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Full text of "Nouveaux supplémens au recueil de traités"

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\ 



t. 



AU 

R E eu El L ' 

DE * 

TRAIT JE S 



ET 



lyAUTRES ACTES REMARQUABLES, . 

servant a la connaissance des relations 
étrangères des Puissances et Etats dans leur 

rapport mutuel^ 

DEPUIS 1761 JUSQU'À PRÉSENT ; 

FOIfDE 

GEORGE FREDERIC de MARTENS. 



GonTimjE 



PAR 

FRÉDÉRIC MURHARD. 



Tome III. 
1806 — 1839. 



À GOETTINGUE, 
DANS LA LIBRAIRIE DE DIETERICH. 

1842. 






HARVARD COLLCâtf UMARY 

H. NUMN aAY 
MOtaMEUTd COLLECTION 

tlil 



• » 



■toi^^ 



1806 



Dèclfiration de la Grande -^ Bretagne 
contre la Prusse sur l'occupation des 
Pays Hanovriens effectuée par celle^ 
ci y diaprés une convention conclue 
entre le Maréchal Duroc et le Comte 
de Hausivitz à Schoenbrunn après 
la bataille d^ Austerlitz. En date de 
Windsor r le 20. Avril 1806. 

Geerge Trois par la Grâce de Dieu^ Roi du Royaume 
uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande , Dëfensenr de 
la Foi, Duc de Brunswic et Lunebourg, Archi -Trésorier 
et Electeur du St. Empire Romain etc. etc. 

La Conr de Prasse vient d'ayouer des intentions 
hostiles qu'elle avait cru cacher par les protestations les 
plus amicales. 

La note verbale remise le 4. Avril par TEnvoy^ de 
Prusse y Baron de Jacobi Rloest, au ministère britanni- 
que, annonce la prise de possession de l'Electorat d'Ha- 
novre et la clôture des ports de la mer d'Allemagne et 
de Lubeck au pavillon britannique. 

Cette déclaration donne le démenti \ toutes les as- 
surances , par lesquelles le cabinet de Berlin a jusqu'ici 
iroalo d^iser se» procédés , auxquels il ajoute encore 
la prétention que Sa Majesté Prussienne s'est acquis par 
son système politique , des droits à la reconnaissance dcf 
tous les Etats du Nord. 

I Dépossédé ainsi de fait de l'ancien beritage de ma 

famille, et insulté dans mes droits de Souverain, j'ai 
Eait prendre les mesures qu'exigeait l'honneur de ma 

' couronne. Mais je me dois epcore ]^ moi- même , à 

' l'Europe et à mes sujets, de manifester publiquement 
mes sentiments en ma qualité d'Electeur de Brunswic- 

[ \MMboaTgy aur l'u8\irpation injuste de mes Etats en 
ilkmagoe* 

Jfwtr. SuppUm. Tan. III. A 



/ 



2 Déclaration de la Grande -^Bretagne 

1806 n ne 6'agtt pas ici de prouver, combien ce fait est 
contraire au droit des gens, ou aux lois de TEmpire 
Germanique. Leur infraction est trop criante pour de- 
mander des preuves. Ce sont les principes les plus sacres 
de la bonne foi, de la loyauté et enfin de tous les liens 
sur lesquels repose la sûreté réciproque des différens 
Etats entre eux, et de chaque société civile en elle-même, 
qui sont foulés aux pieds à un point dont le public 
aurait peine à se convaincre, si on ne mettait sous ses 
yeux les faits constatés dans le précis^ dont j'ai ordonné 
la rédaction. 

Les procédés de la cour de Berlin à Poccasion de 
Poccupation de PElectorat par ses troupes en 1801, sa 
conduite peu amicale durant la négociation sur les in- 
demnités, qui suivit la paix deLuneville, sa déclaration 
faite lorsque la France allait envahir TEleclorat, et enfin 
les conditions onéreuses sous les quelles elle avait tâché 
d'en obtenir l'évacuation pour remplacer les troupes fran- 
çaises par les siennes, avaient fourni trop d'expériences 
au Gouvernement d'Hanovre pour qu'il n'eut du tâcher 
d'éviter toute espèce d'intervention de la part de cette 
puissance, même au moment qu'elle allait se brouiller 
avec la France. Les évènemens qui retardèrent l'arrivée 
dç l'expédition concertée entre la Grande-Bretagne, la 
Russie et la Suède pour le pays d'Hanovre, fournirent 
aux troupes prussiennes le moyen de les devancer après 
que l'armée française eut été obligée d'abandonner 
l'Electorat. 

Cette démarche fut accompagnée de protestations ami- 
cales de la part de la Prusse; elle invita le ministère 
hanovérien de reprendre èes fonctions en mon nom et 
de rassembler les débris de l'armée. 

Le pays, déjà si malheureux. Sentit doublement le 
poids des réquisitions nombreuses extorquées pour le 
corps Prussien, sans égard à la situation où Pavaient 
laissé les Français. 

Après l'issue malheureuse de la campagne des Alliés 
dans le Sud de l'Empire, il fallait s*attendre l une 
attaque dans le Nord. Sa Majesté Impériale de Russie 
pour prévenir les dangers auxquels la Prusse aurait pu 
être exposée, à la suite de la convention de Potsdam 
avait confié ses troupes sous le Comte de Tolstoy et le 
i;orps du général de Bennigsen aux ordres de Sa Majesté 
Prussienne , en lui promettant d'aiUeurs Tous les secours 



contre ta Prusse. 3 

doDt EUe pouTrait avoir besoin. On ne devait pas a'aU 18Q6 
tendre à voir la Prusse profiter de cet avantage et de 
celui qui lui donnait la promesse des subsides demandés 
à la Grande-Bretagne, pour obtenir de la France des 
condiilona contraires aux intérêts que ces ressources étaient 
destinëes à défendre. C'est cependant ce qui arriva. 
Le traite secret dont on commence à voir les résultats 
fut sign^ par le Comte de Haugwitz et le Général français 
Dttroc le 15. Dec 1805, époque fixée comme terme où 
la Prusse aurait dû. se déclarer contre la France, au cas 
que cette puissance aurait rejeté les propositions que le 
Comte de HaugMritz devait lui faire d'après la conven- 
tion de Potsdam. 

Sept jours plus tard, le 22. Dec, le cabinet de Berlin 
proposa à l'Ambassadeur Britannique les arrangemens ^ 
preadre en commun avec les Généraux Prussiens pour 
les positions des armées alliées en Basse-Saxe et expédia 
en conséquence le Lieutenant Colonel Baron deKrusemark 
svec une lettre au ministère d'Hanovre pour l'engager 
à foornir des vivres à la garnison française de Hameln. 
U fallait se prêter \ cet arrangement (qui ne fut 
cependant que provisoirement terminé le 4. Janvier) par- 
cequ^il devait empêcher les troupes françaises de ne rien 
entreprendre contre l'Hanovre pendant la durée de la 
négociation. 

La cour de Berlin ignorait»elle alors de quelle ma-* 
nière le Comte Haugwitz avait terminé. cette négociation? 
ne savait -elle pas, avant la signature du Traité, la 
tournure qu'elle allait prendre? ou bien le Ministre 
disposait-il à son gré de la bonne foi de son maître? 

Ce ne fut que le 27. Janvier que le cabinet de Berlin 
anwmça au Ministre d'Hanovre, que d'après un traité 
''signé et ratifié par les deux Parties , - mes Etats en 
y, Allemagne ne" seraient plus occupas par les troupes 
„ françaises, qu'ils seraient entièrement évacués par celles 
^qoi i^y trouvaient encore, et remis, jusqu'à ce que la 
ytfoix future entre l'Angleterre et la France aurait dé- 
icide oe leur sort, à la garde de celles de Sa Majesté 
„ Prussienne et \ Son Administration exclusive." Le 
Ministre Hanovérien fut requis, mais en vain, d'intimer 
\ tous les employés de l'état, de se considérer désormais 
comme responsables en dernier ressort \ la commission 
administrative du Roi de Prusse, \ l'exclusion de tout 
rapport étranger. 



4 Déclaration de la Grande -- Bretagne 

1806 La dépêche adressée le 25. Janvier au Ministre de 
Prusse et destinée II justifier cette mesure fut signée de 
la propre main du Roi^de Prusse, Elle finit par ces 
paroles: ^^Je crois ne pas avoir besoin d'observer com- 
^bien les contrées dont il s'agit devront être satisfaites 
yyde ce changement de scène et mes voeux seraient rem- 
,,plls, si d'après les pues désintéressées qui m'animent, 
^,r Administration dont fai d& me charger tourne au 
yy bien -être du pays et de ses habitans et par A même 
^à la satisfaction de Sa Majesté Britannique ^ ^ la 
,y quelle |e ne demande pas mieux que de donner à cet 
„egard comme à tout autre toutes les preuves de 
y, considération, de Référence et d amitié dont les cir- 
Inconstances me laisseront le maître." 

L'expérience du passé et un juste pressentiment de 
Pavenir ne m'avait pas laissé balancer sur le parti qu'il 
convenait de prendre et mon Ministère électoral fut in- 
struit de ne se prêter à aucune négociation qui pourrait 
avoir pour objet d'éviter une nouvelle Invasiod Française 
en admettant une Occupation Prussienne. 

La protestation faite dans ce sens par mon Ministre 
d'Etat Electoral resta sans effet. Le Roi de Prusse fit 
occuper la majeure partie du pays au moment que mes 
troupes se rembarquèrent et ^^ mesures furent exécu- 
tées sans ménagement. 

Il n'était que trop aisé de prévoir que le Comte de 
Haugwitz trouverait moyen à Paris de ramener à sa 
première teneur l'arrangement entre la Prusse et la France, 
annoncé ici comme ratifié par les deux parties con- 
tractantes. 

C'est ce qui arriva et les troupes françaises prirent 
possession d'Anspach, l'un des objets de compensation 
d'après le traité du 15. Dec, le même jour que le Mar- 
quis de Lucchesini put arriver en courrier à Berlin pour 
annoncer que la France voulait l'exécution des articles 
arrêtés \ Vienne. 

La réponse faite par le Cabinet Britannique \ la 
Commission du. 25. Janvier n'arriva à Berlin qu'après 
que le Ministre d'Etat Baron de Hardenberg eut annoncé 
à l'Envoyé Britannique les mesures hostiles qui m'ont 
engagé k suspendre mes relations avec une cour qui a 
pu s'oublier à un tel point. 

La note prussienne du 4. Avril n'a pu fournir de 
bons argumens pour colorer un procédé injustifiable. 



contre la Prusse. 5 

EDe commeoce par vanter les dispositions pacifiques 1806 
de la Prusse. Cette disposition nVst sincère que lors- 
qu'elle a pour base des principes dUine juste neutralité* 
La note remise par le Cabinet de Berlin au Ministre de 
France le 14. Octobre, au moment où la Prusse parais- 
sait sentir Paffront qu'elle venait d'essuyer par la vio- 
lation du territoire d'Anspach, avoue que sa mardie, 
suivie jusqu^alors ar été à davantage de la France. 

Ses actions portaient bien moins le caractère de Fim- 
partialit^. Après avoir permis aux troupes françaises 
qui envahirent TElectorat d'Hanovre le passage par le 
territoire prussien , elle se dëclara prête à s'opposer 
rép^e à la main à celui qu'avait demande TEmpëreur 
de Russie pour ses armées. 

I.a France força eUe même le passage, elle fit sem* 
blant de vouloir excuser cette démarche, mais ce fut 
d'une manière également ofTensante. 

Elle avait trop bien prévu ou finirait le ressentiment 
de la Prusse, qui en eiSet paraissait assoupie lorsque 
Sa Majesté Impériale de Russie se mit en rapport per- 
sonnel avec le Roi. 

La Prusse alors demanda des subsides à la Grande- 
Bretagne qui lui furent promis, et elle signa la conven- 
tion de Potsdam, dont sans doute elle aurait été plus 
disposée à remplir les conditions , si T avais pu 
oublier mes devoirs au point de consentir d la pro^ 
position de lui céder F Electorat d'Hanovre en échange 
de quelque Province Prussienne. 

La Prusse assure que depuis les évènemens de la 
guerre elle n^a plus eu le choix des moyens d'assurer 
U sûreté de sa monarchie et des Etats du Nord; elle 
veut faire sentir qu'elle a été forcée à s'agrandir et à 
devenir l'instrument plus que l'objet de la vengeance de 
Mes ennemis. 

Ce n*est pas là un aveu qui convienne à une grande 
puissance. Toute l'Europe sait, qu'il aurait dépendu de 
la Pnisse, avant la bataille d'Austerlitz , de rendre le 
repos à l'Eurofie, si elle avait pris le parti que ses 
véritables intérêts et l'honneur outragé de Sa monarchie 
lai dictaient. Sa conduite cesse d'être excusable, après 
avoir manqué une telle occasion, et même depuis l'évé- 
nement du 2. Décembre. Ne commandait-elle pas uue 
•armée de 250 mille hommes qui se souvient encore de 
ses victoires sous le grand Frédéric » qui était dans les 



6 Déclaration de la Grande -^Bretagne 

J806 meilleures dispositions et soutenue par toute Parmée russe, 
dont deux corps se trouvaient encore sous les ordres du 
Roi de Prusse. 

Elle aurait sans doute couru quelmies risques; mais 
elle se trouvait dans le cas oii il faut s'exposer à tous 
les dangers I pour sauver l'honneur de l'Etat. Le Prince 
qui hësite sur le choix dëtruit le principe qui sert de 
base à une monarchie militaire , et la Prusse doit déjà 
commencer à sentir le sacrifice de son indépendance. 

La Note du 4. Avril assure ^' que la France avait con- 
,,sidërë FElectorat comme sa conquête, que ses troupes 
;, avaient été sur le point d'y rentrer^ pour en disposer 
,, définitivement." 

L'Electorat d'Hanovre comme partie intégrante de 
TEmpire Germanique , est étranger a la guerre entre la 
Grande-Bretagne et la France, il a ^té injustement 
envahi par cette puissance, qui cependant a souvent in- 
diqué Toljjet, pour lequel elle serait disposée à le rendre. 

La France fut forcée ensuite d'abandonner le pa5's, 
et quarante mille hommes de Mes troupes et de celles 
de Mes Alliés, se trouvaient établies lorsque le Comte 
de Uaugwitz signa le traité qui dispose de Mes Etats. 
Il est vrai que lé corps russe se trouvait alors à la 
disposition de S.M.Prussienne, mais son chef, en vrai 
homme d'honneur , n'en était pas moins décidé à se 
battre si les Alliés de son Maître eussent été attaqués. 
On ne parlera pas de la garnison française restée à 
Hameln, insuffisante en nombre, dépourvue de moyens 
de défense et prête à être assiégée lorsque les promesses 
de la Prusse firent abandonner ce plan. 

L'intention de la France de vouloir disposer défini- 
tivement de TEIectorat eut été contraire II ses assertions 
tant de fois répétées: elle l'eut été d'avantage aux usages 
de la guerre, puisqu'on ne dispose pas définitivement, 
même d'une conquête, avant la paix, surtout air moment 
où on veut montrer des dispositions pacifiques. 

11 n'appartient pas ^ la Prusse de juger si la Grande- 
Bretagne avait des moyens de porter obstacle à la ren- 
trée de Mes ennemis dans l'Electorat. Sa puissance lui 
fournit des moyens pour conduire la guerre à une fin 
honorable pour les intérêts qu'elle défend; mais il est 
difficile de concevoir en quel sens la Pnisse prétend que 
ses mesures éloignent les troupes étrangères de l'Electorat» 
et assurent le repos du I^ord. 



contre ta Prusse» 7, 

Ses troupes, après la conduite perfide de son Cabinet, 1806 
resteront tout aussi étrangères \ r£lectorat que les troupes 
françaises. 

La Prusse ne devrait pas parler de ses sacrifices au 
noDient ôii elle ne cherche qu'à s'agrandir, à moins 
quVlle ne sente celui de son indépendance, et combien 
elle manque \ ses devoirs en abandonnant la ppas an- 
cienne possession de sa maison et des sujets qui implo- 
raient en vain son secours* D'ailleurs ces sacrifices sont 
étrangers à Ma conduite politique et ne lui donnent aucun 
droit pour usurper le gouvernement de Mes sujets alle- 
mands, dont rien n'a jusqu'ici ëbranlë la fidëlitë qu'ils 
conserveront pour Ma personne et pour une famille de 
Princes qui depuis tant de siècles n'a voulu que leur 
bonheur. 

n est évident que la conduite présente de la cour 
de Berlin n'est pas le résultat libre des voeux de son 
Souverain , mais la suite de l'influence que mes ennemis 
exercent dans le cabinet de ce Prince. Cependant toutes 
les cours et tous les Etats qui sauront juger les circon- 
stances et tout ce qu'elles doivent au système suivi par 
la cour de Berliu, conviendront que l'acte commis conti'e 
un Souverain uni avec Sa Majesté Prussienne par les 
liens du sang et jusqu'alors par ceux de l'amitié, com- 
promet bien plus la sûreté de l'Europe que tout acte 
d'hostilité de la part d\me Puissance avec laquelle ou 
se trouve en guerre ouverte. 

Persuadé de la justice de Ma cause, j'en appelle à 
toutes les Puissances de l'Europe intéressées à ne point 
voir se consolider un système qui, en menaçant l'exi-* 
stence politique d'une partie intégrante de l'Empire d'Alle- 
magne, compromet la sûreté de tous. Je reclame plus 
particulièrement l'assistance constitutionelle qui M'est due 
comme Electeur, par .l'Empire, par son auguste Chef, 
et par les Puissances garantes de sa constitution, la 
Russie et la Suède, qui déjà ont manifesté, et montrent 
encore \tB dispositions le» plus honorables pour la con- 
servation de Mes Etats. 

Finalement je proteste de la manière la plus solem- 
oelle pour Moi et Mes héritiers contre tonte atteinte 
portée à Mes droits sur l'EIectorat de Brupswic-Lune- 
boorg et ses dépendances, et je repète en Ma qualité 
d'Electeur la déclaration faite par le Ministre de ma 
couronne à la cour de Berlin, qu'aucun avantage d'ar- 



I 

8 Déclaration de la Grande -- Bretagne 

1806 rangemeos politiques ^ bien moins encore no offre quel- 
conque d*indeninittf ou d*&[uiTaIent ne m'engageront 
jamais d'oublier ce que )e dois à ma dignité, à Tattacbe- 
ment et & la fidëlitë exemplaire de mes sujets hanovëriensi 
au point de consentir à l'aliënation de mon Electorat. 

Donne au Palais de Windsor ce 20»« jour d'Avril 
1806, de mon Règne le 46"'«« 

Gkoroi R. 

(L« S.) E. COMTX DE Mt^ffSTER. 



2. 

Déclaration de la Grande-Bretagne 
contre la Déclaration du cabinet de 
St.Petersbourg faite en vertu d'enga-- 
gemens secrets lui imposés dans le 
traité de la paix de TÙsit. En date 
du ±S. Décembre 1807* 

La déclaration faite \ St. Petersbourg par 8a Majesté 
TEmpereur de Toutes les Russies, a excHë dans Fesprit 
de Sa Majestë Britannique les plus viyes sensations, d'ëion- 
nement et de regret. 

Sa Majestë n'ignorait pas la nature des engagements 
secrets imposes à la Russie dans les conférences de Tilsit. 
Mais Sa Majesté a conserva l'espérance qu'une revue des 
transactions de cette malheureuse négociation, et un* juste 
calcul de ses effets sur la gloire ainsi que sur les intérêts 
de l'Empire Russe aurait porte Sa Maiestë Impériale à 
se soustraire aux embarras de ces nouveaux conseils et 
de ces liaisons qu'EIIe avait adoptés dans un moment de 
découragement et d'alarme, et à revenir vers une poli- 
tique plus analogue aux principes dont Elle avait con- 
stamment fait profession, et plus conforme à l'honneur 
de sa couronne et à la prospérité de son Empire. 

Cette espérance a dicté à Sa Majesté une retenue et 
une modération extrême dans toutes ses relalioos diplo- 
matiques avec la cour de Saint Petersbourg depuis la 
paix de Tilsit. 

Sa Majesté ne manquait ni de sujet de soupçon ni 
de fondement à de justes plaintes, mais Elle s'est interdit 



contre la DécL du cabinet de St Peterabourg. 9 

k kagage da reprocbe. 8a Majesté s'est crue dans la 1807 
aécestité de demander une explication spécifique à iVgard 
de ces arrangemens avec la France, dont le caractère et 
l'obiet lui ayaient fait une impression, que les réticences 
dont on usait à IVgard de Sa Majesté ne pouvaient que 
foitifier. Sa Majesté cependant a fait adresser la demande 
de celte explication non seulement sans âpreté et sans 
aucon indice d'une disposition hostile, mais même avec 
celte considération et ces ^ards pour les sentiments et 
pour la situation de l'Empereur de Russie qui résultaient 
da souYenir de leur ancienne amitié et d'une confiance 
interrompue mais non luiéantie» 

La déclaration de l'Empereur de Russie prouve que 
cette retenue et cette modération de la part de Sa Ma- 
jesté ont manqué leur objet. Elle prouve malheureuse- 
ment que l'influence d'une Puissance également et essen- 
tiellement ennemie tant de la Russie que de la Grande- 
Bretagne a acquis une prépondérance décidée dans les 
conseils du cabinet de Saint Petersbourg, et a pu exciter 
a une inimitié sans objet deux nations aux quelles d'an- 
ciennes liaisons et des intérêts mutuels prescrivaient 
Fanion et la coopération les plus intimes. 

8a Majesté voit ayec nne profonde douleur Pexten- 
sioD des odamités de la guerre. Mais appelée 2^ se dé- 
fendre contre un acte d'hostilité nullement provoqué de 
sa part. Elle s^nt vivement le désir de réfuter, devant 
Funivers, les prétextes dans lesquels cet acte doit trouver 
Sâ justification. 

La déclaration affirme que Sa Majesté l'Empereur de 
Russie a deux fois pris les armes pour une cause qui 
intéressait plus directement la Grande-Bretagne que Son 
propre Empire, et sur cette affirmation se fonde la charge 
alléguée contre la Grande-Bretagne d'avoir négligé de 
seconder et de soutenir les opérations mililSdres de la 
Russie. 

Sa Majesté rend volontiers justice aux motifs qui 
dans Porigine ont engagé la Russie dans la grande lutte 
contre la France. Sa Majesté avoue également Pinterét 
qu'a toujours pris la Grande-Bretagne aux destins et 
aox fortunes des Puissances du Continent. Mais il serait 
assurément tràs difficile de prouver que la Grande-Bre- 
tagne, qui se tsouvait Elle-même en état d'hostilité contre 
la PruMe, au moment oh la guerre s'est allumée entre 
la Prusse et la France , avait un intérêt et un devoir 



10 Déclaration de la Grande ^^ Bretagne 

1807 plus direct à épouser la querelle de la Prusse que 
l'Empereur de Russie , Allié de Sa Majesté Prussienne, 
Protecteur du Nord de l'Europe et Garant de la Con- 
stitution Germanique. 

Ce n^est pas dans une déclaration publique que 8a 
Majesté peut discuter la politiaue d'ayoïr, \ une période 
marquée de la guerre, effectué, ou omis d'effectuer, des 
débarqueraens de troupes sur les câtes de Naples. Mais 
il est bien singulier qu'on ait choisi, pour démontrer la 
coupable indifférence de la Grande-Bretagne aux intérêts 
de son Allié, l'exemple de sa guerre contre la Porte 
Ottomanne; guerre entreprise par la Grande-Bretagne à 
rinstigatton de la Russie et dans la seule Tue de soutenir 
les intérêts de cet empire contre Pinfluencfe de la France* 

Si, cependant, la paix de Tilsit doit être envisagée, 
en effet, comme la conséquence et la punition de la 
prétendue inactivité dç la Grande-Bretagne, sa Majesté 
ne saurait cacber son regret que FEmpereur de Russie 
ait eu recours à une mesure aussi précipitée et aussi 
fatale, dans le moment même où il recevait l'assurance 
positive que Sa Majesté faisait les efforts les plus vigoureux 
pour remplir les désirs et l^attente de son Allié (Assurance 
que Sa Majesté Impériale a paru recevoir et reconnaître 
avec confiance et satisfaction) et où Sa Majesté dans le 
fait Se préparait à employer pour l'avancement des ob- 
jets communs de la guerre, ces forces dont*, après la 
paix de Tilsit, Elle s'est trouvée dans la nécessité de Se 
servir pour déconcerter une combinaison dirigée contre 
Ses propres intérêts et Sa sûreté immédiate. 

La vexation du commerce russe, de la part de la 
Grande-Bretagne, n'est dans la vérité qu'un grief imagi- 
naire. D'après l'examen le plus attentif des archives de 
la cour d'amirauté Britannique, fait par ordre de Sa 
Majesté, on n'a trouvé pendant tout le cours de la guerre 
actuelle, qu'un seul exemple de la condamnation d'uo 
vaisseau véritablement russe, vaisseau qui avait porté 
des munitions navales à un port de l'ennemi commun. 
On trouve peu d'exemples de vaisseaux russes détenus, 
et aucun d'un déni de justice à une partie portant plainte 
de telle détention. Ce ne peut donc que fournir à Sa 
Majesté un sujet d'étonnement et de chagrin que Sa 
Majesté l'Empereur de Russie a daigné mettre en avant 
une réclamation, qui ne pouvait être sérieusement avouée 
par ceux, dont on suppose les intérêts blessés, a l'air 



contre la Déel du cûbiriet de Si. Petetsbourg. it 

de TOttloir appuyer ces dëclararions exag^i^eé par les- I80t 
qu'elles la France s'efforce sans cessre d'enflammer la 
jalousie des nations, et de {nsiifiér sa faieiine inyéterëe 
contre la Grande-Bretagne, 

La paix de Tilsit fut suivie par tiné oiTre de m^ 
dîation de la part de l'Eitipeteut dé Russie pour la con» 
dusion d'une paix entre la'GrAnd^- Bretagne et la France; 
oflre qu'oh affirme avoii^ ét^ X«jett^e |iar Sa Majesté. • 

Sa Majesté n*li auciitiement t^éjetë la m^diatioiî de 
l'Empereur de Russie ,< malgré lès circonstances mjsté^ 
rieuses qui accompagnaient cette offre^ et qui en auraient 
pleinenaent justifié le refus. Les articles du traité de 
Tilsit âe furent point communiqués à Sa Majesté , et 
spécialement cet article du traité en vertu duquel on 
proposa la médiation, et qui priescrivit un tems illimité 
pour le retour de la réponse de Sa Majesté à cette pro* 
position. Cest ainsi que Sa Majesté a eu l'air de se 
prêter à une limitation tellement offensive à la dignité 
d'un Souverain indépendant. Mais la réponse rendue 
par Sa Majesté ne fut point un refus. Elle fut même 
une acceptation conditionelle. Les conditions que de* 
manda Sa Majesté, furent un exposé dé la base sut 
laquelle l'ennemi se disposait à traiter, et une commu- 
nication dea. articles de la paix de Tilsit. La première 
de ces conditions fut précisément celle que l'Empereur 
de Russie, quatre mois auparavant, avait lui-même an- 
nexée à sa propre acceptation de la médiation de l'Em* 
pereur d'Autriche. La seconde en était une que Sa 
Majesté aurait eu le droit d'exiger même en qualité 
d'Allié de Sa Majesté Impériale , mais qu'elle ne pouvait 
omettre, sans un excès d'imprévoyance, lorsqu'elle était 
invitée à confier ^ Sa Majesté Impériale le soin de son 
honneur ft de ses intérêts. 

Mais quand même ces conditions (dont ni l'une ni 
l'autre n'a été remplie, malgré les instances réitérées de 
l'Ambassadeur de Sa Mi^eslé à Saint Petersbourg) n'eus- 
sent pas été en elles-mêmes parfaitement naturelles et 
nécessaires; il ne manquait pas des considérations qui 
auraient justifié, de la ^art de Sa Majesté une sollicitude 
plus qu'ordinaire de s'assurer des vues et des intentions 
de FEmpereur de Russie, ainsi que de la nature précise 
et de Feflêt des nouvelles relations que Sa Majesté im- 
périale avait contractées. 

L'abandon complet des intérêts du Roi de Prusse (qui 



12 Déchiration de la Grande '-^ Bretagne 

1807 avait deux foia rejeté des propositions de paix aeparëe^ 
afin de remplir avec fidâitë ses engagements envers son 
Allié Impérial)) et le caractère de ces provisions que 
PEmpereur de Russie s'est contenté de faire en faveur 
de ses propres intérêts dans les négociations de Tilsit, 
tt€ présentaient point une perspective très encourageante 
du résultat des efforts que Sa Majesté Impériale serait 
disposée à faire en favei^r de la Grande-Bretagne. 

Ce n*est pas dans un moment où une armée française 
occupe et consume les restes des Etats du Roi de Prusse^ 
malgré les stipulations du traité Prussien de Tîlsit; où 
la France arrache à ces restes de la Monarchie Prua- 
sienne des contributions arbitraires et telles que cette 
Monarchie dans son état le plus entier et le plus floris- 
sant n'aurait guères pu fournir; où Ton demande en 
tems de paix la reddition des forteresses Prussiennea, 
dont on n'a pas pu s^emparer pendant la guerre; et où 
* la France exerce sur la Prusse une tyrannie tellement 
sans pudeur qu'elle reclame et dévoue à Téchaffaud des 
particuliers, sujets de Sa Majesté Prussienne et habitana 
de ses Etats, sous le prétexte d'avoir manqué de respect 
envers le gouvernement français;— ce n'est pas pendant 
que toutes les choses se font et se souffrent sous Tes 
yeux de l'Empereui^ de Russie, et sans intervention de 
sa part en faveur de son Allié, que Sa Mafesté peut se 
sentir responsable devant l'Europe, de ce qu'elle a hésité 
de se reposer avec une confiance aveugle sur la média- 
tion efficace de Sa Majesté Impériale. 

Et quand même cette médiation eut eu son plein 
effet, qu'une paix en eut été la suite, et que cette paix 
eut été garantie par l'Empereur de Russie, Sa Majesté 
ne pouvait guères compter avec entière confiance sur la 
stabilité d'un pareil arrangement, lorsqu'elle a vu Sa 
Majesté Impériale ouvertement transférer à la France la 
Souveraineté de la Republique ionienne» après en avoir 
garanti l'indépendance par un Acte récent et solemnel. 

Mais pendant qu'on établit, comme fondement valable 
du ressentiment de Sa Majesté Impériale, le prétendu 
refus de sa médiation» la demande de cette médiation 
qu'invoquait Sa Majesté à fin de rétablir la paix entre 
la Grande-Bretagne et le Daneniarc, est représentée 
comme une insulte que Sa Majesté impériale ne pouvait 
endurer sans dépasser les bornes qu'ÉlIe avait mises à 
sa modération. 



contre la DécL du cabinet de Si. Petersbourg. 13 

Sa Majesté ne se sent nullement oblige cPoffrir à I80T 
FEmpereur de Russie une justification, ou m^me -Atê 
excuses, sur fexp^dition contre Copenhague. Il n'ap- 
partient pas aux parties contractantes dans les arrange- 
ments secrets de Tilsit, de demander raison d'une mesure 
à laquelle ces arrangemens ont donné lieu, et par la* 
quelle un de leurs objets a été heureusement dtfjoué. 

li'Exposé des motifs de Sa Majesté relativement à 
f expédition sur Copenhague est déjà deyant i'UniTers. 
La déclaration de PËmpereur de Russie pourrait sup« 
pléer à ce qui y manque; s'il pouvait y manquer 'quelque 
chose pour couYaincre les plus incrédules de rui:gence 
de cette nécessité qui y porta 8a Majesté. - 

Mais jusqu'à ce que la déclaration de la cour de 
Russie fut rendue publique, Sa Majesté n^a eu nulto 
raison de soupçonner que le jugement quer porterait 
FEmpereur sur Paffaire de Copenhague put être tel qu'il 
lui défendit d'entreprendre, & la requête de la Grande- * 
Bretagne, ce même office de Médiateur qu'il avait ac- 
cepté avec tant d'empressement en faveur 'de la FrancCé 
£t Sa Majesté ne saurait oublier que les premiers indices 
d^une confiance renaissante, depuis la paiit de Tilsir^ 
Fanique perspective de succès qui encouragea l'Ambas- 
sadeur de Sa Majesté à espérer le rétablissement de l'an- 
cienne intelligence entre la Grande-Bretagne et la Russie» 
ont paru \ Saint Petersbourg après la nouvelle qui an* 
nonçait le siège de Copenhague. 

L'inviolabilité de la mer baltique, et les garanties 
réciproques des puissances qui l'avoisinent, garanties 
que l'on prétend avoir été contractées de l'aveu du Gou- 
vernement Britannique, sont citées dans la vue d*ag« 
graver la conduite de 8a Majesté à l'égard de la mer 
baltique. On n'a guères pu avoir l'intention de repré- 
senter Sa Majesté comme ayant en aucun tems ac<|(uiescé 
aux principes sur lesquels on fonde l'inviolabilité de la 
mer bahîque ; a quelque point que 8a Majesté , dans de 
certaine tems, ou par des raisons spéciales qni influen- 
çaient sa conduite dans ces occasions, se soit abstenu 
de s'y opposer. Un telle retenue n'a pu jamais se rap- 
porter qu% un état de paix et de neutralité réelle dans 
le Nord; et assurément l'on ne peut s'attendre que Sa 
Majesté revienne à une telle retenue, après qu'on a 
permis à la France de s'établir en Souveraine sur toute 
la cAte de la mer bsiltique depuis Danzic jusqu'à Lubec 



14 .Déclaration de la Grande-Bretagne \, , 

1807 \ :]ME|U ptufl^ FEmpereur de Russie 4ilUcIiie' d^impoctftnce 
ftUx ^ogagements ireUtife à la tranijiiiUitë de la mer bat* 
tiqWy engagements qu'il assure avoir hérité de. rifnp.ë* 
rauiç^t Catherine, et .d^PEmpereuir Pau)^ ses Prëdècea- 
aeurs.iimmitfdiatft) moins peut' il s'offenser ;de Tappel que 
Sa Maje^t^ lui a f^t comme garant de la paix à con- 
cluj^er»^ti(re,l«,<GrftQde-Blietagne et le Danémarc. 

^5l^:iMc|)est(( A répondu dans cet Expose à toutes les 
aSSétent^ :aecuSatiotia par lesquelles le .GouYérnemeiit 
russe is'efforce -de justifier la rupture d'une liaison qui 
^ttbsûitf d^puift 4es, «iicles, à Tafvantage réciproque de la 
Çirandei-iBceiagiienât de la Russie; eA cherche à déguisev 

- l'opération de .fQstl^ influence extérieure, par laquelle la 
Russie est. Ifonsëe. à: des actes d'hostilité injustes pour des 
intérêts, qui. Jui:wnt étrangers. 

La.sjLiilqf de?|.a déclaration russe annonce les condt-» 
fions iquivdoirQUt seules faire cesser ces hostilités , et 

' rétÀMir. l?s UaisQt^s entre les deux pays. 

. ,.3iL Majesté a déjà' eu lieu d'affirmex qu'il ne s'est 
fait ep! aincun «CHS un.défti de. justice aux réclamations 
des sujets «de »Sa Majesté Impériale. 
.<.; liA termijQtatiof^ de la guerre coutr^ le Dunemarc a 
été ai. vivement reicheï'chée par S^ Majesté qu'il lui est 
inutile de renouv^l^t i ses profession)» A ce sujet. Mais 
Sa Majesté s'efforce ; en vain de concilier la sollicitude 
pour* la réussUç.id'an tel arrangement, que ntarque ac« 
tuellemçnt l'Empereur de Russie, avec son refus très 
récent Ay contribuejc; par Ses bons ^fSçeiBié 

La réquisition; pat laquelle TEilipereur de Russie a 
sommé Sa Majesté dt conclure Sans délai une paix, avec 
la France, est non itioins extraordinaire par le. fond 
qu'dle est offensive' par les formes. Sa Majesté ne s'est 
}àmfds refusé k traiter avec la France, lorsque la France 
à profession de vouloir traiter sur une base admissible. 
Et rEmp^reur de Russie ne saurait manquer de se sou- 
venir, que la dernière négociation . entrQ la Grande* 
Bretagrie et la France a été. rompue par une discussion 
qui regardait immédiatement, non les intérêts de Sa 
Majesté , < maii \ci^vot . de son Allié im'périaL Mais Sa 
Majesté À'enfcéiid ni n'admettra jamais la prétention de 
rEmpereut de Russie dj» dicter soit le tems, soit les 
formes y de ses négociatitas pacifiques avec d^autrea 
Puissances* Jamais Sa Màjiesté ne permettra à aucun 
GottvernèiQent de se 'dédommager de' l'iiiuniliation de sa 



contre la DécL du cabinet de St. Petersbourg. 15 

tonmissioD âi la France, par Padoption d'un Ton insul- 1807 
tiDl et peremptoire yers la Grande-Bretagne. 

Sa Ma)e8të proclame de nouveau ces principes du 
droit maritime I contre lesquels la neutralité armëe, sous 
les auspices de l'Impératrice Catherine , fut originaire» 
oent dirigée et contre lesquels la Russie dénonce les 
hostilités actuelles. Ces principes ont été reconnus et 
suivis dans les meilleures périodes de Phistoire de TEu» 
rope et aucune Puissance ne les a suivis avec |dus de 
rigueur et de sévérité, que la Russie même sous le règne 
de l^lmperatrice Catherine. 

n est du droit et du devoir de Sa Majesté de main- 
tenir ces principes. Et en dépit de toute Confédération, 
Sa Majesté, à Taide de la providence divine, est résolue 
de les maintenir. Us ont en tout tems contribué essen- 
tiellement au soutien de la Puissance Maritime de la 
Grande-Bretagne, mais leur valeur et leur importance 
sont devenues presqu'inapréciables dans ce moment, où 
la puissance maritime de la Grande-Bretagne forme le 
seul rempart qui s'oppose encore aux usurpations dé- 
vastrices de la France, Tunique asyle, où, dans des 
tems plus heureux, les autres nations pourront encore 
se réfugier et redamer assistance et protection. 

Aussitôt que Poccasion se présentera de rétablir la 
paix entre la Grande-Bretagne et la Russie, Sa Majesté 
h saisira avec empressement. Les arrangemens d une 
pareille négociation nel seront ni difficiles ni compliqués. . 
Sa Majesté n'a aucune cession k faire, aucune demande 
i proférer: il lui suffira que la Russie manifeste une 
disposition à reprendre son ancienne amitié pour la 
Grande-Bretagne, une juste estimation de ses propres 
ioteréts, et un sentiment de Sa dignité comme nation 
iad^Jpendaote* 



l6 Notes échangées entre Jf Angleterre 
1813 — — — 



3- 

Notes échangées entre le Ministre 
plénipotentiaire de la Grande "Bre-- 
tagne à la cour de Rio de Janeiro 
et le Ministre des affaires étrangè- 
res du Brésil, concernant les relations 
de commerce entre la Grande-Bre- 
tagne et le Portugal. 

(Présentées au Parlement d'Angleterre 1830.) 
Lord Strangjord io the Conde Dos Galveas. 

(Extiact) Rio de Janeiro t I2th June^ 1813* 

The first and leadîng point upon wbich the Court 
of London has to complaîn , oF a positive breach of 
faith on the part of Portugal is, the persévérance ^ith 
vrhich every application is rejected which might relîcre 
the British Merchants in Portugal from the burthen of 
the monopolies, exclusive privilèges, and jurisdiction of 
the Wine Company of Porto. 

The Undersigned is authorized to State , distinctty, to 
His Royal Highness the Prince Régent of Portugal» ^^^5' 
unless immédiate satisfaction shall be given upon this 
point, and that British Subjects shall be permitted hen- 
ceforward .(^nd particularly before the next vlntage,) 
to buy and sell, when, where, and how, they m^y 
think proper, and to re-sell, transport, and export, 
wines, vinegar, and brandies, and freely to make their 
own brandies and vinegar, without any impediment, 
interférence, or control, on the part of the Company 
or others, according to the plain intent and meaning 
of the Treaty, His Majesty's Government is fuUy re- 
solved to propose Measures to Parliament, for encoura- 
gîng the importation into the * British Dominions of 
wines from other foreign Countries, together with such 
further législative Acts . ajs may be calculated Io recall 
the Portuguese Government to a sensé of justice, and 
to évince to the World that His Royal Highness the 
Prince Regenf of the United Kingdom will not sutTer 



el le Brésil concern. le Portugal .17 

tke Treiâes of Great BriUiii with othev Powers tq h% 1813 
violated with impuoity. 

The Britiah GoVemment has aiso an equal rîght 
to demand, and the Undersigned is accordÎDgJy ia* 
stnicted to demand, that tlie monopolies of aoap» ruoi^ 
and pla jlng - cards ^ shall cease to operate to the dis- 
ad^antage of the British Mèrchants in the Fortaguege 
Dominiona* 

II' seenis that the Fortuguese GoTernment résista the 
abolition of thèse yarlous monopolies, on two prin* 
cîples: firsty that the Treaty does uol specifically^ and 
bj name, stipulate their extinction, — and secondly, 
that it is répugnant to the dignity of the Frince of Bra- 
zfl to effect that extinction in compliance with the de- 
mand of a Foreign Fower. 

It is true that the abolition of thèse Contracta is 
not spedfied Verbatim by the Treaty. But it is equaliy 
true that they are not enumerated perbatim among 
those Contracts which are to be retained, and of which 
a list is appended to the VlIIth Article. And the same. 
Artide expressly provides , that contracts, monopolies, 
or exclusive privilèges, not named in that list, are not 
to operate against British Subject^ 

Under what pretext, therefore, are they still per- 
niitted to do so? 

In justice to himself, the Undersigned takes this op- 
portanity to explatn the reasons which prevented a 
spécifie mention, in the VlIIth Article, of thèse mono- 
polies, and more particularly of the Porto Company, 
in référence to which latter the Article was mainly pro- 
posed. It was bécause the violent and angry spirit 
with which the Treaty was opposed, (even in those 
parts most manifestly advantageous to the Crown of 
Portugal,) did not leave the^ Undersigned a hope of 
passiog that Article,* if speciÇc mention were made in 
it of a Contract , to which so many powerful Indivi* 
daals were attached by feelings of private interest. He 
therefore contented hiniself with excluding the wine 
monopoly from the list of those which only were to 
y be retaioed, without specifically stating that it was to. 
be abolisbedy although the obligation to abolish it, or 
«t least lo oullify its opération on commerce, was thus 
Wudly implied; and for the exécution of this oblige- 
6on, the Undersigued trusted (be hopes not without 

Vwi.. Série. Tome 7/1. : B 



r 



18 Notes échangées entre P Angleterre 

1813 k'eason) to tlie ultimate triumph of public spirh, and ôf 
common sensé. 

The ground of the second objection appears little 
more tenable than ihe former. In tiHith, if it be con- 
ridered as derogatorjr to the dignity of a State, that 
aoother Power should require it to make changes în 
its internai administration , ail Treatîes of Commerce 
mu.st be considered as oiFensive to the dignitjr of the 
Parties condiiding them ; because they ail involve, more 
or less 9 certain altérations in the Laws and Régulations 
ôf the respective Countries, required by one Govern- 
inéut for the benefit of its Subjects , and agreed to bjr 
the other. If the British Government vrere now to 
State that it could not admit Pgrtuguese Ships on the 
footing of British Ships, because such an admission 
would be contrary to the législative enactments of Great 
Britain, «nd that those enactments could not be repea* 
led at the désire of the Portuguese Guvernment, and 
in virtue of the Treaty, because it would be contrary 
to the dignity of the Court of London to acquiejBce in 
fhe demanda of a Foreign Powei;; it is évident that 
Great Britain would ,be guilty of a scandalous violation 
of good faith. But the case of the Porto Company is 
the same as that.which the Undersigued hasthus stated. 
Portugal binds herself by Treaty, not to suiTer that 
Company to operate to the préjudice of British Com« 
nierce, and, vrhen called upon to fulfil this Engagement^ 
she refuses to comply with the just réquisition of the 
other Çontracting Party, because she discovers, on soi- 
cond thoughts, that such a step is contrary to her 
dignity. 

The Undersigned well remembers that a similar 
plea of offended dignity was set up , ivhen the Article 
relative to tlie suppression of the Inquisition of Goa 
was introduced. And yet, perhaps, there is not any 
Person at this Court who is not convinced , that to the 
friendly and disinterested suggestions of Great Britain 
upon that occasion, the Portuguese Possessions in India 
are indebted for the hap{^iest and niost glorious day 
which bas shone upon them for Centuries past, and 
that the popularity of the Soveréign (the true basîs of 
lus dignity) viras thus most effectually augmented by 
his Ally. 

But it is idle to suppose that thèse are the real 





et le Brésil concern. le Portugal. 19 

« » 

aothres which cleter the Court oF Brasil from exlin* 1B13 
futsliing thèse odîoiis and unprofitable niODopolies. It 
no loDger possible for the Court of London to con* 
ceal hs belief , that the ^views of iuterested Individuals 
ire. In thîs case, opposed to the true policj of the 
Porliiguese Empire, aud that, for tbis cause ool/i the 
jost profits of the Portngnese Cultivator are redîiced, 
tbe national industry paralysed , the supply of Mrines 
rendered unequal to the demand, a necessitjr created 
for seeking that supply from other sources, and for 
encouraging a formidable rival to tbe Portuguese vrine 
trade, nod, above ail things, the relations between tbe 
two Crowns brougbt into a state of perilous uncer- 
tainty; and tbe iJndersigned is compelled to déclare, by 
order, and in tbe name of bis Master, that, unless the 
Court of Brazil sball fulfil its Engagements, as ex« 
pressed in tbe VlIIth Article of the Treaty, Brazil may 
forfait a great part of her future daims to the benefits 
of British AQiance* • 

SnUlOFORD. 

The Conde dos Gaheas to Lord Strangford. — 

(Translation.) 

(Bxtnct) - Rio de Janeiro^ 29'A Decemher^ 1813' 

His Royal Highness the Prince Régent bas been 
pleased to order the Undersigned to addrçss a proper 
Answer to Lord Strangford, on tbe subject of bis Note 
of the 12th of June of the présent year, whicb the 
Undersigned now does, answerlng each Proposition in 
the same order in which they were arranged in his 
Lordahip's Note. 

1. The abolition of tbe Wioe Company of Porto,* 
ar, according to bis Lordsbip's expression (wbîcli 
raeans the same thing) a free and uorestratned permis- 
lion to British Subjects lo buy and sell, when, wbere, 
and in whatever manner, they may think most proper 
and conyenient, and that they may be allowed to re* 
Mil, transport, and export, wines, vinegars, and bran» 
dies, and aiso manufacture thèse several articles, without 
aaj sort of impediment. 

Laying aside the question (^hich is unconnected 
wîth the présent case, and which bas been much exa- 
Biined, wîth a great variety of opinions for and against,) 

B2 



20 Noies échangées entre ^Angleterre 

ISiSwbether tBe existence of the Porto Wine Companj is 
advantageous or not to tlie interests of Portugal; oc 
whelher the vrelEare of the Portuguese CuUivalors, and 
the prosperity of the trade of His Hoy&l Hightiess's 
Sab)ect8y require its abolition ; it is proper to limit the 
examination of this first Proposition of his Lordriiip's 
Note, to its connexion with the Stipulations of the 
Treaty of the 19th of February, 1810; and to an ia- 
qiiiry ^hetfaer^ accorjing to the spirit and literal ex- 
pression of the aforesaid Treaty, His Royal Highness 
the Prince . Régent of Portugal is bound to abolish the 
Porto Wine Companj, or (which means the «ame thing,) 
to allovr Brilish Subjects the unrestrained freedom de- 
mandéd in the above^mentioned first Proposition. 

The reasons which the Court of London allèges to 
ground its detnand of the abolition of the Company^ 
or of its exclusive privilèges , are the gênerai terms of 
the VlIIth and XXVth Articles of the Treaty, yielding, 
perhaps, in this instance, to -the inconsistent and exag- 
gerated clameurs and complaints of some of the Mein- 
bers of the ancient (and now abolished) Factory of 
Porto, and which, with great reason , and a true un- 
derstanding of the case. Lord Chatham and Mr. Pitt 
fornnerly termed '4he murmura of interested Persons, 
anxîo\is to remove every obstacle that might obstruct 
their own unfair practîce of adulterating the wine/' 
And what, moreover, seems a sufficient proof that such 
complaints are ungrounded, is, that a much larger nuin- 
ber than that of the Petitiouers ,s composed of the most 
respectable Wine Merchants in England, bave sponta- 
neously come forward, with the greatest energy, in 
support of the Wiue Company, desiring and asking 
for its contitinance» in direct opposition to the demanda 
of the olber Party, ^ 

But, let this be, or not, the cause which déterminée 
the Briiish Government to require the abolition "of 
this Establishment; as the reason al^eged for the* pro- 
priety of this measure, is, that it was so stipulated, 
by the VlIIth and XXVth Articles of the Treaty; ~ 
if the contrary be proved , and it should be shown, 
in a satisfactory manner, that no such abolition was 
ever meant or intended hy the said Articles, the Court 
of London will readily acknowledge the }ust grounds 
which His Royal Highness bas, for not acceding to th^ 



et le Brésil coneern. le Portugal 2i 

obiect requiretl by the first Proposition «f his Lord» 1813 
8hip'« Note. 

The verf «xpressions of the VlIIth Article prote, 
tkar the extioction of the Wine CompeDy was never 
^^reed to in^ the Treatjr ; for this Article, cited a« the 
principal foundation upon which the abolition is de- 
mandedy does not contain one aingle expression relative 
to the Company, whîch was confirined by the Decree 
of the lOth of September, 1756 ^^ and tiontin^ied in its 
poTOeges by those of the 28th of August, 1776 aod 
20th of (H^ober, 179 1, and which since thàt tîme has 
exBSted in Portugal; and, consequently , to stretch the 
meaning of the abore Article, so as to make it com» 
prehend the abolition of the Company , though nevei 
meiiltoned nor intended, woold be to force into this 
transaction such objects as were never thought of , or 
taken into considération, during the Negotiation ; which 
woold be contrary to reason , -^ as it is an inconte- 
stable trtrth, that what was never implied nor intended 
caa never be a pariK)f any Convention; for an Agrée- 
nent supposes consent , and of course knowlegde, vrit- 
hoat both which no valid stipulations ean take place, 
elther between Mener Governments; and the recogni- 
zed principles of universal jarisprudence support this 
argument* 

Nor can it be alléged that the consent of His Royal 
Higbnesa was nnderstood in, the VIlIkh AHick, since 
the promise which it indiides is e^pressed in the fol-, 
lowing very remarkable terms, vis.: 
''Thaï the Commerce of British Subjects within hts 
Dominions sbail not be restrained, interrupled, or other* 
wise affected, by the operatioti of any monopoly, con- 
tract, or exclusive privilège of sale or purchase wha- 
tevêr; but that the Subjects of Oreat Britain,'' etc. etc. 
Therefore no obligation is entered into but sùch as 
is rdative to a future time (as the late Count de Lin- 
hares, one of the Negotiators, positively déclares, in 
his Note of the 12th of January, 1812, addressed to 
his Lordship, in answer to his Note of the 2d of the 
same month and year, in which hé expresses himself 
by the words sitall ha^e^ êhall be, which indicate 
that His Royal Hîghness would not establish, a^a 
future period, any 'monopolies, contraclsi or privilè- 
ges, in his Dominions, disadvanlageous to the Com- 



22 Notes échangées entre P Angleterre 

1813 merce of Gviat Britaia. Therefon», as the Wine C!oiii« 
paoy of Porto exiêted at the time the Treaty waa coii- 
cludedy and had doue so for many years before, It 
neeessarîly folio ws, that, eveo though recourse should 
be had to the exteoded and forced interprétation of 
the VlIIth Article» by wfaich His Royal HighnesaV con- 
sent is supposed, it cannot be said that he ever bound 
himself by it to abolish the Wine Company, nor aoy 
of its privilèges; since the whole Article uiust be un- 
derstood» as it is clearly expressed, to be relative nie- 
Tt\j \o future Establishments! and more particularly 
so as the Company is never mentioned in it, though in 
légal or officiai Acte it is always called by that deno« 
i&ination« 

It is, besideSy another well-known rule of the 
Laws of Nations» that presumed consent is never ad- 
mitted, in the cases where it would be to the disad- 
vantage of those who are supposed to acquiesce: as it 
would not be reàsonable to suppose that any Person 
could willlngly acquiesce in that which diredly acted 
in opposition to bis own interests; though this suppo* 
eed consent may be looked upon as valid, whenever 
undoubted advaotages may resuit from it to those who 
wouU willingly agrée to the proposai if it were made 
to them. 

Thèse are equally the grounds upon which it is proved, 
that even the XXVth Article does not compreheod the 
abolition of the Company» not only as it stipulâtes for 
the future, but because it speaks of Commercial Com- 
panies, which the Wine Company is not; it being esta* 
blished for the improvement of the cultivation of the 
Viues» and being therefore priocipally agriculturalj as 
the Decrees for its foundation and confirmation suffi- 
ciently prove» foc which reason it was most justly not 
comprehended in the Article. 

When^ the Colonial System was abolished, by which 
ail the Ports of this Continent had been shut to the 
Engltsh Nation as well as to every other \ when English 
manufactured cottons and other articles were admilted 
into Portugal^ ail that was said in the Treaty concerning 
mooopolies» exclusive privilèges» and Commercial Com- 
. papies» must necessarily be understood only of what h 
relative to this new concession of free trade» which such 
Establishments were not to be permitted to obstruct» 



et le Brésil concern. , le Portugal 5^3 

hol this GoTernineiit aever meant to abolUh wbatevèr ^8(3 
was not dearlj speciCed aod expressed iii the Treaty^ 
wbich 18 nôt altogetfaer unlloiited in ils opération ^ as 
aome oC the Members of tbe ancient and oow abolished 
Factoiy of Porto « by a forced ÎDterpretatîoD^ présuma 
to suppose I who.y at the time that tbe/ tea«ed the Britisli 
GoTernfnent by their exorbitant claimSi did oot ad vert 
to tlie Preamble of the Treaty upOn which it is cbiefly. 
founded , and in yrhich it is positively expressed tba|^ 

^^His Majesty the Kipg of the United Kingdoai, ^f 
Great Britain and Irelandi and His Royal Hi^hness^ (h^ 
Prince Begent of Portugal , being equally animaled yfï^ 
the désire, not only of consolidating ^ad strengtbefiing 
the ancient friendship and good undersianding which., sjp. 
happily subsista and bave, during so many âges, snb* 
nsted^ bet\f een the two Crovrns , but alsp of improying 
and exiending the bénéficiai effects thereof, to the mûiMsl 
adTantage of their respeiStive Subject^, hâve thoi^t that 
the most efficacious means for obtaining tbese objecta 
would be to adopt a libéral System of Conunerce, found^^d 
, upon the basis of reciprocity and muti|al conyefkj^epcjç j 
which, by discontinuing certain probibitjpnp apd.probi^ 
bitory Duties, nûgbt procure th^ most solifi .adyantagefli 
•n hoth sides to tbe natiopal productions Jjipà in^ustr^^ 
and give due protection, at the same time, to the'Pubhc 
Rievenue, aM to tbe iqterests pf fair and labial trade.^ 
* Now certain restrictions and prohibjtip^ do npt 
mean ail those tb^lt might exist in the: .Kiifj^dom aw 
Dominions of His Royal Hîgbness (as certain is a U- 
mited and not a gênerai expression, at^jl serves m^e\y^ 
ta dénote exoepiiop) , but only suçh as s^pi^ld clearly 
be qpecified in tbe Treaty, which the Agrici^l^ural Çpm- 
pany of Port Wines clearly is npt. 

Ali thèse prpcedif)g reasons. seem to be corjrfBborated 
by tbe expressions pf hV.Lord»Mp'? Note, who, as His 
Britannic Majesty's Plenipptentlar)f. and io- his name, 
proposed, stipulâtes/ copduded; a'^asigned^ tne Treaty, 
and decljk'es that be,omitted meqtioniDg, ip acl^arand 
direct manner , tbe abo|îti9p of t)ie Porto ÏVini^ Com- 
pany in the VlIUh 4r|icle, tWigJh }t wastie principal 
ob}ect he hadiin. vipw, b'ecaiise he cpuld not entertain 
the bopes of ôbt^iaing easily, by a direct and positive 
Stipulation , the abolition of a Corporation supported 
and defended by so many interestecl Individuals. The- 



24 Notes échangées entre IfAngUterfe 

1813 l'eForey For this Terjreason oF it8 haviiig been ômhtêd, 
it 10 beyood tîie scope oF the Convention, according 
to the vrell-known princtples of public jurisprudence. 
'This powerful argument, which hj itselF is alobe 
décisive, will still Further be strengthened bj another 
èF the same nature, irrésistible , and completely convin« 
cîng, vrhich is, the positive déclaration v^hich the late 
Count de Linhares, Plénipotentiary and Negoliator of 
the Treaty, on the part oF His Royal Highness, made 
to. his Lordship , in his Note oF the 2nd oF December, 
idll ,. in answer to his Lordship^s of the 20lfa of No- 
▼efalber oF the same Year, relative to the intelligence 
oF tklQ VlIIth ând XXYlh Articles oF the Treaty. Thèse 
are the vrords oF that Minisler co^cerning the Xl^Vth 
Article: -— ^And thongh it was often tnade a subject 
oF distussion during the Negotiali<yh, v^hether His Royal 
Highness might aboliéh the Wii}e Company, the Under- 
$i%ti^^ never rèceived any order which cogld authorize 
him io ,stipulate such a concession , but only to pro- 
ràièe .tliat âfl oppressive and unjust proceedings shoûid 
be? p^t.'a stbp to, iF, under any pretence whatçyeip, 
fhe PèftQ Wine Company, abnsing its exclusive privi* 
léges, shoMld' àttempt any such, to the disadvantage of 
E^'glish Merchants engaged in the wine trade. And 
though thesè exclusive privilèges were ndt abolislréd, 
care was feikeii that the Company were not thencéFot^« 
wârd to make an unjusfifiable use oF them; on atcbunt 
eF Ibis conc^'ésion (which is unquestionably very essen* 
tial, as well as in considération that His Royal Hîgli* 
nesé iF in Future tiûie he should think it convenient to 
a1>o1i^h , in Favour oF the trade oF his Subjets, the prî*^ 
Vllëges oF the Wine Company at the expiration pi tfaeir 
présent Charter, would then equally' permit the samo 
Free trade. t6 British Subjects), it was, that the Und^- 
sîgned had orders to stîpulate the extinction oF^the 
Factories ' in' Portugal, as they only served to excite 
jpalousies among Britîsh Subjects, without procuring 
them any permanent advantage. The Undersigned be- 
lieves that bis Lordship will readily agrée to the truth 
of thèse Facls, and will admit that the Undersigned often 
repeated to him that, whatever might be his private 
opinion respecting the course most convenient to the 
. interests oF his August Master , he had never rèceived 
any order to warfant him in conceding the abotition 



et ie Brésil côncern. le Porfugat 25 

ef tlie pmtlegea oF the Wi<ie Company; and tbis îs 1813 
erîdent from fhe expreMons af the XXVtli * Artrclé, 
which does nôt 'by anj ' means ' establlsli * ôr 8tip{idsie 
tbe extinction of the Company, or of ifs privilèges/ 
From wbence it appears, in tbe plaidiêst manner, that 
the Company not only was not incladefd in tbe Tteaty, 
bf any positive Stipulation , but ^as not eveii coinpre* 
tended indirectiy ; iind that no sort of agreement ever 
cxisted concerning its abolition;' 

Nor caû it be said with reaton that the aboKtion 
-wms underitood by the VlIIlh Article/ beçâuse such 
wsi the private' intention of one of the Negddàtor^; 
wfcea he drew ap tbe Article ; for tbe màjdfa] i^eceived ^ 
by.the Wrîters on fbe'Laws of Nations, with regard 
1o thé proper interprétation of Trèaties/ fê, that ndr 
nt^ital restrictions or amplifications càn b#alIovired in 
stfth Conventions, as they vroùld be an endless source 
of représentations, qnarrets^ wairs, and ail the l^niU 
merable miseries that afflict the human species; and 
that because, if sach amplifications or restrictions vrercf 
afterwards insisled upon by one of tbe High Cohfractihg 
Parties , they migbt léad to that vrhich ih it^elf £i ab- 
sord, namely, an agreement ^nrithout mutua! consent. 

Nor is the argument drawn from the omission of 
tbe Company in the* List ànnexed to the VlIIthAttitle 
eitfaer cenclusive or sufficient, to mttke tip for the'wànt 
of a positive and spécifie déclaration, ftfr.tvfëvel'y' Ob- 
vions reasons: 

Ist. Because it is proved, by the contents of hls 
Lordship^s Note, that it was v^ell known that His 
Royal Highness vrould never consent to the extinction' 
of the Company if it v\rere proposed to him ; so thât 
when the Treaty was concluded and signed, it was in 
the full persuasion that, even though. the aboliliob; 
sbould hâve been mentioned, it never woold bave been 
admitted es any part of tbe YlIItb Article; so that it 
may ^ith the greatest Justice be alleged', that^ it was 
then notortous His Royal Highness had never given bis 
consent to any such agreement. % 

2ndly. Tbe second reason is, that the List annelied 
to the Vini|i Article i^ only relative to Royal Monof^o^' 
lies, or Coniracts of the Crown, amongst which the 
Porto Wine Company cannot bè inçluded» as ils opé- 
rations are not carried on for the account of Govern- 



26 Notes échangées entre I? Angleterre 

1813ineat, but for tbe privute iaj^est ofall those who hâve 
entruftted their capitals to its management ; 80 that eyexi 
though the Lût should be binding, (wbich we deny,} 
it would noty even in that caseï by anjr means in- 
fluence the preaent question. 

And shpuU it be coosidered under another point of 
YieW|,,and, tbe, abolition x^commended as advantageous 
to HÎ8 Royal Higbness's Subjects, adding besideé that 
it may aometimes be oppresaive to Englisb Traders; 
not even v^A^v this pretepce can the réquisition be ad- 
mitted« Tbe Company was establîshed in conséquence 
of the Peti^on of tbe principal Proprîelors of the vine- 
yards of tfae^Douro» and of many of the most re- 
apectable Citizens of Porto i and* no Persons of this de- 
scription hare petitioned Goy^rnment to grant tbe abo- 
lition.;, bot «ren tbough that should baye been the case, 
such- a measure , could not be adopted without being 
the. ruin of the. fortunes of thousands, i|nd perhaps 
even affecting the State. But far from soIiciUng this 
résolution} the Nobility, Landbolderaij Inbabîtanls, and 
Muniçipalities of 16 Districts vitbin the limits of the 
Wine Company, hare presented to His Royal Highness, 
througb the cbanpel of tbe Governors pf the Kingdom, 
their earnest Pétition | requesting that be may be plea- 
sed to grapt them the continuation «of tbp Company; a 
step, which evidently pyroYes how Yery advantageous to 
thqr interyt«| tbey belieye it to b^. This must greatly 
preponderate in His Royal Highness's mind» and déter- 
mine his résolution not to abolish the Wine Company^ 
Yirithoiit weighing and minutely examining eyery pa|*ti- 
cular relative tO'i^ and hearing vrhatever may be re« 
presented by those amongst His faithful Subjects who 
bave a direct interest in the ajSairs of the Company^ 
a} whosç request it \ri^ formerly established; and ibe 
V>ng period of its duratiqn recommends it yet more to 
participial notice. 

Besidef , the oppressions, of whîch the British Mer- 
chants complain as practised by tbe Company, âppear 
to be exaggerated, and ratber imagînary tban reai; for 
it must be owned, that they bave the full power of 
buying v^ine, even cheaper than the Natives, and of 
eaqporting it in wbatever quantities they may tliink pro* 
per, without any opposition from the Company, wbich 
only requires that it should not be adulterated; so that 



et le Brésil eoncern. le Portugal. 27 

•t fini 8%bL iC eyid^ndy appears that tbia Establishment 
so Car frooa beiog prejudicial to tbem 4>perate8 much to 
tbeir adTaniége^, as it aecures ta thain a aupply Qf wi* 
iiea in tbeir pore State; from yrbence anses the good 
réputation whicb tbe. Port wines baye :conslantly bad 
smce tbe establishment of tbe Companjc^ i^ circumstance 
yrhicb bas since that date yery considerably incn^ased 
tbe damand for that article, and whicb npl only ensu- 
res conaiderable profits to tbe BrHish Merchants, but 
eyen adda to tbe Income of Great Qritain, aa'its're-» 
pntation makes it support the bea^y taxes yrith vrbicb 
it ia cbarged, and .its ^od qualitji enablea it to.bear 
ToyageSi and continue for mfoy years unakered« 
Finally» without lajring any birtber strfiss.|ipon thèse 
reaaoDS,. thougb unanswerable, and of fi^^V <>Hievs 
whicb might be adduced, if tbe limita of^aNote would 
permit it, the Undersigned will only add^f/tbat^ .e?en 
though it iboiild be possible to allow tbaft thê Company 
vaa tacitiy included in tbe gênerai Stipulations of tbe 
Vintb and XXVtb Articles of the Treaty, even in tba| 
sof^poaition tbe abolition coold npt be granted; nor 
coidd it be said that His Royal Higbness was bound 
to déprive tbis Comporation of iss «exclusive privilèges, 
nor indeed any oth^ that mi^t bave existed before tbe 
conduaion of tbe Xreaty, as tbe foundation of tbit 
Treaty was mutuel advanfaga and perfect reciprocity; 
Hia Britannic Majeaty baving bound b|mself, (in conse* 
qoence oî« tUs basis of mtural. rigbts,) vrithout any 
reatriction, by the VlIItb Article | to observa faitbfuUy 
on bia part this {ffinciple, achn^iHvledged and agreed to, 
an obligation in every reiSp^ct aqual to that whicb His 
Royal Higbness admits, Parliajnent, bowever, modified 
and ezplained tbe agr^eem^ent so stipulaled, by tbe Act 
oC. tbo 51ste of tbe Sang, passed on theSlateofMarcb, 
iSit, in the 9tb paragraph of whicb it establisbes, 
that Aie transaction shall not revoke or anywise alter 
any privilèges or 'exemptions whicb any Person or 
Persons, Body Poliiic, or Corporations, may baye a 
rigbt to byLaw; ail tbe afbresaid privilèges and exem- 
ptions being understood to continue as beretofore; which 
détermination «of Parliament abundantly establisbes tbe 
princîple, that no privilèges granted by Law to Persona 
or Corporations, (before the conclusion of the Treaty,) 
h ail be abolisbed, as it is with justice understood that 



28 Notes échangées entre P Angleterre 

1813 tliey were not sncluded in the gênerai Stipulations of 
the VlIIlh and XXVlh Articles , ^hkh had refeirence 
only to a future period, Vitbout altering by any means 
|)re-eri8tiog EataMtêhments. 

This intention' being sapposed, tbe principle oF re- 
ciprocity mèkea'it applicable to the prÎTiieges and re- 
gfilationa of the Porto Wine Company , whether tt be 
Gonsidered ae^ a public Corporation , or the property 
of private'Individuàk,' in cotiforhiitj.mth the décision 
of the'Brilish Parlfaihènt; èstpressed in the abové-men- 
tionfcfd Act. / • ! . , * 

* Nôr cottld the" Parliament bave*taken anj other re^ 
solution concerning thèse Articleà , ' x^scllved as it'was 
to continue the East India Company in îts privilèges, 
(tbottgh râost unqûestionably a perfect nionopoly) not to 
nîentioil niatty others that continue to exist in Oreat 
Britain; "^kicli côuld not be the case if the abolition 
of the Porto Wrae Company hadbeên stipulated; as it 
would be contrary to the principle ofrecîprocity, whick 
is the groand-woric of the Treaty, and would be appli- 
cable to the East India Company , and ail other ext— 
stin^ monopolies in Engtand. 

Nor can the argument by any means be admitted, 
(if it ever should be^ otfered,) that no parallel can h€ 
drawn between the East India Company and the Agri-» 
eultural Wine Cèmpany of the Douro, — the first 
being the Sovereiçn Administrator of an extensive Em-^ 
pire; as this reasboing MroUld only mean that vrhen a 
reciprocal Engagement is contràcted, of removing twa 
obstacles to the Ireedom of tradsi the most important 
is to be conlinubd, becatjse more powerfully snpported, 
and because such is the pleasure of the Oovernment 
upon vrhich it dépends; and the one of inferîor conse» 
quence (and if attended vrîth inconvemetice , chiefiy so 
to the Natives y) is to be «bolisbed, because a few Mer- 
chants déclare it to be their interest: ail which would 
^ be evidently répugnant to the châràcteristic jnsttce of 
the British Government* 

Therefore^ as by a}i thèse reasons it is more than 
sufGciently proved that the Porto Wine Company vras 
not included in the Treaty of Commerce of the 19thof 
February, 1810, it is évident that His Royal Highness 
is no way bound, by this Treaty. to abolish it; nor 
can an extinction of its privilèges be insisted upou , in 



et te Brésil coHcern. le Portugal. 29 

ciiii8M|ueiioe oF the VlIIth and XXVth Articles, as it 
kas beeo already demoostrated that thèse Articles do 
BOl oompreheDd thein. 

Ho^ever, not^rithstanding ail thèse reasioos, as His 
Rojal Highness desires to show his aneient and faithfal 
Allf ho^r much he is inclined to meet his wishes, and 
prore fais disposition to accède to whatever may be 
conducive to the interests of the British Nation , when* 
erer tbejr do not oppose those of his own Subjects, 
or fais daties as Soyereign of the Portuguese Monarchy. 
he liaa gÎTen y with ready anticipation , the necessary 
Ordcrsy Powers, and Instructions, to his Anibassador în 
Loodon, to agrée with the British Government in everj 
thing whîch may be relative to this object, as far as 
the reciprocal advantage of the two Nations wOl permit, 
witbout going beyond the limits whîch it is properHis 
Royal Highness should observe, wtth regard to an £sta« 
bHshment deserving the utmost considération, in conse* 
qociice of its circumstances and tong duration. 

And His Royal Highness , being further désirons of 
proving to His Royal Highness the Prince Régent of 
The United Kingdom^ the sincerity of his sentiments^ 
is williog to consent that aninspector,' of known abi« 
lities, undoubted probity, impartiality , and other ne* 
cessary qualifications, should be named, to examine the 
Laws and Proceediogs of the Company, and to propose 
* tbe means that may best tend to remove ail grievances» 
if any such should be found to exist. His' Royal High- 
aess engages, moreover, 1o anthorize him fuHy, and 
give him ail the neciessary means of obtaining know- 
Icdge of the truth, by facilitating his enquiries and 
examinations, so that every abufe may be corrected, 
and those measures adopted which may essentially con- . 
tribole to ameliorate the cultivation of the vioes, and 
iacrease the prosperily of the wine trade. His Royal 
Highness will, besides, order him to attend particu« 
larly to any complaints which British Subjects may be 
disposed to make, examining ^them impartially, and 
dedding upon ail such Cases impartially ^ not only ac« 
cording to tbe principles of justice , but with that de- 
grée of partieular regard which His Royal Highness is 
slwaya desiroua of showing towards a Nation , in the 
andent Alliance of which he has, al ail times, found 



1 

30 Noies échangées entre f Angleterre 

1813 tLe mo8t constant assistance ^ and the most generous 
siipport. 

As to the three Additional Articles which his Lord- 
sliip annexes to bis first Proposition ^ oamely, that ail 
English Subjects sbould be relieved from the restrictions 
^hicfa resuit from the Royal Contract of soap, carda, 
and ruin, the Underaigned must observe to bis Lord« 
ship, that soap was reserved, by the VlIIth Article of 
the Treaty, as being joined to the Contract for tobacco, 
ever since 1766, by a Decree of the 20th of December 
of that Year, and is^ therefore, expressly mentioned 
as one of the Royal Monopolies to be retained^ the 
Contracts for tobacco and soap being epgaged to the 
aame Individual , and comprehended uuder the same 
dénomination; so that, by the common ruies of juris^ 
prudence» where the principal object is ix^cluded, its 
component parts are understood to be so too. Butbad 
it been His Royal Highness's intention to abolish this 
part of the Contract , it would bave been indispensably 
necessary to bave declared, in the aboYe - mentioned 
Article, thaï this could only take place at the expira- 
tion of the Contract; because His Royal Highness, on 
bindtng himself to the observance of such a disadvan- 
tageous Agreement, would bave been obligea, in justice, 
to deduct, by a calculation not easily made, the value 
of thaf remainîng term of the Contract , together with 
its probable profits, from the sums to be received from 
the Contractor , vrho , in good faith , could not be de- * 
prived of his légal profits. 

This sacrifice would be distressing at a moment 
When many of the sources of public Revenue are great- 
ly exbausted , so that it cannot be supposed His Royal 
Highness , at the very time thèse reflections made him 
* détermine to préserve other monopolies, would hâve 
consented to the extinction of this one» Résides, it is 
a principle in the Laws of this Nation, derived from 
public jurisprudence» that no property belonging to the 
Crown can be alîenated , or otherwise disposed of , 
without an express Rayai Decree. 

Concerning the 2d Article, that is, cards, the Un- 
dersigned must observe to his Lordship, that it is 
equally to be considered amongst those that were re- 
tained. For, besides what bas been already said con- 
cerning the unalterable forma, indispensably necessary, 



et le BrésH concern. le Portugal. 3± 

lo legjftfixe the aliénation of any property belonging to 1818 
Ù» Crown 9 it could «never be supposed that such an 
axtide was to be understood as making an object in a 
Trealjr of Comoierce,- as it neverhasbéen amongst the 
Portuguese an article of trade; nay^ by its nature , it 
Buy be said not to be in rerum commercio , being 
forbidden by the Laws of the Nation , Liv. 5, Tit. 52, 
as it bad already beeo by the Law of King Emanuely 
Lit. 5, Tit. 48, that détermine not only pecuniary, but 
eveo corporal, punishinent to be inflicted ou such as 
shottld use cards or painted cloths for the purpose of 
gaaùag, or should manufacture or import them. This 
ofTence bas stnce been dooe away, and the use of cards 
alJowed, provided they should be the produce of the 
Royal Manufoctory, established for the benefit of the 
Royal Revenue by the Decrees of the 17th of March, 
1605, and 30th July, 1669, and 28th May, 1808, which 
ia now under Royal Administration. So that from al! 
ibat bas been stated, it is évident that this object of 
trade vras never intended to be granted to British Sqb- 
îects, as it never was a commercial article amongst the 
Porttigaese; nor can the Englisb Traders prétend 
greater concessions than the Subjects of His Royal 
Uighoess. "^ 

The 3rd Article, mm, is much in the same predi- 
cament, and, perhaps, more strictly so than the other 
two articles, for it is not restrained by any particular 
Contracta and every Person is free to buy or sell it 
as they tbink fit; the difficulty therefory arîsés only 
front the particular l^egi^Iations of this Excise , ' which 
détermine tbe mannei^ of receiving the Royal Di|ties 
upofl tbe article. It is, of course, no monopolyi nor 
csn it be complained of as such. 

CovDE Das Galveas. 



32 Mémoire qdressé au Congrès de tienne 
1814 -—■ ^-" 



4. ; 

Extrait d^un Mémoire adressé aux 
Hautes Puissances , réunies au Con- 
grès de Vienne, par les Vicaires gé- 
néraux de Gancif en absence et sui- 
vant l^ intention expresse du Prince 
de Broglie, Euêque de GancL Daté 

du 3 Octobre 1814. 

(Iinprioié 80118 ce titre à Gand, 20 p. d'imp.) 

Depuis rétablissement de la religion protestante en 
divers pays de l'Europe, on connaît aucun peuple, qui 
devant être gouverné par un Prince d'une religion dif- 
férente de la sienne, n'ait pris auparavant toutes les 
précautions possibles pour mettre T exercice libre de 
son culte, tous les Droits et les privilèges qni y étaieut 
attacbés , hors de toute atteinte de la part du Souverain. 
Les Belges sont d'autant plus fondés à solliciter des- 
Hautes Puissances cet acte de justice, que: 
1^ La religion luthérienne et la reformée ne sont, à 
proprement parler, que tolérées en Allemagne par les 
Constitutions de P Empire germanique, ainsi que la re- 
ligion catholique, attendu qu'il répugne au bon seua 

-d'approuver des religions qui se contredisent. Mais 
dans la Belgique la religion catholique a été constam- 
ment et authentiquement approuvée de tous temps. Les 
Belges sont donc à bien plus forte raison fondés à in* 
voquer un droit de garantie, formel en faveur d*uDe 
religion qui n'a jamais cessé d' élre la leur depuis leur 
conversion au christianisme, et dont l' exercice exclusif 
leur a été constamment assuré par les Traités les plus 
solemnels. 

2^o Tel est d'ailleurs le véritable intérêt de S. A. R. 
le Prince diOrange; car on ne peut le dissimuler une 
assez longue expériense'a prouvé combien les Belges 
sont attachés à leur religion et en même temps très 
chatouilleux sur cet article. Dès le règne de Marie 

^ Thérèse ils curent à se plaindre plusieurs fois de l' in- 
fluence de la philosophie moderne. sur les mesures de 
l'administration. On sait que Joseph U. u*ayant plus 



par les VicmreS'- généraux de Gand. 33 

pïié de mesure 9 employa Tainetnent des Tùiet d^aiito- 1814 
rké pour obliger les Belges à adopter ses nouveaux 
plans inconciliables avec l'indépendance de la jurisdiction 
KcWtîastiqae , et qu'après une assez longue lutte ils en 
tinrent enfin jusqu'à secouer ouvertement le joug. Un 
PHnce plus puissant et plus redoutable ne rëussit pas 
mieux i subjuguer leurs esprits. La terreur de son 
nom et la multitude de ses troupes aguerries maintin- 
rent les Belges dans la dure oppression; mais il ne 
parvînt jamais à leur faire recevoir les institutions im* 
pénales, celles de T université, le catéchisme de PEm- 
pire, ni même les quatre articles du clerg^ de France 
.... On ne peut nier que S. A. ÎL le Prince ' 
d* Orange 9 ne Wunisse en sa personne toutes les quali- 
té propres à lui concilier les coeurs de ses nouveaux 
sujets. Mais les qualités les plus distinguées et les plus 
aimables d'un Souverain ne sauraient être pour le 
peuple qu'il doit gouverner, une garantie suffisante de 
la conservation de ses droits en matière de reUgion. 
11 n'est pas impossible que ses successeurs ne soient 
pas aussi favorablement disposés que lui. D'ailleurs 
les principaux dépositaires de son autorité ne peuvent- « 
ils pas exercer sur V esprit du Prince une influence. 
tris -pernicieuse aux vrais intérêts de la religion? ... • 
La plupart des hommes d'J^tat n'attachent plus de nos 
jours, au maintien de la religion de leur pays^ la même 
importance qu'on y attachait autrefois .... Au 
lieu de se borner à protéger la religion y ~ à faire exé- 
cuter les lois de T église, à punir les actes extérieurs 
nuisibles It la société religieuseï ils s'immiscent témérai- 
rement dans les aifaires de la religion. Le véritable 
iùiMt de 8* A. R. le Prince d'Orange est donc qu'un 
pacte inaugural assure aux peuples de la Belgique, la 
conservation de leur religion dans toute l'étendue de 
bon anciens pactes inauguraux. 

So C est aussi V intérêt de V Europe .... Il im- 
porte infiniment aux succès du nouveau système politi- 
que que la Belgique soit aussi tranquille, aussi heureuse 
qu'elle peut Têtre; et que par conséquent on ne laisse 
point germir dans l'esprit des hebitans des semences 
it défiance, de division et de trouble, dont il serait un 
jour extrêmement difficile d' arrêter le funeste dévelop- 
pement, si Ton ne pourvoit d'avance à la stabilité 

ioaliérable de l'état de la religion, tel qu'il existait 

• 

Ifoat^. 8érU. TomÊ III. C 



34 Mémoire adressé au Congrès Je yienne 

1814 autrefois. Pour cet effet, il eutrerait dans les plans 
d'une saine politique de rétablir dans ces provinces lea 
ianciennes constitutions « • . • Nous ne pouvons cal- 
culer les résultats d'un autre système; mais si Fon ne 
jugeait pas à propos de rendre à la Belgique ses anti- 
ques et vénérables constitutions • • • • nous supplions 
les Hautes Puissances assemblées dans le Congrès de 
Vienne , de stipuler dans le Traité définitif: de cession 
de ces Provinces à S. A. R. le Prince d'Orange, les 
articles suivans de garantie en faveur de notre sainte 
religion: . . 

i^ Tous les articles des anciens pactes inauguraux, 
constitutions, chartes etc. seront maintenus en ce qui 
concerne le libre exercice, les droits, privilèges, exe- 
mptions, prérogatives de la religion catholique • • • • des 
évéques, prélats, chapitres, avec cette exception, que le 
Prince souverain et son auguste famille seront libres 
de professer leur religion ^t d'en exercer le culte dans 
leurs Palais, châteaux et maisons royales, ou les Seig- 
neurs de sa cour auront des chapelles et des ministres 
de leur religion , sans quUl soit permis d' ériger des 
temples hors de V enceinte de ces Palais, sous quelque 
.prétexte que <e soit. 

2^0 Les affaires ecclésiastiques resteront en mains 
dea autorités spirituelles, et ce sera aux autorités ecclë- 
aiastiques > que T on devra s' adresser pour tout ce qui 
tient a la religion, sauf à recourir dans les affaires 
mixtes au Conseil d' £tat. 

3^ Le Conseil d' Etat ne sera composé que de' Ca- 
tholiques, et il sera extrêmement important, pour ne dire 
pas nécessaire, qu'il hy trouve au moins deux évéques. 

4^o La nonciature sera rétablie à Bruxelles. Le Con- 
seil d' Etat traitera seul avec le Nonce au nom du Sou- 
verain , des affaires ecclésiastiques dont ce prélat devra 
Gounaitre, la nomination des évéques etc. 

50 II y aura un nouveau concordat avec* le St. Siège. 

6lo II est absolument nécessaire que la dotation du 
clergé soit irrévoquablement fixée et qu'elle soit indé- 
pendante de l'autorité oivile. Pour cet effet il suffirait 
^e rétablir la dime. .En revanche la contribution fon- 
cière pourrait être diminuée d'un cinquième et la 
dîme imposée d'un cinquième. 

7^0 L' université de Louvain sera rétablie. 

8^0 L' entier rétablissement de la religion catholique 



par tes F^icaires^ généraux de Gand. 35 ' 

iTCG tons les droits et prorogatives y attacha , suppose 1814 
la liberté donnée aux corporations religieuses de se 
néanir et de vivre suivant leur vocation. Un des plus 
excellens mojens et peutétre le seul qui existe aujour* 
Shxâj d*assurér aux jeunes gens une éducation qui rëu- 
nit tout Si la fois V esprit de la religion et les talens les 
plus éminenSy serait de rétablir les lesuites dans la 
Be^tqae. 



5- 

Extrait d'une Note concernant la Po-^ 
iogne, adressée de la part des Plénir 
potentiaires de la Grande-- Bretagne 
au Congrès de Vienne, {présentée par 
Lord Stuart et probablement com-^. 
muniguée à V Autriche seule.) Au 
mois de Novembre 18 f 4* 

Si S. M. P Empereur Alexandre veut faire 

des es^MÎB philantropiques en amëliorant la condition 

des Polonais, il n'est pas nécessaire, pour une expë- 

rienee de cette nature, quelque bienfaisante qu'elle 

puisse être, qu'elle soit encore payëe d'un aggrandisse* 

ment aussi énorme et aussi menaçante qu'EUe a en vue, 

en Ikveur d'un Empire, qui dans son iiat actuel suffit 

amplement à tous les projets d'ambition, et plus encore 

l ceux d'amélioralion. Pourquoi n'aimer pas mieux de 

i6ablir toute la Pologne en pleine liberté et indépen- 

daoce? Ce seroit à la vérité un sacrifice de la part de 

la Russie dans le sens du calcul ordinaire des Etats; 

mais à moins que Sa Majesté Impériale ne soit dispo- 

iée i, faire à son devoir moral de pareils sacrifices aux 

Upeas de son Empire, Elle n'a aucun droit moral de' 

tùrt de telles expériences au détriment de ses Alliés et 

Vciiiios. 



C2 



36 * Note tlu Plénipotentiairt 
1814 -"■ [ 

J^ote partant des plaintes sur la mar- 
che des délibérations au Congrès de 
Vienne y adressée aux premiers Fié-- 
nipotentiaires de V Autriche et de 
la Prusse par les Plénipotentiaires 
du Roi de Wurtemberg. En date 
du 16 Novembre 1814* 

Les Boussîgnës plénipotentiaires de S. M» le Roi de 
Wurtemberg ont porte à la connaissance parfaite du 
Roi leur maître la marche des dëlibérations du Con- 
grès, tant en mettant sous les yeux de S. M. le proto- 
cole des séances y que par leurs rapports ultérieurs. Sa 
Majesté n*a pas pu se défendre d'en être profondément 
affligée. Animé du désir le plus sincère de voir ac- 
complir le but principal de ce Congrès, savoir Tordre 
et la tranquillité dans T intérieur et la sûreté extérieure, 
le Roi en a accueilli les premières communications ver- 
bales, ainsi que les premiers projets en toute confiance 
et avec le dessein de contribuer de toutes ses forces à 
r exécution, et quoiqu'au premier coup d*oeIl S. M* 
fût convaincu que bien des modifications auraient en- 
core lieu, Elle crut cependant devoir suivre la règle gé- 
nérale qui avait été adoptée; mais déjk les premières 
séances donnaient à S. M. la triste conviction qu^il n'en 
serait pas ainsi. 

A peine les délibérations sur le premier projet 
avaient -elles commencées, que ce projet fut remplacé, 
sous une influence étrangère, par un autre très éloigné 
du premier, bientôt après encore par un autre et ainsi 
de suite. Les points mêmes sur lesquels on étoit géné- 
ralement tombé d'accord, furent déplacés par de nou- 
velles vues; et \ fous ces projets séparés il manquait 
constamment la chose qui pouvait seule déterminer s'il 
fallait l'adopter ou le rejeter: P Exposé du tout. 

Les membres mêmes de la Confédération ne sont pas 
exactement connus, ni l'étendue de leur terHtoire, en- 
core moins les limites physiques et politiques de la 
Confédération, qui seules peuvent fournir une idée de 



_ » 

de Wurtemberg au Congrès de F'ienne. 37 

tts forces militaires ; et cependant Ie8 demandes qui ont 1814 
M faites aëpar^ment imposent des obligations et exi- 
gent de renoncer à des droits incontestés , à quoi rien 
ae pourra certainement décider que la considération 
dM avantages qu^on pourrait obtenir par là d'un au- 
tre cdtë. 

Le but de la Confédération n'étant d^ autre, comme 
Q a été dit plus haut, que la tranquillité et Tordre in« 
térieure et la sûreté extérieure, comment serait -il ^os« 
sible de savoir si ce but sera atteint quand on ne. con- 
naît pas les parties dont elle va être composée, les rap- 
ports que celles-ci ont entr* elles, les forces particu- 
lières et générales, quand on ne sait pas avec qui on 
doit contracter et prendre des engagemens? 

Le Roi est resté à ce sujet dans la plus parfaite ig- 
norance, et puisque ^empressement avec lequel plusieurs 
membres de ce Congrès ont accédé à des propositions 
si différentes et même contradictoires, pourrait faire 
croire \ S. M. qu'ils ne partagent pas avec Elle cette 
ignorance, S. M. se trouve par cette raison hors d'état 
de montrer le même empressement. 

Elle a donc chargé les soussignés plénipotentiaires 
de déclarer aux plénipotentiaires des Cours alliées que, 
quelque grand soit son désir de continuer 2i contribuer 
an ooble but qui est la tendance de la Confédération^ 
Elle trouve cependant que ce soit hors de la possibi- 
lité et incompatible avec les devoirs envers Fétat et 
envers sa maison de se déclarer dorénavant sur rien 
que des objets séparés^ et de prendre des engagements 
avant que le plan de ^ensemble et les * explications 
ci- dessus mentionnées ayent été communiquées \ S« M. 
Ccst par là seul que S. M« serait mise à même de 
donner son avis* 

S. M. croit prouver de nouveau par cette déclare- 
tion sa confiance et ses sentimens sincères' envers les 
hautes Puissances ses Alliées. 

Les soussignés etc. 

Vienne, le 16 novembre 1814. 

Le comte de fVinzingerode. Le baron de Lmden. 



4 



38 Réponse des Princes de Metternich 
1814 " 



1. 

Réponse des Princes de Metternich 
et de Hardenherg à la note précé- 
dente. En date du %% Novembre 1814* 

Lei soassignës plénipotentiaires ont pris en consi- 
dération » conjointement avec le plénipotentiaire d* Au- 
triche ^ la Note remise 9 en date du 16 de ce mois, par 
Mr. le ministre de Wurtemberg au Comité pour les 
affaires de PÂllemagne; ils ont d^autant plus cru devoir 
la prendre en considération que la déclaration qu'elle 
contient menace de mettre de nouvelles entraves, très 
critiques sous les circonstances actuelles, \ l'achèvement 
tant désiré du projet d'un Acte de Confédération pour 
l'Allemagne. 

Cette note contient l'imputation qu'on s'est écartée 
plusieurs reprises du plan proposé au Comité; notam- 
ment dans la déduction des points de délibération 
en détail; elle blâme le manque d'un Exposé gé- 
néral, et termine avec la déclaration: y» que le Roi 
de Wurtemberg croyait incompatible avec ses de-- 
pairs de se déclarer à l'avenir sur des objets en dé- 
tail*^; en y ajoutant: „qu'avant qu'on n'eût mis devant 
Sa Majesté ce qui lui plait à nommer le plan entier, 
Elle ne se croirait pas autorisée è donner son suffrage". 

Il a été dit en outre: „que rien ne saurait disposer 
Sa Majesté k se charger d'engagemens, à renoncer à 
des droits incontestés, que l'examen bien réfléchi des 
avantages à obtenir de l'autre côté". 

En traçant le plan d'un système fédératif pour PAl- 
lemagne, les plénipotentiaires de Prusse et d'Autriche 
n'ont pas pu perdre de vue qu'il y avait deux points 
principaux k considérer, savoir: 

1^ l'état de territoire des Etats destinés à former la 
Confédération allemande; 

2^ la Constitution politique de la Confédération même. 

Quant sru premier qui concerne les rapports de ter- 
ritoire, comme il y est question de reconstruire, con- 
formément au traité, les monarchies Autrichienne et 
Prussienne, ce point fait, sans contredit, partie des 
grandea affaires de P Europe, qui ne sont point de 



'et de Hardenherg à la note de Wurtemberg. 39 

compëtence du Comité %]lemand. La demande qae la 1814 
Note de Wurtemberg renferme, de diiFërer la questioQ 
politique jusqu'à T applanissement définitif des affiiires 
dit territoire, exprime <k>nc le désir que l'organisation 
importante de l'alliance politique de PAIlemagne fût 
différée jusqu'à la fin du Congrès. Une pareille inten^ 
tioo devrait paraître^ dans ce moment-ci, aux pléni- 
potentiaires de Prusse et d'Autriche d'autant plus étrange, 
qaHls ne sauraient dissimuler que la conclusion défini- 
tÎTe si désirable des affaires du Comité allemand (comme 
ie protocole^ des séances le prouve) «.a été arrêtée prin« 
dpalement par l'opposîtton de la part dit Wurtemberg 
à la plupart des propositions ou par les réservations qui 
ont resté sans être délivrées, et parcèque* le long retar- 
dement qui a eu lieu a causé du mécontentement aux 
princes allemands qui ne sont pas membres du Comité, 
et dans bien des distric'ts de rÂlIemagne d'un côté une 
irritation^ et de l'autre une conduite arbitraire qu'on 
ne pourrait plus endurer. 

De la part de l'Autriche et de la Prusse on est 
d'avis que la connaissance spéciale du détail des chan- 
gemens de terrritoire en Allemagne n'est nullement né- * 
cessaire pour déterminer l'Acte de Confédération, d'au- 
tant moins que les relations majeures qui vont avoir 
Ûeu, sont suffisamment connues du Comité, et qu'il 
s'agit moins de petites irrégulsrités des relations de ter- 
ritoire que de «la réunion des Etats fédératifs dans un 
Corps solide. Comme la rédaction de l'Acte de Con- 
fédération aura lieu ensuite , on y ajoutera les change*^ 
mens qui pourraient devenir nécessaires durant le Con- 
grès. 

Après ces prémisses, les plénipotentiaires de Prusse 
et d'Autriche croient devoir répondre à l'imputation 
qu'on s'est constamment écarté du premier plan proposé 
au Comité, et particulièrement dans la déduction eu 
détail des points de délibération; ils croient devoir y 
répondre en observant que cette déviation est moins 
fondée dans le fait que dans l'idée qu'on parait avoir 
formée de la part du Wurtemberg, surtout au commen- 
cement, en supposant que le dessein de ce plan avait 
été d^accorder aux membres du premier conseil projeté 
une autorité sur les Etats intéressés, qui ont été re- 
connus cdmme tels à l'unanimité par les autres mem- 
bre^ du Comité, autorité qui serait aussi peu compa- 



40 Réponse de f Princes de Metternîch 

1814 lible aTec les droits des autreè Pria ces de rAUemagiie 
que favorable pour arriver au but proposa. De moin- 
dres déviations ont éié adoptées sur Tinitialive de la 
part.de la Bavière, du Hanovre et du Wurtemberg 
méine^ Puisque la tendance des délibérations est 
d'examiner les propositions, les Puissances qui les ont 
faites, s'exposeraient au juste reproche, si elles voulaient 
résister à des observations raisonnables et s^oppoaer à 
tout changement du plan. 

Les plénipotentiaires de la Prusse et de TAutricbe 
ne peuvent pas s'empêcher de saisir cette occasion pour 
observer finalement , que l'affaire importante pour 
l'avancement de laquelle le Comité s'est constitué, ferait 
certainement des progrès plus rapides, si la question 
touchant la Confédération de l'Allemagne était envisa- 
gée sous son véritable point de vue et si elle était 
dignement appréciée. 

Cette question ne pourra jamais être considérée uni- 
quement dépendante de la volonté de ceux qui ont ra- 
mené la paix, au point qu'un Etat allemand serait libre 
d'accéder à la Confédération ou de s'y soustraire, ou 
* bien qu'il faudrait d'autres avantages que celles qui ré- 
sulteront de la Confédération pour la totalité de la 
Nation allemande, afin d'être porté à faire les résigna- 
tions et les sacrifices que le bien -être général exige* ' 

Le but de la grande alliance qui s'était proposé et 
qui a accompli la délivrance de l'Europe d'un joug 
honteux, ce but prononcé publiquement et solemnelle- 
ment par les* Puissances alliées ne fut autre que Tabo- 
lissement de la Confédération du Rhin et le rétablisse'^ 
ment de la liberté de rjillemagne et de sa Constitu- 
tion Sous certaines modifications. 

Oest pour ce but ' que les peuples ont pris les 
armes^ et les Etats qui ont accédé à l'alliance se sont 
déclarés, par cette accession pour le même but. Enfin 
la paix de Paris a stipulé, d'un commun accord de 
toutes les Puissances qui , avaient pris part \ la guerre, 
que l'Allemagne serait réunie par un lien fédératif. 
LHntéret de P Europe exige que r Allemagne soit 
tranquillisée et consolidée par un pareil lien » et il 
serait aussi peu compatible avec l'intérêt bien entendu 
de l'Europe, si l'on voulait consentir i^ ce qu'un Etat 
allemand , en s'excluant de la Confédération , «se mit en 
contradiction avec le bien-être général, ou si Ton y 



ef de Hardenberg à la n^ie de Wurtemberg. 4 1 

voulait acquiescer d'une manière indirecte en consentant 1814 
a Toir les mojens rejeta qui seuls peuvent conduire 
au but. 

Vienne, le 22 novembre 1814. « 



8e 

Protestation du Comte de Bentheim- 
Steinfurt contre la cession fait^ 1729 
par la maison de Bentheim-Techlen^ 
bourg de ses droits sur les comtés 
de Tecklenbourg et de Lingen. Adres- 
sée au Congrès de Vienne le 4 Dé- 

cerhbre 1814. 

Seiner MaîestSt dem Kônige von Preussen wurden, 
Ton SeiCen des grSflichen Hauses Bentheim-Teck* 
len'bnrg - Rheda, die Rechtb auf die Grafschaften 
Tecklenburg und Lingen abgetreten ^). 

Gegen dièse Abirelung protestirte das grafliche Haus 
Bentbeim^)i und reservirte sieh aile Rechte; vresbalb 
dièses Haus dem Reichsoberhaupte seine an die gedach- 
len Grafschaften babenden gerechten Anspruche vortrug, 
vrie die abschrifllich anitegende Vorstellung aus* 
fubrlich darstellL 

In der gegenwiîrtigen Lege, vo in Hinsicht der 
Lander neue Bestimmungen erfolgen, findet der Unter- 
zeichoete nSthig, den Inhalt jener Vorstellung zur 
Conservation der Gerechtsame seines Hauses zu vrie- 
derholen. 

Gestntzt auf die Gérechtigkeitsliebe der allerhSchsten 
Mâcbte, darf der Unterzeichne(e gegrûndet hoiFen, dass 



i) Dorcb eioen Vertnig nebêt einem Separat-Artikd, gescfalossto 
sa Berlio an 80. und sa Rheda am 80» Aag. 1729, awischen 
Kôoig Friedrich l¥ilhelm I. nnd dem Grafea Moria Cuimir 
Ton Beotbeîm-Hohenliaiburg. Beitâtigt ward dieser Yertrag 
Ton Kaiser Cari VI. am 0. J&noer 17S0. 

2) Die Protestatioa gescbah tob dem im Jahr 1803 Terstorbenen 
Grafea Friedrich Cari Ton Bentheim-^Bentheim, mit 
wdcfaeai die benthaîm r beatbaimische Liaîe erlotdi. 



\ 



42 Réclamation du Comte de Salm- 

1815 hieraof bei der Regulirung der teutscben Angelegen* 
heiten Riicksicht genommen , ^und den Gerechtsamen 
seines Hauses nicht zu nahe getreten vrerde. 
Wieii|/iiQ 4. Dec. 1814. 

Alexis Erbgraf zu Beotb^eim. 



9. 

Réclamation du Comte Josephe Fran- 
çois de Salm.^Reifferscheid" Dyck 
adressée aux Plénipotentiaires de 
la Prusse au Congrès de Vienne. 
Avant le mois de Juin 18 15» 

La famille de Salm - ReilTerscbeid divisée aujour- 
d'hui en quatre branches, n*en formait qu'une seule avant 
Tan 1639. Deux de ces branches sont établies dans 
les états héréditaires de l'Autrichei (l'une d'elles possé- 
dait seulement le comté de Nieder-Salm dans le pays 
de Luxembourg) les deux autres avaient toutes leur 
possessions en Allemagne* 

Les deux blanches | celle de Bedbourg (aujourd'hui 
Krautheim) et cdle de Dycky possédaient sur la rive 
gauche du Rhin les comtés immédiats de Reifferscheid 
et de Dycki outre plusieurs autres seigneuries. 

La voix curiale qu'elles avaient sur le banc des 
Comtes de la Westphalie, était exercée par l'atnée des 
deux branches. • 

Telle était leur heureuse position , reconnue et re- 
spectée par tout le monde, lorsq'en 1794 les armées 
françaises vinrent occuper la rive gauche du Rhin , et 
introduire leur gouvernement et leurs lois dans cette 
partie de l'Allemagne. . 

L'Empire ne .s'occupa du sort de ces contrées et 
ne convoqua soUemnellement une diète en 1802 que 
pour obéir en tout à l'influence étrangère, qui essayait 
et préparait des bouleversemens plus grands encore. 

En 1806 enfin s'accomplit la grande catastrophe. 
L'Empire Germanique s'écroula et la Confédération du 

IRhiu, et la réunion des 4 nouveaux départements à la 
France I portèrent ses limites bien au-delà du Rhin, et 



Reifferêoheid-JSyêi au Congrès de p^ienne. 43 
100 Empire Jusq'aux frontières de TAutriche et de le l6l5 

I La providence vonlut mettre un ternie* à tant de 

maux y et la paix de Paris replaça la France et TÂlle- 
magne dans leurs limites de 1792. 

Les différentes époques depuis 1794 jusqu'en^ 1814, 
où la domination française fut expulsée du territoire 
germanique peuvent être plus ou moins remarquables, 
plus ou moins désastreuses; mais dans la rëalité elles 
D>n forment *q'nne seule | celle de la soumission de 
TAUemagne au jou^ de la France. — Les malheurs 
de cliacune dé ces époques ont préparé ou consommé 
le malheur général, et entrent aujourd'hui dans la 
niaase des injustices auxquelles on veut poiier remède, 

La médiatisation de tant de familles illustres est un 
de ces actes arbitraires et violents, qui ont signalé la 
décadence et la ch&te de l'Empire germanique , et qui 
ont excité Fintéret le plus général. 

Dans cette circonstance la Prusse s'est acquis les 
droits les plus sacrés a la reconnaissance et au dévoue- 
ment de ces familles par la manière grande et géné- 
reuse dont elle s'est prononcée à leur égard. Le sous- 
signé, dont le sort politique va être lié à la Prusse, 
se croirait vraiment coupable d'ingratitude en témoig- 
nant le moindre manque de confiance dans la stricte 
justice, qui honore tous les actes de ce gouvernement 
éclairé. 

11 lui suffira donc d*exposer clairement sa position 
pour lever tous les doutes, que l'ignorance de cette 
position pourrait faire naître un moment. 

Les trois branches de la famille de Salm -Reiffer- 
sdieid, qi|| avaient des possessions sur la rive gauche 
du Rhin, devaient obtenir, d'après le premier plan 
soumis \ la diète en 1802, une partie du pays de Mun- 
ster. Il fut prouvé, que cette portion ne suffirait pas 
i leur indemnité. Le plan fut donc changé, et la ré- 
daction définitive du Récès général porta ces mots, 
sa f . 5 : 

„La maison de Sajm-Reififerscheid-Bedbourg reçoit 
ff^le hêiiliage mayençois de Krauthejm, avec les droits 
,«i«de jurisdiction de l'abbaye de Schônthal au dit bail- 

32 . ' 
„„lUgf, et en outre une rente perpétuelle de — florins 

e 

sur Amorbacli'^* 



•I 



44 Réclamation du Gomte ^e Salm- 

1815 iM>^^ Prince de Salm-ReiflEerscheid-Dyck pour le 

12 

„ifComté de Niedereal/n une renie perp^tiielle de — 

m 

i,i,florin6 8ur Schônthal*'. 

i,„Le comte de Salm-Reifferscheid-Dyck pour la 

fyjfperte des droits Jéodaux de son Comtés une rente 

28 
.^•,perfiëtuelle de — florins sur les biens des chapitre» 

m 

yiiide Francfort'*» 

L'on vàit ici clairement trois exemples diiTérentes^ 
deux branches cèdent, à des conditions différentes, tou- 
tes leurs possessions sur la rive gaucbe. Le soussigné 
seul ne reçoit une indemnité que pour une portion dé-- 
terminée de sa fortune, et conserve ses propriétés fon- 
cières et ses droits éventuels dans un avenir plus 
heureux. Il se résigna \. son sort, avec la triste con- 
viction et la pçesquecertitude que la France ne faisait 
ici que le premier pas vers un vaste plan d*envahis8e- 
ment^ dont il était impossible de calculer toutes les 
conséquences, et il trouva une espèce de consolation i 
penser que, n'ayant du moins plus rien à perdre, les 
chances de Tavenir ne pourraient être qu^en sa faveur. 
Il y avait, certes, pour le moment ^ une grande diffé- 
rence entre le sort des branches de Bedbourg et de 
Pyck , dont les droits étaient les mêmes ; mais cette 
différence ne fut pas de longue dur^e; car peu après la 
principauté de Krautheim fut médiatisée de nouveau au 
profit du Roi de Wiirtemberg, des grand-Ducs de Baden 
et de Wûrzbourg. 

Le soussigné a déj^i eu Phonneur, an mois de no- 
vembre dernier (1814), d'instruire de sa position Son 
Altesse le Prince de Hardenberg et les Ministres des 
puissances qui formaient le Comité des affaires de l'Al- 
lemagne , et il a prouvé, en outre, que la soi -disante 
indemnité qu'il a reçue, loin d'avoir la valeur des droits 
féodaux qu'elle devait remplacer, ne lui a pas même 
payé les intérêts arriérés. 

Si d'une part, donc* la position des deux branches 
de Salm- Bedbourg et de Salm-Dyck étaient les mêmes 
en 1803, si de l'autre la médiatisation delà principauté 
de Krautheim a rétablie de nouveau la parfaite simili- 
tude, en réduisant cette branche, comme celle àe Dyck, 
k 4a simple jouissance du revenu de ses biens - fonds 



MfferBcheid-JDyci au Congrès de f^ieimè. 45 

■ 

rti« tes droits fëodaux; quels sont donc leurs droits X815 
iii}ottrd^l&m , où la sagesse et la Justice entreprennent la 
RcoBStruclion ' d'un édifice social en Allemagne^ où les 
prorinces arracliëes ^ leur patrie lui sont restituées^ et 
oà tous les actes d'une puissance et d'une oppression 
étrangère ont cesse d'exister? 

Le soussigné ne croit pas que la réponse puisse être 
douteuse. — Chacune de ces branches doit rentrer 
dans l'exercice des droits que la constitution germanique 
accordera aux familles qui ont été la victime des circon- 
stances; l'une dans ses nouvelles possessions à Kraut- 
heim, et l'autre dans , ses antiques possessions à Dyck» 
puisqu'elle n'a jamais obtenu ni indemnité pécuniaire, 
ni d'autre territoire en «remplacement de celui-là. 

L'expérience a prouvé, .en outre « que le soussigné 
n'eut pas. mieux réussi à garantir une existence politi- 
que, quand bien même le sort l'eût transplanté dans 
quelqu' autre coin de l'Allemagne. — Il est aujourd'hui 
aasex indifférente la Prusse, que. le Comté de Dyck 
soit situé entre Diisseldorf et Aix-la-Chapelle ou entre 
Dosseldorf et Munster» Sa surface et sa population 
sont trop insignifiantes poui; rien changer aux calculs 
politiques; il réclame une justice commune à tous les 
points da territoire germanique, et il se félicite d'avoir 
à la réclamer près du Ministère prussien, puisq*il est 
assuré de trouver près de lui appui et protection, et 
que la rédaction même. de ses propositions lèverait déjà 
tous les doutes, s'il en pouvait existe^. 

Le sonssigné se résumera donc, et aura l'honneur 
d'exposer : 

1) Que toutes les époques de la longue humiliation 
fc TAllemagne sont aujourd'hui parfaitement indifféren- 
tes; chacune d'elles a été sanctionnée pat des traités 
ou des garanties qui obt cessé d'exister; l'une n'est pas 
ploss sacrée, que l'autre. Les injustices de 1803 sont 
aussi injustes que celles de 1806 , et une population de 
deux millions d'Allemands, sacrifiée en 1803, a re- 
couvré aujourd'hui les mêmes droits que ceux de leurs 
autres concitoyens. 

2) Qu'il a démontré, qu'il n'a jamais cédé son Comté 
'e Djck, ni reçu d'autre indemnité quelconque, que 
celle ponr la suppression de ses droits féodaux (qui 
MVflt à jamais impossibles è rétablir àu-delè du Rhin). 

3) Que ce serait une véritable injustice que de sou- 



4ê Réclamât du Comte de Salmr-Reifferacheid etc. 

1815 tenir, que pour n^avoir pas obtenu en 1803 une in- 
demnité territoriale et complète, et pour avoir fait en- 
fin dès 1803 les mêmes pertes que celleé devenues gë- 
nërales en 1806, il n'a pas les mêmes droits à la ju- 
stice, qui renaît en Allemagne. — Les victimes de 
l'acte du 12 juillet 1806 étaient aussi perdues, sans les 
grands ëvèoemens de 1814. Chacune d'elleis avait été 
forcée de capituler le mieux possible avec la nécessité. 
Mais cette soumission, cette résignatiou de la faiblesse, 
* que celle à la force, n'est pas une renonciation à des 
droits aacrës, contre lesquels il n'existe point de pre- 
scription légitime. 

4) Que si donc l'époque de 1806 est plus célèbre 
qu'une autre par le grand nombre des médiatisations 
qui y ont eu lieu, il y en a eu néanmoins d'antérieu- 
res , et* de postérieures , — et que par conséquent la 
dénomination de Mittelbar gewordene ehema- 
lige Reichsstande doit s'appliquer k toutes les 
classes, sans distinction de date. 

5) Que la question se réduit à savoir, si le sous- 
, signé a reçu un équivalent pour la perte de son exi- 
stence politique ; et ir a «prouvé clairement et pérem- 
ptoirement que non. 

6) Enfin qu'il s'est réservé ses droits avant que le 
sort de la rive gauche du Rhin ne fût fixé; que per- 
sonne u*a fait alors la plus légère objection II sa de- 
mande, et qu' aujoud'hui, où Sa Majesté le Roi cle 
Prusse, le prote,cteur de taqf de familles opprimées» 
peut seul prononcer sur cette question , le soussigné la 
regarde, avec d'autant plus de confiance, comme décidée 

. h sa faveur , que lui seul est sur toute la rive gauche 
du Rhin dans celte position * Unique et particulière, et 
qu'aucune considération quelconque de politique ou 
d'administration ne peut fournir la plus légère objection 
contre la réintégration d'un territoire aussi peu étendu 
que celui de Dyck. 

Vienne, le . • . 1815. 
(Signé) Joseph Comte de Salm^Reifferscheid-Dyel. 



47 

~ 1815 



10. 

Protestation du Comte Alexis de 
Bentheim - Steinfurt contre la sou- 
mission stipulée dans Vacte duCon^ 
grès de sa maison et de ses posses- 
sions à la souveraineté de laJPrusse 
et contre V article i4 de l'acte de la 
fédération allemande. En date du 

11 Juin 1815. 

Nach der fiir Teutschland verfassten neifen Gonsti- 
tutioQsacle vereiabaren sîch vormalige teutache Reichs* 
•lande als Bundes-Staaten tiber EîgeDthum iind Rechie 
Dritter, i?rie zur Zeit der franzosischen Vereinigung 
der RheidbuDdesglieder zu disponiren, und um diesen 
angeblichen Rechtsznstand bleibend gleidiformig zu ma* 
clieDy soU die Kôniglichbaierische Verordoung vom Jahr 
1807 eine Folge des Rheinbundea ^ jedoch bei weiten 
harter wîe jene pariser Usurpation, als Basis und Norm 
UDterlegt werden, welcbes eînleuchtend keinen Rechts- 
zuetand Tielmehr eine neue Gewalttbat auf das scbreek* 
lichste gegen ihre sonstigen Reichsmitstande'festsetzf. - 

Wenn die Minîster am Congress — unter denen ei«^ 

DÎge die Antrâge jener Slîinde, wofâr offeutlich der 

Daok dargebracht wird, fur recbtlich begrundet er* 

kannten, dennoch den Art. 14 der Constitutionsacte 

fir die Yon usurpatoriscber Souyertfinitat befreiten 

Stlnde des nôrdlicheu Teutscblands in WeMpbalen an-* 

weodbar balten môcbten, so wtirde fur dieselben, wie 

in mebreren Noten uater Anfiîhrung der im Plan pour 

U reconstruction de la Prusse entbalténen GrundsStze 

gezeigt worden, eine neue Unterjochung herbeigefahrt 

«nd dem Unterzeicbneten die Pflicbt auferlegt, im An- 

gesielile ron ganz Europa, yrie hierdurcb fur. diesen 

Fali geschiebff mit Bezug auf die Ton ihm und seinen 

MitstindeD in Westphalen am Congress eingereichto 

Aoit r. s. d» fàv dieselben, fur sein Haus, Nacbkom- 

ttco ond XJnterAantJi gegen jede usurpirte Gewalt und 



4B Confèrencéa tenues à Londres 

É 

1817 ihre Folgen feierlichst zit protestiren und aile RecliU su 
bewafareo. 

Wien, am il Junius 1815. 

Alexis Ebbgraf zu Bkbthkim, 



11. 

Conférences entre les Plénipotentiai- 
res deV^éutriche^ de la Finance ^ de 
la Grande-Bretagne , de la Prusse et 
de la Russie, tenues à Londres y re- 
lativement à la traite des nègres. 

(CommUDication faite au Parlement d'Angleterre*) 

No. !• — Protocole de la Conférence tenue à Lon* 

drea, le 4 Décembre^ 1817» 

(Exlraît.) 

Prësens : — Lord Castlereagh , Plénipotentiaire de la 

Grande-Bretagne ; 
Le Comte de Lieven, Plénipotentiaire de 

Russie ; 
Le Baron de Htimboldty Plénipotentiaire de 

Prusse ; 
Le Prince Esterhazy i Plénipotentiaire 

d'Autriche; 
Le Comte de Caraman, Charge d'AiFaires 
de France. 
Messiuths les Plénipotentiaires de la Grande «Bre- 
tagne, de Russie, de Prusse, et d'Autriche, et Monsieur 
le Charge d'Affaires de France, étant convenus entre 
eux de se réunir pour donner suite aux Conférences 
relatives à Fabolition de la Traite des Nègres, Lord 
Castlereagh présente 2 Conventions conclues par son 
Gouvernement dans le couriqit de cette année. Tune 
avec le Portugal, l'autre avec l'Espagne, relativement à 
l'abolition de la Traite des Nègres« Son Excellence 
demande de remettre à un autre )Our Pexamen de ces 2 
transactions pour les mesures ultérieures, qu'il y aurait 
encore à prendre à l'égard de cette question dans les 
circonstances présentes» 



à Zjondrêê, telatip. à la traite des nègres, 4Q 

L«0 2 Plices 8iiâ-inent!onn^es se troiiTent {ointes au 1817 
prient Protocole , sub litt. A et B. 

Oo fait ensuite lecture d'une Note adressée par Mf 
le BAInistre de Portugal en date du 19 Fëyrier, 18I7| 
à Messieurs les Plénipotentiaires , sur la question de 
rabolition de la Traite des Nègres, et leurs Excellen- 
ces cooTieonent d'en prendre en considération le con- 
tenu, aussitôt que cette affaire sera reprise par elles, et 
ea ordonnent en attendant l'insertion au Protocole, où 
elle ae' trouve )ointe, sub litt. C. 

En suite de quoi la présente Séance a ^t^ leytfe. 
HuMBOLoT. LiXYXv. Castlkaiaoh, Estxehazt, 

G. DX CikHAMAV. 

{Annexe A.) — Convention jidditionnelle entre la 
Grande-Bretagne eu le Portugal, conclue à Lon-* 

ares y le 28 Juillet, 1817. 
(Vojr. NouT. HecueU T, IV. p. 438). 

{Annexe B.) — Traité entre la Grande-Bretagne 
et P Espagne 9 conclu à Madrid, le 23 Septenwre, 

1817. 
(Vojr. Nouv. Recueil T. III. p. 135. 

{Annexe C.) — Le Comte de Palmella aux Pléni* 

potentiaires des S Cours. 

A Londrêê^ ce 19 FiprUr^ 1817. 

Le Soussigné, Envoya Extraordinaire et Ministre Plé- 
nipotentiaire de Sa Majesië Très Fidelle, ayant reçu 
de sa Cour les Instructions demandëes par son Prédé- 
cesseur, M. de Freirey sur l'invitation qui lui aTait élé 
adressée par leurs Excellences Messieurs les Plénipoten- 
tiaires des Puissances signataires de l'Article Addition* 
oel du Traité de Paris , du 20 Novembre, 1815, il se 
bit un devoir d'en porter le contenu à la connoissance 
de leurs Excellences; dans la persuasion qu'elles y trou- 
veront une preuve satisfaisante de la marche simple et 
franche que Sa Majesté le Roi son Maître a suivi de- 
pub le commencement de cette Négociation. 

Sa Majesté le Roi de Portu^l» n*ayant point signé 
r Article Additionnel du Traité de Paris, du 20 Novem- 
bre, 1815, ne se croit point engagé à prendre part aux 
Conférences établies à Londres en vertu de cet Ar- 
ticle, d'autant plus que lorsque ces mêmes Conférences 

Kouv. Sitpplém. Tom, TIT. D 



50 Conférences des Grandes Puissances, tenues 

1817 CiireDl proposées par le Congrès de Vienoe | les Pléni- 
potentiaires Portugais refusèrent positivement d*y con- 
courir. 

Sa Majesté cependant, voulant donner encore cette 
nouvelle preuve du désir qu'elle éprouve de concourir 
avec les Hautes Puissances signataires de TArticle Ad- 
ditionnel» à Taccomplisseinent du voeu proclamé par la 
Déclaration du Congrès de Vienne du 8, Février, lHt5y 
malgré les efforta et les sacrifices qu'il en a déjà coûté 
et qu'il en coûtera euQore au Brésil pour y parvenir, 
a autorisé le Soussigné à accepter l'invitation de Mes- 
sieurs les Plénipotentiaires des Puissances Signataires 
de l'Article Addionnel susmentionné^ et è se joindre à 
leurs Conférences , dès que leurs Excellences auront 
bien voulu lui donner la certitude que cette Négociation 
sera fondée sur les principes suivans: 

1^. Que, conformément à la Déclaration solennelle 
du Congrès de Vienne, on aura égard dans la cause de 
Tabolition de la Traite des Nègres, aux intérêts, aux 
habjtud.es^ et mémo aux préventions des Sujets des Puis- 
sances qui permettent encore ce trafic. 

2^. Que chacune de ces Puissanceis ayant le droit 
d'effectuer l'abolition finale à l'époque qu'elle jugera 
convenable, la fixation de cette époque sera délercninée 
entre les Puissances par voie de Négociation. 

3^. Que la Négociation générale qui pourrait s'établir, 
ne nuira point à la stipulation de l'Article 4me. du 
Trailé du 22 Janvier, 1815*), entre Sa Majesté Très 
Fidelle et Sa Majesté Britannique, par lequel il est dit 
que l'époque où le susdit commerce devrait cesser univer* 
sellement et être prohibé dans les Domaines Portugais, 
serait déterminé par un> Traité Séparé entre les 2 Hau- 
tes Parties Contractantes. 

Les principes ci-dessus- exposés paraissent' au Sous- 
signé si clairs et si conformes à tout ce que Messieurs 
les Plénipotentiaires, auxquels il a l'honneur de s'adres- 
ser, lui ont eux mêmes communiqué, qu'il n'hésite pas 
a droire qu'ils voudront bien les ratifier explicitement 
dans la réponse qu'il à reçu l'ordre du Roi son Maître 
de leur demander, et en conséquence de laquelle il se 
croira dûment autorisé à accepter l'invitation adressée 



') Voy. Nour. fteeeeil T. il. p. 96. 



à Londres, relaiw. à la traite des nègres. 51 

par leurs Excellences \ son Prédécesseur, el à prendre 1817 
part à la Négociation proposée dans la Séance du Con« 
grès de Vienne du 20 Janvier, 1815» 

Le Sotissignë saisit avec empressement cette occa« 
sion^ etc. 

Le Comtk de Palmella. « 

j1 Messieurs les Plénipotentiaires des Puissances 
Sgnataires de V Article Additionnel du Tfaité Dé* 
finitif de Paris , du 20 Nopembre, 1815. 

No* 2. — Protocole de la Conférence entre les Plé^ 
nipotèntiaires des 5 Cours^ du 5 Féi^rier^ 1818. 

Présens : Le Prince Ësterhasy ; le Marquis d'Osmond ; 
le Baron de Humboldt , le Comte de Lieven , Lord 
Castlereagh* 

Lord Castlereagh fait lecture d'une Note Verbale, ' 
contenant une proposition de la part de son Gouverne- 
ment , ayant pour but de faire une Convention entre 
les Puissances représentées par Messieurs les Plénipo- 
tentiaires réunis y \ l'effet d'abolir la Traite illicite des 
Nègres, et invite en conséquence Messieurs ses Collè- 
gues de demander au plutôt à leurs Cours respectives 
At% instructions \ cet égard, dans le cas où ils n'en 
eussent pas de suffisantes pour négocier une pareille 
Convention. 

Lord Castlereagh fait ensuite lecture de plusieurs 
renseigoemens provenant des différentes Sociétés occu- 
pées de l'abolition de la Traite des Nègres , et relatifs 
a rétendue et à la nature de ce trafic sur les Câtes 
d'Afrique, et dépose au Protocole la proposition sus- 
mentionnée avec les dits renseiguemens , servant d'An- 
nexés à cette proposition. Tous ces Documens s'y trou- 
vent placés, sub litt. A. B. C. B. 

Messieurs les Plénipotentiaires conviennent de faire 
ioviter verbalement , M. le Comte de Palmella, Ministre 
de Portugal, d'assister à la Conférence prochaine sur 
Fabolîtion de la Traite des Nègres, et ajournent la suite 
à donner à leurs délibérations, 

Casujuikagh. Libysit. Esterhazy. Osmohd. 

Humboldt. 

[Annexe K^^ Mémorandum of Viscouni Castlereagh. 
Note.— The proposition niade by Viscouni Casile* 

D2 



52 Conférences des Grandes Puissances, tenues 

Igljreagby în this Mémorandum, was immediately transmît- 
ted by the several Plenîpotentiariea for the considera- 
lioD of their Courts, but do Answer vras received from 
the respecllve Goyernménts previous to the meeting of 
the Conférences at Aix-la-Chapelle, in Septemb^, 1818. 

(Annexe B.) — Queriea proposed by Viscount Cast-- 

lereagh %o^ and jinawera of ^ the African Society 

in London. — December 1816. 

Query I. What number of Slaves are supposed at 
présent to be annually carrîed from the Western Coast 
of Africa across the Atlantic? 

jin'SiSfer 1. It vrould be impossible to give anj 
other than a conjectural answer to this question. It 
bas been calculated, but certainly on loose and uncer- 
tain data, that the number of Slaves at présent carried 
from the Western Coast of Africa across the Atlantic, 
amounts to upwards of 60,000. 

Query 2. State as far as you can the comparative 
numbers annually withdraWn for the last 25 years, 
eitber by giving the probable number vrithdrawu in 
each vear, or upon an average of years? 

Answer 2, The number of Slaves withdrawn from 
Western Africa duriug the last 25 years is also neces- 
sarily involved in considérable uncertainty. It bas pro* 
bably amounted to upwards of 1,500,000. During many 
of the early years of that period, the number annually 
withdrawn is stated, on crédible authorityi to hâve 
amounted to near 80,000. 

This agrées with the resuit of the évidence taken 
before the Privy Council in 1787 and 1788. Even this 
enormous amount , however , is more likely to fall 
below the real export than to exceed it; for, in the 
spécification contained in the Privy Council Report, the 
Porluguese are supposed to bave carried off only 15,000 
annually, whereas there is reason to believe that their 
export was much more considérable. The number car- 
ried off by Ships of The United States is also, it is ap- 
prehended, rated too low. 

The abolition of the British Slave-trade in 1808, 
must of course hâve materially lessened the exiend of 
the Slave-trade. 

The diminution in the price of Slaves on the Coast, 
Lowever, which folio wed that measure, appears in no 



à Londres^ relatiç. à la traite des nègres. ' 53 

V»( lune to baye had the effect of teoiptiog other Na- 1817 

lîocM to enlarge tbeir purchases, and to crowd tbeîr 

Sbîps ; and British capital also grndually foiind ita way 

ioto tliis branch of Trade tbrough tbe médium of For- 

e^'Houaes. On tbe wbole^ it le supposed that tbe 

average export of the last 8 years may bave aomewbal 

ezceeded tbe rate of 50,000 anniially. 

Query 3. From wbat parts of tbe Coast bave tbeae 
ftopplica been drawo? State aa far as may be, tbe ap* 
prcndiiiated distribution of thèse numbers, with respect 
to dUETerent parts of the Coast of Africa. 

^n9wer l. Previously to tbe.year 1810, tbese 
supplies were drawn from ail parts of tbe AfricaD Coast, 
wÛiout distinction. 

About a fourtb part of tbe wbole, it Is supposed, 
waa drawn from tbat part of tbe Coast, extending from 
the River Sénégal to tbe eastern extremity of tbe Gold 
Coast* Of tbe remaiDiog tbree-fourths, one balf is siip- 
poscd to hâve been drawn from Whydawi tbe Biglit 
of Bénin, tbe Rivera Bonny, Calabar , Gaboon, and 
the intermediate districts north of tbe Equator; and the 
olber faalf from Congo ^ Angola, Benguela, and otber 
parts aoutb of tbe Equator* 

Subaequently to tbe year 1793 , tbe Slave -trade» 
between tbe Sénégal and tbe eastern extremity of Ibe 
Gold Coast , was divided almost exclusively between tbe 
Eogtish and tbe American^, probably more tban three- 
foortbs of it being engrossed by tbe former. Tbe con* 
tejsporaneous abolition of the Slave-trade, tberefore, 
by thèse 2 Nations tended greatly to diminish tbe ex- 
port of Slaves from tbat line of Coast. Tbe Portuguese 
bad previously confined tbeir Slave-trade almost entirely 
to tbe Bight of Bénin, and the Coast to tbe southward 
of it , bot in conséquence of tbe réduction in tbe priée 
of Slaves on the Windward and Gold Coasts, which 
followed tbe abolition of tbe *British and American 
Siave-trade^ they were gradually drawn tbither. Before, ' 

bowever, their expéditions to this part of the Coast 
bad become very fréquent, they were checked by the 
fvomoigatioo of the Trealy of Amity between Great 
Britsjo and Portugal of February 1810, confining tbe 
Porfaguese Slave-trade to places under the dominion of 
'ie Crowo of Portugal. The Windward, and aiso the 
Géi Coast ^ere lUiu preserved for some years from 



54 Conférences des Grandes Puissances, tenues 

1817 auffering 80 severely by the rayages of the Slave«trade, 
as would otherwUe probably bave been tbe case. Con* 
siderable CargoeS) it is triie, were occasionally carried 
away from thèse districts diiring tbe years in question, 
especially when it could be ascertained tbat there were 
no BritiflJi Cruîzers în the way to obstruct their progress. 

But stiil, from the year 1808 to theyear 1815, the 
Slaves carried from Western Africa were principally 
taken from Whydaw, the Bight of fieniiii .and the 
Coast southward of it» and the Coast nortb of that 
line was comparattvely exempt from the «ravages of this 
TrafEc. 

Query 4. By what Nations, and in vrhat propor- 
tions, is it understood that the gross «nnual eupply 
bas been purchased and carried avray? 

Answer 4. Previous to the RevoUitionary War 
the number carried away in British Ships waa estimated 
at 38,000 annually. About 40,000 or 42,000 more were 
supposed to be carried away by the Portuguese, Frencb, 
Dutch, Danes, and Americaos. 

This estimate, however, probably falls below the 
truth, as there is reason to believe that the annual ex- 
port of the Portuguese alone usually amounted to 25,000, 
and the number of Slaves introduced into St. Domingo 
by the Frencb, for some time before the Révolution in 
ihat Island, is known to bave been very large. 

For about 2 years afler the breaking out of the 
Maritime War of 1793, the Slave -trade on the West 
Coast of Africa suffered a considérable interruption. 

The Frencb and Dutch were entirely driven from 
it, and the captures made from the English greatly dis- 
couraged their trade on that open and unprotected Coast. 
Our maritime successes, and the capture of Dutch 
Guiana, combfned to revive it, and the English share 
of Siave-trade rose to .the enormous amount of 55,000 
Slaves in a single year. The only other Nations tbat, 
during this period, and down to the year, 1810, were 
cngaged in the Slave-trade of Western Africa, were the 
Portuguese and Américans. The number carried off 
by the Portuguese bas been estimated at from 20,000 
to 25,000 annually, and by tbe Àmericans at about 
15,000. Notwithstanding the Prohibitory Act of Ame- 
rica, which was passed in 1807, Ships bearing the 
American Flag continued tO trade for Slaves until 1809, 



à Londres, relatif, à la traite des nègres, 55 

wlieo, ia eonsequence of a décision in tbeËogliBh Prize 1817 
Appeai Courts , wfaich rendered American Slave-ships 
liible to capture and condemuation , that Flag sud* 
deoly disappeared from the Coast. Its place, bowever, 
was almost înstaDtaneously supplied by the Spanish 
Flag y whlch, with one or t^ro exceptions, yfM now 
seen for the first time on the African Coast, engaged 
in coTering the Slave-trade. 

Tfais sudden substitution of the Spanish for the Ame- 
rican Flag, seemed to confirm ^hat was established in 
a Variety of instances by more direct testimony , that 
Ihe Slate-trade, which now for the first time assamed 
a Spanish dress, was in reality, ooly the trade of otber 
Nations in disguise. 

Query 5. To what parts of the Continent of North 
or South America, or the Islands in the West Indies, 
baTe thèse Slaves been carried? 

jiatwer 5. The Slaves formerly taken fron\ the 
Coaat, by Ibe Frënch, Dutch, and Danes, were almost 
exclusively for the supply of their own Colonies. 

Until the abolition of the British and American 
Slave-trade, the Fortuguese carried the Slaves taken by 
them from the Coast, v?ith scarcely any exceptions, to 
the Brazils. 

Subaequently to that event, the Fortuguese Flag 
was for some years employed in carrylng Cargoes of 
Slaves to the Spanish Colonies. 

Thi# practice , bowever , was greatly checked , at 
least , if not wholly suppressed , in conséquence of In« 
stniclioas issoed to British Cruizers, authoriziog them 
to brÎDg in for Adjudication , such Fortuguese Ships 
as mîght be found carrying Slaves to places not sub- 
)ect to the Crown of Portugal. 

For the last 2 or 3 years, therefore, the Fortuguese 
Flag bâs been again almost exclusively used in carrying 
%ves to the Brazils. 

Before the abolition of the American Slave-trade, a' 
considérable number of Slaves were constantly intro- 
daeed into South Carolîna and Louisiane. The chief 
fait, bowever, of the American Slave-trade before that 
tfent, aod nèarly the whole of it afterwards, was car- 
ned on for the supply of the Spanish Colonies. 

From the year 1810, as bas beeul already noticed, 
"^^^^^tr Slave-trade may bave been carried on by 



56 Conférences des Grandes Puissances, teïiues 

1817 American Capital, bas been under tbe disgniit oF ettber 
the Portuguete or Spanish Flag, bot chieflj of tha 
latter. 

Tbe Englith for manjr years were in tbe babit of 
auppljring tbe Colonies of Spain witb a sonsiderable 
number of Slaves. Tbe reoiainder of tbe Slaves they 
carried from tbe Coast was distributed tbrougbout tbeir 
own Colonies. Between the years 1795 and 1805, tbe 
largest sbare of tbeir Slave-^trade was carried on for 
tbe supply of Dutcb Guiana, tben in tbe possession of 
Greal firitain, Trinidad» and tbe conquered Colonies. 
Cuba aiso continued to receive a considérable sappljr 
of Slaves from tbe Eoglisb. 

In 1805, Great Britain probibiled tbe Slave «trade 
for tbe supply of tbe Colonies sbè bad captured durlng 
tbe War, and in tbe following year probibited tbat 
for tbe supply. of tbe Colonies of any Foreign Pow^r 
^ vrhatever. Tbe wbole of tbe Slaves, tberefore taken 
from Africa by tbe EngUsb, in tbe years 1806 and 1807^ 
excepting wbal may bave been smuggled, must b^ve 
been distributed amoog ber old Colonies, and, in tbe 
prospect of tbe approacbiog abolition of tbe British 
Slave-trade, tbat number vras very considérable. 

Query 6. Wbat is tbe présent extent and nature 
of tbe contraband Trade in Slaves? 

Query 7. By vrbat description of persons , under 
wbat Flag, upon vfbat part of tbe Coast, and for tbe 
supply of wbat market, is tbis illicit Trade caitiéd on? 

Answers 6. 7. It would be impossible by any. 
probable estimate to distinguisb at tbe présent moment 
tbe contraband Slave-trade from tbat wbicb may be 
considered as légal. Tbe wbole of tbe Slave • trade, 
wbetber légal or contraband, wbicb is now carried on 
from Western Africa, passes, wilb a very few excep* 
tiens , under tbe Spanisb and Portnguese Flagi ; tbe 
former being seen chiefly to tbe north of tbe Equator, 
and tbe latter to tbe soutb of it. Tbe Flag, bowever, 
affords but a very sligbt presumption of tbe real natio- 
nal cbaracter of tbe adventure. In tbe case of a very 
great majority of the Vessels detained by oor Cruizers, 
it lias proved a disguise assumed by tbe contraband 
Trader in order lo escape détection. Of tbe Slaves 
exported from tbe Western Coast of Africa, at tbe 
présent time, estimated| as bas been already said> at 



à Londre«9 rmiaiiv. à la traite dsê nègres. 57 

«pwttd» ot 50,0009 probaMy about a lialf it carried 1817 
off ttnder tba Spanisky and Ibe olber balf under tlia 
Portogueae Flag. During tbe last montbs of 18 14, and 
tbe fini montbt of 1815» several Ships bearing tba 
Frcoch Flag appeared on tbe African CoasI and carried 
off Cai^oea of 81a vea. WUbin tbe last 12 montbs also, 
aérerai Veesels bearing tbe American Flag bave come 
npoB thé Coaat, professedlj for tbe purpose of carrjr- 
iag «n its innocent and legitimate commerce; meeting» 
boWover, as tbej conceWed» with a couvenient oppor- 
Imity of carrTing off a Cargo of Slaves for Tbe Ha- 
iraïuudi market, tbey bave nol scriipled to take tbeni 
on board. Tvro Vessels, under tbese circumstances» 
aaBeil irom the Rio Nunez full of Slaves, in Januarj» 
1S16 1 ' and it is supposed » reacbed tbe place of tbeir 
dcslinatioit in safetjr. Anotber Vessel of tbe same de- 
scription was captured in tbe Rio Fongas, in April, 
1816, wbilo empioyed in takingtbe Slaves on board. 

mrith thèse exceptions 9 tbe virbole Slave- trade of 
Western Africa, for tbe last 6 or 7 years, bas been 
cerried on, it b believed, under tbe Flags of Spain and 
PortugaL 

Tbe Spanish Flag, boweveri is probably, in alroost 
everj case» a mère dîsguise, and envers not honàfide^ 
Spenish propertj, but tb^property of unlavrful traders, 
wiiether Englisb, Amerif(!n, or otbers. 

it U a welUknovrn fact, tbat, until tbe year 1809 
or 1810, tbe Spanisb Flag liad not for a long tîme been 
engaged in tbe African Slave -trade, except in one or 
two instances. Its sudden and extensive appearance 
sobsequently to tbat period furnisbes, as bas already 
been remarked, a very strong* presumption of tbe frau* 
dttlent cbaracter of tbe adventures vrbicb it is empioyed 
lo protect* • 

Tbe ordinary course of proceeding is this: tbe 
Aip belonging to tbe unlavrful trader calls at Tbe Ha- 
vannab or Teoeriffe, — for tbe niost part at tbe former 
Port A nominal sale of Sbip and Cargo is tbere ef- 
feeted to some Spanisb House, and regular Spanisb Fa- 
pers» end a nominal Spanisb Captain, baving been ob- 
taiaed, and ker real Captain baving taken tbe cbaracter 
citbcr of Supercargo or Passenger, sbe sails on ber 
Slave- trading, expédition as a Spanisb Sbip. 

Since tke Portuguese bave been restricted by Trealy 



58 ConféreHCes des Grandes Pûiasances, tenues 

1817 froni trading for Kares oa certain parU of tlie AMcan 
Coast, they hâve resorted to aioiîlar expédients for pro- 
tectiog iheir Slave^tradtog expéditions to places within 
ihe prohfibited district. And at the présent moment 
tliere is lit'tle doubt, that a considérable part of the 
apparently Spanish Slave Trade, which is canyîng on 
to the north of the Equator , v^here the Fortuguese are 
forbidden to buy Slaves ^ is really a Porttiguese trade. 

A further tiae is now found for fhe Spanish Flag, 
in protecting the French Slave «traders; and it is affiroied 
that the French Ships fitted ont in France far the Slave- 
trade, call at Corunna for the purpose of effeotinig a 
nominal transfer of the properly engaged in the illégal 
vojagCy to some Spanish House, and thus obtaining 
the reqaisite évidence of Spanish ownership. 

In conséquence of thèse uses to yrhîch the Spanish 
Flag bas been applied, a great increase of the appa- 
rently Spanish Slave-trade bas taken place of làte. And 
as the Flag of that Nation is permitted to range over 
ihe whole extent of the African Goast, it seems to keep 
aiîve the Slave -trade in places from which it vrould 
otherwise bave been shut out; and it bas of late revi- 
ved that trade in situations wbere it had been previ- 
ously almost vrbolly extinguisbed. 
( The Fortuguese Flag is now chiefljr eeen to the 
south of the Equator | although sometimé^s the Fortu- 
guese traders do non hesitate still to resort to the Hi- 
vers between Wbydaw and the Equator, even without 
a Spapîsh disguise. The only 2 Cruizers which bave 
recently visited that part of the Coast, found several 
Ships under the Fortuguese Flag, openly trading for 
Slaves, in Lago, and the Bight of Bénin. 

In a great variety of cases, the Fortuguese Flag bas 
been f^und to cover the property of British or Ameri- 
, can Slave Traders. It will doubtless be now employée! 
toprotect also the Slave traders of .other Nations hy 
which the trade is prohibited. The limitation of that 
Flag to parts south of the Line , renders it less dési- 
rable for a gênerai voyage to the uniawful trader, than 
the Spanish Flag which is under no local restriction. 

The extraordinary facility with which a change may 
be effected in the national character of a Ship and 
Cargo, intended to be employed in the Slave Trade, 
bas been judicially established in a great variety of in- 



Londres^ rekttiç. à la traite des nègres. 59 

«UncM. Tk« BraEilê, and tira Island of Cuba, form tb« 1817 
greftt oiarts of Ihe sale of the Skvea carried frcmi tha 
westeTD Coaat of Africa, exclusive of itiose thot may. 
Le amuggled into the B^itîsh and restored French and 
Dutch Colonies. 

Query 8. Has this trade been lately carried on to 
a eooaîderable extent on the Coast north of the Equator. 

jtaswer 8. The Slave -trade, under the circani- 
ataacea atated in the aoawer to the last question , bas 
ccrtaiBly been carried on during the last 2 years, to a 
greftt axtent on the African Coast north of the Eqiiator. 

Query 9. By what description of Persons, and 
uoder ^at Flag? 

JÊnewer 9. This question bas been already ans- 
vrered. 

Query 10. Hâve those fraudulent Slave -traders 
corne in armed Vessels, and bave tbey employed force 
in order to effeltuate their purposes? 

Anmwer 10. During the last 2 years many Çlave 
Sbips bave corne to the* Coast armed, and hâve em- 
ployed force to eifectuate their purposes. 

Query 11, 'When interrupted, bave they threatened 
to relurn witb armed Ships of a larger class? 

Anet»er 11» They bave, and in some instances 
h«Te cxecuted their tbreals. 

Query 12. From vrhence are those armed contra- 
bandists chiefly fitted out? • 

Anewer» 12. A few of thèse armed Ships bave 
come firom the Brazils, and one or two from Martini- 
qoo; but for the most part they bave come from The 
United States, having. first obtained a Spanish disguise 
al The Havannab. They bave consisted chiefly of Va$- 
sck vrbicb bad been employed as American Privateers 
duting the war, and which sail uncommonly fast. In 
■•ore tban one instance they bava come in small Squa- 
drona of 2 or 3 Vessels , for the purpose of attacking 
aod carrying any armed Vesael which might obstnict 
tbeir proceedings. 

Query 13. What bas been tbe effect produced by 
their déprédations on the Coast north of the Line? 

Anêwer 13. Tbe effect of thèse proceedings has 
been bigfaly detrimentral. Exclusive of ail the evils 
which ara ioaeperable from a Slave Trade, uuder any 
ciKumsIancoa^ tbey bave dîscouraged aad iu some cases 



60 Donférenees des Grandeif PùisswiceSf Unues 

1817cruthedy th« fini efforts to exteod ngricultiire andJe- 
gîtimate commerce » which had been produced io this 
quarter hj the cessation for a lime of the Slave-trade. 
£ven the innocent commerce o( Sierra Leone with the 
surrounding districts^ which had tended more than anj 
thiog else to give a steadj impulse to the industry of 
the neighbouriog Natives, has been subjected to outrage 
and spoliation I attended in some cases with the loss 
of life* They operate most fatallj in another point of 
view« The native Chiefs and traders who began at 
length to be convinced, hj the évidence of factSy thaï 
the abolition was likelj to be permanently maintainedi 
and thaf il was therefore absohitely necessarf to en- 
gage heartilj in schemes of cultivation if they would 
préserve their influence, hâve learnl from récent events 
to distrusl ail such assurances. Notwithstanding ail 
Ihat had been said and done, thejr now see the Slave- 
traders again sweeping the whole range of CoasI wit- 
bout molestation , nay with the air of triumph and dé- 
fiance. Il will be long therefore before thej are likelj 
to yield to the same conviction, respecting the purpose 
of the Européen Powers to aboUsli the Slave Trade, 
vrhich they had been led to admit. Even if effectuai 
means should now be adopted for totally and finallj 
aboUshing thi^ traffic, years will probably elapse before 
they will be induced to forego the expectalion of its 
ravivai. Il wpuld be difficull fuUy to appreciate the 
deep and lasting injury inflicted on Northern Africa by ' 
the transactions of the lasl 2 or 3 years. And this in- 
{ury will be the greater on this account, that, in the 
interior of thaï Couniry at least, they do noi dSscrinii- 
nate with aoy accuracy between the différent Nattons 
of Europe. They only know in gênerai, that the While 
Men who had ceased to trade in Slaves, and who they 
uoderstood were to trade no more in that commodity 
except as smugglers , liable to be seized and punished, 
hâve now resumed the open, avowed, and uncontrouled 
practice of that traffic» 

Query 14. What System do you conceive b^t cal- 
culated to repress this evil? 

AnBwer 14. I do not apprehend that the evil can 
be repressed, or even very materiallj alleviated, unless 
the abolition be made total and universel, and not evéu 
Ihen unless the Slave -trade be pronounced to be fe* 



à Londres, relatiu. à la traite des nègres. 6l 

loDioof and punlshed as sucli. At présent no check 1817 
whateter exista , not eYen that veiy inadéquate one» 
vhick, in a tinie of vrar, anses from tbe rigkt of 
searcb exercised by Belligerents. It may be expected 
therefore^ that tbe Slave -trade, instead of being dînii- 
aUhed, will increase from day to day. Mère probibi« 
tory Acte , eyen should tbey be adopled by ail tbe Po- 
wert o( Europe, vrould be eluded, unless régulations, 
•dapted to tbe Tery peculiar circumstaocea of tbe case, 
were deviaed for eonfirming tbem. 

Query 15. Wbat progress bad there been made 
durtng tbe war to exclude tbe Trade in Slaves from 
the Goaat of Afriça, nortb of tbe Lioe? 

Jnêii^er 15. The progress bad been Yéry const« 
jerable aa haa been sbewn above, and as vras sbevrn 
more largely by autbentic Documents communicated to 
Lord Castlereagh and tbe Duke of Wellington in 18t4« 
The restoratton of peace in Europe bas been attended 
vrith very disastrous effects to tbia part of Africa. 

Query 16. What effect can be traced to bave ariseii 
from sucb exclusion upon tbe interior civilisation of 
iodntiry, or upon tbe extemal comoieree of this part 
of the Coaat| compared vrith vrhat .existed 20 yeara 
before? 

Atiêwer 16. In sonie Remarks dravirn up in August 
t8U| on tbe subject of the legitlmate commerce of 
Africa, it was very dearly sbewn that, at that period, 
• very considérable effect had been produced by tbe 
exclusion of tbe Slave -trade from Northern Africa,' 
ioperfect aa that exclusion was, on the external com- 
merce, and cousequently on tbe indusiry , of that part 
of the Coast, as compared wich what existed 20 yeare 
before. Since 1814, the Skve- trade in Northern 
Africa bas unhappily experienced a very considérable 
revival, and it is to be apprebended that a correspon* 
dîng cbeck may bave been given to the progress of 
industry and legitimate commerce. 

Il is obviously only wben the Slave- trade bas been 
cîidîcated, that any marked progress in civilisation can 
be expected. Tbe existence of that trade is necessarily 
<^ htr to improvemènt. Supposing, however, that it 
sbouM be effectuatly abolished, we are aiready in pos* 
^nioD of very satisfactory évidence to shew, that there 
tt Qothiog in the local ^ircumslances of Africa, and 



$2 ConférenCêB de» Grandes PuUeanoeè, tenues 

49^7 Utile m the cbaracter of lier Inb&bitans; whîch would 
pi^eyeat, in thetr çaae at leaat, as rapid an advance în 
^ the arte of civilôed life, aod in the acquisition of mo- 
ral and religîouSr habits , as the world has witnessed in 
any other similar instance. A pat>t of this evidenee is 
derired fro^iithe Colony of Sierra Leone* The Popu« 
latipn of that iColony in 1809, did not exceed 1500 
soûls ^ chiefly A^ici^ns* Since that time it has swelled 
to .up.ward.s of lOyCOO. This large increase consists, 
almost entirely, of persons vrho, having been rescued 
al différent période during the lasi 7 years from the 
holds of Slave-shipSy may be supposed, at the* lime of 
their introduction} to hâve stood at the Yevy lôwest 
point) o{ iiiet^al and moral depreMÎoD. 

The Population of Sierra Leone therefore^ at this 
time» e^lbihiits ail the varying shades of civilisation, 
(f arying partly according to the time that has elapsed 
since their introdoctîpn into the Colony, and partly ac- 
cording to the chacacler aiyd the opfK»rtunities of each 
Individual), fvom the enterpri^ing trader, skiiful raecha- 
nie, or induftrâous far^fier) supportiog himself and his 
tamtly.io comforti. and perfonniiig reapectably his social 
and even religious duties, to the almost brutish state of 
the recently liberated captive. 

Of; thèse 10,000 Africans , ail, excepting those who 
may yet be too ypung to labour , or who inay bave 
b#en too recently iniroduced into the CoJony to be able 
%i:,yet to reap> the fruit of their labours, maintain 
thatttselves by their own îodustry, chiefly in the culti- 
vation of farms of their own. Making due allowance 
fw previous habits and the difficulties arising from dif- 
férence of langiiagei' they are found to be as percept- 
ible of .moral and iuteilectual culture, as any People 
wimiever. .In the month. of October last, ibe schools 
in the Colony. contaiued '1237 scholars, whose advan- 
cernent in knowledge was satisfactory to their In- 
stroctors and to the Government, and it is said that a 
grealî eagerness existed amoog them to avail themselves 
of the me<Bns of instruction v^ithin their reach. The 
gênerai conduct of the liberated Captives has been sucb 
as to m^ril the approbation and confidence of their Go- 
vemors, and not a few bave already so far improved 
their. advantages, as to be capable of dîschargiog suclt 
subordînate judîcial fuoctions as jurors, constablesi etc. 



à Loistdre«> reiativ. à h traite dêê nègrea. 63^ 

f tQm \be fouodalloii of the CalOny indeed « thèse 1017 
fuoctîoDs bave been . aloiost .exclusively discliarged by 
Afrïcans ; and Sierra- Leoae exhibits tJhe îio|)ortant 
exaople of a Cotnmunitj of. Black. Meo living asFree* 
neo, en)oyiag tbe benefito of the Britiah ConatitutionV 
maioiaining themselves by the ordljiary pursuits of 
cooimerce^ agriculture, or some inechaiiîcal art; fulfil- 
ling tbeir various social and civil relatioDAf by meaiHi 
ooly of 8uch sanctions as the administration qf British 
Lawj and the preceots of charity , impose upop theni, 
and gradually improving by means of schools and other 
institutions in knowledge and civilization. 

tyA Population of 10,000 Freemen'^ observes Dr* 
Hogan, the Chief Judge ot the Colony, in a Letter 
dated in October 1816 ^ „conected upon one spot ao 
favourablf situated^ and guided and gov^rned with a 
vievr to such noble and ennobling qbîéctSi forms too 
grand a stride in the moral march pi hum^n affairsi 
oot to fix the attention of an enlîghtened observer, I 
take this Colony then as it is, and looking steadily to 
the great objects which it was from its first settlement 
intended to promote, ani well content." He afterwards 
add9, that, with so much to déplore as there necessa- 
rîly must be in a Population such as bas been descri- 
bed, he distinctly perceives" ail the principal éléments 
of aocial order and effectuai civHîzation in existence 
and vigour, requiring only the care of a skilful hand 
to mould them into form, and to coUect from the early 
fruits of a successful and rapid cultivatioh''. 

Tbe caae of Sierra Leone, bas. been adduced, chiefly 

for ihe parpose of sliewing^ that the Afrfcan character 

ia susceptible of improvement and civilization, in a de* 

gre« perbapa not inferior to any other. It was ia that' 

part of the Coast adjoioiog. to Sierra Leone, that the 

SlaTe-trade was» for a tiinei most effectually extinguis* 

hed; and the conséquence of that suspension of the 

Slave - trade , was a very considérable increase of in- 

Bocent commerce, and particularly of the export of rice: 

of that article considérable quantilies were. carried, du* • 

ring ibe Peninaiilar war, to Portugal and Spain, and 

Bany cargoes hâve also been carried to Madeîra , Te- 

Bcriffe, and the West Indies. The trade in rice waa 

Mie which mighl bave bee» indefinitely exlended, pro- 

▼îded the Slave «trade had not revived. There is rea- 



64 Confimnees tUs Grandes Puissatêoes, tenues 

1817 «on to fear, that ils reviral maj dtstroy in the biid 
bia promîsiog branch of commerce. 

Query 17. State vrhat measorea are now io pro- 
greBS for the improvement of Africa, and how tbey 
are likely to be affected by the continuance or discon- 
tinaance oF this trade, partially or generally? 

An9wer 17. Tbia quettion bas received a partial 
answer aboyé. 

Sierra Leone, and ils immédiate neighboiirhoody 
inay be considered aa the onljr fiart of the African 
Coait where plana of improvement can be piirsued, 
wilhout immedtatety encoiintering the maligoant in- 
fluence of the Slave -trade. It ia almost uecestarjry 
Iherefore, to confine vvithin that sphère, at least for 
the présent, the direct efforts made for the civilîzation 
and improvemept of Africa. Even the establishment 
formed in the Rio Pongas, for the instruction of tho 
Natives, it is feared must be withdrawn, in conse« 
qiience of the revîval of the Slave -trade, 

At Sierra Leone, between 12 and 1300 Afrlcati 
yoiilbs, of both sexes, most of them rescued from the 
holds of Slare-shîps, are now tinder instruction. Thèse 
hâve been brougbt to Sierra Leone from M parts of 
Africa, from Sénégal to Benguela, so that there is 
scarcely a languagb spoken in that extensive range of 
Coasts, which is uot spoken by some of the Sierra 
Leone Coionists. 

In instructing thèse' liberated Captives, the yiews of 
their benefactors are by no means confined to the be- 
nefits which they themselves raay dérive from the in* 
siruction afforded them, but extend to the possibilité 
that individuais may hereafter arise from among them, 
who may convey to théir own native régions that light 
which they bave acquired at Sierra Leone. 

Query 18. Is there any reason to appreheod, that 
the contraband trade may become extensive in time of 
peace, even on the Coast north of the Line, where so 
considérable a progress had been made to suppress the 
Slave -trade geuerally, if some décisive measui^es are 
not adopted by the Powers coojointly, to repress tbe 



same ? 



Anèwer 18. There is éhe strongest reason to ap* 
preheod this conséquence. Intleed the event hère onl/ 



à Ij9fndre9j relaiiv. à la trqke défi nègres, 65 

inpposed posaible, ia aetuâlljr^ al Ibis momant, matter lgi7 
of Àiâtory. 

Query 19. 20» Has it not beeo foiind, tbat the 
Irade U conducted wilh peculiar inhumanity and wafite 
of lîfe bj thèse illicit traders? State ibe iustajices that 
bave latterljT occurred to illuatrate the fact. 

^nswer 19. 20. Uiidoubtedly. The Slave -ships 
are now crowded to excess^ and the mortality is dread- 
ful» Tbe folloY?iDg are some of the iostapces whlch 
bave come to our knowledge. 

t. Tbe Venua Havanntra^ under Spanisb Colours, 
of the burdeo of about 180 t0D8> carrîed off from the 
RiTer Boony 530 Slaves* When captiired -on ber pas- 
sage to The Havannahy and carried into Tortola, the 
mortality on board was found to hâve amouuted to 120. 

2. Isa ^ Manuella^ a Shîp of the biirden of 272 
tons, saîled under the Spanisb Flag, and took on board 
tu tbe Rîvér Bonny, 642 Slaves. The deaths on the 
passage to the West Indies, previous to ber capture 
amounted to 140. 

3. The Gerirudesj a Sbip salllng under the Spa- 
ttisfa Flagy took on board upwards of 600 Slaves. Thîs 
Sbip was taken while yet on the African Coast, and 
brougfat to Sierra Leone for adjudication. But, not- 
witbstanding the short time that had elapsed since the 
Slaves were taken on board ^ sitcb was the dreadful 
State of crowdîng, that about 200 died before the Sbip 
waa brougbt In, or within a short time after ber arri- 
vai; maby, even of those who survived, were so mucb 
debilitated by their sufferingSi as never to be likely to 
eojoy Sound health. 

4. Nueua Conslitucion, a Vessel under the Spa«* 
aisb Flag, of only 30 tons burden, had on board 81 
Slaves, but baving been brougbt in within a few days 
aCter tbe Slaves had been taken on board , the sad ef- 
fects wbich aiust bave foHowed such a state of crow- 
dÎDgy on a rery long passage , were prevented. 

5. Tbe Maria Primeira/ a Ship under Porlu- 
gnese Colours, took on board upwards of âOO Slaves. 
This Buiober was reduced to 403 , in conséquence of 
extrême crov^dingi before she was brougbt into Sierra 
Leone ^ and nearly 100 more died suou after , in con- 
lemience of tbe diseases con\racted on board. 

6. Portugueae Brig <San Antonio j of 120 tons, 



66 Conférences des Grandes Pàissances, tenues 

1817 took on board 600 Slaves ; wbeo c(iptared y^ 'attlioitgh 
ahe liad oaly sailed 80 leagneS; 30 Slaves had alreadj 
diedî and many more ^erè found. to be in a dying 
•tafte, and died soon àfter. The capUiring Officer took 
150^ of the Slaves on board his own Ship , to prevent 
the aluiost universel morlality he appreheoded. Wken 
he first>yent on board the Slave -ship he found a dead 
body» in a state of absolute iHitridity, lying aniong 
the sick, » .1 . 

7. The Spanish Ship Carhs^ iinder 200 tons bur- 
den^ took on board 512 Negroes, in addition to a Crew 
consisting of 84. About 80 Slaves had died previous 
to her capture, and the rest vrere in a most def^lorable 
state« Many more instances inight be added; but the^e 
may be considered as e:{chibiting the ordinary raté of 
mortality on board the Ships engaged in the illicit 
Slave - trade* 

Query 21, What has been the gênerai influence 
observable on the interior of Africa, by the successive 
acts of abolition on the part of différent States? 

Answer 21. Very little. is known of the iiiterior 
of Africa, or of the moral or pplitical chapges which 
take place there. Our knovvledge is almost entirely 
confined to the banks of navigable Rivers» and to the 
line of the Sea Coast* There indeed the influence has 
been very observable, of ail the variations in the pplicy 
of European Nations in respect to thç Slave - trade ^ and 
perhaps some corresponding effect may be assumed to 
be produced in the interior régions vrhich are remôved 
from observation. Many proofs might be given of the 
evil effects pro.dnçed on the Coast of Africa by thé va- 
cillation ana uncertainty which hâve otteoded the n^ea- 
sure of abolition. Ane) if any truth be more than ano- 
ther fuUy denionstrated by expérience^ wilh respect to 
Africa , it is this , that without an effective aboliljon of 
the Slave - tfade by ail the Powers of Europe» it will 
be in vain, to ex{iect the developemçint of thq jmmense 
agricuUural and commercial facullies of thaï Continent, 
or that, except in very partial instances,, the many mil- 
lions of men by whom it is peopled should rise a single 
step in the scale of civilizatiou abovetheir preseot de« 
graded level. 

Query 22. What do you conceive vrould be the 



à Londres, retatip. à la traite des nigreê. 67 

paf licahr eflMl of ao abolition of tbe Sla?e • trade, oo 1817 
the part of Spain ?, 

Answer 22* An abolition on the part of Spain 
would at onca deliver the wbole pf Northern Afriçn 
from the Slave -tradei prpvided effectif al iiif»«iire8 irere 
tiken to «eize aod puniih tbe ilUcit traders. — * The 
Spanîsh Flag beiog now the ooly Flag that can show 
itielf in Northern Africai engaged in tbe Slaye-trade, 
tbe bénéficiai e£Eects oE such an arrangeinent may be 
infentd from vrhat faaa been aireadj stated* 

Another effect would be tbis. No Slaye - trade 
would be lawful but wbat waê found movfng in tbe 
Une between Sotithern Africa aud the Braails, and no 
Shte trader, therefore, could navigat^ nnj part of the 
Atltolic nortb oF tbe Equator ; — to * that the riik lot 
smoggliog into the West India Islande would be great- 
iflessened,' 

Bjr the prolongation of the Spanish Slave -Iradey on - 
the coahraiy, not only is the wbole. of Northern Africa, • 
which would .otherwise be exempt V glven up to the 
mages of that traffic, and the ppôgress already made 
in improvement sacrificed, but facllîties are afforded of 
smug^ng intô every Island of the West ludies; which 
could Dot otherwise exist, and which, Wbile Slave- 
tfaipt amy lawfully pass from Africa to Cuba atid Porte 
Hico, it would perhapi be impossible \6 prevent. 

Qwry 2^r Whif amount çf Slaves do tbe Portu- 
fseie mwn im^ually Jotjo the î^lpgdoni Qf Braaîl ? 

Aiutwer ^Z. Ttici nmnber baa be|^ estimatfdat 
bon 20,000 ;t«99,0Çl9i;finaM^lly. 

(Année C.) -« jtneitfêrê' from Sierra Leone to the 
Queries af Fieeount Caeilereagh. Jpril lil7. 

Query 6. Wbat ia tfie pressai ei^fent and nature 
otthe coatraband trade. jn Slftves? 

Jaawer, 6. Fo>r apme time past, éspectally àfleé 
tbe Mttlemeot waii formed in the Gambie, and previoua 
^ the récent transfer of Sénégal and 6oree to France, 
the c4|trabaiid Slave « trade w^ confine^ to the part 
oflbe'Coast 8o^thward of tbe River SherMi it^ l^^* 
?• Nonh^ witb. thé exception of a few Vessels which 

£2 



68 Conférences de^'Gr'andes Puissances, tenues 

1817 now and then took' ofF Slaves from Bissao^ and the 
trade carried on in tbe Rio Pongas.. 

The expédition' of 1814 'crushe tbe trade in the 
Rio Pongas for 2yea'r8 y.t>ut âè maiiy of the Rio Pon- 
gad traders hav4'ëèttlèd in The Halannafa / the]r hâve, 
sinèe tlieir recoVery' froth that shock, returned to ît 
vrith more ' eagei'ness rand rapacity than ever. 

From Sherbru and the Galifnas to Cape Appolonia^ 
a niosV extéMivfe , and by far the most abominable, 
Slave • trade ié carried on: in tblè district the practice 
cf. kidnapping ttie J>fatives who go off. in canoës is 
dhiefiy pursued: ,ihe Vessels employed for this pan of 
the Coast être genefally under tbe Spanish Flag» but 
connected wiUi forn^er.iand presieDl 3Iave Factors on 
that part of theCoasU ... 

It is supposed that very litlly îf aoy Slave -trade is 
carried on betweeu Cape Appolonia and Popo, where 
the Portuguese Factories commence, and fi*om whîch 
place to their môst southêrn Seltlèments a very exten- 
èive trade il carried on. 

It is generally carried on in large .Scbooners and 
BrigSy well armea and n^aniied, and, from thè circuni-. 
stai^ce of Slaves being cbe^per on the Côast than vyhilst 
the Slave -trade was permitted *by Great Britain and 
America, aacjl. from the rîsks run in each voyage, they 
crowd their Yessels to an inhutnan and destructive 
degree. 

The Veiêels A^4 ch^oéen f6t ttièii< forcé and swift- 
ness,' ^tliout the'teast' regard to tbe Mconhmodation or 
tbe' eomforfs ^f tbe Slavtes; and the Persbns chosen to 
man and command thèse Ves'selsarbçertainly far more 
celebrated for their ferocityand' daring-^irit, Ibstn fer 
their humanîty. 

'y\\\ There cab be no' doubf bulvAhal a very great pto-^ 
pofliéd àf^tbe Slaves ^eatried^ from ihe Coast are fatrly 
purchased from the Factories by the Slave -captains, 
fioWéVer tmjustly they mby haVe cbme into the posses- 
sioii of the Factors, stîH il 'is é(|ûaliy i^otoHous that 
¥lVe Havannab trisders do; vrhénever theré ii^ an oppor- 
tiitiHy, kidàap and carry èff the free Natives. 

ÎQuery 7m By wbat description »ol Persous, tinder 

wbàt FlagS| upoti wbat jf^art bf'thé CoaSt, and fyr tbe 

stipply of what m'arket, is' tfals illicit f rade 'carried on? 

' Anaa-'er' ^. Thé gt\?atest .part of, indeéd neariy the 



i 



I 



a Loiidr««, relatif, à la traite des nègres. 69 

mst SlaNe-lrode on tlie Windward Coa«t, U carmd 1817 
oabyVeftftels fiited oui from The Havannak aûd otbet* 
TotU în ibe laland of Cuba^ thougli many VesseU come 
ior Slaves from Old Spain and Teneriffe; but their ul* 
tctior destination is oslensibly for The Havannak. 

Several Vessels bave been fitjTed out frooi France, 
as the Rôdeur from Nantes , and from the Frexi«k 
West Indien Islands, as the Louis» 

Thoii^li tke Settlements of Sénégal and Goree bave 
becD detivered op so veiy lateiy to France, yet tliere 
is wk igttj active and exteusive Slave-trade alreadj car- 
ryiag on from those places and the adjacent Countries; 
sonse. of the ^Vessels are from France, some from Tene- 
rifie» and there can be no doubt but that tbis last men- 
tioiDed place, from its vicioity to thèse Setllemei|tS| wîllf 
in .a very short time, become; Uie depût for Vessels 
intended to be employed in this trade on the Wind- 
ward Coast. 

JFrom expérience in the ti-ade it bas now become 
tke practice ^o bave their Vessels nianned, etc. as much 
as posùble with Spauish subjects, and the voyage uqder 
ike controul of a Spaniard.' But this is far fi;pm beiog 
universaliy the case. It bas been dearly proved in 
maoj instances, that the property was not Spaoish: 
for instance, the Dolores proved to be Eoglish; the 
Pas^ Eoglish and American; tke Teresa Eoglisk and 
Frenck; tke Triumphante^ Fortuguese, etc. etc. ^itk 
many otkers, besîdes the .Vessels sent out by several 
FngUsk Subjets résident in The Havannah. 

Tke jilexander and Triumveraùa wer^ botk un- 
der tke conimand of American Subjects, and Came di- 
redly from Nortk America to tke Coast, tkougk docu- 
meaied witk Spanisk Papers from tke Spanisk Consuls 
rcsîdiog in tke Forts from wkence |hey saîled, 

Tke exertions of Captain . Irby aiid Captain Scobeli 
îodoccd tke Portuguese traders to confine tkemselves to 
làeir owo Factories in tke Bigkt of Bénin, or ratker 
te tkœe parts of tke Bight vvkick are cousidered as 
Portuguese. ,1- 

With fke exception. ,of tkose places w.kere 1 fancy 
little but Portuguese Slave -trading is carrîed on, the 
pealeet part of tkat trade . from Sherbrd tp Cape Appo- 
loaia, and aoiong tke Hivers on tke Coast, as weU as 
K Cape Formcfsa and Gaboon , is under the Spanisk 



70 Confétences des Grandes Puissances, tenues 

1817 Flag; and there is evety reason to believe that three- 
Tourths of Ihe Slavea carried from tlie Coast north of 
the Litae (except bjr the Portuguese in the Bight of 
Benîn) are procured in the extensive RiTera of Calabar, 
Cameroons, Bonnj^ Gaboon, etc. 

A yery extensive Portuguese Slave -trade la carried 
on in the Bight of Bénin and Biafra, especiallj aboul 
Popo, WbydaW) and the Cameroona, and those Vessels 
Mrishing to trede in Slaves from the Gaboons and the 
places a,d|oifiing, lie at Cape Lopea in about I^ south, 
and send their lerge Launches to thèse places to trade, 
and small Craft are aiso constantly entployed in carry- 
ing Slaves from those places to St. Thomas'Sy from vrhich 
they are shipped across the Atlantic: thèse facts hâve 
been repeatedly proved in the Court ofVice Aâmiralty 
hère, for instance, \n the case of the Ceres, Joanna, 
Caroline f Vos Amigos^ etc. 

The Islands of Cuba and Porto Rico are held out, 
by the Vessels under the Spanish Flag, as their Ports 
of destination, though there' can be very little doubt 
but that many are intended for, and actually do anload, 
at the French West India Islands. What beeomes of 
the Slaves afier iheir arrivai at the Island of Cuba is 
no part of this question. 

The Portuguese carry the gréa test part of their 
Slaves to BrastI, though many Vessels, as the Gejieral 
Siheira and the Temerario, vrere intended for The 
Havannah. It clearly appears from the Cases of the 
In trépida and others, that a very considérable Trade 
in Slaves is carried on between the Brazils and that 
Place. It may also be proper to remark, that, from 
the open confessions of ail the Masiers and Supercar- 
goes of Slave Vessels brought in hère, a most extensive 
Slave Trade is carried on at every part of the Coast 
distant from a British Settlement. So eager are the 
Slafe- traders to carry on this trade, that, after the 
cession of Goree and Sénégal to France, but before the 
British Troops had M left the former Placé , 200 Sla- 
ves vrere aciually exported from it. The Moorish 
Princes are already ravaging the Negro Towns vrithin 
their reach. 

Query 8. Has this trade been ktely carried on 
to a considérable extent on the Coast north of the 
Equalor? 



à LondreHy relatif, à la traiie tles nègres. 71 

Aa9f4Mer 8. The precediiig observatioDt applj 1817 

cUefly lo Ihe Irade carried on norlh of Uie Line; few 

of onr Cruisers go to the soutk of if, and consequanllj 

▼erj few V«6ael8 from that pari of the Coast are de- 

tôned or sent in hère. On ihia account it is difficult 

to ibnn any opinion al thîs Place, on the trade carried 

oo tkere, although no doubi can be entertained that it 

is aaill inore exteneire' than that carried on to the norih. 

Neaxij ail thèse observations are thérèfore intended for 

tkm trnde north of the Line; the extent and niisery of 

wiiicfay though dreadful, are not one half of what îs 

cnteiled on the Western Coast of this Continent. 

Query 9. By what description of Perspns and 
uoder what Flag? 

jtnswer 9. It is impossible, from the art with 
wrliich expérience bas taught them to cover their Ves- 
•elsy to say how much of the Slave «trade carried ou 
is bond fide the, property of the Nation whose Flag it 
bears; bat, from the proportion of Vessels amongst 
tbose sent to this Port for adjudication, which bave 
been dearly proved to be fraudulently disguîsed, there 
is no doubt that much English, but more American, 
properfy is êngaged in it. The Capfain and Super- 
cargo are generally also Spanish Subjects, though many 
isstaoces bave occurred to the contrary, and during the 
War the Sailors were oflen of that Nation. Since the 
War, however, this practîce, is altered. The large 
American Privateers hâve been completely fitted out in 
America, with the exception perbaps of the gratings, 
sud bave corne toThe Havannah fully manaed, where, 
a sale or pretended sale having taken place, a Spauish 
SebiecC or two are put on board, whilst the American 
Mate and Sailors remain ^ engage for a new voyage, 
snd corne upon the Coast; and there is too ïnuch rea- 
sen to believe, at présent, that many English Sailors 
Mn also engaged in thèse Vessels. "With the exception 
of tbe Portuguese Flag in the Bight of Bénin and Bia- 
firs, and ihe Rivers near the Line, the trade carried on 
Is the oortb is chiefly under the Spauish Flag; thoifgh 
I hw Vessels , like the Louia (French ,) Rebecca 
(AmerirMDf) «nd two Schooners (French,) nowr said to 
te mdiùg tn Sloves in tbe Gaboon, do now and then 
ippear anàer tbeir own Flag. Some Vessels y as the 
CaUUina bare been abo filted out from Jamaica. 



« 

72 Conférences dee Grandes PuissaneeSj tenues 

1817 Qaery 10. Hâve thèse fraudulent Slave «Indets 
corne in armed Vesseh, and hâve they emplojed force 
to effectuate their purpose? 

jénsufer 10. The fact is so notorious that Ihe beat 
auswer to this querj may be an enumeration of aonie 
catei concerning vrhich vre hâve certain information* 

Ist. The Schooner, name uoknown which destrojeci 
the Brig Kiity of Liverpool, murdered the Maater 
(Roach) and carried the Black People, 2 of whom vrere 
caplured Negroes of Sierra Leone , as Slaves to Th» 
Uavannah. 

2d. The Camperdown^ a Brig of 16 guns and a 
large complément of men, commanded bj the aame 
Person as the preceding. She destroyed the Sloopa 
Rambler and Trial belonging to this Port, and car» 
rîed the Blacks off as Slaves. It is supposed that sho 
carried off at least 200 Free Blacks in her différent 
voyages, as she made Slaves of ail the,PeopIe goîng off 
iu canoës. She had several skirmishes wiih the Pri/i-- 
cesê Chariot te i and was once chased by the Créole 
and Aâtrea. 

dd. The Santa Anna^ taken in the Rio Nunez, 
virhere they vrere obliged to promise the Sailors their 
wages to prevent an action, 

4th. The Venganza^ vrhich fought the party sent 
to the Gambia after her, and at last blew up whilst 
engaging. 

5th The Mulatta^ a lai^e black Schooner from The 
Havannah, which made 2 or 3 voyages to the Coast, 
carried off a great number of free Negroes , and beat 
the Princess Charlotte off« 

^ 6th. A large black Schooner, her companîon^ 
which also beat the Princess CJiarlotte off. 

7kh. The Paz^ which, tinder the American Flag, 
beat off the Princess Charlotte ^ and killed several of 
her men. 

8th. The Leal Portuguese^ a large Brig under 
Portuguese Colours, with 12 or 14 guns, fought the 
Princess Charlotte off Lagos iiir a long time, but 
was taken. 

9th. The Rosa^ forroerly the American Privateer 
Commodore Perry^ fiited out in America and manned 
with Americans, but supposed to be the property of an 
Englishman f who was an old Slave - trader j and Part* 



à hmdrem^ rekuAw* ^ Ja iraiis iUê nègres. 73 

Mt oE Booslock at Meinrado, fougbt tli« Boats of 18 17 
Nil M»)esly*s Sbip JBann, and the commisaioned sloo^ 
Mary for some time, but was at lengih captured. ' 

iOih. The Schooner^ Guadaloupe^ taken. by tba 

Yatàng Princeaê Charlotte z besides their. regiUar 

cbarge of 2 round shot, ber 10 guna were eacb of 

tbcm loaded -with baga of 500 musket balls. She waa 

taken by boardiog. 

11 th. Brigi TemerariOf from Brazil. She wat 
biiik 00 p^rp08a for thia forced trade, haa 18 guna, 
whidi inrere caat un purpoae» vrith ber name on tbem. 
She oiade 00e vojrage to the Coaat, vrhen ahe vraa 
chaaed by ihe Princeas Charlotte 9 but eacaped» On 
ber aeeond voyage aiie yraa taken after an action of 2 
lioura by Hia Majeaty^a Ship Bann» She bad a corn* 
plenient of 80 Men. 

12tfa« Schooner, Dolorea, formerly tbe American 
Sebooner, Commodore M Donough ^ t^ià to belong to 
an English bouse in The Havannab , taken after a ae- 
vere action by Hia Majealy'a Ship Tbrreat. * 

13th. Brigy Nueva Paz^ formerly the American 
Privateer Argua^ filted from America, tbough auppoaed 
in part to be Britiah property, and manned with Aine- 
ricana and Engliah. She took and plundered tbe 
Scbooner Apoïlo of thia Port 9 and made an attack on 
tbe Prince Régent j but waa captured by boarding, 
after a abort but aevere action, 

14th. Scliooner Carmen from Brazil ; taken by 
Sir Jamea YeO| for Slave -tràdiog to the north of tbe 
Line* 

15th. Scbooner Triuviphante from Havannabi late 
the American Privateer Criterion^ of 16 guua, com- 
maoded by a Portugueae Subject; taken by the Boata 
of tbe Prince Régent^ after a aevere action in tha 
Hirer Cameroona. 

16tb« American Scbooner, Doraet^ from Baltiinore 
feect, called the Spaniah Scbooner 'J^riumvirate^ wilh 
ta Ameiicaii Supercargp, a Spaniah Captain, and Ame* 
ricao, Freochy Éngliah and Spaniah Crew^ taken after 
ft imait action in tbe Rio Pongaa laat January, by a 
Vcaael from tbia Place. 

17lb* A large Scbooner, name unknowu, auppoaed 
bva Tbe Havannab , took and plundered tbe Brig hi^ 



74 Confdrencêa des Grandes Pmasawes^ tenues 

1817 dasiry of thla Port lasl NovembM'y aud carrfed tfae 
^reatest part of the Crew off as 81a vas. 

18th. Saucy Jackf an American Privateer^ wliich 
cat1*ied off a Cargo of Slaves in 1814 , and I believe 
coDVoyed several Vessels to and from tfae Coast ; he 
boarded'^ but did not molest^ a Sloop from this Place 
to Goree with rice. 

There are spécifie instances, which hâve ail been 
proved before some Court of Justice, and it ts noto- 
rtous that tbese are not one«'eighth part of the Vessels 
of this description which come on Àe* Coast, for the 
purpose of carrying on this trade. 

It bas also lately become the practice of theseVes- 
sels to saii in Company. Captaiu Lawson , of the Ship 
Diana, vvished last year to seize one fu the River 
Bonny (or Calabar) but durst not; and Captain Ha- 
gan durîng bis last cruize in the Prince Régent^ loo- 
ked into those Hivers, but durst not go in, though he 
had a crew of 120 men. 

Query IL When interrupted, bave they threatened 
to return vfith armed ships of a larger class? 

jinswer IL Yes, almost uniformly, although from 
the uoiversality of the trade, it is difficult to remem- 
ber every particular instance* 

The Nueua Paz vras one ^here the threat was 
put in exécution ; and one of the most violent of the 
Slave-traders bas very lately returned to the Gallinas, 
and sent up a message by an American , that he was 
waiting for the Prince Régent; unfortunately she 
was unrigged and repairing at Bance Island, which gave 
an opportunity to the Trader of carrying off a cargo 
of Slaves : the Dolores and Temerario were avowedly 
fitted out for the destruction of the Colonial Brig, and 
there can be no doubt but that very violent and po* 
werful attempts will be made for that purpose, as, 
from the great annoyance she has been to the Slave- 
traders, *^ the cogstant terror which has existed of her 
being found between Cape Verd and Cape Palmes, a 
circumstanee which has prevented many Veâsels from 
carrying on the Slave -Trade in thèse limits, •—* and 
from the number of Vessels she bas captured, — she 
is the grealest object of hatred and deteslation to the 
Slave Merchants. 






à LondtêBy relatîp. à la traité deê nègres. 75 . 

Query 12. From inrbence are thèse ârmed Contra*^ tBVt 
baiidbts chieflf fit tel ont? 

^n9wer 12. The Uavannab is the Port from whick 
tbe mafority of thèse Vessels are fitted out, thoagh 
inajij of them » as Ihe old American Prîvateers , are 
fitted out in America, and dolj go to The Haranâsh 
for Papers ; and whilst some , likcr the Triùtnvirate^ 
aUo Dorset^ hâve the Papéra carried from Tbe Havaii- 
nah to America , a few like the Louié , afë fitted ont 
firom the French Islands; and the Portuguesé corne from 
Ihe Brazils. 

Query 13. What has been the effect produced hj 
their déprédations on the North Coast of tbe Line? 

jtnê$i^r 13. The worst conséquence of this con- 
traband trade , as far as respects tbe cîvilitation of the 
Coast, and the turniog of tbe Natives from this inhu- 
maji and destructive trade to tbe arts of social lîfe and 
tha porsuits of an innocent commerce, is, that the Na- 
tives vrill never believe that tbe abolition is really to 
take place; and as long as one Slave Sbip is allovred 
to visit tbe Coast , tbe Natives mUI always be looking 
Ibrvrard to more^ and vnll never believe it to be for 
their interest to change their présent pursuits. 

There can be no doubt but that the Natives, im- 
medialelj afker tbe EngHsb Abolition Act took place, 
vrere more inclined to believe in tbe probability of au 
oniveraal abolition of the trade than tbef are now. A 
stop was pot to tbe trade for some time, and it was 
nearlj 2 years before tbe Slave -traders took to other 
Flags , and , in this intérim , the Natives began to took 
ferward to some other means of procoring the luxu- 
rics and necessaries of life: a few Vessels, vrith Ame- 
rican and Englisb Men and Papers, and a Foreign 
Fbg, began at last to appear; and the hopes of the 
Slave Factors for a renewal of this trade, to revive; 
aad il bas now increased to sucb an extent , that the 
Slave -traders i^ho fréquent tbe part of the Coast near 
Serra Leone dcstroy every Vessel tbey meet, unless 
tf verj considérable force, and thèse tbey drive away. 
TUs af first bad mereljr tbe efiTect of infuring the 
Owners of thèse Vessels , bnt the pra^tice being con- 
tisoed, and tha Slave - traders haviog dedared their de- 
tmmnatiOB to persist in it, vrhatever migbt be the con- 
•Sfoenoe^ oc Englisb Vessel, especialty if conoeded 



76 Omférencts des Grandes Puàfsuncest tenues 

1817 ^îrti tliii Place f. dftre ahew iteelf on tke aeîghbotiritig 
Coast: tlie resuit of which i$ cleary — » ail tfaeianoceut 
cpasting trade la completely deatrojed, notbing b[Ut large 
Eugliah Yeaaela dare go, thèse go bat seldom^and the 
Natives, thus deprived of every other ineana of aequî- 
riag what to them bave by habit become necesaarîea 
of lîfe, must engage ia the Slave - trade. 

Querv 14. What System do you cpoceive beat 
calculated to repair tbis evil? 

Jlnsfifer 14. This cerUinly is a question which 
requires the greatest considération, and which wiU be 
very difficult to solve; aa, however, we bave the ad- 
vantage of some expérience to guide us, vre may be 
Riore able to décide it now, with a prospect of success, 
than any Person could hâve done in 1807. 

The foUowing points must be firmly established be- 
fore any adéquate success can be expected to foUow the 
greatest efforts : 

Ist. That the prohibition be positive and universel^ 
and that ail Persons agrée in the sanie régulations for 
its extinction, 

2d. That the penalties inflicled on Persons and 
Property engaged in it, be severe and certain. 

Sd. That power be given to ail the Contracting 
Parties to enforce thèse régulations; that the forcQ ein- 
ployed for this purpose be adéquate to the object for 
vrhich it is intended, and that the rémunération offered 
1o the Persons employed in this Service, be certain and 
eaaily obtained. 

It must be clear and évident, that j whilst any one 
Power is allowed to carry on the trade, the Subjects 
of the other Powers (wishing to be engaged init) will 
cover themselves uuder the Flag of the perniitting Power; 
and, froni the expérience thèse Men bave had in the 
art of fraudulent disguise, will cover theniselves beyond 
the possibility of détection. We need look no further 
for a proof of this, than to the différence between the 
Slave* trade before the War in the Years 1808, 1809, 
and now. 

It is also clear, that to make this a conimon cause, 
and net the cause of each State entering into the agrée* 
nient, the régulations « provinons, 'knà penalties, atta* 
ched to it, should be the saine in ail; and tha^ it 
shoold ^not bnly be agréed upon between the States, 



à Londres, rélMip. à la traite des nègres. 79 

« 

not oaè t&irdl, perhaps not ooe qutfrter, oC the trtde i81T 
^s 10 Eaglandy «nd tlien. some idea may be formed 
o{ tlM» capabilîlties 6f the. Coast. of Afirica'to carFjr eo 
an iQimense traffie in inpocenl aifticleé. - A complète ex- 
clusion would do .more to proipote. tbia .objeck in . 5 
yearsy than a partial one ih 50^ / . .! 

Query 17. State \rbat' meeènrea atae ,noyr in pror 
gress for the improvement of Africa^ and bow tbey 
•re likelj to be affected by tbe confinuance of the trade^ 
pdrtially or geûerally? . "^ * 

jinswer 17. Little can bé hère said upon the mea- 
sores in progreiâfolr' ihe.ciirilîzktion of Africa, whibb 
îa DOt known dreailj. i'£incè âenegal and' Goceè haTe 
been tranaferred| tba^e -oieaauree are neàrly coofined 
io Sierra Leone» Uere the greatesst improrements baVe 
been and are etill piiakiog, and hence muet the civiti* 
zatioD of Africa |>roceed* Witb common attention a 
lai^ oomber oif Persotia niay be edacatedy anxiouk and 
capable of spraading. tbe* bleesings tbey bave . ilecetved 
llurougbouttheir Native Cabtihent* But where the Siayç^ 
Trade ia aUoweâi ao im^DotFementa! can corne: ita pea^ 
tiferoui brtelh blasta at pq ce ' thé fa«pea of tfaia Philan- 
thropiat and-ibe Mîaaiooary^.and a/4ndn of deablation; 
barbariiy, and flBiaery,'foUowi doaè on tbe atepa of Ihe 
Slare-dealer*.!! i t'. 

Queiy 18. la. Ibère any reaaoo to apprebendtbat 
the coDtteband- trade majr become extenaÎTe in lime of 
peace, eTon oà^thé <3âaati n#rdi'<of tbe Line, ^faera 
M> cooaiderabla e.-prograaa bad been madeto.^nppreaa 
tbe SlaTe-tnade genarally, if aome deciaiTO meaatnrea 
u« not adoptèd by .«tboh Fowèra oonjointly to cepreaa 
tbe same? . . - ». • 

Jnswer.A^^jxCH thia, not a dôubt ttm exièl. It 
will.be caUrâéd on more extenaively and more fero- 
cîomly tban érer» It ia aince tbe. cnndtiaion of tbo 
War, that the large armed Veiaeb . bave inereaaed ao 
vary coBaîdarjaMy. • ^Wbilat lbe/,War)exialed » and eon- 
demnatioD f oliowad rvaialancey thoaePereona^bo tboaght 
their^property aecuitet if taken befbre CoOrla of Jualiee* 
sent oui unarmed and beavy-^ailitKg Veaaela: now tbat 
Ihere ia no penalty attacbed'to it, e^ery Peraon «engag- 
ÎQg in tbe tûde, wiii aend lo tbe. Coaat Veaaela well 
umei anA manned, witb ordera to fight tbeir way 
iibroogb ereryt obatade: tbe wagea tbey gîve are enor* 



80 Conférences des Grimde9*W0is9ances, tenues 

ISlTiA^ufty from 7 to 10 poiinj» per monlfa; and^ in con* 
«eqii«iice^ tlieir VeMelavrill soon be inanned witfa en- 
tire Crews of American and Ënglish Sailors, the great- 
eet enormities' wlll -be perpetrated, and, unless not only 
t4ie iriglit of eeârchy .wilh condemnadon • for résistance, 
be altowed, bqt also very vigorotis Dièawres be adopted 
tO'tnforce it, thèse orimea must ail péss uApuaished. 
Sierra lÉCone. April^ 1817. : 

\jinnex D.) — Z. Macaulay^ Esq, to ViscQ{mt Casi^ 
. . ' lereagh., . ■ [ ^ 

Mjr Lord, tLondon^ 20ih December^ J8i7. 

' I hwf9 been honoured ^wkh .yti»r.Lordslwp*s Note 
of the '13th: instant f acknowkdgiog- the reoeipt of the 
Aoswers inmide onthe 26ifa Decekttber 1816 , to the 
Qaeries'whîch your Lordship had ptoposed relative to 
the lben*Mate of the Afrkan . SlaTe*trade j and request- 
iog Ihe communication of sucli farthër inteUigeoce as I 
might bave- stnce ebtaiaed. The' Answers to the same 
Queirles v?hich I delivered Jast iveek to Mr. Planta y 
^veere wntten on the Goast^oC Afriea ni <the raonth of 
April last^i and 't|mi*efore apply to>-aipeitiod 6 montfas 
later than tbat tovrhicfar xnj/AosVreils ref^r.* Siticelhat 
lime I bave notreceived foeoi' Afriea anf detaiied cooi-- 
munications on this subject. Such as I bave receiyed, 
I .will now lay before jourLords&ip» 

Colonel Mac Carthy, the Governor of Sierra Leone^ 
in ÂLelter dated 20lh Aprii 1817,' obserres, ,|I atn 
grieved. to say thatthere is nothing favourable to state 
wîth respect • to the Stave^trade , which bas not only 
been renewed in Ihose places from which iti had been 
driven, but actually extended 3 times as far as at any 
pleriod during the late War." This représentation bas 
been fnlly confirmed to me, aod it is added^ ,,that the 
Slave-trade is now openly and undiftguisedly carried 
on both at Sénégal ànd Goree.'' 

Governor Mac Gerthy, iti a subse<}ttent Letter, dated 
lOlh June 1M7, says, ^The 81eye«trade tia carried on 
ittost vigorously by the Spaniards, Fortugnese, Araeri-» 
caiiSy and French. ' I haye had it affirnrad from seyeral 
quarters, and do belteve it to be a fàcty thaï there is 
.a greater mimber ^ of Vesselt employed in that traffic 
than at any former periùd." To the same ' effect are 
the Letters I baye receîved fKX>m Sierra* Leene^ 'Whicb^ 



à Londres^ rmlativ. à la traite des nègres. 81 

imdw date of the 28th June 1817 , state as follows: — 1817 
i,Tlie Coast is crowded witb Slave SLips, and no trade 
can be done mrhere tbey are. We could get rice to 
Leewardy but dare not go tberei as we are certain 
of being plundered by tbeui. I saw it mentloned in a 
London newspaper, that a Cartbagenian Pirate bad 
been planderiug our W^Méin. . It .was au HaTannab 
Slave Sbipy aod ail tbe Spaniards wbo corne on tbe 
Coast swear to do tbe same wbenever tbey bave it in 
tbeir'povrer. If tbis sbould be suffêredy we must give 
up ail tbe trade, and leave tbe African Coast to tbe 
Slave dealers.'' 

On tbe 20tb of July 1817, .it is furtber stated as 
foUows: — »Tbe Slave-trade is raging dreadfully on 
tbe Coast. Goree bas become quîte an emporium of 
tbis traffic. Our mercbants are losing tbe whole- trade 
of tbe Coast. Tbe wbole beoefit of it accrues to tbe 
Slave-dealers. No otber trade can be carried on wbere 
tbe Slave-trade prevails." 

Tbis view of tbe snbject is confirmed in a Report 
recently pobllsbed by the Church Missiouary Society 
in Âfrica and tbe East. Tbe Committee of. that So- 
ciety, in communicating to its Subscribers the sub- 
stance of tbe information recently receîved from tbeir 
Missionaries on tbe windward Coast of Africa, observe 
as follows: — nThe Natives saw the Missionaries sit 
down in tbe midst of thein while the Slave-trade was 
yet a traffic sanctioned by the Laws of tbis Country 
aod of tbe civilized World. Tbey utterly disbelieved 
at first tbe professions of the Missionaries, and wben 
at lengtb' brought by tbeir patient and consistent con- 
duct to believe tbem, yet so debased were tbeir oiinds 
by tbat traffic wbicb our Nation in particular ^bad so 
long jnaintaiiied among theui, tbat they bad no otber 
value for tbe éducation offered to tbeir children than 
as tbey conceived it would make them more cunning, 
tbaa tbeir neighbours. But the Missionaries gladly be- 
caïae tbe teacbers of tbeir children , in tbe bope tbat 
tbey sbould ouUive the difficulties whicb then opposed 
Ibcir mission. The Act ,of Abolition seemed to open 
a bright prospect to the friends of Africa. Tbe nume- 
roos Slave Factories wbicb crowded tbe Rio Pongas 
taoished, and Christain Churcbes began to spring up 
ia tbeir room. The Country was gradually opening 

1SMt9, Supplem, Tome IlL F 



82 Conférences des Grandes PuiesanceSf tenues 

1817it8elf tQ the instructioa of tbe Missionaries, vrlien the 
revival of the Slaye-trade by somé oF the European 
Powers proved a teoiptation too great to be resîsted. 
At the momeot when the Natives began to assemble 
to hear the Missionaries preach, and even to erect 
bouses for the worship of God, — at this momeot 
thetr ancient enemy cornes in like a flood\ andf it is 
to be fearedy wiU drive away our Missionaries for a 
time. 80 great is the demoralizing effect of the Slave- 
trade , and so inveterate the evil habits which it gene« 
rates y that it is not improbable it may be necessary to 
withdraw wholly for the présent ^ the Society's Settle- 
ments formed beyond Ihe precincts of the Colony of 
Sierra Leone." Subséquent accounts render it proba* 
ble that this anticipation bas been actually realized. 

In addition to the facts already adduced to shovr 
the prevalence of French Slave-trade, a Letter front 
Dominica, dated 7th January 18 17, states that „in the 
month ofNovember 1816, a Portuguese Brig, the Eleo- 
nora of Lîsbon, veith 265 Africans from Gaboon, arcî- 
yed o£f St. Pierre in Martinique , and on the 25th of 
the same month landed them at Carlet, between St. 
Pierre and Fort Royal, the Brig afterwards returning 
to the former Port.'' It was also known, that 2 Ves- 
sels had been fitted ont and despatched from St. Pierre 
to the Coast of Africa for Slaves, and that at the same 
time a fast sailing Schooner was about to départ for a 
similar purpose. ,,The impunity," if is added, „which 
thèse infractions of Treaties meet witfa in the French 
. Colonies wiU no doubt increase the répétition of them 
to an unbounded degree." In a subséquent Letter, da- 
ted Dominica, 4th September 1817. it is observed, „A 
few weeks ago a large Ship arrived from the Coast of 
Africa aud landed at Martinique more than 500 Slaves ; 
they were disembarked some little distance from St. 
Pierre I and marched in by twenties.'' 

In addition to thèse instances of French Slave-trad- 
ing, I bave to state, that a Gentleman, vrho returned 
about a fortnigbt since from a voyage to the Coast of 
Africa, informed me, that vrhile he was (about 3 or 
4 months ago) in the River Gambia, 2 French Vessels 
navigatiug under the white Flag carried off openly from 
that River 350 Slaves. 

The foUowing Extract of a Letter from Cape Coast 



à Londres, relatiu. à la traite des nègres. 83 

Catde, Stb March 1817, shews that the Dutch Fudc- 1817 
tionaries in that quarter» notwithstanding the Decrces 
of their GoyerDinent, are activelj engaged in the Slave- 
trade. 9|We deem it our duty to inform you of the 
eondact of the Governor of Elniina : we are well aware 
that a partÎGular feature of the Dutch GoYernment at 
thia time is thê désire of preVenting the Slaye-trade, 
which their Représentative in this Country takes every 
opportunity of aiding and ab^tting. Portuguese Ves- 
seb are furnished with Canoës, and Spaniards supplied 
with yrater. The beginning of last month a Spanish 
Ship was 4 days at anchor in Elmina , receiying water 
aod barterîng dollars for such goods as were suited for 
the purchase of Slav-es. Tliis Vessel proceeded a short 
distance to leeward, and came to anchor oif Opam, a 
place aboat 8 miles to the eastward of Tantum, M^here 
the Master pnrchased to the number of 400 Slaves, and 
carried them ofi to the Coast: — a Spanish Schooner 
also took Slaves off from the same neîghbourhood about 
3 mcMithi ago." 

1 hâve the honour to be, etc. 
Viêcount Castlereagh , K. G» Z, Macaulat. 

No. 3. — Protocole de la Conférence entre les Plé- 
nipotentiaires des 5 Cours, du 7 Février, 1818. 

Prësens: *-— Le Baron de Hnmboldt, Lord Castle- 
reagh , le Comte de Lieven , le Marquis d'Osmond , le 
Prince Esterhazy. 

Lecture ayant été faite du Protocole de la dernière 
Confërence, Messieurs les Plénipotentiaires l'ont ap- 
proavë et signé. 

M. le Comte de Palmella s'étant rendu à l'invitation 
verbale qui, conformément à ce qui avait été convenu 
à la Conférence du 4 Février dernier, lui a été faite 
de la part de Messieurs les Plénipotentiaires, Lord 
Castlereagh lui fait communication de la Convention 
coodue entre son Gouvernement et celpi d'Espagne, le 
23 Septembre, 1817, sur labolition du Commerce de 
h Traite des Nègres, et Tinvite, de concert avec Mes» 
tkats les Plénipotentiaires ses Collègues, de vouloir 
bien joindre ses efforts aux leurs » afin d'atteindre un 
but qui intéresse autant l'humanité, et qui ne sera 
complet que lorsque Sa Majesté Très Fidelle aura adopté 
^ semblabfee mesures* 

F2 



84 Conférences des Grandes Puissances^ tenues 

# 

1817 Le Comte de PalmeDa a répondu , qu^en acceptant, 
par 8a Note du 17 Février, 1817, rinvitation qui ayait 
ëté .adressée à son Prédécesseur, pour prendre part aux 
Conférences qui avaient Heu , en conséquence de l'Ar- 
ticle Additionnel du Traité de Paris du 20 Novembre, 
1815, il avait, par ordre de sa Cour, énoncé les con- 
ditions d'après lesquelles il étoit autorisé à assister à 
ces Conférences; et qu'il ne doutait pas, d'après l'invi- 
tation nouvelle qu'il venait de recevoir de la part de 
Messieurs les Plénipotentiaires, que ces bases ne fus- 
sent acceptées , d'autant plus qu'elles étaient toutes fon- 
dées sur les principes les plus justes. 

Le Comte de Palmella a ajouté qu'il s'empresserait 
de transmettre \ sa Cour la communication du nouveau 
Tmité, qui venait d'être conclu entre les Gouvernemens 
Britannique et d'Espagne, pour l'extinction de la Traite 
' des Nègres de la part des Sujets de Sa Majesté Catho- 
lique; et que Sa Majesté Très Fidelle ne pourrait que 
voir avec une véritable satisfaction les avantages qui en 
résulteroient pour la cause de l'humanité, d'après les 
principes qu'elle professoit elle-même, que ces Plénipo- 
tentiaires avaient solennellement déclarés au Congrès de 
Vienne, et auxquels le Comte de Palmella se référait 
entièrement, ainsi qu'aux explications qui ont été don- 
nées à la même époque, pour ce qui regarde les cir- 
constances particnlières du Brésil. ^ 

Sur quoi la présente Séance a été levée. 

HUHBOLDT. ESTERIUZT. OSMONO. LiEVXV. CaSTLERXAGH. 

No. 4. — Protocole de la Conjérence entre les Plé- 
nipcftentiaires des 5 Cours, du ii Février ^ 1818. 

Présens: — Lord Castlereagh , le Gomte de Lieven, 
le Baron de Humboldt, le Marquis d'Osmond, le Prince 
Esterhazy. 

Lecture ayant été faite du Protocole de la dernière 
Conférence du 7 Février, il a été approuvé et signé. 

Le Comte de Palmella ayant déclaré, dans la Con- 
férence du 7 Février, qu'il serait prêt à recevoir et à 
transmettre à sa Cour, la communication de la Con- 
vention conclue entre la Grande-Bretagne et l'Espagne, 
en date du 23 Septembre, 1817, Messieurs les Plénipo- 
tentiaires sont convenus de la lui adresser par une Note 
qui est consignée au ^présent Protocole, sub litt. A. 



à Ifindrea, relaiiu. à la traite des nègres. 85 

Messieurs les PleDipotenliaires ne se croyent pas ap- 1817 
pelés à entrer acIueUeoient en discussion sur les con- 
ditions mentionnées dans l'OfEce de M. le Comte de 
Paloiellâ du 17 Février, 1817, auxquelles il s'est référé 
à la dernière Conférence, croyant devoir s*en rappor- 
ter, quant au principe et au but de leur démarclie ac- 
tuelle, entièrement à ce qui a été consigné aux Proto- 
coles des Conférences tenues sur cet objet au Congrès 
de Vienne, ainsi qu'à la Déclaration solennelle des Puis- 
sances en date du 8 Février, 1815, faite au dit 
Congrès. 

Sur quoi la Séance a été levée. 

HvMBOLDT. ESTKRHAZY. OsMOVO. LlEVEV, CaSTLEEKAOH. 

{Annexe A.) — Les Plénipotentiairet des S Cours, 
à M. le Comte de Palmella. 

Londres^ le \\ Février 1818. 

Les Soussignés, en suite de la communication faite 
à Monsieur le Comte de Palmella, dans la dernière Con- 
férence, en date du 7 Février de cette année, s'empres- 
sent d'avoir l'honneur de transmettre ci-inclus à son 
Excellence, le Traité conclu entre Sa Majesté Britan- 
nique et Sa Majesté Catholique, qui stipule de la part 
de PEspagne l'abolition définitive de la Traite des Noirs, 
et pr&ente ainsi un résultat bien satisfaisant de là sol- 
licitude quêteurs Cours respectives apportent a 'rem- 
plir rengagement qu'elles ont contracté par l'Article Ad- 
dionnel du Traité de Paris, du 20 Novembre, 1815. 
La réalisation entière de ce but intéressant, ne tenant 
plus qu'à la renonciation de la Cour de Portugal \ cette 
partie du Trafic des Nègres qu'elle s'est encore réservée 
an sud de l'Equateur, les Soussignés ont l'honneur d'in- 
viter Monsieur le Comte de Palmella è solliciter de ia 
Cour des Pleinpouvoirs, qui le mettent è même de tra- 
vailler de concert avec eux, aux moyens d'atteindre un 
résultat aussi désirable. 

Ils ont en même tems l'honneur d'ajouter ci-joint 
les Extraits des Protocoles des deux dernières Confé- 
rences sur cet objet, pour l'information de son Excel- 
teoee, et tfhisissent cette occasion, etc. 

Lovnr. Humboldt. Castlersagh. Osmovd. Esterhazy. 
U^ le Comte Palmella. 



86 Conférences dea Grandes Puissances, jtemtes 

1817 JVo. 5. — Protocole de la Conférence entre les Plé- 
nipotentiaires des 5 Cours, du 14 Février^ 1818. 

(Extrait). 

Pr&eDS : — Le MarquU d^OsmoncI^ Lord Castlereagh, 
le Baron de Humboldt, le Prince Esterhazy, le Comte 
de Lieven. 

Messieurs les Plénipotentiaires ayant approuva le 
Protocole de la dernière Conférence du 11 Février , il 
a été signe. 

On fait lecture de la Réponse du Comte de Palmella 
}l la Note que Messieurs les Plénipotentiaires lui ont 
adressée le 11 Février de cette Année, et elle est con- 
signée au présent Protocole, sub lit. A. 

OSMOVD. CaSTLKEKAOH HuMBOLDT. ESTXIIHAZT. LxKTKV. 

{Annexe A.) — Le Comte de Palmella aux Pléni^ 

potentiaires de 5 Cours. 

Londres^ m 1S Février^ 1818. 

Le Soussigné a reçu la Note que Messieurs les Plé- 
nipotentiaires des Cours signataires de l'Article Addi- 
tionnel du Traité de Paris du 20 Noyembre, 1815 , lui 
ont fait l'honneur de lui adresser en date d'hier. 

Il s'empressera de porter à la connoissance de sa 
Cour, le Traité conclu entre Sa Majesté Britannique et 
Sa Majesté Catholique , dont leurs Excellences ont bien 
voulu lui faire la communication officielle, ainsi que 
les Extraits des Protocoles de leurs 2 dernières Confé- 
rences sur cet objet. 

Le Soussigné se trouTant déjà actuellement muni 
des Plein-pouvoirs et des Instructions nécessaires pour 
assister aux Conférences de leurs Excellences, et pour 
y discuter, de concert avec elles, les moyens d'atteindre 
le but désirable dont il s'agit, ne se croit pas dans le 
cas de devoir demander de nouveaux Plein-pouvoirs, à 
«^ moins que la question ne change absolument de nature 
par le refus (auquel le Soussigné ne peut s'attendre de 
la part de Messieuts les Plénipotentiaires) d'admettre les 
principes énoncés dans la première Note qu'il a eu l'hon- 
neur de leur adresser. Lorsque leurs Excellences se 
croiront appelées à entrer en discussion sur ces prin- 
cipes, elles verront qu'ils découlent tpus évidemment 
et immédiatement de la' Déclaration du Congrès de 
Vienne du 8 Février, 1815, et du Traité conclu entre 



o Londres, relatip. à la traite des nègres. SJ 

SaMaîeslë Très FideUe et 3a Majesté Britannique, à 1818 
l'époque du joiéoie Congrès , pour rextioction de la 
Traite au nord de l'Equateur. 

Le Soussigné profite de cette occasion , etc. 

Le Comte de FauikliiA. 

jim MM. les Plénipotentiaires des 5 Cours. 



12. 

Actes et conférences au Congrès 
d'AiX" la- Chapelle , concernant la 
Traite des ]\ègres. 24 Octobre — 

19 Novembre 1818. 

(Communication faite au Parlement d'Angleterre.) 

f^iscount Castlereagh to Earl Bathurst. 

Mj Lord, jiiX'Ja'Chapelle, 2d Nouember, 1818. 
In the Conférence of the 24th October, I opened 
to the Plenipotenfiaries the existiag state of the Trade 
in Slayes, and the progress made bj the Flenipotentia- 
rtes in Ijondon in proposîng further measures for ac- 
complishing its final abolition. 

As the further examination of this question required 
that the Ministers should bave dme to peruse the yo- 
laminous Documents connected wilh it, I gave notice 
tbat I should , on a futuc^ . day, submit to them 2 Pro- 
positions; >'r . 

The Ist, for addr«ssing a direct Appeal on the part 
of the 5 Courts to the King of Portugal, founded upon 
tbe Déclaration made in His Majesty's name by his 
Plenipotentiary at Vienna, and urgiog His Majesty to 
giye effect to that Déclaration at the period fixed by 
Spain for final abolition , viz. on the 20th May 1820. 

The 2d would be, that the Powers there represented 
sboold accept the principle of a qualified right of mu« 
tuai risit , as adopted by the Courts of Great Britain, 
Spain, Portugal and The Netherlands, and should apply 
the same to the case of their respective Flags, as cir- 
caoMtances migbt point out. 

It waa impossible not to perceive , in the short dis* 
CQSston wbich ensued , that there vras considérable he« 



88 Conférences au Congrès d^Aix^la-^Ctiapellêy 

1818 sitatioa , especlally in tbe French Plenipotentiarjr , vrif h 
regard to the principle of the latter measiire. Uoder 
thèse cîrcumstanceSy I thoiight h better to avoid a pro- 
longation of the conversation. I bad an intetyiew wilh 
the Duke de Richelieu on the following day, for tbe 
purpose ol urgîng bis Excellencj to a more favourable 
view of this important question. Thîs led to a verj 
full examitiation of the measure in ail its bearings; and 
though I cannot say tbat I sncceeded in shakin'g his 
Grace's opinion, 1 flatter mjself I reduced the weigbt 
and number of bis objections; and that I brought his 
mind to feel thé extrême inconvenience , as well aa 
moral objection, to leaving the question Mrhere it is* 

It is due to the Duke de Richelieu that I should 
State, that 1 bave found his Excellency uniformly an- 
xious to render the measures of his own Goyemment 
effectuai to its object; and that be bas been cordiallj 
dîsposed to receîve and follow up everjr information 
which I bave laid before him concerning the màl-prac« 
tices of tbe Subjects of France in tbis traffic; but he 
seems, as yet, under great appréhension of the effeci 
in France of any concession of the nature above sug- 
* gested. 

Tbe Duke, bowever, gave me eyery assurance of 
its being fully considered; and as a means of doing 80> 
bis ExcellQncy desired me to furnish him with a Mé- 
morandum, stating the substance of those explanations 
which 1 had given him of the question. I now bave 
to transmit to your Lor^hî^ a Copy of tbis Paper, 
and to assure you, that I shall lose no opportunity, in 
cnnjunctîon vrith the Duke of Wellington, of foUowiog 
up with zeal and persévérance tbis important part of 
my Instructions. 

I bave the honour,. etc. 
Earl Bathurst, K. G. Castlkrxagh. 

(Enclosurei.) — Protocole de la Conférence entre 
les Plénipqtentiairea des 5 Cours. — jUx^la^Cfia-' 

pelle,, le 24 Octobre^ 1818. 

Lord Castlereagh a fait part îi la Conférence des 
résultats obtenus jusqu'ici par les mesures adoptées pour 
l'abolition générale de la Traite des Nègres, et de l'état 
actuel des choses par rapport à cette question intéres- 



xiànàern» la iraiie thê nègres, 89 

unie 9 m ^lEiigaànr entre la Traite licite et la Traite 1818 
illidte. 

Son Eiccelletice a ôb&ervtf , que depuis la Conven- 
tion du 23 Septembre^ 1817^ par laquelle l^spagne a 
ixé l'Année 1820 pûu^ terme final de ce trafic, le Por- 
tugal éioit la seule Puissance qui n^ se f&t pas expli^ 
quée sur l'ëpoqde de Tab'olitioti^définitiTe. 

Lord Castlereagh jsl ajput^ qi^^e tant qu^il j a voit un 
£tat, dont les Lois i^ulôriserpieot la , Traite, ne f&t-ce 
que partiellement ', et . ujd Pavillon giii pût la protéger, 
il ne'seroit guères pôj^i^le d^^empécher la continuation 
de ce commerce pair les voles de la contrebande , .dont 
Paccroissement avoiti éli tfîs çonisidérable dans, les def- 
nierea années, et que lors même, que la Traite des 
Nègres serqit défendue par les Lois de tous les Pays 
civîiiséis, une surveillairpe ^!^^ ^^ permanente, pour- 
roil seule garantir Pexécution ae ces Lois. 

A la suite dé cet e^cpoéé*, Lord Castlereagh a com- 
Diuniqné plusieuré • Pièces relatives à la question, en se 
référant aux .d'étaib déjè soumis aux .Ministres réunis 
à Loadres. 11 a en même lenss développa ses idées; 
1^1 sur le moyen de poursuivre l'application du prin- 
cipe de Pabolition légale de la^ITraite; i2^p sur les mos- 
yeos d'assurer l'exécution des Lois et Conventions qui 
s'y rapportent •< •^ , , 

Rdativemenl au premier objet, 'Lord Casilereagb a 
proposé de convenir d'une démarche tis-ài>vis de la 
Cour de Rio de Janeiro , -povhr FeiVgager à s'expliquer 
le plutdt possible sur le terme qu'elle comptoit fixer 
pour l'abolition finale de la Traife; 

Relativement au second objet, son Excellence pro- 
pose d'adopter généralement, et dans une forme obli- 
gatoire , les Ji^esures arrêtées par, les derniers Traités 
entre la Grande-Bretagne, l'Espagne', le Portugal et le 
Royaome des Pays-Bas. ^''' 

Ces propositions ont' été pris ad référendum , et 
on est convenu de reprendre la délibération dans une 
Séance prochaine. 

MrmaincH. Richklibv* Castlvhsaoh. HAnnKVBERo* 
BEBSSTOiunr* NassuacDE»' Catodistrias. 



90 Conférenùea au C&ngràs d!Ai9>4a^ChapeUej 

1^18 {Eadomrc 2.) '*- V^iscoimt Casiler^agktQ pf^ Duke 

de Richelieu, 

Lord Castlereagh bas'the nonoûr .to^ enclose to,,the 
Duke de Richelieu, tbe Mémorandum vhich be yêalerday 
promised îo submit to bis ExceAency'a. considération* 

Lord Castlereagh.i^ill ba ..inQ$t ^baii^PK tp repljr, 
vrithout loss of time, to anj queries wbich.the Duke 
de Richelieu y ifrijl baÎTè ibe'goodbess to put td.bim ou 
this êubject; or to procure. f6*r^ 'Kis Ejdcetlency âny in- 
formation wbicU'^inay ^ppbfi^'tô hitn ifiàferiàl,^ and 
whîck Lord Qistlereagh in'a.7''ïiot ,bave tbe means of im* 
mediately bimself suppt;|rihgf ' , . ; * 

Lôi'd Caçtlereagh rechiesti^ tbre Duke de Richêïièu to 
accept, etc. , : , ' '. , 

l^AStLZIUEAQH. 

B. F: The Duhe de Rich^Uèu. 



< . a . I 



{Enclomre 3.) — Mémorandum of the Britieh Go^ 

i^er/wnw^. — iM (A.) . ■' : 
' FirsU — Righi of Vidt. 
' None of <tbe d' Conrentions signed by Great Brtiain 
^hb Spaîn, 'Portugal, and HoAand, gives tbi^ rigîit to 
K{Ag*s SbipS) Sndistoinlînately, lù ail it i» oonfined to 
'King's Sbips bairing > tbe expr<esê instructions and 
authority^ as specified in tbe Treaty. < 

The ^rotisiAnis,; in ail cases, reciprocal; but tbe 
Treaty wiCb The Netberlands restricts the exercise of 
tbis right to a specified mimber of Skips of eacb Fower^ 
Dot exceeding 12 in tbe wbole. Eacb Power, as soon 
as it grants thèse Instructions to aoy of its Sbips «of* 
Warj. 18 bound to notify tp thé other the name of tbe 
Vessel so authorized to tislt. 

r 

Second. — ^ Right oj Détention^ • 

No visit or détention can take place, except by a 
Commissioned Officer baving the Instructions aboyé re- 
ferred to , as bis spécial autbority for tbe same ; nor 
can be detain laùd carry into Port any Vesstjl so visited, 
except on tbe single and simple fact* of Slaves jound 
on ooard. There is a iaying Clause to distioguish 
Domestic Slaves, acting as Servants or Sailors, frotn 
those stictly appertaining to the traffic. The Powers 



• . concern, la traite des nègres. 91 

_ • 

motually engage to maké the OCEcer personally reapon- 1818 
sîble for anj abusive exercise of authortty, indepen- 
dent of the pecuniary iDdemnity to be paid, as hereaf- 
ter 8tated> to the Owoer, for tbe improper détention 
of hia Yesêei. 

TTiirdn — jfdjudication» 

The YÎsiting Officer findîng^ Slaves on board, as he 
conceÎTeSy contrary to Law, niây carry tbe Vessel into 
wUchever of the 2 Ports is the nearest, vrhere tbe 
Mixed Commission belonging to the captnring and captu- 
red Vessels shall réside ; but by doing so ^ be not only 
renders himself personally responsible to hb ovirn Go- 
vernment for the discrétion of tbe act, but he alfo ma- 
ket bis Government answerable to the Government of 
the State to whom the Vessel so detaîned belongs^ for 
tbe fuli compensation, in pecuniary damage, vrhich the 
Mixed Commission may award td the Ovrners for the , 
détention, if unjustifiably made. 

The Mixed Commission bas no jurisdiction of a cri- 
minal character, and consequently can neîtber detain 
nor pîinish the Fersons found on board Ships so de- 
tained, for any offences they may, by sucfa Slave-trad- 
iog, bave commîtted against tbe Laws of their parti- 
cular State. The Mixed* Commission bas no other au- 
thonty, than summarily to décide, whetber the Ship 
bas been properly detained , or not , for having Slaves 
illîdtly on board. If this is decided in the affirmative, 
the Ship, and cargo (if aoy on board) are forfeited, 
the proceeds to be equally divided between the tivo 
Slaves; the Slaves to be provided for by th StatQ in 
whose Territory the condemnation takes place. 

If the Mixed Commission orders the Vessel to be 
rdeesed, it is required at the same moment to àvrard 
sech pecuniary compensation to tbe Owners for tfae 
détention as appears to them reasonable. 

A Table of Demurrage is given in the Treaties, and 
d»e Goveronient of the detaining Officer is bouiid to 
diacharge the Sum so awarded , vr ithout appeal, within 
12 montbe. 

The Mixed Commission is composed of a Commis- 
Miy Jodge , and a Commissary Ârbitrator of each Na- 
tîoo, as was provided tn the Convention signed be- 



t 

92 Conférences au Oongrè:s cPJlix^la^ChapeUej 

I8I8tween Great Britain and France in 1815 , for ad|udi- 
catiog tbe ptivate claima. 

Fourth. — Sphère of Opération. 

In^the Çpanîsh and Fortuguese Conventions, tbere is 
no otber restriction as to the liniits within which de* 
tentîon, as above, may Iake place, tban wbat arose 
naturalij ont of the state of tbe Laws^ vis* — Tbat 
80 long as eitber Power m.igbt l^twflilly trade in Slaves 
to the aouth of the Equator, no détention sbould take 
place witbîn those limits. s 

In the Convention witb Holland, a liue is drawn 
frooi the Straits of Gibraltar to a point in Tbe United 
States I so as to except ont of the opération of the 
Convention what may be called tbe European Seas. 

In ail the 3 Conventions, the v^bole range of voyage, 
from tbe coast of Africa to tbe opposite shores of both 
AmericaSy including tbe West Indies, is subjected to tbe 
regulàted surveillance tbus establisbed. 

Obserpations, 

Upon the Ist head , it does not occur tbat any 
fiirtber restrictions tban those provided in the Nether- ' 
lands' Convention, can be required. But tbis is alwaya 
open to negotiation. 

Tbe same observation appears applicable to tbe 2nd 
liead. 

Tbe same observation applies also to the 3rd head, 
vrilh tbîs distinction: tbat a State, such as Aiistri^ for 
exemple, agreeîng to the measure, but having little or 
no «trade on tbat coast, instead of immediately goiog 
to tbe expence of constîtuting Commissions, niight re- 
serve tbe power of doiog so whenever she thougbt fit ; 
or mtght be enabled, if she sbould prefer it, to autho* 
rîze the Commissioners of any otber State to take co- 
gnizance in ber name, of any cases in which tbe pro- 
perty of Austrian Subjects might be concerned, 

The 4th head seems most susceptible of comment, 
as it admits the possibility of search over the yrhole 
surface of tbe Atlantic, and in the West Indian Seas, 
v^bere tbe trading Vessels of commercial States are 
more numerous tban on the Coast of Africa. 

Great Britain was herself so fu^ly satisfied, tbat 



concern. la traite des néfgres. 93 

under Ibe cbecks eêtabGshed , abuse is so Utile to be 1818 
presnoed, that ebe dîd uot besitate to expose faer own 
comiDCffee ior tbose seas, however extended, to this, as 
fbe coDceives, imaglnary inconvenience ; considerîng that 
so urgent a claiai upon her huilianity would not only 
{usiirjr, but impose upon ber as a moral duty, even a 
greater sacrifice. 

But notwiifastandiog what Great Britain bas alreadj 
doue 9 in ber Treaties wilb tbe 3 Powers with whom 
she bas éontracted, and is ready to do witli ail other 
eivilised States, -^ nainely, .to ruti some risk of in« 
convenience for so noble a purpose; there is a dislîn* 
clion wbicb may reasonably be taken between giviog 
effect to tbis System upon the Coast of Afrîca, and foc 
a certain distance , say 200 leagues from that particular 
Coast, and tbe extending the same over tbe eotire of 
tbe Atlantic and West Indian Seas, Tbe latter, as the 
most effectuai measure, Great Britain bas preferred, 
witb whatever of inconvenience it may be connected 
in ils opération ; but she ^would not be the less disposed 
to altacb ^alue to the more limited application of tbe 
priodple. 

It may be stated , tbat so long as tbe Laws of any 
one State shall permit a trade in Slaves, or that any 
Flag sball extst in the World whicb is not compreben- 
ded in tbis System of maritime Police against the con* 
trahand .Slave -trader, the evil v^ill continue to exîst. 
This reasonin^, altbougb plausible, sbould not discou* 
F^e a common effort against the abuses committed, and 
upon close examination it will be found fallacious. 

Ist. The whole of the African Coast, north of tbe 
Lise, is, at tbis moment, emancipated from tbe trafficy 
fay the Laws of ail States having Colonies. 

2dly. By the 20tb May, 1820, no Flag of any 
soefa State will be enabld legally to carry on the traffic, 
aoy where to the north of the Line on either side of 
tlie Atlantic'; nor any Flag, other than the Portuguese, 
be autfaorized so to trade, south of the line. 

Supposing, for a moment, that Portugal sbould not 
aboHsb to tbe soutb of the Line, till the expiration of 
the 8 years complète , from the Déclaration of Vienne, 
rà. 1823, wbat an immense sphère, nevertheless , of 
nlutary opération , would not tbis conservative alliance 
luve in tbe interval? 



94 Conférences au Congrès d'Aix-Ja^Chapelle, 

1818 The other braoch of tlie objection iê not more solid ; 
it 18 true, thaï the .Ship and Flag of the smallest Power 
mîghty in légal Iheory^ coTer thèse transactions; but 
vrhere the property is not belongtng to a Subject of 
that Power y but of a State that bas abolished, the Flag 
of that Power, so used in fraad y would be no cover, 
and the property thus masked would be condemned, 
whilst the Sovereign, whose Flag was thus prostituted, 
neither could nor would complain. 

But so long as any of the great Powers, such as 
France I having a considérable extent of commerce on 
those coasts, shall refuse to adopt the System, not only 
their example will discourage other States, whose ioter- 
est is merely nominal, from taking a part, but it will 
furnish the ilHcit Slave -trader with a Flag, not only 
so rouch to be respected in itself, but so presumably to 
be found on the Coast for purposes of innocent corn* 
merce , that no Commissioned Officer will run the risk 
of looking into such a Vessel, at the hazard of înTol* 
ving himself and bis Goyernment in a question with a 
foreîgn Power. The practical as well as the moral 
effects of the principal maritime States making common 
cause upon this subject is incalculable. In fact it must 
be décisive: without it, their Flags must be made the 
instrument of reciprocally withdrawing the Subject 
from the authority of the Sovereign, when committing 
this offence. 

This latter point will appear clear, when we consi- 
der the working of the System iinder the 2 alternatives. 
If ail the great maritime States adopt the priociple, 
their Croizers fora but oneSquadron against the illicit 
Slave -traders, and none of their Flags can be made 
, to cover the frauduleot transaction ; the immédiate effect 
o| which would be considerably to multiply the num« 
ber of the Cruizers, sonsequently the change of captu- 
res, whilst it would reduce the number of the Flags 
which the illicit Slave -traders could assume. Whereasy 
if France acts alone, the danger to the French illtcit 
trade is reduced to the chance of what her own Crui- 
zers may be enabled to effect along the immensity of 
that coast; and even when a French armed Ship falls 
in with a French Slave - trader» by hoisting English, 
Spanishi Portuguese, or Dutch colonrs, the French 
OfGcer, supposing him anxious to do bis duty, willbe 



concern. la traite des nègres. 95 

verj caotious in hazarding a Yinit^ wbere there 18 so 1818 
reasoaable a presamptiûii that the Vessel may be what 
the Flag announces. 

But take the other supposition, — that ail the prin« 
cîpal maritime Powers shall act in concert, and that the 
Vessd auspected of having Slaresoa board, hoiets the 
Flag of some other State, — ^ suppose the Hanseatic 
Flag; the presumption is so conclusive against a Ham- 
burg Vessel trading in Slaves, on her own account, 
tbat no Officer would hesitate I0 search the Vessel in 
order to detect the frand. 

It may be further coofidentljr assertedy that if the 
Powers haTiog a real and local interest, corne to an 
understanding and act together, the other States wili 
cbeerfully come into the measure, so far as not to 
suffer Iheir Flags to be so nionstrously perverled and 
abused. The accession of France is aboyé ail others 
important y both from its station in Europe, and from 
its Possessions in Âfrica ; its séparation froin the coni- 
mon eifort, more especially if imitated by Russia, Au- 
stria, and Prussia, will not only disappoint ail the 
hopes which the World bas been taught to fonn, with 
respect to the labours of the Conférence established in 
LfOndoo under the Illd Additional Article of the Treaty 
of NoYember, 1815, but will introduce schism and 
mormur into the ranks of the friends of Abolition. 
The States haying abolished, will no longer form one 
compact and unanimous Body, labouring to affiliate the 
State irrhich bas yet to abolish, to a common System, 
aod to render their own acts efficacious; but they wilI 
compose 2 sects, one of States, that haye made the 
possible inconyenience of a restricted yisit of their mer« 
chant Ships^ bend to the greater claims of humanity, 
— the other, of States; considering the former ob- 
jection as so far paramount, as not to admit of any 
qualification, eyen for the indisputable advantage of a 
cause, to the importance of whîch they hâve at Vienne 
gîfen a not less solemn sanction. This must materially 
têtard the ultimate success of the measure, and it may 
ia ihe interyal keep aliye an inconvénient degree of 
(OBtroyersy and agitation, upon a subject which has 
cootributed above ail others seriously to excite the 
Boral and religioas sentiments of ail Nations , but espe- 



96 ConJéreneêS au Congrès â'^ix^kh-Chapel/e, 

1818 cially oF the BriHsh People, by wfaom tbe question ha» 
long been rcgarded as <m9 of ihe deapest iuterest. 

No. 10. — F'isfiount Caatlereagh *to Earl Balhurst» 

Aix 'la-Chapelle ^ 12ih Novemhèr^ 1818 

I bave tbe bonour to. enclose' 16 yoiir Lordsbip tbe 
Protocol of tbe* Conférence of tbe 4tli- instant. 

TbiSi Protocol détails the furlber proceedtngs upon 
tbe Slave-trade, and bas annexed loit the Mémoran- 
dum drawn up by me on the same subject, whîcb was 
commanicated to your Lof*d8bîp in my Despatch of tbe 
2d instant. I bave, etc. 

Earl Bathursi, K, 6. Castli:reagh. 

(JEnclosure). — Protocole de la Conférence entre les 
Plénipotentiaires des 5 Cours. — Aix~la^Ghapelle^ 

le 4 Novembre^ 1818. 

A la suite des Communications faites à la Confé- 
rence le 24 Octobre, Lord Castlereagh a développé 
aujourd'hui ses propositions relatives à TAboUtion de 
la Traite des Nègres, propositions dont le but est, d'un 
cOtë de compléter et; d'étendre les mesures adoptés jus- 
qu'ici pour parvenir à l'extinction définitive de ce com- 
merce , et de l'autre côté d'assurer Texécution et Teffi-» 
, cacité de ces mesures. Quant au premier objet , Lord 
Castlereagh* a proposé, qu'il soit faite une démarche 
auprès de Sa Majesté le Roi de Portugal et du Brésil, 
moyennant une Lettre rédigée au nom des Souverains, 
dans les termes les plus pressens, et en même temps 
les plus affectueux, pour engager Sa Majesté Très Fi- 
dèle, en lui rappellant la part qu'elle a eu à la' Dé- 
• claration de Vienne du 8 Février, 1815, à fixer sans 

Îlus de délai l'époque de TAbolition définitive de la 
raite dans la totalité de ses Possessions, époque qui, 
d'après les eng.igemens pris par les Plénipotentiaires de 
Sa dite Majesté à Vienne, et consigné au Protocole dtt 
20 Novembre, 18 15, ne pourroit outrepasser Tannée 
1823; mais que les Souverains Alliés désireroient dans 
l'intérêt de cette grande cause, voir coïncider avec celle 
que Sa Majesté le Roi d'Espagne avoit adoptée, eu 
fixant au 30 Mai, 1820, le terme final de la Traite: 
cette proposition a été reçue à l'unanimité. 

Lord Castlereagh, en portant l'attention de la Con- 



concern. h iraiie des nègres. 97 

tirence \ la D^hrallon de Meaiteura les Plëoipoten- 1818 
tîaires de Sa Majesté Très Fidèle émise \ Vienne , le 
6 Férrier, 1815| ,,qu'ils éioient forcés d'exiger, comme 
une condition indispensable pour TAbolilion finale, que 
Sa Ma>esté Britannique se prélat de son cdté aux chan- 
gemens quUls a voient proposés dans le système commer-* 
cial entre le Portugal et la Grande-Bretagne;'' a re« 
Douvelé l'assurance que Sa Majesté le Roi de la Grande- 
Bretagne était prête à accéder à toutes les modifications 
raisonnables, que Ton proposeroit aux Traités actuels 
de Commerce avec le Portugal;, — assurance qu'il avoit 
donnée à plusieurs reprises au Ministre de Portugal à 
Lon&«s« Lord Castlereagh a surtout désiré de faire 
remarquer 2i la Conférence l'expression j^modiflcaHons 
raisonnables^ dont il s'étoit servi, parcequ'il ne, sau^ 
Toit supposer , que le Ministère Portugais eût Finten* 
tton d'exiger, de la part d'une seule Puissance, des sa*> 
crlfices qu'un Etat ne peut guères attendre d'un autre» 
comme conditions indispensables d'une mesure générale, 
n'ayant pour but que le bien de l'humanité* 

Quant au second objet. Lord Castlereagh a commu- 
niqué uo Mémorandum (A.) renfermant des éciaircisse* 
mens sur les Traités conclus en 1817 entre la Grande- 
Bretagne, l'Espagne et le Portugal , et le Royaume des 
Pays Bas, établissant le droit de «isite contre les Vais- 
seaux évidemment suspects de se livrer à la Traite, en 
contravention directe des Loix déjà existantes, ou à 
porter plus tard par les diiTérens Etats. Persuadé qu'- 
après les explications dopnées, et les modifications pro- 
posées dans le dit Mémorandum, une mesure pareille 
pourroît être adoptée sans aucun inconvénient grave. 
Lord Castlereagh a invité Messieurs les Plénipotentiai- 
res de s'en occuper dans le sens le plus favorable au 
succès de l'Abolition, et à l'accepter, ou si non, à y 
substituer au moins quelque Contre-projet , propre à 
prévenir efficacement l'abus que le commerce clande- 
stin oe manquerait pas de faire, du Pavillon des Puis- 
sances qui repugneroient à concourir à la, susdite mesure 
générale. Le Mémorandum de Lord Castlereagh a été 
consigné au Protocole, sub Lit. A. 

Lord Castlereagh a ajouté à ces propositions que se- 
lon l'avis de plusieurs Personnes, dont lautorité était 
i'na grand poids dans cette question, il serait utile et 
peul-élre nécessaire , de considérer la Traite sous le 

5(wr. SupfMém. Tom. IIL G 



98 Conférences au Congrès d'Aix^^^Or* Chapelle, 

1816 point de vue d'un crime contre le droit dee gens» et de 
i'Asaimiler à cet effet à la Piraterie , dès que y par ' l'ac- 
cession du Portugal, rAbolition de -ce trafic seroit de- 
venue une mesure ImiTerselle. Il a prie Messieurs les 
Plënîpotentîairies de preudre cet avk en considération., 
sans en faire pour le moment l'objet d'une ptoposilioa 
formelle. 

M&TTKKiriCH. RieBELIEU. CaSTC1:1^EAOH« WELtnfÔfOtf. 
HaRDEJIIIEAO. BeRNSTORFF. NESSELRODE4 CArODISTHlAS. 

Vùcqunt Castlereagh to Earl BathurH* 

(Extradé) Aix-la-Chapelle^ 25rd November, 18! 8. 

I hâve thé 'honour to transmit to ydur Lordship the 
Votes of the Russian , French , Austrian and Prussian 
Plenipoteotiaries , upon the 2 Propositions which wére 
brought forvfard hy the British Plenlpotenliaries, end 
earnestly pressed upon their aUentioâ, as stated in the 
Protocol of Ihe 24th ultimo. 

The resnlt of thèse Votes beîng lextremely * discour- 
agîng to our hopes , it was determined to review the 
ob|ections brought forward to the ineasure of mutually 
concediug the Rîght of Visit y especialiy by the Pleni- 
potentiàry' of France. 

After prdsenting this review to the considération of 
the Conférence 9 in ihe Mémorandum B.' (ot- vehich a 
Copy is ènclosed); and in an audience with iwhich I 
v^as honoured by the Emperor of Russia, I took octsa* 
sion to represent to Hîs Impérial Majesty , in the strong* 
est terms, the necessity of taking some efTective nîeasure 
^î this nature , without delay, and wïthout "«vaitiog for 
fhe Decree of final Abolition on llie part of Portugal. 

His Impérial Majesty listened with his accustotned 
ibterest'to ttiy représentations on this subject, and pro« 
mised me to give directions to his Ministers, to pro^ 
pose that the considération of the question should be 
re-opened in London , under fresh Instructions, 

The modification which hâve finally urged ùt this 
measure , and , I trust vrith considenable; hope of sUc-> 
cess, is, that, in addition to the limitation of the rigfat 
of visit to the Coast of Africa, and to a spécifie num^ 
ber of Ships of each Power, the duration of the Con- 
vention should be for a limited number of years-^say 
7; — at the end of which period, the se veral Pokers 
would again kave it in their povrer to review their de*? 



concern. la traite des nègres* 99 

• 

ciiioa, aAer «orne expérience of Jts convenience or in- 1848 
conTeDieDCCi of ite efficacj to the object, and for the 
necesskjr of its being-renewed, regard being liad to the 
tben 5late of the ilHcit Slave-trade. Tbis arrangement 
would suCBciently meet our most pressing wants, whilst 
Il would go les8 permanently to disturb tbe acknovr- 
lejged principles of Maritime Lawy as regulatiog the 
Rigfat of Viait. Bj the aid of this latter expédient , I 
flatter mjself tbat I ha?e made a considérable impres* 
ttOD in remoying tbe strong répugnance wbich was at 
fini fell to the measure* 

A Projet of tbe Lettérs to be ^ddressed by the 80* 
rcreigns to theKîng of Portugal oti this lubject, ié aUo 
forwarded *in tbis Dêspatch-^ and I liave to reqUest, 
Ibat your Lordship wtU reçoive the Prince Regent's 
pleasure, as to makîng a similar appeal to Hîa Most • 
Falthral Ms}esty on His Royal Hîghness's part, taking 
roeasurei for forwarding the whole to the Braziis^ by 
the fint Packet 
Earl Bathurst, K. G* Castx.krkaoh. 

[Enclosure 1.) — Opinion du Cabinet de Russie, 
sur la Traite de Nègres. 

jlix^la^Càapelle^ le 7 Novembre^ Ifilg. 

Le Cabinet de Russie a mis sous les yeux de r£m- 
pereur, et pris d'après ses ordres en mûre considéra- 
tion, les diverses Communications fjaites aux Confëren- 
cei d'Aix-la-Chapelle par les Plénipotentiaires de Sa 
Haiefté Britannique, an sujet de la Traite des Nègres. 

11 n'est point de question à laquelle Sa Majesté Im- 
périale prenne un plus vif intérêt, et dont elle ait plus à 
coeur de voir la décision répondre à la fois aux commande^» 
B)(Ds de la Religion Chrétienne , au voeu de Thuma- 
ui4 et aux droits et convenances soigneusement mena- 
ça de toutes les Puissances appelées à prendre part li 
loeuvre. 

Si Ton ne peut se dissimuler que des mesures dans 
bqaelles se trouvent réunies ces conditions indispensa- 
ble!, ne sont point sans difficulté, Sa Majesté Impériale 
^ plait toutefois ^ espérer , que les obstacles ne seront 
pat iosurmontables: Elle n'a pu que donner une pleine 
et entière adhésion îi Vidée proposée par le Cabinet 
^nUnnicpe, d\ine démarche amicale adressée à la Cour 
'u BrésU, pour l'engager \ mettre un terme final et 

G2 



100 Conférences au Congrès dfAix^la^ClMpelle, 

1818 «ris rapproche, à la facullë qu'elle s'est rëserv^, d'exer- 
cer la Traite. La force des motifs sur lesquels s'appuye 
le voeu des Puissances Alliëes, et celle de Texeinple 
qu'elles ont d^jà donne, suffira » sans doute y pour in* 
fiuer sur la dëiermination , d'ailleurs parfaitement libre, 
que le Portugal est appelë h. prendre. Le Cabinet de 
Russie s'est empresse de rédiger, d'après l'invitation qui 
lui a été faite par les Plénipotentiaires Britanniques, le 
Projet de la Lettre qui pourroit être adressée dans ce 
sens au 'Roi de Portugal. Ce Projet se trouve joint-icî. 

C'est avec satisfaction que Ton envisage la réussite 
probable de cette démarché, dont le succès complétera 
pafr lé fait, l'accession de tous les Etats Chrétiens k 
l'Abolition entière et à perpétuité de la Trtfite. 

Ce n*est que lorsque cette Abolition aura été ainsi 
formellement prononcée pourtant et sans nulle réserve» 
que les Puissances pourront promulguer à son sujet, 
sans être démenties par des exceptions fâcheuses et con- 
tradictoires, le principe général qui caractérisera la 
Traite» et la placera au rang des afttentats les plus. gravés* 

Alors et prenant ce principe pour base, pourront 
être pratiquées les mesures qui 4ui serviront d'applica- 
tion. Le Cabinet de Sa Majesté Britannique a fait cou- 
noitre celles par lesquelles il a déjà commencé à don- 
ner suite au principe de l'Abolition, cl'est à dire, les 
Conventions avec le Portugal, l'Espagne, et les Pays Bas. 

Il propose en outre de généraliser parmi les Puis- 
sances Maritimes l'adoption des règlemens établis par 
ces 3 Conventions, et plus particulièrement de statuer 
eti principe général le droit réciproque de visite à exer- 
cer par les Croiseurs respectifs. 

Le Cabinet de Russie, en rendant hommage aux 
intentions qui ont présidé 2i ces dispositions, arrêtées 
^ entre le Gouvernement Britannique et celui des 3 Cours 
susmentionnées, et en appréciant toute leur efficacité, 
dans la supposition que ces mesures fussent universel- 
lement adoptées, n'auroit à. former qu'un voeu: ce se- 
roit de pouvoir se convaincre que lès convenances par- 
ticulières et de la première importance, que chacun 
des Etats Maritimes est dans le cas de consulter , ne 
s'opposeront pas à ce qu'elles obtiennent une adhésion 
générale.. Car autant il est vrai que rétablissement 
universel du droit de visite récipro(|ue , contribueroit à 
faire atteindre ce but; jutant il est également inconte- 



concern. la traite des nègres. ]01 

stable que le concert des mesures en question devient 1818 
illwoire, pour peu qu'un seul Etat Maritime, de quel- 
que cathégorie que ce soit , se trouve dans Timpossibi^ 
lité d'j adhérer» C'est donc à produire ce consenter 
neot universel et sans exception , que devroient tendre 
In efforts des Puissances Âlliëes, si, parvenues à. s'ac- 
corder entr'elles sur le principe du droit de visite , el* 
les pouYoieot présumer d'obtenir la libre adhésion de 
toutes les autres, à cette base qu'elles auroient dëler- 
mio^e. C'est avec regret que le Ministère de Sa Maje- 
siH^Empereur de Russie se voit dans riinpossibîlitë de 
prévoir une accession aussi unanime. Il lui paroit hors 
<ie doute ) qu'il existe des Etals qu'aucune considération 
ne pourra décider à soumettre leur navigation à un 
principe nouveau d'une aussi haute importance. Dès « 
lors on ne peut se dissimuler, que ce n*est point dans 
ce principe qu'il paroit possible de chercher la résolu- 
tion de la difficulté. 

On s'est demandé s'il ne pourroi^ être proposé quel- 
qu'aatre mode également sûr dans ses effets, et dont 
oo pût prévoir plus aisément l'admission générale de 
U part de tous les Etats. 

Sans préjuger sur les résultats que pourront avoir 
In ouvertures du Cabinet Britannique , on expose ici, 
pour le cas où elles ne seroient pas admises , sans ex- 
ception \ regard du droit de Visite, un mode, qui 
;<ut-étre obtiendra le . suffrage des Etats non moins 
sincèrement pénétrés du désir d^accomplir un* saint de- 
voir., en mettant fin aux horreurs de la Traite. Ce 
-'"^oyen consisteroit dans une dissociation spéciale entre 
m les Etats, ayant pour but la destruction du Trafic 
•2î Noirs. Elle prononceroit , comme principe fonda- 
-eoial et servant de lien, la Loi qui caractériseroit ce 
n«aiidage, odieux en le qualifiant de Piraterie, et eu 
' rendant punissable comme tel. 11 paroit évident 
;^e la promulgation en commun d'une Loi semblable 
*• sauroit avoir lieu, avant que l'Abolition ne f&t 
tiTersellenient prononcée, c'est à dire, avant que le 
^rtiigal n'eût renoncé en tout et partout à la Traite. 

L^exëcutîon de la Loi seroit confiée a une Institu- 
vû dont le siège seroit dans un point central des Cu- 
') d'Afrique, et à la formation de laquelle tous les, 

Us Chrétiens prendroient part. Déclarée neutre ii 
^tutt^y étrangère à tous les inlécéis politiques lu- 



•> 



102 Conférences au Congrès d^Aix-la^Chapeue, 

1818 eaux 9 ainsi que rallîaiice fraternelle et Chrétienne dont 
elle aeroit une manifestation pratique, cette institution 
poursuiyroit le seul but de maintenir strictement l'éxe- 
cution de la Loi. Elle consisterait en une Force Mari- 
time composée d'un uombre suffisant de Vaisseaux de 
Guerre appropries à la destination qui leur seroit as- 
signée; en un pouvoir judiciaire qui jugeroit tous les 
dëiits en matière de Traite, suivant uAe législation éta- 
blie \ ce sujet par une Loi Commune, en un Conseil 
Suprême» en qui résiderait l'autorité de l'institution, 
qui régleroit les opérations de la Force Maritime, re- 
viseroit les Sentences du Tribunal, les feroit exécuter, 
surveilleroit tous les détaib, et rendroit compte de sa 
gestion aux futures réunions Européennes. Le droit 
t de visite et de détention seroit accordé à cette institu- 
tion comme moyen de remplir son but; et peut-être 
aucune Nation Maritime de l'Europe ne refusera-t-elle 
de soumettre son Pavillon à cette Police exercée d'une 
façon limitée, clairement définie, et par un pouvoir 
trop foible pour se permettre des vexations, trop des- 
intéressé dans les questions maritimes et commerciales, 
et surtout trop sagement combiné dans ses élémens pour 
, ne pas observer une justice sévère mais indistincte en- 
vers tous. 

Ne pourroit-on, ainsi qu'on vient de le dire, com- 
poser cette institution d'élémens si divers, /que la seule 
tendance où elle pût marcher sans se désunir, seroit 
celle du devoir? Les frais qu'elle occasionneroit^ re- 
partis sur tous les Etats Chrétiens , ne sauroient être 
extrêmement Wéreux, et sa durée se régleroit sur le 
temps nécessam pour que le développement de la civi- 
lisation Africaine, qu'elle protégeroit, puisse amener un 
heureux changement dans le système de culture des 
Colonies. 

En soumettant ces vues à la sagesse, des Cabinets 
Alliés, celui de la Russie se réserve pour, le cas où ils 
désireroient les examiner et approfondir, d'entrer à 
leur sujet en de plus amples explications. 

{Endosure 2.) -^ Mémoire Français^ sur la Traite 

des Nègres. 

La France a prouvé, de la niauiàre la plus évidente, 



cancer n. la iraiie des nègres. j[03 

qu'elle Touloit concourir efficacement à TAbolilion coni'^ 1818 
plette de la Traite des Noirs. Engagée par la D^cla« 
ration qu'elle a soucrile, le. 8 Février, 1815, à Vienne, 
avec les Puissances signataires du Traite du 30 Mai, à 
laire usage, pour atteindre ce but, y,De tous les mojeos 
qui fie trouyeroient à sa disposition, et à agir dans l'euiploi 
de ces moyens avec tout le zèle et toute la persévérance due 
à une si grande et belle cause^^ — Elle se flatte d'avoir 
satisfait à cet engagement; en effet peu de mois après la 
Déclaration de Vienne» elle a renoncé \ la stipulation 
de 1814, qui lui avait donnée un délai de 5 années 
pour effectuer la cessation dé la Traite. Elle a déclaré 
le 30 Juillet, 1815*), qu'à partir de ce )our, la Traite 
cesseroit de sa part partout et pour toujonra. Les ac- 
tes de ion Administration ont été conformes à cette 
déclaration. Les instructions données dans les Forts 
de France et dans les Colonies ont précédé une Ordon- 
nance Spécials du Roi portant prohibition de la Traite, 
Cette Ordonnance a été fortifiée par une Loi y rendue 
en Mars [Avril,] 1818 , qui prononce contre les in* 
fracteurs des dispositions arrêtées par les Gouvernemeus', 
les peines les plus sévères que puisse comporter la Lé- 
giftlation de France. Des mesures de surveillance ont 
été prescrites dans la Yue d'assurer l'exécution de la 
Loi; et une Croisière a été par ordre du Roi établie 
sur la câte occidentale de TAfrique, pour visiter les 
Bâtimens qui seroient soupçoiAiés de continuer le Com- 
merce, dont la prohibition est consacrée. 

Tels sont les Actes du Gouvernement Français; ils 
prouTent clairement qu'il a fait usage „des moyens qu'il 
avait \ sa disposition" pour reprimer la Traite. Il y 
a mis du zèle puisqu'il a créé les moyens qui lui man* 
quaient à cet ^ard en provoquant l'adoption d'une Loi 
formelle. Cependant le Gouvernement de Sa Majesté 
Britannique, qui met pour parvenir à la repression de 
la Traite une ardeur qui ne peut qu'ajouter à la gloire 
que s'est acquise la Nation Anglaise, en accueillant tou- 
tes les idées qui ont pour objet le bien de l'humanité, 
a M informé que le but de ses efforts et de ceux des 
antres Puissances n'était point encore atteint | et que le 
coamerce des Noirs, fait en contrebande, et en dépit 
des mesures prises contre lui, enlevait encore sur la 
cale d'Afrique un grand nombre d'Esclaves. 

Le Gouvernement de Sa Majesté Britannique a pensé 



104 Conférences au Congrès éP Aix-la-Chapelle, 

1818 que les infractions aux , ordres donnas de tontes parts» 
|)Ouvaîent tenir à l'insuffisance des dispositions fîaites 
pour en assurer l'éxecution. Il a cru que des mesures 
combinées entre les principales Puissances engagées d'ail- 
leurs > par une Clause du Traité du 20 Novembre, iS15« 
à se concerter à cet égard, pourrotent extirper le mal 
dans sa racine. Il a propose, entr'autres mesures de 
visiter rigoureusement les bâtimens qui navigueraient 
sur la câte occidentale d'Afrique; et, pour qiie cette 
visite p&t. avoir tout son effet, il a jugé qull convenait 
que chacune des Puissances accordât aux autres le droit 
de Fexercer sur les bâtimens portant son propre Pa- 
villon. La .création de Commissions Mixtes, chargées 
de prononcer sur la légitimité des expéditions suspec- 
tées de fraude, forme la seconde partie du Projet â« 
TAngleterre. 

IL seroit impossible de ne pas reconnaître qu'en pro- 
posant une telle mesure, le Gouvernement de Sa Maje- 
sté Britannique a fait tout ce qui a dépendu de lui, 
pour raccompagner de précautions propres à en préve- 
nir l'abus. 

Ainsi le soin de déterminer le nombre des bâtimens 
de guerre chargés de la visite, les lieux ou ellf peut 
être exercée, le rang des Officiers qui peuvent seuls y 
procéder, fait foi de son respect pour l'indépendance et 
les droits de chacun. 

Trois Puissances , l'Espagne , le Portugal , et le Ro- 
yaume des Pays Bas, ont souscrit à ces propositions* 

Le Gouvernement de 8a Majesté Très Chrétienne sui- 
vrait avec empressement un tel exemple, si, portant ex- 
clusivement ses regards sur le but de l'entreprise, il pou- 
vait ne point apercevoir, dans les moyens indiqués pour 
l'atteindre , des dangers , qui se rattachent peut-être à 
sa position particulière, mais qu'il est de son devoir de 
prévenir. 

Il serait iautile de discuter ici, sous le rapport du 
droit , la question de la visite sur mer en pleine paix. 
Le Gouvernement Anglais a rendu hommage au 
- principe qui assure à cet égard l'indépendance de tout 
Pavillon ; et ce n'est que comme \me dérogation à ce 
principe, et non une dénégation de son existence, qu'il 
propose d'accorder à chaque Puissance la faculté d'ar- 
rêter les bâtimens portaus le Pavillon des autres, et de 
s'assurer de la légitimité de leurs expéditions» 



concern. la traite des nègres. 105 

Mais déjà sur ce pointi le Gouvernement de 8a Ma- 1818 
Jette Très Chrétienne trouverait \ la proposition de 
FAngleterre un obstacle invincible. 

La France, par cela seul, qu'elle a éprouvé, dans 
ces derniers tems des revers et des maux, qui, s'ils 
n'ont point effacé, ont du moins obscurci la gloire 
qu'elle s'était acquise, est fondée à se montrer plus 
jalouse de sa dignité que si la fortune ne Feût point 
trahie. La nation, heureuse de se retrouver sous le 
sceptre de son Roi légitime, ne regretterait point de 
vaines conquêtes, mais le sentiment de son véritable 
honneur a pu n'en devenir que plus vif, et son Monar- 
que doit craindre de toucher à ce dépAt. 

Sans doute une concession , faite avec toutes les 
précautions qui peuvent l'adoucir, avec cette clause de 
réciprocité qui devrait sauver la dignité de chacun, peut 
être proposée sans crainte de blesser la vanité de personne. 
Mais c'est toujours une concession^ et Topinion d'une 
Nation, habituée à trouver dans la vivacité de sou 
imagination le jugement qu'elle porte des actes de son 
Gouvernement, peut s'effrayer de lui voir abandonner, 
même avec toutes les modifications possibles, un droit 
qu'elle regarde arec raison comme l'un des plus pré- 
cieux. Elle peut y voir compromis l'honneur du Pa« 
Villon, ce point délicat qui a tant et depuis si long 
tems excité sa susceptibilité. Elle peut voir, enfin, 
dans l'abandon de ce droit, un sacrifice nouveau, atta- 
ché, comme une condition indispensable, à l'évacuation 
«Je son Territoire, et comme un monument de l'état de 
dépendance, dans lequel elle s'est trouvée momentané- 
ment placée. Il n'y a aucun doute qu'en donnant un 
généreux exemple, en se soumettatit, par réciprocité, à 
la visite qu'elle regarde comme propre k atteindre le 
but qu'on se propose, FAngleterre garantit que la vi- 
site n'est point incompatible avec l'honneur du Pavillon. 
Hais placée dans des circonstances différentes, soutenue 
par Popinion de la Nation Anglaise, qui depuis 25 ans 
appelait l'abolition de. la Traite, la Grande-Bretagne 
conserve tous ses avantages, même en paraissant en 
abandonner l'exercice absolu, et elle ne peut craindre 
qu'on rattache à* la concession qu'elle fait, l'idée d'un 
sacrifice qu'elle ne pouvait éviter. 

Mais quand le Gouvernement de Sa Majesté Tris 
ChrétieoDe se croitail autorisé à passer par- dessus 'de 



106 ConférençeB au Congrès d^Jlix-'la^ChapeUe^ 

18B1 si puisBantea considérations, et à adopter ^ malgré le 
danger qu'il y trouve en the'oi:iey le p(>ojet relatif à la 
visite, il verrait encore dans lappÛcation de graves sujets 
d'inquiétude. 

Ce serait trahir la vérité , sans espoir d'en Imposer 
à personne, que de nier qu'il existe entre les Sujets 

' de l'Angleterre et de la France , et comme mêlé à 
Testime qu'ils s'inspirent réciproquement, un sentiment 
de rivalité, qui, exalté par de nombreuses et malheu- 
reuses circonstances, a souvent pris le caractère de 
l'animosité. 11 est malheureusement trop probable que 
Texercice mutuel du droit de visite en mer, lui fourni- 
rait de nouveaux alimens. En effet, quelques précau- 
tions qui soient prises, quelquie douceur qui y soit em- 
ployée, la visite est une chose incommode, et qui est 
regardée par les navigateurs comme un acte vexatoire. 
Feut-on penser que le Bâtiment qui croira pouvoir Té- 
luder, n'en cherchera pas tous les moyens? Il sera 
donc nécessaire que le Vaisseau visiteur y ùiette une 
certaine rigueur. Cette rigueur peut amener de la ré- 
sistance, des voies de fait. Dans de hautes mers éloi- 
gnées de toutes relations , les Sujets ,des '2 Puissances 
peuvent être, portés à ne se croire plus liés par les or- 
dres de leur propre Souverain, mais à écouter la voix 
d'un faux point d'honneur, et en venir aux mains pour 
le défendre. En vaii^ les mesures les plus sages auront 
elles été prescrites. Le capitaine du Vaisseau de guerre, 

• chargé de la visite, consentira-t-ii à montrer sa Corn» 
mission au petit Bâtiment de commerce qu'il soumettra 
ai cette épreuve? S'il ne le veut point, comment l'y 
contraindre, et quelle garantie aura le Bâtiment arrêté 
que la visite n'est point uniquement un acte arbitraire? 
Comment prévenir, de même, les infractions possibles 
des réglemens convenus pour adoucir la visite ? Il rea* 
tera donc à s'en plaindre et à en réclan^r la punition. 
Mais on sait par expérience combien ces sortes d'abus 
sofit difficiles à préciser. L'opprimé ne sera-t^l pas 
souvent hors d'état de savoir, quel est le Capitaine qui 
aura abusé envers lui du droit réservé, aux Croiseurs, 
ou qui se le sera arrogé induement? Quelles preuves 
apporter d'incidens qui se passent loin* de tous témoins, 
et que chacune des parties est maîtresse de représenter 
sOMS un jour dffFérent. Le Gouvernement Anglais sait 
<|ue, quand il » lui-mêaie vouli^; punir ,quelqij^ abus 



concern. ki traite des nègres. 107 

commis par ses Bâtimens sur la cdle de France, ou 1818 
dans les limites de sa mer territoriale, il en a été em* 
péchë par Timpossibilitë de recueillir des Documens 
assez positifs pour trouver les Coupables. 

Ces inconyëniens, qu'il serait imprudent de ne pas 
prëroir, ont d'autant plus d'importance, qu'Si la longue 
ils porteraient de l'exaspëration dans l'esprit des Peuples, 
et l'on sait trop que de tels sentimens entre les Sujets ont 
souvent troubla la Paix entre les Gouvernemens. Si 
un tel malheur devait s'en suivre, l'Europe ne serbit-elle 
pas en droit de demander aux Puissances un compte 
rigoureux de ces mesures, qui, eoncertëes pour le bien 
de l'hunanittf, auroient compromis ce bien prëcienx, en 
troublant sa tranquillité? 

U est une autre considération qui arrêterait encore 
le Gouvernement de Sa Majesté Très Chrétienne, quand 
il ne verrait point déjk l'impossibilité d'admettre la 
proposition de la- visite; c'est celle qui se rapporte 
Il l'institution des Commissions Mixtes chargées de 
)ttger les Prises faites par suite des Réglemens contre 
la Traite» La coosëqueuce immédiate d'une telle Insti- 
tution, est de soustraire les Sujets de Sa Majesté à 
leurs Juges naturels; et sa conscience ne lui permet pas 
de croire qu'elle en ait le droit* La Jurisdiction est, 
de tons les droits de la Souveraineté, celui qui est le 
plus essentiellement destiné à la défense du Sujet , et 
l'on peut dire qu'il est presque uniquement dans l'in- 
térêt de ce dernier. Il est des circonstances dans les- 
quelles le droit commun de l'Europe admet, que la 
jurisdiction du Souverain cesse de droit, parce qu'elle 
ne peut s'exercer de fait ; c'est lorsqu'un Sujet commet, 
sor no Territoire étranger, un délit contre les Lojs du 
Pays dont dépend ce Territoire. U est passible de l'ap- 
plication de ces Lois, et son Souverain qui ne peut s'y 
opposer y la tolère. Mais, hors de ces circonstances, le 
Souverain né peut consentir k ce que son Sujet passe 
sous une jurisdiction étrangère. En vain all4guerait-on 
que la Commission Mixte n'exerce pas de jurisdittion 
sa criminel, et qu'elle ne fait que prononcer "sur la 
Ugaitté de la saisie du Navire, ayant illicitement des 
Eiclaves à son bord* Prononcer sur la légalité de la 
Prise, c'est juger la question autant qu'il est possible de 
le faire; e'eat décider qite le Capturé a ou n'a pas en- 
csuru les peines portées contre le délit qu'il a eomoiis. 



108 Conférences au Congrès (PAix^la- Chapelle^ 

1818 Son 6ort est dè$«Iors fix^« Il importe peu que les 
peioeSi qu^ii a ou n*a point encourues, -soient défermi*- 
nëes par le Code de son Pays, ou par celui d^un autre. 
Quand il a subi l'examen de la Commission , il ne s'agit 
plus que d'une application de ce Code, ou de sa. mise en 
liberté; il est donc véritablement jugé> et il ne Pa point 
é\i par ses Juges naturels. 

Sa Majesté Très Chrétienne, on le répète, ne se 
croiicait point en conscience le droit de consacrer un 
tel changement dans la Législation de son Royanme, et 
quand elle penserait que ce droit peut lui appartenir, 
ii est hors de toute probabilité que les pouvoirs dont 
U co • opération lui serait nécessaire pour que ce chan- 
gement fut admis, vo^ilussent le Uii reconnottre. 

U résulte de ce qui précède, que la France a. fait 
tout ce qui dépendait d'elle pour parvenir à Pab^litioa 
complette de la Traite des Noirs; qu'elle voit dans le 
Projet proposé par l'Angleterre pour reprimer toute 
continuation possible de cet odieux commerce, des 
dangers qui ne lui permettent pas de l'admettra; qu'en 
un mot, il lui semble; que, pour parvenir à un but 
fort désirable à coup sûr dans l'intérêt d'une portion 
de l'humanité, on courrait le risque de compromettre 
des intérêts plus précieux encore, puisqu'ils se rappor* 
lent au maintien dé la paix et du repos de l'Europe. 

Elle émet d'autant plus librement son opinion à cet 
égard, qu'elle a une franche volonté d'atteindre le but 
qu'elle a fixé par les Actes de son Administration, qu'elle 
ne se sent aucune des arrières - pensées qu'aurait du 
laisser un sacrifice, auquel elle n'avait pu se^préparer, 
et qu'elle a l'espoir que les mesures qu'elle a prises, 
auront un eiTet salutaire. En effet, les rapports qui 
annoncent que la Traite se coutinuait avec une sorte 
d'activité sont antérieurs \ l'époque ou la Croisière 
Française a été établie sur la cale d'Afrique, et où des 
Instructions nouvelles ont été envoyées aux Autorités 
Françaises du Sénégal, pour qu'elles. eussent à rédou- 
bler d'activité contre tout commerce frauduleux. 

C'est peut-être ici le lieu de reinarquer, que l'on 
pourroit ne pas accorder une (oLin^pUctte «ux rapports 
parvenus contre les Autorités du Sénégal. 

Ces rapports, qui les impliquent d'une manière tel- 
lement grave, que la bonne foi devrai^, faire aux ac- 
cufAt.eurs Ui jl<pi d'eu produire le^ preuvQf^ sont réd^g^'s 



coneern. la traite des nègres. 109 

eo quelques parties/ par des personnes qui, sous d^au-l^^^ 
très rapports, ont cru d'avoir à se plaindre de ces 
Autorités. 

Au eurpUts, la France ne crotroit point ayotr «ssez 
ppouTé son désir de co-opërer aux mes^ires de repres* 
eion contre la Traite y si elle n'indiquait à son tour dé 
nouveaux niofens d'y parvenir. ' 

Jusqu'il' prient les disposilions faites à cet ëgard 
OBt i\é dirigées contre le trivvsport îles* Esclaves^ puisr 
que c'est principaleinent sur la manière d^rréleren mer 
les Nftvircffr qui s'émployent à ce commerce, 'qu'on a 
ckerclié a se concerter, 'Cette. voie est bonne, piiîsque la 
longueur du tifa|et ofiVei une. certaine probaUIitrf ,' poiur 
que la contrebande • soit> snlerceptéeJ Mais d'un autre 
cûiiy l'incertitude de la mer, et conséquemment l'espoir 
d'ëcbapper à la surveillance , de même que l'éqormité ^ 
des bénéfices, offrent assea de. chances et un app&t M^es 
puissant, pour' que les Marchandad^Esclaves ne soient 
pas totalement découragés. . Des mesures qui tendraient 
a frapper le commerce des Noîrs, non dans son cours 
moyen, si l'on ^eût appeler a^nsi le traivsport des Es- 
claves, mais, k sa naissance, et à son terme» c'est-Si-dîre 
sur les points ou se consomment. Pacfiât et' la vent.e des 
Nègres, pourroient avoir un genre, d'ef&cacKé, qui, 
)oiat aux autres dispositions, serait propre 3 consommer 
l'œuTre salutaire que l'on , se, propose. On pourroit 
donc établir dans les comptoirs ou se font Habituelle* 
ment les acliÂls de Noirs ^ des Commissaires chargés dé 
les signaler à l'autorité, ^et investis, comme le Ministère 
public, du droit d'en poursuivre la punition devant les 
Tribunaux. 

On pourrait également JTaîré daiîs toute Colonie oif 
les Propriétaires sont ihtéressés'l reciruter 'des Négresj * 
des. Règlement \ l'instar du '^Regisjry Bill," pour con- 
stater le nombre de' Noirs existapC sur chaique habita- 
tion, et s*assurer par des dénémbremens périodiques 
que la Loi n'a point été éludée. ' • , 

La confiscation des Noirs trouvés sur chaque habita* 
tion en sus du nombre pre'cédemment déclaré (sauf 
Faugmentation qu'aurait pu pràdnire l'uAibn des Es- 
claves») ' et une forte ameode'par tête de Noir furtive- 
ment introduit,; seraient la punition inflig^p aux déltn^ 
quens.' \ ' "^ ' -i* ' • •' ' 

Les mesures qtii rentrent dans l'administration in* 



ii(y Conférences au Congrès iP^i^s-rla^CTiapeUe, 

1818 ti^d^ro de diaquè Gmiyèrnèm^nt, peuT^til ^et>«ndiipt 
être concertées eiHre toii^; et au lieu de CommissiaQf 
Mixtes chargées de prononcer sur la culpabilité deslu- 
jdividua qui tD»tisp6rteat les Noirs, oïl poarrott établir 
d«s Goniités qui . auroient la mission dé jBurv^ili^r Jfif 
individus qui ies< ilchèieni, et de fait^ conoottre aux 
Autorités Supérieures du Pays , les> Uifracilons que. les 
A^ôs leo abus bl}dre> pourraient mettre i^At tiédeur à 
poursuivre.' CesMidiapojûtioiis aont d^ns la ineéii1re..4e 
celle» qtie le GouYernemeot de^SarAS^^çatéi Très Chré* 
tienne peut prendre, sans craindre, d^ blesserli^ droits 
de ses Sujets^juet IL est prêt : à ,s'emendr*e à )Cet..égaetl 
«req les ' Piôssteuiqes ^ui: unissent teura ^JSorts p^Hir ftart- 
Tenir k rentîèi:e abolition dii oOoiinetjce odieux signalé 
à r^Diinadveralon 'générale., n »! .. Vi 



l;. 



ÇEricloaure 3.) — Opinion 'du Cabinet cPjétitri(Ae^ 
' " sur la Queêtiom de la Traite* des-* Nèffrea. 

./Depuis que TAboIition dé la 'traWe des Nègres est 
Tobiet des délibérations communes' des' Puissances de 
TEurope^ le 'Cabinet d'Autriche n'a cessé de. vouer à 
cette question tÔMt Kntérét qu'elle mérite, dans ses 
grands rapports avec le bien de rhun^anité, ainsi qu^avec 
les préceptes ^e ^la saîne morale, et de la religion. Fi» 
dèle aux princiEie^jB6lennel|ement proclamés à cet égard 
9.répoqM^ clu , Congrus' de Vienne ) et aux engagemens 
Sficçessifs fondas sur ces bases, i'Autriche, quoique peu 
en* état y vu sa position géographique , de co- opérer 
directement au- succès d'une aussi belle et noble entre- 
prise, n'en a pas moins' concouru avec empressement à 
tout ce, qui pourroît. l'avancer et la perfectionner; et 
c'est \en partant de cette disposition immuable, que le 
Ministre d'Autriche a exan)iné . avec l'attention la plus 
sérieuse, les propositions faites par Messieurs les Plé- 
nipotentiaires de Sa Majesté Britannique aux Conféren- 
ces actuelles, tant pour compléter et. étendre le système 
poursuivi jusqu'à présent , pour parvenir à l'extinction 
finale de la Traite,, que pour assurer Texécutipn et 
Feicacit^é de. ce système» 

Sa Majesté rEmpereur est prétji prendre part aux 
dânarches qi»Çii«$ So^iyêrains Alliés vont faire .avprès 
du Cabinet de Rio de Janeiro, pour l'engager à fixer 
le platAt possible le terme de l'Abolition définitive. 



concern. la imite dés nègres. Ijl 

Sa Majesté ne pefut que reconnaitre que le Sotiveraift ISlë 
da Brésil doit rencontrer dans cette route des difficultés 
plus réelles peut «être et plus fortes que n*en avoit \ 
suriDonter aucune autre Pi^issance ^ui ont consent) à 
cette mesure salutaire- < Mais elle compte trop '«ur la 
lojauté de ce SouTeraîo, pour admettre- que des ob- 
stacles quelconques l'empêcheraient à donner suite à un 
engagement sacre* tel que celui qu'il a contracte \ la 
face du monde, par la D&laratîon du 8 Fëvrier, 1815. 

Quant aiix ' njesures propos^jea par Mesï^i.eiirs les 
Pf^nipotentîaires Brîtanniqtiee pour mettre fin ^la.Traite 
inirite, comme il semblait admis de toute part qti'uh 
sjstéme de surveillance permanente ne saurôit être élfiL 
cacement ëtabli, que lorsque T Abolition de la Traite 
aura i\é généralement et dëfinitivement prononcée par ^ 
toutes les Puissances , le Cabinet d'Autriche est' d'avis, 
qu'en a|oumant \ cette ëpoque la discussîoi!! ultérieure 
des mesures à adopter pour cet effet| on pourroît titile- 
ment employer le tems intermédiaire à aplanir et \ 
concilier toutes les opinions; persuada que, pourvu que 
le principe fondamental | celui d'arriver \ TAbolition 
universelle et efficace dé là THiitè, ne soit jamais perdu 
de vue, et que chaque Puissance continue à seconder 
de ses soins et ifi ses efforts ceux que le Gouvernement 
Britannique a consacre Jusqu'ici à une causé aussi ho- 
norable, on finira par s'accorder sur les moyens d'exé- 
cution les plus propres ^ la faire complettement réussie. 

Le Cabinet d'Autriche dësire en outre ^ que la Con«- 
ference Ministérielle établier à Londres pour s'occuper 
de cette question , continue ses travaux . dana le sens 
le plus conforme aux principes qui les ont guidtfs 
juiquUci. 

É 

{Eaeloêure 4.) — Opinion du Cqbinet de Prusse, 

sur là Traite des Nègres. 

Invariablement attache aux principes de morale et 
dlinmailtë qui depuis longtems avoîent reclann^ • l'Abo- 
lition de la Traite des Nègres, et idèie aux eiigâgem^ené 
qn^îl a pris à cet effet, le Gouvernement Prussien est 
constamment prêt à concourir à tout oe qui peut servir 
s f accomplissement définitif- de ce noble but. 

Il n'hésite, par conséquent, pas \ accéder à la fto* 
position d'une démarche collective }l taire auprès de a 



^12 Confèren^sau Congrès à^Jlm^4ar- Chapelle, 

iM8Co^r.âu Brésil I pour rengager à aocA^reri autant que 
lea circonstances et les besoins de sa situation pourront 
le lui permettre, l'Abolition entière de la Traite, 

' Quant aux mesures de police générale que l'on pour* 
roit adopter^' pmir prévenir ou pour faire cesser la 
Traite illicite i le Gouvernement Prussien ne sauroit se 
dissimuler les inconvéniens inséparables de la coacca» 
sioh d'un droit de visite , exercé en mer ouverte , con* 
cession qui ne deviendroit que trop facilement une 
source d*abus et de malentendus, et OMi assujéfteroit 
des navigateurs paisibles et innocens à des molestatîons^ 
dont la seule idée les indisposeroient peut-être encore 
plus que la réalité même. 

Le Gouvernement Prussien croit par eoniéquent de« 
voir accorder la préférence à tout moyed de pféiiaution 
et de surveillance* qui, pour être borné au point de 
.départ et au point d'arrivée, savoir à la câte d'Afrique 
«t aux Colonies .intéressées %, favoriser ces entreprises 
illicites, n'en admettroit q'une exécution plus rigoureuse 
et, plus décisive» 

{Enclosure 5;) — Memçrofidum of ihe BritisfkGo^ 

. pernmeni. (B») . , , 

The Plenipotentfaries of Oreat Brhain, after attentî- 
vely perusing ihe Votés emttted by the several Cabinets^ 
on the measures brought forward on tbe part of tlie 
Prince Régent, for effectuating the abolition of theSlave- 
trade, cannot dissemble their pi^ofound regret that the 
délibérations o/ the august Assembly which is now about 
' to termînate, are not destined to be marked in the 

page of< history by somè more décisive interposition, 
than is llkely to take place , in relief of the sufferinga 
of Âfrica. 

They had persuaded themselves,. that it was reser- 
ved for the SoVereigns and for the Plénipotentiaires 
assembled at Aix-la-Chapelle, to: bave completed at 
once the work of peace in Europe, and to huve laîd 
a broad and lasting foundation, on VKhich the delive** 
rance of another great Quarter of the Globe from a 
scourge far more severe than European warfare, iu 
its most aggravated forms , might have been eifectualed 
by establishing an alliance whîch sbould for ever deny 
to the fraudulent Slave- trader^ of whatever Nation 



coneern. ta traite des nègres. 113 

Ae coTer of their respecthre Flags for the purpoaes of 1818 
this iniquitous traffic. Although disappointed in thi8. 
hope y thej will not despair of ultimatelj arriving at 
tlieir objecty vrhilst they hàye so powerfui a cause to 
adrocate, aod whilst ihey can address themseWes, not 
lésa to the «nderstandings , than to the hearts of those 
SoTareigoS; who, when'assemhled in Congress at Vietina, 
solemnlj pronounced upon this question , and devoted 
their fature exertions to the eonsummation of this work 
of peace. 

They dérive addttional consolation from the perusal 

of the Documents aboyé referred to, for, although they ^ 

fait them for the présent In their conclusion , thej ne* 

Terthelesa bear in ail the^ reasonings such homage to 

the prioQpley and in some of their détails so fully évince 

the atrong sensé of duty which animâtes the August 

Sovereîgos in the prosecution of this measure, as to be 

regarded rather as the precursors of some decided effort 

for potting an end to this great moral evil, than as 

iodtcatiog on their part any abandonment of a cause, 

vrhich, in the face of mankind, they bave taken under 

thev especial protection. It bas been the fate of this 

question, in every stage of fts progress, to haye diffi- 

culties represeoted as insurmountable , which in a little 

tîme bave yielded to the persévérance, and to the more 

matured impulses, of humanity. 

The language in every Country has been at timea 
discooraging , and yet in ail the principles of truth and 
of 'justice hâve ultimately triumphed, so as to bave left 
ooly one great blot in the civilized World at this day 
uoremoved. Every Nation, .one only excepted, has 
•evered itself from tbis pollution ; and Hîs Most Faithful 
Majesty bas taken steps sufficiently décisive in the same 
direction, to afford the most encouraging earnest of bis^ 
détermination to deliver bis People, without loss of 
time, from a practice which must dégrade them in the 
scale of enlightened policy, so long as it sball continue 
to be toierated amongst them. It is against the fraudu- 
Ud| Slave- trader, for the welfare of Africa, that more 
deastve measores are urgently called for: were itnot 
for hb pestilentiel influence, more than half of that 
great Continent would at this day baye been consigned 
to peaceful habits, and lo the pursuits of industry, and 
of ioooceot commerce. But it is bis piratical practicea 

Ncur. SuppUm. Tom IlL H 



tl4 Conférençea, au Cùngrèa ^Ai^^la-ChapeUe^ 

19ljli9^9 ^® Coasto of' Africa, io'tbpeacb of:itli€ LaWiS 0f 
0very civilized Government ^i .^vhiph not QvXy y^X th^t 
extended portion of the Globe / but ^hkU/ha¥q,uQdooe 
the work o£.|iiauy yearft of 8low<) but.-sujccessful ïm* 
provement. .•'.-,, . . . . • i 

]t was the frafudulent $lave* trader .^^^ iatrajuced 
ane^ on those Coasts, on the retarn. of Peaea* the 
tr^fficj with ail ^ts. desolalinginfloence on the interior 
qi( the Couotry:} f^à -wbich!, U aot -^Pon cbecked by 
measiires of a décisive characler^ vrili banîsh .not only 
tMAfY trace of imprQvementy bMltHU coBt^mbrçe other 
tliaa tliat of Slaves. . - . v . • ♦ 

^ On the eve of the departùte oflbe IlluètHbrus 60^ 
vèreigns from this place , and after the ample deiibe^ 
rations which bave alreâdy tftken place oa thia subjèet^ 
the* firitish Plenipotentiaries cànnot flatter' themselves 
vrith'lhe hope ol obtainin^ àt this tîme a inore'fav6a« 
rable décision; butr they t^ould nbt safîsfy théît owd 
sensé of duty , were they nôt to record their observa- 
tions upon the objections v^hich hâve been hr^tight for- 
"ward to the measurés which théy wer6 directiéd to 
propose, huinbly, but confidently submittlng them on 
the part of their Court to* the Hlore matured considéi^à- 
tioo of the différent Cabinets. And as it is the spedei 
of measûré best calcfiiated to suppress this greàt evil, 
upon which they are aione divided in sentiments, as 
ail are agreed in the enormity of the offence, and ail 
equally animated w^ith a détermination - effectually to 
suppress it, they indulge the confident expëctation t&at 
the subject may be resumed at no distant period , iti 
the Conférences in London, and persecùted under more 
favourable auspices to some décisive resuit. 

And first, with respect to the Memoir presenited by 
the Plenipotentiaries of Russia. The Plenipotentiaries 
of Greàt Britain do homage to the sentiments of én- 
lightened benevolence which on this^ as gn every other 
occasion , distinguish the eley^ted views of the August 
Sovereign of Russia. 

é 

They only lament that the Russian Cabinet, in the 
contemplation of other measurés to be hereafter taken, 
should bave been discouraged with respect to the great 
good which lay vrithîn their reach^ and thht His Im« 
perial Majesty should tbus hâve abstained for the pre-* 



concerh. ta traite des nègres. ' il5 

$eot lo tbroMT into tbe scale of tfae proposed measurè 1^6 
tJiîs illustrions and powerful exainple. 

* 

It appears that tlie Russian Government looks for- 

ward to tbe moment when Portugal shall bave fînâlly 

abolîsbed the trade , for foundiog. a System iipou tbe 

Coast of Africa, whicb shall be anthorized oot rnerely 

to pronounce upon tbe property of tbe. Slave - trader^ 

bat wliîch 6 bail be compétent to proceed crimûially 

agaÎQSt htm as a Pirate, and whicb , in addition to 

those high functions, sball bave a Naval Force at its 

disposition , and be invested witb a gênerai rigbt of 

vUit of ail Flags, at least upon tbose Coasts; — tbat 

iVi8 inatilutîon sbould be composed of éléments dr^wn 

from aU cîyilîzed States; — tbat it sbould bave a dî- 

reciln^ Council , and a judîcîal System: in short, tbat 

it should form a Body Politîc, neutral in its cbaracter, 

but exercising tbese bigb autborities over ail States» 

The Brittsh Government will^ no doubt, be most anxious 

to receive from (be Russîan Cabinet tbe furtber de^ 

velopement of tbis plan wbicb is promised; but, as thé 

prospect of some institution of tbîs nature may fqrm a 

serions obstacle ta the adoption of what appears tp 

ibem tbe more pressing measure, the British Pleni- 

potentîaries cannot delay to express their doubts as to* 

tbe practicability of foundîng, or preserving in activity, 

io novel and so complicated a System. , 

If tbe moment should bave arrived wben tbe Traffic 
ia Slaves sball bave beeu universally prohibited, and if, 
uoder those circumstances , tbe mode sball bave been 
devised by ^vbîch tbis ofTence sball be raised in tbe 
Criminal Code of ail civilized Nations to tbe standard 
of Piracy; tbey conceive , tbat tbis species of Piracy, , 
Uke any otber act falling withîn tbe same légal pria- 
dple, will, by tbe Law of Nations, be amenable to 
tbe ordinary Trîbunals of any or every particular State ; 
— that the Individiials cbarged witb tbe Piracy can 
plead no national character in bar of sucb jurtsdiction, 
whetber takea on tbe Higb Seas or ' on the African 
Coast. 

If they be Pirates, they are *^ Hostes humani ge- 
nerii:** tfaey are undèr tbe protection of no Flag, and > 
Ae veriicatîoQ of tbe fact of Piracy, by sufficient évi- 
tée, briogs them at once witbin tbe reacb of tbe 

H2 



Il6 Conférences au Congrès ^Aixr-la-Chapellej 

1818 first Criminal Tribunal of compétent authority , before 
which they may be brougbt, 

It seems equally unnecessary to bave recourse to so 
new a System for arriving at a qualîfied and guarded 
rigbt of yîsit* 

In tbis , as in tbe former instance, tbe simplesl 
means wIU be found tbe best, and tbe simplest ^wîll 
generally be found to consist in some modification of 
-wbat tbe establisbed practice of Nations bas for âges 
sanctîoned. ^ 

* Rigbt of visit is known and submilted to by ail 
Nations in time of war: — 

Tbe Belligerent ' is autborized to yisît tbe Neutraî, 
and even to detain upon adéquate cause. 

I! tbe rigbt of visit be to exist at ail, and tbat It 
must exist; at least upon tbe Coast of AÎrica, in aonie 
sbape, or to some extent, seems to be fuUy admîtted 
by tbe Russian Memoir, it is iufinitely better it sbould 
exist in tbe form of a conventîonal , but mitigated ré- 
gulation of tbe establisbed practice of Nations, for tbe 
due administration of "whicb evèry Government is re- 
sponsible, tban tbat it sbould be confided tO a new 
institution, which to be neutral nitist be irresponsible, 
and wbose very composition would place it wholly 
*beyond tbe reach of controuL 

Thèse observations apply to tbe period when ail 
Nations sball bave abolisbed tbe trade : but vfhy sbould 
tbe Russian, Austrîan ,' and Prussian Governnients un- 
neoessarîly postpone tbe taking some measure of tbis 
nature , for an indefinite period , and until Portugal 
sball bave universally abolisbed it? 

Hâve they not more tbau two thirds of tbe whole 
Coast of Afrîca, upon which it might at once operate» 
and as beneficially as if tbat much wished for epoch 
was arrived? 

Has not Portugal herself given unanswerable proofs 
upon tbis point, by conceding tbe rigbt of visit north 
of tbe Equator, where tbe Abolition bas been comple- 
ted, as well by her, as now by Spain and ail other 
Powers ? 

Perbaps it is because no instance can be quoted, 
tbat any Slave -trader, under either tbe Russjan, Au- 
strian, or Prussian Flags, bas yet appeared on tbe 
Coast of Africa, tbat thèse Powers, ttom a sentiment 



cancer n. la traite des nègres. 117 

of delicacy tovrards States more directly iuterested botli 1818 
ÎQ the local and maritime question , bave felt sonie rè- 
luctance to take a lead in givîng their sanction to this 
prÎDcipIe. 

The Russiau Memoir seems expressif to vrithliold, 
or ralfaer to delay its adhérence , until there is reason 
to présume that a gênerai concurrence is attainable; 
but sureljy in ail such cases 9 the most certain mode 
of obtaining a gênerai concurrence, is to augment the 
ranks of the concurring parties. 

The United States aod France are probably alluded 

to as the dissenting Powers; but, even in those States, 

how much might noi the chance of success bave been 

impro^ed, had the 3 Powers in question foUowed the 

example of those that baye already adopted this systemj; 

and liow narrowed would hâve been the chance of 

fraud^ had the sphère of the Alliance been thus exten- 

(led hj their accession? It is still to be hoped that 

their présent doubla will yield to more mature re- 

flection upon the nature of the proposition. The first 

instance îo which either of their Flags should be made 

the coyer of abuse, the British Plenipoten lianes are 

satisfied, would be the signal ior their vindicating its 

character, bj taking an immédiate and décisive step on 

tfan subject; but, \rithout vraiting for such a stimulus, 

tbey trust that the minds of those illustrions Sovereigns 

rcmain still open to every suggestion on thir subjecf, 

wbich can inoprove the chances of gênerai success^ and 

that the opinion hitherto given on the part of their ^ 

respective Cabinets, vrill form in itself no obstacle to 

the adoption, on their part, of that measure, whatever 

il may be, which, under ail the circumstances of the case, 

•hall appear to them most effectuai to the suppression 

of the mischief. 

In advertiog to the MemoSr which bas been pre- 
woted to the Conférence by the Plenipoten tiaries of* 
France, the British Plenipotentiaries are ready to bear 
their testimony to the spirit of fâirness with which the 
«ubject has been met, and to the auspicious protection, 
which the cause of Abolition has progressively received 
from His Most Christian Majesty. 

The French Plenipotentiary has candidly conceded, 
— lit That the proposed measure cannot be consi- 
dered as any infraction of the Law of Nations ; that it 



1 Id Conférences au Congrès ^Ai9>4ar^Chapeltey 

1818 confirmai on the contrary, that Lavr, in aé much as it 
eeeks to obtain a new power as a Conventional ex- 
ception from tlie admitted priuciples of the gênerai La'w, 

2i\j. That ît can be- regarded as no exclusive sur- 
render of the Maritime^ Rights of anj particular State, 
as its provisions are strictly reciprocal » and for an 
object in which ali feel and avow^ that they hâve a 
commoa interest. 

3d]y. That the principle of reciprocity may be stîU 
further giiarded by confining the right of visît , as in 
the Treaty with Holland, to an equal and limit'ed num- 
ber of the Ships of War of each Slate. 

4thly. That every endeavour has been made, strictly 
to limit the exercise of the power to the immédiate 
purpose foc which it is granted; and by suitable regu- 
ktions to guard il against abuse» 

5thly. That in order still further to distinguish this 
System from the ordinary right of visit, \?luch every 
Belligerent is entitled to exercise in time of war; it 
has been proposed to confine its opérations^ if desired» 
to the Coasts of Afrîca^ and to a limited distance fiom 
those Coasis. 

' The objections on the part of France are of a more 
gênerai description, and such, as it is hoped, time will 
in itself serve to remove: and — ^ Ist, As to the ob- 
jection vrhich seems to weigh so strongly, viz. that 
the measure, if now taken, n^ight be falsely regarded 
by the French Nation as a concession imposed upon 
tbeir Government by the Powers of Europe, as the 
price of the évacuation of their Territory, it is impos- 
sible to contend in argument againsi such a delusioo ; 
but it may be observed, that, had the others Powers 
been pressed to adopt the arrangement in concert wiih 
France, it does not seem possible that such an invi- 
dious interprétation could bave been given to so gêne- 
rai and so benevolent a measure ; but this happily is 
one of those objections which a short time must serve 
•to remove, ' 

The second objection is , tliat there is , as it were, 
some moral incompetency in the French Nation to con- 
form themselves to this measure ; ^- that what is felt 
by the Crowns of Spain and Portugal, and The Nether- 
lands,. to be no dîsparagenient of the honour of their 
FlagSf nor any inconvénient surrender of the commer« 



concern. la irùite des nègres. H^ 

cial rights and interesis of their People, Wotild in 1818 
Fraiftce work nothing but a eense of humilîatîdn àTfd 
discontent. 

With great defereuce to the autborîty iipon >vhich 
this conclusion is stated, the Plenipotentraries of Gneat 
Britaio canoot refrain from indulgîng the hope, that, 
althoogh in France there may at first sîght exist préju- 
dices against this measure, when viewed in an exagge» 
rated shape, and without the necessary explanatious, — 
allhough there may be also a feeling ip?ith respect to 
possible ineonTeniences which^ notwithstanding every 
exerlion on the part of the respective Govei'nnients, 
might occasîonally attend it in the exécution; yet^ they 
confidently persuade themselves, ihat a People so en- 
lightened would not faii cordially to answer to au ap* 
peal made by their Government to the generosity of 
their feeUngs upou such a point; and that the French 
Nation would never shrink from a compétition with 
the British or any other Nation , in promoting what*' 
ever might conduce to an end in which the great in- 
terests of humanity are involved. It is true that Great 
Britaîn and France hâve been regarded as rival, as well 
as neighbonring y Nations; but if they bave had occa*' 
BÎoDally the misfortune to cpntend against each other * 
ia armsy nothing bas arîsen in the resnlt of those con- 
tests whict should create a sensé of inferiority on either 
iide. 

Both Nations hâve well sustained their national ho- 
Dour, and both hâve learnt to respect each other. Why 
tben should the Fretich People. feel that as derogatory 
to Iheir dignity, which is viewed by the British Nation 
in so différent a lîght? Let us raiher hope, that, after 
Iheîr long and common sufFerings in war, both Nations 
vill feel the strong interest they hâve, in drawing 
doter those lies of friendship which now happily unité 
tkem; and in cultivating those relations în peace which 
may render their intercourse ùseful to each other, and 
to the World. What object more worthy of their 
common counsels and efforts than to give peace to 
Africa; and could their rivalship take a more ennobling 
uid anspicious character? 

Shonld a doubt or murmur at the first aspect arisê 
among the People of France, they may be told, that 4 
«f the mosf considérable of the Maritime Powers of the 



120 Conférences €UiCongrès,(Pji»^'Chapellej 

18IS World haye cheerfully unltecl theîr exerllons in thîs 
System , for the delirerance of Africa ; fhey -wili learn 
that the British People, so sensitively alive, as tfaej 
are known to be, to erery circumstance that might 
impede their commercial piirsuits» or expose the Natio- 
nal Flag to an unusual ioterferencei liave betrayed no 
appréhension in the instance before us ; — - not a single 
remonstrance has beenheard, either in Parliament, or 
from any commercial body in' the Empire, not even 
from any individual Marchant or Navigator. If tbe 
doubt should turn upon the préjudice vrhich such - a 
measiire might occasioh to the French. commercial in- 
terests on the Coast of Africa , they will on enquiry 
findy that y if France wishes to préserve and to ini« 
prove her legitimate and innocent commerce on that 
Coast, she cannot pursue a more effectuai course, than 
by uniting her efforts to those of other Powars for 
putting down the iliicit Slave -trader, vrho is now be- 
come an armed Freebooter, combining the plunder of 
Merchant Vessels of v^hatever Nation, with his illégal 
spéculations in Slaves* 

If the idea should occur, that French Merchant 
Ships frequenting that Coast may expérience inter- 
• ruption and delays by such visits; — that OEGcers may 
possibly abuse their trust, and that disputes may occur 
between their Subjects and those of Foreign Povrers; 
--" let them reduce this objection calmly to its true 
value; let them estimate it according to the extent of 
trade on that Coast, and the chances of such accidents 
occutring. Notwithstandiog every4>recaution taken by 
the respective Oovernments, let them set this eVil, taken 
at the highest computation, in compétition , vrith the 
great moral question, — Mrhether a whole Continent, 
in order to avoid thèse minor inconveniences; shall be 
suffered to groan under ail the aggravated horrors of 
an iliicit Slave «trade: and then let the Government of 
His Most' Christian Majesty judge, virhether it is pos* 
sible that the French Nation would hesitate in the 
décision to which it vfould wish to conie, upon such 
an alternative. 

If any instance of abuse should occur for a moment 
to occasion regret, it will be remembered that this is 
the prier, and how inconsiderable a price» which a 
humane and enUghtened Peuple are deliberately vrilling 



concern. la traite des nègreê. 121 

10 paj for Ihe attaîament of 6ticb an objecl : it mil be 1818 
looked at in contrast with the African Villages that 
vrould haTe beea plundered ; with the Wars that would 
baye been waged in the interior of that unhappy Con- 
tinent; -with the number of human Yktioia that would 
baTO been sacrificed to the cupidity of the Slave-trader^ 
if cÎTilised Nations had not combined their exertiona 
for their protection. 

The French Memoir argues against the priociple oC 
tttb)ecting the property of Frencb Subjects to aoj other 
jarîadiction than that of their own Tribunals; but it 
will appear that tbis practice is hy no means unusal, 
in time of War, and for the securitj of the Bellige- 
rent tbis ia coastantly the case. 

The Neotral is ^ in ail cases , anienable for alleged 
infiractioas of the rights of the Belligerenis, in matters 
of Blockade, Contraband of War^ etc. to the Tribunals 
of the Bellîgerent; — not to bis own or to any Mixed 
TribunaL 

If it is said, that tbis is not a case of War, but a re- 
galation introduced in Feacei and for the first time; 
tke obvious answer is y -— does the case warrant the 
ianovation? 

If it does, the novelty of the practice ought to form 
DO décisive objection to its adoption : but it is hy no 
means true that tbis is the first instance^ in time of 
Peace, wbere the property of the Subject bas been 
brouf^t under a jurisdiction other than the ordinary 
Tribunals of hb own State. Claims , botb of a private 
and public nature , bave frequently by Conrentional 
Lawa been made the object of such a proceediog, whicb 
is made to operate as a species of Arbitratîon. Can we 
qaote a more décisive example than the 2 Conventions 
wbîeh» in November 1815 1 referred the Private Claims 
iipOB the French Governmenti immense as they were 
in amounty to the décision of a Mixed Commission 
limilarly constituted? 

It is also to be observed, that the Subject gains a 
âogalar advantage, by baving bis case disposed of be- 
fore sach a Commission, which be would not obtain, 
w»e he to hâve to proceed either in his own Courts, 
or 10 that of the Capturing Power, for the restitution 
of ]m property : uamely , that the Commission , in de- 
cidiog upon hia cause, not only bas the power of pro« 



1 22 Conférences du Congrès fPjiix-^- Chapelle, 

1816iioimcuig'iipon Iris wrongs/ -bùl can give him, tj its 
décision, ample damages, for the dîscharge of whîch 
the State of the Capturiag Ship is made answeraèle; 
whereas , in an ordioary case of Capture , he would 
liave a dilalory and expensWe auit to carry on, against, 
perbaps, an însolvent Captor. 

Having noitced the principal objections bronght for^ 
ward in the French Memoir, vrhich thej venture to 
«persuade themselves are not insurmountable , tbe Bri- 
tish Plenipotentiaries bave observed with satisfaction 
tbe exertions wbich the French Government bave made, 
and are still prepared to make^ for combating this evil, 
at least so far as it can be alleged to subsista witbia 
their own limits , and to be carried on by French Sub- 
îects; but they feel persuaded that the Government 
of His Most Christian Majesty will take a more enlaiv 
ged view of their power of doing good , and that tbey 
will be disposed to extend the sphère of their activity* 
to the suppression of the niischief, wherever it can 
be reached by their exertions. 

The British Governmeot also does full justice to 
the manner in which the French Government bas, on ail 
occasions, sought from them such information as mtght 
enable them the better to enforce the Law of aboli- 
tion. They bear testimony with pleasure, not only to 
the sincerity of their exertions, but to the arrangements 
lately made, by stationing a Naval Force on the Coast 
of Africa for the more effectuai suppression of tbe 
Slave-trade , so far as it is carrîed on by French Ships 
and Subjects. They also view with the highest satis- 
faction, the détermination now announced of introdu- 
cing into ail the French Colonies a Regîstry of Sla- 
ves: — ail thèse b^neficent arrangements may be ex- 
pected to operate powerfully , so far as the mischief 
bas decidediy a French character; but until ail the 
principal Powers can agrée to bave, as agaiqst the illi- 
cit Slave-trader, at least on the Coast of Jlfrica, 
but one common Flag, and co-operating Force, they 
will not bave gone to the full extent of their means 
to effectnate their purpose, in conformîly to their Dé- 
claration at Vienna. 

With thèse observations the British Plenipotentia- 
ries will conclude their statement, submitting it to the 
candid examination of tbe several Cabinets. 



canc0rn. Iq traite des nègres. 123 

Il woald be a great satiafactidb to them to be as- 1818 
sured) tbat the représentations which they hâve feit it 
tbeir duty to niake, were likely to receive thelr ear- 
liest considération y and tbat the Minîsters of the aeve- 
rai Powers in London night expe^ct to receive such 
further Instructions as might enable theniy without foc- 
ther loss of time, to résume tbeir labours with effect: — 
it being humbly submitted tbat the final Act^ whicb 
the Sovereigns are about to soUcit from His Majesty 
the King of Portugal y is not an indispensable prelimi- 
nary towards establishing by common consent on tlie 
Coast.of Africa, at least norih of the Equator, soine 
efficient System for the suppression of the illicit Traf- 
fie io SlayeSy which is at this moment carried on to a 
most alarming extent, and under the most aggravaling 
circumstances^ such as loudly to call for the spécial and 
autfaoritative interférence of the illustrions Sovereigns 
to whom thèse remarks are respectfuUy submitted. 

{JEnclosure 6.) — Projet de Lettre de Cabinet, des 
Souverains êH Autriche^ de France^ de la Grande'- 
Bretagne y de Prusse^ et de Russie, à Sa Majesté 

le Roi de Portugal. 
Monsieur Mon Frère , 

A répoque du Congrès de Vienne, la voix de la 
religion et les plaintes d'une humanité souffrante, ont 
obtenu le plus consolant succès. Lé moude a vu en 
perspective le terme d'un fléau qui a si long temps 
désolé l'Afrique; et Votre Majesté s'est justement acquis 
des droits à l'éternelle reconnoîssance des Nations, en 
proclamant, de concert avec ses Alliés, le principe de 
l'abolition universelle de la Traite des Nègres. Depuis 
lors les Actes conclus à Paris en 1815, et l'heureuse 
issue de plusieurs Négociations vouées à l'exécution 
progressive de cette mesure, ont- fortifié les généreuses 
espérances du siècle, et présagé le parfait accomplisse- 
meot de la transaction qui les avoit solennellement 
consacrées. 

Si les résultats des Conférences d'Aix-la-Chapelle 
qui consomment la pacification et garantissent les pros- 
pérités de r£urope, laissent encore un voeu à former; 
c'est cehiî de voir assurer le triomphe final de la Dé- 
dsralton du 8 Février, iS%5f au moyen d'un Acte dé- 
crétant l'abolition . du Commerce dea Nègres en tous 



124 Confireneesau Congrèa d^jUx-^la-Chapellej 

ISlSlienx et pour toujours. Qu^il nous soit donc permis, a 
Mes Allies et à Moi, d€ ne nous séparer qu^en tour- 
nant des regards confians vers la Puissance à laquelle 
le Suprême Arbitre des destinées 'de la Terre, a ré^ 
serve la gloire de mettre fin aux dottleurs d'une popu- 
lation infortunée. 

Ce succès définitif sera sans doute le fruit des rap- 
ports intimes qui subsistent entre nous 9 parce qu'un 
concours d'intentions conciliantes et de concessions ré- 
ciproques ne manquera pas de faire prospérer une 
oeuvre également méritoire devant Dieu et aux jeux 
des hommes. 

C'est à la suite de cette dernière Négociation, que 
des mesures de surveillance mutuellement arrêtées pour 
la stricte ekécution d'une Loi devenue ^nérale, cou- 
ronneroient les nobles efiForts de toutes les Puissances 
appelées à régir les différentes parties du Globe par le» 
mêmes sentimens de fraternité, de justice et de religion. 

Je ne doute pas rencontrer à cet égard les sentimens 
de Votre Majesté, et je la prie d'agréer, etc. 
Monsieur Mon Frère, le Roi de Portugal et du Brésil. 

No» 12. — T^iscount Castlereagh toJEarl BathursL 

My Lord, Aix-la-Chapelle^ 24/A Novemherj 1818. 

I have the honour to transmit to your Lordship 
tlie enclosed Protocols of the Conférences of the Ittli 
and 19th îAstant, contaîning the Votes of the différent 
Powers on the subject of the Slave-trade, which I have 
already forwarded to your Lordship. 

I have the. honour, etc. 
JEarl Batliurst, K. G. Castlereagh. 

{Enclosure l.) — Protocole de la Conférence entre 

les Plénipotentiaires des 5 Cours, — jUx^la^Clia^ 

pelle, le ii Novembre, 1818. 

M. le Duc de Richelieu a fait lecture de ses obser- 
vations sur les moyens proposés par Messieurs les Plé- 
nipotehtiaires de la Grande-Bretagne pour surveiller et 
réprimer la Traite illicite des Nègres. Les observations 
de M. le Duc, ainsi que TOpinion du Cabinet d'Autri- 
che et celle que le Cabinet de Prusse avoit fait con- 
noître dans une Séance précédente, se trouvent anne- 
xées au Protocole. ^ 
Mettervich* Richelieu. Castlkreagh. Wellutotoit. 
Uardehbeao. BEHVSTORrf, Nkssklrodx. Cafodistrus. 



concern: la traite des nègres. 125 

(Endoêure 2;) — Protocole de la Co/tférenee entre 1818 
le» Plénipotentiaires des 5 Cours, — ^ix-^arCha^ 
pelle ^ le 19 I^otfembre, 1&18. 

Poar résumer la discfiBston des mesures nltërieurcfs 
à adopter contre la Traite des Nègre» ,- Lord Castle* 
reagh a donné lecture d'un MëmoranduAi , dans lequel, 
en s*expliquant sur les diffërentss propositions dont on 
s'étoit occupé dans les Conférences précédentes , il a 
exprimé ses sincères regrets de ce que la présente réu- 
nion n'ait pas amené un résultat plus décisif pour le 
succès final de Tabolition^ ni surtout quelque résolution 
directement applicable à la répression des abus cruels, 
par lesquels le Commerce frauduleux a éludé jusqu^ici 
et frustré de leur effet les mesures déjk unanimement 
arrêtées y et les Lois et réglémens en vigueur dans les 
différens Etats* Après avoir analysé et discuté en dé- 
tail les objections mises en avant pour combattre le 
système de la visite réciproque des bâtimens suspects 
de se livrer è la Traite illicite, et notamment celles 
qui ont été développées dans la Vote de M. le Pléni- 
potentiaire de France, ainsi que les moyens d'exécution 
proposés par Messieurs les Plénipotentiaires de Russie^ 
Lord Castlereaghi en appelant de nouveau l'attention 
U plus sérieuse des Puissances sur une cause auèsi di- 
gne de leur intérêt , a demandé, qu'il soit enjoint aux 
Ministres des Cours prenant part aux Conférences de 
Londres, de donner suite II leurs délibérations sur cette 
question, sans attendre l'effet que pourrait produire la 
démarcbe solennelle, qtie les Souverains viennent de 
faire envers Sa Majesté le Roi de Portugal et du Bré- 
sil, d'autant plus que le résultat de cette démarche 
n'étoit pas un préliminaire indispensable des résolutions 
à adopter d'un commun accord , pour supprimer effica- 
cement le Trafic illicite sur les cAtes au Nord de la 
Ligne. 

Le Mémorandum de Lord Castlereagh a été annexé 
au Protocole, et Messieurs les Plénipotentiaires sont 
convenus d*instruire les Ministres des Cours à Londres, 
dans le sens de cette dernière proposition. 

Lùts de la lecture de ce Protocole, Messieurs 4es 
Pléaipotentiaires de Russie ont ajouté, qu'indépendam- 
ment de l'instruction convenue* entre les Cours, l'Am- 
bassadeur de 8a Majesté l'Empereur è liOndres seroit 
informé du désir de Sa Majesté Impériale de voir la 



i 26 Confër,iffce$ au Congrès (Pyiix'-la-ChapeUe, 

1818 Gt>nflfrènce ^tiiêtërielle de Londres s'occupei") non 
s^ùlènient' de la question gëoërale relative aux bases 
du système 4 UflopPiet contre la Traité' îlHcite, mais en 
m^iné tems de^ia,, question. pratique .de. l'envoi detf for- 
ceU.nëcQSsairei^ cpour. l'ex^ution des. oieaux'es communesi 
SaL'IVIajestë TEmpereur de Russie Pliant prêt à fournir 
soUvCObtiDgent, >as8jtôfc que fon se .seroit entendu sur 
k^i principes réglementaires à établir pour cet effel. 
Mêttsunich. Huskbueu».: GASTiiSiasiiiéH. HARDSNBsaa. 

NeSSELRODK, WxJUtlIiGTQH. •' fiEJLSSTORFF. CikPODlSTRIAS.. 

Viscoùnt Castlereagli io EarL Bathurst. 

Mj: Lord, . . i iV»>> Wà Vecimhtr, 1818» 

éiocia I arriy^d hère y. I bave deemed It mj iuty 
t.o renew wilh ^he Duke de 'Richelieu thei subject of 
the abolition, in otdeï that I.might be .better eoabled 
to >udge; aa tothe course :it vfoùld be ôiost advisabie 
lo pursue, for rdsuming ioi London^^ iinder the Proto- 
col sîgned.iat Aûc-la-ChapeUe on.ihe 19th November, 
tke délibérations on tfaia que^tioow . • 

In Conférence . v¥iih his £xceUency; it vras agreed 
thaï l should jbia.v^ :an interview with the Mînister of 
the Marine ainl Colonies, the Gount. de Mole, and 
wiih tb« Count deLaisnë, the Mînister of the Interior« 
aa the 2 Departi^ents Sn the Government the most 
compétent to advise !tbe King upon thé propriety<, aa 
well as upon the eilbct wliich those régulations mîght 
be exp^cted to produce upoh. the public mind in France, 
which I had béea directed, in cpnjunction vrith the 
Duke of Wellington , to ' press at Aix^-la-Chapelle. . 

I had accordiilgly a Conférence with thèse Mihistek^a 
of nearly 3 hours, in which I was ënabled to go through 
with them, in the utmoat détail, the whole of this im- 
portant.. sobject; to ail the bearîngs of which they ap- 
peared to me to gîve their utmost attention, and with 
à désire that the difficulties, which they conceived^ at 
least for the preisent, to stand in the way of their 
adopting the meaisure, might be found, in ihe end, not 
to be insurmountàble. 

• It is unoécessary that I should a ttempt. to report to 
youi^ Lordshtp the partîculars of tliis extehded conver- 
satioh, as théy Would not vary, in ahy essentiel point, 
from the arguments brought forward by the Duke de 
Richelieu I and which are already so fuUy before tlie 



concern. la traite des nègres. . 1^7 

Prince Regeut's GoverDioent. I bt^veno: rtfâUBoa iO'JBlB 
draw any more unfavoyrable .iDfereiice..frQB| tt>e niajk^ 
ner in vrhldi thèse Miaistérs treliled the^uhject, taod 
thej as8ured me of theîr dispiOsilioo to ■ r en d^r- public 
in France «. every infonmation iii?iiÎ9fa'!iii^i^bt tend 10 
throw- ligbt OD thÎ8 interesliog queatioo | .aod to atreogl' 
tben^itio X\)fi public favour^ , - . . 

UpoD tbe whole, niyXoJ*^;. "whilst J caîmqt ^|y^ 
you hopèa of . apy immedi^tp .progfesQi I veiturp^, i;i,ç- 
verthele;i$i t^ indulge a sjàï^kxiine, 'ÇXpeC^atÎQJ? 9 , îhal if 
tbe oJb)ççt 1^ pursued/>y^it^ tnÇç.sanie perseV^rlpg and 
concillating , temper on >tlie partpf preat-Ç^i^itajln^ whicb 
has.already achieved so* n^uch for the- cause of abolU 
tîon, the French Govcurament may be broMghty at no 
distant period, to unile their Naval exertions with.thoçe 
of tbe otber Allied Poyvers , for the suppression of the 
illicit Slave^trade, under the modifî.eâ régulations sub- 
roîtted for this j)urpose to the I^lenffibtentiatîea assem- 
bled at Aix-la-ChaiieHe; ' 

I hâve tbebonour to ^t^ etc. 
Barl Bathurst. K. G^ > Castleiikagh. • 



i> I I I > I 



, ; . . . 

Convention entre le Hojrçtume des 
Pays-Bas et te Grand ^Ihiché de 
Hesse, relativémer^ à Paholition re- 
ciproque du Droit de . Détraction 
et de Vlnipôt d'IEmigrationi -^ , Con-- 
clue à Franèfori èur Mêin\: le 7 

Janvier, 1819. 

Sa Majestë le Roi des Pays Bas^ Prince d'Oràngii 
Nassau, Grand-Duc de Luxembourg , etc. etc; ; et Son 
Altesse Royale le Grand - Duc de Uesse ' et du. RJiiO| 
etc. etc.; ayant trouve, convenable d'adopter pour: louta 
retendue présente et future de leut'S Etats, les princi"» 
pes fixés par la Diète Germanique,. y elatiyeinént à Tex- 
portatloi^ des biena des Sursis respectifs dHin Etat à 
l'autre, ont nomme à cet efiPet,. dés Plënipotentiaivasi 
<«Toir: Sa Majesté le Roi dee. .Pays-^Baa , etc.. etc», le 



138 Conçeniion entre les Pays-^Sas 

1819 Sieur CIiariM Marie Joseph de Hemricourl, Comte de 
Gruoney etc. etc.; et Son Allesse-Royale le Grand-Duc 
de Hesse, le Sieur Henri Guillaume Charles de Har- 
nier, etc. etc. ; lesquels après avoir échange leurs Pleins 
Pouvoirs I trouvés en bonne et due forme 9 ont arrêté 
les Articles* suivans : 

. Art. I. Les Droits connus sous le nom de Jus de^ 
tractus, Gabellà hereditaria et Cenaua emigrationis, 
ne seront réciproquement plus exigés ni perças à l'ave- 
nir , lorsqu'en cas de succession, donation , vente, émi- 
gration ou en tout autre cas, il 7 a lieu à une trans- 
lation de biens du Royaume des Pays-Bas dans les 
£tats de Son Altesse Royale lé Grand -Duc de Hesse, 
et de ceux-ci dans les Etats du Royaume des Pays-Bas ; 
toutes les impositions de cette nature étant abolies en- 
tre les deux Pays. 

IL Cette disposition s'étend non seulement aux droits 
et autres impositions de ce genre, qui font partie des 
Revenus Publics , mais également à ceux qui jusqu'ici 
pourroîent avoir été levés par quelques Provinses, Vil- 
les, Jurisdictions, Corporations, Arrondissemens ou Com- 
munes; de manière que les Sujets respectifs, qui ex- 
porteront des biens, ou auxquels il en échoiroit ^ un 
titre quelconque dans Tun ou l'autre Etat, ne seront 
assujettis sous ces rapports, h, d'autres impositions ou 
taxes, qu'il celles qui, soit è raison de droit de succes- 
sion, de vente ou de mutation de propriété quelconque, 
seroient acquittées par les Habitans même du Royaume 
des Pays-Bas ou du Grand-Duché de Hesse, d'après 
les Réglemens et Ordonnances qui existent ou qui éma- 
neront par la suite dans les 2 Pays. 

IIL La présente Convention est applicable jion seu- 
lement ii toutes les sussessions à écheoir' à l'avenir et 
à celles déjà dévolues, mais à toutes les translations de 
biens en général dont l'exportation n'a point encore 
^ ^té effectuée jusqu'à ce jour» 

IV. Comme celte Convention ne regarde que les 
pro|>riëtés'et leur libre exportation, toutes les Lois re- 
latives au Service Militaire restât en pleine vigueur 
dans les 2 Pays» et à ce même égard les Gouverne- 
mens Contractans ne seront nuellement restreints dans 
leur future Législation. 

V. La présente Convention sera ratifiée^ et les Rati* 



ei la Hesse - Grandducale, 129 

ficaltOBS seront échangées \ Francfort sur Mein , .dans 1819 
le terme de 6 semaines, ou plutât si Faire se peut. 

En foi de quoi, les Plénipotentiaires respectifs Pont 
signée et Tout munie du Cachet de leurs Armes. 
Fait à Francfort sur Mein, le 7 Janvier» 18 1 9. 

(L.8.) Harsticr. 

(L.S.) DK GanirirKy Lieutenant -Gënëral. 

(Cette Conveolion a éié ratifiée par le Gouvernement 

du Graod-Duchë de Hesse, le 20 Janvier, 1819, et par 

celui des Pays Bas, le 21 Janvier méme-annëe.) 



14. 

Pièces concernant un Projet secret 
d^ établir un throne royal dans V Amé- 
rique du Sud en faveur du Prince 

de LiUcca. 

(Traduction anglaise autenthique.) 

(!•) — The Suprême Director to the Congrese of 

Buenos j^yrea. 
. (Most Priva le). 

Sovereiga CongresS, Buenos jiyres, 26ih Oetobêr^ 1819. 

The enclosed Communication from Don Josë Valen- 
tin Gomez, our Envoy Extraordinary in France, was 
received a few days ago. 

About the same time arrived the American, Don 
Mariano Gutierrez Moreno, virho announced himself as 
the bearer of Despatches for the Government of Chife, 
from its Depuly at the same Court, Don Josë Yrizarri^ 
with simiiar propositions , and particular directions to 
make this' Government acquainted with the ob|ect of 
hîs Joumey. This induced me to delay the transmis- 
sion to you of the Communication of the Envoy Don 
Gomez, uniil I could inform you of the resuit of the 
Conférence with Don Gutierrez Moreno. It took place 
on the 23rd of this month, when the ob}ect of bis 
Mission was confirmed; and be furtber declared , tbat 
tbs Depnttes Rivadavia and Gomez bad specially en« 
ioined him to endeavour to induce this Government to 
svail itself of so favorable an occasion to obtain such 
great advantages for this Country. 

JVbtfr. SuppUm. Tome UT. L 



130 Projet d^éiablir un throne 'dans Pj4màriq, 

1819 I now, therefore, transmît tlie Cominnnîcation to 
yoiir Sovereîgnty , and' in callîng yoiir attention to 'the 
unforlunate situation of the Provinces, and to tlie fate 
wliich impends over them , I intreat yoii to take tlie 
aubject into your immédiate consicleratioo , tlie moment 
havîng arrived when Instructions sbould be given to 
the Envoy Gomez on thîs matter; becaiise , by means 
df the Resolution 'which may be adopted , the Spanish 
Expédition intended against this part of America may, 
perhaps, be pfcvenled ; and because the Envoy Gulier- 
rez Moreno is vraiting only for thè décision of your 
Sovereignty to pursue hîs journey to Chile. 

May God préserve your Sovereignty many years. 

JosE Rondeau. 
To the Soifereign National Congress of thé United 
Provinces of South jimerica» . 

(2.) — Don José Valentin Gomez to the Sectetary 

of State* ' 

Most Excellent Sir, Paris j ISfh June, 1819. 

In my Officiai Letter of the 15th of the last month» 
I stated to you , tbat I had been invited to a Confé- 
rence by his Excellency the Minister for Foreign Af- 
fairs. Several circumstances prevented îts taking place 
before the Ist of the présent monfh. Though I had 
before deeply reflected on the object to which it might 
be directedy I never could hâve foreseen the real one, 
^hich I DOW cpmmunicate to you, for considération. 

After His Excellency hadspoken at length, both on the 
«nxious vrish ofthe Minîatry for the happy resuit of the 
glorious struggle in which thèse Proyinces are engaged, and 
on the great obstacles which prevented them froni taking 
a decidedy active, and open part in tlieir support, lie 
aaid that , on reflecting on their true interests, he waa 
convinced that thèse entifely depended on the form of 
the G&vernment , under whose influence they niight 
hope to enjoy the advantages of peace ; and that he 
firjiily believed , tliat such a Government could o^ly 
be found in a Constitutional Monarchy , with a Prince 
of Enrope at ita head, whose connexions might com- 
niand and increase a respect for the State, and facili* 
tate the récognition of their National Independence. 
That, impressed with thèse ideas, he had in his mind, 
what he considered happy thought, and he wonld ex- 



du Sud en faiseur du Pr. de Lucca. 131 

pUin it to me with the greatest sincerîty: -*- it'^wasy 1S19 

the proposîng a Prince of the Throne, whoM pérsônal 

good qnaliltee and position were tlie most Hkely to 

OTertome ail the obstacles which might be opposedto 

such a pro)ect; taking into considération thé dilFereitl 

interests of the principal Nations of Europe, and the 

▼ariooa polîtical views of their respective CabînetSi 

Thaï Buch a Person was the Prince of Lucca, lateljr 

the heir of the Kingdom of Eiruria, atid diescended; 

hy the maternai line, from the aiigusl d^rnasty ofthe 

Bourbons. That his élévation would not awaken any 

îealotisy in the principal Courts; but, on the contrary, 

«rould meet with the approbation of their 'Sovërelgnsf 

more parttcularly the Eniperors of Au.stria and Russîa, 

who 'were decîdedly friends to him , and were wartt/ly 

interested in the gênerai welfare of the Continent. That 

England could not oiTer any just or reasonable gronnd 

for resisting il. That His Catholic Ma}esty woiild ùài 

be displeasedy at seeing his Nephew seated on the 

Tbrone of Provinces which had belonged to his domi^ 

Dion, an arrangement from which he might hope to 

obiain many advantages to the trade of the Peninstiliii 

at leasl snclv as were not inconsîstent with the abse^-^ 

lute independence of the new Nation , or the poHcy 

of its Government j and that His Most Christian Maje» 

sty, in partictilar» whose opinions were wellknown 

to hioi, would be gratified by il, and would employ 

in its support ail his weîght,* and use Lis powerfut 

influence with those. Sovereigns; while he would not 

Util lo use any of the means which are at his disposai, 

for hit protection; either by furnishing him with every 

kind of assistance which might* be necessary, or by 

endcavouring to prevaii upon His Catholic Majesty to 

desist from the War which he has undertaken agâiitst 

the Provinces. 

His Excellency made niany other observations, which 
it would be difficult to repeat, but he dwelt particularly 
on the Personal characler of hts Highness the Prince 
of Lucca, extolling the principles of his éducation, 
which were analogous to the présent enlightened state 
of Europe ; and upon the liberality of bis seotiments, 
vhich were eo différent from ihose entertained by His 
Catholic Majesty: and throughout his whole discdurse 

12 



132 Projet d^éiahlir un ihroné dans Ifjimériq. 

1819 he expatialed largely upon tlie pollcy adopted by tlie 
olher Sovereigns for tlie goverumeot of their People. 

• I must candidly confe86| that I vras aatoaished at 
heariog a Prince proposed, wbo possessed neîlber po- 
wer, iuBuence, nor considération, to rule tbe destinies 
of a People wbo bave excited tbe înterest of ail Eu- 
rope, and bave acbieved tbeir liberly, by 80 maoy and 
8ucb esçtraordinary sacrifices; and wbile bis Excellency 
contînuedi to îndulgei in bis re&ectîoi\s, I coosidered of 
an answer,' wbîcby witbout directly woiinding bis seU« 
love migbt eiFectually guard our sacred inlerests, and, 
at .Ibeaame.time^ carry iolo effisct tbe 7tb Arlicle of 
iny l-n^tpuetions. 

: 1 n&plied tô bis Excellency, tbat uniorlunalely my 
pow^ra did not extend to tbe object be had just spo- 
Ken of ) and tbat , inoreover, I was persuaded tbat no 
proposition would be acceptable to tbe . Government of 
tbe United Provinces , wbicb sbould not be grounded 
on* tbe essentîal bases of tbe cessation -of tbe War witU 
Spaio:, of tbe integrity of tbe Territory of tbe late Vi- 
ceroyalty, (includiog particularly tbe Banda Oriental,) 
and 9 if possible, of obt$ining tbe. sii^'ponrs necessary 
to ^ render more respectable tbe présent condition oC 
tbe State. Tbat neitber of tbese base» could be reaso* 
nably expected froin tbe sélection Qf lus Higbness tbe 
Prince of Lucca, wbo besides laboured under tbe un- 
favorable, circiimstance of being unniarried, and wbo 
was tberefore witfaout an beir; wbicb migbt expose 
tbe Provinces to an interregoum , always dangerous, 
and generally dîsastrous, to a Monarcby. 

I flattered myself, tbat I bad tbus, indirecUy, de- 
feated tbe project, by the force of reasons wbicb could 
not but bave weigbt with tbe Minister; but, before 
uiy answer was concluded, bis Excellency proceeded 
to say , tbat , far from finding any obstacle created by 
\xiy judicious remarks, bis attention bad been more parti- 
cularly called by tbem to otber great advantages, which 
he would immediately point out. He observed, tbat 
Hîi Most Cbristian Majesty would specially uodertake 
ta employ bis good offices and influence with His Ca- 
tbolic Majesty^ to put an end to tbe War, and to obtain 
hîa récognition of tbe Independence of tbe Provinces. 
Tbat the Prince of Lucca might marry a Priocess of 
Brasil, on the express condition of tbe évacuation of 



du Sud en faveur du Pr. de Lucca» 133 

tbe Banda Oriental, and the renuncSatîon of ail dlaim 1819 
to indemnity on the part of that Govrenment; hy Yihich 
means ihe succeBsion to the Crown would be secured. 
That His Most Christian Mzyesty vrould contribute 
every kind of assistance, the same as he would if it 
were for a Prince of his own fainily, and that no 
meana would be left untried to accomplish the project, 
and thereby to insure the prosperity of the Provinces. 
After I had listened' to thèse new reflections, 1 
tbought proper to repeat to his Excellency that I was 
DOt atithorized to corne to any détermination; but that 
I would make my Government acqu^inted with every 
circumsiance , and ask for the necessary Instructions. 
The Mioister agreed with me, and said that, in the 
mean tîme, while I was waiting for orders, he would 
forward the Negotiation as much as possible, and that 
he -was in hopes of being successful with ail the Ca- 
binets interested in it« • 

I send you a Mémorandum upon the same subjeçt, 
whîch was delivered tq me afterwards, as containîng 
ibe ideas of the Baron de Kayneval, who is considered 
at tbis Court 9 (as I bave before intimated to you,) as 
at tbe bead of the French diplomacy. 

I bave described to you, with ail possible exactness, 
the principal points of tbis Conférence. It would not 
become me to Judge whether this Project would be 
favorable or otberwîse to the interests of the United* 
Provinces of South America. The Chief Magistrates, 
to whom their destiny and prosperity bave been con- 
ided, wUl weigb it with that wisdom and prudence 
which distinguisb their délibérations ; and , as soon as 
Iheir décision sball reach me, I sball punctually corn* 
ply with it , and emply ail the means in my power 
to cause it to be duly executed. I sball, bowever, of- 
fer some observations upon the effect which may re- 
solt from this unexpected overture, and on tbe degree 
of sincerity which attaches to the Prpject. 

In my Officiai Note of the 28th April, I intimated 
to you that the diminution of Republican Governments 
was one of the bases of tbe policy to be adopted by 
the Holy Alliance for the préservation of Thrones; and 
that, ia conséquence, the Republics of HoUand, Venicot 
and Genoa, were extinguisbed by tbe Congress at Vi- 
cona, altbdiigh, at thé same time, it affected to restore 



134 Projet (Rétablir un throne dans PAmeriq. 

1819 ail the States of Europe to the same situation in wliicli 
they were before the Frencb Révolution* 

I also expressed a belief^ that the Sovereigns as* 
sembled at Aix-la-Chapelle had secretly agreed to in* 
vite the People of America to }oin them in this policjr» 
when Spain shpuld be uadeceived, and hâve renouoced 
the Project of reconquering the Provinces; and thaï 
the Kiug of Portugal warmly prouioled it through hia 
Ministers; and I added, that I thought it impossible iu 
this case to agrée to the sélection of a Prince of the 
dynasties of the 5 great Powers ; so opposite were their 
interests y and so great was their jealousy of each other^ 
that I feared their choice would fail ou some other 
Priuce of a Nation of the second or third ra«lk, to 
vvhom they could promise such a co-operation as would 
ensure the success of the project, 1 formed this opi-> 
nion when I first contemplated the Cabinets of Europe, 
and began to obsei^ve their poliiical niovements* Those 
ideas appear to me to be coufirnied at this moment, 
by the récent proceediugs of the Freuch Cabinet , and 
its présent proposition to be only au anticipation of 
the period which is fast approaching , of the ultimate 
triumph of our Provinces, aud the despair of Spain, 
which) in the Expédition now filting out, is rapidly 
exhausting ail its resources , aud must finally be com- 
pelled to abandon even the bope of any effort worthy 
of that nanie* 

The Prime Minister communicated to me his Pro- 
position, without exhibiting, accordiug to my judgment, 
that warmth which is generally excited in trealing of 
affaires of such great interest; and, upon my observing 
to hini that I was not authorized to do any tbing in 
relation to it, he readily agreed that we should wait 
the necessary time for the arrivai of Orders upon the 
subject, which ioterval his Excellency would employ 
in gradually forwarding the Negotiation with the olher 
Cabinets which might take an interest in it. 

As an Expédition is now preparing at Cadiz, against 
the Provinces, the first step to be Iakeu would be, to 
endeavour to induce His Catholic Majesty to order an- 
other direction to be giveu to it. The Minister assu- 
red me that this was already in hand, that he had 
not yet learnt the resuit , but that it would not be au 
easy matter to persuade the Kiug to this mtasure. The 



du Sud en /apeur du Pr. de Lucca. 135 

fact 18, tliat the Vessels for the Facîfic hâve sailed, (md 1810 
liiat tbe préparation of a Fleet contiàues to be car- 
ried on with the saine activity. 

The course bitherto pursued by the French Govern- 
meol is far from consistent vrith those ^ishes for the 
freedom of the Provinces of South America which his 
Exceliencj has so often expressed to me. At Bordeaux 
several armed Vessels hâve been built> and others 
freighted 9 for the Expédition , notwithstanding the re- 
présentations of the Chaniber of Commerce; and at 
6enegal they hâve detained the value of a Shîp and 
Cargo y prize to one of our Cruîzers, notwithstanding 
the applications of tbe Chevalier Rivadavia^ in con* 
junctioa with mine, for its restitution ; — no argu- 
ments bave been suCficient to induce the Ministry to 
appoint a Consul to réside at the Capital , or , at ieast^ 
officiai// to confirm the Ferson who performs, provi- 
sionally, the functions of an Agent for commerce; — 
and, more than once, the suggestions hâve been checked 
of some of the Members of the Chamber of Deputies, 
who wished the Ministry to be more decided in its con- 
ilucty ajid to gîve encouragement to the Freucb trade 
with Ihe Provinces of the Rio de la Plata. 

An apology for this inconsistent course of policy is 
uifered, by alleging the difficult situation of France. 
Bttt, who knows whether family interests do not pre- 
\ail over the King, and whether, after ail, his Cabi- 
net has not been acting in perfect concert with Spain 
to counteract the preponderancy of England, which 
is an object of jealousy to ail the Governments of the 
Continent, but more particularly to France? However 
reasonable the suspicions may be , which , under exist- 
iog circumstances, are created by the principal project^ 
— that Project wili be promoted with no less zeal, 
when the undertaking of Spain shall begin to fail of 
'succe&s, because then the greatest interests will be awa- 
kened. AU the States of the Continent woiild be plea- 
scd, that a Throne should be erected in the Provin- 
ces of the Rio de fa Plata , on which should be seated 
aMonarch iodependent of the influence of England; who 
iDÎgbt, hereafter, counterbalance her colosal po.wer on 
the Océan, and dîminish the importation into those Fron- 
ces of Eoglish Me/chandize , by granting a free ingress 
to that of other Nations. France, particularly, would 



136 Projet çPétahlir un throne dans PAmériq. 

1819 vrish to bave this market for her manufactures, in 
préférence to the Englîsh. The Most Christian King 
inight hope to obtain every advautage from a Prince 
of hîs own House , raised to the Throne through Lis 
influence, and by means of the powerful assistance 
^hich he promises. It is, perhaps, the intention of 
Hîs Majesty to présent the Emperor Francis with the 
Territory of Lucca, which might 1>e given to the Dukei 
of Reichstadt, son of the Ex-Emperor Napoléon and 
the Empress Maria Louisa. The inost Christian King 
would be gratified at seeing the destinies of hîs Rival 
thus fixed f and the Emperor of i^stria compromised 
by a Treaty to that elFect. 

The cession of the Floridas to The United States 
bas proved acceptable to ail the Governments of Eu- 
rope, Mrith the exception of England, and bas been 
eifected, perhaps, through the influence of the Minisler 
of Russia at the Court of Madrid. Europe vrould be 
equally pleased with the élévation to the Throne of 
South America of a Prince of a Dynasty of the Conti- 
nent* This seems indeed to be the principal motive of 
the proJect of the Prime Minister, the parliculars of 
which 1 bave had the honour of relating to you ; and, 
since the period cannot be far distant, when the 
future destiny of the Nation may be a sub)ect of more 
serions délibération, it is necessary that 1 should re- 
ceive timely Instructions from you upon the subject. 
1 thought that to entertain the propositions of a King, 
under the circumst^nces described, was in some mèa- 
sure contrary to the 7th paragraph of those v^hich I 
bave already reçeived; and, allhough I did not décline 
10 receîve them, I deemed it proper to object to theni 
indirectiy» with a view both to the critical state of af- 
faires at this moment, and to the orders, of whatever 
nature they may be transmitled to me bereafter* 

I request that you will bave the goodness to ac- 
quaint the Suprême Director with mf proceedings in 
this ma.tter, and to inform aie wbether they bave met 
with bis approbation, God préserve, etc. 

Valbktqi Gomez. 

To the Secretary of State of tlie Department of 
Gi}i>ernment and Foreign ji^aire. 



. du Sud en faveur du Pr, de Lucca. 1*37 

{JSnclosure,) — Mémorandum of The Baron de 1819 

RaynevaL - OJ^ransIatien). 

The French Government takes the greatest interest 
in the présent situation of that of Buenos Ayres^ and 
is disposed to do ail that is in its power tô facilitate 
ibe meaiiis by whicb the Provinces may be erected intç 
a Coostitutional Monarchy; — this being the only form 
of Goyernment suitable to their recîprocal interests, 
and vhich côuld affbrd.Jo tbem ail the necessary gua- 
rantees, both with respect to the Powers of Europe, 
and to those in the neighbourhood of the Rio de la 
Plata. 

The French Govemment being obliged, owing to 
poUdcal circumstances, to act with great circunispection, 
in order td avoid the obstacles which may impede the 
progress of so important a Négociation , and whîch 
may be expected principally from England, cannot ma- 
nifesta at présent, in any open manner, its désire to •« 
establish a friendly intercourse with the Government 
of Buenos Ayres ; but it will neglect no favourable 
opportunity to testify, in an unequivocal manner, the 
bterest which.it takes in its welfare. 

With a view to the aftainment of an object so dé- 
sirable to the South Americans , as their Independence 
of the Crown of Spain , and to procure for them a 
Constitution on a solid and permanent basis, by which 
ibey might be enabled to treat with every other Po- 
wer, the French Governmeat ofiers :to undertake the 
task of obtaioing the assent of ail the Courts thereto, 
upOD the élévation of the Prince of Lucca and Etruria 
to the Throne of South America; — for the accom- 
• plisbment of which latter object ail the i^quisite aid 
shoald be aiforded, both in Naval and Military For- 
ces, so as to enable him not only to command respect, 
but even to repel any Power that might oppose itself 
to his élévation* 

This Prince, who is 18 years of * âge , is of the 
Hoose of Bourbon , and although a relative of that of 
Spain, it is not apprehended that his principles would 
be repugpant to those of the Americans; whose Cause 
lie woald undoubtedly espouse with enthusiasm. He 
is posseased of eminent qualities , which highly distin- 
euisb him; and his abilities, as well as his military 



138 Projet d'établir un throne dans l^jiméçiq, 

181j9 ediicalion, which has been theobject of particuldr care, 
oiier tiie most ilattering prospects* 

lu order to secure and consolidate bis Dynasly, 
sbould this PrÎDce be accepted by Tbe United Provin- 
ces » it is proposed to solicit for bîm an alliance witli 
a Princess of BraziU Tbis \vould be of incalculable 
ad^antage to tbe two Governinents, whicb, being tbeu 
bound by family ties, would fiud tbeîr interest ia 
being more and more firmly connected. Another 
advaotage , and of not less considération , as one of 
the principal conditions of this Alliance, would be, 
that firazil sbould renounce the possession of the Banda 
Oriental^ together with ail claim to indemnity?» and 
sbould, moreover, agrée to enter înto a Treaty of Al- 
liance, offensive and défensive, with the new Monarcby. 

Wi(h respect to The United States, as they hâve 
no Ënemy to fear but England , and as it is their in- 
terest that they should be on friendly terms wîth South 
America, it is évident that any objection which they 
might hâve to olFer to the establishment of a Monarcbi- 
cal Government would be easily removed. 

Tbe French Government agrées to take charge of 
the Diplomratic Negotiations upon the subject; and pro- 
mises to grant to the Prince of Lucca ail the support, 
assistance, and protection, which would be granted 
even to a French Prince. 

I entreat you, Sir, to convey thèse Proposais, which 
1 think advantageous, to your Government, in order 
that it may décide whether this may not be the best 
form to be given to it. It is well known that a po- 
werful Party wishes that The United Provinces should 
constitute themselves into a Republic. * Upon this point, 
permit me to make an observation , which I believe to 
be pecultarly applicable , because it describes the real 
circu instances of the case. I shall not dwell upon the 
essential différence between The United States , as a 
Country, find South America; you are perfectly ac- 
quainted with it, and it would be superfluous to employ 
any argument to convince you of the fact. You are 
awart, also, that a State cannot well be constîtuted 
into a Republic, but when it is y^ry limited in ils 
extent , and its People are refined in their manners, 
and for the most part civilised. The streogth of a 
Republic , if not its yevj existence , dépends upon the 



du Sud en faueur du Pr. de Luoca. 139 

harmooy betweeo ail classes, and the cordial co- ope* 1819 
ration of every individual in the gênerai prosperity; 
in a wordy it is necesssary that it be dintinguished for 
virtues which are rarely to be found in the présent 
âge. From thîs view of the question, it is évident 
that South America y viz. Buenos Ajres and Chile, are 
not possessed of the indispensable éléments of a Repu* 
blic: tbe exteot of the Provinces is very great ; civili- 
zation is in its infancy; and the passions and spirit of 
Party, far from haviog reached the wished^for end, 
are continually produciog fresh commotions : in short, 
atiarchy still exercises ail its power in many Districts, 
^hicb ought to be subject to Buenos Ayres; amongst 
them, the £astern Bank of the Rio de La Plata, whtch, 
from its situation, cannot be separated from it, wilhout 
produciog interminable Wars* 

Thîs being the case; — inorder to make theCoun* 
try happy , to cbeck ail those couflicting powers whose 
collision paralyzes the afTairs of the Government, and 
to unité ail parties in onè common cause, which, for 
9 years past, bas been the object of such great sacri^ 
fiées, there appears to be but one measure, "and that is, 
the establishment of a Constitutional and libéral Monar- 
chy, whicb, by securing to the People their riglits as 
veU as their happiness, would lead to a friendly in- 
tercourse vith ail the Powers of Europe; a benefit 
whicb is not to be neglected, vrhen the advantages me- 
rely of a commercial intercourse are taken into consi- 
dération. The Country would then liave a Govern- 
ment, well constiluted, and acknowledged by the other 
Powers Zvagriculture, of which it stands in need, would 
sooo become a source of riches and plenty: the arts 
and sciences would fiourish: Emigrants from Europe 
would increase the Population , which is now whoUy 
disproportîoned to the extensive Régions which they 
inhabit; and the Territory which now présents to the 
eye of the Travellet the aspect only of a barren wasie, 
would be couyerted into a fertile Country. A great 
source of weallh also exists in the mines of every kind, 
from which not only immepse Revenues would be de- 
rived, biit even the prosperity of many olher Coun- 
tries would be promoted. 

Thèse various considérations are such as should 
induce your Government to adopt the Plan proposed: 



i 40 Projet dP établir un throne dans tAmériq. 

1819 becauBe , to establish the happîness of one's Countiy, 
18 to be entitled to its gratitude i and to immortal famé, 
the most glorioas and the only reward worthj of tbe 
ambition of virtuous Men. 

It is known that the Englisb bave a considérable 
Party in United Provinces; and I beg to be permitted 
to offer some reflectîons, and to make some suggestions, 
upon that point. 

Suppose that England should place a prince o F faer 
own upon the Throne of South America, by meaos of 
the influence whicb she bas acquired in Europe, during 
the long Wars for which she has paid, and.in' "which 
her most important interests were involved , . — - ber 
object having been to shield berself from the blows 
wbich threatened her: she might, for a tîme, save tbe 
Country from a fresh War, and supply the Government 
with the physical force necessary to consolidate ils po- 
wer; but is it, therefore, to be supposed that the Na- 
tion would be more happy? 

In what consists the happiness of a People; and 
particularly of such a People as that of The United 
Provinces, who bave been labouring so many years 
for the attainment of their indépendance , on vrhicb 
tbeir glory dépends, and for that happiness to which 
their numerous sacrifices entitle them? 

Ist. In the establishment of those rigbts whicb na- 
ture daims, and therefore approves. 

2dly. In the free exercise of the religion whicb 
. they profess, and wbose truths they know and ap- 
preciate. 

3dly. In the national character, which forma the 
social tie, and by which the Inhabilants of South 
America are distinguished from many other Nations, 
who bave not yet reached that degree of civilization 
in which the gênerai happiness of the People is found 
to consist. 

What could be expected , as regards ail thèse con- 
sidérations, from England, or from Prince passionately 
attached to the principles of tbat Nation? The People 
would bave to fear even the overthrow of the Catho- 
lie Religion, the dominant one of the Country y or at 
least its contemptuous treatmeut, or perhaps Religious 
Civil Wars, whicb would produce uiisery in the Na- 
tion ; besides , bis national character^ so entirely oppo- 



du Sud en faiseur du Pr. de Luoca. 141 

sed to that of the civilized Americans, would indoce 1819 
him to act contrary to their social happiness : the con- 
séquence of which would be, that, hated by the Na- 
tives, be would gratify his personal feelings, and exer- 
cise hia revenge , if oot to the destruction of the Na- 
tion which excited it, at least to the exteot of enfeeb- 
ling it so far as to enable him to rule over it des- 
policallj. 

By this picture , which is a faithful ono » y ou wili 
see that, far from having erected, upon a soKd foun- 
dation I the édifice so happily begun, its bases would 
soon be destroyed , and the People , so deserving of a 
better fate , would fall again Into slaverj» 

If therefore the prosperity of those Countries. be 
the ob)ect sought for, they should not be trusted to 
hands which could not but felter them, and destroy 
their rising happîoess, whicli bas been so dearly bought* 
On the other hand , by acoepting for their Sovereign ^ 
the Prince proposed by France, they would hâve noth- 
ing to apprehend with respect to their religion ; it would, 
on the contrary, meet with a solid support from him, 
at the same tlme that it would be divested of fanaticism, 
so bjurious to ail religions ; a libéral spirit would *pre« 
vail, opposed to licentiousness, so pernicious to a ci- 
vilized State ; ail the rights which could insore a pei> 
fect felicity to South America would be enjoyed; and 
they would , in a word , possess a Prince who, having 
become an American, neither would non could thave 
aoy other object in vlewUhan that of promoting agri- 
culture, the arts, sciences, an.d commerce, and of fbn- 
dliating , by his kîndness , the affection -of his Subjecta. 
Under ail the circumstànces ^ the Government miKt* 
détermine expeditiously, if they willoot.Iose tlie most 
favorable opportunity which can présent itself, for sep 
curing the happiness of the Couniry , and the prospe* 
rily of its trade. 

(3.) — FirU Secret Sitting oj Congress. 

Buenos Ayr^ê ^ Vlth Octuber^ iai9« 

The Deputies havbg met in the Hall of Sittings^ at 
10 o'dock in the morning of this day, on ihe invita» 
tion of the Président, a Note, marked most privale, 
was opened and read , from the Suprême Director of 
the State , dated the day before , enciosiug a Comnu- 



142 Projet (PéiahKr un throne dans VAmèriq. 

18rl9 nicatîon from Don Josë Valentin GMiez , Envoy Ex« 
traordînary to' the European Powers , and daled at Pa- 
ri^y on the 18th of Juoe laBt, addreBsèd to the Secre- 
taiy of State of the Department of Government and 
Foreign Affaira» The saîd Note havtng been read, the 
Communication from the aboTe-named Envoy vras alao 
read. 

After slattng that he had been invited to an inter» 
view by His Most Christian Majesty-s Minister for Fo- 
reign Affairs, whicfa took. place on the lat of the month 
ia whicfa his Communication was dated i he submita 
tlie Proposai then made to him by that Minister, of 
eçtablishirig a Constitiitiôital Monàrchy in thèse Protin* 
céSy and placing on the Throne the Prince of Lu cca, 
the late Successor to the Kingdom of Etruria, and de^ 
sceiided, by the maternai Une, from the House of 
Bourbon* That Minister declared: - — that the élection 
of that Prince vroUld meet with the most perfect ap- 
probation of the Sovereîgns of the Principal Courts^ 
and parlicularly of ihe Emperors of Austrîa and Rus- 
sia y who were avowedly altached to the person of the 
Prince, but slill more so to the promotion of the ge- 
neval interesls of: this Continent; — - that His Most 
Cliristian Majésly >vould vievr this^measure with parti- 
etilar -sattsfaclion , and use ail his- influence wllli the 
ot^r: Sovereigns tb proniotie> il; -« and that he vrould, 
at'the same time, «mploy such means as niîght be 
found réquisite, to' protect the newMonarchy, whether 
by jBuCcours of.every «descriplion, or by his médiation 
with Mis Calholic Maîesty, to induce him io desist fronv 
ihë' hostîHiSes in which he i^ engaged against thèse Pi*o- 
vinices. The-finvoy, in reply, explained the conside- 
i^atî^ons tliat'»iO|ip08sd his proceding in such a matter, 
nMnely, the wânt^. of snFfîcîent authority; and stated 
furttiet*; tliat no Proposai would be accepted by his 
.Government, which had not fot its bases the discontt- 
nuance of the war on the part of Spain , the integrity 
of the Terrîtory of the former Viceroyalty, partie» larly 
thât of the Banda Oriental, and the alfordiug such aid 
d» wès :nec«8sary to render the présent condition of 
the Slâte more respectable, — which could not reason- 
ably be hoped for from the élection of the Prince of 
Lucca , who was moreover objectionable, as being un* 
inarried, and^ consequently, without an heir. 



du Sud en faveur du Pr. de IfUoca. 143 

Tli€ Minister, after faaving opposed thèse refleciSons, 1819 
proceeded to 8tote, that His ^lost Ciirisrian Majesty 
vrould niâke a specml point of endeavout^ing to obtain 
from Hîs Catholk Majesty t)ie cessation of hostilities, 
and tlie acknowledgment of the Independence of thèse 
ProviDcea-; — that ihe Prince of Lacca mîght contract 
a matrimonial alliance -wilh ane of the Princesses of 
Brazil, (under the express condition of the évacuation, 
hy Brazil, of the Banda Oriental y and of the relin- 
quishment of ail claim of indemnily for the same,) by 
whicb nieans the succession to the Crown vrould be 
secured; — that^ in this case, His Most Christian Ma* 
jesty would aiso alTord every description of aid, the 
saine as he would bave done in favor of a Prince of 
his blood, and would especially exert ail his efforts to 
effect the project^ and proinote the welfare of this 
People. 

Tlie Deputy, Goniez, concludes by observlng, tbat> 
after listeniog to thèse renewed remarks of the Mini* 
8ler,he again replied to hiui» that, being unable, for 
want of stifficicint authority, to corne to ^ décision hiin- 
seif, he \¥0u1d give an account of ihe whole to his 
Goyernment, and request the necessary Instructions; 
to wbich th» Minister readily asseuted, oiTering, at the 
same lioie^ tq conduct the Negotiatîon^ in .the inean 
wbile, wilh a view to place it in thainost favorable 
State. The Minister afterwards niade ^eyeral observa- 
tions upon this important and délicate subject, and aU 
luded to a Mémorandum In support of the same senti- 
ments, wbich was delivered to the Dèputy afterwards 
by another Indivldiial, and whiçh, he assùred liitiii 
coDtaiuéd the views of the Baron de Rayneval^, wl|9 
was considered, by His Courte as the Head^ of the 
Frcnch Diplom^acy. ' . . 

Bolh of tbéèe'Docnments Uaving been read, the 
Chamber resblved t6 defer the considération of them 
iinltl the Saturday foUowing, in orderto give tîme for 
* fuU examinatîoo of this momentous question, and to 
SQOMiion the attendancû of such Mettibers of tlie Cham- 
ber as huà httn absent at the présent Sitting. 

Another Private Note from the Suprême Director 
wai then read , of the same date as the former y and 



144 Projet ^^tablir un throne dans PAmériq. 

1819 eD<2lo6ing tbe Communications requested oF General San 
Martin 9 and the GoYernment of Chîle^ (in 1816,) ex* 
planatory of tlie causes of the suspension of tbe pro- 
jected Expédition against Lima; whlcb Communications 
were referred to a Committee, composed of the Senors 
Deputies, Funes and Saenz, in order that they might 
report there lipon to tbb Chamber. 

Upon whicb tbe Sitting was dosed. 
DepUties présent. 

The Président. The Vice Président *), 

Màlayu. Bustauante. ZiTDAiffEz. Pachcco. Funes. 
Carrasco. Lascavo. Viamoitt. Rivera. Diaz Vêlez. 
Cborroariv. Azeysdo. Gallo. Saevz. Gu8HA!r« 

(4.) — Second Secret Sitting of Congress. 

Buenos jiyres^ Zrd Hovember^ 1819. 

Tbe Members baying met in their Hall of Sittings, 
at the usuai hour, they proceeded to take into their 
considération the Proposai which had previously been 
foefore them , of tbe Minisier for Foreign Affaira at 
Paris, to Doctcftr Don José Valentin Gomez, Enyoy Ex- 
traordioary of tbis Government to the European Po- 
wers, for the érection of a Constitutional Monarchy in 
thèse Provinces, under the Sovereig^ty of the Prince 
of Lucca, as stated more at lengtb in tbe Secret Sit- 
ting of tbe 27th of October last^ 

Tbe Coogress, deeply impressed wîtb the impor- 
tance, the delicacy, and the momentous conséquences, 
of ibis question , and closely altending to the terms in 
v^bich it is communicated to it, in the Officiai Note 
of the Suprême ExTecutive Power of the 26th October, 
immediately submilted for considération, on the one 
hand, the incompatibility of the proposai, wîtb the 
Political Constitution of tbe State, which had been re- 
cently sanctioned and published, apd uji^himoualy ac- 
cepted by the People, and which the Congress had 
solemniy sworn to maintain' and observe;^ and, on the 
other, tbe power so to change it not beiog consistent 
with tbe forms which it prescribes, in ordei^ the bel* 
ter to provide for its stability and permanency* 



Pedro Francisco de Uriarte. 



du Sud en faveur du Pr. de Lucca. 145 

Considering, liovrever, that tke proposai rêfeired lg]9 
to of the French Minieter of State might <be viewed as 
not going beyond the sphère of a simple project of a 
Negotiation, which would unquestionably be opposed 
bj Great Britain, — ^ith whose interests it would bj 
no means accord ^ that a Continental Power of tlie 
first rank like France, faer ancient Rival, (whosé poU- 
tical and commercial interests, combined wilh those of 
Austria, Prussia» and Russia, would tend most ob- 
TÎously to counterbalance the preponderancy of the 
Britisb power,) should acquire a decided ascendancy in 
tbese ProTÎnceSi by the establishment of a Prince who, 
from wbat bas hicheiio appeared, holds out the ex- 
pectalîon , that he will be supported by the above 
mentioned Powers, and who would, of course, seek 
to concile the interests of America with, or, more cor- 
rectly speaking, render them subordinate to, the policy 
of the Continent of Europe; «— it was not difficult to 
perceive that, as the présent discussion did not tum 
upop the Acceptance or Ratification of a Treaty,' by 
which the Constitution, lately adopted, would be eitfaer 
chaoged or subverted, butmerely upon the pro)ect of 
a Negotiation, — a due regard to the interests of the 
Counlrv, policy, and the exceedingly critical circum- 
ilances^ which we are placed, destitute as we are 
of the resources necessaiy to bring to a close the long 
and disastrous struggle in which we bave been enga- 
ged, wfcilst we are threatened anew by the formidable 
Force preparing by the implacable pride and obstlnacy 
of Spaio ; — ail concurred in making it our duty to 
take every possible advantage of tbis Proposai , in fa- 
Tor of tbe Polilical Indépendance of the Country; -— 
by urgiag the Court of France to employ ils powerful 
influence with the Cabinet of Madrid, to put a stop • 
to the préparations of the grand Expédition destined 
ibr the aubjugation of thèse Provinces, so obstinately 
persisted in by the Catholic King; — by disposing the 
Governmeot of France, already inclined, in relation to 
this particular interests, to open Communications with 
our Government, to proceed stlll furlher, and gra- 
daaily to acknowledge it; (thus overcoming the ré- 
pugnance of the Mînisters of Crowned Heads to enter* 
tain a Correspondence with the Envoys of an Infant 
Republic, to whom the greatest favor they shew is ba« 

Vouv, Suppiém. Tome III. ^ 



146 Projet d?itablir un trône dans Pjimériq. 

4 

1819 rely to ajmit ils existence, de facto; while it is évi- 
dent that tbe 'Goyernmènt of France , hj tbe simple 
fact of its Proposai 9 supposes us, tacitly at least, to 
be in a condition whicb autborizes us to dispose of 
our h>t y and tbat of tbe Provinces , by oieans of a 
Treaty;) — - by so far counteuancing tbe Proposai of 
France, and, at tbe same time, judiciously laying it 
before Great Bxitain, so as to induce tbe iatter Power 
to acknovrledge our absolute Independence, and to en- 
gage it to aid us in supporling it; — and, finally, by 
gaining for us tbe tiine (at least so long as , by Nego- 
tiation, we are able to divert or suspend tbe Spanisb 
Fleet or Expédition,) necessary to produce trauquilUly 
in tbe ioterior, to prépare for our defence, ànd to 
establisb our crédit abroad ; and tbereby to place our- 
selves upon sucb a respectable footing as may give us 
greater advantages in tbis or any otber Treaty, — tbe 
stipulations of v?bicb niust finally be submitted to tbe 
Senate, two-tbirds of v^bom are required, by tbe 
Constitution, to concur in order to its acceptance; 
vrbicb Constitution cannot be altered , in any of its Ar- 
ticles , especially in tbose wbicb constitute tbe essential 
form of tbe Government, but by tbe concurrence of 
botb Cbambers, in tbe form and manner prescribed by 
tbat Constitution. 

Tbese and severa! otber prudent and deliberate sug- 
gestions, calculated to provide* for tbe welfare of tbe 
Country, to maintain tbe Constitution, and to leave tbe 
succeeding Législature perfectly free to enter upon tbis 
most important question , in tbe manner best calcula- 
ted to fix tbe fate of tbe Provinces , and to establish 
tbeir prosperity upon a solid and permanent basis, ba- 
ving been duly ^considered ; tbe foUov^idg Motion viras 
put to tbe vote : — Sball tbe Proposai under discus- 
sion be admitted, conditionally, or not? The votes 
bring counted , it was, resolved in the affirmative. 

Senors Zudanez and Villegas explained theîr votes, 
in vrriting, and tbe Cbamber directed that tbe Senors 
Dias Vêlez, Azevedo, and Lascano, wbo were not pré- 
sent at the Sitting, be invited to transmit tbeir votes. 

It tben proceeded to appoint a Committee to pré- 
sent , in tbe form of a Project , tbe conditions upon 
vrbich the vote of tbe Cbamber was to be admitted. 



du Sud en fauêur du Pr. de Lueca. . 147 

whep it was decîded that the Senors Deputiea Busta- 1819 
mante 9 Funes, and Saenz, be cliosen for that purpose. 

Upon which tbe Sittîng was closed. 

Deputies présent. 
The Président. The Vice-Président. • 

PaCHECO. UriARTE. SoRILLA. VlAHONT. GuzMAir. 

ZuDANEz. BxtstAïiavtk. Fuses*. Rivera. Saehz. 

Choeroariv. Gallo. Carrasco. 

• 

In the Sitting of the 3rd of NoTember, 1819 , in 
which the Proposai niade hy the French Governmenfy 
for receiving the Prince of Lucca as King of thesè 
Provinces 9 was discussed and decided^ mj vote was 
as follo^^s : 

Not being authorized to act in corttradiction lo the 
vrish expressed hy my Province , for a Republican 60- 
veromeoty as declared in the Instructions given to its 
Deputies to the General Constituent Assembly, or to 
change in its fundamental principle the Constitution of 
the State, I am opposed to the Proposai of the French 
Governmenl, of accepting the Prince of Lucca as Ring 
of the United • Provinces. And, although I am persua- 
ded.that this Project, degrading and prejudicial as il is 
to the national dîgnity and prosperity, must prove aboiv 
tire, even* in France itself, yet, on consîdering the 
•drantagea that may be derived from communicating it, 
togelher vrith a Copy of the Mémorandum of the Ba«- 
roo de Rayneval, to the British Cabinet and to the 
United States of North America , I am of opinion that 
the communication should be immediately made to them, 
accompanied .by an exposition of the probable motives 
for roaking, and the conséquences to be expected from, 
this Proposai; r-« that the Charges d'Affaires,' Gomez 
and Rivadavia, with a view to gain time, should con- 
tinue* to entertain the subject with the French Govern- 
maot as long as may be practicable, without disclosing 
themselves; but that, vrhen they shall find it expédient 
to communicate the Ultimatum of the Sovereign Con- 
Sress, they should proceed to Englaud, a Nation of 
more importance to America than the vrhole of the 
Continent of Europe, for the purpose of putting into 
motion the precious springs placed within their reach 
by this Negotiation ; — and that the Deputy despatched 
to the Government of Chile, by ils Envoy at Paris, 

K-2. 



i48 Projet dPêtablir un trône dans Pjimériq. 

9 

I 

1819'vv^ith Despatches relating to the same subject, should 
continue his journey, withoiit being iDformed of the 
décision >vhich lias been corne to hère. I explain my 
vote , under niy hand, Jatme de Zudanez. 

In the same Sîtting , . the Deputy Don Alexo Ville- 
ga8 voted as follows: — Without eçteriug at présent 
into an examination of the advantages or dîsadvanta- 
•ges of the Project, it is my opinion, that as its admis- 
aioa would be dia^etrically opposed to the Constitu- 
tion y to which we baye recently sworn, the Congress 
hae not the power . to admit it ; and I am further of 
opinion, that» if the Project yvexe admitted as advan- 
tageous to the Country, it would be invalid from the 
simple fact of its beîng admitted by the présent So- 
vereign Congress, without the observance of the rules 
prescribed by the Constitution, in the Chapter which 
treats of its reform , more particularly as the meeting 
of the Constitutional Législature is so near at hand. 

Alexo Yillegas. 

In the same Sitting, and upon the same question, 
' my vote was , that the Project should be^ admitted èon- 
ditionally , under Instructions to be given to the En- 
voy; my vote beiiig in the affirmative , with absolute 
référence ta the conditions , which I consicfer most es- 
^ential; and, in case they be not approved by the gê- 
nerai sanction, I vote for the négative; and I hereby 
explain my vote* , José Miguel Diaz Vêlez. 

(5.) — Third Secret Sitting of Congress. 

Buenos jiyreê^ 12/ A Nopenther^ 1819* 
The.Deputies baving met, at the usual hour, io 
the Hall of Sittings, the Committee charged with fra- 
ming the Project of the Conditions, iipon which shoiild 
be admitted the Proposition made by the Minister for 
Foreign Aflairs at Paris, to establîsh in The United 
^Provinces a Constitutional Monarchy, (which subject 
had been discussed with the greatest attention in the 
preceding Sittings,) being présent, and it having been 
ultimately resolved to admit the same, conditionally, 
they announced to the Chamber, that they were ready 
to présent their Report. 

The Project, presented in writing, was then read 3 
several times, and gênerai observations were made upon 



flu Sud en ja\>eur du Pr. de Lucca. J49 

il; after whîch, each oF the 9 CondlUons of wlûcii it 1819 
liras compofted ; vraa singly and separately considered; 
as folloyrs: — 

The Ist that: ^'Hls Most Cbristian Majesty takes 
upon bimself tbe charge of obtaioîng the' consent of the 
5 High Powers of Europe, and even that of Spaîn," 
was approved, with the spécial addition, that the assent 
of Eogland thereto be obtained. 

Seniors 21udaneZ) Dias Vêlez, Urîârte, and Rivera 
explained their votes , as recorded in the fiook of the 
Session. ' 

The 2iid Condition, that: '^After having obtained 
this consent , His Most Christian Majesty shall facililate 
the marriage of the Prince of Liicca Yrith a Princess 
of Brazil; a conséquence of which should be the re- 
nonciation, by His Most Faithful Majesty, of ail pre- 
tensions to the Territories possessed by Spain, accor- 
ding to the last demarkation, and to any indemnity 
wkich be might daim for the expense of his présent 
enierprize against the Inhabitants of the Northern Bank 
ol the Rio de la Plata", vras approved, with the amend- 
ment that, instead of Northern Bank, should be sub« 
stttuted Eastern Banh, omitting the werds — *'of the 
Rio de la Plata\ 

The 3rd and 4lh Conditions vrere then considered, 
in their order, and wi^re approved of in the folio wing 
ternis: — 3rd. ''France shall undertake to afFord' to the 
Prince of Lucca, ail the necessary assistance to establisb 
theMonarchy in thèse Provinces, upon a respectable foo- 
ting; and it shall coinprize not only the Territory vrithin 
the ancien t Jimits of the Viceroyalty of the Rio de la 
Plats, but alsa that of the Province of Montevideo, 
together with ail the Banda Oriental, Entrerios, Cor- 
rientes, and Paraguay; — ^ 4th. ''Thèse Provinces shall 
ackowledge as their Monarch the Prince of Lucca, sub- 
)<ct to the Poittical Constitution to which they bave 
sworn; tbose Articles excepted, which may not be 
adaptable to the form of an hereditary Monarchical 
Govemment: which Articles shall be amepded in the 
cODstitotional tnanner preïcribed by the Constitution.'' 

The 5lb Condition, that „The highest Powers in 



150 Projet cÇétahlir un trône dans VAmèriq. 

1819 Europe haviog agreed upon the eleyatioo to tbe Throne 
of the Prince of Lucca, this Project shall be realîzed» 
even should'Spaîn persévère in the attempt to recon« 
quer thèse ProTincea/' "was in Itke manner approved. 

The Deputy Zudanez recorded his vote. 

Tlie 6kh Condition, that, „In the latter caseï France 
aball either hasten the arrivai of the Prince of Lucca, 
with ail the Forces required for such an undertaking» 
or shall place this Government in a condition to resiat 
the Forces of Spainj \xj furnishing it with Troopa» 
arms , Ships of war » and a Loan of 3 or 4,000,000 of 
dollars, to be repaid after the War shall be ended, 
and the Country restored to tranquillity**' was appro* 
yed ; — wilh the Amendaient, that, instead of 3 or 
4,000,000 , the words 3 or more millions , should be 
substituted. 

The Deputy Diaz Vêlez recorded his vote. 

The 7th, 8th, and 9th Conditions were in due or« 
der examined, and approved, in the foUowing terme : •*- 
7th. „Thi8 Project shall be without elTect, if there 
be reason to apprehend that England would see with 
uneasiness the élévation of the Prince of Lucca , and 
might be disposed to resist or fnislrate it by force.** — 
ftth. „The Treaty concluded between the Minister for 
Forëign Affairs of France and our Envoy at Paris, 
ahall be ratified within the tîme to be agreed upon for 
that purpose, betv^een His Most Christian Majesty and 
the Suprême Director of this State, with the previoua 
consent of the Senate , according to the constitutional 
forma." — 9th „Our Envoy shall obtain the time that may 
be necessary, in order that an alTair of such great im- 
portance may be negociated hère; and shall use ail the 
circumspection and précaution required, by the déli- 
cate nature of the transaction , as vrell to prevent the 
failure of the Project, as to guard against the fatal 
conséquences vrhich (were it to transpire prematurely) 
vrould be the eifect of the malignant commentaries upon 
it of the Enemies to the prosperity of our Country. ' 

The votes of the Deputies, "who vrere not présent 
at the last Sitting , having been requested , on the pro- 
]iosition whether the Project should be accepted condi* 
tiuiially, or not, they presented thems^es in the Hall 



du Sud en faueur du Pr. de Lucca. 151 

foc tbat purpose. The Deputj Diaz Velez recorded 1819 
hit Tote. 

Thus ended the Sitting. 

Deputies preaent. 

The Président. The Vîce-Preaidenl. 

LAZCilVO. ZUDASEZ. SoRILLA. UrIAATI. 

Pachkco* Bustamahte. Azkyedo. GuziiAV» 

CABiiAftco. Chorboariv. Ritera. Duz Yxlzz. 

Sarxz. Gallo. Fuvzs. 



15. 

Circulaire du Cabinet de Berlin, 
adressée à ses ^ambassadeurs ^ Mi- 
nistres et Agens Diplomatiques ^ près 
les Cours Lirangeres, sur Vètat poli- 
tique de V Allemagne. En date de 
Berlin, le 28 Septembre, 1819- 

Messieurs ^ 

Vous aTez àé}K vu le Message prësidial qu'à la suite 
des Confëreoces de Carlsbad , l'Autriche a présenté à 
la Diète Germanique; vous savez aussi dëjà que toutes 
les propositions qu'il contenait ont été converties i par 
celle Assemblée, en Décrets, et que ces Décrets, j ont 
passe à Funanimitë. Mais comme il importe beaucoup 
que toutes les Puissances de l'Europe envisagent et ju- 
gent ces Résolutions sous leur véritable point de vue, 
je crois devoir vous mettre à même de les leur pré- 
senter dans le jour le plus favorable , et .de les • leur 
faire connaître dans leurs causes , leur nature et leurs 
effets. 

Il 7 a loDg-tems que l'état politique et moral de 
PAUemagne pouvait donner de légitimes alarmes à tous 
les amis de l'ordre social et de la tranquillité pu- 
blique. Quelque saine que f&t en général la masse du 
Peuple, et quelqu'attacbée qu'elle fût, dans les diffé- 
rens Etats de Ja Fédération , Il ses Souverains , on ne 
pouvait se déguiser à soimême qu'il régnait dans les 
esprits une inquiétude secrète et une fermentation sourde, 
entretenues et aigries par la licence effrénée des dis- 
coura et diea écrits. Cette fermentation des esprits était 



152 Circulaife du Cabinet de Berlin 

l@19en pftTlie naturelle, et on pouvait Texpliquer, par les 
ëvëneinens extraordinaires quij pendant la guerre de la 
dëltvrance^ avaient tiré les hommes de toutes les clas- 
ses des ornières de Thabitude; par les sacrifices que 
Paffranchissemebt de TAIlemagne avait coûtes aux Peu- 
ples y et qu'ils sentaient plus dans le calme «qu'ils ne 
les avaient sentis pendant l'orage ; par les espérances 
exagërëes des esprits exaltes j qui avaient rêvé Fâge 
d'or, et se flattaient de le voir naître du sein même 
de rage de fer qui venait 2i peine d'expirer; enfin, par 
la crise violente de l'industrie et du commerce qui, sor- 
tis d^un ordre de choses force et contre nature, ne pou- 
vaient pas se mettre tout à coup au niveau de circon- 
stances nouvelles , et qui souffraient à la fois du passé 
et du présent. Le mécontentement naturel résultant de 
ces causes réunies était plus triste que dangereux, et 
devait céder à l'action lente du tems et à Tactivité bien- 
. veillante et éclairée clés Gouvernemens qui, trop long- 
tems distraits de l'intérieur, s'en occupaient sans relâche 
avec autant d'am^^r que de zèle. 

Mais à cdté de ce mécontentement naturel existait 
un mécontement artificiel et factice qui, prenant sa 
source dans des principes erronés, des théories ambi- 
tieuses et chimériques , des vues secrètes et coupables, 
des passions basses et intéressées, créé et répandu par 
las écrits et les discours d'un parti révolutionnaire, pou- 
vait former avec le premier une alliance dangereuse, et 
le nourrir avec art, pour égarer les esprits et les por- 
ter aux plus funestes excès* Quiconque observait d'un 
oeil impartial et attentif la situation des esprits en Al- 
lemagne, soupçonnait depuis long-te(ns l'existence d'un 
parti répandu sur toute la surface de cette vaste Con- 
trée, tirant son origine d'affinités électives d'opinions et 
de sentimens , et fortifié par des associations formelles 
qui tendaient à bouleverser l'Allemagne , et à substi- 
tuer à son état actuel une République une et itidi visi- 
ble, ou telle autre chimère qui ne pouvait même être 
tentée que par des révolutions violentes, et dont le 
préalable aurait été le renversement de toutes les dy- 
nasties régnantes. 

Un attentat atroce donna la mesure de l'audace et 
de laî frénésie du parti révolutionnaire. Cet attentat, 
commis par le bras d'un seul Individu, qui peut être 
même n'avait pas de complices proprement dits, n'en 



sur Piiai politique de t Allemagne* 153 

était pas moios le fruit d'une façon de penser générale 1819 
d'une certaine classe , Teffet visible et le signe frappant, 
le symptôme indubitable d\ine maladie sérieuse, pro* 
fonde, étendue, qui se révélait de cette manière \ TAl- 
lemagne effrayée. Pour achever de s'en convaincre^ ii 
suffisait de recueillir le jugement de la Classe enseignante, 
des Etudians, des Ecrivains, et de tous ceux qui étaient 
soumis à leur inflnence, sur cette action affreuse qui 
excita l'indignation des Peuples, et qui trouva des apo- 
logistes parmi les esprits développés; tandis qu'elle in- 
spirait de l'effroi aux uns, elle excitait l'admiration des 
autres* 

Les enquêtes qui eurent lieu sur le théâtre du 
crime en provoquèrent ou en* amenèrent d'autres dans 
différentes parties de l'Allemagne. La Prusse sentit 
aussi la nécessité d'éclairer, par des moyens extraordi- 
naires, les ténèbres dans lesquelles se préparaient l'al- 
liance formidable des fausses doctrines et des besoins, 
celle des maximes en apparence désintéressées , avec les 
passions personnelles. Le résultat de ces enquêtes a 
été partout le même. Partout les faits ont constaté des 
suppositions qui n'étaient que trop fondées; tout a 
prouvé l'existence et l'activité d'un parti qui semait 
dans l'ombre 9^ pour un avenir plus ou moins éloigné», 
des germes de Révolution. Les meneurs sont liés par 
l'identité des principes et des sentimens, tiennent les 
uns aux autres par une attraction naturelle, communi- 
quent ensemble par Lettres , mais plus encore par des 
voyages fréquens et par des missionaires politiques; ils 
se soutie.onent sans se connaître personnellement, et 
souvent s'entendent sans s*être expliqués d'une manière 
formelle. Leur but est de refondre la société, d*effacer 
toutes les différences politiques qui se trouvent entre 
les Peuples de l'Allemagne, de substituer l'unité réelle 
de ce Teste pays à l'union de ses membres, et d'arri- 
ver, par les ruines de l'ordre actuel, \ un nouvel or- 
dre de choses. Leurs moyens sont de s'emparer de la 
généjfation qui s'élève , eh lui donnant dans tous les 
Instituts d'éducation, depuis les Ecoles jusqu'aux Uni- 
versités, un même esprit, les mêmes sentimens, les mêmes 
habitudes. Cet esprit est un esprit d'indépendence et d'or- 
goeil, des principes subversifs entés sur une métaphysique 
abstruse et sur une théologie mystique, afin de fortifier 
Je fimatisme politique par le fanatisme religieux. Ces 



154 Circulaire du Cabinet de Berlin 

1819 BentiniMis aont le mépris de ce qui existe , la haine 
pODtre les Rois et les Gouvernemens , Penthousiasine 
pour le fantdme qu^ils appellent liberté , et l'amour des 
choses extraordinaires; ces habitudes sont celles de la 
force physique y de Fadresse corporelle , et surtout le 
goût des associations secrètes et mystérieuses , comme 
autant d'armes dont on pourra se servir au besoin con- 
tre lasociélë. Le turnu^eaen et la burschenschaft, 
tendant à faire de toute la^ jeunesse un Etat dansPËtat» 
n'avaient pas d'autre objet. Dans quelques années d'ici, 
les jeunes gens façonnés de cette manière, instrumens 
dociles de leurs maîtres, placés dans le Gouvernement, 
doivent se servir de leurs places pour le renverser.* 
La doctrine de ces Sectaires, telle que le crime com- 
mis à Manheim et les apologies de ce crime l'ont ré- 
vélée , peut se réduire \ deux maximes, l'une plus per- 
nicieuse que l'autre; la première, que le but légitime 
les moyens ; la seconde , que les actions sont indiffé- 
rentes , que leur prix dépend uniquement des idées qui 
les inspirent, et que ces idées sont toujours louables, 
quand elles ont l'indépendence et la liberté de l'Alle- 
magne pour objet. 

Telle est la nature du mal que les enquêtes ont ma- 
•nifesté. On voit qu'il ne s'agissait pas de conspirations, 
qiais d'acheminement & une Révolution, non de la Prusse 
seule ou principalement, mais de TAUemagne toute en- 
tière; non du moment actuel, mais de l'avenir. 

Du moment ou les Gouvernemens de l'Allemagne 
eurent découvert et sondé la place, il était de leur de- 
voir de s'occuper des moyens de combattre les progrès 
du mal, et de tâcher de l'extirper dans sa racine. Il 
tient \ des causes générales ; on ne pouvait donc aussi 
le conjurer que par des mesures générales concertées 
entre tous les Etats de l'Allemagne, et unanimement 
consenties. Sévir simplement contre des individus qui 
avaient été arrêtés comme les plus instruits des vues 
et des menées du parti, et non comme les plus coupa* 
blés, et qui avaient dû principalement servir de moyen 
de perquisition , eût été' une mesure partielle et insuf- 
fisante; c'était dans |es causes qu'il fallait prévenir les 
effets. 

Tel a été l'objet unique des Conférences - de Carls- 
bad; elles n'avaient d'autre but que de concerter, entre 
tous les intéressés, les moyens les [Jus propres à créer 



sur Mai politique de P Allemagne. 155 

des garanties de Tordre social en Allemagne, soit en 1819 
donnant plus de force» de dignité et pouvoir à la Diète 
Germanique, soit en convenant de principes communs 
à suivre par tous les Etats Fëdërës, relativement aux ^ 
deax grands véhicules de l'opinion, la presse et l'in- 
stroction puplique. Les Ministres de toutes les Cours 
principales de l'Allemagne, réunis \ Carlsbad, ont été. 
paiiaitement unis de sentimens et de vues. Le mal 
s'annonçait d'une manière si évidente et sous des for- 
nses si alarmantes, que tous les esprits en ont été saisis 
et pénétrés. Les mesures les plus faîtes pour l'éloigner 
et le prévenir étaient à-la-fois si simples et si palpables, 
tellement indiquées par les causes du mal elles-mêmes, 
et tellement conformes aux principes de la justice et de 
Thamanité qui dirigent tous les Princes de l'Allemagne, 
que les propositions à faire à la Diète n'ont pas ren- 
contré de contradicteurs, et ont été faites avec l'assen- 
timent général des Souverains et de leurs Ministres. 
Ce qui achève de! prouver que ces mesures étaient à-la- 
fois urgentes et dictées par l'intérêt commun, c'est qu*il 
a presque suffi de les présenter à la Diète. pour les lui 
faire adopter, et que ces propositions ont été couver^ ' 
tiea en Résolutions à l'unanimité. Cette unanimité pré- 
cieuse et vraiment admirable met l'union des Etats de 
l'Allemagne dans tout son jour; cette union qui a fait 
adopter les mesures proposées , garantit encore plus 
leur succès et la sûreté de l'Allemagne que ces mesures 
elles mêmes. Cette union est la seule unité possible ; et 
comme c'est une unité vivante, non pas de nom, mais 
d'effet; non de forme, mais de sentiment et d'intérêt; 
on peut et on doit en attendre les plus heureux ré- 
sultats. 

Il serait inutile d'entrer dans de longues discussions 
sur les raisons et leS' motifs qui ont réuni tous les suf- 
frages sur les moyens prop9sés ; ils parlent assez d'eux*» 
mêmes, et se trouvent aussi en partie énoncés dans le 
Message présidial. Cependant je crois encore devoir 
y ajouter les considérations suivantes: 

Lorsque lés Souverains d'Allemagne , au Congrès de 
Vienne, déclarèrent, par l'Article 13 de l'Acte Fédéral, 
({u'il y aurait une Constitution d'Etats dans les différen- 
tes parties intégrantes de la Fédération Germanique, 
ils ne promirent en effet que ce qu'ils pouvaient et 
voulaient accorder à leurs Peuples; ce qu'ils auraient 



156 Circulaire du Cabinet de Berlin 

1819 dëjà tous réalise 9 m les travaux préparatoires de cette 
institution le leur avaient permis ; ce qu^ils vont exécu- 
ter sans diffërer davantage. Mais il est sue que cet 
Article ëtait énonce d\ine manière vague , et ce vague 
a été saisi par les novateurs , et ils s'en sont servis 
pour substituer leurs propres idées creuses ou leurs 
espérances- fantastiques à l'idée des Souverains. Il im- 
portait donc beaucoup de s'expliquer sur cet objet d'une 
manière plus précise ^ afin de reprimer les prétentions 
des Sectaires, et de prévenir des erreurs de fait et d'ac- 
tion de la part des Gouverneolens. C'est ce que la 
Dièle vient de faire. 

Les Souverains ont promis une Représentation d'Etats 
à leurs. Peuples; institution ancienne qu'il s'agit de ra- 
viver : institution véritablement Nationale et Germanique : 
institution qui» donnant aux différentes classes des Pro- 
priétaires Un moyen légal d'éclairer le Souverain y et 
prêtant une voix organique aux voeux et aux besoins 
de la Nation 9 est en efTet une institution monarchique. 
Mais les Princes de TAIlemagne n'ont jamais voulu , ou 
ne se sont pas du moins engagés à donner à leurs Peu- 
ples une Représentation Nationale | dans le sens mo- 
derne du mot, sur les principes et, sur l'échelle d'autres 
Constitutions jusqu'ici étrangères à l'Allemagne; une Re- 
présentation Nationale qui, calculée sur l'étendu du 
Territoire et de la Population, et investie d'attributions 
Souveraines dénaturerait les Gouverneméns existanSi et 
.introduirait la démocratie dans la Monarchie. La ma- 
ladie politique qui attaque une partie de l'Allemagne, 
et qui menace, si l'on n'y porte remède , de gagner de 
plus en plus du terrain , est née en grande partie de 
Tabus de la presse et du mauvais esprit du corps en- 
seignant dans plus d'une Université. C'est là que se 
trouve la source du venin des fausses doctrines. Ici 
surtout, les mesures communes étaient nécessaires, car, 
que servirait-il à un Gouvernement Allemand de pré-> 
venir la license de la presse, si tel autre l'encourageait 
ou la tolérait? Que gagnerait-on à dter sa place, en 
Prusse, à un professeur qui en abuserait pour perver- 
tir l'esprit de ses auditeurs, s'il pouvait espérer d'être 
placé dans une autre Université? Il fallait donc éta- 
blir partout à cet égard une police assise sur leS'mémes 
principes. C'est ce que la Diète a }&ché de faire. Le 
problème n'était pas facile. Il a été résolu, pour la 



sur Péiai politique de V Allemagne. 157 

liberté de la presse, de manière à concilier l'intérêt de 1819 
la science 9 qui tient à ce que les ouvrages savans et 
les recherches sérieuses et profondes soient affranchis 
de toute entrave, avec IHntérét de l'opinion publique, 
et celui de la réputation des .gouvexnaos et des gouver- 
nés, qui exig#nt que les Gazettes et les Pamphlets soient 
soumis à la censure^ afin de ne pas corrompre le Peuple 
par le poison de leurs mensonges et de leurs fausses . 
doctrines , et de ne pas déshonorer les Citoyens par 
leurs médisances et leurs calomnies. 

Quant aux Universités, on n'a pas touché \ tout ce 
qui les rend avec raison chères à l'Allemagne, à la vé- 
ritable liberté de l'enseignement scientifique, à l'étendue 
des études que l'on peut y faire, à leurs formes parti- 
entières et originales; mais on les a soumises à une 
surveillance plus sévère, et l'on a cru que le moyen le 
plus sûr de réprimer les écarts politiques et anti-reli- 
gieux des Professeurs, était de leur annoncer les con- 
séquences graves que leurs fausses doctrines auraient 
pour toute leur existence; et 

Quant aux Etudians, on a renouvelé une défense \ 
laquelle on tiendra la main, et qui empêchera qu'ils ne 
soient autre chose que ce qu'ils doivent être, des jeu- 
nes gens qui se préparent à la fois à la vie savante et 
à la vie active. 

La Diète aurait i>eau décréter ces résolutions, si elle 
continuait à manquer d'une puissance coactive capable 
de les faire respecter. Un mode d'exécution assurée et • 
par conséquent munie d'une force suffisante, manquait 
à la Fédération;, c'était une des principales lacunes de 
l'Acte Fédéral. Cette lacune. vient d'être remplie. Les 
Etats de l'Allemagne , les plus grands comme les plus 
petits > ont tellement reconnu la nécessité d'organiser 
dans la Fédération une puissance coac.tive, qu'ils n'ont | 
pas balancé à sacrifier \ la dignité , \ la consistance , à 
Faction de la Diète, les craintes que la faiblesse pou- 
.vait inspirer aux uns , et celles que la supériorité pou- 
vait suggérer* aux autres. Dans cette Loi d'exécution, 
on a tâché de ménager l'indépendance de chaque Etat, 
autant qu'on le pouvait, sans compromettre l'existence 
de l'association. La force ne se montre que dans le 
fond du tableau, et n'agira qu'après que toutes les res- 
sources auront été épuisées. Comme les fils des trames 
révolutionnaires se croisent dans leurs directions, et s'é* 



158 Circulaire du Cabinet de Berlin 

1819 tendent dans beaucoup de Payé où les enquêtes parti- 
culières les ont découverts et signales, sans pouvoir les 
suivre y on a cru «qu'un Comité Général d'Enquêtes, 
purement temporaire, saisirait et lierait mieux tous les 
faits , afin d'en présenter F.ensemble à l'Allemagne, pour 
la leçon des Peuples et la gouverne des Princes. La 
manière dont cette Commission sera formée, l'esprit des 
Gouvernemens qui la nommèrent, et sa durée limitée, 
suffisent pour rassurer les esprits les plus prompts à 
s'efiaroncher de toute mesure de sûreté qui paraît le 
moins du monde menacer la liberté individuelle. * 

Tel est. Monsieur, le sens dans lequel vous pré- 
senterez au Ministère de la Coui: près laquelle vous 
êtes accrédité, les mesures qui viennent d'être prisés ^ 
la Diète. 

Les considérations que je viens de vous communi- 
quer suffiront pour vous mettre eu état de lui faire 
sentir que. ces mesures tiennent les unes aux autres; 
qu*elles sont les conséquences des mêmes principes; 
qu'elles tendent au même but , et qu'elles forment uu 
ensemble qui doit inspirer la plus grande confiance dans 
leurs résultats et les effets qu'elles ne manqueront pas 
de produire. 

U importe surtout que vous rendiez le Ministère at- 
tentif \ deux résultats de ce nouveau système , qui se- 
ront un bienfait pour l'Europe tout elitière. 

Les Puissances de l'Europe qui ont réuni leurs ef- 
forts contre les bouleversemens comme contre les prin- 
cipes de la Révolution Française; qui ont assis sur 
leurs antiques bases la légitimité et la propriété; qui» 
par des Traités solepnels , se sont garanti réciproque- 
ment cet état de choses; sont aussi plus que jamais so- 
lidaires pour tout ce qui tient à leur tranquillité inté- 
, rieure. Un pays ne peut être aujourd'hui révolutionné 
ou menacé de révolution, sans que les autres soient 
ébranlés ou frémissent de l'être. Les Ennemis de l'or- 
dre social, dans les différentes Contrées de l'Europe, 
sont liés entr'eux, non seulement par l'identité des prin- 
cipes, mais par des communications intimes. Leurs joies 
coupables , leurs douleurs scandaleuses , leurs craintes 
et leurs espérances, sont partout les mêmes; et, à cet 
égard, il règne entr'eux une parfaite communauté de 
biens. Les premiers amis et protecteurs de l'ordre so- 
cial, les Souverains, ne peuvent se flatter de combat- 



sur Pétai politique de F Allemagne. 159 

tre leurs Ennemis avec succis, s'ils ne sont pas unis 1819 
dans le même respect à professer les principes, dans les 
mêmes mesures vigoureuses pour les dërendre. Ce n'est 
pas pour eux, c'est pour les Peuples; ce n'est pas par 
amour du pouvoir, c'est par attachement pour là li- 
berté, qu'ils doivent tout employer pour maintenir leur 
autorité tutëlaire. Ils doivent donc applaudir à ce que 
l'Allemagne vient de faire, et marcher dans le même 
sens» On peut le dire sans exagération , c'est \ l'Alle- 
magne et à son repos que tient la tranquillité de l'Eu- 
rope. Par sa position géographique, ce Pays en est 
le centre , ou pour mieux dire le coeur ; et le coeur 
ne saurait être vicié ou malade, sans que l'on s'en res- 
sente bientôt jusqu'aux extrémités du corps politique. 

Les mesures prises pour donner à la Fédération 
Germanique plus d'unité, de force et d'action, bien loin 
d'inspirer aux Puissances voisines de l'Allemagne des 
appréhensions on des jalousies, doivent au contraire 
les réjouir, et elles doivent y voir de nouvelles garan- 
ties de la conservation de la paix générale. La force 
de la Fédération Germanique, comme celle de toutes 
les Fédérations placées entre des Puissances du pre- 
mier rang , ne sera jamais que défensive ; elle main- 
tiendra ses droits et son indépendance, elle ne mena- 
cera jamais celle des autres; et plus la force défensive 
de l'Allemagne sera grande, et plus elle préviendra dans 
leur naissance, ou arrêtera dans leurs développemens, 
tous les Projets qui seraient contraires au lien de fra- 
ternité^ à la Sainte-* Alliance qui unit les Etats de TEurope. 

Receves , Monsieur, l'assurance, etc. 

BnuiSTORiv. 



l60 Mémoire sur la Politique de la Prusse 
1822 , '" 

16. 

Mémoire sur la politique de Ici Prusse^ 
écrit en . 1822, pour la cour de Berlin, 
par un de ses agens diplomatiques à 

Francfort. 

^ (Traduit de raliemand). 

Les bases de l'ancien système de la Prusse vIs-^-vIs 
des autres Etats de Pempire germanique établies par 
Frédéric II, après la paix de Hubertsbourg , et restées 
depuis presque les mêmes jusqu'au traité de Lunévllle, 
ont subi y depuis le recès j|e la députatioa de l'£mplre 
et le congrès de Vienne ^ des modifications essentielles. 

1» Par la sécularisation des Etats ecclésiastiques et la 
médiatisation de la plupart des petites principautés, ce 
qui produisit à l'époque de la Ligue du Rhin Tagraii* 
dissement et l'augmentation des forces de la Bavière, 
du Wurtemberg , de Bade, de Darmstadt et de Nassau. 

2» Par la cession des Pays-Bas et des différentes 
possessions allemàîndes de l'Autriche, qui perdit ainsi 
son caractère de puissance englobant l'Allemagne , tan- 
dis que la Prusse , par son établissement politique et 
militaire sur le Rhin , la Saar et dan3 la Tfauringe, non 
seulement cerna en quelque sorte toute l'Allemagne 
septentrionale et centrale, mais fut mise en contact 
territorial immédiat avec TAUemagne méridionale. 

3. Par le paftage de la Saxe. 

4. Par la supériorité marquée qu'acquit le principe 
du protestantisme en Allemagne par suite des divers 
changemens survenus depuis 1803. 

5. Par la naissance d^un parti , favorisé aujourd'hui 
par le Wurtemberg, qui, outre - passant les principes 
du protestantisme, prend pour drapeau les idées con- 
stitutionnelles et démocratiques. 

Grâce aux changemens indiqués sous le numéro 1, 
il faut avoir désormais plus de considération sout le 



par un Agent diplom. Prussien. l6l 

— — — — 1822 



16, 

Denkschrift ûber die Politik Ereus-- 
sens in Bezug aufDeutschland, dem 
Ministerium des Ausivàrtigen in 
Berlin ubersandt von einem preussi-- 
schen Diplomaten in Frankfurt. 

(Originahext). 

Die Grundlagen des frâhern Systems Preussens» wie 
es in Bezug auf die deutschen Reichsstaateo Friedrich 
II. nach dem Hubertsburger Frieden feststellte, und wie 
solches seitdem im Wesentlichen bis zum Liineviller 
Frieden bestànd^ haben , seit dem Reicfas-Deputations- 
Rezesse nnd dem Wiener Kongresse, wesentliche Ver« 
ânderungen erfahren: 

i. Durck die Sekularisirung der geisllicben Staateu 
uod die Medialisirung der meisten kleinen Reichsst&ndet 
uod die daraus und aus dem Rheinbunde hervorgegan* 
genen Vergrdsserungen und bessere Bewaffnung Baierns, 
WârtembergSi Badens, Darmstadts und Nassaus. 

2. Durch die Abtretung der Niederlande und der 
io Deutschland zersireuten Besitzungen Oestreichs, 
welehes dadurch aufhôrte umfassende Macjit zu sejn, 
wMhreod Preussen durch sein militairisches und politi- 
scbei Etablissement am Rheine, an der Saar und in 
TMuingen, nicht allein Nordr und Mittel- Deutschland 
mIKtairisch umzîngelte, sondern sogar mit Sâd-Deutsch* 
laad in unmittelbare Territorial - Beriihrung kam. 

3. Durch die Theilung Sachsens. 

4. Durck das entschiedene Uebergewichty welches in 
Foîge der seit 1803 skattgefundenen Um&nderungen al- 
ler Art, daê protestantische Prinzip in Deutschland 
erhielt. 

5. Dnrch das Enlstehen einer yorzoglich jetzt von 
WSrtemberg begânêtigten Partei, welche^ die Grund- 
sifze des Protestantismus iibertreibend , die représenta- 
tiven und demokratischen Ideen als Feldzeichen wâhlte. 

Die Folgen der ad 1 entwickelten Verânderungen 
diirfien eine weit grdssere Beachtung seyn, dîe Jetzt in 

Wouv^ SuppUm, Tom, HT, L 



j6i2 Mémoire sur la Politique de la Prusse 

1822 point de .vue politique, pour les Etate que nous y 
avons mentionnes. 

Ces mêmes Etats sont devenus, d*apràs la remarque 
numéro. 2, beaucoup plus indëpendans de TAutriche, 
tandis que celle-ci vient de perdre le vrai noyau de 
son parti en Allemagne pur les sécularisa lions et me* 
diatisations. 

La Prusse a obtenu, au contraire, riufluence mili- 
taire la plus décisive aur TAUemagne . septentrionale et 
centrale par sa position sur le Rhin, ses forteresses de 
Coblentz, de Saar-Louîs et d'Erfiirth, ainsi que par sa 
co-occupation de Mayence, Mais d'un autre côte on 
ne'pept se dissimuler que le partage de la Saxe et l'ex- 
tension des fh)ntières prussiennes vers Poccident a eu 
pour résultat d'inspirer à la plupart des Etats de TAl- 
lemagne septentrionale et centrale une sorte de méfiance 
difficile à vaincre contre la Prusse, qui, de la sorte* 
se trouve avoir sous * ce rapport changé de râle avec 
rAutriche , dont les projets d'agrandissement réels ou 
• supposés dirigeaient autrefois ces mêmes Etats vers l'aU 
liance prussienne. 



Les rudes coups qu'a subis le parti catholique en 
Allemagne sont indubitablement tout*à-fait dans l'inté- 
rêt de la Prusse. .81 l'on «o. considéré et si Ton doit 
conudérer toujours ce dernier Etat comme la tête du 

rrotestiintisme, on peut affirmer que toute rAUemagae, 
l'exception de l'Autriche, s'est aujourd'hui tellemeot 
protestantisée , que même la Bavitee. catholique, 4Bna 
ses institutions et son oinganisatipa militaire, devra sa 
rapprocher d'avantage de la Prusse que de l'Autriche. 

Enfin, potfr ce qui concerne le parti révolutioonaire 
favorisé à présent par le W.urtemberg*, il est très pro- 
bable que quoiqu'il mérite une sérieuse attention, comme 
moyen d'opposition et comme instrument propre à ser* 
vir une influence étrangère, il ne jouera pas en défi» 
nitif un râle particulier, mais il se fondra de nouveau 
dans le protestantisme, qui lui prête aujourd'hui se- 
cours, surtout si le principe monarchique continue à 
se consolider en France. 

Mais le système de la Prusse à l'égard de l'Alle- 
magne, tel qu'on le formerait d'après toutes les con- 



par un Agent diplom. Prussien. l63 

polidscher Hinsichi die genanoten Hofe verdieuen, weU 1823 
che zugleich durch die ad 2 auseinandergesetzf e n Terri- 
torial -* Verbâltoisse weit unabhSngiger 9 als es friiher 
der Fall ^ar, von Oesterreich geworden sind, wSlirend 
dièse letztere Macht gleichzeitig durch die Sekularisa- 
tionen tind Mediatisaiionen den eigentlichen Kern ibrer 
Partei in Deutscbland rerloren- bat. 

Dagegen bat Pretissen durch seine Festsetzuug am 
Mittel-Rheiny durch den 'Besitz von Kofblenz , Saarlouis 
und Erfurt, und durch seinen Mitbesitz von Mainz 
allerdings den entschîedenstén militaîriscben Einfluss auf 
Nord - and Mil tel - Deutscbland gewonnen , zugleich 
aber auch durch die Theilung Sacbseos und durch seine 
Abgrenzung gegen Westen , welcfa^ seine Neider nur 
aie die Marksteine seiner kânftigen &usseren Grenzen 
des Reicbs darzustellen sich bemiihen , den meisten 
nord - und mittel* deutschen Staa^en ein gebeimes, scbwer 
auszurottendes Misstrauen eingeflôsst, und im Wesent- 
licben, wenigstens binsicbtlich Nord ^ und Mittel-Deutscb- 
landes, die friibere Rolle mit Oesterreich gewecbselt, 
gegen dessen wirkiiche und Yorgesetzte Vergrësserungs* 
Absichten die meisten Reichsstânde damais Scbutz bei 
Preiissen sucbten. 

Die barten ScbISge, welche die katholiscbe Partei 
in Deutscbland erfabren bat, sind unbezweifelt ganz 
ira Intéresse Preussens. Wenn Preussen aïs das Haupr 
des Protestantismus in Deutscbland angeseben wurde 
and wtrd, so ist gegenwMrtig ganz Deutscbland, mit 
Ansoabnie Von Oesterreich , in dera Grade protestaiiti- 
sirt "vrCHxieo, dass selbst das katholiscbe Baiern, in sei* 
neni Verfassiings - und Militair-Zustandey mehr sich 
Preussen als Oesterreich nëhern dârfte. 

Was endiich das Entsieben d.er Jetzt von Wiirtem* 
l>erg begiinstigten revolutionaren Partei anbetrifft, so 
ist es vrohl sebr wahrscbeinlicb, dass dieselbe, obgleich 
als Oppositions «Mittel und aïs sich fremden Einflusse 
darbtetendes Instrument gegen wSrtig eine grosse Auf« 
merksamkeit verdieneod, doch im letzten Resultaté , vor- 
zogilicb wenn das monarchische Prindp in Frankreich| 
zunehmend an Festigkeit gewinnt, keinen besondern 
Plalz* neben dem Protestantismus eintaebmen , sondern 
sich im Laufa der Zeit wieder mit ibm verscbmeizen wird. 

Das aus diesen verschtedénen Elementen berauszu* 
biOtgende Sjrstem Preussens hinsicbtlicb Deulscblands 

L2 



l64 Mémoire sur la Politique de la Prusse 

1^2 sid ^rations ënoucëes ci dessus , aurait toujours besoin 
d'être subordonne aux exigences de la politique gtfnrf* 
raie et europ^nne, exigences qui, sous dn point de 
vue supérieur, veulent que la Prusse cultive encore 
assez long-temps Talliance intime de VAutriche: le but 
du système prussien paraîtrait donc devoir être dabord^ 
de travailler de concert avec PÂutriche pour qu'au )our 
de la crise européenne la plus prochaîne, PAUemagne 
se trouve aussi bien unie et armée que possible; en-^ 
suite dé tacher de rétablir, de consolider et d'étendre 
peu k peu et sous main Tinfluence directe de la Prusse 
sur PAUemagne. 



De ce point de vue principal, qu^il nous soit permis 
d'examiner la politique allemande de la Prusse sous les 
trois rapports suivans, fondés sur la nature des circon- 
stances: 

I. Vis-à-vis des différens Etats en paiiiculier; 

II. A la Diète de Franéfort; 

III. Vis-à-vis de la nation allemande en général. 

I. En ce qui regarde les différens Etats allemands 
en particulier, il semblerait que, tout -à- fait dans l'io« 
térét de la Prusse , on pourrait admettre le Mein comme 
ligne de partage de Tinfluence à exercer sur l'Altemagoe, 
ainsi que le prince de Metternich l'avait témoigné au 
congrès de Vienne; car ce n'est qu'en repoujssant hau* 
tement Tidée d'avoir quelque action directe sur les Etats 
au-delà du Mein, qu'on parviendrait à j conserver les 
moyens de Texercer un jour. 

L'Allemagne au nord du Mein est déjà cernée (pour 
nous servir d*une expression militaire) par la Prusse. 
La situation du Hanovre et de la Saxe sont connues. 
A l'exception donc de la Hesse électorale (dont nous 
allons parler séparément), il paraîtrait qu'à l'égard de 
tous les autres petits Etats de l'Allemagne septentrionale 
et centrale la Prusse pourrait réclamer un certain droit 
général de protection , qui, sous les formés les plus 
adoucies, deviendrait cependant le meilleur moyen de 
diriger tous ces petits gouvernemens avec lenr aouve* 
raineté vaniteuse et avec leur désir remuant pour les 
diverses alltauces, dans le sens du système prussien. 



par un jigfni diplom. Prussien. 165 

moBSle aber freilich noch imnier wesentlich den Bâck- 1822 
sicfaten der allgemeinen europSUchen PoHttk unterge- 
ordnet werden; und wenn dièse aus bôh^rn Grunden, 
auf wahrscheîoHch iSngere Zeit, eîne eoge YerbîiiduDg , 
mit Oesletreich erheischt , so diirfte sich als Ziel daa 
g^enwlirtigeD deutschen Systems Freussens ergeben: 

Einmal gemeinschaftlich mit Oesterreicli 
dahin zu arbeiten^ dass die sSchste eu- 
roplîische Krise Deuschland so vie! als mog- 
licfa einig und bewaf Inet finde. 

Ferner dabei, doch allinShlig nnd upter 
der Hand, den unmittelbaren Einfluss Preus- 
seos in Deutschland wieder herzustellen, 
su begrnnden und'zu erweitern. 

Nach diesen Hauptgesichtspuukten sey es erlaubt, 
die déutsche Politik Preussens in den drei ibr durch 
die Natur der Yerbâilnisse gegebenen Beziehungen : 

1. Gegen die Terscbiedenen einzelnen Hëfe; 

2* Am Bundestage; f 

S. In Hinsicht der dentscben Nation iiberhaupt , na- 
faer zu untersuchen. 

Was die einzelnen mittelbaren deutschen HôFe an- 
betrîflk 9 so scbien es ganz dem preussischen Interesse 
aogemessen, in die «yoo dem Fnrsien Metternich auf 
dem Wiener Congresse ausgesprochene Theilungslinie . 
des EinfiussMi in Deutscbland durch den Main einzuge- 
hen , ond indem man laut jede Idée eines sudlich des 
Main's auszniibenden direkten Einflusses ^vreit wegge- 
wieeen, gerade dadurch den geeignetsten Scbritt zur 
moglichen Erhaltnng desselben zu thun. 

Der n^rdlich vom Méin gelegene Tbeil yon Deutsch-^ 
land isl milttaîrisch . Ton Preussen umfasst. Sachsens 
ttod Hannovers Verfaâltnisse sind gegeben, lodem man 
ferner also Rurbessen (woYon noch besonders die Bede 
ssyo wird) von der Berechnung ausschiôsse, schiene 
Preussen mnsicfatlich der iibrigen kleineren nord- und 
fliittel - dentscben Staaten ein gewisses allgemeines» in 
die mildeslen Formen gekleideteSy sonst ausgeubtes 
Schotzrecht ofane Nachtheil faktisch anspreehen zu kdn- 
nen, und diirfte darin vielleicht das beste Mittel fin- 
den, dièse kleineren Begierungen mit ihrer Souveraiiie- 
tits - Eitefkeit und ihrem unruhigen Streben nach Ver- 
bindnogen , im Sinne seines Systems , zu leiten. 



196 Mémoire sur 61 Politique de la Prusse 

1822 Dans TAllemagne méridionale existenti diiFërence gar- 
dée dea intérêts, deux masaea^ dont Tune est rëprëaen- 
tëe par la Bavière, Tautre par lé Wurtemberg et le 
grand-duchë de Bade, sans que ces deux derniers Etats 
soient exempts de jalousie entre eux» Il paraît que la 
Prusse devrait tourner de prëfërence toute son atten- 
tion vers la Bavière et tâcher de contracter avec elle 
une alliance aussi intime que possible; cette alliancei 
semblable au pacte de fiimille *des Bourbons , serait 
d'ailleurs aussi dans Tintërét bien entendu de la Ba* 
vière | et PAutricbe aurait d'autant moins droit de s^en 
montrer Jalouse ^ qu^on n*aurait fait sous ce rapport 
que suivre l'exemple de ses relations avec la Saxe. 



A Punion ainsi consommée avec la Bavière, nulle 
autre ne devrait mieux, s'ajuster que l'union avec les 
deux maisons régnantes de Hesse. En parvenant à les 
rallier décidément au système prussien, on aura formé 
une telle jonction territoriale avec la Bavière et jeté 
une chaîne si serrée autour de l'Allemagne, que sans 
parler ici du Hanovre et de la Saxe, le Wurtemberg, 
le pays de Bade, le Nassau et la Thuringe, se trou- 
veraient militairement cernés et soumis de fait au sy- 
stème prussien. 

Dans cette position, la Prusse n'aurait besoin que 
d'observer une sorte de neutralité à Fégard.du Wur- 
temberg, et d'entretenir avec Bade des relations aussi 
amicales que le permettrait l'union avec la Bavière, et 
qu'il serait nécessaire pour empêcher Bade de se lier 
' trop intimement avec un autre Etat quelconque. Nas- 
sau , complètement environné par les possessions de la 
Prusse et de la Hesse, serait amené plus tAt ou plus 
tard à renoncer à des alUsinces plus lointaines; de 
même que le duc d'Oldenbourg, entouré par le terri- 
toire de Hanovre I ne saurait chercher ailleurs un ap- 
pui quen Prusse* Quant au Hanovre, ce gage impor* 
tant des relations avec PAngleterre, il faudrait le mé- 
nager, même le flatter, tout en s'elForçant en secret de 
f isoler* La Saxe doit être surveillée et isolée, mais 
traitée aussi sous tous les rapports avec modération et 
douceur, pour pouvoir peut-être avec le temps se for- 
mer un parti à Dresde, qui, comme après la guerre 



par un AgenV diplom. Prussien. 167 

Im sâdlichen DeuUcblaDd besteheo ; dem latereste 1822 
nacby zwei Massen, Mrovon Baiern die eine, Wiirtein-- 
berg und Baden , obgleich nlcbl ohne wecbselseitig^ 
Eîbrsucbt uDtereinànder, die andere bilden. Es scbiene^ 
dasaPreuMen bier vorzugsweise seine Augen aufBaiero 
KU ricbten Mtte» und dass eine moglichst enge Ver- 
bindung mit diesem Staate^ dessen wohWerstaDdenes 
Intéresse gadz damit ubereinstimnite , selbst in der we* 
sentlichen Ausftibrung des ehemaligen Bourboni'schen 
Familien - PakteSy das unyeranderlicbe Ziel der preussi* 
scben Politik seya miis^e^ woruber Oesterreich um so 
weniger Eifersuchl zù Kussero berecbtigt ware , aïs 
Preussen dabei nur dem Beispiele , welches Oesterreicb 
mit Sacbsen gegeben, zu folgen scbiene , und dadurch 
die so wesentlicbe Befestigung Baierns in dem gemein- 
samen Système sicberte. 

Ao dièse Verbindung liniipfte sich wobl keine pas- 
aender uod natiirlicher, als die mit deu beiden hessî- 
schen Hausern an. Diircb eia uobedingtes Heriiber- 
zieben derselben iu das preussische System vriirde eine 
Territorial - Verbindung mit Baiern gefunden, und 
Deutscbland dergestalt wie mit einer Kette umzogen, 
so daaa, obne HannoTers und Sachsens zu erwahnen, 
Wârtembergi Baden, Nassau und Thuringeu voUkom- 
men militairisch umfasst^ und jenem Système unterwor- 
fen MrareOé 

la dies«(r Stelluog Idiirfte Preussen ferner sicb gegeu 
Wtirtemberg.nur wesentlich zu neutralisiren brauchen. 
&lit Baden kônnte ein allgemeines freundschaftlicbes 
VerbiiltniBS , so weit es die baief^ische Verbindung ge- 
stattete, uoterhalten, und dazu benutzt werdeu, ein zu 
engea Anschliessen Badens an irgend einen andern Slaat 
zu hinlertreiben. Das von Preussen und Hessen gaaz 
umscblossene Nassau wîirde vielleicbt frtiber oder spëter 
auch dabin gebracbt werden , auf jede engere Verbin- 
dung mit eotfernteren Staaten zu yerzichten ; so wie 
der von Uannover umgebene Herzog von Oldenburg in 
der Regel wobl nur eine Stiilze in Preussen sucben 
konnte. Uannover selbst, ein kostbares Unterpfand 
der Verhâltnisse mit England » diirfte zu scbonen, auch 
zu schmeicheln, dabei aber doch im Gebeimeu zu iso* 
liren seya, Sachsen yrlîrezu surveilliren , zu isoliren, da- 
bei aber doch mit Mâssigung und Schonung iu alleu 
BeziebuDgen, su behandelo, um vielleicbt im Laufe 



168 Mémoire sur la Politique de la Prusse 

♦ 

# 1882 de sept ans, oublierait le passe , et en caa d'tfftfoe- 
menti conaeillerait de se rallier au plus puissant voi- 
sin. La position, i*habîtude et Talliance de famille, pa« 
rabsent rattacher pour bien long-temps les dttcbës»de 
Aiecklenbourg à la Prusse» 



II. Le système prussien à la diète de Francfort^ 
tant que durera l'alliance avec rAutriche, paraîtrait de- 
voir principalement consister à poursuivre les résultats 
auivans: ' 

ji. A donner k l'Allemagne, de concert avec TAu- 
triche, iine organisation militaire et des formes fédéra- 
les qui permettraient, à la crise européenne la plue 
prochaine, de disposer avec énergie et rapidité du con- 
tingent des autres membres de la Confédàration, et d'ea 
« tirer le plus de secour^ en troupes qu'il sera possible. 

B* A veiller, en commun avec TAutnche, sur lo 
maintien de la tranquillité en Allemagne; à y combat- 
tre en même temps le système représentatif et démo- 
cratique, et agir sans relâche sur les autres gouveme- 
mens de la Confédération pour les porter à prendre et 
a exécuter les mesures' convenables dans Tintérieur de 
leurs Etats» 

Cm A s'opposer avec la plus grande force et eon- 
Jointement avec TAutriche à l'influence des autres puis- 
sances européennes, qui s'efforceraient de gagner plus on ' 
moins directement les membres séparés de la Confédé- 
ration, et à travailler à dissoudre les alliances quel- 
conques entre les Etats allemands moyens et petits, qui^. 
par leur nature, deviendraient un jour l'objet des in- 
trigues des cours étrangères. 

Dm A tout préparer enfin de manière que lorsqu'un 
jour la Prusse se séparerait de l'Autriche, et qu'une 
division éclaterait en Allemagne, la- partie prépondé- 
rante des Etats de la Confédération fût disposée à se 
rallier à la Prusse, et empéchftt que les formes fédéra- 
les existantes ne pussent tourner i son désavantage. 



Si pour atteindre les buts, indiqués sous ^, B et C, 
il fallait une coopération régulière et énergique de la 
Prusse et de l'Autriche, la première de ces puissances 
aura le mieux atteint le but marqué par la lettre D^ 



par Un Agent diplom. Prussien. 169 

der Zeit eine Parte t in Dresden zu bildeû, die, wie 18S2 
jiach dem eiebeojSbrigen Kriege, klâglleh die Vergan- 
genheit Tergessend, im Falle des Ereignieses, den Ââ-- 
schluas an dea umgebenden mSchtigen Nachbar anriethe. 
Lage, OewohDheit und Verwandtscbaft scbeinen die 
Mecklenbui^r for eine lange Zeit an Preuasen feasein 
zo mussen. 

Ad 2. Das Sjstem PreuSMns am Bundeslage, ttSIi* 
rend der Dauer der ôaterreichiscben AUianz, diîrfle 
folgende Zweeke vorziiglich zu yerfolgen haben* 

A. GemeinscbafUich mit Oeaterreich Deatscbland eine 
kriîltige Miliiair-Verfassung und solche Bundesformen 
za geben, nm bei der nficbsten earop&ischen Kriae iiber 
dia Streilkrâilte der âbrigen Bundesstaaten rasch und 
kvëftig diisponiren, und von denselben eine grOsstmdg- 
liche Unteretiitzung an Truppen zieben zu konnen. 

B. GemeinecbaftUch mitOesterreieh nber die Erbal- . 
toog der Rube in Deutschland zu vrachen , zugleich 
daa repriisentativ - demokratiscbe Sysleià zu bekKmpfeni 
und auf die iibrigen Bund^sstaaten tbunlichst in deni 
Sinne einzuwirken, um m zur Ergreifung und Ver- 
loignng der angemessenen Maaeregein im Innern zu 
vermogen* 

CJ Gemetnechafllich mit Oeaterreicb und . kraftîgst 
dera Einfluase der fremden europ&iscben Mëcble, die 
mehr oder weniger direkt andere Bundesstaaten zu ge- 
vrinnen trachteu kC^nnten, entgegen zu arbeiten und auf 
die Aufldsung aller Séparât -Verbindungen unter den. 
imtderen und kleinra^n deuttcben Staaten binzuwirkeni^ 
die ihrem Wesen nacb , immer frtiber oder spSter der 
Gegentland der Intriguen fremderMScbte werden mîisêen. 

D. Dabei aber docb môglicbst ailes so yorzuberei* 
tes, dass, Wenn einst eine Ttennung Preussens von 
Oesterreicb erfolgen und demzufolg^ eine Spaltung 
Deotschlands stattfinden soUte, der îiberwiegende Theil 
der Bandesstaaten sich fôr Ersteres erkliîrte , und dass ; 
aladann die Torbandenen Bundesformen nicbt zu sebr 
znra Nachlheile der preussischen Partei benutzt werden 
kônnten. 

Wenn jdie Erreicbung der Zweeke ad A, B und G 
cÎD krSftiges und gleicbformiges Wirken mit Oester- 
reicb erheiscbte , so scbîfene die fiiicksicbt ad D durch 
uichts mebr befordert zu werden^ als wenu man 



170 Mémoire sur la Poiitique de la Prusse 

t8X! en abandonnant poloniairemeat à P Autriche Hini" 
tiatii^ par ^e recherchée de toute PacfUfité ei la 
direction extérieurCf et en se ménageant seulement, 
quant aux points essentiels » . des conjérences par^ 
ticulières entre Vienne et Berlin. Or comme, selon 
la politique invariable des Etats moyens et petits de 
rAllemagne, leur jalousie de souverainetë se dirigera 
toujours contre la puissance qui réclame une sorte de 
suprématie » le vrai secret de consolider l'influence prus- 
sienne en Allemagne sera de détourner la jaloufie dont 
nous venons de parler de la Prusse , et de la refouler 
contre FAutricbe» 



Plus la Prusse paraîtra ne Jouer ainsi qu^un 
rôle passif^ plus elle aura tair de ne faire que 
suivre P Autriche sous plusieurs rapports^ plus en^ 
fin elle parviendra à garder toute cette apparence 
{en inspirant toutefois cette conviction aux conjé-- 
déréSf que jamais la cause du protestantisme 9 de 
la sécurité territoriale des petits Etats et de tin>' 
tégrité de la Constitution^ ne manqueront de trou» 
ver dans la Prusse un puissant soutien) , ei plus 
elle pourra compter un jour sur là majorité à la 
Diète, dès que celle-^i sera délivrée de la pression 
qu^exerce sur elle à présent le poids réuni et for-^ 
,midable de la Prusse faisant cause commune avec 
l* Autriche* 

Le côté faible du système de TAutrichey qui ne se 
découvrira qu'au moment de sa séparation avec la 
Prusse, c'est que depuis la ddture de la députation de 
l'Empire» l'Autriche, a .perdu, avec la formation de la 
Ligue du Rhin, tous les anciens éiémens de sa prépon- 
dérance en Allemagne; et aujourd'hui, l'unique point 
d'appui solide à ses prétentions de suprématie ne con- 
siste ^qe dans son union avec les forces et les avanta- 
ges de position territoriale de la Prusse. 



Les objets w^/, JS, C, ne peuvent pas cerlaiuemeut 



par un Agent diplom. Prussien. 17] 

• 
Oesterreieh bel }e|iem W.irken die von dein-1882 
selben systematisch gesuchte Ausiibung der 
Initiative in seinem eigenen^Namen und die 
damit yerbusdene formelle GeacbSfUfiih» 
rung bereitwillig iiberliessiB) und our hin- 
eicbllicb der weeetitlicben Punkteeine frii- 
liere gebeime EiDverstSndiguog swischen 
Berlin andWien in Anapruch nl&hme. Nacb 
der unTerinderlicben Politik der milileren und klein»» 
ren Staaten wird etets ihre Souverainetata-Eiferaucfat 
gitgen die, die Suprématie in Ansprucb nehmende Macht 
gericbtet werden , und bei den eben auseinandeineeetz- 
len Verbi&lUiiMen dorfte es yielleicbt das einzige Mit- 
tel , den preussischen Einfiuss wieder in Deutscbland 
lierzuelellen I «ejn, |ener SouTerainelMIs-Eifersucht ei- 
nen andem Gegenstand ak Preaasen su geben. 

Mag Preaseen dabei éiae^ paeeive Rolle 
apielen^.und in mancben Pnnkten.nur der 
osterreicbiechen Politik zu folgen aehei- 
nen; }e mebr es )enen Scbein zn gewinnen 
glnckt, (vorausgesetzty dass es dabei die Ue- ^ 
berzeugung aufrecbt erh&lty dass O'ine jede 
Geflihrdang des Protestantismus und jede 
Territorial-Verletzung der scbwMcbem Staa- 
ten in ihm einen unbeugsamen Widersacher 
finde, und dass es nie eine Verletzung det 
conatitutionellen Bundesf ormen begunsti- 
gen wnrde) desto sicherer vrird ibm einst 
die Mehrheit der Bundesstaaten zufallen, 
wenn. das Aufhdren der preussisch-îlster- 
reichischen Allianz aach den Druok, den 
îbr Tereintes und umfassendes GeVricbt aus- 
nbtei anfbëren-lSsst. Der freilich erst bei einer 
dereînstigen Trennung von Preussen sicbtbar werdende 
Febler des feizigea osterreicbiscben Systems binsicbt* 
licli Deutschlands liegt darin , dass dièse Macbt sait 
dem Beicks-Deputations-Hauptscblusie mit dem Rbein- 
bonde fast aile fombern Elemente einer innem Partbei 
in Deutscbland, und die Vorkbeile einer umfassenden 
laflitatriscben Lage verloren bat, und also for seine 
Leitungs-» Ansprncbe einen wahren und» soliden Sliitz- 
punki nur durch die Vereinigung mit dem Gewicble 
und der Territoriallage Preussens erbalt. 

AUerdiugs durften die obigen Zwecke ad A| B und 



172 'Mémoire sur la Politique de la Prusse 

1822 ^tre atteints sans une marche énergique et conséquente, 
il serait donc important de s^assurer sous ce rapport 
de la franche coopëratioa de la Bavière et du Hanovre. 
Il serait bien , qu^à cet effet, on eût Pair de communi- 
quer ostensiblement à l'approbation de ces deux cours 
tout ce qu'on aurait résolu de proposer à Francfort, 

* et qu^en général, on tftchât de leur persuader quMles 
ont une certaine part à la direction des affaires de PAl- 
lefnagne. Par-là , on augmenterait le poids de son sy- 
stème, on isolerait ces deux cours des autres Etats pe« 
tits et moyens, parmi lesquels elles pourraient facile^» 
ment se créer une espèce de parti, et on diviserait d^a- 
vantage la jalousie qui existe contre PAutriche, niais 
qui pourrait aussi s'étendre en partie à la Prusse. 11 
ne faudrait pas s'associer un plus grand nombre d'Etats, 
car la réunion de ces quatre cours devrait pleinement 
suffire à atteindre le but proposé; et puis, on multi- 
plierait inutilement la complication des rapports diplo- 
matiques, et l'on donnerait à certaines cours une im- 
portance qui ne se trouve pas dans l'intérêt de la Prusse. 



Il est évident que le Wurtemberg a établi depuis 
assez long-temps un système politique qui, par un plan 
d'alliance non avouée, mais indubitable, avec l'étranger, 
Toppose méthodiquement aux projets de la Prusse et 
de l'Autriche, et en profitant de la jalousie de quel- 
ques Etats moyens , a su gagner plus ou moins leurs 
favorables dispositions. Le système du Wurtemberg 
est directement opposé à la politique de la Prusse, 
puisqu'il penche essentiellement vers quelque alliance 
étrangère, puisqu'il tend è former en Allemagne une 
sorte de ligue contraire à la Prusse; puisqu'il lui veut 
arracher son rAie de représentant du protestantisme et 
son influence sur des Etats qui, comme par exemple 
la Hesse électorale, ne paraissent pas pouvoir subir 
d'autre influence; puisque enfin, pour la marche gou- 
vernementale è l'intérieur, il soutient des principes qui 
sent incompatibles avec, les maximes fondamentales de 
la monavchie prussienne et ne peuvent que provoquer 
des mécontentemens parmi les sujets de cette monarchie. 



par un jégeni diplom. Prussien. 173 

C ohD« KrafI und obne eiu coDMqaentes Verfahren 1822 
nicht zu erreichen sejo, und daher schiene es lenter 
wichdgi aiich der offeoen MîtwirkuBg Bayerns und 
HannoYers aich dazu zu yersichern. Es dûrfte vielleicbt 
ein gutes Mittel fiir diesen Zweck abgeben, dasa man 
diesen Hi^fen das zsvlsehen Berlin und Wîén hinskhl* 
lich der deutschen Angelegenheîten Verabredete^ ehe 
es nach Franfcfiirl gebrackl wurde^ anacheinend zur 
BiUigung Yorlegte, und ibnen uberhfUpt aine gewiasa 
TheUnabine an der Leitung der deutocben Gescbafte 
tioKUT^Wfnen achieoe. Dadurcb lourde» einmal daa Ge* 
i?icht dea Sjstehs bedeutend Termebrt, dîese beiden 
Hôfie Yon den mittlern und kleinern Staaten, unter de- 
oen aie aonst leicbt aicb eineParthei zu machen trach» 
feu k^nntèn , isolirt ^ und die Eirersucht y die neben 
Oeaterreich mOiglicber Weia e aucb anfPreuascn zuruck* 
fiele, noch mehr vertheilt. Auf noch inebrere H6£b 
aber dièse Theilnahme auszudehnen, scbiene nacbthei- 
lig f weil die Vereinigung jener tier H&fe zqr Errei» 
cbang dea fesigesetzten Zweckea yoUkommen liinrei* 
chend sejrn diirfte, und ein Zuzieheo mebrerer nur 
die Weitikuftigkeit der Geschliftsfiihrung vennehrkey und 
diesen letzteren HSfen eine Art von Wichtigkeit gUbe, 
die ihnen zu Theil werden zu lassen^ es nicbt im 
Preusciscben Intéresse ^eyn mëcbte. 

Es iat in die Augen springend, dass sait lëngerer 
Zeil acbon Wiirtemberg ein politiaches System au%e^ 
stelll bat) welches mit der jiicbt ausgesprocbenen , aber 
UDTM^Lennbaren Abêicht eines AnscMusses an eine fremde 
Hadity den Plânén der preussisch-dsterreicbiscbenAl* 
iiaiiz metkodiscb io allen Punkten entgegen zu arbeitea 
sncbt, und durch Benutzung dèr gegen die beiden- gvo-« 
ssea MXcbte bestebenden Eifersucbt dèr mittlern Staa- 
tetty nianchen derselben mebr oder wentger fiic aich 
gewonnen bat. Dièses System ist insbesondere auch 
der preussiseJien Politik durcbaus entgegengesetzty weil 
es aich einmal wesentlich zum Ansdilosse an irgend 
eme ftuslSndiscfae Macbt binneigt , yreil es unter frem- 
dem Einflusse eine Verbindung der mittlern Staaten 
auch Preussen entgegen zu setzen tracbtety weil es die 
Rolle des eigentlieben Repr&sentanten des protestanti- 
Bcben Deutschiands Preussen zu entreissen und dessen 
Einfluas auf Staaten zu entzieben tracbtet, die nach geo* 
grapbiacfaen Riicksicbten ^ vrie Kurhessen und andere. 



174 Mémoire êur la PvlUique de la Prusse 
1822 



' 11 parattrait que la Prusse, quoique toujours dans 
un râle aecoadaire en apparence, ne saurait agir ki 
avec trop de d^olûon et d'énergie; il lui impolie de se 
lier sérieusement avec l'Autriche et de profiter de ,la 
première conjoncture favorable pour abattre ui^ système 
avec lequel il n'y a aucune transactibn possible. Le 
moyen le plus efficace serait de forcer Wurtemberg et 
Bade à changer les ministres qui ont crëë et soutenu 
ce système, et qui se sont montra le plus accessibles 
à des influences étrangères; on les remplacerait pat 
des hommes professant des principes opposes. 

En, tout cas, il ne faudrait tourner des mesures dë- 
eisîves que contre Tes deux Etats dont nous venons de 
parler , et particulièrement contre le Wurtemberg, en 
déployant sous ce rapport autant d'énergie qu'on mon- 
trerait de douceur à l'égard de tous les autres petits 
Etats qui auraient pu se laisser entraîner sans avoir 
subi véritablement l'infiuepce de l'étranger. 

Pour empêcher qu'à l'avenir un système pareil ne 
pèt reparaître au sein, de la Diète, il serait bon d'in- 
troduire parmi les membres de la Confédération l'usage 
de se communiquer réciproquement les nominations diaa 
représentaos qu'on envoie à Francfort, avant que ces 
nominations ne «oient annoncées officiellement. €e qui 
ne serait sous ce rapport qu'une simple formaKié poar 
les grandes cours, pourrait donner è celles«ci une réelle 
influence sur les choix faits par les Etats moyens et 
petits, et une heureuse composition de la Diète fédé- 
rale réagirait puissamment sur la marche des affaires 
de l'AUeAagne en général, puisque la plupart des pe- 
tits Etats et même plusieurs Etats moyens ne reçoivent 
leur direction politique que de Francfort. 



* 

par un Agent aiplpm. Prussien. J75 

gaosibai at?geh<îreii eoliten, wei) es eadlich in B«zug IJS^ 
auf die iiwere Suats - Regieruog solche Grundefttze ver* 
folgt , die mit den Fundamental • Maximen der preussi- 
schen Moàarchie imVertrëglich sind, und Dur Missver* 
gnâgeo uDier den kdniglichen Unterthan^n «nsoregen 
abzwecken. 

Es schietie , daas Pretissen geaieinechafilich mit Oe- 
sterreicby immer unter der oben erwlihnten 
Vorauesetzung einer an8thein«4id sekundë- 
ren Rolle, aber oicbts desto weniger entscbieden und 
krSftigy auf die Anflësung diesee Systems^ mit welcbeiii 
keioe Transaction mOgtiçb ersobeint , binarbeiten , und 
daau die ersteti sicb etwa darbiétenden giinstigen euro* 
pStschen KoD|unkturen benutcen iniisste. Das wirk*- 
samste Mittel zu diesero Zwecke scbiene eine Ndtbigung 
Worteaibeigs und Badens zu sejn» dte^enigen Personeny 
welche jenes System tiufgesteHt uiid* Yerfofgt y und die 
sicb vorztîglicb fremden Einilussc^' zugXnglich gezeigt 
baben, in den Gescfaëften durcb andere unter den Au- 
spicien anderer Grundsiize an*8 Ruder irerende M&i- 
ner zu ersetzen* Auf )edett Fail diilrfte es angemessen 
sejiÈf die Hauptmaasregel nitr gegen genannté' zwei 
Staalen , und vorzuglicb gegen -Wurtemberg zu rîchten 
und gegen dieselben ndtbigenfaDs ebenso viel Kraft, als 
KoncUiatiou und Schonung gegen die iibi%en zu zei- 
gen , welche sicb nur ^ mit fortreissen Ifestfen » uâd ei« 
gentHcb dem fremden Einflusse ireind blieben. Um 
iibrigens nacb Erreicbung dièses Résultats dem Wie* 
derauflebeu eines abnlicben Systems am Bundestage 
m5gUchst vorziibeugen, dlirfte unter attUeit» éin beach- 
tungswertbes Miltel die Einfiibrttng des Gebrauchs un* 
ter den Bundes^taalèn afogëben, iiber die designîrléil 
Bundestag^eSandten , ebe ihré ErUennung ôfientlicb be* 
kaont gemtfcht urtirde , regelmassîg die Meinung der 
ubrigeû Bundesstaaten aazubôren. Was bei den Er* ' 
nenoungen der gf ossen Hôfe nur éinc blosse Formai 
liât w&re , kdnnte diesen auf die VlTableh der mittlern 
und kleittern Staaten eihèn wesentlicben Einflass geben; 
und eine gute ZtisSfmiiienselzuitg dei^ Bttndesversamm<^ 
luog vtirda andrerseits, da die meisteti der kleinen^ und 
seibst maacbe mitllern HGfe ilirè politîScben Ansiditen 

aus Frankfurt bëkiiniéti, eine um so fKbt- 



barere Bâckwirkung auf den Gang der dentschen Ani> 
gelegenbêiteti iiberbauptàiiMberi. 



176 Méf noire sur ta Politique dé la Prusse 

]8t2 Ici se prësenté une question * impotDinte , qu'on ne 
saurait examiner avec assez de soin; il' s'agit de savoir: 
S*U est dans V intérêt de la Prusse de fortiûer un 
développement complet de la législationr fédérale 
relativement cua^ affaires intérieures de V Alle- 
magne. Dans L'esprit du système que nous avons re- 
tracé jusqu'ici 9 il faudrait répondre \ cette question 
par une négative : car d'une part, tant qfue Talliance 
de la Prusse «vec TAutriche subsistera^ la suprématie 
de fait de cette dernière puissance peut mieux attein* 
lire à ses fins sous l'empire de formes moins, strictes et 
par conséquent plus flexibles, tandis qu'une législation 
trop. positive prêterait souvent à l'opposition des moyens 
d'arrêter les affaires; de l'autre cdté, et dans la suppo* 
«ition d'une scission entre la Prusse et TAutriche, ces 
mêmes formes sévères fourniraient une arme à la puis- 
sance qui se trouverait en possession de la direction 
de la Diète, et lui. permettraient facilement d'entraver 
la réussite des mesures que la Prusse se verrait dans 
le cas de favoriser pour échapper aux ineonvéniens d4i 
mécanisme fédéral, qu'on pourrait tourner contre elle. 
Ce qui vient d'être dit s'applique surt^jMJt à la îmridictiou 
fédérale en matières, contentieuses^ où la. politique prus* 
sieAne doit veiller sur ïe double but de ne pas se lais- 
ser entraîner dans trop de procès semblables , et d'en 
laisser suffisamment aux petits Etats, qoe cette position 
ramène toujoiirs squs l'iailuence des grandes cours. 



L'attitude de , la Prusse à. la Diète, attitude corn- 
pUquéiB et exigent Tattention et Tbabilité la plus 
grande, paraîtrait donc en résumé être celle-ci: il 
lui faut neutraliser l'action de la Diète autant qne 
possible , conserver sa position de puissance bien supé- 
rieure aux Etats moyens et placée de niveau avec l' Au- 
triche; ne jamais risquer nulle proposition qui pourrait 
échouer; par rapport aux affaires politiques de la Confé- 
dération, arr^iig^r se^ différences avec l'Autriche par des 
communications entre Vienne et Berlin , et ne paraîtra 
d^ja 2^ Francfort que son. alliée; y montrer dans la rè- 
gle une adhésion au système autrichien, sauf à l'adoucir 
eft'à faire preuve dl&ns quelques cas exceptionnels d'une 
indépendance ostensible, d'ailleurs abandonner à l'Au* 
triche l'initative formelle et matérielle ^ en .t&cbaut de 



par mn Agent diplom. Prussien. 177 

Esbielet sich hier tod selbat dî^ wichlige, gewiss ]g22 
eioe sehr vreisliche ErwSgUDg verdieùeode Frage dar: 
Ob es im InterreMe Preussens liegt, besonders auf eine 
▼olUtândige Eatwickelung der Bundesgesetzgebung in 
Bezug auf die innern Bundesangelegenheileo bînzuar* 
beilen? Sie scheint im Sione des oben entwickelten 
Systems yerneint werden zu mâsseoy weil solânge die 
ôsterreicbiscbe Allianz besteht. die von derselben auszuiU 
bende faktische Suprématie weit besser unterBegiinstiguAg 
oichl ganz geuau bestimmter und noch scfawankender 
Formen zu ihrem Ziele gelangen kann, und im Gegen- 
theile scharf . vorgezeichnete Gescbafls-Normen Ton der 
Opposition bei allen Veranlassungen als Hemmungs- 
mittel (wie die Erfahrung es schon gelehrt), benutzt 
werden kônnen , vrahrend in der Hypothèse einer der* 
einstigen Spaltung Deutschlands sehr genau und scharf 
bestimmte Bundesformen stets wesentliche Vorlheile der 
im Besitz der forroellen Geschëftsieitung befindlichen 
Machk gew&hren, und die nôthigen Maasregeln unend- 
licb erschweren konnteni vrelche Preussen dann im 
Bunde zu ergreifen angemessen finden diirfte , iim eine 
Abwendung des Bundesmechanismus gegen sich selbst 
ZD aeutralisiren. Man môchte das Gesagte besonders 
and namentlich auch auf die AustrSgalswege ausdehnen, 
wobei der preussischen Politik sich der doppelte 6e- 
sicbtspunkt darbôte, mcht selbst in zuviel dergleiçhen 
Prozesse Yerwickelt zu werden, und den kleineren Staa- 
ten Sloff zu Streidgkeiten unter einandery die sie immer 
wieder den grossen Machten zufiihren^ zu lassen. 

Aus allem Obigcn schiene, als Recapitulation y fol- 
gende, aUerdings komplicirte und bei der richtigen Be« 
haoptung die grSsste Aufmerksamkeit und nicht geringe 
Geschicklichkeit erfordernde Stellung Preussens am Bun- 
destag hervorzugehen : Im Allgemeinen môglichste Neq- * 
traKsirung, |edoch stets mit der Haltung einer iiber die 
miltleren Bundesstaaten erhabenstehenden , mit Oester- 
reich auf gleicher Linie stehenden Macht, also Tor- . 
zuglicb sorgrâltîges Vermeiden y Yorschliîge zu macheni 
die sp&ter nicht durcbgefiibrt werden kônulen; in den ^ 
allgemeinen politischen Bundesbeziehungen , Ausglei- 
chopg der etwaigen Differenzen direckt zwischen Berlin 
und Wien , aber zu Frankfurt enges , in der Regel 
mildemdes Anschliessen an Oesterreich, wobei zuwei- 
len aber nicht zu oft y in popuUren Gegenstânden eiu 

Jfouif, SufpUm, Tome III. M 



178 Mémoire sur la Politique de la Prusse 

1822 ne jamais l'accorder à un Etat moyen ; dans les que* 
relies privées entre les membres de la ConfëdëratioO| 
témoigner toujours des opinions franches et appuyées 
^sur le droit dans toute sa rigueur; n'accorder une pro- 
tection particulière que 1^ oit des relations intimes Téxi* 
géraient; montrer en apparence un grand zèle pour 
toutes sortes de réformes fédérales (parmi lesquelles on 
ne favoriserait sérieusement que ce qui aurait trait i 
Forganisation militaire et l'attitude envers l'étranger) ; se 
former enfin , peu à peu et avec les plus grandes pré- 
cautions ^ une forte cÛentelle dans le sein de la Diète 
dle«méme. 



III. Il est indubitable qu'une des bases fondamenta- 
les de la politique prussienne doit être de s'assurer 
une influence sur la nation allemande | en se faisant 
envisager par elle méine comme la puissance allemande 
par excellence y et comme le vrai représentant du ger« 
manisme. La Prusse a acquis y par sa délimitation la 
plus récente, plus de droits à ce râle que Jamais, mais 
de l'autre cAté, toutes ses démarches dans ce sens se 
trouvent subordonnées aux exigences de l'alliance avec 
l'Autriche. La nature de ^ la forme de gouvernement, 
qui peut seule assurer la grandeur et l'influence de la 
Prusse , l'empêche déjè, sans toucher ici à d'antres con- 
sidérations, de favoriser les idées constitutionnelles et 
démocratiques, qui ne laissent pas d'exercer aujour- 
d'hui beaucoup d'empire en Allemagne. La Prusse ne 
peut que les combattre dans toutes leurs nuances et 
conséquences. Mais il faut qu'elle se garde de se don- 
ner dans cette lutte l'apparence même de favoriser l'au- 
tre extrémité, c'est-à-dire les principes hiérarchiques 
d'une monarchie catholique, principes que l'Allemagne 
protestante aura toujours en aversion. Soutenant avec 
énergie l'autorité des gouvernemens , il faut que la 
Prusse conserve le râle de cheJP du protestantisme en 
Allemagne et sur le continent, et qu'elle se présente 



par^ wi Agent dîplom. Prussien. 179 

berechneter , ostensibler und eklatanter Akt von Selb« 1822 
stUoâigkeit zu zeigen, iibrîgens die formelle und rnafe* 
rîelle Initiative sjstematisch Oesterreich zu uberlassen, 
dièse letztere aber um jeden Preis von den Hënden der 
mttlleren Staaten entfernt zu halten ware; bei reinen 
Privatetreitigkeitenvon Bundesstaaten untereinanderi wo- 
bêi keine allgemein politischen Beziebungen in's Spiel 
traten, ohne Riicksichfc auf die Ansicht Oesterreichs, 
eine unabbangige, môglichst auf's strengeRecht gegrun- 
dete Meinung; Privat-Protektionen eelten, und nur wo 
aie hôchst vresentliche Rûçksichten auf die mit Preussen 
beaonders eog verbundenen Bundesstaaten erheischen ; 
ein anscheinend reger £ifer fiir die Befestigung und 
Entwickelung der Reformen^ die unter der Haod aber^ 
mit Ausnahme derjenigen, welche auf die Militairver* 
fassuog und die Stellung des Blindes gegen das Aus« 
land Bezug habeui so lose als môglich zu erhalten wa« 
ren; endllch eine freilich nur sebr allmàhlige mit der 
ëassersten Vorsicht einzuleitende Bildung einer festea 
preussiscben Clientèle in der Bundesversammlung. 

Ad 3* Wohl unbezweifelt diirfte es eine der Grund- 
lagen der PoUtik Preussens seyn , sich einen Einfluss 
auf die deutsche Nation iiberhaupt dadurch zu sichern, 
dass es als die eigentlicbe deutsche Macbt und als der. 
wahre Reprasentan^ Deutschiands angesehen werde. 
Preusaen bal durch seine letzte Gebietsregulining dar- 
auf grossira Anspriiche , als es jemals friiber besass, 
erworben ; auf der ^ndern Seite vrerden aber auch aile 
dahin abzweckenden Schritte durch die AUianz mit 
Oesterreich bedingt. Die Natur der einzigen Regierungs- 
form, die allein Preussens Grosse und Einfluss sichern 
kaon , scfaliesst schon, ohne andere Verhiîltnisse zu be* 
rnhren 9 unwiderruflich die BegûnstJgung der demokra- 
tisch - reprSsentativen Ideen aus, welche jetzt noch so 
vielen Einfluss in Deutschland ausnben. Preussen kann 
sie wohl in allen ihren Nuancen und Folgerungen nur 
lebhaft bekampfen. In diesem Kanipfe aber scheint es/ 
dass aehr sorgfaltig selbst der Schein des andern Ex* 
trems y des ^înneigens zu den hirarchischen GrundsStzen 
der katholischen Monarchie, die dem protestantischen 
Deutschland stets zuwider seyn werden, zu vermeiden 
wSre. Fest den Grundsatz der AutoritSt der Regierun- 
gen vertheidigend , wiirde Preussen doch stets die Rolle 
des Chefs des Protestantismus in Deutschland und auf 

M2 



180 Mémoire sur la Politique de la Prusse 

1822 comme TEtat monarchique qui 9 quoique opposa aux 
formes d'un gouvernement populaire 9 admet la plupart 
des principes essentiellement libéraux, favorise toujours 
et partout les vraies lumières et la véritable civilisatiob| 
possède l'administration la plus active , la plus énergi* 
que et la plus éclairée, ouvre enfin de préférence à 
chaque talent la carrière qui lui est propre. 

U serait à désirer, et il n'est pas impossible, même 
k cdté de Palliance avec PAutriche, de voir considérer 
la Prusse comme une sorte d'Etat modèle et ses écri* 
vains donner le ton à toute l'Allemagne ; c'était le catf 
avant le commencement de la Révolution française, et 
ce résultat aurait lieu dé . nouveau , dès qu'on serait 
parvenu à dépopulariser Tagitiition démocratico - révo- 
lutionnaire , ainsi que la comédie constitutionnelle dans 
les Etats méridionaux de TAllemagne* II faudrait exa* 
miner sous ce rapport, si, puisqu'on ne peut pas em- 
pêcher Tautre parti de faire valoir ses théories devant 
le public , on ne gagnerait pas \ le^ soumettre aussi 
comme Pont fait les gouvernemens de France et d'An- 
gleterre; à une discussion énergique et contradictoire ; - 
d'autant plus, qu'il ne serait point trop difficile de 
mettre en jeu l'amour-propre et l'honneur national de 
tous les Allemands contre des principes et des institu* 
tiens puisées chez une nation rivale , et qui n'agissent 
par la formation des partis que dans l'intérêt de l'é* 
tranger. 



18. 

» 

Correspondance diplomatique entre 
les Etats- unis de t Amérique septen- 
trionale et l'Espagne. 

(Présentée au Congrès américain 1829). 

Message from tlie Président of The United States 
to Congress , communicating Correapondence rela^ 
tive to Claims of Citizens of The United States 
on the Government of Spain. — 7th January 1829, 

To the House of Représentatives of The United States. 

ff^ashingfon ^ 7th Jamiary ^ 1829. 

. In compliance with a Résolution of the House of 



par un jugent diplom. Prussien. 181 

dem festen Lande festziiliahen , d, h« ala diejenige Mo- 1825 
narcfaie atifzatreten haben, die den popalâren Formen 
enigegengesetzt y doch die meistea eigentlichen liberalen 
RegieruDgs - GroDdsatze hlilte , die atels und ûberall 
wahre Intelligent und Aufklârung begunstigte, welcbe 
die thiîlîgstey festèste und einsichtvolkte Verwaltung 
besSaae, die endlich yorziigavreise jedem Talent die ibm 
angemessenate Laufbahn ôffnete. 

£a achiene wiinschenswerth ^ und aelbat beim Feat- 
hallen an der ôsterreicbiscben AlHanz nicht unerreicb^ 
bar y daaSi wie es vor dem Beginnen der franzôaischen 
Révolution der Fali war, Preussen ala der deutscbe 
Muaterstaal angesehen , und seine Scbriftsteller wieder 
die. tonaogebenden in Deutscbland wiirden , und diea 
Résultat diirfte unyernieidlich seyn y sobald , wie sçhon 
erwëbnt, das demokratisch - revolutionare Treiben und 
die siiddeutache Schein • Konstitutionalitât depopularisîrt 
worden ware. Es yerdiente dabei eine reifliche Priî- 
fuog, ob, da |ene Farthei nun doch ^nmal an der 
Entwickelung und Geltendmachung ihrer Tbeorie vor 
dem Fublikum nicht gebindert 'werden mag^ es nicht 
•rathsam ^ware , sie gleichfalls , nach dem Beispiel der 
englischen und franzôsischen Regierungen , in ihren 
Grundsatzen, in ihren Leitem und in ihren Organen 
eioer indirekten , aber kr&ftigen ëiEentlichen Diskussion 
zu unterwerfen y als es nicht allzuschwer seyn diirfte 
gegen jene GrundsMize und Einrichtungen bei den be« 
sonnedern und richtig urtheilenden Deutschen die Na* 
tional-Eitetkeit und Ehre in's Spiel zu bringen^ indem 
man dieselbe, von einer nebenbnhlerischen Nation aus- 
gehend, durch Bildung von Farteien im Sinne dea Aus- 
hndea wirkeud, darstellte. 



Représentatives, of the 19th May last; reifuesting a 
Copy of the Correspondence betvreen the Minister of 
The United States at the Court of Madrid, and the 
GoTernment of Spain , on the subject of Claims of Ci- 
lizens of the United States against the said Govern- 
uieot; I transmit, herewith, a Report froni the Secre- 
tary of State , vvith the Correspondence desired by the 
Resolution. John Quihct Adabus. 






182 Correspondance diplomatique entre 



1825 Departnmni ûf 8tai§^ ^oêhington, 5ih January^ 1829. 

The Secretary of State , to Whom has been refer- 
red a Résolution of the House of Représentatives, of 
the 19th May, 1828, requesting the Président to „com- 
municate to that House (if the public interest sbould 
permit) a Copy of the Correspondence between the 
Minister of The United States at the Coutt of Madrid, 
and the Government of Spain, on the subject of Claims 
of Gîtizens of The United States against the said Go* 
yernment,'* has the honour, in compliance with the 
wish of the House , respectfully to submit to the Pré- 
sident, the accompaying Copies and Translations of 
Notes interchanged between the Minister of the United 
States at Madrid, and the Office of Foreign Affaires of 
the Government of Spaii^, which comprehend the Cor* 
respondence called for by the Resolution. 

H. Clat. 

(1.) *— Mr» Everett to the Duke of Infantado^ 

Sir, Madrid^ 6th Nopember 1826. 

Since the date of the conclusion of the Fiorida Treaty, 
by which ail the claims and pretensions of the two 
Contracting Parties upon each other were definitively 
settled, up to that time, varions Cases hâve occurred, 
in which the Property of Citizens of the United States 
has been îliegally and violently seized by Agent of Hi& 
Catholic Majesty, sometimes under false pretences of 
right, sometimes without any pretext whatever, and 
always, I trust, in opposition to the Instructions and 
intentions of His Majesty's Government, as well as to 
the common Law of Nations, and to the Treaty exist- 
ing between the two Countries. The Persons affected 
by Seizures, and other acts of violence, are entîtied 
to claîm an Indemnîty for their losses and sufferings 
from His Maje^ty's Government; and that of The Uni- 
ted States is bound, by ira duty to the Nation which 
it représente, to urge thèse Claims, and to obtain the 
satisfaction of them. The Cases alluded to, exceptîng 
aome that are of récent date, hâve accordingly been 
brought to the notice of His Majesly's Ministers , from 
time to time , as they occurred ; and it would be su* 
perfluous to trouble your Excellency, on this occasion» 
with a recapitulation of their détails. The character 
of them is fully stated and explained in the Notes trans* 



tAtnerique et P Espagne. 183 

oiitted by mj Predecessor on the 2dd of JaDuarjr, 29th 1825 
of Marcb, and 7th of September, of the last Year. 
Thèse Cases hâve now become veiy niimerous; and it 
îs considered indispensable by the Government of The 
United States , that a gênerai arrangement should be 
nade of them ail, by a Convention framed for thîs 
spécial purpose. I bave accordingly been. entrusted by 
Ibe Président with a FuU Power to conclude siich a 
Convention» and instructed by faim to présent the sub-> 
{ect to the considération of His Majesty's MinisterSi 
immedialely afier my arrivai; ànd to request of them» 
as a thing . particularly desired bj the Government of 
Tbe United States y that it may be taken up and arran* 
ged without unneoessary delay. 

Upon my arrivai at tbis Court , a few weeks since, 
I accordingly communicated thèse facts to your Esecel- 
lency's Predecessor, and informed him that I was ready 
to exhibit my Powers to bîmself, or alny other- Persoti 
vrbo might be named by His Catholic Majesty to con^- 
dact the Negotiatîon, and that I was prepared to enter 
upon it immediately; observiog to him, at the same 
tîme, that I was désirons to proceed in it in the man» 
ner which might be most agreeable to His Majesty's 
Government, M. de Zea Bermudez assured me , in 
reply, that His Majesty's Government were also pre- 
pared to enter at once upon this Negotiation, and ex« 
pressed bis satisfaction that I bad been invested with 
powers to conclude the arrangement hère. He wished 
me, however, as a preliminary step to the commence- 
ment of any formai proceedtngs , to state to him in 
wTÎting, in a gênerai way, the nature of the Claims 
advanced by The United States, and of the principles 
opon which the Président desired that they shail be 
setlled. 

lo complîaoce with this request, andreferring your 
Excellency to the above-mentioned Notes, transmitted 
by my Predecessor, for the description of the nature 
of the most important of the Claims, I bave now the 
bonour to propose, that a Convention should be con- 
duded between the two Govemments , providing for 
the liquidation and settlement , by Commissiouers to 
be appointed for the purpose, of ail demands whîch 
Citizens or Subjects of either Power may bave upon 
the Government of the other , on account of illégal 



184 Corresfondanae diplomatique entre 

1825 «eiziiT^ y e«pture% comdemnationa, or confiscationSi hj 
the A jealB of such Government, during the period which 
Las elapsed since the conclusion of tl^ Florida Treaty. 
The Convention for the liquidation and settlement of 
Claimsy concluded by the Government of His Catholic 
Majesty with that of Great Britain^ on the 12th of 
March 1823 , may be coqveniently taken as a'model, 
especially as a great part of the Claims provided for 
in that Convention were precisely similar to those novr 
urged by the Government of the United Statea, and 
involved the same principles of kw and justice* Any 
variation from the form of this Convention , that shaU 
appear expédient, may be suggested and adopted in the 
course of the Negotiation. 

The Government of The United States are not pre- 
cisely acquainted with the nature of the Claims which 
His Majesty's Subjects are represented as having upon 
thém, «tn account of seizures or other acts of violence 
committed by their Agents. It is, however, the Presi* 
dentés vrish, that such Claims, as far as they may be 
substantiated , should be provided for in the same Con- 
vention; and I am autborized to agrée to any princi« 
pie that shall be suggested by His Majesly's Government, 
ia relation to them, which may bave been founded on 
justice and equity. I bave, accordingly, no hésitation 
in saying , that, upon the consent of His Majesty's Go- 
vernment to satisfy the Just demands of The United 
States , I shall be ready to stipulate , on their part, for 
the allowance of à. fair compensation for the damages 
which may hâve beeu done to Individuels by the un- 
autborized proceediog of Captain Porter, upon the 
Island of Porto Rico, agreeably to the désire manifested 
by your Excellency, in your late Note of the 28th of 
October. 

I bave the honour to be, etc. 

A. H. EVXRXTT. 

(2.) — Mr/Eiferett to the Duhe of Infantado. 

Sir Madrid^ 80/A Nopember, 1825. 

I have the honour to transmit, hère with, to your 
Excellency , a Project of a Convention of Indemnities, 
which will give y ou a more dfstinct view ol the na* 
ture of the Claims nude by The United States, and of 
the manaer in which the Président wishes that they 



Vj^mérique et PEspagnê. 185 

luay be settled^ than was conveyed by my Note of the 1825 
Sthy to which I also beg leave to refer yoa. 

It is novr 3 or 4 Years since the occurreoce of tbe 
captures that gave rise to tbe mosl importaDt of thèse 
Claims, It is more than 2 Years since Claîins of pre- 
ctsely tbe sam» description bave been allowed to tbe 
British Govemment; and it is 2 fiiU Years since tbe 
Government of tbe United States applîed to His Catbo- 
lic Majesty for an equal measure of justice. It was, 
Iherefore, witb mucb satisfaction tbat I learnt from 
your Exeellency's Predecessor, M. dé Zea Bennudes, 
that His Majesty*s Government were now ready to en* 
ter upon tbis Négociation; and I venture to bope tbat 
it may be concluded to the satisfactîoii of bolb Parties, 
"without fnrtber delay« 

I propose to bave tbe honour of calling upon your 
Excellency, at your Office , on Tuesday next, for tbe 
purpose of conversiog upon tbis subject, if I should not 
hear furtber from you, respecting it, before tbat time; , 
and i trust tbat your Éxcellency will then be ready to 
conne to some arrangement , in regard to tbe prelimi** 
nary proceedings. 

I beg your Excellency to accepta etc. 

A. H. Etseett. 

(Enclosure.) — Project of a Convention hetween 
His Catfiolic Majeaty and the United States oj 

America. 

Tbe gênerai object of the CouTention is to provide 
for making compensation to tbe Citizens and Subjects 
of eacb of tbe High Contracting Parties, for losses oc- 
casioned by illégal captures, seizures, condemnations, 
and confiscations, by Agents of the other. it might, 
therefore, consist of the foUowiog Articles | and sucii 
others as may appear necessary : 

Art. L His Catholic Majesty engages to indemnify 
the Citizens of Tbe XJnited States , wbo bave sustained 
losses by tbe illégal proceedings of bis Agents, since 
the conclusion of the Florida Treàty ; and The United 
States 9 in tbe like manner, engage to indemnify tbe 
Subjects of His Catholic Majesty for losses of a similar 
kind, sustained by them during tbe same period. 

U. For the purpose of llquidatiog thèse Claims,^ a 
Board of Commissioners sball be constituted , consisting 



186 Corre^ondance diplomatique entre 

1825 of 2 Penons^ one U> be appointed by His Catholic 
Majesty, and the other by the GoTerninent of The 
Uaited States, and shall faold it8 sittings at the City 
of Washington*, Should eitber Party faîi to appoint a 
Commissîoner .' or should , the Commîssioner who sball 
be named by eitber Farty fail to appear at the City 
of Washington , wtthia 6 months after the exchange 
of the Ratification of this Convention, the vacancy thus 
occasioned in thé Board shali be filled by Ihe other Oo« 
Ternment ; and the doings of the Board thus coustituted 
shall be as valid against both Goyernments as they i^oold 
hâve been if each had appointed a Comsiissîoner. 

III. The Cases laid before the Commissionere shall 
be determined according to equily and the acknowIed« 
ged principles of the Law' and usage of Nations. 

IV. In order to aTOtd any doubt or disagreement 
that might arîse respecting certain classes of Claims, the 
Commissioners are hereby authorized to allow those of 
the Citizens of The United States , on account of los« 
ses occasioned by the captures made by Naval Officers 
bearing His Catholic Majesty's Commission , nnder pre- 
text of the Decrees of General Morales, of 1821/1822, 
declaring a Blockade of the vtrhole Cqast of the Gulf 
of Mexico, and interdictiug ail trade vrith the Spanish 
Settlements in America* 

y. The Commissioners are authorized to allow the 
Claims, on account of losses eustaîned by His Catholic 
Majesty , or his Subjects , in conséquence of . the pro- 
ceedings of Commodore Porter in the Island of Porto 
Rico, in the Year 1824. 

VI. The Commissioners are authorized to settle, 
upon principles ofequityand naturel justice, the Claims 
of certain Citizens of The United States, on account 
of Church Lands purchased' by them of His Catholic 
Majesty during the period of the Constitution, and 
paîd for at that time, and which His Catholic Majesty 
nas since taken from them , vrithout repaying them 
their money. 

VIL The Commission shall meet at the City of 
Washington , within 6 months • or as much sooner as 
may be cûnvenient, after the exchange of the Ratifica- 
tion of this Convention, and shall immediately give 
public notice that their Board is organized, and ready 
to proceed to business ; and no Claim shall be admitted 



fj^mérique et PEspagrUè. . 187 

vrhich ia not présentée to the Commissioners within 1825 
tbe term of 6 months after the givirig of such public 
notice. 

YIII. In order to présent any Imnecessary delay 
in the accomplishnient of the objects of this Conveotiony 
it ia agreed that ail Claims agaiost elther Government^ 
which shall be presented in due time to the Commis- 
atonersy and thall not be allowed or finally rejected 
witbin 2 Yeara after tbe organisation of the Board^ 
thall be considered as Talid; and paid accordingly. 

IX. The décision of the Commissioners^ in ail cases 
in Vrhich they are agreed^ shali be final. In the cases 
iipon whioh they may differ, each Commissioner shall 
reduco bis opinion to writing, specifyîng the reasons 
upon which it is founded; and the case shall be refer- 
red to the décision of the Mînister of sonie Power, in 
amity wtlh both the Contracting Parties , résident at 
Washington, vrho shall be named by agreement between 
the Spanisfa Minister at Washington, and the Secretary 
of State of The United StaleSy and who shall décide 
the case upon a view of the two written opinions of 
tbe Commissipners, exclusively of ail other évidence or 
argument ; and nis décision shall be final. 

X. After liqnidating ail the Claims that may be laid 
before them, the Cemmissioners shall draw up and 
présent to both Govemments a Report of their Procee« 
dioga, specifyîng the Claims that bave been allowed, i 
the 8um due in each case, and the total amount due 

by each Government to Citizens or Subjects of the 
other. The balance that may resuit from a comparison 
of thèse two sums total, shall be paid by the Govern- 
ment against which it may be found, within the term 
of 6 months from the date of the Report; and the ac« 
acount being thns settled betweeq the two Contracting . 
Parties, each Government shall satisfy the Claims of 
its own Citizens or Subjects. 

XI. Should the debtor party fail to pay the balance 
which it niay be found to owe, within the time limi- 
ted by the preceding Article, the party to whom it 
inay be due is hereby authorized to take the property 
of the Citizens or 8ub}ects of the debtor party, wh ère ver 
it may be. found, to an amount sufficient to satisfy the 
debt, according to the principles of reprisais admitted 
by the Law of Nations ; and the Individoak , whose 



/ 

188 Corrjsspondance diplomaiique entré 

1826 propertj maj be thiis taken , sfaall look for iademaity 
to their own Government* 

XII. Provides for the Ratification. 

(3.) — The Duke of Infantado to Mr. JEperetL — 

(Translation). 

Sir^ Aranju9z^ 6lh May^ 1626. 

It 18 now about a year and a balf since the Kiiig, 
mj Aiigust Mastery upon view pf the différent Notes 
transmitted hj jour Fredecessors to this Department, 
respecting the Ciaims of certain Citizena of the United 
States y who consider themselves «ntitled to indemnity 
fromSpaini for lossea sustaioed on the aeas in America* 
aubse.quently to the Treaty of the 22nd of February, 
1819 ; and being also informed of the existence of si- 
milar Ciaims of certain Spanish Subjects upon the 6o- 
yernment and Citizens of The United States, was plea- 
sed to appoint Don Joseph de Heredia bis Minister Fie* 
nipotentiary to The United States, yrith authority to 
settle this délicate question , by an amicable arrange» 
ment, that mîght concîHate the rights and pretensions 
of the two Governments.' Heredia, while preparing 
for bis departure, was attad^ed by a* serious illness, 
which made it daogerous for him , in the opinion of 
the Physicians, ti) undertake the voyage: and the King 
thought proper , in conséquence , to dtscharge him , àt 
hts désire, from the honourable employment in question^ 
But being anxious y at* the same time , that this unfor- 
tuoate and unforeseen accident should not ioterrupt the 
progress of the affair, His Majesty was pleased to no« 
minate , as his Successor, Don Francisco Tacon, at 
that time résident at London ; of which new appoint* 
ment, information was given to your Fredecessor on 
the 12th of July of last Year. The important business 
in which this Ferson was employed at.the time of hia 
nomination, is not yet settled : and he bas, consequently, 
not been able , hitherto , so set off for his destination ; 
80 that the upright intentions of His Majesty baye been, 
in this way, again dîsappointed. 

But the King, my Master, being still désirons to 
see them accompHshed as soon as possible, and also 
to give to the Government you respresent a new and 
incontroyertible proof of his ardent désire to adopt 
evçiy meaêure that may contribute tO slreogthea the 



P Amérique et P Espagne. Id9 

bonds oF iriendship which uuite the two Nations, bas 1826 
thought proper to authorize Don Manuef Gonzales 
Salmon, and the aforesaid Don Josepb de Heredia, Per- 
sons entilled, by their distinguisbed talents and esti- 
mable qualîtles, to His Majesty's confidence, to confer 
irith you upon the subject of the aboyementioned Claîms* 
I bave now.the honour to give you notice of tbis 
Appointaient, and also te inform you tbat the neces- 
sary orders wili be passed this very day to the Persons 
appointed, in order that they may enter immediately 
upon the discbarge of the duty committed to tbem* 

I ayail myself , etc. Thb Duke del Ikfastado. 

(4.) — Mr. Everett to the Duhe of Infantado. 

Sir, Madrid t 8M May ^ 1836. 

. I learn with nrach pleasure, from the Note which 
your Exceilency did me the bonotir to address to me, 
under date of the 6th of the présent month, that His 
Ma)esty had been pleased to appoint Messrs. Heredia 
and Salmon, Commissioners , to treat with me upon 
the Claims of the Government of The United States on 
that of Spain for indemnity on account of spoliations 
committed' on the property of their Citizens, by Mili- 
tary and Civil Agents of His Majesty, sihce the con* 
duiion of Treaty of February 22, 1819, and upon the 
Claim of a similar kind , which the Spanish Govern- 
meot is represented as, authorized to make upon that 
of The United States. 

The high réputation of the Persons appointed, and 
their familiar acquaintance with the sub{ect, inspire me 
vrith fuU confidence that His Majesty's Government bave 
adopted this measure with a view of bringing the ques- 
tion to a prompt and satisfactory settlement. I shall 
immediately transmit information of it to my Govern- 
ment ; and am sure that it will be regarded by the 
Président as a yery acceptable proof of His Majesty's 
respect for justice, and friendly disposition towards 
The Uoîted States. It will afford me, on my part, 
great satisfaction to communicate with Gentlemen so 
îiutly distingaished for their merit and talents, as the 
Persons appointed ; and I indulge a hope, that the Ne- 
gottations upon which we are to enter, will shortly 
resull io the conclusion of an arrangement that shall 



iÇO Correspondance diplomatique entre 

18S6 be at once adraDtageoui and agnesbie to bolh tb« 
Parties. 

I avail myteli of this occasion, etc. 

A. H. Etibitt. 

(5.) — Mr. Eferett to Don Manuel Gonsalea Salmon. 
°'' Madrid, lOM SepU/obtr, 16S0. 

.the hoDoar to transmit herewilh to your 
, anolber Copy oF Ihe Project of a CoDveD- 
idemnities, wliich I took tbe liberty, some 
ice , bj order of my GoTernmeot , of sith- 
tbe considération of your Excellency's Pre- 

made a fevr altérations in some pf tbe Arti- 
cles , agreeably lo subséquent Instructions from my Go- 
vemment; and bave snbstîluted tbe Article vrLicb 1 
bad tbe bonour of cowinuaicating to you yesterday, 
iuatead of the one which slood in tbe former Copy of 
Ihe Project as the IVth. 

I avail myself of tbia occasion , etc. 

A. H. Etkmtt. 

(Bnclosure). — Project of a Convention to be con~ 
cluded betiveen Hia Catholic Majesty and j/ie Uni- 
ted States of America. 
Art. I, His Catholic Maiesly engages to indemnîfy 
tbe Citizens of the United States, who bave sustained 
losses by the illégal proceedings . of his Agents , since 
Ihe conclusion of the Treaiy of February 22, 1819^; 
and The United States engage to indemnify the-Sub- 
jects of His Catholic Majesiy, for losses of a slmilar 
kini), sustained by them duriog the same period. 

II. For tbft purpose of liquidaling ihese Claims, a 
Board of Commisiioners shall be constiiuted, consiajltng 
of 3 PersoDS, one of wboo) shall be eppointed by Hia 
Caibolic Majesiy, another by the Président of Tbe Uni- 
ted States, and the thîrd by the 2 Commissioners ibua 
named, provided ibey can agrée upon a cboîce. Should 
they be nnable to agrée, eacb of them shall propose 
some PersoD , and lots sbali be cast in Iha présence of 
the 2 first named Commissioners , to détermine whicb 
of the 2 PersoDB thus designated sball act. 

III. Should eitber Govemment faîi to appoint a 
Commissioner , or should tbe Commissionar who shall 



PAmérique et PEspagne. IQl 

b« Damed by either Covernineiil fail to appear at the 1826 
Citj of Waahiogtoi)» ^ithin 9 months from the ex- 
change of the Ratifications of this Convention, the other 
Commissioner ahall proceed albne ; and hîs doings shall 
be as valid against both Government a» if each had 
appointed a Commissioner. 

IV. The cases laid before the Commissioners shall 
be determined according to equity and the acknowled- 
ged priociples of the Law and usage of Nations* 

V» In order to avoid any doubt or disagreement 
that might arise, respecting certain classes of Claims, 
the Commissioners are hereby authorized to allow those 
of Citîzena of The United States j on accotint of Ships 
and Cargoes belonging to them , vrhich may bave been 
captured and condemned , under the authority of His 
Catholic Majesty , for entering a Port declared by Hia 
said Majesty ^ or any of his Officers , to be in a state 
of blockade, ifvhenever such blockade shall not bave 
been , at the time of such entry ^ actually sustained by 
the présence of one or more armed Vessels of His Ma- 
jesty's Navy, cruizing oiF such Port. 

VI. The Commissioners are authorized to submit 
to examination and adjudication the Claims of His Ca- 
tholic Majesty, or his SubjectSi on account of losses 
sustained , in conséquence of any proceedings of Com- 
modore Porter, on the Island of Puerto Rico, in the 
Year 1824 , vrhich may bave been in contravention of 
Public Law. 

VIL The Commissioners are authorized to settle, on 
prindplea of equity and justice, the claims of certain le 
Citizena of The United States , on account of Cburch 
Lands, parchased by them of His Catholic Majesty dur- 
ing the period of the Constitution, and paid for at 
that time , the sales of which may bave since been 
aonulled by His said Majesty. 

VIII. The Commissioners shall meet at the City of 
Washington wlthin 9 montbs» or as much sooner as 
may be convenient , after the exchange of the Ratifi* 
cations of this Convention» and shall give public notice 
of the time when the Board is organized and ready to 
proceed to business: and no Claim shall be admitted, 
whicb ia not presented to the Commissioners vrithin 
tbe term of 12 months after the giving of auch public 
notice. 



192 Correspondance diplomatique entre 

18B6 IX. The Cominissioners sliall proceed with ail con- 
venient despatch in the exécution of theîr dutiea; and 
it 18 agreed that the sittings of the Board shall not be 
extended beyond the term of 3 Years from the time 
of its organization,' 

X. After liquidating ail the Claims that may be laid 
before them, the Coinmissioners shall draw up and 
présent to both Governments a Report of their Procee* 
dings, specifying the Claims that hâve been allowed» 
the sum due in each case, and the total amount due 
by each Government to Citizens and Subjects of the 
other. The balance that may resuit, from a compart- 
sou of thèse 2 sums total, shall be paid by the Govern- 
ment , against which it may be found y to the other 
Government) within the term of one year from the 
date of the Report; and the account being thus settled 
between the 2 Contracting Parties, each Government 
shall satisfy the Claims of its own Citizens and Subjects. 

(6.) — Don M. G. Salmon to Mr. Et^erett» — (Trans- 
lation). 

Sir y Palace^ Xeth January $ 1828. 

The Notes transmitted by your Excellencyi and 
your Predecessors I on the lOth and 20th of January, 
1824^ the 30th of November, 1825 ^ and the lOth of 
September, 1826 ^ bave been received in succession at 
this Department. 

The purpose of their contents is, in substance , to 
show: Isty that certain Vessels of The United States 
vrere plundered, some years ago^ by a swarm of Pira- 
tes proceeding from the haunts which they fréquent, 
and which are only known to themselves, in the unin- 
habited parts of the Island of Cuba, and that the spoil 
acquired by thèse Outlaws was sold openly and witk 
Jmpunity at The Havane; 2d, that a small Squadron 
having been sent by The United States to cruize ofF 
Puerto Rico, and the Commander of it having sent one 
of his Officersy Mr. Cocke, into the Port of St. John's, 
said Officer was fired upon by the Battery of the Fort; 
3d, that the Spanish Authorities bave occasioned se- 
rious in}uries to your Excellency's Fellow-Citizens ; by 
arrogating to themselves powers incompatible with the 
Law of Nations, by declaring Blockades, which your 
Excellency deems unjusty because of the want of a ne* 



V Amérique et t Espagne, I93 

cessarj Force to maînlaln them ; by establlsliiiig prohi- 1828 
bitions injurioas tp the Commerce of Neutrals with the 
Continent; and, finally^ by granting, at Puerto Rico 
and Puerto Cabelloi Letters of Marque to CfuizerSy 
wbo, under colour of tbem, bave committed, as ia 
saidy excesses of every kind. 

The Government of The United States demands, in 
conséquence: Ist^ that the Spanish Qfficer, who gave 
the order for firing on Mr. Cocke, should be severely 
punished; Sd, that the Authorilies at Cuba should be 
directed to take the most vigorous measures for the 
destruction of the Pirates ; 3d , that an Arrangement, 
similar to that which was made with Great Britain in 
1823, should be entered into with The United States, 
in order to indemnify the Cit^eens of the same, for 
the déprédations committed on their property by tb^ 
aforesaid Cruizers ; and , that , for this purpose, a Con- 
vention should be concluded, agreeably to the Draft 
transmitted by.your £xcellency« 

T|ie Ring, my Master, who, as yopr Excellency 
must be aware, is sincerely désirons .to maintain the 
aoiicable relations that happily exist between his Go-« 
rernment and tfiat of the United States of America, en-< 
tered forthwith into a seriotis and minute considération 
of the abôve Communicatious; but perceiving, at first 
view» the importance of the subject, determined , be-* 
fore adoptiog aoy définitive resolution, to take the 
opinion of various Persons , whose integrity and wis- 
dom bave given them a title to his confidence. Not 
satkfied vrith having taken this step, and in his anxiety 
to adhère strictly to justice, His Majesty directed *that 
the question , with ail the Documents relating to it, 
should be referred to the Coiincil of State, who, after 
a seriona consultation, were to recommend whatevei^ 
measures might appear to them most conformable to 
jastice* 

The Council' accordingly proceeded to deliberate 
upon the subject; and the priociples aad reasoning, on ~ 
which their Report is grounded , bave afforded a new 
basis to the décision taken by His Majesty. 

In regard to the request first made, which is, that 
the OfBcer who gave orders for firing on Mr. Cocke 
shouM be punished, it is not possible, for the présent, 
to wj anything in addition to the Communication made, 

NiMir. Supplem, Tome TiT, ff 



194 Correspondance diplomatique entre 

1828 on thé 14th of Auguste 1824, to jour Excellency'8 Pre- 
decessor to whom were then given ail the ^xplanations 
and information which had been obtaîned^ with res- 
pect to this unfortùnate occurrence. Should any othera 
be received henceforward , I shall not fail to commu- 
nicate thein to your Excellency. 

As respects the second request, which is, that or- 
ders shôuld be communicaled to the Authorities of Cuba 
for adopting the most vigorous measures for the extir- 
pation of the Pirates , the wishes of the American Go- 
vernment on this head will bave been, by this time, 
completely satisfied : for it does not appear that any 
more effectuai means couI4 bave been resorted to, for 
attaîning this object , than the expediting and equip- 
ment of a Squadron which bas been sent to cruize in 
those seas, under the orders of Admirai Laborde* 

This measure will, no doubt, be sufEcient, if the 
Gbvernment of The United States adopt, on their part^ 
such as may be necessary for preventing, in future, 
the construction , armament^ and equipment of Vessels, 
which, ndtwithstandîng the reiterated remonstrances of 
His Majesty's Représentative in Philad^Iphia , and the. 
assurances given of a strict Neutrality , hâve been em- 
ployed in the service of the Pirates. Upon this subject, 
your Excellenty will permit me also to observe, that, 
agreeably to the information obtaiued by His Majestés 
Government, the Authorities of theHavana and Puerto 
Rico , so far from proceeding against the Pirates with 
the lenity that is imputed to them, liave exhibited the 
grealest energy in suppressing their déprédations , and 
in more than one instance hâve inflicted on them the 
punishment of death. 

But, as relates to the proposition of a Convention 
for indemnifying the Citizens of The United States, for 
losses incurred by the capture of their property by 
thèse Cruizers, His Majesty is under the necessity of 
declining to accède to it. 

The King, my Sovereign, notwithstanding the sa- 
tisfaction it would hâve given him to gratîfy the Go- 
vernment of The United States, has been constrained 
to adopt this resolution, from a sensé of the duty in- 
cumbent on him, to act according to the dictâtes of a 
religions conscience, and with a due regard to the wel- 
fare of his People. He has ordered me to statê to you, 



tjimérique et PEsptigne. 195 

summariljr, the motivea by wbich be bas been actuated igjg 
on this occasion. 

Hit Ma)e8ty cannot fot*get that tbe rigbt oF pro* 
perty is one of the most sacred known among men. 
No one, \vitbout committing an injustice, can prohibit 
or hinder anotber from disposing , according to bis 
pleasure*, of that wbich belongs to biin, nor prevent 
him from excluding ail otbers from a participation in 
what be possesses» unless there exist an express stipii* 
lation to the contrary. This is one of tbe most im- 
portant rigbts of men; a princîple uniformly maintained 
by ail GoYernments, and so generally acknowledged 
that if bas become a ytilgar axiom. It is this incon* 
troYcrtible princîple wbich bas afPorded a groiind for 
tbe conduct of Spain , as relates to ber American Pos- ^ 
sessions ; tbe Commerce of wbich bas at ail times been 
interdicted to other lïations, under the seyere penalties 
expressed in tbe Statutes of India. And this same prin«> 
ciple , wbich bas also been adopted by other Maritime 
Powers wifli regard to their Colonies ^ bas newly and 
recenlly been recognized by thèse Powers» at the time 
wlien tbey solicited in so earnest a manner, and re- . 
cei^ed with so mucb satisfaction, the Royal Decree of 
ihe 9th February, 1824, by wbich Hîs Majesty, for 
the first time, admitted Foreigners to a participation 
in tbe Commerce of those Countries. 

Tbe multiplicity of adverse political combinations \ 

wbich bave barassed tbe Péninsule, made it impossible j 

for tbe Ring to act with tbe promptitude and vigour 
tbat were necessary to cause bis rigbfs in America to 
be respected , as well by the Rebel Inhabttaiits of tbat 
Part of tbe Spanish Dominions , as by Foreigners, who 
asfiisted tbem by their cô*operation , botb moral and 
physicaL But this was no reason >vby Spain sbould 
be deprivéd pf tbe privilèges wbich she biad enjoyed 
for âges past; nor could she be supposed, on this ac* 
coont, to bave lost tbe rigbt of remindiog bolh friendt 
and foes of restrictions wbich had. not been - revoked, 
oor of raaking every effort in ber power to enforce 
tbe observation of tbem; This , and only this, is wbat 
bas been done by General Morales, in adopting, for 
tbe altainment of this object, tbe measures egainst 
wbich your ExcelUnty bas reprodoced varieus argu- 

N2 * 



196 Correspondance diplomatique entre 

* 

1828tnent8, which hâve not appeareâ conyinciog eitker to 
His Majesty or to the Coiincil. 

Your Excellency^s Fellow - Citizens vrere not igno- 
rant of thèse prohibitions: they well knevf the risk to 
which they exposed themselves ; and, consequently, hâve 
^ no ground on which to rest a daim for indemnification 

for anylosses or damages which they aiay h^ve suiFe- 
red; the more especially as they also knew of the 
existence of the Treaty of Amity and Bouodaries, con- 
cluded on the 27th of October, 1795 , and exppessly 
confirmed by the 12th Article of that which was signed 
on the 22d February, 1819; in both which, the oub- 
jects of the two Powers are prohibited from c^rrying 
arms, ammunîtion ôr other cootraband articles ^ to the 
Dominions of any Nation at war \nth eîther of the 
two Contracting Powers. And although it is not the 
intention of the Government of* Hîs Catholic Majesty 
tQ make any récrimination^ they caXnot refrain (rom 
ôffering an observation which nattirally occurs on this 
occasion; naniely, that the American Government lias 
too much good faith not to be sensible that His Maje- 
sty might entertain some displeasiire , on account of 
the proceedings of some of the Cîtizeus of Thê United 
States, who, in cpntempt of the most solemn and ex- 
plicit Compacts, and stimulated by an eagerness for in- 
dividuai gain, hâve directly, and with împunity, added 
fuel to the fiâmes of insurrection. 
/ It 18 true that. His Majesty assentedto the Claîms 

S^ of Gre^ «Brîtain in. 1823; fout your ExceUency, and ail 

Europe , are wel! acquainted with the drcumstances of 
that disastrous epoch, when atumultuous faction seized 
tipba th€ Gavernndeot of Spain ând extorted, by means 
of the povvev which ^it had !usurpéd, and in .& time ,of 
confusion «md tercor /• looncesaîons that were made with 
precipîtafiopi andy besides bein§ grievously burdenâonte, 
are far froni - being just. His Majesty, yfho is ;uow 
restored to the rights v^ch.he inherited from his An- 
castors , ' and . isi at XhA head ' of a * just . ând prudent Ad- 
minlstratioD ^ 'caunot agreë a second. ttine to an act of 
thia nature , ^whiçh v^outd mot only 'be extremely op- 
pnesfivè tô Ibe: Stalte, and is unwlarranted. by any le- 
gitimate 'fe^le', '. but would open.an eudless field to sîmi- 
lar Giaims on the part ,of IhoseilViwerSy whose sab- 
jecis may hâve . «suffered losses of the saroe kiud, by 



P Amérique et P Espagne. • 197 

^a$OD of their faaiÎDg continued to maîntain their com- 1828 
mercial relations with the reyolted Dominions in Ame- 
rica, nothwitlistandiog those of amîty and alliance vrfaich 
subsisled between them and Spain. 

I bave the bonour to commit nicate tbe above to yoiir 
Excelleiicy, bj order of tbe King; my August Master; 
and avail myself , etc. 

Mahusl Goszales Salmov. 

(7.) — Mr. Etferett to Don M. G. Salmon. 

Sir, Madrid^ \%ih Fehruary^ 1828. 

I baye had tbe bonour lo receive your Excellency's 
Note of tbe 16tb u\timo, purporting to be an Answer 
to tbose vrbich bave been successively transmitted by 
this Légation, on tbe lOth and 20tb of January, 1824, 
tbe 30tb of November, 1825, and tbe lOtb of Septem- 
ber, 1826. 

In tbe two first of tbis séries of Notes, tbe Mini- 
ster of Tbe United States submitted to His Majesty's 
GoTernment, by order of tbe Président, a succinct ac- 
count of the déprédations committed upon the com- 
merce of those States in the Gulf of Mexico, subse- 
quently to tbe renewal of theWar between this King- 
dom and her American Colonies, in tbe Year 1821, 
as well by tbe' Pirates which then infested the coasts 
of Cuba and Puerto Rico , as by Privateers bearing 
Commissions from His Majesty, or bis Agents in Ame- 
rica; and earnestly solicited His Majesty's Government 
to take tbe neccessary measures for^ putting a stop to 
thèse outrages, and «for indemnifying such Citîzens pf 
'fhe United States as had suffered by tbose already 
committed, so far as the Spanish Government was 
}tistly responsible for their eifects. 

The augmentation, which took place soon after, in 
the efficiency and vigilance ^of His Majesty's Military 
and Naval Armaments on this Statidn, and the pré- 
sence of a Squadron which The United States employed 
upon the same service, happily effected, in a great de- 
gree» the suppression of the Pirates; while tbe judi- 
cioos détermination of the King, not to grant any more 
Commiasinns for private armed Vessels, afforded seco- 
rity against the renewal of the other class of the ou- 
trages alluded to above/ The only remaining deniand 
presented in the two above meiitioued Notes , was that 



198 Correspondance diplomatique entre 

1828 of indemnitj for the losses occasioned by preylous io^ 
juries. Tfais was ju^tly coDsidered byboth theGovern- 
menU as a matter of high importance. About the same 
lime y or soon after, other déprédations, of a siniilar 
kindy had been conimitted eUewherey upon Citizens of 
The United States j by the Agents of Uis Majestj ; and 
it was intimated, on the other hand, to the GoTern- 
menl of tbose States, that Subjects of His Catholic 
Majesty were aiso entitled to bring against them a Claim 
of indemnityy on account of injuries of the same de- 
scription. Althoughi in a great measure, unacquainted 
witn the existence or character ofsuch supposedClaimSi 
the Président vras, nevertheless , jinxious to give to 
eyery suggestion of this kind, on the part of friendly 
• GoTernmenti the most respectful considération; and 
considered it expédient that thèse mutual and conflict- 
ing demands should be made the subject of a spécial 
Negotiation between the Parties, to the end that they 
inight be liquidated and balanced without delay. The 
Spanish Government concurred in this view of the sub- 
ject; and officiai notice was given to the Miuister of 
The United States, that Don Joseph de Heredia and 
Don Francisco Tacon, who vrere successively appointed 
His Majesty's Ministers in The United States, were 
fuUy empowered to settle ail the questions pending 
between the two Governments, of which this was 
distinctly understood to be one of the principal. Cir- 
cumstances , the nature of which was satisfactorily ex- 
plained to the Government of The United States, pre- 
vçnted both thèse Persons from • entering immediately 
upon thir functions: and the Minister of The United 
States, then accredited at this Court, being about to 
return to his Couotry, it was intimated to him byHis 
Majesty's Government, that it would be agreeable to 
them that his Successor should be authorized to con- 
duct the Negotiation at this Place. 

Upon my departure from home, I was accordingly 
entrusted with a^FuU Power to negotiate and conclude 
an Arrangement upon this subject. Soon after mj ar- 
rivai at this Court, and présentation to His Majesty, I 
gave notice of the fact to the Secretary of Slate ; aud, 
on the 30th of NQvember, 1825, I addressed a Note 
to the Duke del Infantado, conveying the same infor- 
mation in an officiel form , and inviting Hîs Majesty^s 



t Amérique et f Espagne. 199 

» 

Government to enter upou the Negotlatiôn. Tfais Noie 1^8 
forma the Ihird in the séries of those to which jour 
Excellency now professes to.repl7. It referred, U)r a 
gênerai statement of the nature of the subject, Ip the 
two preceding Notes of the lOth and 20th of January, 
1824; and endosed an outline of the views and wishes 
of the Government which I hâve the honour to repré- 
senta digested in the form of a i^roject of a Convention, 

The pro^^osal contained in this Note v?aS| after some 
delajy accepted hj His Majestj's Government. In the 
Note which the Duke del ^Infantado did me the honour 
to address to me on the 6th of May, 1826, his Excel- 
lency, âfter stating the intention and wish of His Ma- 
)esty to adjust , by amicable Negotiation , the mutual 
Claims of the two Governments and their Subjects; 
mentioning that Don Joseph de Heredia, and Don Fran- 
cisco Tacon , who had been successively ai]ppointed Mi- 
niaters to The United States, would hâve been empo- 
wered to settle the question; and, recapitulating the 
circumstances which had prevented thèse Gentlemen 
from repairing to the Post assignèd to them, and thus 
defeated the uprigfat intentions of the King; concluded- 
by informing me that His Majesty, being stitl intent 
upon the saine purpose, and anxious to give a strong 
proof of his amicable disposition towards the Govern- 
ment of The United States, had appointed your Excel- 
lency and Don Joseph de Heredia, his Commissioners, 
to treat with me upon the subject in question, and 
that the corresponding orders would be transmitted to 
you on the same day. 

Immediately aiter receiving this information, and on 
several subséquent occasions , I made known to your 
l^cellency, and to Mr. Heredia, my readioess to enter 
upon the business with which we were charged by our 
respective Governments; but no progress whatever had 
been made in it, when your Excellency was called by 
His Majesty to the distinguished Post which you now 
so honorably filL Soon after this, your Excellency did 
me the honour to inform me that the Commission by 
which you had been authorized, in conjunction with 
Mr. Heredia, to treat with me upon this subject, was 
slill in force. Finding this to be the case» I took the 
lîberty of transmitting to your Excellency, with my 
Note of the iOth of Septem ber following, another Copy 



200 Covre^ondance diplomatique entre 

1828 of the Project of a Convention , enclosed in my pre- 
ceding Note of November^ 1825 , whîch l'had altered 
in ^ome particulars, in conséquence of the verbal 8ug« 
gestions of your Excellency^ and of Instructions subse- 
quendy received from iny own Government. This 
Note is the fourth ând last in the séries of those enu- 
merated above. 

Your Excellency wiU perceive from this détail that 
ail thèse Notes hâve already been ansv^ered , >and in a 
inanner satisfactory to The United States. The propo- 
sai for a Negotiation^ contained in the third of the sé- 
ries | which embraced by référence the two fiirst, and 
to which the last was supplementary, was accepted''^l)y 
HIs Majesty, and Commissioners appointed acccH^dingly» 
Nothing remained but to enter upon the Negotiation, 
and to bring it, in one way or another, to a close. 
No requèst nas since been made by me for -any fur- 
ther reply to thèse Notes; and the only subséquent 
Communications which hâve taken place betvreen your 
Excellency and myself upon the subject, hâve been, 
on my part, urgent instances that your Excellency 
would proceed without delay to the completion of the 
• business, in the form already arranged; and on that of 
your Excellency, the most explicit assurances, officiai 
. and unofGcial, that it should y in fact, be settled as 
soon as possible. The ]>fote which I hâve had the ho- 
uour to receive from your Excellency, under date of 
the 16 ult. , purports , nevertheless , to be a reply to 
thèse same Notes ; and in this Communication , your 
Excellency, after making some remarks upon the ques- 
tion of Piracy, which has ceased to be a subject of 
immédiate intereat, and upon the unfortunate death of 
Lient. Cocke, proceeds, without alluding, in any w^, 
to the affirmative answer that has long since been gi- 
ven , to the proposa! for a Negotiation upon the mu- 
tuai Claims of the two Countries for indemnities, or to 
the arrangements which had been made in conséquence, 
to inform me that the King déclines to conclude a 
Convention, for indemnifying the Citizens of The Uni- 
t ted States for the losses they hâve sustained, in consé- 
quence of Captures made by Spanish Privateers, for 
certain reasons which your Excellency is pleased to 
détail. 

With every disposition to put the most favourable 



V Amérique et PEspagne. 201 

coustructiou upon. ail the proceedings oF His Majesty^s 1828 
Government, in their relations with tbat which I bave 
the honour to représenta I find myself unable to reconcile 
tbe détermination announced in your Excellency's Note, 
not only witbMbe one tbat wentbefore.it, and the sub- 
stantial justice of tbe case, but witb tbe forms usually 
observed in tbe intercourse of civilized and cbristian Na- 
tions. I am avrare tbat tbere is notbing binding in tbe 
prelifiinary steps wbicb may bave been taken by two 
Governments towards a Negotiation on any subject, 
and tbat eitber' is at liberty to witbdraw from such 
an arrangement, at any period previous to the actual 
conclusion and ratification of tbe Treaty. But tbe usage 
of Nations in such cases requires , tbat tbe Party in- 
tendiag to witbdraw should give some notice to tbe 
otber of bis change of purpose, accompanied witb an 
explanation of tbe reasons tbat bave led to a measure 
vrbicb niigbt otberwise wear an unfriendly appearance. 
It is, tberefore, witb strong surprise, as well as deep 
regret , tbat 1 £nd your Excelleucy replying in an un- 
satisfactory manner to several Notes, to which satis- 
factory answers bad already been given, and conc^er- 
ning whicb no new application bad been made by The 
United States; — rejectiug a proposai for Negotiation, 
whicb was made witb the previous concurrence and 
approbation of the King, who bad himself taken seve- 
ral steps towards the promotion of it; which bad been > 
already accepted by His Majesty's Government; and 
iinder .which Commissioners bad been named, of whom 
your Èxcellency was one: and ail this without giving ' 
any explanation whatever of so extraordinary a cir- 
cumetance, or appeariug to recollçct tbat any such ar- 
rangement bad ever taken place, or been contemplated, 
I repeat to your Excellency, tiiat I wish to put the 
niost favourable construction possible upon ail tbe acts 
of His Majesty's Government, which I am called to 
notice ; but I can bardly flatter myself tbat this proce- 
dÎDg will be viewed, by tbe Président and Congress of 
The United States, as a proof of the friendly disposi^ 
4ioD8 towards them, which are uniformly professed by 
the Spanisb Government, and whicb your Exellency 
continues to repeat on ,the présent occasion. 

Your Excellency will also excuse me for reroarking, 
tbat tbe détermination announced in your Note is pot 



202' Corre^ondance diplomatique entre 

1828 only at variaoce whh tha form9 usually observed in 
the intetcouae between civilized Nations, and with tbe 
previous proc'tedings of His Majesty's Governoient uppn 
the .saine tubject , but with the ténor of the Notes to 
which your Excellency professes to reply. 'The propo- 
sai made to His Majesty's Government in thèse Notes 
îs , not to allow certain Claims presented by the Prési- 
dent of The United States, in the name of his Fellow- 
CitîzenSi but to open a Negotiation upon the mutual 
Claims of this description , made by the two Goyern- 
ments upon each other, with a yiew to 4he liquidation» 
balanciog, and final settlement of the same. The only 
regular answer which can be given to such a proposai, 
is an acceptance or refusai of the proiSerred Negotia- 
tion. It is impossible for the Spanish Government, 
proceeding in the ordinary method of transacling busi- 
ness ^ to déclare, in answer to this proposai, that they 
will not allow the Claims put forward by The United 
States; for they are not sufGciently informed of the 
détails of thèse Claims to be able to judge whether or 
not they ought to be allowed. 

In the Notes containing the proposai, and in the 
' Project of a Convention accompanying it, some gênerai 
indications are given of the nature and grounds of some 
of the Claims; but thèse are not, and were not inten- 
ded to be, stated with the extent and accuracy neces- 
sary to establish their validity: others of the Claims 
are not even mentioned. It is, in fact, neither usual 
nor convenient to inèumber the diplomatie Correspond 
dence of Nations vfith thèse particulars, which are al- 
ways necessarily voluminous. 

The précise object of the proposed Négociation is 
to give the two Parties an opportunity, of comparing 
their views upon the subject of their respective demands, 
and ascertaining whether it be practicable to agrée upon 
some gênerai principles, by which a liquidation and 
settlement of them may be obtained. Should they suc- 
ceed in this, the détails may be referred, with conve- 
nience, to a Spécial Commission; and it is only in ibip 
last stage of the process that either Government will 
hâve the means of judging, whether the particular 
Claims presented by the other are, or are not, of a 
nature to be allowed : unless this course be taken , or 



t Amérique et VEspagne. 203 

iinlesa the Ckims are distinctly explained to the Spaniah 1828 
Governmeiit in some other way, it \% impossible , as 1 
remarked above, for that Govemment to judge vrhe« 
tker thejr ougbt to be alloivedy because^ untii theo, 
they do not know vrhat they are. If the mode of 
Negotiation proposed by Tbe United States were coosi- 
dered inexpedient by His Majesty's Government» the 
regular course vould be to décline it, and to indîcate 
aome other, by which substantiel justice might be bet- 
ter effected. A refusai to allow the Claîms of The 
United States, in answer to a proposai to negotiale 
upon those of the two Countries, is obviously irregu* 
lar in form. It amounts, in substance , to a refusai to 
uegociate; that is, a refusai to hear the représentations 
of a friendly Power, presented in a respectful and 
amicable form, upon subjects important to the intèrests 
of both GoYernments. Such a refusai leaves the corn- 
plaining Pàrty no means of obtaining redress, but an 
appeal to force. I submit it , with confidence, to your 
£xcelleacy> to décide "whether this mode of receivîng 
the suggestions of The United States be consistent with 
tbe friendly relations which hâve always happily existed 
belween the two Goyernments, and which both hâve 
•o deep an interest in preserving. 

I venture to hope that your Excellency vnll feel 
the force of the above remarks, and that they will lead 
to a reconsideration of the décision announced in your 
Excellency's Note, which, from its singular inconsistency 
with the previous proceedings of His Majesly*s Govern- 
ment, as well as with*the usual forms of international 
intercourse, and the jdst pretensions of The United 
Statea, must, I think, bave been the resuit of surprise 
or accident. The naturel method of terminating this 
business ia, to pursue the course already market out, 
and open the Negotiation, for which ail the arrange- 
menta were long since made by the concurrence and 
co-operation of the two Governments. This is the mode 
of proceeding which was , with reason , expected by 
The United States, .and the onQr one which holds out 
a fair prospect of bringing the question at issue to au 
early and amicable conclusion. In the mean time, with 
the Tiew of satisfying your Excellency that the subject 
is not incumbered with so many difficulties as His Ma* 
îeeiy'a Goverament appçar to suppose, t will take the 



204 Correspondance diplomatique entre 

1828 liberty of 6ub)oIiiiug hère a few rem^rks- upon the rea- 
sons giveo by your Excellency for refusing ta consider 
thèse Claiitis , and upon the nature^ of the Claims them* 
selyes. 

Thèse reasons résolve themseWes lata the proposi- 
tion 9 that the King possesses the right of interdictlog 
ail Foreign Commerce with his American Colonies ; that 
the measures adopted by General Morales , at the ope- 
iiing of the War in 1821, were nothing more than au 
exercise of this right; and that, as their natural resuit» 
was the capture and condeni nation of theNeutral Ves« 
sels which contravened their provisions, the Parties 
înterested hâve no just grounds'for complaint, or title 
to claim compensation. The objection supposes , of 
course y that the Claim presènted by the United States 
is that of compensation for the loss of Yessels wbicb 
liad been captured and condemned, for carrying on a 
prohibited Trade with His Majesty's American Colonies^ 

The nature of this objection singulary illustrâtes the 
inconvenieuce of the method adopted by His Majesty^s 
Government , of forming a décisive judgment of the na- 
ture and merits of this question upon the scanty and 
whoUy preliminary notions furnished by the proposais 
inade by The United States to negotiate upon it. Of 
the Claims presènted by The United States, one class 
is founded in the illégal proceediogs of Privateers, bear* 
ing His Majesty's Commission , and for vfhose conduct 
His Majesty's Government are, of course, responsible. 
It is also the opinion ot the Government of The United 
States, for reasons ' which I shall presently mention, 
that the capture of a Neutral Vessel for trading vrith 
the Spanish Main , at the tîme in question , would bave 
been illégal. But it is very much doubted by my Go- 
vernment, whether this question, or any other of a 
political character, will arise in the course of the in- 
vestigations and discussions to which the settleoient of 
thèse conflicting Claims will lead. The proceediogs of 
the Privateers were tainted at every stage, and, it is 
believed, in almost every case, with gross irregularities, 
the nature of which will be illustrated by a Statement, 
which I shall presently lay before your Excellency, of 
the particulars of one of thèse captures, and which 
jiistify the Claim for indemnity, without a reeurrence^ 
on eilher «ide, to any gênerai or dispiited priuciple. 



1^ Amérique et t Espagne 205 

In the fir$t Project ûf a Convention , \^hlch I hà,i, ihe ISZ8 
lionour of transmitting to Hi» Majesty's GoVemmenf, 
an Article Wasc ' introduced , declaring , in substance, 
tbat such condeni nations of VeMels as had.itaken place 
aV tfais période' on the ground of their liaving carried 
^n*a prohibîted Trad^ with tho Spanish'Main, sliould 
be« considered iUegal , and - entitle the interested Party 
\o indemnity. This j^rtiçle^ by which the Government 
cf The United >States did not infend , in the least, to 
«aU in questlorif the Kiiig's right to. prohibit ail Foreign 
Trade ^ilh hifr: Amei^ican Colonies ^ (as would hâve 
aoiply appeared. in the course of the Negotiation)^ vtras 
put forward aaiong the preliniinary propositions , as 
oue which, if agreeable to His Majesty's Governipent^ 
migbt save trouble. to the Commissioners of Liquida- 
tion yshould any case occur which required a seule- 
ment of the piinciple decided by il. It is, however^ as 
I bave airéady observed , eônsidered doubtful by the 
Gpvernment of .The United States , whether any such 
cases will, in fact, occur; and the Article was, the- 
refore, not regarded as one of an essentiel character. 
When I found , îrom the verbal connàunications I ha4 
with your Excellehcy, that it was* apparenlly viewed 
kere as objectionable, I felt no difficulty in. striking it 
eut of the Project, of. which *1 sûbmltted an ametidcfd 
Copy, with this, among otber altérations, with niy 
Note of the lOth of Séptembef, i«826. It appears, the;- 
refore, however singulnr the fact may be, that the 
only objection now stated by yonr Excelleocy, to the 
conclusion of a Convention in. theform proposed, ap^ 
plies to an Article wliich wasrkiserted in thû 'fi^-sf: 
flcheme, but ,'tvhich, upon beiog represented by yonr 
Excellencyas inadmissible, was not insisted on ^ :an.c} 
was actually struck out of the second Project, i 

Should the question of the legality of Neutral Coiit-^ 
merce with the Spanish Main , at the peridd when thesç 
Captures were made, in fact conte up, it is.oot ,anti- 
cipated by the'.iGovernment of The United States -^hat 
tkere wiU be' any material. divergence between their 
views respecting it,.and tliose of His Catholic JMajesty's 
Ministers* It is not, and never bas been, thé intention 
of The United States to call in question the ' right of 
the King to interdict ail Foreign Triide with his Ame- 
rican Possessiobs» . The right of regulaling «commerce 



208 Correspondante diplomatique entre 

182B jcoiif^QAV^^^'' ^^^^ ^°J pi*operty justly condemnej^ ^ as 
Coutmbtnd o£ ,War* But a specv^^prohiMtioxi. oF the 
tradeJn article. Contraband of ;W^j'. {supposes the li- 
ber ly of commerce in gênerai , vrlû^^in also expressly 
slipulated by the Treaty. ^'It shall be lawfuli for ail 
^nd singular the Subjects bf His Ç^holic Majesty, and 
.the Citizens , Feople 9 ançl Inhabitants of TUe United 
States^ to sail with their Ships .from any Port to the 
Places of Ihose whp now are, or faereafter nuiy bè| at 
enmity vrith His Catholic Majesty, or the said United 
States^ and to proceed from one Enemy's Fort to ano- 
ther'^ Afler this stipulation, foUowSi in the next Ar- 
ticle^. the usiial exception of articles Contraband of 
War, to vrhich your Excelleocy alludes. 

In representing thèse provisions as' applicable, at )he 
same tioie.^to thé t rade between The Uniied States and 
the Provinces» on the 6ulf of Mexico, your Excellency 
recogoîses the général legality and freedom of that 
trade,' unless (which can hardly be the case) your £x« 
«ellency be of opinion that those parts of the Treaty 
only are bînding, which impose obligation upon The 
United States, wh3e those vrhich ' cûntain stipulations iii 
tlieir fa^our are of no validity. ' 

Yout Excellerïfcy witl perceive, from the aboyé ex- 
planatîons, that, qhould he question of the legality^ of 
the trade With'the Spanîsh Provinces on the 6ulf of 
iVIéyicè, arîse in the course of this discussion, it/is not 
likely to lead to any différence of opiniQn' bètween the 
GoVérnments, of a i^aturé to embatrass the liquidation 
of the Claims. In reality, however,' it is not tbought 
prpbablie: by the Governmeut of The United States, 
thât this or any other question of a political charactec 
\vill côme op. The' proceedings t)f the Privateers and 
Prize Courts at this period , were, in gênerai, as I 
bave remarked before, so grossly irregular, at every 
stage, as to violate, dîrectiy, the univer^ally acknowled- 
ged principle of national Law and Justice, which se*^ 
curés to Neutrals, under whatever pretext they may 
be captured, a fair and impartial trial , and entitles 
them to clàim* indemnity from the capturing Power, if 
it.be not granted. 

In proof of this remark, and \v\ illustration of the 
nature of thiç class pf the Claims on the part of The 



P Amérique et PEspagne. 209 

Uoited State^y Mrhich form the subject of tbe présent |ggji 
Negotiâtion , I take the liberty of stating to your Ex- 
cellency the particulars of the Case of the Brig Ja- 
nie8 tjawrence 9 which is one of the number. ' 

The Brig, James Lawrence^ belonging to faînes 
Ray I a Citizen of The United States , residing at Wil- 
mingtooi in the Stale of Delaware^ sailed from the 
Port of Philadelphie on the 14th of December, 1822, 
for Laguayra, where she arrived early in the foUomng 
month. She eutered the Port without interruption frem 
any quarter; and baving taken on board a Cargo, con- 
•îsting of coffee, cocoa, and other articles , cônsigned 
and belonging to Citizens of The United States, sailed 
from Laguayra, on the 16th of February, 1823^ for 
Philadelphie. On the day succeeding, she was captu- 
red by .the Spanish Priyateer Eaperanza, and ordered 
for St. John's, Puerto Rico, vrhere she arrived on the 
27th of the same month. She was hère libelled before 
the Âdmiralty Court, on the charge ôf baying on board 
property belonging to the enemies of Spain. Upon 
this charge only, the trial came on. On the 7th of 
March foUowing, a Deeree was made, by which the 
Cargo was condemned as enemies' property, and the 
Ship acquitted. The Master of the Brig immediately 
applied for a new trial, which he obtaided; and in 
the course of which, he sucdeeded in proying to the 
satisfaction of the Court, that the Cargo belonged wholly 
to Citizens of The United States, and that the Ceptors 
had taken from him and sêcreted Lis Papers , in «order 
to preyent him from establishing this fact upon the 
former trial. The Court, after this second hearing, 
and on the 7th of April foUowing, reversed the Sen- 
tence, and condemned the Captors to pay a fine of 
200 ducats for thelr fraudulent proceedings in regard 
to the Papers. 

The Captors I howeyer, not deterred by this check 
from pursuing their purpose, appealed from this Sen- 
tence to the Suprême Audiencia, which sits at Principe, 
in the Island of Cuba, and were ordered by the Judge 
to giye security, in the sum of 62,010 dollars, that 
they would obtain a reversai of the Sentence within 8 
months from the 16th of August, the day on which 
the^ security was given. The Captors, it appears, re- 
tained possession of the Cargo; and tbe Appeal, like 

Abtfif. Supplém, Tome UL O 






210 Correspondance diplomatique entre 

1828 the original Libel, alleged no other cause of aciion 
against the Brig or her Cargo^ excepting the latter was 
enemiea' propertj* Notbing was said of Blockades or 
* of interdicted Trade; and it is évident that neilher of 
thèse fretences bad tben been thougbt of, since, on 
thèse grounds, the Ship would hâve been equally 
liable to confiscation v?ilh the Cargo.^ 

The Master of the Vessel arrivêd at Principe on 
the 20th of December, 1823, for the purpose of answe- 
riing the Appeal. The Gaptors , however , did not ap- 
pear; and after waitîng till the liinited time of 8 
months bad expired, the Master obtained from the Court 
a Certificate of their default, and departed 

Hère, according to ail the ordinarj principles of 
proceeding in such affairs, the Case veas closed for 
ever, and in favour of the Vessel. The Captors, by 
failing to sustain their Appeal, bad forfeited the aecu- 
ritj vrhich they bad given at St. Jobn^s, and nothing 
remained but for the Court to order the pajment ot it 
for the benefit of the.Owners. In the mean time, ho« 
wever, the Court at 8t* John's had instituted a new 
séries of proceedings in the same Case, entirely at va- 
riance Yrixh their own previous acts, and in open vio- 
lation of ail the rules of Law and Justice. After gran- 
ting to the Captors, in the matiner which I bave de- 
scribed, an Appeal to the Superior Court at Principe, 
of which Appeal thé Owners had received due notice, 
and to which they appeared, the Judge of Admiralty 
at St« Johii'Sy upon a subséquent application of the 
Captors to bave the place of hearing the Appeal chan-> 
gedy granted their request, and ordered the Case to 
f be tried before the Marine Court or Junta, sitting at 

The Havana. The Owners received no notice, either 
of the application for a change in the Court of Appeal, 
or of the granting of that application, and learned the 
facts only in a private manner. This circumstance 
alone staoïps the subséquent condamnation with the 
character of complète iUegality: but this was not the 
only one of the same description. The appeal was to 
hâve been prosecuted within 8 months, commencing on 
the i6(h of Auguêt, '1823. The Appeiiants did not ap- 
pear until the 16th of May folio wîng — a month after 
the limîted time had ezpired ; but although the Owners, 
who had received private information of the change in 



1^ Amérique et t Espagne. 211 

the Coorti and had an Agent présent, represented that |g2g 
tfae Captors were not in time , the objection was over- 
ruled, and the Caose tried. Finally, by an act of in* 
justice still more open and glariog, if possible, than 
either of the others, the Court, on the 17th of Sep- 
tember, 1824, reyersed the former Sentence, and con- • 
demned the Ship and Cargo, not as enemjr's property, 
the charge upon which thej* had been tried» but, in* 
crédible as it roaj appear, for a \fholly différent one 
— that of trading ^ith a blockaded Port. Thus the 
propertjr of the Owners was taken from them under 
prelext of an offence, not only in itself entirelj ima** 
gînarjr and groundless, but "which had never been im- 
puted to them up to the moment of the décision ; against 
which they had no opportunity to défend themseives, 
and of which the Court had , of course, under the cir- 
cumstances, no more rîght to déclare them guiltj, than 
of treason, mnrder, or any other crime entirelj foreign 
to the nature of the Case, and the previous course pf 
the Proceedings. 

Such were the forme observed in the trial and 
condemnatioo of this Vessel and her Cargo; or 
rather, such was the contempt which the Court ex* 
hibited for ail th^ forms usually observed on simi- 
lar occasions in civilized Countries. In order to 
found a {ost claim upon the Spanish Government for 
iodemnîty on account of the loss occasioned by thèse 
Proceedîngs, it is wholl^ unnecessary, as your Excel* 
lency must perceive, to enqoire into the legality of the 
Blodkade, under pretext of violating which, the Vessel 
was finally condemned. Supposing her to bave viola* 
ted a regular Blockade , it was the duty of the Captors 
to prove the fact against her in a légal way: and jf 
this was not done, the condemnation was equally in* 
iurious, whether the offence charged were real or ima* 
ginary. lu this Case, there had been four or five suc* 
ceMÎve irregularities in the Proceedîngs, aoy one of 
which was suCGcient to invalidate the Sentence, and 
entitle the Owners to indemnity. It is believed by tbe 
Government of The United States, that most, if not 
ail the other Cases are, in this respect, similar to that 
of the James. Lawrence; and that it is very doubtful 
wbether it would be necessary for the idecision of aoy 
of them, even to raise the question ho w far the Blockade 

02 



212 Correspondance diplomatique entre 

1828 ^^ ^^ Coasts of tlie Spaniah Main, declared bj General Mo- 
rales, was entided to the respect of Neutral Governiuents. 
Shoùld it, 'ho we ver 9 be neceasary to examine this 
question, it is not apprehended by the Government of 
The United States, that there could arise any material 
différence of opinion respecting it between the two Po- 
vers. The principles of National Law, which regu- 
. latei the subject of BlockadélB, are perfectly well knowo, 
and generally acknowledged ; nor is it understood that 
it is the wish or intention of the Spanish Government 
10 set iip new ones. The most important of thèse were 
too openly violated in the case of the pretended Blockade 
of General Morales , to leave room even for an argu- 
ment in favour of its legàlity. A Blockade , in ordec 
to be légal, must be publidy dedared by the Govern- 
ment of some Belh'gerent Power, and formally notified, 
under the authority of such Government, to those of 
Neutrals. The pretended Blockade in question was ne- 
ver delared or notified to Neutral Govemments by 
that of Spain. This defect alone was sufficient to de- 
prive it of ail prétentions to a regular character. Se- 
condly, a Blockade, having been regularly declared and 
notified, must, in the next place, in order to be en- 
titled to respect, be duly enforced: that is, a suificient 
Naval Armament, consisting' of at least one or two 
Ships of War, must be actually staiioned at the en- 
trance of the Port which it is intended to dose. But 
it is perfeclly notorious that the Spanish Authorities 
had not; at the time in question, above one or two 
armed Ships in the whole extent of the Gulf of Mexico> 
and that thèse were not stationed at the entrance of 
any one particular Harbour. The pretended Blockade, 
there fore, as it was never either regularly declared or 
notified, was also never, for a moment, or at any 
point, regularly enforced, and was, of course, destitule 
of every appearance of a légal character* It seems to 
havè been intended by General Morales as an imita- 
tion, in a small way, upon his own authority, of the 
extravagant prétentions advanced by some of tbe great 
Maritime Powers during the iale European Wars; and 
had il not been made a pretext for the wanton and 
cruel spoliation of many «innocent Individuals, would 
hâve been a fit subject for dérision , rather than ice- 
spect or observance. 



Pjimérique et f Espagne. 213 

' The principles and facU which I hâve hera sUted, 1626 
in regard to the Blockade by General Morales , are, of 
course , familiar to the' Spanish Goyernment , whicb is 
toc )ast and enlightened not to acquiesce in t)ie eon- 
dasion . which has been drawn from tbem by tfaat of 
The United States. There is , indeed , the less reasoa 
for insisting at great length upoh tbis point, that it 
may not only probably not come up in the course of 
the NegotiatioD, but that the Blockade Ynkt reyoked by 
the Kiog hirnself, under circumstançes amôuntiug fb an 
admission of ito illegality. B7 his Decree ôf )31st 'De«> 
cember, 19213, His Majesty raised the Blockide^ iri 
compliance, as is expressly stated, wtth the représen- 
tations of the Neutrâl Powers who had euffered b^âts 
opération, and recogi^zed the liberty of neuiral'irade 
with the Independent Provinces, under thé>us(iai ek^ 
ceptioD of articles Cdntraband of War. At afak>atf the 
aame time, a Couyention of mutuel IndemuîUes'Tras 
conduded by His Majesty with the Britbh GoyerniMent, 
the prkiGipal ob)ect of which is understood' tè Haye 
been y to protide for makiog compensation to Brilie|i 
Sab|eèts, whose: Property had been «eised >and ciii* 
dkained under pretext of the Blockade in queitiôii. 
Thèse Proceedings amount to a disavowal of itj- and 
iare oonsidered by the Government of The U&ftediiSlSH 
^lea as afibrding a précèdent which entitles >théto (iiide- 
pendently of the essential justice of iheir Claims) to 
expect a simSar" arrangement in h^half of their F^loif^ 
CItisena. In regard to this subject, your Enèellency 
remarks, in the Note before me, that the Convention 
with Great Britain, now alluded to, was cbncluded'by 
His Ma|esty*s Government during fhe period of the Con- 
stitution, aud is -therefore to be viewèd as nnll and 
void , and as not furnishing a précèdent for suhilar 
Plroceedings towards othei^ Powers. I must be allowed 
to express my surprise that your Excellenqr shi^uld 
coDsider siich an explanation as likely to be satisfactory 
10 Ihe Président and Congrest of The United States, 
stnce you ' cannot suppose them to be nninformed that 
ose of His Mafesty's earliest Aets, after the overthrow 
of the Constitution, was the formai confirmation of the 
Convention alhided to; that its preliminary provisions 
were iromedtately carried into efiTect by the appoint- 
aient of Commissioners on both sides, to liqutdate the 



314 Correspondance diplomatique entre. 

i 

1S2B reipcKstivo Clatms of Ihe CoDfracting Parties; and tint 
NegotiatioDS for the adjuêtment of difficultîes thaï oc- 
curred io the course of the Proteedings hâve been re* 
peatedly reaumed^ and al^ at this moment actuallj in 
progreas at London. AU thèse subséquent acts , perfor- 
med since His Majesty's recoTery of hia absolûte Po- 
ynretf and whed he has been, at jour Excdlencjr re^ 
marks, at the head of a légal and drcumspect Admi- 
iiistvation / are so many confirmations of the justice of 
the l^riginal Convention , and so manj new admissions 
of the Captures for which it was iotended to afPord 
compensation. It is impossible for the Government of 
The United States not to consider thèse Proceedings 
tomrds another Nation; under circumétances preciaely 
ahnilar, as greatly strengthening Ikeir esséntially rightful 
daim. tO' the same measure of justice. 

In the case of the James Lawrertce, of which I 

hâve taken the liberty to give your Excellency an ac- 

couAt in détail , there was this addttional irregularity 

•and injustice in the Proceedings of the Court , fhat the 

pi^elended Blockade, for a violation of which the Vea- 

sel'Was condemned,' had been formally revokediby the 

King^ and declared by the Spanish Authôrities in the 

•West Indiea to be no longer in force, bdPore the tiitte 

of the Capture. The Decree of Revocation was brou§ht 

out to Puerto Rico by a British Frigate; and it uras 

'declwed by the Authôrities of that Island, npon the 

arecqitioii of it, tha^it was to be coneidered astaking 

effect from the day of ita date, which, as.I atirted 

above, was 2ist December, 1822* Two or tbree Voa* 

aels belonging ta Citizens of The United Stalea, wbich 

had been condemned for breaking the supposèd Bloc- 

kade at période subséquent to 'that date^ were accord- 

ingly restored at once. The James Lawrence waa then 

on ttial befbne ,the Admiralty Court a St. lohn's ; but 

no^being charged, as I bave already observed, with 

a breach of the Blockade , she could vtot take advan- 

tage of the Decree of Revocation. Whea the case waa 

brought, by Appeal , before the Marine Junta at The 

Havana , in the way I hâve deacribed , that Tribunal, 

with the same open disregard for the fortils and priii« 

ciples of justice, which had taarked every stage of 

their Proceedings^ dedared the Blockade to be in f(Hrce, 

nothwithstanding the King's Decree by which il waa 



Puimirique et iEspitgne^ . 315 

tevoked. The prèleoce alleged was , that the Decree 1828 
did not take ejffect untii it had been published by 'Ge^ 
neral Morales» which vras not until the Sth'of March, 
1B23 9 aa if the Court could be suppoted to be igtio- 
tant that Notifications of the commeDcement and termi* 
nation of Bldckades are regularly made by GoYernments 
to each other, throogh the médium of their Ministars 
of State y and in that way only; or as if the attesta- 
tion of General Morales ^ a personage uaknown to 
Foreign Powers, could add any Mreight.to that ôf the 
Seesetary of State ^ whose officiai character they were 
aathorised and bound to acknowledge. . It was in tAio 
that, thèse consideratioDS^ howaver obvions, were urged 
upOD the attention of the Marine Junta. It was in 
«aio^ that their own officiai Counsellori the Oidor .of 
Marine ) adnsed them strongly to confirm the Decree 
of the Judge of Admiralty at -St. John's, Puerto Rico» 
and acquit the Vessel» assuring them that the .Port of 
Lagaayra was not in a state of BloidiLade wheo she en* 
lensd ï\m In vain .did two of the most respectable Mem- 
bers ol the Jutita express the same opinion. The ma«» 
jerity were bent upon their purpose, and the Jaunes 
JLawrence was finally condemned. 

It only reoMRnrà for the Court, in order to £11 up 
the .measure 6f their iniquity, to attempt toldej^rive * 
the Owners of the edyantage of an Appeal^v which, ûiey 
did, and wtth suocess. The Owuârs* Were entitkd by 
Law to an Appeal to th? Suprême Court sitting at this 
l^âce, without giving securjty to the Captors; but the 
Juota refu^sd to allow them ttiis pritilege , and cOm- 
pelled them tO enter, into Bonds to indemoUy ihe.Cap* 
torSi in the event of failure; for ail the damages which 
thegr might suffer by the further prosecatioo ol thç 
Clause. The Ot^fer again inierposed, and asBured the 
Court that their proceedings were iUegal, and the Court 
a second time set at défiance the advice of their own 
OfScial Couniallor* Tbe Owners, meanwhilei, being 
unable , in the state of impoverisfament to which they 
had been rêdùced by the loss of their Ship and Cargo, 
to pay the enormous cosis, and furnish the large se- 
cority, which were so uo)ustly required, were com- 
pdled to abandon their Appeal, and throw themselves 
upon the protection of their own Government. 

Sucby Sir^iire the cireumstances, in détail > of one 



\ 



216 Correspondance diplomatique entre 

of the casea of spoliation oit whicli tbe Claims of The 
United States are founded. Thej will serve to gire 
j-ou an idea of the gênerai -complexion of the rest ; and 
vrill enable Via Majesty's Goremment to )udge- how 
far the reasons assigned in your Excellency's Note for 
refnting to accède to the propositions of The United 
States, can be regarded as satisfactoiy. 

You urill perceive that the gênerai question* of tbe 
King*s right to interdict the trade yrith the Colonies is 
not in anjr way inroWed in tbe merits of ' the case, 
which rest upon the gross -and repeated irregularities 
in the forma of the proceedings. You will percei^ei in 
this case , that the Ship was capttired y in the first in- 
stance^ in the most vexatious manner, and brought to 
trial upon a charge for which there was not a shadow 
of fonndation, under circumsiancea of fraud and oppree* 
sioui on the part of the Captors, which called forth tbe 
animadvMTsion of the Court itself ; that, baving obtained 
an acquittai with costs and damages, the Owners w«re 
again brought to trial , and without notice ; coudemned 
for an offence with which they were not charged; cOn- 
demned for breaking a blockade which had been re* 
Toked beifore thejr lefi The United States; and, finally, 
deprired of their right of Appeal; while the Captors, 
whose cottduct had been, from the beginning, fraudu« 
lent and rexatioifs»' and had been recogniaed and pu* 
nished as such by tbe Court itself, were treated al 
erery subséquent stage of the process with illégal tn« 
dulgence. In ail thèse proceedings, there* is no ques- 
tion conceming gênerai or disputed principles of Public 
Law. When the Spanish'Governmeot refuse to grant 
satisfaction in cases of thiis kind, on the grousd that 
the King bas a right to interdict trade with bis Colo«* 
nies, it can only be because they baye somewbat bas- 
tily^ pref udged , upon a mère proposai to negotiate , the 
merits of Claims, conceming which they could baye, 
and had in fact, no correct information in détail. 
Without eontesting the King's right to interdict trade 
with bis Colonies, it is equally certain that Neutrals, 
when captured by Spanish Priyateers, baye a right to 
a fair trial ; and that, if they be depriyed of their pro* 
perty without it, they baye a right to claim compen- 
sation of the Spanish Goyemment. Such is the cha« 



P Amérique et P Stagne. 217 

radw of tke, grêtter part , and probablj* of tbe whola 1828 
of tbe Claima now présentée by Tbe Imited 8tateê. 

Your ExceUencf will noi contider tt unnatnral tbat 
acit ol injuaCîce, * 80 ^laring as tbose vrbicb I bave noW 
delailedy commitked' in time of profonnd Peace by tbe 
Agents of a professédtjr liiendlj Power ^ in tbe neigb- 
bourhood and abnost witbin view of tbe Coasts of 
T%e United • Suites 9 àpon tbeir unofiFendîng Oitfzens, 
AouM haYB'elcciteé à strong eentinient of indignation 
and «lami tteougboM ' tbe Coantry. As nn évidence 
ofthe ebaràcVer and degree cffibis feeling, 1 take tbe 
liberty of informing your Exeeilency' of fbe proceedings 
tbat took place in regard to tbe same case of tbe Jb- 
me« léaun^encêf of wbicb I- bare stated tbe détails 
aboTO. The Parties ioterested in tbis Vessel addressed 
a Memoral lo tbe Senate of Tbe United 8titeS| refwe« 
tcnting tbe iajoriies >tb^ bad suffered from tbe Spanish 
Aatboritîes, 'wbitb vras referted by tbe 'Sedateto 'tbe 
Secretary of State ^ (now Président of The United Sla» ' 
tes) who made tbereiipon tWe follow Report: 

i ' ' . " t • 'm 

^ptpartment of Stqtt ^ JVashington^^ 2nd Ftfbruary , 1825. 

yyThe Secrehiry of State, to wbom*; by a Résolu- 
tion of tbe Senate 6f The United States^, wàs referred 
tbe Mémorial of James Ray abd' othersy Owners of 
tbe Brig JMtêê Lats^reneë atld Gar^è, 'cittptared by a 
Spanbh Prirstéëry and èairied in St. Jobn's/ Puerto 
Rico, pniyiii;|; tbè <tiVérpOÛtion of tbeOôrernibent, witb 
Ibe DocOlmitj^ àccômpaaying tbe same> |l6 conéider and 
report tbereéû ,' faak Ait bonoor qf reportiikg: " • 

,,Tbat tbe Cûfté of ^ê Jamêa '£àtPhênte is ône of 
tbose of flagram oMragcf upM tbe pi^ttyof tbe Gi<» 
tôeoe of The UMled'SVates tit^èn wbkWtliè fixeèutlve Gcm 
▼emment of riM Uilifed Stateë bave; for tbe last' S Years, 
conatantly applted , neat tbe Spanisb Autboritiés» exer- 
tiona fôr Te^arâticrii''é€fuàlly strenoo^s and iiniavailing. 
Tbat tbe Capture» in thé firstinManceSwtfs illégal; ami 
tbat tbe proceedings of tbe Court of Appéali cotademn^^ 
iog tbe property» were irregular, cannbt be doubted. 
A last J/ppecU to justice of Hîs Catbolic Majesty is ail 
tbat remains praelicable ih tbis Case, short of measures 
which, by antborising repriêali^ »would assnme upùn 
Tbe United States- tbemseWes tbe task of dnpensing to 



mS CorrespomjUmee diplomatique entre 

182B tbeir CStizenr that ju«tioe wbich Las hilbe;rto be«a aoiighr 
from the Spaniafa Âuthoriliea io yaisu" 

With tUs /aal Appealj haTÎDg. beaq appoioted bj 

Ihe Preaident of Xba. UQite4 Stataa tbair Minisler ai 

tbia Coiirt a faw , vrajdka , aller tbe( abpva Report wâa 

made y 1 bad ihe bf oour lo be eairnsled ^ and bave 

now beeo urgiog ii 'witbunreadtted tfasiduity for nearlj 

3 Yaara or luore* Th? aco^tanca. by Hia ^ Majestyr's 

Governoieiity aooa after mj arrivai i «fiibe. prépoaala 

of Tha U^iitid States to negotîaie upoo, ibiB.;aub|eol» 

a«tbori9e4 tbe expeictalioii that }t would bo /amiéabiy 

aeltled .without delajr.i- tf|id preYenied» for tbe time, tha 

farthar cootamplatîoji of-the more, vigoroas meaaiirea 

alludad to at tna dose of tha abova Report. Thaun- 

accouDtable dalay that bas noce occiuEDêd in tbe pro- 

grass of tbe; Negotiatioa bas graduaUj/dimiiiisbed that 

expiectaiiOA; , ajad tbe Aoswer v^4kb 1 'bat< now récai^ 

ved'froin your Ezcelietiaj, if regardcdéafioaly destroys 

it altogatber* .Sudi» bOwaVeri is tha isingular' incon^ 

sistency o^tbis Answar wilh tbe foroier proceedîngs in 

tbe same affaire with tbe usual modea of internatioDal 

intercoiirse « and with tbe teaor of tbe Notes to wbich 

it professes to teply , as wéll as with ihe )ust deikianda 

of ihe Gov^EfDinfoat of The Unitaf) «^talaty ^bat» as I 

bave ahready reu^arkedp I cannot.bul viaw it as tbe 

resiilt ol^ surpi^set ;Oq.iaqcîdaat; ^^ài liav^. ^cçprdingly 

feli fnysalf Juslifi^d in iiddressiog ^p y<Hir £xceHeiicy 

iiiis .final RépresentaAioq* .( f ti|l( Y^iitusçk. y^ ihqpe that 

His Ma)a9ly's.poTec|uaant| ,iipoi^,pp;epaiYiii0,.aS:.^ tbinfc 

1 • bave. di8tUi<;tly. sbowa #bpve , 4^ , tbct ;Aa9ver ;dow 

given by ypui; J^cellency .dpes ngt ineet ufi 4|oy degcee, 

tbe.m^rjts oC.Uia.Çijùois^r ApdjyB fçvu^d upof> aa!i en- 

tira owscppcepti^i of tbaMT'fibarv^cï^,» wi^ be iuduced 

to give the.isnbîfct a; r^pçiiaidaratioD^ aindi by fcq«tiiiuirtig 

tbe Negotiation : agreeaUy. io tbe «rrjSP§sf|ieats. abfvidy 

made , to obtata an opperti^piity 4)S ^^juiripg tbe oor» 

rect aod defailedoolionsuppii. wbîcbi^aloM. jt is poa* 

sible to ii^aka VP a Just aad aatisfaçiory ju^gmeDtv AU 

ter tba.JcjHg delay tbait'bas ahrfsi^y occurrçd, yoiir 

J^çellaacy yrill OQt, I hopa^ be siirprised iCI. add that 

I shall wait* witb aome impatieiMe for. a fi^ap^y- 

Before I close ibis Commuoicatioa» I vriU hriefly 
advert ,to ooe or.two passa*gas in .your Excellency'a 
Aoswjer} .wbich seam ta re(|i|ira souie notice, althougb 



Pj^miriqUe et i^Sspagnei 219 

tbejr hare no immédiate coimexioft > «vritli the priocipal IttB 
aubject* In one of ihe two to whicb I alludey jour Ex^ 
ceilency, wbile disciaiming any intention to recrimioale 
upon tbe Goverfiment of The United States , remafksy 
that tbat Gorerninent bas too mocb good fait h not to 
admit tbat tbe King migbt justl^ take offence at tbe 
conduct of certain Gitizens of Tbe United States î ^bo, 
in contrayention of tolemn Treaties, and for tbe eake 
of private émolument, bave ditectlf^ andvrith iaipu- 
aitjy Dourisbedtbe flame of insurrections in tbe Co- 
lonies* In die otber, it is stated tbat tbe «measoree 
adopted hj Hfs Majesty's OoTemment for «the supprea- 
sioa .of .fîracytwiU probablj beéffectual) «(iivfided tbe 
GoTerolâent of Tbe trnited States , ont Ibfaf r side , trice 
care tO preyent tbe répétition , wilbin' tb?br }urisdielion 
of lbe> building, equipment| and armamèbt of YesseM, 
for tbe use of tbe Pirates, wbicb bas fteretofora takep pkoe, 
iirilbin, as jrour Excellencjr ta pleased."'to aay, iliy 
Knowledge, notbwitbstandiog tbe vôntinad'remonstran- 
ces of His Majesty's Légation in • Pbiladeipbia , and in 
YÎolation of tbe Nèutrality pronriâed ^yTiie' United 
States. f r. ♦■ •♦ • • V. ." • 

I cannot but remisd. jouv Exce11encgry>âib.reffréoce 
to tbese passages, tbat ! Vague*, and gen^ml' «barges of 
tbis description, unaccompanfad^by eyidèbte-, or evè^ 
detailed statemeats df/anjr.i^rliculai&)fiiictd,)fcaii bardly 
lead to any «isefAI resulti^'^ânid^bave^ nioi<iéndency to 
promote a good undentèofin^ betwiont'tbetvro Conn- 
tries. Tbey canKynly bei'niet^byt ëqt^âllyiîndéfinile'as^ 
aorances, tbat it bast al^ys beeti tbe^îsb aod intea^ 
tioo of Tbe United 'States 'to observe a :fair Neutrality 
in tbe War between Spain and bèr ^Colootëli. Far 
'from admilting, as^your Esccéllency scems to supposé 
tbey do, tbat tbeûr Fellow-Citizem bave 'directly, -and 
witb iinpunity, fed tbe- fire of insafrectian^'they Imh- 
lieve, on tbe contrary, tbat mucb less dii^cfencourap 
gement bas been given to tbe cause of tbe Ihdependent 
Provinces tban migbt fairly bave been considered , uu- 
der tbe circumstances of tbe case , as naturel and una- 
voidable. Any Représentations whicb may be made to 
tbe Government of Tbe United States» by order of 
His Majesty, against their own immédiate acts, or tbose 
of Agents for wbose conduct tbey are responsible, will 
alwàys reçoive tbe most respectful attention ; and, wben 



220 Correipondanee diplomatique entre etc. 

ISBproperly mbttâiiliailecl , will be foUowed by suitable 
measures of redreaé. In the proposais now made^ lo 
negotiàte on the.^ubiect pf tbe œutual Claiois of tba 
two Ooyemnients for indemnitiea ^ it is one of the ob- 
|ecta of the GoTentosLent of The Uolled States to gÎTe 
a fair considération to . anj well-grounded complaints 
of the description alludéd to, vrhich His Catholic Ma« 
îestjr majr baye to ofler; and it appears singulàr' that 
your Excdlenoy, at iba moment ofxejecting thesè pro- 
posais, and widi them- the tender of honorable a^tis>- 
faction '.for any real inî%irîes that maj hâve been sus- 
tatned by. Spain, ishould deem it. proper to rené w tbe 
jfiame ieemplfdnts in the same vague ahdr indefiiuf» 'terme. 
'Ae.irespects:thè passage in wbich your EKceîlency is 
ipleaaedt ta appeal to.my personal knowledge, in con- 
finnatibn of tfaer aaserdon that Vessels haye been buBt, 
,ecpdpped,,i and fitted out, in tbe Ports of The United 
JBtatesufor thé use of the Pirates, in violation, of the 
pronused I^feutfality^ and notwithëtanding the répeated 
remonstranc^^ of His Majest/s Légation at Philadelphie, 
I dan only reply , that I an» yvhoilly unable to form 
any con)eGture of the circumstances to wbich your Ek« 
ceUency: attudeeai I. am tnot awdre that any Vessels baye 
ever beeti btiîlt, equippedv or^fitted ou^ io tbe Ports «f 
• The United. States , fori tbeLi^se of tbe Pirates, or that 
thenâpaiftish, Lotion 'AtifWevhington baye eyer made 
<aiiy/ .complaiiiti to that' effect; and the intimation that 
tbe»GoyertifliiÉntr:of The Uiâted States baye promised to 
•«bseryéilSetttiifllity towatds.itbci Pirates is of so extra* 
ordinary a character^ that ilvtnnst présume it to be 
ihé resvlt et .some accidentai erroi :in the composition 
of ithe .NèteJ )ShQiidd your Excellency thînk propér to 
fur^h me mtli a mot» précise statement 6f the facts 
Entended undei&iAbese général charges, I shall, yrith 
4i»dch pleasur'e , giye : you in relorn any addiironal ex- 
^anations thM may be yrithin my powen 
i I' ayail myselC of this occasion , etc. 

. A. H* EycaETT. 



■^^MMMBMiÉi 



221 
189S 



18. 

Correspondance diplomatique entre 
le Comte de Munster et le Prince 

de MetternicJu 

(t. Horma]rr'8 Lebensbilder aus dem Befreiiingiikriege. 
Abthea. II. Jeoa 1841. S. 297 u. f.) 

Le Ministre (tEtat et du Cabinet Comte MunsteràMr. 
le Comte de Merveldt Envoyé Hannovrien à f^ienne» 

à Londn* ce 14 Nmfembre 1896. 

Les dépêches que Vous avez adressées aa Roi me 
soDt exactement parvenuesi jusqa^à celle du 28 Octobre 
iodusivement. Je n^ai pas tardé à les soumettre à Sa 
IVIajesté, qui les a lues avec tout Tinterét que réclament 
les circonstances compliquées qui agitent les régions 
orientales et occidentales de TEurope. 

Le Prince de Metternich continue donc d'être 'mé- 
content de la conduite de la Grande-Bretagne. Je n'ai 
pas hésité à lire au Roi la communication dont S. A. 
Vous avait chargé le 25 Septembre , et dont Elle avait 
eu l'intention de m'entret^ir si je m'étais présenté au 
Johaonisberg. 

Je Vous avouerai que favais prévu que ce thème y 
ferait le sujet principal de nos conversations y et que 
c*est même ce qui m'a engagé à éviter l'entrevue. Vous 
connaissez Mr. le Comte, la correspondance que j'eu$ 
avec le Prince sur le même objets lors de son dernier 
séjour à Paris. Mon opinion n'a pas changé depuis. 
Je ne puis que rendre hommage à la justesse des rai- 
sonnements qui guident le Cabinet Britannique dans 
les affaires du moment. 

Je n'en regrette pas moins sincèrement une diver- 
gence dans les opinions de deux cabinets, qui pour, 
le bonheur de l'Europe ne devaient jamais agir que 
de concert. 

Le Pripce de Metternich en impute la faute au Mi- 
nistre qui dirige dans ce moment les rapports politiques 
de la Grande-BreUgne. Sa prévention contre lui n'a 
pas'dimiouéy malgré les efforts que celui-ci a faits pour 
montrer en toute occasion aux cours alliées dans leur 



222 Correspond, diplom. entre le Comte 

IflW T^rjUble )our les ' vues et les motib qui dirigent la pû- 
litique du cabinet de Londreft*' 

Si les raisonnemente sur lès quels ils sont bastfs ne 
sauraient être réfutes » il ne me parait pas juste de lui 
siipposw des^Tues cachëes et sinistres, cooune celle de 
fomenter secrètement la guerre lorsqu'on prétend tra- 
vailler Il rétablir un repos durable dans l'Orient. Cer- 
. teS| notre Roi n'est pas homme à se laisser trooiper 
par des paroles, et rien ne Lui ferait consentir à des 
instructions par lesquelles un ministre voudrait circon- 
venir les principes connus qui guident sa politique. 

On peut vouloir lé même but, et différer grande- 
ment sur les moyens d'y parvenir. Le système politi- 
que de la Grande-Bretage est moins sujet à varier d'a- 
près les opinions personnelles des ministres qui se suc- 
cèdent, que ce n*est le cas ailleurs. Les intérêts de 
rCmpire sont publiquement discutés, et la constitution 
britannique prescrit des bornes qu'on ne saurait outre- 
passer arbitrairement. 

Je crois ne pas me tromper en observant un chan- 
gement frappant dans la politique du Prince de Met- 
ternîcb, depuis les dernières années. Le Comte de 
Bernstorff me fit la même observation et en data l'é- 
poque après xelle du congrès de Laibach. 

Ce changement me parait .de nature à ne pouvoir 
qu'augmenter de jour en jour la divergence dans, la 
marche politique des cabinets de Londres ^t de Vienne 
que noù) regrettons sincèrement, car quel que soit le 
ministre qui* se trouverai au timon des affaires de l'An- 
gleterre , il lui serait impossible de suivre la marche 
que le Prince de Metternich parait a'être tracée depuis 
l'époque dont je parle. 

Le maintien du système monarchique a - de tout 
tems été un but principal d^e la politique de l'Autriche* 
Ce but a dû mettre le Prince en opposition directe 
avec ceux qui veulent le renverser. Mais faut-il, pour 
le soutenir, devenir absolutiste, devenir le défenseur 
de tous les abus, et l'ennemi acharné de tout ce qui 
ressemble è une garantie quelconque contre le pouvoir 
arbitraire? Ce n'était pas la foi politique du Prince 
Metternich, après le rétablissement de l'ordre en Eu- 
rope. 11 a changé de système. Relisez ses déclarations 
faites au Congrès de Vienne, à l'égard de l'acte fédéral 
de r Allemagne, et comparez les à la marche tenue j>ar 



de Munster et U Prince ile Meiternich. 233 

la cour directoriale à la Diète. Quel est Pabos contre 18S6 
lequel une plainte ait jamais puprëfaloir, et y a*t-il 
encore une ame vivante en Allemagne qui s'imagine que 
les droits confirmes par Tacte fédéral et garantis par 
toutes les puissances de l'Europe , seraient soutenus et 
garantis par la Diète fédérale lorsque le prince le plus 
insignifiant trouverait è propos^ de les violer? Il est 
inutile de. Vous citer des exemples. Ils Vous sont suf* 
fisamment connus. 

Quelle serait la euite' du mépris que cette marche 
des affairés a excité contre une Constitution dont devait 
dépendre la stabilité de l'oi^anisation politique de l'Al- 
lemagne i si jamais Tordre actuel serait menacé d'un 
bouleversement? Certes » dans la plupart des Etats de 
l'Alleniagne» on ne saurait plus compter sur ce soutien 
de la nation au quel on est principalement redevable 
des succès obtenus contre la France. Et à quoi a*t-on 
sacrifié cet immense avantage de l'opinion publique ! 

Etendons cette même observation aux vicissitudes 
que le reste de l'Europe a subies depuis la même épo- 
que. On trouvera toujours que le cabinet de Vienne a 
été disposé à prendre une part active dans les troubles 
qui ont éclaté dans d'autres pays. Je ne voudrais pas 
lui en faire un reproche, Car je ne prétends pas que 
toute autre puissance devrait suivre en cas pareil le 
système dé la Grande-Bretagne. Comme elle n'oserait 
jamais admettre une ingérance étrangère chez elle, elle 
ne doit pas s*en arroger dans l'étranger. Les intérêts 
des Etats continentaux peuvent leur prescrire une autre 
marche y parceque les troubles excités dans un pays 
voisin peuvent facilement se répandre au*delà de ses 
frontières. Mais dans un tel cas d'urgence ,- il ne de- 
vrait pas seulement être question de réprimer les trou- 
bles , maïs plutât de remonter à leur source 9 afin de 
prévenir leur retour. Une Cour étrangère ne saurait 
avoir le droit de punir les auteurs des troubles, bien 
que la sûreté peut exiger de les calmer. Elle devrait 
donc, pour ses propres intérêts, s'efforcer d'agir contre 
la cause du mal, non contre les troubles, qui n'en sont 
ordinairement que le} ^ymptâmes. ou les suites. 

Le Prince de Metternicb au contraire se trpuve tou- 
jours sous la bannière de l'absolutisme. Ferdinand VII 
le compte parmi ses défenseurs , comme le Sultan. A 
Madrid , ou sur 54 Evêques 50 se sont déclarés pour 



324 Correspond, diplom. entre le Comte 

1826 !• rctaUissemeiit de Tinquisition » où dut soi-disant vo- 
lontaires royaux font la loi au Monarque lui-m^me , il 
n'hésiterait pas à favoriser le parti apostolique, tout 
comme à Paris il voudrait se servir des Jésuites pour 
réprimer les abus de la presse, que la Ministre, de 
France croit devoir considérer comme la soupape qui 
empêche une pompe \, feu à éclater. Le pouvoir ro« 
yal même n'est plus à Tabri de ses attaques, dès que 
le souverain qui en est revêtu parait pencher du cdté 
de ceux qui croient le raffermir en voulant lui donner 
une base constitutiopnelle. 

Passons sur tout ce qu'on ^a tenté pour faire modi- 
fier les constitutions données à leur pays par plusieurs 
des membres du Corps Germanique, au Sud de PAlle-* 
magne. Ce qui arrive aujourd'hui en Portugal, prouve 
ce que je viens d'avancer. Le souverain l^itime de Por- 
tugal renonce conditionnellement à cette couronne, en 
faveur de sa fille et de son frère en lui octroyant une 
constitution* La grande majorité de la nation porfu*- 
gaise se montre satisfaite de cet acte, et la plupart 
des principales Cours de TEurope croient devoir la 
reconnaître comme émanant de la volonté souveraine* 
Il n^ a que l'Espagne qui employait jusqu'ici tous les 
moyens pour y mettre obstacle. Ses mesures devenaient 
même tellement hostiles qu'elle réfusait à recevoir le 
* Ministre de Portugal , comme tel, à sa cour, et de. 
rendre les armes des déserteurs portugais p auxquels 
Elle avait accordé asyle en Espagne. Ce n'est qu'après 
que la Grande-Bretagne lui fit sentir qu'EUe se verrait 
obligée \l défendre le Portugal si l'Espagne causerait une 
rupture, et que le Ministre Britannique quitterait Ma- 
drid , que le Roi d'Espagne a enfin cédé. U faut ob- 
server ici que la dépêche adressée au Ministre d'An- 
f^eterre contenant cette déclaration, n'était pas arrivée 
à Madrid lorsque le Roi Ferdinand y ctfda. Le Mar- 
quis de Moustier a appuyé, dans son rapport au gou- 
vernement français, sur l'assertion que la' résolution de 
S. M. Catholique avait été entièrement l'effet de sa 
propre volonté. Mr. Canning ne doute pas cependant 
que l'expédition anglaise , dont . il avait donné con- 
naiséance au cabinet français, avait communiqué par 
le télégraphe. Mais le repos de Portugal n'en reste 
pas moins menacé. La Reine qui a si souvent con- 
sjâré, a tftché de gagner les soldats qui étaient de garde 



de MuiUier et le Prince de Metternich. 225 

\ ton palais, et son digne fils Tlnfant Don Miguel sert 1^6 
de mot de ralliement aux ennemis de la Régence. 

D'après les dëpéches du 13 Octobre > il a iié pro- 
clame Roi absolu par le Marquis de Chaves» piès de 
Viila-ReaL Cette tentative a ëchoué» mais une plus 
sérieuse s'est opërëe en Algaryes, où des troupes se 
sont dëclarëes en faveur de l'Infant. Le Gouverneur 
de la Province, CTomte Alva, a éié arrête un moment. 
Il a fallu envoyer des troupes pour combattre les re« 
yçiléê, et la Régente s'est vue obligée à reclamer la 
protection des troupes de marine des vaisseaux anglais 
dans le Tage, pour la sûreté de la famille royale* Qr 
celte guerre civile n'est-elle pas provoquée par la con- 
duite de llnfant Don Miguel^ qui à son tour est dirigé 
par le cabinet d'Autriche? 

. Ce prince ne saurait avoir «ucun droit au trdne, 
tant qu'existe son frère, l'Empereur, et sa descendance 
mile, qu'en vertu de l'acte auquel il a si long-tems 
refusé son assentiment. Pour le soustraire au danger 
qui pourrait en résulter pour lui, on lui a cependant 
fait prêter secrètement et conditionnellement le serment, 
et au lieu de le faire partir pour le Brésil, où TEmpe- 
reur l'a invité de venir, y expédia le Baron Neumann^ 
pour négocier» des modifications à la Constitution qui 
deplait 'k Vienne. 

Cette manière de faire prêter le serment à D. Mi- 
guel ne saurait guère convenir \ l'Empereur du Brésil, 
et moins encore au repos du Portugal, qui reste com- 
promis tant que le parti de la Reine et de l'Infant et 
de l'Espagne pourra se prévaloir de son nom pour fo- 
menter des troubles. Ce n'est aussi qu'avant le départ 
des dernières dépêches de Sir H.' Wellesley, que le 
Prince de Metternich a mis cet Ambassadeur au fait 
de cette prestation de serment de lui, qu'on a tâché 
d'expliquer en alléguant qu'il fallait attendre la dispense 
du Pape pour le mariage projeté entre D. Miguel et 
sa nièce. Mr. Canning m'a dit depuis que cette dépêche 
était écrite, qu'il ignore si le serment a été prêté con- 
ditionnellement. Mais comment expliquer que cet acte 
nous soit resté inconnu le 28 Octobre , et qu'on ait 
encore alors différé de s'expliquer vis-a-vis la cour de 
Naplea, sur la politique que l'Autriche allait observer 
contre le Portugal? Comment expliquer la politique 
de TAutricbe, dans ce conflit entre l'Empereur Don 

Sauy* SuppUm» Totim III. P 



226 Correspond, diplom. entre le Comte 

1826 Pedro et 8on frère? L'acte du premier est une ëma* 
nation de sa puissance souyeraine^ applaudie par la ma- 
jorité des Portugais. 

Cet acte eù peut être mal avise, mais il est capable 
d'être modifia et corrigé par Fautorhé légitime. Dé 
Fautre cdté, nous voyons un prince qui n'est connu à 
l'Europe que sous les couleurs les plus noires , com- 
plice de trahison contre son père, et de Tassasiuat de 
•ou favori. 

Croit-on ce personnage revêtu d'une autorité abso- 
lue, moins redoutable pour le Portugal, qu'une Régence 
limitée par une Constitution, sans contredit plus facile 
à corriger que ne le sera D. Miguel? 

Faut-il une autre preuve, qu'on protège l'absolu- 
tisme, lorsqu'on se déclare même contre l'autorité royale, 
là où on les croit en opposition? Et que penser des 
efforts tant vantés pour le maintien de la paix, lors- 
qu'on favorise, pour ainsi dire, Téclat d'une guerre 
daus la Péninsule? 

J'en reviens à la question orientale, qui fournit 
principalement matière de doléance contre l'Angleterre. 
L'Autriche se plaint que l'Ambassadeur d'Angleterre ne 
communique plus avec Tlnternonce d'Autriche. Ici on 
observe au contraire que ce Ministre n'a jamais favo- 
risé les vues de l'Angleterre. Ce n'est pas là la ligne 
sur laquelle devraient se trouver les Agents de deux 
Cours amies. Mais elle est encore la suite de la di* 
vergence des vues, sur le chemin à choisir pour réta- 
blir le repos dans l'Orient. 

La décision de la Porte sur l'Ultimatum Russe ne 
saurait mettre un terme aux inquiétudes que sa posi- 
tion inspire. Elle vient d'acéepter les conditions qu'on 
lui dicte; mais elle tardera à les accomplir. En atten- 
dant, la lutte contre les Grecs insurgés tiendra le dé- 
nouement de la question en suspens. La communica- 
tion officielle du protocole de St. Petersbourg du 4 
Avril a. c, faite de concert par la Grande-Bretagne et 
la Russie aux cours alliées à la fin d'Ao At, Vous prou- 
vera qu'on jugeait trop légèrement à Vienne cet arrange* 
ment» concerté entre deux des plus puissantes cours de l'Eu- 
rope, en le qualifiant de l'appellation d'un enfant né-mort. 

Les Cours alliées n'avaient-elles pas déclaré elles- 
mêmes, à l'ouverture des conférences de St. Petersbourg, 
sur le sujet de la Grèce, que l'intérêt de leurs peuples 



de Munster et le Prince de Metternich. 227 

et de TEurope entière exigeait qu'on mit fin à une lutte i ûq^s 
qui laisse l£urope daus uo ëtat d'ioquiëtude ? 

Cependant ces conférences n'ont eu aucun résultat 
satisfaisant. C'est à elles que devait s'appliquer l'ëpi- 
thète susmentionné, et on voit continuer une lutte qui 
excite tant de passions y qui par les cruautés qui Font 
provoquée et dont le spectacle révoltant se repète sans 
tt^e, réunit les voeux des peuples pour le succès des 
opprimés y et expose les gouvernements qui ne préten* 
dent voir y dans des esclaves qui poussés à bout tâchent 
de rompre leurs chaînes, que des libéraux qui se ré- 
voltent contre un gouvernement légitime. 

Ce que l'Angleterre a prédit en leur accordant le 
caractère de belligérants , et ce qu'elle a désiré éviter 
par ce moyen est arrivé. Le commerce maritime de 
la Méditerranée souffre par une nuée de pirates grecs, 
et les malheurs de la Grèce se sont accrus. 

Le Prince de Metternich s'est même acharné contre 
lea efforts dictés par l'humanité, entre autres ceux faits 
en Prusse pour racheter des esclaves grecs. La corre- 
spondance à ce sujet avec la Cour de Prusse est même 
devenue si aigrie que Mr. de Maltzahn a eu ordre de 
déclarer sèchement à Vienne, que la Prusse ne préteu- 
doit pas contrôler les démarches du cabinet de Vienne, 
mais qu'elle ne s'en laisserait pas non plus faire la loi. 

Il faudra voir maintenant à quel point la Cour de 
Vienne voudra concourir avec l'Angleterre et la Russie, 
pour faire entendre raison à la Porte, après avoir aug- 
menté son obstination par l'appui qu'elle lui a fait 
espérer. 

A quoi a mené un système qui a isolé l'Autriche, 
que Popinion publique place à la tête de l'absolutisme 7 
Le Prince de Metternich est devenu un objet de haine 
pour la Cour de Russie, qui lui attribue entre autres 
la marche lente et vacillante qui n'a i\\\% trop alimenté 
une révolte qui a manqué renverser l'Empire. 

Eu France, ce sentiment est moins vif, mais il est 
partagé par tout le parti qui n'est pas nbsoluttste lui- 
mtme. 11 n'est que trop naturel que le Cabinet anglais 
s'éloigne d'un Ministre qui se montre hostile à tout ce 
qui ressemble à une liberté civile la plus.raisotiuable et 
l plus modérée, car c'est un pareil système constilti- 
tionnel qu'on regarde ici comme le plus sûr soutieu 
des trônes , tout comme on croit que l'arbitraire abso« 

P2 



228 Correspond, diplom. entre- le Comte 

1826 lu doit finir par les renverser, en provoquant les révo- 
lutions* C'est entre ces deux systèmes que s'est ëtablt 
aujourd'hui la lutte , et non entre la Monarchie et les 
révolutions. Le Moniteur du 18. a très bien démontre 
que ce n'est plus des révolutions ou le républicanisme 
que désirent les hommes. 

Il est inutile que je m^étende sur les rapports dans 
lesquels le Prince de Metternich se trouve avec les 
principales 'cours de PAllemagne» ou le degrë de con- 
fiance dont il jouit parmi la Nation. Vous être à même, 
Mr. le Comte, d'en juger sur les lieux, et Vous deplo- 
rerez avec moi qu'une Cour qui réellement mërite la 
plus grande confiance, et un Ministre aussi habile et 
tellement fait pour être aime » comme Test incontesta- 
blement le Prince de Metternich, s^est laisse extraîner 
par un désir trop vif de se mettre à la tête du parti 
qui voudrait soutenir le systèWie monarchique, a en 
outrepasser les bornes. Peut-il servir sa cause en tâ- 
chant, d'établir l'opinion comme si le Cabinet Britan* 
nique se trouvait placé au premier rang du parti libé- 
ral? La faveur dont jouit ce cabinet pourrait par Ik 
ennoblir une mauvaise cause, et éloigner de ce qu'on 
nomme la bonne cause? 

J'ai lu tout récemment une dépêche du Ministre 
d'une Cour royale à Paris, qui contenait l'observation, 
que le séjour du Prince Metternich dans cette capitale 
avait alarmé l'opinion publique, et que la présence de 
Mr. Canning l'avait visiblement raffermie. 

J*ai a peine besoin de Vous dire que cette dépêche 
n*est pas faite pour être communiquée. Son contenu 
pourra peut-être servir à expliquer, dans une conver- 
sation avec le Prince de Metternich , ce qui me parait 
la cause du manque de concert dont il se plaint. Je 
l'ai détaillé, parcequ'il m'a fait l'honneur de me com- 
muniquer ses plaintes, et parce que je crois me rendre 
digne de sa confiance, en ne pas cachant mes véritables 
sentiments, dont il ne révoque pas en douté (je m'en 
flatte du moins) la pureté, quant k ma profession de 
foi politique qui lui est dis long-tems connue, et qui 
n'a jamais varié. 

J'ai Phonneur etc. 

E. 6. Mtl^vsTBiu 



de JUiinêter ei te Prince de Metternich. 229 

Le Chancelier Prince de Metiernich à Pjimbaasa^ 
deur Prince Bsterhazf h Londres. 

Vienna le 26 Décembre 1826. 

Mr. le Comte de Merveldt est venu me trouver cet 
jours derniers. U m'a prévenu qu'il était chargé, de 
la part de Mr. le Comte de Miinsteri de me parler 
de ses regrets au sujet de ce qui venait de se passer à 
Francfort^ relativement au rappel de Mr. Cathcart, en 
qualifiant le fait d'erreur. Je me suis empressé d'as- 
surer Mr. TEnvoyé de Hanovre ^ que nous en jugions 
de même. 

Mr. de Merveldt me dit en suite qu'il était encore 
chargé d'une commission qui portait le caractère le plus 
confidentiel. Je l'invitais à bien vouloir me mettre au 
fait de son objet, le priant d'être assuré d'avance de 
la haute valeur qu'il me trouverait -toujours prêt à at* 
tacher à ce qui nous vient de sa Cour. Mr. le Comte 
de Menreldt me donna alors à lire une dépêche de 
Mr. le Comte de Munster en date du 14 Novembre ^ 
dr.y dont il me laisse la copie. 

Je prévins Mr. de Merveldt que j'aurais l'honneur 
de faire passer ma réponse à Mr. le Comte de Munster, 
dans la même forme dans . laquelle m'était venue sa 
communication. C'est ainsi à Vous, mon Frincei que 
j'adresse la présente dépêche. 

Vous trouverez, dans l'annexé, celle que m*a con- 
fiée Mr. FEnvoyé d'Hanovre. 

.La démarche de Mr. le Comte de Munster poun*ait, 
à certains égards, me mettre dans unes orte d'embarras. 
Non pas , mon Prince, qu'il puisse y avoir de difficulté 
\ répondre aux accusations que l'on adresse à notre 
Cour, et à moi en particulier, mais par rapport \ la 
forme que j'aurais à donner ii une réponse , pour que 
d'une part, elle ne paraisse pas s'affranchir des égards 
que j'ai toujours aimé à témoigner à l'homme d*Etat 
respectable, que j'ai au surplus une longue habitude 
de regarder comme mon ami, et dans lequel dans tant 
de circonstances importantes j'ai rencontré le collabora- 
teur le plus sûr et le plus éclairé , et pour que , d'au- 
tre part ma réponse ne donne pas lieu à supposer qu'- 
un sentiment de foiblesse ou de mauvaise conscience 



230 Correspond, diplom. entre le Comte 

1826 retiendrait ma plume , et paralyserait mes moyens de 
défense. 

Ce qui ajoute ekicore en singularitë à l'altematiye 
dans Uquelle je me Tois place, c'est que j*ignore aous 
quel point de vue je dois envisager la communication 
de Mr. le Comte de Merveldt, quel caractère lui attri- 
buer, quelle valeur y attacher. Il m'est impossible de 
regarder la dépêche de Mr. le Comte de Munster comme 
une pièce officielle > pas même comme une communica« 
tîon roinistërielle. Je n'ai fait ni directement , ni par 
rintermëdiaire de Mr. l'Envoya d^Hanovre \ Vienne, 
aucune communication qui aurait pu provoquer une 
déclaration telle que Test celle sur laquelle portent mea 
remarques. Il n'est rien survenu , dans lea affaires 
d'Allemagne , qui pourrait justifier ou même rendre rai- 
son du jugement que Mr. le Comte de Munster porte 
sur la conduite de notre Cour, et sur ses relations» 
heureusement aussi satisfaisantes qu'amicales , avec les 
Etats de la Fëdëration Germanique. Les autres griefs 
articules dans sa -dépêche sont si ëtrangers aux rap- 
ports de notre Cour avec celle d'Hanovre, rapports 
qu'une longue et heureuse habitude nous a toujours 
fait regarder comme des plus satisfaisants, que j'aurais 
lieu d'être surpris de me voir dans le cas de défendre 
ou de justifier envers elle la marche de notre Cabinet, 
et. jusqu'aux principes qui lui servent de guide. Il ne 
me reste donc qu'à prêter à la dépêche en question la 
valeur d'une lettre confidentielle, à y voir un avertis- 
sement amical, adresse non pas par un Ministre à un 
autre Ministre, mais bien une explication de Mr. le 
Comte de Munster envers moi personnellement; k la 
prendre dès-lors en considëration au titre que l'amitié 
et la confiance permettent, d'y avoir ^gard lors même 
que des explications prennent le caractère de la censure. 
Je dois relever avant tout une accusation qui se 
trouve renfermée dans les mots A* absolutisme et d'^fr- 
solutiste^ consignés dans la dépêche de Mr. le Comte 
de^ Munster , et qui y sont reproduits à plusieurs re« 
prises. Ces mots, mon Prince, ne nous vont en ma- 
nière quelconque, lis ne sont point applicables à un 
Prince qui regarde la légalité comme la seule base de 
ses actions, et le droit public comme celle de sa poli- 
tique; ils ne vont pas à son Ministre, et ma carrière en- 
tière est là pour le prouver. Lorsque ce mot, qui se- 



de Munster et le Prince de Metternich. 231 

> 
rait odieux si en réalité il n'était vide de sens , dans 1826 

son application aux yues et aux principes de notre 

Gouvernement^ est journellement mis en avant de la 

part de factieux, qui pour nous attaauer dénaturent 

sciemment nos principes et notre conduite , sous ne 

.trouvons en cela rien qui doive nous surprendre» Il 

cesse d'en être de mâme, quand nous voyons ce même 

reproche sortir de la plume d'un homme tel que Mr. 

le Comte de Munster. 

Cette seule remarque pourrait suffire , \ notre ju- 
gement; la profession de foi qu'elle renferme, et dont 
ce Ministre ne saurait méconnaître la sincérité, pour- 
rait même me dispenser d'entrer dans des explications 
de détail sur un reproche qui embrasse la situation 
morale et politique toute entière de TEmpereur et de 
son Cabinet. Je crois toutefois devoir donner quelque 
attention à deux points tirés de la dépêche de Mn le 
Comte de Merveldt, dont je regarde le premier comme 
la base des récriminations qu'eUe renferme et dont je 
relète Tautre» parce qu'il tient à des questions dans 
les quelles l'opinion de ce Ministre a une valeur toute 
particulière \ nos yeux. 

Cest une position bizarre que celle où le Minisire 
d'Autriche se voit appelé à répondre à une accusation 
qui part du fait , que depuis quelque années tout, prin- 
cipes , dispositions , marche , aurait changé, sous un 
Souverain régnant depuis trente ans , et un Ministre 
appelé depuis dix-huit ans à diriger les relations ex- 
lérieuresr de la Monarchie, tandis qu'en Angleterre il 
ne se serait opéré dans ce même laps de tenis aucun chan- 
gement. Le successeur du Ministre anglais décédé en 1822, 
admettrait-il lui-même la thèse, que rien ni dans les idées, 
ni dans la marche du Gouvernement Britannique, n'au- 
rait varié dans l'attitude et dans la marche des affaires 
confiées à ses soins? Nous sommes tellement convain- 
cus du contraire, que sans prétendre nous établir en 
aucune manière juges de la valeur des faits qui offrent 
de la divergence entre le passé et le présent, il doit 
nous être permis , provoqués comme nous le sommes, 
de déclarer à la fois dans l'intérêt de la vérité, et pour 
l'acquit de notre conscience, que si depuis l'année 1822 
il s'est opéré quelque changement dans les relations en- 
tre les deux Cours, ce n'est poiut \ Vienne qu'il serait 
juste d'en chercher la cause. 



• 232 Correspond, diplom. entre le Comte 

i826 Aussi les accasaiions que la faction libérale» dou^ 
d'un instinct souvent assez sûr, lance journellement 
contre TAutriche , n'ont-elles jamais porte sur la versor^ 
tilité de notre politique, mais bien sur notre ennu- 
yeux et obscur système de stabilitë«^ Vous devez com- 
prendre , mon Prince 9 la surprise que nous avons dû* 
éprouver en apprenant que le reproche oppose nous 
est adressa de Londres* 

Four ce qui est des affaires Germaniques, j'avoue 
franchement ignorer sur quelles données peut être Ibndë, 
ou à quels faits peut se rapporter le passage de la* dé- 
pêche de Mr. le Comte de Munster , relatif \ la perte 
que nous aurions faite de la confiance des Etats alle- 
mands. Les faits sont opposés à celle supposition, et 
des preuves, que je pourrais qualifier de journalières, 
viennent à leur appui. 

Je ne connais pas de Gouvernement allemand qui 
ne regarde Tesprit de justice et d'entière modération de 
notre auguste maître comme une des premières garan- 
ties du repos politique et intérieur de la Fédération. 
Des relations intimes et journellement renforcées exi- 
ste'nt entre • le Cabinet impérial et les Gouvernements 
allemands. Nous ne voyons rien qui pourrait être qua- 
lifié d'esprit d'opposition contre les vues généralement 
et uniformément conservatrices de TEmpereur. 

L'accusation que nous eussions tenté d'engager l'un 
ou l'autre des Gouvernements qui ont introduit chez 
eux un régime représentatif, si ' essentiellement différent 
de celui des anciens Etats allemands , tel que S. M. Bri- 
tannique a eu la haute sagesse de le rétablir dans ses 
domaines allemands, \ renverser une oeuvre qui de la 
part de plus d'un prince a été le fruit d'une précipita- 
tion bien regrettable, cette accusation est fausse et de 
toute fausseté, on chercherait en vain un seul fait qui 
la confirmât. Ce qui est vrai, c'est que dans certains 
moments de crise que l'Allemagne a déjà eu à traverser 
au sein de la paix politique de l'Europe, plusieurs d'en- 
tre ces Gouvernements se sont adres9és à nous pour 
s'assurer de nos dispositions relativement \ d'importants 
changements a opérer dans l'étendue des concessions 
faites par eux, et que chaque fois nous leur avons con- 
seillé de ne* point se livrer à une entreprise pareille*. 
En Vous citant ce fait, mon Prince, je me sens dis- 



de Munster et le Prince de Metternich. 233 

penaë de toute autre réfutation d'une thise manquant 1826 
de toute base» 

Quant à la confiance des peuples Allemands, il me 
semble strictement nécessaire d'établir une diÎBPérence 
entre ce que Ton voudrait entendre par cette qualifi- 
cation. 

Entend-on parier du peuple véritable^ nous ne som- 
mée pas en doute que ses regards sont tournés avec une 
entière confiance vers la grande puissance conservatrice. 
Entend-on parler de la gent libérale, nous ne sommes 
pas assez ingénus pour avoir la prétentation d'eu 
être aimés* ' 

Les mêmes hommes qui ont fait vingt appels \ 
l'Empereur pour l'engager a les aider \ effacer les sub- 
divisions territoriales en Allei^agoe, et \ se mettre ^ la 
tête d'une grande Nation Allemande, ces hommes, dés- 
appointés dans leur projet favori, et certains de ne 
jamais trouver en nous de l'appui pour aucune de leurs 
idées subversives, ne peuvent pas être les amis du Gou- 
vernement Autrichien. Mais ces mêmes hommes 9 por- 
lent-ils une affection plus réelle à quelque gouverne^ 
ment que ce soit qui sait se respecter lui-même, et 
les droits, Tlndependance et l'existence d'autres Etats? 
Nous ne le croyons pas. 

Après Vous avoir fait part de ces observations, que 
Vous êtes autorisé de montrer à Mr, le Comte de Mun- 
ster, )e puis passer sous silence le reste de sa dépêche 
\ Mr* le Comte de Merveldt. 

Les passages de cette dépêche concernant les affai- 
res du Portugal et du Levant, se trouvent répondus 
par nos actes publics, ainsi que par les explications 
les plus circonstanciées dont nous avons fait part au 
Cabinet de Londres. 

Comme je puis supposer que Mr. le Comte de Mun- 
ster pourrait être privé de plusieurs données, et que 
je sois toujours prêt à faire un appel aux actes mêmes 
qui émanent de notre Cabinet, je n'hésite pas, en lui 
ouvrant les archives de notre ambassade à Londres, à 
lui offrir toute facilité de prendre une connaissance ex- 
acte des faits, qui mieux que tous les raisonnements 
font ressortir la vérité. Veuillez, mon Prince, porter ii 
sa connaissance telles pièces dont l'inspection pourrait 
lui être utfle pour prononcer un jugement entre Jios 
actes et de simples suppositions sur notre compte. Plus 



234 Correspond, diplom. entre le Comte 

1826 Mr. le Comte de Munster voudra vouer de loisir k cette 
recherche 9 et plus nous eh éprouverons de satisfaction. 

Le seul passage de la dëpéche en question qu'il me 
serait impossible de ne point toucher avant de termi- 
ner la pr&ente, est celui qui renferme la citation de 
l'exemple de la Girande- Bretagne, ^'n'admettant }amaia 
d'ingërence étrangère chez elle, mais aussi ne s'en ar* 
rogeant jamais chez les autres "• 

Je Vous avouerai franchement, mon Prince, que je 
ne saurais accorder cette thèse avec l'expérience de 
tous les jours. Je suis loin, très loin de faire un re- 
proche à la Grande-Bretagne de Faction que nous lui 
voyons exercer sur les affaires , dans les cinq parties 
du monde. Nous concevons qu'il doit en être ainsi, vA 
rétendue imnîensé de ses relations politiques et commer«^ 
cielles. Mais accuser l'Autriche ^'de prendre part dans 
les troubles qui éclatent dans d'autres pays", ce n'est 
certes pas juste. 

Ce n*e8t pas l'ambition de l'Empereur, ce n'est pas 
une activité inquiète de son Cabinet, c'est sa position 
centrale, ce sont ses nombreux points dé contact a'vec 
d'autres états, qui ne nous ont que trop souvent obli- 
gés d'intervenir dans dès questions que nous eussions 
beaucoup mieux aimé ne devoir aborder, et l'histoire 
des vingt années dernières atteste que nous ne nous 
sommes occupés des troubles que l'esprit révolution- 
naire a fait naître autour de nous, que lorsque l'interél 
direct de notre conservation ou des dangers qui nous 
ont menacés en commun avec d'autres puissatices, nous 
en imposèrent la loi. 

Quant aux principes d'après lesquels, dans d'aussi 
pénibles occurrences, le Gouvernement Autrichien a 
constamment agi, nous ne les désavouerons jamais, et 
peut-être même les motifs qui ont décidé de l'expédi- 
tion du présent Courier, fourniront - ils des preuves 
nouvelles du système de modération inviolablement suivi 
par notre auguste mattre, et lequel, s'il était adopté gé- 
néralement, offrirait peut-être à l'Europe une per- 
spective plus rassurante pour sa tranquillité, que ne 
l'est celle que kipus avons en réalité devant nous. 

Recevez, mon Prince, l'assurance de ma considéra- 
tion la plus distinguée. * 

Mkti'iiisiich. 



I 

de Munster et le Prince de Metternich. 235 

m. 1827 

/> Ministre d^Etat et du Cabinet Comte Munster 
à 9on jiltesee le Prince Paul Éater/uizy (Ambassa- 
deur d'Autriche à Londres). 

à Putney-HéUca l Février 1827. 

Retenu au lit par une maladie rheumatique que je 
me suis attirée h. Fenterrement du Duc d'Yorck, je suis 
prirë de l'honneur de me prèaenter ohea Votre Altesse 
pour Lui rendre la dépêche d- jointe, qu'Elle a eu la 
bont^ de me communiquer d'après la Tolontë de S. A. 
le Prince de Metternich. 

Je ne Lui cacherai pas que la lecture m'a cause 
une Yive peine, — Bien qne 8. A. ait juge avec rai- 
son qu'£lle ne saturait prêter à la communication qui 
Lui avait été faite par le Comte de Merveldt, ^^que la 
valeur d'une lettre confidentieUei à y voir un avertis- 
aement amical , adressé non par un Ministre à un autre 
Ministre, mais bien une explication du Comte de Mun- 
ster adressée au Prince de Metternich personnellement, 
et de la prendre dès- lors en considération au titre que 
Tamitié et la confiance permettent à*y avoir égard'% je 
remarque pourtant que ma franchise a eu le malheur 
de déplaire à Son Altesse , que le Chancelier de l'Em- 
pire d'Autriche se fait entrevoir dans son langage, et 
qu'il fait même allusion à la personne sacrée de l'Em- 
pereur , dont je n'ai jamais cessé d'admirer les hautes 
et éminentes qualités. 

J'ai donc mal jugé, mon terrein , et je ne saurai dé- 
sormais mieux faire que de ui'interdire toute réplique, 
pour vouer d^autant plus tdt nta démarche à l'oubli* 

Il me sera cependant permis, sans m'écarter de cette 
résolution, d'adresser quelques mots à Votre Altesse, 
pour ne pas paraître è ses yeux coupable de l'indiscré- 
tion impardonnable qu'il y -aurait ea d'avoir chargé le 
Comte de Merveldt de la communication en question, 
sans y avoir été engagé par quelque communication de 
la part du Prince -Chancelier. 

Si 8. A. s'exprime, dans la dépêche, de la manière 
suivante: 'Me n'ai fait ni directement ni indirectement, 
jii par l'entremise de l'Envoyé de Hanovre a Vienne, 
aucune communication qui aurait pu provoquer une 
déclaration telle que l'est celle sur laquelle portent mes 
remarques", il faut que S. A. ait voulu- dire qu'Elle 
juge que je me suis écarté de l'objet d'une, commuuica- 



236 Correspond, diplom. entre le Comte 

1827 lion confidendelU qu^EUe a bien youIu me faire ptrve* 
nir par le Comte de Merveldt, d'aprèa une dépêche du 
27 Septembre, que je suis prêt à mettre eoue lei jreux 
de Votre Altesse. Cette communication explique éga- 
lement pourquoi )^ai cru deyoir faire parvenir ma ré» 
ponse par la même voie que 8. A. avait jugé à propoa 
de choisir. 

La conversation, dont elle contient le résumé, avait 
été amenée assez naturellement par la circonstance que 
j'avais chargé le Comte de Merveldt à faire agréer au 
Prince mes regrets et mes excuses, de ce que je m'étais 
vu privé de Tfaonneur de Lui faire ma cour au Jo« 
hanoisberg. 

D'après ce que le Comte de Merveldt m*a rapporté 
à ce sujet, le Prince avait eu la grâce de témoigner à 
son tour des regrets de ne pas m'avoir revu, en ajou- 
tant qu'il aurait désiré m'entretenir sur plusieurs des 
événements des dernières années, de renouveler les biens 
de confiance mutuelle, et de faire représenter par mon 
entremise au Roi., mon mettre, ^^so Manches, was ifim 
au/ dem Herzen liege^ 

Aucun des sujets touchés par S* A* en cette oCca« 
sion ne concernait la Confédération Germanique, et 
pourtant on parait vouloir me reprocher de m'étra 
écarté des rapports que le Royaume de Hanovre pour- 
rait avoir avec r£mpire d'Autriche. Votre Altesse sait 
que j'ai servi dlntérmédiaire dans les communications 
de l'Autriche avec la Grande-Bretagne, tant que les 
communications directes entre les deux puissances res- 
taient interrompues. Ces rapports datent du Ministère 
du Comte de Stadion et ils ont été continués par Mr. 
le Prince de Metternich. V. A. connait d'ailleurs la 
correspondance que j'eus avec le Prince, durant son 
dernier séjour à Paris, lorsqu'à l'occasion d'une invi* 
tation que j'avais été chargé de lui faire parvenir au 
nom du Roi, S. A. accompagna son refus de l'observa- 
tion, à quel point devaient avoir été poussés les erre- 
ments du Cabinet Britannique, pour empêcher le Mi- 
nistre d'Autriche de se rendre à Londres pour ne pas 
les sanctionner par sa présence. Cette observation alors 
engagea le Roi à m^ordonner d'adresser au Prince de 
Metternich une lettre, qui avait poqr but de justifier 
les démanclies qui avaient attiré sa censure. 

V. A. a^eu communication de cette correspondance. 



c/éf Munster et le Prince de Mettérnich. 237 

et Elle ne saarait plus être surprise cle ce que fai cru 1827 
devoir en cette occasion m'expliquer avec une entière 
franchise sur la cause de ces froissements qui pour- 
raient nuire à ritarmonie entre deux Cabinets, dont la 
bonne intelligence est si désirable. D'ailleurs 9 censu- 
rer les démarches du Cabinet Britannique 1 c'est cen- 
surer, du moins indirectement, la conduite politique 
du Rov , 

Sans doute, 8. M. ne saurait être considérée comme 
ayant part k tout ce qui peut échapper à Ses Ministres, 
dans les débats du Parlement. Cela est clair, par la 
seule circonstance que les Ministres ont différé entre 
eux, sur des questions importantes. 

Mais dès qu'il s'agit de prendre des mesures par 
rapport à la politique étrangère, toutes les dépêches 
sont soumises d'avance à la sanction du Roi. En An- 
gleterre, on peut attaquer un Ministre responsable; 
mais vis-a-vis les puissances étrangères, ce n'est que le 
Roi qui est censé avoir agi , et non son Gouverne- 
ment, et moins encore un Ministre individuel. 

Il n'en est pas moins certain que les piquantures 
personneiJes qui pourraient s'élever entre les Ministres 
qui dirigent les Cabinets de différents Empires, peu- 
vent avoir une influence bien nuisible sur les affaires. 
J'ai cru devoir les indiquer, de même que le danger 
qu'il Y aurait dans la tentative de placer aux yeux du 
public la Grande-Bretagne au premier rang du parti 
libéral. J'ai dit que cette opinion donnerait une popu- 
larité peu méritée à ce parti, tout comme les tentatives 
des Cabinets étrangers pour perdre le. Ministre qui leur 
déplaît , ne sauraient mener en Angleterre qu'à le rendre 
tout -puissant. 

Je me suis interdit la réfJique, mais j'ose appeler 
Tatteotion de V. A. à la date de ma dépêche, pour ex- 
pliquer la vivacité avec laquelle je me suis expliqué. 

Elle était au 14 Novembre , époque qui allait dé- 
cider sur l'éclat d'une guerre civile, qui allait im- 
manquablement provoquer une expédition Anglaise en 
Portugal. 

N'était -il pas de la plus haute importance d'avoir 
engagé l'Espagne \ éviter une complication qui menace 
d'avoir les suites les plus graves? C'est en ce moment 
que nous e&mes à Vienne les rapports sur ce qui s'é- 
tait passé à l'égard de la prestation du serment de l'In- 



238 Négociât* entre P Angleterre et fAniirlq. 

1827 fant de Portugal, et que le* Comte de Villa Real lit 
entendre ses plaintes de ce que plusieurs Ministres des 
Cours alliées y entre autres celui d'Autriche, qu'il avait 
requis d'appuyer près du Cabinet d'Espagne -les démar- 
ches qui seules pouvaient prévenir l'ëclat de la guerre, 
n'avaient point obtempéré à sa sollicitation si analogue 
aux sentimens professés par ces Cours. 

J^ai Phonneur d'être, avec la plus haute considéra- 
tion « etc. 



19* 

Négociations entre la Grande - Bre- 
tagne et les Etats unis de VAméri^ 
que septentrionale sur l'extradition 
des esclaves fugitifs et déserteurs. 

(Présentées au Congrès des Etats-Unis). 

Message of the Président. To the House of Jîe- 
presentatwes of the United States. 

Washington^ \bth Vecemher^ 1828. 

In compliance v^ith the Resolution of the House of • 
Représentatives of the 8th Instant, referring to a Ne- 
gotiation with the British. Government, by virtue of a 
Resolution of the House of the lOth of May last, re- 
lative to the surrender of Fugitive Slaves , I transmit, 
berewith, a Report from the Secretàry of State, witii 
Copies of Instructions and Correspondence containing 
the desired information. 

JoHS QunrcT Adams. 

Report of the Secretàry of State. 

Department ûf' State ^ Washington ^ \Zth Decefnber, 1B28. 

The Secretàry of State, to whom bas been referred 
the Resolution of the House of Représentatives , of the 
8th instant y requesting the Président ^4o inform tbat 
House 9 whether , by virtue of a Resolution passed on 
the lOth day of May last, he has entered into any, 
aud if any, what Negotiation with the British Govern- 
ment» relative to the surrender of Fugitive Slafves vrho 
may hâve taken refuge within the Canadian Provinces 
belonging to said Government*' , has the honour to re- 
port to the Président, that, presuming it vrill be ^alit- 



sur textraSition des esclaves. 239 

factory to the House to be informed of tbe Instructions 1626 
-whkh were givep to the late Minister of the United 
States at the Court of St. James y on the subject mat- 
ter of the Resolution ^ and of the resuit of the Nego- 
tîation ^hich vras opened in conséquence of them^ Ex- 
tracts are herewith submitted from Instructions given 
to Mr. Gallatin y on the 19th of June, 1826, and the 
24tb of February, 1827 ^ and a Copy of a Letter ad* 
dressed to him on the 24th of Msgr 1827, together 
yvhûï Extracts from the Despatcbes of Mr« Gallatin^ un- 
der date the 21st of December, 1826^ the 5th of July, 
1827, and the 26th of September^ 1827. 

The Secretary of State bas, also, the bonour to 
report, tbat in pursuance of tbe House çî the lOtb of 
May last, an Instruction was given, on the 13tb of 
June last y to Mr. Barbour , a Copy of which is no w 
laid before the Président, together with a Copy of the 
only Communication which bas been yet received from 
bim on that subject. 

H. Clat. 

(1.) — 27ie Secretary of State to Mr. Gallatin. 
(Exiract). 19/A Jum, 1826. 

You are, accordingly, authorized and instructed to 
propose a Stipulation : 

Ist. For the mutual surrender of Deserters from 
the Military and Naval Service, and from the Merchant 
Service, of the two Countries. Persons.'who bave 
been naturalized by the Lav^s of either Psrty must be 
excepted from the opération of the Article. The 6th 
Article of our Convention vrith France > of 1822 ''')| 



*) (Eztrict). — - Convention hetween The United States and 
Tronc: fFashington, lAth June^ 1822. — VI. The Cootracting 
Pifties wisbtng to livoer tbeir mutnal Commerce, by affording la 
tbeir Ports, every necessary auistance to tbeir respective YeMeli, 
bave Bgreed that tbe Consuls aod Vice -Consuls oiay caose to be 
arrested, the Sailocs belng part of the Crews of the Vessels of 
tbeir respective Nattons, who sball bave deserted from the said 
VeaseU, in order to send them back and transport them ont of 
tbe Coimtry. For which poi^ose , the said Consnis and Vice- 
Consals ahall nddress themselves to tbe Courts, Judges, and Ofn> 
cers, compétent, and sball demand tbe said Deserters in writtng, 
proring, by an exhibition of ihe Registers of tbe Vessels, or 
Ship^a Roll, or other Officiai Documents , tbat those Men were 
part of said Crews; and» on tbis demand, so proved, (saving. 



240 Négociât entre t Angleterre et Pxlmériq. 

1826 will furnîsh suggestions for ihe preparatioo of an Ar- 
ticle on this subject. 

And, secondly, a mutual surrender of ail Fersons 
held to service or labor, under the Laws of one Paety, 
who escape into the Territories of the other. Our ob- 
ject, in this stipulation , is to provide for a growing 
evily which has produced soine, and, if it be not 
shortly checked^ is likely to produce much more irri- 
tation. Persons of the above description escape , prin- 
cipally from Virginia and Kentuckyi into Upper Ca- 
nada , whither they are pursued by those who are 
lawfuUy entilled to their labor; and, as there is no 
existing régulation by which they can be surrendered, 
the attenipt to recapture thein leads to disagreeable col- 
lisions. In proportion as they are successful in their 
retreat to Canada, will the number of Fugitives in- 
crease , and the causes of collision multiply. They are 
generally the inost worthless of their class, and far, 
therefore, from being an acquisition which the Britisli 
Government can be anxious to make, the sooQer, wo 
should thinky they are gotten rid of, the better fçr 
Canada. It may be asked, why, if they are so worth- 
less, are we désirons ofgetting them back? The motive 
is to be found in the particular interest which those 
hâve who are entitled to their service , and the désire 
which is generally feit to prevent the example of the 
Fugitives becoming contagions. If it be urged thaC 
Great Britain would make, jn agreeing to the proposed 
Stipulation , a concession without an équivalent , there 
being no corresponding class of persons in her North 
American Continental Dominions, you will reply: 

Ist. That there is a similar class in the British 
West Indies, and although the instances are not nume- 
rous, some hâve occurred, of their escape, or beiiig 
brought, contrary to Law, into The United States; 



howevery wbere the contrary is proyed) , the delivery shall not be 
refused; aod there ihall l>e giveo ail aid aod assistance to the 
said Consuls and Vice- Consola, for the search, seisure, and arrest 
of said Désertera • who shall even be detained and kept in the 
Prisons of the Conntry i at their reqoest and eipense , ontil they 
shall hâve fonnd an opportanity of sending them bacic. Bat if 
they l>e not sent iMck within S months, to be covnted from the 
day of their arrest , they shall be set at Uberty , and ihall be no 
more arrested for the same cause. 



\ 



sur la tradition des esclat^es^ 241 

2âly. Tbat Great Brîtain would probablj obtain 1826 
an adrantage over U8| in the reciprocal restoration of 
military and maritioie Désertera , wbich vrould coui- 
penaate any that we migbt secure over her in the prac- 
tical opération of an Atticle for tbe mutual.delivery of 
Fugitives from labor: and, 

3dly. At ail e?e|it8, the disposition to cultivate good 
neigbbourhood, which such an Article would imply^ could 
not fail to find a compensation in tbat, or in some 
other way, in tbe already immense , and still increas* 
ing intercourse between the two Countries. The Sta- 
tes of Virginia and Kentucky are particularly anxious 
on tbis subject* Tbe General Assembly of the latter 
bas repeatedly invoked the interposition of the Govern- 
ment of The United States vrith Great Britain. You 
wili, therefore, press tbe matter, whilst there exista 
any prospect of your obtaining a sati^factory arrange- 
ment of it« Perhaps tbe British Governmenti 'wbilst 
they refuse to corne under any obligations by Treaty, 
might be , at the same time , willing to give directions 
to the Colonial Autborities, to afford facilities for the 
recovery of Fugitives from labor; or, if they should 
oot be disposed to disturb such as hâve, heretofore, 
taken refuge in Upper Canada, (few, if any, are be- 
lieved to find tfaeir way into the Lower Province), they 
might be willing to interdict the entry of any others 
in future. Any such régulations would bave a favo- 
rable tendency, and are, therefore, desirablei if nothing 
more effectuai can be obtained." 
AuiKRT GAiiLATiir, etc. etc. * H. Clat. 

(2.) — Mr. Gallatin to "Mr. Clay. 

(Extract.) * London, Ut Vecember ^ 1826. 

if rom what fell in conversation , I had an oppor- 
tunity to state what I waS instrucled to ask, respecting 
the surrender of runaway Slaves. That they were no 
acquisition to Canada was acknowledged ; and no ob- 
jection was made to the principle ; but several vrere 
suggested by Mr. Huskisson , arisiog from the difEcul- i 
ties thrown in the way of every thing of that kind hj^-^ 
^the Courts, and by the British Abolition Associations. 
Tbe Hon. H. Clat. Albert Gallatut. 



Nouv. Supplém, Tom, IfL Q 



242 Négociai, entre F Angleterre et PAmériq. 
ISaS (30 — Mr. Clay to Mr. Gallatin. 

(Extract.) Department of State ^ 24/A Fehruaryy 18âT. 

The General Assembly of Kentuckyi one of States 
vrhich is most affected by the escape of Slaves into 
Upper Canada, bas again, at their Session vvhich bas 
just terminated, invoked the interposition of the Gene- 
ral Government. In the Treaty which bas been re- 
cently concluded with the United Mexîcan States, and 
which is now under the considération of the Senate, 
provision is made for the restoration of Fugitive Sla- 
ves. As it appears from your statement of virhat pas- 
sed on that subject with the British Flenipotentiaries, 
that they adniitted the correctness of the principle of 
restoration , it is hoped that you vrill be able to suc- 
ceed in making a satisfactory arrangement. ' 

Albkrt Gallatin 9 etc. etc. H. Clat. 

(4.) — Mr. Clay to Mr. Gallatin. 

Sir,. Department of State % Wathih^ton^ 84M May^ 1887. 

I herewith transmit to you a Copy of certain Re« 
solutions, adopted, in the commencement of the pré- 
sent Year, by the General Assembly of Keotucky , in 
respect to Fugitive Slaves, who make their escape from 
their Proprietors in that State, and take refuge in Ca- 
nada; and submitting to the Président the prbpriety 
of opening a Negotiation with the British Government, 
to provide an adéquate remedy for the evîl. Already 
charged with such Negotiation, thèse Resolutions are 
forwarded, that you may, in the course. of conducting 
it, make such use of them as may appear best adapled 
to the accomplishment of their object. 

Albkrt Gallatut, etc. etc. * H. Clat. 

' (5.) — Mr. Gallatin to Mr. Clay. 

(Extract). London^ bth Jufy, 1887. 

Mr. Addington says, that fae does not know who 
ia Gontemplated to succeed Mr. Huskisson in the Nego- 
tiation. He toldme that, on one point, the Government 
had come to a conclusion. It was utterly impossible 
for them to agrée to a stipulation for Ahe surrender of 
Fugitive Slaves. 

The fion. H. Clat. Albkiit Gallativ. 



sur la tradition des esclaves. 243 

« 

(6.) —,Mr. Gallatin to Mr. Clay. 1826 

(Extract). Department of State , 26/A Septemher , 1827* 

At my last Conférence, whîch took place jreaterday, 
the British Plenipotentîaries took up the aubject of tba 
,^ine Articles*'. • 

They reiterated the déclaration which they bad al- 
ready. iotimated , that their Government would not ai- 
cède to the proposai of à mutiial surrender of Fugitive 
Slaves, taking refuge in any part of America, withiu 
the Dominions of the otber party. When thé propo- 
sai was first mentioned , 1 bad thought , perhaps etro- 
Deously, that it was not unfavourably received, and that 
the objections applied only to the mode oi exécution. 
The reason alleged for refusing to accède to a provi* 
sion of that kind, is, that they cannot, with respect to 
tbe British Possessions, where Slavery is not admitted, 
départ from the principle recognized by tbe British 
Court, that every nian is free who reaches British 
grouud. I do not believe that there bas been any .dé- 
cision extendîng that principle to Canada, and other 
ProT&ices on the Continent of North America; and I 
do oot koow wbether the fact is strictly correct, that 
Slavery is forbidden in Canada. But it bas been inti- 
mated to me, informally, that such was the state of 
public opinion bere on that subject, that no Admini- 
stration could or would admit in a Treaty a Stipula- r 
tion such as was asked for. No spécifie reason bas 
been entered on the Protocol by the British Pleoipo- 
teotiaries. 
The Hon. H. Clat. Albert Gallatut. 

■ 

(7.) — Jtfr. Clay to Mr. Barbour. 

(Extract). Department of State, 13th June 1828. 

I transmit, berewith» a Copy of a Resolution of 
the House of Représentatives, requesting the Président 
to open a Negotiation with the British Government, 
for the recovery of Fugitive Slaves, who make their 
escape from The United States into Canada- On that 
snbîecf, Mr. Gallatin found, in bis Conférences with 
the British Ministers, that they were unwilling to 
treat. You wîU ascertain, if tbe same indisposition 
continues to exist. The evil is a growing one; and iê 
well calcidated to disturb the good nei^bourhood wliich 

Q2 , 



244 Négociât entre P Angleterre et PAmèriq. 

1826 we are deairous of cultivating with tbe adjacent BritisU 
Provinces. It îs almost impossible for tke two Govern- 
mentSy however well disposecl» to restrain individual 
' excesses and collisions, which will arise out of tbe 
pursuit of property , on tbe one side , and tbe defence, 
on tbe otber, of tbose wbo baye jfbund an asylum. 
You will fiud in tbe Instractions to Mr. Gallatin , of 
tbe 19tb June, 1826, and of tbe 24tb February, and 
24tb May , 1827 , ail tbat was communîcated to bim 
on tbis subject, from tbe Department. And if you as- 
cerlain tbat tbe Britisb Government is in a favorable 
disposition , you are autborized to renew tbe proposai 
wbich be was instructed to make, embracing Fugitive 
Slaves and Deserters from tbe Miiitary, Naval, and 
Mercbant Service of tbe two Countries. 

Tb9 Hon. Jabces Barbour. H. Clat, 

(8.) — Mr. Barbour to Mr. Clay. 

(Extract). London , 2cf October^ 18S8. 

In tbis Conférence , I opened tbe subject of Slaves 
taking refuge in tbe Britisb Nortb American Possessions» 
by representing tbat our conterminous Possessions bad 
been attended witb tbe usual border iDCOnveniences» 
alluding to tbe cases of Refugees from justice, Deser- 
ters and persons beld to service; in otber words run- 
away Slaves. Wben I mentîoned tbe border inconve- 
niences, be instantly, before I explained my object, 
and witb apparent interest, spoke of our difEcultJies in 
tbe nortb-east. I at once undeceived bim, by stating 
tbat I bad received no communication from my Govern- 
ment on tbat bead, (owiog I suppose, to tbe del^s 
of navigation), and proceeded to state wbat I bad in 
view. I endeavoured to impress on bim tbe impor- 
tance of tbe subject, stating tbat one Member of tbe 
Confederacy , and tbe House of Représentatives of Tbe 
United States, bad urged upon tbe Executive tbe ne* 
cessity of making some arrangement , by wbicb facili- 
ties should be given to tbe losers of Slaves, in regain- 
ing tbem. Tbat tbe miscbief was, by no means, con- 
fined to the number tbat escaped , but acted on , and, 
uiucb impaired, tbe value of tboSe wbo remained; tbe 
successful attempts at elopement constituting a strong 
allurement witb ail to abscond. Lord Aberdeen re- 
marked, that similar com plaints bad been preferred by 



sur la tradition des esc tapes. 245 

other Powers having West India Possessions: *that, 1826 
^hilst he would be happy to grant the most substan* 
tial remedj , yet» in the présent state of public feeling 
on this subjecty wfaich, he said, might properly be 
calied a nianîa, the application of the remedy \ras an 
affair of some deHcacy and difficulty; that the Law of 
Parliamenl gave freedom to every Slave vrho effected 
his landiug on British ground. I remarked to his Lord- 
ship, that he was labouring, I thought^ under a mis- 
take; as this was the resiilt of a judicial décision, tather 
than of parliamentary enactment. He insisted that there 
was a statutory provision to the effect spoken of ; but 
addedy that Sir George Murray, the head of the Colo- 
nial Department, intended to bring the subject before 
Parltament, when he hoped the evil complained of 
vrould be obviated | as he could not conceive that any 
People would wish to see their numbers increased by 
such Snbjects. 
The Hon. H. Clat. Jabiks BÂrbovr. 



20. 

Dépêche du Comte Pozzo di Borgo, 
Ministre plénipotentiaine de la Rus-- 
sie à Pains y adressée au cabinet de 
St. Petersbourg sur la situation de 
la France. En date du ^ Décembre 

1826. 

(Portfolio T. I. Nro. 5. 1836.) - 

Les circonstances générales i celles qui se réfèrent 
en particulier aux relations entre les cabinets de Lon- 
dres et de Paris, eu ^gard à la péninsule, Pouverture 
des Chambres, et la manière différente et souvent op- 
posée dont les journaux et les autres productions de la 
presse représentent tous ces objets, me font un devoir ^ 
de soumettre à Votre Excellence quelques observations * 
sur l'ensemble de toutes ces affaires, ainsi que sur la 
siloation de la France, et celle des hommes qui la 
gaaTerneol* 

Maigre les alarmes qui s'ëlèvent de toules parts pour 



246 Dépêche de M. de Pozzo di Borgo sur 

• 
1826 annoncer des dangers et des troubles intërieurs dans ce 
pays, quiconque veut bien apprécier sa position, par- 
viendra à se convaincre qu il n^existe aucun motif grave 
de les partager pour le moment. 

La France est forte du nombre de ses habitans , de 
la contiguitë de son territoire | de ies ressources, el 
j'ajouterai de ses institutions, surtout si elles Paient 
exëcutëes et entendues dans un esprit de bonne foi 
d'un cât^ et de modération de Tautre. 

Ces avantages sont contre*balancës , \ la vérité, et 
même affaiblis par une sorte d'inefficacité , si j'ose m*ex- 
primer ainsi, dans laquelle le Roi se laisse choir insen- 
siblement; par l'encouragement donné au zMe inconsi- 
déré d^un clergé exalté et encore ignorant; par l'action 
des hommes désignés sous le nom de congréganisies, qui 
allient l'ambition à upe sorte de piété affectée , et qui 
compromettent la personne du Roi, censé de les favo» 
riser en secret; par le manque de- dignité et de consi- 
dération dans le premier ministre, par la jalousie in- 
quiète avec laquelle il éloigne les talens dont il pour- 
rait s'aidir; par la condescendance, dégénérée en abjec- 
tion, des Chambres, et enfin par la malignité avec la- 
quelle toutes ces fautes sont présentées et exagérées aux 
yeux du public, moyennant les cent bouches de la cri- 
tique et de la haine, qui les proclament tous les jours. 

Les inconvéniens dont je viens de faire l'énuméra- 
tion, ôtent au gouvernement une partie ee ses forces, 
mais ils ne parviendront pas à le renverser. La parti 
même , qui tâche de s'en prévaloir , ne l'espère pas, 
quoique ce soit pour ce motif seulement qu'il n'ose pas 
le tenter. 

La session qui vient de s*ouvrir ne manquera pas 
de discussions vives et amères, mais la conclusion sera 
conforme au désir du ministère. La majorité des Cham- 
bres est composée de telle manière, qu'elle ne saurait, 
et surtout ne voudrait pas lui échapper. 

Cet avantage est grand, et dans un gouvernement 
représentatif il est même une condition de l'existence 
de tout ministèi^, quel qu'il soit» mais il ne remplit 
pas toutes les conditions de sécurité et de force. Les 
majorités dans les Chambres» pour être utiles, doivent 
répondre aux sentimens des peuples qu'elles représen- 
tent, ou leur inspirer ceux qu'elles professent et servir 
de modèle et d'exemple, pour faciliter au gouvernement 



la situation de la France. 24l|i 

la libre disposition des ressources de la nation. Sans 1826 
ce résultai elles ne sont qu'une simple formule , ntfceS* 
saire à la confection de lois^ regardées comme indilS^- 
rentes ou odieuses. Malheureusement ces iuconvëniens 
se réalisent ici en partie, et ils sont en effet' la cause 
de toutes les inquiétudes qui dtent à la royauté son ^ 
énergie y et prêtent des armes à ceux qui ne visent qu'à 
la compromettre et à l'attaquer. 

Dans* un temps de paix, et lorsque d'un cdté on ne 
demande aucun sacrifice extraordinaire , et que de l'au* 
tre il n'existe aucun besoin {ournalier qui ne soit satis- 
fait, il est difficile que le mécontentement aille jusqu'à la 
révolte , et que la critique dégénère en rébellion \ mais 
si les circonstances devenaient plus sévires, quel qu'en 
f&t le motif y alors on reconnaîtrait sa propre faiblesse 
morale, au milieu des immenses ressources matérielles 
dont on dispose. 

Le discours du Roi a signalé les objets qui forme-* . 
ront le sujet des débats et des délibérations des Cham- 
bres, Des personnes bien intentionnées et prudentes 
auraient désiré de ne pas agiter les questions relatives 
à la justice militaire. L*armée était habituée à celle 
qui existe et qu'elle a conservée avec la tradition de 
ses victoires. Les nouveaux règlemens, même en les 
envisageant comme meilleurs, donneront lieu à des dis- 
cussions délicates. Les ennemis de Tordre en général, 
et peut-être ceux des ministres en particulier, s*en pré- 
vaudront pour pervertir l'esprit des militaires autant 
qu'il sera en leur , pouvoir ; et malgré qu'ils ne parvien- 
dront pas à opérer tout le mal qu'ils désirent, la moin- 
dre portion sera d'autant plus nuisible, qu'elle ne sera 
contre-balancée par aucun avantage ; et qu'il nMtait pas 
indispensable de s'y exposer. 

La loi sur la liberté de la presse deviendra , je 
crains , un autre brandon de discorde. Votre Excel- 
lence sait combien j'ai toujours pensé que la faculté il- 
limitée d'en user était encore de long-temps incompati- 
ble avec l'ordre en France. Le duc de Richelieu et 
ses collègues, quoique accusés de modérantisme , ont 
constamment soutenu cette doctrine, et leur persévé- 
rance \ ce sujet a été une des armes dont les soi-disant 
royalistes par excellence, réunis aux libéraux et aux ^ 
révolutionnaires, se sont servis pour les faire tomber. 
Le chef des fauteurs de cette dangereuse doctrine 



1^48 Dépêche de M. de Pozzo di Borgo sur 

1826^talt le roi actuel. Du vivant de son frère, fl voulait 
un ministère ^elon son coeur, et pour Tobtenir il se 
compromettait dans une question plus forte que tout, 
lorsqu'une fois elle serait admise. Ce funeste triomplie 
le mena au pouvoir avant d^arriver au trâne. Cepen- 
dant Louis XVIII rëtablit de nouveau la censure. Elle 
existait lorsque Charles X prit la couronne. 

Les engagemens antérieurs, les professions de foi, 
le manque d'ënergie qui empêche d'avouer et de corriger 
une faute commise, lorsque sa continuation en aug- 
mente les inconv^niens, entraînèrent le Roi à rétablir la 
liberté, contenue par une loi destinée à en arrêter ou 
à en punir les écarts. 

Dans la situation où la ]F*rance se trouvait et où elte 
est encore ; la loi , pour ce qui concerne la presse, 
n'est qu'un moyen subsidiaire. Le principal consiste k 
gouverner avec une grande supériorité de vues, à ne 
pas déchoir par des défauts de caractère, par des faus- 
setés et des puérilités habituelles dans la considération 
du public: à ne pas contracter l'esprit de secte qui n'est 
pas celui de la religion; \ abstenir de traiter la France 
comme si elle était païenne ou idolâtre , et surtout à 
s'affectionner les tribunaux en général, et la Cour de 
Paris en particulier , parce que , ne pouvant pas user 
du pouvoir absolu et n'ayant d'autre arme contre les 
roéchans que celle de la magistrature, il fallait la met- 
tre dans ses intérêts, et adopter un système auquel 
elle aurait pu s'associer sans blesser les devoirs de 
son état. 

Ces règles de conduite ont été, ou négligées en gfande 
partie, ou bien on en a suivi d'autres diamétralement 
opposées. De le la licence et la confusion, a laquelle 
on voudrait remédier aujourd'hui Tous les bons esprits 
sentent qu'il est indispensable d'arrêter le débordement 
actuel, mais ils craignent en même temps qu'en donnant 
trop au Roi, — dans les dispositions qu'on lui sup- 
pose, de vouloir en user pour agrandir le jésuitisme, 
et pour se barricader, pour ainsi dire, dans le cercle 
étroit ou il s'est renfermé au milieu de la France , un 
pareil abus n'eu amène d'autres , qu'ils appr.éhendent 
encore davantage que ceux qui existent et qu'ils avouent. 

Une loi présentée et débattue sous de tels auspices 
sera molle , ambiguë et par conséquent inefficace. Une 
plus grande conlSance , de la part du public et des tri- 



la situation de la France. 249 

bunauxy dans les hommes qui gouverneht .et dans le 1826 
Roi| pourrait seule lui donner, dans le cours de son 
exécution I IVnergîe qui manque à sa conception pre- 
mière ; mais cette confiapce est encore loin d'exister, 
et je 4oute qu'en continuant dans les erremens suivis 
depuis environ quatre ans, elle parvienne Jamais 2i 
s'âablir à un point désirable. 

Les finances sont dans un état suffisamment pros- 
père^ si Ton considère la grandeur des recettes et leur 
progression successive; cependant.il existe tanlr>de dë« 
penses non nécessaires, devenues habituelles, qu'il ne 
reste que des supplémens incomplets pour d'autres qui 
sont indispensables et vitales. Les forteresses anciennes 
sont reparées avec une lenteur qui les tient encore dans 
un état d'imperfection et par conséquent de faiblesse, 
surtout en égard au perfectionnement de celles élevées 
sur la frontière opposée; les grandes routes se dégra- 
dent; l'armée elle-même et la marine sont sur un pied 
qui attend des augmentations et des améliorations , sans 
lesquelles il deviendrait impossible de les faire agir 
avec Vensemble et la force indispensable à leur action 
el & leurs mouvemens. 

J'ajouterai que les finances d'un royaume tel que 
celui-ci, qui se composent de ressources réelles et de 
crédit, dépendent beaucoup du sentiment de la sécurité 
politique,' de la tranquillité intérieure, et par consé^ 
quent de la stabilité de' son gouvernement. Sans doute 
celui de la France remplit une partie de ces conditions, 
même malgré ce- que je viens d'observer sur ce qu'il 
laisae à désirer ; mais cette position est dépendante , en 
quelque sorte, de la continuation de la paix. Une 
guerre sérieuse et les sacrifices qu'elle imposerait, don- 
nerait lieu, je crains, Il tous les effets de la frayeur 
des capitalistes, de l'indifférence d'une grande portion 
<lt la nation et des sentimens révolutionnaires de beau- 
coup d'autres. 

Les événemens de la péninsule sont survenus et ont 
compliqué encore davantage une situation aussi délicate. 
M* Canning, qui Ta examinée durant son séjour à Pa- 
ris, et qui l'a peut-être jugée plus faible et plus dan- 
gereuse qu'elle n'est, vient d'abuser des connaissances 
qu'il avait acquises en insultant la France avec audace 
cl mépris. 

Sans doitte le gouvernement français agit prudem- 



250 Dépêche de M. de Pozzo di Borgo sur 

1826 ment en dlsainiulaDl les injurea qu'on lui adreaM, et 
, ea ëvitant de ae compromettre, maia cet aveu nëcea- 
aaire de aa faibleaae eat loin de le rendre populaire ou 
reapeclable* 

Ceux qui aont oubliëa ou froiaaéa ne manquent paa 
de lui imputer Fabaiaaement de la France, non pas 
parce que aes malheura paaaëa Font dépouillée des mo« 
' yena capablea d'obliger aa rivale à la ménager, maia 
parce que aelon leur dire et leur aentiment, le Roi 
n*-eat patf dana la natioti, placée, par la faute de aon 
chef légitime, entre l'humiliation et. la révolte. 

Ausai long-tempa que cea germea de mécontentement 
ue aeront paa fécondée par la guerre, l'adminiatration 
auffira pour tenir lea cboaea et lea hommea dana l'état 
où lia aont. Noua yerriona le contraire ai la nation 
était exposée à dea dangera qu'elle ne pourrait aurmon- 
ter que par dea aacrifices. 

Sana doute le roi d'Eapagne ou aea conaeillera ont 
lea torta lea plua évidena, maia leura torta ne font que 
rendre plua aenaiblea lea coupa qu'on leur porte. 

Loraque, par une combinaison de circooatancea mal- 
lieureuaea , le chef de la famille dea Bourbona eat ob« 
lige à< a'éiever contre aea membrea , non paa comme un 
aupérieur qui avertit et corrige lea ai^na dea erreurs 
qn'ila commettent, maia comme Pinatrument d'une puia* 
santtB qui lea menace et lea avilit toua, leur considéra- 
tion commune a'amoindrit, et l'exiatence même, a'use 
au point de ne pouvoir plua aoutenic le choc d'aucun 
événement extraordinaire. 

Cet état de choaea éat d& en partie au relflchement 
du système européen , après l'heureuae victoire rem- 
portée par lea monarchîea contre lea revolutiona dans 
la péninaule; il eat d& encore plua directement au man- 
que de capacité de M. de Villèle qui, malgré aon intel- 
ligence naturelle, n'a jamaia pu ni voulu comprendre 
que la liberté des mouvemens politiques de la France 
dépendait de la manière dont aérait adminiatrée l'Eapagne, 
Maintenant il avoue l'inconvénient, aana convenir de la 
faute, et de pense, avec raison, qu*à s'accommoder 
avec la crise du moment, parce qu'il s'est mis dans 
l'impossibilité d'agir plus largement. 

A mesure que la situation est délicate, il faudra 
augmenter d'intérêt et de soiu pour la garantir des 
maux qui la menacent. La Ruaaie a rétabli la monar- 



la situation de la France. 251 

chiaffançaise par ses armes; elle a continatf à la pro- 1826 
t^er par sa g^ntfrosit^, elle la préservera , fose espë^ 
rer, des embarras et des malheurs même qui semblent 
la menacer y par son influence et sa politique* 
J*ai l'honneUr, etc,, etc. 



21e 

Dépêche du Comte Pozzo dî Borgo 
concernant VEspagne et le Portugal^ 
adressée au Comte de Nesselrode à 
St. PetershOurg. En date de Paris, 
le ^ Décembre 1826, Nro. 141# 

J'ai rhooneur.iÂe ti^nsmettre \ Votre. E^i^ell^nce la 
correspondance que j'ai reçue des missions impënaleê 
en Espagne et en Portugal, 

Mon premier, désir ^' en la voyant paraître , était de 
renvoyer immédiatement au cabinet impérial ; mais d'un 
cdté, il aurait été impirudent de confier à la poste des 
dépêches qui contenaient souvent des observations déli- 
cates , qu'il n'aurait pas été sage d'exposer à la perlus« 
tration de toute l'Europe $ et de l'autre, ie me faisais 
un scrupule d'envoyer» pour ainsi dire» à chaque in- 
stant des courriers extraordinaires pour porter des do- 
cumens qui ne me semblaient pas justifier entièrement 
et la forme et la dépense d'une pareille transmission. 

'Afin de remédier autant qu'il était en mon pouvoir 
aux inconvéniens du retard, si toutefois il en existait, 
je me suis empressé de conter à Y, Ex. les nouvelles 
lefi plus importantes, et j'ose espérer que le cabinet 
impérial n'a été privé dans l'intervalle d'aucun renseigne- 
ment essentiel, digne d'intéresser sa juste curiosité ou 
de fixer son attention. 

L'ensemble de cette correspondance, telle qu'elle 
est maintenant soumise \ Y. Ex., contient la démon* 
stration que les ordres de S. M. l'Entpereur ont été 
exécutés a Madrid et à Lisbonne avec une exacte poDC« 
tualité ; 

Que le langage tenu par les rejMrésentans de la Rus- 
sie et les directions subsidiaires qui leur sont parvenues 
de ma part, basées sur les instructions générales du 



252 Dépêche de M. de Pozzo di Borgo 

1826 rainiatèra impérial , ont çu constamoieDt pour but dfin- 
culquer la justice et la modération aux deux gouTerne- 
mens de la péuinsule^ 

Que la France et l'Angleterre y quoique ayant dea 
rapporta et affectaqt des intérêts différens, sont unani- 
mement satisfaites de l'attitude et de la conduite de 
tous les serviteurs de Sa Majesté ^ chargés d'exécuter 
ses hautes volontés, soit à Madrid et à Lisbonne , soit 
Si Paris et à Londres, t% que ce sentiment se manifeste 
par des aveux publics et par des témoignages de re- 
connaissance. ' 

Ce résultat i M. le Comte , a son prix : première- 
ment, jparce qu'il méritera., j'ose l'espérer, l'approba- 
tion de S. M. l'Empereur ; et en seolnd lieu , parce 
qu'avi milieu d'opinions çt de .passions discordantes, la 
politique de la Russie conserve ce juste milieu conve- 
nable à l'intérêt général et \ sa position spéciale par 
rapport' à ce genre d'affaires* '*-^ 

La satisfaction que nous potivottt tirer de la con- 
viction d'avoir agi conformément aux règles de la sa* 
gesse et de l'impartialité, ne «aurait cej^endant diminuer 
le sentiment de peine que doivent causer les progrès 
que le désordre a déjà faits au-délà dés Pyrénées, les 
mesures périlleuses qui en ont été la suite, et cellea 
qui peuvent être prises à^ l'avenir. 

En soumettant mes observations au cabinet impérial 

dans mon rapport sous le n® 123, en date du : r-r 

je n'avais pu m'empêcher de prévoir que nonobstant 
la confiance dans laquelle vivaient M. Canning et *M. 
de-Villèle, de pouvoir empêcher les collisions entre. 
l'Espagne alarmée, violente et obstinée-^ et le Portugal 
dans le fait révolutionnaire, j'iqppréhendais des résullata 
différens et déplorables. Les motifs de mes. craintea 
étaient fondés d'un côté sur l'incompatibilité des intérte 
dès deux pays, et de l'autre sur l'erreur des deux ca- 
binets, savoir: celui de Londres | de ne pas se pronon- 
cer favorablement sur le sort de D. Miguel, et celui de 
Paris, de se faire représenter par le marquis de Mou- 
stier, instrument odieux aux représentans de tous lea 
souverains de l'Europe à Madrid, et infi4èle à son 
propre gouvernement; 

Ces craintes ne se sont que trop « réalisées. Tan- 
dis que le roi d'Espagne promettait, par des notes, de 



concern. tEnpagne et le Portugal. 255 

s« condnire selon le« rigles de la prudence, et de met- 1826 
tre à profit lee conseils qui loi étaient offerts ^ de ne 
pas manquer à la bontie foi, et de se garder de se 
donner des torts que personne n^aurait ose ni défendre. 
ni dissimuler, ses agens» ou ceux de la faction qui le 
domine, organisaient un corps ji'armée de militaires 
portugais, qui auraient dû être dispersés et désarmés, et 
préparaient sans ménagement et sans pudeur l'invasion 
du territoire portugais par le marquis de Chayes . et au- 
tres chefs réfugiés.' 

Ce plan était d'autant plus insepsé qu'il devait pro- 
duire l'effet contraire à celui que ses auteurs en atten- 
daient. En effet , en laissant la constitution de D. Pe- 
dro \ ses propres défauts, elle aurait rencontré par soil 
exécution de véritables obstacles en Portugal même. 
Ces obstacles, venant de l'intérieur, ne fournissaient 
pas \l l'Angleterre le motif de la défendre, et peot-étre 
qu'elle aurait été obligée de la laisser périr, ou de la 
modifier; tandis que, du moment que les Espagnols 
l'attaquaient, avant que ses vices fussent reconnus, cette 
attaque devenait une cause d'intervention pour la Grande- 
Bretagne, et la constitution elle-même un objet d'inté- 
rêt et d'union pour les Portugais, dès qu'il s'agissait 
de la défendre contre l'influence espagnole. 

Nous n'avons cessé d'inculquer et de prêcher ces 
vérités dis l'apparition de la charte de D. P^^dro, mais 
la cour de Madrid et ses conseillers n'ont jamais voulu 
en tenir aucun compte. La France , de son cAté, a ^ 

perdu trois mois en remontrances mal présentées et s'est 
laissée surprendre par des événemens qui lui ont été 
signalés, lorsqu'il était encore temps de travailler avec 
plus de sens et d'efficacité à les prévenir. ' 

A peine la nouvelle de l'invasion était arrivée \ 
Londres , que le cabinet se décida \ envoyer au Par- 
lement le message déjà connu. M. Canning fit faire la 
communication à M. de Yillèlç la veille de l'ouverture 
des Chambres, ce qui motiva la phrase qui termine le 
discours du Roi et qui rappelle les vertus guerrières 
de la France, si elles étaient appelées à se montrer 
pour défendre l'honneur national. 

Dans les entrefaites, les ordres donnés \ M. Lamb 
changeaient de ton \ chaque instant; tentât ils étaient 
p^remptoires, pour qu'il eAt à quitter Madrid, et tantôt 
pour qu'il différât de prendre ce parti définitif. 



254 Dépêche de M. de Pozzo di Borgo 

1826 Nous apprtoies en même temps que la R^ente avait 
fait notifier au comte de Casa-Florès ^ ministre d^Espa- 
gne, que sa qualité diplomatiaue cessait d'être re- 
cooDuei et qu'elle avait ordonné a son charge d'affaires 
à Madrid de demander et d'obtenir la reconnaissance 
de la régence ou de partir dans les vingt-quatre heures. 

 cette nouvelle le baron de Damas expédia un 
courrier pour conseiller au Boi catholique de faire dft>it 
à la demande du gouvernement portugais^ et je profitai 
de cette occasion pour adresser la «dépêche ci-annexée 
à Mi d'OubriL L'espoir qu'elle servirait à prouver à 
Londres que nous ne négligeons aucun moyen de con- 
jurer l'orage, me décida à en envoyer immédiatement 
copie au prince de Lieven. 

Les esprits étaient dans Fattente et en quelque sorte 
alarmés de ce qui allait arriver , lorsque le discours de 
M. Ctnning k la Chambre des Communes vint les sur- 
prendre de la manière la plus pénible. 

Si jamais ceux qui ont examiné le caractère politi- 
que de ce ministre ont jugé avec sévérité ses maximes 
et ont pronostiqué qu'il était capable de ^e respecter 
ni la justice ni les convenances , lorsque son intérêt ou 
son amour-propre lui en demandait le sacrifice, certes 
il, a ajouté dans cette circonstance la preuve la plus 
complète et la plus propre à justifier ce douloureux 
pressentiment. 

C'est lorsqu'il avoue qu'il est convaincu de la sin- 
I cérité des intentions et des efforts de la France pour 
contenir TEspagne dans les limites du devoir et de la 
modération , qu'il se vante d'avoir causé à cette France 
tout le mal qui était en son pouvoir, en loi rendant 
la garde, encore plus que l'occupation de la Péninsule, 
nuisible et désastreuse. 

M. Canning ajoute que, pour se venger de la guerre 
faite aux révolutionnaires d'Espagne , il a consolidé la 
révolte de l'Amérique et en a assuré l'indépendance. 

Non content de limiter l'influence du mal, dont il 
se glorifie d'être l'auteur, aux deux monarchies qu'il 
désigne nominativement, il annonce qu'il en tient en 
réserve une plus forte dose pour tout le monde. Il dé- 
clare que l'Angleterre, assise sur la grotte des vents ré- 
volutionnaires, est inattresse de les déchaîner pour qu'ils 
confondent le ciel et la terre, tous les trânes et toutes 
les institutions, et qu'ils fassent de cette Europe ^ dont 



concern. f Espagne et le Portugal. 355 

* 

il tient les destinées , un vaste champ de désordre et 1826 
de dësolalion. C'est h. ne pas le mettre dans la néces- 
site d'ouvrir les cataractes de ses fureurs qu'il nous 
conjure tous de nous occuper, si nous ne voulons pas en 
être les victimes. 

Lorsqu'on pense qu'un tel langage est sorti de là 
bouche d*un tel homme et dans une pareille circon- 
stance , qu'il ne s'est pas é\e\é une seule voix pour le 
contredire^ que toutes l'ont répété au contraire avec un 
enthousiasme égal à celui qui entonnait ce cantique de ' • 
vengeance non provoquée , on est obligé de faire des 
réflexions pénibles, mais nécessaires, et de s'avouer 
unç triste et terrible vérité, — savoir: qu'il s'opère 
en Angleterre une révolution dans les esprits, contraire 
à la tranquillité des monarchies du continent , et que 
si une lutte quelconque allait s'établir entre la Grande- 
Bretagne et quelque autre puissance, l'homme qui pré- 
side au cabinet de Londres , et la nation en général, 
auraient recours aux moyens les plus noirs pour ac- 
complir leur but, savoir: celui de satisfaire l'orgueil et 
la rapacité insatiable qui les caractérisent. 

Quant à la vérité des assertions de M. Canning, elle 
est heureusement plus que problématique , et il n'j a 
que ses mauvaises intentions qui soient évidentes. Il 
est faux qull ait aggravé la situation des Français en 
Espagne. Il n'est pas exact de dire qu'il est l'auteur 
de la séparation des colonies espagnoles. Cinq ans de 
révolte, sans presque rencontrer de résistance, les mal- 
heurs et l'imbécillité des conseils de l'Espagne en sont 
les véritables causes immédiates, sans chercher les plus 
lointaines. La rhétorique de M. Canning dans cette 
affaire, et sa précipitation, ont coûté à la Grande-Bre- 
tagne la crise commerciale et financière la plus forte et 
la {ÉDS sévère qu'elle ait Jamais soufferte , et dont elle 
est bien loin de s'être relevée. Ces faits soift évidens, 
mais personne ne e'en rappelle, parce que la rage de 
peser sur les monarchies du continent la rend moins 
sensible à ses propres maux. 

Pour ce qui concerne la facilité d^exciter des révo- 
lutions, J'espère et J'ai la conviction qu'elle est infini- 
ment moins grande que celle dont les Anglais se van- 
tent. Ils pfeuvent parvenir à provoquer des troubles 
00 Ik former des conspirations, si de tels moyens leur 
paraissent si préférables; mais ils exposeront leurs vic« 



'• 



256 Dépêche de M. de Pozzo di Borgo 

1826 times sans pouvoir les défendre , parce qu'ils n'ont pas 
d*arfnëes pour les soutenir, et parce que oeux qu'ils 
voueront a la destruction ne manqueront ni dMnergie 
ni de moyens de se préserver. 

Ce discours a provoqué une indignation générale; 
mais comme les passions mettent tout à profit dans le 
sens qui leur est propre, les partis ont associé les torts 
de M. Canning à ceux de M. de Villèle, de manière 
que la désapprobation du premier a été atténuée par le 
désir de faire servir son langage au détriment du second. 

Quant à moi, malgré la juste appréciation que je 
ne pouvais me dispenser de faire d'une circonstance 
a^issi signifiante et aussi digne de blâme, je me suis ap- 
pliqué à en parler avec le président du conseil et le 
baron de Damas d'une manière calme et réfléchie, et 
à les exhorter à ne pas donner dans le piège par des 
récriminations, seul moyen d'éviter une rupture immé- 
diate, au point ou les choses étaient ié)k arrivées. 

Je dois II ces deux ministres la justice de dire qu'- 
ils étaient dans les mêmes dispositions, et qu'il ne s'est 
agi entre nous que de les mettre en pratique d'une ma<« 
nière conforme a la dignité du Roi et du pays, et pro- 
pre h. contenir ceux qui auraient voulu par imprudence 
ou par malignité tout confondre et tout compromettre. 

Nous étions dans ces termes, lorsque le prince de 
Lieven, pénétré des dangers de la situation et du besoia 
de s'entendre sans perte de temps, m'envoya l'assesseur 
de collège , Labensky , avec ses ij^pports en date des 
13> 14 et 15 décembre n. st^ accompagnés d'une lettre 
particulière contenant les informations confidentielles, 
dont j'aurais pu faire usage, afin de donner au cabinet 
français une direction, sage , comme le moyen le plus 
s&r de tenir celui de Londres dans la modération*, et 
par conséquent d'éviter la guerre entre les deux pays. 

Cette expédition m'arriva dans la nuit du 6 (18), 
lorsque le ministère venait de quitter l'hdtel de l'am- 
bassade, où le jour du nom de Sa Majesté l'Empereur 
avait été célébré. J'allai immédiatement chez M. de 
Villèle pour renforcer mes argumens précédens par les 
lumières et les raisonnemens qui m'étaient arrivés de 
Londres. Le président du conseil se confirma encore 
d'avantage dans les résolutions déjà prises, et) me fit 
l'exposition du discours que le baron de Damas pro<- 



r. 



concern. f Espagne et le Portugal. 257 

noncerail le lendemain à la Chambre des Pain, à Tocca- 1826 
tion de l'adresse qui devait être yot^e au Roi. 

Tout ëtant ainsi combine, ce discours fut en effet 
prononaë le lendemain ; V* Ex. en lira la teneur dans 
la feuille ci-incluse. £n examinant l'ensemble des faits 
et de la position , il me semble qu'il contient tout ce 
qui peut offrir à M. Canning une occasion d'arrêter 
ses violences. La question est maintenant réduite \ la 
conduite de TEspagne. Avec la certitude où l'on est 
que, maigre les intrigues de la cour de Madrid, elle 
n'osera jamais faire passer un Espagnol arme sur le ' 
territoire^portugais ; le cabinet de Londres, s'il désira 
éviter une rupture avec 8. M. C. comme il faut l'espé« 
rer, l'évitera à plus forte raison avec la France. 

Tout porte donc à croire que nous éviterons, du 
moins pour le moment, la conflagration dont le midi 
de l'Europe est menacé. 

Tel est, M. le Comte, la perspective que faime à 
envisager , quoique nous ayons besoin encore de quel- 
ques leurs pour attendre des évéoemens qui sont pro- 
bables, c'est-à-dire la présertation de Lbbonne de la 
présence des insurgés et Tarrivée des troupes anglaises, 
la défaite des réfugiés portugais, rentrés du* cdté d'Alen- 
t^o, le manque de progrès de ceux du nord, avec les 
circonstances qui doivent naturellement accompagner et 
caractériser ces mouvemens. Si les ennemis de la Ré- 
gente s'affaiblissent et que leur ruine soit suffisamment 
indiquée, la commotion s'apaisera, les conseillers du 
Roi d'Espagne reconnaîtront leur impuissance, M. Can- 
ning se calmera, et nous aurons encore le temps de 
respirer et de voir s'il est possible de parvenir à un 
accommo4^0MDt qui rende compatible l'existence des 
deux gouTernemes de la péninsule. 

Cette tâche sera dure et laborieuse, mais il en sur« 
viendra une autre qui ne le cédera en rien à la pre- 
mière. Je veux parler de la lutté directe qui s'établira 
entre la France et l'Angleterre | sur l'évacuation de la 
péninsule par leurs troupes. 

Sans doute, les drapeaux anglais ne quitteront pas 
le Portugal sans que ceux de la France abandonnent 
l^pagne» La réciprocité semble de droit; cependant 
il n'y a nulle parité dans Tétat de la question. En 
évacuant liisbonne, le gouvernement anglais est sAr d'y 
retourner à volonté, parce que le pays est dans sa 

Jiouv, SuppUm. Tonu IIL R 



* 
s 



258 Dépêche de M. de Pozzo dl Borgo etc. 

1826 maia et qu'il le lient sous la domination de ses esca- 
dres; mais en quittant Cadix, la France le liTre- au 
Roi d'Espagne, qui n'est pas sûr de le garder. Une 
révolte locale, aisée ^ provoquer dans une villes appau- 
vrie et habitée principalement par une population d'ori- 
gine étrangère, motivera la présence dHin agent de 
commerce anglais pour la soutenir, et enfin l'occupa- 
tion de la conquête* 

L'Angleterre a des prétentions pécuniaires envers 
l'Espagne. M. Canning menace à chaque instant de se 
payer à main armée. Le jour peut arriver , ou il sur- 
prendra ce boulevard, comme nantissement des indem- 
nités, qu'il n'obtient pas par les négociations. Un dis- 
cours qui flatte les passions du public, les amplifica« 
tiohs sur les avantages qu'en retirera le commerce, sur 
les malheurs qu'en éprouvera l'Espagne, sur l'humilia* 
tion que doit en ressentir la France, sur les dangers 
qui en résulteront pour la famille des Bourbons, non 
seulement justifiera la violence, mais sera une occasion 
de triomphe» et les entrailles de l'Angleterre tout en- 
tière tressailleront de jdie \ la vue d'une injustice, 
grande, utile et commise impunément. 

En anticipant la question , je suis loin de l'admettre 
aujourd'hui parmi celles que nous avons à débattre. 
Elle ne se présentera que trop tdt, et si j'ai pris la 
liberté d'en parler, c'est pour préparer le cabinet im« 
périal à la voir paraître en son temps et pour lui en 
indiquer toute l'importance. 

Cette dépêche contient tout ce que j'ai pu recueillir 
relativement aux affaires de la péninsule et aux com- 
plications qu'elles ont amenées par l'intervention de 
l'Angleterre et de la Fraocei Elles sont encore de na- 
ture & ne pas désespérer de la paix. C'est dans ce 
but, M. le Comte, que je ne cesserai d'employer toua 
mes efforts, comme celui qui est conforme aux inten- 
tîons et aux ordres de notre auguste maître. 

J'ai l'honneur, etc. 



259 
— — 1Ç87 

22. 

Instruction adressée par le cabinet 
de St. Petersbourg à M. de Severin, 
Envoyé de la Russie auprès de la 
confédération Helvétique. En date 

du 14 Janvier 1827. 

(Portfolio. T. IV. Nro.28 et 29. 1837.) 

MoDsieur , 
La confiance de l'Empereur vous appelle à Phonneur 
de le reprësenter en Suisse , et vous trouverez ci-)oint 
les lettres qui accréditent auprès des autorités de ce 
pays. A ces lettres nous ne pourrions pas ajouter d'in* 
structions. Vos longs travaux au ministère des affaires 
étrangères, les services que vous y avez rendus, la con- 
naissance que vous y avez acquise des principes qui 
président \ la politique du cabinet de Russie, nous dis- 
pensent du soin de vous développer des ma^âçnes géné- 
rales dont vous êtes pépétré depuis long-temps, et que 
vous avez» au reste, étudiées dans leur application par- 
ticulière Si la Suisse, depuis le jour où j'ai eu le plaisir 
de vous annoncer votre nouvelle et honorable destina- 
tion. Si donc, au moment de votre départ, nous vous 
traçons un rapide aperçu des intentions de Sa Majesté 
Impériale, relatives à ses rapports avec la Confédération 
helvétique, c'est moins pour vous donner des directions 

Îue pour vous fournir, en vous exprimant les voeux 
e notre auguste maître, une preuve de la bienveillante 
soUidtude que vous ne cesserez de lui inspirer. 

Par sa position géographique, la Suisse est la clef 
de trois grands pays. Par ses lumières et ses moeurs, 
•elle occupe un rang distingué dans la civilisation euro- 
péenne. Enfin, par les actes des Congrès de Vienne 
et de "paris , elle a obtenu la garantie de son organisa- 
tion pi^ésente, de sa neutralité, et de son indépendance» 
Ce peu de mots suffit pour caractériser les intérêts 
auxquels vous aurez à veiller dans l'exercice de vos 
fonctions. 

Dès que la diplomatie, participant aux améliorations 
de toat genre qui s'opéraient en Europe, .eut pour but 

R2 



260 Instruction pour tEnuoyé de la 

1827 dans ses combinaisons les plus profondes et les ploe 
utiles, dMtablir entre les diverses puissances un ëqui- 
Hbre qui assurât la durëe de la paiz^ Pindëpendance de 
la Suisse devint un des premiers axiomes de la poli- 
tique. Les traitas de Westphalie la consacrèrent, .et il 
est facile de prouver, Thistoire à la main, qu'elle ne 
fut jamais violëe sans que l'Europe n^eftt à gëmir de 
guerres et de calamités universelles*- 

Lors de la révolution française, la Suisse éprouva 
'fortement la secousse qui vint ébranler les deux mon- 
des. Son territoire fut envahi , des armées le franchi- 
rent, et des batailles ensanglantèrent un sol que les 
discordes des états avaient long-temps respecté. Lors 
de la domination de Bonaparte, la Suisse eut sa part 
du despotisme qui pressait sur le continent. Finalement 
apparut l'Alliance avec ses nobles triomphes, et la Suisse, 
qui avait été bouleversée pendant la tourmente révo« 
lutionnaire, et asservie pendant le régime des conquêtes, 
redevint indépendante et neutre du joor où les droits 
des nations recouvrèrent leur empire, et où la paix fut 
le voeu du monarque dont ce changement était le sa* 
Itttaire ouvrage. 

Ce fut alors que la Confédération helvétique occupa 
la pensée de l'empereur Alexandre de glorieuse mémoire, 
et alors aussi que son indépendance reçut, par les ac- 
tes de 1814 et 1815, une sanction solennelle, qui com-^ 
pléta et assura le rétablissement solide de la tranquil- 
lité générale.. 

La Suisse est par conséquent, on peut le dire, un 
des points sur lesquels repose l'équilibre de l'Europe: 
le mode d'existence politique dont elle jouit, forme ua 
des élémens du système conservateur qui a succédé a 
trente années d'orages, et la Russie doit souhaiter que 
cet état continue à ne relever et à ne dépendre d'aucun 
autre. 

« 

Elle y est intéressée comme puissance que ses prin-* 
cipes et le sentiment de son propre bien portent à vou- 
loir la paix. Elle en a le droit comme puissance qui 
a signé les actes de 1814 et 1815. 

Ces considérations vous guideront, Monsieur, dans, 
vos rapports avec les autorités fédérales. Vous n'aurez 
pas de peine à convaincre les magistrats et les hommes 
les plus considérés de la Suisse , que leurs voeux s'ac- 
corderom toujours avec les nâtres pour le maintien des 



Russie en Suisse. 26l 

prérogatives politiques de kur patrie, qu'elle insjpire l 1827 
r£Hipereur une soUicilude héréditaire, et, qu'afin de 
ae trouTer conformes aux désirs de Dotre auguste mo- 
narque, les relations que vous êtes chargé d'entretenir 
avec elle doivent être des relations d'amitié et de mu- 
tuelle confiance* 

Mais ce n'est pas seulement Tindépendance extérieure 
de la Confédération helvétique que les actes du congris 
de 1814 et 1815 ont stipulée. Comme tous les autres * 
pays, la Suisse n'avait pu se préserver 'do la lutte que 
la révolution française a ouverte entre les idées ancien- 
nes et les idées nouvelles. 

Les principes constitutifs de son gouvernement s'en 
étaient' ressentis. Un partage plus égal de pouvoir en- 
tre les divers cantons dont elle se compose fut TeiFet 
nécessaire de cette influence, et, dès l'époque o\x la 
Suisse se rangea en 1813 sous les drapeaux libérateurs 
des alliés, il devint évident que l'organisation intérieure 
qui y avait existé autrefois n'y serait plus applicable, 
que les vingt dernières années y avaient mis au jour 
des intérêts qui réclamaient de justes égards, et qu'une 
sage transaction entre le passé et le présent pouvait 
seule rendre à ses contrées le repos et le bonheur. 
Elle eut lieu; les bases d'un nouveau parte fédéral fu- 
rent posées, et ce pacte revêtu d'une formelle garantie 
dans les traités négociés au congrès de 1815 et désor- 
mais aussi inviolable que ces traités mêmes, dut être 
considéré dès lors comme faisant partie intégrante du 
nouveau système européen. La Russie est donc dans 
l'obligation de contribuer, autant que cela lui est pos- 
flflble, niais sans exercer un droit d^ingérance, ^u'- 
elle ne s'attribuera jamais dans les affaires qui ne 
la concernent pas directement, à la stabilité du ré- 
gime actuel de la Suisse, et votre premier soin. Mon- 
sieur, sera de prouver que la Russie reconnaît et rem- 
plit cette obligation. Vos explications à ce sujet avec 
vos collègues, les représentans des autres cours , comme 
avec les fonctionnaires du pays, seront aussi positives 
qae les clauses dont vous invoquerez l'autorité. Elles 
ne laisseront aucun doute sur l'intention de l'Empereur, 
que la Conjédiration Iieluétique se soutienne et pros- 
père telle que les actes de 1814 et 1815 Vont dé- 
finitii^ement constituée. 

Mais il existe pour elle deux écueils que notre dé- 



262 Instruction pour VEnuoyé de la 

1827 Air de coopérer \ son bien-être nous engage \ lui s!gD««- 
1er par votre organe, et avec une entière francbiâe. 
Placée entre des ëtats oà fermentent encore des levains 
de révolution, entre le Piémopt où les ëvénemens de 
1821 n'ont que trop véséié le secret et la puissance 
d'une secte ennemie de tout ordre légitime, la France 
où de nombreux artisans de troubles s^ejforcent de 
communiquer le mouvement qui les agite y et le 
midi de T Allemagne où se retroussent les ramificom 
tions du même complot, la Suisse, avec ses formes 
républicaines , aura toujours à craindre que ces bommes 
de malheur ne cherchent à établir dans son sein le 
foyer de leur activité coupable, et que, comptant sur 
les institutions qui la régissent, et sur la neutralité* de 
son territoire, ils ne se flattent d'y préparer sans in* 
quiétude l'accomplissement des projets qu'ils trament 
contre les peuples et les Rois. 

Déjà, au congrès de Vérone, les réclamations du 
gouvernement sarde ont appelé sur ce danger l'atten» 
tion des principaux cabinets de l'Europe. Elles ont dé- 
montré les graves inconvéniens du séjour que fendent 
en Suisse des hommes contraints de fuir une patrie 
dont ils avaient conspiré la ruine ^ et les 'protocoles 
du congrès, ainsi que les décisions subséquentes de la 
conférence de Paris, ont fixé \ cet égard des principes 
que les autorités helvétiques ne sauraient appliquer avec 
trop de scrupule*, et d'exactitude. 

Nous leur rendons ici la justice de dire que les dé- 
marches faites auprès d'elles, à la suite des voeux 
énoncés par la cour de Turin: ont été couronnées de 
snccès; que toutes les représentations de votre prédé- 
cesseur, dans cette occasion et dans plusieurs cas de 
même genre» ont reçu un favorable accueil; et que les 
réponses qu'il nous a transmises aux communications 
dont il avait été chargé, concernant la découverte, le 
jugement et la punition du complot horrible qui s'était 
formée en Russie, respiraient des sentimens dont l'ex- 
pression honore les vues et l'esprit du gouvernement 
fédéral. Mais nous le dirons également, les appréhen- 
sions des états amis de la paix à Fégard des menées ré- 
volutionnaires qui se poursuivaient en Suisse ne sont 
pas entièrement dissipées, et si aucune preuve maté- 
rielle n'atteste encore qu'elle est, à son insu peut-être, 
le centre de sociétés secrètes qui méditent et Pinsu- 



Russie en (Suisse» 263 

rectioo et le rëgkîde y il n'en est . pas inoios yrsi que 1827 
des ayertissemens rëpiélés* et des présomptions de plus 
d'une espèce ne nous permettent pas de regarder cette 
opinion comme . dénuëe de tout fondement. Vous ne 
manquerez pas. Monsieur, de suivre d'un oeil attentif 
les indices de ce âoiiveau përil. Vous ne manqueres 
pas de le signaler à la ^vigilance des -magistrats appelés 
a le pr^Yenin Déclarez* leur , avec toute cette focce 
que donne la conscience d'intentions bienveillantes et 
pures y que« pour oflrir le gage d'une keureuse duréci 
l'existence de la Svissie doit être inoiTeBsive. Faites* 
leur comprendre Qu'elle ne porterait plus ce caractire» 
si les libertés helvétiques devaient protéger les efforts, 
du génie des révolutions, si les moKfs dès inquiétudes 
qu'on manifeste n'élaient pas spprofoodîs, si la voix 
amicale des cabinets qui les expriment n'était pas écou« 
tée. Observez «leur enfin, et obset'vek à tous ceux qui 
cônseirvent en Suisse : un Sincère patriotisme , .que les 
intérêts qui leur, tiennent le plus à coeur, les intérêts 
de leur indépendance et de leors institutions nationales, 
sont d'accord «vecnoS conseils, que la Suisse serait la 
première, victime des machinations dont elle aurait im« 
prudemment toléré le cours, qu'une démocratie hideuse 
remplacerait la sagesse et les lumières du gouvernement 
qui préside aujourd'hui à ses destinées, qu'il est donc 
urgent de sonder la plaie et de la guérir,, de constater 
les menées criminelles et de les réprimer avec énergie. 

Ajoutez qu'à ces conditions la Suisse peut être sûre 
de trouver dans l'Empereur Nicolas les sentimens i^eo* 
tueux de l'empereur Alexandre, le même soutien aiix 
jours de danger, la même résolution de lui garantir la 
jouissance paisible des droits que les traités lui ac^ 
cordenim 

Si ce langage rallie les hommes de bien, s'il les 
détermine à étendre de tout leur pouvoir le cercle des 
opinions modérées qu'ils professent, et à s'opposer aux 
progrès de l'esprit de changement et de désordre, la 
bonne cause et la Confédération lielvétique elle-même 
vous seront redevables d'un grand service. 

L'Eoipereur n'ignore pas qu'on remarque dans quel- 
ques-uns des cantons les symptômes d'une autre ré- 
action menaçante, et il paraît hors de doute qu'il y 
existe un parti qui cherche à modifier le présent, non 
pour réaliser des innovations, mais pour ramener le 





264 Instruction pour P Envoyé de la 

\99St paisé I et poar faire revirre les formes admiaistratiTes 
et la constitution qui gouvernèrent la Suisse il 7 a 
près de quarante ans. 

Sa Majestë Impëriale ne saurait favoriser de telles 
intentions plus qu^elle ne favorisera jamais les tentati* 
ves dont il a ëte question plus haut. La politique de 
la Russie est tout entière dans ses traités ^ et dans 
tm juste milieu entre les opinions extrêmes; or 
les traités n*€ulmettent pas cette marche rétrograde^ 
qui serait aussi une révolution dans les circonstances 
où la Suisse est placer. Et d'ailleurs on se dissimule- 
rait en vain que de tels projets; Tabus fait, pour les 
répandre, de ce qu'il 7 a de plus parmi les hommes, 
d^une religion essentiellement conserpatrice ; les 
moyens mis en oeuvre pour engager ces gouvernemens 
è Y souscrire j ou pour les exécuter maigre eux, con- 
duisent TEurope tout droit aux résultats que lai prë* 
parent les travaux des révolutionnaires 9 et qu'encoura<» 
ger les premiers c'est prêter la main aux seconds. 

Ainsi I Monsieur,, vous désapprouverez paiement, et 
la tendance qui aurait pour but le triomphe de la dé* 
mocratie, et celle dont l'objet serait de rétablir en 
Suisse un ordre de choses qui ne s'accorde désormais 
ni avec ses voeux et ses besoins, ni avec les actes qui 
ont pacifié le monde. 

Telles sont les instructions que l'Empereur nous 
charge de vous adresser. Nous nous sommes borné à 
des observations généralesi parce que nous n'avons pour 
le moment aucun intérêt particulier à discuter, aucune 
négociation spéciale à suivre, avec la Confédération hel- 
vétique. 

11 ne vous sera pas difficile de démontrer que les 
ordres dont vous êtes munis sont dictés par un sincère 
et vif désir d assurer- la tranquillité et la prospérité de 
la Suisse et Vous conceverez aussi, Monsieur, qu'ils 
donnent une importance réelle è Vos fonctions. Cette 
importance augmente encore si l'on considère que vous 
allez occuper un poste où le midi de l'Allemagne, le 
nord de Tltalie et les provinces orientales de la France 
se présenteront à vos regards, où ils doivent même les 
attirer constamment, et ou vous ne poqvez que trou* 
ver Toccasion de nous transmettre des informations 
utiles: 

Vous justifieopz, nous n'en doutons pas, la confiance 



Russie en Suisse. 265 

de 8« M«)6»të Impëriale , et ainsi que votre ftéàiceê» 18Stf 
seur, TOUS saurez acquérir par votre gestion de nouveaux 
titres à la satisfaction et à Pestime de notre lingùste 
Souverain. \ 

Recevez etc. 

' (Signé) NxssKlRODr. 



23, 

Dépêche du^ Comte de Nesselrode au 
Prince de Liéven à Londres, datée . de 
St. - Péiers bourg , le •••• janvier 1827. 

Mon Prince, 

Par nos dëpéches du -^f de ces mois» nons nous 
sommes réserva de répondre séparément aux rapporte 
de Votre Excellence qui rendaient compte des opinions 
du ministire britannique sur les affaires de la Pénin*^ 
Bule, et des mesures qu'il a prises, à la nouvelle de 
Vinsurrection du marquis de Chaves, et de son entrée 
sur le territoire portugais, 

La présente traitera des questions qui se rattachent 
à ces déplorables événemens. • ' 

L'Empereur en a été profondément affligé. Ils sont 
venus surprendre la Pénitisule dans un moment où des 
promesses positives semblaient lui offrir d'heureuses ga« 
ranges d'union et de tranquillité. 

En voyant ces promesses vioMes, la guerre civile, 
aliomëe en Portugal| des passions irveugles présider aux 
conseils deFEspagncy des. forces anglaises se transporter 
sur le théâtre de cette lutte ^ la Fiance et TAngletêm 
arriver subitement à une position délicate pour Funé 
et l'autre » il est impossible de ne pas éprouver un sen* 
timent de regret et d'inquiétude, dont le cabinet de 
SainWames lui-même n'aiura sans doute pu se défendre» 
Jamais , depuis douze ans , la paix de l'Europe n'dvait 
coiini de plus grands périls. Elle se maintient encore; 
mais à cAté de ces complications si graves, de ces maU 
heure ei réels et des craintes trop fondées qu'ils inspi* 
rent, tout l'espoir des monarques dont la paix n'a 
csss^ d'être le premier voeu repose sur la modéitetion 
et la sagesse qui ont prévenu l'explosion d'une guerre 
générale. 



2,6^ Dépêche du Comte de Neeselrode 

tà27 Sqw ce rapport 9 les décisiws^de U^JFmnt^ f^ 
laU^nt rien à désiren La ii^o.litique du cabinet dç« 
Tuileries esl restée loyale envers fEspugoe autant qii« 
son langage a été conciliant envers l'Angleterre* .11 n'est 
pas moins juste de dire que le message de & M* Bri- 
tannique au Parlement annonçait cet esprit de prudence 
et cette mesure qu'on est toujours heureux de trouver 
dans les déclarationVd^uù grand Etal , et que l'exposé 
des conventiops existantes entre l'Angleterre et le Por- 
tugaly en établissant là nécessité d'un envoi de troupes, 
C<«ibli|ït établir '.aussi q<|tt 1?' mMe resy^ci^ des tràîtés, 
qui ivpgageait le. ^Ciabipiet ^^eSaint-Jamts.à. jp^oléger la 
cour de Lisbonne, le porterait a observer les principes 
de^n linftm aV^toutes les autres.* Nous ne parlerons 
pas des explications ultérieures du- nûnistère anglais ; 
et') :xoo«aincuâ qu'il: Iroufirerfli dans son empressement à 
les. adoucir I . et i dans notre r amîli^i les jseuls motifii de 
«ntre silence y v^us passerons, ai Vexameti du râle de la 
Russie, au milieu de la crise qim menacé les destinées 
de la Féniusule. . - i 

Ce râle est tout tracé. Les opinions, de l!£mpereur 
sur la conduite.} qu:e l'Espagne devtût tenir envers le 
Portugal font assez connaîtra son jugement sur la con- 
duite ^'elle' antenne , et les invariables maximes de Sa 
Majesté indiquent d'avance le but dsi seseiForts^ Aver* 
tir< franchement l'a cour de Madrid, qu'elle force les al- 
liés à déplorer sa marcbé et à abandonner rsa cause ; 
applyjrer k^* utÂlès^miiaures qu'on Tinvite à prendre pour 
lecouvrtfr ses titueS'-» lat sôÛijcitude .dont elle a toujours 
été:l'ohjet; demaricil$r<:au Portugal >. assisté, des troupes 
anglaises 9 de ne .point éteaidre. ses succès àu-dela des 
UmîleS' de< :SQn territoiiré; fortifiée les dispositions .pacifi- 
4}tte8 iqne les cabinets de Londres et de Paris se té- 
0duoigne«it mutuellement;, s^oonder et faciliter l'acoom* 
pliàflement des voeux qu'ils forment polir le maintien 
de /leurs rapports de bienveillance réciproque , tdle a 
éléi.et telle sera eneore la tâche du cabinet de Saiht« 
fiétersboui^. Afin de noua, acquitter des devoirs qu'eUe 
dqus' impose envers l'Espagne et le Piortugal, nous ex- 
piions à M. d'Ûubril . et de Palença les instructions 
d-jotiiles. Afin de manifester nos intentions à l'égsrd 
des cours d'Angleterre et de France, nous vous char- 
geons y* ainsi que le comte Pjozzo di BorgOi de commu- 



au Prince de LUçeri. 267 

niqtter la prësent^ a^ec ses annexes au ministère de IfiSf 
8. M. Britannique et à celui de S. M. T. C. 

Mais il ne suffit pas de mettre un terme aux dis- 
cussions qui se sont ëlevées entre les deux Etats de la 
Péninsule, il faut en provenir le retour. 11 ne suffit 
pas de rétablir la tranquillité en Portugal, il est non 
moins essentiel de la consolidei:. 

Le premier de ces résultats sera, nous le pensons, 
l'effet des représentations unanimes que les premières cours 
de PEurope adressent è r£spagne> l'effet de l'expérience 
qui lui révèle la vapité des tentations qui lui inspiraient uu 
si malheureux espoir; l'effet de la position critique où 
son système l'a jetée, des leçons sévères qu'elle a reçues, 
de son adhésion aux demandes qui lui ont été présent 
tées de la part de rAngleterre, de la certitude enfin, que 
si elle violait de Jiouveau ses promesses , elle aurait à 
soutenir et une lutte appuyée par la Qrande-Brelagnei 
et le poids d'une improbation européenne. A cet égard, * 
toutes les puissances alliées ne sauraient que poursuivre 
un bot commun •' car un commun intérêt les unit. 

Elles reconnaissent toutes que des complications* se* 
rieuses entre l'Espagne et le Portugal peuveoît en occa- 
sioner de plus sérieuses encore entre l'Angleterre et la 
France. Elles éweat quelles en seraient les suites» El- 
les doivent donc toutes chercher à les prévenir ; elles 
doivent toutes âioncer à Madrid' les mêmes voeux ^ y 
montrer une éjgalft sincérité, y déployer une égale éqer- 
gie. Quant an rétablissement d'ukie tranquillitié solide 
en Portugal, â est (pour ne rien dissimuler) entre les 
mains de l'Angleterre. C'est è elle que la Providence 
propose en quelque sorte ce problème. C'est è eHe de 
le méditer et de le résoudre. Et si notre politique 
pouvait être indîlKvciite au repos des autres pays, si 
la paix inèériedréMctont jouissent les gouvë^nemens et 
les peuples n'était aux -yeux de 8a Majesté un 'bieofdt 
\ la conservation duquel la Russie est obligée de veiller 
par égard pour ses engagemens positifs, comme pour 
ieà avantages qu'elle'* en retire, nous pourrions nous 
dispenser d'agiter dette question. Mais le témoignage 
irrécusable des évéhemens est le pour démontrer deux 
vérités qui nous semblent d^ine haute importance. La 
première est que, dans l'état actuel de TEurope, il n'ex- 
iste plus de malheur isolé. Les derniers troubles de 



268 Dépêche 4u Comte de Nessetrode 

1827 Portugal ont éié ujia secouMe doot U contre-^coup s'est 
fait reasentlr en Italie comme en Espagne ^ eu Finance 
comme en Angleterre. UEtpagne a vu un parti exalte 
a'âancer dans la lice ; Tltalie ^ ses anciens sectaires se 
rémuer ; la France ,a été forcée d'adopter des mesures 
dVclat; l'Angleterre f <[e recourir aux jarœes; TAutriche 
elle-même de sauver d'un pi^ge dangereux le jeune 
prince dont les destins lui ont éié confias. 

Tant il est vrai q[ue de nos jours les liens des mo- 
narques et le contact des peuples ont confondu pour 
eux et les biens et les maux. Une autre vérité de fait 
non moins prouvée > c'est qu'autant la tranquillilë fu- 
ture du Portugal intéresse le reste de l'Europe , autant 
elle semble dépendre elle-même du sort de l'infant don 
Miguel y et des résolutions dëfinitires qui seront prises 
a son ëgard. 

Cest en eiFet son nom qu'intoquent les perturba- 
teurs; et c'est également sur lui que les amis de la 
paix fondent leurs espérances. Cest lui que Farmée 
attend , et lui que cherchent déjà les regards de ceux 
mêmes qu'avaient effrayés et aliénés les erreurs de sa* 
pxiemière jeunesse. 

L'avenir de ce prince est donc l'avenir de sa patrie. 
En émettant ces opinions , notre objet n'est nullement 
de contester à la 6rande*»Bretagne le râle principal qui 
lui appartient dans ce grand drame politique; Bien 
loin de là, nous soutei&ons que le dénoùment ne peut 
s'op&ec que par elle , et nous savons que si le cabinet 
de Saint-Jaroés n'était trop juste pour écarter entière* 
meni les considérations de droit, il pourrait tout déci- 
der en Portugal par l'autorité seule de la force. Mais 
notre confiance dans ses principes, l'intimité qui carac- 
térise nos mutuels rapports, et les communications spon- 
tanées qu'il vous a faîtes , nous lAoniMnt lieu d'espérer 
qu'il accueillera des observations dont Famour du bien 
est l'unique source. Et puisque le sort de l'infant don 
Miguel se rattache en dernier résultat à son voyage aa 
Brésil > puisqu'à ce même voyage viennent se lier les 
destinées de la monarchie portugaise, nous aborderons 
la question de savoir si l'infant doit accepter ou non 
l'invitation de se rendre à Hio-Janeiro. 

Cette question se présente sous un double point de 
vue, sous le point de vue dea droits et sous celui cbe 
intérétêm . . 



au Prince de Liepen. 269 

* En di^it , il nous semble que les d^Jtermioatioos de ISgff 
don Pedro la d^ident* Ce prince - a abdiqué la cou- 
ronne de Portugal en faveur de Pinfanle dona Maria 
^ Gloria I sous deux conditions; il a voulu: 1^. que 
le Portugal prêtât serment à la Charte qu^il lui octro« 
yait ; 2^. que Tinfant don Miguel fdt fiancé à IHn^ 
Jante dona Maria da Gloria ^ et que le mariage 
fut conclu. Ces deux conditions sont remplies. La 
nation portugaise a prêté serment à sa nouvelle loi 
fondamentale. L'infant don Miguel a suivi cet exemple. 

Les Portugais qui se sont réfugiés en Espagne, pour 
ne pas prêter ce serment, et qui tentent aujourd'hui, 
les armes à la main> de renserver la Charte de don 
Pedro, ne peuvent être considérés et traités que comme 
des rebelles. LUmmense majorité des habitans du ro« 
yaume se range sous les drapeaux du gouvernement 
légitime. ^ 

Il y a plus, la Charte a été mise en exécution. 
La Chambre des pairs et celle des députés ont été con« 
voqnées, assemblées et constituées. Elles ont délibéré 
et voté librement. 

Finalement , don Miguel a été fiai\cé h tinfante 
dona Maria da Gloria* Le mariage est conclu, et 
il ny manque que la célébration des noces j dont 
Tacte d'abdication ne parle pas. Ainsi donc, nous le 
répétons, les deux conditions mises par don Pedro à 
l'abdication de la couronne de Portugal, sont remplis 
dans touto leur étendue, et cette abdication à jaain* 
tenant pleine et entière valeur. 

La première conséquence de ce fait irréfragable 
est, qu'i dater du jour où les conditions mentionnées 
d-dessos se sont trouvées remplies, don Pedro, d'après 
les termes mêmes de ses propres décisions, a cessé 
d'être roi de Portugal. 

La seconde f qu'à dater de ce jour, comme il est 
de principe que la souveraineté n'éprouve jamais d'in- 
terruption, c'est l'infante dona Maria da Gloria qui 
règne dans ce royaume. 

La troisième qu'à dater de ce même jour , les rap- 
ports de souverain à sujet ont cessé entre don Pedro 
et don Miguel, pour faire place uniquement aux rap- 
ports de frère atné à frère cadet. 

La quatrième f enfin, que le frère atné peut bien 
inviter le frère cadet à se rendre auprès de loi, mais 



270 Dépêche du Comte Nesselrode 

1827 qu^il n^a plus !• droit de lui en donner PordrOi et que 
pour celui-ci Fexëeution de cet ordre n'est plus un de* 
▼oir rigoureux. 

D^autre part, il est constant que le roi de Portugal 
Jean VI^ en fibcant h, Tienne le séjour provisoire de 
Finfant don Miguel^ avait use de son autorité paternelle 
pour confier ce prince à 8a Majesté Pempereur d'Au- 
triche. Or, dans Pétat des droits respectifs tel que 
^ nous venons de l'établir ^ Pempereur d'Autriche, exer- 
çant le pouvoir discrétionnaire qui lui a été délégué 
par le roi Jean VI, est-il dans l'obligation d'engager ce 
prince à se rendre à Rio-Janeiro sur l'invitation de don 
Pedro? 

Nous ne le pensons pas, et il nous semble au con- 
traire que les observations exposées plus haut démon- 
trent que cette obligation ne saurait exister. 

A nos doctrines sur le droit, on opposera peut-^tre 
la qualification de roi donnée jusqu'à présent en Portu- 
gal a don Pedro , quoiqu'on j qualifie aussi de reine 
l'infante dona Maria da Gloria. — La réponse est fa« 
cile. Il ne peut y avoir deux souverains en même 
temps dans un pays» Le père ne peut encore être roi 
quand sa fille est déjà reine. Cette qualification accor- 
dée à don Pedro est donc évidemment un abus. 

En outre , don Pedro n'a point à nos yeux le droit 
de retenir indéfiniment auprès de sa personne l'infante 
dona Maria da Gloria;. car , d'un câté, il a fixé dans 
son acte d'abdication le terme du séjour de cette prin- 
cesse au Brésil, à l'époque où il recevrait la nouvelle 
officielle de ses fiançailles et du serment prêté à la 
Charte portugaise; de l'autre, l'infante, devenue reine, 
appartient à l'£tat qu'elle doit gouverner, et. son ab« 
sence, occcasionée par le fait seul d'une volonté pater- 
nelle, il est vrai, mais déjà étrangère , ne semblerait 
assurément ni libre ni légale. 

L'empereur du Brésil ne paraît pas non plus avoir 
le droit de donner des ordres au nom de la reine de 
Portugal sa fille ; car cette reine étant mineure ne peut, 
aux termes, de la Charte de don Pedro, administrer 
que par l'intermédiaire d'une régence , et l'empereur du 
Brésil ne saurait ni représenter cette régence ni même 
en être membre , en sa qualité de souverain désormais 
étranger. — £nfin les droits de l'infant don Miguel 
aux titres et aux fonctions de régent sont indépeudane 



au Prince de Lieven. 271 

de sa qualité de fiance et d*^poux futur de dona Maria. 1827 
Il les puise dans les droits de sa naissance et dans 
ceux de plus proche parent 'de la r#ine mineure; il les 
t>uise dans Tart. 92 de la Charte que son frère vient 
de donner au Portugal. 

Mais maigre toutes ces circonstances ^ les cours al- 
liées et l'Autriche à leur tête ne devraient-elles point par 
d'autres motifs engager l'infant don Miguel à se rendre 
au Brésil. C'est ici que se présente la question des 
intérêts. 

Nos intentions ne seront certainement 'pas suspectes 
au cabinet de Londres ^ si nous adoptons, relativement 
îi ces intérêts j les opinions qu'il a lui-même émises. 
Depuis deux mois , pendant sou séjour à Paris , à l'oc- 
casion de la mission du chevalier de Neuman, et dans 
ses explications avec Votre Excellence, le principal se- 
crétaire d'Etat de S. M. Britannique a constamment re- 
connu et déclaré qu'une séparation définitive entre le 
royaume de Portugal et Fempire du Brésil était ih»> 
dispensable. 

C^est une des thèses que nous avons soutenues plus 
liaut. Nous pouvons donc affirmer qu'à cet égard les 
droits sont d'accord avec les intérêts. 

La cour de Londres semble également être d'avis 
qu'il est urgent que la reine mineure de Portugal se 
transporte en Europe. — ' Elle a approuvé ce point des 
instructions de M. de Neuman, et a même chargé lord 
Ponsonby de l'obtenir. Nous croyons avoir prouvé tout 
a l'heure la légalité absolue de cette mesure. Donc, à 
cet égard aussi, le même accord se manifeste entre les 
intérêts et les droits. 

Mais il nous semble que cette heureuse identité en- 
tre ce qui est légitime et ce que la Grande-Bretagne re- 
garde comme avantageux, s'étend beaucoup plus loin. 
Et d'abord, puisqu'une séparation définitive entre le 
Brésil et le Portugal est indispensable; puisqu'il est ur- 
gent que la reine dona Maria dâ Gloria se transporto 
en Europe; puisque, d'après l'acte d'abdication de don 
Pedro, elle ne devait rester au Brésil que jusqu'au mo- 
ment où le souverain de ce nouvel Empire recevrait la 
nouvelle de ses fiançailles et du serment prêté \ sa 
Charte; quel serait, nous le demandons, -le motif du 
voyage de Piufant don Miguel à Rio -Janeiro? Ce 
prince traverserait -il l'Atlantique pour demander des 



272 Dépêche du Comte de Nessetrode 

182T GooseiU^ Mais esl-ce Patiteur d'une Charte, qae le mi- 
nistère anglais a qualifiée de défectueuse et àHnoppor-^ 
tunej qui peut ea|OfiPrir de salutaires? 

Irait-il prendre des ordres? Mais Pempereur du 
ferësil^ ayant cessé d'être roi de Portugal, a-t-il le pou- 
voir de lui en donner? La bénédiction nuptiale serait- 
elle l'objet de son arrivée? Mais Pacte d'abdication de 
son frère ne lui impose pas l'obligation de la recevoir 
au Brésil. — Son but pourrait-il être d'obtenir la ré- 
gence? Mais l'article 92 de la Charte portugaise la lui 
assure. Ce voyage ne serait donc pas l'eiFet d'une né- 
cessité, et dès lors quel est l'intérêt qui le commande? 
Quel est le bien qui pourrait en résulter? Le vrai 
bien qu'il s'agit d'espérer, l'intérêt majeur qu'on ne 
saurait perdre de vue, consiste à rendre au Portugal 
une tranquillité durable. C'est là sans nul doute la no- 
ble intention de la Grande-Bretagne, c'est là son dé- 
sir, puisque M. Canning ne vous a pas dissimulé, Mon 
prince, que le gouvernement anglais voudrait abréger 
autant que possible le séjour des troupes qu'il envoie 
dans ce pays, et néanmoins il ne pourra les retirer 
tant que des dissensions imminentes y feront craindre 
de nouveaux malheurs. — Mais le départ de Tinfant 
don Miguel ne suffirait-il pas pour exciter ces troubles? 

Si pendant que l'infant se trouvait à Vienne les 
voeux dont il est l'objet et les inquiétudes répandues 
sur le sort de ses droits ont essentiellement jaciliti 
la coupable entreprise du marquis de Chapes , ces 
inquiétudes ne vont-elles pas s'accroître et provoquer 
bien d'autres périls, à la nouvelle d'un voyage loin- 
tain, qu'aucun motif plausible ne justifie? La malveil- 
lance les transmettra à la crédulité ; mille bruits divers 
s'accréditeront sur les dangers qui vont environner l'io- 
fant don Miguel à Rio-Janeiro; mille soupçons injustes, 
mais fâcheux et importans à prévenir, s'élèveront con- 
tre la régence et le gouvernement qui la protège. De 
là une fermentation inévitable, un redoublement d'acti- 
vité dans le parti fanatique en Espagne, peut-être des 
révoltes et une guerre civile, dans la meilleure suppo- 
sition, un état de choses qif une force étrangère pourra 
seule conserver? Le gouvernement anglais aura-t-il 
alors les moyens de réaliser ses vues et de rappeler 
ses troupes? Aura-t-il même ceux de garantir le re- 
tour de l'infant don Miguel et l'agitation naissante du 



au Prince de Lieven. 273 

Portugal ne ppurra-t-ellft pas se commuDiquer au reste 1826 
de l'Europe? , 

Plus nous mëditons ces question^ plus nous croyons 
reconnaître les avantages d'une autre mesure que nous 
avons àéyk, indiquée confidentiellement*. — L'infant don 
Miguel, au lieu d'a\ler au Brésil^ pouricait se rendre 
en Angleterre; il 7 recevrait sans doute l'accueil le 
plus empresse, le plus amical^ et aucun obstacle ne 
s'opposerait à l'accompliBsement de ce projet; car autaut 
il nous paf attrait . difficile de vaincre les scrupules que 
S. M. l'empereur diAutriclie éprouverait à conseiller au 
prince portugais de partir pour Rio-Janeiro, autaut 
nous avpns lieu de penser que S« M, I. et R. A,, se 
prêterait a lui recommander un voyage à Lçndres, si 
elle pouvait lui donner le légitime «espoir dfy rencontrer 
des dispositions favorables* Far cette dëmarcke, fin* 
faut prouverait sa ferme intention d^uaer de ses droits 
sous l* influence tutélaire de la Grande-Bretagne» 
La Grande-Bretagne les reconnaîtrait, puisqu'elle re- 
connait la. Charte qui les confirme. Elle en con- 
certerait avec lui l'exercice pour l'ëpoque de sa majo- 
rité Elle concerterait encore avec Tinfant les résolu- 
tions dont l'expërience a révélé la nécessite en Portu- 
gal, le mode d'administration que réclament les vrais 
besoins de cet Etat^ les garanties qui préviendraient 
toute réaction personnelle, le choix de conseillers les 
plus dignes de confiance par leurs principes et leurs 
lumières. Les artisans de troubles au dedans et au de- 
hors verraient ainsi tomber de leurs mains leur arme 
la plus dangereuse; la conduite de l'infant don Miguel^ 
âéjz si noble dans une conjoncture récente, où une 
criminelle intrigue cherchait à surprendre sa religion, 
achèverait de lui concilier tous les suffrages. L'Espagne 
ne pourrait que suivre désormais dans ses relations 
avec la cour de Lisbonne la politique qu'elle aurait dA 
adopter dès l'origine, et l'Europe sortirait d'une des 
complications les plus graves qui aient occupé la sa- 
gesse des principaux cabinets. 

Quant è l'empereur du Brésil, la cour de Londires 
pourrait facilement lui représenter que vu la position 
actuelle du F%>rtugal et l'intérêt que don Pedro prend 
à la paix intérieure de son ancienne patrie, l'Angleterre 
a elle-même invité l'infant a ne pas faire une longue 
absence, et par conséquent à ne pas se rendre k Rio* 

9foui^. SuppUm. Tome IIL ^ 



274' Dépêche adressée par le Comte de 

1827 Janeiro. Cette observation serait accompagnée ^ en cas 
de besoin^ de Pexposë des principes de droit , qui ne 
permettent plus d^ considérer la couronne portugaise 
comme appartenant à don Pedro. 

Pour ce qui «st de la séparation définitive des deux 
monarchies et de Tenvoi de la reine dona Maria da 
Gloria en Europe , ces deux mesures résultent évidem- 
ment des termes de Pacte d'abdication fait par l'-empe* 
reur du Brésil, et en sont la suite nécessaire. Le mo- 
ment nous semble si décisif, que nous n'hésitons pas it 
entrer dans ces explications avec le* ministère britanni« 
que. Nous* aurions cru manquer aux devoirs de Tami** 
tié en lui déguisant les opinions de l'Empereur, «t nous 
avons un9 trop haute idée des qualités qui distinguent 
M. Canning, pour douter qu'il n'apprécie le sentiment 
qui nous porte à lui exprimer sans détour la pensée 
tout entière de 8. M. I. 

Votre Excellence voudra bieA placer la présente 
sous les yeux du principal secrétaire d'Etat. 

Recevez , * etc. 



24. 

Dépêche adressée par le Comte- de 
Nesselrode à M. de Ribeaupierre^ 
envoyé extraordinaire de la jRussie 

à Constantinople. 

Saint-Péiersbourg y le \l Janvier 18S7. 

En adressant à Votre Excellence l'instruction osten- 
sible qu'elle reçoit par le courrier, de ce jour, noua 
avons rempli *nos engagemens avec le cabinet de Lon- 
dres , et profité d'une occasion favorable pour exposer 
le système général de notre politique envers remplre 
ottoman. 

Plus nous avons lieu de croire que, malgré la no- 
ble modération de l'empereur Alexandre et les princi- 
pes qui dirigent notre auguste souverain, des opinions 
fausses accréditent encore de secrètes inquiétudes sur 
nos intentions à l'égiM^d de cet empire, plus il nous 
importait de faire connaître avec franchise et les gra- 
ves intérêts que nous ne pourrons jamais y abandon- 



Nésselrode à M. de Ribeaupierre. 27$ 

ner et les avantages téd^ que nous offrira Pordre de 1827 
choses qui s'y trouve établi / dès que nous verrons, 
d'un câtéy s'exëcuter fidèlement la convention d*Aker- 
man, et de Pautre^ la Grèce, tranquille et florissante, 
contribuer comme autrefois à la prospérité des provin- 
ces russes, dont les produits s'écoulaient à bord de ses 
vaisseaux et par Fentremise de ses commerçans. 

Tel est le double ^but de notre précédente dépêche. 
Elle développe des vérités dont nous ne saurions trop 
convaincre les autres puissances et nous pénétrer noMS- 
mémes* 

Mais il en est d'autres qui appellent aussi , Mon- 
sieur , votre attention particulière. 

Vous avez pris lecture des annexes de la .dépêche 
confidentielle que nous avons dernièrement adressée à 
M. de Mînciak/y et vous aurez été frappé sans doute 
de la différence qui existe entre les communications que 
le ministère britannique nous a faites^ concernant la 
question de la Grèce, à deux époques très rapprochées, 
entre les instructions dont il a muni M. Stratford Can- 
ning, le 4 septembre 1826, et celles qu'il vient de lui 
envoyer au mois de décembre suivant. 

Les premières, «expédiées pendant les conférences 
d'Akerman , lui prescrivaient d'entamer avec vigueur les 
négociations destinées à rétablir en Grèce une Leureuse 
tranquillité; les secondes lui enjoignent de rester dans 
l'inaction, de temporiser, d'attendre que les autres cours 
alliées se prononcent sur la marche que le gouverne- 
«lent anglais avait naguère indiquée comme indispensa- 
ble. Le même contraste .se reproduit dans les ouver- 
tures qu'il fait directement à ces cours. Son langage, 
au mois de septembre, avait été positif; au mois de 
décembre, il est incertain et timide. La Grande-Bre- 
tagne articule les propositions qu'elle nous avait sou- 
mises et que nous avions approuvées, mais elle les ar- 
ticule de manière à laisser entrevoir que leur rejet ne 
provoquera pas son mécontentement. Aussi le cabinet 
de Paris et -le cabinet de Vienne ont-ils exprimé dans 
leurs réponses {yoy^z les annexes A et B) des idées 
nouvelles dont l'adoption pure et simple ne pouvait 
qu'entraver encore davantage les progrès de cette affaire, 
oJt tant de difficultés s'unissent. à tant d'importance* Au 
reste, pour expliquer ce cliangement, il suffit de. coq*' * 
sulter les dates. Pendant que P^Bgleterre a craint une 

82 



376 Dépêche addressée par le Comte de 

1827 rnpture entre la Russie et la Porte ^ elle a craint éga- 
lement de perdre le râle que Pacte du lui avait 

laisse dans les affaires de la Grèce. Dis que la conclusiott 
du traita d^Akerinan lui a offert la perspective de la paix, 
elle est revenue à ses anciens erremens. Elle a trahi le dësir 
de ne plus exécuter qu*à demi le protocole signe par le 
duc de Wellington, de ne plus ouvrir avec la Porte que 
des négociations stériles. Sa tendance secrète ne pou- 
vait échapper aux autres cours alliées, et leur empres- 
sement a suivre cette impulsion de la politique anglaise 
n'a aucun droit de nous surprendre. 

Mais vous sentirez, Monsieur, que ce n'est pas dans 
une question à laquelle se rattachent de grands inté* 
rets russes , que ce n'est pas dans un moment joù le 

protocole du — ^^ se trouve déjà connu de l'Europe 

entière, qu'il était possible à l'Empereur d'encourager 
des tentatives dont le premier résultat serait de noua 
exposer à tous les effets préjudiciables que nos enga« 
gemens peuvent avoir pour nous, en nous cfompromet* 
tant envers les Turcs et les Grecs, sans nous assurer 
les avantages qu'ils devaient nous- garantir en opérant 
la pacification de la Grèce» Sur ce point, nos explt* 
cations avec la Grande-Bretagne ont été catégoriques. 
Pour les faire connaître \ Votre Excellence, nous lui 
transmettons {ifoyez les annexes C. D. E.) les instruc- 
tions ostensibles et les instructions réservées que noua 
avons eu ordre d'adresser au prince de Lieven. EUe§ 
vous prouveront qiie nous n'avons négligé aucun moyen 
de produire une impression forte' siur le gouvernement 
anglais, et que M. de Lieven est autorisé , si ses pre« 
mières ouvertures ne recevaient pas un accueil favo- 
rable, à laisser comprendre que ne pouvant admettre 
la prolongation indéfinie des troubles du Levant, nous 
serions obligés de les terminer séparément, d*après la 
lettre même des stipulations du protocole. Au reste, 
notre langage est assez positif pour nous inspirer l'es* 
]yoir que cette insinuation sera superflue, et si nous 
Rappelons que dans toutes les périodes des longues né- 
'gotîiations dont la Grèce est l'objet, aussitôt que la 
Ol*ande- Bretagne a entrevu en nous les seuls arbitres 
des destinées de ce pays , elle n'a jamais manqué de 
nons-olArir une 'coopération qui devenait dès lors em- 



Nesêûlrode à M. de RibeaupUrre. 277 

pretsëe et sincère; nous avons lieu de ftous flatter que ÎSB3 
Tambassacleur ^e Sa Majesté Impériale réussira ^ soit à 
signer avec le cabinet de Londres le traité proposé par 
la France et accompagné des clauses auxquelles l'Empe* 
reur eii subordonne la conclusion , soit a convenir des 
mesures décisives que réclame l'exécution du protocole du 

"^ "*^ et à le faire adopter sans nouveau délai. Mais 

nous ne reviendrons pas ici sur des matières que nous 
croyons avoir épuisées dans nos dépêches à M. de Lie- 
ven^ et notre tâche se borne à bien définir l'attitude 
que vous prendrez à Constantin ople pour favoriser la 
prompte réalisation des voeux de notre auguste souverain. 

L'Empereur désire pacifier la Grèce avec le concours 
de l'Angleterre et de ses alliés. 

Or, parmi les moyens qui se présentent d'engager 
la cour de Londres à poursuivre cette entreprise, nul 
doute que celui de la placer dans une position oii la 
retraite lui devienne à peu près impossible , ne soit un 
des plus efficaces. Si PafFaire est une fois entamée» si 
la Grande-Bretagne v )oue un râle plus ou moins actif 
par l'intermédiaire de son ambassadeur à Constantino- 
pie, certes il lui sera difficile de ne pas se décider à 
la terminer d'une manière honorable) et par conséquent 
de ne pas suivre les seules voies qui paraissent 
conduire au succès» 

C'est par ce motif et dans ce but que notre dépê- 
che ostensible vous autorise , Monsieur, Il saisir la pre- 
mière occasion de faire connaître confidentiellement au 
rejs effendi qu'un des principaux objets de votre mis- 
sion sera de contribuer à rendre la paix au Levant. 
Dans le cas où M. Stratford Canning, profitant d'un 
moment qu'il jugerait propice et des pouvoirs que nous 
avions donnés à M. de Minciaky, aurait déjà fait des 
démarches à la Portei cette occasion se présentera d'elle- 
même, et Votre Excellence sera en quelque sorte obli- 
gée de déclarer qu'elle a ordre d'appuyer les ouvertures 
de l'ambassadeur d'Angleterre, et d'inviter sérieusement 
le ministère turc \ les prendre en mûre considération. 
Supposé, d'autre part, que M. Stratford Canning ait 
changé d'avis ou reçu les instructions qui lui prescri- 
vent le silence I avant que M. de Minciaky ne se trou- 
vât autorisé à soutenir ses propositions, il n'est pas 
moins vrai qu'à une époque antérieure, il a fait con- 



278 Dépêche addreêsée par le Comte de 

1827nattr9 an diran rexistence du protocole^ et que euirant 
toute probabilité I le divan possède iné|ne une copie de 
cet acte» Il ne serait donc ni de notre dignité ni de 
notre franchise de lui dissimuler nos engagemens. 

D'ailleurs , plus votre sëjour à Constantinople se pro- 
longerait y sans que la Porte f&t informée par vous des 
vues de l'Empereur quant à la pacification de la Grèce 
et de l'accord existant à cet égard entre la Russie et 
l'Angleterre I plus cette communication deviendrait em- 
barrassante, plus elle serait difficile à motiver» plus la 
Porte devrait être et surprise» et alarmée de notre po- 
litique. Toutefois, comme l'ambassadeur d'Angleterre 
n'a point la latitude de quitter Constantinople, comme 
nous ne croyons même pas que, dans Pétat actuel des 
choses, il puisse recourir ii la déclaration qui menace- 
rait les Turcs d'un rapprochement entre les cours al- 
liées et les Grecs, votre langage avec le reis effendi 
sur les affaires de la Grèce doit être purement confindentiel. 
Dans les deux hypothèses dont il a été question 
plus haut, vous devez éviter tout éclat, ne pas provo* 

Siier une crise, et vous contenter d'habituer le miniè- 
re ottoman à vous entendre parler de la pacification 
qui fait le constant objet de nos désirs, et à savoir que 
noua la regardons, non seulement comme un bien, mais 
comme* une nécessité. 

Dans ces deux hypothèses aussi , vous pourrez pré- 
senter notre insistance comme Peffet de nos engage-^ 
mené avec Pjingleterre$ observez qu'ils sont formels, 
qu'ils ont précédé la convention 4'Akerman,* que noua 
sommes dans l'obligation absolue de les remplir, et que 
nous ne pouvons manquer de foi au cabinet de Londres. 
L'Anglete^e ne pourra nous faire un reproche du 
soin que nous montrerons è exécuter des stipulations 
conclues avec elle, et se verra dans l'alteruative, ou de 
nous désavouer, ce qui est impossible, ou de s'expliquer 
comme la Russie. 

La Porte à son toiir appréciera mieux et notre po- 
sition et la sienne. Ce sera donc agir à la fois sur 
ces deux puissances, engager l'une plus avant dans la 
question, et avertir l'autre qu'elle doit se résigner à la 
laisser résoudre. 

Puisqu'il s'agit d'exécuter le protocole du j^^^ii 
et que cet acte est connu des Grecs, il nous importe 



Nesselrode à M. de Rïbeaupierre. 279 

aMurémeot de reciteilKr dés informations positÎTes sur 1827 
i*âat intérieur de la Grèce , sur les ressources , sur les 
moyens qu'elle possède, de réaliser les arrangemens 
dont nous sommes convenus dans son intérêt. Dès le 
règne de l'empereur Alexandre, de glorieuse mémoire, 
M. de Minciakjr avait été autorisé à profiter des rap- 
ports qu'il pourrait renouer dans ce pays, à la suite 
du long séjour qu'il y a (ait , pour nous procurer se- 
crètement des notions directes relatives aux événemens 
dont la Grèce est le théâtre* et aux dispositions qui 
raniment. Il est parvenu à y organiser une correspon- 
dance, à laquelle nous devons des renseignemens qui 
ne manquent pas d'utilité. Vous la continuerez et vous 
userez de toui» les pouvoirs accordés à M. de Minciaky, 
et même de sa coopération personnelle , pour rendre 
cette correspondance plus active et plus régulière. £lle 

pourra irouler sur le meUleur mode d'exécution dont 

s3 mus ^ 

le protocole du — — ^ soit susceptible et sur les limi- 
tes du territoire, ainsi que les noms des iles auxquel- 
les les arrangemens de paix seront, applicables; indiquer 
les idées des hommes les plus considérés parmi les 
Grecs, touchant les formes administratives qui pourront 
être introduites dans leur patrie, et ne laisser ignorer 
ni les opérations des armées et les mouvemens des flottes, 
ni les intrigues étrangères qui aggravent encore les in- 
fortunes de ces contrées déjà si malheureuses. 

Il s'entend de soi-mém^ que vous entretiendrez' les 
relations les plus amicales avec M. Stratford Canning. 
L'intérêt de l'affaire que vous aurez à conduire ensem- 
ble, et les liens qui se sont formés entre la Russie et 
l'Angleterre vous en font un devoir. Cette tâche ne 
sera néanmoins pas exempte de difficultés. Froid , ré- 
servé et souvent minutieux , M. Stratford pousse la sus- 
ceptibilité jusqu'à l'extrême. Son caractère est un peu 
sombre et il n'est aisé ni d'acquérir sa confiance ni de 
lui en inspirer. Beaucoup de franchise jointe à une 
égalité constante dans votre manière d'être è son égard 
seront, à notre avis, les plus sûrs «noyens d'atteindre 
votre but; vous pourrez, dès votre arriv.ee à Constan- 
tinople, mettre sons les yeux de l'ambassadeur de S. 
M. Britannique Tinstruction patente dont vous êtes 
mnni et lui développer les principes qu'elle vous invile 
à suivre. 11 y est parlé des explications ultérieures, 



280 Dépêche addresiée par h Comte de 

1827 qoo nous allons ayotr avec la Grande-Bretagne* Votre . 
Excellence ne saurait paraître en ignorer Tobjet , et il 
ne sera d'ailleurs pas inopportun que M. Stratford Can- 
ning le connaisse. Vous voudrez donc bien. Monsieur, 
lui faire part de notre dëpéche ostensible au prince de 
Lieveuy de Tesquîsse du traite que nous proposons de 
condure, et de notre instruction à M. de Tatlstcheff. 

Nous avons lieu de croire que nos ouvertures, et 
les remarques dont elles sont accompagnées, exciteront 
toute Tattention du représentant de la cour de Londres» 
S'il observe en même temps, que dans vos entretiens 
confidentiels avec Iq reis efFendi, vous abordez les af- 
faires de la Grèce, s*il vous voit informé des événemens 
de ce pays» et décidé à en bien connaître le véritable 
état, .si enfin avec l'habileté qui vous caractérise, sans 
. )amaîs lui parler des moyens de négociation mis \ la 
disposition du prince de Lieven , vous les lui faites de- 
viner par votre attitude, nul doute qu'il ne se hAte de 
communiquer au gouvernement anglais ces premières 
im.pressions tou)Ours vives, toujours avidement recueil- 
lies, et qu'elles ne produisent à Londres un effet salu- 
taire. Ce sera un éminent service que vous aurez rendu. 
Vos relations avec l'ambassadeur de France doi- 
vent être également amicales avec une nuance d'in- 
timité de moins, et une nuance que M. Canning puisse 
apercevoir. Le comte Guillemînot a reçu des instruc- 
tions (voyez l'annexe F.) qui l'autorisent à s'associer 
aux .démarches des représentans de la Russie et de l'An- 
gleterre pour la pacification de la Grèce. Vous pour- 
rez par conséquent extraire de vos instructions osten- 
sibles le passage qui concerne cette négociation et lui 
en donner lecture, afin qu'il ne se méprenne pas sur 
la ligne de conduite que vous avez . ordre d'adopter. 
Il .connaît aussi la proposition de la cour des Tuileries, 

1 • . • # « , 1 S3 Mars 

de convertir en traité le protocole du et pro- 

bablement les opinions émises par le cabinet autrichien. 
11 est donc nécessaire qu'il n'ignore pas celles de lEm- 
pereur» Pour les lui faire apprécier. Votre Excellenco^ 
lui communiquera notre dépêche à M. ^de Tatistcheff. 

Avec tous les autres ministres des Etats européem, 
vos rapports seront bienveillans. Ils le seront aussi 
avec l'internonce d'Autriche et le ministre de Prusse, 
quoique celui-ci ne puisse malheureusement inspirer 



Nêéselrodé à M. de JUibeaupierre. 381 

d'estime personiraUe; ils attesteront les sentinieDS, ils 1827 

inapqueront les liens qei nous unissent à ces deux 

cours. Celle de Vienne nous a fait parvenir Fin* 

atruction qu'elle adresse à M. d'Ottenfels. Vous la 

trouverez ci-)ointe (lettre 1). Elle vous autorisera à 

faire k l'internonce , les mêmes communications qu'à <. 

Tambassadeur de France , et vous ne négligerez aucun 

moyen de profiter de sa coopération et de lui imprimer 

le caractère le plus propre à en assurer l'efScacité. 

De toutes les capitales^ Constantinople est peut*étre 
Ifli seule ou Tancienne politique ait encore conservé ses 
traditions et tout son empire. De nombreuses intrigues 
8*7 poursuivent, des agens secrets ne cessent d^ être 
employés j des insinuations mystérieuses j sont faites 
loua les jours à la Porte , et nous savons que la Rus« 
aie en est 1^ plus souvent l'objet. Mais noa intentions 
envers le gouvernement turc sont si pures, nos droits 
ai clairement définis par le traité d'Akerman , noire po- 
sition si évidente dans les affaires grecques , que d'ob- 
acures manoeuvres ne peuvent ni changer les résultats 
de nos conventions récentes , ni long«temps entraver* 
ceux que nous avons encore besoin d'obtenir. Etran* 
ger à ce mouvement, vous vous contenterez donc^ Mon- 
sieur, d*en être le spectateur attentif. Les informations 
ne BOUS manqueront pas, et, quelle qu'en soit la na- 
ture, elles -ne doivent pas influer sur vos relations of- 
ficielles avec vos collègues ; mais la vérité est, toujours 
utile, et vous aurez soin de nous la faire connaître. 

Les moyens que vous offre votre poste de signaler 
souvent la vraie politique des autres cabinets i notre 
égard, relèvent l'importance de vos fonctions et augmen- 
teront rimérêt de vos dépêches. 

Un autre champ s'ouvre à vos observations. Vous 
allez arriver à Constantinople dans un moment où le 
Souverain y opère des réformes qui attaquent à la fois 
et toutes les institutions de ses Etats, et les moeurs 
de ses peuples, et les intérêts individuels de plusieurs 
millions de ses sujets. Elles ont coûté le trâne et la 
vie Ik son prédécesseur. Le Sultan actuel les poursuit 
avec plus de force, et ses moyens sont la terreulr ou la 
mort. Mais la réaction , si jamais elle a lieu , portera 
le même caractère. Elle entraînera l'extermination de 
la dynastie régnante, elle produira une efiroyable anar- 
chie; et si l'oiL considère que les réformes ont été corn- 



292 Dépêche addreaéée par le Comte etc. 

l8Xf oiencëei avec des finances dâabvéeSy au rnUieii des 
«ymptâmea d'une dëcadence prC^ressivOi et que lé giyuid 
seigneur étouffe dans des flots de sang des projets de 
révolte qui.sepiblent nëanmoins renaître tous les jours, 
il est difficile de croire à la longue durëe de son règne 
et de son gouverneifteDt. 

Dans aucune hypothèse , la Russie ne peut considé- 
rer d'un oeul indifférent cette vaste entreprise, et un 
de vos premier* devoirs sera d'en observer les divers 
effets avec la plus grande attention. Si elle réussit , ce 
succès peut retremper pour ainsi dire le gouvernement 
turc et lui donner une confiance dans ses forces 9 dont 
la Russie éprouverait aussitôt les suites. 

C'est une raison de plus d'accoutumer dès à présent 
les Turcs à nous témoigner un juste respect, de noue 
assurer, par l'exécution scrupuleuse de no^ traités , la 
considération qui doit toujours être notre apanage* à 
Constantinople, et d'accélérer la pacification de la Grèce. 

Si cette même entreprise manque, elle peut amener 
la chute de l'empire ottoman. Nous verrions alors s'ac* 
complir un des plus grands événemens de l'histoire, un 
événement auquel se lient pour nous des intérêts majeurs. 

Il est de toute nécessité qu'une telle révolution ne 
nous prenne pas au dépourvu , et vous aurez bien mé- 
rité, Monsieur, de votre souverain et de votre patrie, 
si vous nous faites connaître les signes précurseurs de 
cette catastrophe assez à temps poyr que l'Empereur 
puisse préparer %e% mesures et exercer une influence 
analogue à la dignité et aux besoins de la Russie, sur 
les combinaisons politiques qui remplaceraient l'empire 
du croissant. * 

Nous aurons soin d'adresser à Votre Excellence des 
instructions ultérieures dès que nous connaîtrons les 
résultats de nos explications avec le cabinet de Londres. 

Recevez, etc 



283 

m 

^ 1827 

25. 

Dépêche confidentielle du Comte 
Pozzo di BorgOy adressée au Comte 
de Nesselrodcy en date de Paris, le 

tV ^vril 1827. 

Votre Excellence a éié aYertie par la dëpéche que 
)'ai eu rbonneur de lui adresser ^ aub n^ 38 1 que le 
cabinet espagnol paraissait disposé à demander la re- 
traite des troupes françaises et anglaises .de la pënin^ule, 
en offrant 9 si cette retraite avait lieu^ de dissoudre les 
armemens qu'il s'était cru oblige d'assembler , attendu 
rëlat du Portugal , et durant les dernières commotions 
qui Tenaient d'agiter ce pays. Je me fais un devoir de 
soumettre maintenant au cabinet impérial le développe» 
ment que celui de Madrid a donné depuis à sa pro- 
position. 

Lorsque la France^ efirayée de voir l'Espagne se 
précipiter dans une guerre avec le Portugal et l'Angle- 
terre, /Ordonna aux deux régimens suisses à son ser^ 
vice de quitter Madrid, le roi catholique, craignant que 
la même mesure ne fût adoptée relativement aux autres 
troupes françaises qui occupent différentes places de 
ses Etats, présenta la note, dont copie ci-induse, sub 
litt. A, dans laquelle il demandait s'il était dans l'inten- ' 
tîon de Sa Majesté Très Chrétienne de retirer égale- 
ment, au mois d'avril, les garnisons des places susmen- 
tionnées. 

Le cabinet français répondit, par l'office, litt. B, 
qu'en effet des charges, que l'occupation militaire de 
quelques forteresses espagnolet faisaient peser sur le 
, trésor, l'avaient déterminé à fixer au mois d'avril l'épo- 
que de la retraite de ses troupes; mais que, les événe- 
mens ayant apporté de nouvelles complications dans les 
relations entre l'Espagne et le Portugal, il s'était décidé 
à différer cette mesure, laquelle, en tout cas» n'aurait 
jamais lieu avant le mois d'octobre prochain. 

Il est évident que la démarche du cabinet de Ma- 
drid, envers celui des Tuileries, avoit pour but de son- 
der les .dispositions de ce dernier sur la durée de Toc- 
copation , qu'il désirait de voir se prolonger. . De son 



284 * Dépêche confident, de M. de 

■ 

1827 c^ttf, la France, ne vetdaDt ni inspirer trop de confiance 
à rÉspagne en lui promettant la durée indéfinie de la 
présence des troupes , ni l'abandonner à la \ue des 
dangers que la situation du Portugal faisait encore ap- 
préhender j se décida à ne point agir brusquement 9 fit 
entrevoir la possibilité de l'évacuation au mois d'oc- 
tobre , et crut s*Jtre ménagé le temps nécessaire, soit 
pour voir venir les .événemens, soit pour s'entendre 
avec r£spagne sur une mesure qui dépendait d'une in- 
finité de circonstances et d'éventualités qu'il était alors 
impossible de définir. 

Ayant été moi-même invité, par l'ambassadeur d'Es- 

> pagne, à seconder ses démarcheSi c'est dans l'esprit que 
}e viens d'indiquer, c'est«à«dire , dans l'intention d'obte- 
nir la prolongation de l'occupation militaire , qu'il me 
pria d'agir; et lorsque je lui annonçai que la France 
s'y prêterait, il regarda la réponse de celle-ci comme 
satisfaisante et conforme au désir de son gouvernement* 
Cette* affaire semblait donc ou terminée ou ajournée, 
de l'agrément des parties intéressées, lorsque le roi ca- 
tholique s'est ilécidé, d'une manière inattendue, à de- 
mander l'évacuation entière de la péninsule par les 
troupes françaises et anglaises. Cette détermination a 
été simultanée avec celle du rappel de son ambassadeur 
de Paris; et c'est cependant à ce même ambassadeur, 
ainsi rappelé, qu'il a donné ordre de présenter l'office, 
litt. C, dans l'intervalle qui s'est écoulé entre la notice 
qui lui annonçait la cessation de ses fonctions .et la 
présentation de ^e% lettres de recréance. Le comte 
d'Âlcudia a fait la même demande au gouvernement 
anglais y et le comte OFalia est envoyé en mission ex- 
traordinaire \ Paris et \ Londres , pour la soutenir et 
en négocier l'adoption. La première impression que la 
note espagnole a faite siir le cabinet français a produit 
la conviction qu'elle était suggérée par M. Canning. 
Ce ministre a témoigoé une extrême irritation à l'occa- 
sion de la guerre portée en Espagne contre la révolu- 
tion, et il a vu depuis avec inquiétude la présence des 
troupes françaises dans les forteresses les . plus impor- 
tantes de ce pays. Les éyénemens l'ayant autorisé à 
expédier des troupes anglaises pour le Portugal , et la 
France ayant dû blesser la faction dominante àlHIadrid, 
afin d'empêcher la guerre, que l'Angleterre elle-même 
appréhendait plus qu auciuie autre puissance, M. Can- 



Pozzo di Borgo à M. de Nessetrode. Qgs 

ning a choui ce moment pour proposer à cette même 182^ 
faction , qui domine le ministère espagnol j l'ëvacnatioii 
entière^ de la péninsule. Telle est, da moins à cet . 
tfgardy la persuasion de M. de Villète et de ses collé* 
gués. — Lorsque le président dti conseil m'a exprimé 
cetie manière de voir^ f ai hésité^ ou du moins suspendu 
mon Opinion; il a ajouté que je verrais bientôt la sienne 
«e confirmer par Faccneil favorable que le ministère 
anglais ferait a la demande de l'Espagne. Cette suppo* 
sition s'est vérifiée , selon les informations reçues do 
Londres. 

Malgré cet accord apparent, s'il existe entre les apo* 
stoliques et M. Canning; tous les deux ont le projet 
de se tromper mutuellement. Les premiers voient, dans 
le départ des forces étrangères , la facilité d'opérer à 
main armée la contre-révolution en Portugal. Le se- 
cond attend de pouvoir se vanter qu'il a/ par sa dexté- 
rité, obligé Içs Français à quitter TEspagne avec l'ar- 
rière-pensée que, si la faction apostolique renouvelait 
ses tentatives , il aurait le droit de réoeeupet le Porlu* 
gai , sans que la France eût celui de porter des trout 
pes en Espagne, parce que, celle-ci étant routée Tagres* 
seur, l'Angleterre agirait, autorisée par les obligations 
qu'elle a contractées de défendre son allié; tandis que 
la France ne pourrait se déclarer en faveur^ de la cour 
de Madrid sans s'associer à ses torts, et rendre lairé* 
sistance de l'Angleterre contre elle entièrement légitime. 

Le résultat de ces manoeuvres, dans l'état d!incer* 
titude où se trouve la péninsule ^ ne sera' que .trouble 
et confasion'. Au lieu de profiter, pour ainsi dire, de 
l'armistice que nous sommes parvenus à' établir entre 
les passions, afin déterminer d'une manière plausible 
ies affaires rèlatit^ea à la souveraineté en. Portu^ 
galj à la régence i tui mode définitif de gouiferne* 
ment qui devra régir le pays-; au .lieu de reater^ar» 
mes. dans la péninsule , €rfin de parvenir à ce but eq- 
lutaire et indispensable ^ on propose d'abandoiin;er, 
pour des considérations que, si elles existent, je nolb- 
merai coupables, le sort.de ce pays à toute la fureui^ 
des passions, dans >l'itttention sans doute d*interv«mr au 
milieu .de ces troublés, et de les tourner \ sott profit, 
si toutefois il y aura profit pour qui que ce soit daiis 
cette oeuvre d'iniquité et de désordre* 

Prétendre que PEspagne et le Portugal , dans leur 



5)9é Dépêche confident de M. de 

tflSf Aal actuel et dftos la position relatÎTO où ils sont pla- 
ces l'un envers -l'autre, resteront en> paix après que les 
troupes étrangères les auront quittées , c'est mentir à 
Hyidence et è sa propre conscience. 

L'évacuation ne sera que le signal de la guerre et 
le renouvellement des commotions qu'on a eu tant de 
peine et qu'on nous a si fortement invités à calmer. — - 
Convaincue de cette vérité/* des conséquences inévitables 
déjè mentionnées y et de la fSkcheuse situation dans la- 
quelle elle se trouverait placée lorsqu'elles viendront à 
se réaliser, la France est décidée à faire à M. d'OFalia 
les observations que )e viens d'indiquer. MM. de Vil- 
lèle et de Damas se sont déjà acquittés de ce dévoir 
dans les conférences qu'ils ont eu avec lui, et le Roi, 
auquel il a l'honneur d'être présenté aujourd'hui, lut 
témoignera les mêmes sentimens. 

M. d'Ofalia est venu me voir; il m'a entretenu de 
cet obîet. Sans prendre sur moi les squpçons conçus 
par M. de Villèle, relativement & la part que M. Can- 
ning pourrait avoir dans cette munoeuvre, )e lui ai ce- 
pendant observé à quel point la demande du ministère 
espagnol étajt^ intempestive, contraire aux intérêts de 
l'ésipagne, k la paix de la péninsule, et même au but 
secret que i^es auteurs se proposaient, parce que jamais 
l'Angleterre tie laissera établir en Portugal une influence 
par le fait de TËi^agne «et opposée' à la sienne, et 
qu'au lien d'éloigner les armes britanniques de Lis- 
bonne» .la tonduite du. cabinet de Madrid les y fera 
retourner, sans que la France puisse raisonnablement 
venir au secours du roi catholique ^ qui ' se trouvera 
ainsi prîvé de celui de ses alliés lorsqu'il en. aura le 
pliis besoin envers oeux qui ne le' sont pas. M. d'Ofa- 
lia partage entièrement cette opinion, et désire que le 
cabinet* >f rançais.. et le roi lui fournissent l'occasion de 
la' soumettre è sa cour, sans se dissimuler néanmoins 
que la rectitude de ses idées et de ses sentimens .peut 
lui attirer une disgrâce complète. 

Sans doute la France» qui a dépensé enwon 300 
millions dans l'expécUtion d'Espagne, et qui en sacrifie 
12 tons les ans pour y entretenir des garnisons, désire 
dé se délivrer de ce fardeau; mais elle a la prudence 
de ne pas en ;ppéqîpiter le moment aux dépens de la 
paixy et en vue de dangers et de complications futures. 
Que V Angleterre rende au Portugal tordre ^ la 



Pozzo di Èorgû à M. de Nesêelrode. 287 

cofiêtitutian imporiée par ses agens y a détruit ; 1887 
que la souperaine paraisse dans le pays qv^eUe doit 
goiêperner ; que le prince destiné à être mari et 
régent ptenne sa place ; Enfin , que la nation por^ 
tugaise et P Europe en général applaudissent à ce 
qui aura été établi , et alors les- forces étrangères 
partiront f parce qu^elles ne seront plus nécessaires 
à la conservation de la tranquillité* Leur aban-- 
don , tel qu*il est demandé maintenante ouprira les 
portes à fous les genres de discordes; et M, Can^ 
nùig, s'il en est le complice^ ne fera que dSeçhainer 
sur ce malheureux pays les vents révolutionn^iires . 
qu*il croit tenir à ses ordres. 

L'objet en question .m'a paru trop grave pour ne 
pas l'exposer tel <[ue je le vois à M. le prince de Lie<- 
veuy dans une lettre particulière que j'ai eu soin de lui 
adresser par une. occasion sûre^ laissant \ sa sagesse de 
faire' Fusage qu'il jugera à propos des faits et des q[>î- 
nions que j'ai cru devoir porter à sa connaissance. En 
attendant, le mioîstère français suspendra toute d^çision^ 
et laissera au temps que la question soit plus raison* 
nablement et plus loyalement : envisagée par l'Espagne 
et par l'Angleterre , et que les autres puissances en 
soient également informées» dans l'espoir qu'elles par* 
tageront^ à cet égard, ses vues, qui ne sont en effet 
que des sacrifices faits à la paix de la péninsule. 

• Persuadé que les moyens les plus cffficaces de iajre 
rerenir le ministère espagnol de son infaluation. son^ 
dans les obstacles qu*il rencontrera à Paris et à Lon« 
dresy ai M.. Cannîng est sincère, et que des .tentatives 
faites à Madrid seraient non seulement infructueipises, 
mais qu'elles ajouteraient encore aux malentendus, et 
aux jalousies qui compliquent ai souvent les affaires, 
et dénaturent les meilleures intention» sur ce théâtre» 
je me suis abstenu de prier M. le conseiller privé 
d'Oubrtl de se donner -du mouvement, afin dé repré- 
acnter leur faute aux ministres du Roi, tandis qu'ils 
sont persuadés probablement que leur conduite est If , 
comble de la finessie et de la politique. La. coirespon* 
dance de M» d'Ofalia, fondée sur lea observations qui 
lui sont faites par le ministère français, est certain e«. 
ment plus propre à éclairer le gouvernement dont il 
est l'agent .que toute autre intervention latérale et moins 
directe. 



288 Dépêche confident, de M. de 

1827 AI* le comte 4e LaCfronn&ys entretienclra probable* 
ment Votre Excellence sur ce sujet. iVaUleuTS, Tarrri- 
vée do courrier espagnol qui a passe par Vienne et 
Berlin, et qui devait se fendre à Saint-Pétersbourg, 
aura donn^ lieu à des explications. S'il ne nous appar- 
tient pas d'élever une opposition définitive au plan de 
la cour de Madrid, il est du moins de notre droit, puis« 
quMle nous consulte, de lui exposer tous les dangers 
qui résulteraient de la mesure proposée, si elle était 
exécutée, sans avoir préalablement arrêté et fixé à la 
satisfaction commune les causes de discorde et de guerre, 
qui ne sont suspendues que par fa présence des forces 
qu'on voudrait éloigner. ,. 

Munis de pareilles directions, les serviteurs de PEm- 
péit^ur auprès des cours plus particulièrement intéres- 
sées dans cette affaire agiront avec tout le zèle et l'effi- 
cacité qui sera possible, et si par malheur leurs .con- 
seils n'étaient pas écoutés, la responsabilité des évé- 
némens serait tout è la charge de ceux qui n'auraient 
^ pas voulu les prévoir. 

La nature des instructions précédentes et l'opinion 
émise par; le cabinet impérial au sujet du Portugal, 
semblent en attendant nèus autoriser, l'ambassadeur de 
8a .Majesté à Londres» ses représentans à Madrid, ^ 
Lisbonne, et moi, à tenir un langage conforme aux 
vues énoncées dans la présente' dépêche, et \l inviter les 
cabinets dont la qirestion dépend plus directement, * à 
l'examiner sous* tous les rapports , et à ne pas la pré- 
juger par uue résolution qui la rendrait infiniment plus 
grave et .qui serait inévitablement la source de troubles 
et de désordres beaucoup plus difficiles k calmer que 
ceux que nous venons à peine de suspendre. 

La mission du comte Ofalîa à Londres a également 
pour objet de reprendre la négociation relative aux ré- 
clamations des sujets anglais, qui ont droit d'être in- 
demnisés de certaines pertes,* dont PEspagne s'est dé- 
clarée responsable en vertu du traité dicté par M. 
Canning aux Cortès révolutionnaires, et dont la ratifi- 
cation fût imposée an Roi au moment de sa délivrance, 
sous peine de voir l'Angleterre lui déclarer la guerre 
et chercher dans la force le paiement de ses préten- 
tions. Lorsque cette ratification eut lieu, on supposait 
que les réclanlatiotts sus-énoncées pourraient, se monter 
à douze millions de francs; la modicité de la somme 



Pozzo di Borgo à M. de Neasetrode. 289 

fui même un argument dont le chevalier A^Court se 1727 
servit pour décider le roi catholique à reconnattre les 
engagemens que les Cortès lui avaient fait prendre* 

De|>uis cette époque, les deux cours ont nommé 
une commission de liquidation , qui n*a rien arrêté* Il 
est yrai que par un article du traité il était dit qu'en 
cas de différence d'opinion , on tirerait au sort; celte 
clause inepte ou barbare n'a pu ^'exécuter; rAngleterre, 
en mettant en avant une demande injuste ou douteuse, 
était sûre d'une chance .de 50 pour cent y puisque le 
résultat du sort devait être nécessairement dans cette 
proportion. Fatiguées de leurs propres supercheries, 
les parties sont convenues de s'arrêter à une somme 
déterminée en bloc* Pour la fixer, des conférences ont 
été tenues à Péris, dont la conclusion a été la signai 
ture d'une convention par l'ambassadeur d'Espagne, por^ 
tant reconnaissance \ la charge de sa cour d'une dette 
de 80 millions de francs. Transmis Ji Madrid , Pacte 
n'a pas été ratifié; le comte Ofalia doit justifier à Lon- 
dres ce refus. La différence énorme entre la première 
réclamation des Anglais et la somme qui leur a été al- 
louée par la convention , consiste dans la légitimation * 
d'une dette qui, loin d'être prévue, était virtuellement 
exclue par l'esprit du premier traité. On accuse le pre- 
mier secrétaire de la légation espagnole, le colonel Cor- 
dova, d'avoir induit en erk*eur l'ambassadeur; l'un et 
Tautre assurent qu'ils ont exécuté strictement leurs in- 
structions. 

Cette circonstance^ Monsieur le comte, ajoute aux 
preuves que le monde avait déjà de l'ignorance et de 
la confusion, je n'oserai pas dire de la corruption, qui 
infectent toutes les opérations du gouvernement espagnol. 
Les malheurs, les pertes de ce grand empire, l'anarchie 
de son administration, la faiblesse de ses princes, offrent 
un exemple lamentable à tous ceux qui sont appelés à 
le contempler, et découragent le zèle même des plus 
hardis et des plus coofians qui, animés du désir du 
bien et exaltés par la noblesse de l'entreprise, n'ont 
rien épargné pout le préserver ou du moins poiu: arrê- 
ter le cours de ces calamités. 

J'ai l'honneur d^être, etc., etc. 

P, S. Lé comte Ofalia vient de m'entretenir de 
nouveau sur la demande de l'Espagne, relative à la 
retraite des troupes. 11 m'a dit qu'avant de partir de 

Noav, SuppUm» Tome III, T 



290 Dépêche confident, de J/. de 

1727 Madrid, il a coiupUtemeut igoorë la déteriniaaUoii de 
8a cour à cet égard , et que les instructions qu'il en a 
reçues se réfèrent uniquement à la liquidation de la 
dette anglaise et à la non ratification de la convention 
dont je fais mention dans la dëpéchè; qu'à la véritë 
son ministre lui a envoyé^ cheiuin faisant, copie d^ la 
note présentée à la France par l'ambassadeur , simple» 
ment, pour son ioform>ition , et sans y ajouter d'autres 
directions; qu'ayant bien médité cette note, il a vu qu'il 
s'agissait d'établir une négocia tton entre l'Espagne, la 
France et l'Angleterre, pour Févacuation de la péninsule, 
et que si cette négociation avait lieu , il était naturel 
d'y comprendre l'état futur du Portugal, comme une 
condition de l'évacuation proprosée et de là cessation 
des mesures militaires extraordinaires, prises par le 
cabinet de Madrid ; que ce mode lui paraissait le plus 
propre à amener une conclusion satisfaisante, et qu'il 
se confirmait d'autant plus dans cette opinion après 
l'audience qu il venait d'obtenir du Roi. Sa Majesté 
lui ayant dit qu'elle désirait ardemment de voir arriver 
le moment ou les troupes pourraient quitter la pénin- 
sule sans inconvénient, mais que dans l'état actuel des 
choses, l'intérêt du roi . d'Espagne et le sien exigeaient 
la continuation de l'occupation jusqu'à tant que les re* 
lations entre l'Espagne et le Portugal fussent rétablies 
sur un pied sûr et inaltérable — M. d'Ofalia écrira 
donc demain à sa cour pour demander d'être autorisé 
à donner le développemeut sus-mentionné à la propo- 
sition de la retraite des troupes, de manière à la faire 
dépendre des arrangemens qui se rapportent à Tétat fu- 
tur du Portugal, pour ensuite faire usage de cette au- 
torisation lorsqu'il se rendra à Londres. 

Sans ajouter une foi implicite à l'iguorauce où il 
'prétendait être de la proposition de son cabinet, ^au 
moment de son départ de Madrid, je lui ai dit que 
puisque le Roi lui avait parlé d'une manière si expli- 
cite, il me semblait indispensable de prendre en grande 
considération les paroles de Sa Majesté Très Chrétienne, 
et d'en faire le texte de nouvelles explications dans le 
sens le plus |Sropre à donner à la démarche de l'Espagne 
le caractère de raison et de prudence qu'elle ne parais- 
sait pas avoir du premier abord. La marche que le 
ministre espagnol se dispose d'adopter annonce déjà 
qu'il a renoncé ou qu'il n'a jamais entendu de hâter 



Pozzo di Borgo à M. de Nesselrode. 391 

la d^ision. Noos verrons les réponses qu'il recevra de 1727 
sa cour et les communications ultérieures qu'il fera» • 
Les affaires avec ce gouvernement prennent toujours un 
caractère de lenteur y de tergiversation et d'intrrgup, 
qui les rend fastidieuses et désagréables ; mais il faut ne 
pas se décourager ou se dégoûter 1 parce que de grands 
intérêts en dépendent. 



26. 

Correspondance diplomatique dû ca- 
binet de St. James relativement aux 
Vaudois, Sujets protestans du Roi 

de la Sardaigne. 

(Présentée au Parlament d'Angleterre le 15 Mai 1832.) 

No. !• Lettre du Duo de Newcastle à M* Hedges^ 
Envoyé de la Grande-'Bretagne à la cour de Jïiri/i^ 

(Extract.) Whitehall, 16lA Febriaty^ 1T2T. * 

I send jou enclosed. Copies of a Letter the King 
bas.received from tbe Protestant Cantons of Switzer^ 
land, with a Mémorial of the Protestants in the Val- 
ley of Pragelas ^ desiring His Majesty's interposition in 
tfaeir behalf; and also of a Letter from a -private hand 
to my Lord Archbîshop of Canteri>ury, by which Pa-* 
pers you will be apprised of tbeir compassionate Case. 
h isy indeed 9 very cruel , that, vrhilst the Roman Ca«* 
tholics in His Majesty's Dominioas are used so tenri 
derly , tbough of principles most peroicious to ou^ Gor 
vernment , and 9 generally speaking» most avowed en'e« 
mies to it, the Povrers of that Religion in ail Countriea» 
should oppress their Protestant SûbjecISi and that they 
should be treated nowhere wltb greater severity than 
under the King of Sardinia^s Government; who ia un- 
der particular obligations to the contrary. The Kîng'B 
zeal for Religion ^ and great goodness and humanily, 
cannot but lay hini under great concern for thèse poor 
Pedple, and, His Majesly vrould bave you represent 
their Case to the Cotirt where you are, and endeavour 
to obtain redress of their grievances. HoweveF, thougk 
His Majesty has this \tty muciî at heart, yet^ conside- 

T2 5 



292 Négociations entre fjingjleterre et la 

1727 ring the very great importance of tlie main businesB ia 
vrbich you are employed , Hia Majesty would bave you 
make this application in behalF of thèse poor Sufferers, 
in such manner as may not giye offence to the King 
oF Sardînia, and renderhim less disposed to corne into 
the mèasures of the two Crowns. Holles Newcastle. 

No, 2. Dépêche de Mr. Bedges adressée au Duc 

de Newcastle. 

(Extract.) Turin ^ fHd.March^ 1727. 

According to your Grace's commanda to me, in yoiir 
Despatch of the 16th of February last^ I waited on 
the Marquis del Borgo, and acquainted him vriùi the 
Complaints His Majesty had received i concerning the 
seyerities used to the Inhabîtauts of the Valley of Pra- 
gelas. I reminded him of the assurances gîven by Hié 
Sardinian Majesty to Queen Anne^ in a Letter under 
his own hand, that they shoiild be treated with ait 

* humanîtyy and bave the free exercise of their Religion ; 
and represented to him the several facts wbich bave 
happenéd. lately so very contrary to those promises. - 1 
acquainted him that thèse great instances of the utmost 
seyerîty had already alarmed the Protestant Cantons, who 
had laid the matter before His Majesty that they had beg« 
ged his interposition in it, which His Majesty had orde- 
red me to represent with ail the earnestness so corn* 
passionate a Case deserved, and vrhich he found him- 
self obliged to by the care he must alvrays take that 
the Protestant Religion be not unjuslly oppressed, and 
the example he himself showed to the Roman Catho- 
lies in England, though generally his professed enemies, 
jmd by thé promises His Sardinian Majesty had him- 
sel made , to tolerate thein , free and unmolested , in 
the exercise of their Religion. The Marquis del Borgo 
seemed at first unwilling to own the truth of the facts 

il Iflild before him; but, .upon my telling him the par- 
ticulars , did not deny them ; but answered in gênerai, 
that, by the Treaty of Utrecht they were obliged only 
to use the Inhabitants of that Valley in the same man- 
ner that the French had done, who did not suffer the 
exercise of their Religion. I told him that that Article 
must of necessity suppose them to baye had the free 
exercise of their Religion , or otherwise tiie Protestant 
Powers could neyor baye agreed to a Treaty implying 



Sardaignej concern. les f^audois protesU 293 

« 

the desiraction oF part oF the Protestant Religion. I 1727 
lIiereFore desiréd liim to represent their Case to the 
Kiog of Sardinîa, and tolet faim know, that it was 
what Hia Majesty desired he ^ould please to bave re- 
gard *to. I then told him I had likewise Orders to 
renew my application for the recalling the Edict for 
layiog new Duties on our WooUen Manu Factures , to 
which I hoped I should hâve a more favourable an- 
«wer than I had before. He again endeavoured to per- 
suade me that the Treaty of 1669 never subsisted; but 
at last promised to represent both thèse affaira to the 
King, and to return me an answer as soon as he could. 
I acquainted the Marquis de St. Thomas ^ith the same 
business in the afternonn oF that day; and he likewise 
assured me he would acquaiqt the King with it. And 
yesterday morning, at Court, M. del Borgo acquainted 
me that he had communicated it to the King; who had 
told him he would consider both points» and should 
be glad, on ail occasions ^ to show bis respect and 
f riendship to His Majesty ; and as soon as 1 receîve the 
Answer, I shall do myself the honour to acquaintyour 
Grâce with it« 

J. Hedoes. 

No» 3. Mr. Hedges au Duc de Neu^castle* 

(Extxact,) Turin ^ 9rd May ^ 1T27. 

Hearing that the Marquis del Borgo was in town, 
I went to him to know what answer I might expect^ 
conceming the Edict for laying, new Duties on our 
Manufactures 9 and the complaints oF the Protestants in 
the Vallies; and after discoursing him, much to the 
same purpose I baye already acquainted y our Grâce 
with, he told me, I belleve, this once fairly, that the 
reason he, delayed giving me an answer so long, and 
avoided explaining himselF as I could wish , was , that 
wben he fonnd he should not be able to give a plea- 
sing answer, it was natural enough to put it off as 
long as he could. I told him they were both matters 
of so great importance, both to them and to us, that 
1 must however insist upon one; and I hoped that it 
would be such a one as was consistent with that re- 
gard which they had formerly shown in those cases to 
His Majesty^sjust desires. He said he would speak to 
the King again about it, but doubt I shall not advance 



294 Négociations entre P Angleterre et la 

1727 any futther in eitlier of thèse matters ^ unless tbey are 
pressed more strongly tliao 1 tfaink myself at présent 
at liberty to do. I ehall in ail things, as near as I 
possibly can» conform myself to the orders I baye the 
iionour to receiye from your Grâce. 

J. HeD6B8> 

No. 4. Mr^ Hedgea au Duc de NetPcastle, 

(Extract.) Turin ^7th* Jane ^ 1787. 

Having lately received seyeral complâints frooi the 
Inhabitants of the Valley of Pragelas, of new hardships 
anâ vexations laid upon them, notwithstanding th« re- 
monstrances I had made by His Majesty's order on that 
^ 9ub}ecty I went on Sunday last to the Marquis del 
BorgOy to acquaint him with them, and to let liim 
know at the same time the concern I was under, that 
the représentations I had made should hâve had so 
contràry an affect to vrhat 1 had hoped from them, as 
to leave those poor People still exposed to the conti- 
nuai vexations they laboured under. I showed him at 
the same time the Article in their favour, in theTrealy 
coDcluded in the Year 1704 y wherein it is expressly 
mentioned, that the Inhabitants of this Valley sliall 
enjoy the free exercise of their religion. 1 like- 
v^ise showed him a Copy of a Letter wrote by the 
King of Sardinia^ then Duke of Savoy, to Queen Anne, 
promising her to show them ail manner of indulgence 
in that respect. To this he answered, that the promise 
was conditionaly in case the Queen obtained that Val- 
ley , and other Places mentioned in it, for them, but 
that they had not obtained it by our means, but by 
exchange of the Valley of Barcelonette vrith theFrench, 
and were obliged by that exchange to use them in the 
manner the French did when that exchange was made, 
which was, in suffering the exercise of no religion 
there but the Roman Catholic. I used many arguments 
to him^ to endeavour to show him the wrong way of 
reasoning he was in, with which I will not trouble 
your Grâce ; but finding him immoveable , I asked him 
if this was the answer I should send to His Majesty, 
who had had the compassion to interpose in their be- 
half. He told me that he had not as yet received the 
King of Sardiuia's last orders on this head , and there* 
fore spoke this as liis owu opinion, but gave me uo 



« 

Sardaigne , concern, les fraudais proies f. 295 

bopes oF tny obtaiutng a more favourable an«wer as 1727 
to the inhabtiaifts of tliis Valley. As to tbe Vaudoîs, 
hesaidy tbéir case was differeoty aod nvbatever just 
grievances tbey had they sbould bé relîeved. 

I had not |ust at this {uncture pressed this affaSr 
again to them 9 but thaï I was obliged to it bj the 
reiterated cooiplainta and compassionate cases of thèse 
People, whîch the/ took the pains to lay before me 
by Iheir Depaties» whom they sent hither three times; 
and I thought I coiild do no less than represent theîr 
Complaints , which were of a yery extraordînary na- 
ture^ aûd with vrhich I do not trouble your Grâce be* 
cause of ihe length of them. 

I purposely abstain from unentioning anylhing of 
this to the King of Sardinla hirnself, un less I bave your 
Grace's orders so to do, perceiying how ungrateful a 
subject it is to them; but if some relief be not ob- 
lained for this Valley, it is certain that the Protestants 
wiU be entirely rooted out of it. 

J. Hedoes. 

No. 5. Mr» Hedges au Duc de Newcaslle. 

(Extract.) Turin, 2Ui June, 1727. 

. As the Kipg seemed to be in good humour, I took 
the opporlunity to acquaint him with the little success 
I had met with in my représentations to the Marquis 
del Borgo, concerning the distressed condition bis Pro- 
testant Subjects of the Vallies were now in, and which 
had been aggravated by new hardships, even since I 
iiad desired redress ; and I àcquainted hIm that I could 
not help being mortified that I should find so liltle pro- 
spect of obtaining so just and reasonablë a request, 
wlien I belîeved His Majesty was inclined to oblige 
him in anything which should lay in his power; and 
thaï I believed the Marquis del Borgo had not repre- 
sented to him the case of thèse poor People, and that 
I found so much difïïculty to make him hear reasou 
on this subject, that I doubled very much of success 
Ifarough his channel, and therefore took the lîberty to 
speak of it to him in Person. The King smiled at my 
objection to M. del Borgo, and said, he belieyed I had 
found out that he had been designed for the Church; 
that he believed he niigbt be for that reason less fit to 
lalk with me on that subject, but that, therefore, if 1 



\ 



296 Négociations entré Pjingleterre et la 

1727 would lét the Marquis de St. Thomas know mj desi- 
res , he believed he would be more tfgreeable to fne; 
aad that as he thought I woiild ask nothing but what 
VTM )u8t and reasonabiei so he should always be ready 
to agrée to what vras so. I am , therefore , tnj Lord, 
in some hopes of obtaioing , by my application to the 
Marquis de St. Thomas , (who is a much more reaso- 
nable Ferson to deal ^rith than the other) some alle- 
' yiation of the extrême hardships which thèse pbor Peu- 
ple BOvr sufiper; and as I shall set down their princi- 
pal complaints in writing , as soon as they are well 
, attested to me i I will deliyer them in to the Marquis 
de St Thomas , and send your Grâce a Copy of the 
Paper by the next post; and I believei if the Mar- 
quis d'Aix,perceiyed*an earnest désire in England of 
haying this affair remedied 9 it y?ould yery much faci- 
litate ity especially at this juncture, yrhen the King of 
Sardinia seems to hay^ founded some hopes on the 
good offices Hîs Majesty may do him at the Congress, 
and out of vrhich he is yery uneasy to be excluded, 
as he seems to fear he shall. 

J. HlBSES. 

No. 6. Mr. Hedgea au Duc de Newcaatle. 

(Extract.) Turin , hth July , lT«r. 

The endosed is a Copy of a Mémorial y^hich I haye 
deliyçred to the Marquis de St. Thomas., representing 
the distressed condition of the Protestant Inhabitants 
of the Valley of Pragelas. I had receiyed their Com- 
plaints often since my coming hither, and had as often 
represented them to the Marquis del Borgo, the Se- 
cretary of State ; but not being able to obtain from 
him any hopes of their' relief , I took the liberty to 
let the King of Sardinia know the little success I met 
vrith from him, who thereupon desired me to apply to 
the Marquis de St. Thomas ; y?hich I haye done the 
best I could, by collecting yvhat yvas mpst material 
from the loose Papers vrhich had been deliyered to me 
at différent times. I haye endeayoured to set them in 
the clearest lîght I could, and haye recited at the same 
time the Article of the Treaty made in the Year.1704, 
in their fayour, together with a Letter yvrilten by the 
King of Sardinia to Queen Anne, in the Year 1709. 
As I cannot but be seiwible how little agreeable any- 



Sardaigne^ concern. les fraudais proiest 297 

thing on thîs subject h \o thU Court , I havt avoided, 1727 
1 hope, adding anything that might make it lest 80| as 
far as was consistent with what I thought mj duty in 
layiog the unhappj condition oF thèse poor People be- 
fore theniy vrhose only hopes of relief dépend upon 
His Ma)esty's intercession «with tbe King of Sardinia. 
1 repeated ak the same.tioie, bjr yrorà of mouth, my 
instances for taking off the new Duties leyied upon some 
of our WooUen Manufactures. 

He promised me he vrould lay both thèse affaira 
before the King of Sardinia; and I shall endeaYOur to 
obtain an answer as soon as 1 can. 

J. Hedoes.^ 

No. 7. Le Duc de Netçcastle à Mr. Hedgea^ 

(Extract.) fThitehaH, 6th July^ 1T27. 

I have recetved the fayour of your Letter of the 
5lh instant, N. 8. wilh the eoclosed Mémorial, vrhich 
you delivered to the Marquis de St. Thomas, in be- 
half of the distressed Protestants of the Valley of Pra« 
gelas, which His Majesty entirely approTed. The King's 
zeal for the Protestant religion, and gênerai benevo- 
lence to mankind, have so far moved'his compassion 
for thèse poor People under oppression, that. His Ma- 
jesty vrould have you continue to do them ail the good 
offices you can, and make use of the interposition of 
his oame whenever you shal find it necessary. 
i HoLLBs Newcastle. 

No. 8. Mr, Hedgee au Duc de Neiycastle. 

(Extract.) Tunn, 86M Juîy^ 1787. 

' I have not yet received an answer to the Mémorial 
I delivered to the Marquis de .St. Thomas, concerning 
the King of Sardinia's Protestant Subjects, he excusiog 
himself, with telling me that he was busy in examin- 
iog the facts I have mentioned in it. As he does this 
to gain time, and to defer talking about what is not 
to be justified , I am afraid I shall find it very diffi- 
cuit to get a satisfactory answer from him , unless he 
perceives that His Majesty is absolutely determined to 
have one, and then I believe it will be given. I have 
heard that, even since my delivering the Mémorial, 
there have been new vexations offered to those unhappy 
People, but 1 bave taken no notice of it to the Court 



298 Négociations entre fjingleterre et la 

1727 here*y dioosîng not to aggravaU the matter any further^ 
Dor to shock theœ too much with complainte for which 
thej can make no excuae. 

J. Heboes. 

No* 9. Zte Duc de Newcastle à 4ifr. Hedges. 

(Extracl.) WfUtehall, ^Ut July, irî7. 

His Majestj doea greatly cominiserate tbe condition 
of the King of Sardinia^s Protestant Subjects^ and does 
not doubt of your having used yonr beat endeatours 
to obtain them some relief from the oppression and 
vexations they suffer so undeservedly. 

HoLt.x8 Newcastle. 

No. 10. Mr. Hedges au Duc de Neu^caêtle. 

(Extract.) Turin ^ 2d August, ITSr. 

I have receiyed the honour of your Grace's Despatch 
of the 6th of July last, by which His Majesty is plea- 
sed to approve of mj solicitatîoos , in behaif of the 
distressed Protestants of the Valley of Pragelas, and 
of the application uiâde for the taking off the new Du- 
ties on some of our WooUen Manufactures. I have 
been lately to wait on the Marqnis de St Thomas 
on that affîiir, but fae excused himself that he could 
not yet gîve me an answer , being , he said y engagée! 
in examining the truth of the several facts I had re- 
presented to him. 

A day or two after» when I was at Court, the 
King of Sardînia told me that he was examining into 
the affair ôf the Valley of Pragelas, and that an an- 
swer should be returned me in a short time, and ad- 
ded gênerai expressions of his désire to oblige His Ma- ^ 
jesty in every thing that lay in his power. But he 
dîd this in such a manner that I believe nothing elTec- 
tuai will be done in eîther case, unless he is persua- 
ded that His Majesty insists strongly on both thèse affaira. 

J. Hedges. 

No. 11. Mr. Hedges au Duc de Newcastle. 

(Extract.) Turin ^ 30th 4ugust ^ 1727. 

An ertraordinaiy case having happened in relation 
to a Alinister of the Vaudois» for whose protection,' 
agaittst a very unjust prosecution^ (as it seems to me). 



Sar daigne j coneern. Us f^audoiê prctest 299 

] tfaougbt it my dutj to interpose in His Majesty'a ^^^ 
iiame; I taka the libarty to étale the fact, as ahorl as 
I can , to your Grâce , which will i I hope , of itself 
excuse my not owning as yet the receipt of my révo- 
cation , silice, with the cliaracter in which I hâve the 
honour to appear at this Court 9 1 hâve not been able 
as yet to obtain any redress of the grievances the Pro- 
testants hère labour under. I justly feared, that without 
it I should not be able to procure even a suspension 
of a prosecution which vrould hâve been ended , b^ a 
very quick dispatch 9 in the banishment of the Minister 
and the confiscation of ail his goods, for having only 
, baptized a child born in the Parish where he officiated 
as Minister. 

I hâve several times, since the delivery of the Mé- 
morial vrhich I had the honour to send to your Grâce, 
pressed the Marquis de St. Thomas for an answer to 
it, but never could obtain any, though at the same 
tîme I acquainted him that I still received fresh infor- 
mationB of new hardships laid on the Protestants of 
the Vailles, which I told him ought at leàst to hâve ^ 
ceased out of common regard to the interposition I had 
made in His Majesty's name. He owned to me the 
hardships the Inhabitants of those Vallies laboured un- 
der, but pleaded in excuse, that they were obliged not 
to sttffer the exercise of the Protestant Religion in them, 
by the Treaty made with France for the cession of 
those Vallies to them in exchange for the Valley of ' 
Barcelonelte; but as I had carefuUy looked over that 
Treaty, and could find no one word relatiog to the not 
aulFering of the Protestant Religion in it, but on the 
contrary, as it appeared to me, that the Inhabitants 
should be maintaîoed in ail their privilèges and immu- 
nities, 1 told him that I could not possibly imagine it 
was capable of receiving any such construction. He 
desired me to hâve patience, and that he would con- 
vince me of it by a statemeut he would give me of ail 
the Treaties relating to that affair. I desired to hâve 
it soon, which he promised me; and, at the same 
time, that ail further vexations might cease, which I 
could not any ways bring him to assure me of. 

''Whilst I was waiting for this answer to the Mé- 
morial I had delivered to him, one of the Chief Mi- 
liislers of the Vaudois (against whose free profession 



300 Négociations entre fJlngieterre et la 

1737 ^^à exercise of Religion thej prétend to no objection), 
came to mei and begged of me to procure the deli^erj 
of the enclo8ed Pétition to the King of Sardinia; the 
Senate of Pigoerol (uuder whose jurisdietion he liyes), 
having caused a Process to issue out against him for 
baptizing a cbiid , born in the Parish wherein he of- 
iiciated , of a woman , a Native of the same Valley, 
and who was returned thither to seillè, but whose 
husband was an Inhabitant, of the Valley of Fragelas, 
fot which fact he was to suffer banishment and the 
confiscation «of ail his goods, the King of Sardinia ha- 
ving some time ago ordered , that ail the children born 
in the Valley of Pragelas should be baptized by the 
Roman Catholic Curâtes wîthin the space ,of 24 hours, 
under severe penaltieSi and that none of the Vaudois 
Ministers should présume to christen any of those chil- 

^ dren, or sufFer any of the Inhabitants of that Valley 
to fréquent divine service in their Churches. 

Your Grâce will see by the Pétition, that* the Mî- 
iiister thought himself ont of the meaning of the Order 

^ (unjust of itself , being directly contrary to the Article 
ot the Treaty made with England in 1704), the mother 
of the child being a Native of the Valley where he is 
Minister, and wherein she was resettled to inhabit at 
the time of her delivery. Ât the Ministères earnest 
request, I delivered the Pétition to the Marquis de St. 
Thomas , and desired the favour of him to présent it 
to the King of Sardinia the next morning, which he 
promised me to do; but dîd not, telling me the next 
clay that it was faulty in the drawing it up. I imme* 
diately had it altered, and gave it him again; but on 
niy waiting for an answer, he told me that he had 
found the King in no good humour, and that he be« 
lieved justice must take its course. I then told him 
that 1 could not but be extremely surprized at the 
little, attention that was shown to His Majesty's inter- 
cession, founded upon solemn Treaties, which were 
worded in a manner not possible to be misunderstood ; 
that l thought it my duty to tell him in the respect- 
fullest manner 1 could, that I must agaîn intercède 
for the suspension of the Sentence, in His Majesty^s 
name, and desired, at the same time, the repeal of 
ail Orders contrary to the Treaties made with us ; in 
doiog which, I thought I did nothing but my indis- 



^Sar daigne, concern. les F audoU protest 301 

pensable dutjr. He owned he thougfct I did weH; but 1727 
added at tl|e same tinte, that if a zeal for ouït Religion 
was commendable in us, il was so in them for their's. 
I again pressed for hb good offices in this affair, and 
told bioi tbat I wbuld again attend bira to know tbe 
erent of it, before I wrote a vrord of it to your Grace^ 
and accordingly , yesterday morning at Court, I ap* 
plied myself to him, but received only a cold ansi^er,^ 
that DOthing as yet had been done in it. 

I tberefore think myself obliged to lay tbîs inatter 
before your Grâce, and hope I hâve not doue amiss 
eitber in pressing tbxs affair, in order to save, if I can, 
a Minister who bas done notbing but bis duty , from 
a hard and undeserved Sentence; or in postponing for 
some days tbe delivery of His Majesty's Lelter to tbe 
King of Sardinia, ¥rbo would, I apprebend, lay bold 
of that excuse for not stopping tbe Process, which 
must be determined one vray or otber in a short time, 
and will tben leave me at liberty to acquaint tbe King 
of Sardinia wiib my revocation, eitber having obtained 
tbe withdrawing tbe Process, or finding myself of no 
furtber use in endeavourlug to preyent tbe çonse. 
qiiences of it. 

J. Hedoes* 

TVo. 12. Mr. Hedges au Due de Netpcastle. 

(Exiract.) ' Turin ^ Bth Septemher^ 1727. 

I was in Bopes tbat I sbould bave obtained a sus- 
pension of tbe Process issued out against. tbe Protestant 
Vaadois Minister mentioned in my last. I bave tbrice 
since put tbe Marquis de St. Thomas in mind of it» 
but bave still received sucb answers as confirm me in 
tbe opinion, tbat they are determined at tbis Court 
to do ail they can to put an end to tbe exercise of tbe 
Protestant Religion in tbe Vallies. 

Last nigKt I Vent to Monsieur de St. Thomas, and 
pressed faim so much that he could not help telling me 
that he could do little in this affair; tbat tbe King 
was in an ill humour, and put bim off vrhenever be 
spoke to him about it, and tbat tbe Process must take 
ils course. 

J. HXDQBS.^ 



302 Négociations entre t Angleterre et la 
1727 No. la. "Le Duc de Nea^éastle à Mr. Hedgee. 

(Extract.) tf^hitehalî^ 19/A Septemher^ 1727. 

My absence from Town, the hurry of business, 
and an indisposition I bave bad since my return, bave 
obliged me to delay my tbanks for tbe fayour of seve- 
ral Letters I bave received from you , tbe freshest of 
wbicH is dated tbe 13tb instant, N. S. 

They bave a)l been laid before the King, wb0| I 
can assure you , is entirely satisfied witb your conduct 
in every particular, and approved your haviog defer- 
red a few days tbe delivery of your Letters of Revo- 
cation to tbe Kirig and Queen of Sardinia, in ho- 
pes to bave saved a poor Protestant Minister from an 
uujust and vexatîous prosecution, by your înterpositioa 
in His Majesty^s name , in à Case so wortby of His 
Majesty^s zeal for the Protestant Religion, and his bu- 
manity and compassion for the distressed. 

HoLLZs Newcastle. 

No. 14. Mr. Hedges au Duc de Newcastle. 

(Exlraçt,) , , ^ Turin, Ut Kovemher^ 1727. 

It is thie greatest bappiness in tbe world for me 
that His Majesty bas been pleased to excuse wbatever 
bas been wanting in me during my stay at this Court, 
and 80 graciously ta approve the instances I made iii 
His name for tbe relief of tbe Protestants of the Vallies, 
and in particular tbose ^i bebalf of one gî their Mîni- 
sters, wbo |ay under a ihost sevete and unjust prose- 
cution. I at first tfaonght., by tbe answers I received, 
that T should not bave, been able to bave prevailed 
for iti cuspensioti; but they bave since thought better 
of itf^and tbe King lef me know, by the Marquis de 
St. Tdomas , that , ' althougb he was determioed to ob- 
serve tbe strictnè^i be bas làtely done witb respect to 
tbose poor People , j^t out of personal regard to me, 
and fVotn what be bad bimself observed of my baving 
it so mucb at beart, be would for this time forgîve 
the fault be safd tbe Minister was guilly of. I told 
the Mai-quis tbat l'was glad to bear that an innocent 
Person bad been saved from an undeserved punishmeul, 
for what reason soever that justice bad been granted; 
but that, however it might flatter me, I hoped His 
Sardician Ms^jesty had still a mucb better reason for it. 



Sardaigne, concern. les F audoU protest 303 

which was the regard I expectêd ta Hia Majesty^s iO"» 1727 
terposilion , and which 1 hoped he would show to faû 
own soleihn promises* To this he made me little an-» 
swer more/ than that the King acted as' he did^ ouf 
of conscience ; and at the same time gave me the an- 
swer which he had long agb promised to' return me to 
the Mémorial 1 had delivered to him. TJpon reading 
it, 1 told him I thought it by no means a satisfactory 
one^' and llable to such a reply as might not be so 
acceptable to them as I could wish. He said, that such 
as it was I must take It» which I did; butas.I thonght 
the communicatiDg it to the Minister of the Vaudois 
might be proper, and that I might receive some lighta 
from him which I could not othérwise corne at, I en- 
trusted him with it, and bave nôt yet received it back 
from him, which is the reason I^ do .not now send it 
enclosed to your Grâce , but will do it from Paris , if 
I do not stay hère anolher post-day, which I believe 
1 shall not. 



27. 

Actes relatifs à la transplantation 
de 40,000 Arméniens de la Province 
Persane d^Aderbaidschan en Russie. 

(Nach einer îd Deutschland erschienen Druckschrift). 

I. 

• 
Inatructionen fur den Ohristen Lazarew^ vorA Gra- 
fen pon Pastewitsçh JEriu^ansli, General en Chef 
der Russischen Armée in Persien» 

(In russischer Sprache). 

Herr Obrist Lazarew! 
Eurer Hochwohlgeboren ist bekaoni ^ ' dass beinahe 
aile io den \erschiedenen Chanaten von.Aderbaîdschan 
wohnenden Armenier und aile Griechen in der Stadt 
Ormi bald, nachdem unsere Truppen Tauris beselzt 
hatten, ihre BereitwiUigkeit erklarten, auszuwandern, 
dass sie deashalb wahrend meines Aufenthaltes in De- 



304 Actes reUU. à la traïuplaniaU de 40>dOO 

1M8 charchan Deputirte daU» sandten, um dazu die Edaub-^ 
nias zu erhalten. Um sie in diesem Vorfaaben za be« 
festigen , wurden hernach vom armeûischen Erzbischof 
Nerses der Bîschof Stepban und der Archimandrît Ni* 
koiai abgeschickt, die Yon mir an aile Militarbebôrden 
Befehle erhielten» ihnen bei dieser Sache àuf jede mog* 
lîche Weise beizuatehen» Bis zur Slunde sind abec 
noch keine Nachricfaten eingetroffen, ob sie in ihtem 
Unternebniea ForUchritte gemacht haben , oder. nicht, 
und was sie eigetatlich gethan haben. 

Man darf aunehmeny dass die stl*enge Këlle, und 
vielleicht auch die HofEhung, ganz Aderbaidschan wtirde 
uns auf immer angehoren, die dort wohnenden Cbi*i« 
sien veranlassten , sich nicht zur Ausvranderting anzu- 
scbicken. Doch jetat, da es bekannt geworden, dass 
unsere Truppen, dem Friedenstractate zufolge, bald 
' Aderbaidschan raumen dûrften», ausgenommen Choi, 
Ormi und Maracha^ die uns aïs Unterpfand der fie* 
zahlung von 1^ Crore auf die uns jetzt von der persî- 
schen Regîerung schuldigen 8 bleiben ; und da mit der 
AnniLherung des Friibliogs die Wanderung mit keinen 
besondern Schwierigkeiten verbunden ist, so ist kein 
Zweifel, dass der grosste Theii der Christen AderbaiJ-* 
scban veriassen ^wird. Damit nun dièse Auswanderuug 
stalt habe , die Christen bei dieser Gelegenheit von den 
Perteïn keine Bedriickung erleiden môgeUi und damit 
ihnen endlich in unumganglich noihwendigen Falleu 
Hulfe geleistet werde, habe ich dafiir besondere, be« 
stimmte Instructioneu eniworfen, und beauftrage dem- 
gemâss Euer Hochwohlgebpreny sich darnach zu richten, 
und zu verfahreuy wie foigt. 

1) Sie haben sich aïs GehiiUen zur ErfuUung Ihres Auf- 
trages zwei hoffnungsvoHe StabsofBciere und einige 
Officiere hohern Ranges zu vrahleui die Sie mir zue 
BestStigung vorstelien vrerden. Sie haben sie unver- 
ziiglich nach den am meisten von Armeniern und 
Christen anderer Confessionen bewohnten Bezirken 
abzusenden, zuerst aber nach der Umgegeud von 
Maracha , von vfo unsere Truppen nicht spater j als • 
den 8. Mai, abziehen durfen^ um dort von dem 
Commandanten , Generalmajor Pankratjew, dem Sie 
' dièse Instruction vorzuzeigen haben, die nothige Hîilfe, 
und *ein fiir sie bestimmtes Commando von 25 Co- 
saken mit einem Officier hôhern Ranges zu forderia; 



40^000 Arméniens de la Perse en Russie. 305 

r 

icli vrerde dem General Panlsratjew desshalb beson- 1828 
dere Befehie ertfaeilen» 
2)8ie und die uoter Ihnen stehenden Beamten alnd, 
sobald aie an Ort und Slelle angekommen aind, ver- 
pflicbtet, die wabre Gesinnung der Christen zu er- 
forschen , und sich zu uberzeugen j ob sie wirklich 
zu uns au8zuwandern wunschten» 

3) Die Auswanderung darf nicht durch besondereZwangs- 
masaregeln bewirkt werden; man bediene sich bloss 
der Rîinste der Ueberredung. Man êtelle ihnen vor, 
welche Vortheile aie ak Untertbanen eines christlî- 
chen und in Europa mâcbtigsten Kaisers geniessen, 
Trelch eines friedlîchen und gliicklichen Lebens sie 
sich unter dem Schutze der wohltbatîgsten Gesetze 
Russlands zu erfreuen haben werden. 

4)lbnen und den Beamten unter Ihnen erfheile icb das 
Recbt, die Christen im Namen der Regîerung zu ver- 
sichern , dass diejenigen, die sich mit Handel be- 
scbUftigen, nach der Auswanderung in unser Gebiet, 
in den Stadten sich niederlassen konnen, und dass sie 
dieselben Rechte, wie die dortigen Kaufleutey ge- 
niessen werden. Den Landleuten werden hinlSng- 
liche und guteAecker angewiesen; sie sind iiberdiess 
6 Jahre von Staatsabgaben und 3 Jahre auch von 
Frovincîalabgaben frei. 

5) Von den Dôrfern und Familien, die den bestimmten 
Wunsch Sussern, zu uns iiberzugehen, nach der hier 
beigelegten Formel, sind Verzeichnisse zu entwerfen^ 
in welchen diejenigen Familien, welche aus gSnzli- 
cher Armuth bei der Uebersiedelung Hiilfe vonnO- 
then haben, besonders angefâhrt werden. Die Ver- 
zeichnisse sind mir, und, im Falle meiner Abwesen- 
heit von Aderbaîdschan , dem Anftihrer des Heeres, 
vrelcher hier bleiben wird, zuzustellen. 

6) In den Bezirken, welche unsre Truppen bald ver« 
lassen werden, vopztiglich in Maracha und dessen 
Umgebung, sollen Sie die Armenier zu bewegen su- 
chen , schon jetzt die Wanderung zu begihnen, oder 
wenigstens es so einzurichten, dass sie den Truppen 
folgen kônnen ; denn nach dem Abzuge der Russen 
'werden sie nicht allein Bedriickungen und Beleidi- 
gungen von den Fersern auszustehen haben, sondern 
sie kdnnten auch unter verschiedenen Vorwanden 
ganz zuriickgehalten werden. 

Jfpuv, Supplém» Tom.IIJ. U 



306 Actes concern. la transplantation de 

1828 7)1" den Chanaten yon Oruù und Choi, welclie, dein 
Tractate gemasSi als Unterpfand ftir die Bezablung 
von 1^ Grore bleiben, sind die Clirislen aufzufor- 
dern, nach uud nacb bis gegen Ende Mai aliszuwan- 
dern. UebrigeDs baben Euer Hocbwoblgeboren und 
die Beainten unter Ibnen in dieser Beziebung ganz 
uacb den Umstânden zu verfahren* 

8) Familien y oder ganzen Dôrfern ^ welcbe bereit aind, 
auszuwandern , sind Sicberbeitsbrfefe fîir den Marscb 
imd Scbutzbriefe von Abgaben nacb den bier beige- 
legten Formularen zu geben. 

9)Man bat das Recbt, in jedem Dorfe einen Bevoli- 
niacbtigten zu lassen , der den Verkauf des den aus- 
v^andernden Christen gebiirenden Vermogens, in deni 
durcb den Tractât festgesetzten Termin , zu besorgen 
bat. Dièse BevoUmacbtigten sind mit gebdrigen, uacb 
dem bier beigelegten Formular abgefassten Zeugnis- 
sen zu yerseben > und nebenbei an den bei Abbas- 
Mirza sicb befindenden Commissâr, oder an den di- 
plomatiscben Beaniten in Tauris^ zu adressiren, der 
diesen BevoUmacbtigten allen Schutz und Hûlfe lei* 
sien wird. 

10) Um die Verpflegung unterwegs zu erleicbtern, iiifd 
vorzûglicby um dem Mangel an Viebfutter zu begeg- 
nen , solleu die Auswanderer in Abtb^ilungen , oder, 
wie Sie es sonst am bequemsteu finden , abgelbeilt 
werden, so dass jede Abtheilung aus 150 bis 300 
Familien bestebt. 

11) Dièse Abtbeilungen sind auf verscbiedeuen Wegen 
in unsere Grânze zu fiibreu, damit die eine nicbt 
mit der andern zusammentrefTe. 

12)£s ist jeder Familie erlaubt, besonders auszuwan- 
dern ; jedocb kann nian uiiter diesen Verbâltnissen 
uicbt fur Sicberbeit Bùrgscbaft leisten. 

13) Sie baben ûberbaupt die Cbristen zu bewegen, nacb 
den Gebieten von Nacbitscbewan und Eriwan zu zie- 
ben, w'O uiau die Bevolkerung der Cbristen zu ver- 
grossern wtinscbt. Uebrigens ist den Bewobuern des 
Dorfes Usumtscbi und der drei sicb dabei befinden- 
den armeuischen Dorfer zu erlauben^ nacb Karabach 
zu v>'anderu, da dièse Provinz* ibnen nliber ist. 

14)Fur die Begleitung einer jedeu Abtbeilung baben 
Sie eluen der Ûfficiere^ v^elcbe Ihnen bcigegeben sind, 
zu beordern^ und dazu solcbe von dem Befeblshaber 



40^000 Arminiens de ta perse en Russie. 307 

su forâeroy die der armenbchen Sprache kundig 8iud« 1823 
Zu jeder Abtfaeiliuig gehoren auch 2 bis 5 Cosaken. 

15)Sobald in irgend einem Bezirke eine Abtheilung der 
Auswanderer aus ihrer Heimath aufbricbti habeii 
Euer Hochwohlgeboren ^ oder einer von den Ihnen 
zur Hiilfe mîtgegébeDen Beamten, eogleich die lem-' 
porMre Regîerung zu Eriwan davon zu benacbricbti- 
gen. 8ie baben die Zabi der Familien, die Famib'e 
des Aufsehers, den Ort an âer Granze/ wo die Ab- 
theilung eintreffen wird, die Zeit, wann dièses un- 
gerdhr gescbehen kônnte , zu bestimmeo ^ welche ^ 
Plâtze die Auswanderer in ihrer Heimath bewofanteny* 
ob heisse, gebirgige^ oder kalte Gegenden , was fur 
ein Geschafty oder was fiir Wirthschaft sîe fuhrteuy 
uod mit wie viel Yieb aie verseben sind, genau an- 
zugeben. 

16) Fiir die IlDterstiitzung ganzlich armer Familien und 
fiir unYorhergesehene Ausgaben baben Sie 'von deni 
temporaren Generalintendanteni deih wirkiichen Staats- 
rathe Schukowski, 25^000 Silberrubel zu empfangen, 
Yon welcben ^ie nach Ihrer Einsicht jedem nach ei- 
nem besondern Bezirk abgescbickten Beamien eiueu 
Theil abgeben werdeo. Jedoch niuss die Austheilung 
der Unterstiitzung, welche nicht 10 Silberrubel liber- 
steigen darf, jedesmal von einer Quittung der £m- 
pfaogenden, und mit BestStigung der Aeltesten und 
eines Geistlicben des Dorfes^ welchem die Armen an- 
gehôren , bescbeinigt seyn. Sie baben auch von der 
Verwendung dièses Geldes eben sowohl, aïs von den 
UDter Ibrem Befehle stehenden Beamten die geh6ri^e 
Rechenschaft zu geben. 

17)lhre Verpflichtungen und die der Ihnen zugegebenen 
Beamten, mit Ausuahme derjenigen, die bloss zur 
Begleitung der einzelnen Abtheilungen dienen, dauern 
so lange fort, bis die Auswanderer innerhalb der 
GrSnzen unserer Provinz angekommen seyn werden. 
For die Bestîmmung der Plâtze, welche an die Aus- 
wanderer ausgetheilt werden» fiir die Leistung aller 
mëgltchen Hiilfe, und die Mitwirkung bei der An« 
siedlung wird bei der temporaren Regierung von 
Eriwan ein besonderes Comitë errichtet werden» un« 
ter dessen Leitung jede Abtheilung der iibergesiedel- 
ten Armenier, sobald sie auf unsere GrSnzen kom- 
men , treten wird. Es werden von diesem Comité 

V2 



308 ^ctes concern. la transplantation de 

1828 . an jede Abtheilung Expresse abgeschickt werden, 
welche die Auswanderer mit dem bei jeder Abthei- 
lung sich befîndenden Aufseher zu dem Ort ihrer Be« 
stimmung begleiten werden. In Karabach wird diè- 
ses der Fîirsorge des dortîgen Kriegs-Verwalters Ab- 
chasow ûbertragen. 
18)Wenn Sie Ihre Geschâfte gUnzlich beendet habeo, 
so belieben Sie, mir eîne vollstandige Rechenschaft 
yon Ibrem Thua und Treiben abzulegen, besonders 
aber von den Summen, die diirch Sie und dielhtien 
- beigegebenen Officiere verwendet wurden. 

Unterz. Paskswitsch, 

General der Infanterie. 

II. 

Proclamation des Ohriâten Làzarew an die Ar-- 

menier. 

(In .armenischer Sprache). 

Ch^risten! 

Es kam zu meinen Ohren^ dass Uebelgesinnte sich 
bestreben^ nicbt allein falsche und ungegrtindete Nach- 
richten zu verbreiten, sondern auch sogar denfenigen 
grosse Furcht einzuflôssen , die nach dem gesegneten 
Russland auswandern wollen^ und auf dièse Weise sich 
bestrebeni euch von dem lieben Wunsch eures Her- 
zens zuriickzubringen. 

Um dièses Ailes niederzuschlagen j so erklare ich 
hiermity sowohl wegen der Geschâfte, die mir vom Ge- 
neral aufgetragen wurden, aïs wegen der AnhSnglich- 
keit zu meinemVolke, dass der hochherzige Selbstherr- 
scher aller Russen denjenigen, welche auswandern wol- 
len, ruhige^ friedliche und gliickliche Wohnplatze in 
seinem grossen Kaiserr^eiche anweisen wird» 

In den Cantonen Eriwan, Nachitschewan und Ka- 
rabach, die ihr ench zur Niederlassung wahlen werdet, 
wird man euch fette und fruchtbare Aecker anweisen, 
welche jetzt theil weise schon besaet sind , und Yon de- 
ren Ertrag ihr bloss den. zehnten Theii der Herrschaft 
abzugeben braucht. Auf sechs Jahre seyd ihr ubêrdies 
von allen Abgaben befreit, und die sehr Bedûrftigen 
werden sogar unterstîitzt werden. 

Diejenigen, welche Felder und andere unbewegliche 
Habe, nachdem sie ihre Familie iibersiedelt haben, îm 



40,000 Arméniens de ta Perse en Russie. 309 

Lande (Persien) zuriicklassen , kuunen ^ îiacli den Be- 1828 

stinimungen des Frîedens zu Turkinentschai ^ wahrend 

eînes Zeitraums von fuiif Jaliren Leute dabei aufatelleD, 

um eie zu verkaufea. £in Verzeichoiss von dem Na- 

men uod der Anzabl der Giiter, die ihr zuriicklasst, 

werde ich alsbald dem Geschâftstrager bei dem Kron- 

prinzen Abbas-Mirza ûbersenden, damit aie unter den 

Schutz der kaiserlichen Hoheit , deren Unterthanen ihr 

werdet, gestelU . aeyen. Von Russland konnt ihr voll- 

kommene Duldung aller eurer religiosen Gebrâuche er- 

warten; aile anderO' Unterthanen des Kaisers haben 

dieselben Rechte^ vrie die Russen selbst. Hier werdek 

ihr aile Leiden vergessen y die ihr ausgestanden habt ! 

Hier werdet ,ihr unter den Christen ein neues Vater- 

land findeui und die heilige Religion niemals gedriickt 

sehen! Hier werdet ihr unter deni Schatten der Ge- 

setae leben, und alsbald ihren wohhhâtigen Einfluss 

fiiblen! Ihr werdet daselbst^ mit einem Worte, ein 

vortreffliches Loos findeui und das Wenige, was ihr 

verliert, wird euch hundertfach zurîickerstattet werden ! 

Wahr isl's, ihr verlasset die heimatbliche Erde^ die 

jedem theuer ist , — aber bedenket, dass ihr Bewoh- 

oer aeyd der 'Herrschaft Christi, und dass ihr das 

grosse Heimathhand im Sinne fiihren miisst! 

0^ ihr Christen, die ihr zerstreut seyd in den ver- 
schiedenen Froyinzen, ihr werdek euch durcli Gottes 
Hiilfe an einem Orte yereinigt sehen , — undwisst 
ihr wobl; wie der Selbstherrschër der Rus- 
sen eure Hingebung belohnen wird? 

Eilet desshalb, o ihr Freunde , die Zeit ist kostbar, 
unsere Heere werden alsbald die Proyinzen Persiens 
yerlassen. Ist dîess geschehen^ so werden euch yiel- 
leicht viele Hindernisse entgegentreten , und uns sind 
die Mittel genommen euch beizustehen, und wahrend 
der IJebersiedlung zu beschiitzen. Opfert das Wenige, 
und in kurzem werdet ihr reichlich Ailes wiederum, 
und diess immerdar, besitzen. 

Der Obrist und Cayalîer des Kaisers der Russen, 
Chasaros Lasareanz *). Am 30. Marz 1828 in der 
Sladt Ormi. 



*) Die Armenier baben aocb keiae besoodeni Familiennamen; 
ihre FamiliennameD siad bloss Patronymika, Chaparos ist so 
tiel, aïs Lasar; die Verwecbselaag des Cb mit L ist ganz ge- 



310 Actes concern. la transplanation de 

m 

1828 m. 

Schreiben des persiachen Kronprinzen Abbas^Mirza 

an den Obersten JuazareiP. 

Dem ausgezeichneten^ hochwohigebornen , glorrei- 
khen und unter dea christlichen Grossen auserwèLhlten 
Obrtsten Lazarew* Es sey zii wisseu getlian , dass das 
Geld von der Reaidenzstadt Téhéran fur die Râumung 
CLors und Ormi's angekommen ist, und vrir vermei- 
nen , dass , der mit dem General der Infanterie (Paake- 
'witsch) abgeschlossenen Uebereinkunft gemassi die er- 
wahnten Districte mit Goltes Hulfe gerSumt werden* — 
Gewiss ist Euer Hochwohigeboren die in Betreff der 
Armenier gemachte Verordnung bekannt^ .dass, wer an 
seiném Orte zu bleiben vrnnscht, zur Ueberaiedlung 
nicht gezwungen, «und dass demjenigen, der von iiier 
auswandern wiil, kein Hinderniss entgegengeselzt werdé. 
Da nun in Betreff der Rëumung |ener Districte .eioe 
Vorkehrung getroffen wurde , so finde ich es von nô-> 
then^ zur Aufsicht und Erfiiilung jenes Gegenstandês 
einen treuen und zuverlassigen Menschen dahin abzu- 
schicken^ und ich wShIte meinen ausgezeichneten Ver- 
wandten y Mahmmed Tahir Chan , dass 'er sich dorlhin 
begebe, und auf die Erfiiilung der Verordnung sehe. 
Euer Hochwohigeboren vrerden daruber wachen^ dass 
Niemand die Armenier zur Uebersiedlgng zwinge, und 
eine Bedrohung und Verfiihrupg anwende ; denn wer 
abzureisen wunscht^ kann gehen, und wer es uicht 
beschlossen hat, hat das Recht, zu bleiben. 

(Im Monatç Schawal 1243 der. Hedschra). 

IV. 

Antivortachreiben dea Oberaten Latarew* 

Hoheit! Ich hatte das Gliick, von Mahmmed Tahir 
Chan die Anzeige Eurer Hoheit , in Betreff der Geld- 
zahlung fiir das Chanat Ormi und der Wanderung der 
Christen, zu erhalten. Ich beeUe mich, das Gerecble 
meines Verfahrens durch den, kraft des 15. Artikels 
des Friedens zu Turkmentschai, von Seiner Durchlaucht, 



wôhnlich; Lasareanz Ut Geniti? Pluralis und heîsst: der La- 
varier. 



40>000 Arméniens de la Perse en Russie. 311 

dem Grafen Paske witsch - Eriwaoski y mit gewordenen 1828 
Auftrag Eurer Hoheît darzulegen. 

Um bei diesem Unlernehinen ineinen personlichen 
Eînfluss «nlferiit zu halten, {ibertrug ich zuverlassîgen 
Slabsof&cieren die Annahinen d.er Bittschriften von den« 
jenigen, die freiwîllig in das russische Reich auswan- 
dern woUten. Wûnscheud, jedes Midsverstandniss zu 
cDtfernen^ verlangte ich «elbst Ton dem Begler-Beg von 
Ormi persiache Beamte, die auf das Verfahren meiuer 
Officiere Acht geben sollteny — und dies geschah auf 
mein dringendea Ansucben, 

Zu gleichér Zeit bat ick auch den englischeu Capi- 
talo y Herrn Wiilok, bei allen Vorgangeu gegenwârtîg 
zu eeyD. Herr Willok anlwortete aber, dass er aeiue 
Gegenwart, da er sahei dass der Wunsch zur Aus- 
wanderuDg fast allgemein sey^ fîir ûberfiussig finde. 

Es zwangen nûch unterdessen die fur. die russische 

Regîerung hochst betnibendea Gerîichte, von welchen 

îch UQsern Comniissar bei Eurer Uoheit beoachrichljgte, 

dieselben in ibrer Liigenhaftigkeit darzustellen , das ge« 

rechte Verfahren bei der Auswanderung auseinander 

zu setzeoi und die Ouade meines Kaisers , der den Lei- 

dendea immerdar bulfreîche Hand darbietet, zu ver- 

kaDden. Die mir zur Unterstiitzung derjenigen, die 

keioe Mittel zur Erfiillung ihrer Wiiusche baben , an- * 

vertrauten Geidsuminen bezweckten bloss eine meu- 

scheuliebendey keineswegs aber eine geseizwidrige Mass- 

regel. Um jede uugerechten Vorwiirfe, welche in der 

Folge noch entstehen konuteD, zu beseitigen, befahl ich 

iuGegenwart des Beamten Eurer Hoheit, Herrn Semioo 

uad des Secretars Mîrza-Massudi Mlrza-Mustapha, dass in 

der Festung Diloiau nochinals ôiTenUich verkûndet wiirde : 

^Denjenigen, welche auszuwandern wûnscheny ist es 

aicht verboten ; jeder dem Friedenstractat zu Turkmeu- 

tschai zuwiderlaufeude Zwang wird aber streog besiraft 

werden." Ich halte es fur meine Pflicht, Eurer Hoheit 

zu erklâren , dass ich in Salmas und Ormi die schon- 

sleu Gegenden und das fruchtbarste Land angetroifen 

babe; dasssich aber nicht umhin konnte, iiber die Un- 

gerechtigkeit der Beamten i welche das Zutraueû Eurer 

Uoheit uiissbrauchen, mich zu verwundern* Indem sie 

jetzt fiirchteu , fiir ihr grausameé , den grossmiithigeu 

und mildthaligen Gesiunungen Eurer Hoheit zuwlder- 

laufendes Verfahren zur Verautwortlichkeit gezogen zu 



312 Actes cùncern. la transplanation de 

1828 âen, geben aie vor, die Uebeniedlung geschehe durcb 
Zwang. Diess ist aber nicbt der Falîi wie folgendes 
Beispiel zeigt. Mahmined Tabir Chan kam na€b Ormi, 
und behauptete, dass die Auswaoderer de^ Dorfer 
. DscbawaloWy Karis, Hulioag, Swatlu und Lulustoa, 
wdche ihm anterwegs begegnel wlîreQ ^ mit TbrKoeo 
in den Augen uber deu Zvrang der Uebersiedliing ge- 
klagt bâtten. Ich befabl diesen Answanderern , alsbald 
Hait zu macben. Wiinschendi dièse meinen Befehien 
znwiderlaufende Tbat persônlich zu untersucben, bat 
ich , dass mir zugleicb Beamte snitgegeben wiirden , um 
die sich Beklagenden wiederum zariÎGkzafâbren. As- 
kar Chan y dem die erw&hnten Dorfer untergeben wa* 
reui schickte mir einen seiner 85hne und mehrere Be- 
amten, welche in meiner Gegenwart, eine Meile von 
der Festung Cfaoi entfernt, die Einwohner eines jeden 
Dorfe^ einzeln fragten, und einstimmig die Antwort er* 
liielten, dass aie aus freiem Willen^ ohne den minde- 
sten Zwang gingen; und sollte es auch dahin kommen, 
dass sie» statt Brod^ Gras essen miissten, so vrârden 
aie auch in einem solchen Falle nicbt zuruckkebren. 
Als Mahmmed Chan die Einwohner der Dorfer Kizil- 
dscha, Achtiachan» Bakschikend, Agismeil, durcb Ver- 
sprechungen grosser Vortbeile zum Zuriickkebren be- 
reden vroUte, so gaben aie dieselbe Antwort. Auch 
zeigte mir Herr Semino an, dass er in den Dorfern 
Sawra, Choarowa, Awtawan und Padscbuk gèwesen, 
und ihre Bewohner den festen Entschluss habea zur 
Uebersiediung. 

' Aus alleni dem oben ErwHhnten werden Eure Ho- 
helt die Beweggriinde zur Auswanderung deutlich se- 
hen I und mit der ihr eigenen Gerecfatigkeit die Ibrem 
menschenliebenden Herzen zuwiderlaufenden Vergehen, 
so wie die falschen Anzeigen Tabir Chans nicbt unbe- 
achtet lassen. Uebrigens ist es Eurer Hobeit bekanpf, 
dass ich in Tauris und Dechargan, wo ich die Stelle 
eines Commandanten begleitete, mir die Liebe der dor- 
tigen Einwohner erwarb, und eine fiirmich sehrschmei- 
chelhafte Belohnung erhieU, ~ Eurer Hobeit Dankbar- 
keit. Jetzt auch, indem ich punctlich und mit reioem 
Gewissen den Willen der verbiindeten Monarchen er- 
ftiile, habe ich ein Recht auf die Gerechtigkeit des be- 
nihmten und aufgeklârten Kronprinzen Persiens, und 
mir zugleich zu scbmeicheln, dass ich dadurch die be- 



40^000 Arméniens de la Perse en Russie. 313 

sondere Aafmerksamkeit Seiner Malestât , des Schacbà, 1828 
etregen M'erde. 

Zum Schiusse bitte- ich Gott, dass er die Tage Eu- 
rer Hoheit erhalten môge etc» etc. 

Ormi, dea 21. April 1828. 

V. 

Zweiter BrieJ dea persischen Kronprinz^n an den 

Oberêten Lazarew 

Dem ausgezeiclineteDi hochgeehrten, hochweisen und 
unter den christlichen Grossen auserwahlten Obrist La- 
sarew unsere Gnade» -^ Den Brief Eurer Hocbwohl* 
g^boren erbielten wir, ersaben dessen Inbalt^ «nd den 
Ibnen vom General Paskewitscb in Betreff der Arme- 
nier und ibrer Uebersiedlung ertbeilten Auftragy — diess 
sey nun die Antwort und Recbtfertigung Ibrer Thaten. 
Wabr ist'Sy was aucb ^r wissen, dass nach Yonchrift 
Ibrer Regierung dieser Auftrag Ibnen ertbeilt isty und 
dass die Bedingungen der Tractate der beiden MScbte 
tmd der freundlicbe Bund * der beiden Monarcben for- 
dern, dass demjenigeni der in eîn anderes Reicb aus-* 
zuwandern -wunscbt, kein Hindemiss gemacbt werde; 
sô dass einige Armenier der Stadt Tauris, naeb Alï- 
zag des russiscben Heeres und nacb unserm Einzuge 
in die Residenz , vrelcbe den Wunscb , auszuwandern, 
âusserten, ungebindert auszogen. «Daruber baben wir 
kein Wort zu sagen* Sie fitbrten aber im Gegentbetl 
die Armenier, da wo ibr Heer war, welcbes die Ue- 
bersiedlung leiten soOte, bloss unter demScbeine 
eines ireiwilligen Wunscbes TOn dannen; denn 
"wie ist es m^^glicb, dass einige tausend Familien mit 
aufricbtigem und freiwilligem Wnnscbe dea tausendj&b* 
rîgen Geburtsott ibrer ViLtet \ind Abnen | Vermdgeny 
Garten, Hlinser verlaseen, um obne Heimàffa und obne 
Ailes zu bleiben! Nacb Ihren Worten wiinscben die 
Armenier attszuwandern ; docb ein Wunscb kann zweier^ 
lei Art sejn: Entweder, dass die Einwobner ibn von 
freien Stiicken aussprechen , oder , dass er bloss durcb 
Scbrecken und gewaltsames Verfahren ausgesprocben wird, 
und jetzr, wie icb sehe, ist im glucklicben Tractate der 
erste dieser Wiinsche' enthalten, und Euer HocbwobU 
geboren sireben sicb auf den zweiten Wunscb au 
stutzen^ da icb doch seibst die Armenier, die sîch wabr- 



< 



314 Actes concerna la iransplanaiion de 

1828 hait geaeigt zeigten, auszawanderUy mit Pa^sen verse- 
lien faabe, als aie von Tauris abgîngent Die* Hauptur* 
eadie ist die Uebersiedlung der Geistlicheni oder die 
Auswanderungen aller Geistlichen eue der bîesîgen 6e« 
geud f was durch den vornehmstèa zu Etachmiadsin 
(den Katholikus) bewirkt wurde^ der, wenn sie ea 
uicht thaten, drohetei 8Îe yod ihren Wiirden zu ent* 
fernen , und aus dem Glauben auszuschiiessen. Jetzt, 
da Euer Hobwohlgeboren sich in Salmas befinden, iind 
auch die Truppen dort sind; forderu 8Îe von jedeui 
Dorfe, in welchem ea keine auawandernden Armenier 
gîbt, durch den Uaterhettmann und Cosake^ Geld, und 
wer auswandert, dem geben Sie daa Geld* Wo bleibt 
nacb allem dieaem freier Wilie , und welcher Zwaog 
kaon deutlicber ecyn, aU dîeser? In die Dorfer, w^o- 
von die Armenier nicht angwandern* vrerden so viele 
Soldaten und Coaaken gescbickt, dass die Einvrohner, 
den groesten Druck leidend , ibren Geburtsort verlas- 
aen, — Euer Hochwohlgeboren werden éa selbst be- 
zeugeuy Sie werden aeibst gesehen habeui dasa in jedem 
Dorfe » |eder Stadt ,; und jedem Orte i die $ie in An* 
vireseniieit dea russischen Heeres bereislen, da8S, mil 
einem Worle, iiberall Bednickung stattgefunden bat! 
Nùu aber, da der Krieg beendîgt iat, Friede und Ein- 
tracht unter beiden Reichen beatehet, entspricht wohl 
ein aolcbes Bereisen der IK>rfer.u^d Ai^fmuntern zur 
Auawanderung der Freundschaft? Solch ein Zwingen 
ist eine unanstandige, den Armeniern zugefiigte Tbat; 
>ay dièEatfernung voin Geburtsort, uqd der ihnen da- 
durch gewordene.Schaden ist Gott zugegeo. Wie ich 
nacb der Gerechtîgkeitsliebe un'd Milde, die dem groasen 
Kaiser eigen siud , urtheile y so wird ein solches Ver- 
fahren mit. eîner verbiindet0Q Macht kejne Zufriedenheit 
verachaffen ; . auch der General PasKeyiritach , der sich 
durch gerechtes Handelu auszeichnet^ wird damit nicht 
Bufrieden seyn. Sie, der SHe fselbst bel dieser Sache 
vraren, kônnen in Wahrheit .niçht laugnen, dass eiu 
Drohen und Zwingen étaltgefunden hat. Mit einem 
Worte, ich schwieg von Ihren Thaten; da ich aber Ih- 
ren Brief erhalten, hielt ;ich es fiir nothig , Ihnen kurz 
zu antworten, und davon auch die Commissare der 
glSnzendea rusaischen Regieruog zu benachrichtigen. 
(Im Monat Schwal 1243 der Hedscbra). 



40^000 Arméniens de la Perse en Russie. 315. 

VI. 1888 

Schreiben des Oberaten Lazarew anMahmmed !Ta^ 

hir Chan. 

Ich meiote bis ^etzl, cIa88 Loge dem Range eines 
liochyerehrten und hoeli^estelUen Chan nicht sienne. 
Sie 8ind aber diirch das Zeugni8S des Sohnea Aakar 
ChanSy bei der Befragung der Eiowoliiier der DSrfer 
DschawaloWy Karia u.a. w., derselben iiberfâhrt wor* 
den; deon die Arineuier klagten iiber 9ie zahlreicheD 
BedriickuDgen der Châtie, und eriilârten eiustiminig : 
Sie wollten lieber rusaiscbea Gras, ala per^ 
aiachea Brod esaen. Ich balle es fui* Pflicht, Iboeni 
Cban, zu erki&ren, daa ich, uach diesem Betragen, mit 
Ihuen keineu VerJkebr mehr haben 'will , uud daas ich 
dîesa Seioer Hoheit> dem peraiachen Erbpriozen, mit- 
getheilt faabe. Ich werde Niemanden erlauben» uicht 
allein die Ebre der unter mir stehenden Beamten, son- 
dern aach. nicht einmal die der Coaaken anzugreifen. 
Mein Wirken war und 'Wird ioimer gerecht seyn. Waa 
Salmaa betrifft, 80 befindet ëich hier der wiirdige und 
geachtele Mirza * Masaud , und mit ihm Herr Semino, 
welche in meiner Gegenwart sich von den Betriigereien 
der Schlechten iiberzeugten. Die Erfafarung lehrt, daas 
Ruaaen mehr, ak aile Andern, die HeiUgkeit einea 
Tractatea kennen. Sie aber diirfen , nâch Ihrem Ver* 
fahVen, Sich nicht unteratehen, davon zu aprechen. 

Den 27. April 1828. 



vn. 

Anti4^ort des Obtisten Lazarew au} das zweite 
Schreiben des persiachen Erbprinzen. 

Ich batte daa Oliick, daa Sphreiben Eurer Hoheit 
zu erhalten, und halte ea fur meine Pflicht, zu beiper- 
ken , daas ich nie auchle, mich bei Ihrer hohen Feraon 
zu rechtferligen, fndem mein Thun imteer gerecht war» 
und nicht im geringaten von der dem Oberfeldherrn mir 
ertheilten Instruction abwich. Was die unter meinem 
Befehie stehenden Officiere betriffi, ao wohnte keincr 
von ihnen in den Dôrfern , ausser der Obriatlieutenant, 
Fnrat Argutinski-Dolgoruki, dem ich, um Eurer Ho- 
' heit zU vrillfahren , auftrug , nach der Featung Dilman 



\ 



31 6 Actes concerna la iransplanaiion de 

1826 2» geken , vras auch 8chon gescheheo ist. Betreffend 
dieBefireiuog yoo Abgaben derjenigen, die den Wunach 
àussern vrerden*, auszuwandern , 80 dient zur Antwort, 
dass dièse Verordnung wâhrend der Ânwesenbeît des 
Oberfeldherrn in-Taiiris von ibm selbst gegeben wurde. 
Die GelduntersttilzuDg fiir Arme géBcbiebt durch den 
Willea meines vrohltbiLligeQ Kaisers. 

Bis heule sind kaum 500 Familien yon Salmas aus* 
getogeiiy und ich reise^ nacbdem ich meioe Verfugun» 
gen werde getroffen haben, aus Acbtung fiir Ihre hobe 
PersoQy morgeo frtib aacb der Festung Cboi» Eure 
Hoheit ^ werden seben, vrie viele Familien in der Zu- 
kunft nocb freiwiHig auswandem werden, woraus Sie 
dana entnebmen kdnnen, dass nicbt meine Gegenwart 
sie yeranlasst, soodern dte yon ibren Herrn den Cbri« 
sten sugefiigten Beleidignngen sie zwingen , ibren Ge- 
burrsort zu verlassen. Indem ieb fede vor mich ge- 
braclite Klage streng nntersacbte, yerbot icb sogar 
<las Anratben zùr Uebersiediung« Den reicbsten der 
Einwobner sagte icb - miindiioh ^ dass sie lange kein 
eolcbes Vermogen, wie sie «es in Persien zu^klasseni 
•erwerben vriirden. Sie acbteten aber ineinen Rath 
nicbt^ und bescblossen nicbts deeto weniger, aùszuwan- 
dern. Was die Geîstliôbkeit betriffÉ:, welcbe yon dem 
Klbster Etscbmiadsin berbêikam, so gescbah dies nocb 
vor dem Friedensscbluss. Wentl dtese n'un durch 
Ratb und Drobungen Ausv^andernagen yeranlasste/ so 
werden Eure Hobett eingesteben , dass inan im Rriege 
aile Mittel, um dem Feinde zu scbaden , anwendet. 
Jetzt aber , da Friede und Eintracbt zwiscben den zwei 
grossen Mâcbten bestebt, béobacbte ich die Geistlicb- 
keit strengy und Niemand kann Sjiigen, dass. sie es jetzt 
wagt; dem Volke drobende Fredigten zu balten. Die 
Verlegung des Militars in die Dôrfer und das Einsam- 
meln der Abgaben sind mii^ yôllig fremd; Beides hëngt 
unmittelbar vom Général Pankratjew ab, mit vrelehem 
Mitrza^Massud b&ufig in Relation ist, der wabrscbein*- 
licb Eùrer Hobeit Ailes bericbtet. Eure Hobeit erse* 
ben bierauSy dass man micb ungerecbter Weise anklagt; 
icb vrerde nicbt allein furcbtlos vor dem Antlitz mei- 
nes grossen Kaisers erscbeinen ^ sondern bin auch be- 
reit^ von der Reinbeit meines Tbuns Gott Recbeuscbaft 
zu geben. Salmas. 



4O9OOO jirménUns de la Perse en Russie. 317 

ym. 1828 

Bericht an den Commandanten des abgesonderten 

hauhasischen Heerea^ den Gêner aladjutanten Gra- 

Jen Pashewitsch - JEriwanshi. 

Im Jafare 1827, mitten unter den glMozenden Sié- 
gea des abg^SûiiderteD kaukasiscfaen Corps , sahen Eure 
Durchlagcht die Ergebenbeit der Armenier, Seiche an 
den Fortschritten der russischen Waffen UDgemeinen 
Antfaeil genommen haben. Als ich die Stelle einea Coni'- 
mandanten der Stadt Tauris bekleidete, bescbâftigte ich 
mich, nach Ihrer Vorschrift, mit den Zubereitungeu 
fur die Uebersiedlung dièses Volkes. Als ein yon den 
Armeniern geacbteter Glaubensgenosse, binterbracbte ich 
Eurer Durcblaucht oft ihre Gefahie der Ehrfurcht fiir 
den heih'gen Namen des russischen Monarchen^ der 
das Wofalergeben meiner Stammbriider begriindet. 

Nach dem von Ihnen im Jahre 1828 abgescfalosse* 
nen, fiir Russland sehr rufaroyollen Frieden fanden Eure 
Durchlaucht mich wiirdîg, der YoUzieher eines fiir das 
Valerland Ton Ihnen entworfenen nutzlichen Planes zu 
seyn) nâmlich die Uebersiedlung der Christen aus dem 
persiscben Gebiefe in die von Russland neu erworbenen 
Disiricte Nachitscbewan und Eriwan zu leiten 9 jetzt 
durch die Gnade des Monarchen Froyinz Arménien 
genannt. 

Nach der Unterjochung , welche die Armenier und 
ihre Kirche beinahe vier Jahrhunderte laug driickle, 
den ersten , festen Schritt zur Vereinigung dièses Vol- 
kes unter dem Schutze des miicbtigen Russlands und 
seiner milden und weisen Gesetze zu machen, — diess 
ist in der That der Anfang * eines grossen Ereîgnisses ! 
Und diess ging von Ihnen aus. Mir aber, als russi- 
scher Officier, der von Eurer Durcblaucht eines so 
schmeichelhaften Auftrages vfiirdig befunden vrurde, 
bringt es ausgezeicfanete Ehre, und, ab Armenier/voll- 
kommnes Gliick. 

Mir sowohl, als vielen Andern schien die Sache an- 
fanglich keine Schwierigkeiten zu haben , besonders da 
noch vor dem Friedensscfalusse mit Persien einige Ar- 
menier und Nestorianer von freien Sliicken mit Bilt- 
scbriften zu Eurer Durcblaucht kamen, um sie*in das 
russische Gebiet zu tibersiedeln. Aber in der Folge, 
aïs sie Von ihren Hausern , und den Grâbern ihrer ar- 



318 jicies coneern. la 4tansplanaiion île 

m 

182S beidiebenden Vorfafaren, welche ihneo grosse und fruchN 
reiche Felder zur Erbschaft hiuterlassen katten , sich 
trennen mussten ; als die Zeît ankam y die vieijahrigen 
Anstalten mit allen ihren Bequemlîchkeiten zu verlas- 
aen, und das gegenwâlrtîg Sichere mit der unslchern Zu- 
kunft zu vertauschen : da verlangten zuerst die Nesto- 
riauer^ dass ihnen die zaruckgelasseoen Gâter sogleich 
bezahk wurden; und bernach baten aucb die Armenier^ 
da88 ihnen fiir die erste Anbauung in ibrer neuen Hei- 
niatb wenigstens ein Theil des Werthes ibrer unbe- 
vreglicben Habe, die sie in Persien zurucklassen niuss- 
tten, gegeben werde. 

Ungeachtet aller dieser Hindernisse wurden doch 
mebr als 8,000 Familien Arnienîer in das von Russland 
neu erworbene armeniscbe Gebiet durch mich binîiber- 
gefubrt. Obgleich ich mich unaufbôrlicb bemiible, auch 
die Nestorîaner zur Auswanderung 2u bewegen, und ibnen 
mehrer0 Geldunterstûlzungen gew&hrte ^ obgleich ich- 
zwei nestorianischen Meliken *), Sarchosch und Alwerdl, 
welche grossen Einfluss batten auf das Volk, das ick 
iibersiedelte , bedeutende Unterstûtzungen gew&hrte; so 
gelang es mir doch nur, von den in Aderbaidschaii 
zahlreich vrohnenden Nestorianern ungePâbr 100 Fami^* 
lien zu ûbersîedeln. Die Nedtorlaner erklèîrten &e« 
stimmt, dass sie sich nicht von der Slelle riibren wiir- 
den , bis die russiscbe Regierung sie fiir die zuriickge- 
lassenen unbeweglicben Gûter entschadigt habe. 

Die Besiegung aller dieser erwShnten Hindernisse 
und den schnellen Erfolg der Uebersiedlung habe ich 
dem Zutrauen der Armenier, und der eifrigen Theil- 
nahme der sich bei mir befindenden, aile meine Befehle 
piinctlich vollziehenden Herrn Stabs - und andern Ober- 
officiere — die am Ende des Berichtes zu erwShneny 
ich fur meine Pfiicht halte — zu verdanken. 

Am 26. Februar 1828 erhielt ich von Eurer Durch- 
lAucht die Instructionen in Betreil der Uebersiedlung 
der Armenier, und- der andern in der Provinz Ader- 
baidschan vrohnenden Christen, nach den Districten 
Eriwan und Nachitschewan. Der Instruction gemiissy 
machte ich unverziiglich eine Auswahl der Herrn Stabs- 



*) So werden Jetzt die Ortsvoritefaer, «owohl der Armeoîer, 
alf der Nettorianer genaont. Da« Wort Metik \ti ohoe Zweifel 
•emitischeo Uriprangs, nod bedeotet unprûoglicfa so vîel, aU Kôaig. 



40)000 jirméniens de la Perèe en Russie. 3i9 

und Oberofficlere/ die aucb von Eurer Durchiauclit be- 1828 
sIStigt ^urde. 

Von den von Eurer Diirchlaucht fur dîe Unter- 
Btâtzung der Auswanderer as^ignirten 16,000 Ducaten 
erliielt ich in kurzer Zeit 8,000, und «cinckte niicb 
alsdann an, den mir gewordenen Auf^rag zu voUzieben. 

Der Obrîstlîeutenant des 41. Jagerregiments , Ftirst 
Melikow, sollle sicb mit der Uebersiediung der Arme-» 
nier au8 Ormi und der umliegenden Gegend befassen. 
Den Obristlieutenant des grusinischen Grenadierregî- 
lueuts, Fûrst Argutinski-Dolgorukiy liess ich in Tauris, 
die Auswanderung der Annenier in dieser Stadt und 
den umliegenden Dorfern zu leiten. Es wurden ihm 
mehrere Officiere beigegeben und Geld zur Unterstiitzung 
der Armen, 

Ich selbst mit mehreren andern Officieren reiste am 
29. Februar nach dem Cbanate von Maracba, und 
langte am 1. Marz in der Stadt gleicben Namens an. 

Wabrend der ganzen Zeit der Besorgung der Ue- 
bersiedlung befanden sich verscbiedene persîsche und 
englische Agenten bei mir. Die Uebersiedlung geschab 
auf Ibigende Weise. Ich bestrebte mich , von der auf* 
richtigen Neîgung der Annenier zur Auswanderung mich 
zu liberzeugen, und bereiste deshalb aile Stadte und 
die vorzuglicksten Dorfer, worin Armenier sich befan- 
den. Nachdem ich die fdhigsten der sich bei mir be- 
findenden Beaniten ausgewahlt batte, iibertrug ich je- 
dem von ihnen die Leitung einer besondem Abtheilung 
dei^ Auswanderer, beorderte unter ihr Commando jun- 
gere Officiere, und gab ihnen eine Summe Geldes zur 
Unterstiitzung der Arnien. Dièse Beamten veranstalte- 
ten Register von den FamiKen, welche auszuwandèrn 
wûnscLten , und theilten ihnen gegen Quittung Unter- 
stiitzungen zu. Wenn eine. Abtheilung zum Auszuge 
bereit war, zog der Beâmte, welcher der Uebersiedlung 
des Chanats vorstand , nach den Umstanden entweder 
selbst mit ihr, oder beorderte dazu einen der Officiere, 
die sich bei ihm befanden. Bei jeder Ablheiliing w.ir 
eine Çegleitung von Cosaken oder Infanterie; in £r- 
maugelung derselben wurde dièse bewaffnete Bedeckung 
von einer Anzahl bewalFneter Auswanderer ersetzt. 

Ich war beinahe imnier bei dem Abzuge einer )eden 
Abtheilung zugegen, oder besichtigte sie auf dem Mar-* 
sche. Da ich in dem Stadtchen Sofiani von Eurer 



320 Actes concern. la transplanation de * 

1828 Darchlàudit die mundliclie Erlaubniss erbiélt , in Be« 
treff der Ausgaben nach meîner Ansicht zu handelo, 
und ich unter deç Auswândererii yerstûmmelte mit Fa- 
milien belastete Soldatea, Frauen nnd Wittwen sab, 
die keioe Mittel batten, Vieb anzukaufen; 8o tbetlte 
icb diesea Uoglacklicbeii Unterstutzungen zu , welcbe 
auch den grossten Tbeil der Ausgabea der ausseror- 
dentlicben Summe ausmacbteo. 

Der Aufseber fiihrte die ihm anvertraute Colonne 
in Ordnung bis zu den Granzen Russlands; dort iiber- 
gab er sie der Ortsbebôrde y nacbdem dièse von seiner 
Ankunft benacbricbtigt war. Mir aber wiirden Rap- 
porte Ton der Zabi der ausgewanderten Familîen und 
der ausgetbeilten Suminen mit der Quittung der Ein* 
pfanger zugestellt. 

Als icb mich ans Werk machte, traten mir die gross- 
ten Hindernisse entgegen. Die Armenier wiinscbteii 
zwar in aller Aufrichtîgkeit , auszuwandern ; aber ail 
ihr Vermôgen bestand in Hausemy FrucbtgSrten und 
vrohlangebauten Feldern. Da sie nun Ailes zuriicklas-. 
sen musskeDi glaubten sie fest, dass die russiscbe Re-« 
gierung , aus Riicksicbt ihres grossen Verlustes» sie ftir 
die zuriickgelassenen, unbeweglicfaen Gciter entschâdigen 
"werde, und sie dadurch Mittel erlangen "wiirden zur 
bequemen Uebersiedlung in die GrUnzen Russlands, so 
vrie zur leicbtern Anbauung in ihrem neuen Vaterlande^ 

Eure Durcblancbt glaubten ^ dass die Armenier ihre 
unbeweglicben Gûter an die in ibrer Heimatb zuriick- 
bleibeoden Christen , oder an die Mabommedaner wîir- 
den Terkaufen kônnen. Im Falle eines zu schoellen 
Abzuges befahlen Eure Durchlaucbt, Bevollm&chtigte 
zuriickzulasseD* Diess ging aber nicbt in Erfullung* 
Die persiscbe Regierung verbot im Gebeimen ihrenUn- 
tertbanen den Ankauf solcber Giiter i und glaubte da- 
durch die Armenier zuriickzuhalteo. WSre dies aber 
auch nicht der Fall, und wanderten die Armenier doch 
aus y so wiirde die Regierung die im Lande zurtickge* 
lassenen Gâter umsonst bekommen , und dadurch be- 
trâchtlicfae Summen erwerben. Einige Perser ^aren 
schon liber den Preis einig, den sie fiir geyrisse Be- 
sitzungen der Armenier geben woUten ; sie traten aber 
alsbald wieder zuriick, sobald der Ankauf wirklich 
statt fittden solite. Konnten nun die Armeuier beî dem 



40)000 Arméniens de la Perse en Russie. 321 

< • 

« 

Schutze tiDserer TWippen niclits ausriehten, so wird lg28 
diess noch weniger ihren BevollinlîGhtrgteii gelingen, 

Das VermôgeD cler Armenier 'war sehr belrâGhtlIcfa^ 
und die ihnen zur tJnterstutzung ertheîlte Summe darfte 
nicht zelin Sllberriibel fiir die Fainilie iibersteigen. 

Mit Genauîgkeit die VorschrifteQ Etirer DarcUaucht 
erfullend , Yerfiihrte ich die Armenier keineftwegs durcli ' 
leere Yersprechungen , sondern sagte ibnen geradézu, 
dass aie auf dem russiscbem Gebiete nicbt mit einem 
Maie ailes das finden wiirden, was 8ie in Persien zuriick- 
liessen, dass sie aber unter dem Schutze der jederzeit 
vrohUbStigen und christlichen Regierung , sowohl die 
Woblfabrt ihrer Nachkommen, als ihre eigene Ruhe 
sicbern vrurden. Dièse Ermabnungen, von dem Eifer 
der sich bei mir befiudenden OiBciere untersttitzt , hat- 
ten einen solchen ausserordentlicben Erfolg, dass An« 
fangs die Armenier des Chanates Maracba» und ber* 
nach auch die Armenier von ganz Aderbaidscban sîch 
entschlossen; Ailes zurtickzulassen , -^ sie wanderten. 
beinabe sammtlich nach dem russischen Gebiete aus. 
Ja sogar von dem entfernten Chanate Caswin kamen 
einige Familien ohne aile Bedeckung unseres Militârsy 
und vereinigten sich mit den Auswanderern, Durch 
solche unerborte Opfer vrurden bfeinahe aile Armenier 
arm, und waren der Geldunterstiitzung bediirftig. Ob- 
gleich ich ihnen nun beinabe slimmtlich Unterstiitzun- 
gen ertheilen musste; so beôbachtele ich doch die strengste 
Oekonomie; die Summe y vrelcbe jeder Familie gege- 
ben vfurde, betrâgt im Durcbschnitt v?eniger als 5 Sil- 
berrubel. 

Die Armenier von Maracha gaben das erste Beispiel 
der Ergebenheit. Aber im Anfange Marz lag noch 
Schnee auf den Feldern, und ich furchtete, dass das 
Zugvieh der Answanderer dadurch unterwegs Mangel 
an Futter leiden vrtirde. Diess bewog mich, ihre Ab- 
fertigung aufzuhalten , und selhst nach Tauris abzurei* 
seo f um Eurer Durcblaucht personlich Bericht abzu« 
statten. 

Nachdem ich also aile nôtbigen Anordnungen getrof- 
fen, und die Uebersiedluog der Armenier des Chanates 
Maracha dem Collégien • Assessor Hamasow und dem 
Stabscapitan des koslowschen Infanterieregiments, Woi- 
nifcoW) iibertragen hatte, rebte* ich am 7. MSrz von 
Maracha ab, und erschien am 10. bei Eurer Durch- 

Nouv» Suppiem, Tome III, X 



322 Actes conoem. la transplantation de 

IfflB laucht in Sofiani, wo ich von ibnen eine fnr mich sehr 
schmeichelhafte Geoiehnrigung ailes dessen erhielt, vraa 
ich bis jetzt gethan hatte, und viele mândUche Auftriîge, 
die mich in meinen weitern Unternehmungen leîteten. 

Am 10. Marz kehrte ich nach Tauris zuruck, ord- 
nete Ailes an înt die Uebersiedlung der dordgen Arme- 
nier , und begab mich dann nach dem Chanate Salmas. 

Um dièse Zeit begann die Auswanderung von stat- 
ten zii gehen ; aus den verschiedenen Gegenden Ader- 
baidschans brachen zahlreicfae Abtheilungen aûf, und 
nahmen ihren Wegf zum Araxes. Die Mafaooimedaner 
zeigten, dass sie von dem grôssten Hasse gegen die 
Auswanderer beseelt warea; sie begleiteten sie mit 
8chmâhungen y und an manchen Orten warfen sie so« 
gar mit Steinen nach ihnen. Die Aufseher waren aber 
beinahe immer im Stande, den gerechten Zorn und 
die Rache der Auswanderer zuriickzuhalten, wodurch 
das unvermeidiich scheineiide Biutvergiessen verhindert 
vrurde. Was die persische Regierung betrifflr^ so schien 
sie diesem unsinnîgen Verfahren ihrer Untertlianen gar 
keine Aufmerksamkeit zu schenken. Vielleicht hoffte 
sie, dass die Armenier dadùrch abgeschreckt , und- von 
der Uebersiedlung abgehalten wiirden. 

Am 21. langte ich in der Festung Dilman an« Ich 
bereiste die armenischen Dôrfer, und v^urde mit unbe» 
schreiblichem Jabel und mit Beweisen dés grëssten Zu- 
trauens empfangen. Weil ich keine Officiere bei mtr 
batte y so iibertrug ich die Ausfertigung der Register 
liber die Armenier im Chanate Salmas dem hochwitr- 
digen Enoch, reiste am 22. wiedenim ab, und langte 
atn 23. in Ormi an , von wo aus ich dem Obristlieute- 
nant, Fiirsten Argutinski*Do1goruki auftrug, aus Tauris 
abzureisen, und die Uebersiedlung der Armenier von 
Salmas zu leiten. Ich setzte mich zu gleicher Zeit in 
Verbiodung mit dem Generalmajor Pankratjew, dessen 
Hiilfe ich mehr als einfnal von nôthen hatte; er kam 
immer nach Môglichkeit meinen Wânschen enlgegen. 

Bei den Armeniern des Chanates Ormi sah ich den- 
selben Eifer und dasselbe Zutrauen. Die persische Re- 
gierung sah meine Fortschritte, und ermangelte nicht, 
mir neue Hindemisse zu machen. Sie sah wider aile 
Vermuthung, dass beinahe allé Armenier auswanderten, 
und fiihlte, wiç gross aer Verlust einer grossen Anzahl 
von arbeitliebenden Unterthanen for sie sey. Aller Ue- 






4Q9OOO Arménien» de la Peree en Russie. 323 

bereiokuiift entgegen, fingen deashalb die rerschiedenen 1828 
Ortsobrigkeiten, uot^ die flicli bei mir Befindendeo Agen- 
ten an , den Armeoiem viel Nacbiheîliges gegen die 
Uebersiedluog zu den Russen einzuflustern ; aie verai- 
cberten ihnen y dass sie bald nacb dem Eiotrefifen auf 
dem ruasischen Gebiete zu Leibeigeneo gemacbt, und 
dadurch aller Mittel zu einem bequemen Leben ver- 
lustig wârden , daaa die besten jungen Leute unter ih- 
nen zu Soldaten genommen u. a. w. , dasa hingagen, 
wenn aie in Persien blieben, aie auf lange Zeit yon 
aUen Abgaben belreit wûrden. Um die Armenier in 
ihrer Heimath zuriickzuhalteny boten die peraischen Be- 
amten ihnen mehr Geld an, ala icb ihnen zur Ueber- 
siedlung geben konnte, waa ich achon damais, ala ich 
die Ehre hatte^ Eure Durchlaucht zu sprechen^ be- 
mèrkte* Deasen ungeachtet traf ich aile von mir ab- 
haugenden Masaregeln^ und das armenische Volk war 
in seinem Yorhabeny auszuvrandern , uner8chiitterlich« 

Ak ich nach Ormi kara, waren die rusftiachen Trup- 
pen beînahe aammtlich achon abgezogen. Ich iiberlrug 
die Ueberaiedlung der Armenier dieaea Chanatea dem 
von Maracha zpruckgekehrten Collégien - Aaaeaaor Ha- 
maaowy mit Auanahme von vier Dôrfern» die dem Ma- 
jor , Fiiraten Schalikow, iibergeben wurden. Nach der 
Featung Choi fertigte ich anfanglich, da dieae nahe an 
der ruaaiachen Grèinze war, den Unterlieutenant laa-* 
kritzki aby um die Armenier zur Auawanderung vor- 
zubereiten. Viel friiher achickte ich'aua dem Chanate 
Maracha zuverlaasige Beamte nach Kurdistan. £a ge- 
lang ihnen mit der grôaaten Gefahr, von dort einige 
Familien iiberzuaiedeln ; dadurch stieg aber di^ Boaheit 
der Kurden aufa hdchate. Sie fielen, aelbat zur Tagea* 
zeit y die kleinen Hâuflein der auawandernden Arme- 
nier an, plunderten aie, und' lieaaen aie nicht ziehen» 
Ich weodete mich an den Generalmajor Pankratjew, und 
daa gewaltthâtige Verfahren dieaer Rauber wurde einî- 
germaaaen eingestellt 

Am 5. April benachrichtigte mich der Generalmajor 
Pankratjew, daaa von der Feraien auferlegten Conlri- 
bntion achon ein Crore in Tuman in Tauria in Em- 
pfang genommen wurde, und dasa wahracheinh'ch 
am 20. die ruaaiachen Truppen Ormi r&umen wiirdep. 
Dieaea zwang mich, die Auawanderung nach Môglich- 
keit za beachieunigen. 

X2 



324 Actes cancern. la transplantation de 

1828 Die persische Regîeriing Dahm nan zu dem letzteii 
Mittel ihre Zuflucht. Mahmmed Tahir Chan kam mit 
einem Scbreiben von Abbas-Mirza zu mir, und bekiagle 
sich y als ûb er von ainer aus 400 Familien besteben- 
den Ablheilung Armenier selbst gehort batte , dass wir 
aie zur UebersîedluDg zwSngen, Ich woUte ibn von 
seiner Lugenbaftîgkeit ^berfûhreo; und reiste mit einem 
Sohne Askar Cbans am 12, von Choi ab; e)ne Meile 
von dort bolten v^ir die Abtbeilung der Armenier, die 
gesagt baben aoUten, dass eie zur Auswanderung ge« 
zwungen wiirden, ein, und befragten sie dessbalb. Sie 
antworteten einstimmig , dass sie freiwillig auswander- 
ten. „Wir woUen lieber russiscbes Gras, als persiscbes 
Brod esaen," sagten aie dem Sobne Askar Chan^, Icb 
«liées mir dièse Aiissage scbriftlicb bezeugen. 

Am 13. kebrte ich nach der Festung Choi zuriick» 
machte dort die nôthigen Vorkehrungen , ûbertrug ihre 
VoUziehung dem Major Ftirsten Scbalikow, und dem 
Unterlieutenant Isskritzki, und kehrte bierauf am 18. 
nach der Festung Dilman zurûck. 

Am 20. April laugte Mirza - Massud , der ersle Se- 
kretar Seiner Hobeit , des persiscben Kronprinzeu , in 
Dilman an. Er sollte bei der Auswanderung der Ar- 
menier aus dem Cbanate Salmas gegenwartig seyn , und 
hlindigte mir ein Scbreiben von Abbas-Mirza ein, worin 
der Prinz mir vorwarf, dass icb die Armenier zur lie- 
bersiedlung zwinge. Icb antwortete sogleicb Seiner Ho- 
beit, und bewies,* dass seine Beamten ihm falscbe Be- 
ricbte iiber micb machten, indem ich das Zeugniss des 
Sobnes Askar Cbans meinem Scbreiben beifugte. Mirza- 
• Massud iiberzeugte sich persônlicb Vbn der Gerechtig- 
keit meines Yerfabrens. — ^ Da icb zur Fortsetzung 
meines Wirkens noch mehr Geld von niithen halte, so 
borgte ich vom General Pânkratjew 3,000 Ducaten, aucb 
bei andern Personen entlehnte ich gegen 2,000 Duca- 
ten, die ich sammtlicb mit dem von Eurer Durcblaucht 
empfangenen Gelde -wiederum abbezahlte. 

A m 20. rtickten die russischen Truppen aus dem 
Cbanate Ormi. Die Familien , die noch npthig hatten, 
zu bleiben , erlitten aber von der persiscben Regierung 
mancherlei Bednickungen , und beklagten sich dariiber 
b^i mir. Dieser Umstand nothigte mich , die Armenier 
aus den Chanaten Salmas und Choi so schleunig aïs 
moglich îiberzusiedeln, damit sie dergleicben Bedrûckun- 



1 

40^000 Arméniens de la Perse en Russie. 325 

gen nicht erfahren mocliten. Und 80 beschleunlgte ich 1828 
die Uebersiediung ; eine AblheiluDg folgte der andern, 
und die BevolkeruDg der Provinz Âderbaidscban yer- 
ringerte sîch zusehends. 

Scbou batten sicb mebr als 5,000 Familien dein 
Araxes genabert, aïs icb dea ersten Bericbt der provl- 
soriscben Regieruog der Proyinz Arménien erbielt, worin 
sie erklarte, dass sîe, ans Mangel nicht im Stande sey, 
den ankommenden Uebersiedlern die notbige Htilfe zu 
leisten; sie bat.dessbalb dièse bis zur Aerndtezeît auf- 
znhaUen. Bald nacbher, namlicb am 8. Mai, erbieit 
icb die Zuscbrift Eurer Parcblaucbt vom 24. April, 
des Inbalts, dass icb den grôssten Tbeil der Auswan- 
derer, und besonders die ârmsten , ûberreden sollte^ 
nach Karabacb zu geben, wo sie mit Allem yersorgt 
seyn wiirden, einige in ibrer Heimatb zuriickzubalten, 
und diejenigen, welcbe keine eigene Mittel batten zur 
Auswanderung nicbt zu iibersiedeln. Dièse VorscbriHeD 
wurden von mir ,in der Art erfîiilt^ dass diejenigen, 
die den Wunsch âusserten, auszuwandern , àber arnx 
waren, keine Geldunterstiitzungen mebr erhielten. 

Am 8. Mai yerliess icb die Festung Dilman, uAd 
laugte am 10. in Choi an. 

Zu derselben Zeit yerkândete mir der Generalmajor 
Pankraljew den Bescbluss Eurer Durcblaucbt, vierStabs- 
ofGciere , oder andere zuverlassige Beamte fur die Be- 
scbîitzung der Armenier in den Chanaten Ormi, Sal- ^ 
mas und Cboi zuriickzulassen. XJuverzîiglich macbte 
icb aile ausgewanderten Armenier , und die)enigen ^ die 
nocb auswandern wolHen, mit dieser Gnade Eurer 
Durcblaucbt bekannt, und befabl dem Obristlieutenant, 
Fiirsten Argutinski-Dolgoruki, mit der Abferligung der 
iibrigen Abtheilungen der Auswanderer nicbt zu eilan^ 
sondern sicb Miibe zu geben, sie bis zur Aerndtezeit 
zuxîickzuballen. 

Gleich darauf erbieit icb aus dem Clianate Nacbit- 
schewan die Nacbricbt, dass die dort angelangten Arme- 
nier im Lager stiinden, und an allem Notbwendigen 
Mangel litten. Ich beschlosSy zu versuchen, ob ich 
yielleicht durcb meine persônlicbe Gegenwart ihr Schick- 
sal erleicbtern kônnte » reiste dessbalb am 17. Mai yon 
Choi ab, und kam am 19. nach Nachitschewan. Nach- 
dem icb die Lage der Auswanderer untersucfat batte, 
fertigte ich den Collégien - Assessor Hamasow nach En- 



326 Actes concern. la transplanation de 

1828 wan ab» und bat die armenische Bezirksregierungi den 
armenischen Auswanderern die bestimmten PlStze an- 
zuweisetiy uad ihnen so schnell als môglicb Hiilfe zu 
leisten. Da es in dem Chanate Nachitacbewan an Kron* 
landereien fehlte, so suchté ich Tiele Armenier zu iiber- 
rèdeui sich in den Chanaten Eriwan und Kara)>ach nie- 
derzulassen. Da ich aber die Abtheilung in dem Cha- 
nate Nachitschewan obne aile Mittel sah | um dièse 
weitere Wanderung bewerkstelligen zu kônnen^ theilte 
ich unter sie niehr als 2,000 Ducaten aus. 

Am 21. Mai verliess ich Nachitschewan^ und kehrte 
ani 22. nach Choi zuriick. So yiel als môglich die 
Vorschrift Eurer Durchlaucht erfîillend , verschob ich 
die Auswanderung vieler Armenier bis zum ganzlichen 
Abzuge der russischen Truppen. 

Aïs ich das Ende meines Wirkens herannahen sah, 
wiinschte ich Eure Durchlaucht miindlich iiber einige 
Détails aufzuklaren. Ich iibertrug desshalb dem sich 
bei mir befindenden zuverlSssigen Qeamten^ Fiirsten 
Argutinski-Dolgoruki , die Aùfsicht iiber die in ihrer 
Heimath iurtickbleibenden Abtheilungen der Uebersied- 
lef| yerliess am 29. Choi, und verweilte mich auF dem 
Wege nach Eriwan und Nachitschewan. Hier traf ich 
meine letzten , Anordnungen | und stiess am 18. Juni zu 
der activen Abtheilung des Heeres bei Kars *)• 

Nach der Einnahme der Festung Achalzik befahlen 
mir Eure Durchlaucht, nach Eriwan zuriickzukehren, 
um einen umstandlichen Bericht, sowohl iiber mein 
Wirken, als iiber die ausgegebenen Summen zù erstat- 
ten, Bei aller Zerriittung meiner Gesundheit reiste ich 
alsbald ab, um den Befehl Eurer Durchlaucht zu er- 
ftilien ; doch als ich in Tiflis anlangte, verfiel ich in 
eîne schwere Krankheit, Ton der ich mich bis jetzt 
kaum erholt habe, 

Unterdessen erhielt ich den Rapport von dem Fiir- 
sten Argutînski-Dolgoruki. Obgleîch die beigelegten Pa-« 
piere nicht aile Nachrichten und Nachweisungen ent- 
hielteni um einen vollstandigen Bericht entwerfen zu 
kônnen; so machte ich doch, um den Befehl Eurer 
Durchlaucht unverziiglich zu erfûUen, nach dîesen Pa-* 
pieren , und nach den Nachrichten , die ich selbst ein- 



*) Nâffllicli zu der Abtbeilunf^ des Heeres, welclie den Feld- 
sug gegen die Tûrkei mitmadite. 



1 

I 



40^000 Arminiens de la Perse en Russie. 327 

gosogen batte 9 eipen Bericht« Ich befahl.dem FârMen, 1828 
mir 80 schleunig als moglich die 'weitem Nach^feisun- 
gen zukoiDmen zu lassen , die ich dann Eorer Darcli- 
laucht vcNrzulegen die Ehre haben wiirde. 

Mein Wirken begann am 2^. Pebruar 1828, und 
endigte am 11* Juni desselben Jahres, -wobei ich abec 
1,500 Familien , die auszuwandern wilnschten, in ihrer 
Heimath zuriicklassen musste. Wëhrend der ganzen 
Zeit erbielt ich von Eurer Dorchlaucht 14,000 Duca- 
ten, uod 400 Sllberrubely und mit diesen Mittein iiber«> 
siedelte ich 8,249 christliche Familien. Die. Abtheiluog 
der Auswanderer in dem Chanate Nachitschewan er« 
liielt allein mehr aïs 2,000 Ducaten. Dièse Summen, 
vrelche ganz meiner Verantwortlichkelt iibergeben wa- 
fen , âbergab ich dem Capitan Derubenka. Der ausser- 
ordentllche Eifer, die Ftinctlichkeît und Ordnung in 
den Geschaften dièses Officieres verdienen Eurer Durch- 
laucht besondere Aufmerksamkeit. 

Aus den beigelegten Fapieren vrerden Eure Durch- 
laucht ersehen^ wie yiele Familien durch einen jeden 
der sich bei mir befindenden Officiere iibersiedeit, und 
was fîir Summen zu ihrer Unterstiitzung yertheilt wur- 
den; eben so, wie hoch die Tafel- und Postgelder der 
Officiere, und die ausserordentlichen Ausgaben nach 
Eurer Durchlaucht Bestimmung sich belauleu. 

Indem ich nun Eurer Durchlaucht iiber mein gan- 
zes Wirken und Thun vollstandigen Bericht erstattet 
habe, wage ich, hinzuznfiigen, dass Sie, indem Sie die 
oeuerworbenen Fjrovinzen mit mehr als 8,000 Familien 
eines industriôsen, arbeitsamen Volkes bevôlkerten, Sie 
for das Beich eine neue Quelle von Reichthum eroffnet - 
haben. Man kann mît Bestimmtfteit voraussagen, dass, 
wie gross auch die Summen seyn mogen , welcbe fiir 
die Auswanderer gegeben -wurden, sie doch sehrschnell 
der Regîerung mit Ueberschuss werden ersetzt werden. 
Anstatt der Wiisten, die sich jetzt in dem alten, grossen 
Arménien vorfinden, vrerden reiche Dorfer, und viel- 
leicht auch Stadte entstehen , von arbeitliebenden , ge*- 
werbsam'en upd dem Monarchen ergebenen Bewohnern 
bevôlkert. ^ ♦ 

Da ich Zeuge war von den'maunichfachen Aufopfe- 
ningen und der Ergebenheit der Armenier fiir den rus- 
sîschen Thron , so werde ich mir die Freiheit nehmtn, 
Eure Durchlaucht, als den Begriinder ihres neuersian- 



328 Actes concern. la transphnation de 

1828 deoen GlSckeS) zu eisuchen, Ihre beaondere Aufoierk* 
aamkeit auf aie zu richten , und ntcht zu unterlaasen, 
beim allerdurchiauchtigsten Kaiser Fârsprache einzale« 
geo, da88 das Schicksal der AuswaDderer erleichtert, 
und ihre ueiiea 'Wbhnuogeii dauerhaft gegrandet wer* 
den mëchleoy sowohl ans Meoschlichkeit, als auch we- 
gen des eigenen Yortheils des Reiches. 

Indem ich bemerke, dass die Vollziehung eÎDes so 
achmeichelhaften, von Eurer Durchlaucht mir ertheiltea 
Auftrages in meinem Leben Epoche machl, halte ich 
es fiir meine Fflichti noch hinzaziiftigen^ dass ich mich 
vollkommen gliicklich schâtzen wiirde, wenn Eure Durch- 
laucht die Gnade haben wtirden, Seiner MajestSt, dem 
Kaiser 9 die aich bei mir befiudeodea 8tabs« und Cher* 
officiere , zur Belohnung fiir ihren beîspiellosen Eifer 
und fur die oh mit Gefahr ihres Lebens erftillten Auf* 
trSge f Yorzuschlagen. Dasselbe bitte ich in Betreff der 
bôhern Geistlichkeit , und derjenigen Einwohner, vrel- 
che' mir eifrig bei der Uebersîedhing beistanden , und 
dass einige von ihnen in die Rechte wiederum einge» 
setzt ifverdeny deren sie sich seit langer Zeit in Persien 
erfreuten. 

Tiflis am 24. December 1829. 



'Anmerlungen zu poraieJienden jUtenatticien. 

Nach den Kindern Israël itt kein Volk so ia allen Gegendeo 
der Erde verbreitet, aïs die Ârmenier. Die armeoifcbeo Kaufleute 
bilden grosse und wohlhabeDde Gemeinden in Bombay, Madras 
und Kalliutta, deren AnzabI susammen auf 20,000 Pénonen g^ 
schâtat wird. Ârmenîsche Kaufleute treiben einen grossen Theil 
des auswârtigen UandeU mit den Kdnigreicben Jenseit des Ganges, 
in Barma, Siaro nnd in den englischen Besitanngen unter den in-> 
docbinesischen Nationen ; die angesehensten und reichsten Kauf- 
leute der l(anm etwaa mebr ais ein Jahrsebend gegrûndeten Han- 
delsstadt Singapnr sind Armenier, nnd von hier aus besn^en sie» 
des Handels wegea , die grôssern Insein des ôstlichen Archipela- 
gus, wie Jaira, Sumatra nnd Bornéo, sowie die den Fremden 
einzig und alleia zngSngliche Handelsstadt Kanton. Die Arme- 
nier reisen, und betreiben den Handel in den Chanaten oder Fur- 
stentliûmern Mittelasiens, wie Bochara, Kolcant uud Chiwa; aaf 
Erwerb ausgehcnd, dnrchstreifen sie Kaschmir ond die andern 
grossen Besitzungen des Ranadschid Singb, des Herrn voa Lahor, 



40>000 Arméniens de la Perse en Russie. 339 

fo wle Afghanistan. In Didiolfa, e!ner naeh dér alten ber&bmten 1828 
Stadt Arméniens benannten Yorstadt Upahans, and In andern Ge- 
genden Persiena finden aich nicht unbedentende Gemeindea der 
Annenier. Man zâblte daselbst vor der Zeit Nadir Schaclia unge- 
fabr 12,000 armeniaclie Familîen, die aich damais dorch ihren 
Handel mit Indien za einer bedeatenden Stufe des Reichtbomes 
imd Wohlstandes erboben hatten, wovon die Tielen nnd prachtvol- 
lenHioser uodKIrchen» die jetit tbeils nnbenntst dastehen, tlieils 
in Trtîmmem zerfallen, sprecbende Zeugen sind. Piese einst so 
reiche nnd bevôllcerte Kolonie der Armeoier zfthit jetzt, nach den 
nenesten Nachricbten, die wir den tbatigen, deutschen MIssionft- 
rea, Ton der Missionsgesellscbaft zà Base! ansgesandt, verdanicen, 
blMS SOO verarmte Familien. Annenier sind ftberdiess die wobi* 
iiabendsten Kanflente zu Cairo und Alezandrien, nnd *selbst daa 
Hanpt der Kirche Ton Abyssinien ist jetzt ein Armeiiier; aucb 
der erste Gesandte, der ?on Abyssinien nach Portugal gescbicict 
wnrde» war ein Armenier. Dièse Nation bat religiôse nnd Han- 
dcIstticMlerlassangen in alien Theilen Syriens, in der europâiscben 
TnrI&ei, in Rnssiand, Polen, în mehrern Provinzen des ôsterrei*» 
cbiscben Kaiserstaates nnd in Italien. 

Arménien nmfasste in alten Zeiten eine welte Lândentrecke 
von Oat nach West; es erstreckte sich Tom Eaphrat bis zu dem 
ôstlieben Theile der persischen Provinz Aderbaidschan nnd dem 
kaapischen Meere. ' Nicht kleiner war die Strecke von Siid nach 
Nord , Ton Mardin nnd Nisibis bis an daa alte Chaldia oder dsa 
hentige Pascballk Trebisnnd, bis nach Géorgien hin, und dem 
Ijande der Achuank, dem Albanien der alten Griechen , nnd dem 
Daghestan der Neuem. Ausserdem werden von den armeniscben 
Gcograpben noch mehrere Lânder Westasiens, wle Mesopotamien 
und Cilicien, im weitem Sinne des Wortes zn Armeniem gerecli-* 
net, weil die Armenier zn irgend einer Zeit dièse Lânderstriche 
theîls in zahireichen Massen bewohnt, theils anch sogar beherrscht 
hatten. Ein grosser Theil der alten Heimath der Armenier ward 
in der jûngsten Zeit von Russiand erobert; das armenische Volk, 
vorzôglicb der grôssere , nicht mit der katholischen Kirche nnirte 
Theil , betracbtete anch schon sait einiger Zeit dièses grosse Kal- 
serreich als sein nenes Vaterland. Seit sechs bis acht Jaliren wan- 
dem desshalb die Armenier in Masse ans den benachbarten , von 
den Russen in den letzten Kriegen mit den Persem nnd Turken 
aaf knrze Zeit in fiesitz genommenen Provinzen, ans Brzernm, 
Aderbaidschan nnd Ghilan nach den neuen Besitznngen der Czaren, 
nach Achalzik, Kars, Ërlwan nnd Nachitschewan. In den Frie- 
densschlûssen, die Rnssiand seinen sûdlichen, der gegrundeten 
Bifersncht der enropâischen Mâchte ihr Daseyn verdankenden Nach- 
baren dictirte, ward gewôhniich die freie, ungebinderte Uebersied- 
Inng der cbristlichen Bevôlkernng ausbednngen, — ein Artikel, der, 
so nnscheinbar er anch gewôhniich in dem Tractate dastand, doch 
die innere Macht Persiens und der Tûrkei mehr schwâchte, aïs 
die Abtretnng einiger Districte Landes. Die Wiehtigkeit dièses 
Artikels der Friedenstractate mit Persien und der Tûrkei, nnd die 
in Folgç desselben staitgefnndene Auswanderung einer grossenAn- 
zahl Christen, vorziiglîcb Armenier, ans den benachbarten Pro- 
vinzen def Pecser und T&rken nach Rnssiand, ward in Bnropa 



330 Actes concern. la iransplànation de 

1818 ^'^^'^ff^ 8**' nîcht bdcaont, theîls âbenehen. Man kann nicbt aa^feiH 
dass die Rusfen im. eigentlicben Sinne des Wort^ deo Penern 
ibre Uaterthanaa geiraltsam eotfuhrt hâtten ; wâra dièses aber 
auch gescheliea, so wûrde der Gesicbtschreiber in dieser Hand- 
laog bloss die râcbeode Nemesia erkenneo. Wie grausam nnd un* 
erbiUlich streog verfubr nicbt im Jabre 1605 Scbacb Âbbas I,» 
der Grosse genaont, bel der gewaltsamen VerpAanzoog der Arme* 
nier nacb dem jenseitigen Ufer des Arazes oiid deo inoem Pro- 
vinzen des persiscben Reiches! Um der Menge Forcht einsojagen, 
wurden awei der angeseheosteo Armenier entbaaptet nnd mehrem 
andern, die Miene macbten, sich den grausamen Befeblen des 
Scfaacbs zu wîdersetzen, Nasen and Obren abgescbnitten. Ob- 
gleich einige Uusead «Armenier bei dem eiligen Debersetzen ûber 
den Araxes nnd aacb sonst aaf dem bescbweriichen Zoge zv Grande 
gegangen sind; so belief sich doch die auf eine acbt despotiscbe 
Weise nacb Persien verpflanzte armeniscbe Be?ôlkening anf nafae 
an vier nnd zwanzig tansend F«miiien. Die Bescbrei- 
bang aller der Scbrecknisse und CJnthaten, welcbe dièse gewaltr- 
same Bntfubrung begieiteteo, kann man bei den gleîcbzeitigen ar- 
meniscben Geschicbtscbreiber nicbt obne Gransen lesen. 

Es bednrfte anch von Seiten der Russen gar keiner gewaltsa- 
men Massregeln. Es ist gans natûrlicb, dass die betriebsamen 
nrmeniscben Handelslente lleber nnter dem Scbntze Rnsslands le- 
ben, ais in dem von Unordnnngen nnd Bedrficknngen aller Art 
heîmgesncbten Reicbe Persiens. Man hfitte Sich dessbalb keine 
grosse Mûbe geben durfen, darzutban, dass die Armenier in ei- 
gentlicbem Sinne des Wortes nicbt znr Auswanderung gezwnngen 
wurden. "Wûrde nnr die rnssische Regiernng oder Graf Paske- 
witscb-Eriwanski ancb fur den Unterhalt der armen Answanderer 
gesorgt faabenl Man weiss ans dem Munde etnes sebr ehrenwer- 
tben Mannes, der bei der Answanderang zngegen wor, dass mehr 
als die I^&lfte der armen betrogenen Answanderer in den Cbnna- 
ten Ëriwan nnd Nacbitscbewan eines furcbtbaren, qnalvollen Hnn- 
gers gestorben ist; fur dièse Angabe spricbt ancb, in so milden 
Ausdrucken er immer abgefasst ist, der Generalberiebt des Ober* 
sten Laaarew an den Fûrsten Paskewitscb. Ist es nnter solcbea 
Umstânden zu verwnndem, dass die Herzen der Armenier sich 
von Russiand wegwenden nnd jener zweiten nicbt weniger grossen, 
aber fienscbenfreundlicben Macbt in Asien, dem frelen England, 
znfliegen? „Die Armenier," was freilich angenscbeinlicb ûbertrie- 
ben ist, beisst es in einem engliscben Blatte Indiens*), nacb der 
Anssage eines armeniscben Priesters, Isaac Catnr, „die Armenier 
hassen die Rnssen mebr als die Mobammedaner, nnd es ist der all- 
gemeine Wnnscb der cbristlicben Bevdikerung Arméniens, .dass 
England sie nnter seinen gûtigen Scbntz nebmen môcbte." 

„Die Rnssen," soll dieser Priester ebenfalls ansgesagt baben» 
hatten im letzten Kriege, wâbrend der Hândel mit Abbas Mirza, 
den cbristlicben Armeniern vorgescblagen , ans Persien anszuwan- 
dern , nnd sich anf der linken Seite des kaspischen Meeres nieder- 



*) Siehe den Anszng ans dem Meernt Observer in dem loo- 
doner Asiatic Jonmal. April 1833. Asiatic Intelligence. S. 134. 



40j000 Arméniens de la Perse en Russie. 331 

zalaisen. Man zwang die Armeorer , hinter der rasslschen Armée 1828 
fier za waodero, nnd verspracb iboen, aie fur Allés, waa aie ver- 
laaaen, fur ihre Hâiuer, Aecker nnd andere nDbewegliche Habe zu 
cntacbâdigen. Die armen Armeoier verlieaaen demgeiii&sa Haoa 
nnd Hof; nnd wnHen, bis passende Niederlassnngen fur sie ge* 
funden werden konnten, in den Stidten aaf dem westlioben 13 fer 
des luspischen Meeres einquartirt Vergebens harrten sie hier 
zwei Jahre ans; nicbts ward fur sie gethan. Die anglfieklichen 
Answanderer mossten nacb Verlauf dieser Zeit wiederum in ihre 
Helmath nach Persted zurûckkehren , wo sie ihre Hàuser geplûn* 
dert und ihre Felder als Wiîstenéien antrafen.^ 

Der dieUebersIedelungleitende Obritt Lazare w, Ist einSpross- 
Iltt|f der Ton der ganzen armenischen Nation bochgeacbteten Fa- 
mille Lazarew. Dieser Famille verdankt das armenische Volk eine 
der ersten und virksatnsten Erziehungsanstalten , um die enropâi- 
sche Civilisation nnter den onwiasenden, .durch die Herrschaft der 
Perser nnd Tûrken balbverwilderten Bewohnem Arméniens zu ver- 
breiten. 



28. 

Note du Lord Dudley adressée au 
marquis de Palmella. 

(Traduit de raoglais.) 

Londres^ Bureau deê affaires étrangères ^ 22 avril 1828, 

Le soussigné, etc. y a reçu les ordres de Sa Majesté 
pour accuser la réception d'une note de Votre Excel- 
lence , en date du 8 courant, conjointement avec un 
extrait d'une lettre du vicomte de Santarem, et d'infor* 
mer Votre Excellence que Sa Majesté reçoit - les assu- 
rances de la sincérité des intentions -de S. A* R« Pin- 
faut régent, que le vicomte de Santarem a transmis à 
Votre Excellence pour en faire communication au gou-« 
vernement de Sa Majesté, comme un témoignage du dé- 
sir qu'a S. A. R. Pinfant don Miguel de cultiver Pami- 
tié et de se concilier la confiance de Sa Majesté. -^ Le 
soussigné, toutefois, manquerait à son devoir, ainsi 
qu'à la franchise et \ la sincérité qui doivent régner 
dans les relations entre deux pays si long-temps et si 
intimement liés comme l'Angleterre et le Portugal, s'il 
voulait cacher à Votre Excellence que beaucoup d'in- 
cidens, qui ont marqué l'avènement de la régence de 
S. Au II., ont produit dans l'esprit de Sa Majesté des 
sentimens d'inquiétude et de désappointement. 



332 Note du Lord Dudley adressée 

1828 Selon la stricte lettre des stipulations en Tertu des- 
quelles S. A. R. prit en main le gouvernement du Por- 
tugal,. S. A. R. ëtait obligée d'y maintenir la charte 
constitutionnelle; par suite de Pesprit et de l'ensemble 
de ces mêmes stipulations^ S. A. R. devait s'abstenir de 
tout ce qui aurait pu fournir un juste motif de craintes 
et d'alarmes publiques. Le soussigné se voit oblige de 
remarque^, avec infiniment de regret , que sous aucun 
de ces deux potnts de vue il ne paraît pas qu'on ait 
satisfait a ses engagemens. H sera, je crois, convena- 
ble de rappeler au souvenir de Votre Excellence les 
|[)romeS6e8 que fit S. A. R. avant son arrivée en Portu- 
gal , ainsi que les circonstances où sa conduite n'y a 
pas répondu. 

En 1826, S. A. R. prêta \ la Constitution le ser- 
ment prescrit par la charte portugaise* 

Au mois d'octobre 1827, S. A. R. ayant été nom- 
mée par son frère l'empereur et roi don Pedro, lieute- 
nant et régent en portugal, ^^aux termes des lois exi- 
stant dans cet Etat et conformément aux institua 
lions données par V Empereur son auguste frère à 
la monarchie portugaise f** déclara pai^ ses plénipo- 
tentiaires, le baron de Yilla-Secca et le comte de Vil- 
la-Réal, sur le protocole dressé à cette occasion à 
Vienne, qu'il avait fait écrire une lettre à sa soeur, la 
régente d'alors, dona Maria Isabel, „c2e manière à ce 
que cette lettre pût être rendue publique y et à ce 
qu^elle ne laissât en même temps aucun doute sur 
la Jerme volonté de ce prince^ en acceptant la lieu^ 
tenance du royaume que PEmpereur son frère vient 
de lui conférer f d'en maintenir religieusement les 
institutions *)» de vouer le passé à un entier oubli, 
mais de contenir en même temps avec force et fer-- 
m^té Pespril de parti et de faction qui a trop long- 
temps agité le Portugair 

8. A. R. a pareillement adressé à S. M. une lettre 

datée de Vienne, du 19 octobre, où on lit les paroles 

suivantes : ^^Convaincu de la part qu'elle {S. M.) y 

prendra, par suite' de ^ancienne alliance entre le 

. Portugal et la Grande-Bretagne , et que je désire 



*) 11 est évident que don M îgnel sons - entendait ici à cette 
époque les institutious des Cortès et non pas la Constitution de 
don Pedro. (Note de l*£dit) 



au Marquis cte Palmella. ' 333 

sincèrement cultiver^ fose me flatter qu^ette f^u- 1828 
dra bien rnfaccorder sa bienveillance et son appui, 
le but que je me propose étant de maintenir mva^ 
riablement la tranquillité et le bon ordre en Por» 
tuffalj au moyen des institutions octroyées par 
V Empereur et Roi mon frère , — institutions que 
je suis fermement résolu de faire respecter»*^ 

Il ëtait impossible à S. M., sans soulever les soup- 
çons les plus injurieux pour le caractère et la dignité 
d'un jeune prince agissant alors sous la direction d'un 
sage et vertueux souverain, de douter de l'intention de 
S. A. R.| quant à la mise II exécution de promesses 
aussi publiques et aussi solennelles. Aussi, S. A. R« 
fut-elle, à son arrivée en Angleteri'e, reçue par S. M, 
avec les honneurs et la distinction dus à son rang élevé. 

Pendant le séjour de S. A. R. dans ce pays, il fut 
convenu par un protocole rédigé le 12 janvier 1828, 
avec l'autorisation de S. M., de faciliter un emprunt à 
Fusage de S. A* R., et de permettre que les troupes 
anglaises, qui devaient quitter immédiatement le Portu- 
gal, j restassent encore un certain temps, d'après le 
désir de S. A. R* Lorsque S. A. R. s'embarqua , une 
escadre de la flotte de S* M. reçut l'ordre de raccom- 
pagner, pour témoigner devant tout le monde combien 
S. M. se trouvait setisfaite de voir la-'lîeutenancè du 
Portugal confiée par l'empereur don Pedro à l'infant 
don Miguel son frère. 

L'influence de S. M. s'exerçait à la même époque 
à Rio-Janeiro, pour persuader ^ l'empereur don Pedro 
de compléter sa renonciation à la couronne du Portu« 
gai , et d'envoyer en Europe la jeune reine dona Maria 
da Gloria. 

Tous ces actes si bienveillans et si utiles pour S. 
A. R. découlaient de la conviction de S. M., que S. A. 
R. l'infant était décidé à maintenir la charte octroyée 
à la nation portugaise par l'empereur et roi don Pedro, 
charte que S. A. R. avait promis d'observer par les let- 
tres adressées de Vienne tant i. sa soeur qu^^ 8. M., et 
qu'elle avait jurée avant de quitter cette dernière capitale. 

S. M. ne peut voir naturellement qu'avec faveur 
une forme de gouvernement qui ressemble en principe 
à celle sous laquelle ses propres Etats ont joui de si 
longues années de bonheur , et ont atteint un degré si 
élevé de prospérité et de gloire. 8. M. ne saurait ne 



334 Note du Lçrd Dudley adressée 

pas désirer I que le peuple du Portugal, dont le sort 
l'intéresse si Tivement, puisse posséder TaTantage de 
semblables institutions i octroyées par sou souTerain 
dans l'exercice légitime de son autorité , et confirmées 
par l'acceptation et ressentiment national. 

S. M. ne peut donc assez déplorer certaines circon- 
stances qui ont eu lieu depuis le rçtour de S. h* R* 
en Portugal I et qui tendent à établir l'opinion, parta- 
gée aussi par S. M., que S. A. R. entretenait un pro- 
jet fixe de ne pas suivre les injonctions de la charte. 

Par un des articles de cette charte, le roi ou ré- 
gent de Portugal, qui aurait dissous une assemblée des 
Cort^ est tenu d'en convoquer immédiatement une nou- 
velle* Il est évident que l'existence de la charte elle- 
même dépend de la stricte observation de ce précepte 
constitutionnel. Si, après avoir exercé sa prérogative 
de dissoudre les Chambres, le souverain pouvait, soit 
directement, soit sous un prétexte quelconque, ne plus 
les convoquer pendant un espace de temps indéfini, il 
est clair que la nature du gouvernement subirait une 
altération complète, et qu'une monarchie limitée se chan- 
gerait en monarchie absolue. 

Dans le cas actuel, les ministres de S. A. R. lui 
conseillèrent, . a.u lieu de convoquer immédiatement les 
Cortès, de publier un décret déclarant que ^cette con- 
vocation immédiate est impraticable. Us donnent pour 
raison qu'il n^ a pas de loi réglementaire pour les 
élections, et que les dispositions provisoires, portées à 
cet e£Fet par le décret du 7 août 1826, sont évidem- 
ment défectueuses. Slï A. R. les abolit donc en consé- 
quence, et nomme une commission composée de dix 
membres pour préparer un nouveau règlement et le 
présenter Si son approbation. On ne fixe aucune épo- 
que à laquelle cette commission devra s'acquitter de sa 
tâche 9 ni à laquelle le règlement, après avoir été sanc- 
tionné par S. A. R. , sera mis à exécution. La convo- 
cation des Chambres peut donc ^insi être remise indé- 
finiment, en opposition directe avec la volonté formelle 
de la charte dans une de ses clauses fondamentales. 

Cette irrégularité si frappante ne saurait être justi- 
fiée par aucune nécessité. S. A. R. aurait pu éviter cette 
violation de la charte de deux manières différentes: 

1^. En ne prononçant la dissolution drs Chambres 



au Marqiùs de Palmella. 335 \ 

3[u*aprè8 le vote d'ane loi 8ur le mode des futures 1828 
lections ; 

2^. En prononçant la dissolution des Chambres, mais 
en permettant de procéder aux Sections nouvelies selon 
le règlement de 1826. 

Chacune de ces manières d'agir eût été préférable 
au parti que S. A. R. a adopté actuellement, — et qui 
a provoqué si généralement des alarmes et de la dé- 
fiance dans ses intentions. 

Mais ce n'est pas seulement de cette déviation de 
S. A. R. des engagemens positifs contractés envers la 
nation portugaise et l'empereur don Ptedro , devant les 
yeux de 8. M. et de Fempereur d'Autriche, que S. M. 
croit avoir II se plaindre depuis l'avènement de S. A. 
R. à la régence. La manière dont S.A.R. yient d'exer- 
cer le pouvoir légitime qui lui appartient n'a pu, mal- 
heureusement ^ que confirmer les craintes déjà éveillées 
par des actes inconciliables avec l^s institutions du pays 
et avec ses propres promesses. 

Le but du gouvernement de S. A. R. était , diaprés 
ses propres paroles — „c?0 maintenir invariablement 
la tranquillité en Portugal^ au moyen des institua 
tiona octroyées par t Empereur et Roi 9 etc." S. M. 
n'a donc pu voir qu'avec surprise et regret, que le 
premier pas de 8. A. R. vers l'accomplissement du but 
indiqué a été d'appeler dans ses conseils des hommes, 
qui, quelque distingués qne puissent être leur caractère 
et leur position sociale, étaient généralement connus 
pour appartenir à des opinions hostiles aux institutions 
constitutionnelles. 

8. A. R., après avoir ôté le commandement et éloigné 
du service militaire beaucoup de ceux qui ont mené les 
troupes portugaises à la victoire contre les insurgés 
s'opposant, les armes Ji la main, \ la volonté de leur 
souverain l'empereur don Pedro et \ l'introduction de 
la Charte , — les a remplacés par des officiers notoire- 
ment animés d'un esprit incompatible avec la Constitu- 
tion que 8. A. R. est dans l'obligation de maintenir. 

Un gouvernement, d'ailleurs , doit être jugé non 
seulement ptir ses actes patens, mais aussi par l'ensem- 
ble des dispositions qui l'animent et par les impressions 
générales qu'il produit. Celles-ci sont aujourd'hui, en 
Portugal, décidément prononcées contre la Charte, qui 
non seulement y est déjà regardée comme lettre morte^ 



336 Note du Lord Dudhy adressée' 

m 

1838 mais qui paraît même toucher au terme de 8on exU 
atence nominale. L'ascendant exclusif et hostile d'un 
pbrti est visible par l'attitude décontenancée ou la fuite 
de l'autre. Peut être exagère-t*on quelques alarme^, 
mais il est difficile de concevoir comment un si grand 
nombre de personnes qui ne sont entachées d'aucun 
crime chercheraient leur sûretë dans Pexil, si leurs 
craintes du përil étaient tout-à-iait sans fondement. 

En vertu de traités remontant à près de deux siè- 
cles S. M. se trouve engagée ^ défendre le rojraume de 
Portugal contre toute attaque étrangèrej et de .même 
que hts prédécesseurs^ S. M. s*est montrée toujours 
prête ^ secourir son ancien allié dans les momens de 
dangers et de difficultés. S. M. ne peut ne pas sentir 
que la meilleure chance pour la sécurité et la tranquil- 
lité du Portugal consiste dans le maintien de la Charte 
octroyée par Pempereur don Pedro et dans la renon- 
ciation de Sa Majesté* Impériale à ses droits à la cou« 
ronne. Chaque tentative de la part de l'Infant contre 
la Charte excitera ses partisans à considérer l'empereur 
don Pedro comme leur protecteur — et peut-être leur 
vengeur. Le moins à, quoi Ton puisse s'attendre dans 
un pareil état de choses, c'est que don Pedro, malgré 
les sollicitations les plus sérieuses de la part de S. M., 
retardera son abdication et donnera des ordres de Rio- 
Janeiro pour l'exécution des lois dont l'acceptation , en 
Portugal , devait seule déterminer sa renonciation à la 
couronne. C'est ainsi que seront jetés les fondemens 
d'une guerre civile entre les deux grands partis dans 
l'Etat, Tun sous la direction de l'Empereur, l'autre 
sous celle de l'Infant, et le Portugal, ùinA divisé, af- 
faibli, épuisé, deviendra une conquête facile pour un 
ennemi étranger. Ce n'est pas sous l'empire de telles 
circonstances» que les prédécesseurs de S« M. ou S. M. 
elle-même s'est alliée avec le Portugal, et a déployé les 
forces britanniques pour lui porter secours.. 

Le soussigné a donc reçu l'ordre de S. M. d'infor- 
mer Votre Excellence, que toutes ces circonstances et les 
conséquences qui en découlent évidemment ont excité 
chez S. M. de l'inauiétude sur le sort du Portugal et 
sur le bien et le bonheur de tinfant lui'-méme. Le 
soussigné ne dissimule point à V. E. que cette inquié- 
tude n'a pas été écartée de l'esprit des ministres de S. 



ou Marquis de Palmella. 337 

M. par Textraît de la lethre du vicomte de Santarem 18SS 
incluse dans la note de V.E. en date du 8 du couranu 

L'impression qui résulte d'actes tellement inconcilia- 
bles avec les sermens itérativemeut prononces et les 
promesses si fréquemment renouvelées par un prince — - 
se saurait être détruite par la déclaration d*un ministre 
^ue rintention de son mattre est autre que ce que 
l'esprit et la tendance de son gouvernement n'ont que 
trop clairement prouvé dès l'origine. 

Dans cette situation des choses , S. M. attend les . 
résultats de ce qui se passe aujourd'hui en Portugal^ 
sans impatience, mais non sans une inquiétude propor- 
tiennée à l'intérêt qu'elle a toujours pris au bonheur 
et à la tranquillité de ce Royaume et à l'idée que S. 
M. se fait sur le péril que courent tous ces avantages, 
ainsi que la sécurité et Phonneur de S* A. JR/ elle-- 
méme^ à la suite de la conduite du gouvernement por- 
tugais depuis le moment du retour de S. A. R. 

Le soussigné ^ etc. 

DVDI.XT. 



29. 

Dépêche résef*vée de M. de Tatischeff^ 
Ambassadeur de la Russie à Vienne^ 
transmise à St. Petersbourg, en date 

du 29 Juin 1828* 

A Son Excellence, M. le Comte de Nesseirode. 

rienne, le 89 Juin I8«l. 

Les bruits qui se sont répandus à Varsovie, et qui 
doivent être parvenus à Saint-Pétersbourg» semblent 
prêter à la cour de Vienne le projet d'exciter en GaU 
lide un esprit de nationalité. 

Nous sommes trop intéressés à surveiller la marche 
de notre astucieuse voisine pour que j'aie négligé de por- 
ter mon attention sur un point aussi rapproché de nous. 
Ayant vérifié les faits, et les ayant examinés sous le 
rapport des intérêts de l'Autriche , je crois devoir sou« 
mettre l'opinion que je m'en suis formée au jugement 
de Sa Majesté Impérial^. 

Lorsqu'il a été décidé que la Gallicie occidentale et 

Nou¥. SuppUm, Tome IJI, Y 



338 Dépêche de M. de Tatischeff 

IBSBla majeure partie du duebë de Varsovie devaient tom* 
ber en partage à la Russie , le cabinet de Vienne au« 
rait prëfërë que ces provinces fussent simplement in- 
corporées à Fempire. Mais n'étant point parvenue h 
détourner l'empereur Alexandre de la restauration da 
royaume de Pologne , FAutriche a redouté l'impressioa 
que produirait cet événement sur les Polonais qui res-« 
taient sous sa domination. Dès lors Tempereur Fran- 
çois prit à tâche de se populariser en Gallicie. Dans 
cette fin , le voyage que Sa Majesté y fit en 1817 fut 
signalé par nombre de grâces et de faveurs répandues 
sur les personnes notables du pays, et depuis cette épo- 
que on n'a point négligé de cajoler la noblesse. 

La nomination du prince Lobkovitz est peut-être 
due au hasard, qui a rendu à Léopold la place de gou- 
verneur vacante , au moment où FEmpereur voulait l'a- 
vancer dans sa carrière; néanmoins on n*aura pas né- 
gligé de faire usage des qualités qui lui sont propres 
^ pour les faire tourner à l'avantage du service qui lui 
est confié. Etant de la Bohême/ il est è l'abri de la 
, répugnance que l'on éprouve en Gallicie pour les Alle- 
mands. Il lui a été facile d'apprendre la langue polo- 
naise, et en général il plait è ses administt*és. Flatté 
de ses succès , et, croyant se rendre plus agréable en- 
core, ce jeune homme parle souvent de son extraction 
(l^s Lobkovitz descendent dePopiel), et en a pris pré- 
texte pour paraître à quelques fêtes en habit polonais. 
Cependant les moyens qu'on a employés pour captiver 
les esprits des Galliciens» l'élévation de la Gallicje au 
rang de royaume, le rétablissement des charges de cour, 
etc., etc., ne doivent être considérés que comme des 
mesures défensives et de conservation. Je ne trouve 
, aucune concordance entre le projet dont l'Autriche est 
soupçonnée et sa manière d'administrer la Gallicie. La 
justice ne s^ rend point en langue polonaise, mais en 
latin ; les actes de l'administration sont publiés en allemand, 
et la Gallicie ressent pîus que les autres parties de la 
monarchie autrichienne le poids des impôts. La coupe 
de l'habit du g|ouverneur serait-elle suffisante pour com- 
penser ces motifs réels de doléance ? Les habitans de 
la Gallicie comparent la quotité des redevances que l'on 
paie dans le royaume de Pologne et dans nos provin- 
ces, qui les avoisinent, et cette comparaison n'est point 
à l'avantage des charges qui pèsent sur eux. Aussi les 



transmise de tienne à St. Petersbourg. 339 

habitaiis de Taroopol et de Zalesczyki b^nÎBseut les an* I8BB 
jiéeê qu'ils OQt yëcu sous le sceptre de la Russiei et re- 
grettent ce temps de leur prospërit^* La cour de Vieune 
ne l'ignore point 1 et je suis convaincu qu'elle aurait 
^téîivéj \ toute autre combinaison, l'avantage rëel de 
germaniser son royaume de Gallicie et de Lodomerie, 
Ce n*est qu'après avoir reconnu Timpossibillté de pro- 
duire son amalgame absolu avec les pays allemands, 
qu'elle s'est rësign^e à la conduite que )e ^iens de dé- 
tailler. Les inquiétudes que donne à l'Autriche la puis- 
sance de la Russie lui feront sans doute voir avec une 
secrète satisfaction tout embarras qui pourrait nous sur- 
venir; mais sa position lui interdira toujours d'y con- 
tribuer en excitant des troubles en Pologne par Tentre- 
mise des Galliciens, plus portés à se rallier a leurs an- 
èiens compatriotes, que capables d'arracher ce royaume 
à Tempire de Russie. 

Ce qui me confirme dans cette idée, c'est que l'on 
est fort mÀ:ontent, ici, que le prince Lobkovitz ait 
poussé aussi loin ses démonstrations. Tout récemment, 
Il Toccasion de la première pierre posée au bâtiment de 
la Bibliothèque léguée k la ville de Léopol par le comte 
Ossolioski , le gouverneur et le prince Henri Lubo- 
fflirski y ont paru en costume pQlonais; dès que la 
nouvelle en est parvenue ici | on a non seulement dés- 
approuvé ces travestissemens I mais ou les a définitive- 
ment défendus» Le ministre de la police a été chargé 
d'exprimer au prince Lobkovitz \€ mécontetitement de 
l'Empereur, et de lui enjoindre de faire «ussi quitter 
le costume polonais au prince Lubomirski. Le comte 
Sedlnitzki s'est acquitté de cette commission dans des 
termes tellement péremptoires , que ces mascarades ne 
pourront plus se renouveler. La mercuriale que l'on 
vient d'adresser au gouvierneur de Léopol ne pourra 
pas manquer d'être bientôt connue du public, et dé- 
truira d'autant mieux les illusions qu'on avait provo- 
quées. Quel que soit le degré d'habileté que Ton peut 
supposer au cabinet de Vienne dans la sciebce des ma- 
chinations, je ne saurais admettre que ses intrigues 
puissent amener quelques dangers pour nous len Po- 
logne. Ce cabinet calcule d'ailleurs trop exactement 
pour 88 lancer dans un champ où il ne peut récolter 
que des périls pour l'Autriche. Néanmoins j'aurai soin 
d'observer sa conduite envers les Polonais, et Je ne 

Y2. 



340 Dépêche de Comte Pozzo ai Borgo 

1628 manquerai point ' d'informer Votre Excellence des in< 
dices gui pourront servir à nous éclairer sur ses in< 
tentions. 

Signe: Tahschiff. 



30. 

Dépêche très réservée du Cointe Pozzo 
di Borgo transmise au Comte de 
Nesselrode à St. Petersbourg. En 
date de Paris, le 28 Novembre 1828. 

La notice confidentielle que le cabinet impâîal a 
Juge k propos de transmettre à ses reprësentans aupris 
des quatre cours principales de l'Europe y relativement 
aux evënemens de la campagne (en Turquie) et à la 
position réciproque dans laquelle se trouvent les deux 
puissances belligérantes à la fin de la saison des opëra- 
fions militaires y donne une idëe juste et complète du 
caractère de la guerre et de la manière dont elle a éii 
conduite. 

Comme vous Faves observa, M. le Comte, rien dans 
ce tableau ne Justifie les espérances odieuses et mal fon- 
dées des ennemis de la Russie, et on a raison de s'é- 
tonner que la jalousie et la haine se soient aveuglées 
au point de mécqnnattre si grossièrement la vérité. 

En se décidant à obtenir justice par la guerre, TEm- 
pereur porta dans le nombre et dans l'emploi de ses 
forces cet esprit de modération et d'humanité qui était 
inséparable des motifs et du but qui avaient obligé Sa 
Majesté à prendre les armes dans l'espoir' que d'un 
câté , l'ennemi , moins obstiné à risquer sa ruine, cherr 
cherait son salut dans la paix, et de l'autre que les ca- 
binets intéressés à ce résultat, et notamment celui de 
Vienne, se seraient empressés sincèrement d'inculquer 
\ la Porte-Ottomane une conduite si prudente et si 
nécessaire. 

Ce calcul, quoique fondé sur des données plausibles, 
a manqué, nous devons l'avouer, par l'opiniâtreté in- 
considérée du Sultan, et par la politique hostile et 
fausse du cabinet autrichien. 

Toutefois ces résistances et ces menéea n'ont pu ce- 



transmise de Paris à St. Petershourg. 341 

pendaot empêcher les succès notables de la cainpagot|'1828 
ni les conquêtes que la seule fractioo de Tarmëe impé- 
riale, qui y a pris part ^ a pu aciiever au milieu des 
obstacles que la valeur ou le désespoir de Tennemi, et 
encore plus l'âpreté de la nature, lui ont conslamnient 
opposés. Dès que Fimpatience du public et les illusions 
de nos adversaires ont donné aux événemens le temps 
de paraître et de se présenter tels qu'ils sont, il n'y a 
nul doute que la force de la vérité n'ait triomphé des 
préventions ou des erreurs, et que notre position ne 
soit maintenant appréciée avec tous ses avantages. Les 
sacrifices que nous atons faits pour les obtenir, quoi* 
que considérables, ne sont nullement disproportionnés 
avec les résultats , et la grandeur de nos ressources se 
montre encore d'une manière formidable à ceux tnéne 
qui sont le plus portés \ les révoquer ea doute. 

Ces vérités, M. le Comte, sont évidentes pour, le 
gouvernement français, qui ne les a jamais méconnues, 
el pour les personnes impartiales et de bonne foi dans 
ce pays. J*a)outenii même , d'après les notions qui me 
sont parvenues, qu'elles le sont également pour le duc 
de Wellington: ce grand militaire n*a jamais tiré des 
conséquences graves des succès accidentels et de la ré- 
sistance inattendue des Turcs; il a attribué à chaque 
événement son degré d'importance et s'est gardé d'en 
exagérer les effets. Dès qu'il a connu le nombre de 
troupes impériales qui avaient passé le Danube, il a 
cessé, à la vérité, de s'attendre à des évémens décisifs; 
mais il ne s'est point dissimulé que la supériorité re- 
lative resterait \ nos armes et que la discipline triom- 
pherait de Tenthousiasme. C'est dans cette conviction 
qu'il voit la probabilité et presque la certitude d'une 
nouvelle campagne, et qn.'il en appréhende les suites 
les plus désastreuses pour l'empire ottoman, parce qu'il 
croit, avec raison, que l'expérience nous dictera les pré- 
cautions, et que l'Empereur est à même de n'en négli- 
ger aucune. Ces renseignemens me sont fournis d*une 
manière positive par M. le prince de Polignac, qui 
vieot d'arriver de Londres, et qui en a fait part au 
Roi et aux ministres; et je suis d'autant plus porté à 
J ajouter foi, qu'ils se trouvent conformes a cett'e sa- 
gacité innée que j'ai toujours reconnue dans le Duc, 
lorsqu'il s'est agi d'exercer son jugement sur des ques- 



342 Dépèche de Comte Pozzo di Borgo 

1828'tioDS relatires à une profeisidn où il a excelle d*une 
manière tranicendaote* 

Cette nouyelle campagne, que nos adversaires ou 
ceux qui sont jaloux de notre grandeur, craignent tant 
de voir commencer, est devenue, M. le Comte, néces- 
saire et inévitable, La dignité , Thonneur et les inii* 
rets de TEmpereur et de TEmpire Texigent, 

Lorsque le cabinet impérial a examina la question 
si le cas ëtait arrivé de prendre les armes contre la 
Porte à la suite des provocations du Sultan, il aurait 
pu exister des doutes sur l'urgence de cette mesure aux 
yeux de ceux qui n'avaient pas assez méAi\4 sur les 
effets des réformes sanglantes que le chef de Pempire 
ottoman venait d'exécuter avec une force terrible , el 
sur rintérét que la consolidation de cet empire inspi- 
rait aux cabinets de r£urope en général, et notamment 
à ceux qui sont moins bien disposés envers la Russie ; 
maintenant Texpérience que nous devons faire doit ré- 
unir toutes les opinions en faveur du parti qui a été 
adopté. L'Empereur a mis le système turc à Tépreûve, 
et Sa Majesté l'a trouvé dans un commencement d'or- 
ganisation physique et morale qu'il n'avait pas*jusqti'à 
présent* Si le Sultan a pu nous opposer une résistance 
plus vive et plus régulière, tandis qu'il avait à peine 
réuni les élémens de son nouveau plan de réforme et 
d'amélioration, combien l'aurions-nous trouvé formida- 
ble dans le cas où il aurait eu le ternes de lui donner 
plus de solidité et de rendre impénétrable cette barrière 
que nous avons tant de peine à franchir, quoique l'art 
ne soit encore venu qu'imparfaitement au secours de 
la nature. 

Puisque les choses étaient telles, nous devons donc 
nous féliciter de les avoir attaquées, avant qu'elles nous 
devinssent plus dangereuses; car le délai n'aurait fait 
qu'empirer notre situation relative, et nous préparer de 
plus grands obstacles que ceux que nous rencontrons» 

Si je devais ajouter une preuve de plus à cette vé- 
rité, je la chercherais dans l'ensemble et dans les rues 
de la notice confidentielle du ministère impériaL Loin 
de diminuer les exigences et les conditioi^s qu'il met à 
la paix, j'ai observé avec une vive satisfaction qu'il lee 
augmente, après que la campagne lui a donné une plus 
juste idée de l'état réel dea choses , et l'a convaincu du 



troii^miêe de Paris à Si. Peterèbourg. 343 

besoin ^d'augmenter lee précautiona pôar diminuer lés 
daogera de l'avenir* i' 

GcUe conviction n'eat pas Peffet d'un raiaoutemeol 
spéculatif, mais de l'expérience acquise sur les lieux et 
au milieu des combats; elle justifie le parti pris de 
faire la guerre i el d^Montre la justesse deé motifs qui 
KoBt' fait, adopter. 

iILest une autre raison qui rend de nouveaux .Imio* 
cis et une supëriorifé plus prononcée en . notre finveur, 
indispensables f si nous voulons obtenir le but de la 
guerre. Lorsque r£mpereur Ta commencée ,. TEurope 
a éii avertie que SaMajestë s'abstiendrait de conquêtes 
et ne demanderait qtie d'être indemnisée de ses djfpen- 
ses, et d'obtenir des garanties morales pour la liberté 
de stfn commerce. Il est naturel que les cabinets y loin 
d'être portes à donner de la latitude à ces expressions 
gënërales , ont d& désirer d'en circonscrire Peffet ^ aux 
plus petits résultats possibles. Supposons . maintenant 
que y lorsque le Sultan a eu partie surpasse leurs espé* 
rances.par sa résistance , lorsque quelquun d'entre eux 
peut encore se complaire dans l'idée de notre tfaifadeès^ 
sous mettions en avant . les conditions : articulées 'sage(> 
ment par Votre Excellence dans sa note cenfidentielley 
tous élèveront leurs .voix contre Ténormité de iios prér 
tentions, et tous, sans exception , ks' trouveront dures 
et peutoétre injustes. J'ai dit sans exception^ parce que 
dans ce cas je n'en exclus ni la Frahoe ni la Prusse. 
Ces deux cours ont sans nul doute une politique aml^ 
cale et bienveîliante envers >la Russie , elles ne s'asso*- 
deront pas à ses ennemis et ne s'armeront pas contre 
elle, mais leur désir de la paix est tel, et le liesoin de 
voir mettre un terme aux oomplicatîons que la conti- 
nuation des hostilités peut amener, si pressant, qdeU 
les croiront ue pas pouvoir s^mpécher de désapprouver 
tout ce qui retarde une conclusion si désirable à leurs 
yeux, dès que le Sultan aura consenti à rétaUir Fétat 
des choses ante belluirif et à céder ce qiie l'opinion 
nous a déjà sacrifié , les forteresses et le littoral asiati- 
que de la mer Noire. 

La destruction de celles qui existent sur la rive 
droite du Danube et sur le versant de Balkan sera re- 
gardée comme ayant pour objet la ruine prochaine de 
l'empire ottoman* On invoquera nos promesses , on 
refusera d^admetlre nos explications, et il se formera 



344 Dépêche de Comte Pozzo di Borgo 

nSB utasi *un Toeu g^n^ral en Europe plua ou moiM actif,, 
à la Yifiiéf et dans des intentions différentes , mais cë« 
pendant contraire dans le fond ii ce que nous sommes 
dans la n^essitrf d'obtenir. 

Ce résultat embarrassant , et même fâcheux po«r 
nous, serait la cons^uence imm^iaté et inévitable de 
toute négociation .dans Fëtat actuel des choèes. Si elle 
avait lieu y nous ne pourrions nous dispenser de mettre 
au Jour nos intentions. Dès Jors les Turcs en appelle* 
raient \ l'Europe cbrëtienney qui, sans contredit, ac- 
cueillerait leurs réclamations I quoique, comme. je Tai 
dëjii observé, avec des différences dans le degrë et la 
nature de ses sentimens; cependant cette différence dans 
l'action n*en établirait pas une dans la manière défavo- 
rable de juger moralement et politiquement nos pré- 
tentions. 

Une telle disposition est la conséquence toute natu- 
relle de cette espèce d'amalgame européen, auquel nous 
avons dû associer la politique spéciale ' de l'empire. — 
L'intérêt de tous les autres est de nous y tenir, parce 
qu-'ila ont plus de chances à entraver nos démarches; 
le nAtre doit tendre à nous en délivrer insensiblement 
par la force des événemens, et sans avoir l'air, s'il est 
possible, de vouloir leur échapper. 

Le plus sAr moyen d'accomplir cet objet essentiel 
\ notre indépendance présente et future, et d'éluder 
sans affectation la négociation intempestive que les cours 
de l'Europe voudraient amener durant l'hiv^er, est de 
udîis mettre en mesure de commencer la campagne pro- 
chaine avec des préparatifs et des forces qui emportent 
tout devant elles. 

Cette opération , f ose Tespérer, n'est pas supérieure 
ik nos moyens. , L'Empereur a de plus l'expérience ac- 
quise dans la campagne qui vient de finir. Sa Majesté 
a vu et Jugé les obstacles. Elle a connu ce que la 
prévoyance de ses subordonnés n'a pu ou même n'a su 
deviner. Les généraux, les chefs de corps, les officiers 
eux-mêmes ne seront pas surpris de la manière dont 
l'ennemi s'est opposé k leur valeur; on connaîtra d'a- 
vance le matériel qui est nécessaire aux opérations qu'on 
se propose, et on y pourvoira; et leur marche enfin 
ne sera plus un essai, mais un combat décisif, soutenu 
par tous les moyens qui doivent nous le rendre fa- 
vorable. 



où 



transmise de Paris à St Petershaurg. 345 

Les iiiéoageineo8 qui û*ouI 8erv! qu^l^ eofasrdir l'en* 182Ô 
nemi et à donner aux éenrîmetts malTeillans de l'Au« 
triche em particulier , et d'une grande portion du pu* 
blic anglais, l'occasion de noircir par dès calomnies les 
actes de la plus honorable gëntfrosit^v cesseront entiè* 
rement. Nous laisserons les chrë|iens combattre leurs 
tyrans, et nou9 susciterons ik notre' ennemi toutes les 
tempêtes qu'il provoque, puisqu'elles deriennent une 
partie de notre dëfense naturelle et un moyen de le 
contraindre à se soumettre aux conditions qu^il est de 
notre honneur et de notre salut de lui imposer. 

Votre Excellence connatt que du premier imoment 

il sVst agi de faire la guerre, {'osai lui soumettre 
l'opinion de réduire les forteresses principales ' qui gar* 
daient l'entrëe des provinces intérieures de l'empire ot« 
toman^ et par cela même les approches de la capitale. 
Quelques uns de ces boulevards sont déjà en nos mains; 
les autres , principalement ceux qui restent sur le Da- 
nube, doivent j tomber. En les ayant en notre pou* 
voir, non seulement nous serons libres dans tous nos 
autres mouvemens, mais nous nous serons formé une^ 
frontière formidable contre les attaques de rAutricbe. 
En eiFet, elle ne saurait nous porter des coups incom- 
modes qu'en débouchant dans les principautés et eti 
menaçant nos communications. Si nous sommes une 
fois établis sur les deux rives du Danube, c'est elle 
ui manquerait de points d'appui si elle voulait descen- 
re dans les plaines, tandis que nous serions les maî- 
tres de menacer II notre tour les forces qu'elle aurait 
aventurées» Ces idées sont celles que j'ai retrouvées 
dans Fexposé du cabinet impérial , ou fai pu reconnaî- 
tre le projet d'opérer à la fois sur le Danube et de 
porter une armée suffisante en avant,, appuyée par 
Varna et par la flotte, et garantie par un corps d'ob- 
servation contre Choumla. 

Ce plan, soutenu par tous les moyens propres à en 
assurer la réussite, peut mettre dans deux mois d'opé- 
rations l'empire ottoman à découvert, et en faire dé- 
pendre le sort de la volonté de l'Empreur. C'est alors 
que les cabinets de l'Europe redoubleront d'efforts pour 
forcer le Sultan à la paix, parce qu'ils verront qu'ils 
ne pourront le sauver que par un traité. Leur unani- 
mité ne peut exister que dans» ce cas ; car dans tout 
autre , et s'il s'agissait d'hostilités contre la Russie , l'ac- 



3 



346 DJpéche de Corhte Porso di Bùrgo 

• 

IfiSBcord eutre eux fsC impossible. Cette situation serait 
celle qui conviendrait le plus \ l'empereur. Pouvant 
faire plus, Sa Majestë consentirait à exiger noins» et 
ce minimum «e réduirait aux propositions contenues 
dans Texposë twnfidentiel de Votre Èxcelience, Parre- 
mr k ce point de supériorité, me semble devoir être le 
but de tous nos effortSé Cette supërioritë est derenue 
maintenant une coûtlîtion Ap .notre existence politique, 
telle que nous devons l'établie et la maintenir aux yeux 
du monde et aux nâtres. Nos adversaires, et il faut 
convenir que nous en avons, ont conÇu des espëran- 
ces contraires , leuc malveillance a triomphé de leur 
dissimulation accoutumée; nous n*avons plus rien \ ap«- 
prendre à cet égard; fl nous reste simplement à les 
démentir par les faits , et nous le pouvons. 

Ce serait y \ mon avis, une erreur grave', si nous 
voulions affaiblir nos forces sur le théâtre réel de la 
guerre , pour en laisser de très considérables sur d'au- 
tres points éloignés, oà nous devons être simplement 
en observation* L'Autriche seiile peut nous attaquer. 
Avant qu^^e s'y dédde, nous en serons avertis par ses 
inotivemens; s'ils ont lieu contre quelque partie de nos 
frontièires lointaines du Danube, ils ne seront pas de 
longue durée et lie feront pas beaucoup d'effet, comme 
toutes les diversions excentriques. Si au contraire ils 
sont dirigés , comme il est plus probable dans l'hypo- 
thèse donnée, de manière à interrompre par leur in- 
iluence immédiate nos opérations contre les Turcs, alors 
nous serons & portée de les paralyser à mesure que 
nous aurons sous la main des troupes à leur opposer; 
car il ne me semblerait pas impossible de disposer nos 
armées de sorte qu'elles fussent en même temps en état 
de .fournir \ la guerre turque et d'en imposer à la cour 
de' Vienne , si elle osait se compromettre jusqu'au poini 
de nous forcer à Tavoir pour ennemie. 

Ces questions , M. le Comte , appartiennent à des 
autorités plus compétentes que la mienne, qui ont à la 
fois sous les yeux et l'ensemble et les détails propres à 
régulariser des combinaisons si essentielles et si délica- 
tes. Si )'en fais mention , c'est plutât un voeu que 
l'exprime, qu'une idée arrêtée que je présente; dans la 
confiance que tout ce q«ii sera délibéré sur cet impor- 
tant sujet se trouvera conforme à la nature des opéra- 



transmise de Paris à St Petersbourg. 347 

tions que nous avons besoin d'entrepreiidre, et aux ob^- 1ÎÎ2Ô 
jets quUl nous ioiporte d'accomplir. 

Les considérations prëcëdentes et celles pins lumf- 
neoses et plus dëeisiyes , déduites dans la notice confia ^ 

dentielle de Votre Excellence , que j*ai prise constam** 
tuent pour guide, me paraissent nous conduire naturel* 
lement aux conclusions suivantes. 

1. Que le rësultal de la campagne qui vient de finii* 
n'est pas asses décisif pour que l'Empereur puisse trai*- 
ter avec proW^Hîtë de strccSsi et même sans nuire au 
fout politique que Sa Majesté se propose, 

2* Qu'une seconde carmpagne est indispensable afiii 
d'acquérir la supërioritë nécessaire à la réussite de la 
négociation. 

3. Qvk^ lorsque cette négociation aura lieu , nous 
devons être en mesure d*eu dict^ les conditions d'une 
manière prompte et rapidei de telle sorte que -les puis- 
sances de l'Europe en apprennent la conclusion , s'il 
est possible y eti même temps que le tommencement. 

4. Que ce dessein doit rester secret , et que nous 
devons le dissimuler *pAr dés raisons qui ne seront pas 
difficiles à trouver j et que probablement l'orgueil du 
Sultan nous offrira abondamment* 

5. Que nos amis et nos ennemis s'attendront, chacun 
pour ce qui les concerne, à nous voir déployer de 
grands moyens au commencement des opérations mili- 
taires y et que l'impression des événemens qui arriveront 
dans cette seconde campagne influera infiniment plus 
sur ridée que TEurope se formera des forces de l'em- 
pire et du talent qui les guidera, qu*ils n'ont influé 
dans la première , parce que celle-ci n'a été considérée 
que comme un essaie tandis que la suivante sera re- 

* gardée comme le noii plus ulira de nos ressources 
morales et matérielles applicables à la guerre , et que, 
par conséquent, c'est en face de toutes ces vérités et 
de ces obligations que nous devons la recommencer. 

Des dispositions des puissances enuers la Russie 
et de leur conduite probable . durant Pliiver et au 

renoupeltement des hostilités. 

La priorité que réclame la question militaire, et 
l'influence qu'eUe exercera infailliblement sur toutes les 
autres, m'a décidé à la traiter exclusivement, car f au- 
rais en quelque sorte craint de l'affaiblir ^ si )e Passo- 



348 Dépêche de Comte Poz:so di Borgo 

• 

1828 ciais même à la politique doot elle est en dernier rë- 
sultat la règle domînaute )f( cependant il nous importe 
également d'examiner, et le cubinet impérial a dësiré 
savoir leâ données probables que les sèrvîtenrs de PEm- 
pereur otit pu oblenir, pour caractériser la conduite 
qiie tiendront les autres puissances , lors du conflit qui 
ya recommencer* 

Cette matière a été si, sagemeni et si profondément 
traitée dan|8 la notice confidentielle que l'ai.si a^uvent 
citée, et elle a fait à tant de reprises Fobjet de mes 
rapports antérieurs^ que }« aens la difficullé 4e:C^ou* 
mettre à V. E aucun aperçu bien nouveau; ni> aucun 
renseignement qui ne soit le corollaire de celui qui Ta 
précédé. 

Dans tet examen, quel qu*il soit, la nature de ma 
position .demande de commencer par la France, et c'est 
sur elle, .avant tout, que je vais fixer l'attention du 
cabinet impérial* 

Les dispositions personnelles du Roi» .les déclara- 
tions et la correspondance qui les ont manifestées à 
l'Empereur, la politique du minislire actuel, l'absence 
d'intérêts diamétralement opposés à la Bvssie, la ré- 
pugnance d'épouser ceux de l'Angleterre et de l'A^tri*- 
che, celle de les soutenir, sans' se mettre sous la ser-. 
vitude humiliante de ces deux cours ; l'impossibilité d'at- 
tendre d'elles aucune compensation pour les sacrifices 
qu'on leur ferait, et l'espoir /'quoique éloigné, dans le 
eus d'une guerre générale, de trouver plus de condes- 
cendance dans la Russie, sont autant de garanties pour 
que la France s'abstienne de toute coalition qui lui se- 
rait proposée contre notre auguste maître. 

Votre Excellence a été informée par M. le prince 
de Lieve.i de la tentative du prince de Metternich au-' 
près du cabinet de Londres , afin de réunir les quatre 
puissances, dans une démarche à faire envers l'Empe- 
reur, pour déclarer à Sa Majesté qu'elles intervenaient 
dans la querelle entre la Russie et la Porte, avec le 
projet d'amener l'une et l'autre à un arrangement pa- 
cifique; et comment le chancelier de cour et d'Etat, en 
conseillant \ l'Angleterre d'opérer sur la France et de 
Teotralner dans cette voie, avait donné \ supposer, 
quoique ce ne fût qu'un mensonge , qu'il s'était déjà 
assuré de la Parusse. 

Lorsque cette ouverture a été connue ici à la suite 



trafumUe de Paria à Si. Peiershourg. 349 

de Tayis que f en avais donn^ au comte de Laf^roflaya, 1828' 
ce mioietre et ses collègues m'ont assuré, que ni le ca- 
binet de Vienne , ni celui de Londres, ne leur avaienk 
fait aucune communication \ ce sujet, mais que dans 
le cas oh elle aurait lieu, elle serait rejette péremptoi- 
rement et sans réserve. 

Le duc de Wellington semble avoir senti également 
rinconvenance , l'inutilUé et même les dangers d'une 
telle proposition, parce quHl ne. lui a donné aucune 
suite, du moins envers la France, auprès de laquelle, 
selon le projet autrichien, il devait s'employer plus par-» 
tîculièrement. 

Le comte de Lebzeltem ayant passé quelques jours 
à Paris, à son retour de Londres pour se rendre à 
Vienne, a^emandé à M, de Laféronays, au moment 
où il preniW congé de ce ministre, ce qu'il devait dire 
de nouveau et en son nom .au prince de MetterniclL 
M. de Laféronys lui a répondu (je cite ses proprés pa- 
roles): jjDites au prince que le Roi ne se prêtera ja- 
mais à aucune démarche collective envers l'Empereur 
de Russie pour l'exhorter à faire la paix ou pour in- 
tervenir d'une manière formelle dans ses affaires." 

M. de Lebzeltern observa que des représentations 
officieuses ne devaient pas déplaire à notre cour. Le 
ministre répliqua: „A/î officieuses ^ ni d^aucune autre 
nature^ si elles doivent assumer le caraàtère iPun 
concert entre les quatre puissances.'^ M. de Lafé- 
ronays ajouta, que IVT. de Lebzellern pouvait également 
assurer le prince, que le gouvernement français ne fai- 
sait aucun cas de l'importance qu'on paraissait vouloir 
donner depuis quelque temps au fils de Napoléon , ni 
du soin que quefques personnes prenaient ici de le 
rappeler à la mémoire de la France. 

,,Les Français, dit le Ministre, ne recevront pas de 
souverain de la main de l'étranger, et encore moins ce- 
lui-là, ne f&t-ce quil est considéré comme un Archiduc 
d^Autriche." Prévenu depuis long-temps que le prince 
de Mettemich cherche à alarmer le roi de Sardaigne 
contre la France, et \ le disposer à faire quelque acte 
secret, tendant à exclure le prince de Carignan de la 
succession, M. de Laféronays dit également II ce sufet 
à M. de Lebzeltem, qu'il n'ajoutait aucune foi à ces 
bruits j^ d'autant moins que, s'ils venaient i. se réaliser, 
le prince de Metternich amènerait en Italie ce qu'il a 



^iO Dèpéphe de Comte Pozto di Borgo 

182S raiaoD de vouloir iikeT , c'est-à-dire le bouIeTertement 
de ce pays à la vue de l'arinëe française» qui devrait, 
dans ce cas, paraître sur le sommet des Alpes. 

Ces particularitës, M. le Comte, paraîtront étran- 
gères à la matière que je traite ^ cependant )*espère que 
V. £• ne les trouvera pas absolument hors de leur 
place ici, parce qu'elles tendent à prouver le refus pro- 
nonce du gouvernement français, contre le système col- 
lectif du prince de Metternich, et les dispositions réci- 
proques des deux cabinets de Vienne et de Paris à re- 
gard d'autres questions qui les concernent encore plus 
directement. 

Les expressions que )'ai recueillies tout dernière- 
ment de la bouche du Roi, relativement à ses senti- 
mens envers TEmpereur, ne m'ont également rien laissa 
\ désirer. J*étais convenu avec le comte de Laféronays, 
que j'entretiendrais Sa Majesté en particulier avant d'ex- 
pédier le présent courier. La présentation de la lettire 
de notification de la mort de Sa Majesté Tlmpératrice 
mère, d'auguste et de vénérable mémoire, m'en a fourni 
l'occasion, sans avoir recours à d'autres motifs extra* 
ordinaires. Après m'avoir témoigné combien^ il s'asso- 
ciait è la douleur qu'une si grande perte venait de 
faire éprouver è la famille impériale, le Roi entra lui- 
même en matière sur les affaires. Sa Majesté me dit 
qu'elle avait vu et entendu le duc de Mortemart avec 
le plus vif intérêt, et qu'elle avait appris avec sattsfac* 
fion d'un témoin aussi respectable et aussi compétent, 
le véritable état des choses, et la réfutation complète 
de toutes les suppositions erronées qu'on s'était plu à 
répandre et à accréditer jusqu'à un certain point. Le 
Roi, d'après la manière dont il s'est expliqué, apprécie 
les avantages remportés par l'Empereur durant la cam- 
pagne qui vient de finir, et s'attend à ceux qui arrive- 
ront pendant celle qui suivra. En parlant de la poli- 
tique de la France, Sa Majesté m'a* répété qu'elle per«» 
sistera dans celle qu'elle a adoptée, et par conséquent 
dans la résolution de rester unie à la Russie. Le Rot 
s'est explique sur le prince de Metternich avec mesur^ 
mais sans dissimuler sa désapprobation. Il a dit que 
si l'Autriche s'était associée aux trois puissances, et 
qu'elle eût pris part de bonne foi aux stipulations du 
6 juillet, le Sultan se serait rendu plus traitable, et la 
guerre n'aurait pas eu lieu; que la cour de Vienne, 



transmise de Paris à Si. Péiersbourg. 351 

tout en d&irani la paix, a constamment agi contre, 1828 
soit par las encouragemens qu'elle a donnés à la Porte, 
ou qu'elle lui a fourni occasion de stipposer; qu'en me 
parlant ainsi, ce n'était pas par amour pour les Grecs^ 
mais parce que c*était une affaire, sous quelque point 
de vue qu'on la considère, qu'il fallait termioer avant 
les complications qui sont arrivées et qui peuvent se 
multiplier à l'aYenir; que dans cet esprit, la France a 
fait des sacrifices considérables, qu'elle continuera tous 
ceox qui seront possibles pour obvier à une plus grande 
confusion. Sa Majesté s^est répandue en éloges sur le 
duc de Wellington ; elle a dit que si M. Canniog vivait, 
et qu*il eût été à la léte des affaires, il se serait laissé 
entraîner par les préjugés du public et les clameurs des 
gazettes, au poin( de rendre une rupture entre l'Angle- 
terre et la Russie inévitable, que le Duc sa résisté \ 
ce torrent, et qu'il a, par sa fermeté, rendu le plus 
grand service à son pays et i^ l'Europe entière. J*ai 
abondé dans ce sens, parce qu'il jr a du vrai dans 
cette manière de voir, et j'ai ajouté en même temps, 
que sans diminuer le mérite du Duc, je voyais la ga*^ 
rantie de le paix principalement dans la politique et 
Tattitude du Roi, et comme Sa Majesté avait daigné dire 
elle-même, dans Vidée établie à Vienne et à Lon*- 
dreSf que la Russie et la France agiraient de con- 
cert dans un cas extrême. J'ajoutai que j'avais rendu ' 
compte.de ces paroles à l'Empereur, et que j'avais été 
cbaigé de témoigner au Roi la vive satisfaction avec la* 
quelle Sa Majesté Impériale avait reçu ses expressions 
à la fois amicales et -utiles aux deux pays , et l'impor* 
tance majeure qu'elle y attache. , 

Le Roi parut flatté de ce que je voyais la question 
sous ce point de vue ; U me remercia du soin que j'a« 
vais eu de rendre justice à ses sentimeos auprès de no- 
tre auguste mattre, et me répéta qu'ils étaient encore 
et seraient toujours les mêmes. 

En parlant des éventualités qui pouvaient arriver 
daos le courant de l'hiver, le Roi me dit: „Vous savez 
que nous envoyons quelqu'un à Constaotinople, afin de 
disposer, s'il est possible , le Sultan à la paix » et de 
lui remettre le protocole qui contient la garantie pro« 
visoire de la Morée et des lies, mais cet homme répè» 
tera ]k cette occasion ce qu'il a dit dans les précédentes. 
Dieu a arrangé bien vautres affaires , et il pou^ 



352 Dépêche du Comte Pozzo di Borgo 

m 

1828 dra ausêi pourwir à celle^L ^'observa! que cette 
conclasion était la plus probable , et que les insfoua- 
lions auprès A\in caractère tel que celui du Sultao, au 
lieu de le porter à la réflexion, augmenteraient son 
orgueil et le confiroieraient dans Fespoir que sa rési* 
stance lui amènera k la longue le secours de quelque 
puissance chrétienne; qu'au lieu d'envoyer à Constant!- 
nople» c'est à Vienne que les cours neutres devraient 
se faire valoir et menacer , parce que c'est du ca« 
bînet autrichien que dérivent en grande partie les 
espérances fatales de la Porte, et toutes les préven* 
tîons et les contradictions qui agitent le public de FEu- 
rope. Le Roi, sans combattre cette observation et me 
donnant plutôt it entendre qu'il la trouvait, juste, me 
dit qu'en effet le prince de Metternich se trompait, 
parce que^dans le cas d'une conflagration générale, on 
d^une lutte* corps à corps avec la Russie PAutricJie 
serait exposée aux plus grands dangers. 

C'est ici, M. le Comte, que je terminai notre con« 
versafion par rapport à la politique étrangère. Il m'au- 
rait été possible d'amener le Roi à parler plus en dé- 
tail du projet de son ministère, de traiter avec la Porte 
conjointement avec l'Angleterre, sans la présence, quoi- 
que du consentement de la Russie, et de rétablir ainsi 
les rapports des deux cours avec le Sultan, pour les 
faire servir è la paix définitive; mais comme j*auraia 
dû le combattre directement, ainsi que je l'ai d^à fait 
envers M. de Laféronays, j'ai jugé qu'il était plus pru- 
dent de m'en abstenir dans le moment, parce que le 
Roi n'aurait pas manqué de voir dans mes observations 
un éloignement pour la paix et pour les mesures qu'il 
croit pouvoir y conduire. Cette entente de la part des 
cours d'Angleterre et de France' sera, à mon avis, dé- 
jouée avec moins d'inconvénient pour nous , par l'in- 
Uuence réunie de notre résistance et de celle du Sultan, 
par les délais et enfin par le commencement des hosti- 
lités, qu'elle n'aurait pu l'être par une discussion que 
j'aurais entamée avec le Monarque, déjà prévenu ^^ar 
ses ministres et séduit par le désir qu'il a de vo«7 .er- 
nûner la lutte sans une commotion plus générale. 

Il est dans l'habitude du Roi de ne jamais me -con- 
gédier en pareilles occasions sans me parler des aiiaires 
inlérieures. Sa Majesté me semble satisfaite de son mini* 
stère et surtout de la manière dont celui de l'extérieur 



tranémUe de Paris à St. Petersbourg. 353 

est dirige. Elle n^iMiuiula pas les agitations et les intrigues 1828 
qui Fattendent à la session prochaine^ et dëplora la vîo« 
lence et les fureurs de la Droite, qui, selon ses pa* * 
rôles, peut détruire, sans édifier. Je représentai au 
Roi la nécessité dVriter tout changement essentiel dans 
la composition de son cabinet actuel, et lui démontrai 
les dangers qui résulteraient d'un ministère nouveau, 
porté par une faction quelconque, et par conséquent 
de l'instabilité et de Tincertitude dont son conseil et 
son système ne manqueraient pas de se ressentir, au 
moment d^une crise qui peut intéresser l'Europe entière, 
sana qu'il soit donné à personne d'en préciser d'avance 
les résultats. Sa Majesté se montra persuadée de cette 
vérité, et m'assura qu'elle ferait de sa part tout ce qui 
était en son pouvoir, afin d'empêcher la confusion ou 
du moins l'incertitude qui naîtrait d'une altération aussi 
hasardée dans des circonstances si délicates. 

Après l'audience, je me rendis chez M. le comte de 
Laféronays pour l'informer de ce qui s'était passé, et . 
|e m'en suis entretenu avec le duc de Mortemart. Tous 
deux m'ont assuré, sans hésiter, qu'ils avaient trouvé 
le Roi dans les mêmes sentimens et les mêmes disposi- 
tions, et qtke rien ne serait négligé de leur pari pour 
l*y confirmer encore davantage, s'il était nécessaire. 

Tout ce que je viens d'exposer à V. E. est exact 
en considérant les choses en général; ce n'est que dans 
l'application de quelques points particuliers que nous 
pouvons rencontrer de la divergence. 

Sans doute le Roi et la France ne se mettront pas 
en hostilité contre la Russie, et seront portés «u con* 
traire à s'eptendre avec elle, par des raisons ou déjà 
dites ou qu'il est aisé de concevoir^ s'il s'agissait d'une 
guerre et d'une scission en Europe. Cette tendance ' 
nous a été jusqu'à présent très utile, soit par l'appui 
qu'elle nous, a offert souvent à la conférence de Lon- 
dres, soit par l'obstacle qu'elle met à une coalition 
contre nous et par la crainte qu'elle inspire è l'Autriche» 
mais nous ne devons pas espérer que cette déférence 
ira jusqu a s'associer sans réserve à tout ce que nous 
croyons devoir exiger de la Porte, et à justifier l'insi* 
staoce que nous mettrons pour l'obtenir. 

Le Roi et son Ministère se bercent de l'espoir de 
porter, avec le concours de l'Angleterre, le Sultan à 
faire la paix à des , conditions honorables pour la Rus«» 

Nouv, Suppiém, Tome III» Z 



354 Dépêche de Comte Pozzo di Borgo ^ 

1828 816. L'expression de condiifons honorables provient 
de bonnes intentions, mais elle n'est nullement le ri^ 
sultat d'un jugement arrête qui spécifie ces conditions. 
Quel que soit le dësir de satisfaire FKmpereur, je suis 
sûr que s'il s'agissait de réduire la question aux con- 
ditions déduites dans la notice confidentielle du cabinet 
impérial 9 la France et toutes les autres puissances les 
trouveraient exorbitantes et nous exhorteraient à y re- 
noncer; je dis la France, non pas tant par jalousie ou 
par amour pour les Turcs, mais par le désir de réta- 
blir la paix et par la crainte d'être enveloppée dans 
une guerre, s'il'en arrive autrementv Cette crainte do- 
mine le Roi , son conseil et surtout le Dauphin, a un 
tel point, que c'est à elle seule qu'on serait prêt h, sa- 
crifier bien d'autres considérations et notamment à se 
plaindre de la ténacité de la Russie, si la question 
était posée en ces termes dans Tétat actuel des choses. 

Placés, comme nous sommes, dans une situation qui 
n'est pas encore bien définie, attendu l'incertitude dans 
laquelle les affaires sont restées à la fin de la campagne, 
notre politique me semble exiger d'éviter, comnie je 
l'ai déjà observé, toute négociation avec 4a Porte; de 
ne pas nous associer à ce que l'on veut faire pour l'y 
amener, et de démontrer sans cesse l'inutilité et les 
dangers de ces moyens, ou indirects ou secondaires, 
que les deux cours de Paris et de Londres se plaisent 
ïk employer» afin d'arriver à une réconciliation entre 
les parties belligérantes , qui est impossible aujourd'hui 
parce qu'il n'existe pas dans les faits des élémena suf- 
fisans pour la déterminer. 

Après avoir fait sentir cette vérité h M. de Laféro- 
nays, je lui ai prédit que l'envoi de M. Jaubert à Con* 
stantinople ne produira aueun bon effet, parce qu'il a 
pour but d'entamer avec le Sultan une négociation sur 
le sort de la Grèce, sans le Concours des Grecs et de 
la Russie; que malgré l'ordre qu'il a donné à son agent 
de tenir un autre langage et de demander ce concours, 
la Porte sera informée» par l'Autriche et par l'Angle- 
terre, de la dernière pensée des deux cabinets de Pa- 
ris et de Londres, et en fera son profit, si toutefois 
elle cousent à les attirer dans les rapports séparés qu'- 
ils veulent bien lui offi*ir, et que tout ce plan augmen- 
tera les espérances et l'orgueil du Sultan sans terminer 



transmise de Paris à Si. Petersbourg. 355 

les a£Eaire8 de la Grèce, et en a|outaiit des difficultés VSHè 
nouTelles à la conclusioa de la guerre avec la Russie. 

A ces obseryatioDS I le Ministre, le prince de Fo- 
lignac et M* de Rayneval, qui a éii l'inyenteur de cette 
combinaison^ répondent i qu'il ne faut pas laisser le 
Sultan à ses propres fureurs et aux insinuations exclu- 
sives de l'Autriche; qu'il faut que les puissances amies 
de la paix arrivent jusqu'à lui, et que comme il n'existe 
aucun autre moyen de rapprocher et de rétablir les re- 
lations diplomatiques 9 qu'en terminant l'affaire grecque, 
c'est à ce résultat qu*il importe de parvenir; et que la 
Russie devrait y coopérer, si elle partage le besoin et 
le dësir de tous les autres, de mettre fin à la guerre. 

Cette manière de raisonner explique et confirme en- 
core davantage ce que je viens d'observer; savoir, que 
c'est à la crainte de voir commencer une seconde cam- 
pagne que le cabinet français sacrifie toutes les consi- 
dérations qui lui semblent secondaires, en comparaison 
de son objet principal, sans vouloir ou savoir se dire, 
que même le chemin qu'il a pris et les ménagemens 
qu'il veut garder envers nous, prolongent et affaiblis- 
sent sa marclie, de telle manière, que la saison du re- 
nouvellement des hostilités arrivera bien avant qu*il soit 
possible de parvenir à aucune conclusion diplomatique 
dans le système a parte qu'il veut suivre. En effet, 
Fémissaire français , M. Jaubert , parti il y a peu do 
jours pour Constantinople , doit y arriver, ensuite por- 
ter le divan à agréer le protocole du 16 novembre, qui 
garantit la Morée et les Iles; le décider à négocier sur 
cette base sans promettre qu'elle sera définitive quant 
aux limites ; obtenir uue réponse favorable et la man- 
der aux deux cours, qui la communiqueront sans doute 
à la Russie, laquelle de son cdté fera les observations 
qu'elle jugera convenables; ensuite et en supposant que 
rien n'arrête la marche du plan , nommer des plénipo- 
tentiaires ad hoc 9 se réunir dans une tle neutralisée, 
n^ocier, se trouver d'accord, etc. 

Tout ce procédé exige un temps bien plus long que 
celui qui existe entre le moment présent et le commen- 
cement de la campagne; et ce seront alors les événemens 
militaires qui caractériseront la situation de chacun , et 
non les démarches politiques de la nature de celle dont 
il s'agit. 

La démarche de la France envers le cabinet impé- 

Z2 



356 Dépêche de Comte Pozzo di Borgo 

182B rîal exigera cepeDclant une réponse, dont il sera peut- 
être convenable de lui laisser copie souela forme d'une 
dépêche pour être communiquée. 

Il me semble que Ton pourrait commencer par re- 
mercier le Roi , avec raison , de Qe qu'il s'est prononcé 
contre le projet de la cour de Vienne , tendant à faire 
des démarches collectives envers l'£mpereur pour por- 
ter Sa Majesté à la paix, qu'il n*a pas dépendu d'elle 
de conserver, et qu'il lui est infiniment à coeur de ré- 
tablir sans l'intervention de qui que ce soit. 

Que quant au plan de négociation avec la Porte pour 
l'exécution du traité du 6 juillet ,. le cabinet de Rus- 
sie s'y est toujours prêté autant que ses alliés, et que 
c'est à cet effet que son plénipotentiaire ne s'est jamais 
séparé des leurs. 

Que lors de la guerre entre la Russie et la Porte, 
et quand l'Angleterre a pt'étendu qu'il appartenait à elle 
et \ la France de se charger exclusivement de l'exécu- 
tion de ce traité 9 8* M. très Chrétienne, éclairée par 
sa justice et par une sage politique, a combattu cette 
doctrine avec succès et écarté les suites qu'elle aiH*ait 
entraînées. 

Que depuis, le fond et la nature de la question sont 
restés les mêmes • et que par conséquent il n'existe au- « 
cun motif d'adopter une marche différente de celle te- 
nue jusqu'à présent. 

Que l'expédition française en Morée et le résultat 
honorable et heureux sous tous les rapports qu'elle a 
obtenu, loin de donner lieîi à des combinaisons diffé- 
rentes de la nature primitive du traité, fondées sur 
l'union des trois puissances, a rendu cette union plus 
obligatoire par le progrès qu'elle a fait vers l'accomplis- 
sement de son but , moyennant l'expulsion des Turcs 
du Péloponèse. 

Que cet événement a permis d'attendre la conclusion 
définitive de l'affaire grecque, et par conséquent l'exé- 
cution du ^traité du 6 juillet, lorsque le Sultan se ren- 
dra traitable lui-même et qu'^l consentira à des condi- 
tions qui rétablissent la paix dans cette partie de sou 
empire, mais qui assurent en Jbême temps aux Hellè- 
nes les avantages et le sort que le traité leur a préparé. 

Qu'une négociation des deux puissances avec la 
Porte ottomane, sans la présence du plénipotentiaire 
russe, sera indubitablement regardée par le Sultan comme 



transmise de Paris à St. Petersbourg. 357 

la preuve d'une division entre les alliés, et qu'il la ju- 1828 
géra comme le triomphe de son système et s'y confor* 
luera d'autant plus , qu'il croira avoir obtenu ce qu'il 
a demande inVariablementi l'exclusion de la Russie ' des 
affaires de la Grèce. 

Que cette conviction, loin de le porter à la paix, 
le rendra plus confiant dans son obstination et dans 
lei espérances d'être soutenu par des secours étrangers. 

Que ce r^sultati ëtant diamétralement oppostf à celui 
que la France se propose, la portera à considérer de 
nouveau les inconvéniens que le cabinet impérial lui 
indique , et à éviter la démarche qui pourrait tourner 
contre ses propres vues. 

Que ; par le traité du 6 juillet, les Grecs sont ap- 
pelés à intervenir dans la négociation, et que leur ex- 
clusion , par la seule raison que le Sultan l'exige , se- 
rait à la fois une injustice et un motif qui pourrait les 
décider à ne pas adhérer à ce qui serait convenu; cir- 
constance qui laisserait la question indécise, et rendrait 
inutiles six années de sacrifices et de soins donnés II 
cette cause, — ce qui affecterait la dignité et les inté- 
rets de trois grandes puissances qui se sont engagées à 
la terminer. 

Telles' sont, ou è peu près pourraient être, selon 
mon opinion, les observations qu'il serait prudent d'a- 
dresser à la France, en les liant en même-temps à la 
conduite constamment amicale qu'elle a tenue envers la 
Russie dans toutes les divergences arrivées avec l'An- 
gleterre, *ce qui lui prouverait que sa majesté l'Empe- 
reur en conserve la mémoire, et la mettrait dans l'im- 
possibilité de communiquer en entier, si elle voulait, 
ce document II la grande Bretagne. 

Il me paraîtrait également, qu'il ne serait pas inu- 
tile de faire allusion h. l'état d'incertitude dans lequel 
la question se trouve dans ce moment , et de se réser- 
ver de la traiter même plus à fond , lorsqu'il existera 
des données moins vagues sur ce qu^ conviendra de 
faire dans l'esprit d'union et de justice qui a présidé 
ao traité du 6 juillet. 

Les raisons alléguées ci-dessus ont été articulées par 
moi ao ministère français, qui en a élé ébranlé sans 
cependant avoir renoncé à son plan. Il les appréciem 
sans doute davantage lorsqu'elle lui parviendront de la 
part du cabinet impérial. 



358 Dépêche de Comte Pozzo di Borgo 

1828 La conférence de Londres ne pourra s^occuper de 
cet obfet qu'à la rëception des reueeîgoemens qui atri- 
veront de Constantinople , à la suite de la communica- 
tion du protocole du 16 novembre, et des insinuations 
dont l'agent français Jaiibert est charge, c'est-à-dire, 
dans deux mois environ ; c'est alors que nous serions 
de nouveau en ëtat de reprendre la question et de nous 
décider avec la liberté que les explications dont je viens 
de parler nous auront ménagée. 

La nature des faits et des observations que je viens 
de soumettre au cabinet impérial sur les dispositions 
du gouvernemetfl français, indique suffisamment, que 
pour tout ce qui concerne la politique générale son in- 
tention est de s'unir et de s'entendre avec la Russie, et 
que c'est, selon sa manière de voir^ afin de rendre 
cette entente plus praticable, qu'il voudrait terminer 
sans trop de scrupule , la question grecque , parce que 
la continuation des engagemens qui s'j rattachent , lui 
est, à son avis, incommode et gênante; que son amour 
pour la paix lui fera désirer de la pai*t de la Russie 
tous les sacrifices possibles afin d'y parvenir; mais qu'il 
ne se prêtera jamais à aucune démarche qui aurait le 
caractère le plus éloigné de coalition ou même d'impor- 
tunité; que si l'Angleterre rompait avec nous, le Roi 
hésiterait avant de se compromettre , en prenant cepen- 
dant l'attitude qu'il jugerait nous être la plus favorable; 
enfin que dans le cas où l'Autriche seule ou conjoin- 
tement avec la Grande-^Bretagne déclarerait la guerre à 
la Russie, la France sera disposée et même* entraînée 
a prendre un parti de concert avec nous contre la pre- 
mière, spécialement si la Prusse entrait dans cet accord» 
ou même si elle ne s'y opposait pas. 

Telles sont. Mi le Comte, les conjectures les plus 
probables qu'il me soit possible de former sur la poli- 
tique du cabinet français. Elles deviendront encore 
plus solides, si le ministère actuel se conserve: condi- 
tion qu'il est malheureusement indispensable d'ajouter 
dans un pays où les changemens sont si fréquens. Il 
est au milieu de ces hypothèses une vérité, qui, j'espère, 
restera toujours inaltérable, savoir que la France, quel- 
les que soient les mains dans les quelles elle puisse 
tomber, ne s'armera jamais contre la Russie. 



transmise de Paris à St Peiersbourg, 359 

DAngleUrre. 1828 

Le mitiistère impérial est' si digoeuient représenté \ 
Londres I que je suis obligé de me faire en quelque 
sorte violence I en parlant d'un pays, dont le prince de 
Lieven connaît si bien les dispositions et malheureuse- 
ment les passions et les jalousies envers la Russie, et 
dont il rend un compte aussi exact et judicieux toutes 
les fois que le bien ou le besoin du service le deman- 
dent.^ C'est donc bien plus pour ne pas laisser une 
lacune aussi essentielle que celle qui existerait dans ce 
rapport, si je passais entièrement sous silence un tel 
empire, que pour ajouter, en quoi que ce soit, aux 
notions que le cabinet impérial reçoit plus directement 
et plus complètement de l'ambassade de Londres. 

Au commencement de la guerre, le gouvernement et 
encore plus le public anglais, a vu dans le résultat de 
la campagne le bouleversement de Fempire ottoman. 
L*idée de la suprématie ou de la domination russe, 
établie sur le Bosphore et les Dardanelles, celle des 
flottes sortant de la mer Noire, la possibilité, quoique 
lointaine, de leur accord et de leur union avec la ma- 
rine française, et toutes ces combinaisons réunies en* 
semble ^nt exalté les têtes et produit un ressentiment 
d^autant plus vif, que l'Angleterre ne se croyait pas en 
mesure de s'y opposer, sans exciter une guerre géné« 
raie» où elle n'avait que des sacrifices \ faire, dans une 
circonstance qui les lui aurait rendus très pénibles, par 
la nécessité d aggraver le poids de ses detles sans le 
moindre espoir d'ajouter à sa puissance ou à ses ri- 
chesses. 

Les événemens de la campagne sont venus délivrer 
le gouvernement britannique et la nation des craintes 
qu^ils avaient conçues , et je suis porté à croire , qu'ils 
se félicitent aujourd'hui de trouver dans les Turcs la 
résistance qu'ils n'auraient pu nous opposer eux-mêmes, 
sans de grands embarras. Dès que l'idée de la ruine 
de l'empire Hice cesse de les dominer, il n'est pas «pré- 
sumable qu'ils veuillent risquer une guerre universelle 
pour disposer le Sultan à accéder à telle ou à telle au- 
tre condition, surtout dans l'état où les choses se trou- 
veront au commencement de la campagne prochaine, 
où tout sera encore incertain et indécis» Ces considé- 
rations autorisent à croire, que nous n'avons pas à 



360 Dépêche de Comte Pozzo di Borgo 

lB28anindre une rupture ouverte de la part de la Grande- 
Bretagne, et qu'elle se bornera à conseOler à la Porte 
de demander la paix et à lui prêter tous les bons offi- 
ces en son pouvoir durant la négociation, si elle a lieu, 
sans aller plus loin, soit que le Sultan s^ refuse^ soit 
que nous persistions dans la résolution d'entreprendre 
une seconde campagne. ' 

Le duc de Wellington a besoin et désire conserver 
la paix, riotërét mercantile ne peut pas lui être con- 
traire, parce que le commerce avec la Russie consbtant 
pour la plus grande partie en matières brutes , son in- 
terruption lui serait aussi nuisible qu'à nous-mêmes. Il 
peut approuver les armemens de TAutriche et cepen- 
dant la dissuader d'en faire usage, parce que ce serait 
appeler toute l'Europe aux armes» 

La manière dont la question du blocus des Darda* 
nelles a été 'terminée, prouve également qu'il existe 
dans le cabinet anglais une grande tendance à la paix. 
Jamais le public de 'ce pays n'a montré plus de préju- 
gés et de lalousie que dans cette occasion. Le Duc 
seul, nonobstant son premier mouvement, paraît avoir 
contenu le torrent. Maintenant le tumulte me semble 
apaisé, et la chose réduite à l'état et au cours naturel 
qui lui est propre. 

C'est également un symptâme favorable, à mon avis, 
que le refus de la part du cabinet britannique de don- 
ner suite à la proposition faite par le prince de Met* 
ternich, d'intervenir collectivement auprès de l'empereur 
afin d'exhorter, mais en réalité de contraindre Sa Ma- 
jesté à la paix. L'inconvenance et les dangers de cette 
mesure doivent avoir été sentis à Londres, puisqu'on 
s'est abstenu de toute explication à ce sujet envers la 
France. 

Je terminerai ces courtes observations en répétant 

Sue je les soumets entièrement à celles que le prince 
e Lieven aura transmises au cabinet impérial sur cet 
important objet; car mes raisonnemens ne peuvent être 
comparés avec son expérience et avec IKnipression qu'il 
reçoit et les notions qu'il recueille de la présence et de 
la conversation des hommes ^dont dépend la dédûon 
d'une question si grave. 

L*jiutriche. 
L'Autriche est la, puissance de laquelle la Rttssie 



transmise de Paris à Si. PeUrsbourg. SiSi 

avait le moins de raison d'attendre ce qu'elle en reçoh« 18BB 
Rétabli en quelque sorte sur son trône par les succès 
de Fempereur Alexandre et les efforts de Farmëe russe, 
Tempereur François retira des arantages immenses de 
la magnanimité de son plus > grand AUië. L^Italie lui 
fut livrée tout entière , soit moyennant des acquisitions 
réelles 9 soit par la faculté qui liii fut laissée d'exercer 
une influence illimitée sur ce qui n'avait pas été sou- 
suis h, sa domination. Il augmenta ses frontières du 
cAté de l'Allemagoei selon son bon plaisir i et obtint 
même des rétrocessions et des avantages en Pologne, 
qoi n'étaient qu'une pure générosité de la part de son 
Libérateur. 

Depuis répoque du Congrès, les déférences et les 
bône offices n'ont pas eu de terme» et lorsque. le mou- 
vement révolutionnaire de Naples parut menacer la su- 
prématie autrichienne dans tout le pajrs depuis les Al- 
pes jusqu'en Sicile, ce fut encore l'empereur Alexandre 
qui dissipa cet orage par son intervention sage et gé- 
néreuse. 

La cour de Vienne trouva dans ce dénouement la 
sécurité de ses possessions, celle de son influence sur 
le reste, et Toccasion de tirer du royaume de Naples 
200 millions de francs pour prix de l'avoir déliyré des 
Carbonaris. 

L'insurrection de la Grèce éclata. Le prince de 
Metternieh décida de rétablir Je glaive du Sultan sur la 
tête de ce malheureux peuple; pendant quatre ans, il 
paralysa et défoua les plus nobles sentimens, sans égard 
ni îi la délicatesse de la position de la Russie, ni à ses 
intérêts, abusant constamment de la confiance qui lui 
était accordée, et ne faisant jamais une promesse que 
pour y manquer. 

Enfin le moment arrive , où la Russie , la France 
et PAngleterre veulent s'entendre pour faire cesser les 
massacres qui se répétaient sans cesse dans cette arène 
ensanglantée. 

L'Autriche refuse d'y adhérer, et met tout en oeu- 
vre, malgré des potestations différentes, pour porter le 
Sultan à rejeter la combinaison qui lui était proposée, 
dans le but de lui conserver son empire et de ne pas 
Pexposer à de plus grands dangers. 

Cette tactique funeste a duré deux ans; elle a été 
déneocée par les représentans des puissances , qui en 



362 Dépécha de Comte Pozxo di Borgo 

ont TU les mouvemens sur les lieax et de mille maniè- 
res. Enfin le Sultan force les ambassadeurs des trois 
cours à quitter Coastantînople. Il insulte ^ il provoque 
la Russie I il viole les traites. UEmpereur est dans la 
nécessite de se faire rendre raison par les armes. 

A cette résolution! le prince de Metternich s'indigne 
et se conduit comme contre une révolte envers sa su« 
prématie. Dès lors tdut est mis en oeuvre par lui pour 
nuire à la Russie. U s'adresse à l'Angleterre afin de 
Parmer contre l'empereur, et il répète ces tentatives à 
chaque phase que les événemens lui présentent; il ae« 
crédite l'idée t que tous les gouvernemens sont exposés 
à des révolutions intérieures , parce que la Russie veut 
obliger le Sultan à observer les traités , et il parvient 
à en intimider plusieurs; il tente le ministère français^ 
qui lui résiste , et il lui suscite des querelles înteetines 
à cause de cette résistance. D'un câté» il flatte les bo- 
napartistes et les encourage à faire revivre la mémoire 
du fils de Napoléon ; de l'autre, il s'appropsie la Gazette 
de France et la Quotidienne 9 représentantes. préten- 
dues du royalisme pur et des jésuites, et ces feuilles, 
soi-disant chrétiennes, devenues turques, versenf dana 
le public un déluge d'injures et de fausseté^ contre 
nous. Ces vérités, M. le Comte, n'échappent à per- 
sonne ici; le ministère français en est convaincu, il me 
les répète et me les confirûie sans cesse» 

A son passage par Vienne, le duo.de Mortemart a 
eu avec le ministre autrichien une longue conférence. 
Le duc m'en a fait le récit dans les termes suivana, 
que j'ai mis sur papier iiftmédiatement après, afin de 
nie garantir d'oublis ou d'erreurs. 

Le prince de Metternich a demandé à M. de Mor- 
temart quelle impression il emportait de l'ai*mée russe 
et de ses généraux. M. de Mortenart répondit qu'il 
avait de l'armée la plus grande opinion, et que les ta- 
lens de ses chefs variaient, comme il arrive dans tout 
pays et dans toute armée nombreuse. Le prince ajouta: 
„Oue pensez -ypus des pertes que celte armée a esau* 
jrées?'' Le duc répliqua que celles de l'infanterie 
n'étaient nullement extraordinaires, que la cavalerie 
avait perdu beaucoup de chevaux, mais que le tout, ne 
portant que sur une fraction minime de l'armée en gé- 
néral, pouvait être bientôt réparé et n'affectait nulle- 
ment les forces de l'empire. Le prince de Meitemich, 



transmise de Paris à St. Petersbourg. 363 

avec un sourire de pitiëi continua en dbant: j^Yous 1828 
autres Français ^ vous vous laissez éblouir; rapportes* 
Yous-en à nous. Nous observons et connaissons les 
Russes depuis cent ans; leur force n'est que d'apparat, 
et elle Test encore plus que jamais dans ce moment. 
Quant aux pertes , elles sont immenses; elles ne seront 
ni facilement I ni promptement reparus , et )e ne puis 
in*expliquer comment vous ne les jugiez pas de même/' 
lue duc dit à son tour qu'il ëtait permis à chacun d'ap- 
précier les forces de Tempire russe selon qu'il l'entenr 
daity mais que, quant aux pertes causées à l'armée par 
la campagne» il s'en référait aux rapports du prince de 
Hesse; qui les lui avait fait voir, et qu'ils étaient con- 
formes a ceux de M. de Mortemart lui-même sur ce 
8ujet| ajoutant que le prince est trop homme d'honneur 
pour en avoir envoyé de di£Férens, Le prince de Met- 
temich pat;^t embarrassé de cette observation , puis il 
reprit : ,,Eh bien ! chacun en jugera ii sa manière. En 
attendant, l'Autriche se croit forcée de prendre ses pré- 
cautions; son armée est prête et nombreuse, et si une 
seconde campagne commence, elle prendra poste sur la 
frontière et observera la Servie*" Le duc répondit a 
cette dernière menace: „Dans ce cas, chacun aura rai- 
son de se porter sur la frontière et d'observer celle qui 
Tavoisine. // en arrivera ce qui pourra. ^Ainsi finit 
la partie essentielle de cette conversation. Le prince 
de Metternich ne parut pas satisfait des dispositions du 
duc de Mortemart, et tous les deux se séparèrent avec 
les formes et les politesses d'usage. J'ai cru , M. le 
Comte, devoir vous informer de ces particularités, parce 
qu'elles m'ont semblé prouver encoitt davantage Finfa- 
tigable soin que le prince de Metternich prend à nous 
susciter des ennemis ou à diminuer l'intérêt que nos 
amis nous portent. 

Le plan du chancelier de cour et d'Etat est vaste. 
11 vent se montrer menaçant par ses armemens; il tra- 
vaille la France afiil de la rendre faible ; il anime l'An» 
gleterre pour nous en faire une enqemie; il voudrait 
séduire la Prusse et l'éloigner de nous; il propose au 
roi de Sardaigne de se mettre en mesure et même de 
donner un autre héritier 2é la couronne que le prince 
de Carignan, d'après la conviction qu'en a le ministère 
français; enfin il assume le caractère de protecteur de 
l'ordre public, et taudis qu'il emploie toutes ses facul- 



364 Dépêche de Comte Pozzo di Borgo 

VSXii^ en faveur ^es Turcs , il enrdle sous ses drapeaux 
les ultra -monarchiques et les ultra - papistes de tous 
les pays. 

Cette conception est trop vague » selon moi, pour 
prendre une consistance solide , et surtout dans rinter-*- 
valle qui sépare le moment présent de la campagne 
prochaine. Lorsqu'elle commencera-, le prince de Met* 
temich n*aura à sa disposition que lui*niéme et la mo- 
narchie aatrichienne, si toutefois il en est le maître^ 
comme les apparences semblent l'indiquer* La question 
sera donc réduite alors ^ s*il osera ou non attaquer la 
Russie. Ces sortes de problèmeus ne sauraient jamais 
être résolus d'une manière absolue , parce que les don- 
nées ne peuvent, selon la nature des choses, ,'étre fon- 
dées que sur des* conjectures; cependant, comme il n'ex- 
iste pas d'autre règle, c'est à elle qu'il faut s'en rap- 
porter, • 

Ce n'est pas dans les combinaisons étrangères, M. le 
Comte, que je chercherai cette règle, mais dans les 
mesures et les moyens intérieurs de l'empire. L'Empe- 
reur, notre auguste mattre, est monté sur le trdne lors- 
que la Russie jouissait d'une grande considération, et 
cette considération s'est visiblement augmentée depuis 
son heureux avènement. La plus noire et la plus dan- 
gereuse conspiration arrêtée par son courage et punie 
selon la justice tempérée par la clémence et l'humanité ; 
les Turcs amenés à signer la convention d'Akermanii; 
la Perse vaincue et rendue tributaire à la suite de ses 
provocations;^ l'Angleterre et la France, empressées de 
trouver un moyen de terminer \ la satisfaction de Sa 
, Majesté les troubles de la Grèce; le prince de Metter- 
nich, n'ayant d'autre ressource que l'intrigue et le dé- 
pit , et la Prusse fortifiant les liens du sang par ceux 
de la politique. 

C'est dans cette situation des choses et des idées , à 
jla face du monde entier, 'que l'Empereur a été forcé 
d'entrer dans la guerre actuelle. Presque toutes les 
puissances en ont reconnu la justice, et il n'en est pas 
une qui n'en ait attendu des succès; c'était l'empire 
russe, après deux ans d'observation et de préparatifs, 
oui se mettait en mouvement contre l'empire turc, ri^ 
auit à la population musulmane de VEurope. Il 
cet aspect , tout le monde avsùt formé d'avance son ju- 



transmise (le^ Paris à Si. Petersbourg. ^5 

gemeot; mais , il faut Tavouer, ce jugement nVi paa été 1828 
confirme par l'ëv^nement. 

Cette circonstance a dévoile les sentimens que cha- 
cun nous portait* L'explosion s'est faite à Vienne | et 
s'est communiquée plus ou moins partout ailleurs* Ce- 
pendant, ceux qui jugent avec calme voient le manque 
de succès dans des causes secondaires, et pensent qu'- 
elles ne se répétront pas à la campagne prochaiDe. De 
là le désir de Téviter et d'amener la paix» si la Porte 
Aait assea sage pour la demander et la Russie asseas 
découragée pour Taccorder à des conditions inférieures 
à sa dignité* 

Dans cet état de choses, avant de demander ce que 
fera le prince de Metternich, il me semble plus oppor- 
tun de nous demander ce que nous ferons et sous quel 
aspect nous paraîtrons à ses yeux. S'il nous voit pro- 
fiter de l'expérience , augmenter nos moyens , y intro- 
duire l'ordre désirable , nous mettre en position de ne 
pas craindre ses attaques, le persuader que s'il veut 
nous avoir pour ennemis, il nous trouvera formidables, ' 
inexorables et décidés à verser sur l'Autriche toutes les 
calamités de la guerre qu'elle nous suscite, sans lui en 
épargner aucunSy le prince de Metternich restera pro- 
bablement dans sa politique et en adoptera peut-être 
une meilleure, en conseillant au Sultan de faire la paix 
et de se soumettre aux sacrifices qu'elle doit lui imposer* 

Ce n'est pas la ^volonté du chancelier de cour et 
d'Etat, ni celle du public autrichien, que nous avons 
besoin de deviner; elle s'est montrée assez hostile^ pour 
qu'il nous reste des doutes k cet égard. Lorsqu'on se 
réjouit de ce que la peste moissonne l'afmée russe, lors- 
qu'à leurs yeux il n'y a jamais assez de fléaux dans 
la nature, ni de moyens de nuire dans l'ennemi pour 
satisfaire leur haine, nous sommes dispensés d'interpré- 
ter les sentimens de ceux qui ne craignent pas de les 
professer et de les manifester sans réserve* La metl* 
leure garantie que nous, ayons pour les arrêter et pour 
en combattre l'influence, c'est nous-mêmes; c'est dans 
notre énergie, dans la force, la direction et la suite 
de nos déterminations et de nos mesures, que nous 
devons chercher notre sécurité. Le patriotisme, la po- 
sition et les ressoiffces de l'empire répondent à tout: 
qu'on les évoque; qu'on les fasse valoir, avec ordre et 
de la manière dont ils doivent être employés, et la po« 



366 Dépêche du Comte Pozzo.di Borgo 

18tt Ktique cessera de nous offrir des problèmes; nous ver- 
rons celle de nos ennemis devenir aussi traitable qu'elle 
se montre aujourd'hui orgueilleuse , parce qu'elle se 
plaît à magnifier nos pertes , à rabaisser nos talens et 
à discréditer nos moyens^ 

Si nous nous montrons tels que nous devons et que 
nous pouvons être, le gouvernement et la plus forte 
partie de la France nous rechercheront i parce qu'ils 
voudront pourvoir à leurs intérêts et entrer dans la 
lice^ si l'Autriche et l'Angleterre en ouvrent les barriè« 
res. La Prusse a son râle tout fait et les objets de 
son ambition sous sa main, et ce n'est pas la Russie 
qui souffrira de ces empiëtemens, elle restera libre d'ac- 
complir les siens y si son intérêt l'exige. 

Sans doute il serait pénible d'avoir ainsi altéré le 
statu quo de rBurope» mais à qui en attribuer la 
faute et la responsabilité , si ce n'est au cabinet autri- 
chien, qui veut tout risquer et tout bouleverser plutdt 
que de voir PEmpereur faire une paix, qui aurait pour 
' premier but son honneur, et pour second, des modi« 
fications incapables d'apporter le moindre changement 
à l'équilibre réel établi par le congrès de Vienne? 

U résulte des observations précédentes que la ques- 
tion sur la conduite future de l'Autriche ne peut être 
examinée d'une manière abstraite et indépendamment 
de celle que tiendra la Russie, et de l'appareil des for- 
ces qu'elle présentera à l'ouverture de la campagne. 
Cette campagne est devenue indispensable, à mon avis» 
parce que la première n'a pas produit son effet. Nous 
l'entreprendrons donc avec les chances et ces chancea 
seront moins dangereuses, à mesure que nos efforts 
seront grands et terribles. 

La Prusse* 

La Prusse semble avoir annoncé sa politique par 
la conduite qu'elle a tenue et par l'attitude qu'elle a 
prise dé)è. Portée à conserver la paix, ^lle verrait, )k 
mon avis, avec satisfaction la fin de la lutte entre la 
Russie et la Turquie, mais elle se garde de la provo- 
quer par aucune démarche propre à gêner le cabinet 
impérial , et s'est prononcée contre celles de ce genre, 
projetées par la Cour de Vienne. Son maintien , son 
langage , ses démonstrations ont été jusqu'à présent fa- 
vorables à la Russie, et la crainte de la voir s'entendre 



transmise de Paria à St Petersbourg. 367 

Avec elle , «dans un cas extrême , en impose II FAutriche 1828 
et sert à la France ^^encouragement pour la confirmer 
dans les sentîinens fayorables qu'elle nous t^moi^e. 
L«e cabinet imp^rîal a donc le plus grand intérêt de. 
s'attacher, comme il le fait^ celui de Berlin, de le cul- 
tiver et de lui faire entrevoir, qui si FAotricbe et TAn- 
gleterre voulaient mettre le statu qtw territorial exi- 
stant en përil par une attaque contre la Russie, Sa 
Majesté prussienne, en faisant cause commune avec elle^ 
trouverait des avantages qu'elle ne saurait espérer 
ailleurs. 

La notice confidentielle dont Votre Excellence a ac- 
compagné sa dernière expédition contient les germes de 
ce système ; il s'agit donc de les entretenir et pour ainsi 
dire de les' féconder de manière qu'ils soient prêts à se 
développer, lorsque la nécessité l'exigera. 

Dans toutes mes démarches envers le cabinet firan-. 
çais, je m'attache à le tenir en bonne intelligence avec 
celui de Berlin. Son représentant, le baron* de Wer- 
ther, s'en occupe également de la manière la plus zé- 
lëe. Il serait peut-être sage et utile de familiariser 
aussi la politique prussienne avec Tidée que si les évé- 
nemens lui fournissent l'occasion de s'agrandir, la France 
de son cAté ne peut se compromettre et se battre en 
pure perte. Je suis persuadé que dans le cas où les 
'trois puissances, la Russie, la Prusse et la France, de- 
vraient s'entendre, cette dernière n'exigerait rien qui 
serait disproportionné ii ses sacrifices et à son impor- 
tance, ou qui pourrait donner de justes alarmes à la 
Prusse. 

Lorsque je trace de telles combinaisons, M. le Comte, 
c*est avec le désir qu'elles ne puissent jamais devenir 
nécessaires; il a fallu la conduite inconvenable du prince 
de Metternich pour être forcé à chercher dans de si 
grands changemens les moyens de déjouer cette ligue 
générale qu'il travaille \l former contre la Russie, et à 
contenir les coups directs qu'il voudrait lui porter. 
Quand la question est réduite à la défense naturelle, 
tous les moyens sont non seulement permis mais com- 
mandés par les devoirs qui partent de plus haut; la 
conservation et le salut de l'Etat. 

La tendance générale des observations que je viens 
de soumettre à Votre Excellence en fait pressentir d'a- 
vance ces conclusions. La fin de la campagne et la 



358 DèpêcT^ du Comte Pozzo di JSorgo 

lg28 position dans laquelle nous sommes rest& envers Pen- 
nemi rendent la paix impossii^le pour le momenti parce 
qu'elle ne peut être honorable. 

Une négociation entamëe en pareilles circonstances, 
serait tout à notre détriment , parce que nous serions 
obligés de la rompre et d^attîrer sur nous U'odieux de 
cette rupture , après avoir rëvélé le secret de nos pré* 
tentions, lorsque nous ne sommes pas encore en me« 
sure de les soutenir. 

Le zèle témoigné par la France et par PAngleterre, 
afin d'entamer cette négociation est infempestif. Je ne 
cesse d'en avertir M. de Laféronajs , et de le disposer 
à ne point se compromettre au point de nous forcer 
à un refus dans le ^ cas où les Turcs , conseillés par 
PAutriche et la Grande-Bretagne, voudraient nous em- 
barrasser en offrant de négocier, non pour conclure, 
mais pour se donner la réputation de sagesse et de 
modération. 

Le pu>jet de PAngleterre et de la France, de traiter 
avec la Porte pour la pacification de la Grèce, du con- 
sentement de la Russie, mais sans la présence de soa 
représentant, ne peut nous convenir par les raisons déjà 
déduites; cependant dès que les troupes françaises de- 
vaient se retirer de la Morée et qu'il était impossible 
au Ministère d'en prolonger le séjour sans se perdre, il 
est très heureux que ce pays ait été mis sous la ga- 
rantie des trois cours. Cette égide est la seule qui 
puisse le défendre contre une nouvelle invasion. 

Selon toutes probabilités rien ne se passera, durant 
l'hiver, qui puisse troubler nos préparatifs. Ce temps 
doit donc être mis à profit pour nous montrer sur un 
pied formidable à l'ouverture de la campagne prochaîne. 

Cette condition est vitale. Elle est le seul moyen 
qui nous reste pour nous rétablir dans Popinion où 
nous étions au 'commencement de la précédente. 

Quelles que soient les explications que nous puis- 
sions donner et Pédat qui ait rejailli sur nos armes par 
la prise de Varna, la levée du siège de Silistrie,-réva- 
cnation entière de la Bulgarie, excepté les points forti« 
fiés en notre pouvoir, les relations, sans doute exagé- 
rées, sur nos pertes et le désordre qu'on suppose ré- 
gner dans notre administration militaire, ont infiniment 
rabaissé Popinion conçue de notre puissance et de Por- 
ganisation de notre armée dans toutes ses parties. 



transmise de Paris à St. Petersbourg. é69 

Le mioistère françaia en est ^bratiltf et ton existence |^jg 
s^en trouvera jusqVi'à un certain point compromise à 
Touverture des Chambres» Les intrigues de l'Autricbe 
se multiplient* L'ambassadeur d'Angleterre les seconde, 
et si nous ne nous hâtons pas de remporter des suc- 
cès , sitât que la saison des opérations arrivera ^ nous 
risquons de voir ici des cbangemeiis qui rendront la 
continuation de notre influence plus difficile. 

Notre politique est de faire en sorte que rien n'ar- 
rive de bien nouveau durant les quatre mois qui vont 
suivre , et f espère que nous y parviendrons 9 parce que 
les hommes aiment en général a attendre , mais le cin- . 
quième doit élre fécond en événemens. Noire entrée 
en campagne doit étonner par les succès | il me sem- 
ble que nous en avons les moyens,' si nous les por- 
tons sur les lieux I et s'ils sont raisonnablement em- 
ployés. 

Le projet de terminer la guerre par des démonstra- 
tions menaçantes sur Constantinople me paratt inappli- 
cable p d'après la manière dont les choses ont tourné. 
La prise des places du Danube fera, une impression 
durable, en imposera à l'Autriche , ouvrira le chemin 
des provinces lointaines de la Turquie 1 et nous autori- 
sera à en exiger la destruction à la paix^ dès que nous 
ks aurons en notre pouvoir. 

Conserves M. le Comte, conservez Varna. C'est 
un trophée qui appartient personnellement à PEmpe- 
reor. ji la bonne saison et appuyée par cette station, 
la flotte pourra inquiéter l'ennemi sur tous les points 
du littoral. 

MfJgré qu'il ne soit pas probable de voir une flotte 
anglaise dans la mer Noire , il sera prudent de bien 
garantir Sevastopol contre les approches par mer. Si 
{«mais l'Angleterre rompait avec nous, c'est sur ce point 
qu'elle porterait ses attaques, dès qu'elle les croirait 
possibles. 

Les progrès du général Paskewitscb ont été plus 
importans que le public de l'Europe ne les a jugés, 
parce qu'il s'est attaché \ ce. qui était plus à sa portée; 
mais nous qui en connaissons la valeur, nous devons 
nous occuper de les rendre plus considérables. Ils 
feront beaucoup d^impression à Constantinople. 

Le blocus ne sera pas aussi indifférent qu'on a voulu 
le représenter. Dès quHl en a été informé, le Sultan a 

Noup. Supplém, Tom,III, Aa 



370 Dépêche ultérieure de M. Pozzo 

189B ordonne de grands approvisionnemens en Egypte, aue 
les Autrichiens se sont chargés de transporter. Pcspère 
que Pescadre impériale en fera la capture. 

Voîft, M. le Comte, le tribut de mon zèle et de 
mes faibles lumières sur les questions graves qui occu- 
pent le cabinet impérial'. En les examinant , fe ne me 
sois pas déguisé les difficultés qu'il nous reste à vaincre, 
mais fai recherché aussi les moyens que nous avons 
d*en triompher. Les événemené de la campagne passée, 
loin de nous décourager, nous auront donné l'expérience 
qui nous manquait. 8'îl a existé des obstacles impr^ 
^us , l'Empereur les cpnnait, pour les surmonter, et je 
vois même dans la nécessité de vaincre où nous som- 
mes placés un principe d'activité et d'énergie qui con- 
servera h, l'empire et à son glorieux chef, dans la sphère 
qui leur est propre, cette suprématie dont il n'appar- 
tient à aucune force humaine de les faire descendre. 

J'ai l'honneur d*étre, etc. 



31. 

Dépêche ultérieure très réservée (lu 

Comte Pozzo di Borgo. lEln date de 

Paris, le 14 Décembre 1828* 

Les intentions malveillantes et les préparatifs hosti- 
les de la cour de Vienne contre la Russie sont une 
vérité manifeste à toute l'Europe. Le cabinet impérial 
les a pénétrés dans leur commencement , les a .suivis 
dans leurs progrès , et les serviteurs de l^Empereur à 
l'étranger en ont signalé l'existence et combattu les effets. 

Ce fut après avoir inondé le public de faits con- 
trouvés ou exagérés sur les revers supposés de l'arma 
russe et sur les succès et la supériorité des Turcs, que 
le prince de Metternich proposa au cabinet de Londres 
d'agir de concert avec lui, afin de former une ligue où 
seraient attirées la France et la Prusse dans le but d'in- 
tervenir entre la Russie et la Turquie , et en résultat 
d'imposer la paix à Sa Majesté l'Empereur. 

Vous êtes informé, M. le Comte, que, selon le plan 
du chancelier de cour et d'Etat, le duc de Wellington 
devait se chargeir de travailler la France et de la cou- 



ili Bor%o, transmise à Si. Petersbonrg. 371 

dttlre à set fiii« , tandis que le premier répondait de la 1828 
Prusse, 

La connaissance de ce projet m^^tant parvenue, je m'ap- 
pliquai à en démontrer l'inconvenance et les dangers, et 
}e trouvai le ministère français dans les marnes sentimens. 

En attendant, aucune démarche directe n^avait eu 
lieu envers celui-ci, ni de la part de l'Autriche , ni de 
celle de l'Angleterre; cepenciant la certitude où il ëtàit 
que le projet existait, et qu'il pouvait lui être présenté 
d'un moment 2k l'autre , le portait à s'en expliquer , et 
à se prononcer dans un sens Opposé, toutes les fpis 
qu'il en trouvait l'occasion; ainsi M. de Lebzelteru, 
lors de son passage par Paris, et le comte d'Appony 
dans leurs différentes conversations avec le ministre des 
afiaires étrangères ont pu se convaincre, que Sa Ma- 
jesté très chrétienne rejetterait les propositions et les 
insinuations du prince de Metternich, dès qu'elle serait 
appelée à témoigner ses sentimens à^ ce sujet. 

De son câté le baron de Werther, averti par son 
collègue de Londres, des desseins de la cour de Vienne, 
se Jiâta de connaître les dispositions de celle de France, 
et les ayani trouvées telles que je les lui avais annon- 
cées, en informa sans perte de temps son gouvernement. 

Toutes ces circonstances réunies ^ et je suis porté & 
croire, le jugement et l'expérience du duc de Welling- 
ton, le décidèrent, à mon avis, à s'abstenir de se com- 
promettre envers le cabinet des Tuileries, de sorte que 
la tentative de M. de Metternich se trouva paralysée et 
arrêtée dans son commencement. 

Une dépêche du cabinet de Berlin vint ensuite dé- 
truire les mensonges de celui de Vienne. Loin de se 
faire le satellite du prince de Metternich, le ministère 
prussien déclarait, qu'il regardait le plan projeté comme 
dangereux et inapplicable, et que loin d'y concourir, 
O se garderait d'y prendre aucune part. 

Tous ces faits, dont Votre Excellence a été informée 
en son temps, semblaient devoir désabuser la cour de 
Vienne des illusions qu'elle s'était formées de réunir 
les principales puissances de l'Europe contre la Russie; 
mais le prince de Metternich , qui a pour maxime de 
n^octer toujours et surtout de ne pas se décourager^ 
s5it que la fausseté de ses assertions devienne évidente 
soit que le manque d'une promesse lui attire des re- 
proches mérités, a renouvelé la même tentative d'une 

Aa2 




\ 



372 Dépêche ultérieure de M. Pozzo 

IBSB manière plus formelle et avec des circoostauces plus of- 
fensantes pour la dignité de l'Empereur et plus dange- 
reuses pour Jes intëx*éts de Tempire. 

Apres avoir, comme d'ordinaire, annoncé que la 
levée du siège de Silîstrie et la retraite de l'armée d^ob- 
servation devant Shoumla, éiaient des désastres inuueu- 
ses et irrémédiables et s'être attaché à taxer de faiblesse, 
d'ignorance et d'inconsidération nos opérations militai- 
res, le prince de Metternich expédia un courrier, por- 
teur d'une dépêche au prince Esterhazy, laquelle de* 
vait élre communiquée au ministère français par M« 
d'Appony avant d'être envoyée^ à celui de Londres, au- 
quel elle éutit principalement destinée* 

Ce fut le Vis courant, que M* l'ambassadeur d'Au- 
triche fit lecture de cette production l'emarquable au 
comte de Laféronays. 

Le chancelier de cour et d'Etat expose et fait sa- 
voir que le Sultan aspire au rétablissement de la paix, 
avec sécurité et bonne foi. * 

,,Que Sa Hautesse, ayant pris en considération le^ 
événemens passés et la situation de son empire, est 
décidée a ne plus signer de traités qui ne sont que âes 
trêves , et qui laissent les germes de nouvelles guerres. 

„Que la paix pour laquelle l'empire ottoman est 
en armes doit être rassurante pour liii et solide pour 
tout le reste de l'Europe. 

„Que ce grand but ne saurait être atteint que mo- 
yennant un congrès, formé des parties belligérantes et 
des principales -puissances de l'Europe, et dont le ré- 
sultat serait placé sous une garantie générale. 
^"^ „Tie prince de Metternich ajoutait que ce plan lu!-' 
semblait le plus propre à conduire à la paix et à la 
rendre durable. 

„Que la circonstance actuelle présentait de grands 
avantages pour agir sur l'esprit de Sa Majesté l'Em- 
pereur. 

„Que l'armée russe est en ruine et en décomposi- 
tion complète, physique et morale, que les troupes sont 
découragées, les généraux divisés et l'Empereur abattu, 

„Que les Turcs, au contraire, augmentent de force 
et de courage, qu'ils reprendront Varna durant l'hiver; 
que le grand-visir l'a juré sur sa tête, et qu'il réunit 
mille hommes pour cette opération. 

^jEnfin, qu'è la campagne prochaine 300 mille Turca 



di BorgOy transmise à St. Petersbourg. 373 

%t fetleront sur le territoire Ruste, emporteront et dë« 1828 
trtriront tout devant eux." 

Tous ces points I M. le Comte, d'après et que^ mVi 
dit M. de Lafëronnajs, forment la substance d^tfifie* d^t. 
p^cbe très longue, où ils sont développas àvec^lii''pro« 
Uxiié accoutumée du cabinet de Vienne. . *« :< \'[ 

A la fin de cette lecture, le ministre obsét'takau 
comte d'Apponj que les jugciinens du prince de'Mtèti 
tèmich sur PEmpereur et l'mpire, étaient exprimés' ëii 
termes si extraordinaires, qu'il aurnit de la péintf'} 
les rendre exactement au Roi, et II le porter à otftris 
qu'ils étaient tels qu'il venait de les entendre', même 
s'il pouvait sVn souvenir; que, par conséquent, il le 
priait de lui donner la copie ou Textrait de cette d^èéhe. 

M. d'Appony répondit qu'il n'était autorité ni à l'un, 
ni à l'autre, mais que le prince de Metternicb' désirait 
de savoir quelle était l'opinion de M. de Lafétt>tînays 
«ur les dispositions de Sa Majesté Impériale au milieu 
îles grandes calamités où elle se trouvait. Le ministre 
français répliqua, que M. de Mett^nich était si posî-^ 
ttf dans la sienne et dans ses assertions , qu'il n'avait 
besoin de celle' de personne; qu'au reste ^ le Koi s'é-< 
ttint refusé ^ toute combinaison dont le but serait d'in* 
fervecir dans la guerre entre la Russie et la Porte* ot- 
tomane , Sa Majesté persisterait dans la même résolu-* 
lion. C'est ainsi, M. le Comte, que se termina leur 
conversation, avec les formes qui devaient avoir con- 
vaincu M. d'Appony de la surprise et de la désappro^- 
bation qu'avait rencontrées sa communication auprès du 
cabinet français. 

Averti par ce dernier de la démarcbe de l'ambassa- 
d'Autricbe, Je me bâtai d'en informer le prince 
de Lieven, afin de le mettre à portée de prendre les 
mesures qu'il jugerait convenables pour détruire l'effet 
qu'auraient pu produire sur le cabinet de Londres l'ex* 
posé et les suggestions de M. de Metternicb* 

Ayant interpellé depuis le comte de Laféronnajs, 
s'il savait de quelle manière le duc de Wellington avait 
reçu et apprécié les nouvelles insinuations du ministre 
autrichien , il m'a dit que M. de Roth 9 chargé d'affai- 
res de France à Londres en l'absence de l'ambassadeur^ 
lui mandait que le prince Esterhazy paraissait avoir 
écarté de la communication qu'il avait ordre de faire 
la propoeition du congrès, et qu'il s'était . limité sim- 



374 Dépêche ultérieure de M. Pozzo 

r 

1828plement à témoigner les dîspositioDS du Sultan de ne» 
gocter et de conclure une paix qui ne serait pas une 
trive comme toutes les précédentes , mais qui établirait 
au contraire un système de sécurité et de solidité entr« 
les deux empires^ sous la sauvegarde des puissances de 
TEurope. 

Immédiatement apris avoir reçu des réponses de 
Lptidres et, conseillé probablement par son collègue d'at- 
ténuer la mauvaise impression produite sur M. de La* 
fiérodnays ipar la confidence qu'on lui avait jait») M. 
d'ikppoôy est allé le trouver et lui a pbservé, qu'il 
craigoatt qu-il ne fût resté dans son esprit une opinion 
inexacte ou exagérée de ce que le prince de Metter- 
nich aVait exprimé dans la dépêche dont il lui avait fait 
lecture. Le Comte répondit qu'il ne le croyait nulle- 
ment » mais que y pour éviter tout malentendu , il lui 
suggérait de nouveau de lui répéter la lecture de ce 
document ou de lui en donner la copie. M. d'Apponj 
s'y refusa en ajoutant: y,Je ne sais pas même si fai 
bien fait de vous 1( faire connattre dans son entier.*^ 

Tel est 9 M. le Comte , le redt fidèle de ce que fai 
recueilli sur la nouvelle tentative de M. de Metternic^, et 
sur le mode et les expressions dont il s'est servi en> s'y 
décidanL Mon opinion est que, vu l'intimité qui r^ne 
entre le cabinet anglais et celui de Vienne, le prince 
Esterbasy n'a rien cacb^ au duc de Wellington et à 
lord Aberdeen f mais que tous ensemble ont senti Tin* 
convenance et l'impossibilité de mettre un tel projet en 
pratique, lorsque la France venait de déclarer ne pas 
vouloir y concourir. Ainsi cette trame cpntre la Rus- 
sie restera sans effet, comme celle ii peu près du même 
genre qui l'avait précédée et qui dérivait de la même 
source. 

Il est un autre plan que le duc de Wellington tra* 
vaille a réaliser et auquel M. de Metternich contribue, 
quoique avec moins de réserve et d'une manière plus 
tranchante. C'est le changement du ministère actuel en 
France et le rappel de M. de Villèle aux affaires. Le 
prince de Lieven me le mande en termes explicites, et 
Je n'ai jamais douté, de mon cdté, du désir et des des* 
seins du duc à cet égard, parce qu'il doit être coii« 
vaincu que, sans avoir un instrument à la tête du ca- 
binet dans ce pays, il ne pourra jamais en obtenir la 
déférence qui lui serait nécessaire, ou pour former une 



di BorgOy transmise à St. Petersbçurg. 375 

coalition contre la Rusaie ^ ou pour la priver de Vap* 182^ 
pui moral qu'elle en reçoit, en atteodanl la coopéra- 
tion réelle qui pourrait avoir lieu dans le cas d'une 
guerre civile. , 

Afin d'accomplir son objet , indépendamment dai 
avantagea qu'il tire de, la $upëripri(ë de sa position et 
de l'babjtude pfise en Europe de le regarder comme 
un homme bors de pai^r, le duc s'annonce également 
en qualité de soutien des. principes monarchiques eu 
France, quoique aveç:plMf de modération que. le prince 
de Metternicb, cerqpi rend pfm ioiluence encore phis 
daogerei^e. . Aindr par un mélange de, menaces contre 
ce qui est 9 et d'intérêt sineècis ei|. faveur de ce qui, se- 
lon lui 9 devrait ^tre, il flatte ks passions 'et les vues 
de beaucoup de monde à la cour, ej^ met en ntouve- 
ment, par l'ambassadeur qu'il y a'envpy4 ^ cet effet, 
une quantiié d'intrigues difliciles à déjouer* 

Ije prince de Poltgnac , séduit par les prévenances 
^du premier ministre anglais et par sa propre ambition, 
aime à se mêler dans toutes ces combinaisons, non pas 
pour contribuer au retour de M. deVillMe aux aSbires, . 
mais pour, y; entrer lui-^inéuie, soit à la tête d'un nou- 
veau ministèfe,! soiti cp9|me ministre des aiTaires étran- 
gères sous la pxéaidenos'd^ M. de liaféronnays. 

. C'est dans ce but quHl s'fist rendp à Faris, encou- 
rage, par le duc, qui trouva son intérêt à s'en servir 
pour jeter le trouble dans l'administration actuelle. Je 
ne djdut^' pas non plus que .^. de Polignac n'ait été 
chargé de «onder et d^ conpajttfQ les dispositions réelles 
du Roi, ^1. de constater si son système de politique 
amicale envers la Russie est le rSs^ltat de sa volonté 
et de sa conviction, ou bi^ des insinuations et de l'in- 
fluence de son ministère et ou câhinet impérial» 

Persuadé, de ces vérit^Sy M. de.Laféronnays a voulu 
mettre à l'épreuve M. de Polignac, immédiatement et 
sans Ijti laisser le temps de s'enfoncer dans les intri- 
gues qui étaient Tobjet de son voyage. Ainsi dans leur 
première entrevue il lui a dit avec la familiarité d'usage 
entre eux: „Si tu désires le portefeuille, le voici; tu 
peux le prendre. Ma sortie ne sera pas un grand évé- 
nement, mais ton entrée en sera un immense. Si, dans 
Tétat actuel des choses, tu as la confiance de gouver- 
ner la France, je ne serai pas un obstacle ; si non, 
ou si tu hésites, cesse de faire croire à ceux qui veu- 



376 Dépêche ultérieure de M. Pozzo 

182dlent te porter aux affaires l{iie tu vas les seconder, parce 
qu'une telle conduite serait contraire^ au, service du Roi 
et au bien du pays." 

Cette allocution produisit Teffet désirc^^ M. de'Po* 
Itgoac eut raison de se convaincre que M. de Lafërôn- 
najrs n^entrerait dans aucune combinaison ministérielle 
.avec lui. Dès lors, abandonna \ ses propres forces, il 
sentit toute sa faiblesse et n^osa pas se charger à lui 
tout seul d'un si pesant fardeau. 

Le placer datis cette alternative ëtait Tunique mo- 
jen pour ddjouer ses intrigues secondaires. S'il n*eâ| 
ixi question que d'ëlevèr M. de Laféi^onnays k la prë* 
sidence et de mettre M. dé Polignac aux affaires ëtran* 
gères i le Roi s'y serait prête et aurait peut-être dësird 
un pareil arrangement; mais dès qu'il s'est agi d'un 
changement total, la confusion qui en serait rësultife 
aurait é\i si grande et si supérieure aux moyens qtie 
M. de Polignac aurait eu de la faire cesser, qu*il n'a 
pas osé prendre sur lui la responsabilité d'une pareille 
épreuve. Son entrée au ministère y aurait apporté des 
altérations sensibles. Ambitieux et pusillanimci endoc^ 
triné et subjugua par le duc, il n'aurait jamais eu le 
courage de lui résister; d'oii Miserait résulté une divi- 
aiou dans le conseil et des influences opposées auprès 
du Roi, inconvéuiens qu'il a été heureux d^écarter^ au 
milieu de tant d'autres à travers lesquels il faut réus- 
sir dans ce pays. 

L'arrivée de M. de PèKgnac à Paris a coïhcidé, se* 
Ion ce que M. de Laféhinnays mV dit, avec certains 
renseignemens que ce ministre s'est procurés , et qui 
prouvent évidemment les intentions sinistres du prince 
dft Metternich contre la France , et avec quelle animo* 
site il cherche à élever des obstacles au Roi et k sa 
famille depuis qu'il ne peut les entraîner dans ses voies. 

Le ministre a refusé de ni'en dévoiler la source, 
parce qu'elle est confidentielle et secrète. Quant ,à leur 
nature , il a été, soit dans ses dernières conversations^ 
aoit dans les précédentes, plus explicite. 

Il paraît que le chancjelier de cour et d'Etat flatte 
les bonapartistes de mettre en avant le duc de Reicfa- 
stadt dans le cas d'une rupture entre la France et l'Au- 
triche , et travaille la cour et les apostoliques d'un au- 
tre cdté, pour susciter des embarras au ministère en 
l'accusant d'être révolutionnaire et impie; qu'il a ici des 



di BorgOj iransinise à St. Peiersbourg. 377 

• 

pcmnites affié^eà pour cliacim de ces rôles: Tambas-^ 1828 
aade est chargée du dernier aoprès des .prêtres et d'un 
hoh nombre de courtbanSi le premier est confie J^ des 
g<ms d'une toat autre existence et d'opinions opposifes; 

Ïu'il excite le roi de Sardaigne à s*armer contre la 
'rance, dont il lui fait craindre l'inTasiony et qu'il le 
porte à faire quelque acte tendant à exclure le prince 
de Garignan de la* succession; enfin que *de toute part, 
do l'AHèmagnei coitîme de l'Italie et de Vienne mêmc^ 
il arrire des rapports ^ qui d^montreiit l'acti^i malreit^ 
lanee du personnage qt^i préside* le cabinet autrichien. ' 
• (Test lorsque le Roi se ressentait encore des justes 
impressions 'qu'une conduite pareille lie pourrait man'i- 
quer de produire sur son esprit ^ que M. de Polignac, 
ignorant entièrement toutes ces circonsiauces ,• a entre- 
tenu le monarque , relatiTement à la u^cessitiS de s'en- 
tendre avec l'Angleterre et l'Autriche | afin d'aviser aux 
moyens d^exciter iine seconde campagne et d'amener 
la paix* 

Le Roi n^a pas donne suite a ces insinuations et a 
re|eté toutes les idées vagues tendantes à former une 
union quelconque dans le but d^intarvenir entre les 
puissances belligérantes , parce qu'au lieu d'arrêter la 
guerre ce serait la rendre plus animée* Peur ce qui 
concerne la conduite de la France ^ Sa- Majesté a dit 
ces propres paroles; ^Me veux rester uni à la Russie. 
8i Pempereur Nicolas attaqiïe l^Autriche, je me tiendrai 
en mesure et mç réglerai selon les circonstances; mais 
ai l'Autriche l'attaque 1 )e, ferai marcher immédiateinent 
contre elle. Peut-être qii'une guerre contre la cour de 
Vienne me sera utile, parce qu'elle fera cesser les dis- 
sensions intérieures et occupera la* nation en grand 
comme elle le' désire". 

Etonné d'un tel langage y- M. de Pbltgnac ^vint tout 
consterné en rendre compte à M. de Laféronuays qui 
lui dit de ne pas regarder comme chose arrêtée ce qu'il 
venait d'entendre; que c'aurait été plus conséquent si 
le ministre s'était expKqité de la sorte par ordre du 
souverain , mais que cependant la manière dont Sa Ma« 
jesté s'était exprimée , devait lui servir de ràgle pour 
connaître au juste et à fond les sentimens du monaiw 
que, et se conduire en conséquence. 

Après avoir ainsi a*econnu que Télat des choses à 
Paris était bien différent de ce qu'il avait pu se figurer 



378 Dépêche ultérieure de M^ Pozzo 

IBSgà LQodres^ M. de.PoUgnuc TOuhiJL ^'enftifttçiiir avec moi, 
6ur i'«Dsen)ble^et la situatioQ des idFaires. 11 œo dit 
que le duc de Wellingioqi quoique pein^ de- la tiipture 
entre» la Rudate et la Porte i n!avaît pas'ccaiiit les o*n- 
séquences qu'on, appréhendait géuéralemenf au coma^énr 
ceineal de le campagne, pai^ce qi^ei» lOU le «Sultan aurah 
fait la paix à^ la vue de l'ariBfie russ^, ou bien /celle-ci, 
«Vient pas en* aombre suffisant ,poûç produire cdee ré- 
sultats décisifs y se :seraitnrrd(ée,/,Iotfi die foule j^Oâftîou 
dSpaMei de mettre, en. dapger l'exîs^ea^e de IVmphie ot- 
toman; mais qufU n^n était pa^ de. même de. la cam- 
pagne qui ve.Sttivve» parce que I|t liiissie, corri^0 par 
rexpérienoet et forcée pajr la nécessité^ mettra jeu mou- 
vemeot toutes ses forcées ^' et que le Sultan, décidé li se 
défendre k outrance, fera de même, i 

Qu'il nVst .pas permis de prévoir exuctemenl 4e qui 
résultera de ce. combat à. mort, et qu'il est impossible 
néanmoins de ne. pas y eperoevoir les germes dVvéne- 
mens graves et capables de compromettre la paix gié^ 
nérale. . . 

Qne poui5 empâcber la réalisation d'un si grand 
malheur, l6- Dm:. Aurait désiré de s'entendre avec les 
puissances neutres, afin d'aviser à quelque moyen de 
faire cesser ce. co^flil; qu'à la vérité ces moyens sont 
difficiles à trouver, mais quUl en est un facile à met* 
tre en pratique et qui ne serait poial sujet à ces inr 
convéniens^ savoir.. celui d'envoyer les ambassadeurs de 
France et d'Angleterre à Gonstantinople pour influen- 
cer le divan et le soustraire, à la directioli e^^clusive de 
l'Autriche* t 

Convaincu que le. prince de Polignao répéterait ma 
conversation au. duc de WeUJtigtoni je lui répondis que, 
sans atténuer l'importance que celui-ci- ajoutait aux cir- 
constances actûeltH et aux.év.énentepe qui se préparent, 
je me permèttah ^l'obsèr^eni^fu'elle .«le semble exagérée. 

Qu'au lieu de présager, de4 iboujeversemeos et des 
catastrophes, il était plus «sage lef. plus natuitsl de ne 
- voir dans le conflit existaht qu'une guerre entre la 
Russie et la Porte comme il en a tant existé aupara- 
vant, et de s'attendre que la paix auifa lieu lorsqu'une 
des parties sentira qu'il lui convient mieux d'en faire 
les sacrifices que de continuer à s'exposer à de plus 
grands désastres. « 

Que les akrmes et l'épouvante dont on cherche à 



di BorgOy transmise à SL Peter ebourg. 379 

fatiguer l'Europe sont Pouvrage du. prince de, AteUeEr^.liffl8 
iiich; que c'est lui qui a directement ou indirecAeineat 
amen^ cette guerre par des conaeib imprudena donnes 
an Sultan 9 en le portant à tout refuser aux. trois puia** 
sancesy lorsqu'elles mendiaient, poiir ainsi dire, un ac» 
coBamodement aux portes du Sëriiil; . . ' 

Qu'après avoir iié la cause de la guerre il n'a r^ssë 
d'encourager les Turcs à la soutenir .et de les informer, 
non seulement de l'état et du nombre des troupes rusf* 
ses, mais de déprécier faussement et. follement. les res<- 
sourcea de TEmpereur et de l'Empiré. ' 

Que non content de œs procédA>:.il importune à 
tout instant Ja France» FAnglel^rre e| la Pruspei afin de 
les unir par des prétexte^ %çéàlkm eoiOre la Russie» 
sans être rëbutë par le» refus qu'il m^ncontre et par 
rinipossibilitë de donner la moindre solidîi^ i /pe système 
de haine et de. trouble. . - .< -j. ; • . < 

Que tout le monde voit .d^is le doc de Wellington 
et dans %M intentiona les oiém^^. principes df) sagl^s^ el 
d'ëquitë dont l'Europe a souvent . ^enti les .efieis .salur 
taires ; mais que pour qu'il reprenne sop .asoendafit ac* 
coutume» il doit se d^Uvrer des obaeéeîons du pripce .de 
IVIetternich et convaincre les aujtres, cours, et I4 Russie 
en particulieri qu'il juge la .politique itutricbienne covame 
erronëe et de nature, si elle, iizj$, suivie, a pr^piter 
PEuropci dans cette guerire g^nt^rale que nous .voulonf 
tous éviter. . . ; 

Qu*au lieu de laisser Iç chancetiedCs 4^^ cour 0t , d'Etat 
se flatter qu'il deviendra IC; prësi^entr^M Coêgrès 4lf 
son imagination et qu'il y dictera la loi,, il faut le gué* 
vir de ces illusions et le corriger^ s'il en.esl besoin^ de 
ces prëientions hors de saison et de mesure,. eti qu'alors 
le Duc aura éteint la cause principala de discorde» d0 
division et de méfiance qui tient l'Europa ea.agils^ioo» 

J'ai ajouté que le retour detr ambassadeurs tfe Frâuce 
et d'Angleterre à Constantinople , dans le momei^t ac* 
tuel, loin de tendre le sultan plus sage, augmentera son 
orgueU et flattetra ses espérances, d'autant plus que lè 
prince de Metternich ne manquera pas de représenter 
cet incident comme le triomphe du systi^me austro-turc 
et d'y voir une raison de plus pour y pejnsister; .i'ai 
donc conclu que c'est à Vienne qua le duc doit faire 
valoir aon ascendant et son bon esprit d'une maniàre 
prononcée et décisive , et que ce préliminaire est • jn* . 



380 Dépêche ultérieure de M. Pozzo 

l82B diipensabie pour faciliter les Yolee à sou influence et a 
ea' juste cOfisidëration partout aîHeurs. 
'"Le prince delPoIignac n'ëtant pas en mesure , par 
Itf'tOnbaissaiice qu'il avait dë)^ des sentinieus du roi et 
de ses ministres, d*é)ever des objections contré le lan- 
gage (jiie je lui avais tenu, ne manqua pas d'en avouer 
la' justesse et' 'la^ convenance, et me dit qu'en effet il 
^emplby^ralt it Son retenir à Londres à fiaire apprécier 
leé' dangers de la politique autrichienne. Il me témoigna 
efi'méme teropji ses regrets de ce que la Russie ne vou- 
lait pas consentir 'à la négociation avec la Porte rela- 
tivetAent atf Uraité du' 6 juillet, dans le» formes suggé- 
rées par la Ft*ancè et l'Augleteite, patce que ces préli- 
nfinawes detlnent précéder le'iteloat des ambassadeurs 
il Constantinoplef , qui seraient devenus des auxiliaires 
puissans auprès du divan pour le^p^orter k la paix. Ma 
jéplique a été que la Russie ne pouvait consentir à son 
exdosidn li'aucunfc dés conséquences du traité sus-mén- 
tromné, parce qu'elle en était' partie intégrante; mais 
qiie le cabinet impérial était prât à négocier et à con- 
i^ûui'lr h. ttrntCe qui se ferait à cet égatd d'un corn- 
'lÀum accord, dans le fond, comme dans la forme. 
'- 'Le langage que j'ai tenu à M. de Polignac m'a sem- 
Mé le plus convenable. Il n'aurait pas été prudent de 
faire la critique dé lH marche indécise , équivoque et 
peu amicale envers la Russie, du duc de Wellington, 
avec un homme que je devais considérer en quelque 
èorte^ comité sotî' émissaire. J'ai cru conséquent d'atlri- 
^er'pt4^ipàlèliient, car telle est la vérité, toute l'agi- 
tation qiii rigne en Europe au prim5e de Metternich, 
ék dé faire ^itvièager an duc lui-même que la déférence 
qu^it aura pour le' cabinet de Vienne sera un" obstacle 
ii son influence envers tous les autres. Cette manière 
de {yHisenter les éhoses à en outre l'avantage de conve- 
nir k la France. Le roi, son ministère et la nation en 
géiiéral, Mt un grand éloignement pour l'Autriche, el 
comme ils ne la craignent nullement, ils ne se font 
aucun scrupule de la- traiter sans ménagement, mais 
il nVn e9i pas de même de l'Angleterre. La répugnance 
des' Français peur ce pays est arrêtée par la terreur 
qu'il inspire*. L'idée d'une rupture avec lui en impose 
M èottimerce, k la bourse et à tonte la portion dite 
industrielle de la nation, c'est-Ik-dire à celle qui sym- 
pathise le tnoins avec TAutriche; il faut donc sattaclier 



ili Borgo, transmise à St Peterahourg. 381 

à cette dernière et réunir contre elle tous les Juste» 1828 
ressentimens ; car si l'Angleterre veut la défendre \. tout 
prix, et faire cause commune avec elle, ce ne sera 
plus la Russie qui a youlu compromettre la France avec 
la Grande - Bretagne, mais celle • ci qui a répudie la 
France pour se joindre à l'Autriche. Toutes ces nuan- 
ces, M. le Comte, sont si délicates qu'elles deviennent 
difficiles à expliquer par ëcrit, on les sent et on les 
apprécie davantage sur les lieux et dans le maniement 
des hommes et des affaires. 

Je me confirme d'autant plus dans cette opinion 
qu'ayant informe le comte de Lafféronnajs de ma con- 
versation et de la tournure que Je lui avais donnée , il 
m^en a remercie et m*a dit que c'était exactement dans 
le mémt esprit qu'il avait parlé \ M. de Polignac» et 
que les instructions qu'il allait, recevoir en retournant 
à Londres seraient conformes. 

En effet l'ambassadeur est parti avec les ordres suî- 
vans: 1^. de détruire toute idée qui pourrait s'élever 
dans l'esprit du duc de Wellington de réunir les puis- 
sances neutres pour intervenir, sous quelque forme que 
ce soit| dans la guerre entre la Russie et la Porte. 

2^. De déclarer que la France ne consentira pas II 
prendre la cour de Vienne» ou son internonce, pour 
intermédiaire entre les alliés et le sultan sur ce qui 
concerne l'exécution du traité du 6 juillet. Cette pré- 
caution, M. le Comte, est motivée par le manège rais 
en pratique à Constantinople, afin d'dter à M. de Zqjr-* 
len tout accès auprès du divan. Sans justifier la con- 
duite passée de l'ambassadeur de Hollande, il est évi- 
dent que par cette exclusion le prince de Metternich a 
Toulu rester seul et devenir ainsi le conducteur indis- 
pensable des communications des trois puissances à 
la Porte. 

3^. De rompre le silence avec le duc de Wellington 
et de lui demander quelle est son opinion sur les insi- 
nuations si souvent répétées du cabinet de Vienne, ten- 
dantes it former une union pour intervenir auprès de 
la Russie, et si le ministère anglais les a rejetées aussi 
promptement que celui de France Ta déjà fait. 

Quant au projet mis en avant par les deux cabi- 
nets de Londres et de Paris, sur le mode d'entamer 
une négociation avec la Porte relativement aux affaires 
de la Grèce, il n^en sera pas fait mention jusqu'aux 



382 Dépêche ultérieure de M. Pozzo 

1828 nouvelles de Coastaiitinople. Mais dans le cas o& le 
duc de Wellington deviendrait pressant sur cet objet, 
et qu'il voudrait acc^Mrer le retour des ambassadeurs 
de France et d'Angleterre dans cette capitale, M. de 
Polignac a ordre d'observer que cette mesure ne pour* 
rait s'effectuer que si le sultan reconnaissait la garantie 
des trois puissances en faveur de la Morëe et des iles^ 
et s'il convenait d'un armistice statu que pour toutes 
les autres parties du territoire où il existe des bostilU 
tés entre les Turcs et les Grecs. Dans cette hypothèse, 
la négociation relative à l'application du traité du 6 juil- 
let serait suspendue jusqu'à la fin de la guerre entre la 
Russie et la Porte, événement qui permettrait à la pre- 
mière d'y intervenir et de donner ainsi \ l'arrangement 
qui s'en suivra le caractère définitif de stabilité qu'il 
n'aura jamais sans le concours de toutes les parties. 

Les instructions que je viens de citer apportent de 
grandes modifications au premier projet formé entre la 
France et l'Angleterre de terminer l'affiiire grecque du- 
rant la guerre de la Russie, et en quelque sorte con- 
tre son consentement. Le sultan ne se prêtera jamais 
\ l'aiiftislice tel qu'il vst indiqué et qu'on devra le lui 
proposer, et en supposant même quil voulût l'accor- 
der, la négociation resterait suspendue jusqu'à ce que 
la Russie puilse y prendre part, condition à laquelle ni 
la Porte ni l'Angleterre ne voudront accéder. 

Ce changement dans le cabinet français est Teffet 
d'une plus mûre délibération, renforcée par les nou- 
velles reçues du chargé d'affaires de' France à Saint- 
Pétersbourg, qui annonce, comme je l'avais Aé)\ prédit, 
le refus que le cabinet impérial aurait opposé, quoi- 
qu'à regret, \ un plan qui tendait \ l'exclure de l'exé- 
cution d'un traité dont il est partie intégrante, et qui 
concerne sa dignité et ses intérêts les plus délicats. 

Les modifications sus-mentionnées, et en général le 
système du ministère, rencontrent quelque opposition 
de la part de M. le Dauphin. S. A. R. a déclaré au 
dernier conseil qu'elle aimait \. s'entendre avec le due 
de Wellington, que ce ministre était personnellement 
attaché aux Bourbons, qu'il voulait la paix, et que ce 
n'était qu'en se concertant avec lui que la France la 
conserverait. . Le comte de Laféronnays & répondu que 
le duc faisait la politique de son pays, et que le rot 
devait faire celle de la France. Il a ajouté, en censé- 



di Borgo, transmise à St. Petersbourg. 383 

fltienee , que c'est dan» cet esprit qu'il agirait a«$si 18SB 
loDg-lempe qu'il resterait à la direction des aiFair«s 
étrangères; que la cour de Vienne voudrait oompro- 
mettre la France par l'ÂDgleterre et Tattirer dans ses 
intrigues 9 afin de la placer à la kuite de l'une et de 
l'autre ; mais que ce projet , dangereux pour les inté- 
rêts do royaume, et offensant pour la dignité du roiy 
rencontrera la désapprobation de tout ministère fidèle 
et éclaire I comme il a mëritë celle de Sa Majesté, Le 
roi mit fin à cette discussion en adoptant ce que M. de 
Lafëronnays venait de proposer; mats cette parttcula- - 
rite dénote assez à quel point la cour et le public sont 
travaillés ici, afin de les éloigner de la Russie. • 

Persuadé qu'il était du bien du service d'informer le 
fUÎuce de Lieven de toutes ces circonstances, |'ai expé« 
dié pour Londres le conseiller de cour Lomonossoff. 

Tel à étë, M. le Comte, le résultat de la mission 
du prince de Polignac à Paris. Cest ainsi que Je ca- 
ractérise son voyage et que les ministres l'ont consi- 
déré. Le duc de Wellington paraît ne pas avoir doute 
que le prince s'insinuerait dans le ministère, et qu'il 
serait charge dii portefeuille des affaires ëtrangères. ' 
Dans cette conviction , on m'assure qu'il lui a écrit les 
paroles suivantes: ^'Quelles que soient les destinées qui 
vous attendent, }e Vous prie de retourner à Londres, 
ne fût-ce que pour quinze )Ours; il est des affaires si 
dëKcates qu'elles ne peuvent se traiter qu'avec vous*''. 
Si M. de Polignac veut représenter les sentimens de 
son souverain et soutenir les intérêts de son pays , il 
détruira bien des illusions à Londres. Je suh porté \ 
croire qu'il le fera, quoiqu'à regret, et sans produire 
tout l'effet qui provient de la conviction ; même dans 
ce cas le résultat n*en sera pas entièrement indifférent. 

La résistance du roi et de ses ministres contre les 
tentatives réitérées de l'Autriche et les séductions de 
TAngleterre est très méritoire. Que Votre Excellence 
veuille' s'imaginer la puissance d'un tel gouvernement, 
agissant sans cesse et de mille manières sur une cour 
si voisine et sur un pays encore si faiblement organisé 
pour résister à une action aussi constante. La per- 
sonne du duc de Wellington, k la tête des affaires, est 
encore un ^and moyen d'influence. Le roi a besoin 
de faire des efforts pour se constituer en opposition 
avec un homme qu'il a mis au premier rang parmi ses 



I 



384 Dépêche ultérieure de M. Pozzo 

1828 Ub^rateura* et qui hti montre au doigt de ooiivellea nS* 
Yolutioos s'il «e livre à une politique qui ne lui pro- 
met que des secours lointains, et Texpose à des ioiaiii* 
ti^s et à des dangers immédiats. 

De son céké^ l'Autriche tient une infinité de fils qui 
l'attachent aux soi-disant royalistes purs, au parti ap« 
pelé prêtre et à plusieurs gens de cour , et il a Talltt 
la connaissance certaine de la malignité et des mauvais 
desseins du prince de Metternich, mis au Jour par l'im- 
prudente multiplicité de ses intrigues, pour exciter con- 
tre lui le ressentiment prononcé du roi, et pour impo« 
ser silence à ses partisans. 

A cdté de ces difficultés, existent et pullulent, pour 
ainsi dire, celles qui dérivent de Pambidon et des pré- 
tentions sans mesure de tous ceux qui veulent devenir 
ministres , et qui , ayant besoin de combattre ceux qui 
le sont , blâment et passent condamnation sur le gou- 
vernement intérieur comme sur la politique étrangère. 
Les événemens de notre campagne, loin de les avoir 
découragés, leur ont Fourni le prétexte de déprécier 
l'alliance que le gouvernement préfère. L'opinion de 
l'Autriche et de l'Angleterre a soutenu ces dispositions, 
et Votre Excellence aura jugé à quel point on a abusé 
de ce moyen en lisant les feuilles périodiques et Jour- 
nalières, toutes soldées et écrites dans ce mauvais esprit, 
presque sans exception. 

Lorsque le cabinet impérial voudra bien considérer 
tous ces obstacles réunis, il se formera une idée de 
leur importance et par conséquent du prix qu'il doit 
ajouter à la sage résistance d*un roi ftgé de soixante- 
douze ans, et d'un ministère harcelé par les attaques 
du dedans et par les intrigues du dehors. J'espère que 
cet état de choses se conservera s'il n'arrive pas quel- 
que changement violent qui fasse passer l'administration 
dans d'autres mains. L^vénement n'est pas très probable, 
quoique loin d'être impossible. La France serait ex- 
posée à de grandes inquiétudes dans le cas ou il' jurait 
lieu, ce qui réunit les gens bien intentionnés dans le 
but louable de l'éviter. 

Le duc de Mortemart partira dans quinze jours au 
plus tard. Ses sentimens et son langage n'ont cessé 
de se montrer de la manière la plus favorable, et ils 
ont été un grand contre-poids en opposition à toutes 
les versions sinistres et malignes dont les ennemis de 



di B^rgo, transmise à 8L Petershourg. 385 

la Russie ont eu l'art d'inotider PEarope. Le sQencé IBBB 
de noire cabinet, ni celui du quartier gênerai ne l'ont 
paa décourage. 11 a explique les ëvénemens tels qu'ils 
ont dû être en faisant valoir les connaissances qu'il a 
acquises sûr les localités et sui: l'armée , et en fortifiant 
8on opinion par une conviction qui a souvent tenu lieu 
d'autorité. Je ne saurais rendre assez de justice à son 
sèle, ni trop apprécier le. bon effet qu'il a produit* 

Lorsqu'il s'est agi de l'élever au grade de lieutenant 
générai, M. le Dauphin » qui dispose du personnel de 
Tarniéei et qui paraît ne pas avoir une forte propen- 
sion pour lui à cause de la défaveur avec laquelle S. 
A. R. traite les corps privilégiés dont celui dit des ceut- 
suisses est commandé par le duc de Mortemart, a dé- 
claré qu'il ne pouvait donner son consentement j parce 
que c'aurait été lui accorder la priorité sur d'autres. 
M. de Laféronnays a observé que cette raison devait 
être écartée, vu la campagne faite par le duc à l'ar- 
mée de Russie et la haute approbation dont 8a Maje- 
sté l'empereur l'avait honoré. Le roi n'a pas hésité ^ 
se rendre à de si justes motifs, et le Dauphin les a 
trouvés également décisifs. J'ose recommander M. de 
Mortemart h la bienveillance de l'empereur, il en est 
digne par le dévouement et l'admiration qu'il professe 
envers Sa Majesté. 

Le récit que je viens de soumettre au cabinet im- 
périal offrira, j'ose Pespérer, une idée suffisaipment ju- 
ste des dispositions de celui des Tuileries, de ses rap- 
ports avec l'Angleterre et l'Autriche, et de ce que nous 
avons à attendre de sa politique; mais je n'aurais rem- 
pli qu'imparfaitement mon devoir si je ne prenais la 
respectueuse liberté de représenter que la cause la plus 
puissante de sa bonne conduite envers la Russie sera 
dans celle que nous tiendrons par rapport à la direc- 
tion de nos propres affaires. 

Ce serait trahir la vérité que de ne pas nous avouer 
que notre considération a été entamée en partie par 
les événemens de la campagne, et beaucoup plus par 
l'acharnement que nos ennemis ont apporté à les re- 
présenter sous des couleurs sinistres. Leur malignité 
n'a pas cependant produit tout l'effet qu'ils en espé- 
raient. La France n'a pas dévié de la ligne que nous 
désirons de lui voir tenir, et ses inquiétudes n'ont nul- 
lement influé sur 8a politique. Mais celte position, pour 

JVotft'. Supplem, Tome IIL Bb 



366 Dépêche ultir. de M. Pozto di Borfip etc. 

1818 ^tre durable, a besoia que la nôtre devieDue 'meilleure 
et plus rassurante. 

Quelles que soient les agitations de la cour de Vi- 
enne pour nous forcer à la paix avant que nous pre» 
nions une supërioritë décidée sur l'ennemi, il n'est pas 
une personne de bonne foi et de bon sens en Europe 
qui ne s^altende à une seconde campagne avec des voeux 
différens, selon les sentimens qui l'animent envers nous. 

Le roi de France, et je suis heureux de pouvoir 
le nommer en première ligne, y met Fintërét le plus 
amical. Sa Majesté m^a dit au dernier cercle, cbek 
madame la duchesse de Berry: „Si l'empereur avait 
porté cent mille hommes de plus sur le théâtre de la 
guerre, il aurait eu raison de ses ennemis." J*ai ré- 
pondu que, ne voulant pas pousser la guerre à ou- 
trance, sans une extrême nécessité, l'empereur avait 
espéré que le sultan profiterait de sa générosité, mais, 
que cette épreuve ayant manqué , j'osais assurer le roi, 
et même lui répondre, que les opérations et les événe- 
mens prendraient un autre caractère et répondraient à 
son attente. 

L'ouiterture de la campagne va donc préparer à 
l'Europe un spectacle qui fixera son attention tout en- 
tière. L'opinion qu'elle se formera de l'état de l'em- 
pire de Russie, celle de la sagesse de ses conseils, de 
la force , des talens et de la bravoure de son armée, 
en dépendent, c'est-à-dire que nous sommes appelés a 
justifier la Juste idée que nos amis ont conçue de no- 
tre importance, et à détruire les espérances et les com* 
plots de nos ennemis. 

Aucun obstacle impossible, et j'espère même, diffi- 
cile à surmonter, ne s'oppose à ce que nous parvenions 
au résultat le plus honorable. 

La grande confiance qu'inspirent la fermeté et la 
sagesse de l'empereur a fait avorter les projets que les 
adversaires de Sa Majesté espéraient accomplir dans le 
moment de la crise; c'est par conséquent Tattente de 
voir arriver des événemens plus favorables et plus dé- 
cisifs qui a donné i nos amis la force de ne pas nous 
abandonner. Os ont besoin de nos succès à l'avenir 
pour justifier leur conduite. J'ai répondu, M. le Comte, 
que le temps n'est pas éloigné, où nous leur en offri- 
rons des plus marquans. 

J'ai l'honneur d'être, etc. 



<• 



387 

32. 

Explication du prince Lubecki de^ 
vaut l'Empereur Nicolas sur les ac- 
cusations de M. de JNovosiltzoff, coin-- 
missaire impérial dans le royaume 

de Pologne. 

Varsovie^ /« 28 décemhie 1828. 

Autorise par Votre Majestë Impériale et Royale à 
m'adresser directement à elle-même toutes les fois que 
je le jugerais utile au bien dû service^ je sentais la né- 
cessité de le faire, comme ministre et comme sujets bien 
que je n'eusse encore à m'appuyer que sur des conjec- 
tures: quand des données positives m'ont nâs à même 
de m'exprimer d'une manière plus catégorique. Je sai- 
sis donc *aYec ardeur cette' occasion pour exposer à Vo- 
tre Majesté tout ce que ma conscience m'aurait fait un 
reproche de lui taire* Par une impulsion naturelle à 
la noblesse de son caractère, S. A. L le grand-duc cé- 
sarewitsch vient de charger le général Rozniecki de me 
manifester de sa part combien elle désapprouvait ma 
conduite dans l'affaire de la haute cour *) ; conduite 
qu'elle attribuait principalement au besoin que je res- 
sentais, au moment où les finances, complètement dés- 
organisées par ma gestion , étaient prêtes à s'écrouler, 
de capter l'opinion publique que mes mesures fiscales 
m'avaient rendue absolument contraire. 

En outre» elle m'a fait exprimer quMle avait Topi- 
nion qu'il ne manquait aux sujets polonais qu'une oc- 
casion favorable pour se montrer en ennemis ; mais que 
toutes ces menées, ainsi que ma conduite, ne resteraient 
point ignorées du souverain. 



*) D*8près la Charte poloaaise de 1816 « les accasëi rie hante 
tiahison d«?aieat être jogés par le Sénat Cette magistrature ve- 
nait d'acquitter hait Polonais accusés par le gouvernement mosco- 
vite d'a?oir participé à un complot russe contre la vie de Pem- 
pesenr Alexandre. L'empereur Nicolas, mécontent de cette sen- 
teoce, demanda les avis de ses ministres polonais. Le prince Lu- 
becki s'attira le déplaisir de Sa Majesté, en défendant dans cette 
oecnrence les privilèges do Sénat, 

Bb2 



388 Explication du Pr. Lubecki sur les 

1828 Trouvant dans celte communication une preuve flal* 
teuse que Son Altesse Impërîale daigne m'ouvrir une 
voie pour modifier, s'il se peut, les impressions défa«> 
vorables qu'elle a reçucfti , faî commence par manifester 
au gënëral le sentiment de reconnaissance que fëprouvat 
pour tant de bonté. Puis abordant les choses en* elles- 
mêmes, j*aî énonce que les écrits et les discours de^M• 
le commissaire impérial m'avaient toujours fait craindre 
qu'il ne surprît la religion de Son Altesse Impériale, el 
que je voyais avec d'autant plus de douleur se réaliser 
ses tristes ressentimens, que rien notait plus facile que 
de démontrer la fausseté de tout ce qu'il àpait 
apancé. En effet, la question me semblait se diviser 
en deux grandes catégories: 

1^. Celle qui coucertie la gestion des finances, et mon 
opinion personnelle dans l'affaire de la haute cour; 

2^ Cella qui a trait au peu de fond h faire sur la 
fidélité de la nation polonaise. 

jid 1^. Monseigneur pense que fai désorganisé les 
finances; or comme jusqu'à ce jour le service ni l'ar* 
mée n^ont éprouvé aucuu retard dans les versemens, et 
comme les affaires administratives ne sont point portées 
par le conseil h, la connaissance de Son Altesse Impé- 
riale, il faut que cette idée de désorganisation lui ait 
été suggérée par la seule personne appelée à lui rendre 
compte de ce qui s'y passe. 

Pour voir maintenant jusqu'à quel point cette opinion 
pourrait se soutenir, il faut examiner ce qu'étaient les 
finances avant mon arrivée au ministère; et, sans aller 
plus loin, n'a qu'à jeter, à cet égard, un simple coup 
d'oeil sur les comptes de Tan 1821 , époque à laquelle 
M. le commissaire impérial donnait encore l'impulsion 
à toute la machine financière. jOn se convaincra que 
la solde était arriérée d'un mois et demi, que les dé- 
pôts et cautionnemens des particuliers, qui se trouvaient 
dans les caisses publiques, avaient été absorbés; enfin, 
que les recettes à percevoir étaient même numérique- 
' ment inférieures aux dépenses à couvrir. Celait Tor- 
dre d^alore. Quant au désordre d'aujourdMiui, non seu- 
lement les comptes rendus prouvent que depuis 1822 
la recette s'est constamn^ent accrue, en ramenant dans 
les caisses de l'Etat les sources de revenus qui a'éga- 
raient auparavant dans la poche de certains individus; 
mais les éiémens de prospérité sont tels, et vivifient si 



accusations de M. de Novosilzoff. 389 

bien dé)à toutes les brancbes, qu*on peut présager un 1828 
accroissement de bien-âtre incontestable pour tout le 
paySy tandis que le gouvernementi par suite de diverses 
opérations, arrivera à l'acquittement de sa dette, sans au- 
gmenter la cbarge des contribuables. Dans cette matière, 
il ne s'agit ni de pbrases ni de mots; les argumenWiobs, les 
insinuations , les incriminations n'ont rien à faire avec les 
chiffres. Qu'on véri6e les livres, qu^on ouvre les coffres, 
et les faits parleront d'eux-mêmes, £h bien! cVst jus- 
tement la facilite même d'une vérification de cette na- 
ture» qui a dft induire Son Altesse Impériale à ajouter 
foi à ce que lui disait M. le commissaire impérial. Com^ 
ment croire f en effets que tlvomme investi de la 
confiance du monarque^ et qui suit -pas à pas tour- 
tes les opérations du gouvernement, pourrait ne 
pas voir les dioses telles qu*elles sont? Comment 
soupçonner qu'il oserait donner à Taugusle frère de son 
maître ses cbimères pour des réalités? La bonne foi 
ne se méfie pas du mensonge^ quand il se présente 
avec taudace de la vérité» Au surplus, les actes de 
mon administration prouvent suffisamment, je crois, 
que le bien du service a plus de pouvoir sur moi que 
cet engouement épl^émère qu'on nomme opinion publique ; 
d'ailleurs y s'ils me cbaigent d'une responsabÛité quel- 
conque, je ne prétends nullement l'éviter , et j'en ac- 
cepte toutes les conséquences. Quant à mon opinion 
dans l'affaire de la haute cour, j'aurais cru trahir le 
monarque, si je n'avais obéi à ma conscience; et mes 
pièces sont là pour expliquer cette opinion. 

jid 2^. Son Altesse Impériale voit dans la nation 
polonaise une masse d'hommes inquiets, qui n'attendent 
qu'un moment favorable pour se déclarer ennemis de 
leur souverain. Lorsqu'il n'est parvenu à la connais- 
sance du gouvernement aucune action des sujets du 
royaume qui porte ce caractère criminel, comment ne 
reconnaflrais-je point le type originel de cette expres- 
sion de Son Altesse Impériale dans les paroles qu'a 
prononcées, en plein conseil , M. le commissaire impé- 
rial, quand il a déclaré que la révolte était un vice 
inné chez les Polonais, et que les fils l'héritaient naturelle- 
ment de leurs pères? Si j'examine maintenant ce qu'a 
fait le souverain pour exciter ses sujets à une si noire 
défection, je vois que sa première parole aux Polonais 
a été pour eux le gage de la conservation des insti- 



390 Explication du Pr. Luhecki sur tes 

1829 tut ions que l'empereur rAlexandrei de glorieuse mëmoire, 
avait magDanimeuieut accordées au courage malheureux. 
Pour oiieux conserver encore le souvenir «d'une si tou- 
chante génërosité , Votre IVt^jestë a voulu que la mou- 
naîe polonaise le perpétuât de règne en règne, .avec 
Teffigie du régénérateur du royaume. 

L'égarement de quelques individus n'a rien changé 
à ces dispositions paternelles, et ils ont été livrés au 
tribunal que la constitution leur assignait. Le jugement 
de ce tribunal est de nature à mécontenter Votre Ma- 
jesté; avant toutefois de prononcer, elle demande à son 
conseil, à quels motifs on peut attribuer cet arrêt dé- 
fectueux , dans une affaire qui avait menacé des. insti- 
tutions dont elle se déclare le gardien inviolable. Enfin» 
au mOieu même de tous les travaux d'une guerre pé- 
nible, une pensée bienveillante échappe à Votre Maje- 
sté pour ses sujets polonais. Elle veut qu'un monu- 
ment, élevé dans Varsovie, constate que l'afi&ont reçu 
sous les murs de Varna par un roi de Pologne vient 
d'être lavé dans le sang ottoman par un de ses succes- 
seurs *), Voil^ , Sire , sous quels auspices les Polonais 
connaissent, jusqu'à ce moment, leur monarque. De 
qui pouraient-ils espérer plus de bienfaits? Se montrer 
rebelle à un tel maître serait le comble de l'ingratitude, 
comme ce serait le comble de la déraison , si l'on con» 
sidère la question sous le rapport des intérêts person- 
nels et politiques. • • 

Dans cette matière, comme dans celle des finances, 
M. le commissaire impérial cherche donc à accréditer 
des erreurs; et à cet égard, le passé m'est un gage cer- 
tain du présent, puisque fy ai toujours vu M. le com- 
missaire impérial marcher dans les mêmes voies d'in- 
quiétudes et de soupçons. Citons-en quelques exemples : 

En 1821, au moment où les paroles sévères de la 
décision du 25 mai retentissaient encore, et lorsque le 
trésor vide, les dépots dépensés, la solde arriérée, in- 
diquaient assez les plaies véritables, ceux qui les signa- 



') Le prince Lubecki lait ici allii«loo à quelques pièces de 
canon prises par les Turcs sur les Polonais en 1444, lorsque le 
roi de Pologne et de Hongrie, Ladislas Jagellon» périt à la ba- 
taille de Varan. Les Russes reprirent ces canons en 18S8. L'em- 
pereur Nicolas, ordonna d'en foire un monument à Tarseual de 
Varsovie. 



<iecusaiion8 de M. de Noçosiizoff, 39I 

laicat liaient appel^a alarmistes, et l'anticipatioii qui 1828 
sauva les fioances était représeutëe comme propre à 
compromettre le gouvernement* Qui donnait ainsi de 
fausses notions au souverain? M. le commissaire im^ 
périal* 

En 1822| je portai à la sanction suprême un bud- 
get oii les recettes surpassaient les dépenses, ainsi qu'un 
projet pour augmenter les ressources du trésor. Le 
monarque avait été prévenu que ce budget n'avait point 
atteint un degré de maturité qui pût en garantir les 
résultats^ et que le projet proposé n'était bon qu'à créer 
des ennemis au gouvernement. Qui avait, contre Tévi* 
dence., avancé des assertions dont les décisions souve- 
raines prouvèrent l'erreur? M. le commissaire im^ 
périaL , 

En 1823 , le conseil administratif *) avait déjà tracé 
une demande, pour supplier le souverain d^annuler 
la> constitution 9 dont on. ne savait comment dévelop- 
per .l'art. 146 **). Qui avait découvert ce moyen inouï 
de lever une difficulté imaginaire? AL le commissaire 
impérial. 

Dans les années suivantes, le système de crédit , l'éta-^, 
blissement de la consommation furent vivement contestés» 
Par qui? Par M. le commissaire impérial* 

Enfin, dans l'affaire de la haute cour, je ne relève- 
rai pas de nouveau tout ce que M. le commissaire im- 
périal a. avancé, parce que je crois les écrits que j'ai 
déposés au conseil pour être transmis à Votre Majesté 
suffisans pour contre<*balaDcer les suggestions et les in- 
criminations qui naissent constamment des opinions de 
M* le commissaire impérial. Sans doute il pourrait être 
d'un grand intérêt de rechercher les mptijs qui exci^ 
tent ainsi M. le commissaire impérial è semer sans cesse 
des germes de mésintelligence entre le monarque et 



*) Le conseil admiolstràtif était le gonverhemeat exëcntif, corn- 
pasé <)'employés amovibles, nomoiés par l'Empereur et payés par 
le tréftor. 

^) Voici le texte de l'article 146. ,,11 y anra des magiatrata- 
rea civiles et des magistratures de police dans chaque commune et 
dans chaque ville pour juger les causes dont la valeur ne dépasse 
point 500 florins." Le prince Lubeckî pouvait je récrier ici con- 
tre l'idée d'abolir la Constitution, parce que quelques difficultés 
de forme s'opposaient à la mise en pratique d'un article aussi in- 
aigoifiaot. 



392 Dépêche du Pr. de Lieven sur les 

lflS9 ses enfans ; on pourrait croire qu'il faut des iotévéts bien 
puissatis ou uu ayeuglement bien profond pour se com- 
plaire à dëmentir le langage paternel du premier y et à 
incriminer jusqu^aux pensées des ' seconds. Quant à 
moii je ne me charge pas de signaler ces motifs^ je me 
contente d'exposer les faits. 

Maintenant, Sire, je dois le dire à Votre Majesté, 
j'aurais peut-être encore 'garde le silence ^ comme |e 
l'avais fait jusqu^à ce jour , s'il ne 8*ëtait agi que des 
erreurs de M. le commissaire impérial, parce qu'un sé- 
rieux examen en aurait défendu le trâne, comme il 
l'ayait déjà fait tant de fois. Mais, quand je Tois que 
ces erreurs ont pu un instant surprendre la loyauté 
de Son Altesse Impériale, mon devoir est de parler; 
l'organe du prince {luguste, qui professe le 'plus ardent 
amour pour la vérité jeterait un trop grand poids dans 
la balance ; et j'entrevois trop alors » dans quelle fune» 
ste Aituation se trouverait placé le monarque, entre le 
penchant d'une confiance naturelle pour son peuple, et 
les accusations d'une bouche auguste et chère. Mai 
une fois que les faits sont connus, une fois que la ten- 
dance erïonée de M. le commissaire impérial est dé- 
voilée , ses effets ne sont plus à craindre ; ils n'influe- 
ront pas plus sur les décisions du souverain que sur 
les sentimens de reconnaissance et de dévouement de 
son peuple j et une méfiance imméritée n'ouvrira pas la 
porte aux incitations d'une influence étrangère 



33- 

Dépêche du Prince de Lieveîij Mi- 
nistre plénipotentiaire de la Russie 
à Londres adressée au cabinet de 
St. Peters bourg , sur la situation des 
affaires intérieures de la Grande- 
Bretagne. En date du ^ Janvier. 

1829. 

(Portfolio T. I. Nro. 5. 1836). 

Pour compléter les informalions que j'ai l'honneur 
de transmettre aujourd'hui au ministère iu^érial , je crois 



'affaires intérieures de f Angleterre. 393. 

de mou devoir de lui tracer en peu de niote le tableau 1829 
de la situation des affaires intérieures du pays^ au mo- 
ment de la convocation du Parlement. 

Le duc de Wellington a employé Fintervalle qui 
vient de s'ëcouler entre la dernière session et ceH» 
qui se prépare à grossir de tout son pouvoir le nom- 
bre de ses adbérens; et, dans cet intérêt vital ^ il a em- 
ployé pliis de soins et d^adresse que tous ses prédéces- 
seurs. Ne pouvant se dissimuler l'insuEEsance de ses 
taleoe d'homme d'Etat et d'orateur^ pour entratner dans 
la sphère de ses opinions la majorité des Chambres , il- 
a voulu se ménager du moins le nombre des votane* 
par des moyens plus stmpleâ» et qui dans ce pays 
n'ont pas moins d'efficacité que dans tout autre. En • 
effet, il prévoit qu'il lui sera impossible de laisser pas- 
ser la session prochaine sans aborder la discussion des 
questions d'Etat les plus importantes. Ces questions 
aivaient été afournées dan^ les deux sessions précéden- 
tes 9 par suite des révolulions ministérielles qui avaient 
désorganisé les partis. Mais aujourd'hui les choses et 
les hommes ont repris leur équilibre* Tandis que le 
Duc cherchait à fortifier le parti du. gouvernement, le 
temps n'a point été perdu par ses adversaires^, et s'il 
a acquis la supériorité de nombre, celle de talens est- 
évidemment contre lui. 

La question catholique est sans contredit celle qui 
lui présentera les plus graves difficultés, quel que soit 
le parti qu'il embrasse. On sVst occupé long-temps a 
déc^vrir quel plan il s'était tracé d'avance sur cet 
important objet. Mais quoiqu'il ait fait tous ses efforts 
pour dissimuler à . cet égard ses intentions , il reste 
avéré qu'il n'a formé aucun plan quelconque, sinon ce- 
loi d'attendre, pour adopter enfin Topiniou qui paraî- 
tra devoir l'emporter. Cette conduite indiquerait sans 
doute peu d'énergie. Mais le cours de son administra- 
tion prouve qu'en effet il a* toujours hésité à se pro- 
noncer d'une manière positive, et que, quand les cir- 
constances l'ont forcé à prendre une résolution, il ne 
s'est jamais arrêté qu'à des demi-mesures. 

La marche qu'il a suivie dans les événemens du 
Portugal lui occasionnera probablement des discussions 
très épineuses. Les rapports qui unissent ce pays ^' 
l'Angleterre sont trop intimes, pour que sts affaires ne 
soient pas d'utf intérêt, pour ainsi dire, national, et la 



394 Dépêche du Pr. de Liei^en sur les eic* 

\9tè politique incertaine et timide que le Duc a adopta dans 
cette question, sera difficile à dëfendre. 

Quant à notre guerre dans POrient, quelles que soient 
à cet ëgard les prëventions du pubKc en général , elle 
ne manquerait pas néanmoins de* défenseurs parmi lee 
membres les plus distingués des deux Chantbres. La 
position favorable, dans laquelle notre Cabinet Tient de 
se placer à l'égard de PAngleterre leur ofi&irait même, 
s'il le fallait, des armés puissantes pour * combattre le 
gouvernement, et il leur serait facile de prouver toute 
Fimpditique des encouragemens donnés aux journafiçtes, 
pour aveugler la nation sur la véritable position respec- 
tive des deux puissances beUigérantes* 

Une circonstance très favorable au Duc, c'est l'amé- 
lioration qui s^si introduite , dans la prospérité oatio* 
nale, d'où résulté un excédant de revenu de plus d*ttn 
millita et demi sterling^ sur celui dé Tannée dernière* 
Cet excédent provient, en partie, des réductions qui 
ont eu lieu dans le service; e» partie, de Taccroissement 
considérable qu'a subi le produit dee douanes et de 
l'accise; or c'est 'seulement de la première de ces cau- 
ses que le Duc pourrait s'attribuer le mérite, quant à la 
aeconde, Thonneur en appartient aux mesures d'écono- 
mie politique adoptées pas le dernier ministère. Mais 
comme la nation en général est peu susceptible d'entrer 
dans cette distinction , et que la question financière est 
pour elle la question vitale, le Duc» selon toute appa- 
* rence , recueillera le mérite aussi bien que le finiit de 
l'ouvrage de ses prédécesseurs,' et cette circonstance 
avantageuse disposera probablement la majorité du pu-> 
bltc en faveur de «on administration. 

En somme donb , M. le Comte , quoique le duc de 
Wellington n'ait point précisémelit de craintes Wrielisee 
à former de la stabilité de son existence ministérielle^ 
cependant sa position est* assez hérissée d'obstacles pour 
qu'ilévîte de les compliquer! grahiitement-^ et |'oae croire 
qu'il sera plutât porté à concilier qu'à aigrir les esprits, 
à calmer qu^à soulever les orages. 

J'ai l'honneur -d'être, etc. 



395 



34/ 

Note du Comte d'Aherdeen adressée 
au Marquis de Barbacena. 

(Traduit de TaDglais), 

Lonâr98^ Bureau des affairûs étrangères , 4 féprier 18S9. 

Le soussignëy etc.» croit inutile de rëpëter ici les 
explications qu'il a eu déjà l'honiieur d'adresser au mar- 
quis de Barbacena, en réponse aux argumens dont 8on\ 
Excellence s'était Servie pour établir le droit de Sa 
Majeslë Très Fidèle à recevoir du Roi mon maître, en 
vertu des traités existant entre la Grande-Bretagne et 
le Portugal, les secours nécessaires pour la conquête de 
son Royaume; car, quoique les argumens dont il s'a* 
gît soient présentés de nouveau par le marquis de Bar-i 
baçena dans sa note du 27 janvier dernier, que le sous» 
signé a eu Flionneur de recevoir, comme on ne s'est 
pas dé)à, antérieurement, trouvé d'accord sur leur va- 
leur, le soussigné se contente, dette fois, d'abandonner 
ce sujet de discussion à la m&re réflexion du marquis 
de Barbacena lui-même. 

On peut soutenir que les stipulations des traités 
existant entre les deux couronnes ne donnent point 
droit aux secours en question» On peut soutenir, nvet 
une égale justice, que la conduite de Tinfant don Mi- 
guel, depuis son retour à Lisbonne, ne fournit point 
de motifs suffisans pour imposer à la Grande-Bretagne 
l'obligation d'accorder au marquis de Barbacena Vob^t 
de sa demande. 

Si l'objet de la note du marquis de Barbacena eût 
iié de dépeindre cette conduite et de provoquer contre 
elle le ressentiment de S. M., la tâche, quoique peut- 
être superflue, n'aurait pas été au moins difficile; car 
en fait, S. M. a dé)a témoigné sous ce rapport tout 
son déplaisir de la manière la plus solennelle et la< 
moins équivoque, mais sans avoir recours à l'extrémité 
d'une déclaration de guerre. 8. M. a jugé la conduite 
de llnfant absolument de la même manière que l'em- 
pereur don Pedro lui-même, qui cependant n'a pas fait 
cesser les relations commerciales entre les sujets du 



396 JSfote du Comte d* jlberdeen 

1829 Brésil et du Portugal, quoiqu'il ait Interrompu ses re- 
lalîoDS diplomatiques avec le gouvernement portugais. 

La question y pour le gouvernement de Sa Majesté, 
n'est pas le degré de réprobation que peuvent méri- 
ter les mesures adoptées par don Miguel, mais tex^ 
amen de la vérité de F assertion y que Sa Majsté 
ait donné quelque garantie contre finconduite de 
r Infant. La négative y quant à ce dernier objet, est 
évidente aux yeux du soussigné, et l'absence d'une pa- 
reille garantie contient déjà une réponse suffisante aux 
représentations du marquis d« Barbacena. 

:Le marquis de Barbacena» entrevoyant sans doute 
qncf ni les stipulation^ . des traités existans , ni la cou» 
ddite d'an prince mal dirigé, ne lui fournissent point 
de bonnes raisons pour demander à Sa Majesté les se- 
cours de la nature de ceux auxquels il se réfère, pro- 
pose à présent que Sa Majesté ' fasse tin nouveau traité 
avec l'empereur du Brésil, dans le but spécial d'opérer 
la conquête du Portugal. Les serviteurs de Sa Majesté 
ne peuvent en aucune manière lui conseiller d'adopter 
cette proposition. Une telle mesure , qui n'est pas 
sanctionnée par les traités existans, serait, dans les 
circonstances actuelles, aussi imprudent qu'injustifiable. 
U est clair aux yeux do soussigné, qu'un traité avec 
le Brésil, tel que le propose le mar^is^ de Barbacena, 
jetterait, dans le fait, tout le fardeau de la conquête à 
effec^ie'r sur le Roi, son maître, tandis que l'empereur 
du Brésil serait nominalement partie principale dans 
cette guerre. Lés serviteurs do' Sa Majesté ne peuvent 
aussi né pas prévoir que leur acquiescement aux propo- 
sitions du marquis entraînerait, selon toute probabilité, 
plfis tdt ou «plus tard , l'Europe entière dans la lutte, 
malheur le plus grand qu'ils puissent se figurer^ et qu'- 
ils «oot' décidés à conjurer. par tous les moyens en leur 
pouvoir. 

La prospérité du Portugal et de la maison de Bra- 
ganza étant des objets que Sa Majesté à constamment 
fort à coeur, on n'a pas perdu de temps,- depuis le 
désappointement qu'éprouvaient les espérances de Sa 
Màfesté , par suite de la conduite de don Miguel , pour 
envoyer un ambassadeur a la cour de Rio-Janeiro, avec 
des instructions que les circonstances ]|>arais8aient exi- 
ger, et qui pouvaient devenir efficaces pour opérer une 
réconciliation entre l'empereur don Pedro et son frère. 



adressée au Marq. de Barbacena. 397 

Le soussigoë croit inutile d'examiner ici les motifs 1839 
qui ont porté Sa Majestë impériale à clësirer que le 
siëge des négociations fAt transporté de Rio>Janeîro à 
Londres ; mais le soussigné vient d'apprendre avec un 
plaisir sincère , que le marquis de Barbacena se troMve 
investi de pleins pouvoirs et d'instructions suffisantes, 
pour mener les points en litige à une prompte fin. 

Les obstacles que la conduite de Finfant don Mi- 
guel a opposés à la complète réalisation des meflfui*es 
que l'empereur don Pedro avait réglées par rapport a 
la souveraineté future en Portugal , ne sont pas assez 
grands dans Topinion du gouvernement de Sa Majesté, 
pour exclure la possibilité du succès d'une négociation 
amicale. Des propositions modifiées par la force des 
circonstances , mais basées sur des principes de récon- 
ciliation et de paix, seront toujours ce que Sa Majesté 
approuvera le plus vivement dans chaque efiPort tenlé 
pour terminer ces malheureux dissentimens. 

Le soussigné est préparé et se trouvera empressé de 
conférer avec le marquis de Barbacena, sur ces impor- 
tans intérêts dont son Excellence est chargée, et de co* 
opérer avec elle à un arrangement qui rétablirait la 
tranquillité et le bonheur en Portugal^ et repon- 
drait, autant que possible, à la juste attente de l'Em- 
pereur, son mettre. 

Le soussigné, etc. 

. Aberdeev. 



Dépêche réservée de M. de Tatistcheffj 
transmise au cabinet de St. Peters- 
bourg. En date de Vienne, le 5 /e- 

vrier 1829. 

Ajant fait connaître au général Pozzo di Borgo la 
dénégation formelle que le Prince de Metteruich a op- 
posée à l'interpellation que j'avais été chargé de lui 
adresser, relativement au projet d'une intervention en* 
tre la Turquie et nous, j^ai reçu de notre ambassadeur 
à Paris, par un courier français, des notions si détail* 
\ée% et si positives sur la manière dont ce projet a été 



398 Dépécke de M. de Taiistcheff 

communique au gouverneuient français, que faurais pu 
en démontrer Pexistence au prince de Metternich lui» 
même 8i| conformément à la dëpéche rëservtfe de Votre 
Excellence, du 14 janYier dernier , je n'arais cru plus 
opportun de ne pas prolonger nos discussions sur un 
fait qui appartient désormais au domaine de l'histoire; 
cependant j'ai été bien ake de pouvoir lire au chance- 
lier la réponse que le comte d'Alopeus m'a fait à ce 
sujet, et qu'il m'avait envoyée par la poste. 

Il y remarqué que les ouvertures verbales faites 
par le comte de Trautmansdorff, et mal interprëiëes, 
%. ce qui paraîtrait , à Berlin , avaient , d'après des no^ 
tions très précises, .ëtë renouvelées à Paris et k Lon- 
dres* En retour, le chancelier m'a communique une 
lettre qu'il a reçue, à ce sujet, du comte Bernstorff, 
par suite de l'interpellation qu'il lui avait adressée dans 
le but de se justifier envers nous au moyen de sa ré- 
ponsé. Le ministre prussien y dit que, ne voulant 
pas revenir sur le passé, il ne parlerait pas des ouver- 
tures faites, au mois de septembre, à Berlin, d'autant 
plus qu'elles n'avaient pas étë« exclusivement adressées 
a 1& Prusse; qu'il certifiait que, depuis cette époque, 
aucune démarche du genre de celle dont nous nous 
plaignions, n'avait eu lieu è Berlin; mais qu'on y avait 
été instruit de celles qui avaient été faites plus tard à 
Londres et è Paris, et qu'en conséquence on iky était 
pas surpris du déplaisir qu'elles avaient causé à notre 
cabinet. 

Le chancelier me parut assez décontenancé de la 
teneur de ces éclairdssemens , et humilié du rdle qu'il 
avait joué dans cette intrigue manquée, quoiqu'il an- 
nonce toujours l'intention de rendre complète sa justi- 
fication envers nous. 

Cependant, pour ne pas diminuer les chances qui 
pourraient s'offrir à lui de se rapprocher de noua, et 
de répoudre par là aux magnanimes intentions de no- 
tre auguste maître ; je n'ai pas fait confidence à mes col- 
lègues du résultat de nos explications, et je n'ai pas 
contredit lord Cowley lorsque , ces jours-ci , il m'a an- 
noncé que lord Aberdeen lui avait écrit une dépêche 
pour lui parler des intentions qu'on avait prêtées à 
rAutriche comme dénuées de tout fondement. 

Le prince de Metternich, après ni'avoir communi- 
qué le rapport de Tinternonce apporté par le courrier 



à f^ienne transmise à St. Peiershourg. 399 

français arrifë aujoard'hui, et qui ne contient que la 18SB 
confirmatioii • des dépêches de M. de Zuylen , a touIu 
m'insinuer que la repense de la Porte n'éloignait pas 
toute possibilité d'entente avec elle et les deux puissan- 
ces; je lui répondis que dans mon opinion, c'était plus 
à Londres que l'un devait, àfin% les circonstances ac- 
tuelles, s^occuper des affaires de la Grèce. Oui, me 
dit-il, c'est à un parfait accDrd entre les puissances qu'il ' 
faut s'efforcer d'arriver avant tout, pouvu qu'on ne 
veuille pas étendre les limites de la Grèce outre mesure, 
car la Porte n'7 consentirait jamais ; et ce que j'ai dit 
n'est* point dicté par notre intérêt particulier, car il . 
nous est indifférent que la Grèce finisse à l'isthme de 
Corintbe, au^deÛ de l'Attique, ou même aux golfes de 
Volo et d'Arta. — Ne pourrait-on pas, lui répondis-je, 
se passer du consentement de la Porte, au moyen d'une 
simple déclaration des puissances sur les bases qu'elles 
donneraient à la Grèce, et qui seraient suffisantes pour 
en assurer l'existence. 

Le chancelier répliqua qu'un tel mode de procéder 
pourrait allumer une guerre générale; la France, pous- 
sée par le parti révolutionnaire, pourrait prendre les 
armes pour douner à la Grèce une extension de terri- 
toire à laquelle l'Angleterre n'acquiescerait pas; mais, 
ajouta-t-il, même dans le cas d'un pareil conflit, l'Au- 
triche ne prendrait aucune part \ la lutte ; elle resterait 
neutre dans tout état de cause. Je vous le répète, me 
dit-il, je n'admets pas la possibilité d'une guerre entre 
la Russie et nous. L'affaire orientale me paraît d'un, 
intérêt secondaire en comparaison des dangers dont 
Dous sommes menacés dans l'occident de l'Europe, et 
qui occuperont toute notre attention pendant que vous 
suivrez votre querelle avec les Turcs dans une seconde 
campagne, durant laquelle vous pouvez vous assurer * 
que nous resterons neutres et tranquilles spectateurs^ 
comme par le passé. 

J'ai l'honneur d'être, etc., etc. 



400 Lettre de t Empereur de Russie 

m» -— — ^ 

36. 

Lettre de VEmpereur de Russie à sa 
majesté l'Empereur d'Autriche, en 
date Saint " Fétersbourg , du iO Fé- 
vrier 1829. 

Monsieur mon Frère , 

Parmi les lettres que le comte de Fîcquelmont m'a 
remises de la part de Votre Ma^estë Impériale fe me 
trouve plus particulièrement appelé à répondre Îl celle 
oîi, dans les termes les plus confidentiels 9 elle ilki*a fait 
connaître ses intentions et êes voeux au sujet des gra- 
ves circonstances du moment. M. de Ficqnelmont j a 
ajoute do vive voix les développemens que l'importance 
des questions indiquées dans cette lettre pouvait rendre 
nécessaires. A ces explications Votre Majesté impériale 
a fait présider des sentimens d'amitié et de confiance 
pour lesquels je ne saurais assez la remercier* Ils com«> 
mandent la plus entière franchise de ma part* 

Personne plus que moi n'apprécie la gravité des cir- 
constances où nous nous trouvons: elles imposent^ à 
mes peuples, des charges directes, des sacrifices réels, et, 
comme Votre Majesté le dit avec tant de vérité, elles 
embrassent tout un avenir* Si, dans de telles conjonc- 
tures, le maintien de la paix générale a plus que ja- 
mais besoin d'une garantie, celle-ci ne peut se trouver 
que dans Tùnion des principales puissances de l'Europe. 
J'ai la conscience de n'avoir négligé aucun moyen de 
resserrer cette union au milieu même d'une guerre que 
je n'ai point provoquée. Les protestations que j'ai fait 
parvenir II Votre Majesté Impériale, au moment où 
cette guerre a éclaté, lui auront fourni la meilleure 
preuve que les obligations que m'imposent les mémora- 
bles transactions auxquelles le monde doit déjà quinie 
années de repos seront toujours sacrées à mes yeux. 
Toutefois je ne saurais dissimuler à Votre Majesté, que 
puisque la crise dont l'Orient est désolé se prolonge 
au-delà de mes voeux et des espérances que j'étais au- 
torisé K concevoir, ma bonne volonté et mon zèle potir 
des intérêts qui se rapportent à la politique générale 



à PEmpereur â^Autriche. 401 

pourraient souTent se trouver encbato^s. D faat donc 
avant tout qu'il aoît mis un terme à cette funeste coni- 
pUcation, mais il importe encore qaele d^ooùment soit 
digne de la Russie ^ et que surtout il l'entoure de cette 
considëratiop y de ce sentiment de sa force, qui dans 
les circoostaDces décisives' ont seuls pu rendre son appui 
moral utile à ^%^ alliés* Beaucoup dëpeodra sous ce 
rapport. du langage et de l'altitude de Votre Majesttf 
durant la campagne qui va s'ouvrir , et que l'obstina* 
tion de la Porte , dont elle a fourni tout récemment 
encore une nouvelle preuve^ rend malheureusement .iné- 
vitable. Cette attitude et ce langage seront , j'aime. à 
croire, conformes aux assurances dont le comte, de 
Ficquetmoni a éïé l'organe; dis lors ils serviront effi* 
eaoement la cause de la paix et du repos. A cet ^ard 
îe. paitage bien vivement les voeux de Votre Majesté. 
Je la plie d'en être persuadée , et de croire au^ sen« 
timens d'attacbement et de. haute considération avec les- 
qtieU je suis, 

Nicoi.is.. 



' I 1*1' 



• 37. 

Dépêche du Comte de Nesseli'ode à 
M. de Tatistcheff à Vienneé 

Datée de Saint - Pétersbourg ^' du 12 Février .IBt^. 

[\ Tti mis sous les yeux de PEmpereur les deux de- 
piécbes dans lesquelles.' Votre Excellence nous rend 
compte des explications que lui a données M. le prince 
de Metternich , relativement au projet de «mettre un 
terme à la guerre actuelle moyennant la médiation des 
principales puissances de l'Europe ; le comte de Ficquel- 
mont m'a répété ces mêmes explications , en me don* 
nant lecture d'une dépêche qui lui a été adressée a cet 
effet» Dans celte pièce, comme dans ses entretiens avec 
Votre Excellence, le chancelier de cour et d'Etat nie 
formellement l'existence d'un pareil projet et le frappe 
de la plus forte désapprobation. D suffît it l'Empereur 
que rÂutriche en reconnaisse l'inopportunité d^ùne ma- 
nière si authentique y qu'elle soit pénétrée de la con- 
viction que, dans auciine hypothèse, il ne saurait être 
admis par la R^ussie^ pour que Sa Majesté Impériale ne 

Nout^. Supplém, Tom. III, Ce 



402 Dépêche du Comte de Nessehrode 

IBS9 donne plus aucune suite à cet incidente D a fourni 
au cabinet autrichien l'occasion de manifester des in- 
tentions qui ont cause à notre anguste mettre une 
vive satisfaction , et dès lors Sa Majeslë ne saurait re« 
gratter d'ayoir fait relever une supposition que parta* 
geaient avec nous des cabinets auxquels l'Autriche avait 
adressa directement , au mois de novembre dernier^ 
certaines ouvertures relativement anx affaires de la Orèce^ 
comme le prouve jusqu'à l'évidence la nécessite où s'eot 
trouva lé prince de Metternich, d'après ce qu'il a confie 
lui-même à Votre Excellence, de rectifier à ce sujet les 
id^s du comte de Bernstorff, J'ai observa à M« de 
Ficqiielmont que ces ouvertures ajant M adressées par 
l'Autriche à deux des puissances contractantes an traité 
du 6 juillet I è l'exclusion de la troisième, et commua 
niqu^es à une cour qui n'a pris aucune part ii cette 
transaction , il ne fallait pas s'ëtooner qu'elles aient fait 
naftre chez nous, qui ne pouvions être que très incom- 
plètement informes de cette circonstance , des conjectu* 
res ^pënibleê pour l'Autriche. 

Vous vous borneriez, M* Tambassadeur , è repro- 
duire cette observation, s'il devait encore être question 
de ce fait entre vous et le prince de Metternich. Son 
désaveu a. rempli notre but, et il n'est pas «de Tipteo- 
tton' dé VEnipereur dé prolonger une discussion V'^i 
dès lore ne sauçait plus avoir .aucune utilité*. Sa Ma« 
jeslë xie veut se livrer qu'agx espërances auxquelles 
l'autorisent les assurances si amicales et si satisfaisan- 
tes que l'empereur d'Autriche lui a fait réitérer encore 
tout récemment par l'organe du comte Strogonoff*. ' ' 

Recevez, etc. 



Dépêche ultérieure du comte de Nés- 
selrode à M. de Tatistcheff. 

Bh date, de Saint-Pétersbourg^ du 24 Féi^rier 1829. 

M. le comte de Ficquelmont a précédé de quelques 
jours lé courrier que Votre ExceUence m'a expédié le 

1er février ^* *1^* ^** arrivé ici dsiis la journée du j^. 
Indépendamment de* sa lettre de ci^ance/ le général a 



à M. de Taiistcheff. 403 

é\é porteur d'une lettre coofidentielfe de son souverain |§H| 
à Sa Maiestë l'Empereur. Votre Excellence trouvera 
ci-prèe une copie de cette lettre, ainsi que la réponse 
que notre auguste maître vient d'y faire, et que vous 
voudrez bien remettre à Tempereur François dans ui)e 
audience que vous solliciterez à cet effet. Je crois de^ 
voir également joindre ici une copie de cette réponsii. 
Ces deux documens vous feront connaître, M. l'angi- 
bassadeur, la nature des assurances et des explications 
dont M. de Ficquelmont a éié charge. Il s'en est ac- 
quitté d'abord auprès de l'Empereur loi*roéme dans une 
audience que Sa Majesté a daigné lui accorder, et en- 
suite dans un long entretien que j'ai eu avec lui. Le 
l>ut de ces explications a été évidemment de justifier la 
conduite de l'Autriche depuis le commencement de |a 
guerre, d'effacer les impressions fâcheuses que son vent 
elle a pu produire, enfin de désavouer toute démarche 
tendante à faire adopter un plan d'intervention entre 
la Russie et la Porte. A cette occasion le cabinet au- 
trichien a reproduit tous les motifs d/alarmes que lui 
donnent la fermentation qui, d'après son opinion et les 
informations qu'il possède, règne dans plus d'un pays 
ainsi que les progrès qu'ont fait dans les derniers temps 
les tendances révolutionnaires, et il appelé l'attention 
de Sa Majesté sur un état de choses qui menace l'avet 
nir des plus grands dangers. Les appréhensions se 
trahissent surtout dans la lettre même - de l'empereur 
François. Notre, réponse a été facile. Nous sommes 
loin de méconnaître Inexistence du danger que nous 
signale l'Autriche. Les déclarations antérieures de Sa 
Majesté Impériale ont plus d'une fois développé sa penr 
sée à cet égard; ces mêmes déclarations ont dû offrir 
aussi les plus sûres garanties des principes sur lesquels 
elle réglerait sa politique , dans le cas où les appréhen- 
sions du cabinet autrichien viendraient à se réaliser, 
mais il est une vérité que nous n'avops pas cru devoir 
loi déguiser. Tant que durera la guerre de Turquie, 
et puisque , par des influences étrangères , que nous 
n'avons que trop souvent signalées, la résistance de la 
Porte prend un caractère d'opiniâtreté qui recule au- 
delà de nos voeux et de nos espérances le terme de 
cette crise , et commande même de notre part un re- 
doublement d'efforts et de nouveaux sacrifices, la Rus- 
sie sera forcée de vouer plus que jamais toute soii al- 

Cc 2 



404 Dépêches du Comte de Nesselrode 

1839 tendon à des intérêts qui touchent directement son hon- 
neur et au bien-être de ses sujets: dis lors les moyens 
qu'elle pourrait opposer au débordement de Pesprit ré- 
volutionnaire dans le reste de l'Europe se trouveront 
tiëcessaîrement paralysés* Aucune puissance ne devrait 
donc être plus intéressée que TAutriche Si la conclusion 
de Ta paix, mais d'une paix glorieuse pour l'Empereur 
et avantageuse pour son Empire. Car, si le traité au« 
qtfe! nous souscririons ne portait pas ce caractère, la 
considération et Pinfluence politique de la Russie en 
éprouverait une funeste atteinte : le prestige de sa force 
s'évanouirait y et l'appui moral qu'elle serait peut-être 
appelée à prêter dans de futurs contingens à des puis- 
sances amies ou alliées serait précaire et inefficace. Or, 
par une de ces contradictions dont on a de la peine 
Il rendre raison, l'attitude que TAutriche a cru devoir 
adopter depuis le commencemeut de la guerre, loin d'ab- 
réger, devait nécessairement encourager la résistance du 
Sultan; sa neutralité n'^ pas été toujours impartiale; 
ses voeux penchaient évidemment en faveur de la Tur- 
quie ; le langage de ses Feuilles publiques' dénigrait nos 
succès, et exagérait quelques revers insignifians que nous 
avions éprouvés. Ajoutez à ces moyens indirects em« 
ployés contre nous des armemens si inopportuns dans 
les circonstances où ils ont eu lieu, et l'on conçoit que 
la Porte se soit souvent livrée aux plus dangereuses 
illusions y et qu'elle ait entrevu dans les dispositions de 
PAiitHche les chances d'une puissante diversion. Comme 
l'Empereur le dit dan^ sa lettre à son auguste ami et 
allié, beaucoup dépendra de l'attitude et du langage de 
son cabinet durant la seconde campagne. S'ils conti- 
nuent à être les mêmes, nul doute qu'ils n'entratnent 
les mêmes conséquences, et l'Empereur, malgré lui, 
sera forcé de vouer exclusivement toute son attention 
et ses efforts à la poursuite d'une guerre qu'il a la 
conscience de n'avoir pas provoquée, mais que ses pre- 
miers devoirs l'obligent de terminer d'une manière ho- 
norable pour lui et avantageuse pour les intérêts de 
son Empire. 

Que l'Autriche renonce donc enfin à la politique 
déplorable qu'elle a suivie jusqu'ici; quelle fasse enten- 
dre }l la Porte les vérités que méritent son obstination 
et la mauvaise foi dont le gouvernement turc a fourni 
encore un si récent exemple; qu'elle appuie à Londres^ 



à M. de Taiistcheff. 405 

mais franchement et sana des restrictions qui rendent 1829 
cet apiiHii illusoire» des propositions dont elle ne sau* 
rail mëconnattre la modération et la nécessite, et alort 
elle aura la consolation de concourir au rétablissement 
de la paix en Orient, de s'assurer des tilres à la re« 
connaissance de l'Empereur, et de rétablir ainsi ses an- 
ciens rapports d^intimité et de confiance que Sa Ma- 
jesté «Impériale a si vivement à coetir d^entretenir avec 
elle. Notre auguste maître aime à considérer comme 
un premier pas vers un retour à des relations moins 
pénibles les réponses que Votre Excellence a obtenu à 
nos dernières ouvertures. L'appui que l'Autriche nous 
promet a Londres se trouve cependant accompagné de 
quelques restrictions que vous vous serez sans doute 
^orcé, M. Fambassadeur, de faire disparaître au d'af- 
faiblir dans vos entretiens subséquens avec le prince 
de Metternich. En effet, la manière dont il s'est pro- 
noncé sur lés limites futures de la Grèce ne saurait 
nous contenter; car elle a évidemment pour but de les 
borner à la Morée et aux Cyclades, et d'entretenir l'An- 
gleterre dans rintention qu'elle annonce à cet égard, 
par conséquent,, de contrarier nos efforts à Londres, 
au lieu de faciliter une négociation dont Pobjet princi* 
pal est précisément de faire sentir à nos alliés la né^- * 
cessité de donner au nouvelEtat des limites plus éten- 
dues. Notre opinion à ce sujet est renforcée par le 
travail de la Conférence à t'oros, que j'ai Fhonneur 
de transmettre ci-joint ^ V. Exe, et dans lequel elle 
puisera des .informations utiles et des argumens décisifs 
pour ramener le cabinet de Vienne à notre manière de 
voir. Elle ne négligera aucun moyen pour obtenir ce 
résultat et en y réussissant elle sera sûre d'acquérir de 
nouveaux titres à la bienveillance de l'Empereur. 

Des dépêches de Londres du ^ janvier nous an- 
noncent l'arrivée de M. le comte Matusze^ic dans celte 
capitale. Ses premières entrevues avec les ministres 
anglais, auxquels M. le prince de Lieven s'est empressé 
de le présenter, nous offrent déjà des présages favo- 
rables. Quoique l'ouverture des conférences formelles 
dût être ajournée jusqu'au retour du prince de Polignac, 
nous avons néanmoins obtenu l'assurance que le duc 
de Wellington , comme lord Aberdeen , nourrissent sin- 
cèrement le désir de terminer par un heureux et com- 
l>Let accord sur les affaires de la Grèce les îm|>ortantes 



406 Dépêche du Comte de Nesselrode 

1829 négociations dont le prince de Lieven et le comte Ma- 
tuszewic sont charges* Le langage des ministres an« 
glais nous a fourni de plus la certitude que l'Angleterre 
n*a pas conçu et n'admettra pas Tidëe d'intervenir dans 
nos différends particuliers avec la Turquie, soit isolé- 
ment i soit avec d'autres puissances; que les ambassa- 
deurs de rAngleteije et de France ne retourneront à 
Constantinople qu'à la suite d'une décision prise eif con- 
férence; que dans tous les cas, et quand même les 
deux puissances se décideraient à les renvoyer avant 
qu'il eût été possible de concerter pour eux des in- 
stntctions communes ^ ce serait avec l'ebgagement solen- 
nel que les affaires de la Grèce ne seraient pas enta- 
mées dans la capitale de l'empire ottoman i sans que les 
bases définitives de la négociation n'eussent été arrêtées 
avee la Russie, ou que celle-ci ne se trouvât en mesure 
de prendre à celte négociation une part .directe; enfin 
que, nos propositions du 22 décembre ont produit un 
effet salutaire^ et que celles qui se rapportent plus par- 
ticulièrement Il l'avenir de la Grèce seront prises en 
mûre considération. 

Lf présente dépêche , ainsi que Votre Excellence 
y, s'en convaincra aisément, n'est pas de nature à être mise 
in extenso sous les yeux du ministère autrichien, et 
elle est d'autant moins destinée à cet usage qu'il n'en- 
tre pas dans les intentions de notre auguste mattre de 
prolonger un état de scission dont Sa Majesté n'a été 
que trop péniblement affectée, et que TAutriche elle- 
même témoigne lé désir de voir enfin cesser. Mais Vo* 
tre Excellence pourra puiser dans cette dépêche les ar- 
gumens qu'elle jugera les plus propres à faire une im- 
pressiun salutaire sur l'esprit de l'empereur d'Autriche 
ou de son ministère, et eUe s'en servira utilement pour 
développer la pensée de notre auguste mattre exprimée 
.dans la lettre à S. M. I. et R. Ap. 

Au reste, nous fe répétons avec une vive satisfaction^ 
l'Empereur se félicité sincèrement de voir approcher le 
terme de ces fâcheuses complications. La mission de 
M. le comte de Ficquelmont lui en offre un heureux 
présage. L'accueil qu'il a trouvé ici et la franchise qui 
a pr^idé à toutes nos explications avec lui prouveront 
à la cour d'Autriche combien Sa Majesté apprécie les 
motifs qui ont dicté Tenvoi de ce général, et combien 



à de M. Taiistcheff. 4ffj 

elle dëairo elle • même venir au - devant des voeux dont 1829 
ileelPorgaue. 

Reeevez, etc. 



39. 

Dépêche du Comte de Nesselrode 
adf^essée au Grand-Duc Constantin à 
Varsoviej en date de. St. Petersbourg, 

le 24 Février 1829. 

Monteigneur, 

L'amvëe du Comte de Fiquelmont, qui eajt veou 
remplacer auprès de Sa Maj. l'Empereur , S. A» 8, le 
Prince de Hesse-Hombourg, a eu surtout poui^ objet 
de fournir des explications snr la conduite politique 
que l'Autriche a tenue dans les derniers temps, et de 
manifester au nom de cette Puissance le désir de ré- 
tablir te» anciens rapports d'intimité avec la cour de 
Russie. Je ne saurais mieux faire connaitre \ Votre 
Altesse Impériale la nature de ces explications et l'ac- 
ceuil qu'elles ont trouvé ici qu'en Lui soumettant copie 
de la lettre que le Comte de Fiquelmont a remise de 
la part de son Souverain à Sa Maj» PEmpereur , de la 
réponse que Sa Maj* vient d'y faire^ enfin d'une dé- 
p^he confidentielle adressée à cette occasion à M. de 
Tatistcheff à Vienne. 

L'Empereur ne pouvait qu'apprécier la démarche à 
laquelle le cabinet de Vienne a cru devoir se poiter. 
Sa Majesté s'est empressé d'aller au-devant de $e% voeux 
de rendre aux relations entre les deux cours ce ca*- 
ractère d'intimité qu'elles avaient autrefois. Mais elle 
n'a pas cm devoir lui laisser ignprer les conditions 
auxquelles seules cette intimité peut renaître et les ser- 
vices que la Russie attend de la part de l'Autriche, non 
dans son intérêt particulier, mais dans celui de l'Eu- 
rope entière. 

Telle est, Monseigneur, en peu de mots, la sub- 
staoce des pièces que j'ai l'honneur de mettre soiu les 
yeux de Votre Altesse Impériale. J'ose me référer au 
contenu de la dépêche de M. de Tatistcheff pour les 
nouvelles qui nous sont parvenues de Londres depuis 



l 



40g Dépêche du' Comte de Nesselrode 

1829 rarriTée du Oomte de Matuszewic dans cette capi- 
tale. Aux premiers résultats que cette dëpéche an- 
nonce, et qui sont d'un heureux présage pour les né- 
gociations relati'ves au sort futur de la Grèce, est Tenu 
se joindre le discours d'ouTerture du Parlement. Ce 
document, si on le compare à celui de l'année passée, 
parait être aussi satisfaisant que nous aurions pu nous 
y attendre dans les circonstances actuelles. Les ques- 
tions relatives à l'état de l'Irlande et à l'émancipation 
des Catholiques semblent devoir exclusivement occuper 
dans ce moment la sollicitude du gouyemement britan- 
nique, et par conséquent ne pas lui laisser les moyens 
de nous créer des entraves pendant notre prochaine 
campagne en Turquie. D'autre part, les dispositions 

iue la cour de Vienne nous a annoncées par le comte 
e Fiquelmont, son désir évident de se rapprocher de 
nous, et les déclarations qu'elle nous a données tout 
récemment encore, ainsi que Yotre Altesse Impériale 
daignera s'en convaincre par la dépêche ci-fointe en 
copie que je viens de recevoir de M. de Tatistcheff, 
paraissent de nature à nous rassurer entièrement de ce 
cdté, de sorte que tout nous autorise à espérer que 
dans nos relations politiques avec les autres Puissances 
de TEurope, il n'y aura rien qui puisse empêcher l'Em- 
pereur de poursuivre les opérations d'une seconde cam- 
pagne contre les Turcs, avec toute la vigueur néces- 
saire pour amener la paix, et que les appréhensions 
que nous ne pouvions pas nous dissimuler a cet égard, 
lors de la clôture de la dernière campagne, se trou- 
vent prSsque entièrement dissipées. 

Votre Altesse Impériale daignera remarquer, dans 
la dépêche de M. de Tatistcheff, les explications qu'il 
a eues avec le Prince de Metternich relativement au 
projet d'intervention européenne que la cour d'Autriche 
a mis en avant en. dernier lieu, projet que cette même 
cour frappe aujourd'lmi d'un désaveu formel. L'Em- 
pereur a parfaitement approuvé son ambassadeur de ne 
pas pousser plus loin cette fâcheuse discussion. La dé- 
pêche ci "jointe que je venais d'adresser à M. de Ta- 
tistcheff, lorsque, sa dernière expédition nous est par- 
venue, l'autorisait déjà à ne plus donner suite k cette 
affiôre, par la raison snr-tout que Sa Maj. Imp. désire 
elle-même éviter tout ce qui pourrait envenimer davan- 
tage ^$ rapports avec une Puissance qui semble enfin 



au Granddtic Constantin. 409 

reconnaître lee torts qo-ette s'est si gratiMtement donnes 16M 
envers nous. 

Il me reste ati)0urd%ui à porter à la connaissance « 
dé Votre Altesse Itnpëriale la proclamation turque ci- 
jointe qui 9L été interceptée par nos autorités militaires 
en Géorgie. Le Sultan dans cette pièce ne vise à rien 
iMoins qu'à soulever tous les sujets mahométans dé TEm- 
pire, et il appelle nommément à la révolte les habitana 
du Daghestan et les peuples montagnards des environs. 
Les cours alliées ont reçu communication de ce docu- 
ment remarquable 9 dont la teneur et la tendance ont 
causé de viCs regrets à l'Empereur; car il voit avec 
peine que par Topinâtreté et Taveugle fanatisme de la 
Forte^ la guerre actuelle semble devoir prCndre un ca- 
ractère qui est étranger aux intentions de Sa Majesté, 
et qui ne fait que reculer encore T^^oque de la paci- 
fication de POrient. ^ 

Je suis avec un profond respect , 'Monseigneur^ de 
Votre Altesse Impériale i le très-humble ^ très-dévoué et 
tiès-obeissant Serviteury 

NsssiLHOrà. 



40^ 

Rapport adressé à ^Empereur Nico-* 

las par le général Krasinshi sur une 

audience auprès de l'Empereur 

d* Autriche. 

Première audience auprès de tempereur François, 

le 3 juin iS29* 

Sa Majesté l'Empereur et Roi de Pologne m'a or- 
donné, Sire, de vous assurer de sa constante amitié, 
de vous remercier pour l'envoi du prince de Hesse à 
son couronnement, et surtout de ce choisc; car il ré- 
garde le prince comme son ami, et il sait l'apprécier et 
l'estimer. 

« Je l'ai choisi parce que j^ai été sûr que cela plairait 
h l'Empereur. Comment avez vous laissé Sa Majesté? 
se porte-t-elle bien? 

Elle se porte tris bien; je l'ai laissée donnant des 



410 ' RapporU.da Général Mrasinsti 

18ilMtft»|.et en recevant, , çnloi^c^e de reothoûsiasme deè 
PoloDais. 

Comment sW pasM le cotironnemept? 

Le plus beau temps nous « favorites^ tous les coeurs 
ont Yol^ vers leur Souveraîb, on croyait voir un ange 
descendu du ciel pour prier l'Eternel, pour son peuple. 

Tai lu le programme, cela devait être long, et Plm- 
pératrice a dû être fatiguée. On dit que sa santé est 
chancelante? 

Son courage est plus grand que ses forces, et on a 
▼u avec ivresse qu'elle partageait le» sentimens dé son 
royal époux. L'Empereur joint à tons les dons de la 
nature quelque chose d'élevé et de grand: c*est le type 
d'un roi chevalier, qui a ajouté quelque chose d'idéal 
des anciens temps 2k la majesté de la pourpre. L'im- 
pératrice joint a une figure angélique des grâces qui 
maîtriseï^ tous les coeurs, et Sa Majesté peut être sûre 
qu'il n'y a personne même d'étrangers qui pourrait 
oublier ce jour. 

Cela me fait grand plaisir. . 

Auésiy Sire, personne ne vous est plus attaché, et 
personne n'admire plus vos vertus* 

U m'a écrit que cette amitié est un héritage que lui 
a laissé son frère, et vous savez, combien l'empereur 
Alexandre et moi nous nous aimions. 

Il n^ a que la réunion de Vos Majestés qui peut 
sauver le monde de ce souffle de vertige qui s'est ré- 
pandu sur le midi de TEurope. 

Aussi PEmpereur peut compter sur moi. La paix 
est nécessaire, il est temps de se reposer. La guerre 
de la Turquie doit lui donner des soucis, je crois qu'il 
est sur ce point de mon avis, cVst un mauvais climat, 
je l'ai payé de mon corps, car j'ai fait cette guerre. 

Bien souvept les Souverains sont forcés de faire la 
guerre contre leur gré, et peut-être TEmpereur» en la 
faisant, couvre l'Europe de son égide pour l'avenir; 
car j'ai vu des prisonniers turcs que Sa Majesté a en- 
voyés au grand-duc, de Varna, qui, soldats depuis six 
semaines, étaient plus formés que les nôtres dans une 
année, et Sa Majesté connaît l'aptitude de ses sujets 
Polonais à la guerre. Ajoutez- y, Sire, une conception 
facile, l'exaltation et le fanatisme de cette réunion de 
peuples dont l'ftme est ardente comme leur soleil, et U 



à FienM à VEmp. Nicolas. 4}l 

senit diffiefle de prévoir les coas^quences de leur or* 18B9 
ganisatîon militaire. 

Cela m'y fera penser i car le Sultan a bien de Të* 
nergte. 

J*ai oablitf de voua dire que le roi de Prusse est 
malade y cela contrariera l'Empereur , qui ira peut-être 
y Berlin. 

Quelles campagnes ayez vous faites? 

Celles de Prusse, d'Espagne» de Portugal et de Russie. 

Etiez-vous ici avec NapoMon en Tannëe 1809? 

Je voudrais Toublieri Siroi en approchant Votre 
Majesté. 

Qu'est-ce que cela fait; vous avez fait votre devoir, 
moi )'ai fait le mien. Je vous comiais depuis long- 
temps , et je suu bien aise que TEmpereiur vois ait 
choisi pour vous envoyer chez moi* Quand avez vous 
quitte * Napoléon ? 

Après son abdication. 
' Vous êtes de braves gens) vous servirez le nouveau 
Souverain avec la même ûàétiïé avec laquelle vous avez 
servi Tancien. 

Le zeste de cette audience de près d'une heure n'a 
M rempli que de questions sur la manière d'être et 
sur les guerres de Napolëon. 

Signe 9 le gënëral comte Khasivski. 



41. 

Rapport adressé à ^Empereur Nico- 
las par le général Krasinski, sur ses 
entrevues avec le prince de Metter- 
nichy les 4 et 6 Juin 1829- 

Reçu par le prince de Mettemich, une très ancienne 
connaissance avec laquelle fai été lie dans ma jeunesse, 
je crois de mon devoir de faire mon rapport à Votre 
Majesté Impériale sur cette conversation , en ce qu'elfe 
peut toucher les affaires du temps. 

Le 4 juin y m'ayant fait entrer avant dîner dans ses 
appartemens intérieurs» et après m'avoir parlé du cou- 
ronnement de Votre Majesté et de l'effet que devait 
produire cette auguste cérémonici fl m'a demandé si j'a- 



412 Rapporta du Général -Krasinshy 

• I 

• 

18B9 vais lu aotts les pampUets «konf le parti libéral iuonde 
l'Europe; et puis il a ajouté qu'il n'était pas étonné que 
I0 parti qui vise à tout détruire le poursuivît de sa 
^ haine; mais qu'il était surpris que lui, sentinelle placée 
depuis vingt ans pour la sûreté des trônes, se ttf mé- 
connu par quelques cabinets. Voyant qu'il voulait faire 
allusion à celui de la Russie» je lui ai dit, qu'éloigné 
par mes devoirs militaires de tout ce qui peut toucher 
a la politique, n'étant envoyé ici qu'en qualité d'aide de 
camp de Votre Majesté, je n'avais pas d'autre droit de 
lui parler que comme homme privé, comme son ancienne 
connaissance, et comme reconnaissant pour la confiance 
qu'il voulait me témoigner; qu'avec toute franchise, je 
lui dirais que je ne pouvais pas concevoir que lui, qui 
depuis tant d'années combattait tes idées destructives, 
qui avait même sacrifié Napoléon , quoiqu'il soutint 
les droits des trônes, parce qu'il les possédait comme 
héritage de la révolution, voyant ce qui se passait en 
France, connaissant les idéologues du midi de TÂlle- 
magne, ne pouvant pas compter pour l'avenir sur la 
Prusse, dont le souverain a mis les armes enV^'e les 
mains du peuple par la landwehr, au lieu de jresserrer 
ses liens avec Votre Majesté, qui seule pouvait assurer 
la stabilité et la sûreté des trônes de l'Europe, semblait 
marcher en sens inverse des intérêts de la Russie dans 
la guerre de l'Orient. 

Le dtner étant annoncé, il me dit : „Vous avez com- 
mencé une discussion qui m'intéresse beaucoup trop for- 
tement ; et ne «voulant pas vous laisser , comme mon 
ajicien ami , en erreur , je vous prie, de passer chez 
moi , entre midi et deux heures, demain 5." 

Le 5, m'étant présenté chez lui, il m'a amené dans 
son cabinet, et voici le résultat d'une conversation de 
quatre heures: 

„Vous m'avez dit, commença*t-il , que j'ai reculé 
dans nos relations avec «le cabinet de Saint-Pétersbourg. 
Je vous dirai avec franchise que le bien-être de la mo- 
luirchîe autrichienne, dont le cabinet m'est confié, m*in* 
féresse plus que tout le reste; mais que je ne suis pas 
Teuuemi de la Russie pour cela. J'ai été contraire \ 
toutes les innovations, parce que )e craignais que le 
parti libéral, qui profite de tout, ne trouve pas un 
champ fertile à y moissonner. La sainte alliance a été 
une alliance de vertus et de stabilité. Les affaires de 



à^ Vienne à fEmp. Nicolas. 4J3 

Naple» 61 |ié^Rllnh ^n ont proarë rava^tage; «tdaMlSM 
befancoiip de cfatfoiistanûea qui •n'apparttatiWe^t ^ti'aii 
secret deé tMMtêf elle a ea les t^Mtltatslet'pKiis lièi»* 
reux^ en arrêtant dana leur'naiaèaiiee beaue^up de -pro- 
jeta de destructloB. J'ai M contraire à* faffirao^lnsjsciu 
mefot de la Oràfie, de la manière dont an^a'y estprû^ 
parce que {e pk^vojala que li^ guerre en serait le résul*^ 
t»t* J^êi'M contraire au départ das^ ambossadeurs^idee 
puiasanëes de Constantinople, parce que ce d^arf^ coiMne 
iaàOfen coeroitif y nte pouvait faire" TefFét que 1*00' espé- 
rait sur le Sultan; — comme je suis encore- eontrairë 
à leur' retour; car )e à^en |iiH(?AiBattoun bien, et je 
croie -que l'efnpereurNicolas eâr,:*sui^ 'ee'point> do même 
afia^que -nyoî* ' .. ; 

>,Cette affidre> est extrêmement compliquée. Lc^ 
cours do Londres et de Paris' ne voient que l'affavro 
de la triple aDiaéee^- la cour de Pêteinbourg Voit; deux 
a&ireec une y celles de; la Grèce; 'Paiitre^ sa guerre* eq 
Bulgarie; ceHo de Coostanfînoplé 'ne ftit de ces 'detix 
qu'une séide affaire^, et oli lie lui • persnadera famaia 
qu'on puisse séparer ces deux cfaoeea* ' ' 

,,L'empereur ïfieolae dit ce* 'que vbUs nous répètes^ 
quHl ne veut point d^a^andissiettient ^ ,^'î^ ^^^ artioun 
DOQVeaftt priojer; eb bien ! '^Oè ^je sache quelles sont séa 
intentions, et )e me mettrai" en qaatrrpour faire accep-* 
ter aux Turcs la volonté'* de Sa Majesté. — Je sais 
que l'empereur Niéolaa> croit* que son- honneur- est- in- 
téressé dans cette guerre^ et l'empereur d'Autrieho' no 
rot lui conseiller qqe ce qu'il pourrait faire lui^^inênio 
sa place. Personne ne désire plus que l'Empereur 
et m<H un coup d'éclat , un succès décisif des troupe^ 
rueaes ; car cela «erait un aohemtnemetit vers la paix, 
que FÉmpereur veut> sincèrement. Il y aurait misfeul 
moyen pour y pafrvenirf c^eat de faire deux* propos»* 
tiona : ^— une •ibacceptabte , l'autre acceptable^ * Aveb 
la première 9 je ferais peur aux Tores,* et je tâcherais 
de faire accepter la seconde, "^-^ 

hVous me dites que le bmit public eft^que eeiquè 
je voua dis est faux; que si nous- ne donnooe paa de 
secours matériels à la Turquie, «ous lui donnons des 
secoure moraux , par l'espoir qu'elle -met dans notre 
cabinet. Je vous dis encore que cela n'est pas vrat; 
car mes dépêches sont uniformes pour toutes les cours, 
et le dia toujours aux Turcs : ,,Cédes pour ce qui est 



414 Rapports du Général KrMinêki 

mj^ d«. la Grke ,: parco qua Fou yous j foWBt^ ; et fl vaut 
miBiix le faire de boone grftce qa'aprèa; avoir ^àépensé 
des milliers d'hommes et des millions d'iirgent*" , 

lySi j'avais la coafiance de Pempeteur Nicolas, je lui 
dirais : ),Sire » Voire Majesté peut avoir des Turca ce 
qo'eUe se propose i et il vaut mieox le faire avant la 
dépense faîte en hommes et en argent. Dans l'ancienne 
poUtique» peoMtrey on serait très content que deux 
grandes. puissances s'afiEaiblissent; mais, un tel. cafeul 
n'entre ni dans la façon dé, voir de l'Empereur ni daaa 
la mienne." ^ . . \ 

. ^yVous me dil^s, ^et voi:|8 avez dit à rÇntpereari que 
les prisonniers turcs,, qui. n'çnt été que six semaines 
soldatSi étaient formés comme vos vieux guerriers» aux- 
quels legraudrduc 4pone tout son temps; que. leur 
haine ardente, l'exaltation, Je fanatisme, réunis à Tor- 
dra qme Je Sultan ipifoduit et à la tactique européetinet 
pouvaient les rcindre.dang^eux pour l'avenir«. Je vous 
avoue que, ch^a^ mpi, le danger présent passe avant les 
dangers deTavenif. : Il faut ^'occuper de Tun à l'instant} 
il y aura du temps pour Fautre. 

'„Je sais que l'empereur Nicolas a. l'idée que je mène 
à ma volonté le souverain que je set:»* L'Empereur 
d'Autridie est méconnu > sur ce pOitit; car il a une vo- 
lenté forte, .et pevsonne ne lui fera, faire ce qu'il ne 
veut pas. SHl me comble de ses bontés, s'il a de la 
confiance en mot, c'est que je marche dans le chemin 
qu'il me trace; mais si j'avais le. malheur d'en dévier» 
le prince de JVletternich ne serait pas vingt-quatre heu- 
res- ministre des affaires étrangères. Nous ne changeons 
pas de. système; nous nous arrêtons quelquefois devant 
les ciroonstances f mais nous màrqbons toujours droit. 
L'Em^reur a. i^scnmpli soixante ana. Il a. passé par 
de tfop mauvais moméns. pour: ne- pas .tenir, à la fin 
de sa carrière, ;i. la couservhtion* de la paix^ et il ne 
fere la-guenrê que'pour ea défense* 

„Ce que vous me dites, des bruits qui pourraient 
donner de Timbrage à la cour de Saint-Pétersbourg, 
donnes-m'en unenoticer et- je vous répondrai par écrit. 

„Pour ce qui est de k France » on ne sait par sur 
quoi se baser; ils- ne savent ce qu'ik font. En Prusse, 
il y^a deux geuvevnemens ; le Roi est tout ce qu'il y 
a de plus vertuem et de meilleur, il a tous les priu» 
cipes qu'un souverain doit: avoir; mais malheureusement 



. à f^ienne à fEmp. Nicohfi*. î|15 

les ptnbiniei ^ui Pebtourât, «it plnaieiinr personnes jgjg 
qu^il m wpf9^é0i^ ikU''%ou^9VtttnHmV^ sMt '€Dtich^S''âela 
nouTellè 4na(iii5te<dii'{»eiièep et éè foir. 

,yJe éaif 'qae ; 'pouw ëteiodre^ !• Tolean éoÉop^, une 
liaispb indine doit exister eiicre rAuiriehé et* k 'seul 
souveraki Tort> grand, 'iCoaiiiièi est IWipereor Nicolaf} 
mais si ao sort malheoMax .Teat xftxé l^Einrope «tibisso 
les lois des idéologues et des têtes creuseSi de ceux «qui 
ne font que semblant de servit les sôaveralDSy la'aeule 
chose dont }e puisse vous assurer > t'est que PAutriche 
sera la dernièM qui croulera^ ' ' .' 

,,U ne s'agit pas «Te guerres de conquêtes; ^^ il s'a- 
git de garder ce qu'on possède , et de Soutenir ïa 'inâ^* 
îestë dee tvftnes et la paix de toùs^ tM$/^ 

* ■ M 1 " l I I I fapMpll^Pi— — pi»— il I 'i l. - 



• 42» ■■:...[ .1 

Rapport adressé l'Empereur NicôlûS 
par le 'général Krasinshi, sur .son 
entrevijie ctuec le prince de Metter* 

nicfy.le 8 yWn lÔ29i 

Aujotffd'bui y le 8 Juin, srfant^ p<>Hf aii prihce de 
Metternich' là notice ci^ointe qu'il m^a demandée des 
bruits qui pottrràiéntcodrir sur lés armefmensde TAu- 
triche, et auxquels il a* voiihi répondre par étAty î'ai 
▼tfola me retirer, quand fl m'amena dans sort feabinet, 
en nie disant qâ*il n^avait pas^fini encore dé nie parler; 
et en commençant sur ta position de là France dont, \ 
ce que )e croiSi il a envoyé un tableau par Pàmbassade 
d'Autriche à Saiat-Pétersbodrg, il «e dit r 

yyVoos avez servi en France^ Vous deves la connaî- 
tre. Napoléon a dit- avec taison qiie'là^PiNince ne véiit 
et ne voudra {ânlais être libre y maiS' qtt^elle vent P^iga^^ 
littf^ et c^est le point qui doit to^ottrs éfrte la base de' 
toutes les théories, Cest là ce qui les sape, car un 
souverain fjui seira tonfôurs en contact direct avec le 
peuple n'aura famàis à' s'appuyer stfr personife.'' Les 
masses ont leurs fluctuations comme la mer, qui ê'ë- 
meut toujours du cdtrf d'oà le vent vient , et l'intérêt 
du trône ne peut pas toujours donner l'impulsion qui 
doit être conservatrice et systématique. L'i^alifé n'est 



4l6 Rapporta du Général JCrasinsty 

ISB^ vieil d'iMifre ^0;ilVnlqpi^thîevde. MtoMsAonwilé «ociale; 
elle.ipoftlQ.le peupla à »•• recoonat^A' d» n^il^ea ^iie 
dam ses flatteurs |. en laissant le chajtip-.libnti.à -tous les 
intrigaiis «I ii toua. les: ambitieux. . De oette manière, 
au. lieu que tout 'deiTi venir du trOney 'tout .viefidra de 
ceux ipi h présent: eu plua tard powcroat; entraîner les 
peuples diins.des voies quelconques, connues ou in- 
oopnueiu. ..:,•• 
' y^L'empereur/ d'Àuliiobe t dans sa > position actuelles 
ne connaît qu'un seuJL eiMi^mi, qui esl ennemi égal de 
tout trône; il ne connaît que deux combattaoSi la foiicç 
destructivcb et la force* conservatrice» .,CetIb dernière a 
4l4ila..baile. d9 notre, sy^tènie» ., 

^yMalheureu^e^^jdt. depuis qud^uo tempa on ne veiil 
pas nous comprendre. Quand je fis présenter à la cour 
de Saint^PétersbooTsrfe tableau de la situation oîi'nous 
nous trouvons tous y remper.eur> avec cet abandon et 
cette loyauté dont vous m'avez parlé si souvent, a dit 
qu'en cas de. besoin il offinrait:ses ar|i^ée| à Pempioreur; 
nous n'avons pas besoin de force pbysique. , 

/yL'empéreur d'Autriche a sur qui s^appujer. Mat* 
tre de trente millions de. sujets ; voulant garAor ce qu'il 
a , ne demandant» rien à per^onn^, il i^é craint pas la 
guerre, et je \oùs donne ma parole qu'il ne la fera 
pas^ miiis U.a besoiii:pour prévenir le mal dans Pave- 
nii^ dVme réaniçind^ila force moral0 de l\emp4reur de 
Rva^icipour arrêter c0 torrent dévastateur «qui. ^'insinue 
in4in$^: jusqu'au marcbd pied des trônes*. 

iiLa mysticité du prince ' Galiuin , minisUre jadis des 
€^lf^J( son inadvertance ou ses faibles «noyensy.qui ont 
(ait accueillir des Lindel, des capucins défroqués ^ — 
40US c^^, apôtres d'hérésie : et de . libértJi^e caché, ont 
pu faire beaucoup de .mal à la Ru^lif/ 

. „La trop facile . croyance aqcoirdée a^ Varsovie aux 
agens les plus mal choisis iintrigansi a pu. donner des 
idées fausses sur nos. vues. On a eu la simplicité de 
croire qye par des moyens révolutionnaires noua vnu* 
drions nuire à la Russie. 

,jy.ous avpns demandé en grâce .de nous montrer 
ces lithographies imaginaires du jeune Napoléon comme 
roi de Pologne, et jamais on ne nous les a montrées. 
Nous aurions traité la boutique où on les vendait comme 
de fauxmonoayeurs* Il y a un parti en France qui 
rêve encore cette dynastie;, mais il oublie que le duc 



à FUnne à FBmp. Nieoku. Ail 



de Reiehatadt est en Aatriehef dont le devoir et le sy- 
stème est de combattre l'illëgitimitë et toute révolution. 
L'Autriche peut se défendre ^ elle n'attaquera personne, 
et elle se servira bien moins encore de ces armes^ q[tt'« 
elle^veut au contraire briser pour toujours. 

y,Je ne vous cache pas qu'elle prendrait de l'ombrage 
sur la Russie conquérante, qui est dëjà trop forte; 
mais les sentimëhs de l'empereur Nicolas nous oissureot 
qu'il daignera concourir à une paix gënërale. Vous 
me dites que la gloire de législateur lui sourira plus^ 
)e n*en douté pas, car il a plus de conquêtes à faire 
dans son propre pays . qu'en Europe , et elles lui vau- 
dront plus. Nous savons tout ce qui se passe ailleurs, 
même sans le demander , car notre monarchie touche à 
tous les points presque des autres nations; quelquefois 
elle appuie le malheur; les uns nous font l'honneur de 
uous craindrai d'autres traitent avec nous sans nous 
rien demander; nous sommes à une hauteur d'où nous 
pouvons tout observer. 

lyJevous dirai avec franchise, comme \ mon ancien 
ami, que l'empereur Nicolas, au moment de montrer 
sur le trône , n'ayant vu que des abus dans son admi- 
nistration, a eu fortement à coeur de les détruire. 
Presque tout le monde qui l'entourait profitait de ces 
abus pour diriger ses pensées vers un autre cAtë. On 
a présenté le cabinet d'Autriche comme exclusif dans 
^s projets,' ne fondant son bien-être que sur la ruine 
de ses voisins, le prince de Mettemich comme influant 
sur son souverain et sur l'empereur Alexandre. 

„L'un est vrai comme Tautre; l'empereur d'Autriche 
û. sa volonté, le prince de Mettemich ne fait que la 
suivre à travers quelques détails de diplomatie d'un 
moindre intérêt. L'empereur Alexandre daignait quel- 
quefois croire à ees observations en ce qui touchait la 
majesté des trônes et leur sûreté. 

„Ces ennemis de l'ordre ont poussé \ la guerre de 
l'Orient pour détacher l'Empereur de son idée primitive 
de mettre fin- aux abus de son administration, qui les 
faisaient vivre et spolier autant le .trésor que les sujets 
de Sa Majesté. 

„Vous me dites que le bruit court que l'Angleterre, 
qui voudrait ruiner toute industrie en Europe, dont les 
ministres ne sont que des marchands décorés de cordons, 
prendrait pour égale , guerre de religion, de prineipeS| 

Sou¥, Suppléais Toine IIL Dd 



418 Rapporta du Général Krasinahy 

de ccmquétMf pourvu qu'on s^ëgorge, qu'on se mine, 
^ue Tempereur ne puisse lui apporter que ses produo 
* tîone in bruio; que TAngleterre place ses subsides, 
.co^ime un usurier, pour avoir cent pour cent; — j^ 
reconnais récole où vous ëtiez ëievë, et cette r^^pti- 
tion des idées de Napoléon en mauvaise humeur. Gomme 
nous parlons ici en amis, et que vous me dites n'avoir 
aocune instruction de Tempereur, je "vous pardonne 
cette idée» et peut*étre vous Tavez recueillie au milieu 
de. la petite diplomatie ou de vos sociétés. 

,,Le duc de Wellington, qui doit tout à la guerre, 
est ennemi de la guerre , et c'est natureL Vos mare- 
cl^ux de France, après avoir été beaucoup enrichis 
par Napoléon, comme Wellington a Àé enrichi par 
l'Angleterre et les puissances , n'ont pas voulu combat* 
tre à la fin, parce qu'ils possédaient tout ce qu'ils au» 
raient pu désirer. De même les puissances d'aujourd'« 
htti, comme PAutriche et la Russie: la première ne 
veut que jouir, la seconde ne devrait vouloir qu^amé-' 
lioter tout ce qu'elle possède. 

„Vous avez passé par un territoire assez grand pour 
vous persuader des immenses progrès que nous avons 
faits, tant en agriculture que dans l'aisance des habitans. 
Vous voyez Vienne , et vous devez être étonné de ce 
qM*il est', et de ce qu'il a été il y a vingt ans. Vous 
êtes reçu à bras ouverts dans notre haute société. Vous 
avez trouvé ici des parens, d'anciennes connaissances 
avez^vous entendu un seul mot contre le souverain?' 
Je suis sûr que non, et cette c • . « . • de journalistes, 
troupes perdues de la petite diplomatie de l'Europe, 
nous appelle des obscurans, des ennemis des peuples. 

„L'£mpereur envoie le comte de Ficqnelmont à 
Saint-Pétersbourg , en disant dans sa lettre que son am- 
bassadeur exposera à Sa Majesté toute, sa façon de voir, 
L'Empereur dit au comte qu'il sent l'amitié que l'empe- 
reur François lui porte, et qu'il est de son avis, 

„Le courrier retournant apporte- uoè plainte du ca- 
bipet de Saint-Pétersbourg, que l'Autriche- propose une 
paix déshonorante ppur la Russie. Il y a de quoi se 
désespérer. Nous> prêchions la paix: on dit que le 
prince de Metternich intrigue. Fort de notre expérience ; 
après tant de malheurs, nous parlons pour la stabilité, 
nous nous donnons toutes les peines pour soutenir les 
trônes, sans la stabilité desquels pous ne pouvons pas 



' à tienne à PBmp. Nicolas. 419 

exÎBltr: on dit • que le prince de Mettemieh veut régen- 
ter les roi». ^ Nous proposons à droite^; on dit que le 
S rince de Mettemieh donne un mauvis conseil; on te 
gauche: qn dît 9 ^yla question se complique,** et «n 
'VOu4rait qu'un homme qui n'a rien à désirer, qui pour- 
rait être plus heureux dans une yie privée que dans sa 
place, qui sacrifie tout son temps aux affaires, soit mis 
hors la loi par les souyerains. Si les rëyolutionnaires 
avaient cette idëe , ce serait extrêmement juste ; mais 
qu^un souverain Paît, je vous avoue que je ne le com- 
prends pas.** 



43. 

Note verbale remise par le général 

compte Krasinski au prince de Met- 

ternichj à l^ienne^ le 6 juin 1829* 

Votre Altesse m'ayant demanda de lui exposer les 
bruits qui courent dans le public, et qui peuvent avoir 
donne de l'ombrage \ ma cour, je m'empresse de ré- 
pondre à ce désir avec cette entière confiance dont elle 
a iié la première à me donner l'exemple. 

Les mesures qui ont é\6 successivement prises de- 
puis deux ans ayant replacé l'armée Autrichienne sur 
un pied de paix respectable , on ne voit pas quel est 
le but du nouveau recrutement, qu'on dit fort con- 
sidérable. 

On veut en même temps faire revivre la landwehr^ 
restreindre l6 nombre des individus exempts de ce ser- 
vice « et la faire réunir pendant deux mois en automne. 
* Dans le courant de l'année passée , chaque régiment 
de cavalerie a re^u 250 à 400 remontes; cette année- 
ci on a ordonné 'd'acheter des chevaux d'artillerie et 
de train. 

Dans la capitale même, on enrAte avec beaucoup 
de sévérité des ouvriers de toute espèce , pour pouvoir 
confectionner des objets d'équipement et de harnache- 
ment pour les magasins militaires. 

Dans les arsenaux et les fabriques d'armes, il règne 
nne activité extraordinaire. 

On envoie continuellement, par le Danube, de l'ar- 
tillerie et des munitions en Hongrie; on les embarque 
tonjours de nuit. 

• Dd2 



w 



420 ^ Rapport du Colonel Kainm^h 

18C9 Depuis* l'annéo passée que ces envois successiis ont 
commencé | les forteresses de la Hongrie doivent être 
amplement fournies du nécessaire. 11 pacattryU donc 
qtte ces objets reçoivent une autre destination. 

La plupart des commandans généraux ont été réunis 
à Vienne depuis plusieurs semaines, et ont eu des con^ 
férences. La même chose a eu lieu en 1809, avant 
l'ouverture de la campagne. 

Cela indique Pintention de prendre une mesure mi- 
litaire fort importante. 

On pense à renforcer les régimens Hongrois. 

Rassemblement de troupes en Transylvanie. 



44- 

Lettre du colonel Kavanagh, premier 

référendaire du conseil auîique de 

guerre^ au prince de Metternich. 

Vienne , d juin 1829. 

En renvoyant \ Votre Altesse la liste des question» 
qui m'ont été communiquées, )'ai l'honneur d'y joindre 
les réponses suivantes. 

L Eteadae du recrutement 4^n9 les années 1828 

et 1829. 

On créa en Autriche en 18Q8 un système appelé 
système de réserve, d'après lequel on levait sur les 
populations'*') un certain nombre d'honimes pour cha- 
que régiment, on les exerçait durant trois semaines 
par an, et on les renvoyait ensuite pour n'en rappeler 
que la 'partie dont le régiment respectif avait besoin 
pour se trouver au complet. Sur la proposition de feu 
le feld-maréchal prince de Sch wartzemberg , ce système 
prit une telle extension, que la réserve se monta jus- 
qu'à 2300 hommes par régiment ; mais d'un autre cAté 
on réduisit chaque compagnie à cent hommes, sur cent 



soixante qu'elle avait toujours eus, sur le pied de paix» 
depuis le règne de l'impératrice — 



Marie Thérèse. Par 



*) D*ua district partlcutier de recrotemeot. 



' au Prince de Meiternich. 421 

suite des mesorea dont nout venons dé parler, il n'j 1829 
a pas eu de recrutement pendant plusieurs années. 

Cependant ce système dé réserve entraînait de nom- 
breux inconvéniens qu'on n'avait pas prëvus, et dont 
le plus grand consistait dans Tâge trop avance qu'attei- 
gnaient les hommes de la réserve pendant la paix^ avant 
d'être incorporas à leur tour dans les r^gimens. On 
voyait s'accroître ainsi le nombre des invalides au mu • 
lieu de la paix. Far un billet autographe (hand-billet) 
du 10 décembre 1824, sa Ma)estë l'Empereur demanda, 
qu'on lui ftt des propositions pour remédier à ce mal : 
on les lui présenta sur le protocole ci-joint du 22 jan- 
vier 1825, après avoir recueilli là-dessus les avis du con- 
aeil d'Etat. Conformément aux opinions émises par le 
conseil Aulique et par le conseil d'Etat, 8a Majesté 
jugea convenable de dissoudre entièrement l'établisse- 
ment de la réserve, qui fut par conséquent abolie dans 
toute la monarchie* 

La résolution impériale du 4 août 1827 (ci-jointe 
en copie), confirmative des propositions du protocole 
du 22 janvier 1825, et portant abolition du système 
de réserve, rétablit l'ancien complet de Finfanterie sur 
le pied de cent soixante hommes par compagnie. Ce 
retour aux anciens usages occasiona les recrutemens de 
1827 et de 1828, qui furent nécessairement plus consi- 
dérables puisqu'il fallait donner leur congé aux soldats 
enrâlés en 1813 et 1814 dont le temps de service ve- 
nait d'expirer. 

L'obligation du service militaire n'étant que pour 
14 ans, tous les soldats enrôlés en 1815 où le recrute- 
ment fut très considérable à l'occasion du débarquement 
de Napoléon à Ântibes, seront renvoyés chez eux dans 
le courant de 1829: pour les remplacer, il faudra donc 
également avoir recours à une forte levée d'hommes. 

L'entière tendance de ces mesures est toutefois pu- 
rement pacifique*), comme l'époque de leur adoption, 
de 1824 à 1827, bien avant la bataille de Navarin » le 
prouve suffisamment. 



*) Le premier recratemeat pour porter les compagnies d*in- 
faaterie à cent soixante hommes fut ordonné le 4 août 1827, l'an- 
basaade russe i'arait mandé dans le temps à sa cour. 



422 ^ Rapport du Colonel Kàvanagh 

182tt II. Rétahliësement de la lundwehr et limitation 

des affranchipaemens du service. 

 rëpoque où Ton discutait les mesures ci-dessus 
ëaoDcéeSy on adopta aussi de nouveaux principes de 
recrutement et on abolit plusieurs affranchissemens du 
service y qui dataient encore du temps ou Pobligation 
du seruice militaire s^étendait à la pie entière du 
soldat. Ces cbangemens remontent au plus haut à 
Tannée 1825. Dans le protocole déjà cité, on avait 
traité aussi de l'organisation de la landw ehr, abandonnée 
depuis 182t| De toutes les propositions faites sous ce 
rapport par le conseil Aulique, la seule que Sa Maje- 
sté approuva, par sa résolution du 2 mars 1829, fut 
celle qui consistait à mettre au complet sur papier les 
listes de la landwehr, pour compenser son décroisse- 
ment par décès et autres causes. Le projet présenté 
en 1829 d'exercer la laodwehr pendant quinze jours 
de J'anuée , conformément a son organisation primitive, 
fut rejeté par des motifs dMconomie "') , aussi bien que 
le projet d'ajouter un officier pensionné à chaque com- 
pagnie, qui n'en compte \ présent qu'un seul. Dans 
les seconds bataillons de la landwehr toutes les places 
d'officiers sont vacantes, comme on peut s'en convain- 
cre par Talmanach militaire, et même» parmi les com- 
mandans de ces bataillons, on en trouve plusieurs âgés 
de soixante-quatorze ans et plu». 11 n'y a donc, sous 
tous ces rapports, aucune indication d'un surcroît d'ac- 
tivité militaire. 

IIL La Remonte. 

Par économie, on avait laissé la cavalerie pendant 
dix ans sur pied inférieur au pied de paix, et on gar- 
dait des chevaux bien vieux dans les régimens. On 
sentit enfin le besoin de la remonter l'année passée, 
mais sur cJiaque centaine de chevaux nouvellement 
achetés on permit d^en prendre quarante âgés seu- 
lement de quatre ans, ce qui indique suffisamment 
des dispositions pacifiques. On vient d^arréter tout à 



*) L'empereor François a?ait penonnellement commiioîqoé à 
Son Bxeelleace l'ambasMilenr (de Rii«ie) qa'on rasieablerait et 
ferait exercer la landwehr. Celui-ci l*a déjà rapporté à sa cour, 
et le poblic croit que ce fait aara lien. 



\ 



au Prince de Metternich. 423 

fait la remonte dans les rëgimens ile' dragons et de cui- 1829 
rassâers. 

On la recommencerai peu à peu, après les revues 
d^automne. Le transport des chevaux qu'on tire de la 
Russie pour cavalerie Wgère aura Heu dans le mois de 
juillet et d'août. Ce qu'on a ayanctf par rapport à la 
remonte du train de rartillerie est de pure invention 
et dénué de tout ^fondement *). Dans toute la mo- 
narchie on n*a pas achète cent chevaux pour l'artillerie 
et son train. On emploie au service des caissons les 
chevaux de dragons et de cuirassiers juges incapables 
de continuer \ rester dans les rëgimens. 

IV. Sellerie et harnacJiement. 

On s'est occupe de cet objet , puisqu'il j a néces- 
sité d'avoir toujours une quanfitë suffisante de ces ar- 
ticles dans les dépôts du train , de même qu'il est in- 
dispensable d'%voir ses arsenaux bien garnis. Ce .sont 
des nécessités communes ^ toute monarchie bien gou- 
vernée. 

Le major Aschbauer, chargé de l'inspection de ces 
dépôts f se trouvait, par suite de maladie, hors d'état 
de les visiter depuis plusieurs années. Après sa mortj 
son successeur trouva qu'il y avait une si grande quantité 
d'articles de sellerie et de harnachement endommagés, 
qu'il fallut procéder è les faire vendre à l'enchère dans 
toutes les provinces à la fois. Par une simple consé- 
quence, on a donc dA déployer dans cette branche plus ' 
d'activité pour remplacer successivement tout ce qui 
manquait et tout ce dont on ne s'était pas occupé pen* 
dant un espace de temps assez long **). 

V. Arsenaux et fabriques d^armes. 

Les travaux sous ce rapport se bornaient à la 
confection d'un nombre fort borné d'armes à feu, 
dans, le but de donner quelque emploi aux ouvriers et 



*) Do acbst considérable de chevaux avait été commBodé en 
Bohénie: on le faisait monter à quarante mille, d'où Ton inféra 
qa'oae partie servirait poar l'artillerie et le train. Cet achat fut 
snspedda le 4 mai dernier. 

**) On reconnaît donc en général que, par rapport à Tinfante- 
rie, à la laadwebr, à b cavalerie et au iiaraacbement, l'armée 
avait été négligée et qu'on y a réorganisé simnâtanément ces quatre 
branches du service. 



n 



434 Rapport^ du Colonel Kaponagh 

}tt9 conipUter la r^sery» nécessaire pour nn double re- 
change des armes k feu dahs Tannëe. On a eu besoin 
de bien peu d'activitë pour ceki puisque le nombre de 
fusils de l'ancien et de nouveau modèle se monte à 
sept cent soixante mille. Pour ks canons de tout ca- 
libre, il 7 en a aussi une quantité qui excède de beau- 
coup la demande. Cette ënumëration ne comprend pas 
les armes qui se trouvent dans les r^imens. 

VI. Transport d^artiUerie et de munitions en Hon^ 

grie. 

J'ai entendu, moi-même, a£Ermer qu*on avait vu 
cent quarante pièces de canon auxquels ont aurait fait 
passer la Danube il Presbourg*)» tandis, qu'après en- 
quête, il s'est trouvé, que cet envoi se bornait }l dix 
pièces de nouvelle construction, destinées à des épreu- 
ves qu'on devait faire dans la plaine de Pesth. 

Comme, d'après les rëglemens, une l^vre de poudre 
est destinée annuellement par soldat d'infanterie pour 
l'exercice 2i feu, et deux cents quarante charges par 
compagnie d'artillerie, on peut facilement calculer que 
chaque annëe il faut plus de huit cents quintaux de 
poudre pour toutes les troupes qui se trouvent en Hon* 
grie, Slavonie, dans le Bannat, en Transylvanie et 
sur la frontière militaire. Une partie de cette pou- 
dre est fabriquée en Hongrie, mais la maîeure partie 
est envoyée des magasins situés entre Laxembui^ et 
Neustadt, à cause de la facilité du transport sur le 
Danube. 

Si nous ajoutons qu'une partie des munitions se dé- 
tériore avec le temps et qu'il faut la renouveler dans 
les dépots des forteresses, on comprendra que la Hon- 
grie a besoin d'un envoi considérable de munitions de 
guerre tous les ans, sans qu'il y ait en cela des inten- 
tions hostiles quelconques. 

Il est certain que des articles d'artillerie n'ont pas 
été embarqués de nuit, à moins que des opérations qui 
se sont prolongées dans la soirée ou ont commencé de 
très grand matin n'aient donné lieu 2i la supposition de- 
transports nocturnes. Il serait d'ailleurs impossible de 



*) Cela explique lei bruits sur les transports d*artHlerie.' Du 
reste que Pou affirme, si Ton Faut, TeoilNirqtteoieot de cette artih- 
lerie se taisait toujours de nuit. 



au Prince de Meiternich. 425 

vouloir faire seorètemeDl de pareils ienyoîs 'Jusqu'aux lêM 
fronti&res de la monarchie f puisque la population de 
SlaYonie se compose en entier de Grecs du rit schis- 
matique. 

y\l. Réunion des généraux commandans en chef 

à Vienne. 

Cette réunion \ M purement accidentelle '^) , comme 
il est prouve par les demandes de congé, dont j'ai l'hon- 
neur de vous transmettre ici les originaux* Le com- 
mandant de la Gallicie, prince de Hesse-Hombourg, re- 
venait dej'arméey le comte Giulaj arrivait de la Bo- 
hême pour consulter le docteur Marenzeller sur Pëtat 
de santë de sa femme, le comte Harrach ëtait mourant, 
Farchiduc Ferdinand est venu vok sa mère malade, 
Fresnel alla en Gallicie pour voir ses terres et n'a pas 
passé par Vienne. Tomassich de la Dalmatie n'est pas 
arrivé jusqu'à ce moment; Frimont fut appelé à siéger 
dans une commission spéciale \ après le départ des au- 
tres généraux. Ainsi l'apparence d'une combinaison po« 
lîtique s'évanouit. 

VIII. Augmentation des régimens hongrois. 

Elle n*a pas eu lieu ^). D'après un décret de la 
dernière diète , les enrdlemens volontaires prescrits par 
la diite de 1807 doivent continuer. Ils suffisent à peine 
pour couvrir les diminutions successives pendant la pais. 

IX. Troupes assemblées en Transylvanie. 

D'après l'état du cantonnement "des troupes dans 
cette province, dressé par le général commandant lui- 
méme/^^), des trois régimens nationaux, Mescery, Wac* 

*) Cette réasioB fat aocidentsile ; il est évident» ma» pour- 
quoi nier que ces généraux aient tenu des conférences? Il est 
vrai qu'ils ne sont pas tombés d'accord sur l'objet soumis à leurs 
délibérations , à savoir lldée de substituer aux commandemens gé- 
néraux une organisation de Tarmée en corps, mais ces délibéra- 
tions n'ont pas moins eu lieu. 

**) On n'avait pas dit qu'elle eàt en Heu, mais qu^on y a songé 
et que cette idée ne fut abandonnée que lorsqu'on vit l'impossibi- 
lité absolue d'augmenter les enrôlemens aux frais des comitats» 
comme on en avait eu l'intention. 

***) Le général Krasinski possède une copie de cet état de can- 
tonnement, dont l'original communiqué au prince de Metternicfa 
était signé par le général Molir, et daté du 12 novembre 1828. 



426 Rapport du Colonel Kapanagh 

mO 9MaM ef'Leioiiigea (autrefois S^pienf)\ il n'y a eo 
Traasylvanie qu^ua seul rëgîment entier (Wacquaot), 
deux bataiUoas de Leioiiigea el un bataillon de 
Mescery , en tout six bataillons d'infanterie ^ un ré* 
gimaot de dragons et un régiment de hussards station- 
nés en permanence. De plus, loraqae le corps •mo- 
bile d'Italie fut placé dans les provinces où son en- 
tretien devenait moins coûteux | et que le conseil An- 
tique proposa d'envoyer un bataillon du régiment de 
Spleny en Transylvanie pour mettre le régiment Bene- 
zur dans Temeswar, et porter le r^iment Mazuchelli 
du côté de son district de recrutement en Gallicie , 8. 
M. l'Empereur ne confirma point cette disposition, ni 
celle qui avait pour but de rapprocher le régiment Vey- 
der de son district de recrutement. 

Il est donc évident que rien ne justifie les supposi- 
tions d'intentions hostiles de notre part et que noua 
avons , au contraire , évité avec soin tout ce qui aurait 
pu en avoir l'apparence. 

Dans l'année courante, il n'y aura même pas de con- 
centration 'de cavalerie dans le but de manoeuvrer. Sur 
les annexes A et B relatifs à la question n^ 1| Votre 
Altesse trouvera, marquée en rouge, la date de l'ordre 
de Sa Majesté, pour faire prendre en considération les 
modifications dans le système. du recrutement ^ la date 
des conférences qui eurent lieu à cette occasion, et les 
qaeHions posées par Sa Majesté. Ces endroits des an- 
nexes prouvent que tout ce qui a eu lieu à ce sujet a 
été arrangé bien avant l'époque des circonstances aux- 
quelles on voudrait maintenant attribuer ces mesures. 

La première page contient déjà ces indications et 
rend superflue la lecture de tout le reste du protocole. 

La pièce B prouve que le recrutement a commencé 
en 1827, avant la guerre de la Russie contre la Tur- 
quie, et sans que des sommes extraordinaires aient été 
affectées à ce qu'on a jugé nécessaire à ce sujet. Ces 
annexes ne sont que des copies , mais il eSt facile d'a- 
percevoir qu'ils n'ont pas été fabriqués pour servir de 
réfutation aux questions qu'on nous fait aujourd'hui. 

Les annexes qui se réfèrent à Ml question n^^II con- 
tiennent soulignés en rouge les passages remarquables 
suivans: ji» La mention de Tfige avancé de deux chefs 
de bataillon de la landwehr, ce qui prouve que cette 
troupe n'est pas du tout prête à marcher. B. Une ré 



au Prince de Meiiernich. 427 

solution impériale de 1825 , ordonnant dUKrentes ré- 1919 
clacHons, entre autre l'abolition du plàcemeitt d'officiers 
dans les vingt seconds batttllona de la landwehr. 

Ces deux preuves se trouvent sur des pièces . origi- 
nales. Je pri^vab Votre Altesse de Jeter les yeux , it 
cette occasion ) sur la feuille annexée à la page 6 du 
protocole mentionné sous le n^ I. 

La pièce a9 IV prouve que les réorganisations dans 
l'armée reposent sur une mesure tout-à-fait générale, et 
ne sont aucunement calculées sur les besoins du moment. 

Si l'on voulait appuyer sur des documens notre ré- 
ponse à la troisième question, on aurait besoin de faire 
des extraits d'actes trop volumineux pour qu'on puisse 
les rassembler bien vite. La même remarque s'applique 
aussi à nos réponses aux questions IV, V et VI. Si 
toutefois Votre Altesse désirait avoir, ces extraits, {e les 
lui enverrais plus tard. 

Les annexes au n9 VII contiennent en originaux les 
demandes de coaigé présentées par les généraux com- 
mandans des provinces | et Ifis décisions de Sa Maje8|é 
à leur égard. 

Pour prouver» en réponse à la question VIII, que 
les régimens hongrois n*ont pas été renforcés , ^aurais 
dû annexer les résolutions de la dernière diète, mais 
}e ne les «vais pas sous la main. Du reste, elles sont 
imprimées et n'ont pas été du tout secrètes. 

Dans l'état de cantonnement des troupes, en réponse 
à la question n<>IX, aussi bien que dans la décision de 
Sa Majesté qui se rapporte aux corps retirés d'Italie, on 
a marqué en rouge les passages qui peuvent servir de 
preuves pour épargner la peine de lire les documens 
en entier.^ 

En m'empressant de répondre ainsi aux ordres de 
Votre Altesse, je la prie de vouloir bien me faire re- 
stituer mes documens, et fai l'honneur d'être, etc. 

Signé: Kavavach, Colonel. 



428 Dépêche des Envoyés Russes à Londres 

45. 

Dépêche du Prince de Lieven et du 
Comte de Matuszewitz à Landres 
adressée au Comte Nesselrode , Mi-- 
nistre des affaires étrangères à St. 
" Petersbourg. . En date du tV Juin 

1829. 

Le courrier porteur des dëpéches de Votre Excellence 
dat^s du , , ■ e8t arrive ici le • , ■ dernier. Nous 

I jain 7 Juin 

attendions son arrivée avec la plus grande impatieocei 
à rapproche de la clôture de la session présente 
du Farlamenty le cabinet anglais nous manifestait le 
dësir tous les )ours croissant i de savoir si le Proto- 
cole du 2t Avril obtiendra l'approbation de l'Empe* 
rêuri et si S. M. J. consentira à modifier l'extension 
' que le contre-amiral Ricord venait de lui donner par . 
rapport au blocus des Dardanelles. 

Ces deux circonstances ne pouvaient qu'exercer une 
influence matérielle sur le discours de clôture; aussi 
Lord Aberdeen, presse par le Duc de WelUngtoui avait* 
il fréquemment insisté dans les entrevues confidentielles 
qu'il eut avec nous ainsi qu'avec le chargé d'Affai^^s de 
France, sur la nécessité d'un Protocole y qui délivrerait 
le gouvernement anglais des embarras occasionnés par 
le blocus des côtes de Roumélie. Quoique Lord Aber- 
deen se soit toujours exprimé \ ce sujet avec une gpande 
modération, quoique M. de Roth ait reçu un ordre po- 
sitif de lui représenter que le cabinet des Tuileries con- 
sidérait tout nouveau Protocole comme entièrement in- 
utile y quoiqu'enfin , dans le développement de la même 
opinion , nous lui ayons prouvé qu'il nous serait im- 
possible f avant le retour de notre courrier , de tenir 
un langage positif sur des afTaires si délicates, toujours 
était-il que nous avions raison d'entrevoir des graves 
inconvéniens dans la prolongation de tous ces délais, 
et que nous devions nous attendre à voir le ministère 
anglais dans le doute s'il doit publier nos blocus et les 
rendre obligatoires pour les sujets britanniques, ou 



au Comte de Neaselrode, 429 

bien calmer le malabe et la jalousie que de pareilles 1889 
m&ures proToqaent ici» nous demander saA autire re-» 
tard des réponses précises, également difficiles h faire 
comme à refuser. Le courrier de Votre Excellence 
a mis fin à cette pénible alternative, et nous nous sommet 
appliqués à remplir, sans perte de tempt, les ordres 
qu'il nous apporte. 

Nous ne pouvions pas nous dissimuler que Fidée 
du blocus d*£nos provoquerait qaelquf discussion avec 
le cabinet de Londres ^ qu'elle ne répondra pas k ses *' 
espérances, que la presse publique saisira cette occa* 
sien pour ameuter de nouveau contre nous les passions 
qui animent la nation anglaise dès qu'il .s'agit d'une 
question maritime ou commerciale quelconque, et que 
cette discussion pourrait réveiller la .question assoupie 
de Texercice dé nos droits de puissance belligérante dans 
l'Arcbipel; cependant afin de ne faire aucune concession 
sans une nécessité évidente et surtout pour contribuer 
autant que possiUe II la réalisation des désirs de Sa 
Majesté Impériale, nous nous sommes décidés ii insiste» 
sur le blocus d'Enos, à développer les motifs en faveur 
de cette mesure, et à n'user de notre pouvoir de céder 
sur ce pwnt qu'au moment oà cela deviendrait indis* 
pensable pour ne. pas compromettre des intérêts d'un 
ordre s^upérieur. < . 

Nous représentâmes à lord Aberdeen que, d'un côté, 
le golfe d'Enos se joint 2i celui de Siaros, et qu^il de- 
venait nécessaire «de bloquer Tun comme l'autre pour 
empécber Fapprovisionnement de Constantinople f que, 
de l'autre , Anidvinople tirait également dea provisions 
par le golfe d'Enos, et que nous devions considérer 
comme une Chose essentielle de ne pas permettre de 
faire psirvenir des vivres à l'armée camp^ aux envi- 
rona de cette dernière cité. Qu'ainsi, cette opénitioa 
nous offrait un double avantage. Que, par snite de la 
proximité d'Enos avec les Dardanelles, il faulct>nsidé'4 
rer acm blocus comme une conséquence inévitable' do 
blocQS de ce détroit. Nous expliquâmes, en outre, qu'en 
réalité , ce blocus n'en était pas un datfs la stricte ac- 
ception du mot, et qu'il ne faisait subir aucune perte 
au commerce, car, en fait, le commerce d'exportation 
continue de jouir d'une pleine liberté, et qnant aux 
bléa* jamais, ou bien rarement, les importait«on ici de 
la Méditerranée. Cette sorte d'importation n'avait lieu 



430 Dépêche, dea Envoyée * Russes a Londres 

lg29qu^en tempB de guerre ; mais le commerce pacifique^ le 
commerce habituel du Levant , ne se trouvera soumis 
è aucune restriction par suite de nos blocus, et ne prtf- 
•entera par conséquent aucun sujet légitime de plaintes. 
Les considérations d'intérêt commercial n'ont donc rien 
à démâer avec nos mesures , auxquelles nous donnons 
au reste l'application la plus restreinte, et nous avons 
tout Heu de croire qu'une politique si généreuse ne 
pourra qu'être appréciée pour un gouvernement comme 
celui de la Grande-Bretagne 

A cette déclaration, dont le duc de Wellington pa- 
raîesait vouloir .se servir comme d^un épouponiail, nous 
opposâmes des .raîaonnemena tirés de k politique de 
l'empereur, telle qa'elle se produit dans ses actes comme 
dans ses paroles. «NouH répétâmes ce ^ue Sa Majesté 
Impériale n^auait jitinais cessé de dire par rapport 3k 
la cbiute de l'empire ottoman. Nous relevâmes son lan- 
gage si plein de modétationi ses mesurés tovjours adop* 
tfes sôus la même influence, les* concessions fakce à 
l'égatd des craintes les plus gratuites, les garanties pré- 
seitfées encore dans, les derniiree communications offi- 
cielles; enfin,' la nécessité ou nous noos trouverions 
d'expliquer d'une manière défavorable l'inquiétude qi\'on 
parait vouloir propager , lorsque tant de motifs portent 
à l'aconfiance* . . 

Eli résumant donc la question du blocus d'Enos, et 
en admettant qufon .a dA apprécier le soin que Fem* 
pereuc met à la disenter avec ses alliés et à leur com- 
muniquer le vrai but de ses déterminations, nous nous 
appliquâmes à reproduire, etc. • • » • 






- . . Nous cr&ines utiliê de lui faire sentir alors , ssns 
sfliêun détour, qu'autant l'empereur était disposé à s'en- 
tendre avec ses alliés, et empressé dd fiùre spontané- 
ment toiis les sacrif ces compatibles ' avec ses intérêts 
quand on les lui demanderait d'amitié, entant il était 
résidu jiiue jamais transiger avec sa dignité, à ne ja- 
mais céder à dte menaces, et nlême à ne jamais les ad- 
mettse.» Nous àjoutâmeis que de tels mojras, joints a 
des soupçons injustes, auraient des suites incalculables. 

Je sais, répondîs-je, quel est le poids de l'opinion 
publique en Angleterre; je l'ai vue changée en peu de 



k 



au Comté de Nesselrode. 431 

jours. Elle est disposée contre nous dans cette guerre^ 182§ 
parce qu'elle nous croit agresseurs, tandis que c'est nous 
qui ayons éxé attaqua; parce qu'elle nous impute VxAée 
du renversement de l'empire ottoman^ tandis que nous 
déclarons que ce n'est pas iM>tre but; parce que/enfin, 
elle croit que nous suivons une jpolitique ambitieuse 
contre laquelle nous protestons. Eclairer ropiniou 
publique sur ce point serait le meilleur moyen de la 
rectifier. . • • • • . • • 

Je répondis que dans aucune guerre au monde on 
De peut calculer d'avance tous les rësultats , puisqu'ils 
dépendent du succès des armes. Mais les dëclaratious 
de Pempereur ont suffisamment expliqué les vues qui 
l'animent. Les indemnités pécuniaires qu'il pourrait 
demander ne seront point exorbitantes, be dépasseront 
pas les moyens d'arrangement que la Porte peut raison- 
nablement présenter. Quant à la garantie du Kbre pae- 
sage du Bosphore , cela constituait une de nos n^essi- 
tés, car 9 enfin, la libre navigation du Bosphore et la 
prospérité d'une partie des possessions de l'empereur 
se trouvent liées par une chaîne iudissoltible. Noue ne 
pouvions pas permettre que le caprice d'un visir ou ce- 
lui d^tfne sultane favorite arrétftt à volonté tout le mou- 
vement du commerce, tous les progrès de l'industrie 
publique et particulière dans un grand nombre de nos 
provinces. Nous ne pouvions pas livrer de pareils in- 
térêts à la dis^tion d'un gouvernement barbare, mais 
ces intérêts ne sont pas uniquement les nôtres. La li-^ 
berté du commerce dans la mer Noire importe égale- 
ment à toutes les puissances européennes et en parti- 
cuKer à l'Angleterre. Ainsi, au lieu d'avoir quelque • 
chose à objecter à nos demandes, on sera forcé, après 
examen, de les trouver à la fois utiles et justes. ' ; 

On pouvait craindre que les événemehs n'entrafnas- 
sent l'empereur au-delà des bornée qu'il s'était prescri* 
tes lui-même, ce qui occasionnerait un bouleversement 
en Europe. Mes répliques avaient pour objet de prou- 
ver que ce cas était inadmissible. Je déclarai que je 
ne pouvais pas supposer de pareils événemens , que 
fon poussait les suppositions au-delà de toute pro^ 
babitîté. Lord Aberueen ne pouvait ignorer que dans 
ce cas l'empereur se trouverait dans ^obligation de 



432 Dépêche des Envoyés Russes à Londres 

1829 consulter ses alliés , et qu^un état de choses défi* 
nitif ne pourrait s^établir sans leur assentiment et 
leur participation. Je saisis cette occasion pour faire 
remarquer à lord Aberdeen que, du moment où l'on 
rendait justice à notre cabinet y il serait convenable de 
le manifester en public et de s'abstenir de toute me- 
sure directe ou indirecte qui fit croire à des dbpo* 
sitions trop favorables \ la Porte de la part de 
l'Angleterre y et qui Vencouragedt ainsi dans sa ré-» 
sistancSm Nous n'ayons jamais prononce un seul mot 
de plainte à ce sujet, mais il nous serait facile de prou- 
ver que plus d'une démarche du gouvernement anglais 
avait produit nécessairement de tels effets | et nous 
avons au moins le droit de compter que de pareils in- 
oidens ne se renouvelleront plus. • • • • 

Nous avons tenu à ne pas laisser ignorer à Votre 
Excellence tous les détails de ces intéressantes conver- 
sations* 

Persuadés que dans le moment actuel notre intérêt 
principal consiste à conserver aussi long-temps que pos« 
sible les dernierjS anneaux de Palliance établie par le 
traité du 6 juillet, qu'il nous faut avant tout gagner du 
temps et nous assurer la sécurité nécessaire p^^ lo 
succès de nos opérations militaires; nous n'avons pas 
hésité un moment à profiter des pouvoirs dont nous ve* 
nons d'être munis, pour obtenir ces résultats majeurs 
par le sacrifice d'un blocus qui n'a aucune importance 
relative. 

Nous ajouterons qu^en méditant le langage du duc 
Wellington et de lord Aberdeen, on j aperçoit- l'in- 
quiétude des embarras que pourrait susciter tôpte dis- 
cussion parlementaire» et la crainte non mouw réelle 
de *nous indisposer sérieusement. Le premier ministl^ 
s'est amendé dès qu'il s'est aperçu que ses discours et 
ses bravades me serviraient qu'à troubler la paix qui 
lui est nécessaire. On voit qu'il écarte et redoute même 
l'examen de la situation où il se trouve, et que, sui- 
vant sa coutume, il charge les événemens du soin d'a- 
planir les difficultés. Mais plus cette situation est cri- 
tique, plus il entrerait dans son caractère de mettre à 
profit le plus léger incident pour en sortir par un coup 
d'éclat, étngulier mélange de timidité et d'audace, le 
duc de Wellington provoque souvent les chances qu'il 



unis et les coL angl. dans les Indes occid 433 

apprtfheadey el dis lors il les alFronte, sans calculer 18Si9 
les Traies suites de ses déterminations. Il eût été d'au- 
tant plus imprudent de l'aigrir après èe$ protestations 
et ses excuses» en lui refusant une concession minime» 
que les questions du blocus excitent effectivement Popi- 
nion en Angleterre contre uous^ blessent l'orgueil na- 
tional et imposent silence même à ceux qui .auraient la 
volonté de nous défendre. — Les nouvelles que le 
comte Poxzo di Borgo nous a fait parvenir sur la po- 
sition du ministère français, dont le tnaintien au pouvoir 
devient chaque jour plus douteux, nous ont portés 
aussi à ne pas nous aliéner complètement le cabinet de 
Londres, avant que. les réponses de Constantinople nous 
aient dégagés de toute inquiétude. En déGnitif, tout 
nous prouve plus que jamais que la tranquillité géné- 
rale se trouvera maintenue en dépit des fautes et des 
passions du duc de Wellington. Le cri de paix a 
retenti à la Chambre des Communes et 7 a été unani- 
mement répété par les tories aussi bien que par les 
vrhigs. Votre Excellence aura remarqué que le minbtre 
n'a osé répondre ni à cette partie des observations do 
sir James Mackintosh concernant le danger dune ga- 
rantie quelconque du territoire ottoThan, ni au dis- 
cours par lequel lord Palmerstoui dont le nom s'asso- 
cie dorénavant à ceux des premiers orateurs au Parle- 
ment, a insisté sur le maintien de la paix générale, et 
a prouvé qu^une politique turco^autrichienne ne eer- 
virait qu'à la troubler^ MM. Brougham et Baring 
ont parlé dans le même sens» au milieu de nombreux 
cris i'écouteZf écoutez , et il est probable que ces dis- 
positions salutaires, secondées par notre modération, 
font de- jour en jour de nouveaux prosélytes. 

II ne vous échappera point, M. le comte, que le 
duc de Wellington et lord Aberdeen ont mis tout en 
oeuvre pour nous arracher »des confidences sur les con- 
ditions de notre paix future avec les Turcs. Il nous a 
semblé utile de répéter les assurances que renferment 
a cet égard toutes les déclarations de l'empereur, et d'jr 
joindre même quelques développemens. 

Nous nous bornerons à ces généralités, car toute 
communication circonstanciée sur un sujet si délicat en- 
tratnerait des dangers réels, et si une fois nous discu- 
tions avec nos alliés les articles d'un traité avec la Porte, 
nous ne les contenterions que quand ils croiraient nous 

Jfout^. Supplém, Tom€ UL Ee 



434 Actes relatiç. mi commerce entre les Etatê^ 

1829 ayoir im|^8^ d'irréparables «acrificea. C'est au milieu 
de notre camp que la paix doit être signée ^ et c'est 
quand elle aura été conclue que l'Europe doit eu oon* 
/naître les conditions. Les rëclamations seront tardives 
alors I et on souffrira patieminent ce qu'on ne pourra 
plus empêcher. 

Nous ne pouvons douter que tel ne soit le rânltat 
de notre campagne. Le ministère anglais ne peut rien 
entreprendre 9 à moins que nous lui en fournissions les 
motifs par des opérations alarmantes dans la Mëditerra- 
nëe. Notre sëcurittf est complète. Nos forces sont im- 
menses. 11 ne s'agit que de les réunir toutes , et de 
les employer avec énergie sur le thëâtre de la guerre* 
Ce sera là que nous vaincrons tous nos ennemis connus 
ou secrets^ là que nous obtiendrons la considëration qui 
nous est due, là enfin que nous affermirons l'influence 
de la Russie sur le repos intérieur et extérieur du 
reste de l'Europe» 11 serait dangereux de se dissi- 
muler d'autre paît que ces évënemens, faciles à ame- 
ner en 1829, risquent de devenir problématiques et 
même impossibles en 1830. 

Nous avons l'honneur d'être , etc. 



46. 

Correspondance diplot;natique et ac- 
tes relativement au commerce entre 
les Etats-unis de V Amérique septen-- 
trionale et les Colonies de la Grande- 
Bretagne dans les Indes occidentales. 

(Pièces présentées au Parlament d'Angleterre i Novem- 
bre 1830). 

Nro. 1. Louis Mac Lane à Lord Aberdeen. 

London, 12 Vecember 1889. 

My Lord, 
I had flattered myself with the hope of receiving» 
before this time a décisive Answer from His Maîesljr'a 
Government to the Propositions which I had the ho* 
nour to make, some time since^ for an arrangement of 
the Trade between the United States and the British 



unis et les coi. angt. dans les Indes occid. 435 

American Colonies ; but Mrbile I regret the didaj that lg29 
haa taken place, I am avrare thai it has ïiitherto been 
unaToidable. In the hope, faoweyer, tbat, âfter the, 
varions conTersations which I bave bad the hononr to 
hold with His Majest/s Miçisters in tbe course of tbis 
Negotiation, tbey may be prepared definitively to dis- 
pose oi tbe subject, I beg leave to make Your Lord- 
sfaip tbe présent communication. 

ïji entering upon tbe Negotiation> I sepany^d tbis 
from tbe other objecta of my Mission, and presented it 
aiogly before His Majesty's Ministère, that it might re- 
celée their earhr considération , and prompt décision; 
and that I might thereby tbe better promote the yiewï 
and wishes of my Government. I early informed Your 
Lordsfaip of tbe anxious désire of the Président of The 
United States, that bis question may be put, immedia-- 
tely and entirely, at rest. In tbis be is influenced, 
ttot merely by a wish to liberate and ^ive activity lo 
such portion of tbe capital of his Fellow • dtizens as 
may be awaitiog tbe décision of ^his question , but aiso 
by the bigher motive of speedily terminating a state of 
things daily becoming * more prejudicial to the friçndly 
relations of the two Countries. t 

Disclaiming, on tbe part of The United States, in 
reply to certain observations of your Lordsbip, ail bosti* 
lity to tbis Country, in their System of protecting Dn- 
ties, and disconnectiog that System from any arrange- 
ment of tbis particular question, I endeavoured to lay 
tbis subject before His Majesty's Ministère, divested of 
ail considérations but such as peculiarly relate to tbis 
brancb of the commerce between the two Nations. 

Conceiving that expérience bad already proved the 
existing Colonial Régulations to be injurions to the in- 
terests of both Countries, tbe Président was induced to 
hope, that true policy alone would dispose His Majesty's 
Government to change them. He could perceive no 
good reason vrby Great Britain sbould now refuse ber 
assent to the terms of arrangement which she berself 
had, heretofore, voluntarily proposed; and, as the Or- 
der in Council of' July, 1826, did not embrace Russia 
and Sweden ; thougb both were within the scope of 
tbe Act of 1S25 , and as it bad been subsequently re- 
scinded as to Spaini without équivalent, be was un- 
wilUng to suppose that any unfiriendly motive could in- 

Ee2 



436 Actes relatiç. au commerce entre lee EtaU- 

lfti9 duce a ptculiar and permanent exclusion of The Uni- 
ted States from participation in a trade thus conceded 
to the rest of the World. 

In fact» it appeared tbat a inaterial altération had 
taken place in the Colonial System, and in the rela« 
tions between the two Countries; produced by the ré- 
cent relaxation of the Order in Council in favotir of 
Spain, whîch left The United States the sole excluded 
Power; and by the injurious opération of the existing 
Régulations upon the interests of Great Brîtain. It was 
not unreasonable, therefore, to suppose, tbat the Ne- 
gotiation might be adrantageousty fesumed; that the 
British Goyernment might be induced tô rescinda enti* 
rely, their Order in Council of 1826» and that a sa- 
tisfactory arrangement might immediately be made by 
the recîprocal Acts of both Governments. 

In the course of my Negotiation, howevery I bave 
met with dîfficulties much greater than had been anti- 
cipated. Tbere were objections opposed to any arran- 
gement. Among theni were the measures of The Uni- 
ted States 9 restricting the British Colonial Commerce) 
subsequently to their faiiure to accept the terms offered 
by the Act of Parliament of 1825; and the Claims to 
protection urged by tho8e interests, which are supposed 
to bave grown up in faith of the Act of 1825, and the 
Order in Council of 1826. Indeed, I distinctly under- 
stood that thèse were insuperable obstacles to any re- 
laxation in the Colonial System of Great Britain, un- 
less some previous change should be mtde in the Lé- 
gislation of The United States. 

With this understanding , though I by no roeans ad- 
mîtted the force of thèse objections, I deemed it expé- 
dient, in this State of the Negotiation, to make the 
following Proposition: 

That the Government of The Uuited States should 
now comply with the conditions of the Act of Parlia- 
ment of July 5th, 1825 , by an express Law , opening 
their Ports for the admission of British Ve^els, and by 
allowing their entry, with the same kind of Brtlîsh 
Colonial produce as may be imported in American Vea- 
sels, the Vessels of both Countries paying tbe same 
charges; suspending the Alien Doties on British Vessels 
and Cargoes; and abolishing the restrictions , in the Act 
of Côngress of 1823 , to the direct intercourse between 



unis et les col. angl dans les Indes occid. 437 

Tht United States nnd the British Colonies; and that 1829 
snch a Law should be imniediately followed bj a re- 
Tocation of the British Order in Coundl of the 27th 
of Joly, 1826 ; the abolition or suspension of ail dîscri- 
ininating Duties on American Vessels in the British 
Colonial Ports; and the enjoyment, by The United Sta- 
tes , of the advantages of the Act of Parliament of the 
5th of July, 1825. 

By this ofier on the part of my Government i 1 ho- 
ped to remoYe even the pretence of complaint against 
its measures; and I tmsted that, in thus throwing opeu, 
by its own act, to ail of His Majesty*s Subjects, a trade 
at présent enjoyed by but a few, it woiild effectually 
silence those partial interests, v^hich^ springing ont of 
se System of restriction , and depending as much upon 
Ihe^countervailing Laws of The United States, as upon 
the Régulations of their own Government, subsist en- 
lirely upon the misfortunes of the British West Indîa 
Planters, and the embarrassments of the gênerai com- 
tnerctal capital and enterprize of both Nations. 

In repeating the Proposition ^ as I now bave the 
bonour to do, and in renewing my solicitations , that 
it may be taken into early and candid considération, 
and produce a prompt and favourable Reply, I refrain 
firom leading to further discussion and delay, by a more 
detailed référence to the various suggestions by which, 
in the course of the Negotiation, I hâve had the ho- 
nour to recommend it^ 

Entertainipg, however, the conviction I bave heretofore 
expressed, of the wasting effects of the présent Régulations 
upon the substantiel interests of the two Countries, I can- 
not close this Letter, without again reroarking, that delay 
can ouly tend to increase the di£Piculties, on both sides, to 
any future adjustment; and that it wiil be difficult for 
The United States to reconcile the marked and invi- 
diotts relation in which they are now placed, vrith 
their idea of justice, or vrith the amtcable professions 
of this Government. That relation involves consequen- 
cfS reaching far beyond the immédiate sub'ject in dis- 
cussion, and of infinitely greater importance to the fu- 
ture intercourse of both Countries » than any value 
which the trade , affiected by thèse Régulations , may be 
supposed to possess. It is this view of the subfect 
which unités the sympatby of dl interests in The Uni- 



438 j^ctes relaiip. au commerce entre les EtaÉe-- 

1819 t«d^ States with their commercial enterprize , -wliicli 
touches the pride and sensibility of every class of theîr 
Population, and which, I trust, ^ill make its due ap* 
peal to the candour and libe^ality of His Majesty'a 6o» 
vernment. 

I prajr your Lordship to accapt, etc. 

Louis AFlahs* 

. iVo. 2. Lord jiberdeen au Sir Louis Mac Lane JEsq. 

8ui, London Foreign Office^ 14M Decemb^^ 1829. 

I haye bad the bouour to receive your Letter of 
the 12th instant y formally recording the désire enter- 
tained by the Government of The United States > (and 
previously declared by you in verbal Conférences) for 
the removal of the existing restriction on the Intev- 
course between the British West India Colonies and 
The United States ; with the view of placing the Com- 
merce of the two Countries on a footing more conso- 
nant vrith the substantial interests of both Nations, and 
with the amicable relations which happily subsist bet- 
ween them. 

I shall lose no time in bringing the Proposition con- 
tained in your Letter, under the considération of His 
Majesty's Government. 

Whatever may be the resuit of their délibérations 
on this question, of which you are already apprized ot 
some of the diffîculties, you may be assured that His 
Majesty's Government will enter into tbe considération 
of it with the most friendly feeliogs towards the Go- 
vernment of The United States. 

1 hâve, etc» 

Abxedxsv. 

iVp. 3. — Louis Mac Lane, au Lord Aberdeen. 

London 9 16fA March, 1830. 

The Undersigned, Envoy Extraordinary and Minister 
Plenipotentiary from the United States of America, in 
calling the attention of the ' Earl of Aberdeen , His Ma- 
jesty's Principal Secretary of State for Foreign Affaics, 
to a Proposition which he ^ad |he honour to subÀl 
in vmtiog on the 12th of December last, for an ar^ 
rangement of the Trade between The United States 
and the British American Colonies, and in praying for 
a décision thereupon, is influenced, not merely by con- 



uma et les coL angL dans lee Indes ocçid. 439 

ndwatioDS of duty , urgiiig bim to avoid furtber delay, 1829 
but by a bope , tbat the tioie already afforded for de* 
Uberation p baa been Buifîcient to eoable His ÎVIajeâty's 
Mioiâters to judge of tbe reasonablenesa of bis demanda. 

The Earl of Aberdeen is already aware that^ what* 
ever oiay be the disposition which His Majesty's Go- 
vernaient œay dow be pleased to make gf this subject^ 
îtinust necessarily be finale and indicative of the po- 
Itcy to vrhich it will be necessary, in future, to adapt 
the commercial relations of each Country, As the Re« 
gulations on the part of The United States, which will 
follow tlM décision of this Government, can be adopted 
by the Gongress alone, it becomes the duty of the Un* 
desaigned to ascertain and« transmit such décision du* 
ring ibe présent Session of tbat Législative Body. But, 
Vrhile the Undersigned again solicits the «arliest conve* 
nient Answer to his Proposition , he cannot but repeat, 
tbal it will be faappy for botb Countries, if their mea* 
sures shall coïncide ih cultivating those libéral princi- 
plea of mutuel accommodation, which are the éléments 
of common prosperity and united strength. 

However the fact may be regretted and condemned 
by enlightitn^ Stsrtesmen, it cannot be concealed, that 
aacient préjudices and unworthy animosities do still lin* 
ger among the People of botb Countries; and the Earl 
oC Aberdeen bas been too dislinguished as observer of * 
events, not to perceive the opération of those causes, 
ia.fostering a spirit of commercial jealousy^ espedaUy 
ia relation to the Colonial Trade. 

It should be the désire , as it is the înterest, of both 
Governments, to extinguish thèse causes of mutuel bitter- 
aess; to correct the errors which may bave interrupted 
tbe barmony of their past intercourse; to discard nrom 
their commercial Régulations measures of hostile mono* 
poly , and to adopt instead, a gênerons System of frank 
and amicable compétition. 

Tbere bas never occurred in the history of the two 
Countries, a fairer opportunity than tbe présent to ef- 
fect this désirable ol^ct, and the Undersigned feels 
pleasure in reinarking the favourable disposition pro* 
fessed by both Governments on the subject. He begs 
to suggest, however, that this period of amicable ex- 
pressions , deserves aiso to be signalized by acts of mu* 
tuai concession, which may remain to the People of* 



440 -^ctea reUUiv, au commerce entre les EUdê^ 

1SS9 both Coiintries as earnests of tho8e libéral relttioot, 
vrbich , the Governments bave resolved to eultivate. 
Sucb would be embraced ip tbe Proposition ^ wbich 
tbe Uodersigned bas already bad the bonour to auboik; 
. namely, tbat The United States should do now, tbat 
vrhich tbey might bave done in 1825 , — rescind the 
measores nvbich oiay be alleged to ba^e contributed to 
tbe présent eyii, and repeal the Laws Mrhicb baye beeo 
matters of complaint; and tbat Eogland should assent» 
noW) to a measure , vrhich^ but a few years sincei sbe 
berself proposed. 

Tbe Undersigned is unwilling to pass froai tbis to- 
pic without reassuring tbe Earl of Âberdeen , tbat it is 
from considérations of tbis kind tbat the subject deriyes 
its bighest importance in tbe view of bis Goveroment. 
Tbere is nô disposition to deny thc( injurious eiFects 
of tbe existing Régulations upon the commercial and 
navigating enterprize of the People of The United Sta- 
tes ^ associated, as it evidently is^ with the substantiel 
prosperity of the British West lodia Colonies; much of 
the injury, bowever, and especially tbat arising from 
the temporary inactivity of a portion of American ca- 
pital , might soon be remedied by Acts of tbe Législa- 
ture , opening new cbannels for commercial enterpriae. 
But the evil most to be apprebended is, tbat in recnr* 
ring, 'on both sides, ta the remedy of Leglslatire E- 
nactments, a spirit of compétition might be immediat«ly 
awakeped^ wbich, however dispassionately it might com- 
mence , would be too apt, in a little whik^ to become 
angry and retaliating. In cases of the kind, as baslieen 
too well proved ^ one step necessarily leads to another, 
each tending inore and more to estrange the two Na- 
tions > and to produce mutuel injuries', deeply to be 
deplored when tbey can no longer be remedied. 

It is far from the intention of the Undersigned to 
intimate, tbat The United States could be disposed to 
complain of any commercial Régulation of Great-Britain, 
which by a System of reasooable préférence, ebould 
consult the interests of her own Subjects; proyided it 
were done in a spirit of amity and impartiality , and 
tbat it should place ail Nattons on an equàl footing. 
But, when The United States ehall thiok tbey baye 
grounds to consider themselyes singled out lirom ail 
other Nations > and made the exclusive obîect of an in« 



unis et les coL angl. dans les Indes occid. 441 

iiirioQS Régulation ; -when thejr sfaall unagioe it leyel- 18B9 
Jed at their prosperitj alone^ either in retaliation of 
past deedSy or for interested purposes^ to secure soma 
adtentidoua advantage, or to encourage a hostile contf- 
petition hf meana of commercial monopoly; however 
justifiable, in sucfa case, they may admit the Régulation 
to be, in point of strict right , they will hardly be able 
to refrain , not mereljr from complaint , but from a 
conree of measores^ cidcolated, as tfaey may tUnk, to 
aTert the intended in)ury; thongh pregnant^ perhaps, 
"With eonseqnences to be ulfimately laineihted. 

WMe the Undersigned would in no degreé impair 
the fuU force of thèse considérations, he iifould, at the 
same time, be distinetly unt