent est considéré par 
les alchimistes comme la base do la matière dans la for- 
mation de tous les métaux, dont il représente les proprié- 
tés occultes: fusibilité, malléabilité, volatilité, etc., pro- 
priétés qui ne so révèlent que par l'intervention d une 
force extérieure. 

— Thérap. et pharm. Puissant agent de curation, lo 
mercure est, surtout, le spécifique de la s3'phiHs; mais ce 
n'est que son principal emploi thérapeutique : ses prépa- 
rations répondent, en etfet, à bien des indications. Le 
mercure en nature a été donné autrefois à l'intérieur à la 
dose de 50 grammes et plus, dans le traitement du volvu- 
lus (enroulement des ansos intestinales sur elles-mêmes): 
il n'agissait là que comme corps pesant. Le mercure mé- 
tallique entre encore dans (piatre médicaments très usités : 
les pilules de Sédillot (morcuro, savon, poudre de réglisse: 
5 centigr. de mercure par pilule, 2 par jour^ ; la pommade 
mercurielte à parties égales ou onguent napolitain (mer- 
cure et axonge, parties égales^; la pommade niercurielle 
faible ou onguent gris (onguent napolitain, 1 : axonge, 3), 
et dans t'emplàtre de Vigo. Les sols merouriels sont sur- 
tout usités : oxydo de mercure, employé dans des pom- 
mades contre ta toux et dans des pommades ophtalmiques 

pommade de la veuve Farnier; ; sulfure rouge de mercure 
(vermillon ou cinabre), emploj'é dans des pommades, dans 
des cônes fumigatoires; chlorures de mercure, dont l'un, lo 
protochlorure ou calomel, agit comme purgatif à la dose 
de oe^50 à 1 gr., et l'autre, te bichlorure de mercure ou su- 
blimé corrosif, sert comme antiseptique en solution dont 
le titre varie de I p. I.OOO à l p. 5.000. On l'administre aussi 
à l'intérieur, comme tous les sels mercuriels; la liqueur 
de Van Swieten. employée pour l'usage externe, renferme 
un 1/1000* de son poids do sublimé. Lo proto-ioduro do 
mercure entre dans diverses pilules et pommades. Le 
biiodure de mercure forme, avec l'iodure de potassium, 
la base du sirop de Gibert, employé dans la syphilis secon- 
daire et tertiaire. Divers sels organiques de mercure (cya- 
nure, benzoate, etc.) sont utilisés de préférence en injec- 
tions hypodermiques, à cause do leur non-causticité- Le 
mercure et ses sels ont une action dite altérante; ils s'ac- 
cumulent en partie dans l'organisme, et sont en partie 
éliminés par les urines, les fèces, la sueur. A l'état concen- 
tré, les sels solubtes de mercure sont en général esca- 
rotiques. Tous sont toxiques, el leur administration pro- 
longée amène Vhijdrargyrisme. V.ce mot. 

Mercure, fils de Jupiter, messager des dieux, et 
lui-même dieu de l'éloquence, du commerce et des voleurs. 

— Antiq. rom. Enfant employé dans la célébration des 
mystères. Il Officier qui, dans 'les jeux publics, venait, 
déguisé en Mercure, toucher d'un caducée chautfé au 
rouge les gladiateurs tombés pour s'assurer do leur état 
véritable. 

— Bibliogr. Titre donné à plusieurs publications pério- 
diques : Z(î Mercure galant. Le Mercurf. de France. 

— Cbirom. Le doigt de Mercure, L'auriculaire. ;i Le mont 
de Mercure, Petite exubérance sensible à la base de l'au- 
riculaire. 

— n. m. Fam. Entremetteur, fonctions que Mercure 
remplissait auprès des dieux : Les grands seigneurs ont 
souvent dans leurs merccres des rivaux dangereux. (Le 
Sage.) 

— Blas. Expression héraldique ancienne, par laquelle 
on désignait la couleur pourpre, dans les armoiries des 
princes souverains. 

— Bot. Dans le langage des fleuristes des xvîi" et 
xvni* siècles, Variété de tulipe qui était incarnat et chamois. 

— Zool. Nom vulgaire donné par les vieux auteurs à un 
papillon du genre satyre. (Le mercure du P. Engramello 
est le satyrus arethusa, commun dans les endroits se«s et 
rocailleux, au voisinage des grandes futaies.) 

— Enctcl. Mvthol. Lo culte de Mercure semble fort 
ancien dans l'Italie centrale. -A l'origine, c'était surtout lo 
dieu des céréales, et on l'associait à Cérès. Les Romains 
lui élevèrent son premier temple, situé dans la région du 




Mercure, d'après 

Jean de Hologiie. 

{V. Ueruls.) 



MERCURE — MERCURIQUE 

Circus Maximus, on 105 av. J.-C, à la suite d'uno disette, 
et on vertu d'un oracle sibyllin. l*ar la m^mo occasion. 
on régla Vannuna ou taxe dos grnins, et l'on institua le 
collège des mercuriales, corporation do marchands. Mer- 
cure devint bientôt lo patron do tous les marchands, do 
toutes los corporations. Depuis lo temps des giiorrcs pu- 
niques, on identifia lo Mercure romain avec l'Hermès 
pçoc. (V. HcRMÈs.) On lo confon<lit aussi avec plusieurs 
divinités orientales et avec lo dieu gaulois quo C(!isar dé- 
signait dùjà sous ce nom, lo célèbre Morcuro gaulois qui 
avait un temple sur lo Puy do Dùmo avec une statue co- 
lossale exécutée par Zéno'doro. Cependant, pour les Ro- 
mains, Mercure resta toujours, avant tout, le dieu du 
commerce. A ce titre, il figure sur une Ibulc d'inscriptions 
et do monuments, petites statues do marbre, bas-reliefs, 
bronzes et terres cuites, qui lo représentent debout ou 
assis, avec le caducée et la bourse. Les grandes statues 
reproduisent plutôt, ou général, lo type do l'Hermès 
grec. 

— Iconogr. Los reprt^sentalîons modernes de Mercure 
sont nombreuses. Une des plus célèbres est la statue do 
bronze do Jean de Bologne, à Florence. Lo Mercure sur 
un c/iaol ailé, do Coyscvox, au Jardin des Tuileries, est 
connu. Lo Mercure attachant ses tahnnîéres, do J.-B. Pi- 
galle, au Louvre, est devenu popu- 
laire. Lo Mercure do Rude, dont lo 
bronze se voit également au Louvre, 
est sur lo m/^me sujet. On connaît lo 
Mercure inventant la hjre, do Durot; 
Jo Mercure inventant le caduct'e, do 
IL Chapu, au musée du Luxembourg, 
à Paris ; lo Mercure, statue de plâtre 
inachevée, qui a valu à J.-L. lirian 
l'honneur posthume do la grande mé- 
daille, au Salon de 1861; io Mercure 
d'Idrac,etc. Des figures do Morcuro 
ont été peintes par ; A. Schiavono 
(Offices), Rubens (Madrid^, Polyd. 
Caldara, etc. Un sujet que les po'in- 
tres ont traité fréquemment est Mer- 
cure endormant Argus et s'apprêtant 
à le tuer. Rappelons les compositions 
do Rubens (musées do Madrid et de 
Dresde), D. Teniers le pèro (Bolvé- 
dôro), Vélasquez (muséo do Madrid), 
Jean et André Both {pinacothèque do 
Munich), Antoine Coypol (Grand- 
Trianonj, etc. 

Raphaël a peint Mercure enlevant 
Psyché (Inns l'Olympe. Le mémo sujet 
a été peint par Rubens. Citons en- 
core : Mercure et les Grâces (16-12), 
d'après S. Vouet; Mercure ordonnant 
à Enée d'aban-lonner Didon, par Fréminet, au Louvre: par 
le Cortono (muséo do Dresde); Merczire et Hersé, do Paul 
"Véronèso ; Mercure protégeant les Sciences et les Arts, pla- 
fond, par Michel Corneille, dans uno salle de l'apparo- 
ment de la reine, à Versailles; le mémo sujet peint par 
Moynior, ù la Bourse de Paris, etc. V. Hermès. 

Mercure Trismégiste. V. Hermès Trismi^giste. 

Mercure, en italien Mcrcnrio owero Historia de' cor- 
renti tempi, sorte de registre des événements du jour, par 
l'abbé Vittorio Siri, qui parut de IGll à 1682. Il fut suivi 
do SOS Mémoires secrets, de l'an 1601 à l'an 1610. Dans l'un 
et lautre de ces ouvrages, on trouve presque toute l'his- 
toire do la première moitié du xvii* siècle. 

Mercure de France (le), journal hebdomadaire, 
fondé on 1672 par do Visé, sous lo titre primitif de Mer- 
cure galant, le plus ancien dos journaux français après la 
a Gazette do France ». — Le " Mercure galant '> avait 
pour objet do tenir les honnêtes gens au courant de tout 
ce qui survenait de notable à la cour ou à la ville : 
baptômos, mariages ou décès, sermons, spectacles ou 
aventures galantes, procès, faits d'armes ou publications 
do livres, etc. Il publiait des œuvres inédites, madrigaux 
ou poésies galantes, sonnets ou ôpigrammes, dissertations 
savantes ou enjouées. Lo succès du nouveau journal fut 
très vif. Après la mort de de Visé, Dufresny (1710), Lo- 
fèvro (l7ii), qui lui donna son nouveau nom de Mercure de 
France, l'abbé Buchet. (1717), Antoine de La Roque (1721), 
Boissy (vers 1754), Marmontol (1758) eurent successivc- 
montle privilège do cette publication. Acquis en 1788 par 
Panckoucke, le <> Mercure » reçut un supplément politique 
sous lo titre do Journal lùstoritine et politique, dont la ré- 
daction fut confiée à Mallot du Pan, puis ù Pouchet. Après 
avoir joui d'uno grande prospérité par suite de sa fusion 
avec d'autres journauxet après avoirété rédigé un moment 
par Laharpe (1793), il fut abandonné ou 17'J9, puis repris 
et interrompu do 18U à 18.;3, et il disparut cntin en 1825. 

De nos jours, un groupe d'écrivains a entrepris de pu- 
blier uno nouvelle série du Mercure de France. Les nu- 
méros, mensuels, comprennent des œuvres originales en 
|>roso ou en vers et des chroniques où est suivi et décrit 
le mouvement littéraire en Franco et à l'étranger. 

Mercure galant (le) ou la Comédie sans titre, co- 
médiri en cinq actes, on vers, do Boursault, avec la colla- 
boraiioii do son principal interprète, Raymond Poisson, 
représentée pour la première fois à la Comédie-Française, 
sur lo théâtre do Guénéiraud, le 5 mars 1683. — C'est une 
des premières «■ comédies-tiroirs », un défilé d'originaux 
plus ou moins grotesques, dans lo bureau du Mercure ga- 
lant, la gazette mensuelle que Vi.sô publiait depuis onze ans. 
Le gazetier se plaignit à de La Roynie, lo lieutenant do 
police, qui décida que la pièce s'appellerait ; la Comédie 
sans litre. Elle eut un grand succès avec Poisson dans les 
cinq rôles do limprimeur Boniface, du hobereau M. do 
La ftlofto, du soldat La Rissole, du procureur Sangsue et 
de l'abbé Beaugénie, et fut souvent reprise depuis. La 
• scène des bavardes i> , Driono cl Elise, se détache parfois 
pour former une pièce séparée. 

Mercure, petite planèto, la plus rapprochée du soleil 
do toutes les planètes connues jusqu'à ce jour. 

— ICniycl. Dans les annuaires, on représente Mercure 
par le signe ô . Cotte planète ne s'éloigne jamais du soleil 
au dota de la distance do ZO**, et l'on no peut l'aperco- 
voir que le matin avant lo lever du soleil ot lo soir avant 
son coucher; mais, dans son élongation maximum, ello 
brillo alors comme uno très belle etoilo. Les anciens la 
dédoublaient : les Grecs la nommaient Apollon (dieu du 
jour) lo matin, ot Morcuro (dieu dos voleurs) lo soir. 



Los éléments do la planëto Mercure sont les suivants : 
Moyen mouvement diurno 11732", 4194 



Huréo de la révolution 



0- .240 813 
87J ,909 2r,8 
,387 0987 
, 205 6048 



75» 7' 14" 
3270 IV 20" 
46» 33' 9" 



on années siiltrrales 

CD jours moyens 

Distance moyenne nu soieil 

Excentricité 

Bquinnxe moyen du l>r janvier 1850 : 

Longitiido du p^riliélie 

Longitude moyenne 

Longitude du nœud 

Le diamètre a été déterminé par Kaiser ; Schiaparelli a 
parlé do la rotation, mais ello est encore assez incertaine. 
C'est par l'étude attentive et très délicate dos taches su- 
perficielles quo l'on est arrivé à cotte donnée : il est à 
remarquer qu'elle égale la révolution autour du soleil ; 
ainsi, comme pour la lune par rapport à la terre, et en 
négligeant la libration , Mercure présente toujours la 
mémo face au soleil. Il eu résulte uno région torrido, et 
l'autre glaciale, de sorte que la circulation des vents doit 
être très intense dans ratmospbôro do cette planète. La 
lumière et la chaleur sont sept tois plus considérables que 
sur la terre; los conditions d'existence animale ou végé- 
tale y sont donc fort différentes, mais il est vrai quo Té- 
vaporation peut lui procurer uno atmosphère épaisse et 
protectrice. Schrœter lui attribue des montagnes deux fois 
plus élevées quo los nôtres. 

Vu dans uno lunette, Morcuro présente des phases 
comme laluno, Mars ot Vénus; son orbite présente la plus 
grande inclinaison ot la plus forte excentricité do toutes 
les grosses planètes. 

Si l'orbite n'était pas inclinée sur l'écliptiquo, lo disque 
noir do Morcuro passerait sur lo soleil à toute conjonc- 
tion inférieure ; mais il s'en faut quo le phénomène se re- 
produise à toute révolutiou synodii|ue. Ainsi les passages, 
assez rares, sont do la plus haute utilité au point do 
vue do la théorie de Mercure. La théorie de Mercure est 
l'une des plus difficiles qui soient : depuis Maestlin, au 
xvi" siècle, elle a préoccupé presque tous les grands as- 
tronomes; Lalando se trompa en 1796, Delambro reprit la 
question, de Lindonau construisit des Tables, etc. Le- 
verrier devait reprendre cette tliéorio avec celles des au- 
tres planètes ; pour expliquer le mouvement do Mercure, il 
introduisit les perturbations causées par une (ou un groupe 
de) planètes circulant entre Mercure ot lo soleil ; existe-t-il 
donc, tout près do celui-ci, une planète Vulcain ? En 1859, 
Lescarbault a vu une tache passer sur le soleil : on en a 
déduit une orbite possjble. 

^Vebor a cru retrouver, en 1876, la planète de Lescar- 
bault. Knfin, pondant l'éclipsé totale du 29 juillet 1878 pour 
le soleil, Watson crut voir deux planètes qu'on ne doit pas 
identifier à des étoiles. 

11 faudra peut-ôtro en revenir ù l'idée d'un anneau d'asté- 
roïdes circulant entre le soleil et Morcuro, et imaginer quo 
celui-ci se déplace avec frottement dans les confins d'une 
atmosphère solaire très ténue. 

MERCURE-CRÉSYLE n. m. Composé organo-métalliquo, 
formé par la combinaison du mercure avec le radical cré- 
sylo du crésol. 

MERCURE-ÉTHYLE n. m. Nom donné aux composés du 

morcuro avec le ra<lioal étliyle de l'alcool éthyliquo. 

MERCURE-NAPHTYLE n. m. Composé organe-métalli- 
que, formé par la combinaison du mercure avec le radical 
naplitylo du naplitul ou phénol naplitaliquo. 

MERCURE-PHÉNYLE n. m. Composé organe-métallique, 
formé par la combinaison du mercure avec le radical phé- 
nyle du phénol. 

MERCUREUX {mèr', reft) adj. m. Se dit du premier 
oxyde do mercure, il Se dit aussi des sels de mercure et 
des sels qui ont une composition correspondante à collo 
des sels de morcuro. 

Mercurey, comm. de Saôno-et-Loire, arrond. et à 
8 kilom. de Chalon-sur-Saône, près d'un ruisseau qui gagne 
rOrbiso ; 592 hab. Tounelleries. Vignobles. 

mercurey n. m. Vin récolté dans la commune ot les 
environs do Mercurey : Une pièce de mkrcl'rey. 

— Encycl. Sous cette dénomination, on comprend les 
produits de la commune de Mercurey (dont les princi- 
paux climats sont : les JVagues, les Voyeus, clos ihvêque, 
tes Vasées, les Champs-Martin , les Crées, etc.), ot aussi 
ceux de la commune voisine de Touches [les Velays, clos 
Thourot, les Grands- Champs, Sazenier, clos du liai, les 
Pandoches, le Itoussillon, clos Higland, le Mardlly. etc. ; et 
du hameau de Bourgneuf. Le mercurey est un vin d'uno 
grande finesse de goût et d'un bouquet agréable quo lo 
vieillissement développe. 

Mercuri ou Mercury (Paolo), graveur italien, né jï 
Rome en 180S, mort à Bucarest en 1884. Ami de Léojtold 
Robert, (ju'il connut à Rome, il fut cliargé par lui do gra- 
ver \qs Moissonneurs (1831). et partit on 1832 pour Paris, 
où il devait rester jusqu'en 1847. Il professa ensuite la gra- 
vure à l'Académie dos beaux-arts. On peut cilcr, parmi 
SCS princii>alos œuvres : Sainte Amélie, u'après Paul Dela- 
roche (1838); uno Vierge, d'après Raphaël (I8i:t); /*.' Tasse 
ot Christophe Colomb {ikAi) ; Madame de M aintenon,à'a.iiTàs 
l'émail de Petitot, do la Bi- 
bliothèque nationale (1818); 
Jane Grey. d'après Paul Do- 
laroclio (1859J; etc. 

MERCURIAL {mèr') n. m. 
Médicament contenant du 
mercure ou un sol de mer- 
cure. (Ce terme no s'emploie 
guère qu'au plur. : Les MiiR- 

CURIAUX.) 

MERCURIAL, ALE, AUX 

(mèr'} adj. Myth. rom. Qui ap- 
partient au culte do Mercure : 

Fêtes MERCimiALKS. 

— n. m. Antiq. rom. Prôtro 
d'un collège ilo marchands, 
créé on 2r)9 av. J,-C., qui so 
réunissait dans le temple do 
Morcuro. 

MERCURIALE (m>}r') D. f. 
Genre d'euphorbiacéos. 

— Encycl. Les mercuriales 
sont dos herbes, annuelles 
ou vivacos, A fouilles opposées, à fleurs uniscxuéos. On 
ou connaît six espôcos, dont cinq appartiennent ù la fioro 

8 — 02 




Mercurlnlc : a, flour m&lc ; 
b, fleur fsmcllfi. 



32 

française. Les plus communes sont la mercuriale vlvace 
\mercurialis perennis) et la mercuriale annuelle {met^curia- 
lis annua), mauvaises herbes des moissons. La seconde de 
CCS deux espèces jouit do propriétés laxativos, qui justi- 
fient son nom vulgaire de féverole et la font employer 
comme purgatif à la dose do 4 à 8 grammes do feuilles par 
la médecine populaire. La médecine officielle l'utilise sur- 
tout en lavements, à l'état de décoction (30 gr. par litre) 
ou <to miel de mercuriale (mélange de mercuriale, do miel 
et d'eau). 

MERCURIALE {mèr — du lat. mercurialis, qui a rapport 
à Mercure ; mercredi signifiant jour de Mercure) n. t. As- 
semblée quo les corps judiciaires tenaient, aux xv" et 
XVI" siècles, chaque mercredi, et où le ministère public 
présentait ses observations sur la manière dont la justice 
avait été rendue. (Ces assemblées devinrent mensuelles à 
partir do François !•', puis, sous Henri III, elles n'eurent 
plus lieu (lu'après les vacances de Pâques et de la Saint- 
Martin. Elles disparurent avec les parlements.) 

— Par ext. Discours prononcé dans cette assemblée. 

— Par anal. Discours quo prononcent aujourd'hui les 
présidents des divers tribunaux à la rentrée des tribu- 
naux. Il Remontrance, réprimando : Père qui adresse à 
son fils une sévère merclkialk. 

— Admin. Etat du prix des denrées vendues sur un 
marché public, il Registres où les maires des communes 
sur lesquelles se tiennent les marchés constatent les prix 
des grains, foins et autres semblables denrées. 

— Hist. littér. Réunion de lettrés qui se tenait lo mer- 
credi ; par exemple, celle oui avait lieu chez Ménage, 

— n. f. pi. Antiq. rom. Fôto en l'honneur do Mercure, 
qui se célébrait la veille des ides de juillet. 

— Encycl. Admin. La rédaction des mercuriales se fait, 
immédiatement après la clôture des ventes, d'après les dé- 
clarations des marchands ou do leurs facteurs. Elles sont 
adressées, le 15 et le 30 do chaque mois, aux sous-pré- 
fots, qui les font parvenir aux préfets. Les mercuriales 
servent au public de guide pour les opérations commer- 
ciales; elles permettent aux tribunaux de déterminer lo 
montant de certaines dettes ou indemnités, et aux maires 
de fixer la taxe du pain et de la viande, quand il y a lieu. 

Mercuriales, do d'Aguesseau. — Ces discours, quo 
fit d'Aguesseau eu qualité d'avocat général et de procu- 
reur général au parlement de Paris, sont au nomore do 
dix-neuf, prononcés de IG98 à 1715. Il y traite successive- 
ment, dans une langue pleine de réminisconces classiques, 
des devoirs, des qualités, do la science dos magistrats, 
des grands sentiments qui doivent les animer, rappelant 
à ceux-ci l'oxemple de leurs ancêtres. Le style a de la 
véhémence, do 1 éclat et de la majesté, mais c'est avant 
tout un style étudié ; l'art en tempère toutes les qualités. 

Mercuriale (Jérôme), en lat. Mercurialis, méde- 
cin italien, né et mort à Forli (1530-1606). 11 professa à 
l'université do Padoue (1569), fut fait comte par l'empe- 
reur d'Autriche Maximilien II, qu'il avait guéri (1573). Il 
fut nommé professeur à Bologne en 1587, puis appelé À 
Pise par le grand-duc Ferdinand I" (1592), retourna en 
1G06 dans sa ville natale, où il mourut. Son principal ou- 
vrage ; De arte gymnastica libri sex (1569), est un intéres- 
sant traité do la gymnastique dans l'antiquité. 

MERCURIALINE {mèr) n. f. Alcaloïde existant dans la 
mercuriale annuelle et la mercuriale vivaco. 

— Encycl. La mercurialine présente la même compo- 
sition centésimale que la métylamino CH*Az, mais dif- 
fère par ses propriétés de cette dernière base, dont ello 
constitue probablement un polymère. C'est un liquide in- 
colore, oléagineux, qui se transforme à l'air en une résine 
brune. Son odeur, ammoniacale, rappelle celle de la nico- 
tine ot do la conicine ; elle provoque lo larmoiement et 
paraît être très narcotimie. Les sels do mercurialine les 
mieux caractérisés sont le chloroplatinalo et l'oxalato. 

MERCURIALISER {mér — rad. mercuriale) v. a. Faire 
une n'-primande a ; Tels de mes amis ont parfois entrepris 
de me chapitrer et mercurlvliskr. (Montaigne.) [Vieux.] 

MERCURIALISER (nit^r')v. a. Pathol. Causer le mercu- 
rialismo. 

MERCURIALISMEn.m. Pathol. Syn. de HYDBARGYRISMK. 

MERCURIEL, ELLE .mèr, ri-é^jadj. Qui contient du mer- 
cure ; Onguent MERCtjitiEL. Il Friction tnercurielle, Friction 
faite avec uno pommade mercuriello. ii Salivation mercu- 
riclle. Salivation provoquée par l'usage d'un médicament 
morcuriol. 

— Alchim. Terre mercurielle. Mercure considéré comme 
la base des autres métaux. 

— Pathol. Qui est produit par le mercure : Stomatite 

MERCURIIÎLLB. 

— Encycl. Pathol. La salivation mercurielle était autre- 
fois regardée comme l'indice des bons etfets du traitement 
et pour ainsi dire comme un phénomène normal. Elle parait 
due plutôt au mauvais état de la bouche et des douls, et 
cesse avec des soins hygiéniques attentifs. 

MERCURIEN, ENNE [mèr', ri-in, en*) adj. Sc. OCC. So dit 
de celui qui est pl.'icé sous l'influence do Morcuro ; qui a 
la signature de Mercure. 

— n. m. : /.es merclriens sont portés au calcul, à la mé- 
decine et à l'étude de l'occultisme. 

MERCURirËRE tnèr' — do mercure, 6l du lat. (erre, por- 
ter) aij. Se du d un minerai ou d'un tcrraio qui contient 
du mercure. 

MERCURinCATION {m»r',si-on — do mercure, et du lat. 
facere, fairo) n. f. Art hermét. Conversion prétop'+ne d'un 
métal on mercure, n Extraction du mercure, regardé i)ar 
les alchimistes comme l'élément de certains autres métaux. 

MERCURIO [ynèr'), préfixe indiauant la présence du 
nuTiMire dans un composé, il Sel mercuviu-argentiquc, 
Combinaison d'un sol de mercure ot d'un sel d'argent. 

Mercurio ou Mercuru (Jérôme), en lat. Mercu- 
rius, médecin italien, né .^ Rome vers 1550, mort en 16J5. 
Moine dominicain, il s'enfuit do son couvent, courut lo 
monde sous lo nom do fSciiMON, suivit en Franco Jérôme 
de Lodrono. chef de reîires allemands (1571), puis, do 
retour on Italie, il s'y fit uno grande réputation et reprit 
enfin Ibabitdo dominicain (IGOO). Son ouvrage : laComare 
o liaccoglitrice di Scipion Mercurio a été souvent réédiKS. . 

MERCURIQUE {mèr', n'A') adj. Se dit du second oxydo " 
de mercure, li So dit duu sel d'oxyde do morcuro, oti 



33 

(l'un autre corps dont la composition correspond à celio 
do cet oxydo : Sd MiiRCURiQui-;. 

MbrcuROL, comm. de la Drôme, arrond. et à 14 kilom. 
de Valence, sur un affluent du Rhône; 1.135 hab. Vignoble 
donnant d'excellents produits rouges et blancs; les der- 
niers surtout sont les meilleurs vius blancs do la Drôme, 
aprùs ceux de l'Ermitage. 

— Par méionymio on dit du mercurol, pour du vin de 
Mercurol : lîoire un verre de mkrclrol. 

Mercury-GÉMILLY, comm. do Savoie, arrond. et 
à G kiioni. aAIbei-lvillo, près do l'Isôro ; 1.506 hab. Mou- 
lins, scieries. 

Mercy (François, baron de), général lorrain, né à 
LoDgwy vers la fin du xvi* siècle, mort à Nordlingen en 
1645. Dune famille modeste, il servit dans les troupes du 
duc de Bavière dès lo dtjbut de la guerre de Trente ans. 
devint général en chef de l'armée do la ligue catholique 
ot lutta contre Bernard do Saxo- Weimar, contre Ouébriant 
ot contre Rantzau, qn"il délit à Dutlingen ! lGi;i . Kn IGil, 
il livra à Cond6 la bataille do Kribourg et, ([uoiiiue vain- 
queur, jugea prudent do battre on retraite. Kn 1645, il 
battit Turenne à Marienthal ; mais, deux mois plus tard, il 
fut battu à Nordlingen par Condé et mortellement blessé. 
Il fut entori'ô près du champ de bataille, et on grava sur son 
tombeau J épitapho célèbre : Sta, viator, heroem calcas. 

Mercy (Claudo-Florimond, comte ni-;), général autri- 
chien, petit-tils du précédent, né en Lorraine on lGC6,tuo 
à Croisetta, près do Parme, en 1734. Il se lit battre en 
1709 à Rumerslieim en essayant d'envahir l'Alsace. Il prit 
part à la guerre contre les Turcs en 1716, conquit la 
Sicile sur les Espagnols, e(, après avoir été nommé gou- 
verneur du banat do Temesvar (I72i), reçut lo comman- 
dement en chef de l'armée chargée do comliattre les Fran- 
çais en Italie (1734). Ce fut dans celte campagne qu'il 
trouva la mort. — II avait légué ses biens et son titre 
de comte à son fils adoptif, Antoine d'Argenteau, qui prit 
le nom do comte de Mercy-Argenteau, servit dans 
les arinées impériales, devint comniandanC général do 
l'Esclavonie, et mourut on 1767. 

MerCY-ARGENTEAU {François, comte pk\ diplomate 
autrieliien, desircndaiii par adoption du général Claude- 
Florimond, comte de Morcy, mort à Londres en 1797. 
Après avoir fait ses études à l'académio militaire de Tu- 
rin, il lit partie de l'ambassade de Kaunitz à Paris, puis 
fut successivement ministre à. Turin et à Saint-Péters- 
bourg. Ambassadeur d'Autriche à Paris dès 1767, Mercy 
y fut riiomme de confiance de Marie-Thérèse auprès de 
Marie-Antoinette, dont il fit l'agent do la politique autri- 
chionno en France. En 1790, il se rendit A Bruxelles, d'où 
il s'etlTorça do combattre la Révolution, puis do sauver lo 
roi et la reine. En 1794, il fut nommé ambassadeur à Lon- 
dres. Sa correspondance, publiée en 1879, est précieuse à 
consulter pour l'histoire des débuts de la Révolution. 

Mercy-ARGENTEAU (Florimond-Claudo, comte de). 
général antrichion, frère du précédent, mort vers 1815, 
Colonel en 1794, il filles campagnes d'Italie et, après s'ê- 
tre signalé à Orraeaet à Palestrino (1795), il se fit battre 
à Loano, Dego et Montenotto (1796). Il resta en non-acti- 
vité jusc^u'en 1808, quis fut promu général d'artillerie. Il 
se retira définitivement, peu de temps après. 

Merda (Charles-André), dit Méda, gendarme, meur- 
trier présumé do Robespierre, né en 1770, mort en 1812. 
Le 9-Tbermidor, Merda taisait partie du détacliement qui 
se dirigeait vers lllûtel do Ville pour s'emparer de Robes- 
pierre et de ses amis. Au moment où les gendarmes pé- 
oôtrôrent dans la salle du secrétariat, Robespierre tomba, 
la mâchoire fracassée par une balle de pistolet. Merda, 
qui s'attribua l'honneur du coup, fut présenté, la nuit 
môme, à la Convention, qui l'acclama. Los ai)ologistcs de 
Robespierre ont soutenu qu'il s'était blessé lui-n'iéme, et 
cette hypothèse a jeté quelque doute sur les affirmations 
intéressées du gendarme. (V. Robkspikrre.) Ce coup do 

fiistolet fit cependant la fortune de Merda. La Convention 
nomma sous-lieutenant après lo 9-Thermidor. Il fit les 
fîuerres do l'Empire, et mourut colonel à la Moskova. Il se 
faisait appeler le » baron do Méda ". 

MERDAILLE {mèr'-da-ill [Il mil.] — rad. merde) n. f. 
Mordoux; troupe importune de personnes et particulière- 
ment de petits enfants. 

MERDAILLERIE {mèr'-da-ilî-e-rî [Il mil.] — rad. mer- 
daille) n. f. Tas de gens importuns ou sans valeur. 

MERDAILLON {mèr'-da-ill [Il mil.] — rad. merdaille) n. m. 
Petit mordoux, enfant malpropre ou importun. 

Merdaschide. nom donné aux princes d'une dynas- 
tie musulmane, qui régna à Alep en Syrie, de 1023 à' 1079. 

MERDE {mèrd' — mot grossier ot bas) n. f. Gros excré- 
ment de l'homme et de quelques animaux : Merde de chien, 
•de chat. 

— Loc. div, : De merde. Se dit pour qualifier les choses 

3u'on veut mépriser, il Merde de chien. Chose ou personne 
e peu de valeur, ii Faire sa merde, Faire des embarras. 
w II y a de la merde nu bout du bûton. C'est une sale affaire 
où Ton ne peut que gagner de la honte, il Merde à gail- 
lai'd. Mélasse, à cause de sa couleur. 

— Bot. Merde du diable. Nom donné à l'assa fœtida. 
-;- Pèch. Merde de cormoran, Matière dure et noirâtre, 

qui parait être du varech desséché comme la tourbe, et 
que les pêrheurs emploient pour leur cliautfage. 

— Adjectiv. .î/errfe (ou caca) d'oie, Qm a la couleur de 
la merde de l'oie, entre jaune et vert : liubans merde d'oie. 

— Interjectiv. Exclamation de mépris, d'indignation, etc.: 
Un général anglais leur cria : « ftraves /-'raiiçais. rendez- 
vous l» Cambronne répondit : « Merde! « (V. Hui.'0.) 

— Prov. : Plus on remue la merde, plus elle pue, Plus 
on approfondit une affaire honteuse, plus on s'aperçoit de 
la honte de ceux qui y ont trempé. 

MERDEUX [mèr'-ded), EUSE (mot grossier et bas) adj. 
Sali de merde : Enfant merdeux. Linge merdeux. 

— Loi-, fam. ; Bâton merdeux, Personpe intraitable, et 
^ui ressemble à un bâton sale qu'on ne sait par où saisir. 

Il Cas merdeux. Etat d'une personne coupable. 

— Substantiv. Personne salio de merde, ii Au fig. En- 
fant ou personne sans conséquence. 

MERDIGOLE imèr' — du lat. merda, merde, et colère, 
tiabiier^adj.Qui habite lesexcréments. n Fourmi mer dicole. 
Fourmi qui fait son nid des excréments dos animaux her- 
bivores. 



MERCUROL 



MERE 



BSERDOYER [mèr'-doi-iê — rad. merde. Se conjugue 
comme envoyer) v. n. Arg. des écoles. Bafouiller dans une 
réponse. 

Merdrignac, ch.-l. de cant. des Côtes-du-Nord, 
arrond. et à. 30 kilom. de Loudéac ; 3.26G hab. Minerai de 
fer, forges, fabrication de toiles, tanneries. Près de la fo- 
rêt de la Ilardouinais, ruines du château du mémo nom. — 
Le canton a 9 comm. et 13.460 hab. 

MÈRE (du lat. mater, môme sens) n. f. Femme qui a 
mis au monde un ou plusieurs enfants : Presque tous les 
grands hommes ont eu pour mère une femme supérieure. 
(M"* Monmarson.) Il Femelle danimal qui a des petits : 
Prendre au nid ks petits et la mère. 

— Fig. Personne qui donne à quoiqu'un des soins mater- 
nels : Etre la mère des pauvres, des or/jàctins. it Objet qui 
fournit à ((uelqu'un sa subsistance, ou dont il lire quelque 
chose d'essentiel : On regarde la terre comme une mère et 
une nourrice commune. Il Objet auquel un autre objet doit 
son existence : La vigne est méru du vin. w Objet auquel 
une personne doit sa fortune, son état ou sa réputation : 
AV de la République, Bonaparte a tué sa mère. (Chatoaubr.i 

Il Source, cause, origine ; L'ignorance est la mérk de la 
p7'évention. (Vauven.j il Lieu do première origine, de fon- 
dation : La Cftaldée at la .mèrk de l'astronomie, il Principal, 
capital, propre à fournir des développements : Une idée 
MÈRE vaut cent expédients stériles. (E. de Gir.) 

— Poétiq. Mère commune^ La terre, parce que le pre- 
mier homme a été fait do terre, d'après lo récit do Moïse. 

Il Mère d'amour, de l'amour ou des amours, Vénus. 

— Fam. Vouloir apprendre à sa mère à faire des en- 
fants. Vouloir apprendre aux autres ce qu'ils savent par- 
faitement. Il /{envoyer quelqu'un chez sa mére-grand, Lo 
réprimander vertement, il On ne le trouve plus, la mère en 
est morte, C'est une chose devenue très rare, ii C'est le 
ventre de ma mère, je n'y retourne plus, On no m'y prendra 
plus, je ne recommencerai pas. il II n'est fils de bonne mère 
qui.... Il n'est pas de personne bien née qui... 

— Pop. Titre familier que Ion donne â une femme du 
peuple d'un Age avancé : La mère François, w Titra que 
les petites marchandes do Paris donnent aux dames 
vieilles ou jeunes : Achetez-moi ce brochet, ma petite mère. 

Il La mère aux écus. Femme très riche ou qu on suppose 
telle. Il Mère Gigogne. V. Gigogne, h Ma mère l'oie, Vieilio 
femme légendaire à. qui les paysans du temps passé attri- 
buaient plaisamment l'invention do tous les contes ot qui 
jouo un rôle fréquent dans les contes, d'enfants. (Les sa- 
vants ont voulu identifier la mère Loge, qui toujours filait 
et devisait, avec la reine Pédauque, dans laquelle on voit 
tour à tour Bertrade, femme du roi Robert, Bcrthe au 
grand pied, mère de Charlemagne, etc.) n Conte de ma 
mère l'oie. Discours en l'air et qui n'a aucune apparence do 
raison ou de vérité. 

— Arg. Mère au bleu. Guillotine, ii Mère abbesse, Te- 
nancière d'une maison publique, ii En T. de l'ompagnon- 
nage, Titre donné à des femmes qui, s'occupent de placer 
gratuitement les ouvriers exerçant une môme profession, 
gèrent an besoin leurs intérêts, et le plus souvout tiennent 
une auberge à leur usage : La mère des charpentiers. 

V. COMPAGNONNAGE. 

— Loc. div. Les père et mère, Le père et la mère, il Reine 
mère, Mère du roi régnant, il Mère de famille, Femme ma- 
riée qui a des enfants. Il Orand'mère ou Mère-grand, Mère 
du père ou de la mère. (Se dit familièrement d'une vieille 
femme, en général.) il BcHe-mère, Fcmmo du père par 
rapport aux enfants d'un autre lit. — Mère de l'un des 
époux par rapport â l'autre : La belle-mèrk est souvent 
jalouse de l'autorité de sa bru. \\ Mère adoptivc. Femme 
qui a adopté un enfant, n J/êre nourrice. Femme qui a 
nourri do son lait un enfant qui n'est pas né d'elle. — 
Fig. Objet d'où l'on tire sa subsistance : L'agriculture est 
la MÈRE NOURRICE de l'homme. (Th. Ga.ut. m Mère patrie. 
Etat qui en a fondé d'autres ou qui a fondé des colonies. 

— .\gric. et arboric. Végétal cultivé en vue des graines, 
marcottes, boutures ou greffes qu'il fournira pour la re- 
production. Il Mère branche. Branche qui tient au tronc et 
sur laquelle naissent d'autres branches. 

— Anat. Dure-mère, Pie-mère, Membranes qui envelop- 
pent le cerveau. V. ces mots à leur rang alphab. 

— Archéol. Mère gourdinière, Cargue qui servait à 
serrer les voiles, à bord dos galères, du xv* au xvm* siècle. 

— B.-arts. Mère pour surmoulage. Contre-épreuve en 
plâtre du modèle, qui sert à faire les moules. 

— Bot. Mère de girofle. Clou de giroûe portant son 
fruit mûr. n Mère de famille. Nom vulgaire d'une variété 
de marguerite. 

— Chass. Conduit vertical en forme d'entonnoir disposé 
la pointe en bas. que présente le terrier du renard ou du 
blaireau, et auquel aboutissent les galeries qui viennent 
du dehors et celles qui conduisent aux acculs. il Mère 
caille, ou .î/c7'e des cailles, Nom fréquemment donné au 
ràlo do genér. 

— Comm. Mère d'émeraude. Nom commun à plusieurs 
pierres vertes qui ne sont pas des émeraudes. 

— Dr. franc, anc. Edit des inères, Edit par lequel 
Charles IX, en 1567, décida que les biens des enfants pro- 
venus du père ou du côté paternel retourneraient à la 
ligne paternelle, sans que la mère pût en avoir aucune 
part. {Uédit des jnères souleva beaucoup de protestations 
et fut révoqué en 1729.) 

— Econ. rur. Mère artificielle, Abri destiné à recevoir 
les jeunes poulets, dans les appareils à éclosion. 

— Hist. Madame mère. Titre donné à Lîetitia, mère de 
Napoléon P^ 

— Hist. relig. Titre qu'on donne fréquemment à l'Eglise : 
La MÈRE des fidèles. Sotre sainte mère VFglise. Il Titre 
donné à une Eglise qui en a fondé d'autres, il Titre qu'on 
donne aux abbesses et supérieures de couvents, et à tou- 
tes les religieuses du chœur dans certaines communautés : 
La MÈRE abbesse. La mère Agnès, w Prerniere m're. Mère 
de tous les hommes, Eve, la première femme, il Première 
mère. Titre que l'on donne, dans certaines contrées, à la 
Vierge Marie, n Mère de Dieu, Nom donné également à 
Marie, mère do Jésus, il Clercs réguliers de la mère de 
Dieu, Congrégation fondée à Lucques. en 15S3, pour la 
propagation de la doctrine chrétienne, il Mère de l'Eglise, 
Nom donné quelquefois à des saintes illustres, par com- 
paraison avec les Pères de l'Eglise, il Maison tnère. Se 
dit, dans les communautés religieuses, du principal éta- 
blissement do l'ordre, de la maison dont relèvent tous les 
établissements secondaires du même ordre. 

— Mythol. Surnom de plusieurs déesses grecques ou 



romaines : en Grèce, Rhéa. Cybêle, Gœa, Démèter, Aphro- 
dite, Athéna ; à Rome. Matuta, Cvbéle, Flore, ii Mère drs 
dieux. Grande Mère, Surnom de Cyliêie. ii Les Mères, Lt* 
.Moirai ou Les Moires, Divinités du destin, do la mort, du 
malheur chez les Grecs. 

— Péch. Mi-re perle. Grosso huttre perlière qui contient 
un certain nombre de perles, il Mère de hareng. Nom vul- 
gaire de l'aloso. 

— Techn. Contre-épreuve en plâtre du modèle type, qui, 
par le surmoulago, sert à faire les moules destuics à la 
fabrication des pièces de poterie, il Totiiioau où l'on met le 
vin qu'on veut convertir en viuaigre. ii Mère des minet ou 
Mère à maréchal. Dans le Bourbonnais, Veine de liouille 
grasse, propre au travail des maréchaux, ii En métallurgie. 
Rigole principale par laquelle s'écoule dans les divers ca- 
naux aboutissant aux moules à saumons, la fonte en fusion 
venant du haut fourneau, il Nom du lingot rempli par le 
haut qui, dans la coulée en source de l'acier, sert à remplir 
les autres lingotières par le bas. 

— Théâtr. Mères nobles. Genre do rôles comprenant 
ceux des femmes âgées et d'une condition élevée. 

— Zool. Mère à poux. Nom populaire donné aux bou- 
siers et particulièrement aux géotrupes, qui sont souvent 
couverts de petits acariens (gamases). 

— Adjoctiv. Qui a des sentiments maternels 

Je suis mère pour t'uo, et pour l'autre marAtre. 

C. Dklaviohb. 

— Chim. Eau mère. Eau de cristallisation, après que 
les cristaux se sont déposés au fond : Eaux mères du set 
marin, n Mère de viuaigre, Pellicule qui se forme à la sur- 
face des liquides alcooliques pendant la fermentation acé- 
tique. (Il suffit de transporter cette mère dans un auire 
liquide pour reproduire du viuaigre.) 

— Linguist. Langue mère. Langue dont l'évolution dia- 
lectale a donné naissance à do nouveaux idiomes. 

— Allcs. littér. : 

La mère en pemi'>ttra la lecture à sa fille, 
Vers de Piron, dans la Métromanie. V. lecture. 
L'asile le plus sûr ost le sein d'une mère, 

Vers d'une fablo do Florian (III, 1) : la mère, l'Enfant et 

les Sarigues. 

— Encycl. Dr. rom. Dans le mariage avec manu», la 
femme, étant réputée la ïille de son mari, était vis-à-vis 
de ses enfants, loco sororis. I! y avait donc, entre la mère 
et ses enfants les mêmes droits de succession réciproques 
qu'entre frères et sœurs. Dans le mariage sans manu*, la 
mère et ses enfants appartenaient à deux familles diffé- 
rentes, la mère étant restée dans la sienne propre et les 
enfants étant nés dans celle du mari ; il n'existait donc pa^ 
dans ce cas do droits de succession réciproques. Le pré- 
teur appelait cependant la mère parmi les cognats. Enfin, 
sous Antonin le Pieux, lo sénatus-consulte Tertullicn tit 
venir la mère à la succession de ses enfants, et, sous 
Marc-Aurèle et Commode, le sénatus-consulte Orfiiicn ap- 
pela les enfants à la succession de la mère. 

— Dr. franc. En France, les droits de la mère, au cas de 
mariage légitime, se confondent, en général, avec ceux 
du père. En l'absence ou après le décès du père, la mère 
a la tutelle et la surveillance des enfants mineurs, l'ad- 
ministration et ta jouissance de leurs biens; elle peut 
s'opposer à leur mariage. V. enfant, paternité. 

— Filles rnères. Longtemps, la fille mère a été tenue, sons 
une sanction pénale, de déclarer sa grossesse; actuelle- 
ment, si elle ne peut garder l'enfant qu'elle a mis au 
monde, elle doit, pour lo faire admettre dans un hospice, 
en faire la demande au bureau et indiquer son propre 
nom. Sous la Convention, un décret avait été rendu, qui 
édictait : « Toute tille qui, pendant dix ans, soutiendra avec 
le fruit de son travail son enfant illégitime, aura droit à 
une récompense publique. ^ 

— Hist. Confrérie ou Compagnie de la mère folle. On 
appela ainsi une société bouffonne établie à Dijon, aa 
moyen âge, par les bourgeois do la ville, à l'imitation des 
nombreuses sociétés qui, çà et là. s'étaient placées sous 
le vocable do la Sottise et de la Folie. Autorisée, en 1454, 

fiar le duc de Bourgogne, elle fut supprimée car Ricbe- 
ieu en 1630. I^s membres de la société, ou l'Infanterie 
dijonnaise, se réunissaient dans la salle du Jeu de paume 
de la Poissonnerie. Le chef, la Mère folle, avait sa cour : 
chancelier, grand écuver. officiers de justice et gardes à 
cheval. Le cortège de la Mère folle parcourait les rues do 
la ville en chantant des chansons satiriques et en repré- 
sentant des farces qui mettaient en scène les petits évé- 
nements locaux. 

~ Linguist. Langue mère. Le latin est la langue mère de 
l'italien, de l'espagnol, du français, du roumain, etc. De 
même, le grec, le sanscrit, le latin, le gothique, etc., dé- 
rivent d'un indo-européen commun, à jamais perdu. Il faut 
d'ailleurs se garder de prendre au pied de la lettre la 
métaphore biologique incluse dans le mot mère. Le fran- 
çais n'est pas une langue fille du latin ; c'est le latin lui- 
même, à un stade particulier d'évolution dans on domaine 
déterminé. 

— Théàir, Mères nobles. L'emploi des mères nobles tient 
tout à la fois des duègnes et des premiers rôles marqués: 
ainsi Philaminte, des Femmes savantes, la comtesse Alma- 
viva, de la Mère coupable. Dans le répertoire moderne, on 
est cependant obligé de faire jouer quelques rôles de ce 
genre par l'artiste chargée de l'emploi des caractères. Ce 
dernier correspond, pour les femmes, à l'emploi d'homme 
connu sous la désignation de " comiques marqués ». Ainsi, 
dans la comédie classique, Bélise, des Femmes savantes, 
M"" Pernelle. du Tartufe. M'»'' Jourdain, du Bourgeois 
gentilhomme, Béline, du Malade imaginaire, doivent être 
classées dans l'emploi des caractères. Dans le vaudeville 
contemporain, tous les »ôles féminins marqués qui ne sont 
pas absolument ridicules rentrent dans cette catégorie. 

— Iconogr. Les peintres flamands et hollandais noos ont 
donné des fmages touchantes de la mère dans leurs innom- 
brables Intérieurs de famille. Gérard Dov (musée de 1^ 
Haye). P. de Hooch.P.van Slingelandt, JanSteen, Gabriel 
Metzu, Mieris, Netscher, Teniers et beaucoup d'autres ont 
peint des jeunes mères allaitant leurs enfants ou se livrant 
à quelque occupation domestique. De nombreux tableaux 
nous montrent la jeune mère enseignant à lire à son 
enfant; toile est la charmante composition de Gaspard 
Netscher, de la galerie d'Orléans : l'Instruction maternelle. 

Greuze est un des peintres français qui ont le mieux 
réussi à exprimer la tendresse maternelle et l'esprit de la 
vie de famille. Son tableau de la iVere bien-aimée est 



VI. 



MÈRE — MERGUI 

justement célèbre. Citons aussi Bonne mère, par H. Fra- 
gonard, par J.-B de Champaignc, par Bernard ; la Mère 
îaboneuse, tableau do Chardin (Louvre); la Mère indul- 
gente, par Wille ; la Mèi-e contente et la Mère mécontente, 
par P.-A. Wille le (ils ; la 3/êre heureuse, tableau do 
Prud'hon: la Jlfère heureuse et la Mère abandonnée, ta- 
bleaux do M"" Constance Mayer (Louvre); une Mère ma- 
lade allant à l'église, appuyée sur ses deux enfants, tableau 
d'Ary Schoffor; la Pauvre Mère, par Tassaert ; une Jeune 
mère, tableau de A.-F. Cals; une Mère ou le Bonheur, 
tableau d'Alfred Stevens ; les Dcvx mûres, 
par Gustave Doré ; une Jeune mère italienne, 
tableau do Jalabert ; une Mère italienne por- 
tant son enfant sur son épaule, dans un ber- 
ceau, tableau do Paul Delaroche ; Jeune 
mère de Picinesco, par A. de Curzon (musée 
do Nantes); etc. 

Mère coquette (la) ou les Amants brouil- 
lés, comédio df Quinault, en cinq actes et en 
vers (hôtel do Bourgogne, oct. 1(505). — Une 
coquette do quarante ans, Ismènc, voit avec 
dépit la beauté de sa jeune lille Isabelle. Son 
mari est parti pour lo Levant : elle le croit 
mort, et se dispose à se remarier. Sa fille a 
un amoureux, Acante, mais la mère par- 
vient à brouiller les deux jeunes gens avec 
l'aide d'une servante rusée. Laureltc, qui se 
sert d'un marquis fat, cousin d'Acante, pour 
inspirer de la jalousie A celui-ci et l'engager 
à épouser la mère d'Isabelle. Lsmène cherche 
à marier sa fille avec le vieux Crémanto, père 
d'Acante. Mais tout se termine bien, grâce 
à une explication dos doux amoureux et au 
retour inopiné du mari dismène. Avant la 
représentation de la Mère coquette, Donncau 
de Visé accusa Quinault de fui avoir volé le 
sujet de sa pièce ; et il Ht lui-même repré- 
senter quelques jours après une comédie 
ayant mémo titre et même sujet (théâtre du La 

Palais-Royal). Si Quinault a pu prendre à 
Donneau de Visé l'idée de sa pièce, sa comédie n'en 
demeure pas moins très supérieure à celle do sou rival. 

Mère confidente (la), comédie en trois actes, en 
prose, de Marivaux (Tliéâtre-Italien, 9 mai 1735). — Angé- 
linno reçoit une déclaration do Dorante et se laisse aller 
à lui répondre d'une manière encourageante. Sa mère, 
M"» Arganto, se doute de quelque chose, interroge adroi- 
tement sa fille, la met en garde contre les dangers aux- 
quels elle s'expose, et lui conseille d'épousor Ergaste, qui, 
à la vérité, est un homme froid, sérieux et philosophe. Eu 
attendant, elle fait promettre à sa fille do la prendre tou- 
jours pour confidente. Lorsque Dorante lui propose de 
l'enlever, Angélique, mal conseillée par la soubrette Li- 
sette, fléchit un moment, mais se ressaisit bientôt et a 
recours à sa mère. M""" Arganto assiste à un entretien 
de Dorante et d'Angélique en se faisant passer pour une 
tante, fait revenir le jeune homme sur ses mauvais des- 
seins, et lui permet alors d'aimer sa fille. Ergaste cède 
tous ses droits à Dorante, qui est son neveu. Lo rôle 
pathétique do la mère, l'émotion qui se dégage de certaines 
scènes, rapprochent cette pièce du drame bourgeois. Le 
personnage du valet paysan, Lubin, qui se fait payer des 
deux côtés, est plaisant. 

Mère coupable (la) ou l'Autre Tartufe, drame en cinq 
actes, en prose, de Beaumarchais (2G juin 1792). Il parait 
^iro la suite du Barbier de Séville et du Mariage de Figaro, 
mais il n'a guère de rapports avec ces deux comédies que 
lo nom des personnages. — Le comte Almaviva est allé 
demeurer à Paris avec sa femme, son fils Léon, dont il 
suspecte la naissance, et sa filleule Florestine, qu'il veut 
avantager aux dépens do Léon. Figaro l'accompagne, avec 
Suzanne et un M. Begears, tartufe irlandais, qui convoite, 
avec la main do Florestine, la fortune du comte, et ex- 
ploite, au profit de ses desseins, les secrets de la famille 
qu'il a su découvrir. Il révèle à la comtesse que Flores- 
tine est la fille naturelle du comte, au comte quo Léon est 
le fils do son ancien page, Chérubin. Et, comme les deux 
jeunes gens s'aiment, il les sépare on leur faisant la confi- 
dence d'une fraternité imaginaire. Heureusement, Figaro 
débrouille cette intrigue compliquée, démasque et fait 
chasser le traître au moment où il va épouser Florestine 
avec 3 millions do dot. Les deux époux, également coupa- 
bles, se pardonnent, et les deux jeunes gens sont unis. 
C'est une comédie du genre larmoyant, écrite dans un 
style déclamatoire, scion lo goût de l'époque. Lo brillant 
comte Almaviva n'est plus qu'un vieux beau, la séduisante 
Kosino est devenue la mère coupable et toujours pleu- 
rante. Figaro un moraliste vertueux et bônissour. Quant 
au rôle de Begears, dans lequel Beaumarchais diffame 
odieusement Bergasse, son adversaire dans le procès 
Kommann, c'est une répétition atfaiitlie du Tartufe de 
Molière. Malgré quelques situations fortes, quelques scènes 
poignantes, la pièce est d'ailleurs assez mal faito. 

Mère de douleur (la). V. Mater dolorosa. 

Mère des Gracqucs (la). V. Cornélie. 

MÈRE (du lat. jneriis, seul) adj. Ling. Pur, non mé- 
langé. (Vx.) 

— Comm. Mère goutte. Vin qui coule du raisin avant 
qu'on l'ait pressé. Il Mère laine, Partie la plus fine do la 
laine que fournit une brebis, et qui est prise sur le dos. 

Mère, paroisse d'Anglcterre(comté do Wilts); 3.500 hab. 
Fabrication de toiles, couvertures. 

MérÉ (Georges Hrossin, chevalier, puis marquis de), 
écrivain français, né en Poitou vers 1610, mort au château 
do Baussay, près de Niort, en 1G85. Entré vers 1620 dans 
l'ordre de Malte, il fit quelques campagnes sur mer, puis 
quitta lo service vers 1615 et alla se fixer à Paris, où il 
prit vite une place éminento dans la société brillante du 
temps, et devint une sorte d'arbitre du bon goût. Il publia 
en l6Gy les Conversations D. M. C. et D. C. I). M. (du ma- 
réchal do ClérambauU et du chevalier do Méré'j, où, en un 
style précieux et piquant, il a rassemblé toutes les règles 
du bien vivre scion le monde. Vinrent ensuite, dans lo 
m6mo genre : Agréments, discours de M. te chevalier de 
Méréà J/"""* (1677); De l'esprit, discours à M''" "' {\611\; 
/'c la conversation, discours à M'"' "* (1677) ; Lettres à di- 
verses personnes (1G82). De toutes ces œuvres ressort une 
physionomie attachante ; Sainte-Beuve a choisi le cheva- 



lier de Mérd pour définir avec lui et d'après lui le type 
de l'honnête homme, tel qu'on l'entendait au xvii* siècle, 
no se piquant de rien, mais é^al ou supérieur à toutes les 
circonstances. Méré garde 1 honneur d'avoir exercé sur 
Pascal nue certaine influence. Au reste, tout son esprit 
no l'a pas gardé d'un scepticisme à la vérité un peu court. 

MÉRÉ (Poltrot de). Biogr. V. Poltrot. 
Méré (Elisabeth Guénard, baronne de), femme de 
lettres française, né et morte à Paris (1751-1829). Sous 





Méreau. 



d après Greuze 

son nom véritable ou sous les pseudonymes de BoissT, 
J.-H.-F. Dii Gelleiî, Faverolles, elle a écrit plus do trois 
cents ouvrages, pour la plupart oubliés aujourd'hui, mé- 
moires apocryphes, romans historiques, contes pédagogi- 
ques, d'une sentimentalité romanesque et fausse, parfois 
irréligieux et licencieux. Citons : Mémoires ou Bistoij'es de 
M'°^ Elisabeth, de la comtesse Duhai-ry, de la princesse de 
Lamballe, de la duchesse de Mazarin, de M^^'^ Alssé, du duc 
de Penthièvre; Irma (1801); les Capucins ou le Secret du 
cabinet 7ioir (1801); etc. 

MÉREAU (ro — orig. inconn.) n. m. Palet pour jouer à la 
marelle, ii Marque, il Signe qui sert à faire reconnaître un 
lieu ou une 
personne. 

— Hist. ec- 
clés. Jeton do 
présence ou 
cachet qu'on 
distribuait aux 
membres d'un 
chapitre qui 
assistaient â 
rofriceouàl'as- 
semblée. iiChez 
les protestants, 
Sorte de cachet qu'on distribuait à ceux qui voulaient 
communier. 

— Hist. niilit. Ts'om qu'on a donné d'abord aux marrons 
que les rondes déposent dans les corps de gardo. 

MÉREAUX (Jean-Nicolas Le Froid de), compositeur 
français, né et mort à Paris (1745-1797). Il publia une can- 
tate, Aline, reine de Golconde, et fit représenter la Bessource 
comique ou la Pièce à deux acteurs (1772) ; le Retour de ten- 
riresse (1774); Laurette {\m): Alexandre aux Indes {n%Z) ; 
Dorme/ion et Beauvalinsi); Œdipe.et Jocaste (1191) ; Fabius 
(1793). Il est aussi l'auteur de deux oratorios ; Samson (1774) 
et Fsther [illb), etc. Il avait été nommé professeur au 
Conservatoire en 1795. — Son fils, Joseph-Nicolas, né et 
mort à Paris (1767-1838) fit exécuter une cantate à l'occa- 
sion du couronnement de Napoléon I*^ Il a publié des 
sonates et dos fantaisies de piano. — Jean-Amkdée, dit 
Amédée Méreaux, fils de Joseph-Nicolas, né à. Paris en 
1803, mort à Kouen en 1874, devint feuilletoniste musical 
du « Journal de Rouen ". Il publia les Clavecinistes, de 
1637 à f790, œuvres choisies, classées dans leur ordre chro- 
nologique, revues, doigtées et accentuées \lS61).Vn certain 
nombre de ses écrits ont été, après sa mort, réunis en un 
volume, sous ce titre : Variétés littéraires et musicales 
(1878). Ses compositions comprennent, notamment, un 
grand nombre do morceaux do genre pour le piauo, écrits 
dans un style élégant et solide. 

Meredith (George), poète et romancier anglais, né 
dans le Ilampshiro en 1828. Il publia dès 1851 un volume 
do Poèmes, suivi de the Shaving of Shagpat (divertisse- 
ment arabe), poème burlesque en prose (1855), et de Fa- 
rina (légende do Cologne) [l857j. Comme poète, il a donné 
depuis : l'Amour moderne (1862); Poèmes et chants lyri- 
ques de la Joie de la terre (1885) ; Ballades et poèmes de la 
vie tragique (1887); la Bourse vide {IS92), et Odes commé- 
moratives de l'histoire de France (1898). Son premier ro- 
man : l'Epreuve de Jtichard Feverel (1859), soulève les 
grands problèmes de l'éducation morale et révèle un écri- 
vain au style à la fois pénible et puissant, doué d'une 
observation psychologique pénétrante. Citons encore de 
lui : Fvan Barrington, récit de la vie moderne (1861); 
nhoda Fleming (1865); Vittoria (1866); l'Egoïste (1879); 
les Comédiens tragiques (1881), roman inspiré par la vie 
et la mort du socialiste Lasallo; Un de nos conquérants 
(1890); le Mariage étommnt; la Maison sur la grève (1895), 
et enfin la Comédie et les Usages de l'esprit comique (1897), 
que H. Davray a traduit en français. 

MÉRÉFA, ville do la Russie méridionale (gouv. de Khar- 
knvj, sur la Méré fa, sous-affluent droit du Don par la 
Mja et le Donotz ; 5.000 hab. Marché agricole. 

Merejkovsky fDmitri de), littérateur russe, né à 
Saini-Pftersbourg en 1865. Il débuta pardes poèmes pessi- 
mistes, puis traduisit les tragiques grecs. Disciple de Dos- 
loiovski, admirateur de Baudelaire, do Flaubert, d'Ibsen, 
il s'est passionné, dans un esprit païen, pour la question 




Mé rende rc. 



34 

do la lutte du christianisme contre le paganisme. Parmi 
les œuvres qu'il a publiées depuis 1885, nous citerons : Poé- 
sies; Symboles; De la cause de la décadence et des tendan- 
ces nouvelles de la littérature russe du temps; les Eternels 
compagnons ; Tolstoï et Dostoievski, et deux romans histo- 
riques qui ont fait grand bruit et ont été traduits en fran- 
çais : la Mort des Dieux {1000), peinture de l'empire romain 
sous le règne do l'empereur Julien, et la Itenaissance des 
dieux (1901), dont 16 héros est Léonard do Vinci. 

MÉRELLE [rèT) n. f. Jeux. Syn. anc. de marklle. 

— Blas. Figure héraldique, reproduisant le tracé des 
carrés du jeu ancien do la mérelle (marelle actuelle). 

MÉRELLIER {rè-U-é) n. m. Table, planche ou surface 
quelconque, sur laquelle on a tracé une figure pour y 
jouer à la mércUo. il Jeu de mérelle. (Vx.) 

MÉEŒNCHYME {ran-chim' — du gr. méros, partie, Ct 
egchuma, choso répandue) n. m. Bot. Tissu uthculaire, 
formé d'utricules sphéroïdales peu 
adhérentes les unes aux autres. 

MÉRENDE [rand' — lat. mercnda, 
même sens) n. f. Petit repas entre le 
repas du matin et celui du soir. (Vx.) 

— Anliq. rom. Repas qu'on don- 
nait auxouvriers pendant leur travail. 

MÉRENDÈRE {ran) n. f. Genre de 
liliacées, comprenant des plantes bul- 
beuses, intermédiaires entre les col- 
chiques et les bulbocodes. . 

— Encycl. Le type de ce genre, 
la mérendère bulbocode, ne dépasse 

fuèro 1 décimètre de hauteur ; son 
ulbe est ovoïde ct brun. Vers la fin 
d'août, il en sort une fleur grande, 
solitaire, d'une belle couleur viola- 
cée. Cette plante croît sur les Pyrénées; elle possède les 
propriétés thérapeutiques du colchique. 

MÉRENDÉRÉ. ÉE [ran) adj. Bot. Qui ressemble à une 
mérendère. 

— n. f. i»l. Syn. de colchicacées. — Une mérendérée. 

MÉRÉTRICB [triss — du lat. meretrix, icis, mémo sens) 
n. f. Courtisane. (Vx.) 

^- Mytiiol. rom. Surnom donné par les Romains à 
lAphrodito Pandemos des Grecs, déesse des courtisanes. 

MÉRÉTRICE [triss) ou MERETRIX (mé-ré-trikss) n. f. 
Genre de mollusques gastéropodes, comprenant plus do 
cent vingt espèces des mers chaudes et tempérées. (La 
plupart de ces coquillages sont comestibles, comme la me- 
retrix ckione, de I océan Indien.) 

MÉRÉTRICINÉS (si) n. m. pi. Tribu de vénéridés, mol- 
lusques lamell i bran i.-bcs, comprenant les mere/rix et genres 
voisins. — Cn mérétbiciné. 

MÉRÉTRICULE (dimin. de mérétrice) n. f. Petite cour- 
tisane. (Mot de Rabelais.) 

MERETRIX n. f. Bot. V. mèrétrice. 

MerettO di Tomba, comm. d'Italie (Vénétie [prov^ 
d'Udineji, sur le Corno, fleuve côtier tombant dans la la- 
gune de Marano ; 2.955 hab. 

MÉRÉVILLE, ch.-l. de cant. de Seine-et-Oise, arrond. 
et à 18 kilom. d'Etampes ; 1.508 hab. Fourà chaux; fabri- 
cation de chapeaux. Château du xvn» siècle. Beau parc 
anglais dessiné par Robert et Joseph Vernet. arrosé par 
la Juine; monuments en l'honneur des de Laborde, compa- 
gnons de La Pérouse.— Le canton a 20 comm. et 9.392 hab. 

MERGANETTE (tnèr', net') n. f. Genre d'oiseaux palmi- 
pèdes, comprenant six espèces de l'Amérique du Sua. (Les 
merganettcs sont des canards qui habitent surtout les 
bords dos torrents dans les hautes montagnes.) 

MERGANETTINÉS {mêr', net') n. m. pi. Tribu d'oiseaux 
palmipèdes, de la famille des anaiidês, comprenant les 
genres mergauelte et voisins. — Un mekganettiné. 

MERGANSER {mèr', sér') n. m. L'un des noms du harlo 
bievre. 

Mergentheim, ville d'Allemagne f"Wurtembergfccr- 
cle de la Jagsiji, sur la Tauber Wachbach ; 5.000 nab. 
Ch.-l. de district. Château (collections historiques et archi- 
ves de l'ordre Teulonique). Vignoble renommé. Sources 
minérales et établissement de bains. 

MERGER (mèr'-jé) ou MURGER (je) n. m. Agric. Tas do 
pierres quo 1 on forme, lorsqu'on épierre un terrain. 

Mergey (Jean de), capitaine français, né à Harans- 
Ménil, eu Champagne, en 1536, mort à Saint -Amand- 
Magnazin après 1618. U combattit à Saint-Quentin (1557), 
oii il fut pris, puisa Dreux (1562) et à Monconlour (1569). 
dans les rangs protestants. Vers la fin do sa vie, il écrivit 
dos Mémoires (1619), très remarquables pour la sobriété 
du récit et pour 1 intérêt des renseignements fournis. 

MergiaN-BANOU, nom d'une fée ou péri, des épopées 
légendaires de la Perse. Klle fut enlevée par un puissant 
démon ou div nommé Turaseh-Néréh, qui la fit enfermer 
dans une cage de fer ; elle fut délivrée par le roi de Perso 
Tahmouras, le vainqueur des démons. Elle est devenue, eu 
Occident, la célèbre fée Morgano. 

MERGINÉS (mèr'-ji) n. m. pi. Tribu d'oiseaux palmi- 
pèdes, de la famille des anatidés, ct qui comprend en dehors 
des harles (mergus), les goures fossiles euteiomis et eoneor- 

711*. — Un MERGINÉ. 

MeRGOÂZO, comm. d'Italie fPiémonl[prov. de Noiare]), 
sur le lac de Mergozzo; 2.360 hab. Carrières do marbre et 
de granit. — Le lac de Mergozzo est une partie du lac Ma- 
jeur, qui en a été séparée par les alluvions de la Tosa. 

Merguz ou Merghi, ville de l'Indo-Chine occiden- 
tale I Basse-Birmanie [prov. do Tenassérim]), dans lo delta 
du fleuve Tenassérim, vis-à-vis lilo King {archipel des 
Mergui); 10.700 hab. Disputée entre lo Siam et la Birma- 
nie, elle fut prise d'assaut, en 1824, par les Anglais (pre- 
mière guerre birmane); ancienne colonie pénitentiaire du 
Bengale. Commerce de riz, bois de tek, noix d'aréquier. 

Mergui ou Merghi, archipel du golfe du Pégou 
(océan Indien), lo long do la côte du Tenassérim (Indo- 
Chine occidentale). Possession anglaise (Basse-Birma- 
nie [prov. de Tenassérim]), il s'étend du N. lile Tavoï) au 
S. (île Sayor), sur une longueur de 530 kilom., et compte 



33 

225 !les OU îlots montagneux. King:, la plus c^rande, mesure 
480 kilom. carr. Un million d'habitants, pOcliours scdongs. 

MERGULE imèr') a. m. Geuro d'oiseaux palmipèdes, de la 
famille «io-s alcidés, compreuaut une seule espcce. (Le mcr- 
gulo nain [arplica aile] est un petit guillemet blanc et noir 
des mors arctiques, f^ui descend, pendant les hivers rigou- 
reux, jusqu'aux Açorcs.) 

MEBGUS (mèr'-guss) a. m. Nom sciontiliquo des oiseaux 
du gi'iiru liarle. 

Merheim, ville d'Allemagne (Prusse Tprésid. de Colo- 
gnOji, sur la rive gauche du Rhin; 12.801 hab. 

MÉRI iIIuon de), poète français du xiii* siècle, auteur 
d'un poemo intitule le Tournoiement d'Antedirist (1235;. 
L'auteur raconte qu'ayant bu do l'eau do la fontaine do 
Brofoliando, il lui fut donné do voir dans lo ciel le com- 
bat livré par Jésus à l'Anteclirist, ;\ Jupiter, Saturne, ot 
par les Vertus aux Vices. Iluon do Mcri, qui a imité Kaoul 
do Iloudan, a été lui-mémo imité par Guillaumo do Digul- 
loville et par Guillaume de Lorris. 

MéRIADEG (saint), évoque do Vannes, né on Bretagne 
vers 610, mort à Vannes vers 070. Il descendait de Conan 
Môriadoc:, premier roi des Bretons armoricains. Après 
avoir servi lo roi Hoél IH. il se retira dans l'ermitage 
de Stival. prés do Pontivy. C'est do 1;\ que los sulfrages 
du peuple lo tirèrent pour l'élevor sur lo siègo épiscopal 
do Vannes, à la mort de l'évéquo Ilingueten, qui l'avait 
instruit ut ordonné prêtre. — Fôto lo 7 juin. 

Merian (Matthieu), graveur suisse, né à Bile en 1593, 
mort à Bado-Schwalbach on 1650. 11 se rendit à Paris, 
s'y lia avec Callot, puis visita rAllemagno et (ïnit par se 
fixer À Francfort, où il fonda une maison de librairie. 
Nous citerons de lui : la Danse des morts, telle qu'on l'a 
dépeinte à B/lle {lG2i); fconcs biblicx (1625-1627): America- 
nisehe historia (I63l-l65r>) ; De rébus pu/ilicis Hunseaticis 
de Werdenhaqen {\_&\2-\ù~r2) ; Itineraruim Jtali.r (1613) ; etc. 
— Son lîls, SLuthiiîu, dit le Jeune, né à Bàlo en 1G2I. 
mort à Francfort en 1687, s'adonna principalement au 
portrait dans la manière do Van Dyck. Il reçut do l'éiec- 
lour do Brandebourg lo titre de conseiller et la mission 
do lo représenter à Francfort on qualité do chargé d'af- 
faires, et fut conseiller auliquo du margrave de Baden- 
Dourlach. On cito, parmi ses œuvres les plus remarqua- 
bles, Artémise, la. M adcleme, \o portrait ûo Pietro Soderini, 

10 portrait de son père, celui de sa sœur Marie-^iàt/lle. un 
Afarli/re de saint Laurent à Bamberg, etc. — Marik- 
SinYLLB Merian, sœur de Matthieu, femme peintre et 
naturaliste, néo ;\ Francfort en 1647, morle à Amsterdam 
eu 1717, so rendit en Hollande avec ses deux filles, et 
s'associa à. la secte des labbadistes. En 1699. elle partit 
avec uno de ses tilles pour Surinam, el rapporta de pré- 
cieux documents sur la flore et la faune de ce pavs. 
Indépendamment d'un nombre considérable de miniatures 
ot do dessins sur vélin, qu'on voit à Amsterdam, à Lon- 
dres, à Saint-Pétersbourg, etc., on a d'elle : der lîanpen 
icunderfjare Verwandlunrf (1679), traduit en latin et en 
franeais(l730) ; Floi'um fasciculi lit ad vivum drfncli{lôSO} ; 
Metamorphosis insectorum Surinamensiiim (170:»), traduit 
on français sous le titre d'Histoire générale des insectes de 
Surinam et de toute l'Europe (1771). 

MéRIAN (Jean -Bernard), philosophe suisse, né à 
Liostal (cant. do Bàle} en 1723, mort à Berlin en 1807. 

11 fut appelé, en 1748, par Frédéric II comme professeur 
dû philosophie à l'acadômio do Berlin. Il y enseigna 
jusqu'en 1797.11 fut en outre inspecteur du collège fran- 
çais do Berlin et directeur des études du collège Joachim. 
On lui doit do très nombreux mémoires insérés dans le 
recueil de l'académie de Berlin, do 1719 à 1801. 

Merian (Pierre), géologue suisse, né ot mort à Bâle 
(1795-issj). Il fut, de 1820 à 1828. professeur do phvsique 
et de chimie à Bâle, et, à partir de 1835, professeur de 
zoologie et de paléontologie. Il doit surtout sa réputation 
à ses travaux sur les formations jurassiques. 

MÉRIANDRE n. f. Genre do labiées, comprenant des 
arbustes à feuilles laineuses, à fleurs en épis denses, 
dont on connait deux espèces, de l'Inde et de 1 Abyssinic. 

MÉRIANIE (nî)n. f. Genre de mélastomacées, compre- 
nant ilo-s arbres ou arbustes grimpants, à fleurs grou- 
pées en inflorescences terminales. (On en connait plus de 
quarante espèces, de r.\mérique tropicale.) 

MÉRicfJoan de), général français, né à Metz on 1717, 
mort près do Malines en 1717. Il était, à quinze ans, lieu- 
tenant au régiment de Piémont. Capitaine en 1741, il at- 
tira sur lui l'attootion du maréchal de Saxo au siège de 
Prague, commanda l'arriére -gardo de l'armée française 
dans la fameuse retraite do Prague, et fut blessé trois 
fois. Il assista à la bataille de Dettingen (1743) et com- 
manda encore rarriôre-gardo pendant la retraite. Major 
en 1713. lioutonant-colonel en 1714, il rejoignit Maurice de 
Saxe à Courtrai. Il prit part à la bataille de Fontenoy (1745), 
contribua à la prise de Tournai, de Gand (1745), et fut 
nommé colonel. En 1746. il s'embarqua pour l'Amérique, 
mais il revint au bout do six mois, après une expédition 
malheureuse contre les Anglais. Il servit de nouveau en 
Flandre, en qualité de brigadier, et fut tué au pont de M'alen. 

MÉRICARPE (du gr. înt'ris, portion, et karpos, fruit) 
n. m. Bot. Nom proposé par do Candolle pour désigner 
les fruits partiels dos ombellifèros. 

MÉRICISME (sissm' — du gr. méru/cômai, jo rumine) 
0. m. Pbysiol. Rumination. 



MERGULE 



MERIE 



Méric-LALANDE (lîeoriotte-Clémenline Lamiraux- 
Lalande, dame Mêric, connue sous le nom de M""'), 
cantatrice française, née à Dunkcrque en 179S, morte à 
Chantilly en 1867. Elle débuta à Nantes en 1814. Engaeée 
au Gymnase, elle chanta ensuite à Milan et à Venise, à 
.Munich, à Brescia, à Crémone, puis, de 1S27 à 1830 de- 
vint 1 étoile de la Scala de Mdan. Sa renommée la fit ap- 
peler au Théatrc-Itahon do Paris, où elle débuta en 1S30 
dans XLllimo giorno di Pompei, de Pacini. Elle resta 
plusieurs années à Paris, allant chaque été faire la sai- 
son de Londres, puis retourna en Italie, où elle se dis- 
tmgua surtout au théâtre de San-Carlo de Naples. Elle 
fut 1 une des plus grandes artistes do son temps. 

MÉRIGOUR (Jean de), en lat. de Mercuria. moine de 
J ordre do Cîtoaux, philosophe du xiv siècle. Disciple de 
Guillaume d'Occam, nominaliste subtil, il attira sur lui 
1 attention do l'Eglise, et la Sorbonne le contraignit à faire 
publiquement amende honorable. 



MÉRICOURT Théroigne de). Biogr. V. Théboigne. 

Mêricourt, comm. du Pas-de-Calais, arrond. ot à 
15 kilom, a Arras, près de la Souchez canalisée; 3.157 h. 
Mme de buuiUo. Sucrerie. 

MéRIDA. ville do l'Espagne occidentale (Estrémaduro 
fprov. de Badajoz]), au confluent du Guadiana et de TAl- 
barregas ; 7.500 hab. Mérida est l'aniiquo Augasla Ème- 
rita, capitale opulente de la Lusiianio romaine et vaste 
place forte. Des débris de temples, de murailles, do ther- 
mes, un amphithéâtre, un arc de Iriomplie do l'époque do 
Trajan, un pont romain do granit rappellent cette anticpio 
splendeur, que les invasions des \\ isigoths, puis l'occu- 
pation arabe (711-1228) détruisirent. Patrie de sainte Eu- 
lalio, <[ui y souflVit le martyre, en 308 de notre ère. 

Mérida, ville du Mexique, ch.-l. de l'Etat de Yucatan ; 
37.0(10 hab. Cb.-I. do district. Ville industrielle; sucreries; 
fabriques do cotonnades, de toiles de chanvre. Université, 
avec des écoles do droit, do médecine et do pharmacie, 
nombreux couvents. Belle cathédrale de la fin du xvr s. 
La ville, bâtie en érhimiicr, date de 1542 et fut fondée par 
le capitaine espagnol Francesco do Montejo sur l'empla- 
cement de la cité maya de Ti-lioo. — Lo district de Mérida 
est peuplé do 50.000 hab. 

Mérida, ville du Venezuela, ch.-I. do la prov. de 

Guzinan, dans la sierra Nevada; 11.000 hab. Evôché et 
université. Plantations de café. Commerce de produits 
agricoles. Ville fondée en 1558, et dévastée depuis par de 
fréquents tremblements de terre. 

MÉRIDE (du gr. méris, idos, partie) n. f. Musiq. Cha- 
cune des parties de loctavo divisée en quarante-trois par- 
tics écales. 

— LncYCL. V. DÉCAMÉRIDE. 

MÉRIDE (du gr. méros, partie) n. m. Association do 
plastides, dilférenciés ou non. (E. Perrier.) 

— E.NCYCL. Ce terme a été créé par E. Perrier pour dési- 
gner des organismes simjilcs, comme la planula ou larve 
des polypes, lo nauplius ou larve des crustacés, la troco- 
sphère ou larve des annélides, etc., lesquels sont constitués 
par des plastides, issus par libation ininterrompue, et en 
restant associés, de l'œuf. Le méride conduit au zotde, 
comme le zoide au dème. 

MÉRIDIACÉES {sé) n. f. pi. Famille de diatomacées, com- 
prenant des algues à frustules en éventail. (On les divise 
en deux tribus : les méridiêes, des eaux douces, et les Uch- 
mophort'es, des eaux salées.)— Une méridiacék. 

MÉRIDIÉES n. f. pi. Tribu des m^n'Jmce'es, comprenant 
des algues caractérisées par leur forme en éventail ou en 
disque. (Toutes les espèces connues se rencontrent dans 
les eaux douces.) — Une méridiée. 

MÉRIDIEN, ENNE [di-tn, en' — du lat. meridianus; do 
mcridies. midi^ adj. Qui appartient au midi, qui est tourné 
du côté du midi : Exposition méridienne. 

— Asiron. Ombre méridienne. Celle que projette un ob- 
jet à midi vrai, ii Hauteur méridienne, Hauteur d'un astre 
au-dessus de l'horizon à sou passage au méridien, il Lunette 
tnéridienne, Lunette mobile autour d'un axe perpendicu- 
laire au plan méridien. (V. lunette.) il Cercle tnéridien. 
Cercle mural dont le plan est parallèle à celui du méri- 
dien, w Instruments méridiens. Lunette méridienne et cercle 
méridien, il Observations méridiennes. Observations du ser- 
vice méridien, efl'ectuées aux instruments méridiens. 

— Bot. Qui s'ouvre vers le milieu du jour, on parlant 
d'une fleur. 

— n. m. Antiq. rom. Nom donné à des gladiateurs qui 
entraient dans le cirque à midi. 

— Astron. Méridien d'un lieu, Plan déterminé par la 
verticale du lieu et la ligne des pôles, ii Premier méridien 
ou Méridien rfonf/i/ie. Méridien par rapport auquel on 
compte les degrés de longitude, ii Cadran solaire, mar- 
quant midi par l'ombre d'un gnomon sur la ligue méri- 
dienne. V. BOUSSOLE. 

— Géom. Section que fait dans une surface de révolution 
un plan passant par l'axe de cette surface. 

— Physiol. Nom donné aux diJfëreuis arcs menés sur la 
cornée par les extrémités d'un même diamètre. 

— Physiq. Méridien magnétique. Grand cercle qui passe 
par les pôles magnétiques du ^lobe, et dans le plan du- 
quel se trouve constamment l'aiguille aimantée. 

— n. f. Sieste que l'on fait vers le milieu du jour, dans 
les pays cliands : Faire sa méridienne, il Par ext. Sorte de 
canapé sur lequel 
on peut s'étendre 
et dormir pendant 
le jour. (On dit 
aussi méridien 
n. m.) 

— Astron. Méri- 
dienne d'un lieu, la- 
torsection du jtlan 
méridien du lieu 
avec l'horizon. 

Il Méridienne du 
temps moyen, Ligne en forme de 8, qui indique, suivant 
les diverses époques de l'année. le lieu de l'ombre de l'ex- 
trémité d'un style, à midi moyen. 

— Encycl. Astron. Parmi lès grands cercles célestes, il 
en est un particulièrement important dans les lois du 
mouvement diurne, celui où se produisent los culmina- 
tions stellaires : c'est le méridien du lieu, passant par les pô- 
les et par le zénith du lieu. Pour 
déterminer avec précision l'orien- 
tation de ce plan, qui intervient 
dans la position à donner à cer- 
tains instruments, on emploie 
deux méthodes : 

1" La méthode des hauteurs 
égales ou correspondantes. Avec 
un cercle azimutal, on observe 
deux passages d'un même astro 
à la même hauteur, avant et après 
le méridien: celui-ci est déter- 
miné par la demi-sommo des lec 
tures ; 

2" La méthode des plus grandes 
digressions. On observe comme 
précédemment, avec un théodo- 
lite. Ce sont encore des hauteurs 
correspondantes, à l'Orient et à l'Occident, mais on a 
l'avantage d'obser\*er à un minimum d'azimut, qui varie 




Méridienne (style empire). 




Méridien : PP', ligne des 
pôles de la sphère céleste ; 
EE', équateur céleste; Z. zé- 
nith du lieu d'obser\a- 
tion; PZP'. méridien céleste 
du lieu. 



très peu. La demi-somme des lectures peut encore fournir 
le méridien avec une grande précision. 

Par analogie, tout grand cercle qui contient l'axe de ro- 
tation de la terre est un méridien terrestre. L un des mé- 
ridiens sert d'origine pour la détermination des longiiudcs. 
et tous les points d'un même méridien ont même longi- 
tude; ladiâ'érence de longitude de deux lieux est toujours 
l'angle des méridiens de ces deux lieux, et cette détiniliuci 
est mdépendantc de la forme de la terre. Alors, un méri- 
dien terrestre est une ligne dont tous les méridiens astro- 
nomiques sont parallèles à une direction fixe : cette ligne 
est plane. On peut la tracer par points en jalonnant sur 
des lignes do visée successivement faites dans les méri- 
diens des lieux d'observation. Par triangulations succes- 
sives, on peut arriver à mesurer la distance qui sépare 
deux points d'un même méridien, puis la mesure des lati- 
tudes des extrémités donnera l'amplitude de l'arc mesure, 
toutes les opérations étant réduites au niveau de la mer. 
On obtient ainsi la valeur d'un degré de méridien. 

En 166y, Picard fait la première mesure d'un arc du mé- 
ridien ; en 1736, deux missions françaises vont répéter ces 
mesures au Pérou et en Laponie. Depuis, toute rÊaropo 
a été couverte par une vaste triangulation. On en peut 
conclure que tous les méridiens sont égaux, c'est-à-diro 
que la surface de la terre est de révolution autour d'un 
axe (terrestre); lo méridien a la forme d'une ellipse ires 
peu excentrique, à petit axe suivant l'axe terrestre : la 
terre est donc un ellipsoïde aplaii de révolution. Ceci ré- 
sulte de la constatation qui fut faite que la longueur 
d'arcs de méridiens do même amplitude augmente régu- 
lièrement en allant de l'équateur aux pôles. 

La Constituante chargea, en 1790, une commission d'éta- 
blir ce que l'on appelle le système métrique; en 1 TOI. l'unité 
de longueur adoptée fut la di.\-niilliunnième partie du 
quart du méridien terrestre. Lacaille et Cassioi de Thury 
avaient mesuré l'arc de méridien de Dunkcrque à Perpi- 
gnan ; Delambre et .Mécbain le prolongèrent jusqu'à Bar- 
celone. Tout fut mesuré en toises du Pérou; le mètre con- 
servé aux archives, étalon légal, en platine â o°, a toise, 
513.074 ou 3 pieds 11 lignes 296. Lare de méridien fut pro- 
longé par Biotet Arago jusqu'aux Baléares, par Perrier en 
Algérie; on a reconnu ainsi que le mètre légal était trop 
court d'environ 2/io de millimètre. 

Voici quelles sont les longueurs d'un degré de méridien 
à diverses latitudes : 



LAiTTuna 



0». 

15* 

30». 
450. 



DEORÉ DO 
UÉEIDIGN 

110 56301 

110 cafl"» 
ItO 8;7m 

111 132a 



DEGRé DU 
HÉRIDICM 

111 419a 
111 6^a 
111 707" 



et le mille marin, longueur d'un arc de l' en latitude sui- 
vant le parallèle moyen de 4&*, est alors égal à l.852",îî. 

Méridienne d'un lieu. La détermination de cette méri- 
dienne, ou ligne du midi, est la première opération astro- 
nomique nécessitée par la construction d'un cadran solaire. 
Pour cela, on détermine d'abord la direction approximative 
du méridien avec une montre réglée sur l'heure des gares, 
d'où l'on conclut, avec la longitude, l'heure ù. laquelle lo 
soleil passera au méridien du lieu. Cette opération suftit 
à déterminer les scellements et la position du cadran, mais 
le réglage définitif exige encore une opération auxiliaire 
fondée sur des observations du soleil ou de l'étoile polaire; 
une méridienne bien construite peut alors facilement don- 
ner lo midi vrai ù. 10 secondes près. 

Disons encore que l'ascension droite d'une étoile diffère 
très peu de son ascension droite à son passaçre supérieur, 
ou passage au méridien; on peut donc avoFr une heure 
très rapprochée du passage de l'étoile au méridien eu fai- 
sant usage de l'ascension droite moyenne. 

La méridienne peut encore se déterminer grossièrement 
avec une boussole. Celle de l'observatoire de Paris fut dé- 
terminée par Cassini ; elle passe près de Perpignan. Elle 
est définie par dos repères situés dans l'observatoire 
même et dans le jardin do Montsouris. Elle fui redres- 
sée, en 1S73. par le capitaine Perrier. 

— Géom. On nomme jnéridien d'une surface de révolution 
la section faite dans cette surface par un plan passant par 
l'axe. Une surface de révolution est définie par son axe 
et l'un de ses méridiens. Le plan d'un méridien, normal à 
la surface en chacun dos points de ce méridien, est aussi 
le plan d'une section principale, c'est-à-dire dont la cour- 
bure est maximum ou minimum. Du reste, la raison seule 
do symétrie suffit pour qu'on puisse affirmer que, sous 
quelque rapport qu'on considère les courbes tracées sur 
une surface do révolution, lo méridien jouit toujours d'une 
propriété soit de maximum, soit de minimims. 

MÉRIDION n. m. Genre de plantes diatomacées do la 
famille des méridiées, à valves cunéiformes, el qui so 
rencontrent dans les eaux douces où elles vivent parmi les 
couferves. 

MÉRIDIONAL, ALE, AUX (du lat. meridies, midi} adj. 
Qui est situé au raidi : Contrée méridionale, ii Qui habile 
les contrées du Midi : Les peuples méridionacx. ii Qui est 
tourné du côté du Midi : Le versant méeidional d'une mon- 
tagne. 

— Par ext. Quî est propre aux pays ou aux peuples du 
Midi : L'accent méridional. La flore méridion^me. 

— Astrol. Signes méridionaux. Les six derniers signes 
du zodiaque : Balance, Scorpion, Sagittaire, Capricorne, 
Verseau et Poissons, ainsi nommés parce qu'ils composent 
la partie méridionale du ciel astrologique. 

— Astron. Cadran méridional. Cadran dont le plan est 
perpendiculaire à celui du méridien ; Cadran MÈRimoN.vL 
horizontal, oblique, vertical. \\ Dislance méridionale. Diffé- 
rence de longitude entre deux astres. 

— Mar. Distance méridionale. Différence de la longitude 
actuelle d'un navire avec celle de son point de départ. 

Il Parties, Minutes méridionales. Dans la marine anglaise. 
Parties, Minutes comptées sur les méridiens. 

— Substantiv. Personne qui est du Midi. (Dans ce sens, 
prend une majuscule) : Le Mcridionai. a une imagination 
vive et brillante. (Mich. Chev.) 

MÉRiDIONEiLLE {nél') n. f. Ancien terme des fleuristes, 
au svii* et au sviii» siècle, désignant une variété de tu- 
lipe, de couleur pourpre, violette et blanche. 

MÉRXE {rV — du gr. méris, ou moira, partie) n. f- 
Art milit. anc. Subdivision d'un corps de troupes, no- 
tamment dans les armées byzantines. Il Subdivision d'un 
gouvernement. 



MÉRIÉDRIE — MÉRISMATIQUE 




MÉRIÊDRIE {(M) n. f. Miner. Mode do cristallisation 
qui comprend l'hémiéLlrie et la tétartoédrie. 

MCRICL, coram. do Seinc-ot-Oise, arrond. et à 10 kilom. 
do Poiitoisc, 
sur rOisc; 
3S1 hab. Ch. f. 
Nord et Ouest. 
Commerce <lo 
honille, de plâ- 
tre, do pieiTo 
otdo grès, fa- 
brication do 
tissus élasti- 
ques. Eglise 
avec vestiges 

dos XIIl', XV", 

xviii* siôflos. 
A 2 kilom., ab- 
haye du Val, 

fondécen 1125, ai :,iiMériel. 

on partie dé- 
molie en 18 15, où se voient encore les dortoirs (xii' s.). la 
salle du chapitre des anciens moines, des galeries et sou- 
terrains datant dc-s xni% xvi" et xvii» s. Moulin du xv s. 

MÉRIEL (Pauli, compositeur français, né à Mondou- 
bloau ou 1818, mort à Toulouse en 1897. Issu d'une fa- 
mille de comédiens, il parcourut la province comme chef 
d'orchestre, fit représenter ;\ Amiens un petit opéra-comi- 
que: Cornélius TA ïv/e»i/ie(". alla onsnite à Avignon, à Dijon, 
puis à Toulouse, où' il fit exécuter Caïn, oratorio dramati- 
que, et enlin produisit au tliéâtro du Capitolo, en 1851, un 
grandopéra : rArinnri(jHC. Kn 1857, il fntnommédirecteur du 
Conservatoire de Toulouse. Il lit encore représenter les Pré- 
cieuses ridicules {l$ll); les Pâijues de ltireine(\SSù).l\a.écT'\i 
en outre une Messe à trois voix, un Traité dliarmonte, une 
Théorie musicale et lie nombreux morceaux symphoniquos. 

MéRIGNAC, oomm. de la C.irondc. arrond. et à G kilom. 
de Bordeaux, dans la région des Landes ; 6.713 hab. Com- 
merce de vins. Marche de bestiaux. Fabrique do tartre. 
Aux environs, tour do Veyrinos, ancien donjon du xiii" s., 
avec peintures do répoquc. Située dans les Graves, cette 
commune donne des vins rouges estimés. Principaux 
crus : Chûteau-iion-Air , cru Luchey , Chàteau-Beau-Dè' 
sert, Chàfeau de liourran, Chàteau-du-Halde, domaine du 
Four'Chfit<:aH, Chàteaa-Lc- liurck, Chêne-Vert ; etc. 

MÉRIGNIES, comm. du départ, du Nord, arrond. et i 
14 kilom. de l.illo ; 905 hab. Mmoterio. 

MÉRIGNY, comm. de l'Iirlro, arrond. et à 14 kilom. 
du BlaiK-, au bord do l'Anglin; 1.055 hab. Château de La 
Koolie Iîelluson,oii serait né Féuelon. Ruines de lancienno 
commandcne de PJaincourault, de l'ordre de Malte. 

MéRILHOU (Joseph), jurisconsulte, homme d'Elar et 
magistrat français, né à Montignac en 1788, mort àNeuilly 
en 1856. Avocat à Paris, puis magistrat sous l'Empire, îl 
démissionna en 1813 et reprit sa place au barreau. Ce 
fut sur sa plaidoirie, le 28 juillet 1830, que le Tribunal 
do commerce de Paris ordonna l'impression des jour- 
naux malgré les Ordonnances. Secrétaire général du mi- 
nistère de la justice, conseiller d'Etat, il eut ie portefeuille 
de l'intérieur dans lo cabinet Laffitte et fut ministre de la 
justice du 27 décembre 1830 au 13 mars 1831. Peu après, 
il fut élu député et il opta pour la Sarthe. Conseiller à la 
Cour de cassation en 1832, il entra enI837 à la Chambre des 
pairs. Ou a de lui : Essai historique sur la vie et les ou- 
vrages de Mirabeau (1827), et ses principaux Plaidoyers, 
qui forment un volume du " Barreau français » (I827j. 

MÉRILLE {Il mil.) n. f. Cépage rouge, cultivé dans les 
départements de la Dordogne, de la Gironde, do Tarn-et- 
Garonno et les Cbarentos. (Cost un cépage vigoureux, à 
rondement abondant et donnant do bons vins ordinaires.) 

Svn. GRAND-NOIK. (iROSSE-MÉRlI.LE. l'KRIGORD, PETIT-Pl- 
gi'AT, PICAT. PLANT DK liORI>i:AUX, SAIN T-RABIER. 

MÉRIMÉE ( Jean-François-Z-^o?ior}. peintre ot chimiste 
français, né ù Broglio (Euro) en 17.->7, mort à Paris en 
1836. Il obtint un second prix à lAcadémie de peinture, de- 
vint professeur de dessin à l'Ecole polytechnique, ot fut 
appelé, en 1807, aux fonctions de secrétaire perpétuel do 
lEcolo des beaux-arts. On lui doit un excellent traité, inti- 
tulé : De la peinture à l'huile ou Des procédés matériels 
employés dans ce genre de peinture depuis Hubert et Jan Van 
Eyckjusf/u'â nos jours {\S30). Comme peintre, on cite parmi 
ses meilleures œuvres : Des voyai/eurs trouvant dans une 
forélles ossements de Milon de Crotone (1790); l'Innocence 
présentant a manijrr à un serpent (1791 ), composition char- 
mante qui fut déiruite ou 1871. dans l'incondio de la maison 
do Prospcr Mérimée, sous la Commune. Un monument nio- 
dofllo a été érigé, à Broglio, en 1895, ù Léonor Mérimée. 

Mérimée ^Prosper), écrivain français, fils du précé- 
dent, né à Paris on 1S03, mort à Cannes en 1870. Il apprit 
l'anglais, le grec, l'espagnol, approfondit les littératures 
classiques, l'histoire de l'art. 1 ar- 
chéologie. En 1825, il publie le 
Théâtre de Clara Gaznl, (pi'il don- 
nait comme l'œuvre d'une célèbre 
comédienne espagnole; en 18J7, 
une nouvelle supercherie, la 
Guzlfi, recueil do prétendues bal- 
lades illyrionnos, en 1828, la Jac- 
querie, tableau dramatique et his- 
torique; en I82y, un beau roman 
historioue, la Chronique de 
Charles )X. Dans les années sui- 
vantes, il fait paraître ses prin- 
cipales nouvelles ; Tamango, Ma- 
teo Falcone , l'Enlèvement de la 
redoute (1829); la Partie de tric- 
trac, le Vase étrusque, les Mécon- 
tents (1S30J; la Double Méprise 
(1833); les Ames dn Purgatoire 
(183-i) ; la Vénus d'Ille (1837) ; Co- 
lomba (ISlOi; Arsène (inillot M^rlmie. 
(1844); Carmen (1815); l'Aljbé An- 

oain (18 16). Il devint après 1830 chef de cabinetdo d'Argent. 
Nommé inspecteur général dos monuments historiques 
(1811), il contribua de tout son pouvoir à la conservation 
des anciens édifices français. En même temps, il se tour- 
nait vers l'étude de l'histoire et écrivait : la Guerre sociale 
(1841^ ; la Conjuration de CuHtina, plus »ard l'Histoire de 




D. Pèdre l" de Castille (1848). Il fut élu membre de TAca- 1 
demie des inscriptions en 1843 et de l'Académie française 
en 1841. Il était lié dejjuis plus do vingc ans avec la com- 
tesse de Montijo, lorsqu'on 1853. la fiïle de son amie de- 
vint impératrice des Français. Fait sénateur, il fut dé.sor- 
mais le commensal de la cour. Il collabora à V Histoire de 
César. Dans les dernières années de sa vie littéraire, il s'at- 
tacha surtout ù faire connaître, en Franco, la littérature 
russe par des traductions de Pouchkine, Gogol, Tourguo- 
nelî; 1 histoire russe lui inspira deux œuvres de mérite : 
le Faux'Démétrius et les Cosaques d'autrefois. 11 écrivit 
encore nuelqucs nouvelles : Lokis, DjoumAne ot la Chambre 
bleue. Cest après sa mort que fut publiée sa correspon- 
dance : Ze/ire5 (i UHe mco»«uc [M"' Jonoy Dacquin, de 1841 
à 1870] (1873); Lettres à une autre incojinue [M""' Przod- 
ziocka, do 1867 à 1870] (1875); Ze//rf5 « Panizzi[éio 1850 à 
1870] (1881); Correspondance inédite {IS9G); etc. Ces lettres, 
sans parler do leur rare intérêt comme pointure de la so- 
ciété du second Empire, nous montrent, à côté do l'hommo 
du monde, défiant, pessimiste, sceptique otméme cyniqu(! 
que Mérimée atfcctait d'être, un ami obligeant, discret 
et dévoué. 

Si Mérimée parut d'abord un romantique par sa culture 
étrangère, par son goût pour les histoires sombres et 
violentes et les dénouements mystérieux et ambigus, en 
revanche, dès ses premières nouvelles, la forme châtiée 
et mesurée do son style, son art fait essentiellement de 
choix et do concentration révélèrent en lui un classique. 
Dans l'histoire comme dans la réalité contemporaine, il 
aime à observer les passions humaines, do préférence 
dans les âmes primitives, ou elles so déploient dans toute 
leur naive vigueur. Il so borne à les montrer à l'œuvre, 
en so gardant bien de s'attendrir, et conte d'une ma- 
nière impersonnelle et à peu près impassible. 

— BiBLiooR. : Tonrneux. P. Mérimée, sa bibliographie 
(Paris, I87ij) ; Aug. Filon, Mérimée et ses awiis (Paris, 1894). 

Merinaghen, ancien poste militaire, construit en 
1842 pour protéger lo Diambour contre le Oualo. Auj. vil- 
lage des pays protégés du cercle do Louga, sur la rive 
occidentale du lac de Guier. 

MÉRXNAS, nom donné parfois aux habitants do l'Ime- 
rina. c'est-à-diro des hauts plateaux de Madagascar. On 
les appelle i>lus communément Hovas. V. Hova. 

MÉRINCHAL, comm. de la Creuse, arrond. et à 33 kilom. 
d'Auldisson, près de la source du Cher; 1.980 hab. Ch. de f. 
Orh-ans. Filons d'antimoine. Carderie et scierie mécanique. 

MÉRINDOL, comm. de Vaucluse, arrond. et à 33 kilom. 
d'Apt. entre le versant sud du Lubéron et la Duranco; 
789 hab. Ch. de f. P.-L.-M. Minoterie, huilerie, scierie 
mécanique. Massacres commis, en 1545. par ordre du par- 
lement d'Aix, sur une paisible population qui avait, dès 
le xii' siècle, embrassé l'hérésie vaudoiso. 

MeRINDOL (Antoine), médecin français, né à Aix en 
1570, mort eii 1624. Il occupait une chaire de médecine à 
Aix depuis dix ans, lorsqu'il fut nommé, en 1616, médecin 
ordinaire de Louis XIII. Ses principaux ouvrages sont : 
Sclectx exercitationes (1617) ; Ars medica (1633). 

MÉRINE adj. f. Qui a rapport au mérinos. V. mérinos. 

Mering, bourg d'Allemagne (Bavière [cercle do Haute- 
Bavicroji, sur la Paar, affluent du Danube; 2.270 hab. Fa- 
briques do chaussures. 

MERINGENNE(jt'«')n. f. Bot. Nom vulgaire de l'auber- 
giuo ou méloiigèno. il On dit aussi meringeanne. 

MÉRINGIE n. f. Bot. V. MŒHRINGIE. 

MERINGOSOME n. m. Genre d'annélidos néréides, fos- 
siles dans loolitho d'Allemagne. 

MERINGUE {rinyh' — orig. inconn.) n. f. Pâtisserie fort 
légère, faite do blancs d'œufs ot de sucre en poudre. 

— Encycl. Fouettez on neige six blancs d'œufs et in- 
corporez-y peu à peu 250 grammes de sucre et un zeste 
do citron, do façon à obtenir une pâte douce et facile à 
mouler. Prenez-en avec une cuiller et déposez-la en mor- 
ceaux, de la forme d'une moitié d'œuf, sur des feuilles do 
papier blanc ]>lacées sur des feuilles de tôle; glacez avec 
du sucre ou poudre ot mettez au four modéré. Dès que les 
meringues ont pris couleur, on les détache et, avec une 
cuiller à bouche, on enfonce le centre, et l'on fait sécher à 
l'étuve et au four. On garnit les meringues d'une crème 
fouettée vanillée ou do marmelades, en réunissant deux 
morceaux pour former un œuf. 

MERINGUER (f//((,') v. a. Disposer on meringue : Merin- 
GUKH un fnfrcincts. 

MÉRINIDES (en ar. Bénou-Mérin). dynastie do princes 
qui régnèrent au Maroc do 1269 à 1554, et qui portaient lo 
titre d'émir. — l.'n M^îrinide. 

— Encycl. Hist. V. Maroc. 

MERINO(w(? — anc.espagn.ï?mT/o?*/no)n.m. Juge nommé 
par le roi pour administrer une ville ou un canton, princi- 
palement en Navarre imerindad). il Plus tard, Employé su- 
balterne du service des linances. 

MerINO Mon Geronimo\ partisan espagnol, connu 
sous lo nom de curé Merino, né ù. Villobiado (Vioillo- 
Castille) en I770. mort en 1847. Il était curé do son village 
natal en 1808. Pendant les guerres contre Napoléon I", il 
se distingua par sa valeur et sa férocité à la tète d'une 
bande de' guérilleros. En 1820, il combattit pour l'absolu- 
tisme et en fut récompensé par le grade de brigadier gé- 
néral. En 1833, il prépara sous main un soulèvement car- 
liste, qui éclata en octobre et il tint pendant cinq ans la 
campagne à la tête de ses partisans. Traqué par le général 
Querada, refoulé dans les provinces du Nord, il s'enfuit 
avec don Carlos eu Franco, y fut interné ot y mourut. 

MÉRINOS (noss — do l'espagn. merino, troupeau! n. m. 
Zool. Haco de moutons : Un troupeau de mkrinos. 

— Pop. Laisser pisser le mérinos, Altendjo le moment 
favorable. 

— Comm. Laine fournie par le mouton de la race dite 
mérinos, ii Etoffe fabriquée avec cette laine. 

— Adjectiv. Qui appartient à la race des moutons ap- 
pelés mérinos : Un bélier, Une brebis w^:rinos. 

— Encycl. Zool. Les moutons mérinos ont une taille 
variant do 0'»,50 (variétés méridionales) à 0", 80 (variétés 
du Nord), le squelette généralement grossier, les jambes 
longues, la loto forte. L'articulation du jarret est parti- 




Mérinos. 



36 

culièroment large. Les cornes, longues et volumineuses, 
contournent l'oreillo en spirale; elles portent des plis 
transversaux nombreux, sur lo bord supérieur un sillon 
profond, et se terminent en lame mousse. Lo museau osi 
large, la boucho grande, les lèvres épaisses. La toison 
est abondante, étendue et disposée en mèches tassées, 
formées de brins en zigzag très lins et résistants; son 
poids, suivant les variétés, pont aller de l à 5 et 6 kilogr., 
et la qualité de sa ' 
laine est supé- 
rieure à celle de 
toute autre race. 
Chez les animaux 
perfectionnés (mé~ 
rinos précoces), la 
viande est abon- 
dante ot d'excel- 
lente qualité. 

La raco serait 
originaire du nord 
do l'Afrique, d'où 
elle serait passée 
en Espagne. Au 
xv" siècle, elleélait 
devenue, pour ce 
]iays. l'une des sources de sa richesse. Les rois possé- 
daient de grands troupeaux, qu'ils faisaient garder avec 
un soin jaloux. A la hn du xvii* siècle, sous l'adminis- 
tration do Colbert, quelques béliers espagnols furent 
introiluits en RoussilIon.En_ 177C, Daubenion, sous les aus- 
pices de Turgot, crée le troupeau de Montbard, souche 
des mérinos de la Bourgogne. En 1786, nouvelle impor- 
tation d'environ 350 animaux et création du troupeau de 
Rambouillet, d'oii sont provenues les variétés de la 
Boauco. de la Brie et du nord do la France. Do la fin du 
xviii* siècle jusqu'à notre épo(|ue, la race s'est d'ailleurs 
répandue sur presque toute la surface du globe ; mais, des 
nombreuses variétés aujourd'hui existantes, celles de la 
Champagne, ot plus encore celles do la Bourgogne et du 
Soissonnais, l'emportent sur toutes les autres. 

— Comm, Le mérinos est une étoffe de laine à tissu 
croisé, faite avec la laine des mérinos. On en attribuo 
l'invention à un petit fabricant nommé Dauphinot Pallo- 
teati, Rémois de naissance. Ce tissu diffère des autres 
étoffes de laine en ce qu'il n'est ni feutré ni foulé, et 
on ce que la chaîne et la trame sont toutes deux en laine 
peignée avant la tilature ; on en fait des châles, des robes, 
des draps légers, etc. C'est à Reims, en 1803, qu'on fa- 
briqua pour la première fois du mérinos en France. 

On distingue trois sortes de mérinos : le mérinos simple, 
le mérinos écossais et lo mérinos double. Le premier sert 
pour robes et pour châles. Le mérinos écossais est un 
mérinos simple, ourdi et tissé avec des fils de couleur. 
suivant des combinaisons multiples do lignes et de car- 
reaux. Le mérinos double est monté généralement sur une 
chaîne doublée et retordue très résistante. Il présente un 
tissu tellement serré, qu'il a l'apparence d'un drap léger, 
et on lui donne parfois lo nom de drap d'été. 

MÉRION n, m. Nom vulgaire des fauvettes à longue 
queue, du genre ynalurus. V. co mot. 

MerION. Myth. çr. Héros crétois, fils do Molos et d^ 
Melphis. Il conduisait au siège do Troie le char d'Idomé- 
néo. Il protégea avec Ajax lo corps de Patroclc, et ga- 
gna, lors des jeux célébrés près du tombeau de ce dernier, 
les prix de l'arc et du javelot. 

MÉRIONE n. m. Genre do mammifères rongeurs, com- 
prenant une douzaine d espèces, 
répandues dans les régions dé- 
sertiques do l'ancien monde. (Les 
mériones sont des gerbillinés de 
taille moyenne, à queue non ter- 
minée en pinceau; leur livrée, 
fauve ou gris doré en dessus, 
blanchâtre en dessous, s'harmo- 
nise avec les sables, sur lesquels 
ils courent en sautant vivement.) 

MeRIONETH (en lat. Mervi- 
nia), comté de la Grande-Bre- 
tagne (pays de Galles), baigné à l'O. par la baie do Car- 
digan. Superf. 1.557 kilom. carr. ; pop. 55.000 hab. Pavs 
montagneux, coupé de vallées sauvages, peu fertile. Ele- 
vage actif de bétail et do chevaux. Carrières, ardoisières ; 
plomb et cuivre. Tourbières. Fabriques de flanelles, étoffes 
do laine, bonneterie. 

MÉRIPHE n. m. Genre d'insoetes coléoptères rhyn- 
choi»hores,comprenantquatro ou cinq ospècosd'Austra'lie. 
(Les mériphes sont des charançons do taille médiocre.) 

MERISE n. f. Fruit du mcrisior. 

— Encycl. Les merises. i\ cause do leur aigreur, sont 
pou recherchées comme fruit frais: mais on les mang^ 
sèches ou confites, et l'on en fait soit d'excellentes confi- 
tures, soit du sirop, une liqueur do table et un vin fort 
agréable. Elles servent sur- 
tout ù préparer lo kirsch. 

MERISE, ÉE adj. Pathol. 
So dit d'une tumeur, d'une 
pustule ayant l'aspect de la 
merise. 

MERISIER {zi-é) n. m. Nom 
vulgaire d'une espèce do ceri- 
sier {prunus avium). 

— Encycl. Le memi'crou 
cerisier sauvage est un grand 
arbre, à cimo pyramidale, â 
fleurs blanches apparaissant 
avant les feuilles, à fruits 
pou charnus. On trouve lo 
merisier dans tous les pays 
tempérés ; son bois est em- 
ployé dans l'ébénistorie; il 
fournit un bon bois de chauf- 
fage. Ses fruits noirs ou me- 
rises servent à faire dosconfi- 
tures, des liqueurs, etc. C'est 
la distillation des merises, après fermentation, qui four- 
nit lo kirsch. - 

MÉRISMATIQUE (sma-tik' — du gr. mérismn, atos, di- 
vision; adj. So dit quelquefois do la reproduction qui a 





Mcrisior : a, coupo de la Heur. 



37 

lieu par division ou segmentation ot s'applique do préfé- 
rence à la disposition des plastidos lioros ou des élé- 
ments anatoniiiiues des tissus. (Rare.) 

MÉRISMC i-issm' — du gr. mt-risma, partie) n. m. Littor. 
Divi>iuii du sujet en parties distinctes. (Vieux.) 

— But. Nom employé pai" certains botanistes pour dé- 
signer l'onsoniblo dos champignons du (^enro polypore, 
qui sont trôs ramifiés. (TiOurs chapeaux portent à leur faco 
inférieure une on plusieurs couches do tubes, sur la paroi 
desquels naissent les spores.) 

— Kntom. Genre dinsecfes hyménoptères chalcidiens, 
comprenant doux espèces, du nord do l'Europe. 

MÉRISMOPÉDIE {smOy dî) n. f. Genre d'ulvacées, com- 
prenant des aliciios dont la division est quaternairo. (On 
en connaît neuï espèces, parasites de l'homme. j 

MÉRISMOPÉDIE [s/no, dî) ou MËRISTE (nsst'j n. f. Co- 
lonie nii*iobienue, réunie en gruujje de quatre coccus for- 
mant un carré. 

MÉRISTÈME {slèm' — du gr. mcris, partie, et sféma, fila- 
mont) n. m. Tissu jeune, dont les cellules, en voie do cloi- 
sonnomont, sont fortement sorréos les unes contre les 
autres ot do forme polyédrique. 

MÉRISTÉMONE (stè — du gr. méris, partie, et stémon, 
fil) a-ij, r.ot. Se dit d'un androcéo dans lequel los étaminos 
su ratiiiliont. 

MÉRISTIQUE {stik') adj. Anat. Il Variation mt^istiqncVa.- 
riation do nombre et de position dos organes similaires. 
(On la rcncontro dans beaucoup d'organes, doigts, dents, 
mamelles, vertèbres, pattes d'inseetos, pinces do crusta- 
cés, bras d'astéries, etc., qui peuvent se rencontrer en 
nombre supérieur à la uormalo.) 

MÉRISTOTHÈQUE {sto-tèk) n. f. Genre do soliéréos, 
comprenant des algues à fronde plane, gélatino-mem- 
braneuse, Uout on connaît quehjues espèces dos pays 
chauils. 

MÉRITANT {ttfi), ANTE adj. Digno. par son mérite, 
d'éloge ou de récompense : Une personne MÉuiTANTE. — 
Substantiv. : liécompenser les méritants. 

— Arboric. Se dit dos arbres qui donnent de bons 
fruits. 

MÉRITE, du lat. meritum, chose méritéo) n. m. Co qui 
rend digno de récompense ou de cliâlimont : Traiter quel- 
ait'un selon ses Miinniis. n Ce qui rend une personne digne 
a'ôlogo ou d'estime : Un homme de mi':rite. Le mi':riti-: con- 
sole de tout. (Mohtosq.) il Ce qui rend uno action digno 
d'éloge ou de récompense : Le motif seul fait le mérite 
des actions. (La Bruv-) Il Ce qui rend un objet digne d'es- 
time : Le MtcHiTK d'un poème, d'une œuvre d'art, ii Ce qui 
rend un objet utile, avantageux ou agréablo : Les vins 
d'Espntfne ont leur mériti:. 

— Paroxt. Personne qui a du morito : Le vrai mérite 
est modeste. 

— Se faire un mérite de. Tirer gloire, se faire honneur 
do. 11 Se donner le jnérite de, S'attribuer l'honneur do. 

— Eiectr. J'hrmule de mth-ite, Fornïulo indiquant la ré- 
sistance d'un circuit qui, avec un élément Daniel, pro- 
duit l'unité do déviation sur l'ochoUo d'un galvanomètre. 

— Philos. Co par quoi un agent moral se rond digno 
d'une récompense. 

— Thôol, Les mérites de Ji^sus-Christ, Ce qu'il a voulu 
soutfrir pour nous racheter, n Les mih'ites des saints, Leurs 
bonnes œuvres. 

— SVN. Valeur, vertu. 

— Anton. Démérite. 

— Encyci.. Philos. Il semble que lo m'h'ite et le déiiié- 
rite doivent être considérés on eux-mêmes. On peut éta- 
blir une hiérarchie entre les actions suivant qu elles élè- 
vent ou rabaissent notre nature morale. A co point do 
vue, lo mérite est l'accroissement volontaire, ot le dé- 
mérilo est la diminution volontaire do notre oxcollence 
intérieure. 

On dit quelquefois que le mérite est on raison inverse 
de l'obligation ; d'après cette théorie, on n'aurait aucun 
mérite à ne pas tuer, on en aurait à se dévouer. Mais il 
n'y a pas d"acto obligatoire qui n'ajoute à notre valeur 
morale; ot à une conscience aélicato lo dévouement ap- 
paraît comme un devoir. 

Ou a prétendu qu'il n'y a pas de degrés dans lo mérite 
et que toutes les bonnes actions sont également méri- 
tantes. Il semble, au contraire, que lo mérite, c'est-à-dire 
la dignité de l'etî'ort, soit proportionné d'abord à la diffi- 
culté du devoir : la valeur morale s'angmcnto par la lutte 
contre los obstacles intérieurs ou extérieurs. Il semble 
aussi f|UO le mérite soit proportionné à l'importance du 
devoir accompli. 

Mérite (ordres duI. Ce nom a été donné à un grand 
nombre d ordres de chevalerie destinés à récompenser lo 
mérite dans ses divers genres : agricole, artistique, civil, 
industriel, littéraire, militaire, naval, scientifique. 

Mérite (croix de), instituée en 187 1 par Guillaume I"', 
roi do Prusse et empereur d'Allemagne. Cette croix, ré- 
servéo aux dames, est portée sur le sein gauche par un 
uivud do ruban blanc bordé de noir. 

Mérite civil (croix Dt), instituée en 1850 par Fran- 
Cois-Josoph P^ empereur d'Autriche, ot portée sur la poi- 
trine par quatre classes do chevaliers ; croix d'or avec 
couronne, croix simple en or, croix d'argent avec cou- 
ronne, croix simple en argent. La décoration, qui a la 
forme do celle do l'ordre de François-Joseph sans l'aigle 
impériale, est suspendue à un ruban rouge foncé. 

Mérite artistique et littéraire (décoration du), 
créée en 1S*7 par l'empereur Frannois-Joseph P' d'Autri- 
che en t'avour dos artistes et des littérateurs des deux 
sexes. EIlo consiste en un médaillon dor à l'effigie du fon- 
dateur et surmonté de la couronne impériale. Elle se porte 
suspendue à. la houtounicrc par un ruban rou£::e foncé. 

Mérite civil (décoration pour li:) ou décoration 
civique, instituée en 1867 en Belgique pour récom- 
penser h^s services rendus au pays dans les fonctions 
provinciales, communales, électives ou gratuites, ainsi 

3U0 los actes éclatants de courage, de dévouement ou 
"humanité. Elle est divisée en deux classes : la croix 
et la médaille, subdivisées, la première, en deux de- 
prés (or et argent), la deuxième, en trois detrrés tor, ar- 
gent et bronze). Klle est suspendue à un ruban ponceau, 



MERISME 



MERITE 




Croix du M(!rUe civil 
(Autriche). 



Croix de M-fîtc 
pour les dame* (Prusse). 



DL-cor:vlioii dn Mérita 

ariistiqiie et littéraire 

(Autriche). 



Ordre pour le mérite ci- 
vil ou Di*coratioD civi- 
que eo Belgique (méd.). 



Ordre pour le mérite ci- 
vil ou Décoration civi- 
que en Belgique (croix). 





Ordre du Mérite do 
Madagascar. 



Médaille pour le Mérite 
des femmes (SaxeJ. 



Croix du Mérite ecclé- 
siastique (Autriche). 



Ordre du Mérite do 
Saxe. 



Ordre du Mérite mili- 
taire (Schwarlzbourg)- 




Ordre du Mérite 
de VeQe^uela. 



Ordre du Mérite pour 

les arts et les sciences 

du duché d'Anhalt- 



Ordre du Mérite pour 

les arts et les sciences 

de Saxe-Meiaiugeo. 



Ordre du Mérite civil 
de Bulgarie. 



Or.Ire du Mérite mili- 
taire de Bavière. 




Ordre du Mérite naval 
(Espagne). 



Ordre du Mérite mili- 
taire d'Espagne. 



Ordre du Mérite mili- 
taire en France. 



Ordre du Mérite mili- 
taire de Pologne. 



Ordre da Mérite mili- 
taire de Toscane- 




Ordre du Mérite mili- 
taire ( principauté de 
"WaMeek). 



Ordre du Mérite mili- 
taire (Uessej. 



Ordre du Mérite mili- 
taire de Wurtemberg- 



Ordre du Mérite mili- 
taire et civil en Prusse 
(croix militaire). 



Ordre du Mérite mili- 
taire et civil en Prusse 
(croix civile). 



rayé de noir (services administratifs), ou do jaune (actes 
de courage). 

Mérite des femmes (mkdaillk pour le), instituée en 
1869 par Ernest II, grand-duc de Saxo-Cobourgot Gotha, 
pour récompenser les femmes soignant les pauvres ot les 
malades. Cette médaille, en or, est suspendue à un ruban 
vert avec filet blanc. 

Mérite ecclésiastique (croix du) [Autriche -Hon- 
grie], Instituée par l'empereur François I", en 1801, elle 
est destinée à récompenser les aumôniers do régiment, 
et comprend deux classes (or et argent). Le ruban est 
blanc avec trois raies rouges. 

Mérite de Chine i^ordre du). V, dragon. 

Mérite de Madagascar i;ordri=: du), institué en 1862 
par Radama II. La décoration à l'effigie du fondateur est 
suspendue à un ruban blanc bordé d'une large raie bleue 
de chaque côté. 

Mérite d'Oldenbourg (ordre du). V. Pierre Frédé- 
ric-Louis. 

Mérite de la principauté de "Waldeck iordre du\ 
fondé en 1S37, modiiii' en lS7i et 1S7S. Il comprend trois 



classes : r* classe, sautoir ; 2* et 3* classes, boutonnière. 
La croix des deux premières classes est en or; celle de la 
dernière, en argent. Ruban jaune avec lisérés accolés, 
l'un rouge et l'autre noir, celui-ci à l'extérieur. 

Mérite de Saint-Michel de Bavière (ordre dc;. 
V. Michel (ordre de Saint-). 

Mérite de Saxe (ordre du). Il a été institué en 1815, 
par le roi Frédéric-Auguste I•^ sous le nom d'ordre du 
Mérite civil, et réorganisé, en 1849, par Frédéric-Au- 
guste II, qui l'a rendu accessible à tous les genres de 
mérite. Il comprend six classes : grands-croix, écharpe et 
plaque; commandeurs do 1" classe, sautoir et plaque; 
commandeurs de 2* classe, sautoir ; chevaliers de l" classe, 
de 2* classe et croix de mérite, boutonnière. La décoration 
de la dernière classe est en argent, celle des autres en 
or. Elle se compose d'une croix à quatre branches, émail- 
lée de blanc, bordée d'or. Le ruban est blanc, avec un 
liséré vert de chaque côté. , 

Mérite de Turquie (ordre du). V. Nichas-Imtuz. 

Mérite de Venezuela (ordre du), fondé en 1860 et 
composé de grands-croixfde commandeurs et de cheva- 
liers. Le ruban est rouge, avec une raie bleu pâle do 



MERITE 



MERLE 



chaque côté. La décoration est une étoile à six branches, 
portant au centre les armes du Venezuela. 

Mérite agricole {ordre du). V. agricole. 

Mérite agricole et industriel (ordre du), fondé en 
1893 par Carlos I", roi Jo Portugal, et composé de trois 
classes: {grands-croix, écharpo et plaque; commandeurs, 
sautoir et plaque; officiers, boutonniôro. Le ruban est 
blanc, avec liséré vert (Mcrito agricole), ou rouge tMérito 
industriel). 

Mérite agricole et industriel (ordre du), institué 
en Italio lo i" mai I8'.t8, pour rt-coniponsor los directeurs 
de grandes formes, les chefs de fabriques, les vieux ou- 
vriers. Une seule classe, médaille d'argent. Hubaoâ raies 
horizontales, verres et rouges. 

Mérite pour les arts et les sciences du duché 
d^Anhalt (,<^RDnK du», institué on 1873 et formé d'nno 
classo nniqiio de membres. Le médaillon est ]iorié ù la 
boutonnière, avec un ruban vert bordé d'une raie rouge 
poncoau do chaque côté. 

Mérite pour les arts et les sciences de Saxe- 
Moiningen (okduk i>d), insriiué en 1874 par le duc Geor- 
ges 11. Doux classes : croix d'argent et médaille d'or, por- 
tées a la boutonnière avec un ruban vert. 

Mérite pour les sciences et les arts (ordre du), 
fondé en 1835 par l'ouest 1*', duc do Saxe-Altenbourg, et 
composé do deux classes : croix et médaille, portées à la 
boutonnière par un ruban vert liséré d'argent. 

Mérite civil ou de la Couronne de Bavière 

(ORI)RI-: du). V. COt'KONNK. 

Mérita civil de Bulgarie (ordre du). Institué en 
1891 par le princo Ferdinand, cet ordre est composé do 
grands-croix, grands oflioiers, commandeurs, officiers et 
chevaliers. Le ruban est hlanc, avec lisérés rouge et vert; 
le rou^'o sur lo bord. 

Mérite civil de Wurtemberg (ordre du), fondé en 
ISOG et remplacé en 1818 par l'ordre do la Couronne de 
Wurtemberg. (V. couronne.) Il était composé de grands- 
croix, de commandeurs et de chevaliers. La croix à quatre 
branches, émaillée do blanc, bordée d'or, présentait au 
centre un médaillon à fond blanc cerclé de rouge, sur 
lequel se détachait en lettres d'or le chiffre royal, sur- 
monté d'une couronne. Au revers, le chiffre était remplacé 
par une couronne royale, et le cercle portait la devise du 
roi Frédéric : Furc/if/us und treu [Sans peur et tïdôle]. Lo 
ruban était noir, à liséré jaune. 

Mérite civil et militaire de Saint-Marin (ordre 
pour le). V. Saint-Marin. 

Mérite militaire de Bavière (ordre du). Créé en 
186G par le roi Louis II, cet ordre comprend cinq classes ; 
grands-croix, écharpe et plaque ; grands commandeurs, 
sautoir et plaque; commandeurs, sautoir; chevaliers de 
1" et de 2' classe, boutonnière. La croix est suspondue à 
un rutian blanc, avec liséré bleu ciel sur chaque bord. 

Mérite militaire de SchMrartzbourg (ordre du). 
Fondé en 1850 par Frédéric-Gonthier, il comprend trois 
classes, avec chacune desquelles varie l'insigne qui est 
d'or, d'argent ou de fer, et se porte toujours à un ruban 
bleu à double liséré noir et jaune (ce dernier exférieurj. 

Mérite militaire de Charles-Frédéric de Bade 
(ordre du). V. Charles-Frédi!:ric. 

Mérite naval d'Espagne (ordre du), institué en 
1806 par la reine Isabelle IL II est composé de quatre 
clas.ses. La I" classe est concédée aux officiers jusqu'au 
grade do capitaine et aux sous-officiers et soldats; la 2% 
aux grades de capitaine à colonel; la 3% aux brigadiers, 
chefs d'escadron, lieutenants et capitaines généraux, et 
la V pour services extraordinaires. Ruban à trois raies 
égales : celle du milieu jaune, les doux autres rouges. 

Mérite militaire d*Espagne (ordre du). Cet ordre, 
institué en 18Gfi par la reine Isabelle II pour récompenser 
les services des officiers de l'arméo do terre, comprend 

auatre classes: 1" classe, boutonnière; 2* classe, plaque 
'argent et boutonnière; 3* classo, plaque d'or et bouton- 
nière ; l* classo, plaque d'or et écharpo. La croix est 
émaillée de rouge pour les exploits de guerre, et de blanc 
pour les autres services. Le rul)an est à trois raies égales : 
rouge, blanche, rougo, pour la décoration des faits do 
guorro ; blanche, rougo, pour celle des autres services. 

Mérita militaire en France Mordre du). Cet ordre, 
institué par Louis XV en 1759, était destiné aux officiers 
suisses et étrangers qui, faisant profession de la religion 
protestante, no pouvaient être admis dans l'ordre do 
Saint-Louis. Il comportait également trois degrés, avec 
2 grands-croix, 4 commandeurs et un nombre illimité de 
chevaliers. La croix était à huit pointes pommotéos et 
angléo de quatre fieurs de lis d'or, char^'éo au contre d'un 
écusson portant une épéo en pal, la pomte on haut, avec 
la devise : Pro virtute beWca. Au revers, se trouvait une 
couronne do laurier avec l'exergue : Ludovicus XV insti- 
tuit, nr>9. Les chevaliers portaient l'insigne attaché à un 
ruban bleu foncé, mis à la boutonnière de l'habit; los 
commandeurs et los grands-croix, à un plus large ruban 
placé en écharpe. Outre le grand cordon, les grands-croix 
portaient une broderie d'or sur lo manteau. L ordre cessa 
d'être conféré au moment de la Révolution. Rétabli par 
Louis XVIII et assimilé à l'ordre do Saint-Louis (en isi-i, 
un changement do couleur du ruban de bleu en rouge), il 
disparut en 1830. 

Mérite militaire de Pologne (ordre du). Cet ordre, 
créé en 1791, restauré en 1807, a été aboli à la suite do 
l'insurrection polonaise de 1832. Ses membres étaient par- 
tagés en trois classes : chevaliers de 1" classo, écharpe; 
chevaliers do 2« et do3' cla.sse, boutonnière. La décoration 
consistait en une croix à quatre branches pommetées 
d'or; ces branches portaient 1 inscription : Virtuti militari. 
Lo médaillon du centre, entouré dune couronne do lau- 
rier, portait uno aiglo en émail blanc. Pour la seconde 
classo, la croix était en or, sans émaux; et pour la troi- 
sième, on argent avec filets bleus. Elle se portait à un 
ruban bordé de noir, contre noir avec uno raie blouo et 
uno raie blanche do chaque cùté. 

Mérite militaire (ordre du), on Portugal. V. Aviz. 
Mérite militaire de Savoie (ordre du). V. Savoie. 
Mérite militaire de Toscane (ordre du). Le grand- 
duc Lèopold II fonda cet ordro oi. 1853 ot divisa ses 



membres en trois classes. Il lui donna pour décoration 
uno étoile à cinq rayons perlés d'or surmontée d'uno cou- 
ronne royale, s'attachait à un ruban rouge à deux larges 
raies noires et lisérés rouges. 

Mérite militaire de la principauté de "Waldeck 

(ordre du), institué en 1851. modilié en 18G1 et ls7s. Ses 
membres, comme ceux do l'ordre ilu Mérite {v. pi. haut), 
sont divisés en trois classes. Le ruban est blanc, avec 
deux lisérés accolés rougo et jaune, ce dernier en bordure. 
Mérite militaire de Hesse (ordre du). Institué par 
le grand-duc Louis III en 1870, il ne comprend qu'une 
classe do clievaliers. La décoration est une croix d'or ù. 
huit pointes émaillée do rose. Anglée do lions hessois, 
elle est surmontée do la couronne royale et portée à un 
ruban bleu clair à liséré blanc;. 

Mérite militaire de "Wurtemberg (ordre du). 
Institué en 17511 par lo duc ('harles-Kugône ot réorganisé 
en 1799, cot ordro comiiroiul trois classes: grands-croix, 
sautoir et platjuo; commandeurs, sautoir; chevaliers, 
lioutonnièro. 11 a pour insij^nes uno croix d'or émaillée do 
lilanc, le centre cerclé de bleu; d'un côté, il y a dans le 
eliamp une couronne do chêne, de l'autre, le chiffre du roi 
en lettres d'or et l'exergue : lurcktlos und treu [Sans peur 
et fidèle]. l*our les grands-croix et commandeurs, la croix 
est surmontée d'uno couronne d'ur. Le ruban est bleu foncé. 

Mérite militaire et civil en Prusse (^ordres du). 
Créé en 1740 par Frédéric II pour remplacer l'ordre de la 
Générosité, l'ordre du Mérite militaire de Prusse récom- 
pense les faits d'armes et les actions d'éclat. La décora- 
tion est portée on sautoir, avec un ruban noir à liséré 
Itlanc. La croix, à huit pointes et anglée d'aigles, est en 
or ot émaillée de bleu. 

En 18J2, le roi Frédéric-Guillaume IV adjoignit à cet 
ordre uno classe de paix pour honorer le mérite dans les 
sciences, los lettres et les arts. La décoration au litro 
civil consiste on un médaillon d'or chargé de l'aigle prus- 
sienne ot du chiff're de Frédéric II. L'insigne, comme celui 
de l'ordre militaire, est porté en sautoir, avec un ruban 
moiré noir bordé de blanc. 

Mérite des femmes (le), poème de G. Legouvé (isoi) 
L'auteur s'est proposé de répondre à la satire VI de Juvé- 
nal et à la satire X de Boileau. Son poème appartient au 
genre descriptif et didactique. Legouvé admire successi- 
vement la femme comme musicienne, danseuse, peintre, 
auteur. Il arrive ensuite, et c'est la partie la plus intéres- 
sante du poème, aux vertus morales et sociales de la 
femme. Il la peint comme épouse et comme mère. Le 
stylo est pauvrement imagé; los vers sont généralement 
faiblos et incolores. On cite souvent le trait final do cette 
invective aux détracteurs de la femme : 

Et, si la voix du eang n'est pas une chimère. 
Tombe aux pieds de ce sexe a qui tu dois ta mère. 

MÉRITER (rad. mérite) v. a. Etre digne do, ou passible 
de : Mériter des éhr/es. Mériter d'être aimé. Mériter 
son sort. Mérit(;r d'être puni. 

— En parlant des choses, Présenter les conditions 
requises pour obtenir : Lettre qui mérite une réponse. 

Il Avoir besoin do : Nouvelle qui mérite confirmation. 

— Par ext. Faire obtenir, procurer ; La mort de Noire- 
Seigneur Jésus-Christ nous a mérité le ciel. 

— Absol. Faire quelque chose de méritoire : L'homme ne 
peut MÉRITER ou DÉMÉRITER qu'autaut qu'H est libre. (Mes- 
nard.) il Se rendre digne de quelque chose : Il vaut mieux 
MÉRITER sans obtenir qu'obtenir sans mériter. (Sto-Beuve.) 

— Mériter quelqu'un, Etre digne d'avoir : Jeune fille qui 
MÉRITE U7i bon mari. 

— V. n. iiien mériter de, Rendre quelque service impor- 
tant à : L'imprimerie A bien mérité dd progrès, 

— Allus. littér. : 

... Je n'ai mérité 
Ni cet excès d'honneur, ni cette indignité, 

Vers de Racine, dans sa tragédie de Britannicus (acte II, 
se. m). C'est la réponse que Junie fait à Néron quand co 
prince lui déclare son intention de l'épouser après qu'elle 
a été n comme une criminelle amenée en ces lieux » . Dans 
l'application, les vers de Racine caractérisent les per- 
sonnes ou les choses que l'on déprécie avec exagération 
après les avoir exaltées sans mesure. 

Se mériter, v. pr. Etre mérité : La confiance se mérite 
et ne peut s'exiger. (La Rochef.-Doud.) il Se rendre digne 
de s'épouser : Travailler à se mériter l'un l'autre. (Fléch.) 

— Anton. Démériter. 

MÉRITHALLE n. m. Bot. Syn. do entre-nœud. 

MÉRITOIRE frad. mériter) adj. Qui est digne d'estime, 
d'éloge, ou do récompense : Acte méritoire devant Dieu. 

MÉRITOIREMENT adv. D'une façon méritoire. 

Merivale (Ilorman), économiste et historien anglais, 
néon 1806, mort en 187-1. Professeur à Oxford en 1837, sous- 
secrétaire d'Etat pour les colonies en 1848, pour les Indes 
en 1859. On lui doit, entre autres ouvrages: Leçons sur la 
colonisation et les colonies (1860) ; Histoires 7'eligieuses 
(1805); Vie de sir H. /-aH>reHCC( 1872). — Son frère, Cu.\rli:s, 
né en 1808. mort à Londres en 1893, a laissé d'importants 
ouvrages d'uno éloquence et d'une érudition remarquables: 
Fait of ihe roman republic (1853); History of the Homans 
under the empire (1859-1862); General history of Home 
(1874); t/te Homan Triumvirates (187tî); etc. 

MERIZODUS [mé, duss) n. m. Genre d'insectes coléo- 
ptères carnassiers, do la famille des carabidés, compre- 
nant quelques espèces de l'extrême sud do l'Amérique. 

MÉRIZOMYRIE {ri) n. f. Genre d'algues do la famille 
dos masticliothrichées, dont on connaît six espèces (pie 
l'on rencontre sur les rivages, les murs, ou parfois comme 
parasites d'autres algues. 

Merka, MeuRKA ou MarKA, ville do l'Afrique 
orienlale, sur la côte do Bi-nadir pays dos Somalis). Elle 
lit jadis partie du sultanat de Zanzibar; mais, depuis 1891, 
elle se trouve plaeée dans la sphère (rinlluence italienne. 

Merkara, Mercara ou Madoukheri, ville do 
l'empire anglais do l'Indo, dans lo Dekkan occidental ; 
chef-lieu de la province de Kourg, près des sources do 
laCavéry; 8.150 hab. La forteresse, bûtie par Tippoo- 
Sahib, rênfermo le palais du gouvernement et l'arsenal. 
Commerce assez actif do café et do quinquina. 

Merkel (Paul-Joan), historien et jurisconsulte alle- 
mand, né à Nuremberg en 1819, mort à Halle en 1801. 




MerUn. 



38 

Professeur à Kœnigsberg, puis à Halle, il s'est surtout 
occupé des sources du droit germanique, par ses édi- 
tions d'anciens codes : Lex Salica (1850); Lex Anqliomm 
et Werinorum (18:>2) ; Lex Saxonum (1853), et en outre, dans 
los « Monumenta Germaniœ historica » : Lex Alamanno- 
ru7n : Lex Bajuvariorum. Citons encore : De republica Ala- 
mannorum (18-19J ; Histoire du droit des Lombarde (1850). 
MERL {mèrV — forme provinciale du mot inarne) n. m. 
Sable do plage légèrement argileux et employé pour 
l'amendement des terres. V. maérl. 

MERLAN (mcV — anciennem. merlanc; de merle, avec un 
sultixo gorman.) n. m. Ichtyol. Genre de poissons anacan- 
thines, famille des gadidés, comprenant quatre espèces 
des mers d'Europe. 

— Pop. Perruquier. (Parce que les perruquiers, au temps 
011 l'on portait des perruques poudrées, étaient toujours 
enfarinés comme des merlans qu'on va frire. [Vxj.) 

~ Fam. Jùiiî'e des yeux de merlan frit, Lever les yeux 
au ciel, d'une manière ridicule, de telle sor(o qu'on n'en 
voit plus que lo lilanc. 

— Pêch. Merlan à poU, Nom que les pécheurs au cha- 
lut donnent au merlan pris dans leur filet, ce qui lui enlève 
sa couleur et sa oualité marchande, par suite de la traino 
(ju'il subit. Il Merlan bleu, Nom vulgaire <lu maquereau et 
au sey. ll Merlan jannp, Nom vulgaire du lieu. 

— pRov. ANC. : Merlans sont viandes de laquais, de poa- 
tillon, Le merlan est une nourriture légère, qui ne charge 
pas l'estomac et n'empêche pas de courir. 

— Encycl. Ichtyol. Les merlans sont allongés, de taillo 
moyenne, assez mous;- ils n'ont pas de barbillons à ia 
mâchoire infé- 
rieure. Le merlan 
commun ( merlan- 
gns vnlgaris ) est 
répandu dans l'At 
lantique.Kemplac<- 
dans la Méditerra- 
née par le pontas- 
sou [merlanguspun- 
tassu) et dans les mers du nord par le charbonnier ou 
merlan noir [yturlangus carbonarius), il est l'objet d'un 
commerce important; sa chair, légère et assez fado, est 
pourtant estimée ; lo merlan noir se sale et est expédié do 
la Norvège en Allemagne, ainsi que l'huile de son (oie. 

— Art culin. Le merlan se mange surtout frit, aux 
fines herbes ou au gratin. 

Merlans au gratin. On prend deux beaux merlans, que 
l'on dispose, après les avoir apprêtés, tète béclie, dans 
un plat à gratin, dont le fond est copieusement beurré et 
saupoudré do chapelure. On les garnit d'un morceau do 
beurre mariné avec du sel et un peu de muscade râpée ; 
on sale et poivre ; on arrose d'un jus de citron, on garnit 
de champignons et do moules, on mouille d'un verre de 
vin blanc et l'on fait cuire à feu doux, pendant une demi- 
heure. Quand la sauce est assez réduite, on saupoudre do 
chapelure, et l'on fait gratiner. 

Merlan aux fines hei'bes. Faites revenir dans du beurre 
un hachis de persil, estragon, ciboules, échalotes, etc.; 
placez-y le merlan, salez etpoivrez, couvrezàdemi de vin 
ulanc, retournez le merlan pour lo faire cuire des deux 
côtés, ajoutez du beurre manié de farine et arrosez d'un 
jus de citron au moment de servir. 

MerlarA, comm. d'Italie (Vénétie [prov. do Padouo]); 
3.023 hab. 

MERLE [mèrV — du lat. merula, même sens) n. m. Or- 
nith. Oiseau de la famille des passereaux, n Merle d'eau, 
Nom donné autrefois au cincle piong 
viscivo7'e, Draine vergnette. 

— Loc. div. Fin merle, Personne très rusée. II Dé7iicheur 
de merles. Homme très habile à se procurer co qu'il dé- 
sire, ii J/e?'/e blanc, Personne ou objet introuvable ; t'ne 
fe^imie discrète c'est le merle blanc it l'/Va/n 7ner!e ou 
ironiquem. Beau merle, Personne laide ou désagréable. 

Il Jaser com7ne un ynerle. Parler beaucoup, le merle étant 
un oiseau très babillard. 

— Ichtyol. Un dos noms vulgaires du labrus merula, 
poisson de la Méditerranée, dit aussi merleau ou mer- 
lot. Il Nom ancien d'un poisson de la Méditerranée. (Le 
morlo do Duhamel est le centrolophe pompilo [ce7itrolo- 
phus po7npilus] que sa livrée blou foncé a fait aussi appo- 
lor centrolophe nègre.) 

— Prov. et LOC. l'ROV. : Faute de grives, on mange des 
merles, Quand on n'a pas ce qui .serait excellent, on so 
contente de co qui est moins bon. ii C'est l'histoire du 
merle et de la merlette (ou merlesse). Se dit quelquefois 
dune querelle futile qui se reproduit périodiquement sur 
le même sujet. L'origine do cette façon de parler parait 
remonter à un vieux fableau. Un vilain, voulant fêter 
dignement le saint patronal, apporte quelques merles à sa 
femme et la prie de les accommoder. <■ Ça, dos merles, 
fait la femme ; oh ! vous n'y connaissez rien : ce sont des 
merlettes. — PU moi, je soutiens que ce sont des merles, 
— Des merlettes. — Des merles. » La querelle s'envenime, 
et le paysan bat sa femme. Puis la paix se fait et duro un 
an. Au bout de co temps, la fêto patronale revient, et, 
pendant le dîner, la femme rappelle le souvenir de ce qui 
s'ost passé. Nouvelle dispute, 
coups nouveaux. Cette scèno 
recommence pendant dix-sept 
années, au bout desquelles io 
paysan mourut. 

— Encycl. Ornith. Lo genre 
merle (merulaj comprena uno 
quinzaine d'espèces répandues 
dans tout l'ancien monde, ex- 
cepté en Afrique. Los merles 
no sont, à vrai dire, qu'un sous- 
fî;enre dos grives (turdus), dont 
ils diffèrent p.ar leur livrée nhis 
ou moins uniformément sombre. 
Deux espèces se trouvent on 
Franco. Le merle commun f?HC- 
rula t}ierula), de toute TEuropo 
et de l'Asie occidentale, hi- 
verne dans le nord de l'Afrique 
et dans les Atlamides; il est 

d'un beau noir brillant, avec le bec jaune; les femelles 
sont brunofi, les jeunes plus ou moins grivelés en des- 
sous; il se plait dans les bosquets et los jardins, mémo 
dans les villes, et vît do graines, do fruits et d'insectes; 



) plongeur d'Europe, ii Merle 




39 

souvent, il passe l'hivor dans les régions tompérécii. Le 
merli! ù. < olUcr {merula torquata), brun foncé avec la poi- 
trine Ijhiiiche, est commun dans les Alpes. 

On donne, dans le langage courant, lo nom do a morle n 
à toutes sortes d-oiscaux appartenant aux groupes et aux 
genres les plus divers. Les merles métalliques ou bronz»''S, 
du Sén(^f^al, sont des lamprotornis ; les merles dores sont 
des oréonnclcs, les merles d'eau sont des cinc/e*. Quant aux 
merles des vieux auteurs, leurs prétendues espèces se 
comptent par centaines; ce sont des casse-noix, des tan- 
garas, des cotingas, des étourncaux, etc. 

— Art culin. Lo merle est un gibier qni no manque pas 
de mérite, s'il est bien préparé. Après lui avoir retire lo 
gésier, on lo bourre do genièvre, avec un pou de muscade 
ràpéo et do l'écorce d"orange. On le laisse ainsi mortifier 
une jourtiéo. F*uis, après avoir relire cette garniture, on 
le met à la broche, bardé do lard. Les merles se mangent 
aussi en matelote et à l'ôtuvéo. 

Merle (Mattliiou), baron de La Gorce et de Sm.avas 
(on Vivarais), capitaine protestant français, né vers I5i5, 
mort au rbiiteau do Salavas en 1584. Fils d'un cardeur 
do laino d Uzès, il devint, après la Saint-Barthélémy, un 
des prinr-ipaux chefs dos réformes du Midi. II prit Mal- 
ziou(i575), Issoire (i:i76}, entiu Mendo (1579). Sa cruauté 
égalait ses tï4lents militaires. En 15S1, il acquit, du fruit 
de ses rapines, deux terres titrées, dont il se para aussitôt 
et en l'une desquelles il mourut à trois ans do là. 

Merle (Jean-Toussaint), autour dramatique, publi- 
ciste et critique français, né ù Montpellier en 1785, mort 
à Paris en 1852. Employé an ministère de l'intérieur, puis 
soldat, il collabora, à partir de 1808, à do nombreux jour- 
naux, écrivit des pièces do théâtre, fit à la " Quotidionno», 
puis ù r " Union », la criiiquo dramatiiiuo, dirigea le 
théâtre do la Porte-Saint-Martin de 1:^22 à 182G, épousa 
M"» Dorval, puis devint secrétaire du maréchal Bourmont 
et fut l'historiographe do l'expédition d'Algor (1830). On 
lui doit, ontro autres ouvrages : Mémoires de Bachau- 
mont (1808-1809); Anecdotes pour l'histoire de la conquête 
(/'A/i!/er(i831-18;î2). Comme auteur dramati(|ue, il a produit, 
sou! ou on collaboration, cent vingt pièces, dont plusieurs 
ont eu du succès, ontro autres : le Ci-devant jeune homme 
(1812); la Ft^te d'un bourgeois de Paris (I822j; la Lampe 
merveilleuse ; le Savetier et le Financier; etc. 

Merle D'AubigNÉ i Jean-IIonri), théologien protes- 
tant et historien suisse, né et mort à Genève (1794-1872). 
D'origiuo française, descendant par sa grand'môro de Na- 
tliand'Aiibigné.il fut pasteur do l'Eglise française do Ham- 
bourg (1, s 10), puis prédicateur de la cour à Bruxelles (1823). 
II retourna à Genève en 1830 et professa l'histoire ecclé- 
siastique ;1 l'érolo libre de théologie qui venait de s'y fon- 
der. Son ouvrage cai»ital, inachevé, est une Histoire' de la 
Héformation au x\i* siècle (1835), bien informée, mais d'un 
style souvent prolixe et déclamatoire. 

MerlÉAG, comm. des Côtes-du-Nord, arrond. et à 
18 kilom. do Loudéac, près d'une rigole alimentant lo 
canal do Nantes à Brest; 1.-176 hab. Chapelle Saint- 
Jacques I xiv s.>. 

MERLEAU ou MERLOT ( mèr'-/o) n. m. Nom vulgaire du 
labro merle, ii Joimo merle. 

Merlerault [rô] (Le), ch.-I. de cant. do TOrno. 
arrond. et à 2tî kilom. d'Argentan; 1.270 hab. Ch. de f. 
Ouest, Minerai do fer, chaux, bonneterie. Hôtel do ville 
(xviii» s.); vestiges d'un théâtre romain à Montmarcé; 
château et parc de la Tbéroudièro. — Lo canton a 12 comm. 
et 6.093 hab. 

— he pays du Merlerault, revers nord-ouest des collines 
du Perche, est la région la plus importante do l'Ouest 
pour l'élevage des chevaux. Ses herbages nourrissent les 
étalons du haras du Pin. 

MERLESSE {lèss) n. f. Femelle du merle. (Vx.) 
Merlet (/-uci>H-Victor-Claude\ paléographe français, 
no â Vannes (Morbihan) en 1827, mort à Chartres on 1*898. 
Archiviste paléographe, il devint, en 1851, archiviste du 
département d■Èure-e^Loir. Il se (it avantageusement 
connaître par dos publications spéciales : Itobert de Gai- 
lardon, scènes de la vie féodale au xiii° s/èc/e (1858) ; Dic- 
tionnaire fupnf/ruphiquc du département d'Eure-et-Loir 
(^1861) ; Journal de D. Geslaxn (1862) ; Helation du siège de 
rraijue par les Autrichiens (1863); etc. 

Merlet (Marie-Joseph GiwMre), littérateur français, 
né et mort à Paris (1828-1891). Elève de l'Ecolo normale, 
agrégé de lettres, il professa les humanités en province, 
puis à Paris, où il enseigna la rhétorique au lycée Louis- 
lo-Grand, de 1859 à 1891. Critique ingénieux, spirituel, 
au style un peu précieux, il a écrit, entre autres ouvra- 
ges : le liéalisrne et la Fantaisie dans la littérature (1861) ; 
Portraits d'hier [iSGi); Causeries sur les femmes et les livres 
(1865|; Hommes et livret, causeries tnoj'ales et littéraires 
^1869): Saiut-Evremond il^lO) ; Tableau 
de la littératui-e française de 1800 à 
fSi5 (1877-1884), couronné par l'Aca- 
démie française; Etudes littéraires sur 
les orands classiques latins (^1884) ; 
Etudes littéraires sur les grands clas- 
siques grecs (1885); etc. 

MERLETTE {mèr'-lèt' — fém. de merle) 
n. f. Ornith. Femelle du merle, ii On dit 

aussi MERLESSE. 

— Blas. Figure héraldique représen- 
tant un petit oiseau, vu de profil, la 
tète tournée à doxtre, sans bec ni 
pattes (merle morné). 

Merlevenez, comm. du Mor- 
bihan, arrond. et à iG kilom. de Lo- 
rient, sur un afiluent de l'Etel : 1.298 hab. Belle église, dont 
la nef et le transept (xii«-xiii« s.)sont attribués aux Tem- 
pliers ; Ilècho de 1533. 

Merlet (Louis), sculpteur et graveur français en mé- 
dailles, né à Saint-Etienne (Loirelen 1815, mort à Paris en 
1883. Il obtint, en 1843, le grand prix do gravure en mé- 
dailles. En 1818, il exposa les Villes d'Àlqérie faisant leur 
soumission a la France et les Tètes et lievers de la liépu- 
ohqne française, tvpe des pièces d'or de Février. Le Ma- 
réchal Ifugeaud, la Découverte de yiuive et la Pacifica- 
tion de l'Algérie, médailles importantes. L'Etat lui a fait 
de nombreuses commandes. Citons : Chemin de fer de Pa- 
ns a la Méditerranée; Statue de Napoléon /•% de Lvon ; 
i emprunt des 500 millions; Médaille commémorative 'de la 



D'argent à la 
fasce de gueules, 
accompagnée de 
trois merlpttes du 
niômc : deux en 
chef, une PO pointe. 



fête nationale du 14 juillet 1880; portraits de Labrouste 
et de Lanneau; etc. Merley a exécuté, en outre : la Chasse, 
fronton; doux bas-reliefs sur la façade du palais 
des Tuileries; Aristarque , statue en marbre, 
dans la cour du Louvre; etc. 

MERLIER {mér'-li-é) n. m. Nom vulgaire du 
néflier. 

Merlieux (Louis-Parfait), sculpteur, né et 
mort â Paris (1796-1855). Elève de Roman et 
do Cartellier, il a laissé : l'Enfant qui veut pren- 
dre fin lézard; les bustes de Cuvier; de Souf- 
flot (bibliothèque Sainte -Geneviève); de La- 
treille. En 1837, il envoya au Salon ua Capanét^ 
foudrot/é. Les Trois archanges de la fontaine 
Notre- l)ame à Paris sont de lui. 

MERLIF1CHE {mèr') Q. Arg. Saltimbanque; 
vagabond. 

MERLIN (mêr — du flam. maarline ; de maaif, (mar.). 
mer, at Une, corde) n. m. Mar. Petite cordo for- 
mée do trois fils do caret commis ensemble, et d'une lon- 
gueur de 30 brasses. 

— Arg. Jambo. 

— Mar. anc. Cordage 
léger ([Ui, à boni dos 
galères, servait à assu- 
j 01 tir les galavorucs 
sur la rame. Merlin de boucher. 

MERLIN (wér'-orig. 
inconn.) n. m. Tecbn. Gros marteau dont les bouchers se 
servent pour assommer les bœufs. (V. abatagk.) ii Sorte 
do hache à gros tranchant unique, servant à fendre lo bois. 

— Archéol. -^^ 
Merlin d'ar- i^ 

mes, Hache lé- i- ^t- ■ ■ - ^— .^LilZIi 

gère, à un seul l g| ^a— .^^^^ 

tranchant. (Lo i^^ 

merlin à armer ^^^ 

cstun marteau 

d'armes, dont la pointe est modifiée en un tranchant peu 

convexe et dont le mail demeure carré. Cette arme, on- 




Merlin à fendre le bois. 




coro employée dans le nord de l'Inde, est une hache lé- 
gère, à 1er étroit, sans ailerons, tenant le milieu entre la 
hache d'armes et lo marteau.) 

— Arg. Merlin de la dernière heure, Bourreau. 

Merlin, dit l'Enchanteur, personnage des légendes 
galloises et du cycle d'Arthur. 

— Encycl. Littér. Dans les traditions les plus anciennes, 
Merlin (ou mieux Myrddhin) parait avoir été un guerrier 
et un barde, auxiliaire d'Arthur dans sa lutte contre les 
Sa.\ons. Dans la Chronique latine attribuée à Nennius 
(x' s.), Merlin est le fils d'un consul romain; doué du don 
do prophétie, il renverse le tyran Wortigern et aide lo 
roi Arabroise, qui lui succède, à régner avec gloire et 
sagesse. GeotTroi do Monmouth rédigea (vers 1135) des 
Prophéties de Merlin, qu'il fit suivre d'un poème, la Vita 
Merlini (écrit vers 1148), où il représente Merlin comme 
un roi puissant et un devin clairvoyant, au(]uol la douleur 
causée par la mort de ses frères fait perdre la raison ; il 
se retire dans une forêt sauvage et, chaijuo fois qu'il repa- 
raît à la cour sur les instances de sa femme Gwendolœna 
et de sa sœur Ganieda, c'est pour faire de sinistres prédic- 
tions ; on finit par le laisser dans sa solitude, où il est re- 
joint par le barde Taliesin. Leurs entretiens forment comme 
un cours de cosmogonie et d'histoire naturelle, où presque 
tout est emprunté à Pline l'Ancien. Le poème se termine 
par des prophéties, où Merlin annonce les malheurs qui 
menacent la Grande-Bretagne. Au commencement du 
XIII* siècle, Robert do Borron (auteur d'un poème qui nous 
est conservé dans une traduction en prose) voulut ratta- 
cher les légendes sur Merlin à celles du Saint-Graal. Mer- 
lin est fils d'une religieuse et d'un démon, qui voulait faire 
do lui une sorte d'Antéchrist ; mais Merlin est baptisé et 
trompe les desseins de l'Enfer. Il devient le conseiller du 
roi Uter qui, avec son aide, triomphe des Saxons et in- 
stitue la Table ronde pour reconquérir le Graal ; puis il 
se retire au fond des bois, où la fée Viviane (ou plus 
exactement Niniane), abusant des leçons qu'il lui a don- 
nées, l'enferme dans un cercle magique dont il ue peut 
plus sortir. Pour le moyen âge, Merlin (comme Aristote, 
Virgile et Hippocraiej "devint le type de l'homme supé- 
rieur dont le génie est annihilé par les ruses d'une femme. 
C'est sans fondement qu'E. Quinet a voulu faire do lui le 
symbole du poète conducteur des peuples, et de Viviane 
la personnification de la nature bienfaisante. 

— BiBLioGR. : F. Lot, Etudes sur Merlin, dans les « An- 
nales do Bretagne " (i90o). 

Merlin (Philippe-Antoine, comte) , dit Merlin de 
Douai, jurisconsulte et homme politique français, né à 
Arleux (Nord) en 1754, mort à ^^. 

Paris en 1838. Avocat au parle- 
ment de Flandre (1775), il fut 
appelé par le duc d'Orléans à son 
conseil d'apanage. Elu en 1789 
aux états généraux, il devint, en 
1791, président du tribunal cri- 
minel du Nord. Envoyé à la 
Convention en 1792, il partit en 
mission dans lo Nord, puis en 
Vendée, et protesta contre la 
journée du 31 mai. Il contribua à 
la chute de Robespierre, et fut 
président de la Convention pen- 
dant quelques jours. Il entra au 
comité de Salut public, et fit 
fermer le club des Jacobins. 
Membre du comité des Cinq, il 
rédigea le Code des délits et des 
peines. En 1796. il fit partie du 
conseil des Anciens et dirigea le 
ministère de la police générale. Il remplaça Barthélémy 
comme directeur, après le 18-Fructidor. Démissionnaire 
au 30 prairial, il devint, en 1801, procureur général de la 







Merlin de Douai. 




Merlin de ThionTilIe. 



MERLE — MERLUCHE 

Cour de cassation. Napoléon le nomma conseiller d'Etat à 
vie, comte, grand officier de la Légion d'honneur. Destitué 
sous la Restauration, il recouvra ses fonctions aux Cent- 
Jours, et fît partie do la Chambre des représentants. 11 
fut exilé en 1815, rentra en France après 1830 et fit partie 
de l'Académie des sciences morales. 11 a laissé do nom- 
breux ouvrages de jurisprudence. — Son fils, Axtoinb- 
Fbançois-Euoène, né it Douai en 1778, mort à Eaubonno 
on 1851. prit part aux principales campagnes de 1 Empire, 
et devint général de brigade on 1813. Il émigra après Wa- 
terloo et fut un des accusés du procès qui suivit la conspi- 
ration militaire de 1820. Nommé lieutenant général par le 
gouvernement do Juillet (1830), il devint député en 1834 
et pair de France en 1839. 

Merlin (Maria de Las Mercedes de Jaruco, com- 
tesse), femme auteur française, née à La Havane en 1788. 
morte à Paris en 1852. Elle épousa en 1811 le général An- 
toine-François-Eugène Merlin, et, par sa beauté et son 
esprit, elle brilla d un vif «nlat dans la société parisionno 
du temps. On lui doit, entre autres ouvrages : Mes douze 
premières années (1831); Souvenirs et mémoires de la com- 
tesse Merlin (1836), où l'on trouve de curieux détails sur la 
cour d'Espagne; tes Loisirs d'une femme du monde (1838); 
La Havanp, lettres et voyages (1844), intéressant tableau 
de la civilisation do l'ile de Cuba; etc. 

Merlin (Antoine-Christophe), dit Merlin deThion- 
ville, homme politique français, né à Thionville en 17C2, 
mort à Paris en 1833. Avocat, il fut élu, en 17k9, officier 
municipal de Thionville. Député de la Moselle à l'Assem- 
blée législative, il siégea â gauche. Ce fut lui qui pro- 
jtosa d'établir un comité do 
surveillance (23 oct. 1791) ot 
do confisquer les biens des 
émigrés. Après la journée du 
10-Août, où il avait joué un 
rôle important, il partit avec 
la légion des tyrannicides 
pour surveiller les départe- 
ments. Réélu membre do la 
Convention, il siégea sur les 
bancs de la Montagne. En- 
voyé en mission au siège do 
Mayence fdéc. I792i, it écrivit 
à la Convention, au moment 
du jugement de Louis XVI, 
la phrase fameuse : « C'est 
au nom de Louis Capet qu'on 
égorge nos frères, et Louis 
Capet vit encore! « La con- 
duite de Merlin à Mayence 
excita l'admiration dô ses 
amis; mais, après l'investis- 
sement de la ville, ses adversaires l'accusèrent de l'avoir 
vendue. Il suivit l'armée en Vendée, et reprit son siège à 
la Convention, en novembre. Ennemi de Robespierre, il 
contribua à sa chute. Après s'être signalé au siège de 
Mannheim, en sa qualité de membre du comité de Sûreté 
générale, il retourna à Paris pour dénoncer ses anciens 
collègues, les jacobins. Membre du conseil des Cinq-Cents, 
il entra en 1798 dans l'administration des postes, puis so 
retira dans ses propriétés de l'Aisne. En 1814, il essaya 
inutilement d'organiser un corps franc. Merlin de Thion- 
ville, accusé à plusieurs reprises d'avoir dilapidé l'argent 
du gouvernement, n'a jamais été coraplôtcment justifié 
de cette accusation. 

MERUNE {mér' — rad. merle) n. f. Petit orgue â cy. 
lindre, plus grave 
que les serinettes 
ordinaires, dont on 
se sert pour appren- 
dro des airs aux 
merles, etc. 

MERUNER (mèr) 
V. a. Coudre avec du 
merlin : Merlinkb 
une ralinijue. 

MERUNUS (mèr', 
nnss} n. m. Paléont. 
Genre de poissons, 

voisins des gades, „ ,. 

fossiles dans Téo- MerUne. 

cène anglais, dont l'espèce type est le merlînus cristatus. 

MBRLON {mèr — de l'ital. merlone, môme sens^ n. m. 
Fortif. Partie pleine, entre deux embrasures d'iui créneau. 
Il On disait anciennem. tremeau. 

— Encycl. Dans les anciennes fortifications. les mer- 
Ions étaient percés d'arcbièreset.plus tard, de meurtrières. 
Certains types anciens d'ouvrages fortifiés, notamment en 
Orient, montrent des merlons crénelés. 

MERLOT hnèr'-lo) n. m. IchtyoL V. merleau. 

— Vitic. Cénago rouge, cultivé plus particulièrement 
dans le Bordelais, (C'est un cépage à rendement assez 
élevé et fournissant des vins moelleux, mais qui pèchent 
par défaut de corps et de durée. Dans le Bordelais, il est 
associé au cabernet et au c6t.) Syn. vitraillk. 

MERLU n. m. Ichtyol. V. potcis. 

MERLUCHE {mèr') n. f. ou MERLUS {mèr'-lu) n. m. 
Ichtyol, Genre de poissons anacanihines, comprenant 
deux espèces des mers d'Europe et d'Amérique. 

— Pêch. Morue sèche, mais non salée, ou Poisson du 
genre gade préparé de la mémo manière. Il Poignée de 
merluches. Deux merluches sèches liées ensemble. 

— Pop. Cris de merluche. Cris perçants. 

— En'cycl. Ichtyol. Les merluches ou merlus, type âe 
la tribu des merlucinés, sont de forts poissons allongés, à 
grandes nageoires ventrales ; leur bouche, armée de fortes 
dents, n'a pas 
de barbillons. 
La merluche 
commune (mer- 
lucius vulga- 
ris), vulgaire- 
ment mer/u5ou 
colin , atteint 

près d'un mètre de long; elle est grisâtre, blanche en des- 
sons; sa chair, très estimée, se sale surtout dans les ré- 
gions du Nord. Répandue dans l'hémisphère boréal, elle 
est remplacée sur les côtes du Chili par le merluccius Gayi. 





Merluche. 



F; 



MERLUCINES — MEROS 

MERLUCINÉS '«0 n. m. pi. Tribu do poissons anacan- 
thincs, Jour le genre merlucne cst\o type.— f-^iMERLUCiNÉ. 

MERLUS [mêr'-lu — mot d'orig. provenç.) n. m. Pôch. 
Nom commun de la merluche. 

— Techn. Peau en merlut (par comparaison avec le 
merlus ; c'est d'ailleurs à tort que l'on écrit merlut, et l'or- 
thogr. devrait <>tro mevlus). Peau do mouton, de bouc ou do 
chôvre, qui a été mise en chaux, puis séchêo. ii Peau qu'on a 
fait sécher, en poil ou en laine, sur une corde, afin do pou- 
voir la conserver, lorsque l'on n'a pulasoumeitro immôdia- 
toment aux opérations destinées à la transformer en cuir. 

Merly (Jean-Iîaptiste-Joscph), chanteur dramatique 
français, né et mort à Toulouse (1828-1885). Doué d'une 
voix de baryton étendue et puissante, il débuta à l'Opéra 
en 18jl. Il y fit plusieurs créations ; le Juif errant, Louise 
Miller, la S'ontie sanglante, quitta l'Opéra et, on 1856, alla 
tenir son emploi au Grand-Théâtre de Marsoillo; puis il 
adopta la carrière italienne et, en 1859, se retrouva à Paris, 
sur la scène du Théùire-Italien. Il se produisit ensuite à 
Berlin, puis à Naplos, et fit, on 1863, une fugitive appa- 
rition à l'Opéra ; après quoi, il ne cessa do voyager. 11 eut 
un instant la direction du théâtre du Capitule, à Toulouse, 
puis il quitta dolinilivement la scène. 

MermeroS. Myth. gr. Fils do Jason ol de Médée. Il 
fut lapide avec son frère Phôrès par les Corinthiens, pour 
avoir porté, do la part de Médée, des présents empoisonnés 
& Glaucé. En punition do ce meurtre, les Corinthiens 
periliront tous leurs enfants au berceau. 

Mermet (Auguste), compositeur français, né à 
Bruxelles en 1810, mort à Paris en 188î». Fort jeune 
encore, il fit jouer, à "Versailles, un petit opéra-comique, 
la Bannière du roi ; puis, ayant obtenu de Soumet qu'il 
transformât pour lui, avec r'ai<io de Mallehlle, en un livret 
de drame lyrique, sa tragédie do ifaùl, il composa la par- 
tition de cet ouvrage, représenté sans succès à l'Opéra, 
en 1846, sous le titre de bavid. Sou lioland à lioncevaux, 
dont il avait composé les paroles et la musique, ne fut 
représenté qu'en ISGl, et obtint du succès. Mermet écrivit 
encore, poème et musique, une Jeanne d'Arc en quatre 
actes, que l'Opéra donna on 1S7G. L'œuvre ne réussit pas. 

MermilLOD (Gaspard), jirélat suisse, né à Carouge, 
près de Genève, en 1824, mort à Rome en 1892. Ordonné 
prêtre en 1817, il exerça son ministère à Genève, et fut 
nommé par Pie IX évoque in partibits d'Hébron (1864), 
puis adjoint, comme auxiliaire, à. l'cvèque de Lausanne, 
malgré les réclamations du Conseil fédéral. En 1873, le 
apo lui ayant conféré le titre do vicaire apostolique pour 
évéché de Genève, le conflit entre la Suisse et le saint- 
siège prit un caractère aigu. 11 no fut apaisé qu'en 1883, 
lorsque Léon XIII nomma M»"" Mermillod au siège de Lau- 
sanne, devenu vacant, tout en lui donnant le titre d'évéque 
de Genève ; il l'éleva au cardinalat en 1890. Outre îles Œ^ii- 
iTe5 oratoire* (1864-1891), on a de ce prélat, qui fut un pré- 
dicateur plein de charme et d'onction ; De l intelligence et 
du gouvernement de la vie (ifiôi); Delà vie surnaturelle dans 
les dtnes (1869); la Question ouvrière (1872); etc. 

MERMIS {mèr'-miss) n. m. Genre de vers nématodes, 
filiformes, famille des mermithidés , parasites dans le corps 
de divers insectes. (Les mermis passent, dans le corps 
d'insectes et d'autres vers, les premiers états de leur vie, 
puis quittent le corps de leurs hôtes, s'enfoncent dans la 
terre numide, où ils deviennent adultes et se reproduisent. 
L'apparition subite de ces mermis grouillant par places a 
fait croire jadis à des pluies de vers.) 

MERMITHIDÉS {mèr') n. m. pi. Famille de vers néma- 
todes. comprenant les memiis. — Un mermithidé. 

Mermnades, dynastie do Lydie, fondée par Gygôs, 
fils (le Mernmas (fin du viii* s. av. J.-C). Elle s'éteignit 
avec Crésns, vers le milieu du vi" siècle (546). 

MÉROAH n. m. Agencement donné à quatre morceaux 
do bambou, dont on se sort dans l'Inde pour faire du fou 
à l'aide du frottement. 

SIÉROBAUD, officier et consul romain d'origine franque, 
du IV* siècle do notre ère. Il commanda la garde do va- 
lentinien P^ réprima la révolte do Quades (374), fit asso- 
cier Valcntinîon II à Gratien, perdit par ses intrigues le 
général Théodoso. père do l'empereur du mémo nom, fut 
consul en 377 et 383, et resta fidèle à Gratien contre 
Maxime révolté, qui le fit périr à Lyon on 333. 

MÉROBAUDE, rhéteur et poète latin du v« siècle, ori- 
ginaire d'Espagne. Outre un poùmo sur le Christ, nous 
avons de lui des poésies historiques d'une versification 
élégante et d'un style très pur pour rêpoque; l'une de 
ces poésies est consacrée à l'éloge d'Aétius. Ses œuvres 
ont été publiées dans la Patrologie latine de Migne. 

MÉROBLA5TIQUE {stiW — du gr. méros, partie, et 
blasloa, germe) adj. Embryol. Qui a une segmentation 
oartiollo : On dit méroblastiquks les œufs dans lesquels 
'c vilelhis ne subit pas de segmentation totale, la partie 
plastique étant seule à se fractionner comme dans les œufs 
des poissons, des reptiles^ des oiseaux. \\ On oppose ce mot 

à HOr.OBLASTIQUE. 

MÉROCÈLE {sèl' — du gr. méros, cuisse, et kèlê, tumeur) 
n. f. Hernie crurale peu volumineuse, formant une tumeur 
arrondie dans la partie moyenne do la cuisse. 

MÉROCORISE n. f. Genre d'insectes hémiptères, type 
de la tribu des mérocorisinés, comprenant une dizaine 
d'espèces propres à l'Amérique du Sud. (Les mérocorises 
[merocoris] sont des punaises de taille médiocre, allongées, 
épineuses, avec les cuisses postérieures renflées.) 

MÉROCORISINÉS n. m. pi. Tribu d'insectes hémiptères 
hôtéroptôros, famille des coréidés, comprenant les mero- 
coris et genres voisins. — Un mkuocorisink. 

MÉROCRXNE n. f. Nom donné par Rouvier à la fonction 
des cellules glandulaires dont les produits spécifiques, for- 
més pendant le repos, sont éliminés au moment de l'activité, 
sans que la formation de ces produits entrai ne la fonte cellu- 
laire, même partielle. fEx. : ^x/aHrfe«mi/yu€««ea.) V.glande- 

— Adjoctiv. ; Sécrétions mbrocrines. 

MÉROCTE n. m. Antiq. Pierre magique nommée dans 
Pline, et â la surface do laquelle suintait une sorte de 
lait. (On croit que c'est la serpentine noble.) 

MÉROCTÈNE n. m. Genre d'insectes coléoptères, do la 
famille des carabidés, comprenant des formes de l'Afrique 
centrale ot moyenne. (Les méroctèncs sont des harpalinés 
petits, roux ou fauves.) 



l 



MÉROCYTE {sit' — du gr. méros, partie, et kutos, en- 
veloppe) n. m. Noyau vittdlin do Balbiaui, petit élément 
découvert par cet auteur dans le cyloplasma de l'œuf do 
beaucoup d'animaux, et qui, d'après llcnnoguy, n'apparaît 
qu'au moment où l'ovogonio se transforme en ovocyle. 
(D'après Julin, le mcrocyte no serait autre chose que le 
centrosume. [V. ce mot].) 

MÉRODACHBALADAN, prononciation hébraïque du nom 
clialdéen Mardoukahal iddina (« le dieu MardouK a donné 
un fils » ), que portèrent plusieurs princes ot rois chaldéens. 
Le plus connu est celui qui est mentionné dans la Bible et 
qui commença de régner dans la seconde moitié du 
vm' siècle av. J.-C. Il commandait originairement à la 
ville de Bît-Yakîn, à l'embouchure du Tigre. Il reconnut 
la suzeraineté do Tiglatphalazar III en 729 av. J.-C, mais, 
à la mort de Salmanazar V, en 722, il se révolta contre 
l'Assyrie, ot il fut élu roi par les Babyloniens. Vaincu 
par Sargon d'Assyrie, il dut évacuer Babylono et se réfu- 
gier dans sa forteresse d'Ikbibél. Il en sortit en 704, à 
l'annonce du meurtre do Sargon, et fut proclamé do nou- 
veau roi par les Babyloniens ; mais il fut encore battu, 
près do Kis, par Sennachérih, successenr de Sargon (704). 
En G99, menacé par une armée assyrienne, il s'enfuit en 
Elam et s'installa dans la ville de Nagitou, sur lo golfe 
Persique. Il y mourut, entre 699 et 695 av. J. C. 

MÉRODE, ancienne maison originaire de i'évèchô do 
Liège, issue, d'après uno légende, de Raymond Bérenger, 
roi d'Aragon et comte de Barcelone. L'empereur Frédé- 
ric III nomma, en 1473, barons libres du Samt-Empiro les 
chevaliers de Mérode, vassaux du duc de Juliers. 

MÉRODE (Jean, comte de), général des Impériaux pen- 
dant la guerre de Trente ans, né vers 1589, mort en 1633. 
Il servit d'abord dans I armée espagnole, puis, en 1619, fit 
la campagne contre les protestants do Bohème, devint en 
1G25 un des principaux colonels de Wallenstein, et se si- 
gnala, en 1632, dans l'Allemagne du Nord. Arrivé trop 
tard sur le champ de bataille de Lutzen, il protégea la 
retraite des Impériaux battus. Il fut battu et mortellement 
blessé à Ollendorf (Hossej, en 1633. 

Mérode (Jean-Philippe-Eugèno, comte de), marquis 
î)i) Westkrloo, feld-maréchal de l'empire d'Allemagne, 
né à Bruxelles en 1674, mort en 1732. Il servit dans l'ar- 
mée de Guillaume III, à Steinkerque (1692) et Ncrwinde 
(1693), de 1692 à 1704 dans l'armée espagnole des Pays- 
Bas, puis, en 1705, passa dansl'armée autrichienne et devmt 
feld-maréchal en 1717. On a de lui ; Mémoires du feld- 
maréchal comte de Mérode- Weslerloo (1840). 

Mérode (Guillaume-Charles-Ghislain, comte de), 
homme politique belge, né et mort à Bruxelles (1743-1830). 
II devint, en 1788, ambassadeur do l'empereur Joseph au- 
près des Provinces-Unies des Pays-Bas, donna sa démis- 
sion en 1789, quand éclata la révolution du Brabant. En 
1805, il devint maire de Bruxelles, et siégea quoUmo 
temps au Sénat fran<;ais. Il fut, en 1815, grand maréchal 
du palais, à la cour du roi Guillaume I" des Pays-Bas. 

Mérode (Philippe- Félix -Balthazar-Othon-Ghislain, 
comte DE), homme d'Etat belge, fils du précédent, né à 
Maeslricht en 1791, mort à Bruxelles en 1857. Il vécut 
longtemps en France, et adopta les idées libérales de La 
Fayette, son oncle par alliance. Après la révolution belge 
de 1830, Mérode, ami dévoué du nouveau roi, devint mi- 
nistre d'Etat (1831), ministre do la guerre par intérim (1832), 
ministre des affaires étrangères (1833) et ministre des fi- 
nances, ambassadeur à Pans (1839), poste qu'il occupa pou 
do temps. On lui doit : un Mot sur la conduite politique 
des catholiques belges (1829) ; la Liberté d'enseignement 
1 1845). — Son fils, Charles-Werner-Ghislain, né à Viller- 
soxel (Haute-Saône) en 1816, fut député du Doubs de 1846 
à 1848, du Nord à la Législative (18i9), entra en 1852 au 
Corps législatif, mais donna sa démission en 1853. En 1871, 
il alla siéger comme député du Nord à l'Assembléo natio- 
nale, et fut, de IS76 à 1885, sénateur du Doubs. 

Mérode (Frédéric-Xavicr-Ghislain de), prélat belge, 
fils de Guillaume de Mérode, né à Bruxelles en 1820, mort 
à Rome en 1874. Il fut d'abord officier dans l'armée belge, 
fit partie de l'état-major du maréchal Bugeaud en Algérie. 
Il entra dans les ordres on iSi8. Le pape Pie IX, après lui 
avoir conféré plusieurs préiaiures, le nomma, en 1860, mi- 
nistre des armes et de la guerre, et lo chargea d'organiser 
la petite armée de Lamoricièro. Il donna sa démission on 
1865, reçut lo titre d'archovf'que in partibus de Mitylône 
et devint grand aumônier du pape (1866). 

MÉRODINE n. f. Genre d'insectes diptères, famille des 
oscinidés, comprenant dos formes propres à l'Amérique du 
Sud. (Les mérodines sont de petites mouches noires et 
bleues, variées de jaune, avec les cuisses postérieures épi- 
neuses, épaisses et les jambes arquées.) 

MÉRODON n. m. Genre d'insectes diptères brachycè- 
res, famillo des syrphidés, comprenant uno cinquantaine 
d'espèces, répandues surtout 
dans l'hémisphère boréal. 

— Encvci,. Les mérodons sont 
des mouches do taille assez 
grande, épaisses, avec une sail- 
lie au milieu du front où s'in- 
sèrent les antennes. Leurs cuis- 
ses sont ordinairement renflées, 
les jambes arquées. Los larves 
se développent dans les racines 
et les bulbes de diverses plan- 
tes; l'insecte est noir, avec une toison dorée; 
commun sur les fleurs dans toute la France. 

MÉROËn. f. Genre de mollusques lamellibranches, com- 
prenant une dizaine d'espèces de l'océan Indien. (Les mé- 
roës sont des coquilles aplaties, trigoncs ovalaires. La 
7»eroe picta habite les mers de Chine. Il existe des repré- 
sentants fossiles dans les formations miocènes.) 

MeroÉ. forme grécisée du nom égvptien fiaroua, que 
portait l'une des villes principales de rÉthiopie, auj. Me- 
rrncî ou licgcraouièh. D'abord cajjitalo du petit royatime 
d'Alo, elle devint, à partir du vi« siècle, la résidence favo- 
rite des pharaons égyptiens. Il subsiste, près du village de 
Begeraouièh, des restes considérables do la nécropolo 
.royale. La ville donna son nom à l'immense étendue de 
terrain comprise entre le Nil ot l'Atbara. l'île de Méroé des 
céographes grecs et latins. Elle disparut do l'histoire vors 
la fin du !!• siècle apr. J.-C. 

9 — 02 




Miîrodon [gr. nat.). 

il est assez 



40 

MÉROGONIE {itî — du gr. 7névos. partie, et goné, géné- 
ration) n. f. Modo do fécondation, découvert par O. Ilert- 
wig (1886), dans lequel un spermatozoïde féconde un 
fragment d'oeuf no contenant pas de noyau. 

MÉROLOGIE (jî — du gr. méros. partie, et loyos, dis- 
cours: n. f. Traité sur les éléments des corps. 

MÉROM, ville do la Syrie méridionale qui, d'abord, fut 
comprise dans lé pays do's Amorrhoens : elle fut prise par 
Tlioutmosis III et ])ar Ramsès II, et, après la conquête 
hébraïfiue, fit partie de la tribu d'Asher. Elle paraît avoir 
occupé le site du hameau actuel do Mérôn, en Galilée. Les 
Hébreux donnaient le nom à eaux de Mérom au premier 
des lacs que le Jourdain traverse près de ses sources, le 
lac actuel de Houlèh. 

MÉROMYAIRES [mi'èr' — du gr. méros, partie, et m«j» 
muos, musck'i n. m. pi. Division des vers renfermant les 
formes chez lesquelles les cellules musculaires vues sur 
une coupe transversale sont peu nombreuses (au nombre 
do huit). [Les oxyures, les strongles sont méromyaires. 
Le terme opposé est polymyaire. Ce mot a été créé par 
Sclineidcr.j — Un mëromyaire. 

MÉROMYZE n. f. Genre d'insectes diptères brachycè- 
ros, famillo des hétéromyzidcs, comprenant uno dizaine 
d'espèces européennes. (Les mérozymes sont de petites 
mouches à grosse tète, à larges ailes, à cuisses posté- 
rieures très épaisses. La meromyza saftatrix, commune en 
France, est jaune variée de noir, longue de 3 millimètres.) 

MÉRONCIDIE ^si-dî) n. m. Genre d'insectes orthoptères 
sauteurs, loinpreiiant <)uelques espèces propres à 1 Amé- 
rique du Sud. (Les méroncidies sont des locustidés du 
groupe des acanthodis, brunes, grises ou vertes, avec les 
pattes épineuses.) 

MEROPACHYS 'mé, kiss) n. m. Genre d'insectes hémi- 
ptères hétéroptèr<'S, comprenant quelques espèces propres 
à l'Amérique du Sud. (Les meroparhys sont des punaises 
allongées, de taille moyenne, brunes ou rousses, avec un 
corps en losange et de grosses cuisses ]>o.stérieures longues 
et fortes, articulées sur des hanches très saillantes.) 

MÉROPE n. f. Nom de l'une des principales étoiles do 
la constellation des Pléiades. 

MÉROPE. Myth. gr. Une des Pléiades, fille d'Atlas et 
femme de Sisyphe. — Fille de Cypselos et reine de Mes- 
sénie. L'usurpateur Polyphonte, meurtrier de Cresphonte, 
époux de Mérope, et de deux do ses fils, voulait la con- 
traindre à l'épouser, lorsque son troisième fils .^pytos 
survint et tua Polyphonte au milieu d'un sacrifice. Les in- 
fortunes do Mérope ont inspiré les tragédies d'Euripide, 
de Matîei, de Voltaire et d'Alûeri. 

Mérope, tragédie italienne do Mafi'ci (1713). L'auteur 
s'était proposé de donner une tragédie dans la manière des 
Grecs et des Français, sans les copier ser\ilement : elle 
eut un vif succès et inspira celle de Voltaire. La Mérope 
de Matfei est écrite en versi scioUi (vers blancs), procédé 
que Voltaire essaya aussi d'imiter, mais sans réussir. 

Mérope, tragédie de Voltaire, en cinq actes et on vers 
(20 févr. 1643). — Voltaire s'est proposé, dans sa Mérope, 
d'écrire une tragédie sans amour, et, en effet, il ne nous 
laisse voir dans cette tragédie que l'amour maternel en 
lutte avec les nécessités de la politique. Lo sujet, déjà 
traité par Maffei, dont Voltaire s est inspiré, est simple et 
pathétique : Cresphonte, roi de Mécène, a été assassiné à 
l'instigation de Polyphonte. qui a ou l'iiabileté de se faire 
passer pour le vengeur du roi. Afin de h'-pitimer son 
pouvoir, Polyphonte veut épouser la veuve de Cresphonte, 
Mérope. Celle-ci sait que son fils, Egisthe, a été sauvé 
par Narbas, un fidèle serviteur, et refuse la main du 
tyran. Sur ces entrefaites, un jeune homme est arrêté 
sous l'accusation de meurtre et, comme il est porteur do 
l'armure de Cresphonte, remise autrefois à Egisihe, Mé- 
rope en conclut qu'il est l'assassin de son fils : elle va le 
tuer elle-même, lorsque Narbas lui apprend que ce jeune 
homme est son propre fils. Polyphonte, inquiet do voir 
Mérope témoigner de la sympatliie au jeune accusé, veut 
le tuer à son tour et ne consent à l'épargner qu'à la condi- 
tion d'épouser immédiatement Mérope. Celle-ci y consent, 
mais Egisthe la délivre en immolant Polyphonte. Comme 
on lo voit, l'action est fort dramatique, mais pent-ètro 
pourrait-on reprocher à, l'auteur d'y avoir trop multiplié 
les coups de théâtre. Quelques vers "bien frappés ont passé 
dans la langue : 

Le premit-r qui fut roi fut un soldat heureux. 

Qui sort bien son pays n'a pas besoin d'aïeux. 

Quand on a tout perdu, quand on n'a plus d'espoir, 
La vie est un opprobre et la mort un devoir. 

Méropes, nom des anciens habitants de l'île do Cos, 
dont un di^s rois, suivant la légende, s'appelait Merops. 
Il Peuple imaginaire du nord de l'Europe. 

MÉROPHYSIE {zi) n. f. Genre d'insectes coléoptères 
clavuonies, comprenant une douzaine d'espèces îles ré- 
gions circamôditorranéennes et caucasiques. (Les méro- 
physios sont des lalhridiidés ovales, allongés, avec les 
antennes à forte massue.) 

MÉROPIDÉS n. m. pi. Famille de passereaux léviros- 
tres.compronanl les guêpiers, et subdivisée en deux tribus: 
méropinrs et nyctiornilhinés. — f'n mkhopidê. 

— Encvcl. Les méropidés sont répandus dans les ré- 
gions temjiérées et chaudes de l'ancien monde; ils font 
défaut en Amérique et ne sont représentés en Europe que 
par deux espèces : le guêpier commun imeropa aftidsler) 
et le guêpier d'Egypte (merops ^■Kgyptius). plus méridional. 

MÉROPINÉS n. m. pi. Tribu d'oiseaux passereaux 1 

virosiros. de la famille des méropidés, comprenant h . 
genres guéjticrs et voisins. — Un miîropiné. 

MEROPS (rnpss) n. m. Nom scientifique des oiseaux du 

genre guêpier. 

MÉRORRAPHÈSfro-ra-/'^.îs — motgr. ; de méros, cuisse, 
et raplrin, coudre) adj. m. Mythol, gr. Surnom de Dio- 
nysos, (|uo Zous enferma dans sa cuisse, après la mort 
de sa mère Sémélé, et jusqu'à la naissance. 

MÉROS "fros.-! — mot gr. signif. partie) n. m. Art milit- 
anc. Division d'imc armée, chez les Grecs et dans l'em- 
pire byzantin. Il Classe politiquo, caste. 




.Mi'TftU. 



41 

MÉROSCÉLISE (ro-sà) n, m. Genro d'insectos coldo- 
pières longicornes, comprenant cinq ou six espèces du 
Brésil. (Les m»>rosC(^*Uses sont do remarquables prioniens 
bruns, violacés ou bleu foncé, do formes absolument difl'é- 
retites suivant ics sexes.) 

MÉROSTACHYDE [sta-kid') n. f. Genre do graminiios, 
tribu des lianibusées, comprenant des herbes qui crois- 
sent dans rAmûriquo du Sud. 

MÉROSTOMES {stom') ou MÉROSTOMACÉS (sto, sé) 
n. m. |tl. rah'uni. Ordre de crustar.-s i-.vsilrs dans les for- 
mations pal'Mzoiiiues, comjircnanl, les fiinjU-rcs et genres 
voisins. — Un MiiiiosTOMii ou mêhostomalk. 

MÉROTOMIE {nïi — du gr. m^ros, partie, et tome, sec- 
tion; n. ï. Opération qui consiste à couper un fragment 
d'un organisme vivant, spi^cialoment d'un protozoaire, 
pour observer les phénomènes dont les fragments ainsi 
obtenus sont lo siège. 

MÉROTRICHE n. m. Genre d'infusoiros flagellâtes, dont 
l'espèce tvpe a été observée dans les lacs do l'iiômisphéro 
boréal. (Ce sont dos pleuromonadidés ovales, avec un fla- 
gollum sortant d'un enfoncement de la face ventrale.) 

MÉROU n. m. Nom vulgaire do deux espiices de pois- 
sons, communs le long des côtes françaises. 

— Encycl. IjO méi'ûti des Provençaux est un épinéphèlc 
iepinephelus (jiyas), 
ou l'appelle aussi 
mérou brun. Le mé- 
rou des Bavijues 
est un cernier [po- 
lypi'ion cerniiiin i , 
appelé lernia sur 
les marchés do 
Nice. D'uuo façon 
générale, ou donne 
le nom do « mérou ■> 
aux trois espèces 
d'épincphùlos do la Méditerranée (epinephelus (jùjas, epi- 
uephelus Costsc, epinephelus acuttroslris). 

Mérou, appelé aussi SOUMÉROU, montagne my- 
fliiqtio des Indiens, soutien du ciel et centre dos sept 
ooutinents et des sept océans concentriques qui consti- 
tuent le monde terrestre. 8ur ses flancs sont otagées les 
demeures dt'S dt'mons, des génies et des dieux intérieurs. 
A son sommet se trouve lo Svarya, paradis d'Indra. 

MéROU-DÉVÎ, fille du mont Mérou, épouse do N'àbhi, lo 
dernier maiiou et roi do Sàkétanàgar, mère do liicliabha, 
fondateur et premier tirtliamkara do la religion djaino. 

MÉROUVEL (Charles Ciurtier, dit), romancier fran- 
çais, né à Laigio en Uia. Il s'est fait connaître comme 
romancier populaire par un très grand nombre do romans 
d'intrigue et do mœurs, dont l'action est généralement 
intéressante. Nous nous bornerons à citer : la \'e7'tu de 
l'ahljil Mirnnde (1870); le Péché de la qénéralc (1879); la 
Maîtresse de M. le ministre (1881); ^^ Veuve aux cent mil- 
lions (1884) ; les Crimes de Z'amot/r<^ 1889); Mortes et vivantes 
(1890); Mortel aoiour (1892); le Roi milliard (1893); Hiches 
et pauvres (isy:)) ; Fièvre d'or (1898) ; etc. 

Mérovée ou Merowig ou Merovech (de Mero- 

vechO'S, qui parait si-jfmlicr <> iliustro guerrier » ou » glo- 
rieusement sacré ■•}, roi franc do 44s à 458. Ce personnage, 
oui a donné son nom à la première dynastie des rois do 
France, n'est guère connu que par une vague mention 
dans Vffistoire des Francs, de (irègoiro de Tours : " (Quel- 
ques-uns prétendent que le roi Mérovée, qui eut pour iils 
Childéric. était sorti de la race de CloJion. » Il contribua 
puissamment à. la victoire quo lo général romain Aétius 
remporta sur Attila, dans les champs Catalauniques (451). 
Mérovée ou Merovech, fils do Chiipéric i", roi de 

Neustrie, mort on 577. Il épousa, à la grande colère do 
Chiipéric et de Krédégonde, sa tante lirunehaut, veuve 
de Sigebert, roi ilWustrasie. Après une feinte réconcilia- 
tion, Chiipéric fit tonsuror son fils et l'envoya dans le 
monastère do Saint-Calais. Mérovée put s'échapper, alors 
qu'on le conduisait au couvent, et se réfugia dans la 
basilique do Saint-Martin do Tours. Il s'enfuit ensuite à 
Auxerre, puis parvint à rejoindre Brunohaut on Ausirasie ; 
mais les leudes le chassèrent. Tombé dans un guet-anens, 
à Thérouanno, il se fit tuer, dit-on, par un do ses familiers. 
Mérovingien, ENNE (ji-in, en), nom porté par les 
membres do la première dynastie des rois lie France. — 
Les MkunviNiUKNs. 

— Adjoctiv. Qui appartient aux Mérovingiens : Puis- 
sance MKROVlNGIIiNNE. 

— Encycl. Lo nom do Mérovingiens, attribué aux sou- 
verains de la première dynastie nationale qui ait régné sur 
la France, do la lin du v« siècle au milieu du viii», ne parait, 
ù. vrai dire, au point de vue historique, que médiocrement 
justifié. Mérovée, qui a donné son nom à la dynastie, n'en 
est le premier prince ni par la date, ni, taiit s'en faut, 
par le rôlo politique. Sans remonter en etfct jusqu'à Pha- 
ramond, que des chroniijues de date assez tardive font 
régner, au début du v" siècle, sur les Francs Salions, et 
dont l'existence reste prol)lèmatique, on connaît au moins 
le prédécesseur immédiat de Mérovée, Clodion, qui régna 
do 4S8 à 448 sur les Salions établis au N. de la Somme. 
D'autre part, Mérovée (448-458) et son parent et succes- 
seur Childéric I" (458-481) ne furent que des chefs locaux 
do hordes barbares. C'est seulement sous le rèçne de 
Clovis(481-5ii) que nous assistons à une réelle unification 
de la Gaule, devenue la France, du nom do ses conquérants 
les Francs Salions. Cette conquête est marquée par les 
triomphes successifs du roi franc sur les Oallo-Romains 
(486), les Alamans (49G), les Eurgondcs (500i, enfin les Wisi- 
goths (507). [V. Clovis.] L'Kglise, éprise d'ordre, d'unité et 
de paix, favorise, avec saint Rémi, cette unification. Elle 
trouve dans la monarchie de Clovis le pouvoir fort qui est 
nécessaire à son existence, dans un temps où la force règne 
en maîtresse ; le roi, d'autre part, converti au catholicisme, 
voit dans la protection qu'il prête aux évèques un motif 
constant d'intervention dans les Etats, encore ariens ou 
semi-païens, dos Burgondes et des Wisigoths. et, dans le 
pouvoir moral du clergé, un puissant levier politique. Enfin, 
Clovis a l'habileté de se présenter aux Gallo-Romains, 
encore fidèles à l'idée impériale, comme l'héritier des em- 
pereurs et leur représentant, en se faisant octrover par 
Constantinople le titre honorifique do patrice. 

C'était, cependant, un Etat essentiellement barbare quo 

VI. 



celui qu'il venait de fonder, où les traditions germaniques 
favorisant 1 indépendance des tendes allaient, malgré l'in- 
fluence do l'Eglise et les efforts, notamment, do Chiipé- 
ric I", empocher l'établissement d'un pouvoir central orga- 
nisé à la manière romaine, et dont les coutumes barbares 
devaient, du premier coup, amener la désagrégation. Nous 
distinguerons dans l'histoire des Mérovingiens, après 
Clovis, deux grandes périodes. La première, qui s'étend 
depuis la mort do Clovis (511) à la mort de Dagohort (639!, 
nous fait assister aux rivalités meurtrières des rois de la 
famille mérovingienne qui s'affaiblissent mutuellement 
au profit de leur noblesse et de l'Eglise; la seconde, (jui 
s'étend do 639 à la mort de Thierry IV, on 741, est mar- 
quée par la décadence du pouvoir royal, aussi bien en 
Neustrie qu'en Austrasio, au profil des maires du palais, 
dont le plus puissant ceindra la couronne à son tour, rece- 
vant do l'Eglise, et pour des raisons analogues, lo mémo 
appui quo ccllo-ci avait donné jadis à Clovis. Nous ne pou- 
vons quo signaler les événements les plus caractéristi- 
ques de ces lieux périodes : 

1" Co sont d'abord les partages successifs dont est l'ob- 
jet la monarchie franquo : un premier partage a lieu, aus- 
sitôt après la mort do Clovis (51 1), entre ses quatre fils. 
Tliierry obtient le royaume de Metz, Clotaire lo royaume 
do Soissons, Clodomir celui d Orléans. Childebert celui de 
Paris. Un second suit la mort do Clotaire (501), qui. après 
l'extinction dos trois autres branches, avait reconstitué 
l'unité franquo; un troisième a lieu en 567. après la mort 
do Caribort, modifiant ([uelquo pou lo précéilent, ot don- 
nant à Gontran le royaume d'Orléans, tandis que le nord 
de la Gauio se partage en Aeustrie ou royaume lio Sois- 
sons, donné à Chiipéric, et Austrasie ou royaume de Metz, 
donné à Sigebert ; division géographique dangereuse, en 
ce sens qu'elle correspondait à des rivalités de race, la 
Neustrie rost^int gallo-romaine et l'Austrasie plutôt bar- 
bare, ot qu'elle préparait entre les deux Etats une lutte 
sans merci, dont le premier acte fut la rivalité entre Fré- 
dégondo, femme de Chiipéric, et Brunohaut, femme do 
Sigebert. Déjà se marque l'influonco de l'aristocratie et 
do l'Eglise des deux Etats : co sont les nobles d'Austra- 
sio qiii livrent Brunohaut, dont lo despotisme les irrite, 
aux Ncustrions (613); c'est l'Egalise alliée aux loudes qui, 
en 615, obtient de Clotaire IL seul roi après la mort do 
Brunehaut, la Constitution perpétuelle, qui reconnaît aux 
évoques, élus i)ar leurs fidèles, un droit de juridiction 
temporelle, et fortifie lo pouvoir des mairos du palais. 
Lo règne relativement brillant de Dagobert I" (620-638 1 
marque le dernier éclat do la maison de Clovis. 

2" Après la mort do Dagobort, un nouveau partage fait 
reparaître le dualisme entre la Neustrie, donnée à Clo- 
vis II, et l'Austrasie, donnée à Sigebert II; l'Aquitaine, 
déjà attribuée à Caribert, resta,nt en dehors du partage 
et s'isolant do plus en plus du royaume franc. Les rois 
mérovingiens, arrivant au pouvoir'dès l'enfance, s'amol 
lissent dans les plaisirs et deviennent les rois fainéants, 
relégués, inactifs dans leurs villas, tandis que se fortifie 
en face doux lo pouvoir réel des maires du palais. Mais, 
tandis qu'on Neustrie, sous les règnes de Clotaire III et do 
ses successeurs, les mairos du palais, de basse origine, 
luttent contre l'aristocratio (rivalité d'Ebroïn et de saint Lé- 
ger) et affaiblissent leur pays par leur victoire même, en 
Austrasie, ils se font, avec Pépin dlléristal, les chefs 
des leudes, et, quand un nouveau conflit é<'late entre les 
deux royaumes, on 680, c'est la Neustrie qui succombe 
finalement, avec Bcrtaire, à la bataille do Testry (687). 

Après cette date, la famille de Pépin, dont le maire 
Grimoald a fondé la puissance au-dessus des fantômes 
de rois qui subsistent on Neustrie, est véritablement maî- 
tresse do l'empire franc, que ses victoires étendent vers 
lo Nord. Seul, le roi Chiipéric II essayera, sans succès, 
d'échapper à la tyrannie de Charles-Martel, qui le rempla- 
cera par Thierry IV, ot. à la mort de celui-ci, gouvernera 
seul. Lo dernier des Mérovingiens, Chiipéric III, un in- 
stant rétabli sur le trône (741) par Pépin le Bref, rentrera 
au cloître dix ans plus tard, et y mourra en 755, tandis 
quo Pépin, accepte par les grands ot appelé par les vœux 
du clergé, recevra du pape Etienne II la couronne royale. 

TABLEAU DES PRINCES DE LA DYNASTIE MÉROVINGIENNE. 

Clodion (428448)— ML^rovée (448-458) — Childéric [*58-48i> 

Clovis (481-511) 



Paris 

ChildebtTt I*' 

(SI1-ÔS8) 



Orléans 
Clodomir 
(511-524) 



Soissons 

Clotaire 1" 

{511-561) 



Metz 

Thierry I" 

(all.B34) 

TUi^odebert I r 

(.^34-548) 

Tht^odebald 

(5*8-565) 



C.iribflrt 
t5Gi-567) 



Orléans et 

Bourgogne 

Gontran 

(561-593) 



Soissons 
(Neustrie} 
Chiipéric 1" 

(561-584) 



Mets 

f Austrasie} 
Sigebert 
(561-575) 

Childeberl II 
(375-596) 

L 



I " I 

A ustraxie Bourgogne 
Théodcbert II Thierry II 
(596-612) (596-613) 

Clotaire II 

(584-628) 

Dagobert 1er 

(628-638) 

I 



Ti eus trie 
Clovis II 

(638-658) 
I 



Austrasie 

Sigebert II 

(638 656) 



Neustrie Austrasie 

Clotaire III i658-6701 Childéric II 

Thierry III (G70-691) (660-673) 

Clovis III (691-695) Dasobert II 

Childebert III (693-711) (673-679) 

Dasobprt UI (71t-7i5) 
( ChilpL'pic II (715-720) 
( notaire IV (717-719) 
Thierry IV <723-74l) 
Childéric III (741-752) 

— BiBLioGR. : Grégoire de Tours, Histoire des Francs 
[t. Il, ch. IX); Junghans, Histoire critique des règnes de 
Childerich et Chlodovech (trad. par G. Monod, Paris, 1879) : 
" Bibliothèque de l'école des hautes études a (37* fascicule). 



MEROSCELISE ^ MERRILL 

— Mérovingiens d'Aquitaine- Préteo'ius descendants de 
Caribert, tils do Clotaire H, ils auraient, pendant plus 
d'un siècle, régné dans le sud-ouest de la Gaule. Caribert 
aurait eu trois enfants de sa femme Gisèle : Childéric, 
mort très jeune, Boggis et Bertrand, qui. soutenus par 
leur aïeul maternel, Amand, duc des Gascons, auraient 
obligé Dagobert, leur oncle, à les rcconnaitre comme 
ducs héréditaires d'Aquitaine. Eudes, fils do Boggis. ne- 
veu de lionrand, resta seul, ensuite, à la tète du duché 
ot eut pour successeurs lluuald et Waifre. Celte généa- 
logie fantaisiste est tirée de la charte dite d'Alaon, par 
laquelle Charles lo Chauve aurait consacré les libéralités 
d'un certain comte Wandrégisile à l'église d'AIaon (diocèse 
d'Urgol). Mais cette charte a été reconnue apocryphe ; 
elle a été fabriquée dans le but do représenter les pre- 
miers rois d'Aragon comme descendants directs de Clovis. 

— Diplom. Ecriture mérovingienne ou Cursive mérovin- 
gienne. Les caractères en sont très serrés et surchargés 
de ligatures et do traits inutiles. Elle dérive de l'ancicDDo 
écriture romaine do chancellerie. Elle fut remplacée, au 



temps do Charlemagne, par une écriture plus nette, la 
minuscule carotinaienne. (V. le tableau au commencement 
de chaque lettre.) 

Mérovingiens (Récits des tkmv^), par Augustin 
Thierry. Une partie de ces récils parut d'abord dans la 
n Roviio des Deux Mondes «, de 1833 à 1837, sous le titro 
do Nouvelles lettres sur l'histoire de France. — Augustin 
Thierry donna comme préface à cet ouvrage uno étude 
critique des théories d'anciens liistoricns : Adrien Valois, 
Bouïainvillicrs, l'abbé Dubos, Mably, etc., sur les origines 
de la France et do la monarchie française, et il place, en 
regard do ces théories, les principes et le développement 
de l'école historique moderne. Cette préface porte le titre 
de Considératio7is sur l'histoire de France. L'ouvrago 
proprement dit comprend six liécits, qui ont trait à l'his- 
toire des quatre liis de Clotaire 1" et particulièrement 
do Chiipéric. Lo caractère romantique, c'est-à-dire la re- 
cherche de la couleur et du pittoresque, y est très ac- 
centué; l'histoire est bien là, comme le veut Michclet, 
la résurrection d'une époque. On a pu reprocher à Augus- 
tin Thierry d'avoir, parfois, forcé le sens do certains textes 
et d'avoir accepté, sans critique suffisante, les aftirma- 
tions souvent passionnées de Grégoire do Tours. Cepen- 
dant, mémo après les travaux plus récents sur la période 
mérovingienne, les Uécits conservent uno haute valeur. 

Mérovingiennes (Histoire des institutionsi. par 
Le Huéron Paris. is41 ,. — Cet ouvrage, bien que dépassé 
aujourd'hui en plusieurs points par les travaux de \Vaitz, 
de Eustel de Coulanges, do Voss, Viollcl. etc.. est resté un 
exposé, remarquable do netteté et de précision, do l'éta- 
blissement des Francs en Gaule et de la lutte qui s'en- 
gagea entre les Francs, devenus grands propriétaires et 
hostiles à toute autorité fiscale, et les rois mérovingiens 
ou certains maires do Neustrie, tout portés ù conserver 
l'administration romaine ot surtout lo despotisme finan- 
cier des Césars. 

MÉROXÈNEn. m. Espèce minérale, appartenant à la fa- 
mille des micas et au genre biotite. (C est le mica vert 
du Vésuve. I 

MÉROZOXTC (du gr. méros, partie, et zôon, animal) n. m. 
Partie 'l'un animal, ou plus généralement d'un plastido sur 
lequel on a pratiqué la mérotomie. (Le mérozoïto est nuclcé 
ou anucléé, suivant qu'il contient ou non lo noyau.) 

MERRAIN {mé-rin — du lat. pop. materiameu ; do ma- 
teria, matière, bois) n. m. Techn. Nom donné aux plan- 
ches do chêne obtenues en débitant les troncs d'arbres 
dans lo sens dos rayons médullaires, et dont on fait des 
panneaux, des douves de tonneaux, etc. : Acheter du meh- 
BAIN. Il On écrit aussi mairain. 

— Vénor. Tige centrale émergeant du front et qui porte 
les andouillcrs des animaux dont la tête est ornée d'uu bois. 

— Enctcl. Techn. hemçrrain se débite encore vert, et 
il est immédiatement converti en douves, quand on le 
destine à la tonnellerie. Suivant quo ces douves doivent 
former lo corps du fût ou les fonds, elles sont dites: lon- 
gailles, longeailles, douelles ou merrains proprement dits, 
dans le premier cas; fonçailles, traversins, ou bois d'en- 
fonçures, dans le second. 

On fabrique des merrains de toutes dimensions (lon- 
gueur, 20 centimètres à 3 mètres ; largeur, 8 à S5 centiroè- 
ires; épaisseur, 2 à 11 centimètres); mais les dimensions 
les plus usitées sont: longueur, 92 centimètres; largeur. 
13 à 15 centimètres; épaisseur, 4 à 6 centimètres. Les 
merrains se vendent au millier, sans cependant quo lo 
nombre des planches assorties soit partout le mémo ; c'est 
ainsi que le millier du Bordelais est de 1.616 douves. 

Pour faire les merrains, on choisit des arbres droits et 
dépourvus lo plus possible de nœuds. Il importe, en ton- 
nellerie, do no choisir que des essences non susceptibles 
de communiquer do mauvais goûts aux vins. Les princi- 
paux bois employés sont lo chêne, le châtaignier, le saule, 
lo mûrier blanc ;'mais, de quelque essence qu'il provienne, 
il faut que lo merrain, au moment de son emploi, soit sec 
et sans aubier, qu'il ne soit ni vermoulu ni pourri. 

On divise les merrains en plusieurs sortes, suivant leur 
provenance; en France, on utilise des merrains provenant 
des forêts indigènes i^Vosges, Périgord, Gers, Rhône, Bonr- 

fogne, Charontes), connus sous le nom de flèche garnie, et 
es merrains de provenance étrangère qui sont dits : 
l" merrains du JVord, de Dantzig, de /tiga, de Memel, de 
Stettin, etc., des Etats-i'nis. du Canada; 2» merrains ou 
hois de Bosnie (partie sud-orientale de l'Europe). 

Merri (saintl. V. Merrt. 

MEREUEN n. m. Forme anc. de merbaïn. 

Merrill (Stuart>, poète, né à ï..ong-Tsland , près 
New-York, en 1863. Il fit ses études à Paris, retourna en 
1886 aux Etats-Unis, où il fit de la poésie et de la propagande 
socialiste, puis retourna en 1889 à Paris. Ce poète a le 
goût des expressions nobles et fastueuses. « Sa magnifi- 
cence, dit Anatole France, est toute pour loreille. et clio 
se déploie selon le procédé des poètes décadents: lallité- 
ration : à l'exemple de Verlaine, il tire ses effets de la ré- 
pétition des sons. Il obtient des eH'cts curieux qui ne sont 
point toujours barbares. » Outre des articles publiés dans 
de nombreuses revues, on lui doit : tes Gammes (1887); 
Pastels en prose, recueil de traductions (1890); les Fastes 
(1891); Petits poèmes d'automne {lS9b)\ Poésies, 1887-1897 
(1897) ; les Quatre saisons (1900). , ' 



ï> 




MERRIMAC — MERVEILLE 

Merrimac ou McrrimaCK, fiouve dos Etats-Unis 
Now-Hampsliire et Massachusetis). Il descend des Whito- 
Slounlains, tombe par de fréquentes cascades utilisées 
par de grandes villes iodustrielles : ConcorJ, Manchester, 
Nashua, Lowell, Lawrence. Ilavorhill. 11 gagne l'Atlan- 
tique à Ncwhuryport; 275 kil. 

Merrimac ou Mcrrimack, comté des Etats-Unis 

tiNe\v-Ilaini)shire ; 5;i.00(i hah. Cli.-l. Concord. 

Merrimac ou Merrimack, ville dos Etats-Unis 
(Massachusetts), sur lo Merrimac; 3.000 hab. Chantiers do 
constructions, carrosserie. 

MerRIS, comm. du dép. du Nord, arrond. et à U kil. 
dllazcbrouck,prèsdola Métérenbecquo : 1.2-10 hab. Eglise 
do 15J9 avec buisoriosduxvir siùclo olreliquairesancious. 

Merry, MeRRI ou MÉDÉRIC. on latin Medcricus 
(saint), solitaire du vu' siècle. On croit iiu'il naquit à Autun. 
Une ancienne tradition en fait nii^me un abbé d'un mo- 
nastère do cette ville. Son voyage ù Paris et son séjour 
dans une celbilo, située dans un bois au pied des murs do 
la ville, paraissent des faits certains. C'est sur lemplaco- 
raont do son ermitairo qu'a été élevée, au xv" siècle, 
l"égliso paroissiale qui lui est dédiée. — Féto lo 21* août. 

Merry (combat du cloîtri: Saint-). V. CloItre-Saint 
Merki {rue du). 

Mers, comm. do la Somme, arrond. et à 36 kilom. 
d'Abboville, sur la Brcsln, au pied des falaises duVimcu; 
1.110 hab. Ch. de f. Nord. .*<tation balnéaire. 

MeRSA-SOUSA on Marsa-SOUSA (anc. Apollonia\ 
ville maritime de la IViitapuU- cvri-néenno (Tripolitaino), 
à l'E. do Bonghazy. C'était U' port de l'ancienne capitale, 
C^rône, aujourd'hui bien motiiié par les phénomènes 
d oscillation littorale qui ont alfoctc la côte tnpolitaino. 

Mersch, bourg du grand-duché de Luxembourg, à 
15 kilom. de Luxembourg, sur l'Alzette; 3.150 hab. Cli.-l. 
de canton. Château curieux. Distilterics. 

MersebOURO (ail. Mcrsebiirg), ville do l'empiro d'Al- 
lemagne (Prusse [prov.de Saxe]"), chef-lieu do présidence 
et de cercle, sur la Suale , affluent 
do l'Elbe; 18.000 h. Ville fort ancienne, 
ot qui a gardé en partie sa physiono- 
mie du moyen âge, ses maisons à j-i- 
gnons, ses rues étroites et tortueuses. 
Château gothique (xiii" s.\, ancienne 
résidence des princes-évèques. Ca- 
thédrale en partie des xi* ot xvi* s., 
avec tableaux de Lucas-Cranach et 
tombeau de Rodolphe de Souabo. In- 
dustrie et commerce actifs : fabri- 
ques do machines ; papeteries, bras- , ^ «T u 
séries, mine do houflle. Merseboi.rg, A™e. de .Membourg. 
déjà X'illo au ix* siècle, fut. du x" au xvi«, gouvernée par 
ses évfqucs. vassaux immédiats do l'empire. Elle eut par- 
ticulièrement à soulTrir des désordres de la guerre do 
Trente ans. et l'ut, au xviir siôclo, la capitale du duché 
de Saxc-MersobourK. 

— La prtisittence de ^fprsebonrg, divisée en dix-sept cer- 
cles, comprend une suporflcie do 10.210 kilom. carr., peu- 
plée de 1.073.000 hab. ; le cercle dc.Mersehouyg a 77.000 nab. 

MebS-EL-KÉBIR, ville maritime d'Algérie, dép. ot à 
6 kilom. d'Oraii, sur lo littoral du golfe d'Oran ,• 3.393 hab. 
Kado profonde ot sure, abritée par un haut éperon ro- 
cheux, mais un pou désertée depuis l'établissement du 
port d'Oran. Mers-el-Kébir est, d'ailleurs, un dos établis- 
sements maritimes les plus anciens de la Méditerranée 
occidentale. Les Romains y curent un port et une cita- 
delle, sous le nom de Porliis ùiniinis. Agrandi par les 
Almohades, Mers-el-Kébir devint, au xv» siècle, un repaire 
de pirates (juo les Portugais, puis les Espagnols occupé- 
root à plusieurs rei)rises. Occupée par Jiménès en lôoit, 
la ville suivit ensuite la destiucc d'Oran, sa puissante 
voisine. 

MersennE (Marin), théologien, mathématicien et phi- 
losophe français, né à La Soultière, près d'Oizé (Maine), en 
1588, mort à Paris en 1C48. 11 fut, au collège do La Flèche, 

10 condisciple de Doscaries, et se lia avec lui d'une indis- 
soluble amitié. En ICIl. il prit l'habit des minimes; il en- 
seigna la philosophie àKcvcrs (lCU-1620), et s'établit en- 
suite  Paris, au couvent de r.Vnnonciadc. Il publia alors 
SOS premiers ouvrages: Qtiœstiones cehbeirinix m Gcnesim 
(1683); l'Jmpii'l,' i/cj déistes (1024); la Vérité des sciences. 

11 était on relations assidues avec Ilobbes, Gassendi, Gali- 
lée, Format. U a fait des expériences intéressantes sur la 
résislance des solides, l'écoulement des liquides, les vibra- 
lions des corps, l'influeucedes ajutages surla dépense, etc. 

On lui doit, outre les ouvrages cités : Questions tltéolo- 
giqiies, physit/ues, momies et malUémaliques (1C31); Har- 
monie uinverselte (1G30); J\oiaelles découvertes de Galilée 
(1639); Cor/ilata physico-nmtlicmatica (1614); Nous obser- 
vationes phi/sicomal/iemalicr (lonj; etc. 

Merset (le ou la), fleuve d'Anglelerro, qui serait insi- 
gniliaiit par son cours de 130 kilom., son bassin restreint et 
son fa:blc débit, s'il n'arrosnit le Lancashire, no passait 
près de .Manchester et no formait l'estuaire sablonneux 
do 30 kilom. do long sur 5 rie largeur maximum que borde 
lo grand port de Liverpool. Il reçoit, en son estuaire, à 
Easlhani, lo canal do Manchcslor, long do 57 kilom. 

Mersina, ville de la Turquie d'Asie (Anatolio fprov. 
d'AdanaJ). sur la Méditerranée, au fond d'une baie très 
ouverte qui avoisine lo golfe d'Ale.vandrctto ; 9. 000 hab. 
Ville nouvelle. <lopuis peu l'un des débouchés de l'Anatolio 
contralo ; munie d'un chemin de for (sur Adiina, 58 kilom.) 
ot d'un bon port, elle fait un commerce actif : exportation 
do coton, blé, orgo, avoine, sésame, laine ; importation 
d'étoffes, sucro. C'est l'ancien Zrnhirittm; aux environs, 
le Verikli-Tach ou la « Pierre Lovée «, énorme mégalithe. 

MERSION {iiiir' — du lat. mcrsio, mémo sons) n. f. S'est 
dit autrcf. pour immersion. 

Mersivan, Marsivan on Mersifoun, ville de la 
Turquie d'Asiti i Atiatoho fprov. de Sivas/, entre les cours 
inférieurs du KiziMrmak et de l'Iécliil-Jrmak (bassin do 
la mer Noiroj ; 20.000 hab. Cotonnades. Vergers. 

MersoN (Charlos-Victor-Erncsi), journaliste ot écri- 
vain français, né à Fontenay-lo-Comto (Vendée) on 1819. 
Outre do nombreuses brochures, on lui doit : ta France 




i 



L.-O. Mcrson. 



SOUS la Terreur (1868) ; la Liberté de la presse sous les di- 
vers réjiimes {\ili)] Confessions et confidences d'un jour- 
naliste (1890-1891). — Son frèro, Olivier Merson, né à 
Nantes en 1822, mort en 1902, s'est fait connaître comme 
critique d'art. Ses principaux écrits sont : Ingres (1867j; 
Histoire et description du. mu- 
sée de Nantes (1884); la Vie 
et les Œuvres du peintre Le 
Brun ( 1886 ) ; la Peinture au 
XVII' et au xviii* siècle (1891). 

— Luc - Olivier , fils d'Olivier 
vier Morson, né à Paris en 1840, 
remporta lo prix de Rome en 
1809. Au Salon de 1873, Vision, 
sujet religieux traité avec 
une grande recherche d'ar- 
chaYsme , lui valut uiio pre- 
mière médaille. Cette toilo fut 
suivie do Saint Michel, modèle 
d'une tapisserie exécutée aux 
Gobelins, pour la salle dite « des 
Evéquos », au Panthéon, et du 
Sacrifice à la Patrie; de Saint 
Louis à son avènement fait ou- 
vrir les geôles du royaume ot do 
Saint Louis, malgré les suppli- 
cations des nobles et des barotis, 
condamne le sire Engucrrand 
de Coucy , pour la galerie de Saint-Louis au Palais do 
Justice, Cour de cassation. Ajoutons : le Loup d'Agubbio, 
sujet emprunté aux Fiuretti de saint François. Son Jtepos 
en ICgypte fit sensation et fut reproduit par la gravure. 
Saint Isidore laboureur; Saint I-rançois d'Assise prêche 
aux poissons; Angelo Pittore; VÂrrivée à Bethléem; les 
Pèlerins d'Emmaûs ont achevé do fonder lu réputation 
du peintre. Membre do l'Académie dos beaux-arts en 
1892, il devint professeur à l'Ecole des beaux- arts en 1894. 

MerS-SUR-INDRE, comm. do l'Indre, arr.età II kilom. 
de La Châtre, sur l'Indre, à l'entrée de la pittoresque 
Vallée noire décrite par George Sand ; 970 hab. A peu 
do distance, château du Magnet (xV et xvi» s.). 

Merta, ville de l'empire anglais de l'Iudo (Radjpou- 
taiia Iprincip. de Marvar)) ; pop. estimée à 20.000 hab. 
En 1754, bataille qui livra aux Mahrates Adjmir et la do- 
mination du territoire radjpout. 

MertenS (Joseph), compositeur ot violoniste belge, 
né à Anvers en l8.'ï4,mort en 1901. Professeur au Conser- 
vatoire d'Anvers, il a fait représenter dans cette ville les 
opéras-comiques suivants, tous écrits sur paroles flaman- 
des : De Vrijer in de strop (1806); De Vergissmij (1809); 
/'£'i/ois/e(1873); Theila (1874;; Liederik l'inlcndant (187.î;; 
De Zwarte Kapitein (1877); les Trois étudiants; le Vin, le 
Jeu et le 'Tabac; le Capitaine Robert; les Evincées. On con- 
naît aussi do lui un oratorio, l'Angélus, etc. Il fut pendaut 
(luolques années chef d'orchestre, puis directeur du théâtre 
royal do La Haye. 

MERTENSIE (7ni!)' '-(in-sî) n. f. Bot. Genre de borraginéos, 
comprenant des herbes vivaces à corolle tubuleuse et 
dont on connaît quinze espèces des pays tempérés. 

— Zool. Genre de cténophores, famille des mertensiidés, 
comprenant quelques espèces répandues dans presque 
toutes les mors du globe. 

MERTENSIIDÉS (w!é)-'-(i'ii) n. m. pi. Famille de cténo- 
phores à sac, comprenant les mertensies et genres voisins. 

— Un MEKTKNSIIDÉ. 

MerthYR-TYDFIL, ville do la Grande-Bretagne (pays 
de Galles [comté de Glamorgan]), sur le Tatf ; 60.000 hab. 
Mines do nouille et de fer; forges et usines. C'est un des 
points les plus importants de la Grande-Bretagne pour 
la production ot l'affinage du fer. 

Mebtola, ville du Portugal méridional (Alemtejo), 
sur lo Guadiana, qui y devient navigable pour les ba- 
teaux ; 3.700 hab. Aux environs, mine de cuivre do Sào Do- 
iningos. 

Merton, bourg d'Angleterre (comté de Surrey), sur la 
\Vandlo; 2.000 hau. Manufacture de tabacs. Restes d'un 
pijcuré normand, lleuri III y tint un parlement. 

MÉRU, ch.-l. de cant. de l'Oise, arrond. et â 82 kilom. 
do Ueauvais, sur un ru qui est le cours supérieur de 
l'Esches ; 4.558 hab. Ch. de f. Nord. Fabrique do tablette- 
rie, boutons do nacre. Fabrique de blanc d'Espagne, dit 
« de Méru ••. Distilleries et sucrerie. Eglise dos xii°, xiu" 
et xvi' siècles. — Lo canton a 20 comm. et 13.379 hab. 

MeruLA, surnom d'une branche do la famille Cobne- 
I.I.V, dont les membres les plus connus sont : L. Corn. 
Mi'.RULA, consul (193 av. J.-C). [11 écrasa les Bo'icns près 
de Modène] ; — L. Corn. Mebula, consul (87 av. J.-C), en 
opposition à Cinna, ami do Marins. [X la rentrée de ce der- 
nier dans Rome, il prévint la vengeance du vainqueur on 
se donnant la inort.J 

Merula (G iorgio Merlani, dit), philologue et historien 
italien, né â Alexandrie â la fin de 1430 ou au conimencc- 
mcnt de 1431, mort à Milan en 1494. U séjourna surtout à 
Milan, où il jouit de la faveur de Ludovic le More; il y 
passa les douze dernières années de sa vie. Outre des com- 
mentaires sur dilférents ouvrages de Cicéron, d'Ovide, il a 
donné les éditions princeps des « Scriptores roi rusticre . 
do Plante (1472). De ses deux ouvrages historiques. Bel- 
lum Scodrènse (1474) et Antiquitatum Vicecomitum tibri 
decem (1500), lo second, terminé par Tristano Calco, est 
lo plus important. Mcrula, pour complaire à Ludovic lo 
More et élever un mo- 
nument à la gloire des 
Visconti, a eu le grand 
tortdegrouperarbitrai- 
remenl les principaux 
événements de l'his- 
toire do la Lombardie 
autour d'une famille 
sortie assez tard d'une 
longue obscurité. 

MERULAXIS {mé, 
ksiss) n. m. Sous- 
gonrode ptéroptochos, 
comprenant deux ou trois espèces propres à l'Améri- 
que du Sud. (Les morulaxis, qui sont ou partie les four- 




Merulaxis. 



42 

miliers des anciens auteurs, vivent au Brésil [merulaxh 
rhirwlophu$] au Paraguay ot au Chili {ma-ulaxis analis],} 

MÉRULE n. m. Champignon do la famille dos polvpo- 
rées, do consistance molle, poussant sur le bois et en pro- 
voquant la pourriture. (Une espèce, le tmrule pleureur, 
dont la surface est couverte fréquemment de gouttelettes 
d!eau, se rencontre souvent dans les maisons, sur des 
poutres de cave, darjs des parquets que son dovcloppo- 
ment détruit peu à peu.) 

MÉRULINE n. f. Genre de madrépores, comprenant 
(jaol(|uos espèces propres aux mers chaudes ou fossilea 
dans les terrains quaternaires. 

MÉRULINÉ, ÉE adj. Qui ressemble à un mérulo ou pré- 
sente certains caractères du genre mt'rulc. 

MÉRULINÉES n. f. pi. Tribu do cliampiçnons, admise 
parfuis <ians la famille des polyporécs ot ayant pour typo 
le genre mérule. — Une MiiKULlNiÎK. 

MCRULO (Claudio Mkrlotti, diti, organiste italien, 
né ù Corretrgio en 1533, mort à Parmo on 1604. U fut 
organiste à la cour du duc de Parmo, Hanuccio Farnèse. 
8a musique d'orgue so fait remarquer non seulement par 
un graua style, mais par la nouveauté do la pensée et 
do la forme. Il faut citer do Morulo ; Toccate d'intavola- 
tura d'organo; liiccrcari d'intavolatura d'organo^tlas ma- 
drigaux, motets, messes. 

Merv. Maour ou Mérou, ville de l'Asie russ& 
(Turkestan), dans une vaste oasis, sur un torrent quo les 
irrigations épuisent. Voasis 'de Merv, fertilisée par les 
eaux du Mourghab, a 6.G79 kilom. carr. do superbes 
cultures ; lo reste (sables et marécages) est inculte. Situéo 
on plein désert, sous un climat détestable, avec neiges do 
courte durée et pluies en hiver, chaleurs intolérables do 
février à septembre, redoutables tempêtes do .«able, fièvres 
paludéennes, cette oasis récolle cependant : blé, sorgho, 
orge, riz, coton, sésanio, melons et pastèques. Sa popu- 
lation est d'environ 200.û(nt hab., de race turque ou turco- 
manu. La ville do Merv existait déjà au xiii" siècle av. 
J.-C; ce fut une grande et glorieuse cité au temps des 
Sassanidcs, puis des Arabes ; elle avait près d'un million 
d'habitants au xiii* siècle. Klle est devenue russe en 188-i. 
EUo a uiio grande importance par sa situation au lieu 
d'embranchement d'une ligne qui so détache du chemin 
de fer trauscaspicn dans la direction de Hérat. 

MeRVANS, comm. de Saûiie-et-Loire. arrond. et à 
20 kilom. de Louhans, an conlluont du Brian et do la 
(iuyotte, sous-aflluents <ie la Saône par le iJoubs; 1.925 h. 
Ch.de f. p. -L. -M. Tuileries. Eglise du XV* siècle. 

MERVEILLE (mèr'-i-è-ill [U mil.] — du lat. mirabitia, cho- 
ses merveilleuses) n. f. Chose propre à causer une grande^ 
admiration ; Les mfbvkillks de la nature, il Ouvrage, tra- 
vail d'une rare perfection : Les merveilles de lindiistrie. 
Il Mirage, prodige : La science nous fait assister à rfe* 
MiiRVEiLLES. Il Récït de clioscs étounantcs ou impossibles : 
Les merveilles des contes orientaux. 

— Par ext. Personne étonnante sous quelque rapport : 
Aux yeux des parents, tous les enfants sont dts merveil- 
les. Il Femme d'une très grande beauté : Une jeune mer- 
veille. (N'est plus usité dans le style sérieux.) 

— Par anal. Chose surprenante : Ce n'cstpas merveille, 
de faire fortune avec des héritages. |i Chose admirable : 

C'était merveilk de le voir, 
iîerveilte de Toutr. . . 

La Fontaine. 

— Loc. div. Faire des merveilles. Faire merveille ou mer- 
veilleux, Faire quoique chose d'étonnant, do difficile r 
Faire des merveilles de valeur, n Fuii'e jnerveille, Pro- 
duire très bon etfet : Fleu7's qui font merveille dans les 
cheveux, il Dire merveille de quelqu'un, de quelque chose. En 
faire le plus grand éloge, n C'est une des sept merveilles 
du monde ou C^est la huiticme merveille du monde. So disent 
do quoiqu'un, de quelque chose que l'on peut comparer 
aux sept merveilles de l'antiquité, n Promettre monts et 
merveilles. Faire de très belles promesses. 

— Loc. adv. A merveille, Admirablement bien : Chanter^ 
/)rt;i5erÀ merveille. 11 Sorte d'approbation souvent ironique : 
A merveille ; vous prenez la chose comme il faut la prendre. 

Il Pas tant que de merveille, Pas extrêmement ; Vous devez 
être content? — Pas tant que de merveille. (Vieux.) 

— SvN. Merveille, miracle, prodige. La merveille, lo 
miracle elle prodige ont ceci de commun qu'ils nous frap- 
pent détonnement ; ils ont de i>articulior que la merveille 
i)ent être conforme aux lois de la nature, que lo miracle 
manifeste une intervention divine, quo le prodiges quelque 
chose do grandiose qui 
frappe l'attention gé- 
nérale. 

— Artculin. Sorte de 
pàto frite détaillée en 
décors, que l'on sau- 
poudre do sucro va- 
nillé et que l'on drosso 
sur une serviette. 

— Bot. et arboric. 
Nom donné par les fleuristes dos xvii» et xviii* siècles 
à diverses variétés de tulipes : inerveitle d'Amsterdam : gris 
de lin ot blanc ; merveille de Camp (variété printanière) : 
rose tendre, grise et blancho ; merveille de Ilaarlem : gris 
rose, gorge do pigeon, etc. So disait aussi do certaines 
anémones ; merveille de Bretagne : variété moitié blancho 
et moitié cramoisie, etc. Il Merveille du Pérou, Nom an- 
cien de la belle-de-nuit. Il il/en-ci//*' à /leurs jaunes, Nom 
vulgaire de la balsamine impatiente. Il Merveille d'hi- 
ver, Variété do poire, de forme ovoido ot de couleur vrTT- 
dàtre. 

— Encycl. Les Sept merveilles du monde. Sous ce nom,. 
les anciens désignaient sept monuments qui excitaient 
l'admiration universelle. Ils sont décrits dans l'opusculo 
Oe septem orbis mirnculis, attribué à Philon de Byzanco- 
D'après la tradition la plus répandue, ces Sept merveilles 
étaient : los pyramides d'Egypte, les jardins suspendus 
de Sémiramis et les murs de Babylone, la statue do Zcus 
Ohmpien par Phidias, lo colosse do Hhodes, lo tctnpio 
d'Àrtoniis à Enhèso, le mausolée dHalirarnasse. le phare 
d'Alexandrie. D'autres écrivains font figurer dans la liste, 
soit l'Asklepios d'Epidaure, soit l'Athéna do Phidias, soit 
l'Apollon de Délos, soitle Capitolo do Home, ou le templo 
d'Adrien àCyziquo ou lo phare d'Alexaudrio, ou lo icmplo 
do Jérusalem, etc. 




43 




Les Sept merveilles du monde, d'après les dest^riptioiis tip^ nni uns écrivains : I, Tuiiiri'>:iu di' Mausole. à Halicarnasse; 2. Pyramide 
de Chéups; 3. Phare U'Alcxaudrie ; 4. CoIobsi- di- Rhodes ; S Jardina suspendus de Sémiramis, h Babylone; 6- Statue de Zeus (Ju- 
piter) Olympien, ft Olympîe ; 7. Temple d'ArtémU (Diane), à Ephùse. 



MERVEILLEUSEMENT (mèr'-itd-i/^ [Il mil.]) adv. D'uno 
faron mcrvoillfQso. ii Par exagér. Excellemment, extrô- 
incmoiit : l/nc fi'inme MBBVEiLLiiUSEMKNT bonne. 

MERVEILLEUX {mf}i-'-vè-ill-cû [U mil.)), EUSE [rad. mrr- 
veillt] adj. Capable do causer tmo grande admiration : Cn 
palais MKitvEiLLEux. Une musique merveilli-:usi:. il Très 
étonnant : Apprendre avec une MiiKVEiLi.EDSE facilité. 

— Miraculoiix, surnaturel : Apparition merveilleuse. 

— Excellent : 6'a? srtJi/t' merveilleuse. 

— Ironiq. Etrange, original, en parlant d'une personne : 
Vous êtes MERViîiLLEtix, cn véritél il Bizarre, en parlant des 
choses: Un rtccou^"t'"fe;iï merveilleux. 

— n. m. Ce qui excite l'admiration ou la surprise : Le 
MERVEILLEUX du talent impose aux (jens d'esprit. (Laharpo.) 

Il Ce qui est miraculeux, surnaiurei.(Spëcialem., en littér.. 
Intervention des ôtres et des moyens surnaturels) : Le 
poème épique ne peut tjuère se passer du merveilleux. 

— Hist. V. la partie oncycl. 

— Encycl. Hist. Los merveilleux ot les merveilleuses 
étaient dos ôlé- 

fants ot des 
légantes qui 
adoptôrentdes 
modes excen- 
triques vers 
1795, alors que 
le luxe des na- 
bits était do 
nouveau to- 
léré ot que la 
réaction ther- 
midorienne 
s'accentuait. 
Le rnerveilleux 
portait un cos- 
tume qui rap- 
pelait, en les 
exagérant 
d'une façon 
grotesque, les 
modes do l'an 
cien régime. 
La merveil- 
leuse airectait 

d'imiter les modes grecques. Les merveilleux ont eu leur 
caricaturiste, Carlo Vernct. Le peuple les appelait aussi 
incroyables et muscadins. V. incroyable. 

— Littér. Le ?*je?'yt'i7/eux (c'est-à-dire l'expression du sur- 
naturel) tient une grande place dans la littérature. La re- 
ligion, surtout au début, on est la source féconde ; maïs 
il s'y mêle vite d'autres éléments empruntés soit aux 
sciences occultes, soit à la fantaisie des poètes. C'est au 
début dos civilisations que le merveilleux trouve sa plus 
parfaite expression, soit dans les livres saints, comme la 
Bible, soit dans les épopées primitives comme le Maha- 
baràta, le liamaijàna, Vîiiaae, les vieilles chansons de 
geste françaises, les Eddas Scandinaves, les NiOelungen 
germaniques, le Romancero espagnol, etc., soit aussi dans 
les drames religieux d'Eschyle et les Mystères du moyen 
âge ; le merveilleux, naturel et sincère, forme le support 
raéme do l'œuvre. Il fournit encore do grandes beautés 
aux productions moins naïves des époques plus avancées, 
où il se mêle à des éléments moins purs (Virgile, Dante, 
le Tasse, Milton). La Renaissance, eu ramenant les esprits 
aux formes de la beauté antique, suscita la grande que- 
relle du merveilleux païen et du merveilleux chrétien; 
celui-ci, considéré comme moins riche en fictions poéti- 
ques, fut banni de la littérature par Boileau et son école, 
au grand dommage de l'épopée, qui ne purent restaurer 
les froides allégories de la Henriade. C'est Chateaubriand 
qui rouvrit en France, un peu tard, avec les Martyrs, les 
sources du merveilleux chrétien. Au xix" siècle, l'usage 
du merveilleux a été atTranolii de toute règle, et le génie 
des écrivains français l'a exploité sous des formes diverses 
et en l'entendant dans un sens très large, qu'il s'agisse 
soit dévoLiuor avec V. Hugo les civilisations primitives 
{la Légende des siècles), soit de créer des mythes et des 
symboles philosophiques {Dieu, la 'Fin de Satan, etc., et 
ausai VAhasvérits, de Quinet, la Divine Epopée, do Sou- 
met, etc.), soit de représenter le miracle intérieur d'une 
âme chrétienne (/oce/)/»i, de Lamartine), soit de coopérera 
la formation demi-spontanée de la légende napoléonienne 
(V. Hugo, Béranger), soit d'imaginer de spirituels récits 
où la fantaisie se donne pleine carrière (Nodier, Dau- 
det, etc.), soit enfin d'amplifier et de poétiser les décou- 
vertes de la science (Jules Verne, etc.). 




MERVEILLOSITÉ (mêr'-vè-i/l [// mil.]) n. f. Faculté de 
concevoir le merveilleux : L'invention romanesque, l'imayi- 
}ndion pure, la MEiivEiLLOSiTii sont des facultés dont on ne 
fait plan assez de cas. (Th. Gaut.) 

Mervent, comm. de la Vendée, arrond. et à 13 kilom. 
de Fontenay-le-Comte, dans la forôt de Vouvant, près du 
confluent de la Mère et de la Vendée ; 1 .37ii bab. Carrières. 
Pont sur la Mère et château de la Citardière (xin« s.). 

Merville, <h.-l. de cant. du dép. du Nord, arrond. ot 
à 12 kilom. d'IIazebrouck, au confluent <io la Lys et do la 
Clarence et sur le canal do la Bourre ; 7.720 ha6. Ch. de f. 
Nord. Fabrique de chaux. Fabrique de toiles et linge de 
table. Construction do bateaux et machines agricoles. 
Haute tour des xv* et xvm" siècles. Hôtel de ville de 
1660- Ancien couvent des capucinS' 1617s devenu magasin 
des tabacs. — Le canton a 5 comm. et 21.100 hab. 

Merville, comm. de la Haute-Garonne, arrond. et à 
17 kilom. do Toulouse, non loin de la Garonne; 1.080 hab. 

Merville (Michel Guyot de), auteur dramatique 
français, né à Versailles en 1696, mort près de Genève 
en 1755. II présenta inutilement au Théâtre-Français plu- 
sieurs tragédies, puis parcourut l'Italie, l'Allemaij'ue, 
l'Angleterre, la Hollande, s'établit à La Haye, où il fit 

Saraitre (1726) un journal, l'Histoire littéraire Ue l'Europe. 
e retour à Paris, il devint le collaborateur de l'abbé Des- 
fontaines et s'attira l'inimitié de Voltaire. Il fit repré- 
senter à la Comédie-Italienne : les Mascarades amoureuses 
(1736); les Impromptus de l'amour (1737); au Théâtro- 
Français : Achille à Scyros (1737); le Consentement forcé 
(1738), sa meillcuro œuvre; les Époux réunis (1738); etc. 
bans cesse en proie à des embarras d'argent, il se rendit 
à Genève en 1750, no put obtenir le pardon de Voltaire, 
et, désespéré, se noya dans le lac. 

Merville (Pierre-François Camus, dit), acteur et au- 
teur dramatique français, né à Pontoise en 1785, mort à 
Paris en 1853. Etudiant en médecine, il se fit acteur, joua 
à Paris, en province et à Cassel, et quitta le théâtre en 
1814. Il écrivit alors des comédies en vers et en prose, no- 
tamment : les Deux Anglais {ISil) ; la Famille Glinet (1818) ; 
l'Homme /)o/i(1820): les Quatre âges (1822); les Comptes de 
tutelle {IS26): la Première A/faire (1827); etc. Un de ses 
romans, ^f s />e«j: oppre/ifts (1826), lui valut un prix Mon tyon. 

MER-WING n. m. Hist. Mot adopté par quelques histo- 
riens modernes, au lieu de mérovingien. 

Merxem, comm. de Belgique (prov. et arrond. d'An- 
vers), sur un petit affluent de 1 Escaut; 12.091 hab. Fila- 
tures, fabrique de chicorée, d'huile, de bougies ; raffine- 
ries de soufre et de sucre, tanneries. 

MerxplaS, comm. de Belgique (prov. d'Anvers [arrond. 
de Turnliout]), près des sources de la Marck; 2.626 hab. 
Briqueteries, tisscranderies. 

MÉRY (.Jean), chirurgien français, né à Vatan (Indre) 
en 1645, mort à Paris en 1722. Membre de l'Académie des 
sciences en 1687, premier chirurgien de l'Hôtel-Dieu en I7u •. 
il a laissé un grand nombre de mémoires. 

MéRY (.Joseph), littérateur français, né aux Aygalaies, 
près Marseille, en 1798, mort à Paris en 1865. Elève du 
séminaire, puis du lycée de 
Marseille, il 'fit son droit à 
Aix, eut une jeunesse aventu- 
reuse, visita l'Italie, Constan- 
tinople, fonda dans sa villo 
natale divers journaux libé- 
raux, et encourut plusieurs 
condamnations. En 1824, il se 
rendit à Paris, où il lit paraî- 
tre, au « Nain jaune », d'étin- 
celantes chroniques, et se lia 
avec son compatriote Barthé- 
lémy, dont il devint pendant 
dix ans le fidèle collaborateur. 
Il fit paraître avec lui plu- 
sieurs poèmes satiriques» 
comme les Sidien7ies (1825), 
la Villéliade{n26)y la Pe>/ron- 
néide (1826) , la Corbiéréidc 
(1827), la Bacriade{lS21), etc., 
qui firent de si cruelles bles- 
sures au gouvernement de la 
Restauration, et un poème en huit chants, qui n'est pas 
sans mérite : Napoléon en i'^ypïe (1828). Dans ce même 
genre de la littérature bonapartiste, les deux amis pu- 




MERVEILLEUSEMENT — MÉSA 

blièrenl encore : le Fils de l'homme (I829^ et Waterloo 
(18S9). Sous la monarchie de Juillet, ils continuèrent d'a- 
bord leur opposition au pouvoir et publièrent Ja véhé- 
mente Némésis (1831). Mais, bientôt, ils se séparèrent : 
Barthélémy fit sa pai.K, et Méry, après un séjour en Italie 
près do la reine Hortense, se consacra exclusivement 
â la littérature d'imagination. Nous citerons deux recueils 
do causeries, intitulés: les Matinées du Louvre (1855), et 
les Uns et les Autres (I8G4); parmi ses nombreux drames : 
le Chariot d'enfant (1850), et l'Imagier de liaarlem (1852), 
cn collaboration avec Gérard de .Nerval; parmi ses comé- 
dies: le Fouet le Sage \\i^Z\, Cl l'Essai du mariage (X^yS)^ 
sans compter un Théâtre de salon et de nombreux livrets 
d'opéra ; parmi ses romans : f/éva, la Floride, la Guerre 
du Aizam (1843-1847); les Nuits de Londres (1840); les 
Nuits italiennes (!853);/c« Nuits d'Orient [IS54); les Nuits 
espagnoles (1854) ; tes Nuits parisiennes < 1855) ; des Mélodies 
poétiques (1853), etc. Méry fut un écrivain d'une rare fé- 
condité, d'un esprit et d'un style alertes. — Son frère, 
Louis Méry, né et mort à Marseille (1800-1882), fut pro- 
fesseur de littérature à Aix et inspecteur des monuments 
historiques des Bouchos-du-Khône. On a de lui : Histoire 
'le Provence (1830); Chronique de Provence (1838-1840); 
flistoirc analytique et chronologique des actes et délibéra- 
fions du corps et du conseil de ta municipalité de Marseille 
1842-1873 1, avec F. Guindon ; etc. 

MÉRYCIQUE (.»ï/f")adj. Physiol. So dit do la seconde mas- 
tication des aliments qu'opèrent les animaux ruminants. 

MÉRYCISME {aissm' — du gr. mêrukômaip je rumine) 
n. m. Kumiuatiou. 

— Encycl. La rumination, chez rhommo, est tout à fait 
anormale ; cependant, on cite quel<iues cas où les aliments 
une fois ingérés remontaient dans la bouche pour y être 
de nouveau mastiqués. On doit considérer ce phénomène 
comme un symptôme do maladie stomacale. 

MÉRYCOLE adj. PathoL Atteint de mérycisme. 

— Substantiv. Personne atlcinto de mérycisme : Une 

MÉRYCûLi:. 

MÉRYCOLOGIE iji — de mMcole. Ot du gr. logos, dis- 
cours) n. f. Physiol. Traité sur la rumioaiioo. ii Traité sur 
les animaux ruminants. 

— Méd. Description du mérycisme paihologiquo. 
MÉRYCOLOGIQUE [jik') adj. Qui a rapport à la méry- 

Cûlo;_'io : Esi^nis MÉRYCOLOGIQUE.**. 

MÉRYCOLOGISTE ijisst') n. ni. Celui qui s'occupe spé- 
cialement de mérycologio ; celui qui a écrit sur la méry- 
cologie. Il On dit aussi .mértcoloode. 

MéRY-ÈS-BOIS, comm. du Cher, arrond. et à 44 kilom. 
de Sanccrre ; 1.363 bab. Restes d'une abbaye cistercienne. 

MÉRYON (Charles), graveur français, né à Paris en 
1821, mort â Charenton en 1868. II entra d'abord dans la 
marine, fit, en 1845, un voyage 
dans la Nouvelle-Calédonie, et 
rapporta de cette terre de pitto- 
resques croquis. De retour en 
France, il devint le premier des 
aquafortistes do son temps. Mal- 
gré tout son talent, il ne se vit 
jamais apprécié â sa juste valeur, 
et lutta constamment contre la mi- 
sère qui finit par altérer sa rai- 
son. Les œuvres de Méryon sont 
pleines do délicatesse et de fi- 
nesse, do relief et de puissance. 
Parmi ses pièces les plus remar- 
quables, nous citerons : le Pont 
au Change; la Vieille Morgue; le 
Chevet de Notre-Dame de Paris; le 
Petit-Pont, un vrai chef-d'œuvre; 
la Tourelle de la rue Tixeranderie ; 
la Tourelle de la rue de l'Ecole-de- 

Médecine ; le Pont-Neuf; la Rue de la Pirouette aux Halles, 
un chef-d'œuvre de finesse; etc. Dans un accès de folie, 
Méryon détruisit les plus belles de ses compositions. 

MÉRY-SUR-OISE, comm. de Soine-ot-Oise, arrond. et 
à 8 kilom. de Ponioi.se, sur un petit affluent et à quelque 
distance deVOise; 1.839 hab. Carrières; champignonnières. 

MÉRY-SUR-SEINE, ch.-l. do cant. de l'Aube, arrond. 
et â 19 kilum. d'Arcis-sur-.\ube, sur la Seine; 1.342 hab. 
<'h. de f. Est. Fabrique de bonneterie de coton ; fabriiiue 
de plâtre. Eglise des xii* et xv" siècles. Chapelle de 1537, 
remaniée en 1620 et 1825. Hôtel de ville. ^ estiges d'une 
enceinte du moyen âge. Patrie du trouvère Huon de Ville- 
neuve (xiir s.). — Le canton a 26 comm. et 9.9:>G hab. 

MÊRYTE n. f. Genre d'ombellifères, comprenant des 
arbres ou des arbustes glabres, à feuilles alternes, qui 
atteignent souvent d'énormes dimensions, à fleurs en 
grappes. (On cn connaît une dizaine d'espèces de l'Océanie.) 

MerzeR (Le), comm. des Côtcs-du-Nord, arrond. cl ù 

24 kilom. de Saint-Brieuc ; 



r 




Jos. Méry. 



1.031 bab. Eglise du xvi« s. 

Merzig, ville d'Allema- 
gne (^Prussf rprésid. de Trê- 
ves]!, sur la Sarre, affluent 
de la Moselle; 5.800 hab. 
Ch.-l. de cercle. Ruines du 
château de Montclair et do 
l'abbaye de Mettlach. Belle 
église romane. 

MES {mé\ adj. poss. Plur. 
de MON. 

MES, particule qui marque 
la négation ou donnef au mot 
un sens péjoratif: TsitsaiUer, 
Il Elle devient mé devant une 
consonne: yiÉconnaître ; mes 
devant un mot commençant 
par un s : yiK^ervir. 

MÉSA fJulia). V. JuLL\. 

MjES.\. 

MésA ou MÉSHA, fils de 




Stèle de Mésx 



Kamoshgad. rot de Moab. Il 
se révolta contre son suzerain Akhaziah, dlsraël, à 1 avè- 
nement de ce dernier, en 853 av. J.-C. Il s'empara de toute 
la portion du territoire de la tribu de Gad qui est au N. do 



MESA — MÉSENTÈRE 

l'Arnon, remplaça la population hébraïque par dos colons 
moabitos, et bâtit une ligne do forteresses sur la froiitiùre 
do son lorritoiro nouveau. Trois ans i>lus tard, on 850. 
Jorani d'Israijl ot Jusaphat do Juda l'assiè^-èront, dans sa 
cité rovalo do Kir-llaioseth. Il allait être pris, lorsnu'il 
sacrilia son lils aîné a son dieu Kamosh ; les Hébreux, 
saisis do panique en voyant la fumée de l'holocauste, se 
débanderont. Siésa, <161ivré, éleva à Dib6n une stèle qui 
8 été découverte on 18G9 par Clormonl-Ganneau et conser- 
vée au musée du Louvre. C'est un dos monuments les plus 
anciens do l'écriture alphabétique des i^émites. 

Mesa (Cristobal dk). poète espagnol, né ù Zafra(An- 
daluiiMP) dans la socondu moitié du xvi" siècle, mort vers 
liiîo. Il étudia la poésie «hcz Horrora et Harabona, les 
humanités avec .Sancbez <•/ Urocense, A. Salanianque, passa 
cinq ans en Italie, oii il se lia avec le Tasse, et retourna 
en Espagno. Il a composé trois poèmes épiques, qui chan- 
tent les gloires nationales : la Heslauracion de Kt/mna 
[par Polagol (11307); las .\ai'a.i de Tolosa [victoire do 1212 
sur los Arabes] (1611); el PaUron de ICspa'ia [Histoire 
miraculeuse do saint Jacques], six chants (1011). En cette 
mémo année, il publiait aussi des poésies lyriques : Rimas. 
Il écrivit également des traductions do l'Ani'K^e (1615), des 
L'gloi/ues [161S), ot une tragédie : Pompeyo (1618). 

Mesa (Alonzo de), peintre espagnol, né et mort à Ma- 
driil (1628-1C6S). Il exécuta pour les couvents un grand 
nombre do tableaux, qui pèchent surtout au point de vuo 
de la correction du dessin. Nous citerons la série do ta- 
bleaux sur la l'ie de saint François, dans le cloître des 
franciscains, à iMadrid, et principalement son fiaint An- 
toine, abbé. — Un parent do cet artiste, .Iuan de Mesa, 
qui vivait au commencement du xvii" siècle, exécuta, pour 
le collège des jésuites do Alcala de Ilénarès, quinze ta- 
bleaux sur la Vie de sainl Ji/nace de ioi/o(a, tableaux qui 
ont été popularisés par la gravure. 

MËSACONATE n. m. Chim. Sel dérivant do l'acide mé- 
saconi.juo. 

MÉSACONIQUE >iA'i adj. Se dit d'un acide C'H'O', que 
I on pri-pare avec l'acide citraconiquo, et qui est isomère 
des acides itaconique et citraconiquo. 

— Encvcl. L'acido nu^saconiqne s'obtient en maintenant, 
pendant un quart d'heure ou une demi-heure, à une tem- 
pérature voisine do l'ébullition un mélange d'acide citraco- 
niquoétendu d'acide nitrique. Il prend aussi nais.sance dans 
l'éfectrolyso de l'acide iiaconique ot dans colle du citra- 
conato do potassium. Kékulé a montré que les acides 
citraconiquo, itaconiquo et mésaconiquo, traités par l'amal- 
game de sodium, sont convertis en acide pyrotartrique. 
Avec l'hydrogène il donne l'acide pyrotartrique ordinaire. 
L'acido mésacoiiiquc fond à 202'». 

MÉSADON n. m. Econ. rur. Lame de bois dont se ser- 
vent certains fabricants de fromage pour rapprocher, sur 
lo petit-lait, les parties du caillé qui y surnagent. 

MÉSADVENIR V. n. V. MÉSA VENIR. 

Mesagne, comm. d'Italie (Fouille [prov. de Lecce]!, 
sur une hauteur autrefois fortiliée; 9.241 hab. C'est l'an- 
tique Mesmpia. 

MÉSAGRŒCINÉS (si) n. m. pi. Tribu d'insectes coléo- 
ptères rbynchophores, famille des curculionidés, renfer- 
mant los mesagrœcus. — Un mésagrœciné. 

HESAGRŒCUS (m<?, kuss) ou MESAGROICUS {mé, i- 
knss) n. m. Genre do charançons, comprenant une ving- 
taine d'espèces répandues de l'Europe orientale jusqu'en 
Chine. (Les metayrœctis sont de taille médiocre, trapus, 
avec les élytres ovales oblongs, grisâtres et revêtus do 
soies clairsemées.) 

MÉSAIR ou MÉZAIR (nV — do l'ital. mez:aria, même 
sensj n. m. Manèg. Allure intermédiaire entre le tcrro-à- 
lerre et les courbettes. 

HÉSAISE (du préf. mes, et de aise) n. m. Malaise phy- 
sique ou moral. (Vx.) ii Etat de fortune oii l'on n'a pas 
l'aisance. (Vx.) 

— Cachot bas ot étroit, oii l'on no pouvait se tenir do- 
bout ni couché. 

— Stn. Hésaise, malaise. 

— Aston. Aise. 

MÉSAL n. m. ou MÉSALIE (II) a. f. Genre de mol- 
lusques gas-éropodos, famille dos turritollidés, à coquille 
pyramidale, avec le dernier tour arrondi. (Les espèces 
connues habitent les côtes do l'Afrique occidentale.) 

MÉSALLIANCE (/i-aiiss — rad. mésallier) n. f. Mariage 
avec une personne d'une naissance ou d'une condition infé- 
rieure : Certaines mé-salliances adroites redorent un blason. 

— Fig. : La vraie mésalliance est celle des dmes. 
(V. Hugo.) 

MÉSALLIER (du préf. mes, et de allier. — Prend deux i 
do suite aux doux prcm. pers. pi. de l'imp. de l'ind. ot du 
lires, du subj. ; A'oiM mésalliions. Qne vous mésalliiez) v. a. 
Marier à une personne de condition ou do naissance in- 
férieure : MiïsALLiBR ses enfants. 

Se mésallier, v. pr. Epouser une personne d'une nais- 
sance ou d'une condition inférieure, ii Par anal. Se com- 
promettre on se liant à des personnes méprisables, on se 
mettant en contact avec quelque chose d avilissant. 

MÉSANCYIX {sil' — du gr. mésankulon ; de mésns, qui 
est au milieu, et ai/kulé. courroie) n. m. .lavolot qu'on lan- 
çait à 1 aide d'une courroie placée au milieu du trait. 

MÉSANOE(;anj"— dol'anc. hautallem.mdja,allom.mod. 
meise n. (".Gen- 
re d'oiseaux 
p assereaux 
don tirostres, 
comprenant 
do nombreuses 
espèces répan- 
dues dans tou- 
tes les régions 
du globe , ex- 
cepté dans l'A- 
mérique du 
Sud. 

— Encycl. 
On entend sous lo nom général de mésanges les oiseaux 
do tous genres composant la famille dos paridés : les mé- 





MiisaDgeal. 



Mi^iango: a, bleue; t, grande charbonnldr 



sangos proprement dites {parus) , les nonottos (paeite), les 
réniiz ixgilhaUis), les mésanges à moustache {panu- 
rus), etc. Les mésanges proprement dites comptent en 
Krance quatre espèces, do petite taille, û livrée pareille 
dans les deux sexes, bigarrée do bleu, do gris, de jaune 
et do noir, très carnassières, batailleuses et féroces, mais 
très utiles pour l'agriculture par lo grand nombre d'in- 
sectes qu'elles détruisent. La mésange charbonnière (pa- 
iiii ma^or) ou grande mésange, la petite charbonnière 
[parus ater) ou mésange noire, la mésange bleue (parus 
cxruleus), la mésange liuppéo {parus crislallis) sont com- 
munes dans les bois, les bosquets ot les jardins. 

MÉ3ANQEAI {je) a. m. Genre d'oiseaux passereaux 
dentirostros, comprenant 
deux espèces do l'hémisphère 
nord. 

— Encycl. Los mésangeais 
i mésanges-geais des anciens 
autours) sont des corvidés 
voisins dos geais. L'espèce 
européenne est lo mésangeai 
de malheur ou geai imitateur 
I perisoreus infauslus); d'un 
gris roux, avec le dessus de 
la tête noire, il habite les fo- 
rêts do sapins de lextrômo 
Nord ot do la Sibérie, niche 
en mars. Il vit surtout des 
graines du pinus ccmbra .et 
fait des provisions d'hiver. 

MÉSANGER, comm. do la Loire-Inférieure, arrond. ot à 
9 kilom. d'Ancenis, à la source d'un aftluent gaucho du 
Havre, tributairo de la Loire ; 2.791) hab. 

MÉSANGÈRE (/('r'j n. f. Ancienne partie de billard. 

— Encïcl. Otto partie se jouait on soixante points. Il 
y avait deux billes rouges, placées de chaque côté du 
billard, i la hauteur de la mouche ; deux jaunes, dans l'ali- 
gnement des rouges, Â la hauteur dos blouses du milieu ; 
deux blanches, qui étaient en main. Les rouges ne se fai- 
saient qu'aux blouses dos coins, et valaient quatre points; 
les jaunes ne se faisaient qu'aux blouses du milieu, et va- 
laient cinq points; les blanclies se faisaient partout et 
valaient trois points. Le carambolage simple comptait un 
point; le carambolage double, deux points. 

MÉ3ANGETTE Ijèf) n. f. Cage à trébuchet, qui sert à 
prendre dos petits oiseaiLX. 

MÉSANIO n. m. Se disait anciennement d'une variété 
de corail pêcliée sur les côtes méditerranéennes d'Europe. 

MÉSARA'ÎQUE {ik' — du préf. mésos, et du gr. araia, in- 
testins) adj. Anat. Qui se rapporte au mésenthère, appelé 
aussi rnembrane mésaraique, veines mésaraiqties. 

— Encycl. Les veines qui prennent le sang de l'intestin 
et se déversent dans la veine porte sont au nombre de deux r 
la grande mésarau/ue, qui naît de toute l'étendue de l'in- 
testin grêle et de la moitié droite du gros intestin, et la 
petite mésnraii/iie, qui naît du rectum ot do la moitié gauche 
du gros intesliu. 

MÉSARRIVER (du préf. mes, et de arriver) v. unip. 
Arriver du mal : A ç«i ns'/ue (ou<, i;peu< en MÉSARRIVEE. CVx.) 

Mesas (Las) [c'est-à-dire les Tables, les Plateaux], nom 
géographique très répandu dans les pays de langue espa- 
gnole ou portugaise. [Ainsi, dans les Etats-Unis de Colom- 
bie, il y a la Mesa Colorada (Table Rouge), très neigeuse, 
à 4.400 m. d'altitudo ; la Mesa Llana (Table Plate), plateau 
do pùtures ; la Mesa Rica ( Plateau Riche ) , à près do 
3.000 m.; etc.] i< r 

MÉSATICÉPHALE {mé-sa, se— du gr. vtésatios, moyen, 
et képhidi, tête) adj. Anthropol. Se dit d'un crâne inter- 
médiaire entre le crâne dolichocéphale ot le crâne bra- 
chycéphalo. 

MÉSATISFAIRE {mé-sa — du préf. mé, et de satisfaire) 
V. a. Mal satisfaire, no pas contenter. (Peu us.) 

MÉSAULE {mé-sôV — du préf. mésos, et du gr. auU, cour) 
n. m. ou f. Antiq. gr. Cour intérieure entre deux corps do 
bâtiments. Il Cour intérieure, qui sén.arait l'appartomcut 
des femmes de celui des hommes, ii Porto do la cour inté- 
rieure. Il Corridor entre deux appartements ou deux murs. 
Il Etable dans la cour intérieure, il Antre du cyclopo. 

— Adjectiv. : La porte mésaule. 

MÉSAVENANCE {nanss — rad. mésavenant) n. f. Dé- 
sagrément : Im i;e est pleine de mésavrnance... (Th. Gaut.) 

MÉSAVENANT (nnn), ANTE [du préf. mes, et do avenant] 
adj. Qui n'est p.as .ivi-nant. qui déplaît : /.c talent de s'im- 
mortaliser par les Irttrrs nest une gualité liBSAVB:i^KTK à 
quelgue rang que ce soit. (DIder.) 

— Syn. Désagréable ; lâcheux. 

— Anton. Avenant; agréable; heureux. 
MÉSAVENIR ou MÉSADVENIR (du préf. mes, et de nie- 

nir) V. unip. Arriver mal, arriver du mal : Il en mésavient 
toujours au paresseux. ^N'x.) 

MÉSAVENTURE fdn préf. mes, ot do aventure) n. f. Aven 
ture fâcheuse : /Jon Quicbotte eut mainte mésaventure. 

— Syn. Mésaventure, déconvenue, etc. V.'déconvknub. 
MESCAL(mt'ss) n. m. Ethol. Boisson alcoolique en grand 

usage au Mexique, ot que l'on obtient par la distillation dos 
fouilles et des racines de l'yucca. 

— Métrol. Petit poids, employé en Perso. 
MescHEDE, ville d'Allemagne (Prusse [présid. d'Arns- 

borgj). au confluent delà Ilenne avec la Ruhr, afiliient droit 
du Khin; 2.900 hab.; rh.-l. du cercle de Mesclwile. Car- 
rière d'ardoises. Eabriques de drap. Commerce dejanibons. 

MescHERS, comm. de la Cli.Trente-Inférienre. arrond. 
et & 25 kilom. de .Saintes, sur l'esiuairo de la Gironde; 
954 hab. Marais salants. Petit port. Grottes creusées dans 
un rocher A pic, qui servirent de refuge aux protestants 
au xvi- siècle ; ce sont les Trous de Mesciters. 

MescHIA et Meschiane, noms donnés, dans les livres 
sacrés des parsis, postérieurs au Zend-Avesta, â un cou- 
ple issu de l'arbre Rciva, formé lui-même du sang de 
Kaïomorts lorsqu'il fut tué par Ahriman. Meschia el Mes- 
chiane, ayant écouté les perlidos conseils d'Ahriman, per- 
dirent lo bonheur dont ils devaient jouir sur la terre. 

MescHINOT (Jean), poète français, né à Nantes entre 
141i et 1420, mort on 1491. Il fut attaché comme maitro 



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d'hôtel â la duchesse Anne. Il fut en rapports avec la 
société poétinuo groupée autour de Charles d'Orléans II 
se plaît aux allitérations, à tous ces raflinements do vor- 
sihcation â 1 école des rhétoriqucurs. On a do lui une 
Oraison en huit vers qu'on peut lire do trente-deux ma- 
nières dillerentos on y trouvant toujours, dit-il, . sens et 
rimo ». Ses poésies, rassemblées sous le titro de Lunettes 
des princes, ont été publiées à Nantes en 1493; la der- 
nière édition, qui est la meilleure, est de 1534. 

Meschtschovsk ou Mechtchovsk, ville de la 
Russie centrale, cb.-l. do district du gouv. de Kalouga 
sur un sous-alfluent du Volga par la Séréna, la Jisdra! 
lOka; 3.700 hab. — Le district est pcujdé de loi.ooo hab. 
MESDAGdIendrik Willem), peintre hollandais né û 
GroninguciI'ays-Iias)en 18:)1. Peintre do miirincs, il ex- 
cel e à rendre les ports do la Hollande, les teintes de son 
ciel brumeux et le mouvement des flots sur ses plages 
basses. Il s'était déjà fait connaître dans son pays, lorsiuil 
envoya, on 1870, au Salon do Paris : les /Irisants de la 
mer du Aord ot une Journée d'hiver à ficlieveninr/nc. Do 1871 
à 1877, il prit part à tous les Salons do Paris. En 1878 il 
envoya à l'Exposition universelle de cette ville la Levée 
de l ancre, le Râteau de sauvetai,c de Sclieveninqite sortant 
porter assistance au . Hopewell -, Retour de ce bateau Nous 
citerons encore : la Collision (1881); Jiffct de soir sur la 
plage de l.romnguc (1883) ; le Départ des barques de pécheurs 
(1885); .>.'o/ci(couc/iun( (1887); Marée montante (1888)- Au 
bord de la mer à Schevcningue (1889). A l'Exposition de 
1900, où il a obtenu une médaille d'or, il donnait encore ■ 
Mntmeedétéa Schereningw et Rentrée des bateaux de 
peclœ. — Sa femme. M"' Sif.ntje Mesdag, néo Van Hoc- 
ti:n, s est surtout consacrée au paysage et à la nature 
morte. Nous citerons d'elle : Dans la bruyère. Tourbière 
dans les landes (1878); Bergerie en Gueldre (1900). 
mesdames (mé — du préf. mes, et de dames) n. f. pi. 

Plur. de MADAMK. "^ 

MÉSE n. f. Genre de myrsinces, comprenant des arbus- 
tes à touilles isolées, â fleurs régulières disposées on 
grappes, dont ou connaît plusieurs espèces tropicales. 

MÈSE (du gr. mésos, qui est au milieu) n. f. Musiq. anc. 
Cordo du milieu de la Ivre, consacrée au soleil, ii Son tlu 
milieu, correspondant à la corde la plus aiguë du deuxième 
tétracordo, dans lo système des Grecs. 

Mesech, nation que la Bible range parmi les peuples 
descendant de Japlict et soumis à la suzeraineté de Gog 
Elle cntrcienait avec les Phéniciens un commerce assez 
actif. Ce sont, très probablement, les Moschi, qui habi- 
taient entre la mer Ca.spienne et la mer Noire. 

MÉSÉDincATION (.si-on) n. f. Action de mésédifier. 

— Anton. Ediiication. 

MÉSÉDIFIER (du préf. mes, et do édifier. — Prend 
deux i de suite aux deux prem. pers. pi. do l'imp. de l'ind. 
et du prés, du subj. : Nous mésédifiions. Que vous mésédi- 
piez) V. a. Scandaliser : Mesëuifier ses frères. 

— Anton. Edifier. 

MÉSEL, ELLE {:èl') n. Lépreux, lépreuse. (Vx.) 

MÉSELINE n. f. Comm. anc. Sorte de brocatelle do 
Flandre, moitié soie, moitié laine. 

MÉSELLERIE {:è-le-rl) a. f. Lèpre, n Léproserie. (Vx.) 

MESEMBRIA (mf-jon — mot gr.) n. f. Antiq. gr. Sixième 
heure dos Grecs, correspondant à notre midi, il Person- 
nage allégorique qui figurait cette heure, ii Le midi, le sud. 

MÉSEMBRINE (:aH)n. f. Genre d'insectes diptères bra- 
chycèros, famille des muscidés, comprenant quelques es- 
pèces d'Europe. (Les mésembrines sont des mouches assez 
grosses, larges, brunes et fauves, vivant sur les fleurs.; 

MÉSEMBRYANTHÈME n. m. Bot. Syn. de ncolne. 

MÉSEMBRYANTHÉMÉ, ÉE {:an) adj . Bot. Qui ressemble 
à un mésembryaiitbènio. 

— n. f. pi. Section des ficoïdées, ayant pour type le 
genre flcoïde ou mésembryanthème. (Plusieurs font ce mot 
syn. do i-tcoIui-:es.) — Une mésembryanthémêe. 

MÉSEMPLOI (du préf. 7nés, et de emploi) n. m. Mauvais 

emploi. iPeu usité.) 

MÉSEMPLOYER (rad. mésemploi. — Change y on i de- 
vant un c muet : Je mésemploie. Qu'ils mésemploienl. Prend 
un 1 après l'y aux deux prem. peis. pi. de l'imnarf. de 
I ind. et du prés, du subj. : Aous mésemployions. Que vous 
mésemployie:) v. a. Mal employer : Mésemployee son 
argent. (Pou usité.) 

MÉSÉNE n. m. Genre d'insectes lépidoptères rhopalo- 
cores, famille des érycinidés comprenant cinquante es- 
pèces américaines. [Les mésènes sont do petits papillons 
rouges et noirs {mescne phareus, de la Guyane et des Ama- 
zones), ou fauves tachés do noir {mescne margaretia, du 
Mexique et do Colombie).) 

Mesengui ou Mesenguy (François-Philippe), écri- 
vain religieux français, né à Beauvais en 1677, mort à 
Saint-Gcrmain-en-Laye en 1763. 11 entra dans les ordres, 
et se signala par son ardeur à défendre les doctrines jan- 
sénistes. Devenu sourd, il se retira à Saint-Germain-rn- 
Layo. Nous citerons do lui : le Nouveau Testament avec 
des notes (1729); Vie des saints pour tous les jours de 
l'année (nso); Abrégé de Vhistoiie de l'Ancien Testamenl 
:1735-I753i: /''.rposition de la doctrine chrétienne (1744), 
ouvrage condamné par Clément XIII eu 1701 (1748); etc. 

MÉSENSEIGNER (du préf. mes, et do enseigner) v. a. 
Mal enscigiiiT, ouseignor do travers. (Peu us.) 

MÉSENTENDRE (rad. mésentente) v. a. Mal entendre, 
entendre de travers. (Pou us.) 
Mésentendti, tie, part, jiass. du v. Mésentendro. 

— Substaniiv. n. m. Malentendu : Il y a mésentendc. 

MÉSENTENTE (du préf. mes, ot do entente) a. f. Défaut 
d entente. (Peu us.) 

MÉSENTÈRE {zan — du gr. mésentéron • de mi'jos, 
milieu, et cntèron, intestin) n. m. Replis du péritoine, qui 
enveloppent et maintiennent en place les intestins, ii Se 
dit particulièrement du repli qui soutient l'intestin grêle. 

— Encycl. Le péritoine, au-dessus du rectum et do 
I excavation du bassin, s'étale do bas en haut sur la paroi 
postérieure de l'abdomen, puis, au niveau de l'intostio 



45 

grôle et du gros intestin, il se soulève et enveloppe plus 
ou moins ces organes. L'intestin grêle est ainsi revêtu sur 
tout son pourtour, sauf sur son bord postérieur ;àce niveau, 
les deux feuillets du péritoine qui revotent les faces laté- 
rales s'adossent et forment, on arrière, un largo repli qui 
so fixe sur la paroi abdominale postérieure. Ce repli forme 
le mésentère proprement dit. Dans l'intervalle des feuillets 
trouvent place des vaisseaux Ij'mphatîques et sanguins, 
des nerfs, des ganglions. 

Ou désigne encore sous le nom do mésentères les replis 
du péritoine qui s'ailachent au côlon et au rectum, plus 
connus sous le nom de mêsocôlon et de viésorectwn. 

MÉSENTÉRIE n. f. Patliol. Syn. do MKSKNTÉRITli. 

MÉSENTÉRIN. INE (;an) adj. Hist. nat. Dont la surface 
orlro dos utiliilations irréguliôres, comme celle du méscn- 

ture : J'-.jioiii/^! MÉSENTÉRINE. 

MÉSENTÉRIQUE {zan, rik') adj. Histol. Qui a rapport 
au niéseutèro: Vaisseaux MiisENTiiBiQUES. iJouleurs mese.n- 

TÉKIQL'RS. 

— n. f. Artère et Veine méseutériquo : La mésentérique 
supérieure. 

— Encycl. Artères mésentériques. Il y a deux artères mé- 
sentériques : l'une supérieure, 1 autre inférieure. La mésen- 
térique supérieure, née de la face antérieure do l'aorte, à 

I centimètre du tronc cœliaque, est impaire et médiane et 
se porte derrière le pancréas, puis gagne l'extrémité supé- 
rieure du mésentère etso distribue par dos branches très 
nombreuses à l'intestin grêle et à la moitié droite du gros 
intestin. La mésentérique inférieure, née do l'aorte à 5 ou 
6 centimètres do sa biturcation, descend oblitiuement vers 
le c6t"î gaucho du bassin, s'engage dans le mésocôlon ilia- 
que. Elle donne naissance aux trois artères coliques gau- 
chos et à l'hémorroïdalo supérieure. 

Veines niésentériqucs. Elles sont au nombre de deux : la 
supérieure ou grande jnésentérique, qui so réunit à la 
veine splénitiuo, derrière le pancréas, et l'inférieure ou 
petite lïiésenfcrique, qui s'ouvre dans la veine spiénique. 

Plexus mésentériqtie. Les nerfs forment dans lo mésen- 
tère un plexus succédant au plexus solaire ; ils suivent les 
divisions de l'artère méseutériquo supérieure et forment 
do nombreux ganglions ; puis une partie descend vers l'ar- 
tôro iliiquo et l'autre accompagne l'artère mésentérique 
inférieure, pour continuer avec lo plexus hypogastrique. 

MÉSENTÉRITE {zati) n. f. Pathol. Inflammation du mé- 
sentère. Il All'oction tuberculeuse dos ganglions mésenté- 

riquos. V. CARKEAU, Ot PÉRITOMTE. 

Meseritz (polon. Miedzierzecz), ville d'Allemagne 
(Prusse [prtîsid. do Posenji, au confluent de la Packlitz 
avec l'Obra. aflluent de la Wartha (bassin de l'Oder); 
5.367 hab. Cli.-I. de cercle. Filature do laine. Manganèse. 

MÉSESTIMABLE adj Qui n'est pas estimable. 

— .\NioN. Estimable. 

MÉSESTIMATION frad. mésestimer) n. f. Estimation 
inféricuro à la valeur réelle de l'objet estimé. 

MÉSESTIME du préf. }}iés, et do estime) n. f. Défaut 
d'estime, mépris : Tenir queli/n'un eu mésestime. 

— Anton. Estime, considération. 

MÉSESTIMER (du préf. ynés. et do estimer) v. a. Es- 
timer au-dessous de sa valeur : Mésestimer un bijou. 

— N'avoir pas d'estime pour : MiisKSTiMKR quelqu'un. 
Se ntésestimer, v. pr. N'avoir pas d'estime pour soi- 
même : fjiti SK méskstime ne saurait vivre seul. (Balz.) 

II N'avoir pas d'estime l'un pour l'autre. 

— Anton. Estimer. 

MÈSHUI adv. Syn. doMAiSHUi. (Vx.) 

MÉSIDINE n. f. Chim. "Dérivé amidé du mésitylène. 

Syn. AMIDOMÉSITYLÈNE. 

MÉSIE (lat. Mxsia), contrée do l'Europe ancienne, dans 
la péninsule balkanique, correspondant à la Bosnie, à la 
Serbie et à la Bulgarie actuelles. Son territoire était ha- 
bité par des tribus partie de race germaine, partie d'origine 
thrace, qui, à l'époque historique, obéirent successivement 
à la Perse, aux Odryses de Thraco, entin aux Romains, qui 
soumirent le pays en 29 av. J.-C. Lo pays tout entier forma 
alors deux provinces : la Môsie supérieure ou P', avec 
Sardique pour capitale, et la Mésie inférieure ou II", avec 
Marrianupolis pour capitale. Ces deux provinces furent 
ensuite réunies respectivement aux diocèses de Dacie et 
de Thrace. Prospère surtout au temps de Trajan, la Dacie, 
dès le m* sièclo de notre ère, fut ravagée à plusieurs re- 
prises par les migrations des Barbares. 

MÉSIEN, ENNE (zi-in, en), personne née en Mésie ou 
qui habitait cette contrée. — Les Mésiens. 

— Adjectiv. : Antiquité mêsienne. 

MÉSIÊRE OU MÉZIÊRE. Arg. Moi. Syn. mézig, mêzi- 

GLF. Mi;ZUiO. 

MéSIHI, poète turc, né à Pristina, près d'Uskub, mort 
àConstantiuople en 1512. Il fut secrétaire du divan sous 
lo grand vizirat de Khadim Ali-pacha. Il a excellé dans la 
poésie lyrique, et laissé un Divan dont les principales piè- 
ces sont dédiées aux sultans Bayézid II et Sélim, son fils. 

MÉSINFÉRER (du préf. mes, et de inférer. — Change é 
en è devant une syllabe muette : Je mésinfère. Qu'ils mé~ 
sinférent; excepté au fut. et au près, du cond. : Je mé- 
sinférerai. Il mésinféreniit) v. n. Inférer à tort, se tromper 
dans les conclusions que l'on tire. (Peu us.) 

MÉSINTELLIGENCE (du préf. mes, et de intelligence) 
n. f. Défaut d'entente, d'accord : Vivre en mésintelli- 
GtcNCE avec quelquun. ii Fig. : La mésintelligence du cœur 
et de l'esprit, de (n rime ft de la raison. 

— Anton. Accord, harmonie. 

MÉSINTERPRÉtation ,rad. mésînterpréter) n. f. Fausse 

iniori>rétation. 

MÉSINTERPRÉTER (du préf. mes, et do interpréter. — 
Cliange t* en é devant une syllabe muette : Je mésinter- 
prète. Qu'ils mésinterprètent; excepté au fut. de l'ind. et 
au prés, du cond. ; Je mésinterpt^Uerai. Il mésinterpréterait) 
V. a. Interpréter d'une manière fausse bu injurieuse : MÉ- 
siNTKRPRiÎTER les paroles, les actions de quelqu'un. 

MÉSIOTÈLE n. m. Genre d'arachnides aranéides, famille 
des clubionidés, comprenant quatre ou cinq espèces de 
l'Europe méridionale et de la China. 

MÉSITE n. m. Entom. Genre de curculionidès, de la 
tribu des cossoninés. comprenant une vingtaine d'espèces 
répandues surtout dans l'hémisphère boréal. 



— Chim. Nom donné à l'acétate de méthylène qui existe 
dans l'esprit de bois. Svn. de mésitêne. 

— E.NcYcL. P^ntom. Les mésites sont de petits charan- 
çons allongés, cylindriques, bruns ou roux. Ils ont les ély- 
tres striés; ils vivent dans les arbres morts. Le mesites 
pullidipennis vit dans le midi de la France, 

MÉSITÈNE n. m. Produit qui prend naissance quand on 
dibtilk' la xylite avec l'acide sullurique et qui se forme 
en mémo temps quo de l'acide aeétiquo, de l'acide for- 
mique et plusieurs autres composés. 

MÉSITÊS ('mot gr., même sens) n. m. Médiateur, ar- 
bitre. Surnom donné à Mitbra [v. ce nom].) 

MÉSITINEn. f. Carbonate nature! de magnésie et do fer, 
trouvi'i par Hreitbaupt à Traverselle, en cristaux rliom- 
boédriqucs d'un éclat vitreux un peu nacré. 

MÉSITIQUE tik' — rad. mésite) adj. Chim. n Alcool mési- 
ti'jur. Nom donné par Kane à l'acétone, qu'il considérait 
coumie un hydrate de mésityle. V. mésitylr. 

MÉSITORNIS (niss) n. m. Genre d'oiseaux passereaux, 
tribu des mésitornithînés, propres à Madagascar. (Les mé- 
sitornis ont une livrée roussâtre et grise, avec la poitrine 
jaune et noire, et la gorge blanche.) 

mésitornithînés n. m. pi. Tribu d'oiseaux passe- 
reaux dentirostres, 'le la famille des eupétides, comprenant 
le genre mésitornis. — Un mësitornithiné. 

mésityle n. m. Nom donné par Kane à un radical C*!!* 
monoatoniiquo, qu'il supposait, d'ailleurs à tort, fonction- 
ner daiis lacélono. 

MÉSITYLÈNE n. m. Chim. Carbure d'hydrogène, il Ou 
l'appelle aussi mésitylol. 

— EncY( L. Le mésitylène C*H" résulte do l'action do 
l'acide sulfurique sur l'acétone. Le résidu huileux formé 
so sépare en deux couches, dont la couche supérieure est 
du mésitylène impur; on le rectifie d'abord au baîn-marie, 
puis ù feu nu. Mais, pour obtenir un li([Uide bouillant d'une 
manière constante entre 102° et IGl*, il faut do nombreux 
fractionnements et de nouvelles rectifications. I^e mési- 
tylène est incolore, très léger et d'une odeur alliacée ; il 
bVûlo avec une flammo blanche et fuligineuse. Par oxyda- 
tion avec de l'acide sulfurique étendu, il donne de l'acide 
mésitylénique fusible à 166°, qui lui-même fournit Visox'j- 
lène par distillation avec la chaux et de l'acide uvitique. 

MÉSITYLÉNIQUE adj. Chim. V. mésitylène. 

MÉSITYLIDE n. m. Chim. Radical hypothétique de plu- 
sieurs corps voisins du mésitylène, mais oxygénés, il On 
dit aussi i-TÉLinLE. 

MÉSITYLO-CHLORAL n. m. Chim. Produit de décom- 
position de 1 acétone par le chlore. (Il produit une vésic?.- 
tion quand on l'applique sur la peau.) 

MÉSITYLOL n. m. Chim. V. MÉSITYLÈNE. 

MeslAN, romm. du Morbihan, arrond. et à 45 kilom. do 
Pontivy ; 2. IG8 hab. Eglise Renaissance, arcades romanes 
à l'entrée du chœur. 

Meslay, ch.-l. do cant. de la Mayenne, arrond. et à 
20 kilom. de Laval, près du ruisseau de l'Etang de Vassé, 
affluent de la Vaige ; l."86 hab. Ch. de f. Ouest. Fours à 
chaux, tannerie. — Le canton a H comui. et 9. 968 hab. 

MESLIE (mé-lî) n. f. Pèch. Fretin servant d'appât. 

MESLIER 'mé-li-é) n. m. Variété do cépage blanc, cul- 
tivé dans l'Aisne, le Loir-et-Cher et les environs de Paris. 
(C'est un cépage précoce, donnant des vins ordinaires.; 

Syn. ARBONNE, ARBOIS, ORUOIS. MAILLE. 

MesliER, MeslieRS ou Mellier (Jean), curé 
d'Etrépigny :Ardennes', né à Rethel, mort à Etrépigny. 
Sa vie s'étend do 1678 à 1733 selon les uns, do 1664 à 1729 
selon les autres. Son nom serait demeuré inconnu, si, 
en 1762, Voltaire n'avait donné le titre d'Extrait du Tes- 
tament de Jean JJeslier à une violente diatribe, plusieurs 
fois rééditée, contre la religion catholique, où lo curé 
défunt déclarait avoir perdu la foi et donnait les motifs 
de sou incrédulité. D'Holbach s'inspira de cet écrit pour 
composer, en 1772, le Bon Sens du curé Aleslier. Voltaire re 
connaissait en avoir modifié la forme, car, disait-il, il était 
« écrit du style d'un 'cheval de carrosse ». En 1768, dans 
YEvangile de la Baison, il donna, sous le titre de Senti- 
ments du curé Meslier, une seconde version du fameux 
testament, notablement différente de la première. Quérard, 
dans ses Supercheries littéraires dévoilées, et beaucoup de 
critiques aujourd'hui, rejettent l'authenticité de cet écrit 
et pensent que Voltaire en fut l'auteur. 

Meslin, comm.desCôtes-du-Nord.arrond.etàSO kilom. 
de Saint-Brieuc : 953 hab. Colonie agricole. 

Meslin-L'ÉvÊQUE, comm. de Belgique (Hainaut 
^arrond. d Ath,, sur la Sille, affluent delà Dendro; 1.627 h. 

Mesmer i Frédéric-Antoine), médecin, né à Iznang 
(Souabet en 1733, mort à Meersbourg en 1815. Il étudia la 
médecine à Vienne et prétendit avoir découvert, dans les 
propriétés de l'aimant, un re- 
mède à toutes les maladies; 
mais, comme le P. HoU reven- 
dit|uait la paternité de ce sys- 
tème, il déclara qu'il obtenait 
les mêmes effets avec le seul 
fluide magnétique, appelé par 
lui magnétisme animal, par 
opposition à celui de l'ai- 
mant. Grâce à Stork, il put 
expérimenter sou procédé sur 
des malades des hôpitaux do 
Vienne, mais les résultats ne 
furent point conformes à ceux 
qu'il attendait. Mesmerquitta 
Vienne, et alla, en février 
1778, se fixer à Paris. Les 
malades ne tardèrent pas à 
affluer à l'hôtel où il s'était 
installé; queli[ues cures heu- 
reuses augmentaient l'en- 
gouement du public, et c'est 

alors quo Mesmer imagina son baquet. (V. baquet.) Mes- 
mer demanda au gouvernement français de lui acheter le 
secret qu'il prétendait détenir « pour enrichir l'huma- 
uité ". Mais il refusa les 30.000 livres de rente que Mau- 




MÉSENTÉRIE — MESNAGER 

repas lai otTraii. et partit pour Spa, suivi de quelques 
fidèles. En son absence, un de ses disciples, Oeslon, régeoc 
de la faculté de médecine, ouvrit un cours et répéta toutes 
les expériences de Mesmer; c est ù l'occasion de ce cours 

3ue fut instituée la commission royale de 1784, qui coo- 
amna le magnétisme animal. Le succès de Deslon ramena 
Mesmer à Paris, où, à l'insiigation de l'avocat Bergasso, 
il vendit fort cher son secret à une société de sou.scrip- 
teurs; mais ceux-ci, no pouvant rien obtenir qui no mt 
déjà contenu dans les vingt-sept propositions tondamen- 
laies du magnétisme publiées en 1779 (v. mk.smkkisme), 
dénoncèrent la mauvaise loi de Mesmer, qui quitta, cetta 
fois, définitivement la France. Il alla d'abord eu Angle- 
terre, puis en Allemagne. Depuis longtemps, les sociétés, 
dites ae l'harmonie, qui s'étaient fondées en France au 
moment do l'apogée du mesmérisme et qui formaient una 
série de franc-maçonnerie, avaient d'ailleurs disparu. Les 
principaux ouvrages de Mesmer sont : Mémoire sur la dé- 
couverte du magnétisme animal (1779) ; Histoire abrégée du 
magnétisme animal (1783; ; Mémoire de Mesmer $ur set dé- 
couvertes (I799J; etc. 

MESHÉRIEN, ENNE [mèss, ri-in, in') adj. Qui appar- 
tient à Mesmer ou au mesmérisme : L'hérésie mesmé- 
RIKN.NE. (Balx) Il On a dit aussi mksmériste. 

— Substanliv. Partisan du mesmérisme. 
HESMÉRIQUE adj. Y. mesmkrien. 

MESMÉRISME (juéss, rissm') n. m. Doctrine de Mesmer. 

— Kncvi L. Mesmer a résumé son système en vingt-sept 
propositions, <iuo renferme son mémoire fondamental pu- 
blié en 1779. Il considère tous les êtres animés ou inanimés 
comme soumis à l'influence d'un agent universeUfluide ma- 
gnétioue), qui peut s'accumuler, se transmettre, et grâce 
auquel, chez l'homme, on peut guérir immédiatement les 
maladies des nerfs et médiatoment les autres. Dans ce but, 
Mesmer recourait aux attouchements et aux passes sur les 
hypocondres et les régions ovariennes; parfois, il se con- 
tentait d'injecter lo fluide à l'aide d'une baguette de fer, 
avec laqueflo il touchait les parties malades des patients. 
Quand il eut imaginé le baquet, il aidait l'action du fluide 
au moyen du geste et du regard. Cette action se mani- 
festait par la crise \. MA<iNKTisME animalj, indice de giiô- 
rison, dont il fallait hâter l'apparition. 

Lorsque la commission royale do 178i et la commission 
de la Société de médecine condamnèrent le mesmérisme, 
les commissaires signalèrent les dangers de ses pratiques 
au point de vue des mœurs, en se basant sur le siège des 
attouchements, les phénomènes do la crise et lattacha- 
ment presque invincible que le sujet manifestait pour la 
magnétiseur. En réalité, les faits invoqués par Mesmer 
mettaient sur la voie do découvertes qui n'ont été réali- 
sées que plus tard par l'école de la Salpctricro et par 
l'école de Aancy. Les sujets sur lesquels Mesmer opérait 
étaient des hystériques, dont les crises représentaient les 
attaques. (V. bystêrib.) On peut donc considérer le mes- 
mérisme comme une tentative de systématisation à l'aida 
d'une hypothèse, d'ailleurs erronée, dos phénomènes da 
riiypnoti.sme. V. hypnotisme. 

MESMÉRISTE n. V. MES.MÉRIEN, ENNE. 

Mesmes, ancienne famille du Béarn, connue depuis la 
XIII* siècle, et qui joua un rôle important dans l'histoiro 
du Béarn et de la Navarre. Les membres les plus célèbres 
sont : Jean-Jacquks de Mesmes (1490-1590). [Il professa 
à l'université de Toulouse. La reine de Navarre lui donna 
bientôt une place dans son conseil, puis il passa au ser- 
vice de François I", qui le fit lieutenant civil au ChàieleC 
do Paris, maître des requêtes en 15 U et premier président 
du parlement de Normandie. C'est lui qui négocia lo ma- 
riage de Jeanne d'Albret avec Antoine de Bourbon, duc 
de Vendôme. C'était un fervent catholique] ; — Hknri do 
Mesmes ( I532-I59tî), fils aîné du précédent. 'A vingt ans. 
en 1552, U fut conseiller à la cour des aides, lamémeannéa 
conseiller au ^rand conseil et maître des requêtes en 1553. 
En 1556, Henri II lo nomma podestat ou chef de la justice 
et des armes dans les Etats do la république de Sienne, qui 
s'était placée sous la protection de la France. A son retour, 
il fut fait conseiller d'Etat, chancelier du royaume de Na- 
varre, chef et surintendant de la maison de la reine Louise. 
épouse de Henri III. II négocia avec les protestants la pair 
de 1570] ; — JKAN-JACQfES de Mesmes, deuxième du nom, 
fils de Henri. [Conseiller au parlement eu 1583, maître des 
requêtes en 1594, conseiller d Etat en IGOO, directeur des 
finances en 1613, il mourut en I6i2. Le roi érigea on comté 
la terre d'Avaux. que lui avait apportée sa femme] ; — 
Henri de Mesmes, fils de Jean- Jacques. !" Il dévint 
conseiller au parlement en IGOg, lieutenant civO en 1613, 
prévôt des marchands de Paris en 1618, président à mor- 
tier en 1621, charge qu'il e-xerça jusqu'à sa mort, en 
1650] ; — Claude de Mesmes, comte d'.-Vvaux fi595-i650i. 
[V. AvAUxl ; — Jean-Antoine de Mesmes, fils de Jean- 
Antoine. [\\ fut reçu conseiller au parlement de Paris en 
1621, maître des requêtes en 1627, conseiller d Etat et pré- 
sident à mortier en 1651, après la mort de son frère aîné] : 
— Jkan-Jacqurs de Mesmes, troisième du nom. ]II fut 
conseiller au parlement en i6-i'.>, maître des requêtes en 
1657 et intendant à Soissons, conseiller d'Hkat en 1670, 
président à mortier en 1671, grand prévôt et maître des 
cérémonies des ordres du roi, membre de l'Académie fran- 
çaise en 1676, mort en 1688]; — JE\N-JACQUEsde Mesmes, 
fils du précédent, chevalier de Malte et ambassadeur do 
son ordre en France ; — Jean- Antoine de Mesmes, comte 
d'Avaux, né en 1661, mort en 1723. [II fut substitut du pro- 
cureur général au parlement do Paris en 1679, conseiller 
en 16S7, président à mortier en 1688, et enfin premier pré- 
sident en 1712. Il entra à l'Académie française en 1710.] 

MESMINITE imèss) n. f. Nom donné par Stanislas Meu- 
nier à une espèce de météorite pierreuse ou liihite conte- 
nant du fer en granules visibles, et composée de limc- 
rickite et de lucéite. 

Mesnager ou Ménager (Nicolas Le Baillif, 
connu sous le nom de'i. comte de Saint-Jean, diplomate 
français, né à Rouen en 1658, mort à Paris en 17H. Avocat 
au parlement de Rouen, il fut délégué par les négociants 
de cette ville au conseil du commerce qui venait d'être 
réorganisé en 1700. Louis XIV lui confia plusieurs mis- 
sions diplomatiques. Il fut notamment envoyé secrètement 
à Londres en 17il, et il contribua à détacher l'Angleterre 
de la coalition formée contre la France, ce qui amena 
louverture du congrès d'Utrecbt. Il figura à ce congrès, 
en qualité de troisième plénipotentiaire. 



MESNALORD — MESOMPIIALIE 



MCSNALORD {mèss, lor') ou plus cxactom. MESNE-LORD 
(méss-ne-lur) n. m. Possesseur d'un fiof anglais no dépcn- 
daDt pas directement do la communo, et venant, dans la 
hiérarchie aristocratique de rAnglclerre. après les tenants 
in chicf{rm-sne, dans k- sens d' • lutormédiaire »). il PI. Des 

MESNALORDS OU MBSNE-LOIIDS. 

Mesnard (Louis-Charlos-Bonaventuro-Pierrc, comto 
DE\ honimn politique cl officier français, né à Luçon en 
1769. mon à Paris en 1842. Elève de l'école do Brionnc, il 
émigra en nsy, servit dans l'aroiôo des princes, puis vé- 
cut on Angh-iorre «lans rintiniité du duc de Berrv- Sotis 
la Restauration, il fut premier écuyor do la duchesso do 
Berry (1816), pair do France (1822). Après la révolution do 
1830, il suivit la duchesso do Borrv à l'étranger, puis en 
"Vondéo {1832) et fut arrôté avec ello à Nantes. Acquitte 
par lo jury, il obtint do rester avec elle pendant sa dé- 
toDtion à ftlayo, et la suivit ensuite à l'étranger. Sos Sou- 
venirs intimes ont paru ù Paris, on IS-l-t. 

Mesnard (Paul), littérateur, né et mort à Paris (1812- 
1899). Docifur es lettres, professeur, il fut chargé, en 
1844, do l'éducation du duc Philippe do Wurtemberg, lils 
do la princesse Marie d'Orléans, puis devint maître de 
conférences au collôgaSainte-Barbe (Paris) et collabora au 
■ Journal dos Débats ■. Sos œuvres principales sont : His- 
toire de VAcailémie française {\%^1)\ l'édition des œuvres 
d'Hipp. Rigault (isr.o) ; uno notice sur M"" de Sévigné cl 
d© remarquables éditions de Racine et de Molière (cette 
dernière commencée par Euç. Despois) dans la « Collec- 
tion des grands écrivams do Ta Franco « ; une traductioD 
en vers do X'Orestie d'Escbylc (1SC3; ; etc. 

MESNIE {mèss-ni) n. f- Maison, famille, maisonnée. ("Vx.) 
Il On a dit aussi MAtsNiE. mknik, et mégnie. 

MesniÈRES, comm. do la Soine-Inférioure, arrond. ot 




Cb&teau de Mesriî-rea. 

à 6 kilom. do Neufchâtel ; 944 hab. Ch. de f. Ouest. Re- 
marquable château du xvi' siècle. 

HESNIL [mess — du bas lat. mansUe) n. m. Petite ferme, 
petite habitation de campagne. 

Mesnil (Lk), comm. do Maine-et-Loire, arrond. et à 
37 kilom. do Cliolet, près de la Loire; 1.418 hab. 

Mesnil (Jean Du) conseiller du roi Charles VII, né 
dans les premières années du xv* siècle, mort vers 1486. 
Il fut, sans doute, un compagnon d'enfance du dauphin 
Charles, qui eut pour gouvernante Jeanne Du Mesnil. Tout 
jeune encore, il lut un dos signataires du traité de Pouilly, 
conclu en 1419 entre le Dauphin et Jean sans Peur. On le 
voit, peu de temps après, pourvu de la -dignité de pane- 
tier; plus tard, il est porté comme a premier valet tran- 
chant B , ot il fait partie du conseil royal, à côté de Pierre 
de Brézé. Louis XI lo nomma " chambellan ordinaire >>, 
puis gouverneur ot bailli du Berry, lieutenant du roi en 
Limousin, gouverneur de la Charité. 

Mesnil-SUR-OGER (LE),comm. de la Marne, arrond. 
ot à li kiluiu. d'Kpernay, au pied des collines de la mon- 
tagne des Vertus, t-t ii ta limite de la Champagne Pouil- 
leuse; 1.606 hab. Eglise dos xii* et xiii* siècles. Le terri- 
toire de cette commune fait partie do la côto d'Avize et 
donne do bons vins blancs. Principaux climats : le Mou- 
lin-à-vent, Sur-la-Côte, les Volibnrls, les Corroies, les 
Gaiimes, Itouyemont, les Joyettes, les Fïnciarts, les Jam- 
prins, les Varnaults, Aillerand, etc. 

MÉSO (du gr. niésos, qui est au milieu), préfixe entrant 
dans la composition d'un grand nombre de mots. 

MÉSOBRANCHE (du préf. méso, et de branchte) ad} . Zool. 
En parlant dns annélides. Qui a les branchies placées sur 
les anneaux do la région moyenne du corps. 

MÉSOBRAQUE (brak' — du préf. méso, et du gr. brakhus, 
court,! a-lj. Prosod. anc. Se disait d'un pied composé do 
deux longues, d'une brève ot de doux autres longues. 

— Substauliv. Pied mésobraquo : Un mesobraqub. 

MÉSOBRIA n. f. Genre d'arachnides aranéides, propre 

aux Aiitill'-s. 

MÉSOC^CUM (du préf. méso, et do cxcum) n. m. Anat. 
Repli du pLTitoino qui soutient lo csecum. 

MÉSOCARPE (du préf. méso, et du gr. karpoa, fruit) n. m. 
Substance cbarnuo ou lilan<lrcusc, qui est contenue entre 
l'épidermo ot la pellicule interne do certains fruits: On 
mamjc le mésocari-k dans la pcchc et l'abricot. 

MÉSOGARPE n. f. Algue très répandue dans les eaux 
douffs, constituée par des cellules allongées, cylindri(|ucs, 
unies en un lilamcnt simple, jamais ramifiée. (Pour pro- 
pager l'espèce, les cellules voisines de deux filaments 
parallèles ou d'un m^mo tilamonl envoient l'une vers lauire 
des prolongements qui se rencontrent; les contenus des 
cellules se fusionnent au milieu pour constituer un œuf, 
origine dun nouveau lilament.) 

Mesocco ou Misox, village do Suisse (cant. «es 
Tirisoiis). «iunn.'iiU son nom A la vallée supérieure do la 
Muësa uu Val Mcsucco (Misoxthal), qui communique au N. 
avec le Rhin pustérieur par le col et la route du Bernar- 
drno (2.063 m.), ot, au S., s'ouvre dans la vallée du Tessin, 
en amont de BclIinzona.Bcllescasca<les, magnifiques forêts. 

MÉSOCÉPHALE {sé — Hu préf. nu'so, et du gr. k,'pfiaU\ 
tètcj adj. Anat. Qui est situe au milieu du cerveau. 

— D. m. I*rotubéranco située à la partie inférieure ot 
moyenne du cerveau, dite aussi pont db Varolu. 



MÉSOCÉPHALIQUE {sé, lik') adi. Anat. Qui appartient 
au mésocéphalc ; Protubérance mèsocéphalique. il Artère 
mésocé/ihafitjuc. Tronc formé par la réunion des deux 
artères vertébrales. 

MÉSOCÉPHALITE {sé) n. f. Pathol. Inflammation du 

mésocépbale. 

MÉSOCÈRE isèr') 0. m. Paléont. Genre do mollusques 
gastéropodes, famille des nautilidés, comptant une espèce 
fossile dans lo silurien supérieur de Bohème. 

MÉSOCHEIRE {kèr') n. m. Genre d'insectes hyméno- 
ptères porte - aiguillon , propres à l'Amérique tropicale. 
(Co sont dos apiués du groupe des crocisos, dont l'écussou 
aplati se prolonge en deux fortes pointes mousses. 

MÉSOCHILIUM (ki, om' — du préf. méso, et du gr. khci- 
tos, lôvrol n. m. Partie moyenne du tablier de la flour, 
chez les orchidées. 

MÉSOCHORE f Ao7*' — du gr. mésokhoros, même sens) n. m. 
AuLiq. gr. Personnage qui se tient an milieu du chœur, 
et qui le dirige ; coryphée, ii Chef do claque. 

MESOCŒLOPUS {mé, sé, puss) n. m. Genre d'insectes 
coléoptères térédilcs, comprenant quelques espèces de 
l'hémisphère boréal. (Les mesocœlopus sont des anobiidés 
de la tribu des dorcatominés, petits, courts, bombés, noirs 
ou bruns. L'espèce de France [mesocœlopus niger] est 
longue do 2 millimètres.) 

MÉSOCÔLON (ilu préf. méso, et de côlon) n. m. Repli du 

péritoine qui soutient lo côlon. 

MÉSOCYNION [si — du préf. méso, et du gr. kunion, 
jointure du pied) n. m. Mamm. Base des doigts d'un mam- 
mifère ongulé. (Peu us.) 

MÉSODE (gr. mésôdos ; de mésos^ moyen, et ôdè, chant) 
n. f. Littér. gr. Intermède placé entre la strophe et l'an- 
tistrophe. 

MÉSODERME (du préf. méso, et du gr. dcrma, peau) n. m. 
Biol. Feuillet moyen qui apparaît dans la ijastr'ida, ontro 
l'ectolorme et l'endodermo. 

— Bot. Partie de lécorce située entre la couche tubé- 
reuse et l'enveloppe herbacée. 

— Encycl. Biol. La différenciation du m^sorferme résulte 
de l'une des circonstances suivantes : ou bien une biparti- 
tion des blastoraôres perpendiculaire au rayon de la gas- 
trula donne des cellules différentes de celles d'où elles 
dérivent, ou bien il se produit une invagination, et les cel- 
lules invaginées diffèrent, comme plongées dans un mi- 
lieu (blastocœle) distinct et du milieu extérieur et du mi- 
lieu archentérique. Le mésoderme se divise ultérieurement 
en deux lames : le mésoderme ou mésoblaste pariétal du 
côté de l'ectoderme, et le mésoderme ou mésoblaste viscé- 
ral du côté do l'endoderme. Ces deux lames limitent une 
cavité appelée cœlome. 

MÉSODESMATIDÉS {dèss) n. m. pi. Famille de mol- 
lusques lamellibranches, comprenant les genres mésodesme 
et voisins. ^ L'n mêsodiïsmatidé. 

MÉSODESME {dèssm') n. m. Genre de mollusques lamel- 
libranches, famille des mésodesmatidés, comprenant uno 
trentaine d'espèces des mors chaudes et tempérées. 

MÉSODISCAL, ALE, AUX {dîss — du préf. méso, et de 
disque) adj. Bot. Se dit des étamines placées sur la face 
supérieure du disque : Etamines mésodiscales. 

MÉSODON n. m. Genre de poissons fossiles, comprenant 
de noinlircuses espèces du lias, du jurassique et du crétacé. 
i^Les nii'so'ii'iis sont des pycnodontidés, à dentition compli- 
quée d'incisives tranchantes, de molaires réniformes; les 
os de leur crâne sont couverts de granules rugueux; leur 
nageoire dorsale rejoint la caudale.) 

MÉSOÉPIDIDYME (du préf. méso, et de épididume) n. m. 
Anat. Repu séreux double, qui unit le corps de l'épidi- 
dyme au testicule. 

MÉSOFFRIR (du préf. mes, et de offrir) v. n. Faire des 
offres désavantageuses. (Peu usité.) 

— Prov. anc. : A qui meschet on lui mésoffre, Au vendeur 
besogneux on offre un bas prix de sa marchandise, n Fig. 
On aouse de la position malheureuse des gens. 

ME50GA5TER (»»', stèr') n. m. Genre de poissons acan- 
thoptèrcs, comprenant des formes fossiles dans le tertiaire 
italien. (L'espèce type du genre est le mesogaster sphry- 
rœnoidcs, de l'éocèue du monte Boica.) 

MÉ50GASTRE (gasstr' — du préf. méso, et du gr, gas- 
tér, /ro*, ventre) n. m. Anat. Région de l'abdomen, située 
entre les régions épigastrique et hypogaslrique. 

MÉSOGASTRIQUE {slrik' — rad. 7nésogastre) ad}. Anat. 
Qui est situé au milieu du ventre. 

MÉSOGLOÏARIÉ, ÉE adj. Qui se rapporte au genre 

mésogloii-' ou qui ressemble à une mésogloie. 

MÉSOGLOÏE (glo-() n. f. Genre d'algues marines, carac- 
térisé par un thalle dont la partie centrale est très luisante, 
un peu molle et visqueuse au toucher. 

MÉSOGLOSSE (du préf. méso, et du gr. glâssa, langue) 
a<lj. -Vnat. Qui est situé au milieu de la langue. 

MÉSOGONE n. f. Genre d'insectes lépidoptères, famillo 
des orthosidés , comprenant 
quelques espèces de Ihémi- 
sphèro boréal. 

— EscYCL. Les mésognnes 
sont des noctuelles, d'assez 
grande taïUo, à corps épais 
et velu, à ailes éi>aissos lon- 
guement frangées. Des doux 
espèces d'Kuropo, uno so 
trouve en France : mesogona 
acetoscll,r . jaune rougeâtre, 
avec taclios cl lignes plus claires liséréos do noiritro. 

MÉSOGONIDIÉ n. f. Gonidio de lichen parvenue il un 

certain développement ot se présentant déjà sous la forme 
d'un réticule d'apparence vitrée d'où partent les produc- 
tions qui doivent constituer un nouveau végétal. 

MÉSOGONIDIQUE {dik') adj. Bot. Qui appartient ù la 
mésogonidie : Morphose MÉSouonidiqub. 

MESOHIPPUS {mé, puss) n. m. Genre do mammifères 
périssodactylcs, comprenant neuf espèces, fossiles dans 




Mésogono (rèd. d'un tiers). 



46 

los terrains tertiaires. (Les mesohippus sont des équidés 
possédant trois doigts bien développés aux pattes de de- 
vant. Le mesohippus liairdi était répandu, à l'époque oli- 
gocène, dans l'Europe et l'Amérique du Nord.) 
MÉSOHïDROMELUQUE adj. Chim. Syn. do pbbbko- 

MALIQLE. 

MÉSOÎDE (du préf. méso, et du gr. eidos, aspect) adj. 
Musiq. anc. Moyen, en parlant des tons, dans le système 
musical des Grecs: Mélopée MÛso'inR. 

— n. f. Mélopée mésoïde : La .mésoïdb convient au genre 
dithyrambique. 

Mesola, comm. d'Italie (Emilie [prov. do Ferrarc]), 
sur le bras méridional du Pô, le Pô di Goro ; 7.0G8 hab. 

MÉSOLABE (du préf. méso, et du gr. (ambancin, prendre) 
n. m. Géom. anc. Instrument de mathématiques, formé do 
trois parallélogrammes mobiles sur une coulisse qui don- 
nait des moyennes proportionnelles et résolvait mécani- 
quement le problème célèbre de la duplication du cube. 

MÉSOLE n. m. Zéolitho sodico-calcique. Syn. féroélitb. 

MÉSOLÉPIS {piss'\ n. m. Genre do poissons hétéroccr- 
ques, fossiles dans le carbonifère anglais. (Les mésolépis 
sont des platysomïdés ovales, ventrus, couverts d'écaillés 
excepté sur les flancs où elles sont très hautes, toutes héris- 
sées de petits tubercules; la nageoire dorsale, très élevée 
on avant, rejoint presque la caudale, échancrée fortement. j 

MÉSOLEPTE [lèpC) n. m. Genre de reptiles sauriens, fa- 
mille des dolichosauridés, fossiles dans les formations cré- 
tacées. (Ce sont de grands lézards allongés et grêles.) 

MÉSOLINE n. f. Miner. Silicate hydraté naturel d'alu- 
mine, cliaux, soudo et potasso. 

MÉSOLiTEn. f. Zéolithe sodico-calcique. [C'est un sili- 
cate hydraté naturel d'alumine, chaux et soude, dont la 
formule est H* (Ca, Na*) Al' Si' O", le poids spécifique 
2,18 à 2,39 et la dureté 5,5. La môsolito contient 10 p. 100 
de chaux et cristallise en aiguilles.] Variété do mésotype. 

— Mésolite d'Hauenstein, Zéolitho sodico-calcique. va- 
riété de tliomsonite. 

MÉSOLOBAIRE ibèr') adj. Anat. Qui a rapport au mé- 
solobe : Artères mêsolob.\ires. 

MÉSOLOBE (du préf. méso, et de lobe) n. m. Anat. Corps 

calleux. Syn. de mésocéphale. 

MÉSOLOGARFTHME (du préf. méso. Cl de logarithme) 
n. m. Mathém. Logarithme d'un cosinus ou d'une coian- 

gentc. (Vx.) 

MÉSOLOGIE^Jî — du préf. méso, et du gr. logos, science, 
discours; n. f. ï^artie de la biologie qui traite de l'influence 
réciproque des milieux et des organismes. 

— Encycl. On divise la mésologie on : l" mésologie spé- 
ciale, qui étudie les conditions chimiques {eau, oxygène, 
aliments, poisons) et physiques (actions mécaniques, 
pression, climat, chaleur, lumière, électricité, etc.) ae la 
vie de l'individu, les variations de ces conditions au cours 
de l'évolution géologique et l'influence qu'elles ont exercée 
et qu'elles exercent sur l'apparition et le développement 
des fonctions et des organes; 2*' mésologie gém-rale, qm 
étudie les rapports et les influences réciproques des mi- 
lieux et des espèces : distribution géographique, migra- 
tions, phénomènes adaptatifs, variations, par conditions 
mécaniques, climatiques, thermiques, épuisement ou va- 
riations du milieu liquide, respiratoire, nutritif, etc. 

On donne lo nom de mi^soloyie histolngique ou mésohis- 
tologie à l'étude de l'influence du milieu sur les éléments 
auatomiques et les tissus qu'ils constituent, et celui de 
mésomicrobiologie ou mésologie microhiologioue à l'étude 
de l'influence qu'exercent les milieux do culture et leurs 
variations de composition sur les variations morphologi- 
ques et fonctionnelles des microbes, notamment en ce qui 
concerne leurs propriétés zymogèncs, chromogènes et vi- 
rulentes. 

MÉSOLOGIQUE <jik') adj. Qui a rapport à la mésologio 
ou aux milieux ; Circonstances Mh;soLO0i(jUËS. 

MÉSOMACRE (du préf. méso, et du gr. makros, long) 
adj. Prosod. anc. Se disait d'un pied composé de deux 
brèves, d'une longue et de deux brèves, comme le mot la- 
lin puvialia. 

— n. m. : Un MÉsoMAcar;. 

MÉSOMÈDE, poète grec, né en Crète {iV s. de notre 
èrei. Il fut esclave, puis affranchi do l'empereur Adrien. 
Il avait composé un Eloge d'Antinoos et diverses poésies 
lyriques. Nous avons de lui doux épifjrrammes et un Hymne 
à Nemésis, insérés dans l'o Antbologie grecque ». h' Hymne 
à Némésis a conservé sa notation musicale. 

MÉSOMÉLÈNE n. f. Genre do cypéracécs, comprenant 
des herlios vivaces à épillots réunis en forme do capitules. 
(On en connaît six espèces, d'Australie.) 

MÉSOMÉNIE(»l) n. f. Genre d'insectes lépidoptères, fa- 
mille des érycinidés, comprenant une ceniaino d'espèces 
d'Amérique. [Les mésoménies sont des papillons do taillo 
moyenne, bruns ou fauves, avec des lignes ot uno large bor- 
dure noire ù toutes les ailes [mesomenia acttta, Brésil mé- 
ridional), ou d'un beau bleu avec taches ot lignes noires 
{mesomenia Tosca, Amazones), ou blancs, noirs et bleu 
cendré. Ils doivent leur nom à la tache ou lunule qui occupe 
le milieu do leurs ailes supérieures.] 

MÉSOMÈTRE {du préf. méso, et du gr. métra, matrice) 
n. m. Anat. Kepli du péritoine qui, chez les mammifères, 

unit l'utérus aux parois abdominales. ^ 

MÉSOMPHALE {:on — du préf. méso, et du gr.ompha- 

lus, iionit)rili n. m. Anat. Ombilic. 

— Antiq.gr. Kpitlièto donnécà Delphesetà son temple. 
que l'on considérait comme étant au centre du monde, et 
où un monolithe, ro7n;>/(rt/o.ç, marquait ce centre. 

MÉSOMPMALIE {zon', /f) n. f. Genre d'insectes coléo- 
ptères j)hytophages, comprenant plus do deux cent cin- 
quante espèces américaines. 

— K.NcvcL. Les mésomphalics sont des cassides souvent 
de grande taille, à élytres très bombés; leur livrée est de 
couleurs vives ou métalliques. Une des espèces qui remon- 
tent le plus au nord est la mcsvmphalia ephippium, des 
Etats-Unis; un'e des plus belles est la mesomphatia inx- 
qualis, do la Guyane ; beaucoup sont employées pour la ^ 
parure ; on les monte comme des piorros précieuses. 



47 

MÉSON (Ju gr. mt'sôn, des milieux) adj. Musiq. anc. 
Qui occupe le milieu, interuiédiairo : TétracnrUt: mkson. 
(Co mot n'est proprement pas un adjectif, mais un gônitii' 
pluriel grec, ce qui n'a pas d'équivalent en frauçais.) 

MÉSONANCE {nanss — du pr(5f. m<?, 6t do sonner) n. f. 
Fuusso, iiKi'ivaise consonance. (Peu us.) 

MÉSONAUTE (nâl) n, m. Genre do poissons acantlio- 
jiLércs, cojdiirenaiit une espèce des eaux douces du Brésil. 
il.o îtu'sutiauta insii/nis appartient à la famille des cliro- 
niidc^s; on lo trouve surtout dans le rio Ncf,'ro.) 

Mesonero Romands (Ramon), écrivain espagnol, 
né et mort à Madrid (1803-188:i). 11 publia, on 1831, un 
.\Ianunl de Madrid, dcscri/Kion de ta Carte y de ta Vitla. 
1)0 1832 à 183r>, il publia, en articles .séparés, la première 
série do ces Kscenas Mulrilenses, qu'il signa : un Cdrioso 
l'AHi.ANTE. Elles sont pleines d'esprit et do bon sous. Après 
divers voyages on Espagne ou à l'étranger, il donna la col- 
lection do ses articles de mteurs sous le titre do l'anorama 
Matrilense (1830-1837). Les souvenirs do ses voyages don- 
nèrent naissance à ses Jtccucrdos de viajc par Frnncia y 
Uétf/ica (1810-1841), et il compléta ses ouvrages sur Madrid 
par un Àlémuire sur l'étal de ta capitale et tes moyens de 
l'amétiurer. II fonda lo Srmanario innloresco espanol, qu'il 
dirigea jusqu'en 1842, et l'ut au nombre des premiers orga- 
nisateurs du cercle do YAtrneo. 11 était membre de l'Aca- 
démie espagnole depuis 1838. 11 lit encore paraître (1880- 
18811, tes Mémoires d'un septuaiiènaire. On a publié après 
sa mort un volume do Metamjes en prose et en vers (l»83j. 

MÉSONOTUM (toin) n. m. Face supérieure du méso- 
Ihora.v ou di'u.Mome segment tlioraciquo des insectes. (Lo 
mésonotinu porte en son milieu l'écusson ou scutuni.) 

MESONYCHIUM (»!(!, Ici-oni') n. m. Genre d'insectes liy- 
ménoplèrcs purle-aigilillou, du groupe des crocises, com- 
pren.uit des luniirs propres ù l'Amérique du Sud. 

MÉSOPE on MÉSOPODE (du préf. méso, et du gr. pous, 
podos, piod)adj. Sodil des champignons dont lo pied est au 
contre ilu chapeau. (Le mot opposé, employé pour les espè- 
ces dont le pied part du bord du chapeau, est pleurope ou 
pteuropode.) 

— n. m. Mot employé comme sous-genre pour désigner 
l'ensenilile des espèces du genre polypore dont lo pied 
est central. 

MÉSOPENTECÔTE (du préf. nn^so, et de Pentecôte) n. f. 
liiturg. Quatrième semaine après Pâques, dans l'Eglise 
grocipio. 

MÉSOPHRAGMATIQUE i /ii') adj. Zool. Qui se rapporte 
au mt'sopliragimi ; Membrane miîsophragmatique. 

MÉSOPHRAGME (du préf. mc'so, et de ptirar/nia, clôture) 
n. m. Cloison qui sépare lo second segment thoraciquo du 
troisièino. (Le mésophragme est le second diaphragme du 
lliorax des insectes; il so compose d'une membrane plus 
ou moins chitinisée, soutenue par les apodèmes chitineuses 
ot tendue entre le mésothorax et lo métathorax.) 

MÉSOPHRYON (du préf. nit'so, et du gr. ophrus, sourcil) 
n. m. Anal, l'.irtie do la face située entre les sourcils. 
Syn. de t.i.Ai(i.:LLi:. 

MÉSOPHYLLEidu préf. misa, Ot du gr. pimilon, feuille) 
n. m. l'arenchyme des plantes, interposé entre doux éni- 
dormes. (Lo mésophyilo se reneoutro surtout dans les 
feuilles; il so caractérise par la chlorophylle qu'il contient.) 

MÉSOPHYTE (du préf. méso, et du gr. plmton, i>lanle) 
n. m. Nom donné à la jiartio d'une graine germée, d'où par- 
tent les libres do la tigo et les racines. 

MÉSOPHYTIQUE (lik' — du préf. méso, et du gr. plmton. 
plante) adj. Nom donné par de Saporta à l'ère secondaire 
à cause dès caractères de sa flore, in- 
termédiaires entre ceux des végétaux 
paléozo*i(iues ot ceux des végétaux ter- 
tiaires. 

MÉSOPITHÈQUE («/;') n. m. Genre 
de singes, fossiles dans le tertiaire do 
l'Europe orientale. 

— Encycl. Lus viêsopithèques ( me- 
sopithccus) appartiennent à la tribu 
des semnopithécinés et sont intermé- 
diaires entre les semnopithèques et les 
macaijues. Leur dentition indique un 
régime autant frugivore qu'herbivore. 



MÉSON 



MESRATAH 




de mésopilhèque. 



l 



Ils avaient la quouo longue ; les membres, assez longs, 
montrent qu'ils étaient plutôt marcheurs iiuo grimpeurs. 
L'ospèco uui(iuo lie co genre, répandue dans lo niioeènc 
supérieur de la Gràco et do la Hongrie, est lo mcsopithc- 
cus i'entflici. 

MÉSOPLIE {pli) n. f. Genre dmsectes hyménopti-res 
porto-aiguillon, comprenant des formes propres aux régions 
chaudes do rAmérique. iL'espôco type du genre est la me- 
sopliaazurea, dos Antilles.) 

MÉSOPLODON n. m. Genre de mammifère? cétacés, 
comprenant vingt-cinq espèces, réparties dans presque 
toutos los mers ou fossiles dans les terrains tertiaires. 

— Encycl. Les ynésoplodons sont de grands animaux, 
dont les mœurs sont celles des dauphins. Deux espèces ha- 
bitent les mers d'Europe : mcsopludon Eiiropxus. de l'Atlan- 
tique nord ; mcsoploduii iu^c'is {Atlantique et Méditorranéc). 

MÉSOPOLOBE n. m. Genre d'insectes hyménoptères clial- 
cidiens, comprenant deux espèces de TE'urope septentrio- 
nale. (Lo mcsopolobus fasciiventris est commun en France.) 

MÉSOPONTIEN {ti-in — du gr. 7jïcsoponlios ; de inésos, 
ui est an iniliou, et poiilos, mer) ad). Myth. gr. Surnom 
e Pjseidon, qui vivait au milieu do la mer. 

MÉSOPORPHYRE (du préf. méso,, et du gr. porphurn. 
pourpre) adj. Antiq. gr. Qui a des nœuds ou des baudes de 
pourpre, en parlant d'une robe. 

— n. f. Kobo qui a des nœuds ou des baudes do pour- 
pre, comme lo laticlave des Romains." 

Mésopotamie, nom par lequel les Grecs, et après eux 
les Anciens, dcsi^Miôrent le pays compris entre l'Euphrato 
et le Tigro ; co mot grec composé signitio : entre les 
fleuves, û est entré dans le vocabulaire géographique. 
Ain.si, l'on appelle Mésopotamie soudanienne la région 
comprise entre lo Niger et son grand affluent, le Baai. 
et Mésopotamie argentine, la contrée entre Parana et 



Uruguay. La Mésopotamie asiatique, en arabe El-Djczirèh 
c'est-à-dire u lllo n, fut une région d'une opulence remar- 
quable, d'une cxceptionnello beauté, siège d'une civi- 
lisation ou plutôt d'une suite do civilisations oxtraordi- 
nairement antiques, antérieures mémo à la civilisation 
chinoise, dont il est aujourd'hui démontré qu'elle eut pour 
premiers auteurs les « familles de Hak », arrivées do la 
Chaldée par l'Asie centrale. Ses deux fleuves, lo Tigro sur- 
tout, lui versaient l'eau d'irrigation par une inlinité do ca- 
naux et rigoles, et ces canaux so prolongeaient vers lo 
midi jusqu'aux plaines sèches précédant l'Arabie Pétréo. 
Dans co coin do l'Asie régnèrent Ninive et Babylone. Ac- 
tuelleraont, la Mésopotaniio n'est plus co qu'elle fut : l'in- 
curie do ses maîtres a laissé les canaux s'oblitérer, ios 
jardins se dessécher, les villes tomber en décombres, et le 
berceau do la civilisation n'est plus qu'une terro d'Arabes 
gouvernée par dos Turcs. V. Chaluhe, AssYRiB. 

MÉSOPOTAMIEN, ENNE {mi-in, en'), personne néo dans 
l'uno des contrées appelées Mésopotamie ou qui los habite. 

-- Les MÉSOPOTAMirCNS. 

— Adjectiv. : Contrée mésopotamienne. 

MESOPS {jn('-zops) n. m. Genre de poissons acantho- 
ptères, comprenant quelques espèces de l'Amérique tro- 
picale. (Les tnesops sont des cliromidés assez grands, à 
corps comprimé, oblong ; ils ont l'arcatlc orbitaire pou sail- 
lante, los épines de la nageoire dorsale nombreuses.) 

MÉSOPYCNE (gr. mésopuknos — de méaos, qui est au 
milieu, et piiknos, fréquent) adj. Musiq. anc. Se disait des 
.sons m-jbiles du genre harmonique, dans la musique grec- 
t(ue, et du second son do chaque tétracordo. 

MÉSORCHION {ki-on — du préf. miKta, et du gr. orkhis, 
testicule) n. m. Anat. Repli péritonéal qui enveloppe lo 
testicule et lo gubemaculum testi.i dans l'abdomen. 

MÉSORECTUM (du préf. méao, et de rectum) n. m. Anat. 
Repli liti péritoine, qui soutient lo rectum en s'attachant à 
l'intestin d"uuo part, et de l'autre à la face antérieure du 
faacrum. 

MÉSORHYTIS {tiss) n. m. Genre de mollusques gasté- 
ropodes, famille des fasciolariidés, comprenant des formes 
fossiles dans le crétacé. (Les mésorhytis sont des coquilles 
en fuseau, solides, épaisses, à tours peu convexes.) 

MÉSORI n. m. Chroool. Nom du douzième mois de l'année 
solaire, chez les anciens Egyptiens. 

MÉSOROPTRE (du préf. méso, et du gr. oros, limite, et 
optomai, je vois) n. m. Portée de la visioQ distincto. 

— Encycl. V. vision. 

MÉSORRHINION (du préf. méso, et du gr. rhinion, na- 
rine) n. m. Partie du 
bec comprise entre 
les narines, chez les 
oiseaux. 

MÉSOSAn.f. Genre 
d'insectes coléoptè- 
res longicornes, com- 
prenant quelques es- 
pèces de l'hémi- 
sphôre boréal. 

— Encycl. Lesïn^- 
sosas (haplocneniia), 
sont des cérambyci- 
dés do la tribu des 
lamiinés , petits , 
courts, trapus, gris ou noirâtres, variés do iauno et de 
blanc. Los nnplocnemia curculionoides et nebulosa so trou- 
vent ou Franco.) 

MÉSOSAURE (soV) n. m. Gonro do reptiles, famille des 
mésosauridés, fossiles dans le trias de l'Afrique du Sud. 

— Encycl. Les mésosawes étaient des animaux do taille 
moyenne, lacertiformes, à longue queue, couverts d'écail- 
lés cornées, à tôto allongée et fine avec de nombreuses 
dents minces et grêles; leurs pattes à cinq doigts étaient 
organisées pour nager. 

MÉSOSAURIDÉS isô) n. m. pi. Paléont. Famille de rep- 
tiles rhyuchocéphales , renfermant les genres mésosaure 
ot voisins. — Un mésosauridé. 

MÉSOSÈME (du préf. méso, et du gr. sema, indice) adj. 
Se dit d'un crâne humain qui a un indice moyen. 

MÉSOSPERME [spertn' — du préf. méso, et du gr. 
sperma, semonce) n. m. Bot. Partie comprise entre les 
deux enveloppes d'une graine. 

MÉSOSTÈNE {slèn') u. f. Genre d'insectes coléoptères 
hétéromôres, comprenant une vingtaine d'espèces propres 
aux régions désertiques de l'ancien monde. (Losmésostônes 
sont des ténébrionidés du groupe des lentyria ; noires, plus 
uu moins luisantes, elles vivent dans les terrains arides. > 

MÉSOSTERNAL, ALE, AUX istèr) adj. Zool. Qui se rap- 
porte au iiicsu.steriuim : Saillie mésosternale. 

MÉSOSTERNUM ^du préf. méso, et de sternum) n. m. 
Anat. Partie moyenne du sternum. 

— Eniom. Face inférieure du mésothorax. (Le mésoster- 
num porte les pattes do la deuxième paire.) 

MÉSOSTICHE (stick' — du préf. méso, et du gr. stichos, 
vcrsi adj. S'est dit quelquefois d'un sonnet dont les lettres 
qui so trouvent à la césure, ou au milieu de chaque vers, 
forment un nom sur lequel on veut attirer l'attention. 

MÉSOSTOME {slom') n. m. Genre de vers turbellarîés, 
comprenant quelques espèces des eaux stagnantes d'Europe. 

— Encycl. Les mésosto)nes, t3'pe de la famille des mé- 
sostomidés, sont de petite taille, arrondis et un peu aplatis ; 
ils se développent par génération alternante. 

MÉSOSTOMIDÉS {sto) n. ni. pi. Famille de vers turbel- 
lariés rhabdocèles , renfermant les genres mésostome et 
voisins. — Un mésostomidé. 

MÉSOSTROPHONIES [stro, nî — du gr. mésostrophonia, 
mémo sens} n. f. ]>!. Antiq. gr. Jours pendant lesquels les 
Lcsl)iens faisaient des sacrifices publics, il Ou disait aussi 
JOURS mksostrophoniens. 

MÉSOSTYLÉ, ÉE (sti — du préf. méso, et du ^r. stnlos, 
style) adj. Se dit surtout de fleurs hétérostylestrimorphes. 

MÉSOT.SNION n. m. Genre d'algues, de la famille des 
desmidiées, constitué par des cellules isolées, ovales ou 
cylindriques, à contenu souvent coloré, enveloppées d'une 
niasse gélatineuse. 




Mésosa (gr. 8 fois.}. 



MÉSOTARTRATE n. m. Cbim. Soi dérivant do l'acide 

mésolartriquo. 

MÉSOTARTRIQUE (trîk') adj. Chim. Il Acirfc mésotar- 
tri'pie, Syn. do acidk taetrique isactif. 'V. tartrique. 

MÉSOTHÈQUE {Uk' — du préf. méso, et du gr. théké, 
boite; 11. m. Bot. -Nom donné à la zone inlcrmédiairo du tissu 
formant les parois de l'anthère. 

MÉSOTHÉRIUM n. m. Paléont. V. mi^trioteiérium. 

MÉSOTHORACIQUE {sik') adj. Entom. Qui so rapporte 
au mésothorax. (Lu terme de " mésoihoracique ■- s appli- 
que, chez les coléoptères dont lo mé.sonoium est caché 
par les élytres. dans la pratique, aux parties du méso- 
sternum) ; I£pisterne mésotuouaciqdb. 

MÉSOTHORAX (du ^vùi.méso, et do t/iorox) n. m. Anat. 
Partie moyenne de la poitrine. 

— Entom. Deuxième division du thorax, chez les insec- 
tes, qui supporte les ailes de la première paire cl les pat- 
tes de la seconde. 

— Encycl. Entom. Lo mésothorax, séparé du métathorax 
par la cloison appelée mésophrmjme, n'est pas apparent 
chez les insectes à. élytres, comme les coléoptères. Sa par- 
tie supérieure, ou mésonotum, no laisse voir que la pièce 
médiane dite écusson, insérée entre la base des élytres. 
La face inférieure du mésolhorxx est dite mésostcraum. 

MÉSOTRÉTEn. f. Gonro de mollusques brachiopodes, 
de la famille des discinidés, comprenant des formes fossi- 
les dans les terrains siluriens. 

MÉSOTROQUE [trok' — du préf. méso, et du gr. trokhos, 
roue, anncaiiy adj. Zool. So dit des larves d'annélides pré- 
sentant uno ou plusieurs ceintures de soies au mlliou do 
Irur corps sans en présenter d'autres aux extrémités : Les 
cliœtoptêres ont des larves mésotroques. 

MÉSOTYPE n. f. Miner. Silicate hydraté naturel d'alu- 
mino et de ^owiXg.w Mésotijpc épointèe, Zéolilbo calcico- 
potassiquo. syn. de ai'oi'UYLLITE. 

MÉSOXALATE n. m. Sel dérivant do l'acide mésoxaliquo. 

MÉSOXALIQUE {lik) adj. Chim. So dit d'un acide qui so 
forme dans la décomposition de l'acido alloxaniquo sous 
l'inlluence des bases. 

MÉSOYAGE {zo-i-af) n. m. Petite culture qui se fait à 
la br-clio. 
MÉSOZEUGBIE (du prcf . méso, ot du gr. zeugma, lien) n . m. 

Littér. Figure qui est une espèce particulière de zougme, 
et qui consiste à exprimer au milieu do la phrase ce qui 
est sous-entendu au commencement et à la fin. (Cette figuro 
n'est d'aucun emploi en français.) 

MÉSOZOAIRE \zo-èr' — du préf. méso^ et du gr. zôon, 
animal) n. m. .Vnimal composé d une grande cellule centrale, 
entourée par une couche de cellules vibratilcs plates. 

— Encycl. Le groupe des mésozoaires fut fondé par le 
savant belge Van Beneden pour les dicyéniidcs, micro- 
organismes vivant en parasites dans les feins des mollus- 
ques céphalopodes. Les mésozoaires font lo passage entra 
los protozoaires ot les métazoaires. 

MÉSOZOÏQUE; -o-ii'— même éty mol. qu'à l'art, précéd.) 
adj. Se dit des terrains de l'ère secondaire. 

Mespaul, comm. du Finistère, arrond. et à 19 kilom. 
de Morlaix; 1.025 hab. 

MESPILIE (méss. II) n. f. ZoeL Genre d'oursins réguliers, 
comprenant des formes propres aux mers chaudes. (Les 
inespilies sont couvertes de petits tubercules granuleux et 
de pi(|uants courts et grêles.) 

MESPILIFORME {mèss — du lat. mespilum, nèfle, et de 

forme] adj. Bot. Qui a la forme d'une nèfle. 

MESPILOCRINUS {mèss ^ nuss) n. m. Genre d'échino- 
derines crinoïdes, fossiles dans lo carbonifère belge. (Les 
mcspilocrimts sont des encrines à tige ronde, à calice irré- 
gulier avec base dicyclique et bras soudés sur uno partie 
de leur longueur et oiramés à l'exlrémité.) 

MESPILODAPHNE {méss) n. m. Genre de lauracées, com- 
prenant des arbrisseaux et des arbres à fleurs réunies en 
grappes de cymes, dont on connaît de nombreuses espè- 
ces, de l'Amérique tropicale et de Madagascar. 

MESPiLUSimèss, luss — mot lat.) n. m. Bot. Nom scicn- 
titiqiie du néflier. 

Mesquer, comm. do la Loire-Inférieure, arrond. et 
ù 27 kilom. de Saint-Nazaire, au-dessus de YestHoire de 
Mesquer, bordé de salines ; 1.430 hab. Port de Kercabellec, 
formé par un étier que borde un quai sur l'une de ses rives. 

MESQUIN {mèss-kin), INE [de l'ital. n\esch\no. dérivé 
de l'ar. maskin, pauvre] adj. Pauvre, qui a peu d'argent : 
L'habit d'un mesqlin sous-lieutenant. (Chatcaubr.) Il Chicbe, 
ladro : Un richard, mesquin dans son ménage. 

— Par anal-, en parlant des choses. Qui est entaché de 
parcimonie : Un repas mesquin, n Qui a peu de grandeur 
ou d'importance : Un monument mesquin. 

— Fig. Qui a peu de noblesse, d'élévation, de largeur : 
Uii auteur mesquin. Des vues mesquines. 

— En T. de b.-arts. Qui manque d'une certaine gran- 
deur ; petit, étriqué : Un genre mesquin. Un dessin mesquin. 

Le mesquin n. m. Ce qui est mesquin ; genre mesquin : 
Le mesquin a ses parlisans. 

— Syn. Chiche, crasseux, etc. V. chiche. 

— .\nton. Riche, i; Généreux, prodigue, il Plantureux. 
Il MagniUque, noble, grandiose. 

MESQUIN n. m. Techn. Syn. de mesquis. "V. ce mot. 
MESQUINEMENT! mès5-A:i)adv. D'une manière mesquine. 

MESQUINERIE {mèss-ki, n) n. f. Défaut de ce qui est 
mesquin : La mesquinerie des idées, d'une toilette. 

— Anton. Richesse, générosité, prodigalité, abondance, 
magnificence, noblesse, grandeur. 

MESQUIS (mèss-kiss) n. m. Techn. Basane préparée avec 
du redon ou redoul au lieu de tan. ii Manière de préparer 
cette basane : Basane passée en mesquis. 

MESRAGn.m.Sorte do lance arabe avec fer à auatre co- 
ches, eni]. lovée à la chasse et, chez les Touareg, à la guerre. 

MesRA'ÏM ou MisRAÏM, nom biblique de l'Egypte. 

Mesratah ou Masratah, Misratah, Mesura- 

TAH, port de la Tripolitaine, une des stations du com- 
merce de l'alfa en relation avec les autres ports de la côte 
tripolitaine, ainsi qu'à Malte et à La Canéo. 



MESROB 



MESSE 



Mesrob Maschdots, év^<jno ot savant arméDion, 
lie vers 350. mort en 441. Il fut d abord secrélairo du pa- 
triarche Norsùs l'S puis principal conseiller du roi Va- 
raztad. Ce prince ayant àlù détrôné par les Homains, 
Mesrob so tit moiuo" dans un couvent du Vasbouragan 
(382). Sacré évoque en 390, coaUjulour du pairiarcho 
Sahag, il remit on usa^o dos signes employés autrefois en 
Arménie, en inventa pTusicurs nouveaux et dota ainsi d'un 
alphabet sa lanj,'ue nationale. 11 soumit la liturgie aux ré- 
gies qui sont encore obsorvéos : les rituels arméniens sont 
appelés couramment masclidots. 

HESS [nièss — mot angl. signif. proprom. mets, repas) 
n. m. Salle où les ofliriers ou lessous-olticiers d'un m^mo 
corps so réunissent pour promlro leurs repas, n KnsomMo 
du matériel et du personnel attaché à. cet établissement. 
H Groupe des ofticiers ou dos sous-ofiiciors ainsi réunis. 

MesSAC, comra. d'UIo-et-Vilaino, arr. et à 3-i kil. do 
Redon ; 2.72i> hab. Ch. do f. Ouest. Port sur la Vilaine. 
Usines à phosphate, distillerie. Kglise romane. Ancienne 
commandorio de templiersau village du Templo. Cliàteau 
du Borhei (xvn* s. \ jardins dessinés, dit-on, par l.oINôtro. 

MESSAGE (m^-sa/ — de l'anc. franc, mes, envoyé; du lat. 
missus. mémo sons, qui donna le bas lat. missaticum) n. m. 
Commission, chose qu'on exécute sur l'ordre ou la prière 
de quelnu'un : Hemplir iiri messaor. ii Co que Ion mande 
ou quo 1 on envoie k quelqu'un : Hecevoir un messagb. 

— Kcon. rur. Dans certaines parties de l'Auvergne, 
Berger qui garde les animaux do race bovine ot domouro 
constamment avec eux dans les pâturages. 

— Féod. Kodcvanco quo le messier payait au seigneur. 

— Polit. Communication oflicioUe du 'pouvoir exécutif 
au pouvoir législatif, ou d'une Chambre ù une autre. 

— Kncvcl. Polit. Le messafje fut usité d'abord dans les 
colonies anglaises de lAmérique du Nord cl aux Etats- 
Unis. La Constitution de l'an 111 en faisait lo seul modo do 
communication entre lo directeur et les conseils. En 18i8 
et do 1871 à 1875, il y ont des messages annuels imposés 
par la loi. La Constitution do 1875 donne au président do la 
République le droit do faire dos messages qui sont lus par 
un ministre A la tribune, ou do demander par un message 
motivé uno nouvelle délibération d'une loi déjà votée. 

MESSAGER [m^-sa-jé), ÈRE n. Personne chargé© d'un 
message : Expédier mkssagkr sur mkss.vgkr. 

— Ansolum. : Conducteur do la voiture ou du coche qui 
faisait le service des dépêches, etc. ; par ext.. Ce véhicule 
lui-mAme : Partir par le messager. — Adjectiv. : Voiture 

MESSAGÈRE. 

— Fig. Avant-coureur : L'hirondelle, messagôrk du 
printemps, n l/es messagers fâcheux. Des projectiles. 

— Poétiq. Mcssafière du jour, L'Aurore, ii Messagère de 
Junon, des dieux. Iris, il Messai/cr des dieux. Mercure. 

t Messager de malheur. Porteur d'une mauvaise nouvelle. 

— Coul. anc. V'ni de messager. Frais que le perdant, 
dans un proctVs. remboursait à l'adversaire demeurant hors 
de la jiiri'li'-tion, pour ports do lettres et déplaccmonls. 

— Sv.N. : Commissiounaire, facteur, envoyé, exprès, esta- 
fette. ' 

— Prov. : On ne trouve jamais meilleur messager que 
■ol-méme. On fait ses propres atlairos mieux quo per- 
sonne. Il A messager de loin comptez vos nouvelles, On 
peut menlir impiméincnt A f^ui vient de loin, ii Ne fais pas 
d'un (ou ton messager, Il no laut pas conlier ses intérêts à 
des piTsonnes de peu clo sens. 

— P^Ncvix. liist. L'institution dos messagers apparaît 
chez les Perses, chez les Grecs, surtout chez les Ro- 
mains, qui avaioDt organisé lo cursus publicus, ou trans- 
port des messages d'Etat, à côté duquel fonctionnait une 
sorte dontrcnrise privée, les an- 
garix. Les Mérovingiens, les Ca- 
rolingiens ont eu aussi leur cursus 

fublicus. service d'Etat. Mais, à 
époque féodale, les moyens do 
communication sont rares , les 
voies do transport à peu près 
nulles. Au xiii" siècle, lUnivcr- 
sitô de Paris, pour faciliter aux 
étudiants leurs relations avec 
Jours familles, créa des suppôts 
ou agents spéciaux, divisés en 
deux classes : les grands messa- 
gers, qui étaient comme des cor- 
responcjanis intermédiaires cntro 
les étudiants et leurs familles; 
les petits messagers ou mcssa/;er$ 
votants, chargés de transporter 
les lettres, les bagages ot mémo 
les voyageurs. Louis XI, Char- 
les Vlll, Henri 11! s'etforcôrent 
d'empAchor ces messagers d'étcn- 
dro tours opérations au service 
des particuliers et de les placer 
sous leur surveillance. Louis XI 

administration, uno organisation semblable à celle dos 
raessatrers do l'Université : il créa les maitres-coureurs. 
Henri III, en 1576. institua dans chaque villo do France 
doux m/'wa'/rrtroyaiw:"' pour porter les pièces do procédure 
ot autres actes ■ et, l'année suivante, il obligea n tous cour- 
riers cl messagers » à prendre dos lettres de n messagers 
royaux ■. Richelieu organisa déliaitivemcnt los message- 
ries royales. 

— Dr. intcrn. Los messagers qui, armés ou revêtus 
de l'uniforme national, transportent des dépêches d'un 
corps de troupes ou d'une place à un autre corps ou au 
gouvernement, et sont capturés par l'ennemi, sont traités 
comme prisonniers do guerre. S ils emploient la ruse, lo 
déguisement, etc., ils sont assimilés aux espions. 

— Iconogr. Metzu. Terburg, Miéris, Pierre do Hooch 
ont souvent représenté dos Messagers. Nous cirerons do 
Metzu : le Cavalier ou /*' Messager qui attend. Terburg a 
surtout point des messagers militaires au milieu des 
camps et «les armi-ns on campagne. On a do François 
Miéris le M''sxager dt'couverl. Lo Messager empressé, de 
Barlholnmoo Brepnt)crg, est une oau-forlo gravée d'une 
pointe sorrée, délicate et spirituelle. Parmi los rouvres 
modernes, uno des plus remarquables est le Petit mes- 
sager, de Mcissonior. 

MESSAGER 'mi^-sa-ji') n. m. Xom vulgairo dos sorpon- 
tairos. V. co mot. 

Messager ( A ndrt' - Charles - Prospor ), compositeur 
français, né à Moutluçon en 1853. Elève de l'Ecolo do mu- 




Messager (xv« t.). 
voulut avoir, pour son 




sique religieuse de Xiodermeyor, il fut, à Paris, organiste 
du chreur à Saint-Sulpice en 18"*, organiste à Saint-Paul, 
nuis maître de chapelle à Sainie-Mario dos Batignolles. 
Il débuta au théâtre par quelques 
petits ballets écrits pour los Fo- 
lios-Borgére : les Vins de France, 
/■'leur W^oranyer, Mignons et vi- 
lains , puis acheva François tes 
bas bleus, do Firmin Bernicat 
(1883]. Dès lors, Messager a fait 
représenter : ta Fauvette du 7>m- 
;*/e(1885); la Béarnaise nsS5) ; les 
Veux pigeons (1886); les bour- 
geois de Calais (1887); IsoUne 
'(1888); le Mari de la re/nc (1889); 
ta JJasoche (1890); Scaramouche 
(18U1 1 [avec Georges Street] ; Ma- 
dame Chrysanthi-me (I8ï»i) ; Miss 
Dollar (1893); Amants éternels 
[IS03): M irette (1894); la Fiancée 
en /u^ene (i896Havec Lacomc]; 
le Chevalier d'Uarmentat (1896); 
les P'tites Michu (1897) ; la Monta- 
gne enchantée {\%91) [avec Xavier 
Leroux); Véronigue (1898); une Aventure de la Gutmard 
(1890). Citons encore la musique d'un drame de Paul De- 
lair, ^(?/è«e (1891), et colle d un ballet, les Bluets i \$so). 
Messager a publié aussi un recueil de mélodies vocales et 
quelques morceaux de piano. Il est entré à l'Opéra-Comiquo 
comme directeur do la musique et chef d'orchestre. 

MESSAGERIE ^mè-sa-je-ri — rad. message) n. f. Service 
do voitures, pour le transport des voyageurs et des pa- 
quets : Richelieu organisa en France les mkssagkruvS 
royales, tl Maison où est établi ce service : Aller aux mes- 
SAGKRiKS. Il Voitures employées au môme service : Voyager 
par les micssagkries. 

— Messageries nationales. Grand service do bateaux à 
vapeur sur l'Océan et la Méditerranée, fondé par une 
société de messageries, à l'époque ou l'établissement des 
chemins do fer rendit les diligences impossibles. 

— Ch. do f. et navig. Transports qui s'ert'ectuent rapi- 
dement. Il Par ext. Marchandises transportées avec les 
voyageurs : Tarif des messagkriks. 

Enxycl. Au xvin* siècle, les services de messageries 
peu nombreux, mal faits et fort lents. Tur- 
(le grandes améliorations, et forma la pre- 
mière entreprise générale de messageries. En 1809, se 



étaient encore peu nombreux, mal faits et fort lents. Tur- 

got y apporta (u 

mièfo entrepris 

constitua la Compagnie des messageries impéi-ialcs (appe- 

2U'S 



lées depuis royales ot ensuite nationales), qui conserva le 
monopolo des transports publics jusqu'en 1826, date à la- 
quelle s'organisèrent plusieurs autres entreprises. La 
création et l'extension des chemins de fer ont ruiné pres- 
que partout les entreprises de messageries. Parmi les an- 
ciennes grandes compagnies, une seule a survécu : c'est la 
compagnie des Messageries nationales. Elle se sert, pour 
ses transports en France, des chemins de fer, et, pour ses 
transports outre mer, d'un service do paq^uebots qui relie 
la France :\ l'Afrique, à l'Asie et à l'Amérique. 

MESSAGISTE (mè-sa-jissl') n. m. Entrepreneur de mes- 
sageries. 

Messala, nom d'une branche do la famille patricienne 
Valeria. Kilo devait son nom à Maximus Valorius, sur- 
nommé Messala parce qu'il avait pris Messine. Ses 
membres les plus connus sont Maximus Valerius qui, 
après avoir été lui-môme noté d'infamie, devint censeur en 
174, et Valerius Corvinus, préfet de Rome sous Auguste. 
V. Corvinus. 

MESSALIEN {mè-sa-li-in) n. m. Hist. rel. Syn. do mas- 

SAI.IFN. 

MESSALINE {mè-sa) n. f. Ancienne toilo qui se fabri 
quait en Egypte et dont on faisait commerce encore au 
xvm* siècle. 

Messaline (Valeria Messalina), impératrice romaine, 
née en 15 do notre ère, morte en 48. Elle était fille do 
Valerius Messala Barbatus, cousin de Claude. Elle épousa, 
en 41, cet empereur, dont elle fut la cinquième femme, et 
vécut d'abord sans scandale avec son mari, dont elle eut 
deux enfants, liritannicus ot Octa- 
vie. Mais Claude n'était point fait 
pour retenir l'affection d'une femme. 
Aussi Mossalino no tarda pas à 
s'abandonner à toutes les lubrici- 
tés. Quiconque était distingué par 
elle devait lui céder, sous peine de 
la vie, ot lo soir, dit Juvénal. dé- 
guisée en courtisane , elle allait 
s'offrir à la brutalité des portefaix 
do Suburre. Alin de garder son in- 
fluence sur Claude, quelle entou- 
rait d'ailleurs de jolies esclaves, elle 
lit tuer Julio, sœur do Caligula.dont 
elle redoutait la beauté; une autre 
Julie, cousine do la [)récédento, eut 
lo mémo sort. La cupidité n'était 
pas étrangère à ses cruautés. C'est ainsi qu'elle fit périr 
Valerius Asiaticus, dont elle convoitait les jardins. 

S'étant éprise do Silius, qui passait pour le plus beau 
dos jeunes Romains. Messaline ne craignit pas de l'épouser 
solonnellement. Claude, dit-on, signa au contrat, croyant 
conjurer par un mariage feint les malheurs dont les devins 
menaçaient le mari de Messaline. Mais Silius était consul : 
toutes les richesses do la maison impériale passaient dans 
la sienne ; il menaçait do devenir tout-jniissant. Les alIVan- 
chis Pallas et Nanisso résolurent d'en tlnir. Claude ouvrit 
les veux, so mit entre les mains des prétoriens, et leur 
contla sa vengeance. Silius se donna la mort; Messaline. 
n'osant so frapper elle-même, fut tuée par un tribun. Quels 
qu'aient été los dérèglements do Mossalino, ils paraissent 
avoir été exagérés sous l'influence de ses ennemis, ot en 

fiarticulier d'Agrippino. Messaline semble présenter tons 
es caractères d'une maladie bien connue aujourd'hui, la 
nymphomanie. 

' — n. f. Par antonomase, co nom est passé dans la langue 
pour désigner une femme de mœurs débauchées : (fcsl 
une Mkssalinr. 

Messaline [Rkpri^^sf.ntationr figtiréks dk). Messaline, 
statue antique en marbre blanc (Louvre), trouvée à Rome. 
L'impératrice est représentée debout, lo haut de la této 
couvert d'un voile qu'elle ramène do la main gauclio ; sur 
son bras droit est assis Britannicus enfant. On a do Mos- 




Mcssaline 
(camée antique). 



48 

saline un grand nombre de monnaies, médailles et camées. 
Mossalino tiguro au second plan, associée à Claude, dans 
un camée célèbre du musée de Vienne; ello y est repré- 
sentée on buste. Un camée du cabinet des "médailles la 
représente en pied, dans un char irainé par des dragons 
ailés, à c6té de Claude assimilé ù Tript^dème; ello-mômo 
est assimilée à Cérôs. La liihliothèque nationale possède 
encore uno sardoino à trois couches. Messaline y est 
figurée seule en bdste, ponant uno couronne do laurier. 
Rubens voulut faire lui-même une copie de ce camée. 

Messaline (Statilia Messalina), impératrice romaine, 
Iroisiémo femme do Néron, après Oclavie et Poppée, néo 
vers 35 do notre ère, morte à uno date inconnue. Elle eut 
do nombreux amants dès sa jeunesse, parmi les*|uols ÎSéron 
lui-mémo. Très recherchée, elle épousa d'abord un ami de 
Néron, Atticus Vostinus, que Néron tit tuer quand il s'éprit 
de Messaline, à qui il s'attacha sérieusement. Après la 
mort de Néron, Alessaline reprit lo cours de ses galante- 
ries et excita l'amour d'Olhon, successeur de Galba. 

Messancy, comm. de Belgitpie (Luxembourg [arrond. 
d'Arlonj), sur un sous-affluent de la Meuse, par Ta Chiers ; 
2.12-t hab. 

MESSAPE (m^-jAp") n. m. Genre d'araignées, voisin des 

jnicariti et propre à l'Afrique nu-ndionale. 

MesSAPE, héros éponyme des Messapcs de Béotio, do 
Locride et de l'Italie méridionale. — Roi d'Etrurie, fils do 
Neptune et invulnérable. Il était habilo à domptor les 
chevaux; clans l'Enéide il seconde Turnus contre Enéo. 

MesSAPIE (lat. Messapia), contrée tic la partie méri- 
dionale de l'Italie ancienne, qui comprenait, dans la région 
généralement désignée sous lo nom do Orandf-Grècc, les 
pays des PcdicuH, des Calahri et des Messapii. 

Sur les côtes s'étaient développées les colonies do Brin- 
des, Tarenlo, Maleolcs, Acherontia, etc. Régions monta- 
gneuses, sauvages, tardivement conquises par Rome, et 
comprises, sous l'empire, dans la deuxième division do 
l'Italie ; c'est la Calabre actuelle. 

Messapien, ENNE (mè-sa-pi-in, en'), personne néo en 
Messapio ou qui habitait ce pays. — Les Messapiens. 

— Adjectiv. : Population messaimknm;. 

— n. m. Langue des habitants de la Messapio. 

— Encycl. Linguist. Le messapien ou niessapigue est 
connu par un certain nombre d'inscriptions réunies par 
Mommsen dans ses w Dialectes de l'Italie méridionale » 
(1850), et par Fabretti dans son « Corpus n (1872-1877 ; ap- 
pendice par Gamurrini IlssOj!. Cet idiomo, de la famifle 
indo-européenne, semble apparenté à l'albanais, qui lui- 
mémo reprcseuto sans doute uo des anciens dialectes il- 
lyriens. 

MESSARAS [mé-sa-rass] n. m. Genre d'insectes lépido- 
ptères rhopalocères, famille des nympliali<iés. comprenant 
une dizaine d'espèces, répandues' de l'Iodo à l'Australie. 
(Ce sont de jolis papillons aux ailes courtes, arrondies» 
les supérieures entières, les inférieures dentelées.) 

Mï:sSAROS (Lazare). Biogr. V. Meszaros. 

MESSE {méss — du lat. d'église missa, proprem. « action 
do renvoyer «) n. f. Dans la religion catholique. Sacrifice 
du corps'ct du sang de Jésus-Christ, offerts sur l'autel sons 
les apparences du pain et du vin, pour représenter et conti- 
nuer le sacririce do la croix : I)ire, Célébrer la mkssk. 

— Fam. Honoraire donné à un prêtre pour qu'il dise une 
messe à uno intention déterminée : Prêtre pauvre qui vit 
de SCS messes. 

— Loc. div. Fonder utie messe. Attribuer des fonds à la 
rétribution du prêtre qui dira, à certaines dates, une messe 
à une intention déterminée, à perpétuité ou pendant un 
certain temps, ii Faire dire une messe, des messes pour un 
défunt. Faire célébrer une messe, dos messes, pour le re- 
pos de son âmo. il Composer une jnesse. Ecrire fa musique 
d'une messe, il Livre de messe , Livre qui contient l'oflice 
de la messe et des prières à l'usage de ceux qui y assis- 
tent. Il /*«)• /a mes«e. 'Sorte de juron ancien, il Chanterniesse, 
Dire sa première messe, en parlant d'un prêtre nouvelle- 
ment oraouiié. Il Fam. Messe de chasseurs ou de voyageurs. 
Messe brève et qui so dit de très bonne heure. (On disait 
autrefois Messe matineuse ou matinelle.) il iMesse musquée. 
Celle qui se dit la dernière et où vont les dames qui n'ont 

fas dos habitudes matinales.'! Enfant de la messe de minuit, 
)éltauché qui passe les nuits dans les lieux suspects, il // 
va à la messe des morts, il y porte pain et vin. Il mango 
avant d'aller :'i la messe, ii // ne va a la inesse m à prêche, 
Il n'a aucun principe religieux, ii Fam. Dire une messe basse, 
Parler tout nas. 

~ pRov. : II ne faut pas se lier à un homme qui entend 
deux messes, Les dévotions outrées ne sont pas une 
prouve d'honnêteté. 

— Liturg. Grand'messe, Messe solennelle (quelquef. 
Grande inessc, Messe haute), AI esse dont certaines parties 
sont chantées, los unes par lo prêtre, les autres par 
des choristes ou par l'assistanco. ii Messe en musigue. 
Messe célébrée avec une musique autre que le plam- 
chant. Il .Messe basse. Petite messe. Messe dont toutes les 
paroles sont lues et récitées et non chantées, il Messe 
privée. Colle où il n'y a pas de communiants, it iVcmiére 
mc55(?. Celle qui so dît avant les antres.— Première des 
messes qu'un prêtre célèbre après son ordination, n Messe 
de minutt, Messe qui so célèbre à minuit, dans la nuit 
du 21 au 25 décembre, à l'occasion do la fêle de Noél. 

Il Messe latine, romaine ou grégorienne, Celle qui se ce* 
lèbro suivant le rit romain, ii .\Iessc a/ubroisienne. Celle 
qui so céièbro suivant le rit de Milan. (V. LiTtBC.iii.) 

Il Messe grect^ue. Celle qui se célèbre suivant le rit grec. 

w Messe gallicane. Messe du rit observé autrefois d?Tts 
les Gaules. (S'est dit aussi de la messe célébrée selon lo 
rit parisien.) Il Messe anglicane. Messe dito selon lo rit 
autrefois observé en Angleterre, n Messe mozarabe, moza- 
rabiquc ou des Espagnes, Celle qu'on célébrait suivant lo 
rit mozarabe, ii Messe gothique, Colle qu'on célébrait sui- 
vant lo rit dos Golhs, "qui étaient ariens, n Meuse des ca- 
téchumi'nes. Partie de la niesso qui précédait l'nblalion, et 
après laquelle les catéchumènes sortaient de l'église. Il J/c*«e 
du jugement, CoHo nui se disait avant do soumettre un ac- 
cusé aux épreuves du jugement de Dieu, il Messe des pré- 
sanctifiés. Messe du venuredi saint, qui so dit avec uno 
hostie consacrée préalablement, c'est-à-dire pendant la 
mosse du jeudi 'saint, n Messe .sèche. Colle qu'aurait cé- 
lébrée autrefois, sans consacrer, un prêtro ayant déjà 
communié, ot qui n'était point une messo, mais une simplo 



— 02 



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cérémonie religieuse sans caractère sacramentel. (On l'ap- 
pelait aussi parfois Messe nautique, parce qu'on la cé- 
îôbrait, dit-on, sur les navires.) il Messe du chfpur, com- 
mune ou conventuelle, Messo dite dans une communauté, 
et à laquelle tous les membres doivent assister, ii Messe 
de paroisse. Celle qui est accompagnée dos annonces et 
souvent d'une instruction, ii Messe au Saint-Esprit, Celle 
(lu'on célèbre pour implorer l'assistance do Dieu, lors 
<lo quelque inauguration, il Messe rouge (dite aussi Messe 
du Sanit-Esprit). Sous l'ancien n'rgime, Messe que les 
cours souveraines do justice faisaient célébrer après 
les vacances, pour leur rentrée, et à laquelle elles assis- 
taient en robes rouges. — De nos jours, Nom donné spécia- 
lement à la messo qui, dans les mf'^mes circonstances et à 
la mémo occasion, était célébrée devant l'ensemble dos 
magistrats parisiens. (Cette messo, qui, depuis 1853, ("'tait 
dite dans la Sainte-Chapelle, a été abolie en l'JOl.) il Messe 
de Ifeata ou de la Vierge, Messe d'un saint. Celle que l'on 
otrre à Dieu par l'intercession do la 
sainte Vierge ou d'un saint, dont les 

fiariios variables do la messe coIèI)roût 
souvenir ou implorent la protection. 
Il Messe de la férié. Celle qui est réglée 
par le jour de la semaine oii l'on est, 
parce qu'U n'y a ce jour-là ni Côte so- 
tennoUo, comme Noiil, l'Ascension, etc., 
m féto do saint, il Messe des morts, des 
trôpassés, de requiem, Collo que l'on dit 
pour le repos de l'àmo des morts, et dont 
l'introït commenoo par le mot latin 
Requiem, il Messe du jour, Celle selon 
le rit du jour où on la dit. ii Messe vo- 
tive. Celle que l'on dit pour quelque 
cause particulière , et (jui n'est pas 
conforme au rit du jour où on la cé- 
lèbre. !i Messe de la pie. Messe qu'on 
célébrait autrefois on mémoiro de la 
condamnation injuste (tu une servante 
do Palaiseau avait suoie pour un vol 
qu'une pie avait commis. 

— Occult. Me<ise noire. Cérémonie du 

fialladismo ou culte infernal, parodie 
icenciouse do la messe catboliqno. 

— Ai.LUS. HiST. Paris vaut bien une 
messe, Mot fameux qui aurait été pro- 
noncé par Henri IV, au moment de sa 
conversion au catholicisme. Son authen- 
ticité a été contesiée, mais il s'accorde 
admirablement avec l'un dos côtés sail- 
lants du caractère de co prince : la 
ruse, la finesse adroite et la g;ogue~ 
nardiso. Le mot aurait été dit par 
Henri IV, lorsqu'il assiégeait Paris 
pour conquérir son trône. En réalité, 
la conversion était depuis longtemps 

dans sa pensée, et il l'avait môme promise aux catholiques 
do son parti. Mais il semble que l'origine de ce " mot histo- 
rique » se trouve dans une anecdote racontée dans les Ca- 
quets de l'accouchée. Le duc de Rosny disait un jour au roi 
Henri, qui lui demandait pourquoi il n'allait pas à la messo 
aussi bien que lui : « Sire, siro, la couronne vaut bien une 
messe. » On le rappelle, le plus souvent avec des variantes 
appropriées aux circonstances, quand une personne sa- 
crifie à son intérêt co qui est ou paraît être son devoir. 

— Encycl. 1" Théol. D'après la doctrine traditionnelle 
de l'Eglise catholique, résumée et déllnio de nouveau par 
lo concile de Trente {Sess. XXH}, l'eucharistie est non 
souloment un sacrement, mais, dn plus, un véritable sa- 
crifice. En se rendant présent sur l'autel, sous les espèces 
du pain et du vin (v. EOCUARisrii:). Jésus-Christ y conti- 
nue lo sacrilico do la croix, mais sous la seule forme dé- 
sormais possible: d'une manière mystique, non sanglante. 
La parole sacerdotale, qui semble appeler isolément, 
comme si elle les séparait avec violence, son corps sous 
l'espèce du pain et son sang sous l'espèce du vin, bien que 
l'un et l'autre le contiennent tout entier, est le souvenir et 
la ligure de sa mort. Aussi la messe consisto-t-ello essen- 
tiellement dans la consécration des deux espèces. Elle a 

fiour principal ministre Jésus-Christ lui-même, s'immo- 
ant sur l'autel comme il s'est immolé au Calvaire. Les 
prêtres no font que lui ptèter leur ministère extérieur, en 
accomplissant le commandement que les apôtres reçurent 
de lui, pour eux et leurs successeurs, lorsque, après avoir 
célébré dans la Cène la première des messes, il leur dit : 
H Faites ceci en mémoiro de moi. n 

Le sacrifice eucharistique est le centre même de toute 
la religion chrétienne; aussi l'Eglise catholîquo fait-elle 
aux lidèlos un grave devoir d'y assister, au moins chaque 
dimanche et à chacune des grandes fêtes de l'année ; elle 
leur recommande en mémo temps d'y prendre part les 
autres jours, lo plus souvent qu'il leur est possible. Sur 
l'autel, comme sur la croix, Jésus -Christ s'oftVe pour 
adorer, remercier, implorer, apaiser son Père, au nom 
do l'humanité qu'il représente et pour laquelle il prio 
ot s'immole ainsi éternellement. 1 elles sont les quatre 
grandes fins de la messe. En considération des mérites 
infinis que la divinité do la victime donne à ce sacrifice, 
l'Egliso permet au célébrant d'appliquer, de plus, son 
intention à des fins particulières, que la morale chré- 
tienne autorise, comme le bien spiriiuol ou temporel des 
vivants, la délivrance des âmes du purgatoire ou la glori- 
fication des saints; elle lui reconnaît en même temps lo 
droit de recevoir, des personnes pour qui il dit ainsi la 
messe, une offrande appelée kouoraire. La messe, étant 
l'acte d'adoration par excellence, n'est otierte qu'à Dieu ; 
s'il y est fait mention des saints, c'est pour remercier Dieu 
des grâces qu'il leur a accordées et l'honorer en leur 
personne. 

2" Liturg. Dans les premiers temps do l'Eglise, le sa- 
crifice eucliaristique était désigné, en Orient, sous le nom 
do synaxe (communion) ou de liturgie (prière'; en Occi- 
dent, sous ceux de cène, ablation, communion, mystères. A 
partir du'iv* siècle, les Grecs adoptèrent le terme de litur- 
gie, dont ils se servent encore aujour-d'hui, et les Latins 
celui de messe, qui tire sou origine de la formule latine 
Ite, jnissa est (l'assemblée est dissoute ou renvoyée), em- 
ployée aujourd'hui encore à la fin de la cérémonie. 

La messe se compose de parties d'importance inégale. 
On y distingue : la considération des deux espèces, qui est 
absolument essentielle ;ia conununion du prêtre, considérée 
par les théologiens comme partie intégralité du sacrifice; 
enfin, les cérémonies accessoires, ajoutées par l'Eglise â 



MESSÉANCE 



MESSENIE 



différentes époques, et que le prêtre ne pourrait omettre 
volontairement sans manquer gravement à son devoir. Dans 
les premiers siècles du christianisme, on divisait la messe 
en deux parties, appelées : l'une la messe des catéchumè- 
nes, l'autre la messe des fidèles. La première allait du com- 
mencement à l'offertoire et pouvait être entendue dos sim- 
ples catéchumènes; la seconde était rôsorvéo aux seuls 
fidèles, instruits et baptisés; elle commençait aussitôt 
après lo départ des catéchumènes, congédiés par lo dia- 
cre. Aujourd'hui, les liturgistes distinguent habituelle- 
ment dans la messo : l" la préparation, qui comprend le 
psaume Judica me et lo Confiteor, récités par le prêtre au 
pied de l'autol: 2" l'instruction, renfermant le Kyrie, le 
Gloria, les Collectes, VEpître, lo Graduel ot V Evangile ; 
3" l'ablation ou offertoire, c'est-à-dire l'offrande du pain et 
du vin (jui doivent servir au sacrifice ; X" le canon, la par- 
tie la plus importante de la messo : précédé do la Préface 
ot du Sanctus, il comprend des formules et des prières de 




La Messe de Bolsène, d'après Raphafll. 

la plus haute antiquité, où le célébrant, après avoir in- 
tercédé pour l'Eglise militante, et demandé l'appui de 
l'Eglise triomphante , consacre le pain ot le vm, qu'il 
élève aux yeux des fidèles et implore enfin pour l'Eglise 
souffrante, c'est-à-dire pour les âmes do ceux qui no sont 
plus; 5" la communion du prêtre, sous les doux espèces, 
suivie de celle des fidèles sous la seule espèce du pain; 
6° enfin, r«c^ion rfe g-rdces, qui comprend l'antienne appe- 
lée Communion, l'oraison nommée Postcommunion, la oé- 
nédiction dos fidèles par le célébrant et le dernier Evan- 
gile. Le pape Léon XIII a prescrit de dire ensuite quelques 
prières, mais elles no font pas partie de la messo. Le 
prêtre seul ot l'ôvêquo peuvent offrir le sacrifice eucha- 
ristique. Us revêtent, quand ils l'offrent, Vamict, l'aube, le 
cordon et les ornements sacrés, c'est-à-dire le manipule, 
Vétolc ot la chasuble. Ces ornements sont do différentes 
couleurs, selon la fête du jour. Les vases sucrés néces- 
saires pour la célébration de la messe sont le calice et la 
patène. Il faut aussi uncorporal, contenu dans la fiouj'se, un 
i'0(7epour recouvrir le calice, une pale et un purificatoire ; le 
missel contient les prières liturgiques. La messe no peut 
être offerte que sur un autel consacré, fixoou portatif; cet 
autel doit être surmonté d'un crucifix et éclairé au moins de 
deux cierges do cire. Le prêtre est assisté, aux messes 
basses, d'un servant, aux messes chantées d'un diacre et 
d'un sous-diacre. Le célébrant, qui communie toujours, doit 
avoir observé le jeûne eucharistique. Aussi la messe est-elle 
célébrée seulement le matin, c'est-à-dire depuis le lever 
du soleil jusqu'à midi et même une heure. En règle géné- 
rale, un prêtre n'a pas le droit de dire plus d'une fois la 
messo dans un seul jour. Cependant, pour faciliter aux 
fidèles l'assistance à la messe, les évê(|ues peuvent per- 
mettre de biner. (V. ce mot.) Par exception, le jour de Noël, 
il est permis à tous les prêtres de célébrer trois fois à par- 
tir do minuit. 

En ce qui regarde la messe, toutes les communions 
protestantes s'accordent pour rejeter, d'une manière ab- 
solue, l'enseignement et les usages de l'Eglise catholique. 
Mais elles pratiquent la cène. (V. communion.) Au contraire, 
avec les Eglises sdiismatiques d'Orient, les divergences 
ne portent que sur quelques coutumes et certaines céré- 
monies d'importance secondaire. 

— Musiq. Il semble que c'est vers le milieu du xiv s. 
que les compositeurs commencèrent à traiter en musique 
figurée celles des parties de la messe qui jusqu'alors n'é- 
taient exécutées qu'en plain-chant, c est-à-dire lo Kyrie. 
le Glona, lo Credo, le Sanctus et VAgnus Dei. Un grand 
nombre de musiciens de la grande école gallo-belge de 
la Kenaissanco : Obrecht, Jean Okeo;hem, Jasquin Deprès, 
Roland de Lassus, Jean Mouton, Cyprien de Kore, etc., 
se distinguèrent sous ce rapport. Souvent le composi- 
teur prenait pour thème de sa messe une des mélodies 
du plain-chant, qu'il travaillait à l'aide du contrepoint 
et de l'imitation, et qui reparaissait tout le long de l'œuvre. 
Aussi arrivait-il que co thème donnait à son nom la messe, 
et qu'on eut ainsi les messes Gaudeamus, Ahna liedempto- 
ris, Ave Maria, Alléluia, Regina Mater, etc. Les musiciens 
substituèrent plus tard à ces thèmes religieux des airs de 
chansons populaires parfois sans doute inoffensives, mais 
ensuite licencieuses, voire obscènes, qui causaient dans 
l'église de véritables scandales. C'étaient les chansons 
fameuses : Las! bel amy, A l'ombre d'un buissonnet, l'Ami 
Baudichon, O Vénus la belle! etc. En 1562, le concile de 
Trente s'occupa de réprimer ce scandale, et le pape Paul IV 
forma, à cet effet, une congrégation qui établit que les 
motets et les messes ne pourraient être chantés à 1 avenir 
sur des paroles mélangées ou farcies; ensuite, que les 



messes composées sur des thèmes de chansons profanes 
et licencieuses seraient exclues de la chapelle pontificale; 
enfin, que les motets écrits sur des paroles do fantaisie oe 
seraient plus exécutés à l'avenir. 

Ces décisions sévères pouvaient mettre en péril la mu- 
sique religieuse et la remplacer par l'unique plain-chant. 
Deux des membres do !a congrégation, les cardinaux Vi- 
tellozzi et Charles liorromée, firent arrêter que Palcstrina 
serait chargé d'écrire une messe purement ecclésiastique, 
dont serait exclu tout souvenir profane, et que cette messe 
devait être telle que, malgré l'enchaînement nécessaire 
des fugues et do Vharmonie, non seulement le sens du 
texte, mais même chaque mot pourraient être distincte- 
ment entendus. Il fut ensuite convenu que, si Palesirina 
réussissait dans son entreprise, l'usage de !a musique figu- 
rée serait maintenu dans les églises, mais que. dans le cas 
contraire, lo décret du concile de Trente serait rigoureu- 
sement exécuté. Palestrina écrivit alors trois messes pour 
lo service de la chapelle pontificale, 
dans les conditions prescrites, ot ces 
trois messes, la dernière surtout, exci- 
tèrent à ce point l'admiration qu'on 
résolut de conserver à l'église l'usage 
do la musique figurée. Le nombre des 
messes en musique écrites depuis est 
incalculable. H suffit de citer les noms 
do Jean-Sébastien Bach. Haydn, Mo- 
zart, Beethoven, lo Père Martini, 
Alexandre Scarlaiti, Paisiello, Chcru- 
bini, Lesueur. Gounod, qui tous en ont 
écrit un grand nombre. 

— Iconogr. La consécration eucha- 
ristique est représentée d'une manière 
symbolique dans une fresque de la ca- 
tàcumbe de Calliste : sur une table sont 
placés un pain et un poisson, emblèmes 
du Christ; d'un côté do cette table, un 
personnage debout, vêtu dun pnllium, 
impose les doux mains sur ces otrrandes. 
et, do l'autre côté, une femme lève les 
bras vers le ciel. I^ Sacrifice de Ui 
messe a été représenté par A. Van Die- 
ponbeck, Jean Van Hemessen (musée 
de Bruxelles), par Jean Mostacrt(mêm6 
musée), etc. 

Suivant une tradition, en 1263, sons 
le pontificat d'Urbain V, an prêtre, qui 
doutait de la transsubstantiation, au- 
rait vu couler le sang do l'hostie qu'il 
venait do consacrer, en célébrant la 
messo dans l'église Sainte-Christine, A 
Bolsène. Ce miracle a fourni le suj«i 
do l'admirable fresquo de Raphaël aa 
Vatican, la Messe de Bolsène. 
Lo musée du Louvre possède un ta- 
bleau de Subleyras représentant la Messe de saint Ba- 
sile : au même musée est la Messe de saint Martin, pointe 
par E. Le Sueur. La Messe de saint Grégoire est retracée 
dans un retable flamand du xv siècle, et dans une pein- 
ture d'une chapelle portative allemande de la même 
époque (musée de Cluny). Le même sujet est représenté 
dans un tableau attribué à Jean Van Eyck ou â Rogier 
Van derWeyden. Parmi les pointures modernes, nous si- 
gnalerons : la Messe à un autel privilégié, parOranet; la 
Première Messe en Amérique, par Blanchard; ta Première 
Messe en Kabylie, par H. Vernot ; etc. 

MESSÉANCE [mè-sé-anss) n. f. Défaut de ce qui est mes- 
séant ; La MESSÊANCE^ii'iV y a rf'f'/reiv'euxe^ amoureux. (Volt.) 
11 Chose qui sied mal; Dire des messéances. (Vx.) 

MESSËANT (m^-s^-an), ANTE adj. Qui messied, qui ne 
sied pas : Parole messéante. Habits mkssÉants. 

— Syn. Messéant, malséant. 

— Anton. Séant, bienséant. 

MCSSEI, ch.-l. de cant. de l'Orne, arrond. et à 17 kilom. 
do Domfront; L125 hab. Ch. do f. Ouest. — Le canton a 
10 comm. et 8248 hab. 

MesSEIX, comm. du Puy-de-Dôme, arrond. et à 52 kilom. 
de Clermont, près des gorges do la Dordogne naissante; 
2.104 hab. Cil. de f. Orléans. Mine de houille et d'antimoine 
sulfuré. Eglise du xi' siècle, avec portail du xiii". Tumu- 
lus. A Vedrines, murs romains et souterrains. 

MessÈNE, villo de la Grèce ancienne (Péloponèse), ca- 
pitale do la Messénie, située au pied du mont Ithômo, 
dont l'acropole couronnait le sommet. A en juger par son 
énorme enceinte, Messène était la place la plus impor- 
tante do la Grèce. Elle fut cependant prise et détruite 
par les Spartiates, et ses habitants furent dispersés. Après 
la bataille de Leuctres, Epaminondas reconstruisit leur 
ville, et en fit de nouveau une redoutable place forte. 
Démétrius Phalôre et Nabis, tyran do Sparte, l'assiégè- 
rent vainement. C'est près de Messène que Pbilopœmen, 
chef de la ligue Achéenne, dont les Messéniens venaient 
de se détacher, fut pris par ceux-ci dans une bataille dé- 
cisive, et condamné quelques jours après à boire la ciguë. 
Sa mort fut vengée par Lycortas, qui prit et ch&tia la 
ville. Il n'en reste aujourd'hui que des ruines éparses, au 
village de Mavramatia ou Mavromati. 

Messène. Myth. gr. Fille de Triopas, roi d'Argos. 
Elle épousa Polycaon, fils d'un roi de Laconio, et le poussa 
à conquérir le pays qui, de son nom, s'appela J/««t'Hie. 

MesSENHAUSER (César-Wenzei), homme politique 
allemand, né à Prossnitz (Moravie) en 1813, fusillé à Vienne 
en 1848. Officier d'infanterie, il fut chargé, en 1848, au 
moment do la révolution viennoise, du commandement 
provisoire de la garde nationale de Vienne. Lorsque AVin- 
dischgratzso fut emparé des faubourgs, il capitula (30 ocl.), 
mais reprit le commandement de la garde, à la nouvelle de 
l'approche des Hongrois. 11 fut fusillé peu après. Il avait 
écrit quelques ouvrages : Désert et parterre {im): Histoires 
sérieuses (1848) ; le Conseiller (1849) ; Nouvelles et conte* 
(1849) ; Derniers contes et nouvelles (1850). 

Messénie (lat. Messenia), contrée de la Grèce an- 
cienne, bornée au N. par l'Elide et l'Arcadio, à l'E. par la 
Laconie, au S. et à l'O. par la mer Ionienne. Elle compre- 
nait le bassin du Pamisus, divisé en deux régions dis- 
tinctes, dont l'une, la plaine de Stenycleros, est étroite et 
peu fertile, tandis que l'autre forme une plaine immense, 
qui mérita par sa fertilité le surnom de .T/ncana (bienheu- 
reuse). La seule ville importante de l'intérieur était 



VI. 




Monnaie de Mcasénie. 



MESSÉiME — ■ MESSIN 

JHessène. Les principales villes de la côte occiJcntalo étaient 
Pylos, le moilll'ur port do tout le Péloponèsc, et Méihono. 
Dans le golfe du Mossc^nio, Ton trouvait Asino.Colotiidos. 
Kpôa(plus tard Coronée). A l'extrémité du golto s"élovait 
l*hères, et, sur la côte orionlalo, Abia ot Leuctres. 

— Histoire. La Messc^nio, au temps do la guerre do 
Troie, appartouait iMônélas, sauf Pylos, dont li^s princes 
finirent par (>tro les maîtres do toute la contrée. Aprôs 
l'invasion dorienne, elle échut en partage à Cresphonto. qui 
fit de Stenvcleros sa capitale. Vers le milieu du viii* siècle 
av. J.-C./lo massacre des habitants d'Amphéia par los 
Spartiates maniua le début des guerres de Messénie 
(143 av. J.-C). Après vingt années d'une lutte acharnée 
contre Sparte, 
losMessenions 
furent vaincus 
ot rendus ii la 
conditiun d'ilo- 
tos. Au bout do 
irentonouf an- 
nées, ils repri- 
rent les armes, 
sous la con- 
duite d Aristo- 
mène (085); 
mais ils suc- 
combèrentdo uouveani en 008. Beaucoup quittèrent la Mes- 
sônie, et, sous los ordres des fils d'Aristomône, firent voile 
pour l'Italie, où ils s'établiront à Khogium. Plus tard, ils 
s'emparèrent de Zancio, sur la côto do Sicile, et lui don- 
nèrent le nom do Mossène (auj. il/e5«tne). Los Messéniens 
ao révoltent do nouveau en \G\ ; c'est la troisième t/uerrc de 
Afessénic, qui dure dix ans. A la fin, les insurgés doivent se 
rendre; ils obtiennent do quitter le Péloponôsc ot, sur l'in- 
vitation d'Athènes, s'établissent à Naupacto. Lorsque les 
Sparlialos furent devenus maîtres de la Grèce, les Mossé- 
nions durent quitter cet asilo. Mais, après la bataille do 
leuctres, Kpaminondas invita les Messéniens exilés on 
Italie, en Sicile ot dans toutes les parties do la Grèce, à 
rentrer dans leur patrie (361). Ils accoururent et rebâtiront 
Mossèoo. La Mossénio demeura Ktat libre jusqu'à l'époquo 
de ta dissolution de la ligue Acliécnno. 

MessÉNIE, prov. do la Grèce méridionale (Péloponôso), 
comprenant ia péninsule occidentale de laMoréc, terminée 
par le cap (iallo, et limitée au N. par le cours du Hou- 
phia. Superf. : 3.411 kilom. carr. ; pop. 156.000 hab. Ch.-l. 
Kalamatn. Sol montagneux, fertile, mais faiblement cul- 
tivé. Oliviers, mûriers, magnaneries, quelques vignobles. 

MessÉNIEN, ENNE {mé-sè-ni-in, en'), personne née en 
Mossénio ou qui habitait ce pays. — Les Messicnikns. 

— Adjoctiv. Qui appartient à la Messénio ou ù. sos ha- 
bitants ; L histoire mksskniknnk. 

Hesséniennes (lksj, poésies do C. Dolavignc. — Les 
douze pièces qui composent ce recueil furent publiées do 
1818 à 18*22; ce sont dos élégies inspirées par les revers 
de 1815 : la Bataille de Waterloo, la Dévastation du must'c 
et des monuments ; olc; deux poèmes sur la Vie ot la 
Mort de Jeanne d'Arc (1819); dos chants sur los malheurs 
de la Grèce esclave; dos pièces d'inspirations diverses : 
Parthénopc et l'Etrangère ; le Voyageur; A Napoléon ; lord 
Ityron (1822): otc. La plupart do ces morceaux dévelop- 
peot des idées de patriotisme, do libéralisme et d'indé- 
pondance : d'où leur titre do Messéniennes, par allusion à 
l'oppression dos Mossénions par les Spartiates. Il faut y 
louer la sincérité des sentiments. Mais le lyrisme de Do- 
lavigne, avec sa forme étroitement classique, son appareil 
suranné d'interrogations, d'apostrophes et d'exclamations, 
parait bien froid et bien factice auprès do l'inspiration 
dramatique do Hugo ou do Lamartine. Les Dernières Mes- 
téniennes (1827) no rencontrèrent pas le succès qu'avaient 
ou les premières et leur sont en etfet inférieures. 

McsseniuS (Johannes), historien et auteur dramati- 
que suédois, né en 1579. mort à Uleaborg en 163G. Il fut 
nommé par loraporeur Rodoljiho a poeta Carsareus », et 
devint en 1600 professeur do droit à Upsal. Kn 1613, il 
fut nommé conservateur des archives, ot (1614) assesseur 
do la haute cour suédoise. Condamné à la prison perpé- 
tuelle sur une accusation d'entente avec les jésuites (1616), 
il fut envoyé à Kajaneborg. près de la frontière russe, où 
il put néanmoins continuor ses travaux historiques. Il a 
laissé les drames les plus originaux do l'ancienne litté- 
rature suédoise : Disa (1611); Simili (1612); etc., et une 
œuvre historique considérable : Chronicon episcoporum pcr 
Sueciam, etc. (161 1); Thcatrnm nobilitatis Succanx (1616); 
Hcondia illustrata (1700-1705); otc. 

MeSSENIUS (Arnold Johan), historien suédois, fils du 
précédent, né à Dant/ig on 1G08, décapité à Stockholm 
en 1651. Il fut. on 1646, nommé historiographe d'Etat ot 
(1647) anobli. Englobé dans le procès do son fils, Arnold 
Mosscnius (1629-1651), qui avait adressé au prince héritier 
un pamphlet contre la roino Christine, il fut décapité; le 
même jour, son fils fut écartolé. 

UESSEOIR [mi-'Soir' — du préf. mes. et de seoir : Je mes- 
aieds, tu mesaieds, il measied, nous messeyons, vous messei/ez, 
ih messeyent. Je messeyais , nous messeyiona. Je mcssiérai, 
nous messiérons. Je mcssiérais, nous messiërions. Que je mes- 
seye, que nous mcsseyions. Mcsséant, ante. Les autres temps 
no sont pas usités, ot, à. tous les temps, les troisièmes 
personnes lo sont presque seules! v. n. Etre malséant : 
7/ ne MESSiRD pas mt}me au vieillard d'apprendre. (Stobée.) 
Il Aller, convenir mal : Coiffure qui mkssii:u à un homme. 

— Anton. Seoir. 

MESSER imè-sèr — mot ital., correspond, au franc, mes- 
$irc) n. m. t^ara. Monsieur, soignour : 

L'&ne t messer lion fit ofOce do cor. 

La KonTAiNE. 

— Par oxt. Meascr gastcr, L'estomac. 

ME3SER {mé-sé — rad. messe) v. n. Fam. Dire la mosse. 
Il Entendre la mcsso. (Inus.) 

MESSERVIR {mé-sèr' — du préf. mes, ot do servir) v. a. 
Desservir, rendre un mauvais offico à : Mbssurvir un ami. 

— Anton. Servir. 

MES3ETERIE {m^-se-te-rt — CD turc masdariyyé ou mé- 
tétérièi n. f. Droit que l'on payait autrefois  la douane do 
Constantinoplc, et qui était d'un demi pour cont additionnel 
sur quelques marchandises. 

Messlade (la) [der Messias], épopée religieuse allc- 
mando do KIopstock.dont les trois premiers chants parurent 



on 1748 ot dont lo vingtième ot dernier fut publié en 1773. 

— Cette œuvre fut donc lo travail de la vio de Klopslock. 
Lo poète voulait représenter la rédemption do l'homme par 
la passion du Sauveur. Mais IvlopstocK, malgré sa féconde 
imagination, t>a verve poétique ot sa maîtrise de l'expres- 
sion, no fat pas à la hauiourdo sa lâche. Il s'inspira mani- 
festement du yMr(u/i« /*('/■(/» de Milton, mais ne put atteiudro 
son modèle. L'œuvro de Milton débute par les sombres poin- 
tures de l'onfor, pour décrire ensuite los splendeurs du pa- 
radis: Klopstock épuise toutes les ressources de son talent 
à montrer l'éclat dos régions célestes ot se prive ainsi de 
1 effet du contraste. Milion a conçu son poèmo d'après un 
plan nettement défini : Klopstock na pas eu dès le jinncipo 
une vue claire do ce que serait la Messiade, ot à son récit, 
parfois obscur, manque la progression do l'intérêt. Mil- 
ton, enfin, a su varier une donnée sévère par l'abondance, 
le charme et lexactitudo des détails : Klonstock n'a cher- 
ché, ni par l'obsorvaiion directe, ni par Vétude, à préci- 
ser sa peinture dus choses et dos hommes. Malgré ces 
défauts, la Messiade eut un grand succès en Allemagne, 
dès son apparition. Elle conserve dans l'histoire littéraire 
une haute place, qu'elle doit surtout aux services rendus 
ù la langue, qui a été par elle enrichie, ennoblie et puri- 
fiée, ot à la jirosodie, à qui elle donna une correction et 
une souplesse inconnues jusqu'alors. 

MESSIANIQUE {mè-si-a-nik') adj. Qui a rapport au mes- 
sie ; Les id''es mkssianiqoes étaient répandues parmi les Juifs. 
Il On dit aussi meîssiaque. 

MESSIANISME (mé-si, nissm") n. m. Croyance au mes- 
sie, attente d'un messie, il Enseignement nouveau permet- 
tant le développement de la parole du Messie. 

MESSIANISTE (»«é-5i, H(55/') n. Partisan du messianisme. 

MESSIANITÊ {mè-si) n. f. Caractère de messie. 

MESSIDOR {mè'Si — du lat. mesi/s, moisson, et du gr. dô- 
ron, présont) n. m. Chronol. Dixième mois du calendrier 
républicain, commençant au 19 ou au -.iojuin, et finissant 
au 19 ou au 20 juillet : 

O Corse ix chevfux plats, que la France était boUe 
Au grand soU'il de messidor ! 

A. Barbier. 

— B.-arts. Imitation do l'antique, adoptée dans los arts 
du dessin pendant les dernières années do la première 
République française. 

— Adjcctiv. Qui est dans lo genre du messidor : Style 

MESSIDOR. 

MESSIE [mè-si — lat. messiaSf dérivé du syriaque mes- 
hiha, oint; do l'hébr. mesha, oindre. Le grec christos on 
est la traduction exacte) n. m. Libérateur, envoyé de Dieu, 
que les anciens prophètes ont promis aux Juifs, et que 
les chrétiens reconnaissent et adorent en Jésus-Christ. 
(Dans ce sens, prend une majuscule) : Le Messif. a été 
promis au genre humain aussitôt api'ès sa chute. (Pasc.) 
li Faux messie,. Imposteur qui se donne pour lo Messie 
annoncé par les prophètes. 

— Par anal. Personnage providentiel, impatiemment 
attendu ot désiré : Un grand homme est toujours un messie 
attendu. (Lamenn.) il Fam. Etre attendu comme le Messie, 
Etre attendu impatiemment. 

— E^•cYCL. Théol. et hist. relig. 1» L'idée messianique 
avant Jésus-Christ. Lo nom de tnessie, qui signifie étymo- 
logiqueraent oint, est pris assez souvent par la Bible dans 
un sens largo et donné par elle aux rois, aux prophètes, à 
tous les hommes qui ont reçu une mission divine. Mais, au 
sens propre, il désigne, dans les Livres saints, l'envoyé cé- 

- leste, le Rédempteur futur, qui devait sauver Israël et le 
monde. A toutes les époques de son histoire, ce fut le rôle 
du peuple de Dieu do préparer la venue du Messie, comme 
ce fut sa pensée perpétuelle de le désirer et de l'attendre : 
il vécut do cette osporance. Il y était encouragé par les 
oracles do ses prophètes, qui, pendant vingt siècles, an- 
noncèrent la grande « nouvelle », et, dans des tableaux 
successifs, dessinèrent d'avance la physionomie du «- Dé- 
siré des nations « (Agg., II, 8). En voici les traits princi- 
paux, tels qu'ils les représentèrent à Israël et qu'ils figu- 
rent encore dans leurs écrits. Promis lo lendemain de la 
chute originelle, comme le fils de la femme qui écraseraii 
la tôto du serpent (Gon., III, 14, 15), lo Messie devait 
sortir de la race d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, et en 
particulier de la tribu do Juda (Gen. XII, XXII, XXVI, 
XXVIII). Il naîtrait à Bethléem (Mich. V, 2), d'une vierge 
^Is. VII, 14); méconnu par son peuple, accablé d'outrages 
et de douleurs, trahi par celui qu'il aimait, il iriomphoraii 
cependant, et son sépulcre deviendrait glorieux; il éclai- 
rerait Israël et convertirait les nations (Ps., Is., passiin). 
Aux sacrifices do la loi mosaïque il substituerait une 
oblation pure, qui serait oiferte ù Dieu en tous lieu.r (Ma- 
lachio I, 10, 11), ot non plus seulement dans le temple de 
Jérusalem, car il y aurait uno Jérusalem nouvelle, qui. 
élevée par lui, recevrait dans son sein tous les peuples 
de la terre (Is., passim). L'époquo de sa venue devait 
coïncider avec celle 01^ lo sceptre sortirait do Juda (Gon., 
XLIX, 10). C'est alors que « lo péché serait elfaré, les 
prophéties réalisées » et le « saint des saints... lo Christ, 
mis à mort «. Jérusalem tomberait ensuite sous les coups 
d'un chef ennemi qui la détruirait, lo templo resterait 
pour toujours renversé, et le peuple " ayant renié le Christ 
ne serait plus son peuple " . Tous ces événements s'accom- 
pliraient " en 70 semaines » d'années (41*0 ans), « à comi)- 
ter de l'édit qui permettrait la reconstruction do la ville " 
après ta captivité. C'est la célèbre prophétie de Daniel. 
(Dan. IX, 23-27). 

En dehors mémo do la Judée, on a signalé aussi, cliez 
presque tous les peuples ilo ranti(|uité, l'espérance plus 
ou moins vague d'un libérateur. On la découvre on l'-gypte, 
dans lo mytlie <le Typhon ot d'Horus; en Perso, dans la 
fablo de NÏithra. Les missionnaires l'ont trouvée dans les 
anciens livres chinois, ot on la voit clairement dans la foi 
des Indiens aux divers avatars de Brahma. Chez les Grecs, 
initié aux mystères et instruit des antiques traditions, lo 
poèto Eschyle parait l'exprimer dans sa tragédie de 
Prométhée, victime do Zous, quand il montre son héros 
attendant avec confiance lo dieu qui doit mettre un terme 
à sos souffrances en les prenant sur lui. On on reconnaît 
des vestiges chez los Scandinaves ot jusque parmi les in- 
digènes du Mexique. Sur la contrée même où devait 
naître le Sauveur mystérieux, les traditions diverses sem- 
blaient s'accorder, car, suivant la remarque do Voltaire : 
« C'était uno maxime chez les Indiens et los Chinois qu'il 
viendrait do l'Occident ; l'Europe, au contraire, disait 
qu'il viendrait do l'Orient. » Tacite et Suétone attestent 



50 

qu* a uno antique et constante opinion, répandue dans 
tout l'Orient, désignait la Judée comme étant sur le point 
de donner le jour au maître du monde ». 

2" L'idée messianique depuis Jésus-f'hrist. Les historiens 
chrétiens voient dans la naissance de Jésus, dans sa vie 
et dans sa mort, raccomplissement lidèlo do tous les 
oracles. A son époque, disent-ils, il n'est pas douteux quo 
le sceptre était sorti do Juda, puisqu'il se trouvait entre 
les mains d'Hérodo l'/dunu'en : il naquit à Helhléem comme 
il était prédit, de la famille do David, do la tribu do Juda 
et de la raco d'Abraham. Il fut ce prophète, plein de dou- 
ceur, que méconnut son peuple, et que son peuple mit à 
mort. Mais il sortit plus glorieux du tombeau et, par une 
résolution qui mettait fin à la mission do la raco juive, 
il ordonna do porter son Evangile i toutes les nations, 
abolit les sacriticos mosaïques, et confia à son Eglise la 
mission dolTrir en tous lieux l'oblation pure de la loi nou- 
velle. La chuto du temple suivit sa mort et, depuis ledit 
d'Artaxerxès rendant les Juifs à leur patrie (4.52 av. J.-C.) 
jusqu'à la prise do Jérusalem par Titus (70 apr. J.-C), tous 
les événements annoncés furent accomjdis dans lo temps 
marqué d'avance par Daniel, en l'espace d'un peu moins 
de cinq siècles. Il est certain que le templo n'est plus de- 
puis les années qui ont suivi Jésus-Christ, et que cotte 
catastrophe avait été donnée par les prophètes comme 
devant se produire après la venue et la mort violente du 
Messie. Donc le Messie est venu, et il a été mis à mort 
par son peuple, qui a cessé depuis d'être son peuple. 

Quant aux Juifs, malgré los prophéties dont ils sont 
eux-mêmes dépositaires, ils ont refusé de voir en Jésus 
l'envoyé céleste qu'annonçafent leurs oracles. La grande 
majorité de la nation, scandalisée des humiliations do 
Bethléem et du Calvaire, persista à attendre un messie, 
restaurateur de la puissance (cniporene de la patrie juive. 
Cette espérance inspira, soit avant, soit après la prise de 
Jérusalem (70j, diverses révoltes, dont la principale fut 
colle do Barcochébas (132-137), sous l'empereur Adrien. 
Elle amena la ruine définitive de la nation et la dispersion 
du peuple juif. Mais les exilés emportèrent avec eux leurs 
espérances, et, plusieurs fois au moyen âge, notamment au 
XII* siècle, de prétendus messies apparurent en France, 
en Allemagne et dans l'Asio Mineure, cherchant à soulever 
leurs concitoyens pour les conduire à la conquête de leur 
ancienne patrie. Aujourd'hui, la plupart des docteurs juifs 
ne voient plus dans les prophéties messianiques que l'an- 
nonce imagée des destinées providentielles do leur race. 

MESSIER {mù-si-é — du lat. niessis, moisson) n. m. Sorte 
do garde champêtre, officier do police judiciaire, qui 
n'exerçait ses fonctions que lorsque les récoltes étaient 
pendantes, les fruits à maturité : i'/re surpris dans une 
viynejpar un messihb. — Adjectiv. : Garde messier. 

— Encvcl. V. garde. 

Messier, constellation boréale, située entre Cassio- 
pée, Céphée et la Girafe, et qui a été ainsi nommée du nom 
de l'astronome Mossior. 

Messier (Charles), astronome français, né à Badon- 
viller (Lorraine) en 1730, mort à Paris en 1817. Orphelin 
à onze ans et le dixième de douze enfants, il se rendit  
Paris en 1751. Delislc le prit chez lui, le fit former à la 
recherche des comètes, et nommer, en 1758, commis du 
Dépôt dos cartes de la marine ; mais il exigea de lui qu'il 
gardât ses découvertes absolument secrètes, ce qui les 
rendait totalement inutiles, le maître ni l'élève n'en tirant 
aucun autre fruit que la satisfaction d'avoir marqué sur 
un gloho la route d'une comète. L'un et l'autre se privèrent 
ainsi de l'honneur d'avoir aperçu les premiers en France 
la fameuse comète de Halley. Après la mort do Dclisle, 
Messier continua à se livrer ù son goût favori. Louis XV 
l'appelait le Furet des comètes. Il entra ù l'Académie 
des sciences en 1770, et fit partie de l'Institut à sa créa- 
tion. Les écrits de Messier sont disséminés dans les " Mé- 
moires de l'Académie des sciences •> ou dans la « Connais- 
sance des temps •.. 11 n'a publié à part que la brochure 
suivante : Grande comète qui a paru à la naissance de Na- 
poléon le Grand (1808). 

messies {mè-st — du lat. messis, moisson) n. f. pi. 
Myth. rom. Déesses dos moissons chez les Romains. 

MESSIEURS {mè-si-cA — do mes, et do sieurs) n. m. pi. 

Plur. du mot monsikub. 

— Coût. anc. Sous l'ancien régime, los Maîtres ver- 
riers, qui étaient tous gentilshommes. 

— Dr. Titre qu'on donne aux membres d'une cour sou- 
veraine, du parlement par exemple : Messieurs de la cour. 

Messieurs du Bois-Doré (les Beaux), roman do 
capo et d'épée, jiar G. Sand (18^8). L'action se passe dans 
le Berry, sous lo règne de Louis XIII. — Le vieux marquis 
de Bois- Doré, qui se repose do sos campagnes dans son 
château de Briantes, est un liomme excellent, oui a seule- 
ment l'imagination un peu troublée par la lecture des 
romans d'Urfé et par l'illusion do so croire jeune. 11 re- 
trouve dans uno troupe de bohémiens son neveu Mario, 
qu'il adopte comme son fils. Le jeune comte est un char- 
mant adolescent, adoré do son onclo lo marquis, du bon 
valet Adamas, du philosophe muet Jovelin. de la Morisque 
Mercodès, qui l'a élevé, et surtout do la belle Joviano qui, 
plus âgée que lui do quelques années, lo traite d'abord en 
jouno frèro et finit par l'aimer d'amour et devenir sa 
femme. Avant d'arriver à cet heureux dénouement, tes 
Messieurs de Dois-Doré ont à vaincre plus d'un ennemi : 
l'Espagnol d'Alvimar, qui a jadis assassiné le père do Ma- 
rio, et que le mar(|uis tue en duel ; son complice Sanchc, 
qui mène une bande de bohémiens et de malandrins h 
lassant du château, et qui est tué d'un coup do pistolet 
par Mario; la vindicative dame Bellindo, l'ancienne g'>n- 
vornante du manjuis : la petite bohémienne Pilar, monstre 
de laideur ot de méchanceté, etc. Dans cette œuvre émi- 
nemment idéaliste, où los héros sont aimables, généreux, 
habiles, il faut louer l'agréable peinture do la vio do 
château, au xvn' siècle. — Do co roman, G. Sand a tiré 
uno comédie en collaboration avec P. Meurico (1862). 

MeSSIMY, comm. du Rhône, arrond. et à 15 kilom. do 
Lyon, au-dessus du Garon, affluent du Khèno : 1.247 hab. 
Cn. de f. Ouest lyonnais. Fabriques de liqueurs. 

Messin [mé-sin] [pats) riat. Mrttensis pagus], ancien 

S.iys de Fr.ince, dans la province des Trois-Evêchés ; capit. 
fètz. 11 compreiiait d'abord la vallée de la Moselle, en 
amont et en aval do Metz, puis engloba les possessions 
éparpillées do l'évèclié do ^Iotz. 11 so composait alors de 



SI 

deux morceaux principaux, qui confinaient au N. au «lucho 
de Luxemljoury; et à 1 éloctorat do Trêves, à l'O. au duché 
de Bar, au ï>. au ducliô do Lorraine, à l'E. à l'Alsaco. 

Messin [m^-si»], INE, personne née à Metz ou dans le 
pays Messin. — Les Mrssins. 

— Adjectiv. : Population messine. 

Messincourt, comm. dos Ardonnos. arrond; et à 
18 kiiom. de Sedan ; 984 liab. Usines considérables, formant 
un gros cnntro industriel (laminoirs, tréfilcrios, pointe- 
ries). Mcssiiioourt eut au nio^on âge un château lurt qui 
avait la ijualité do fille d'Yvois. 

Messine, villo forte du royaume d'Italie (Sicile), ch.-l. 
de prov. sur la rive occidentale du détroit ou phare de 
Messine, qui fait communiquer la mer Tjrrhénienne avec 
la mer Ionienne; l2G.t97 hab. Ch. do f. vers Halerrae et 
vers Syracuse. Archev/^ché, université, mu- 
sées. Grande industrie do la soierie; commerce 
actif. 

Messine est admirablement située, en amphi- 
théâtre, sur la montaf^no du Ùinnamare, domi- 
nant le port naiiirel très large, mais exposé aux 
vents du N. et du S. I>cs sièges nombreux qu'elle 
a subis, les trembleniouts de terre (et en parti- 
culier celui do 1783) en ont détruit presque tous 
les monuments intéressants. Cependant, on y 
remarque oncoro la catliédrale, commencée par 
le comte normand Roger en 1098 et terminée 
par son fils; nombreuses églises avec de beaux 
tableaux. Le port fait un grand trafic (oranges, 
citrons, raisins, vins, huiles). 

Fondée par des pirates cumiens sous le nom 
de Zancla (ou faucille), à cause do la forme ilc 
son port, elle fut successivement conquise i>ar 
les Sicules, les Chalcidions, les Samîens et enfin 

ftar les Messéniens chassés de leur patrie, qui 
ui donnèrent le nom de Messana. Elle appar- 
tint ensuite aux Mamertins, contre lesquels 
elle appehi les Romains, ce qui fut la cause 
do la première guerre punique et la conquête 
do la Sicile par Rome (2-iG). Les Sarrasins s'en 
empareront en 831 ; ils en furent chassés par 
les iNormands en 1061. Elle passa aux rois angevins de 
Naples, prit part aux Vêpres siciliennes, fut conquise par 
les Aran;onais, qui la gardèrent. Eu 1674, elle se souleva 
et fut aidée par Louis XIV: une bataille navale eut lieu 
devant son port, où Ruyter périt. Révoltée contre le roi 
de Naples en 1848, elle fut bombardée cruellement; elle 
résista à Garibaldi jusqu'en I86i. Patrie de l'historien 
Dicéarque et du philosophe Evhémère. 

La province, bornée do deux côtés par la mer, des deux 
autres par les provinces do Catane et do Palerme, a 
3.225 kilom. carr. de superficie et 548.898 hab. Elle est 
très fertile en fruits de toutes sortes. 

Messines (on flam. Meessen), comm. de Belgique 
(prov. de la Flandre-Occid. [arrond. d'Ypres]), sur la 
Douve, affluent do !a Lys ; 1.464 hab. Beaux vestiges d'une 
abbaye do bénédictins, "fondée au xi" siècle et transformée 
en 1776 par Mario-Théièse en maison d'éducation pour les 
filles do militaires belges. Dentelles, tissoranderies. 

Messines (en portug. San Bartholomeu de Mes- 
sines), ville du Portugal (Algarve), au pied de la serra 
do Malhâo (575 m.); 7.250 hab. 

MESSINIEN, ENNE I 

l'étago géologique où 

lions do passage du système miocène au système pliocène. 

— n. m. ; Le mrssinien. 

MESSIRE imè-sir' — de mes, qui se disait pour mon, et 
de sire) u. m. Titre d'honneur qu on donna d'aoord à toute 
personuo d'un rang distingué, puis à toute personne noble, 
et qxn fut plus tard exclusivement réservé au chancelier 
de Franco : Messire de JoinviUe. il Titre que se donnèrent 
les prêtres, les avocats, les médecins, etc. ii Fam. S'est 
dit dans la poésie familière pour Monsieur ou Maître. 

— Arbor. Poire de Messiï-e Jean, Poire rousse, cas- 
sante et sucrée, qui mûrit en automne, il On dit aussi 
Messire Jean : Acheter des Messire Jean. (Cette poire, 
presque aussi grosse que le poing, ventrue, cassante, ù 
chair jaune ou blanche, à peau rude, gris roux, piquetée 
de points ronds et marquée de taches rousses, fournit d'ex- 
cellentes compotes, mais se ramollit facilement au centre. 
L'arbre se grefi'e sur franc ou cognassier.) 

Messis ou MeSSYS (Quentin), peintre. V. Metzts. 

Messkirch, ville d'Allemagne (gr. -duché do Bade 
[cercle do Constanceji, sur l'Ablach ; 2.005 hab. Ch.-l. de 
district. Patrie du compositeur Kreutzer. Victoire do Mo- 
reau sur les Autrichieus, le 5 mai ISOO. 

MessOATE, habitant de Messoa, bourg de Laconie, 
sans doute un quartier ou un faubourg de .Sparte, où l'on 
voyait lo tonil)eau d'AIcman. — Memfere de la quatrième 
dos cinq tribus établies par Lycurgue. 

MESSOTIER {mè-so-ti-é — rad. messe) n. m. Prêtre qui 
dit la messe. ^Peu us.) 

Mesta, association formée au xvi* siècle entre les 
riches propriétaires de troupeaux de Castille, Léon et 
Estrémadure, pour mettre fin aux querelles des proprié- 
taires do la plaine [riberiegos) et des propriétaires de la 
montagne {serra?tos). La Mesta eut sa législation propre, 
ses juges, son grand conseil. Elle prétendait au libre pas- 
sage de ses troupeaux à travers les cultures et au droit 
de taxer les fourrages. Ces privilèges, meurtriers pour 
l'agriculture, furent supprimés par Ferdinand VI et Char- 
les IV, et la Mesta fut aoolie en 1830. 

Mestanza, bourg d'Espagne (Xouvelle-Castille [prov. 
de Ciudad-Heal]), au N.-O. do la sierra Morena ; 3.500 hab. 

MESTÈQUE {mèss-tèk') adj. f. Se dit d'une sorte de co- 
chenille. 

MESTIQUE {jnèss-tik') n. m. Concrétion pierreuse, qui se 
forme dans le fruit du cocotier. 

MESTIVAGE {mèss, vaj') ou MÉTIVAGE {vaj') [du lat. 
messis, moisson] n. m. Féod. Droit levé par le seigneur sur 
les moissons. 

MESTO(mèss — mot ital.)adj. m. Musiq. Triste, plaintif. 
11 Adar/io mesto. Adagio exécuté avec un sentiment de 
tristesse. 



Mestra ou MetRA. Myth. gr. Femme d'Autolykos. 

MESTRE (mèsstr'. — V. la partie encycl.) n. m. Ancienne 
orthographe du mot maître. 

— Art milit. anc. Mestre de camp. Commandant d'un ré- 
giment d infanterie ou do cavalerie ; colonel, ii Mestre de 
camp général de la cavalerie, Officier immédiatement in- 
férieur au colonel général de la cavalerie. 

— n. f. Mestre de camp, Première compagnie d'un régi- 
ment d'infanterie ou de cavalerie : La mkstrk de camp, 

— Encycl. Miiit. Mestre de camp. Ce titre vient du nom 
espagnol maestro de campa, porté par les commandants 
des tercios ou régiments créés par Cnarles-Quint. Lors do 
la création des légions par François 1'^, il fut donné à un 
officier qui était comme le chef d'état-major du rolonel 
et qui était chargé, entre autres devoirs, d'organiser le 
campement de la légion. Plus tard, lors de la constitution 




! (mè'Si-ni-in, en') adj. Qui concerne 
, l'on rangeait autrefois les forma- 




Mestre de camp {Louis XIV). 




A, arbre de mestre (grand mâii; B. antenne 

de mestre (grande antenne) : C, voile de mestro 

(grande voile). 



Cathédrale de Messine. 

des régiments, un des commandants de compagnie reçut 
le titre de « mestre de camp • et commanda le régiment 
en lui donnant son nom. Dautre part, la eréatiou de la 
charge do colonel général dans l'infanterie fit instituer, 
en 1545, celle 
de mestre de 
camp géné- 
ral. Le se- 
cond était 
pour le pre- 
mier — de 
même que 

10 simple 
mestre de 
camp pourle 
colonel — 
un véritable 
chef d'état- 
major. 

Dans la 
cavalerie, la 
charge de 
mestre de 
camp géné- 
ral , établie 
en ir.52 par 
Henri II, de- 
vint perma- 
n e n i e en 
1578. Le mes- 
tre de camp 
général avait un régiment qui lui était affecté en propre. 

11 n'était plus toujours l'adjoint du colonel général ; quand 
il y avait deux armées, il commandait la cavalerie de l'une, 
comme le colonel général commandait celle de l'autre. En 
1084 fut créée 
une charge de 
mestre de camp 
général des 
dragons, ana- 
logue à la pré- 
cédente. Tous 
ces titres dis- 
parurent à la 
Révolution. 

MESTRE 

{jnèsstr' — mot 
d'orig. pro- 
venç.) n. m. 
Mar. J/es^-eou 
Arbre de mes- 
tre. Grand mat 
dos galères. 

— n. f. Mestre ou Voile de ynestre, Voile de ce mât. n Dans 
la Méditerranée, grand màt des bâtiments latins. 

Mestre, comm. d'Italie (Vénétie [^prov. do Venise'^ au 
milieu des marécages que traverse le canal de la Mar- 
ghera; 9.950 hab. Ch.-l. de circondario'. Métallurgie, 
construction de machines. 

MESTRE-ÉCOLE l'mèsstr') n. m. Ecclésiastique chargé 
de ce qui est relatif à l'enseignement dans son diocèse; 
écolàire. (\'icux.) 

MestRINO, comm. dltalie (Vénétie [prov. de Pa- 
doue'i ; 2.982 hab. 
MÉSUA n. f. Genre de clusiacées de l'Inde. 

— Encycl. Les mésuas sont des arbres à feuilles oppo- 
sées, entières, lancéolées; les fleurs, axillaires ou termi- 
nales, solitaires ou groupées en très petit nombre, ont une 
odeur agréable; le fruit est une capsule s'ouvrant en quatre 
valves et contenant une graine qui ressemble un peu à une 
châtaigne, se mange comme celle-ci. Son bois, très dur, 
est susceptible d'un beau poli. On le connaît encore sous 
lo nom de 60/5 de fer de Ceylan. 

MÉSUAGE {'u-af — de mes ou meix) n. m. Dr. coût. Ma- 
noir situé aux champs. 

MÉSUÉ(.\bou-ZakariaYahiahben-Masouïah,dit Jean\ 
médecin arabe, né à Khouz, près de Ninive, vers 776, mort 



MESSLX — MESURE 

& Bagdad en 855. Premier médecin du calife Ilarouo, il 
remplit successivement ces fonctions sous six califes. Il 
fonda dans sa maison une esitèco d'académie de méde- 
cine et fut chargé par Mamoun do faire traduire en arabe 
dos ouvrages scientifiques et littéraires grecs, syriaques 
et persans. Il a écrit, entre autres ouvrages : les' Grandet 
Pandectes de la médecine: Pharmacopée générale ; Traité 
de l'amélioration des races ovines; etc. On a publié plu- 
sieurs traductions latines des oeuvres do Jean Alésué, no- 
tamment à Venise {1171) et à Lyon (U78). 
MESURABLE adj. Qui peut être mesuré : L'infini n'est pat 

MESURAIlLE. ( LaV.) 

Mesuraca, comm. d'Italie '(Calabre Ultérieure II* 
[prov. do Catanzaro]) ; 3.208 hab. 

Mesurado, rivière ou plutôt lagune do la côte de 
Libéria, au N. du cap Mesurado. Elle sert de port à Mon- 
rovia et permet de pénétrer do la mer sur la rivière 
Saint-Paul, dont l'ombouchuro est coupée par la barre. 

MESURAGC (raj') n. m. .Vriion do mesurer; manière de 
mesurer : i'n mescbage aranlageuj- à l'acheteur. 

— Dr. anc. Droit d'un seigneur sur chaque mesure d'uo 
produit agricole, le blé par exemple. 

— Pratiq. Arpentage. 11 Proeès-verbal d'arpenteur, ac- 
compagné d'ordinaire du plan détaillé des opérations. 

— Encycl. Thérap. et pharm. Le mfsurage des liquides 
actifs, solutions titrées, se fait au moyen de verres, d'é- 
prouvettes ou de pipettes jaugées et graduées, ou de 
compte - gouttes calibré*;. Le compte -fl»uttes normal, 
pourvu d'un ajutage cylindrique, d'un diamètre extérieur 
do 3 millimètres, donné à 4- 15' des gouttes d'eau distillée 
du poids de 5 centigrammes. L'unité de mesure couram- 
ment employée pour les potions et sirops est la cuillerée : 
la cuillerée à soupe de sirop pèse 50 grammes, la cuillerée 
à soupe d'eau 15 grammes; la contenance de la cuillerée 
à café est d'environ lo tiers d'une cuillerée à soupe. 

MESURE fdu lat. mcnsnra, m<^me sens) n. f. Evaluation 
d'uno quantité faite d'après son rapport avec une quantité 
de môme espèce, prise comme unité et comme terme de 
comparaison : La mbscrh du temps, des longueurs. 11 UniiA 
servant à cette évaluation : Se servir de mhsures fausse*. 
Il Quantité d'objets déterminés par l'évaluation de leur 
volume : Acheter trois mescrks de vin. — Par cxt. Dimen- 
sion évaluée : Prendre la mesure d'une rue, d'un jardin. 

— Fig. Moyen do comparaison et do juste appréciation : 
Le droit est en même temps la règle et la mesure de ta li- 
berté. (J. Simon.) il Donner la mesure de son talent, etc.. 
Montrer ce que l'on peut faire, n Quantité proportion- 
nelle ; proportion : La mkstre de bonheur gui nous a 
été donnée est petite. (Fonten.) — Dans la mesure de. En 
proportion de : Contribuer d.vns la mrsttrb t>k ses moyen*. 

Il Modération, retenue : // faut garder une mesure en 
tout. Il Précaution prise, démarche faite en prévision de 
quoique chose: Les meilleures mesures ont besoin de la' 
fortune. (Volt.) 

— I.oc. div. Demt-mesure, Démarche, précaution, _ 4 
laquelle, pour certains motifs, on ne donne pas toute l'é- 
tendue naturelle ou nécessaire : Les DEMr-MEsuRES sont 
presque toujours illusoires. (La Rochef.-Doud.) 11 Homme 
qui n'est pas de mesure, Qui est au-dessous de sa tâche. 

Il Faire bonne mesure. Donner à. un acheteur un pea au 
delà do ce qui lui revient, n Combler la mesure, Pousser les 
choses à l'extrême, it Avoir deux poids et deux mrsures, 
.îuger ou traiter différemment des personnes pareilles ou 
des choses identiques. Il Agir avec poids et mesure, par com- 
pas et par mesure. Agir avec lenteur et circonspection. 

Il Etre en mesure de ou pour. Etre en état de, Etre dans 
la situation convenable pour. 11 Ftrr hors de mesure. N'être 
pas en mesure, n'ôtro pas en situation pour faire quelque 
chose. Il Mettre quelqu'un hors de mesure, Dompre les me- 
sures de quelqu'un. Déranger ses projets, n Perdre la me- 
sure ou les mesures. Etre déconcerté, se déconcerter dans 
ses projets, n Etre de mesure. Avoir les dimensions vou- 
lues : Pièces de bois oui ne sost pas de mesure. 11 Prendre 
mesure. Mesurer quelque dimension du corps de quelqu'un, 
pour lui confectionner une pièce de vêtement : Tailleur, 
Cordonnier qui prennent mesure. — Se faire mesurer 
quelque partie du corps dans lo môme but : Client qui k 
PRIS MESURE d'un habit. 11 Vêtements surmemre. Vêtements 
faits exprès pour quelqu'un dont on a pris les mesures, par 
opposition à vêtements confectionnés. 

— Loc. adv. : .4 mesure. Au fur et à mesure, Successive- 
ment et à proportion, n Outre mesure, A l'excès, sans mo- 
dération. 

— Loc. prép. Autref., A mesure de, et auj.. Au fur et 
à mesure de, Successivement et proportionnellement à : 
Etre payé au fur et A mesure de son travail. 

— Loc. conj. ; A mesure que, A u fur et à mesure que. Suc- 
cessivement et en proportion que. 

— Archit. Prendre des mesures. Rapporter sur le pa- 
pier des mesures que l'on a déterminées sur lo terrain. 

Il Donner des mesures, .assigner les proportions de ce qoe 
l'on veut faire construire ou établir : Je n'Ai pas encore 
DONNÉ DE MKSCRES « mon architecte. 

— Escr. Distance normale à laquelle on peut atteindre 
l'adversaire au corps, en portant une botte à fond, quand 

] il no rompt pas devant l'attaque, n Etre hors de mesure. 
Etre trop loin de son adversaire. 11 Lâcher la mesure, Sor- 
tir de mesure, Se mettre hors de mesure. Reculer, n Gagner 
à la mesure. Serrer la mesure. Marcher en avant tout en 
demeurant en garde, n Garder la mesure. Conserver la 
distance normale, n Rompre la tnesure. S'éloigner, ï:o mettre 
hors de portée d'une attaque de l'adversaire. 

— Féod. Droit de mesure publique. Droit que les sei- 
gneurs s'étaient attribué de vériher et do marquer les 
instruments de mesure. 

— Manèg. La cadence, la régularité des allures dan 
cheval. 

— Mus. Durée résultant d'un certain nombre de temps 
consécutifs : Mesure à deux, à trois, à quatre temps. 

11 Cadence qui règle l'exécution d'un morceau et les pas 
des danseurs : cKanter, jouer, danser en mesure. 11 Barre 
de mesure. Barre qui coupe verticalement la portée et 
qui sépare les mesures entre elles. 11 Battre la mesure. 
Exécuter avec la main ou avec le pied des mouvements 
é"-aux et réguliers qu'on appelle temps et qui marquent la 
dmsion de la mesure : Le premier temps de chaque me- 
sure se marque toujours en bas, et le dernier toujours en 
haut; dans la mesure à (rois temps, le second temps se 
marque à droite ; dans la mesure à quatre temps, le se- 
cond temps se marque à gauche et le troisième à droite. 



MESURE 



52 



Mesures usuelles pendant Tantiquité. 

Les chilTres mis &cdté de chaque nom inJiqu«>Ql la conversion tle la ni<-!iur<ï dans le système métrique. 
Pour les mesures mooOtaires, v. monnaie. 



HESURBS DE tONOI.'ECR 



UESURES DE SURFACE 



UESURES DE VOLUME 



MESURES FONI>ÉRAL£S 



EGYPTIIiNS 



Palme = 0">,0"i; 

Doijrt ^Oai.018 

Pied ^O^.Sfi 

Coudée royale =:U»,;»25 



Carré de ta palme, du 

doigt cl de la coudtiQ 

royale. 



Ilin sacré = 4 lit. 532 
Apet . . . . = IS lit. 088 
Tama . . . = li iit. 362 
Cube de la Cou- 
•l<^c royale =IUlit. 101 



Pek = Ogram. 12 

Kiieoiikate= 9ft 9gr.90 
Taboou . . =90Èi99gr. » 



CHALDEBNS KT ASSYRIENS 



Ligne. . 
hoigt . . 
Pouce. . 
Palme . 
Ëmpan . 
Pied. . . 
CoudOe. 

Pas 

Plèthre. 
Stade. . 



: 0" 
: 32" 
: l'J4- 



»,U27 
n.WtO 
».270 
».32l 
•.540 
.810 
.400 
.VOO 



Pied carri. . . = 
(;<>udtfe carrée r= 
Plèthre carré. == IOar.50 
Stade carré. . = 3 h. 78 
Perche gagar. 



0«MO: 

Oin',29^ 



: 136 b. 08 



Log. . . 


. . = dit. 640 


Cnb. . . 


. . = 2 lit. 187 


C!a. . . 


. . = aoiît. IIG 


Imcr . . 


. . = a9aut.83 



Obole. . . 
Drachme. 
Sitle . . . 
Mine . . . 
Talent . . 



= 1 gr. 40.t 
= 8 gr. 41- 
= ir, gr. 833 
=: b05 ar. » 
= 30.030 gr. 



Pied =»0«",32 

Coudée. . . . = 0".u*Ô 
Parasange. . = *.72j» 



Carré du pied et de 
la coudée. 



Cube du pied et de 
la coudée. 



Ratba. . . 


. = 0".0218 


Tefakh. . 


. = 0».0.S7i 


Z<relli. . 


. = 0".2r.2 


Amtnah . 


. = 0".52ô 


Qaaeh . . 


. = 3".150 



Tsemad = Etendue du 
champ qu'une paire de 
boeufs pouvait labourer 
dans une journée. 



Log = Olit.29 

Cab = Uil. Ifi 

Gomor . . . . =: 3 lit. 88 

Hin = Clit.i9 

Scah = I21it.99 

Ëphah ou batlizr 38 lit. 88 
Chômer . . . =388 lit. 80 



Trûii systèmes pondé- 
ra tu : 

1. Siclemédique^ S gr.57 

2.Sicle du sanc- 
tuaire . . . . = 8gr.41 

a.SicIe vulgair.i=14gr.92 

Kikkarou talent 

du By8t.no2 = 3.000 8i- 
clcs ou 60 mines. 



GRECS i^Viiènif atliquc) 



Dactylos. 


=r 


a~.oi8 


CoDdylus 


= 


0".037 


PaUisté. 


:^r 


0-,07t 


Pitil. . . 


— 


0-.2tl6 


CoudC'O . 


— 


o-.tu 


Pas . . . 


r= 


o-.-t 


Ac«iio 


= 


2«.96 


Plètlirc . 


— 


29-.60 


Stode . . 


= 


m',60 



Pied carré. .= Cn'.OSIG 

Acèneou per- 
che carrée. = S'n'.lô 

Plèthre carré 
ou arpent. . =816">». 



Pour les Unuid'-s : 
Cvathos. . . = Olit.OVo 
Cotyle. . . . = lit. 27 
Chons. . . . = 31it.2'. 
Aropliore . . = 19 lit. U 
Métréte. . . = 38 lit. 38 

Pour les solides : 
Cotyle . . .. = lit. 27 
Chœnix. . . = 1 lit. 08 
Medimne . . = 51 lit. 84 



Chalque. . . , = Ogr.09 
Hémiobole .= Ogi-. 36 

Obole =: Ogr. 72 

Drachme. . . =: 4gr. 32 

Mine =: 432 gr. » 

Talent. . = 25kil.920gr. 



ROMAINS 



Dieitus. 

Padraus. 


— 


0-.0I85 


— 


00,073'J 


Pied . . 


— 


0«i,2957 


Coudée. 


— 


0-.U36 


Oradus. 


— 


0-.7.1S 


Pas . . . 


— 


i».nii 


Pertica 


— 


2",9Ô7 


Actus. . 


— 


35«,i39 


Stade. . 


= 


I84».8I25 


Mille .. 


. =z 


478». » 



Pied carré. . . = O^VÛS 
Scripiilum. . . ;== 8"*',74 
Actus miuimu3= tl^'.âT 

Clima = 314°'», 78 

Actus quaJra- 

lus =I259">M1 

Juserum. . . . =25I8'»S21 
(■enturia= BOh.Sôa. 42"'. 
Saltus. .=20ih.4oa.70"». 



Pour les liquides : 
Cyathus. . = Olit.046 
Hemina. . = Olit.274 
Sextarius. = Olit. 547 
Consius . = 3 lit. 283 
Urna . . . = 13 lit. 132 
Amphora. ==: 26 lit. 2635 
Gulleus. . =o25lit.27 

Pour les solides : 
Acetabulum. = Olit. 068 
Quarlarius. . = Olit. 1U7 
Hemiiia . . . = Olit. 274 
Sextarius .. = Olit. 547 
Modius. . . . = 8 lit. 754 



Chalcus. . 
Siliqua . . . 
OItolus. . . 
Scripulum 
Drarhma . . 
Sicilicus . . 
Uncia . . . , 
Libra . . . . 



OgiM 
Ogr.: 
Ogr.: 



= Igr. 13: 



3gr.< 
6gr.l 



: 327 gr. 



Mesures actuelles des principaux Etats. 

Les mesures dusyxiéme métrigue en Alleniaffne, rii'ubltijue AiynîiiiP. AtttrichelJoTinrie, Belgique. 

Brésil. Bulgarie, Chili. Colombie. Danemark. Equaicar, Espagne. France, Grèce. Italie, iferique, Aor- 

vége, Pays-Bas. Pérou, Portugal. Roumanie, Serbie, Suéde, Suisse et Venezuela. V. monnaie. 



UESUEES DE LONGUEUR 


Coudre. . 
Pik .... 
Mclrc. . . 


. . = 0" 
. . =0" 
. . = 1" 


1 

50 
60 
» 



MESURES DE SURFACE 



MESURES DE VOLUME MESURES PONDÉRALES 



A B Y S S I M E 



Unités du système 
métrique. 



Kuba = O^VOÛl I Okictte = 27 gr. 77 

lArdeb = ûwi.OU Frassela. . . . = 16kil.6ti 



anglktl:rre et etats-unis d Amérique 



Inch (pouce) = 2', 54 
l-'uot (pied). .=:.0e, 48 

Yard = 0",914 

Fathom. . . . =z ln>,83 
Pôle (perche) = b™.03 
Mile. . . . = I609»>,315 



Pouce carré = 1»V0929 
Pied carr^. = 0«V0006;: 
Yard carré. = 0">'.836 
Rood . . . .= lO^Vli 

Rod = 25'«'».292 

Acre =404"", 67 



Pouce cube =: Od», 016 
Pied cube. . = 28 d», 3i:i 
Yard cube . =;7&4d».50:i 
Kathomcubc=: 6«*, 110 

Pint = OliC.'ili? 

(iallon. . . . = 4lit.B;;) 
Ittisbel.. . . = 3G lit. 348 

Sack =109 lit. 043 

Chaidroo. .=13081.516 



Dram . . . = gr.OOn 

Ounce. . . = 21 gr. 33 

Pound 

AvoirdupoiB = 4rj3gr. 60 

Ton. . . . = I.0I6kil.048 



Tsoung . 
Tchich , 
Tchang. 
Ying. . . 

Li 



0» 


03.-^i 


0" 


,3.i6 


3» 


SS 


3.S" 


a 


78» 


35 



Pou = la*.Ô7 

Feun = 40«», » 

Mon = 6ar."6 

Kin = 6 h. 76 



Cheng 
Teou. 

Hou.. 
Ping . 



: Olit.9 

: 9 lit. 087 
: i5liV43 
: 560 lit. 



Tael . 

Catty 

Plcul . . . . : 

Shih{;/ierr<); 



= 37gr.8 
= 605 gr.» 
= 60k»l. 453 
72kil.5G8 



Chakou . = O^.SOG 
Ken. . . . = lo>.8l8 

Tcho . . . = logm.os 

Ri = 3.927"",3 



JAPON 

Tsoubo . . = .Ta'.SO-SS Go = Olit. 1803 

Tan - 90|ia».74 Sho . . . . = Ilit.S039 

Tcho carré = 9,λIT'"».36 To = lSlit.0;i9 

Ri carré . . = lrJkil.^42 Kokou . . = 180 lit. 390 



Mommé. . . = 3 pr. 7oS 

Kio =z 601 gr, » 

Kwan-mé. . = 3kU.7B6 



Cana (tissus). =0»,54 
Codo oudreah^0«,57 
Pik morisco. =0'»,661 



Variables selon les lo- 
calités. 



MAROC 

Atnioudfblé}=I4m.387 
Arcolaoukoula 

(huile). . =15lit.» 
Fanega . . . =iiGlit.4 
Sahk^blei. . =571it.5= 



Livre du Nord (retal) 

= tiOO gr. 
Livre du Sud.. ^540gr. 
Cantar du 
Maghreb=54kil.346 



Guèze ordinaire =0™. 63 
Guéze royal. . .=1>».04 
Farsakh . . = 5760"», » 



Variables sflon les lo- 
calités. 



Chenica . 
Artaba . . 



: Hit. 32 
: 66 lit. 



Miscal . . . . ^ 4 gr. 64 

Menn = 2kil.95 

Batman roval= 5 kil. 580 
Kharwar .' . =294 kil 6 



Pied russe. : 
Archine . . : 
Sagène. . .: 



O'n.SOS 
0-',711 
2«.133 



Archine carré = 
Sagène carré. = 



R CSSIE 

Tcharka. . = Olit. 123 

Krouclika. = 1 lit. 230 

0»».556 Vedro . . . = 12 lit. 29 

4»>».552 Tchetverik= 26 lit. 217 

)9 ar. 25 Osmine . . = 10» lit. 95 

Tchetveit. = 209 lit. 90 

Bùtchka. . = 491 lit. 95 

Sagène cube = 9 »», 712 



Zololnik. . = 4gr.2ti6 

Lot = 16 gr. » 

Livre doré = 409 gr. 51 
Poud. . . . = (6 kil 38 
Berkovctz = 163 kil. 80 
Lasl .... =1965 kil. » 



Pouce := 0™ 

Roup = 0"» 

Endo2éoupic= 0™ 
A dira = 0"» 



TURQUIE 
(Les douanes et les administrations de l'Etat emploient le système métrique.) 
,032 



Pic . . . 
BTlek . 
Djeril . 



. = 0">'.76 
. = 1 are » 
. = 1 hect. 



Pintar. 
Sbinik. 
Kileh . 



, .= 41it.5I 
, . = 10 lit. 
. . = lOOlit. 



Drachme. . = 3 gr. n 
Rottolo. . . = o64 gr. » 

Oka = lkil.28 

Kantar . . . = 56kU.410 



Mesures employées dans les colonies françaises. 

(Le système mrirttjue s'emploie exclusivement au Dahomey, en Guimpe, Guyane, h. la Martinique, 
h la Réunion. M<niit>]iifiir, Mayutte. Koucelle Calédonie, Tatti et dépendances; au Cowjo, on se sert de 
la brasse d'étoffe ^ 1".70 pour mesurer les tissus; à. la Côte d Ivoire, du krow de 9 gallons r= 40 lit. 5 
pour l'huile de pnlrne ; h la Guadeloupe, du carré ^ 10 pas carrés ^ 94 ares 96 centiares. 86 et du pas 
carré ^ 95 centi.'mcs de cmliarc pour les champs; fi Sainl-Pierre et Sliqurlon on tolère pour certains 
marchés les mesure» anjl.iises; au Scni^gal, on emploie le boisseau impérial anglais ^ 36 lit. 348 me- 
sura ras et 42 litres 50 mesurés comble pour les arachides : au Soudan, la coudée = O^.oO pour les 
tiasuH et le moule = 2 kilog. à 2 kilog. 500 pour les srains : danâ les autres colonies, on utilise concur- 
remment les différente» mesures indigènes qui ligurenl dans ce tableau.) 



MESURES DE 1.0N0UEUR 



MESURES DE SURFACE 



MESURES DE VOLUME 



MESURES PONDÉRALES 



INDUS FRANÇAISES 



RAdam =dislance par- 
courue en 3 heures 
de mnrchc. 

Nagi = 2 koâppoudou- 
tournms {portée de 
voir). 



Pondichiry : 
Cany = 100conjis^53ares 

53 centiares. 

Cltandernagor : 

Bipah = 13ar.57 

Cottah = 66»>. 

Cutlack = 4«». 



ùiatières sèches : 
Kalam. . . . = 41111.57 
Marécal. . . = 3 lit. 46 
Mesure . . . = 0111.866 

Liquides : 

Velte = 7 lit. 45 

Gallon impérial an- 
glais = 4 Ut. 543. 



Candy français = SlOkil. 
Candy anglais = 500 liv. 

anglaises = 226 kil. 77 

Sac = 74 kil. 381 

Hundi'ed wcight ^ cwt. 
= Ii2liv.angl. = o0k.796 
Maud français = 12 kil. 
Mand anglais = 25 livres 

anglaises := 11 kil. 34 



INDO-CUINB, ANNAM, CAMBODGE, COCHINCHINE ET TONKIN 



H7ouDam = 44(",44 
Tniong. . . = 4'«.2;0 
Tam=jthuocs=2".l20 
Thunc-m4c ^ 10 lacs 

= 100 
Phaus=IO0ly=0*.424 



Mau^ IOsao= lôOthuoc- 
ruong = 49 ar.70cent. 2.5 
Sao. . .= 4ar.97ccnt.02.> 
Thuoc-ru'-ng. . . = 10 lacs 
= 100 phaus = 33 cent. 135 



Hoc 


. =76111.221! 


Phuoiig. 


. = 381it.ll3 


Thnn". . 


. = 2111.93 


liai. . . . 


. = 1 lit. 270 


llap . . . 


. = Olit. 293 


TIiuoc. . 


. = Olit. 029 



Ra f>u Picul = 100 li- 
vres = 60 kilog. 400 

Livre ou eau ^ 16 on- 
ces = kilog. 604 

Once ou tacl = 10 dong^ 
= 37 gr. 500 

Dong = 10 pbnus ^ 3 g.775 

Pbau =0g.375 



Mesures employées dans les colonies françaises (Suite). 



'Pour le drap et la soie) 
Pic turc. . . . = 0'»,644 

(Pour les étoffes 

de coton] 

Pic arabe. . . = 0<a,49o 



Unités du système 

métrique. 



ISIB 

Pour les liquides : 
Métal'deTunis = 201.208 
Kolla . . . . = lOIit. 20^ 

Saa = I lit. 134 

1. VnriabU »1on U> loc«- 
ltt«* d« ÎO lit. 208 à 37 lit. 072. 

Pour les solides : 
Caflis de Tunis = GiO lit. 

Oulla = 40 lit. 

Saa = 3lit.333 



Quintal altari = SO kil . 392 



Rotolo . 
Once . . . 
Thero. . . 
Nouala. . 



:503gr.924 
, = 31gr.94 
= 3 gr. 94 
. = Ogr. 1968 



Anciennes mesures françaises avant Tadoption du système métrique. 



MESURES DE LONGUEUR MEStTRES DE SURFACE MESURES DE VOLUME UBSORES PONDÉRALES 



Ligne. . . . = O'»,00225 
Pouce. . . . = O'".0i707 
Pied = 0='.32lSl' Pouce carré. = 0'n»,007.t2'; 



Aune . . . . = l<».i88 
Toise. . . . = l".9i904 
Perche de l'arpent 

de Paris. = 5'".847 
Perche de l'arpent 

commun. ^ 6">,496 
Lieue de 

poste. . . = 3 k. 8981 
Lieue com- 
mune. . . ^ (k.4454 



Pied carre. . rrO^MO 
Toise carrée. = 3»'.7989 
Perche carrée = 100* partie 

de Tarpenl. 
.\rpontdc Paris = 31 ar. 19 
Arpent commun = 42ar. 21 
Arpent des eaux 

et forêts. . . .=51 a. 072 



Pied cube . = 0"».0'it28 
Toise cube. = 7-»,40^9 

Matières sèches ; 
Boisseau de 

Parii.. . = 13 lit, 01 
Soticr. . . . = lûôlii.lo 
Voie {bois}. = I«'»,920 

Liquides : 

Velte = 7111.45 

Muid = 268 lit. 22 



tîr&iD . . 


. . = Rr. ft-,3 


[irot. . . 


. . = 3 Rr. 82 


3nce. . . 


. . = 30 gr. 69 


.Marc. . . 


. . = 2U sr. :r, 


Livre . . 


. . = t«9 gr. bl 



— ProsoJ. Métro dans lo sgds do • rythme qui domiûo 
daos un vers, li Abusiv. Hya. (te pied. 

— Techn. Anneau dans lor|nol on passe los Ma d'or pour 
vérifier leur calibre, ii Morceau de papier ou do parchoniiti 
dont le tailleur se servait autrefois pour nie.suror los di- 
mensions des diverses parties du corps, ii Sorte do compas 
rond qui sert à marquer lo rapport du poids à la grosseur 
d'une Donno boulo au jeu du iitall. il Mesure de suif, Paiu 
do suif de cinq livrus et demie. (Vieux.) 

— pROV. : Les petites mesures ne reviennent point aux 
grandes, En vendant au dotait, on perd sur la mosuro. 

— Anton. Emportement, exagéraUon, excès. 

— EncviL. Mi'trol. l'uur mesurer les olijots qui nous 
entourent, il faut tes rapporter à dos unités ou étalons do 
ntôme nature. Mais nos sons envisagent do ditrérontcs 
moDières le moudo ext^^riour. Si nous conïidt^roas l'étca- 



duo suivant une, doux ou trois dimensions, nous ferons 
appel à des mesures de longueur, de surface ou do volume. 
Nous apprécierons la masse des corps au moyen do me- 
sures do poids; enfin, nous fixerons la valeur dos choses 
matériellos avec des mesures monétntres. 

Dans l'antiquité, chaque peuple imagina des mesures 
appropriées à ces conditions d'existence, d'où la grande 
diversité des premiers systèmes. Cependant, beaucoup d'é- 
talons furent empruntés aux parties do l'organisme humain. 

Dans les Etals l)arl>aros qui s'éditiôrent après la chute 
de l'empire d'Occident, ta métrologie reposa d'abord sur 
lo système dos mesures romaines; puis, bientôt, do nou- 
velles unités s'introduisirent dans tes différents royaumes 
do l'Europe, venant gêner les transactions commerciales 
de peuple à peuple. Chartemagne tenta, un des premiers, 
d'obteuir, par lo capiluluiro d Aix-la-Chapelle, l'emploi par 



tous ses suîots de prototypes uniformes (789). Charloc'îb 
Chauve déclara dans l'édit do Pistes i,86l) que les mesures 
usuelles devaient Atre conformes aux mudétes déposés 
dans son palais. Mais, durant ta période féodale, lo droit 
d'étalonnage appartint au seigneur, ot, comme la taxe 
payée constituait un excellent revenu, chaque hobereau 
eut intérêt à posséder des unités particulières. Philippe 
le lîel, puis Phitipno V, essayèrent en vain de réagir contre 
cette confusion, l-rançois I" ^1540) ot ïlonri III (1575) no 
furent pas plus heureux. Au siècle suivant. I'abl)é Mouton 
eut beau proposer un système emprunté à la grandeur do 
la Terre (1670), on n en continua pas moins à se servir on 
Fraïu'o do mesures variant d une province A une autre, 
parfois m6mo dtf ville à ville. 

Jusqu'à la Révolution, on employa comme unité princi- 
pale do longueur la toise, qui so siibdivisait on G pieds. Lo 



53 

pied représentait 12 pouces; le pouce, 12 lignes, et la li- 
gne, 12 points. L'aune, qui servait pour les étoffes, valait 
3 pieds 7 pouces 10 ligues. Pour les mesures ilinéraires, 
il y avait la lieue terrestre de 25 au degré et la lieue de 
poste ou pente lieiie de 2.000 toises. Dans la navigation, on 
comptait par lieue marine de 20 au degré. Les mesures do 
superficie comjirenaient la toise carrée = 3G pieds carrés ; le 
piedcarré = 141 pouces carrés ; Icpoucecurré — 144 lignes 
carrées; la liiinc carri-e — lit points carrés. 

Pour les évaluations de terrains, on utilisait la perche 
carrée^ la centième partie de l'arpent. Mais cette dernière 
unité variait selon les endroits. Les mesures do volume 
se composaient do la toise cube = 2lû pieds cubes ; du pied 
cube = 1.128 pouces carrés; du pouce cube = 1.728 lignes 
carrées; do la ligne cube = 1.728 puints carrés. 

On se servait, comme mesures do capacité pour les 
matières sèches, du rnuid. Ixï nuiid do Paris corresiiondaît 
à 12 setiers, le setier à 12 boisseaux, le boisseau à 16 li- 
trons. Selon les objets à mesurer, le setier comprenait un 
nombre plus ou moins grand de boisseaux. Il y avait pour 
les bois de chauffage la voie de 56 pieds cubes; la corde 
des eaux et forêts (2 voies), et la solive do charpente 
(3 pieds cubes). Pour les liquides, on employait beaucoup 
le muid de Paris, qui alors représentait 2 l'euillottes. La 
feuillette égalait 2 quarlauts; le (/uurfaut. 9 vcltes ou se- 
tiers; le setier, 8 pintes; la pinte de J'ai'is, 2 cliopines; la 
chopine, 2 domi-setiers ; le demi-setier, 2 poissons ; le pois- 
son = 2 demi-poissons: le demi-poisson, 2 roquilles. A Pa- 
ris, l'unité de poids était la lii}?-e, qui correspondait à 

2 marcs ou 16 once.s ou 128 fp-os ou 381 deniers ou 9.216 
(jrains. Toutes ces mosures furent rcni[)lacées par le sys- 
tème métrique, institue par les lois du 18 germinal au III 
et du 4 juillet 18:!7. V. wiiTRE, monnaii:. porns. 

— Math. Prendre la mesure d'uoo grandeur, c'est prendre 
sou rapport à l'unité de môme espèce. La mesure d'une 
grandeur est un nombre abstrait et no peut s'obtenir 
exactement que si la grandeur est commensurable avec 
l'unité choisie, c'est-ù-diro s'il existe une troisième gran- 
deur dite commune mesure, qui soit contenue un nombre 
entier do fois dans l'une et dans l'autre. En général, la me- 
sure d'une grandeur est incommensurable et no peut Ôtre 
évaluée qu'avec approximation. 

— Mus. On divi.se tons los morceaux de musique en par- 
ties d'égale Tiuréo (|u'on appelle mesures, et cha<|uo mesure 
est à son tour divisée en parties d'égale durée qu'on 
nomme temps. On emploie dos mesures à 2 temps, à 

3 toin^JS, à 4 temps (la mesure à 5 temps est rarement 
usitéej; ces mesures sont inditpiéos ou par un signe ou 
par un chiffre ou par une fraction quo l'on place au com- 
mencement de la portée, après la clef. 

Chacun des termes de la fraction qui indique la mesure 
a une signification distincte : en effet, la ronde ayant été 
choisie comme unité de mesure, le dénominateur ou chiffre 
d'en bas indique en combien de parties égales la ronde est 
divisée, et le numérateur ou chiffre d'en haut combien 
chaque mesure contient de ces parties. Ainsi, dans la me- 
sure -, lo dénominateur 4 indique que la ronde est divisée 

en 4 parties égales, et lo numérateur 2 que chaque mesure 
comprend 2 de ces parties. Or la ronde vaut 4 noires, donc, 

dans la mesure -, 4 représente une noire, et le chiffre 2 

indique quo chaque mesure comprend 2 noires (une noire 
par temps). 

Le 2 dénominateur représente la blanche ; le 4, la noire ; 
lo 8, la croche, et le 16 la double croche. Quand le numé- 
rateur est pair, la mesure est à 2 ou à 4 temps; quand 
il est impair, la mesure est à 3 temps. 

On distinguo les mesures simples et les mesures com- 
posées. Les mesures simples ou binaires sont celles dont 
chaque temps se compose d'une valeur divisible par deux; 

les plus usitées sont indiquées parles signes (^ et fy 

par les chiffres 2, 3, 4, ou par les fractions -, -, -, -. 

Les mesures composées eu ternaires sont celles dont 
chaque temps est formé d'une valeur divisible par trois ; 

les plus usitées sont les mesures à -, -, -^. 
_ . 8' 8 8 

Certaines mesures sont d'un usage peu fréquent ; telles 

„ ,, ,2369 12 4242 

sont les mesures à -. -, -, -, —, -, -, — — etc 

2 2 4 4 4' 8 8 16 16 

La mesure à cinq temps, rarement usitée, est indiquée 
par un 5 ou par la fraction -. Elle est composée alternati- 
vement d'une mesure à trois temps et d'une mesure à 
deux temps. V. mouvement. 

Mesures (Bdrkau international des poids et). La 
convention diplomatique du mètre (1875) décida la créa- 
tion du liureau international des poids et mesures, qui fonc- 
tionne sous la 
surveillance 
d ' un comité 
placé lui-même 
sous l'autorité 
d'une confé- 
rence générale 
formée des dé- 
légués de tous 
les Etats con- 
tractants. Peu 
après, lo gou- 
vernement 
français offrit 
le pavillon de 
Breteuil, sis à 
Sèvres, plus 
un terrain en- 
vironnant do 

2 hectares et demi. On éleva sur celte enclave, prise dans 
lo parc de Saint-Cloud, un second .bâtiment terminé en 
1878, et qui abrite aujourd'hui une magnique collection 
d instruments métrologiques {comparateurs, balances et 
thermomètres de précision, machines à diviser, baro- 
mètres, etc.). V. MiSTRE. 

MESURÉMENT adv. Avec prudence et modération. 
MESURER irad. mesure) V. a. Evaluer une quantité en 
la comparant avec une quantité déterminée : Mesurer a» 



MESURÉMENT — MÉTABRUSIIITE 




Le pavillon de Breteuil. (Bureau iiiterualiondl 
des poids et mesures, J 



lilre, au mètre. Mesdree le temps à l'aide du pendule. 
— Par anal. ; Mesckkr une distance du regard. Mesurer 
par la pensée la durée d'une opération. 

— Prendre mesure à, la mesure de : Tailleur qui me- 
sure un client, un pantalon. 

— Par ext. Avoir en dimension : La gueule de la baleine 
MiisuRE jusqu'à 7 jnètres d'ouverture, ii Marquer, servira 
évaluer : L'astre qui mesure les heures. 

— Fig. Api^récier, évaluer, estimer : Nous devons mesu- 
rer notre vie par tes actions, non par les années. (Boss.) 

Il Servir à apprécier, à évaluer : C'est la bonté surtout qui 
MESURE l'élévation de notre âme. il Régler, proportionner : 
L'honnête homme est celui qui mesure son droit à son de- 
vnir. (Ijacord.) ii Essayer pour comparer : Mesurer ses 
forces avec quelt/u'un. ii Kégler avec modération : Mesurer 
sa dépense, ses paroles, il IJéterminor les limites de : Ce 
n'est point à vous à mesurer la justice de /Heu. (Volt.) 

Il Distribuer, départir avec mesure, ou, plus souvent, 
avec parcimonie : Lucarne qui mesure l'air, le jour. 

— Comni. Afesurer ras. Faire arriver l'objet quo l'on 
mesure au niveau o.\act de la mesure dont on se sert. 
Il Mesurer comble. Accumuler au-dessus de la mesure l'ob- 
jet que l'on veut mesurer. 

— Constr. Mesurer par équarrissement ou par équarris- 
stige, Prendre, au lieu du volume vrai d'une pierre ou 
d'une pièce do bois irrégulière, le parallélipipède rectan- 
gle dans lequel elles peuvent s'inscrire. 

— Littér. Soumettre aux règles de la mesure : Mesurer 
des vers. 

— Musiq. Distribuer selon la mesure : Mesurer une 
jthrase ii trois temps. 

— Vénor. Mesurer u7ie forêt, un bois. Se disait de la bétc 
chassée qui les traverse do bout en bout sans randonnées. 

— I-oc. div. Mesurer les épèes. S'assurer avant un duel 
que los doux épées sont d'égale longueur, il Mesurer son 
épêe avec quelqu'un. Se battre à l'épée avec lui. il Mesurer 
le sol (ou tout autre équivalent). Tomber, ii Mesurer son 
coup, Lo calculer d'avance de façon à atteindre lo but. 

Il Mesurer quelqu'un du regard ou des yeux. Le toiser de 
la této aux pieds comme pour prendre la mesure de ses 
l'orcos, etc. ii Mesurer quelqu'un à son aïoie.Lo juger d'après 
soi-même, li iVc pas mesurer son verre, lioiro sans retenue. 

— Pruv. et Loc. PRov. : On sera mesuré à la mesure 
dont on se sera servi pour les autres. Dieu nous traitera 
au Jugement comme nous a\'oijs traité nous-ménie lo 
prochain. (Maxime évaug.) Il A brebis tondue Dieu me- 
sure le vent. V. brebis. Il Voilà le boisseau oii on les me- 
sure, Voilà ce qui doit servir de règle et mettre lin à toute 
discussion. 

Mesuré, ée part. pass. du v. Mesurer. 

— Par ext. Lent et régulier, compassé : Des pas me- 
surés, il Circonspect : Un négociant mesuré. 

— Littér. Se dit des vers qui, conimo les vers grecs et 
latins, sont formés d'une combinaison de syllabes longues 
et brèves disposées d'après certaines règles. 

— Musiq. EUipt. Mesuré, Mot qui indiquait autrefois 
Tendroit où finissait un morceau exécute ait libitum et oi"i 
l'on devait commencer à chanter ou à jouer en mesure. 

Il On écrit auj. a temi'O ou a battuta. 
Se mesurer, v. pr. Etre mesuré. 

— Fig. Etre jugé, estimé. Il Etre proportionne. Il Modérer 
ses actions ou sa dépense. 

— Se battre ou lutter d'une manière quelconque, il Se 
mesurer des yeux, Se toiser pour se provoqiier ou estimer 
réciproquement les forces, la valeur. 

MESUREUR n. m. Officier public, préposé pour mesurer 
et peser les denrées qui se vendent sur les marchés ou 
dans certaines conditions particulières ; Mesureur rfe 4W. 

— Tailleur qui prend mesure aux jiratiques. 

— Chim. Appareil qui sort à déterminer les volumes 
des gaz. 

— Electr. Mesureur des courants. Instrument do forme 
variable, qui permet do constater l'intensité d'un courant 
électrique. V. galvanomètre, voltamîstrk, etc. 

— Géom. Mesureur général. Instrument servant à 
prendre des mesures. 

— Physiq.^UesKi-ciir des pressions. Appareil dont on se 
sert pour faire l'analyse d'un mélange de gaz. il Appareil 
enregistreur à l'aide duquel on compare, sur un graphique 
tracé par le mesureur, les différences de pression soit dans 
la chaudière, soit dans le cylindre d'une machine à vapeur. 

— Adjectiv. Qui sert à lùesurer : Tube mi;sureur. 

— Enctcl. Techn. En tanneiie, on fait usage d'un me- 
sureur d'épais- 
seur pour se 
rendre exacte- 
ment compte 
de l'épaisseur 
des cuirs tan- 
nés. Ils sont 
placés entre 
deu.x bras re- 
courbés de 
l'instrument : 
un levier vient 
s'appuyer sur 
le cuir par une 
de ses extrémités, tandis que l'autre agit sur l'aiguille 
d'un cadran divisé qui indique les diverses épaisseurs. 

— Physiq. Mesureur de pressions. Lorsciu'on veut faire 
l'analyse d un mélange de gaz, ou fait absorber certains 
gaz ou on les fait disparaître par l'étincelle électrique; il 
est nécessaire de connaître à chaque opération la quan- 
tité de gaz disparue. A cet effet, on mesure la ditl'érence 
de pression du gaz primitif et du gaz obtenu après la dis- 
parition, les deux mélanges étant réduits à un même vo- 
lume. On se sert, à cet cfl'et, du mesureur, qui n'est autre 

|u'un manomètre particulier sur lequel est marqué le vo- 
lume que doit occuper le mélange. On en connaît de nom- 
breux types dus à Kegnault, Sclilœsing, etc. 

Mesureur (Gustave), homme politique français, né à 
Marcq-en-Barœul (Nord) en 18-17. Dessinateur pour bro- 
deries, il fut élu conseiller municipal de Paris en 1881, 
vota avec les autonomistes, se fit remarquer par un rap- 
port sur lo changement des noms des rues et fut réélu en 
1884 et 1887. Elu eu 1887 député de la Seine, réélu en 1889, 
puis en 1893, il devint ministre du commerce et de l'in- 
dustrie dans le cabinet Bourgeois (1895-1896) et vice-pré- 
sident de la Chambre de 1898 à 190S. — Sa femme, née 
Amélie Dewaillt, née à Paris en 1853, s'est fait connaître 
par des poésies charmantes : A'os enfants (1883) ; Rimes 




Mesureur (corruirie) 



roje» (1891), et par divers ouvrages : Histoire d'un enfant 
de Paris (1889) ; le Dernier des pifferarilniô) ; etc. 
MÉSUS (;« — de mésuser) a. m. Mauvais usage. CVi.) 

— Dr. anc. Abus et dégradation commis dans los bois, 

pâturages ou communes. 

MÉSUSAGE n. m. et HÉSUSANCE n. f. Abus. (Vx.)" 
MÉSUSER (du préf. mes, et user) v. n. User mal. abuser 
ou laire un mauvais usage : Mésuser de ses facultés. 

— Sv.N. Mésuser, abuser. V. abuser. 

MÉSUSEUR, EUSE n. Personne qui mésuse. 
MESVOYER [mé-voi-ié — du préf. mes, pour mis, et do 
voie. — Change y en i devant un e muet. Prend un i après 

I y aux deux prem. pers. pi. de l'imp. de l'ind. et du prés. 
du siibj. : .Vou» mesvoyious. Que vous mesvoyiez) v. a. Dé- 
voyer, l'aire sortir de la voie. (Vieux.) 

MesVRES (niétr' — lat. Mngaverum, OU Magobrium^, 
ch.-l. de cant. de Saône-ot-Loire, arrond. et à il kilom. 
d'Autun, sur le Mesvrin, sous-affluent de la Loire par 1 .\r- 
roux; 1.241 hab. Cb. de f. P.-L.-M. Houille, granit. Bri- 

3ueierie, tuilerie. Ruines d'un monastère et du chfitcau 
e la Motte. — Le canton a 12 comm. et 9.293 liab. 

MéSZAROS (Lazar), général hongrois, né à Baja en 
179C, mort à Eywood en 1858. Colonel dans l'armée do 
Radetzky, en Italie, il devint ministre de la guerre dans 
le premier cabinet hongrois formé par Batthyanv (1848), 
organisa l'armée des honvéds, mais fut batiu à "Szikszo, 
par le général autrichien Schlick. Chef d'état-major de 
l'arméo de Dembinszi, il prit part aux batailles do Szoreç 
et de Temesvar. Après l'issue fatale de la Révolution, il 
suivit Kossuth en Turquie, puis on Angleterre, s'établit 
onsnito (1851) en France; il dut la quitter après la coup 
d Etat de décembre. Il alla ensuite séjourner à Jersey, do 
là en Amérique, et retourna, en 1858, en Angletorro. 

MET (mé) n. m. Techn. Syn. de maie n. f. 

META {mé — mot lat.) n. f. Antiq. rom. Chacune des 
deux bornes situées aux extrémités do la spina du cirque. 

META (do la prépos. gr. meta). Linguist. Préfixe qui in- 
dique union, succession, transformation. 

— Chim. Préfixe qui, placé devant un nom, sert à indi- 
quer que le corps correspondant s'est formé aux dépens 
du corps dont le nom suit le préfixe ; le corps nouveau 
est souvent un isomètre de l'autre. (Le préfixe tnêttt, dans 
la composition des noms do dérivés benzéniques, se rap- 
porte à la situation relative de deux groupements fonc- 
tionnels substitués à l'hydrogène. En atirilauaut à la ben- 
zine la formule hexagonale, il signifie que les deux atomes 
de cai-bonc ayant subi la substitution sont séparés par un 
seul autre. Pour les mots commençant par meta et qui no 
sont pas à leur ordre alphabétique, voir le nom qui suit.) 

META n. f. Genre d'araignées, type du groupe des mê- 
lées, comprenant une trentaine d'espèces des régions tem- 
pérées du globe. (Les mêlas sont fauves ou brunâtres, avec 
une tache foncée en forme de feuille, sur l'abdomen.) 

Meta, rivière de l'Amérique du Sud, en Colombie et 
en Venezuela. Elle se forme <le torrents, descendus de la 
Cordillère orientale, à l'E., S.-E., N.-E. de Bogota, s'égare 
dans les llanos, et atteint l'Orénoquo, rive gaucho, après 
un cours de 1.250 kilomètres. 

MéTA, comm. d'Italie (prov. do Naples), à l'extrémité 

oriciiiale de la baie de Sorronte ; 7.947 hab. 

MÉTABASE (du préf. meta, et du gr. basis, action do 
marcher) n. f. Rhétor. Passage d une idée à une autre. 

II Retour vers un sujet dont on s'était subitement écarté. 
MÉTABLASTULA (ft/dss — du préf. nié/n,etde blastula) 

n. f Blastula des mammifères, inl-rmédiairc à l'amphiblas- 
tula de certains reptiles et à la discoblastula des oiseaux. 

METABLETUS {mé, blê-luss) n. m. Genre d'insectes co- 
léoptères carnassiers, famille des cara- 
biilés, comprenant une trentaine d'es- 
pèces, de l'hémisphère boréal et de 
t'Afriijue australe. 

— Encycl. Les metobletus sont des 
dromiinés de petite taille, noirs ou bron- 
zés, avec les élytre^ parfois marijuésdo 
jaune ou de fauve. Le metabletus foveola, 
long de 3 millimètres, bronzé, est com- 
mun dans lo bassin de la Seine. 

MÉTABOLE (du gr. mêtabolé, chan- 
gement) adj. Zool. Qui subit des méta- 
morphoses ; Presque tous les insectes 

sont métaboles. 

MÉTABOLE (même étymol. qu'à l'art, 
précéd.j n. f. Art milit. anc. Mouvement de conversion, 
dans les armées grecques. 

-^ Méd. anc. Transformation des maladies ou tout au 
moins des symptômes, les uns dans les autres, par 
exemple de là phosphaturie en albuminurie. 

— Physiol. ïransformation de la mucine dans laglando 
thyroïde. 

— Rhétor. Figure par laquelle on répète dans la se- 
conde partie de la phrase des mots employés dans la pre- 
mière, mais dans un ordre différent, pour'modiûer la pen- 
sée : Il faut manger pour vivre et non pas vivre poui 
manger, ii Autre figure qui consiste à répéter une mémo 
idée en termes différents. C'est ainsi que Corneille fait 
dire par Auguste à Cinna : 

Prête, sans me troubler. l'oreUle à mes discours ; 
D'aucun mot. d'aucun cri n'en interromps le cours ; 
Tieus ta langue captive. . . 

MÉTABOLIQUE llik' — rad. métaboM adj. Phvsiq. Qui 
constitue un changement de nature : Phénomènes méta- 

BOLIQCI-:S. 

— Zool. Qui change de forme à volonté : Les infusoires 

MÉTABOLIQUES. 

MÉTABOLISME [lissm' — du gr. mélabolè ; de métabal- 
lein, transformer) n, m. Ensemble des transformations 
que subissent les organismes vivants par le mouvement 
nutritif, sous son double aspect d'assimilation ou cons- 
truction (anabolisnie) et de désassimilation et de destruc- 
tion des parties formées (catabolismc). 

MÉTABRUSHITE n. f. Phosphate hydraté naturel de 
chaux avec traces d'alumine, de fer et de matières orga- 
niques. Variété de brushite. 




METACARPE — METAL 

MÉTACARPE : du gr. métakarpion, mî^me sens ; de meta, 
après, ot karpos, le carpe) n. m. Anat. Partie do la main 
intermédiaire aux doigts et au carpe formant en avant la 
paume et on arrière le dos de la main. 

— Encycl. Le métacarpe, bien développé chez l'homme, 
se compose de cinq petits os allonges [os métacarpiens), 
dont quatre intimement unis les uns aux autres forment le 
gnl métacarpien portant les quatre derniers doigts ; l'autre, 
premier métacarpien ou métacarpien du pouce, plus mo- 
uile, permet au pouce do s'opposer aux autres doigts et de 
saisir des objets chez les bimanes ou les quailrumanes. 

Les espaces du gril métacarpien sont remplis par los 
muscles mterosseux palmaires et dorsaux, muscles mo- 
teurs des doigts. Ces muscles, plus développés aux deux 
extrémités do la paume de la main, au niveau du pouce 
et do l'auriculaire, les doigts les plus mobiles, forment 
deux saillies renflées : l'éminence Ihénar cl l'éminenco 
hypothénar, qui limitent le creux do la main. 

MÉTACARPIEN, ENNE {pi-in, t;0 adj. Qui appartient 

au mélafai'iie : /,i:s vs mktacakpiens. 

MÉTACARPOPHALANGIEM, ENNE (jt-in, ^n') adj. Anat. 
Qui unit le métacarpe et les pbala.igos : Articulation mk- 

TACARPO-PUALANGIKNNE. 

MÉTACENTRE 'du préf. meta, ot do centre) n. m. Mécan. 
V. la partie enrvcl. 

— Encycl. Quand un corps solide flotte, il est soumis à 
deux forces : son poids appliqué à son centre de gravité 
et la résultante des pressions latérales exercées par les 
eaux appliquée en un point appelé centre de poussée. 
Quand le corps est on équilibre, le contre do gravité ot 
le centre de poussée sont sur une mÔme verticale. Si le 
corps est dérangé infiniment peu do sa position d'équi- 
libre, la droite qui 
joint le centre de 

fravité au centre 
e poussée cesse 
fénéralemont 
*6tro verticale; 
lorsque cette droite 
rencontre la verti- 
cale du nouveau 
centre do poussée, 
le point de ren- 
contre est appel4 
métacentre; cette 
dénomination est 
duo à Bougue*r. 
L'équilibre est sta- 
ble ou instable sui- 
vant que le mêla- 



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Métacentre : A. centre de gravité droit ; 

B, centre de gravité incliné ; C, métacentre 

latitudinal. 



contre est au-dessus ou au-dessous du centre de gravité. 
Lorsqu'un navire oscille autour d'un axe horizontal sans 
cesser de flotter, le centre do poussée du fluide déplacé 
décrit une courbe, dont le centre est lo métacentre du 
navire. Si l'on suppose le navire partagé en un très grand 
nombre do sections verticales, ciiaquo section aura un 
métacentre. La proiection du lieu des métacentres sur lo 
plan latitudinal do la coque porte le nom do courbe méta- 
centrique. On distinguo plusieurs métacentres, suivant que 
l'axe horizontal autour duquel oscille le navire est dirigé 
dans le sens do la longueur ou dans celui do la largeur. 
On appelle premier métacentre latitudinal celui qui répond 
au cas où le navire tond à tourner autour d un axe hori- 
zontal tracé dans son plan de symétrie, et premier méta- 
centre longitudinal celui qui répond au cas où lo navire 
tend à tourner autour d'un axe pcrpciuiiculairo au précédent. 
MÉTAGENTRIQUE {san-trik') adj. iMar. Se dit do la 
courbe qui est le lieu des métacentres d'un navire dans 
toutes les inclinaisons possibles. 

MÉTACÉTIQUE [sé-tik') adj. Chim. n Acide métacétique, 
Acide propionique. 

MÉTACÉTONE n. m. Chim. Syn. de propione. 

MÉTACÉTONIQUE adj. Chim. Syn. do propionique. 

MÉTACÉTYLE n. m. Chim. Syn. de propionylk. 

HÉTACHARIS ' ka-riss) n. f. Genre d insectes lépido- 
ptères rhopalocôrcs, famille des érycinidés, comprenant 
une dizaine d'espèces de l'Amérique tropicale. |^Ce sont des 
papillons bruns en dessus et gris bleuâtre en dessous {me- 
tacharis tucius, Cayonno et Arnazonos), ou noir orangé et 
blancs {metacharis cnjlhrometas, Guyane}.] 

HÉTACHÈTE [khèf — du préf. meta, et du gr. khaitê, 
crin, aigrette) adj. Se dit d!es larves d'annclides poly- 
chôles chez lesquelles il existe de longues soies perma- 
nentes remplaçant les soies provisoires. Syn. métatroque. 

MÉTACHLORlTE(Wo)n.f. Silicate hydraté naturel d'alu- 
mine, fer et magnésie, appartenant au genre chlorite. 

MÉTACHORÈSE {ko — du préf. meta, et du gr. khôros, 
lieu) n. f. Méd. Transport d'uno maladie endémique d'un 
lion dans un autre. (Vx.) 

MÉTACHROMATIQUE {kro, tik') adj. Qui indique le mé- 

tachromati^iMK.'. 

MÉTACHROMATISME [kro, tissm' — du préf. métn, ot 
du gr. khroma, couleur) n. m. Modifications de la couleur 
de la peau, des poils ot dos plumes, sous l'influence do 
l'Âgo ou des maladies. 

— Encycl. Les phénomènes do méiarhromatisme parais- 
sent être en général le résultat de modifications chimiques 
d'origine humorale, souvent durables, parfois définitives, 
tandis que les phénomènes do mimétisme, do caméléonisme, 
les modifications du plumage et du pelage que l'on observe 
chez lesanimaux,ùrépoi|iiedurut,sont toujours passagers. 
Parmi les phénomènes mcta<liroinatiquf s, il faut citer, chez 
l'homme, la canitio des vieillards, la pigmentation delà peau 
dans les dystropliies générales profondes (tuberculose, dia- 
bète bronzé, etc.). 

MÉTACBROME {krom') n. m. Genre d'insectes coléo- 
ptères pbytophaf?es, comprenant une vingtaine d'espèces 
propres à l'Amérique septentrionale et centrale. (Ce sont 
des eumolpinés de petite taille, à livrée jaune ou ferrugi- 
neuse, avec taclies ou bandes noires, vordàlres ou bleues). 

MÉTACHRONIE (kro-n( — du préf. m>'ta, et du gr. khro- 
nos, temps) n. f. Succession des mouvements qu'exécutent 
los cils vibratiles. (Cette succession est telle que lo batte- 
ment du second ne se fait qu'après celui du premier, etc., 
et sans que jamais un cil batte spontanément en dehors 



de la série ou exécute un battement avant que le cil pré- 
cédent soit lui-mémo entré en mouvement.) V. cil. 

MÉTACHRONISME {kro-nissm' — du préf. meta, et du 
gr. kkronos, temps) n. m. Chronol. Erreur de date, qui con- 
siste ù assigner à. un fait une époque postérieure à son 
époque véritable. 

MÉTACINÈSE {si) ou MÉTARINÈSE [du préf. meta» et 
du gr. kinésis, mouvement] n. f. Seconde phase do la 
caryocinèsc. Syn. métaphase. 

MÉTACINNABARITE n. f. Miner. Sulfure naturel do 
mercure nuir. que l'on a trouvé on Californie. 

MÉTACINNAMÉINE n. f. Chim. Composé découvert par 
Krômy dans le baume du Pérou, identique à la styricme. 

MÉTACLISE n. f. Genre d'insectes coléoptères hétéro- 
mères, comprenant quelcjues espèces d'Europe et d'Asie 
occidentale. [Syn. amarantha.] (Los metachsa sont des 
ténébrionidés de la tribu des diapérinôs ; oblongs, luisants, 
bleus ou verts, ils ont les élylres ponctués. La melaclisa 
parallela se trouve eu Sicile, eu Turquie, etc.) 

MÉTACONDYLE (du préf. meta, et de condyle) n. m. 
Anat. riialange unguéale d'un doigt ou d'un orteil. 

MÉTACOPAHU VIQUE {vik'— du préf. meta, et do copaku) 
adj. Chim. Se dit d'un acide contenu dans le copanu do 
Maracaïbo. 

MÉTACROLÉINE n. f. Chim. Acroléino polymériséo. 
V. ai.i.vli-; [aUUhyde allylique ou acroléine). 

MÉTADIÈRE n. f. Comm. Ancienne espèce de toile. 

MÉTAGALLATE n. m. Chim. Syn. de gallulmate. 

MÉTAGALLIQUE adj. Chim. Syn. do gallxjlmique. 

V. GALLlyCE. 

MÉTAGASTRULA {stru — du préf. meta, et du lat. gas- 
trula ; de gaster, estomac) n. f. Gastrula des mammifères, 
*|ui, bien que provenant d'un œuf à segmentation totale, 
se rapproche, par l'épibolie de l'ectoderme, de la disco- 
gaslrula des oiseaux. 

MétagèNE, poète grec de la Comédie ancienne (v* s. 
av. notre ère). Fils d'un esclave, il vécut à Athènes au 
temps d'Aristophane. Il nous reste do courts fragments de 
(luatro do ses comédies : les Airs, les Thurioperses, l'Ami 
des sacrifices, Homère ou les Artisans. — Architecte grec 
qui, avec son père Chersiphron, construisit le fameux 
temple d'Artémis à Ephèse (vi* s. av. J.-C). 

MÉTAGÉNÈSE {Je — du préf. méta^ et du gr. génêsis , 
génération) n. f. Biol. Mode de reproduction des orga- 
nismes sans lo concours des doux sexes ; ensemble des phé- 
nomènes de génération agame. 

— Encycl. Biol. V. génération. 

MÉTAGÉNÉSIQUE (je, siA") adj. Qui so rapporte à la 
mét-;iLrènèse : Phénomènes mktagénésiques. 

— Encycl. Ou entend par accélération métagénésigue le 
phénomène grâce auquel certains organismes passent, au 
cours de leurs métamorphoses, d une forme à une autre, 
en évitant les étapes intermédiaires. Ainsi, une rainette 
des Antilles {hyloaes Martmicensis) subit toutes ses méta- 
morphoses dans l'œuf môme. 

MÉTAGITNIEN (jit'-ni-in) adj. Qui se rapporte au méta- 
yitnion. — Surnom d'Apollon. 

MÉTAGITNIES {jit'-tit — rad. métagitnien) n. f. pi. Antiq. 
gr. Fête atliénienne, en l'honneur d'Apollon métagitnien, 
qui so célébrait dans le dème de Mélite au mois raétagit- 
nion (août-sept.), et aux alentours de laquelle avaient lieu 
les changements de domicile. 

MÉTAGITNION ( 7 tf -ni — du préf. 7n(?7a, et du gr.ffej/nia, 
voisinage) n. m. Chronol. Huitième, et plus tard deuxième 
mois de l'année athénienne. 

METAGLYMMA {mé) n. f. Genre d'insectes coléoptères 
carna^si.rs. .1.' la famille des carabidés, qui vivent en 
Nouvi'lk'-Zt.-lan-ic. (Les meiaglymma sont des broscinôs, 
dont l'espèce type est la metaglymma monilifer.) 

MÉTAGONIE {ni) n. f. Genre d'arachnides aranéides, 
famille des pbolcidés, comprenant deux espèces de l'Amé- 
rit^ue tropicale. (Les métagonics sont des araignées allon- 
gées, avec l'abdomen rétréci en arrière et lron(|ué.) 

MËTAGRAMME du préf. meta, et du gr. gramma, lettre) 
n, m. Ciraniin. Cliangenient d'uno lettre dans un mot. n On 
liit plus ordmaireni. métaplasme. 

— Sorte d'énigme à plusieurs réponses qui dilfèront seu- 
lement l'une do l'autre par lo changement d'une lettre, 
mais d'uno lettre occupant toujours le môme rang. Ex. : 
Fmon, Prison, Grison; ou Moisson, Poisson, Boisson; 
seriie, serVe, serGe. 

MÉTAGRAPHE (du préf. meta, ot du gr. graphein, écrire 
n. m. Hi'itc inriallique, contenant un cachot qui porte lo 
fao-simik- d une --igiiaturo et un tampon à encre. 

MÉTAIL (/rt-i7/ Ul mil.]) n. m. Forme ancienne du mot 
MÉTAL. Il A désigne plus récemment une composition mé- 
tallique. ^Pl. Dos METAUX.) 

MÉTAIRIE [lè-rl — pour métayerie, rad. tnétayer} n. f. 
Ferme exploitée par un petit cultivateur, qui retient pour 
son travail la moitié dos fruits et récoltes, n Ferme dont le 
détenteur paye au propriétaire une redevance eu nature 

MÉTAL (anc. métail — du lat. jnetallum, gr. métallon) 
n.m. Corps simple doué d'un éclat particulier appelé écfat 
métallique, conauisant bien, en général, la chaleur et l'élec- 
tricité, ot qui possède la propriété do donner des oxydes 
le plus souvent basiques. 

— Poétiq. Or ou argent monnayé : 

.... Quelle affaire ne fait point 

Co bienheureux métal, l'argent, maitre du monde ? 

La I*"ontainb. 

— Fîg. Matière que l'on met en œuvre : Le métal de la 
pensée. (H. Blaze.) ii Tempérament, caractère : De quel 
MfrfAL é/es-vous donc ? ii Objet considéré sous le rapport 
de son prix, de sa valeur : 

. . . , Fuyez Vindolente paresse : 

C'cat la rouille attachiïe aux plus brillants m^taur. 

VotTAlRE. 

— Métaux précieux, Or ot arcent. li Métal natif ou 
vierge, Métal extrait de la mine à l'état pur. 

— Alchim. Métal parfait, Or ou argent. Il Métal impar- 
fait. Métal autre que l'or et l'argent. 

— Blas. V. la partie encycl. 

— Fr.-maçonn. Argent monnayé. 



54 

— Métrol. Mesure do poids usitée en Tunisie, et qm 
équivaut à environ 16 kilogr. 

— Tochn. Métal anglais, Alliage d'étain et d'antimoine 
dont on fait des couverts. ;i Métal de miroir, Alliage do 
plomb, do cuivre et d'antimoine susceptible d'un très beau 
poli et ({ue Ion emploie à fabriquer des miroirs, n Métal 
fondu, rsom spécialement donné en métallurgie à l'acier 
extra-doux que l'on obtient par les procédés Bessemer et 
Siemens, il Métal du prince Hobert, Le laiton, n Métal de 
Darcet, Alliage de bismuth, d'étain et do plomb employé 
pour constituer lo plomb fusible des générateurs et chau- 
dières à vapeur. CV. plomb.) Il il/(?/a/6/anc. Alliage de divers 
métaux (^ui ressemble à do l'argent métallique, il Métal 
Gruson, l-oute trempée, n Métal de cloche. Alliage de cuivre 
et d'étain, dont on fait les cloches, n Métal dAlger, Alliage 
d'étain, de plomb et d'antimoine, employé comme imitation 
de l'argent, ti Métal de prince. Cuivre raffiné, dont on fait 
les ouvrages de luxe, n Demi-métal, Ancien nom des substan- 
ces métalliques cassantes et volatiles (bismuth, arsenic). 
Il Métal déployé, treillage métallique rigide que l'on 

obtient en coupant à intervalles une tôle d'acier ou d'un 
autre métal et en la déployant en mailles uniformes de 
diverses dimensions. 

— Encycl. Chim- Parmi les quatre-vingts éléments connus 
aujourd'hui, soixanto-quairo environ sont désigiu'-s sous le 
nom de métaua:. Ils ont un aspect spécial, métallique, sont 
fréquemment malléables et ductiles. Ils sont bons conduc- 
teurs de la chaleur et de l'électricité, et leurs oxydes sont 
lo plus souvent basiques. Quelques-uns des autres éléments 
ont l'aspect métallique, sans toutefois posséder les pro- 

Eriétés générales des métaux : on les a appelés m^fa/toïdc». 
.'usage a consacré cette dénomination pour tous les élé- 
ments ayant le m/'^me genre d'activité chimique. Leurs 
oxydes, souvent nombreux, sont acides. 

Cette distinction est commode pour l'enseignement élé- 
mentaire. On nomme plus exactement les premiers électro- 
positifs , par opposition aux seconds, qui sont électro- 
négatifs. De fait, si l'on soumet une solution saline ou un 
sel fondu à l'électrolyse, les ions métalliques sont trans- 
portés sur la cathode ot s'y déposent, tandis que les ions 
métalloïdiques(ou résidus salins) se déposent sur l'anode. 
Cotte loi est générale, sous la réserve que la distinction 
n'est toutefois pas nettement tranchée, puisqu'un électro- 
négatif peut jouer le rôle d'électro-positif vis-à-vis d'un 
plus négatif que lui, et vice-versa. 

Propriétés physiques. Les métaux sont généralement so- 
lides aux températures ordinaires, sauf l'hydrogène, qui 
est gazeux, et le mercure, qui est liouide. Réduits en lames 
très minces, ils sont traversés par la lumière complémen- 
taire de la couleur qu'ils présentent par réflexion. La plu- 
part sont d'un blanc plus ou moins pur. Quelques-uns sont 
colorés, comme l'or, le cuivre, ot les couleurs que nous 
leur connaissons so modifient quand on oblige les rayons 
himinoiLx à se réfléchir plusieurs fois sur le même métal. 
Tous, sauf des métaux alcalins, sont plus lourds i\\xQ l'eau, 
et la plupart fondent aux températures de nos fourneaux. 

D'après leur malléabilité, les principaux métaux se ran- 
gent dans l'ordre suivant : or, argent, aluminium, cuivre, 
étain, plomb, zinc, platine, fer. Pour la ductilité, ils for- 
ment la série : or, argent, platine, aluminium, fer, cuivre, 
zinc, plomb. Le fer est le plus tenace des métaux usuels. 

Propriétés chimiques. Les métaux se combinent entre 
eux et aux métalloïdes avec une énergie et suivant des 
proportions très variables. Il résulte de là que l'aftiuité do 
ces éléments les uns pour les autres est fort différente et 
que la constitution chimique des composés formés présente 
de nombreuses dissemblances. La combinaison do deux ou 
de plusieurs métaux constitue un alliage. V. ce mot. 

Classification. Une classification naturelle des éléments 
doit indiquer le passage des uns aux autres, grouper 
les corps suivant ranalogie de leurs propriétés correspon- 
dantes et des types de leurs combinaisons. Un classement 
remarquable a été obtenu dans cet ordre d'idées par D. Men- 
déléev et L. Meyer. Sappuyant sur los relations numé- 
riques qui existent entre les poids atomiques, sur les pro- 
priétés d'ordres physique et chimique des éléments, ils 
rangèrent les corps sur une ligne liorizontalo et s'aper- 
çurent que les éléments voisins sont hétérologues, c ost- 
à-diro ditférents par leur activité, leur signe, leur va- 
lence, etc. Ils constatèrent aussi qu'à des intervalles dé- 
terminés et réguliers ou rencontre une série de corps qui, 
placés au-dessous des premiers, leur sont analogues ; en 
sorte que les colonnes verticales obtenues ainsi contiennent 
des corps qu'on pourrait, en général, placer dans une même 
famille naturelle. Celte variation so reproduit périodique- 
ment ; d'oCi le nom do système périodique donné à cette 
classification. V. chimie. 

Lordro suivi dans les groupements suivants met aussi 
on évidence les analogies physiques et chimiques dos prin- 
cipaux éléments métallique's. Il se rapproche dn précé- 
dent, qui n'a été modifié que pour faiiliter l'étude : 

1" l'amille. Métaux décomposant l'eau à froid ; à oxydes, 
sulfures et carbonates solubles . densité de 0,6 à I, 8 : li- 
thium, sodium, potassium, rubidium, cérium. 

2* Famille. Métaux décomposant l'eau à froid ; à carbo- 
nates insolubles : calcium, strontium, baryum. 

3' Famille. Métaux décomposant l'eau à 100° et ne don- 
nant pas do sesquioxyde; D. do 1,75 à S, 6 : magnésium, 
zinc, cadmium, glucinium. 

À' Famille. Métaux à oxydes indécomposables au rouge 
par l'hydrogène ou le charbon ; D. de 2,5 à 7,2 : aluminium, 
gallium, indinm. 

5' Famille. Métaux décomposant l'eau au rouge sombro 
ou à froid en présence des acides ; D. do 7,0 à 9,5 : chrome, 
m,'înganèse. fer, cobalt, nickel. 

6' Famille. Métaux décomposant l'eau au rouge blanc, à 
sulfures précipités par l'hydrogène sulfuré en liqueurs aci- - 
dos ; D. oe 8,5 à 11,5 ; plônib, thorium. 

1* Famille. Métaux no décomposant l'eau ni par la cha- 
leur ni par les acides; s'oxydant directement par l'action 
des acides très oxygénés ; D. de 8,9 à 13,6 : cuivre, mer- 
cure, argent. 

8* Famille. Métaux incapables do s'oxvder par les acides 
suroxygénés; D. do 12,1 à 22,5 ; palladium, plalme, iri- 
dium,' osmium, or. 

— Alchim. Les alchimistes reconnaissaient sept métaux, 
dérivés d'un principe unique et formés sous l'innuenco des 
idanèies. C'étaient : l'or, formé par le soleil, l'argent par 
la lune, le mercure par Mercure, le plomb par Saturne, Vé- 
tain par Jupiter, le k-r par Mars et le cuivre par Vénus. Ils 
les divisaient en métaux parfaits, or et argent, qui sont 
inaltérables, et métaux imparfaits, mercure, plomb, étain. 




53 

fer et cuivre, so changeant en chaux ou oxydes sous lin- 
fluence du fou ou de l'air, et facilcnient attatiuables par les 
acides. Les alchimistes professaient que 
tous les métaux sont composés de soufic et 
do mercure, dont l'or, l'argent, le jiiomb, 
l'étain, le fer et lo cuivre ne sont quo 
des transformations. Les métaux impar- 
faits naissent les premiers ;le fer, premier 
état de la matière métallicjue, se trans- 
forme en cuivre; en so pcrtectionnant, lo 
cuivre se change on plomb ; à sou tour, 
le plomb devient par progression étain, Decueulesàla 
ensuite mercure, puis argent et enfin or. bande d'argent ac- 

— Blas. Il n'oxisto que deux mi-taux : çostéc dcdeuxbe- 
l'or et l'argent, qui sont la couleur jaune saots d'or, 
et la couleur blanche. (Quelques héral- 

distes ont classé aussi parmi les métaux lo sable, qu'ils 
appellent alors fer.) C'est d'ailleurs par la couleur noire 
que l'on figure le fer dans certaines décorations alle- 
mandes ; croix de fer, par exemple. II est de règle, dans 
l'art héraldique, de ne jamais meitrc métal sur métal. Les 
plumes dos cimiers qui indiquent les couleurs d'or ou d'ar- 
gent sont uuiformtîment blanches. Quand on figure les bla- 
sons en gravure, on indique l'or par un pointillé et l'argent 
par un fond réservé en blanc. — Les écus où l'on voit 
métal sur métal sont des armoiries fausses ou des armoi- 
ries à enquerro. 

HÉTALBUMINE n. f. Chim. Peptone qui so trouve dans 
lo sang, les urines, dans certains cas pathologiques. 

MÉTALDÉHYOE n. f. Chim. Modification isomôrique 
solide do raUlébydo. 

— Encvcl. iJa mtHaldéhyde so dépose do l'aldéhyde, 
surtout pendant les froids de l'hiver, en cristaux prisma- 
tiques allongés, transparents, sans odeur ni saveur, inso- 
lubles dans Toau, solublesdans l'alcool chaud. Ils so subli- 
ment à 120* sans fondre. Lorsqu'on met do l'aldéhyde pure 
étendue do la moitié do son poids d'eau en contact avec 
une trace d'acide azotique ou sulfuriquo, ot qu'on main- 
tient la température au-dessous de 0°, il so dépose dos 
aiguilles qui ont les caractères de la méialdéhyde. Chauf- 
fée pendant queli|uo temps à 115" dans un tuCe scellé, la 
métaldéhyde so convertit en aldéhyde. 

MÉTALENT Uan — du préf. mé, ot do talent) n. m. Dé- 
faut de talent : Mon MÉTALiiNT en cette matière. (H. Beyle.) 
11 A ïiiguilio Malveillance habituelle, disposition au mal. 

MÉTALEPSE [ièpss — du gr. et du lat. metalepsis) n. f. 
Figure di- rhétorique, qui consiste à. faire entendre une 
chose (Ml exprimant co qui l'amèno ou co qui la suit : Nous 
le pleurons ou // fut, Il a vécu, pour // est mort. 

MÉTALEPSIE (lè-pst — rad. métalcpsc) n. f. Chim. 
Théorie des substitutions. 

HETALIA (mé) n. f. Genre d'oursins spatangoïdes, com- 
prenant des formes propres à l'Ocôanie. 

MÉTALINE n. f. Mécan. Syn. de métal antifriction. 

V. ASTlFHRTinN. 

HÉTALLÉITÉ n. f. Caractère do métal, ensorable des 
propriétés qui caractérisent les métaux. 

MÉTALLESCENCE (lèss-sanss) n. f. Ilist. nat. Caractère 
de ce (jui est. métalicscent. 

MÉTALLESCENT, ENTE (lèss-san, ant' — rad. métal) 
adj. Hist. nat. Qui a un éclat métallique, des couleurs à 
reflots métalliques. 

MÉTALLEUTIQUE (^lA:') n. f. Genre d'Insectes orthoptè- 
res, comprenant quelques espèces de l'Indo ot do l'archipel 
malais. (Ce sont des mantes de taille moyenne, à livrée 
ordinairement vert métallique ou doré.) 

MÉTALLIFÈRE (du lat. metalhnn, métal, et ferre, porter) 
adj. Qui contient un métal ou uu minerai : Filon ou Gîte 

MÉTALLIl-ÈKE. V. FILON. 

MÉTALLI-MÉCANIQUE adj. Hortic. Se dit d'un genre 
de caisses en métal pour arbustes, qui peuvent au besoin 
s'ouvrir sur toutes les faces latérales. 

MÉTALLIN, INE adj. Qui a une teinte métallique. 

MÉTALLIQUE [lik') adj ^ Qui est un métal : Corps métal- 
lique. 11 l^liiines métalliques, Plumes à écrire en métal- Il Qui 
appartient aux métaux ou semble leur appartenir; Son, 
Eclat métallique. 

— Fig. Sonore à la manière des objets de métal ; i'ne 
voix métallique. Il Dur et sec comme le métal : Les plis 
MÉTALLiQUiiS et profonds de sa fiQnre Apre et sévère. (Balz.) 

— Diplom. Lettres métalliques. Caractères tracés avec 
de l'encre métallique. (Les empereurs d'Orient. d'Allema- 
gne, les princes italiens employèrent souvent la chryso- 
graphie ou écriture d'or pour les diplômes ; on n'en trouve 
pas trace dans les diplômes frant,*ais, à part quelques or- 
nements de lettres.) 

— Fin. Qui est en espèces monnayées ou en métal d'or 
ou d'argent : La réserve métallique tie la Banque. Il Qui est 
censé ou qui est réellement remboursable en espèces, en 
parlant d'une monnaie fictive: Des bous métalliques. 

— Miner. Corps métalliques, Dans la classification de 
de Lapparent, Groupe de minéraux, comprenant tous ceux 
qui contiennent des substances métalliques. 

— Numism. Histoire métallique. Histoire dont toute la 
suite est fi^rurée par des médailles : i'HiSTOiRK métalli- 
que de Louis AVV est des plus complètes. 

— Pathol. Colique métallique. Colique causée par l'in- 
gestion du cuivre, du plomb et du mercure. 

— n. m. Se dit quelquefois pour Papier-monnaie rem- 
boursable en espèces : Les métalliques russes sont émis 
sons forme de bons. 

— n. f. Métallurgie. (Vieux. j 

MÉTALLIQUEMENT(Ae) adv. En métal, en or ou en ar- 
gent monnayé : Etre payé métalliquement. 

MÉTALLISAGE n. m. Syn. de métallisation. 

MÉTALLISATION [si-on — rad. me'tàllisc}') n. f. Physiq. 
anc. Génération des métaux dans le sein de la terre. 

— Métall. Opération par laquelle les métaux combinés 
chimiquement sont ramenés à létat de métaux purs, et re- 
prennent leurs propriétés natives : La métallisation de 
l'aluminium est une opération longue et difficile. 

— Miner. Action naturelle quia imprégné de substances 
métalliques les dépôts géologiques, ii Enrichissement corn- 



MÉTALBUMINE — MÉTALLURGIE 



paratif d'une eau minérale en métaux purs ot accessoire- 
ment en sels métalliques simples foxydes). 

— Techn. Opération par laquelle on couvre d'une lé- 
gère couche do métal certains objets tels que du plâtre, 
de la poterie, un tissu, etc., que l'on veut conserver. 
(On dit aussi métallisage.) ii Opération qui a pour but de 
préparer les corps non métalliques à recevoir uno couche 
do métal parles procédés do la^lvanoplastio. 

— Encycl. Techn. La métallisation, uno des opérations 
les plus importantes de la galvanoplastie, a pour objet de 
rendre conductrices, presque à l'égal d'un métal, les pièces 
(l^ui ne lo sont pas par nature, soit qu'on veuille les revê- 
tir d'une enveloppe métallique, soii qu'on se propose seu- 
lement d'en conire-lirer uno épreuve. 

Le corps métallisant qui se prèle le mieux aux diffé- 
rentes manipulations galvanoplastiques est la plomba- 
gine, dont les particules, d'une onctuosité suffisante et 
d'une ténuité exirémo, s'appliquent avec un grand succès 
sur les formes les plus délicates, sans amener l'cngorgo- 
ment des détails ni la déformation du modèle. 

MÉTALLISER v. a. Chim. Douner un éclat métallique 
à : MÉTALLISER un oxtjde. 

— Tochn. Couvrir d'une légère couche do métal : MÉ- 
talliser rfw bois, de la pierre, des tissus. 

— Fig. Endurcir, rendre insensible : Métallisée le 
cœur des soldats. 

Se niétalliser,\. pr. Etre métallisé ou changé en métal. 

— Fig. S'endurcir, devenir insensible : Le diirurgien si; 
MÉTALLISÉ pvomptement. 

METALLITES(m'?, i^ss) n. m. Sous-gonro de;)o^yrfj'o.SMS, 
comprt'iiant de nombreuses espèces répandues surtout dans 
l'hémisphère boréal. (Les metallites sont des charançons 
de taille moyenne, revêtus d'une livrée verte ou grise.) 

MÉTALLO CHIIVUE idu lat. me^a//»»). métal, et de chimie) 
n. f. Partie do la chimie qui concerne les métaux. 

MÉTALLOCHIMIQUE {7nik') adj. Qui a rapport ù la mô- 
tallochinuo : Essais métallochlmiques, 

MÉTALLOCHROMIE iVi-ro mî — do meVa/, et du gr. A7tr(5ma, 
couleur) n. f. Art de colorer la surface des métaux. 

— KNCVCL.Bien quolaïHf7a//o£:/iro"iiesoitsurtout entrée 
dans la pratique industrielle depuis l'adoption du procédé 
électrique Becquerel, l'oxydation superficielle des métaux, 
qui en est le principe, était usitée do longue date dans 
le bronzage du fer et de l'acier, ainsi que dans la produc- 
tion des diverses teintes brunes ou vertes sur le cuivre 
et grises sur l'argent. Mais les teintes les plus variées 
sont obtenues par le procédé que l'on appelle galvano- 
chromie, procédé (|ui consiste à déposer par la voie élec- 
trique une couche très mince d'oxyde métallique sur l'ob- 
jet à colorer. On prépare dans ce but uno solution de 
lithargo (oxyde do plomb) dans de la potasse caustique, et 
l'on y plonge l'objet à colorer, que l'on met en communica- 
ation avec le pôle positif; la cathode est formée par une 
lame de platine. Aussitôt que l'on ferme le courant, on voit 
se produire une coloration jaune, qui bientôt passe par les 
renets les plus variés ; on retire l'objet, dès qu'on est arrivé 
à la nuance désirée. Une solution d'o.xydo de for ammo- 
niacal donne des couleurs plus solides et brillantes. 

Une autre méthode do coloration consiste à verser sur 
une plaque polie de fer, d'argent ou d'or, une solution 
d'oxyde de cuivre dans du vinaigre et do toucher la pla- 
que avec un morceau de zinc. A chacun des points tou- 
chés, l'on voit apparaître des cercles concentriques, qui 
s'élargissent d'autant plus que le contact a été plus long. 
Si l'on tamponne la plaque avec de l'ouate, et que l'on 
sèche ensuite sur une lampe à alcool, il se produit sur 
une couleur fondamentale une série d'ocelles comme 
celles des plumes do paon. 

MÉTALLOCHROMISTE {kro-misst') Q. m. Ouvrier qui 
opère la métaUochromie. 

MÉTALLOGRAPBE n. m. Celui qui s'occupe de métal- 
lographie. 

MÉTALLOGRAPHIE (fi — du gr. métallon, métal, et 
graphein, écrire) n. f. Description, science des métaux, ii 
Gravure sur métal. (Se dit surtout de la gravure en creux.) 

MÉTALLOGRAPHIQUE {fik') adj. Qui a rapport à la mé- 
tallographio : /'roctV/ts métallogkaphiques. 

MÉTALLOÏDE (dvL gr. métallon, meta.], et eidos, aspect) 
adj. Miner. Qui a l'éclat particulier ou les autres proprié- 
lés des métaux : Diallage métalloïde. 

— n. m. pi. Classe de corps simples, autres que les 
métaux: Les métalloïdes sont électro-négatifs. 

— Encycl. Les métalloïdes ont pour caractères communs 
de conduire mal la chaleur et l'électricité, de ne pas avoir 
Téclat métallique, et de former avec l'oxygène des oxydes 
indifférents ou des acides. Ces oxydes" sont dits indliffé- 
renîs, parce qu'ils sont incapables de neutraliser les aci- 
des; quelques-uns, pourtant, se comportent comme des 
bases, mais très faibles, par rapport aux acides forts. 

On a formé quatre groupes de métalloïdes par le rap- 
prochementdc leurs propriétés chimiques. l«''groupe, fluor, 
chlore, brome, iode: ce sont des éléments monovalents 
dont la molécule est diatomique; ils forment avec l'hydro- 
gène des hydracides puissants contenant des volumes 
égaux de chacun des éléments constituants et qui présent 
tent entre eux les plus grandes analogies. 2* groupe : 
oxygène, soufre, sélénium, tellure; ce sont des éléments 
divalents, toutefois, le sélénium et le tellure peuvent jouer 
vis-à-vis du chlore le rôle d'élément tétravalent : leurs 
molécules sont diatomiques, et ils forment, avec l'hvdro 
gène, des composés gazeux qui contiennent un volume 
d'hydrogène égal à leur propre volume, et un demi-volume 
de l'un d'eux considéré à l'état de gaz ou de vapeur. 
L'oxygène forme de Teau; les autres forment des acides 
faibles. 3* groupe : azote, phosphore, arsenic, antimoine; ce 
sont des éléments trivalents, agissant quelquefois comme 
pentavaletits ; la molécule de l'azote est diatomique, les 
molécules des autres étant tétratomiques ; ils donnent avec 
l'hydrogène des hydrures gazeux, qui contiennent une fois 
et demie leur volume de ce gaz. A* groupe : carbone. Sili- 
cium, bore; le carbone et le silicium sont tétravaltnts ; ce 
sont les seuls composés tétravalenis que l'on classe dans 
les métalloïdes; le bore pourrait être classé à côté des 
éléments trivalents. mais son analogie est assez grande 
avec le silicium. 

MÉTALLOÏDIQUE {dik') adj. Qui se rapporte aux mé- 
talloïdes. 



MÉTALLONOTE n. m. Genre d'insectes coléoptères hétô- 
romèros. (Co sont des ténébriouidcs, de la tribu des hélo- 
pinés: de grande taille, allongés, bombés, presque bossus, 
ils ont de longues pattes grêles et arquées.) 

HÉTALLOSCOPIE {sko-pt — du gr. métallon, métal, et 
skoptin, oxamiucr n. f. Etude de l'influence nerveuse quo 
produit le contact de certains métaux sur le corps humain. 

METALLOSCOPIQUE 'sko-pik') adj. Qui se rapporte à 
la méialloscopie : i'A<^/iomènej métalloscopiqces. 

MÉTALLOSOHE n. m. Genre d'insectes carnassiers, de 
la famille des carabidés, et comprenant cinq ou six espèces 
des régions chaudes de l'Amérique. 

MÉTALLOTHÉRAPŒ {pî — du gr. métallon, métal, et 
thérapeia. guérisonj n. f. Traitement do certaines mala- 
dies, et spécialement des névroses, par des applications 
sur la peau de différents métaux ou par l'iDgestion de pou- 
dres ou de sols métalliques. 

— Encycl. Paracelse parait avoir été l'inventeur de la 
métaltothérapie ; mais c'est depuis ISn seulement, avec 
Burq, que ce mode de traitement est entré dans une voie 
rationnelle. Les phénomènes les plus certains qu'on ail 
observés sont des transferts, puis le retour do la seusibi- 
lité générale et spéciale, et enfin, mais plus rarement, des 
contractures. Toutefois, ces actions no sont pas sensible- 
ment différentes de celles que produisent les autres agents 
d'excitation, l'aimant spécialement. 

MÉTALLURGE n. m. Syn. inus. de mbtallubgistb. 

MÉTALLURGIE Ijî — du gr. métallourgia, môme sens) 
n. f. Art d'extraire tes métaux de la terre et de les purifier. 

— Encycl. L liisToiRK de la métallurgie. La haute 
antiquité de la. métallurgie n'est pas seulement attestée 
par les objets en or, argent, airain, fer trouvés dans les 
plus vieilles sépultures, comme celles de la Chaldée et de 
l'Assyrie, mais encore par les plus anciennes traditions. 
Dans les récits mosaïques, apparaissent les idoles d'or, 
Tubal-Caïn, hal)ile à forger toutes sortes d'instruments 
d'airain et de fer, Abraham et ses richesses en argent; 
dans ta mythologie, on connaît la légende do Prométhéo 
ravissant le feu du ciel, celle de Vulcain forgeant avec 
ses cvclopes les foudres do Jupiter, les Cabyres et autres 
peuplades habiles à travailler les métaux, etc. 

Parmi les découvertes métallurgiques de l'antiquité, il 
faut mettre au premier rang celles dont nous sommes re- 
devables à la civilisation grecque : la soudure, inventée 
par Glaucos vers le vu' siècle av. J.-C, ot lo moulage, qui 
permit à Théodoros, un insulaire de Samos contemporain 
de Périclès, de couler d'un jet la première statue d airain 
par ce procédé à cire perdue encore en usage aujour- 
d'hui. Dans VOd'jsst^e, Homère compare le bruit que (it 
l'épieu enflammé plongé par Ulysse dans l'œil de Poly- 
phème à celui que fait une hache quand, aj>rès l'avoir 
chauffée au rouge, on la plonge dans l'eau froide. Ce trait 

f>araît montrer que les Grecs connaissaient et appliquaient 
phénomène de la trempe. 

Plus près de nous, les grandes découvertes se rappor- 
tent surtout à la sidérurgie. C'est la fonte (xv* s. , la 
cémentation (xvii» s.), l'afânage au four à puddler de la 
fonte par uno scorie basique (tin du xviii* s.), effectué 
jusque-là au bas foyer, puis l'affinage pneumatique, in- 
venté par Bessemcr (1855), complété bientôt par l'aflinaço 
au four à gaz Siemens et l'affinage déphosphorant do 
Thomas ot Gilchrist, qui ont permis de couler do gros 
lingots ot conduit à cet arsenal colossal de laminoirs, de 
pilons, do presses à forger constituant aujourd'hui lo ma- 
tériel des grosses forges; enfin, depuis quelques années, 
l'introduction do métaux comme le nickel et le chrome 
dans l'acier, quelques nouveaux alliages du cuivre et les 
procédés électrolytiques, qui ont permis d'obtenir des 
métaux très purs, comme le cuivre, et d'extraire à un 
prix relativement bas d'autres métaux fabriqués jusquc-li 
à un prix très élevé, comme l'aluminium. 

n. Minerais. Le règne minéral fournit à l'état natif 
quelques métaux (or, argent, cuivre, platine) ; mais la 
plupart ne s'y rencontrent qu'à l'état de combinaisons 
(oxydes, sulfures, carbonates, etc.), presque toujours en 
mélanges et associées à des matières stériles constituant 
la gangue. Avant de soumettre le minerai au traitement, 
on doit le plus souvent, par une préparation mécanique, en 
retirer une partie de la gangue et séparer les composés de 
métaux différents. 

IIL MÉTHODES DE TRArTEMENT. On distingue les métho- 
des par voie sèche, par voie humide ot par voie élec- 
trique. 

a) Traitements par voie sèche. L'intervention de la cha^ 
leur en est une caract^^ristique. On procède : 

1. Soit par simple fusion, pour les minerais contenant 
les métaux natifs. 

2. Soit par réduction à l'aide du carbone et de l'oxyde 
de carbone, pour la plupart des oxvdes, des carbonates, 
des silicates. Exemple : réduction âe la cassitérite 

[SnO'-|-2CO = Sn-l-2CO»]. 

3. Soit par réduction de certains oxydes an moyen de 
l'aluminium (aluminothermîe), qui permet d'obtenir des 
métaux exempts de carbone. Exemple : réduction do 
l'oxyde do chrome [Cr'0'-|-2A1 = Al'O'-f 2Cr]. 

4.' Soit par grillage et calcination, pour certains sul- 
fures. Exemple : extraction du mercure de son sulfure, le 
cinabre [HgS-|-30 = HgO-|-S0'; HgO = Hg-|-0]. 

5. Soit par grillage et réduction, pour quelques sul- 
fures. Exemple : extraction du zinc de la blonde 

[ZuS-|-30=ZnO-f SO'; Zn0-l-C = Zn+C0]. 

6. Soit par grillage et réactions, pour quelques sulfures. 
Exemple : extraction du plomb de la galène 

[PbS-|-40 = PbS0^PbS0*-i-PbS = 2Pb + S0']. 

7. Soit par précipitation, pour quelques sulfures. Exem- 
ple : extraction du plomb de la galène par le fer 

[PbS-fFe = FeS-t-Pb]. 

8. Soit par réduction de chlorures au moyen du potas- 
sium ou du sodium. Exemple : extraction du magnésiam 
de son chlorure contenu dans la carnallite 

[MgCl'-f2Na = Mg-|-2NaCI]. 

Par toutes ces variantes, le métal n'est qu'eiception- 
nellement séparé par volatilisation; il en est ainsi pour 
le zinc, le cadmium, le mercure. 

Dans le cas plus général où le métal est obtenu à l'état 
liquide, sa séparation ne se fait bien que si l'on dose lo 
mélange soumis au traitement de façon à entraîner les 
matières étrangères dans un produit secondaire fusible, 



MÉTALLURGIQUE — MÉTAMORPHOSE 



pénéraicmcnt un silicate (srorio ou laitier). Co dosage est 
obtenu au besoin par uuo aiidiiion de flux ou fondant. 

Dans le traitement dos siill'uros, des arséniures et anti- 
moDÈures, ou obtient parfois un ou deux autres produits 
fondus, constitués par un polysullure iniatlej ou un po- 
iyarséniuro et antinioniuro (speiss), la plupart du temps 
soumis a un second traitement. 

i) Ti-ailements pur voie humide. On les réserve à quol- 

3ues cas particuliers, comme l'extraction de l'argent et 
u cuivre du certains produits. Exemples : un produit cui- 
vreux est attaqué par l'acide clilorbydriquo ou par le 
chlorure ferreux pour donner un chlorure d'où l'on préci- 
pite le cuivre par le fer ; on transforme le sulfure de cuivre 
en chlorure par un grillage en présence du sel marin (gril- 
lage chlorurant) ou par 1 action du chlorure ferriquo. 

c) Trailemenis par l'oie l'ieclrit/ue. Ces procédés étaient 
réservés jusqu'ici surtout à l'extraction do ralunii[iinm, du 
magnésium, A la fabrication du carbure do calcium élec- 
trolyse par voie ignée) et à l'aflinase du cuivre (éleclro- 
lyse" par voie humide). Celte classe de procédés, à laquelle 
on peut rattacher la soudure électrique des métaux, est a|i- 
poléo à un grand avenir. En utilisant les forces naturelles 
pour actionner les dynamos, elle contribuera à déplacer 
certains centres ilc production et à en créer do nouveaux. 

MÉTALLURGIQUE ijik') adj. Qui a rapport à la métal- 
lurgie : /nditslriv MÉl allurguH'E. 

MÉTALLURGIQUEMENT {he': adv. Au point do vuo de 
la métallurgie : iMiiT,\Li.uiioiQUEME>T parlant. 

MÉTALLURGISTE (j'»s'') n. m. et adj. So dit do celui 
qui s'occupe de métallurgie : Un industriel métallub- 

OISTE. 

MÉTALONCHIDITE n. f. Sulfuro naturel do fer. Variété 
arsénifôro de marcasito. 

MET ALUMINE n. f. Chim. Modification solublo do l'alu- 
mine, ainsi noniniéo par Graliam. 

MÉTAMARCARIQUE (rik') adj. Se dit d'un acide obtenu 
par Krémv en traitant l'huile d'olive par l'acido sulfuriquo. 
C'est probablement un mélange do plusieurs composés.) 

MÉTAMÉCONIQUE inik') adj. m. Chim. Il Acide métamé- 
conique^ Syn. do acidk coménique. 

MÉTAMÈRC (du préf. meta, et du gr. mérot, partie) 
adj. Chim. So dit d'un corps isomère d'un autre par méta- 
mério. 

— n. m. Zool. Chacun dos anneaux d'un ver ou d'un 
arthropode. Svn. zoonitk. 

— Encycl. Zool. Le terme de mi'tamère a. été créé par le 
naturaliste allemand Hieckel. Pour ce savant, en effet, 
tout métamère, qu'il soit d'un vor, d'un crustacé, d'un in- 
secte, représente un individu, un élément distinct d'uno 
série d'êtres unis bout à bout, une unité morphologique 
de ce tout, qui est UD animal, ou, pour mieux dire, une 
colonie animale. 

MÉTAMÉRIE (rf — rad. métamère) n. f. Zool. Division 
primitive de la corde dorsale do l'embryon et des tissus 
environnants en segments ou métamères. 

— Chim. Isomérie des corps formés par l'association do 
plusieurs composés distincts ou identiques. 

— Encycl. Zool. Chacun des segments constituant la 
métamèrie présente les caractères généraux et les pro- 
priétés principales do l'individu auquel il appartient, co 
qui a fait penser à divers auteurs que la mélamérie est la 
marque do l'existence, dans la phylogénie de l'être, d'uno 
colonie animale qui a disparu par coai^'scerice. Chez les ver- 
tébrés supérieurs, la division primitive ne persiste pas, et 
c'est une nouvelle division de la corde dorsale qui aboutit 
à la formation des vertèbres. 

— Chim. Borthelot distinguo quatre sortes do méta- 
méries. • Les corps métamères, dit-il, se partagent en 
quatre groupes distincts, suivant qu'ils ont été obtenus : 
!• par la réaction do corps différents, modiliés somblable- 
ment; 2» par la réaction de corps ilifférents,moditîés diver- 
sement (ces deux groupes constituent la mitamérie par 
compfinsation); 3" par la réaction des mêmes corps modiliés 
semblablement, mais dans un ordre ditférent; 4* par la 
réaction des mêmes corps, modifiés diversement, de façon 
à obtenir un résultat identique, o 

L'éther butylacétique et 1 éther amylformique sont dos 
métamères formés par la réaction do corps différents, 
modiliés semblablement : 

C"U"0' + C'H'O' — H'O' = C'"!!'" (C'H'O*) 
alcool acide éther ainylfortaiquo. 

amyli<|uc. formique. 
L'éther dimélhyloxalique ot l'acide étbyloxaliquo sont des 
métamères formés par la réaction de corps différents, 
modifiés diversement. On peut d'ailleurs traduire par dos 
formules générales un certain nombre do cas do méta- 
mèrie par com])onsation. Prenons un élber formé par 
l'union d'un alcool do la famille C "H ^* avec un acido 
do la famille C""'H'"0' d'après la relation 

C'"H' "'0' + C'-»-0' - H'O- = C'C * ■)h'(" * °)o'- 

alcool. aciilc. éther. 

Cette formule C*(» ♦ ■)II*(» + "')0* répond à une multitude 
de métamères par compensation. 

Une sorte do mtîiamerie digne d'attention est celle que 
nous avons caractôris<?e ci-dessus par son orifrino, due à 
la réaction des m^mes corps modiliés semMahlomcnt, 
mais dans un ordre difTérent. Ainsi, étant donné tm alcool 
polyatomique, c'ost-à-diro jouant le rôle de plusieurs mo- 
iôculos alcooliques réunies, on pourra satisfaire ses ato- 
micités par des réactions diverses; alors, l'ordre adopté 
pour obtenir ce résultat, on donnera naissance ù des corps 
différents, à dos métamères. 

La dernière source de métamèrie que nous avons indi- 
quée no fournit pas un nombre d'oxemi)Ii>s aussi fjrand que 
les préoédontes. Elle doit étro attribuée A une différonro 
très marquée dans l'énerL^io des réaciions qui produisant 
les corps et déterminent dos mouvomcnts moléculaires 
plus ou moins marqués. 

Quelle que soit la cause d'uno métamèrie, on peut, en 
général, par des méthodes variées, transformer l'un dos 
métamères dans l'autre. Cotte transformation ost <rail- 
leurs toujoiirs plus difficile pour les composés unitaires 
que pour les rotnposés secondaires. 

MÉTAMÉRISATION (51-on) n. f. Segmentation d'nn ani- 
mal annelé en sogments ou métamères. Il Apparition dos 
aoneaux dan» l'embryon. 



MéTAMEUR ou MÉTAMÈR, village de l'extrême Sud 

tunisien, à ~u kilom. de Gabès, habité par des indi|;ènes 
troy:!odytes, qui ont creusé, dans une sorte de tuf, des ha- 
bitations superposées. Autour de la petite cité, jardins 
plantés do dattiers, oliviers ot superbes lîguiers. 

MetammËH, ville du Soudan égyptien, sur la rive 
gauohedu Nil, en face do Cbendy.Trcs llorissanto au début 
du XIX* siùclo, elle fut conquise en 1821 par Ismaïl-pacha 1 
pour Siéliémot-Ali. Kévoliee un 1822. elle fut reprise jiar 
Mohammcd-bey et saccagée do telle sorte qu'elle ne re- 
trouva jamais plus sa prospérité. Occupée pariesmahdistes 
en 1885, elle a été reconquise en 1808 par Kilcbcner. j 

MÉTAMONÈRE (du préf. meta, et do monère) n. f. Pro- 
liste proiojdiyte ou protozoaire) dans lequel on constate 
une ditférenciàtion progressive du noyau. 11 Iiinscmble des 
monoplastides qui présentent des stades du développe- 
ment phylogénéliquc du noyau. 

MÉTAMORPHIQUE {fili' — du préf. mêla, et du gr. ïtioj'- 
pliè, forme' adj. Géol. So dit des roches qui ont été raodi- 
liées .sous riiilluonco du métamorphisme. 

MÉTAMORPHISME ifissm' — rad. niiUamorphique) n ni. 
Géol. Modilication physique ot chimique, produite daus la 
structure d'uno rocne. 

— Fig. Changement dans l'état social et politique : 
Cette dissolution 7i'cst autre chose que le phénomène de mé- 
tamorphisme qui doit ramener les nations à des groupes 
d'Étals de dimensions plus restreintes. (Proudh.) 

— Encycl. Géol. Le métamorphisme, considéré autre- 
fois comme exceptionnel, intéresse plus ou moins toutes 
les roches. Cependant, les exemples les plus remarquables 
sont dus soit à la chaleur interne du globe, soit au voisi- 
nage d'émissions éruptives, soit aux enVayantos compres- 
sions subies par le fait des contractions tlu sol. Cortaines 
roches sont devenues cristallines sous rinllucnco de la 
chaleur; c'est ainsi quo la craie se transforme en un mar- 
bre cristallin ; d'autres deviennent feuilletées sous lo poids 
des couches qui les recouvrent, c'est ie cas des argiles 
plastiques qui sont passées à. l'état de schistes. La haute 
température des matières éruptives développe, dans les 
roches qu'elles traversent, la production do différents mi- 
néraux cristallisés, ot il est une foule do silicates que l'on 
trouve dans les roches anciennes ot dont il faut chercher 
l'origino dans les émissions de granits etde porphyres exis- 
tant dans leur voisinage. Cotte influence métamorphique 
peut parfois intéresser une grande étendue de roches : cer- 
tains schistes do la vallée d'Andlau ont été métamorphisés 
sur uno épaisseur moyenne de 500 à COO mètres. Stauro- 
tide, chiastolite, etc., sont des minéraux tout à fait carac- 
téristiques des roches métamorpiiiques. On donne au mé- 
tamorphisme provoqué par les mouvements orogéniques, 
le nom do d>/namométamorp!usme; aussi les calcaires deve- 
nus cristallins, les grès transformés en psammites et cer- 
taines formations sédimoiilaires ayant acquis l'aspect do 
roches primitives, sont-ils très répandus dans les pays do 
montagnes et en particulier dans los Alpes. 

On désigne sous lo nom de endomorphisme le métamor- 
phisme produit par la roche encaissante sur la roche 
éruptive. En dehors des différents cas qui viennent d'être 
signalés, il se produit dans toutes les roches des dépla- 
cements moléculaires; il en résulte une sorte do ne chi- 
mique, qui ne s'éteint qu'en dehors du gisement originel. 

MÉTAMORPHISTE {fissV — du préf. meta, et du gr. 
morpht", forme) n. m. Hist. relig. Membre d'une secto qui 
enseignait, au xvi* siècle, que le corps de Jésus-Christ 
s'était métamorphosé en Dieu dans le ciel. Il Ces sectaires 
s'appellent aussi cnigoiTAiRES. 

MÉTAMORPHOPSIE [psî — du préf. mêla, et du gr. 
morph('y forme, et opsis, vue) n. f. Pathol. AlTectiou de 
l'œil qui lait voir les objets autrement conformés qu'ils no 
sont. (C'est uno conséquence de l'astigmatisme.) 

MÉTAMORPHOSABLE adj. Qui peut être métamor- 
phosé. 

MÉTAMORPHOSE (du gr. et du lat. metamorjahosis) 
n. f. Changement d'un être en un autre être : On voit dans 
le Tasse la métamorphosk d'arbres en nymphes et en (iuer- 
riers. Il Changement do forme ou d'aspect : La mi^:tamor- 
PHOSE d'un enfant en homme. 

— Fig. Changement complet et essentiel ; La méta- 
morphose d'un viveur en biffot. 

— Mythol. Changement do nature ou d'individualité, 
produit'par quelque puissance surnaturelle : Les mi^;ta- 
MORPHOSKS de Jupiter en taureau, ch cyijnc, en pluie d'or. 

— Zool. Série de phénomènes par lesquels certains ani- 
maux passent d'uno forme à une autre, en succession ré- 
gulière, do leur naissance jusqu'à l'âge adulte. 

— Syn. Métamorphose, transformation. La métamor- 
phose a quelque chose do plus complet et de plus mer- 
veilloux quo la transformation. V. metamorphoskr. 

— Encycl. Zool. La motamorphose ost un développement 
post-embryonnaire, qui no compte mio du jour où l animal 
a quitté l'œuf, et par conséquent, aans la règle, le corps 
do sa mère. Certains insectes, vivipares cependant, met- 
tent au jour dos larves toutes formées ; celles-ci sont dans 
lo cas des petites vipères qui ont quitté leur œuf dans 
le corps mémo de la mère. Les animaux qui subissent le 
plus do métamorphoses régulières sont certainement les 
insectes, puisque, en général, aucun d'eux n'éclôl sous la 
forme déhnitive apte ù reproduire son espèce. Mais il en 
est beaucoup d autres qui passent par divers états, comme 
on l'observe chez les échinodermes, les mollusques, etc., 
et mémo chez les vertébrés tels que certains poissons et 
tous los ampliibiensou batraciens. Chez ces derniers, no- 
tamment, on peut comparer les métamorphoses à colles 
des insectes. Ils passent, en effet, par la phase do larve ou 
têtard, puis par la phase do nymphe (ti^tard muni do 
membres) avant ri'arriver A l'état parfait. 

Los insectes sortent de l'œuf â l'état do larvo, puis, 
après plusieurs mues qu'accompagnent parfois de grands 
cliangenionts de forme, ils passent par un état, ordinai- 
rement dnrmnnt, qni ost celui de nymphe, pupa ou chrysa- 
lide; enfin, ils apparaissent à l'état d'insecte parfait ou 
imago. Plusieurs années peuvent être consacrées à co 
développement post-embryonnaire; il peut ko faire on 
quelques semaines, en quelques jours mémo. NLiis, des 
trois états, lo plus rourl est généralement celui d insecte 
parfait; car le niAIe. au moins dans la plupart des cas, ne 
survit guère à l'accouplement, non plus que la femelle à la 
ponto. Cependant, beaucoup de coléoptères vivent plu- 



56 

sieurs années à l'état parfait. On distinguo les insectes à 
métamorphoses complètes ot à métamorphoses incom- 
plètes ; les premiers passant par los trois états absolument 
différents, comme clienille, chrysalide et papillon; les 
autres ayant, comme les sauterelles et les punaises, leur 
forme déVinitive au sortir de l'œuf ot no faisant quo grossir 
et acquérir des ailes au fur et à mesure de leurs mues. 

Plus exactement, il y a trois catégories dans los in- 
sectes : les amétabol'ps, les hémimétaboles et les kolomé- 
taboles. Les amétaboles ne subissent point de métamor- 
phoses; ce sont les plus dégradés des insectes, ot ils mènent 
uno existence parasite, comme les poux et autres ano- 
plouros. Les métaholes sont ceux qui subissent des méta- 
morphoses. On distingue les hémimétaboles, qui ont des 
métamorphoses incomplètes {or'.hopttres, hémiptères, et 




Métaniorplioses : Crustacts : I. Zoé âc crabe; î. Nauplius d« 
homard; 3. Sltîgalope de pnrtunus. — Annélidts : 4. Jeune né- 
réide; B. Larve d'ophrvotroclia. — }féduses : 6, 7, 8. Etat» succn- 
sifs des Bcyphistomes.'— Mollusques : 10. 11. 12. Elatfl KUCCCSstfB 
du pnouinndermon. — Echinoderme» : 13. Larve d'astérie ; K. Larve 
plus ûgée ; lii Larve d'oursin. V. batracie.ns, insectes, uéduses. 

mémo certains névroptéi-es et diptères, dont les nymphes 
sont capables de so mouvoir librement) et les holométa- 
boles, qui ont des métamorphoses très complètes : une larve 
active, une nymphe immobile jusqu'à l'éclosion de l'insecte 
parfait. Même, parmi les bolométaboles, on observe des 
stades intermédiaires où les larves se changent en uno 
nymphe (pseudo-nympho), d'où sort une seconde larve. 
Cette série de phénomènes constitue l'hypermétamorphose. 

Los phénomènes do la métamorphoso ne se bornent pas 
à des changements de forme extérieure; à eux se relient 
des modifications profondes des organes, de leurs tissus, 
do tous les éléments constitutifs de l'animal lui-même. 
S'il y a identité philosophique entre la larve sortie do 
l'œuf ot l'insecte parfait qu'elle devient, il n'y a, au pre- 
mier stade, aucune identité de forme non plus que d'orga- 
nisation. Une larve carnassière est souvent celle d'un 
insecte phytophage, et réciproquement. C'est pourquoi 
l'on a donné le nom de développement post-embryonnaire 
à toute la durée de la métamorphoso ; car le corps de la 
larve, mais surtout celui de la nymphe des holométaboles, 
est un <euf vérit.able où les tissus, sans cesse on voie de 
remaniement, remplissent le r61e d'un second vitolliis for- 
matif, où des éléments anatomiques particuliers (disques 
imaginaux, histoblastes), d'abord à l'état do simples points, 
s'accroissent en volume jusqu'à produire les pattes, les 
parois de la tête et du thorax, comme chez ces larves 
de diptères qui n'ont ni pattes, ni tête cornées. 

— Bot. Le mot de métamorphose désigne, en botanique, 
les modifications, souvent très profondes, que subit un 
organe primitif pour s'adapter à des fonctions spéciales. 
C'est ainsi que la feuille, suivant les régions du corps de 
la plante où elle se développe, devient écaille de bulbe ou 
de bourgeon, bractée, sépale, pétale, étamine, carpelle, 
cotylédon, etc. L'idée première do la théorie moderne 
de la métamorphose est due à Linné ; mais elle a été sur- 
tout développée par Grethe et par Aug. de Saint-Hilaire. 
Le mot " métamorphose " doit être pris ici dans un sens 
on quelque sorte métaphorique; la feuille qui s'adapte 
au rôle do pro<Uiire le pollen, par exemple, ne passant pas 
d'abord par l'état de feuille végétative pour se transformer 
ensuite en étamine. La métamorphoso ainsi comprise peut 
se produire d'une façon normale, do telle sorte quo l'ap- 
pareil floral, par exemple, offre, dans ses diverses parties, 
des passages de la feuille végétative à la bractée, au sé- 
pale, au pétale, à l'étamine et au carpelle. Accidentelle- 
ment, ot sous l'intluence de causes diverses, telle ou telle 
espèce végétale peut présenter des cas anormaux de mé- 
tamorphose : elle est dite alors descendante ou régressive, 
quand un organe de rang déterminé revient à l'état d'or- 
gane d'un rang inférieur, par exemple une élamino à l'état 
de pétale; elle est dite, au contraire, ascendante ou pro- 
gressive, quand un organe se transforme par anticipation 
en un organe de rang supérieur, par exemple une feuille 
végétative en pièce du périanlhe, etc. Quant aux variations 
morphologiques que !)eaucoup de végétaux peuvent offrir 
sous l'influence du milieu extérieur, on emploie de préfé- 
rence, pour los désigner, le mot do pohjmorphismc. 

MétamorphOSes(LEs). poème mythologique on quinze 
chants, d'Ovide. — Los fables les plus disparates, au nombre 
de deux cent quarante-six, s'y succèdent, par des transi- 
tions très artificielles. Elles ont ceci do commun qu'elles 
so rapportent toutes à la transformation d'un être humain 
en piorre, on plante, en animal. Ovide voit surtout dans 
les Afétnmorpfioscs une riche matière, do brillantes des- 
criptions, do récits de toutes sortes. Le ton y est varié. Rien 
de plus touchant quo l'amour conjugal des vieux époux 
Philémon et Baneis; Médée, Byblis. Myrrha fournissent 
au poète de subtiles analyses p'sychologiques; il y a des 

Passages épiques comme la chasse de Calydon. la futto de 
•ersée et do Phinée, etc. Ovide a mémo tonte, avec la 
description do la création et celle du déluge, lo grand 
poème philosophique; il n'y a guèro réussi. Dans los 



57 

derniers livres, il refait V/Cnéide, mais toujours avec pins 
de grâce que do force, plus d'esprit que do peusée. Le 
style est d'ailleurs charmant, et les Métamorphoses resleut 
au premier rang paruii les œuvres de socoud ordre. 

MÉTAMORPHOSER frad. métamorphose) v. a. Changer 
la nature ou liiidividualitù de : Mercure métamorphosa 
Argus en paon, il Chanf^'er la forme, rcxi6riour, l'apparence 
do : Souvnt la loilctlc mi;tamorpiiosk une fumme. 

— Fig-. Modifier essentiellement : L'âme riche d'illusions 
a le pouvoir de mëtamorphosi:r le mundf. (De Custiue.j 

I! Changer complôtemont les idées, les sentiments ou les 
habitudes do : Miîtamori'HOSER un étourdi en philosophe. 

i| Faire prendre pour : La crédulité timide hètamorphoue 
les objets naturels en fantômes. (Konan.^ il Donner pour : 
MÉTAMOUPHosBR SCS opinîons en dogmes. 

Se métamorphoser, v. pr. Se changer en un être 
différent : Jupiter se mktamokpuosait fréquemment. It 
Changer do forme ou d'état : Paris si-; mbtamorphosb 
chaque jour, il Jouer quoique rôlo : Se métamorphoser 
en néros. 

— Fig. Paraître, prendre l'apparonco do : Dans la bou- 
che du menteur, toutes les vérités se métamorphosent en 
mensonges. (Boitard.) 

— Sy.n. Métamorphoser, transformer. 1" Le premier se 
dit surtout des prodigi-s opf-rés par 1ns dieux du paga- 
nisme ; le second appartient au langage courant. 2" On 
emploie do préférence lo mot métamorphoser lorsque le 
changement est radical au point do rendre le premier objet 
méconnaissal)le. 

MÉTAMYLÊNE n. f. Composé obtenu en chauffant l'al- 
cool amyliquo (.-t 1 acide sulfuri(|uo. (U renferme les pro- 
duits inférieurs do la distillation de certains polymères 
de l'amyléno.) 

MÉTANAPHTALINE n. f. Hydrocarbure solide, qui se 
produit vers la lin do la distillation sècho des résines. 
(Dumas lui a donné lo nom do j'êtistéréne.) 

MÉTANCHÉE n. f. Ancienne mesure agraire, valant en 
arcs Ui,a7 dans la Loire, ot 9,05 dans l'Ardèche. 

MÉTANÉTHOL n. m. Chim. Isomère de l'anisoïne, obtenu 
par distilhniuii do cotte dernière. 

MÉTANIPTRIDE (du gr. meta, après, ot niptron, eau 
pour se lavori n. f. Antiq. gr. Coupe dans laquelle les 
<.-on vives InivaiL-iit après le repas, lorsqu'ils s'étaient 
lavé les mains, n On l'appelait aussi coupe de la santé, 
t>K Zi:rs mx m; «énie. 

IKEétanire. Myth. gr. Femme do Kolcus, roi d'Eleusis, 
mère do Triptolènio. 

Metapan, ville do la république de Salvador (départ, 
do Santa-Anna\ ch.-K do district, sur le lac de Cuija ; 
13.000 liai). Aux environs, gisements de fer, do cuivre, 
d'argent, do zinc, assez activement exploités. 

MÉTAPHASE (du préf. meta, et do phase) n. f. Bot. 
Diaso uu stado très court do la caryocinèse. 

— KncYCL. V. CARYOCINÈSE. 

MÉTAPHLOGOSE (du nréf. meta, et du gr. phlox, ogos, 
flanimoi n. f. Pathol. Inaammalion à son plus haut de- 
gré. [Vx.) 

MÉTAPHORE (du lat. et du gr. metaphora, proprem- 
" transposition ») n. f. Figure do rhétorique qui consiste 
à transporter un mot do l'objet qu'il désigne d'ordinaire à 
un autre objet ayant quehpio analogie avec lo premier : 
C'est par métaphore qu'un homme courageux s'appelle un 
LION. Il Métaphore disparate ou incohérente, Collo dont les 
termes, pris dans lo sons propre, ne peuvent s'accorder, 
comme est la fameuse métaphore do M. Prudhomme : 
Le Char do l'Etat navigue sur un volcan. 

— C'est sans mélaphore. C'est sans user de métaphore, 
Ce n'est pas une métaphore, Ce n'est pas une façon de par- 
ier, c'est l'exacto vérité. 

— E.NcYCL. L'emploi do la métaphore résulte de Timpos- 
sibilité où se trouve le langage d'exprimer luas les étais 
de conscience par autant de termes différents. L'Iiomme 
j)arvient alors à signitier, d'une manière approximative, au 
moyen des analogies qu'il a pu saisir, ses idées indéfini- 
ment variées par un nombre de termes restreint. Les mé- 
taphores furent sans doute particulièrement fréquentes à 
Torigine du langage, à une épo(pie où le sujet parlant pos- 
sédait beaucoup moins de mots que d'idées. La faculté de 
saisir des rapports analogiques étant sous la dépendance 
de l'imagination, on ne doit pas s'étonner do rencontrer un 
grand nomlire de métaphores dans le langage des peuples 
primitifs ou dans celui des poètes. Les métaphores de nos 
plus lointains ancêtres se retrouvent souvent jusque dans 
nos langues modernes, mais usées, affaiblies, sensibles 
seulement au linguiste. 

Comme procédé littéraire, la métaphore est d'une im- 
portance considérable : le grand poète épique ou lyrique 
est celui qui sait trouver les métaphores les plus" origi- 
nales. Les traités classiques de rhétorique ou do poétique 
rangent la métaphore parmi les figures de mots et la 
distinguent de la comparaison proprement dite en ce que 
la métaphore n'exprime pas le terme indiquant qu'il y a 
comparaison. 

MÉTAPHORÉTIQUE {tik' — du préf. meta, et du gr. 
phoros, nui porte) adj. Que l'on peut transporter. 

— Philos. S'est dit d'une définition qui est vicieuse parce 
qu'elle peut s'appliquer à autre chose qu'à l'objet défini, 
comme lu suivante : Le lion est un animal. 

MÉTAPHORIQUE [rik') adj. Qui a le caractère de la mé- 
taphore, qui abonde en métaphores : Expression, Style 

MÉTAPHORIQUH. 

-— Philol. Caractères métaphoriques. Caractères chinois 
qui représentent un objet matériel pour signifier une idée 
abstraite avec laquelle l'objet a quelque'" rapport. ,C'est 
ainsi qu'un lion signifie cowrrtjye. que trois hommes placés 
à la suite l'un do l'autre signifient suivre.) 

MÉTAPHORIQUEMENT (ke) adv. D'une manière méta- 
phorique ; par métaphore. 

MÉTAPHORISER V. a. Mettre en métaphores : Avoir la 
manie dt' tout mictaphoriser. 

MÉTAPHORISTE (risst') n. Personne qui parle habi- 
tuellement par métaphores. 

MÉTAPHOSPHATE {sfat') n. m. Sel dénivant de l'acide 
niétaphosphonque. 



METAMORPHOSER — MÉTASTASE 



MÉTAPHOSPHORIQUE (sfo-tik') adj. Chim. Se dit de 
l'un des acides du piiosjdiore : Acide mktapuospborique. 

— KnCYCL. V. PHOSPUORIQUE. 

MÉTAPHRAGMATIQUE {tik') adj. Zool. Qui Se rapporte 

au imlaiiliragiiK- : .v»//«ce métaphragm.vtwce. 

MÉTAPHRAGME (du préf. meta, et du gr, pkragma, 
cloison) n. m. Cloison membraneuse ou chitinouso qui 
sépare le dernier segment thoracique do l'abdomen, chez 

les insectes. 

MÉTAPHRASE (du préf. meta, Ot du gr. phrasein, par- 
Icrj n. f. Litlér. Interprétation d'un ouvrage écrit, n Tra- 
duction qui suit lésons do l'original pour lo faire com- 
prendre, et non pour en faire sentir les beautés. 

MÉTAPHRASTE frasst' — ra.d. métaphras*. n. m. Littcr. 
Critique (pii iniorprèlo un auteur, qui l'explique, qui on 
fait comprendre !*■ sens. 

MÉTAPHRASTIQUE [stik') adj. Littér. Qui a lo carac- 
tère dune liiétai'lirase : Traduction métaphrastique. 

MÉTAPHYSICIEN, ENNE [si-in, en') adj. Qui a rapport 
à la métapliysique : Ecole métaphysicienne. Il Qui est 
propre, apte à la métaphysique : Esprit métaphysicien. 

— Substantiv. Personne'qui s'occupe de métaphysique : 
Les métaphysiciens sont peu intelligibles. 

MÉTAPHYSIQUE [zik'. — V. étym. à l'oncycl.) n. f. Con- 
naissance des causes premières et des premiers principes. 

— Par ext. Philosophe, théorie générale et abstraite : 
Métaphysique ïiu langage, n Abstraction, caractère do co 
qui est abstrait : Un langage plein de .métaphysique. 

— Enctcl. Co mot vient d'uno expression grecque 
« ntTà To ç'jfftxà ^iÇ'mx '• employée, dit-on, par Andronicus 
do Khodes, le premier, pour désigner les livres d'Aristolo 
qui, dans sa classiticaiion, venaient « après les livres de 
physique ". Ce que nous appelons métaphysique était pour 
Aristoto la philosophie première, qui étudie l'être en tant 
qu'être. Elle s'occupe dos causes et des principes des 
choses, des principes les plus élevés et des premières 
causes pour s'élever enfin au principe absolu, qui no sup- 
pose pins rien. Ces détinîtions d'Aristote montrent qtie le 
douldo besoin de l'esprit auquel la métaphysique s'efforce 
de répondre est un besoin d'universalité, d'absolu. Lorsque 
l'œuvre de la science positive est achevée, l'esprit n'est 
pas satisfait. Les sciences particulières, qui se sont peu 
à peu séparées do la philosophie, considèrent, chacune, 
une partie seulement des phénomènes de l'univers. La 
métaphysique s'efforce d'opérer la synthèse dos sciences 
partielles et do les dépasser. Les sciences positives arri- 
vent à déterminer avec rigueur dos lois de plus en plus 
générales. Ces lois expliquent un grand nombre de faits, 
mais restent inexpliquées : elles sont elles-mêmes des 
faits. La métaphysique cherchera les raisons et les causes ; 
elle voudra être une science du tout, de l'absolu, du né- 
cessaire, des principes et des causes. 

Les multiples arguments dirigés contre la métaphysique 

fieuvcnt se ramener à deux : 1" en fait, alors que toutes 
es sciences progressaient et établissaient d'incontestables 
vérités, jamais elle n'a pu arriver à des solutions défi- 
nitives ; 2" en droit, ces échecs étaient nécessaires, l'es- 
prit humain étant incapable d'atteindre ce qui dépasse 
le savoir positif, parce que, selon l'expression mémo d'.Au- 
gusto Comte, " toute proposition qui u'c^t pas finalement 
réductible à la simple énonciation d'un fait ou particulier 
ou général ne saurait offrir aucun sens réel et intelligible " . 
D'autre part, la persistance de la métaphysique, malgré 
ses tâtonnements et ses résultats incertains, témoigne de 
la vivacité du besoin auquel elle correspond. L'affirmation 
que l'esprit, par sa nature propre, est incapable de ré- 
soudre certains problèmes, est elle-même due à une méta- 
physique critique, à une étude approfondie de l'esprit, de 
ses lois et de leur valeur. La négation do la métaphysique 
est, à sa manière, une métaph}sique. 

Métaphysique d*Aristote. Dans cet ouvrage, dont 
l'importance est capitale en philosoptiie, Aristoto com- 
mence par exposer, en les critiquant, les diverses doctrines 
philosophiques de Thaïes jusqu à Platon. Il montre qu'elles 
ont eu le tort de considérer comme les seules causes des 
êtres celles qui rentrent sous la raison de la matière. 
Or la matière sans doute est nécessaire, mais inconceva- 
ble en tant que séparée de toute forme. La forme constitue 
l'essence des êtres do ce monde. La forme par rapport à 
la matière est un bien, une perfection; elle est le terme 
et la cause de son mouvement. Au sommet de l'échelle 
des êtres, par delà le monde sensible, il y a la forme sans 
matière, l'acte pur. Dieu. C'est cet acte "parfait qui ost lo 
principe du mouvement universel par lequel tout l'univers 
aspire vers une réalité plus haute. Cette cause première, 
cet acte pur, c'est la pensée occupée d'elle-même et d'elle 
seule qui ne connaît pas le monde, mais qui meut tous les 
êtres de la nature par le désir qu'elle suscite en eux. Ce 
premier moteur est lui-même immobile. S'il était en mou- 
vement, ce serait pour réaliser ses puissances, pour passer 
à une perfection plus haute sous l'attraction d'un bien 
supérieur qui serait le Dieu véritaldo. 

Métaphysique et sur la religion (Entretiens sur 
la), par Malebranche (Paris, 1688). — L'ouvrage primitif 
contenait quatorze entretiens ; dans l'édition définitive 
(1703), Malebranche en ajouta deux autres sur la mort. 
Dans ces dialogues, que la vivacité et le pittoresque du 
langage ont permis de comparer à ceux de Platon, et où 
Malebranche s'efforce de concilier la philosopliie et la 
religion, il développe les idées essentielles de la philoso- 
phie cartésienne d'un point de vue original et personnel. 
L'âme est distincte du corps; le monde n'est pas tel {pie 
nos sens nous le font connaître ; la pensée ne saurait être 
l'œuvre d'une substance étendue, telles sont les idées expo- 
sées dans lo premier entretien. Le second traite de l'exis- 
tence de Dieu, le troisième de la différence des idées et 
des sentiments ; le quatrième et le cinquième concernent 
les sens, leurs propriétés et leur part dans nos acqui- 
sitions scientifiques. Malebranche montre ensuite que 
l'existence des corps ne saurait être l'objet d'une démons- 
tration, elle ne nous est assurée que par une sorte de révé- 
lation. Ces corps, d'ailleurs, n'ont par eux-mêmes aucune 
énergie, car toute causalité est en Dieu. Le neuvième, en: 
tretien est relatif au rôle de Jésus-Christ dans la Révéla- 
tion. Les suivants s'occupent de la Providence. 

Métaphysique des mœurs (Fondement de la), de 

Kant. V. FONDEMENT. 




MÉTAPHYSIQUE yzik') adj. Qui appartient à la méta- 
physique ; Venté .mëtai-iiysiquk. il Qui traite de sujets df 
métaphysique : Un livre Mi^APH\si<iVii. il Certitude méta- 
phusif/ue. Certitude que donnent les vérités nccessaires. 
ti Mal métaphysique. Imperfection inhérente aux choses. 

— Par exr. Abstrait : Langage métaphysique. 

MÉTAPHYSIQUEMENT {ke) adv. D'une manière mé- 
taphysique. 

MÉTAPHYSIQUER {ké) V. n. Fam. Faire de la métaphy- 
sique, parler dune manière purement théorique : PratKjuo'ns 
la philosophie, et métaimiysiquons moins. (Fréd. II.) 

— v. a. Traiter métaphysiquemcnt : Métapuysiquer 
les passions, i Vx.; 

MÉTAPHYSIQUERXE {ke-rî) n. f. Fam. Abus do la mé- 
taphysique, habitude de méiaphysiquer : Toute celte M8- 
TAPHYsiQUERiE est si cnnut/euse à'iirt. (J.-J. Kouss.) 

MÉTAPLASIE (;f — du préf. meta, et du gr. plasis. for- 
mation! n. f. Théorie, duo ù Vjrchow, en vertu de laquelle 
certaines cellules embryonnaires pourraient donner nais- 
sauce à de nouveaux éléments et tissus différents. 

MÉTAPLASMA iplass — du préf. mêta^ et du gr. plan- 
sein, façonner) n. m. Bol. Nom donné par Bebrcns à uno 
matière pariiculière, contenue dans les cellules du tissu 

sécréteur des nectaires. 

MÉTAPLASME iplasstn" — même étyn)ol. qu'à l'art, pré- 
céd.j n. m. (iramm. Changement dans la forme d'un mot, 
provenant de la suppression, de l'addition ou de la trans- 
position do lettres ou de syllabes. 

— Encycl. Pour les principaux types de métaplasmcs, 

v. PROSTHÈSK, ÉPENTIltsi:, PaRAGOGE, APIIÉRJ^SB, SYNCOPE, 
APOCOPE, MÊTATHf:S!:, SYNÉRÊSB, CRASE, DIÉltÊSB. 

MÉTAPLASTIQUE {stïk') adj. Gramm. Qui a rapport an 
métaplasmo : C'/mnjfcmen/ métaplastique. fl <^ui contient 

un métaplasmo. 

MÉTAPOLITIQUE Hik' — du préf. meta, et depoOtique) 

n. f. Puliti(pie théorique; philo- 
sophie de la politique. 

MÉTAPONTE (lat. Metnpon- 
tum, Metupns), ville do l'Italie 
ancienne [Graude-CTrôce]), sur la 
côte orientale de la Lucanio et 
le golfe de Tarente, près do l'em- 
bouchuro du Bradanus. Celle 
ville, fondée par Nestor ou Epous, 
détruite par les Samnites au 
VI* siècle, illustrée par Pytha- 
gore, tomba au pouvoir des Ro- 
mains en 270 av. J.-C. ,, . , .,,. 

MoDoaie de Uétaponle. 

METAPORHINUS {mé, nuss\ 
n. m. Genre doursins spatangoides, comprenant quelques 
espèces fossiles dans les terrains jurassiques et crétacés. 

MÉTAPTÈRE n. f. Sous-genro de mulettes, dont les 
espèces habitent les eaux douces d'Amériquo. 

MÉTAPTOSE du préf. meta, et du gr. ptôsxs, chute) n. f. 

Méd. Changement survenu dans uno maladie. (Vx.j 

MÉTARRY n. f. Femme qui, dans les salines de la Fran- 
che-Comté, détrempait lo sel, lo mettait -en mesure, et 
lo passait à une autre qui le façonnait en pains. 

MÉTASPERMES Ispèrm' — du préf. meta, après, et du 
gr. spenna, semence) n. f. pi. Grande division du règne 
végétal, dans laquelle Strasburger renferme tous les végé- 
taux phanérogames autres que les gymnospermes, aux- 
quelles il donne le nom d'archispermes. — Une uëta- 

SPERME. 

MÉTASTASE (staz' — du gr. mêtastasis, déplacement) 
n. f. Méd. Transport d'un processus morbide d'un point 
de l'organisme à un autre, avec disparition do la lésioa 
primitive. 

— Rhétor. Figure par laquelle l'orateur rejette sur l.e 
compte d'aulrui co qu'il est forcé d'avouer. 

— Encycl. Méd. On est assez pou fixé, encore aujour- 
d'hui, sur le mécanisme des métastases. Certains faits, 
cependant, sont incontestables : c'est ainsi que, dans le 
rhumatisme, le gonflement des articulations et les dou- 
leurs disparaissent dès que se montrent les manifestations 
cérébrales; de même, au cours d'une blennorragie, lor- 
chite tarit l'écoulement urétral. On observe aussi une 
sorte de balancement entre certaines dermatoses et des 
accidents viscéraux (entérite) ou ncrvetix (migraine;. Ce- 
pendant, ce sont les phénomènes congcslifs et âuxion- 
naires qui semblent se déplacer le plus facilement, et la 
connaissance de co fait a conduit à la méthode thérapeu- 
tique de la révulsion. 

MÉTASTASE (Pierre -Bonaventuro Trapassi, connu 
sous le nom de), poète italien, né à Rome en ItiOS. 
mort à Vienne en 17S2. Il appartenait à une famille pau- 
vre ; tout jeune, il montra 
une facilité étonnante pour 
l'improvisation en vers, et 
composa, à quinze ans, sa pre- 
mière pièce, il Ciustino. C'é- 
tait un pur pastiche des an- 
ciens, mais non sans mé- 
rite. A cette époque, sur le 
conseil du jurisconsulte Gra- 
vina, qui s'était chargé de 
son éducation, Trapassi chan- 
gea son nom en celui de 
Metastasio, mot tire du 

frec. qui signifie passer, et 
ont le sens est le même que 
Trapassi. En 17!S, Gravma 
mourut, laissant à son pro- 
tégé 15.000 écus romains. 
Métastase, après avoir dis- 
sipé cette fortude, se rendit à 

Naples (1731) et se lia avec / 

une actrice célèbre, M"" Bul- Métastase. 

garelli, dite la Bomantua, 

pour laquelle il écrivit de nombreuses rragédies lyri- 
ques, qui firent sa réputation. La Didone abbanaannata, no- 
tamment, jouée pour la première fois à Naples en 1724, 
excita un enthousiasme universel. Quelque temps après. 
il se rendit avec son amie à Venise, où il fit représenter 

8 




MÉTASTATIQUE — METELLUS 



Siroe, unis rclourna à Rome, où il donna Calone ( l'I21), 
Esio, Ârlasersc, Semiiamitlf, Alessanilro. Appelé à Vienne 
par Charles VI [1730), il do so borna pas à composer des 
IraRédios : liertKirio, htipile, Giuseppe riconosciiito, I)e- 
mofonle, In Cli'menzit di Tito, fOUmpiadc, il écrivii, pour 
les niagnilii|ucs fMes qu'on donnait alors à la cour, dos 
pièces, dos poésies, des cantates, etc. Sur ces entrefaites 
(1131), la Uuniaiiina mourut, lui laissant par son lestament 
30.000 ècus, (luil abandonna au pauvre Bul^^'arini, mari 
do la caniairice. Après la mort do Charles VI, il resta 
6 Vienne, où .Mario -Thérèse continua ù le traiter avec 
do crauds honneurs; mais les guerres qui suivirent et 
la d6volion do l'impératrice l'amenèrent à cesser ses 
travaux dramati(|ues. 11 s'occupa suriout d'écrire une 
Analyse de In l'ooiiquo d'Arislole, des Observations sur te 
OMlre i/rec. 

Métastase a joui, au xviii' siècle, d'uno reputatioa im- 
monse. Voltaire trouvait que beaucoup de scènes de ses 
tragédies étaient dignes do Racine. Ce qui frappe chez 
lui, c est la mélodie et la suavité de la versification, la 
rare lialiib'ié .ivec laquelle il a su mettre le sCvle drama- 
tique en harmonie avec lo ryiliine musical; mais il man- 
que do vi);ueur, d'originalité, de naturel. U a laissé 63 tra- 
gédies lyriques et opéras de divers genres, un nombre 
considérable de cantates, oratorios, canzonnettes, sonnets, 
id)'llos, élégies, etc. La meilleure édition de ses œuvres 
est celle i|ni lut publiée par Pez/.ana^l"80-17S2). 

MÉTASTATIQUE {sla-lik') adj. Qui tient à la métastase : 

Les phl'itinllrncs MIÎT.^STATIQDES. 

— Minér. So dit d'un cristal dont les angles extérieurs 
sont éLraux à ceux du novau. 

— l'hj.siq. Tliermomitre rniHastalique, Nom donné à un 
thernioiiiéiro construit do telle sono qu'ji une certaine 
tempéra turc, qu'où peut changer à volonté, un degré do 
récho41o occupe un espace beaucoup plus grand que dans 
los autres parties do l'échelle. 

MÉTASTERNAL, ALE, PlXXX. {star') adj. Qui se rapporte 
au méia.sicrnuiii. i: Aile métastcrnale. Portion latérale du 
méiasteriiuin refoulée par l'extension des hanches posté- 
rieures cl réduite à une bande étroite ou lanière. 

MÉTASTERNUM Isièr'-nom') D. m. Face extérieure du 
méiaihorax ■ C'c-.l n\i mrtastkrsdm que s' insèrent tes pattes 
de la Iroisivnte ou dernière paire, 

UËTASTNCRISE idu préf. mêla, et du gr. sun, avec, 
et krinein, séparer) n. f. Méd. Régénération des parties 
du corps altérées par la maladie. (Vx.) 

MÉTASYNCRITIQUE (/lA') adj. Jléd. Qui est réputé 
propre à ré_(iiéi'r lo corps ou quelqu'une de ses parties 
d'apri'S le iiu'lhodi.'imo. (Vx.) 

MÉTATARSE i lu préf. mfla, et de larse) n. m. Anat. 
Parue du pied, située outre les orteils et le tarse. 

— Zool. Chez les insectes. Premier article du tarse 
inséré sur la jambe ou tibia, n Chez les .araignées. Sixième 
article des pattes ambulatoires. (Ce métatarse fait défaut 
aux pattes-mâchoires.) 

— Ency< I,. Anat. Lo métatarse est au pied ce que le mé- 
tacarpe est à la main. Il est constitué par cinq os allongés 
et parallèlos, les métatarsiens, unis à leurs extrémités ren- 
flées et séparés à leur partie moyenne par les espaces 
intorosseux (jue remplissent les muscles interosseux pal- 
maires et dorsaux. Le métatarse présente à considérer une 
faco plantaire concave on forme de voûte homologue do 
la paume de la main et une face dorsale convexe répon- 
dant au dos do la main. Chez le singe, le premier méta- 
tarsien est opposable comme le premier métacarpien ; lo 
pied a la forme d'une main, d'où le nom de quadrumane, 

L'arliiMilatiou du premier métatarsien avec la première 
phalange est le siège habituel des accès de ijoutte, 

MÉTATARSIEN, ENNE {si-in, en") adj. Anat. Qui appar- 
tient au iiii'-iaiarsc : Os métatarsikns. 

— n. m. O- du métatarse : Le premier, le deuxième 

MÉTATAItslKN. 

MÉTATARTRIQDE Urik") adj. Chim. Se dit d'ua acido 
isomère avec l'acido tartriquo. V. tabtriqlk. 

MÉTATCUR mIu lat. metalor;Ae mc/ari, délimiter) n. m. 
Aniiq. roni. Tribun ou officier de l'armée romaine, chargé 
do choisir l'emplacement d'un camp. (Il ne faut pas confon- 
dre lo m'Hntenr et lo mesureur, chargé de diviser le camp 
on ses diverses parties, bien que ces deux fonctions se 
soient confondues sous lo Bas-Eni))ire. Le métateur eut 
aussi, à celle époque, la lâche do distribuer les billots do 
logement aux soldats cantonnés dans une ville.) 

MÉTATHÉSE (du gr. métatltésis, déplacement) n. f. 
Gramni. lutervorsion d'élémonts phonétiques dans un mot 
ou dans une phrase. 

— Cliir. Itfplacemont opératoire : Le refoulement dans 
la vessie d'un calcul arrêté dans l'urètre est une méta- 
TiifesK. (Peu us.) 

— Philos. Métathèse des jufjements. Dans la logique do 
Kant. Tr.iiisposidoii dos termes d'un jugement, servant à 
on dé'luire un aiiir*' par voie do raisonnement immédiat. 
En voici un exemple; 7*0»/ ce qui est immuable est néces- 
saire. Or tout ee qm est nécessaire est immuable. Donc il 
n'y a d'immuable que ee qui est nécessaire, 

— Hhélor. niM- i-' r.. .mh consiste & rappeler aux au- 
diteurs des faii- nr présenter des faits ii venir, 
à prévoir d'avit' 'ions de l'adversaire. 

— Encvci.. tit.iuiMi 1... - ■ talliëse yieut atteindre deux ou 
plusieurs voyelles on consonnes il'un mot ou d'une phrase. 
Exemples : *gr. sKcrlom'n, lat. «i*ecio, considérer (méta- 
Ihèso des coiisonnc. K [ou c, et p); entre tes cœurs mon 
l>BtJX balance, au lien de riilrc les DKUX mou CŒfU balance 
(méuithôse porlniit : 'ir -I'^mt mot-î entTT^\ et'-. Notons, 
en grec niiiqiif. ' mit la 
<lurée de deux \ ". est 
devenu en atf , :'-nto3 
dans la cniiverNaii'.'ii. i^uaud le dcbii ei.i rapide, ot peu- 
vent produire des elFoUi comiques. 

MÉTATUORACIQUE {sil:') adj. Zool. Qui dépend du mé- 
tathor.'ix : Ajipchdtce Mi'rTATHOiiACigfi:. 

MÉTATHORAX (du préf. iii('(n, et de thorax) n. m. Troi- 
sième fllvision du thorax d'un insecte. 

— Encycl. Le méintborax est placé entre le mésothorax 
et l'abdomen: il porte la seconde paire d'ailes et la troi- 
sième paire de pattes. Comidétement caché chez les coléo- 
ptères, les liéiniptèros ut autres formes semblables par 



los élvtres quand ils sont refermés au repos, il ne fait 
pas alors partie du corselet; mais, chez les névroptères, 
les hyménoptères, diptères, etc., il demeure toujours 
apparent. Labdomen s'v rattache ou par toute la largeur 
de sa base ou par un pédoncule plus ou moins mince. Sa 
faco inférieure se nomme métasternum. Une cloison in- 
terne, dite niésophragnie. lo sépare du mésothorax; iine 
auire, ou métapliragme, de l'abdomen quand il est sossilo. 

MÉTATION n. f. Sya. de castramétation. 

MÉTATOPIB (pi — du préf. métn, et du gr. topos, lieu) 
n. f. Processus que l'on observe surtout noiir les cellules 
cartilagineuses et en vertu duquel, sous l'inftucnco d'uno 
cause morbilique, ceriains éléments, peu abondants nor- 
malement dans un tissu, arrivent à y devenir prépondé- 
rants (ccchondroses des arthrites chroniques). 

MÉTATROPHIE {fi — du préf. meta, et du pr. Irophé, 
nourriture) n. f. .Modification do la nature de l'alimentation 
dans un sens déterminé, d'aiirès l'école française. 

— Pour les Allemands, Altérations do la nutrition des 
éléments anatomiqucs et des tissus. 

MÉTATROPHIQUE {/ik' — rad.ni(!/o<)'opAic) adj. Thérap. 
n Méthode métntrophique , Méthode thérapeutique, qui 
consiste à modifier l'alimentation do manière à favoriser 
l'action d'un médicament administré en mémo temps. 

— Encycl. C'est ainsi qu'en supprimant le chlorure do 
sodium de l'alimentation, on augmente les besoins de 
l'organisme en sels alcalins. Si, alors, comme dans l'épi- 
lepsie, on administre du bromure de sodium, ce bromure 
exerce, en conséijuence, sur les éléments nerveux, le mémo 
effet qu'une dose beaucoup plus forte administrée à des 
sujets qui font usage do chlorure de sodium. 

MÉTATROQUE adj. Zool. Syn. do métachiste. 

MÉTAURE (on lat. Metaurus, en ital. Metauro), fleuve 
coiicr de ritalie péninsulaire, formé par la Meta et l'Auro, 
qui descendent de l'Apenninoriontal. Il arrose la province 
d'Urbino o Pcsaro, baigne Urbania ot Fossombrone ot so 
jette dans l'Adriatique près de Fano, après un cours de 
1 10 kil. Pendant la deuxième guerre punique (207 av. J.-C), 
Claudius Nero et Livius Salinatorvainquirent sur ses bords 
les Carthaginois conduits par Asdrubal, qui venait au se- 
cours de son frère Annibal ; Asdrubal lui-même fut tué et 
sa tête jetée dans les retranchements d'Annibal. • Car- 
tilage, Cartilage, s'écria le grand capitaine découragé, jo 
succombe sous le poids de tes maux! « Sous le premier 
Empire français, le Métaure donna son nom i un dépar- 
tement ;cli.-l. .\ncone). 

Met AXAS (.indré, comte), homme d'Etat grec, né dans 
l'Ile de Céplialonio en 1786, mort à Athènes en I8S0. Lors 
do l'insurrection grecque (1821), il leva à ses frais un 
corps de troupes. En 1822, membre du gouvcrnemont jiro- 
visoire, il se rendit au congrès de Vérone ; en IS32 et 1833, 
il fit partie de la commission administrative des sept. 
Ministre des finances en 1811. président du conseil en 
1813, il devint ministre plénipotentiaire ù Coiisiantinoplo 
en 1850. — Son fils, Epamino.ndas, a publié en 1878 ses 
Mémoires sur la guerre de l'Indépendance. 

METAXIDIUS [mé, di-uss) n. m. Genre d'insectes coléo- 
ptères carnassiers, de la famille des carabidés, compre- 
nant des formes propres à l'Amérique équinoxiale. 

MÉTAXITE n. f. Silicate hydraté naturel de magnésie. 
Variété à grosses fibres de serpentine. 

MÉTAXOÏDE n. f. Substance minérale, appartenant au 
genre clilnrite. Variété de ripidolite. 

METAXYMORPHUS [mé, fuss'j n. m. Genre d'insectes 
coléoptères carnassii-rs, de la famille des carabidés, com- 
prenant quelques espèces de l'.^frique australe. 

METAXTfSdn^. A-«i'ss)n.m.Genre d'insectes coléoptères 
carnassiers, famille des carabidés, comprenant quelques 
espèces de l'Afrique ot de l'Inde. 

MÉTAXYTHÉRIUM {om') n. m. Paléont. Genre de mam- 
mifères cétacés, comprenant trois ou quatre espèces fos- 
siles dans le miocène d'Europe. 

MÉTAYAGE [tè-i-aj' — raA. métayer)D.m, Forme de bail 
où l'exploitant et le propriétaire d'un domaine rural se 
partagent les fruits du sol. 

— Encycl. Lo métayage ou colonat paritaire, (jui se pra- 
tique en France dans un grand nombre de déparlements, 
est intermédiaire entre le fermage proprement dit et l'ex- 
ploitation par le propriétaire. Le métayer, comme le fer- 
mier, se propose do mettre on valeur le domaine rural, 
mais à la différonco du fermier : 1° il n'effoctue pas cotte 
mise en valeur avec ses propres ressources, mais, sauf 
exception, avec les machines, los animaux et les engrais 
que s'obligo à fournir le propriétaire ; !• il ne paye pas au 
propriétaire une redevance fixe en argent, mais il lui 
livre une part des récoltes, la moitié généralement ; 3° il 
no jouit pas vis-à-vis du propriétaire do l'absolue indé- 
pendance du fermier, car, aux termes do l'article 5 de la 
loi sur le bail à métairie (18 juill. 1889), • le bailleur a la 
surveillance des travaux et la direction générale de l'ex- 
ploitation, soit pour le mode do culture, soit pour l'achat 
et la vente des bestiaux », et l'étendus lie ce droit est dé- 
terminée ou par convention, intervenue entre les parties, 
ou par l'usage des lieux. 

Le conir,at de métayage est donc non seulement nn 
mode do louage, mais un modo d'association : mis en 
œuvre dans de bonnes conditions, il a toujours fourni 
d'excellents résultats, car il intéresse au succès des cul- 
tures A la fois la classe exploitante ot la classe proprié- 
taire du sol. 

MÉTAYER ((é-i-iD, ÈRE 'du lat. medietatarius. même 
sens] n. Personne qui fait valoirune métairie. V. MtiTAVAOR. 

— Dans certaines régions de la Franco, Ouvrier dos 
champs loué à gages. 

MÉTAZOAIBB (ci''— du préf. meta, et du gr. :6on, être 
vivant'^ n. m. l>ans les théories de Hœckol, Animal possé- 
dant des organes cellulaires difTérenciés : Les vertébrés 
sont des mbtazoairks. 

MÉTAZOIquB iik' — rad. tjidfoiooirel adi. Géol. Qui est 
posti'TKMir à lapparition des animaux sur la terre. 

MetCH, MËCHS ou MetcHI, peuplade de l'Assam, 
comprenant environ 70.ooo individus. Les Metch ont le 
cr&oe allongé et la face large ; ils portent dos vêtements 



58 

en coton et font usage dune quantité incroyable d'orne- 
ments en cuivre ou en or. 

Metcha, prov. de l'empire d'Ethiopie (^Choa), sur les 

filus hauts gradins do ta ligne do partage des eaux entre 
bassin du Nil et le bassin de l'Âouaclie, avec des alti- 
tudes do 3.000 à 3.500 mètres. Peu fertile et peu peuplée. 

MetCHNIKOF ou METCHNIKOV(Erie), zoologiste et 
embryologiste, né 



ircs de Karkov en 1845. Il étudia suc- 
cessivement à Karfcov, à Giessen,à Gôttinpue et à Munich 
et, en 1870, fut nommé professeur de zoologie ù. Odessa. 
Ses premières études ont porté plus particulièrement sur 
la zoologie et l'embryogiinio des vertébrés. En 1882, il 
quitte la Russie, voyage à Madère, à Ténériffe. puis so 
rend à Paris (1S90), où il est attaché à l'Institut Pasteur. 
P^ntro temps, il avait publié sa belle théorie de la phago- 
cytose, expliquant ainsi la défense de l'organisme contre 
les malatiies et l'immunité. Chef du laboratoire des re- 
cherches ù. l'Institut Pasteur, il a publié tous ses travaux 
dans les •• Annales de l'Institut Pasteur > et résumé ses 
doctrines dans sou livre VImmunttè (1901). 

MÉTÉCAL n. m. Métrol. Syn. de métical. 

MÉTÈCE adj. Antiq. gr. Syn. de mktéque. 

MÉTÉCIE :sfi ou MÉTŒCIE {té-sl} [rad. méléce] n. f. 
Antiq. gr. Etablissement d'un étranger ou métèque dans 
une ville grecijuo.ii Condition légale do cet étranger, il Taxe 
do séjour (12 drachmes à Athènes) qui lui était imposée. 

— n. f. pi. Féto qu'on célébrait à Athènes, au mois do 
boôdromion, on rhonneur d'Athèné. et en souvenir de la 
réunion des bourgs attiqucs en un seul Etat. 

MÉTÉCIEN, ENNE {si-in, en') adj. Antiq. gr. Qui so rap- 
porte aux métèques. 

MÉTÉES {té) n. m. pi. Groupe d'arachnides aranéides, do 
la famille des argiopidés, comprenant los meta et genres 
voisins. — Vn mktéi;. 

MÉTEIL {lè-ill [Il mil.] — du lat. pon. mistilium ; de mislus, 
pour, et mixtus, mélangé) n. m. Mélange de seigle et de 
froment : Saner, Récolter du muteil. — Adjectiv. : Blé 
méteil. Il Passeméteil, Méteil qui contient doux tiers de 
froment pour un tiers de seigle. 

— Encycl. Le méteil fournit un poids en grains supé- 
rieur à celui qu'aurait donné, cultivée isolément, chacune 
des céréales qui le composent : le pain qu'on en obtient est 
d'excellente qualité et so conserve mieux que le pain do 
froment. Néanmoins, cette culture se restreint. Quand on 
la pratique, on choisit autant que possible pour mélanger 
au seigle une variété de froment à maturité précoce. Sui- 
vant que le seigle ou le froment domine dans le mélange, 
celui-ci est qualifié de ijros ou de petit méteil, 

MÉTEL n. m. Bot. Syn. de noix vomiqie. 

MÉTEL ( Iluguos), écrivain, né et mort a Toul (1080-1 157). 
Après une jeunesse orageuse et des voyages en Franco 
et on Italie, il entra chez les chanoines réguliers do 
l'abbave do Saint-Léon à Toul (lus). On a de lui des 
Poèmes latins et des Lettres latines adressées aux princi- 
paux personnages du temps : saint Bernard. Abélard, Hé- 
loïsc, etc. Il y relate une foule de détails concernant 
l'histoire et les' mœurs de la Lorraine, au xii" siècle. F-ortia 
d'Urban les a traduites presque toutes dans ses « Mémoires 
pour servir à Ihistoire ecclésiastique du xil" siècle » (1839). 

Mételin, autrcf. Lesbos. Géogr. V. MïTii.ftNE. 

MetelLA (UKNS), branche de l'illustre famille plé- 
béienne des Caîcili. Elle a fourni un grand nombre de hauts 
magistrats. V. Metellus. 

Metella Cœcilia), femme du dictateur Svlla. Fille 
de Quintus Cœcilius Metellus Plus, veuve de M. -iimilius 
Scaurus, elle devint la femme do Sylla alors consul, et 
resta constamment attachée à la fortune de son époux, 
bien que. selon Plutarquo. elle ne fût point de mœurs irré- 
prochables. Svlla montra une vive affection pour sa 
femme, et frappa cruellement les habitants d Athènes 
parce qu'ils s'étaient permis contre elle de vives épi- 
grammes. 

Metella {Tombeau de Cecilia), sur la voie Appienne, 

;'» 2 kiloni. do 

Rome. C'est 
une construc- 
tion circulaire 
do 20 mètres 
de diamètre, 
élevée sur un 
soubasse- 
ment carré. 
Une frise do 
guirlandes do 
fleurs ot de 
crânes do tau- 
reaux court 
autour de la 
partie supé- 
rieure. Elevé 
sous Auguste 
à Caîcilia Me- 
tella. fille do 
Metellus Cre- 
ticus et femme 

de Crassus le jeune, ce monument fut transformé, au 
XIII» siècle, en une forteresse que détruisit Sixte-Quint. 

Metellus L. Cwciliusl. mort en 221 av. J.-C. Consul 
en 251. il battit les Carthaginois 
en Sicile, près de Panorme. Il 
fut malire de la cavalerie, consul 
pour la deuxième fois en 247, 
souverain pontife en 213, dicia- 
tour en vil. Il perdit la vue en 
sauvant le Palladium lors de l'in- 
cendie du temple de Vesia (241), 
et lo peuple lui éleva une statue 
au Capitole. 

Metellus 'Q, Cteciiius). fils 

du précédent, mort en 175 av. 
J.-C. Pontife en 5I6. édile en 209. 
légat du consul Néron, consul eu Monnaie comm^moratlve 
204, il lutta sans avantage contre de la victoirt- de L. Metellus. 
Annibal. tut dictateur pour la ,1,1 ■ 

tenue des comices et alla en ambassade auprès de Phi- 
lippe. Il était doué d'un remarquable talent oratoire. 




Tombeau de Cœcilia Metella- 





Monnaie de Metellus le MacWonifiue- 



59 

Metellus (Q. Cœcilius),dit le Macédonique. fils du 
prccôdoiU, iiiurt où 115 av. J.-C. Prctcur cd ! is, il rédui- 
sit la Macé- 
doine en pro- 
vince romai- 
ne, écrasa 
los Achéens 
à Scarphéo 
<H6). et re- 
çut les hon- 
n e u r s du 
triomphe. 
CoD s u 1 en 
143, il guer- 
roya avec 
succès en 

Espagne comme proconsul et se fit remarquer par son 
humanité. Noninu'i censeur en Kll, il liemanda <|ue, pour 
accroître la populntioti, tout Uoniain lût contraint de se 
marier. U fit construire le suporhe porticpie et les deux 
temples de Jupiter et do Junon. qu'il décora de statues do 
ijjsippe rapportées do Grùco. 

Metellus (L. Creciliusl, dit le Dalmalique, neveu 
du prcc«-dent. Consul en 119 av. J.-L',, il lit la guerre aux 
Dalniatos, obtint lo triomphe, puis devint cuMiseur et sou- 
verain pontile. 

Metellus (Q. Caecilius), dit le Numidique, frère du 
précédent, mort vers 91 av. J.-C. Il étudia à Athènes sous 
Carnéade. Il fut questeur (12iVi, tribun (121), édile (118), 
préteur {ll'i;, gouverneur do Sicile i^lU) et consul (lOy). 
Envoyé on Afrique, il battit Jugurtlia, et allait s'emparer 
de sa personne quand il fut remplacé par Marias, qu'il 
avait accablé de ses dédains. Do retour à Ronio, il reçut 
néanmoins les honneurs du triomphe et le surnom de 
Numidique. Nommé censeur en 102, il lutta contre lo 
parti populaire, échoua contre Marins aux élections consu- 
laires (101), fut expulsé du sénat et condamné à l'exil. 
Retiré à Rhodes, il so livra à la philosophie. Il aima pas- 
sionnément los lettres et les arts et était fort éloquent. 

Metellus {Q. Cœcilius). fils du précédent, né en 130, 
mort en Gï. Sa i)iété filiale lui valut le surnom de Pius. 
Questeur en 07. Irilmn en 92, il so distingua dans la guerre 
Sociale. U quitta l'Italie lors do la guerre civile et rentra 
avec Sylla. Consul en 81, il ne triomphade Scrtorius et de 
Perpenna qu'à grand'peino, grâce à Pompée, venu à son 
secours. L'assassinat de Sertorius (72) lui permit do réta- 
blir l'autorité du séuat en Espagne. 11 reçut les honneurs 
du triomplio. Il était, à sa mort, souverain pontife. 

Metellus (Q. Cœcilius). dit Celer, mort en 59 av. J.-C. 
Il combattit en Asie sous Pompée. Préleur en 63, i! se- 
conda Cicéron contre Catilina, re<:ut*en G2 le gouverne- 
ment de la Gaule cisalpine et devint consul en 61. Il mourut 
empoisonné, croit-on, par sa femme Ctodia. 

Metellus (Quintus), surnommé Nepos {le Dissipa- 
icnv), frère du précédent, mort à Rome vers 55 av. J.-C. 
Lieutenant de Pompée en Asie, il s'attacha à son parti. 
Tribun eu 63. il se montra hostile à Cicéron. Caton, son 
collègue au tribunal, s'étant opposé à la mesure propo- 
sée par Metellus de rappeler Pompée avec son armée pour 
rétaolir l'ordre, Metellus le chassa du Forum, mais dut 
bientôt lui-môme chercher un refuge en Asie, près de 
Pompée. Il rentra à Rome avec ce dernier iGO), devint pré- 
teur, consul (57), se réconcilia avec Cicéron exilé, dont il 
favorisa lo rappel. 

Metellus (Q. Crecilius), surnommé Creticus^ mort 
vers 55 av. J.-C. Consul en 69, il alla, l'année