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Full text of "Nouvelle biographie universelle [afterw.] générale, publ. sous la direction ..."

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NOUVELLE 

BIOGRAPHIE GÉNÉRALE 

DEPUIS / 

LES TEMPS LES PLUS RECULÉS 

JUSQU'A NOS JOURS. 



TOME VINGT-TROISIÈME. 



Haag;. '- — Hennequin. 



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I»ARIS. — TYPOGAAPHIE DB FIRMIN WDOT FRÈRES, FILS ET C»«, RUE JACOB, 66. 



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Cjz 

NOUVELLE 



BIOGRAPHIE GÉNÉRALE 



DEPUIS 



LES TEMPS LES PLUS RECULÉS 

JUSQU'A NOS JOURS, 

AVEC LES RENSEIGNEMENTS BIBUOGRAPHIQUES 

KT l'indication DBS SOURCES A CONSULTER; 

PUBLIÉE PAR 

NN. FIRMIN DIDOT FRÈRES, 

sous LA DIRECTION 

DE M. LE D' HOEFER. 



Zomt Dtttgt^^rotdtfntf. 



PARIS, 



FIRMIN DIDOT FRÈRES, FILS ET C», ÉDITEURS, 
mmiifBims-LnRAïKBg db l'institdt dr francr. 



RDE JACOB , M. 



M DCCC LVIII. 
Let éditeurs se réservent le droit de traduction et de reproduction à l'étranger. 



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, tXS «815) 



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NOUVELLE 

BIOGRAPHIE 

GÉNÉRALE 

DEPUIS LES TEIPS LES PLUS RÉGULÉS JUSQU'A NOS iOUR^^v ^^ 



H 



;haa6 (Eugène et ÉnUle)^ littérateurs 
français, nés à Monti)éliard , le premier le 1 i fé- 
iTTier 1808, le second le 8 novembre 1810, d'une 
ancienne famille comtale, alliée à celle des Cuvier, 
commencèrent leur éducation dans leur Tille na- 
tale, et rachevèrent à Strasbourg, où Talné prit 
ses grades en tbéologie. Les deux frères allèrent 
ea»afte en Allemagne, où ils s'occupèrent d'en- 
seignement. A leur retour en France, ils réso- 
loreot d'élever un monument à leurs coreligion- 
naires français , et pendant qu'ils préparaient les 
matériaux de ce grand travail, ils s'occupaient 
de traductions pour la société anglaise de la pro- 
pagation des connaissances chrétiennes. Le livre 
de MM. Haag a pour titre : La France pro- 
testante, ou vies des protestants Jrançais 
qui se sont fait un nom dans Vhistoire de* 
puis les premiers temps de la réformation 
jusqu'à la reconnaissance du principe de la 
liberté des cultes par V Assemblée nationale, 
ouvrage précédé,d*une notice historique sur 
le protestantisme en France, suivi de pièces 
justificatives et rédigé sur des documents en 
grande partie inédits ; Paris , 1847 et ann. 
suiv. , 10 vol. in-8® : sept ont paru. Pour cet 
ouvrage les auteurs ont remonté aux sources ; 
ils ont fouillé les bibliothèques, revu les édi- 
tions, compulsé les manuscrits, les archives ad- 
ministratives de la France et de l'étranger, et, 
ne s'arrètant devant aucune considération de 
personnes, ils ont recherché avant tout la vérité; 
la partie liÂbliograpbique est surtout très-soignée 
et aussi complète qu'il est possible. M. Eugène 
Haag a publié en outre un Cours complet de 
Langue Française ; Leipzig, 1834-1836, 5 vol. 
io.g* ; — une Viede Calvin, à l'usage des écoles 
protestantes ; Paris, 1840,in-18 ;— etune Vie de 
Luther ;y9Xeocie, 1839, in-18. 11 a traduit de l'al- 
lemand : Vues classiques de la Suisse , par H. 
Zschokke , 1836-1837, in-8*>; et de l'anglais : 

MOCV. BIOCR. GÉNÉR. — T. XXUI. 



un traité de Milion Sur la Trinité, Paris, 1842, 
in- 12. M. Emile Haag a traduit de l'anglais : 
Aperçu de la R^formation en Angleterre , 
par J;-J. Blunt; Paris, 1840, in-12; — Bfise 
en ju^emifliiê des témoins de la Résurrection 
de Jésus , par Th. Sherlock ; Paris, 1840, in-12 ; 
— Vie de V archevêque Cranmer, par Ch. 
Webb Lebâs ; Paris, 1843, 2 vol. in-12. On lui 
doit aussi un recueil de Satires et poésies di- 
verses; Paris, 1844, in-16 : recueil sans pré- 
tention, que l'auteur appelle avec raison ses Ju- 
venilia. En 1853, M. Eugène Haag a été un des 
fondateurs de la Société de l'Histoire du Protes- 
tantisme français , qui l'a nommé son secrétaire. 

L. LOUVBT. 
Documents partieulierg. _ 

^HAACÊifSEN {Richard), écrivain danois, 
né en 1721, mort à Copenhague, en 1771, avec 
le titre de conseiller d'État. 11 fut planteur à 
l'Ile de Sainte- Croix ( Antilles ), dont il a donné 
une description : Beskrivelse over Sainte- 
Croix; Copenhague, 1755, in-4". E. B. 
Myerup et Kraft, LitUfxx. 

HAAGBB-ALENSTBiG ( Maisou DE), an- 
cienne famille originaire d'Autriche, dont les 
principaux membres sont : 

HAAGBB ( Sigmund ), mort en 1521. Il acheta 
en 1499 la moitié de la ville d'Alensteig, dans le 
cercle de MaDhartsberg(archiduché d'Autriche). 
Depuis cette époque toute la famille des Haager 
a ajouté à son nom celui d'Alensteig. Sigmund 
Haager, qui avait eu deux femmes, Dorothea de 
Hohenwart et EIsbeth de Potenbrunn, laissa 
vingt-quatre enfants, dont dix-sept fils. Un d'eux, 
Veit Haager von Alensteig, seigneur de Pezen- 
kirchen, Altenlembach, Festéiwamsen et Lich- 
tenfels, joua un certain rôle à la cour de Ferdi- 
nand 1*'. Un autre , Georges Haager, exerça à 
Graaz les fonctions de commandeur des cheva- 
liers de l'ordre Tentonique. 

1 



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3 HAAGER 

HAAGEiirALE?iSTBiG ( Sigrhtthà); àh^r^ 
petit-tils du précédent, mort en 1 fil 7. II entra de 
fort bonne heurt» daiM la carnère militaire, servit 
snccessiTemént ions les otdrel deé cdintes dl 
Hardegg et de ^hwlrtzbotlrg ; du })rittbe d'a- 
range, et combattit avëb ces^nét^ux en Italie; en 
Hongrie et en Hollande. Il parcourut ensuite 
l'Angleterre, la France, Tltalie, TAllemagne, le 
nord de l'Europe et la Pologne, etfidblid, de re- 
tour en son pays, des relations de voyagea: Peu db 
temps après il re^t sa vie aventureuse, devint 
chef d'un escadron de cuirassiers, et mena à ses 
frais soixante hommes à la guërrié contre les 
Turcs. Il assista aussi, sous le commandement 
d'Adolphe de Schwarzenberg,à la prise de la for- 
teresse de Kaab» et obtint, en récompense des 
services qu'il rendit à l'empereur, les grades de 
capitaine général de la haute Hongrie et de 
commandant de Kaschau. Chaleureux partisan 
des nouvelles doctrines religieuses, il se signala 
en 1608 parmi les membres de la fédération pro- 
testante de Hom, et siégea l'année suivante 
comme dépoté du cercle du haut Etins dans l'as- 
semblée religieuse dite C&rpus EvangellcorUm. 
n fut trois fois marié, IBl laissa vingt-et-uû en- 
fants. En 1590; il avait vehdu sa propriété de la 
ville d'Alensteig, eu se réservant seuletnent queh 
ques droits féodaux. 

HAAGEB-ALENàTBiG {^lèbàstian-Gûntfier 
voN),8eigneur de Wetzdorf, ftls du précédent, oc- 
cupait à l'avènement de l'empereur Ferdinand II 
la place de commandant de la viHe dé Vienne. 
Dévoué , à l'exemple de son père , aux intérêts 
de l'Église protestante, il refusa énergiquement 
de reconnaître l'abdication de l'archiduc Al- 
brecht et de prêter serment à Ferdinand H. Il 
se lia avec Matthieu-Henri, comte de Thnm, chef 
des Bohèmes révoltés ; mais son parti fut vaincu 
et Haager décapité. L'empereur confisqua tontes 
ses terres et capitaux. Son fils, Hans-Sey/ried , 
abjura la religion protestante, et embrassa les 
doctrines de l'IÉ^lise catholique, abandonnées par 
ses ancêtres. L'empereur Léopold T' le créa 
baron le 12 janvier 1671. 

Un de ses descendants, Otto-Siegmund Haa- 
ger- Alensteig , dernier burgrave de Vienne, 
mourut en 1812, à l'âge de quatre- vîngt-qnatorîe 
ans. n avait combattu sous les ordres du prince 
Eugène^ et était parvenu, en 1758, au grade de 
feld- maréchal -lieutenant. Durant les dernières 
années de sa vie, il occupa la place de grand- 
mattre de la maison de l'archiduc Reinier. 

BAAGER-ALENSTBIG {François, baron de) 
fils du précédent, né vers 1765, mort àisra ,près 
de Venise, le 31 juillet 1816. Nommé en 1786 
commissaire an département de la guerre , il de- 
vint, en 1795, apr^s avoir parcouru les grades 
intermédiaires, capitaine de cercle (Kreishaupt' 
mann ). En 1803 il entra comme conseiller au- 
liqueau ministère de la police; en 1808 il de- 
vint vice-président de ce département, et en 
1813 président du ministère de la police et da 



— fiAAS 4 

Aureàu'lle la cefisdre littéraire. Son souverain lui 
donna à différentes reprises des preuves de son 
estime et de son aflection, et le décora entre au- 
tref, Ih 18{6, de \à gr^de-croix de l'ordre de 
Léopoid. Haager rilourdt pèh dé temps après, 
laissant la féputatidti d'dn admiiiistrateur habile 
et intègre. Il eut le courage d'adoucir un peu les 
rigueurs.de la censure autrichienne et de rendre 
quelque liberté à la littérature et à la presse pé- 
ribdique. R. Lindau. 

Zettgenotsen, !'• série, no VII, p. l08-it4. — Wurro- 
brand, Collect. hist. gen. — Spener, Historia Insignintn, 
— Raupacb. Evanget, OEsterreUh. — WlMgnll, Sehau- 
ptatx de» lakdsœtsiçen niedereuterr. AdeU wm Herm 
und^RUterstand. 

HAANSBEBGBN ( Jean VAN ) , peintre hol- 
landais, né à Utrecht,le 2 janvier 1642, mort à 
La Haye, le 10 janvier 1705. Il fut un des meil- 
leurs élèves de l'habile Poëlemburg, et sut si bien 
saisir la manière de son maître que les meilleurs 
Connaisseurs confondent souvent leurs œuvres. 
Mais le soin qu'exigeaient de pareilles produc- 
tions lui prenait trop de temps pour qu'il pût 
faire beaucoup et s'enrichir. En 1669, 11 vint 
s'établir à La Haye, où il peignit le portrait, genre 
plus lucratif. « Ses portraits de femmes, dit 
Hoobraken, n'étaient que des iis et des roses. » 
Ses premiers ouvrages ont le mérite de ceux 
de Poëlemburg , la même finesse de couleur, 
et révèlent autant d'intelligence. Il peignit sou- 
vent, comme son maître, des Nymphes nues, et 
ornait ses fonds de paysages agréables. Il se 
montrait surtout ingénieux dans la fable et l'al- 
légorie ; mais il a laissé trop peu de tableaux 
du temps de sa pauvreté et beaucoup trop de 
ceux qui ont contribué à sa fortune. Ses meil- 
leures productions sont restées en Hollande ; 
aussi est-il peu connu dans le reste de l'Ënrope. 
On admirait à La Haye, galerie van Slingelandt, 
Une Baigneuse y et à Rotterdam, galerie Bts- 
schop, Une Dame à sa toilette et Un Enfant 
dans les bras de sa nourrice, 

A. DE Lacaze. 

Jacob Canopo Weyerman, De Sehilderkons der J^eder- 
landers, t. Il, p. 6. — Descampt, La Vie des Peintret 
àoUandaii, etc., t. II, p. 166. 

BAAS ( Jôhann-Sebastian ) , sténographe 
saisse, né à Berne, en 1641, mort en janvier 
1697. n passa la principale partie de sa vie 
auprès du landgrave de Hesse-Cassei, qui le 
chargea successivement des fonctions de secré- 
taire du cabinet, de maître des pages (1670), de 
bibliothécaire ( 1673 ) , de conservateur des ar- 
chives de la coor (1686 ), et qui l'envoya en 1689 
comme secrétaire d'ambassade au congrès de Ni- 
mègue. On a de Haas un ouvrage fort curieux et 
fort rare, écrit en français et intitulé : Stégano- 
graphie (et non Sténographie, comme le di- 
sent quelques biographes) nouveite, oà cei art, 
fort imparfait jusque icy, a été nUs dans une 
plus grande perfection ; Càa&e\, 1693, ia»4*. 
Pour conserver la clef de l'écriture stégemogra- 
phiqae inventée par lui , Haas avait lai&aé dans ^ 



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HAAS 



6 



âOD ouvrage des Madcb qu'il remplissait à la 
l>lanie. K. L. 

StriHer, HtUUek, Gêlehf^ngeieh. - Adelaag.Soppl. 

èJAeber. 

■AA8 (Johann-McUthias), géographe aile- 
ioiiid,né à AogBboorg, ib 14 janvier 1684^ mort 
à Witteoberg, le 24 septembre 1743. Élève de 
son père Joh.-Mattb. Haas, mort en I70d, qui 
avait acKpiis dans son temps une excellente ré- 
' pntatioa comme mathématÎGien et géographe, il 
i tennma ses études aai unir ersités de Helmsteédt 
et de Leipzig, devint en 1716 agrégé à Tuniver- 
«té de cette dernière ville, et passa de là en 
f 720 à Wittemberg, où fil enseigna jusqu'à sa mort 
ks sdeoces mathéroatiqQes et géographiques. 

Haas a éfé un savant fort distingué^ dont les 
travaux ont exercé une influence marquante sur 
le progrès des études géographiques. On a de 
}m : Doliontm Dlmensiones, sim Pithome- 
Ma; Wittemberg, 1726$ — Tabula Hun- 
gariœy atnpliori sifnifictau ex recentissimis 
pariter et antiquissimis relationibus et mo- 
' mimen^i^ concinnato; Nuremberg, 1744; — 
Tabula imperii Kussici et Tartari» nni- 
venxy ibid., 1746, que Ton peut considérer 
comme une des prémices cartes utiles de Tem- 
jm russe; — Sciagraphia metfiûdi proji- 
ciendi Sphœras et delineandi mappas;Mâ., 
1746 ; — Descriptio geographiea et histeriea 
Jlegni Davidict et SalomonaH^ cttm delinea^ 
tione Syriae et Mgypti; Nuremberg, 2"édit., 
1754; — Phosphorus Bistortarum, seupro- 
dromtts iheatri snmmorutH imperiorum^ hoc 
est Historix politicœ wniversalis potiorés et 
principalis, etc.; Leipeig, 1742, in-fol. ; excel- 
lent ouvrage, auquel Haas consacra de longues 
aimées d'études, et dans lequel il se proposa de 
doaner des notions exactes sur lés gnoides ré- 
volutions que les empires ont subies dans la 
sotte deft siècles; — Hiêtwi» unwersalis po* 
liticx Idea plane nova ac légitima, tracta' 
tionem summorum impertorum exMbem 
in I sciagraphia dieendorunii II tabuiis 
ckronoloQids, IJItafmlàrumgeographiearuin 
sectioniàus Innis^ in lectia^um acaâemi- 
carum nsum prdpojHiTaf Nuremberg, 1743, 
in-4'', avec 46 cartes géographiques, 16 t^lesux 
chronologkiaes et 24 feuHles de texte. A Tépoque 
de son apparition, cet ouvrage lÉclipsa tous les 
autres au point de vue de rutilité pour Fensei- 
gnemeot de l'histoire poHtfqne universelle. Après 
la mort de Haas, on pubKa d'après ses travaux un 
l(Faod Atlas historique, His1m%sefi,er Atlas^^n- 
remberg, ff7ôO, ih-folto, divisé en 6 parties : 
r HaasH HUt, universaU* poUt. Idea, etc. ; 
2« ChronoioffiedesîifonaroAies,m 9 tal)leauil; 
3* Les grands JSmpires,t!n 9 cartes géogra- 
phiques; 4** JC Empire Germanique, sous Char- 
kmagae, Otiion P', Cdarad H, Frédéric H, 
Frédéric HI , Charles Quint , Charles VI, en 
f cartes «éog. ; 5» Géographie biblique à Vépo- 
p^e de IHnH^i et Sakimon, en 6 cartes géogr. ; i 



6° Les grandes VUles comparées entre- elles, 
en 6 cartes. D^ L. 

Hanslectner. SehWKb. jirchiv., vol. II, p. 1V5. — Hir- 
schiog. Handbvchj vol. II, p. 128- tSl. 

HAAS ( Charles- François- Hubert), historieii 
allemand, né à Cassel, le l2 août 1722, mort le 
29 octobre 1789. 11 fut nommé, en 1754, profes- 
seur d'histoire à Tuniversité de Marbourg, dont 
la bibliothèque fut confiée à son administration 
en 1778. Ses principaux ouvrages sont : lebens- 
beschreibung des D. B. Horchen (Biographie 
du docteur H. Horchen); Cassel, 1760, in-8*»; 

— Opuscula hiàtorica; Marbourg, 1770, in-4°; 

— Anmerkuïigen ûber die hessische Ges- 
chichte vom Landgraf tieintïch I bis axif 
das Jahr 1434 (Remarques sur l'histoire de 
Hesse à partir du landgrave lîenri I" jusqu*à 
Tah 1434);t"rancrori, 1771, in-S**: — Versuch 
einèr kessischen Kirchengeschichte, bis ge- 
gen Aufang des 16«»» Jahrhunderts (Essai 
d'une histoire ecclésiastique de là Heèse, jus- 
qu'au commencement du seizième siècle); Mar- 
bourg, 1782, in-8»; — Vermischte Beilràge 
zur Geschichte und Literatur (Mélanges d'His- 
toire et de Littérature); Marbourg, 1784, in-8^ 

E. G. 
Strleder, Hets. Gelehrt. Gêsekiehie, t. v, p. iw. - 
J.-M. Cnrtfos, MevwHa Haaiii; Marboarg, 17S9, \n-V>. 

— Emch et Gruber, MlQ' EncyeiopééUe. 

■AA8 (Guillaume), mécanicien, graveur et 
fondeur en caractères suisse, né à Bâle, le 23 août 
1741, mort le 8 juin 1800, à l'abbaye de Saint- 
Urbain (canton de Luceme). En 1764, il apporta 
des améliorations importantes dans la fondeiie de 
son père, qui devint célèbre dans toute l'Alie- 
magne* il eut le premier l'idée de se servir pour 
l'impression des caries géographiques de carac- 
tères mobiies, dont il rendit compte dans l'écrit 
intituié t Besehreibung undAbriss einer neuen 
BuchdrwBker presse er/unden in Basel 1772 
unû zum Nutsen der Buchdruekerkunst he- 
raxtsgegeben { Desmption d'une nouvelle presse 
d'inoprimerie découverie à Bàle en 1772) ; Bftle, 
1790. En 1789 Haas confia la direction de son 
établissement à son fils pour consacrer au service 
de sa patrie les coanaisaances qu'il avait^cquises 
comme ingénieur militaire. M se distingua lors de 
la révolution qui éclata en Suisse; il fut nommé 
membre du grand conseil et inspecteur général 
de l'artiltorie. il fit sous les ordres de Masséna 
la campagne de la Suisse orientale (1799), et 
fonda dans la même aimée l'école d'artiMerie de 
Saint-Urbain, qu'il dirigea jusqu'à sa mort. B. L. 

Laz, J\fèkroi. denkwûrdiger Schweiser aut dem iBten 
Juhr h. ;\ar»n, 18lî, p. i9i. — Intelliqenzblatt zur Jtlg. 
Ltter. Zeitg.y 1800, p. 1050 sqq.— Brsch et Gruber, JUlg. 
Encydap. 

HAAS {Jean-Godefroi), philologue allemand, 
né en 1737^ àGriesebach, près Zscboppan, mort 
le 17 avril 1815, à Schneeberg ( Saxe). Il exerça 
pendant plusieurs années les fonctions de recteur 
du collège de Schneeberg, et publia un grand 
nombre d'ouvrages à i'usiage des écoles, tels que : 
Dictionnaire Grec, Dictionnaire Françafs, 

1. 



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7 HAAS — 

Dictionnaire Latin, Grammaire Grecque, 
Grammaire Latine, etc. On estimait surtout 
son recueil de thèmes grecs : Griechische Spe- 
cies, Leipzig, 1801 ; 3" édit., 1811 ; et son Dic- 
tionnaire Latin-Allemand et Allemand-La- 
tin^ Leipzig, 1804; 2° édit, Altenbourg, 1808. 

R. L. 
Ersch et Gruber, AUgem. Encyciopxdie, — Menael. 
Cel. Deutschland. 

l HAASE ( Henri-Dieudonné'FrédériC'Chré- 
tien)f philologue allemand, né le 4 jdnvier 1808, 
àMagdebourg (Prusse). H fit ses premières études 
au collège de sa ville natale, et fréquenta, de 1827 
à 1831, les universités de Halle, Greifswald et 
Berlin. De 1831 jusqu'en 1835 il occupa succes- 
sivement les places de professeur à Berlin, 
Charlottenbourg et Schulpforte; mais en 1835 
il fut suspendu de ses fonctions, et condamné à 
six ans d'emprisonnement pour avoir participé 
aux sociétés secrètes* de TAUemagne (Burschen 
schciften). Il obtint sa grâce après avoir été dé- 
tenu pendant un an, et entreprit alors uû voyage, 
durant lequel il'fit aux bibliothèques de Paris, 
de Strasbourg, de Heidelberg et de Berne des 
recherches approfondies sur les écrivains mili- 
taires grecs et romains. En 1848 il fit partie de 
l'Assemblée nationale de Berlin, dans laquelle il 
vota avec le parti modéré libéral, et en 1651 
U fut nommé directeur du séminaire philolo- 
gique à Breslau. Ses principaux travaux sont : 
l'édition du De Republica Lacedsemoniorum de 
Xénophon; Beriin, 1833; — Vergangenheit 
nnd Zukunft der Philologie ( Passé et Avenir 
de la Philologie); Berlin, 1835; — l'édition de 
Thucydide y accompagnée d'une traduction la- 
tine, qui fait partie de la bibliothèque grecque 
publiée par A.-F. Didot; Paris, 1840; — De 
militarium Scriptorum Grxcorum et Latino- 
rum omnium editione instituenda Narratio; 
Berlin, 1847 ; — l'édition de la Historia Ro- 
7?iana de Velleius Paterculus; Leipzig, 1851; 
— l'édition des Œuvres de Sénèque; Leipzig, 
1852, vol. 1-3. M. Haase callobora en outre à 
plusieurs recueils et revues littéraires ; on re- 
marque dans la grande Encyclopédie d'Ersch et 
Gruber ses articles Philologie et Phrygie, 

R. L. 

Conv,-Lex. — Gersdorf, Eêpertorium. 

HARACVG, l'un des petits prophètes, vivait 
vers 750 avant J.-C. Selon les uns, on vers 600 
selon les autres. Imagination vive et créatrice, 
diction brillante , figures hardies et qui n'ont rien 
d'exagéré, tableaux parfaitement développés, 
telles sont les qualités qui distinguent les trois 
chapitres que nous avons de lui et qui figurent 
avec honneur à cMé de ce qu'il y a de plus beau 
dans l'Anden Testament. C'est en 600 que les 
€haldéens firent en Palestine la terrible in- 
cursion dont l'auteur parle avec une, sorte de 
terreur et d'angoisse (ch. III), en faisant des 
vœux pour qulsrael soit bientôt délivrée de cette 
calamité (ch. I et II). A défaut de données po- 



HABASQUE 8 

sitives sur la vie du prophète dans les liTres 
canoniques de l'Ancien Testament, on peot ad- 
mettre cette dernière hypothèse comme la plus 
probable; elle concorde assez d'ailleurs arec la 
tradition conservée dans l'une des additions 
apocryphes à l'Ancien Testament qui se trouvent 
dans les Septante et dans la Vulgate, tradition 
qui fait d'Habacuc un contemporain de Daniel, 
et qui veut qu'il ait passé à ce dernier, pour le 
nourrir dans la fosse aux lions , un potage qu'il 
portait à la campagne pour les moissonneurs 
(Daniel, XIV, 32 et suiv. d'après la Yolgate; 
Histoire de Bel et du Dragon, v. 33 à 39, d'a- 
près les versions des protest. ). Quant au carac- 
tère moral des poésies du prophète, son but en 
présentant les maux dont les Israélites sont ac- 
cablés est de montrer que le péché entraîne 
inévitablement la punition divine, et envisagés 
sous ce point de vue, ces tableaux ont leur côté 
édifiant aussi bien que leur côté'terriUe. [ Th. 
Fritz, dans VEncyclop, des G, du M, ] 

Bible, livre û'Habacuc. -~ Baillct. Fies des Saints, 
tome IV, 18 Janvier. ^ Dom Calmet , Dict. de la Bible, 
— Bœumielo, Commentatiode Habacucivaticimis Heil- 
brun , 1840, lD-40. — Delitzsch, Commentarius de Ha- 
bacuei prophase vitu atgue tttate, cum diatriba de 
Pigudo-Dorot/iei et Pseudo-Epiphanii FU%$ propheta- 
rum; Leipzig, 184S, in-S». 

* BA BASQUE (François-MaricGuillaume), 
magistrat et historien français, né le 18 avril 
1788, à Lesneven (Finistère), mort le 22 dé- 
cembre 1855, à Lahou, près Dinan. U fit son droit 
à Rennes, et alla s'établira Sain^B^ieuc, où il 
devint successivement juge suppléant, juge et 
président du tribunal civil. On a de lui : Notions 
historiques, géographiques, statistiques et 
agronomiques sur le littoral des Côtes-du- 
Nord; Saint-Brieuc, Guingamp, 1832-1836, 
13 vol. in-8*. Quelques passages de cet ouvrage 
consciencieux ont motivé des réclamations de 
M. l'abbé Souchet, dans une Lettre imprimée 
à Saint-Brieuc, 1837, in-S**, lettre reproduite avec 
une seconde, et deux réponses de Habasque dans 
la brochure intitulée : Publications religieuses 
du diocèse de Saint-Brieuc par M, Sotichet; 
Saint-Brieuc, 1837, in-8<>. Dans V Annuaire des 
Côtes-dU'Nord, qu'il fonda en 1836, avec MM. de 
Garaby-Ferrary et Marée , et dont il fut un des 
plus actifs collaborateurs, Habasque a en outre 
inséré chaque année, de 1837 h 1848, sou& Ve 
titre de Villes, Communes et Monuments du 
département des Côtes-du-Nord, une série de 
monographies complètes et très -étendues sur 
Guingamp, Loudéac, Goarec, Jugon, Mon- 
contour, Vabhaye de Lantenac, le menhir de 
Trégrom, Corlay, Véglise de Planguenoual, 
Plouaret, Lanvollon , le château de CtfciVÊen, 
Pont'Rieux, Callae, Quintin, Plerneuf, Tré- 
muson, Colinée, Trébeurden, Vff ermitage, 
Plœuc, lonquedec, Rostrenen, Belle^Isle en 
Terre, Plénée-Jugon, QuilliOf Mur et le comté 
de Matignon. Outre ces notices, qui complèlent* 
sur beaucoup de points ses Noêtanif Mstofi* 



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9 HABASQUË — HABENEGK 

ques, Habasqne a laôssé divers travaux manus- 
crits, notamment une Histoire de la Chouan- 
nerie dans les Côtes-dihNord y qu'il s'est 
abstenu de publier, ne voulant pas fournir d'a- 
liment aux passions politiques, que son récit 
n'eût pas manqué d'exciter. Il était correspon- 
dant dn ministère de Tinstruction publique pour 
les travaux historiques. P. Levot. 

Bévue des Provinces Oe FOueet, 8" anoée. — Le Jean, 
La Bretagne, ton histoire et ses historiens. 

HIBDARBAHMÂII. VOff. ABD-£R-RÀB11AN et 

SOYOCTHI. 

* BABBNBGK (Ântoine'François)^ musicien 
français, né à Mézières, le 1"' juin 1781, mort à 
Paris, le 17 février 1849. Fils d'un musicien de 
Tt^'ment, né à Manheim, mais au service de 
France, il apprit de son père à jouer du violon, 
et dès l'âge de dix ans il se faisait entendre en 
public. Le régiment de son père étant allé à 
Brest, le jeune Habeneck y fit entendre quelques 
morceaux de sa composition. La pauvreté de ses 
parents ne lui permettant pas de songer à entre- 
prendre le voyage de Paris, un concert qu'il or- 
ganisa lui en fournit les moyens, et À Page de 
Tingt ans il arriva dans la capitale sans autres 
ressources que quelques lettres de recommanda- 
tion pour des artistes. Baillot, reconnaissant dans 
Texécntion du jeune Habeneck le germe d'un 
vrai talent, lui fit obtenir une place gratuite dans 
sa classe au Conservatoire. Après un brillant 
concours, il obtint le premier prix en 1804, et 
fut nommé répétiteur du cours de son maître. A 
on grand concert que donnait l'impératrice Jo- 
séphine , l'artiste de la musique de l'empereur 
qai devaût jouer un concerto de violon se trouvant 
indisposé, on proposa à l'impératrice de faire 
jouer ce morceau par Habeneck. H charma l'as- 
semblée, et Joséphine, apprenant qu'il n'était pas 
de la musique de l'empertur, lui accorda sur 
sa cassette une pension de 1,200 fr. Vers la 
même époque, il entra à l'orchestre de l'Opéra- 
Comique; mais il y resta peu de temps, ayant 
obtenu au concours une place parmi les premiers 
violons de l'Opéra. Bientôt après on lui confia la 
place de premier violon adjoint pour les solos, et 
/orsqne Kreutzer prit la direction de l'orchestre, 
Habeneck lui succéda comme premier violon. 
Dès 1806 il se fit remarquer comme chef d'or- 
chestre. C'était l'usage que les violonistes qui 
avaient obtenu un premier prix au Conserva- 
toire dirigeassent pendant une année les concerts 
de cette école ; la supériorité avec laquelle Ha- 
beneck remplit cet emploi le fit rester en sa pos- 
session jusqu'à la fermeture du Conservatoire 
après l'entrée des alliés à Paris. C'est dans ces 
concerts qnll fit entendre pour la première fois 
en France la première symphonie en ut de Bee- 
thoven. Plus tard, lorsqu'il fut chargé de la di- 
rection des concerts spirituels de l'Opéra, il 
voulut essayer de faire connaître les œuvres de 
ce grand compositeur; cette idée sembla si témé- 
raire qu'elle révolta bon nombre de musiciens, i 



10 



« Habeneck tint bonj dit M. d'Ortigue, et quel- 
ques répétitions eurent lieu à l'Académie royale 
de Musique. Mais on fut obligé d'y renoncer. 
Chaque morceau et quelquefois chaque période 
de l'orchestre donnait lieu aux interprétations les 
plus étranges , à de grotesques interpellations, à 
de longs éclats de rire, qui partaient de tous 
côtés... Habeneck, la tête penchée sur sa poitrine, 
répétait silencieusement : C'est pourtant bien 
beau ! puis tantôt d'un air suppliant , tantôt d'un 
ton d'autorité , il réclamait un peu de patience, 
un peu de silence. Attristé, mais non découragé, 
il obtint que la symphonie en ré serait donnéeavec 
l'oratorio du Christ au mont des Oliviers , à la 
condition que cette symphonie subirait de nom- 
breuses coupures , que l'andante de la sympho- 
nie en la serait substitué à celui de cette même 
symphonie en ré. Et c'était Habeneck qui avait 
consenti à faire ce métier dH arrangeur, Qu'ar- 
riva-t il? La symphonie tomba. Seulement, l'an- 
dante de la symphonie en la fut redemandé avec 
transport. Quant à l'oratorio du Christ au mont 
des Oliviers y il fut parfaitement accueilli. » Ce 
fut surtout en 1828, quand une nouvelle société 
des concerts fut organisée au Conservatoire, que 
les grandes compositions de Beethoven excitè- 
rent l'enthousiasme par la chaleur et l'énergie 
que Habeneck sut imprimer à leur exécution. 

En 1821 Habeneck (ht chargé de la direction 
de l'Opéra. En 1824 le vicomte de La Rochefou- 
cault changea l'administration de ce tiiéâtre; 
mais dans le but d'indemniser Habeneck, on créa 
pour lui une place, qu'il n'a jamais remplie, d'ins- 
pecteur général du Conservatoire, une troisième 
classe de violon à cette école , et Kreutzer fut 
mis à la retraite afin de donner à Habeneck la 
place de chef d'orchestre de l'Opéra. Après la 
révolution de Juillet, il fat en outre nommé pre- 
mier violon de la musique du roi. En 1846 il 
quitta la direction de l'orchestre de l'Opéra , oii 
il fiit remplacé par M. Girard. Parmi ses élèves 
on cite MM. Cuvillon et Alard. De l'avis de tous 
les connaisseurs, Habeneck était un excellent chef 
d'orchestre. On a vu rarement un homme aussi 
habile que lui à diriger de puissantes masses ins- 
trumentales. Musicien consommé, il pénétrait 
dans les plus petits détails et maniait un vaste 
orchestre avec autant d'aisance que son propre 
violon. Il déchiffrait avec une incomparable fa- 
cilité, et il n'y avait pas de morceau si difficile, 
si compliqué , qu'il ne îiA capable déjouer à pre- 
mière vue avec autant d'exactitude que de cor- 
rection. Grâce à cette qualité , il fut le premier à 
Paris qui put exécuter les derniers quatuors et 
quintettes de Beethoven, tâche dans laquelle 
avaient échoué d'autres artistes , qui déclaraient 
ces morceaux inexécutables. « Babeneck, qui ne 
fut point compositeur, qui, bon professeur de 
violon, n'en fut pas moins virtuose secondaire , 
dit M. d'Ortigue , devina et comprit Beethoven à 
l'époque où la grande masse des musiciens, fran- 
çais du moins, jetaient la pierre au géant de la 



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Il 



HABENECK — HABERT 



IS 



musique înfttrnmentate.;.. U lé comprit en fana- 
tique : ce ftit de Tengouement. » 

Comme compositeur on doit à Habeneck quel- 
ques morceaux écrits pour terminer l'opéra de La 
Lampe merveilleuse , après la mort de Bénin- 
cori ; — des concertos , des airs , des duos con- 
certants, des nocturnes, des caprices, pour vio- 
lons ; une grande polonaise pour orchestre, exé- 
cutée au festival de Lille en 18^9; une fantaisie 
pour Violon et piano, avec Schuncke, etc. 

L. L— T. 

•Fétls, Bipgr. univ. de^ Musiciens. — C<moersations- 
Lexikon. — D'Orligne, Les Inventeurs de Beethoren, 
dans le Journal des Débats da 9 novembre 1856. 

HARERMAIfN. Voy, AVERARICS^ 

BABERT (François) y poëte français, né à 
Issoudun, yers 1520 (en 1508 suivant d'autres ), 
mort vers Ï562 selon quelques auteurs, en 1574 
selon Colletet. ïl commença ses études à Paris , 
s*y livra à la dissipation, et fut envoyé à Toulouse 
pour apprendre la jurisprudepcej la mort de son 
père le laissa dans la détresse, et te nom qu'il 
prend dans plusieurs de ses écrits qu'il signe Le 
.Banny de Liesse ^ indique assez qu'il n'avait 
pas à se louer de la fortune. Après être entré 
chez un procureur , il chercha à obtenir l'appui 
de quelques personnages éminents ; il parvint 
enfin à devenir le secrétaire du duc de Nevers. 
Le sort parut alors sourire au pauvre poète ^ 
Henri II Te protégea, le chargea de mettre en 
vers les Métamorphoses d'Oyide, et lui donna 
une pension, qui ne fut pas très-exactement payée. 
Une mort prématurée vint enfin délivrer tïabert 
de tous les soucis et mettre un terme h sa fécon* 
dite. 11 écrivait avec soin et correction ; ses ou- 
vrages indiquent .des sentiments honnêtes , mais 
le talent poétique et la verve y font défa.tit. Ses 
principales produc^ons sont : f,a Jeunesse du 
Banny de Liesse: Paris, 1541, !n-Q°; — La 
Suite du Banny de Liesse^ Paris , 1541 ; — Z.c 
Jardin de Félicité, avec la Imànge et hau- 
tesse du sexe fémii}fn^ Paris , 1541, in- 8*» ; — 
Le Combat dfi Cupido et de la Mort; Paris, sans 
date; — Le Philosophe parfait: Pari?, 1542 j — 
Le Songe de Pantagruel; Paris, 1542; — Le 
Voyage de V Homme riche, fait en manière 
de dialogue; Troyes, 1543; — Les Trois nou- 
velles Déesses, Patios, Juno, Vénus ;\bk^', 

— Les Victs des sept Sages de Grèce; Paris, 
1549; Lyon, 1550 ; — Le fen^ple de Chasteté, 
avec plusieurs épigramme$, ensemble plu- 
sieurs petitz œuvres poétiques; Paris, 1549; 

— Les Épistres héroïâes pour servir d'exem- 
ple à toute dmefidelle; Paris, 1550; — V His- 
toire de Titus et Gisippus et autres petitz 
œuvres deBervald latin interprétées en rime 
françoise; Paris, 1551; — V Institution^ de 
la Libéralité chrestienne; 1551 ; — VExcel- 
lence de poésie contenue en épistres, dixains, 
huitains , etc. ; Lyon, 1556; -— La Harangue 
de la déesse Astrée; Paris, 1556; — Les di- 
vins Oracles de ^oroastre; Paris, 1556 ; on 



trouve aussi dans ce volume une composition 
dramatique); — La Comédie du Monarque, 
sans distinction d'acte ni de scène (voir la Bù 
bliothèque du Théâtre- François , 1768. t. I, 
p. 153); — La Métamorphose de Cupido; 
Paris, 1561, traduction d'un poëkne latin mo- 
derne : elle est dédiée à François II et à Marie 
Stuart. Le& distiques moraux que le moyen âge 
attribua à Gaton trouvèrent dans François Ha- 
bert un interprète; ses Q^atre livres de Co- 
ton pour la doctrine des mœurs, imprimés à 
Lyon, en 1552, furent si bien accueillis qu'ils 
ehrent deux autres éditions : Paris, vers 1575, 
et CajBn, 1579. Habert traduisit en vers fran- 
çais les trois livres de La Chrysopée, poème al- 
chimique d'Augurelli; Paris, 1549, in-8°. II 
publia sans y mettre son nom la Description 
poétique de l* histoire du beau Narcissus; 
Lyon, 1550, in-8"; nous avons dit qu'il reçut 
d^enri n Tordre de traduire les Métasnor- 
phoses d'Ovide ; cette verâion , en vers de dix 
syllabes , est loin de reproduire la grâce du texte 
original; elle obtint toutefois un succès qu'at- 
testent ses nombreusies éditions. Publiée d'a- 
bord à Paris en 1557, elle reparut cinq fois en 
moins de dix ans chez un libraire parisien, Jé- 
rôme de Mamef (en 1573, 1574, 1580, 1582 et 
1587 ). Quelques amateurs recherchent encore ces 
petits volumes, non pour les vers, qu'on se garde 
bien de lire, mais à cause aps figures sur 
bois qui les illustrent. Suivant l'usage de l'é- 
poque , Hat)ert recourt tr^s-souvent à l'allégorie; 
son poëme des Trois Déesses n'a ^ucun rapport 
avec le sujet trop voluptueux <jue rappelle le 
jugement de Paris; la Nouvelle Pallas, c'est 
Jésus-Christ développant sa morale; la Nou- 
velle Junon, madame la Danphine ( Catherine 
de Médicis), qui prononce l'éloge de la religion 
et de la France j la Nouvelle Vénus est un mo- 
dèle de cl^astelié, et son amour est tout spiri- 
tuel. C'est fort édifiant, mais très-prosaïque 
et très-fastidieux. Des trop nombreux ouvrages 
d'Habert, un seul (les Épistres héroïdes) offre 
peut-être quelque intérêt. En écrivant à ses con- 
temporains, il présente divers détails utiles pour 
l'histoire littéraire du temps; il lui arrive aussi 
de choisir de singuliers sujets de correspondance ; 
il invente une lettre de Dieu le père à la vierge 
Marie , et il fait iponnaltre une épttre de la Ma- 
deleine aux dames chrétiennes. Les divers vo- 
lumes d'Habert, négligés depuis trois siècles, 
sont devenus fort rares, et les bibliophiles y 
mettent un prix élevé. En 1847, on a adjugé à 
130 francs un exemplaire du Combat de Cu- 
pido , recueil un peu trop libre en quelques en 
droits ; parmi les pièces indiquées tout au lon^ 
sur le titre , on remarque une Exclamation 
contre dame V...'le. G. B. 

Goiijet. Bibliothèque française, t. IX, X, XI et Xlll. 
— Mélanges d'une grande bibliothèque, t C. <— Nlcéron. 
Mémoires, t. XXXIII. p. 162. > Annales poétiques, t. v. 
> J.-Ch. Bruoet, Manuel Ou Libraire, t. il, p. 499. — 
Violet-Uduc,; Bibliothèque poétique, 1. 1, p. t». 



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13 



BABS^T 



14 



BABtwr ( Pi^X4 ) » poït9 français , frère du 

précédeDt, né 9l$^udqn,mQrt vers 1590. Après 
aToir été maître d'épriture , il s'introduisit à la 
cour, et parvint r^pidei^eni à des eipplois im- 
portaats; il se qualifie de « maistre escrivain 
Paris, conseiller du r.oy , secrétaire de sa 
chambre , de ses finances , fnaison et couronne 
de France, ))ailly de son artillerie pt garde du 
ficel d'icelle. » A c^ titres , il voulut ajouter 
celui d'auteur en vers et en prose. Il composa 
des oarrage^ parfaitement oubliés sur VlnstriiC' 
tion et Secrets de Vart de VEscriture; — Sur 
la Ponctuation et accfHnU de la langue fran- 
çoise; — Sifr le style de composer toutes sor- 
tes de lettres, missives, quittances, etc. Il fit 
paraître en tbb9 Ze Miroir de Vertu et Chemin 
de bien vivre^ contenant plusieurs belles his- 
toires par quatrain^ et distiques , petit re- 
cueil à l'usage de 1^ jeijnesse, qni lut réimprimé 
plusieurs fois. £n 1568, il adressa à Charles IX 
un Traicté (çnvers) du bien et utilité de la 
Paix et des maux provenant de la guerre ; 
Paris, in-S** j c'est Jrès-raispnnaWe et très-en- 
nuyeux. G. B. 

Goujci, BibUpthiqifefrc^nçaise, t. SIU, p. 48. — VloJet- 
Udae. Bibliothèque ffOétique, t. l, p. t61. 

HABERT ( Jsaac ) , fils du précédent, poète 
français, né à Paris, vers 1560. On ignore l'é- 
poque de sa mort; il débuta fort jeune dans 
la carrière littéraire : ses Œuvres poétiques , 
Paris, lô82, in-8^ , ont peu de mérite'; mais son 
poème des Météores, Paris, 1785, in-8**, offre 
un style clair et correct, une versification habile ; 
l'auteur savait, en fait de physique et d'astro- 
nomie , tout ce que connaissait son époque, et 
sous ce rapport on ne le lit point sans intérêt. 
Son poème est accompagné de sonnets , d'odes , 
de bergeries, d'oeuvres chrétiennes, où il ne se 
rencontre rien de remarquable. 6. B. 

Goulet, Bibliothèque française, t. XIII, p. 58.— Vlolet- 
Uduc, Bibliothèque poétique, 1. 1, p. SS6. 

HABERT ( Isaac ), prélat français, fils dupré- 
céâent,né à Paris, mort frappé d'apoplexie, h Pont- 
de-Sâlars, près Rodez, le 15 septembre 1668. Reçu 
docteur en 8orbonne, il obtint un caoonicat à la 
cathédrale de Paris, puis la théologale de cette 
égli^. Il se voua à la prédication, et devint 
prédicateur dq roi. Habert approuva le livre 
De Libertateâu P.Gibieuf, où cet oratorien sou- 
tient la gr&oe efficace , et il eut à ce sujet quel- 
ques différends avec les jésuites Annat et Th. 
Baynand. On aurait donc pu le supposer favo- 
rable à la cause de Port-Royal; il s'en montra 
au contraire un des plus ardents antagonistes. 
Dès 1641 il prêcha contre le livre de Jansenius. 
Il prétendait y avoir trouvé quarante hérésies, 
nombre qu'il réduisit plus tard. Arnauld s'éleva 
contre les assertions d'Habert, et composa une 
apolo^'e pour prouver, contrairement aux opi- 
nions de ce théologien, que la doctrine sur la 
grâce telle que l'enseignait Jansenius était tout 
entière dans çaint Augustin. Cette polémique en- 
fantA de nouveaux écrits. En 1645 Habert fut 



nommé évj^ue 4^ Vabr^ss. On \w attribue la 
lettre de 1651 à Innocent X, souscrite par qyu- 
tre-vingt-cinq évèques , pour prier ce souvelain 
pontife de juger cette fameuse question de la 
grâce. Habert gouverna son diocèse avec piété 
pendant vingt-trois années. Outre des sermons 
et ses écrite contre le jansénisme, pn a de lui : 
£ie justUia connubialis edicti; •— J)e con- 
sensu hiérarchise et monarchie, contre l'Op- 
tatus Çrollus de Charles Hersent ; Paris, 1640 ; 
traduit en français, par Lopis j&iry, sous ce 
titre : Union de V Église avec VÉtat; Paris, 
1641, in-S**; '— Liber ponfificalis^ grwce et 
latine, cum notis; Paris, 1643, in-fol.; c'est 
la traduction latine dp *,^^x^&^xn6y, ou Ponti- 
fical des Grecs ; — J5te cathedra seu primatu 
sancti Pétri; 1645; — Difense de la théolo- 
gie des Pères grecs sur la grâce; 1646; - 
In £. Pauli apostoli epistolas très episcopa- 
le$ (ad Timotbenm, Titnm et Philemonem) 
Expçsitio perpétua; Paris, 1656, in-8". Habert 
cultiva avec succès la poésie latine- On a imprimé 
à Paris, en 1623, in-4'', un recueil de ses prin- 
cipales pièces; plif Meurs sont en l'honneur 
<}e l^ouis mil, $ou8 le titre de Pietas regia, 
déliées au cardiodl de Richeyen ; quelques syi- 
ves, une par^hrase de quelques psaumes, une 
pièc^ sur l'incendie du palai^, le 7 mars 1618, 
une autre sur le feu de la Baint-Louis , une 
autre sur la comète, de» hymnes pour la fête 
de la Saint-Louis, etc. J. ¥. 

Sainte-Marthe, GaUia Christiuna. — Moréri, Grand 
Pictiqnnfiire hf^toriq^iç. — |l)cJ|îaçd ef Qiraud, Biblio- 
tfiéque iacrée. — Ch'audbn'et Délandine, Dict. univ.,his(. 
crie, et bibùogr. 

HABERT {Nicolas)^ chroniqueur français, 
mort le 13 décembre lfe34. Il prit Thabit de bé- 
nédictin dans l'abbaye de Notre-Dame de Mouzon, 
et fut élu en 1608 prieur de cette abbaye. On a 
de lui : Spitome Chronici Monasterii Moso- 
mensis; CharleviUe, 1628, in-8*. A. L. 

Dom Calmet, Bibliothèque lorraine. ~ Abbé Lelong, 
Bikliothèque historique ç^e.içi Frqnce, ^ I, n<» W^. 

BA^E&T {Philippe), \m ,des premiers ^a- 
démiciens français, o0 à Paris, ver^ 1605, moif 
en 1637. Après avoir fait de brillapteç études , 
il se sentit pprté ve^^ les lettres ; mais la briè- 
veté de sa vie et le genre .4'wc"P2itions quç 
lui imposa l'étaj; militaire, flans lequel il était 
entré de boppe heure, ne lui perpaireqt pas de 
les cultiver autant qu'il l'eût ypulu. Philippe 
Habert faisait partie des l^ux esprits qui 
se rassemblaient chez Conrart, et lors de la 
création de l'Aeadémie il fut de ceux qu'on 
nomma pour examiner le projet d'établissement 
de ce corps. Créé commissaire de l'artillerie par 
le maréchal de La Meilleraye , son ami et son 
protecteur, il prit une part active à plusieurs ex- 
péditions militaires , se trouva à la bataille d'A- 
vein, au passage de Bray , aux sièges de La IVfothe, 
de Nancy et de Landrecies , et, après s'être dis- 
tingué par des actions d'éclat, il périt victime 
d'une explosion accidentelle, provoquée parrimr 



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15 



HABERT 



16 



pradence d'un soldat^ et écraflë par la chute d*im 
pan de muraille y an siège d'Emerick euHainaut. 
L'Académie loi rendit de grands honneurs fu- 
nèbres, en chargeant Chapelain d'écrire son 
épitaphe et Gombauld son éloge. « Il était, dit 
Moréri, de moyenne taille, froid et sérieu\ dans 
la conyersation , et cependant capable d'une si 
grande passion qu'il faillit mourir d'amour pour 
une de ses maîtresses. » Pellisson le loue d'avoir 
été civil, discret, homme d'honneur et de probité, 
non-seulement aimable, mais digne d'une estime 
toute particulière. Habert est un de ces écrivains, 
comme il y en avait beaucoup alors , qui avaient 
conquis facilement leur renommée et leur fauteuil 
à l'Académie. 11 n'a, à proprement parler, com- 
posé qu*un seul ouvrage, ou du moins il n'en a fait 
imprimer qu'un : Le Temple de la Mort; Paris, 
1 637, in-8°, poème d'environ troiscents vers, com- 
posé pour M. de La Meilleraye, qui venaitde perdre 
sa première femme. S'il faut en croire Pellisson, il 
mit plusde trois ansàcorrigeretàpolir cette pièce, 
qui, du reste, a des beautés réelles, de grandes 
images, des tableaux éclatants, de la douceur 
et de la tristesse, quoique, par malheur, elle soit 
loin de se soutenir tovyours à la même hauteur. 
Plus d'un siècle après, D'Alembert en citaitencore 
des vers, afin, disait-il, de faire honneur à l'A- 
cadémie du talent poétique d'un de ses premiers 
membres, dans cette enfance delà poâie natio- 
nale. Habert a laissé en manuscrit, outre quel- 
ques pièces de médiocre valeur, une Relation 
de ce qui s'est passé en Italie sous le marquis 
d*Uxelles, général envoyé an secours du duc de 
Mantoue. Y. F. 

PellIasoD, sut, d$ VAoad, — DicU de Moréri. 

HABERT DBGÉRisT (Germain), frère cadet 
du précédent , écrivain français, l'un des pre- 
miers membres de l'Académie, naquit vers 
1615, mourut en 1654 ou 1655, à Paris suivant 
d'Olivet , à Marcé , près d'Argentan, où il avait 
été exilé, suivant les derniers éditeurs de Moréri. 
n embrassa l'état ecclésiastique, et fut d'abord 
abbé de Notre-Dame-des-Roches, au diocèse de 
Paris, puis abbé commendataire de Saint-Yigor 
de Cérisy, dans le diocèse de Bayeux. £n 1636, 
il prononça à l'Académie un discours Contre la 
pluralité des langues^ qui est resté manuscrit, 
de sorte qu'il est difficile de savoir aujourd'hui 
jusqu'à quel point il avait pu devancer l'idée de 
LeibnitZy qui avait, comme on sait, conçu le pro- 
jet d'une langue unique et universelle. Lors de 
la critique du Cid par l'Académie, il fut chargé 
d'examiner la versification de la pièce, et de ré- 
diger les observation? du docte corps sur ce chef- 
d'œuvre, qu'il admirait, du retfte, et dont il di- 
sait, même à ceux qui l'attaquaient avec vio- 
lence , qu'il voudrait bien l'avoir fait. Richelieu 
avait jugé la première rédaction trop sèche et 
trop nue, et avait demandé qu'on jetât quelques 
poignées de fleurs par-dessus; mais Cérisy en 
jeta trop au goût du cardinal, qui trouva qu'en 
avait été d'un excès dans un autre, et se montra 



même fort méeoiiteDt de cdai qni avstt tenu la 
plume, peut-être, comme semble Finsmuer Pel- 
lisson, parce qu'il avait quelques motifs parti- 
culiers de lui en vouloir^ Aussi la rédaction de 
l'abbé de Cérisy fut-elle remplacée par une autre, 
et enfin refaite définitivement par Chapelain. 

Germain Habert fut enterré dans Tabbaye de 
Cérisy. Son caractère était modéré, et sa société 
agréable. Ses ouvrages sont : La Métamor- 
phose des yeux de Philis en astres ; 1639, in-8° : 
environ sept cents vers ; piècedont le titre indique 
assez le goût, et qui eut un fort grand succès : 
on aimait alors ces concetti galants, ces badi- 
nages prétentieux, cette poésie ingénieusement 
affectée; mais la vogue de cette pièce fut éphé- 
mère, et elle est aujourd'hui complètement ou- 
bliée; ^iMVie duCardinal deBéruUe^ 1646, 
in-4", qui contient peu defiiits, et qui est moins 
une histoire qu'un panégyrique emphatique; •» 
Poésies diverses , galantes et chrétiennes ( par 
exemple, des paraphrases des psaumes), disper- 
sées dans les recueils du temps; — Oraison fa- 
nèbre ducardinalde iZicAe/teu, qu'il fut chargé, 
par l'Académie , de composer après la mort de 
celui-ci, et qui ne fut prononcée qUe dans une 
séance de ce corps. Il n'a point fait paraître une 
traduction de la Morale d'Aristote, dont on sait 
pourtant, ne fûtce que par deux vers de la Re- 
quête des Dictionnaires de Ménage, qu'il s'oc* 
cupait activement. V. Fournel. 

Pellisson. HUt. de VAcad, - met. de Moréri. 

HABERT (Pierre), sieur d'OfiGEMONT, écrivain 
cynégétique français du dix-septième siècle, était 
écuyer, médecin ordinaire du duc d'Orléains, et 
gouverneur des eaux d'Auteuil. On a de lui : 
La Chasse du Lièvre avec les lévriers; 1599, 
in-4o; — La Chasse du Loup, en vers; Paris, 
1624, in-4°; ~ Des vertus et propriétés des 
eaux minérales d*Auteuil^ près Paris; Paris, 
1628, in-8". J. V. 

p. Lelong, BibUoth, MsL de France, 

HABERT (Louis), théologicu français, né en 
1636, à Francilien, près Blois, mort le 17 avril 
1718. Reçu docteur de Sorbonne le 15 mai 1658, 
il devint chanoine théologal et grand-vicaire de 
Luçon, d'où il passa en la même qualité à Auxerre, 
pois à Verdun. Dans cette dernière ville, il fut 
officiai et bupérieur du séminaire pendant vingt 
ans. On lui confia aussi la direction du sémi- 
naire de Chàlons-sur-Mame. Il vivait retiré dans 
la maison de Sorbonne, quand en 1714 on l'exila 
pour son opposition à la bulle Unigenitus. Cet exil 
ne dura pas plus d'un an. On a de lui : La Pra- 
tique du sacrement de pénitence pour le diocèse 
de Verdun ; Blois, 1688, in-12 ; — Réponse à la 
quatrième lettre d'un docteur de Sorbonne à 
un homme de qualité touchant les hérésies du 
dix-huitième siècle; Paris, 1714, in-8*»; — 
Theologia dogmatica et moralis ad usum <e- 
minarii Catalaunensis ; Paris, 1707, 7 vol. 
in-12; id., Lyon» 1709, 6 vol. in-8''. Un anonyme 
fit contre la théol(^ d'Habert une démoneiO' 



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17 



HABËRT — HÀBIGOT 



18 



tion qull adrasM an cardinal de MoaiUes, ar- 
chevêque de Paris, et à Tévéque de Chàlons-sur- 
Mame; le savant docteur y répliqua par un écrit 
intitulé: Défense de fauteur de la Théologie 
du Séminaire de Châlons contre un libelle 
intitulé Dénonciation,,,. Cette, défense pro- 
Toqoa l*ëcrit de Tabbé Petit*Pted ayant pour 
litre : De Vinjuite accusation de jansénisme^ 
plainte à M. Babert; Paris, 1712, in-12. 

A. ROULUER. 

Notes mamuertlet de BriUon. tw D. Unm, — MorérI, 

Grand dictUmnaire. 

HABERT ( Le P***), historien français, vivait 
dans la première moitié du dix-huitième siècle. 
Il appartenait à Tordre des Prémontrés, et s'a- 
donna particulièrement à Tétude des premiers 
temps de la monarchie française. 11 avait com- 
Tposé une Histoire ecclésiastique de la ville de 
Verdun, en 2 tomes dont le manuscrit est aujour- 
d'hui perdu ou égaré. Dom Mabillon et d'autres 
savants, qui ont eu communication de cet ouvrage, 
en fontréloge.'L'auteur y défend la légitimité de 
l'alliance de Pépin d*Héristal etd'Alpaïde, source 
de la race cariovingîenné , quoique Pépin eût déjà 
une première femme, Plectrude. Le P. Habert re- 
garde la bigamie comme une affaire de temps et 
de mœurs, et c'était selon lui un usage consacré 
parmi les princes mérovingiens, qui ne pouvait 
blesser en rien l'Église d'alors. « C'est donc, di- 
sait-il, insulter aa% mœurs de ces sièdes et aux 
princes issus de ces unions que de les regarder 
comme illégitimes. » A. L. 

Journal des Savants, ann. 174S, p. 868. — Bicbard et 
Girand, BMiothéque sacrée. 

* HABERT (Pierre-Joseph, baron), général 
français, né le 22 décembre 1773, à Avallon 
(Bourgogne ), mort le 19 mai 1825 , à Montréal, 
près Avàlon. £ntré au service en 1792, comme 
capitaine au quatrième bataillon de l'Yonne, il fut 
nommé lieutenant-colonel deux jours après. 11 fit 
toutes les campagnes de la révolution, et subit 
quelques mois de captivité en Angleterre, à la 
suitede ladeuxième exi)éditi<m d'Irlande, en 1798. 
Il était depuis quelque temps rendu à la liberté, 
lorsqu'il passa en Egypte pour porter des dé- 
pêches au général en chef de l'expédition fran- 
çaise. Il alla d'abord à Alger remplir une mission 
auprès du consul de France, etarriva à Alexandrie 
après une travers^ de quinze jours, trompant 
la snrreillance des croisières ennemies. Nommé 
aide de camp du général Menou, il se distingua 
à la bataille d'Héliopolis. Il revint en France après 
la capitulation d'Alexandrie, et se fit encore re- 
marquer à léna, Eylau, etHeilberg. Créé général 
de brigade en 1808 et envoyé en Espagne, il fit 
des prodiges de valeur au siège de Saragosse, à 
la journée de Maria, à Lerida, au combat de 
Salces, an col de Balaguez , à Tortose, à la ba- 
taille de Sagonte, etc. Il «e défendit si bien à 
Barcelone en 1814, qu'on le surnomma VAjax 
de Varmée de Catalogne, Le 22 mars 1815 
^apoléon lui donna le commandement de la 
deuxième division militaire. Appelé à l'année da 



norà, il se battit'airec ooorageà Ugqy, prit'denx 
fois le Tillage de Saint- Amand, et le 18 juin il fut 
blessé grièvement à Waterloo. Mis en non«acti- 
vité le 1«' août 1815, il fut pins tard compris 
dans le cadre de Tétat-major général de l'armée 
et admis à la retraite en 1824. 

J. V. 
Amanlt, Jay, Joay, Norvlns, Nouv. Biogr- d^ Con- 
temp. — Rabbe, Bolsjolin et Sainte-Preuve, Bioffr, tmiv. 
et portât, des Contemp. - C Maillé, Bioor. des Céiébrités 
des armées de terreet de merde 1788 à 1880. - jlfonl- 
teur da lo )aln 1888. 

HAEBRT DE MOMTMORT. Voy. MoimORT. 

HABIB. Voy, Aboo-Teman at-Thaï. 

* HABiGHT ( Christian-Maximilien ), orien- 
taliste allemand , né à Breslau, le 8 mars 1775, 
mort le 25 octobre 1839. En 1797 il vint à Paris 
pour y étudier les langues orientales. Il eut ponr 
maître d'arabe Silvestrede Sacy et Abonna (le 
père ) Raphaël, du Caire. Mais la rupture de la 
Prusse avec la France et le départ de la légation 
prussienne, au secrétariat de laquelle il était at- 
taché, le forcèrent de quitter la France en 1807. 
Retourné à Breslau, il y prit le degré de docteur 
en philosophie, et fut plus tard nommé profes- 
seur extraordinaire d'arabe à l'université de cette 
ville. On a de lui : Epittolx quxdam a Mau- 
T^> yEgyptiis et Syris conscriptœ^textd arabe, 
avec une traduction latine et des notes; Breslau, 
1824, hi-4'' ; — Meidanii aliquot Proverbia ara- 
bica, avec une traduction latine; ib., 1826, in-4^; 
— Tausend und eine Nacht ( les Mille et une 
Nuits, éditées d'après un manuscrit arabe de Tu- 
nis); Breslau, 1825-1839,1. 1-YUI; les quatre der« 
niers volumes ont été édités en 1842-1843 par 
M. Fleischer,qui publia également Deglossis Ha- 
bichtianis in quatuor tomos Ml Noctium, dis- 
sertation critique; Leipzig, 1836, in-8°. Habicht 
a publié avec Von der Hagen et Schall une tra- 
duction allemande des Jft2266< une Nuits ^ Bres- 
lau, 1824-1825, 15 vol.; 5« édition 1840, in•8^ Il 
était membre des Sociétés Asiatiques de Paris et 
de Londres, de la Société Silésienne, de l'Académie 
de Cracovie. £. Bbauvois. 

Neuer Nekrolog, der Deutschen, t XVII, 1889, 
p. 1107-8. 

BABicoT (Nicolas), anatomiste français, né 
vers 15Ô0, à Bonny (Gâtinais), mort à Paris, le 
17 juin 1624. Il étudia la chiruiigie à Paris, et 
montra son habileté pendant les guerres civiles, 
ce qui le fit attacher à l'hdtel-Dieu et aux ar- 
mées. Agrégé ensuite au collège Saint-Cdme, il 
réunit à ses leçons de nombreux élèves. En 1613 
on découvrit en Dauphiné des ossements d'une 
grandeur extraordinaire. J. Tissot annonça cette 
découverte dans un écrit où il attribuait c«s os- 
sements à Teutobocus, roi des Teutons. Ces os 
furent envoyés à Paris et examinés par les ana- 
tomistes. Habicot prétendit que c'étaient en effet 
ceux d'un géant de treize pieds. J. Riolan, se 
cachant sous le pseudonyme d'un écolier en mé- 
decine, attaqua l'opinion du professeur, et dé- 
montra que ces ossements devaiept appartenir 



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<9 



Il (iael<|oe grand quattrup^; «q outre» il «e per- 
mit, dans sa Gigantomachie,âe laac^r les plps 
gn>ssières ii^ures non-seolemeat çquU^ Habjcpt, 
ipais eontre toute la plasse des diirurgieos. 04- 
bioot ne répoadit i»as; fuais Ch. Guillemet 
( voy. ce nom ), dans un DiSQOurs <H>olqg4tiQMf 
touchant la vérité des géants , après avoir 
Uèmé Habicot de n'avoir pas si) mettre son 
opinion à l'abri de la critique , rendit à Riolan 
tontes ses injures. Habicot, craignant d'être pris 
pour l'auteur de ce discours, le désavoua, et (a 
qu^^^le n'en devint qp^ plus vive. On s^ que 
Riolau av4it raison : If^ os^^ents ei) question 
sont ceux d'une sakunandiyi fossile, p^pi^aiit, 
^u dire de Halief:, >« Habico^ aval^ ff^ de noR?- 
breoses dissections, et se^ descriptions passent 
pour tcès-exactes. |) avait plus étudié les ca- 
davres que les livres, et ^ parait qu'il ne con- 
naissait m^me pa^ les ouvrages de Vesale. 
Op a dé lui : Problèmes sur la nature, pré- 
servationetcure de lamaladiepestilentieUe; 
Paris, 1607, in-8° : Ifabicot avait eu i'occasiop 
d'ob^ver la peste trois fois à P&ns; il signale 
les bons e^^ de la saigné^, des purgatifs et de 
ia thériaque , et prosciît l'usage de l'arsenic; — 
Paradoxe myologiste, par lequel il est dé" 
montré, contre Vofinion vulgaire, tant aur 
denne que modernef que le diaphragme ifesjt 
pas un seul muscle; Paris, 1610, in-&« : dans 
cet ouvrage, dédié à Duret, Habicot essa|r^ 
de dém<»itrer qn'il y a deux diaphragmes, un 
droit et un gauche, réunis ou confondu^ en- 
semUe, comipe les muscles de Tépigastre le sofft 
à la ligne blanche; — La Semaine, ou Pratique 
anaUmàque; Paris, 1620, 1660, inTS**; — G4- 
gantostéologie, ou discours des os d'tpn géant ; 
Paris, 1613, in-8**; — Jugement des ornées 
d^ Heraclite et de Démocritey sur la réponse 
d'Haticot au discours attribué à Guille- 
meau; Paris, J616, in-8*>; — Recueil de pro- 
blèmes médicinaux et chirurgicaux; Paris, 

1617, in-4**; — Anti'Gigantologie, ou contre- 
discours de la grandeur des géants; Paris, 

1618, in-8<>; — Question chirurgicale par la- 
quelle il est démontré que le chirurgien doit 
assuréfmnt pratiquer Vopération de la bron- 
chotomie, vulgairement dite laryngotomie ou 
perforation de lajiûte ou tuyau du poumon ; 
Paris, 1620, in-8°. J. V. 

Qaeanay, Éloge de HçMcoty dans les Recherches iur 
$'Origineet lesProgris de la Chirurgie, — Moréri, Grand 
Dict. Ateior. — HaUer, Bibt. jinatom., toroc I«', p. 818. — 
Portai, 0if(. de rjnatomie, tome II, p. 8^1. 

HABiNfiTOiî ( Thomas ), conspirateur an- 
glais, né à Thorpe ( comté de Surrey), en 1560, 
mort en 1647. Il appartenait à une famille ca- 
tholique, n fit ses études à Oxford, et voyagea 
ensuite en France. De retour en Angleterre, il 
entra dans un complot qui avait pour but la déli- 
Trancede Marie Stuart, et fut mis en prison. La 
protection d'Elisabeth, dont il était le filleul, l'en 
fit sortir. Plus tard, il se trouva compromis dans 
la conspiration des poudres, ^ fut condamné k 



HABIfiftT - H4BIHPTPN 20 

iport. Ses révélations, o^ phitôt celles de sa 
femme, fille de lord Morley, le recommandèrent 
à la clémence de Jacques 1*"% et il obtint sa grâce, 
à la c(»idition de ne pas sortir du comté de 
Worcester. H profita de cette retraite forcéepour 
se livrer à d'importants travaux sur les anti- 
quités de ce pomté. Les nombreux documents 
qu'il rassembla sur ce sujet, e$ qu'il laissa iné- 
dits, ont servi de base à l'Histoire du comté de 
Worcester p^rTreadway Nash. Z. 

Cbalroers, General BiograpMcal mcUonary. 

HABUIGTON ( GuHlaun^ ), poëte anglais ,fil8 
aîné du précédent,néà HindUp,le 5 novembre 1 605, 
mort le 13 novembre 1645. Il fat élevé chez les 
jésuites, d'abord à Oouay, puis à Paris; son père 
aurait même voulu qu'il entrât dans la Société de 
Jésus, mais il réfusa, et revint en Angleterre. 11 
partagea la retraite de son père , et s'associa à 
ses triavaux historiques. Il épousa Lucy, fille de 
Willwm Herbert, premier lord Powis, et passa 
à la cami)agne le reste de sa vie, qu*embellU la 
culture des lettrés. Wpod l'accuse d'avoir changé 
avec le temps, et de n'avoir pas été inconnu à 
l'usurpateur Crorawell, vague imputation tout 
à fait inadmissible, si Habington mourut, comme 
le prétend Chalmèrs, en 1645, cinq ans avant 
l'usurpation de Cromwell, mais fondée peut-être, 
si, comme Taffirme la Biographia dramatica, 
il vécut ju8qu*en 1§54. On a de lui Castara, 
collection de poésies publiée pour la première 
fois en 1635, puis avec des additions et des 
corrections en 1640. Ces poésies ont été réimpri- 
mées en 1812 ; on les trouve dans les English 
Pœts de Gbahners et dans les Select Works of 
the jBritish Poets. Castara est le nom poétique 
de Lncy Herb^, et c'est celle qui occupe la 
plus large place dans ce recueil. Il se divise en 
trois parties : la première contient des sonnets 
et d'autres petites pièces adressés par le poëte à 
Lucy avant leur mariage; la deuxième renferme 
des pièces du même genre adressées à la même 
personne, devenue la femme d'Habington; la 
troisième est consacrée principalement à des su- 
jets reli^ux et contemplatifs. Ces poésies, sans 
être exemptes des défauts du temps, la sub- 
tilité de la pensée et la reichercbe de l'expression, 
ont de la grâce et de l'agrément; elles offreot, 
surtout dans les descriptions champêtres, des 
traits d'imagination charmants. On a encore d'Ha- 
bington : The Queen ofÂrrafpn, tragi-comédie, 
jouée à la cour, et au théâtre de Blackfii&rs, 
contre la volonté de l'auteur, imprimée en 1640, 
in-fol., remise au théâtre en 1666, avec un pro- 
logue et un épilogue, par l'auteur à'Hudibras^ 
et réimprimée dans les trois éditions des Old 
Plays deDodsIey. Les sentiments chevaleresques 
répandus dans cette piècç lui donnent un certain 
intérêt, malgré la faiblesse de l'action et des ca- 
ractères;— Theffistoryof Edward JV; 1640, 
in-fol.; — Observations upon ffistory; 1641, 
in-8». Z. 

JohnsoD cl Chalncn, EnçlUH Pœts. - Chalmer», C#- 



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91 HÂBINGTOfif 

*HABRO, peintre de Tantiauité. Tout ce qu'on 
sait de lui se rédoit à l'assertion de Pline, qui dit 
(HisL Nat,, 1. XXXV, li)qu<il peignitdes images 
dtô dieux, et qu'il re(yrésentalUmt/l^ et Id Con- 
corde. 6. B. 

* BMSBPiTRi^ <(>(), iilastre maison d*AUe- 
mape, qoi veinontp au septième siècle, et qui tire 
ion nom du cbAteau de Halwboarg, en Suisse. 
L'origiBe de cette inaison se perd dans la nuit des 
tcmiis. Ge qu'il y a de certain, c'est qu'au dixième 
flède d^ «Ile était une des plus puissantes de 
rAUeroagoe (i). La. version la plus protmtile 
la fiiit descendre des anciens giielfes; mais 
M chronologie m comme^Bce à avoir quel- 
qae certitu«le qu'à partir âeGontram 1^ RÎclie, 
comte d'Alsace vers 950. £n 1233 elle se partagis^ 
en deux bnincbas i Sabsbourg-Habêbourg et 
Bak$lwurg'lAa/feHbourg. La branche aln^» 
Habsboorg-Halwboarg, eut pour à^ Albert iF, 
père de l'einperear Rodolphe de H^bsboui^U <ii 
se confondit en 1736 avec la maison, de tnr^ 
laine (3), formant ainsi U grande maison d^e 
fisbsboiirg-Lorrdine, qui occupe encore aujmit- 
d'hoi le tr6ne de l'Antriche. La branche ca- 
dette, qui eut pour tige Rodolphe UI^ opcl^ fLd 
rempereur» se saMivifa , dès la mort 4e Rf^ 
dolphe IQ, en deux rameaux, dont le premier, 
Habsbourg 'Lavfenbwirg^^^é^UA&ài ew Alie- 
BMgne avec Jean IV (1408), mais se continua, 
dit-on» en AngMerre dans la famille des F%eh 
ding, et 4ont le second, Kybowrg, eut pour der- 
oier représentant le comte Ego^ mort en 141^. 
Voyez pour les principaux meml>res de cette 
maison : ALSEaT, François, Rooolphe, etc. 
MiiÇAV et flâCKH. Voyez Hassan ou Hasan . 
^■AGHBNBBRfi (PattZ), historien allemand, 
Qé à Steinfort, en 1652, mort è lieidelberg, en dé- 
cembre 1681. U occupa pendant plusieurs années 
la chaire d*bistoire et d'éloquence à l'université de 
Heidelberg, et mourut à l'âge de vingt-neuf ans, 
après avoir publié son ouvrage : Germania mé- 
dia, in qua mares ^ ritm, leges sacrxpro/a- 
nxque cserimonim a Trojano ad Maximi- 
Uanum I recensentur ; Heidelberg, 1675 ; léna, 
1686, et Halle, 1709, in-4% qui contient des ren- 
seignements très-pi^enx snr une partie peu 
connue de Thistoire allemande. On lui doit en 
oatre plusieurs dissertations et mémoires, et un 
poëme latin intitulé : Tubantus redivwus , seu 
iilustrissimorum comiium in Benthem, Ge* 
nealogia. Cujus veritas ex vetenfin/avissis 
ct-uta^ etc.; Steinfurt, 1663. B. L. 

J.-H. JangiQA, dans la préface de «on oavrage, HistO' 
ria antiçuisi, Comitat, Benthemen.; Hanover et Osna- 
brag , ITIS, p. I-VII. — Preytaf;, Adperat. Litterar., 
t III , p. 4Tr-4M*> Wandt, Magazin f. d, pfeelz. Geseh., 
v.S,p.M9. 

(1) Voir Herrgott^Geneatogia Gentit Habsburgicae, 1. 1, 
p. RI, 90-«l, et 110. 

(t; ^oy. leawtidesMA&iB'TiixsisK, Impératrice d'Au- 
triclie, et Flusçou !•', empereur d*4Dtricbe. 



r- HACHETTE 



22 



BAGBBTTB {Jeanne FooaQogr,sumommée), 
héroïne française , naquit à Beauvais, le 14 no- 
yéml^ne 1454, 4'ane famille distinguée dans la 
()ourgeoisie, origjnaire de Pont-Sainte-Maxence, 
i^pr roise} la date de sa mort est inconnue. Son 
père, Jean Fpurquet, était officier des gardes du 
palais du m touisXI. Forcé par son devoir d'ha- 
lûter la cour, il ne pouvait que très-rarement aller 
k Beauyais visiter ses enfants, qu'il avait confiés 
aux soins d'une dame nommée Matthieu Laisné , 
iptep^ante de l'hôte des gouverneurs de cette 
ville, li'éponse 4e Jeai^ Fourquet avait succombé 
en donnaa^ le jour à Jeanne. Après la mort de 
sa femme, «liean Fourquet s'en retourna à la 
cour. Ms^is bientôt, indigné du peu de cas que le 
roi Louis XI avait fait de ses services , il em- 
brassa le parti des priftces qui se liguèrent contre 
ce souverain, et il périt à la bataille de Montlhéry, 
le Ip juillet 146^. A Iftmort de Jean Fourquet, 
bldame Laisné «i^opfa Jfsanne, et l'élevé avec soin. 
JfSdQneaida sa mère adoptive dans ses travaux : 
fî^p aiipait, dans ses volées d'hiyer, k lui faire ra - 
i^ter l'histûire <3es guerres du moyen âge. C'est 
^urU^t lorsque cette narration était arrivée au 
fj^e de Charles YII, à cette époque où les 
Anglais avaient envahi une grande partie de la 
jPfamce, que Jeanne éproifvait au fond de son 
àif^ une impression difficile à décrire. Chaque 
fois que la dame Lai$né renouvelait le récit de ce 
qui s'était passé au sié^ id'Orléans, un trem- 
blement involontaire agitât tout le corps de 
J/eanne : « Ah, ma mèrel s'éciiait-elle, j'ai 
grandement regret d^ n*avoir pas vécu au temps 
de Charles VII. Il m^'estavis que lors, si j'eusse 
été en force d'âge , j'aurais voulu être en par- 
tage de la gloire que Jeanne d'Arc s*est acquise 
en notre beau pays de France. » Jeanne Fourquet 
n'avait poipt encore atteint s^ dp^-huitième année 
quand le duc de Bourgogne, Charles surnommé 
le Téméraire, s'ayança, à la tôl,e d'une armée de 
quatre-vingt raille hommes, vers Beauvaîs, pour 
l'assiéger. Afin de rassurer les habitants, Louis XI 
leur fit annoncer qu'il venait d'envoyer à Noyon 
up ordre pour les capitaine^ de La Boche-Tesson 
et de Fontenailles , qui devaient immédiatement 
venir à leur secours avec deux cents lances; et 
que le maréchal de France messire Joachim de 
BoauIt,chevalier-seign/sur de Gamaches,allait éga- 
lement se mettre en route, accompagné de deux 
cents lances d'ordonnance, et serait bientôt suivi 
par un grand nombre d'autres troupes, lesquelles 
avaient reçu l'ordre de se transportera Beauvaîs. 
Mais ces troupes n'étaient pas encore sorties de 
leurs garnisons, que déjà le duc de Bouiigogne 
était arrivé sous les murs de Beauvaîs , et y 
avait mis le siège. Au milieu des préparatifs de 
défense, Jeanne Fourquet, poussée par un mou- 
vement irrésistible , cherche une arme avec la- 
quelle elle puisse combattre. Une petite haclie, 
une hachette s'offre à sa vue : elle s'empare de 
cette arme, Télève devant l'image de sainte An- 
gadresme, patronne de la ville de Beanvais, et 



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23 



HACHETTE 



U 



8*écrie avec force : « Glorieuse vierge , sainte 
Angadresme, aide et soutiens mon courage! v 
Après cette invocation, elle sort de son logis, et 
parcourt toute la ville en criant : Aux armes! 
On se rassemble, on Tentoure, on la suit; des 
groupes se forment dans toutes les rues, sur 
chaque place, on court, on se presse; chacun 
s*arme comme il le peut; les femmes, les filles, 
les enfonts , les vieillards, tous veulent contribuer 
à la défense de leurs remparts. Les uns y ap- 
portent des armes de toutes espèces; les autres 
roulent des tonneaux pldns de terre ou de pierres ; 
ceux-ci ploient sous le fardeau de grosses pièces 
de bois ; ils sont suivis par des femmes et des en- 
fants qui portent des paniers pleins de vin et des 
provisions de bouche. Ils redoutent à chaque 
instant d'être attaqués par les assiégeants; mais 
Us sont préparés à vendre cher leur vie. Le 
27 juin 1472, au lever de Taurore, on entendit, 
du côté des Bourguignons, le bruit des prépa- 
ratifs de l'assaut. Bientôt les remparts de Beau- 
vais se garnissent d'habitants des deux sexes, tous 
disposés à combattre et à repousser les attaques 
de leurs ennemis. Les Bourguignons parurent mu- 
nis de fascines , d'échelles et de tout ce qu'exige 
un assaut, et l'attaque commença par les portes 
de Bresle et du Limaçon. Les Bourguignons je- 
tèrent leurs fascines dans les fossés et les cou- 
vrirent de planches; ils descendirent, dressèrent 
leurs échelles contre les murs, et montèrent à 
l'escalade. Les assiégés les repoussèrent à coups 
de pique, de hache d'armes, renversèrent leurs 
échelles. Les femmes combattirent vaillamment; 
Jeanne surtout se portait où elle voyait le plus 
de danger. Une heure après cette première at- 
taque, les Bourguignons s'étant emparés d'un 
fort nommé le Deloy, surmonté de tourelles , 
près d'un pont de pierre situé à l'entrée des fan- 
bourgs « commencèrent par crier : Ville gagnée! 
Le sire Gommel de Balagny, accompagné de 
seize arquebusiers , marcha sur eux pour les 
empêcher d'y pénétrer; mais les Bourguignons, 
étant plus nombreux, le forcèrent ainsi que sa 
troupe à se retirer, et ils furent obligés de re- 
passer sur une planche qui traversait les jardins 
de l'évoque de Beauvais. Bs parvinrent ainsi 
jusqu'à une petite porte qui leur servit de sauve- 
garde, et qu'ils bouchèrent ensuite. Balagny, en 
se retirant , fut blessé à la cuisse d'un coup de 
sagette ou dard. Les Bourguignons ayant pénétré 
dans les faubourgs, crièrent de nouveau : Ville 
gagnée!.,, et dès qu'ils eurent aperçu la porte 
du Limaçon, ils se jetèrent dans les maisons et 
entre les arbres de l'église Saint-Hippolyte. Ils 
vinrent ensuite avec cinq guidons et deux éten- 
dards près des bascules du pont-levis, brisèrent 
la porte, et pénétrèrent jusque dans la loge des 
portiers. Un Bourguignon, qui avait planté un des 
principaux étendards, fut tué d'un coup d'arbalète. 
Lorsque les Bourguignons se furent emparés de 
toutes les maisons du côté de l'église Saint-Hip- 
pdyte, ils les percèrent de Tone à Tautre» et 



par ce moyen ils vinrent à couvert jusque dans 
cette église, d'où ils firent un feu bien nourri. Ils 
placèrent une échelle àl'aulroit du rempart faisant 
clôture, entre le pont-levis et la tour de la porte 
du Limaçon; mais ils n'oserait pas s'aventurer 
à y monter, attendu que dans ce moment les 
habitants lançaient sur eux un grand nombre de 
flèches , par lesquelles plusieurs Bourgoignons 
furent tués. Cet assaut dnra jusqu'à neuf heures 
du soir. A ce moment les assiégés reçurent 
un renfort de troupes envoyé par l'ordre du 
roi , au nombre de deux cents lances^ com- 
mandées par les capitaines de La Roche-Tesson 
et de Fontenailles. IjCs Bourguignons furent 
contraints de se retirer et de se loger le long des 
fossés, où ils firent de grandes et profondes 
tranchées, pour se préserver des traits des as- 
siégés, depuis la porte de Bresle jusqu'à celle de 
l'Hôtel-DIeu, ainsi que sur les coteaux de vignes , 
du côté de la porte du Limaçon. Us se logèrent 
aussi dans l'abbaye de Saint-Lucioi et dans tout 
le haut pays des environs, où ils creusèrent des 
tranchées qu'ils fortifièrent ensuite avec des cha- 
riots et un grand nombre de grosses pièces d'ar- 
tillerie. Le dimanche suivant, 28 juin, à deux 
heures de l'après-midi, vint au secours de la 
ville de Beauvais le maréchal Joachim de Roault, 
accompagné de cent lances d'ordonnance. Aus- 
sitôt qu'il fut arrivé , il visita les remparts et les 
fit réparer et fortifier partout où besoin était. 

Le lundi 29 juin et jours suivants arrivèrent 
les sénéchaux de Poitou et de Garcassonne, cha- 
cun avec cent lances; la compagnie du sénéchal 
de Toulouse; le comte de Torcy, à la tète des 
nobles de Normandie; messire Robert d'Estoute- 
ville , prévôt de Paris ; le bailli de Sralis et les 
nobles de ce bailliage , sous le commandement 
du comte de Bammartm , grand -maître d'hôtel 
de France , accompagné de cent lances , et le ca- 
pitaine Salazar, de cent-vingt hommes d'armes 
de toutes les compagnies qui étaient alors en 
garnison à Amiens. L'arrivée de ces troupes 
fut accueillie avec les plus vives démonstra- 
tions de joie; le maire de Beauvais présenta 
au maréchal Roault Jeanne Hachette ; la jeune 
fille hii dit : « Messire, votre bonne diUgence et 
votre présence en cette ville est un grand bien 
pour nous autres et la délivrance de notre ville; 
la vicfx)ire ayant à vous toujours été fidèle , vous 
la rencontrerez mèmement sur nos murailles. » 

Le maréchal réunit en un conseil les magis- 
trats , les notables de Beauvais et les officiers 
de la garnison; il en excepta Gommel de Balagny, 
parce qu'il le soupçonnait d'avoir des ûitellî- 
gences secrètes avec le duc de Bourgogne. Jeanne, 
pour avoir la preuve de cette trahison, arracha 
des mains de Balagny un écrit. Balagny, se voyant 
ainsi découvert, allait assassiner Jeanne; mais 
les cris qu'elle fit entendre ayant attiré vers elle 
Colin Pillon, et le maréchal même, Balagny 
s'enfuit, et se traîna jusqu'à une poudrière, qu'il 
^ fit sauter avec loi. Les Bourguignons profitèrent 



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(le ce moment de désordre poui attaquer la 
ville. L'explosion avait fait une brèche aux rem- 
l)arts de la porte de Bresle, et les asnégeants y 
péoétrèrent en masse, le maréchal s*en aperçut, 
dfscenditdu rempart, et marcha à leur rencontre. 
Colin Pillon, Jeanne et Jean-Pierre Fourquet, 
son oousin , raccompagnèrent ainsi que le capî- 
(aioe Salazar et d'antres officiers. H attaqua en 
flanc les Bourguignons , qu'il mit d'abord en dé- 
sordre. L'ennemi revint en force, repoussa à son 
tour le maréchal, et tandis que l'assaut conti- 
Doait 6or les remparts, un combat générai s'en- 
gagea dans la viUe. Le maréchal , attaqué par 
plosiears ennemis, courut le plus grand danger. 
Colin Pillon le couvrit de son corps, le dégagea, 
et le combat continua : le maréchal et Colin 
Pillon, environnés de toutes parts, se défendaient 
arec peine. Jeanne vit leur danger, et s'écria : 
H Amis, volons à leur secours I » Suivie de ses 
compagnons et d'un grès d'habitants, elle par- 
vient à délivrer le maréchal et Colin Pillon. Le 
maréchal repoussa lesBoui^iguonS, et les chassa 
de la ville ; mais pendant ce temps d'autres 
ennemis avaient escaladé les remparts. Jeanne 
s'avança rapidement sur eux, et arriva an mo- 
ment où un porte-drapeau se disposait à planter 
son étendard sur le mur. Elle se précipita sur 
lai, le força à descendre le talus de la brèche, 
le poursuivit, traversa avec lui le fossé et re- 
parut, toujours à sa suite. L'officier fit un faux 
pas, et tomba sur un genou, Jeanne saisit l'ins- 
tant, retendit mort à ses pieds, et s'empara de 
son étendard (1). On entendit alors crier détentes 
parts : « Victoire! Victoire } » 

Philippe de Comines, seigneur d'Argenton, 
alors au service du duc de Bourgogne, assure 
dans ses Mémoires que jamais place ne fut mieux 
Uttue ni mieux défendue que celle de Beauvais; 
il remarque particulièrement que les assiégés, 
postés dans une tour nommée Croui, située au 
milieu des jardins de l'évéque de cette ville, 
firent un feu si bien nourri sur les assiégeants, 
qu'ils les forcèrent plusieurs fois à changer de 
position et à déplacer leurs tentes, toutes per* 
cées par les boulets et ki mitraille qui leur étaient 
envoyés. ''Il raconte aussi que le duc de Bour- 
gogne était si furieux contre les Beauvaisiens, 
que s'il eût pris Beauvais d'assaut, cette ville 
aurait eu le même sort que celle de Nesle, 
qu'il réduisit en cendres , après avoir fait égorger 
jusqu'au dernier des habitants. Philippe de Co- 
mines lui ayant reproché cet excès de cruauté, 
Cliarles-le Téméraire lui répondit sèchement, et 
avec le sang-froid de Néron : « Tel est le fruit 
qve porte Varbre de la guerreU. tel eût été 
aussi le sort de Beauvais si j'avais pu parvenir 
à m*emparer de cette ville. » Pour conserver le 
souvenir du courage des femmes de Beauvais 
dans la défense de cette ville, Louis XI leur ao- 



(1) Cet étendard i été gravé dans les Cottumes de 
M. WlUealo. 



HACHETTE n 

corda le droit de'précéder les hommes à la pro- 
cession et à l'offrande le jour de la fête de saint 
Angpdresme. 

On n'a aucun renseignement certain sur la vie 
de Jeanne Hachette depuis le jour qui a illustré 
son nom. 

Le siège de Beauvais a été souvent représenté 
sur la scàie. La Bibliothèque impériale conserve 
une tragédie manuscrite d'un sieur Rousset /in- 
titulée : Triomphe du beau sexe^ou Jeanne Ha- 
chette. FoDBQVET d'Hachette. 

Le Siège de BeauvaU, Manoscr. pobUë i>ar M. Dan- 
Jou; Paris, 1844, lii-4«. - Gravin, Uist. du Siège de 
Beauvaiti 17n. ~ PMlippe de Comines, Mém. 

HAGBETTE DBS PORTES ( Henri ), prélat 
flran^is , né en 1712, au diocèse de Reims , mort 
en 1795, à Bologne. Nommé chanoine de la ca- 
thédrale de Reims en 1738, il devint archidiacre 
et grand-vicaire de ce diocèse, et inontra beau- 
coup de zèle contre les jansénistes. Visiteur des 
Canndites en 1748,ilftat nommé l'année suivante 
abbé de Yermand , ordre des Prémontrés, puis 
évêquede Sidon in partibWf et obtint en 1771 
le sîége épiscopal de Glandèves. H avait toute sa 
vie manifesté une dévotion spéciale au sacré Cœur 
de Marie, et il avait contribué à répandre ce culte 
parmi les carmélites. En 1780 il publia un man- 
dement pour établir la fête du sacré Coeur de Marie 
dans son diocèse, et en 1788 il écrivit une instruc- 
tion pastorale sur le même objet. En 1791 il 
abandonna son siège pour se retirer d'abord au 
Puget-Thénières, dans le comté de Nice, puis à 
Nice même. Cette ville ayant été prise par les 
Français en 1792, Hachette se retira à Fossano, 
en Piémont , et deux ans après il se rendit à 
Bologne. On a de lui un Catéchisme sur les 
affaires du temps ; ^ La Dévotion au Cœur 
de Marie; Nice, 1792,în-12; nouv. édit., Paris, 
1825, in-12. C'est un recueil de prières, d'exer- 
cices, d'offices, etc., avec l'instruction et lé man- 
dement de l'évêque de Glandèves; — Lettre 
pastorale, contre le serm^it à la constitution 
civile du clergé; — Lettre aux missionnaires 
de Notre-Dame de la Garde d'Avignon , sur la 
mort de M. Imbart, leur supérieur général. 

J. V. 

Feller. Biôgr. uMv,, édIt. de H. Welss, sappL 

WkicMKWT^ (Jean- Nicolas -Pierre), géo- 
mètre français, né le 6 mai 1769, à Mézières, 
mort à Paris, le 16 janvier 1834. Fils d'nn li- 
braire de Mézières, il commença ses études au 
collège de Charieville, et les termina à Reims. 
De retour dans sa ville natale , son goût pour 
les sciences exactes le poussa à se lier avec les 
élèves et les professeurs de Técole du' génie alors 
établie à Mézières. A dix-huit ans il professait à 
Rocroy, et à dix-neuf ans il était officiellement 
attaché à l'école de Mézières en qualité de des- 
sinateur servant d'aide anx professeurs de phy- 
sique et de chimie. En 1792 il obtint, à la 
suite d'un concours , une place de professeur 
d'bydrograpMe nouveUement créée à CoUioure 
i (Pyrénées-Orientales). Ayant eu alors à traiter 



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Vf 



riACJSËTTË 



28 



par U géométrie qaelqaes questions de naviga- 
tion, il envoya ses sdotions à Monge, qui re- 
connut dans ce jeune correspondant le germe 
d'un talent sérieux. Ferry, professeur à l'école 
de Mézières, avait été nommé député à la Con- 
vention; il lui fallait un suppléant : Monge pro- 
posa Hachette, qui s'acquitta parfaitement de cette 
tâche. Après rétablissement de l'École Polytech- 
nique, Hachette fut appelé à Paris pour y ihs- 
taller les collections , les instruments et la bi- 
bliothèque de l'école de Mézières, à l'exception 
de ce qui regardait l'enseignement de Tartillerie, 
qui devait être établi à Metz. Hachette se prépara 
dès lors à aider Monge dans sesoours. Il se lia éga- 
lement avec Guyton-Morvean I qui l'emmena etf 
1794 à l'armée de Sambre et Meuse, dû on devait 
essayer d'appliquer les aérostats à l'art de la gnwtéi 
Il assista à la bataille de Fleuras, et énlrt è 
Bruxelles avec l'armée .Trançaifle; ofl il fit ]mê 
heureuse application du chlore à la désiiifeetiea 
des hôpitaux. Les cours de l'École Polytedmicjiie 
s'ouvrirent à la fin de 1794. Hachette fut adioiiii 
à Monge pour la géométrie descriptive. Plug 
tard , il devint professeur de mathématiques k 
l'école des pages. Reçu docteur es sciences ei^ 
1809, il fut nommé en 1810 professeur adjoint & 
la Faculté des Sciences de Paris et à l'École Nor* 
maie. £n 1816 il ne fot pas compris dans là 
réorganisation de l'École Polytechnique. On ov- 
blia ses services, pour ne voir en lui que l'ami 
de Monge et l'ancien révolutionnaire. Il conserva 
du moins sa place à la Faculté des Sciences jus- 
qu'à la fin de sa vie. Le 10 novembre 1823 il 
fut élu membre de l'Académie des Sciences, dans 
la section de mécanique; mais son élection ne 
fut pas sanctionnée. Hachette ne put praidre 
place à l'Académie qu'en 1831, après une nou- 
Telle élection faite à l'unanimité. £n 1819, fl s'««> 
cupa avec Prony du plan d'une machine à va- 
peur destinée à remplacer la vieille machine 
hydraulique de Marly. Ha 1827 il fit partie du 
jury d'admission à l'exposition de l'induâtrie. U 
avait épousé en isioia fille du médedn Maugras, 
dont il eut deux enflants, un fils, ingéhieur des 
ponts et chaussées, une fille ,'^euve d'Ebelmen. 
On a de Hachette : Expériences pour dé- 
montrer que le diamant combiné avec le fer 
à une haute température donne de Vader 
fondUf mémoire lu A l'institut le 14 jcnn 1799; 
— Correspondance sur V École Polytechnique^ 
à Vusage des élèves de cette école; Paris, 
1804-1816, 3 vol. in-8°. Cet ouvrage paraissait 
par cahiers. Poisson, qui avait été son élève, 
raconte ainsi l'origine de ce travail : « Par- 
tout oU il croyait découvrir qudque germe ou 
quelque espoir de talent, M. Hachette allait au- 
devant, et ûûsait tous ses efforts pour le déve- 
lopper. C'est dans cette Yue qu'H eut l'heureuse 
idée de publier, sons ce titre, mk recueil on les 
élèves consignaient leurs aperçus, où les pro- 
fesseurs ne dédaigurient pas d'insérer des ar^ 
ticles utiles aux scieoees et à l'enseignement » ; — 



Essai sur la composition des machines ;pro- 
gramniè du 'cours élémentaire des machines 
pour Van 1808; Paris, 1808, in-8"; — Pro- 
grafnnie d'un Cours de Physique, ou précis 
de leçons sur le calorique et sur quelques 
applications des mathématiques à la phy- 
sique; Paris, 1809, in-S»; — Supplément à la 
Géométrie descriptive de Gasp. Monge; Paris, 
1811, in-4*; — Truite élémentaire des Jlfa- 
cAlwe*; Paris, 1811, in-4*»; 4« édit., Paris, 1828, 
ià'i^ ; — V Application de PAlgèlfre à la Géo- 
métrie : Tyaité des Surfaces du second degré; 
Ptris, 1813, in-8® : ouvrage fait ai- partie avec 
MOnîlÉë; — Mémoires relatifs à Vécoûlement 
dèi fluides par des orifices en minces pa- 
f-oH et par des ajutages appliqués à ces ori- 
fièei ; Inséré dans les Annales de Chimie et 
de Physique, 1816; — Collection dés Épures 
itè Géométrie, à Vusage deVÉcole Polytechni- 
qm; Pari?, 1817, infol.; --Éléments de Géo- 
métrie à trois dimension^ : partie synthétique; 
fAëoHe des Hpnes et dés surfaces courbes; 
PfcriS; i8i7, in-s*»; — Second supplément de la 
Géométrie d^cripHvê, iuivi de V Analyse géo- 
mélrVquede M, Sohn Leilie ; Paris, 1818, ln-4' ; 
"* Sur les SôcpérieHceè électro-fnagnétiquesde 
MM, Œrstedtet Ampère {extn&t du Journal de 
Physique); Paris, 1820, in-4*»; — Traité de 
Géométrie descriptive, Cofnprenant les ap- 
plicationi de œïte géométrie auùn ombres, à 
la perspectif et à la stéréotomie; Paris, 1821, 
in-4'* : en 1823 l'auteur publia un petit supplé- 
ment h ce traité , et le fout fut reproduit en 1828 ; 
cet ouvrage renferme non-seulement les supplé- 
ments à la Géométrie descHptive de Monge 
par Hachette, mais la Géométrie descriptive 
eHe-méme ; — Mémoire sur divers modes de 
numérotage eniplogés dan^ les filatures et 
é^ns les tf^leries; Paris, 1825, ln-4*; — Ex- 
périences faites avec Beudant sur ta forma- 
tion rfe» fubés fVtifàinaîres par la décharge 
d*v/ne literie électrique, mémoire lu à l'Aca- 
démie des Sciences le 4 avril 1828; — Notice 
Mstorique sur les machines à vapeur ; dans 
YEncyclopédie portative; 1829, in-32 ; — Ex- 
périences sur le mouvement des fluides aéri- 
formes et des liquides ; dans les Annales des 
Sciences d'Observation, juin 1830 ;— histoire 
des Machines à Vapeur; Paris, 1830, in -8*. 
HM^ette a présenté plusieurs mémoires à l'A- 
cadémie des Sciences. On trouve de lui, dans le 
Journal de VÉcote Polytechnique : Applica- 
tion de r Algèbre à la Géométrie ( avec Monge}, 
suivie d'une addition à ce mémoire ( avec 
Poisson ) ; 1802 ; — Sur le Galvanisme ; ï 802 ; 
— DeVHéliostat; 1818; — Solution analy- 
tique de ce problème : Déterminer le centre 
et le rayon d*une sphère qui touche quatre 
stères données; 1815. Comme éditeur. Ha- 
chette a publié la 6" édition, revue par lui , do 
Traité élémentaire de Statique de Gasp. 
Monge; 1826. U a donné une traductfon du 



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29 



Précis de Méeànkque et du Résumé eùmplêt 
de Mécanique et de la Science des Machines^ 
de l'ÂiiglaiB Th. YoDog, et y a ajouté un Ap^ 
pendiee sur l'Écoulement des Liquides et une 
Notice historique sur les Machines; Paris, 
1829,10-8'' et in-32. Enfin» il a fourni dès articlesan 
Mmal de Physique, aux Annales de Chimie 
et de Physique, au Bulletin de la Société 
(TEnfiouragement, au Dictionnaire J^hnolo- 
gique, etc. L. L— t. 

ilrago et Pobsoa^ Discourt prononce »ur la tombe 4ê 
M. Hachette, — Qaérard, ùa France littéraire. — 
U)oandre et Bourqaelot, La Littér. française contempo- 
ratne. 

l RACBBTrE (lAMis-Christophe-François ), 
savant éditeur français, né à Rekei (Ardennes), 
le 5 mai 1 800. Il fut d'abord élève de l'École Nor- 
male (1819-1822); il fonda ensuite,en 1825, 
une librairie classique. On lui doit de nombreuses 
publications littéraires et scientifiques pour ren- 
seignement ; des livres de classe de toutes sortes : 
textes; méthodes; dictionnaires; la fondation 
<le journaux spéciaux , tels que Bévue de Pins- 
trtiction publique; — Manuel général de 
/Enseignement primaire; — Ami de VEn^ 
fance,t\R. 

Parmi ses publications plus récentes, on re- 
marque : Bibliothèque variée; — Bibliothè- 
que des chemins de Fer; — Collection des 
Guides itinéraires; — Dictionnaires univer- 
sels. — M. L. Hachette publie avec M. Lahure 
1p Journal pour tous (tiré à 150,000 exem- 
/>)a/res); des éditions populaires : (Èuvres com- 
plètes des principaux écrivains français ; — 
Che/S'd* Œuvre de Littérature moderne étran- 
gère; — Chefs-d'œuvre de Littérature an- 
ri€wne, etc. M. Hachette est un des fondateurs 
•in comptoir d'escompte, membre de la chambre 
(Je commerce de Paris , et de l'assistance publi- 
que. Enfin, îl est auteur, de divers Bapports et 
Mémoires , imprimés , sur les asiles mum*ci- 
paux , etc. 
Diction, univ, des Contemporains. 

* iiACK£LaiA]ff]v (I^opo/rf), jurisconsulte al- 
Imand, né en 1563, à Stade, près de Brème, 
mort le 11 novembre 1619, Après avoir obtenu 
pn 1591 le grade de docteur en droit à l'univer- 
sité de léna, il y fut nommé quatre ans après 
orofesscur de droit. En 1598 il devint con- 
seiller de l'archevéqae de Magdebourg; en 1612 
I fut appelé à une chaire de droit à l'nniver- 
»lé de Leipzig. Ses principaux ouvrages sont : 
^$tiones illustres ex jure civili pontifi- 
10, feudali, et Saxonico; léna, 1594, in^*»; 
'rancfort, 1602, et Magdebourg, 1613, in-4«; — 
'*emtce7ititria Qusestionum controversarum 
itnusque Juris; Leipzig, 1616; — Décades 
ltt.T Quœstionumjuridicarum; Leipzig, 1619, 
0-4*. Hackelrnann a encore publié dix autres 
uvrages (le droit, dont la plupart traitent des i 
utières testamentaires. E. G. 

•/i-nroiT. f^itâe professorum Jenensitm; crassb il, 
^ TK — n-ciier, Theatrum. ~ Wftte , Memoria Ju- 



HACHETTE — HACKERT 



riseonsHUorum , dtev I. 
clopâdie. 



30 
Bfscb et Grnber, £ney. 



HACKERT (Jean) y peintre hollandais. Voy. 
Hakkbrt. 

HAGKBRT ( PhiUppe ) , peintre allemand , né 
le 15 septembre 1737, à Prenzlan, dans la marche 
d'Ucker (Prusse), mort dans sa villa de Ca- 
reggi, près de Florence, le 28 avril 1807. Il 
étudia d'abord la peinture, sous la direction de 
son père (mort en 1768, et qui avait le même 
prénom ), puis à Beriin, où il jouissait d^à dhme 
certaine réputation lorsqu'il vint à Paris, en 1766. 
Quelques gouaches qnll plaça avanta^usement 
dans cette ville lui donnèrent le moyen d'entre- 
prendre avec son frère Jean-Théophile le voya^ 
d'Italie. Pendant son s^our à Rome, Timpéra- 
trice de Russie, Catherine, lui commanda deux 
tableaux, destinés à représenter le combat naval 
de Tchesmé du 5 juillet 1770 et l'incendie de 
la floteë turque Ijui en fut le Hsultat. Au lieu 
de deux tableaux, Hadtert en fit six. Afin de 
mettre l'artiste en état de montrtr en toute 
vérité Teffet produit par l'exploflioa d'un navire» 
le comte OrlofF, qui se trouvait alors avec une 
partie de la flotte russe dans les eaux de Li- 
voume, fit sauter une de ses frégates. Hackert 
s'acquitta heureusement de sa tAobe. Six autres 
tableaux, figurant les succès des Russes dans 
la Méditerranée, lui furent encore commandés 
par l'impératrice. Présenté au roi de Naples par le 
comte de Rasouipowski, ambassadeur de Russie, 
il obtint un emploi lucratif à Naples, où il con- 
tinua de séjourner jusqu'à ce que la révolution 
le força de chercher un refuge à Florence. Il 
acheta alors une villa à Careggi, où il mourut. 
Si les contemporains de Hackert l'avaient trop 
vanté, on est peut-être tombé ai^ourd'hui dans 
l'excès contraire. Il se négligea d'ailleurs beau- 
coup dans les dernières années de sa vie, et on 
voit de lui à Naples et à Portici un grand nombre 
de toiles indignes de la réputation qu'U avait 
acquise par ses premiers travaux. 

Ses principales toiles sont : douze Marines^ 
dans la galerie de l'empereur de Russie; — 
une Vue de Borne,* gravée par G. Hackert; — 
dix Vues des environs de la Villa d' Horace , 
dont il n'existe plus que les gravures; — des 
Vues de tous les ports de la Fouille; — une 
Vue de la ville de Cesena ; — une Vue de Saint- 
Pierre, gravée par Volpato; -— deux Vues de 
Pise; — une Vue du monastère de Vallons 
breuse, etc. Le musée royal de Beriin, aiusi 
que celui de Gaspard Weiss, qui se trouve dans 
la même ville , contient de nombreux tableaux 
de Hackert. Cet artiste a gravé lui-même plu- 
sieurs de ses tableaux. Il a encore décoré de 
peintures le palais et l'église de Cartidello ainsi 
que la villa Pimiana, appartenant aux Borghèse. 
On a de lui une épltre à Hamilton SuW uso 
délia vernice nella pittura ; 1788; il y traite 
de la restauration des anciens tableaux : Théo-- 
retisch - praktische Anleilung zum Land" 



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81 



HACKERT — HACKET 



S2 



ichaftsseichnen (Instraction théorique et pra- 
tique pour la peinture de paysage) ; Nuremberg, 
1803, 2 cah. in-fol. 

Hackert avait quatre frères, qui cuftiTèrent 
aussi les arts. Charles- Louis Hackert, peintre 
de paysage à l'huile et à la gouache, se Buidda à 
Lausanne, en i%00; Jean-Théophile Hackert, 
aussi paysagiste, né en 1744, mourut en 1773, 
à Bath, en Angleterre; Guillaume Hackert, 
peintre d^hîstoire etde portrait, mourut en 1780, 
professeur de dessin à TAcadémie de Saint-Pé- 
tersbourg; enfin, Georges-Abraham Hackert, 
graveur et marchand d'objets d'art , né en 1755, 
mourut à Florence en 1805. Il avait fondé avec 
son frère Philippe une imprimerie en taille-douce 
à Rome et une fabrique de papier pour les gra- 
vures à Fabiano. W. 

Gœthè. PhUipp Hackert^ BiographiseheSkiz»e,-meUt 
naeh Oesse» eigenen Au/satzm enUcorfen, — Ifagler, 
Allgem. Kunstler-Lex, — Ersch et Gruber, EntpeL - 

* BAGRET ( William), fanatique anglais, 
pendu à Londi^s, en juillet 1591. Il fut d'abord 
valet d'un gentilhomme nommé Hnssei, et, sui- 
vant Fitz-Simon, lui témoigna sa fidélité par une 
action d'une férocité inouïe. Un artisan d'Oundel 
( Northamptonshire ) s'étant attiré Vinimitié de 
Hussei, William Racket chercha querelle au fils 
de cet artisan, qui était maître d'école ; il se rua 
sur lui , le renversa, et lui coupa le nez avec ses 
dents : au lieu de rendre ce débris humain au 
pauvre mutilé et au chirurgien , qui espérait faire 
un rapprochement tandis que les chairs étaient 
vives, Racket préféra dévorer ce nez sanglant. Il 
épousa quelque temps après une riche veuve, et 
la ruina par ses débauches. Il aimait prodigieu- 
sement le vin et les femmes, et ilj corrompit 
une fille qui était allée lui demander conseil. Il 
vola même sur les grands chemins. R n'avait 
reçu aucune instruction, mais il avait beaucoup 
de mémoire, et en abusait pour répéter et paro- 
dier dans les tavernes les prédications des mi- 
nistres : il n'allait au sermon qu'afin de pouvoir 
se livrer à cette indécente distraction. Enfin, il 
s'érigea en prophète , et annonça que l'Angleterre 
sentirait les fléaux de la faim, de la peste et de 
la guerre, si die n'établissait la discipline con- 
sîstoriale; qu'à l'avenir il n'y aurait plus de 
papes. Il fixait à un temps très-prochain la réa- 
lisation de ses menaces. Ce fut à York et dans 
le Lincolnshire qu'il commença ses divagations ; 
elles lui valurent d'être fouetté publiquement et 
chassé du comté. Néanmoins, il continua à dogma- 
tiser ; selon Bayle, il improvisait avec une facilité 
merveilleuse des phrases choisies et pompeuses, 
et cela fît croire au peuple qu'il avait reçu un 
don particulier du Saint-Esprit. U affectait une 
extrême confiance dans ses prières, etdisait que 
si toute l'Angleterre faisait des vœux pour ob- 
tenir de la pluie, et qu'il demandât le contraire, 
il ne pleuvrait point. Edmond Ck>ppinger et 
Henri Arthington furent assez crédules pour 
s'associer à loi, le premier sous le titre de Pro^ 



phète de la Mitérieorde, et le second sous 
celui de Prophète du Jugement Ils publiè- 
rent qu'ils avaient une mission extraordinaire, 
et que après Jésus-Christ personne au monde 
n'avait un pouvoir plus grand que celui de 
William Hacket, qui était le véritable roi de la 
terre. Celui-ci confirmait leurs rêveries, en di- 
sant hautement dans ses oraisons: « Dieu, mon 
père, je sçais que tu m'aimes autant que tu 
t'aimes. » R ne voulut pas se laisser sacrer par 
ses disciples, parce que « le Saint-Esprit l'avait 
déjà oint dans le paradis ». R leur commanda, le 
16 janvier 1591, d'aller crier par les rues de 
Londres que Jésus-Christ était venu pour juger 
le monde, qu'il logeait dans telle hôtellerie, et 
que cette fois nul ne pouvait attenter à ses jours. 
Ces folies étaient terminées par le cri de Ré- 
pons- toi, Angleterre, repens-toil Arrivés 
sur la grande place, ils se firent une tribune 
d'un chariot vide, amassèrent un grand con- 
cours de peuple, qu'ils haranguèrent longuement. 
Ils furent arrêtés, et l'on procéda contre eux. 
Coppinger se laissa mourir de faim ea prison ; 
Arthington obtint sa grâce, et publia un livre qui 
contient sa rétractation. Quant à Hacket, il se 
conduisit avec beaucoup d'inconvenance envers 
ses juges, refusa de se découvrir devant eux, 
et se répandit en insultes et en malédictions contre 
la reine Elisabeth. Il proposa à ses accusateurs 
de se soumettre avec lui à ce qu'il appelait le 
serment exécraUnrey c'est-àdire à invoquer 
chacun séparément la colère divine; l'effet de- 
vait être la mort immédiate d'une des parties. 
« Si, après l'avoir fait, disait-il, je ne meurs pas, 
vous me mettrez honorablement en liberté; si 
au contraire il ne vous arrive aucun mal, je su- 
birai la peine capitale. » On passa outre aux dé- 
bats, et Hacket, convaincu d'impiété et de rébel- 
lion, fut condamné à être pendu et écartelé. Sur 
l'échafaud il demanda à Dieu un miracle pour se 
justifier; mais il n'en obtint pas, et la sentence 
fut exécutée. A. L. 

Henri FlU-Simon, Britannomachia Ministrortim, 
Ub. Il, cap. VI . p 20S,S06. — Bancroft, Consplratio pro 
praettnsa Diidplina. — Camden, Ânnale$, an sut. 
para IV, p. 618-618. — Baylç, IHctionnaire historique 
et critique, 

• HACKET {Jean), prélat et controversiste 
anglais, né à Londres, en 1592, mort à Lichfieid, 
en 1670. Il fit ses études à Westminster-school , 
et passa ensuite en 1608 de Trinity-CoUege à 
Cambridge. Il entra dans les ordres en 1618, et 
devint bientôt après chapelain de l'évèque de 
Lincoln. Au commencement de la guerre cîTile, 
il fit partie d'une commission chargée de préparer 
le rapport que devait présenter sur la réforme 
ecclésiastique la commission nommée par la 
chambre des lords. Les troubles croissants et 
l'opposition des évêques mirent fin à ce projet. 
Pendant la guerre civile Hacket épousa diaade- 
ment la cause de Charies , et sa maison devint 
un centre de ralliement pour le parti royaliste. 
Son zèle lui attira des poursuites , et même qq 



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3S 



Qourt empriMonement Après la Testaoratk» , il 
deTfflt éTèque de Lichfield et CoTeotry, digiâté 
qu'il cooserra jasqa'à sa mort H fit réparer, en 
grande partie à ses frais , la cathédrale de Lieh- 
êdé, qai pendant kr guerre avait été canonnée et 
Dise au pillage par les puritains. Lorsqu'il n'était 
ocore que précepteur à Tunirersité de Gam- 
Mfge, Racket composa une comédie latine, in- 
tftolée lùyoidy qui fut jouée deux fois derant 
Jacques F', et imprimée en 1648, in-12. Ses 
antres ouvrages sont : A Sermon preached be- 
MftkeMng, mareh 22 1660; —A Ceniury 
of Sermons upon teoeral remarkable sulh 
jects; publié par TlKunas Plume, ayec une vie 
de l'auteur, 1675, in-fol.; — Tfie Uft ofArch- 
bishop Williams; 1693, in-fol.; Ambroise 
Philips en a donné un bon abr^é^ 1700, 
\sfV, Z. 

Kofraphla BrUanniea, - Wood, jétken» OroniMum, 
t II. - GeHUewum's Magazine, LWi. - Biographia 
DramaHea, 

ViCKi (Jean-François), théologien polonais 
da dix-septième siècle, appartenait à la Société 
des Jésdtes. On a de lui : Scrutinium veritaiis 
fd^, guo in prima parte inquiritur an nbn 
universarum a rom. cathol, eccles. atque in- 
ter Si dissidentium hujus temporis religio- 
num ex uno omnium principio , qttod seilicet 
verbum Dei scriptum, exclusa cathol, eccles. 
autoritate^ sit régula j norma, judexque 
fd^ nulUtas manifeste sequatur ; Oliva, 1682, 
in-4". j. V. 

Journal det Savants, 1683. p. ss. 
; HACKLÂBNDBR ( Frédéric - Guillaume ), 
romancier allemand, né à Borsette, près d'Aix-la- 
Chapelle, vers 1810. Après s'être d'abord occupé 
à Elberfeld d'opérations commerciales, il se 
'odit ensuite à Stuttgard , pour se consacrer à 
de» Ira vaux littéraires. En 1840 il entreprit un 
▼oyage en Orient, avec le baron de Taubenheim. 
Ms ans après il devint secrétaire du prince 
héréditaire de Wurtemberg, qu'il accompagna 
dans son voyage en Italie, en Belgique et en Rus- 
<ie. Il était en 1849 avec le feld-roaréchal Ra- 
dclxky pendant la campagne d'Italie, puis avec le 
prince de Prusse pendant l'expédition de Bade. 
Il rit actuellement à Stuttgard. Hacklaender sait 
peindre d'une manière piquante et spirituelle les 
jjé^h des mceors militaires et bourgeoises ; mais 
^ romans sociaux peuvent à bon droit être 
qnalifiés d'ennuyeux. Ses écrits ont pour titre : 
^Uder ans dem Soldatenleben im Frieden 
(Scènes de la vie militaire en temps de paix); 
Stottgard, 1841 ; la cinquième édition en a paru 
en 1854; — Wachtstubenabenteuer (Aven- 
tores de corps-de-garde) ;Stuttgard, 1845et 1848; 

— Daguerotypen aufgenommen auf einer 
JTeiie im Orient (Daguerrotypes pris pendant un 
voyaf^e en Orient); Stuttgard, 1842 et 1846, 2 vol. 
^^^i^Mûhrchen (Contes); Stuttgard, 1843; 

- Pilgtnug naeh Mekka ( Pèlerinage à La 
Mecque); Stottgard, 1847; ^ HumBristische 
Erzéhhmgen (Contes humoristiques); Stutt- 

nooT. BioGt, cisÈtt. — T. xxni. 



HACRET — HACQI3ET 84 

gard, 1847; -^Soldatenleben im Kriege (Vie 
militaire en temps de guerre); Stuttgard, 1849, 
2 vol. in-8*; — Bilderaus dem Leben (Scènes 
de la vie); Stuttgard, 1850; — Handel und 
Wandel; Berlin, 1850, 2 vol.; — Namenlose 
Gesehiehten (Histoires sans nom ) ; 1851, 3 vol.; 

— Eugen Stillfried ; 1852, 3 vol.; — Euro- 
paeisches Sclavenleben ( La Vie des Esclaves eu- 
ropéens) ; 1854, 3 vol.; — Der Augenblich des 
G/tïcikf (Le Moment du Bonheur); 1857, 2 vol. 
— Hacklaender a aussi fait jouer quelques comé- 
dies. Ses œuvres complètes se publient dans ce 
moment à Stuttgard, en vingt-quatre volumes 
in-12. E. G. 

nerer, Neuestê Brgâns. %um ViUoêrsal-Lex. — II- 
l«$tHrU Zeit., 1887. 

HACKLUTT. Voy. HaKLUYT. 

* HAGKSPAïf ( Théodore ), savant pliilologueet 
théologien allemand, né à Weimar, en 1607, mort 
à Altorf, le 19 janvier 1659. Il étudia la théologie 
sous la direction du célèbre Calixtus, dont il par- 
tagea les opinions libérales, se perfectionna en 
même temps dans la connaissance des langues 
orientales, et occupa pendant plusieurs années la 
chaire d'hébreu à l'université d'Altorf. Parmi ses 
ouvrages, dans lesquels il fait preuve d'une éru- 
dition remarquable, nous citerons : Disputationes 
philologiex; léna, 1643; — Observât, philo- 
log, ; Altorf, 1638 ; — Quadrigœ disputationes 
de locutionibus sacris; ibid., 1648; — Dis- 
quisit. philolog,; ibid., 1638; — ObservatiO' 
nés Arc^nco-SyriacsB in qwsdam lôca Veteris 
et Novi Testamenti; ibid., 1639 ; — De Ange- 
lorum Dxmonumque Nominibus ; ibid., 1641; 

— Fides et Leges Mohhammedis^ exhibitas ex 
Alcorani manuscripto dupliciy et Jnstitutiones 
Arabicx; ibid., 1646; — Miscellaneorum Sa- 
crorum Libri duo; Altorf, 1660 ; — Exercitatio 
de Cabbala Judaiea ; ibid., 1660 ; — mtœphi- 
lologico-theologicss in varia et difficilia Scrip- 
turx locasec. ordAL Bibl. V. et N, T,; ibid., 
1664, 3 vol.; — plusieurs dissertations réunies 
sous le titre : Disputationes philologiex et 
theologicm, etc. R. L. 

Gast-Georg. Zeltner, Fttœ Theolog, Âltùrfinorum- — 
Budé, Histoire &fitiq^e des principaux Comment, du 
Nouveau Testament ^ p. 7Sl-7tf. — Urscb et Gruber, 
Mlgem. Snegclopaedie. 

HâCQUET (Balthasar), naturaliste et géo- 
graphe allemand , né au Conqoet ( Bretagne ) , 
en 1739, mort à Vienne (Autriche), le lO jan- 
vier 1815. Il quitta la France fort jeune, étudia 
la médecine en Autriche, et assista à la guerre de 
Sept Ans en qualité de chirurgien. Plus tard il 
professa Fanatomie et les sciences naturelles au 
lycée de Laibach et à l'université deLemberg, et 
en 1810 il se fixa à Vienne, où il mourut Hacquet 
était protégé par Marie-Thérèse et par l'empereur 
Joseph H, qui lui fournirent à différentes reprises 
les fonds nécessaires pour l'exécution de voyages 
d'exploration selentifique. Il parcourut la plus 
grande partie de l'empire autrichien à pied, et pu- 
bliaau sujet de ses observations des ouvrages dont 



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S5 HAGQUET 

la plapart sont encore aujounThiii oonsnHés àTei) 
finit. On lui doit entre autres t Oryetographia 
Carniolicaoder phyHkaliseke Géographie von 
Kàmtken , Istrien und einem Theil der be- 
nachbarten Lànder (Q^ofpraphie physique de 
la Carinthie, de Tlstrie et d'une partie des ton- 
trëes limitrophes); Leipzig, 1776-1789, 4 vol., 
avec cartes etplaaohes; — Plantât Alpinx Car- 
molie»; Vienne, 1782, in-4^ ; — Mineralogischu 
und botanisehe Reise au/ de» Berg Terglon 
in Kàmthen und attf dm Berg Gioekner in 
Tyrol, gemackt imJahr 1779 und 1781 (Voyage 
minéralogique et botanique sur le mont Terglon 
en Carinthie et sur le mont Glockner en Tyrol, 
foit en 1779 et en 1781 ); Vienne, 1784, «^-8**; 
— Physikalisch-politische Reise au/ die 
dinarischen, julisohen , hxrnthner, rhmtiS' 
cken und norischen Atpen gemacht in den 
Jahren 17gi und 1783 (Voyages physîeo-poH- 
tiques dans les Alpes, etc., feits dans les années 
1781 et 1783); Leipzig, 1785-1787, 4 vol.; — 
Reise dureh die norischen Alpen in Bezug 
auf Physik gemacht vom Jahr 1781 bis zurn 
Jahr 1786 (Compte rendu d'un voyage d'explo- 
ration de l'état physique des Alpes Noriques fkit 
durant les années de 1781 à 1786); Nuremberg, 
1790, 2 vol. in-8*'; — Veher e%nig$ Yersteinèr 
rungen die sich in misgebrannten feuer»- 
peienden Bergen finden ( De quelques Pétrifi- 
cations qui se trouvent dans des volcans éteints ) ; 
ibid., 1790, in-8*»; — Neuesie physikaHsch- 
politische Reisen in den Jahren 1794 und 1795 
durch die dacischen und sarmatischen Kar» 
pathen (Nouveau Voyage physico-politique fait 
dans les années 1794 et 1795 dans les monts 
Carpathes septentrionaux); Nuremberg, 1796, 
4 vol. gr. in-8° , avec 6 gravures ; — Abhand- 
lung und Beschreibung der sûdwest und 
westlichen Wenden, Illyrier und Slaven^ 
deren geographische Ausbreitung von dem 
Adriatischen Meere bis an den Ponto, deren 
Sitten, Gebrœuche, Religion, etc., nach einer 
zehnjxhrigen Reise und einem viersehnjeehr. 
Aufenthalte in jenen Gegenden dargestellt 
(Description des Vandales, lUyriens et Slaves 
du Sud-Ouest et de l'Est; de la distribution géo- 
graphique de ces peuples depuis la ^ler Adriar 
tique jusqu'au Pont, de leurs mœura, coutumes, 
religion, etc., exposées d'après des voyages Cuts 
pendant dix années et un séjour de quatorze 
ans dans ces contrées); Leipzig, 1801-1808. 
4 vol.; — un grand nombre d'articles insérés 
dans différentes revues scientifiques allemandes. 

D*^ L. 

raterlsend. Blattér, 181S, p. 88.- Nekrolog. Âllgem. 
hiUnxt. Zeitg, Snpplém., fi« 8, p. C9. — Enoh et Qra- 
her, yiUç. Bncyclopœ4i0^ 

*HADAssi (Juda), fils d*El-ha-Abel, juif 
earaïte de Constantinople, du douaième siècle. 
Il était médecin et très-vevsé dans le:i sciences 
naturelles, telles du moins qu'elles étaient enten- 
dues à cette époque, h» langues gmiBiiaes d 



— HADDOiV 



%^ 



arabes hn étaient fiilaiVèrâs, et a ai^ fiift une 
étude approfondie des livres de Fart II composa 
en 1148 un ouvrage très-vanté pçr les juifs ca- 
raites, souso^ titre*: Esckol Accofer {Gn^ 
des Cyprès), titre qui est pris du Cantique des 
Cantiques j IV, 13. Ce livre est une espèce de 
commentaire en vers riinéa do Décalogoe; il se 
composé de 387 sections • 4ont chacune a aotaot 
de vers qu'il y a de It^es dans l'alphabet hé- 
breu, et chaque vers commence par une lettre 
de l'alphabet depuis l'aleph jusqu'au tban, de 
sorte que chaque section présente l'alphabet en 
acrostiches. Malgré sa forme puérile, cet ou- 
vrage est fort sérieux; il contient un d^eloppe- 
ment théologique complet du Décelogue dans 
l'esprit des caraïtes , a?^ une polémique très- 
vive contre le talmudisfne et même quelquefois 
contre le christianisme. VEschol Accofer a été 
imprimé avec une table des matières trèft^teo- 
due, àGoslow, en 1836, in-foU M^s cette édition 
n'est pas complète , soit qu'elle ait été faite sur 
des copies défectueuses , soit plutôt parce qu'on 
a cru devoir en retrancher tout ce qui est dirigé 
contre le christianisme ; en effet il y manque 
entre autres les sections 99 et 100, qui renferment 
une critique peu modérée de la religion cliré- 
tienne. M. J. Furst cite un autre ouvrage d'Ha- 
dassi, qui est resté manuscrit et qui traite des 
sacrifices, sous ce titre : Sepher Behinjan 
haschchittah. M. Nicolas. 

Woir, Biblioth. Hebr, — Rossl, DizUm» storico àegJi 
Jutori Ebrei. -^ J. Farst, Bibmth. Judaica, 

HADDOif ( Walter ) , philologue anglais , né 
d'une bonne famille, dans le comté de Bucking- 
ham, en 1516, mort en janvier 1572. Il fit ses 
études à Eton et à Cambridge, ^n King's-C!ol- 
lege , dont il devint membre agrégé par une 
étude assidue des meilleurs auteurs latins et de 
Cicéron en particulier; il acquit un style latin 
très-élégant, mais un peu trop fleuri. Il étudia 
le droit civil, prit le grade de docteur, et fit des 
leçons publiques sur la législation ; il était ea 
même temps professeur de rhétorique et d'élo- 
quence à l'université. Son zèle pour la cause de la 
réforme et sa réputation littéraire lui valurent, 
sous le règne d'Edouard V), la maîtrise de Tri- 
nity-HaU, en remplacement de l'évoque Gardi- 
ner. En 1550, il remplit rolfiçe de vice-chancelier, 
et deux ans après il fut nommé président de* 
Magdalen-College à Ôxfopd. Il abandonna pru- 
demment cette place à l'avènement de la catho- 
lique l^arieÉUsabeth , peu après être montée 
sur le trône , le choisit pour un ^e ses mattrei; 
des requêtes, et l'archevêque de Canterbury, 
Parker, le prit pour juge de sa cour. En ià6à- 
1566, il fut un des commissaires anglais envoyés 
à Bruges pour rétablir les relations comme^ 
ciales entre l'Angleterre et les Pays-Bas. Il tra- 
yailla avec sir John Çheke à la rédaotion latine 
du code de lois ecclésiastiques, publié en lô/l 
par John Foxe, sous le titre de Reformatio U- 
gum eeclesiasticarum. Il publia en ^563 ooe 



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37 



HADDOIf ^ 



r^nse à VAdmonitio ad BWÊabetham, régi- 
nom AnglisB, par Jérôme Oaorio , éYdqne de 
Silra ( Portugal ). Ses dWers ouvrages furent 
recueiHfs par Thomas Hateher, soua le titre de 
Lucubrationei f 1467, m-4". On y trouve det 
discourg, qnatone lettres, et un eertain nombre 
de poésies, le tout en latin. Ces divers opus- 
cales justifient assex bien la réputation d'excel- 
lent latiniste que s'étaH faste Haddon , et Vovk 
comprend qa'ENsabetb, mterrogée sur les mé* 
rites comparés de Buchanaa et de Haddon, ait 
répondo : Btiehananum omnihus tmtepon»i 
Haddanum nemini postpôno, Z. 

«ograplUa BrtUtjmica. - Wood» Mhenae Ofùniemes, 
1 1. ~ GgnUemmn's Mavazine» LXXXI. — Cbalmere, 
General Biographical Dictitmary, 

*BÂDELiCH {^Sigismond-létrecht) , hé- 
braisant allemand, né en 1734, à Frohndorf 
(Saxe Électorale), mort en 1783. Il professa 
l'hébreu à Erfurt , et y enseigna ensuite l'é^ 
conomie politique. 11 fut l'un des bourgmes* 
très de cette ville. On a de lui un grand nombre 
d'écrits en allemand et en latin , et des mémoi- 
res insérés dans Erfurter gelehrteNaehrichten 
(Nouvelles savantes de Erfbrt), et dans d'antres 
recueils. H suffit de citer : America dudum 
ante Columbi tempora veieribus rabbinis 
nota; — De Solano in prophetis passim 
obvio; — De Acaciis earumque tisu apud 
Ebrœos; — De Tormento militari Brfordieii' 
si , quod insigne est antiquitatis monumen^ 
tum, E. B. 

Meiuel, Gel. DeuUcMand. — Ersch et Qraber, Bnûyêh, 
*HADBiîHAM {Edmond ne), chroniqueur 
anglais, vivait à la fin du quatorzième siècle; 
toat oe qu'on sait sur son compte, c'est qu'il 
était moine à Rossi et qu'il continua jusqu'à l'an 
1377 Y Histoire [universelle qu'avait entreprise 
Matthieu de Westminster. • 6. B. 

NlcboU, BibU hist. Angliœ, p. 68. - Wartfaon, Anglia 
sacra, 1. 1, Proleg., p. XXXl. 

HADiou HADT (Jlfot»aAL-),vingl-ei«qiiièin« 
khalife, le quatrième de fa maison des Abbassides, 
mort à Bagdad, le 14 rebi second de l'année 170 
de rhégire ( 1*' octobre 786 de l'ère chrétienne), 
à Tàge de vingt-quatre ou de vingt«ctnq ans. I) 
était fils aîné du khalife Mehdf, et d'une esclave 
appelée Khaizeran. Son père lui préférait son è^ 
cond fils, Haroun, auquel il aurait voulu tmns- 
mettre la couronne ; mais comme ni la eootnme ni 
les circonstances ne lui permettaient d'exécuter 
ce projet, il se contenta de déclarer que Haroun 
succéderait à Hadi. Ce dernier protesta contre 
cette disposition, et reftisa de quitter le Djordjan, 
où il commandait une armée, pour aller se mettre 
à la disposition de ses ennen^. Il fit périr ie 
messager qui lui apportait Tordre de se rendre 
à Bagbdad, et se prépara à résister à Mehdi, qui 
s'avançait contre lui k la tête d'une année. La 
nu>rt subite de ce dernier le laissa maître dn 
trône, le 12 moharrem 169 (22 juillet 786). ffih 
îoun, loin de lui disputer le pouvoir, retooma à 
I^hdad, et le fit proclamer khalife. Mais I« 



HADJI«>ÀHBfED 38 

Alides recommencèrent à se soulever; Hoséin- 
ben-Ali, arrière-petit-fils de Hasan, fils d'Ali, 
chassa le gouverneur de Médine et prit le titre de 
khalife; un grand nombre d'esclaves fugitifs vin- 
rent se mettre sous ses ordres. Ayant conduit 
son petit corps d'armée à La Mecque au temps 
du pèlerinage, il (iit attaqué par les partisans des 
Abbassides; il fut vaincu, et resta sur le champ 
de bataille avec une centaine de ses adhérents. 
Un d^ ses cousins, Ëdris-ben-Abdallah, parvint à 
se soustraire au massacre de sa famille , et se 
réfu^ dans le Maghreb (Maroc), où il fonc|9 
une puissante dynastie. 

Hadi entreprit de changer l'ordre de succes- 
sion établi par son père , et malgré les représen- 
tations de Jahya le Barméo{de, il voulut faire 
reconnaître pour SQQ successeur son fils Abou- 
Djafar, qui était encore enfant. Mais il mourut 
avant d'avoir pu mettre ce prqjet à exécution. On 
prétendit que sa mère l'avait fait étouffer sous 
des coussins, parce qu'il avait tenté de l'empoi- 
sonner, ou, 8ek>n d'autres, parce qu'il lui avait 
interdit de distribuer les charges et de recevoir 
les présents des solliciteurs. Mais ce qui prouve 
l'incertitude de ces vagues rumeurs , c'est que. 
d'après une autre version, il aurait toujours été 
fort attaché è sa mère et n'aurait jamais rien fait 
que d'après son avis. Le règne de Hadi n'avait 
pas nsème duré quinze mois. C'était un prince 
instruit, brave et généreux; il avait du talent 
pour la poésie, et composa des vers en plusieurs 
occasions. Il eut pour successeur son frère, le 
célèbre Haroun-ar-Raschid. £. Beauvois. 

]bi»-ai-At8ir, Kamil at'tewarickh. — Abalféda, Ann. 
SluslenUf édlt. de Reiske, t. II. - Ëlmadn, Hist. Sàra- 
cenicàj trad. par Erpenlas, p/ nn-in, — SUveatni de 
Saey, CkrêgUmuUhU jtPmb9% L f|. — D« Ha|iin<>r, Hisi* 
de to lAU^, arahe, 1. 111. p. n. - Well, Hist. des Khalifes, 

HADiK OU liAUDili {Qom\a André de), gé- 
néral hongrois an service de l'Autriche, né en 
1710, mort en 1790. Il embrassa la carrière mi* 
litMve , et fit, comme officier subalterne, la cam- 
pagne de 1738 contre les Turcs. Nommé en 1744 
au grade de eolonel des hussards , il se distin- 
gua par plusieurs hardis exploits. Élevé au 
grade de feld-maréchal-lieutenant, le comte 
de Hadik prit une part active à la guerre de Sept 
Ans , et eontribua surtout 4 la victoire remportée 
par tes Autrichiens, en 1757, sur les Prussiens , 
près de Gœrlitz. £n 1774 il fut nommé prési* 
dent du conseil aulique pour les affaires milio* 
tairas , et en 1789, peu de temps avant sa mort, 
il reparut encore une fois k la tèle des armées. 
Ce fut au moment où les hostilités venaient de 
recommencer avec les Turcs; mais sa santé 
affaiblie te for^ de se retirer. Le général de 
Hadik excellait particulièrement dans la petite 
gnerre; ses services furent fort appréciés par 
l'empereur Joseph H, qui lui fit donation du do- 
maine de Futak, situé en Hongrie. N. K. 
ConoersationS'Lexikon. 

*HADn-ABMRD, dernier bey de Cenetan- 
tine, mort à Alger, le 30 aofit 1851, de^^cendait 

2 



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39^ 

d'ua coulougli , bey lui-même de Constantine en 
1776. Son père, Mohammed, ne s'éleva qu'au 
raDg de khalifa, et épousa la fille de Daoudy ben 
Gannah , chef d'une puissante tribu du Sahara. 
Ses exactions lui valurent un châtiment dans le- 
quel toute sa famille fut enveloppée. Ahmed fiit 
sauvé par sa mère , qui se réfuta près de son 
père Ben Gannah. Celui-ci réconcilia le jeune 
Ahmed avec le bey de Constantine, et en 1818 
il fut rappelé, puis créé khalifa à son tour. Il se 
livra aux mêmes exactions que son père, fit le 
pèlerinage de La Mecque; et à son retour il sut si 
bien se concilier les hommes puissants qu'en 
1827 il devint bey de Constantine à la place 
d'Ibrahim. Quoiqu'il fût en continuelle mésintelli- 
gence avec le dey d'Alger, il repoussa les ou- 
vertures que lui firent faire les Français en 1830, 
et vint se ranger avec son contingent sous les 
ordres de son chef. Après la capitulation d'Alger, 
il se retira vers Constantine, emmenant les fa- 
milles les plus considérables de la régence, qui 
fuyaient avec leur fortune. Les Turcs réfugiés 
voulurent le déposer. Ahmed les extermina , et 
s'empara de leurs biens. Le bey de Tittery lui 
ayant fait signifier d'avoir à le reconnaître pour 
supérieur, Ahmed fit trancher la tête à l'envoyé. 
Bientôt il prit pour agha son oncle Ben Gannah; 
les tribus du désert refusèrent de le reconnaître : 
Alimed dut les soumettre. Il pensa prendre Bone. 
Son khalifa Ben Aïcha s'introduisit dans la ville 
en 1832, et la détruisit lorsqu'elle tomba an pou- 
voir des Français. Hadji-Ahmed songea aussi à 
s'emparer de Médéah, mais il échoua, et sa 
défaite fut le signal de révoltes perpétuelles chez 
les Arabes contre sa puissance. H parvint à les 
étouffer dans le sang. Son oncle lui-même, Ben 
Gannah, périt, dit-on, par son ordre. Lorsque les 
Finançais marchèrent la première fois sur Cons- 
tantine, Hadji-Ahmed mit ses trésors en sûreté, 
et confia la défense de la ville à son khalifa Ben- 
Aïcha. Les Français, commandés parle maréchal 
Clause! {voy. ce nom) durent se retirer; des 
négociations furent entamées avec Ha^ji- Ahmed ; 
elles ne pouvaient guère aboutir. Une nouvelle 
expédition eut lieu, et Constantine tomba au 
pouvoir des Français, commandés par le général 
Danrémont, qui y périt, et ensuite par le général 
Talée (voy. ces noms), qui y gagna le bâton 
de maréchal. Ahmed-Bey, à la tête de tribus 
fidèles , tint encore quelque temps la campagne, 
et se retira près du Sahara. Abd-el-Kader essaya 
vainement de l'attirer dans ses intérêts. La ja- 
lousie rendit bien vite ces deux chefs ennemis. 
En 1847, Ahmed, ne pouvant plus tenir, se ren- 
dit aux Français, et vint habiter Alger, où le 
gouvernement lui servit une pension de 15,000 fr. 
par an jusqu'à sa mori. Il a laissé cinq filles. Son 
corps a été inhumé avec pompe an marabout de 
Sidi-Abder-Rhaman. L. Louvbt. 

Sarrot et Salnt-Bdme, Biogr, dei Hommes du J(mr, 
tome III, ir< partie, p. 89s. — Journal des DébaU du 11 
et du 14 sept. 1881. 



HAtoJr-AHMED — HADJi-KHALFAH 



40 

'•■■ HADJI-KHALFAH ( Le Pèlerin assesseor de 
la chambre des comptes), surnom deMustafa 
ben-Abdallah, aussi connu sous le titre de Ka- 
tib Tsehelebi (secrétaire très-noble), célèbre 
historien et bibliographe turc, né à Constant!- 
nople, mort dans le mois de dzoul hidjeh 106ft 
de l'hégire (septembre 1658 de l'ère chrétienne). 
Fils d'un employé de la chancellerie, il entra 
dans la même administration en 1032 ( 1622), 
et suivit à diverses reprises les armées ottomanes 
en qualité de comptable. En 1036 ( 1626 j, il as- 
sista an siège d'Erzeroum; en 1039 il fit la cam- 
pagne de Mésopotamie,*et enfin, en 1043 (1633), 
se trouvant au camp d'Alep, il partit pour le pè- 
lerinage de La Mecque.' Ces voyages lui firent 
connaître une partie des contrées dont il donna 
plus tard la description. En 1045, retourné à 
Constantinople, pour n'en plus sortir, il profita 
de sa présence dans ce grand centre littéraire 
pour compléter les travaux bibliographiques 
qu'il avait commencés à Alep. Deux successions, 
qui lui échurent, lui fournirent les moyens 
de se livrer à sa passion pour les livres. Son 
ardeur pour l'étude lui fit sans doute négliger 
les devoirs de sa charge ; car malgré ses talents 
calligraphiques et ses connaissances en compta- 
bilité, il ne recevait aucun avancement, i Enfin, 
voyant qu'il n'obtenait pas la place de second 
khalfah ou hhalifah (assesseur à la chambre 
des comptes ), à laquelle vingt ans de services 
lui donnaient droit, il se démit de ses fonctions, 
en 1052 (1642). Mais si la science avait longtemps 
nui à sa fortune, elle finit par y contribuer. Le 
grand- vizir Khodjah-Mohammed-Pascba, à qui 
Mustafaben-Abdallahfit présenter un exemplaire 
dn Fedzlikeh, fut tellement satisfait de cet ou- 
vrage, qu'il éleva l'auteur au rang de khalfah, 
en 1058 ( 1648 ). 

Hadji-Khalfah avait commencé en 1041 (1631) 
à faire des leçons publiques sur le Coran. Il 
nous apprend dans son autobiographie qu'il était 
fort habile en dialectique, et qu'il triomphait de 
tous ses adversaires dans les discussions. On 
voit qu'il ne se piquait pas de modestie, et qu'il 
usait largement du privilège qu'ont les écrivains 
orientaux de parler avantageusement d'eux- 
mêmes. Il n'était pourtant pas infotué de ses 
propres mérites au point de méconnaître ceux 
des autres. L'assiduité avec laquelle il suivit, 
jusque dans un âge très-avancé, les cours de 
quelques professeurs célèbres, et les éloges qu'il 
leur donne, montrent que la vanité ne lui avait 
pas obscurci la vue. Il s'était occupé de philo- 
sophie, de rhétorique, de jurisprudence, de tra- 
ditions prophétiques, d'herméneutique sacrée, 
d'histoire, de géographie et même de mathé- 
matiques; étant tombé malade, il crut nécessaire 
d'ajouter la médecine à ses autres connaissan- 
ces. Mais non content de chercher sa guérison 
dans les remèdes naturels, il s'imagina que les 
sciences occultes lui offriraient des secours plus 
efficaces, et il étudia les propriétés cachées des 



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41 



HADJI-KHALFAH 



43 



Jdttres qui composent tes noms sacrés. Cette 
aberration d'esprit est d'autant pins étonnante 
dans ce sayant homme > qu'il s'était mis au- 
dessus de préjugés fort enracinés chez ses com- 
patriotes. Il tournait en ridicule les questions 
futiles dont s'occupaient quelques derviscfaes, à 
saToir : si le père de Mahomet était yrai croyant ; 
si l'on devait tenir telle ou telle posture dans 
l'action de prier. Ses ennemis le traitèrent d'héré- 
tique et de mécréant; mais le grand-mufti, chef 
de la religion, qui aimait à l'entretenir de sciences^ 
et particuh'èrement d'histoire, le protégea contre 
le fanatisme religieux. - 

Hadji-Khalfah écrivait en turc, en arabe et 
aa persan. On a de lui : Lewami an-nour fi 
tzùulmet Athlas minour (Reflets de la lumière 
sur les obscurités de TAtlas mineur ). C'est une 
traduction turque du petit AUas de Mercator, 
amélioré par Hondius en 1607. Hadji-Khalfah 
fut aidé dans ce travail par un savant renégat 
français, qui avait pris le nom de Ikblassi; -^ 
Djihan Nwfna (Miroir du Monde), géographie 
universelle, écrite d'abord en arabe , continuée 
par fiehram de Damas. M. Reinaud nous ap- 
prend , dans sa savante introduction à la g^- 
graphie d'Aboulféda, que cette rédaction primi- 
tive est extrêmement rare. On ne trouve guère 
que la version turque de la partie relative à l'A- 
ae, imprimée à Constantinople en 1145 (1732), 
in-fol. avec 39 cartes. Armain en fît une traduc- 
tion française, d'où il exclut la Malaisie et le Ja- 
pon, parce que ces contrées avaient été décrites 
d'après des sources européennes. Cette traduc- 
tion, restée manuscrite, est à la Bibliothèque 
impériale de Paris. D'Anville la mit souvent à 
contributioii, et M. Vivien de Saint-Mairtm en a 
extrait la description de l'Anatolie, qu'il a in- 
sérée dans le t. II de son excellente Histoire des 
Découvertes géographiques. Matth. Norberg a 
publié une traduction latine abrégée et très-défec- 
tueuse du Djihan Numa, Londres, 1818, 2 vol. 
in-8°, et M. de Hammer a traduit en allemand la 
description de la Turquie européenne : Rumiti 
undBosna; Vienne, 1812, in-8°. La section do 
Djihan Numa où il est ^aité de l'Europe, de 
l'Afrique et de TAinérique, n'a jamais été im- 
primée; — Asam al'kotoub we al-fonoun 
( Noms des Livres et des Sciences ), ouvrage écrit 
en arabe, dont M. Fluegel a donné une traduc- 
tion, sous le titre de : Lexicon Bibliographicum 
et Encyclopœdicum a Mustafa ben-Abdalla^ 
Katib Jelebi dicto et nomine Haji-Khalfa ce- 
lebrato; Leipzig, 1835-1864, t. I-VI, in-4°. Le 
t. vn doit contenir une table alphabétique par 
noms d'auteurs et des appendices. Petit de La 
Croix en fit aussi une traduction française ( 1694 
à 1705), qui se trouve en manuscrit à la Biblio- 
thèque impériale, 3 vol. in-folio. Hadji-Khalfah 
donne la définition de chaque science, et signale 
les principaux auteurs qui en ont traité. Il in- 
dique le titre et le contenu des livres, l'année de 
leur composition, la langue dans laquelle il 



sont écrits, les traductions qoi en ont été faites, 
les commentaires qui y sont relatifs , le nom de 
l'auteur et la date de sa mort. Ce dictionnaire, 
où les ouvrages sont classés selon l'ordre des 
titres, contient, sous 14,500 articles , des notices 
de plus de 25,000 ouvrages formant 1 13,000 vo- 
lumes. C'est le catalogue le plus complet que 
l'on possède des ouvrages écrits en arabe , en 
persan et en turc, n forme la base de la biblio- 
thèque orientale de d'Herbdot, et de VEncy- 
clopxdische Uebersicht der Wissenschaften 
des Orients, par M. de Hammer ; Leipzig, 1804, 
2 part, en 1 vol. in-S*». Hadji-Khalfah y tra- 
vailla de 1045 à 1061. Hanifzadeh y fit un 
supplément, qui contient 1,000 articles, rela- 
tifs à des ouvrages nouveaux et qui fut achevé 
en 1178 ( 1764); — Fedzlikeh ( Successions), 
aussi intitillé : Tarihh Kebir ( Grande Histoire ), 
écrit en 1051 ( 1641 ), mais retouché postérieu- 
rement. Cette histoire commence avec la créa* 
tion d'Adam, que l'auteur place en 6216 avant 
l'hégire, et s'étend jusqu'en 1065 après l'hégire 
(1655 ) ; elle contient la notice de 150 dynasties, 
qui pour la plupart ont régné en Asie; — Tac- 
mm at-tewarikh (Table des Histoires ), recueil 
des dates contenues dans l'ouvrage précédent ; 
cette table, écrite en persan et en arabe , a été 
imprimée à Constantinople en 1146 (1733), 
in-folio. Elle s'arrête en 1058 (1648). L'auteur 
y indique soigneusement l'année de la mort des 
poètes et des savants. Rinaldo Carli en a donné 
une traduction italienne peu exacte, mais où 
l'on ti'ouve des détails qui ont été supprimés 
dans l'édition turque. £lle a paru sous le titre de 
Chronologia historica di Hazi-Hali/e Musta- 
fa; Venise, 1697, in-4«. Les passages relatifs 
à la Sicile ont été traduits de l'italien en latin et 
publiés parCaruso et Muratori. L'abbé Simon 
Assemani a donné un extrait du Tacwim at- 
tewarihh dans son Catalogue de la bibliothèque 
Nassiana; Padoue, 1787, 2 vol. in-4°; Reiske 
fit une traduction de cet ouvrage, qui est restée 
manuscrite, et publia Prodidagmata ad Hagji 
Chalifae librum memorialem rerum a Mu- 
hammedanis gestarum, à la fin de la Descrip- 
tion delà Syrie par Aboulféda, éditée parKœhler; 
Leipzig, 1766, in-4° ; — Toh/et al kobarfi as- 
far airbehar (Don fait aux grands relativement 
aux voyages maritimes); Constantinople, 1141 
(1728), 10-4", avec 4 cartes. Cet ouvrage a été 
traduit en anglais, sous le titre de History oj 
the maritime Wars of the Turks of ffaji- 
Khalfa, d'après un manuscrit persan, par J.C. ; 
Londres , et d'après l'édition turque par James 
Mitchell; Londres, 1831, in-4°; — Rewkan 
assoulthanet (Splendeur de la Domination), 
histoire de Constantinople, écrite en 1063; — 
Histoire de V Empire Ottoman, de l'an 1000 
(1591) à 1068 (1668); — Destour al-amil 
(Règle de Conduite), traité sur l'art de gouverner; 
— Lapidation du diable. C'est une collection 
de Fetwas ou décisions juridiques, extraite de 



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4^ 



HADJl-KtiALFAH — HADORPH 



44 



400 ouvrages; ~ hHhitài at-hùcc (Balatiee de 
la Vérité ), traité de controverses théologiques; 
— Tohfet al-^akbur fil hikm we al-amtsal 
( Présent fait aux grands, retativetnent dux pro- 
veri)e8 et aux paraboles), recueil de sentences. 
£. BfiAutois. 
Had]i-Rh4tfAh , aotobtogr. à ta en At Tacwin at-te- 
warikh, trad. dadft KtuifeèêpMiiekê VtUl^âiêM, par 
If. d'Hamaer, !>• S-IS. — L9^,-BMio9r. *- Galland. préL 
à b Bibliothèque orientale de d'Herbelot - ReUke, Pro- 
didagmata. — Toderliit, Letteratura Tutcheica^ 111. — 
Koehler, dot. dada AéfMft. de Blehkorn, III, irrM.— 
De Rosai, Diu. $tor. dfoH ^utori 4nUfi. •» HaOBisati 
hiitoire tte l'Empire Ottoman , trad. t>ar Heliejrt, XI, 
81-58. — Fluegel.préf. Aa Dictionnaire encffctopédiQue. — 
M. Relnaud. Introduetienà la ïSëogtaphiè d'Akoul/édu, 

p. 170-178. 

HADJI IBH EO<4>ill AL-SftHWATl. VOff, 
ËGHWATI. 

HAOLBY (John) y roathématidea anglais, 
connu par TinTention du sextant^ qui porte son 
nom, né vers 1770, mort le 15 féTrier 1744. 11 de- 
Tint en 1717 membre de la Société royale , et pu- 
blia plusieurs mémoires dans les Philosophieal 
Transactions du vol. XXXII au vol. XXXIX. U 
vivait dans Tintimité de Newton, et l'on croit qu'il 
lui emprunta l'idée da.sextant. Ou pense généra- 
lement aiyourd'hui que Newton et Godfroy (vo^i 
ce nom ) inventèrent cet instrument chacun de 
son côté, et vers la même époque. Halley, qui 
dès 1727 avait reçu une deseriptioB du sextant 
par Newton , n'en fit point part à la Société 
royale, et Hadley, en présentant à eette compa- 
gnie en 1731 un instrument du mÔHiegeare, parut 
avoir la priorité. Z. 

Haiton, mctionanf.— ttetflchel, Attrommt,^ Tran»- 
action» of the American Society» vol. I, p. Si, ap- 
pendix. 

*HAbLùB ( Maître /ean), poète allemand , 
vivait à Zurich à la fin du treizième siècle et au 
commencement du quatorzième. La miniature 
qui sert de frontisoice à ses poésies dans le ma- 
nuscrit Manesse est divisée en deuj^ |)arties, dont 
chacune représente un épisode de la vie de no- 
tre auteur. L'une nous le montre remettant ti- 
midement un billet à sa dame, l'autre nous le 
fôit voir au milieu d*un cercle nombreux d'illus- 
tres personnages qui intercèdent pour lui auprès 
de sa flère maltresse. Les deux chansons qui 
suivent ces petits tableaux nous en fournissent 
l'explicatioa, et la seconde a de plus le mérite 
de nous aider à préciser l'époque où vivait Jean 
Hadlub» en nous donnant les noms de ses 
puissants protecteurs. Tous vivaient entre les 
années 1280 et 1320. C'est d'abord le prince de 
Constance, Tévêque Henri de KUngenberg, puis 
son frère Albert, la princesse de Zurich, abbesse 
du monastère de Notre-Dame , le prince d'Ein- 
siedeln , le comte Frédéric de Toggenburg , le 
baron Leutpold de Regensberg, Fabbéde Peters- 
hausen, le chevalier Rodolphe de Laudenberg, 
tué à Morgarten dans les rangs des Autrichiens 
(131 8) ; enfin, messire Rudiger Manesse, l'auteur 
de la superbe collection de Minnelieder que 
nous valons de dter, e| qm a passé, après 



bien des péripéties et sorttotit bien des contesta- 
tions, de la bibliothèque palatine à Heidelberg 
dans le cabinet des manuscrits à la Bibliothèque 
impériale. 11 est curieux sans doute de voirtoos 
ces nobles seigneurs servir si com plaisamment 
les amours du pauvre Jean Hadlub, qui n'étsit 
assurément qu'tin humble bourgeois, et qui s'était 
épris follement d'une dame de trop haut parage 
(tu hthr). U est intéressant aussi de suivre 
dans les naïves et gracieuses chansons du min- 
nesinger l'histoire de sa romanesque passion, 
qui du teste ne fut pas toujours malheureuse. 
Mais ce qui fait le vrai chdrme et la véritable 
origmallté de ces poésies, c'est moins la peiotore, 
tocgonrs un peu banale à cette époque, des pel* 
hes et des joies de Tamour, que les vives «t 
riantes descriptions que Hadlub a su nous faire 
de la belle nature au milieu dehiqnelle il rivait. 
Nulle part peut-être on ne trouve de plus char- 
mants tableaux de la vie rustique , plus de scè- 
nes animées et pittoresques , plus de piqoants 
détails sur les mœurs et le costume des paysans 
de Tancienne Suisse. Et pourtant notre rolnne- 
singer n'est point entièrement exempt des défauts 
qui déparent la plupart de ses contemporains, 
et qui annoncent la décadence de la poésie du 
moyen Age. Son vers est quelquefois rude , sa 
langue incorrecte, et le réalisme de ses peintures 
dégénère souvent en vulgarité. 

Bodmer, dans son édition des minnesingers 
publiée dans ta patrie même de Hadlub, à Zu- 
rich, a singulièrement maltraité notre poète; il 
a écourté un grand nombre de ses chansons , en 
a supprimé totalement quelques-unes, et a réduit 
de plus de la moitié ( 189 strophes) le nombre 
des vers qOé luifoumlssait le manuscrit Manesse. 
Hagen a réparé plus tard cette négligence do 
premier éditeur, et Ettmtlller a publié séparé- 
ment les poésies de Jean Hadlub à Zurich en 
1640. Alexandre Pet. 

Uageti, Miiaiesinoer. — Hagen, Docen et Bûsching, 
Ktitietmfar aUdeutteUe lÀt. und Kun$t.; Berlin.. 1809, 
11^^. ^ Btt«»aUer« Jok, NadUmber, GddicM0/ Zurich. 
IMO. - Karl. Giedeke, Das MittelatUr, lO" cahier; 
Hanovre, 1854. 

HADORPH (i6(i/i), archéologue suédois, né 
le 6 mai 1630, à Haddorp ou Haddetorp, prè$ 
Linkœping, mort le 12 juillet 1693. Après avoir 
fait ses études à Upsal, il fut nommé, en 1660, 
secrétaire de cette université. Il devint ensuite 
assesseur (1667), secrétaireet économe (1669) du 
Collège d'Antiquité, dont les sept membres étaient 
chargés de veiller à la conservation des andens 
monuments, d'expliquer les inscriptions , de tra- 
duire et de publier de vieux textes. Hadorph pa^ 
courut plusieurs provinces de la Suède pour exa- 
miner des restes d'antiquités, les faire dessiner et 
recueillir des manuscrits. En 1669 il suivit lecomte 
Gabr. de La Gardie dans son voyage en Wes- 
tergœthland,etfit le catalogue de la bibliothèque 
de ce seigneur. Les livres qu'il jugea propres à 
jeter du jour sur l'histoire primitive de la Suède 
furent donnés à l'Académie d'Upsal et au CoUége 



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HADORPH — HADOT 



46 



d'AfitiqiHté. En 1672 te rdl s*êi lit âeeompagner 
dans le voyage qoMl fit à trader» la partie mé- 
jidioDale du royaume. Hadorph se rendit la 
même année à Obpenhague, où il se lia avec 
Tboraas Bartholin. Les édifions qu'il a publiées 
sont fort Dombrenses ; quoique le texte n'en soit 
IMS toujours correct, et que ses i*einai*que8 lais- 
Mnt beaucoup à désirer, ces travaux ont été 
néanmoins d'une grande utilité. Leê âertices 
qu'il rendit à la science furent bien récompensés : 
en )681 il obtint d'être exempté d'impôt pour 
toutes les terres qull acquerrait. On a de lui' : 
Péminelser om de ire chtotiôr (Remarques 
«Dr les trois couronnes), insérées dans l'ouvrage 
de Sehefler infifulé : De antiquis f>erisque re- 
çniSneeiœinsiffnibusAlAéâWé : Apographufn 
^natUmis M. G. de La Ga¥âie; Stockhoîm, 
1672, in-4»; — Alexandri Magni tfistoriaj en 
vers suédois; Vîsingborg, 1672, in-4" ; — Sanct 
Oluffs Saga, en vers suédois; Stockholm, 
1675, in-S»;—. 5fora mfm Chtatnikan (Grande 
Chroniqne rimée ) ; Slockhdlm , 1674, itt-4°; — 
Qamla och fhànsta svenska Hijm ChrtBnikan 
(Ancienne et nrtoindre Cffronique rimée en sué- 
dois); iWd., 1676, itt-4'*. Ces deux ouvrages 
ont été réédités dans Scriptorês Rerum Sued- 
carim; VpssA, 1818, 1. 1; — Farentuna ffct- 
rads Runestenar (Pierres runiques do district 
de Paerentuna); ibîd., 1680, in-fol. Il a aussi 
poUié le texte et la traduction suédoise de plu- 
sieurs recueils de lois : Daklelagen (Loi de Ùa- 
lécarlic); Stockholm, 1676. On a découvert de- 
puis que c'était une réduction de l'ancienne loi 
de Westgœthtand ; — Skânelagen (Loi de Sca- 
nie); 1676;— Gothlandslagen ; 1687; — 
Bjxrkœa Rs'tten (Droit des Cités) ; 1687 ; — 
Wisby Stadslag (Loi delà ville de Vîsby); 
1688. Ces textes législatifs ont été réédités par 
M. Schlyter, dans Corpus Jutis Sneo-Gothotum 
ûndqui; 1827-1852, 8 vol. in4'*. 

E. Bemjvois. 

Schlyter, Fœrelasintnger i Laçhistoria. — Bioçr,- 
Ux., Vt. — li^arroholtz, Bibl. Sueo-aothica. 

HADOT {Marie- Adélaïde Richard, veuVe 
BARTHéLEMT), auteor dramatique et romancière 
français*», née en 1769, morte à Paris , le 1^ fé- 
vrier 1821. Elle fut Tune des plus fécondes, mais 
aussi des plus médiocres femmes de lettres à% 
notre siècle. Elle trouva, malgré ses nombreuses 
publication^, lé temps de se livrer à l'enseigne- 
ment. On a d'elle : Zadig, ou la destinée, 
mélodrame héroïque en trois actes ^ tiré des 
romans de Yoltaire ; Paris, 1804, in-»" y *- M^ 
elovie, comtesse de Warberg , oU là peine 
du talion , mélodrame en trois actes ; Paris, 

1805, in-8''; — V Homme mystérieux, mélo- 
drame en trois actes; Paris, 1806, in-8"; — 
Jean Sobieski, ou la lettre, mélodrame en trois 
actes; Paris, 180C, m-B'*; — Jules, ou le toit 
paternel, mélodrame en trois actes; Paris, 

1806, in-8" ; —Alméria, ou V Écossaise,fugitwe, 
mélodrame en trois actes; Paris, 1806, in-S» 



( aveb René Perfln )\ -^ Côème dé Médicis , 
mélodrame en trois actes ; Paris, 1808, in-8° ; — 
Clotilde de Hapsbour^, ou le tribunal de 
Newsiadt; Paris, 1810 et 1817, 4 vol. in-12; — 
Stanislas Zamoski, ou les illustres Polonais; 
Paris, 1810, et 1818, 4 vol. in-12; — Les Loisirs 
d'une bonne Mère, ou le décamérm de Vadn- 
lescence; Paris, 1811, i vol.in-12; — V Ama- 
zone de Grenade , mélodrame en trois actes ; 
Paris, 1812, in-8°; — Clttrice, on la femme 
précepteur, mélodrame en trois actes ; JParis, 
1812, în-8° ;— Les Mines de Mazzara, ou lès 
trois sœurs; Paris, 1812, 1815, et 1820, 4 vol. 
in-12; — Les Soirées de Société, ou un hiver 
à Paris; Paris , 1813, 4 vol. in-12; — Anne de 
Russie et Catherine d^ Autriche , ou les che- 
valiers de tordre Teutonique et la mère 
^cwycr; Paris, 1813 et 1819, 3 vol. in-12; — 
Jacques t^^, roi d'Ecosse, ou les prisonniers ûe 
la Tour de Londres ; Paris, 1814 et 1819, 4 vol. 
in-12; — Les Deux Casimir, ou vingt ans 
de captivité; Paris, 1814, 4 vol. in-12; — Les 
Novices du Monastère de Préfnol , ou Uer- 
mione et Judith ; Paris, 1814 et 1820, 4 vol. 
uk'ifL; — Les IHêcs de Moscouie , ou le jeune 
ambiûsadeur ; Paris, 1814, 5 vol. in-12; Char- 
les Martel, mélodrame en trois actes ( avec 
Hébert); pièce de circonstfince jouée sur le 
théâtrede U Gatte le 9 février 1814 ; — La Tour 
du Louvre , ou le héros de Bovines ; Paris , 
181» etl818, 4 vol. in-12; — La Vierge de Vin- 
doustan, ou les Portugais au Malabar; Paris, 
1816 et 1821, 4 voL in-12; — Les Héritiers du 
d'oc de Bouillon, ou les Français à Alger; 
Paris, 1816, 4 voL in-12 (aveeVictor Dnoange); 

— Les deux Walladamir, mâodrame en trois 
actes ; Paris, 1816, in-'S** ; — V Honneur et VÉ- 
chafaud , mélodrame eb trois actes ; Paris, 1816, 
in-8";— Guillaume Penn, ou les premiers co- 
lons de la Pennsylvanie i Paris, 1816, 3 vol. 
in-12; — rsabeltê de Pologne, ou la famille 
fugitive; Varia, 18i:f, in-12; — Les Vénitiens, 
ou te capitaine français; Paris, 1817, 4 vol. 
in-12 ; — Archambaud et Roger, ou le siège de 
Metz; Paris. 181^, 4 vol. in-12; — Atelwoodet 
Clam, ou la montagne de fer ; Paris, 1817, 
4 vol. in-12; — Ernest de Vendante, ou le 
prisonnier de Vincennès; Paris, 1818, 4 vol. 
in-12; — Fernand d^Atcantara, ou la vallée 
de Roncevaux ; Paris, 1818, 4 vol. in-12; — 
Laurence de SUlty, ou Vhermitage en Suisse; 
Paris, 1819, 4 vol. in-12; — Arabelle et Ma- 
thitde, ou les Normands en Italie; Paris, 
1819, 4 vol. în-12 ; — La Révolte de Boston, 
ou la jeune hospitalière; Paris, 1820, 3 vol. 
in-12 ; — Pierre te Grand et les Strelitz, ou 
la forteresse de la Moskowa : Paris, 1820, 
3 vol. in-12; — Af"» de Montdidier, ou la 
cour de Louis XI; Paris, 1821, 6 vol. in-12; 

— Les Portugais proscrits, ou le domini- 
cain ambitieux; Paris, 1821, 3 vol. in-12 ; — 
Les Brigands anglais, ou la bataille de Has- 



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47 



HADOT — 



tings ; Paris, 1821, 4 vol. in-lî ( ouvrage pos- 
thume). M"'*' Hadot a laissé en portefeuille 
Aldegonde; Alphonse et Adèle; Alin et Lison; 
Les Rivales amies, ou Ven/ant perdu; Les 
Deux Ormeaux; vaudeYilles ; Neuf Heures; 
Je suis joué y ou à trompeur trompeur et 
demi ; comédies. £. Desnues. 

Mahal. Jnuaire nécrologique, 18S1. — Qaénird, La 
France littéraire. 

* HADBiANUS (C. Fabius), légat, préteur 
ou propréteur romain, vers 87-84 avant J.-C. H 
provoqua, par son gouvernement oppresseur, un 
soulèvement parmi les colons romains et les 
marchands dtJtique, et fut brûlé vif dans son 
prétoire. Cette violence resta impunie, et le sé- 
nat la vit peut-être sans déplaisir. Hadrianus 
était soupçonné de pousser secrètement à la ré- 
volte les esclaves de son gouvernement, et de 
vouloir profiter des troubles de la république 
pour se créer en Afrique une souveraineté in- 
dépendante. Y. 

Cicéron, In rerrem^ I, rr ; V, 86. — Pscud. Asconias, 
In Ferrem. p. 17«, éd. Orelll. — Diodore, Frafpn. Va- 
tic, p. 138, édit. Dtndorf, dans la Bibl. grecque de 
A.-F. Dldot. — Tite Live, Epit., 86. — Valère Maxi- 
me, IX, 10. 

^HADRIANUS OU ADRiAHUS, magistrat ro- 
main, vivait dans le cinquième siècle de Tère 
chrétienne. Le Code Théodosien, où son nom 
figure assez souvent, nous apprend qu'il était 
maître des offices sons le règne d'Honorius , en 
397 et 399. On voit dans le même ouvrage 
qu'Hadrianus fut préfet du prétoire d'Italie de 
400 à 405, et qu'après avoir quitté ces fonctions 
pendant plusieurs années, il les reprit de 413 à 
416. Une épitre et une épigramme de Glaudien 
sont dédiées à Hadrianus. Y. 

Godefroy, Profop. Ccd, Theod.^ClMâien,Epistol., I; 
Epigram., XXVIII. — Symmaqae, Epiit,, VI, 8S. 

HADRiBN. Voy. Adrien. 

HADSCHI. Yo^. HaDJI. 
HADT. VotJ, HADI. 

hjëberlin (François- Dominique) y his- 
torien et jurisconsulte allemand, né à Grimmel- 
fingen , près Ulm, le 31 janvier 1720, mort à 
Helmstaedt, le 20 avril 1787. Il fit ses études à 
Ulm et à Gœttingue, entra ensuite dans la car- 
rière de l'enseignement public, et se rendit à l'u- 
niversité de Helmstaedt, où il devint en 1747 
professeur ordinaire d'histoire, en 1751 profes- 
seur de droit public, en 1756 inspecteur du Con- 
sistoire , en 1759 conservateur en chef de la 
Bibliothèque et en 1762 premier professeur de 
droit ef doyen de la faculté de droit. Son sou- 
verain, le duc de Brunswick, le nomma en 
outre conseiller de sa cour ( 1753 ) et conseiller 
intime de justice. Haeberlin est Pauteur d'un 
grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels on re- 
marque : Index librorum ah inventa typo- 
graphia ad a. 1500 excus<yrum in supplemen- 
tum V, T. Maitairii Annal, Ty'pogr.j cum 
adspersis observationibus ; Ulm, 1740, in-8°; 
— Apologia Sigismundi imp, contra injustas 
accusationes ; Ulm, 1742, in-4'*; — Entwurf 



HJESERLIN 48 

der politisehen Histarie des 18<«»JaM., 
enthaltend die Geschichte aller Europ^i- 
schen Reic?ie und Staaten bis zu Ende des 
Jahres 1745 (Essai d'une Histoire politique da 
dix-huitième siècle , contenant l'histoire de tous 
les États de l'Europe jusqu'à la lin de l'année 
1745); Hanovre, 2' édit., augmentée, 1748, 
11 vol. in-8» ; — Abriss einer umstêmdlkhen 
Historié der Pragmatischen-Sanetion vm 
deren Errichiung bis auf den Tod Kaiser 
Cari F/ (Abrégé d'une Hifttoire complète de la 
Pragmatique-Sanction depuis son origine jusqu'à 
la mort de l'empereur Charles Yl ) ; Helmstaedt, 
1746, in-^^'y^GrUndliche historisch-politiS' 
che Nachrieht von der Eepublik Genua (Do- 
cuments historico-politiqùes sor la république da 
Gènes); Leipzig et Hanovre, 1747, il toI. 
in-8°;— Umstœndliehe historische Nachrieht 
von der Einfuhrung der Stmverœnitxt uni 
Erbgerechtigkeit im Kùnigreich Danemark 
(Étude historique complète sur Tintroductionde 
la monarchie héréditaire en Danemark); l^ol- 
fenbùttel et HelmstsBdt, 1760, in-4''; -^Ent- 
wurf einer pragmatischen TeutschenReiehs- 
historié (Essai d'une Histoire pragmatique de 
l'Empire Germanique); Brunswick et Helm- 
stœdt, 1763, in-S**; — Staatsverfassung des 
Teutschen Eeichs von Kaiser Maximilxan 1 
bis auf Kaiser Cari VI Tod (La Constitution 
de l'Empire Germanique depuis Maximilien Y^ 
jusqu'à la mort de Chartes YI); ibid., 1763, 
in-8° ; — Analecta medii œvi^ ad illustrandê 
jura et res Germanicas; Nuremberg et Lei^ 
zig, 1764, in-S**; — Allgemeine WelthistorU 
(Histoire universelle); Halle, 1767-1773, 12to1. 
gr. in-8** ; — Neueste Teutsche Eeêchs-gescià- 
chte, vom An/ange des Schmalkaldischen 
Krieges bis auf unsere Zeiten ( Histoire de 
l'Empire Germanique depuis le commencement 
de la guerre de Smalcalde jusqu'à nos jours); 
Halle, 1774-1786, 20 vol. gr. in-8"; ouvrage 
dont un supplément en sept volumes a été pu- 
blié par le baron René-Charles de Senkeuberg; 
Halle, 1798; —Schriften vermischten Inhalli 
aus der Geschichte des deutschen Staats- 
rechts (Mélanges historiques concernant le droit 
public allemand); Hehnstaedt, 1774-1778,4 
parties; — un grand nombre de dissertations, 
de programmes et de mémoires. 

R. Lduiau. 
"Weldlicb, Nachr. v. JetstM. RBehtsqel^ tone I. 
p. 68-S86. - WeidUcb, Biograph. Nachr, v. fAilOàt. 
EecMsgel. t. I,p. S49-SS7. «- Wegeraann, mehr. v. GO. 
aus Ulm» p. S69-ST9. — HIrsching, Handàueh. - Su, 
OnottuuU litter., P. VIII. p. ts. - Measd, Ux.i t V, 
p. 18-19, — Coiw,'Lex. 

HABERL1N ( Charles-Frédéfic) , pnblicirfc 
allemand, fils du précédent, né à Hehnstaedt, le 
6 août 1756, mort dans cette même ville, le 
16 août 1808. Il étudia le droit à l'université de 
sa ville natale, entra ensuite dans la chancellerie 
de justice de Wolfenbtittel, et devint en 1782 
professeur de droit public allemand à runiTcr* 



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HiSBEmim — HiEDO 



50 



site d'EitangeiL Qoelques années plus tard il fat 
rappelé à sa ville natale , où il exerça depuis 
1786 les fonctions de professeur ordinaire de 
droit pobiic et depuis 1799 celles de consaller 
intime de justice. Plus tard il assista comme 
chargé d'affaires du duc de Brunswick au con- 
grès de Rastadt, et lors de l'organisation du 
royamne de Westpbalie, il fit partie de l'assem- 
blée des états et de la commission législative. 
On Id doit les travaux suivants : Repertorium 
des deuUchen Staats-und Lehnsrechts ( Ré- 
pertoire du Droit public et du Droit féodal al- 
lemand) ; Leipzig, 1781-1795, 4 vol. ; — Vorte- 
smgen ûber die dmtsche Reichsgeschichte 
(Leçons d'Histoire de l'Empire Germaniqne); 
Eriangen, 1786; — Pragmatische Geschichte 
derneuesten Wahlcapitulationen (Histoire 
pragmatique des Conditions du Droit électoral); 
Leipzig, 1792; (Supplément 1793; — ffandbuch 
desdeutschen Staaisreehts (Manuel du Droit 
public allemand) ; Berlin, 1794, 2 vol. ; 2® édit., 
1797, 3 vol. ; — Diutsches Staatsarchiv ( Ar- 
chiYes de l'Empire Germanique); Helmstœdt, 
1796-1808, 16 vol.; — Ueber Aufkehung 
miUelbarer SH/ter, Abteien und Klôster in 
Deutschland ( De la Suppression de Chapitres, 
d'Abbayes et de Couvents médiats en AUema- 
pe) ; Helmstsedt, 1805. R. L. 

Cmiv.-Ur. — Keyser, Index Libror. 
l H JSBBBL1N ( Charleê'Louis ), romancier 
allemand , fils du précédent, est né à Eriangen , 
le 25 jaiUet 1784. Il étudia le droit à Helrasfœdt, 
entra dans la carrière administrative, et devint en 
1814 baiili du cercle de Hassenfeld ( Brunswick.). 
£q 1828 il perdit cette place, et depuis cette 
époque il se consacra exclusivement à ses tra- 
vaux littéraires. On a de M. Hœberlin un nom- 
bre considérable de romans publiés sous les 
pseudonymes de : Melindor, Niedtmann, Mari' 
dien, Nkmand et surtout sous celui de H, E, Jt. 
hdanu Voici les titres des principaux : Lie- 
besgeschichten Augusfs dès Starken, Kônig 
V, Polen (Histoires amoureuses d'Auguste le 
Fort, roi de Pologne); Nenhaldensleben, 1833- 
1834, 2 vol.; ~ Romantische Erzxhlungen 
aus Portugais Geschichte (Coaies romantiques, 
tirés de l'histoire du Portu^^ ) ; Francfort, 1 834 ; 

— Der Heimathhse (L'Expatrié); Francfort, 
1834, 4 vol.; — Pioveilen und Erzxhlungen 
(Nouvelles et Contes) ; Helmstœdt, 1835, 2 vol.; 

— Der Premierminister ( Le Premier Ministre ) ; 
Francfort, 1835, 4 vol.; — Der Geaechtete (Le 
Proscrit), roman historique du seizième siècle; 
Francfort, 1836, 3 vol.; — Bo/und Bûhne ( La 
Cour et le Théâtre ) ; Leipzig, 1838, 3 vol. ; — 
Tyrol; 1809, roman historique ea 2 parties et 6 vo- 
lumes ; Leipzig, 1838 ; — Sidonia^ roman histori- 
que du diX'Septième siècle; ibid., 1838; — Wit- 
tenberg und Rom, roman historique de l'époque 
de la réformation; ibid., 1840, 3 vol.; — DU 
Àuswanderer nach Texas (Les Émigrants au 
Texas); ibid., 1844, 3 vol.; — Don CarloSy 



Prétendent von Spanéen (DonCarios , préten- 
dant d'Espagne); ibid., 1842, 3 vol.; — Don 
Fernando, roman historique; ibid., 1842, 
2 vol. ; ^ Die Mutter des Legitimen ( La Mère 
du Prince légitime), roman historique; ibid., 
1842, 3 vol.; — • Marie'Antoinetle, roman his- 
torique; ibid., 1846, 2 vol.; — Geschichte der 
Sntdeckungund Eroberung von Mexi€o{Hn' 
toire de la Découverte et de la Conquête du 
Mexique ) ; Berlin, 1 847 ; — Der deuische Michel 
von hundert Jahren und der deuische Mi- 
chel von'heute ( Le Michel allemand d'il y a cent 
ans, et le Michel allemand d'aujourd'hui ) ; ibid., 
1847; — Mayaren, roman historique; Leipzig, 
1850, 2 vol.; — Reactionnaire und Demokrar 
ten, roman poh'tique; ibid», 1850, 2 voL;— Treu 
und brav (Fidèle et brave); Leipzig, 1851 ; — - 
Die Marhgrxfinn von Anspach und deren 
Zeitgenossen (La Margravine d'Anspach et ses 
contemporains ) ; Berlin, 1852, 2 vol. R. L. 
Oonv,-Ler. — Kejfer. Index Libror. 

HACX 00 HJBX ( i>avûi ), orientaliste néer« 
landais, né vers 1597, à Anvers, où son père était 
négociant On ignore le lieu et la date de sa 
mort, n fit ses études chez les jésuites d'Anvers, 
et prit les ordres. S'étant rendu à Rome, il de- 
vint camérier du pape Urbain vni, qui lui con- 
féra un canonicat dans la cathédrale de Cambray. 
Mais la jouissance de ce bénéfice lui fut disputée 
par un titulaire, qui venait d'être nommé par la 
faculté de Louvain. U en résulta un procès qui 
fut porté devant le parlement de Malines. Hœcx 
se vit débouté de ses prétentions par le juge- 
ment, qui fut prononcé le 18 février 1625. On 
a de lui : Dictianarium Malaico-Latinum et 
Za/ino-Moiaictim ; Rome, imprimerie de la Pro- 
pagande, 1631, pet. in-4®. Cetouvrage, que Hscx 
traduisit du hollandais, fut retraduit dans cette 
langue par Witkens et Donekaarts, et imprimé 
sous le titre de Maleitsch en Latynsch Woor- 
denboek; Batavia*, 1707, in-4®; — et quelques 
autres écrits dans Fama posthuma Prœsulum 
Antuerpiensiumvulgata a rhetoribus collegii 
Sodetatis Jesu ejusdem civitatis; Anvers» 
1611, in-80. On lui doit aussi une édition de la 
traduction latine par Schott des Lettres de saint 
Isidore de Peluse; Rome, 1629, in-S*". £. B. 

Foppena, Bibliotheea Belgiea. — Paqoot, Mém. pour 
servir à rhist. lUtér. des dix-sept provinces des Pays- 
Bays, t. XI ; Louvain, 1768, ln-8», p. 860-6S. 

* H ADO (Fray Diego de ), historien espagnol, 
né dans la vallée de Carança, mort dans la pre- 
mière partie du dix-septième. Il appartenait à une 
antique famille de la Biscaye, qui avait la préten- 
tion de faire remonter son origine jusqu'à l'inva- 
sion des Maures. Un de ses parents, portant le 
même nom que lui, était parvenu à l'archevêché de 
Païenne, et se faisait distinguer par ses vertus et 
par sa charité fervente ; ce fut ce prélat qui l'at- 
tira en Sicile. Il en devint le chapelain, et fut 
nommé abbé de Fromesta. Le palais archiépis- 
copal était, pour ainsi dire, le rendez-vous des 
nombreux captifs que la.cbarité du prélat dvait 



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B\ 



HifiDO -* 



fait racheter oa AMaue ; ce ftst fl'aptès leurs rap- 
ports que Diego de Haédo composa un premier 
essai sur l*hodgeac d'Alger ; mais bien qu'il s'ef- 
ftce complètement dans le ^oursde son histoire, 
Doiis supposons cluli alla lui-m^e avant l'année 
1606 dans les États Barbarescfues. Ce qu'il y a de 
certain, c'est que son lÎTre était tertoiné à la date 
«itée pins haut» et qa'an point de vue statistique 
ettopograpiUque il fut rédigé sar des documents 
qn'on pouTaxt obteafa* di£Bcilementde simples es- 
claves , les captifs comme Cervantes ne se rencon- 
trant pas fréquemment. Nidbias Antonio s-eà est 
malheureusement tenu à peu près au titre du livre 
deHttdo pour écrire l'article qu'il lui a consacré ; 
mais on peut supposer qu^Un travail élaboi^ 
«itssi lentement que le fut l'œuvre de notre bé- 
Bédiotin ne fut pas écrit sans que son auteur 
eftt acquis toutes lès garanties de véracité qu'on 
•pouvait obtenir alors : ou Heedo alla sur les lieux, 
ou il obtint des mémoires (|ui lui furent com> 
muniqués par des religiettx trinitaires; Il ne se 
cbhteiftâ pas de révéler ces Souffrances dont on 
ne Se faisait encdtift qb'une idée imparfaite d'a^ 
près dés relations tronquée^, mais H fournit sur 
A géographie et sur l'histoire des renseigne- 
meiHs qui manquaient d'Urte manière absolue, 
nabdo éVM eil Espagne lorsqtlll publia son litre ; 
il le dédia à rarclicveque de Palerme, qui pou- 
vait en réfclamer, tomme Ihi étant propre, une 
hotable partie; te litre parut soUs le titre 
suivant, iranscKt Inexactement dans toutes les 
Ubliogràphies : TopograpMae Bistoria général 
de Atgel, rtpnrtida en eindo imtados de se 
iferan casoi estrafios, mitêrtes espantosas y 
tbrmentos eiiqiHsitos que conuiene se eniien- 
êan en la ehristiandad, ton timchà doetrina 
y elegancia turiosa derigida al illustfissimo 
âéhor D. Diego de Hxde, arçobiSpo de Pa- 
ferme, présidente e eapltan genetal del teyno 
de Sicilia; en Valladolid , 1612, pet. in-folib 
à 2 colonnes. Cet ouvrage si heuf, par la ma- 
tière qu'il traitait, n'en demeura pas mohis à 
peu prèft ihcoAtMi. Un fait unique parmi les faits 
nombreux quMI rapportait le fit sehi recher- 
cher de quelques curieux : imprimé deux ans 
environ avant l'apparition du Doil Quichotte, 
il racontait dans un style plein de simplicité et 
de vivacité à la fois l'histoire de l'évasion auda- 
cieuse à la suite de laquelle Cervantes recouvra 
la liberté. A la gloire étemelle de l'illustre man- 
chot de Lépante, tout cela fut dit par Hsedo, 
comme on raconte l'histoire d'un homme ignoré,, 
comme notre bénédictin dit ailleurs l'Iiistoire de 
Pobscur et saint martyr que l'Église vient de 
béatifier. Cette curiosité, du ressort de l'histoù^ 
littéraire, fut recueiliie par les biographes du 
dix*buitième siècle; mais Heedo n'en resta pas 
moins parmi nous dans l'obscurité la pins com- 
plète. La conquête d'Alger lui a restitué toute son 
importance, et plus d'un savant laborieux a conçu 
le désir de le traduire en français. Gramaye a 
donné une version latine des dialogues qui se 



HJSf ilIlIR 52 

trouvent à la fin^ Sotts le tittis de Martyres Ar- 
gelenses. Ferdmand Dbnis. 

FonduUon de M Béçennê à?ÂHi«r par Saint-Rang et 
Ferd. DenlA. -> Nicolas Antonio biblwtkecn nova» — Mé- 
rimée , Histoire de Miguel Cervantes. 

HiBDrs ou CAVRETTO {Pierre)^ moraliste 
italien, né à Pordenone, vers l'an 1424, entra 
danslesordres , etdevinten i473curé danssa ville 
natale; il vivait encore en 150 1 ; il serait complè- 
tement oublié s'il n'avait pas eu l'idée de com- 
poser un ouvrage de théologie mystique , dirigé 
contre Tamour. Devenu rare et assez recher- 
ché des biblioplkiles, cet ouvrage a pour titre : 
AnteroUca, sive de amoris generibus, lihri 
très; Tarvisii, per Gerardum de Flandria. 
1492, in-4°. Il en a été fait une réimpression à 
Cologne en 1608, De contemnendis Amoribus; 
mais cette réimpression est très-défectueuse. 
Haedus se met en scène comme conversant avec 
deux de ses amis, le poète i£milianus Cimbriacus, 
qui prend le parti de l'amom*, et le prêtre Antonius 
Philemus, qui expose tous les maux dont cette 
passion est la source. — On doit encore à Haedus 
quelques autres écrits, peu connus ; CostituzUme 
dellapalria del Friuli; Udine, 1484 ; — De Edu- 
catione Liberorum ; Tarvis, 1492, in-4'' ; — De 
Concordix Paeisque Dukedine, sans lieu ni 
date, in-4°. Longtemps après sa mort, on publia 
à Venise, en 1558, un ouvrage dfuas lequel Hœdus 
s'était proposé pour modèle les Tttsculanes de 
Cicéron : De Miseria humana Libri qmnque; 
cet ouvrage est sous forme de dialogues écrits 
dans un style assez élégant. G. B< 

UruU, Hotizie Oegli lutter, del Friuli^ 1. 1, p. «8t. • 
tiraboschi, Storia delta Utteratura ItaUana, t. XIV, 
p. 350. • Preytag. Afialecta Htteraria, p 462. — IXivfd 
Ctément, Bitaiothéqée eufieim , t. IX, p. M9. ^ Belve, 
Anecdotes qf IJUrature, t. V. p. t96. ~ M. C. OhrUtyao. 
De Scriptoribus ecctesiastico^eroticis tribus; Francfort, 
1741,10-40. — Renouard, Catalogue â^un Amateur, 1. 1, 
p. 9t et 194. 

. HAfPMc» { Jean ^ Christian * Frédéric ) , 
compositeur et musicien allemand, né le 2 mars 
17Ô9, à'Ober-Schcenau (Thuringe), où son père 
était maitre d'école, mort à Upsal, le 28 mai 1 833. 
Il étudiait à l'nBiversité de Leipzig , lorsqu'il 
s'engagea dans une troupe d'acteurs. Après avoir 
joué dans ptusieUrs villes d'AUetiaagne , il ^voyagea 
avec un prince, et en 1780 il se rendit à Stocli- 
holm , où il devmt organiste de l'église alle- 
mande , maître de chant et violoniste à l'Opéra , 
enfin maître de chapelle du roi, en 1793. Appelé 
à Upsal pour enseigner la musique aux étu* 
diants (1808), il fut nommé, en 1826, orgamste 
à la cathédralov Hseffner était depuis 1787 mem- 
bre de l'Académie de Musique. Il admirait par- 
ticulièrement Haendel, Marcello, Seb. Bach, et 
Gluck, qu'il s'efforçait dMmiter ; mai^ il avait peu 
d'estime pour Mozart etRossini. Ses adversaires 
ne lui épargnaient pas non plus les critiques , et 
des intrigties nuisirent au succès de plusieurs de 
ses œuvres. Il ne sut jamais bien le suédois, 
quoiqu'il eût vécu plus de cinquante ans dans le 
pays où cette langue est parlée. La musique éfaic 



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63 HiËFFNER ^ 

la seule tangue qu'il enteodtt. U est plus couna 
comme compositeur que comme exécutant : le 
piano était le seul instrument sur lequel il ex- 
cellât. On lui doit la musique des opéras sui- 
ymU'.Élecôre; 1787 j— Entrée (VAlcide dans 
lemonde; —Renaud, Le récitatif et les chœurs 
sont les meilleures parties de ces opéras. HaelT- 
jief travailla à améliorer la musique religieuse , 
et publia Svenska Choratbok ( Livre de Chœur 
pour l'église suédoise) ; Stockholm, 1808. Cet oo- 
vra^e fut approuvé par le comité des psaumes, 
et réédité par ses soins, part. I; Stockholm, 1820; 
part. 11, tJpsal, 1821. On a encore du même 
auteur : Svenska Messan (Messe suédoise); 
Upsal, 1817; r édit., Œrebro, 1840; — Zehn 
lyrische Versuche (Dix Essais lyriques, avec 
accompagnement de piano); Upsal, 1819; — 
Prxludier till Mèlodierna uti Svenska Cho- 
ralboken ( Prélude pour les Mélodies du livre 
choral suédois). Les morceaux de musique qui 
accompagnent Svenska Folkvisor (llecueit de 
chants populaires suédois), par tieijer et Âfze- 
lius, 2^ édition, 1814-1846, 3 vol.; — et quelques 
écrits dans Svea (Bemarques sur lès anciens 
diauts du Nord, n** 1 ), dans Ptiosphoros^ etc. 
HaefToer avait étudié la botanique et formé un 
M herbier, qui fut acheté par le musée de l'uni- 
Tersitéd'CJpsal. £. B. 

Gcijer, NoU dans Svenska litteraiur-Fœreningeu$ 
TkUkrift, 18rt. - Svertêkt Panthéon, Uv. 2*, aVec pbrl. 
-FCtu, Bkvt. titt<v. det âtuêicietti, t. if. - ùtogr, 

l»tt.|Vl,at|-M9. 

■JurjfKR OU hjlFNB» {François )f\iÊalUimn 
suisse du dix-septième siècle, né à Soleure. Chaih 
celier de sa ville natale jusqu'en 1660, époque # 
laquelle^ frappé de cécité, il résigna sa charge, il 
avait été employé ea diverses drconstancespour 
les affaires de sua pays. C'est ainsi qu'il avait 
été un de» médiateurs de la paix conclue w 
i6à6 entre les cantons de Zurich et cLe Berne çî 
lesduq cantons cathoUques. Lorsqu'il eut perdu 
la voe^ sa fiUe l'aida dans ses travaux historique»» 
ce qui lui permit de faire paraître, en 1666 : jSo- 
loihwrnisGher Schaupkiéz historischer Wel$' 
Gesckichte (Théâtre historique deSoleure). W^ 

JOcber, AUq» Ctt,-Lex. 

* HABFTBK {Jocqucs VAN), écrivain religieux 
belge , né à Utrecht, en 1^88^ mort en 1648. 11 
cliangea son nom de baptême en celui de Benoit, 
quand, en 1627, il fut reçu abbé d'Aflliguem, 
dans le Brabant. Haefien y introduisit les cons- 
titutions de la congrégation des saints Vitone et 
Idulfe. On a de lui : Fropugnaculum reformer 
tionistnonasiicx ordinis S. Benedicti; — Pa- 
radisuSf sive viridariun catechisiicum ; An- 
vers, 1622, in-4*' ; -^Schola cordU ; Anvers, 1 629, 
ia'8° ; — Panis quotidianus, seu meditaiiones 
iocrx, in singulos anni dies distributx ; An- 
vers, 1634, in-32; — JHsquisitiones^monaS' 
iicx^ quihus S. Benedicti régula et religion 
sorum rituum antiquitates varie dilucidan- 
tur; pTwmissa S. Benedicti Vita; Anvers, 
1643, 2 yol. vhkli — Venaiio êoora, sive, an 



HiËLLSTEOEM 



64 



quxrendi Deum; Anvers, 16&0,in-fol.; — Via 
regia Cnicts, traduit m français par un corde- 
lier sous le titre : Le Chemin royal de la Croix, 
jn-8°. Haeften a laissé en outre en manuscrit 
plusieurs autres opuscules religieux. J. V. 

Ournam, Trajectum eruditum. — Valëre André, Bi' 
bttbtheca Betgiea. 

* HAilLocil, prince delà Domnonée armori- 
caine, né vers ddo, mort de 620 à 625, était le 
onzième fils de Judhael, et le O^ère puîné de 
Judikfaael. à qui il ravit l'autorité suprême à la 
Inort de lèut* père. Il avait été poussé à cette 
Dsurpation par un seigneur frank, nommé 
Kethwal, qtie soU père, suivant l'usage des petits 
princes bretons^ de te temps, lui avait donné 
pour patron on pète nourricier {nutritor ou 
hutrititti, dittëntlés documents contemporains), 
îr'efet-à-dirë ()dur gtiaverneur, chargé de feirè 
^on lëducafion tnftifaire. Le massacre par ce 
Itetfawal de $ept des qiiatorze fils de Judhael 
ëi9\sth l'UMîrpatfoff de Haëloch, qui, digne élève 
de RethwaI , se porta aux plus condamnables 
eieè^. Aameué une premiètt; fois à de meilleurs 
éeritfhiènts par la crainte des châtiments cé- 
lestes dont l'avait menacé saint Méen , et dont 
fi avait cro voir le préludé dans une chute de 
chévdl qui lui arvaît rompu une cuisse, remise 
par le saint, il redevint , le danger passé, aussi 
crnd qu'auparavant. Il s'attaqua ensuite k saint 
Maclou ou Malt), dont il saccagea le monastère, 
probablement pour le punir d'avoir voulu sous- 
ttlHre Un de see ftète» au glaive de Rethwal. 
Frappé de èééité quelques jours après, il se jeta 
ftnx geioux du saint, qui lut rendit la vue. Cette 
foi» sa reccmnàissance et son repentir furent plus 
durables , et sont attestés Aon-seulement par 
1^ graudes donations qu'il fit à l'église d'Aleth, 
mais plus encore par le respect qu'il ne cessa 
êe témoigher à saint Malo, et par sa charité enr 
n^rs les pauvres du pays d'Aleth, que Judikhael, 
félHtégf-é vers613-01d, ëémble lui avoir laissé. 

<^a1let, qui confond les temps comme les per- 
MMês, 8« contf'e Tautorité de tous les documents, 
M d'Haitoeh deux personnages, dont l'un aurait 
été le père de l'autre. Le premier, dans son 
«jriflètile, s'identifie tout à la fois avec Riwal 1<^' 
et Uê Hod P' de Geoffiroy de Monmouth. Le 
second, dont rexistenee est d'ailleurs fort dou- 
teuse, serait, d'après ce système, le même que le 
HoêlII de Geofflpoyde Monmouth; or, comme 
ce Iloël U, toujours d'après Galkt, aurait été 16 
fils de Hoël 1^% dans lequel il retrouve Rivi^al lî, 
il en résulte que ce prétendu Hdëllf n'est autre 
que Jonas, non pas fila, mais bien arrrière petit- 
fils de ce Riwal. Mais ce Jonâs, étant mort assas^ 
sine par Conmor, vers 638-540, ne peut être con- 
fondu avec Haêloch. Toutes ces assinulations , 
formellement tontredites par les divers docu- 
ments historiques, notamment par la vie de saint 
Malo, mort en 627, doivent être rejetées , et l'on 
ne peut admettre que l'existence d'un seul Haë- 
loch. P. Levot. 

.A^tud$9aMMHmeité9m^Mtaot dans .fnriiii et 



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55 



HiELISTROEM — HÂEN 



56 



dans les jémuOêi de SS, 4ê fordre dé Saint-BmuU, - 
yiê$ de* SS. de Bretagne» par D. Lobioeau. — Biographie 
Bretonne, art. Domnonée {Princei de la), par M. Arthur 
Lemoyne de La Borderie. 

HALLSTRŒM { CharUs-Pierre )t topogra- 
phe et cartographe suédois, né le 27 février 
l774,àIImola(gouTeniementde Wasa), où son 
père était pasteur adjoint , mort le 13 mars 1836. 
Après avoir passé Texamen de docteur en phi- 
losophie à Funiversité d'Abo (179ô), U étudia le 
droit, puis il entra an collège des mines,-, où il 
devint auditeur en 1796. Il fut ensuite nommé 
premier ingénieur au bureau du cadastre (1802), 
capitaine au corps du génie maritime, directeur 
des archives hydrographiques (1809), enfin ins- 
pecteur des canaux du nord (1827). Hœllstrœm 
obtint en 1826 le rang de lieotenant-colonel. Il 
était chevalier de Wasa (1818) , membre de FA- 
cadémie des Sciences de Stockholm (1803) , de 
l'Académie d'Agriculture (1812 ), etc. Les nom- 
breux voyages qu'il fit en Suède, dans des di»- 
tricts inexplorés , lui fournirent Toocasion de 
fonner un herbier de plantes rares, qu'il déposa 
au musée de l'Académie des Sciences dlJpsal. H 
a rendu de grands services à la géographie de la 
Suède. On lui doit lenivellementdetouslesgrands 
cours d'eau qui se déversent dans la Baltique, 
depuis la Scanie jusqu'à la Bothnie septentrionale, 
la triangulation du Blekinge, de 111e de Gothland, 
du gouvernement de Calmar, des lacs Melar et 
Hjelmare, et des observations chronométriques. 
Chargé par le baron Hermelin de réunir des docu- 
ments pouri'Atlas de Suède, il exécuta les six cartes 
de la Finlande et celles de plusieurs provinces de 
la Suède. Il se rendit k Londres en 1803, pour y 
faire graver deux cartes destinées à servir de mo- 
dèles aux graveurs suédois. 11 est auteur des 
cartes qui accompagnent le Voyage pittoresque 
au Cap-Nord par le colonel SHJœldà>rand; — la 
Description de la Scanie par Sjœborg; — le 
Voyage en Orient par Berggreen; —la Descrip- 
tion de la Palestine par Palmblad ; — les tra- 
vaux géologiques de Hisinger. Ses principaux 
écrits sont iFœrtechningasfiferortersgeogra- 
phiska bredd och laengd i Westerbottens Hœf- 
ding dœme (Table de la longitude et de la latitude 
des localités de la province de Westrobothnie, 
basées sur des observations astronomiques); 
Stockholm, 1803, in4* ; — Tal om den Tillvxxt 
Jxderneslandets géographie etc. ( Discours sur 
les progrès de la géographie durant les cinquante 
dernières années, et Coupd'œîl sur l'état actuel de 
la géographie en Suède) ; ib., 1 813, in-8'* ; — Pœr- 
teckning pa orters geographisha bredd och 
lasngd i Sverige ( Table de la longitude et de la 
latitude des localités de Suède, d'après des obser- 
vations astronomiques et chrooométriques) ; ib., 
1818, in-i"; — Vnderdânigst betsenkande 
och fcerslag rcerande afledandet af œfver- 
fiœdigt vatten utur Bjelmaren (Projet sur 
les moyens de décharger le lac Hjelmar du su- 
perflu de ses eaux); ib., 1821, in-4'; — une 
qnwtîté dem^nKiireasor la «tuation de la plu- 



part des localités de la Suède et de la Finlande , 
dans les Transaetioni (Handiingar ) de l'Aca- 
démie des Sciences de Stockholm. Bcaitvois. 

Berzclius, Aot. iur HaelUtrœm, dans les T^aiif. de 
VÂead. des Se. de Stoekh,^ IBM. - Biogr.-Ux., VI, Sio- 
SIS. 

HAKN (Antoine v4N), habile médecin hollan- 
dais, né à La Haye, en 1704, mort le 5 septembre 
1776. Il étudia, sous Boerhaave, qui lui donna 
plusieurs fois des preuves d'intérêt. Reçu doc- 
teur en 1734, van Haen pratiqua son art avec 
succès dans sa ville natale. En 1754 van Swieten 
l'appela à Vienne, et le fit nommer premier pro- 
fesseur de médecine pratique. Après la mort de 
son protecteur, van Haen le remplaça comme pre- 
mier médecin de l'impératrice reine, et se consacra 
complètement à l'enseignement oral et pratique. 
Desgenettes dit de lui : « Étranger aux formes 
et aux agréments qui plaisent et réussissent si 
bien, surtout dans le grand monde, Haen n'a 
dû sa renommée qu'à son seul mérite médical ; oa 
lui a reproché un ton peu mesuré dans les dis- 
cussions qu'il a eues avec d'autres médecins célè- 
bres et dans lesquelles son esprit sévère sacri- 
fiait tout à ce qu'il croyait à la vérité, sans égards 
et même sans ménagements pour ses adversaires, 
quelque recommandables qu'ils fossent. » Bois- 
seau ajoute : « La place éminente que Haen occupa 
si longtemps, soit à la cour, soit dans l'enseigne- 
ment, avait développé chez lui au plus haut degré 
cet esprit d'intolérance , cette impatience de la 
contradiction, ce désirimpérieux de commandera 
l'opinion qu'on ne remarque que trop souventchez 
les hommes constitués en dignité. Accoutumé 
à voir tous les médecins qui Tentouraient écouter 
ses décisions comme les sentences d'un oracle, 
Haen s'indignait de trouver un opposant parmi 
les médecins étrangers, dont l'un d'eux tient, il 
fout l'avouer, plus de place que lui sinon dans 
l'histoire de la médedne, au moins dans celle 
de la physiologie. Nous parlons du célèbre lialler, 
qui ne Pat jamais injuste pour son rude adver- 
saire. » Haen doit être mis au premier rang parmi 
les bons observateurs qui ont su reconnaître le 
caractère inflammatoire des maladies à travers 
les symptômes saburraux ou bilieux qui enga- 
geaient StoU à prodiguer les vomitifs. On a de lui : 
Historia anatomica-medica morbi miri incu- 
rabilis, medicosjuxtaprobMas artis régulas 
exacte ratiocinantes passim fallentis; La 
Haye, 1744, in-8*;— ■ De CoUca Pictorwn; La 
Haye, 1745, in-8°; Paris, 1761, in-8*. C'est une 
des meilleures productions de l'auteur; elle est 
restée classique; — De Deglutitione vel de- 
glutitorum in earum ventriculi descensu im- 
pedito; La Haye, 1750, in- 8*; -*- Quœstiones 
ssepius motœ super methodo inocuiandi va- 
riolaSf ad quas directa eruditorum responsa 
hucusque desiderantur, indirecta minus sa- 
tis/acere videntur; Vienne, 1757, in-8**; -^ 
Lettre à un de ses amis au sujet de la Lettre 
de M. Tissot à M. Hirxel; Vienne, 1758 et 1763, 



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67 



HÀEN -^ HiENDEL 



sa 



ithS". Cet opm^Qle est dirigé contre l'uiocidar 
tion ; — Batio medendi in nosocomio practico^ 
guod in gratiam medicinx studiosorum con- 
Mit Maria-Theresia ; Vienne, les quinze pre- 
mières parties dé 1758 à 1773, m-8°; ^ Con* 
tinuatio cum parte altéra de resuscitanda 
vita suf/ocatorum; Vienne, 3 tomes, 1771- 
1776-1779, in-8°;trad. en allemand par Ernest 
Platner, avec Notes; Leipzig, 1779-1785, in-8*. 
Le second tome de la continuation, traitant de 
llDocalation de la variole, a aussi été trad. sépa- 
rément en allemand, par François-Xavier de 
Wasserbei^, Vienne, 1775, in-8»*, dans cevo- 
hnnineux recueil, le bon et le médiocre se trou- 
Tent très-inégalement distribués , mais partout 
on y reconnaît une érudition peu commune et 
l'habileté d'un praticien de premier ordre; — - 
Réfutation de V Inoculation, servant de ré- 
ponse à deux pièces de MM. de La Condamine 
et Tissot; Vienne, 1759, in- 8"; — Thèses pa- 
ibologicx de hxmorrhoidibus ; Vienne, 1759, 
ia-S"; — Thèses sistentes febrium divisiones, 
natamque ea de caussa de miliaribus et pe- 
techiis cêsterisque febribus exanthematicis 
dissertationem; Vienne, 1760, in-8"; — Dif- 
ficultates circamodemorum systema de sensi- 
bilitateet irritabilitatehumani eorporis, orbi 
medico propositœ ; Vienne et Leyde, 1 76 1 , in- 8** ; 
— Yindicix Dïfficultatum circa modernorum 
systemade sensibilitate et irritabilitate huma* 
ni corporis contra Albert! de Haller Apologiam ; 
Vienne, 1762, in-8'* : cet écrit prouve que Haen n'é- 
tait pas partisan de Tapplication de la physiologie 
à la pathologie;— JHssertatio sistens examen 
froverbii : Medidna turpis disciplina; Leyde, 
1763, in-ff*; —Von den Fieèem (Des Fièvres) ; Co- 
penhague, 1763, ia-8" ; Dresde et Varsovie, 1777, 
in-go; —Ad Perilltr. Balthasaris ludovici 
Tralles^medici Vratisl., Epistolamapologeti- 
cam Responsio, cujus pars prior circa variola- 
ruminoeulationem versatur, altéra sanguinis 
missUmemet opium, instadio variolarumsup- 
^uratotottdo^; Vienne, 1764, in-S"; —Epistola 
de Cieuta, cum aletrophilorum Vienniensium 
eluddatUme necessaria, ad Balih.'Lud, Trai- 
tes; Vienne, 1765, in-8<' : l'auteur y conteste les 
avantages de la ciguë, préconisée par Stœrk ; — 
De Magia; Vienne, 1774 et 1775, in-8»; Pari?, 
1777 et 1 778, în-8* ; — De Miraculis ; Francfort et 
Leipzig, 1776, 1777, 1778, in-S" ; — Epitome 
operum omnium Antonii de Haen, in usum 
juniommpracticorum studenUumque accom- 
modataper D. Joh,^Mich. Scholustm ; Vienne, 
1778, ia-8*; — Antonii de Haen Prœlecliones 
in Hermanni Boerhaavii Institutiones patho^ 
iogicae ; eollegit, recensuit, addimentis auxit^ 
edidit Fr,^av. de Wasserberg ; Vienne, 1780- 
1782, 5 voL in-8'*; le l*"" vol. a été trad. en alle- 
mand, Leipzig, 1786, in-8°. £. Gilibert a publié 
à Genève une édition de cet ouvrage précédée 
d'an portrait piquant de Haen, qu'il avait connu 
peraoonellenient; ~ Opuscula omnia medico* 



physica, in unum nunc primum collecta; 
Naples, 1780, 6 vol. in-8''; — Opuscula qux- 
daminedita; accedunt historix morborum, a 
Stollio in collegio clinico Hacnii 1770-1772 
consignât»; par les soins de Joseph Eyerel, avec 
une Préface de l'éditeur; Vienne, 1795, 2 vol. 
in-8''i L— z— E. 

Vicq d'Azyr. .£/O0e( Inédit) de van Haen, prononcé à 
l'Académie de Médecine, en février 1793. — Ocsi^nettes, 
Etiai de Biographie et de BV>tiographie médicatet. — 
R-G. Boisseau • Biographie médicale. 

HJENDBL (Georges-Frédéric ), célèbre com- 
positeur allemand, né à Halle, le 24 février 
1684, mort le 14 avril 1759, à Londres, où il a 
passé la plus grande partie de sa vie. Les An- 
glais ont en quelque sorte nationalisé ce puissant 
génie, et se sont ai^roprié la gloire des nom- 
breux travaux qu'il a faits chez eux et pour eux. 
Haendei , dont le i)ère exerçait la profession de 
chirurgien dans la ville de Halle , manifesta dès 
Tenfance un goAt passionné pour la musique ; 
ses parents, qui le destinaient à la jurispru- 
dence, ne négligèrent rien pour le détourner 
d'un penchant qui contrariait leurs intentions ; 
ils allèrent même jusqu'à bannir de chez eux 
tout instrument de musique : leurs précautions 
furent inutiles. Le jeune Haendei avait découvert 
une épinette qu'on avait reléguée dans un des 
greniers de la maison; là, à l'insu de sa famille , 
il s'exerçait sur l'instrument, et parvint à force 
de persévérance à en jouer avec facilité , bien 
qu'il ne connût pas une note de musique. 11 n'a- 
vait pas encore huit ans lorsqu'il se rendit avec 
son père à la cour du duc de Saxe- Weissenfels, 
où il avait un frère consanguin , valet de chambre 
du prince. La liberté qu'on avait laissée à l'en- 
fant de se promener dans le palais lui faisait 
rencontrer à chaque instant des clavecins dans 
les appartements , et rarement il résistait à la 
tentation d'en toucher lorsqu'il était sans té- 
moins. Un jour, ayant trouvé la porte de la cha- 
pelle ouverte , il n'eut rien de plus pressé que 
de monter à l'orgue et de faire résonner sous 
ses doigts les touches du majestueux instrument, 
au contact duquel vints'enflammer sa jeune ima- 
gination. Le hasard voulut que le duc entrât dans 
la chapelle; il aperçut l'enfant, qui, croyant être 
seul, se livrait à tous les caprices de l'inspira- 
tion; il l'écouta attentivement, et fut charmé des 
talents qu'annonçaient ses improvisations. 11 de- 
manda qui il était; et loi*squ'on le loi eut dit, il 
fit appeler le père de Haendei , et insista pour 
qu'au lieu de faire de son fils un docteur en 
droit, on développât en lui, par une bonne édu- 
cation musicale, les heureuses dispositions dont 
la nature Tavait doué. Haendei obtint ce qu'il dé- 
sirait. A son retour à Halle, on lui donna pour 
maître l'organiste Zachau, qui , après avoir en- 
seigné à son élève les éléments de son art, l'i- 
nitia aux œuvres des meilleurs organistes de 
l'Allemagne. Haendei étudiait en même temps le 
contrepoint et la fugue ; ses progrès tinrent du 
prodige : à l'âge de dix ans il écrivait déjà des 



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HJMDBL 



motets, qui chaque semafile étaient exécotés dans 
réglise principale de Halte; après quatre aiméiMi 
d'un travail assidu, il eut eomplétement temiiBé 
ses études musicales. 

Le jeune artiste ne trouvant pas à fiable las 
ressources nécessaires au développement de son 
talent , se rendit d'abord à Berlin , ensuite à 
Hambourg, où il arriva en 1703 : POpéra de 
Hambourg était alors la meilleure scène lyrique 
de TAllemagne. Hœndel, dont on n'avait pas 
tardé à apprécier le mérite, fut chargé de tôdr 
le clavecin à Torchestre de ce théâtre, pour le^^ 
quel Tannée suivante il composa son premier 
opéra, intitulé Almira , qui fut représenté avofi 
succès. Le grand nombre de leçons particulièrefk 
qu*il donnait ne Tempâcha pas d'écrire encora 
trois autres opéras, iVera, Fiorindç et Dapbné» 
ainsi qu'une foule de pièces de clavecin, de caQi 
tates et de morceaux de musique d'église. £a 
170a, il partit pour l'Italie, et se rendit à Flo- 
rence, où , sur la demande du prince de Toscane, 
fils atné du grand-duc Cosme III de Médicis, il 
écrivit Rodrigo , son premier opéra italien , quî 
fut joué sur le théâtre de la cour. Après avoir 
composé Agrippina à Venise, la cantate i{ 
Triompho del Tempo à Rome, et Acis e Ga~ 
kUea à Naples, il vint à Hanovre en 1710, et 
ùat nommé maître de chapelle de l'électeur, en 
remplacement de Steffani, avec un traitement 
annuel de 1,500 écus ; Stefiani l'avait lui-même 
désigné au prince comme son successeur. 4 
partir de cette époque on remarque un notable 
changement dans le style de Haendel. Le senti- 
ment mélodique prend un plus grand développe- 
ment dans ses œuvres. Il adopte la manière élé- 
gante de StefTani , y applique les formes de l'har- 
monie allemande, et de cette heureuse fusion, k, 
laquelle le compositeur imprima le cachet de soq 
propre, génie, résulte le caractère définitif de ^i^ 
talent. 

Peu de temps après sa nomination de maître 
de chapelle, Haendel obtint de l'électeur de Ha- 
novre un congé pour se rendre à Londres. A son 
arrivée dans cette ville , le directeur du théâtre 
de Hay-Market vint lui offrir de composer la 
musique d'un opéra; Haendel accepta, et quinze 
jours lui suffirent pour écrire la partition de 
Rinaldo, qui est considérée par les Anglais 
comme son meilleur ouvrage dramatique. Son 
retour à la cour de Hanovre fut signalé par plu- 
sieurs productions remarquables^ notamment 
par les douze duos de chambre qu'il écrivit pour 
la princesse électorale Caroline; mais l'accueO 
c|u'il avait reçu en Angleterre lui faisait vivement 
désirer de visiter de nouveau ce pays. Il demanda 
un second congé à l'électeur, qui le lui accorda , 
et au mois de décembre 17 12 Haendel partit pour 
Londres. Tout ce que celte capitale possédait de 
personnages éminents s'empressa dé rechercher 
l'artiste, dont on admirait le talent, comme or» 
ganiste et comme compositeur; la reine Anne 
Stuart elle-même le combla de faveurs et l^i àth 



manda d'écriveun î^ Démit etmi JuHkOê^ï, 
en 1714, furent exécutés enaa présence, à l'^^ise 
SaiBt-PavI, à l'occaainn de la paix d'Utrechl 
An milieu de l'auréole brillante qui l'entourait, 
Hasndel avait oublié ses ^gagements avec |a conr 
de Hanovre. La reine Anne mourut; l'électeur 
de Hanovre , appelé à sucoéder 4 cette princesse, 
vint prendre possession du tr6ae d'Aiigleterre, 
sons le nom de Georges P" ; il retrouva à Londres 
son ancien maître de chapelle. Irrité contre lai 
de ce qu'il n'était pas revenu à son poste h Yb\- 
piratioQ de son congé, le monarque l'éloigna 
de sa personne. Haendel trouva heureusemeat 
dans le baron de Kiln^apsegge, chambellan du 
roi, un ami dont le dévouement parvint à le 
faire rentrer en grâce. Qn préparait une fête 
nautique sur la Tamise à laquelle Geoi^es 1-' 
devait assiter ; le baron de Kilmansegge , pro- 
fitant de la circonstance, demanda à son pro- 
tégé de la musique pour cette fête; ce fut alors 
que .Haendel écrivit la suite de morceaux de 
musique instrumentale connue sous le nom de 
Water-Mmic, L'orchestre fut placé sur une 
barque qui suivait celle du roi , et le composi- 
teur dirigea )ui-même Texécution de son œuvre. 
Georges r*", qui avait aperçu Haendel, fit l'éloge 
de la musique, mais ne parla point de l'auteur; 
bientôt après, cependant, l'artiste ayant été admis 
en sa présence çt lui ayant exprimé son profond 
regret de l'avoir offensé, obtint son pardon; le 
roi doubla même la pension de 200 livres ster- 
ling que la reine Anne lui avait faite. A partir de 
ce moment Haendel se fixa définitivement en An- 
gleterre. 

Dans les premières années de son séjour k 
Londres, Haend^ avait partagé son temps entre 
la composition et la direction des ('X)ncerts du duc 
de Rutland , du comte de Burlington et du duc 
de Chandos, chez lequel, en dernier lieu, il rem- 
plissait les fonctions de maître de chapelle. De- 
puis son opéra de Rinaldo , il avait écrit aussi 
ceux de Prométhée, d*Amadis et de H Pastor 
fido. Vers 1718, une association se forma entre 
plusieurs grands seigneurs pour la représentation 
des ouvrages de Haendel au théâtre de Hay- 
Market ; la souscription s'éleva à la somme de 
50,000 livres sterling ; Ife roi s'inscrivit pour miUa 
livres. Ce spectacle, dont la direction fut confiée 
à Haendel, s'ouvrit en 1 720, sous le titre d'AcO' 
demie royale de Musique , et bient6t après le 
compositeur fit représenter son opéra de Radû- 
mis ta, qui obtint un succès d'enthousiasme ; mais 
presqu'en même temps commença contre Haendel 
une opposition que la violence de son caractère 
fit naître entre lui et les commissaires admi- 
nistrateurs de l'Académie royale. Ceux-ci par- 
vinrent à lui donner pour rivaux les eom- 
positeurs Bononcini et Attilio Ariosti , dont le 
talent ne put lutter contre le génie de Haendel. 
L'Orgueil du grand artiste Ait néanmoins pro- 
fondément blessé d'avoir été mis en paraHèla 
avec des hommes qu'A considérait avec jusiifla 



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nt 



HJfaiDEL 



«I 



comme in(ëri«irft à loi. A ««s éléménti 4e dis* 

coTtle vinrent se mêler des dissidenoes d'un 
aatre genre. Htmdel avait réoni les meil-* 
leurs ebantears qn'il ayait pa se procurer; da 
ce nombre étaient le ooûtialtiste Senesino et la 
Mnigaerita Durantasti; il engagea ensuite la 
Cuzoni et plus tard la célèbre Faustina Bordoni. 
Une rivalité s'établit entre ces deux dernières 
caotatriees, qui ayaient chacune leurs partisans ; 
ieor amour-propre n'eut bientôt plus de bornes. 
De son Gdté , Haendel prétendait régner en maître 
sur son personnel, et se livraif aux emportements 
les plus blftmables envers les virtuoses qui con* 
tribuâient an succès de ses œuvres, mais dont 
les exigences étaient devenues intoléraUee. On 
rapporte qu'un soir an moment de la représen- 
tation d'oUene, la Cuzzoni ayant reftisé de 
chanter l'air de cet opéra, Falsa ima^ne, 
Hsadel la saisit dans ses bras et la menaça de 
la jeter par la fenêtre si elle persistait dans son 
refus. Tontes cesf^iscnssions amenèrent la ruine 
<hi théâtre, qui, après huit années de prospérité, 
fut fermé, vers la fin de 1739. tes nobles qui s'é- 
taient déclarés les adversaires de Hœndel firent 
une nouvelle souscription pour l'établissement 
d'nn opéra au théâtre de Linooln's-Inn-Fiek) , 
et engagèrent Senesino. Hœndel n'eut d'autre 
ressoarce que de s'associer avec le propriétaire 
(ie la salle de Hay-Market pour y organiser un 
autre opéra. L'association fut contractée pour 
trois années; aussitôt le compositeur se rendit 
eo Italie, d'où il ramena Bemacchl et la Strada; 
an mois de novembre 1729, il ouvrit son nou- 
veau tbéAtre, par l'opéra de Mario, qui M suivi 
<ie PartenopBt de Soaarme, ^ExHo et d'O»^- 
Imdo. A l'expiration de son association , Haendel 
résolut de suivre Tentreprise à ses risques et pé- 
rils , et iit un second voyage en Italie pour y 
recruter des chanteurs. Il y eut l'occasion d'en- 
tendre Farinelli ; mais malheureusement pour ses 
intérêts, il préféra Garestiui, pour lequel il écrivit 
sonCaii» Fabricvuê, qui fut représenté au mois 
«le décembre 1733. Jusque là les deux entre- 
prises rivales n'avaient pas été plus heureuses 
Tnne que l'autre; toutes deux avaient même 
prouvé des pertes considérables, lorsque les 
antagonistes de Haendel appelèrent Porpora à la 
direction de leur théâtre, et engagèrent Farinelli 
comme premier chanteur. L'effet que produisit la 
voix de Farinelli fut prodigieux; tout le moi)da 
Tonlut entendre le virtuose ; c'était un véritable 
«lélire. Haendel n'avait aucun chanteur à lui op* 
poser; il comprit l'impossibilité de soutenir son 
théâtre en concurrence avec lui , et après quel- 
ques teutatives infructueuses, il abandonna enfin 
une entreprise qui l'avait complètement ruiné. 
Tant de travaux , tant de soins et d'inquiétudes 
avaient altéré sa santé; il fut obligé d'aller 
prendre les eaux d'Aix-la-Chapelle. Vers 1736, 
il revint à Londres, dans un état de santé satis- 
raiaanl ^ avec l'esprit retrempé d'une nouvelle 
^ergie, et composa pour le théâtre de Covent- 



Garden les opéras dMfoteiiltf, de Judith, dMr^ 
mtRHM et de Bérénieey qnt fhrent accueillis 
par le pubHo anglais avec aotant d'indiflérence 
qu'il avait naguère montré d'enthousiasme pour 
les autres ouvrages dn musicien. Pharamond, 
XerxèSj AUxandre Sévère, Déidamiê et 
imeneo, écrit en 1740, furent les dernières pro- 
dnelions de Hœndel pour le théâtre. Ce fut alors 
que le célèbre artiste conçut le plan de ses ùra^ 
Éorios, qui sont ses plus tieauK titres de gloire et 
qui firent sa fortune ; il les écrivit sur des paroles 
anglaises, <^ y introduisit des concertos d'orgue, 
qui sont presque toujours placés avant le chœur 
final. Le premier essai qu'il fit de ses ouvrages 
en ce genre eut le succès le plus éclatant; le 
produit deè recettes fut immense, et ne diminua 
pas pendant les années suivantes. La foule se 
pressait à Covent-Garden , dans le temps du ca- 
rême, pour entendre ces admirables productions, 
parmi lesquelles on cite, comnoe les plus remar- 
quables, les oratorios du Messie, de Judas Ma- 
chabée, d^Aikalie, de Samson, et la cantate 
des Fêtes d}Alexandre, Dès lors la supério- 
rité de Haendel sur les autres compositeurs de- 
vint pour les Anglais un article de foi. L'oratorio 
de Jephtéf terminé au mois d'aoôt 1751, fut le 
dernier ouvrage du compositeur ; vers la fin de 
cette année , Haendel, dont la vue s'affaiblissait 
depuis quelque temps ^ devint complètement 
aveugle; il se résigna courageusement à son 
sort : sa seule préoccupation était de trouver un 
musicien qui fût capable de diriger à sa place 
l'exécution annuelle de ses oratorios; il choisit 
Smith , son élève et fils de son copiste. A partir 
de ce moment Haendel se condamna au repos, 
se bornant à exécuter quelquefois ses concertos 
d'orgue, il mourut à l'âge de soixante-quinze ans. 
U fut inhumé dans l'église de Westminster, où on 
lui érigea un magnifique tombeau, surmonté de 
sa statue en marbre bianc. L'anniversaire de sa 
mort fht célébré en 1784, autour du mausolée, par 
trois cents musiciens, qui exécutèrent des mor- 
ceaux choisis dans les œuvres de l'illustre ar* 
liste. En 1785, 1786 et 1787, les mêmes honneurs 
furent rendus à sa mémoire, et l'on compta plus 
de huit cents exécutants. Haendel ne s'était pa» 
marié; il laissa en mourant une fortune de 
20,000 livres sterling à sa famille et 1 ,000 livres k 
l'hospice des enfants trouvés de Londres. 

Haendel avait la taille robuste , le port noble , 
la figure imposante; son esprit, fin et caustique, 
devenait souvent brutal et emporté, surtout dans 
les moments où son peu de tempérance excitait 
la violence naturelle de son caractère ; malheur 
alors à qui venait contrarier ses idées ou troubler 
le silence dans lequel il voulait qu'on écoutât sa 
musique. Sa facilité répondait à sa prodigieoso 
activité : vingt-et-un jours lui suffirent pour écriro 
son oratorio do Messie, et deux jours après ce- 
chef-d'oeuvre fut exécuté; les répétitions s'en 
étaient faites à mesure que l'auteur composait; 
il en était de même de presque tous ses ouvrages. 



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68 



H^NDEL 



«^ 



Les raotîfiaf Aboodelit da&s u musiiiiie ; les modu- 
lations inattendues, quoique toujours naturelles, 
étonnent par leur hardiesse ; on y trouve une rare 
habileté à traiter le style fugué; mais le caractère 
dominant du talent de Tartisteest la grandeur, la 
solennité et l'élévation des idées ; c'estsortoutdans 
les chœurs qoeHsendel est incomparable, par le 
grandiose , la simplicité , la netteté de la pensée 
et la progression de l'intérêt. La puissance de 
ses chœurs est telle que loin d'y ajouter par le 
luxe de l'inàtromentation moderne, on ne pour- 
rait que raffaiblir; et quels que puissent être les 
progrès de la musique , ces sublimes produc* 
tions du génie de Haendel seront toujours citées 
comme des modèles du style le plus élevé. Comme 
organiste, Haendel n'avait pohit de rivaux en 
Angleterre; Jean-Sébastien Bach était le seul en 
Europe qui l'emportât sur lui. 

Voici la liste des œuvres de Haendel : Opéras : 
it/mtra, Hambourg (1704) ; ^ Néron, id. (1706) ; 
^Florindo, iâ,{i70S)i — Daphné, id. (1708); 

— Rodrigo, Florence (1709);— Agrippine, Ve- 
nise (1709) ; — Acif Galatea e Pol\feme , pas- 
torale, Naples (1710); — Thesasus, Londres 
(1711); — Rinaldoy id. (1711); — Il Pastor 
fido, id. (1716); — Amadis, id. (1715); — Ra- 
damista, id. (1720); — Mudo Ssevola, id. 
( 1721 ); — Oitone , id. (1722); — Flavio, id. 
(1723); — Floridante, id. (1723); — Giulio 
Cesare, id. (1723) ; — Tamerlano, id. ( 1724); 

— Rodelinde, id. (1725); — Scipione, id. 
(1726); -- Alessandro, id. (1726); — iîiccardo, 
id. (1727); — Admète, id. (1727); Siroe, id. 
(1728); — Tolemeo, id. (1728); — Lotario^ 
id. (1729) ; — Partenope , id. (1730) ; — Poro , 
îd. (1731); —Soâarme, id. (1732); — Orlando, 
id. (1732); — Ezio^ id. (1733); — Caius Fa- 
bricUis, id. (1733); — Tito, id. (1734); —Al- 
ceste, id. (\7U); — Anodant, id. (1734); — 
Alcine, id. (1735); — Atalante, id. (1736); 

— Arminius.ïô, ( 1736); — Justin, id. 
(1736); — Pharamond, id. (1737); — Bé- 
rénice, id. (1738); — Xerxès, id. (1738); 

— Alexandre Sévère, id., (1738); — Déi- 
damie, id. (1740); — V Allegro, il Penseroso 
ed il moderato, opéra allégorique, id. (1740); 

— Le Parnasse en fête, id. (1740); — Jme- 
neo, pasticcio , id. ; — The Choice of Hercule, 
id. ; — V Alchimiste, opéra-comique, id.; — 
Oratorios : La Passion , en allemand , composé 
dans la jeunesse de Haendel; — // Triompho 
del Tempo; Florence (1707); - La Resurrez- 
ato«c;Rome (1708) ; —Deôora, Londres (1733); 

— Esther, id. (1733);— Israël en Egypte, 
id. (1738); — Athalie, id. (1738); — Saûl, 
id. (1740); — Le Messie, id. (1741); -. 
Sanuon, id. (1742); --Sémélé, id. (1743); 

— Joseph, id. (1743); — Hercule, id. (1744); 
^Balthasar, id. (1744); — Occasional Ora- 
torio, id. (1746); — Judas Machabée, id. 
(1746); — Alexandre Balas, id. (>747); — 
Josué, id. (1747); — Suzanne, id. (1748); — 



Salamon, îd. (1748);'-7Aéotfore, id. (1749); 

— Le TViompAe du temps et de la vérité , 
id., (1750); ^ Jephté, dernier ouvrage de 
Haendel, id. (1751); '- Mcsiqub D'ÉGins : Un 
grand nombre de motets et de cantates reli- 
gienses composés à Halle depuis l'âge de seize 
ans jusqu'à dix-neuf ans; — Psaumes alle- 
mands â 4 voix, écrits à Hambourg de 1703 à 
1708 ; » Laudate pueri, à 4 voix et orchestre, 
Rome ( 1 707) ; — DixU , à 5 voix, Rome (1707) ; 

— Messe à 4 voix, 2 violons, 2 hautbois, alto 
et orgue; Naples (1710) ; — Te Deum et Juhi- 
litate, composés à l'occasion de la paix d*U- 
trecht; Londres (1714); — Antiennes anglaises 
à 3, 4, et 5 voix et orgue , pour le service de 
la chapelle de Georges I*" (1717); — Douze 
grandes antiennes à 4 voix et orchestre, pour la 
chapelle du duc de Chandos, écrites en 1719 et 
1720; — Quatre grandes antiennes composées 
pour le couronnement de Georges P'; — An- 
tienne pour le couronnement de Georges II 
(1727); — Antienne ou Cantate funéraire pour 
la mort de la reine Caroline (1737); — Antienne 
nuptiale pour le mariage du prince de Galles, 
père de Georges HI ; — Trois Te Deum à 4 voix 
et orchestre , le premier en si bémol , le second 
en la, et le troisième en ré; — Grand Te Deum, 
Antienne et Jubilate, composés en 1743 à l'oc- 
casion de la bataille de Dettingen; — Musique 

VOCALE UE CONCERT ET UB CHAMBRE : BoaUCOOp 

d'airs détachés et de cantates avec orchestre sur 
des paroles allemandes, composés de 1703 à 
1708; — Plus de 200 cantates avec accompa- 
gnement de clavecin , écrites pour le service de 
la cour de Hanovre; — Douze duos avec basse 
continue , composés pour l'électrice de Hanovre ; 

— Ode à la reine Anne d'Angleterre, à 4 voix 
et orchestre, composée en 1713; — Cantates à 
3 voix et basse continue; — La Fête d'A- 
lexandre, grande cantate à 4 voix et orchestre, 
mal à propos considérée comme on oratorio; — 
Musique instrumentale: Water Musie, suite 
de pièces instrumentales écrites en 1714 à l'oc- 
casion d'une fête sur la Tamise donnée an roi 
Georges 1"; — Pire Music, suite de morceaux 
écrits pour un feu d'artifice tiré en réjouissance 
de la bataille de Dettingen; — Symphonie con- 
certante pour divers instruments; — Douze 
grands concertos pour 4 violons , 2 violes, vio- 
loncelle et basse continue pour clavecin et orgue; 
_ Sonates en trios pour 2 violons et violoncelle, 
on 2 hautbois et basse continue; — Douze 
concertos pour hautbois et orchestré; — Douze 
solos pour flûte allemande et basse continue , 
composés pour le prince de Galles ; — Leçons 
pour clavecin contenant des pièces de difTérents 
genres;— Six fugues pour le même instrument; 

— Enfin, dix-huit concertos d'orgue divisés en 
trois suites. Dieudonné Dbnke-Baron. 



Georg. PriedeHeh Hàndelt LOensbêSchreUtunç, 
aMtn rerioehnisse teiner 9F»rk9 und éérm Bemr- 
theilvng, etc., vom Uattketom Bsoibourg. iTSi. - 



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HiENDEL — Hi£NKE 



66 



FurUUs tUUrmirttt ou rêeueU de piàeet tant origi- 
nales que traduitet conetmarU la philosophie, la lit- 
tenture et le$ arts, par l'abbé Arnaod et Suard ; ParlA, 
f1i8. - HawktM. Historif of ih» Seteneo and Praetico 
^ JCiiiic; Londres» iTie. — Buroey, jteeount of the Mu- 
sieal Pet^ormaneo in ff^estminter-Atbey to commemo- 
nUtono/Handeti Londres, vm. — Cboron et Fayolle, 
Dktkamaire historique des Mtttieimsf Paris, 1810. ~ 
VéUs, Biograpkte wUverselle des Musiciens. 



5 (Jeanne^Henriette-Ro- 
itne)) actrice aUemaude, née en 1770, à Dœ- 
behi(Saxe), morte à Kœalin, en 1839. Fille d'un 
oomédien, appelé Schuler, elle monta de bonne 
heure snr la soène, et se maria en 1788, à un té- 
nor, nommé £unich, qu'elle soitit à Mayence, 
puis en 1792 à Amsterdam, et revint avec lui en 
1794 jooer sar le théfttre de Francfort. En 1796 
elle accompagna son mari à Bertin, oà pendant 
dix ans elle remplit avec succès les rôles tragi- 
ques et à sentiment H y avait à peine un an qu'elle 
était dans la capitale de la Prusse lorsqu'elle di- 
vorça. En 1802 elle épousa le docteur Meyer. 
Trois ans plut tard un nouveau divorce lui per- 
mettait de convoler en troisièmes noces avec le 
docteur Hsendel, de Halle, qu'elle suivit à Stettio, 
dans l'intention de ne plus remonter sur la scène. 
Ce troisième mari vint à mourir sept mois après, 
et en 1807 sa veuve épousa à Halle le professeur 
SchutK, auteur dramatique, qui U décida à en> 
treprendre une tournée artistique en Allemagne. 
Le peintre Pforr lui avait montré autrefois à 
Francfort une suite de gravures de Rehbefg re- 
présentant les attitudes ou poses plastiques exé- 
cutées à Londres par Emma Harte, devenue depuis 
lady Hamilton (voy, ce nom). L'idée vint alors 
à M"* Haendel-Schutz de reproduire ces exer- 
cices, et les contemporains rapportent que sur 
divers points de l'Allemagne, en Russie, à Stock- 
liolm et à Copenhague , elle produisit une vive 
/inpressron sur les spectateurs. A Paris , où elle 
essaya de faire apprécier son talent mimo-plas- 
tiqoe, elle éclioua. En 1820 elle remonta sur les 
planches à Leipzig. Quatre ans après elle se sé- 
para encore de son quatrième mari, et en 1830 
die se fit rendre sa lilierté par une sentence ju- 
diciaire. Des seize enfants qu'elle eut de ses 
quatre maris, trois seulement survivaient en 
1 844 ; qiutre s'étaient suicidés. W. 

ConversaUons-Lexikon. 

l BARBL ( Gustave-FrédMe), jurisconsulte 
allemand, né à Leipzig, le 5 octobre 1792. Il 
étudia la jurisprudence à Leipzig et à Gœtlîngue. 
Ayant fiiit la connaissance de Hanbold et de 
Hogo, il se décida, sur leur conseil, à diriger ses 
recherches sur des sujets de l'histoire du droit. 
Apres avoir obtenu en 1816 le grade de docteur 
i l'aniversité de Leipzig, et y avoir donné pen- 
dant quelque temps des cours de droit romain en 
qualité de privat-docent , il fut nommé profes- 
seur de droit extraordinaire. 11 entreprit un 
voyage de sept années en Angleterre , en France 
et dans toute l'Europe méridionale, pour visiter 
les UbKothèqoes de ces pays, dans le but sur- 
tout de eonaattre les richesses qu'elles pouvaient 

BIOGR. CÉSfyl, — T. XXIII, 



contenir en fiiit de manuscrits. En 1838 il fut 
nommé professeur ordinaire de droit à Leipzig. 
C'est aux recherches mfatigables d'Haenel, aux 
éditions qu'il a données , avec une grande habi- 
leté de critique, de plusieurs sources très-im- 
portantes de rbistoire du droit romain, que sont 
dus en grande partie les progrès notables faits 
depuis quelque temps dans l'étude de cette 
branche de la jurisprudence. On a de lui : De 
Testamenio militari; Leipzig, 18 tO, in-i*"; — 
Catalogi lihrorum manttscriptorum qui in 
bibliothecis Gallix, Helvetix^ Belgix, Britan- 
niœ Magnx^ Hispanix, Lusitanix, asser» 
vantur; Leipzig, 1829,in-4<';— plusieurs disser- 
tations sur la Honorïi Constitutio de conven- 
tibus annuis in urbe Arelatemi habendis; 
Leipzig, 1845-1850, in-4°; — De Lege Romana 
Burgundionum; Leipzig, 1850. Comme édi- 
teur, Haenel a j publié : Paulli receptarum 
Sententiarum Libri quinque; Bonn, 1833, 
inrl2 ; — Antiqua Nummaria Codicis Theodo- 
siani; Leipzig, 1834, in-8°;— Dissensiones 
Dominorum , sive controversix veterum juris 
Romani interpretum qui glossatores vocan- 
^t<r; Leipzig, 1834, in-8°; collection de recueils 
inédits, sauf un seul, se rapportant aux questions 
controversées entre les quatre glossateurs du 
douzième siècle , nommés les Domini ; le plus 
important de ces recueils a été rédigé par un au- 
teur anonyme, dans la seconde moitié du douzième 
siècle; — Ulpianus de edendo; Leipzig, 1838, 
in-8«; — Codices Gregorianus, Hermogenianus, 
Theodorianui ; Bonn, 1842, in-4''; quant à la 
pureté du texte, c'est la meilleure édition do Code 
Théodosien;— iVove/Zas Constitutiones Théo- 
dosi II, Valentiniani III , Maximi, Majo- 
riani, Severi, Anthemii; Bonn, 1844, in-4"; 
— Lex romana Visigothorum ; Leipzig, 1849, 
in-4° , excellente édition faite sur soixante-seize 
manuscrits. E. G. 

ConversationS'Lexikon der Gegenwart. 
UJRVKE ( Thaddée ), naturaliste bohème , né 
le 5 octobre 1761, à Kreibitz (Bohême), mort 
près de Cochabamba( Pérou), en 1817. Il fit ses 
études à l'université de Prague et à celle de 
Vienne. Sur la recommandation de Jacqnin, 
dont il avait suivi les cours , il avait été attaché, 
par le gouvernement espagnol , en qualité de bo- 
taniste à l'expédition de Malaspina autour du 
monde. Lorsque Haenke arriva en Espagne, 
Malaspina était parti ; Haenke s'embarqua à Cadix 
pour Montevideo et Buenos-Ayres, où il espérait 
rejoindre Malaspina. Le bâtiment qull montait fit 
naufrage à l'embouchure du Rio de la Plata. 
Haenke se sauva à la nage, avec son Linné et ses 
papiers. Il se rendit paMerreau Chili entraver- 
saut les Cordillères, Arejoignit enfin le capi- 
taine Malaspina, qu'il accompagna dans son 
voyage le long des côtes jusqu'au détroit de 
Nootka , en Californie. Revenu par mer à Aca- 
pulco, il parcourut le Mexique, traversa la mer 
du Sud jusqu'aux lies Mariannes et Philippines. Il 



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67 



HiEWKE — HAER 



as 



passa ensuite en Amérique, par les lies de la 
Société, et en 1794 il reyint aq Chili. Deux ans 
après, il s'établit au Pérou, où il acheta une pro- 
priété près de Cochabamba. Il passait une partie 
de son temps dans cette ville , où il établit un 
jardin botanique , qu'il enrichit de plantes rap- 
portées de son voyage. En même temps il fit 
ouvrir et exploiter une mine d'argent dans sa 
terre. Les autorités espagnoles lui donnèrent leur 
appui ; il mettait ses connaissances au service des 
habitants , et fit plusieurs voyages dans le pays 
environnant. Haenke pensait pourtant bien re- 
venir en Europe j, mais la révolte des colonies es- 
pagnoles l'empêcha d'exécuter ce dessein. Il 
mourut dans sa propriété, par la faute d'une ser- 
vante, qui, se trompant de fiole, lui donna à boire 
un liquide corrosif. Il laissait son argent à sa 
famille et ses collections à sa patrie. Une partie 
de son herbier seulement arriva à bon port, et a 
été réunie au musée de Prague. Sur ces plantes 
et les indications que Haenke y avait jointes , on 
a publié : Reliquiss Hâsnkeanx, seu descrip- 
tiones et icônes plantarum quas in America 
merid, et boreali , in insulis Philippinis et 
Mariannis collegit Th. Hxnke; Prague, 1825, 
in-fol., fasc. 1. Dans ses Voyages dans l'A- 
mérique méridionale , Azara a publié de 
Thaddée Haenke une Introduction à Vhis- 
toire naturelle de la province de Cocha- 
bamba. Haenke a en outre publié en 1799 : Me- 
morias sobre los Rios navigables que fluyen 
al Maranon procedentes de las Cordilleras 
del Peru, etc. Dans ce travail, adressé à Don 
Francisco de Viedma, gouverneur de Cocha- 
bamba, Haenke prouve l'avantage qu'il y a à aban- 
donner le chemin rétrograde ( ce sont ses ex- 
pressions) qui conduit à l'Océan Pacifique par 
la cordillère , pour donner la préférence aux ca- 
naux naturels, par le moyen desquels on exporte 
facilement les productions de ce pays en les diri- 
geant sur les fleuves tributaires de l'Amazone , 
dont le cours développe d'ailleurs une si prodi- 
gieuse fertilité dans les régions quils traversent. 

F. D. 

Jozé Arenales, NotMat historicas y descriptivoM 
sobre et gran pais del Chaeo y rio Bermêjo; Buenos- 
Ayres , ISSS, io-8*. — D. Félix Frlas, Nota dirigida A 
S. G» el Sehor D. Thomas Frioê. — Notice sur Hienke , 
par le comte Gaspard de Sternberg, en tête des Heliquise 
et daiu le tome !■' du Jouroal allemand LinruBa. — 
Sprengel, dans VAUçemehie Eticyklopadie d'Ersch et 
Gruber. 

* HAENTJENS ( Charles }, agronome français, 
né à Nantes, en 1790, mort à Paris, le 3 jan- 
vier 1836. Il rendit d'immenses services à l'a- 
griculture dans le département de la Loire-Infé- 
rieure. Avant lui, sonpère avait opéré sur ses 
propriétés , à Gesvres Aon loin de Nantes , des 
défrichements qui avaient eu un plein succèb. 
Encouragé par cet exemple, Haentjens acquit, en 
1822, cinq cents hectares de landes sur le terri- 
toire de Grand-Jouan, à quelques kilomètres de 
Nozay, dans l'arrondissement de Châteaubriant, 
et là, g'aiéant des observations pratiques mises 



en cifcnlation par M. de Montandomn, l'on des 
fondateurs de la Société d'Agriculture, de Com- 
merce et des Arts de Bretagne , il se mit à 
l'oeuvre. Ses prédécesseurs n'avaient suivi dans 
l'exploitation de Grand-Jouan que la méthode 
routinière du reste de la Bretagne, fondée exclu- 
sivement sur la succession des céréales; les four- 
rages y manquaient complètement. Pénétré de la 
justesse de l'axiome : Sans prairies point de 
bestiauxy sans bestiaux^ point d-ençfrais, sans 
engrais point de bonne culture, il assola ses 
terres, varia ses cultures, obtint de magni- 
fiques réeoltes, créa des prairies artifidelles très- 
productives , fit de grandes plantations de pins 
venus de la Sarthe on de Riga , familiarisa les 
paysans bretons avec les méthodes suivies dans 
la Beauce, et ajouta à ces divers bienfaits en in- 
ventant, pour la facilité du travail, quekiues 
instruments aratoires d'un très-utile emploi. 
Outre la belle ferme-modèle de Grand-Jouan. 
érigée en 1849, par le gouvernement , en ferme 
régionale , pour l'enseignement agronomique su- 
périeur, Haentjens en exploitait quatre ordinaires 
avec un égal succès. Après la révolution de 1830, 
il fut élu membre du conseil général de la Loire- 
Inférieure. Les archives de la Société Académique 
de Nantes possèdent plusieurs rapports manus- 
crits de Haentjens , entre autres un Mémoire 
sur un nouveau système de ridage par 
M. Painchaut. P. L. 

Notices btooraphiqfies sur Haèntjen»t par le docteor 
Piioa, dans les jénnales de la Société Académique pour 
I8se, et par B. Talbot. dans la Biographie Bretonne. 

HAER ( Florent van der ), historien belge, né 
à Louvain, vers l'an 1547 ou 1549, à Lille, moit 
en février 1634. Il embrassa l'état ecclésias- 
tique, et professa la théologie à l'abbaye de Sainte- 
Gertrude de Louvain. 11 voyagea en Italie , puis, 
de retour dans les Pays-Bas, il se fixa à Lille, où 
il fut chanoine et trésorier de la collégiale de 
Saint-Pierre. 11 avait une profonde connaissance 
de l'histoire de son pays et des antiquités ec- 
clésiastiques. On a de lui : De initiis tumvl- 
tuum Belgicorum Libriduo, etc.; Douay, 1587, 
et Louvain, 1640, in-8«; histoire écrite avec 
fidélité et élégance ; — Antiquitatum liturgi- 
carum Arcanay etc.; Douay, 1605, în-8»; ou- 
vrage anonyme, dédié à la mémoire du mar- 
quis de Renty, qui avait honoré l'auteur d'une 
sincère amitié-, — Les Chastelains de lÀlle, 
leur ancien estât , office et famille , etc.; Lille, 
16U, in-4*. Vander Haer avait composé une 
Histoire de V Abbaye de Sainte-Gertrude de 
Louvain , restée inédite , mais dont l'abbé de 
Ryckel a fait usage dans son Eistoria sanctx 
Gertrudis. E. Recnaro. 

Van der Haer, Antiquitaturn liturgicarttm Arcamt, 
dédicace, et Ut. Il, chap. 8, pag. S16 de la s* édtt. - Jo- 
seph Geidolf de Ryciiel, Ilistoria sanctSB GertrudU, 
édit. de 1637, p. 6S3 et 6SS.-Sweertlu8, Athenœ Bclrjicœ.- 
Valdre André, Bibliotheca Belgica. -Paquot, Mémoires. 
- Archives hist: du Nord, t. III, l^»<*rle, 

HAER {Jean van der ), en latin Hartus, sa- 
vant bibliophile hollandais, né à Gorcum, mod 



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b9 



HA£R ^ HAESER 



70 



en 1552, à La Haye. H fat saoeetsiTement cha- 
Doine de Gorcum et de La Haye. Sa Vie fat 
en graade partie occupée par Tétude. Il rassembla 
Doe nombreuse bibliothèque, qu'il légua à Char- 
les Quint ; elle fut malheureusement dispersée 
OQ détraite durant les guerres religieuses de Hol- 
lande. L— Z— E. 

HAER ( &enri TàN der), en latin Harius, 
poète hollandais , parent des préoédetti<i, né en 
1540, aux. enTÎrons de Zuphten. Il étudia le droit 
à Donay, eiierça la profession d'avocat à Am- 
hein, et se réfugia en Westphalie lorsque cette 
province fut dévastée par les espagnols. On a de 
lai Tristia, élégies recuellies et publiées par 
H. Cannegieter; Anheimi, 1774, ^-4". 

L-'Z-oB. 

Paqoot, Mémoires pour servira Vhistoire des Pays- 
Bas. — AdeloDg, Supplém. i Jftcher, Allgem. Cël.- 
Uxik, 

ImkKKVS» (Guillaume) y connu, sous le 
psendonypae de WiUhald Alexis^ comme un des 
meilleurs romanciers de TAllemagne contempo- 
raine, est né en 1798, à Breslau. Il fit ses pre- 
mières études au ooU^e de Berlin , prit part en 
1815, comme volontaire , à la campagne contre 
la France, et fréquenta ensuite les universités 
de Berlin et de Breslau , on il se livra à Tétude 
de la jurisprudence. Vers 1820, il entra dans 
une des administrations du gouvernement prus- 
sien; mais l)ientôt il renonça à ses fonctions 
d'employé pour se consacrer exclusivement à 
des travaux littéraires. H débuta dans sa nou- 
velle carrière par TTaWodmor ( Berlin , V édit., 
1823-1824, 3 vol.) , qu'il annonça comme une 
traduction d'un roman de Walter Scott, et qui 
fat dévoré des lecteurs allemands comme une 
nouvelle œuvre du grand poète écossais. Depuis 
cette époque M. Haering a publié un nombre 
fort considérable de romans , de nouvelles , de 
contes et d'esquisses de vovages. La plupart 
de ces écrits , sans atteindre à la hauteur des 
(envres des grands maîtres , ont cependant une 
valeur incontestable, et assurent à leur auteur 
une place des plus distinguées dans l'histoire 
littéraire de l'Allemagne contemporaine. On a 
de lai : Die Geàchteten ( Les Proscrits) ; Ber- 
lin, 1825; — ScMoss Avalan (Le Château 
d'Avalon), roman historique; Leipzig, 1827, 
3 vol. ; — Herbstreise durch Skandinamen 
(Voyage d'automne à travers la Scandinavie) ; 
Berlin, 1828,2 vol.; — WanderungenimSûden 
r Excursions dans le Midi ) ; Berlin , 1828; — G«- 
sammelte Novellen (Recueil de Nouvelles > 
contenant La Bataille de Torgau, les Contreban- 
diers, la Comtesse Hélène, elc.};Bertin, 1830- 
1831, 4 vol.; — Cabanis; Berlin, 1832, 6 vol. : 
roman historique qui passe pour le chef-d'œovre 
de M. Haering; —WienfT Bilder (Tableaux de 
Vienne); Leipzig, 1833; — Sehattenrisse aus 
Sûddeutschland ( Esquisses de l'Allemagne mé- 
ridionale) ; Beriin, 1834; — Haxis Dûsterweg, 
(La Maison Diisterweg); Leipzig, 1835, 2 vol.; 



-^NeueNovelUn (Nouvelles nouvelles) ; Berlin, 
1836, 2 voL; — < Balladen; Beriin, 1836; — 
Zwôlf Nàehte ( Eiouze Nuits ), roman ; Berlin , 
1838, 3 vol.; — Roland von Berlin (Roland de 
Berlin); Leipzig, 1840,3 yoX.; -^ Urbain Gran- 
dier; Berlin , 1843, 2 vol.; — Der faUche 
Waldemar (Le faux Waldemar ) ; Berlin, 1843, 
2 vol.; — Die Sosen des Herrn von Bredotc 
( Lea Culottes da monsieur de Bredow), roman 
historique, qui fut très-bien aeeueilli du public, et 
qui se compose de deux parties i Hans JUrçen 
und Hans JœhêH , Bariin, 1.846, 2 vol., et Der 
Wârwolf, ibid., 1848, 3 vol.; — Der Zaub^" 
rer VirgÙius ( Le Magwen Virgile ) ; Berlin, 
1851 ; — Buhe i$t die erste Bûrgerpfiicht 
(Tranquillité est le premier devoir du citoyen )« 
roman historique; Berlin, 1852, 6 vol.; — Jse- 
grimm; Berlin, 1854, 3vol.; — Dorothée; ro- 
man tiré de l'histoire de Brandebourg; Berlin » 
1855, 3 vol. — M. Haering publia en outre, en 
commun avec M. Hitzig, le grand ouvrage : Der 
neue Pitaval (Le nouveau Pitaval); Berlin, 
1842-1853, 20 vol.; recueil de causes célèbres, 
et qui passe en Allemagne pour le meilleur tra* 
vait de ce genre. B. Li 

Conv,'Lêx. - Jalian Scbroldt, Deutsche LiteraU 
des 19 Jsekrk., vol. 111, p. S5S-S«s. — Kayser, Index U- 
bror. — Klrcbboff, BUehercattUoç. — Hlniicha, Bûcher-' 
Ferzeiekniss. 

* HABSEE ( Henri), érudit médecin allemand, 
est né à Rome, le 1 5 octobre 1 8 1 1 . U fit ses études 
à Lemgo, Weimaret léna, et après avoir pris 
ses grades à l'université de cette dernière viU^ 
et exercé pendant quelque temps les fonctions 
d'aide-médecin de la polyclinique, il obtint ea 
1839 une chaire de professeur. Dix ans plua 
tard, il fut appelé comme professeur à Tuoiver- 
sité de Greifswald, où il est encore aujourd'hui. 
Parmi ses ouvrages, on remarque : Da infiuen- 
tia epidemica s léoà , 1834; — Hislorisch'P(h 
ihologischê ï}nter$uchungen als Beitraege 
ËÊur Gesehichte der Volkskranhheiten ( B^ 
cherches historico^pathologiques pour servir à 
l'histoire des maladies populaires ) ; Dre^e et 
Leipzig, 1839-1641, 2 vol.; . Bibliotheca ep^- 
demiograpkica , $ive eatalogm librorum de 
hûtoria morborum epidemicorum» tam gêne- 
rait quam speciali, conscriptorum ; léna, 1 843 ; 
— Lehrbuch der Gesehichte der Medicin und 
der Volkskrankheiten (Traité d'Histoire de Ja 
Médecine et des Maladies populaires); léna, 
1845 et 1853; — l'édition da« ^riptore^ de 
tudore anglico superstites ô^ Gruner; léna, 
1847; — Die mensehliche SHmme, ihre Or- 
gane, ihre Àusbildung, PJlege und Erhal- 
tung (Des Organes, du Développement et de 
la Conservation delaQ^oix humaine); Berlin, 
1 839 ;— Véber den gegenwxrtigen Standpunkt 
der pathologisehen. C hernie des Blutes (De 
l'état actuel de la chimie pathologique du sang); 
léna, 1646. — Die Vaccination und ihre neu- 
sten Gegner ( Jjà, Vaccination et ses derniers ad- 
vcrsairea); Berlin, 1854. Depuis 1840 jusqu'en 



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HAESER — HAFITZ 



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1847. M. Haeser i*édigea la revae scientifique 
Archiv fur die gesammte Medicin. R. L. 

Cùnv.-Lex. — Qersdorr, Repertorium. 

;habussbr (Louis), historien allemand, né 
le 26 octobre 1818, à Cleebourg. Il étudia en 1835 
à Tuniversité de Heidelberg, où il fit la con- 
naissance de Schlosser, qui rengagea à s'adonner 
aux études historiques. Après avoir été nommé 
en 1845 professeur extraordinaire d'histoire à 
Heidelberg, il se mêla activement aux lottes po- 
litiques, et publia en 1848 avec Gervinus la 
Deutsche Zeitung, Nommé en 1850 membre 
du parlement d'Ërfurt, il renonça bientôt après à 
la carrière politique, et se rendit à Zurich, où 
il serait été appelé comme professeur d'histoire 
l'année précédente. On a de lui : Die deutschen 
Geschichtschreiber von An/ang des Frankeri' 
reichs bisaufdie Hohenstaufen (Les Historiens 
allemands depuis le commencement de l'empire des 
Francs jusqu'aux Hohenstaufen ) ; Heidelberg , 
1839 ;— Die Tellsage (LaLégendedeTeli) ; Heidel- 
berg, 1 840 ; — Geschichte der RheinPfalz ( His- 
toire du Palatinat Rhénan); Heidelberg, 1845, 
2 vol. in-8** y^Schleswig-Holstein, Deutschland 
und J>£BnemarA(Slesi)vigHolstein, l'Âlleroagneet 
le Danemark); Heidelberg, 1846; — Denktvur" 
digkeiten zur Geschichte der beiden RevolU' 
iionen ( Choses mémorables pour l'histoire des 
deux révolutions); Heidelberg, 1851 ; — Deu- 
sche Geschichte vom Tode Friedriehs des 
€rrossen bis zur Grundung des deutschen 
Bundes (Histoire de l'Allemagne depuis la mort 
de Frédéric le Grand jusqu'à la fondation de la 
Confédération Germanique); 1855, 4to1. ; — 
HaeuBser a publié les œuvres de List, précédées 
d'une biographie de cet auteur. £. G. 

Conversations' Lexikon. 

DAB-WANG, directeur des affaires euro- 
péennes, grand- officier du palais des empereurs 
de la Chine, sous le règne de Khien-loung 
(1736 à 1796 de notre ère). [Ce grand-man- 
darin s'est rendu célèbre par &es rapports avec 
les missionnaires chrétiens de la Chine, qui 
avaient joui d'une grande liberté dans l'exercice 
de leur culte sous le règne de l'empereur Khang-hi, 
aïeul de Khien-loung. Voici dans quelles circons- 
tances : les lettrés de l'empire chinois ayant vu 
avec peine les progrès incessants du christianisme 
dans leur pays, où son importance commençait 
à balancer celle du bouddhisme et du culte du 
Tao-sse, résolurent de solliciter de l'empereur 
Young-tching un décret qui mît fin à la propaga- 
tion de la foi chrétienne. Le décret fut obtenu, et 
bientôt les missionnaires, cherchant à en éluder 
les arrêts, furent l'objet de persécutions dont ils 
n'espérèrent voir la fin qgfk l'avènement de Khien- 
loung au trône. Ils adressèrent alors un placet 
^à l'empereur, pour solliciter sa protection. Haë- 
wang fat chargé d'examiner le sujet de leurs 
plaintes, et les engagea à ne plus chercher désor- 
mais à convertir les tribus mandchoues et les j 
Chinois des différentes bannières; après quoi I 



la persécution alla se ralentissant pendant plu- 
sieurs mois. £n 1737, la mise en arrestation et 
la condamnation à la torture d'un chrétien chi- 
nois accusé de répandre, en récitant des paroles 
magiques, de l'eau sur la tête des petits enfants, 
porta les chrétiens portugais et les autres Earo- 
péens de Péking à présenter une nouvelle sup- 
plique à l'empereur pour réclamer contre Tarrét 
du tribunal des crimes qui confirmait la sen- 
tence infligée aux malheureux chrétiens. Haë- 
wang s'intéressa à cette supplique; mais il ne 
fit point changer la résolution de l'empereur sur 
la décision du tribunal des crimes, auquel avait été 
renvoyé le mémoire des Pères jésuites; il fat 
chargé de transmettre aux plaignants le rejet de 
leur placet, et les conseils qui leur étaient donnés 
par le gouvernement chinois de ne plus chercher à 
répandre leur religion parmi les sujets de l'em- 
pereur : en obéissante cet ordre, ajouta Haë- 
wang, les chrétiens pourront espérer comme 
auparavant la protection des mandarins et de 
leur part une grande tolérance dans l'exercice 
de leur culte. P. R. 

Morriac de Mailla, HUtoiregénérale'deldChine,t.\l. 
— Pautbier, CMne ( ColIecUoo de l'Univers Pittoresque). 
— Documents particuliers, 

HiBX. Voy, H^x. 

HAFEDH OU HAFIS. Voy, HaFITZ. 

HAFITZ ([Mohammed^ surnommé Sgheiis 
ED-D114 ( Soleil de Religion ) , célèbre poète per- 
san, né à Schiraz, au commencement du 
huitième siècle de l'hégire (quatorzième de 
rère chrétienne), mort en 791 (1388), selon 
Louthf Ali-Beg et selon le chronogramme qui 
est gravé sur le tombeau de Hafitz , en 794 
(1391) selon Doulet-Schah, et en 797 (1394) 
selon d'Herbelot. Des divergences analogues se 
reproduisent dans les différentes notices que Ton 
possède sur ce poète. Son surnom de Hafitz in- 
dique qu'il savait le Coran par cœur. U était 
fort versé dans la jurisprudence et la théologie, 
qu'il enseignait publiquement dans le collège 
fondé par Hadji-Cowam. Djami, qui vivait au 
neuvième (quinzième) siècle, dit qu'il ne con- 
naissait ni le maître de Hafitz ni la secte à la- 
quelle il appartenait; mais il ajoute que ses écrits 
décèlent un sofi distingué, et lui donne le titre de 
Lisan al-Ghaïb (Voix de l'autre monde ou Voix 
mystique ) et de Terdjouman al-Âsrar ( Inter- 
prète des Secrets ). Il habitait le quartier de 
Schiraz appelé Mosella, et vivait dans la mollesse 
et les plaisirs. On rapporte que dans sa vieil- 
lesse, lorsqu'il fut devenu incapable de jouir des 
biens de ce monde , il voulut mériter ceux de 
l'autre en s'imposant les plus rudes austérités 
et en s'abandonnant à la dévotion. Il consacra 
tous ses talents à célébrer l'unité de Dieu et 
les louanges du prophète. Une telle fin n*a rien 
d'invraisemblable; c'est celle qui a terminé in- 
variablement la carrière de tout écrivain de la 
secte des sofis. Mais cette conversion tardive 
ne suffit pas à lui £ure obtenir, le pardoa des 



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HAFIT2 



74 



lélés masofanant. Choqaés de ce qull avait 
pabliquement fait usage des boissons défendues 
etcbaoté le TÎn, ils persistèrent à le considérer 
comme on infidèle, comme un chrétien, comme 
DQ athée. Leur haine ne s*éteignit pas avec sa 
YJe. Ils Toulorent le priver des honneurs de la 
sépulture. D'un autre côté, les admirateurs de 
Hafitz, craignant que Texécution de ce projet 
ne fût suivicide la mise à Findex ou de Tanéan- 
tisseroent des œuvres de leur poète favori, sou- 
tinrent l'orthodoxie de ce dernier, et prétendirent 
qu'une conduite légère ne devait pas être punie 
trop séyèrement. Après de vives discussions, il 
fut décidé, d'un commun accord, que Ton s'en 
remettrait à la décision du sort. On transcrivit 
plusieurs distiques sur divers bulletins qui 
furent jetés dans une urne. L'enfant, qui fiit 
chargé de consulter le sort, tomba justement 
sur ce passage: « Me craignez pas d'approcher 
du cadavre de Hafitz; car, bien que souillé de 
Tices/.il aura le ciel en partage. » Ces vers, qui 
s'appliquaient si bien à la situation, tranchèrent 
le différend. Hafitz fut enterré avec honneur, et 
plus tard on lui éleva un magnifique tombeau, 
qui existe encore, et qui est desservi par des 
mollahs et des dervisches. Plusieurs voyageurs, 
tels que Pietro délia Yalle, Chardin, Corn. Le 
Bruyn, Scott Waring, W. Franklin, en ont donné 
la description. On en trouve un dessin dans les 
Âmœnitaies exoticx de Kœmjirer. 

On conserva l'habitude de consulter le Divan 
de Hafitz dans les cas difficiles. On alla même jus* 
qu'à y chercher la connaissance de l'avenir, et 
parfois l'événement se trouva conforme à la 
pFédiction. Parmi les exemples que l'on cite de 
cette coïncidence fortuite , il n'en est point de 
plus connu que celui*ci : Après la conquête du 
Fars, Shah Thamasp, ne sachant s'il devait re- 
tourner dans le Khorasan , ou entreprendre la 
conquête de l'Adberbaï^jan , ouvrit au hasard le 
livre de Hafitz, et tomba sur cette allocution, que 
le poète s'adresse à lui-même : « Par le charme 
de tes vers , Hafitz , tu as conquis l'Irak et le 
Fars ; allons, en avant ! Car voici le moment de 
pénétrer dans Bagh^ad et dans Tebriz [capitale 
de rAdherbaïdjan ]. » Le prince s'appliqua cette 
apostrophe , fit l'expédition projetée, et conquit 
de nouvelles provinces. 

On racontb de Hafitz plusieurs anecdotes dont 
l'authenticité est contestable , mais qui ont le 
mérite de nous Êdre connaître ce que les Per- 
sans ont* pensé dn plus grand de leurs poètes 
lyriques. Dans sa jeunesse Hafitz aimait une jeune 
fille, qui était aussi l'objet des attentions de Schah- 
Schodjah , fils du prince de Schiraz. En même 
temps qu'il lui faisait la cour, il se soumit à une 
épreuve , d'où il devait sortir poète parfait s'il 
accomplissait rigoureusement les prescriptions. 
11 s'agissait de veiller quarante nuits dans un 
lieu appelé Pir % Sebz ( le Vieillard vert ). B y 
avait déjà passé trente-neuf nuits sans se laisser 
accabler par le sommeil, lorsqn'en se prome- 



nant, la journée, devant la porte de sa mat- 
tresse, il fut invité à entrer auprès d'elle. Jamais 
pareille faveur ne lui avait été accordée ; il se 
rendit donc avec empressement à cette invita- 
tion. Mais lorsque les ombres du soir vinrent 
l'avertir qu'il devait s'arracher aux plaisirs, il 
le fit courageusement, et retourna pour la der- 
nière fois au lieu d'épreuves. Cette nuit même 
Kidhr,' l'Êliedes Musulmans, vint le récompenser 
de sa persévérance; il lui présenta une coupe 
de nectar, où le poète puisa la douceur exquise 
qui coule dans ses vers. Ce conte allégorique 
semble faire allusion aux veilles que Hafitz con- 
'sacra à l'étude, aux obstacles qu'il eut à sur- 
monter et aux efforts qu'il dut faire pour s'élever 
an sommet du pâmasse oriental. ^ 

Hafitz épousa plus tard sa maîtresse, et goûta 
dans sa société un bonheur que la mort inter- 
rompit prématurément. Il déplora cette perte 
dans une élégie qui est un de ses plus beaux 
morceaux. Son rival, le prince de Schiraz, ne lui 
pardonna jamais la préférence dont il avait été 
l'objet. Il était d'ailleurs envieux des talents de 
Hafitz, et détestait en lui le panégyriste des en- 
nemis de sa famille. Une nouvelle circonstance 
vint ajouter à sa hame. Le poëte, indigné de ce 
que le prince dénigrait partout ses œuvres , dit 
un jour : « C'est évidemment la médiocrité de mon 
talent qui fait que mes poèmes sont fus par 
toute la terre, tandis que ceux de votre ex- 
cellence , malgré leur supériorité incontestable, 
ne franchissent jamais les Umites de Schiraz. » 
Schah-Schodjah crut un jour avoir trouvé l'oc- 
casion favorable de se venger de son ennemi. Il 
le dta devant les oulémas, comme auteur d'une 
pièce de vers où il exprimait des doutes sur 
l'immortalité de l'âme. Hafitz, averti à temps, pot 
faire quelques changements à son manuscrit; 
il plaça les paroles inculpées dans la bouche 
d'un chrétien. Les juges blâmèrent le prince 
d'avoir légèrement accusé un poète qui rendait 
service à la religion , en prêtant des sentiments 
odieux aux ennemis de Mahomet. 

Si Hafitz eut à se plaindre de Schali-Schod- 
jah et du roi de Yezdi, qui commit la faute]de 
l'appeler à sa cour et de le laisser repartir les 
mains vides, il n'eut qu'à se louer des autres 
souverains. Lorsque Tamerlan eut conquis la 
Perse, il le fit appeler en sa présence , et lui re- 
procha d'avoir dit dans ses vers qu'il donnerait 
les villes de Samarkhand et de Bokhara pour la 
petite tache noire qui était sur la joue de sa 
maltresse. « C'est, répondit-il, par ces libéralités 
excessives que je me suis réduit à Tétat de pau- 
vreté où je me trouve actuellement, a Le maître 
de l'Asie sourit, lui donna de quoi réparer les 
brèches qu'il avait faites à sa fortune. Le sultan 
Ahmed Ilkhani, qui régnait à Baghdad, fit beau- 
coup d'instances pour que Hafitz vint à sa cour; - 
mais celui-ci n'aimait pas à s'éloigner de sa pai- 
sible retraite, et il était trop indépendant de ca- 
ractère pour se plaire au métier de courtisan. 



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HAFTTZ 



76 



Un jour cependant il eut des veUâtés de voir le 
mon^e, il résolut de se rendre dans le Dekhan , 
où l'appelait le sultan Mohammed-Schah Bah- 
mani; mais le manque d'argent Tempèchait de 
partir. Le sultan se h&ta de lever cet obstacle, 
en lui faisant remettre une grosse somme. 
Le voyageur, arrivé à Lahore, se mit dans 
rimpossibilité de continuer sa route, en don- 
nant tout ce qui lui restait à un de ses amis, que 
des voleurs avaient détroussé. Réduit à re- 
tourner sur ses pas» il rencontra à Ormuz deux, 
marchands qui lui offrirent de le transporter 
gratuitement dans le Dekhan. Cette offre lui plut, 
et il s'embarqua sur leur vaisseau. Mais le mal 
de mer lui parut tellement insupportable, qu'il 
se fît reconduire à terre avant même que l'ancre 
ne fût levée. Il repartit pour Schiraz après avoir 
adressé au sultan un poème apologétique où il fai- 
sait le récit de son voyage. Le généreux monarque 
lui sut gré de la bonne volonté dont il avait fait 
preuve, et lui envoya 1,000 pièces d'or. 

Le seul ouvrage de Hafitz est un Divan ^ ou re* 
cueil de poésies détachées, dont le poète Kasim- 
al-Anwar a donné une édition , renfermant cinq 
cents pièces. La pureté du style , le naturel de 
l'expression^ l'harmonie des vers, la brillante 
imagination de l'auteur, et son enthousiasme vrai- 
ment lyrique , telles sont les principales qualités 
qui distinguent ce Divan. Un grand nombre de 
distiques qui en font partie sont passés en pro- 
verbes. Quoique ces poésies ne roulent guère 
que sur le vin, l'amour et le plaisir, les pieux 
mulsulmans ne laissent pas que d'en faire leurs 
délices. Mais ils prennent soin d'interpréter mys- 
tiquement les expressions les moins voilées, le^ 
descriptions les plus licencieuses. Un • grand 
nombre de commentateurs se sont exercés à 
trouver un sens figuré aux passages qui pour- 
raient blesser les oreilles chastes. Les plus cé- 
lèbres d'entre eux sont Feridoun et Soudi, qui 
s'attachent plutôt au sens grammatical qu'à l'ex- 
plication théologique. 

Ce Divan a été souvent imprimé : Calcutta , 
1790, in-fol.; édit. lithographiée, 1826; Bombay, 
1828, petit in-4°; 1850 ( 1 267 ) ; Cawnpore, 1831, 
in-8°; Boulak, 1840 (1256) et 1834 ( 1250), 
3 vol. pet. in-4'*; Constantinople, 1841 ( 1267 ). 
Ces deux dernières éditions contiennent le com- 
mentaire de Soudi. M. Hermann Brockhaus les 
a prises pour bases d'une nouvelle édition : 
Die Lieder des Hafis; Leipzig, 1854-1857, 
fasc. I-TV, où il reproduit aussi les variantes 
de l'édition de Calcutta. Il donne les points- 
voyelles dans le texte de Hafitz, et seulement les 
signes de ponctuation dans le commentaire. Un 
grand nombre d'orientalistes se sont occupés de 
traduire en tout ou en partie le Divan de Ha- 
fitz. On ne peut citer que les plus importants 
de ces travaux , savoir Rewitzki , Spécimen 
Poeseos Persicae, sive ffaphizi ghazelœ sexde- 
cim, Vienne, 1771, in-8*'; trad. en anglais par 
J. Richardson , Londres , 1774 , in^*» ; — W. 



Jones, dix odes, traduites en français dans le 
Traité de la Poésie Asiatiqw^ et en latin dans 
les Poeseos ÀsiaticaB Commentariorum Xi- 
bri VI, Londres, 1774; Leipzig, 1777, in-8°; 

— Nott, Select Odes from the persian poet 
Hafez; 1787, in-4«; — Gunther WaW, texte 
de 39 pièces, dans Neue Arabische Anthologie; 
Leipzig, 1791, in-8'»; — Ouseley, fragments 
dans Oriental Collections; Londres, 1797-1800, 
3 vol. in-4° ; — trad. de plusieurs odes dans 
Asiatic Miscellanff, et dans Asiatic Journal 
and Monthly Register ; — Rousseau, Flower 
of Persian Poetry; Londres, 1805, in-4**, tra- 
duction de 24 odes; — J.-H. Hindley, Persian 
lyrics^ or seattered Pœms from the Divan i 
Hafiz; Londres, 1800, in-4*'; — J. de Ham- 
mer, Der Divan von Mohammed Schems 
edrDin Bafiz, traduction complète en allemand; 
Stuttgard et Tubingue, 1812-1815, 2 vol. m-8''; 

— Daumer, Nafis Gedichten, t. I ; Hambourg, 
1846, t. H; Nuremberg, 1852, traduction peu 
littérale. Gœthe a paraphrasé en vers allemands 
dans Proben eines WestoRslichen Divans, plu- 
sieurs odes qui avaient été traduites par M. de 
Hammer. E. Bsiiuvois. 

Doulet-Schah , Tedtkiret, not. sur Hafitz, éditée et 
trad. à la fin de Irutitutiones ad Fttndamenta Unffum 
Perncëe, par F. WUkeo , Leipzig, 1805, ln-8«, et dans 
nta Po€tarum Penieorum ex J)aulet$chaM Hittoria 
Pœtarum excerpUe, par J.-A. Vullers; Giessen, 1811, 
in-8o. — Djami, Nefahat al-Ouru ; Frûhlingsgarten, 
trad. par Schlechta Waehrd; vienne, 18M, to-S*. — 
Lottthf Ali-Beff, AUtch Usdah. — RoDsseau, FUnoer of 
Péri. Poetry, 17-89, 61-68. — Herbin , Note sur B^U, 

— J. de Hammer, note en tête de U trad. du DivtÊH. — 
Scott tVarlng. jé Tour to 5Ae«r<tz ; Bombay, 1804, Iii4*. 

— Sir Gore Onaeley, IfUfçr. Notice$ of Pereian PoHm; 
Lond., 1846» in-8<», p. t84t. 

HAFITZ Li-DiN-ALLAH ( Gardien de la Foi 
de Dieu), surnom de âbouY-Maihouh Abd àl- 
Meojw, huitième khalife fathimite d'Egypte, 
né à Askalon, en 467 ou 468 (1074 ou 1075 ), 
mort en 544 ( 1149). Petit-fils du khalife Mos- 
tansir billalr, il fut appelé au trône après la mort 
de son cousin al-Amir bi-Ahkam-Âllah, en 519 
(1124). Mais la femme de ce dernier s*étant dé- 
clarée enceinte, le vizir Âbou-Âli-Ahmed , fils 
d*Â.l-Afdhal Schahinscbah et peti't-fils de Bedr 
al-Djemali, fit emprisonner Hafitz, et exerça la 
régence au nom de l'enfant qui était à naître. La 
naissance d'une fille lui ôta tout motif de con- 
server le pouvoir, qui revenait de droit an 
prince captif. Il continua cependant à gouver- 
ner, non plus comme régent, mais comme lieu- 
tenant de rimam qui , dans les croyances âes 
Fathimites , doit venir un jour r^énérer le 
monde. Hafitz ne recouvra la liberté que lorsque 
cet usurpateur eut été assassiné par ses esclaves 
en 526 (1131). Il prit pour vizir le fils de ce 
dernier, un certain Hasan, dont la cruauté et les 
exactions faillirent occasionner une révolte; 
pour prévenir cet événement, il se décida à le 
faire empoisonner par un ses médecins, en 530 
( 1135 ). Le khalife mit ensuite à la tète des 
affaires un Arménien, Tadj ed-DauIah Behram» 



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77 



HAFITX 



78 



qoi favorisâtes chrétiens, ses ooréligioiiiiaires, 
et qui par là s'attira l'inimitié des mosulmaas. 
Ceux-<;ise soulevèrent, en 1137, à Instigation 
de Ridhwan, et demandèrent la déposition de 
Betiram, qui se retira dans la ville de Kous 
(haute Egypte), gouvernée par son frère. Le 
chef du parti vainqueur, élevé aux fonctions de 
premier ministre avec le titre de melik ( roi ), 
persécuta les coptes et leà juifs , les exclut des 
charges, et leur imposa un costume particulier. 
La révolte des chrétiens le força de s'enfuir en 
Syrie, d'où il revint à la tète d'une armée. Mais 
il ne put i*ecouvrer ses charges, et périt dans une 
émeute, en 543 (1149 ). Dès lors le khalife gou- 
verna par lui-même ; il rappela Bebram, qui s'était 
réfugié dans un monastère, après la mort de son 
frère, abolit les ordonnances contre les chré- 
tiens, et garda systématiquement la neutralité 
dans les guerres des croisades. Il laissa le trône 
à son fils Tzafer ou Dhafer fii-Amr-Allah. Ë. B. 

Ibn-Khaltican, f^ie des Hommes illustres. — DJemal 
ed-Din Ibn-Tagrlberdl, Rerum j£gyptiaearum Annales^ 
teste et traduction latine par Carlyle; Cantorbéry, 1791, 
lB-4". - Macrizi , Histoire des Coptes, - Aboalféda , 
inn. Mitslem. — De Haoaiuer, Hist. de la LUI. Arabe, 
VJ.p.W-47. 

HAFiTZ^ABEOU (Nùur ed-Dinben-Louth/- 
Allah , plus connu sous le nom de ), historien 
persan, né à Hérat, mort à Zendjan, en 834 de 
l'hégire ( 1430 de l'ère chrétienne). Élevé à Ha- 
madao, il se fit connaître par ses ouvrages , et 
s'acquit la faveur de Tamerlan, qui l'admit dans 
son intimité. Après la mort de ce prince, il s'at- 
tacba à Scbah-Rokh. Il nous reste de lui Ta- 
rikh-i Hafitz Abrou ( Histoire de Hafitz Abrou ) 
aussi appelée Zoubdet at-tewarikh Baïsan- 
gori ( Crème des Histoires , dédiée au prince 
MirzaBaïsangor). C'est une histoire universelle, 
qui commence par la création du monde et s'é- 
tend jusqu'en 829 (1425 ). Elle abonde en détails 
géographiques, et traite des institutions civiles et 
religieuses des différents peuples qui y sont men- 
tionnés. On n'en connaît que deux exemplaires 
en Europe , celui de la Bibliothèque impériale 
de Saint-Pétersbourg, et celui de la collection de 
W. Ouseley. E. B. 

M. Quatreroëre, prêt de l'Histoire des Mongols de 
RascWd ed-Dln. t. I, p. 103 ; 11, p. 88. - ff^iener Jahr- 
àucher, t. 78. p. tl-U. — Coi, des Ma», et xylographes 
orienL de la BUdiothigue impériale de Saint-Péters- 
boury^p. 867. —Billot. Bibliographical Index to the 
hitiorians ofMuhammedan India. 1. 1, p. Sl-ss. 

HAFITZ AL-MOULK (Gardien de l'Empire), 
surnom de Hmutz Bahhbt-Khan , chef afghan 
souverain d'une partie de la province de Dehli, 
né en 1121 de l'hégire ( 1709 de J.-C. ), tué le 
M safar 1188 (23. avril 1774). Sa famille se 
prétendait issne d'Abraham; ce qu'il y a déplus 
certain, c'est qu'elle descendait du schéikh Sche- 
hab ed-Din, surnommé KoHBaba, auteur du 
Kholassei al-Insah, histoire généalogique des 
Afghans. Scbah-Alem, petit-fils de ce personnage 
et père de Hafitz, avait pour esclave un certain 
^aoud, qui quitta l'Afghanistan, et s'en alla 
diercher fortune dans l'Inde, vers 1118 (1707). 



Cet heureux aventnrier finit en effet par ob- 
tenir le gouvernement de la province de Ku- 
their. Il continua néanmoins à traiter son maître 
avec respect; mais ne pouvant, malgré ses vives 
instances, obtenir de lui un diplôme d'affran- 
chissement, il le fit mettre à mort, en 1126 
( 1714). Assassiné plus tard lui-même, il eut 
pour successeur son affranchi Ali, qui comptait 
parmi ses officiers un frère de Schab-Alem , et 
qui pressa Hafitz de venir s'établir dans la pro- 
vince de Kuthéir. Ce dernier se rendit à cette 
invitation^ et reçut le commandement de douze 
villages. Ali le désigna pour son successeur, 
quoiqu'il eût trois fils ; mais les deux aînés se 
trouvaient en otage auprès du sultan Ahmed Dou- 
rané, souverain de Candahar; le plus jeune, Sad- 
Allah, n'était pas encore en âge de régner. Ha- 
fitz , reconnu par tous les chefs de l'armée, en 
1161 (1748), déclara qu'il n'acceptait que le 
titre de régent, jusqu'à la majorité de Sad-Al- 
Ifih. Peu de temps après, Safdar-Jang, vizir du 
Grand-Mogol, inquiet de l'accroissement de puis- 
sance que prenaient de jour en jour les Afghans 
de Kuthéir, les fit attaquer par un des gé- 
néraux de son maître, ensuite par un autre Af- 
ghan, Csâm-Khan, ttabad de Ferroukhabad. 
Après la défaite de ce dernier, il entra lui-même 
dans la province de Kuthéir à la tôle de 
ô0,000homme8 de ses troupes et de 80^000 auxi- 
liaires mahrattes. Hafitz, incapable de résister à 
des forces si supérieures aux siennes, se réfugia 
avec tous ses sujets dans les montagnes du 
Camdoun. Poursuivi et bloqué par ses ennemis, 
il obtint une paix avantageuse, lorsque l'ap- 
proche de Ahmed-Schah-Dourani vint appeler 
ailleurs l'attention de Safdar, 1 163 ( 1750 ). Vers 
la même époque, il voulut remettre le pouvoir 
aux fils de Ali, dont le plus Jeune était parvenu 
à l'âge de majorité, et dont les deux autres 
étaient de retour; mais les chefs ne voulurent 
pas consentir à ce qu'il se démit de fonctions 
qu'il exerçait pour l'avantage de tous. A partir 
de 1170 (1756), il s'allia étroitement avec le 
chef des Douraniset lui fournit 30,000 hommes 
d'auxiliaires. Ce prince le choisit pour son 
vakil (représentant) à la cour de Dehli, en 
1174 ( 1760). Hafitz avait en politique des vues 
élevées; il avait conçu le projet de réunir tous 
les Afghans dans une confédération destinée à 
contrebalancer la puissance des Mahrattes. Mais 
l'imprévoyance de ceux auxquels il s'adressait 
fit éiobouer Cette entreprise. Il ne laissa pas que 
d'assister les chefs afjghans, toutes les fois 
que.son secoars leur était nécessaire; il eut 
même la générosité de défendre plusieurs de 
ceux qui l'avaient attaqué. Un des princes ' 
à qui il avait rendu les plus grands services, 
Schodja ed-Dauiah , nabad d'Aoude et fils de 
SafderwKhan, agit à son égard avec la plus noire 
ingratitude : il voulut s'emparer de la pro- 
vince de Kuthéir, et l'envahit avec un renfort 
d'Anglais. Hafitz s'avança à sa rencontre, et lui 



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HAFITZ — HAFFNËR 



80 



livra bataille le 11 safor 1188 (23 avril 1774); 
la trahison de l'un de ses généraux lui fit perdre 
la bataille. S'étant jeté dans la mêlée, il fut at- 
teint d'un boulet qui le priva de la vie. Ses États, 
qui comprenaient Bareilly, Almorah, Camaoun, 
Schahdjihanpour, Owlah, Bhurtapour, Mehra- 
bad, devinrent la proie des vainqueurs. Une mi- 
nime partie fut cédée au second fils de Ali. La 
famille de Hafitz vécut dans la vie privée; Tun 
de ses fils, Nabab-Mostadjab-Khan-Bahadour, 
s'attacha aux Anglais , et écrivit la vie de son 
\me. Hafitz s'acquittait avec scrupules des pra- 
tiques de la religion ; il priait six fois par jour. 
Ayant reçu une éducation littéraire, il avait 
formé une belle collection de manuscrits qui se 
trouve actuellement dans la ville de Lukhnow. 
Il fit embellir la ville de Phillibheet, qu'il appela 
Hafitzahad, et fit élever celle deHafitzganje, non 
loin de Bareilly. Il leva les prohibitions qui 
mettaient obstacle à la liberté du commerce, et 
il abolit notamment tout droit d'importation ou 
d'exportation. Sa mémoire est encore vénérée 
des habitants des contrées où il a dominé. 
£. BEiiuvois. 

The Ufe of Ha/i% Ool Moolk , H^flz Rehmut Khan, 
writUn (nf his ton the nawab Moostujab-Khan Buba- 
door, and intUled Coolistan i'Rehmut, abridçed and 
translated from the persian by Cb. KlUott; Loodres, 
1881, in-8». 

HAFFHBR {Jean-Hmri)y peintre de l'école 
bolonaise, né à Bologne, en 1640, mort en 1702. 
Fils d'un soldat de la garde suisse du sénat, il 
avait embrassé également la carrière militaire, 
etétaitd^à parvenuau gradede lieutenant, quand 
il abandonna Pépée pour le pinceau. Il fut élève 
de Canuti pour la figure et de Mitelli pour la per- 
spective et l'ornement. Suivant Oriandi, il aurait 
aussi reçu des leçons d'architecture de Baldassare 
Bianchi et de Gian-Giacomo Monti. A Rome, il 
peignit, avec Canuti, les décorations des palais 
Altieri et Colonna, et la voûte de l'église de 
Saint-Dominique et SaintSixte. Il travailla aussi 
à Gènes et à Savone avec Guido Bono; mais 
c'est surtout dans sa patrie, où il passa k» der- 
nières années de sa vie, que l'on trouve ses 
principaux, ouvrages, exécutés la plupart en 
compagnie de Marcantonio Franceschini, de Do- 
menico-Maria Canuti et de Luigi Quaini; les 
plus importants sont les peintures des églises de 
Saint-Barthélémy, des Célestins et du Corpus 
Domini, et celles de l'église et de la bibliothè- 
que de San-Michele-in-Bofico. En 1696 Hafïher 
fut appelé avec Franceschini et Quaini à dé- 
corer à fresque le grand salon du palais ducal 
de Modène. Lazarelli cite on tableau de Haflher 
représentant V Adoration du Saint'Sacrement, 
qui se voyait dans l'église Samt-Barthélemy de la 
même ville, tableau qui, resté imparfait à la 
mort de l'auteur, aurait été terminé par son fils, 
artiste que nous ne trouvons mentionné nulle 
part ailleurs. £. B— n. 

Oriaodl, jébbêcedario. * Lanzf, Storia délia Pittura. 
— TlGoul , Dizionario. '- GuaUodl. TreCiomi in Bolo- 
ifna. - PtotoletI, DetcritUme 4i Roma* - Caoporl, GH 



jârtaUneoUSiâUBêlêntL • UuaitUi , i>i«Hr» Mit 
Chieiê di Modena, — Malvaslt. PiUure di Bologna, 

HAFFNER (Antoine), religieux philippin et 
peintre de l'école bolonaise, né à Bologne, en 
1654 , mort à Gènes, en 1732. Élève de Canuti 
pour la figure et de Mitelli pour la perspec- 
tive, il excella dans la peinture d'ornements; il 
surpassa son frère Henri par la suavité du co- 
loris, tout en lui étant inférieur par la facilité 
et l'invention. Il travailla beaucoup à Bologne et 
à Florence, où il fut appelé par le grand-duc 
Jean-Gaston pour donner son avis sur les des- 
sins du fameux autel de la chapelle des Médias. 
C'est en décorant l'église et le couvent de Saint* 
Philippe Neri à Gènes que Haffner prit goût à la 
vie monastique et se décida à entrer en religion. 
Pendant son séjour dans cette ville et dans divers 
autres lieux de la rivière de Gènes, il forma un 
élève habile, Giovanni - Battista Revello, plus 
eonnu sous le surndhi du Mustaechi. E. B— n, 

Ratti. Délie yite de* PUtoH, Seuttari ed Architetti Ce- 
nwesi. — Oriandi, Abbeeedarïo. — Lanzi, Storia delUi 
PUtura. — Tlcozzi , Dizionario. 

* HAFFNER (Isaac)^ prédlcatcnr et humaniste 
français, né à Strasbourg, en 1751, moA dans la 
même ville, le 27 mai 1831. Après avoir fait de 
bonnes études à Paris et dans plusieurs universités 
d'Allemagne, il se destina au ministère évangé- 
lique. Admis comme prédicateur français dans les 
églises de la confession d'Augsbourg que la ca- 
pitale de l'Alsace avait le droit de conserver, il 
se distingua bientôt par son talent oratoire, et 
soutint sa réputation pendant près d^un demi- 
siècle. Il devint doyen de la faculté de théoloi^e 
protestante de cette ville. Ses sermons ont été 
recueillis et publiés, de 1801 à 1803, en deux 
volumes in-8'*. On a mis au jour en langues 
francise et allemande, sous le titre de Jubilé 
d^Bqffner, Strasbourg, 1831, in-8'*, les discours 
qui furent prononcés lors de l'anniversaire de 
sa cinquantième année de prédication. Il avait 
contribué à faire rétablir une partie de l'ancienne 
université de Strasbourg, sous le titre d'aeadé' 
mie de théologie protestante, laquelle prit plus 
tard le nom de Séminaire prolestant. U pro- 
nonça à l'installation de cette académie un dis- 
cours intitulé : Des Secours que Vétude des 
langues, de Vhistoire, de la philosophie et 
de la littérature offre à la théologie; Stras- 
bourg, 1803, in-8<*. D^ il s'était lait connaître, 
plusieurs années auparavant, par la publication 
d'un écrit destiné à combattre quelques idées 
émises dans le fameux Rapport sur Pinstruc- 
tion publique attribué à Talieyrand. Haffner 
l'avait fait paraître sous ce .titre : De V Éduca- 
tion littéraire, ou essai sur Vorganisation 
d'un établissement pour les hautes sciences; 
Strasbourg, 1792, in-8'*. 

Haffher avait formé une bibliothèque consi- 
dérable par le nombre des volumes et im- 
portante par le choix des livres qui la compo- 
saient. 11 en avait lui-même dressé le catalogue, 
qui a #6 imprimé, après sa mort, sous le titre 



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HAFFNER -- HA6ED0RN 



n 



de Catalogue SffsiémaHque de la bibliothèque 
de feu M, Hajfner; Strasbourg, 1832, 2 toI. 
io-8°. On y remarqae beaucoup de notes, tantôt 
latines, tantôt françaises, dont Haflher aTait 
accompagné un certain nombre d'articles; mais 
elles sont en général peu instructives sous le 
rapport bibliographique, le collecteur ayant plu- 
tôt visé à les rendre piquantes (1). La seconde 
partie de cette bibliothèque, composée des livres 
detliéologie, a été acquise par le séminaire pro- 
testant de Strasbourg. 

J. Lahouredx. 
Dcemnents partituUerê, — Oberlio, Àlmanach d'Âl^ 
me. - Préface du Catalogue systématique de la bibttO' 
tkéquê Hof/ner. •* M. Henrion, dans ses Annales 6fo- 
ÇTophiiiues de 1881 à 18B4, tome II. ^ 

HAFSAH , femme de Mahomet et fille du 
idialife Omar, vivait encore en l'an xi de Thé- 
gire (632 de J.-C. ). Son père la maria d'abord 
à on certain Khonaïs, après la mort duquel il la 
proposa à Othman, qui devint ensuite khalife. 
Sur le refus de ce dernier, Mahomet, qui avait 
déjà quatre femmes, consentit à épouser la fille 
de son ami. Hafsah, jalouse de ce qu'il entrete- 
liait des relations avec Marie la copte, se joignit 
à Aïscha pour lui en faire des reproches. Le 
prophète débita une sourate (chapitre du Coran) 
qui loi avait été envoyée du ciel pour sa justifi- 
cation, biftma ses deux femmes de leur conduite 
indiscrète, et répudia Ilafsah. C'est à la garde de 
celle-ci néanmoins que fut confié Texemplaire 
type du Coran , que le khalife Abou-Bekr fit 
transcrire en l'an xi ( 632 ). E. B. 

Aboulféda, Ann. Muslem,, édlt. de Relske, 1. 1, p. 194. 
-CautsiA de Perveval. Hist, des Arabes, il, 89, M8-9, 

9». 

* HA6E (Johannes Dans ), publiciste danois, 
Dé le 20 avril 1802, à Hage, mort à Copen- 
hague, le 15 septembre 1837. Après avoir étudié 
la théologie il se voua, en 1830, à la philologie, 
qu'il professa dans le lycée de Roee&kild. Il publia 
en 1829 : Brôndler und ViUoison, Beleuch" 
tung der im 32 Bande von Sermes gegen 
Br, gemachten Plagiatsbesehuldigungen. Il 
prit une part très-importante au mouvement li- 
béral qui se fit en 1834 dans la presse danoise. 
En 1835, s'étant démis de sa chaire, il dirigea 
jusqn'à sa mort le journal Fodrelandit ; le talent 
et le caractère qu'il y déploya le firent surnom- 
mer \* Armand Cartel danois. P. L. Môllbr. 

Documents particuHers. — Brslew , Mm, FOf/attêr 
Laieon. 

^HAGEAe CAmable), ingénieur français, né 
à Anguillecourt-du-Saut (Aisne), le 16 janvier 
1756, mort à Clamecy, le 12 septembre 1836. 
Il occupa d'abord un petite place en province , 
puis vint à Paris, où l'ingénieur Péronet l'employa 
dans ses bureaux. Il suppléa, par des études 



(1) En Toid un exemple assez plaisant : n» 6886, Fro- 
castor. Syphilis. « Fracastor écrivit encore an autre 
po<hne sur Joseph ; mais son feu l'avait abandonné , et 11 
0t moins d'boDaeiir 8 ce patriarclie qs'U n'en aTttt latt à 
iiférote.s 



assidues, à l'fanperfeolîon de sa pranîèreédiicft- 
tion, et avait obtenu, en 1784, le brevet d'in- 
génieur, lorsqu'il fut chargé de rédiger les pro- 
jets du canal du Nivernais, dont il eut à diriger 
ensuite l'exécution. Ces travaux ayant été in- 
terrompus, il fut envoyé à D61e; il s'y distin* 
gua par la construction de l'écluse sur le Doubs. 
Un Mémoire qu'il rédigea à ce sujet fut inséré 
dans les AnwUes des Ponts et Chaussées, £d 
1805 il fut nommé ingénieur en chef et chargé 
des travaux du grand canal du Nord, destiné à 
faire communiquer la Meuse et le Rhin. U poussa 
ces travaux avec une grande activité, et il 
allait les achevée, lorsque Tapprobation d'un 
projet de canal de Hambourg à Amsterdam fit 
tout à coup suspendre l'exécution du premier 
projet. Après avoir quitté le canal du Nord, en 
1811, Hageau fut chargé pendant neuf mois du 
service du département de Jemmapes. Des tra- 
vaux d'art du canal de Mons à Condé, des ter- 
rassements de la route de Bruch à Charleroy, 
les projets du canal de Mons à Charleroy, par 
trois directions différentes, sont les résultats 
que dans ce court espace de temps il offrit au 
gouvernement, sans que le service ordinaire eût 
été aucunement négligé. De 1812 à 1814 il fut 
chaîné, en qualité d'inspecteur divisionnaire ad- 
joint, du service delà huitième division des ponts 
et chaussées, au delà des Alpes. A son retour en 
France, en 1814, on loi confia la direction du' 
canal du Rhône au Rhin ; jl quitta ce poste pour 
rmspection divisionnaire de Paris. En 1817 il 
eut la direction supérieure des canaux et de la 
distribution des eaux de cette capitale. Lorsqu'à 
la fin de 1818 les canaux de Paris eurent été 
concédés à une compagnie, le gouvernement lui 
donna l'inspection de la neuvième division des 
ponts et chaussées. Après avoir rendu d'utiles ser- 
vices comme membre du conseil des ponts et 
chaussées, il fût mis à la retraite, en 1830. Outre 
quelques notices dans les Annales des Ponts et 
Chaussées, il a publié une Description du canal 
de jonction de la Meuse au Rhin; Paris, 1819, 
grand in-4°, avec atlas de 21 pi. 

GUYOT DE FÈRE. 

Rabbe, Biogr. — Discours de M. Polréc;. Ingén. en 
chef, aux funérailles d'Hageau. 

HAGBDORN (/V^d^rlc DE ),'poete allemand, 
qui au siècle dernier a joui d'une grande célé- 
brité, naquit à Hambourg, le 23 avril 1708, et 
mourut dans cette même ville, le 28 octobre 
1754. Il fit ses études à Hambourg et à l'uni- 
versité de léna, résida pendant quelque temps 
à Londres, en qualité de secrétaire particulier de 
l'ambassadeur danois, et revint en t731 dans sa 
Yille natale, où il exerça depuis 1733 jusqu'à l'é- 
poque de sa mort les fonctions de secrétaire d'une 
société de commerçants anglais. 

Hagedom, sans pouvoir compter parmi les 
grands génies de la poésie allemande, a néan- 
moins exercé une influence remarquable sur la 
Uttératnre de «on pays. Émvain correct et élé* 



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9t BL4&ED0RN >- HAOSBIANN 

gftnt» aa point de mériter le «mioni de « poète 
des grâces », il abandomia Temphase et la 
séeheresse de ses contemporains, et prenant 
Chapelle, GtiauUeu» La Fontaine, Horaoe, Ovide 
et AnacréoQ pour ses principaux modèles, il 
osa chanter franchement les plaisvs de la yie. 
Il a réformé ainsi la poésie lyriqae et didactique 
de son temps, a fait revivre la fable et a préparé 
la voie parcourue depuis si glorieusement par 
Lessing, Wieland, Yoas et Gleim. D'un caractère 
doux et aimable, d'un commerce des plus agréa- 
bles, Hagedom fisisait ootisister la véritable sa- 
gesse dans la culture de l'amitié et dans l'usage 
modéré des plaisirs que le viDl%t l'amour offrent 
zn% hommes. Il s'appelait lui-même un « dé- 
bauché M, et disait de très-bonne foi à Liscow i 
« Les lumières de la volupti^ sont les seules qui 
vous manquent Avec ces lumières vous seriez un 
homme parfait » (voir Helbig : LUcow, p. 47). La 
meilleure édition de ses œuvres poétiques est celle 
d'Ëschenburg : Poetische Werke, Hambourg, 
1800, 5 vol., qui est accompagnée d*une biogra- 
phie de Hagedom et d'un extrait de sa corres- 
pondance. Quelques-unes de ses fables et poésies 
ont été traduites en français, et se trouvent dans 
le Choix des Poésies allemandes publié par 
Huber; Paris, 1766, 4 vol. R. L. 

Oervlnas. Gesehiehte der detaseken DUMm»9, 4« édU 
tton; LetpziK, ISIt, Toi. III, p. «M, SIO, 511; voL IV, 
p. 86-40. 71-7S, 9S-97; vol. V, p. 91. « C. H. Scbinid, Bio- 
graphie der Dichter» vol. Il, p. 389, 411. — Schmid, /Ve- 
krotog oder Naehrichten wm dem Lebmund den Schtif- 
tm dêutsaker OieM&r, vol. I, p. S78-Stl. - Uéfixigét 
MuseruUmanach auf dus Jahr 178S. - Kiiltner, Cha- 
raktere Teutseher DichUtr, p. «27. — L. Neister, Cha- 
raktere Teutseher Diehter, vol. 1, p. 8S6-SM. - Hlf- 
Mhlng, Handbuch, — VetterleiD, Uandibmch der poeti- 
ichenLiterat.d. Tetaseh.^ p. 93-101. -Denkwûrdiçhetten 
aus dem Leben ausgezeichneter Deutschen des iSte» 
Jahr h, p. Bft6-S59. —Jàumài ton und/ÛrVeutscUand^ 
179l« n" is, p. ion. '- LMtlng, CoUectaneen utr lAttê- 
ratur. — JOrden, Lex. devUch, Diehter und Prosaisten. 
vol. Il, p. S86 sqq. — Horn, Die Poésie und Beredsamkeit 
der Deutschen. vol. II I, p. 10. 

HAGBDORN (Christian- ÏMdvAg voiv), écri- 
vain artistique, frère du précédent, né à Ham- 
bourg, le 14 février 1713 (1), mort à Dresde, le 
24 janvier 1780. 11 fit ses études à Hambourg, 
Halle et léna, entra dans la carrière diploma- 
tique, et exerça pendant plusieurs années les 
fonctions de conseiller intime de légation. En 
1764 il fut appelé à Dresde, où il occupa jusqu'à 
sa mort la place de directeur général des aca- 
démies des beaux-arts de Dresde et de Leipzig. 
Winckelmann dit que la Saxe ne pourra jamais 
assez reconnaître ce que Hagedorn a fait pour 
les arts pendant le temps qu'il s'est consacré à 
la direction de ses académies. Son ouvrage 
Beirachtungen ûber die Malerei (Réflexions 
sur la Peinture), Leipzig, 1762, 2 vol., traduit 
en français par Michel Huber, Leipzig, 1775, 
2 vol., passe pour un véritable chef-d'œuvre. Il 
montre Hagedom comme on critique aussi sa- 
Tant que consciencieux et impartial, et a exercé 

(•4 Kon en nsa, oonme le «UmoI quelques Uograptwt. 



84 
une influence marquée sur le développement 
des beaux-arts en Allemagne. Hagedom a été 
surnommé le Caylus allemand^ et mérite d'être 
considéré comme le précurseur immédiat du cé- 
lèbre Winckelmann. Outre l'ouvrage cité, on a 
de lui : Lettre à un amateur de la peinture 
avec des éclaircissements historiques sur un 
cabinet et les auteurs des tableaux qui le 
composent, ouvrage entremêlé de digres- 
sions sur la vie de plusieurs peintres mo- 
dernes (en français); Dresde, 1755, gr. in-S**; 
— Die Mittel in der gelehrten Welt berûhmt 
zu werden ( Les moyens de devenir célèbre dans 
le monde savant); Hambourg, 1760; dans le 
Gemeinnûtzige Magazin ; — plusieurs articles 
critiques insérés dans le recueil : Biblïothek 
der schoenen Wissenschaften und Kûnste, 
publié par Weisse. — Forkel Baden se chargea 
après la mort de Hagedorn de l'édition d'un choix 
de sa correspondance : Brie/e ûber die Kunst 
von und an Hagedorn (Lettres sur les beaux- 
arts, de Hagedom et à Hagedom) ; Leipzig, 
1797. U. L. 

Measel, MiiceL artist. Inhalts. - Hirsehing, Hand- 
bwh. — L. MeUter, Charakt. deutseher Diehter und 
Prosaisten, p. S81. - Er«ch et Qruber, AUgem. £n- 
cyclopaedie. 

HAGEMANN (Théodore), savant juriscon- 
sulte allemand, né le 14 mars 1761, à Stîége, 
dans la principauté de Blankenbourg, mort le 
14 mai 1827, à Zelle, près Hanovre. Il fit ses pre- 
mières études sous la direction de son père, 
pasteur protestant à Stiege, fréquenta ensuite le 
collège de Quedllmbourg, et vint, en 1780, à l'u- 
niversité de Helmstaedt, où il étudia le droit, soiis 
la direction des savants professeurs Eisenbait, 
Hœberlein, Fricke, Oelze et Du Roi. Plus tard 
(1786) il y obtint une chahrede professeur, mais 
au bout de deux ans 11 abandonna l'enseigne- 
ment académique pour une place de conseiller 
à la chancellerie de Zelle. C'est dans cette ville 
qu'il passa le reste de sa vie, exerçant successi- 
vement les fonctions de conseiller anlique(1786), 
d'assesseur ordinaire da tribunal aulique (1797), 
de directeur de la maison des orphelins (1797) et 
de conseiller de la cour d'appel (1799). Lorsque 
le {lanovre (ht incorporé au royaume de West- 
phalie, Hagemann Ait noinmé procureur général 
à la cour d'appel de Zelle, mais après la chute de 
Napoléon il reprit son ancienne place. H l'occupa 
encore pendant cinq ans, et devint alors, en 1819, 
directeur de la chancellerie de justice de Zelle. 
Les principaux ouvrages de Hagemann sont : 
Commentatiodefeudo Halsbergaesive loricœ, 
vulgo Panzerlehn; Gœttingue, 1785; — Cons- 
pectus Juris feudalis, sigillatim Brunstoico- 
rtinefrurgf.; Gœttingue, 1786; — ÀnalêCta Juris 
feudalis Brunsupico-Luneburgici ; Helmstœdt, 
1787, in-8°; — Einleitung in die gemeine in 
J)eutschland iibliche Lehnrechts-Gelehrsam- 
Jseit (Introduction à l'étude du Droit féodal 
commun en Allemagne); Bmnsvrick, 1787, 
3* édition; Hanovre, 1801; — Arehivfùrdie 



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ê$ 



HAGEMAlfN ^ HAGEN 



86 



theoretische und prûkiueMs RechUgelehr' 

somheU (Ardûves de Jonsprudence théorique 

et pratique), eo oomman avec C.-A. Giinther; 

finuuwîck, 1788-1792, 6 vol.; — Beitraege 

s»m Braunschweig * Luneburgisch. LehU" 

reehk (Documents pour servir à l'étude du Droit 

féodal de BrunswicJi^Lunebourg ) ; Helmstaedt, 

1791; —- Kleine juristische Aufsœize (Opus- 

eulea de Jarisprudéope) ; Hanovre, 1794, 2'toL; 

- ErlxuUrungen des Zelleschen Stadt und 

Bùrgerreehts ( Commentaires des Droits de la 

Tille et des citoyens de Zell); Zelle, 1798; •>- 

Dos Zellesehe Stadtrecht (Le Droit municipal 

de Zell); Hanovre, 1800; —• Praktische Eroe- 

terungen ans allen TTieilen der Rechtsgelehr* 

samkeit hin und wieder mit Urtheilsaprii" 

chen des hochsten Tribunals und der uebrigen 

Jmtisho^ begleitet (Éclaircissements pra^ 

fiqaes sur des objets concernant toutes sortes 

de matières juridiques, avec des arrêts du tribu-» 

Ml 6BprÊme et d'autres cours à l'appui); Ha- 

oone, 1798-1818, 6 vol., dont les quatre pre- 

nuers ont été faits en commun avec Frédéric 

de Bâlow; ce recueil est souvent consulté 

et mérite d'être placé à côté des Observations 

de PutTendorf et des Méditations juridiquéi 

de Sfauben; — Handbuch des Landwirth- 

schaflsreehts (Manuel du Droit agricole); Ha*^ 

Bovre, 1807; — Sammlung der Uannover- 

scken Landesverordnungenund Ausschreiben 

der Jahre 1813, 1814, 1815, 1816 und 1817 

(Recueil des ordonnances et circulaires du Ha-» 

oovre de 1813 à 1817 ); Hanovre, 1814'1817» 

12 TQl. gr. iii-8*. R. L. 

mxtr,fieUhrtai-Ge»thkktê der ViUmrHtaet Goeum»^ 
9m, vol. II, p. 108 et ses. * Hoppe, Lexikon derjurU-^ 
titck. SeàrittMteUsr, vol. I, p. S46 et 417. — Meusel. 
Geiehrtes TtuUcMand, 4* édit. ~ Saaifeld, GeithichU 
éer VniverHUe£ Goettingen, — ZeUgmosseth nottvellA 
lertc, n* vil (xxxz), p. 49-6B. 

*iufiBMlUBR (Joachim), jurisconsulte et 
pabtidste allemand, né à Hambourg, au commen- 
cement du di\-s^tième siècle, mort en avril 
16^1. Après a*être fidt recevoir en 1844 docteur 
eo droit à roniversité d'Helmstœdt, il accom<' 
pagna Tannée suivante deux jeunes gens en Hol- 
lande, en France et en Italie. Nommé ensuite 
coDsenier impérial , il alla représenter le collège 
des comtes de la Wetterau à la diète de Ratis- 
boone, et devint plus tard vice-chancelier de ce 
collège. On adelni : Variarum Lectionum Liber 
mus; Rostoek, 1638, in-8'' ; — De Fœdere Ci- 
titatum Banseaticarum; Francfort, 1662, 
in-4*;-' JDe Daniœ, Norwegiœ et'Suedx Statu f 
Francfort, 1666 et 1677, in4* ; ^ De Comitiis 
Imperii etnnanici ; Francfort, 1676, in-4"; — 
Spistolœ IV de Statu Imperii Germanici; 
Francfort, 1679, 111-4°; — Bpistolas VIII de 
Statu Regni Poloniei et Imperii MoseotHticif 
Francfort, 1680, in-4°; — Juris publici Euro- 
pxt Epistolx XII; Francfort, 1680, in-4''; — 
BpïstoUs SX de Statu Hispaniâs et Portuga- 
iim, £. 6. 



Wftte, Diar^um BUtgrOfthiMKm* — JOcher, MUgem^ 
Gel,-Lexikon. — Ersch et Qruber, BncyelopàdU. 

* HAGEN (Comtes oe), une des plus anciennes 
familles de TAllemagne, dont l'origine remonte, 
dit-on, au neuvième siècle, et dont on trouve les 
premières traces historiques en 1093. Elle se di- 
visait en deux brandies principales, formées par 
Dietrich et Heinrich von Hagen, fils de Umst, 
seigneur de Hagen, qui vécut vers le commence- 
ment du treizième siècle. La branche aînée s'é- 
teignit au commencement du dix-huitième siècle; 
la branche cadette, au contraire, existe encore 
aujourd'hui, et possè4e de grandes propriétés en 
Autriche, Meklembourg, Poméranie, Brande- 
bourg, Brabant, Saxe et dans les Provinces rhé- 
nanes. Les principaux membres de cette famille* 
sont : Christophe comte de Hagen, qui accom- 
pagna l'archevêque £rnest de Magdebourg, en 
1478, dans un pèlerinage à Jérusalem. Le pape 
lui accorda l'autorisation de fonder l'université de 
Wittemberg; — Christoph, deuxième comte de 
Hagen, qui embrassa avec ardeur les doctrines de 
Luther; lié avec ce réformateur, il lui donna 
1,000 thalers pour rûnpression de la Bible alle- 
mande; — Ludivig-Philipp, comte de Hagen, 
mort en 1771, qui fut ministre de la guerre en 
Prusse sous le règne de Frédéric le Grand ; — 
Philippine, vicomtesse de Hagen, qui vécut 
vers la fin du dix-huitième siècle, se fit connaître 
par quelques poésies et autres travaux littéraires. 

R. L. 
'rhomas V. D. Hagen, Beweis, dait die GesciUecMer 
dëtèr von Ba^fen unprimgHcà von 0intm Vraknherrn 
mnd Stammvater herkommem Berlin. 17M, i* éd., 1766. 

— Albinos, Historié der Grafén und Herren von ffcr- 
thern, p. 64. — Fttrslen, ff^appenbuch, 1. 1, p. lU, n«» is, 
-^ HOnchetmânn« Geneaiogiieke AdslikUtorie, t. II. 
p. 107. - V. Meding, JfachricMen Ûber mdelige if^ap- 
pm, 1. 1, p. S14. 

BA^EN {Pierre)^ poète allemand, connu 
aussi sous le nom de Hagius, né en 1569, au 
village de Henneberg, près Heiligenbeil , mort 
en 1620, à Kœm'gsberg en Prusse. Il fut pendant 
plusieurs années recteur du collège de Kœnigs- 
berg, et écrivit plusieurs cantiques, qui se sont 
conservés jusqu'à nos jours dans les recueils de 
chants d'église protestants. On lui doit en outre : 
Prosopopœia vert et sinceri Christiani; 1618; 

— Praxis Pietatis maxime quxstuosx; Kœ- 
nigsberg, 1623. R. L. 

Erlaeulertes Preussen, t. III, p. 171. — Arnold, His- 
ioHe der Kanigsb. VniverslUÈl, t. II, p. 806. — Goit- 
•died, BûcHenaalt vol. iv, p» sts. 

BkQUH (Johann-GeorgjFHédrich von ), ar- 
chéologue allemand, né à Bareutb, le 9 mai 1723, 
mort le 30 décembre 1783, à Nuremberg. Il fit 
ses études à Halle, et remplaça en 1748 son père 
dans les fonctions de trésorier et de conseiller 
des comptes du oercle de Franconie à Nurem- 
berg. Il posséda une fort belle bibliothèque, une 
galerie de tat>Ieaux des meilleurs maîtres et de 
riches collections de gravures, de médailles, de 
monnaies, d'instruments^ d'objets d'histoire na- 
turelle. D'une grande libéralité envers les artistes, 
il Mmina par sa générosité, et fat forcé de vendre 



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w 



HAGEN 



S8 



son musée. II ne sorvéeut pas longtemps à cette 
perte, etmouRit dans Tindigence. On a de lui : 
Beschreihung der Thaler des Mansfeldischen 
Hauses ( Description des Écus de la maison de 
Mansfeld) ; Nuremberg, 1758-1778 ; — Beschrei- 
hung der Silbermûnzen derfreienBeichssiadt 
Niirnberg (Description des Monnaies d'argent de 
la ville libre de Nuremberg), tome P*"; Nurem- 
berg, 1766, in-4"; 4"*' édit., 1778. La suite de cet 
ouvrage n'a pas paru; — Conventions-MûnZ" 
Cabinet oder Beschreibung der Mûnzsorten 
welchenach dem i7 h3errichteten Conventions- 
Mûnz-Fusse, bishergeprxget worden (Cabinet 
des Monnaies de convention, ou description desdi- 
. verses espèces de monnaies qui ont été frappées 
jusqu'à présent sur le pied de la convention de 
1763); Nuremberg, 1771. Cet ouvrage se trouve 
aussi inséré dans les Notices historiques heb- 
domendaires de Bareuth ( 1767 et 1 769 ) ; ^ Ori- 
ginal Mûnz-CabinetÇDescnçiiAoïï du cabinet de 
médailles de Hagen ) ; ibid., 2"* édition, 1771. 

R. L. 

Ersch et Gniber, AUgem, Eneifclopsedie. — Addong, 
Supplément à JOch«r. 

HAGEN {Etienne vàh der ), navigateur hol- 
landais , conquérant des Moluques ,« vivait de 
1560 à 1610. Il avait acquis la réputation 
d'homme de cœur et d'un marin expérimenté, 
lorsqu'on 1599, et sans attendre le retour des 
huit vaisseaux expédiés l'année précédente sous 
les ordres de Jacques van Neck , les directeurs 
de la Compagnie des Indes orientales le choi- 
sirent pour commander un nouvel armement de 
trois vaisseaux , destinés également à explorer 
la mer de la Chine et les lies de la Sonde. Guidé 
par les cartes et les renseignements laissés par 
Corneille Houtman (voy. ce nom), van Hagen mit 
à la voile du Texel le 6 avril ; ses vaisseaux étaient 
Le Soleil^ capitaine Corneille Jansioon Schouten 
{Doy, ce nom), La Lune, capitaine ComeUle Heyn- 
sen, et L'Étoile du Matin, capitaine Corneille 
Janszoon Mellicknap , bien armés et portant en- 
semble trois à quatre cents hommes déterminés. 
Le 25 ils touchèrent à Porto-Santo, et le 8 mai à 
l'Ile du Mai (archipel du Cap Vert). Van Hagen 
eut la douleur d'y voir un de ses marins massa- 
cré et sept enlevés par les habitants portugais 
tandis qu'il faisait aiguade. Le 10 juin il reconnut 
le cap Palma, et surpris par les cahnes,fut forcé 
d'atterrir deux fois avant de pouvoir doubler la 
pointe. Des tourbillons assaillirent ensuite son es- 
cadre, et ce fut àgrand' peine quHl atteignitllle du 
Prince, où les Portugais le reçurent à coups deca- 
non. La plupart des gens de ses équipages étaient 
malades et ses b&timents faisaient eau de toutes 
parts. Il gagna la cAte de Corisco le 2 juillet, où 
il répara ses vaisseaux comme il put, et se pro- 
cura des vivres par la pèche et la chasse. Le 24 
il mouilla encore sous le cap Lopo Gonsalves; 
ce ne Ait que le 18 septembre qu'il doubla heu- 
reusement le cap de Bonne-Espérance , et le 
)7 octobre il jeta Taocre dans une *baîe inoon- 



nue, qall baptisa baie du Soleil : les natores y 
étaient noirs, nus, inoffensifs , et leur pauvreté 
éteit extrême. Le 15 novembre van Hagen 
mouilla sur l'Ile Sainte-Marie, mais il n'y trouTa 
aucun secours. Après bien des soufTrances et 
des dangers , il entra dans le détroit de la Sonde 
le 28 février 1600, et le 13 mars senlement 
il salua le port de Bantam, après un voyage d'en- 
viron onze mois. Une aussi longue traversée 
ne s'explique que par la mauvaise construction 
des bâtiments de Hagen et l'ignorance presque 
complète où étaient les Hollandais des parages 
qu'ils aillent visiter. 

A Bantam, Hagen fut bien reçu par le sa- 
bandar, ou gouverneur du pays, mais ses fonc- 
tionnaires mirent leurs services à un si hant 
prix que l'amiral dut remettre à la voile, et le 
2 mai s'arrêta à Amboine. Les habitants de nie 
le contraignirent en quelque sorte à les aider à 
chasser les Portugais , qui y possédaient une for- 
teresse; après deux mois d'un siège inutile et 
meurtrier, Hagen se contenta d'élever lui-même 
nn fort, où il laissa une garnison de vingt-sept 
hommes commandés par Jean Dirkszoon Sonne- 
berg. Après avoir resserré son alliance avec les in- 
digènes, il revint à Bantam ( 19 novembre), où il 
trouva avec joie six navires hollandais. Il obtint 
des naturels d'abondants chargements d'épioes, 
qu'il compléta à Sumatra (14 janvier 1601 ). Il 
vogua vers le cap de Bonne-£spérance , battu 
par des tempêtes continuelles. Le 7 février ii 
découvrit deux petites lies, qui n'étaient encore 
marquées sur aucune carte, mais il les dé- 
signa lui-même si mal que l'on resta indécis 
sur leur nom et leur position exacte. Ce ne fot 
qu'après plus de trois mois d'essais infhidueux, 
de tourmentes et de dangers, qu'il put doubler 
le cap ( 19 mai). Le 6 juillet il se rafraîchit à 
Sainte-Hélène, et, continuant dûieciement son 
voyage, arriva heureusement en Hollande. 

Les Espagnols et les Portugais ayant commis 
quelques hostilites contre les négociants hollan- 
dais dans les mers indiennes, le gouvernement 
des Provinces-Unies résolut d'exercer des repré- 
sailles. A cet effet il équipa treize bAtiments 
bien armés et montés par douze cents hommes ; 
il en confia le commandement à Hagen. Cet 
amiral mit à la voile du Texel le 18 décembre 
1603 ; il livra de nombreux combats aux Portu- 
gais, et détruisit un grand nombre de leurs na- 
vires, n croisa dans le canal de Mozambique, 
mouilla à Goa, à Cananor. Le 27 octobre 1604, il 
défit les Portugais dans la rade de Calicot, et 
passa un traite avec le samorin de cette ville. H 
visita ensuite Cochin et Colombo, prit le fort 
d'Amboine le 21 février 1605, celui de Tidor le 
19 mai, et chassa les Portugais des Moluques. Il 
conclut des conventions commerciales avec In 
rois de Tidor et de Temate, et après avoir chargé 
son navire des épiceries les plus recherchées etdes 
productions les plus précieuses, il mit à la voile 
de Bantam le 25 août pour retourner en Hollande, 



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HAGEN 



9il 



où il am>a henreasement en mai 1606. Le ré- 
sultat de cette expédition fîit immense, et assura 
aox Hollandais pour longtemps le commerce des 
Iodes. La relation du .voyage de Hagen a été 
écrite par le commis Paul van Soit et Insérée 
dans différents recueils de voyages. 

Alfred de L^caze. 
Rmuil des Forages qui ont servi d FétablUsement et 
m progrès de la Compagnie des Indes orientales 
(Bonen, 17Î8, 10 vol. In-S»), t. III, p. SW-877} I. V, 
fi!l-2S0. - Du Bols, Fie des Gouverneurs hollandais, 
p. 5 et 10. 

HA6BN (Charles-Godefroi)', chimiste alle- 
mand, né à Koenigsberg, le 24 décembre 1749, 
mort dans cette même ville, en 1829. Il fit ses 
études à Toniversité de sa ville natale, et devint 
ea 1788 professeur de médecine et en 1808 pro- 
fesseur de physique. Le roi de Prusse lui conféra 
le titre de conseiller de médecine. On lui doit 
plusieurs ouvrages, qui ont été très-utiles dans 
leur temps. En voici les principaux : Lehrhuch 
der Apotheherkunst (Traité de Pharmacie); 
Kœnigsberg et Leipzig, 1778; 4* édition, ibid., 
1806', — Grundriss der Experimentalchemie 
(Éléments de la Chimie expérimentale ) ; Kœnigs- 
berg et Leipzig, 1786; — Jsagoge in Chemiam 
forensem; Kœnigsbei^, 1789; — Grundrisi 
der Experimentalpharmacie (Éléments de la 
Pharmacie expérimentale); ibid., 1790 et 1791; 
- Grundsxtze der Chemie durch Versuche 
erlaeutert (Les Éléments de la Chimie démon- 
trés Bardes expériences); Kœnisberg, 1796; — 
plusieurs articles dans les Annales de la Chimie 
de Crell , dans les Actes de V Académie des 
Sciences de Bonn, etc. D' L. 

Conv.'Ux» ^ Biographie médicale. 

* HAGEN ( Frédéric^Henri von der) , célèbre 
philologue allemand, né à Schmiedeberg (Prusse), 
Je 19 février 1780, mort à Berlin, le 11 juillet 
1856. Il étudia d'abord le droit à l'université 
de Halle, et fut depuis 1802 jusqu'en 1806 em- 
ployé à la chambre royale de justice de Berlin. 
^ 1806 il abandonna la carrière administrative, 
et depuis cette époque il se consacra exclusive- 
ment à l'étude de l'ancienne littérature allemande. 
Nommé en 1810 professeur à l'université de 
Min, il y fit créer la chaire de philologie alle- 
mande ancienne. Ses travaux ont beaucoup con- 
tribué à populariser l'étude de la littérature 
allemande du moyen-âge. On a de lui : Zur 
(^^esehichte der Nibelungen (Études pour ser- 
vir à l'histoire des Nibelungen) ; Vienne, 1800; 
-l'édition du Nibelungenlied ; Berlin, 1810; 
<"* édit., 1842 ; — Narrenbuch (Le Livre de» 
Fous); Halle, 1811 ; — Lieder der xltern Edda 
(Poésies de Tancien Edda ) ; Berlin, 1812; — Die 
Edda lÀeder von den Nibelungen zum êrsten 
Maie verdeutschlund erklœrt (Les Poésies de 
l'Edda sur les Nibelungen, pour la première fois 
traduites en allemand); Breslau, 1814; — 
Brzœhlungen und Màhrchen (Histoires et 
Contes) ;Prenzlau, 2* édit, 1838; —Nordisehe 
Beldenromane (Romans hérwques des paya 



du Nord); Breslan, 1814-18S8, ô voL; — AU- 
nordiscke Sagen und Lieder in dœnischer 
Sprache (Mythes et Poëmes anciens du Nord en 
langue danoise); Breslau, 1814 ; — Altdeutêche 
und altnordische Htldensagen (Traditions 
héroïques anciennes de l*Àllemagne et des pays 
du Nord); Berlin, 2"' édit., 1855, 2 vol.; — 
Niederdeutsche Psalmen aus der CaroHnger 
Zeitzum ersten Maie herausgegeben ( Psaumes 
en bas-allemand de l'époque carlovingienne, pu- 
bliés pour la première fois); Breslau, 1816 ; — 
Irmin; Breslau, 1817; — Briefe in die H et' 
math (Lettres adressées au pays natal); ibid., 
1818-1821, 4 voL; — Heldenbilder aus den 
Sagenkreisen KarVs d. Grossen, Arthurs, der 
Ta/elrunde und des Grals , Attilas , der Ame- 
lungen und Nibelungen ( Tableaux héroïques 
tirés des cycles de Chariemagne , d'Arthur, de 
la Table ronde, etc. ); Breslau, 181^1821, 2 vol.; 

— Monumenta medii jEvi plerumque inediia ; 
ibid., 1821; — Gottfried von Strasburg's 
Werke (Œuvres de Godefroy de Strasbourg); 
iWd., 1823, 2 vol.; — Der Ackermann aus 
Bœheiîn y Gesprœch zwischen einem Witwer 
und dem Tode (Le Cultivateur de fiiœheim : dia- 
logue entre un veuf et la mort) ; ibid., 1824; — 
Denkmale des Mittelalters (Monuments du 
moyen Age); Berlin, 1824; — Tausend[und 
ein Tag (Mille et un Jours); Prenziau, 1826- 
1832 ; 2"' éd., 1836, 1 1 vol.; — Les Minnesin- 
ger; Leipzig, 1838*1856, ô vol. : recueil poétique, 
dont le dernier volume, intitulé : Bildersaal 
altdeutscher Dichter, contient surtout des re- 
cherches biographiques sur des auteurs alle- 
mands des douzième, treizième et quatorzième 
siècles ; cet ouvrage est considéré comme le plus 
im(l)ortant travail de Hagen ; •— Vom ungenaeh- 
(en Rock Christi (De la Robe non cousue du 
Christ), ancien poème allemand; Berlin, 1844; 

— Veber die aeltesten Darstellungen der 
Faustsage (Des Formes primitives de la Légende 
deFaust) ;Berlin, 1844;— iTMnrfcr^aZ^CMî^cAe 
Erzxchlungen , zum ersten Maie herausge^ 
geben (Cent anciens Contes allemands publiés 
pour la première fois); Stuttgard, 1850, 3 vol.; 

— Kreuzfahrt des Landgrafen Ludwig der 
ffeilige ( Croisade du landgrave Louis le Saint) , 
ancien poëme épique; Leipzig, 1854; — Bilder 
aus dem Ritterleben und aus der Ritterdich" 
tung (Tableaux de la Vie et de la Poésie cheva- 
leresques) ; Beriin, 1856. Hagen publia en outre, en 
commun avec Primisser, le ffeldenbuch in der 
Ursprache (Livre des Exploits de quelques Hé- 
ros), recueil d'anciens poëmes épiques allemands ; 
Beriin, 1820-1824, 2 vol.; Leipzig, 1855, 2 vol.; 

— en commun avec Habicht et SchoU , Tau- 
send und eine Nacht (Mille et une Nuits); 
Breslau, 1825; 5« édit., 1840, 15 vol.; — en 
commun avec Docen, Biisching et Hundeshagen, 
Sammlung fur altdeutsche Literatur und 
Kunst (Recueil pour servir à Tétnde de la litté- 
rature et de l'art ancien allemand); Breslau^ 



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HAGEN — HAGEWBA-CH 



93 



1812; — en commun arec Bûschiiig, Buch 
der Liebe ( Livre de T Amour) ; Bertin, 1809; — 
AltdetUsche Gedéehte des Mittelalters ( Aiit 
cieones Poésies allemandes da moyen* Age) ; Ber- 
lin, 1808 ; — Muséum fUr altdeutsche Lite^ 
ratur undKunst (Musée de Littérature et d*Art 
anden allemand); Berlin, 1809-1811, 2 yoL; -^ 
lAterariseher Grundriss der Geschichte der 
deutseken Poésie von der mltesten Zeit Ins in 
das 16** Jahrh, (Éléments d'une Histoire litté* 
Faire de la Poésie allemande depuis les temps les 
plus reculés jusqu'au seizième siècle ) ; Berlin, 
1812. Depuis 1835 Ton der Hagen rédigea aussi 
les Jahrbûcker der berlinisehen Gesellschafi 
f&r deutsche Sprach und Alterthumskunde 
(Annales de la Société d'Archéologie et de Langue 
Allemande de Berlin ). R. Lindau. 

Conv.-Lex., artiçte Uagm et article Deuttche Sprach^, 
— Brockbaus, Un*ere Zeit.^ IWr. I, p. 78. — Gersdorf ^ 
Repertorium. — Pour la bibliographie, voir Eogelmann, 
BibUoth. der tehôn, Wiueiuch. 

*HA6BNBACH {Pierre oe), landvogt d'Al* 
sace , de Ferrette, de Sundgau et de Brisgan , né 
en Alsace, décapité à Brisach, le 9 mai 1474. Il 
avait servi avec distinction les ducs de Bour- 
gogne Philippe le Bon et Charles le Téméraire^ 
lorsque ce dernier prince accepta, le 9 mai 1469, 
des mains do duc Sigismond d'Autriche, en gage 
pour ime somme d'argent assez considérable, le 
landgraviat d'Alsace, le comté de Ferrette, le 
Brisgau, le Sundgau et les quatre villes (dites fo- 
restières ) des bords du Rhin, Waldshutt, Strau- 
bingen, LaufTenburg et Rheinfelden. Charles 
donna ordre à Hagoibach, alors son majordome, 
de prendre possession de ces territoires avec 
quinze cents chevaux, et quatre mille fantassins; 
il lui en laissa ensuite le gouvernement. « Ce sire 
de Hagenbach, rapporte M. de Barante, était 
un des hommes les plus cruels et les plus vio- 
lents qui eussent jamais exercé pouvoir sur un 
peuple. Au mépris des conditions promises, il 
commença par établir un impôt d'un pfenning 
sur chaque pot de vin qui se boirait. Il y eut 
quelques troubles à Thann, et le conseil de la ville 
lui envoya quatre députés pour lui remontrer 
que cette gabelle était contraire à leurs privilèges. 
Sans autre forme de procès, le sire de Hagen- 
bach fit couper la tète à ces malheureux bour- 
geois. Il ne connaissait nulle justice ; ne pas céder 
sur-le-champ à ses moindres volontés suffisait 
pour être mis à mort. Il fit périr des gens sans 
qu'on pût deviner quel motif de mécontentement 
ils pouvaient lui avoir donné; il en tuamêmti plu- 
sieurs de sa main. Les gens de la campagne étaient 
accablés de corvées et détournés de leurs travaux 
champêtres (1). Sans cesse des soldats étaient 

(1) Il existe à Troyen, dans les archiTes 4u départe- 
ment, un document relatif an ballU de Ferrette. Ce sont 
des lettres patentes de Louis de Laval , lieutenant gé-^ 
néral et gonverneur pour le roi Louis XI en Cbaupagnc. 
Ces lettres sont datées du 18 novembre U79. Dérogeant 
par nécessité aux ordres du roi, qui détendait à ses •«• 
lets tous rapports avec les Bourguignons , ces lettres an* 
Cnrtsent fabbé de Montrétimer ^ transiger aven flagii* 



logés chez les habitants, et les maltraitaient sans 
nul contrôle ni recours. La noblesse, qui avait 
tant désiré la domination de Bourgogne, n'était 
pas moins opprimée et n'avait pas moins d'inso- 
lence à endurer; il alla jusqu'à lui interdire tont 
droit de chasse. Mais ce qui excitait le plus de 
scandale et de colère , c'étaient les abominables 
débauches du landvogt ; il ne s'inquiétait pas plus 
du del que de la terre, et avait coutume de dire 
qu'étant bien assuré d'aller au diable, il ne yoo-» 
lait rien se refuser de ce qui lui passerait par la 
tête. II n'y avait donc sortes de fantaisies aux- 
quelles il ne se tivrftt, corrompant avec de^a^ 
gent les jeunes filles de tout état, on les enlevant 
à leurs parents , leur faisant violence, forçant la 
clôture des couvents, déshonorant les famîDes 
des nobles comme celles des bourgeois. H lui a^ 
riva un jour de donner une fête, et tont d'un 
coup , après avoir renvoyé les maris, il fit mettre 
les femmes toutes nues en leur couvrant seule- 
ment la tête ; puis il donna ordre aux maris de 
revenir et de reconnaître leurs femmes. Ceux 
qui se méprenaient étaient précipités da haut de 
l'escalier en bas; ceux qui ne se trompaient 
point étaient, comme pour recevoir les félicita- 
tions du landvogt, contraints à boire une telle 
quantité de vin qu'ils étaient malades à en ism- 
rir. » Ce n'était pas seulement envers les habi- 
tants des pays engagés à son maître qn'Hageo- 
bach exerçait ses violences; il ne respectait pas 
plus les sujets des seigneurs de l'Alsace, des 
évoques de Strasbourg et de Bâle. De nombreuses 
plaintes furent adressées au duc Charles, qui n'en 
tint aucun compte. Ce prince se plaisait d'ailleors 
à professer hautement son mépris pour la race 
allemande, qu'il traitait de brutale et de grossière. 
Hagenbach, sûr de l'impunité, redoubla d'insolence 
envers les viUes libres , de cupidité envers les 
marchands, d'impudence dans ses débauches. 
Sigismond, garanti par la France, offrit à Charles 
de racheter ses propriétés (8 avril 1474). Pi^ 
voyant un refus, il s'allia avec les Suisses, les 
seigneurs palatins, les villes de Strasbourg et 
de Bàle.£n effet, le doc de Bourgogne éluda toute 
restitution, et donna ordre à Hagenbach d'occo- 
per les places fortes. Le landvogt , repoussé à 
Ëinsisheim, se renferma dans Brisach; il avait 
résolu d'en chasser les habitants , mais ceux-d 
le prévinrent: ils s'abouchèrent avec un capitaiM 
allemand nommé Frédéric Vœglin , qui comman- 
dait deux cents soldats de son pays , arrêtèrent 
Hagenbach, et l'enfermèrent dans la tour de la 
porte du Rhin ( 10 avril). Le duc Sigisûiond ac- 
courut : il voulut que Pierre de Hagenbach fClt jugé 
avec une grande solennité. Comme il n'y avait 
guère de villes qui n'eussent quelque grief à loi im- 

bacb, qu'elles appellent Archambauld le bout^ev. Au 
termes de ces lettres, l'abbé « a congié et licence d'ea* 
R voyer an dit d*Archambach et à ses gens de boiwci 
f bourses, aiercerlea,et antres choses qo^ voadra... pour 
« garder de brûler l'abbaje dessus dite, comme II s*en ert 
« vanté. » ( Voy. Archives historique» du département 
^ ë* êdube, I8»l, tB-S>, p. M0.) ▼. OB V. 



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n 



HAGENBACH — HAGER 



puter, Strasbonn^ Colmar, ScMestadt» Fribourg 
en Brisgaa, BAIe, Berne et Soleure envoyèrent 
cbacuoeuDjnge; seize chevaliers représoitèrent 
la noblesse. Le 4 mai 1474 il subit la question, 
et le 9 il fut amené sur la place publique. Il se 
montra toujours calme et ferme, et n'allégua pour 
défense « que les ordres et la volonté de son sei* 
gnenr, qui était son seul juge, et qui seul pouvait 
loi demander compte ». Après un débat de douze 
benres, il fut condamné à être dégradé de cbe- 
falerie et h la décapitation. La sentence fut 
exécutée immédiatement et aux flambeaux (1). 
H Je n'ai pas peur de la mort, dit-il sur Técha- 
fand, encore bien que je ne Tattendisse pas de cette 
sorte; ce que je plains , c'est tout le sang que le 
mien fera couler. » Ce présage ne s'accomplit 
que trop bien ; car Ton peut justement regarder 
Hagenbach comme la première cause de la ruine 
de Charles le Téméraire, qui voulut venger la 
mort de son landvogt. 

Le corps de Hagenbach fut transporté le len- 
demain dans son château et enseveli avec ceux de 
«s ancêtres. On lui éleva près du maître autel un 
(nonumeot avec une statue de pierre. Peu à peu 
une tradition se répandit dans le pays qu'il était 
mort comme un saint, et cet homme de débauches 
et de meurtres fnt honoré comme un bienheu- 
reux^ Pendant longtemps, aux jours de fête, oq 
déployait sa bannière (2) ; on passait au cou de 
sa statue une chaine d'or; on plaçait sur la tête 
le chapeau de satin bleu orné de pierreries qu'il 
portait en allant au supplice, et les habitants des 
environs s'agenouillaient dévotement devant le 
bourreau de Ferrette transformé en martyr. 
A. n'E— p^c. 
Maller, GeschUMe der Schweitz^ t. IV, cap. vu, 
p. 571-576, 6SS, 91%. — CoiDines, Mémoires , passlm. — 
^pecklin. Chronique manuscrite. - De Baraote, His- 
toire des Ducs de Bourçognet t. IX, p. 191-199; t X, 
p. 1Î9, iw, 170-197. — De SismondI, Histoire des Franr 
pa«, t. XIV, p. «9S, W, 418-417. 

HAiiBiiBAOH {Ckar les- Frédéric ),'natunili8te 
yiemand, mort en 1849. Il fut professeur dV 
natomie et de botanique k Bàle. On a de lui : 
Tentamen Florœ Brasilieni.% exhib. planta» 
^hanerogamas sponte nascenieSf secundum 
iystema semiale digestas, etc.; Bàle, 1821- 
1834, 2 vol. 

*HA6KNBACH (Jean-Jacqucs^ fils du pré- 
sident, mort en 1825, a laissé quelques bons tra- 
vaux d'entomologie : Symbola* Faunes Insecto- 
onim Helvetiâpy exhib. vel species novas, vel 
mdum depictas; Bâle, 1822; — Mortnolyce, 
lovum Coleapteorumgemis ; Nuremberg, 1822. 
843. 

l HACBifBACH ( Charles-RodoipMe), théolo- 
;iea et historien suisse, frère du précédent, né à 
tâle, le 4 mai 1801. Il lit ses études an collée de 



(t) Sir Walter Scoot a décrit d'une manière trèa-dra- 
Mttque le sappUce de Pierre de Hagenbacli« dans son 
Oman û'jinne ds Geierstein, ou laJUle des brouillards, 

(t) EUe était grise et blanclie ; ses armoiries étaient des 
l*s Ajoncr, avec la devise : aJe passe » j voulant dire ainsi 
lO^U attendait U bonne fortune pour se déclarer. 



sa ville natale, aux aniversltés de Bonn et de 
Berlin, et se destina à renseignement II est 
aujourd'hui professeur de théologie et d'histoirs 
ecclésiastique à Tuniversité de Bâle. Ses priiK 
cipaux ouvrages sont : Encyclopxdie und Me" 
thodologie der theohgischen Wissenschaften 
(Encyclopédie et Méthodologie des Sciences théo*-. 
logiques); Leipzig. 1833; 4* édit., 1854 i—Lehr- 
buch der Dagmengeschichte (Traité d'Histoire 
dogmatique); Leipzig, 1840-1841, 2 vol.; 3* édit.» 
1862-1853; — Die r^omiirte Kircke (L'Église 
réformée); Schaffhouse., 1842; — Leiifaden 
zum Religionsunterricht (Guide de rinstruo- 
tion religieuse) ; Leipzig, 1850 ; 2^ édit., 1853; — 
Kirchengeschichte des 18 und 19^» Jahrhuu' 
devis (Histoire ecclésiastique des dix-huitième 
et dix-neuvième siècles); Leipzig, 3' édit., 1856, 
2 vol. 
Conv.'Lex, ^ (Seradorf , Bspertorium, 

lUGEHBrcH { Jean-Gaspard) 9 philologue 
allemand, né aux environs de Zurich (Suisse), en 
1700, mort dans cette ville, le 5 juin 1763.. Ac- 
compagné de son condisciple et ami Britinger 
(Jean-Jaçques), il visita successivement la Suisse, 
la Hollande et rxileroagne. De retour dans sa 
pairie, il se livra à Téducation particulière. De- 
puis 1730, attaché au collège de Zurich, comme 
professeur de langues anciennes, d'histoire et^de 
théologie, il fut promu, peu de temps avant sa 
mort, k un canonicat. Lié avec les savants dis" 
tingués de son temps, Hagenbuch entretenait 
avec eux une correspondance active sur tous leti 
objets scientifiques qui rentraient dans sa spé- 
cialité. 11 était membre de plusieurs sociétés sa- 
vantes et de l'Académie royale des Inscriptions 
de Paris, qui IVait nommé en 1752. Parmi ses 
nombreuses publications, les plus remarquables 
ont pour titres : Dissertatio de Asciburgio 
UlixiSy ad TacUi locum De Moribus Ger^ 
manorum ; Zurich, 1723; — Exercitatio, quQ 
Ostiones hec Germaniœ née Brilannise po- 
pulum, sed Galliœ Celticâg Osimios esse^ coH" 
jicitur^ dissertation insérée par Abraliam Gronov. 
dans ses Varia Geographica; Leyde, 1739; -^ 
Epistolœ epigraphic» ad Joh* Bankierium ei 
Ant.-Franc, Gorium; Zuricli, 1747;— Tessch 
racontologion Turicense, seu inscriptio anti-* 
gutti ex qua Turici sub imp. Romanis statio 
mm quadragesim, Galliarum fuisse primum 
innotescU; Zurich, 1747; — De Diptychç 
Brixianw Boethii consuHs^ oiivrage accompagné 
d'un Appendice epigraphiça ad Bm, Car4^ 
Quirinum et d'un traité sur Diphitychum 
Acrobindi consulis, qui se trouve ài&urich; ^^'^ 
rich, 1749. La bibliothèque de Zurich possèdf^ 
beaucoup de manuscrits de ce savant, dont quel- 
ques-uns forent utilisés par le célèbre philologue 
Jean-Jacques Hottinger pour son Muséum Tur^- 
censé de l'année 1782. N. K. 

Ersch et Gruber, AUg, Enc. 
H^GBR ( Johann-George)y helléniste et géo- 
graphe allemand, né le 24 mars 1709, àOberkot* 



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HAGER 



nu (principauté de Bareoth), mort à (Ederen, le 
1? octobre 1777. Il fit ses études à Hof et à 
Leipzig, entra dans la carrière de renseignement, 
et deyint en 1741 recteur dn Lycée deChem- 
nitz, fonctions qu'il exerça jusqu'à sa mort. Son 
livre : AusfAhrliche Géographie ( Traité dé- 
taillé de géographie) , Chemnitz, 1746, 3 vol., 
ô'^ édit., 1775, resta pendant près de cin- 
quante ans adopté dans les principales écoles 
de l'Allemagne. On loi doit en outre : De Modo 
disputandi Euclidis; Leipzig, 1736; ^Deri-- 
tilms veterum Germanorumcirca nuttrimonia 
ineunda; ibid., 1738; — ffomeri Jlias, grxce 
et latine: Chemnitz, 1746, 1753, 1767 ; — Ele- 
menta artig disputandi ; ibid., 1749 ; — Corn- 
mentetiones V de Alexandro ab Aies ; ibid., 
1750, 1751; — KlHne Géographie (Petite 
Géographie ); 1755, 1775; — Einleitung in die 
Gœttergeschichte der alten Griechen und Rô- 
fiier( Introduction à la Mythologie des anciens 
Grecs et Romains); ibid., 1762; ~- Homeri 
Odyssea, Batrachom, et Hymni, grasce et la- 
Une; ibid., 1776, 1777, 2 vol.; — un grand 
nombre de programmes. R. L. 

Roth. Memoria ffageri. — Adelnng. SoppL à JOcher. — 
Hlrecbing. Handbuck , toI. H. p. SS7. — G.-C. Hamber- 
ger, CeUhrtet Teutschland, 1. 1, p. 137, et P. 111. p. 648. 
— EMCh et Graber, Mlg. Enc. — Meusel, Lexikon der 
von 1750*1SOO vergtorbenenSchrifttteUer. 

H AGEE (Joseph ), sinologue allemand , né le 
30 avril 1757, à Milan, mort à Pavie, en 1819. 
11 commença ses études à Vienne, puis il se ren- 
dit au collège de la Congrégation pour la Propaga- 
tion de la Foi à Rome , afin d'y étudier les lan- 
gues étrangères : là, il se familiarisa dans la 
pratique des principaux idiomes européens, et il 
s'initia à la connaissance de quelques-unes des 
langues de l'Asie, principalement de l'arabe. Il 
vécut deux années à Constantinople, et quelques 
années plus tard, poussé par son ardeur pour 
la science, il visita les grandes bibliothèques 
de l'Italie, de l'Espagne, de la France, de l'An- 
gleterre, de TAUemagne et de la Hollande, afin 
d'y rechercher les livres imprimés et manuscrits 
jusque là fort rares et dont l'usage était indis- 
pensable pour lui , dans la carrière encore toute 
neuve qu'il avait choisie, par un penchant naturel. 
Quelques circonstances particulières, dans le 
cours de ses investigations scientifiques, luidoit- 
nèrent l'idée d'entreprendre l'étude du chinois. 
En peu de temps il se crut assez fort pour ré- 
diger des ouvrages sur la Chine et l'écriture figu- 
ratÎTe des Chinois. Il annonça bientôt par un pros- 
pectus la publication d'un dictionnaire chinois : 
cette nouYèllefut accueillie avec joie des savants, 
qui connaissaient les titres des ouvrages déjà 
imprimés de Hager, et cela d'autant mieux que 
l'on pouvait craindre que l'exécution de ce 
monument littéraire, projeté dès le règne de 
Louis XIV, ne fût indéfiniment ajournée. Le pros- 
pectus du savant allemand donna l'idée au gou- 
vernement français de le cliai^erde la publication 
du grand Dictionnaire Chinois' Latin- Pran" 



çais dont Napoléon avait décidé llmpreasion, pour 
l'honneur de sou règne. Dans cette intention , 
Hager fut mandé en 1802 à Paris, où il fut ofTw 
ciellement chargé du travail en question , avec 
un traitement annuel de 6,000 francs, qui devait 
durer tout le temps nécessaire pour achever la 
rédaction et l'impression de son travail. An boot 
de quatre années, le Dictionnaire n'était guère 
avancé, et quelques mémoires de son auteur ayant 
été l'objet de critiques assez violentes, on cnit 
devoir soumettre à l'examen attentif de plu- 
sieurs savants le manuscrit commencé par Hager. 
A la suite de cette enquête, la rédaction do Dk- 
tionnaire Chinois fut suspendue jusqu'en 1808, 
époque à laquelle on s'occupa de nouveau de 
chercher un orienteliste capable d'accomplir 
une pareille tâche. Hager, mécontent de cette 
décision, quitte la France , pour reprendre le 
cours de ses voyages sdentifiques. En 1806 il 
fut nommé professeur d'allemand à Oxford , et 
en 1809 il obtint la chaire des langues orientales 
à l'université de Pavie. A l'époque de la sus- 
pension de cette université , il devint conserva- 
teur de la Bibliothèque publique de Milan ( fit- 
bliotheca Braidênsis ). Après la révolution de 
1814, il revint à l'universite de Pavie, où iltcr- 
mina sa longue et laborieuse carrière. Quant k 
la solidité de ses connaissances en chinois, elle 
a éte souvent contestée; plusieurs de ses ou- 
vrages ont éte vivement critiqués par Monlocci 
en 1804 et par Jules Klaproth en 1811. Voicila 
liste sommaire des ouvrages de Hager : Obser- 
vations sur une fourberie littéraire (del'abhé 
Villa); Leipzig, 1799, in-4'» (enallem.); - 
An esplanationof the elementary Charactm 
qf the Chinese ; with an analysis qf thetr 
symhols and hieroglyphs; Londres, 1801 , in-fol; 
^ Dissertations on the newly discovered 
Babylonian Inscriptions ; Londres, 1 801, in-4^ 
avec 6 ph; — Monument de Yu, ou la plus an- 
cienne Inscription de la Chine ^ suivie de 
trente-^ieux/ormes d^andens caractères, avec 
quelques remarques sur cette inscription et 
sur les caractères ; Paris, Didot l'alné, 1802, 
in-fol. Cette inscription est celle que le grand 
Yu, un des premiers souverains de la Chine, fit 
ériger en commémoration de l'écoulement des 
eaux du déluge (en l'an 2286 avant notre ère). 
Le texte original de cette inscription avait été 
fournie Hager par Jfa-Kan San^Tsai-dzou-ze 
(Grande Encyclopédie japonaise) et par deux au- 
tres facsimilés que possède la Bibliothèque impé- 
riale. L'un d'eux est accompagné d'une traduction 
française, due au père Amyot ( voy. ce nom); 
^ Panthéon Chinois , ou parallèle entre le 
culte religieux des Grecs et celui des Chinois, 
avec une nouvelle preuve que la Chine a été 
connue des Grecs; Paris, Didot l'alné, I802, 
in-4*', avee fig.; — Description des médailles 
chinoises du cabinet impérial de France, pré- 
cédée d'un essai de numismatique chinoise; 
Paris, Impr. iropér., 1805, in-4», pi. (avec noe 



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HAGER — HAGUE 



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carte figorantlftinéndre d'une caravane grecque 
à la Chine; — Prospecttts d'un JHctionnaire 
Chinois; Paris, 1805; — éléments of the Chi- 
nese Language; Londres, 1 806, in-8^ ;—Memoria 
stUla Bussola orientale; Pavie, 1810, ia-fol.;— 
Illustrazione d'uno zodiaco orientale del ga- 
binetto délie medaglie di S. M. a Parigi; Mi- 
lan, 181 J, in-4®, fig.; — Minière délV Oriente ; 
Milan, 1811, în-4°; — Ricerche sopra unapie- 
ira preziosa délia veste pontificale di Aarone ; 
Milan, 1814, in-fol.; — IsaHzione cinesi di 
Quangciu; Milan, 1816, in-8*>; 2* édit., 1817, 
in-4°; — Observations sur la ressemblance 
frappante que Von découvre entre la langue 
des Busses et celle des Romains; Milan, 1817, 
in-4''. P. nE Rosny. 

Conv.-Lezik. — BioQraphie nouv. des ContemporairUy 
d'Arnault, etc. — Abel Rëmusat, dan* le Svpptément au ■ 
Dictionnaire Chinois- Latin du P. Basile^ publié parKla- 
proib, iD-fol. — Klaprotb, Leichenstein ouf dem Crabe 
dtr Chinesisehen Gelehrsamkeit des J. Hager ; In-S**. — 
Ersch et Qraber, Allgem, Enc. der fFissenschaften und 
KUnste; fa-4«. — Galerie historique des Contemporains, 
HAGGAi. Voy. Aggée. 

; HAGHB (Louis ), peintre belge, né en 1802. 
Élève de Técole d'Anvers, il résâe depuis lon- 
gues années en Angleterre, où il s'est fait une 
réputation méritée par ses intérieurs et ses vues 
de Tille. On dte parmi ses bon^ tableaux Le 
Palais de Courtray et La Salle d'audience à 
Bruges y qui se distinguent par rharroonie des 
toDS, la fidélité des détails et la richesse de l'ar- 
chitectare. Cet artiste, qui est un des membres 
de la nouvelle Société des Peintres à TAquarelle 
de Londres , a obtenu une médaille d'or de se- 
conde classe à l'exposition universelle de 1855. 
Excellent lithographe, il a publié un grand nombre 
de dessins, dont les monuments de son pays font 
ordinairement le sujet. P. L— t. 

Art Journal, 18M. — Tb. GaaUer, L$t Beaux-ArU en 
Europe, 1. 1. 

HAGirs. Voy. Hagen; 

HAGJl. Foy. HaDJI. 

HAGNON CA^vcov), général athénien , fils de 
Nicias , vivait dans la seconde moitié du cin- 
quième siècle avant J. C. Il est surtout connu par 
la fondation de la colonie athénienne d'Amphi- 
polis, en 437. Avant cette époque son nom parait 
déjà dans l'histoire, car ce fut lui sans doute qui 
pendant la guerre de Samos, en 440, conduisit, 
avec Thucydide et Phormion, un renfort de qua- 
rante vusseaux à Périclès. Vingt-six ans plus 
tdt, les Athéniens avaient essayé de s'établir sur 
le Strymon, dans la ville qui portait alors le nom 
de Neuf-Chemins, et avaient été défaits par les 
Édoniens qui habitaient ce pays. Sous Tarchontat 
d'Euthymène, en 437, Hagnon fht chargé de 
conduire sur le Strymon une nouvelle troupe de 
colons, n repoussa les Édoniens, et s'établit 
dans la ville de Neuf-Chemins, qu'il appela Am- 
pliipolis. IMvers monuments furent élevés en son 
honneur; mais lorsque, en 422, par suite de la 
défaite de Cléon, Amphipolis recouvra son indé- 
pendance , les habitants détruisirent tout ce qui 
ifovT.^iocR. céifÉR. — T. xxni. 



rappelait la mémofa« d'Hagnon. Celui-ci succéda 
en 330 à Périclès dans le commandement de la 
flotte athénienne qui ravageait les côtes du Pé- 
loponnèse. Il fit voile pour Potidée, alors assiégée 
par les Athéniens; mais la peste existait sur ses 
vaisseaux, et aussitôt qu'ils eurent touché le ri- 
vage, elle se communiqua aux assiégeants. Elle fit 
parmi eux tant de ravages qu'Hagnon se hâta 
de reprendre la mer. Il revint à Athènes, après 
avoir perdu près de la moitié de ses équipages. 
Il fit partie de la commission qui fut nommée 
lorsqu'on reçut à Athènes la nouvelle do dé- 
sastre de l'expédition de Sicile, et Lyàias l'accusa 
d'avoir frayé la route à l'usurpation des Quatre 
Cents. Il fut, d'après Thucydide, le père de Thé- 
ramène, qui selon le scoliaste d'Aristophane, 
n'était que son fils adoptif. Y. 

Thucydide, 1, 117; II, 58, 95; IV, lOJ; V, n, 19 ;2*; Vï, 
SI ; VIII, 68, 89. - Dlodore, XII, 8î. — Polyen , VI, 58. - 
scoliaste d'ArIstopbane, In Ran., 546, 1009. 

* HAGSTRŒM { Jcan-Othon) y voyageur et 
naturaliste suédois, né à FrQe8(pn,le 24 juin 1716, 
mort le 1 2 mars 1 792 . Fils d *un chirurgien militaire, 
il étudia la médecine à Upsal, et fut reçu docteur 
en 1749. La même année, il fit, aux frais de l'État, 
un voyage dans le Jntland. Après avoir été 
lecteur en mathématiques à Herroœsand, Hags- 
trœmer fut nommé médecin d'un district de l'Œs- 
tergœthland , en 1754. Il faisait en même temps 
un cours d'histoire naturelle au gymnase de 
Linkœping. On a de lui : Beskrifning œfver 
Jemtland (Description du Jemtiand); Stock- 
holm, 1751; — Pan Àpum; ibid., 1768 et 
1774. Ce traité d'apiculture, souvent cité par 
Linné, renferme un grand nombre de faits nou- 
veaux.— St;arpa Vetenskaps ahademiensfraga 
om biskœtsel (Réponse à la question de l'Acadé- 
mie sur l'apiculture); ib., 1773; — des articles 
dans Svenskt Mercurius et dans Lasrda Tid- 
ningarne (Nouvelles des Sciences), etc. 

Son neveu, André- Jean Hagstroem, anobli 
sous le nom de Hagstrobmer, né en 1753, mort 
en 1830, enseigna Tanatomie à l'université d'Abo, 
et fut nommé en 1808 directeur général du la- 
zaret de cette ville. Il était membre de l'Académie 
des Sciences de Stockholm et de la Société de 
Médecine de Montpellier (1802). On a de lui quel- 
ques mémoires dans les Transactions de l'Àcof 
demie des Sciences de Stockholm , et dans 
d'autres recueils. Beauvois. 

Sacklen, Sveriges laekare hist. — Trans. deV dcad. des 
Se, de Stockholm; 1880-I83f. — Biogr, Lear.. VI, iB-ti. 

HAGUAis (Auguste Le). Voy. Le Hagdais. 

* HAGUB (Charles )y musicien anglais, né en 
1769, à Tadcaster, mort le 18 juin 1821, à Lon- 
dres. Après avoir appris à Cambridge les éléments 
de la musique, il vint à Londres se perfectionner, 
sous la direction de Salomon et de Crooke; en 
1795 il fut nommé professeur, et forma plusieurs 
compositeurs distingués, entre autres le célèbre 
docteur Crotch. Ses productions , qui sont nom- 
breuses, ont le mérite d'une agréable simpli- 



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HAGUE 



d(é; la plupart de sas eUee» (ChatitaaTecchoear) 
sont restés populaires. P. L— y. 

BiograpM'ral DicOonaff ^r Mmkians, - Fétte. Bio* 
graphie générale des MmMms. — Gorton, MograpM" 
cal DicUonarg, 

HAGCBNOT ( HênH)^ médedn français, né à 
Montpellier, le 26 janvier 1687, mort dans la 
même ville, le 11 décembre 1775. Membre de 
la Société royale des Sciences de Montpellier, il 
donna à cette compagnie divers mémoires sur 
le mouvement des intestins dans Tiléus, Vhj- 
dropbobie, la maladie vénérienne, le danger des 
inhumations dans les églises, etc. Des raisons 
de famille rengagèrent à se pourvoir d'une charge 
de conseiller à la cour des comptes, aides et 
finances de Montpellier, dans laquelle il fut reçu 
en 1741, et qu'il exerça jusqu'à sa mort. On a 
de lui : Mémoire concernant une nouvelle mé- 
thode de traiter la vérole; Montpellier, 1734, 
in-8°. Cette méthode, qni devint célèbre en Eu- 
rope , sous le nom de méthode de Montpellier, 
consiste à entremêler les frictions avec les bains, 
en faisant précéder ceux-ci et en ne frottant le 
malade que tous les deux ou trois jours ; il dé- 
clare la salivation inutile, dangereuse même ; — 
Mémoire sur le danger des inhumations dans 
les églises; Montpellier, 1748, in-4^; — TraC" 
tatus de Morbis extremis CapUis; Avignon, 
1760, in-8*; — Otia physiologiça de Circula- 
tione, de Pulsu Arteriarum et de Motu Mus- 
eulorum; Avignon, 1763, in-8®; — Mélanges 
curieux et intéressants de divers objets rela- 
tifs à la physique, à la médecine et à Vhis- 
toire naturelle ; Ay\g!aom, 1771, in-12. 6. os F. 

Biographie médicale. 

HAHN (Sim^n-Frédéric) ^ historien et pu- 
bliciste allemand, né le 28 juillet 1692, à KIos- 
ter-Bergen, près Magdebourg, mort à Hanovre, 
le 18 février 1729. Il est cité parmi les enfants 
prodiges , discutant à l'Âge de douze ans en 
langue latine au milieu d'une réunion de savants. 
En 1706 il vint à l'université de Halle pour y 
étudier le droit, et se fit bientôt remarquer par 
l'étonnante facilité avec laquelle il s'appropria 
les connaissances les plus variées. En 1711 il 
ouvrit un cours d'histoire, et quoiqu'il consacrât 
six à sept heures par jour à l'enseignement, il 
trouvait le temps de continuer ses études et de 
rédiger deux revues hebdomadaires , dans les- 
quelles il inséra im grand nombre de savantes 
dissertations historiques. Depuis 1717 jusqu'en 
1724, il occupa la chaire d'histoire à l'université 
de Helmstœdt, et en 1724 il fut appelé à Hano- 
vre en qualité d'historiographe et de bibliothé- 
caire du roi de Hanovre. Il mourut jeune, épuisé 
par l'excès du travail. Ses ouvrages sont es- 
timés. En voici les principaux : De Ortu , In- 
crementiset Fatis Ccenobii Bergensis; Klos- 
terbergen, 1707 : inséré dans YAlbumBergense 
et dans le Chronicon Bergense (1708); — Di- 
ploma Fundationis Bergensis; Magdebourg, 
1710, in-4°-, — De justis regni Burgundiœ 
novi vel Arelatensis regni limitibus; Halle, 



— HAHN ' 100 

1716, fii-4*; •*- De mediisBvi Geographia pet 
Germanos uberius excôlenda; Helmstaedt, 
1717 ; ~ De genuino ac Salico Conradi il 
imp, Ortu et vera/alsaque SalicsB stirpïs cuih 
Owlphis convenientia ; H^xtatseàt, 1717; — 
De Sxpeetativis in feuda Imperii; Leipzig, 
1719; — Teutsehe Staats-Reichs und Keyser- 
Bistorie ( Histoire de la CSonstitution de r£ni- 
pire et des emperieurs allemands) ; Halle, 1721- 
1724, 4 vol. in-40 : excellent ouvrage, dans lequel 
Hahnaconduit l'histoire des empereurs allemands 
depuis Charlemagne jusqu'à l'époque de Guil- 
laume de Hollande. A. -E. Rossmann a publié on 
5* volume, qui va depuis Guillaume de Hollande 
jusqu'à Louis IV; ^Fascieulus Opusculorum 
Bistoricorum selectus; Halberstadt, 1721, 
in-fol.; — Jus Imperii in Florentiam; Halle, 
1732, in-4** ; — Colleciio Monumentorum m- 
terum et recentium ineditorum , ad Codicum 
fidem restitutorum^ selectiorum et rariorum 
diplomatum^ nempe sigillorum ^ lUeraruiHt 
chronieorumy aliorumque insignium scrip- 
torum antiquitates , geographiam, historiam 
omnem, ac nobiliores juris partes haud me- 
diiocrUer illustrantium ; Brunswick , 1734- 
1726, 2 voL in-8«s — Conspectus bibliotheat 
regia Hanoveranse in ordinem justum re- 
dactéc; Hanovre, 1727, in-fol. R. L. 

J.-F..C. HabD, SOkediOMma de rUa Hahnii; M8gd^ 
bourg, I7t9, in'4o. — Fabrtdiu, Uistor. BibL, P. t. 
p. SO8-SO6. — StoUe ad Heumannttmf p. MlS>M9. — ffou- 
vellet littéraires des diverses parties de F Europe; Co- 
logne, 17M, p. 5M seq. - CataL BM. Bto»., t. !•', voL II, 
p. 1M6. ^ Leiptigen gelehrte Zeitung, 1780, p. m. - 
Htrscbing, ffandbuch^yol. Il, p. tM-sri. — EritchetGra- 
ber. Mlg. Bnc. — Sax, (fnomast.t P. VI. p. iw. 

HkUS {Johann- David) , naturaliste alle- 
mand, né à Heidelberg, le 9 juillet 1729, mort 
à Leyde, le 19 mars 1784. Il fit ses études dans 
sa ville natale et à Leyde, obtint en 1751 le 
grade de docteur en médecine, et enseigna depuis 
1763 jusqu'en 1775 la physique, la chimie, la 
botanique et l'astronomie à l'université d'Utredit. 
L'université de Gcettingue lui offrit une place de 
professeur, mais il préféra rester en Hollande, et 
se fixa en 1 776 à Leyde, où il occupa jusqu'à sa mort 
une chaire de médecine. Ses principaux écrits 
sont : Explicatio quxstionum Mathemaiica- 
rum de maximo et minimo in scientia ma- 
chinali; Utrecht, 1761, in-4°; — De mutuo 
Matheseos et Chimiœ Auxilio; ibid., 176^, 
in-4'»; — De Usu Venenorum in Mediàna: 
ibid., 1753, in-4''; — Uaaci Waatsii Logica la- 
tine versa et contracta, in usum auditorum; 
Utrecht, 1754, in-S»; — De Lepra Commenta- 
tiones de G.-G. Schilling ; Leyde et Francfort- 
sur-le-Mein, 1778, in-S" : ouvrage important, 
auquel il a joint une préface et la vie de l'auteur. 

IKL. 
Ench et Gruber, jUlgem. Eneyelop. — Adelung, ^vp- 
plément à JOcher. 

HAHN {Louis- Philippe), poète dramatiiiue 
allemand, né en 1746,àTrippstadt, mort en 17?7, 
à Deux-Ponts. Il fit ses études à Gfeltingue, oih 



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HAHN 



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il se liaa?ec Bûiiger, Yoss et Holberg, et obtint 
plus tard la place de secrétaire des finances et 
de contrôlear des comptes à Deax-Ponts. On a 
de lai : Der Àufruhr zu Pisa (La Rébellion de 
Pise), tragédie en cinq actes; Ulm, 1776; — 
Graf Karl von AdeUberg (Comte Charles 
d'ÂdeIsberg), tragédie en cinq actes; Leipzig, 
1776; — Robert von Hohenecken, tragédie; 
Leipzig, 1778; — Wallrad und Evchen oder 
die Par/brcejagd (Wallrad et Eve, ou la Chasse), 
opéra-comique; Deux-Ponts, 1782, in-S**; — 
Lyrische Gedichte (Poésies lyriques); 1786, 
in-8". R. L. 

Ersch et Graber, jéllgem, Eneyelop. — JOrden, fjesHh, 
(Supplément). •<- Measel, Lex.der von ITIO-ISOO ver$tor' 
benen Schri/tsteUer. 

HkEK (Philippe-Matthieu) , mécanicien al- 
lemand, né à Scharnhausen, près de Stuttgard, 
le 25 novembre 1739, mort le 2 mai 1790. Son 
père était ministre protestant. Dès son enfance 
flahn montra des dispositions pour la peinture 
et l'astronomie. Un traité de gnomonique, qu'il 
rencontra par hasard, lui apprit l*art de construire 
les cadrans solaires. Sans avoir eu de maître, il 
faisait des portraits qu'on trouvait ressemblants; 
mais la préparation des couleurs lui causa une 
maladie dangereuse. A Tàge de dix-sept ans , il 
quitta la maison de son père pour aller étudier 
la théologie à Tubingue. Il s'y lia avec un nommé 
Scbaadt, et tous deux s'amusaient, dans leurs 
moments de loisir, à fabriquer des instruments 
d'astronomie et d'optique. Presque sans res- 
soarces, Hahn copia de sa main les ouvrages de 
mathématiques de Wolf , afin de les étudier, et 
à force de privations il parvint À pouvoir ache- 
ter une montre, qu'il se mit à monter et à dé- 
monter jusqu'à ce qu'il en connût parfaitement 
le mécanisme. Amoureux d'une jeune personne 
riche et de bonne famille , il résolut de se dis- 
tinguer pour la mériter. Il prit d'abord un che- 
min douteux , en se livrant à des recherches sur 
ie mouYement perpétuel ; mais il ne négligeait 
pas pour cela la théologie, et fut enfin nommé vi- 
caire. En même temps il s'occupait de l'inven- 
tion d'une machine pour trouver les longitudes en 
mer et d'une voiture mue par une machine à va- 
peur; mais l'argent lui manquait pour faire des 
essais. £n 1761, à la vue du ciel étoile, il ima- 
gina de constniire une machine représentant le 
mouvement des corps célestes. Nommé en 1764 
pasteur à Onsnnettingen , il fit venir près de lui 
un tisserand, habile ouvrier en horloges de bois, 
et lui fit exécuter, d'après ses calculs, une hor- 
loge dont le mouvement se communiquait à un 
disque sur lequel le Soleil» la Lune , et les prin- 
cipales étoiles se levaient et se couchaient à 
l'heure indiquée par les observations , en même 
temps que le Soleil et la Lune faisaient leur route 
anr le zodiaque et que la Lune montrait ses diffé- 
rentes phases. Pour obtenir plus de précision 
encore, il appela près de lui son ami Schaudt, 
qu'il fit nommer maître d'école de sa paroisse. 



Schaudt avait appris de quelques ouvriers wur- 
tembergeois à travailler le cuivre et l'acier. Il fit, 
sous la direction de Hahn, une petite machine 
astronomique assez compliquée, composée d'un 
socle cubique sur les côtés duquel se trouvaient 
des cadrans, une sphère droite et un calen- 
drier perpétuel, le tout surmonté d'un globe 
céleste mobile où s'exécutaient les mouvements 
apparents des planètes et des étoiles. Le duc de 
Wurtemberg, à qui cette machine fut présentée, 
la rendit à son auteur avec un présent de trois 
cents florins. Hahn avait promis au prince d'exé- 
cuter une machine plus grande et plus parfaite ; 
il tint parole, et l'acheva en moins de six mois : 
elle a été dé{M>sée à la bibliothèque de Louisbourg 
et décrite par Fischer. Hahn détruisit alors celle 
qui lui avait servi de modèle. Le duc le combla 
de bienfaits et lui offrit une place de professeur; 
mais Hahn préféra les fonctions de pasteur, et 
il fut appelé à la cure de Domwestheim, près de 
Stuttgard. Schaudt ne voulut pas quitter son 
village. Hahn se fit aider par ses frères, qui 
étaient chirurgiens, et à qui il apprit à travailler 
les métaux. Ils étaient tous occupés à un nou- 
vel instrument astronomique quand l'idée vint à 
Hahn de fabriquer une machine à calculer sur 
un plan donné par Leibnitz, mais qu'il voulait 
perfectionner. Schaudt vint le voir dans ce but, et 
après avoir compris l'idée de son ami, il s'en re- 
tourna dans son village, où il fabriqua deux de 
ces machines ; il en garda une, et envoya l'autre 
à Hahn. Celle-ci "fut présentée à l'empereur Jo- 
seph n, pendant son séjour à Stuttgard. Hahn 
démonta sa machine , et imagina de nouveaux 
perfectionnements ; mais des compositions théo- 
logiques le détournèrent de ses travanx mécani- 
ques. Enfin, à la clemande de Wieland , il pu- 
blia une histoire et une description de son inven- 
tion dans le Mercure allemand de 1774. U fit 
ensuite exécuter des intruments pour additionner 
moins coûteux que les machines arithmétiques 
que l'on connaissait alors. Fatigué par l'excès du 
travail et de la méditation , il s'éteignit dans une 
sorte de sommeil. Après sa mort tous ses ins- 
truments furent emportés à Londres par un de 
ses amis et vendus avec bénéfice. Dans ses ser- 
mons, Hahn était un peu mystique , et le con- 
sistoire de Wurtemberg déclara même une fois 
qu'il s'était écarté des doctrines du protestan- 
tisme. 

On a de Hahn : Versuche uber die Locke^schen 
Witterungsregeln ans dem Laufe ùnd den 
Aspecten der Planeten (Essais sur les lois mé- 
téréologiques de Locke, tirées des mouvements 
et des aspects des planètes); Tubingue, 1762, 
în-8° ; — Beschreibung einer kleiner astrono- 
mischen Maschine, welchefur den Fursten von 
Bechingen verfertigt worden ist ( Description 
d'une petite machine astronomique faite pour le 
prince de Hechingen); Constance, 1769, in-4.*; 
— Die Hauptursache der Offenbarung Jo-^ 
hannes (La cause principale de l'Apocalypse de 

4. 



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103 



HAHN — HAHNEMANN 



104 



Jean); Francfort et Leipzig 1772, m-8^; ~ 
Nachriehien von seinen dûrch seine Mitar- 
beiter ver/ertigten Maschinen (Notice de ses 
nachliies, fabriquées par ses ouvriers depuis six 
ans); Stuttgard, 1774, trois naméros in-8"; — 
Sammlung von Betrachtungen ûher die sonn- 
fest und feiertœglichen Svangelien, vom 
neuen Jahre bis Ostem , fur Freunde der 
Wahrheii ( Recueil de méditations sur les Évan- 
giles des dimanches , des fêtes et solennités de- 
puis le jour de Tan jusqu'à Pâques , pour les amis 
delà vérité); Francfort et Leipzig, 1774, in-8°; 
— Tabula chronologica , qua aetas mundi 
septem chronis disHncta sistitur; 1774; — 
Dos netie Testament mit Anmerkungen (Le 
Nouveau Testament avec des commentaires); 
Winterthur, 1777, 2 vol. in-12; — Vermische 
theologische Schriften ( Écrits divers de théo- 
logie); Winterthur, 1780-1781, 4 vol. in-S"; 

- Sammlung von Predigten ûber aile Sonn- 
und Festage, nebst Passionspredigten (Re- 
cueil de sermons pour tous les dimanches et 
fêtes, y compris des sermons sur la Passion); 
Winterthur, 1780, in-S**. On trouve un mé- 
moire instructif de Hahn sur le perfectionnement 
des montres dans les Acta Acad. elect. Mo' 
gunt. Scient, qux est ad annos 1782 et 1783, 
et des notices conjecturales sur le temps dans 
VAlmanach économique de Sprenger de 1770 à 
1775. W. 

Melners et Spittler, Notices sur Hatin ; dans le Nouveau 
Magasin historique de Gœttfngoe/ vol. I, n«> 1, p. 178- 
190. — GarU, dans VjiUgemeine Eneyklopsedie d'Brsch 
et Gruber. 

HAHN ( Charles-Auguste ) , philologue alle- 
mand , né à Heidelberg, le 14 juillet 1807, mort 
à Vienne, le 20 février 1857- Il fit ses études 
à Heidelberg, Halle et Berlin, devint en 1838 
agrégé à l'université de sa ville natale, et y obtint 
en 1847 la chaire d'ancien allemand. £n 1849 
il fut appelé à Prague, et passa en 1851 à l'u- 
niversité de Vienne, où il fit durant cinq ans des 
cours très-suivis sur la langue et la littérature 
allemandes du moyen âge. Ses principaux ou- 
vrages sont : Kleinere Gedichte von dem 
Stricker ( Poésies du Stricker, poëte du treizième 
siècle); Quedlimbourg et Leipzig, 1839; — Ge- 
dichte des 12^«« und 13'«» Jahrh, ( Poésies des 
douzième et treizième siècles); ibid., 1840; — 
Mittelhochdeutsche Grammatik (Grammaire 
du haut-allemand ancien) ; Francfort, 1842-1847, 
2 vol.; — Mittelhochdeutsches Lesebuch 
( Cours de lecture enhaut<illemand ancien ) ; ibid., 
1847 ; — Neuhochdeutsche Grammatik (Gram- 
maire de haut-allemand moderne); ibid., 1848; 

— AlthoehdeuCsche Grammatik, etc. (Gram- 
maire de haut-allemand du sixième au onzième 
siècle) ; l'édilion des Nibelungen; Prague, 1851, 
d'après les travaux critiques de Lachmann; — 
l'édition de la Gu(f r un ; Vienne, 1853, d'après 
les travaux critiques de MuUenhoff. R. L. 

CazeUe d'Âugsbourg, 1857, p. 1609. - BrocklMUt, Un- 
Sfre Zeit, 1817, f. sss. 



; HAHR (Auguste), orientaliste et théologien 
protestant allemand, né le 27 mars 1782, à Gross- 
osterhaosen, près Qnerfurt, en Prusse, fit ses 
études au lycée d'EisIeben, à l'université de 
Leipzig et au séminaire de Wittemberg, et devint 
en 1819 professeur extraordinaire de théologie à 
l'université de Koenigsberg. Il se fit connaître dès 
cette époque par quelques travaux de théologie, et 
fut appelé en 1826 à l'université de Leipzig, où il 
inaugura son professorat en soutenant la célèbre 
thèse : De rationalismi y qui dicitur, vera 
indole et qua cum naturalismo contineatur 
ratione; Leipzig, 1827. Il est depuis 1844 in- 
tendant ecclésiastique supérieur de la Silésie, et 
exerce, comme un des chefs du parti protestant 
orthodoxe, une grande influence sur. le clergé de 
la province dont la direction religieuse lui a été 
confiée. On a de Hahn : Antithèses Marcionis 
Gnostici, liber deperditus, nunc, quoad fieri 
potuit, restitutus ;K<Km^beiTg, 1823 ; — Chres- 
tomathia Syriaca, cum notisphilol, hist. at- 
que glossario locupletissimo y faite en commim 
avec F.-L. SiefTert; Leipzig, 1825; -^ Bihlia 
Hebraicay secundum editionem Jos, Athix, 
Joa, Leusden, Jo. simonis aliorumque,in 
primis Everardi von der Hooght; Leipzig, 
1831 ; * Veber die Lage des Christenthum 
in unserer Zeit und das Verhxltniss christ- 
licher Théologie zur Wissenschaft ûberhaupt 
(De l'état actuel du Christianisme et des rap- 
ports qui existent entre la théologie et la science); 
ibid., 1832 ; — Theologisch-kirchliche Anna- 
len ( Annales théologiques ecclésiastiques ) ; Bres- 
lau, 1842-1844 'y—Bibliothek der Symbole und 
Glaubensregeln der apostolisch-katholischen 
Kirche (Bibliothèque des Symboles et articles 
de foi de l'Église catholique et apostolique); 
ibid., 1842. B. L. 

Convers.'Lexikon. 

HAHNBM AU N ( Samuel-Chrétien-Frédéric], 
célèbre médecin allemand , fondateur de la doc- 
trine médicale homœopathiqne , né à Meissen 
(Saxe), le 10 avril 1755, mort à Paris, le2 joillel 
1843. Son père était peintre sur porcelaine. Il se fit 
de bonne heure remarquer par la gravité de son 
caractère, sa raison précoce et son esprit obser- 
vateur. Il fit ses premières études dans l'école de 
sa ville natale, d'où il passa à l'Age de douze ans 
à l'école provinciale. Lorsqu'il eut terminé ses 
classes élémentaires, son père voulut le retirer 
pour lui faire embrasser une profession indas- 
trielle ; le recteur s'y opposa, et se chargea de loi 
faire continuer gratuitement ses études. A l'âge 
de vingt ans , Hahnemann quitta Meissen poor 
aller. apprendre la médecine à Leipzig. Privé de 
ressources , il y gagnait sa vie à traduire en 
allemand des ouvrages scientifiques anglais et 
français, et pour suffire au double travail de 
ses études médicales et de ses traductions, il 
s'habitua à ne dormir qu'une nuit sur deux, ce 
qu'il continua dé faire pendant pinceurs années. 
En 1777 il se rendit à Vienne; fl y fit lacon- 



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105 



HAHTŒMANN 



106 



naissance du gouverneur de Transylvanie, qui 
l'emmena à Hennanstadt comme son médecin 
particulier et son bibliothécaire. Il s'y ménagea 
un petit pécule, et revint en Allemagne. Le 10 
août 1779, il soutint publiquement sa thèse de 
docteur à Erlangen : elle avait pour sujet les 
Considérations étiologiques et thérapeu- 
tiques sur les affections spasmodiques. Il 
habita ensuite successivement Hettstaedt; Des- 
sau, où il se livra à l'étude de la chimie et de 
la minéralogie; Gommem, près de Magde- 
bourg, où il se maria, en 1785 avec Henriette 
Kochler, fille d'un pharmacien; Dresde, où il se 
lia avec Wagner, premier médecin de la ville, 
qui, étant tombé malade^ le chargea pendant un 
an des fonctions de médecin en chef des hôpitaux. 
Cependant Hahnemann abandonna tout à coup 
Dresde, où il avait une nombreuse clientèle, pour 
retourner à Leipzig et se livrer dans la retraite 
à des recherches chimiques et & des traductions. 
11 avait cependant une nombreuse famille : sa 
femme se plaignait d'une détermination aussi 
singulière; mais Hahnemann ne pouvait se 
résoudre à continuer de pratiquer un art dans 
lequel il n'avait plus foi. k C'était, écrivait-il à 
Hufeland, un supplice pour moi de marchertou- 
joursdans l'obscurité lorsque j'avais à traiter des 
malades... Je me faisais un cas de ponsciencede 
traiter les états morbides inconnus de mes frères 
par des médicaments tout aussi inconnus, qui, en 
leur qualité de substances très-actives, peuvent 
faire passer de la vie à la mort ou produire des 
alTections nouvelles et des maux chroniques... De- 
venir ainsi le meurtrier de mes semblables était 
pour.moi uneidée si affreuse et si accablanteque 
je renonçai à la médecine. » Il se mit alors à étudier 
la chimie, etrenrichitdequelquesdécouvertes : les 
moyens, par exemple , de constater diverses fal- 
sIGcations du vin, de reconnaître les empoison- 
neraeuts par l'arsenic, le procédé pour la compo- 
sition de la terre de Cassel , qui était alors un 
secret, le mercure soluble, etc. De graves mala- 
dies qui atteignirent ses enfants le ramenèrent à 
la pratique de la médecine. Réfléchissant aux di- 
verses doctrines médicales, et songeant à leur 
impuissance pour créer une bonne thérapeutique, 
il ne pouvait cependant croire, écrivait-il à 
Hofeland, que « la souveraine et paternelle 
bonté de celui qu'aucun nom ne désigne d'une 
manière digne de lui, qui pourvoit largement 
aux besoins même des animalcules impercep- 
tibles, qui répand avec profusion la vie et le 
bien-être dans toute la création, eût fatalement 
voué sa plus chère créature aux tourments de 
la maladie, » et il se persuada que la nature avait 
dû placer tout près de l'homme, sous sa main, des 
moyens simples et infaillibles de guérison. Les 
méthodes d'exploration étaient défectueuses, 
puisqu'elles n'avaient pas encore fait connaître 
ces moyens. Les propriétés des médicaments lui 
paraissaient surtout avoir été mal étudiées. 
C'est alors que l'étude du quinquina lui vé- 



véla la loi homceopathiqne des semblables. De 
nouveaux essaisle confirmèrent dans la vérité de 
sa découverte; dès lors il se consacra complè- 
tement à la réforme de la thérapeutique. Il fit 
les premières applications de ses théories au 
traitement des maladies dans un hospice d'alié- 
nés à Georgenthal,puis à Brunswick, en 1794, et 
à Kœnigslutter. Les pharmaciens de cette ville 
ayant invoqué contre lui des règlements qui no 
permettaient pas aux médecins de distribuer eux- 
mêmes des médicaments , Hahnemann, qui s'é- 
tait fait un principe de n'administrer que des 
substances qu'il avait lui-même préparées, fut 
obligé de s'éloigner, et se rendit successivement 
à Hambourg, à Ëilenbourg, à Torgau; mais la 
même prohibition l'atteignit partout. Il revint h 
Leipzig en 1811, après avoir publié son Or^ 
ganon; il pratiqua et professa publiquement 
dans cette ville jusqu'en 1820, et y fit paraître sa 
Matière médicale pure. Mais il avait eu à lut- 
ter contre les médecins et les pharmaciens, qui 
ne lui ménageaient pas les outrages. Au milieu 
des cours qu'il faisait en public, il s'était vu 
poursuivre par les huées et les insultes de ses 
adversaires. Enfin, les persécutions devinrent si 
violentes qu'il quitta Leipzig, et accepta l'asile 
que le duc Ferdinand lui offrait à Anhalt-Kœthen. 
Mais ce prince lui-même ne put le soustraire ant 
avanies. Hahnemann ne pouvait se montrer en pu- 
blic sans être en butte à des moqueries et à de 
grossières insultes. Plusieurs fois sa demeure 
fut assaillie et ses vitres furent brisées. Pendant 
quatorze ans il resta à Kœthen, sortant à peice 
de chez lui, mais il était consulté de tous les 
coins de l'Allemagne et même de l'Europe; on 
venait le trouver jusque dans sa petite ville, et 
il se consolait en aidant de ses conseils quelques 
élèves dévoués. Hahnemann perdit sa première 
femme à Kœthen, en 1827. Le 18 janvier 1835 il 
épousa, dans la même ville. M"* Mélanie d'Her- 
villy, jeune Française, qui était venue le consul- 
ter. Elle le décida à venir à Paris. Malgré son 
grand Age, on vit Hahnemann se livrer dans cette 
capitale à la pratique de son art avec une éton- 
nante activité, propager sa doctrine, former 
des élèves (1). Il conserva l'énergie de son intelli- 
gence et la plénitude de la santé jusqu'à l'hiver 
qui précéda sa mort. La ville de Leipzig, d'où il 
avait été en quelque sorte chassé en 1820, lui a 
élevé une statue en 1850. 

Hahnemann a appelé sa méthode thérapeu- 
tique hamœopathie. Ce nom, composé des 
mots grecs ô(mmv, semblable, et nàOoc, souf- 



(1) Les mêmes dltUcoItés qall eat en Allemagne, Hahne- 
mann les rencontra d'abord en France. On raconte qoe 
M. Gulzot^ alors ministre de rtnstrncUon publique, répon- 
dit aux membres de l'Académie de Médecine qui étaient 
venus le solliciter pour refuser à Habnemann l'autorisa- 
lion d'exercer la médecine en France : « Ou rbomceopathlc 
est une chimère, on elle ne l'est pas ; dans le premier cas, 
elle tombera d'elle-même; dans le second, elle subsistera, 
malgré tontes les entraves qu'on pourrait apporter ii son 
déreloppement. » - 



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HAHNËMAim 



108 



france, renferme l'énonoé de la lel fondamentale 
de cette doctrine, qui fklt consister le traitement 
<]e toute maladie dans l'application d'un médica- 
ment reconnu capable de déterminer un état 
morbide analogue. £n effet, la devise du docteur 
était : Similia similibus curantur, 

Hahnemann, en traduisant la Matière mé- 
dicale de Guilen, h Tendroit du quinquina, 
fut frappé des nombreuses hypothèses par les- 
quelles on ayait cherché à expliquer l'action 
fébrifuge de ce médicament. Préoccupé depuis 
longtemps de la pensée que le meilleur moyen 
de reconnaître les propriétés des médicaments 
devait être d'observer leurs effets sur l'homme 
en santé , il saisit cette occasion de s'en assurer, 
et essaya sur lui-même pendant plusieurs jours 
une forte dose de quinquina. Il ne tarda pas 
à éprouTer, entre autres symptômes remar- 
quables, un état fébrile intermittent très-ana- 
logue à celui que guérit le quinquina. Cette 
expérience, renouvelée sur lui et sur quelques 
personnes dévouées , ne lui permit plus de dou- 
ter que cette substance ne guérit certaines fièvres 
intermittentes que précisément parce qu'elle avait 
la propriété d'en produire de semblables. Ce pre- 
mier résultat lui fit étendre ses recherches à 
d'autres médicaments usités comme spécifiques 
contre certaines maladies, et il reconnut que 
chacun d'eux développait chez lui et chez les 
sujets soumis à ses expériences des symptômes 
morbides parmi lesquels se retrouvaient ceux 
qui caractérisent les affections contre lesquelles 
ils sont efficaces, tels que le mercure, la digi«> 
taie, la belladone, etc. De ses observations il 
se crut autorisé à déduire , comme loi thérapeu- 
tique invariable et générale, la formule que nous 
Tenons d'énoncer. Bientôt il fit Tapplication de ce 
principe au traitement des maladies, et y trouva 
une nouvelle confirmation de sa doctrine. 

La loi homoeopathique une fois posée , il dé^ 
coula de son application plusieurs découvertes 
qui en sont néanmoins indépendantes : là dé- 
couverte de la cause des maladies chroniques 
et celle du déyeloppement des propriétés des 
médicaments par des doses infinitésimales. 

Vhomœopathie ne cherche ni à pallier ni à 
dériver; partant elle n'a recours ni aux sai- 
gnées , ni aux topiques émollients , ni aux vési- 
catoires , ni aux sétons. Elle ne préjuge rien 
sur l'essence de la maladie ; elle s'adresse direc- 
tement à ses symptômes , et croit avoir guéri 
quand elle a fait disparaître complètement tons 
ces derniers. Pour y parvenir, elle emploie 
toujours le médicament reconnu capable de pro- 
duire tous les symptômes que présente la ma- 
ladie actuelle. Contre une constipation, elle 
emploie un médicament qui produit la constipa- 
tion; contre l'insomnie, le café ou toute autre 
substance dont l'usage produit l'insomnie ; contre 
un vomissement, certains vomitifs, etc. 

Cette méthode n'est pas une innovation dans 
la science : les médecins de tous les temps l'ont 



appliquée d'une manière empirique, considérant 
comme des exceptions les cas nombreux oii elle 
leur réussissait , contrairement k toutes les pré- 
visions de leurs théories. Ainsi, les frictions de 
neige sur un membre gelé , l'instillation du ni- 
trate d'argent sur un œil enflammé, les purgatifs 
contre certaines diarrhées , les topiques irritants 
contre les éruptions chroniques , et mille autres 
pratiques, rentrent dans le domaine de la théra- 
peutique homoeopathique. Bien plus, quelques 
médecins ont çà et là entrevu et indiqué cette 
loi ; Hippocrate dit dans le livre Ilepl tôtcwv tâv 
xst' âvOpomov : « La maladie naît des sembla- 
bles , et des remèdes semblables qui sont appli- 
qués font aussi guérir de la maladie. Le besoin 
de vomir est apaisé par le vomissement (1). » 
Stahl (2) s'exprime en ces termes : « La règle 
admise en médecine de traiter les maladies par 
des remèdes contraires ou opposés aux effets 
qu'elles produisent est complètement fausse et 
absurde. Je suis persuadé au contraire que les 
maladies cèdent aux agents qui déterminent une 

affection semblable » Boulduc (3) , Bertho 

Ion (4) , Storck (5) et autres ont émis la même 
opinion, quoique d'une manière moins précise, 
à l'occasion des effets curatifs de certains médi^ 
caments. 

Les pratiques vulgaires elles-mêmes fournis- 
sent des preuves en faveur de l'homœopathie : 
le moissonneur altéré avale quelques gouttes 
d'eau -de- vie qui étanchent sa soif bien mieux 
que de grandes quantités d'eau ; les ouvriers que 
leurs travaux exposent à des brûlures fréquen- 
tes ne plongent pas dans l'eau froide les parties 
brûlées , ils les approchent du feu , et se gué- 
rissent ainsi en quelques instants ; les gens da 
peuple emploient contre les contusions et les en- 
torses l'arnica, qui produit lui-même du gonfle- 
ment avec des douleurs de meurtrissure et de 
distension, etc. Enfin, c'est dans la vertu des spéci- 
fiques que se trouve la plus éclatante confirmation 
de rhomœopathie. Leur mode d'action, qui avait 
mis en défaut jusque ici toutes les suppositions 
théoriques de la médecine, s'explique par la simi- 
litude de leurs symptômes avec ceux des mala- 
dies qu'ils guérissent. De même que le qnhiquina 
guérit les fièvres intermittentes parce qu'il peut 
en produire , de même le mercure guérit la sy- 
philis parce qu'il produit des ulcérations analo- 
gues aux chancres vénériens, des douleurs, des 
exostoses , des caries analogues à celles que dé 
termine le virus syphilitique. De même la vaccine 
préserve de la variole, parce qu'elle fait naitre 

(1) àià Ta ôfJLOia voO<TOç yivsxcu, xal 8ià tô 

6|toia icpo(r9ep6(AEva éxvoerouvtûv Oyiouvoviat 

Atà xb è|i.seiv âpLSTÔ; wauéTat. 

(2) Daus J. Rummel, Comment, de Arthritlde tantôt- 
tarea quam scùrbutica, seu podagra et seorlmtOi Ba- 
dingsB, 1788, la-80, p. M et 4S. 

(8) Mémoires de l'Académie rogcOe^ 1710. 
(4) MedizinUche Electricitaety ir, p. 18 et MS. 
(8) Libell. de^Straman^f p. 8. 



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109 



bahnbmanu 



IfO 



une éruption semblable afux pustules yarioliques. 
De môme pour le soufre contre la gale ; de même 
pour la digitale contre Taccélération des batte- 
ments du cœur, et€. 

Le problème de la spécificité des médica- 
ments se trouve ainsi résolu : toute substance 
est spécifique contre les symptômes semblables 
à eeax qu'elle peut déterminer. Dès lors la thé- 
rapeutique comptera autant de spécifiques que 
de médicaments dont l'action pathogénétique , 
c'est-à-dire productive d'une maladie, aura été 
étudiée ; et, de plus, chaque médicament sera le 
spécifique de toutes les maladies dont les symp- 
tômes auront une parfaite aualogie avec ceux 
qa'il peut produire. A ce nouveau point de vue, 
chaque maiadie devient individuelle et demande 
une étude spéciale. L'appréciation exacte de 
tous les symptômes morbides dans leurs moindres 
nuances devient le point important , puisque c'est 
d'elle que dépend le choix du médicament. La 
science du diagnostic ne joue qu'un rôle secon- 
daire; la classification des maladies est rendue 
impossible , et leurs dénominations doivent être 
rejetées. 

Quant à l'explication qu'on peut donner de 
la guérison par la méthode homœopathique , 
elle importe peu , car la valeur des faits ne sau- 
rait lui être subordonnée. Cependant, de tontes 
celles qui se présentent à l'esprit , voici la plus 
probable. L'unité de la vie ne permet pas que 
l'organisme vivant puisse être affecté simultané- 
ment de deux désaccords généraux semblables, 
et il faut que l'affection dynamique qui constitue 
la maladie cesse dès qu'une seconde puissance 
dynamique , celle du médicament qui est plus 
forte, agit sur lui et provoque des symptômes 
très-analogues aux premiers. C'est en quelque 
sorte une substitution de la maladie artificielle à 
la maladie naturelle. Mais pour qu'elle puisse 
s'effectuer il faut nécessairement que la première 
soit plus forte que la seconde , et cette condition 
peut se réaliser dans tous les cas, parce que les 
médicaments ont , pour modifier la force vitale i 
une puissance bien plus efficace que oelle d'aucun 
agent pathogénétique. 

Ol)server l'action des médicaments sur l'homme 
sain , appliquer à Thomme malade tes médica- 
ments qui ont produit sur le premier des symp- 
tômes analogues à ceux que présente le second^ 
n'administrer à la fois qu'un seul médicament , 
dans son plus grand état de pureté, afin de ne 
troubler ni compliquer ses effets par aucune 
autre influence , telles sont les bases de la doc> 
tiine bomœopathique. 

Le docteur Hahnemann en appliquant sa nou- 
velle méthode de traitement s'aperçut que son 
efticacité dans les maladies chroniques n'était 
pas la même que dans les maladies aiguës : 
les premières y d'abord amendées, reprenaient 
ensuite leur marche , excepté dans quelques cir- 
constances, qu'il ne pouvait pas encore nettement 
apprécier. Trop convaincu de la vérité de la loi 



bomœopathique pour la supposer en défaut, il 
rechercha ailleurs quelle pouvait fttre la cause 
de son impuissance dans les cas de cette espèce. 
Après de nombreuses investigations, il reconnut 
que toutes les maladies chroniques qui ne résul- 
taient pas du virus syphilitique ou du virus sy- 
cosique ^ celui qui produit les excroissances et 
végétations vénériennes , et que Hahnemann croit 
distinct de la syphilis) avaient pour cause le 
principe psorique, c'est-à-dire ce principe con- 
tagieux qui produit, sons différentes formes, la 
gale , la teigne , les dartres vives et l'ancienne 
lèpre. C'est ce principe acquis par infection di- 
recte, ou transmis par hérédité et modifié par 
son passage à travers des milliers de généra- 
tions, qui détermine les altérations organiques 
constituant les innombrables maladies cturoni- 
ques. Cette pensée se retrouve dans la médecine 
ordinaire , qui fait jouer un certain rôle au vice 
dartreux, berpétique, dans la production des 
maladies ; seulement Hahnemann l'a généralisée 
et l'a formulée d'une manière précise. En même 
temps qu'il trouvait oette solution au problème 
des maladies chroniques^ il reconnaissait qu'un 
certain nombre de médicaments avaient contre 
ces maladies de nature psorique une spécificité 
toute particulière , si l'on peut s'exprimer ainsi,^ 
mais toujours fondée sur hi loi homoeopathique 
(de même que le mercure, qui est appUcable 
horoœopathiquement^ et par conséquent spéci- 
fique contre beaucoup do maladies différentes « 
a cependant contre la syphilis une spécificité 
qu'aucune autre substance ne possède au même 
degré ). De là une classe de médicaments indis- 
pensables au traitement des maladies chroniques, 
les antipsoriques. 

Hahnemann comprit qu'il ne pouvait appli* 
quer les médicaments homceopathiques à des 
doses élevées sans qu'il en dût résulter des ag- 
gravations dangereuses. Aussi n'employa-t-ii 
d'abord ^ même les moins héroïques ^ qu'à la dose 
de quelques grains. Cependant, il reconnut bientôt 
que dans les premiei^ moments qui suivaient 
leur administratioa il se manifestait une grande 
reerodesoenoe des symptômes. Pour éviter ce 
fUcheux effet» il imagina d'étendre les médica- 
ments dans quelque substance inerte, telle que 
le sucre de lait en poudre. li mêlait par tritu- 
ration 1 grain de médioament avec 100 grains 
de sucre de lait , et administrait 1 seul grain du 
mélange, par conséquent un 100* du premier 
grain ; mais ce centième de grain , loin d'être 
affaibli par cette préparation , déployait au con- 
traire une énergie plus grande encore que celle 
du grain de médicament brut. Ce fait le condui- 
sit à des recherches nombreuses et variées sur 
l'homme sain comme sur l'homme malade , d'a- 
près lesquelles il se crut en droit de conclure 
que les médicaments solides ou liquides long- 
temps triturés ou secoués dans une substance 
inerte, et divisés presque à l'infini à l'aide de ce 
procédé, acquéraient un déveioppemeat oonsi» 



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lit 



HAmŒMANN 



112 



dérable de leur puissance médicatrice, quils 
produisaient alors un grand nombre de symp- 
tômes qu'ils ne déterminent pas à Tétat brut , et 
que leur action semblait devenir plus subtile et 
plus pénétrante par Vatténuation infinitési' 
maie. Dès lors ce procédé n'opère pas une 
atténuation , mais une dynamisation des sub- 
stances; aussi Hahnemann dit-il qu'un médica- 
ment a été élevé à la 10" , à la 30" puissance 
quand il a été divisé par 10 fois, 30 fois. 

Voici le mode de préparation. Les véhicules 
qui servent à étendre les médicaments sont le 
sucre de lait en poudre pour les corps solides, 
et Talcool hydraté pour les liquides, 1 grain 
de médicament est mêlé à 99 grains de sucre 
de lait, puis trituré dans un mortier pendant 
une heure; 1 de ces 100 grains est uni k 99 nou- 
veaux grains de sucre de lait , et trituré encore 
pendant une heure; ainsi de suite jusqu'à la 
30" dynamisation. Pour les liquides , une goutte 
de médicament est versé dans 99 gouttes d'al- 
cool , et le mélange reçoit de fortes secousses , 
dont le nombre varie suivant le degré d'énergie 
qu'on vent communiquer au médicament. Les 
dynamisations sont portées aussi jusqu'à 30 , de 
la même manière que pour les solides, à la dif- 
férence près du véhicule. 

Hahnemann assure qu'après la 3" dynamisa- 
tion toute substance solide est devenue soluble 
dans l'alcool : aussi, à partir de la 4* dynami- 
sation , ce n'est plus avec le sucre de lait , mais 
dans l'alcool que se font les suivantes. Une goutte 
d'alcool imprégné du médicament peut imbiber 
200 globules de sucre de lait gros comme des 
grains de pavot. C'est un seul de ces globules, 
étendu dans quelques cmllerées d'eau , que les 
homœopathes administrent contre les maladies 
même les plus aiguës, et toujours avec la plus 
grande réserve, de crainte de déterminer de fâ- 
cheuses aggravations. Ces globules conservent 
pendant un grand nombre d'années leurs pro- 
priétés médicamenteuses. 

Dès son apparition, cette doctrine devait ser- 
vir à démontrer la force médicatrice de la na- 
ture, et ce fut, disait Hufeland, le jugement d'un 
grand nombre de médecins. D'un autre côté, les 
objections n'ont pas manqué contre ime théorie 
d'ailleurs habilement conçue. Sans nous pro- 
noncer ici ni pour ni contre , il faut reconnaître 
que Hahnemann eut le mérite d'appeler parti- 
culièrement l'attention sur l'étude des médica- 
ments et de leur action, trop négligée par les 
médecins, et qu'il aura fait entrevoir la curabi- 
lité de maladies chroniques que l'on n'envisageait 
guère que sous le rapport de i'anatomie patholo- 
gique. 

On a de Hahnemann : Conspectus Àf/ectuum 
Spasmodicorum œtiologicus ettherapeuticus; 
Erlangen, 1779, in-4'; — Ànleitung, alte 
Schxde und faute Geschumere gruendlich 
zu keilen, nebst einem Anhange ueber eine 
ZAcechmaessigen Behandlung der Fisteln , der 



Knocher\faeule, des WinddornSf des Kreb- 
ses, des Gliedschwammes und der Lungen- 
sucht (Moyen de guérir entièrement les vieilles 
plaies et les abcès gangreneux , avec on appen- 
dice sur le traitement conforme des fistules, 
des nécroses, des ulcères, des chancres, des 
fongus et de laphthisie); Leipzig, 1784,in-8<>; 

— Ueber die Arsenikvergiftung, ihre Huel/e 
und gerichtliche Ausmïttelung ( Sur l'Empoi- 
sonnement par l'arsenic , les moyens d'y porter 
remède et ceux de le constater légalement); 
Leipzig, 1786, in-S**; — Abhandlung ueber 
die Vorurtkeile gegen die Steinkohlenfeue- 
rung (Traité sur les préjugés contre le chaufliage 
par le charbon de terre , et les moyens tant d'a- 
méliorer ce combustible que de le faire servir 
au chauffage des fours); Dresde, 1787, in-8°; 

— Vnterricht fuer WundaerUe ueber die 
venerischen Krankheiten, nebst einem neuen 
Quecksilber prœparate ( Instruction pour les 
Chirurgiens sur les maladies vénériennes, avec 
l'indication d'une nouvelle préparation merco- 
rielle); Leipzig, 1788, in-8'; —Der Freund 
der Gesundheit (L'Ami de la Santé), premier 
cahier, Francfort, 1792; deuxième cahier, Leip- 
zig, 1794, in-S"; — Beschreibung des CasseUr 
Gelbs (Préparation du Jaune de Cassel); Kr- 
fuft, 1793, in-4»; — Apotheher-Lexikon (Dic- 
tionnaire de Pharmacie); Leipzig, 1793-1799, 
tomes I-U, in-8*V; — Handbuchfuer Muetter, 
Oder Grundsaetze der Erziehung der Kinder 
(Manuel pour les Mères , ou principes de l'édu- 
cation des enfants); Leipzig, 1796, in-8"; — 
Heilung und Verhuetung des Schartachfie- 
bers ( Guérison et Préservation de la Fièvre scar- 
latine ) ; Nuremberg, 1801, in-8* ; — - Der Kaffee 
in seinên Wirkungen, nach einigen Beobach- 
tungen ( Le Café dans ses effets ) ; Leipzig, 1803, 
in-8°; — Fragmenta de viribus medicamen- 
torum positivis , sive insano corpore humano 
observatis; Leipzig, 1805, in^"; — Organon 
der Heilkunst (Organon de la Médecine); 
Dresde, 1810, in-8''; 2*" édition, 1819, in-8*; 
souvent réimprimé, notamment en 1824, 1829, 
1834, etc.; traduit en français par Â.-J.-L. Jour- 
dan, Paris, 1832, 1834, 1845, in-8*; — Dii- 
sertatio historico-medica de Helleborismo 
veterum; Leipzig» 1814 ; —Reine Arzneimittel- 
lehre (Matière médicale pure ) ; Dresde, 1811- 
1821, 6 vol. ln-8°; Dresde, 1822-1827, 6 vol. 
in-8'' ; trad. en français par Jourdan, sous le titre 
de Traité de Matière médicale , ou de Vaetion 
pure des médicaments hotnœopathiques ; 
Paris, 1834, 3 vol. m-8'' ; — Die chronischen 
Krankheiten ( Des Maladies chroniques ) ; 
Dresde, 18281830, 4 vol. in-8'; 2" édition, 
Dresde et Dusseldorf, 1835-1839, 5 vol. in-8", 
traduit en français par Jourdan, sous ce titre : 
Doctrine et traitement homceopathique des 
Maladies chroniques; Paris, 1832, 2 vol. in-8^ 
Hahnemann a publié en outre un grand nombre 
d'artides dans divers recueils scientifiques aIl^ 



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lit 



HAHNEMANN — HAHN-HAHN 



JI4 



maodtf, savoir, dans les Annales deCrell : Sur les 
difficultés de préparer l'alcali minéral par la 
potasse et le sel marin; — De Vinfluenee 
que quelques gaz exercent sur la fermenta- 
tion du vin ; — Sur les moyens de reconnaître 
le fer et le plomb dans le vin ; — Sur la bile 
et les calculs biliaires; — Sur un m^oyen très- 
puissant d^arréter la putr^action (1788) ; — 
Essais malheureux de quelques prétendues 
découvertes modernes;— Lettres sur le spath 
pesant; — Découverte d'un nouveau principe 
constituant dans la plombagine ; -- Un mot 
surleprincipe astringent des végétaux (1789) ; 
^Exposé complet de la manière de préparer 
le mercure soluble (1790); — Insolubilité de 
quelques métaux et de leurs oxydes dans 
tammoniaque caustiqtie (1791); — Sur la 
préparation du sel de Glauber (1792) ; — dans 
le Magasin d£ Baldinger : Mode exact de pré- 
paration du mercure (1789); — dans la Bi- 
bliothèque médicale de BJumenbach : Moyens 
de prévenir la salivation et les effets désas- 
treux du mercure (1791). Un certain nombre 
d*articles d'Hahnemann ont été réunis par Er- 
nest Stapf , sous le titre d'Opuscules d'ffahne- 
mann; Dresde et Leipzig, 1829, 2 vol. in-8». 
Hahnetnann a traduit de Tanglais et de l'italien 
€0 allemand an grand nombre d'ouvrages > entre 
antres : la Matière médicale de Cullen ; — La 
Médecine pratique moderne de Bail ; — Le 
TraUé de Chimie médicale de Monro. 

F. R. et L. L— T. 
Léon Simon, JVoUee sur la tué, les travaux et la doC' 
trine de Balme$Hann, en tête de la l« édiUon de VOr- 
çanom de la Médecine rationnelle fl9ks. — Muehleiitbor, 
IMen wd Streben Sam. Hahnemann% des Erftnders und 
Betrûndert dtr Homaopathischen IrrleUre; Potsdam, 
tm» In -8*. — Brunoow, Bin BUck auf Hahnetnann und 
dkHomœapaihie; UIpzIir, 1844, in*8<>. — D« EscaUier, 
ùto$ le Diet, de la Conversation, 

2 HÂBBI-HAHN (Ida-Marie-Louise-Gustavc, 
comtesse) , femme de lettres allemand^, née à Tres- 
80W (Mecklembourg), le 22juin 1805. Elle est fille 
du comte Chartes Habn-Neûbauss, qui s'était fait, 
par goût, directeur de troupes nomades ; et comme 
ses richesses disparurent bientôt au milieu de folles 
dépenses, il dut continuer ce métier par néces- 
«té. Pendant les pérégrinations artistiques de 
son père , la jeune Ida résida tour à tour avec sa 
mère à Rostock , à Neu-Brandenbourg , à Greifs- 
walde. Lorsqu'elle eut vingt-e^unans, ce fut pour 
die une fortune inespérée d'épouser son cousin, 
le riche comte Chartes Hahn, maréchal hérédi- 
taire du pays de Stargard ( Mecklembourg-Stre- 
litz ), GODime chef de la famille. Cette union ne 
lai donna pas cependant le bonheur qu'elle atten- 
dait, et le dîTorce fut prononcé au commence- 
ment de 1829. Rendue à la liberté, la comtesse 
Balm-Hahn chercha dans la littérature et les 
voyages an aliment à la dévorante activité de 
ion esprit. Elle parcourut l'Angleterre et les 
rofanmes Scandinaves, la France, l'Espagne, 
l'Italie, rorient, fut accueUlle dans les pays 
drilisét par la plus haute société, et s'assît au i 



désert sous la tente de l'Arabe. A diaque retour, 
elle publiait ses journaux de voyage. Écrits avec 
négligence, remplis de longues citations, qui ne 
sont pas toujours à leur place, ils ne manquent 
pas cependant d'une certaine couleur poétique. 
II y a plus d'art dans ses romans , dont l'héroïne 
est invariablement une femme séparée de son 
mari, bravant les convenances artificielles du 
monde et poursuivant on idéal de bonheur ja- 
mais atteint On a appelé souvent M"^'' Hahn la 
Georges Sand allemande. Si elle a partagé quel- 
ques-unes des théories morales de cet écrivain 
célèbre , elle se distingue de lui par plus de ré- 
serve féminine et moins d'originalité. Ses dépla- 
cements continuels, sa renommée littéraire crois- 
sant de jour en jour, ses succès dans le monde, 
où elle excitait l'intérêt ou la curiosité, n'avaient 
pas réussi à cahner l'inquiétude de son âme. Les 
événements de 1848 augmentèrent son trouble 
et ses incertitudes. Elle lisait avec ardeur des 
livres ascétiques , et étudiait le côté mystique du 
catholicisme , lorsque la perte d'un ami fidèle 
vint rompre ses derniers liens et précipiter*un 
dénoùment depuis longtemps prévu. En janvier 
1850 elle abjurait le protestantisme, entre les 
mains du prince-évèque de Breslau. La comtesse 
Hahn-Hahn entra plus tard dans le couvent du 
Bon-Pasteur, fondé par elle à Mayence, et se 
consacra courageusement à l'instruction et à la 
moralisation des filles repenties. Elle a aussi pu- 
blié dans ces derniers temps des recueils de can- 
tiques dans la manière de Novalis et des livres 
pieux. Ses principaux ouvrages sont : Die ve- 
netianischen Naechte ( Les Nuits vénitiennes ) , 
poésies; Berim, 1837; — Astralion, roman; 
Berlin, 1839; — Der Bechte (Le Juste); Ber- 
lin, 1839; — Jenseit der Berge (Au delà des 
monts ) , voyage en Italie; Berlin, 1840 ; — Faus- 
tine; Berlin, 1841; id., 1842; trad. en anglais 
dans la Bévue Britannique ^ 1854-1855; tra- 
duit en français, en 1854, dans le feuilleton du 
journal L'ÀssemI>lée nationale. C'est le meilleur 
de ses romans ; — Beisebri^e (Lettres de voyage 
sur l'Espagne, la France, etc.); Berlin, 1841 ; 

— Sigismond Forster; Berlin, 1841 ; -- Die 
Kinder auf dem Àbendberg ( Les Enfants sur 
TAbendherg); Berlin, 1842; -- Ein Betsever^ 
such if» Norden (Un Essai de voyage dans le 
Nord); Bertin, 1843; — Zwei Frauen (Deux 
Femmes); Berim, 1845;— Sibylle; Berlin, 
1846 ; — Lewin; BeHin, 1847 ; — Orientalis- 
che Brirfe (Lettres orientales); Berlin, 1845; 

— Von Babylon nach Jérusalem ( De Babylone 
à Jérusalem); Mayence, 1851 : c'est le récit de 
sa conversion; il a été traduit en français par 
M. Bessy, Paris, 1853; — Aus Jérusalem 
(Voix de Jérusalem); Mayence, 1852; — Die 
Liebhaber des Kreuzes (Les Amants de la 
Croix); Mayence, 1852. Anatole de Galuer. 

G.'C'V. Uatb, GescMehte und Urkunden des Ceseh 
leekiet aahn.; Scbwerlo, 1844. - G. BarUicl, Die deutseke 
at UmaOUeratur der Ifeuseiti Brunswick, isss. • 



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lis 



HAHN-HAH]>r ~ HAI6 



116 



j. schmidt. GeMchiektê der NatioruMUeratur im neun- 
zehnten Jahrhunder; LHpziR, 185t. - Anatole de Galller, 
J}e l'Idéal dans to Uttérature moderne, - Mme la corn- 
teste HahH'Hahn (extrait du Corretpondwid); Parla, 
1854, in-l". 

HAÏ oa HAYA, surnoromé Gaon (Docteur 
ea;cc/iewO , théologien juif, le plus célèbre et le 
dernier de ceux qtii ont porté le titre de Gaon , né 
en 969, mort en 1038. Son père, le rabbin Sch&- 
rira Gaon, lui confia en 998 la direction de l'école 
de Firouz Schabour ( Babylonie), connue sous le 
nom di'Académui Pombedithane, On prétend 
qu'il descendait de David parZorobabel. Hai Gaon 
enseignait les différentes parties de la jurispru- 
dence rabbinique. Ses leçons attiraient de toutes 
parts un grand nombre d'auditeurs. Au onzième 
siècle , ses ouvrages et ses commentaires étaient 
encore en usage dans les écoles israélites d'Orient , 
au rapport du voyageur Petatchla. Il fut persécuté 
parles musulmans. On a de lui plusieurs ouvrages, 
qui étaient originairement en arabe , mais qui 
furent traduits en hébreu : Sepher mekasch ou 
mimkar (Traité des Contrats de vente et d'A- 
chat); Venise, 1602, in-4°; — Sepher misch- 
pete schebouoth (Traité sur les Serments); 
Venise, 1602 ; — Mousar ha-schekkel ( Instruc- 
tion pour l'Ame), recueil estimé de sentences en 
vers, Paris, 1562, avec une traduction latine de 
Mercier; Venise, 1579, in-8°; Constantinople, 
1533; Hambourg, 1638, in-4'* , avec une traduc- 
tion latine par Ebert; — Pithron calomoth 
(Explication des Songes); Ferrare, 1552; Cons- 
tantinople, Cracovie, Venise, 1623 ; Amsterdam, 
1638 et 1642; Wilmersdorf, 1690; en allemand 
et en hébreu, 1694 ; — Commentaires bibliques, 
dont Schnurrera pubhé un extrait dans fl. Tan- 
chum hierosolymitani ad Ubros Vet. Test, 
commen tarit arabici Spécimen; Xubingue, 
1791, in-4''; — Commentaire sur les noms 
divins de 42 et de 72 lettres. Il écrivit aussi 
un dictionnaire hébraïque intitulé : Hawi en arabe, 
et Sepher hameasef (Livre de celui qui re- 
cueille), en hébreu. On lui attribue enfin deux 
ouvrages cabalistiques, qui sont de Haï bar-Da- 
vro. Ce dernier mourut en 893 : il avait essayé de 
remettre en honneur la cabale, qui déclinait de 
jour en jour. E. B. 

Wolfius, Bibl. Hebraea, I, III, IV, d<> 541. - De Ro«al, 
bizionario storico degli AutoH Ebrei, — Ersch et Gru- 
ber, Bneycl. — Rappoport, Not. sur Haï Gaon, dans Bie- 
ewre ha-UUm ( Prémices des temps ), 1880 ( an du monde, 
5890 K p. 79 et sulv. — Munk, art: sur qaek|ues grammair. 
hébreux, dans le Jotsm. Miat, 1850, II, p. 88. 

haIdbr. Voy. HÉmER. 

haIder-ali. Voy. HémER-Au. 

* HAiDiNGER (Charles), minéralogiste et 
géologue allemand, né le 10 juillet 1766, à Vienne, 
mort dans cette même ville, le 16 mars 1797. Il 
étudia les sciences naturelles , professa pendant 
quelque temps la géologie et la minéralogie à 
l'école des mines de Chemnitz, et exerça ensuite 
les fonctions de conseiller de l'administration 
des mines à Vienne. Les travaux de Haidinger 
ont beaucoup contribué aux progrès de la science. 



On a de lui : Eniwurf einer systematischen 
Eintheilung der Gebirgsarten (Essai d'une 
division systématique des différentes espèces de 
roches ) ; Saint-Pétersbourg, 1786 ; Vienne, 1787 ; 

— Elwas uber Fossilien , Saphir , Rubin, etc. 
(Études sur les fossiles, sur le saphir, le ru- 
bis, etc.); Vienne, 1789. R. L. 

«ser, AUgem. litterar. Arueiger, 1797, p. 1*1*. - 
Meusel^ Lexic.^ vol. 6, p. 78. 

l HkiDiNGKtL (Guillaume), géologue et mi- 
néralogiste allemand, fils du précédent, né à 
à Vienne, le 6 février 1795. Il fit ses études sous 
la direction du professeur Mohs, visita les princi- 
paux pays de l'Europe, et s'établit en 1827 à El- 
bogen , où il administra pendant treize ans une 
fabrique de porcelaine. En 1840 il fut appelé 
à Vienne pour remplacer son ancien maître, 
Mohs, dans les fonctions de conseiller des Mines. 
On a de lui : Anfangsgriinde der Minéra- 
logie (Éléments de Minéralogie ); Leipzig, 1829; 

— Bericht ueber die Mineraliensammlung 
der Hofkammer (Compte rendu de la collec- 
tion minéralogique du Musée impérial) ; Vienne, 
1843 ; — Handbuch der bestimmenden Mi- 
néralogie (Manuel de Minéralogie détermina- 
tive) ; Vienne, 1845 et 1860; — Geognostische 
Uebersichtskarte der oestreich. Monarchie « 
( Carte géognostique de la Monarchie Autri- ' 
chienne ) ; ibid., 1847 ; — Veber den Zusam- 
msnhang der Koerperfarben und der Ober- 
flaechenfarben ( Des Rapports entre la couleur 
des corps et la couleur des surfaces ) ; Vienne, 
1852;— Bemerkungen ûber die Anordnung 
der kleinsten Theilchen in Cristallen (Ob- 
servations sur l'arrangement des molécules dans 
des cristaux); ibid., 1853; --Niedrigste Hoehe 
von Gewitterwolken (Du Minimum d'élévatioo 
des nuages d'prage); Vienne, 1853; — Inter- 
feremlinien am Glimmer (Des Lignes d'inter- 
férence du mica) ; ibid., 1855; — Vergleichun- 
gen von Augit und Amphibol (Comparai- 
sons entre l'augite et Tamphibole); ibid., 1855. 
M. Haidinger a dirigé en outre les recueils 
scientifiques Naturwïssenschaftliche Abhand- i 
iungen. Vienne, 1847, et Berichte ueber dit | 
Mittheilungen von Freunden der I^aturm- I 
senschaft;im,,iM7. R. L. 

C<mvers.'Lsx. — Ger«dorf, R^tertot, - Kayser, I»des 
librorum. 

HAÏG, premier chef de la nation arménienue, 
mort en 2026 avant J.-C. Selon Moïse de Kbo- 
rène, il aurait eu pour père Thorgom, qui était 
arrière-petit-fils de Japhet. Il habitait la Baby- 
lonie; mais la tyrannie de Nemrod (Belusjle 
poussa à quitter cette contrée. 11 s'expatria avec 
ses clients et avec ses trois cents fils et petit-fils. 
S'étant dirigé vers le mont Ararat, il soumit les 
habitants des contrées voisines, et chargea son 
petit-fils Gadmos de gouverner ce district Pour 
lui, il continua sa route vers le nord-ouest, et 
alla s'établir sur les rives de l'Euphrate, où il 
bâtit un village, qui fut appelé Haïgaschen. Belus 
se prétendit suzerain des pays colonisés par soo 



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U7 HAÏG — 

ancien sujet, et il chargea un de ses officiers 
d'aller réclamer l'hommage de Haïg, qui chassa 
honteusemeot cet envoyé. Bélus prit alors le 
parti de réduire par les armes le chef qu'il con- 
sidérait comme rebelle. Il envahit d'abord le 
pays de Gadmos, qui se réfugia auprès de son 
aïeul. Mais la petite troupe de Haïg mit un terme 
aa succès des Babyloniens. Leur roi fut tué d'un 
trait parti de la main du chef ennemi ; ils se dis- 
persèrent à la suite de cet événement. On montre 
eocore le lieu où a dû se passer cette affaire; 
il porte le nom de Baïots dzor ( vallée des Ar- 
méniens). Haïg jouit ensuite d'une paix non in- 
terrompue, et mourut très-âgé, laissant le trône 
à son fils Ârménag. Tel est du moins le récit de 
Moïse deKhorène. Il est vrai que cet historien vi- 
vait 2,400 ans après ces événements ; mais il s'ap« 
puyait sur Marapas Gadina, qui écrivait deux siè- 
cles et demi avant J.-C, d'après des ouvrages 
grecs déposés , dit-on, aux archives de Ninive. 
Haïg et Arménag n'en sont pas moins des per- 
sonnages dont l'existence peut être mise en doute. 
Quoiqu'il en soit, c'est d'après l'un d'eux qu'une 
contrée de l'Asie Mineure a pris le nom de 
Haiasdan ( pays des Haïkh, ou descendants de 
Haïg), et c'est d'après l'autre que nous appelons 
Arméniens les habitants de ce pays. 

£. Be\uvois. 

MoUe de Khorène, trad. par M. Levaillant de Florival, 
1. 1. - Tcbamtchian , HUt, d*Arm.t 1 1. 

HAiLLAN (Btffnard DE GmARO, seigneur du), 
historien français, né à Bordeaux, en lô35, mort 
à Paris, le 23 novembre 1610. Son père, Louis de 
Girard, fut pendant quarante-cinq ans lieutenant 
de l'amirauté de Guîenne. Après avoir fait ses 
études dans son pays, il vint à la cour en iôôô, et 
abandonna la religion calviniste pour être reçu 
plos favorablement. H accompagna en qualité 
de secrétaire François de Noailles, évéque d'Acqs, 
dans ses ambassades d'Angleterre en 1 556 et de 
Ve4iiseen lô67.Ason retour il reçut une pension 
de la famille de Noailles. Il commença à se faire 
connaître comme poëte et ensuite comme tra- 
ducteur ; mais il est surtout remarquable comme 
historien. Il dédia son livre De Vétat et succès 
des affaires de France au duc d'Anjou, qui l'en 
récompensa en le faisant secrétaire de ses finances. 
Charles IX ayant vu quelques-uns des ouvrages 
de du Haillan lui ordonna d'écrire l'histoire des 
rois ses prédécesseurs, et lui donna en iô71 la 
charge d'historiographe de France. Henri HI le 
confirma dans cette charge, y ajouta une pen- 
sion de 1,200 écus , et de pins le nomma généa- 
logiste de l'Ordre du Saint-Esprit en 1595. Dans 
une lettre de du HaiUan au maréchal de Biron, 
écrite en 1602 et publiée dans les Mémoires du 
duc de Nevers, cet historien se plaint vivement 
de Henri HI, qui ne l'a pas même remercié lors- 
qu'il loi présenta son histoire, » quoique ce fût, 
dit-il, le plus beau présent de livre qui lui fût ja- 
mais fait ». Du Haillan était d'ailleurs plein d'or- 
gueil et de vanité. U mit au revers du titre de 



HAILLAN 118 

son Histoire de France on sonnet en son hon- 
neur, où il s'annonce une carrière immortelle, 
et dans toutes ses préfaces il vante son travail 
et ses peines, et trouve qu'on ne le récompense pas 
suivant ses mérites. Ses ouvrages sont : L*union 
des Princes pur les mariages de Philippe, roy 
d'Espagne, et madame Slizabeth de France, 
et encore de Philibert- Emmanuel y duc de 
Savoy e, et de m>adame Marguerite de Franùe, 
poème; Paris, 1559, in-8°; —Le Tombeau du 
roy très-chrétien Henry II de ce nom; Paris,, 
1 559, în-8° ; — Regum Gallorum Icônes, a Fara- 
mundo usque ad Franciscum //. Item ducum 
Lotharingorum, a Carolo Primo usque ad Ca- 
rolum-Tertium, versibus latinis expressx; 
Paris, 1559, in-4* ; — Les Devoirs des Hommes, 
recueillis en forme d'Épitomé des Offices de 
Cicéron; Blois, 1560, in-S»; — V histoire Ro- 
maine d'EutropiuSy comprenant, en dix livres, 
tout ce qui s'est fait, tant en paix qu'en 
guerre, depuis le commencement de Rome jus- 
qu'à Van 1119 de la dite ville, traduite du 
latin; Paris, 1560, ^-4"; — • Les Vies des plus 
grands, plus vertueux et plus excellents Ca* 
pitaines et personnages grecs et barbares , 
faites par JEmilius Probus et traduites du 
latin i Paris, 1568, in-4° ; ^ De Vétat et succès 
des affaires de France, en quatre livres , Paris, 
1570, in-8°; nouv. édition , augmentée et dédiée 
à Charles IX , Paris, 1572, in-4° : ce livre, réim- 
primé un grand nombre de fois, a encore été re- 
touché par l'auteur en 1584, en 1594 et 1609; 
— ffistoite sommaire des Comtes et Ducs 
d'Anjou, de Bourbonnais et d'Auvergne , de- 
puis Geoffroy Grisegonnelle jusqu'à Monsei- 
gneur fils et frère de roy de France; Paris, 
1671. in-8°; 1572, in-4'' ; 1573, in-16; 1580, 
in-8» ; — Promisse et dessein de l'histoire de 
France; Paris, 1571, in-8'; — Discours sur 
les causes de Vextrême cherté qui est au- 
jourd'hui en France, et sur les moyens d'y re- 
médier ; Paris, 1 574. in-8° ; —Recueils d'avis et 
conseils sur les affaires cVÉtat, tirés des Vies 
dePlutarque; Paris, 1.578, in-4". — Histoire 
générale des Rois de France, contenant les 
choses mémorables advenues tant au royaume 
de France qu'es provinces étrangères sous la 
domination des François, depuis Pharamond 
jusqu*à Charles VU inclusivement; Paris, 
1576, in-fol.; Genève, 1577, 1580, 2 vol. in-S*»; 
nouv. édit., corrigée et augmentée, avec une 
épttredédicatoire à Henri HIj Paris, 1584, in-fol., 
nouv, édition, augmentée et continuée jusqu'à 
Louis XI par un auteur du temps, et jusqu'à 
la fin du règne de François fer par Arnoul 
du Ferron, et depuis par plusieurs autres 
jusqu'en 1615; Paris, 1615, 2 vol. in-fol. : l'his- 
toire de Louis XI n'est autre que la Chronique 
scandaleuse ;noxiYe\\eéôition,continuée jusqu'à 
Louis XI et augmentée de plusieurs auteurs, 
tant de Paul- Emile, Philippe de Comines^ 
Arnoul du Ferron, le sieur du Sellai, qu'aux 



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119 



HAILLAN — HAILLOT 



120 



très jusqu'à présent ; Paris, 1627, 2 toI. în-fol. 
Du Haillan avait bien plusieurs fois promis de 
mener son histoire plus loin que Charles VII, 
mais il ne tint pas parole, si ce n'est à l'égard de* 
Louis XI, dont on trouva la vie parmi ses papiers 
après sa mort, et qui se conservait parmi les ma- 
nuscrits du chancelier Seguier. « Du Haillan, dit 
M. Le Bas, est le premier écrivain français qui, 
renonçant à la manière des chroniqueurs, com- 
posa tin corps d'histoire nationale où les événe- 
ments soDt rapportés non pas d'après un ordre 
chronologique rigoureux, mais d'après leur liaison 
naturelle. Il est évident qu'il a consulté beau- 
coup de documents inédits et converaé avec des 
personnes instruites. S'il n'a pas fait preuve de 
critique en adoptant les fables delà première pé- 
riode de l'histoire de France, et quelques pré- 
jugés de son temps, il a en revanche rejeté comme 
privées de fondement une foule de traditions 
alors généralement reçues. » Sorel lui reproche 
d'avoir presque traduit mot à mot toutes les ha- 
rangues de Paul -Emile, et de l'avoir suivi dans 
ses. narrations, afin d'imiter l'élégance des meil- 
leurs historiens sans se donner trop de peine; 
ainsi que d'avoir donné un commencement fabu- 
leux à son histoire, lequel est entièrement de son 
invention, ayant fait tenir un conseil entre Phara- 
mond et ses plus fidèles conseillers pour savoir 
s'il devait réduire les Français au gouvernement 
aristocratique ou monarchique, et faisant faire à 
chacun d'eux une harangue pour soutenir son 
opinion. L. L— t. 

Le p. LeloDg, Mémoiret histor. sur pliuieurs histo» 
riens modernes de France, dans U Biblioth. Mstor.dela 
France, tome III, p. lxyi. — Bayle, DM. AM. etcriU — 
La Crolx-du Maine et du Verdter, Biblioth, franc. — Ni- 
céron, Mém. pour servir à l'hist. des hommes illustres 
dans la rëpttbl. des lettres, tome Xiv, p. w». — Sorel, 
Biblioth. franc, —Le Bas, Dict.-eneyclop. de la France, 
dans l'Univers pittoresque, 

HAiLLBT DE COURONNE (Jeafi-Baptiste- 
Guillaume), littérateur et biographe français, 
né à Rouen, le 14 avril 1728, mort à Paris, le 
29 juillet 1810. Il fit ses études au collège de Louis- 
le-Grand, et suivit la carrière militaire, qu'il quitta 
en 1767 pour succéder à la charge de lieutenant 
général criminel au bailliage et présidial de Rouen, 
dont son père était titulaire. U l'exerça jusqu'en 
1787. Les devoirs de sa charge ne l'empêchè- 
rent pas de se livrer à la littérature et à des re- 
cherches historiques. Élu secrétaire perpétuel 
de l'Académie de Rouen, il composa les Eloges 
d'Élie de Beaumont, célèbre avocat, «fejPi^aZ/e, 
sculpteur, de Cidoville, ami de Voltaire, de Vabhé 
Grandidier de Guibal, premier peintre du duc 
de Wurtemberg, etc. Deux de ses éloges seule- 
ment ont été imprimés , celui de du Boullay, 
Rouen et Paris, 1771, in-8% et celui de Cotton 
des Houssayes, docteur, bibliothécaire de 
Sorbonne, Paris, 1783, in-4*. Ses recherches 
sur l'histoire locale lui fournirent la matière de 
plusieurs mémoires intéressants Sur la Banlieue 
de Rouen, les grands hommes de la Nor- 
mandie, la Bibliothèque de VAcadémie^ etc. 



Sa bibliothèque, composée de plus de 30,000 vo- 
lumes, fut vendue en 1811 : le catalogue en a 
été publié ( Paris , Tilliard, in-8°). Beaucoup de 
ses livres avaient été annotés par lui, et sont re- 
cherchés des amateurs. Lors du rétablissemeot 
de l'Académie de Rouen , en 1803, il reprit, inal- 
gré son âge avancé, ses anciennes fonctions de 
secrétaire perpétuel , et prononça, dans une des 
premières séances, un discours donnant l'histoire 
des révolutions que l'Académie avait éprouvées. 
En 1804 il résigna ses fonctions de secrétaire 
perpétuel, et vint à Paris, où il mourut, laissant 
beaucoup de manuscrits sur des sujets Uttéraires 
ou bibliographiques ; ils ont été dispersés après sa 
mort. Il avait fourni au dernier éditeur du ZHc* 
tionnaire historique de Chaudon et Delandine 
(Prudhomme) près de vingt mille notes savantes, 
de remarques curieuses et de renseignements 
précieux , qui ont été insérés dans cette publica- 
tion. J. L. 

jthnanaeh de Normandie pour 1789. — Précis anair 
tique des travaux de P Académie des Sciences et Bella- 
Lettres de Bouen pendant les années 1804 et mi. - 
Gullbert, Mémoires biographiques de la Seine-h/e- 
rieure, 1. 1. 

* HAILLOT ( Char leS' Alexandre), général 
français, né en 1795, mort à Toulouse, le 17 oc- 
tobre 1854. Entré au service en 1805, il deviot 
capitaine d'artillerie en 1825, dans le batailloo 
des pontonniers, et chef d'escadron en 1841, 
grade qu'il avait encore en 1848. Son avance- 
ment fut plus rapide sous le nouveau gouverne- 
ment. Il était colonel directeur de rariillerie à 
Lyon lorsqu'il fut nommé général de brigade le 
12 avril 1854, et envoyé à Toulouse en qualité 
de commandant de l'artillerie* Officier distingué 
de pontonniers, il a plusieurs fois représenté la 
France aux manœuvres de ponts exécutées par 
des troupes étrangères. On a de lui : Essai d'une 
instruction sur le passage des rivières et 
la construction des ponts militaires, àVusage 
des troupes de toutes armes; Paris, 1835-37, 
în-8" : ce travail est divisé en trois parties : 1" Es» 
saî d'une instruction sur le passage des rivières 
et la construction de ponts militaires; 2° Précis 
historique sur les passages de rivières les plus 
remarquables exécutés jusqu'à nos jours par les 
armées , suivi d'un examen critique des divers 
équipages de ponts menés à la suite des armées; 
3*^ Hydrographie de l'Europe, ou description, par 
bassin, des fleuves et rivières de cette partie do 
monde; — Statistique militaire et rechercha 
sur l'organisation et les institutions mUUaires 
des armées étrangères ; Paris, 1 84 1 , 1 846, in-S" ; 
— Nouvel Équipage des ponts militaires de 
V Autriche, suivi d'un Examen critique de ce 
nouveau système; Paris, 1846, in-8». Colla- 
borateur du Journal des Sciences militaires, 
le général Haillot a traduit de l'allemand : Ras- 
semblement , campement et grandes manccu- 
vres des troupes russes et prussiennes réur 
nies à Kalisch pendant Vété de 1835, pir 
M. C. D. Decker L. L-t. 



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121 



BAILLOT 



aaueltfaêwietai partieuUtrt, — Unitodre et Bonrque- 
lot, La Uttér. franc, cûntemp, 

* BAiHOiff, érèque d^Halberstadt, né smyant 
quelques auteurs dans la France orientale , et 
soiràit d'antres, mais arec moins de yraisem- 
bliDee , dans la Bretagne insalaire, mort le 23 ou 
26 mars 853. Ayant dans sa jeunesse fait pro- 
fession de suivre la règle de Saint-Benott dans 
Tabbaye de Fnlde, Haimon vint se ranger plus 
tard sons la discipline d*AIcuin, à Técole de saint 
Martin de Tours. On le revit ensuite à Fulde 
exercer successivement les fonctions de chan- 
celier et d*écolàtre, et à Hirschfeld , diocèse de 
Mayence, les fonctions d'abbé. Dès Tannée 841 
il était élevé sur le siège d'Halberstadt ( Saxe ). 
£n 847 il assistait au concile de Mayence. Les 
écrits qu'Haimon nous a laissés sont en grand 
nombre, et ils ont joui d'une grande renom- 
mée. En voici la liste : Glossœ continuœ super 
Psalterium^ ouvrage imprimé pour la première 
fois à Cologne, en 1523, in-8*', et pour la der- 
nière en 1561 , dans la même ville et dans le 
même format; — In Cantica Canticorum; Co- 
lore, 1519, in-fol.;Worms, 1631, in-8^ Ilyena 
d'aatres éditioDS ; — Glossae in Isaiam : souvent 
publié, notamment à Paris, en 1531, in-S"; -. 
Giossx in Jeremiam, Ezechielem et Danielem, 
Quoique ces gloses aient été, dit-on, imprimées, 
Tédition en est si rare que les autenra de l'/Tls» 
toire littéraire ne les inscrivent pas sans dé- 
fiance au catalogue des œuvres d'Haimon. La 
glose sur Éiéchiel se trouve du moins dans un ma- 
nascrit de Saint-Germain-des-Prés, sous le num. 
303; — /n diAodecim Propketas minores; Co* 
logne, 1519, 1529, 1633, 1573, dans divere for- 
mats ; — Homili^s super Svangelia iotius anni; 
Cologne, 1531, et Paris, 1533. Il fant distinguer ce 
rolome d'un autre recueil d^Homélies publiées ^ 
Cologne en 1532, sons le nom d'Haimon, évéque 
d'Ralberstadt , et que les bénédictins croient de- 
Toir restituer à un autre Haimon, prieur d'Hir- 
sangeen 1091 ; — In Epistolas S. Pauli : bien 
qoecet ouvrage porte le nom d'Haimon, dans 
an grand nombre de manuscrits du Roi, de Saint- 
Victor, de Saint-Germain et de Troyes , dont 
quelques-uns sont d'une notable antiquité, on 
estime aujourd'hui qu'il convient de l'attribuer 
à saint Remy d'Auxerre. — Super Apocalypsim 
Explanatio; Cologne et Paris, 1531, in-8°; — 
De varietate librorum très libri ; Paris et Co- 
iof^ie, 1531, in-8**; ^ Breviarium Histùrix eo 
clesiasticx; Cologne, 1531 , in-S**. Souvent 
réimprimé, cet abrégé a été traduit en français 
par Claude d'Kspence; Paris, 1573, in-8^; — 
De Corpore et sanguine Christi, inséré par 
Dom Luc d'Adiery dans son Spict/e^ium, d'après 
ao manuscrit de Saint-Germain-des-Prés (au- 
jourd'hui sous le num. 304 ). A cette liste des 
ouvrages dHaîmon, Jean deTritenheim en ajoute 
quelques antres; mais s'ils ont réellement existé 
(rar le témoignage de Jean de Tritenheim n'est 
jamais bien sûr), ils paraissent perdus. B. H. 



— HAITZE 132 

GnUL crovcai, EUnekut Script in Saeram SerltOU'^ 
ram..~ Lelong, Biblicth, Sacra. * Slxtns Sen. Bibliath., 
Ilb. IV. -TrHlKinliis, Dé cèdes. Script, — Higt, lUtér. 
de la France, t.y, p. iil-isa. 

* HAIMON, religieux de Samt-Denys, à la fin 
-on douzième siècle. On ne possède aucun dé- 
tail sur sa vie; il est désigné comme Tauteur 
d'une relation de la découverte des corps de 
saint Denis, de saint Éleuthère et de saint Rus- 
tique, en 1050. Duchesne a publié une partie de 
cet opuscule dans ses Scriptores Eerum Galli* 
carum,\,rf\ rélibienl'a mséré en entier parmi 
lesprenves deson ifistotrede V Abbaye de Saint- 
Denys, G. B. 

Histoire littéraire de la France, t. XV. p. 808. 

* HAiNQVBS, l'un des premiers missionnaires 
français en Cochinchine, mort dans ce pays, en 
décembre 1670. Arrivé en août 1665 dans la 
contrée qui lui avait été désignée, il évangélisa 
dès l'abord avec un gnaid succès; son zèle le 
compromit, il fut persécuté, et profita des loisirs 
de sa prison pour écrire aux chrétiens qui avaient 
embrassé la religion par ses conseils de rester 
fermes dans leur foi. L'évéque de Métellopolis, 
avec lequel il avait f»t le voyage des Indes, obtint 
sa délivrance; Hainquesne résista pas longtemps 
aux fatigues incessantes de sa profession ; la ma- 
ladie qui devait l'emporter l'avait frappé : il ex- 
pira auprès de Pulocambi, quelque temps après 
un voyage à Faifo. Sa mort, disent les relations, 
édifia tellement les indigènes que plus de deux 
cents se convertirent en moins d'un mois. Il a 
laissé les Mémoires de ses Voyages dans les 
provinces de Hue, de Cham, de Quining, de 
Diengning et de Quang-Nghia. 

Louis Lacocr. 

Relation des Missions des Évivies français, etc.;nl>i2. 

haIton. Voy. HÉrHouM. 

HAITZE ( Pierre-Joseph ue ), connu sous 
le nom de Hache, littérateur, historien français, 
né à CavaiUon, vers 1648, mort à Tretz, près 
d'Aix, le 26 juillet 1736. 11 appartenait à une 
famille noble du Béam. Il s'occupa plus parti- 
culièrement de l'histoire de Provence, et cher- 
cha à en éclûrcir quelques points douteux; 
mais son érudition était assez superficielle, 
quoiqu'il eût le ton extrêmement tranchant. Son 
style est clair et souvent soigné ; mais l'auteur 
manque parfois de critique. Il passa sa vie dans 
la maison de Gaufridi , son parent, dont il fut le 
secrétaire, et légua sa bibliothèque aux Minimes 
d'Aix. On a de lui : Les Curiosités les plus re- 
marquables de la ville d^Aix ; 1679, in*8" ; — 
Relation des Fêtes célébrées à Aix en 1687, à 
VoccasUm de la convalescence de Louis XIV; 
in-4^; — Les Moines empruntez^ où l'on rend à 
leur véritable état les grands hommes qu^on 
a voulu/aire moines après leur mort; Cologne 
(Rouen), 1696, 2 vol, inl2; — lex Moines tra- 
vestis; 1698, 2 vol. in-12; Cologne, 1719, 2 vol. 
in-12 : l'auteur y cherche à faire connaître les per- 
sonnages que les moines se sont enlevés mutuel« 
lement pour accroître le nombre de leurs grands 



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m 



HÀITZE — HAKKERT 



124 



hommes. Ces deax outragés ont para sons les 
seuls prénoms de Pierre-Joseph ; le premier ex* 
cita de Tives réclamations de la part de plusieurs 
écrivains religieux; -^ Lettres eritiquês de 
SessHus le Saliên à Suxenus le MarseilloiSj 
touchant le discours (de P. Galaup de Ohasteuil) 
sur les arcs de triomphe dressés en la viUe 
d^Àix à V heureuse arrivée des ducs de Bout* 
gogne et de Berry; 1702; -^ DissertatUmê 
sur divers points de V histoire de Provence i 
Anvers (Aix), 1704, iB-12. Ces dissertations sont 
aux noinbra à% douze; — Esprit du Oérémo^ 
niai d^Aix en la célébration de la Fête-Dieu $ 
M\, 1708, in-12; — Histoire de saint Bene- 
' zety entrepreneur du pont d'Avignony conte- 
nant celle des religieux pontifes; Aix, 1706, 
in-18 : sous le nom de Magne Agricole; —Apo- 
logétique de la religion des Provençaux au 
sujet de sainte Madeleine; Aix, 1711, In-ia; 

— Vie de Michel Nostradamus; Aix, 1711, 
in-12 ; — Dissertation sur le symbole earao^ 
téristique de sainte Marthe (la Tarasque ) ; Aix, 
1711, in-16, sans nom d'auteur; — Fie d^ Ar- 
naud de Villeneuve; Aix, 1720, in-12; -* 

— Histoire de sainte Rossoline de Villeneuve^ 
de Perdre des Chartreux; Aix, 1720, in-12 ;-« 
Dissertation sur Vétat chronologique et hé^ 
raldique de l'illustre et singulier Consulat 
delà ville d'Aix; Aix, 1726, in-12; — Por- 
traits ou éloges historiques des premiers 
présidents au parlement de Provence; Avi- 
gnon, 1727, in-12; —Histoire de la Vie et du 
culte de B. Gérard Tenque , fondateur de 
V ordre de Saint -Jean -de "Jérusalem; Aix, 
1730, in-12. Haitze a laissé en manuscrit une 
Histoire de la ville d*Aix, qui aurait été im- 
primée in-4®, si Ton en croit Moréri , mais n'au- 
rait pas été publiée;— un Catalogue des ma- 
nuscrits de Peiresc ; ^ une Histoire littéraire 
de Provence; ^ une Bibliothèque des Auteurs 
de Provence, terminée en 1718; — et une Vie 
de Jules Raymond Soliers. Ces manuscrits se 
trouvent à la bibliothèque d'Aix. J. V. 

p. Lelong, Btiflioîh. hUtor. de la France. — Dict. 49 
la Provence^ — Morërt, Grand Diciionna4re historique. 

HAJi. Voy. HADn. 

* H ARE {Edouard), poète anglais, vivait dans 
la seconde moitié du seizième siècle. Il a laissé 
on poème à la louange de la reine Élisabetli : 
A Commémoration of the most prosperous 
and peaceable Reighn of our gracious und 
deere soueraigne; Londres, 1575, in>i6. Ce 
volume est fort rare, mais c'est à peu près tout 
son mérite. G. B. 

Bibliotkeca Heberiana, part IV, p. lOU. 

HAREM OU HA&IM. Voy. At-HAKEH. 

HAKBM SBNAX. Voy, SenAÏ. 

HAKEWiLL (Georges), théologien et philo* 
sophe anglais, né à Ëxeter, en 1579, mort en 
i649. Après avoir commencé ses études à l'école 
de sa ville natale , il les acheva à l'université 
d'Oxford , à Alban-Hall, d'où il passa comme 



agrégé au collège dlSxeter. n y prit tous ses 
grades, entra dans les ordres en 1611, et devint 
chapelain du prince Charles, depuis le roi Char- 
les 1*', et archidiacre de Surrey. Il perdit sa place 
de chapelain pour s'être opposé au projet de 
mariage entre le prince et une infante d'Ea- 
pagne. En 1641 il ftit nommé recteur du collège 
d'Exeter. Pendant la guerre civile il se tint à 
l'écart, et lorsque, en 1648, les commissaires du 
parlement vinrent réclamer des membres de Fa- 
niversité d'Oxford l'engagement écrit d'obéir à 
cette assemblée , Hakewill lut un de ceux qui y 
consentirent. Outre un grand nombre de ser- 
mons et de traités de controverse qui attestent 
du savoir et d'unecertaine libéralité desenttments, 
mais qui n'ont plus d'intérêt aujourd'hui, on a 
de lui I An Apology, or déclaration oj the 
power and providence of God in the govem- 
ment of the World, proving that it doth 
not decay, etc.j in four books; 1627, in-fol; 
il en parut une édition augmentée en 1635. Ha- 
kewill combat, dans cet ouvrage, Tophiion, très- 
répandue parmi ses contemporains, d'une dété- 
rioration graduelle du monde physique et moral. 
Si dans cette défense de la doctrine du progrès, 
Hakewill montre plus de savoir quis de goût, si 
les chefs-d'œuvre de l'antiquité ne le touchent pas 
assez, il raisonne on revanche d'une manière 
sensée, btgénieuse et parfois digne de Bacon. Y. 

Wood, Athen» Oxonienseï . t. II. — Prince, ff^or- 
thies of Devon. — Gorlon j General Biographical DU> 
tionary. — Rose, Pfeic gênerai Biographical DteUo- 
Nory. 

■AKRAOOSca (Jehouda), ^oy, Jdda Hak- 

KADOSGH. 

H AKRKRT (/an), peintre hollandais , né à 
Amsterdam, vers 1540, vivait de 1659 à 1673. 
Il peignait le paysage avec un grand talent. La 
plupart de ses tableaux représentent des sites 
agrestes et montagneux, qui s'éloignent complè- 
tement du genre adopté par la majorité des ar- 
tistes de l'école hollandaise : c'est que Hakkert 
emprunta ses sqjets k l'Allemagne méridionale 
et à la Suisse, contrées qu'il avait longtemps 
parcourues. Il racontait qu'en Suisse il avait faùli 
payer cher son goût pour l'étude de la nature. 
Un jour, occupé à dessiner sur une montagne, 
il fut aperçu par quelques paysans qui travail- 
laient dans les environs. Ils furent d'abord éton- 
nés de voir un homme qui regardait to«ijours au 
même endroit et qui leur semblait écrire sur da 
papier ; ils s'approchèrent , mais n'ayant vu au 
Meu de lettres qu'un griffonnage au crayon, ils ne 
doutèrent pas que ce ne fussent des signes ca- 
balistiques, des caractères magiques, et acca- 
blèrent d'injures le peintre. Hakkert ne com- 
prit pas le motif de leur colère; croyant qu'elle 
venait de ce qu'il les gênait peut-être, il fut se 
placer plus loin, et reprit son esquisse. Les pay- 
sans l'observèrent, et à peine eutpil jeté quelques 
traits sur son papier que tous enseinble se ruè- 
rent sur lui et l'entraînèrent. Vainement voulut- 
il s'expliquer, on ne Técouta pas. Les coups suc- 



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125 



HAKKERT — HAT.AGI 



196 



cédèrent aux iDJores ; il fet ainsi conduit jusqu'à 
la ville , au milieu d'une foule qui augmentait sans 
cesse et qui faisait pleuvoir sur lui des nuées de 
pierres et d*immondioes. Ses persécuteurs, arrivés 
cbez le magistrat, le dénoncèrent comme un sor- 
cier surpris en flagrant délit de conjuration et fai- 
sant dans les montagnes des sortilèges contre le 
pays et ses habitants. Il ne s'agissait de rien moins 
que de pendre et brûler le prétendu suppôt dn 
diable. Heureusement le magistrat connaissait à 
peo près ce qn*étalt le dessin ; il prit Hakkert 
soos sa protection, et parvint à grande peine à 
faire comprendre k ses administrés combien le 
grimoire de l'artiste était inoRensif. Il lui rendit 
la liberté, mais l'engagea à lever des vues dauft 
ao autre canton. Hakkert avait représenté au 
crayon cette scène mélodramatique, mais son 
dessin est aujourd'hui perdu. De retour en'Hol- 
lande, il travailla beaucoup, et reproduisit ses 
croquis sur la toile. Il était fort lié avec Adrian 
fanden Velde, qni peignait presque tous les per- 
sonnages des paysages de son ami. Cette asso- 
ciation de talents si distingués a rendu les ou- 
nages de Hakkert plus précieux ; néanmoins, 
ils sont peu connus en France, et se trouvent 
presque Idus dans les galeries botlandaises. 
A. ubLagaze. 

J. Houbraken , De Sehilderkanst der Nederlandert ; 
La Haye, 17««, petit ln-4», 1 1, p. IM. - Descamps, La 
ritda PettUns bollandaii, etc., t. II, p. lia. 

HAKLVYT {Michard), géographe anglais, 
né vers 1533, mort le 28 octobre 1616. Après 
aToir étudié à Oxford, il entra dans les ordres, 
et en I5ft4 il vint à Paris comme chapelain d'am- 
bassade. Passionné pour l'étude de la géographie 
et des voyages, il se mit en rapport avec les na- 
vigateurs de l'époque et avec tous les savants 
qui partageaient ses goûts. Il recueillit ainsi d'im- 
portants matériaux, et pour les mettre au jour il 
eiit l'appui do célèbre Drake et du secrétaire 
dttat Walsingbam. Une place de prébendier à 
Westminster et le bénéfice de Wetheringset 
(comté de Suflblk) récompensèrent son zèle. 
Ses principaux ouvrages sont : A notable HiS' 
tohe, eontaining foure voyages mode by cer* 
lame Prench captaynes vnto Florida ; Londres, 
1»87, in-4^ : volume intéressant et fort rare, con- 
tenant une traduction des voyages à la Floride de 
Laudonnière, de Ribault et de Gourgues; ~ Di' 
vers Voyages toucfiaing the discoveiieo/ Ame- 
riea und the isUinds adjacent; Londres, 1582, 
iD-4° : volume fort rare, surtout lorsque les deux 
cartes annoncées sur ie frontispice s'y trouvent; 
- The principall Navigations , tviages and 
ii$coveries of the Bnglish\ nation , mode by 
tea and over land; Londres, 1589, in-folio; 
teconde édition, 1598-1600, 3 vol. in-folio; 
loe carte jointe à un petit nombre d'exemplaires 
le ce recueil curieux est importante , comme 
îtant le dernier mot des sciences géographiques 
^ la fio du seizième siècle. Malgré de nombreuses 
irreurs , cette carte est fort supérieure à cdles 



d*0rteliu8, puMIées à Anvers en 15(18; la Chine 
est assez exactement tracée, et on remarque même 
une partie de la côte septentrionale de la Nou- 
velle-Hollande. Ce recueil est cher aux Anglais, 
car il offre un récit fidèle et animé des efforts de 
leurs anciens et intrépides voyageurs ; il en a été 
fut, en 1809-1812, une édition nouveUe»en cinq 
volumes in-4®, tinte à 325 exemplaires. On y 
trouve quelques relations comprises dans l'édi- 
tion de 1589, et supprimées dans celle de 1598; 
l'éditeur, M. EUis, a ajouté un supplément qui 
occupe une partie du quatrième volume et le 
cinquième en entier, et qui reproduit divers 
voyages de la même époque très-dignes de se 
joindre au recueil d'Hakluyt , lequel est d'au- 
tant plus précieux qu'il reproduit les pièces 
offidelles concernant chaque relation de voyages ; 
aussi, malgré quelques défauts inévitables, les 
Navigations seront tovgours un assemblage de 
documents fort utiles. Des matériaux réunis 
pour un quatrième volume, que le rédacteur n'ent 
pas le temps de faire paraître, furent employés 
pour le recueil de Purchas. On doit encore au 
zèle d'Hakluyt : The Discoveries ofthe World, 
from their first originall unto the yeere of 
our Lord 1555; Londres, 1601, in-4<' : c'est 
une traduction corrigée d'un ouvrage portugais 
d'A. Galvano; — The Historié ofthe West-ln- 
diesy eontaining the actes and aventures ofthe 
Spaniards; Londres, sans date, in-é**. Hakluyt' 
mit au jour en 1609 la traduction d'un ouvrage 
portugais sur la Virginie , et il donna à Paris ett 
1587 une édition nouvelle du livre de Pierre 
Martyr d'Anghiera De Novo Orbe, en y joignant 
des notes et une table des matières. Quoiqu'il eût 
fait de l'Amérique le but principal de ses re- 
cherches, il revit la traduction anglaise faite 
par John Porry delà description de l'Afrique par 
Jean Léon. Des navigateurs anglais ont cherché 
à perpétuer le souvenir d'Hakluyt en donnant son 
nomades lies, àdes caps situés dans les mers arc- 
tiques. Il s'est formé récemment à Londres une 
association qui, sous le titre à^Hakluyt Society, 
s'occupe de publier d'anciennes relations de 
voyages devenues fort rares ou restées inédites. 

G. B. 
Bibliothêea BHtamtiea. — Wood, Mhen» Oxonientes 
t. II. coU 186, «dit. de BUss. - Oldyt , Brttisà Librarian, 
p. 137-168.— Ulbdin, Library Companion, p. 378. — Bi- 
bliotheca CrenvUtanOt p. 194. — Camas, Mémoire sur 
la (élection de* grands et des petUs Fot/ages, 

H AL (Van), peintre hollandais, né i Anvers, 
en 1668. Il peignait dans sa jeunesse l'histoire 
avec correction et un excellent coloris; mais 
dans la seconde période de sa vie , sa couleur 
devint p&teuse , le goût l'abandonna et ses oeu- 
vres cessèrent d'êtres estimées. Il travailla avec 
Hardimé et plusieurs autres artistes, dont il or- 
nait les paysages de nymphes , d'amours et d'au- 
tres personnages mythologiques. A. de L. 

Jacob Caropo Weyerman, De SehUderKonst der fié» 
dertanders, t. III, p. 849. — Descamps, La f^ie des Pein- 
tres hollandais, t. III, p. 1S8. 

HAJLAGi on HéLA6i ( Constantin ), poil» 



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127 HALAGI — HALDAT 

hongrois, né à Unghvar, en 1698, mort à Pris 



1)8 



nitz, en 1752. Il descendait d'une ancienne famille 
magyare, et entra, fort jeune, dans la congréga- 
tion des Écoles pies, dont il devint supérieur à 
Prisnitz. On a de lui : Myrias versuum sineel- 
lypsi et synalephe editorxim ; Tyrpau, 1738 ; — 
Odarum Libri très; ibid., 1742; — Epigram- 
matum moralium Libri septem ; 1744 ; — Apo- 
logiarum moralium Libri sex; — Elegiarum 
Liber unicus; 1747. N. K. 

Erach et Gruber, Mlg. Ene. 
f HALCTONÉB ( 'AXxuovBÛç ) , fils d^Antigoue 
Gonatas, roi de Macédoine, vivait vers 270 
avant J.-C. On ignore l'époque de sa naissance, 
mais on sait quMl avait déjà Vâge d'homme lors- 
qu'il accompagna, en 272, Antigone dans son ex- 
pédition du Péloponnèse contre Pyrrhus. Durant 
ratlaque de nuit que Pyrrhus tenla contre la 
ville d'Argos , Halcyonée fut chargé par son père 
de le repousser. Un combat s'engagea dans les 
rues. Au milieu de la confusion Pyrrhus périt, 
et sa tète, coupée, fut présentée à Halcyonée, qui 
la porta comme un trophée à Antigone. Ce prince 
blâma sévèrement la cruauté de son fils , et le 
renvoya durement de sa présence. Halcyonée 
profita de la leçon, et lorsque, bientôt après, il 
fit prisonnier Hélenus, fils de Pyrrhus, il le 
traita avec égards, et le conduisit sain et sauf 
à Antigone. H parait, d'après une anecdote ra- 
contée par Élien et par Pluterque, que Halcyonée 
fut tué dans une bataille du vivant de son père; 
mais on ne sait ni à queUe époque ni à quelle 
occasion. Y* 

Plutarque, i»yrrAt«, s*. - De Cmsolat., 88. - ÉUen, 
HUL Far., 111, 8. 

HALRAT DU LTS ( Charles - Nicolas , 
Alexandre) y physicien et littérateur français, 
né àBourmont, petite ville de Lorraine, le 
24 décembre 1770, mort à Nancy, le 26 no- 
vembre 1852. Il se livra de bonne heure à l'é- 
tude des sciences naturelles. La profession de 
chirugien militaire, qu'U fut forcé d'embrasser 
en 1793, favorisa ce penchant, quoique ses opi- 
nions personnelles l'eussent plutôt porté à joindre 
l'armée des princes émigrés. Après le traité de 
Campo-Formio, il revint dans ses foyers, et 
obtint au concours la chaire de physique expé- 
rimentale à l'école centrale du département de 
la Meurthe. Plus tard , il se fit recevoir docteur 
en médecine à l'école de Strasbourg, et fit im- 
primer à cette occasion une Dissertation sur 
Veffort considéré dans son influence générale 
sur la vie; Strasbourg, an xi (1803), in-4». 
Lors de la création des lycées, il fut appelé 
comme professeur des sciences physiques au 
lycée de Nancy. En 1824 ses services dans l'en- 
seignement lui méritèrent la place d'inspecteur 
de l'académie, qu'il occupa jusqu'en 1 831 , époque 
de sa mise à la retraite. En 1803, il avait con- 
tribué au rétablissement de l'Académie des 
Sciences, Lettres et Arts de Nancy, qui avait été 
fondée par le roi Stanislas, et y remplit avec 



zèle les fonctions de secrétaire jusqu'à sa nort* 
Ses mémoires, publiés pendant près de cinquante 
années, dans les recueils de cette société, ren* 
ferment des détails inléressants relatifs à des re- 
cherches et expériences nouvelles sur Vuniver- 
salité de la force magnétique, son incoërciffi- 
lité, les causes de son altération, etc., sur 
Voptique oculaire, sur la propagation du 
son, etc. Ces travaux fureàt appréciés par l'A- 
cadémie des S^ences, qui élut, en 1843, Haldat 
pour un de ses correspondants dans la section 
de physique. Il lut successivement dans les 
séances publiques de l'Académie, et fit im- 
primer à part, V Éloge de M. Willemot { bo- 
taniste ); Nancy, 1807, in-8»; —Éloge histori- 
que de Nicolas Saucerotte; 1815, in-8*; — 
Éloge historique de Pierre Thouvenot; 
1816, in-8*'; — Éloge de François Mandel, 
doyen des phœnnaciens ; 1821, in-8'; — Éloge 
historique de Vabbé Vautrin; 1823, in-S"; 
— Éloge historique du docteur Louis Va- 
lentin; 1829, in-8°; — Éloge historique de 
M, Laurent (peintre et directeur du musée d'É- 
pinal) ; 1 833, in-8°. Il donna aussi d'autres notices 
biographiques , plus succinctes , qui furent insé- 
rées , seulement par extrait, dans les Précis des 
Travaux de l'Académie de 1810 à 1814, sur 
MM. Durival, trois frères qui ont cultivé les let- 
tres avec quelque succès , Sonnini de Manon- 
court, naturaliste et voyageur, Jean Girardet, 
peintre du roi de Pologne etc. Lors de k 
création de l'école secondaire de médecine de 
Nancy, Haldat en fut nommé directeur, fonc- 
tions qu'il remplit jusqu'en 1843. Tons les 
ans il entreprenait un Toyage, pour se mettre 
au courant du progrès des sciences dans di- 
verses contrées de PEurope, et entretenir des 
relations avec les hommes les plus distingués. 
C'est ainsi qu'il visita l'Angleterre, la Hol- 
lande, la Belgique, l'Italie, rapportant sans 
cesse des observations curieuses ou intéressantes 
qu'il communiqua à ses amis et quelquefois au 
public. Ami des arts, il avait formé une nom- 
breuse collection d'estampes recherchées et un 
riche cabinet d'instruments de physique, à la fa- 
brication desquels il avait souvent travaillé lui- 
môme. — • Le nom Du Lys, qu'il sgoutait au sien, 
indique l'alliance qu'un de ses ancêtres avait 
contractée avec Catherine Darc ou Du Lys, fille 
de Pierre, frère de la Pucelle d'Orléans (1). Il 
s'enorgueillissait avec raison de cette des- 
cendance, qui lui fournit l'occasion de publier 
plusieurs ouvrages estimés sur la libératrice de 
la France, et notamment V Examen critique de 
Vhistoire de Jeanne Darc , suivi de la rela- 
tion de la fête célébrée à Domremy en 1820, 
et de mémoires sur la maison de Jeanne 
Darc et sur sa descendance; Nancy, 1850, 
in.8^, fig. Cette relation des f&tes dans les- 

f (1) y. Les Familles françaUes eonsidérées Sùut h rap- 
port de leurs prérogatives honoriftq»^*' par A. S. dt 
Lolgne, V édItloD, Imprioierle royale, tsiS. tn-t*. p. H. 



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m 

qoeHes fl avatt figoré» comme onfeor et 
représentant la femiUe de Jeanne Darc, avait 
déjà été imprimée (Nancy, 1821, in-8®), ainsi 
qne VÉloge de Jeanne Darc^ prononcé par 
loi, Neafchâteau (1820), in-8<». Le premier ou- 
vrage qai commença la réputation de Haldat 
a pour titre : Recherches chimiques sur 
tenere, son alMraàilité et les moyens d*y 
rmédier, y édition; Strasbourg, 1804. Le bot 
de l'aoteor était surtout de mettre la société 
eo garde contre les manœuvres des faussaires. 
SoD dernier ouvrage, qui est pour ainsi dire le 
résumé de ses nombreux travaux et de ses ex- 
périences sur le fluide maguétique, fiit publié 
par lui en 1852, peu de temps avant sa mort. 
C'est une Exposition de la Doctrine Magné- 
tique, ou traité philosophique, historique et 
critique du magnétisme; Nancy, in-8**. Enfin, 
OD trouve plusieurs mémoires de Haldat dans 
\tJoumal de Physique, J. Lamouredx. 
Documents partUutiert, — Notice sur la f^ie et les 
mmraget de M. le doeteor de Haldat, par le doctenr Si- 
monin père; 185*, in-8«. 'Qaérard, La France lUté- 
raire. - FclU Boorqaelot, La LUtér. franc, contempo- 
raine. 

HALDB (Du ). Voy, Do Halde. 

HALDEHWANG ( CArix^tan ), graveur alle- 
mand, né à Durlach, le 14 mai 1770, mort aux 
eaux de Rippoltsau, le 27 juin 1831. A Tàge de 
quatorze ans, il entra à l'école de dessin de sa 
ville natale. Deux ans après, il fut attaché à 
rétablissement de Mecheln, à Bâle, et s'y per- 
fectionna dans Tart de la gravure. Quelques tra- 
Tin\ remarquables , exécutés dans le genre de 
Vaquatinta, le firent appeler en 1796 à Dessau, 
où venait de se fonder la société chalcographi- 
que. En 1803 il fut appelé à Carlsruhe, avec 
le titre de graveur de la cour. Plus tard il exécuta 
an grand nombre de gravures pour le commerce 
et la librairie. Il grava aussi pour le Musée Na- 
poléon et pour le Musée royal plusieurs pay- 
sages diaprés Grimaldi, Ruysdaêl, Poussin, 
Claude Lorrain, et Elsheimer. Ses derniers et 
plus remarquables travaux sont Les Heures ^ 
quatre planches d'après Claude Lorrain, et les 
Chutes d'eau , deux planches d'après Ruysdaêl , 
dont la dernière fut achevée, en 1833, par son 
élève le professeur Schnell, de Darmstadt. On 
a mis Haidenwang sur la même ligne que Woo- 
let,Vivare8 etMasson. L. L— t. 

CtmceruU,'Lex, ~~~ 

*HÂLDBTRVDB, première femme de Clo- 
laire II, vivait à la fin du sixième et au com- 
mencement du septième siècle. Elle fut mère de 
Dagobert I*' le Grand (602 ou 603), selon la plu- 
part des historiens, quoique quelques auteurs 
donnent pour mère à ce prince Bertrude, 
deuxième femme de Clotaire II. Haldetrude eut 
eocoredenx enfants : Mérovée, né avant Dagobert, 
fait prisonnier, à l'âge de quatre ans, au combat 
d'Ëtampes, selon le rapport de Frédégaire, et 
tué par Tordre de Bronehauld (603) ; Emma, la 
troisième, née vers 604 et manée à Eadbald , i 
wxnr. moen. cMhi. » t. xxhi, 



HALDAT— HALE 



180 



TiA des Ganioarieas. L'anteur anonyme de la Vie 
de saint Ouen, archevêque de Rouen, dit que 
Haldetrude fut inhumée dans l'église de Saint- 
Pierre de Rouen, tandis qu'Adrien de Valois pré- 
tend que ce fut dans celle de Saint-Vincent de 
Paris , c'est-à-dire l'abbaye Saint-Germain-des- 
Prés. Quelques auteurs ont contesté à cette reine 
le titre d'épouse légitime, oubliant que sous la 
première race de nos rois les chefs de l'État 
étaient polygames. A. de Martonne. 

Grégoire de Tours, 1. 7, 8. — Aymoln, 1. 3, 4. — Frédé- 
galre . c. 46. — Gesta Francorum, ^ Cesta Dagoberti 
regis.'^ rie anonyme de saint Ouen. — P. Anselme, 1. 1, 
p. 10. — annales ecclésiastiques du P. Lecolnte. tom, II, 
p. 708 et 79*. — Les Reines de France, par M»« Celllez, 
page 47. 

* HALDORSEN ( Bjcern ), lexicographe agro- 
nome islandais, né à Vogsoâe, le 5 février 1724, 
mort en 1794. Fils d'un ministre protestant, il 
reçut une éducation libérale, fut nommé pasteur 
de Saudiakdal en 1751, et plus tard de Settberg. 
Tout en remplissant ces fonctions, Haldorsen 
s'occupait d'économie rurale, et contribua, tant 
par son exemple que par ses écrits, aux progrès 
de l'agriculture en Islande. Ces efforts lui valurent 
la médaille d'argent pro meritis. Ayant perdu la 
vue dans sa vieillesse, il se rendit à Copenliague 
pour se faire traiter ; mais il n'obtint pas de guéri- 
son , et mourut peu de temps après son retour en 
Islande. On a de lui : Lexicon IslandicoLaJino- 
Danicum Biœrnonis Haldorsonii; Copen- 
hague, 1814, 2 vol. in-4'. L'auteur y travailla 
quinze ans. C'est le meilleur dictionnaire islan- 
dais que l'on possède ; — Vie de Eggert Olaf- 
sen, en islandais; Hrapsey, 1784; — trois 
écrits sur l'économie rurale , à l'uscige du peuple 
islandais. E. Beauvois. 

B. Thorgrlmrosson , ^>l sira Biarnar Haldorssonur; 
Copenhague, 1799, ln-8». — J.-E. Muller, préf. de Lex. 
lsl.Lat.'Dan., p. lî-14. — Nyerap et Kraft, Lit.-Lex. 

HA LE (Sir Matthew)^ célèbre jurisconsulte 
anglais, né à Alderby (comté de Glocester ), 
le l*''^ novembre 1609, mort le 25 décembre 
1676. Il était fils d'un avocat de Lincoln's-Inn, 
qui abandonna le barreau par suite d'une exces- 
sive délicatesse de conscience, qui l'empêchait de 
se charger des mauvaises causes ou de présenter 
sous un jour favorable les cas douteux. Il n'a- 
vait que cinq ans lorsque son père mourut, et 
depuis deux ans déjà il avait perdu sa mère. Il 
eut pour tuteur un parent du côté maternel, 
Anthony Kingacot, qui le conna aux soins du vi- 
caire Staunton, connu par son ardent puritanisme. 
Envoyé en 1626 à Magdalen-Hall ( Oxford ) et 
placé sous la garde d'un antn: puritain, Obadiah 
Sedgwick , il oublia vite ses principes religieux, 
et s'abandonna à une dissipation qui contrastait 
avec sa première austérité. Il était sur le point 
de suivre dans les Pays-Bas son précepteur, de- 
venu chapelain de lord Vere, et songeait à 
prendre du service dans l'armée du prince d'O- 
range, lorsqu'il fut retenu en Angleterre par un 
procès. Glanville, qu'il prit pour conseil, décou = 
vrit chez le jeune homme de remarquables iiua- 



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Itl 



HâLË — HALEM 



US 



lités, et Ini penoada d'étodler te droit. Haie fat 
admis à Lincoln's-lnii, le 8 novembre ie29. Pour 
réparer le temps perda en dissipations, il se mit 
à travailler seize heuras par jour. Ses habitudes 
laborieuses, ses mœurs sévères, sa rare intelli- 
gence lui méritèrent la protection et l'amitié de 
Noy, alors attorney général, de Vaughan, depuis 
lord cbief-justice des Common Pleas, et de Sel- 
den. Sous l'influence et par les conseils de ce 
dernier, il élargit considérablement sa sphère 
d*études, qui embrassa, outre ie droit civil et le 
droit canon, les mathématiques, la physique, 
l'anatomie, la chirurgie. Les belles-lettres mêmes, 
dans ce qu'elles ont de plus grave, la philosophie 
et l'histoire ne lui restèrent pas étrangères. Un 
peu avant la guerre civile il débuta au barreau, 
et commença à faire figure dans le monde. Se 
proposant pour modèle Pomponius Atticus, il 
avait déjà pris la résolution, à laquelle il resta 
fidèle, de ne pas se mêler activement aux dis- 
sensions politiques et religieuses qui agitaient 
son pays. Il accorda aux royalistes vaincus les 
secours de son éloquence et de son savoir, mais 
sans se brouiller avec les parlementaires vain- 
queurs. Défenseur du comte de Strafford , de 
Tarchevêque Laud, du roi Charles lui-même, du 
duc d'Hamilton, du comte d'Holland, des lords 
Capel et Craven, il n'en signa pas moins leco- 
venant en 1643, et n'en prêta pas moins serment 
de fidélité à la république après l'exécution dd 
roi. En 1652 il fit partie de la commission pour 
la réforme des lois anglaises, et en 1653 il fut 
nommé serjeani-at-law et juge au common 
Bench. Ces fonctions, qui l'obligeaient à pour- 
suivre des royalistes , éveillèrent pourtant se» 
scrupules, et après deux ou trois tournées ju- 
diciaires, il cessa d'assister aux jugements. Plus 
tard, enhardi par la mort de Cromwell, il refusa 
formellement de garder le titre de juge sons son 
successeur Richard. L'université d'Oxford l'en- 
voya comme député au parlement de 1659, et le 
comté de Glocester lui confia le même mandat 
dans l'assemblée de lôôO, qui rappela les StuarU. 
Le roi, aussitôt après son retour, lui rendit le titre 
de serjeant-at-law, le nomma premier baron de 
l'échiquier en novembre 1660, et enfin le créa 
chevalier. En lui remettant la commission de 
premier baron de l'échiquier, le chancelier Cla- 
rendun lui dit : « Si le roi avait connu un homme 
plus vertueux et plus capable d'occuper cet em- 
ploi, il ne vous l'aurait pas donné. » Haie ré- 
pondit aux espérances qu'exprimaient ces pa- 
roles. Pendant onie ans il montra dans Tad- 
ministration de la justice la qualité la plus rare 
en temps de révolution, l'impartialité. Sa modé- 
ration autant qne sa science lui valurent, en 1671, 
la haute dignité de lord chief-justice du Banc 
du Roi. Cinq ans après, il fut atteint d'une hydro- 
pisie qui l'enleva, à l'âge de soixante-sept ans. 
Comme jurisconsulte et comme magistrat, il a 
laissé une grande réputation de savoir et d'in- 
tégrité. De» juges sévère» lui mt reproché ses 



ménagements ponr un parti dent 11 était tn fond 
l'ennemi, et des biographes minutieux ont relevé 
dans sa vie privée une fouie de bizarreries. On 
peut lui reprocher avec (dus de raison d'avoir 
condamné à mort et fait exécuter deux malheu- 
reuses femmes pour crime de sorcellerie. Telle 
était encore, dans la seconde partie du dix-sep- 
tième siècle, la force de» préjugés les plu» ab- 
surdes sui* un esprit naturellement droit et une 
intelligence très-cultivée. 

Haie f^t marié deux fois. Il eut de sa première 
femme dix enfants , dont deux seuls lui survé- 
curent, sa fille aînée et son plus jeune fils. Sa 
descendance mâle s'éteignit en 1784. 

IJn seul des ouvrages de Ûaïe parut de son 
vivant, c'est son London Liberty, or an argu- 
ment of law and reason; Londres, 1650; les 
autres productions de ce jurisconsulte furent 
publiées successivement après sa mort ; en voici 
les titres -.The Pleas of the Crown, or a me- 
thodical summary ; 1678, in- 8°; — Treatise 
shetmng how useful the inirolling and regiS' 
tering of ail conveyances of land; 1694, 
iQ.40 . — Tractatiis de Successionibtis apud 
Anglos, or a treatise of kereditary descents; 
1700, 1735, in-8°; — - A Treatise on the origi- 
nal institution of Parliaments;'ï707, in-4^; 
réimprimé par Francis bargrave, sous le titre de 
H aie* s Jurisdiction of the Hmtse of Lords; 
1796, in-4*; — History of the Common Law oj 
England, in twelve chapters; 1713, in-8^; 

— Historia PÏacitorum Coronm, or History of 
the pleas of the crown; 1739, 2 vol. in-fol. 
Outre ses ouvrages de jurisprudence. Haie cora- 
posa et publia les traités suivants sur des sujets 
de philosophie, de religion et de physique : An 
Essay touching the gravitation or non-gra- 
vitation of fluid bodies, and the reasons 
thereof; — Difficiles Nugx , or observations 
touching the principles of natural motion, 
and especially touching raréfaction and con- 
densation; — Contemplations moral and 
divine; — An english translation ofthe Life 
of Pomponius Atticus, written by Corn, ye- 
pos; together with observations politiccU and 
moral; — • The primitive Origination of man- 
kind considered and explained according to 
the light of nature. Ces opuscules et quelques 
autres du même genre , restés inédits, ont été 
publiés par le révérend Thomas Thirlwall, soas 
le titre ôe Moral and religions Works; 1805, 
2 vol. 10-8". Z. 

Buroet, lÀfe and Death of Matth. Haie; Londres, 
168«, in-l«. - Baxter, Âddltional Notes on the Life and 
death of tir Matt. Haie; Lbndres, l«i«, tn-lt. - Roscoe. 
Hfe of S. M. Haie, - Boirer NortI), Life of lord Ketper 
Guilford. - Runolngton, Life of S. M. Haie, en tète de 
V History of the Common Law of England, èdlt. de!?», 

- Biotfraphta BrUannica, — Lord CampbeU, JJves qf 
Lords Chief-Ju$tiee. - Loége . PortratU of lUustrtovs 
Per images of Great-Britain, t VI. 

HALBM {Gerhard-Antoine de), historien et 
poëte allemand, né en 1702, à Oldenbourç, mort 
le 4 ianvier 1819, à Eutin. 11 étudia le droit à 



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lit 



HALEM — HALEN 



184 



FMKforti Stnaboitfg et Copenhagqe, entra 
dm m» des admmistntioiis da doobé d'Olden* 
boufig, et devint, après avoir paroonm rapide- 
ment les grades inférieurs ^ conseiller du goo- 
vemenient et de la chancellerie. En 1 s 10 il fut 
nommédirecteor du gouvernement d'Oldenbourg ; 
raiislorg delà réunion de ce pays à rempire 
français il se retira à Hambourg, puis à Eutin, où 
il vécut dans la vie privée jusqu'au retour du 
due d'Oldenboug, qui le nomma premier eon- 
seiUer et diraeteur du district d'Eutin. Halem a 
fondé, en 1 783, la Société littéraire d'Oidenbouit|. 
Panni aes ouvrages on remarque : BUck% aZf 
ànen TheU DeutschUmds, der Schtoeiz und 
Frankreichs (Coup d'ceil sur une partie de 
l'Allemagne, de la Suisse et de la France ) ; Ham- 
Iwurg, 1791, % vol. in-S»; — Geschichte de» 
UeriogtkufM Oldenbur§ (Histoire du duché 
d'Oldenbourg); Oldenbourg, 1794-1796, 3 vol.; 
- Biographie Peter des Grossen (Biographie 
de Pierre le Grand); Munster et Leipzig, 1803- 
I5ûâ, 3 vol.; -. Geschichte des russischen 
Feldmarschalls Grqfen von Munntch (His- 
toire du feld-raarécbai russe comte de Mun- 
nich); Oldenbourg, 1803 et 183S; — Sammr 
lungder wiehtigsten Acienstûcke Mir neusten 
leilgeschichte (Recueil des principaux doca- 
meoU pour servir à Thistoire de notre temps); 
OideDboui|{, 1806-1807, fait en commun avec 
Ronde; . Selbstbiographie (Autobiographie), 
publiée par son frère L.-W.-C. de Halem et par 
Slrackerjan; Oldenbourg, 1840; ^ Jésus der 
su/ter des Gottesreichs (Jésus le fondateur 
de l'empire céleste ) , poème épique ; Hanovre, 
1810, 2 vol. Les ceuvres complètes de Halem ont 
{wu à Munster et à Hanovre, 1804-1810, 8 vol. 

R. L. 
Cmv.-Ux. — Encb et GruDer, Mlgem. Enegclo- 

HALBH (Bernard- Jacques- Frédéric de), 
frére du précédent, né à Oldenbourg, en 1768 , 
înort à Leipzig, le 1*' novembre 1823, s'est fait 
connaître t-omme habile traducteiir. On lui doit 
entre autres des traductions allemandes de : ffis* 
toire du moyen âge de Halem; Leipzig, 1820, 
*? vol. : — Histoire de la Révolution anglaise 
de 1688, de Moore; Leipzig, 1821; — Histoire 
àe la Fédération Rhénane de Luchesinl; ibid., 
1821, 3 vol. , et de plusieurs romans de Walter 
Scott R. L. 

''onf..£«p. — Brsch et Grober, jéUçetn, EncpeUh- 

l HALBN (Don Jttûn van), comte de Fera- 
C4aH)s, général espagnol, d'origine belge, né dans 
riie de Léon, le 16 février 1790, entra dès Tâge 
'!« quinse ans dans la marine espagople , assista 
au combat de Trafalgar, fut ensuite nommé 
oAider de marine et appelé à Madrid par Tad- 
nânistratlon supérieure de la marine. Après le 
soulèvement de mai 1808, il prit du service dans 
ramée des insurgés; mais il ne tarda pas à faire 
u soumission au roi Joseph Napoléon, qui le 
prit pour officier d'ordonnance. Plus tard il re- 



passa au parti insurgé, et hii livra diverses 
places, service qui fut récompensé par le grade 
de capitaine. En 1815 il fut arrêté, sous la pré- 
vention d'avoir conspiré contre Tautorité de Fer- 
dinand VU, mais il fut bientôt rendu à la liberté 
et même nommé lieutenant-colonel. Ck)mprorois 
dans l'aflEure de Torrijos, il lut jeté dans les ca- 
chots, et parvint à s'évader. Il prit alors du ser- 
vice en Russie, et alla en 1820 faire la guerre 
dans le Caucase; la même année il revint en 
Espagne offrir son épée à hi défense de la cons- 
titution, et servit en qualité de chef d'état-major 
d'une des divisions de l'année de Mina. Après 
le rétablissement du pouvoir absolu, il passa à La 
Havane, puis auK Etats-Unis, pour revenir se 
fixer à Bruxelles, où il vivait dans la retraite 
lorsqu'en 1830, à la suite de la révolution belge, 
il reçut le commandement des forces dont dis- 
posaient les insurgés, et chassa les Hollandais de 
Bruxelles. En désaccord avec M. de Potter, il 
renonça bientôt à cette position, et il se rendit 
dans le Brabant méridional en qualité de com- 
mandant en chef des troupes belges. Il dut en- 
core abandonner ces fonctions; mais en le met- 
tant en disponibilité, le gouvernement belge hii 
accorda le grade de lieutenant général. Accusé 
d'orangisme quelque temps après, il fut arrêté , 
puis acquitté faute de preuves. En 1836, il fut 
rappelé en Espagne, où le gouvernement de la 
reine Marie-Christine lui confia une division, à 
la tête de laquelle il battit les carlistes dans la 
Navarre. Arrêté comme conspirateur, mais remis 
bien vite en liberté, il alla acheter des fusils en 
Angleterre en 1839, et en 1840 il fut nommé 
capitaine général de la Catalogne. Fidèle à Es- 
partero, il combattit l'insurrection qui éclata à 
Barcelone en 1842, et bombarda cette ville le 
i décembre. Cependant une levée de boucliers 
ayant eu lieu l'année suivante en Espagne contre 
Espartero, Barcelone fut le théâtre d'une nou- 
velle insurrection, que les mesures les plus éner- 
giques ne réussirent pas à comprimer. Van Halen, 
obligé d'abandonner la Catalogue, s'embarqua le 
30 juillet à Cadix pour l'Angleterre, avec Es- 
partero. Il vécut alternativement en Angleterre 
et sur le continent. L^amnistie lui permit de 
rentrer dans sa patrie, et en i8ôl il fut appelé 
au tribunal suprême de guerre et de marine, 
qu'il présidait lorsqu'en 1856 il a été remplacé 
par le général de Meer. On lui doit : Relacion de 
su cautividad en las calàbozos de la Inquisù 
eton, su évasion y emigracion; Paris, 1827, 
2 vol. in-8« ; traduit en français sous ce titre : 
Mémoires, V^ partie, contenant le récit de sa 
captivité dans les cachots de Tinquisition d'Es- 
pagne en 1817 et 1818, de son évasion, etc., 
accompagnés de pièces justificatives et ornés de 
son portrait; Paris, 1827, in-8°. 

Son frère, Antonio van Halbn, combattit 
comme loi les Français pendant la guerre de 
l'indépendanQe et plus tard don Carlos. Nommé 
commandant de l'armée du centre, on dut lui 



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1S5 HALEN 

retirer cet emploi par suite de son inaction pro- 
longée. Il était maréchal de camp et aide de 
camp d'Ëspartero à la chute de celni-ci , qu'il 
dut suivre à l'étranger. Il est rentré depuis en 
Espagne. L. L— t. 

Dictionnaire de la Conversation, 

HALBNivs (lars), théologien suédois, né 
le 7 octobre 1654, dans la paroisse de Scéde- 
rala (Helsingland), mortle21 mai 1721. Il em- 
brassa , comme son père , la carrière ecclésias- 
tique, et fut successivement aumdnier de léga- 
tion en Russie (1684), pasteur à S(Bderala(1695), 
pro5^ ou pasteur dedistrict ( 1 7 1 1). Le clergé Téiut 
député à la diète en 1720. On a de Halenius : 
Nya Testamentets svenske och grekiske con- 
cordàntier ( Concordance suédoise et grecque 
du Nouveau Testament); Stockholm, 1732-1742, 
2 vol. in^fol., ouvrage dont le P. Lelong parle 
avantageusement. Halenius fit aussi des vers 
latins. 

Un de ses quatorze enfants, Engelbert Hale- 
wros, né le 8 octobre 1700, mort le 14 février 
1767, fut nommé évêque de Skara en 1753. C'é- 
tait un des prélats les plus remuants de Tépoque : 
il eut de vives discussions avec Svedenborg. On a 
de lui des sermons, des oraisons funèbres, des 
dissertations, et la traduction latine d'un traité 
de Moïse Maîmonide, sous le titre de De Mis- 
cellis. E. B. 

Lelong, Bibl. sacra. — Biogr. Lex.» V, 81. 

* HALES {John), magistrat anglais, né dans 
le comté de Kent, mort en 1556. Il exerça les 
fonctions de juge sous Henri VIII et Edouard VI, 
après avoir embrassé les opinions de la réforme; 
lors de la réaction qui survint sous le règne 
de Marie , il fut pressé par Tévéque Gardiner, 
alors chancelier, de faire acte d'adhésion | 
l'Ëglise romaine. Il s'y refusa, et il expliqua les 
motifs de son abstention dans un opuscule de- 
venu extrêmement rare : The Communication 
hetween my lord chauncelor and jitdge Ha- 
ies; in- 12. Mis en prison, il céda à un senti- 
ment de frayeur, et il se rétracta; il fut alors 
rendu à la liberté. Mais l'agitation que ces évé- 
nements lui causèrent eut sur sa raison une in- 
fluence funeste : après avoir en vain essayé de 
se tuer en se frappant d'un couteau, il se noya. 
'Cette fin tragique fit grand bruit à cette époque. 

6. B. 

John ¥o\. Jets and Monuments of.... thetrue Martyrs 
qf Christ, p. i^M. — Strype , Mimoirs, 111, 1. 174. 

H A LES (Etienne)^ célèbre physicien et na- 
turaliste anglais, né à Beckesboum, dans le comté 
de Kent, le 7 septembre 1677, mort à Tedding- 
ton, le 4 janvier 1761. Ses parents, qui le desti- 
naient à l'état ecclésiastique, l'envoyèrent étu- 
dier la théologie au Benet-'college à Cambridge en 
1696. Il consacra ses moments de loisir à la bo- 
tanique, à l'anatomie, et manifesta de bonne 
heure un esprit inventif par la construction de 
machines ingénieuses. Il entra dans les ordres, et 
obtint la cure de Teddington près deTwickenham, 



— HALES 



m 



dans le Middiesex , et les bénéfices de Portlock 
dans le comté de Somerset, et deEarriftgdon 
dans le Hampshire. Il passa le reste de sa tie 
dans sa cure de Teddington, menant une exis- 
tence modeste, également remplie par ses de- 
voirs de prêtre et ses études de savant, et ne 
cherchant pas les dignités que sa réputation an- 
raît pu lui procurer. Ce fiit sans l'avoir demandé, 
et presque malgré lui, qu'il devint aumônier de 
la princesse douairière de Galles, puis cha- 
noine de Windsor. Le génie de Haies était es- 
sentiellement pratique. Il inventa nn ventilateur 
propre à renouveler l'air dans les lieux où ce 
fluide ne peut pas circuler librement, comme 
les mines , les hôpitaux , les prisons , les cales 
des vaisseaux. LMntroduction du ventilateur de 
Haies dans la prison de.Savy à Londres diminua 
la mortalité dans une proportion inome. En 
France aussi on l'adopta avec beaucoup de succès 
pour les prisons, les hôpitaux, les vaisseaux de 
guerre, la conservation du blé dans les gre- 
niers, etc. En 1751, Haies succéda à sir Hans 
Sloane dans la place d'associé étranger de l'A- 
cadémie française des Sciences; il était depuis 
1717 membre de la Société royale de Londres, 
et il a inséré dans le recueil de cette compagnie 
{Philosophieal Transactions) beaucoup de mé- 
moires riches en observations et en découvertes 
scientifiques. La physiologie végétale lui fut parti- 
culièrement redevable. « Haies, dit Cuvier, avait 
essayé d'apprécier la tbrce avec laquelle le cœur 
pousse le sang dans les artères. U fit des expé- 
riences analogues sur les végétaux ; il constata 
que la force de transpiration des végétaux est 
infiniment plus grande que celle des animaux. 
H démontra la grande absorption des feuilles 
par des expériences décisives, rigoureusement 
faites, n prouva que dans les plantes un suc 
monte , et qu'un autre descend, mais que ce 
double mouvement n'est pas une circulation^ 
puisque les deux sucs sont différents. Des expé- 
riences récentes, qui ont été données comme nou- 
velles, sont déjà indiquées par Haies, notamment 
celle qui consiste à greffer un tronc d'arbre à 
deux autres troncs. Quand ils se sont intime- 
ment soudés, qu'ils sont joints d'une manière 
complète, si l'on vient à scier le bas de l'arbre 
du milieu de manièreà le séparer de ses racines, 
il continue de croître; si l'on coupe ensuite les 
sommités de cet arbre, qui ne peut plus alors se 
nourrir que par les deux arbres latéraux, il ne 
laisse pas que de croître encore. Cette expérience, 
qui appartient à Haies, prouve que la nutrition 
des végétaux n'est pas soumise aux mêmes lois, 
aux mêmes conditions que celle des animaux ; 
qu'elle a lieu par des moyens plus simples, 
parce que le tissu végétal est beaucoup moins 
compliqué. » M. F. Hoefer, dans son Histoire 
de la Chimie, a signalé un autre service moins 
connu, mais au moins aussi important rendu 
à la science par l'illustre physicien anglais, 
tt Le grand mérite de. Haies, dit-il, qui seul suf- 



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«7 



HALËS 



183 



firaitpoorloi assurer nne gloire iininortelle , 
c'est dVoir décooTert nn appareil plus conve- 
nable qoe oeloi de Boyie et de Mayow, pour re^ 
cueillir les gaz, appareil dont se servirent plus 
tard Black, Priestley, Lavoisier, et sans lequel 
l'acide carbonique , l'oxygène, l'hydrogène et 
taot d'antres gaz seraient peut-être encore à dé- 
couTrir. » Les gaz que Haies parvint à recueillir, 
au moyen de cet appareil, sont très-nombreux. 
Il CD obtenait en chaufTant du bois de chêne, du 
blé de Turquie, du tabac, des huiles, du miel, 
dosncre, des jpois, de la cire, du succin, du 
sang, de la graisse, des écailles d'huître , etc. Il 
s'assurait que la plupart de ces gaz sont inflam- 
mables, et il comparait dans ses expériences, 
faites avec beaucoup de soin, les poids de la 
sQsbtance employée avec la quantité de gaz pro- 
duite. Indépendamment de ces gaz, résultats de 
la distillation de matières organiques, il avait 
recueilli les fluides élastiques provenant de 
l'action des acides sur les métaux ( acide vitrio- 
fique , eao et fer ; eau forte et cuivre ), de la com- 
bustion dn soufre, du charbon, du nitre, de la 
fermentation, de la distillation des eaux de Spa, 
dePyrroont, etc. Il démontra, par une série 
d'expériences, que Vair dans lequel brûle un 
corps combustible, comme le phosphore, etc., 
diminaede volume; qu'après Textinction de ce 
corps, il est impofi8U>le de le rallumer, et que la 
respiratkn des animaux produit les mêmes ef- 
fets qoe la o(Mnbustion; d'où il conclut que les 
animaux absorbent une certaine partie de Tair, 
laquelle se combine dans les poumons avec les 
pûticnles combustibles du sang. « Dans Fin- 
térienr des vésicules du poumon, dit Haies, le 
sang est séparé de l'air par des cloisons si fines, 
qu'il est raisonnable de penser que le sang 
et l'air se touchent d'assez près pour tomber 
dans la sphère d'attraction l'un de l'autre, et 
c'est par ce moyen que le sang peut absorber 
eontinoellement de nouvel air, en détruisant 
son élasticité. » De là à la théorie de la respi- 
ration, considérée comme un phénomène de 
combustion; il n'y avait qu'un pas. De plus, non- 
senlement Haies savait que le plomb augmente 
considérablement de poids en se convertissant 
en minium, mais que le minium chauffé au 
moyen d'une lentille dégage une énorme quantité 
de fluide élastique. Voilà bien des gaz produits 
et recueillis : l'hydrogène , l'hydrogène bicar- 
boné, l'adde carbonique, l'hydrogène protocar- 
boné, l'acide sulfureux, l'azote, l'oxygène; il ne 
manquait plus, pour avoir la série presque com- 
plète, que le chlore, le cyanogène et les gaz 
(ammoniaque, acide chlorydrique) tropsolubles 
dans l'eau pour pouvoir être recueillis sur ce li- 
quide. Cependant Haies n'a découvert aucun de 
ces gaz; c'eet que tous n'étaient pour lui que de 
l'air commun, de l'air atmosphérique , suscep- 
tible, selon les circonstances', d'éprouver des 
changements dans sa pureté et dans son élas- 
ticité : tant est funeste l'influence d'une opinion 



préconcpe... En résumé, Haies n'a pas, à pro- 
prement parler, découvert de gaz,; mais il a in- 
venté le meilleur moyen de les recueillir. » Outre 
ses mémoires dans les Philosophical Transac' 
tions. Haies a publié : Vegetable Staticks, or an 
account qf some statical experiments on the 
sap in vegetables; 1727, in-8**; réimprimée en 
1731 et plusieurs fois depuis; Buffon en a donné 
une traduction française. Cet ouvrage n'était, 
dans la pensée de l'auteur, que le premier volume 
d'une série d'Essais de Statique ; la seconde 
partie de cette série, relative à la circulation du 
sang chez les animaux, parut sous le titre de ffe- 
mastaticks, 1733, in-8°; traduite en français 
par Sauvage, Genève, 1744, in-4° ; — A friendly 
Admonition to the drinkers of gin, brandy 
andotherspirituous liquors ; — Philosophical 
Experiments on Sea-Water, corn^flesh and 
otker substances; 1739, in-8°; —On the so- 
lution of the stone in the bladder, mémoire 
qui valut à son auteur, en 1737, la médaille d'or 
de la Société royale. Z. 

Peter CoUlDson,Abf4c0««r Hâtes ; ûAMVÂnnual He- 
çister, aan. 1764. — CentUman's Magazine, vol. LXIX. 

— Watt, Bibltographia Britannica. — Fouchy, Éloge de 
Haies; dans les Mémoires de VAcad. des Sciences, ITM. 

— G. Cuvler, Histoire des Sciences naturelles, H. iV, 
p. 6t. ' F. Hoefer. Histoire de la Chimie, t. II, p. 846. 

HALBS (Thomas) f connu aussi sous le nom 
deDhèle, auteur dramatique anglais, né vers 
1740, dans le comté de Glocester, .mort à Paris, 
le 27 décembre 1780. H embrassa d'abord la 
carri^e des armes, et fut envoyé en Jamaïque, 
où il resta jusqu'en 1763. Pendant la traversée 
il faillit s'empoisonner avec de l'eau-forte, qu'il 
avait pris pour du punch ; cet accident causa une 
altération profonde dans sa santé. De retour 
^s la mère patrie, il donna sa démission, et, 
entraîné par son goût pour les voyages, il par- 
courut presque toute l'Europe , et fit ilh long sé- 
jour en Suisse et en Italie: Vers 1770, il vint en 
France. Aimant les arts, recherchant les plaisirs, 
quelques mois après son arrivée à Paris, il avait à 
peu près épuisé tout son patrimoine, et c'est 
lorsqu'il se vit sur le point d'être réduit à Tin- 
digence, qu'il songea à se créer une nouvelle 
ressource en travaillant pour le théâtre. Il fut 
présenté par Suard à Grétry comme un homme 
de beaucoup d'esprit, et qui à un goût très-sain 
joignait de l'originalité dans les idées. Cette der- 
nière qualité pourrait lui être contestée, puis- 
qu'aucun de ses ouvrages ne lui appartient en 
propre quant à l'invention. Le premier en date. 
Le Jugement de Midas , est emprunté à une 
pièce anglaise; V Amant jaloux, aux Contre- 
temps de Lagrange, et Les Événements impré- 
vus sont tirés d'un ancien canevas italien , J>i 
Peggio in Peggio. Mais cette restriction faite, 
les comédies de Haies se distinguent par une 
intrigue combinée avec adresse, par un dialogue 
plein de mouvement, de naturel et de vérité. C'est 
en juin 1778 que fut représenté Le Jugement de 
Midas et quelques jours avant la représentatimi, 



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Î39 



HALES — HALËVT 



140 



la plupart des clercs de procureur de Paris re- 
çurent le billet sniTant, imprimé : « MM. les 
clercs de procureur sont invités à siffler mer- 
credi prochain Le Jugement de Midas, pièce 
dans laquelle ils sont insultés. » Grétry, qui , 
dans ses Mémoires, rapporte cette anecdote, 
dit que ce ne fut que le lendemain de la pre- 
mière représentation que cet avis fut répandu 
dans la bazoche, et que la deuxième fut en effet 
un peu orageuse; que toutefois les clercs perdi- 
rent leur procès; — V Amant jaloux fut joué à 
la Comédie-Italienne, le 23 décembre de la même 
année 1 778 ; — Le$ Événements imprévus fu- 
rent représentés à Versailles, le 11 novembre 
1779, et à Paris le 13 du même mois. La partie 
lyrique des deux premiers ouvrages fut versifiée : 
Tune, par An^ume, souffleur de la Comédie- 
Italienne; l'autre, par Levasseur, ancien capi- 
taine de dragons. Grétry, qui nous apprend ces 
particularités , ne nous dit pas qui fit les vers 
des Événements imprévus. 

Ruiné, ainsi que nous l'avons déjà dit, par son 
amour excessif des plaisirs , et plus encore par 
sa passion désordonnée pour une femme qui 
lui dépensa le reste de sa fortune. Haies passait 
sa vie au café du Caveau ( depuis café de la Ro- 
tonde ), quand il ne la passait pas au For-1'Évèque. 
Cependant , quelque déplorable que fût sa posi- 
tion , puisqu'il en était réduit , pour ainsi dire, 
à n'avoir pas de vêtements , elle ne put jamais 
altérer en rien la fiert^ de son âme. Sa conte- 
nance, sa tranquillité semblaient dire, selon 
Grétry : « Je suis homme ; que peut-il me man- 
quer? » Haies parlait peu, et n'approuvait ja- 
mais que d'un signe de tête. Lorsqu'on racon- 
tait en sa présence quelque histoire connue , il 
interrompait en disant d'un ton sec : « C'est im- 
primé. » «On l'a accusé d'avoir été un modèle 
d'ingratitude; et s'il faut en croire les anecdotes 
que Grétry rapporte, il est vrai , dans IMnten- 
tion de le disculper à cet égard , ce reproche, 
au contraire, ne serait pas dénué de fonde- 
ment. 

Haies composait lentement , et , à l'instar de 
Crébillon le tragique, il ne jetait rien sur le pa- 
pier qu'il n'eût dans sa tête l'ensemble de son 
ouvrage. Outre les trois pièces 'que nous avons 
citées, il a composé Gilles ravisseur, parade 
jouée aux Variétés- Amusantes, et que nous avons 
revue de nos jours arrangée en opéra-comique. 
La correspondance de Grimm renferme aussi de 
Haies un conte intitulé : Le Roman de mon oncle. 
Peu de temps avant sa mort, il s'occupait d'une 
nouvelle pièce qu'il avait hâte de terminer, parce 
qu'il lui tardait de partir pour Venise. On sait 
que c'était pour y aller rejoindre la signora 
Blanchi, actrice de la Comédie-Italienne, dont il 
était devenu passionnément amoureux. Il n'exé- 
cuta aucun de ces projets; car il mourut presque 
subitement , tenant entre ses mains le Livre des 
Postes. Ed. DE Manne. 

La Harpe, Cours de Littérature. — Almanaeh de$ 



SpêùfaOêt, vm. — OftauD, Cùrrêipmidaiii^ - Mêrtmt 
de Francct de nsi. — JUémoircM de Grétrp. 

HALBS (Alexandre le). Voy. ^^exândre de 
Hàles. 

*aALETi-EPFBNDi {Asmizadeh)t inagistrat 
et poète turc, né en 977 de l'hégire (1569 de 
J.-C.), mort le 26 schaban 1040 (31 mars 
1631). Il était fils de Asmj-Effendi, précepteur de 
Mohammed UL Après avoir étudié le droit , il 
fut, à l'âge de vingt ans, nommé professeur à 
l'école de Hadji-Khathoun. Entré ensuite dans 
la magistrature , il fut juge inférieur dans une 
douzaine de localités différentes , et devint juge 
suprême d*Anatolie(1622),puisde Roumélie. On 
a de lui un Dituan, ou recueil de poésies déta- 
chées; — Saki-Nameh (Livre de l'échanson), 
poème; — Inschci, recueil de lettres fort estimé. 
Il annota la plupart des 4,000 volumes qui com- 
posaient sa bibliothèque. M. de Hammer a tra- 
duit quelques-unes des poésies de Haleti. 
E. Beauvois. 
De Hammer, Gesch. der Osmanischen Diehtkunst, 
ni, iik'fiit. 

J HALÉTT {JacqueS'FrûnçoîÉ' Frmnental- 
Élie), compositeur dramatique françtU, né i 
Paris, le 27 mai 1799, de parents israâites. Il fut 
admis dès Tâge de dix ans dans l'uiie de» classes 
de solfège du Conservatoire de Musique. Il entra 
ensuite dans la classe de piano de Oharles Lambert, 
et apprit l'harmonie dans celle de BflrtoB. Douédes 
plus heureuses dispositions, il se lit bientôt re- 
marquer par la rapidité de ses progrès; mais sa 
vocation pour la composition l'emporta décidé- 
ment. Chembini , dont il devint l'élève favori, 
l'initia aux mystères de la science, et en 1819 
le premier grand prix de composition musicale 
lui fut décerné an concours de l'Institut pour sa 
cantate û'Herminie. Avant de partir poar Rome, 
où l'appelait sa qualité de pensionnaire de l'A- 
cadémie des Beaux-Àrts, le jeune artiste fut 
chargé de mettre en musique, k Toccasion de la 
mort du duc de Berry, le texte hébreu du Dt 
profundis ; il écrivit aussi la partition d'un opéra 
intitulé Les Bohémiennes, qui ne fut pas repré- 
senté. Il profita de son séjour à Borne pour y 
étudier, sous la direction du savant abbé Baioi, 
les œuvres des grands maîtres de l'ancienne 
école italienne, et, après deux années d'absence, 
il revint à Paris. M. Halévy, dont les efforts 
étaient dirigés vers le théâtre , eut alors à subir 
les rudes épreuves qui attendent les composi- 
teurs à leurs débuts, il obtint les poëortes de Pyg- 
malion, grand opéra, et des Deux Pamllons, 
opéra-comique; mais après en avoir composé la 
musique, il employa vainement plusieurs an- 
nées à en solliciter la représentation. Enfin, en 
1827, il réussit à faire jouer au Théàtre-Feydeao 
V Artisan, opéra comiqueen un acte, auquel suc- 
céda , l'année suivante, Le Roi et le Batelier, 
pièce de circonstance, composée encollaboratioo 
avec Rifaut, pour la fête du roi Charles X. Ëo 
1829, M. Halévy, qui depuis quelque tempe d^ 
avait été nommé pianiste-accompagpateiir d« 



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141 



HALÊVT 



149 



TYiéâtre-ItaKen de Paris, donna sar eette scène 
Clmi, opéra en trois actes. M™" Maltbran y rem- 
piisKait le rôle principal ; ce fut une bonne for- 
tune pour le compositeur. La partition de Clari 
cooteDait d'aiUenrs plunienrâ morceaux remar- 
quables, qui annonçaient un artiste destiné à se 
placer un jour au premier rang. Get onTrage 
obtint on succès de vogue, qui se soutint pendant 
longtemps; i] en ftit de même da Dilettante 
d'Avignon, pièce pleine de verve et de gaieté, 
représentée dans le courant de la même mnée 
àrOpéra-Ck>mique, et à partir de ce moment 
les obstacles que le musicien avait rencontrés 
sar sa route commencèrent à s'aplanir. Dans 
les premiers mois de 1830, M. Halévy quitta 
l'emploi qu'il occupait au Théâtre-Italien pour 
entrer comme cbef du chant à POpéra, et écrivit 
la musique du ballet de Manon Lescaut. On 
se rappelle encore le curieux épisode de cette 
pièce qui nous montrait le ballet mythologique 
tel qu'on l'exécutait en 1735 à TAcadémie royale 
de Musique, avec les bergers et les bergères en 
tonnelets, l'Amour en culotte de satin, les fleuves 
en robe de chambre de brocard d'argent avec 
les poches pleines de roseaux, et leurs tricornes 
chargés de nénuphars aux fleurs blanches. Parmi 
les autres ouvrages que M. Halévy produisit 
vers la même époque, nous citerons La Tento- 
/io/i , ballet- opéra en cinq actes; — Les Souve- 
nirs de LafleuTy opéra comique composé, en 
1S34, pour les représentations données par Mar- 
tin avant la retraite définitive de cet aotear, et 
Ludovic, opéra-comique en deux acte^. Hérold, 
que la mort venait d^enlever à l'art, avait laissé* 
inachevée la partition de Ludovic ; M. Halévy 
fbt chargé de la terminer, et s'acquitta avec un 
rare bonheur de cette tâche difficile, qui iiyouta 
encore à sa réputation. Ce fut alors qu'il écri- 
vit Za Juive, opéra en cinq actes, paroles de 
M. Scribe , qui Ait représenté au mois de février 
1835. L'administration de l'Académie royale de 
Musique comptait sur cette grande et belle pro- 
<iuction, pour la mise en scène de laquelle elle 
aTaitdépenséla somme énorme de 1 50,000 francs : 
ses espérances ne furent pas déçues ; le nouvel 
opéra, admirablement interprété par Nourrit, 
Levasseor, Lafond , M°"* Falcon et Dorus, mit 
)o sceau à la renommée du compositeur, et mal- 
?x^ les vives et nombreuses critiques dont il iiit 
I ohjet , n'en obtint pas moins un succès euro- 
p<'en. Six mois plus tard, la musique élégante et 
légère de VÉclair, contrastant avec le style 
noble et élevé de La Juive, était accueillie avec 
autant de faveur par le public de TOpéra-Gomique, 
et le gouvernement payait lui-même un juste 
Iribut d'hommage an talent du musicien, en 
nommant M. Halévy membre de la Légion d'Hon- 
neur. La carrière était largement ouverte devant 
le compositeur; cependant ce ne fut qu'au mois 
de naars 1838, et après deux ans et demi de si- 
lence, qu'il repamt sur notre grande scène ly- 
rique par Guido et Ginevra , opéra vempli de ' 



sHoations dramatiques, dont la partition, écrite 
de main de maître, valut à son auteur un nou- 
veau succès. Depuis lors M. Halévy a donné 
successivement, tant à l'Opéra qu'à ropéra-Ck>- 
mique, un grand nombre d'ouvrages, parmi les- 
quels on distingue particulièreinent La Reine de 
Chypre ; — Charles VI ; — Les Mousquetaires ; 
— Le Val d? Andorre; — La Fée aux roses; 
Le Juif errant , et Valentine d^Aubigné, 

Formé à l'école des grands maîtres, dont U pos- 
sède la tradition , M. Halévy, profitant de l'ex- 
périence et des choses acquises, a suivi les pro- 
grès de son art en y concourant lui-même et 
sans perdre de vue que cet art, dans ses déve- 
loppements et dans ses moyens , n'a d'autre but 
que celui d'émouvoir. On rencontre à chaque 
pas dans ses œuvres dramatiques des beautés de 
premier ordre; mais sa partition de La Juive 
est généralement considérée comme son chef- 
d'œuvre. La Juive nous semble en effet résu- 
mer, dans le genre sérieux, comme V Éclair et 
Les Mousquetaires , dans le genre gracieux et 
léger, les plus remarquables qualités du compo- 
siteur. Rien ne pronve mieux ce quMl y a de sou- 
plesse et de variété dans son talent, de science 
dans son style, de ressources dans son imagina- 
tion. Nul mieux que lui ne sait tirer parti d'une 
Idée première, la développer et arriver aux 
grandes péripéties en augmentant progressive- 
ment l'intérêt; nul ne possède mieux l'art de ma- 
nier les grandes masses vocales et instrumentales, 
et l'art, tout aussi difficile , de relever les plus 
petits détails par de riches et piquantes harmo- 
nies, tout en restant fidèle à cette élégance cor* 
recte et de bon go<lt qui ne labandonne jamais. 

En 1A33, M. Halévy a été nommé professeur 
de composition au Conservatoire, en remplace- 
ment de M. Fétis ; en 1886, l'Académie des Beankr 
Arta de l'Institut Ta élu au nombre de ses mem* 
bres en remplacement de Reicha, et l'a nommé 
son secrétaire perpétuel , en 1854, à la mort de 
Raoul Rochette. L'Académie des Beaux- Aitè ne 
pouvait faire un meilleur choix ; car M. Halévy 
est non-seulement un de nos plus éminents mu- 
siciens, mais il a prouvé, par un grand nombre 
d'articles et de rapports, qu'il est encore un écri> 
vain aussi spirituel qu'érudit. 

L'œuvre dramatique de M. Halévy se compose 
Jusqu'à présent de trente-et-un opéras, savoir : 
Les Bohémiennes, grand opéra ( 1819); — Pyg- 
malion, id. (1823); -> Les deux Pavillons, 
opéra-comique ( 1824) ; ces trois ouvrages n'ont 
point été représentés ; » L'Artisan , opéra-co- 
miqueen un acte, auThéâtre-Feydeau ( 1827 ) ; — 
Le Roi et le Batelier, [>ièce de circonstance ep 
un acte , en collaboration avec Ri faut, représentée 
au même théâtre à l'occasion de la fête du roi 
Charles X (1828); — Clari, opéra en trois 
actes, au Théâtre-Italien ( 1829 ) ; — /-e Dilet- 
tante d* Avignon, un acte, au Théâtre-Feydeau 
( 1829 ) ; — Manon Lescaut, ballet en trois actes, 
à l'Opéra ( 1830) ; - Yella, opéra-comiqna api 



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148 HALÉVY 

un acte, mis ea répétition an Théàtre-Fe^deaa, 
mais non représenté , par suite de la fermeture 
momentanée de ce théâtre (1830); —La 
Langue muficaZe, un acte, au même théâtre 
( 1831 ) ; — Xa Tentation^ Isallet-opéra en cinq 
actes, en collaboration avec M. Gide, à l'Opéra 
( 1832 )\'~ Les Souvenirs de Lafleur, un acte, 
à ropéra- Comique, pour les dernières représen- 
tations de Martin (1834); — Ludovic^ deux 
actes au même théâtre; M. Halévy a terminé cet 
ouvrage commencé par Hérold, qui en avait com- 
posé l'ouverture et les quatre premiers mor- 
ceaux; — Za/zrfDC,cinqactes,àrOpéra(1835); 

— V Éclair, trois actes, à l'Opéra-Comique 
(1^35); — Guido et Ginevra, ou lapeMe de 
Florence, cinq actes, à l'Opéra ( 1838); — Les 
Treize, trois actes, à l'Opéra-Comique ( 1839) ; 

— Le Drapier, trois actes, à l'CFpéra ( 1840) ; — 
La Reine de Chypre, dnq actes, id. (1841); 
— Le Guitarrero, trois actes, à l'Opéra-Comique 
( 1841 ); — Charles VI, cinq actes, à l'Opéra 
(1343); — Le Lazzarone, deux actes, id. 
(1844); — Les Mousquetaires, trois actes, à 
l'Opéra-Comique ( 1846 ) ; — £e Va/ d'Andorre ; 
trois actes, id. ( 1848 ) ; — Za Fée aux roses; 
trois actes, id. ( 1849) ; — La Dame de pique; 
trois actes, id. (1850).; — La Tempesta, opéra 
en trois actes, représenté au Théâtre-Italien de 
Paris, en 1851, et* composé pour Londres, oii il 
avait été joué précédemment; — Le Juif er- 
rant, cinq actes, à l'Opéra (1852); — Le Na- 
bab, trois actes, à l'Opéra-Comique (1853),'; 

— Jaguarita, trois actes, au Théâtre-Lyrique 
( 1855) ; — Valentine d*Aubigné, trois actes, à 
l'Opéra-Comique (1856). M. Halévy a écrit 
ea oiiivQ Prométhée enchaîné, scènes d'après 
Eschyle, paroles de M. Léon Halévy, exécutées 
pour la première fois.au Conservatoire de Mu- 
sique par la Société des Concerts, le 18 mars 
1849; — Les Plages du Nil, cantate avec 
chœurs; — un grand nombre de romances, noc- 
turnes, etc. — Il existe aussi de ce compositeur 
de remarquables morceaux de musiquereligieuse, 
parmi lesquels se trouve son De profundis en 
langue hébraïque, écrit en 1820, à Toccasion de 
la mort du duc de Berry. — L'académie lui de- 
vra la publication de son Dictionnaire des 
Beaux-Arts, auquel elle travaille depuis quarante 
ans , et dont la première livraison doit paraître 
en 1858. 

Dieudonné Denne-Baron. 

Documents iné(UU.\ 

;«ALÉVT (Léon), littérateur français, frère 
du précédent, né à Paris, le 14 février 1802. Bien 
jeune encore, il révéla sa vocation poétique par 
une traduction des Odes d'Horace, regardée 
dès son apparition comme la meilleure entre les 
nombreuses versions de ce poëte, dont la conci- 
sion harmonieuse, les images brillantes et leurs 
nuances délicates sont demeurées insaisissa- 
bles pour ^es nombreux interprètes. Les idées 
justes, et profondes mises en relief par Horace 



144 

éveillent le désir de se le» tppoopner; mais sa 
poésie enchanteresse est comme .une tiqueur 
exquise, dont le parfum s'évapore en la transva- 
sant. Après les nombreux essais d'écrivains re- 
marquables, M. Halévy entra dans la lice, et fixa 
l'attention publique. Les lettres étaient alors res- 
pectées d'un public qui résistait encore à la dé- 
pravation de l'art et du goût. L'un des plus di- 
gnes arbitres de la littérature , l'auteur de V His- 
toire de Venise, prosateur et poëte, le comte 
Daru, traducteur lui-même des Odes d'Horace, 
mais trop au-dessus d'une envieuse rivalité, 
s'empressa de rendre justice à son jeune émule. 
La voix aimée et respectée du célèbre académi- 
cien , l'ascendant de son mérite et de son noble 
caractère, confirma le succès du nouveau tra- 
ducteur, qui promettait à la France un poëte 
déplus. M. Halévy, après phisieurs éditions des 
Odes, publia un petit poème de circonstance, 
La Peste de Barcelonne (1). Prenant un moment 
la plume du prosateur, il entreprit le Résumé de 
Vhistoire des Juifs anciens , publié en 1827. 
L'année suivante, il donna le Réiumé de VhiS' 
toiredes Juifs modernes. Bientôt parurent, soos , 
le titre de Poésies européennes, des imitations , 
en vers français de la plupart des œuvres choi- | 
sies des plus grands poètes de l'Europe; puis , 
M. Halévy, abordant le théâtre, fit représenter, 
en 1839, au Théâtre-Français, Le Czar Démé- , 
trius, tragédie en cinq actes. A cette œuvre, fort ^ 
estimée, succéda le drame de Luther, composition , 
originale, touchante, et bien écrite. U donna à | 
plusieurs théâtres des pièces de différents genres, ^ 
toutes applaudies. Depuis , sous le titre de Im , 
Grèce tragique, il fit imprimer quatre tragédies, 
chefs-d'œuvre d'Eschyle, de Sophocle, et d'En- 
ripide. Le poëte français se montra digne de sa 
tâche difficile. Enfin, en 1853, U publia une version 
de Macbeth, qui avait été précédée d'un Recueil | 
de Fables, récompensé pjar l'Académie Fran- 
çaise. Voilà les principaux titres de ce littérateur, 
remarquable à la fois comme poëte, historien, 
auteur dramatique et fabuliste. En 1856, son 
dernier Recueil de Fables obtint un prix de l'A- 
cadémie. Auteur laborieux, tout entier livré à la 
méditation studieuse, étranger au savoir-Eaire 
des écoles, à ces espèces de compagnies d'assu- 
rance littéraire qui, se prêtant un mutuel appui, 
font retentir et briller quelques noms que la rai- 
son publique et le bon goût effacent le lende- 
main, M. Halévy, sûr d'avoir marqué sa trace 

(1) Au commencement de l'année 1815, M. Léon Halcv; 
devint l'ami, le dkclple et le collaborateur de Henri de 
Saint Simon. 11 écrivit rintroduction du livre qne pnblia 
ce dernier sous le Utre A'OpMons UUératret, phiUao- 
phiquei et induUrielles. De concert avec MM. Ottode 
Rodrlgues, Aug. Comte, ie docteur BalUy, de Blols, J-B. 
Duvergler. U aida Sâlnt-Slmon à fonder Le IhrodMcUur, 
premier organe de la doctrine «aint-almonleiuie. U a«iiU 
le maître à sea derniera momenta, et le si mai ins il 
prononça un dlacoura sur sa tombe. ( G Hubbard, 50(3^ 
Siman^ sa vie et ses travaux ; dana la BUfUotkitue dtt 
Sciences morales et poUtique» de GuUltanliit Farte, m, 
1 In-U, pages 100 à 111.) 



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145 



HALÊVY — HALHED 



146 



dans notre litlératare, enviroané des sufOrages 
(run public d'élite, satisfait des coaronnes aca- 
(Jémiqoes, attend sans impatience le joar où il 
eo déoenieia lui-inéme. De Porge&yillb. 

DocummUt partinaiert, 

HALFDÀH BMÀB80H. VOff. £lNABI. 

HALGia (Emmanuel) f amiral français, né à 
DoBges (Bretagne), le 31 décembre 1771, mort à 
Pam,le 20aTril 1852. Son père était ayocaiaii par- 
lement de Bretagne et sénéchal de Donges. A l'âge 
de seize ans. le jeune Halgan s'embarqna comme 
Tokmtaire dans la marine royale. Il fit ensuite 
quelques voyagesau longcoars, sur des navires de 
commerce, enqualitédelieutenantetde second ca- 
pitaii]e.£n 1793 il était offider abord du Ctcrietix 
lorsque ce brid^ de guerre fut pris par une fré- 
gate anglaise. De retour en France, il passa sur 
le Taisseau le Terrible et sur divers bâtiments, 
St comme enseigne et comme lieutenant plu- 
sieurs croisières, et reçut en 1798 le commande- 
ment du brick VArétkuse, Se trouvant en 1799 
sur les côtes de Portugal , il combattit contre 
on vaisseau de 74 canons, et ne se rendit que 
lorsque son navire fut démâté. En 1800 Halgan 
arma la frégate La Clorinde , et fit la campagne 
de Saint-Domingue en second sur cette frégate. 
Rereno en France , il reçut le commandonent 
du bride L*Épervier : le jeune JérOme Bona- 
parte servait sous ses ordres, en qualité d'en- 
seigne. A La Martinique, Halgan prit le comman- 
dement de la corvette Le Berceau , revint en 
France, et repartit, en 1803, sur le même bâti- 
ment poar porter dans les mers de l'Inde Tan- 
nonce de la guerre avec FAngleterre. Trouvante 
i'ile de France Tescadre de l'amiral Linois, il 
^ la suivit dans les mers de la Chine, et s'empara 
chemin faisant du navire anglais Countess of 
Sutherland. Le 3 décembre, il détruisit, de 
concert avec le capitûne Motard , commandant 
La Sémillante, les établissements de PuUo-Bay, 
près de Bencoulon, sur les c<nes de Sumatra, 
ainsi que les bâtiments réfugiés dans ce port. 
Haigan détermina l'amiral Linois à passer par le 
détroit de Gaspard pour se rendre dans les mers 
de Chine. L'escadre rencontra le convoi anglais, 
et l'attaqua, mais ce fut sans succès. Après une 
longue croisière, pendant laquelle on avait fait 
no grand nombre de prises^Halgan, devenu capi- 
tainede frégate, revint en Europe, et fut chargé du 
commandement de La Cybèle ; mais au moment 
de partir il reçut l'ordre de passer sur le vais- 
seau Le Vétéran, pour le commander, sous les 
ordres du prince Jérdme,qui désirait avoir 
pour second Toffider qui l'avait initié au métier 
de la mer. Ce vaisseau, qui faisait partie de l'es- 
cadre commandée par le contre-amiral Willau- 
mez, alla jusqu'en vue du cap de Bonne-Espé- 
rance; mais on n'aborda pas, parce que les 
Anglais venaient de s'emparer de cette colonie. 
Pendant cette campagne Halgan fut nommé capi- 
tainede vaisseau. Il commandait la frégate X'if or- 
iense, à l'affaire des brûlots en rade de l'Ile 



d'Aix/ en avril 1809, et ce bâtiment, grâce à 
l'habileté de son capitaine, fut un de ceux qui 
échappèrent à ce désastre. En décembre 18i3, 
Halgan défendit Hdvoet-Sluys (Hollande) avec 
trois faibles compagnies de marins* et une por- 
tion des équipages de sa flottille contre plu- 
sieurs milliers d'insurgés hollandais. L'ennemi 
fîit vigoureusement repoussé. Mais les progrès 
des alliés forcèrent bientôt les Français à évacuer 
les places de la Hollande. Halgan détruisit, avec 
trop de précipitation peut-être, la flottille de la 
Meuse dans le port de Wiilenstadt, et avec ses 
équipages il opéra sa retraite sur Anvers. Lors 
du bombardement de cette place en 1814, il fut 
chargé du Commandement des bassins, et con- 
tribua à préserver de l'incendie les vaisseaux qui 
s*y trouvaient, ainsi que les établissements de la 
marine. 

Après le rétablissement de la paix, Halgan , 
commandant le vaisseau Le Superbe, fut chargé 
d'une mission aux Antilles françaises. 11 com- 
manda ensuite, à diverses époques, des divisions 
navales dans les mers du Levant et de l'Amé- 
rique jusqu'en 1819. Promu contre-amiral, il fut 
nommé aussitôt aprèà directeur du personnel au 
ministère de la marine. Il quitta cet emploi pour 
aller commander une escadre dans le Levant, mais 
il le reprit en 1824, et fut nommé conseiller d'État. 
Envoyé à la chambre des députés en 1819, par le 
département du Morbihan, il continua à y siéger, 
sur les bancs ministériels, jusqu'en 1830. Nommé 
vice-amiral le 13 septembre 1829, il perdit sa 
place au conseil d'État à la révolution de Juillet. 
En 1831 il présida la commission des signaux de 
marine , et plus tard la commission de surveil- 
lance de l'école navale. En 1834 il fut envoyé 
comme gouverneur à La Martinique. En 1837 il 
fut créé inspecteur général des ports de l'Océan, 
paûr de France, et directeur du dépôt des cartes 
et plans de la marine. Placé dans la deuxième 
section du cadre de l'état-major de l'armée na- 
vale le 24 juin 1841, il quitta en 1846 les fonc- 
tions de directeur général du dépôt des cartes et 
plans de la marine, et vécut depuis lors dans la 
retraite. L. L— t. 

Sarrat et Salnt-Edme, Biog, des Hommêt du Jour, 
tome IV, I" ptrUe, p. W7. - Rabbe, Vlellh de Bob)»- 
llI^et Salflte-PreuTe, Biogr. univ,etport, des Contem- 
porains, 

HALHED (Nathaniel Brassbt ), orientaliste 
anglais , né en 1751, mort en 1830. Il fut élevé à 
l'école d'Harrow, et devint officier dvil dans la 
Ck>mpagnie de l'Inde orientale au Bengale. Sous 
le patronage d'Hastings , il publia plusieurs livres 
destinés à favoriser les rapports entre la nation 
conquise et le peuple conquérant. De retour en 
Angleterre, il fut élu membre de la chambre des 
communes pour le boui*g de Lymington. A l'é- 
poque de sa mort,Halhed était depuis longtemps 
dans un état d'aliénation mentale. On a de lui : 
A Grafnmar ofthe Bengal Language; Hoogly 
(dans le Bengale), 1778, in-4'; — A Narrative 
of tbe fivents which . hâve happened in 



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147 



HALHED 



Bombay and Bengal relative to the Mahratta 
Empire sincejuly 1777; 1779, in-8";— Imita- 
tions of the Epigrams qf Martial , in four 
parts; 1793-1794, in-4*»; — Testimonies to the 
authenticity of the prophecies of Richard 
Brothers, and of his mission to recall the 
Jews; 1795, m-8". Halbed rapporta «ne pré- 
cieuse collection de manuscrits orientaux qu'il 
vendit au British Muséum. Z. 

Rose, Jfew gênerai Biographicat DteMonary*— Rabbe, 
Biographie univ. des Contemp, 

HALI-BASCHA ABBAS. Voy. AU*Pa8CBA 

Abbas. 

; HAL1BITRTON ( Thomos Chandier ), écri- 
vain humouristique anglo-américain contem- 
porain, né vers 1792, dans la Nouvelle-Ecosse. 
Après avoir exercé la professiond^avocat àHalifax, 
il fut nommé en 1842 juge du tribunal suprême 
de la Nouvelle-Ecosse, sa contrée de prédilection. 
En 1829 il avait publié à Halifax An historieal 
and statistical Account of Nova SeoUa; 2 vol. 
in-8«. Une série d'articles communiqués par lui 
à un journal d'Halifax, sous le pseudonyme de 
Samuel Slick, ayant attiré l'attention publique, 
il les réunit, et les fit paraître, en 1837, avec des 
corrections et des additions , sous ce titre ; The 
Clockmaker, or sayings and doingsof Samuel 
Slick 0/ Slickville. Le succès de cette œuvre 
i^engagea à continuer, et en 1838 il donna un nou- 
veau volume, suivi d'un troisième en 1840. Dans 
ce livre il décrif les particularités du caractère et 
du dialecte du commerçant voyageur des États de 
la Nouvelle- Angleterre, spéculateur, rusé , plein 
de lui-même et entreprenant, pratiquant toutes 
sortes d'expédiants et observant avec sagacité 
toutes les choses qui se passent devant et autour 
de lui. L'exactitude minutieuse des descriptions, 
tin grand sens pratique, joint aune fine humour 
et de plaisantes comparaisons, toutes exprimées 
dans le dia)ecte des Yankees, rendirent cette pu- 
blicatioq extrêmement populaire en Angleterre 
aussi bien qu'en Amérique. Une visite que M. Ha- 
liburton fit plus tafd à l'Angleterre lui fournit l'oc- 
casion de mettre ses propres observations et ses 
remarques sur 1q coippte de son ima^naire horlo- 
ger américain; et pour décrire la vie do la haute 
société comme celle des classes inférieures de 
la Grande-Bretagne , il attacha Samuel Slick à 
l'ambassade américaine à Londres; de là The 
Attaché f or Sam. Slick in England, by thp 
author of the Clochmaker ; 1 843, 2 vol ; suivis 
plus tard de deux autres. Dans The old Judge, 
or life in a colony, 1849, 2 vol. in-8", il reportp 
la scène dans U Nouvelle-Ecosse , et montre les 
manières , les coutumes et le dialecte particulier 
de cette colonie, avec le même bouquet d'Awnowr 
que dans sa première œuvre. Celle qui vint en- 
suite est d'un autre genre, et a eu moins de suc- 
cès. Elle a pour titre : The English in Ameri- 
ca; 1851, 2 vol. in-8° : cette histoire des pre- 
miers colons de la Nouvelle-Angleterre , prin- 
dpalement du Massachusetts, renferme une 



— HALKET 148 

violente dissertation politique contre îcs prin- 
cipes démocratiques et puritains des colons, 
avec une narration impartiale du progrès de ces 
établissements. Les Traits of American Hu- 
mour, 1862, 3 vol. in-8°, se composent d'une 
collection de productions fugitives et d'écrits di- 
vers qui avaient paru depuis 1839 dans les jour- 
naux de New-York, de Baltimore, etc. Dans 
Sam. Slicf^s toise saws and modem instan- 
ces , orwhat he said, did , or inventée , 1853, 
2 vol. in-8*, et dans la Nature and human 
nature, 1855, 1 vol. in-8*, on retrouve la 
même fiinesse d'observation, la même humour 
et le même langage yankee que dans les œuvres 
précédentes ; mais les choses les plus i amu- 
santes , trop souvent répétées , engendrent Ten- 
nui. Aucune des narrations d'Haliburton n'a dn 
reste un plan nettement arrêté; on y rencontre 
bien de resprit , mais on y chercherait en vain 
cette douce émotion , ce tendre intérêt qu'excite 
une histoire dramatique bien racontée. 

W. 
The Briti9h Cyclopaedia. - pfmqfthe Tiwus. 
akhlVAJL (Georges). Voy. Savilb. 
HALIFAX (Charles), Voy» Hotataigv. 
IIAUB8CH ( Friedrich^ Ludwig ), poëte alle- 
mand, né à Vienne, en 1802, mort ^ l^ilan, le 
le mars 1832. il étudia le droit, pntra comme 
employé au ininistère de la guerre, et obtint plu» 
tard une place d^ins l'administration du royaume I 
de la Lombardie. On a de lui : Petrarca, 
poëme épique ; Leipzig , 1&%3; — Die Demetrier 
(Les Démétritts), tragédie; Lejpxig, 1824; — 
Novellen und Gesckùihten (NouveUes et 
Contes ) ; Brûna, 1827 ; -— Der Morgan au/ Ca- 
pri ( Une Matinée h Capri ) ; Leipspg , 1829 ; — 
Dramaturgische ^Msam (Esquisses drama- 
tiques); Leipzig, 1829, a vol.; — Erinnerun- 
gen an den Schneeberg, in 40 Heiselnldem i 
( Souvenirs de voyage an Schneeberg, en 40 ta- 
bleaux); ibid., 1830. M. SeilcJapulHié le^ écrite 
posthumes de Halirsoli (litert^iscàer Na- 
eblass ; Vienne , 1840, 2 yol. ). V-.41. 
Corw.-LetiJUm. 

* HALKET (Lady Anne), dame savante an- 
glaise, née à Londres, en 1632, morte en 1699. Elle 
était fille de Robert Murray, précepteur de Char- 
les I*"" et plus tard prévôt dû collège d'Eton. Sa 
mère était sous-gouvernante du duc de Gloo- 
cester et de la princesse Elisabeth. Ses études 
favorites furent la théologie et la médecine. Elle 
acquit même une connaissance familière de cette 
dernière science , et devint assez habile dans la 
pratique de la chirurgie pour être consultée par 
les premiers personnages de la cour. Fidèle 
royaliste, elle souffrit pour la cause de Charles f^. 
En 1656, elle épousa sir James Halket, donteUe 
eut quatre enfants. Pendant sa première gros- 
sesse, craignant de ne pas survivre à son aooou- 
chement, elle écrivit un traité intitulé : Tkê 
Mother's Willto the unborn child. On a publié 



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149 



HALKET -* HALL 



IM 



d'après MS ■MnoMifli «n v^kam^ de Méditth 

<to»i; É^imboargta, laoi. Z. 

Oulmen, Hé» ggnerai ëiogpaphieéi Dte$ianmnf' 
HALL (Edouard^, histoneo aogiais, vivait 
dans la première moitié du seizième siècle. On 
possède peu de détails sur sa vie, qui ne ptral^ 
aroir rien offert de reroan^uable. Il écrivit le ré- 
cit des guerres civiles entre les partisans de Ja 
maison de Lancastre et ceux delà maison d*Yoirfc, 
et il l'intitula : The Union 0/ the two noble F»' 
milies of Lancastre and Yorke, beeyng long 
t» eontiMual disMenafon fort ihe cnmne ofthis 
reaime; cette histoire commence au règne 
d'Henri lY, et s'étend iosqa'à celui d'Henri Vlir ; 
un anciee bibliograptie a mentionné une édition 
datée de 1642, dont l'existenoe a été révoquée en 
doute, nul eiemplaire n'en ayant été rencontré 
jusqu'à présent; rfmprimeor Gnifton continua 
/'ouvrage de H0U jusqu'à la mort d'Henri VUl, 
et l'imprima en 1548 ; on trouyedes exemplaires 
qui portent la date de 1560, et parmi ceux qui 
sont datés de 1648 00 remarque des difTérences 
assez sensibles. Les Anglais estiment cette relar 
tioo, qai est écrite sans talent, mais qui renferme 
des renseignements utiles. G. B. 

Mbdm, Ttpogra^Meml JntiQUities, t. III, p. Mt. * 
Doetear Peggn , jénonfmiana , 1 809, p. 1 et «s. — Bi' 
btiotheea Ctêtwiliana, p. 196. 

H4LL (Richard)^ controverstste anglais, né 
vers 1540, mort en 1604. Il fut élevé au coll«*ge 
du Christ à Cambridge ; mais comme il profes- 
sait la religion catholique , il dut quitter l'uni- 
Tereité en 1672. Il se rendit à Douay, et de là en 
Italie. De retour à Douay, il y professa la théo- 
logie dans le collège des Anglais. Il devint suc- 
cessivement chanofaie de Saint-Géry de Cambray, 
puis de I4 cathédrale de Saint-Omer, et enfin 
officiai du diocèse. Il publia quelques ouvrages 
de controverse, entre autres : De piHmariit 
Causia Tfimultuum Belgicorumjl^oiïSiY, 1681^ 

- De çtiiff que-par tita Conscientia j Douay , 
l.)98, in-*** j ipais il est principalement connu par 
^\ Life of pishop Ffsher, publiée sous le nom de 
Bailey. Cet oqyragie, laissé maiiuscrit par Hall, et 
conservé cqmipe une rareté dans la bibliothèque 
l^s bénédictin^ anglais de Dieuvirard en Lorraine, 
fut plusieurs fois copié. Une de ces transcriptions 
tomba entre les mains de Thomas Bailey, (ils de 
Sailey ou Baily , évêquede Bangor.T)iomas Bailey, 
ijui était catholique romain ^ vendit son manus- 
■rit h un libraire, et celui-ci Timprima sous le nom 
lu vendeur; Londres, 1655, in-8°. Coxeter en a 
lonn<i une nouvelle édition ; Londres, 1 739, in-l 2 ; 

- ia Vie de Pévéqiie Fisher est un ouvrage in- 
^ressant, rédigé sur des documents authentiques. 

Z. 
Dodd, Chureh Histarp. — Chalmers, General Biogra- 
bical Dietionarp. 

HALL ( Joseph) y prélat et moraliste anglais, 
é le l'*^ joiilet 1.574, à Bristow-Park (comté 
e Leicester) , mort le 8 septembre 1656. Il 
Dt étudiant puis agrégé au collège Emma- 
loel à Cambridge. Après y avoir professé la 



rhétorique et s'être ùSi eomattro ptr des poé- 
sies saÉirii|inB«ftmoralçs, il entra dan» lesordres» 
«t devint reetenr de Haléted, dans dans le comté 
de Suffolk. En 1606 il aocoropagna sir Edmond 
Bacon aux eanx de Spn, et il soutint dans cette 
rille une discnssion poMique contre un jésuite. 
Son zèle fioar la reli^on imvtestante lui valut 
à son retour ia plane de ohapelain de Henry» 
prinee de Galles. En 1619 il obtint la core de 
^altham dam le oomté d^sex, et en 1616 U 
fut nommé chapeWn de lord Donoaater, arnicas- 
sadeur anglaisa Pnrit» Pendant son séjour sur le 
continent , il fut prmnn à la dignité de doyen 
de Worcester. Bn 1618 il asaista avec plusieurs 
prélats anglaisau synodn de Dordrecht, et eomme 
sa santé le rappela en Angleterre» cette assemblée 
iuidéoema, en. témoignage 4'Mtime, une mé- 
daille d'or. En 1634 il refusa l'évèché de Glou- 
oeater, et en 1627 il aocepta celui d'Ëxeter, 
tout ^ gardant le rectorat de Saint-Breock , en 
Comooailles. Vers cette époque, il fut soup* 
çonné, mais à tort, de favoriser les puritains. 
S*ll refusa d'adopter dans son diocèse les me- 
surées vk)lenfes que l'archevêque Laud em- 
ployait contre eux, il ne fut pas moins que Laud 
lui-même un zélé défenseur de l'épiscopat. Il 
consacra à cette cause tout son savoir de théo- 
logien, toute sa dextérité de controversiste. Le 
15 novembre 1641 il fut transféré sur le siège 
épiseopal de Norwich. Le ID décembre de la même 
année il protesta avec l'archevêque d'York et onze 
autres prélats contre la validité de toutes les lois 
Totées en leur absence du parlement , et en con- 
séquence il fut arrêté, et conduit à la Tour le 
30 janvier 1642- Il comparut peu après devant le 
parlement, sous rincolpation de haute trahison, 
â fut acquitté ; il ne recouvra cependant sa li- 
berté qu'au mois de juin suivant, en fournissant 
une caution de 5,000 livres sterl. 11 revint à 
JJfprvinch , et reprit ses fonctions épiscopales ; ce 
moment de répit dura peu. Au mois d'avril 1643 ^ 
le parti révolutionnaire, décidé à détruire la 
hiérarchie ecclésiastique, résolut de frapper tous 
les prélats qui y étaient les plus notoirement atta- 
chés. Hall rit ses revenus séquestrés ; lui-même 
essuya de mauvais traitements, et échappa avec 
peine aux fureurs de la populace, qui dévasta la 
cathédrale de Norwicb. Il se retira à Higham , 
près de cette ville , dans une petite ferme où il 
passa le reste de sa vie , à l'abri de la persécu- 
tion , remplissant ses devoirs de fidèle pasteur, 
et exerçant l'hospitalité et la charité autant que 
le permettaient ses faibles moyens. « 11 serait diffi- 
cile, dit Chalmers, de mentionner un prélat 
d'un plus excellent caractère , ou de trouver un 
personnage de son temps dont les talents et les 
souffîrances , le zèle dans la prospérité, et le cou- 
rage dans le malheur, méritent une mention 
plus honorable. » Son ouvrage le plus connu est 
intitulé : Virgidemiarum Liber, oraGathering 
qfHods; 1597-1098. C'est un recueil de satires 
en six livres; les trois premiers, que l'auteur ap« 



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ISl 



HALL 



152 



pelle<a<irei non mortfoN^es (tôôthless )roiileiit 
sur des sujets poétiques, académiques et mo- 
raux; les trois derniers contiennent les satires 
proprement dites, ou mordantes. Il y a de Tes- 
prit dans ses productions , et une certaine li- 
gueur de sentiment et d'expression ; mais elles 
manquent de légèreté et de grftce. I^ se repré* 
sente lui-même comme le plus ancien satirique 
anglais, prétention qui n'est pas absolument 
fondée; il est seulement le premier qui ait écrit 
des satires générales, et non pas dirigées contre 
certaines personnes. De nouvelles éditions des 
satires de Hall ont été publiées par Warton; 
Oxford, 1753, et par S.-W. Singer, 1824: Ses 
ouvrages de morale, dont plusieurs éditions at- 
testent le succès, consistent en méditations, 
épltr^, sermons , paraphrases des Écritures. Le 
style et le tour des pensées valurent à Hall le nom 
de Sénèque anglais. Ses Œuvres complètes ont 
été recueillies par Josiah Pratt; 1808, 10 vol. 
in-8'». Z. 

yie de HalL par laHnéme ; dans lea Specialities, — 
Biographia Britannica, — Johnson et Cbaloiers, £n- 
glish PoeU. 

HALL ( John ), poète anglais , né à Durham , 
en août 1627, mort dans la même ville, le 
1^' août 1656. Il acheva ses études à Tuniver- 
sité de Cambridge, et se rendit ensuite à Londres, 
où il erabrassii la profession d'avocat. Tout en 
plaidant ses premières causes, il écrivit des 
pamphlets favorables à la cause de la révolution, 
et qui attirèrent Taltention des parlementaires. 
Ceux-ci renvoyèrent en Ecosse auprès d'Obvier 
Cromwell, et lui donnèrent ensuite d'autres 
marques de faveur. Mais il s'abandonna trop II* 
breroent aux plaisirs. Sa santé s'altéra, et il 
retourna mourir dans sa ville natale,' à l'âge de 
vingt-neuf ans. On a de lui Horas vacivx, or 
Essayes; Cambridge, 1646 : essais poétiques 
qui dénotent du talent; — Poems by John 
Hall; Cambridge, 1646; — The second Boohe 
of divine Poems byJ. H.; Cambridge, 1646 ;— 
The Height of Eloquence ; Londres, 1652, in•8^ 
C'est la première traduction anglaise du Traité 
du Sublime de Longin; — Hierocles upon the 
golden Verses of Pythagoras; Londres, 1657, 
in-8*'. C'est une traduction du Commentaire de 
Hiéroclès sur les Vers dorés de Pylhagore; elle 
fut publiée avec une notice sur Hall par John 
Davis de Kidwelly. Plusieurs poésies de Hall sont 
insérées dans la Select Collection de Nichols. 

Z. 
*" V^ood, Athgnse Oxonientes, toI. I. — Cbalmers, Cène' 
ro/ BiograpMcal Dictlonarif. 

* HALL (Pierre-Adolphe) y pdntre en minia- 
ture suédois, né le 23 février 1739, à Boras, où 
son père était commerçant , mort à Liège, en 
1794. Après avoir fait ses études à Upsal et à 
Greifswald , il s'occupa de peinture, et reçut des 
leçons de Eckhard et de Reichard, peintres al- 
liMnands. A son retour en Suède, il travailla pour 
quelques grands seigneurs , et fit le portrait de 
Gustave III, 'alors prince royal; mais comme 



ses tidents n'étaient pas snifisammcnt appréciés 
dans sa patrie , il s'en éloigna, et jura de n'y plus 
revenir. La minime somme d'argent qu'il avait 
reçue pour le portrait de Gustave le mit en état 
de se rendre à Paris. Un Suédois , Alex. Roslin, 
pemtre de la cour, l'introduisit dans le monde. 
Hall fut nomkné peintre de la famille royale; 
lié avec La Fayette et Necker, il prit part à la ré- 
volution, et assista à la prise de la Bastille. Il 
suivit plus tard La Fayette en Flandre, et mourut 
dans la pauvreté, à Ljége. On conserve au châ- 
teau de Drottningsolhm quelques portraits au 
pastel que Hall exécuta vers 1760. Il mérita le 
surnom de Van Dyck en miniature. Marié avec 
une Française, il laissa deux filles, connues pour 
leur beauté. L'une d'dles hérita des talents de son 
père, et posséda, comme lui, l'art de rendre 
durable la couleur de ses tableaux. Bbauvois. 

Boye . Malare ^x.,p. 159. — Nagfer, Kûnstier-lxx,— 
Biogr. Ux.. VI, 8i.8«. 

HALL {Robert)^ prédicateur anglais, né eo 
1764, à Amsby ( comté de Lancastre ) , mort 
à Bristol , le 21 février 1831. Fils d'un pas- 
teur d'une congrégation de fiaptîstes, il fut élevé 
dans les principes de cette secte. Il fit ses études 
à Bristol, dans un établissement destiné spécia- 
lement aux jeunes gens qui se préparaient au 
ministère évangélique. Il passa ensuite quelques 
années au King's-College à Âberdeen. Âprèsy avoir 
pris ses grades universitaires, il revint à Bris- 
tol, où il fut coadjuteur du docteur Evans. Une 
courte atteinte d'insanité l'enleva à ses fonctions. 
Il les reprit aussitôt qu'il fut rétabli^ et devint 
en 1790 pasteur d'une congrégation de Cam- 
bridge, place qu'il garda jusqu'en 1816, époque 
où il éprouva une rechute. Il se rétablit , et une 
congr^jçation baptiste de Leicester le choisit pour 
pasteur. En 1825 il succéda au docteur Rylaud 
dans la charge de pasteur à Bristol , et de pré- 
sident de l'académie de cette ville. Hall se fit 
une grande réputation comme prédicateur ; mais 
il était plus distingué par l'élévation et la libé- 
ralité des sentiments que par l'originalité des 
pensées. Sa qualité dominante est ht forcé , et 
son éloquence, abondante et éclatante, n'est pas 
exempte de déclamation. On a de lui : Chris- 
tianity consistent with a love of freedom, 
being an answer to a sermon by the R. John 
Clayton; 1791, in-8'»; — An Apologyfor the 
freedom of thepress, and for gênerai liber ty, 
with remarks on bishop fforsley*s Sermon 
preached 3ist Jantuiry 1793; 1793, in-S"*; 
•— Modem Infidelity considered with respect 
to its influence on socieiy, a sermon; 1800, 
in-S"; —Reflections on lFar;1802; — Thé 
effectofcivilization on the peoplein European 
States ; 18&5 ; — The Advantages ofknowledge 
to the lower classes; 1810; — Adress to tbe 
public on an important subject conneeted 
with the renewal of the charter of the East 
Jndia Company; 1813; *- On terms of corn' 
munion , with a particular view to the case 



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15$ 



HALL 



i&4 



ofthe Baptists andthe PœdchBiuptists ; 181 5 ; 
- The essential Différence between Christian 
Bapttmand Baptism of John; 1816, 1818. 
Haii avait encore publié plusieurs sermons et 
fourni beaucoup d'articles à diverses revues pé- 
riodiques dissidentes. Tous ses ouvrages ont été 
recueillis sous ce litre : The Works of Robert 
Bail, with a brief memoir ofhis l\fe by Z>' 
Gregorv, and observations on his character 
as a preacher by John Poster , published 
vnàer the superintendence of Olinihus Gre- 
gory; Londres, 1831-32, 6 vol. in-S". Z. 

Rose, New gênerai BiographiecU Dietionary. > En- 
plUà CfclûptBdia ( Bioçraphy }. 

HALL (Le capitaine Basil), célèbre navi- 
gateur anglais, né à Edimbourg, en 1788, mort à 
Iliospice royal de Harlar, à Portsmouth, le 1 1 sep- 
tembre 1844. Il était fils de sir James Hall, baron 
de DoDglass, président de la Société royale d'E- 
dimbourg et auteur d'un Essai sur l'origine ^ 
les principes et V histoire de V Architecture go- 
tàiçue (i8t3). Sa mère, Hélène, était fille du 
quatrième comte de Douglas. Basil Hall entra dans 
la marine royale en 1802, et six ans après (1808) 
il obtint le grade de lieutenant : en 1817 il fut 
nommé capitaine de la marine royale. £n 1813 
ii avait accompagné en qualité de commandant 
de Theban {slaXwn des Indes orientales) l'a- 
miral Samuel Hood , dans un voyage sur la plus 
grande partie de l'Ile de Java. A son retour en 
Angleterre, Basil Hall reçut le commandement 
du brick LyrOf dans lequel il accompagna 
l'expédition qui emmena en Chine lord Amherst 
{voy, ce nom) , en qualité d'ambassadeur de sa 
Majesté Britannique. Pendant que la légation 
eontinuait son voyage par terre jusqu'à Péking, 
le capitaine Hall, toiigours à bord de Lyra , 
visita les llesLiou-Tchou et plusieurs autres pays 
baignés par les mers de la Chine et du Japon. 
Il en publia la relation, sous le titre de : A Voyage 
of discovery to the western Coast of Corea 
ond the Great Loo-choo Island in the Japon 
Ita; Londres, 1817, in-4'*, avec planches, et 
on appendice renfermant des cartes et des no- 
tices hydrographiques , assez estimées. Cet ou- 
vrage est le livre le plus important et le plus 
utile à consulter que Ton ait publié jusqu'à pré- 
sent sur l'archipel de Liou-Tchou , situé au sud 
do Japon et dans la direction de l'Ile Formose. Un 
ibrégé en a été publié en 1820, de format in- 12, et 
sn omettant la partie scientifique. En 1827 , Ton- 
nage parut dans le f volume d'une publication 
H)pulaire intitulée Constable's Miscellany. Cette 
lemière édition contient un récit curieux de 
'entrevue de l'empereur Napoléon I®' et du ca- 
ûtaine Basil Hall à Sainte-Hélène. Celui-ci fut 
l'aatant mieux reçu du souverain détrdné, que 
on père , sir James Hall, avait été compagnon 
''étude du jeune Bonaparte à Brienne. Le capi- 
aûne Basil Hall fut ensuite nommé au comman- 
l^ment du Conway , dans la division de l'Ame" 
H(ue mérîdioDale. De retour en Angleterre, U 



publia ses Ëxtracts ffom a Journal written 
on the coasts of Chili, Peru and Mexico, 
in the years 1820, 1821 et 1822. On en possède 
une traduction française, sous le titre de : 
Voyage au Chili, au Pérou et au Mexique, 
pendant les années 1820-1822, entrepris par 
ordre du gouvernement anglais (traduit de 
l'anglais par Leroy et revu par Brissot-Tliivars ) ; 
Paris, 1825,2 vol. in-8'*, avec une carte (nouvelle 
édition en 1834). En 1839, Basil Hall publia ses 
Travelsin North-America, 3 vol. in-8'», résultat 
des voyages qu'il fit en 1827 avec sa femme Mar- 
garet Hunter et son père. Il publia ensuite Frag- 
ments of Voyages and Travels, en deux séries de 
trois volumes in-12 chacune, traduit en français, 
et intitulé : Mémoires et Voyages; Paris, 1834, 
4 vol. in-8**. On a encore du même auteur : 
Du Système intérieur des Prisons en Améri- 
que; Vdxiè, 1831 (extrait des Toyages du capit. 
Bas. Hall aux États-Unis) ; — Schloss ffain- 
feld, or a winter in Lower-Styria ; Paris, 
1836, in-18; traduit en français, sous le titre : 
Schloss ffainfeld, ou un hiver dans la basse 
Styrie , ouvrage trad, de Vangîais, sous les 
yeux de Vauteur, par Jean Coten; Paris, 1836, 
in-8°; — Patchwork; 1841, 3 vol. : comprenant 
des souvenirs de voyages et des récits parfois 
un peu romanesques des épisodes de sa vie de 
marin. Basil Hall était membre des Sociétés 
royales de Londres et d'Edimbourg , ainsi que 
de la Société Astronomique de Londres. Il eut 
le malheur d'être frappé d'une aliénation men- 
tale à la fin de sa laborieuse carrière. Placé à 
l'hospice royal de Harlar, à Portsmouth , il y 
mourut. P. F. 

Knlghr, Englith Cyelopœdia, — Rourqaislot, la lÀtté» 
rature JtançaUe contemporaine, 

* HALL (7o^n-iE'n7in9),publîciste américain, 
né en 1783, et mort en 1829, à Philadelphie. Fils 
aîné de Sarah Hall, femme distinguée par ses 
écrits de piété et de morale , U fut élevé à Prin- 
ceton, exerça quelque temps à Baltimore la pro- 
fession d'avocat, et vint ensuite s'établir à Phi- 
ladelphie, où il édita de 1808 à 1817 V American 
Law Journal, Depuis 1806 il avait la direction 
du Port' Folio; c'est dans cette revue littéraire, 
continuée par lui jusqu'en 1827 , quMl inséra un 
grand nombre d'essais et de mémoires , entre 
autres celui qui traite de la société grecque au 
temps d'Anacréon. On a encore de Hall : The 
Philadelphia, souvenir; 1827 : collection de 
pièces de vers et de nouvelles -, — Memoirs of 
eminent Persons (Vies d'Hommes célèbres); 
1827, in-8° : sorte de compilation biographique. 

P. L—Y. 

Cyelopœdia of Mmeriean TAterature, t. II. 

l HALL ( James ) , littérateur américain , frère 
du précédent , né à Philadelphie, le 19 août 1793. 
Il étudiait le droit lorsque la guerre fut déclarée 
aux Anglais (1813) ; il s'engagea dans une com- 
pagnie de volontaires, assista aux affaires de 
Chippewa et de Bridgewater ainsi qu'au siège 



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165 



HALL 



156 



da fort Erié , et reçut un brevet de sous-lieute- 
nant d'artillerie. En 1815 il passa dans la marine 
ayec son grade , servit dans le bombardement 
d'Alger, et se retira en 1818, pour achever son 
droit à Pittsburgli ; de là il vint pratiquer le bar- 
reau dans rniinois, et y fonda successivement 
V Illinois Gazette, V Intelligencer et le Mon- 
thly Magazine, Après avoir exercé dans cet 
État récemment annexé diverses fonctions de 
l'ordre judiciaire, il se fixa à Cincinnati, où il a 
été, de 1836 à 1853, caissier de la banque du 
commerce, et depuis cette époque président d^un 
autre établissement du môme genre. On a de 
lui : Letters from the West (Lettres de l'Ouest ) ; 
1820 : série de récits de voyage publiés dans le 
Port'FoliOf que dirigeait son frère; — A JJis- 
tory and Biogj'aphy ofthe Indiam of North 
America (Histoire et Biographie des Indiens de 
l'Amérique du Nord ) ; 1832 : magnifique recueil, 
composé d'après des sources originales, en 
collaboration du colonel M'Kenney; — Sketehes 
of History , Life and Manners in the West 
(Histoire, Mœurs et Société des Habitants de 
l'Ouest) ; Philadelphie, 1835, 2 vol. ; •— The 
West, its soil, surface and productions 
( L'Ouest, description topographique, agri- 
cole, etc.); Cincinnati, 2 vol.;— The public 
Services of gênerai W.-H, Harrison (Vie 
du général Harrison); Philadelphie, 1836. 
Comme littérateur, M. Hall a écrit beaucoup de 
contes et de légendes, qui dénotent un talent 
pittoresque en même temps qu'une connaissance 
approfondie des hommes et des mœurs qu'il a 
voulu peindre; nous rappellerons : The Legends 
of the West ; 1853, nouv. édit. ; — The Border 
Taies; theSoldier's Bride, Harpes Head, etc. 
Paul LouiSY. 

Cyclopœdia of American Literature, t. 11. — Ths 
American Catalogue. — GrlswoW, The Prose kFrtUrtî 

1846. 

* HALL (Samuel Carter), critique anglais, 
né à Topsham (Devon), en 1800. Les premiers 
travaux de M. Hall furent des travaux artis- 
tiques pour le N&u) Times» £n 1824 il fit paraître 
VAmulet, qu'il publia plusieurs années de suite. 
Il s'est fait aussi connaître par un ouvrage il- 
lustré sur l'Irlande, écrit conjointement avec sa 
femme; cet ouvrage a eu un grand succès, mé- 
rité, pendant plusieurs années. M. Hall fut l'édi- 
teur du New monthly Magazine. Il a travaillé 
avec zèle à populariser l'art en Angleterre , et 
pour cela il a établi ÏArt Journal, qu'il a sou- 
tenu à force de persévérance. On lui doit en 
outre plusieurs ouvrages illustrés : The Book of 
Gems ; — Book of Britith Ballads ; — Baro- 
niai Halls , etc. M. Hall a encore dirigé une pu- 
blcation périodique intitulée : The British Maga- 
zine. En 1851 il a publié un lllustrated Cata- 
logue of the Exhibition ofthe Induslry ofall 
nations. Depuis il a commencé* de publier dans 
VArt Journal une série de gravures d'après les 



pefntuies de la galerie privée de la n^ne d'An- 
gleterre. M. GADBUf. 

Jden of the Time. 

*HALL (Anne-Marie Fielmmg, mistress), 
femme' de lettres irlandaise, épouse du précé- 
dent, est née vers 1805, dans le comté de 
Wexford, en Irlande. Venue en Angleterre avec 
sa mère à l'âge de quinze ans , elle se maria plus, 
tard à Londres, avec le littérateur S.-C. Hall. 
Dès 1839 elle s'était fait uœ place honorable 
dans la littérature de son pays par soa ouvrage 
intitulé Sketch of the Irish Character^ 3 voL : 
ce livre, dont le but est de mieux faire connaître 
le caractère des Irlandais, eontieot des souvenirs 
de la jeunesse de l'auteur. Elle fit ensuite pa- 
raître Chnmicles 0/ a School'Boam; 1831 ; — 
The Buccaneer; 1832, 3 vol. : roman qui n'a 
rien d'historique, quoique Cropiwell et la répu- 
blique y $4Ûent dépeints avec beaucoup d'art; 
•7- Outlaw i 1833, 3 vol. : ouvrage dans lequel 
rauteur retrace la lutte entre Jacques If et Guil- 
laume IH; —Taies of Women's trials; 1832; 
— The Uncle Horace; 1837, 3 vol.; oà l'on 
trouve le uortrait du riche marchand de Liver- 
pool; — Lights and Shadows; 1838, 3 vol., 
peinture des mœurs irlandaises ; le succès qu'ob- 
tint ce travail détermina Chambers à demanda 
à l'auteur une suite de Stories of the Irish 
Peasantry ^mVEdinbuflrgh Journal ; ^ Mid- 
summer Eve , a f air y taie qf love; 1848 , poème 
assez faible, où l'on trouve cependant quelques 
passages délicatement touchés , et que les pre- 
miers graveurs de l'Angleterre ont illustré. £d 
1852 M'"*' Hall a été chargée de la rédaction du 
Sharpe's London Magazine, W. 

JUen ofthe Time. 

l HALL. (Louisa-Jane Park, mistress), 
^emme de lettres américaine, née à Newburj- 
port, le 7 février 1802. Fille d'un instituteur, elle 
épousa en 1840 un ministre de la secte des uni- 
taires. Elle réside à Rhode-Island. On a d'elle : 
Miriam; 1825-1837, tragédie religieuse, dont le 
sujet est emprunté aux premiers temps de l'É- 
glise chrétienne; — Joanna of Naples; 1838 : 
roman historique ; et plusieurs nouvelles et pièces 
de vers disséminées dans différents recueils litté- 
raires. P. L— Y. 

Female Poets of ^merica; 18*9, in-S». 

l HkLi. (Cari- Christian) , homme politique 
danois, né à Copenhague, le 25 février 1812. 
Après avoir étudiéle droit, il voyagea en 1 834- 1 835 
en Allemagne, en Italie , visita la France et l'An- 
gleterre, et fut nommé en 1^7 auditeur près des 
tribunaux militaires. Reçu en 1840 Uc^eié en 
droit, il professa quelque temps à l'université. 
Après le mouvement de 1848, il fut élu membre 
de la diète, et s'y distingua comme oratear de la 
gauche modérée. En 1854, à la chute du mfui^ 
tère, M. Hall fut nommé ministre des cultes et de 
l'instruction publique ; il devint alors l'orateur 
du ministère, et résista habilement aux attaques 
de l'opposition. En 1856 M:, André, président da 



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1&7 



HALL — UALLAWED-CAREW 



158 



conseil des minêtreSy ayant abandonné ses fopo- 
tjons pour ne conserver que le portèieuîUe des 
finances, la présidence fut dévolue à M. Hall, qui 
Toccupe encore.) P.-L. Môller. 

Documents particuliers, 

l HALLAM ( Henri), historien et critique an- 
glais, né à Windsor, en 1777. Il fit ses études 
sous la direction de son père , chanoine de Wind- 
sor, doyen du chapitre de Bristol , homme ins- 
trait, et particulièrement versé dans la littéra- 
ture classique. A Tâge de onze ans , il entra an 
collège d'Eton; puis il alla compléter son éduca- 
tion dans Tuniversité d'Oxford, au Christ Church- 
Collège. Vers le commencement du siècle, il vint 
s'établir à Londres, où il a presque toujours ré- 
sidé depuis, principalement occupé de travaux 
littéraires. Il n*a exercé d'autre emploi que celui 
de commissaire directeur du timbre de 1806 à 
1826. Il fut un des collaborateurs de la Revue 
d'Edimbourg dans les premières années de sa 
publication. Les articles qu'il a fournis à ce re- 
cueil et à d'autres revues témoignent d'une éru- 
dition étenduc,d'un goût sâr, d'une ferme impartia- 
lité. On remarque surtout son article sur l'édition 
des Œuvres de Dryden et la biographie de ce poète 
par Walter Scott. Les correspondances de Wil- 
i)erforce, de Romilly, d'Horner, de Jeffrey 
prouvent qae déjà à cette époque le savoir et le 
talent de M. Hallam étaient hautement estimés 
dans les cercles Uttérah-es de Londres ei d'É« 
dimbourg, et Byron ne fit qu'attester le même 
fait lorsque dans sa satire des Poètes anglais et 
des Critiques écossais, il donne à M. Hallam 
répiUiète épigrammatique de classique (the dos- 
sic Hallam). M. Hallam est toujours resté atta- 
ché au parti whig, à l'écart des luttes politiques 
personnelles, et a réservé son intérêt aux ques- 
tions de philanthropie générale et d'amélioration 
sociale. 11 a pris une part chaleureuse au mouve- 
ment pour l'abolition de la traite des nègres, et il 
Test montré, en politique aussi bien qu'en admi- 
nistration, ami d'une réforme modérée et progres- 
sive. Tous les ouvrages de M. Hallam sont em- 
preints de ce libéralisme élevé , et son Histoire 
constitutionnelle (V Angleterre en est le dévelop- 
uemeui et l'application. La vie de M. Hallam, si 
honorablement remplie par la culture des lettres, 
^t dont une fortune brillante assure l'indépen- 
/ance, a été éprouvée par de cruelles afflictions 
iomestiques. En 1837 il perdit une fille; quatre 
uis plus tét, il avait vu mourir son fils atné , 
(Mine homme de la plus grande espérance , au- 
[uei Tennyson a consacré son recueil poétique 
ititulé : fn memoriam, 

M. Hallam est membre de la Société royale de 
e I^ondres, et l'un des conservateurs du Britisb- 
twieum. Nomnié en 1833 correspondant de 
Ac4idémie des Sciences morales et politiques de 
Institut de France, il a été élu en* 1838 Tun 
•f s associés de cette Académie. On a de M. Hal- 
im : View ofthe State of Europe during the 
iiddle ^^e« ; Londres, 1818, 2 voLin-4*. Dans 



cet ouvrage y écrit d'un style clair et pur, avec 
uu savoir étendu , et un esprit de généralisation 
historique tempéré par une juste appréciation 
des faite , l'auteur s'est attaché particulièrement 
à démêler les origines constitutionnelles des divers 
i^ouvernements. En 1848 il a publié un volume 
de Supplemental iVo^ex, contenant les nouveaux 
renseignements qu'il avait recueillis depuis la 
publication de son ouvrage, et aussi les modi- 
fications qu'il voulait y apporter sur certains 
points. Le Vieu? of the State oj Europe a été 
traduit en français par MM. Dudouitet Borgher& 
(Tableau de l'Europe au moyen âge); Paris, 
1820-1822, 4 vol. in-8** ; — The constitutional 
History of England , from the accession of 
Henri VII to the death of George il; Lon- 
dres, 1827, 2 vol. in-4*'; traduit en français par 
M. Borghers (Histoire constitutionnelle de l'An- 
gleterre depuis Tavénement de Henri VU jusqu'à 
la mort de Georges II; trad. revue et publ. par 
M. Guizot , et précédée d'une préface de M. Gui- 
zot); Paris, 1828-1829, 5 vol. in-8'*; — Intro- 
duction to the Literature of Europe in the 
fifteenth, sixteenth, and seventeenth centu- 
ries ; Lonàre», 1837-1839, 4 vol. in- 8* ; traduit 
en français par M. Borghers (Histoire de la Lit- 
térature de l'Europe pendant les quinzième, sei- 
zième et dix-septième siècles) ; Paris, 1839-1840, 
4 vol. in-8*'. Une nouvelle édition des Œuvres 
de M. Hallam est maintenant en cours de publi- 
cation; il est à désirer qu'on la rende complète 
en y ajoutant un certain nombre d'articles et 
dressais dispersés dans divers recueils. Parmi 
ces écrits de moindre étendue , un des plus in- 
téressants est une notice sur son fils, Arthur 
H. Hallam, si prématurément enlevé, en 1833. 

L. J. 
Macaaley, Essays, 1. 1. — Quarterly KevieWj 18S. — 
Philarète Chastes, dans la Revue des Deux Mondes dtt 
10 novembre IMO. — English Cyclepœdia ( Biography )• 
— Eueyclopédie des Gens du MenOe. 

HALLAWED-CAREW OU hallowed (Ben- 
jamin), amiral anglais, né au Canada, en 1760, 
mort à Beddington-Sark ( comté de Surrey ), le 
2 septembre 18â4. Il prit fort jeune la carrière 
navale, et entra dans la marine militaire britan- 
nique : il était déjà lieutenant lors du combat 
de la Chesapeak, livré en mai 1781, et gagné par 
le comte de Grasse contre les escadres réunies 
des amiraux anglais Hoodet Grave. 11 fut blessé 
le 12 avril 1782, lors dé la victoire que Rodney 
remporta dans le canal de Sainte>Lucie sur 
de Grasse. Le traité de Versailles , conclu le 
20 janvier 1783, le rendit au repos jusqu'en 1791, 
où il fut appelé an commandement du sloop 
Scorpion et envoyé en croisière sur les côtes de 
l'Afrique orientale, tl était capitaine en 1793, fit 
sous Hood la campagne de la Méditerranée, et 
assista sous Nelson aux sièges de Bastia et de 
Calvi. En 1796 il commandait le vaisseau Cou- 
rageous; il perdit son navire et quatre cent 
soixante-dix hommes sur les côtes de Barbarie. 
Échappé, comme par miracle, à ce désastre, il 



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U9 



HÀLLAWED-GAREW — HALLE 



160 



rejoignit ramiral Jenis/qui observait avec quince 
vaisseaux les ports méridionaux de l'Espagne. 
Le 14 février 1797 vingt-sept vaisseaux espa- 
gnols vinrent présenter la bataille à la flotte 
anglaise. L'action s'engagea à la hauteur du cap 
Saint- Vincent ; elle fut funeste aux Espagnols, 
qui y perdirent quatre bâtiments. Hallawed y 
montra un tel courage que Jervis lui confia la 
mission d'annoncer cette victoire à Londres. Ac- 
quitté honorablement pour la perte du Coura- 
geous , Hallawed alla, comme capitaine, servir 
sous Nelson, qui partait pour l'Egypte. Il futchargé 
de reconnaître différents ports, contribua à la prise 
du vaisseau Le Franklin, de la corvette La For^ 
tune, et occupa militairement l'Ile d'Aboukir. En 
1799 il suivit Nelson dans tes eaux de Naples, et 
appuya tous les mouvements contre les Français. 11 
croisa ensuite sur les cOtes d'Espagne et de Por- 
tugal , accompUt une mission à Lima, revint en 
Egypte, et fut pris après une belle défense, dans 
les eaux de Malte par deux vaisseaux de la divi- 
sion dfi Gantheaume. Hallawed fut rendu à la li- 
berté après le traité d'Amiens, et promu au grade 
de Commodore, il commanda successivement les 
croisières des côtes ocfddentales d'Afrique et des 
Antilles. La guerre s'étant rallumée, il rallia le 
Commodore sir Samuel Hood, et tous deux rédui- 
sirent Sainte-Lucie et Xabago. En 1805 il passa 
sous les ordres de Nelson, se trouva à quelques 
affaires contre les flottes française et espagnole, 
et fut chargé de protéger le débarquement en 
Egypte du maJor-général Fraser (1807). 11 ramena 
les débris de cette expédition, et revint croiser 
devant Toulon. Réunissant ses forces à celles 
de sir Georges Martin, ils attaquèrent ensemble 
quinze bâtiments français dans la baie de Roses, 
et en prirent ou brûlèrent onze. En 1810 il fut 
nommé colonel de marine , puis contre-amiral. 
Il convoya des troupes et des munitions sur les 
côtes d'Espagne, et transporta d'Âlicante à l'em- 
bouchure de l'Ebre le corps d'armée du général 
Murray ( 31 mai-9 juin). Après 1815 il entra dans 
plusieurs conseils spéciaux, commanda en 1827 
la station du canal Saint-Georges, et fut nommé 
amiral en 1830. Lorsqu'il mourut, sa fortune 
était une des plus considérables de l'Angleterre. 
Alfred de Lacaze. 

Ànnual Aegister. 

l HALLBERG-BROICH ( Théodore-Efubcrt , 
baron de ), voyageur et écrivain allemand , connu 
sous le pseudonyme de VHemiite de Ganting , 
est né vers 1775, dans les environs de Diissel- 
dorf. n passa la principale partie de sa vie à 
voyager, et ayant visité l'Allemagne, la Scandi- 
navie , l'Angleterre , l'Italie , la France, la Rus- 
sie, l'Orient, etc., il publia successivement plu- 
sieurs ouvrages, dans lesquels il raconta d'une 
manière originale ses aventures et ses impres- 
sions de touriste. Il quitta l'Allemagne encore 
en 1849, et s'embarqua, malgré son grand Age, 
pour l'Amérique. Depuis cette époque le pu- 
blic n'a qne rarement entendu parler de lui. 



On a de loi : Reise durch Seandinûvien (Voyage 
à travers la Scandinavie); Cologne, 1818; — 
Reise durch den liarkreis ( Voyage dans le 
cercle de l'Isar); Aogsbourg, 1825; — - DUAr- 
mencolonie (La Colonie de Pauvres); Munich, 
1829; — Veberden Rhein-Donaukanal und 
den alten Handlungsweg nach Indien ( Du 
Canal entre le Rhin et le Danube et de l'ancienne 
Route de commerce aux Indes); Angsbourg, 
1831 ; — Zur Geschichte der Sitten, Gebraeu- 
che und Moden (Études sur l'histoire des 
moeurs, coutumes et modes); Aix-la-Chapelle, 
1832; ~ Frankreich'Algier (La France, l'Al- 
gérie) ; Munich, 1837 ; — Reise durch Ifalien 
(Voyage à travers l'Italie) ; Augsbourg, 1839; — 
Reise nach dem Orient (Voyage dans l'Orient); 
Stuttgard, 1839, 2 vol.; — Reise durch En- 
gland ( Voyage à travers l'Angleterre); Slull- 
gard, 1841 ; — Deutschland, Russiand, Cau- 
casien, Persien 1842-1844 ( L'Allemagne, la 
Russie, le Caucase, la Perse en 1842, 1843 et 
1844); Stuttgard, 1844, 2 vol. R. L. 

Conv,'Ijex, — Engelmann, BibUothek tf . tekôu, f^it- 
ientch. 

* HALLBLAD {Erik), peintre suédois, né le 
11 juillet 1720, àFahlun, où son père était mi- 
neur, mort le 25 août 1814. Il se rendit à Stock- 
holm en 1737, et fut trois ans plus tard admis à 
étudier gratuitement chez le peintre Olof Are- 
nius. En 1 748 il s'établit lui-m6me comRiepemtre. 
Ayant appris qu'on avait découvert en France 
le moyen de rentoiler les tableaux , il s'exerça 
à trouver un procédé analogue. Ses elTorts fu- 
rent couronnés de succès. Il réussit à transpor- 
ter les peintures non-seulement sur toile , mats 
encore sur bois et sur cuivre. Cette découverte 
lui permit de conserver les fresques de quelques 
salles du château de Drottoingsholm. £. B, 
Boye, Malare Iax, — Biogr.-lMS.^ VI, %k-U, 

HALLE (Pierre), jurisconsulte, orateur et 
poète français , né à Bayeux, en 1611 , et mort 
à Paris, le 27 décembre i689. Les succès qu'il 
obtint dans ses études, à l'université de Caen, 
lui valurent la chaire de rhétorique, quoi- 
qu'il ne fût âgé que de vingt-quatre ans. £n 
1640 il fut élu recteur. En cette qualité, H ha- 
rangua le chancelier Seguier, qni avait été en- 
voyé à Caen, pour apaiser les tronbles que les 
Va-nu'pieds avaient excités en Normandie. Le 
chancelier conçut pour lui tant d'estime qu'il 
voulut assister à sa réception comme docteur 
en droit, et chercha à l'attirer dans la capitale. 
De tous les emplois qui furent offerts à Halle, il 
préféra la modeste position de professeor d'hu- 
manités au collège d'Harcourt à Paris ; il fut en- 
suite chargé d'enseigner la réthorique, et « il y 
attirait, écrit Huet, une très-grande affloenoe 
d'auditeurs ». A la fln de 1646 il fut nomreé 
lecteur et interprète du roi ponr les langues 
grecque et latine , et fut pourvu en 1654 de la 
chaire de professeur es saints décrets , en la 
faculté de droit de Paris. U y 6t créer den 



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HAiLÉ 



162 



imiTeiies diaires et rétablir les anciens usages 
tombés ea désuétade, usages qui ont continué 
d'être observés jusqu'à la suppression des facul- 
tés. Qooiqnlleûtpu prétendre à des emplois plus 
élevés, il acheva paisiblement sa vie dans la cul- 
furedes lettres. Ayant reçu une noble hospitalité 
(ians la maison de Cboisy, c'est là qu'il s*étcignit, 
après avoir nommé Tabbé de ce nom son exé- 
cuteur testamentaire. On a de Halle : Orationes 
et PœnuUa; Paris, 1655, in-8'. C'est le recueil 
des opuscules qui comm^ioërent sa réputation; 
on y troure la harangue ( saluialio ) qu'il 
adressa an chancelier Seguier , lors de la yisite 
de ce ministre à l'université de Caen. Il ren- 
ferme en tout neuf discours, et six livres de 
iwésies latines : Seholx Juris Encomia; Paris, 
I6àr>, 1*0.4"; — Dissertationes de censuris ec- 
clesiasticis; 1659, in-^"; — Elogium Gabrie- 
lis Kaudxi; Genève^ 1651, in-4''; — Insti- 
tutionum Canonicartim Libri iF, opus ad 
jnœsentem Ecclesix Gnllicanœ nsum accom- 
modalum; Paris, 1685, in- 12. Il avait com- 
posé plusieurs autres traités de droit canon, sur 
Ja n^^le, la simonie, Tautorité du pape et des 
conciles, etc. ; mats ils n'ont pas été imprimés. 
J. Lahooreux. 

Iloet, Origines de ta vUle de Caèti, p. 780. - Nlcé- 
rtm, Mémoires pour servira t histoire des hommes il- 
tuttret,L III. — Bayle, Dictionnaire historique, — 
Baïuct, Jugements sur les prineipasue Ouvrages des Sa- 
vants, lom. V. 

HALLE {Claude-Gui), peintre français, né 
à Paiis, en 1C52, mort dans la môme yjlle, on 
1736. Il était élève de son père, Daniel Hallé, 
peintre assez distingué, mort en 1C74. Claude 
Hallé fut couronné plusieurs fois par l'Âca- 
demie de Peinture, et fut chargé de la décora- 
lion de plusieurs églises et de châteaux royaux, 
tels que Meudon, Xrianon, etc. Les composi- 
tions de Claude Hallé sont bien combinées, mais 
elles manquent de force dans l'exécution; Taffé- 
terie y domine, et nuit à Tensemble général. Son 
meilleur ouvrage est l'ilnnoncia^ton que l'on 
voit à Notre-Dame de Paris. A. de L. 

D'AritenvlUe, f'ie des Peintres, t II, p. S80. 

BALLE (Aoel), peintre français, fils du pré- 
cédent, né à Paris, le 2 septembre 1711, mort 
dans la même ville, le 5 juin 1781. Il suivit les 
leçons do soa père, obtint les premiers prix 
de l'Académie, et fut envoyé à Rome comme 
pensionnaire. A son retour, il fut admis à l'A- 
cadémie de Peinture, et nommé en 1771 surin- 
fendant des manufactures de tapisseries. Il re- 
tourna à Rome comme directeur de l'Académie 
de France. Il remplit cet emploi avec intelli- 
gence, et mérita le cordon de Saint-Michel. Bon 
architecte, meilleur perspectiviste , il laisse 
beaucoup à désirer pour la composition et le co- 
loris. On cite de lui : Achille dans File de Scy- 
ros; — Églé et Silène; — Hippomène et Ata- 
tante; — Prédication de saint Vincent de 
Paul à Saint-Louis de Versailles; — le plafond j 

MOOT. BIOGR. GÔIÉR. ^ T. XUiI« 



de la chapelle des fonts baptismaux à Sahifr 
Sulpice, etc. A. de Làcàzb. 

D'ArgenvlIle, f^ie des Peintres, t. II, p. S80. 
HALLÉ (Jean- Noël) f célèbre médecin fran- 
çais, fils du précédent, né à Paris, le 6 janvier 
1754, mort dans la même ville, le tl février 1822. 
Parmi les membres de sa famille, qui la plupart 
s'étaient fait un nom recommandable dans les 
lettres, dans les sciences et dans les arts , se 
trouvait Lorry. Ses conseils décidèrent le jeune 
Hallé, son neveu, à embrasser la médecine, non- 
obstant son goût très-vif pour les beaux-arts , . 
qu'avait encore développé un séjour de quelques 
mois à Rome^ où il avait suivi son père, alors di- 
recteur de l'Ecole de Peinture. A peine Jean-Noël 
avait-il terminé ses études qu'U fut appelé, tant 
son précoce mérite était déjà apprécié, à faire partie 
de la Société royale de Médecine, récemment fon- 
dée ( 1776 ), et à laquelle il prit dès lors une part 
active, tout en se livrant avec succès à la pratique 
médicale. Des débats, aussi nuisibles aux intérêts 
de la science que peu dignes des hommes qui 
les suscitèrent, s'étaient élevés entre la savante 
compagnie et la Faculté, qui^se croyant atteinte 
dans ses privilèges, tenait rigueur à ceux de ses 
membres qui s'étaient affiliés, et n'accorda point à 
Hallé l'autorisation de professer, à laquelle lui 
eût donné droit son titre de docteur régent. Mais 
cette mesquine persécution fut heureusement 
impuissante à entraver la brillante carrière qui 
s'ouvrit devant le jeune savant. A l'année 1779 
commence cette série de recherches neuves, de 
mémoires importants sur différents points de 
l'hygiène, de la patliologie et de la thérapeu- 
tique , qui ont rendu le nom de Hallé si recom- 
mandable. On remarque surtout les beaux ar- 
ticles publiés dans V Encyclopédie méthodique 
(Air, Aliments, Afrique, etc. ) et le plan, resté 
classique, d'un cours d'hygiène, emprunté dans 
ses données fondamentales à Galien {De Sani- 
tate tuenda) et à Boerhaave (Instit. Med.), La 
Société de Médecine et la municipalité de Paris 
durent aussi à la même plume d'excellents rap- 
ports sur des questions d'hygiène publique. Soit 
qu'il fût prot^é par l'importance de ces ser- 
vices, soit qu'il fût défendu par la reconnais- 
sance de quelques clients alors puissants, Hallé 
traversa la tourmente révolutionnaire sans en 
être atteint, mais non sans y donner des 
preuves de son courage : tantôt plaidant cha> 
leureusement devant la Convention la cause de 
Lavoisier, tantôt portant jusqu'au fond des pri- 
sons ses secours et ses consolations aux vic- 
times de la terreur. Ce ne fut qu'en l'an m, 
époque de la réorganisation de l'enseignement , 
qu'il monta dans la chaire de physique médi- 
cale et d'hygiène qu'on venait de créer pour lui. 
Il avait alors quarante ans. Ses leçons, riches par 
le fond, attirèrent un nombreux auditoire, qui 
n'ignorait pas le profit qu'on pouvait en retirer 
en les dégageant des entraves du débit et des 
digressions trop fréquentes auxquelles s'aban- 



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163 



HALLft 



164 



donnait te profeMeoi^, éeMme si Ifndëeisloii 
qui lai était naturelle l*eût fait hésiter entre le 
nombre iroinense de faits qui se pressaient dans 
son esprit. Un autre genre de succès l'atten- 
dait quelques années plus tard au Collège de 
France, où il consacra à Hippocratc une série de 
leçons remarquables par un haut caractère 
d*érudition philologique et philosophique. En 
somme, si Halle n'a attaché son nom à aucune de 
ces découvertes importantes qui se lient d'une 
manière impérissable à certains noms, et aux- 
quelles d'ailleurs la direction de ses travaux ne 
pouvait guère le mener, il faut reconnaître qu'en 
rassemblant et en coordonnant les éléments 
de l'hygiène , il lui communiqua une impulsion 
toute nouvelle. II fit pour cette science ce qu'à 
cette époque de reconstruction scientifique Bi- 
chat fit pour Tanatomie générale, Chaussier pour 
Ja physiologie, Corvisart et Pinel pour la clinique 
et la pathologie. 

Dès 1796, c'est-à-dire à l'époque de sa création, 
rinstitut tint à honneur d'appeler dans son sein ce 
digne représentant de la profession >nédicale. 
Halle fut dans ces nouvelles fonctions ce qu'il avait 
été dans l'ancienne Société de Médecine, ce quMl 
était à la Faculté , l'un des membres les plus ac- 
tifs, les plus consciencieux de la savante compa- 
gnie, l'un de ceux auxquels elle s'adressait de 
préférence quand elle voulait être éclairée ou 
qu'elle voulait éclairer elle-même l'autorité sur 
quelques questions importantes ou litigieuses. 
Ce fut lui qui à l'occasion de la découverte de 
Jenner rédigea, en l'an xi, un rapport mémo- 
rable, où il se plaçait au rang des partisans 
les plus convaincus de la vaccine. Quelques an- 
nées plus tard il en retraçait les bienfaits dans 
un travail qui donnait définitivement gain de 
cause à cette merveilleuse pratique ; il la portait 
même le premier en Italie, où il accompagnait !a 
princesse Borghèse, par ordre de l'empereur, 
dont il était l'un des médecins ordinaires ; car 
malgré ses nombreux travaux Halle trouvait 
encore le temps de satisfaire aux exigences d'une 
clientèle étendue et choisie, et d'exercer dans 
la demeure du pauvre son apostolat de bien- 
faisance et de dévouement. Après avoir long- 
temps souffert des douleurs de la gravelle, Halle 
dut acquérir la triste certitude de l'existence 
d'un calcul dans la vessie. Ne voyant d'autre 
terme à un long tourment qu'une mort inévitable, 
il voulut, nonobstant l'avis contraire de ses con- 
frères, se soumettre à la lithotomie. Bien que 
l'opération, pratiquée par Béclard, eût réussi, la 
santé depuis longtemps ébranlée du malade ne 
put résister à cette épreuve , et il s'éteignit au 
bout de huit jours , dans les bras des siens. 

Sous l'influence des idées philosophiques en 
faveur, des travaux des économistes et des dé- 
couvertes de la chimie, l'hygiène avait pris dans 
le siècle dernier une importance toute nouvelle. 
Tandis que les Howard , les Parmentier, les 
Rumfordy les Gayton-Morveau, lesLind,te8 



Pringle, les tlssot renrlehissateot de lenrs tit- 
vaux, la Société royale de Médecine lui donnait 
une vive impulsion par les questions qu'elle 
mettait au concours et par les travaux de ses 
propres membres. Halle, s'emparant de tons 
ces matériaux, tenta d'élever à la science un mo- 
nument digne de Tépoque anx remarquables 
progrès de laquelle il assistait , projet qu'il ne 
lui fut jamais donné de réaliser et dont l'exé^ 
cution complète semblait devoir reculer indéfi- 
niment devant loi. En effet, comme il n'y a 
rien dans la nature qui ne puisse être nuisible 
ou utile à la santé de l'homme, il n'est rien non 
plus qui ne puisse rentrer dans le domaine de 
l'hygiène, depuis l'étude de l'aliment jusqu'aux 
productions des arts. Or, c'est de ce point de vue 
élevé qu'Halle avait considéré l'hygiène. Voyant 
partout, comme Ta dit un critique, une coordina- 
tion des phénomènes vers des fins générales, il 
était persuadé qu'on doit tout savoir en méde- 
cine. Il ne faut donc pas s'étonner si vingt-cinq 
ans de travaux soutenus ne suffirent pas à Halle 
pour remplir ce gigantesque programme, aux 
difficultés duquel ajoutait encore la défiance de 
ses forces et surtout cet esprit d'indécision qui ne 
lui permettait jamais d'aboutir. On retrouve jus- 
que dans son style, à périodes nombreuses, 
d'une trame un peu diffuse et hérissée dephrases 
incidentes, ce défaut de précision qui pesait à la 
fois sur son enseignement et sur sa méthode. Telle 
était l'étendue des objets qu'il embrassait, la variété 
cLes points de vue sous lesquels il les étudiait, 
qu'on eh étaittoujours avec lui anx prolégonoènes. 
C'était le côté faible de cette belle intelligence, 
c'était le côté par où péchait le praticien qui, 
constamment frappé des difficultés de chaque 
question, et faute de se décider entre des opinions 
douteuses, laissait parfois s'enfuir le moment pro- 
pice et triompher le pire avis. 

Halle traitait d'abord, dans son cours, delà géo- 
graphie physique et médicale de l'homme, et de 
l'histoire des races dans les différents siècles. 
Puis, passant à l'hygiène proprement dite, il abor» 
dait dans une première partie le sujet de Vhy* 
giène, c'est-à-dire l'homme considéré indivi- 
duellement et en société. La deuxième comprenait 
la matière de V hygiène, c'est-à-dire l'étude des 
agents naturels et de leur action sur l'organisme 
(circumfusa, applicatOy ingesta, excréta, 
gesta, percepia). La troisième partie étaitrdative 
aux moyens de Vhygiène, c'est-à-dire aux rè- 
gles pour la conservation de l'homme par l'usage 
bien ordonné de ces agents. Voici les titres des 
principaux ouvrages de Halle : Recherches sur 
la nature et les effets du méphitisme des/os- 
swrf'fli5<i7icc; Paris, 1785, in-8*»; — Observa- 
tion d'une Atrophieidiopathiquesimple (dans 
les Mémoires de V Académie des Sciences, 
1798, tome I). L'attention des médecins a été 
appelée dans ces derniers temps sur cette wn- 
gulière affection que l'on a prétendu à tort, 
comme on le voit, n'avoir jamais été décrite ; — 



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165 



HALLE — HALLENBERG 



Observation sommaire siir une maladie gu*on 
peut appeler Anémie ou privation de sang ; 
dans la Biblioth, médic., Paris, 1802, t. YI; — 
tin second mémoire sur le même sujet, 1 803, ibid. ; 
— Exposition des faits Recueillis jusqu'à pré- 
sent concernant les effets de la vaccine , et 
examen des objections, etc. ; dans les Mém. de 
r Institut y 1816, tome XII. Citons encore la 
eoliaboration an Codex, qa'Hallé fut chargé de 
rédiger en iatin; les articles de V Encyclopédie 
méthodique et cenx âa Dictionnaire des Scien- 
ces fnédicales en collaboration avecNysten, Thil- 
laye et Goilbcrt ; le traité anonyme d'hygiène 
publié en 1806, in-S^ d'après 4es leçons, fat 
désavoué par lui. D' C. Saucerotte. 

Éloges de Halte, par Catler, Oesgeneltes et M. Daboto 
d'^mleos. 

HALLE (Antoine ). Voy. Hallet. 

;;hallbg& {FUz Greem }, poète américain, 
oé à Guilford (Coonecticut), en août 1795. En 
1813 il entra dans une maison de banque à New- 
York, et fat engagédans des afiaires commerciales 
jusqu^en 1849, époqae à laquelle 11 retourna à 
CuDoecticut, où ilfijia sa résidence. De très-bonne 
beure M. Haleck montra un certain talent poé- 
liqae; ses premiers travaux imprimés furent des 
pièces satiriques et pleines d'Atemour, écrites eo 
Goilaboratioo avec son ami J.-B. Drakeet publiées 
dans le Evening-Post, en 1819, sous le pseudo- 
nyme de CroaÂer, Vers la fin de la même année, 
il publia Fanny, le plus long de ses poèmes sali- 
rjques, qui eut plusieurs éditions , la plupart non 
Inconnues par Tauteur. En 1822 M. HaUeck 
>isitarAngleterreet le continent. £b 1827 il pu- 
blia un petit Yolume contenant Alnwiek Castle, 
Marco Bozzaris , et quelques autres morceaux 
qui, insérés dans divers recueils, furent réunis 
en un vol. in-8° ; New-York, 183S. M. Gaudot. 

Mm of the Time. 

HALLBNBBBG ( Jo9U» ), érudît suédois, né 
le 7 novembre t748, dans la paroisse de Hal- 
laryd (Smaland),mort à Stockholm, le 30 octobre 
1834. Ses parents, qui étaient paysans, le dea- 
tinaient à la profession d'agriculteur; mais le 
jeune enfant préférait l'étude aux travaux de la 
cam{)agoe. Il montrait de si heureufces disposi- 
tions, que son oncle, André Hallenberg, profes- 
seur à Wexiœ, le prit dans sa maison et fui fit 
donner une éducation libérale. Reçu docteur en 
philosophie (1776) et nommé docens à l'uni- 
niversité dlJpsal (1777), Jonas tint plus qu'il 
n'avait promis ; il mérita d'être placé au nomjbre 
des plus savants historiens, numismates et 
orientalistes qu'ait produits la Suède. En dé- 
pit ou plutôt en raison même de sa science 
profonde, il négligea toujours l'art de se faii« 
valoir. Cette dernière circonstance fut cause de 
IVchec qu'il éprouva lorsqu'il concourut pour la 
chaire d'histoire à l'université d'Upsal. Chagriné 
de cet événement , il se démit de ses fonctions 
de docens ( répétiteur ) pour se livrer tout en- 
tier aux recherches historiques et archéologi- 



166 

ques. Les récompenses ne lui firent pas défaut; 
il fut nommé en 1784 historiographe do 
royaume, et en 1803 garde des médailles. Il 
reçut en 1812 le titre déconseiller de chancel- 
lerie, et fut anobli en 1818. H était membre de 
l'Académie des Belles -lettres de Stockholm 
(1786), dont il fut secrétaire jusqu'en 1819, 
membre correspondant de l'Académie des Scien- 
ces de Saint-Pétersbourg et de la Société d'Ar- 
chéologie septentrionale à Copenhague. Vivant 
avec la plus grande simplicité, et ne faisant de 
dépenses que pour sa bibliothèque et sa collec- 
tion numismatique, Hallenberg amassa une pe- 
tite fortune, dont il employa une partie à des 
actes de bienfaisance. Il légua ses livres, ses 
manuscrits et ses médailles à l'université d'Up- 
sal. On a de lui : Nya almœnna historia, 
ifran XVI de seculi bœrjan ( Nouvelle Histoire 
universelle, depuis le commencement du sei- 
zième siècle); Stockholm, 1782-1785, 3 vol. 
in-S»; — Handlingar tUl K. Gustaf II AdoU 
phs historia (Mémoires pour servir à l'histoire 
du roi Ghstave II Adolphe), t. I; ibid., 1784, 
10-8** ; — Svea Rikes historia under K. Gi«- 
taf Adolph den stores regering (Histoire do 
royaume de Suède sous le règne de Gustave- 
Adolphe le Grand); ibid., 1790-1796, ô vol. 
în-8°. Cette excellente compilation, qui eat une 
source abondante de faits et de données his- 
toriques, n'a malheureusement pas été achevée. 
L'auteur s'y distingue plus par l'érudition que 
par l'habileté de la mise en œuvre. Son style est 
lourd, diffus et souvent obscur; — DisquisiHo 
de origine nominis Gud [Dieu) ex oceasUme 
nummi cufid ; ibid., 1796, iii-8''; — Dogmatis 
deresurrecHone corporum mortuorumOrigo, 
et num in libro Jobi ejusdem mentio facta 
sit; ibid., 1798, 10-8**;' — Om mynts oehva* 
rors vasrde under K. Gustaf le. regering 
(Sur ia valeur de la Monnaie et des dimrées 
sons le règne de Gustave T**); ibid.; — His-' 
toriska Anmasrkningar œfver UppenbareUe- 
boken (Remarques historiques sur l'Apoca- 
lypse); ibid., 1800, 3 vol. in-8» : l'introduction 
de cet ouvrage a été traduite en allemand par 
O.-G. Tychsen, sous le titre de Die geheims 
Lehre der alten Orientalerund Juden (La Doc- 
trine secrète des anciens Orientaox et des Juifs) ; 
Rostock et Leipzig, 1805, m-8«; ~ Collectio 
Nummcrum Cuficûrum, addita eomm inter- 
pretatione ; Stockholm et Abo, 1800, in-8'', avec 
pi. ; <— Quatuor Monumenta senea e terra 
in Sueeia eruta; Stockholm, 1802 ; avec appen- 
dice, 1816, in-8"; — BersettelseomK. Svenska 
Mynt'Cabinettet (Rapport sur le Cabinet royal 
des Monnaies de Suède ); ibid., 1804, in^4''; — 
Vita eujusdam Bardi, traduite du suédois en 
vers latins élégiaques; ibid., 1805, in-8°; -~ 
Disquisitio de nominibus in lingua suio-go- 
thica lucis et visus , cultusque solis in ea- 
dem lingua vestigiis; ibid., 1816, 2 part., 
ia^o; ^ Anmstrkningar œfver Sv. Loger- 

6. 



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167 



HALLENBERG — HALLER 



168 



brings svea Bihs historia (Remarques sur 
rhistoire du royaume de Suède par Lagerbring ) ; 
ibid., 1819-1822, 2 vol. in-S' : on y trouve des 
observations justes, quoique l'auteur s'exprime 
avec aigreur et se montre partial à l'égard de 
Lagerbring; — Numismata orientalia œre 
expressa, brevique explanatione enodata; 
XJpsal, 1822, 2 vol. in-8'*, avec pi.; — Berxt- 
telse, etc. (Rapports) : sur diverses trouvailles; 
ibid., 1818-1819, 1821, in-8°; — Mnigmata 
latinis vocabulis syllabatim perpensis corn- 
plexa; ibid., 1829, ln-8*' ; — i/to^riwm Ftro- 
rum Testimonia atque Epistolae; (Jpsal, 1832'; 
Stockholm, 1832; — Mémoire sur le parti 
que les historiens modernes peuvent tirer 
des anciens travaux historiques ; dans les Mé- 
moires de VAcadémie des Belles- Lettres de 
Stockholm, 1787. Beaovois. 

J.-H. Schrœder, Minne af J. Hallenberg, 1888. — «o- 
graphiskt J^xikon œfvernamnkunnige Svenska Msen; 
Orebro, 83 vol. ln-8«». t. VI, 85-40. 

HALLER ( Albert de), polyhistor suisse, cé- 
lèbre comme physiologiste, botaniste, poëte, bi- 
bliographe, romancier, etanatomiste, né à Berne, 
le 16 octobre 1708, mort dans la même ville, le 
12 décembre 1777. Il appartenait à une ancienne 
famille patricienne de la ville de Berne. Son père, 
Nicolas Emmanuel Haller, avocat du grand con- 
seil et chancelier du comté de Bade, aimait les 
lettres , et cultivait la poésie avec succès. 11 
mourut en 1721, et déjà il avait été témoin de 
l'étonnante précocité de son fils , et avait pu 
prévoir pour lui le plus brillant avenir. Le jeune 
Albert était pourtant d'une santé faible, mala- 
dive; il était même atteint de rachitisme, affec- 
tion qui, suivant la remarque de Zimmermann, 
peut, en condamnant l'enfant à une vie séden- 
taire, fortifier et développer singulièrement ses 
facultés intellectuelles. A quatre ans Haller faisait 
aux domestiques de la maison paternelle de petites 
exhortations pieuses sur des textes de l'Écriture 
Sainte. A neuf ans, familier avec le latin et le 
grec , il dirigeait ses études vers les langues 
orientales et l'histoire littéraire. Il avait déjà 
composé une grammaire chaldaïque, un diction- 
naire hébreu et grec, et un dictionnaire histori- 
que comprenant deux mille articles, rédigés d'a- 
près Moréri et Bayle. Ces progrès étaient moins 
dus à l'éducation qu'aux efforts instinctifs d'une 
nature admirablement douée. Son maître, rigou- 
reux et pédant, l'aurait dégoûté de l'-étude; mais 
dès qu'il s'agissait d'apprendre, rien ne rebutait 
l'élève, et celui-ci trouva dans la dureté de son 
précepteur le sujet d'une satireen vers latins qu'il 
composa à l'âge de dix ans. Trois ou quatre 
années plus tard, le goût de la poésie allemande 
se développa chez lui. Il composa beaucoup de 
vers, qu'il sauva, dit-on, d'un incendie, au péril 
de sa vie, et qu'ensuite il condamna lui-même 
au feu. Ces distractions littéraires ne le détour- 
naient pas des études plus sévères ; et lorsque 
le moment de choisir un état fut venu, il se dé- 
cida pour la médecine. En 1723 il se rendit à 



l'université de Tubingue, où il suivit les leçons 
du professeur de philosophie Camerarius et du 
savant anatomiste Duvemoy. Malgré l'habileté 
de ces deux maîtres, il ne fut point satisfait de 
ses progrès, et en 1725 il quitta Tubingue pour 
Leyde, ou l'attirait la réputation de Boerhaave 
et d'Albinus. Les moyens d'instruction qu'offrait 
cette université étaient si nombreux, et il en tira 
un si bon parti qu'il parla toujours de sa rési- 
dence à Leyde avec une vive satisfaction. Pen- 
dant son séjour dans cette ville, il alla visiter à 
Amsterdam Ruy sch, alors âgé de quatre-vinglroeof 
ans, et vit une partie de sa célèbre collection de 
préparations ajiatomiques. A la fin de l'année 
1726 il soutint, sous la présidence de Boerhaave, 
sa thèse inaugurale De ductu salivali Cos- 
chwiziana; il y démontrait que le prétendu 
conduit salivaire découvert par Coschwitz était 
simplement un vaisseau sanguin. Après avoir 
reçu le grade de docteur, il partit pour Londres, 
où il se lia avec Sloane, Douglas et Cheseiden. 
Ensuite il alla poursuivre, à Paris, ses études 
d'anatomie et de liotanique, sous Winslow et 
de Jussieu. Un incident singulier l'empêcha de 
rester plus de six mois dans cette ville. Un de 
ses voisins, incommodé par ses dissections, me- 
naça de le dénoncer à la police , et le jeune 
anatomiste, ne se croyant plus en sûreté à Paris, 
se rendit à Râle en toute hâte. Là il compléta 
ses connaissances par l'étude des Inathéma- 
tiques, qu'il apprit sous Jean Bemoulli. Au bout 
de sept ans de voyages si fructueusement em- 
ployés , Haller, alors dans sa vingt-deuxième 
année, revint à Reme. La pratique de la mé- 
decine (1) , d'immenses travaux d'anatomie, des 
excursions sur les montagnes de la Suisse, la 
botanique remplirent les six années suivantes. 
En faisant tous les ans une promenade dans 
les Alpes, il rassembla les éléments de sa Flore 
helvétique , qui fut longtemps la plus riche de 
toutes les Flores de l'Europe. L'étude at- 
trayante de la botanique et la vue des grands 
tableaux de la nature alpestre le ramenèrent 
à la poésie (2). « Il redevint poète une seconde 
fois, dit Cordorcet, mais comme il convenait de 



(1) Sa clleatèle ne parait pas avoir été très-nombreoM . 
te car M. Haller est, disait -on. trop bon littérateur, trop boo 
potfte, pour rien entendre à la médecine ». Cependant. 
simplifia la composition des remèdes et tenait un Joaroal 
détaiiié de chacun de ses malades. 

(S) Haller exécuU plus de vingt-cinq excursions dans 
les montagnes de la Suisse. Il en a fait le récit en fran- 
çais, dans un excellent style. « Ce pays (la Suisse), dit-U 
entre autres, est infiniment varié. Il y a tel canton où Is 
chaleurs approchent de celles de la Provence : les planta 
qui y naissent en font fol. D'autres ne diffèrent en rien 
des Iles les plus reculées dn Nord : il y a des glaces tout 
aussi éternelles et des lièvres également blancs, etlei 
mêmes espèces de plantes : le catalogue de Martens en 
est une preuve; les simples qu'il a ramassés en suivant 
la pèche de la baleine se trouvent presque tous sur les 
Alpes. Entre ces deux extrémités il y a un nombre iollai 
de milieux gradués, rochers tout nus , montagnes eoo- 
vertes de pftturages, bois affreux de sapins; ensuite dn 
prés, puis des champs, des vignes, et les côtes dèllcleiues 
du Léman terminent cette chaîne de milieux, m 



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m 



HÀLLER 



170 



i'ôtre à an philosophe occupé depuis longtemps 
d'études profondes. Des tableau% de la nature, 
non de cette nature de conTcntion que peignent si 
souvent les poètes, et qui n'est que la nature yue 
autrefois par Komère, et défigurée par ses imi- 
tateurs, mais de la nature telle que Haller lui- 
même l'avait observée , lorsque, gravissant sur 
les rochers et à travers les glaces des Alpes, il 
cherchait à lui arracher ses secrets ; des poëmes 
où il sonde les profondeurs des questions les 
plus abstraites et les plus insolubles de la mé- 
taphysique et de la morale ; des épftres où il 
peint les douceurs de Tamitié et de la vie pas- 
torale , les plaisirs attachés à la simplicité des 
mœurs, les charmes des vertus douces et tran- 
quilles, et le bonlieur qui suit les sacrifices 
que commandent les vertus fortes et aus- 
tères -.telles sont les poésies de Haller. Ces pro- 
ductions, tour à tour gracieuses et grandioses, 
fortement empreintes de l'esprit religieux, et 
écrites dans une langue que l'on croyait alors 
peu poétique , obtinrent un grand succès , et 
furent popularisées par une traduction fran- 
çaise. » — ff Les nations européennes , ajoute 
de Condorcet, virent avec étonnemcnt la poé- 
sie allemande y inconnue jusque alors, leur of- 
frir des chefs-d'œuvre dignes d'exciter la ja- 
lousie des peuples qui depuis plusieurs siècles se 
dispatment l'empire des lettres (1). » 

En 1734 la république de Berne établit un 
amphithéâtre public, où Haller enseigna gratui- 
tement l'anatomie. En 1735 il M nommé mé- 
decin de l'hôpital, et peu après principal conseil 
valeur de la bibliothèque publique et du cabmet 
des médailles. Dans l'année même de son entrée 
en fonctions , il dressa un catalogue raisonné 
de tous les livres de la bibliothèque, discuta et 
rangea selon leur ordre chronologique cinq mille 
médailles anciennes. Mais il ne devait pas garder 
longtemps cet emploi, qu'il remplissait avec tant 
de zèle. En 1736 Georges H, roi d'Angleterre e 

l\) Parmi les meilleures prodacUons littéraires de^a Jeu- 
nesse, on ctte son poëme ailcmand Les Alpes, En void 
quelques fragments : « Essayez, mortels, de corriger 
votre sort ; profitez des Inventions de l'art et des bienfaits 
de la nature; animez par des Jets d'eau vos parterres 
fleuris; taiUez de vastes rochers d'après les lois de l'ordre 
corinthien ; Jetez sur vos pavés de marbre de riches tapis 
de Perse ; buvez des perles dans des coupes d'émeraudes ; 
appelez le soraineil par des accords les plus doux ; apla- 
nissez des montagnes ; changez en parcs des champs fer- 
tiles ; que tons vos désirs soient remplis : vous serez 
panvres dans l'abondance et mi.sérables au milieu de vos 
nciiesnes. L'âme fait elle-même son bonheur : les choses 
extérieures ne sont pour elles que l'occasion du plaUiir ou 
de b peine : une humeur égale adoucit les chagrins les 
plus ouverts, tandis qu'un esprit inquiet empoisonne tous 
les plaisirs .... Sur les cimes glacées de la Fourche est le 
grand réservoir de l'Europe, qui par des fleuves abondants 
nourrit les deux grandes mers. L'Aar y prend sa source, 
et se précipitant avec un bruit effroyable, couvre dans 
ses chutes rapides les noirs précipices de son éblouis- 
sante écume. Les mines secrètes des Alpes dorent sa 
eonrse et mêlent A ses onries cristalllifbs le métal le plus 
précieux : le fleuve, chargé d'or, en Jette des grains su* 
SCS bords, comme un sable grisâtre couvre les rivages 
ordinaires. Le berger volt ces trésors : oh ! exemple pour 
le monde ! il les voit, et les laisse passer, 



électeur de Hanovre, voulant organiser une 
université à Gœttingue, offrit les chaires de mé- 
decine, d*anatomie, de botanique et de chirur- 
gie à Haller, qui accepta après beaucoup d'hé- 
sitation. Un sinistre accident signala son entrée 
à Gœttingue. Sa voiture versa dans les rues mal 
pavées de cette ville, et sa femme, alors enceinte, 
se blessa mortellement : elle mourut au bout de 
quinze jours de souffrances (1). Contre un pareil 
malheur Haller ne trouva de consolation que dans 
l'étude. Renonçant à la pratique de la médecine, il 
se consacra tout entier pendant dix-huit ans à ses 
devoirs de professeur et à des publications sur 
toutes les parties des sciences naturelles. Son 
enseignement fut mfatigable et fécond. A me- 
sure que les jeunes gens qui suivaient ses leçons 
approchaient du terme de leurs études , il leur 
proposait, comme sujets de thèses doctorales, des 
matières nouvelles sur lesquelles il y avaitdes dé- 
couvertes à faire ; il leur traçait les plans qu'ils de- 
vaient suivre et les dirigeait dans leurs travaux. Il 
groupa ainsi autour de ses propres travaux une 
foule de travaux auxiliaires, qui en augmentèrent 
rinOuence, et contribuèrent puissamment aux 
progrès des sdences. Il facilita les rechercher des 
étudiants par rétablissement d*un jardin botani- 
que , qu'enrichirent beaucoup ses excursions dans 
leHarz. En 1737 la Société royale de Gœttingue 
fut fondée; ses premières réunions se tinrent 
dans la maison de Haller, qui en fut nommé 
le secrétaire perpétuel. Les mémoires de la So- 
ciété, qui commencèrent bientôt après de pa- 
raître sous le titre de CommentarU Societatis 
regiâB Scientiarum Gotiingensis, l'eurent pour 
actif collaborateur, même lorsqu'il n'appartenait 
plus à l'uniyersité de Gœttingue. Le soin de sa 
santé, fatiguée par des travaux trop nombreux, 
etl'honorable invitation de ses compatriotes, qui 
l'avaient élu en 1745 membre du conseil son- 
Tcrain, le ramenèrent à Berne, en 1753 (2). Il fut 
aussitôt appelé à remplir diverses fonctions ad- 
ministratives , et il apporta dans cette nouvelle 
carrière son intelligence et son activité halâ- 

(1) Haller composa snr la mort de sa femme une élégie, 
que l'on regarde comme une de ses plus belles pièces. En 
voici quelques strophes :.... « Combien de fois en l'em- 
brassant avec ardeur, mon cœnr me disait-Il en frémis- 
sant : Hélas I s'U fallait la perdre 1 Et Je l'ai perdue! Oui 
mon deuil durera, même lorsque le temps aura séché mes 
pleurs : le cœur connaît d'autres larmes que celles qui 
couvrent le visage. L« premier amour de ma Jeunesse, le 
souvenir de ta douleur, l'admiration de tes vertus, sont 
une dette étemelle pour mon cœur. » 

(S) Ce fut vers cette époque que Haller eut une vive 
querelle avec de La Mettrie au sujet de quelques points 
philosophiques et religieux. De La Mettrie avait publié, en 
1747, un traité intitulé L'Homme machine, et l'avait dédié 
à Haller , dont 11 prétendait avoir été Tarol et le disciple 
pendant sou séjour à Leyde. Son but malicieux fut at- 
teint On se demandait partout avecsurprise : Halier est-Il 
matérialiste? Ce dernier s'empressa de désavouer de La 
Mettrie à la fois comme ami et comme disciple, et dès Inrs 
s'établit entre eux cette fameuse polémique dans laquelle 
Haller défend éloquemment la religion révélée, Dieu, maî- 
tre et créateur du monde, insulté par les suppositions de La 
Mettrie. ( Biographie cTAlà. de Haller ) ; Pa^l^ 1846, 
p. 68.) 



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171 



HALLira 



172 



tueiles. Directeur du bailliage d'Aigle et des sa- 
Unes de Roche , commissaire poar l'organisa- 
tioD de Tirniversité de Lausanne , membre du 
sénat de Berne, il se montra magistrat fenne, 
liabile, équitable et modéré, bien qu'avec des 
idées aristocratiques très-arrétécs. Il a exposé 
ses opinions politiques dan? trois romans qui 
rappellent certaines parties du Télémaque, et 
qui représentent trois peuples gouvernés dans 
Vintér6t de leur bonheur, l'un par un despote 
vertueux, l'autre par un bon roi constitutionnel, 
et le troisième par une excellente aristocratie. Il 
manque à ces trois ouvrages une quatrième 
partie, consacrée au tableau d'une démocratie 
parfaite ; mais Haller ne croyait pas à la possi- 
bilité d'une démocratie réglée, et ce quatrième 
roman manque dans ses œuvres politiques. 

Ses occupations de magistrat et ses conceptions 
littéraires ralentissaient à peine sa prodigieuse 
activité scientitique. Il multipliait ses expériences, 
perfectionnait et complétait ses traités physio- 
logiques, rédigeait ses Bibliothèques si utiles 
pour l'histoire des sciences, envoyait des mé" 
moii-es aux nombreuses compagnies savantes dont 
il était membre, remplissait les suppléments de 
VEncyclopédie d'articles d'anatomie , de méde- 
cine et de physiologie. La maladie même ne sus- 
pendit point ses travaux, que la mort seule put 
arrêter ; il mit la dernière main à sa physiologie, 
et dressa un journal détaillé de sa maladie, qu'il 
envoya à la Société royale de Gœttingue. Son 
ardeur scientifique et ses ferventes espérances 
religieuses le soutinrent également dans les der- 
niers jours de sa vie. Trèfr-souffrant de la goutte 
et d'une maladie de la vessie, forcé de recourir 
à l'opium pour adoucir ses douleurs lorsque son 
médecin l'engageait à ne pas en prendre autant, 
il répondit^en faisant allusion à sa mort pro- 
chaine : « Sono venti tre ore e mezza »« Aux 
approches de la mort, il parut surtout occupé de 
suivre le progrès du dépérissement de ses or- 
ganes. « Mon ami, l'artère ne bat plus », dit-il à 
son médecin, Rosselet. Ce furent ses dernières 
paroles. L'avant-veille de sa mort, il avait tracé 
les lignes suivantes, à pône lisibles s » Je prie 
le célèbre médecin Tissot defm'écrire, parle 
premier courrier, sur l'apparence du danger et 
les chances de guérir. Ce sera un effet de votre 
ancienne amitié.... Je vous embrasse... Il y a de 
la vie encore, mais trop peu et... fréquemment.... 
pour guérir, être entrevue... redoutable, » Ainsi, 
le mot redot{table est le dernier qui soit sorti de 
la plume de Haller (1). 

(1) Boviron quatre mois avant sa mort, Haller reçnt la 
visite de l'empereur d'Autriche, Joseph II. Cette visite 
(la 17 Juillet 1777) fit alors grand bruit, parce que Teni- 
pereur, en passant tout près de Fcrney. n'avait pas 
voulu honorer Voltaire de la même faveur. Haller et Vol- 
Caire avaient étéanUpathiques l'un à l'antre.et cette anUpa- 
Ihie perce à chaque ligne de leur courte correspondance. 
Haller ne pouvait pardonner à Voltaire son iniptétc. Il 
chercha même à le réfuter sur beaucoup de points. Ainsi, à 
propos du péché originel, Voltaire affirme « que l'homme 



Les mœurs austères de Haller lu! rendaient 
nécessaire la vie de famille; il se maria trois fois. 
Privé de sa première femme par un cruel acci- 
dent, il épousa, en 1738, Elisabeth Bùhner, qu'il 
perdit bientôt après, et prit pour troisième 
femme Sophie-Amélie Teichmeyer, dont il eut 
onze enfants (1). 

Haller recueillit dans le cours de sa vie les 
honneurs dus à son génie. En 1739 il fut nommé 
médecin du roi d'Angleterre. Il était associé de 
l'Académie des Sciences de Paris, de la Société 
royale de Londres et de toutes les sociétés sa- 
vantes de l'Europe. L'empereur d'Allemagne Ten- 
nobliten 1748; Frédéric le Grand essaya vaine- 
ment de l'attirer à Berlin ; Oxford, Utrecht se 
le disputèrent, sans pouvoir l'obtenir. Enfin , il 
jouit de l'amitié et de l'estime de ses plus illustres 
contemporains. Le temps n'a point diminué une 
gloire si bien méritée, et Haller reste pour la 
postérité un des caractères les plus purs, un des 
génies les plus vigoureux et les plus étendus de 
son siècle. Son nom est surtout attaché à la 
grande théorie de l'irritabilité. Nous empruntons 
à Condorcet une exposition de cette théorie, qui 
a exercé une immense influence sur les progrès 
de la physiologie et de la pathologie. « Haller 
entendait par irritabilité cette propriété qu'ont 
certaines parties des corps vivants de se con- 
tracter lorsqu'on les blesse, ou même lorsqu'on 
les touche, indépendamment de la volonté de 
l'animal soumis à Texpérience , et sans qu'il 
éprouve de douleur , propriété que les plantes 
semblent partager, et qui , distincte de la sensi- 
bilité, n'appartient point aux mêmes organes. 
Il prouva que l'irritabilité réside exolusÎTement 
dans la* fibre musculaire, et la sensibilité dans 
les nerfs ; il démontra comment, dans les diffé- 

B'est point méchant, que pendant tout le temps de son 
enfance il a la douceur de l'agneau ». A quoi BaUer ré- 
pond : « Si M. de Voltaire avait été père , il aurait coiiaa 
par expérience l'empire que l'opiniâtreté, la colère, 
l'envie de dominer et d'autres vices ont sur les enfants; 
cet empire est tel, que U punition, la résistance et lia- 
possibilité de l'enfanta faire respecter sa volonté, par- 
viennent seules à le modérer. L'enfant croît qu'il possède 
un droit positif sur tout ce qui lui plaft; il veut qne tout 
ce qui lui passe par la tête soit exécuté } il lève avec fu- 
reur ses peUtes mains contre le frère qui le contrarie 
dans ses amusements; il ferait éprouver le même tnl- 
tement à son père si ses forces le lui permettaient; et 
dés que ses désirs trouvent un obstacle dans sa Cilblesse, 
des cris perçants annoncent qu'il exige l'obéissance de 
ceux qui l'environnent. » ^Biographie d*Alb, de Boiter, 
p. IM. ) 

(1) Bonstetten a fait de Haller le portrait solvanl : 
« Rien de plus beau que son regard , qui était à la fois 
perçant et sensible. C'était de tous les bommes qne j*st 
connus le plus spirituel et le plus aimable : son lamienee 
savoir avait la grâce de l'Impromptu. Il vivait bablbuel- 
lement dans sa vaste bibbotbëque , où on le trouvait 
presque toujours écrivant. Il y était presque toujours 
seul. Un jour que Je le trouvai écrivant. J'eus avec loi 
une conversation sur le libre arbitre. Tout en me par- 
lant, il continua d'écrire. On apporU les papiers anglais; 
le voilà à lire ces papiers, sans quitter la plume ni la con- 
versation. Je fus si étonné de sa présence d'esprit que. 
lorsqu'il eut fini la gazette . je la pria et lui deotandal 
la permission de l'interroger sur le contenu de quelques 
articles : II avait tout retenu. » 



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17S 



HiIX£E 



174 



rentes parties du corps, presque toutes mêlées 
de muscles et de nerfs, la sensibilité qu'elles 
faDt paraître n'appartient qu'à leurs nerfs, et 
leur irritabilité à leurs muscles; que les parties 
destituées de muscles ne sont pas irritables ; que 
les parties destituées de nerfs ne sont pas sen- 
sibles; qu'en coupant les nerfs qui joignent une 
partie au cerveau , cette partie perd sa sensi- 
bilité sans cesser d'être irritable ; que le nerf 
séparé du cerveau devient incapable de se con- 
tracter; qu'enfin, il ne conserve une apparence 
de mouvement que parce qu'il peut servir, 
comme un corps étranger, à exciter Tirritabilité 
dans le muscle qui lui est attaché. Au con- 
traire, le muscle séparé du corps vivant con- 
serve encore des signes d'irritabilité ; mais la 
force de cette irritabilité est affaiblie : elle cesse 
au bout d'un temps très-court. Ainsi, il ne faut 
pas la confondre avec l'élasticité , propriété pure< 
ment mécanique; comme on ne doit pas con- 
fondre avec les mouvements que produit TirritaF* 
bilité ces changements, purement chimiques, que 
l'application des caustiques fait éprouver à toutes 
les parties molles des corps organisés. L'ouvrage 
où Haller publia ces découvertes fut l'époque 
d'une révolution dans l'anatomie. On apprit qu'il 
existait dans les corps vivants une force particu- 
lière, qu'on pouvait la regarder comme le prin- 
cipe immédiat de leurs mouvements , comme la 
poissaoce qui , répandue dans les organes , fait 
exercer à chacun la fonction qui lui est propre; 
la physiologie, trop longtemps appuyée sur des 
id^s métaphysiques et incertaines, put enfin 
avoir pour liase un fait général et prouvé par 
l'expérience. Les anatomistes s'empressèrent de 
s'occuper de l'irritabilité, pour confirmer les vues 
de Haller ou pour les combattre. On commença, 
suivant l'usage, par soutenir que ces préten- 
dues découvertes étaient fausses; et on finit par 
dire qu'elles étaient connues longtemps aupara- 
vant. Haller répondit à ce.s objections avec la 
noble simplicité d'un homme qui sent le mérite 
<)e ses travaux et qui ne veut que la gloire qu'il 
a méritée. Il opposa à ceux qui contestaient ses 
découvertes, des expériences qui les confir- 
maient; il répondit aux autres par une histoire 
détaillée de tout ce que les anatomistes avaient 
teril sur l'irritabilité. 11 fit voir que plusieurs l'a- 
vaient observée ( vo^. Gusson), mais que per- 
sonne n'avait décrit les phénom^es de l'irritabi- 
lité avec exactitude, ni démêlé que la fibre mus- 
culaire est la seule partie qui en soit douée 
e^seotiellement , et que les organes n'en sont 
susceptibles qu'en raison des fibres musculaires 
qui entrent dans leur composition , ni démontré 
que la sensibilité et l'irritabilité diffèrent par 
leur nature et appartiennent à des parties diffé- 
rentes. >» La controverse qui s'engagea au sujet 
de la théorie d'HalIer eut l'avantage de provo- 
quer de nombreuses expérieuces et d'enrichir 
ainsi la science d'un grand nombre défaits nou- 
veaux. Quant à la théorie en elle-même, on a re- 



connu qu'elle était beaucoup t9op exelosive , et 
que le savant physiologiste de Berne avait reftisé 
l'irritabilité à des organes qui en sont doués. 
Bichat, plus hardi, ets'emparant de la conception 
plus générale de Glisson, constata que l'irrita- 
bilité ou la contracHMité e&i une propriété de 
tous les.tissus. Ainsi agrandie et complétée , la 
théorie d'Hailer est devenue la base de la phy- 
dologîe moderne. 

£n botanique , les travaux de Haller, quoique 
immenses , n'ont pas la même importance que 
ses rechercfies ^natomiques et physiologiques. 
Il recueillit les matériaux d'une Flore complète 
de la Suisse, et disposa les plantes d'après un 
système de son invention. Ses descriptions sont 
exactes, mais sa classification n'a point été 
adoptée. £lle avait pour fbndement, d'un nou- 
veau système le rapport qu'ont entre eux le 
nombre des étamines et celui des pétales ; et 
dans les phmtes monopétales, le nombre des 
étamines et celui des divisions du calice. Voici 
comment un juge compétent, M. Fée, apprécie ici 
Haller : « Ce grand savant voulait dominer dans 
la science comme Voltaire dominait dans les 
lettres. C'est là ce qui explique comment il vit 
un rival dans Linné, dont il fut l'un des critiques 
les plus amers et les plus persévérants. Le na- 
turaliste suéd<Hs ne fit comialtre son méconten- 
tement que dans sa oorrespondance particulière, 
et cette sage retenue ne fut pas imitée. 11 faut ac- 
corder à chacun d'eux la part de gloire qui leur 
revient : Haller a brillé davantage. Linné brillera 
plus longtemps. Ce n'est pas que Haller n'eût un 
incontestable mérite comme botaniste; mais un 
seul des ouvrages de Linné, la Philosophia Bo^ 
tanica, par exemple, suffit pour le placer à un 
rang bien plus élevé. Haller avait un savoir étendu ; 
Linné avait du génie. Les écrits botaniques de 
Haller sont nombreux, et quelques^'Uns ont une 
importance véritable, particulièrement pour la 
Suisse, dontil a surtout, et presqueexelusivement, 
étudié la végétation, non dans les livres , mais au 
milieu des merveilles des Alpes, qu'il a parcourues 
dans tous les sens et frocloeosement. C'est le natu- 
raliste qui acréélapofite, ou du moins c'est en étu- 
diant la naturt qu'il s'est senti digne de U célébrer. 
Quelques personne prétendent qoe les botanistes 
ne songent qu'à mutiler les fleurs pour en étudier 
les caractères, et se montrent pen sensibles à leurs 
beautés. Leeontradre arrive d'ordinaire; ce n'est 
qu'après les avoir admirées dans leur état natu- 
rel, que les botanistes cherchent à les admirer 
dans les détails de leur organisation; ils ont un 
plaisir de plus : voilà tout. Haller a débuté en 
botanique par un petit écrit intitulé : J)e me- 
thodico Studio Botanices absque prseceptore 
(1736). Il fut suivi de deux monographies, l'une 
sur le genre veronica, l'autre sur les pédicu- 
laires de la Suisse. A l'exemple de Linné, il a 
pubtié deux relations de ses excursions botani«' 
ques, la première dans la forêt Noire en 1738, la 
seconde en Suisse deux ans plus tard. La littéra<' 



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175 



.HALLER 



176 



ture botanique tient peii de place parmi ses 
écrits botaniques ; il n*en est pas ainsi de la ma- 
tière médicale : Tbistoire des plantes vénéneuses 
delà Suisse (1776), le petit livre De Preestantia 
Remediorum vegetabilium (1752 ) peuvent être 
consultés avec fruit; mais pour apprécier les 
titres de Haller à Testime des botanistes , il 
faut s'adresser à ses publications relatives aux 
plantes helvétiques ; les plus célèbres sont sans 
contredit Ténumération qu'il a donnée des plantes 
suisses, 2 vol. in-fol., accompagnés d'une très- 
grande quantité de belles planches (1^42), et sur- 
tout son Bistoria Plantàrum indigenarum 
HelvetiXy 3 volumes in-foL (1778). On trouve 
dans ces deux ouvrages une foule d'observations 
délicates qui témoignent d'un esprit sagace et judi- 
cieux. L'Histoire des Plantes est en Suisse un livre 
classique. Malgré tout ce qu'on doit accorder 
d'estime à ces publications, on ne peut se dis» 
penser de faire remarquer que la plupart d'entre 
elles ont perdu beaucoup de leur importance» et 
que vainement y chercheraiton des idées neuves 
et philosophiques, enfin de celles qui font progrès- 
ser la sdence. Les réformes n'étaient pas de son 
goût, et il a été jusqu'à blâmer amèrement, dans 
ses Appendices in JohannU Scheuchzeri Agrot- 
tographiam ( 1775), la nomenclature de Linné, 
l'une des plus fécondes en grands résultats, et 
qui s'est étendue de la botanique à^ toutes les 
branches des sciences naturelles. » 

Les ouvrages botaniques de Haller sont d'un 
usage peu général, faute de l'emploi de la 
méthode linnéenne, qui en aurait facilité la lec- 
ture. HaUer rendit un service essentiel aux 
sciences en composant ses quatre BiblMhè- 
ques, consacrées à des biographies de savantset à 
la bibliographie raisonnéedc leurs onvrag^, et 
où l'on trouve à côté de courtes notices des juge- 
ments scrupuleusement pesés et complets dans 
leur concision. Ces ouvrages, plus utiles que bril- 
lants, n^en sont pas moins nn des titres de gloire 
de Haller. « Il fallait, dit Condorcet, pour com- 
poser ces quatre Mbliothèques non-seulement 
qu'il eût extrait des livres qu'il avait lus tout 
ce qu'ils contenaient d'utile, mais encore qu'il 
sût renfermer en peu de mots la substance d'un 
ouvrage , le caractériser à la fois et l'appré- 
cier en quelques lignes. Ce talent suppose une 
grande justesse et une grande netteté d'esprit, 
l'art de trouver le mot propre, et de choi- 
sir les tours qui n'obligent pas à employer 
des mots inutiles (1). » A tous les talents qu'at- 

(1) Voici comment Tlssot, médecin et ami de Haller, 
apprécie ces sayants recueils : « Haller avait pour bat, 
dans ses Joornaax comme dans ses BibliothéqueSy de pré- 
senter ce que chaque auteur avait ru le premier, ce 
qu'il avait mieux vu, en un mot ce qu'il avait de propre ; 
ces ouvrages immenses, dans lesquels on trouve non» 
seulement les notices les plus exactes et les Jugements 
les plus justes sur tous les ouvrages utiles et un peu 
oonsidèrables qui ont paru, et même sur les plus futiles 
dlssertattons dont les trois quarts ne méritent pas d'être 
lues ; ces BUUiothèqueSj disons-nous, seront à Jamais un 
oayrase précieux. » 



testent ces vastes travaux il fant ajouter lé 
talent d'écrivain. Poète harmonieux et éclatant 
dans sa langue maternelle, Haller maniait le 
latin avec une rare facilité, et écrivait le fran- 
çais avec beaucoup de clarté et de précision. 
K Quoique cette langue ne fût pas la sienne, dit 
Cuvier, personne n'a mieux écrit que loi en fran- 
çais, avec plus de précision et de netteté, sur 
l'anatonûe et la physiolo^. Les articles qu'il a 
donnés dans le Supplément de la grande Ency- 
clopédie sur ces deux sciences sont des mo- 
dèles d'élégance, de clarté, de précision, en 
môme temps que d'une justesse grammaticale 
très-remarquable, surtout dans un étranger. » 

Haller a laissé près de deux cents ouvrages : il 
serait trop long d'en donner une liste complète; 
nous ne dterons que les principaux, savoir : 
Versuch sehweitzerischer Gedichie (Essais 
de Poésies suisses), Berne, 1732, în-8*; tra- 
duits en français, Zurich, 1752, in-8";— Dis- 
sertatio anatomica de Musculis diaphragma- 
tis; Berne, 1733, in-4*; — Descriptio Fœtus 
bicipitisad pectora connati^ubi in coassas 
monstrorum ex principiis anatomicis tnqui- 
f-itur; Zurich, 1736, in-8"; — De methodieo 
Studio Bùtanices ; Gœttingue, 1736, in-4*' ; — De 
Veronicis quibusdam alpinis; Gœttingue, 1737, 
in-4*'; — De Valvula Eustachii; Gœttingue, 
1738, in-4'' ; •— Dissertatio sistens ex itinere in 
sylvam ffercynicamhacxstaie suscepto obser- 
vationes botanicas; Gœttingue, 1738, in-4«; 
— lier Helveticum anni MDCCXXXVill et 
iter ffercynicum anni MDCCXXXVIIi; Gœt- 
tingue, 1740, in-4*» ; — Dissertatio monstrorum 
duorunt anatomen et de causis monstrorum 
uberiorem disquisitionem exhibens; Gœt- 
tingue, 1742, in-4«; — Enumeratio metho- 
dica Stirpium ffelvetiœ indigenarum , qua 
omnium brevis descriptio et synonymia, 
compendium virium medicartim, dubiarum 
declaratiOy novarum et rariorum uberior 
historia, et icônes continentur; Gœ,ttinguc, 
1742, 2 vol. in-fol. l'-Iconumanatomicarum, 
quibus prxcipiuB partes corporis humant 
exquisita cura delineatx continentur; Gœt- 
tingue, 1743-1756, huit fascicules in-fol. : c'est un 
des principaux ouvrages de Haller, et le premier 
où le corps humain ait été dessiné comme il doit 
l'être en anatomie, c'est-à-dire dans toute la 
complication de ses parties. En faisant dessiner 
chaque organe dans sa véritable situation et avec 
tous ceux qui l'environnent, Haller a donné le 
premier un exemple généralement suivi depuis; 
—De Methodo Botanica Halleri omnittm hoc- 
tenus excogitatarummaximenaturali; Gœt- 
tingue, 1748, in-4'';— Prima? Ltnca?My*io/o- 
giXy in usum prxlectionum academicarxm; 
Gœttingue^ 1748, in-4*' : cet ouvrage, que Haller 
composa pour servir de texte à ses leçons, 
est également admirable par la nouveauté et 
l'exactitude des faits sdenlifiques, et par la con- 
cision et la clarté avec laquelle ils aoot expn- 



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HALLER 



178 



mées; c'est là que l'imtroaTe cette belle défini- 
tion delà physiologie : « Physiologia est animata 
aaatoine » ; — Opuscula Botanica; Gœttingae, 
1749, in-S**; — Opitscula Anatomica; ibid.; 
1749, in-S"; — JHssertatio de pedicularilms, 
guœ spécimen est historix stirpium in Bel- 
veiiaspontenascentium; Gœttingne, 17i37,in-4°; 
— Brevis Enumeratio Stirpium Horti Gœttin' 
gensis : accedunt animadversiones aliqu» et 
novarum descriptiones ; Gœttingue, 1743, 
JB-â*'; — De Alla génère naturali lAbellm; 
Gcettiogoe, 17459 in'4<^; — De Prœstantia Re- 
mediorum vegetabilium; Goettingae, 1752, 
ifl^O; _ Enumeratio Plantarum Borti regii 
et agri GottingensiSy aucta et emendata ; Goet- 
tingae, 1749; — Histoire des P tantes véné- 
neuses de la Suisse, contenant leurs descrip- 
tions, leurs mauvais effets sur les hommes et sur 
les animaux, avec leurs antidotes ; rédigée d'après 
ce qu'on a de mieux sur cette matière et surtout 
d'après l'Histoire des Plantes helvétiques de 
M. le baron de Haller; mise à la portée de tout 
le monde par Philippe Rodolphe Vicat; Yver- 
doo, 1 1 76, ln-8*' ; — Opuscula Anatomica de res- 
piratione, de monstris, aliaque minora; 
Gœttingue, 1751, in-8°. Ce recueil contient 
des dissertations et des programmes déjà pu- 
b&és, et dont quelques-uns ont été cités plus 
haut; — Opuscula Pathologica,partim récusa, 
partim inedila, quibus sectiones cadaverum 
morbosorum potissimum continentur, AcceS' 
serunt expérimenta de respiratione ; Lau- 
sanne, 1755, in-8*; — Sammlung kleiner 
Schriften (Recueil d'opuscules); Berne, 1756, 
in-S"; — Elementa Physiologie Corporis hu- 
mant; Lausanne, 1757-1766,8 vol. in-4*''. C'est là 
l'ouvrage capital deHaller, le résumé de tous ses 
travaux anatomiques et physiologiques ; il en pré- 
para une nouvelle édition, qui commença à pa- 
raître Tannée même de sa mort, et qui n'a ja- 
mais été terminée ; elle porte le titre de De prœ- 
eipuarum Corporis humani Partium Fahrica 
etfunctiontbus Libri XXX: Berne, tm-ins, 
8 vol. in- 8°. Un supplément à la première édi- 
tion fut publié , sous le titre A'Aûctarium ad 
Elementa Physiologix Corporis humani ; Lau- 
sanne, 1782, in-4*>. Les Prima? Linex avaient 
été traduites en français, Paris, 1752, in-l2; la 
partie des Elementa relative à la génération fut 
aussi traduite dans la même langue, par Piet, 
soos ce titre : La Génération, ou exposition des 
phénomènes relatifs à cette fonction na- 
turelle ;Vwei9, 1774, 2 vol. in-8»;— Orchi- 
dum Classisconsiituta; Bâle, 1760, in-4°; — 
Opéra minora; Lausanne, 1762-1768, 3 vol. 
ia-4*. C'est une collection de quarante petits 
traités de Haller sur Tanatomie et la physio- 
logie; raiiteur attachait avec raison une grande 
importance à ce recueil ; — ffistoria Stirpium 
tndigenarum ffelvetix; Berne, 1768, 3 vol. 
in-fol.,aYec on vol. de planches. CetteFtore con- 
tient la description exacte de 3,486 espèces ;lift 



synonynue est d'une admirable exactitude; on 
regrette seulement que l'auteur n*ait pas adopté 
la nomenclature linnéenne; — Bibliotheca Bo- 
tanica, qua scripta ad rem herbariam far 
cientia a rerum initiis recensentur; Zurich, 
1771, 1772, 2 vol. in-4" ; —Vsong, eine morgen- 
laendische Geschichte (Usong, histoire orien- 
tale), Berne, 1771, in-8*^; traduite en français, 
Lausanne et Paris, 1772, m-8'; en anglais, 1772, 
in-8*'; -^ Alfred, Kœnig der Angelsachsen 
(Alfred, roi des Anglo-Saxons ) , Gœttingue et 
Berne , 1773, in-8° ; trad. en français, Lausanne, 
1775, in-8*'; — Fabricius und Cato, einStiick 
derrœmischen Geschichte ( Fabricius et Caton, 
morceau de l'histoire romaine), Berne, 1774, 
în-8"; traduit en français par L.-F. Konig, Lau- 
sanne, 1782 in> 12 : cet ouvrage est , comme les 
deux précédents, un roman politique;— Biblio- 
theca Anatomica; Zurich, 1774, 1775, 2 vol. 
in-4« ; — Bibliotheca Chirurgica, qua scripta 
ad artem chirurgicamfacientia a rerum ini- 
tiis recensentur ; Berne et BÂle, 1774, 1775, 
2 vol. in-4" ',— Bibliotheca Medicin^e practicss, 
qua scripta ad partem medicinas practicx 
fttcientia a rerum initiis ad annum 1775 
recensentur; Berne et Bâle, 1776, 1777, 1779, 
1 788, 4 vol. in-4*' ; le troisième volume a été pu- 
blié par Tribolet , et le quatrième par J.'T. Bran- 
dis ; il faut joindre aux quatre Bibliothèques les 
Adnotationes publiées par DeMurr; Erlangue, 
1805, in-4°. Haller écrivit des préfaces pour 
beaucoup d'ouvrages, et fournit un nombreextré- 
mement considérable de mémoires, d'articles, 
d'extraits, d'analyses à divers recueils ou jour- 
naux scientifiques, parmi lesquels il faut citer 
surtout les Mémoires de la Société royale (1) de 
Gœttingue, et les Goettingische gelehrte 
Anzeigen. Les seules analyses fournies par lui à 
ce dernier recueil s'élèvent, dit-on, à onze mille. 
Beaucoup de ses préfkces, de ses articles, 
avec un journal qu il tenait depuis 1734, ont été 
recueillis après la mort de Haller, sous le titre 
de Tagebuch seiner Beobachtungen ueber 
schriftstellerundueber sich selbst, zurcha- 
rackteristik der philosophie und religion 
dièses Mannes (Journal de ses remarques sur 
les écrivains et sur lui-même, pour caractériser 
la philosophie et la reUgion de l'auteur) ; Berne, 
1787, in-S**. Outre ses propres ouvrages, Haller a 
publié : Hermanni Boerhaavii Praelectiones 
academicx in proprias Jnstitutiones Rei Me- 
dicx, Gcettingue, 1739-1744, 6vol. in-8°; tra- 
duites en firançais par OfTray de La Mettrie, Paris, 
1743-1747, 6 vol. in'8'' ; — Disputationes Ana^ 
tomicas sélect x; Gœttingue, 1746-1752, 7 vol. 
jn^o . __ Hermanni Boerhaavii Prwleetiones 



(1) Parmi les dissertations insérées dans les JUém. delà 
Société royale de Gattingue on remarque celle Décor- 
ais motu a tiimulo naseente novum experlmentum, pu- 
tiUé en français avec les Mémoires sur les parties sen- 
sibles et irrUables, Lausanne. 17B4, in-8o, et celle ^ 
FormatioM PuUi in ovo, Lanstnne , 1718, tii*is. 



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HALLER 



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publicse demorbisocttlorum; Gœttingue, 1746, 
m-8**; — Disputationes Chirurgien selectœ, 
Lausanne, 1755, 1756, 5 vol. in-A**; traduites en 
français par Macquart, Paris, 1767-1760, 5 vol. 
fn-12; — Disputationes Praetiex sélect»; 
Lausanne, 1756-1760, 7 vol. m-4®;— Princi- 
pum Artis Medicœ Collectio ; Lausanne, 1768- 
1774, 11 vol. in-8*. Cette collection, qui renferme 
les œuvres d'Hippocrate, d'Arétée, d'Alexandre 
de Tralles, de Rhazès, de Celse et de Cœlius 
Aurelianus, fut publiée sous les yeux de Haller; 
elle est peu estimée. 

On conserve parmi les manuscrits de la Bi- 
bliothèque de Genève une partie de la corres- 
pondance de Haller avec le célèbre naturaliste 
Chartes Bonnet. L'auteur (anonyme) delà Bio- 
graphie de Haller en a publié quelques extraits. 
On y lit, entre autres ; « Vous rendriez, écrivait 
Haller à Bonnet , un grand service au public 
en apprenant aux hommes Tart d'observer ; pour 
moi, mon unique remède contre Terreur a été de 
vérifier une infinité de fois tout ce que j'ai cru 
voir de remarquable... Il y a deux classes de 
savants : il y en a qui observent souvent sans 
écrire , il y en a aussi qui écrivent sans observer. 
On ne saurait trop augmenter la première de ces 
classes, ni peut-être trop diminuer la seconde. 
Une troisième est ptas mauvaise encore , c'est 
c'est cellequiobservemal.... » Ailleurs on trouve 
ce jugement curieux sur J.-J. Rousseau : «Votre 
Rousseau me paraît un fanatique affectant la 
singularité, privé d'ailleurs volontairement du 
culte divin, et peut-être même de la lecture des 
livres saints, et livré à des mécontentements 
perpétuels qui ont aigri ses esprits.. . » — « Je n'ai 
pas lu le livre de M. Rousseau, qui a l'art de 
donner un tour persuasif à des idées que la ré- 
flexion f>ait mettre à leur juste prix. J'ai hi ce 
qu'il a écrit contre les. sciences. Mais je sais 
l'histoire du moyen âge, et je connais les ré- 
publiques des Iroquois et des insulaires de la 
mer Pacifique, et je suis channé de ne pas vivre 
parmi eux. Le malheur des hommes vient d'un 
instinct inséparable et nécessaire, donné à chaque 
individu, celui de faire sa volonté. Ces vo- 
lontés se croisent chez le Huron comme chez le 
Parisien, et des passions également fortes n'ont 
pas les mêmes adoucissements dans l'état de 
nature. » — Voici ce qu'il pensait de Voltaire : 
« J*ai lu la préface déplacée de Pierre le Grand, 
On voit bien que de quelque héros qu'il puisse 
s'aghTj M. de Voltaire se présente toujours le 
premier vis-à-vis de lui-même et en fait son pre- 
mier ol^et. Les haines contre les hommes et contre 
la foi se placent entre lui et le véritable objet de 
son ouvrage; il ne volt qu'elles Ces phi- 
losophes sont bien méchants : tous les jours je 
m'en convainc. Je vois les manœuvres de Vol- 
taire contre Maupertuis; celles de Maupertuis 
contre Voltaire et moi ; le faste arrogant de D'A- 
lembert, de Buffon et de Biderot. A quoi sert 
donc la philosophie? A nous enfler , disait l'a- 



pôtre. Elle n'a pas changé depuis dix^sept cents 
ans. » H. et J. 

Zimmerminn , Leben de» Harm Mbr. von Haller ; 
Zurich, 1755, In-S». — Baldinger, Oratio in laudes meri- 
torum Mbr. de Haller, nuper pie defuncti ; GœlUngue , 
1T78, in-4o. — *Heyne, Etoj^tum inconcestu iolenni ad 
d.XlVfébr. 1778 AU), de Haller, Begiœ Scientiarum 
SodetatU GoUingemii praesidis; Gœtlingue, 1778, ia-4». 
— Ttcharner, Ijobrede auf Hem Mbr. Haller '^ Berae, 
1778, ln-8o. - Senebler. Éloge hMorique de M. Mbr. de 
Haller, avec un catalogue complet de $es teuDree ,- Ge- 
nève, 1778, in-8o. — Condorcet. Éloge de Haller; daot 
les JHévuHres de V Académie des Sciences et dans ses 
Œuvres; Parlu, 18*7, t. II.— Vlcq d'Azyr, Éloge de Hal- 
ler; duns les Mémoires de la Société royale de Médecine^ 
t. I. — Covier, Histoire des Sciences naturelUt, t. IV.- 
Sprengel, Histoire de la Médecine. — Biographie médi- 
cale. — Ersch et Gniber, Allgemeine Encyclopœdie. - 
M. Isidore Bourdon, Illustres Médecins et f/àturalistes 
des temps modernes,- Paris. 1844. ^ Biographie de Al- 
bert de Haller, V édlt.} Paris, 1846. 

HALLER (Amédée' Emmanuel de), bota- 
niste, archéologue et bibliographe suisse, fils aîné 
du précédent, né àBerne,le 17 octobre 1735, mort 
dans la même ville, le 9 avril 1786. Son père le 
destinait à la médecine, et le fit étudier sous lui à 
Gœttingue. De 1751 à 1753, il publia, sous le titre 
de Dubia, plusieurs mémoires en latin contre le 
système botanique de Linné. Quand son père fut 
de retour à Berne, il abandonna la médecine et la 
botanique pour se livrer à la jurisprudence et à 
l'histoire de la Suisse. Les lettres qu'il écrivit de 
Paris ,à son père en 1760 ont été imprimées. H 
remplit différents emplois dans son pays, et à 
sa mort il était bailli de Noyon. Outre les ou- 
vrages cités, on lui doit : Spécimen Biblio- 
thecx Helveticas; Berne, 1757, in-4'' ; — Sechs 
verschiedene Versuche eines Kritischen Ver- 
zeichnisses aller Schriften, welche die SchweU 
angehen (Six Essais divers d'un catalogue cri- 
tique de tous les écrits qui ont rapport à la Suisse); 
Berne, 1759-1770, in-S" ; — Conseils pour for- 
mer une Bibliothèque historique de la Suisse; 
Berne, 1771,in-d°; — Catalogue raisonné des 
Auteurs qui ont écrit sur VHstoire naturelle 
de la Suisse; Bâle, 1773, in-4*»; — Schiveize- 
risches Mûnz-und Hedaillenkabinet ( Cabinet 
des Monnaies et Médailles suisses ) ; 1780, 2 vol. 
in-8° ; — Bibliotheh der Schweizergeschichie 
systematisch-chronologisch geordnet ( Biblio- 
thèque de l'histoire suisse arrangée systémati- 
quement et chronologiquement); Berne, 1785- 
1787, 6 vol. in-8". Les dernières parties sont pos- 
thumes, ainsi que la Table générale, qui forme 
un T volume et qui parut en 1788. J. V. 

Stapfer, Notice sur A,-E. de Haller, eo têle da6« vo- 
lume de la Bibliothek der Schweizergeischichte. - 
Mensel, Lexikon der Ferstobenen teutschen Schriftst. 
H ALLER (Emmanuel ne), admmlstrateur 
suisse, second fils d'Albert de Haller, né à Berne, 
en 1745, mort dans sa patrie, vers 1820. U vint 
jeune à Paris, suivit la carrière commerciale, 
et réussit à y établir une bonne maison de 
banque. Il se montra trèi»-partisan de la révo- 
lution , s'associa avec l'abbé d'Espagnac et Le- 
couteulx,et soumissionna plusieurs emprunts et 
* foonûtures importantes. Tout en aidant aux 9f 



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tSf 



HALLER 



1^2 



faires de l'État, il sat âdre les siennes, et acquit 
rapidement une fortune immense. En 1791 il fut 
inquiété par les comités de l'Assemblée natio- 
nale au sujet de ses opérations , mais il parvint à 
se disculper. En 1793 il était pourvoyeur général 
des armées françaises des Alpes et du midi de la 
France, Après le 9 thermidor (juillet 1794), 
André Dumont et Cambon Taccusèrent de dila- 
pidations commises de concert avec les repré- 
sentants Robespierre jeune et Ricord. Il fut même 
décrété d'arrestation, et crut devoir s'enfiiir de 
Gênes pour éviter les suites de Tenquête dirigée 
contre lui (août 1794). Il trouva encore moyen 
d'étooffer ces poursuites, et en 1796 11 fût nommé 
trésorier général de Tarmée d'Italie. Sa gestion 
embrouillée faillît le faire citer par Bonaparte de- 
vant un conseil de guerre. Haller n*en devint pas 
moins ministre helvétique près la République Ci- 
salpine, et de 1796 à I79îlle Directoire le chargea 
de faire rentrer les contributions forcées levées 
sur la Péninsule italique. 11 s'y montra d'une avi- 
dité sans exemple. Delille en a flétri la conduite 
en ces vers, adressés aux Suisses, où parlant des 
vertus du grand Albert de Haller : il s'écrie : 

HaUer, chantre divin, frais comme vos campagnes , 
Doai comme vos valions, lier comme vos montagnes, 
Et qai ne prévit pas que son hymen un Jour 
Da cjgne harmonieux ferait naître un vautour! 
{La PUiéf poème.) 

De retour en France, Emmanuel de Haller fut 
après le 1 s brumaire (9 novembre 1799) placé un 
instant à la trésorerie ; mais son administration fut 
suspectée de nouveau, et il cessa d'occuper des 
fonctions publiques pour reprendre ses spécula- 
tions. Il possédait une fort belle maison à Ville- 
monble, et mena one vie très-luxueuse jusqu'en 
1816, où il fit faillite, révélant toot à coup un pas- 
sif considérable. Il alla mourir dans sa patrie, 
riche encore, mais peu estimé. On a de lui : 
Lettre aux Repréuntants du Peuple et au 
Comité de Salut public; 1794, in-S*"; ^ Au 
premier Consul de la République française^ 
mr les recettes et les dépenses publiques , 
V^r le service de Van IX; Paris, vendémiaire 
do IX (octobre 1800), gr. in-4^ avec tableaux. 
H. Lbsuedr. 

U Moniteur univenêiy an. 17M-97. — Archive* de» 
M<Riif^^« de$ finances et des affaires étrangères » 
1791 à 1800 — BioçruphU modems (1806).— Quérard, La 
i-ranee littéraire. 

HALLKR{i4^6e»*/ de), botaniste et administra- 
teur suisse, frère des pi^cédents, né à Berne, en 
I7d8, mort dans la même ville, le l*"'mars 1823. 
Il fut chargé dans sa patrie de plusieurs missions 
administratives ou diplomatiques^ dont il s'ac- 
quitta avec zèle et talent. Jusqu'à ses derniers 
moments il fit partie de la commission de légis- 
lation civile de Suisse, il avait bérité du goût 
de son père pour la botanique, et égala presque 
son savoir. Il habita longtemps Genève, et légua 
en mourant son magnifique herbier à la biblio- 
thèque de cette ville. Albert de Haller a laissé 



de nomûreox manuscrits, qui seraient prédeax 
poar la publication d'une fiore helvétique. 

H. L. 

Annuaire nécrologi(me de I8t3. 

HALLER (Charles ' Louis de), publidste 
suisse, petit-fils du grand Haller, né à Berne, le 
1^<^ août 1768, mort à Soleure, le 20 mai 1854. A 
vingt-six ans il fut appelé aux fonctions de secré- 
taire du conseil ordinaire de la république de 
Berne. Après avoir rempfi pendant quelque temps 
cet emploi, Haller, qui s'était élevé contre la dé- 
mocratie dans quelques publications, fit en 1798 
un voyage dans ce qu'il appelait les pays non ré- 
volutionnés, et resta de 1801 à 1806 à Vienne, où 
il s'occupa d'études historiques et politiques. £n 
1806 il revint dans son pays , où on lui offrait 
une place de professeur d'histoire à l'Académie. 
II y publia en 1808 un abrégé de sa Politique 
universelle , où il réfutait les doctrines révolu- 
tionnaires. Ce livre fut encore plus mal accueilli 
de ses amis que de ses adversaires. Cependant, 
les premiers étaient au pouvoir, et grâce à eux 
Haller fut nommé snccessi ventent, en 1814, 
membre du grand et du petit conseil. Le mou- 
vement légitimiste qui ramenait la restauration 
de tous les princes en Europe lui inspira sa Res- 
tauration de la Science politique. Il avait à 
peine &it paraître le quatrième volume qu'il vint 
à Paris chercher des appuis , et s'occuper de la 
publication de son livre en français. En France 
Haller ne tarda pas à s'apercevoir qu'il n'était 
pas eneoreallé assez loin, et que ses opinions po« 
Utiques exigeaient impérieusement le sacrifice 
de sa religion. Il abjura donc le protestantisme à 
Paris, et exposa les motifs de cet acte dans une 
lettre à sa famille. Mais il lui était impossible de 
garder désormais le titre déconseiller de larépu- 
bllque de Berne ; ce canton était d'ailleurs un 
théâtre trop borné pour lui. Il dut se démettre 
de ses fonctions. De Bonald lui avait ouvert les 
colonnes du Journal des Débats, en attendant 
qu'il le fit attacher au ministère des affaires étran- 
gères avec le titre de publidste, Haller acquit 
alors une grande renommée, qui ne se soutint 
pas, et avant 1830 il alla résider à Soleure. Au 
commencement de 1830, il revmt à Paris, et dut 
à ses amis politiques d'être nommé professeur 
à l'école des Chartes. La révolution de Juillet 
le força à retourner h Soleure, et il fut élu 
membre du petit conseil de cette république en 
1834. Il resta fidèle à ses doctrines, et continua 
à les défendre jusqu'à sa mort. 

On a de lui : De la Constitution des Cortès 
d'Espagne, ouvrage écrit en allemand , dont il 
donna lui-même une traduction en français; Pa- 
ris, 1820, in-8°; — Restauration der Staats- 
wissenschaft, tic, (Restauration de la Science 
politique, ou théorie de l'état social naturel , op- 
posée à la fiction d'un état civil factice); Win- 
terthur, 1816-1820 , 4 vol. in-8«»; 6* vol., 1822; 
ô"" volume, 1834 : cet ouvrage a été traduit en partie 
par l'auteur lui-même; Paria, 1824-1830, 3 Tvl. 



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188 



HALLER 



184 



in-S®. (c DeHaller, dans cet écrit, admet le droit 
divin des souverains et de l'aristocratie, dit la Bio- 
graphie Rabbe, et rejette la doctrine des constitu- 
tions civiles; puis, dérivant tout gouvernement, 
c*est-à-dire le pouvoir absolu et Tobéissance ab- 
solue de la supériorité et de l'indépendance, il 
n'admet que trois espèces de monarchies, les 
héréditaires et féodales, les militaires, et les théo- 
cratiquesou ecclésiastiques. Le système de Haller 
repose sur cette fiction que lorsque ce monde 
était encore à tous, des hommes forts et sages 
y ont pris possession chacun de certaines ré- 
gions, et par là Tont rendu leur propriété éter- 
nelle, exclusive et légale; et que si d'autres 
hommes moins sages veulent y vivre, ils doivent 
se soumettre aux conditions que leur imposent 
des hommes doués de facultés intellectuelles 
supérieures, en leur qualité de premiers occu- 
pants. La puissance ecclésiastique doit être ab- 
solue, parce que la conscience et la religion 
sont partout les mêmes; elle doit de plus être 
universelle, et posséder des biens fonds pour 
pouvoir maintenir son indépendance. » Selon 
Ch. de Haller, le prétendu contrat social des phi- 
losophes est une chimère fausse, impossible, con- 
tradictoire. C'est la nature elle-même qui a pro- 
duit, par rinégalité des hommes et des choses, 
les rapports sociaux qui existent; c'est elle qui 
assigna l'empire au plus puissant, la dépendance 
au plus faible. La puissance n'a pour règle que 
la loi de justice naturelle, qui est la même pour 
tous les hommes et qui est accompagnée pour 
ceux qui exercent l'empire des moyens néces- 
saires pour la faire respecter. Les droits des 
princes sont fondés comme ceux des autres hom- 
mes sur leur liberté ou leur propriété, ainsi que 
sur leurs obligations naturelles. Ces droits sont 
sacrés; nul ne peut les attaquer. Ce n'est pas la 
volonté générale, c'est la loi divine (caria loi na- 
turelle est d'origine divine ) qui règle les rapports 
des peuples avec leurs chefs, et les droits des 
uns et des autres. Le pouvoir qu'exercent les 
souverains n'est pas national; il est personnel au 
chef de l'État, car c'est une délégation qui lui a 
été faite de la part de Dieu ; — Lettre de Haller 
à sa famille pour lui déclarer son retour à 
V Église catholique, apostolique et romaine; 
Paris, 1821 ; plusieurs fois réimprimée, avec des 
réflexions de M. de Bonaid et un extrait d'une 
lettre pastorale de l'évêque de Pignerol; —His- 
toire de la Révolution religieuse, ou de la 
réforme protestante dans la Suisse occiden- 
tale: Paris, 1837, in-8*»; 1838, in-12; —Mé- 
langes de Droit public et de haute Politique; 
Paris, 1839, 3 vol. in-8'; — Études historiques 
sur les Révolutions d^ Espagne et de Portugal; 
Paris, 1840, 2 vol. in-S*. C'est le même ouvrage 
que le précédent, dont on a changé seulement 
les titres. L. L— t. 

Malter, Bncycl. da Cens du Monde. ~ Rabbc. Vieilh 
de BoisJoUn et Salnte-Preuvc , Biogr. univ.et portât, des 
Contemp. — Quérard, La France littéraire. — I^uandrc 
et Bowqnelot, laUttér. Jiranç. contemp, - subI, 



Getchiehtê der RecMtphUotophie, — Blallet du Pan, il/c 
vioires. 

HALLER DE HALLERSTEIN (ou Hallerkoe), 

ancienne famille allemande, qui habitait d'abord 
la Bavière et s'établit dans le courant du sei- 
zième siècle en Transylvanie. Ses principaux 
membres sont : 

HALLER DE HALLERSTEIN {Jean, baron), 
littérateur, qui vivait dans la seconde moitié du dix- 
septième siècle. Chargé d'importantes fonctions 
publiques, il se montra un ardent défenseur de la 
religion catholique romaine, menacée par le pro- 
testantisme et le socinianisme. Ce zèle lui attira 
la haine du prince de Transylvanie, Michel Apaffi, 
qui le fit enfermer dans une forteresse. Ce fut 
alors qu'il composa, en magyar, un ouvrage histo- 
rique ( Harmaz Historié) sur les actions d 'Alexan* 
dre le Grand et le siège de Ttoie. Publié àKlausen- 
bourg en 1693, ce livre fut réimprimé à Presbou^; 
en 1750. On a encore de lui un écrit latin sous 
le titre : Clypeus Toleranlix, 

HALLER DE HALLERSTEIN ( Lodislos, 

comte), homme d'État et littérateur, né en 1717, 
mort le 1*" mars 1751. Entré fort jeune dans 
l'administration publique, il s*y di.stingua et ob- i 
tint un avancement rapide. Nommé d'abord con- 
seiller du roi, puis chef {ohergespar)àM comitat ^ 
deMarosz, le comte Ladislas Haller se fit con- 
naître par son amour des sciences, et ses travaux 
littéraires contribuèrent beaucoup dudéTeloppe- 
ment de la langue magyare. On lui doit la tra- 
duction du Télémaque de Fénelon, et celle des 
ilfd^amorpAose^ d'Ovide. La première seulement 
parut, après sa mort, à Kanhen, en 1755. 

CzTlUnger, Specimên Hungarix lUerat». — Bnch et 
Grubcr, Mlgemeine Enctfclopadie, 

HALLER DE HALLERSTEIN (iltt^sfe), ma- 
thématicien et astronome, né vers la fin dn dh- 
septième siècle, mort entre 1770 et 1780. Entré 
fort jeune dans la Congrégation des Jésuites, il fut 
envoyé en Chine comme missionnaire. S'étanf 
fait connaître à la cour de Pékin, Hellerstein ne 
tarda pas à gagner la confiance des grands, et 
parvint au grade élevé de mandarin-président 
du tribunal chargé de juger tout ce qui se rat- 
tachait à la propagation des mathématiques. In- 
dépendamment de ces fonctions , qu'il conserva 
jusqu'à sa mort, il s'occupa activement d'ob- 
servations astronomiques. Voici les prindpaux 
de ses ouvrages : Observationes astronomie^, ab 
anno Mil ad 1752, a patribus Sodetatis Jesu 
Pekini'Sinarum factx ; publiées par P. Hell, 
Vienne, 1768, in-4^ deAx parties; — Observa- 
tiones Comelœ visi Pekini 1748 ; publ. avec les 
observations astronomiques des deux années 
précédentes, dans Philosophical Transact.; — 
Mercurius in Sole observatus Pekini Sinarum 
du 7 novembre 1766 ; pub. dans Nov. Comment. 
Petrop. ad annos 1762-1763, tome IX; — De 
differentia Meridianorum Petropolitani et 
Pekinensis, publié dans IS'ov. Commentar, 
Àcad, Scient, imper. Petropolit», tom. XDC, 
dans les Éphémérides astronomiqtiêsde Hell, 



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185 



BALLËR 



publiées à Vienne en 1774, on trotire la mé* 
tliode inventée par Auguste Hallerstein de calcu» 
1er d'après les observations faites pendant une 
éclipse de Soleil la moindre distance du point 
central. N. K. 

Ench et Gruber, AUgem. Encyclopédie, 
HALLBRTORD (Jean) y bibliographe alle- 
mand, né àKœnigsbcrg, en 1644, mort le 20 août 
1G76. On lui doit : DeBistoricis latinis Spici- 
legiumi ^^na, 1672; — Bibliotheca curiosa^ 
in qua plurimi rarissimi atque paucis co- 
gniti scriptores indicantur; Kœnigsberg et 
francfort, 1676, in-4°. R. L. 

Baillct, Jugements, 1. 11, p. 6, n* <9. et p. 14, n» 74. - 
Morhofiu.s 1*"" PolyA. Liter,^ c. xviit, { 10, p. 198, t. I ; 
Potyh. Pract, ï. IV. f i, p. 609; t. II. — Je. Fabriclus, 
Histor, Bibl., part. V, p. 489-460. - Georg.-air. Pisanakl, 
HUtor. JMter, Prussias, P. 111, { 48, p. 75. - Sax. 
Onomastieùn Literarium, 

* HAI.LETTB ( A ), Célèbre ingénieur 

français, né en 1788, mort à Arras, en juillet 
1846. Toute sa vie fut consacrée au perfection- 
nement des machines. Il établit à Arras des 
ateliers de construction, qu'il a dirigés pendant 
pins de trente ans, et à la tète desquels il était 
encore quand la mort vint le frapper. A l'expo- 
silioQ de 1819, il obtint une médaille de bronze 
poar avoir changé et amélioré le travail des 
huiles. Ld Société d'encouragement lui décerna 
le prix qu'elle avait proposé pour rapplicalion de 
la presse hydraulique à l'extraction des huiles , 
du vin et en général de tous les sucs de fruits. 
Les perfectionnements de Hallette étaient de la 
plus grande importance, ap jugement de Héricart 
de Tlmry. 11 avait remplacé le robinet de distri- 
bution par un système de soupapes qui, combiné 
arec un coin double et un levier à bascule mis 
en mouvement par une vis sans lin., remplit par- 
faitement toutes les conditions de ce même ro- 
binet. Ces presses procuraient un bénéfice de 
4 pour 100 sur la matière, une grande économie 
sur la main d'œuvre, et coûtaient moitié moins 
(ber que les presses anglûses. Veàxx manquait 
à Roubaix , Hallette lui en procura au moyen de 
sondages habilement dirigés. Un système de 
chemin de fer atmosphérique ayant été construit 
en Irlande , on voulut en établir un en France 
pour franchir la pente de Saint<Germain en Laye. 
Hallette proposa un nouveau système de ferme- 
ture des tubes qui porte son nom et qui a été 
appliqué sur cette ligne (1). On a de lui : Tube 

II) Eo mettant soas lesyeaxde rAcadémie des Scleoces 
Qo petit modèle de rinventfon de Hatictte, Arago l'cxpll- 
qaait ainsi : ■ Dana le système de MM. Cle^g etSanauda, 
la lermetare da tube pneumatique s'opère, comme cha- 
cun sait, au moyen d'une longue bande de cuir, armée 
(le courtes languettes de fer, libre par un de ses côtés, 
et filée par l'antre an bord de la fente longitudinale 
qui donne passage à la tige par laquelle le piston est 
uni au premier wagon du convoi. Soulevée un instant 
par un galet interne pour le passage de cette tige , la 
bande retombe aussitôt; un galet, dont Iq mouvement 
est lié A celui du piston, la pousse aussitôt contre l'ou- 
>erture, et one substance onctueuse contribue encore 
a rendre l'aclbéslon plus complète. Mais outre que le 
corpi onetoeax parait s'altérer assez prompteœent au 
contact de l'air, la lanière de cuir doit pea 4 peu perdre 



HALLETTE 186 

propulseur HalUtté^ système ^exécution et 
<V exploitation des chemins de fer par la pres- 
sion atmosphérique; Paris, sans date (1844), 
in-8'*. L. LouvBT. 

de sa souplesse et tendre dans quelques points à se soO' 
lever un peu après le passage da galet compresseur : U 
était donc à désirer que l'obturaUon de la fissure longi- 
tudinale, au lieu d'être due à l'action d'un effort passa- 
ger, résult&t d'une action constante exercée en chaque 
point de la fissure. C'est ce but que M. Hallette parait 
avoir atteint en profitant de l'élasUcité de l'air. A cet 
effet il a disposé au-dessus du tube pneumatique, fai- 
sant corps avec lui, deux deml-cyiindres longitudinaux, 
ou , pour mieux dire, deux gouttières placées de champ , 
qui se regardent par leur concavité. Chacune de ces 
gouttières loge un boyau en tissu souple et parfaitement 
étanche pour l'air eomme pour l'eau. Lorsque les deux 
boyaux, remplis d'air, sont suffisamment gonflés, ils se 
touchent l'un l'autre dans une partie de leur surface , 
agissent comme les lèvres de la bouche de l'homme . et 
Interceptent ainsi complètement la communication entre 
l'Intérieur du tube pneumatique et l'air extérieur. Le 
piston vient-il 4 se mouvoir, la tige qui l'unit aux wa- 
gons se glisse entre les deux tuyaux, qui se rejoignent 
Immédiatement après son passage. Cette tige, dont la sec- 
tion horizontale est celle d'un ménisque, et qui pénètre 
ainsi à la manière d'un coin entre les deux boyaux, 
n'exerce pas sur eux un frottement bien considérable. 
Cependant, pour assurer leur durée, M. Hallette a Juge 
'Convenable de les garnir de cuir dans la partie par la- 
quelle ils se touchent. » 

L'idée de faire servir la raréfaction de l'air dans un 
eyilndre à la production du mouvement remonte au 
moins à Papin , qui la publia en 1685, dans les Tramac" 
lions philosophiques. En 1810 l'Ingénieur danois Med- 
hurst proposa de transporter les lettres et les marchan- 
dises dans un long tube complètement clos, à rextrémltô 
duquel on ferait le vide, et qui serait parcouru par un 
piston mobile que la pression de Pair extérieur ferait 
avancer. Un nommé Vallance conçut plus tird le projet 
de faire voyager de Londres à Brighton dans une sorte 
de tunnel fermé par une cloison mobile remplissant le 
rôla de piston. On plaisanta beaucoup sur ce mode de 
voyage dans de sombres souterrains. Medhurst revint à 
la charge en 1816 ; il montra qu'on pouvait parfaitement 
ajouter des wagons à la suite du piston mobile; et puis 
11 fit le premier pas dans la vole qui devait conduire à 
la solution du problème. « 11 doit être plus agréable, 
disait-il naïvement, de voyager à découvert que dans un 
tube obscur, sans compter le plaisir de voir le pays qu'on 
traverse. » il proposa donc de transmettre l'action du 
piston renfermé dans le tube à des chariots placés ex- 
térieurement au-dessus, par une ouverture longitudinale 
bouchée au moyen d'un appareil Ingénieax, qu'il appelait 
soupape à eau. Mais cet appareil exigeait que le tube 
et le chemin de fer fussent snr un niveau conslant : il 
fut abandonné. L'Ingénieur américain Perkins prit en 
1834 un brevet pour une soupape en corde qui ne réussit 
pas mieux que la soupape à eau. Enfin, MM. Clegg et 
Samuda imaginèrent une fermeture nouvelle, essayée 
d'abord à Chaillot, en 18S8 , et deux ans après, avec plus 
de succès, à Wormwood-Scrubs, près de Londres; 
puis adaptée enfin à un véritable chemin de fer de trois 
kilomètres, allant de Kingstown à Dalkey, en Irlande. Le 
général polonais Demblnskl proposa de remplacer la 
bande de cnir de MM. Clegg et Samuda par un long tuyau 
en tissu imperméable maintenu gonflé au moyen d'une 
Injection d'air et couché dans la fente ou rainure du 
tube : la navette on tige qui relie les wagons au pis- 
ton le soulevait en passanL Enfin, Hallette imagina de 
fermer son tube propulseur par deux sortes de lèvres, 
entre lesquelles le rayon eommunlcatenr du piston Joue 
librement, sans que l'air en puisse profiter pour s'intro- 
duire dans le tube. Depuis, d'autres systèmes ont été mi5 
en avanL En 1845 M. Terzuolo proposa de diviser le 
tube en fractions successivement ouvertes et fermées par 
nn piston attaché à une machine mobile faisant partie du 
convoi et destinée A opérer le vide. Ce syslènie aurait pu 
s'appliquer A des longueurs indéfinies. Enfin Pccqueur 
proposa de sobstltoer falr comprimé au Tlde. 



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t87 HALLKITE 

Dœumgi^ paHUmUên. •* Complet rtndm de VAmé, 
des Sciences, isu, n» 6, février, y. M6. « 

HALLBT, etnon i|aijlé (i) ( Antoine ), poâte 
normand, né à Bazanville, près Bayeax, en 1593» 
mort le 3 juin 1675. Professeur de beUes-lettres 
et principal du collège du Bois , dans l'université 
de Caen, il s*y distingua dès l'âge de vingt-deuit 
ans, par son éloquence et l'éclat de son enseigne- 
ment. 11 succédait à Antoine Gosselin. Il cultiva la 
poésie latine et la poésie française, et remporta si 
souvent le prix de l'Immaculée Conception que 
l'Académie de Caen le pria de cesser de con- 
courir. Il était lié avec le père De La Rue et 
Huet, évêque d'Avanches. Ce fut sur l'invitation 
de ce dernier qu'il publia le recueil de ses poé- 
sies. Huet, dans ses Origines de Caen, se féKdte 
ainsi de l'avoir eu pour maître : « Je suis obligé 
de rendre ce témoignage de ma reconnaissance 
à M. Halley, que j'estime un des plus grands 
bonheurs de ma vie d'avoir été son disciple 
domestique pendant cinq ans. H m'a formé l'es- 
prit, il m'a raffiné le goût, il m'a donné l'intel- 
ligence des bons auteurs. Il m'a appris une in- 
finité de choses rares -et curieuses. » Halley, de 
son côté, ne professa pas moins d'estime pour' 
Huet, auquel il a adressé une pièce de vers sur 
son ouvrage De Interpretatione. On lui doit 
aussi un Traité sur la Grammaire Latine, pu- 
blié à Caen, en 1652. 

Son recueil de Poésies est dédié à M. de Mon- 
tausier, précepteur du dauphin et gouverneur de 
Normandie. Une de ses meilleures pièces est celle 
qui est intitulée CaeUymus, dans laquelle il rend 
hommage à toutes les célébrités littéraires qu'a 
produites cette ville, depuis Nicolas Oresme, 
précepteur de Charles V, jusqu'à Pierre Patrix, 
le poëte favori de Gaston d'Orléans. 

Lorsque Pierre Séguier, chancelier, vintà Caen, 
lors de la révolte de 1640, châtiée par lui avec 
tant de rigueur, Halley lui adressa ce distique, 
beaucoup trop flatteur pour la circonstance : 

Dnm Segueras init generosi maenia Cadml , 
Adventiiras leo credttur, agnus adest. 

Il le remercia, en 1642, d'avoir augmenté les 
privilèges de l'Académie de Caen, fondée par 
Moysant de Brieux. Une longue épître en vers 
latins adressée au dauphin lui rappelait l'origine 
-des Français et célébrait les nis troyens Dar« 
danus, Erichthonius, Tros, Ilus, Laomédon et 
Priam , ancêtres de Louis XIV. 

On trouve dans ses Œuvres quelques lettres 
tiatées de Lisieux, et qui lui avaient été écrites 
par Camus, évéque de Belley. L'une d'elles 
«flt datée ainsi : « A Lisieux , ce 22 novembre, 
jour de la Sainte-Cécile , patronne de la musi- 
que, soeur de la poésie. » 

Lorsque la duchesse de Longueville vint à 
Caen en 1648, Halley fut chargé décomposer les 

(1) Les biographes écrivent Halte; mats les ptécet 
françaises imprimées dans les œuvres de cet antear sont 
signées Halleyy et noas avons dû préférer cette ortho* 
gnpbe. 



— HALLEY 



188 



▼endontfiirent ornés les tableauiL placésanx frais 
de la ville sur te passage de la duchesse et de ses 
deux enfîsmts. Ce fut à lui aussi qu'en 1649 
M. Aubert, aumônier de cette princesse, adressa 
les fameux sonnets de Voiture et de Benserade, 
afin d'avoir son opinion. L'Académie Française 
avait refusé de se prononcer, « se bornant, di- 
sait M. Aubert, à appointer les parties à écrire. » 
Cette grande cause ayant été agitée en présence 
du roi, de la reine et des princes, qui n'avaient 
pu s'accorder, son altesse avait conclu qu'il fallait 
se soumettre à Antoine Halley et ie rendre juge 
sans appel. HaUey conclut en faveur de Yoitore, 
c'est-à-dire en (avenr de la duchesse de Lon- 
gueville. 

Ses vers français sont faibles, ses vers latins 
ne manquent ni de facilité ni d'élégance ; ce n'est 
pas une raison pour le proclamer cependant^ 
avec Bayle , « l'un des plus grands poètes de son 
siècle ». Le P. La Rue, Huet, Ménage, Lesoeur 
de Pétivilte , Pierre Cailly et Michel Gonfrey ont 
composé des vers latins en son honneur. Le re- 
cueil des poésies d'Antoine Halley a pour titre: 
Ântonii Ifallmiy regii eloquentiss pro/essoris 
et Musei Sylvani (le collé^ du Bois), gymnor 
siarcha in Academia Gadomensi^ Opuscula 
Miscellanea, 

Hmajey {Henri ), son frère, mort le 12 octobre 
1688, professa le droit à l'université de Caen , de 
la manière la plus brillante. C. Hippeài:. 

Huet, Ofifiines de Caen. — Morérl, €rand Dictim- 
noire Mstorigtic. — 8" volume des DUsertations recueil- 
lies par Tilladet. 

HALLBT (Edmond )f célèbre astronome an- 
glais, né à Haggerston , près de Londres, ie 
29 octobre 1656, mort le £4 janvier 1742. lient 
pour premier maître son père, fabricant de sa- 
von, qui lui apprit à lire et à calculer. A dix ans 
il fut envoyé à l'école de Saint-Paul, où il étudia 
les lettres anciennes, sous la direction da cé- 
lèbre helléniste Thomas Gale. Mais les mathé- 
matiques eurent bientôt pour lui un irrésistible 
attrait, et, au rapportde Wood, il y fit des pro- 
grès très-rapides. Du reste, Halley nous ap- 
proid lui-même c^'en 1672, un au avant de 
quitter l'école, il avait déjà fait à Londres des 
observations sur les variations de l'aiguille aiman- 
tés. En 1673 il entra au Collège de la Reine à 
Oxford ; ce fut là qu'il commença à s'appliquer 
avec ardeur à l'étude de l'astronomie au moyen 
des instruments et de curieux appareils que son 
père lui avait achetés. A vingt ans il publia avec 
Flamsteed, dans les Transactions philosophi- 
ques^ ses observations sur les taches du Soleil, 
vues à Oxford, en juillet etaoût 1676 -, elles eurent 
pour résultat une détermination plus exacte de 
la rotation du Soleil autour éé son axe. Dans 
la même année il observa ( le 21 août ) une oc- 
cultation de Mars par la Lune; il en fit plw 
tard usage pour répondre aux objections des as- 
tronomes français, en établissant la longitude do 
oiip4e Bonae-Espéranoe. 



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m 



HAX^LEY 



190 



Dès le début de ses études, Halley avait conçu 
le projet d'un catalogue général des étoiles , 
p/us complet et plus exact qne ceux de ses pré- 
décesseurs; mais il y renonça lorsqu'il apprit 
qoe Flamsteed à Greenwich et Heveiius à Dant- 
zick poursuivaient, chacun de son câté, la même 
entreprise, et il résolut d'explorer le ciel aus- 
tral, d'ajouter à ces catalogues toutes les étoiles 
qui ne s'élevaient jamais au-dessus de l'horizon, 
ni à Greenwich ni à Dantzick. Il fit part de cette 
résolution à sir Joseph Williamson , secrétaire 
(ittat, qui en parla à Charles II. Ce roi en fut 
si charmé , qu'il recommanda lui-même Halley 
à la Compagnie des Indes orientales, pour sub- 
venir à tous les frais nécessaires à l'entreprise. 
Halley s'embarqua pour Sainte-Hélène en no- 
vembre 1676; il y arriva trois mois après, et se 
mit aussitôt à observer le ciel, chaque fois que 
le permettaient les brouillards, si fréquents dans 
cette Ile. Il parvint ainsi à fixer la position de 
350 étoiles, et publia le résultat de ses travaux 
sous le titre de Catalogus Slellarum austra- 
îhim; l'auteur y donna, en souvenir de son 
royal bienfaiteur, le nom de Chêne de Charles 
(Robur Carolinum) à l'une des constellations 
qu'il a le premier décrites. C'est le premier ca- 
talogue qui ait paru depuis l'époque où Morin et 
Gascoigne enseignèrent de réunir les lunettes aux 
instruments de mesure. On a signalé comme 
assez étrange que ce catalogue ne contienne point 
d'étoiles au-dessous de la 6* grandeur (1). Le 
del austral offre une étoile dont les variations 
sont au moins aussi remarquables que celles 
d'Algol dans la constellation de Persée de notre 
ciel boréal. Cette étoile est l'yj de la Mie cons- 
tellation à « la joie du ciel austral ». Dès son 
retour de l'île de Sainte-Hélène, Halley émit des 
doutes sur la constance d'éclat des étoiles du 
Navire d*Argo ; ces doutes portaient particulière- 
ment sur celles qui brillent au bouclier de la 
proue { àff7riSi<Txyi ) et au tillac (xatàatpwpia ), et 
dont Ptolémée avait déjà indiqué les grandeurs. 
Mais l'incertitude des désignations anciennes, les 
nombreuses lacunes de TAlmageste, et surtout la 
dilTicalté d'évaluer exactement l'éclat des étoiles, 
oe permirent point à Halley de se prononcer bien 
oettemenl à ce sujet. La comparaison de ses ob- 
servations avec celles d'astronomes plus récents 
nous met aujourd'hui à même de résoudre cette 
ïuestion (2). 

(1) Alex, de Humboldt, Cosmos, t. III, p. 115 (de l'édlt. 
ranç). et Memoirs of tàe Roffal AUron, Soe^ t. XIII, 

iQDCe 1843. 

{i\ Nous laisserons tel parler M. de Humboldi ; « En 
m Halley rangeait Y) d^Argo pvml le» étoiles de pre< 
3iére grandeur ; en 1751 Lacaille la trouvait de deuxième 
randeur ; plus tard elle reprit son faible éclat primitif, 
al«que BureheUlaTitde quatrième grandeur, pendant son 
ijour au cap de Bonne-Espéranoe ( de 1811 à 1815 ). De- 
uis istS Jusqu'en 1826 elle fut de deuxième grandeur pour 
iWow et Brlsbane; Burcheil, qui se trouvait* en 1887 à 
»n-Paala aa Brésil, la trouva de première grandeur et 
nsquf égale ù a de la Croix. Un an plus tard elle était 
evi'Dueà la deuxièrot grandeur. C'est à cette classe qu'elle 
?partenait quand Burcheil l'olHervalt à Goya2,le S9fc- 



Pendant son s^ur à Sainte-Hélèoe, Halley 
eut l'odbasion d'observer le passage de Mercure 
sur le disque du Soleil , et ii l'indiqua, ainsi que 
le passage de Venus, qui devait arriver en 1761» 
comme un moyen de déterminer la parallaxe du 
Soleil , par conséquent la distance de la Terre à 
cet astre. A son retour en Europe, Halley fut 
gradué par l'université d'Oxford , nommé mem- 
bre de la Société royale de Londres, et son ca- 
talogue du ciel austral lui valut de la part de 
ses collègues le surnom de Tycho du Sud, En 
mai 1679 il fut chargé par la Société royale de 
se rendre à Dantzick, auprès de Hevelius, pour 
apaiser une querelle qui s'était élevée entre ce 
savant astronome et Hook au sujet de la cons- 
truction des lunettes astronomiques; il resta 
environ deux mois k Dantzick, et mit ce temps à 
profit pour faire des observations de concert 
avec Hevelius : il les commença le jour même 
de son arrivée ( 26 mai), et les continua, sauf 
quelques interruptions causées par le mau- 
vais temps, jusqu'à son départ ( le 18 juillet). 
A la fin de 1681 (1682 nouveau style), il vint vi- 
siter Paris avec Nelson, son ami et camarade de 
collège. Ce fut sur la route entre Calais et Paria 
qu'il aperçut de nouveau la comète, revenant du 
périhélie, qu'il avait observée un mois aupara- 
vant, au moment où elle allait se perdre dans 
les rayons du Soleil. Il compléta ses observations 
à l'observatoire de Paris , et entretint depuis 
lors une correspondance suivie avec le célèbre 
Dominique Cassini. 

Cette comète de 1681-1682 est la première 
des quatre comètes dont les retours périodiques 

vrler 18S8 ; cVst sous cette grandeur qae Johnson et 
Taylor l'inscrivirent dans leurs catalogues de 18(9 k 
1833 ; et quand John Herschell vint observer au cap de 
Bonne-Espérance ( de 1884 à 1837 }, il la plaça constam- 
ment entre la deuxième et la première grandeur. Mais le 
16 décembre 1837, pendant que cet astronome s'apprêtait b 
mesurer l'intensité de la lumière émise par l'innombrable 
qnanUté de petites étoiles de onzième h seizième grandeur 
qui torment autour de v) d'Argo une magnifique nébuleuse, 
son attention fut attirée par un phénomène étrange ; 
K] d'Argo, qu'il avait si souvent observée auparavant, avait 
augmenté d'éclat avec tant de rapidité qu'elle était devenue 
égale à a du Centaure ; elle surpassait d'ailleurs tontes les 
autres étoiles de première grandeur, sauf Canopus et Si- 
rius. Cette fols elle atteignit son maximum vers les Janvier 
1888. Bientôt elle s'affaiblit ; elle devint inférieure à Arctu- 
rus , tonten restant encore, vers le milieu d'avril 1888, plus 
brillante qu'Aldébaran. Elle continua à décroître Jusqu'en 
mars 1843 , sans tomber cependant au-dessous de la pre- 
mière grandeur; puis elle augmenta de noaveau et avec 
une rapidité telle, que d'après les observations de Mac» 
kay à Calcutta , et celle de Maclear au Cap, y^ d'Argo 
surpassait Canopus et devint presque égale à Sirius. Elle 
conserva cet éclat pendant plus de sept ans. Le lieu- 
tenant Gillis, chef de l'expédition astronomique que les 
États-Unis ont envoyée au Chili, écrivait de Santiago, en 
février 1850 : « Aujourd'hui i^ d'Argo, avec sa couleur 
d'nn ronge JannAtre , plus sombre que celle de Mars , se 
rapproche extrêmement de Canopus pour l'éclat; elle 
est plus brillante que la lumière réunie des deux com* 
posantes de a du Centaure. » (Al. de Humboldt, Coimoi, 
t. ni, p. S07.) — Ainsi, dans un intervallede 173 ans (16T7- 
18S0 ), les variations d'éclat de la belle élotie du Navire 
ont offert huit ou neuf alternatives d'affaibiisHement et 
de recrudescence. La loi de ces phénomènes est encore 
inconnue. 



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191 



HALLËY 



192 



sont aujourd'hui bien constatés : elle porte le 
nom de Halley, comme les trois autres portent 
les noms d'Ëncke,^e Gambart ou de Biela et de 
Faye. II est admis depuis Tycho que les comètes 
se meuvent autour du Soleil comme les planètes ; 
seulement leurs orbites sont des ellipses sou- 
vent tellement allongées qu'on peut les assimiler 
à des paraboles. Voici les éléments paraboliques 
obtenus pour sa comète par Halley , d'après la 
méthode de Newton : inclinaison du plan de la 
parabole ( ellipse très-allongée) sur le plan de 
l'orbite terrestre (écliptique), 17° 42'; longitude 
du nœud ascendant ( point où le plan de l'orbite 
cométaire coupe l'écliptlque en allant du midi au 
nord), ôO" 48' ; longitude du périhélie ( point du 
cercle gradué de Fecliptique auquel correspond 
l'extrémité du grand axe le plus rapproché du 
Soleil ), 301'' 36' ; distance périhélie (la distance 
minimaàià l'astre an Soleil, celle de la Terre 
étant prise pour unité), 0,58 ; mouvement rétro- 
grade (dirigé de l'orient à l'occident). La même 
méthode de calcul appliquée par Halley à une 
comète observée 75 ans auparavant, en 1607, 
par Kepler et Longomontanus, donna : 

Inelf nalson, Longitude Longitude Distance Monvement 
17« S', du nœud, du pérlbélle , périhëite . rétrograde. 

BOo SI'. 80t« 16'. 0,S8. 

c'est-à-dire à peu près les mêmes éléments que 
pourlacomètedel682. En remontant encore plus 
haut, Halley trouva que la comète de 1531, ob- 
servée 76 ans avant 1607, par Apian à Ingol- 
stadt, présentait à peu près les mêmes éléments 
( inclinaison l?** 56', longitude du nœud 49'' 25', 
longitude du périhélie 30 1** 39', distance pé- 
rihélie 0,57, mouvement rétrograde ). D'après 
ces trois coïncidences, l'habile astronome pensa 
que la comète de 1682 devait être la même que 
la comète de 1607 et que celle de 1531. Non 
content de cette hardie conjecture , il alla jus- 
qu'à prédire l'apparition de ce même astre pour 
la fin de 1758 ou le commencement de 1759. 
L'événement justifia la prédiction : la comète 
passa au périhélie le 12 mars 1759 dans les 
lieux assignés et avec les éléments paraboli- 
ques calculés d'avance par Glairaut. Plus de 
doute sur la périodicité de cet astre, qui com- 
mença pour ainsi dire une nouveJle ère dans l'as- 
tronomie cométaire. Plusieurs astronomes con- 
temporams ( Damoiseau, Pontécoulant, Arago ) 
annoncèrent le retour de la comète de Halley 
( son passage au périhélie ) pour le 13 novembre 
1835 ; elle parut le 16. Cette légère différence de 
quelques jours sur 76 ans ne fait que confirmer 
la précision du calcul, surtout quand on songe 
à toutes les influences perturbatrices , dont il 
a fallu tenir compte. La comète de Halley re- 
viendra en 191 1, en 1987, etc., mais avec un éclat 
qui parait aller en s'affâiblissant. £n consultant 
les chroniques, on fit remarquer avec beaucoup 
de vraisemblance qu'elle avait été déjà vue en 
1456 et en 1378. D'autres veulent remonter 
beaucoup plus haut, jusqu'à 1006 (comète ob- 



servée par Haly*Ben-Rodoun) ; enfin, il y* en a 
qui prétendent que le déluge a coïncidé avec 
Tapparition de la comète de Halley, qui aurait 
passé très-près de la Terre ou l'aurait même 
heurtée dans son passage (i). 

De Paris Halley se rendit à Lyon et de là en Italie, 
où il passa une partie de l'année 1682. Laissant 
son ami à Rome , il revint en Angleterre après 
s'être de nouveau arrêté quelque temps à Paris. 
Bientôt, après son retour, il se maria, avec la 
fille de Tooke, auditeur de l'Échiquier, et s'éta- 
blit à Islington, où il poursuivit avec ardeur ses 
études favorites. En t683 il publia sa fameose 
théorie (encore aujourd'hui généralement adop- 
tée) du magnétisme terrestre , dans le mé- 
moire intitulé : Theory of the Variation ojtht 
Magnetical Cmnpass : il y suppose que tout le 
globe terrestre est un grand aimant, ayant quatre 
pôles magnétiques ou points d'attraction : deux 
près du pôle boréal et deux près du pôle aus- 
tral. Ce fut vers la même époque que les mou- 
vements de la Lune attirèrent particulièrement 
son attention. H remarqua ainsi le premier Yiné- 
galité séculaire du mouvement de cet astre. 
Un mot d'explication est ici nécessaire. Le 
temps que la Lune emploie pour revenir à lamême 
étoile (révolution sidérale) n'est pas cons- 
tant. Mais pour s'en apercevoir d'une manière 
sensible, il faut embrasser un grand espace de 
temps; c*est ce que fit Halley en consultant les 
plus anciennes observations lunaires, partica- 
iièrement depuis le règne des khalifes jusqu'à 
son époque; il faisait ainsi, sous un autre point 
de vue, pour la Lune ce qu'il avait fait pour les 
comètes : il parvint à constater que la durée de 
la révolution sidérale va en diminuant, c'est4- 
dire que le mouvement de laLune autour de laTerre 
augmente sensiblement de rapidité, Ttésultatqni 
fut confirmé par un examen approfondi des ob- 
servations modernes et des éclipses observées 
par les Chaldéens et les Arabes. Cette décou- 
verte de Halley excita chez les uns l'incrédalilé, 
chez les autres la surprise; car plus un astre 
se meut avec rapidité autour d'un autre , plus 
sa distance diminue ; et comme à une augmen- 
tation indéfinie de vitesse doit correspondre nne 
diminution indéfinie de la distance, on croyait 
déjà pouvoir prédire le moment où la Lune vien- 

(1) La périodicité de la comAte dr Hallej porta les ai- 
tronomes k consulter altentlvement les catalogues des 
coniéteR pour y chercher des coTneidcnces analofors; 
ces recherches ont été couronnées d'an plein succès. 
M. Bocke établit par des calculs incontesUbles qof la 
petite comète observée en 180S et en llti» et dans i» 
années successives à 3 ans 8/10 environ d'inlervane était 
la même. La comète , vue à Johannisberg le 17 fénirr 
1816 par Blela, et dix Jours aprèsà RarselUe parGarobart« 
est égalemeot périodique : elle met eOTlron 7 aus à birt 
sa révoluUon autour du Soleil. Enfin, la comète obsente 
per M. Faye le *ss novembre 184S met nn pea plus de 
7 ans ( t7l8 Jours ) à faire la même rèvolntlon. Ces troH 
dernières comètes pôriodiqnes ont été appelées inté- 
rlevrc» (dont Torbilc ne dépassé, pas Uranu^ et Nep- 
tune }. pour les distinguer de celle de Halley, qui va ao> 
delà de rorblte de toutes les planètes» 



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193 



BALLET 



iU 



drait M poser sar h Terre , ce qni caaserait une 
époDfantable catastrophe. Laplace vint heureu- 
sement dissiper toutes ces appréhensions, en 
rattachant ce mooyeroent de la Lune aux lois de 
rattraction universelle; il montra, par le cal- 
coi , qu'à Taccélération actuelle succédera un 
retardement, et que Vinégalité séculaire est, 
dans des limites assez rappi'ochées, une sorte de 
balancement de la Lune surbordonné à un chan- 
f!«racnt dans Texcentricité de Torbite terrestre. 
Passant de la Lune aux planètes, Halley signala 
aussi le premier les inégalités en sens contraires 
qn'éprouTcnt Jupiter et Saturne dans leurs vi- 
tesses de circulation autour du Soleil ( Methodus 
direcfa et geometrica investigandi excentri' 
eitalesplanetarum ;Lond,y 1675-77, in.40). 

L'amitiédeNewtonrut bien précieuse à Halley. 
Ce dernier lui doit en grande partie le dévelop- 
pement de ses grandes idées astronomiques ; de 
Déme que le public doit à Halley la publication 
àesPrincipiaPhUosophixnaturaliSy en 1686, 
qne Newton n'aurait peut-être jamais mis au 
joor, sans llnslstance de son ami. Halley surveilla 
l'impression de cet ouvrage, et y igouta des vers 
latins très-élégamment écrits. En 1685 il devint 
secrétaire perpétuel de la Société royale, et di- 
rigea pendant plusieurs années la rédaction des 
Philosophieal Transactio/ts. En 1687 il en- 
treprit d'expliquer un phénomène naturel qui 
avait beaucoup occupé les physiciens, à savoir 
pourquoi la Méditerranée change à peine de ni- 
reau, bien que plusieurs grands fleuves et d'in- 
Bombrables rivièred, sans compter le courant du 
iétroit de Gibraltar, y versent continuellement 
^urg eaux. Halley attribue cette presque inva- 
iabilité du niveau des eaux de la Méditerranée 
I leur grande évaporation. Les vapeurs aqueuses, 
iit-il, sont enlevées par les vents, et viennent 
[Qtoar des montagnes se résoudre en pluie, 
brmant ainsi les sources et ruisseaux qui ali- 
nentent les grands fleuves; c'est donc une vé- 
itable distillation , dont l'air est l'Intermédiaire 
u l'agent. Enfin , pour terminer cet exposé des 
ravaux Halley, il signala le premier, en 17 18, 
i mouvement propre des étoiles Aldébaran, 
irius et Arcturus; mais il ne parla que de leurs 
ariations en latitude. Aux nébuleuses déjà con- 
Des (celles d'Andromède, d'Orion et du Sagit- 
lire) il ajouta celles du Centaure (près de ta) 
t d'Hercule (entre Ç et 11 ). Selon lui les nébu- 
toses ne sont que de la lumière venant d'un 
ipace immense situé dans les régions de l'é- 
ler, rempli d'un milieu difl'us et lumineux par 
li-mème. 11 admit la parallaxe du Soleil égale à 
l" 5, ou au moins inférieure à 15**, en se fon- 
int sur cette singulière considération que si 
ttte parallaxe était égale à 15**, la Lune serait 
us grande que Mercure, ce qui troublerait l'har- 
onie du système du monde. Enfin , Halley a le 
*emier cherché un formule simple pour mesu- 
r la lianteor des montagnes à l'aide des obser- 
itions barométriques. 

nOOT. «lOCR. G^RÉB, — T« IXUI* 



En 1698, Halley se présenta comme candidat 
pour la chaire de géométrie à l'université d'Ox- 
ford ; mats il échoua cette foisy à cause de son in- 
crédulité en matière de religion, motif d'exclusion 
mis en avant par l'évêque Stilling-FIeet. Les objec- 
tions qu'on avait élevées contre sa théorie du ma- 
gnétisme terrestre et de la déclinaison deTaiguille 
aimantée le portèrent à entreprendre un voyage 
de circumnavigation. A cet effet il reçut du roi 
Guillaume le commandement d'un navire, qui ap- 
pareilla le 24 novembre 1698 pour l'Amérique; 
mais la mutinerie de son premier lieutenant et 
une maladie contagieuse qui décimait l'équipage 
le forcèrent bientôt à revenir en Angleterre, 
sans avoir rempli son but. Dans son impatience, 
il repartit au bout de deux mois , sur le même 
navire, traversa tout l'océan Atlantique , toucha 
à Sainte-Hélène , à la côte du Brésil, aux Bar- 
bades, aux tles Madères, aux Iles Canaries, et 
fut de retour dans sa patrie en septembre 1700. 
Ayant recueilli un nombre suffisant d'observa- 
tions, il publia en 1701 le résultat de son voyage 
sous le titre : A General Chart , shemng at 
une View the Variations 0/ the Compass in 
ail those seas where the English navigators 
were acquainted, travail qui créa une branche 
nouvelle dans la physique générale du globe (1). 
De 1701 à 1702 Halley fut chargé de faire un 
relevé exact de plusieurs points de la côte 
d'Angleterre et de calculer exactement les 
temps des marées dans la Manche. L'empereur 
d'Allemagne invita l'astronome anglais à faire 
l'hydrographie du golfe Adriatique. Halley fut 
très-bien accueiUi à la cour de Vienne , mais 
l'entreprise hydrographique n'eut pas de suite. 
A son retour en Angleterre, il succéda enfin 
à Wallis, en 1703, à l'université d'Oxford. A 
peine installé dans sa chaire. Il fit paraître sa 
traduction latine d'Apollonius De Sectione 
Ralionis (Oxford, 1706, in-8''), où il rétablit, 
d'après les données de Pappos, les deux livres 
perdus De Sectione Spatii. Il coopéra avec 
Gregory aux Conica d'Apollonius, y joignit une 
traduction de Serenus (sur la section du cylindre 
et du cône), et publia le tout en 1710, in-fol., 
après avoir fait paraître deux ans auparavant 
ses Miscellanea curiosa , 3 vol. in-S**. A la 
mort de Flamsteed, en 1719, Halley devint di- 
recteur de l'observatoire de Greenwich. Ce fut 
là qu'il reçut la visite de la reine Caroline, 
femme de Georges H, qui, ayant appris que l'il- 
lustre astronome avait jadis servi dans la ma- 
rine royale, lui fit payer tout son traitement 
arriéré comme capitaine en demi-solde; En 1729 
il fut nommé membre associé de l'Académie des 
Sciences de Paris. En 1737 il sentit les pre- 
mières atteintes de la maladie ( une paralysie ) 
qui l'enleva cinq ans après, à l'âge de quatre- 
vingt-six ans. 

(1) Les Journaax des denx voyages de Hallejr ( qui n'é- 
taient pas destinés à l'impression 1 forent publiés ea 
l77B,par Aleiaodre DalryiDpte. 



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m 



travailla depais 1725 jasqo'à sa mort, ont passé 
pendant longtemps pour les meilleares et iea 
plus complètes; elle^ n'ont été dépassées en 
exactitude et précision que dans ces derniers 
temps. Une édition complète des travaux de 
Halley ( insérés ^n grande partie dans les Phi- 
losophÀcal Transactions ) qianqae encore. W- 
Whiston a imprimé à la fin de sa Mathematick 
Phdosophy, d'après les principes de Mewt<Hit 
A Synopsis qf the Astronomy 0/ Cornets by 
E. ^a/(e^( p. 409-443), Londres» 17^6, in 8°, 
reproduit à la fin du 2" vol. du Imité d'Às^ 
tronomie de Gregory, |;.ondres, 1726; et le 
Traité d'Arithmétique ( Universal Arithme' 
tick), traduit du latiq par Raphsoa, icoBtien^ 
en appendice une métliode de Halley pour Tex.- 
traction des racines de tous les djegrés (A Nfiw^ 
exact and easy Method qf finding the roots 
qf any ^Equations generally, and that with- 
outany premoas réduction); Londres, 1720, 
in-8®. F. H. 

• Biograph. Britan. — Wood, jéthen. Orom, ▼ol. II. — 
Tboropaon, Uistorp of the RùgQl Societif, — GJuiimcf>i, 
General BiogrQph. Dict. 

HAiiLiBH ( François ), prélat et eanonisto 
français, né à Chartres, en 1596, mort le 23 juillet 
1 659. Né d'une très-ancienne famille de la Beaiice, 
il fit ses études à Chartres, et servit comme pagis 
chez la duchesse d'Aumale. Il avait à peine qua- 
torze ans lorsqu'il composa plusieurs pièces de 
poésies française et latine, qui sont demeurées 
estimées. A seize ans il professait la philosophie 
à Paris. Il s'appliqua ensuite à la théologie, et en 
1625 se fit recevoir docteur à l'université de 
Paris. Hallier f^e livra alors à l'enseignement par- 
ticulier. Précepteur de Ferdinand de Neuville, 
abbé d'Ablincourt (depuis évéque de Chartres), 
il accompagna son élève en Italie, en Grèce, en 
Allemagne, en Angleterre, oii il courut quelques 
dangers comme prêtre catholique. A son retour en 
France (1636), il publia un ouvrage considérable 
sur les élections et les ordinations, ce qui lui va- 
lut une pension de huit cents livres du clergé. 
IJ avait entrepris peu de temps auparavant la 
défense de la censure que la faculté de Paris avait 
prononcée contre les opinions de quelques théo« 
logiens d'Angleterre. Cette apologie lui fit otyte- 
nir une chaire à l'université. L'évéque de Char- 
tres, Lesoot , le fit théologal de son église ; mais 
la mauvaise santé de Haliier ne lui permit de 
garder cet emploi qu'une seule année. En 1645 
il fut nommé promoteur de l'assemblée du 
clergé de France, et en 1649 syndic de la Faculté 
de Théologie de Paris. Saint-Amour et plusieurs 
autres docteurs s'opposèrent à son élection, et 
l'accusèrent de jansénisme; malgré un arrêt 
hostile du parlement , il fut maintenu et député 
une seconde fois à Rome, iMir le clergé de France, 
pour solliciter du pape Innocent X la con- 
damnation des cinq propositions. Urbain Vlli 
le nomma é%êque de Toul, et en 1656, dans un 



HALLEY -:- ïiiLLIER m 

troisième voyage qu'il fit à Home, Alexandre Vil 
lui confia le siège épiscopal de Cavailloo. Il 
mourut peu après, des suites d'une attaque de 
paralysie. Selon Dopin , Hallier était un homme 
« plein d'érudition et de jugement ; il écrivaitassez 
purerpent en latin, mj|is son style était souvent 
diffus ; il n'en était pas moins l'un des prélats les 
plus distingués du clergé de France ». On a de 
lui : De sacris JElectionibus et OrdinationibuSt 
eap antiquoet novo Eeclesian usu; Paris, 1630, 
in-fol. ; — De Hierarchia ecclesiastica Ltbri 
quatuor; 1646, in-fol.; — Oi'dinaiiones uni- 
ver si cleri GalUcani circa Regularesp conditx 
primum in comitiis generalibus anno I62ô, 
renovaix etpromulgatx in comitiis anno ]64à, 
cum commentariis Francisoi Ballierf edit» 
in lucem jussu cleri Qallicani , opéra Joannui 
Qerhais, doctoris ac socih Sorbimici; Paris, 
1665; — Analysis Logic3B; Chartres, in-8*; — 
La Défense de 4a doctrine contre les calom- 
nies fit impostures de Vabbé de Boisic; in- 12; 
— La Défense de la hiérarchie ecclésias' 
tique et de la censure de la faculté de théo- 
logie de Paris contre V Éponge d'Oerman £cr* 
melius; Paris, 1632; — Théologie morale dfj 
Jésuites; 1644; >~ Philosophia moralis ly- 
ricis cautionibtus absolutissima. 

A. L. et R— R. 

Morérl, Pran4 Dietiflnnaire MgUnigu9. - Abbé bo- 
tems. Le Clergé de France. — Us Hommes illustres <is 
r Orléanais, t I. p. 374. 

HALLIER {Pierre ), théologien français, 
frère du précédent, fut docteur de Sorbonne, 
grand-vicaire et pénitencier de Rouen, profes- 
seur de logique an collège du cardinal Leraoine 
en 1617. On a de lui : Rabelais donné au sinir 
Dumoulin, ministre de Charenton; Paris 
1619, in-8°. J. V. 

Uron, Singularités hisfor. et littéraires ^ lorae U\, 
p. 4S9 et 490. — Nùtes manuscrites de l'abbé Bliron nr 
Uron. — Moréri. Grand ÛUt. hist. 

HALMBR (Jacques), théologien frao^is, 
né à Chàteau-du-Loir ( Maine ), dans les pre- 
mières années du dix -septième siècle, rooit 
le 11 décembre 1683. Publiant m recueil des 
œuvres de GuHlaume Coëffeteau , sous le titre 
(le Florilegium, Jacques Hallier l'appelle soo 
oncle : Optimi avunculi GuillelnùCo^feteau. 
Il était donc aussi neveu du frère de Guillaume, 
le célèbre prédicateur Nicolas, évéque de Mar- 
seille. Ce qui fait supposer que les ,Coëfi<^eaB 
avaient deux sœurs, puisqu'ils sont aussi dési- 
gnés comme les oncles de Louis et de Jean Le- 
breton. Les deux Lebreton, Jacques Hallier et 
Nicolas Coëfleteau s'engagèrent tour à lour à 
vivre sous la règle de Saint-Dominique. Jacques 
Hallier fit profession dans le couvent de la rue 
Saint-Honoré, à Paris, le 6 juillet 1632. On a de 
lui : Advis salutaires aux Pécheurs, pour la 
induire à vivre en bons chrétiens, iire^ du 
latin de L, Carbo; Paris, 1644, in-lS. Cet 00- 
vrage a été réimprimé en 1667, iii-8% cliex Cra- 
raoisy, sous le titre de L Homme Juste^ ou Von 



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197 HALLIER — 

voit par cent chapitres V heureux état des 
gens de bien. C'est la même année que Jac- 
ques Rallier publia le Florilegium, en y joi- 
gnant ane biographie de Guili. Coëffeteau et 
une dédicace adressée à J. de Ranenrel, sieur 
Saint-Martin. B. H. 

QucUf et Ècbard, Seript, &rd. Prsedic, t. II, p. 69». — 
lï. Desportes, Bibtiùgr, du Haine. — B. Hauréau, HUt, 
littér. dn Maine, 1. 1, p. ise, et U IV. p. 896. 

HALLiFA X ( Sc^mi^el ), savant prélat anglais, 
né à Mansfield (comté de Derby), en 1733, 
mort en 1790. Il fit ses études à Jesus-College à 
Cambridge, puis à Trinity-Hall. Nommé en 1765 
recteur de Chaddington ( comté de Bucking- 
hâm ), professeur d'arabe à Cambridge en 1768, 
professeur de droit en 1770, il devint chapelaiu 
ordinaire de Georges III en 1774, et succéda à 
Topham en 1775 comme maître des facultés 
dans les Doctors' Commons. Il fut nommé en 
1778 recteur de Warsop ( comté de Notting- 
ham), et évéque de Gloucesteren 1781. Il fut 
transféré sur le siège épiscopal de Saint-Asaph en 
1787. On a de lui : An Analysis of the Roman 
civilLawcomparedwith the Laws ofEngland, 
being the leads of a course of lectures pu- 
hlicly read in the university of Cambridge; 
1774, in-S"; — Twelve Sermons on theprophe- 
des concerning the Christian religion , and 
in particular concerning the Church of 
papal Rome, preached in Lincoln' s Jnn 
chapel,at bishop Warburton*s lecture; 1776, 
in-S**. U publia aussi une Analyse de VAnalogy 
da docteur Butler et édita les Sermons d'Ogden. 

Z. 
R(Me, New gênerai Biographieal Dietionary. 
l HALLiWBLL ( James Orchard ), antiquaire 
et philologue anglais, né à Chelsea, le 21 juin 
1820. U reçut sa première éducation dans une 
institution privée de Sutton, tenue par le mathé- 
maticien Charles Butler, et entra en 1 837 à l'u- 
niversité de Cambridge, où il passa deux ans. 
Il s'occupa de bonne heure d'études archéo- 
logiques. Par des ouvrages originaux et des 
éditions d'auteurs du moyen âge et de la renais- 
saoce , il a rendu des services à l'histoire litté- 
raire de l'Aagleterre. Ses publications sont très- 
W)nibrenses et en général intéressantes, bien 
qu'elles laissent à désirer pour l'exactitude et 
la critique. On a de lui une édition des Voyages 
de sir Jean Mandeville ; 1839 ; — Account of 
the European manuscripts in the Chatam 
library at Manchester; Manchester, 1842; — 
Shakspeariana ; Londres, 1841; — First 
Sketch of The merry Wives of Windsor; Lon- 
dres, 1842 ; — une édition de Torrent ofPor^ 
fugal; Londres, 1842; — Early Bis tory of 
Freemasonry in England ; 1842 ; — Nursery 
Hhymes ofEngland; Londres , 1843, 2 vol. ; — 
The Thomton Romances; Londres, 1844; — 
Dietionary ofarchaic and provincial Words; 
Londres, 1844-45, 2 vol.; — Letters of the 
Kings of Englands; Londres, 1846, 2 vol.; -— 
Popular Rhymes and nursery taies ; Londres, 



HÀLLMAN 198 

1849; — Descriptive Notices of popular En- 
glish Historiés; Londres, 1849. En 1852 M. Hal- 
liwell a commencé la publication d'une grande 
édition de Shakspeare qui formera 10 vol. Z. 

Conversations Ijeiikon. — British Cyclopœdia ( Bio- 
gtaphff). 

* HALLMAH (Jeon Gastaf), écrivain suédois, 
né à Skceldinge ( Siidermanland ) , où son père 
était pasteur, mort en 1759, ou, selon Hammars- 
kœld , le 23 août 1 757. 11 prit les ordres en 1723, 
et fut nommé en 1737 pasteur de la paroisse Ul* 
rique-Éléonore à Stockholm. U était docteur en 
théologie (1752). On a de lui : Hfinne af Bat- 
taœtten (Éloge de la îsjaâlïe Bâta), poème ; Stock- 
holm, 1734, in-fol. ; — Polska konungars Saga 
og Skald (Chronique des Rois de Pologne),en vers ; 
ib., 1736, in-4** ; — de pet ts poèmes et des poé- 
sies de circonstance, insérées dans les recueils de 
Carleson et de Sahistedt. — Ses ouvrages en prose 
sont assez mal écrits. Deux d'entre eux méritent 

d'être cités: Thetvenne brœder Oluff Pétri 

Phase och Lars Pétri; Stockholm, 1726, in-4°, 
intéressante biographie des deux réformateurs 
de la Suède; — Beskrifning œfver Staden Kœ- 
ping ( Description lie la ville de Kœping ) ; ib., 
1728, in-8" ( anonyme ). Les autres consistent 
en sermons, en oraisons funèbres, en traités dç 
théologie morale. Il a édité le poëme de la 
nonne Elisef Ëriksdotter, Till hennés lefvernes 
h^ndelser (Sur les Événements de sa vie) ; Stock- 
holm, 1732, in-4°; 2^ édit., Strengnaas, 1817, 
in-8'*. U laissa en manuscrit une tragédie et 
d'autres écrits. E. Beadvois. 

Hammarekœld , Sv, Fitterheten, S7, Sl6-ai9. — Biogr. 
Ux., VI, 40-W. 

* HALLMAN (Charles 'Isroêl ), un des meil- 
leurs auteurs dramatiques de la Suède, fils du 
préeédent, né 4e 3 1 décembre 1732, mort le 
23 avril 1800. La fortune ne lui prodigua jamais 
ses faveurs, et il en avait pris son parti. Il 
vivait au jour le jour, prenant place à la table 
de ses amis quand il n'avait pas d'argent, et leur 
rendait la pareille quand par hasard il était en 
bonne veine. Cet écrivain populaire végéta dans 
un poste obscur au Collège des Mines. Il passait, 
dit-on, ses matinées chez on apotliicaire qui 
était connu pour sa bonne eau -de- vie. Ses œu- 
vres conservent la trace de ces goôts un peu 
bacchiques. La plupart des personnages de Hall*^ 
mansont des buveurs; ils sont tous clioisis dans 
la classe moyenne, et presque tous ils parais- 
sent sortis du même moule. Leurs plaisanteries 
ne sont pas toujours assaisonnées du sel attique. 
U faut ajouter que l'auteur manque d'invention; 
mais sa verve comique fait oublier la nullité de 
l'intrigue; s'il pèche souvent contre le goût, il a 
en revanche des passages d'une finesse et d'une 
grAce exquises. Enfin, si ses caractères manquent 
de variété, ils ont du moins le mérite d'être 
peints d'après nature. Sans doute aucun de ses 
héros n'est passé à l'état de type; mais les pa- 
rodies qu'il a foites valent beaucoup mieux que 
les pièces originales. On cite parmi ses meil- 

7. 



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Id9 HALLM4N 

leurs ouvrages : Casper och Dorothea^ ballet 
comique en trois actes ( parodie de Acis et 
Galathée de Lulin); Stockholm, 1775, in-4«; 
— Ftîikel eller, underjordiska l>rœnvins-brœn' 
neriet (Brandevine, ou TAlambic souterrain), co- 
médie en trois actes; ib., 1776, in-4®; — Skeppar 
Kolfihe Marinier Rolf), en trois actes; ib., 1778, 
in-4*. C'est une parodie du Birger Jarl de 
G.-Fr. Gyllemborg. Ce grand seigneur s'en plai- 
gnit à Gustave IIF, qui, ne trouvant dans la loi 
aucune disposition pénale contre les auteurs de 
parodies, frappa Hailman d'une peine arbitraire, 
et le condamna à parodier Thétis et Pelée 
de Welander ; c'est ce qui occasionna la pièce 
suivante : — Peti$ och Telee, comédie en trois 
actes; ib., 1779, in-4°; — Tilfallet gœr tju- 
foen ( L'occasion fait le larron ) , en un acte; 
ib., 1783, in-S"" : cette comédie, pétillante d'es- 
prit, a été attribuée à Armfeldt; — Corpo- 
rai Olbom (Le caporal Olbom), parodie de la 
belle élégie de Creutz intitulée Zephis, Ces 
ouvrages et d'autres se trouvent dans C.-G. 
Hallmans Skrifler ( Écrits de C.-G. Hail- 
man ), édités par Stjernstolpe, Stockholm, 
1820, in-8°,etpar Bonnier, ib., 1S38, in- 24. 
La pièce intitulée Rymmerskan ( La Déser- 
trice ) , où il était fait allusion à la fuite de 
M"** Mœller, fut imprimée en 1786, mais dé- 
truite par la police avant d'avoir été mise en cir- 
culation. Il en reste à peine quelques exemplaires. 
E. Beauvois. 
stjernstolpe , préf. de Skrifter. — Bonnier. Biogr., en 
tète de Samlade Skrifter. — lAferatur Tidning; I8tl. — 
nammarskOld , Sv f^Uterheten, p. 8V7-8S0. — l.enstrnni, 
Sv Poesiens Hittoria, ttS^MS, 6S9. -' Biogr, U». . VI, 42-46. 

HALLORAN ( Sylvestre O' ) , chirurgien et 
antiquaire irlandais , né en 1728, mort en 1807. 
Il étudia la chirurgie à Paris et à Londres, et de- 
vint chirurgien de l'hôpital de Limerick , place 
qu'il occupa jusqu'à sa mort. Outre ses travaux 
de chirurgie, Halloran a publié deux ouvrages 
sur les antiquités et l'histoire de l'Irlande. Ces 
productions ne sont pas sans mérite ; mais l'au- 
teur a fait preuve de plus de patriotisme local 
que de critique, et il a accepté trop facilement les 
légendes rapportées par O* Flaherty au snjet des 
origines delà civilisation irlandaise. On a de lui : 
A new Treatise on the Glaucoma^ or Cataract; 
Dublin, 1750, in-8<*; — Treatise on the Gan- 
gren; Dublin, 1766, in-8°; — introduction to 
the Study of the Bistory and Antiquities of 
Jreland; 1772, in-4'*; — General History of 
Jreland; 1772, 2 vol. in-4''. Halloran était 
membre de l'Académie royale d'Irlande, et il 
publia dans les Transactions de cette société 
un ancien poème erse, avec une traduction et 
des notes. Z. 

Rose, New gênerai BioçrapMeal Dietionarif, — Bto- 
gnq^hiê midUaU, 

■ALLOWED. Voy. H/aLAWEn. 

HALM ( Frédéric), pseudonyme du comte 
Mimch-BeUingbausen ( voy» ce nom ). 

UALMA (François van), imprimeur géo- 



— HALMA 



!M)6 



graphe et poète hollandais , né en 1653, mort en 
1722 ; il publia des cartes dignes d'estime pour 
le temps , et il composa plusieurs volumes d« 
vers; ses chants sur des sujets de piété furent 
surtout goûtés de ses contemporains; ils se 
trouvent dans le Gereformeerd Gezangboek, 
Amsterdam, 1712, et dans David ffarpzangen 
op noten , Amsterdam , 1718, 2 vol. in-8". Entre 
antres ouvrages de cet écrivain , on peut citer 
un poème héroïque, Le Château d^Aigermonde, 
et une DesaHption de la Ville de Maestricht . 
1715; le tout en vers bataves. G. B. 

Dncument* partUmliers. 

HALMA (L'abbé Nicolas ), mathématidea 
français, né à Sedan, le 31 décembre 1755, mort 
à Paris, le 4 juin 1828. Il commença ses études 
au collège de Sedan et les termina à Paris, anx 
collèges Lemoine et Sainte-Barbe. Il prit en* 
suite les ordres, mats sans cesser de se livrera 
l'étude des sciences et des langues anciennes et 
modernes. Outre le grec et le latin , il apprit 
l'hébreu, l'allemand, l'anglais, l'italien; il col- 
tiva les mathématiques , la géographie , la tbéo* 
logie, la médecine , les sciences historiques, la 
poésie, le dessin même. Malheureusement il était 
sans fortune , et il lui fallut interrompre sou- 
vent ses études pour trouver quelques ressources 
en donnant des leçons particulières. En 1791 il 
fut nommé principal du collège de Sedan. Il 
remplissait ces fonctions depuis deux ans lorsque 
la suppression des collèges le mit sans place. 
Revenu à Paris, il obtint un emploi d'adjoint de 
première classe au génie militaire, pour surveiller 
des travaux de fortifications. On voulut l'élever 
au grade de capitaine dans l'arme du génie; mais 
ayant refusé, il fut cassé de son emploi. Comme il 
avait fait quelques études médicales, il put,i|uelqiie 
temps après, être placé comme chirurgien de 
troisième classe dans un hôpital ambulant, où il 
passa dix-huit mois à panser les blessés. En 179'« 
son emploi d'adjoint au corps do génie lui fut 
rendu, et il fut même nommé secrétaire de« 
études h l'École Polytechnique. Ayant donné sa 
démission, il fut successivement maître de pen* 
sion à Paris, géomètre calculateur an cadastre, 
professeur de mathématiques et de géographie au 
Prytanée de Paris, professeur de géographie k 
l'Ecole Militaire de Fontainebleau, bibliothécaire 
de l'impératrice, et chargé de lui donner des 
leçons d'histoire et de géographie. Lagrange 
le fit nommer aussi bibliothécaire des pouts et 
chaussées, et le ministre de l'intérieur le choisit 
pour rédiger une continuation de VHistoire de 
France de Velly. Vers cette époque, Delambre, 
qui savait qu'au mérite d'helléniste l'abbé Haima 
joignait celui d'un habile mathématicien, l'engagea 
à faire un travail difficile , mais qui serait aussi 
honorable pour lui qu'utile à la science : c'était 
une traduction française du traité d'astronomie 
de Ptolémée, ouvrage connu sous le nom à*Al- 
mageste, dont il n^existait aucune verska fran- 
çaise. Après plusieurs années de travail, en jao« 



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m 



HALMA 



202 



^'er 1SI3| Tabbé Halma fit paraître le premier 
volume de cette traduction. Ce ne fut pas sans 
peine qo*il entreprit le second volume. L'époque 
était peu faTorable; obligé de faire lui-même les 
frais d'impression, il avait dépensé, pour le pre- 
mier volume» format in-4*', avec texte grec, en- 
viron 30,000 francs ; d'un autre côté , on lui fai- 
sait perdre une partie de ce qui lui était dû pour 
son manuscrit de la continuation de l'Histoire de 
France de Velly, et il avait à sa charge l'entre- 
tien de son père et de sa mère. Cependant ce se- 
cond volume parut en 1816. L'abbé Halma le 
dédia à Louis XYIIl, avec une dédicace dans la- 
quelle il comparait ce monarque à Antonin le 
Pieux, protecteur de Ptolémée. Il obtint une 
souscription du ministère de l'intérieur pour 
225 exemplaires. Cet encouragement le décida à 
entreprendre la traduction des corollaires de 
l'oeuvre principale de Ptolémée, entre autres les 
commentaires deThéon d'Alexandrie. Malgré ses 
efforts, cette collection des anciens astronomes 
grecs eut peu de succès et n'est point estimée des 
helléaistes. Toutefois, il trouva quelque récom- 
pense à ses travaux dans sa nomination à un 
emploi de conservateur adjoint à la bibliothèque 
Sainte-Geneviève et de chanoine à l'église mé- 
tropolitaine de Paris. U voulut compléter l'œuvre 
de Ptolémée , en traduisant aussi sa géographie, 
bbleau complet des connaissances géographiques 
de l'antiquité, et qui a peut-être plus d'impor- 
taice que son astronomie , en ce que celle-ei 
n'appartient plus qu'à l'histoire de la science, 
tandis que sa géographie fait encore partie de la 
fidence elle-même. Aucune édition , d'ailleurs, 
n'en avait paru depuis celle de 160ô, donnée en 
latm, et il n'existait point de traduction française. 
Malheurensement ce nouveau travail de J'abbé 
Halma, dont il nei>arutque le 1*"' volume, l'année 
même de sa mort, en 1828, se ressentit des infir- 
mités de l'âge : le texte n'en a pas été soigneu- 
sement revu et la traduction laisse à désirer. 
Tûicila liste des ouvrages de ce savant, que nous 
commençons par les plus importants, ceux relatifs 
iVÂlmageste : Composition mathématique de 
Claude Ptolémée, traduite pour la première 
fois en français sur les manuscrits de la Bp- 
bUothèque impériale, suivie de notes de M, Z>e- 
lambre, avec le texte en regard ; Paris, l'^' vol., 
1813, in-4», avec fig.; 2« vol., 1816, in-4'», 
avec fig. Au 1"^ vol. doit être réuni un cahier 
de 60 pages contenant des notes , corrections et 
éclaircissements sur ce même volume, par De- 
lambre; — Table chronologique des règnes , 
prolongée jusqu'à la prise de Constantinople 
par les Turcs. Apparition des étoiles fixes, 
dt C. Ptolémée, Théon, etc., et Introduction 
de Geminus aux phénomènes célestes , tra- 
duites pour la première Jois sur les ma- 
nuscrits de la JBiblioth. du Roi; suivies de 
Beclierches historiques sur les observations 
astronomiques des anciens , traduites de Val- 
imand de ideler, précédées d'un Discours 



préliminaire et de deux Dissertations sur la 
réduction des années et des mois des anciens à 
la forme actuelle des nôtres; Paris, 1819, 
m-4®, avec 2 tableaux; — Hypothèses et Épo- 
ques des Planètes de CL Ptolémée^ et Hypo^ 
typoses de Proclus Diadochus, trad. pour la 
première fois du grec , et suivies de trois Më* 
moires, trad. de Tallemand de Ideler sur les 
connaissances astronomiques des Chaldéens, 
sur le Cycle deMéton et sur l'ère persique, et 
précédées d'un Discours préliminaire et de 
deux Dissertations sur les mois macédoniens 
et sur le calendrier judaïque; 1820, in-i**, avec 
planches; — Commentaire de Théon d'Alexan^ 
drie sur le livre premier de la Composition 
mathématique de Ptolémée, traduit pour la 
première fois du grec en français, sur les 
manuscrits de la Biblioth, du Roi, pour servir 
de suite et d'éclaircissement à V édition 
grecque d' Halma et à la traduction fran-> 
çaise de V Astronomie de Ptolémée. L'ouvrage 
se compose de 3 vol. avec planches et texte 
en regard, qui ont paru comme il suit-: tomes r*" et 
11, Paris, 1822, in-4°, avec planches , contenant 
les Développements de la Ttigonométrie sphé- 
rique d'Hipparque et de Ptolémée; t. m. 
Commentaire de Théon sur les tables ma* 
nuelles astronomiques de Ptolémée jusqu'à 
présent inédites; r* partie, con^enan^ les Pro- 
légomènes de Ptolémée, les tables prélimi- 
naires terminées par les ascensions des signes 
du zodiaque dans la sphère droite; précédés 
d'un Mémoire trad. de l'allemand de Ideler 
sur Vannée de la mort d'Alexandre le Grand; 
Paris, 1822; 2® partie, contenant les Ascen- 
sions dans la sphère oblique, les mouvements 
du Soleil, de la Lune et des planètes, 1823; 
3* partie, con^enan^ les latitudes des planètes, 
leurs stations , leurs phases , leur lever et 
leur coucher et leurs digressions , suivies de 
la construction des Éphémérides ou Aima- 
nachsdes Grecs et des Scholies d'/saacArgyre; 
1825. A cette collection se rattache aussi l'ou- 
vrage suivant : Les Phénomènes d'Aratus de 
Soles et de Germanicus, avec les Scholies de 
Théon, etc., 1821, in-4°; — Table pascale du 
moine Isaac Argyre , faisant suite à celles 
de Ptolémée et de Théon; 1825, in-4<>. 

Les autres ouvrages publiés par Halma sont : 
De l'Éducation; Bouillon, 1791, in-8°; — Dis- 
cours prononcé le 16 mai 1791 à Vouverlure 
d*un cours public gratuit de mathématiques 
et de géographie au collège de Sedan; Sedan, 
1791, in-8®; — Leçons élémentaires de Géo- 
graphie ancienne et moderne; 1792, in-8«; >- 
Abrégé de Géographie, pour servir de prépa- 
ration aux leçons élémentaires de géographie ; 
Bouillon, 1792, m-8'; — Discours prononcé le 
19 août 1793 lors de la distribution des prix, 
sur la nécessité et les avantages d'une ré' 
forme à introduire sans délai dans les études 
publiques, en attendant Vorganisatiçn de 



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208 HALMA 

VinstrucHon nationale; Bouillon, 1793, m-8°; 

— Arithmétique simple^ pour préparer aux 
nouvelles mesures décimales; 1794, in-S»; — 
Tables logarithmiques pour les nombres , les 
sinus et les tangentes, disposées dansun nou* 
vel ordre, trad. de l'allemand, de Preasse, re- 
vues et corrigées; 1814, m-i8; — Carmeri e 
Virgilio kxcerptum, regio principi Henrico, 
Burdigalensium duci, dicatum; Paris, 1820, 
in-fol.;— Science et Explication des Zodiaques : 
r« partie, Examen et explication du Zodiaque 
de Denderah comparé au glbbe céleste an- 
tique conservé à Rome, et de quelques autres 
zodiaques égy tiens ; V partie , Examen et 
exposition des Zodiaques d^Esné, suivis d'une 
réfutation des Mémoires sur le zodiaque pri- 
mitif des anciens Égyptiens ; 3* partie, Exa- 
men et expositiondu tableau peint au plafond 
du tombeau des rois de Thèbes ; Pans, 1822^ 
in-8^ avec ^rès; — wn Supplément , Paris^ 
1823, in-8°, avec figures et table fchronologique. 

— Astrologie judiciaire et bivination égyp- 
tienne du planisphère zodiacal de Denderah; 
Paris, 1824, m-8°; — À S. A. R Monsei- 
gneur le duc d^Angouléme (vers à l'occasion 
de la guerre d'Espagne); Paris, 1824, in-8°; — 
Preuves de la juste et légale célébration de la 
fête de Pâques dans l'Église romaine le di- 
manche 3 avril 1 825, cofiformémentau décret et 
au concile de Nicée, nonobstant la célébration 
de la Pdquedes Juifs avec celle des chrétiens 
au même jour, etc.; 1825; in-d" ; — Mé- 
moire concernant le mode et Vétude de ren- 
seignement des mathématiques dans Véduca- 
tion d'un prince; Paris, 1826, iil-4°; ~ Traité 
de Géographie d)s Claude Ptolémée, trad. 
pour la première fois du grec en français; 
1828, ih-4° (avec une planche et le texte grec 
en regard ) : ne contient que le 1" livre. L'abbé 
Halma a rédigé ladescription des monutacnts pour 
l'ouvrage de Baltard intitulé : Paris et ses Mo- 
numents, publié en 1802, mais dont il n*a paru 
que 24 livraisons. U a rédigé le Journal dé 
VÉcole Polytechnique des années 1795 et 1796. 
Il a laissé plusieurs manuscrits , entre autres : 
une traduction des Principes métaphysiques 
de la physique de Katit; Les Principes métor 
physiques de la Phoronomie ; — ïuï Traité de 
Météorologie ; — un Abrégé de Zoologie ; — un 
Abrégé des Voyages de Guldenstadt dans l'em- 
pire de Russie et au Caucase , en 1672, par 
J.-G. Georgi. Les deux volumes de la continua- 
tion de V Histoire de France de Velly sont restés 
manuscrits. L'abbé Halma était correspondant 
de rAcadémie royale des Sciences de Berlin et 
de quelques autres corps savants. 

GUYOT DE FÈBE. 
Boolllot, Bioçruphie Ardennaiss. — Moniteur du 
g mars 1829. » Journal de la Librairie, 

• HALOANDER {Grégoire {i)), helléniste et 

(1) C'est à tort qae Taisaod lui donae ie prénona de 
Géwget. 



- HALS 204 

Jurisconsulte allemand, né à Zwickau (Misnie), 
mortà Venise, en 1532. H se livra à l'étude des ma- 
ridscrits originaux du droit romain, et enseigna le 
droit à Nuremberg. Après avoir comparé la ver- 
sion latine des Novelles de Justînien avec le grec 
original, il en publia une nouvelle, que plusieurs 
aoteurs préférèrent à l'ancienne; attribuée généra- 
lement à îrnerius. La nouvelle traduction d'Ha- 
loander fut imprimée sous le titre : Novellœ grs^cx 
cum Haloandri interpretatione iatina; Nu- 
remberg, 1530, in-fol.; Paris, 1553, 2 Vol. in-8". 
Dans cette édition Haloander avait ortrîs plusieurs 
constitutions ; Jean HervagidJ e( Henri Scrira^<T 
y suppléèrent à l'aide d'un manuscrit du car- 
dinal fièssarion déposé dans la bibliothëqae de 
Venise. La traductiori d'Haloander fut réiro- 
prîmée avec ces sup()!étnents et des notes d'Ay- 
mar Bançonnet, de P. Faber et de Cojas; Bâle, 
1541, 1558, in-fol. Eh 1560 Henri Agiles ou 
Agilée donna une nouvelle édition corrigée d'Ha- 
loander, in-i*»; Paris. La trâddtion d'Haloaml^r 
fut encore l'objet des travaux de Fr. Doaren et 
de Louis Rnssard, professeur à Bourges. Duareh 
l'a publiée sous le titre de : Notellse ConsiitU' 
tiones Justiniani principis , versas quidem 
e grxco in latinum a Gregorio Haloandro^ 
collatœvero nùpercumfidelissimo exemplah 
Scrimgeriano et innumeris locis emendatx, 
ut perpétuas ad eas notai indicabunt; Franc 
puarenoJurisconsultoriiTti memoriœ sua fa- 
cile principe, auctore; L^cfh, 1560, in-fd.; 
Paris, 1567, in-fol. Cependant, malgré l'autorité 
de ces értiinents jariscottshltes, Antoine Lecomte 
reprit l'ancienne versidrl des Novelles, et la fit pré- 
valoir sur celle d'Haloander, comme plus exacte 
et plus fidèle. On doit encore h Haloander ; Di- 
gestorum seu Pandectarum Libri L; Nurem- 
berg, 1529,in-4°;Paris, 1552,7^|)art. in-8*.UIit 
cette édition d'après' une copie collationnée par 
PoHtîen sur le manuscrit de Florence. Cet ou- 
vrage fut surnommé tectiomixta, parce que son 
auteur appuya sa critique sur un choix fait enh« 
là tectio vulgariSy texte des glossateurs, et la 
Lectio Florentina; — Institutiones ; Nurem- 
berg, 1529, in.8«; Paris, 1552, in-8-; — Co- 
dex; Nuremberg, 1530, in-fol.; Paris, 1553, 
2 vol. in-8^. — Enfin, Haloander a traduit <lo 
grec en latin : Canones Sanctorum et ve- 
nerandorum Apostolorum, per Clemenïem, a 
Petro apostolo Romae ordinatum eptscoptm, 
in unum congesti. Cette traduction est rap- 
portée dans le Corpus Juris canonici; Lyon, 
1661,tom. I", pag. 1266 et suit., 2 vol. in-4", 
et dans le CorptiS Juris Amstelodami, apnd 
viduam D. Elstverii, etc., 1681, în-S*», tora. Il, 
pag. 722-723. A. Rocillier et J. L. 

TtrrassoD , Histoire de la Jurisprudence Bomaine. 
psK SW. — Savigny, Histoire du Droit Romain, tome III, 
g 181, page 845, et § 198, page 370, et tome IV, page îO - 
Camus, Bibliothèque de Droit, tome I". n«» Î82. pag. «î, 
283. - Conrad Gesner. Hibliotheca Vniversalit. - Ta»- 
sand, Fies des Jurisconsultes. 

HALS ( François van), portrâtiste lift* 



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m HALS - 

n«nd, né à M&liites, e» lâS4, mort le 20 août 
1666. On ignore le nom de don maître, et 8a Tie, 
passée entre Tatelieret Je cabaret) offre peu d*in- 
cidents. Jamais Hais ne sortit des Paya-Bas.- 
Deift et Harlem furent ses séjours de prédilec- 
tion, et ce Alt dans ces tillea qu'il laissa le plus 
grand nombre de ses ourrages. 11 peignait le 
portrait avec une grande ressemblance, et n'eut 
de SDpériéor en ce genre que van Diclw. Il 
ébauchait d'une manière irës-précise et d'un 
seul jet. Il exécutait ensuite atec hardiesse, sa- 
crifiant souvent Tagrément des lisages retracés 
à l'expression générale, à la fermeté du eoletls, à 
la Mïe disposition de la lumière. A Ceux qui lui 
demandaient pourquoi il ne taisait pas fléchir 
l'art devant l'amour-propre de ses clients ^ il ré- 
poQdait : « CTest que je travaille poUr mon nom 
plus qae pour leur argent. Le raattre doit tou- 
jours cacher sous la perfection de son œuvre la 
{lartie servile et exacte qu'exige le portrait. » 
Van Dick répétait souvent que Hais eût été le 
plus grand portraitiste s'il avait pu rendre sa 
couleur plus douce, plus harmonieuse (1). Ses 
toiles, presque toutes dans des galeries de fa- 
mille, sont en grand nombre. Dans la butte du 
Mail de Delft on admire un tableau où sont re- 
présentés en pied et de grandeur naturelle les 
principaux chefs la compare du Mail (S). Chaque 
personnage semble animé^ et la vie cirbule dans 
tout i'œuvi'O. Malgré ses habitudes bachiques, 
Uals mourut octogénaire. 11 laissa |)lusieurs 
enfants, qui toua se distinguèrent dans la pein- 
ture ou la musique. Ses principaux élèves furent 
Adrien Brauwer, et Dirck van Balen. 

(1) Descamps raconte raaecdote suivante, qui fait cdn* 
oaitrc le talent et le caractère de van Hais. « Lorsque vao 
Dick fut déterminé à passer en Angleterre, 11 futetprës 
a Harlem pour y voir Hais. InuiUement fut-il souvent 
cbez lui, celui-ci était constamment an cabaret. Le pein- 
tre d'Anvers lui fit dire que quelqu'un l'attendait 
pour se faire peindre. Dès que Hais fut arrivé, van Dick 
iui dit qu'il ^tuit étranger} qu'il voulait son portait, mi^ts 
qu'il n'avait que deux heures h lut donnes*. Hdis prit la 
première toile venue, arrangea sa palette assez mal, et 
commedça à peindre; peu de temps après II dit à van 
Uicfc qu'il lé priait de se lever pour voir ce qdll avait 
tait ; le modèle parut fort content de son Image, et apréé 
avoir causé sur des choses indifférentes , van Dick lui dit 
que la peinture' lui paraissait assez aisée, et quM voulaii 
a 800 tour te.Hsajtcr. H prit une autre toile, et pria Hali 
de $e mettre à la place qu'il venait de quitter. Celui-ci. 
quoique surpria, ne tarda pas à s'apercevoir qu'il avait 
aifaire à quelqu'un qui connaissait la palette et son usage. 
Peu de temps après vati UlcJL le pria de se lever à son 
toor. QueUe fut sa surprise ! k Vous êtes van Olck, s'é- 
Eria>t-ll en l'embrassant; li n'y a que lui qui puisse faire 
ce que vous avez fait! » Van Dick voulut l'engager à le 
imueen Angleterre; il lui promit une belle et rapide 
fortune en échange de sa gêne; Une put rien gagner. 
abruti par le vin, HaU répondit qn'll éUit beureuK et ne 
Ifsirali pas un meilleur sort. Ils se séparèrent avec regret, 
^'ao Dick emporta son portrait, que Hais venait de ter* 
xuoer, et répandit quelques gutnées dans les mains des 
enfants de son nouvel ami, qui les prit a son tour pour 
1rs répandre dans les guinguettes. » 

;i; I<a Hollande et la Flandre sont encore remplies de 
lociélés ou compagnies ayant des statuts et des lieux de 
-eaiiion ou d'exercice. Telles sont les compagnies du 
Vaii, de r^rc, etc. Les salles où elles s'assemblent s'âp- 
x-'licMt buUe$. 



HAMA 206 

Son frère DircJt, mort en 1666, peignait aussi 
fort bien. Ses toiles sont de petite dimension : 
elles représentent des scènes d'intérieur oo des 
animaux. A. db Làoaze. 

Descanpe, La P^ie det Feintret JUmtandSf ete. 

■ALTAVS (Chrétien-Gottlob) , philologue 
allemand , né en 1702, à Leipzig, mort le 11 fé- 
vrier 17^8. Mé de pamits pauvres, il fit des 
études excellentes, et attira Tattention de 
J. BUrch. Menckreh , lequel remploya pour l'é- 
dition de sesScrtptorés Rerum Germaniearum: 
Ce genre d'occupation éveilla chez Haltans le goM 
pour l'étude du moyen âge. En 1734 il fut nommé 
professeur à l'école Micola! ^ dont il devint rec- 
teur en 1751. Ses Ouvrages montrent une pro- 
tbnde connaissance des antiquités germaniques; 
son Glossaire Germaniquei fait sur le modèle 
du G/055alrede Du Gange, est on trésor d'érudi- 
tion. On a de lui : Câlendarium Medii jEiH, 
prxcipue Germanicum, in quo obscuriora 
mensium, dietum^ fêstoruniy ac temporutn 
nomina ex iintiquis nionumentié iUusltan- 
tnr; Leipzig, 1729 et 1772, tn^S"; traduit en 
alleradhd et augmenté par W.-P.-^Z. Scheffer; 
Ëriangen, 1797, in^**; — ' m Jure pUblico 
certo Qermanico medii «vi; Leipzig, 1735, 
in-4«; — . spécimen Qlossatii fbri Germa- 
nicii ex diplomatibus; Leipzig, 1738, inr4'> ; — 
Commentaritts de Turri rubra Gèrmùriorum 
medii sévi; Leipzig, 1757y iri-4'' ; — Gtëssarium 
Germanicum medii eelH, tttadlHihain partent 
e diplomatibns; Leipitig, i7é8, 2 vol. iû-M.^ 
publié par J.-G. Bcébitié «près Ut mort de Hat- 
taus. E; 6. 

Bœhme, Ptmfatt» ad nUtèiaHuMi r;eriHanieUm. - 
Reiske, De Reùm ad schotam D. Tficolai pertinentitma ; 
Leipzig. 17S9, in-4». p. S8. — Adeiong. Suppl. à Jdcher, 
AUg. Gel.-iexik. — Ersch ci Gruber, Èneyclopddie. — 
Rlrschlng, Liti Handb. 

HALT-AitttAâ. VoU, Atf BEi4-BL-AàbAë. 

HALTATTB. V09, AlTATTE. 

* HAMk , Ministre de l'empereur de Chine 
Cbilo-ti (1333-1368), dé la dynastie înoiigole dû 
Youed, tié ed 1314, mort en 1356. Il pahrint au 
ministère par la protection de Todoo (rbjf. ce 
notn)j général de ^empereur Chofl-ti. A peine 
fut-il entré en fonctions qu'il s'étudia à chercher 
pour son prince, dont le cœur était d^à très- 
corrompu , de nouveaux sujets de débauche j il 
fitvenir dans ce but une troupe de lamasdu Tibet, 
qui introduisirent dans le palais de Chon-ti plu- 
sieurs jeux obscènes, qui y furent accoeillis avec 
joie : un de ces jeux était désigné par le nom 
mongol yencher^ c'est-à-dire ^ plaisir, allé- 
gresse »; il était accompagné de danses, dans 
lesquelieë seize jeunes filles aux cheveux pen- 
dants sur les épaules se faisaient remarquer par 
leurs évolutiotis lascives. Ce jeu plut tellement à 
l'empereur qu'il résolut d'en récompenser Hama 
en lui accordant de grandes faveurs et son 
amitié. Celui-ci profita de cette position pour 
perdre, dans Tesprit du monarque, Todou, 
à qui il devait sa fortune et son avenir. A cet 



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507 



HAMA — HÂMADAKl 



908 



eflet, il 6*6Dtendit avec les lamas, dont l'influence 
grandissait chaque jour sur respritdeChon-ti, 
et présenta à ce prince un mémoire dans lequel 
on accusait le général Todou d'avoir épuisé en 
trois mois des trésors considérables sans avoir 
encore commencé aucune entreprise importante : 
on faisait entendre dans ce plaoet que l'accusé 
avait détourné à sou profit une grande partie 
des sommes prélevées sur le trésor impérial et 
employé le reste à se faire des partisans parmi 
les soldats, et cela dans des vues ambitieuses. 
Le résultat de cette accusation mensongère fut 
la destitution de Todou comme général d'armée 
et son exil dans le pays de Hoaî-nan. A la qua- 
trième lune de Tannée 1395, l'empereur, voulant 
récompenser Hama des plaisirs qu'il lui avait 
procurés, lui donna le titre de premier ministre, 
et nomma son frère Sué-Sué président des cen- 
seurs impériaux. Le pouvoir de Hama était ar- 
rivé à son comble; mais la crainte que Todou fût 
un jour rappelé troublait perpétuellement son 
repos. Il ne trouva d'autre moyen de calmer ses 
appréhensions que de décider la mort de son bien- 
faiteur. Dans ce but , il envoya àTodou, qu'il avait 
fait transférer dans la province du Yun-nan, une 
prétendue lettre del'empereuravecdu poison pour 
le faire mourir. Suivant une autre version , on 
chargea un officier du Yun-nan de le mettre à 
mort. Celui-ci , loin de se résoudre à se taire l'a- 
gent des atrocités de Hama , fit offrir sa fille en 
mariage à Todou ; mais ce général l'ayant refusée, 
périt de la main de l'officier offensé, à l'âge de 
qudrant&«t-un ans. Hama n'avait plus d'ombrage 
k. redouter d'aucune part. Mais le repentir vint 
lui reprocher l'état avilissant dans lequel il avait 
plongé l'empereur et la cour : il résolut d'arrêter 
le cours du mal par la perte de son second pro- 
tecteur, Chun-ti. Son dessein était de faire abdi- 
quer ce prince, en faveur de l'héritier présomptif, 
dont il avait pu remarquer, à diverses reprises, 
l'esprit peu ordinaire. Ce nouveau projet de Hama 
transpira jusqu'à l'empereur, qui , en considé- 
ralion des services que lui avait rendus ce 
ministre, se contenta de l'expulser de son pa- 
lais, lui et son frère, avec défense expresse d'y 
rentrer. Dès lors Hama avait perdu toute puis- 
sance; les mandarins et le peuple, tyrannisés par 
son odieuse influence sur l'esprit du monarque, 
réclamèrent contre la trop grande indulgence de 
Chun-ti à son égard. Il fut décidé que les deux 
iTères seraient envoyés en exil , mais cette dé- 
cision n'eut point de suite : Hama et Sué-Sué 
avaient été étranglés, et chacun ignorait la main 
qui avait amené cette juste punition de leurs 
crimes. L. de Roshy. 

Tonç'Kiai^Kang-mou (Miroir généralde rHlstoire d« 
Chiae); ia-4«. — iJ-tal'ti'Wang NUnpiao; iD•4^ -« 
MflilU (le Père Moyriac de), HUteiTê générale de te 
Chine i Parts, iT79, tn-4». t. IX. — Paathier, Cikina (dami 
VUniven ptttonMgue de Firmin Dldot). 

HAMABANi, surnom de AlmCl-Fadhl Ah^ 
fiied ben-Hoséin , aussi appelé Bediez-zeman 
(La Merveille du Siècle )« écrivain arabe, né 



dans la ville de Hamadan, vers 3&8 de Thégire 
(968 de J.-C), mort à Hérat, en 398 (1007). 
Après avoir suivi les leçons d'Abou'l-Hoséin Ah- 
med ben-Faris, auteur du dictionnaire intituté 
Modjmel fi*l'loghai^ il quitta sa ville natale 
en 380 (990), et se rendit auprès d'Abou'l-kasem 
Abbad, surnommé Salieb. Traité avec la i^os 
grande distinction par ce wizir du prince bo^de 
Mowayyid ed-Daulah , il passa ensuite dans le' 
Djor4jan, où il eut des relations avec Abou-Sad 
Mohammed ben-Mansour, un des chefs des Is- 
maéliens. En 382 (992) Hamadani alla s'établir à 
Nischabour, où il publia ses Makamai (Séances). 
Le combat d'éloquence qu'il soutint contre Aboo- 
Becr Khowarezmi lui fit beaucoup d'hooneor. 
Recherché par les princes, il parcoiutit le Kbo- 
rasan, le Sedjestan, la province de Ghazaah, et 
finit par s'établir à Hérat, où il se maria. Od 
prétend qu'il mourut du poison , ou bien, d'a- 
près une autre version, qu'il était en léthar^e, 
lorsqu'on le plaça dans le tombeau. Exhumé le 
lendemain , parce qu'il avait poussé des cris du- 
rant la nuit, il fut trouvé sans vie, mais dans 
une position indiquant qu'A avait survécu à ses 
funérailles. Selon d'autres, il fut retiré vivant du 
tombeau , mais il mourut peu de temps après. 
Les poètes et les orateurs s'efibrcèrent à l'envi de 
déplorer sa fin tragique dans des pièces de vers 
ou dans des oraisons funèbres. Tsealebi lui pro* 
digue les éloges les plus hyperboliques. Hama- 
dani était doué d'une mémoire prodigieuse. U lui 
suffisait d'entendre une seule fois les poëroes les 
plus étendus pour être en état de les répéter 
mot pour mot d'un bout à l'autre. Ses talents 
d'improvisation n'étaient pas moins extraordi- 
naires. Il parlait avec la plus grande élégance, 
même en vers, sans se donner le temps de se 
recueillir. Les langues arabe et persane lui étaient 
si familières qu'il traduisait sur-le-champ dans 
l'une ce qu'il lisait dans lautre. On a de lui : des 
lettres en prose rimée, des poésies et des sen- 
tences dans l'anthologie de Tsealebi; — Maka- 
mai Mekdiyat (Séances de Mendicité), ainâi 
appelées parce qu'un certain Abou'1-fath Iscaa- 
deri, héros de chacune de c«s réunions, demande 
invariablement l'aumône à la fin des discours 
qu'il a débités et des tours d'adresse qu'il a faits 
[iour exciter la commisération du public. Cet 
ouvrage est d'une lecture fort agréable, quoique 
le sens soit difficile à saisir; Il a servi de modèle 
à celui de Hariri. Mais les séances de Hamadani 
sont plus courtes, le style en est plus naturel* 
et plusieurs critiques les préfèrent à celles de 
Hariri. Elles étaient au nombre de quati^ cents, 
mais on n'en retrouve plus que cinquante dans 
les manuscrits qui nous restent. Scheidius en 
avait commencé une édition, dont il n'a pani 
qu'une feuille. Silvestre de Sacy en a publié et 
traduit six , dans le t. lU de sa ChrestomcUAk 
Arabe, seconde édition; M. Grangeret de La- 
grange en a traduit trois dans son Anthologie* 
E. Bkavyuo. 



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209 



HAMADANI — HAMAL 



310 



Iba-Kballieto, riêâêt Hommêt UlusU, 1. - TMiteU, 
ïetimet. - Ha41f.KhaItol\. Lex. tUbtiogr, > Aboulféda, 
jnn. Musltm., H, 61*. - i. de Bammer, Hist, de la 
Utt. Jraàe, Y, 488. S7S4. 

■AMARBB ( Henri' Arens), savant orienta- 
liste bollandais , né à Amsterdam, le 25 février 
'1789, mort à Le^de, le 10 octobre t83o. Destiné 
par ses parents, qui étaient marchands, à la 
proression de commerçant, ensuite à celle de 
notaire, il refusa de se prêter à ces vues, et 
étadia les langues classiques, pour entrer dans 
l'enseignement. Plus tard il s'occupa de pliilologie 
orientale, sous la direction de Wilmet , et fut 
nommé professeur d'arabe, de chaldéen et de 
syriaque à l'académie de Franeker, en 1815. 
Chargé plus tard d*enseigner les mêmes langues 
à l'noiYersité de Leyde, d'abord comme suppléant 
(1817), puis comme professeur ordinaire (1822), 
il reçut en même temps le titre d'interprète du 
legs Warner. 11 a laissé plusieurs ouvrages qui se- 
ront toujours estimés, et il a formé des élèves dis- 
tingués, tels que MM. Uylenbrock, Dedel, Roorda, 
JoyDboll, Weyers. On le place au nombre des pre- 
miers orientalistes de la Hollande. Hamaker avait 
en effet une immense érudition; il était versé 
dans la connaissance de l'histoire et de la géo- 
graphie d'Orient, et savait presque toutes les 
langues d*Ënrope et d'Asie, quoiqu'il n'eût 
voyagé qu'en Allemagne et en Italie (1830). Ses 
publications ne sont pas exemptes d^erreurs et 
de négligences provenant de la hftte avec laquelle 
il travaillait , et de la grande variété des sujets 
dont il traitait. U eut plusieurs discussions avec 
des orientalistes , et en particulier avec M. de 
Hammer, contre lequel il soutint une polémique 
très -acerbe^ Hamaker était membre de la troisième 
classe de lînstitut des Pays-Bas; correspondant 
des Académies des Sciences de Berlin et de Saint- 
Pétersbourg ; membre des Sociétés Asiatiques de 
Paris, de Londres et de Calcutta. On a de lui : 
Uctiones Philostratex ; Leyde, 1816, in-8®; 
— Oratio dereligione Muhammedica y magno 
virtutis bellicxajmd Orientales incitamento; 
Leyde, 1817-1818, in-4° ; — 5pecimen Catalogi 
codicum mss. oi'ientalium Bibliothecas aca" 
demixLugdunO'Batavx;Ijeyôe, 1820, in-4°. 
11 ne se contente pas d'indiquer le format et le 
nombre des p^es de chaque volume; il y i^oute 
de précieuses remarques relatives au contenu de 
cliaque ouvrage, à l'année de sa composition, aux 
travaux dont il a été l'objet, et fait connaître 
l'auteur par des notices biograpliiques tirées de 
manuscrits orientaux et traduites en latin. Il se 
proposait d'étendre ce travail à tous les manus- 
crits orientaux de Leyde. M. Dozy a exécuté 
cette entreprise, mais sur un plan beaucoup 
moins vaste. Son Catalogué codicum, etc.; 
Leyde, 1848-1852, 2 vol. in-8", contient des 
notices bibliographiques laissées en manuscrit 
par Hamaker; — Diatribe philologico-critica 
monumentorum aliquot punicorum nuper in 
Afiriea repertorum interpretationem exhibens, 
avec des conjectures sur des monnaies puniques 



et sur la pierre de Carpentras; Leyde, 1822, 
in-4'', avec pi. ; — Commentatio ad loeum Taky 
EddiniÂl'Mahrizide expedUionibus a Gracis 
Francisque adversus Dimyatham , ab anno 
Christi 708-1221, susceptis; Amsterdam, 1824, 
in-4'* , ouvrage plein de recherches nouvelles ; 
— Incerti auctwis Liber De expugnatione 
Memphidis et Alexandrie, vulgo adscriptus 
Abou Abdallah Mohammed^ Omarifilio, Wa- 
kidxo, Medinensiy texte arabe et remarques; 
Leyde, 1825, in-4*'; — Lettre à M, Raoul Ro- 
chelle sur une insa'iption en caractères phé- 
niciens et grecs récemment trouvée à Cyrène; 
ibid., 1825, in-4*; — Miscellanea Phœnicia, 
sive commentarii de rébus Phœnicum conte- 
nant l'explication de plusieurs inscriptions et 
des remarques sur la langue et la religion des 
Phéniciens; ib., 1828, in-4°, avec 5 pi. L'au- 
teur, tout en déployant dans cet ouvrage un 
grand appareil d'érudition, n'est arrivé qu*à 
des résultats fort contestables ; ^ ProUgomena 
ad editionem duarum Ibn Zeidun epistola- 
rum ; ib., 1831 , in-8® ; — Commentatio in libro 
De Vita et Morte Prophetarum qui grœce 
circumfertur ; Amsterdam, 1 833, itt-4* ; •— Aka- 
demische voorlezingen over het nul en de 
belangrijkeid der grammatische verglijking 
van het grickisch, het latijn en de germaans- 
che Tongvallen met het sanscrit ( Leçons sur 
l'utilité et l'importance de la comparaison gram- 
maticale du grec, du latin et des idiomes germa- 
niques avec le sanscrit); Leyde, 1834 ; — Mis- 
cellanea Samaritana, ouvrage posthume, édité 
par M. Weyers. Hamaker a pris part au travail de 
M. Uylenbrock sur Ibn-Haukal (1825) , à celui 
de M. Roorda sur Ahmed in Touloun (1822), 
et à celui de M. Weyers sur Ibn-Kbacan et Ibn- 
Zeidoun (1831). Hamaker publia un grand nom- 
bre de mémoires dans les Annales des Uni- 
versités deGœttinguCy années 1816-1817, et 
de Leyde, années 1823-1824 (Notice sur Wil- 
liam Jones); dans la Bibliotheca nova de 
Leyde; dans Magazjin voor Wetenschappen 
de Van der Kampen (t. II, sur Antar; Y, sur 
Firdousi; YI, sur l'influence de la domination 
anglaise dans l'Inde); dans le Journal Asia- 
tique de Paris , et dans d'autres recueils. Quel- 
ques-uns des nombreux travaux qu'il laissa en 
manuscrit ont été publiés après sa mort, dans 
Orientalia ; Leyde, gr. in-8'*, 1. 1 et II. 
£. Beauvois. 

y/»n. de VUniv. de Leyde, I88S S6, NoUee biogr. et 
Mbl. — Procès-verbal de la séance de Vlnst. des Pays- 
Bas da S9 août 1886, Éloge, - Dict* holl, des Se, et des ÂrU, 
— Niederl. Muséum, I, 4, ann. 1839, p. 50. - Th.-G..j. 
luynboll. Oratio de Henr. Arentio Hamaker: Gronin» 
gue, 1887, gr. Ui-4». — Joum. des Savants, art. par SU* 
vcslre de Sacy, IBM. 1887, 1889, 1884. 

BAMAL (Henri-Guillaume), compositeur 
belge, né à Liège, en 1685, et mort en 1752. Élève 
de Lambert Pietkin , il acquit de bonne heure 
la réputation d'un chanteur plein de goût et d'ex- 
pression, ce qui lui valut à vingt-trois ans la 



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9ft HAMAL 

maftrige He régUte ée Saint-Trond ; qaelqaes an- 
nées plus tard il fut appelé aux mêmes fonctions 
à Saint-Lambert, cathédrale de sa viHe natale. 
On a de lui plusieurs morceaux de musique reli- 
gieuse et des cantates en italien et en français, 
dont la facture, quoique d'on rhythme ancien, 
décèle un talent gradeux et facile. Ses compa- 
triotes hû sont ràeTables de l'introduction des 
maîtres italiens, ce qui opéra tonte une révolution 
dans leur enseignement. P. L— y. 

Biographie lAëgeoUe. — FéUs, Biographie des Musi- 
ciens, 

HAMAL (Jean-Noël) f compositeur belge, 
fils aîné du précédent, né à Liège» le 23 décem- 
bre 1709, et mort dans cette ville, en 1778. Les 
brillantes dispositions qu'il montra dans ses pre- 
mières études déterminèrent son père à l'envoyer 
en 172& à Rome, où bientôt, gr&ce aux leçons 
d'Amadori, il fit exécuter avec succès plusieurs 
de ses compositions. Rappelé en 1731 par le 
chapitre cathédral de Liège, qui lui accorda un 
bénéfice, il embrassa l'état ecclésiastique, etde- 
TÎnt en 1738 maître de chapelle. Dans un nou- 
veau voyage à Rome et à Naples (1749), il se lia 
d'amitié avec Jomelli et Durante; l'influence de 
ces hommes célèbres contribua beaucoup à le per- 
fectionner dans un artoù il avait fait les plus grands 
progrès. D'un caractère insouciant et dédaigneux 
du soin de sa propre gloire, il n'a publié que quatre 
oeuvres de symphonie (Paris et Liège, 1743); ses 
meilleurs titres à la célébrité sont restés inédits, 
et Grétry lui-même, dans ses Mémoir es, rédàmQ 
en faveur de leur auteur, trop peu connu. Nous 
citerons entre autres deux oratorios , Jonathas 
et Judith; Le Voyage de C/iaufontaine ; 1737, 
opéra en trois actes; Les Ypocontes, 1758, opéra 
burlesque ; le psaume In exitu Israël^ à deux or- 
chestres. 

Son neveu, Hamal {Henri ) , lui succéda dans 
le poste de maître de chapelle de la cathédrale 
de Liège. P, L— y. 

Biographie Liégeoise. — Fétis, Biographie universelle 
des Musiciens. — Feller et WeUs, Dictionnaire histo- 
rique. — Statistique des Artistes et des Gens de Lettrée 
belges. — Grétry, Mémoires. 

HAMANif {Jean-Georges) y littérateur et phi- 
losophe allemand, surnommé Le Mage du Nord^ 
né à Kœnigsberg, le 27 août 1730, moH à Muns- 
ter, le 21 juillet 1788. Il fit ses études à l'uni- 
versité de K.'Bnigsberg, exerç>a pendant quelque 
temps les fonctions de précepteur des enfants 
de la baronne de Budberg et du général de Wit- 
ten, et fut ensuite attaché à une maison de com- 
merce de Riga, dans l'intérêt de laquelle il visita 
une partie de l'Allemagne, de la Hollande et de 
l'Angleterre. Mais ses goûts se trouvaient trop 
peu d'accord avec les occupations dont il s'était 
chargé. Il abandonna bientôt les affaires, et se 
retira auprès de ses parents, où il consacra plu- 
sieurs années à l'étude de la littérature; et après 
avoir été pendant vingt ans employé subalterne 
dans la chambre des domaines, il passa le 
reste de sa vie à Dnsseldorf et à Munster, 



- HAMAZASB m 

en société de son ami le célèbre Jacobi et de 
la princesse Galitzin, qui avait une profonde ad- 
miration pour les écrits de ce philosophe. Mé- 
diocrement estimé par ses contemporahis, qui De 
goûtèrent pas les tendances mystiques et profon- 
dément rdigieuses de son esprit, il rencontra 
cependant quelques hommes éminents qui ap' 
prédèrent la profondeur et la bonne foi de se» 
écrits et qui en firent le plus chaleureux éloge : 
tels furent surtout Herder, Gœthe, Jacobi, et Jean- 
Paul Richter. Ce dernier caractérise en peu de 
mots le mérite et le défaut de Hamann en disant 
de lui : k Le grand Qamann est profond comme 
le del, mais sur ce ciel il y a des nébuleuses 
mystérieuses qu'aucun œil humain ne pourra 
résoudre. » Ceci explique parfaitement comment 
il se fait que Hamann a trouvé en Allemagne 
des disciples enthousiastes et des critiques qoi 
ont dit de lui : « Ses écrits sont incohérents, peu 
conséquents, obscurs, parfois inintelligibles, mais 
remplis d'originalité et d'esprit >' (Krug). Hamann 
n'a laissé aucun grand ouvrage. La plupart de 
ses opuscules n'ont que deux feuilles , aucun 
n'en a plus de cinq. Ils sont presque tons de na- 
ture polémique, et s'attaquent surtout à la 
philosophie critique. On les trouve réunis dans 
l'édition des Œuvres de Hamann publiée par 
Friedrich Roth ; Berlin, 1821-1843, 8 vol. 

R. LiNllAU. 

Docteur Friedr. Cramer, Sib^lUnische Blaetter de$ 
magtuim Norden; Leipzig, 1819.— ff^ienerjahrb. d.JÀ- 
teratur, 1819, t. VllI. — Goethe, TFarheit und Ûic/Uunç, 
vol. ni. — F. Schlegel, Deittehes Muséum, iBlS, t II.- 
F. Herbst, Bibliothek der chrUtUchen Denker; Leipzig, 
1880, 1. 1. — Krach et Gruber, jtUgemene Encyclopxdk. 

— Krug, Phil. Encyclop, 

* HAMATDB ( ignacê-François de La), juris- 
consulte belge, néà Hirchonville, près d'Ath, ie 
27 janvier 1648, mort à Louvain, le 21 mars 
1712. 11 étudia le droità Louvain, obtint le grade 
de docteur en 1673, et fut ensuite, pendant 
vingt-six ans, professent à l'université de cotte 
ville. Son savoir, sa piété et l'autorité qu'il 
s'était acquise le firent regarder comme un 
dracle, et les conseils provinciaux de la Be^ 
gique le désignèrent souvent comme juge pour 
la révision des procès difficiles. Il fut un adver- 
saire redoutable des jéshites. Le plus important 
dé ^es écrits est son commentaire sur le pla- 
card du 25 mai 1669, relatif à la récusation des 
juges, qu'il publia sous ce titre Commentarius 
ad edictum perpetuum de recusationibus ju- 
dicum; Louvain, 1706, iù-4° ; c'est un cha- 
pitre de son cours sur les Pandectes. 

£. Regnaru. 

Morért, Le grand Dictionnaire historique. — J. Briu. 
Code de l'ancien Droit belgique, 

HAMAZASB, priuce mamlgouieu , gouvemeor 
d'Arménie, mort en 658 de J.*C. Maftre d'une 
partie de la province de Daron , il lUt élu pa- 
trice d'Arménie en 654, et gouverna ce pays a« 
nom du khalife de Baghdad : il exerçait le pou- 
voir civil, tandis que Vart, fils de Théodore, 
prince des Resehdouniens^ possédait raatorit« 



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!ri3 HAMAZÂSB 

militaire. Ces deux princes se réyoltèrent en 656^ 
l»rceqae les Arabes les surebargeaient d'impôts. 
Pour obtenir Tappili de l'empereur d'Orient, ils 
lai prêtèrent bomnnge. Hamazasb en reçut le 
titre de caropaiate. Les Arabes, divisés en fac- 
tioos, n'étaient pas en état dû le faire renti^er 
dans l'obéissamoe; ils se contentèrent de mettre 
à mort tons les otages arméniens, à l'exception 
deGrégoire Manûgonien. £n 6â7, lorsque Moavia^ 
Ksté maître du trône , est manifesté des dispo- 
sitions laTorables à l'égard des Arméniens , ce 
peuple, qui supportait à regret la domination 
des Grecs, se replaça volontairement sous celle 
du khalife. Hamazasb se distingua par son cou* 
rage, et par la protection qu'il accorda aux 
lettres. 11 eut pour successeur son frère .Gré- 
goire Manûgonien (vosf. ce nom). £. B. 

Tcbaratchian , UM. d'Jnn,, t. II. — GhevoDd Erets, 
tiitt. des Guerres et des Conq. dei Arabes en Arm.y tra- 
duite par J.-V. Chahaazarian ; Paris, 1856, ln-8o. 

HAMBÊUGÈa ( Georges-Albert), mathémali- 
cieo allemand , né le 26 novembre 1662, à Baier- 
ber;* (Franconie), mort à léna, le 13 février 
1716.. Il fit ses études à Attdorf et à Téna, et 
obtint en 1696 la chaire de mathématiques à 
Toniversité de cette dernière ville. Depuis 1705 
jusqu'à sa mort il exerça les fonctions de profes- 
seur des sciences physiques. On a de lui : De 
Meritis Germanorumin mathesin; léna, 1694 ; 
—De Vsu Matheseos in theotogia ;*léna, 1694 ; 
— et plusieurs dissertations qui dut été réunies 
dans un volume; léna, 1708, m-4**. D* L. 
Hirtching, Handbueh. — Sax, Onomasticori, p. YI ; Jp- 
pendùt» partie V, p. S9». 

H AM BBEG BE ( laurcH t-A tidré ) , juriseon- 
suite allemand, neveu du précédent, né à Anspacb, 
le 22 janvier 1690, moi-t le 1 1 mai 171d. Il com- 
mença en 1 707 à étudier la tliéolo^ à l'université 
lie léua ; mais il dut bientôt renoncer, à cause de sa 
faible santé, à rechercher des fonctions ecclésiasti- 
ques, et il se consacra tout entier à la jurispru- 
dence. S'mtéressant aux principales branches des 
connaissances humaines, il suivit les cours de 
('iiysique de son oncle G. Albert Hamberger 
et les cours d'histoire de Struve. Après avoir 
obtenu à léna, en 1712, le grade de docteur 
en droit, et après avoir fait des leçons sur le 
droit de nature et des gens , il fut nommé, en 
1716, conseiller du contentieux, à la cour du 
rnarkgrave d'Anspach. Ses rapports sur les nom- 
breux procès du markgrave attestèrent une 
t^nde habileté pratique, qu'on n'aurait jamais 
attendue d'un jurisconsulte aussi érudit , aussi 
versé dans la littérature de l'antiquité. Hamber- 
i^t-r mourut encore très-jeune, à la suite d'ex* 
<^'i de travail. On a de lui : Dissertatio de 
edtcio perpétua \ léna, 1714, in-4°; — C<mi' 
Menlaiio de utilitate ex humanioribus lit- 
tms in jurisprudentix studio capienda; 
l^'oa, 1714; — Brevis de vita Joh, Strauchii 
^'arratio^ en tête de la JHssertatïo de incertis 
personis de Strauch; léna, 1714, in-4". Ces ou- 
vrages ainsi que six autres dissertations sur di- 



— HAMBKR6ER 



ftl4 



verses matières juridiques et quatre lettres la- 
tines furent réunis par G. Eistor en un volume, 
piiblié à Francfort et k Leipzig, en 1745, in* 8", 
sous le titre de : Dissertationes JuriSy in qui- 
bus multa juris dvilis et scriptorutn loca 
oxpltcantur et emendantwr^ £. 6. 

Slrebel, f^ita HùmbêrçsH; eh tôW dfe« Dlssertatiotiêi 
de Haiiiberger;- Hirsching, Uistor. litter. Handbueh. 

UAMBBR6i£R(Creor9-£rAfl^rc{),médecfai alle- 
mand, né à léna, le 21 décembre 1697, mortdaris 
cette môme ville, le 22 juillet 1755. fils de 
Georges-Albrecbt Hamberger, il fit Ses études à 
l'anivcrsité dé sa ville natale, sous la direction 
de Wedel et de Slevogt, et devint dans la suite 
professeur de physique et de méJefcîne pratique. 
Il eut une vive poléhiique avec Haller, en sou- 
tenaut que les muscles intercostaux externes 
servent à élever les côtes, tandis que les in- 
ternes ont pour fonctions de les abaisser. Il pré- 
tendait en outre qu'il existé dé l'air entre le pou- 
mon et la plèvre, et il admettait les hypothèses de 
Malpighi et d'Helvetius relativement à la struc- 
ture des poumons. Haller combattit ces asser- 
tions dans son commentaire sur les Institutions 
de Boerhaave, et Hamberger y répondit d?une ma- 
nière ti*ès-vive. Ce savant songea l'un des pre- 
miers à rattacher les sciences mathématiques 
aux sciences physiques et à la médecine. Ses 
principaux écrits sont ; Dissertatio de respi- 
rationis mechanismo et usu genuino ; léna , 
1727; 3* édition, 1747; — Elementa Physices 
methodo mathematica-, léna, 1727 ; 5® édition, 
1761 : cet ouvrage a été pendant longtemps con- 
sidéré comme un livre classique en Allemagne ; 
— Dissertatio mathematica medica de ve- 
nas sectione^ quatenus tnorbum sanguinis 
mutet, contra eruditorum dubia defensa; 
léna, 1729; a'édit., 1747; — Propempticum 
inaugurale primum , quo ad dubia Halleri 
contra mechanismum pectoris motus respon- 
detur; léna, 1745, in-4°; II, 1745, in-4''; IlI-VIII, , 
1746, in-4° : ce sont ces huit programmes dans 
lesquels Hamberger soutint ses opinions contre 
Haller;— De morborum per morbos Cura- 
tione; léna, 1746; — i>e Luocationibus et Sub^ 
luxationibus ;ïbià., 1746; -^Dissertation 
sur la mécanique des sécrétions dans le 
corps ^ttmatn; Bordeaux, 1746: ce travail fut 
couronné par l'Académie de Bordeaux ; — De Mes- 
jHrationis Mechanismo et usu gewuino DiS' 
sertatio , una CKm scriptis , quœ vel illi ap- 
positasunt, vel ad controverskim de mechor 
nismo illo agitatam pertinent, Accedunt his 
notXf in quibus ad argumenta dubia et cri- 
minationes respondetur^ et sententia in dis^ 
sertatione proposita ab oppugnationibus vin- 
dicatur; léna, 1748, in-4°; — Sendschreiben 
an Herrn Hofrath Haller in Goettingen 
(Lettre à M. Haller à Gœttingue); léna, 1748, 
in-4» ;— De Aère corporibus incluso ; léna, 1749- 
1750, 10 cahiers; — Physiologia medica ^ de 
actionibîAS corporis humani sani doctrina , 



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9fft 



HAJMffiERGER — HAMBRiËUS 



S16 



maihenuttielM atquB anatomicis prineipiis 
8upenirucia:léDàf 1761, m-4°. L'auteur se 
sert surtout des mathématiques pour expliquer 
des phénomènes vitaux. Du reste, ce traité est 
remarquable par sa facture : tontes les idées s*y 
enchaînent dans un ordre parfait, et son style est 
laconique et serré» sans être jamais obscur. 

D'L. 
A.-J.-L. Jonrdaa. dans la BioaruphU wtédieaU, — 
SpreogeU GeteMehU der MedMn." Hlnchlng, Uand* 
bttch., ToL 11, p. 806. — J. L. Hadelleb, Elogium Ham- 
berg., dans les Aeta Àead, elect, MogunL, 1. 1, p. S6. — 
J.-C. Bluttot^Vat LebenC'B.Hawtberifers : léna, 1788. <> 
Ersch et Oruber, Mgem, Encyclopmdi9, — Adelung, 
Supplément à JOcher. 

HAMBBEGEE (Adolph-Frédétic), physicien 
allemand, fils de Georges-Erhard Haroberger, né 
le 14 mars 1727, à léna, mort dans cette môme 
ville, le ô février 1750. Il fit ses études à Tuni- 
versité de léna, visita la France et la Hollande, 
et entra plus tard dans la carrière de renseigne- 
ment. On a de lui : De Calore in génère; léna, 
1748; — De Calore humano naiurali; léna, 
1748. D' L. 

H\rsch\ja9 iffandbueh. — Adelang, Supplément à JO- 
ehcr. — J.-C. Blaiich, Leben des Professor M, -F, Ham- 
berger. — Ench et Gruber, Migem, Encyelopasdie. 

■AMEEBGKa (Âdolph'Albrecht)y physicien 
allemand, frère du précédent, né à léna, le 7 fé- 
vrier 1737, mort en Esthonle, vers 1785. Il étu- 
dia la médecine à léna , et se fixa en 1782 à Arro- 
Idîll (Esthonie) , où il mourut. On a de loi : Die 
Ursachen der Bewegungen der Planeten, der 
Schwere, unddes Zusanvmenhxngensder Kôr» 
per ( Les Causes doinouvement des planètes , de la 
pesanteur et de la cohésion des corps) ; léna, 1772, 
in-8° ; — Allgemeine expérimental Naturlehre 
(Traité général de la Science naturelle expérimen- 
tale); léna, 1774, etc.; ^ Entwur/einer natU" 
lehre (Essai d'un Système de Science naturelle) ; 
léna, 1780. D' L. 

Ersch et Gruber, AUgem. Encfclop. — Biographie mé- 
dicale, * 

HAMBEEGBE (Gtorges-Christophe), biogra- 
phe et bibliograiÀe allemand, né le 28 mars 
1726, àFeochtwang (principauté d^Anspach), 
mort le 8 février 1773. Après avoir obtenu 
en 1751 le grade de maître es arts à Tuniversité 
de Gœttingue, il y Ait nommé en 1755 professeur 
extraordinaire de philosophie et d'histoire litté- 
raire, et en 1763 professeur ordinaire de ces 
branches de l'enseignement, ainsi que second bi- 
bliothécaire. Les travaux bibliographiques de 
Uamberger se font remarquer par leur exacti- 
tude; ils ont préparé la voie aux recherches de 
Meusel. On a de Hamberger : IHssertatio de 
prêtas rentm apud veteres Romanos; Gœt- 
tingue, 1754, in-4»; — Zuverlàssige Nachri- 
chien von den vomehmsten Schriftstellern 
vom Anfang der Welt hts 1500 (Renseigne- 
ments authentiques sur les principaux auteurs, 
du commencement du monde jusqu'en 1500); 
Lemgo, 1756-1764, 4 vol. in-8«; — Kurze Na- 
chrichten von den vornehmsten SchrifUtel- 



Urn vor dem 16 Jàhrhundert (Notices abié- 
gées sur les principaux auteurs avant le seiiième 
siècle); Lemgo, 1766, 2 vol. in-8"; extrait de 
l'ouvrage précédent; » Da» géUhrte DeuUch- 
land oder Lexikon der jetilebenden deuU- 
chen Schr\ftstelUr (L'Allemagne savante, ou 
dictionnaire des écrivains allemands aujourd'hui 
vivants); Lemgo, 1767-1768, 5 voL in-8%avec 
un supplément publié à Lemgo, 1770, in-ë"; 
nouvelle édition, ibid., 1772, avec un supplément 
de Meusel; ibid., 1774, in-8*>; troisième édition, 
Lemgo, 1776-1778, in-S**, et quatrième, ibid., 
1783-1787, 6 vol. in-S**, avec des additions de 
Meusel; — DirecUnium historicum medHpo- 
tissimum xvi, post il/. Freherum et iteratas 
J.'D. Kœleri curas; Gœttingue, 1772, ^^4**; 
indication des sources originales relatant ks^ 
événements du moyen Age, disposées chronolo- 
giquement ' £. G. 

Hamberger, ùat gelehrte Deutscbland, t I, p. seo, de 
la seconde édition. — PUUer, Fersuch elner academu- 
ehen aeUkrtengeiehiehU der UnitferMdt CôUingen, 
p. 183. — Adelung, Supptém, à JOcber. — HlncÛng. 
Hitt. Utter, Uandbuch, 

* HAMBBArs (Jonas), orientaliste et érudit 
suédois, né en novembre 1588, dans la paroisse 
de Bollnœs ( Helsingeland ), mortà Paris, en 1671. 
Ses parents cultivaient une petite terre dans le 
lieu appelé Hambre , d'où il prit le nom de Haro- 
bneus. Après avoir commencé ses études à Up- 
sal (1608), il alla les achever à Greifswald^où il 
fut reçu maître es arts (1611). A son retour il 
prit les ordres, et quelques années plus taid il 
devint précepteur des enfants de Bror Ralamb. 
La chaire de langues orientales lui fut oflèrte i 
Upsal , mais il aima mieux suivre un de ses 
élèves à Rome et à Paris, où il se trouvait eo 
1626. Hambrœus fut le premier aumûnier de la 
chapelle luthérienne fondée alors à Paris dans 
l'hôtel du ministre de Suède. Nommé profes- 
seur extraordinaire d'hébreu, d'arabe et de 
syriaque à l'université de Paris, et chargé de 
corriger plusieurs parties de la Po^yptof/e Lejay, 
il touchait de forts honoraires, On a de lui : 
Votutn valedictionis loco, eum in Germa- 
niam iret, fauùoribus et promotorUnts suis 
reHetum^ carminé hebrseo chaldi'syr.-grxc- 
to^tiio; Upsal, 1616,in-4*'; — McXoctùxoptoTtxôv 
irevrâYXcoTxov, dans les langues citées, dédié 4 
Gustave-Adolphe; Stockholm, 1625, in-4*' ;— De 
accentibus hebraicis; Greifswald, 1616, in-i**; 
Rostock , 1618, in- 12; — InstUutio ,he* 
braica compendiosa; Rostock, 1618, in-l>2; 
-- Libellus alphabeticus quadrilinguis ; Pa- 
ris, 1632; — Épitre de saint Jean, en arabe 
et en latin, ibid., 1630, in-12 ; et la Passion en 
syriaque, ibid., 1635, in- 16. Ces deux ouvrages 
ont été réédités ensemble en 1672; -* Oraison 
funèbre de André Martini^nMedû allemaml; 
Paris, 1637, in-4*, en français; — plusieurs au- 
tres ouvrages et diverses traductkms du latin eo 
suédois ou du suédois en français. Beauvoir. 

Stiernmao, Bibl SuiO'GùtMea, Sts-SIT. -P. EkermaD, 

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«7 



HAMBRiÊtJS — HAMCONTUS 



ftê 



DIsserLdemiriHt 06 fatU h Ham^ati; OpMl, m». 
- £. Hjdreo, Dt/atii Utter. orient, iit Sueeia,' Upaal, 
17U. - LeSoDf, BibUotheea taera. — Hammankœld . 
Sv. ntterhtten. — Wletc Igren , Sveriçei $k€tna Utter., 
1, 111. - Biogr,'Le»,, VI. 

HAMBiOBCK {Antoine), msûoiomiTt protes* 
fanf,8oraomtnéle Bégulus hollandais, massacré 
à FormoM (en chinois Paeavan), en 1661. 
Quoiqu'il ittt marié et père de quatre enfants , 
il afait sollicité et obtenu son passage aux Indes 
orientales et s'était fixé dans Tlle de Formose, 
àtaée sur les côtes de la Chine et rétablisse- 
ment le plus important des Hollandais dans ces 
parages. Il avait réussi à convertir un grand 
nombre de naturels à la fol chrétienne lorsque 
ie fameax pirate chinois Coxiiiga, chassé par 
les Tartares, résolut de s'emparer de Formose, 
afin de pouvoir, de cette Ile , continuer la guerre 
avec avantage contre les conquérants de sa pa- 
trie, qui n^avaient encore que peu ou point de 
marine. Coxinga débarqua le 30 avril 1661 avec 
une année de 25,000 hommes, s'empara des 
diverses positions que les IfoUandais possédaient 
dans nie, et vint mettre le siège devant Tal-Ouan, 
leur principal établissement. Les assiégés furent 
bientôt réduits aux abois : ils n'en continuèrent 
pas rooiDs une opmifttre résistance, sous la con- 
doite de leur gouverneur, le brave Frédéric Coyet. 
Hambroeck, sa femme et deux de ses enfants 
tombèrent des premiers aux mains des Chinois; 
Coiioga choisît le pasteur pour envoyer au fort 
Zélande déterminer les Hollandais à capituler, le 
menaçant de la mort s'il ne réussissait pas dans 
sa mission. Hambroeck se rendit auprès de Coyet, 
ft lui fit part de son ambassade; mais loin de 
chercher à sauver sa vie et celle de sa (Emilie en 
mgageant le gouverneur à accepter les propo- 
rtions des assiégeants, il l'exhorta vivement à 
combattre vaillamment et à s'ensevelir sous les 
iiines de son fort plutôt que de traiter. Coyet, 
iai ne doutait pas que cet homme généreux ne 
»yât cher sa magnanimité s'il retournait au camp 
^nois, fit les plus grands efforts pour le retenir. 
^ instances (tarent vivement appuyées par 
leu\ des filles d'Hambroeck, qui étaient dans la 
tece. « J'ai promis, répondit celui-ci, d'aller re- 
fendre mes fers; il faut dégager ma parole. Je 
e voudrais pas que des barbares, des idolâtres 
ussent reprocher à un chrétien d'avoir manqué 
son serment par peur de la mort. » Et embras- 
iot ses amis pour la dernière fois , il retourna 
"anquillement an camp de Coxinga. Peu touché 
i ce rare exemple de loyauté, le cruel pirate fit 
issitot décapiter Hambroeck. Les autres prison- 
ers hollandais, au nombre de plus de cinq 
TitA, eurent le même sort; leurs femmes furent 
abord violées à leurs yeux et mises en pièces à 
•aps de sabre. Le dévouement d'Hambroeck fut 
érile, car Coyet fut contraint de capituler, en jan- 
er 1662. Alfred db Lacaze. 

(.-P.*J. do Boit, Pies dei Gouverneurs hottandait 
» Haye, nés, m-i* ), p. sio. * RecneU des Vo^afes 
i ont servi à t'etablUsement et aux progrès de Ut 
^«pagntedes Indts orientales (Rouen t7ts, lo vol. 



In-S» ), t X. - lUynal. Bidoirê ^MIotopkitHê dm dma 
iMei( Londres. ITM, 17 vol. In-lS). U II, p. S6-r. 

* HAMD«ALLAH- MOSTAWFI (Hamdallah 
ben-ÀboU'Becr ben^Iiamd ben-Natr CauDini, 
pins connu sons le nom de), historien et géo- 
graphe persan, né k Cazwin, mort en 750 de 
l'hégire (1349 de J.-C). U fut secrétaire du 
célèbre wizir et historien Fadhl-Allah Raschid 
ed«Din et de sonflls Ghéiats ed-Din. On ade lui : 
Tarikh'i Gozideh on Gwsidek (Histoire choi- 
sie), composée en 730 (1329) et dédiée à Ghéiats 
ed-Din. C'est une compilation très-bien faite de 
plus de vingt-quatre ouvrages, dont plusieurs 
n'existent plus. Elle est peu détaillée, mais elle 
donne les dates avec beaucoup de précision. On 
y trouve des faits qui sans elle seraient incon- 
nus. Voici l'indication des principales matières 
qui y sont contenues : création du monde, his- 
toire des patriarches, des prophètes, des philo* 
sophes, des anciens rois de Perse, de Maho- 
met, des khalifes, des imams; histoire des 
monarchies orientales depuis l'établissement de 
l'islamisme jusqu'en 730 de l'hégire : SalTarides, 
Samanides, Ghaznéwides, Ghoorides, Bouïdes, 
Seldjoukides, Kharizmiens, Atabeks, Ismaéliens, 
rois du Karakhitaî, Mongols; biographies des 
saints musulmans, des philosophes et des poètes ; 
description et histoire de Cazwin ; enfin, tableaux 
généalogiques. L'Histoire des temps postérieurs 
à Mahomet est très-souvent citée, quoique l'ou- 
vrage soit en grande partie inédit M. Defrémery 
en a traduit un long fragment, sous le titre de 
Histoire des Seldjoukides et des Ismaéliens 
ou Assassins de VIran, avec des notes ; Paris, 
1849, in-8'', et dans le Journal Asiatique , 1848- 
1849. Il a promis de donner dans la seconde 
partie des Mémoires d^ Histoire orientale le 
texte et la traduction de l'histoire des Atabeks 
du Louristan; — Nozhet al-Coloub (Réjouis- 
sance des cœurs). Cet ouvrage, difficile à classer, 
traite de météorologie et de géographie mathé- 
matique, d^histoire naturelle, de l'anatomie de 
l'homme, et donne la description des principales 
villes de la Perse, avec l'indication de leur lati- 
tude et de leur longitude. Hamd-AUah avait com- 
mencé une histoire universelle, qui devait se 
composer de 75,000 vers ; il n'en fit que cinq ou 
six mille. £. Beadvois. 

Hadjl-Khairah , Lex, Bibliogr, — Haromer, Cesch. der 
«ehane, II, les-sio, iFienerJahrbûcher, t. 69, p. lo, et 
append., p. 31. — ElUot. Bibliogr, Index to the Hist, of 
JUuhamm. Indiat Calcutta, 18^9, In-S». t. 1, 75-80. -~ 
M. aelnaud, bUrod, à la Cèogr, d'Almàjéda, p. iss-lM. 

HAMCONius OU HAMKEH4 (Martin), poète 
et biographe belge, né à Follega (Frise), vers 
1550, mort vers 1620. La mort de son père lui 
fit interrompre ses études ; il parvint cependant 
à apprendre seul le latin. Son attachement au ca- 
tholicisme le força à s'expatrier. Dans la suite 
il fut nommé bailli, puis receveur de Follega. 
Chassé encore par les calvinistes, il fut créé à 
son retour inspecteur des digues, et après une 
tnnsième expulston, il obtint la place de bailli 



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919 



âa DoDjewar»ta]. 11 a éerit des anagrainmesy 
des vers chronologiqoes, dès acfostk^es, ete. 
On loi doit en oatre : Cnlendarium^ her(Hco 
carminé, ad morem Cisiojani veterU; •— Cer^ 
tamen catholicarum cttm caMnistis, conH^ 
nuo charactere conseriptum; Munich, 1607; 
Louvain, 1612, in-4^ : c'est un roorceande plus de 
900 vers, dont tons les mots, y compris cenx do 
répftre dédicatoire, commencent par la lettre C; 
— Frisia, seu de viris rebusque Frisiss illuS' 
tribus libri II ; Praneker, 1620, lùA"* ; Amster- 
dam, 1623, in-4^; ~ Theatrum Begwn, Ponti- 
fieum et Prindpum Fhsiœ; Amsterdam, 1623. 

J. V. 
SaffHd Petrt, Sariptores FHtUe, - Valère Andri, 
Bibt^tk, Belgiea. -' Paqoot. Mém, pour servir à Fhiit, 
Ittt. des Pays-Bas, tome III, p. 87. — D. Clément, Bibl. 

HAMDAN BEN AL A8CHATH. YoyeZ CkK- 
MÀTH. 

* HAMDi, poète turc, fils du schéikh Ak-Schems 
ed-Dia, né à Goinik, mort en 909 de Thégire 
(,1513 de J.-C. ). Après avoir étudié les mathé- 
matiques et Tastronomie , il fut nommé profes- 
seur à la mosquée de Sultan* Uderim à Brousse. 
Il mena ensuite la vie mystique à Césarée, sous 
la direction du schéikh Ibrahim Timouri. Il écri- 
vit des ouvrages mystiques, un traité de physio- 
gpomonie et plusieurs poèmes , tels que Mewlidi 
rouhani (Naissance intellectuelle) ; — Mewlidi 
djismani ( Naissance corporelhî ) ; — Tohfet al- 
oschac (Présent fait aux Amants). On lui doit 
aussi une excellente traduction en vers turcs dé 
Tousouf et Zoléïkha de Djami. M. de Hammer 
a traduit quelques fragments des œuvres de 
Hamdi. £. B. 

tatlfi, Biogr. des Poètes turcs, trad. par Chabert. -r 
De Hammer, Uist. de la Poésie Turque, lU, 151-156. — 
iTornberfir, Cat' des mus. orient, de la bibl. d'Vpsal, 
I17-S08. 

«HAMEAU {Pierre nu), biographe français, 
né à Belesme (Perche), en 1589, et mort à Mou- 
tins, en 1635. Il n'avait que dix-sept ans lors- 
qu'il entra dans la Compagnie de Jésus, où il fit 
ses quatre vœux. Son application à Tétude et 
la pénétration de son esprit le Hrent bientôt dis- 
tinguer par ses supérieurs. Également propre à 
la prédication et à l'enseignement, il professa la 
phik)sophie pendant quatre années, et fut envoyé 
comme recteur à Alençon et ensuite à Moulins. 
Il s'attacha aussi à la direction des consciences; 
on cruit qu'il mourut des suites d'une maladie 
pestilentielle qu'il avait contractée au confession- 
nal. Il avait composé une histoirodes soixante-cinq 
cardinaux français célèbres par leurs actions ; mais 
quoique les auteurs de la Bibliothèque des Écri- 
vains de la Société de Jésus disent qu'elle était 
écrite d'un style élégant, elle ne parait pas avoir 
vu le jour. Du Hameau n'a publié que la Vie de 
Marguerite de Lorraine, duchesse d' Alençon ; 
Paris, 1628, in-8". J. Lamotjreux. 

Rlbadeneira et Alegambe, Bibliotheea Scriptorum So- 
rietatis Jetu. - Dom LIron, Bibliothèque Chartraine. ~ 
Ulongei Fonlette, Bibliothèque historique de la trançf- 



HAMœinUS - HAMFX 320 

HAMBL (Do), andemie fiumDe de Picardie, 
dont les roemlNres prindpaox soot : 

HAHEL ( Jacques du), qui fot Fan des signa- 
taires du traité de la Ligue conclu à Péroooele 
13 janvier 1&76. 

«AMKL (Jacques de Sairt-JIeiii nu), petit> 
ftJs du précédent. 11 fut successivement geotil- 
homme du dauphin, capitaine de chevau-légers, 
ambassadeur esk Suède et en Allemagne. £a 1610 
il se distingua sous le maréchal de La Châtre 
dans la cohquête des duché» de 3erg ék de Juliers. 
De 1621 à 1638, il se fit encore remarquer contre 
les protestants dans les guerreB d^ Guyenne et 
au siég^ de La ^(pch^Ue. Louis XIII récoippeosa 
ses services par le gouvernement de SaintDi- 
zieret une pension de deux ipîlie livres. Sous la 
Fronde, Hamel se maintint dans le parti de lacoar , 
et fut chargé, en 1649, d>nlever le dup de Beau- 
fort ; mais il échoua dans cette entreprise. 

HAMEfi (Maturin ou) devint premier secrè* 
taire des finances et commandements de la reiiK 
Louise de Lorraine (morte en 1601 ),doot il pos- 
séda toujours rentière confiance et fut l'exéciiteur 
testamentaire. 

HAMEL {Nicolas du), chef de la brandted^ 
Guyenne, était premier écuyer de Ifenri le Ba- 
lafré, duc de Guise, lorsque ce prince fut assas- 
siné à Blois, en 1588. Il devint contrôleur géné- 
ral de Saintonge et de la place du Brouage, puis 
maître des requêtes du conseil de la régeole 
Marie de Médicis, en 1610. 

HAMEL {François, marquis nu), fut succes- 
sivement en 1694 lieutenant général des anoéâ 
de Frédéric P% roi de Prusse, et en 1702 géné- 
ralissime des troupes de la république de Venise. 
A. d'E— p— c. 

Gondl, cardinal de Retz, Mémoires. — Moréri, Grand 
JHctionnaire historique, — Biographie universelle ; 
Bruxelles. 1848-1847. 

HAMEL ( Henri)', voyageur hollandais , ne à 
Gorcom , dans la première moitié du dix-sep- 
tième siècle. Le 10 janvier 1653, il partit du 
Texel comme rédacteur historiographe à bord 
du bâtiment le Sperôer (l'Épervier). Après a^oii 
souffert beaucoup des tempêtes et du roaufais 
temps, ce vaisseau mouilla, le 1^*^ juin sBiraot 
dans le port de Batavia, et le 14 juin il mit à la 
voile pour Formose {Taï-wan), alors gouvern^ 
parles Hollandais. Le 16 juillet l'équipage attei- 
gnit la capitale de cette lie, où on déchargea le na- 
vire ; on se dirigea ensuite vers le Japon avec une 
nouvelle cargaison de marchandises ( 30 juillet). 
Le 15 août, le navire fut assailli par une violente 
tempête, durant laquelle le Sperber prit eau, e| 
en quelques instants on se vit dans la nécessité 
d^almndonner le navire brisé par Timpétuositédes 
vagues, ainsi que les marchandises de la Compa- 
gnie qu'il renfermait au fond de calle , \)ow ttf 
plus soQger qu'à un sauve-qui-peuf général. Ceui 
qui étaient couchés dans la partie inférieure do 
bâtiment furent tous noyés ; les autres se jeter»! 
volontairement à la mer, ou furent enlevés (tf 



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321 HAMEL — 

les flots et jetés çà et là. Hamel et quatpne (le 
m compagnons abordèrent , presque nus et très^ 
souffrants, sur les côtes d'une lie que la sentinelle 
Tenait d'apercevoir, au milieu de Tobscurîté > 
dans le moment même où une dernière rafale avait 
détermina le naufrage du Sperber, Le lendemain 
ceux qui purent marcher allèrent à la recherche 
de leurs compagnons d'infortune que le hasard 
avait pa jeter sur quelque autre c6té de la plage. 
A la suite de cette perquisition , on eut la dou- 
leur de constater que sur soixante-quatre per- 
sonnes dont se composait le personnel du navire 
hollandais, trente- six seulemept avaient pu 
échapper, tant bien que mal, aux fureurs ÎBCom' 
parables de la mer du Japon agitée par les ty- 
phons. Le pilote reconnut bientôt qu'ils étaient 
sur l'île de Quelpaert , située entre le Japon et la 
Corée et dépendant de ce dernier royaume. 

Au bout de quelques jours, Hamel et ses 
compagnons furent faits prisonniers par des sol- 
dats coréens. Ils eurent ensuite une entrevue 
avec un Hollandais nommé Wettevrée, prison- 
nier depuis 1627 en Corée, et qui leur apprit 
la coutume rigoureuse et cruelle du gouverne- 
ment coréen, de ne jamais laisser sortir de 
leur pays les étrangers que le hasard et la 
tempête avaient pu y jeter. A partir de cette 
époque, ils eurent à souffrir toutes sortes de 
corvées et de mauvais traitements de la part 
des mandarins du lieu de leur captivité. Mandes 
près du roi de Corée , ils y apprirent officielle- 
ment Tarrét de leur perpétuelle captivité, et fu- 
rent enrôlés dans la garde royale , avec ordi^e 
d'accompagner le général lorsqu'il entrerait en 
campagne. Ne pouvant ' plus supporter les 
soulUVances dont ils étaient l'objet , les compa- 
gnons d'infortune d'Hamel, avec son avis, réso- 
Inrenl de tenter à tout prix une évasion; car, 
lors même qu'elle ne réussirait point et qu'elle 
causerait leur mort comme cela avait eu lieu 
pour plusieurs d'entre eux, du moins ils seraient 
délivrés d'une vie trop cruelle pour la supporter 
plus longtemps. Après avoir acheté une barque , 
ks voiles et des cordages, ils réussirent, le 4 
iepternbre 1666, à s*évad,er du lieu de leur cap- 
tivité et à gagner le Japon , qu'ils atteignirent 
ioatre jours après. Envoyés à Nangasaki, Hamel 
^t ceux qui l'avaient accx>mpagné dans sa ten- 
afive furent présentés au chef du commerce 
lollandais dans cette ville. Celui-ci les envoya 
I Batavia , d'où ils s'embarquèrent pour Ams- 
erJam sur un des navires de la Compagnie, 
iprfîs avoir essuyé quelques nouvelles tempêtes, 
!s mirent pied à terre dans leur chère patrie , 
î 20 juillet 1668, après une captivité detreizeans 
t vingt-huit jours dans le royaume de Corée, où 
s avaient dû abandonner huit de leurs malheu- 
iîu\ compatriotes, sans l'espérance de les revoir 
iinais ni d'apprendre ce que leur vaudrait la 
«te de plusieurs des Hollandais captifs. — La 
station du naufrage du Sperber et de la captivité 
'Hamel et de ses compagnons a été publiée par 



HAMELIN m 

icalof-ci soDft te ti^ dt : Journal van de onge- 
iuhkige voyagie van'i yatch De Spermer, ge^ 
destineerd na Tayowan^ in H jaar 166S; 
Rotterdam ^ iC68. Cet ouvrage a été tradoil en 
plusieurs langues et notammeat en anglais , en 
allemand et en français. Cette dernière Tersion 
est due à M. Minutoli, qui Ta intitulée : Mêla- 
tion du voyage d'un vaisseau hollandais sur 
la côte de Cite de Quelpaert ; avec la des* 
cripHon du royaume de Corée^ traduite (sic) 
du flamand; Paris, 1670, ÎBf 18 (rare). — L'on* 
^rage d'Henri Uamel est d'autant plus précieux 
que son auteur est le seul Européen qui ait ré- 
sidé en Corée; et Von peut ajouter que sa rela- 
tion a un intérêt tel qu'une édition nouvelle et ac- 
compagnée d'un bon commentaire seiraiit encore 
im service à rendre aux sciences géographiques 
ou tout an moins à l'histoire deeette science. 

P. DE ROSNIL 
Documents pariiatlieKM, — If. H«aiel , Melati<m de 
ion voyage, 

HAMEL (Marin), chirurgien français du dix* 
septième siècle. Il se fit remarquer par son dé* 
vouement durant les épidémies qui ravagèrent 
)a Normandie en 1635, 1637, 1650, 1651 et 1659. 
On a de lui : Discours sommaire et métho^ 
dique de la cure et préservation de la peste; 
Rouen, 1658, in-12 ; — Traité de la morsure 
du chien enragé; Lisieux, 1700. L— z— e. 

CatcUogue de la Biblioth, imp. 

HAMEIL DU MONCEAU (Pu). Voy, PUHAMEL 
DU MOKCEÀU. 

* HAMELIN, prélat français, né dans le dou- 
zième siècle, mort, suivant le nécrologe de l'église 
du Mans, le 1^' novembre 1218. Moréri répète, 
après Le Corvaisier, Bondonnet , et les autres 
historiens manceaux, qu'Hamelin, Anglais de 
naissance, était avant de devenir évéqne du 
Mans confesseur et archichapelain de Henri II , 
roi d'Angleterre. C'est une assertion erronée'. 
Hamelin, neveu d'Odon, doyen de Saint- Martin 
de Tours, était écol&tre de cette église en l'année 
1186, comme on le voit dans un titre rapporté 
par Mousnier, et sa famille, riche en biens, n'ha-, 
bitait pas l'Angleterre, mais la Touraine. Élu 
évéque du Mans le 1**^ décembre 1190, il fut 
consacré à Rome même, par le pape CélestinlII, 
au commencement de l'année suivante. Son nom 
figure dans plusieurs actes de l'église du Mans 
dès l'année 1 192. Un des actes les plus consi- 
dérables de son épiscopat est l'établissement de 
la juridiction capitulaire dans toutes les paroisses 
du diocèse. Les prétentions rivales des chanoines 
et des évêques donnaient depuis longtemps une 
grande importance à cette affaire. Hamelin eut 
le courage d'abdiquer un droit contesté, et d'or- 
ganiser enfin la justice diocésaine. Geoffroy, 
doyen de Chartres, écrivant à cette occasion au 
chapitre du Mans , appelle Hamelin , en termes 
pompeux, « le second fondateur de son église ». 
L 'épiscopat d'Hamelin fut troublé par les guerres 
de Philippe , roi de France, et de Jean, roi d'An- 



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2» 



HAMELIN 



234 



gleterre. Philippe , s'étant emparé de la TiUe da 
Mans, exigea d'Hamelin an serment de fidélité. 
On aTait à cette époque la religîoa do serment. 
Hameiin , dévoué aax intérêts dn roi d'Angle- 
terre, refnsa ce qne Philippe demandait. Ses re- 
yenns forent alors conGsqués par le vainqaenr. 
Mais aussitôt il ordonna la suspension do service 
divin dans Téglise do Mans. De là de graves 
discordes ; car une partie de ses clercs, et no- 
tamment les riches et puissants moines de La 
Couture, se déclarèrent pour les Français, tandis 
que les autres tenaient obstinément pour les 
Anglais. En 1204, ces troubles apaisés, Hameiin 
se rendit, par les ordres du pape, auprès des reli- 
gieux de Marmoutiers, et, chargé de les réformer, 
il leur donna de nouveaux statuts. Il avait pour 
collaborateur dans cette mission difficile le docte 
Adam, abbé de Perseigne. En 1205 Hameiin 
soumit Tabbaye de La Pélice à Tabbaye de Tiron, 
et en 1209 il reçut dans son diocèse les religieux 
de Saint-François. Il importe de rectifier une autre 
erreur de Le Corvaisier, au sujet de la durée de 
répiscopat de Hameiin, erreur reproduite dans 
les notes dn Rerutn GalHc. Scriptores^ t. XIX, 
p. 618. Le Corvaisier dit qu'Hamelin siégea jus- 
qu'en 121 8. Or de plusieurs pièces , toutes concor- 
dantes, il résulte qu'il abdiqua vers la mi-carême 
de l'année 1214 , et que Nicolas fut élu son suc* 
cesseur le 27 mai de cette même année. 

B. H. 

Le Conralsier, Hiit.detÉveq. du Mam. - Bondonnet, 
Ijrt FieidesÉv. du Mans. — Gallia ChrUiUma, t. XIV, 
COt.889. 

* IIAMBLIM (/eait), magistrat français, né en 
1603, mort à Paris, le 6 juillet 1669. Il était con- 
seiller du roi et contrôleur général des ponts et 
chaussées de France ; cependant, c'est moins à 
ces titres qu'il doit sa renommée, qu'à la viva- 
cité de son zèle pour la cause des jansénistes. 
Amauld cherchant une retraite où fuir les per- 
sécutions des jésuites, Hameiin lui offrit sa 
maison, où il fut longtemps caché. Plus tard , 
embrassant une vie austère, à l'exemple de leur 
hôte illustre, Hameiin et sa femme vendirent 
tous les objets de luxe qui servaient à Tomement 
de leur maison de ville, et se retirèrent dans une 
solitude, à l'extrémité de la rue Saint-Jacques. 
Amauld les y suivit, et sous le même toit un 
grand nombre d'autres jansénistes trouvèrent 
un semblable refuge. Hameiin fut alors le di- 
recteur de toutes leurs affaires, l'ordonnateur de 
leurs bâtiments , le receveur et l'administrateur 
de tous leurs deniers. Atteint d'une paralysie, il 
voulut se faire transporter à Port-Royal-des- 
Champs, pour mourir dans ce saint lieu. Mais ses 
amis n'osèrent pas, en des temps si difficiles , lui 
accorder ce qu'il demandait. Il fut enterré à Saint- 
Eustache. B. H. 

Nëeroloçe de Port^RojfoUdet'Clutmpi, 

HAMBLiN (Jacques ' Félix ' Emmanuel ^ 
baron ), amiral français, né à Honflenr, le 13 oc- 
tobre 1768, mort à Paris, le 23 avril 1839. 



Après avoir navigné attemativement sur des bâ- 
timents du commerce et de l'État jusqu'au mois 
d'avril 1792, il resta définitivement attaché à U 
marine militaire, à la suite d'un examen brillaDt. 
n prit part à l'expédition d'Iriande (1796), 
comme capitaine de frégate ; il fut successive- 
ment nommé an commandement de plusieurs 
croisières sur les côtes de France. A ces com- 
mandements succéda celui du Naturaliste, qu'il 
sollicita , et qui lui permit de faire avec MM. de 
Freydnet une expédition de découvertes (iSOO- 
1803) ( voy. FRCYCiiiBr). Présenté à son retour 
au premier consul, qui lui fit un accueil des plus 
flatteurs, il fut chargé d'établir à Paris deux 
chantiers , l'nn à l'Ile des Cygnes , l'autre à La 
Rftpée,où l'on construisit, sons sa direction, 
des chaloupes canonnières et des bateaux plats 
pour la flottille de Boulogne. Nommé capitaine 
de vaisseau (septembre 1803), il fut employé 
pendant près de trois années à conduire, dans 
seize voyages différents, des côtes de Bretagne 
à Boulogne, des escadrilles qui avant de par- 
venir à leur destination eurent à soutenir de 
la part des croisières anglaises, supérieures en 
forces, maintes attaques, dont Hameiin triompha 
constamment par la hardiesse et l'habileté de ses 
manœuvres. L'amiral Bruix l'avait désigné à 
l'empereur pour commander l'aile gauche de 
d(^barquement ; mais le désarmement de la flot- 
tille empêcha cette destination de se réaliser. 
Appelé (juillet 1806) au commandement delà 
frégate La Vénus, bloquée, ainsi que plusieurs 
autres b&timents de guerre, par une forte croi- 
sière anglaise, stationnant depuis denx ans de- 
vant le port du Havre, il réussit à sortir, le 21 
août, avec la frégate La Junon , et à gagner 
Cherbourg, malgré le feu de la croisière, dont 
deux frégates se détachèrent et ne cessèrent de 
canonner les deux frégates françaises pendant 
toute leur route. Sortie le 10 novembre, de 
Cherbourg, également bloqué, La Vénus se di- 
rigea sur llle de France , où elle arriva au mois 
de mars 1809, après avoir signalé sa traversée 
par diverses captures. La pénurie de la colonie, 
hors d'état de pourvoir aux besoins des équi- 
pages et des bâtiments, le forçant de s*éloignor, 
il alla croiser devant Madagascar avec La Vénus, 
la frégate La Manche, le brick L'Entreprenant 
et la goélette La Créole, avec lesquels il opéra 
un débarquement qui eut pour résultat de déJi* 
vrer les Français assiégés dans le fort de Foui- 
pointe par les naturels. La croisière qu'il établit 
ensuite à l'entrée du canai. Saint-Georges, et son 
expédition contre Tannapouli, établissemeot 
situé à la côte nord de Sumatra, procurèrent la 
capture de plusieurs b&timents et la prise d'uo 
fort qu'il détruisit. Après un engagement dan« 
lequel la division française , faisant route vere 
Vile de France, s'empara de trois bâtiment$ de 
la Compagnie des Indes, La Vénus, séparée de 
ses conserves par un ouragan qui la démâta <!(* 
ses mâts de hune et de son beaupré, oe put 



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12$ 



HAMËLIN 



326 



ittdndre qn'à grand'peine la Rivière noire, où 
elle fut bloquée. 

Quand les Anglais attaquèrent, au mois d'août 
1810, 111e de La Passe et le port sud-est de l'Ile 
(le Fraooe, le capitaine Hamelîn alla avec deux 
frégates et un brick bloquer le port Impérial , 
cootriboa à foire capituler la frégate anglaise X7- 
phigénie, et, après une croisière de onze jours, 
ramena un grand nombre de prisonniers à Tlle 
de France. Sortie le 17 septembre ISlO.aTec le 
brick U Victor pour joindre une frégate anglaise 
signalée an vent de l'tle, La Vénus s'en empara 
le JeDdematn, bien que dès le oommencemont de 
l'action la chute de son beaupré et de ses mâts 
(le liune eût rendu sa manœuvre bien difficile; 
mais ses avaries lui furent fatales , car, attaquée 
le jour même par une frégate et deux corvettes 
anglaises, elle fut obligée d'amener son pavillon 
après trois quarts d'Iieured'un combat acharné. 
Conduit à Saint-Paul et de là en France sur un 
parlementaire, Hamelin fut présenté, au mois 
(le février 1811, à Tempereur, qui dès le 27 dé- 
cembre précédent lui avait fait adresser par 
Decrès ime dépèche où on lit : « S. M. a bien 
voulu remarquer que vous avez complété les 
succès que M. le capitaine de vaisseau Duperré 
avait obtenus dans les journées du 23 au 25 
août, et que vous avez ensuite pris la frégate 
Ceylan dans un combat corps à corps. Quels 
qu'aient été les événements qui ont suivi, 
S. M. n'en a pas moins apprécié la belle défense 
qae vous avez faite, bien que, désemparé par un 
précédent combat, vous ayez été attaqué par 
(les forces supérieures. Elle a daigné; en récom- 
pense de ces différentes actions, qui toutes attes- 
tent votre habileté et votre bravoure, vous éle- 
ver au grade de commandant de la Légion d'Hon- 
neur. » Cette récompense ne fut pas la seule 
qu'obtint Hamelin. £n 1811 il fut créé baron, 
promu contre-amiral , puis nommé successive- 
ment commandant de deux escadres que les cir- 
constances n'appelèrent point à ^r. Appelé sous 
la Restauration à commander une division des- 
tinée à seconder l'armée de terre pendant l'ex- 
pédition d^Espagne (1823), il fut contraint, par 
l'état de sa santé, de résigner son commandement 
avant le commencement des opérations navales, 
dont il avait préparé le succès. Lorsqu'il mou- 
rut, il était directeur général du dépôt des cartes 
et plans, président de la commission supérieure 
pour le perfectionnement de l'enseignement à 
rÉoole navale, grand-officier de la Légion d'Hon- 
neur et chevalier de Saint-Louis. 
» I P. Levot. 

jtrehive$ de la wuirine, — Henntqoin, Biographie 
muritime, 

iBAMKun (Ferdinand-Alphonse), sminl 
français, né à Pont-L'Évèque (Calvados), le 
5 septembre 1796. Neveu du précédent, il s'em- 
barqua, en 1806, sur lafrégate Ha Vémis^ com- 
mandée par son oncle, et commençait ainsi le 
rude apprentissage de la mer. Aspirant le 1**^ mai 

MOUT. BIOGE. CÉNéR. — T. XXm. 



1808, il assistait, en 1810, à la bataille navale 
du Grand-Port La Vénus y soutint un combat 
acharné contre une frégate et deux corvettes an- 
glaises, et ne ceasa de faire feu qu'au moment 
où, foudroyée par les boulets ennemis, elle allait 
s'engloutir dans les flots. Nommé enseigne de 
vaisseau, le 28 mai 1812, le jeune marin fut at- 
taché en quaUté d'adjudant an contre-amiral 
Hamelin , le suivit sur la flotte dirigée sur l'Es- 
caut, et prit part aux dernières luttes maritimes 
de l'empire; il reçut le 22 août 1821 le brevet 
de lieutenant de vaisseau. « Lorsqu'en 1823 la 
France dirigea une partie de ses forces navales 
vers l'Espagne , le lieutenant Hamelin fut en- 
voyé en croisière devant Cadix , dans le but de 
seconder les opérations militaires de notre armée 
de terre. En 1827, la ville de Marseille lui vota 
des remerciements pour les services qu'il venait 
de rendre à son commerce, en chassant les pi- 
rates algériens qui infestaient la Méditerranée. 
Le 31 décembre 1828 le gouvernement récom- 
pensa ses services par le grade de capitaine de 
frégate. Embarqué sur La Favorite^ pour une 
expédition dans les mers du Sud , il se fit re- 
marquer par ses heureuses dispositions comme 
navigateur et par ses talents administratifs. En 
1830, M. Hamelin obtint, sur sa demande, de 
faire partie de l'expédition d'Alger, et reçut la 
direction de la corvette VActéon. Nommé ca- 
pitaine de vaisseau le 22 janvier 1836, il reçut 
du ministre de la marine plusieurs commande- 
ments, dont il s'acquitta avec habileté. Élevé 
au grade de contre-amiral, le 21 août 1842, 
il fut placé, deux ans après, à la tète de la sta- 
tion française envoyée dans l'Océanie. Au re- 
tour de ce voyage, le contre-amiral Hamelin 
fut nommé membre du conseil de perfectionne- 
ment de l'Ecole Polytechnique et inspecteur gé- 
néral des arrondissements maritimes de Toulon 
et de Bochefort. Il devint vice-amiral le 7 juil- 
let 1848, membre du conseil de l'amirauté l'an- 
née suivante, et peu de temps après préfet ma- 
ritime de Toulon. Appelé, en juillet 1853, au 
commandement en chef de l'escadre française 
dans la Méditerranée , il franchit, le 17 octobre 
suivant, le détroit des Dardanelles, et entra dans 
le Bosphore le 14 novembre, pour se réunir à 
la flotte anglaise. Cette jonction opérée, les deux 
armées navales réunies allèrent de conserve dé- 
ployer leur pavillon dans la mer Noire. Dans le 
mois d^avril 1854, une frégate anglaise, portant 
pavillon parlementaire, fut accueillie à l'entrée du 
port d'Odessa par sept coups de canon. Cet acte 
fut suivi d'un prompt châtiment. Le 12 mai les 
deux flottes réunies se dirigèrent vers la ville, 
bombardèrent et détruisirent le port militaire. Ce 
fut l'amiral Hamelin qui présida avec une rare 
précision à l'embarquement et au débarquement 
de l'armée sur le sol de la Crimée. Le 2 décembre 
1854, l'empereur récompensa ses services en 
élevant M. Hamelin à la dignité d'amiral, el lui 
conféra, le 18 mars 1856, le grand cordon de la 

8 



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227 HAMELUS — 

Légion d'Honneur. M. I&melm est ministre de ia 
marine depuis le mois d'arril 1835. Sicard. 

Histoire de F Armée d^Orient^ par le baron de Baian- 
eonrt (18S6). — Annuaire de la Marine et éêê dOonit» 
iiBUK — NUes camwumivt^- 

■AMHLMAHif (ffermafin), théologien pro- 
testant et tûstoriai allemand, né à Qsnabruck, en 
1539, mort à Oldenbourg, le 26 juin 1595. Éleyé 
dans kaieligpoacatholique, il entra dans les ordres, 
et devint curé de Camern. Plus tard il embrassa 
les doctrine» de inther, fut destitué de sa place, 
A se rendit k Wittemberg, où il vécut quelque 
tempe dans l'intiinité d^ Melaudithon. 11 prêcha 
ensuite ia réforme k 3ieleteld, à Lemgo, dans les 
comtés de Waldeck, de Lippe, de Spiegelberg 
et de Pyrmont et dans la Hollande, et acquit une 
girande réputation comme savant et éloquent 
pi^icatenr. Le prince Guillaume d'Orange l'ap- 
pela à Anvers, et le chargea de collaborer à Tor- 
ganisation d'une nouvelle discipline ecclésias- 
tique ; Us duc Jules de Brunswick le nomma en 
1 569 premier surintendant ( évéque protestant ) de 
Gandersheim, et ks comtes Jean et Othon d'Ol- 
denbourg requirent son aide pour introduire la 
réforme dans leur pays. U passa les dernières 
années de sa vie au service de ces deux souve- 
rains, et remplit les fonctions d'intendant général 
des églises protestantes d'Oldenbourg, d'Ëlmen- 
liorst et de Jever. Ses écrits théologiques sont 
intéressants au point de vue de l'iiistoire de la ré- 
formation. Ses travaux historiques sont de tiès- 
bonnes sources à consulter. £n voici les princi- 
paux: De rraditàombu& veris falsisque ;¥r&ïic- 
forl, 1555; — De Euckaristia et controversiis 
inter Pontificos et Lutheranos hoc deiorticulo 
agitatis; ibid., 1556 ; — De conjugto sacerdo- 
tum brevis inter locutorms a suffraganeo et 
diacono ; Dortmund , 2* édit., 1582 ; — Genea- 
logiaDucum, Principum, Comitumet Domi- 
norum qui adhttc cum suis titulis existunt ; 
Oldenbourg, 1582; — Historia ecdesiastifia 
renati Evangei.; Altenbourg , 1586; — "OZden- 
burgisches Chronifion (Chronique d'Olden- 
bourg); Oldenbourg, 1599,3 vol. in-folio, avec 
gravures ; — Opéra généalogies - kistorica de 
Westphaliaet Saxonia infetiori, publiés après 
la mort de l'auteur, par Casimir Wasserbach; 
Lemgo, 1711, in-4''. R. t. 

Hi$tùrt$cke If€tc/iricM von dent Uben, BédieHungén 
vnd Schr^ten Ham,; Qucdltinboui», 1720. - Burmann, 
Syllog. EpisL, vol. 1, p. kiO^ — l^otermun^. Gelehrtes 
Uannovcr, II, p. XLIV. 

HAMELSY£Li> ( Ishrand van) , historien et 
théologien hollandais, né à Utrecht, en 174.3, 
mort à Amsterdam ,^ le 9 mai 1812. U fit ses 
études dans sa ville natale, où il fut reçu doc- 
teur en théologie, en 1765. U devint pasteur de 
Goës (Zélande ) ; mais plusieurs discussions qu'il 
eut avçc ses administrés et quelques-uns de ses 
collègues le décidèrent à se démettre de son 
poste. Il revint à Utrecht, et y professa la tliéolo- 
gie. 11 se montra très-opposé an parti du stathou- 
der, et lorsque ce prince reprit le pouvoir en 



HAMILTON «« 

1787, il dut qdttevsaelM^ tewtiraà Ii^de,ct 
s'occupa de travaux littéraires. En 1795, 1« 
parti populaire ayant triomphé de nonreau, van 
Hamelsveld fut élu président du club de Le^ideet 
membre.de la convention natioaale. Il 7 détendit 
plusieurs mesures libérales, mtreantres les droite 
politiques des Jmfs. Après la session il reprit ses 
étodes, alla s'établira Amsterdam, ^y mourut. 
Il possédait une grande érudition, et était membre 
de plusieurs sociétés savantes. On a de lui en 
hollandais : InProdueti&n aux Hwes de VÀ%- 
cien Testament, trad. de l'allemand tfEichhora; 
Utrecht, 1789, 3 vol. in-8« ; — Géographie de 
la Bïbte; Amsterdam, 1790, « vol. in-8*';- 
Essai sur les mœurs de la nation kallan- 
daise à la fin du dix^ftuitième siècle ; 1791, 
fn-8»; — Histoire de la Bible; Arasterdara, 
1797, 2 vol. m-8»; — Histoire générale de 
VÉgtise chrétienne, continuée par le professât 
A. Ypcrs; Harlem, 1799-1819, 26 vol. in-»»; 
— La sainte Bible, trad. en hollandais, avec 
àe% Commmtaires ; Amsterdam, 1802, 10 vol. 
in-8«; — Histoire des Jnifs, depuis la des- 
truction de la ville et du temple de Jénuor 
lem jusqu^à nos jours; — Des Sermons, etc. 

A. L. 

Dictionnaire historique, édit. de im. 

■ANiiD ( Abd-ul ). Voy. AnnoBL-HAMio. 

HAMILCAR. Voy. AMILCAR. 

HAMiLTON, nom commun à un grand nombit 
de personnages écossais, que nous diviserons ci- 
dessous en trois classes : 1** Hamilton héritiers 
directs d'une ancienne famille noWe; 2*^ Hamillon 
collatéraux; 3*» Hamilton de filiation incertaine. 

I. Hamilton héritiers directs, 
* HAMILTON (Famille ), illustre maison écos- 
saise, dont on trouve le nom pour la première 
fois dans une charte de 1272. Les Fcedera de 
Ryracr citent un William m HamiltoKj employé 
par Edouard 1*% de 1274 à 1306, dans diverses 
négociations importantes, et cpii fut nommé i 
cette dernière époque grand-chancelier d'An- 
gleterre. Suivant les généalogistes, la souche A' 
cette famille serait un sir William de Hamii.- 
TON , d'une branche cadette de la maison de 
Leicester. Son fils, sir Gilbert, ayant asé mani- 
fester son admiration pour Robert Bruce à I» 
cour d'Edouard II , roi d'Angleterre, aurait «^ 
frappé par John de Spencer. Un duel s'en serait 
suivi, et Spencer y aurait perdu la vie. Sir Gilbert, 
ajoute la légende, dut s'enfuir en Ecosse; mais 
comme il passait dans une forftt , serré de prè> 
par les gardes d'Edouard, il mit les habits tfon 
bûcheron qu'il trouva occupé à scier nn chéor. 
et, prenant sa scie, continua le travail comroencf . 
Les soldats passèrent outre. Ces feita serwenl 
arrivés en 1323, et ce serait en souvenir de cet 
événement que la maison d'Hamilton porte daii> 
ses armes une scie engagée dans un chêne. Ah 
cour d'Ecosse , sir Gilbert aurait reçu à titre de 
fief la châtellenie de Cadyow, devenue de ai» 



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m 



HAMILTON 



230 



jours le bonrg d'Hamilton , dans le eomté de 
Laoark. Mais on voit déjà un sir Walter db Ha- 
HiLTON figurer dès Tannée 128<^ dans les rangs de 
la noblesse écossaise qui vint prêter serment de 
fidélité à Edouard V", et c'est vraisemblablement 
celai -ci qui obtint de Robert Bruce le fief de Ca- 
dyow. 

Un de ses descendants , James Hamilton , 
mort en 1460, ayant soutenu la cour contre Dou- 
glas, ftat nommé en 1455 lord et pair d'Éoosse. 
Llnfloeoce de cette maison s'accrut encore lors- 
que le fils du précédent, nommé aussi James 
Hamilton, mort en 1479, épousa la sœur aînée 
da roi Jacques ID, Marie, qui lui apporta en dot 
le comté d'Arran. Rivale de la puissante maison 
de Douglas , la famille d'Hamilton se trouva dès 
lors eo lutte perpétuelle avec elle , et leurs san- 
glantes querelles dégénérèrent souventen guerres 
cÎTiles. 

Bymcr. Fœdera, 

* HAMiLTOiv ( James ), comte d'Arran, mort 
en 1529, fils du précédent, prit pendant la mï- 
oorité de Jacques V une part importante aux 
afTaires publiques, et devint en 1517 membre du 
gouTeroement. 

HAMILTON ( James ), deuxième comte d*Ar- 
ran, /ils du précédent, mort en 1575. Kn 1549 
il obtint du roi de France Henri ïl le duché de 
Châtellerault en Poitou. A la mort de Jac- 
ques V, arrirée en 1542, le parlement d'E- 
cosse le déclara héritier présomptif de la cou- 
ronne, et lui confia la r^ence pendant la mi^ 
oorité de la reine lilarie Stuart. Hamilton favorisa 
d'abord la réforme, et soutint le parti anglais; 
le cardinal Beaton, la reine mère, Marie de 
Guise et le comte de Lennox, lui disputèrent 
fadministration du royaume. Après de nom- 
breuses alternatives de succès et de défaites, 
James Hamilton finit par céder la régence à la 
reine mère,, moyennant une pension. Ainsi que 
:V)n frère John Hamilton , secrétaire d'État et 
é^êque de Saint- Andrews, James se prononça 
poar le parti catholique quand éclatèrent les dis- 
sensions religieuses, tandis que les autres mem- 
bres de leur maison se signalaient par leur zèle 
pour le protestantisme. Dans les troubles poli- 
tiques dont le retour de Marie Stuart en Ecosse 
ftit le signal, les Hamilton se prononcèrent pour 
cette princesse. Marie ayant été déposée, et 
Murray, son frère naturel, s'étant fait décerner 
fa régence, en 1567, les Hamilton formèrent le 
parti des amfs du rei , parti qui décida Marie 
Stuart à rétracter son abdication, et provoqua la 
)ataille livrée en 1568 près de Langside, à la 
wte de laquelle Marie dut aller demander un 
isile à l'An^eterre. De cette époque datent aussi 
es nombreuses persécutions dont la femille Ha- 
ïiilton fut l'objet. Un membre de cette famille, 
la nom de James Hauilton, qui avait été fait 
irisonnier à la bataille de Langside, et dont les 
)iens avaient été confisqués, tua traîtreusement 
e régent Murray, en 1570, et s'enfuit en France. 



A la suite de ce meurtre , les Hamilton reprirent 
un instant la prépondéraBW , quMIs perdirent 
lorsque l'appui de l'Angleterre permit au comte 
de Lennox de se saisir de la régence et de re- 
commencer une violente persécution oontre les 
membres de cette famille. L'évèqae de Saint- 
Andrevirs fîitpendn sans jugement, ea 157i,àStiF- 
ling. Alors le duc de Châtellerault se mit à la tAto 
de son parti, et avec un grand nombre de sei- 
gneurs se déclara en faveur de la nine retenue 
captive en Angleterre. Il s'empara delà capitale 
de l'Ecosse et prit d'assaut Stirling. Le régent 
Lennox perdit la vie dans la mêlée. Le comte 
Morion, allié de la femille HamiltoDy ayant pris la 
régence en 1575, le duc de Châtelleraait se retira 
de la lutte, et mourut peu après. 

* HAMILTON (Jam/es ), fils du précédent, fut 
un des prétendants à la main de Marie Stuait 
lors de son retour en Ecosse ; mais il encourut 
sa disgrâce pour avoir signé une protestation 
tendant à lui interdire l'exercice de sa religion. 
Les Onise le poursuivirent à ovtrance, comme 
protestant, et lui enlevèrent le duché de Ghlïtel- 
lerault. L'amour et le désespoir Ini firent pwdre 
la raison. 

Morton ayant péri sur Téchafaud, en 1581, 
sous le règne de Jacques VI, qui fut plus tard le 
roi d'Angleterre Jacques I^% la puissance de la 
maison d'Hamilton fut anéantie par des exils et 
des confiscations. John et Claude Hamilton , 
frères de James Vinsensé, s'enfuirent en Angle- 
terre; mais après la chute de leur ennemi, ils 
revinrent en Ecosse. Le roi les aoeueillit comme 
de fidèles amis de sa mère, et leur fit rendre une 
partie de leurs biens. John, mort en 1604, avait 
été créé en 1599 marquis ^'Hamilton. Claude 
devint la souche de la ligne cadette des Hamil- 
ton, celle des comtes d'il^ercorn, qui existe en- 
core en Ecosse. 

«■AMiLTON { James )f comte de Can^ 
bridge, homme d'État anglais, fils de John, mar- 
quis d'Hamilton, mourut en 1625, empoisonné, 
(ttt-on, par son rival le duc de Buekinjiiham. U 
avait été favori de Jacques I*'. 

njLMihTOJf (James)y fils du précédent, mort 
sur l'échafaud, le 16 mars 1649. Compagnon d'en- 
fance et faVori du roi d'Angleterre Charles P% 
il alla rejoindre le roi de Suède Gustave-Adol- 
phe, pendant la guerre de Trente Ans, à la tête 
d'un corps auxiliaire anglais considérable, et 
contribua au gain de la bataille de Leipaig. Ra^ 
pelé en Angleterre, il se montra l'un des plus 
fidèles partisans de Chartes P', qui, en 1643, le 
créa duc d'Hamilton, Peu de temps après le 
supplice du roi, il périt, comme lui, sur i'éch»* 
faud. 

Neëhau, IHçitv» Déi; or God's justice tfp«n treo»^ 
chery and treason » exemplifled in the life and deatk 
o/tfte laté Jam. dujM of Hamilton; Londres, Mk9, 

l«l-4«>. 

HAMILTON ( William)^ frère du précédent, 
comte de Lanark, né en 1616, mort en 1651. 
Secrétaire d'État pour l'Ecosse, il était tondx^ en 

8. 



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231 

disgrâce auprès de Charles I«% et était allé re- 
joindre Tannée du parlement avec un nombreux 
corps auxiliaire. Il ne tarda pas cependant à re- 
venir au parti du roi , et après la mort de son 
frère James Hamilton, Charles II lui conféra 
le titre de duc. Blessé et fait prisonnier par 
Cromwell à la bataille de Worcester, en 1651, il 
mourut de ses blessures, quelques jours après. 

En lui s^éteignait la descendance mftle de la 
ligne principale de la maison d'Hamilton. En 
1660, Charles II conféra le titre de duc et les 
autres dignités de cette maison à William , 
comte DE SELKIB&, fils cadet du marquis de Dou- 
glas, qui avait épousé Anna, fille et héritière 
du premier duc dHamilton, dont il prit le nom 
et les armes. Il mourut en 1694 laissant une 
nombreuse postérité. 

H AMiLTON {James f quatrième ducn*), filsatné 
deWilliam,comtedeSelkirk-Douglas,quiprécède, 
fut tué en duel, en 171 2, par lord Mohun. Lors de 
la révolution de 1688, il fut Tun des plus ar- 
dents ennemis des Stuarts. En 1706, il s*opposa 
de toutes ses forces dans le pariement écossais 
à Timion des deux royaumes d'Ecosse et d'An- 
gleterre, ce qui le fit accuser de jacobitisme et 
emprisonner à Londres. Créé duc de Brandon 
et pair de la Grande-Bretagne en 1711, il se 
présenta à la chambre haute; mais la chambre 
refusa de l'admettre, malgré les protestations des 
pairs écossais et de quelques autres membres. 
Pour le dédommager, la reine Anne lui donna 
la charge de grand-mattre de l'artillerie et le 
nomma son ambassadeur en France. Avant l'é- 
poque fixée pour son départ, une querelle s'é- 
leva entre lui et lord Mohun à propos d'une suc- 
cession. Une rencontre eut lieu entre eux dans 
Hyde-Park, et ils se battirent avec tant d'achar- 
nement qu'ils restèrent tous deux sur la place. 
Les tories, parti auquel appartenait Hamilton 
depuis longtemps, prétendirent qu'il avait été 
tué par trahison, et tirent condamner par contu- 
mace le second de lord Mohun comme coupable 
de ce meurtre ; mais les historiens whigs repous- 
sent fortement cette accusation. 

JUemoirs of the life and family of Jam. duke o/ Ha- 
milton; Londres, 1717, in-8«. — Memoirs of Jam. laie 
duke of Hamilton i Londres, 1741, in-S», avec son por- 
trait. 

* HAMILTON (Charles)^ troisième fils de 
William Douglas, reçut d'abord en partage le 
comté de Seikirk, et en transmit le titre à son 
frère John^ qui devint de la sorte la tige des 
comtes d'Hamilton-Selkirk. 

Georges , cinquième fils de William Douglas , 
qui se distingua comme général pendant les 
guerres de la reine Anne, et mourut en 1737, 
fonda la branche des comtes d^Hamilton-Ork^ 
ney, qui s'est continuée jusqu'à nos jours en ligne 
féminine. 

Archibald, septième fils de William Douglas, 
mourut en 1727, avec le titre d'amiral ; son fils se 
distingita comme antiquaire, et donna son nom à 



HAMILTON 282 

la fameuse lady Hamilton {voy. plus knn son 
article). 

* HAMILTON {James, sixième duc n*), mort 
en 1758, avait épousé la belle Elisabeth Cunning, 
devenue plus tard duchesse d'Argyle. 

Son fils, JameS'Georges, septième duc d'Ha- 
milton, hérita à la mort du duc de Douglas, en 
1761, des titres de marquis de Douglas et de 
comte d'Angus. Lui et son frère Douglas Hamil- 
ton moururent sans laisser d'héritiers mâles; 
leurs titres et leurs domaines passèrent à leur 
oncle Archibald, neuvième duc dUAMiLioN et 
sixième duc de Brandon, mort le 16 février 1819. 

* HAMILTON {Alexandre, dixième duc d'), 
hommed'État anglais, néle3octobre 1767, mort le 
1 8 août l8â2.Fils d'Archibald, neuvième duc d'Ha- 
mllton,et connu jusqu'à la mort de son père soas le 
nomdemarquis de Douglas et de Clydesdale, il 
entra à la chambre des communes en 1802, et y 
vota avec les whigs, qui, en arrivant aux afîaires 
en 1806, lui confièrent l'ambassade de Saiat-Pé- 
tersbourg. La paix de Tilsitt le ramena en An- 
gleterre, et depuis lors il ne fit plus guère parier 
de lui, quoique du vivant même de son père il 
eût été appelé à la chambre des lords a?ec ie 
titre de baron de Dutton, En 1819, il hérita des 
titres de son père. Le ministère Melbourne lui 
donna l'ordre de la Jarretière. De son mariagearec 
Suzanne-Euphémie, fille de William Beckfora 
de FonthiU-Abbey, auteur de Vatheh et pelite- 
fille d'Antony Beckford, lord maire de Londres, 
Alex. Hamilton a laissé un fils, William- Alexan- 
drc-Anf oiiy-iircAi6aW,onzième duc d'HAMiLTOX, 
et huitième duc de Brandon, né le 19 février 1811, 
qui a épousé, en 1843, la princesse Marie-Amâie- 
Elisabeth-Caroline de Badc; W. 

DebrcU, Complète Peerage of Creat^Britain a»d 
Ireland. 

II. Hamilton collatéraux. 
HAMILTON {Patrick), prédicateur lutlié- 
rien, né en 1503, brûlé en 1527. Neveu du comte 
d'Arranet du ducd'Albany, Hamilton descendait 
de la famille royale des Stuarts et était proche 
parent de Jacques V. Après de fortes et bril- 
lantes études, il se rendit en Allemagne , et à 
vingt-et-un ans il fut nommé professeur de théo- 
logie à l'université de Marbourg; que Philippe, 
landgrave de Hesse-Cassel, venait de fonder. La 
haute intelligence, les mœurs sévères du Jeune 
Hamilton lui firent adopter bieuK^t avec eotbou- 
siasme les doctrines de Luther; et deux aoâ 
après il revint en Ecosse, résolu à devenir le 
réformateur religieux de sa patrie. Il ouvre des 
conférences publiques, y développe les maximes 
luthérienûes et fait de nombreux prosélytes. Cn 
moine, nommé Al. Campbell, excita contre lui 
le clergé, qui, effrayé de l'impulsion qu'U don- 
nait à la réforme, se saisit d'Hamilton. Un tri- 
bunal ecclésiastique, présidé par le cardinal 
Beaton, archevêque de Saint-André, fotchai?P 
de le juger; Hamilton refusa de rétracter aucune 
des propositions qu'il avait avancées j il fut de- 



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S88 



HAMILTON 



984 



claré bérétiqQe et oondamné à mourir sur le bû- 
cher. Agé de viogt-trois ans à peine, il subit cet 
horrible supplice avec le plus admirable courage. 
Le feu s'éteignit après avoir brûlé seulement ses 
chairs; pendant qu'on le rallumait, il cita à 
comparattre bientôt devant le tribunal de Dieu 
son accusateur, qui, dit-on, mourut le lendemain, 
dans d'affreuses convulsions. Dempsier attribue 
à Hamilton les ouvrages suivants : De Lege et 
Evangelw, lib, l; De Fide et OperibuSf Hb, I; 
Locorum communium Lib. i. Un autre traité, 
publié d'abord par Frith, a été traduit ea anglais 
et inséré dans les Àcis et Monuments de Foxe, 
t. ni, p. 229, sous ce titre : A brUfe Treatise 
ofCh, Patrick Hamilton y called Patrick' s 
Places, translaied into english by J, Frith, 
wUk the epistle of the said Frith prefixed 
be/ore the same as/olloweth, A. Franklin. 

Tb. Dompst^, Hittoria eceletiattiea gentis Scùtortmit 
m. XIX; Bologne, 16)7, la-4<»; p. 880. — Fr. Lambert 
(contemporain et ami d'HamlItoa), Exegeos in Avoea' 
lipsim Hb. ni, 1818, tn-lt , introducUoo; elle a été sup- 
primée dans les édlttons saWantes. ^ J. Foxe, Jets and 
UomtmenU of tMe efuittian Martyrs ; Londres, l(Al, 
3 T. in-foL; t. III. p. tw et Ste. — Mlitol, Éléments dé 
ïHiit. iP Angleterre: Paris, 1788,4 vol. In-ll; t. II, 
p. 13S. — Larrey. Hist. d^Angl., d*Écosse et d'Irlande 
(RoUerdaro, 1797, k y. in-roL},t l«', p. 815. 

■AMiLTON (^Antoine), écrivain français, né 
en Irlande , vers 1646, de l'ancienne maison écos- 
saise de ce nom, mort à Satnt-Germain-en-Laye, 
en 1720. Il avait pour père le chevalier Georges 
Hamilton; sa mère était soeur du duc d'Ormond, 
vice-roi d'Irlande et grand-maltre de la maison 
de Charles F'. Après la mort de ce monarque 
il passa en France, fort jeune encore, avec sa 
famille, qui avait suivi le prince de Galles, pour 
se soustraire aux vengeances révolutionnaires 
exercées contre les royalistes fidèles. Ce fut là 
qu'il fit ses études; mais en 1660, à l'âge de 
quatorze ans , il repassa en Angleterre , lors du 
rétablissement du prince de Galles, sous le nom 
de Chartes II, sur le trône des Stuarts, et il put 
T achever son éducation française, dans une 
coar qui parlait fort bien notre langue , et dans 
une société polie, où Saint-Évremond et quelques 
autres avaient importé les traditions françaises. 
Deux ans s'étaient à peine écoulés qu'on vit ar- 
river à Londres le chevalier de Gramont, exilé de 
France pour avoir osé disputer à son maître le 
coeur de mademoiselle deLa Mothe Houdancourt. 
Le brillant chevalier, dans les intervalles du jeu, 
qui était sa passion dominante, faisait la cour à 
toutes les femmes, et il avait déjà promené ses 
hommages parmi les beautés de l'aristocratie an- 
glaise , quand la vue de mademoiselle Hamilton 
sembla définitivement fixer la légèreté et Tincons- 
tance de ses goûts. Il est assez difficile, aujour- 
d'hui que nous sommes placés entre les juge- 
nents contradictoires dllamilton et de M""* de 
Caylus, déjuger du mérite réel de cette personne, 
«laltée par l'un et dépréciée par l'autre. Quoi 
qu'il en soit, le chevalier en tomba amoureux et 
toi promit de l'épouser. Mais, ayant appris son 



rappel en France, il s'empressa de quitter Londres, 
oubliant sa promesse, ou se repentant de s'être 
engagé trop vite. Antoine, en compagnie de son 
frère Georges, courut à sa poursuite , résolu à 
venger, s'il en était besoin, Taffront qu'il faisait à 
sa famille, et l'atteignit sur la route de Douvres. 
Il lui cria, dès qu'il l'aperçut : k Chevalier, 
n'avez-vous rien oublié à Londres ? » '— « Par- 
donnez-moi, répondit Gramont, se tirant spi- 
rituellement d'affaire, j'ai oublié d'épouser votre 
sœur. » Et il revint sur ses pas , pour réparer 
son oubli. Gramont emmena sa jeune femme 
en France, où Hamilton fit dès lors de fréquents 
voyages pour les visiter. Du reste, ses goûts, 
ses souvenirs, ses études le rappelaient souvent 
dans ce pays , et dès cette époque il était en 
quelque façon si bien naturalisé à la cour de 
France, que daqs un de ses voyages il fut 
choisi par Louis XIV pour figurer parmi les ac- 
teurs d'un ballet de Quinault , Le Triomphe de 
V Amour, qu'on dansait à Saint-Germain. 

En sa qualité de catholique, HamilUm se vit 
exclu des emplois et des honneurs politiques tant 
que régna Charles H, qui, malgré son secret 
penchant pour la religion romaine, n'eût osé bra- 
ver ouvertement les préventions des Anglais; 
mais sous Jacques II, son successeur, il eut un 
régiment d'infanterie en Irlande et le gouverne- 
ment de l'importante ville de Limerick. Malheu- 
reusement , cette brillante position fut de courte 
durée ; Jacques H l'entraîna naturellement dans 
sa chute, et il fut un de ceux qui suivirent son 
roi dans l'exil. 11 est vrai que ce Heu d'exil était 
la France , qu'il connaissait aussi bien que l'An- 
gleterre et qu'il aimait mieux peut-être ; aussi ne 
s'y trouva-t-il nullement dépaysé. Mais, comme 
toutes les cours des monarques déchus, la cour 
de Jacques, à Saint-Germain-en-Laye , prit un 
aspect des plus tristes, que vint accroître encore 
l'austère dévotion du roi détrôné, bientôt imitée 
à l'envi par ceux qui Tentouraient. Un tel genre 
d'existence devait peu plaire à cet esprit brillant 
et frivole ; il tâcha de se dédommager dans la 
société duducdeBerwick, fils naturel de Jacques, 
avec lequel il s'était surtout intimement lié , de 
l'abbé Gencst , de M. de Malezieux , et par ses 
excursions à la joyeuse petite cour de Sceaux , 
que présidait la duchesse du Maine. Ce fut peut- 
être aussi pour s'égayer lui-même dans ce morne 
séjour, qu'il y composa ces spirituels ouvrages , 
dont beaucoup lui donnent une place honorable 
parmi nos plus charmants écrivains. Malgré ses 
défauts , c'est avec justice que Voltaire l'a placé 
dans son Temple du Goût, On dit qu'Hamilton, 
par un contraste qui, du reste, n'est pas rare, 
était loin de montrer dans la conversation la 
gaieté et la vivacité qu'on trouve dans ses écrits. 
Il avait l'humeur chagrine et portée à la satire; 
même , s'il faut en croire Voltaire , autorité un 
peu suspecte en pareil cas , il aimait à médire 
de mieux encore que du genre humain ; néan- 
moins il mourut dans les sentiments d'une dévo- 



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235 



HAM1LT0N 



m 



tion yéritable. Qoel que fût noa caractère, soo • 
esprit était aisé, son imagination brillante et fa- | 
elle, son goût délicat et fin. Par une singularité 
piquante, c'est Hamilton^ un étranger, qui, après 
Voltaire, présente peutrétre l'image la plus exacte 
de l'esprit français. 

Les ouvrages d'Hamilton sont : Les Mémoires 
du Chevalier de Gramont (Londres, 1772, 1783 
et 1792, in-4''),chef-d'œu?re de finesse, de légè- 
reté, de grâce et d'esprit dans la narration, dont 
la frivolité est extrême, et où la décence n'est 
point assez respectée, sinon dans les mots : « Son 
héros, a dit Voltaire, n'a guère d'autre rôle que 
celui de friponner ses amis an jeu , d'être volé 
par son yalet de chambre, et de dire quelques 
prétendus bons mots sur les aventures des au- 
tres. » Eh bien, c'est avec on sujet aussi mince 
qu'Hamilton a écrit l'ouvrage le plus amusant et 
k plus ingénieux , où, comme le fait remarquer 
La Harpe, il a atteint dans sa perfection » l'art 
de raconter les petites choses , de manière à les 
faire valoir beaucoup >». Ce qui le distingue sur- 
tout au suprême degré, c'est la grâce et l'aisance, 
la netteté, la rapidité et la merveilleuse sou- 
plesse du style, et cet agrément qui ne le quitte 
jamais, même dans les passages les plus graves. 
II y a tracé de charmantes scènes de comédie, 
et des types excellents, comme celui de Matta. 
Ghamfort appelait ce livre le bréviaire de la 
jeune noblesse ; mais il faut avouer que la jeune 
noblesse aurait là, au point de vue moral, un 
triste bréviaire, car Hamilton semble n'y recon* 
naître d'autre vice que le ridicule, d^autres vertus 
que l'élégance des manières , le raffinement dé^ 
licat de la corruption, la gaieté de l'esprit, 
l'amour et la science des plaisirs. Pourtant les 
Mémoires de Gramont ont aussi leur côté sé- 
rieux et utile; ils sont mêlés de nombreuses 
et courtes réflexions qui se détachent sur la 
trame du récit, et ils ont leur importance his- 
torique, ne fût-ce que comme tableau de la cour 
et des grands personnages qu'il passe en revue. 
On dit que ce fut le comte de Gramont lui-même 
qui vendit, au prix de l,ôOO francs, le manuscrit 
de ces Mémoires , où Hamilton raconte ses fri- 
ponneries au jeu , et qui força Fontenelle, alors 
censeur, à donner son approbation à l'ouvrage , 
malgré ses répugnances. Ce trait , qui peut pa- 
raître incroyable, n'a pourtant rien que de con- 
forme à la vraisemblance et aux mœurs du 
temps ; — Ses Contes^ dont le genre semble avoir 
été depuis imité par BoufQers, dans de moindres 
proporiions, et où quelques critiques ont vu, 
peut-être trop légèrement, une sorte de raillerie 
des grands romans héroïques. On prétend qu'Ha- 
milton les composa par défi, et pour prouver aux 
dames de la cour qu'il n'était point si difficile 
d'inventer des aventures incroyables dans le 
genre des Mille et une Nuits , qui étaient alors 
dans toute la vogue de la nouveauté. C'est d'à* 
bord Le Bélier, dont Voltaire citait souvent le 
début (en vers) comme un modèle de grâce. Ce 



conte est an peu long^ maiB il est charaiaot, 
plein d'heureuses saillies, de descriptions bril- 
lantes » de boones peintures de mœurs. La faUe 
en est ingénieuse, et la brutalité naïve du géant 
y est on se peut mieux rendue. Vient eomite 
Fleur d* Épine, qui est délicieux de tous poiirts, 
si l'on veut bien se reporter au but de l'aotear, 
et se laisser aller, sans les juger avec une raison 
trop sévère , à toutes ces féeries qu'il accumule 
avec tant d'esprit et d'ima^nation. Dans un tout 
autre genre, la narration n'y est guère inférieure 
à celle des Membres ; on y trouve l'intéi'ét, le 
goût, le naturel, et même une vérité relative qoi 
n'est nullement incpmpatible avec les contes de 
fées : il est rempli, suivant une expression reçue, 
de charmants tableaux <te genre , dont la grice 
égale la variété; — Zénéide et Les Qtiaire Fa- 
cardins ne sont pas aciievés ( MM. de Lévis et 
Champagnac en ont donné des suites). Le pre- 
mier, mélange, qui dépasse la mesure, de faits 
historiques et d'aventures fabuleuses, n'a ni l'a- 
tilité de l'histoire ni l'agrément que devrait SToir 
Is fiction ; il est bien inférieur à tous les autres. 
Le second, malgré ses négligences, et bien qu'on 
ne voie pas la fin des aventures entrecroisées 
dont il se compose, peut se mettre à cété, mais 
au-dessous du Bélier et de Fleur d*Èpine. 
— Diverses autres œuvres, comprenant surtout 
son É pitre au comte de [Gramont ^ mêlée de | 
prose et de vers , digne de ses précédents ou- î 
vrages , et ses nombreuses poésies de société, | 
trop rapidement écrites, et peu intéressantes, ;, 
aujourd'hui qu'elles ont perdu cet à-propos qd j 
faisait leur charme principal , mais où l'oa voit 
pourtant de la légèreté et de la verve. Hamilton 
avait également fait une traduction en vers de 
V Essai sur la Critique de Pope, qui est restée 
manuscrite, sauf un court extrait publié dans 
une édition de ses œuvres ( Paris, 1812). 

Victor FouRNEL. 
Notice sur Antoine Hamiiton, par Auger. en tête de 
l'édit. des Œuvres d'Hamilton, 180S, S v. \n-V, etisit, 
4 T. in-80. — Dictionnaire de la ConverscUion. -JourwA 
pour touSf Qo 90, arUcle de M. Riganll sur BamUton. 

HAMILTON (Sir William) f antiquaire et 
diplomate anglais, né en 1730, mort à Londres, 
le 6 avril 1803. Fils d'Archibald, septième Ûls de 
William Douglas, comte de Selkirk, troisièniedoc 
d'Hamilton, il montra de bonne heure un goût 
marqué pour l'étude , et répara sa fortune i>ar un 
mariage avantageux. A partir de 176411 rem^tlit 
les fonctions d'ambassadeur d'Angleterre à Nàples, 
ou il prit une part active aux recherches exé- 
cutées dans les ruines d'Herculanum et de Pom* 
péi. La Société royale de Londres l'appela dai» 
son sein en 1 766, et il fut nommé chevalier du Baia 
en 1772. 11 perdit sa fille en 1775 et sa prenièie 
femme en 1782. Il avait noblement encouragé ie 
Père Piaggi dans ses travaux pour le dédulTre- 
ment de manuscrits ou papyrus retrouvés car- 
bonisés dans les fouilles d'Herculanum , et en 
mourant, en 1798, le Père Piaggi lui laissa sei 
papiers et ses manuscrits. £b 1791, W* ilMui^ 



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187 



HAMILTOII 



)S8 



toafatnomiaéeelifieiller pitré. Aidé par sa se- 
conde femme, kdy Emma ItamUton (v&y. Tar- 
tide suivant), il réussit, ea 1703, à amener la 
coBciusk» d'un traité d'aiiianoe offbosiTe et dé- 
feasiTB entre la cour de JKa)[)les et te gouverne- 
ment anglais. Une armée française ayant envahi 
le royanme de Napies en 1798, sir W. Hamilton 
suivit en Sicile le souverain auprès duquel il était 
accrédité. A son retour en Angleterre, en 1800, il 
perdit dans un naufrage la plus grande partie des 
richesses artistiques qu'il avait amassées. Il avait 
déjà vendu auparavant au British Muséum une 
coUection précieuse de vases antiques, qu^il avait 
achetée de la maison Porcinari. Avant de renvoyer 
CD Angleterre, Hamilton en fit faire les dessins 
pour les faire graver. D'Uancarville fut chargé de 
les publier, et garda le profit de ce travail. Il le 
fit paraître sous ce titre : Antiquités étrusques, 
fjrecques et romaines tirées du cabinet de 
M. Hamilton, en anglais et en français; 1766- 
1767, 4 vol. in-iol.; Paris, 1787, 5 vol. ln-8* et 
in-4"; Londres, 1791, 4 vol. in-fbl.; Florence, 
1801-1808, 4 vol. in-fol. Sir W. Hamilton a ras- 
semblé les résultats de ses recherches sur le Vé- 
suve et TEtna dans ses Observations on mount 
Vesuvius , mount Etna and other Volcanoes 
of the Two SicilieSf Londres, 1772, in-8', et 
dans ses Campi Phlegrxi , Napies, 1776, 2 vol. 
in-fol. U a fait insérer bon nombre d'articles 
dans les Transactions philosophiques de la 
Société royale de Londres , entre autres une des- 
cription de réniption du Vésuve en 1779, et un 
mémoire sur les phénomènes produits par le 
tremblement de terre en Calabreen 1782 ou 1783. 
11 a encore collaboré à VAnnual Register, et on 
trouve de lui dans le 4*^ volume de VArchxologia 
un mémoire sur les découvertes faites à Pompeia, 
avec 13 planches. Kirk a publié : Gravures au 
trait d'après les tableaux, bordures et orne- 
ments de vases étinisques , grecs et romains 
recueillis par feu sir W. Hamilton; Londres, 
1806, in-4°. W. 

Baldwin, lÀterarf/ Journal for iSM. — Chalmen, 
Général Biogr, DUtionarn. 

HAMILTOM ( Emma Lyon ou HAnTE, lady), 
femme anglaise célèbre par sa beauté, son es- 
prit et le scandale de sa vie, épouse du précé- 
dent, née vers 1761, dans le comté de Ghester, 
morte aut environs de Calais, le 16 janvier 1815. 
Elle était fille d'une servante du pays de Galles^ 
appelée Harte, et d'un père inconliu. A l'âge de 
treize ans, elle entra en service, comme bonne 
d'enfants, à Haworden, et vint trois ans après 
à Londres, où elle se plaça comme fille de cui- 
slne chez un marchand dia la Cité , puis comme 
femme de chambre chez une grande dame. Dans 
celte position, elle eut occasion de fréquenter les 
théâtres; cela déplut à sa maltresse, qui la ren- 
voya« Emma entra alors, comme fille de salle, 
dans une taverne de bas étage. Un sien cousin 
ayant été enlevé par la presse des matelots, la 
jeune fille se présenta devant le capilaine, qui 



devait être uo jour Tamiral John Willet Payne , 
loi plot, el obtint le rachat de son parent au priK 
d'une complaisance. Devenue sa maîtresse dé- 
clarée^ elle lui dut une teinture d'éducation. 
Fatigué de cette femme, Paylie la céda au che- 
valier Peatherstonhaugh, qui , après avoir vécu 
quelque temps avec elle dans son domaine du 
comté de Sussex, la mit un beau Jour à la porte. 
Emma Harte fut alors réduite à se livrer à Loh- 
dres à la prostitution du plus bas étage. Dans 
cet état elle fit la connaissance d'un docteur 
Graham, adroit cliarlataU) qui se disait inventeul* 
d'un philtre d*amour; il la nomma sa déesse 
Hygie , et organisa des séances lucratives où 
elle se montrait à peu près Hue , voluptueuse- 
ment oouchée sur un lit de parade décoré du 
nom de lit céleste et voilée seulement par une 
gaze légère. A la même époque elle servit de 
modèle au peintre Romney. C'est à une des sin- 
guliè^e8 exhibitions du docteur Graham que 
Charles Greville, de la Ikiniile de Warwick, s'é- 
prit de celte aventurière. Il l'enleva à son doc- 
teur, vécut publiquement avec elle, et la rendit 
mère de tirois enfants. Il était même sur le point 
àé l'épouser lorsque sa complète déconfiture 
financière, en 1789, vint déranger ses projets. 
Pour se tirer d'affaire, sir Charles Greville en- 
voya sa concubine à son oncle, sir William Ha- 
milton, ambassadeur à Napies, espérant bien 
qu'elle saurait exercer sur lui une sorte de fas- 
cination et le mettrait dans ses intérêts. Comme 
Greville Savait prévu, le diplomate devint si 
éperdument amoureux de la maîtresse de son 
neveu qu'il ne tarda pas à lui proposer de 
payer ses dettes s'il voulait lui céder son Emma. 
Sir Charles Greville consentit; et en 1791 sûr 
William Hamilton épousait à Londres , en légi- 
time mariage , Emma Lyon. A son retour à 
Napies , l'ambassadeur d'Angleterre présenta of- 
ficiellement lady Emma Hamilton à la cour, et 
une étroite liaison ne tarda pas à se former 
entre l'ambassadrice et la tefne Marie-Caro- 
line. Ce fut par les confidences de la reine à 
lady Hamilton que le gouvernement anglais se 
trouva prévenu des dispositions hostiles du roi 
d'Espagne à l'égard de la Grande-Bretagne, dis- 
positions dont Charles IV ne faisait pas mys- 
tère dans les lettres qu'il écrivait à son frère 
Ferdinand T**. Ainsi avertie, l'Angleterre prit les 
devants, etcaptura les vaisseaux espagnols avant 
toute déclaration de guerre. 

A cette époque Nelson commandait la flotte 
anglaise de la Méditerranée. Pendant ses fré- 
quentes stations dans les eaux de Napies, il eut 
occasion de se lier avec lady Hamilton , et après 
la bataille d'Aboukir il devint publiquement son 
amant. Ce fut à son bord qu'en 1798 sir Wil- 
liam et lady Hamilton s'embarquèrent à l'ap- 
proche de l'armée française commandée par 
Championnet , et il les transporta à Palerme. 
L'année suivante il les ramena à Napies. A l'ins- 
tigation de lady Hamilton, agiasant oonformé- 



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289 



HAUILTOU 



240 



ment aux instructioas de Marie-Caroline, le hé- 
ros d'Aboukir, violant la capitolatiûn de Napies, 
laissa Ruffo livrer aux bourreaux les patriotes 
les plus distingués, et n'eut pas de honte d'as- 
sister avec sa maltresse à l'exécution de Carac- 
cioli. £n 1800, sir Hamilton ayant été rappelé 
en Angleterre, Nelson résigna son commande- 
ment pour accompagner lady Emma et son mari. 
Lady Hamilton accoucha à Londres d'une fille 
que Nelson reconnut. La réprobation devint 
alors générale contre cette femme éhontée, et 
après la mort de sir Hamilton sa veuve dut se ca- 
cher à Merton-Place, villa qu'elle devait à la mu- 
nificence de Nelson. Après la mort du vainqueur 
de Trafalgar, lady Hamilton, abandonnée à elle- 
même, retomba dans ses vieux péchés, et se vit 
bientôt réduite h une petite pension. Elle quitta 
l'Angleterre, et vécut retirée près de Calais, 
trouvant encore le moyen de scandaliser le 
monde par la publication de sa Correspondance 
avec Nelson, qui parut à Londres, en 1815, 
2 vol. in-8°. Ses Mémoires furent publiés dans 
la même ville, après sa mort, en 1816; une tra- 
duction en parut la même année à Paris (1). 
L. L— T. 

Mémoires de lady Hamilton, — W Lebrun, Jtfé- 
moires, 

* HAMILTON (Lord Claude\ fils cadet du 
vicomte d'Hamilton, et petit-fils du premier mar- 
quis d'Abercorn, né en 1813, entra en 1839 au 
parlement comme représentant du comté de 
Tyrone en Irlande , où depuis le règne de Jac- 
ques I*"^ sa famille possède de grandes propriétés. 
Il s'y fit remarquer comme l'un des champions 
du parti conservateur et de la haute Église, et 
depuis 1848 il y défend, avec Baillie Cochrane, 
les gouvernements autrichien et napolitain. Quoi- 
qu'il eût voté en faveur du libre échange, il accepta 
en 1852 le poste de trésorier de la maison de la 
reine dans le ministère de lord Derby. W. 

The Pàrliamentary Companion. 

m. HAHiiiTOM de filiation incertaine, 

HAMILTON ( William ) ne Bakoour, poète 
écossais, né dans le Ayrshire, en 1704, mort en 
1754. Issu d'une* famille riche et ancienne, il 
partagea les opmions politiques de presque toute 
la noblesse écossaise, et s'associa à la cause du 
prétendant. La bataille de Culloden ruina les 
espérances de ce parti. Hamilton, proscrit, passa 
sur le continent, où il passa plusieurs années. 
Une amnistie lui permit de revoir son pays na- 
tal ; mais le soin de sa santé le ramena en France, 
où il mourut. D'après Chalmers, « Hamilton est 
un des premiers poètes écossais qui aient écrit 
des vers anglais avec goût et propreté ». Quel- 
ques-unes de ses poésies furent publiées à Glas- 



ci) M»* Lebrun lit à Naples le portrait de cette fi- 
meuse lady, dont II. Delatoncbe a popolarlsé le nom dans 
•on roman de Fragoletta. Denon a gravé an trait les dif- 
férentes attitudes dont lady Hamilton donnait ches elle 
des représentations particulières à Naples, soit aux ar- 
tistes, soit au étrangers recomnandés à son mari. 



gow, en 1748, sans le eonMDteaieBt de l'a 
Une édition plus correcte et plus complète parut 
à Edimbourg, 1748. Z. 

Chalmers, Geiierat Biograpkieal iHcHonarf. 

* HAMILTON ( Charles ), orientaliste angUs, 
né en Iriande et mort en 1792. Employé au ser- 
vice militaire de la Compagnie des Indes, il ac- 
quit une connaissance approfondie des lois et 
de la littérature indiennes, et fit partie, dès sa 
fondation, de la Société Asiatique de Calcutta. 
On a de lui : Historical Relation of tke orf- 
gin y progress and final dissohUUm of tks 
government of tke Rohilla Afghans; 1787 « 
in-S*', ouvrage pour lequel l'auteur a puisé chez 
les historiens persans; — TheHedaya; 1791, 
In-S" : commentaire sur les lois musolinaDes, eon- 
posé sous les auspices de la Compagnie des 1a- 
des. P. L— Y. 

GenUeman's Magazxfkê, -Gorton« Gtnerml Bioynpki- 
ealDietionary, 

HAMILTON ( Robert ), médecin écossais, né 
à Edimbourg, le 6 décembre 1721, mort à Lyno, 
en 1793. Il fit ses études médicales à roni?er- 
site d'Edimbourg , et en 1741 il s'embarqua 
comme chirurgien sur un vaiissean de guerre. 
En cette qualité il dirigea pendant quelque temps 
l'hôpital militaire de Port-Mahon. Kn 1744 il fat 
nommé chirurgien du sloop de guerre Wolf, 
U abandonna ces fonctions pour aller exercer 
la médecine à Lyon ( comté de Norfolk ). Ses 
principaux ouvrages sont : Observations tm 
Scrophulous Affections, with remarks on soir» 
rhus, cancer and rachitis ; Londres, 1792, 
in-8**; — Observations on the mcrsh rémit- 
tent fever, more particularly in regard to iU 
appearance and retum every autumn, after 
the inundation from the sea, also on the 
water-canker, or cancer aquaticus of van 
Swieten, with some remarhs on the leprosy^ 
Londres, 1801, in-S**. Z. 

Notice sur Hamiltoti, en tête des Observations on tite 
marsh, etc. 

HAMILTON ( William-Gérard ), (Hrateor an- 
glais, né à Londres, en 1729, mort dans la même 
ville, le 18 juillet 1796. Fils d'un avocat écos- 
sais qui était venu s'établir à Londres , il fat 
destiné lui-même au barreau , et au sortir de 
l'université d'Oxford, il passa quelque temps à 
Lincoln's-Inn. A la mort de son père, en 1754, il 
abandonna la jurisprudence pour la politique, et 
fut la même année élu membre du pariemeot 
par le bourg de Petersfield ( Hampshire ). 11 dé- 
buta cx)mme orateur parlementaire, le 13 no- 
vembre 1755, par un discours qui obtint un si 
grand succès dans la chambre et dans le public, 
qu'Hamilton, craignant d'être désormais in- 
férieur à lui-même, s'abstint pendant longtemps 
de prendre la parole. Aussi on l'appela Single 
Speech Hamilton ( Hamilton au seul discours). 
Il parla pour la seconde fois en février 1750, et 
son succès fut tel que Fox, un des prindpaox 
secrétaires d'État, le fit nommer, au mois d'anO 
de la même année» un dei lords du Commerce. 



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941 



HAMILTON 



243 



Hamflton siégea cinq ans à ce bureaa , sans 
(ionper de nourelle preoTe de son talent on- 
toire; mais derenu, en 1761, principal secrétaire 
du eomfe Halifox, lord lieutenant d'Irlande, il 
dut prendre plusieurs fois la parole devant le 
parlement irlandais, et le fit avec son succès 
habituel. Il donna en 1763 sa démissi(m de 
secrétaire, et fut nommé la même année chance- 
lier de l'échiquier d'Irlande, place qu'il garda 
jusqu'en 1784. HamiHon, pendant son séjour à 
l'ooiversité d'Oxford, fit imprimer des poésies; 
1700, m-V*, Plus tard il rédigea quelques Es- 
sais sur Tart de conduire les assemblées parle- 
mentaires. Ces Essais ont été réunis par Ma- 
looe sous le titre de Parliamentary Logic; to 
which are suf^dned two speeckes delivered 
in (fie Howte qf Communs in Ireland; Lon- 
dres, 1808 , in-S**. Hamilton est un de ceux à 
qui, sans aucune ombre de raison, on a attribué 
les Lettres de Junius. Z. 

Malone, Fie de Hamilton, en tète dn Parliam. Log. — 
CJulmers, General Biograpbical DietUmary, 

HAMILTON ( Gav%n)y peintre écossais, né à 
Lanark, vers 1730, mort à Rome, en 1797* 
Il montra dès son enfance un goût très-vif pour 
la peinture historique , et alla étudier cet art en 
Italie. A Rome, il eut pour maître Agostino 
Massacchi, et il passa dans cette ville presque 
tout le reste de sa vie. « Il n'eut peu^ètrepasle 
génie de l'invention, dit Cbalmers; mais les 
avantages d'une éducation libérale, un goût clas- 
sique dans le choix de ses sujets, et le style, au- 
quel il visa toujours et qu'il atteignit souvent, le 
rendent au moins l'égal de ses plus célèbres con- 
temporains. » Plusieurs de ses sujets sont em- 
pruntés à Y Iliade* Dans la seconde moitié de sa 
vie, Hamilton consacra la plus grande partie de 
son temps à la découverte des monuments an- 
tiqnes. Il ât des fouilles à Gentumcellae , à Vdle- 
tri, à Ostie et surtout à Tivoli, parmi les ruines 
de la villa d'Adrien. Le musée Clémentin et les 
meilleures collections de Russie, d'Allemagne et 
d'Angleterre s'enrichirent de ses découvertes. 
On a de lui un ouvrage intitulé : Schola Ita^ 
lica Picturx; Rome, 1773, in-fol.; c'est un essai 
intéressant sur la peinture depuis Léonard de 
Vinci jusqu'aux successeurs des Carrache. Z. 
Fikington, Dictionarif of Paintérs. — Chalmers , Ge^ 
MralBiog. Met, 

BkMiUTOii (ffugues)^ mathématicien irlan- 
dais, né dans le comté de Dublin , le 26 mars 
1729, mort le 1*" décembre. 1805, à Ossory. 
Entré an collège de La Trinité de Dublin en 1742, 
il fut nommé fellow de ce collège en 1751. En 
1758 il publia un traité De Sectionibus Conicis, 
et l'année suivante il fut nommé professeur de 
philosophie naturelle au collège d'Érasme Smith. 
Cinq ans après il résigna ces fonctions , ayant 
accepté une cure. En 1767 il obtint celle de 
Sainte-Anne à Dublin , qu'il résigna pour le dé- 
canat d'Arraagh. Consacré évéque de Clonfert 
en 1796, il passa en 1799 au siège d'Ossory, qu'il 
occupait encore à sa mort. Les oeuvres du doc- 



teur Hamilton ont été réunies et publiées par son 
fils en 1809, 2 vol. in-8''. Le premier contient le 
Traité des Sections Coniques, le second An Essay 
on the existence and attributes of the SU' 
preme Seing; -^An Essay on the Permission 
of Evil; — trois essais sur l'ascension de la 
vapeur, les aurores boréales et les principes de 
la mécanique ; — Remarks and hints on the 
Improvement of Barometers ; — On the power 
of fixedalkaline salts to préserve fleshfrom 
putréfaction ; — Four introductory Lectures 
on natural Philosophy, W. 

Fie de Hugaes HamUton , en tête de ses OEuvres, ~ 
Chalmers , General Biographical Dictionary. 

* HAMILTON ( Alexandre ), médecin anglais 
du dix-huitième siècle, mort en 1802, à Edim- 
bourg. Il occupa longtemps une chaire d'obsté- 
trique à l'université de cette ville, et se fit une 
réputation méritée par les nombreuses améliora- 
tions qu'il apporta dans la pratique, encore toute 
routinière, de cette branche de l'art médical. 11 
était membre de la Société royale de Londres. 
Ses principaux ouvrages sont : Eléments of the 
Practice ofMidwifery (Éléments de la Pratique 
des Accouchements); 1776, in-8°; — Treatise 
on Midwifery (Manuel d'Obstétrique); 1781; 
traduit en allemand par J.-P. Ebeling; — 
W. Smellie's Anatomical Tables ( Tables Ana- 
tomiques de W. Smellie); 1787, in-folio, ac- 
compagnées d'un abrégé pratique; — Select 
Cases in Midwifery (Cas particuliers d'Accou- 
chement); 1795, in-8'»; — On the Complaints 
of Females; 1797, in-8«. P. L— y. 

CallIsseD. — Reuss, Register of English Aluthors. — 
Gorton. General Biographical Dictionary. 

HAMILTON (Robert), mathématicien écos- 
sais, né à Edimbourg, en 1743, mort à Aberdeen , 
le 14 juillet 1829. Fils d'un libraire, il travailla 
quelque temps dans une maison de banque ; mais 
ses goûts pour l'étude lui firent quitter cette car- 
rière. Il entra dans l'enseignement, et devint rec- 
teur de l'académie de Perth, puis professeur de 
mathématiques au collège Maréchal d'Abcrdeen. 
On lui doit : Introduction to Merchandise; 
Edimbourg, 1777 : souvent réimprimée; — An 
Inquiry concerning the rise and progressa 
the rédemption and présent state, and the 
management of the national Debt of Great- 
Britain and Ireland; Edimbourg, 1813 ; 3*' édi- 
tion, amendée, Edimbourg, 1818, in-8° ; traduit 
en français, par Henri Lasalle, sous ce titre : Re- 
cherches sur Vorigine, les progrès , le rachat 
et Vadministration de la Dette nationale de la 
Grande-Bretagne ;V&Tis, 1817, in-8*' : Hamilton 
démontra le premier, dans cet ouvrage, ce qu'il y 
a d'illusoire dans les fonds d'amortissement. Il y 
•prouve qu'une nation ne se libère véritablement de 
ses dettes que par des excédants de recettes sur 
les dépenses, et que tout virement de fonds, 
toute allocation d'amortissement ne sont qu'un 
leurre. Ces idées ont fini par prévaloir en Angle- 
terre. On cite encore d'Hamilton un Système 
d'Arithmétique et de Tettti$ 4^ Livres i 1789, 



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HAMILTON 



M4 



in-i2 { un Irtité De ta PiA» 0$ deia Guerre, 
En 1830, sa fiiniillé a fait paraître de lui un livre 
intitulé : The Progreu of Society, dont on avait 
trouvé le manoicrit dans ses papiers. W. 

DietiontMire de VÊeonomà» politique, 
HAiiiiLTOff(i4/ejRittilr6),célèbreliommed'É- 
tat américaine États-Unis)» né le 11 janvier 1757, 
dans rile de Nevis (une des Antilles), mort le 
12 juillet 1804, à la suite d'un duel avec le co- 
lonel À. Burr, vice-président des États-Unis. 
Son père, Écossais d'ori^e, était venu s'éta- 
blir à Saint-Kitts ( lie de Nevis ) « dans Tespoir d'y 
faire fortune comme négociant. Ses affaires, d'a- 
bord florissantes, finirent par une faillite. Il avait 
épousé, dans cette colonie, une jeune veuve, des- 
cendant d'une famille française protestatite. Son 
fils hérita en quelque sorte des qualité^ spéciales 
qui distinguent les deu^t races , la fërtneté et l'é- 
nergfe des Écossais et la vivacité intelligente des 
Français. Ces dispositions se montrèrent chez 
lui- de bonne heure , et avec le progrès des an- 
nées devinrent des qualités éminentes. Bien 
jeune encore, il perdit sa mère. Ce malheur laissa 
dans son cœur une profonde impression. Son 
père avait à peine conservé quelques restes de 
son ancienne aisance. De bonne heure, le pauvre 
enfant eut à gagner son pain et à travailler pour 
s'ouvrir une carrière. Â donze ans il entrii dans 
le comptoir d'un marchand de New- York qui fai- 
sait des affaiires dans llle. Cet Américain, frappé 
de son intelligence et de son application, prit un 
vif intérêt à son avenir, et au bout de trois ans 
l'envoya à New-York en le recommandant chau- 
dement à quelques amis. Hamilton avait quinze 
ans. Il se livra avec ardeur à l'étude , d'abord 
dans une pension d'Elisabethlown ( New- Jersey ), 
puis dans le collège de Columbia à New- York , 
le premier de ce temps. Il était encore écolier 
lorsqu'il lit en quelque sorte son début dans la 
vie politique. C'était en 1774. Depuis six ans les 
ook>nies avaient épuisé en vain les pétitions, les 
remontrances , les prières près de la mère patrie 
au sujet des taxes que le ministère persistait à 
établir. Le mécontentement et l'agitation n'a- 
vaient cessé de s'accroître. Les choses en étaient 
venues à ces moments de crise où commencent 
et se précipitent les révolutions. Un grand mee- 
ting avait été convoqué par les principaux ci- 
toyens de New-York pour discuter les questions 
du jour et préparer un congrès général. Plein 
d'ardeur et d'aspirations vers la liberté, le jeune 
Hamilton s'était mêlé à la foule) mais aussi près 
que possible de l'estrade d'où parlaient les ora^ 
teurs. Après en avoir entendu plusieurs , et trou- 
vant que plusieurs points importants n'avaient 
pas été touchés , il communiqua ses impressions 
à quelques voisins. Il fut vivement engagé à 
prendre la parole. Il refusa d'abord. Pressé de 
nouveau , il hésita encore un peu , et monta enfin 
sur l'estrade. Il avait dix^-sept ans , et l'air en- 
core plus jeune que son âge. Les spectateurs 

furent frappés de sa jeunesse, et surtout de sa 



j figure pèle et intelHgente. Après un débot qui se 
I ressentait de l'émotion et de la timidité qu'il 
éprouvait, le jeune orateur prend de rassurasee, 
' fetrace avec énergie les actes arbitrait es et ty- 
' ranniqaes du gouvernement anglais » la néces- 
sité de résister, qui est un droit et un devoir, les 
; ebanœs de succès qu'assurent Tunion et le par 
' triotisme des citoyens combattant sur leur propre 
; soi, et finit par prédire que llnaarrection vie- 
, torieuse affranchirait le Nouveau Monde et re- 
j jetta^t en Angleterre les débris de sa puissance 
I et de son oppression. Ces idées, développées dans 
I un langage plein de chaleur, étonnèrent et char- 
i mèrent l'assemblée. Il fut vivement applaudi. Les 
I trois années suivantes se passèrent dans l'achè- 
I vement de ses études et une part active à la 
I polémique des journaux. Il donna des bro- 
I ehures politiques, qui le mirent en relations 
avec les hommes qui jouaient alors le premier * 
rôle. Laguerreavait éclaté. Il s'y engagea comme { 
volontaire ) et devint promptement officier. Son j 
ardeur et son intelligence attirèrent rattention ^ 
de Washington, alors général en chef, et bientôt j 
il fut choisi tomme utl de ses aides de camp. 
ÎH^ndant toute la lutte , il fit un service très-actif, 
avec autant de courage que de talent. Il acquit 
b un haut degré Testime et l'aitiitië de Wa- 
shington. Longtemps après, celui^;! pariant d'Ha- 
milton, disait : « C*était le plus distingué de mes 
jeunes officiers. Il avait beaucoup d'ardeur et de 
hardiesse, une pénétration très-prompte, ^ud 
grand jugement liu premier coup d'oeil. » 

En 1780, il épousa une fille du général Schoy- 
1er, qui était d'une ancienne famille (l). La 
guerre terminée, HamÙtoh quitta le service sTec 
le rang de colonel, et reprit ses études de droit 
Il se fit recevoir avocat, et bientôt Ait envoyé au 
congrès. Dès lors sa vie Ait pttreroedt politique. 
Sa réputation et son ihfluence allèrent en gran- 
dissant. Il fut un des délégués de New-York au 
congrès de 1767, qui fit la constitution. Les 
séances byant été secrètes, ce n'est que peu à 
peu que lés opinions exprimées par lee princi- 
paux hommes politiques ont été connues. Ainsi , 
c'est en 1851 seulement qu'on a publié un de ses 
discours j ou plutôt des notes entièrement 
écrites par lui. Il y montre un penchant marqué 
pour les formes monarchiques , et peu de con- 
fiance dans l'intelligence et les vertus du peuple 
pour le self government. Il est pour un pou- 
voir exécutif fortement organisé, qui dans sa 
sphère ait une action libre et décisive. Hamilton 
était un des principaux représentants de l'opi- 
nion fédéraliste. L'opinion opposée était dé- 
fendue par des hommes de grand talent aussi, 
pleinement convaincus que le peuple est ca- 
pable de se gouverner, et qu'il faut lui a.ssurer 
dans toute leur étendue les droits et les privilèges 

(1) Après la mort de son mari, celte dame devint en 
quelque sorte un personnage hlstoriqite , en rabon de la 
haute consldéraUon qu'il avait laissée. Elle loi sorv«col 
cloquadte ans, et n'est morte que de oot iours, en ISM. 



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345 



HAMILTON 



346 



qui déooHknt da fvinoipe d6 liberté, oompris 
dans ie sens 19 plus lai^e. Ces discussioos ap- 
profondies sur la constitution furent donc une 
latte animée entre les deux partis, et où chacun 
d'eux s'efforça dlntixMluire les idées qui for- 
maient sa doetdne politique. Hamilton prit une 
très>grande part aux débats^ et par la force de 
son éloquence et da sa logique fit prévaloir plu- 
sieurs idées des fédéralistes* « Il n'y a pas dans la 
constitotion des États-Unis, dit un historien cé- 
lèbre , un élément d'ordre , de force , de dorée , 
qa'Hamilton n'ait puissamment contribué à y 
introduire età faire triompher. » Pendant que cette 
ooDstilution était soumise à l'examen des États 
avant son adoption définitive, il en défendit les 
dispositions et les principes au point de vue fédé- 
raliste, dans une série d'articles qui parurent dans 
le Daily AdveriiserdeHeyi'York, Us ont été de- 
puis recudlUs en un volume ; sous ie titre de 
Le Fédéraliste. Sur 8d numéros dont Touvrage 
est composé, ôl sont d'Hamilton , 5 de John 
Jay et ie reste de Madison. Ces essais consti-^ 
tuent un des traités de politique les plus remar- 
quables par la profondeur et la lucidité des idées. 
La lecture en est indispensable à celui qui veut 
comprendre l'esprit et la pratique de la constitu- 
tion fédérale. En 1789 elle devint la loi des 
États-Unis et la base du nouveau gouvernement. 
Un des premiers actes de Washington, nommé 
président, fut d'appeler Hamilton au poste de 
secrétaire do trésor (ministre des finances), 
poste alors le plus important et le plus diffî* 
cile de tous. Les dettes, résultat de la guerre 
de l'indépendance, étaient énormes, le désordre 
et la confusion extrêmes , les ressources pres- 
que nulles. Tout était à organiser, au milieu des 
intérêts et des passions contraires. Le gouver- 
nement étant tout nouveau , sans traditions du 
passé comme base, toutes les mesures devaient 
avoir de graves conséquences pour l'avenir. La 
première question qui se présenta était relative 
au payement des dettes. Il y avait les dettes de 
l'Union envers les étrangers et les nationaux; 
les dettes des États particuliers, contractées 
sous leur nom, mais à raison de leur concours 
dans la cause conunune ; des bons de réquisi- 
tions, des marchés de fournitures, des intérêts 
arriérés; et pour faire face à tout cela, point 
de revenus assurés et suffîsanls. Le parti dé- 
mocratique soutenait fortement qu'on devait 
laisser à l'action individuelle de chaque État 
le devoir de payer ses dettes. Comme secré- 
taire du trésor, Hamilton était d'une opinion 
contraire. Il proposa de concentrer à la chaire 
de l'Union toutes les dettes effectivement con- 
tractées pour la cause commune, et d'en ef- 
fectuer ou garantir l'acquittement intégral; 
d'établir des impôts suffisants pour faire taee 
à la dette publique et à son amortissement; de 
fonder une banque nationale capable de se- 
conder le gouvernement dans ses opérations 
financières et de soutenir le crédit Ce système 



était le seul moral , le seul conforme a la pro- 
bité et à la vérité. Néanmoins, il trouva une vive 
opposition de la part du parti démocratique. Ha- 
milton soutint la lutte avec son énergie accou- 
tumée. Ses talents et la droiture de son caractère 
lui donnaient une grande influence au sein du 
congrès et près du président. Washington n'avait 
pas eu occasion de faire une étude approfondie 
des finances. £n voyant la violence de la lutte 
et le déchaînement des passions , il parut hésiter 
quelque temps à soutenir de son approbation les 
idées du secrétaire du trésor. En réalité, il exa- 
minait et réfléchissait profondément , et voulait 
donner aux passions le teirips de se calmer. Suc- 
cessivement, il donna son appui à tous les plans 
d'Hamilton. C^ètait un. acte de grand jugement. 
Par là, la foi publi({ue était fondée, l'adminis- 
tration des finances Ijée étroitement à la poli^ 
tique de l'État^ et le gouvernement nouveau 
prenait dès les premiers jours la consistance 
d'un pouvoir ancien et bien établi* Les excellents 
effets de ces mesures furent sensibles presque 
immédiatement , et le cours des années n'a fait 
que les étendre et les fortifier. Les autres actes 
d'Hamilton , les papiers émanés de son cabinet 
témoignent de sa haute intelligence, et encore 
aujourd'hui on le cite comme un des phis habiles 
ministres du trésor. Au sein du congrès comme 
du gouvernement, son influence était prépon- 
dérante. Il était souvent consulté sur des ques- 
tions autres que les finances. La révohition fran- 
çaise s'était précipitée dans les mesures les plus 
violentes. Une foule de démagogues nationaux et 
étrangers prêchaient dans les meetings les doctri- 
nes les plus exagérées et s'efforçaient d'entraîner 
le gouvernement dans la guerre étrangère. Ha- 
milton conseilla la proclamation de la neutralité 
et la mission de Jay en Angleterre, deux actes 
qui distinguent la politique extérieure de la pre- 
mière présidence. Au sein et hors du cabinet, 
il avait à lutter contre les talents et l'influence 
de Jefferson, dont les doctrines sur beaucoup de 
points étaient opposées aux siennes. Le parti dé- 
mocratiqpe le harcelait sans cesse de dénoncia- 
tions cachées près du président , de calomnies 
dans les journaux, d'accusations dans la chambre 
des représentants. Mais toutes ces attaques fu- 
rent de peu d'effet. Washington montra une pru- 
dence admirable dans ses rapports avec Hamilton 
et Jefferson, ministres du même cabinet, mais 
très-opposés de caractère et d'opinions. Il avait 
une préférence d'estime et d'affection pour le 
premier; mais tels furent son tact et sa réserve 
de conduite, que le second n'eut jamais de motif 
fondé de plaintes. Il les contint, les dirigea, se 
servit de leurs talents pour le bien du pays, et 
par sa sagesse prévint toute espèce de collision. 
Hamilton se retira volontairement du cabinet 
en 1795. Il avait une nombreuse famille et point 
de fortune. Ses intérêts privés exigeaient quil 
reprit l'exercice de sa profession d'avocat. Sa 
réputation lui attira des clients nombreux et 



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M 



HAMILTON 



248 



des affaires importantes. Cependant il continua 
à prendre un Tir intérêt aux questions politiques 
du jour, et souyent même une part actÎTe aux 
élections de tels ou tels candidats. En 1798, la 
|)oIitique à la fois insidieuse, aggressive et ma- 
ladroite du Directoire de la république française 
faillit amener la guerre entre la France et les 
États-Unis. Le gouvernement fédéral se mit en 
mesure de défense : l'armée fut augmentée , et 
Washington nommé général en chef. Celui-«i 
était alors dans sa retraite de Mont-Yemon, et 
en acceptant avait fait entendre qu'il tenait es- 
sentiellement à être consulté sur le choix des 
officiers généraux qui devaient commander sous 
lui. Hamilton, Charles Pinckney et Knox, qui 
tous trois avaient servi avec diàinction dans la 
guerre de Tindépendance , furent nommés m^ors 
généraux d*après ses conseils. 11 avait insinué 
en même temps son désir qu'ils prissent raqg d'a- 
près Tordre où ils étaient placés sur la liste. De là 
surgit de l'incertitude et de l'embarras. Dans 
l'armée de la révolution, Pinckney avait eu un 
rang supérieur à Hamilton, et Knox comme 
major général avait été au-dessus de tous les 
deux. Le président, John Adaros, à qui la pro- 
motion d'Hamiiton n'était pas agréable , soute- 
nait les prétentions de Knox comme premier 
major général. 11 y avait à craindre un conflit et 
des froissements. Washington avait pour Ha- 
milton une telle estime et un tel attacliement 
qu'il écrivit qu'un refus à cet égard entraînerait sa 
propre démission. Cette lettre mit fin à l'oppo* 
sition du président. Hamilton fut maintenu le 
premier sur la liste. Des trois généraux il était 
certainement le plus distingué par les qualités 
qui font l'homme de guerre , l'ardeur et l'ac- 
tivité, la rapidité de coup d'œil et de jugement, 
l'intelligence hardie et le pouvoir d'entraînement 
sur les troupes. Comme bien des Insinuations 
jalouses avaient été laites contre lui , Washington 
dit à cette occasion : « Qu'il soit ambitieux, je 
l'accorde volontiers; mais c'est de cette louable 
ambition qui pousse un homme à exceller par- 
tout où il met la main. Il est entreprenant, 
d'une pénétration très-prompte, et d'un ju- 
gement qui choisit toujours bien. » L'élec- 
tion présidentielle de 1801 amena un fait qui 
est rare dans les annales des États-Unis. Les 
deux candidats du parti démocratique, JefTerson 
et Burr, avaient obtenu chacun le même nombre 
de votes. D'après la constitution, c'était à la 
chambre des représentants , votant par États, à 
décider le choix du président. Chacun des can- 
didats mit en jeu ses amis et toute son adresse 
pour gagner les quelques votes décisifs. Burr 
avait manœuvré habilement auprès des repré- 
sentants fédéralistes et avait obtenu des pro- 
messes. Aussitôt qu'Hamilfon en fut mformé , il 
écrivit à quelques amis influents du parti fédé- 
raliste pour les détourner de ce choix. Il repré- 
senta fortement les vices privés, l'ambition, la 
fortune détruite de l'homme; le danger pour les 



fédéralistes de se fier à loi; la eerlitade qate 
fois président, il ne cboiifirait que les fripons de 
tous les partis, pour s'en faire des instmraeBb 
contre les gens sages et honnêtes. On attribai 
ces conseils, qui au fond étaient très-justes, à des 
rancunes de parti, et sa voix ne ftat pas écoutée. 
Mais il perça quelque chose de rapprédatioB 
qu'il avait faite du caractère moral de Burr, et 
ce dernier en conserva un profond souvenir. An 
sein de la chambre, la lutte, pour le choix da 
président, fut très-acharnée. Il y eot trente- 
six ballottages pendant nne semaine entière. Jef- 
ferson enfin l'emporta, et, suivant la législatk» 
d'alors, Burr devint naturellement vice-prési- 
dent. An commencement de 1804, une réa- 
nion des membres du congrès qui soutenneot 
habituellement l'admnilstration choisit à l'ima- 
nlmité Jeff^erson pour sa réélection à la pré- 
^ sidence. Burr fut écarté comme vice-prési- 
dent, et les meneurs firent accepter Georges 
Cfintoo, gouverneur de l'État de New-Tork. Il 
fut convenu aussi que celui-ci serait remplacé 
plus tard dans ce poste par le chief justice 
Lewis. Burr fut vivement blessé de se voir 
exclu par les chefs de son propre parti. 11 était 
menacé à la fois de ruine politique et de raine 
de fortune causée par des spéculations malheu- 
reuses. Il mit tout en œuvre pour se condfier 
les fédéralistes. L'opinion qu'Hamilton avait ex- 
primée trois ans auparavant n'avait pas changé. 
Sans prendre une part directe aux meetings po- 
litiques tenus pour préparer Téleetion, il dé- 
tourna ses amis de soutenir Burr, et ses senti- 
ments furent cités librement. Burr échoua dans 
sa candidature comme vice-président. Attribuant 
cet échec à l'influence d'Hamflton, il en conçut 
une furieuse animosité. Après avoir médité pen- 
dant deux mois ses projets de vengeance, il 
sortit de sa retraite, résolu à provoquer en duel 
son rival. Ce rival écarté, il espérait rétablir sa 
fortune désespérée. Il fallait un prétexte pour 
justifier cette provocation de duel. Parmi les 
lettres auxquelles avait donné lieu la dernière 
élection, et que les joumaux avaient pnbliées, 
Il y en avait deux d'un docteur Cooper, zélé fé- 
déraliste. Dans l'une il étiitdit'qu'Hamilton avait 
parlé de Burr comme « d'un homme dangereux, 
à qui l'on ne devait pas confier les rênes du gou- 
vernement ». Dans l'antre, après avoir répété 
cette allégation , Cooper ajoutait : « Je pourrais 
vous citer une opinion encore plus forte» de mé- 
pris exprimée par le général HamiUon sur 
M. Burr. » Ce fut ce passage que saisit Burr 
pour entraîner Hamflton à on duel. Il loi en- 
voya un de ses amis avec la lettre imprimée et 
un billet où il demandait qu'Hamilton reoonnOt 
ou désavouât les expressions qu'on lui prêtait. 
Dans sa réponse, Hamilton dit qu'A était tout 
disposé à reconnaître ou à désavouer toute opi- 
nion qu'on l'accuserait d'avoir exprimée, mais 
qu'il ne pouvait consentir qn'll lui fOt demandé 
si dans le cours de sa vie politique il avait dit 



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HAMILTON 



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fdieoa tèHe chose, de maaière à justifier les 
MoetkHU que d'autres eu avaient pu tirer, ei- 
posant ainsi sa loyauté et sa sincérité aux irapu- 
tations injurieuses de ceux qui auraient pu ne 
pts l'avoir parfaitement compris, et il so refu- 
sait à entrer en explication sur une assertion 
aassi vague. Burr répliqua par une lettre brève 
etoflensante , où il demandait le désaveu du nnot 
méprisabie qui avait été attaché à son nom. 
C'était demander en quelque sorte un certificat 
de loyauté et d'honneur de la part d'Hamilton. 
Celui-ci se borna à écrire une note, qu'il fit re- 
mettre à Burr par nn de ses amis, et où il di« 
sait que la conversation avec le docteur Cooper, 
autant qu'il pouvait so le rappeler, se rapportait 
eolièt^iment à la politique, et ne touchait nulle» 
ment au caractère privé de Burr, et qu'il n'hé- 
siteraU point à reconnaître ou à désavouer toute 
antro allégation et conversation sur laquelle une 
question lui serait posée. Burr, qui ne cherchait 
qo'un prétexte de provocation, traita cette ré- 
ponse d'évasive et non satisfaisante, et envoya 
son défi. Même après ce défi , Hamilton essaya 
mie démarche conciliante, mais qui fut re- 
pottssée. Le duel étant devenu inévitable, il 
l'accepta. Toute cette correspondance avait pris 
trois semaines. Comme citoyen privé, comme 
borooie religieux , comme époux et i)êre d'une 
nombreuse fiimille, dont le sort reposait sur lui , 
Hamilton avait tous les motifs de se refuser à 
cette rencontre. Il n'y consentit qu'en raistmde son 
caractère public, autant que par un osprit élevé 
d^" latriotisme et un généreux sacrifice de ses 
intérêts privés. Comme s'il eût pressenti le fatal 
traitât, il consigna ses sentiments dans un écrit 
qui plus tard fut publié. La rencontre eut lieu à 
quelques milles de New-York, dans le Jersey : 
h distance était de dix pas; au signal donné, 
Burr visa soigneusement, et fit feu. Hamilton 
tomba, et dans la chute son pistolet partit. Il 
fut porté à la maison d'un ami , où, après vingt- 
quatre heures de cruelles souffrances, il expira. 
J) n'avait que quarante*sept ans. La nouvelle de 
» mort rendit dans la ville la plus vive agi- 
tation et le deuil. Presque foutes les opinions, 
même celles de ses adversaires politiques, s'ac- 
ounlèreat à déplorer sa perte comme un mal- 
beor public et à rendre hommage à son patrio- 
tisme et à ses talents. Ses funérailles se firent 
arec une grande pompe. Un éloge funèbre fut 
prooon^ à Trinity-Càurch, principale église 
de New-York, et sur l'estrade étaient quatre de 
*f^ tils , entre les âges de seize et six ans. Les 
tnémes hommages lui furent rendus par le barreau 
(t divers corps publics. Une explosion d'indigna- 
tion publique éclata contre Burr, quand les let* 
très de la correspondance eurent été publiées. 
On le regardait comme un assassin. C'était, di- 
lait-on , de propos délibéré et avec une adresse 
twofonde qu'il avait cherché à faire tomber Ha- 
milton dans un piège. On l'accusa publiquement de 
s'être exercé au pistolet trois semaines avant 



le duel, et pendant qn'Hamilton était sur son lit de 
mort, de s'être excusé d'un ton enjoué dans le 
cercle de ses intimes de ne pas l'avoir frappé au 
cœur. Des poursuites furent commencées contre 
lui dans le New-Jersey et à New* York. Ce fatal 
duel produisit sur l'esprit public une impres- 
skm profonde et de longue durée, et ne contribua 
pas peu à fortifier et à étendre la réprobation et 
l'espèce d'iiorreur avec lesquelles les Américains 
des Étatsdunord considèrent en général les duels. 
En 1851, un de ses fils, John C. Hamilton, 
a publié tous les écrits de son père ; ils ren- 
ferment sa correspondance et les documents 
officiels. Cette publicatwn avait été longtemps 
retardée, parce qu'elle exigeait le concours et 
l'autorisation du congrès. J. Chanut. 

T4fe and IFrmmgt of Â. Uamitton 6y his son. - nu- 
tùrgof tkeVnUed-State»^ HUdretb. — C'ytf/ojMrtfia 
0/ America» LiUratun, 

HAMILTON (Miss Elisabeth), femme de 
lettres anglaise, née le 25 juillet 1758, à Bel- 
fast ( Irlande ), et morte le 23 juillet 1816, à Har- 
rowgate ( Yorkshire ). Ayant perdu ses parents 
dans son enfance, elle fut élevée aux environs 
de Stirling, par son oncle, qui lui fit donner une 
excellente éducation et lui légua par testament 
une |)etite propriété. Par goût elle se consacra à 
la carrière de l'enseignement , remplit pendant 
plusieurs années l'emplci de gouvernante auprès 
des filles d'un noble écossais, et publia des traités 
d'éducation et de morale remplis de vues sim- 
ples et neuves ainsi que plusieui*s romans de 
mœurs d'une fidélité piquante. Ses principaux 
ouvrages sont : Leiters of an Uindoo Rajah 
( Lettres d'un Rajah Indien) ; 1796, 2 vol. in-8° ; 

— Memoirs of modem Philosophera ( Souve- 
nirs des Philosophes modernes); 1800, 3 vol. 
in-8P , trad. en français par M. B*^, sous le 
titre de i?ri^/ge/tna; 1802, 4 vol. in-12: cri- 
tique assez vive des doctrines de l'école fran- 
çaise; — Letters on the elementary Princi- 
pies of Education ( Lettres sur les Principes 
élémentaires de l'Éducation ) , 1802, 2 vol. in-S" ; 
traft. en français par L.-C. Chéron, 1804 : ou- 
vrage remarquable, où l'on trouve une méthode 
d'enseignement pleine de sagesse; — ZÂfe of 
Agrippina (Vie d'Agrippine); 1804, 3 vol. 
in-8^; — Letters on the Formation ofthe re- 
ligious and moral Principle ( Lettres sur la 
Formation de l'Idée religieuse et morale ); 1806, 
2 vol. in-8"; — The Cottagers of Glenbumie 
(Les Paysans de Glenburnie ) ; 1808, in-8'*; 1810, 
4° édit. : ouvrage dans lequel elle peignit avec 
une douce ironie les campagnards écctesais; — 
Exercises in religious hnowledge ( Exercices 
sur les connaissances religieuses); 1809, in-12; 

— Papular Essays (Essais populaires); 1813, 
2 Tol. in-8* : où elle expose les principes essen- 
tiellement liés à l'amélioration de l'entendement, 
de l'imagination et du cœur ; — Hinfs Jor pu- 
blic Schools (Avis adressés au:« directeurs d'É- 
coles publiques ); 1815* P. L—y, 



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251 



HAMÎLTON 



S&S 



M^mokn bif «Hi* ffdfMMrt*. •* Mêmoir» bf min 

Bêtiger,' 1818. 2 vol. in-S». — Chalmers, General Bioçraphi- 
cal Dictionary. — Biographical DicUonary of J. Gor- 
ton. — Biographie de$ Femmes eéUbreê, t. II. 

HAMiLTON (Alexandre), orientalifite an- 
glais, né vers 1706, mort à LWerpool, le 30 dé<- 
cembre 1824. Il résida longtemps dans l'Inde, 
où il étudia avec soin la langue et la littéra- 
ture sanscrites. De retour en Angleterre, il exa« 
mina les diverses collections de manuscrits indiens 
que contenaient le Britîsh-Moseinn et la biblio* 
tiièque de la Compagnie des Indes, et se rendit 
en France pour faire les mêmes recherchea dans 
la Bibliothèque impériale de Paris. Il était peut*» 
être le seul homme sur le continent qui sftl le 
sanscrit. Retenu prisonnier en France à la suite 
de la rupture de la paix d'Amiens, il enseigna 
cette langue d'abord à Ghézy, puis à Frédéric 
Schlegel et à Fanriel< Il ne tarda pas à être rendu 
à la liberté, et revint en Angleterre, où il fut 
nommé professeur de sanscrit au collège de 
flaileyburg. li publia plusieurs ouvrages élémen* 
taires pour les besoin» de son enseignement. On 
4k de lui : Catalogue des Manuscrits sanskrits 
de la Bibliothèque ifnpériale, avec des notices 
du contenu de la plupart des ouvrages ; Paris, 
1807, in-8*^. Ce catalogue, rédigé en anglais par 
Hamilton, a été traduit en français par L. Lan-* 
giès; — The Hitopadesa in the Sanserita Lan- 
guage; Londres, 1810; — AncUgsis gramma- 
tica paginarum Hitopadecx Londinensis 
undectm priorum; in-4*^, imprimé ixmr l'usage 
des élèves du collège de Hertford ; ^ Terms 
of Sanskrit Grammar; Londres, 1815, in-4*'; 
— divers articles sur la géographie ancienne de 
l'Inde, insérés dans des recueils anglais, et dont 
quelques-uns ont été traduits dans le Journal 
Asiatique de Paris, Il était membre de la So- 
«ciété Asiatique de Calcutta. Z. . 

J. Gildemdsler, BibtiotheesB SajtskrUa Spécimen. 

HAMiLTOX ( James), pédagogue anglais, né 
^I.ondres, en 1775, mort le 16 septembre 1829, 
à Dublin. Étant venu s'étahbr à Hambourg en 
1798, il y apprit l'allemand, sous la direction d'uu 
émigré français, le général d'Angély, qui s'était 
fait matti« de langues, et d'apvès une méthode 
particulière à son professeur, sans commencer 
parla grammaire. £n 1815 il se rendit aux États- 
Unis^ et se mit à enseigner à New-York les 
langues anglaise et allemande paria méthode qui 
lui avait encore servi à apprendre le français, 
fnéthode qu'il avait perfectionnée et qui porte scm 
nom. Il disait à Dublin des leçons publiques pour 
propager sa méthode, quand la mort le surprit. 
Dans la méthode d'Hamilton l'élève est amené à 
«'approprier d'abord ta connaissance des mots, à 
traduire dans sa propre langue des membres de 
phrase et des phrases entières sans que le matire 
ait fait autre chose que de lui indiquer d'abord 
4e sens littéral des mots, sens qui dans la eoa- 
nexion des membres d'une phrase ou d'uu dis- 
cours s'inculque dans son esprit par l'association 
^es idées. L'élève apprend d'aborâ à traduiie , 



et la fonne gnmmaëcale de cbaqoe mel^ eue* 
tement reproduite par l'équivalent, sans avoir 
le moins du monde égard à la oonstructioa,^ 
génie, à l'élégance et à la clarté de la langue 
maternelle. C'est la traduction rigoureusemeat 
littérale de l'idiome étranger qui doit conduire 
rélève à le connaître à foiid. On oontiaue ainsi 
par degrés, de telle sorte que chaque pliraae noo- 
velle doit être parfaitementeompriseet en quelque 
sorte gravée dans la mémoire avant qa'on 
passe à la suivante , et on revient toujours sur 
les précédentes. Ponr faciliter à l'élève la répéti- 
tion de cet exercice, on lui met entre les niaias 
le te%te choisi pour la leçon avec une traductioD 
interlinéaire rigoureusement littérale. Aussitdt 
qu'il est parvenu à trouver la construction des 
phrases et à pouvoir comprendre tout seul, oa 
le fait lire le plui» possible afin de lui faire con- 
naître un plus grand nombre de roots. Alors il 
apprend la classification des mots , les rapports 
qui réMiltent de leur terminologie, les règles de 
leur association, et la grammaire devient enfin 
sa principale étude. Quand il est initié aux régies 
de la grammaire, il apprend de la môme manière 
à traduire de sa langue maternelle dans la langue 
étrangère, et bientôt il n'^rouve plus, de diffi- 
cultés à exprimer ses idées dans la langue qu'il 
cherche à s'approprier. A son apparition la mé- 
thode d'Hamiltcm fit sensation non-sealement en 
Amérique, mais encore en Angleterre , en Alle- 
magne et en France. £lle rencontra d'ardents 
adversaires, qui lui reprochèrent de trop se préoo 
cuper du but matériel de l'étude des langues et 
de négliger le développement de l'exercice de la 
faculté de penser ainsi que l'étude de la gn^m- 
maire, qui devenant l'accesaoire finirait par étn 
complètement négligée. D'un autre câté, la mé- 
thode d'Hamilton trouva de chauds partisans; oa 
l'appliqua avec succès en Allemagne, et ses avan- 
tages pour rétude des langues vivantes lurent 
généralement reconnus. Du reste cette méthode 
n*a rien de bien nouveau : il y a des siècles que 
l'hébreu s^nseigne aiasi parmi les Juifs , et il y 
a bien longtemps qu'il existe des traductions in- 
terlinéatrespour faciliter l'ensei^iement. W. 

Convér8aUonS''JLêxiion . 

«HAMiLYON ( William), célèbre philosophe 
écossais, né à Glasgow le 8 mars 1788, mort à 
Edimbourg, le 6 mai 1856, de rancienne famillr 
des Hamilton de Preston, dans le Haddington- 
shire, est sans contredit l!un des plus, recom* 
mandatées représentants de cette école dont 
Hutcheson ( vog. ce nom) avait été le fondateor. 
Après des études commencées à l'université de 
Glasgow, et achevées à celle d'Oxford , il entn 
en 18t3 au barreau, qu'il ne tarda pas à quitter 
pour la carrière de l'enseignement, vers laquelle 
l'attirait une véritable vocation. La première 
chaire qn'tl occupa à l'université d'Edimbourg 
fut ceHe de droit écossais, droit civil et histoire 
générale {Scoiland law, civil law, and uxh 
verset historg), La chaire de phiioeopliie nio- 



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4M 



raie ea œtte v^êm» université étj^H idor» ««QliipéQ 
par Dugald-Stewart, qui, ayant cessé ses ien 
çotts en 1810, eut pour adjaûit, puis pour suc- 
cesseur dans ses fonctions professorales Tho- 
mas Brown. Cet enseignement se trouvant mieux 
approprié aux travaux et aux goûts d'Hamilton,; 
la mort de Thomas Brown, arrivée en 1820, 
devint pour lui une occasion de se porter candidat 
à i'ancieoue chaire de Dugald-Stevirart i mais i^ 
rencontra un redoutable compétiteur dans John 
Wilson, qui dut sa nomination à l'influence po- 
litique des tories, Uen qu'il fût plus connu 
comme poëte que comme philosophe, et que les 
titres d'Hamilton fussent tout autrement sérieux 
que les siens. N'ayant pu arriver à la chaûre de 
philosopliie morale, Hamilton sollicita seize ans 
plus tard celle de logique et de métaphysique, 
devenae vacante en 1836 par la mort du D" Rit- 
cille, qui en était le titulaire. Cette fois Hamil- 
ton réussit, grâce à ses titres mieux appréciés, 
grâce aussi à l'efficace appui que lui prêtèrent 
ses anus d'Ecosse et de France. C'était au conseil 
municipal d'Edimbourg et au lord prévôt de 
celte ville , en leur qualité de patrons de l'uni- 
versité, qu'il appartenait de nommer à la chaire 
devenue vacante. Plusieurs prétendants se pré- 
seotaîent. Hamilton, dans la demande qu'il forma 
à cet eiïet, joignit à Ténumération de ses titres 
philosophiques une liste de certificats ( testimo^ 
niais ) , motivés et signés par dix-huit savants 
et lM)mmes de lettres do toutes les nation^ (1). 
Hamilton remplit en même temps quelques autres 
emplois universitaires , notamment celui de se- 
crétaire du sénat académique. En ISîie, Hamil- 
toa , engagé dans imc polémique contre les phré- 
noiygistes, qui alors avaient à leur tète Spurzhelm 
et le D' Georges Combes , lut à la Société royale 
d'Edimbourg un Mémoire sur les conséquences 



[V, Parmi cet pièces se trouvaient divers extraits de 
lettres écrites par M. Cousin ù un de ses amis, M. Pil- 
lans, professeur de littérature à l'université d'I^dlrobourgr, 
i l'occasion d'un article publié en 18S9 dans ia Reeuè 
d'Edimbourg, el une lettve . en date du l«r juipi isse, 
âdrcsacc par M- Cousin au même M. IMilaus dans lu but 
d'appuyrr la candidature de liamilton, « Ce qui caractérise 
X. llaiBllton . disait M. Cousin dans la dernière partie de 
cetle leUrc , c'est précLHément i'csprit écoAsals , et il n'eîït 
si ûliaché à la piiilosophlu de Rcid et de Stewart que 
parce que cette ptillosophie est l'esprit écossais lui-mèœe 
appliqué à la métaphysique. M. Hamilton ne s?ècartc Ja- 
atsLs (le la K^ande route du sens commun, en même 
Irinps qu'il a beaucoup, d'esprit et de sagacité, et je vous 
assure ( )e le sais par expérience ) que sa dialectique 
■'est naltemcnt commode à son adversaire Inférieur à 
Heid par rinveotion ci l'originalité, et à StewarC par la 
Krkc et par la délicitcsse , il est peut-être supérieur iK 
Ton et à l'autre , el certainement au second , par la vl* 
{tueur de la dialectique J'ajoute, et par retendue de l'6> 
radilion. M. HamiUon connaît loua les systèmes anciens 
't nouveaux , et il les examine h la crUiqoe de l'esprit 
6co«sals. Son indépendance est égale ù sa science ; ifr est 
«ortout émineot en logique. Je vous parlerai ici en 
bommc du méUer. Sachez que M. Hamilton est celui, de 
tous vas compatriotes qui connaît le mieux Aristole ; et 
''■I V a dans les trois royaumes de Su Majesté britàn- 
niqac une clialrc de logique vacante, n'tiésitez pas, hft- 
tavoos, donnez-la à M. llaniil«on. m ( M. Cousin, Frag. 
<« PhihfopMe, p. LXXV de la préface. ) 



pfKitiq^^kes (f« la théorie dey ftmUions d^ cer- 
veau du docteur Gall. De 1829 à lâ3€i, il puhUa 
dans la Revue d*Édimbourg un certain qombf^ 
d'articles, qui, joints à quelques .autre«i restés 
inédits jusque là, formèrent un volupté sous te 
titre suivant : JDi,scussions on philosopby an4 
littérature t éducation ^ a»d university re- 
/orm, çÂfiéj^u from tke Ëdinburgh {ieview, 
cojrrected ^ vin4icated 9 elarged in notes and 
appendices; Londres et Édunbourg, 1852, in-S"*. 
Celles d*entrecesdis^rtationsqui avaient été pu- 
bliées dans la Revtked^Édimbovtrg sontaunombre 
de quinte, à savoir } Philosophyoftke absolute» 
Cousin'Scbeltin^tOcUi^e 182U, publiée à l'occa- 
sionda livre de M. Cousin, intitulé: Introduction 
à r histoire de ta^ philosophie i Paris, 1828, 
in-a*», %t9^, en (r. par M. Peisse ;— Philosophy, 
of Perception : Reidand Bromn, octobre laaa: 
écrite k l'occasion de la tr^^luction des Œuvres 
complètes de Chômas Reid par Jûtuffroy». 
Paris, 1828-18^9, (| vol. ia-8''; trad. en fr. par 
M. Peisse; t'. JSpistoli» obscurort/^vi virorumz 
The national satyre o/ G^ermany; mai's. 1831», 
trad, en allemanùd par Yogjer; ^ Oxk the S^tate^ 
o/the English Vniver&UieSt withmoreespeçial 
référence te Oajordi juin et décembre 1831 1 

— On tke Revoluiiom oj Médecine^ in réfé- 
rence |o Callen. par Thomas Thompson; juillet ; 
1832 ; -r- logée , the récent english treatises of 
that science; avril 1833 : composée à l'occasion 
d'une douzained'ouvrages publiés pour la plupart 
à Oxt<>rd, et oA)tawment des Élênents^ de Lor 
gique par Ricliard Whatelv, docteur en théo- 
logie, principal du collège l^nt-Alban, Oecford et 
Londres, 1829, in^S" ; trad. en fr. par M. Peisse; 

— Education o/the people : Gfirrnan Schools; 
juillet 1833, publiée à l'occasion d^m rapport de 
M. Cousin au ministre de l'instruction publique; 
•— On the Patronage and Superintendance 
q/ Universities ;t avrU 1834 (1); — On the 
&tudy 0/ Malhematics, as an exercise ol 
mind; janviei: 183c : écrite, par Hamilton à l'oc- 
casion de l'wvrage $ui,Yant : Pensées siir VÉ- 
tude des Hathéniatiqufis,, comme partie de 
Véducation Ubéràlfi, p^ le révérend William 
Wheweil, i;oembre et tulteur de l'imiversité ^ 
Cambridge* 1 833, iA-8° ; trad. enfr. par M. Peisse; 

— Of the Conditions of classical Learning ^ 
with relfitiorii to the d^ence of classical 
instruction byyrof essor Pillaufi /octobre 1836. 
fndépendami^enli de ces articles » qui avaient 
déjà paru dans 1j^ Rievue d^ Edimbourg, le livre 
publié en 1852 par Hamilton renferme trois ap- 
pendices, et se termine par une lettre de Ha- 
milton à Auguste de Mor^n, du collège (te La 
Trinité à Cambridge, relativement à de nou- 
veaux principes que ce professeur prétendait 
avoir découverts dans la théorie du syllogisme. 

(A) Parpatronfdes universités anglaises il fbut entendre 
les individus ou corps chargés spécialement de pourvoir 
aux chaires vacantes, et ayant dans leurs attributions la 
direetlon morale et selentUk|ae de Fenaeigoeinent 



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âS5 



HAMÏLTON 



256 



Hamiltou a publié» également en 1852, une édi- 
tion des œuvres de Reid, sous ce titre : The 
Works qf Thomas Eeid, nowfulled collected^ 
wiih sélections from his unpublished letters, 
pre/acesj notes^and supplementary disserta- 
tions, gr. in-8« ; Edimbourg et Londres,! 852. Cette 
édition renferme, indépendamment des Œuvres 
complètes de Reid, que nous connaissons en 
France par la traduction qu*en a publiée M. JouF> 
froy, quelques lettres de Reid, que M. Jouffroy 
n'a pas données. La notice biographique sur Reid, 
par Dugald-Steirvart, est la même que celle qui 
se trouve , traduite en français, dans le premier 
volume de l'édition Jouffroy. Quant aux disser- 
tations supplémentaires composées par Hamil- 
ton et annexées à cette édition des Œuvres com- 
plètes de Thomas Reid, elles sont au nombre de 
cinq', sous les titres suivants : Dissertation on 
the philosophy ofcommon sensé ; — On presen- 
tative and représentative Knowledge; — On the 
various théories o/externalperception;^DiS' 
tinction of the prirMvy and sècondary qttor 
lities ofbody ; — Perception proper, and sen- 
sation proper, etc. Hamilton avait commencé, en 
1844, une édition, avec notes, des œuvres de Du- 
gald-Stewart; mais elle est restée inachevée. 

Un rôle spécial , ou tout au moins principal, 
peut être assigné à chacun d'entre les philoso- 
phes écossais. Hamilton fut le logicien de cette 
école , comme Hutcheson et Reid en avaient été 
les psychologues, Smith l'économiste, Ferguson 
le publiciste, Oswald le théologien, fieattie le 
moraliste. En maints endroits de ses écrits Ha- 
milton déplore le discrédit ou est tombée dans les 
universités de son pays l'étude de la logique. 
Mais tout en essayant, soit par l'exposition de ses 
propres idées, soit par la critique des idées et 
des systèmes d'autrui , de la relever de ce dis- 
crédit, il se montre peu favorable au fondateur 
de cette science. C'est à l'autorité d'Aristote qu'il 
attribue les notions inexactes qui régnent encore 
à regard de la nature et du domaine de la lo- 
gique. « Si Aristote, dit-il (1) , fit plus qu'aucun 
autre philosophe pour les progrès de la science, 
il contribua aussi plus qu'aucun autre à l'étouffer 
sous un bagage étranger et à l'empêcher de se 
développer sous une forme élégante et précise. » 
Les écrits de Hamilton sur la logique ont seule- 
ment pour objet les diverses espèces du syllo- 
gisme, ses règles, et notamment le syllogisme 
catégorique et le syllogisme hypothétique. En 
psychologie, Hamilton s'écarte en plusieurs 
points de la doctrine de Hutcheson et de Reid , 
notamment en ce qui concerne la conscience. 11 
considère la conscience bien moins comme une 
faculté particulière que comme une condition uni- 
verselle de l'intelligence. Il lui parait impossible 
de séparer la conscience des autres facultés , 
ou de séparer quelqu'une des facultés d'avec la 



(1) Art inmulé Logique (voir les Fragments^ trad.pAf 
M. Petsse). 



conscience ; il loi parait également impossible de 
concevoir une faculté qui connaisse les diverses 
opérations de Tesprit sans connaître en même 
temps leurs objets. « Je puis, dit Hamilton (1), 
sentir sans percevoir; je puis percevoir sansima- 
giner ; je puis imaginer sans me souvenir, me 
souvenir sans juger, et juger sans vouloir. Un 
de ces actes ne suppose pas Immédiatement 
l'autre. Quoique ce soient de simples modes d'ua 
même et indivisible sujet, ce sont des modes eo 
relation mutuelle , réellement distincts, et qui en 
conséquence admettent une distinction psyclio- 
logique. Mais la conscience peut-elle se réaliser 
autrement que dans certains modes spéciaux? 
Peut-elle exister séparément des autres facultés? 
Et si, d'autre part, ces facultés ne peuvent, toutes 
et chacune, s'exercer que sous la condition delà 
conscience, la conscience n'est donc pas un des 
modes particuliers auxquels on peut réduire notre 
activité intellectuelle, mais bien la forme fondamen- 
tale et la condition g^érique de tous ces modes. » 
C. Mallet. 
Fragments de PhllosopJiie par M. WilHam llamiUon, 
profeskenr de loglqae et de iDétapbysique à l'anivcrsm 
d'Édlœbourir, traduits de l'angUls par M. Loais Peisse, 
avec une préface , des notes et uu appendice du tradue* 
teur; Paris, 1840: — Revue des Deux Mondes, navatn 
du icr avril 1886 : L'Ecosse depuis ta Jtn du dix-sep' 
tième siècle et la Philosophie de.BamUUm. - The En- 
glish Cyclopœdia, conducted by Ctiaries Knlgbt, part. 
XLIX. 

l HAMILTON ( William-Richard), archéo- 
logue anglais, né à Londres, le 9 janvier 1777. n 
accompagna en 1799, comme secrétaire parti- 
culier, lord Ëlgin lors de son ambassade à Cons- 
tantinople, et fut chargé par cet ambassadeur de 
faire venir des artistes de Rome pour assister an 
choix et à l'acquisition des fameux marbres d'A- 
thènes, qui se voient aujourd'hui an Musée Bri- 
tannique. Ces marbres , avaient été embarqués 
sur le vaisseau Le Mentor, qui fit naufrage ea 
septembre 1803, à la hauteur de l'Ile de Gus : 
M. Hamilton, qui était à bord du Mentor, fit ve- 
nir des plongeurs de cette lie pour retirer du 
fond de la mer ces beaux monuments de l'ao- 
tiquité. Il entreprit vers la même époque un 
voyage en Egypte, et en publia les résultats 
(jEgyptian Monuments, etc.) en 1809. li fit 
paraître aussi en anglais les travaux du profes- 
seur Laeve sur Les Nuées et Les Oiseaux d'A- 
ristophane. M. Hamilton a été successivement 
de 1809 à 1822 sous-secrétaire d^État au nûois- 
tère des affaires étrangères, envoyé cxtraonti- 
naire de S. M. B. à la cour de Naples de 1822 
à 1825, et président de la Société Géographique 
de Londres en 1837 et en 1841. 

Son fils, John-William Hamilton, s'est fait 
connaître par la publication d'un Voyage en 
Asie Mineure, souvent cité par les géographes 
et les archéologues. X. 

DocwnetOt particuliers, 

(1) Théorie de la Perception» lïfW et Brôwmtnû. « 
fraDçais par L. Peisse. 



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K7 



HAMLET — HAMMARSKOELD 



258 



■AHLIT. Foy. AMam. 

HAMMAD, fondateur de la dynastie des Ham- 
nadidea, qal possédaient TAIgéne, mort en 419 
(1028). Il était fils de Yousonf fiologguin, lieute- 
nant da Fathimites en BaiiMirie, fondateur de la 
dynastie des Zéirides de Kaïrowanet de Tunis. 
Son ffèrè, Mansour^lni confia le gouTemementde 
Mestla et d'Asctnry forteresses situées dans la 
montagne de Titéri. Hammad ayant rendu de 
grands services à son oncle dans Uguerre contre 
lesZénatas qu'il soumit , fut nommé gouverneur 
inamovible des villes ci-dessus indiquées et de 
tontes celles qu'il conquerrait dans le Maghreb 
central (Algérie). En 398 ( 1007 ), il fonda Calah 
Beni-Hammad (district deHodna)»et y transporta 
les liabitants des villes de Mesila et de Haraza, 
qu'il détruisit de fond en comble. Il se mit en 
insurrection contre son suzerain, et contre le 
kliaiife fathimide Hakem, en 405 ( 1014), lors- 
que Badis lui réclama les villes de Tidjis et de 
Constantine pour les donner à son propre fils 
Moezz. S'étant emparé de Bougie, il excita à la 
réToite les sujets du souverain de Kû'rowan. Ce 
dernier marcha en personne contre son onde, 
qui, abandonné desZénatas et de la plupart de ses 
|iartisans, fot obligé de s'enfoirau delà du fleuve 
Chélif, dans la partie occidentale de ses États. 
Badis s'empara d'Ascbir, traversa le Chélit, et 
livra bataille à Hammad, qui fut vaincu par suite 
de la défection de ses troupes. 11 alla l'investir 
dans Calah Beni-Hammad ; mais il mourut subite- 
ment durant le siège en dzou'l-cadah 406 ( avril 
1016). Son fils Moezz fat immédiatement re- 
connu par les Zéirides. Ce prince de huit ans ne 
ptit empêcher son grand-oncle de reprendre As- 
chlr, mais il lui fit éprouver une défaite complète 
devant Begaïn (Bougie). Hammad fut forcé de 
lever le siège de cette ville, qui pins tard devint 
la capitale de ses successeurs. Il chargea son fils 
Caïd de négptkf un traité, qui fut conclu en 408 
(1017). Hammad fut reconnu souverain hérédi- 
taire et indépendant. Au nombre de ses posses- 
sions on comptait Mesila, Toboa, Aschir, Tehert, 
Ma^ra, le pays de Hodna, celui deZab, Mersa'd- 
deddjadj, Ccmstantine. 11 . eut pour successeur 
son fils Caïd. £. Bbauvois. 

n»n-Khaldoaa , BUt. dtt Berbèm» trad. par M. de 
Slaoe, L I, tSS ; II, 16-19, 4S-4S. 

BAMMABSKŒLD (/;oren2o), savant critique 
suédois, né à Tuna (gouvernement de Kalmar), le 
7 avril 1787, mort le 15 octobre 1827. Il fot reçu 
docteur en philosophie àUpsal, en 1812. Entré à 
la bibliothèque royale comme surnuméraire , en 
1806, il fut nommé bibliothécaire en 1826. S'é- 
tant marié en 1809, il fit de sa maison le lien 
de réunion des poètes et des littérateurs de 
Stockholm. Doué lui-même de talents poétiques 
assez remarquables, il fonda avec Atterbom 
l'école desPhosphoristes ou Atterbomistes , qui 
RMcéda à Fécole française, mais qui a dû céder 
la place à l'école gothique, fondée par Tegner et 
Geyer. Parmi ses ouvrages en vers, il suffît de 
MOUT. Moom. GéNén. — T. xxin. 



citer : Œfvenœttningar oehimitationer efler 
xldre och nyare Skalder ( Morceaux traduits 
et imités d'anciens et de nouveaux poètes) ; Stock- 
holm, 1806, in-8<*; — Imitation de VÉpître 
aux Pitons; ib., 1807, in-8*; — Traduction 
de 22 chants de Vlliade^ couronnée par l'Aca- 
démie de Gottenbourg, 1 809 ; — Kœrleksqvœden 
( Chants erotiques) ; Upsal, 1811, in-8° ; — Prins 
Gustajy K. Erik XI Vs. son (Le prince Gustave, 
fils de Eric XIV), tragédie; Strengnœs, 1812, 
in-8^; --Poetiska Studier (Études poétiques) ; 
Stockholm, 1813, recueil de poèmes déjà publiés ; 

— des pièces de vers dans le Calendrier poétique 
et dans la revue intitulée Phosphoros, 

Maisc'est surtout danssesouvragesd'histoireet 
de critique littéraire qu'il faut chercher l'influence 
qu'Hammarskœld a exercée sur la poésie sué- 
doise. Il est à regretter que l'esprit de système 
l'ait porté à méconnaître les mérites de Léopold, 
de Walerios, de Tegner. L'âpretédbses critiques 
lui fit beaucoup d'ennemis. L'Académie suédoise 
ayant décerné un prix à l'excellent l'ouvrage in- 
titulé : Historiska anteckningar rœrandefœrt- 
gangen och utveklingen a/ det philosophiska 
studium i Sverige (Remarques historiques sur 
les progrès et le développement des études phi- 
losophiques en Suède, depuis les temps les plus 
anciens jusqu'à nos jours), Stockholm, 1821, 
refusa de faire imprimer cet écrit dans son re- 
cueil, lorsqu'elle apprit que c'était une produc- 
tion de Hammarskoeld. On a encore de ce der- 
nier : Fœrsœk tilt en kritih œfver Fr, Schiller 
( Essai de critique sur Schiller ) ; Stockholm, 
1808 ; — Kritiska Bref rœrande Canc-râd, 
C.-G, af Leopolds Samlade Skrifter (Lettre 
critique sur les œuvres complètes de G.-G. de 
Léopold);ib., 1810, in^»; — Utkast till de biU 
dande Konsternas historia (Esquisse d'histoire 
des arts plastiques) ; ib., 1 817, in-8'* ; — Bellvin 
och Ellvina, ou l'Épreuve d'amour, nouvelle ; 
ib., 1817, in-12; — Fœrteckning pa de i Sve- 
rige Jran xldre till nœrvserande tider ut- 
komme Seholâs och undervisnings bœker (Ca- 
talogue des ouvrages d'éducation publiés en 
Suède depuis les temps les plus anciens jusqu'à 
nos jours); ib.; — Svenska Vitterheten (Les 
Belles -Lettres en Suède); ibid., 1818-1819, 
2e édition , remaniée et continuée par Sonden ; 
pour la période comprise entre 1810 et 1832 , 
ib., 1833 , in-8*'. Cet ouvrage est rempli d'ob- 
servations fines, profondes, originales, et de 
savantes recherches sur l'ancienne littérature. 
L'auteur, après avoir jeté un coup d'œil rapide 
sur chaque période et en avoir fait connaître la 
physionomie , donne des notices biographiques 
et critiques sur les principaux écrivains, avec 
une liste de leurs œuvres; — Brtftill en vasn 
om poemet Axel af Es, Tegner (Lettre à un 
ami sur le poëme d'Axel par Tegner); ib., 1822 ; 

— Erik J, Stagnelitis, notice sur cet auteur ; 
ib., 1823; — Repertorium fœr svenska Bok^ 
handel (Répertoire de Librairie suédoise),; ib.; 

9 



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25d 



HAMMARSKOELD - HAMMEtl 



260 



— GrHnddragen ttf philM<ïphiëns Siêtoria 
( Esquisse de l'histoire de la philosophie depnift 
les temps les plus anciens jusqu*à nos jours) ;ib., 
1826 1827, 3 Yol. in-6* ; — S^fti?4</a ofhandlifh 
gar œfver œmnen inom Philosophiens Ge- 
biet (Traités détachés sur divers sujets philo^ 
sophiques); Mariefred, 1827, id^S**. Il A publié 
en outre plusieurs ouvrages historiques ^ des 
traductions d*autenrs grecs et latins^ et réàigé 
des journaux. Ces demirs écrits contribuèrent 
moins à étendre sa réputation qu'à réparer les 
brèches qu'il avait faites à sa fortune par de mal* 
heureuses spéculations de librairie. On lui doit 
des éditions estimées des ouvrages suivants : 
Jomsvikinga^ Sagan, traduite en suédois par 
Adlerstam; Stockholm, 1815, in-4'*;— Creorg 
Stjernhjelms Vitteràets-Arbeten; ib., 1818, 
in-8"; — Svenska Folksagor; ib., 1819 (avec 
Inneiios); — Stagnelius Samlade skrifter; 
ib., 1824- 26,'3 vol. in-8«, 2* édit., 1830. 
E. Beàdvois. 
Minnenaf L. Hammankaldt StocUioliu, 18S7, oonU- 
naiit lies c-loges par Hedren et par Sonden. — Sonden, Sv. 
yitter., p. 564-567. — Lenstrœm, Sv. Poeslens hist., 4Ô8- 
410, 6M. --Svenakt Panthéon^ de H. Mellin^ltv. X, noUee 
ptr hkelnnd. - iiiogr. Ux , VI, m 65. 

* HAMMBR {^Christophe) ^ un des plus aj^- 
ciens orientalistes allemands, né en lô&O, à Hild- 
burghausen (duché de Saxe), où son père était pas- 
teur, mort le 19 mars lô97, 11 fut nommé pro- 
fesseur de langues orientales à léna en 1583. Il 
était d'opinion qu'il fallait attaquer les musul- 
mans non par les armes, mais par des traités de 
controverses écrits dans une des langues qu'ils 
entendent. On a de lui : Psedagogns Linguarum 
quinque orientalium : hebrœx , chaldseœ^ sg- 
riacœ, arabicas, asthiopicw^ cum introductione 
in lectionem armenicam; ~ Libri Hl de V 
Linguarum orientalium origine, convenientia, 
necessitate. fi. B. 

Zeamer, F'iUe Prqf. Jenemium, p. 97-98. — tiœtzlua , 
Elogia Phi toi. Hebrueorum; et Elogia Theol. Gerrfi., 
part. II, 1 — Zedier, Univ.-Ux. 

HAMMER-PURGSTALL (BarOU JoSBph DE) , 

célèbre orientaliste allemand, néà6r8et2,le9}uin 
t774, mort le 23 novembre 1856. Destiné à la 
profession de drogman, il fut, en 1787, placé 
à l'académie orientale de Vienne , où il s'exerça 
de bonne heure à parler l'arabe, le persan et 
le turc. A Vàge de dix -sept ans il soutint 
une conversation en cette dernière langue 
avec l'envoyé du sultan auprès de l'empereur 
d'Allemagne. Après un séjour de trois ans en 
Dalmatie, il se rendit à Constantinople , en 
1799, pour y remplir les fonctions d'inter- 
prète de l'internonce Herbert. L'année suivante, 
le gouvernement lui confia la mission de par- 
courir les consulats du Levant et de faire nn 
rapport sur l'état de la Syrie et de l'Egypte. 
De Hammer fit, en 1801, la campagne d'E- 
gypte comme secrétaire^tnterprète des généraux 
anglo-turcs. Il assista à hi conférence du grand- 
vizir à Jaffa et à la reddition d'Alexandrie. 
Retourné à Vienne par Malte, Gibraltar et l'An- 



gleterre, il quitta la Mpttale de VhJoMdm ao 
bout de quelques mois, et repartit poor Goos- 
tantinople avec le titre de secrétaire de léga- 
tion, en 1802. Il fut nommé agent diplomatique 
à Yassi en 1806. Rentré dans sa patrie en 1807, 
il ne s*e& éloigna plos que ponr quelques 
voyages de courte durée. En IftiO il fit partie, 
comme conseiller, de Tambassade qui se rendit 
à Paris pour assister aux noces de Mane^Louise. 
En I8iô, il fut chargé d'aller recevoir les ma- 
nuscrits orientaux qui avaient été transportés à 
Paris, à la suite de la prise de Vienne, en 1809. 
On lui offt-it la place de conservateur de cette 
collection ; mais il déclina cet honneur, qu'il avait 
mérité en augmentant la bibliotlièque impériale 
de Vienne de plusieurs manuscrite recueillis 
par lui en Orient, et en faisant restituer à l'Au- 
triche, par l'entremise de son ami Silvestre de 
Sacy, les ouvrages qui se trouvaient en double â 
la Bibliothèque impériale de Paris. De Hammer 
fbt nommé interprète de cour en 1816, et coq- 
seilleraulique en 1817. Ayant hérité des domaines 
des comtes dePurgstall, en 1837, il aiouXà leur 
nom au sien, et fut créé baron. U a laissé deai 
filles et on fils, qui est capitaine dans l'armée aotri- 
chienne. 

De Hammer, scrupuleux à s'acquitter de ses 
devoirs de religion, faisait ses prières en arabe. 
Il eut la singulière idée de se faire construire 
un tombeau, qu'il orna lui-même d'inscrip- 
tions et de sentences en dix langues. Ce mo- 
nument s'élève dans la vallée de Weidlin<;, 
non loin de Vienne. C'est là que ses dépouilie> 
mortelles ont été déposées. De Hammer coq 
serve jusqu'aux approches de la mort sa vigueur 
de corps et d'esprit. Sa belle et noble figure 
fut toujours à l'abri des atteintes de la décré- 
pitude. Lié dans sa jeunesse avec Wiela&d, 
Herder, Goethe et Jean de Millier, qui lui sug- 
géra l'idée d'écrire l'histoire de l'Empire Otto* 
man , encouraié et présenté par eux dans le 
monde, il parcourut la can-ière littéraire avec 
éclat, pendant plus d'un demi-siècle. Son père, 
qui était administrateur des domaines de l'État, 
le laissa mettre d'une belle fortune. A la faveur 
de cette circonstance, de Hammer put se livrer 
sans souci et sans relâche aux études de son 
choix. Dédaignant la mollesse, il vivait avec la 
plus grande sobriété et ne buvait jamais de vin. 
A l'âge de plus de quatre-vingts ans, il se levait 
encore à quatre heures du matin , et travaillait 
sans Interruption jusqu'à une heure de l'après- 
midi. Il pariait et écrivait dix langues étran- 
gères : l'arabe, le persan, le turc, le grec, le U- 
tin, l'italien, l'espagnol, le français, l'anglais A 
le russe. Mais ses connaissances en philoiojû^- 
étaient plus étendues que profondes. Il les a? ait 
acqniees plutôt par la lecture et par Tuf^age 
que par l'étude théorique des finesses et de^ 
difficultés de la grammaire. Les langues no- 
taient ponr lui qu'un instrument de recherches. 
Son but en les étudiant était de s'ouvrir accès 



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261 



HAMMER 



362 



à des sources abondantes de documents histo- 
riques ou de faits divers. Mais il n*eut pas tou- 
jours une parfaite intelligence des textes qu'il 
consultait. Ses ouvrages sont remplis d'une 
multitude d'erreurs, de contradictions , de contre 
sens, et même de non -sens, provenant de la 
hâte et de la négligence avec lesquelles il tra- 
Taillait. II se contentait trop souvent des conjec- 
tures qui se présentaient à son esprit. On pré- 
tend qu'il ne relut pas même une seule fois, avant 
Fimpression , THistoire de l'Empire Ottoman, 
qui est son ouvrage capital. Dans ses traduc- 
tions de poèmes orientaux, il se créa des diffî- 
euitës insurmontables en essayant de conserver 
k mètre de Toriginal éi de rendre vers pour 
vers, consonnance pour consonnance. Quoiqu'il 
ne fût pas étranger à la poésie , il n'a pu éviter 
de transposer et de tronquer les idées, ou de 
mettre les siennes en place de celles de l'au- 
teur. Écrivant assez bien le français, il crut 
pouvoir suivre le même système dans ses tra- 
ductions. Mais ses pièces de vers français sont 
tout-à fait médiocres et souvent inintelligibles. De 
Hammer manquait de goût et de talent d'exposi- 
tion. Ses récits sont diffus et chargés de faits qui 
la plupart sont sans portée, et qu'il aurait mieux 
valu négliger. À force d'étudier les auteurs orien- 
taux, il en était venu à penser et à s'exprimer 
comme eux. Non content de leur emprunter des 
métaphores hasardées, il prit leur manière de 
voir. On peut le considérer comme un Oriental 
qui se servait de mots et de termes allemands 
ou européens. C'est à cette tournure d'esprit 
qu'il faut attribuer plusieurs singularités que 
l'on rencontre dans ses ouvrages. Par exemple, 
jonant sur les nombres cabalistiques, il divise en 
sept périodes l'histoire de la poésie ottomane, 
et en 72 livres celle de l'Empire Ottoman. 11 a 
donné des notices de 200 poètes persans et de 
2,200 poètes turcs ; il déploya toute son éru- 
dition pour prouver par des exemples le rôle 
que le nombre neuf joue dans l'histoire des 
khans de Crimée. Il imita les Orientaux dans la 
plupart des titres qu'il mit en tète de ses tra- 
ductions. 

On vient d'énoncer les principaux reproches 
qui ont été articulés contre de Hammer par 
MM. de Diez, Hamaker, Frahœn, Schmidt, 
Senkowski, Fleischer, Weil, Silvestre de Sacy, 
Defremery , Schlottmann. De Hammer ne resta 
pa& sans répondre. 11 le fît avec une modé- 
ration et avec une aménité de formes que 
l'on ne saurait trop louer. Loin de garder ran- 
cune à ses adversaires, il vécut dans des rap- 
ports d'amitié avec plusieurs d'entre eux. Il ci- 
tait leurs ouvrages toutes les fois que l'occasion 
s'en présentait. Cette noble manière d'agir lui 
concilia IVstime et 1 affection universelles. Plu- 
sieurs orientalistes s'empressèrent de lui com- 
muniquer les manuscrits qui leur apparienaient 
ou qui étaient confiés à leur surveillance. Il s'est 
fait un devoir do reconnaître les services que 



lui avaient rendus à cet égard M. Reinaud et 
d'autres savants. L'académie de Vienne l'élut 
pour président lors de sa fondation, en 1847. Il 
était associé de l'Institut de France ( Académie 
des Inscriptions ) et membre de plus de cin- 
quante autres sociétés savantes d'Europe, d'A- 
mérique et d'Asie, aux travaux desquelles il 
concourait libéralement. Plusieurs universités 
lui décernèrent spontanément le titre de docteur, 
et plusieurs villes celui de bourgeois honoraire. 
Ses compatriotes reconnaissaient en lui le savant 
qui a fait le plus d'honneur à l'Autriche. Lors- 
qu'il se démit, en 1 839, de ses fonctions d'inter- 
prète, l'empereur lui écrivit, de sa propre main, 
une lettre très- flatteuse, où il lui annonçait que 
ses honoraires lui seraient conservés. De Ham- 
mer fut décoré par plus de vingt souverains , 
entre lesquels il faut citer le schah de Perse et 
le sultan, qui i'éleva au rang de grand-officier du 
Medjidié, en 1855. 

Aucun orientaliste avant lui n'a connu plus 
intimement les peuples musulmans et n'a au- 
tant contribué à nous faire connaître leurs 
mœurs, leur histoire et leur littérature. L'idée 
générale qu'il nous en donne est juste et vraie, 
quoique Ton doive effacer, corriger ou retran- 
cher quelques traits de détail dans l'ensemble 
de ses tableaux. Ses histoires politiques et lit- 
téraires sont plus complètes que tout ce qui a 
été écrit sur le même ^ujet soit en Europe, soit 
en Orient. Elles resteront la base de tous les ou- 
vrages du même genre. De Hammer déploya une 
activité sans égale. Il travaillait souvent à plusieurs 
ouvrages à la fois ; sa patience et sa persévérance 
dans ses projets méritent les plus grands éloges. 
Les seuls écrits qu'il ait laissés inachevés sont 
ceux dont il s'occupait quand la mort vint le sur- 
prendre. La plupart de ses entreprises ont un sin- 
gulier caractère de grandeur et d'originalité. Ja- 
mais il ne marcha sur les brisées d'autres orien- 
talistes. Grâce aux ressources que lui fournissait 
son érudition variée, il a pu exécuter ce que 
d'autres n'auraient osé entreprendre. 11 ne négli- 
geait aucune des sources nombreuses qui lui 
étaient accessibles. Le soin qu'il a eu de lesciter 
avec précision fait qu'il est facile de rectifier 
les erreurs qu'il a laissé échapper. De Ham- 
mer consacra une partie de sa fortune à la pu- 
blication d'ouvrages et de textes orientaux. Il 
mit en tête de l'un de ses écrits la devise sui- 
vante, qui peint bien son caractère : « Ce que je 
désire, ce n'est pas l'or, ni les jouissances qu'il 
procure, mais c'est l'honneur et la gloire qui 
doivent durer toujours. » La postérité ne lui re- 
fusera pas ce qui faisait l'unique objet de ses 
voeux et ce qu'il a mérité par son dévouement 
à la science et par les services qu'il lui a 
rendus. 

On a de lui : Die Be/reiung von Ahri (La 
Délivrance d'Acre); Vienne, 1799, in-4"; — 
Zeichnungen au/ einer Beise von Wien tie- 
ber Triest nach Venedig ( Esquisses d'un 

9. 



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263 



HAMM£R 



264 



voyage de Vienne à Venise par Trieste ) ; Ber- 
lin, 1800, in-8'»; 2* édit, \%n -, — Encyclopx- 
dische Uebersicht der Wissenschqflen des 
Orients (Coup d*œjl encyclopédiqae sur les 
sciences de l'Orient ) , traduit et extrait de sept 
ouvrages orientaux, et notamment du Diction- 
naire bibliographique de Hadji-Khalfah, avec la 
traduction de Tautobiographie de cet auteur; 
Leipzig, 1804, 2 tomes en 1 vol. in-8* : — Die 
Posaune des heiligen Kriegs (LaTrompetle de 
la guerre sainte) ; Berlin, 1806, in-S* : ouvrage 
anonyme, qui fit sensation et qui fut attribué à 
Jean de Muller; — Ancient alphabets andhie- 
roglypftic characters exptained, with an ac- 
count on the Egyptian priests, their classes, 
initiation and sacrifices, in the arabic lan- 
guage, by Ahmad bin-Abubakr bin-Wahshih 
(Ibn-Wahschiab), traduit en anglais; Londres, 
1806, pet, in-4°; — Schirin, poème imité du 
persan; Leipzig, 1809, 2 vol. in-8°; — Resmi 
Ahmed Efendi, gesandschaftliche Berichte 
(Relation d'ambassade, par Reismi Ahmed 
Efendi); Berlin, t809; — Topographische An- 
sichten gesammelt avf einer Reise in der 
Levante ( Vues topographîques recueillies dans 
un voyage au Levant); Vienne, 1811, in-8", 
avec plans et cartes ; ~~ Rumili nnd Bosna 
(La Homélie et Ja Bosnie ), traduit du Sjihan 
ISuma, géographie d'Hadji-Khalfah ; Vienne, 
1812, m-S'';— Histoire de la Littérature Tur- 
que , dans Literaturgeschichte de Eichhom ; 
Gœttingue, 1812, t. III, section 2; — Djafer, 
ou la chute des Bannécides, drame Ijîstori- 
que ; Vienne, in-8'' ; — Rosenoehl (Essence de 
roses ); Tubingue, 2 vol. in-8° ; — Sonnets de 
Spencer Smith , texte anglais et trad. allem. ; 
Vienne, 1816, în-8'; — Die Staatsverfassung 
und Staatsverwaltung «/« Osmanischen 
Reichs, dargestellt aus den Quellen seiner 
Grundgeseize (La Constitution et l'Administra- 
tion de l'Empire Ottoman exposées d'après les 
lois fondamentales); Vienne, 1815-1816. 2 vol. 
gr. in-8'*; — Morgenlxndisches Kleeblatt 
(Feuille de Trèfle oriental ), consistant en hym- 
nes persans et arabes , en élégies et églogues 
turques; Vienne, 1818, in-4"; — Geschichte 
der schoenen^Redekûnste Persiens (Histoire 
des Belles-Lettres en Perse); Vienne, 1818, 
in-4*' : contenant des notices et des extraits de 
deux cents poètes; — Mysterium Baphometis 
revelatum; Vienne, 1818, in-fol., et dans le t. VI 
des Mines de VOrient. L'auteur prétend prouver, 
d'après les emblèmes placés sur les monuments 
possédés autrefois par les templiers, que cet 
ordre était coupable des crimes dont on l'accusa. 
Quoique Raynouard l'ait solidement réfuté dans 
]e Journaldes Savants, 1819, Hammer persista 
dans son opinion, et l'appuya de quelques nou- 
veaux arguments, contenus dans un mémoire qui 
fut inséré dans les Mémoires de V Académie de 
Vienne, 1855; — Umblick au/einer Reise von 
Konstantinopel nach dem Olympes und von 



da zurueek veber Niexa und Nicomedia 
(Coup d'œil sur un voyage de Constantinople à 
l'Olympe, et sur le retour par Nicée et Nicomé- 
die); Pesth, 1818, in4*, avec carte, pi. et ins- 
cript. ; — Geschichte der Assassinen ; Stutt- 
gard et Tubingue, 1818, gr. in-80; trad. ea 
franc, par J.-J. Hetlert et P.-A. de La Nourais; 
Histoire des Assassins; Paris, 1833, in-8° : 
l'auteur fait des rapprochements curieux entre 
la secte des Assassins ou Haschischin {voy. 
Hasan ben-Sabbah ) et les templiers, les francs- 
maçons, les jésuites; — Jucelenschnuere 
Abul-MaanVs (Collier de pierres précieuses 
d'Abou'l-Maani), tradnit d'un poète persan 
inconnu; Vienne, 1822, in-8**; — Constan- 
tinopolis und der Bosporus œrtlich und 
geschichtlich beschrieben (Description topo- 
graphique et historique de Constantinople et 
du Bosphore) ; Peslii, 1822, 2 vol. in-8*',aTec 
120 inscriptions, 2 cartes et une traduction do 
Bordah, poème arabe de Bousiri; — Drei- 
klang Memnons (Triple son de Memnon); 
Vienne, 1823 ; -— Motenebbi der grœsste ara- 
bische Dichter (Motenebbi, le plus grand des 
poètes arabes) , traduit entièrement en vers et 
pour la première fois; Vienne, 1824, in-8*; - 
Baki desgrœssten tuerkischen Lyrikers Divan 
(Divan de Baki, le plus grand des poètes lyriques 
turcs); ibid., 1825, in-8»; — Sur les origines 
russes, mémoires extraits de manuscrits orien- 
taux, avec des textes; Saint-Pétersbourg, lS2i>, 
in- 4°; — Geschichte des Osmanischen Reichs; 
Vienne, 1827-1834, 2^ édition, améliorée; 183^ 
1836, 4 vol. in-8', trad. par Dochez , Paris, 1844, 
3 vol. gr. in-8*, et par J.-J. Hellert; Histoire 
de V Empire Ottoman ;Vm&, 1835-1843, l8vol. 
in-8°, avec des pièces justificatives et un atlas. 
Les t. XVIïetXVIU renferment une liste desdi- 
gnités de l'empire et une liste de 244 dynasties 
musulmanes, traduites de l'ouvrage de Ahmed 
Mewlewî, une liste des ambassades reçues et en- 
voyées par le sultan ; des tables des quartiers, des 
mosquées et des écoles de Constantinople, etc. 
L'auteur s'est arrêté à la paix de Kaïnardji, en 
1774. Il passa trente ans à réunir les documents 
de cette histoire, qu'il a tirée de manuscrits orien- 
taux et des archives de Saint-Marc à Venise, de 
celles devienne, et de tous les ouvragps publiés 
en Europe sur l'Empire Ottoman ; — Gui u Bul- 
but (La Rose et le Rossignol) , poème de FazU 
ou Fadhli, texte turc «t trad. allem.; Pesth, 
1834, in-8°; -- Narrative of Travels in En- 
ropa, Asiaand Africa in the seventeenth cen- 
tury, by ffw/ya-^/cwrfi, traduction abrégée en 
anglais; Londres, t. 1, 1824-!846,t. II, partie I, 
1850, in-4*'. Le reste de cet ouvrage, publié par 
le comité des traductions orientales, n'a pas été 
im^nmé',-^ De V Administration territoriale 
sous les khalifes; Berlin, 1845; - Zamacfh 
schari's goldene Halsba^nder ( Colliers d'Or, 
par Zumakhschari); Vienne, 1835, in-S". La 
traduction de ce recueil de sentences est très- 



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265 



HAMMER 



266 



inexacte; — Gtschichte der Osmanischen 
Dkhtkunst (Histoire de la Poésie ottomane 
jusqu'à nos jours ), avec des extraits traduits de 
2,200 poètes; Pesth, 1836-1838, 4 vol. in-8** : 
les Turcs n*ont point dans leur langue d'his- 
toire littéraire aussi étendue. De Hammer y 
a admis des noms qui ne sont guère connus en 
Orient et qui ne méritent pas de Tètre en Eu- 
rope; — Gemaeldesaal der Lebenbeschrei- 
bungen grosser moslimischer fferrscker der 
ertten sieben Jahrunderte der Hidschret 
(Galerie de notices biographiques des grands 
sourerains musulmans des sept premiers siè- 
cles de l'hégire); Leipzig et Darmstadt, 1837- 
1839, 6 petits volumes in-8* ; cet ouvrage con- 
fient une cinquantaine de biographies; — ilfaA- 
viud SchehbisterVs Rosenflur der Geheimnisse 
(Parterre de roses des secrets, par Mahmoud 
Sehehbisteri), texte persan et trad. du poëme 
intitulé GuUchen roa; Vienne, 1838, in-12; — 
Kind ! die beruhmte ethische Abhandlung 
Ghasali's ( O enfant! célèbre traité de morale 
par Ghazali); ibid., 1838, in-12; — Denh- 
maie, etc. (Monument sur la tombe des deux 
Hemiers comtes dePurgstall), avec un extrait 
des lettres de l'un d'eux ; Vienne, 1850, in-8'> ; 
—Essai sur les écoles musicales chez les Arabes 
et les Persans, dans DieMusik der Araber, de 
R.-G. Kiesewetter; Leipzig, 1842, in-4» : cet 
auteur écrivit d'après dix-huit traités arabes, 
persans, turcs, qui lui furrat traduits oralement 
par De Hammer; — Falknerklee bestehend 
in drey ungedruckten Werken ueber die 
Falknerey ( Le Trèfle du fauconnier, consistant 
en trois ouvrages inédits sur la fauconnerie ), 
textes grec et turc, accompagnes d'une traduct. ; 
Vienne, 1840, in-8'*; — Geschichte der gol- 
denen Horde in Ktptsehak, dos ist der Mon- 
golen in Rtusland ( Histoire de la horde d'Or 
flans le Kipstehafc , c'est-à-dire des Mongols en 
Bussie); Pcsth, iUO, m-S'*; — Geschichte der 
llchane (Histoires des Ilkhans); Darmstadt, 
1842-1843, 2 vol. pet. in-4® : c'est une histoire 
des Mongols de Perse; il y est traité de Torga- 
nisalion de l'empire, de la littératore, des 
nwRors des habitants, etc. ; — Zeitwarte des 
GébtteSy livre de prières en arabe et en alle- 
mand; Vienne, 1844, in-12; — KkesVs des 
Cardinals Leben (Vie du cardinal Khesl); 
itNd., 1848-1851, 4 vol. ; — Literaturgeschi- 
chte der Araber ( Histoire littéraûre des Ara- 
bes), depuis son origine jusqu'au douzième 
siècle de l'hégire (dix-huitième de Jésus-Christ) ; 
Vienne, 1850-1856, 7 vol. in-4^ Le dernier 
s'arrête à la chute du khalifat de Baghdad 
en 656 ( 1258 ). Cet ouvrage devait comprendre 
douze volumes. Ceux qui ont paru contiennent 
environ 10,000 notices biographiques et biblio- 
{^phiqnes, disposées par ordre systématique. Il 
y est traité non-seulement des écrivains, mais 
encore des princes et des vizirs qui ont protégé 
les lettres, des chefs de secte, des traditionnistes, 



des jurisconsultes, des médecins, des voyageurs, 
des chanteurs, des femmes auteurs, eto. De 
Hammer y a inséré d'amples extraits et des 
fragments traduits des principales anthologies 
arabes; il s'est contenté de traduire ou d'a- 
bréger les divers documents relatifs h chaque 
personnage; — Dos arabische Hohe Lied der 
Liebe, das ist Ibn o/'Faridh's Taijet (Le 
Cantique des Cantiques des Arabes, c'est-à-dire 
te Taiyet de Omar Ibn-al-Faridh ), texte arabe 
et trad. allem. avec un commentaire et une in- 
troduction relative au mysticisme chez les Ara- 
bes; Vienne, 1854, in-8«; — Portrxtgcdlerie 
des Steiernuerkischen Adels ( Galerie des por- 
traits de la noblesse de Styrie), avec un texte 
explicatif; Vienne, 1855; d'après la collection 
de tableaux qui se trouvent dans le château de 
l'auteur à Hainburg ; — Geschichte der Khane 
der Krim (Histoire des Khans de Crimée); 
Vienne, 1856, in-8'* ; — Geschichte Wassafs 
(Histoire par Wassaf), texte persan et traduc- 
tion ) ; Vienne, 1856, in-4^, 1. 1 : M. Pfitzmaier 
s'est chargé de la publication du t. II, qui était 
achevé lors delà mort de l'auteur;— I>enku)ûr^ 
digkeiten aus meinem Leben (Particularités 
remarquables de ma vie), sous presse. Ces mé- 
moires sont très-détaill^. De Hammer a laissé 
en manuscrit plusieurs autres ouvrages, qu'une 
de ses filles s'occupe de mettre en ordre , pour 
livrer à l'impression ce qui mérite d'être publié. 
Quelques années avant sa mort il remit à M. B. 
Poujoolat une traduction française du roman de 
Anter, qui n'a pas encore paru. De Hammer a 
fourni des articles et des mémoires dans les re- 
vues , journaux ou recueils suivants : Mines de 
VOrienty dont il fut rédacteur en chef ; Vienne, 
1809-1820, 6 vol. in-fol. ; — Archivfur Geo- 
graphie-historie-statistik-und Kriegskunst ; 
— Steiermxrkische Zeitschrijt; — Biblto- 
theca italiana, t. IV; MUan, 1828, in-8*'; — 
Mémoires (Denkschriften) de l'Académie de 
Munich;— i4c^es de V Académie des Sciences de 
Turin; — Mémoires et Comptes-rendus des 
séances de P Académie de Vienne; 1847-1857 , 
in-4° ; — Jahrbucher der LUteratur ( Annales 
de Vienne) ; ^Journal Asiatique de Paris ;^ 
Journal Asiatique du Bengale'^; ^ Transac' 
tions et Journal de la Société Asiatique de 
Grande-Bretagne et d'Irlande; — Journal de 
la Société Asiatique allemande ; eto. Ces articles 
réunis aux ouvrages cités plus hauts formeraient 
plus de cent volumes m-8*'. 

E. Beauvois. 
OEsterreicMseke National-encyelopœdie , 18S5. — 
Ctmvertat.-Lex. — J. MohI, Rapport annoel dans Jour- 
nal jisiat. de Paris, 18S7. — De Dfez, Impertinence et 
fourberies en littérature orientale, avec plusieurs 
centaines de preuves de Vignorance grossière de M- de 
Hammer dans les langues et dans les sciences; Halle, 
]8lS,in-8«, et dans le t. Il des DenkicûnUgkeiten. — 
Éloges, dan& AUgemein» Zeitung, par M. Dinbreit, 1866, 
Qo S46 ; par un anonyme. 18(7, d"4; par M. FaUmerayer, 
1S57, n<» 86, 87. — K. Schlottmann, Joseph von Hammer- 
Purgstail, ein iritiseher BeUrag zur GeseMekte 
neuerer detttse/ier H^issenschaft; Zuricb, 1887 (7? p*)« 



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267 



HAMMER — HABfMERLEm 



in 8». — Notices sur les ouvrages de M. de Hammer, dans 
le Magasin enetclopédigue ae ilf»//|i|et4aD8 le Journal 
des Sanants, par de Sacy ; dans le Journal asiatique, 
dans les Gelehrte Jnzeigên de Munich, daus VMlg, Zei- 
Itm^ydans VAtheneumût Londres. 

:hammericb (FrédériC'Pierre-Adolphe), 
poète et historien danois , né le 9 août 1809, à 
Copenhague, oîi son père était eommerçant en 
gros. Il passa en 1830 l'examen de fonction- 
naire ecclésiastique, fat reçu en 1834 docteur 
en philosophie, et nommé en 1839 pastenr de 
Starup et Nebel en Jutland. Mais la faihlesse de 
sa santé le força de se démettre de cette charge. 
Il se retira à Copenhague, où il fit, au milieu 
d'un nombreux auditoire, des leçons sur i'iiis- 
foire civile et ecclésiastique du Danemark. 
Nommé pasteur de l'église de La Trinité en 1843, 
M. Hammerich se joignit, en qualité d*aum6- 
nier, aux troupes danoises qni firent les cam* 
pagnes du Schleswig-Holstein, et ne reprit ses 
fonctions à Copenhague qu'après la conclusion 
de la paix. Depuis 1846 il est rapporteur du co- 
mité qui a publié le Livre du Chant pour VÉ- 
glise danoise: Copenhague, 18ô2. Il a été l'un 
des fondateurs ( 1849) de la société pour l'his- 
toire ecclésiastique du Danemark, dont les 
membres ont déjà publié plusieurs volumes de 
mémoires. Quoique très - attaché à la religion 
de son pays, Hammerich n'a jamais été partisan 
de l'intolérance. On a de lui : De Remberio, 
archiepiscopo ffamburgo - Bremensi ; Copen- 
hague, 1834; — Skandinavïske Reiseminder 
(Souvenirs de Voyage en Scandinavie); ibid., 
1840, 1 vol. gr. in-8<> ; -r- Christian II % Sv€' 
rige og Karl X Gustav i Danmark (Chris- 
tian H en Suède et Charles X Gustave en Da- 
nemark); ibid., 1847; — Danmark i Valde^ 
marernes Tid ( Le Danemark au temps des 
Waldemar, 1157-1375); ibid., 1847-1848, 2 vol. 
in-S**-, — Danmark under de nordiske Rigers 
Forening ( Le Danemark au temps de l'union 
des trois royaumes Scandinaves, 1375-1523); 
ibid., 1849, in-8** ; — Skildringer fra den 
Slesvigske Krig ( Esquisses de la Guerre du 
Schleswig) ; ibid., 1849, în-8°, avec 3 cartes ; — 
Det tredie Slesvigske Feldtog ( La troisième 
Campagne du Schleswig) } ibid., 2* édit., 1851, 
avec 4 cartes;*^ Den Slesvigske Treaarskrig 
( La Guerre triennale de Schleswig) ; Hadersie- 
ben, 1 852, in-8° ; — Danmark under Adels- 
vsèlden (Le Danemark sous le gouvernement de 
la noblesse, 1523-1669); Copenhague, 1856; | 
— Kirkehistoriske Foredrag til Belysning j 
a/de danske Kirkespcprgsmaal ( Récits d'his- j 
toire ecclésiastique, servant à éclaircir les ques- | 
tions religieuses en Danemark ). Ces ouvragées 
sont remplis de recherches intéressantes et 
écrits d'un style très-agréable. M. Hammerich 
a publié dans Brage et tdun , de Barfod , la 
relation de quelques-uns des voyages qu'il a faits 
dans, la péninsule Scandinave, en Angleterre, 
et en Italie. Il s'est aussi fait connaître comme 
f)oëte. Ses écrite eu vers sont ; (ielfesange 



(Chants héroïques); Copenhague, 1841; - 
TcUfleau de la vie artistique de Thorwald 
ssn; ibid., 1844; — £« Réveil du Danemark i 
ibid., 1848; ^Poésies schleswickoises ; ibid., 
1848 ; — Chants bibliques; 1852, etc. 

Son frère, Martin- Jean Hammerich, né le 
4 décembre 1 81 1 , a beaucoup voyagé en Europe. 
II fut nommé en 1841 docens en sanscrit àTo- 
niversité de Copenhague, et en 1842 directeur 
de l'école de Christianshayn. On a de loi : Om 
Ragnaroksmythen ( Sur le Mythe de Ragnarok, 
et sur son importance dans la mythologie Scandi- 
nave ) ; Copenhague, 1836 ; -^Om det munit- 
lige Foredrag ( Sur l'enseigneraent oral) ; ibid., 
1841 ; une traduc^on danoise de Sacouniala, 
drame sanscrit, 1845, gr. in-8°,etc., etc. B. 
Ersiew, Forf.-LegB. — Convers.-Jjsx. 

mkumwLWLiMVi (Féliss)y en latin Malleolus, 
théologien suisse, né à Zurich, en 1389, mort après 
1457. Après avoir étudié le droit canon àTum- 
versité d'Erfurt, il fit un voyage à Rome. De re- 
tour en Suisse, H fut nommé, en 1421, chanoine à 
Zolfingue, et Tannée suivante prévôt de Solenre. 
Avec les revenus de ces bénéfices il se procara 
une riche bibliothèque. Appelé à l'office de 
chantre à Zurich, il prit part au concile de Bâle. 
Il s'y fit remarquer par son zèle pour le réta- 
blissement de la discipline ecclésiatiqoe, et s'at- 
tira ainsi de nombreux ennemis, qui attentèrent à 
sa vie en 1439 en le blessant dangereusement. H 
n'en continua pas moins à censurer la vie de ses 
collègues les chanoines de Zurich, qui essayèrent 
en vain de lui imposer silence en lai retirant les 
émoluments de sa prébende. Le chapitre XXX de 
son traité De Nobilitafe, dans lequel il parlait 
avec animosité des confédérés suisses qui 
avaient fait en 1443 la guerre à sa ville natale, 
loi attira la haine d'une partie de ses compatriotes. 
Beancoup d'entre eux, s'étant rendus à Zurich ai 
1454 lors du carnaval , s'emparèrent de Ham- 
merlein, le traînèrent à Constance, où il fat jeté 
en prison et traité avec cruauté. N'ayant rien 
voulu rétracter de ses écrits , il fut condamné à 
une détention perpétuelle dans un couvent. Con- 
duit à Luceme, dans un monastère de moines 
déchaussés, il y mourut, martyr de son dévoue- 
ment pour la justice et la vérité. On a de lui : 
Varias Oblectationis Opuscula et Tract attis; 
Bâle, 1497, in-fol.; ce recueil, publié par Séb. 
Brandt, contient : Contra validas medicantes , 
satire que Melchior Goldast a traduite en alle- 
mand; De Bxorcismis; Tractatus alius rif 
Exorcismis etadjurationibus ; De Credulifate 
demonibus adhibenda : imprimés dans le re- 
cueil qui a pour titre Malleus Maleficarum, t. Il ; 
— Contra Anachoritas Beyhardos; Zollhar- 
dorum Descriplio; De Negolio Monachorum; 
De plebeianis et religiosis Mendicantibus m 
prœdicationis et confessionis officia se in- 
vicem impedientibus ; Contra négligentes di- 
vinum eultum; De Arbore toreulari ducendo 
in die/esto: De Matrimonio, inséré dans le 



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Î69 HAMMERLEIN — HAMMOND 

t. IX des Traetatus Juris; Contra quemdam 

wperbum Cleneum ; De Libertate ecclesicu- 

tica; De Boni et Mali Occasione; De Con- 

traetibus qui obstagia dicuntur ; Doctoratus 

instuUitia; Contra iniquos Judices ; Dialogus 

de Consolatione inique suppressorum ; De No- 

Mitateet Rusticitate Dialogus ; — De Suiten- 

num Ortu, nomine^ confederatione et quibus» 

dam (utinam bené) gestis; Processus coram Deo 

habitus inter nobiles et Thuricenses ex una 

et Suitenses ex alteray édition gothique , sans 

date ni lieu, très-rare. — On a encore de Ham- 

merteiii<|uelqDes onTrages manusdrits conservés 

à la bibliothèque collégiale de Zurich {voy. Bod- 

mer et Breitinger, Helvetische Bibliotheh; Zu- 

ricli, 1735). 

E. G* et L— z— E. 
HotUnger, Sekmia TiguHna, p. n. — J.-A. Fabrlclas, 
Bibliotheca médite et in/imm LatitMatis, ~ Nicéron, 
IHem., t. XXVIII, - Zedier. i:n%v. Uxilsùn. - Meiater, 
Berûhmte ZUrcher, t. I. - Hailer, SchweizerlfMioihék. 
- Ench et Gruber, B^tyclopMdie. 

* BAMMBRBR (Jean ), architecte, statuaire 
et sculpteur alsacien, successeur de Jacques de 
Landshut , dirigea des travaux à la cathédrale 
de Strasbourg depuis l'année 1510 jusqu'en 
1Ô20. Il est aussi l'aiiteor de la chaire remar- 
quable en pierre qu'on voit encore aujourd'hui 
dans la nef principale de la cathédrale de Stras- 
bourg, et qui date de Tannée 1486. Placée contre 
le quatrième pilier septentrional de gauche de 
la nîef en eotrant par le porUul, elle a été conçue 
et commandée pour le célèbre prédicateur Jean 
Geiler de Kaisersberg. Comme tous ses cou- 
temporaias, Hammerer représente les dernières 
tentatives de l'art architectural du moyen âge, 
qui à la fin du quinzième siècle se noyait dans 
la profusion des accessoires. On n'aperçoit en- 
core aucune trace de la Renaissance dans les 
œuvres de ce maître. D. RàMéE.' 

M. Oscam SehatfieiM, Swnmwn ArçentoreAensium 
Tcmplum; das ist, Attsfûhrliche und eigendtlicbê 
BesehreibUTiç desz vifl kilnstlichen , sehr kostharen 
md in aHer tf^elt berû/imten Munsters zu Strass- 
burg. etc ; .Strasbourg, leiT, la 4». — Michael Kleinlawei, 
Strasslmrtjische Chronick, 162â. — Tb. Scbuler. Oer 
Strastnirger MUnster, 1817. 

HAMMOND (Henry) y théologien anglais, né 
)e 18 aoAt 1fl05, à Chertsey , dans le comté de 
Surrey, mort le 2S avril 1660. Son père était 
{irf'tDier chirurgien de Henri, prince de Galles. 
Après avoir fait ses études au collège d'Eton et 
à l'université d'Oxford , il entra dans les ordres 
et devint recteur de Penshurst dans le comté de 
Kent, puis en 1643 archidiacre de Chichester. 
IVndant la guerre civile , il se prononça si forte- 
ment pour la cause royale que le parlement 
promit une somme de 100 livres sterK à celui qui 
l'arrêterait. Cette proscription le força de se re- 
tirer à Oxford. En 1645 il fut un des députés de 
Charles 1*' aux conférences d'Unbridge , et il s'y 
<1i>tingua par une vive discussion contre Richard 
Vines. Son zèle royaliste fut recompensé par 
la place de chanoine de Christ- Chu rch. Mais la 
ranse qu'il servait fut bientôt perdue sans res- 



270 

source. Il suivit le roi prisonnier è Wobom, à 
Hampton , à Carisbrook-Castle , et lui servit de 
chapelain. £n 1648 les parlementaires le privèrent 
de ses bénéfices ecclésiastiques, et le firent 
même arrêter. Rendu à la liberié après un em- 
prisonnement de quelques mois , il se retira à 
Westwood-Park, aupr^ de son ami sir John Pao- 
kington, et y vécut tranquillement jusqu'à la 
restauration. Il fut nommé en 1660 évêque de 
Worcester par Chartes II ; mais il monrnt avant 
d'avoir été consacré. Hammond ftit un orateur 
très-remarquable ; il occupa aussi comme écrivain 
une place distinguée parmi les docteurs de l'É^e 
anglicane. Son prindpal ouvrage est intitulé : 
Paraphrase and AnnoteUions on the New 
Testament; 1653-1656. Leclerc en a donné une 
traduction latine avec des notes; Amsterdam, 
1698, 2 vol. in- 4^. Hammond avait commencé 
un travail du même genre sur tous les livres de 
V Ancien Testament; il le poursuivit jusqu'à la 
troisième partie du Livre des Proverbes , mais 
il ne publia que la Paraphrase des Psaumes. 
Les ouvrages publiés ou manuscrits de Ham- 
mond furent recueillis par son secrétaire Wil- 
liam Fulman ; 1684, 4 vol. in^**. Peek donna en 
1739 une collection de ses lettres. Z. 

Bisbop Frll, U/e of Hammond ;iMU l»-l> — Bloçra- 
phia BriUinuicu. -> Wordftwortl), Eccéetitutieat Béoçra- 
phy. 

HAMMOND (Anthony), poète anglais, né à 
Somersham-Place ( comté d'Hunlingdon ) , en 
1668, mort en 1738. Il fut élevé au collège 
Saint-John à Cambridge. Membre du parlement 
et commissaire de la marine , il occupa une place 
distinguée parmi les écrivains , les orateurs et 
les hommes d'esprit de son temps. Bolingbroke 
l'appelait Hammond à la langue d^argent. En 
1720 il publia A new Miscellany of original 
Poems , recueil dans lequel il entrait lui-même 
ponr une large part. Ami intime de Moyle, bien 
(^u'il eût avec lui de fréquentes discussions dans 
les réunions littéraires de Moynwaring's Coffee 
House dans Fleet-Street , et de Grecian Coffee 
House près du Temple, il écrivit la Notice sur 
sa vîe et ses écrits placée en tète de ses Œuvres 
en 1727. Hammond mourut dans la prison pour 
dettes. Z. 

f^ost,' New gênerai Biographical Dietionary. 

HAMMOND (James), poète anglais, fils du 
précédent, né en 1710, mort en 1742. 11 fut élevé 
à Westminster- school, où il se lia intimement avec 
les lords Cobbam , Chesterfiçld et Lyttleton. Il 
devint écuyer de Frédéric, prince de Galles , et 
fut élu en 1741 membre du pj^rlement pour 
Truro. Un attachement, non payé de retour, qui 
dérangea sa santé et peut-être sa raison, abrégea 
ses jours. Miss Dashwood, objet de celte passion 
malheureuse , mourut trente-huit ans plus tard, 
femme de chambre de la reine. Hammond chanta 
son amour dans des élégies (Love Elégies) qui 
parurent peu après sa mort, avec une préface de 
lord Chesterfield. Ce sont des imitations de 
1 Tibulle; mais des sentiments vrais se font jour 



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271 



HAMMOND — HAMON 



m 



à travers cette copie da poète latiu. Johnson a 
parlé de ces élégies avec un extrême dédain ; 
elles ont pourtant trouvé des admirateurs, et ont 
été réimprimées dans un recueil de poésies in- 
titulé: The Laurel; Londres, 1806, in-18. 

Z. 
AlUn, General Biography, * Canapbetl« Specimeiu Cff 
Brltish Poets, 

* HAMMOND (Jean), écrivain norvégien, 
né le 24 septembre 1734, mort en 1792. Après 
avoir été aumônier de l'hôpital de Trondhjem 
(depuis 1760) et de la paroisse luthérienne à 
Londres (1774), il Tut nommé pasteur de Bra- 
gnses et Strœmsœ (département de Buskcrud). 
On a de lui : Den nordiske missions Historié 
i Nordlandene og Finmarken tU Lappers og 
Finners omvendelse (Histoire des missions 
dans le Kordland et le Finmark pour la conver- 
sion des Lapons et des Finois); Copenhague, 
1787, in-8<*, ouvrage qui renfenpe des détails 
intéressants; — des sermons et des traductions 
de rallemand en danois. £. B. 

Nyerup et KrjBft, UL-Lex. 

* HAMON (Saint), né au commencement du 
douzième siècle dans le diocèse de Rennes, mort 
àTabbaye de Savigny (diocèse d*Avranches), le 
30 avril 1173. Il passa sa première jeunesse dans 
le monde, qu'il quitta pour entrer dans cette ab- 
baye. Élevé à la prêtrise par saint Geoffroy, 
qui lui confia l'emploi de confesseur de l'abbaye 
(le Savigny , il forma un grand nombre de dis- 
ciples, dont les plus remarquables furent saint 
Pierre d'Avranches , religieux de Savigny , et 
la B. Beigoigne, religieuse de Mortain. Ce fut 
en considération de sa piété et de ses vertus que 
Henri II , roi d'Angleterre et duc de Normandie, 
qui tenait sa cour à Domfront , délivra des lettres 
patentes confirmattves des privilèges que ses 
deux successeurs immédiats avaient accordés à 
l'abbaye de Savigny, où l'on conservait, dit 
D. Ménard, douze volumes de ses ouvrages. Une 
vie anonyme de Hamon , que Ton croit avoir été 
écrite par Etienne de Fougères, évêque de 
Rennes, son contemporain, lui donne le titre de 
saint , consacré par les religieux de Savigny, qui, 
tous les jours, taisaient à l'office mention de cinq 
saints, au nombre desquels Hamon était compris. 

P. Levot. 
D. Ménard, Martyrologe BénédicUn. — Tresvaux. ne 
des Saints de Bretagne. 

* HAMON (Jean), sieur bE Lu Touche, mé- 
decin français, né à Brûlon (Maine), dans le 
dix-septième siècle. On ne connaît de lui qu'une 
thèse latine, sous cet argument : An mensibus 
suppressis , saphenx sectio ? Mais il importe 
de ne pas le confondre avec un autre Jean Ha^ 
mon , du même temps , de la même profession. 
Normand, et non Manceau. B. H. 

B. Hauréau, Hitt. litt. du Maine, t. IV, p. 168. 

HAMON (Pierre), célèbre calligraphe français, 
naquit à Blois, au commencement du seizième 
siècle, et mourut à Paris, pendu et étranglé, 
le 7 mai 1569. «Il était le plus renommé de 



France et même de l'Europe» dit La Cnkt do 
Maine, pour la perfection qu*il avait d'écrire 
en toutes sortes de lettres. » Aussi fUt-ii choisi 
pour enseigner à Charles IX Tart de l'écri- 
ture , et devint-il secrétaire de la chambre de ce 
monarque. On lui doit un livre, fort rare aujour- 
d'hui, intitulé : Alphabet de Vinvention et uti- 
lité des lettres et caractères en diverses écri' 
tures ; Paris, Lucas Breyer, 1567, in-4*. Suivant 
le même La Croix du Maine, « il a fait impri- 
« mer plusieurs alphabets réduits par ordre d'A, 
« B, G, lesquels ont été gravés en taiile-doooe. > 
n avait aussi formé le projet de publier des 
modèles de toutes les écritures anciennes et 
modernes. A cet effet il avait pris des copies 
exactes de plusieurs anciens titres déposés daes 
les archives de Saint-Germain-des-Prés et de 
Saint-Remy. Ces copies étaient restées manus- 
crites , quand dom Mabillon , qui en avait en 
communication, en jugea quelques-unes asseï 
importantes pour être mises au jour dans sa 
Diplomatique, et notamment de VAlphabeium 
tironiarum, que le calligraphe avait tiré d'un 
psautier de Saint-Germain-des-Prés. Pierre Ha- 
mon avait aussi le talent de dresser des cartes 
géographiques. Il avait exécuté sur yélin celle 
des Gaules en douze cartes, qui furent présen* 
tées par lui au cardinal de Lorraine. On trouve 
au cabinet des estampes de la Bibliothèque im- 
périale une Carte joliment faite de la France, 
dédiée à Charles IX, du labeur de Pierre Ha- 
mon , Blœsien, écrivain du roi et secrétaire 
de sa chambre; 1568, in-A*". Les auteurs ne sont 
pas d'accord sur les causes de la mort de Hamon. 
Dom Liron et La Mounoye croient qu'il fut con- 
damné pour avoir abusé de son talent calligra- 
phique, en fabriquant de fausses pièces. Si l'on 
s'en. rapporte à V Histoire des Martyrs du 
calvinisme, il aurait été exécuté pour cause de 
religion. La Croix du Maine ne s'est pas expli- 
qué sur ce point; il se borne à dire que Pierre 
Hamon « fut enfin repris de justice et condamné 
à être pendu et étranglé; ce qui fut exécuté à 
Paris, en la place de Saint-Jean-en-Grève v. 
J. Lahodrkux. 

Morérl, Grand Dict, histor.^ Dom Liron. BiMialkèviê 
Chartraine. — La Croli do Haine, BtbUoth, Française. 
-> Mabillon, De Re diplomatica, 

HAMON (Jean), moraliste français, né à 
Cherbourg, en 1618, mort le 22 février 1687. Il 
était médecin de la Faculté de Paris et l'un des 
solitaires de Port-Royal. Il s'était acquis par son 
savoir et son esprit une renommée déjà remar- 
quable , lorsqu'à trente-trois ans il se retira à 
Port-Royal, malgré les elTorts de M. de Harlay, 
devenu plus tard premier président du pariement 
de Paris, dont il avait été précepteur, et qui l'a- 
vait en vain pressé d'accepter un bénéfice. Ce- 
lait le rigide Singlin , son directeur, qui l'avait 
déterminé à quitter le monde, au moment où il 
allait épouser la fille d*un médecin de Paris. H 
vendit alors tout son bien, et le distribuA aux 



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HAMON 



274 



indigents, sans se rien réserver. Il se livra d'a- 
bord aux travaux de la campagne ; mais il reprit 
l'exercice de la médecine et visita les pauvres 
deseavlroosde Port-Royal. Pieux autant qa*ha- 
hile, il joignait ses prières pour le salut de ses 
malades aux soins qu'il donnait à leur santé. U 
faisait toutes ses visites à pied, et allait quelque- 
fois joâqu'à sept lieues du monastère sans avoir 
pria de nourriture. Il se voua avec une sorte 
d'amour au culte de la pauvreté, se fit un de- 
Totr, par esprit de pénitence, de traverser sou- 
vent Paris, revêtu des habits les plus grossiers 
et les plus sales, coucha sur des planches, et ne 
se remit jamais au lit après matines. C'était 
ordinairement le temps qu'il choisissait pour 
écrire, afin de s'empêcher de durmir. Puis, par 
un antre genre de scrupule , se reprochant le 
plaisir qu'il éprouvait à écrire, il fut souvent 
|M)rté à jeter ses ouvrages au feu. Obligé de 
quitter en 1664 Tasile où il s'était retiré , il put 
y rentrer neuf mois après. Thomas Dufossé cite 
plusieurs traits qui attestent jusqu'à quel point 
Hamon était entré dans cette voie étroite, dans 
cette vie de détachement absolu qui retranche de 
Texisteoce tout ce qui pourrait la rendre sup- 
portable et douce et considère comme un crime 
toute satisfaction donnée à la nature : H ne man- 
geait que le pain des chiens ; ce qu'il faisait avec 
une telle adresse qu'on ne pouvait s'en aperce- 
voir. Il se faisait apporter sous divers prétextes 
cette sorte de pain , et donnait régulièrement tout 
ce qu'on lui servait à la porte de sa cliambre 
pour sa propre nourriture à quelques pauvres 
malades qui venaient le consulter, et à qui il dé- 
fendait d'en parler à qui que ce fût. Il passait 
tout le temps qu'il ne consacrait pas à ses ma- 
lades à prier et à méditer. II avait pris aussi l'ha- 
bitude, de tricoter, afin d'être toujours occupé., et 
préférait ce travail à tout autre, parce qu'il ne 
le détournait pas de ses méditations et ne l'em- 
pêchait pas de jeter de temps en temps les yeux 
sar quelque livre de piété. « M. Hamon, dit 
Fontaine , ne regardait que Dieu dans la nature 
et que les maladies des âmes dans celles du 
eorps; que les remèdes d'une pénitence salutaire 
dans Tamertume des remèdes de son art ; et que 
la force de la grâce et le vrai pain de vie dans 
la nourriture matérielle. » Une de ses maximes 
était que , « pour vivre parfaitement chrétien on 
n'avait qu'à persévérer étant sain dans les bonnes 
dispositions où l'on se trouve quand on^est ma- 
lade ». 

Toute cette existence, si saintement employée, 
eft résumée ainsi dans les vers que Boileau a 
composés en son honneur : 

Toat brillant de iiTolr, d'esprit et dMloqoeoce, 
li eonrui au désert chercher l'obscarUé ; 
Aux p«ovr«» consacra son bien et sa science, 
Bl ircate nae dans le )eftne et dans l'anstérUé 

nt ioa nnique volupté 

Des travans de la pénitence. 

« Après avoir vécu toute sa vie, dit le Nécro- 
ioge de Fort-Royal^ avec la même vigilance que 



si cloaque jour eût dû être le dernier, il la ter- 
mina avec joie par une mort paisible, comme 
il l'avait souhaité , pour vivre éternellement. » 
On a de lui : un recueil de Diven Traités de 
Piété; 1 vol. in-12, Paris, 1675; — deux autres 
recueils Sur la Prière et les Devoirs des Pas- 
teurs; 2 vol. in-12, Paris, 1689; — La Pra^ 
tique de la Prière continuelle^ ou sentiments 
d'une âme vivement touchée de Dieu : Paris, 
1702, in-12 : cet ouvrage a été traduit en fran- 
çais par D. Duret. Il est précédé d'une relation 
de plusieurs circonstances de la vie de l'auteur, 
faite par lui-même, sur le modèle des Con' 
fessions de saint Augustin ; — jEgrx Animas 
et dolorem lenire conantis pia in psalmum 
CXVIII Soliloquia, imprimés en Hollande en 
1684; ouvrage traduit en français par Fontaine 
en 1685, et par Goujet en 1732; — Explica- 
tion du Cantique des Cantiques^ avec une pré- 
face de Nicole ; Paris, 1708, 4 vol. in-12 ; — re- 
cueil d'Instructions pour les Religieuses de 
Port-Royal; 1727 et 1730, 2 vol. ; — Apologia 
Patris Cellotii; publiée sous le nom d'Alypede 
Sainte-Croix , Paris, 1648, in-12 ; — Convivium 
Lemovise; Paris, 1648; — De to Solitude des 
Épouses; in-12 ; — Instructions sur les Sacre- 
ments , sur le Jubilé, etc.; Paris, 1734, in-12; 
— Opuscules et Lettres, Paris, 1735, in-12, et 
Explication de VOraison dominicale , Paris, 
1735. — Trois thèses recherchées aojounfhui 
par les érudits : la première ayant pour titre 
Sana Sanis ( ce qui répond aux paroles pronon- 
cées anciennement dans l'église Sancta Sanc- 
t%s)\ la seconde, intitulée : An actio sine spi- 
rituPei la troisième : Cur in tanta multitudine 
medentium medici pauci? Hamon avait com- 
posé la plupart des épitaphes latines que con- 
tient le Nécrologe de Port-Royal. Il est auteur 
de plusieurs ouvrages de médedne qui n'ont 
pas été imprimés. Un Dictionarium Medicum 
graeco-latinum se trouvait dans la bibliothèque 
de J.-B. Dodart, premier médecin du roi. 

C. HiPPEAU. 
Nécrologe dé Port-Royal-det-Champs, ln-4o ; Amster- 
dam, nn. — Histoire de Port-Royal, par Thomas Du- 
fossé. — Mémoire de Fontaine* — Oopln, Uist. ecclè^ 
iUutique du dix-teptiéme siècle. 

; HAMON (Jean-Louis), peintre français, né 
à Plouha (Cêtes-du-Nord ), le 5 mai 1821. Élève 
de Paul Delaroche et de M. Gleyre, Hamon est 
passé maître dans une sorte de marivaudage 
en peinture. Ses tableaux sont pleins d'esprit et 
de recherche ; ses idées se quintessendent jus- 
qu'à devenir des énigmes; son exécution est raf- 
finée, sa couleur pâle ; ses toiles ne sont pas 
toujours assez remplies , mais ses petits person- 
nages sont fins et spirituels, leurs attitudes et leurs 
expressions sont bien rendues. « M. Hamon peint 
l'enfance avec une grâce prudhonesque , dit 
M. Th. Gautier; nul ne saisit mieux que lui l'al- 
lure chancelante, les poses comiques et les petits 
airs futés des babins, en leur gardant toutefois 
le charme antii^ue ; ou dirait qu'il a pillé la ca§e 



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275 HAMOIN — HAMPDEIS 276 

de la marchande d'amours d'Herculanum. » Il a i française. Mais les vigoureuses mesures prises 
exposé, en 1847 : Daphnis et Chloé; ^ en 1848 : | par la Convention le forcèrent de solliciter la paix, 
Le tombeau du Christ, paysage ; — en 1849 : l qui fut conclue le 6 prairial an m (25 mai 1795). 
L'Hiver;— Avant déjeuner;— Une affiche \ 11 envoya un ambassadeur à Paris en 1797; 
romaine; — Un Noisetier; —Égalité... au se- mais Tannée suivante il attaqua de nouveau la 
rail; —en 1850 : Deux Rondes d'EnJants; — en République, alors en guerre contre TEmpire Ot- 
1852 : Comédie humaine; —en 18&3 : Matœur , toman. Les hostilités ne cessèrent que par unar- 
nV^^P^/cetfetoile, achetée par l'empereur, lui ' mistice signé à Tunis , le 9 rebi al-akhir 121à 
valut une médaille de troisième classe;— en i85ô : (27 août 1800 = 9 fructidor, an viu ) , converti 
L* Amour et son troupeau; — Ce n'est pas m^i; plus tard en traité de paix définitif. Hamoudah, 
— Les Orphelins ;— Une Gardeuse d'Enfants; '. redoutant la turbulence des Turcs, les exclut 
à la suite de cette exposition, il reçut une médaille i systématiquement des fonctions publiques, qu'il 
de deuxième classe et la croix d'Honneur; — en i préférait confier aux esclaves géorgiens et aux 
1S57 : Le Papillon enchaîné ; — La Cantharide I renégats chrétiens. Le 10 Schaban 1525 ( 30 août 
esclave. L. Louvet. '■ 1811), les Turcs se soulevèrent, au nombre de 

Livrets dessalons de 18*7 i 1857. - Deiéciaze, J. des : 2,200, arborèrent le drapeau ottoman, et procla- 
SSl^Jl^rTocToï^ ' mèrent un nouveau bey. Mais assiégés par les ha. 

*HAMONT (Pi«rr6.Aicp/a*), médecin vétéri. ; bitants de Tunis, assistés d'arlllleure fran^^^ 
naire français, mort en août 1848. n contribua ; ^Vlf^î* ?^"ï'/ abandonner la forteresse ou ils 
au progrès de l'industrie vétérinaire en Fra,ioe, « étaient retirés. Les fugitifs se dispersèrent 
et fut appelé en Egypte par le vice roi pour di. 1 Jt«« '* campagne, et furent tous massacres, 
riger ses haras et fiider une école vétérinaire, L'heureuse issue de cette afîaireconsolida la puis- 
qui fut éUWieprès du Caire, k Abou-Zabel. L'A- **f « ^.« Hamoudah C eteit un homme mslruit : 
Lémie royale de Médecine de Paris le nomma ! «"^^^ »« ^"^ ^^ ^^'^^ . '^ ^^^V^ \*^^ 
midesesassociésétrangers.IleretourenFrance, i banque. Il eut pour successeur son frère Osman- 
Hamont y publia les ouvrages suivants : Des \ '^^' ^ . . ^ ^ , .. J" .* „.. 
Causes premières de la Morve et du Fardu; ,eV^^!:%T^, LÏTvniv'put^. """^' """' 
Paris 1842 in.8--ifyffa»e *iiaiiiOT« (i^ancoi.), poète français. 11 était 

J^^^J^il^^^^<^^^f'^^^^li^^if^ lapidaire à Paris, et vivait au commencement 
sur les hippodromes; Pans, 1842. W;»''; - | dn règne de Louis XIII. Il publia en 1619 deux 
Considérations générales sur Mtoratwn i mi„^ volumes, devenus très- rares :/«^pn;a//« 
deschevauxenFran(Hi;ï>m^im m^^^ \ de /oi5ir; contenant de petits madrigaux sur les 
Vbg^ptesomMéhéjMt-Ali; Population, gou. i j^^, précieuses; - Vers dévotimx;r^^ 
vernement, institutwns politiques, industrie, \ J^ prfèris fort mal rimées. G. B. 

agriculture; Principaux événements de Sy- | vioiei-uduc, BibiMM^ue PodUçue. 1. 1, p. m 

p'nf "t«^f 9 vTff.'* '^i^i^"';^!'^! «AMPDE» iJohn), célèbre homme politique 
Pans, 1843, 2 vol. m 8°; — Aperçu général i , . . . londres en nq4 mort à ThAm« 
sur Vétat actuel de Vindustrie vétérinaire en f^f' '."^ Ar, « ' J i' l • ' 

France, mémoire lu à l'Académie royale de Mé- ! « ^V"'" '^'' } appartenait à une anciemie 
decine;Paris,1845,in.8o.Enfin,iiapubliédivers ^J^Ta^nt oL^^^^^ 
articlesdanslaiJePuerferonen^etdansl'^^^^^ ^ef "4es T paH^^^^^^^^ 
'''iimXtments particuliers. ' Hampden, épousa Elisabeth, seconde filledesir 

* HAMOUDAH BEN ABD-AL-ASiz( 4/- J7a4;), I Henri Cromwell de Hinchinbroke , et tante du 
écrivain arabe de Barbarie, vivait au douzième f"*»'" protecteur Olivier Cromwell II eut d'elle 
siècle de l'hégire (dix -huitième de J.-C). On a I <*e«^ ^^ • ^^^^> <!"» ^^ait l'aîné, hérite, encore 
de lui une histoire de la dynastie des Hafsides de I enfant, de l'immense fortune de son père, et com- 
Constantine et de la domination des Turcs en ' na^nça ses études sous la direction de Richard 
Barbarie. Cet ouvrage s'arrête en 1188(1775). ; Bouchier, maître de l'école de Thames (comte 



C'est une continuation de l'histoire deKairowan. 
M. Cherbonneau en a traduit un fragment dans le 
Journal Asiatique de Paris. E. B, 

Joum. jésiat., 185ï, II, 36 et sulv. 

* HAMOUDAH- PACHA, bëy de Tuuis, né 
vers 1160 de l'hégire (1747 de J.-C.) , mort en 
1229 (1814). Associé au trône du vivant de son 
père, Ali-Bey, il lui succéda en 1196 (1782), avec 
l'assentiment de ses cousins, qui auraient pu ré- 
clamer la souveraineté en rertu d'une convention 
de famille. Ayant réussi à se mettre h l'abri des 
incursions des Algériens , il employa ses navires 
à faire des courses contre ceux de la République 



d'Oxford ). £n 1609 il entra au collège de la Mag- 
deleine à Oxford , et Ton suppose qu'il y obtint 
des succès brillants, puisqu'il fut choisi avec 
d'autres membres de l'université, parmi les- 
quels figure Land , pour composer, au nom de 
la ville d'Oxford , une pièce de vers latins à Toc- 
casion du mariage de l'électeur palatin avec U 
princesse Elisabeth. La pièce est médiocre, et ne 
mériterait pas d'être rappelée, si elle ne donnait 
lieu à un curieux rapprochement. De ce mariage, 
que le jeune étudiant célébrait pompeusement, 
naquit le prince Rupert, qui commandait les 
royalistes à la bataille d( Chalgrave, où Hamp- 



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277 



HAMPDËll 



37« 



den fut mortelleraent blessé. En 1613 John 
Hampden entra à Tlnner-Terople, et y suivit les 
cours de droit. En ] 6 19 il se maria avec Elisa- 
beth, fille d'Edmond Siméon, seigneur de Pyrton, 
daos le comté d'Oxrotd. Cette union fut cons- 
tamment heureuse. Pendant quelque temps 
Hampden se livra entièrement aux occupations 
etaax plaisirs de la vie d'un gentilhomme cam- 
pagnard ; mais bientôt la politique vint le cher- 
cherao sein da bohheur domestique. Jacques I*'*^, 
qai depuis près de sept ans gouvernait sans par- 
lement, pressé par le besoin d'argent, fut forcé 
d'en convoquer un nouveau, le 30 janvier 1621. 
Hampden y représenta 1e bourg de Grampound, 
La première année de sa vie parlementaire fut peu 
remarquée. Il fit partie du comité relatif au bilî 
des dénonciateurs (informers); il appuya la re- 
montrance contre le mariage du prince Charles 
avec riofonte, contre le progrès du papisme, et 
en faveur des protestants d'Allemagne. Cette re- 
montrance ou pétition sollicite contre les catho- 
liques des mesures tout à fait odieuses. On regrette 
que Hampden les ait approuvées et qu'il ne se soit 
pas élevé au-dessus de l'intolérance de son parti. 
Il s'associa aussi, mais sans éclat, aux autres actes 
importants du parlement , tels que la mise en 
accusation du chancelier Baeon et la fameuse 
déclaration que Selden appela la seconde grande 
charte, et qui amena la dissolution de la chambre. 
Il ne Nt point partie du pacifique parlement qui 
tint sa première session en 1624, et qui se trouva 
dissous l'année suivante par le fait de la moi*t 
de Jacques ; mais il fut envoyé par le bourg de 
Vandover au premier parlement convoqué par 
Charles I«% et réuni le 18 juin 1625. Cette 
session, brusquement termfoée par une dissolu- 
tion, le 12 aoAt suivant, montra combien les 
rapports étaient difficiles entre un prince qui 
poursuivait avec une obstination sincère , mais 
peu intelligente , l'établissement de la monarchie 
absolue , et une chambre qui , dans sa juste dé- 
fiance contre la royauté , lui contestait jusqu'à ses 
prérogatives légitimes. Cependant, le droit était 
du côté du parlement, et la force aussi, puisqu'il 
avait pour lui l'immense majorité de la nation ; 
et le roi, qui ne pouvait le supporter, ne pouvait 
pas non plus s'en passer. Il en convoqua donc 
un nouveau, qui se rassembla le 6 février 1626. 
Harapden y représenta encore le bourg de Van- 
dover. La chambre des communes s^attaqua im- 
médiatement au duc de Buckingham , et le mit en 
accusation, te roi, partagé entre le désir de sau- 
ver son favori et celui d'obtenir des subsides, 
e.ssaya d'arrêter les poursuites par son interven- 
tion; il n'y réussit pas, et eut recours à la 
dissolution, le 15 juin 1626. Mais les subsides n'é- 
taient pas votés ; les moyens que Charles em- 
ploya pour lever de l'argent i^voltèrent l'opinion 
publique , et rapportèrent fort peu ; l'expédition 
qu'il envoya, sous les ordres de Buckingham, au 
s^ors de La Rochelle, échoua honteusement; 
Tindignation publique devint si vive, le besoin 



d'argent si {««ssaiit, qu'il fallqt convoquer im 
nouveau parlement. Dans cette a.ssemblée,qui se 
réunit le 17 mars 1628, Hampden continua à 
rester au second rang; même lorque les défec- 
tions de Thomas Wentworth ( depuis lordStraf- 
ford ), de sir Dundley Diggs, sir Edouard Littleton, 
Noy, Wandesford , etc., eurent enlevé à l'oppo- 
sition plusieurs de ses chefs , il n'essaya pas de 
prendre leur place. Regardant la partie comme 
momentanément perdue, il n'attendit pas la dis- 
solution du parlement, qui eut lieu le 10 mars 
1629, et se retira dans ses terres. Là, vivant en- 
tièrement isolé, ipais non pas inactif, il se pré- 
para , par l'étude, à la lutte qu'il se réservait d'en- 
gager au moment opportun. Sa lecture de prédilec- 
tion était Davila : Histoire des Guerres civiles 
en France. Il voyagea aussi en Angleterre et en 
Ecosse, observant l'état des esprits et se créant de 
nombreuses relations. En 16^4 il perdit sa femme, 
qui lui laissa trois fils et six filles. Ce malheur 
domestique fut peut-être une des causes qui le 
rejetèrent vers la politique. Charles I**", depuis 
qu'il gouvernait sans parlement, s'était permis 
impunément beaucoup de violences, mais il n'a- 
vait pas pu faire admettre comme légal l'établis- 
sement des impôts par la royauté seule. Aussi , 
lorsqu'il établit la taxe des vaisseaux, rencon- 
tra-t-il dans l'opinion une opposition très-forte, 
quoique impuissante à se traduire par des actes. 
Hampden donna le signal de la résistance légale. 
Il avait été taxé en 1636 à la somme de vingt 
schellings , somme bien modique , et même illu- 
soire, pour un des plus grands propriétaires de 
l'Angleterre; 11 refusa de la payer, mais sans os- 
tentation, déclarant qu'il désirait seulement que 
la question de la légalité de l'impôt fût portée de- 
vant une cour de justice. Le roi, qui était sûr des 
juges, y consentit, et vers la fin de mai 1637 
s'engagea ce mémorable procès, qui excita au 
plus haut point l'attention publique. « Les yeux 
de tous les hommes, dit le royaliste Clarendon , 
étaient fixéK sur lui comme sur le père de la pa- 
trie ou sur le pilote qui devait gouverner le 
vaisseau à travers les tempêtes et les dangers 
qui le menaçaient, v Hampden ne se départit pas 
de son attitude calme et pleine de respect pour 
la royauté; ses avocats imitèrent sa modération. 
Le procès dura treize jours, et se termina le 12 
juin par la condamnation de Hampden. La cour 
se réjouît de ce triomphe, qui sanctionnait l'arbi- 
traire; mais la nation s'en irrita profondément, 
et l'on commença à penser que puisque fa résis- 
tance légale était impuissante, il fallait employer 
la résistance armée. Hampden avait prévu le ré- 
sultat de son procès , et il avait même résolu de 
ne pas l'attendre. Un mois auparavant il s'était 
décidé à quitter l'Angleterre, pour aller chercher 
la liberté dans les régions peu connues et presque 
déseries de l'Amérique anglaise ; déjà il s'était 
embarqué sur un vaisseau où se trouvaient 
réunis avec lui Pym,Haslerig et CromweH, lors- 
qu'un ordre du roi interdit les émigrations , le 



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r» 



HAMPDEN 



280 



l*' mai 1637y et retint de force en Angleterre le« 
futurs chers de la réTolation. Ceux-ci 8*aper- 
çu rentbientdt qu'ils s*^taient déoooragés trop vite ; 
cinq semaines après la condamnation de Hamp* 
den , une insarrection éclata à Edimbourg. Pen- 
dant deux ans Charles mit vainement en usage 
contre les rebelles la force ouverte et 'les con- 
cessions perfides ; il échoua, et vit avec eflroi 
l'esprit de révolte gagner TAngleterre. Alors il 
céda, et convoqua un pariement (avril 1640). 
Cette assemblée, dont Hampden fit partie pour 
le comté de Buckingham, n'eut qu'une durée 
éphémère. Malgré sa modération, qui parut 
excessive aux meneurs de l'opposition , elle fut 
dissoute le 5 mai 1640. M^ds au bout de quel- 
ques mois, Cliarles, vaincu par l'opinion pu- 
blique, et ne voyant pas d'autre issue aux em- 
barras de sa situation , fit encore une fois appel 
au pays, et le long-parlement se réunit le 3 no- 
vembre. Le rôle de Hampden dans cette assem- 
blée fut si considérable qu'il est bien difficile de 
séparer sa biographie de l'histoire générale de la 
révolution. Sans rappeler toutes les mesures qu'il 
inspira ou qu'il appuya , il suffira de bien établir 
les principes qui dans cette crise mémorable 
présidèrent à sa conduite. Hampden n'était pas 
républicain : il regardait la royauté comme utile, 
peut-être même comme indispensable à la li- 
berté de son pays; mais il pensait aussi que cette 
liberté avait dans Charles l"" un ennemi irré- 
conciliable , et que pour assurer la liberté il fal- 
lait dépouiller le roi de ses plus importantes 
prérogatives. H n'allait pas au delà de ce que 
l'Angleterre conquit en 1688, mais il allait jus- 
que là, et il était décidé à l'obtenir même au 
prix delà guerre civile. Il savait que le roi ne cé- 
derait pas sans combat, et il arrivait prêt à la 
lutte. La chambre des communes débuta par un 
acte décisif; elle traduisit devant la chambre des 
pairs, sous l'inculpation de haute trahison, Straf- 
ford etLaud (voy. ces noms) ; elle adopta ensuite 
diverses mesures, qui atteignirent plus directe- 
ment le pouvoir royal. Charles eut un moment 
l'idée de dissoudre l'opposition en appelant ses 
chefs au pouvoir. Hampden devait être gouver- 
neur du prince de Galles. Ce projet échoua de- 
vant les défiances mutuelles de la cour et du 
parlementé Le procès de Straiïord continua. 
Hampden fut un des commissaires chargés de 
soutenir l'acte d'accusation; mais il ne prit aucune 
part à la seconde procédure ( bill à*attainder) 
qui amena la mort de Strafford ( 1 1 mai 1641 ). 
Le roi , en abandonnant cette grande victime au 
parti parlementaire, ne lit que le rendre plus 
exigeant. Il essaya de se dérober aux conces- 
sions nouvelles qu'on lui demandait, en partant 
pour l'Ecosse (août 1641). Un comité dirigé 
par Hampden l'y suivit, et le surveilla sévère- 
ment. De retour à Londres, Hampden fit adopter, 
le 25 novembre, la célèbre remontrance qui fut 
comme le programme de la révolution. Le roi, 
poussé à bout résolut de prendre l'ofTensive , et, 



le 3 janvier 1642, il fit accuser de haute trahison 
cinq membres de la 'chambre des communes; et 
comme la chambre refusait d'ordonner leur em- 
prisonnement, il vint lui-même le lendenaain à 
Westminster pour les arrêter. Les accusés, pré- 
venus à temps par l'ambassadeur de France et 
par la comtesse de Carlisle, se réfugièrent dans 
la Cité , qui s'insurgea. Six jours après ce coup 
d'État manqué, Chartes quitta Londres. Après 
plusieurs mois consacrés à d'inutiles négocia- 
tions et à des préparatifs de guerre , Ja guerre 
civile commença, le 23 août 1642. Hampden, qui 
avait été le plus ardent ^pousser l'organisatioa 
et la résistance armée, et qui le premier avait 
fait proclamer dans son manoir de ChiltemsTor- 
donnance pour la levée des milices, prit une 
part active à la lutte comme membre du comité 
de sûreté, et plus directement comme colonel 
d'un régiment parlementaire. Il aurait désiré un 
arrangement qui, en maintenant l'autorité royale, 
confirmât les privilèges du parlement; mais pour 
l'obtenir il fallait un succès décisif : aussi pous- 
sait-il de toutes ses forces aux entreprises har- 
dies qui devaient abréger la lutte. A Edg^U 
(23 octobre), il sauva l'armée parlementaire en 
arrêtant le prince Rupert , et il insista vaine- 
ment auprès du général en chef, le comte d*£s- 
sex, pour qu'on recomroenç&t la bataille le lende- 
main. Quelques jours après, il renouvela à Brent- 
fort les mêmes exploits et la même propositioii, 
sans pouvoir déterminer Essex à terminer la 
guerre par une action d'éclat. Lorsque Charles 
se fut retiré dans Oxford, il voulait qu'on allât 
l'y assiéger. Essex s'y refusa encore. Étonnées de 
tant de lenteur, les communes songeaient à des- 
tituer le général en chef et à le remplacer par 
Hampden. Celui-ci repoussa un projet qui aurait 
rompu l'union des deux chambres , ei il continua 
de servir sous un chef qu'il croyait encore né- 
cessaire à lacause du parlement. Le 17 juin 1643, 
le prince Rupert, profitant de la négligence d'Es- 
sex, pénétra avec sa cavalerie dans Tes eanton- 
nements des parlementaires. Hampden essaya 
avec quelques escadrons de l'arrêter dans la plaine 
de Chalgrave; mais dès la première charge il fut 
frappé de deux balles qui lui fracasserait l'o- 
moplate et lui entrèrent dans le corps. Se sen- 
tant mortellement blessé, il s'éloigna seolda 
champ de bataille, et atteignit le village deTharoes, 
où il fut recueilli daps la maison d'un nmi. 11 
consacra le peu de jours qui lui restaient à écrire 
au parlement, pour conseiller de suivre le plan 
énergique qu'il avait toujours recommandé. Après 
six jours de cruelles souffrances, les forces loi 
manquèrent tout à fait, et il se prépara retigiea- 
sement à la mort. Ses dernières paroles furent une 
prière à Dieu pour qu'il touchât le coeur du roi 
et de ses ministres. Et cette prière était sîncère, 
car Hampden avait voulu contenir la royauté 
et non la détruire. Le roi, qui perdait peut-être 
par cette mort sa dernière chance d'accommo- 
dement, fut tout à la joie d'être délivré d^in si 



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381 



HAMPDEN -^ HAMZAH 



283 



redoatid>le«dfenatre. A Londres, aa contraire, 
et dans presque toute TAngleterre, éclata une 
me douleur. « Jamais homme, dit M. Guizot, 
n'irait inspiré à un peuple tant de confiance : 
quiconque tenait an parti national, nMmporteà 
qoel degré ou par quels motifs, tenait à Haropden 
pour le succès de ses vœux; les plus modérés 
croyaient à sa sagesse, les plus ero|M)rtés à son 
dévouement patriotique , les plus honnêtes à sa 
droiture, les plus intrigants à son liabileté. Pru- 
dente! rësenré en même temps que prêt à bra- 
Ter tous les périls, il n'avait encore donné lieu 
à aocon mécompte, possédait encore toutes les 
affections et manqua brusquement à toutes les es- 
(lérances. Merveilleuse fortune, qui fixa pour ja- 
mais son nom à la hauteur où Tavait porté rat- 
tente de ses contemporains, et sauva peut-être sa 
Terln comme sa gloire des écueils où les révolu- 
tions poussent et brisent leurs plus nobles fa- 
Toris. » L. J. 

crarendon, tfMory ofthê Rébellion. - Guizot, Histoire 
it la aa>ohiUOH d'Angleterre. — Lord Nugent. 5om« 
MmoûrimliofJo/m, Hampden, his partyand hirtime. — 
n'IirwU, ConmênUtriêi on tke Hfe and reignof Ckarlee 
ike tint, - Eliot, HampdêH and Pym. - ^rterijf Bo- 
vine, vol. XLVll. 

;bah»dbn (Renn'Dick8oh)f prélat an- 
glais, né en 1792, aux Barbades.où la famille du 
câèbre patriote de ce nom s'était établie en 1670. 
Élevé à l'université d'Oxford , la plus grande 
partie de sa vie s'y est écoulée, dans la pratique 
de l'enseignement : il y fut successivement répé- 
titear, examinateur des classes d'humanités 
(1829), professeur de théologie (183!2), principal 
da eoU^e de Saînto-Marie <1833) et professeur 
de morale (1834). Sa nomination à la chaire 
royale de professeur de théologie (1836) donna 
lieu aux plus violentes attaques de la part de 
qoelques ecclésiastiques influents: accusé et 
convaincu d'hérésie dans ses doctrines, H fut 
l'objet â*un vote solennel de censure. Mais, 
soutenu par le chef du cabinet , lord Melbourne, 
9 n'en tint nul compte, etiorsqu'en 1842 il fut 
appelé au comité des audes théologiques, ce 
tut lui qui à son tour eut à condamner les hé- 
résie» des docteurs Newman et Pusey, ses accu- 
utears. Malgré Thostilité déclarée du parti de 
la haute Église, il fut nommé en décembre t847 
évéqoe d'Hereford. Homme tolérant et éclairé, 
U siège à la chambre haute, dans. les rangs du 
parti Kbéral, auquel il doit son élévation. 11 a 
publié deux yolumes de Sermons ; un ouvrage 
sur VÉvidence du Christianisme démontrée 
par ia philosophie ^ et plusieurs articles dans 
les Encyclopédies métropolitaine et Britan- 
nique» Paul LouisT. 

Uen 0/ the Tlm», 18U. — The modem Masterpieces 
«fvulpit oratary. — Ch. &iilgbt, The Penn^ Epclopse- 
tfM(Biogr.. 1. 111). 

MXUP¥M {William)^ archéologue anglais, né 
i Birmingham, te 12 décembre 1776, mort le 
3 mai 1831. 11 était magistrat dans le comte de 
>Vann7ick. Outre un grand nombre d'articles 
d'archéologie publiés dans le Gentleman*s Ma- 



gazine^ on a de lui : Life, Diary and CorreS' 
pondence of sir William Dugdale; 1827, 
in-4». Z. 

Bose^ New central Bioçraphieal Dietionarp, 

* HAMPSicoRA, chef sardc , mort en 215 
avant J.-C. Après la bataille de Cannes, en 216, 
il ouvrit secrètement des négociations avec les 
Carthaginois, et les engagea à envoyer des 
troupes en Sardaigne, iK>ur reprendre posses- 
sion de cette lie, qui leur avait été enlevée par 
tes Romains. Les Carthaginois accueillirent les 
ouvertures de Hampsioora, et envoyèrent en 
Sardaigne une flotte, sous les ordres d'Asdru- 
bal ; mais avant l'arrivée de l'amiral carthagi- 
nois, et en l'absence de Hampsicora, occupé à 
lever des troupes dans l'interieur de l'Ile, le fils 
du chef sarde engagea imprudemment la lutte 
contre le préteur romain T. Manlios, et fut 
vaincu. L'arrivée des Carthaginois rétablit mo- 
mentanément les affaires des insurgés. Asdrubal 
et Hampsicora marchèrent sur Cavalis, capitale 
de la province romaine, livrèrent bataille à 
Manlius, et essuyèrent une défaite complète. 
Hiostus périt dans l'action, et Hampsicora, qui 
s'éteit enfui, se tua en apprenant la mort de son 
fils. Ces événements eurent lieu dans l'éte de 215. 

Y. 

TlteUve,XXIII,8l,M.4l. 

HAMSFORT ( Corneille ), historien danois, 
mort en 1627, k Odensée, où il pratiquait la 
médecine. On a de lui plusieurs morceaux 
d'histoire, en latin. Us ont été imprimés dans 
Scriptores Rerum Danicarum par Langebek , 
savoir dans le t. I, série des rois de Danemark, 
et chronologie danoise; t. U, fragment des an- 
nales danoises de 873 à 940; t. H, de ia famille 
des Sprakaleg en Danemark ; t. III, série des 
évèques de Roeskilde, d'Odensée , de SIesvig, 
d'Aarhuus, chronique de l'église de Ripen. Son 
traité De Rébus Holsaiorum et vicinarum yen- 
tium Libri iK se trouve dans les Monumenta 
de Westphalen, 1. 1, p. 1657. B. 

Nyerup et Kraft, LU.-Lex. 

* HAMZAH iSFAHANi, fils de Hoséiu OU de 
Hasan, historien arabe, né à Ispahan, vivait au 
commencement du quatrième siècle de l'hégire 
( dixième de l'ère chrét. ). U habita Méragha , 
Hamadan et Baghdad. On a de lui une chronique 
achevée en 350 (961); elle traite des anciens 
rois de Perse, des Grecs, des Romains , des an- 
ciens Égyptiens, des Israélites, des rois de Hirali 
et de ceux de Ghasan en Arabie , des Hiroya- 
rites, des Rendîtes, de la tribu de Coréisch et 
de quelques dynasties musulmanes. La partie la 
plus précieuse est celle qui est relative à la 
Perse et à l'Arabie ante-islamiques. Elle est 
remplie de dates et de synchronismes, sans les- 
quels la chronotogie orientele resterait dans ia 
plus complète obscurité. On ne possède que trois 
manuscrits de cette chronique. Les erreurs et les 
contradictions innombrables que Ton y trouve 
doivent être sans doute attribuées plutôt aux 



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288 



HAMZAH — HAN-CHAN-TOUNG 



284 



copistes qa*àrautearIai-mèMe. SchuKens a pu- 
blié dans Historia imperii veêustissitni /octo- 
nidarum, Harderwyk, 1786, le texte et la tra- 
duction du ch. VIII, relatif aux Himyarites; 
J. Lassen Rasmufisen a édité les chapitres VI, 
VII, IX et une partie do X* dans Historia Prao- 
cipuorum Arafmm Begnorum, €k)penhague, 
1817 ; Silvestre de Sacy a examiné l'autorité 
des synclironismes établis par Hamzafa entre les 
rois de Perse et ceux du Yémen et de Hirah , 
dans les Mémoires de l Académie des Inscrip- 
tions, t X; enfin, M. L.-M.-E,. Gottwaldt a pu- 
blié Hamzx tspafianensis Annalium Libri X, 
t. I, Leipzig, 1844, texte arabe; t II, 1848, 
in-16 , traduction latine. Il a promis un troi- 
sième volume, qui doit contenir des notices 
critiques et historiques. Hamza écrivit encore 
un recueil de vies des hommes illustres, et an 
ouvrage sur Ispahan, que l'on ne possède plus. 
£. Bbauvois. 

Reiske, Prodidagmata. — Silvestre de Sacy, Mém. de 
fAcad. desinscr. et B.-L., t. X. 1883, p. 1-t». — Perrod, 
Jùwm, Asiat., 1888. — Gottwaldt, jérw,, préf. 

*HAN, nom générique d*une dynastie de 
souverains chinois qui parvint au gouvernement 
Tan 202 avant notre ère, et qui en conserva les 
rênes jusqu'à l'avènement de la dynastie des 
Tsin (an 265 de J.-C. ). Les principaux mem- 
bres de cette famille Impériale sont : 

^ HAN-KAO-Tsou, empereur de la Chine et 
fondateur de la dynastie des Han , né dans le 
pays de Péi , en l'an 248 avant Jésus^hrist, 
mort en 195 avant notre ère , à l'âge de cin- 
quante-trois ans. Son nom de famille était LiéoUf 
son petit-nom Pang et son surnom Ai. Bien 
que sorti d'une basse extraction , Han-kao-tsou 
sot parvenir par son courage et son habileté à 
la première charge de l'empire. Dans ce but , il 
avait œmmencé à enrôler un certain nombre de 
soldats, qu'il sut s'attacher, tant i)ar la grandeur 
de son caractère que par la vaillance dont il 
avait fait preuve en maintes circonstances. Puis, 
fort de l'appui de sa nouvelle cohorte, il alla 
s'attaquer aux troupes belligérantes des royau- 
mes de Tsin et de Tchou, qui, épuisées par de 
longues guerres réciproques, durent céder succes- 
sivement à la puissance chaque jour croissante de 
Han. A la mort de Hiang-yu ( voy. ce nom ), 
son compétiteur à l'empire ^ Han-kao-tsou, resta 
seul souverain, et, à la demande des grands man^ 
darins, il prit le titre de Kao-hoang-H « su- 
prême et auguste souverain ». C'est également 
sous son règne que le feu fut pris comme sym- 
bole impérial. Han-kao-tsou avait passé une 
grande partie de sa jeunesse sous le règne fatal 
de Tsin-cbi-Hoang-ti , le grand incendiaire des 
livres; aussi étalt^il presque entièrement étranger 
à la littérature. Cependant, son génie naturel le 
porta à faire renaître en Chine le go(>t des 
lettres, qu'avait essayé d'effacer l'orgueilleux 
prince de la dynastie de Tsin; aussi le regarde- 
t*on généralement comme l'initiateur de la rea- 



tâuration des sciences morales, phfloeophlqBes 
et historiques en Chine. Les historiens indigèneg 
vantent les grandes qualités politiques de ce 
prince y d^aatant plus digne d'admiration, ajou- 
tent-ils, qu'il n*eut point la possibilité de puiser 
dans les King^ ou andens livres canoniques, ces 
saints principes qui avaient fait la gloire des 
antiques souverains Yao et Chnn en même temiM 
qu'ils avaient assuré le bonheur des peuples qtii 
en ressentaient la salutaire Influence. Les histo- 
riens chinois se plaisent à vanter dans ce grand 
prince la clémence dans les temps de succès , la 
fermeté et le courage dans les revers , un esprit 
vif et supérieur, presque toujours prêt à recevoir 
les bons conseils et à discerner les paroles men- 
songères des courtisatts d'avee les justes remon- 
trances des hommes dévoués à leur patrie ; enfin, 
un grand respect pour l'antiquité et pour la mé- 
moire des princes et des grands généraux qui 
avaient perdu la vie en combattant avec ou contre 
lui. Son règne fut malheureu?ement de courte 
durée (douze ans). Il reçut après sa mort le titre 
honorifique de Kao-tsou , c'est-à-dire le premier 
ancêtre de la race des Han, qu'il a fondée, comme 
nous l'avons dit, sur les ruines de la dynastie de^ 
Tsin. L. DE Rosi^Y. 

Ouvrages orignaux : Houng-kien-kang-mou (LeMi- 
rofr général de Thistofre ), grande histoire de la Cbloe,- 
In 4*. — Ssê^i, ouvrage do célèbre biâtortographe cbi- 
nois Sse-ma-thtien: \n 4«. — /.«•tof-ti-tran^-nian-ptao- 
1q-4<>. — Ouvrages Européens , traductions et compila" 
tioas : Histoire générale de fa Chine , trad. du T<m- 
kien-Mang-mnu t parie père M. de Moyriac de MallU, 
tome t«; Paria, 1777, In- 4». — Mémoires concernant to 
Chinois, par les missionnaires de Péking. tum. Il/, in4«>< 
- Wells- Williams, The Middle Kingdon ; JUtw-YaA. 
ISSS.toroe II,ln-8*. 

* HABI-GIIAN6-TI , empereur de la Chine, de 
la dynastie des Han postérieurs , né en lOô de 
ttotreère, mort en 106. Il succéda àHan-bo-ti, son 
père ; mais comme il n'avait alors qu'environ cent 
jours, la régeoee fut confiée à l'impératrice mère. 

L. DB R. 

ToUng-iien-kangmou ( Miroir général de l'Histoire 
de la Ciiine ) ; ln-40. — U-tat-ti-wtmgnienrpiao, tom. lit 
pag. S, v». 

*HAN-GHAitf-TOVi«6, célèbre révolutioB- 
naire chinois, qui contribua au renversement 
de la dynastie mongole ( les Youen ) des em- 
pereurs de la Chine , vivait au milieu du qua- 
torzième siècle. Il était originaire de Loiian- 
tching, dans la circonscription de Tching-ting-foa 
( province Pe-tchi-li) . Son grand-père avait été exilé 
pour avoir usé des sciences magiques, que prati- 
quaient les affiliés de la fameuse société du Nénu- 
phar blanc, et cela dans le but de susciter destitMi- 
blés dans l'empire. Han-chan4oung, ÎBitîé aui 
secrets politiques de son aïeul , attendit une oc- 
casion favorable pour poursuivre la même car- 
rière. La fermentation dans laquelle étaient 
plongés tous les esprits , par suite du dérègle- 
ment de la cour de l'empereur Chun-ti, lui offrit 
tous les moyens nécessaires pour se soulever 
contre la puissance chancelante des princes mon- 
gols. Pour hâter le succès de son entr^rise, il Al 



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m HAN-CHAW-TOUNG 

répandre parmi le peuple qae Fo était descendu 
dans le inonde pour le délivrer de la tyrannie 
et de la bassesse des empereurs de la dynastie 
des Youen. Cet hM\e stratagème 'eut un plein 
SDceès. De toutes parts , dans les provinces du 
Chan-tong , du Ho-nan et du Kiang-hoéi , les 
populations, électrisées, se soulevèrent à sa voix. 
Etonnés de la rapidité avec laquelle se dévelop- 
pait ce mouvement révolutionnaire , les chefs du 
parti de Han bhang-toung, craignant que la fic- 
tion de ce dernier ne vint à être découverte et à 
arrêter ainsi le cours de leurs espérances , décla- 
rèrent hautement qu*il appartenait à la dynastie 
déchoç des Toung , qu'il était descendant à la 
huitième génération de Tempereur Hoéi-tsoung 
(1101 U15/»et que conséquemment ils devaient 
tons lui obéir, ainsi que le peuple. Ils constituè- 
rent alors la Société dite des Bonnets Rouges. Ce- 
pendant, le prétendu, successeur légitime des 
Tonngne profita pas longtemps du rang suprême 
où l'avaient placé ses frères conjurés : il tomba 
bientôt entre les mains des mandarins impé- 
rianx, qui avaient fait de grands efforts pour 
parveoir à sa perte; mais son épouse Yang-chi 
et son fils Han-tin-eul parvinrent à s'échapper. 
Quelques années après cet événement (1355) 
Han-lin-eul fut proclamé empereur par les con- 
jurés; mais son règne n'eut également qu'une 
durée presque éphémère, et sa puissance dépendit 
toujours de linconstante protection que lui accor- 
daient les insurgés aux bonnets rouges. 

L. DE ROBNY. 
Tmng-hien-lunig-mou (Miroir général de l'bittoire 
df Chine); lo-i«. — U'ta^ti■Vfang-nien-piaOt t. JV, 
in-40. - Mailla , Histoire générale de la Chine, tom. IX, 

tii-4*. 

* HAN-CHi , célèbre héroïne chinoise » iriirait 
sons le règne de Hias-wou-ti de la dynastie des 
Tsin ( règne de 373 à 376 apr. J.-C. ). Fou-kien , 
prince de Tsio, avait recommencé ( en 378) la 
guerre contre l'empereur, et mis sur pied quatre 
armées pour faire la conquête de Siang-yang. 
Tcbu-sin y commandait, au nom de l'empe- 
reur ; mais comme il ne croyait point avoir de 
surprise à craindre , il avait laissé une centaine 
de barques du côté du ileuve opposé à celui par 
lequel les troupes de Fou-kien pouvaient arriver. 
Celles-ci, s'apercevant que ces barques n'étaient 
mni gardées et Qu'elles avaient de l'avanee 
iur la milice impérnle, résolurent de s'en em- 
parer à la nage. Tchu-Sin , terrifié de ce coup 
fe hardiesse de la part de l'armée ennemie , ré- 
solut de replier ses bataillons dans Tintérieur de 
rchoung-Tching, l'une des deux villes de Siang- 
Ifang, et d'y soutenir le siège qu'on ne manque- 
'!ût point de tenter. A cet effet il se prépara à 
loe vigoureuse défense; mais les généraux en- 
lemis , qui avaient è leur disposition les barques 
^pturées récemment, s'en servirent pour faire 
tmener toutes leurs forces au siège de Siang- 
ifang, et leur position devint si avantageuse que 
es impériaux commençaient à désespérer de 
eor sort, lorsque Han>chi, mère du général 



— HANCARVILLE 286 

Tdiu-sin et femme d'un grafio courage , réélut 
de prêter Un secours inattendu aux assiégés 
et de relever le moral abattu des soldats de 
Siang-yang. L'esprit rempli de l'espérance de 
sauver son fils et son honneur, et de conserver 
à Pempereur la position , elle arma toutes les 
femmes jeunes et vigoureuses de la ville, et les 
disposa en t)lusieurs bataillons pour soutenir 
l'assaut. Ayant remarqué que le côté nord-ouest 
était le plus faible, elle y mit un détachement 
d'une centaine de femmes, et elle employa la 
plus grande partie des antres à construire un 
retranchement dans lequel elles pussent se re- 
tirer au besoin. — Les troupes de Fou-kien, 
comme l'avait préru Han-chi, ne manquèrent 
point d'attaquer le cAté nord -ouest ; mais l'hé- 
roïne , à la tête de ses femmes armées, soutint 
longtemps le siège avec succès, et ce ne fut 
qu'après plusieurs assauts réitérés qu'elle dut 
se replier dans son deuxième retranchement. Là 
elle se défendit arec tant de vaillance et d'ha- 
bileté , que les ennemis durent choisir un 
autre côté de la rille pour y entrer, ce qu'ils 
firent bientôt après. Ran-chi avec sa garde fé- 
minine , voyant la première ville de Siang-yang 
tombée au pouvoir de l'ennemi , courut à là dé- 
tense de la seconde. Là, elle déploya de nou- 
veau une audace et une fermeté yraiment dignes 
des soldats les plus aguerris : aussi le siège de 
la ville dura-t-il une année entière ( depuis lu 
2" lune de l'an 378 après J.-C. jusqu'à la 2** lune 
de l'an 379), et il est très-probable qu'il eût été 
levé après ce long espace de temps , si les chefs 
ennemis ne fussent parvenus à gagner, à prix 
d'argent, des traîtres qai amenèrent la red- 
dition de la ville. Les troupes victorieuses de 
Fou-kien, qui n'avaient pu s'empêcher d'ad- 
mirer le courage et même l'intrépidité de Han- 
chi durant tout le siège, donnèrent à la ville dont 
ils venaient de s'emparer le nom de ville de 
Vhéroïne, pour consacrer la mémoire dé l'illustre 
mère du général Tchu-Sin. L. de Rosnv. 

Toung-Kien'Kanç'Mùu, In 4». 

■ANBAL. Voy. IBN-H4NBAL. 

MAMCARtiLLE ( Pierre- Fronçois Hugues, 
dit n' ), antiquaire français , né à Nancy, le 
1" janvier 1719, mort à Padoue, le 9 octobre 
1805. Fris d'un marchand de draps , il ambitionna, 
bien jeune encore, un rang plus élevé, et chercha 
dans l'instruction un moyen de parvenir. Outre 
les sciences mathématiques, il étudia l'histoire, 
la littérature , les langues anciennes et plusieurs 
langues modernes. Il prit du service près du 
prince Louis de Mecklembourg, et parvint au 
grade de capitaine. Mais ses vues ne s'arrêtaient 
pas là : il parcourut l'Allemagne, la France, 
l'Espagne , le Portugal , l'Italie, se donnant pour 
gentilhomme , cherchant la fortune qu'il ne trou- 
vait pas toujours. A Naples , il entra en relation 
avec William Hamilton , ambassadeur d'Angle- 
terre , qui s'occupait beaucoup des monuments 
et des collections antiques, et trouvait chez 



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287 



HÀNCARVILLE - HAPÏD 



d'Hancarville réradition d'un savant et le talent 
d'un artiste. C'est d'après les collections formées 
par W. Hamilton qu'il exécuta son grand on- 
yrage sur les antiquités étrusques, grecques et 
romaines y œuvre magnifique, mais dont l'im- 
portance et le prix, qui s'élevait à 900 fr., ont 
été diminués par d'autres productions du même 
genre qui ont paru depuis. En 1780 d'Hancar- 
ville vint en France; peu de temps après il se 
rendit en Angleterre, où il resta quelques années. 
En voyant, plus tard, sa patrie livrée aux trou- 
bles révolutionnaires, il fut peu tenté d'y ren- 
trer, et retourna en Italie, où il passa le reste de 
ses jours. Ses ouvrages sont : Essai de Poli- 
tique et de Jl/ora^e (anonyme); 1759, in-8''; 
— Antiquités étrusques, grecques et ro- 
maines, tirées du cabinet du chevalier Wil- 
liam Hamilton ( texte anglais et français ) ; 
Naples, 1766, 1767, 2 vol. in-folio. En 1787, F.-A. 
David en a donné une deuxième édition en 
français seulement, Paris, 1787, in-folio; et une 
antre édition a paru à Florence, en français et 
en anglais, 1801-1806, 4 vol. grand in-folio; — 
Vénères et Priapi , uti ohservantur in gem- 
mis antiquis ;la première édition, faite à Naples, 
vers 1771, sous la rubrique Leyde et sans date, 
occasionna quelques poursuites contre l'auteur ; 
la seconde édition, qui doit avoir été faite à Lon- 
dres, est accompagnée d'une traduction anglaise. 
C'est probablement ce même ouvrage qui a re- 
paru en France, avec un texte plus étendu, sous 
le titre suivant : Monuments de la vie privée 
des douze Césars, diaprés une série de pierres 
gravées sous leurs règnes; Caprée ( Nancy ), 
1780, in-4*'; l'auteur y donna une suite sous ce 
titre : Monuments du culte secret des dames 
romaines, pour servir de suite aux monU' 
mentsdes douze Césars; 1784, in-4''. D'Han- 
carville publia encore des Recherches sur l'eS' 
prit et les progrès des arts dans la Grèce, 
sur leur connexion avec les arts et la reli- 
gion des plus anciens peuples connus, et sur 
les monuments antiques de VInde, de la 
Perse 9 du reste de V Asie, de V Europe et de 
V Egypte; Londres, 178i», in-4°. Cicognara, dans 
son Histoire de la Sculpture, publiée à Venise 
en 1813, a inséré des fragments de dissertations 
inédites dues à d'Hancarville sur les peintures de 
Raphaël au Vatican. Plusieurs manuscrits avaient 
été laissés par lui à un Anglais, nommé Wolsen- 
bome Part, qui devait les publier ; mais ils sont 
restés inédits. Guyot de Fère. 

Barbier, Examen crique de» Dictionnaires histori- 
ques, d'après une notice de J. lamoureui. — Valéry, 
Foyageen Italie, t. II. 

HANRB OU HANCRius ( Martin), philologue 
et historien allemand, né le 15 février 1633, à 
Born (Silésie) , mort à Breslau, le 24 avril 1709. 
U lit ses études à Breslau et h léna, et fut nommé 
en 166t professeur de philosophie, d'histoire et 
d'éloquence à l'université de Breslau. En 1070 
il fut appelé à Vienne pour rarrangement d'une 



certaine partie de la UbUothèqae Impériale. De 
retonrà Breslau, Hanckius fut nommé successi- 
vement sous-recteur du collège de Saint(»-Élisabeth 
(1681), recteur de ce même collège (1688), enfin 
inspecteur des écoles luthériennes. On a de lui : De 
Romanarum Rerum Scripioribus; Leipzig, 1 669- 
1675,2 vol., contenant des études biographiques et 
littéraires très-intéressantes ; — De Byzantma- 
rum Rerum ScriptorUms grxcis; ibtd., 1677, 
in-4'; — Orationes parentaler, nuptiales, 
dramatieœ,et pœmata; ibid., 1673, in-8"; — 
Wratislavienses eruditionis propagatores , 
id est, Wratislaviensinm scholarum prx* 
sides, inspectores, rectores, professores, 
prœeeptores, tabulis chronologicis compre- 
hensi, ab anno 1525 ad 1700, cum annotatio- 
nibus et tribus indicibus ; Leipzig, 1701, in-fol. ; 

— De Silesiorum nominibus Aniiquiiates; 
ibid., 1702, in-4"; — JDe^ Silesiorum majoribus 
Antiquitates 9 ab orbe condita ad annum 
Christi 550; ibid., 1702, in-4<»;— DeSt/esio- 
rum Rébus, ah anno Christi 550 ad annum 
1170; ibid., 1705; in-4»; —De Silesiis indi- 
gents eruditis, ab anno 1165 ad 1550; ibid., 
1707, in-4'';— I)e Silesiis alienigenis eruditis, 
ab anno U70 ad 1550; ibid., 1707. « B est fâ- 
cheux, dit Nicéron, que l'auteur n*ait point 
achevé cet ouvrage et que ses grandes occupa- 
tions, jointes à ses infirmités, l'aient empêché 
de mettre en accord les matériaux qu'il avait 
amassés pour cela; » — Monumenta pie de- 
functis olim erecta , nunc in unum collecta 
volumen a G, Hankio; Breslau, 1718. C'est 
un recueil de programmes que Martin Hanckius 
avait publiés en différents temps et que son fils 
a pris soin de rassembler. Y— u. 

jtcta Entdit, Lipt.t anno 1709; — Nicéron, ItfémoireSt 
t. XXXVilf, p. sot. - KOnlg. itiblioth.vet. et nov, roe, 

— Bailler. Juçfements, t. Il, p. 65, n. 191. — Morbol, 
Polyà. Lit, c. XIX, f 60, p. Sf8. — Crenlas, jinimadv. 
PhUùLj P. Xi II, p. 189. - J.G. de Chaafrepié. Nouveau 
Dictionnaire, \fM-liS»,-Zeûler, UtUoersal Ler. — Tsich 
et Gruber, j^llg. tneyclopaedie. - G. Krantz et F.-G. Bej- 
schlag, Fita hankii, dans St/llog, Opusc., 1. 1, fasc I. - 
Neumelster, De Pœtis Germon,, p. U. — Hirscfaln;. 
Handbuch, t. II» p. 818-S16. - Halle, AnL sur Bi$t, dcr 
Gel., p. 19. 

HAND (Ferdinand-Gotthelf), philologue al- 
lemand, né le 15 février 1786, à Plauen ( Saxe), 
mort le 14 mars 1851, à léna. 11 fit ses études à 
Sorau et à l'université de Ëeipzig, sous la di- 
rection du célèbre helléniste 6. Hennann, et de- 
vint en 1809 agrégé à la Faculté phildogique. II 
acquit bientôt une certaine réputation, et fut ap- 
pelé dès 1810 au collège de Weimar, où il occupa 
pendant sept ans une chaire de professeur. Il 
vint ensuite à l'université de léna, et y remplit 
jusqu'à sa mort les fonctions de professeur de 
littérature grecque , de membre du sénat acadé- 
mique et de co«directeuP du séminaire philolo- 
gique. Depuis 1842 jusqu'en 1848, il rédigea la 
nouvelle gazette littéraire de Téna. ( Pfene te- 
naische Allgemeine Literaturzeitung ). On a 
de lui : Tursellinus, seu de partieulis lailnu 



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HAND — HANDMANN 



390 



CommentarH; Leipzig, 1829-1845, 4 yoI. ; — 
jSsfhetik der Tonkunst (Esthétiqae de Tart 
musical ) ; léna, 1937-1841, 2 vol. ; — Lehrbuch 
des lateinischen Stils (Traité du Style latin) ; 
léna, deuxième édit., 1839 ; — Kunst und Al- 
ierthum in Petersburg (Arts et Antiquités de 
Saint-Pétersbourg); Wcimar, 1837; — Prak' 
iisches Handbuch /ûr Vebungen im latei- 
nisch. Stil ( Mannel pratique de Style latin ) ; 
léDa, 1838, deuxième édit, 1851, etc. Il a publié 
\f& Écrits posthumes de Carus ; Leipzig, 1808- 
1810, 6 vol.; — le Diatribe in Statium de 
Gronovins, Leipzig, 1812, 2 vol.; édition de 
S/acc; Leipzig, 1817, in-8". R. L. 

Conr.'Ux. 

H AN DEL. Voy HàENDEL. 

HANDiERi (1) (Alexandre, prince ),hos- 
podar de Moldavie , né à Constantinople, en 
17C0, mort à Moscou, Je 12 juin 1854. Il reçut 
une éducation distingaée, et apprit à fond, outre 
les principales langues de l'Europe, l'arabe, le 
persan et le turc. Il se maria à l'âge de vingt- 
huit ans, avec la princesse Callimaki, et fut élevé 
èu\ fonctions de chargé d'affaires des deux princi- 
pautés de Moldavie et de Valachie. Ces fonctions 
rexposèreot à de nombreux dangers : trois fois 
il fut exilé; deux fois il faillit perdre la vie. Le 
jeune prince persévéra dans ses vues, malgré 
les périls dont avaient été semés les débuts de 
sa carrière politique, et en 1805 il fut nommé 
premier drogman de la Porte. Le prince Hand- 
jcri, investi de toute la conGance du gou- 
vernement turc, dirigea la chancellerie de la 
Porte. Deux ans après ( 1807 ) le sultan l'ap- 
pela à la dignité d'bospodar de Moldavie. La 
guerre qui avait éclaté entre la Russie et la 
Porte Ottomane ne permit point au nouvel 
hospodar de pénétrer dans sa principauté. Il 
rebroussa chemin, et alla rejoindre le camp turc. 
Plus tard (1818) il retourna en Moldavie, y fut 
proclamé prince régnant, organisa son gouver- 
nement sur de nouvelles bases, et se fit con- 
naître par une sage administration. Lors de la 
catastrophe du sultan Sélim III, ne se croyant 
pas en sûreté dans la position qu'il occupait, il 
demanda la permission de se retirer à Cons- 
tantinople. 

£n 1821, les Grecs ayant pris les armes pour 

' (i)Sesanoetret portaient le nom de Palkoi^gue et 
étalent alliés par le sang aux empereurs de Constan* 
tinople ; le nom grec de Paléologve fut changé en celut 
dcHAiTDJEai, nom turc, à l'occasfon du fait suivant. 
Dn des altax du prince Handjeri, ayant étudié pendant 
BD longaejoor en Hollande les sciences naturelles et mé- 
dicales, guérit le sultan Mahomet IV, dont H était le 
eonfldeot et rajnt, d'une maladie dangereuse* Le monar- 
que voulant témoigner ta reconnaissance à l'homme dis- 
ttngoé qui l'avait ramené à la santé, détacha de sa cein- 
lure an poignard enrichi de diamants, et le mit à celle du 
prtnce, en liil dtaant : « Je veux que dorénavant, en mé- 
moire d'une al belle cuiv, vous portiez le nom de Hand- 
leri. • 11 faut savoir que ie mot handjer désigne en 
turc no poignard. Les membres de la famille s'empres- 
»*reni d'adopter cl de conserver lusqu'à nos jours un 
Bon qui leur rappelait un souvent si honorable. 

nODT. BIOGR. GÉNÉR. ~ T. XXIU. 



reconquérir leur indépendance, les nobles fa- 
milles grecques de Constantinopte se trouvèrent 
compromises et exposées aux plus grands dan- 
gers. Le prince Handjeri, que sa position élevée, 
son importance politique , et ses relations sem- 
blaient désigner pour première victime au mas- 
sacre des Phanariotes, averti par son ami le 
comte StrogonofT qu'il n'avait pas un moment 
à perdre s'il voulait sauver ses jours et ceux de 
ses enfants, s'échappa pendant la nuit sur une 
barque de promenade, et gagna, non sans périb, 
Odessa, où il trouva un asile auprès du gouver- 
neur de cette ville , le comte Langeron. D'Odessa 
il se retira à Moscou, où l'empereur de Russie 
l'accueillit de la manière la plus distinguée, lui 
fit rendre sa fortune, lui assura pour sa vie en- 
tière les honneurs dus à son rang, et conféra à 
ses deux fils , Grégoire et Télémaque, le rang de 
conseillers. 

Le prince Handjeri, se voyant au sein d'une 
retraite si honorable, s'occupa avec une ardeur 
infatigable à continuer le grand Dictionnaire 
Français- Arabe- Persan et Turc ( 3 volumes 
in-4<* ; Moscou, 1844 ) qu'il avait commencé en 
1806, à la sollicitation du général Guilleminot, 
ambassadeur de France à Constantinople. L'em- 
pereur Nicolas , en ayant accepté la dédicace , 
ordonna que ce livre serait imprimé aux frais 
de l'État , et décora le prince Handjeri du grand- 
cordon de l'ordre de Sainte-Anne ; presque tous 
les souverains de l'Europe s'empressèrent de 
lui témoigner leur hante satisfaction pour la pu- 
blication de cet immense ouvrage, fruit de trente- 
cinq années de travaux et de veilles, et qui man- 
quait totalement à la diplomatie et à la littéra- 
ture orientale. Après la publication de cet ou- 
vrage, le prince Handjeri ne vécut plus que pour 
sa famille, et se reposa dans les soins de l'édu- 
cation de son petit-fils Michel Ulangali , né en 
Russie, en 1833. Ce dernier est fixé en France, 
et il a publié : De Abderitarum Rébus Corn- 
mentatio; • Berlin , 1854 ( thèse pour le doc- 
torat); — DeTragœdise grœcx Principibus 
Cotnmentatio; Paris, Didot, 1855. Le prince 
Michel prépare en ce moment une traduction 
française des œuvres complètes de Démosthène. 
Ernest Mézière. 

Journal des Semants, llvr. de Janvier 1844, art. de 
M. Et. Quatreoére, — Notice présentée par M. Raoul 
Rochette à l'Académie des Ins^rlpUons et Belles-Lettres 
sur la vie et les tranavx littéraires du prince Hand- 
feH ; 188S. — Journal des Débats du is Juillet 18S4. — 
Athenawn, mars 1885. — Documents particuliers. 

HAHDMANN (Emmanuel) , peintre suisse, 
né à Bâle, en 1718, mort dans la même ville, en 
1781. Il étudia la peinture d'abord à Schaffliouse, 
chez Schnetzler, puis à Paris, chez J. Restant. Il 
alla se perfectionner en Italie, et après un voyage 
de quatre années revint se fixer dans sa patrie. 
On estime ses tableaux d'histoire et surtout ses 
portraits, parmi lesquels on remarque ceux d'yl^ 
bert Durer et ^*Euler. A. de L. 

G.-K. Nagler, Neuet AUgemeines KûnstUr-LexicoH, i 

10 



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391 



HASBA {Georget)^ historien et orientaliste 
transylvain, né le 28 aTril 1672, à Sctisessboarg^ 
mort le 15 décembre 1740. Il alla étudier à Wit- 
temberg, et fat reçu docteur en théologie en 1692. 
Nommé pasteur à Medwisch en 1713, il de- 
vint surintendant en 1756. On a de lai : Hts- 
toria Ecclesiarum Transsylvanicarum , inde 
aprimis populorum originibus ad hxc usque 
tempora; Francfort et Leipzig, 1694, in-8" ; — De 
Lttstratione Hebrasorum; Wittemberg, 1692, 
in-4'*; — De Litterarum Hebraicarum Ori- 
gine ; ib., 1697 ; — De punctùrum Hebrseorum 
cum litteris coxvitate ;ib., 1693, 10-4". £. B. 

Alex. Horényl, Memoria Hungaronan et provineia- 
Hum scriptis editis notorwMf II, 74. -> Sel wert. Naekrieh' 
ten von Siebenb, Gelehrten. — Gruber, Encifel. 

HANER (Georges -Jérémie) , fils du précédent, 
né le 10 avril 1707, mort le 9 mars 1777. Après 
avoir étudié à léna, il rentra dans sat patrie, et 
succéda à son père, comme pasteur do Medwisch, 
en 1740. 11 fut nommé surintendant en 1749. On 
a de lui : Das kœnigliche Siebenbilrgen (La 
Transylvanie royale) ; Erlangen, 1763, in-4°; — 
DeScriptoribus RerumHungaricarumet Tram- 
sylvanicarum scriptisque eorumdem anti- 
quiorifnis , ordine chronologico digestis , Ad- 
versaria; Vienne, 1774, in-S"; — De Scripts 
rifms Rerum Hungaricarum et Transsylvani- 
carum sxculï XV II, scriptisque earum; 
Hermanstadt, 1798, in- 8°. Cet ouvrage est le 
complément du précédent. L'auteur y fit une 
suite, qui est restée inédite. Il laissa en manus- 
crit plusieurs autres ouvrages relatifs à l'histoire 
de sa patrie. E. B. 

Al. Horânyi. nfem. Hungar. — Selwert, Kaehr. — 
Meuset, Gel. DeutscM, 

* HANRTOif ( Guillaume ) , jurisconsulte 
belge, vivait dans la première moitié du seizième 
siècle. Il fit ses études à Louvain , et après y 
avoir quelque temps rempli l'office de doyen des 
bacheliers, il vint à Bourges, ou il professa le 
droit à l'université en 1535. Pendant les vacances 
des vendanges, les écoliers belges et allemands, 
fort nombreux alors à l'université de Boorges, 
où ils formaient une nation , le prièrent de leur 
expliquer le droit féodal d'après le traité, fort 
obscur, d'Obertus Ortensius ; il y consentit : 
ses leçons, recueillies par un de ses élè- 
ves, tombèrent entre les mains de Jean Havi- 
chorst, qui les fit imprimer en 1564, chez Birck- 
mann, à Cologne, sous le titre de î De Jure Feu- 
dorum Libri ir.Elles furent depuis réimprimées 
sur le manuscrit de l'auteur, à Louvain, avec 
des notes de Paul de Christinen. On a encore 
d'Haneton : De Ordine et Forma Jttdiciorum , 
imprimé pour la première fois à Francfort, à 
l'insu de l'auteur, et réimprimé à Douay, en 1 570, 
à Cologne, en 1584, à Spire, en 1591. En quittant 
l'université de Bourges, Haneton alla habîtW" 
Toumay, probablement lieu de sa naissance, où 
il devint conseiller de la ville, et vécut jusqu à 
une vieillesse avancée. H. Boter. 



HANER — HANGEST 292 

Drand, BibliùtH, eUutiea. >- Valére André, Biblioth, 
Belçica, — Raynal, Hist. du Berry, 



« HANFSTANGEL (François), lithographe 
allemand, né en 1801, à Bayerrhain ( haute Ba- 
vière), d'un père cultivateur. H suivit à Munich, 
depuis 1819-1825, les cours de l'Académie des 
Arts, et commença dès lors à lithographier d'a- 
près nature beaucoup de portraits, qui lui 
valurent une grande réputation. En 1834, 
après avoir renoncé au professorat dont il avait 
été investi depuis 1829, il se rendit à Paris, où 
il fit la connaissance des lithographes les plus 
en renom. L'année suivante il publia, à Dresde, 
une collection des peintures les plus importantes 
de la galerie , dessinées sur pierre. Nous citerons 
parmi ses travaux : Le Mariage de sainte Ca- 
therine , d'après Lauger ; — La Madona de 
Murillo; — Les Pèlerins italiens; — Laiîa- 
donne di S. Gislo^ d'après Baphael; — Ma- 
deleine pénitente, de Murillo; — Le Pécheur, 
d'après G<ethe ; — L'Assomption de la sainte 
Vierge; — Le Christ couronné d'épines;- 
Les Juifs désolés, d'après Bendemann. Hanfs- 
tangel lithographia avec succès les portraits de 
beaucoup de princes et de princesses. Il vit au- 
jourd'hui retiré à Amer, en Bavière. 

Beterlé. 

CùnversatioTU-LexHon. 

HANGBR (Georges), lord Coleraine, pins 
connu sous le nom de colonel ffanger, écrivain 
anglais, distingué par ses talents et ses excen- 
tricités, né on 1760, mort en 1824. Isso d'une 
noble famille, il fut destiné à la carrière des 
armes, et obtint dès l'enfance une commission 
militaire. Il servit en Amérique pendant toute la 
guerre de l'indépendance, et s'éleva jusqu'au 
grade de major. Il quitta ensuite le service poor 
mener une vie inégalement partagée entre les 
plaisirs et la lecture. « Libre dans ses manières, 
dit un biographe anglais , il n'avait jamais l'in- 
tention de blesser, et il désarmait le ressentiment 
par la bonhomie de ses façons. Aussi ses plus 
extravagantes saillies excitaient-elles plutôt la 
galté que la colère. » A la mort de son frère, en 
1814, il hérita du titre de lord Coleraine, mais 
il refusa de le prendre, et il n'aimait pas qu'on 
le lui donnât. Comme exemple de ses excen- 
tricités on petit citer le fait suivant. En tête d'un 
de ses ouvrages 11 se fit représenter pendu à la 
lanterne. Parmi ses nombreuses publicatioDs 
les principales sont : AnAddress tothearmy, 
in reply to strictures by Roderic Mackenzie, 
on Tarleton's History of Campaigns of 1780 
and 1781; 1789, in.8<>; — Life, Adventum 
and Opinions; 1801, 2 vol. in-8'. Z. 

jénnual Beçister, 18J3. — Gortoo, General Biogrofto- 
cal Dietionari/. 

* HANGRST (Jean de) , seigneur de Genlis, 
littérateur français, né vers 1420 , mort en 1490. 
Bailli d'Évreux , conseiller et ehambellan da roi 
Charles VU, il vécut à la cour de ce prince de- 
puis 1446 jusqu'en 1459 (1). Il combattit en 1449 

(1) Jean de Hangest avait gagné les bonnes {rrlcf*<K 



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208 



HANGEST — HANMER 



294 



contre les Anglais, et servit aarecoovrement de 
la Normandie. Après la mort de Charles VII, il 
prit le parti du duc de Bourgogne, et s'attira ainsi 
l'animadversion de Louis XI, qui le fit mettre 
aoi arrêts à Paris, en 1463. C*est alors qu*il 
eomposa un ouvrage en partie extrait et traduit 
de Yaière Maxime, et qui a pour titre : Le Gou- 
vernement des Princes, le trésor de noblesse 
elles fleurs de Valère le Grand; Paris (An- 
toine Vérard), 1497, petit in-folio gothique. 

V. DE VlRlVILLB. 

Anselme, Hittoire çénéalogitiue, etc., tome VI, page 
?M 747. — Bninet. Manuel du Libraire, 184t, 1. 1, page 
m, col t, -* Table des Mémoriaux de lu Chambre des 
lOmj^eSf à la date de 1447. — Jacques Duclercq, Mémoi- 
res, édition du Panthéon littéraire , p. 90. — Chro- 
Hiqne de Labln, même édition, page 6SS. — Manutcrit 
de la Bibliothèque impériale n« 7967. 

* HANtiEST (Jérôme de), philosophe et 
théologien français, né à Compiègne, mort au 
Mans, le 8 septembre 1538. Il appartenait à une 
famille noble et considérable, fut professeur dans 
Tuniversité de Paris , chanoine et écolâtre de 
l'église du Mans, et grand-vicaire du cardinal de 
Bourbon , évéque de cette ville. Jérôme de Han- 
gest se distingua par son zèle contre les nova- 
teurs. On lui doit : De libero Arbitrio^ contra 
Lutherum; — De possibili prxceptorum ob- 
servatione; — De Christifera eucharistiOf 
adversus Nugiferos ; Paris, 1521 ; — Antilogie 
contre les faux Christs rPàns, 1523; — Des 
Académies f contre Luther; Paris, 1531 : il y 
défend les universités et Tusage d'y prendre 
des degrés, et y justifie la théologie scolastique; 
- Livre de lumière évangéligue pour la sainte 
Eucharislie, contre les Ténébrions; Paris, 
1034, in-8® ; — Le Jardin aux pensées, en vers ; 
Paris, 1538; — iLe Livre de voie sûre en con- 
traverse; Avignon, 1566, in- 16. J. Y. 

Ij Croix du Matoe cl Du Verdlcr, Bibliothèque fran- 
taise. — Le Mire, De Script, sxc. X^l. — Du Boullal, 
Hitt. Univers. Paris. - Dupin, Biblioth. des Auteurs 
eales. du seixième siècle» — Morért, Grand Dict. hUt. 

\ HANKA ( Venceslas ) , philologue et archéo- 
logue slave , est né le 10 juin 1791 , à Horenowes 
(Bohème). Il a encouragé par ses travaux Té- 
tude de l'ancien bohémien , langue abandonnée 
depuis plus de deux siècles. Depuis plusieurs 
années il exerce les fonctions de conservateur 
de la biblioUièque du musée national bohémien 
de Prapie. Parmi ses travaux on remarque Té- 
dition du manuscrit de Kôniginhof (cour de la 
reine) intitulé : Kralodworsky rucopis; Pra- 
iiue, 1817. Ce recueil précieux, découvert par 
M. Hanka, contient d'anciennes poésies bo- 
hèmes d'une grande beauté, qui ont été traduites 

Charles VU, et ie« conserva par des moyens peu honorâ- 
mes. 9l Ton en juge par l^épLsodc aulvant- Jacques Du- 
elercq, chroniqueur contemporain de Jean de Hangcst, 
raconte, sous la date de 1485, l'histoire d'une Jeune fille 
nommée Blanche de Rebreuve, et qui fut donnée au roi 
pour maltreue. Cette demoktelle avait été d'abord ré- 
lenu oo gouvernante ehez madame de Genlls, remme dé 
Iran d'Nanirest Blanche fut ainsi livrée, malgré aes repu- 
znancft perionneilet, par l'avarice de ses parents et par 
tenlrenlce de Jean d'Hangest 



dans pi^sque toutes les langues de TËurope. On 
doit en outre à M. Hanka : Prawopis cesky ( Or- 
thographe bohémienne) ; Prague, 1817 ; —Sta- 
robyla skladani (Recueil de Poésies bohémiennes 
des treizième et quatorzième siècles); Prague, 
1817-1825, 5vol.; — Grammaire Bohémienne, 
en langue bohémienne, d'après la grammaire 
bohémienne en langue allemande de Dobrowsky ; 
Prague, 1822; ^ Dictionnaire Allemand- 
Bohémien, commencé par Dobrowsky, continué 
par Puchmayer et terminé par Hanka ; Prague, 
1802 1821, 2 vol.; — Jgor Swatslawitsch , 
ancien poème épique slave, accompagné de tra- 
ductions en langues bohémienne et allemande ; 
Prague, 1839; — l'édition du SazavO'Emman- 
tinum Evangelium ; Prague, 1846, etc. R. L. 

Convers.-Lex. 

J HANKB (Henriette-Wilhelmine), femme 
de lettres allemande , est née à Jauer, le 24 juin 
1785. Fille du négociant Jean-Jacques Arndt, 
elle épousa en 1814 le ministre protestant Hanke. 
Après la mort de ce dernier (1819), elle retourna 
aupràs de sa mère, et depuis cette époque elle 
publia un grand nombre de romans, dont quel* 
ques-uns eurent un grand succès. Voici les titres 
des principaux : JHe Pflegetoechter ( Les Pu- 
pilles); Liegnitz, 1821 ; — Claudia; ibid., 1825, 
3 vol.; — Bilder des fferzens und der Welt 
(Tableaux du cœur et du monde); ibid., 2' édit., 
1834, 4 vol.; — Die Freundinnen (Les Xmks) ; 
ibid., 1826, 3 vol.; — Die Schtviegermutter 
(La Belle-Mère); ibid., 2^' édit, 1833, 2 voL; 

— Der letzte Wille ( Le Testament ) ; ibid., 1830 ; 

— DieSchwester (La Sœur); Hanovre, 1831, 
2 Yol.; •— Fér^e^^iingen (Récompenses); Ber- 
lin, 1830, 2 vol.; — Elisabeth; Berlin, 1833; 

— Die zwœlf Monate des Jahres (Les douze 
Mois de l'année) ; Liegnitz, 2'' édit, 1833, 2 vol.; 

— JHe Wittwen (Les Veuves); Hanovre, 1833- 
1834, 2 vol.; — Die Schwœgerinn (La Belle- 
Sœur); ibid., 1835, 2 vol.; — Die Perlen (Les 
Perles); ibid., 2* édit., 1836, 2 vol.; — Der 
Schmuck (La Parure) ; ibid., 1837-1838, 3 vol.; 

— Eine schlesische Gutsfrau (Une Proprié- 
taire de Silésie); Hanovre, 1850, 2 vol.; — 
Mein Wintergarten (Mon Jardin d'hiver); 
ihid., 1854, 2 vol. Ses Œuvres complète.^, qui 
ont paru à Hanovre (1841-1856), ne forment pas 
moins de 123 volumes. R. L. 

^onv.-/<e3r. — Bngelmann, B^liothek der schoen. ff'is- 
sensch. 

HANMER (Thomas), homme d'État et philo- 
logue anglais, né en 1676, mort en 1746. Il fit ses 
études à Westminster school et à Christ-Churcli 
collège à Oxford. 11 entra ensuite au parlement 
comme député du comté de Suffolk. Kn 1713 
la chambre des communes le choisit pour son 
orateur. Il conserva cette dignité jusqu'au terme 
de sa carrière parlementaire, qui dura plus de 
trente ans. Vers la fin de sa vie, il renonça en- 
tièrement aux affaires publiques pour cultiver 
plus librement les belles-lettres. Il prépara une 

10. 



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2U5 



HANMER — HANNAY 



296 



édition des Œuvres dramatiques ôe Sbakspeare, 
et l'offrit à l'université d'Oxford, qui la fit im- 
primer en 1744, 6 Tol. in-4% avec d'élégantes 
gravures par Gravelot. Z. 

Bioçraphia Britanniea» — Gorton, General Biogro' 
phical DieHonory, 

HANMER {Meredith)y historien ecclésias- 
tique anglais, né à Porkington (Shropshire), 
en 1543, mort en 1604. Il devint chapelain 
de Corpas-Christi-College à Oxford, et fut 
nommé ensuite curé de Saint-Léonard à Shore- 
ditch. Poussé par l'avarice, il enleva les or- 
nements de cuivre qui décoraient les tom- 
beaux de son église, et les vendit. Cette conduite 
le rendit odieux à ses paroissiens. Il résigna, 
vers 1693, sa cure de Shoreditch, et passa en 
Irlande, où il finit par être trésorier de l'église 
de la Sainte-Trinité à Dublin. On prétend qu'il 
se suicida. H était controversiste habile , bon 
helléniste, et très-versé dans l'histoire ecclé- 
siastique. Outre quelques traités contre les jé- 
suites , on a de lui : Translation of the ancient 
ecclesiastical Historiés of the first six hun- 
dred years after Christ, originally written by 
Eusebius, Socrates and Evagrius; 1576, in- 
fol.; réimprimé en 1585 avec The Llves of the 
Prophets and Apostles by Dorotheus , bishop 
de Tyre; — The Ephemeris of the Saints of 
Ireland; and the Chroniele of Ireland, en 
deux parties. La troisième partie de cette chro- 
nique fut publiée à Dublin; 1633, in-fol.; — A 
Chronography ; Londres, 1585-, in-fol. Z. 

Fnller. ^orthiei. — Wood, Âthena Oxonienies, 
toi. I. - RIliK, HiMtorv ofShonditeh. 

HA?iNA BROCSAGHBMATSi {Jean de Je- 
rusalen ) , historien arménien , né à Jérusalem, 
fut élu, en 1717,coadjuteur do patriarche de cette 
ville. On a de lui une Description de Jérusa- 
lem, écrite en 1727 et éditée en 1734, à Cons- 
tantinople, où elle fut deux fois réimprimée. 

£. B. 

Tchamtchlan, HitU d'Jrm., III. - SuUaftSomal, Çua- 
dro, p. 170. 

* HANNAPE8 {Nicolas db), prélat français, 
le dernier des patriarches latins de Jérusalem , 
né à Hannapes, commune de Rumigny , dans les 
Ardennes , vers 1225, mort en 1291: A peine âgé 
de douze ans, il revêtit l'habit de dominicain, à 
Reims. Après sa profession, il alla faire ses études 
au couvent de Saint- Jacques, à Paris. Il fut or- 
donné prêtre , enseigna la théologie, et devint 
prieur de plusieurs communautés ; il fut appelé 
à Rome par le pape Innocent V, et il exerçait les 
fonctions de grand-pénitencier, lorsque Nicolas IV 
le choisit pour remplir le patriarcat de Jérusa- 
lem. Après avoir reçu l'onction épiscopale, Han- 
napes se rendit à Ptolémaïde pour en gouverner 
l'église. Il s'occupa d'abord de faire cesser les 
désordres et les abus qui y régnaient. Nicolas TV 
lui promit vingt galères' bien armées pour la 
défen<te de la Terre Sainte; et afin qu'il eût plus 
d'autorité, il lui donna ,|jen 1289^ le titre de 
légat apostolique en Syrie» en Chypre et en Ar- 



ménie. Un événement imprévu fit échouer 
Hannapes dans sa mission. La ville de Saint- 
Jean-d'Acre fut prise en 1291 par les musulmans. 
Pour faciliter la fuite d'une partie de ses ooail* 
les , Hannapes s'exposa aux plus grands dan- 
gers, et résolut de périr avec ceux qu'il ne 
pouvait sauver. Il fallut employer la force 
pour l'amener à une chaloupe qui pouvait 
gagner une galère peu éloignée. Mais il n'évitait 
un péril qne pour tomber dans un autre : une 
foule de chrétiens en fuite se précipitaient vers 
l'embarcation, et le prélat, n'écoutant que son 
cœur, exigeait toujours qu'on les y laiss&t en- 
trer ; trop surchargée, elle coula à fond, et il périt 
avec tous ceux qu'elle contenait. De Hannapes est 
auteur des ouvrages suivants : Virtutum Vitio- 
rumque Exempta, ex sacris litteris excerpta; 
Tubingue, 1533, in-16; Venise, 1538, in-16, et 
beaucoup d'autres éditions ; parmi celles qui sont 
antérieures à 1533, on remarque celle donnée sods 
le nom de saint Bonaventure et avec le titre de 
Biblia Pauperum, 1490, in-folio, quisetroare 
à la bibliothèque Mazarine , et celle imprimée en 
1477, in-8°; c'est à tort que quelques auteurs 
ont attribué cet ouvrage à saint Bonavenlore 
et qu'on l'a inséré dans ses œuvres. Ant. Tyroo 
Ta traduit et publié sous ce titre : Le Promp- 
ttiaire des Exemples des Vertus et des Vices , 
recueilli de V Ancien et du Nouveau Testa- 
ment; Anvers, 152(J, în-8**; — Dicta salutis 
Nicolai de Hannapis , ord, Prœdicat, , in-fol., 
ouvrageégalementà tort attribué à saint Bonaven- 
ture et imprimé parmi ses œuvres; t. Vl, édit.de 
Mayence, 1609, in-folio; — Nicolai, patriar- 
ches Hyerosolymitani , Typicon de Jejuniis 
Grxcorum , versibus politicis : codex olim 
TrichetianuSfGeorgii Agapeti manusxculoXV 
exaratus est, manuscrit conservé à la Biblio- 
thèque impériale sous le n** 5000. 

GUYOT DB FÈRE. 
Échard, Script. Ord. Prmd.. 1. 1, p. 4tt i *f7. — Ton- 
roD, Hommes illustres de Tordre de Saint- Dom.. t I, 
p. 819 à 641. — Leionff, HUt. de Laon, p. 807. — um. 
lltt, de la France^ t. XX, p. Si. - BoulUot, Biographie 
Ardennaise. 

;hannat (James), littérateur anglais, né 
en 1827, à Dumfries. Élevé dans le Surrey , il 
s'engagea fort jeune dans la marine royale , et 
prit part, à bord du vaisseau Cambridge, aux 
opérations militaires contre la Syrie, en 1840; 
cinq ans plus tard, il se dégoûta du service, 
quitta la mer, et se fit journaliste. Ses articles, 
écrits avec une certaine verve, se trouvent dans 
la plupart des recueils littéraires, notamment 
dans Le Punch, On a encore de lui : Singlefon 
Fontenoy; Londres, 1849, roman maritime; 
— Satire and Satirists (La Satire et les Sati- 
riques); ibid., 1853, in-8«'- série de leçons qui 
dénotent autant d'esprit que de savoir; — Sket- 
ches in ti/^rflmarinc( Esquisses d'outre-roer); 
ibid., 1853, 2 vol.; — Eustace Conyers; ibId., 
1855 , roman historique. P. L— y. 

3fen of the Time. - The Mhenxum, IBM. 



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m 



HANNEMAN — HANNON 



298 



* HANNBMÂN (Adriaon), peintre hollandais. 
De à La Haye, en 1610 ou 1611, mort après 
1666. Il fut élève d'Arnaud yan Ravesteyn, 
mais suivit surtout la manière de van Dick. IS 
De quitta jamais sa ville natale , où il acquit une 
grande réputation. £n 1665, il fut nommé pre- 
mier directeur ou doyen du corps académique 
des artistes de La Haye. Les princes de la mai- 
son de Nassau l'occupèrent particulièrement : il 
fit pour etix de beaux portraits, parmi lesquels 
on distingue celui de Guillaume II, Hanneman 
a égalé van Dick pour la vérité des chairs. 11 ne 
peignait pas seulement bien le portrait, il traitait 
aussi avec un talent supérieur et beaucoup d'i- 
magination les sujets allégoriques. On cite de lui 
en ce genre les tableaux suivants : sur la che- 
minée de la grande salle des états de Hollande, 
La PaijSy représentée par une belle femme, aux 
traits pleins de douceur et vêtue de satin blanc; 
elle est assise sur un trône élevé de trois marches 
et soutenu par deux colonnes : sur ses genoux 
est une colombe et deux génies la couronnent 
d'olivier. Ce tableau est richement composé et 
peint avec beaucoup dliarmonie. La figure prin- 
cipale est irréprochable de dessin et les acces- 
soires disposés avec un goût exquis. Quoique 
l'artiste eût été rétribué généreusement, les états 
durent devoir accorder une gratification de mille 
florins à la personne qui lui avait servi de modèle. 
Dans la salle des Échevins on voit une magni- 
fique toile représentant La Justice avec ses at- 
tributs et, eh pendant, La Guerre, figurée par le 
dieu Mars : cette dernière composition respire la 
force et l'énergie. On cite parmi les plus beaux 
portraits d 'Hanneman le sien propre, qui a été re- 
produit plusieurs fois parles graveurs, entre au- 
tres par Â. Puissio. Â. de Lac4ze. 

Jakob Campo Weyerioan . De SchilderKomt des /Ve- 
derlanders, t. IV, p. S47. — Descarops, La Fie des PeiU' 
très hollandais, etc., t. II, p. IB. 

HAN^iETAiRB (Jean-Ntcolds Servandoni, 
dit), comédien et littérateur français, né à Gre- 
noble, le 4 novembre 1718 ( et non 1719 ) , mort 
à Bruxelles, en 1780. II était fils naturel du cé- 
lèbre architecte Servandoni, qiû le faisait pas- 
ser pour son neveu Hannetaire avait reçu une 
excellente éducation, et il était destiné à l'É- 
glise. Mais ses penchants l'entraînaient, au con- 
traire, à se faire comédien. C'est au théâtre de 
Liège que, caché sous le nom de Hannetaire, il alla 
débuter dans les premiers rôles. Il sévit forcé, peu 
de temps après, de quitter cet emploi à cause delà 
faiblesse de sa voix, et il se chargea des rôles à 
manteau, dans lesquels il acquit bientôt une 
brillante réputation, due principalement à la 
supériorité avec laquelle il jouait Molière. Direc- 
teur d'une troupe de comédiens , il se ti-ouvait 
m 1745 à Aix-la-Chapelle, lorsque le maréchal 
ie Saxe donna ordre de l'engager, ainsi que deux 
)u trois autres de ses acteurs , afin de recruter 
la troupe dramatique qui L'accompagnait dans 
es camps et qui venait passer avec lui à Bruxelles 



lliiver de 1746. Après le rétablissement de la 
paix, cette troupe se dispersa, et Hannetaire se 
rendit à Bordeaux. En 1752 il fut rappelé à 
Bruxelles et nommé entrepreneur de la comédie : 
charge dont il ne se démit qu'en 1780, avec 
l'agrément du prince Charles de Lorraine. Pos- 
sessear d'une fortune de 80,000 livres de rente, 
Hannetaire tenait dans cette ville une maison 
où se donnaient rendez-vous les beaux esprits d'a- 
lors. Il entretenait une correspondance fréquente 
avec le maréchal de Saxe, avec Garrick et Vol- 
taire. Ou a de lui un ouvrage très-connu et estimé, 
intitulé : Observations sur l'art du comédien, 
qui parut pour la première fois' en 1764 et a eu 
plusieurs éditions. Hannetaire composait faci- 
lement les vers. Une seule pièce de ce genre a 
été imprimée et insérée dans V Évangile du jour 
(t. VIU,p. 55), et fut attribuée à Voltaire. Le 6 juin 
1772, Hannetaire en revendiqua la paternité. 
Voltaire reconnut quelques jours après (juillet 
1772) la justice de cette réclamation dans une 
lettre qu'il adressa à La Harpe. 

ÉD. DE Manne. 

archives du nord de la France. — Correspotidanee 
de Foltaire, édit. Beachot, t. LXXVII. - Quérard.Ia 
France littéraire. 

HANNIBAL. Voy, AnNIBAL. 

HANNON , nom très-commun dans l'histoire 
carthaginoise. Beaucoup des personnages qoi 
l'ont porté nous sont si imparfaitement connus, 
qu'il est bien difficile de préciser leur identité, 
et que l'on est également exposé à rapporter à 
plusieurs des faits qui appartiennent réellement 
à un seul, ou à confondre en un seul plusieurs 
Hannon différents. Voici la série complète, par 
ordre chronologique, des personnages de ce nom 
qui figurent dans l'histoire: 

HANNON , père d'Amilcar qui fut tué à la 
bataille d'Himère, en 480 avant J.-C. 

Hérodote, Vli^ 165. 

BANNON fils du même Amilcar, et probable- 
ment père d'Himilcon qui prit Agrigente en 406. 
Heeren croit que c'est cet Hannon qui fit le 
voyage dont il nous reste un récit sons le titre 
de Périple. 
Dio(lore, XIII, 80. — Heeren . Idem, etc., toI. IV. 

BANNON, général, mis à mort vers 350 avant 
J.-C. Il commanda les Carthaginois dans une de 
leurs guerres contre Denys, vers la fin de son 
règne. Quelques lignes de Justin sont tout ce 
qui nous reste sur cette campagne, où Hannon 
semble avoir obtenu des succès. De retour à 
Carthage, il voulut s'emparer de la souveraineté, 
si l'on croit Justin, qui l'appelle « le premier ci- 
toyen de Carthage et plus puissant par ses ri- 
chesses que toute la république » : il forma le 
projet d'empoisonner les sénateurs dans un fes- 
tin. Cet odieux dessein ayant été découvert, 
Hannon se retira dans une forteresse, où il ras- 
sembla une armée de 20,000 hommes.et poussa à la 
révolte les Africains et les Maures. Mais il tomba 
entre les mains des Carthaginois, qui le firent 
mettre ea çroi^ 4Tec ses enfants et tous ses pa» 



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399 



HANI90N 



$00 



rent8. Ces événements se passèrent entre la pre- 
mière expulsion du jeune Denys et son retour, 
c'est-^-dire entre 356 et 346. Botticher croit que 
cet Mannon est le même que celui qui est men- 
tionné par Diodore, comme le père de Giscon. 

Justin, XX, 8; XXI. XXII, 7. - fiOtUcber. Ceschichte 
lier Carthager. 

* HAKNON commandait, suivant Diodorede Si- 
cile, la flotte et Parmée cartiiaginoises envoyées en 
Sicile en 344 avant J.-C. Plutarque donne au con- 
traire au général carthaginois le nom deMagon; ce- 
pendant, comme le même historien parle d'un cer- 
tain Hannon chargé d'intercepter, avec son esca- 
dre, les vaisseaux corinthiens, on peut concilier les 
assertions de Diodore et de Plutarque, en suppo- 
sant qu'après avoir conduit l'armée carthaginoise 
en Sicile, Hannon en remit le commandement à 
Magon, et ne garda sous ses ordres qu'une partie 
de la flotte. 

Diodore de Sicile, XVI, 67. — Plutarque . Timoléon^ 
17-10. 

HANNO?!, un des deux généraux chargés de 
repousser Âgathocle , lorsque celui-ci descendit 
enÂfriqueen 310 avant J.-C. Bien qu'il y eût entre 
Hannon et Bomilcar,son collègue dans le comman- 
dement en chef, une haine de famille, lesdeux gé- 
néraux montrèrent de l'accord dans leurs opéra- 
tions. Us attaquèrent avec des forces bien supé- 
rieures l'armée d 'Agathocle. Hannon, qui com- 
mandait l'aile droite, chargea l'ennemi, à la tête 
du bataillon sacré, corps de grosse infanterie, 
et enfonça la première ligne de l'aile gauche d'A- 
gathocle ; mais il fut tué au milieu de son succès, 
et ses soldats firent retraite. 

Diodore, XX, 1J) 1t. - Justin, XXII. 6. — Orose. IV, 6. 

^ HANNON, un des trois généraux carthaginois 
employés en Afrique contre Ârchagathus, fils 
d'Agattiocle, en 307. 11 défit complètement le gé- 
néral syracusain Heschrion, qui lui élait opposé. 

Diodore, XX. 89, 60. 

■ANNON, commandant de la garnison car- 
thaginoise de Messine au commencement de la 
première guerre punique, en 264. Les Mamertins 
étaient divisés en deux partis. Tandis qu'une 
des factions réclamait l'assistance des Romains , 
le parti contraire s'adressa aux Carthaginois , et 
livra aux soldats d'Hannon la citadelle de Mes- 
sine. Aussi lorsque C. Claudius vint de la part 
du sénat annoncer aux Mamertins que leur de- 
mande avait été accueillie , et qu'ils eussent à 
renvoyer les troupes carthaginoises, il ne reçut 
pas de réponse. Il se retira alors à Rhegium , 
rassembla quelques vaisseaux, et essaya d'en- 
vahir la Sicile. Cette première tentative fut aisé- 
ment repoussée. Plusieurs de ses vaisseaux 
tombèrent au pouvoir d'Hannon, qui les lui ren- 
voya avec un message amical. Claudius fit une 
réponse hautaine, et Hannon, en la recevant, 
s'écria qu'il ne souffrirait pas que les Romains 
lavassent même leurs mains dans la mer. Mais 
toute sa vigilance ne put empêcher Claudius de 
débarquer Rêvant Messine, et d'ouvrir une con- 
férence avec les Mamertiiis. Ayant eu lui-même 



rimpnidence d'y assister, il fut tra^reusemeot 
saisi par les Romains, et retenu prisonnier. Pour 
recouvrer la liberté, il consentit à céder aux Ro- 
mains la citadelle de Messine. De retour à Car- 
thage, il fut mis en jugement pour cette coq- 
cession , et condamné au supplice de la croix. 

Dion CasslQS, Frag. F^at., 89, 60. — Zonaras, V1II,8,9. 
— Poiybe, I, 11. 

* HANNON, fils d'Ânnibal, envoyé en Sicile par 
les Carthaginois avec une armée considérable, 
aussitôt après les événements rapportés dans 
l'article précédent, il s'allia avec Hiéron contre 
les Romains , et vint avec lui mettre le siège de- 
vant Messine en 264. Il plaça son camp vers le 
côté nord de la ville , et fit mouiller sa flotte près 
du cap Pélore. Mais il ne put pas empêcher le 
consul Âppius Claudius d'arriver au secours de 
Messine avec 20,000 hommes. Les troupes de 
Hiéron et d'Hannon, battues séparément, se re- 
tirèrent à l'ouest de la Sicile, et laissèrent le reste 
de l'Ile à la merci du vainqueur. 

Deux ans plus tard on trouve à la tète des 
Carthaginois un Hannon que Diodore appelle 
V ancien (ÔTrpeapuxepo;). Comme ce général paraît 
être le môme que le vaincu de Messine , nous rap- 
porterons dans cet article les faits que Diodore 
attribue à Hannon l'ancien. Son collègue Annî- 
bal, assiégé par les Romains dans Agrigente, 
souffrait de la famine. Hannon reçut Tordre 
d'aller à son secours. Il rassembla à Lilybée cin- 
quante millle hommes d'infanterie, six mille 
chevaux, et soixante éléphants , marcha sur Hé- 
raclée, et se rendit maître des magasins de 
Parnaée romaine établis à Ërbesse. II remporta 
même, avec sa cavalerie numide, nn avantage si- 
gnalé sur les Romains -, mais là se bornèrent ses 
succès. Il perdit une grande bataille , et fut forci 
d'abandonner Agrigente à son sort. Le sénat le 
punit de sa défaite par une amende de 6,000 
pièces d'or, et lui donna Amilcar pour successeur. 
Six ans plus tard, cependant, on le voit partage: 
avec ce dernier le commandement de la flotte 
carthaginoise à la grande et malheureuse ba- 
taille d'Ecnorous. Après cette défaite décisÎTe, 
Amilcar chargea Hannon de négocier avec les 
généraux romains; mais celui-ci, au lieu de s'ac- 
quitter de sa mission , fit voile pour Carthage 
avec les débris de sa flotte Depuis cette époque 
il ne reparaît pas dans l'histoire, à moins qu'il 
ne fût un des deux Hannon qui commandaient 
l'armée carthaginoise défaite à Clupea ^i 2ô6 par 
les consuls iEmilius Panlus et Fulvius Nobilior. 

Diodore, XXIII. 1, 8, 8, 9. — Poiybe. I. Il, 18, 15, 15. 
19, 37. - Zonaras, VIII, », 10, H. — Orose, IV, 7-9. - 
Dion Caislus, Exeerpt. FaU, 68. — Valére Maxime, Vl.«. 

* HANNON, mentionné par Zonaras et Orose, 
commandant en Sardaigne , pendant la première 
guerre punique. D'après Orose, il succéda à Aa- 
nibal, fils de Giscon , fut défait par L. Sdpion . 
et périt dans le combat ( en 269). 

Zonaras, VIU, \t. - Oro«e, IV, 7. - Valère Uaxintf, 
V,l. 

* HANNON y fils d'Amilcar, nn des trois ambas- 



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301 



HANNON 



302 



badears envoyés par les Carthaginois à Régulas 
pour demander la paix après la défaite d'Adis, 
eo 255. 
Diodore, XXUI, It. 

■AirNOX , commandant de la flotte carthagi- 
Doisequifat Tainciie par Lutatius Gatulus {voy, 
ce nom) près destles iEgades, en 241. Il échappa 
avec peu de vaisseaux au désastre de sa flotte. 
A son retour à Carthage, il fut traité comme 
l'étaient presque toujours les généraux vaincus; 
le sénat le fît mettre en croix. Cet amiral mal- 
heureux est peut-être le même qu'un des pré- 
cédents; mais on a eu tort de le confondre avec 
]« suivant. 

Zonaras, VIII, 17. 

■ÂSiio», surnommé le Grand (ô Méyocc), né 
vers 270, mort vers 190. 11 fut pendant de lon- 
gues années le chef du parti aristocratique à Car- 
thage, et, en cette qualité, le principal adver- 
saire d*Amilcar Barca et de ses fils. Il eut un 
commandement en Afrique, après l'expédition de 
Régulas, et parvint à réduire plusieurs villes qui 
s'étaient révoltées contre Carthage. Le sénat 
exalta ses exploits, pour les opposer à ceux d'A- 
milcar Barca, chef du parti démocratique. Cette 
compagnie savait gré à Hannon de l'extrême ri- 
gueur qull avait déployée contre les insurgés. 
Lorsque les mercenaires qui avaient servi en 
Sicile revinrent en Afrique , après la fin de la 
guerre punique , en 240, et réclamèrent Ténorme 
arriéré de leur solde, Hannon fut envoyé au 
camp de Sicca, pour leur demander de consentir 
à une réduction. L'impopularité personnelle de 
l'envoyé ajouta à l'exaspération que devait ex- 
citer parmi les mercenaires une pareille propo- 
ntion. Hannon, après avoir vainement essayé de 
gagner les chefs inférieurs, repartit pour Carthage. 
Le sénat lui confia la mission d'écraser les mer- 
cenaires qu'il n'avait pu ramener à rol)éissance. 
Mais ses campagnes contre les Numides et les 
autres peuplades africaines l'avaient mal pré- 
paré à lutter contre une armée disciplinée par 
Amilcar Barca, et, malgré son premier succès, il 
laissa surprendre et pilier son camp par les mer- 
cenaires. Cette preuve d'incapacité ne lui fit pas 
perdre la faveur du sénat , mais elle obligea ce 
corps à loi donner pour collègue Amilcar. Les 
deux généraux s'entendirent si mal qu'il fallut 
opter entre eux. Le sénat laissa le choix aux 
soldats eux-mêmes , qui se déclarèrent en fa- 
veur d'Amilear. Annibal , qui succéda à Hannon, 
fut pris et tué par les insurgés, et Amilcar dut 
lever le siège de Tunis. Dans la terrible position 
ou se trouvait Carthage, la réconciliation des 
deux partis était nécessaire. Hannon et Amilcar 
&e partagèrent de nouveau le commandement, et 
remportèrent bientêt après une victoire décisive. 
Vtique et Hippone tombèrent en leur pouvoir, 
et rinsorredion des mercenaires fut réprimée. 
Depuis cette époque, Hannon ne semble pas 
avoir pris part à d'autre guerre civile ou étran- 
gère, mais il conserva dans les conseils de son 



[ pays la plus haute influence. Pendant la période 
' de trente-cinq ans qui commence au départ d'A- 
I milcar Barca pour l'Espagne , et finit au retour 
I d'Annibal après ses campagnes d'Italie , Hannon 
repoussa les mesures que Le parti démocratique 
I fit adopter. Il s'opposa de toutes ses forces à la 
I déclaration de guerre aux Romains , et lorsque 
I oette guerre eut été engagée , il s'opposa à ce 
qu'on envoyât des renforts à Annibal. La con- 
i daite d'Hannon a été exposée longuement, et 
i avec des détails qui, malgré leur vraisemblance, 
I ne paraissent pas empruntés à la réalité. Ainsi 
I les longs discours que Tite Live prête à l'homme 
I d'État carthaginois sont évidemment de i'inven- 
I tion de l'historien , bien qu'ils soient conformes 
au caractère d'Hannon. Lorsque la guerre, d'a- 
l)ord si favorable aux Carthaginois , leur devint 
contraire, Hannon insista pour qu'on fit la paix. 
Il préserva des fureurs de la populace les ambas- 
sadeurs romains envoyés à Carthage un an avant 
la l>ataille de Zama. Lui-même fut, après cette 
défaite, député à Scipion pour traiter de la paix. 
On le voit un peu plus tard à la tête du parti 
romain , dans les dicossions relatives aux em- 
piétements de Massinissa. A cette occasion il est 
fait mention de lui pour la dernière fois. Teile 
fut la longue carrière de cet homme d'£tat, qui 
ne mérita le nom de grand ni par son génie ni 
par d'éclatants services , mais qui fut pendant 
près d*un demi-siècle le chef d'un grami parti, 
et balança l'influence successive des deux plus 
grands hommes de son pays, AmUcar et Annibal. 

Polybe, I, 67, 7t, 74, St, 8S. 87, SB. — AppteQ, /Hipa- 
fUca, k^iPunica, tk, 49, 6S. - Dtodore, XXIV, lo. - rue 
Uve, XXI, 8. 10, 11; XXIII, IS, 18; XXX, 88. 87.- Valère 
Maxime, Vil, S. -- Zonaras, Vlir, u. 

* HANNON, officier envoyé par les Cartbaghiois 
en Sardaigne en 239, pour réduire les mercenaires 
qui avaient suivi l'exemple de leurs confrères 
d'Afrique, et tué leur commandant Bostar. Han- 
non ne fut pas plus tôt arrivé dans l'Ile que ses 
propres troupes se déclarèrent en faveur des 
rebelles. Lui-même tomba entre leurs mains, et 
fot aussitôt mis en croix. 

Poljbe, I, T9. 

* HANNON , un des dix ambassadeurs envoyés 
à Rome, en 235, pour terminer le différend qui 
s'était élevé entre les Carthaginois et les Romains, 
an sujet de la Sardaigne. Hannon, par sa francliise 
et sa hardiesse, termina promptement ce que plu- 
sieurs ambassades n'avaient pu accomplir, et 
obtint le renouvellemrat de la paix à des condi- 
tions équitables. 

Dton Casaloa, Exeerpt., 180. — Oroae, IV. ». 

HANNON, officier carthaginois , laissé en Es- 
pagne par Annibal , quand ce général franchit les 
Pyrénées en 218. 11 eut sous ses ordres, pour 
garder les provinces nonvellement conquises 
entre l'Èbre et les Pyrénées, 10,000 hommes de 
pied et 1,000 chevaux. Lorsque Cn. Scipion ar- 
riva à Emporia avec une armée romaine, Hannon, 
voyant les provinces espagnoles prêtes à se 
soulever contre les Carthaginois, se bâta de N- 



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803 HAimON 

Trer bataille au général romain. Il fat Taincu et 
fait prisonnier. 

Polybe, III, 88,76. - Tite Uve, XXI, 18, 60. 

* BANif ON , fils de Bomilcar, et un des meil- 
leur lieutenants d'Annibal dans les campagnes 
d'Italie de 218-203. Suivant Âppien,il était neveu 
de ce grand capitaine ; mais Polybe ne dit rien 
de cette circonstance, que diverses antres consi- 
dérations rendent peu probable. Le nom d'Han- 
non parait pour la première fois dans Fhistoire 
à Toccasion du passage du Rhône par Annibal. 
Hannon reçut l'ordre de traverser le Rhône aa« 
dessus du point indiqué pour le passage du reste 
de Vannée. Il accomplit heureusement cette mis- 
sion, et, descendant la rive gauche du fleuve, il 
tomba sur les Gaulois qui défendaient le Rhône 
contre Annibal , les dispersa, et le reste de Tar- 
mée passa sans obstacle. A la bataille de Cannes 
il commanda Taile droite des Carthaginois, sui- 
vant Polybe, l'aile gauche selon Appien. Après 
la victoire, il fut envoyé avec un corps séparé 
en Lucanie, pour soutenir Tinsurrection de cette 
province. Le général romain T. Sempronius 
Longus le battit à Grumentum, en 216 , et le 
força de rentrer dans le Brutiom. A la fin de 
l'été de cette année, il recueillit les renforts ar- 
rivés de Carthage sous les ordres de Bomilcar, 
et les conduisit au camp d'Ânnibal devant Nola. 
Après la levée du siège de cette place, il rentra 
dans le Brutium, et conquit la ville importante de 
Crotone. Dans Tété de 214, il rassembla une 
armée de 18,000 hommes , composée principa- 
lement de Brutiens et de Lucanlens, et tâclia de 
faire sa jonction avec Annibal , qui opérait en 
Campanie; mais il fut complètement défait près 
de Bénévent par le préteur Tiberius Gracchus, 
et rejeté dans le Brutium. En 213 il n'eut à 
combattre que des forces irrégulières levées par 
L. Pomponius, et les dispersa. En 212 il fut 
chargé de conduire un grand convoi de vivres 
dans Capoue, alors menacée d'un siège par les 
Romains. Cette mission était difficile, parce que 
les deux consuls occupaient le Samnium. Hannon 
conduisit son convoi jusqu'à Bénévent. Mais la 
négligence des Capouans, qui n'avaient pas pré- 
paré des moyens de transport, donna aux Ro- 
mains le temps d'accourir. Us s'emparèrent de 
la plus grande partie du convoi , pillèrent le camp 
d'Hannon, et forcèrent ce général à rentrer dans 
le Brutium. Peu après, Hannon répara ce désastre 
par la conquête de Thurium. A partir de ce mo- 
ment on le perd de vue pendant plusieurs années, 
j usqu'à ce qu'on le retrouve, en 207, commandant 
la ville de Métaponte, et chargé par Annibal de 
lever une nouvelle armée dans le Brutium. Trois 
ou quatre ans plus tard, il quitta l'Italie, et rem- 
plaça dans le commandement de l'armée d'A- 
frique Asdrubal, qui venait d'essuyer une défaite 
complète. Dans la situation désespérée où se 
trouvait l'armée carthaginoise, Hannon n'osa 
rien faire, sinon une tentative inutile pour incen- 
dier le camp de Scipion, et il attendit l'arrivée 



S04 

d'Annibal, auquel il remit le commandement en 
chef. 

Polybe, III, W, 48, lU. - Tlte Ure, XXI, 17, 18; IXIIf. 
87,41, 48,46; XXIV, 1-8, 14-16, M; XXV. I, 18-11; 
XXVII, 4J. - Appten, ^nnib,, îo, 84; Puniea, 14, n*L 
— Zonaras, IX, -4, il, 18. 

* HANNON, Carthaginois de noble naissance 
qui, d'après Tite-Live, fut le principal instigateur 
de la révolte de la Sardaigne sous Hampsicora,ea 
2 lô. Il fut fait prisonnier avec le général cartlia- 
ginois Asdnibal dans l'action décisive qui mit 
fin à cette révolte. 

TUe-LIvc. XXIII, 41. 

* HANNON, général envoyé de Carthage pour 
continuer la guerre en Sicile, après la prise de 
Syracuse par les Romains, en 211. Il établit son 
quartier général à Agrigente. II avait sous ses 
ordres Epicydes et Mutines. Jaloux des succès 
de ce dernier, il livra en son absence bataille à 
Marcellus. La cavalerie numide refusa de com- 
battre tant qu'elle n'aurait pas Mutines à sa tète, 
et Hannon essuya un grave échec. Il continua 
pourtant de garder Agrigente et de dominer les 
contrées environnantes, grâce à l'infatigable cava- 
lerie de Mutines. Mais la jalousie qu'il portait à 
ce chef le décida à lui retirer le commandement. 
Mutines, exaspéré, entra en rapport avec le gé- 
néral romain Laevinus, et lui livra la ville d'A- 
grlgente. Hannon et Epicydes parvinrent avec 
peine à s'échapper par mer. Cet événement mit 
fin à la guerre de Sicile. 

TJte LIve, XXV, 40, 41 j XXVI, 40. - ZoDaras. 18, 7. 

* HANNON, officier carthaginois qu'Anuibal en- 
voya en 212 à la défense de Capoue, avec 1,000 
fantassins et 1,000 cavaliers. Bostar lui fut as- 
socié dans le commandement. Les deux chefs, 
malgré de vigoureuses sorties, ne purent empê- 
cher les Romains de compléter leur ligne <rin- 
vestissement. Capoue, étroitement bloquée, res- 
sentit bientôt les horreurs de la famine. Annibal, 
informé de cette triste position, accourut à son 
secours ; tous ses efforts, quoique bien secondés 
par Hannon et Bostar, ne purent forcer la ligne de 
blocus. La diversion qu'il tenta par une marche 
audacieuse sur Rome n'eut pas plus de succès, et 
la chute de Capoue fut inévitable. Les Capouans 
essayèrent alors d'obtenir leur pardon des 
Romains, en leur livrant la garnison carthagi- 
noise et ses deux chefs. On ne sait ce que devint 
ensuite Hannon ; mais il ne faut pas le confondre 
avec un autre Hannon, fils de Bomilcar, lequel 
commandait en Lucarne et dans le Brutium 
pendant le siège de Capoue {voyez ci-des- 
sus). 

Tlte Llvc, XXV. 15; XXVI, 8, lî. - Appien, Annibal, 

86-48. 

^HANNON, général carthaginois qui, en 208, 
succéda à Asdrubal lorsque celui-ci franchit les 
Pyrénées et marcha sur l'Italie. Hannon réunit 
ses forces à celles de Magon dans la Celtibérie. 
Leurs deux armées furent attaquées par Silanos, 
lieutenant de Scipion, et mises dans une déroute 
complète. Hannon tomba entre les mains des 



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SOS 



HAIVNON 



806 



Taioqoean, et Sdpion l'envoya prisonnier à 
Rome. 

Ti(e-Ufe,xxviii, i,t,4. 

* HANHOH , lieutenant de Magon en Espagne en 
206. MagOQ, Yaincu avec Asdrabal Giscon, et 
forcé de se réfugier dans Gadès, chargea Hannon 
de lever des troupes parmi les tribus espagnoles 
du voisinage. Hannon avait réussi à rassembler 
une troupe considérable lorsqu'il fut attaqué et 
Taincu par L. Marcius. Il s'enfuit avec quelques 
soldats, qui bientôt après le livrèrent au général 
romain. 
Tite Llve, XXVIII, 13. 80. - Applen, Hispan,, 81. 

*Hi9ii«oif, jeune Carthaginois, de noble nais- 
sance, qui en 204 alla reconnaître avec 500 che- 
Taox l'armée de Sdpion, qui venait de débarquer 
en Afrique. S'étant approché trop près du camp 
romain, il fut enveloppé par la cavalerie enne- 
mie, et péritavec presque tout son détachement. 
Un autre officier du même nom se laissa sur- 
prendre par Massinissa, et éprouva le même sort 
quelques jours après. 11 n'est pas impossible qne 
les historiens aient fait d'une seule action deux 
évéoements différents. Appien et Zonaras pré- 
tendent qu'Hannon fut pris, et non pas tué, et 
Zonaras ajoute même qu'il fut échangé aussitôt 
après contre la mère de Massinissa. 

nte Uve. XXIX, t9, 81, 85. — Appien , Pmiea, U. — 
Zonaras, IX, lî. — Eutropf , III, 80. — Orose, IV, 18. 

* HANNON, surnommé GillasuM Tigillas (HX- 
ia; ou TiyiXXac)} un des ambassadeurs envoyés 
deCarthageau consul Gensorinus un peu avant le 
commencement de la troisième guerre punique 
en 149. Appien, qui lui fait prononcer un long 
discours à cette occasion, l'appelle le membre le 
plus distingué de raml)assade. 

Appien, Punica, St. 

* HANNON, surnommé le Blanc (Aeuxoc), of- 
ficier SOUS les ordres d'Himilcon Phamaeas dans 
la troisième guerre panique, en 148. Lorsque son 
gV'jiéral passa du côté des Romains , Hannon n'i- 
mita point cette trahison, et retint beaucoup de 
soldats par son exemple ( 1 ) . 

Appien, Piinioi, 108. 

HANNON ('Avvcdv), navigateur carthaginois 
j'une époque incertaine , sous le nom duquel on 
[KKsède un Périple (icep(icXouc), ou récit d'un 
royage autour d'une partie de la Libye. L'ou- 

(1) On troaTe encore dans les écrivains anciens divers 
laooon quljsans appartenir à l'histoire, méritent cepen- 
Isntune mention, éllen {P'ar. Hist., XIV, 8») raconte 
[a'an Carthaginois de ce nom apprit à quelques oiseaux 

répéter ces nsots : w Hannon est un dlen, » puis qu'il les 
Icha ; mais les oiseaux oublièrent la leçon dès qu'ils 
srent mis ea Uberté. Bochard et Perizonius rapportent 
ras aucun fondement eette anecdote à Hannon le navl* 
»trur. Peut-être pourrait-on Tattrlbuer avec plus de 
raiiemblaDce H un certain Hannon qui, d'après Pline et 
lolarqoe, fut condamné au bannissement pour avoir 
eoMl a apprivoiser un lion. Cicéron cite (2Vxc. Quœtt.f 
', it ) une lettre d'Anacharsls adressée à Hannon, con- 
eoporatado philosophe seythe. Quant au personnage de 
e nom qui . d'après Dion Chrysostomc , fut un des pre- 
liers fondateurs de la grandeur cartbaginotse , 11 estlm- 
oulble de tirer «ocnne lodactton de ce passage Tagae 



vrage fut originairement écrit dans la langue pu- 
nique ; il en est venu jusqu'à nous une traduction 
grecque. Hannon raconte lui-même l'expédition 
dont il eut le commandement. Il fut chargé par 
ses compatriotes d'entreprendve un voyage au 
delà des colonnes d'Hercule et de fonder sur les 
côtes de la Libye occidentale des villes phéni- 
ciennes. Il partit avec soixante vaisseaux, sur les- 
quels étaient embarquées trente mille personnes, 
hommes et femmes (1), destinées pour la plu* 
part à l'établissement des colonies. Après avoir 
franchi le détroit qui sépare r£urope de l'A- 
frique, longé pendant plusieurs jours les côtés 
de la Libye, et disposé des comptoirs de dis- 
tance en distance , Hannon s'arrêta dans unelle, 
qu'il nomme Cerné et que quelques géographes 
modernes identifient avec l'Ai Ghir des Maures, 
l'Argiiin des Européens. Il y fonda un grand 
établissement commercial. Puis il continua son 
exploration le long des côtes, et ne s'arrêta 
qu'an bout de vingt-six jours de navigation, à 
partir de Cerné. Il est bien difficile, peut-être 
impossible, de déterminer le point extrême de 
son voyage. Quelques-uns le placent vers le cap 
des Trois Pointes, tandis que d'autres pensent 
que le navigateur carthaginois ne dépassa pas les 
côtes de la Sénégambie. Le manque de vivres 
l'obligea de ramener sa flotte à Carthage. Il y 
rentra avec la gloire d'avoir accompli la plus 
longue exploration qui eût encore était faite, 
et d'avoûr fondé dans l'Ile un grand établissement 
qui devint l'entrepôt de tout le commerce car- 
thaginois avec le sud-ouest de l'Afrique. De re- 
tour à Carthage, il écrivit la relation de son voyage 
sur une tablette, qu'il dédia dans le temple de 
Kronos ou, d'après Pline, dans celui de Junon. Le 
Périple d'Hannon est souvent cité par les anciens, 
mais ils ne nous apprennent rien de positif sur 
son auteur. Aucun témoignage, aucun renseigne- 
ment ne nous permet d'identifier ce Hannon 
avec quelqu'im des nombreux Carthaginois qui 
ont porté le même nom. Le navigateur à qui Ton 
confia une mission aussi importante devait 
être un des premiers magistrats de la république, 
et Carthage au moment où elle ordonna ce 
voyage était, comme l'assure Pline, à son plus 
haut point de puissance. De ces deux faits, qui 
paraissent avérés, on ne peut tirer que de 
vagues conclusions quant à l'histoire per- 
sonnelle d'Hannon et à l'époque où il vivait. Fa- 
bricius le place vers l'an 300 avant J.-C, tandis 
que Isaac Yosslus et Gossellin le reculent jusqu'à 
1000. Falconer, Bougainville et Gail le font 
vivre avec plus de probabilité vers 570. Les 
opinions des anciens à l'égard de l'exactitude du 
Périple d'Hannon sont généralement sévères. 
Strabon traite de fabuleuse la relation qui cou- 
rait de son temps, et qui n'était vraisemblable- 
ment pas la même que celle que nous possé- 



(1) Ce chiffre si considérable est très-probab|aip^ 
nne erreur, aott do tradocteur, aolt da oopMe, 



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«07 HANNON 

dons aiûoQrd'hai. Aristide le rhétear s'en 
moque comme d'un conte, et Athénée nous 
apprend qu'un poète comique en avait Tait un 
objet de plaisanterie; enfin, Pline et Pomponius 
Mêla se plaignent d'y trouyer des fables ridi- 
cules. En eiïet, on rencontre, même dans le court 
récit venu jusqu'à noua, bien des faits choquants 
et inadmissibles, mais qui ne suffisent point pour 
faire regarder Hannon comme un imposteur, ou 
pour reléguer la relation qui porte son nom 
parmi les monuments apocryphes indignes de 
foi. Walckenaër fait observer que « les Grecs et 
les Romains, marins peu entreprenants, et qui 
jamais n'osèrent dépasser le cap de Nun, ne 
crurent pas à la navigation d'Hannon , et s'en 
moquèrent comme on s'est moqué de la relation 
de Marco-Polo avant que les progrès des décou- 
vertes vinssent en confirmer les détails. Les pre- 
miers modernes, tels que Ramusio, qui pu- 
blièrent les relations des découvertes des Por- 
tugais sur la côte d'Afrique furent frappés de 
leur analogie avec la relation d'Hannon, et lui 
accordèrent une attention que l'incrédulité de 
Mêla et de Pline lui avait refusée ». Aujourd'hui 
on pense généralement que le Périple d'Hannon 
est une traduction grecque de l'inscription pu- 
nique déposée par ce navigateur dans le temple 
de Kronos ou de Jnnon. On ne connaît qu'un 
seul manuscrit de ce précieux ouvrage ; c'est 
oelui de la bibliothèque Palatine. Gesenius le pi^ 
blia le premier, avec Arrien, VEpitome de 
Strabon et le De Fluviis de Plutarque; Bâle, 
1533, in-â**. Cette première édition fut suivie de 
celles de J.-H. Boeder et J.-J. Mûller, Stras- 
bourg, 1661, in-4°;de A. Berkel , Leyde, 1674, 
in- 12, avec une traduction latine par M. Ces- 
ner; de Thomas Falconer, Londres, 1797, avec 
une traduction anglaise , deux dissertations et des 
cartes; de Fred.-Guill. Kluge. texte grec avec 
préface, une notice sur Hannon et son voyage et 
des noies latines, mais sans traduction ni cartes, 
Leipzig, 1829, in-8°. Le Périple a été inséré 
dans les Geographi minores d'Hudson, vol. l, 
avec la dissertation dans laquelle Dodwell a at- 
taqué l'authenticité de l'ouvrage par des raisons 
que Bougainville a réfutées d'une manière suffi- 
sante; dans les Petits Géographes grecs de 
Gail, avec traduction latine, commentaires et 
cartes, Paris, 1826, in 8"; et dans les Geographi 
minores de Mûller, Paris, collect. Didot, 1855, 
grand in-8*'. Il existe des traductions du Périple 
d*Hannon dans la plupart des langues de l'Europe. 

L. J. 

nine, Hist. Nat., 11,67; V, l. - Pomponius Mêla, 
III, 9. — Athénée, III, 83. — Dodwell, De vero PeripU 
qui HannoniB nominê circumferiur tempore. —Fal- 
coner, Diisert., dans son édit. — BoogainvlUe, dans les 
Mémoires de l'Àcad. des Inscript, et Bellet-Lettres ^ 
XXVI. p. 10; XXVIII, p. Î60. - Walckenaër, fncycfo- 
pédiê des Gens du Monde. 

HANOVRE (Ernest- Auguste, électeur de "t. 

Voy. ËRNBST-AUGUSTB. 
. RANS. Vi}y. iEAM. 



— HANSEN 



908 



HANS-SACHSB. Voy, Sàcuse (Jean), 

HANRIOT. Voy. HeNRIOT. 

HANSARo (Luc) y imprimeur anglais, ne 
près de Norwich, en 1749, mort en 1828. Issu 
d'une famille pauvre , il commença sa carrière 
comme compositeur chez Hughs , imprimeur de 
la chambre des communes, devint son associé 
en 1774, et finit par lui succéder. On a de lui 
un ouvrage sur la typographie, grand in-8°. 

Z. 

Rose, General Biographieal Dictionary. 

HANSEN (Maurice-Christophe), poète et 
romancier norvégien, né le 5 juillet 1794, à Mo- 
dum, où son père était pasteur, mort le 16 mars 
1842. Après avoir passé l'examen philolo- 
gique à l'université de Christiania, en 18là, il 
fût nommé maître de français et de norvégien à 
l'école des cadets de terre, et à celle des arts et 
métiers à Christiania. Il devint ensuite adjoint à 
l'école latine de Trondhjem (1820), puis recteur 
à celle de Kongsberg (1826). La nature de ses 
fonctions le porta à s'occuper des méthodes 
d'enseignement. Il imagina de débrouiller, au 
moyen de figures, les périodes compliquées de 
la syntaxe latine. Mais cette méthode, qui man- 
quait de simplicité, ne fut pas adoptée dans les 
écoles. Hansen exposa son invention dans plu- 
sieurs écrit.'^ , tels que : Institutio Syntaxeos 
Latinse, Christiania, 1830, in^", et Den epi- 
deiktische undervisningsmethode (La Mé- 
thode démonstrative d'Enseignement) ; ib., 1832, 
in-8**. On lui doit en outre : Forsœg til en 
grammatik modermaalet ( Essai de Gram- 
maire de la langue maternelle); Christiania, 
1822, in-8° ; 6* édit., augmentée, 1847 : — Frem- 
med ordbog (Dictionnaire des mots étrangers 
qui se trouvent dans la langue norvégienne); 
ib., 1842, in-8*'; 2® édit., augmentée par Auten- 
rieth, 1851; et une douzaine d'écrits à l'usage 
des écoles de la jeunesse. Mais c'est par d'autres 
ouvrages qu'il s'est acquis la réputation dont il 
jouit dans les pays Scandinaves et en Allemagne. 
Ses romans sont des compositions remarquables. 
Dans quelques-uns d'entre eux, le dénodmentest 
un peu précipité , quoique en général raction y 
soit bien conduite, les caractères vrais et bien 
esquissés, les scènes de la nature décrites arec 
fidélité. L'auteur choisit la plupart de ses per- 
sonnages dans les classes éclairées de la société, 
et s'attacha principalement à dépeindre la vie de 
famille. Il commença par imiter Lamotte-Fon- 
qué, Tieck et La Fontaine. Hansen s'est aussi es- 
sayé dans le genre dramatique ; mais Nor et Gor^ 
et Hakon adelstan, pièces nationales, n'ont eo 
aucun succès , parce que la beauté des vers n'y 
peut compenser la nullité de l'intrigue. Hansen a 
réussi dans l'idylle et la poésie lyrique. On a de 
lui: Digtninger (Poëmes); Christiania, 1816, 
in-8° ; Trondhjem , 1825, 2 vol, in-8*; — Othar 
af [ôe] ^rp^rz^ne; Christiania, 1819, iu-8^ 
trad. en allemand par de Lenburg, Berlin, 1823; 
— Morgana; étreunes pour 1820 et pow iSlU 



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m 



HANSEN — HANSEMANN 



tlO 



ib., 2 TOI. in-la; -^ Thêodors Dagbog (Le 
Journal de Théodore) ; ib., 1820, in- ta ;— £ven^ 
tyretved Rigsgrasndsen { Aventure sur la fron- 
tière du royaume); ib., 1828, in-8''; — Norsh 
idyikrands ( Guirlande d'Idylles norvégiennes); 
ib., 1831, in-S**; — Sragi, étrennes pour 1838 
et 1839; ib., 2 vol. in-12; — Den Forskudte 
(Le Réprouvé), nouvelle; ib., 1841, in-12; — 
Vdmlgaf M. Ch. Hansens Romaner och no- 
veller (Choix de romans et de nouvelles de 
Hansen , revues et éditées par Tauteur ) ; ibid., 
18411843, 3 vol. in-8*; —-Tone, nouvelle 
posthume; ib., 1843, in-8°. H a aussi écrit dans 
les recueils suivants : Hermoder; — Huusven- 
»en (L'Ami de la Maison); 1827-1830, ô vol. 
in-4»; - Bien (La Ville); 1832-1838, 26 vol. 
iD-8*' ; — iVar3*c Laesefrugter ( Lectures norvé- 
gicnnes) ; 1839-1840, 8 vol. in-8*». 

BCACVOIS. 

PortrmUr af nuerkeliçê Nordnuend ( Portraits des 
Norvégiens remarquables, avec nutices); Christiania, 
Hvr. I, iSM, in-S"». - Conv.-Lax, der Gegenw.- Mart. 
Kisseo, Norsk Bog-Forteçnelse. 

l HANS&N ( Pierre- André )y astronome alle- 
mand , est né le 8 décembre 1795, à Fondent 
(duché de Sleswig). Après avoir terminé ses 
Âudes, il coopéra aux travaux de triangulation 
du duché de Holstein. Il obtint ensuite une place 
à l'observatoire d'Altona, et passa de là, en 1825, 
en qualité de directeur, à l'observatoire de See- 
berg près de Gotha. On a de lui : Méthode mit 
dem Frauenhoferschen Heliometer Beobach- 
tungen anzustellen (Méthode d'observation à 
l'aide de rhéliomètrc de Frauenhofer ) ; Gotha, 
1827; — Vntersuchungen ueber die gegensep- 
ligenStoerungen des Jupiter und Saiurn ( Re- 
cherches sur les perturbations réciproques de Ju- 
ûter et de Saturne ), dissertation couronnée par 
'Académie des Sciences de Berlin ; Berlin, 1831 ; 

- Fundamenta nova investigationis orbi- 
\x ver m quam Luna perluslrat, quibus an^ 
lejca est solutio problematis quatuor corpo- 
'um breviter exposita; Gotha, 1838, in-4'*; 

- Ermittelung der absoluten Stoeningen in 
Ellipsen von beliebiger Excentricitxt und 
^'eigung ( Mémoire sur la détermination des 
•erturbations absolues dans les ellipses d'une 
xcentricité et d'une inclinaison quelconques ) , 
rotha, 1843; traduction française par M. Victor 
lauvais, 1845, in-8'';— Théorie des yEqua- 
mais ( Théorie de FÉquatorial ) ; Leipzig, 1854; 

- Théorie der Pendelbewegung (Théorie du 
louvementdu Pendule) ; ibid., 1&54 ; —Ausetn" 
ndersetznng einer zweckmaessigen Méthode 
ir Berechnung der absoluten S,toerv^ngen der 
leinen Planeten (Exposition d'une Méthode 
rantageuse pour calculer les perturbations abso- 
les des petites planètes) ; Leipzig, 1856 ; — plu- 
«urs Mémoires sur des questions de raathéma- 
[{ues supérieures ; — des Dissertations insérées 
ins les Asfronomische Nachrichten de Schuma- 
ler, dans les Memoirs o/the Royal astrononU" 



cal Society et dans les Àbhandlungen de FAca- 
démie des Sciences du royaume de Saxe. R. L. 

Conv.'Lex. — Gersdorf , Bâpertor. 

: HAMSBMANN ( David-Juste-Louis ) , cé- 
lèbre financier, publiciste et homme d'État alle- 
mand, né le 12 juillet 1790,à Finkenwerder, près 
de Hambourg. Il fut d'abord destiné au com- 
merce par son père, ministre protestant, et 
passa ses années d'apprentissage à Rhéda 
(Westphabe ) , chez le bourgmestre Schwenger, 
dont il devint le secrétaire. En 1817 il s'établit 
commerçant en laines à Aix-la-Chapelle, et d'une 
position modeste il s'éleva rapidement au rang 
d'une des premières notabilités de la ville. 
Après avoir, en 1824, fondé à Aix la compagnie 
d'assurance contre l'incendie, Il fut élu roeinbre 
du tribunal de commerce, de la chambre du 
commerce et enfin de la diète provinciale. A l'é- 
poque de la révolution de Juillet , les provinces 
rhénanes, voisines de la France, se ressentirent 
naturellement de la commotion, et il s'y pro- 
duisit un mouvement de réforme auquel Han- 
semann prit une grande part. Prévoyant la né- 
cessité d'une transformation , il adressa au roi 
de Prusse un mémoire , dans lequel, battant en 
brèche l'ancien système bureaucratique et repré- 
sentatif, il demanda l'application du système 
constitutionnel en Prusse et une plus grande 
centralisation des forces de l'Allemagne. 11 con- 
tribua puissamment à la construction des che- 
mins de fer rhénans et internationaux, el il 
ne cessa d'éclairer l'Allemagne par des écrits 
économiques sur la valeur de ces grandes entre- 
prises industrielles. En 1834, il fonda la Société 
d'Encouragement pour le Travail manuel, et' fut 
nommé, en 1838, président de la chambre du 
commerce d'Aix-la-Chapelle. A Pavénement du 
roi Frédéric-Guillaume IV (1840), l'activité de 
Hansemann prit un caractère de plus en plus po- 
litique ; il se décida à quitter sa maison de com- 
merce pour se livrer entièrement aux affaires de 
l'État. Élu en 1845 membre de la Diète rhénane, 
il fut un des promoteurs les plus éloquents des 
réformes politiques et administratives par les- 
quelles le gouvernement prussien aurait pu s'é- 
pargner la terrible épreuve de 1848. Au mois 
de mars de cette dernière année , Hansemann 
fut chargé du ministère des financ4;s, et le 
25 juin , lors de la retraite du ministère Camp- 
hausen , il forma un nouveau cabinet, tout en 
gardant le même portefeuille. Le 10 septembre 
1848 il donna sa démission, et devint alors 
membre de la première chambre et chef de la 
banque prussienne, qu'il gouverna avec succès 
jusqu'au mois de mars 1851, époque à laquelle 
la réaction triomphante fit table rase de tout ce 
qui restait de l'ancien parti libéral et constitu- 
tionnel. M. Hansemann était essentiellement 
opposé au projet de la formation d'un Empire 
Allemand tel qu'il devait sortir des délibérations 
du parlement de Francfort; il proposa dès le 
commencement un système de fédération mieux 



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811 



HANSEMANN - HANSTEEN 



SIS 



adapté aax yéritables besoins de rAllemainie. 
Doué d'un esprit éroineminent pratiquent a fondé 
à Berlin une banque sous la dénomination de 
Société d'Escompte ( Disconto-Gesellscha/i ), 
qui est aujourd'hui rétablissement de ce genre 
le plus considérable en Allemagne. Cette banque 
a rendu de grands services, surtout au petit com- 
merce de la monarchie prussienne. 

M. Hansemann a publié : Die Eisenbahnen 
und deren Aciionœre in ihrem Verhœltniss 
zum Staat (Les Chemins de fer et les Actionnaires 
dans leurs rapports avec TÉtat) ; 1 837 ; — Pretis- 
sens wichtigste Eisenbahnfrage ( La Question 
la plus importante des chemins de fer prussiens) ; 
1837 ; —Ktitik des preuss. Eisenbahngesetzes 
von 1838 ( Critique de la loi sur les chemins de fer 
prussiens ) ; 1841 ; — Ueber die Aus/ûhrung 
des preuss. Eisenbahnsystems ( Sur TExécu- 
tion du système de chemins de fer de la Prusse ); 
1843; — Die deutsche Ver/assungsfrage ( La 
Question de la constitution allemande ); 1848; 

— Die deutsche Ver/assung vom 28 Mxrz 
1849 ( La Constitution allemande du 28 mars 
1849); 1849. Son ouvrage le plus important, celui 
dans lequel il expose ses actes politiques et la 
question de la reconstitution de l'Allemagne en 
général , a pour titre : La Constitution prus- 
sienne et allemande. D' Bamberg. 

Conversations-Lexikon. — Documents partiadiers. 
HANSiTZ ( Marc ), jésuite allemand , né en 
Carinthie,en 1G83, mort à Vienne, en 1766, s'est 
lait connaître par de savants travaux histori- 
ques. On a de lui : Ger mania sacra, tom. 1; 

— Metropolis Laureacensis , cum episcopatu 
Pataviensi chronologiceproposita; Augsbourg, 
1727; t. II; Archiepiscopaius Salisburgensis 
chronologice propositus ; ibid., 1729; t. III; 
De episcopatu Eatisbonensi Prodromus; 
Vienne, 1755; — Jllustratio apologet. pro- 
dromi Episcopatus Ratisbon.; Vwnne, 1755; 

— Disquisitio de valore privilegiorum liber» 
tatis monastern Emmerani; ibid., 1755; — 
Documentum decisionum litis de sede mo* 
nastica olim Ratisbonae; ibid., 1746; — Ana- 
lecta seu Collectanea pro historia Corinthix 
concinnanda, Klagenfourt, 1782, tn-S** ; nouvelle 
édition, augmentée, Nuremberg, 1793, in-8°. 

R. L. 
Ersch et Graber, Allgem. Eneyilopœdie. — Meusel, 
Lexikon der von 17S0-1800. vergtorbenen Schri/tsteUeTf 
vol. v. — Adeliing, Supplément à JOcher. — Hirschlog, 
Handbuch. - Walch, Bibimh. Theol., t. III, p. 814. 

* HANSTEEif ( Christophe ), astronome nor- 
végien, est né à Christiania, le 26 septembre 1784. 
Venu en 1802 à Copenhague, dans l'intention 
d'y étudier le droit , il ne tarda pas à se con- 
sacrer entièrement aux mathématiques, et entra 
d'abord comme professeur à l'école cathédrale 
de la petite ville de Hillerod, près de Frederîks- 
borg, dans l'Ile de Seelande. Il s'y livra à de 
laborieuses recherches sur le magnétisme ter- 
restre (1). L'Académie des Sciences de Copen- 

! (1) « L'école, raconte-MI lal-oiéiqç, reçat an Joar en 



hague ayant mis an concours une queetioa nâa- 
lalive à cette matière, M. HansteeD remporta 
le prix. En 1814 il obtint une chaire de nuthé- 
matiques dans l'université qni venait d'être 
fondée à Christiania. Ses Recherches sur le Ma- 
gnétisme terrestre^ publiées en 1819, aux frais dn 
gouvernement, produisirent nne certaine sensa- 
tion, surtout en Angleterre ; et dans presque toas 
les voyages de découvertes entrons depuis 
cette époque, des observations magaétiqoes oot 
été recueillies suivant ses indications. Lui-même 
exécuta dans ce but divers voyages à Londres, 
à Paris, à Hambourg, à Berlin, eo Finlande, 
ainsi que sur divers points de son pays. Pendant 
les années 1828 à 1830, il put enfin réaliser le 
plan qu'il avait soumis au stortbing, et exécota, 
aux frais du trésor public, un grand voyage à 
travers la partie occidentale de la Sibérie, jusqo'À 
Irkoutsk et Kiachta. Les journaux scientifiques 
rendirent compte des fatigues et des périls de 
tous genres qu'il eut à vaincre dans cette ex- 
cursion, dont il a publié depuis une relation. K 
son retour en Norvège , le stortliing vota les fonds 



présent d*un ancien élère deux globes constralts par li 
société oosiDOgraphiqae d'Upsal. Le premier éult on 
globe terrestre, sur lequel Je découvris dans levolsiDage 
dn pôle antarctique une figure ellipUque indiquée toi» 
le nom de Heçio magneUea australis. Ans eitréoita 
du plus grand diamètre de cette flgore se Iroorileiit 
dent foyers, dont l'un, sltné à «r* environ du pAte 
antarctique de la Terre et dans le ▼oisinage da méri- 
dien qui traverse la terre de Van Diemcn, était appelé 
Regio fortior ; Taotre, au sud-ouest de la Terre de Feo, 
un peu moins éloigné du p61e de la Terre , était oomae 
Reçio debllior. L'inscription du globe disait qae cette 
région polaire magnétique avait été découverte par te 
naturallHte Wilcke , de Stockholm , à l'aide des observa' 
Uons sur la déclinaison de raigullle magnétiqae exé- 
cutées par Cook pendant son second voyage de im à 
177S, quand il fit, avec le capitaine Foumanx, le toar dn 
pôle antarctique. De la mer qui entoure cette r^a, oa 
apercevait un grand nombre de flèches indiquant les 
directions de l'aiguille magnétique, relevées pendant ce 
voyage. Toutes ces flèches se portaient dans la partie 
méridionale de l'Océan indien, vers la Regio fortlor, et 
dans la partie méridionale de la mer Pacifique, on pea a 
l'ouest de la Terre de Feu, vers la Reçio deMlior. Tes 
conclus que dans l'bi^mlsphère septentrional , Il deratt 
nécessairement se trouver une semblable région polaire 
magnétique, et Je résolus de la chercher. » Après aroir 
recueilli toutes les observaUons des voyageurs et des sa- 
vants, M. Hansteen construisit une noavelle carte, qui 
devait, suivant ses prévisions. Indiquer le systèsse d'iacU- 
naison de raigullle aimantée sur la plus grande partie de 
la surface de la Terre. Cette carte montrait que U Terre 
est entourée d'une ligne dans le voisinage de l'éqnatrnr 
où l'aiguille d'inclinaison, qui marque l'angle de la (orée 
magnétique avec l'horizon, est borizonuie. Celte lipe 
est appelée Véquateur magnétique. Plus on s'eo éloi^e, 
aoit vers le Nord, soit vers le Sud, plus 1 inelioaisoa ot 
grande. Mais on ne savait pas si llntenslté de la f«r«e 
magnétique est égale aur toute la surface de la lerre, m 
si elle augmente vers les pôles. M. HansteCii recodlPt 
encore sur ce second problème tous les renseignencats 
des voyageurs et des savants ; cependant ie systéae 
magnétique restait absolument inconnu dans tout rBB> 
pire Hiisse , depuis Saint-Pétersbourg Josqa'aa Kaail- 
schatka. C'était une lacune importante, que M. Hanstaes 
résolut de combler. Le roi Charles-Jean se fit le pstioa 
de Pentreprise«et le stortbing voU U somme néeessaire 
pour ce voyage en Sibérie, où M. Hansteen attalteiécaw 
lui-même les expériences qui manquaient i l'enscadM 
dé}à «1 vMte, de son système. 



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m 



HANSTEEN — HANWAY 



814 



nécessaires poar construire an observatoire à 
Christiania. Cet édifice a été construit à peu de 
distance de la ville , sur une hauteur au bord 
de la mer^ suivant les plans de M. Hansteen, 
9«jJ*babiie depuis 1833. Sur sa demande, un ob- 
servatoire magnétique y a été adjoint en 1839. 
Professeur à l\iniversité de Christiania, il occupe 
aussi ane chaire de mathématiques appliquées à 
l'école (l'artillerie et du génie, et depuis 1837 il 
dirige les opérations trigonométriques de la carte 
de Norvège. 11 s'est aussi beaucoup occupé de 
poids et mesures , comme membre d'une com- 
mission créée dans le but d'introduire en Nor- 
y^e an système uniforme, et il a singulièrement 
amélioré la construction des grands appareils de 
pesage. On a de lui : Untersitchungen ûber 
den Magneiismus der Erde ( Recherches sur le 
Magnétisme terrestre), tome l*''; Christiania, 
1819, in-4'', avec ô pi. et un atlas de 7 cartes; 
traduit en allemand , sur le manuscrit danois , 
parHanson; — Lxrebog i Plangeometrie (Ma- 
nuel de Géométrie plane); Christiania, 1835, 
in-S"; — Lœrehog % Mechaniken (Manuel de 
Afécâflique ); Christiania, 1836-1838, 3 tomes en 
1 vol. in-S"; — De mutationibus quas subit 
momentum virgse magneticx partim ob tern- 
poris, partim ob temperaturœ mutationes; 
Ciiristiania, 1842, in-4°, avec pi.; — Beschrei" 
bung und Lage der Université' ts-Sternwar te 
in Christiania ( Description et position de l*ob- 
vrvatoire de l'université à Christiania), en col- 
fahorarion avec M. Ch. Fearnley; Christiania, 
1849, in-4°, avec 5 plans. Son voyage en Sibérie 
i été traduit en Trançais par M""" Colban, revu 
ur Mi\f. Sédillot et de La Roquette, sous ce titre : 
Souvenirs d'un Voyage en Sibérie; Paris, 1856, 
n r. L. L— T. 

Conversation»' r.exikon. — Nyernp et Kraft, JJt.'Lexm 
- PortraOer a/ uamxrJiede Nordnuend, 184S-1888. 

BAXSTBiN ( Gottfried • August - Ludwig ), 
béotogien protestant allemand, né à Magde- 
tourg, le 7 septembre 1761 , mort à Berlin, le 
5 février 1825. 11 fit ses études à l'université 
e Halte, et devint premier prédicateur de l'é- 
lise de Saint- Pierre à Berlin et membre du 
)nseil du consistoire général de Prusse. Ses 
snnons eurent un grand succès. L'occupation 
e Deriin par les Français vint exdter le zèle de 
anstein, qui se distingua surtout durant lagueiTC 
: 1813, lorsqu'il s'agissait de soulever le peuple 
tor reconquérir l'indépendance de la Prusse, 
près le rétablissement de la paix, il travailla 
ecSack, Rîbbeck, Hecker, Offclsmeyer et Eylert 
une réforme générale de la discipline et de la 
urgiede l'Église protestante. Hansteinafondé 
DsJeurs institutions charitables. Il a collaboré 
plusieurs journaux, rédigé lui-même quelques 
vues théologiques et publié un recueil de ser- 
>ns intitulé : Die emste Zeit. V— u. 

leUgenostrn, livralaon XXX, p. 141-170. 

\ RAXITSCH ( Ignace- Jean ) , écrivain bo- 

im', est né à Prague, en 1812. U étudia aux 



universités de Prague et de Vienne , devint en 
1836 professeur ordinaire de philosophie à l'u- 
niversité de Lemberg, et passa en la même 
qualité aux universités d'Olmûtz (1847) et de 
Prague (1849). Dans cette dernière ville, il fai- 
sait en langue bohémienne dûs cours de philo- 
Sophie très-suivis, lorsqu'il fut brusquement 
suspendu de ses fonctions, probablement à cause 
de ses opinions politiques favorables au slavisme. 
On a de lui : Die Wissenschaft des slavischen 
Mythus ( La Science du Mythe Slave ) ; Lem- 
berg, 1842; — Grundziige eines Handbuchs 
der Metaphysik ( Éléments d'un Manuel de 
Méthaphysique); ibid., 1845; — Handbuch 
der philosoprhischen Ethik ( Manuel d'Éthique 
philosophique ); ibid. , 1846; ^ Handbuch der 
Erfahrungsseelenlehre ( Manuel de Psycho- 
logie empirique ) ; Olmiitz, troisième édit., 1849; 
— Handbuch der Logik ( Manuel de Logique ) ; 
ibid., 2" édit, 1849; — Geschichle der 
Philosophie von ihren Vranfxngen bis zur 
Schliessung der Philosophen Schulen tinter 
Justinian ( Histoire de la Philosophie, depuis 
son origine jusqu'à la clôture des écoles philo- 
sophiques sous Justinien ) ; ibid., 1849 ; — VoT' 
lesungen uber die CuUurgeschichte der 
Menschheit ( Leçons sur l'histoire de la civi- 
lisation de l'humanité); ibid., 1849; — SyS' 
tematisch und chronologisch geordenetes 
Verzeichniss sxmmtlicher Werke und Ab- 
handlungen der Bôhmischen Geseltschaft 
der Wissenschafien (Catalogue systématique 
et chronologique de tous les ouvrages et 
dissertations de la Société des Sciences de la 
Bohème ) ; Prague , 1854 ; — plusieurs Dlsser» 
tations et Mémoires insérés dans des recueils 
littéraires, et dont quelques-uns ont été réim* 
primés à part. R. L. 

Conv.-Lex.t avec addUions blbllograpliiqaes. 

BANVILLE. Voy. HaUTEVILLE. 

H AN w AT (Jonas), voyageur et philanthrope 
anglais, né à Portsmonth, en 1712, mort en 1786. 
Très-jeune il alla faire à Lisbonne son apprentis- 
sage de marchand. En 174311 acquit une part dans 
la maison Dingley à Saint-Pétersbourg, et se 
trouva par suite de cette association en relation 
d'affaires avec les comptoirs russes et perses de la 
mer Caspienne. Des intérêts de commerce l'ap- 
pelèrent même en Perse. De retour en Angle- 
terre , en 1750, il publia trois ans après un récit 
de ses voyages sous ce titre : An historical 
Account ofthe british tradeover the Caspian 
sea; vntha Journal of Travels from London, 
thraugh Russia, Germany and Holland; to 
which are added the Révolutions of Persia 
during the présent century, with the parti- 
cular history of the great usurper Nadir 
Kouli ; 4 vol. in-4*'. Dans la même année il en- 
gagea une controverse relativement à la natura- 
lisation des juifs , et publia : A Review of the 
proposed naturalization by a Merchant, Il 
s'occupa très -activement d'institutions charifa« 



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3I*> 



HANWAY 



tries et de l'éducation da peuple, Ait le principal 
fondateur de la Société marine pour l'instruction 
des jeunes matelots , de la Magdelen Gharity» 
maison d'asile pour les filles repenties , et con- 
tribua plus que personne à rétablissement des 
écoles du dimanche ( sunday-schools ). Il pro- 
jeta aussi pour la construction et la discipline 
des prisons des améliorations qui furent réa< 
Usées plus tard. Ce zèle philanthropique ne resta 
pas sans récompense. Lord Bute, sur la demande 
des principaux commerçants de Londres, nomma 
Hanway commissaire de la marine, poste que 
celui-ci occupa pendant environ vingt ans, et 
dont il conserva le traitement jusqu'à sa mort. 
U fut enseveli à Westminster. Son savoir était 
étendu et, outre le Voyage cité plus haut, il 
composa environ soixante-dix ouvrages, tous con- 
sacrés à Futilité publique , mais d'un faible mé- 
rite littéraire. Z. 

J.. Pugh, Remarkabie Occurenees in the life of Jona$ 
Hanway. — Centleman's Magazine^ vol. LXV. — Chal- 
mers, General Biograpliical DictUmartf. 

HAN-WBN-TI. Voy. WbN-TI. 

HANZELET (Jean Appier, dit), imprimeur, 
graveur en taille-douce et artificier lorrain , né 
à Harancourt (1), le 15 novembre lô96, et mort 
à Nancy, en 1647 (2). Il reçut les premières leçons 
de dessin et de mathématiques de son père, qui 
était au nombre des ingénieurs chargés, par le 
duc Charles lil , de diriger les travaux des nou- 
velles fortifications de Nancy. Il s'exerça jeune 
dans l'art de la gravure en taille-douce, et fit 
quelques portraits qui révélèrent son talent, 
notamment ceux d'Elisée de Harancourt^ gou- 
verneur de Nancy, de Desbordes, valet de 
-chambre du duc Henry n, qui fut brûlé comme 
:sorcier,etc. A la qualité de chalcographe que pre- 
nait Hanzelet, il joignit en 1620 celle de typo- 
jgraphe. Il alla monter une imprimerie à Pont- 
à-Mousson, que son université rendait florissante. 
C'est là qu'il mit au jour un livre non moins 
curieux que recherché aujourd'hui, sous ce 
titre : Recueil de plusieurs Machines mt/t- 
taires et feux artificiels pour la guerre et 
récréation; avec V Alphabet de Trittemius, 
par laquelle (sic) chacun qui sçait escrire 
peut composer congrûment en latin; aussp^ 
le moyen d' escrire la nuit à son amy absent; 
de la diligence de Jean Appier, dit Hanzelet, 
chalcographe, et de François Thybourel, chi- 
rurgien; au Pont-à-Mousson, par Charles Mar- 
chant, 1620, pet. in- 4". Le texte de ce livre est 
entremêlé de 101 figures, fort joliment gravées, 
par Hanzelet lui-même. Il s'était associé pour 
la publication de cet ouvrage à François Thy- 
bourel, natif de Gorze, fameux chirurgien et 

(1) ViiUge à 16 kilomètres de Nancy. 

(S) L'auteur de l'arUcie HAzrsEi.£T de la Biographie 
universelle de M. Mlchaud (M. Ch. Weiss) n'a conna 
aucune de ces parttcularités relaUves à la naissance «t à 
la mort de Hanzelet. Un autre philologue également érn» 
dit (M. Arthur Dlnaui) te fait naître à Toul, sur la fin 
du seizième siècle ( Bulletin du Bibliophile, 184^ >. (J. t.) 



HANZKLET lie 

mathématieien en PuniverêUé de Pont-à^ 
Mousson , qui cultivait aussi les lettres etroème 
la poésie; car on trouve parmi les préliminaires 
du livre une élégie où l'on déplore les tristes ré^ 
sultats de la découverte de Berthold Schwartz, 
inventeur de la poudre à canon. Cette pièce cu- 
rieuse à bien des égards ne manque pas de verve, 
et olTre surtout ce contraste piquant de deui ar- 
tificiers qui maudissent le créateur de leur )d> 
dustrie. Encore ne s'arrêtent-ils pas là et déco- 
chent-ils à sa mémoire cette épitaphe épigram- 
raatique : 

Cy gist Berthold le noir, le plos abominable 

D'entre les inhumains, 

Qui, par son art, a rendu misérable 

Le reste des humains. 

£n 1628, Hanzelet ayant imprimé sans la 
permission du recteur un livre de son ami Jean 
tiordal, professeur de droit (1), fut condamaé 
à une amende de cinquante francs et privé de 
son brevet. Il ne continua pas moins d'exercer 
sa profession de graveur, tant à Pont-à-Mous- 
son qu'à Nancy , et même d'artificier, car nous 
le voyons prendre le titre de maître des feux 
artificiels de Son Altesse, dans un Douvel 
ouvrage sur cette matière qu'il publia en 1630,o( 
qu'il intitula : Pyrotechnie de Hanzelet, Lor- 
rain, oii sont représentés les plus rares et 
appreuvez secrets des machines et des feus 
artificiels propres pour assiéger, battre, sur- 
prendre et défendre toutes places; Pont-à- 
Mousson, Bernard, 1630, in^" de 264 papes. 
Ce livre n'est pas, comme l'a cru Dom Calrnet, 
une nouvelle édition du recueil des machines 
militaires ; c'est un ouvrage différent du premier, 
quoique l'auteur y ait refondu une partie de ce 
que l'autre contenait , après avoir subi de grands 
retranchements. Il contient 136 figures, dont la 
plupart sont des contre-épreuves des planches 
du premier recueil. Elles sont bien inférieures à 
celles-ci. On prétend qu'Hanzelet a présent»' 
comme siennes certaines inventions qui étaient 
dues à J. Boillot, architecte de Langres, anteur 
d'un livre rare sur le même sujet, publié à Chau- 
monten 1598. « Au reste, dit M. Arthur Dinaux, 
l'ouvrage d 'Hanzelet est plein de machines 
ingénieuses et de pièces d'artifice curieuses. 
On remarque , à la page 208, la figure d'une 
machine appelée orgues , dont Fieschi fit un si 
déplorable usage. » On aurait pu ajouter à 
cette indication qu'on y trouve aussi le modèle 
de la machine infernale du 3 nivôse... (pag. 193). 
Mais il est peu probable que les auteurs de ce^ 
meurtrières inventions aient eu connaissance da 
livre d'Hanzelet : le génie du mal les aura suP 
fisamment inspirés. Parmi les autres œuvres 
gravées de ce maître, nous ne devons pas omettre 
les figures délicatement toochées des Sonneurs 
et Applaudissemens rendus par le collège df 
la Compagnie de Jésus aux SS. Ignace de 
Loyola et François Xavier, à raison de leur 

(1) Mella Jpum Romanoi^um , pet ln-8«. 



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3IT HANZELET 

€(in(ml«aA0R; Pont-à*MottS6oiiy Cramoisy, 1623, 
m4'' (1), ni celle de la Relation journalière 
du Voyage au Levant, par Heory de Beauvois ; 
Nancy, 1619, m-4''. La superbe ïkké^, soutenue 
par le prince Nicolas-François de Lorraine, en 
1624, à ruoiversité de Pont-à- Mousson, et dont 
les figures ont été gravées par Hanzelet, mérite 
aussi une mention particulière. J. Lamourbcx. 

Dom Caimet. BiblUitkèque Lorraine. — Beanpré, Re- 
cherches historique» et bibliographiques sur tes com- 
meneements de Fimprimerie en Lorraine. — Arttaar Dl- 
naux, Variétés bibliographiqttet et littéraires ( Bulletin 
du Bibliophile, pabllé par J. Techener, 18U). — Cata- 
logue des eoUeetions lorraines de M. Noet ( I86i. in>8»), 

•LU. 

HAPDÉ (Jean-Baptiste-Auguste), auteur 
dramatique français , né en 1774, mort en 1839. 
Maigre sa famille, il voulut être auteur drama- 
tique, et fit jouer d'abord, sur un petit théâtre 
de Paris, denx pièces de circonstance : Le 
dernier Couvent de France et La Prise de 
ilcntoue. En 1800 il partit pour l'armée do 
Rhin , fut attaché au quartier général, devint se- 
crétaire du général Hédonville et ensuite admi- 
nistrateur des hôpitaux militaires. La paix le 
ramena à Paris en 1802, et il rentra dans ht 
carrière dramatique. Il sollicita une direction 
théâtrale ; mais tout ce qu'il put obtenir fut le 
privilège d'un spectacle de pantomimes, qulloi»- 
vrit le !«' janvier 1810 au Théâtre de la Porte- 
Saint-Martin» sous le titre de Jeux gymniques. 
Cette entreprise , assez malheureuse, eut cepen- 
dant un moment de succès. Hapdé avait ima- 
giné de célébrer les exploits de l'empereur; il 
fit jouer une pantomime intitulée L'Homme du 
desdn^ qui fut divisée en plusieurs pièces; dans 
Tune, représentant Le Passage du mont Saint" 
Bernard , un acteur nommé Chevalier figurait 
Bonaparte avec une telle vérité que l'empereur 
lui-même voulut aller le voir. Longtemps la loge 
grillée de la galerie où l'auguste spectateur était 
Tenu incognito eut une grille dorée qui la dislin- 
gnajt des autres. Cependant VHomine du destin 
ne put sauver ce théâtre, qui fut fermé en 1812. 
Hapdé obtint alors une place de directeur des 
hôpitaux militaires de la grande armée. Après 
la chute de l'empereur, en 1814» revenu à Paris, 
il publia une brochure ayant pour titre : Les 
Sfpulcres de la grande armée , dans laquelle, 
primiant les désastres de 1812 et de 1813, il re- 
présenta Napoléon comme indifférent pour la 
vie des hommes. Pendant les Cent Jours il se 
réfugia en Angleterre ; mais, de retour avec les 
Bourbons, il devint le flatteur de ceux-ci, et pu- 
blia : Deux Heures avec Henri TV, ou le délas' 
tement du bon Français , recueil historique 

( 1) Ce livre cuiieai et rare a été publié en même temps en 
ittin, soa« le titre : Sacra atque hUaria Musnipontana 
9b reUàtos Cregorii .Tf auctoritate in ecclesiasticum 
vmcforum. album fgnatium Loyolam et Franciscum 
Xarerium, sanctitate et miraatlis ckiros, Soôietatis 
htu solos geminoso Mussipotiti ; Craiooisy» pet. in-40. 
Les figures de Ilanzelet ornent cette version, non 
rare que i'orïginal. 



— HAQUIN n!R 

et aneedotiqué destiné aux jeunes gens dé" 
corés de la Légion d'Honneur; 18 iô, in-8': 
livre qui fut reproduit l'année suivante sous ce 
titre : Le PçLnache blanc de Henri IV , ou les 
souvenirs d^un Français, recueil historique, 
dédié au roi. Lors de l'assassinat du duc de 
Berry, il fit paraître un autre écrit, ayant pour 
titre : Révélations historiques, heure par 
heure, des événements funestes du 13 février 
1820, etc.; in-8\ U célébra la naissance du duc 
de Bordeaux par une pièce intitulée : £e 13^ Coup 
de canon , ou la France et l'Espérance , scène 
allégorique et militaire à grand chœur, re- 
présentée sur le théâtre de verdure du jardin 
de Tivoli ; 1820, in-8^. Ce dévouement lui valut 
la décoration de la Légion d'Honneur. On a 
aussi de lui, outre quelques brochures sans im- 
portance, un Voyage souterrain, ou descrip- 
tion des salines de Haillein , sur les fron- 
tières du Tyrol, 1816, in-S''; et un mémoire 
Sur la Propriété dramatique , le Plagiat et 
l'Établissement d'un jury littéraire; 1819, 
10-8". Quant à ses œuvres dramatiques, elles 
se composent d'un grand nombre de vaudevilles, 
de mélodrames , de pantomimes donnés sous le 
nom d'Augustus, et aujourd'hui tout à fait ou- 
bliés. Nous citerons seulement , à cause de leur 
succès : La Naissance d'Arlequin , pièce en 
cinq actes, jouée aux Jeunes-Artistes, où Poignet, 
dans le rôle d'Arlequin, changeait vingt fois de 
costume à vue ; — les mélodrames de Peau- 
d'Âne, de La Part du Diable, âe La Tête de 
Bronze; — Célestine et Faldoni, drame, etc. 

GUYOT DE FÈRE. 
Mémorial encyclopédique. Juin 18S9. — Renseigne- 
ments particuliers. 

HAPPENINI. Voy. Jeoaîa Apennini. 

HAQUIN i*"" (1), jarl ou roi de Norvège, cûi- 
quième fils d'Harald Haarfager, né en 915, mort 
en 961. Envoyé à l'âge de six ans à la cour d'A- 
delstan , roi d'Angleterre , il fut baptisé et élevé 
dans la religion chrétienne. Comme il était en- 
core en Angleterre , à l'époque de la mort de 
son père, en 936, ses frères l'exclurent de l'hé- 
ritage paternel, dont la plus grande partie revint 
à Eric , Tun d'eux. Informé du mécontentement 
qu'excitait en Norvège la tyrannie d'Eric, il 
résolut de le renverser. Avec quelques vaisseaux 
que lui prêta Adelstane, il fit voile pour la Nor- 
vège, et quoique la tempête eût dispersé sa flotte, 
il débarqua hardiment. Eric, abandonné de ses 
sujets, n'essaya pas de résister, et s'enfuit dans 
les lies Orcades. Après avoir exercé quelque 
temps le métier de pirate', il obtint d' Adelstane 
un fief dans le Northumberland, oii il mourut, en 
952. Haquin, resté possesseur du trône, voulut 
raffermir son pouvoir par des victoires sur les 
Danois et transporter dans la barbare Norvège 
la civilisation un peu moins rude de l'Angleterre. 

(l) L'orlhofïraphedc ce nom est Incertaine; on le trouvé 
encore écrit de quatre on cinq autres manières différen- 
ei : Haàam, Hahom, Haguin, Haagen, cte. 



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319 

Il tenta sniiout de faire participer son peuple aux 
bienfaitâ du christianisme ; mais les Norvégiens 
repoussèrent obstinément Tintrodaction de l*É- 
yangile, et forcèrent leur roi de sacriQer à Thor 
et de manger de la chair de cheval. Les églises 
farent renversées et les prêtres massacrés. Ha- 
quin aurait réprimé ces violences, sMl n'avait 
eu besoin de ménager les préjugés des Norvé- 
giens , pour repousser Vinvasion des fils d'Eric. 
Les jeunes princes, soutenus par Harald à la 
Dent bleue f roi de Danemark, descendirent en 
Norvège. Vaincus dans une première rencontre, 
ils parvinrent nn jour à surprendre Haquin, qui 
n'avait autour de lui qu'un petit nombre de guer- 
riers. Le jarl, blessé mortellement par une flèche, 
désigna pour lui succéder les fils d'Eric, ea dé- 
clarant que Harald serait chef suprême. Z. 

Snorro Sturleson, Jioregs Konunga Sôçur (Histoire 
des Rois de Norvège). — Thorfseus, HUtoria RêrumNor- 
vegicarum, t. IJ. — Saio GrammaUcus, Hittoria Danlca, 
U 11. 

HAQUIN II, roi de Norvège, fils de Ma- 
gnus II, né en 1060, mort en 1095. Après la 
mort d'Olof, en 1Q93, son fils MagnusIIl lui suc- 
céda dans le midi de la Norvège, tandis que le 
nord du royaume reconnut l'autorité d'Haquin. 
La guerre éclata entre les deux princes; mais la 
mort d'Haquin, survenue peu après, laissa Ma- 
gnus seul maître de la couronne. Z. 

Thorfaeus, Historia Rer. Nor., t. III. 

HAQUIN III, Herdehred (aux larges Épau- 
les), roi de Norvège, fils de Sigurd Bronch, 
né en 1147, tué en 1172. Plusieurs princes 
de la maison royale se disputaient la possession 
de la Norvège, et rien n'est plus confus que 
l'ordre dans lequel ils se succédèrent. Après la 
mort de Sigurd Bronch, fils d'Harald, en 1155, 
son frère Egstein se rendit à la diète de Bergen, 
avec le jeune Haquin, et se fit reconnaître roi 
de la Norvège septentrionale, tandis que Inge, 
autre fils d'Harald, régnait dans la partie méri- 
dionale. La guerre ne tarda pas à éclater entre 
les deux princes. Egstein, vaincu, fut pris et mis à 
mort le 21 août 1 157. Haquin Herdebred, à peine 
Agé de dix ans, lui succéda, et la guerre con- 
tinua. La mort d'Inge, tué au combat d'Opsolo, 
le 3 février 1171, laissa Haquin seul maître de 
toute la Norvège. Pour raffermir sa puissance, 
il résolut de se défaire de tous les partisans 
d'Inge. Ce projet excita une insurrection, et Ha- 
quin périt dans le combat naval de Ramsdal 
contre les Danois, qui étaient venus au secours 
des révoltés. Z. 

Torfasas Hittoria Rer, Norv., L Ill.-Snorro Starleson, 
fforeçs Konûnça Sôgur, 

HAQUIN IV, roi de Norvège, fils et succes- 
seur de Svcrrcr, mort le 1*' janvier 1204. Il 
trouva le royaume agité par la révolte des Ba- 
glers et par les querelles de Sverrer avec l'É- 
glise. Son premier soin fut de se réconcilier avec 
le clergé et de faire lever l'interdit lancé sur son 
royaume. Il parvint aussi à gagner les principaux 
Bi^ers, et à dissoudre ce redoutable parti. U ne 



HAQUIN SSO 

jouit pas k»gtanps du repos qu'il vnài proearâ 
à ses sujets, et mourut subitement, après deux 
ans de règne. On soupçonna sa belle-mère, 
veuve de Sigurd Laward, de l'avoir empoisonné. 

Z. 
TorfKiu, Htit. BêT. Nwn.t X, Ifl. — Snorro Sturleson, 
Nor, Kon. Sôg, 

HAQUIN ▼, Galin, neveu du précédent, 
mort en 1214. Après la mort de Haquin IV, en 
1204, et pendant la minorité de Gnttorm, fils de 
Sigurd Laward , Haquin Galin fut nommé régeot 
de Norvège. Les turbulents seigneurs nonré- 
giens, qui trouvaient dans chaque avènement 
une cause de guerre civile, se soulevèrent et 
rappelèrent Erling, qu'ils avaient proclamé après 
la mort d'Inge. Le prétendant obtint trente-cinq 
vaisseaux de Waldemar, roi de Danemark, et 
débarqua en Norvège. Sur ces entrefaites, le 
jeune Gnttorm mourut, en 1205, et Haquin s'ef- 
força de garder la couronne. Cependant, tout en 
conservant une partie des revenus de l'État, il 
dut laisser le titre de roi à son frère utérin, 
Inge II Bardson. Erling mourut en 1207. Par 
une convention conclue en 1213, il fut convena 
qu'après Inge la couronne appartiendrait à Ha- 
quin , et qu'elle passerait ensuite à l'alné des 
fils des deux frères. Haquin Galin ne vécut pas 
assez longtemps i)our voir profiter de ce traité, 
et il ne fut pas tenu compte des droits de son 
fils Canut après la mort d'Inge, en 1217. Z. 
Gerh. Scbœnning, Norçes Riges Historié. 

HAQUIN ▼ OU vi (1), Garnie (le Vieux), AU 
naturel d'Haquin IV, né en 1204, mort le 16 dé- 
cembre 1262. Il n'avait que treize ans à son 
avènement; sa belle figure et l'aménité de ses 
manières le faisaient aimer. Cependant, des troo- 
blés marquèrent les débuts de son règne. Sa 
mère dut prouver par l'épreuve du fen quil 
était bien le fils d'Haquin. Le clergé se déclara 
en faveur du jarl Skule, frère d'Inge, et obUgea 
le jeune prince de céder à ce compétiteur un tiers 
du royaume. Un autre prétendant, Bénédict, qui 
se disait fils de Magnus Eriingsson, excita aussi, 
en 1218, la sédition des Slitungar, qui dura jus- 
qu'en 1222. Une autre révolte, celle des Rib- 
bungar, finit en 1223, pour recommencer peu 
après. Leur chef Sigurd prit, quitta, reprit le 
titre de roi, et l'avait encore à l'époque de sa 
mort, en 1226. Le parti des Ribbungar choisit 
ensuite pour chef Canut, fils d'Haquin Galio ;pui5 
lorsque Canut eut échangé sa couronne précaire 
contre un fief» les rebelles élurent pour roi on 
nommé Magnus Biadstock , qui fut pris et peniu 
par les habitants du Vaermeland, en 1227. Cft 
événement termina la révolte des Ribbungar, 

(1) Comme Haqain, Galin porta très-pra de teoi» le 
titre de rot; qootqull en exerçât le pouvoir peodiDi dli 
ans, beaucoup d'htetoriens ne le comprenneot pas dins 
la «érle des rois de NorvèRc. Par suite de cettr •>i8«- 
sion, Haquin VI devient Haquin V ; H en est aliwi P<wr 
tous les autres Haquin Jusqu'à la fin de la série. Aom 
nous sommes conformé à cet ordre, qui est généraleoicDi 



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m HAQXJI19 

guureadrele repos à la Nonrège. Le jarl Skule 
réclama un fief plus étenda , et n'ayant pu Tob- 
teoir, il' se rendit en Danemark, et conclut en 
1228 on traité secret avec le roi Waldemar. 
Baquin^pour Fapaiser, lai conféra le titre de duc. 
Une nouvelle rupture n*en éclata pas moins entre 
les deux princes en 1239. Skule ilit vaincu et mis 
à mort,àDrontheim,]e 23 mai 1240.Haquin, dé- 
livré de son plus puissant ennemi, s'efforça de 
réparer les maux que tant de dissensions avaient 
caasés à la Norr^e. Il établit des lois qui ga- 
rantissaient la sûreté indiyiduelle, et il éleva 
(les forteresses destinées à contenir la turbu- 
lence de ses vassaux. Depuis longtemps aucun 
prince Scandinave n'avait été aussi puissant. Sa 
réputation s'étendit à Tétraniper. Saint Louis 
partant pour la croisade lui offrit le commande- 
ment de sa flotte, et le pape Innocent IV, qui 
Toulait l'attirer dans la guerre sainte, envoya son 
légat, le cardinal Guillaume, pour le couronner. 
HaqoiOftoutoccupé des affaires delà Scandinavie, 
résista aux avances du roi de France et du pape. 
Il maria, en 1251, son fils aîné Haquin/e Jeune, 
qu'il avait associé au trône, à Richissa, fille du 
jarl Birger, régent de Suède. Il songeait alors à 
faire la guerre au Danemark, et il tenait à s'as- 
surer l'alliance de la Suède. La mort de son fils, 
en 1267, l'empêcha de donner suite à ce projet, 
et le décida à tourner ses armes d'un autre côté, 
n soumit d'abord le Groenland et l'Islande, 
puis, en 1262, il fit voile pour l'Ecosse, dans l'in- 
tention de reconquérir la partie de ce pays qui 
ivait appartenu à ses ancêtres. Les lies Shetland 
et les Orcades tombèrent en son pouvoir; mais 
la mort le frappa pendant qu'il hivernait dans 
111e de Mainland et méditait de nouvelles con- 
i)uétes. Son règne est l'époque la plus brillante 
le l'histoire de Norvège. H eut pour successeur 
m fils Blagnus YI. Z. 

Torfxof « Historia Ber. Non,, L IV. — Snorro Starle- 
on. Nùregs Komaiga Soifur. — Thomas Rymer, ^cta 
mbliea injler regei Anglim et cMùt habUa^ 1. 1. - Chro- 
i<eon Regwn ScandinomUe^ dans la Britamnia anii^ua 
le Csmpden. 

HAQCIN TU, fils de Magnus vn, mort le 
' mai 1319. Il succéda'à son père en 1280 ; mais 
ne porta que le titre de doc tant que vécut son 
rèreErik, que Magnus avait déclaré roi. Les deux 
rères réfèrent en bonne intelligence , et après 
i mort d'Erik, en 1299,Haquin lui succéda sans 
ontestatîon. Il continua contre le Danemark la 
(lerre entreprise par son frère. Les États scan- 
inaves ne cessaient d'offrir le spectacle de 
rinces de la même famille armés les uns contre 
s autres. Erik et Waldemar, frères de Birger, 
)î de Suède, soulevés contre lui et vaincus, se 
^fogièrent auprès d'Haquin, qui les réconcilia 
iree leur frère. Mais à peine Erik et Waldemar 
irent-ils rentrés en possession de leurs fiefs, 
j'Us s'unirent contre Haquin. Celui-ci, pour re- 
ster à leur agression, fit la paix avec le Dane- 
ark, en 1308. 11 s'engagea à donner sa fille In- 
iborge, alors âgée de sept ans et héritière du 
K«irT. Moou gMb. — T. xun. 



B29 
royaume de Norvège, à Magnus, fils de Birger 
et neveu du roi de Danemark Erik Menved. 
Aussitôt ce traité conclu, les rois des trois États 
Scandinaves tournèrent leurs armes contre Erik 
et Waldemar. La guerre fut terminée en 1310, 
par une entrevue qui eut lieu à Helsingborg, 
entre les trois rois, les ducs et plusieuis prin- 
ces. Entre autres clauses, on convint qu'Inge- 
burge, d'abord promise à Magnus, serait donnée 
à Erik , et que Waldemar épouserait une nièce 
d'Haquin. Quelques années plus tard, en 1318, 
les deux ducs furent assassinés par leur frère. 
Ils trouvèrent des vengeurs dans une partie de 
la population suédoise, qui renversa Birger. Ha- 
quin contribua à ce soulèvement, mais il mourut 
avant d'en avoir vu le résultat Avec Haquin VII 
finit, dans la ligne masculine, la race des Yn- 
glinges ou de Harald Haarfager, qui régnait sur 
la Norvège depuis 863. Le trône passa à la race 
des Folkunges, qui occupait le trône de Suède 
depuis 1250. Les couronnes de Suède et de Nor- 
vège furent réunies sur la tête d'un enfant de 
trois ans , Magnus Vin Erikson, fils d'Erik et 
d'Ingeburge. Z. 

Gerh. Schœnnlng, Nùtges Rlges Historié. — Baden , 
Danmarks Riges Historié* - MQiler, Danmarlis His- 
torié. "Svhm, Historié af Ùanmark, t. XIII. 

HAQUIN ¥111, fils de Magnus Erikson, mort 
le 1'' mai 1380. Les couronnes réunies de Suède 
et de Norvège furent séparées de nouveau, en 
1343, et Haquin reçut de son père le titre de 
roi de Norvège. Les habitants de ce pays for- 
cèrent même, en 1350, Magnus à remettre com- 
plètement l'autorité suprême entre les mains de 
son fils. Celui-ci gouverna pacifiquement pen- 
dant dix ans'; mais après la mort de son frère 
Erik il intervint dans les troubles qui agitaient 
la Suède. Il ti'ouva la population soulevée contre 
son père, et pour apaiser la sédition il fut obligé 
d'enfermer Magnus au château de Calmar, en 
novembre 1361. Il se fit ensuite élire roi de 
Suède, le 15 février 1362; mais les Suédois, en 
haine du Danemark, lui imposèrent pour con- 
dition de rompre ses fiançailles avec Marguerite, 
fille du roi Waldemar, et d'épouser Elisabeth, 
fille do comte Gerhard de Holstein. Plusieurs 
sénateurs allèrent chercher la nouvelle fiancée. 
Le mariage se fit par procuration, et il fut sti- 
pulé au contrat que Haquin serait déchu du 
trône s'il ne ratifiait pas l'engagement conclu en 
son nom. La princesse de Holstein s'embarqua 
pour la Suède ; mais son vaisseau tomba au pou- 
voir des Danois, qui la retinrent prisonnière. 
Haquin profita de cette circonstance pour re- 
venir à son premier engagement, et son ma- 
riage avec Marguerite de Waldemar fut célébré 
le 9 avril 1363. Les sénateurs suédois, indignés, 
prononcèrent sa déchéance, et élurent pour roi 
Albert de Meklembourg. Haquin essaya de re- 
tenir par force la couronne qui lui échappait, et, 
emmenant avec lui son vieux père Magnus, il 
envahitla Suède.' Surpris par son compétiteur, le 

11 



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!23 HAQUIJ^ 

i %r8 ÏM, il m «flUnëa » k^(â âk sé /»Urëf 
en Sbt-vègé. èon Çère resta i)rîsbnnier d'Albert. 
Cinq ani p\\is tard Haqiaîii febonnlit celui-èi 
comme roi de Saède. il reeoi/tiirtênça \à guerre 
en 1271 pour délîv^-e^ son père, et Mhi metfre îe 
siège devant StOtkbblm. Vn Mié âéûtmî M 
signé sous \ti ïùùH âé ë^ vlHë. Hâtjtiih et 
Magnuâ renohcëredt à lètii-â pfétë^iotis sur là 
Suède, et ce démi^ i-eftoii^i kà KbëHé atl liHx 
d'une rançon dé abnië tuiflë mà^çé d'argent. 
Magnus (lérit dans uft ààùfragé. ië 1*^ décètbbré 
1374, et HaqùiU ite idl ^urvëcui qdë six ans. Il 
laissa le tWUne de Norvège' & son ftlà Olof, déjà 
proclamé roi dé Danemark, le 3 tiiai lS7é. Olof 
mourut jeune, en 1387, et avecltii finit la célèbre 
famille des Folkungé^. Z. 

A. Faye, Norge» Historié. — HvStfeld, Danmârki m- 
pis KrônUte. — H. Wlilebfàrids , HansiscHe Kronike. — 
Th. Ryiner, uicta publica, i. I. — Herm. Corneras, 
Chron., dans les Scriptores Kerum (iermanicarum de 
Eckard, H. — Westpbaleo, Monum. ined. Rérum Cimbri- 
c'aruvit IV. 

HAQUiN le Jtfattvûii,jarl de Norvège, assas- 
sine en 995. Fils dé Sigurd , jaH de DroYitheim, 
il eut à défendre ses domaines contré les fils 
d'Erik, neveux et successeurs de Haquitt P'. A 
deux reprises, en 970 et en 976, il fût forcé de 
s'enfuir en Danemark. Il parvint à attirer dans ce 
pays le plus puissant des fils d'Erik, Hafald Cî-a • 
fell, et le fit périr; puis, soutenu par une flotté 
danoise, il s'empara de la plus grande partie de 
la Norvège, et régiia sous le titre de vassal dû 
roi de Danemark. 11 se fit afrner de âes sujets en 
rétablissant le culte des divinités Scandinaves, ti 
se crdt assez puissant ^our refuser ëé payer 
tribut au roi de Ùanemark, Harald à là Dent 
bleue. Il consentit cependant à lui servir d'aux!- 
Maire contre l'empereur Othoh Itl. Après avoir 
conclu la pai* avec l'empereur, Harald força Ha- 
quin de se faire baptiser; rbais celui-ci, à peiné 
de retour en Norvège, abjura èa nouvelle reli- 
gion, chassa les missionnaires, et âe déclara in- 
dépendant. Plusieurs expéditions danoises en- 
voyées contre lui n'eurent aucun sticcès. Ehof- 
gueilli de ton triomphe, Ilaquin s'abandonna à 
ses passions violentes, et poussa par sa tyrannie 
les Norv^ens à la révolte. Un seigneur du 
sang royaC Olàils ou Olof, se mit à la ièiè dèâ 
insurgés. Haquin, abandonné de tous, se cacha 
dans une caverne, où il fut tué> pendafit sûîi som- 
meil, par un de ses esclaves. Z. 

Ch.-N. Fatsen, N orges Historié under Harald Haar- 
fager og Aam mandUge tiescendenter. — Gerh. Schttn- 
nln^, Norge» Riges Historié. 

^ilARABVRbi [Michel), diplomate polo- 
nais, vivait dans la deuxième moitié du seizième 
siècle. Il fut chargé, en 1573, d'atléf ed Russie 
proposer la couronne de Pologne au fils d'I- 
van le Menaçant, à condition que celui- cf âé- 
juumerait en Pologne et embrasserait la reli- 
gion catholique. Haraburda ne réussit pas dans 
sa mission : Henri d'Anjou fut élu à la place du* 
;eune prince russe. Haraburda ai tracé d'une 



-^ éAràld èî4 

liiabièreVdM^ i^r#,^ ^M. ^ iê 
manuscrit oi^ginaj èJl iânguë |)ol6na!& se con- 
serve dans la Bibliothèque vaticahe (Colleri. 
Albertraridi, n** 44), Sous ce titre : Èelac^a 
PoseUtwa tiàrahurdy do Moskwy w* roku 
|573; il a kié publié par A. Toiirguenief, (îans 
àes Hi^tori'ca kîissîà Mohumenta ; Pétersbourg, 
1841. , K A. G- H. 

Karamzln, hIsÏ. àe kussie, vîlt. 

^ àÈûkiài ( Èolimari al- ), éà^ant arabe, né 
à filhls, eh 124o de t'hégire ( 1824 de iiotre ère), 
ail mois de novembre , d'une famille d'origine 
i:^e^sàhe. Il commença ées études à la grande 
tnoàquéé dé tunis, Èonuue sous le nom de t)ja- 
fhah az-Zàitohah : ij s'appliqua surtout à ap- 
preiidrè les sciences exactes et là médecine, sans 
iiëgligér d'approfondir la loi musulmane suivant 
les quatre sectes, bànefi, melekt, cheafliï, ham- 
boulf. Dès l'àgë de quinze ans 11 en^igna les 
sciences, dans la mosquée même où il avait 
étudié. Eri 1844 ,, il fut chargé de donner des 
leçons aux élèvèâ interprètes envoyés au consulat 
dé France d tunis ; en hïèttie tempâ il remplis- 
sait leâ fonctions de notaire arabe éôus la juridic- 
tiori du bey. Ses relations avec le consulat de 
France lefitent hommer, en < à45, secrétaire arabe 
de cette légation. Èi en iS56 fl Vint à Paris, pour 
se familiariser dans les sciences européennes. 
Solimàài al-Èaraïri a débuté, comme auteur, par 
la j)tii)llcation d'ti'n Mémoire sur le choléra, 
intitulé Audjalàh, qu'il fit lithographièr â Tunis 
et répandre dans cette vflle lors de la dernière 
épidémie, tl publia enâUite son édition de la 
Grammaire Française de Lhomond, traduite 
efi arabe , PàHs , 1857, in-8* (arabe-français), 
qu'il fit précéder d'une préface égaïemenl bi- 
lingue et destinée à prouver aux musulmans, 
auxquels elle s'adtesse plus spécialement, que 
c'est à tort qu'ils refusent de sympathiser avec 
les chrétiens : « Une telle conduite, dit Pautpur 
s'appuyant de nombreuses citations de savants 
arabes, loin d'être ordonnée par le Coran, est 
défendue par Mohamed et réprouvée par fous 
les grands comfnè^tàtedrs du prophète. » Soli- 
man al-Haraïri à ausài traduit en arabe les Fa- 
bles de La Fontaine, l'abrégé d'jf co»owiepo/i- 
tique de Blanqui, lé l^anuel de la Santé de Ras- 
pail , VAnatomié d'Aùzoux, V Histoire de Car- 
thage, VXJnivers pittoresque^ et autres ouvrages 
de sciences , auparavant inconnus chez ses com- 
patriotes. Il prépare en ce moment la publica- 
tion d'une version arabe du Code Pénal français, 
à l'usage des magîsàtrats mdfgèneâ de l'Algérie. 

L. il. 

Doc. particuliers. 

HÀllALD I*', Baarfager (aux beaux cheveo\), 
roi de Norvège, né vers 850, mort vers 936. 
Il fut le premiei^ roî qui réunît toute la Nor- 
vège âôus sa doininatioii. Cëfte contrée avait 
été longtemps divisée en une vin^aine de 
royaumes. Les excursions des pirates noi:n)and8 
qui allaient chercher au loin des pays à piller, 



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32â 



HARALD 



Sde 



en prirant pldriéiirt prinees norrégienâ de letf f f) 
sojete les plîis belliqaéttx, les aiTàiblirènt, et 
permirart à d'ai]ltres princes d'étendte leur 
puissanee. Ce fat ainsi qœ Halfdan tè ffifit^ 
roi do Norrienfield, pmrYint à élerer soft pett^oi# 
sur les débris de eelid des autres rois fierté^ 
gicDS. La mort Tempètha de consolider hoh 
empire ; mais son fils Harald Hâarfagèr hérita 
de ses projets et de ses énergiques qualitéèr.' 
Malgré son extrême jeunesse, à Son avéiié- 
méat, eti 863, il continria Sttr les districts vOr^ 
»QS da Nordenfield ies èdnq|aètes dé soji père; 
L'amoor, si on en croit les sagas scandi- 
oa?es, fut le mobile de son ambition. Il avait 
demandé la main de la princesse Gyda. Celle- 
ci répondit qu'elle ne Tépouserait que lors- 
qu'il aurait triomphé de tous ses compétiteurs 
et serait devenu souverain absolu^ comme les 
rois de Suède et de Danemark. Harald fit alors 
le vœu de ne plus couper sa chevelure jusqu'au 
moment où il aurait conquis toute la Norvège; 
Il tint, dit-on, son serment, et après la ba- 
taille d'Hafursfiord seulement il coapa les beaux 
cheveux qui lui valurent le surnom à'Haar- 
fager. Tandis qu'une partie des anciens rois ou 
princes émigralent en Suède ou allaient fonder 
dei colonies dans les ties situées au nord de 
l'Ecosse, les autres, échangeant leur titre de ko- 
nung (roi) contre celui de jarl (duc) ou de 
herse (chevalier), acceptaient des charges à la 
cour du conquérant ou des grades dans son ar- 
mée. Le roi de Suède, jaloux de la puissance 
croissante de Harald, lui déclara la guerre, sans 
pouvoir l'empêcher de poursuivre ses progrès 
en ^iorvège. Mais les rois, les jarls, les lierses^ 
sur le point de perdre les derniers restes de leur 
puissance, formèrent une conrédération général^, 
Jans laquelle entrèrent beaucoup de chefs de pi- 
rates. Harald équipa de son côté de nombreux 
i^aisseaux. En 885, les deux flottes se rencon- 
rèrent dans le golfe de la Baltique nommé le 
Hafursfiord, et s'y livrèrent cette mémorable 
)alaille qui décida du sort de la Norvège. 
Entendez-vous, dit la Saga d' Harald, le ter- 
ible combat que livre dans le golfe d'Hafur le 
ol illustre par sa naissance h Kiotvê le Riehé ? Lès 
oilà qui Tiennent de l'Orieht, les vàiâSeatJt 
vides de carnage, ayant la boubhe béante, et 
îs flancs hérissés de boucliers sculptés , etc. li 
A victoire resta à Harald , et les vaincus, ne 
cuvant rentrer dans la Norvège, &e dispef-- 
èrent sur les mers, qu'ils infestèrent de lènrs 
irateries. Qoelques-uns s'établireht dëtiS lë§ 
ircades, les Hébrides, lëS lies Feroë; d'àuti-ê^, 
Q grand nombre, se réfutèrent en Islande , (rti 
es pirates normands avaient déjà fondé nhe 
artc de république guerrière. La liberté dont oh 
luissait dans cette tle y attira beaucoup de 
orvégiehs. L'émigration devint si fbrte que 
larald, pour en arrêter les progrès, imposa une 
ixe à toils ceux qui passeraient dorénavant éà 
itaade. Pais il alla chercher les pirates dans 



leurs repaires, n détasta et eonqoit les fles si- 
tuées au ùord de l'Écosâe (Orcades, Hébrides), 
et leur donna pOat gontehieur un des p\îiÉ 
poissadté jaris dé \à Norvège, tiognevald , père 
du Célébré Èollon 4ui fonda l'établissement des 
Normands éa Tràhièë. Dé retonr en Norvège, 
Harald S'oceupa dé la paix iiitérienre de ses 
États. Il déftodif, sous des pleines sévères , les 
guerres des seigneurs, leurs iirigabdageâ, leurs 
querelles sanglantes; il supprima le stiraiïdhiig, 
c'est-à-dire le éMi de tuer le bétail doilt on se 
saisissait sur là odfé: l'àbolitfori de cet tisagè, 
cjnl était un fléàii poiit les làboureiirs, irrita li 
noblesse, habhhéè ixin |)iraterfes. Un des plus 
brëVes lieutenants diîrbl, Thorolf, bravâduverte- 
ment sa défense, et fut puni de mort. Les amis 
et les parents de Tborolf s'armèrent podr le 
venger, et périrent à leur tour. Harald trouva 
dans sa propre famille de nouvelles causes de 
troubles. Il avait, suivant les sagas, dix femmes 
et viiigt concubines; et les premières avaient 
mis an monde vingt fils. €es princes Toulurent 
aroir des fiefs , et dépouillèrent plusieurs jaris 
fidèles. Qnelqdés-uns des dues attaqués résis- 
tèfrent, et il s'en suivit dès cohflits an milieu 
desquels périt Halfdan, fils du rëi, et ((ui ébran- 
lèrent l'autorité de Harald. Ce prince, déses- 
pérant de répriiher les prétentions de ses fils , 
convoqua un thin^ (asseinblée géiiérale}, y dé* 
dara ses fils rois, et partagea son royaulne avec 
eux en se réservant le pouvoir suprême. Bientôt 
après il prit hiie iiôuvelle feittme, et eiit d'elle 
\bk fils , qu'il résolut dé se donner pour succes- 
seur. 11 le fit élever par ùti de ses vassaux, et 
lorsque refifani flit parvenu à l'adolescence ^ il 
l'envoya èooHr les mets. Ail retour du jeune 
homme, que tes exploits de la piraterie avaient 
préparé à être un digne roi Scandinave, il ras- 
sembla un houteaii thing, et fii reconnaître 
pour son Sdccesseur futur ce fils préféré, qui se 
nommait Erik. Les Norvégiens respectèrent la 
volonté dé leur roi, ei lorsque Harald mourut, 
après un i'ègne de soixante-tèeize afis, Erik lui 
succéda sans difficiflté. Z. 

Snorro Sturl^soo, Noregs KonûngaSÔgur. •"ThortseiUt 
Historia Rerum l^orvkgicatuin, I; li ; Orcades. — Thor» 
gtlf, Schedœ, s«U LibtUus de IsL ntUa. •» Gerh. SchcNi- 
ning, N orge* HHie* Historié, t. II. — Ch. Fatoen, I\forges 
Historié under Harald Haarfager, og hans tnandlige 
Descendéuter. — beppiog. Hixtoire des Conquétei mari- 
titnes des Normands, t. II. 

ÉAftAtJtt II, ataafèld, roi de Norvège, petiV 
fils dh précédent, et fils d'Erik, assassiné en 977. 
Haquiii r', qui s'était emparé de la Norvège au 
détriment des Àls d'Erik, leS nomma pour lui suc- 
céder, et désira particulièrement Harald comme 
chef suprême. Les jeunes princes cherchèrent 
aussitôt à Se mettre en possession de l'héritage 
de Haquin ; mais ils rencontrèrent une opposi- 
tions réddutable dans les jdris, dont le plus puis^ 
sànt était Sigiird , duc de Drontheirtf . Les fllk 
d'Erik, secondés par la politique astucieuse dé 
leur iiièrè, Ounilde, attirèrent Sigurd près d'eux, 

11. 



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837 



HARALD 



328 



et le firent périr dans un incendie. Le^'peuple 
de DroDtheim se souleva à la nouvelle de cet 
assassinat, prit pour chef Haquin, fils de Sigurd, 
et força les fils d*£rik à le confirmer dans la di- 
gnité de jarl de la Norvège septentrionale. He- 
rald et ses frères, après avoir défait par trahison 
deux petits rois de Norvège, anciens vassaux 
d*Harald Haarfager, tournèrent leurs armes 
contre Haquin, et l'obligèrent à s^enfuir en Dane- 
mark, auprès du roi Harald à la Dent bleue. Ha- 
quin persuada au roi de Danemark d'attirer 
Harald Graafelddans ses États. Celui-ci se laissa 
en effet séduire par les promesses de Harald à 
la Dent bleue ^ et au moment où il mettait le 
pied sur le rivage de Danemark, il Ait tué par 
Haquin. Z. 

TorbBQt, HUtorîa Herum^orv, - Saio Granmallent, 
HMùria Danica. 

HARALD III, Hardrade (le Sévère), roi de 
Norvège, tué à Stansfort-Bridge , le 25 sep- 
tembre 1066. Fils de Sigurd, roi deRingarige, 
et frère utérin de saint Oiof, il combattit vail- 
lamment en 1030, à la bataille navale de Stik- 
larstadt, qui coûta le trône et la vie à ce prince. 
Il échappa aux vainqueurs, et se retira en 
Russie, où dominaient ses compatriotes, les Nor- 
mands Vaiègues. De là il se rendit à Constanti- 
nople , et s'enrôla dans la garde composée de Ya- 
lègues ou Yarangiens an service de l'impératrice 
Zoé et de son mari, Romain Ârgyre. Il prit part 
à diverses expéditions en Sicile et sur les côtes 
d'Afrique, et en entreprit même pour son propre 
compte avec d'autres aventuriers normands. Il 
gagna à ce double métier de mercenaire et de 
pirate de grandes richesses , qu'il mit en sûreté 
en les envoyant au grand-duc de Russie Jaros- 
law. En passant à Constantinople pour retourner 
en Russie, il fût accusé d'avoir détourné à son 
profit la partie du butin qui appartenait à l'em- 
pereur. L'impératrice Zoé le fit mettre en prison ; 
mais les Yarègues lui fournirent les moyens de 
s'évader. Revenu en Russie , il épousa à Novo- 
gorod Elisabeth, fille de Jaroelaw. Il alla ensuite 
à la cour du roi de Suède, y trouva un de ses 
parents, Suenon Estridson, compétiteur du 
royaume de Norvège, et s'unit avec lui pour dé- 
pouiller Magnus I"', fils de saint Olof. Magnus, 
craignant de ne pas pouvoir leur résister, con- 
sentit, en 1046, à céder à Harald une partie de la 
Norvège à condition queHarald, de son côté, pai^ 
tagerait ses trésors avec lui. La bonne intelli- 
gence ne fut pas de longue durée entre les deux 
princes , et la guerre n'aurait pas tardé à éclater, 
si Magnus n'était mort l'année suivante. Resté 
seul possesseur de la Norvège en 1047, Harald 
eut à défendre ses États contre les Danois. Pour 
Atre plus à portée de repousser leurs agressions, 
il bâtit Opsolo ( actuellement Christiania), en face 
du Danemark. Il perdit un combat naval en 
1062, et conclutla paix en.l064. Mais il ne resta 
pas longtemps en repos. Teste, frèro de Harald, 
roi d'Angleterre, voulants'emparerdece royaume, 



demanda des secours au roi de Norvège. Harald 
se mit à la tôte d'une grande expédition, et des- 
cendit dans le nord de l'Angleterre. Il se rendit 
maître de tout le pays jusqu^à York; mais prè<t 
de cette ville, à Stansfort-Bridge, il fut attaqué 
par les Anglo-Saxons que commandait Harald. 
La bataille fut acharnée et longtemps incertaine. 
La victoire semblait pencher pour les Norvégiens, 
lorsque la mort de Harald, qui fût percé d'une 
flèdie, les découragea et les força de regagner 
précipitamment leurs vaisseaux. Harald laissa 
deux fils, Magnus H et Olof HI, qui lui succédè- 
rent. Z. 

Soorro SturleioD , NortQi KonAn^a Sôgur. — Tbor- 
faeos, Historia Rerum Nwrv, — Saio Grammatlcat, ^Ki- 
toria Daniea, — AuRusttn Thierry, Histoire de la Con- 
quête de rAngUterre par Us Normands, tom. 1. 

HARALD IV, 6iZfieAH«^, roi de Norvège, mas- 
sacré en 1139. H se rendit d'Irlande en Norvège 
sous le règne de Sigurd T', et se donna pour le 
fils naturel de Magnus IH, aux Jambes nues, et 
d'une Iriandaise. Il prouva ses droits en sortant 
vainqueur de l'épreuve du fer rouge, et il fut re- 
connu fils de Magnus après avoir juré de ne 
^jamais faire valoir ses prétentions au trône tant 
que Sigurd ou son fils Magnus vivraient. Malgré 
son serment, Harald, après la mort de Sigurd , 
força Magnus de partager la Norvège avec lai. 
Magnus céda d'abord, puis il parvint à chasser 
son compétiteur, qui se réfo|^ en Danemarl^. 
Harald reparut bientôt -en Norvège, vainquit à 
son tour Magnus, le fit prisonnier et après loi 
avoir fait crever les yeux, couper une jambe et 
subir une mutilation qui le rendait inhabile à 
perpétuer sa race, il ordonna de l'enfermer dans 
un monastère de Drontheim (1135). Le règne de 
Harald fut court et honteux. Il laissa piller son 
royaume par des pirates vandales, qui saccagèrent 
Kongèlf. Encouragé par la faiblesse du nouveau 
roi, un aventurier, qui se disait aussi fils de Ma- 
gnus in, Sigurd Slembidiakni , rassembla quel- 
ques partisans, surprit Harald pendant la nuit, 
et regorgea. Z. 

Soorro Sturleion , Noregs Konunga Sâçttr. - Thor- 
faeus, Histor, Benm Pforveg. — Stthm, HistorU etfDm- 
marlt» 

HARALD, rois de Danemark. Huit rois de Da- 
nemark portent le nom de Harald; les quatre 
premiers appartiennent à des époques inc^taines, 
et n'ont laissé dans l'histoire que des traces 
douteuses : on trouve dans la Chronique de 
Saxo Grammaticus les légendes de ces person- 
nages. Les Harald sur lesquels on possède des 
renseignements plus positifs sont : 

HARALD Y, iT/daft, Commença à régnersnr le 
Danemark, ou plutôt sur le Jutland méridioDal, 
vers 819, et fbt tué vers 863. 11 eut pour compé- 
titeur le célèbre pirate Régnier Ledbrog, et par- 
vint à le chasser du Danemark. S'attendent aie 
voir bientôt revenir, il rechercha la protectioo 
de l'empereur Louis, fils de Charlemagne, et 
admit des missionnaires chrétiens dans son 
royaume. Le retour de Régnier interrompit ces 



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HARALD 



SSO 



tentatives de oonvenion» et força Harald de se 
réfugier auprès de Louis, qui résidait alors au 
château d*Jiigelheim. Le prince danois, cédant 
aax instances d'Ebbon , arche?6((ue de Reims, 
se fit baptiser, en 826. Cette cérémonie eut lieu 
avec une pompe tout impériale, qu'un poète du 
temps, Ermoldus Nigellus, a longuement décrite. 
Louis donna à Harald des terres entre le Rhin 
et la Moselle, la ville de Rostradt et la Rustringue 
dans la Frise. Hemminget Roric, ses frères, eu- 
rent l'on 111e de Walcheren, l'autre le pays de 
Kennemar.^Les trois chefs danois promirent de 
défendre la' Frise contre les pirateries de leurs 
oonupatriotes. Louis fournit aussi à Harald des 
Beooors qui lui permirent de rentrer dans le 
Jutland, et d*y ressaisir le pouvoir. SaUit Ans- 
duire, qui devait prêcher le christianisme aux 
Danois, raccompagna. Les prédications de saint 
Anscbaire firent plus de mécontents que de piv- 
sélytes , et le roi, en voulant substituer les usages 
diîétiens aux superstitions païennes, s'attira la 
haine de ses sujets , et fut chassé une seconde 
ibis, n se retira dans son fief de Rustringue. Le 
reste de sa vie se passa dans l'obscurité, et sa 
owrt fut tragique. Depuis qu'il était investi du 
comté de Rustringue et de la ville de Dorstadt, 
les Normands avaient pillé et ravagé ces deux 
localités. En 863, ils enlevèrent cette ville d'as- 
saut, et massacrèrent ou emmenèrent prison- 
mers un grand nombre de marchands frisons. 
Harald, soupçonné d'attirer les pirates dans un 
pays qu'il aurait dû protéger contre eux, futtoé 
pu les comtes francs chargés de la défense de 
la Frise. Z. 

Stxo Gnmmatlciis, HUtoria Daniea. -SuhDi,iyif- 
ttriêo/DanmMrk» — AnnàUi Fuldenies. — jinnaiêtBêr- 
UMianL — FUa S. Jnseharii. — PootoppUaa, Cuta et 
ttitiçia Danorum extra Daniam, — Fleary, Histoire 
tutét., L XLViii. 

■ABALD Ti, Blaatand (à la Dent Ueue), 
fis de Gormon le Vieux y né vers 910, tué en 
985. Du vivant de son père, il eut, avec le titre 
de roi, le goavemement d'une partie du Dane- 
naît. On prétend que pour régner seul il tua 
ion frère Canut. Il succéda à Gormon en 935. 
ATant son avènement il avait exercé le métier 
de pirate, etil le continua dans les premières an- 
néêi de son règne. Plusieurs chroniqueurs fran- 
çûs sigpalent sa présence en Normandie, où il 
Tint délivrer te jeune duc Richard, retenu prison- 
nier par te roi de France. C'est vers 945, peut- 
être plus tôt, qu'eut lieu cet événement, dont tes 
andens historiens danois parlent à peine. Harald 
s'empara par trahison du roi de France Louis 
d^Ootremer, et le livra à Hugues le Grand. A 
peine de retour en Danemark, il alla soutenir 
la querelte de Bjoem le Fort^ héritier du royaume 
de Soède, contre son compétiteur Erik. Il fut 
lappelé dans son royaume par une attaque de 
Tempereur Ofhon H, et contraint , à la suite 
d'une défaite, de se convertir au christianisme. 
Ayant ainsi fait sa paix avec l'empereur, il re- 
vint à ses projets sur la péninsule Scandinave, 



et intervint dans les dissensions intestines qui 
déobbaient ce pays; mais ses expéditions ne fu- 
rent que des pirateries, dont il serait même im- 
possible de préciser les dates. En 963, Richard, 
duc de Normandie, attaqué par le roi de France 
Lothaire, et parThibauld, comte de Blois, recourut 
à Harald, qui déjà, vingt ans auparavant, avait 
pris sa défense. Le roi de Danemark lui envoya 
une armée de Normands, qui, remontant le cours 
de la Seine, sous la conduite de Richard, livrè- 
rent tous les pays riverains aux plus afireux ra- 
vages, t Les hommes et les femmes enchaînés, 
dit Guillaume de Jumiéges, étaient entnUnés 
sur leurs vaisseaux; les villages étaient pillés, 
les villes désolées, les châteaux renversés, et la 
terre réduite en solitude : dans toute la domina- 
tion du comte Thibauld, il ne restait plus un 
dogue qui pût aboyer à l'ennemi. » Ces terribtes 
dévastateurs ne partirent qu'après avoir forcé à 
la paix Lothaire et Thibauld. Plusieurs années 
après cette expédition, que Harald n'avait pas 
commandée en personne, il Ait obligé de dier- 
cher un asile en Normandie. Les efforts qu'il 
avait faits pour convertir ses sujets au christia- 
nisme poussèrent ses sujets à la révolte. .Son 
fils Suenon, mécontent de n'avoir pas été associé 
au trdne, se joignit aux rebelles avec de nom- 
breux pirate