Skip to main content

Full text of "Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter;"

rF 



Le. 



cM-..."^ 




i^ 



Digitized by the Internet Archive 

in 2010 with funding from 

Boston Public Library 



http://www.archive.org/details/nouvellebiograph04hoef 



NOUVELLE 

BIOGRAPHIE UNIVERSELLE 

DEPUIS 

LES TEMPS LES PLUS RECULÉS 

JUSQU'A NOS JOURS. 



TOME QUATRIEME. 



Baaden-Durlach. — Beaumanoîr. 






j^(,j/^i-4: OA 



PARIS. — TYPOGRAPHIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES, RUE JACOB, S6. 



NOUVELLE 

BIOORAPRIË UNIVERSELLE 

DEPUIS 

LES TEMPS LES PLUS RECULÉS 

JUSQU'A NOS JOURS, 

AVEC LES RENSEIGNEMENTS BIBLIOGRAPHIQUES 

ET l'indication DES SOURCES A CONSULTER; 
PUBLIÉE PAR 

MlH. FIRim DIDOT FRÈRES, 

sous LA DIUECnON 

DE M. LE D' HOEFER. 

Zomt €timtrtnnc. 



PARIS^ 

EIRMIN DIDOT FRÈRES, ÉDITEURS, 

ISIPRIHECRS-LIBRAIBES DE l'iNSTITUT DE FRANCE,' 

RUE JACOB, 56. 

M DCGG LIIL 



NOUVELLE 



BIOGRAPHIE 

UNIVERSELLE 

DEPllS LES TEMPS LES PLUS RECULÉS JUSQU'A NOS JOURS. 

Les articles précédés d'un astérisque [•] ne se trouvent pas diinj la dernière édition 

de la Biographie Universelle, et sont aussi omis dans le Supplément. 
Les articles précédés de deux astérisques [J] concernent les hommes encore Vivants. 



B 



* BAADEN - DVRLACH ( Marguerite de ) , 
femme artiste alleinaude , vivait dans la seconde 
moitié du dix-huitième siècle. Elle grava des ta- 
bleaux d'après Rembrandt et Schmidt. On voit 
au musée de Munich ime reproduction de ce 
genre, datée, à la plume, du 10 février 1760, 
Oldenbourg. 

Nagler, Mues jillgemeines Kiinstler-Lexicon. 
*BAADER (Amélie), femme peintre alle- 
mande, "née en 1763. Elle copia des tableaux de 
Rembrandt , Schmidt de Berlin et d'autres. Elle 
peignit aussi au pastel. 
Magler, Ifeues Allgemeines Kûnstler-Lexicon. 
BAADKR { Clément- Aloïs), conseiller bava- 
rois, frère aîné du précédent, né le 8 avril 
1762, mort le 23 mars 1838. Il s'est fait con- 
naître par la publication d'un ouvrage biobiblio- 
graphique, intitulé Gelehrtes Baierv (Bavière 
savante). 
ConveTsationS'Ijexicon. 

* BAADER (François-Xavier de), philosophe 
mystique allemand , né à Munich en 1765 , mort 
dans sa ville natale le 23 mai 1841. Dans sa jeu- 
nesse, il était atteint de somnambulisme, qui re- 
tarda le développement de ses facultés. Il étudia 
d'abord la médecine à Ingolstadt et à Vienne; 
puis il se rendit en 1788 à Freiberg, en Saxe, 
pour apprendre la minéralogie sous le célèbre 
professeiu- "Werner. En 1798, le gouvernement 
bavarois le nomma inspecteur général des mines, 
et, après l'établissement de l'université de Mu- 
nich , il obtint la chaire de la philosophie spé- 
culative , qu'il garda jusqu'à sa mort. Dans ses 
livres et dans son enseignement il s'était pro- 
posé pour but l'alliance religieuse mystique des 
sciences naturelles, ou de la philosophie avec la 
théologie. Jacques Boehme fut le précurseur de 
ces doctrines. Les principaux ouvrages de 

NOUV. BIOGR, VHtypRS. — T. IV. 



Baader, écrits en allemand, ont pour titre : 
Éléments de physiologie; Hambourg, in-8", 
1797; — I>u carré de Pythagore dans la 
nature; Tubingue, 1799; — Éléments de la 
physique dynamique; Berlin, 1809 : ces opus- 
cules furent réimprimés dans les Philosophische 
Schriften (Écrits philosophiques), 2 vol. in-8°, 
Mimich, 18Î1; — Révision des préceptes de 
V école de Hegel, concernant le christianisme; 
Stuttgard, in-8°, 1836; — Cours de dogma- 
tique spéculative , 5 cahiers in-8°, Stuttgart et 
Munster, 1828-1838; — le Catholicisme occi- 
dental et le catholicisme oriental; Leipzig, 
1 84 1 , in-8° ( ouvrage posthume ) . H . 

F. Hoffmann, Introduction à la doctrine spéculative 
de Fr. Baader (en allemand), Aschalfenbourg, 1836. 

* BA A DEH ( Jean ) , peintre bavarois , mort en 
1779. Il se rendit en Italie avec le célèbre Knol- 
ler, et au retour peignit, pour plusieurs églises 
de son pays , des tableaux qui lui assignent un 
rang distingué parmi les peintres religieux. 

Nagler, Neues Allgemeines KUnstler-Lexicon. 

* BAADER (Jean-Michel) , peintre allemand, 
né en 1736. Il étudia à Paris en 1759 , et revint 
en 1788 à Eichstaedt sa ville natale, pour y 
exercer l'emploi de peintre de l'évêque de cette 
ville. II peignit des tableaux d'intérieur et repré- 
senta aussi des sujets d'histoire, entre autres la 
Fille de Jeph'té. 

Nagler, Neues Allgemeines Kûnstler-Lexicon. 

BAADER (Joseph), ingénieur bavarois, frète 
des précédents, né à Mvmich en 1763, mort 
dans sa ville natale le 20 novembre 1835. II 
étudia d'abord la médecine, mais se livra ensuite 
exclusivement à la science de l'ingénieur, et per- 
fectionna ses connaissances par de longs voyages 
en France et en Angleterre. Ses principaux écrits 
(en allemand) ont pour titres : Théorie de 



BAADER — BAAN 



la pompe foulante et aspirante; Baireuth, 
1797, in^""; 2'-* édit., Hof, 1820; —Conseils 
concernant le perfectionnement des machi- 
nes hydrauliques emplotjées dans les mines; 
Baireuth, 1800, in-4°; 2^ édit. , Hof, 1820; — 
Nouveau système de locomotion ; Munich , 
1817; — Huskisson et les chemins de fer; 
Munich, 1830. 
Conversations-Lexicon. 

iîAABEa {Joseph-François de Paule), mé- 
decin allemand , né à Ratisbonne le 15 septembre 
1733, mort en 179'i. Il étudia successivement la 
théologie , la philosophie et la médecine. En 
1759, il fut nommé physicien de la ville d'Am- 
berg , et bientôt après attaché en qualité de mé- 
decin à la personne du duc Clément à Munich. 
En 1777, il obtint le titre de médecin de l'électeur 
Maximihen- Joseph lU. On a de Baader : Dis- 
sertatio de Ndara corporis humant viven- 
tis; Ingolstadt, r/57,in-4°; — Ankûndigung 
eines balsamischen Seifen-syrups als eines 
' beinahe specifischen Mittels in Schleim-tmd 
Obstructions Krankheiten (Annonce d'un sirop 
savonneux balsamique, comme remède spécifique 
dans les maladies d'obstruction, etc.); Augs- 
bourg, 1783, in-8° ; trad. en français par l'au- 
teur, Munich, 1784; — Purgirender Mandel- 
syrup fur Kinder (Sirop d'amandes purgatif 
pour les enfants); Munich, 1789,in-8°; trad. en 
français par l'auteur , Munich, 1789, m-S". 

Hioyrapkie médicale. 

*i{AAi>!!;u ( Tobie), sculpteur bavarois, vi- 
vait dans la seconde moitié du dix-septième siè- 
cle. Il exécuta plusieurs œuvres pour les églises 
et les couvents de son pays. On rem.arque 
parmi ses sculptures : un Christ sur la croix 
avec la Mère de douleur ; — une Vierge avec 
Venfant Jésus ; — une autre Vierge , destinée 
à l'église de l'hôpital de Municli, et qui mit le 
sceau à la réputation de cet artiste. 

Naglcr, Neues y/llgemeines Kilnstler-Lexicon. 
* BAâHDlî«-MEHEMET-GEBET-.4MEH', doc- 

teur persan , vivait probablement dans la se- 
conde moitié du dix-septième siècle ; il laissa la 
Somme d'Abbas, abrégé de droit civil et ecclé- 
siastique, entrepris par ordre d'Abbas le Grand. 
Baahdin ne composa que les cinq premiers li- 
vres; le reste fut écrit par son disciple, sur le 
plan, la division et les arguments du maître. 

Moréri , le Grand Dictionnaire historique. — Richard 
et Girard, Bibliothèque sacrée. 

*BAAK-EiATTi[GH (Jean), peintre flamand, 
vivait vers la seconde moitié du dix-septième 
siècle. 11 peignit des paysages dans le gem'e de 
Pœlenburg; ses tableaux se rencontrentpeudaas 
les musées. On voit à Saint- Hiobs-Gasthuis une 
ceavre de ce peintre datée de 1642, et qui mérite 
d'être remarquée. On en voit une autre dans la 
galerie d'un amateur de Rotterdam, M. Jacques 
Meyer. 

Nagler, Neues Allgemeines Kiinstier-Lexicon. 

1 BAAEE (Ferdinand), pianiste et compo- 
siteur allemand, né le 15 avril 1800 à Hende- 



leer, près de Halberstadt. Il eut jwur maîtres 
de piano et de composition Hummel et Fr. 
Schneider. Il rempht d'abord les fonctions d'or- 
ganiste et de directeur du chœur à l'église prin- 
cipale de Halberstadt, et se fixa plus tard à Wol- 
fenbûttel. On a de lui des chansons, rondeaux, 
sonates et walses, dont le catalogue se trouve 
dans Fétis. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

* BAAL, roi de Tyr, mort l'an 592 avant J.-C. 
Il succéda à Ithobal, et fut détrôné par Nabu- 
chodonosor. Après lui , les Tyriens furent gou- 
vernés pendant quekpies années par des juges 
dépendant des Assyriens. 

Josèphe, Contra Appion., llv. III. — Moréri, Diction- 
naire historique. 

BAALE {Henry Vak ), poète dramatique hol- 
landais, mort en 1822. Il laissa deux poèmes, 
intitulés De Saracenen et Alexander. 

Rose, New Bioç/raphical Dictionanj. 

*BAALEW {Pierre de), médecin hollandais, 
connu seulement par l'ouvi-age suivant : De 
Cortice peruviano, ejusque in febribus inter- 
mittentibus Usu ; Leyde, 1 /35, in-4°. 

Biographie médicale. 

BAAN (Jacques de), peintre hollandais, fils 
de Jean Baan, né à la Haye en 1073, mort à 
Vienne en 1700. A dix-huit ans il peignait des 
portraits qui égalaient ceux de son père. Il sui- 
vit ensuite le roi Guillaume IIÏ en Angleterre , 
oîi il continua de peindre dans le môme genre. 
Le portrait du duc de Glocester fut surtout re- 
marqué. Plus tard Baan alla à Florence , où le 
grand-duc raccueillit avec bienveillance, puis à 
Rome, où il s'appliqua à reproduire les œuvres 
des maîtres. 

Bryan , Dictionnaire. — NaRlcr, Neues Allgemeines 
Kwutler-Lexicon. 

BAAN ( Jean de ) , peintre hollandais , né à 
Harlem le 20 février 1633, mort à la Haye en 
1702. Il peignit le portrait, et s'acquit dans ce 
genre xme grande réputation. 11 eut d'abord 
pour maître son oncle Pirmans , peintre peu re- 
nommé, puis Jean Backer, et s'attacha surtout à 
imiter Van Dyck, ayant fort peu de goût pour 
la manière de Rembrandt. En 1660, Baan vint 
à la Haye , où il fit les porti'aits des princes de 
Tarente , du comte de Horn et d'autres person- 
nages considérables. Il se rendit ensuite en An- 
gleterre où l'appelait le roi Charles H, qu'il pei- 
gnit, ainsi que la reine Catherine de Portugal. 
L'envie qu'il avait déjà rencontrée sur son che- 
min, en Hollande, l'attendait aussi en Angleterre. 
Il revint alors dans son pays natal, où il peignit 
les de Witt (Corneille et Jean), qui laissèrent 
une si grande trace dans l'iiistoire des Pays-Bas. 
Leurs portraits donnèrent lieu à un de ces in- 
cidents qui caractérisent la populace de tous les 
temps. Après avoh- massacré les deux frères de 
W^itt, les meurtriers exigèrent de Baan les ta- 
bleaux qui représentaient leurs victimes. On 
fouilla sa maison; mais il avait su mettre son 
œuvre en sûreté. La populace fuiieuse courutalors 



à la maison de ville deDordrecht, d'où elle arra- 
cha et mit en pièces tuî autre portrait de Jean de 
Witt, chef-d'œuvre de Baan. C'était un tableau de 
grandeur naturelle, où l'infortuné grand pension- 
naire paraissait assis sur un trophée d'armes, un 
bras appuyé sur la bouche d'un canon. Au-dessus 
du héros , voltigeaient des enfants qui le couron- 
naient de lauriers, et une Renommée publiant ses 
louanges; à gauche, une femme et des enfants 
vidaient aux pieds du magistrat hollandais une 
corne d'abondance ; dans le lointain, on aper- 
cevait la prise de Chatham et l'incendie de plu- 
sieurs navires. 

Le courage et le patriotisme du peintre des de 
Witfc Jurent mis à ime autre épreuve. En 1672, 
il fut invité par le duc de Luxembourg, gou- 
verneur d'Utrccht, à venir peindre Louis XIV, 
qui se trouvait alors à Utrecht. Baan refusa, 
après en avoir référé au prince de Waldeck. 
Louis XrV sut apprécier ce refus; et, loin d'en 
témoigner du mécontentement, il chargea le comte 
d'Avaux, son ambassadeur en HoUande , de con- 
sulter l'artiste hollandais dans tous les achats à 
faire pour la France. Plus tard Baan, conseiUé 
en cela par sa femme, qui n'aimait pas l'éti- 
quette des cours, refusa le titre de premier peintre 
de Frédéric-Guillaume, électeur de Brandebourg. 
A la corn- de Frise, où il fut appelé ensuite, il 
peignit les princes et la princesse de Nassau, 
conune antérieurement il avait reproduit sur la 
toile un autre prince, le grand-duc de Toscane, 
qui avait fait placer dans sa galerie et parmi les 
tableaux des maîtres l'œuvre du peintre néer- 
landais. Ses succès dans le pays de Frise expo- 
sèrent Baan à des dangers sérieux, et c'est encore 
la main de l'envie qui tenta de le frapper. Un 
peintre frison conçut contre lui une telle haine, 
qu'U fit exprès le voyage de la Haye pour tuer 
l'artiste dont il était jaloux. Après avoir inutile- 
ment tenté de le frapper dans la rue à cause d'un 
chien qui accompagnait toujours Baan, le Frison 
se présenta chez son confrère , demandant à voir 
ses tableaux , et chercha, pendant qa'on les lui 
montrait , à frapper Baan , lorsqu'un ami de ce- 
lui-ci survint assez à temps pour arrêter le bras 
de l'assassin, qui prit la fuite. 

Dans une autre occasion , Baan n'échappa au 
poignard de ses ennemis qu'après avoir perdu 
un doigt de la main droite. Pour prouver à ses 
envieux qu'il n'était point privé de la vue, comme 
ils en répandaient le bruit, U fit encore, en 1692, 
le portrait du prince d'Anspach-Brandeboiu-g. 
Celui du prince de Nassau-Ziegen , devenu la 
propriété du roi de Prusse , passe pour le chef- 
d'œuvre de Baan. V. R. 

Nagler, Keues AUgemeines KUnstler-Lexicon. — Des- 
champs, f'ies des Peintres. 

* BAANA, chef de brigands, vivait dans la pre- 
mière moitié du onzième siècle avant J.-C. En 
compagnie de Rechab son parent, il assassina 
Isboseth, fils de Saiil , et, croyant plaire à David, 
lui porta la tête de la victime. David châtia les 



BAAN — BAARSDORP 6 

meurtriers : il leur fit couper les pieds et les 
mains, et les fit pendre dans cet état près de la 
piscine d'Hébron. 

Rois, liv. II, ch. IV. — Josèphe, jàntiq., I. VU , ch. u 
— Moréri, le Grand Dictionnaire historiqtie. 

BAAR ou BAR ( GeorgCrLouis de ). Voy. 
Bar. 

BAARDT. Voy. BaART. 

BJLARLUVD OU BARLAND {Adrien Van), sa- 
vant flamand, né en 1488, mort à Louvain en 
1542. Il fit ses études à Gand sous le P. Schot, 
et enseigna le latin dans le coUége de Busleiden 
en 1518 et 1520. De là, il se rendit en An- 
gleterre avec Antoine, seigneur de Grimbergen, 
fils du prince de Bergen. Revenu à Louvain, 
Baarland professa la rhétorique à la place de 
Jean Paludanus. Il fit des élèves remarquables. 
Ses opuscules historiques et géographiques ( de 
Urbibus inferioris Germanise; de Litteratis 
urbis Romse principibus ; de Ducibus Venetis; 
de Comitibus Hollandix ; de Episcopis Ulfra- 
jectinis; Chronologia brevis ac historia ab 
orbe condito ad annum 1532; Chronicon du- 
cum Brabantise) ont été imprimés à Cologne, 
chez Bernard Gualterus (Walther) en 1603, 
in-fol. 

Val. André, Bibliotk. Belgica. — Le P. de la Rue, Ce- 
lehrtes Zeeland. — Nicéron , Mémoires. — Moréri, le 
Grand Dictionnaire historique. 

RAARLAND OU BARLAND {Hubert Vam), 

médecin flamand, natif de Baarland en Zélande, 
vivait dans la première moitié du seizième siècle. 
Il exerça d'abord la médecine à Namur, et passa 
ensuite une partie de sa vie à Bâle auprès d'É- 
rasme , qui fait de lui le plus grand éloge. On a 
de Baarland : Epistola medica de aquarum 
distillatarum facultatibus ; Anvers, 1536, 
in-8° ; — Velitatio medica cum Arnoldo Noot- 
sio, qua docetur non paucis abuti nos vulgo 
medicamentis simplicibus, ut capillo Vene- 
ris , xylaloe, xylobalsanto, spodio; Anvers, 
1532, in-S": c'est une réfutation d'Arnoud Noots, 
médecin de Louvain. L'auteur y établit que les 
médecins ne savent point se servir des simples , 
du capillaire notamment, et relève plusieurs 
erreurs d'Avicenne à ce sujet. Baarland a aussi 
traduit du grec en latin : Sancfi Basilii oratio 
de agendis Deo gratiis et in Julittum mar- 
tyr em; — De medicamentis par atufacilibus, 
de Galien. 

Valère André, Biblioth. belg. — Moréri, Dictionnaire 
historique. 

*BAARSs>ORP ouBAERSDORP {Corneille), 
médecin néerlandais, né à Baarsdorp dans la 
Zélande, mort en 1565. Il liit médecin et cham- 
beflan de Charles-Quint, et laissa -. Methodus 
universae artis medicse, d'après Galien; Bruges, 
1538, in-fol. 

André, Bibl. belg., I. — Moréri, Dictionnaire historique. 

* BAARSDORP {Marin-Comeille) , prêtre 
néerlandais, fils du précédent, vivait dans la 
première moitié du seizième siècle. D embrassa 
l'état ecclésiastique, fit un pèlerinage, et, au re- 

î. 



BAARSDORP — BABA 



tour, devint directeur de l'hôpital Puterryken , 
fondé en 1525. Il laissa tous ses biens à cet hô- 
pital, pour servir à l'entretien d'enfants pauvres 
qui pouvaient y être admis, instruits et exercés 
à une profession, à partir de l'âge de neuf ans. 
Horéri, le Grand Dictionnaire historique. 

*BAART OU BAERT (Amaud), juriscon- 
sulte brabançon, né à Bruxelles en 1554, mort 
le 29 mai 1629. Il débuta par le barreau, et pro- 
fessa ensuite le droit à Douai. Plus tard, il re- 
vint à Bruxelles, où il exerça la magistrature et 
fit partie du conseil de Malines. La science de 
Baart était si profonde, qu'il savait , dit-on, par 
cœur les Pandectes et la plupart des autres lois 
romaines. Il laissa : Lectiones extraord'marise 
JDuaci hàbitx ; — des Remarques sur la Prac- 
tica criminalis de Jacques de Bello-Visu. 

Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. — Morérl, 
le Grand Dictionnaire historique. 

BAART ou BAARDT (Pierre), médecin et 
poète natif de la Frise, vivait au dix-septième 
siècle. Il composa des poèmes latins et hollan- 
dais. On a de lui : Friesch borre Practica (Pra- 
tique des laboureurs frisons). Ce poème a été 
comparé aux Géorgiques de Virgile , au moins 
chez les Hollandais; — De Friesche Triton (le 
Triton du pays de Frise), autre poème ; — Deug- 
den Spoor , ou Nebulo Nebulonum, poème, 
1645, in-8». 

JÉloy, Dict. de la Méd. — Marchand, Dict. Hist., t. 11, 
p. 94. — Adeiung, Supplément à V Allgemeines Gelehr- 
ten-Lexicon de Jocher. 

BAASA, roi d'Israël, fils d'Ahias, vivait dans 
la seconde moitié du dixième siècle avant J.-C. 
Il usurpa la couronne d'Israël, après avoir tué 
Nabad, fils de Jéroboam , et exterminé toute la 
race de ce prince ; puis il déclara la guerre à Aza, 
roi de Juda, et se livra à toutes sortes de dérè- 
glements. Jéhu, qui vint, au nom du Seigneur, 
faire des remontrances à ce roi coupable , fut 
victime de sa mission : Baasa le fit mourir. 

Rois, m, 13. 

*BAAT [Catherine) , femme peintre sué- 
doise. Elle ne se distingua pas moins par son 
savoir que par son talent pour la peinture. On a 
d'elle : les Tables généalogiques de la no- 
blesse de Suède, rédigées et peintes par Cath. 
Baat. Elle y releva les erreurs de J. Messenius 
sur le même sujet. 

Chaudon et Delandine ; Nouveau Dictionnaire histo- 
rique. 

BAAZ OUBA.AZIVS (Benoît), littérateur sué- 
dois, frère de Jean Baazius, vivait au commen- 
cement du dix-septième siècle, et mourut en 
1650. Il exerça divers emplois considérables, 
entre autres celui de gouverneur du château 
royal , à Stockholm. On a de lui : Oratio de 
geminis germanis sororibus, sobrietate et cas- 
titate; Upsal, 1629, in-4''; — Disp. de Defini- 
tione animse in génère; Riga, 1632, in-4°; — 
Bisp. de principiis corporum naturalium 
intrinsecus Resp. Erico Bergio^'Dorpd.t, 1G33, 



in-4°; — Bisp. gradualis de Mundo, ejusque 
partibus ; ibid., 1633, in-4°. 

Adelung, Supplément à Jôcher, Allgemeines Gelehrten- 
Lexicon. 

BAAZ (Jean ), théologien suédois, vivait dans 
la seconde moitié du dix-septième siècle. Il 
laissa Inventarmm Ecclesiœ Sueo-Gothorum ; 
Lincoping, 1642; — Harmonia evangelica. 

Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BAB (Jean), théologien arménien, mort 
vers la fin du neuvième siècle. Il étudia la théo- 
logie et l'histoire au monastère de Meirawank 
en Arménie, et s'acquit vm grand renom comme 
savant. Il laissa manuscrits : Commentaire des 
quatre Évangiles ; — Explication de l'Épître 
de saint Paul aux Romains; — Chronolo- 
gie de l'histoire ecclésiastique, depuis la nais- 
sance de J.-C. jusqu'au temps de l'auteur : 
c'est une controverse en faveur du rit arménien. 

Chaudon et Delandine , Nouveau Dictionnaire histo- 
rique. 

BABA, imposteur turc, vivait dans la première 
moitié du treizième siècle. Il parut dans la ville 
d'Amassée en l'an 1240 de J.-C, et fit adoptera 
ses disciples cette profession de foi : <( Il n'y a 
qu'un seul Dieu, et Baba est son envoyé. « Les 
maliométans tentèrent de s'emparer de Baba ; mais 
il leur échappa, et leva une armée avec laquelle 
il soutint contre eux de nombreux engagements. 
Secondés par les Francs, les musulmans finirent 
par le mettre en déroute et disperser sa secte. 

chaudon et Delandine , Nouveau Dictionnaire his- 
torique. 

* BABA ( Sudai-Abiwerdi ), poète persan, na- 
tif d'Abiverd dans le Khorassan, vivait au qua- 
torzième siècle. Il prit le nom de Sudai à l'oc- 
casion de son initiation à une secte qui vivait 
dans la contemplation de la Divinité. Il fut fort 
estimé des poètes et des princes de son temps. 
Les ravages qu'une tribu tartare exerça dans la 
ville natale de Baba , lui firent adresser au sul- 
tan Shahkokh un poëme qui exprimait les do- 
léances des habitants. Cette requête éloquente 
eut un entier succès : le sultan prit des me- 
sures pour que ces malheurs ne pussent désor- 
mais se renouveler. Baba s'adressa aux autres 
princes ses contemporains , pour les arracher à 
la torpeur des sens. On répète encore en Perse 
et à la cour les bons mots du poète. . 

Ersch et Gruber, AUgemeine Encyclopsedie. — Hain- 
mer, Geschichte der schoenen Medekunst Persiens , 

p. 376. 

*BABA (Gabriel), abbé et théologien italien, 
natif de Venise , vivait dans la seconde moitié 
du dix-septième siècle. Il devint secrétaire du 
cardinal Bichi. Gabriel Baba laissa : Pvincipi e 
Bocumenti délia vita cristiana , tradotti del 
latino del card. Giov. Bona; Rome, 1676, 1677, 
in-12 ; — Biscorso sopra l'esaltazione di papa 
Alessandro VIII ; Rome, 1689; — Vita del 
card. Lor. Brancati ; Rome, 1699; — la Sta- 
tua équestre di Luigi XIV, scultura del Ber- 
nino, panegirico in rime; Rome, 1678, in-fol. ; 
, Bologne, 1679, in-12. 



BABA — BABEK 



10 



Mazzuchelli, Scrittori d'italia. — Catalogue de la Bi- 
bliothèque royale de Paris. — Adelung , Supplément à 
Jôcher, Allgemeines Gelekrten-Lexicon. 

BAB4-ALI , premier dey indépendant d'Alger, 
mort en 1718. Élu en 1710 à laj place d'Ibrahim 
emporté par une réTolution, Baba-Ali sacrifia 
dix-sept cents individus à sa sûreté. Il secoua 
ensuite le joug des pachas turcs-. Baba-Ali fit 
arrêter et embarquer pour la capitale de la Tur- 
quie le pacha qui avait voulu empêcher l'élection 
de 1710, et envoya à Constantinople un ambas- 
sadeur chargé de présents, avec ordre de décla- 
rer qu'Alger n'avait plus besoin d'un pacha ; que 
le dey se chargerait parfaitement de ces fonc- 
tions. On fit droit à cette demande , et à partir 
de ce jour le dey gouverna seul le territoire al- 
gérien. Baba ne fut pas moins habile politique 
à l'égard des puissances étrangères. En 1716, il 
fit exécuter un Maure qui avait osé frapper le 
consul anglais. Ce fait cimenta l'alliance du 
dey avec l'Angleterre. Le fatalisme oriental de- 
vint funeste à Baba-Ali. Pris de fièvre, il ne 
voulut pas aller contre les décrets du ciel en re- 
courant à un médecin français, et se laissa mou- 
rir sans secours. 

Conversations-Lexicon. 

* bÂbI-lIl, chef de secte, naquit à Malwa, 
au commencement du dix-septième siècle. Il fut 
disciple de Chétana-Swâmi. Son système tient 
le milieu entre la philosophie Védanta et celle 
des soiïs. Ses sectateurs se nomment Bâbâ-lâ- 
lîs. Il a laissé un grand nombre de vers hindis 
sur les matières religieuses. Langlois. 

M. Garcin de Tassy, Histoire de la littérature hin- 
doue. 

*BABA-NASIBI, marchand persan, mort en 
1537. Il exerça à Tabriz l'état de confiseur, et fut 
en grande faveur auprès du sultan Yacub. 

Ersch et Gruber, AUaemeine Encyclopàdie. — Ham- 
mer, Gesckichteder sc/wetienRedekunst PersienSy p. 376. 

* BABAS, conseiller d'Hérode l'Ascalonite, vi- 
vait dans la première moitié du premier siècle 
avant l'ère chrétienne. Son mérite donna de l'om- 
brage à Hérode, qui, au lieu de récompenser 
Babas de ses conseils et de ses services , lui fit 
crever les yeux. 

Josèphe, Atttiq. — Moréri, le Grand Dict. histor. 

J BABBAGE ( Charles ) , mathématicien an- 
glais, né vers 1790. Il est professeur de mathé- 
matiques à l'université d'Edimbourg, et membre 
de la Société royale de Londres. On a de lui (en 
anglais ) : Sur les jeux de hasard (Transact. de 
la Soc. d'Édimb., 1821 )j — De V application de 
l'analyse à la recherche de théorèmes sur les 
lieux géométriques (Transact. de la Soc. d'É- 
dimb., 1822); — Observations sur lamesure des 
hauteurs par le moyen du baromètre (Édimb., 
Journal of sciences, 1824) ; — Magnétisme par 
rotation (Transact. delà Soc. deLond., 1825); 
— Observations sur l'application des machi- 
nes propres à calculer (Pliilos.Magaz., 1825) ; 
— .Détermination du terme général de quel- 
ques nouvelles classes de séries infinies (Tran- 
sact. de Comb., t. H); — Erreurs des tables 



de logarithmes (ibid.); — De l'influence des 
signes dans le raisonnement (ibid. ); — Ro- 
tations électriques et magnétiques (Transact. 
de la Soc. de Londr., 1826) ; — Micromètre zé- 
nithal {Mém.de la Soc. astron. de Lond., 1. 1); 
— Sîir les causes de la décadence des sciences 
en Angleterre; Londr., 1833. M. Babbage est 
aussi l'inventeur d'une machine à l'aide de la- 
quelle on peut exécuter, avec précision, le calcul 
fastidieux des éphémérides astronomiques. 

Biographie des Contemporains, supplément. 

*BABBARD ( Ralph), mécanicien anglais, vi- 
vait dans la seconde: moitié du seizième siècle. 
Contemporain d'Elisabeth, il adressa à cette reine 
la liste des inventions dont il était l'auteur. Les 
détails qu'elle contient sur l'une de ces inven- 
tions ferait croire que le mécanicien eut le pre- 
mier l'idée du bateau à vapeur. 

Halliwell, Rara mathematica, p. Sï. — Rose, Bjogra- 
phical dictionary. 

*BABBi ( Christophe ), compositeur italien, 
né à Césène en 1748. Il étudia le violon sous 
Paul Alberghi, et devint maître des concerts de 
l'électeur de Saxe en 1780. On a de lui des 
concertos de violon, des symphonies pour l'é- 
glise et la chambre, des quatuors, des duos pour 
la flûte, et une cantate pour le clavecin ; Dresde, 
1789. 

Fétis, Biographie universelle dés Musiciens. 

* BABBi ( Gregorio ), musicien italien, natif de 
Césène et frère du précédent. Il était, vers 1740, 
un des premiers ténors de l'Italie. Si on juge de 
l'importance de son talent par celle de ses ap- 
pointements, on admettra qu'elle était grande, 
car il toucha 24,000 crusades ( 132,000 fr. ) pour 
deux années d'engagement. 

Fétls, Biographie des Musiciens, 

BABBiNi (Mathieu), chanteur italien, né en 
1754, mort en 1816. En 1785 il fut engagé au 
théâtre de Vienne; en 1789 il chantait à Venise, 
et en 1792 il eut des succès à Beriin, dans l'opéra 
sérieux il Varia. H voyagea ensuite dans les 
principales villes de l'Europe, revint en Italie, et 
chanta à Milan en 1802 dans l'opéra de Nicolini 
i Mania, et dans * Misteri Eleusini de Mayr. 
Il se retira ensuite du théâtre. 

Fétis , Biographie des Musiciens. 

*BABE {Jean- Jacques), jurisconsulte alle- 
mand, vivait dans la première moitié du dix-sep- 
tième siècle. On a de lui : Praxis juridica ad 
Camerve Imp. processum. 

Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BABER ou PAPEK, seigneur persan, vivait 
dans la première moitié du troisième siècle. Le 
prince régnant était Artaban ou Aidewan IV, der- 
nier des Arsacides. Babek avait un serviteur 
nommé Sasan , en qui il découvrit de si hautes 
facultés, qu'il en fit son gendre. De ce mariage 
est issu le fameux Ardeschir Babegan, connu 
chez les Occidentaux sous le nom d'Artaxerxès 
ou Arfaschir. 

D'Herbelot, article Ardschir Babegan. — Ersch et Gru- 
ber, Allgemeine Encyclopàdie. 



11 



BABEK — BABER 



12 



BABEK, surnommé Horremi ou Eorremdin, 
sorte d'athée persan, vivait vers le huitième 
siècle de J.-C. (201 de l'hégire). On le surnomma 
Horremi ou Horremdin, c'est-à-dire professeur 
ou auteur d'une religion de joie ou de plaisir : 
un tel culte trouvera toujours des prosélytes. 
Babek eut donc bientôt à sa suite une multitude 
nombreuse, et ensuite une armée avec laquelle 
il vainquit et tua de sa main le général du khalife 
Al-Mamoun. Il fallut toutes les forces deMotas- 
sem, successeur du khalife , pour réduire et faire 
prisonnier ce singulier sectaire. On lui fit subir 
une mort cruelle : après avoir été promené sur 
un éléphant dans les rues de Samai-a, et exposé 
de la sorte aux outrages du peuple, il eut les bras 
et les jambes coupés, et fut mis à mort ensuite. 
On fit périr en même temps un des deux hommes 
employés par Babek à ses exécutions, et qui ra- 
conta qu'il avait pour sa part exécuté plus de 
vingt mille individus. 

Moréri, Dictionnaire historique. — D'VleT^ieXoUBibl. 
orient. — Chaudon et Delandine, Dict.hist. 

* BABEL (P.-E. ), orfèvre et bijoutier français, 
mort en 1770. Il dessina et grava l'architecture 
et l'ornement. On trouve, dans l'ouvrage de Blon- 
de! sur l'architecture, des planches gi-avées par 
Babel , entre autres une Thétis avec ses Nym- 
phes. C'est encore d'après cet artiste queVivare 
grava un livre d'ornements et de dessins. On a 
de Babel : Nouveau Vignole, ou Traité des cmq 
ordres d'après Vignole. 

Heineken , Dictionnaire des artistes. 

* BABEL {Hugues), philosophe et rhéteur 
néerlandais, mort en 15û6. 11 professa à Louvain 
le latin, le grec et l'hébreu, et voyagea ensuite 
en Angleterre et en Hollande. On a de lui : Gram- 
matica; Dialectica; Rhetorica, et des poèmes 
inédits, 

Jôchei-, AUgemclnes Celehrten-Lexicon. 

* B.4BELL ( Guillaume), compositeur anglais, 
né vers 1690, mort en 1722. Il reçut de son père, 
qui jouait du basson au théâtre de Drury-Lane , 
les premières leçons de musique, et devint plus 
tard élève de HœndeJ. Le jeune Baliell fut ensuite 
nommé orgsiniste de l'église de All-Hallows 
(dans Bread-Street), et musicien particulier du 
roi George I^''. Il composa d'abord des leçons de 
clavecin sur les airs de Pyrrhus et de Rinaldo. 
Les dernières sont excellentes , mais difficiles à 
exécuter. On a en outre de lui : Douze solos 
pour violon ou hautbois; — Douze solos pour 
flûte allemande ou hautbois; — Concertos 
pour de petites flûtes et des violons. 

Fétis, Biographie des Musiciens. 

*BABEl,OîifïTTS (Auguste), savant fi-ançais, 
vivait dans la seconde moitié du dix-septième 
siècle. On a de lui : Suetonius, in usum Del- 
phlni;Pans, 1684, in-4°. 

Jôcher, Allgemeines Celehrten-Lexicon. 

* BABELOT, cordelier, aumônier du duc de 
Montpensier, vivait dans la seconde moitié du 
seizième siècle. Il quitta le cloître pour suivre 
les armées, et donner carrière à la haine impla- 



cable qu'il portait aux calvinistes. « Quand on 
luy amenoit ( au duc de Montpensier ) quelques 
prisonniers, dit Brantôme, si c'estoit un homme, 
il luy disoit de plein abord seulement : Vous estes 
un huguenot, mon amy ; je vous recommande à 
M. Babelot. Ce M. Babelot estoit uncordellier, 
sçavant homme, qui le gouvemoit fort paisible- 
ment et ne bougeoit jamais d'auprès de luy, au- 
quel on amenoit aussytost le prisonnier ; et luy, 
un peu interrogé, aussytost condamné à mort 
et exécuté. » Ce simple récit fait connaître suf- 
fisamment le personnage. Il eut son tour : pris 
par les soldats du prince de Condé, Babelot fut 
pendu à un gibet extraordinairement haut. C'est 
encore Brantôme qui raconte le fait. 

Brantôme, f-'ies des grands Capitaines, t. I. — Cliau- 
don et Delandine, Nouveau Dictionnaire historique. 

*BABENBERG, famille priflcière allemande, 
descendante des rois francs , établie d'abord en 
Franconie aux environs de Babenberg. Elle gou- 
verna cette contrée avec le titre de Gaugraves à 
partir de la première moitié du dixième siècle, 
et compte parmi ses membres Léopold T'', devenu 
margrave d'Autriche en 983. Cette maison s'é- 
teignit en 1246 dans la personne de Frédéric le 
Belliqzieux. 

La ligne collatérale, fondée par lo prince 
Henri, fils de Henri Jasomîrgott, mort en 1177, 
et dont les chefs se faisaient appeler ducs d'^w- 
triche-Moedling , s'était éteinte, dès l'an 1226, 
dans la personne de Henri le Cruel. 

C(inver.mtions- Lexicon. 

*BABElVO ST.-HUBER (Louis), philOSOphC 

allemand, né à Leiningen (Bavière) en 1660, 
mort en 1726. 11 entra dans l'ordre des Béné- 
dictins en 1682 ; de 1695 à 1702, il fut régent 
à Salzbourg; de 1703 à 1706, il professa la théo- 
logie scolastique, et l'Écriture sainte de 1706 à 
1716. Il fut aussi chancelier et vice-recteur de 
l'université. Il se retira ensuite, pour n'en plus 
sortir, dans le monastère de son ordre. On a d£ 
lui : Problemata et Theoremata philosophica ; 
Salzbourg, 1689; — Qiuxstiones j)hïlosophicx ; 
Salzbourg, 1692; — Fundatrix Ettalensis, 
id est thaumaturga ; Munich, 1694, in-4°; — 
Régula morum , seu dictamen conscientiœ ; 
Salzbourg, 1697; — Tractatus de jure et jus- 
tifia, 1 699. — Detis absconditus in sacramento 
altaris; Salzbourg, 1700; — De Statu par- 
vulorum sine baptismo morientium; ibid., 
1700 ; — Philosophia Thomistica Salisbur- 
gensis; Augsbourg, 1716, 1724, in-fol. ; — Prin- 
cipia bonitatis et malitix actuum humano- 
rum; Salzbourg, in-4°; — Vindiciarum prœ- 
determinationes physicx ; SaXzhovxg , 1707, 
in-4°; — Dissertationes theologicœ contra 
Oiiesnelii propositiones , in-S" ; — Prolusio- 
nes academicx , 1724. 

Adelung, Supplément à Jôcher, .^llgemeines Celehr- 
ten-Lexicoit, 

BABEK, OU BABOUB, prince persan, grand- 
père de Tinjour et fils de Baisanldior, moi-t en 
1457, i! gouvernait l'Astérabad en 1440, époque 



13 BASER — 

de la mort de son père Shah-Rokh , et avec l'aide 
de son frère Ala-ed-Daula, prince d'Hérat, il alla 
déposséder Ulug-Bey de la Transoxiane; mais 
les deux frères se divisèrent bientôt, et Baber 
ne se contenta pas d'enlever à Ala-ed-Daula sa 
part de souveraineté; il détrôna encore et fit 
mettre à mort, en 1451, son autre frère Moham- 
med, qui régnait à Irak et à Fars. Baber se trouva 
de la sorte maître d'États assez considérables : 
en 1453, il vainquit et contraignit à demander 
la paix Abou-Saïd, souverain de la Transoxiane, 
qui venait de prendre les armes contre lui. Les 
excès de Baber le vainquirent à son tour : quoi- 
qu'il eût fait vœu sur la tombe de l'imam Resa 
de s'abstenir de vin, il mourut des suites de son 
intempérance. Son fils Mirza-Shah-Mahmoud ne 
garda pas longtemps les possessions qu'il te- 
nait de son père : il en fut dépouillé par d'autres 
princes de la famille de Timour. 

D'Herbelot, Bibl. orientale. — .Malcolm, Persia. — Mo- 
réri, le Grand Dictionnaire historique. 

BA.6ER OU BABOCR ( Zuheïr-ed-Deen-Mo- 
hammed-Baber- Padtshah) , fondateur de la 
dynastie indienne du Timour , mort le 17 juin 
1669. Son père Omar-Sbaikh-Mirza, qui descen- 
dait du puissant auteur de la race, gouvernait le 
petit royaume de Kokan ou Ferghana , dans le 
nord-est de la Transoxiane, vers l'an 1493. Ce 
prince eut un singulier genre de mort : il fut écrasé 
par la chute d'un pigeonnier. Son fils, dont il est 
question ici , eut d'abord à lutter, comme il ar- 
rive toujours en Asie , contre les princes envi- 
ronnants ; mais il sut les repousser tous , et en 
1497 il se trouva en pleine possession de Sa- 
markande. Un autre ennemi se présenta bientôt, 
c'étaient les Uzbekhs , qui , dirigés par Sheibani 
ou Shahibek-Khan , eurent bientôt conquis la 
Transoxiane. Après avoir longtemps lutté contre 
lesenvahisseurs, Baber les repoussa, et recouvra 
Samarkande en 1500 ; mais il fut de nouveau dé- 
fait, et obligé de fuir avec une poignée d'hom- 
mes. Il s'avança alors sur le territoire de Caboul, 
où il fut proclamé roi; et, après la mort de 
Sheibani , chef des Uzbekhs , il tenta avec l'aide 
des Persans de rentrer dans ses États. Le sort 
lui fut encore contraire : il fut battu en 1514 
dans le voisinage de Bokhara, et de nouveau 
obligé de se réfugier dans le royaume de Caboul. 
Une inspiration céleste , dit l'historien Abul- 
Fazl , fit diriger à Baber ses regards vers l'Hin- 
doustan. Il se fit un prétexte et im titre des con- 
quêtes de son aïeul Timour, et profita surtout 
de la décadence du royaume de Dellii. Il mit 
quelques années à réduire le royaume de Canda- 
har et le reste de l'Afghanistan, et ce ne fut qu'en 
1 524 que Baber envahit sérieusementl'Indoustan. 
n fut mis en possession de Lahore par Dowlut- 
Khan, gouverneur duPanjab, mécontent de l'em- 
pereur Ibrahim-Lodi , que Baber vainquit le 21 
avril 1526, malgré ime nouvelle défection de 
Dowlut-Khan, dans une bataille restée célèbre 
sous le nom de journée de Paniput. Ibrahim fut 



BABEUF 1-4 

laissé pour mort; et c'est à partir de ce moment 
que fut assise dans l'Inde la dynastie du vain- 
queur. Il fut tout aussi heureux contre un nouvel 
ennemi, Rana-Sanka, rajah d'Oudipour,qu'ildéfit 
en mars 1527 sur le champ de bataille de Byana. 
Ce nouveau succès valut à Baber le titre de ghazi, 
ou défenseur de l'islam. H réduisit ensuite les 
princes de Malwa et de Bengale, indépendants jus- 
que-là du royaume de Delhi. Mais son intempé- 
rance, surtout sa passion pour le vin, ne le lais- 
sèrent pas longtemps jouir de ses conquêtes. On 
a de lui : Vakiati Baberi (Mémoire de Baber), 
traduit en persan par Moiza-Khan-Khaman, et en 
anglais, en 1826, par Erskine etLeydin, pour la 
Société orientale de traduction. Ces Mémoires 
sont écrits en turc djagataï ; ils se divisent en 
deux parties : la première s'étend depuis l'avé- 
nement de Baber au ti-ône, jusqu'à l'an 908 de 
l'hégire. C'est un exposé mêlé de narrations, 
de biographies et de détails topographiques. On 
y trouve des renseignements sur les États voi- 
sins de Baber, sur les mœurs des princes contem- 
porains. La seconde partie, en^forme de journal, 
contient surtout l'autobiographie de l'auteur, ou- 
tre des détails intéressants sur l'Indoustan, le Ca- 
boul, et les princes musulmans de ces contrées. 
Rose, Biographical Dictionary. — Encycl. des Gens 
du monde. — Encycl. Nouvelle. 

BABET (^«p^ttes), poète français, né en Bour- 
gogne en 1474, mort en 1556. Il étudia en France 
et en Allemagne , et professa à Louvain , qu'il 
quitta ensuite pour visiter Oxford et Cambridge. 
Plus tard il alla en Italie en qualité de gouver- 
neur de jeunes gentilshommes, et il assista lui- 
même aux leçons des plus célèbres professeurs. 
A son retour à Louvain il fit des cours de linguis- 
tique ; en 1548 il alla à Heidelberg, et revint mou- 
rir à Louvain. On a de lui des poésies qui se 
trouvent dans les œuvres de Gilbert Cousin. 

Gilbert Cousin , OEuvres. 

BABEUF {François-Noël), surnommé Caius- 
Gracchus , publiciste et novateur français, né 
à Saint-Quentin en 1764, mort le 27 mai 1797. 
Les commencements de Babeuf présentent quel- 
que chose de confus, de tourmenté et même de 
peu honorable. Orphelin dès l'âge de seize ans, 
il devint commissaire à terrier après quelque 
temps d'apprentissage chez un architecte arpen- 
teur de la petite ville de Roye (Somme). Il 
salua avec enthousiasme l'aurore de la révolu- 
tion , et il en défendit et propagea les principes 
dans un journal d'Amiens, intitulé le Corres- 
pondant picard. Sa polémique violente lui 
attira dès ce moment des poursuites. Conduit 
et mis en jugement à Paris, il fut acquitté le 
14 juillet 1790. Nommé ensuite administrateur 
du département de la Somme, il fut destitué 
presque aussitôt après son entrée en fonctions , 
et envoyé avec le même titre à Montdidier. 
Dénoncé à cette époque comme faussaire, il 
vint se réfugier à Paris, où ii fut arrêté pour 
être traduit devant le tribunal de l'Aisne ; et 



15 



BABEUF 



16 



rette fois encore U fut acquitté. Revenu de 
nouveau à Paris en thermidor an II ( 1 1 juillet 
1794), il créa le journal le Tribun du peuple, 
ou le Défenseur de la liberté de la presse, 
et signa Caïus-Gracchus un article auquel il 
donna pour épigraphe cette maxime de Rous- 
seau : Le but de la société est le bonheur 
commun. Puis il continua de développer dans 
cette feuille les doctrines de l'égalité absolue , 
qu'il s'appliqua bientôt à traduire en actes. C'est 
en mars 1796 que Babeuf et ses adhérents, deve- 
nus nombreux, se constituèrent en comité secret, 
centre de la société babouviste , dite du Pan- 
théon. Douze commissaires centraux d'arron- 
dissement devaient se mettre en rapport avec 
les sections , inconnues les unes aux autres ; 
d'autre part , des commissaires devaient gagner 
les régiments de la garnison de Paris et des 
environs. On ne comptait pas moins sur les dé- 
partements, où l'on avait agi de manière à y 
organiser une armée insurrectionnelle. Il y a 
plus : on s'était réuni avec un auti'e comité 
formé de quelques députés proscrits en thermi- 
dor, et dont toute l'ambition se bornait à faire 
proclamer et exécuter la constitution de 1793. 
Quant aux espérances des conjurés, elles por- 
taient tout entières sur un prétendu effectif de 
seize mille liommes destiné à ouvrir l'attaque , 
sur le concours de l'artillerie de Vincennes, des 
invalides , des grenadiers du corps législatif et 
delà légion de police ; enfin sur l'adjonction des 
ouvriers, une fois l'action engagée. 

Quant au plan d'attaque, il paraissait des 
plus simples : les sections des douze arrondisse- 
iments devaient se porter simultanément, et en 
trois corps, sur le directoire, sur le corps légis- 
latif, et sur l'état-major. A la même heure, des 
divisions spéciales devaient attaquer les portes 
(les barrières et tous les dépôts d'armes qui se 
trouvaient dans Paris. Les mesures paraissaient 
donc bien prises; mais les conjurés avaient 
compté sans la circonstance ordinaire , celle de 
la révélation par l'un d'eux. Ce fut un nommé 
Grisel, agent de la conjuration au camp de Gre- 
nelle, qui dénonça le complot au gouvernement. 
Pour mieux connaître encore tout le plan des 
conjurés, le directeur Barras avait fait offrir 
au directoire secret d'entrer dans la conspira- 
tion. Cette ouverture avait eu lieu le 9 mai ; et 
le 10, au moment où l'on fixait au sein de la 
réunion le jour de la prise d'armes, les princi- 
paux conjui-és furent arrêtés , séance tenante. 
Babeuf lui-même fut saisi à son domicile , au 
mpment où il rédigeait avec Buonarotti, qui 
devint l'historien delà conjuration, les mani- 
festes qui devaient établir et réglementer l'in- 
surrection. L'instruction du procès commença 
immédiatement. Les conjurés, au nombre de 
soixante-cinq, comparurent devant la haute 
cour de Vendôme, composée de jurés nommés 
par les électeurs des départements , l'un des 
accusés, Drouet, ne pouvant, à raison de sa 



qualité de représentant , être traduit devant une 
autre juridiction. Le procès dura trois mois. Ba- 
beuf se défendit en homme convaincu ; mais le 
ministère public lui interdit le terrain des princi- 
pes. Le 5 prairial an V ( 26raai ), le jury prononça 
son verdict : Babeuf et Darthé furent condamnés 
à mort ; sept autres, parmi lesquels Buonarotti, 
furent condamnés à la déportation ; les cinquante- 
six accusés venant ensuite furent acquittés. 

Babeuf et Darthé se poignardèrent sous les 
yeux de leurs juges, au moment même du pro- 
noncé de l'arrêt. Comme Robespierre, ils furent 
portés expirants sur l'échafaud. 

Babeuf n'est pas un personnage historique 
ordinaire. 11 mérite une place à part, pour deux 
raisons : la première, c'est que, le seul peut-être 
des acteurs de la première révolution, il assigna 
à cette profonde démarcation entre les temps 
anciens et modernes un sens moins politique 
que social ; — la seconde raison est , qu'à la 
différence de tous les utopistes , les anabaptistes 
exceptés, il tenta, eu raison même du milieu 
où il se trouvait jeté , de réaliser par la force 
les théories écloses dans sa pensée. 

Platon avait dit dans le livre des Lais : « Quel- 
que part que cela se réalise ou doive se réaliser, 
il faut que les richesses soient communes entre 
les citoyens, et que l'on apporte le plus grand 
soin à retrancher du commerce delà vie jusqu'au 
nom de lapropriété. » A la suite du grand philo- 
sophe de la Grèce, et sans sortir du domaine de 
la spéculation , Thomas Morus dans son Utopie, 
Campanella dans la Cité du soleil, Harriugton 
dans YOceana, Jean Bodin dans sa République, 
enfin Morelly dans le Code de la nature, s'étaient 
tous bercés, en l'appliquant diversement, de l'i- 
dée d'une société exclusive de la propriété indivi- 
duelle. C'est de Morelly surtout que semble pro- 
céder Babeuf; quelques-unes de ses innovations 
sont copiées du Code de la nature. Dans ce 
dernier ouvi-age tout citoyen est déclaré « homme 
public, devant être sustenté, entretenu et oc- 
cupé aux dépens du public ; — les individus 
n'ont rien en propre : ils échangent entre eux 
les fruits de la terre dans la mesure de leurs be- 
soins. La nation, dans ce système, se trouve di- 
visée en familles, tribus, cités et provinces. 
L'excédant des produits d'un district comble les 
vides d'un autre. » 

Voyons maintenant ce que proposent Babeuf et 
ses adhérents: «Ilnous faut, porte le Manifeste 
des égaux, véd\gé par Sylvain Maréchal et jeté 
au sein de la population en avril 1796, il nous 
faut non pas seulement cette égalité transcrite 
dans la Déclaration des droits de l'homme et du 
citoyen, nous la voulons au milieu de nous, sous 
le toit de nos maisons. Périssent, s'il le faut, tous 
les arts, pourvu qu'ilnous reste l'égalité réelle ! » 

Et plus loin : « La loi agraire, ou partage des 
campagnes, fut le vœu instantané de quelques 
soldats sans principes, de quelques peuplades 
mues par leur instinct plutôt que par la raison. 



17 BABEUF 

Nous tendons à quelque chose de plus sublime 
et de plus équitable, le bien commun ou la com- 
munauté de biens. Plus de propriété individuelle 
des terres : la terre n'est à personne. Nous ré- 
clamons, nous voulons la jouissance communale 
des fruits de la terre : les fruits sont à tout le 
monde. Nous déclarons ne pouvoir souffrir da- 
vantage que la très-grande majorité des hommes 
travaille et sue au service et sous le bon plaisir 
de l'extrême minorité : assez et trop longtemps 
moins d'un million d'individus disposa de ce qui 
appartient à plus de vingt millions de leurs sem- 
blables, de leurs égaux. » 

Et ailleurs : «Qu'ilnesoitplusd'autre différence 
parmi les honraies que celles de l'âge et du sexe. 
Presque tous ont les mêmes facultés, les mêmes 
besoins : qu'il n'y ait plus pour eux qu'une seule 
éducation, une seule nourriture. Ils se contentent 
d'un seul soleil et d'un air pour tous : pourquoi 
la même portion et la même quantité d'aliments 
ne suffiraient-elles pas pour chacun d'eux ? » 

Ces citations résument la doctrine des babou- 
vistes. Cette doctrine, qui à sa naissance passa 
presque inaperçue, et fut renouvelée dans ces 
derniers temps, se heurtera toujours contre l'é- 
tat actuel de la société, et contre la nature même 
de l'homme. 

Dans le projet de Babeuf, dont le Manifeste 
n'est que l'exposé des motifs , on trouve un ar- 
ticle premier, aux termes duquel nul membre de 
la communauté ne peut jouir que de ce que la 
loi donne par la tradition réelle du magistrat. » 
Là est tout le communisme ; l'individu , cette 
réalité vivante , doit s'effacer , disparaître, de- 
vant une abstraction qu'on appelle l'État ; l'indi- 
vidu, pris isolément, n'est rien, l'État est tout : 
seul il subsiste , dirigeant le corps et l'âme de 
chacun de ses membres. Ce système léviathani- 
que , dont la conséquence immédiate serait le 
despotisme le plus intolérable (car l'état des 
communistes finirait toujours par n'être qu'un 
homme), n'a pas même le mérite de la nou- 
veauté : quelques peuples obscurs de l'antiquité, 
comme les Nabathéens , qui ne vivaient que de 
brigandage dans l'Arabie Pétrée,ravaient pratiqué 
en partie ; et certaines théories prêchées en 1848, 
d'après lesquelles l'État devait être le commandi- 
taire général de la société , étaient depuis long- 
temps pratiquées, au grand abrutissement d'un 
peuple industrieux, par un pacha turc, par Mé- 
hémet-Ali, vice-roi d'Egypte. Les saint simoniens 
ont cherché en Orient la femme libre; les ba- 
bouvistes, plus heureux, y trouvent leiu-s maxi- 
mes de gouvernement. 

L'erreur de tous les systèmes, c'est de n'avoir 
jamais pu garder l'équiUbre entre deux extrê- 
mes : si ailleurs on a exagéré le spiritualisme, 
on pousse ici le matériaUsme jusqu'à ses der- 
nières limites. D'après le chef du communisme, 
l'homme n'est qu'une espèce de mécanique; 
c'est l'automate qui se meut géométriquement, 
et que l'on préserve seulement de la rouille 



IS 

pour le faire vivre plus longtemps : « Un logement 
sain, commode et proprement meublé; des habil- 
lements de travail et de repos , de fil et de laine , 
conformes au costume national ; le blanchissage , 
l'éclairage et le chauffage ; une quantité suffisante 
d'aliments en pain, viande, volaille, poisson, 
œufs, beurre ou huile, vin ou autres boissons usi- 
tées dans les différentes régions ; légumes, fruits, 
assaisonnements et autres objets dont la réunioa 
constitue une médiocre et frugale aisance. » 

Quant à la nourriture intellectuelle, elle n'est 
qu'une superfétation inutile ; l'homme automate, 
qui ne pense pas pour se diriger, peut s'en 
passer parfaitement : « Ni philosophie , ni théo- 
logie, ni poésie, ni roman, ni peinture, ni sta- 
tuaire , ni gravure , sinon comme délassement. 
Sera artiste qui voudra , à la condition de rede- 
venir laboureur, et de laisser le pinceau ou le 
ciseau pour retourner à la charrue. » 

« Nul ne pourra émettre des opinions contraires 
aux principes sacrés de l'égalité. Avant d'être 
inscrit au livre des citoyens, il faudra confesser 
publiquement la croyance communiste. » 

Dans le code de la nature de Morelly on trouve 
la même prescription, mais avec une sanction 
plus sévère : « Celui qui osera prononcer le mot 
propriété sera enfermé comme fou furieux dans 
une caverne. » 

D'après le babouvisme , l'éducation est com- 
mune , égale ; les sexes sont élevés dans des éta- 
blissements distincts. Point de grands centres de 
population ; peu ou point de villes ; point de pa- 
lais , des maisons commodes et uniformes ; les 
vêtements seront nuancés suivant les âges , les 
sexes et les travaux ; mais à part cela, uniformité. 

Les théories qui précèdent non-seulement ne 
tiennent aucun compte de la nature humaine, 
mais elles seraient d'une impuissance absolue à 
faire le bien. C'est pourquoi elles ne sont que des 
utopies. Il est incontestable que , dans tout état 
de société , des améliorations sont nécessaires et 
possibles. Mais tout système qui voudra anéantir 
la liberté individuelle, le libre arbitre, et faire ta- 
ble rase du passé de l'humanité tel que l'histoire 
nous l'a légué, choquera la raison et le bon 
sens. Les siècles écoulés témoignent de cette 
vérité , et le temps présent la rx)nfirme. 

On a de Babeuf : Cadastre perpétuel, ou dé- 
monst'nilion des procédés convenables à la for- 
mation de cet important ouvrage ; Paris, 1789, 
in-8°; — Du système de dépopulation, ou la 
vie et les crimes de Carrier ; Paris, 1794, in-8''. 

Buonarotti , Conspiration pour l'égalité dite Babeuf, 
suivie du procès auquel elle donna lieu , et des pièces 
justificatives; Bruxelles, 1828,2 vol. In-S". — Encyclo- 
pédie nouvelle, article Babeuf, par Buonarotti.— Le 
Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France. — 
Reybaud, Études sur les réformateurs contemporains.— 
Sudre, Hisl. du Communisme, p. 232 ; Paris, 1849. 

BABEUF {Emile), né le 29 septembre 1785, 
fils du précédent, fut, à la mort de son père, 
adopté par Félix le Pelletier de Saint-Fargeau ; 
puis, après la déportation de son bienfaiteur, 



19 



BABEUF 



accueilli chez un libraire de Paris, chez lequel 
il demeura six ans. D voyagea ensuite pour un 
libraire d'Allemagne, et s'établit enfin à Lyon. 
En 1814 il donna les preuves du plus ardent pa- 
triotisme, et suivit Napoléon à l'île d'Elbe. 11 
publia en 1815 ime brochure où il protestait 
contre l'Acte additionnel, et adressa à la même 
époque une lettre au comte Carnet, où il pro- 
posait d'ouvrir une souscription en faveur des 
victimes de la dernière invasion. Cette lettre 
fut réhnprimée à Troyes en lettres d'or. Sous la 
deuxième restauration , Babeuf, éditeur du Nain 
tricolore, dont quelques articles blessèrent le 
gouvernement , fut arrêté en vertu de la loi du 9 
novembre , et condamné à la déportation. Il subit 
sa peine au mont Saint-Michel , fut gracié en no- 
vembre 1818, et revint à Paris, où il reprit son 
commerce de librairie. 

Le Bas, Encyclopédie historique de la France. 

BABET {Athanase-Marie-Pierre), avocat, né 
à Orgelet en 1744, mort à Salines le 9 novembre 
1815. Nommé député aux. états généraux par le 
tiers état du bailliage de Laval, il embrassa avec 
chaleur la cause de la révolution. En 1790, il 
s'opposa au remercîment voté au département 
de la Meurthe , pour sa conduite dans les évé- 
nements malheureux qui avaient eu lieu à Nancy. 
En 1791, il réfuta l'opinion de l'abbé Maury sur 
l'échange du Clermontais , vota contre la suspen- 
sion des assemblées primaires , et réclama la pré- 
sentation d'un projet de loi contre l'émigration. 
Après la fuite de Louis XVI, il appuya la propo- 
sition de Vernier, insistant pour que l'assemblée 
fût investie de tous les pouvoirs. Le 15 juillet de 
la même année, il demanda la déchéance de 
Louis XYI, s'il refusait à accepter la constitution, 
et la suspension provisoire du pouvoir royal. La 
session terminée en 1792, il fiit nommé député 
à la convention nationale par le département 
du Jura. U vola , dans le procès du roi, la ré- 
clusion et le bannissement, et proposa la convo- 
cation des assemblées primaires. Peu de temps 
après, décrété d'arrestation comme signataire 
de la protestation contre les 31 mai, 1®'' et 2 juin 
1793, il fut du nombre des soixante-treize dé- 
putés incarcérés à cette occasion. Il parvint 
à s'échapper de sa prison, et se réfugia en 
Suisse. Il fut rappelé avec ses collègues le 8 
décembre 1794. 
Biographie des Contempoi'ains. 
BABEY ( madame ), sœur de Bureau de 
Puzy, se rendit célèbre au commencement de la 
révolution par un trait de courage : Les habitants 
d'Auxonne se portèrent sur un château habité 
seulement par une femme avancée en âge et par 
sa nièce. M'^'^ de Puzy rassemble aussitôt ses do- 
mestiques, se met à leur tête, et court s'opposer 
à cet acte de brigandage. Armée d'une hache, elle 
terrassa un des assaillants, et imposa aux autres, 
étonnés de tant de fermeté de la part d'une jeune 
personne de dix-sept ans : plusieurs des assail- 
lants se retirèrent, et le plus grand nombre se 



— BÂBIE 20 

réunit à elle pour seconder ses généreux efforts. 

Biographie des Contemporains. 

BABi {Jean-François), fameux terroriste, 
né à Tarascon en 1759, exécuté le 9 octobre 1796. 
Il commanda , sous le régime de la terreur, l'ar- 
mée révolutionnaire de Toulouse. Clausel, député 
de l'Arriége , l'accusa, vers la fin de frimaire an 2 
(décembre 1793), d'avoir continué de comman- 
der une armée dissoute par le gouvernement, et 
fit rendre contre lui un décret d'arrestation. Babi 
vint aussitôt à Paris, se justifia auprès du comité 
de salut public , et repartit quelque temps après, 
chargé de surveiller secrètement les contre-ré- 
volutionnaires du département où il avait des 
propriétés. Le 9 thermidor an 2 ( 27 juillet 1794 ) 
mit un terme à sa mission ; il fut arrêté, et traduit 
devant le tribunal criminel de Foix, comme accusé 
d'actes arbitraireset deconcussion. Le4brumaire 
an 4 (26 octobre 1796) lui rendit la liberté. Pen- 
dant sa captivité ses propriétés ayant été entiè- 
rement dévastées, il se présenta au conseil des 
cinq-cents pour réclamer des indemnités. Sa 
demande fut rejetée après un discours de Bordes. 
Babi fut du nombre de ceux qui, dans la nuit du 
23 au 24 fructidor an 4 (9 et 10 septembre 1796), 
se portèrent à l'attaque du camp de Grenelle. Il 
fut arrêté sur la route de Sèvres , condamné à 
mort, et exécuté à l'âge de trente-sept ans. 

Biographie des Contemporains. 

*BABiCH (Thomas), linguiste liongrois, vi- 
vait dans la première moitié du dix-huitième 
siècle. On a de lui une grammaire illyrienne in- 
titulée: Gzvit razligoga mirisa duhovnoga, 
in-8", imprimée à Venise. 

Horanyi,i(/ém. hung. — AdeluDg, Supplément ùJôcbcr, 
AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BABiÉ DE BERCENAY {François), publi- 
ciste français, né à Lavaur (Tarn) le 29 mars 
1761, mort vers 1830 (?). Petit-neveu de l'abbé 
de Radonvilliers , il fut destiné, dès son en- 
fance, à l'état ecclésiastique; mais il ne prit 
que les ordres mineurs, et se maria. On a de 
lui : VÉducation militaire nationale, ouvrage 
dédié à la Fayette; Paris, 1789, in-8''; — Mé- 
moires sur les consulats, publié par ordre du 
ministre delà marine Truguet; Paris, Impri- 
merie nationale, 1798; — l'Antique Rome 
(texte); Paris, 1798, avec des gravures de 
Grasset-Saint-Sauveur; — l'Homme de la Na- 
ture, ou Voyage chez les peuples sauvages, 
d'après les Mémoires de l'abbé Richard, 1802, 
3 vol. in-8''; — Histoire de Louis XVI, roi de 
France et de Navarre, 1800; Paris, 2 vol. in-8°; 

— Vie de Marie-Antoinette d'Autriche, 1802, 
3 vol. in-12; — Galerie militaire, ou Notice 
historique sur les généraux en chef, depuis le 
commencement de la révolution jusqu'en 1805; 
Paris (Barba), 7 vol. in-12, ornés de seize por- 
traits; en collaboration avec L. Beaumont; 

— Archives de V Honneur, etc., 1806, 4 vol. 
in-8°; en collaboration avec Imbert de la Pla- 
tière ; — Muséum de la Jeunesse; Paris, 24 ca- 



21 

hiers, 1798, in-S"; le libraire Achard a rédigé 
959 articles de ce recueil ; — Dictionnaire des 
Non-Girouettes; Paris, 1816, in-8° : cet ou- 
vrage fut saisi lors de sa publication, et la vente 
en fut prohibée par la police; — Voyage en 
Russie pendant les années 1812, 13, 14 et 15, 
d'après les Mémoires d'un officier français ; Pa- 
ris, l'816, in-8°; — Correspondance de Louis 
XF'/, avec des notes, par M"*' Williams, 1805, 
2 vol. in-8"; — les Titres de Bonaparte à la 
reconnaissance des Français; Paris, an X 
(1802, in-8", publié sous le nom de Sulpice de la 
Platière. Babié a, en outre, travaillé successive- 
ment à la rédaction des journaux suivants : le 
Point du Jour, le Mercure universel, le Cour- 
rier de Paris, et le Journal des Indications. 
Biographie des Contemporains.— Quérard, la France 
littéraire, i^' vol , p. 144. 

BABiN ( François ) , théologien, né à Angers 
le 6 décembre 1651, mort dans sa ville natale 
le 19 décembre 1734. Il était chanoine, grand 
vicaire et doyen de la faculté de théologie d'An- 
gers. 11 rédigea les dix-huit premiers volumes 
( de l'édition en gros cai'actères) des Conférences 
du diocèse d'Angers, fort estimées et fort ré- 
pandues. La suite, contenant trois volumes sur 
la grâce, est de Joseph-François Audebois de 
la Chalinière, grand pénitencier d'Angers, mort 
en 1759. Les cinq autres sont de différents au- 
teurs. Le style de Rabin est précis , clair et mé- 
thodique. Les Conférences d'Angers formaient 
28 volumes in-12, que l'on a réduits à 14, petit 
caractère, et auxquels on a ajouté depuis 7 vol. 
Babin est encore auteur d'un Journal ou Rela- 
tion fidèle de tout ce qui s'est passé dans l'u- 
niversité d'Angers , au sujet de la philosophie 
de Descartes ; 1679, in-4°. 

Moréri, Dictionnaire historique. 

*BABiNET (Jacqîies), physicien français, 
naquit à Lusignan le 5 mars 1794. Descendant 
d'une famille de magistrats , il fut d'abord des- 
tiné au barreau ; il fit ses premières études au 
lycée Napoléon , où les leçons de Binet dévelop- 
pèrent on lui un goût décidé pour les sciences. Il 
entra ensuite successivement à l'École polytech- 
nique et à l'École d'application de Metz. Il fut 
quelque temps attaché au cinquième régiment d'ar- 
tillerie, et devint, sous la restauration, professeur 
de physique au collège Saijit-Louis. De 1825 à 
1828, il fit un cours de météorologie à l'Athé- 
née, suppléa, en 1838, Savary au collège de 
France, et succéda, en 1840, à Dulong, dans la 
section de physique générale de l'Académie des 
sciences. On a de M. Babinet : Résumé complet 
de la physique des corps impondérables , con- 
tenant , outre P acoustique, wi essai sur leur 
nature, la théorie de leurs vibrations, leiir 
application à tous les phénomènes de l'électri- 
cité et du magnétisme , de la lumière et de 
la chaleur; Paris (au bureau de l'Encyclopé- 
die portative) , 1825 , in-32 ;— Résumé complet 
de la physique des corps pondérables, etc.; 



BABÎÉ — BÂBÏNGTON 



22 

ibid., 1825, Hi-32; — Expériences pour véri- 
fier celles de M. Trevelyan sur la vibration 
des métaux chauffés; Paris, 1835; — Swr la 
mesure des forces chimiques ; sur la muasse de 
la planète Mercure; sur les couleurs des ré- 
seaux; sur la détermination du magnétisme 
terrestre; sur la cause du retard qu'éprouve 
l'a lumière dans les milieux réfringents, etc., 
dans les Mémoires de la Société philomathique. 
On doit aussi à M. Babinet quelques perfection- 
nements apportés à la machine pneum.atique , à 
l'atmomèlre et à l'hygromètre. 

Qutirard, la France littéraire. — Dictionnaire de la 
Conversation. 

* BABÏNGTON (Antoine), Anglais, partisan 
de Marie Stuart, mort le 20 septembre 1586. 
C'était un riche propriétaire du Derbyshire, et 
dévoué au cathohcisme. Ayant appris qu'un 
individu, appelé Savage, avait juré de tuer la reine 
Elisabeth, Babington encouragea ce fanatique, 
et fit entrer quelques autres gentilshommes dans 
le complot, qui fut découvert à Walsingham 
par Pooley, un des espions de ce ministre. 
Babington demanda l'avis de Marie Stuart elle- 
même ; et , dans une lettre qu'il lui adressa , il 
déclara qu'il avait résolu avec ses amis de la 
délivrer, et « d'expédier sa puissante ennemie, 
la reine Elisabeth. » H pressait Marie Stuart 
d'autoriser les conjurés à agir pour elle et en 
son nom, et de leur tracer la conduite qu'ils 
devaient tenir. Comme il arrive toujours, le 
gouvernement , prévenu , laissa faire jusqu'au 
moment indiqué pour l'exécution : on tenait 
d'ailleurs à faire tomber Marie Stuart dans une 
sorte de guet-apens , en l'amenant à répondre à 
Babington. Celui-ci fut arrêté, et traduit en juge- 
ment avec ses complices, au nombre de quatorze. 
Babington se reconnut coupable , et fut pendu et 
écartelé le 20 septembre 1586. Elisabeth eût 
voulu que les condamnés souffrissent un genre 
de mort nouveau et plus barbare. Mais il lui 
fut représenté que ce serait une infraction à la 
loi ; elle consentit alors à ce que l'on n'infiigeât 
que le supplice ordinaire, à cette condition que 
l'exécution serait prolongée jusqu'à l'extrémité 
de la peine, et en présence du peuple. Elle fut d'a- 
bord obéie ; mais ( chose remarquable pour l'é- 
poque) le sentiment public se prononça tellement 
coutre ce rafiioemeut de cruauté , que la pres- 
cription de la vindicative sœur de Marie Stuart 
ne put être remplie jusqu'au bout. V. R. 

D'Israo'li . Curiosités de la littérature, 111, 165. — 
Lingard, Hist. d'Angleterre, III. — Erscli et Gruber, 
Encyclopédie allemande. 

BABÏNGTON ( Gcrvais ) , savant prélat an- 
glais, né dans le comté de Nottingham vers le 
milieu du seizième siècle, mort le 17 mai 1610. 
Il fut élevé au collège de la Trinité à Cambridge, 
promu à l'évêché deLanduff en 1591, et succes- 
sivement à celui d'Exeter en 1594, et de Wor- 
cester en 1597. Il légua à la cathédrale de 
Worcester, qu'il avait fait réparer, une riche 
bibliothèque. On a imprimé ses œuvres in-4° 



ôâ 



BABINGTON — BABOÎS 



24 



ft ensuite in-folio, en 1615 et 1637, avec des 
additions; elles contiennent des commentaires sur 
plusieurs livres de Y Ancien Testament, sur le 
Credo, les Commandements de Dieu, l Oraison 
dominicale, quelques sermons, etc. Ces ou- 
vrages, écrits dans le style pédantesque du temps, 
sont peu estimés sous le rapport littéraire. 

Biograpkia Britannica. 

^BABINGTON (Jean), mathématicien et 
artificier anglais , vivait dans la première moitié 
du dix-septième siècle. Il laissa un traité des 
feux d'artifice ( Fireworks ) , publié à Londres 
en 1635, fort remarqué alors et encore estimé 
aujourd'hui. On y trouve annexé un Traité de 
géométrie, avec table et figures. 

Rose, New Biograpkical Dictionary. 

BABINOT (Albert) , littérateur, né dans le 
Poitou vers la fin du quinzième siècle, mort 
vers 1570. Il embrassa la doctrine de Calvin, et 
était, dit-on, si pauvre qu'il gagnait sa vie à ven- 
dre des caques de harengs. On a de lui un poëme 
intitalé la Christiade, Poitiers, 1569, in-S". 

Dreux du Radier, Bibliotk. historique du Poitou. 

BABLOT ( Louis-Nicolas-Benjamin ) , mé- 
decin français , né à Vadenay en Champagne le 
9 8eptemi)re 1754 , mort à Chàlons-sur-Mame le 
24 novembre 1802. Il étudia à Reims et s'établit 
à Châlons-sur-Marne, où il introduisit le premier 
l'usage de la vaccine. Outre un certain nombre 
d'articles insérés dans la Gazette de Santé , 
on a de lui , entre autres ouvrages : Épître à 
Zulmire sur les avantages et les obligations 
du mariage; 1783,in-12; — Mémoire à consul- 
ter sur uneimpuissancepi'ovenant d'une cause 
morale, dam là Gazette salutaire, 1786, n° 50, 
et la Gazette de Santé, n° 45, même année ; — 
Biscours sur les maux qu'enfante l'ignorance 
des lois; 1795, in-4''; — Poëme s%ir la néces- 
sité dhme religion nattirelle; 1797, in-8° ; — 
Réflexions sur les dangers de l'eau courante 
des rivières, et moyens de parer à la crainte 
de se noyer; 1796, in-8°. 

Quérard, la France littéraire. 

*BABNiGG {Antoine), chanteur et composi- 
teur allemand, né à Vienne le 10 novembre 1794. 
Il étudia en Allemagne à une époque où l'art 
du chant était enseigné d'une manière impar- 
faite, et il s'est fait remarquer par la beauté de sa 
voix plutôt que par la pureté de sa vocalisation. 
On a de lui des sonates à quatre mains pour le 
piano , gravées à Vienne. 

Fétis, Biographie vniverselledes Musiciens. 

BABO { Joseph- Marie) , poète dramatique 
allemand, né en 1756 à Ehrenbreitstein, mort le 
5 févi-ier 1822. Il fut professeur d'esthétique à 
Munich. Sans être au premier rang, Babo a fait 
preuve d'un talent peu commim dans ses pro- 
ductions dramatiques. B débuta par quelques 
drames à scènes incohérentes, mais riches de 
couleur et de sentiments énergiques. La tragé- 
die d'Othon de Wittelsbach, représentée en 
1782, lui valut un succès éclatant et mérité. 



Goethe, par son Gœtz de Berlichingen , avait 
mis en vogue les pièces chevaleresques: la tourbe 
des imitateurs se jeta dans cette ornière; mais 
l'ouvrage de Babo , par l'heureux choix du sujet 
et l'entente de la scène, se maintint toujours au- 
dessus d'eux. Plus tard Babo descendit au drame 
bourgeois , et obtint un grand succès pour son 
Burgerglûck (le Bonheui- du citoyen. ) C'est une 
composition simple et vraie sans trivialité, po- 
pulaire sans blesser le bon goût, donnant corps à 
uneidée morale sans appeler l'ennui. On a de lui : 
Othon de Wittelsbach, déjà cité ; les Peintres; 
les Strélitz; le Bonheur du citoyen; Berlin, 
1793, 2 vol. in-8°; et un 2^ vol., en 1804, conte- 
nant le Pouls, Gênes et la Vengeance. Babo ré- 
digeait en 1804 le journal intitulé ÏAurora, 
auquel Jean-Christophe d'Arétin coopérait à la 
même époque. [Eue. des g. du m., avec add. ] 

Conversations-Lexicon. .■ i 

*BABO (X., baron de) , agronome allemand , 
président de la Société d'agriculture de Heidel- 
berg , né à Manheim en 1790. Il étudia d'abord 
la jurisprudence ; mais bientôt il abandonna cette 
carrière pour se livrer à l'agronomie, où il eut 
poftr maître le célèbre Thaer. Propriétaire d'une 
belle terre près de Weinheùn, dans le Palatinat, 
il a consacré la plus grande partie de son temps 
à la culture de la vigne. Il a consigné le résultat 
de ses observations dans un ouvrage intitulé 
Traubenvarietasten (Variétés de raisins); 
Manheim, 1836-1838. On a encore de lui : Be- 
lehrung ûber die zweckmœssige Behandlungs- 
art, etc. (Enseignement sur le meilleur traite- 
ment des vins en cave) ;Heidelberg, 1837, in-8°; 
— Kurze Anleitung zur Wiesencultur (Ins- 
truction abrégée sur la culture des praù"ies); 
Heidelberg, 1836; — Lehrbuch fur die Wein- 
baupraxis ( Traité de viticulture pratique); Hei- 
delberg, 1840: l'auteur s'y applique particulière- 
ment à comparer les résultats de ses expériences 
avec ceux contenus dans le Traité de la culture 
de la vigne et de la viniculture , deB.-A. Le- 
noir; Paris, 1828. En ce moment, Babo publie à 
Manheim un ouvrage sur l'agriculture en général, 
qui est comme le résumé de toute sa longue car- 
rière agricole. — « Je crois qu'il est de quelque 
utilité, dit-il, de consigner dans un dernier écrit 
les résultats des nombreuses expériences que j'ai 
pu faire pendant ma vie , afin qu'elles ne des- 
cendent point avec moi dans la tombe, et que la 
jeunesse puisse en profiter. » E. Jaquemin. 

Conversations-Lexicon. 

*BABO {Lambert), graveur allemand, con- 
temporain. Il reproduisit des vues et des ruines ; 
parmi les dernières, on remai'que celles de Wein- 
heim, et les vues de Riesenstein, de Neckerstei- 
nach, du couvent de Lorch d'Heppenheim et 
de Starkenberg. Quelques-unes de ces gravures 
portent la date de 1815. 

Nagler, lieues Allgemeines Kûnstler-Lexicon. 

*BABOïS {Marguerite -Victoire), femme 
poète, née à Versailles le 8 octobre 1760, morte 



25 



BABOIS 



à Paris le 8 mars 1839. Elle était nièce de Ducis, 
avec qui elle entretint une correspondance sui- 
vie. Dans une de ses lettres , Ducis semble dé- 
plorer l'isolement où la réduisit son mari : « Oh! 
combien vous méritez d'être heureuse î et vous 
n'avez pas été sentie! et votre cœur est veuf 
avec un époux ! Oh ! que la moitié de tous ces 
trésors aurait rendu un homme sensible encore 
plus heureux! » Madame Babois ne commença 
à écrire qu'à trente ans. Elle venait de perdre 
une fille qu'elle adorait ; sa profonde douleur lui 
inspira sur cette mort une élégie qui la fit pro- 
clamer poète. « Quand on pleure comme madame 
Babois, dit à ce sujet le critique Geoffroy, on 
ne devrait jamais sourire ! » Madame Babois sou- 
tint sa réputation littéraire jusqu'à son dernier 
jour. On a d'elle : Élégie sur la mort de sa 
fille, âgée de cinq ans; Paris, P. Didot, 1805, 
in-8° ; — Élégies et poésies diverses ; Paris , 
1810, in-8°; deuxième édit., 1828, 2 vol. gr. 
in-18, avec figures, avec des lettres inédites 
de madame Babois et de Ducis; — Élégies na- 
tionales, 1815; — Élégie sur la mort de 
M. Ducis; Paris, 1816, in- 8» de huit pages; — 
Épître aux romantiques ;Vs.ns, 1834, in-18 de 
dix-huit pages. Madame Babois est, en outre, 
auteur de plusieurs romances. 

Quérard, la France littéraire, t. P', p. 146. — A. de 
Chesnel, Biographie des femmes auteurs contempo- 
raines françaises ; Paris, 1836, in-8°, p. 119 à 132. 

*BA.BOLEiN (saint), premier abbé de Saint- 
Maur-les-Fossés , près de Paris, mort l'an 660. 
Il seconda l'évêque Audebert et saint Landry, son 
successeur, dans les services qu'ils rendirent au 
diocèse de Paris. Saint Babolein contribua à la 
fondation de plusieurs églises et hôpitaux. 

Cbaudon et Delaodine , Dictionnaire historique. 

BABON, burgrave de Ratisbonne, mort en 
1030. Il avait trente-deux fils et huit filles , qui 
furent dotées par l'empereur Henri II. Les en- 
fants de ce burgrave furent la tige de plusieurs 
maisons nobles d'Allemagne , entre autres des 
comtes d'Abensberg et des comtes de Franco- 
nie, familles depuis longtemps éteintes. 

Art de vérifier les dates. 

^BABOU {Jean, baron de Sagonne), sieur de 
la Bourdaisière , grand maître de l'artillerie vers 
1529, mort le 11 octobre 1569. Il fut d'abord 
gouverneur et bailli de Gien, et eut la charge de 
maître de la garde-robe du dauphin François, fils 
aîné de François I^'', ensuite du roi Henri II et 
de son fils François H. Après la mort de ce der- 
nier, Catherine de Médicis choisit le sieur de la 
Bourdaisière pour gouverneur de François , duc 
d'Alençon, son second fils, et le fit lieutenant de la 
compagnie des gendarmes de cepi'ince, capitaine 
de la ville et du château d'Amboise, gouverneur 
et bailli de Touraine, et gouverneur de la ville 
de Brest. Il commanda l'artillerie à la bataille de 
Saint-Denis le 10 novembre 1567, et fut fait 
chevalier de l'ordre du roi en 1568. Il servit à 
la bataille de Jamac le 13 mars 1569. On le 
ijomma conseiller d'État le 25 mai suivant. Le 



BABRIUS 26 

marquis d'Estrées se démit en faveur de Babou 
de la charge de grand maître de l'artillerie. 

De Co\iTce\\e& , Dictionnaire historique des généraux 
français. — Brevets militaires. — Pinard, Chronologie 
militaire, t. III, p. 483.— Anselme, Histoire générale et 
chronologique des grands officiers de la couronne , 
t. IX, p. 104. 

BABOUR. Voy. Baber. 

BABRIUS ou BABRIAS (Bâêpioç, Bagpta;), 

poète fabuliste grec d'une époque inconnue, pro- 
bablement du deuxième sièclede l'ère chrétienne. 
C'est une destinée étrange que celle de la collection 
connue sous le nom de Fables d'Ésope; on 
ignore à quelle époque précise commencèrent à 
circuler ces petits apologues, et dans quel siècle 
ils reçurent pour la première fois une forme poéti- 
que. De tous les auteurs grecs qui, dans l'antiquité 
classique, rédigèrent avec quelque talent, soit en 
vers, soit en prose, les fables attribuées par la 
tradition au vieil Ésope, pas un jusqu'ici n'avait 
pu être retrouvé. Les paraphrases et les abrégés 
écrits durant le moyen âge semblaient avoir seuls 
survécu. Toutefois, dans l'informe recueil d'a- 
pologues en prose qui de cent quarante-quatre 
pièces s'était élevé, par des découvertes succes- 
sives, à près de cinq cents pièces, on distinguait 
çà et là une rédaction plus élégante, et même 
des traces d'une ancienne et savante versifica- 
tion; je ne parle pas des fables réduites en qua- 
trains par le moine Ignatius Magister au neu- 
vième siècle , et qui paraissent avoir joui long- 
temps d'une véritable popularité. Mais certains 
manuscrits, surtout celui de la bibliothèque Bod- 
léienne que Tyrhwitt a signalé , n'offraient sou- 
vent qu'une copie altéi'ée, sous forme prosaï- 
que, des ïambes de Babrius ou Babrias, poète déjà 
connu, par les citations des grammairiens, comme 
un des plus habiles rédacteurs de fables ésopi- 
ques. Avec ces secours, une critique hardie, 
' mais peut-être légitime, nous avait restitué vingt 
fables complètes eu vers scazons, d'une assez 
bonne facture, sauf quelques erreurs inévitables 
dans un pareil travail de restauration (t). C'est là 
qu'en étaient nos études et nos connaissances sur 
les fabulistes grecs, quand M. Minoïde Mynas, 
envoyé en Grèce, avec une mission de recher- 
ches philologiques et httéraires, par M. Ville- 
main, ministre de l'instruction publique, décou- 
vrit au monastère de Sainte-Laure, dans le mont 
Athos, et en rapporta un recueil de fables en vers 
scazons, que le manuscrit attribuait à im certain 
Balebrius. Ce recueil fut bientôt après public, 
avec une traduction latine et un commentaire, 
par notre grand helléniste M. Boissonade (2), 
qui s'était déjà occupé de Babrius, et qui avait 
publié en 1813 une notice élégante sur ce per- 
sonnage, dans le Journal de VEmpire. Cette 

(1) Voyez Babrii fabulse et fabularum fragmenta, 
éd. ICnoch; Haies, 1833, in-8°. 

(2) Baêpîoy Mij9ia(i,êot. Babrii fabulse iambicx 
CXXllI...; Paris, 1844. gr. in-S". chez, Firmin Didot frères. 
M. Boissonade publia, quelques mois après, une édition 
classique et abrégée, en un petit voîutpe ln-12, eliez Iç 
même libraire. 



3f7 



publication fut accueillie du inonde savant avec 
un vif intérêt; elle provoqua bientôt des critiques, 
des éditions , des traductions nombreuses. 

Sur les cent vingt-trois fables contenues dans 
le manuscrit de Sainte-Laurê, douze se retrou- 
vent, avec des variantes, dans le recueil dû aux 
travaux successifs de Tyrwhitt, Schneider et 
Knoch. Plusieurs vers des cent onze autres sont 
cités par Suidas ou d'autres grammairiens. En- 
fin , certaines fables en prose , déjà connues , 
viennent s'adapter si naturellement aux ïambes 
de Babrius, qu'il est impossible de ne pas recon- 
naître dans ces derniers l'original sur lequel elles 
ont été rédigées. A cet égard donc, il ne peut 
rester le moindre soupçon d'erreur ni de surprise. 
Le manuscrit du mont Athos, incomplet par 
malheur, nous offre réellement une moitié en- 
viron (les fables y sont rangées par ordre alpha- 
bétique, et s'arrêtent à Yomicron) de l'ancien 
Babrius ; il nous fait remonter de plusieurs siè- 
cles vers une forme de l'apologue qu'ont bien 
défigurée au moyen âge les Tzetzès , les Ignatius 
et les Planudes. Mais à quel siècle, enfin, nous 
fait-il remonter.? L'article Babrius, dans Suidas, 
ne nous apprend rien sur l'âge de ce fabu- 
liste. Avianus, qui le cite dans la préface de ses 
fables latmes, est lui-même d'une époque encore 
incertaine. Le jurisconsulte Dositheus, transcrit 
textuellement deux de ses apologues, mais sans 
en nommer l'auteur. Le témoignage très-précis 
de l'empereur Julien porte du moins avec lui 
une date qui ne permet pas de placer Babrius 
au-dessous du troisième siècle de l'ère chré- 
tienne, bien qu'Ausone, au quatrième, ne pa- 
raisse pas le connaître, ou du moins ne le nomme 
pas dans un passage où il semble que ce nom 
fût le premier qui dût se présenter à lui (1). Sur 
ce point , les textes publiés par M". Boissonade 
n'apportent pas d'argument décisif. Deux préfaces, 
l'une mutilée, au début du premier livre; l'autre 
complète, au début du deuxième , toutes deux 
adressées à un certain Branchus, fils du roi 
Alexandre ; une allocution au même Branchus 
dans la fable 74; un renseignement sur les 
mœurs des Arabes dans la fable 57 , renseigne- 
ment qui semble prouver que l'auteur visita 
l'Arabie, ou même y vécut : tels sont à peu près 
les seuls indices chronologiques qui viennent 
s'ajouter aujourd'hui aux précédentes conjec- 
tures des érudits. On peut croire, avec M. Bois- 
sonade, que Babrius est un contemporain des em- 
pereurs syriens , dont l'un du moins, Alexandre- 
Sévère , n'était pas indigne de protéger les lettres 
grecques. Ce rapprochement même expliquerait 
assez bien comment Babrius attribue aux Sy- 
riens l'invention de l'apologue, comment il té- 
moigne une certaine prédilection pour les apo- 

(1) Dosithei magistri Interpretamentorum libri III , 
éd. Boclting ( Bonn, 1832), p. S5-38, où l'on trouve seize 
apologues ésopiques, parmi lesquels la Fourmi, le Mou- 
cheron et le Taureau. Voir les autres témoignages clas- 
siques dans Fabricius, Bibl. Gr.,t. I, p. 628, éd. Harles. 



BABRIUS 28 

logues relatifs aux mœurs de l'Orient (1). Ainsi 
ce poète serait postérieur à Phèdre, qu'il surpasse 
ordinairement par la précision élégante de son 
style, toujours par la régularité de sa versifica- 
tion. Ce serait peut-être quelque Romain d'Asie, 
Grec par l'éducation et le langage ; son nom com- 
plet, Valerius Babrius, aurait été successive- 
ment altéré , et confondu avec celui d'un méchant 
écrivain du moyen âge, de Gabrias. Dans les 
cent onze fables qui nous sont rendues de Ba- 
brius ( déduction faite de celles dont on avait 
déjà le texte ïambique ), on ne doit pas s'attendre 
à ti'ouver autant de sujets complètement nou- 
veaux. Loin de là, neuf sujets seulement (sans 
compter les deux prologues ) ne nous étaient 
connus par aucune rédaction publiée jusqu'ici, 
soit en vers, soit en prose (2) ; dix-huit se re- 
trouvent dans Avianus, dix-neuf dans Phèdre , 
deux dans Avianus et dans Phèdre , deux dans 
l'appendice des fables de ce dernier auteur (3). 
Les autres fables se lisent jusqu'à deux et trois 
fois , sous diverses formes , dans les recueils en 
prose grecque. Quelques-unes même sont déjà 
îamUières aux enfants pour le fond du récit, 
puisqu'elles faisaient partie du recueil classique 
des fables d'Ésope en usage dans nos collèges (4). 
Il est vrai que, dans les rédactions grecques en 
prose, l'apologue ésopique de Babrius est sou- 
vent méconnaissable; on en a im exemple frap- 
pant dans la charmante fable de Mercure et les 
Arabes, dont la rédaction en prose était presque 
barbare et inintelligible. Les nouveaux textes 
offrent aussi la matière de piquants rapproche- 
ments avec Avianus qui y perdra beaucoup , 
avec Phèdre qui y perdra quelque chose. Il y a 
telle fable, par exemple , le Rat de ville et le 
Rat des champs, où Babrius rivalise avec Ho- 
race, et surpasse avec lui La Fontaine. Il y à tel 
vers, par exemple dans le Chêne et le Roseau, 
qu'aurait presque envié notre inimitable fabu- 
liste. Toutefois l'intérêt qui s'attache à ces com- 
paraisons ne doit pas nous faire illusion sur 
la valeur réelle des fables récemment décou- 
vertes, et sur le talent du poète. Même déga- 
gées des interpolations évidentes ou seule- 
ment probables que renferme le manuscrit de 
Sainte-Laure , les fables de Babrius ne sont pas 
toutes des chefs-d'œuvre. Irréprochables peut- 
être sous le rapport du mètre , elles sont quel- 
quefois bizarres et peu décentes pour le choix du 



(1) Prologue 2^. Comparez les fables : Mercure et les 
Arabes: l'Arabe et son chameau; le Chameau dansant. 
Deuv autres apologues de la collection ésopique (n»» 118 
et 405, éd. Côray ), où les Arabes sont mis en scène , 
proviennent peut-être aussi de Babrius. 

(2) N°» 2, 8, 48, S4, 60, 61, 110, 112, llG, auxquels on 
peut ajouter le n" 26, fable dont il ne restait que deux 
vers cités dans Suidas, et que M. Knoch, par une erreur 
alors bien excusable , rapportait à une antre fable 
{Fragm. 35). 

(S) N<" 30, 31, répondant aux fables 103 et 84 de Ba- 
brius. Quant à la 95« de Babrius, elle ne ressemble que 
par le titre au n° 30 de l'appendice de Phèdre. 

(4) Fables 6, 7, 15, 24, 46, 80, 81, 92 et 121, répondant aux 
fables 24, 28, 29, 33, 26, 32, 31, 39, et 8 du recueil classique, 



29 



BABRIUS — BABYLAS 



30 



sujet ou pour l'expression. A cet égard, les fables 
les plus neuves ne sont pas les plus précieuses ; 
sur dix , il y en a une charmante, et tout à fait 
digne du siècle de Lucien , le Laboureur qui a 
perdu son hoyau , et trois ou quatre que l'on 
sacrifierait sans regret. Parmi les autres, à côté 
des meilleures pièces, comme , les Oiseaux et le 
Choucas (même sujet que le Geai paré des 
plumes du Paon ), le Corbeau et le Renard , le 
Mulet , et surtout le Lion malade ( c'est-à-dire 
le Lion, le Renard et la Biche), long récit de 
cent vers , entremêlé de discours , et qui semble 
un épisode anticipé du fameux Roman du 
Renard; à côté de ces pièces excellentes, on 
en remarque certaines qui font peu d'honneur 
au bon goût de Babrius , et qu'on eût volontiers 
laissées dans la prose de Planudes ; telles sont : 
VEnfant qui a mangé les entrailles d'une 
victime , le Chameau , le Cheval devenu 
vieux, le Statuaire et Mercure. On y trouve 
certaines descriptions trop naïves , un conte li- 
cencieux qui figure étrangement dans un recueil 
adressé (comme le fut plus tard celui de la 
Fontaine) au jeune fils d'un roi; bien des fables 
dont la moralité, obscure ou fausse , se rattache 
. pourtant d'une manière intime au récit qui les 
précède. On s'étonne surtout de trouver dans 
un recueil si court, à très-peu de distance l'une 
de l'autre, deux ou trois fables différentes , con- 
sacrées à la même idée morale. La Grenouille 
qui veut devenir aussi grosse que le Bœuf, le 
Lézard qui veut devenir aussi long qu'un Serpent, 
et le Milan qui perd sa voix naturelle pour avoir 
voulu imiter celle du Cheval, sont-ce là trois jeux 
du même poëte , ou les essais de trois poètes 
différents sur un seul thème? J'en dirais autant 
des deux apologues , le Chêne et le Roseau, le 
Sapin et la Ronce, que je vois aboutir à une 
seule et même moralité. Ces répétitions et ces 
remaniements de la même idée ont quelque chose 
de trop étrange pour qu'on les attribue au même 
poëte. Mais le recueil par ordre alphabétique 
que M. Mynas a retrouvé pourrait n'être qu'un 
fablier où, à côté des apologues de Babrius, figu- 
rent quelques pièces de ses confrères et de ses 
imitateurs. E. Eggek. 

Tyrwhltt, De Babrio fabularum y£sopicarum scrip- 
tore ; Lood. 1776, réimprimé par Harles à Erlangen, 
1786. — Les éditions de Meineke >.de Lachmann, Berlin, 
1845 ; de Orelli et Baiter, 1845 ; de ^ix. 1841 ; de Weise , 
Leipzig, 1855, et la lettre de iW. Diibner à Fr. Jacobs : 
^nimadversiones criticse de Babrii Muôtàfxêotç; 
Paris, 1844. 

'^BABU {Jean), auteur de poésies en patois 
poitevin, mort vers 1700. Il était docteur en 
théologie et curé de Soudan , petite paroisse à 
cinq lieues de Niort. D consacra vingt ans de sa 
vie à la conversion des calvinistes du bas Poi- 
tou ; et, pour se faire mieux comprendre, il em- 
prunta le dialecte même de ceux à qui ses tra- 
vaux de controverse étaient destinés. Voici un 
échantillon de son style : 

Mé qui dans mon jargon fis do vers plus de mille, 
Pr'expUquer à nos gens les œuvres de Virgile ; 



Mé qui chanty Tytire, Alex), Coridon , 

Et Silène endormi so l'ombre d'in brandon (buisson ), 

Je veux do même style expliquer la créance. 

Et faire ver l'esprit dos huguenaux de France. 

On voit, d'après les premiers vers , qu'il avait 
traduit une partie des ouvrages de Virgile en 
dialecte poitevin. Cette traduction ne nous est 
point paivenue. Un sieur de la Terraudière re- 
cueillit ses poésies après sa mort, et les fit pa- 
raître à Niort en 1701, sous Ce titre : Églogtces 
poitevines sur différentes matières de con- 
troverse, pour l'utilité duvulgaire de Poitou, 
par feu messire Jean Bahu, docteur en 
théologie; in-12. Joseph Boulmier. 

Dreux du Radier, Bibliothèque historique et critique 
du Poitou, t. IV, p. 311 à 319. 

*BABîîEB OU BABUB, peintre hollandais, 
vivait àUtrecht au commencement du dix-sep- 
tième siècle. Il eut pour maître Pierre Neef, et 
excella à représenter des intérieurs d'église. 
A Santo-Petro-in-Montorio, on voit une Descente 
du Christ au tombeau, exécutée par lui, dont 
on admire le coloris. Jérôme David et Corn. 
Bloëmart ont travaillé d'après lui. 

Nagler, Nettes Allgemeines Kunstler-Lexicon. 

BABCR. Voy. Baber. 

*iîABY (/eaw-i^rflrtf ois), républicain fran- 
çais, né à Tarascon en 1759, exécuté à Paris le 
18 vendémiaire an v (9 octobre 1796), se montra 
l'un des plus énergiques patriotes du départe- 
ment de l'Ariége, où il leva une petite armée ré- 
volutionnaire. Il fut accusé de continuer les 
fonctions de général, malgré le décret qui avait 
licencié ses troupes. Décrété d'accusation, il 
vint se justifier auprès du comité de salut pu- 
blic , qui approuva sa conduite et le nomma 
commissaire de la république dans son dépar- 
tement. Baby remplit sa mission avec sévérité 
et justice jusqu'au 9 thermidor. Peu de ternies 
après cette catastrophe , il fut arrêté et conduit 
au tribunal criminel de Foix , sous la pré- 
vention de terrorisme ; il allait être condamné , 
lorsque l'anmistie de vendémiaire an ni vint 
l'enlever à ses juges. Pendant son emprisonne- 
ment, ses biens avaient été dévastés. Fort de sa 
conscience, il se présenta, le 10 messidor an iv, 
à la barre du conseil des cinq-cents, et réclama 
une indemnité ; mais il fut représenté comme un 
farouche terroriste, et sa demande fut rejetée. 
Baby se jeta dans la conspiration du camp de 
Grenelle, et fut condamné à mort par une com- 
mission militaire. [Le Bas, Enc. de la France.'] 
Moniteur, de l'an iv. 

BABYLAS (saint), évêque d'Antioche, mourut 
en 251 martyr de la foi, sous l'empereur Dèce. 
n défendit l'entrée de l'église à l'empereur Phi- 
lippe, qui était monté sur le trône par le meurtre 
de Gordien, son bienfaiteur et son pupille. Gallus 
César fit transporter le corps de saint Babylas 
à Daphné, faubourg d'Antioche, heu célèbre par 
l'oracle d'Apollon ; ses reliques imposèrent si- 
lence à cet oracle, auquel Julien l'Apostat en- 



31 



treprit, en 362 , de rendre la parole. Saint Chry- 
sostome a fait l'éloge de saint Babylas. 

Bayle , Diclionnaire historique. — Le P. Merlin, dans 
le Journal de Trévoux, juiD 1737. 

BABTLONE {François de), graveur français, 
vivait au seizième siècle, du temps d'Albert 
Durer. On ignore l'époque précise et les détails 
de sa vie. Il avait adopté pour unique marque 
de ses estampes un caducée, ce qui l'a fait sur- 
nommer le Maître au caducée. Quelques au- 
teurs l'appellent aussi Martin. On cite de lui : 
un Sacrifice à Priape ; — Apollon et Diane; 
—une Sainte Famille;— l'Adoration des Rois; 
— Saint Jérôme écrivant; — Un Batelier tra- 
versant une rivière, et quelques autres œuvres. 
Hubert, Manuel des Curieux, t. V, p. 66. — Florent 
Lecomte, Cabinet d' Architecture, 1. 1, p. 178. 

*BABYNET (Hugucs) , chirurgien français, 
vivait dans la première moitié du dix-septième 
siècle. On a de lui : la Manière de guérir les 
descentes de boyaux sans tailler ni faire inci- 
sion; la Haye, 1630 . Il s'y trouve des recettes 
assez vulgaires et de peu d'utilité. 
Adeliing,, Supplément à VAllgemeines Gelehrten-Lexic. 
iBX^ (Théodore), jurisconsulte français, 
né à Limoges en 1808. Avocat en 1830, il de- 
vint, en 1837, un des collaborateurs du journal 
l'Europe monarchique. Un procès célèbre , ce- 
lui de M™® Lafarge , commença sa réputation. Il 
plaida la cause de l'accusée avec un tel talent, 
que l'innocence eut ses partisans aussi bien que 
la culpabilité. C'était assurément un des plus 
beaux succès que les annales de la défense eussent 
enregistrés. M. Bac, qui ne s'était pas borné à la 
seule étude du droit positif, mais qui avait en- 
core approfondi les matières qui en font res- 
sortir l'esprit et la philosophie, se voua ensuite 
avec ardeur à la défense de la presse. 

En février 1848, M. Bac fut nommé commis- 
saire du gouvernement provisoire dans la Haute- 
Vienne. Élu membre de l'assemblée consti- 
tuante par ce département, il vint siéger à la 
Montagne, et fit partie du comité des affaires 
étrangères. La tribune fut moins favorable à 
l'orateur que le barreau ne l'avait été à l'avocat, 
quoique sa parole au sein de l'assemblée ne 
manquât ni de chaleur ni d'élévation. Il fut un 
de ceux qui défendirent Louis Blanc , accusé à 
la suite du 15 mai. En 1849, M. Bac, nommé re- 
présentant par la Seine et la Haute- Vienne, opta 
pour ce dernier département. Il fut obligé de 
quitter la France, en vertu d'un décret du 11 
janvier 1852 ; mais un nouveau décret vient de 
lui permettre de rentrer dans sa patrie. V. R. 
Moniteur universel. 

*BACALARIA {Hugucs), troubadour pro- 
vençal, vivait vers la seconde moitié du douzième 
siècle. Un troubadour nommé Gaucehn Faidit 
lui proposa une tenson, espèce de lutte poétique 
sur laquelle les cours d'amour étaient appelées 
à prononcer. Gaucelm posait à Hugues cette 
question : « J'aime sincèrement une dame qui a 
un ami qu'elle ne veut pas quitter. Elle refuse 



BABYLAS — BACCARINI 32 

de m'aimer si je ne consens qu'elle continue de 
lui donner publiquement des marques d'amour, 
tandis que dans le particulier je ferai d'elle tout 
ce que je voudrai : telle est la condition qu'elle 
m'impose. « Hugues répond : « Prenez toujours 
ce que la jolie dame vous offre, et plus encore 
quand elle voudra. Avec de la patience on vient 
à bout de tout, et c'est ainsi que bien des pau- 
vres sont devenus riches. » Gaucelm n'est pas 
de cet avis : « J'aime mieux cent fois, dit-il, n'a- 
voir aucun plaisir et rester sans amour, que de 
donner à ma dame la permission extravagante 
d'avoir un autre amant qid la possède. Je ne le 
trouve déjà pas trop bon de son mari; jugez si 
je le souffrirais patiemment d'un autre ! J'en 
' mourrais de jalousie, et, à mon avis, il n'est pas 
de plus cruel genre de mort. » Hugues insiste : 
« Celui qui dispose en secret d'une jolie dame a 
bien envie de mourir, s'il en meurt. J'aimerais 
mieux l'avoir à cette condition que de n'avoir 
rien du tout. » La dispute continua, et les deux 
troubadours convinrent de s'en rapporter à de 
belles dames, dont on ignore la décision. 

Cresclmbeni, Giunta aile vite de' Provenzali, p. 220. 
— Ginguené, Histoire littéraire d'Italie, t. I. 

* BAÇAN ou BAZAN ( Ferd. ), théologien amé- 
ricain, vivait dans la première moitié du dix-sep- ■ 
tième siècle. Il professa la théologie à Mexico, 
On a de lui : Commentaria in primam se- 
cundse et in tertiam partent S. Thomx de 
Aquino. 

Jôchcr, Âllgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BACCA ( Pierre ), théologien hongrois, vi- 
vait probablement dans la seconde moitié du dix- 
septième siècle. On a de lui : Defensio simpli- 
citatis Ecclesix Christi adversus decisionem 
quœstionum aliquot theologicarum , ejusque 
vindicise adversus Irenxi Simplicii Phila- 
delphi epistolam; Franeker, 1653, in-4°. 

Adelung, Supplément à Jôcher, Allgemeines Gelehrten- 
Lexicon- 

BACCALAR YSANNA ( Vincent ), marquis de 
Saint-Philippe, historien espagnol, né en Sar- 
daigne d'une famille espagnole, mort à Madrid 
en 1726. Il occupa, sous les rois Charles H et 
Philippe V, d'importantes fonctions en Sardaigne; 
et lorsque cette île se révolta contre la domina- 
tion espagnole, Baccalar fit tant pour la cause 
du roi, que Philippe V le fit marquis de Saint- 
Philippe. On a de Baccalar : Histoire de la 
monarchie des Juifs , en espagnol , traduite en 
français ; — Mémoires pour servir à l'Histoire 
de Philippe V, de 1699 à 1725, in-12, égale- 
ment en espagnol, et traduits en français. 

Adelung, Supplément à VAllgemeines Gelehrten-Lexi- 
con. — N. Antonio, Bibl. Hisp. nova. 

* BACCARINI (Giacomo), peintre de l'école 
de Modène, né à Reggio au commencement du 
dix-septième siècle, mort en 1682. Il fut élève 
d'Orazio Talami, dont il imita avec succès la ma- 
nière sage et pleine d'expression. Parmi les nom- 
breux ouvrages dont il décora sa ville natale, 
on remarque principalement un Repos en 



33 



BACCARINÏ — BACCHINI 



34 



Egypte, et un Saint Alexis mort, qu'il peignit 
pour l'église Saint-Philippe, et qui ont été gravés 
par Buonvicini. E. B — n. 

Lanzi, Storia délia Pittura. — TicozzijDizionario dei 
Pittori. 

*tiXCCELmi. (Mathieu) , poète italien, de 
l'ordre des Minorités, mort en 1614. En 1594 il 
fut choisi pour prédicateur, confesseur et lec- 
teur de son ordre. On a de Baccelini : Teatro 
cristiano, ovvero Rime spirituali sopra la Pas- 
sione; Paris, 1601, in-S"; — Rime spirituali 
sopra varj sogetti; Paris, 1601, in-S" ; — 
Psalmi Penitenùali, tradotti in versi; ibid., 
1604, in-12; — Aforismi politici e militari; 
ibid., 1610, in-12. 

Mazzuchelli, Scrittori d'Italia. — Adelung, Supplé- 
ment à VAllgemeines Gelehrten^Lexicon. 

BACCELL1 (Jérôme), littérateur et médecin, 
né à Florence en 1514 ou 1515, mort dans sa 
ville natale en 1581. Il fut consul de l'Académie 
florentine. On a de lui une traduction italienne 
de VOdyssée, publiée après sa mort par son 
frère Baccio Baccelli, sous ce titre : VOdissea 
di Omero, tradotta in volgar fiorentino ; 
Florence, 1582, in-8°. Cette traduction, envers 
sciolti (non rimes), est dédiée par l'éditeur au 
grand-duc de Toscane François Y^. Cette dédi- 
cace et les premiers vers de la traduction ont été 
imprimés par Lami, dans le Catalogue des 
manuscrits de la bibliothèque Riccardi. On 
conserve , dans cette même bibliothèque , le ma- 
nuscrit original de la traduction italienne des 
sept livres de Y Iliade , et celui de VOdyssée en- 
tière. 

Ginguené , Histoire littéraire de l'Italie. — Taitoni , 
Uibl. deyli autori volgarizz., t. III, p. 12. — Adelung, 
Supplément à VAllgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BACCETTi (Nicolas), historien italien , natif 
de Florence, mort en 1647. 11 devint abbé de 
Saint-Lucas de Cîteaux , et s'acquit quelque re- 
nom par ses écrits. On a de lui : Septimanœ 
Historise ; Rome, 1742 , in-fol. 

Mazzuchelli, 5crittori d'Italia. — Chaudon et Delan- 
dine, A'ouveau Dictionnaire historique. 

*BACCEUS (Michel), médecin italien, natif 
de Lucques, vivait dans la première moitié du dix- 
septième siècle. On a de lui : Discorso acade- 
mico délia Peste, e suoi remedii; 1631 , in-4°. 

Léon , Jllatii apes urbanse. 
BACCHANELLI OU BACCANELCÎÎJS (Jean), 

médecin italien, natif de Reggio, vivait dans 
le seizième siècle. Il était contrefait comme 
Ésoi^e, et plein d'esprit. On a de lui deux ou- 
vrages imprimés ensemble : De Consensu medi- 
corum in curandis morbis libri quattior ; — JDe 
Consensu medicorum in cognoscendis simpli- 
cibus liber; Lutetiae, 1554, in-12; Venetiis, 
1555, in-8", 1558, in-16 ; Lugdum", 1572, in-12 : 
on y trouve ce qu'il y a de plus utile dans la 
pratique des médecins grecs et arabes. 

Biographie médicale. 

*BACCHERELLI ( Fiwcejîso ), peintre , né à 
Florence en 1672 , mort vers 1745. On ne con- 
naît de lui d'autre ouvrage que son propre por- 

NOUV. BîOGU. UNIVERS. — T. IV. 



trait, qui a été gravé dans le Musée de Florence, 
mais qui ne figure même plus aujourd'hui dans le 
nouveau catalogue de cette galerie. E. B. 

Lanzi, Storia délia Pittura. — Calleria reale di 
Firenze. — Ticozzi , Dizionario dei Pittori. 

* BACCHEBEST, amiral hollandais, vivaitdans 
la seconde moitié du dix-huitième siècle. Il 
commanda une escadre de la flotte envoyée, sous 
le commandement de sir John Balchen, pour 
dégager sir Charles Hardy, bloqué dans le Tage 
par Rochambeau. Plus hemeux que Balchen, 
Baccherest ne fut pas emporté dans la tempête 
où se perdit, en 1745, l'amiral anglais. 

Rose, New Biographical Dictionary. 

*BACCHiARHJS, moine et théologien italien, 
vivait probablement dans la seconde moitié du 
seizième siècle. Il laissa : Bacchiarii monachi 
opuscula de fide et de reparatione lapsi, ad 
codices Bibliothecx Ambrosianae , nec non ad 
priores editiones castigavit , dissertationibus 
et notis auxït Franciscus Florinus Canonicus 
Theologus S. patriarchalis ecclesix Aquile- 
jensis; Rome, 1750, p. 4; — Anonymi Bac- 
' chïarium illustratum, dans les Recueils Galo- 
gerana , p. 27. 

Muralori, Anecdota, t. II. — Adelung, Supplément à 
Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

* BACCHiARiiTS, écrivain ecclésiastique de 
l'Église latine sur lequel on n'a presqu'aucun 
renseignement. Il paraît qu'il était Irlandais, dis- 
ciple de saint Patrice, et contemporain de saint 
Augustin. Son livre de Fide et la lettre à Za- 
marius de Reparatione lapsi sont insérés dans 
la Bibliotheca Patrum. 

Gennadius, De viris illustribus, c. 24. — Smith, Dict. 
0/ Greek and Roman Biography. 

*BACCHIDES (Baxxiôriç,) , eunuque de Mi- 
thridate, vivait dans la première moitié du pre- 
mier siècle avant J.-C. Défait par Lucullus, 
Mithridate, désespérant du sort, ordonna de 
faire périr sa femme et ses enfants : c'est Bacchi- 
des, appelé aussi Bacchus par Appien , qui fut 
chargé de mettre cet ordre à exécution. C'est 
encore le même qui gouvernait Sinope au temps 
où Lucullus vint assiéger cette ville. 

Strabon, XII, p- 546.— Plutarque, Lucullus.— Appien, 
Bell. Mithrid., 82. 

* BACCHiBÈs , général de Démétrius-Soter et 
gouverneur de la Mésopotamie, vivait dans 
la seconde moitié du second siècle avant J.-C. 
Il vint en Judée pour y rétablir Alcime dans la 
sacrificature. Il combattit Judas Machabée, qui, 
Hayant attaqué avec des forces inférieures, périt 
dans le conibat. Mais Jonathas contraignit Bac- 
chidès d'abandonner la Judée. 

Chaudon et Delandinc , Nouveau Diction, histor. 
BACCHïNï (Benoit), littérateur italien, né le 
31 août 1651 à Borgo-San-Donnino , dans le 
duché de Parme, mort le i^'' septembre 1721. 
Il étudia chez les jésuites, et entra en 1668 
dans l'ordre de Saint-Benoît , d'où le prénom 
de Bernardin qu'il portait d'abord. Préparé 
par de sérieuses études, il se livra bientôt à la 
prédication. Deyenu en môme temps secrétaire 



S5 



BACCHIINI — BACCHYLIDE 



36 



de l'abbé de Saint-Benoît à Ferrare, Bacchini le 
suivit à Venise , à Plaisance, à Panne et à Pa- 
doue, et put connaître ainsi les célébrités littérai- 
res contemporaines. En 16&3 il quitta son emploi 
et la prédication , pour s'adonner à la culture 
des lettres. En 1688 il devint théologien du duc 
de Parme, qui voulut s'attacher un homme de ce 
mérite. En 1689, Bacchini introduisit dans le rè- 
glement des bénédictins de Saint-Alexandre de 
Parme, dont on lui avait confié la direction, des 
modifications qui ne plurent pas généralement, et 
qui l'obligèrent même de quitter Parme. Le duc 
de Modène lui offrit une compensation en le nom- 
mant, en 1691, consuUeur du saint oj'jlce. 
Après de nouveaux voyages dans l'intérêt de la 
science , et le refus d'accepter les offres du car- 
dinal Aguirre qui le voulait retenir à Rome, 
Bacchini fut nommé bibliothécaire du duc. 
En 1704, on conféra au savant bénédictm le 
prieuré de son ordre à Modène. 11 fut ensuite 
revêtu d'auti-es dignités ecclésiastiques, et mou- 
rut à Ferrare à l'âge de soixante-dix ans. On dit 
qu'il avait l'abord rude et les manières peu 
agréables. II laissa : Orazione nelV esequie 
délia ser. Margherita de" Medici, duchessa 
di Parma , 1670; — Giornule de' Letterati; 
Parme, 1686-1690, et Modène, 1692, 1693, 1696 
et 1697, 9 volumes in-4° ; — Helenas Lucretix 
(quae et scholastica) Corneliae Piscoptœ, virginis 
pietate eu eruditione admirabilis , ordinis D. 
Benedicti privatis votis, adscriptai opéra qu3C 
quidem haberi potuerunt ; Parme, 1688, in-8°, 
avec une vie de celle dont l'éditeur a recueilli 
les œuvres ; — Saggi d'Anatomia , traduits du 
français; in Parma, 1688, in-12,et 1713,in-12;— 
Clariss. V. Antonio Magliabecho, Matj. Etr. 
Ducis Bibliothecarto , Dom. Benedictus Bac- 
chinus; Parme, 1688, in-4° : il est question, 
dans cette lettre, d'une médaille de Scipion l'A- 
fricain; — De sïstrorum figurïs ac dif/erentia 
ob siUri romanam efjiqiem communicatam , 
dissertatio ; Bologne , 1691 in-4<> ; Utrecht , 
1696, in-4°; — Anonymi Dialogi très : de 
Constantia; de Dignitate tuenda; de Aniore 
erga rempublicam ;Moàéne, 1691 ; — Bell' Is- 
toria del Monastero di S. Benedetto di Po- 
lirone, nello Stato di Mantova ; libri cinque; 
Modène, 1696, in-4*' : la première partie seule 
a été imprimée ; — Be ecclesiasticx hierarchiae 
originibus dissertatio; Modène, 1703, in-4''. 
MazzuchelU, Scrittori d'Itatia.— Nicéron, Mémoires, 
t. XX. 

lîACCHirs (Baxxsïoç ) , surnommé l'Ancien , 
musicien grec, vivait vers le commencement du 
quatrième siècle de J.-C. On ne sait rien sur sa 
vie. n est l'auteur d'un livre intitulé Introduc- 
tion à l'art musical; il traite de l'harmonie 
et du rhythme. Le texte grec a été imprimé avec 
une traduction latine dans Meibomius, Antiques 
musicse Auctores septem, 2 volumes in-4°, Ams- 
terd., 1652. Le même ouvrage se trouve, par 
fragments , dans les Harmoniques de Manuel 



Bryennius ( II, 6 ). 11 a été imprimé par Ferdi- 
nand Bellermann dans : Anonymi Scriploris de 
Musica, Bacchii senioris Introductio artis 
musicee (ElaaYwy^ téx"'^' (Jiouctxrii; ), Berlin , 
1841, in-4" (texte grec ) , avec des notes et des 
variantes tirées de trois manuscrits de Paris , et 
de deux manuscrits de la bibliothèque de Naples. 
Le P. Mersenne a donné une traduction française 
du livré de Bacchius dans son Traité de l'Har- 
monie universelle, publié en 1627, in-S", sous 
le pseudonyme du s/ewr de Hermès, p. 93 à 106. 

Fétis, Bioijruphie univers, des Musiciens. — Schrell, 
Hist. de la liltérature grecque , t. V. — Smitli, Dict of 
Greeck and Roman Biogruphy. 

BACCHIUS de Tanagre , médecin d'Alexan- 
drie, disciple d'Hérophile, vivait entre les années 
300 et 230 avant J.-C. Galien cite de lui un Épi- 
tomé du Pouls (Gai., De différent. puls.,liV, 
10), des commentaires sur plusieurs écrits d'iïip- 
pocrate (Sur l'officine du médecin; sur tes 
Aphorismes ) , et la formule d'un médicament 
dont Auguste se servait comnied'un remède con- 
tre la sciatique. Il avait aussi composé une es- 
pèce de lexique (XéÇic) d'Hippocratc , divisé en 
trois livres (Voy. Érotien, Glossar., p. 8). 
Enfin, Cœlius Aurélianus (Morb. Chron., il, 
10 ) cite de Bacchius une classification assez ra- 
tionnelle des différentes espèces d'hcmon-ugies. 
— 11 y avait plusieurs autres Bacchius, parmi 
lesquels nous citerons Bacchius de Milct , qui 
avait écrit sur l'agriculture. 

Fabriciiis , Bibliotheca rjrœca , édit. Ilarlcs , t. 111 
p. 646. — Haller, Bibliotli. medic, t. 1, p. 128. — Scliulzi: 
Histoire médicale; Lipz., in-4°, p. 382. —il. Lillrc, (Bu- 
vres d'Hippocratc, 1. 1, Introd., p. 84, 

BACCHYLIDE, poëte lyrique grec , natif d'Iou- 
lis dans l'île de Céos, vivait à la cour d'Hiéron, 
tyran de Syracuse , vers la 77^ olympiade ( 472 
avant J.-C). Il était oncle d'Eschyle, et neveu, 
par sa mère, du célèbre Simonide, son compa- 
triote et son modèle. Il fut même, dit-on, le 
poëte favori d'Horace, qui le préférait à Pin- 
dare. Quelques "vers de celui-ci, pleins d'un dé- 
dain superbe pour des rivaux peu dignes de son 
génie, et quelques fragments semi-apologétiques 
de Bacchylide , le donnent à supposer. Longin 
le reconnaît inférieur à Pindare. Au dire du sco- 
liaste de Pindare, il y aurait eu rivalité cnh'c ces 
deux poètes , qui se trouvaient ensemble , ainsi 
que Smonide, à la cour d'Hiéron. On remarque 
beaucoup d'élégance et de douceur dans les dé- 
bris si mutilés et si peu nombreux qui nous 
restent de ses poèmes, surtout dans le beau 
Psean adressé à la Paix, que Stobée nous a 
conservé en partie , et dans le fragment d'une 
scolie en l'honneur du vin, que nous devons à 
l'abréviateur d'Athénée. Bacchyhde avait cultivé 
toutes les formes et tous les rhythmes de la 
poésie lyrique , que les créations successives de 
deux siècles avaient portée à son plus haut point 
de développement. On cite de lui des hymnes de 
différentes espèces, des dithyrambes, des chants 
de victoire comme ceux de Pmdare, des chants 



37 BACCHYLIDE 

pour les danses et pour les chœurs des vierges, 
des poésies erotiques, etc. Ces ouvrages étaient 
écrits dans le dialecte dorien , dès lors exclusive- 
ment consacré à Ja muse lyrique; par leur style 
ils se rapprochaient singulièrement des chœurs 
des tragiques. Nous avons encore, sous le nom de 
Bacchylide, deux épigrammes, l'une en dorien, 
l'autre en ionien, qui font partie de l'Anthologie , 
et que rien n'autorise à contester au chantre de 
Céos. Les fragments de ses autres poésies, épars 
dans les auteurs de l'antiquité, ont été recueillis, 
d'une manière plus ou moins incomplète, par 
Néander, H. Estienne, Fulvio Orsini, Brunck et 
Jacobs ( dans les Analectes et la première Antho- 
logie ). Christian-Frédéric Neue en a donné une 
collection nouvelle qui en contient soixante et 
une , y compris les mots isolés et les citations 
indirectes, le tout accompagné d'une inteiliréta- 
tion latine et d'un savant commentaire, dans la 
monographie intitulée Bacchylidis Cet frag- 
menta; Berlin, 1822, p. 76; in-S". [Enc.desg. 
du m. ] 

Suidas. — Strabon, lib. X. — Smith, Dictionary of Greek 
and Roman Biography. 

* KACCHYLUS ( BaxxuXXoç), évêque de Corin- 
the , vivait dans la seconde moitié du second 
siècle, n écrivit, selon Eusèbe et saint Jérôme, 
sur la question , si souvent controversée , de l'é- 
poque où il convient de placer la fête de Pâques. 
Saint Jérôme dit en termes formels que Bacchy- 
lus écrivit : De Pascha ex omnium gui in 
Achaia erant episcoporum persona. 

Kabrlcius, Biblioth. grsec, XII, 364. —Eusèbe, Hist. 
ecclésiast,, V, 22, 23. — Jér6me, Cataloy. f^iror. illus- 
triu7n., etc., c. 44. — Smith , Dictionary of Greek, and 
lioman Bioyraphy. 

*BACci (Antonio), peintre médiocre de l'é- 
cole vénitienne, né à Padoue, vivait en 1663. Il 
habitait Rovigo, où il a laissé plusieurs tableaux 
de fleurs et de fruits. E. B. 

Lanzl, Storia délia Pittura. — P. CoroneUl, Viaggj. 
— Guida di Rovigo. 

BACCi (Charles), bénédictin et théologien 
italien, né le 25 avril 1629, mort en 1683. De 
Florence, où il enseigna la théologie, il alla en 
Pologne, et y fonda la congrégation de Cassini. 
II revint ensuite à Rome, où il mourut. On a de 
lui : De Principiis universse theologise mora- 
lis, seu de Actibus humants ; Florence, 1667, 
in-fol. 

Mazzuchelli, Scriltori d'Iialia. — Adelung, Supplé- 
ment à Jôcher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

* BACCI (Pierre-Jacques), compositeur ita- 
lien, natif de Pérouse vers la seconde moitié du 
dix-septième siècle. H IwiSA Abigail , opéra re- 
présenté à Città del Pieve en 1691. L'air Pensa 
aquesf hora , que l'on trouve dans cet opéra, 
est d'une remarquable beauté. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

BACciARELLi (MarcelUn), célèbre peintre 
italien, né à Rome le 16 février 1731, mort à 
Varsovie le 5 janvier 1818. Élève de Benefiali, 
il fut engagé en 1753 par Auguste in, roi de Po- 
logne, électeur de Saxe, à se fixer à Dresde, où 



— BACCIARELLI 



38 



il travailla aux dessins de l'osuvre gravée de la 
célèbre galerie. Ayant suivi le roi en Pologne, il 
y fit connaissance avec le jeune Stanislas-Auguste 
Poniatowski, qui, monté sur le trône, devait l'ap- 
peler à sa cour, et lui témoigner toute sa vie la 
favem- la plus marquée. En 1761, nous voyons 
Bacciarelli faire un voyage à Vienne , où il fit les 
portraits de la famille impériale, et où l'on possède 
encore de lui une grande composition représen- 
tant Apollon et les Muses sur lemont Parnasse. 
Quatre têtes dans ce tableau reproduisent les traits 
des archiduchesses , filles de Marie-Thérèse. Le 
roi Poniatowski appela Bacciarelli auprès de lui 
en 1765, et depuis cette époque on lui confia la 
direction des beaux-aits de Pologne. Voici les 
principaux ouvrages qu'il a laissés dans ce pays. 
Au château de Varsovie, dans la salle dite de 
marbre, une série de poiiraits des rois de Po- 
logne depuis Boleslas Chrobry jusqu'à Stanislas- 
Auguste; dans la salle de bal, un plafond re- 
présentant Jupiter faisant sortir le monde du 
chaos; dans la salle des chevaliers, six grands 
tableaux liistoriques : 1" Casimir le Grand don- 
nant des lois, et protégeant les paysans à Wis- 
litra (1346); 2° la Fondation de Vuniversité 
de Cracovie (1369) ; 3° Hommage du duc Al- 
bert de Prusse au roi Sigismond P" (1525); 
4" Union de la Pologne et de la Lithuanie à 
Lublin (1569); 5° Paix de Chotrim (1621); 
6° Délivrance de Vienne par SobiesM (1683) : 
le troisième de ces tableaux fut porté au Louvre 
en 1807, et ne revint à Varsovie qu'à la suite des 
événements de 1815. Dans la même salle, les 
portraits des dix personnages historiques sui- 
vants : Christophe Radziwill, Rewera Potoc- 
ki, Stanislas Hozius, Roman Sangunko, Jean- 
Charles Chodkiewia, Jean Tarnowski, Martin 
Kontski, André Olsrowski, Copernic, et Cra- 
mer. A la résidence royale de Larienki, près de 
Varsovie , l'histoire de Salomon en plusieurs ta- 
bleaux , où un gi-and nombre do têtes de femmes 
sont des portraits des beautés les plus marquantes 
de la cour de Stanislas- Auguste. A la cathédrale 
de Varsovie, un tableau représentant la Vierge 
, et l'enfant Jésus entourés d'anges , ayant à leurs 
pieds saint Jean-Baptiste, le patron de l'église, 
et saint Stanislas, le patron de la Pologne. Ce 
tableau fut offert par Bacciarelli à la place de celui 
de Pahna le Jeune, que les Français avaient pris 
en 1807. A Surorse en Lithuanie (propriété de 
la famille Chreptowicz ), un Saint Isidore labou- 
reur, et le Christ bénissant les enfants. Enfin 
deux grandes compositions , représeutant le roi 
I Stanislas-Auguste dans la cabane du meunier 
lors de son enlèvement par les confédérés , et sur 
son lit de mort à Saint-Pétersbourg (les nom- 
breux assistants y sont rendus avec une ressem- 
blance parfaite ) ; et un tableau de Napoléon don- 
nant une constitution aux Polonais à Dresde 
en 1807. Bacciarelli a fait en outre plusieurs cen- 
taines de portraits , et a peint presque toutes les 
somnjités contemporaines; son atelier était une 



89 



BACCIARELLI — BACCIO 



40 



vxaie école de peinture pour le pays qu'il avait 
adopté. Le roi Stanislas-Auguste l'avait nommé 
directeur général des bâtiments de la couronne; 
la diète lui conféra des lettres de noblesse; ses 
tableaux lui valurent une belle fortune , et le roi, 
lors de son abdication à Grodno en 1795, lui 
donna encore un bon de vingt-cinq mille ducats 
à faire valoir dans la liquidation des dettes que 
les puissances copartageantes s'étaient engagées 
à payer. Bacciarelli était membre de la Société 
royale des amis des sciences de Varsovie, de 
l'Académie de peinture de Saint-Luc de Rome, 
de celles de Dresde, de Berlin, de Venise, de 
Bologne, etc. A la création de l'université de Var- 
sovie, on le nomma doyen de la faculté des beaux- 
arts. Sa famille lui a érigé un monument dans la 
cathédiale de cette ville. Bacciarelli se distingua 
par la pureté du dessin, une composition savante, 
le talent de saisir la ressemblance , un pinceau 
facUe et un coloris agréable ; mais presque tous 
ses ouvrages accusent une certaine pâleur, et 
présentent les divers défauts de cette école des 
Vanloo et des Boucber, à laquelle ses études et 
le goût du siècle le rattachaient. 

Calixte Mororewicz. 
E. Rastawiecki, Stownich malariow polskic/t; Wars- 
rava, 1851, t. I. 

*BACciLLERio ( Tiôèj'e ), philosophe et mé- 
decin italien, natif de Crémone, mort en 1511. 
II professa la médecine à Bologne, à Ferrare, à 
Padoue et à Pavie, et mouiut à Rome. Il laissa en 
manuscrit des commentaires sur Aristote et 
sur Averrhoës. 

Biographie médicale. 

*B.\cciNETTi [Horace), savant italien, natif 
de Buonconvento, vivait au commencement du 
dix-septième siècle. Il laissa : De Lucido eique 
subordinatis ; Sienne , 1612, in-4''. 

Mazzuchelli, Scritiorid'Italia. — Adelung, Supplémeut 
à Jôclier, AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*iîACCiNO (^Dominique), médecin italien, 
natif de Tabia, vivait vers la seconde moitié du 
dix-septième siècle. On a de lui : Tractatus de 
angina ulcerosa; Parie, 1691,in-12. 

Dictionnaire des Sciences médicales. 

BACCIO OU BARTOLOMMEO DELLA PORTA, 

connu aussi sous les noms de Fra Bartolom- 
MEO, de Fra Bartalommeo da S. Marco, ou sim- 
plement IL Frate, célèbre peintre de l'école llo- 
rentine,né en 1469, au village de Savignano, près 
Prato, àdix milles de Florence, mort en 1517. Dès 
son enfance, son goût pour la peinture se ma- 
nifesta de manière à ne permettre aucun doute 
sur sa vocation. Ce fut, dit Vasari, Benedettoda 
Majano qui lui fit connaître Cosimo Rosselli , 
dont il devait être un jour le plus beau titre de 
gloire. Après plusieurs années passées dans l'a- 
telier de ce maître , Baccio le quitta pour se li- 
vrer tout entier à l'étude des chefs-d'œuvre de 
Léonard de Vinci , à la manière duquel il fit'plus 
d'un emprunt. Ce fut alors qu'il alla demeurer 
dans une maison située près la porte San- 
Pletro GathoUni, ce qui lui fit donner le sm-nom 



de délia Porta, qu'il conserva jusqu'au jour où 
il entra en religion. 

Baccio excella également dans les sujets de 
petite proportion, et dans ceux de dimension 
colossale. Ses petits tableaux sont pleins de grâce 
et finis avec le plus grand soin, tandis que quel- 
ques-unes de ses fresques, et notamment le cé- 
lèbre tableau de Saint-Marc de la galerie Pitti , 
sont touchés avec une hardiesse comparable à 
celle de Michel-Ange. Habile dessinateur, savant 
anatomiste, il ti'açait toutes ses figures nues 
avant de les draper. Il dut à l'étude des œuvres 
du Vinci une parfaite intelligence du clair-obs- 
cur, un empâtement et en même temps une 
transparence de couleur dignes des premiers 
maîtres de l'école lombarde : mais c'est avec 
raison que d'Agincouit lui repioche d'être de- 
venu quelquefois pesant , en donnant aux con- 
tours un relief excessif. Raphaël étant venu à 
Florence en 1504, se lia d'amitié avec Baccio, 
et l'initia aux règles de la perspective. Cette 
liaison ne profita pas seulement au peintre flo- 
rentin ; le chef de l'école romaine dut à la vue 
des ouvi'ages et aux conseils de Baccio de tour- 
ner ses efforts vers l'étude du clair-obscur et 
du relief, qui peut être obtenu par l'empâtement 
des couleurs. Ce fut à partir de ce moment que 
le Sanzio commença à s'éloigner du faire de son 
maître le Pérugin, et à faire présager le peintre 
de la Transfigwation et de la Madone de Saint' 
Sixte. 

Quelques années plus tard, Baccio étant allé à 
Rome, y perfectionna encore sa manière par 
l'étude des ouvrages de Raphaël et de Michel- 
Ange; mais le premier païut toujours occuper 
la principale place dans ses sympathies. Inven- 
teur des mannequins mobiles, le Frate dut à 
cette découverte la possibilité d'étudier les plis 
des draperies d'après nature , comme il le faisait 
pour tous les autres objets que son pinceau avait 
à reproduire. Il n'excella donc pas moins diins 
cette partie de l'art que dans la plupart des au- 
tres, et c'est à tort que d'Argenville l'accuse de 
manquer de légèreté dans ses draperies. Son ar- 
chitecture est généralement de bon goftt; les 
escaliers sur lesquels il se plaît à grouper ses 
figures sont d'un effet majestueux, et les bal- 
daquins dont souvent il les surmonte ne man- 
quent pas d'élégance. Enfin, avec un peu plus de 
noblesse parfois , plus d'habileté d'ordonnance, 
plus d'imagination surtout, le Frate n'eût peut- 
être pas paru au-dessous de Raphaël lui-même. 

Le seul ouvrage important que Baccio ait exé- 
cuté à fi'esque avant de renoncer au monde fut 
le célèbre Jugement dernier, que nous admi- 
rons encore dans l'ancien cimetière de l'hôpital 
de Santa-Maria-Nuova à Florence, bien que 
cette peinture ait été terminée par Mariotto Al- 
bertinelli (1). Cette fresque précieuse est aujour- 

{1^ Du vivant de Baccio, et non pas après sa mort 
comme le prétend F;into/.7,i dans sa Description de Flo- 
rence; car Baccio mourut en lljiT, et Albertinclli en 1512. 



41 



BACCIO 



42 



d'iiui protégée par un vitrage : mais malheureu- 
sement cette précaution: a été prise trop tard, 
car la peinture, qui n'était pas sous un portique, 
avait déjà beaucoup souffert, et sa partie infé- 
rieure est presque entièrement détruite, ce qui, 
du reste, ne pouvait manquer d'arriver, car elle 
descendait jusqu'au sol. C'est probablement aussi 
dans cette première période de sa vie que 
Baçcio peignit, dans le cloître de Santo-Spirito 
de Sienne, un Christ sur la croix, qui ne nous 
paraît pas tout à fait digne de son auteur. 

Naturellement porté à la dévotion , Baccio sui- 
vait avec assiduité les prédications du fameux 
Savonarole, et il avait été un des premiers à pré- 
cipiter ses œuvres profanes dans le bûcher élevé 
à la voix du fougueux réformateur. Baccio était 
présent lorsqu'on vint pour arrêter Savonarole, 
qui, aidé de ses partisans , soutint un véritable 
siège dans le couvent de Saint-Marc. La bra- 
voure n'accompagne pas toujours le génie et le 
talent; et, s'il faut en croire Vasari, la frayeur 
fit alors faire à Baccio le vœu de renoncer au 
monde s'il échappait au danger. Le supplice de 
Savonarole ne fit que hâter l'accomplissement 
de son vœu; et le 26 juillet 1500, à l'âge de trente 
et un ans, Baccio, l'ami et le disciple de Savona- 
role, prit l'habitde dominicain dans le couvent de 
Prato. Tout entier aux pratiques de son nouvel 
état, il i-esta quatre ans sans toucher ses pin- 
ceaux, qu'il ne reprit qu'à la sollicitation de ses 
frères, et que désormais il consacra presque 
exclusivement à l'embellissement des couvents 
de son ordre. Il ne resta que quelques mois à 
celui de Prato , et fut envoyé par ses supérieurs 
au monastère de Saint-Marc de Florence. 11 pa- 
raît toutefois qu'il revint plus tard à Prato, car 
il a exécuté dans l'église une Madone qui existe 
encore. Il a laissé également une belle Cène dans 
le couvent de Saint-Dominique de Pistoja. Pen- 
dant un assez long séjour qu'il fit au couvent 
de la Maddalena, sur la route de Mugello , il fit 
ungrandnombre de fresques, dont quelques-unes 
ont été sciées, et transportées à Florence dans la 
ciiapelle du dortoir du couvent de Saint-Marc, 
et dans la galerie de l'Académie des beaux- 
arts. C'est dans ce couvent, véritable musée, 
grâce au séjour de Fra Angelico et de Baccio, qu'il 
faut chercher les plus belles fresques de ce der- 
nier maître, telles que le Saint Benoît servi 
par les anges, le Christ entre saint Jean, la 
Vierge , saint Benoît et Sainte Catherine de 
Sienne, œuvre sublime dans toutes ses parties ; 
une Vierge et un Christ véritablement divin, 
huit portraits de saints de l'ordre de Saint-Do- 
minique, plusieurs Madones, etc. 

On trouve des tableaux de Baccio dans la plu- 
part des grandes galeries de l'Europe. Le musée 
du Louvre en possède deux, la Salutation an- 
gélique et le Mariage mystique de sainte Ca- 
therine de Sienne. La galerie publique de Flo- 
rence offre une Vierge sur un trône, grande et 
magnifique composition, l'un des meilleurs ou- 



vrages de Baccio, etdeuxprophètes: /o6et [saïe. 
Le palais Pitti, outre le Sain^ Marc dont j'ai 
déjà parlé et qui est revenu de Paris en 1815, 
compte quatre autres ouvrages de Baccio : le 
Christ au tombeau, le Christ ressuscité, une 
Sainte Famille, une Vierge sur un trône. A 
Rome, si la galerie du Vatican ne présente au- 
cune œuvre de Baccio , si celle du Capitole n'a 
qu'une Présentation au Temple peu authen- 
tique, on retrouve ce maître dans plusieurs pa- 
lais. Au Quirinal, il est représenté par un 
Saint Pierre et un Saint Paul, tableau que 
Raphaël ne dédaigna pas de terminer ; au palais 
Doria, par une Sainte Famille ; par une autre, 
au palais Corsini; enfin par un Mariage de 
sainte Catherine, au palais Braschi. Le musée 
de Naples possède une magnifique Assomption. 
Londres, Bruxelles, Madrid n'ont aucun ou- 
vrage du grand maître florentin; il n'en est 
pas de même des capitales de l'Allemagne. A la 
Pinacothèque de Munich, on admire une Sainte 
Famille An style le plus grandiose, à côté d'une 
petite Madone , imitée de la manière du "Vinci. 
A Vienne, une Présentation au Temple est 
datée de 1516, et porte cette inscription, qui 
semble un pressentùnent de la mort prochaine 
du maître : Orate pro pictore, olim sacelli 
hujus novitio. A Berlin , se voit une grande As- 
somption peinte en compagnie de Mariette Al- 
bertinelli. Enfin, citons encore dans la galerie de 
l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg, un Saint Jean 
etun Saint André. — Des travaux si nombreux, 
joints aux pratiques ascétiques, durent user rapi- 
dement l'organisation de Baccio. Frappé d'une 
attaque d'apoplexie , il fut envoyé aux bains de 
San-Filippo , près de Radicofane ; mais il n'en 
éprouva aucun soulagement. Une indigestion de 
figues lui laissa à peine le temps de revenir à Flo- 
rence, où il mourut le 8 octobre 1517, âgé seule- 
ment de quarante-huit ans. Il fut enterré au cou- 
vent de Saint-Marc. Ses élèves furent Checchino 
delFrate, Benedetto Cianfanini, Gabrielle Rustici, 
Fra Paolo Pistojese, et le Sogliani. {Voy. ces 
noms. ) Ernest Breton. 

Vasarl, P'ite deiPittori, etc. — Lanzi, Storia délia 
Pittura. — Abecedario pittorico. — Baldinucci, JVo- 
tizie dei Professori. — Ticcozi, Dizionario de' pittori. 
— Winckelmann, Neues Maier-Lexicon. — L. Viardot, 
Musées de l'Europe. — U'Argenville, F'ie des Peintres 
italiens. — D'Agincourt, Histoire de l'art par les mo- 
numents. — Stendhal, Histoire de la Peinture en Ita- 
lie, etc. 

BACCIO D.4 3ÏONTE LîJPO, sculpteur et ar- 
chitecte florentin, né vers 1445, mort vers 1533. 
Le véritable nom de cet artiste paraît avoir été 
Bartolommeo Lupi ; on ne sait pourquoi il prit 
le surnom de Monte-Lupo, château situé sur les 
bords de l'Arno, à douze milles de Florence. Dès 
sa jeunesse , il se destina à la sculpture ; mais 
longtemps il négligea ses études pour se livrer 
aux plaisirs. La sagesse étant venue avec l'âge, 
il se mit sérieusement au travail, et de rapides 
progi'ès couronnèrent ses efforts. Vasari ne dit 
pas quel fut son maître, mais Baldinucci remarque 



43 



BACCIO — BACCIUS 



44 



avec raison qu'un examen attentif de ses œu- 
vi-es indique clairement qu'il sortit de l'école de 
Lorenzo Ghiberti. Si l'on trouve plus de moel- 
leux et d'ampleur dans les draperies de Baccio , 
on doit l'attribuer à l'étude qu'U put faire des 
ouvrages de Michel-Ange. 

BacISo débuta dans la carrière par un écus- 
son aux armes de Léon X, soutenu par deux 
enfants , et placé à l'angle du palais Pucci et de 
là via dei Servi, écusson qui a beaucoup souf- 
fert des injures du temps. Après avoir sculpté 
pour Pierre François de Médicis un Hercule au- 
jourd'hui perdu, il fut chargé, à la suite d'un bril- 
lant concours, de faire un Saint Jean évangéliste, 
statue de bronze qui obtint le plus grand succès, 
f|ui est encore regardée comme son meilleur ou- 
vrage, et comme l'une des plus belles parmi les 
figures qui décorent l'extérieur de l'église d'Or- 
sammichele. H fit ensuite plusieurs beaux cru- 
cifix de grandeur naturelle et même de propor- 
tion colossale, soit en bois , soit en marbre. Un 
des plus estimés se voit à Florence, dans le cou- 
vent de Saint-Marc. Cicognara lui attribue aussi 
celui qui décore le maître-autel de l'église Saint- 
Laurent, et que les guides de Florence indiquent 
soit comme étantl'ouvrage de Jean Bologne, soit 
comme étant le fameux crucifix de Benvenuto 
Cellini. Ce dernier est à l'Escurial. On ignore à 
quelle époque de sa vie il fit une statue de Mars, 
(|ui accompagne le tombeau du général Bene- 
detto Pesaro dans l'église de Santa-Maria-dei- 
Frari , à Venise. Cette figure est froide , mais 
accuse une grande habileté de main. 

Baccio avait déjà érigé à Florence un arc de 
triomphe pour l'entrée solennelle de Léon X; 
dans sa vieillesse , s'étant retiré à Lucques , il 
quitta la sculpture, devenue sans doute trop pé- 
nible pour lui , pour s'adonner à l'architecture. 
Je passerai sous silence diverses constructions 
de moindre importance, pour ne citer que l'é- 
glise de Saint-Paolino , premier évêque de Luc- 
ques. Cette église fut construite par Baccio en 
1522; elle n'a qu'une seule nef en forme de 
croix latine , et d'ordre dorique ; mais ses pro- 
portions sont nobles et élégantes; et l'édifice 
entier est digne des beaux temps de l'art. Baccio 
y reçut la sépulture, étant mort à Lucques à 
l'âge de quatre-vingt-huit ans, laissant plusieurs 
enfants, parmi lesquels un fils qui, lui aussi, fut 
un habile sculpteur. ( Voy. Raphaël d\ Monte- 
Lupo). Ernest Breton. 

Vasari, f^ite dei Pittori, etc. — Baldinucci, Notizie 
dei Professori. — Cicognara , Storia délia Scultura. — 
Antonio Mazzarosa, Guida d,x Lucca, 1843. — Abeceda- 
rio pittorico. 

* BACCIOCH1 (Félix- Pascal), époux delà 
sœur aînée de l'empereur Napoléon, naquit en 
Corse, d'une famille noble mais pauvre, en 1762, 
et mourut à Bologne le 28 avril 1841. Entré de 
bonne^eure au service, il n'était que capitaine d'in- 
fanterie lorsqu'il épousa en 1797 Marie-Élisa, 
sœur de Napoléon, alors général en chef de 
l'armée d'Italie, dictant à Léoben les prélimi- 



naires d'un traité qui courbait l'Autriche sous son 
épée victorieuse. Napoléon fut mécontent de ce 
mariage; mais il admit néanmoins Bacciochi, 
comme membre de sa famille, à prendre part à 
sa fortune. Successivement colonel d'infanterie 
légère, président du conseU électoral du départe- 
ment des Ardennes, sénateur (1804), général, 
et grand-cordon de la Légion d'Honneur, il ob- 
tint enfin la principauté de Piombino et de Luc- 
ques, et fut couronné, avec sa femme, le 10 
juillet 1805. A partir de ce moment, les deux 
époux vécurent séparément: Bacciochi en simple 
général, Élisa en princesse toute-puissante, 
sœur de l'empereur Napoléon. Quand la fortune 
renversa les trônes fondés par le génie de son 
beau-frère, le prince Félix, qui n'avait guère été 
que le premier des sujets de sa femme, dut sen- 
tir moins vivement qu'elle le passage de la puis- 
sance à la condition privée. 11 alla en Allemagne, 
et résida quelque temps à Trieste. Depuis 1831 il 
jouissait d'une rente de 100,000 écus, avec le titre 
'de prince romain. [Enc. des g. du m. ] 
Biographie des Contemporains. 

BACCIOCHI {Marie-Anne-Élisa Bonapautk, 
M"""). Voyez Napoléon. [2. Sœurs de l'empe- 
reur, Élisa.] 

* BAccïociii-ADORNO, né en Corse, parent 
de Félix Bacciochi, entra au sei-vice en 17G1, 
fut fait chevalier de Saint-Louis en 1788, et lieute- 
nant-colonel des chasseurs royaux corses en 1789. 
Il resta attaché à la cause des Bourbons pendant 
la révolution, émigraavec ses trois frères en 1 792, 
et servit dans l'armée de Condé en 1799, 1800 et 
1801. Les efforts des éti'angers unis aux émigrés 
n'ayant pas eu le succès qu'ils espéraient, et le 
licenciement de l'armée de Condé s'étant effec- 
tué, Bacciochi retourna en Corse avec ses ftèrcs. 
Établi ensuite à Montpellier, il y exerça les fonc- 
tions d'inspecteur aux revues, dont il se démit 
volontairement à la nouvelle des événements du 
20 mars 1815. Après la seconde restauration, il 
fut rétabli dans ses fonctions, et nommé en 1816 
officier de la Légion d'honneur. 

Nouvelle Biographie des Contemporains. 

* BACCiONi (Jose/)7i), professeur de musi- 
que, né à Florence en 1763. 11 composa pour 
l'Église, mais ses travaux en ce genre sont res- 
tés manuscrits. On a de lui un Traité de l'art 
du cAawif ; Florence, 1807. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 
BACCius OU BACCIO (André), médecin 
italien, natif de Milan, vivait dans la seconde 
moitié du seizième siècle. 11 professa la botanique 
à Rome depuis 1567 jusqu'en 1600, et devint 
médecin du pape Sixte-Quint. Il dépensa sa for- 
tune, et, poursuivi par ses créanciers, il accepta 
un asile dans la maison du cardinal Ascagne 
Colonna. Ses ouvrages, qui roulent en grande 
partie sur l'histoire naturelle et la médecine, sont 
intitulés Del Tevere libri II, ne'quali si traita 
délia natura delV acque, specialmente dei Te- 
vere e delV acque antiche di Koma ; Rome, 



45 BACCIUS 

1558, 111-8" ;ibi(î., 1599, in-4»; — DiscorsodelV 
acque Alhule, bagni di Cœsare Augusto a Ti- 
t;o;i,etc.;Rome,1564,in-4°;ibicl., 1567, m-4°; — 
Discorso delV'Alicorno, délia natura delV Ali- 
corno e délie sue eccellentissime virtù ; Flo- 
rence, I573,m-4°,etl582, in-8°; — Dethermis, 
lib. 7 ; Venise, 1571, in-fol.; — Tabula simpU- 
ciummedicamentoj'um ;^ome, 1577, in-4''; — 
Tabula in qua ordo universi et humanarum 
scientiarum prima monumenta continenhir; 
Rome, 1581 ; — Délie 12 piètre preziose che 
risplendevano nella veste sacra del sommo 
sacerdote ; Rome, 1581, in-4'' ; — De naturali 
vinoj-um historia, de vinis Italiœ, et de Con- 
viviis antiquorum, deque Bheni, Gallix, His- 
paniœ et de totizis Europx vinis, etc. ; Rome, 
159C, in-fol. ; — Délia (jran bcsila delta dagli 
antichi Alce, e délie sue proprietà ; Rome , 
1587, in-4' ; — Traita to délie gemme e piètre 
preziose /Francfort, 1G03, in-S»; 1643; — De Ve- 
nenis et Antidotis prolegomena ; Rome, 1590, 
in-4'' ; — VOrigine deW antica città Cluana, 
che oggi è la nobil terra di Santf Elpldio; 
ouvrage posthume. 

Gingiiené, //(sfojre littéraire d'Italie. 

* HACCîJKT {Osée), iTié(3ecin et philosophe 
genevois, mort en 1649. Devenu pasteur de l'É- 
glise réfomiée à Grenoble, il s'appliqua à soulager 
les infirmités de ses ouailles. On a de lui : VA- 
pothicaire charitable; Grenoble, 1670, in-8° : 
Baccuet s'y occupe particulièrement des subs- 
tances alimentaires et médicamenteuses les plus 
usitées; — Atrium Medicinx Helvetiorum; 
Genève, 1691, in-12. 

Biographie médicale. — Adelung, Supplément ù 
Jôclicr, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BACCUS {Henri), imprimeur et savant 
allemand, vivait dans la première moitié du dix- 
septième siècle. On a de lui : une description 
du royaume de Naples en italien, augmentée 
par César d'Eugenio, et que l'on trouve dans le 
Thésaurus antiquitatum et histor. Italiœ. 

Jucher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

* EACCUSi (Bippolyte), moine et compo- 
siteur italien , du seizième siècle. Il fut maitre 
de chapelle de la cathédrale de Vérone vers 
1590, et fut un des premiers musiciens qui, pour 
soutenir les voix dans la musique d'église , y 
joignirent des instruments jouant à l'unisson 
des voix. Il laissa, entre autres compositions : 
Hippolyti Baccusil, eccl. Cath. VeronœmusiCcC 
magistri , mlssœ très tum voce , tum omni 
instrumentorum génère cantui accommo- 
datissimx, cum octo vocibus ; Venise, 1596 ; 
— Hippolyti Baccusii, eccl. Cath. Veronœ 
mitsices prœfecti, Psalmi omnes qui a sancta 
Jîomana Ecclesia in solemnitatibus ad vespe- 
r as decantari soient, cumduobus Magnificat, 
tum viva voce, tum omni instrumentorum 
génère cantui accommodatissimi, cum octo vo- 
cibus, nunc prinnim in lucem editi; Venise , 
1597; —quelques autres compositions {madri- 



- BACH 46 

gaux) ; — Harmonia céleste di diversi excel- 
lentissimi musici ; Anvers , P. Phalèse, 1593 ; 
— il Trionfo di Dori, recueil de madrigaux ; 
Venise , 1592 , et Anvers , 1596. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

BACELLAR (Antonio-Barbosa) , écrivain 
Portugais, né à Lisbonne en 1610, mort en 
1663. niit d'excellentes études chez les jésuites, 
et, après avoir pris ses degrés dans la faculté de 
droit, finit par être revêtu d'un emploi dans la 
haute magistrature de Porto. Bacellar s'occupait 
beaucoup de poésie à une époque de décadence; 
et nous ne dirons rien ici de ses vers, qui lui ont 
valu un certain renom : on les trouvera réunis 
dans un recueil bien connu, intitulé Feniz re- 
nascida. Comme historien, les services qu'il 
a rendus sont plus réels et regardent surtout le 
Brésil ; il publia vers le milieu du dix-septième 
siècle le livre suivant : Relacào diaria do sitio 
e tomada da forte praça do Récif e, récupéra- 
çào das capitanias de Itamaracd, Paraïba, 
Rio-Grande, Siara et Itha de Fernào de No- 
ronha,por Francisco Barreto, mestre gênerai 
do Stado do Brazile, governador de Pernam- 
buco ; Lisboa, \.65i : ce livre obtint du succès, 
et fut traduit immédiatement en italien. Bacellar 
a donné un autre ouvrage concernant le siège 
d'Elvas, à l'époque où Alphonse VI, dirigé par 
Castel Melhor, soutenait une guerre active contre 
l'Espagne. Ferdinand Denis. 

Barbosa Machado, Bibliotheca Lusitana. 

* BACFARE ( Valentin) , luthiste hongrois , 
vivait au seizième siècle. On a de lui : Tabla- 
ture du Luth; — Harmonise musicœ in usum 
testicdinis; Cracovie, 1565 , in^". Il se pour- 
rait que ce musicien fût le père du suivant , 
bien que les noms soient terminés de manière 
différente. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

*BACFART (Jean), lutWste hongrois, né 
à la fin du seizième siècle. On manque de détails 
sur sa vie. Il n'est connu que par quelques 
morceaux de sa composition insérés dans le 
Thesaunis musicus de Besard, 1603. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

BACH (1) , célèbre famille de musiciens qui 
remonte au seizième siècle, et qui, dans le cours 
de deux cents ans , a donné à l'Allemagne plus 
de cinquante artistes. 

Lechef de cette famille fut VeitBach, boulanger 
à Presbourg, qui, forcé de quitter sa ville natale 
à cause de la religion protestante qu'il avait 
embrassée , vint s'établir meunier à Wechmar, 
village de Saxe-Gotha. Passionné pour la musi- 
que, qui charmait ses loisirs, il communiqua ce 
goût à ses deux fils. L'aîné devint père de trois 
enfants mâles qui , à leur tour , eurent chacun 
trois fils ; et depuis lors la familie Bach devint 
très-nombreuse. Ses membres, dispersés plus 
tard dans différentes contrées de l'Allemagne , 

(1) Ce nom peut se traduire en français par Uivière, 
qui est aussi un nom de famille trés-rcpandu. 



47 



BACH 



48 



étaient convenus de se réunir une fois chaque 
année, à jour fixe , pour célébrer une fête mu- 
sicale. Ces réunions eurent lieu jusqu'au milieu 
du siècle dernier ; et , ce qui est un fait unique 
dans les annales de l'art, on vit quelquefois 
plus de cent musiciens du nom de Bach , hom- 
mes, femmes et enfants, jouant ou chantant 
ensemble des morceaux de leur composition. Un 
autre usage non moins remarquable s'était établi 
dans cette famille : elle rassemblait toutes les 
compositions de ses différents membres dans un 
recueil qu'ils appelaient les Archives des Bach. 
Chajiles-Philippe-Emma.nuel les possédait en 
dernier lieu. Après sa mort elles ont été vendues, 
et une grande partie en a été acquise par 
M. Polchau , à Berlin, amateur distingué, qui 
possède une collection d'ouvrages de musique 
des plus rares et des plus précieux. L'espace 
nous manque pour parler de tous les Bach en 
particulier. Nous nous bornerons à citer les 
plus célèbres, qui sont les quatre suivants. 
[Enc. des g. du m.] 

BACH ( Jean-Sébastien ) , célèbre organiste 
et contrapuntistc allemand, né le 21 mars 1685 
à Eisenach , mort le 28 juillet 1750. A peine âgé 
de dix ans , il devint orphelin, et fut obligé de 
chercher un asile auprès de son frère aîné Jean- 
Christophe, organiste à Ordruff, qui lui donna 
les premières leçons de clavecin. Sébastien fit 
des progrès rapides ; mais la mort de son frère 
survint peu de temps après , et , abandonné à 
lui-même , il se rendit à Lunebourg. Là , il 
iTouva moyen d'entrer au gymnase et d'y suivre 
le cours d'études classiques. Mais il ne renonça 
pas à l'art pour lequel il était né; et, recherchant 
les occasions de se fortifier sur le clavecin et 
sur l'orgue , il fit plusieurs excursions à Ham- 
boui'g pour y entendre le célèbre organiste 
Reinke ; il visita aussi la chapelle de Celle , 
composée en grande partie d'artistes français, 
dont la musique était luie nouveauté pour lui. 
En 1703, il vint à Weimar, où il fut nommé mu- 
sicien de la cour grand-ducale ; mais il quitta 
cette place , l'année suivante, pour celle d'orga- 
niste de la nouvelle église à Amstadt. Comme 
Buxtehude passait pour l'un des plus grands 
organistes de l'époque , Bach fit le voyage de 
Lubeck pour l'entendre : il y resta ti'ois mois, 
pour étudier en secret la méthode du célèbre 
virtuose , et revint ensuite à Arnstadt. En 1707 
il se rendit à Mulhausen , où il accepta la place 
d'organiste ; mais, dès l'année suivante, il quitta 
cette ville pour Weimar, où il fut nommé orga- 
niste de la cour, et plus tard, en 1714 , maître 
de concert. C'est là qu'il écrivit ses plus beaux 
morceaux de musique sacrée , et qii'il atteignit , 
sur l'orgue , un degré de perfection qui jamais 
n'a été égalé. Sa supériorité était tellement re- 
connue, que personne n'osait se mesurer avec lui ; 
et l'on raconte à ce sujet une anecdote assez 
plaisante. Marchand, célèbre organiste français, 
était venu à Dresde , et avait obtenu beaucoup 



de succès par son jeu brillant. Volumier, maître 
de concert de la cour de Dresde , invita Bach à 
venir en cette ville pour soutenir une lutte 
musicale avec l'artiste français. Bach s'y étant 
rendu, proposa le cartel à Marchand, qu'on lui 
avait fait entendre en secret. Bach fiit exact à 
l'heure du rendez-vous ; mais Marchand , qui 
avait accepté , se fit attendre. On envoya enfin 
le chercher, et grande fut la surprise lorsqu'on 
apprit que dans la nuit il avait pris la fuite. Bach 
alors se fit entendre seul à la société nombreuse 
que la curiosité avait rassemblée, et qu'il étonna 
par les prodiges de ses savantes improvisations. 
De retour à "Weimar, il fut appelé à la co\ir du 
prince d'Anhalt-Kœthen, devint maître de cha- 
pelle , et conserva cet emploi près de six ans. 
Dans la suite , la place de directeur de musique 
à l'école de Saint-Thomas de Leipzig étant de- 
venue vacante en 1733, Bach l'accepta, et 
l'occupa jusqu'à sa mort. Il reçut plusieurs 
autres marques de distinction; en 1736, il fut 
nommé par le duc de Weissenfels maître hono- 
raire de sa chapelle, et en 1736 il reçut le titre 
de compositeur du roi de Pologne, électeur de 
Saxe. 

Toute l'AUeraagne retentissait de la gloire de 
Bach. Frédéric le Grand ne pouvait résister Au 
désir de l'entendre : sur son invitation pressante, 
Bach se décida à faire le voyage de Berfin. Il joua 
devant le roi à Potsdam, et son succès fut com- 
plet. Après avoir improvisé une fugue sur un 
tlièrac donné par le roi lui-même, il en exécuta 
une autre à six voix , d'après un thème de sa 
propre invention. A Leipzig, il écrivit une fugue 
à trois parties sur le thème du roi, un Ricercare 
à six, et quelques canons avec la suscription : 
Thcmatis regil elaborationes canonicœ. H les 
fit graver avec quelques autres compositions, et 
dédia le tout au roi, sous le titre à' Offrande mu- 
sicale {M'usikalisches Opfer ). L'excès du tra- 
vail avait affaibli sa vue. Une maladie d'yeux le 
décida à l'opération de la cataracte, qui, deux 
fois manquée, fmit par le rendre complètement 
aveugle. Sa santé s'altéra par l'usage des médi- 
caments , et il succomba à une apoplexie le 
28 juillet 1750, à l'âge de soixante-cinq ans. Il 
s'était marié deux fois , et avait eu, de sa pre- 
mière femme , sept enfants , et de la seconde 
treize; en tout onze, fils et neuf filles. Tous ses 
fils, élèves de leur père, furent musiciens de 
profession , mais quelques-uns seulement se sont 
distingués. Quant aux compositions de Bach, 
il en a laissé une prodigieuse quantité , qui sont 
des chefs-d'œuvre dans tous les genres. Quel- 
ques-uns de ses ouvrages ont été publiés durant 
sa vie ; mais la plus grande partie se trouvait 
manuscrite dans les Archives des Bach , et 
entre les mains de ses élèves. De nos jours on 
en a gravé plusieurs, mais il en reste encore 
bon nombre d'inédits. En France, on connaît plus 
particulièrement son recueil de quarante-huit 
préludes et fugues pour le clavecin. Cet ouvrage, 



49 



BACH 



50 



admirable sous tous les rapports , suffirait sans 
doute à lui seul pour donner l'immortalité à son 
auteur ; mais Bach a eu encore des titres plus 
importants à la gloire. Pour apprécier toute la 
portée du génie de cet homme, il faut connaître 
ses grandes conceptions de musique sacrée , 
telles que ses- messes , l'oratorio de la Nativité 
de Jésus-Christ, et surtout la Passion d'après 
saint Mathieu. Cette dernière a été, en 1829, 
exécutée à Berlin devant une foule immense , 
et a excité l'enthousiasme des connaisseurs. 
Elle a été publiée la même année. [Enc. des g. 
du m. ] 

Son fils, Jean-Christophe-Frédéric , né en 
1732, mort le 26 février 1795, fut maître de cha- 
pelle de Guillaume, comte de la Lippe-Schaum- 
bourg, et passa toute sa vie à Biickebourg ; ses 
compositions portent le cachet d'une simplicité 
noble et ferme. La plupart de ses œuvres sont 
encore inédites ; parmi celles qui ont été pubUées 
on remarque : Cantiques sacrés de Munster, 
deux collections ; Leipzig, 1773-1774, in-4°; — 
six Sonates pour le clavecin , violon et basse; 
Riga , \in ■■, — trois grands Concertos pour le 
clavecin ; Francfort-sur-le-Mein, in-fol. 

Fétls , Revue musicale , n°'= 23 et 24 de 1833. 

BACH ( Charles-Philippe-Emmanuel), mu- 
sicien allemand, deuxième fils de Jean-Sébastien, 
natjuit à Weimar en 1714 , et mourut à Ham- 
bourg le 14 décembre 1788. Destiné au barreau, 
il fit ses premières études à l'École de Saint- 
Thomas à Leipzig , fréquenta ensuite les cours 
de jurisprudence à l'université de la môme ville, 
et passa, pour terminer ses études de droit , à 
l'université de Francfort-sur-l'Oder. Toutefois il 
ne négligeait pas la musique, dont son père lui 
avait enseigné les principes. Ayant organisé un 
concert d'amateurs à Francfort, il en dirigea 
l'exécution, et finit par renoncer à la jurispru- 
dence pour se vouer entièrement à son art favori. 
En 1738, il se rendit à Berlin, où sa réputation 
musicale l'avait déjà précédé ; et le grand Fré- 
déric, alors prince royal, le reçut avec des 
marques de bienveillance. Devenu roi deux ans 
plus tard , ce prince le nomma musicien de sa 
cliapelle et accompagnateur, emploi dont Bach 
s'acquittait avec beaucoup de talent, en accom- 
pagnant les morceaux de flûte que le roi jouait 
en amateur distingué. Après un séjour de vingt- 
neuf ans , Bach quitta Berlin pour se rendre à 
Hambourg , où on l'avait appelé pour être le 
successeur de Telemann, en qualité de directeur 
de musique. Avant son départ, la princesse 
Amélie de Prusse, voulant récompenser ses 
services, lui donna le titre de maître de sa cha- 
pelle. Arrivé à Hambourg en 1767, il y passa le 
reste de sa vie , refusant toutes les offres avan- 
tageuses que lui adressaient d'autres villes d'Al- 
lemagne. 

Quoique moins célèbre que son père, Em- 
manuel Bach tient cependant un rang distin- 
gué dans les annales de l'art. Ses compositions 



portent l'empreinte de l'originalité : s'étant 
aperçu de bonne heure que jamais il n'égalerait 
son père, il se fraya une route nouvelle, et se fit 
un style où la mélodie s'unit à une science pro- 
fonde. « La musique, disait-il , doit toucher le 
cœur. «Toutes ses compositions sont le commen- 
taire de ces paroles , et il suivit le même prin- 
cipe dans son exécution. Son jeu était plein de 
grâce ; faire chanter l'instrument était son prin- 
cipal soin. En 1753 il publia &(m Essai sur l'art 
de toucher du clavecin, ouvrage classique qui 
eut im succès immense, et servit de base à une 
foule de méthodes qu'on a écrites pour cet ins- 
trument. Mozart se plaisait à reconnaître qu'il 
devait tout son talent d'exécution à la méthode 
d'Em. Bach, et à l'étude assidue qu'il avait faite 
de ses œuvres. Le nombre de ses compositions 
est considérable. Elles consistent en 210 solos 
pour le clavecin , dont 70 sont restés inédits ; 
52 concertos de claveciîî avec orchestre, dont 9 
seulement sont publiés; 47 trios pour clavecin, 
violon et basse; ou pour 2 flûtes ou 2 violons 
et basses; 18 symphonies d'orchestie ; 12 so- 
natines pour le calvecin, avec accompagnement 
de divers instruments ; 19 solos pour instru- 
ments à vent , la viole da fjamba , le violon- 
celle et la harpe; 3 quatuors pour clavecin, 
flûte, alto et basse. Parmi ses compositions 
pour le chant , on remarque 22 Passions ; 
1 Oratorio, des cantates, des motets, et une 
foule d'auti'es morceaux, dont il serait trop 
long de faire ici l'énumération. \Enc. des g. 
du m. ] 

Kélis, Biographie universelle des Musiciens. 

*«ACH ( Guillaumc-Friedemann ), musicien 
allemand, fils aîné de Jean-Sébastien, et sur- 
nommé le Bach de Halle {h cause d'un séjour de 
vingt ans qu'il avait fait dans cette ville), naquit 
à \YehTnar en 1710, et mourut à Berlin le 1"" juil- 
let 1784. Son père lui enseigna le clavecin, l'or- 
gue et les principes delà composition. Il l'envoya 
ensuite à Leipzig pour y faire ses humanités à 
l'École de Saint-Thomas. Ses études terminées, 
le jeune Bach voulut se vouer à la jurisprudence, 
dont il suivit des coursa l'université de la même 
viJle. Mais il i-evint bientôt à la musique, et s'é- 
tablit en 1733 à Dresde , où il fut nommé or- 
ganiste de l'église de Sainte-Sophie. Appelé en 
1747 à Halle, pour remplir la place de direc- 
teur de musique et d'organiste à l'église de Notre- 
Dame, il y resta jusqu'à 1767. On ignore les mo- 
tifs qui lui firent quitter cette place; mais il vé- 
cut depuis, en particulier, dans différentes villes 
de l'Allemagne , et mourut à Berlin dans la mi- 
sère. G.-F. Bach a peu écrit, et presque toutes 
ses compositions sont restées manuscrites, à 
l'exception de deux sonates de clavecin, impri- 
mées, l'une en 1739 à Halle , et l'autre en 1744 
à Dresde. Cette dernière devait, selon le titre, 
être suivie de cinq autres , mais elles n'ont pas 
paru. Douze polonaises ont étépubhées en 1829 
à Leipzig. Tous ceux qui l'ont entendu impro- 



51 



BACH 



62 



viser sur l'orgue s'accordent à dire qu'il était 
un des plus savants harmonistes, et que, pour 
la fugue , il ne le cédait qu'à son père. Ce qui 
l'empêcha d'obtenir dans le monde le succès 
qu'il méritait , ce fut sou caractère sombre et 
misanthrope qui, refusant de se plier aux lois 
de la politesse , le priva d'amis , et finit par éloi- 
gner de lui toutes les personnes dont les servi- 
ces ou la protection auraient pu lui être utiles. 
[Enc. des g. du m.] 

Fttis, Biographie universelle (les Musiciens. 

BACH ( Jean-Chrétien ), musicien allemand, 
fils cadet de Jean-Sébastien , et surnommé le 
Milanais ou l'Anglais, à cause de son séjour 
en Italie et en Angleterre , naquit à Leipzig en 
1735, mourut à Londres en janvier 1782. Il fut 
l'élève de son frère Emmanuel, qui, après la 
mort de leur père, lui donna des leçons de cla- 
vecin et de composition. En 1754, il partit pour 
l'Italie et se fixa à Milan, où on lui confia l'em- 
ploi d'organiste de la cathédrale. Il y resta cinq 
ans, et ce séjour dans le pays de la mélodie forma 
son goût pour la musique vocale , qui lui valut 
de nombreux succès. En 1759 il se rendit à 
Londres, où il passa le reste de sa vie en qua- 
lité de maître de chapelle de la reine d'Angle- 
terre. Peu de temps avant sa mort, il avait fait 
le voyage de Paris , où il fit graver la partition 
de son opéra d'Amadis de Gaule. Outre une 
foule de compositions pour le clavecin et autres 
instruments , on a de lui quatorze opéras ( Ca- 
ton, Orion, Orphée, Thémistocle, etc.), gi-avés 
pour la plupart à Londres; un oratorio, un 
Salve regina, et quelques autres morceaux de 
musique sacrée. Dans ses compositions pour les 
instruments , il s'éloigna de l'école sévère de sa 
famille, et visa à la popularité. Aussi eurent- 
elles , à l'époque de leur publication , un succès 
de vogue. Dans ses opéras il préféra la grâce à 
la force, et beaucoup de ses airs d'une mélodie 
flatteuse firent longtemps les délices des ama- 
teurs de Londres. Ses accompagnements, riches 
pour l'époque où il écrivit, se distinguaient par 
l'heureux emploi des instruments à vent. [Enc. 
des g. du m.] 

Félis, biographie universelle des Musiciens. 

* BACH ( Antoine ), médecin allemand du dix- 
huitième siècle. Il laissa entre autres ouvrages : 
Abhandlung iiber Kentnisse der Gesundheïts- 
pjlege (Traité de la connaissance de l'art de 
guérir); Neiss , 1787, in-8° ; — Abhandlung 
iiber den Nutzen der gebràuchlichsten Erd- 
gewctchse in der Arzneywissenschaft, nebst 
einer phytologischen Voraussetzungfûr Lieb- 
haber der Botanik (Traité de l'utilité des plan- 
tes les plus usuelles, avec un exposé phytologi- 
que destiné aux amateurs de botanique ) ; Breslau 
et Hirschberg, 1789, in-8°; — Abhandlung 
iiber den Nutzen der Blutigeln in der Arzneij- 
Wissenschaft ( Traité de l'utilité des Sangsues 
dans la pratique de la médecine) ; Breslau, 1789, 
in-8°; — Abhandlung iiber die eigenmœch- 



tige Kur der Natur oder Genesung der Kran- 
ken ohne Arzney ( Traité des effets tout-puis- 
sants de la thérapeutique naturelle, ou guérison 
des malades sans le secours du médecin); — 
Abhandlung iiber die einfacken Fluss- 
Krankheiten nebst einer Voraussetzung die 
Jahre des hohen Allers zu erreichen ( Traité 
des hémorroïdes simples , avec des indications 
sur la manière d'atteindre l'âge le plus avancé); 
Breslau et Hirschberg, 1794, in-8°; — Sichere 
Anleitung wie man bey Krankheiten sich 
und dem Arzte eine glûckliche Kur ma- 
chen kœnne (leMeiUeur guide pour assurer au 
malade et au médecin une cure heureuse); 

— Abhandlung iiber die Elasticïtxt oder 
Sprannkraft des menschlichen Kœrpers 
(Traité de l'élasticité du corps humain) ; Breslau 
et Hirschberg, 1794. 

f:allisen, Medizinisches Schriftsteller-Lexicon. — Bit) 
graphie médicale. 

* BACH ( George ), philosophe allemand, mort 
en 1649. Il était recteur du gymnase de Stras- 
bourg. On a de lui : Vindiciœ pro analysi lo- 
gica Corn. Martini; Strasbourg, 1620, in-8»; 

— Vindiciœ tertiigeneris communicationis ad- 
versus sophisticationes Joh. Combachii, in li- 
brosuo de communicatione idiomatum; ibid., 
1641, in-8°; — Examen principiorum , qui- 
bus recentiores Physici opéra naturx maie 
super str uunt , rerumque aliarum Arlstoteli 
oppositarum, nominatim principiorum mun- 
di, vaporis, spiritus et lucis, Jo. Am. Comonii ; 
ibid., 1G49, in-8°. 

Adelung, Supplément ùJôchcr, AUgemeines Celehrtcn- 
Lexicon. 

BACH (Jean-Auguste) , ]uriscoQS,»\te alle- 
mand, né à Hohendorf en Misnie le 17 mai 
1721 , mort à Leipzig le 6 décembre 1759. Il 
étudia à Leipzig, et y devint, en 1750, profes- 
seur de jurisprudence ancienne. On a de lui : 
Comment, de divo Trajano , sive de legibus 
Trajani; Leipzig, 1747, in-8°; — Historia 
jiirisprudentlx romanœ, ouvrage principal de 
l'auteur, qui eut plusieurs éditions : la meilleure 
est celle de Stockmann ; Leipzig, 1 806, in-8° ; — 
de Mysteriis Eleusiniis; Leipzig, 1747, in-8". 
Ce traité , et onze auti'es dissertations sur des 
sujets de jurisprudence , ont été recueillis par 
KIotz, sous le titre à'Opuscula ad historiam et 
jurisprudentiam spectantia; Halle, 1767, 
in-8°. On doit aussi à Bach une excellente édition 
de VŒconomique, de V Apologie, de VAgésilaSf 
de VHiéron et du Banquet de Xcnophon; 
Leipzig, 1749, in-S"; ainsi que l'édition du grand 
ouvrage de Brisson de Formulïs ; Leipzig, 1 754, 
in-fol., et de VŒconomia juris de Berger; 
Leipzig, 1755, in-4''. 

Platncr, Étage de Bach , Leipz., 1789, in-8", réimprime 
dans les Opuscules de KIoU. 

* BACH {Eothaire de ), musicien et matliémali- 
cien français, né à Trêves le 27 août 1(!61, mort 
le 29 juillet 1727. Il fut musicien et mathémati- 
cien de l'électeur de Cologne. En 1688 il alla à 



)3 



BACH - BACHAI] MONT 



Leyde, devint docteur en médecine, et obtint le 
titre de professeur d'astronomie à Cassel. 

On a de lui : Praxis Astronomiœ utriusque 
et GeograpMse exercitia per usum globi ter- 
resiris et cœlestis; — Cyclus lunaris eclip- 
ticus perpetuus; — Planetilabium ; — Jovi- 
tolabiuni ; — SaturnilaMum. On ignore la 
date de ces publications. 

ïlarzheim, Biblioth. Colon. — Adelung, Supplément à 
Jôcher, Alhjemeines Gelehrten-Lexicon. 

BACH ( Victor), médecin, né vers 1770 à Vil- 
lefranchc ( Aveyron ) , mort à Paris vers la fin 
de 1799. Il exerçait sa profession à Paris lorsque 
éclata la révolution, dont il embrassa les prin- 
cipes avec enthousiasme. Pendant les luttes de 
la convention , il se montra partisan déterminé 
de la Montagne. En l'an VT, nommé électeur du 
département de la Seine, il manifesta hautement 
ses opinions démocratiques. Traduit devant un 
jury'd'accusation pour avoir attaqué dans une bro- 
ciiure ( la grande Conspiration anarchique de 
l'orateur renvoyée à ses ailleurs, par le ci- 
toyen Bach) le Directoire et les auteurs de la 
loi du 23 février an Vil, il fut renvoyé absous, 
et continua sa lutte contre l'autorité directoriale. 
Après la claite de Larevellière-Lépaux et de ses 
collègues , il parla au club du Manège sur les 
dangers de la patrie, et proposa, pour la sauver, 
une constitution dont les idées se rapprochaient 
du système Babeuf. Bach avait plusieurs fois 
prédit que la république serait détruite par un 
soldat : l'événement du 18 brumaire vint justi- 
fier ses prévisions. Fidèle à ses principes, et ne 
voulant pas vivre sous le despotisme militaire, il 
se brûla la cervelle au pied de la statue de la Li- 
berté, sur la place de la Concorde, à l'endroit 
même où fut guillotiné Louis XVI. 

l.e Ras, Dictionnaire encijclopédique de la France. 

*BACiiACZEK OU BîACHACiiTs (Martin), 
cosmograplie allemand, natif de Prague, mort le 
17 février 1612. Il remplit d'abord à Vienne , 
auprès de l'évêque Miglicius, les fonctions de 
calligraphe, étudia ensuite à Leipzig, puis à Par- 
dubitz, et devint recteur à Prague. 

Le désir de se perfectionner dans ses études 
lui fit fréquenter les universités d'Altdorf et de 
Wittenberg, où il fut reçu docteur en théologie. 
11 retourna ensuite en Bohême , devint recteur à 
Zateck et professa à Prague. On a de lui une 
édition estimée de l'ouvrage de Honters : De 
Rudimentis cosmographicis ; Prague, 1595, 
in-S" ; et des notices académiques dans Mart. 
Giczinsky, Programmât. Acad. Prag. 

AdeUing, Supplément à Jôrher, AUtjemeines Gelehr- 
ten-Lexicon. — Voigt , Acta JAter. Bohem.., l, p. 61, 123. 
— Balbini, Bohemia docta, t. Il, p. 274. 

*BACHAiE-BEiv-ASHEii, rabbin espagnol, 
natif de Saragosse, vivait dans la seconde moitié 
du treizième siècle. On a de lui : Kad Hakke- 
mach, etc. (Commentaire sur divers passages 
de l'Écriture ) ; Venise, 1546; — Biur al Hat- 
torah ( Commentaire sur la loi ) , édition de 



l'ouvrage estimé de Salomon ben Addereth, dont 

Bachaie fut l'élève. 

Bartholocclus, Bibiiotheca magna rabbinica. — Wolf, 
Bibl. hebriea. 

* BACHAIE ( Haddayan-Ben-Joseph-de-Pp- 
kuda), rabbin juif, vivait vers la seconde moitié 
du treizième siècle. Il laissa en arabe Khovath 
i7^a/?ez;a2;o^^ ( Obligation de cœur ) , trad. de 
l'arabe en hébreu par Judas-Aben-Tibbon. Il 
est question dans cet ouvrage de la vie spiri- 
tuelle, des devoirs de l'homme envers Dieu, en- 
vers le prochain et envers lui-même; Constanti- 
nople, 1550. 

Rossi, Dizionario degli Ebr. 

* BACHARTiEai - BEAUPUY ( Michel- Ar- 
mand), général de division, fils de Bachartier- 
Beaupuy et de Jeanne Beaupuy de Vilar, né à 
Saint-Médard (Dordogne) le 14 juillet 1755, tué 
à la balaille de Reuthngen le 19 octobre 1790. 
Sous-lieutenant dans le régiment de Bassigny 
le 2 mars 1773, il passa par tous les grades, et 
fut nommé général de division le 15 mai 1795; 
il mourut à l'âge de quarante et un ans. Sur un 
certificat délivré par le ministre de la guerre, on 
lit : « Le ministre certifie que ce général a fait 
« aux armées du Rhin et de l'Ouest, et du Rhin 
« et Moselle, les campagnes de guerre de la ré- 
« volution jusqu'au 19 octobre 1796, époque à 
« laquelle il fut tué à l'armée du Rhin et Mo- 
« selle. i> Le nom de ce général est inscrit sur les 
tables de bronze du palais de Versailles. S. 

Archives de la guerre. —Moniteur (riiimpresslon ), 
t. XIX, 56-68; XXV, 705 ; XXXIII, 331, 33S, 343, 3So, 424. 

BACHAUMONT ( François le Coigneux de ), 
littérateur et bel esprit, né à Paris en 1624 , 
mort en 1702. Fils d'un président à mortier, il 
était lui-même conseiller-clerc au parlement de 
Paris , lorsque commença la guerre burlesque 
de la Fronde. H figura parmi les ennemis du mi- 
nistère, et ce fut même à lui que ce parti dut 
le nom que l'histoire lui a conservé. Il dit un 
jour que les opposants ressemblaient aux éco- 
liers qui , jouant à la fronde dans les fossés de 
Paris , se dispersaient dès que le lieutenant civil 
approchait , et recommençaient quand ils ne le 
voyaient plus. Cette plaisanterie fut aussitôt 
adoptée par des gens qui se moquaient de tout 
et d'eux-mêmes ; et dès lors les ennemis de Ma- 
zarin prirent pour signe de ralliement des cor- 
dons de chapeau en forme de fronde. Bientôt ce 
signe devint une mode générale, et tout fut à la 
fronde : les nœuds d'épée , les rubans et même 
le pain. La plume était aussi bien , et plus que 
l'épée, l'arme des frondeurs; et Bachaumont, 
qui maniait les vers avec esprit et facilité, lança 
contre Mazarin maintes épigrammes et plusieurs 
chansons. Quand les troubles furent calmés, et 
que le parlement revint offrir de serviles hom- 
mages au ministre dont il avait mis la tête à 
prix, Bachaumont vendit sa charge de conseiller 
pour passer ses jours dans l'oisiveté et le plaisir 
avec Chapelle, le Bronssin, et tous les aimables 



55 



BACHAUMONT 



épicuriens du Mavois. Les recueils de ce temps 

contiennent de lui un grand nombre de couplets 

et de pièces légères , insérés sans nom d'auteur. 

Ami intime de Chapelle, il fit et raconta avec lui 

ce voyage 

Qui du plus charmant badinage 

Fut la plus charmante leçon. Voltaire. 

Plus tard , l'épicurien se convertit. Il épousa 
la nièce de madame de Lambert, écrivain mora- 
liste du dix-huitième siècle, et répéta à ses amis 
étonnés cette maxime : « Un honnête homme 
doit vivi-e à la porte de l'église, et mourir dans 
la sacristie. » Le Voyage en Provence de Ba- 
chaumont et Chapelle, publié séparément à 
Utrecht, 1704, à laHaye 1732, et quelques au- 
tres écrits de Bachaumont, se trouvent dans les 
oeuvres de Chapelle; la Haye et Paris, 1755, 
in-12. 
Le Bas, Dictionnaire encyclopcdiqite de la France. 

BACHAUMONT (Louis), littérateur, né à Pa- 
ris vers la fin du dix-septième siècle, mort le 
28 avril 1771. H se fit connaître par une espèce 
de recueil historique et littéraire intitulé Mé- 
moires secrets; 6 vol. in-12, 1777. Ce recueil 
fut continué par Pidansat de Mairabert et autres, 
qui y ajoutèrent encore 30 vol. in-12. A cette 
époque la publicité n'avait d'asile ou d'organe 
que dans les salons ; on y critiquait avec réserve 
encore les actes du gouvernement; on y lisait 
de mordantes épigrammes , on y chantait le soir 
les couplets achevés le matin. Une séance à l'A- 
cadémie, ime première représentation aux Fran- 
çais , à l'Opéra , étaient de grands événements. 
Abbés coquets , marquis et mousquetaires , pré- 
lats libertins, robins et femmes de cour, femmes 
de théâtre et grands seigneurs , gens de lettres 
surtout, figurent tour à tour dans ces Mémoires. 
Ils renferment en 3G volumes un amas confus de 
vers, de prose, de procès mémorables, de 
séances académiques , de contes graveleux ou de 
dissertations savantes. 11 n'y a point de lecteur, 
fut-il infatigable , dont ce volumineux recueil ne 
lassât la patience; on y trouve cependant de sin- 
gulières anecdotes , des mots plaisants, des traits 
agréables et fins, des vers bien tournés, d'agréa- 
bles chansons , et des facéties qu'on ne rencon- 
trerait pas ailleurs. On y lit de curieux détails 
sur le théâtre de Collé, sur M"^ Arnould et ses 
reparties si piquantes quand elles sont gaies sans 
ôtre obscènes ; on y assiste aux débuts de la 
Harpe, aux mésaventures de Poinsinet, au retour 
de Voltaire à Paris, ainsi qu'à sa maladie, son 
triomphe et sa mort. 

C'est surtout dans les salons de madame Doublet 
que Bachaumont recueillit ses renseignements. 
Ces Mémoires, en 36 volumes, comprennent 
depuis le 1*' janvier 1767 jusqu'au 1^" janvier 
1788. On prétend que Bachaumont ne présida pas 
toujours à la rédaction de ses Mémoires, et que 
son valet de chambre le suppléait quelquefois. 
M. Ch. de V... a donné un Choix de Mémoires 
secrets; Londres (Paris), 1788, 2 vol. in-12. On 



— BACHELET 5G 

doit encore à Bachaumont : Lettres critiques 
sur le Louvre, VOpéra et la place Louis XV, 
et les salles de spectacle; 1751, in-S"; — Essai 
sur la peinture, la sculpture et l'architec- 
ture; 1752, in-8°; — Vers sur l'achèvement 
du Louvre; 1755 ; — une édition de Quintiiten, 
traduite par Gédoyn , avec une vie du traduc- 
teur; 1752, 4 vol. in-12. Il existe plusieurs abré- 
gés des mémoires de Bachaumont. Le dernier a 
été donné par M.' F*. Barrière dans la BibUo- 
théque des Mémoires relatifs à l'histoire de 
France du dix-huitième siècle, avec un avant- 
propos, des notices, etc., i2vol. in-18; Paris, 
1846, Firmin Didot. 

Qutrurd, la France littcraire. — Chaudon et Delan- 
dinc, Dictionnaire hislorifiue. 

*iîACHArs (Jean-Louis) , organiste et com- 
positeur allemand, vivait dans la seconde moitié 
du dix-huitième siècle. Il eut pour maître Stoel- 
zei, et fut regardé comme un des meilleurs com- 
positeurs pour le clavecin. 

FOtis, Biographie universelle des Musiciens. 

BACHE {Benjamin-Franklin) , imprimeur 
et journaliste américain, mort en 1799. H était 
petit-fils du célèbre Franklin. Jeune encore, 
Bâche vint à Paris, où il travailla dans l'impri- 
merie Didot. En 1785 il alla étudier au collège 
de Philadelphie en Amérique. En 1790, Baclic 
commença la publication du General Adver User, 

Rose, New gênerai Biographical Dictionary . 

* BACHE (Guillaume ) , médecin américain et 
petit-fils de Franklin, mort en 1797. On a de lui, 
outre un Mémoire sur la pomme de terre, pu- 
blié dans le Çolumbian Magazine en 1790, A 
dissertation being an endeavour to ascertain 
the morbid effect ofcarbonic acid gas or fix- 
ed air, on healthy animais, and the manner 
in ivhich they are produced; Philadelphie, 
1796, in-8°. 

llioijraphie médicale. 

BACUELEKIE (Hugucs HE i.A ) , troubadour 
français , natif d'Uzerche dans le Limousin , vi- 
vait vers la seconde moitié du douzième siècle. 
Il fut, avec Anselme Faydit, son ami et compa- 
triote, un de ceux auxquels Savary de JMau- 
léon posa la question de savoir quel est le plus 
heureux : de l'amant encouragé par un regard d'a- 
mour? de celui à qui sa dame a serré la main? 
ou enfin de celui dont elle a doucement pressé 
le pied? On trouve dans Millot un fragment du 
poëme qui reproduit ce grave débat. Il ne reste 
de Bacheleric que sept pièces , parmi lesquelles 
deux chansons d'amour assez gracieusement 
tournées. 

Millot, Hist. des troubadours, II. — Raynouard, Choix 
des poésies originales , II, 199. — Auguis, tes l'octcs 
français depuis le douzième siècle, I, 180. 

*BACHELET-DAMVILLE(ZOMW-^/ej;anrfre), 

général de brigade , né à Saint- Aubin ( Seine-In- 
férieure) le l*"^ novembre 1771, tué à l'attaque 
du village de Gossa (Saxe) le 16 octobre 1813. 
Soldat au premier bataillon de la Seine-Infé- 
rieure le 1*"" mars 1792, il fit les campagnes de 



I 



57 



BACHELET — BACHELOT 



58 



1793 à 1799, et devint aide de camp du général 
Vandermaessen. Admis au traitement de réforme 
le 2 avril 1803, il reprit du service le 5 janvier 1804, 
fit les campagnes de l'Espagne , et obtint le grade 
de général de brigade le 30 mai 1813. Le nom 
de ce général est inscrit sur les tables de bronze 
du palais de Versailles. A. S. ..y. 

Jrchivcs de la guerre. — Fictoires et conquêtes , 
l. XXII. 

*BACHELEY (Jacques) , graveur français, 
né à Pont-l'Évêque en 1710, mort en 1781. II ne 
commença à graver que vers l'âge de trente ans ; 
il vint étudier alors à Paris, sous la direction de 
Le Bas. On a de lui des marines et des paysages 
estimés, gravés d'après les maîtres hollandais, et 
qui lui valurent de devenir membre de l'Acadé- 
mie de Rouen. On cite entre autres les gravures 
suivantes : Vtie d'Italie et Vue du Tibre, d'après 
Brennberg; — Vue du pont des Vosges, d'après 
le même ; — Vue du château de Ryswick, d'a- 
près Ruysdael ; — Vue des environs d' Utrecht, 
d'après le même. 

lirsch et Gruber, Encycl, — Naglcr, Neues Kùnstler- 
Lcxicon. 

* BACHELIER (Jean-Marguerite), notaire 
et membre du comité révolutionnaire de Nantes 
en 1793, mort dans cette ville le 10 août 1843. 
On l'a accusé d'avoir fait frapper de mort tous les 
notaires de sa ville natale , pour augmenter le 
nombre de ses clients ; mais cette accusation , 
partie d'un royaliste rédacteur de Mémoires, 
n'a jamais été appuyée de preuves. Bachelier, 
condamné à mort comme complice de Carrier , 
fut gracié quelque temps après. Il tomba dans la 
dévotion vers la fin de sa vie , traduisit en vers 
les Psaumes, et composa des Cantiques. 

Moniteur universel. 

BACHELIER (Nicolas) , sculpteur et archi- 
tecte , né à Toulouse d'une famille originaire de 
Lucques, travaillait encore en 1553. Dans sa 
jeunesse, il étudia à Rome sous Michel-Ange, 
auquel il dut un style plus noble et plus large 
que celui de la plupart des sculpteurs français 
de son époque. Peu apprécié de ses contempo- 
rains , Bacheher mourut ignoré, et ce ne fut que 
longtemps après qu'il fut place au rang qu'il mé- 
ritait parmi les artistes du seizième siècle. 

E. B— N. 

Encyclopédie du dix-neuvième siècle. 

BACHELIER ( Jeau-Jacques) , peintre paysa- 
giste français , né à Paris en 1724 , mort en 1805. 
11 fonda, en 1763, une école gratuite de dessin 
en faveur des ouvriers, et l'ouvrit, en 1766, à 
quinze cents élèves. Il consacra à cet établisse- 
ment les 60,000 livres qu'il avait gagnées dans 
la peinture de genre. Le succès répondit à 
son attente : il obtint des lettres patentes, et 
un présent royal de mille loaîs , pour l'acquisi- 
tion et la disposition des bâtiments. Les sous- 
criptions privées vinrent encore augmenter les 
fonds de création, et cette utile école alla désor- 
mais en prospérant. Bachelier conti-ibua aux 
progrès de la manufacture de Sèvres, qu'il dirigea 



pendant quarante-quatre ans ; il fit abandonner 
les peintures chinoises , et donna l'origine à ces 
dessins qui ont fait la réputation des porcelaines 
sorties de cette manufacture. II aida aussi Caylus 
à retrouver la peinture à l'encaustique des an- 
ciens, et peignit plusieurs tableaux à l'aide de ce 
procédé. On lui doit la découverte d'une autre 
espèce d'encaustique pour enduire les statues de 
mai'bre, et empêcher ainsi certains lichens de les 
détériorer. II peignit des fleurs et des fruits; et 
ces peintures ont du naturel et de la fraîcheur. 
On cite de lui une Chasse à l'Ours et une Chasse 
au lion, tableaux du Louvre. 

Nagler,iVe«e.î Jllpemeines Kunstler-Lexicon. — Chau- 
don et Delandine, Nouveau Dictionnaire historique. 

* BACHELIER {Pierre, sieur de Gentes), 
philanthrope français, né à Reims le 7 juin 1611, 
mort le 4 mai 1672. Après une jeunesse dissi- 
pée , et après des voyages qui ne diminuèrent en 
rien son goût des plaisirs du monde, il se sentit 
subitement enclin à un autre genre de vie, et se 
donna tout entier à la charité et au soulagement 
des pauvres; et c'est par là qu'il mérite une 
place dans la mémoire des hommes. 

Moréri, le Grand Dictionnaire historique. 

* BACHELOT ( François-Marie), membre de 
l'assemblée législative, vivait dans la seconde 
moitié du dix-huitième siècle. Il passa inaperçu 
dans l'assemblée législative dont il faisait partie, 
et fut nommé, en 1795, député du Morbihan 
au conseil des cinq-cents; il ne prit la parole 
qu'une seule fois, dans la séance du 8 vendé- 
miaire an Ti, pour défendre le projet de résolu- 
tion qui excluait de toutes les fonctions publi- 
ques les ci-devant nobles. Il prouva que c'était 
à leurs intrigues qu'il fallait attribuer le massacre 
des républicains de son département. 11 sortit 
peu de temps après du corps législatif, et rentra 
dans l'obscurité. 

Le Bas, Encyclopédie historique de la France. 

* BACHELOT (Jean-Alexis-Augiistin), théo- 
logien français, né en 1790 près de Mortagne, 
mort en 1838. Il professa d'abord les humanités 
et la théologie. Vers 1826 il fut nommé par le 
pape préfet apostolique aux îles Sandwich, et 
se dirigea aussitôt sur Honolulu-Oahu. Une fois 
installé , il eut à lutter contre les missionnaires 
anglicans, qui finirent par défendre aux indi- 
gènes d'assister à ses prédications. Lui-même 
reçut l'ordre de partir, et fut embarqué de force. 
Il se réfugia sur les côtes de la Californie. S'é- 
tant remis en route dans l'intention d'aborder 
aux îles du midi de l'océan Pacifique, il mourut 
des fatigues du voyage. 

Feller, Dictionnaire historique, 

* BACHELOT DE LA PYLAIE {A.-J.-M.) , 

naturaliste français et antiquaire , né à Fougères 
(Ille-et-Vilaine) le 25 mai 1786. Possédé de la 
noble passion des sciences naturelles , il voyagea 
de bonne heure pour la satisfaire, et rapporta, de 
ses nombreuses excursions, des collections de 
plantes fort curieuses, qu'il fi données généreuse- 



59 BACHELOT 

ment au Muséum de Paris. M. Bachelot de la 
Pylaie est membre et correspondant de diverses 
sociétés savantes, et entre autres de la Société 
royale des antiquaires de France. On a de lui : 
Flore de Terre-Neuve et des îles Saint-Pierre 
et Miquelon, avec figures dessinées par l'auteur 
sur laplantevivantejParis, F. Didot, 1829, in-4° 
( interrompue depuis plus de vingt ans, cette pu- 
blication n'aura , selon toute apparence , aucune 
continuation) ; — Traité des algues marines ; 
Paris, 1829, \n-9,''; — MamLelde Conchyliologie; 
Paris, 1828,in-i8 : M. Girault de Saint-Far- 
geau, dans son Guide j)ittoresque en France, 
dit que ce livre est le premier qui ait été publié 
sur ce sujet; — Notice sur la ville de Sainte- 
Suzanne , sur les débris des fortifications vi- 
trifiées de son ancien château, et sur les dol- 
mens situés dans son voisinage (Recueil de la 
Société des antiq. de France, t. Vin, 1829) ; — 
la Roche aux fées (ibid., t. XTI). 
Quérard, la France littéraire (supplément). 

* BACHELC ( Gilbert-Désiré-Joseph, baron), 
général français , né à Dôle ( Jura ) le 9 fé- 
vrier 1777, mort à Paris en juin 1849. Son père 
était conseiller-maître à la cour des comptes 
de cette ville. Le jeune Bacbelu fut reçu, le 3 jan- 
vier 1794, élève sous-lieutenant à l'école du génie 
de Metz. Nommé capitaine en 1795, il fit en 
cette qualité la campagne du Rhin, et se distin- 
gua pendant cette fameuse retraite qui plaça Mo- 
reau au rang des premiers généraux français. Il 
passa ensuite en Egypte, et se signala à la prise 
du Caire, où le général Kléber le nomma chef 
de bataillon. Après s'être battu successivement 
à Damiette, à Alexandrie, à Kosseïrsur la mer 
Rouge, il revint en France avec les débris de 
l'armée d'Orient. Promu au grade de colonel 
aussitôt après son arrivée à Paris , Bacbelu fit 
partie de l'armée expéditionnaire du général Le- 
clerc, destinée à faire la conquête de Saint-Do- 
mingue , et y servit comme colonel du génie et* 
comme aide de camp du général en chef. De re- 
tour en France, il fut successivement nommé 
membre de la Légion d'Honneur et officier de 
cet ordre. Pendant qu'il remplissait au camp de 
Boulogne les fonctions de colonel chef d'état- 
major du génie , un décret du mois de janvier 
1805 lui donna le commandement du 11^ régi- 
ment de ligne, à la tête duquel il fit la campagne 
d'Austerlitz, ainsi que celle de 1807 enDalmatie, 
sous les ordres du maréchal Marmont. Le 30 mai 
de cette même année , il attaqua , près de Castel- 
Nuovo, une position occupée par deux bataillons 
russes et cinq mille Monténégrins , qu'il mit en 
pleine déroute et auxquels il fit éprouver une 
perte de quatre cents hommes. Cette action, et 
sa belle conduite en Croatie durant les années 
1808 et 1809, lui valurent, le 5 juin de cette 
dernière année , le grade de général de brigade. 
Après avou' pris une part glorieuse à la bataille 
de Wagram , le général Bachelu obtint le com- 
niandement en second de la place de Dantzig. 



BACHER 



60 



En 1812, il fit la campagne de Russie sous le 
maréchal Macdonald , et prit une part active , 
pendant la retraite , au combat de Picktispones 
près de Tilsitt, en débusquant deux fois les 
Russes de ce village. Au siège de Dantzig il dé- 
ploya un sang-froid et une bravoure sans égale. 
Nonuné général de division le 26 juin 1813, il 
rentra en France après l'évacuation de Dantzig, 
et fut confirmé par Louis XYlll, en 1814 , dans 
le grade de lieutenant général. En 1815, Bacbelu 
reprit les armes. Napoléon lui ayant confié le 
commandement d'une division du deuxième 
corps aux ordres du général Reille , il passa la 
Sambre à Marcluennes le 15 juin, attaqua un 
corps de troupes alliées vers Gosselies , le cul- 
buta, le poursuivit sur la route de Bruxelles, et 
lui fit deux cent cinquante prisonniers. Le 16, il 
se battit aux Quatre-Bras, et, le 18, son sang 
coula comme celui de tant de braves sur le champ 
de bataille de Waterloo. Après le licenciement 
de l'armée de la Loire, le général Bachelu revint 
à Paris. 11 y vivait tranquille, lorsque, le 15 oc- 
tobre , le ministre de la police ordomia son arres- 
tation. Sa captivité, qui dura quatre mois, fut 
suivie d'un exil hors de France. Rappelé en 1817, 
on le replaça dans le cadre de l' état-major de 
l'armée; mais en 1824 il fut compris dans l'or- 
donnance royale qui mettait à la retraite l'élite 
des officiers de l'empire. En 1831, il devint mem- 
bre du conseil général du Jura ; élu député par 
le collège électoral de Dôle en 1837 et par celui 
de Chàlons-sur-Saône en 1838, il prit place sur 
les bancs de l'opposition, et mourut à l'âge de 
soixante-douze ans. 

AuG. Amic. 
Biographie nouvelle des Contemporains. — Les Fastes 
de la Légion d'Honneur. 

BACHEK ouiiACHËUUTS (George-Frédéric), 
médecin français, né à Blotsheim, dans la haute 
Alsace, le 26 octobre 1709, mort à Paris vers la 
fin du dix-huitième siècle. Il étudia à l'univeisité 
de Besançon, où il fut reçu docteur. Il se fit une 
grande renommée par ses pilules d'ellébore, pies- 
crites contre certaines hydropisies. 11 les préco- 
nisa dans les écrits suivants : Précis de la 
méthode d'administrer les pilules toniques 
dans les hydropisies; Paris, 1765, 1767, 
in-12, et 1771, avec des annotations; — Obser- 
vations faites par ordre de la cour sur les 
hijdropisies , et sur les effets des p)ilules toni- 
ques; Paris, 1769, in-12; — Exposition des 
différents moyens usités dans le traitement 
des hydropisies; 1765, in-12; — Recherches 
sur les maladies chroniques ; 1776, in-8°; — 
Traité des incorporations , vertus et proprié- 
tés des eaux minérales; 1772, in -.12; — Se- 
conde lettre à M. Bouvart, sur les maladies 
chroniques; 1776, in-S". 

Son fils , Alexandre- André- Philippe-Frédé- 
ric, né à Thann vers 1730, mort à Paris le 19 oc- 
tobre 1807, fut également médecin. Il commença 
d'abord par travailler à la rédaction du Journal 



61 BACHER 

de médecine depnis 1776 jusqu'en 1793. Élève 
de son père , il vint ensuite à Paris, et y fit partie 
de la Faculté en 1772. Il préconisait l'emploi des 
pilules toniques de son père contre l'iiydropisie, 
et continua le Journal de médecine de Rouy 
depuis 1776 jusqu'en 1793. Comme il s'occupait 
en même temps de philosophie, il étudia les 
principes émis dans la Déclaration des droits 
de Chomme, et, partant de là , U conçut un plan 
de rénovation complète de la société. Son pre- 
mier projet était d'établir un Cours de droit 
public, dans lequel il devait développer son sys- 
tème ; mais il ne put trouver tuie chaire pour son 
enseignement. Il prit alors le parti de faire im- 
primer ses idées sous ce titre : les Opinions 
écartées par V évidence, répertoire politique 
et moral, etc. En 1805, parurent deux volumes 
de son Cours de droit public, qui devait en 
avoir cinq. Ces derniers , quoique imprimés , ne 
furent pas mis en vente; aussi sont-ils extrême- 
ment rares : ils suffisent néanmoins pour faire 
connaître le plan de l'auteur , qui est un des plus 
hardis qui aient vu le jour. On lui reproche un 
style dur et de fréquentes répétitions. 

Nouvelle Biographie des Contemporains. — Quérard, 
la France littéraire, t. l^'. — Barbier, Examen des dic- 
tionnaires historiques, t. F'', p. 68. — Carrère , Biblio- 
thèque historique et critique de la médecine. — Dic- 
tionnaire d'Éloy. — Recueil des observations faites dans 
les hôpitaux militaires , année 1772, in-4°. 

* BACHER ( TV. ) , marchand à Naples , vivait 
dans la première moitié du dix-neuvième siècle. 
Il conspira en l'an vu, dans le but de renouve- 
ler les Vêpres siciliennes , en massacrant l'ar- 
mée française qui occupait Naples. Le complot 
ayant été découvert, Bâcher fut condamné à 
mort , et exécuté avec quelques-uns de ses com- 
plices. 

Le Bas , Dictionnaire encyclopédique de la France. 

BACHRK ( Théobald ), diplomate français, né 
le 17 juin 1748 à Thann en Alsace, mort en 
1813. Il suivit d'abord la carrière militaire, et 
rempHt, de 1797 à 1813, les fonctions de chargé 
d'affaires en Suède , à Ratisbonne et à Francfort. 
Il a laissé quelques mémoires Intéressants sur 
l'Allemagne et la Suisse. 

Biographie des Contemporains. 

BACHËBACHT (Henri), médecin russe, né 
à Saint-Pétersbourg le 27 décembre 1725. Ses 
études faites , il entra en qualité d'élève à l'hô- 
pital de Moscou, et devint ensuite clùrurgien à 
l'hôpital de la marine. En 1746, il alla compléter 
SCS études médicales à l'étranger, notamment à 
Leyde et à Gœttingue. Il fut reçu docteur dans 
la première de ces deux villes le 20 février 1750 , 
et revint ensuite dans sa patrie à la fin de la 
même année. En 1751 , il fut nommé médecin de 
l'artillerie et du génie; et en 1776, après avoir 
rempli cet emploi pendant vingt-six ans , il fut 
attaché à la marine impériale. On a de lui : Dis- 
sertatio inauguralis de ligamentorummorbis ; 
Leyde, 1750, in-4°; — Practische Abhandlwig 
ilber den scharbock , zum Gebrauche der 
Wundeerzte bei der Russisch Kaiserlïchen Ar- 



— BACHET 



62 



mee.und Flotte (Traité pratique du scorbut, à 
l'usage des chirurgiens de l'armée et de la flotte 
impériale russe) ; Saint-Pétersbourg, 1790, in- 8° ; 

— d'autres traités sur diverses matières médi- 
cales : sur l'art d'inoculer (en langue russe, 
1769, in-S"; — un Traité sur les maladies que 
l'abus des plaisirs vénériens fait naître chez 
les deux sexes (-en russe); Saint-Pétersbourg, 
1765, in-8°. 

Biographie médicale. 

BACHERius. Voyez Bâcher. 

BACHET {Claude-Gaspard, sieur de Mezi- 
riac) , savant français, né à Bourg-en-Bresse le 
9 octobre 1581 , mort le 25 février 1638. Il passa 
une grande partie de sa jeunesse à Paris et à 
Rome. Dans cette dernière ville il s'exerça à la 
poésie italienne , ayant pour émule Vangelas , qui 
s'y trouvait aussi à cette époque. Pendant son sé- 
jour à Paris , il fut question de le faire précepteur 
de Louis XIII. Meziriac était si peu courtisan, 
et il avait tant d'amour pour l'indépendance, 
qu'une pareille proposition l'effraya. Il quitta 
brusquement la capitale, et disait qu'il n'avait 
jamais été si en peine, s'imaginant déjà porter 
sur ses épaules le lourd fardeau du royaume. 
De retour chez lui à Bourg, il se maria avec 
Philiberte de Chabeu, fille de Claude de Cha- 
beu , écuyer du Puget. Son choix fut heureux, 
à ce qu'il parait ; car il avoue lui-même que c'é- 
tait la meilleure chose qu'il eût faite en sa .vie. 
Doué d'un esprit vif, naturel et très-cultivé, 
d'une humem douce et enjouée , il gagna l'es- 
time et l'affection de tous ceux qui le connais- 
saient. Il était l'ami du poète Racan,. dont il fit 
jouer les Bergeries à Bourg sur un' théâtre de 
société, après avoir fait quelques changements 
à la pièce. En 1635, l'Académie française, qui 
venait d'être créée, le reçut au nombre de ses 
membres. Meziriac fut, au jugement de Bayle, un 
assez bon poète en français, en italien et en 
latin ; un excellent grammairien , un habile hellé- 
niste et un grand critique. Il fut aussi philosophe, 
théologien et mathématicien. Voici la liste de 
ses ouvrages : Problèmes plaisants et délecta- 
bles qui se font par les nombres : ce hvre, le 
premier que publia Meziriac , fut imprimé en 
1613; onze ans après, l'auteur lui-même en 
donna une secoude édition, corrigée et augmentée ; 

— Diophanti Alexandrini Arithmeticorum 
libri sex, et de numeris multangulis liber 
unus; nunc primum greece et latine editi, 
atque absolutissimis commentariis illustra ti , 
auctore Claudio Gaspare Bacheto Meziriaco 
Sebiisiano;Pa.Tis, 1621,in-fol. : PeUissonditque 
Fermât , et tous ceux qui entendaient l'algèbre , 
faisaient grand cas de cet ouvrage; Vossius en 
a parlé avec beaucoup d'éloges; Descartes le 
tenait aussi en grande estime. Mais il n'en était 
pas de même de Malherbe : un jour qu'il entendait 
louer outre mesure ce livre comme fort utile au 
public, il demanda s'il ferait amender le pain ; 
on eût pu adresser la même question au poète 



63 



BACHET -» BACHEVILLE 



64 



au sujet de ses odes; — Chansons dévotes et 
saintes sur toutes les principales fêtes de 
l'année et sur autres divers sujets; Dijon, 
1615, in-8°; Lyon, 1618, in-12 : on y trouve 
quelques pièces de son frère Guillaume Bachet; 
— les Épîtres d'Ovide en vers français, avec 
des commentaires fort curieux, par Claude- 
Gaspard Bachet, sieur de Meziriac, première 
jwrtie, à Bourg-en-Bresse, par Jean Teintu- 
rier, 1626, iii-8" : cet ouvrage a fait principa- 
lement la réputation de Meziriac ; ce n'est pas 
à cause de la traduction, car elle est diffuse, 
et dégénère souvent en une languissante pa- 
laphrase; la poésie, d'ailleui's, en a vieilli, et 
depuis longtemps on ne la lit plus; mais les 
commentaires que l'auteur a joints à cette tra- 
duction font autorité pai-mi les savants; une 
érudition riche et variée, une critique judi- 
cieuse, un style clair et aussi agréable que de 
pareilles matières peuvent le permettre , en ren- 
dront toujours la lecture utile et même at- 
trayante. Cet ouvrage était devenu une véritable 
rareté typographique, lorsqu'on en publia une 
nouvelle édition , augmentée de plusieurs opus- 
cules du même auteur, tels que : une Épitre de 
la Vierge Marie à Jésus-Christ, en vers latins ; 
des Poésies italiennes ; la Vie d'Ésope, tirée 
des anciens auteurs ; un discours sur la tra- 
duction; des remarq^ics sur l'origine du mot 
jAigdzinum ; des remarques sur un jmssage 
de Pline (XXXITT, 3) : tous ces opuscules 
avaient été publiés séparément ; les deu\ der- 
niers seuls étaient inédits. Cette nouvelle édition 
parut à la Haye, chez M. -H. du Sauzet, 1716, 
2 vol. in-8°. Enfin, parmi les ouvrages que Ba- 
chet se proposait de publier, si la mort lui en eût 
laissé le temps, se trouvait un commentaire 
sur Apollodore , que l'auteur paraît avoir laissé 
en manuscrit. 

^\ov(:t\ , Dictionnaire historique. — io\y , Éloges de 
quelques auteurs français. — Guiclienon, Histoire de 
la Bresae et du Bugeij. — Le Has , Dictionnaire ency- 
clopédique de la France. — Nicéron, Mémoires. 

* liACHUT (Guillaume ) , traducteur et poly- 
graphe français, frère du précédent, vivait vers 
la première moitié du dix-septième siècle. On a 
de lui , entre autres , Épitre d^Œnone à Paris, 
traduit du latin d'Ovide; Lyon, 1618, in-12. 

Nicéron, Mémoires. — Adelung, Supplément à Jdcher, 
Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BACHET ( Pierre ) , seigneur de Meziriac ou 
de Meyseria, jurisconsulte français , vivait dans 
la seconde moitié du seizième siècle. II fut 
lieutenant général du bailliage de Bresse, sous 
Henri II, puis juge des appellations lorsque cette 
province passa sous la domination de la Savoie. 
On a de lui : Consultations, 1 vol., et Let- 
tres, 1 vol., contenant sa correspondance avec 
les principaux savants de l'Europe. — Pierre 
Bachet avait épousé la fille d'un gentilhomme 
portugais , Françoise Soria , dont il eut Claude- 
Gaspard. 

Moréri, Dictionnaire historique. 



*BACHETON ( Jérôme- Léopold) , médecin 
du dix-huitième siècle. On a de lui : Anatomia 
medicinse theoreticae et practicœ ministra, 
cautelisque in praxi observandis illustrata ; 
Inspruck, 1740,in-4°. 

Adelung, Supplément à Jôcher, AUgemeincs Gelehr- 
ten-Lexicon. 

*BACHETTi {Laurent), médecin et juris- 
consulte italien , natif de Padoue, vivait dans la 
seconde moitié du dix-septième siècle. Il pro- 
fessa la médecine à Padoue de 1688 à 1708, et 
se fit également remarquer dans la piatique de 
son art. On a de lui : Dialoghi sopra l'acido e 
sopra Valkali, con un esame di qualchs ri- 
flessione del sig. Boyle sopra questi prin- 
cipj, dans la Galleria di Mincrva , t. I ; — Os- 
servazione nel cadavero del padre don Pio 
Capodivacca , d'un estraordinario ed énorme 
allungamento delventricolo, dans le Giorn.de' 
letterati d'Italia, t. XXX. 

Mazzuchelli , Scrittori d'Italia. — Adclunj?, Supplé- 
ment à Jochcr, AUgemeincs Gelehrten-Lexicon. 

*BACHETTOJXi { Joscph-Marie) , médecin 
italien, natif de Bologne, vivait dans la première 
moitié du dix-huitième siècle. On trouve son 
nom cité avec éloge dans les commentaires de 
l'Institut de Bologne. On a de lui : Lettera 
scritta aW illustrissimo D. Dionisio Sancas- 
sani , filosofo e medico delV illust. città di 
Spoleto, dal sig. Giuseppe Maria Bachettoni, 
D. in filosofia e medicina chirurgo, litotomo 
ed oculista del illustrissimo ed eccelso se- 
nato di Bologna; Spolète, 1729, in-4"; on y 
trouve l'indication des moyens de guérir la plaie 
qui résulte de la lithotomie. 

Biographie médicale, — Adclunfr, Supplément ,à Jô- 
cher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

* BACHEVILLE ( les frères Barthélémy et 
Antoine) , officiers et voyageurs français, na- 
quirent tous deux à Trévoux, et moururent, 
le cadet à Mascate, au mois de juin 1820 , et 
l'aîné à Paris , en 1835. Ils suivirent la carrière 
des armes, et assistèrent à toutes les batailles 
qui illustrèrent les armes françaises depuis 
1804 jusqu'en 1814. Lorsque Napoléon eut ab- 
diqué, l'aîné, Barthélémy, le suivit à l'île 
d'Elbe. Il combattit avec son frère à Fleu- 
rus et à Waterloo. Après cette courte et désas- 
treuse campagne , les deux frères se letirèrent , 
dans leurs foyers. Accusés de conspiration poli- 
tique, ils parvinrent à s'échapper des mains des 
gendarmes qui devaient les arrêter. Ils quittè- 
rent la France, où leur tête avait été mise à prix, 
et se réfugièrent d'abord en Suisse; puis ils 
parcoururent la Bavière, la Saxe, laSilésie ; et ar- 
rivèrent à Varsovie, où ils furent bien accueillis 
de la comtesse Dembinska. Après un séjour de 
quelques mois dans le château de cette dame , 
ils se rendirent en Moldavie, où ils se séparèrent 
pour ne plus se revoir. Antoine resta à Jassy, et 
Barthélémy partit pour Bucharest. De là il vint 
à Constantinople , où il apprit que l'ambassadeur 
français négociait son extradition. Pour prévenir 



65 

le danger qui le menaçait , il s'embarqua pour 
Smyme, et se rendit ensuite à Athènes. Pressé 
par le*esoin, seul, isolé sur une terre étrangère, 
et sans espoir d'être secouru, le malheureux 
Barthélémy était réduit au désespoir, lorsqu'il 
reçut un jour la visite d'un agent du fameux 
Ali-Pacha, qui l'engageait à son service. Barthé- 
lémy partit avec une caravane pour Janina. 
Après quelques jours de marche , ils s'enga- 
gèrent dans les gorges du mont Olympe, où ils 
furent assaillis par une bande de brigands turcs 
qui ravageaient la contrée. Bacheville prit le 
commandement de la petite caravane , attaqua 
l'ennemi, le culbuta, et l'obligea à chercher son 
salut dans la fuite. Le succès de cette rencontre 
le recommanda auprès d'Ah-Pacha, dont il obtint 
la confiance. 

Cependant Antoine, son frère, impatient de le 
revoir, se mit en route pour Constantinople. 
Trompé dans ses prévisions, et peu désireux de 
revoir le sol natal avec la perspective d'être jeté 
dans les fers , il partit pour l'Egypte, passa de là 
en Perse , et se rendit enfin à Mascate, où les 
fatigues du Désert, et le regret d'être séparé de 
son frère, lui causèrent une maladie dont il 
mourut dans le courant de juin 1820. — De son 
côté Barthélémy , indigné des atiocités d'Ali- 
Pacha , quitta le service du tyran de Janina; il 
sortit furtivement de la capitale de l'Albanie, et 
revint en France , où il purgea sa contumace, et 
fut acquitté. Auguste Amic. 

yoyages des frères Bacheville en Turquie et en Asie, 
après leur condamnation par la cour prévôtale du 
Rhône en 1316, 1 vol. in-8°, 1822. 

* BACHi ( Jean de ) , compositeur français du 
seizième siècle. Il laissa des motets, publiés dans 
le Thésaurus musicus de Neubert et Monta- 
nus; Nuremberg, 1564, t. I. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

*BACHiACCA {F7-ancesco-Ubertini, dit le) , 
peintre, né à Florence , mort dans cette ville en 
1557. Il fut élève du Pérugin, qui enseigna long- 
temps en Toscane; mais ce fut sans doute à 
l'amitié et aux conseils d'Andréa del Sarto qu'il 
dut de s'éloigner de la manière roide et sèche des 
anciens, pour se rapprocher du style moderne ; 
en effet, ses di-aperies ont une ampleur que l'on 
chercherait en vain dans celles de son maître. 
Il excella surtout dans les sujets de petite pro- 
poiiion ; en ce genre , on admire avec raison un 
Martyre de saint Arcade , peint sur un gradin 
d'autel dans l'église de Saint-Laurent. Il peignait 
habilement ces arabesques que les Italiens ap- 
pellent grotesques; il ne réussissait pas moins 
bien dans la représentation des animaux, dont il 
décorait des plafonds, des lambris, et jusqu'à 
des meubles. On cite parmi ces derniers le lit 
nuptial de François de Médicis et de Jeanne 
d'Autriche. Bachiacca fournit aussi des car- 
tons qui furent exécutés en tapisserie par un de 
ses frères, Antonio Ubertini. Son autre frère, 
Baccio, fut im peintre de talent. E. B....N. 

Vasarl, Vite dei pittori — Lanzi, Storia délia pittura. 

NOOV. BIOGR, UNIVERS. — T. IV, 



BACHEVILLE — BACHMAKN 



66 

— Baldiniiccl, Notizie dei professori. ■ . Ticozzi, Dizio- 
nario dei pittori. — Orlandl , Abecedario pittorico. — 
K. Fantozzi , Nuova guida di Firenze. 

* 6ACHICH {Antoine), moraliste hongrois, 
mort en 1759. Il appartenait à l'ordre de Saint- 
François, et remplit d'importantes fonctions dans 
sa commimauté. Il laissa une morale chrétienne 
en langue slave, sous ce titre : Istina Karst- 
janska. 

Horany, Mémoria Hungarorum. — Adelung, Supplé- 
ment à Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BACH1ÈNE ( Guillaume-Albert) , géographe 
hollandais, né en 1718, mort en 1783. Kn 1759, il 
fut pasteur de l'église réfoi-mée et de Maestricht, 
et en 1764 U professa l'asti'onomie et la géogra- 
phie dans la même ville. On a de lui : Aardrig- 
kundige Beschrijving van liet Joodsche Land 
(Description géographique du pays des Israélites), 
neuf cahiers, 1765, avec douze cartes; — Ker- 
kelijke Géographie, etc. (Géographie ecclésias- 
tique), 1778, cinq cahiers avec cartes; — Nieuive 
Géographie van de vereenigde Nederlanden 
(Nouvelle géographie des Pays-Bas), faisant 
suite à l'ouvrage de Busching. 

Son frère, Jean-Henri Bachiène, né en 
1708, mort en 1789, publia des ouvrages de 
morale et de théologie , dont les principaux ont 
pour titre : Eerste Beginzelen der goddelijke 
Waarheden , 1759; — De Leer der Sacra- 
menten, etc.; 1771. 

Sax, Onomasticon literarium. 

* BACHiLLANi , philosophe et théologien 
arabe, mort à Bagdad en 1014. Il exerça les 
fonctions de juge dans cette ville, et fut chargé 
par le khalife de se rendre à Constantinople 
poiir y conférer sur certains points de doctrine 
avec les théologiens grecs. Bachillani discuta 
tout un jour avec eux sur ces matières, et trans- 
crivit ensuite le résultat de cette conférence. Il 
fit d'autres ouvrages, restés inédits. 

Léon l'Africain, de Medicis et Pkilosophis. — Jôclicr, 
Jllgemcines Gelehrten-I,exiçon. 

*BAceiM {Arnold), philosophe allemand, 
vivait dans la seconde moitié du dix-septième 
siècle. On a de lui : Pansophia Enchiretica, seu 
Philosophia univer salis experimentalis in 
Academia Moysis, primum per sex prima ca- 
pita Geneseos tradita, demum per ignem exa- 
mtnata et probata; Nuremberg, 1672 ou 1682. 

Adelung, Supplément à Jôcher, AUgemeines Gelehr- 
ten-Lexicon. 

* BACHINI {Théodore), compositeur etcor- 
delier italien, du seizième siècle ou des pi-emières 
années du dix-septième. Il devint maître de 
chapelle de l'archiduc d'Autriche, duc de Man- 
toue. On a de lui : de Musica, traité vraisembla- 
blement resté manuscrit, et composé vers 1636» 

Fétis , Biographie universelle des Musiciens. 

BACHius [j.-A.). Voyez Bach. 

BACHMANN-ANDEBLETZ (le baron NiXiolas ■ 
François de), général suisse, né le 27 mars 
1740 à Naefels (canton de Glaris), mort en 
1831. A neuf ans, il entra au service de la 
France, et fit, en qualité de capitaine', la 

3 



67 



BACHMANN 



68 



guerre de sept ans. En 1763, ii obtint le gi-ade 
de major; en 1769, il fit manœuvrer, au camp 
de Verberie, quatorze bataillons allemands et 
suisses, sous les yeux de Louis XV ; après la 
journée du 10 août 1792, il se déroba par la 
fuite à une mort certaine. Il prit du sei-vice en 
Sardaigne, où il obtint le grade de général-ma- 
jor. Les événements le forcèrent à rentrer dans 
son pays, où il prit part, contre les Français, aux 
combats de Zurich, de Feldkirch et de Zug, 
pendant le règne du parti français en Suisse , et 
s'établit quelque temps en Souabe. A la rentrée 
des Bourbons il reçut des mains de Louis XVIII 
le brevet de commandeur de Saint-Louis , et se 
retira dans ses terres ( canton de Claris), ou il 
mourut à l'âge de quatre-vingt-onze ans. 

Girard, Histoire des officiers stiisses gui se sont dis- 
tingues aux services étrangers; Fribourg, 1781, t. I, 
p. 48. 

*BACHMANN (M. -Antoine), philosophe al- 
lemand, vivait dans la première moitié du dix- 
septième siècle. On a de lui : Ja7iuœ lingua- 
rum ciim prsefatione Andr. Rivini ; sans 
date, in-12 ; — Diss. de hodierno rei numma- 
rise statu; Halle, 1622, in-12; — Janua Lati- 
nitatis bipatens, h. e. Phrases et Vocabula- 
rium lat. et germ., etc. ; Leipzig, 1631, in-16. 
Adelung, Supplément à Jôcher,/<iijemeines Gelehrten- 
I^xicon. 

*BACHiMANN (Charles-Louis) , luthier et 
musicien allemand, né à Berlin en 1716, mort 
dans la même ville en 1800. Déjà remarquable 
par sentaient sur la viole, il se distingua suitout 
comme luthier. Ses instruments, et particulière- 
ment ses violons et ses violes, sont fort estimés 
en Allemagne. On lui doit l'invention des che- 
villes à vis pour la conh-e-basse , qu'il appliqua 
ensuite aux violoncelles et môme aux violons. 
Vers 1780 il imagina une espèce de guitare à 
clavier qui portait vers la droite de la table un 
mécanisme au moyen duquel on faisait frapper 
les cordes par de petits marteaux. Cet instru- 
ment ne réussit guère. En 1765, Rachmann fut 
nommé luthier de la cour. Cinq ans plus tard , 
il fonda, conjointement avec Benda, le concert 
des amateurs de Berlin. Bachmann est mort à 
quatre-vingt-quatre ans. Ses deux fils devinrent 
musiciens de la chapelle du roi. 
Fétis, Biographie des Musiciens. 
* BACHMANN (Chrétien-Louis) , médecin et 
musicographe allemand, vivait dans la seconde 
moitié du huitième siècle. En 1785 il étudiait à 
l'université d'Erlangen. On a de lui : EntwurJ 
zu Vorlesungen ûher die Théorie der Musik , 
insofern sie Liebhabern derselben nothwen- 
dig und nûtzlich ist (Idée d'un cours de 
théories de la musique , autant qu'elle est né- 
cessaire et utile aux amateurs de l'art ) ; Erlan- 
gen, 1785. Au jugement de Gerber, c'est une 
reproduction de la dissertation de Forkel sur 
le même sujet; — Dissert, inaug. medica de 
efjectibus viusicse in hominem ( sans date ). 

Gerber, BiographischesLexicon der 'fonkûnstler. — 
Fétls. Biographie des Musiciens. 



i&kCH^\x^^ {Jacques- Joseph- Antoine-Léger, 
baron de) , major-général suisse au service de 
la France, né en 1733, mort le 3 septembre 
1792. Entré jeune encore dans un des régiments 
envoyés en France, il prit part à la guerre de 
sept ans, reçut plusieurs blessures sur le champ 
de bataille, et se distingua par une rare habileté 
dans des manœuvi'es. Il était major général des 
Suisses à Paris le 9 août 1792, et défendit alors 
à la tête de ses troupes le roi Louis XVI. Bach- 
mann fit preuve de courage alors; et le jour sui- 
vant, arrêté et conduit à l'Abbaye, puis à la Con- 
ciergerie, il fut traduit en jugement devant le 
tribunal dit rfw iOaoût. En vain récusa-t-il cette 
juridiction par le motif tiré de sa nationalité : on 
passa outre, et Bachmann fut condanmé, puis 
exécuté, le 3 septembre 1792. 
Biographie nouvelle des Contemporains. 
BACHMANN {Jean-Henri), généalogiste al- 
lemand, né à Feuchtwangen le 13 janvier 1719, 
mort à Deux-Ponts le 15 juillet 1786. Il était 
conseiller intime et archiviste du duc de Deux- 
Ponts. On a de lui ( en allemand ) : Droit poli- 
tique du palatinat de Deux-Ponts ; Tubingen, 
1784, in-8°, avec dix tableaux synchroniques de 
la généalogie de la maison de Deux-Ponts ; — 
Exposition des droits par fidéicommis de la 
maison palatine en général, et du duc régnant 
de Deux-Ponts, sur les pays et les sujets laissés 
•par feu Maximilien-Joseph , électeur de Ba- 
vière, avec 64 documents et une table généa- 
logique; Deux-Ponts, 1778, in-4''; — Douze 
chartes, pour servir à Phistoire de la captivité 
de Philippe le Généreux, landgrave de If esse, 
tirées des archives de Deux-Ponts , et accom- 
pagnées de notes ; Manheim, 1767, in-8''. 
Sax, Onomasticum literarium. 

*BACHMANN (Louis) , philologue contempo- 
rain et habile helléniste. On ignore la date de 
sa naissance. Il a donné la meilleure édition de 
Lycophron. Deux volumes d'Anecdota, extraits 
de la Bibliothèque de Paris et des scolies d'Ho- 
mère, d'après un manuscrit de Leipzig. 

* BACHMANN {Sixte) , compositeur alle- 
mand, né le 18 juillet 1754, mort vers 1820. A 
neuf ans il lutta sans désavantage avec Mozart 
sur le piano. 11 entra ensuite chez les bénédictins 
de Rittershausen, et dès lors il commença à com- 
poser sur le piano. Chez les prémontrés de March- 
thaljOù on l'envoya plus tard , il étudia avec 
ardeur la science du contre-point. Bachmann 
composa beaucoup dans le style ecclésiastique, 
mais pubHa peu de chose. On a de lui : deux So- 
nates pour le clavecin; Vienne, 1786 ; — Collec- 
tion de petites pièces pour le même instrument ; 
Spire, 1791 ; — Sonate pour le piano; Munich , 
1800 ; — Fugue pour l'orgue; Spire, 1792 ; — 
plusieurs ouvrages manuscrits , parmi lesquels 
des messes, des cantates religieuses, une sym- 
phonie, des sonates et quelques.fugues. 

Fétiiî, Biographie des Musiciens, 



69 



BACHMANN 



*BACHMANN (Gottlot)), compositeur alle- 
mand, né le 28 mars 17&3, mort vers 1810. A 
quinze ans , il reçut de l'organiste Frech des le- 
çons de piano et de solfège. Sept ans plus tard; 
Bachnnann composa quelques sonates de piano. 
En 1785, il se rendit à Leipzig pour y étudier le 
contre-point et les belles-lettres, et se passionna 
pour les compositions de Kozelucli et les quatuors 
de Pleyel, qu'il imita. Mais Haydn et Mozart le 
firent revenir de cet engouement ; il prit pour mo- 
dèles ces deux grands maîtres , et écrivit dans 
leur style des quatuors et des symphonies. En 
1790, il se rendit de Leipzig à Dresde auprès 
de Naumann, qui le conseilla utilement^ et dont 
il adopta les préjugés contre la musique instru- 
mentale, d'abord préférée. En 1791, Bachmann 
devint organiste à Zeitz, où il demeura jusqu'à 
sa mort. On a de lui, entre autres compositions : 
Phosdon et Naïde, opéra en un acte; — Don 
Silvio de liosalva , deux actes arrangés pour le 
piano; Brunswick , 1797; — Orphée et Eury- 
dice, deux actes; Bninswick, 1798 : — Poé- 
sies léfjères de Matthison et de Jacobi, mises en 
musique; Halle , 1795 ; — douze Chansons alle- 
mandes; Offenbach; — Héro et Léayidre, bal- 
lade de Biirger ; Offenbach, 1798 ; — Complainte 
d'une jeune fille, de Schiller; Augsbourg, 1799; 

— Léonard et Blondine, ballade; Leipzig; — 
Léonore , ballade de Biirger; Vienne; — Die 
Bûrgschaft, de Schiller; Vienne; — Ballades, 
de Goethe; — plusieurs Symphonies pour l'or- 
chestre, des Sonates , etc. Les premières de ces 
compositions ont été jugées assez faibles. 

Fétis, Biographie des Musiciens. 

BACHMEGYBi { Etienne- Paul) , médecin 
hongrois , natif de Trentschin vers la fm du dix- 
septième siècle, mort en 1735. D étudia dans les 
universités allemandes , et devint versé dans les 
mathématiques et la chimie. Il croyait à l'alchi- 
mie, et y perdit une partie de sa fortune et sa vie : 
l'éclat d'un vase qui lui servait dans une opéra- 
tion chimique lui fit à la figure une blessure grave 
dont l'ulcération lui causa la mort. On a de lui : 
Observationes de morbo CSŒMER Hungariee 
endemio, que l'on trouve dans les Disputationes 
medicse de Jean Milleter; Leyde, 1717, in-4°; 

— Otia Bachmegybiana , documenta veritatis 
fidei romano-catholicée forma colloquii ; Tir- 
nau, 1733, in-8° ; — d'autres observations, dans 
les Observationes médicinales Vratislavienses , 
tentam. VTH-XV, et dans le Commercium lit- 
terarium Noricum; 1733. 

Weszprem , Bjojjrap/j. medic. Hungar. — Adelung, 
Supplénaent à Jôcher, Mlgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BACH ON (Jean), mathématicien français, 
vivait dans la seconde moitié du dix-septième 
siècle. Il laissa : Demoyistratio quadraturas 
circuli ; Paris, 1657, in-8°, et d'autres écrits dans 
le même genre. 

De Châles, Hist. des Lyonnais, t. Il, p. 66. — Adelung, 
Supplément à Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

'^BACHOT {Etienne), médecin français et 
poète latin natif de Sens, vivait dans la seconde 



— BACHOV 70 

moitié du dix-septième siècle. Il fut membre 
de l'Académie de médecine de Paris. Il soutint 
une thèse sur la question de savoir si l'usage 
du chocolat est salutaire; et laissa entre 
autres ouvrages : — Apologi-e ou défense 
pour la saignée contre ses calomniateurs , 
et réponse au libelle intitulé : Examen 
ou raisonnement sur l'usage de la saignée; 
Paris, 1646-48, in-8°; — Sonnets d'Isaac de 
Benserade , traduits en vers latins, sans indica- 
tion de date et de lieu d'impression ; — Vespe- 
rix et pileus doctoralis cum quœstionibus 
medicis; Paris, 1675; — Parerga seu horee 
subcesivx , quïbus continentur poemata la- 
tina et galUca ; Paris, 1686. 

Carrère , Bibl. de la méd. — Adelung, Supplément à 
Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BACHOT (Gaspaixl), médecin français, né vers 
1550 dans le Bourbonnais, mort vers 1630. Il 
étudia à Paris sous le célèbre Riolan , et exerça 
sa profession à Thiers. Il est connu par un ou- 
vrage aussi intéressant que rare, intitulé Er- 
reurs populaires touchant la médecine et le 
régime de santé; Lyon, 1626, in-8". Cet ou- 
vrage, divisé en cinq livres, était destiné par 
l'auteur à réfuter celui que Joubert avait publié 
sous le même titre. 

Carrère, Bibliothèqiie de Médecine. 

BACHOV D'ECHT, nom d'une famille origi- 
naire de Cologne, devenue noble sous l'empe- 
reur Charles V, vers 1525. Les personnages les 
plus remarquables de cette famille sont les sui- 
vants : 

I. Reinhart ou Reinier Bachov d'Echt, 
théologien allemand , né en 1544, mort en 1614. 
Il devint bourgmestre de Leipzig , où il s'établit 
en qualité de commerçant; mais il ne tarda pas 
à être banni de cette ville pour ses doctrines cal- 
Ainistes, et fut bien accueilli à Heidelberg, où 
il mourut. On a de lui : Catechesis Palatina- 
tus testimoniis Scripturx ac Sententiis Pa- 
trum quiprimis 100 a C. N. annis in Ecclesia 
claruerunt ornata. 

Son fils, portant le même» nom que le père, 
naquit à Leipzig en 1575 ; on ignore la date de 
sa mort. Ce fut un jurisconsulte distingué , et 
professeur à Heidelberg en 1613. Privé de son. 
emploi pendant la guerre de trente ans , et 
obligé de se retirer du Palatinat, il vint'à Heil- 
bronn en 1622, et retourna plus tarda Heidel- 
berg, où il s'adonna tout entier à l'étude et à la 
composition de ses ouvrages. Au rapport de 
plusieurs écrivains , il abjura avant sa mort la 
foi catholique , et embrassa les doctrines luthé- 
riennes. On a de lui : Notse et Animadv. ad 
Trentleri Disput. ;3\ol.; Heidelberg, 1617-1619, 
in-4° ; — Notas et Animadv. in Practica Vesen- 
becii; Cologne, 1611 ; — Notas et Animadver- 
siones in Ant.-Fabr. Rationalia, et librum de 
Erroribus pragmaticorum ; Francfort, 1630 ; — 
Tractatus de pignoribus et hypotheçis ; Franc- 
fort, 1656; — Tractatus de actionibus; 1657, 

3. 



71 



BACHOV ~ BACICCIO 



72 



in-4»; — Comment, in primam partem Pan- 
dect.; Spire, 1630, in-4°; — Comment. Theor. 
pract. in Hb. IV Inst.; Francfort, 1628, in-4°. 
Vinnius a fait usage de ce dernier ouvrage sans 
mentionner l'auteur. 

* n. Frédéric-Jean Bachov , diplomate alle- 
mand, né à Gotha en 1643, mort en 1736. Il 
remplit les fonctions de ministre du duc de Gotha, 
et se distingua particulièrement comme diplo- 
mate dans ses rapports avec les cours étrangères. 
On a de lui ; Disp. de morum cumjure scripto 
contentione; Halle, 1701, in-4°; — Dissert, 
octo juris feudalis , publiée à Halle en 1701, 
avec programme de Jacques -Frédéric Ludo- 
vic! . 

*in. ZoMis-fl^enri Bachov d'Echt, diplomate 
et poète allemand , né à Gotha en 1725. 11 étudia 
à Leipzig, et devint conseiller privé de la cour de 
Danemark, qu'U alla représenter ensuite à Ma- 
drid, à Dresde et à Ratisbonne. Il cultiva les 
sciences et la poésie. On a de lui : un Essai 
d'odes et chants spirituels; in-8°, 1774, Al- 
tenbourg. 

Jôchcr, Allgem. Gelefirten-Lexicon, avec le Supplément 
d'Adelung. — Ersch et Gruber, Allgem. Encyclopoedie. 

''BACHSCHMiDT(4niome), compositeur alle- 
mand , natif de Moelk en Autriche , vivait vers 
la première moitié du dix-huitième siècle. Il 
se fit remarquer par son talent sur la trom- 
pette, dont il tirait des sons qui ne semblaient 
pas appartenir à cet instrument. Attaclié à la 
chapelle du prince de Wurtzbourg, Baclisclmiidt 
fut obligé de quitter cet emploi, parce que la 
trompette causait des maux de nerfs à la tante 
du prince. Deux autres princes l'employèrent 
ensuite à divers titres. Le prince d'Eichstaedt 
l'envoya en Italie. Au retour, Bachschraidt com- 
posa, dans le style de Graun, plusieurs opéras 
italiens et allemands. 

Fétis , Biographie ztniverselle des Musiciens. 

BACHSTROM {Jean- Frédéric) , savant alle- 
mand, né en SUésie à la fin du dix-septième 
siècle, mort vers le milieu du dix-huitième. Il eut 
une vie fort agitée. Il étudia d'abord la théo- 
logie à Halle; en 1717, il fut professeur au 
gymnase de Thorn; de 1720 à 1728, aumônier 
d'un régiment saxon à Varsovie; puis il étudia 
la médecine, et devint membre de la Société 
royale des sciences de Londres. En 1729 , il 
fonda une imprimerie à Constantinople , et en- 
treprit une traduction de la Bible en turc. On a 
de lui : de Plica ^otomca;^ Copenhague, 
1723; — Nova œstus marini Theoria, etc.; 
Leyde, 1734, in-8°; — Art de nager, ou in- 
vention à l'aide de laquelle on peut toujours 
se sauver du naufrage; Amsterdam, 1741, 
in-S", etc. On lui a attribué le Democritus redi- 
vivus. 

Sax , Onomasticum. — Jôcher, Allr/em. Gelehrten- 
Lexicon , avec le Supplément d'Adelung. 

EACHTiSHîJA. Voy. Bakhtichua. 
BAciARELLi (MarcelUn). Voyez Bacoia- 

RELLI. 



BACICCIO OU BACCiccio (jeaû -Baptiste 
Gaulï), peintre italien, né à Gènes en l639,mort 
en 1709. Il perdit de bonne heure ses parents, et 
entra dans l'atelier de Borgognone ; mais il eut à 
peine le temps d'y apprendre les principes du des- 
sin. A l'âge de quatorze ans, entraîné par le désir 
d'étudier les chefs-d'œuvre de Rome, il se mit à 
la suite d'un envoyé de la république de Gènes ; 
arrivé à Rome , il fut placé chez un marchand de 
tableaux , chez lequel il eut le bonheur d'être re- 
marqué du Bernin et de Mario dei Fiori, qui 
l'aidèrent de leurs conseils et de leur appui. A 
vingt ans il fit son premier tableau , une Vierge 
entre saint Roch et saint Antoine. Ce ta- 
bleau fit quelque bruit, et valut à son auteur un 
mariage qui, le mettant au-dessus du besoin, 
lui permit de se livrer sans préoccupation aux 
travaux de son art. Ce fut alors que le prince 
Panfili lui confia l'exécution des pendentifs de la 
coupole de Sainte- Agnès de la place Navone. Ba- 
ciccio y peignit de grands sujets allégoriques pleins 
d'une grâce peut-être excessive. Le coloris est 
loin de la vigueur ordinaire du maître, ce que 
l'on attribue à des conseils qu'il avait reçus du 
Bernin. 

La réputation du Bacicccio parvint aux oreilles 
du pape Alexandre VU, qui voulut le connaître; 
il ordonna au chevalier Bernin de le lui présen- 
ter, et lui commanda son portrait. Par l'inlluence 
du Bernin, qui ne cessa de le protéger, le Bacic- 
cio obtint, malgré la redoutable concurrence de 
Ciro Ferri, de Carlo Maratta et de Giacinto 
Brandi , d'être chargé de la décoration de l'é- 
glise de Jésus. Il fut cinq ans à accomplir cette 
immense entreprise , son plus beau titre à l'ad- 
miration de la postérité. Le cul de four repré- 
sente Y Agneau sans tache adoré par les saints 
et les anges. Le style en est un peu maniéré, 
mais la composition est pleine de vigueur, et le 
coloris est magnifique. La coupole représente 
J.-C. offrant à son Père les instruments de sa 
Passion. Aux pendentifs sont les Quatre évan- 
gélistes. La partie capitale de l'œuvre est la voûte 
de la grande nef, représentant V Adoration du 
nom de Jésus. Un groupe de démons foudroyés 
par des rayons qui partentydu saint nom, et que 
l'auteur a placé hors du cadre , semble se déta- 
cher de la voûte et tomber sur le spectateur. Il 
est impossible de pousser plus loin la vigueur 
du relief et l'entente des effets de lumière. Les 
lunettes et la voûte de la chapelle Saint-Ignace 
dans la même église sont également duBaciccio, 
qui y a représenté les miracles du fondateur de 
la compagnie de Jésus. L'esquisse de cette com- 
position se ti'ouve dans la galerie Spada. 

Les autres ouvrages de Baciccio , soit à fres- 
que, soit à l'huile, sont nombreux dans les 
églises de Rome. Il serait trop long de les énumé- 
rer ici. Son principal et son dernier grand ouvrage, 
après la voûte de Jésus, fut celle de l'église des 
Saints- Apôtres , qu'il exécuta en deux mois, à 
l'âge de soixante-sept ans; diligence qui du reste 



73 



BACICCIO — BACK 



fut nuisible à la perfection de son œuvre, et sans 
doute aussi contribua à l'affaiblissement de sa 
santé. Le Baciccio y représente le Triomphe de 
Vordre de Saint- François, Trois ans après , 
ayant été chargé de composer les cartons des 
mosaïques de l'une des petites coupoles de Saint- 
Pierre, il s'échauffa à les mettre lui-même en place 
pour juger de leur effet, et gagna une pleurésie 
qui l'emporta en peu de jours, le 2 avril 1709, 
à l'âge de soixante-dix ans. 

Le Baciccio excella surtout dans les portraits, 
et dans ces grandes compositions que les Italiens 
appellent opère macchinose. La fougue de son 
imagination et la vigueur de son coloris le ren- 
daient éminemment propre à ce genre, dans lequel 
il n'eut pour rivaux que Luca Giordano, Pierre 
de Cortone, et Lanfranc. Son dessin n'est pas 
toujours parfaitement correct; ses draperies sont 
un peu lourdes , ses compositions parfois hasar- 
dées et bizarres ; mais ces défauts , surtout sen- 
sibles dans ses tableaux , sont rachetés par une 
grande fraîcheur de coloris , par la grâce et la 
variété de ses têtes , par une touche spirituelle et 
puissante à la fois, enfin par une parfaite entente 
des raccourcis, qualité si essentielle dans un 
peintre appelé par son génie à la décoration des 
voûtes et des plafonds. 

Le Baciccio compta parmi ses élèves Giovanni 
Odazzi, Francesco Civalli, Ludovico Mazzanti, 
Gian-Battista Brughi et Pietro Blanchi. 

Ernest Breton. 

Lanzi, Storia délia Pittura. — Ticozzi, Dizionario 
dei Pittori. — |Orlandi, Jbecedario pittorico. — Pascoli, 
f^ite dei Pittori, Scultori ed Àrchitetti moderni — 
Wiackelmann, Neues Ma/iler-Lexicon. — U'Argenville, 
f^ie des Peintres italiens. 

* BACILLUS , préteur romain , vivait dans la 
seconde moitié du premier siècle avant l'ère cliré- 
tienne. Le désespoir qu'il éprouva de ce que 
César refusait de le mettre à la tête d'une pro- 
vince , porta ce Romain à se donner la mort. Il 
n'est pas impossible que ce -personnage soit le 
même que Babullius, dont Cicéron place la mort 
à la même date. 

I)lon Cassius, XLIII, 47. — Cicéron à Atticus, XIII, 48. 

BACiLLY {Bénigne Mv,), prêtre et composi- 
teur français, né dans la basse Normandie vers 
1625. Entre autres ouvrages, on a de lui : 
Recueil des plus beaux vers qui ont été mis 
en chant , avec le nom des auteurs tant des 
airs que de5j3aroZe5;Paris,166l, 2vol.in-12; — 
Remarques cwieuses sur l'art de bien chanter; 
Paris, 1668, in-12 ; — Premier et deuxième re- 
cueils d'airs spirituels à deux parties, par /cm 
M. de Bacilly ; Paris, 1692, deuxième éd.; — 
Premier et deuxième recueils d'airs bachi- 
ques ; Paris, 1677, in-S" obi., deuxième éd. ; — 
Remarques curieuses sur l'art de bien chan- 
ter, et particulièrement pour ce qui regarde 
le chant français ;Pa.vis (Ballard), 1668et 1679, 
avec une défense de son Uvre ajoutée par Ba- 
cily sous ce nouveau titre : l'Art de bien chan- 
ter, de M. de Bacilly, augmenté d'un discour^^ 



qui sert de réponse à la critique de ce traité; 
Paris, 1679, in-12. 
Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

BACio ( Henri), savant jésuite, né à Nancy 
en 1609, mort à Pont-à-Mousson au commence- 
ment de 1 68 1 . D'origine italienne, il fut successive- 
ment professeur de rhétorique au collège de Dijon 
et préfet des classes à Pont-à-Mousson. On a de 
lui deux éloges historiques : Illustrissimi ducis 
Bellegardii Laudatio, 1647, in-4°; — Elogium 
Henrici Borbonii II; 1647, in-12. 

Lelong, Bibliothèque historique de la France. 

BACiocHi. Voyez Bacciochi. 

* BACIOCHI {Jean-Dominique ), chirurgien 
italien, natif de Cortone, vivait dans la seconde 
moitié du dix-huitième siècle. H exerça pendant 
onze ans la chirurgie à l'hôpital de Sainte-Marie 
de Florence, vint ensuite s'établir à Brescia, et 
donna ses soins aux malades de l'hôpital de cette 
ville. On a de Baciochi : Lettera intorno l'es- 
trazione d'un calcula esistente sotto la lin- 
gua; Brescia, 1749, in-8°. 

Mazzuchelli. Scritt. d'Italia. — Adelung,, Supplément 
à Jôcher, -4ligem.eines Gelehrten-Lexicon. 

* BACIOCHI {Jean-Thomas ), moine et poète 
italien, né à (iênes en 1668, mort en 1723. Il était 
clerc régulier de la Mère de Dieu de Gênes, et 
laissa des poésies insérées dans plusieurs recueUs, 
notamment dans le Perideo Trapezunzio. 

Mazzuchelli, 5cnïf. d'Italia. - A delung, Supplément 
à Jôcher, AUegemeines Gelehrten-Lexicon. 

* BACis (Bàxiç), poète grec d'une époque 
incertaine. On lui attribue les Testaments secrets 
('AiroppriTar âtaÔr^xat), dont il est question dans 
le plaidoyer de Dinarque contre Démosthène, et 
d'où dépendait, au rapport deReiske, le salut d'A- 
thènes. Cette assertion ne se soutient guère de- 
vant ce fait, qu'Aristophane a révoqué en doute 
la véracité de Bacis. Quelque haidi que fût le 
langage du comique grec, il est douteux qu'il 
eût plaisanté sur un sujet où le salut d'Athènes 
se serait trouvé en jeu. 

Smith, Dicliunary o/Crcekund Jioman Biography. 
BACK ( Abraham); Voyez Baek. 

* BACK ( George) , capitaine de'^ vaisseau dans 
la marine anglaise, naquit en 1792. C'est l'un 
de ces habiles et courageux officiers qui, sur les 
pas de Forbisher, tentèrent de se frayer un pas- 
sage dans les régions du nord, entre la mer Pa- 
cifique et l'océan Atlantique. Midshipman à bord 
de l'Aréthuse , il avait fait en 1809 la campagne 
d'Espagne, où il eut le malheur de tomber entre 
les mains de l'ennemi. Lorsque la paix lui eut 
rendu la liberté en le condamnant au repos, il 
tourna son énergie vers des luttes plus utiles et 
non moins périlleuses. 11 fit en 1818 le voyage 
au Spitzberg avec Buckan, et prit une part im- 
portante et glorieuse aux deux célèbres expédi- 
tions du capitaine Franklin. Malgré les souf- 
frances inouïes qu'il y avait endurées, il s'offrit, 
en 1833, pour conduire une expédition à la re- 
dierche du capitaine Ross parti depuis 1829 , et 
dont on n'avait aucune pouveile. 11 appareilla le 



75 



BACK — BACKER 



17 février 1833, accompagné du docteur King, 
savant distingué, et il revint à Liverpool le i7 
septembre 1835, après une absence de deux ans 
et sept mois. Dix mois après son départ, il avait 
appris l'heureux retour du capitaine Ross dans 
sa patrie. Back se trouvait alors dans les grands 
lacs de l'Amérique du Nord ; il résolut, puisque 
le premier objet de son voyage n'existait pas, 
de lui donner du moins une utilité scientifique : 
il s'engagea dans un fleuve considérable que les 
naturels appelaient le Tlew-ce-Cloa, et auquel 
la Société géographique a donné depuis le nom 
de Back; et après une navigation de 530 milles 
géographiques au milieu de rescifs , de chutes 
d'eau et de bancs de sable, il arriva enfin dans 
la mer Polaire, dont la communication avec les 
lacs du nord fut ainsi constatée. Il étudia ensuite 
soigneusement cette partie des côtes de la mer 
Polaire, et remplit le blanc qui se trouvait sur 
la carte enti'e le passage Bathurst, le lac du 
Grand-Esclave et la baie d'Hudson. Ces décou- 
vertes géographiques ne furent pas les seules ; il 
fit aussi d'importantes obsers'ations dans un hi- 
ver où le baromètre s'abaissa jusqu'à 70 degrés. 
On lui doit surtout une étude complète sur les 
phénomènes des aurores boréales, dont il adressé 
sept cartes très-intéressantes. Il constate leur 
influence sur la boussole, où l'une d'eUes produi- 
sit sur l'aiguille une déviation de 8 degrés. Le 
capitaine Back fut aussi chargé, en 1836, d'une 
deuxième expédition dont le but était d'établir 
la géographie des côtes entre le passage du Ré- 
gent et le cap Turnagain. Surpris par les glaces, 
il est resté plusieurs mois dans la plus affreuse 
situation qui se puisse imaginer, et c'est à grand'- 
peine s'il a pu ramener en Angleterre son équi- 
page et son vaisseau. Le capitaine Back a été 
nommé baronnet en 1838, et la Société de géo- 
grapliie lui a décerné une médaille. Il a écrit 
lui-même deux relations de ses voyages, qui sont 
bien plus remarquables au point de vue litté- 
raire que ne le sont généralement les composi- 
tions de ce genre. En voici les titres : Narrative 
of the expédition along the Shores of the 
Arctic Océan, in the years 1833, 1834, 1835; 
in-S", Londres, 1836; — Narrative of an 
expédition undertaken with a View to geo- 
graphical discovery on the arctic shores , in 
1836 , 1837 ; 10-8°, Londi'es, 1838. 

T. D. 

' Edinburgh Review, Juillet 1839, 1843, V.. O. — Quar. 
ierly Review, 1770, V. — ^ chronoloyical History of 
voyages into the arctic régions undertaken c/iieflyjor 
the purpose of discoverong a North-Est, North-JVest 
or polar passage between the Atlantic and Pacific 
océan ; in-S" , Londres, 1818, by sir Jhon Barrow. — New 
navy Liste, 1850. 

*BACK. {Jacques de ), médecin hoUandais, né 
à Rotterdam dans la première moitié du dix-sep- 
tième siècle. Il fut un des premiers à adopter et 
à soutenir la doctrine d'Harvey sur la circulation 
du sang. Au rapport de Manget, Bach, dans une 
Jettre intitulée de Calcula, insérée dans l'ouvrage 



de Berovicius, se livra aune discussion impor- 
tante sur certains points de médecine, notamment 
sur la gravelle. On a de Back : Dissertatio de 
corde, in qua agitiir de nullitate spirituum, 
de hxtnatosi, de Viventium calore; Rotter- 
dam, 1648, in-12. L'auteur nie, dans cet ouvrage, 
l'existence du fluide nerveux, et rapporte toutes 
les opérations du système nerveux à l'action des 
vibrations. 

Rose, New Biographical Dietionary. 

* BACKBUSCH (Joacbim-Gérard), poète al- 
lemand, natif de Stettin, vivait dans la première 
moitié du dix-septième siècle. On a de lui : His- 
toria de Passione J.-G. carminé heroico ex- 
pressa; Stettin, 1638, in-4°. 

Adelung, Supplément à Jôcher, AUgemeines-Getehr- 
ten-Lexicon. 

BACKER, nom d'un grand nombre d'artistes 
hollandais , dont les principaux sont les quatre 
suivants : 

I. BACKER {Adrien), peintre hollandais, né 
en 1643, mort en 1686. Il étudia en Italie, et peignit 
le portrait et l'histoire à Amsterdam. On lui attri- 
bue un Jugement dernier placé à l'hôtel de ville 
d'Amsterdam, et qui dénote un grand artiste. La 
gravure a reproduit plusieurs œuvres d'Adrien 
Backer. 

*n. BACKER {François de), peintre hollan- 
dais, vivait dans la première moitié du dix-hui- 
tième siècle. Appelé à la cour de l'électeii'' pala- 
tin Jean-Guillaume, Backer s'y fit remarquer 
par d'excellentes peintures. On le voit en 1721, 
à la suite de la femme de l'électeur, à la cour 
de Cosme EH, duc de Florence. Ce grand artiste 
fut aussi peintre de l'électeur de Mayence., 

m. BACKER {Jacques ), appelé aussi Jacques 
de Palerme, peintre hollandais malgré ce sur- 
nom, né à Anvers en 1530, mort en 1660. Il 
travailla toute sa vie, de si courte durée, pour 
un marchand de Palerme qui exploitait son ta- 
lent en affirmant à l'artiste que la vente de ses 
œuvres était des plus difficiles. L'excès du tra- 
vail tua Backer. Il excellait dans la disposition de 
ses sujets. Ce fut surtout un bon coloriste. 

rv. BACKER {Jacques), peintre hollandais, 
né à Harlem en 1608 ou 1609, mort à Amster- 
dam le 27 août 1641. Il vécut en grande par- 
tie à Amsterdam, et y peignit l'histoire et le por- 
trait. Il avait pour ce genre une telle facilité , 
qu'il lui arrivait souvent d'en peindre plusieurs 
en un jour. Il réussissait particulièrement à 
rendre les contours musculaires, surtout lors- 
qu'il s'agissait de reproduire le corps de la 
fenune. Ses tableaux sont, pour la plupart, en 
Espagne. On voit à Anvers un Jugement der- 
nier, de sa meilleure exécution. 

Nagler, Neues Allgemeines Kùnstler-Lexicon. — Hou- 
brakeu, Fie des peintres flamands. 

BACKER {George), médecin anglais, vivait 
vers le milieu du dix-huitième siècle. Il fut mé- 
decin ordinaire de la reine d'Angleterre. On a 
de lui : de Gatarrho et Dysenteria Londinen- 
sibus, epidemicis utrisque, anno 1762; Lon- 



77 



dres, 1764; — Recherches sur les avantages 
de l'inoculation; Londres, 1776, iii-8°; — 
Opuscula medica ; Londres, 1771, in-S"; — Es- 
sai sur les causes de la colique endémique du 
Bevonshire; 1767, in-S". 

Biographie médicale. 

RACKBR (George de), imprimeur et libraire 
à Bruxelles vers la fin du dix-septième et au 
commencement du dix-huitième siècle. On a de 
lui : une édition revue et corrigée de la traduc- 
tion française de Lazarille de Tormes , par 
l'abbé de' Charnes, 1698, 2 vol. in-12; — Bic- 
tionnaire des Proverbes français, avec leur 
explication et leur origine, 1710, petit in-8°, 
ouvrage rare, reproduit par Leroux, sous ce ti- 
tre : Dictionnaire comique, satyrique, criti- 
que, burlesque, libre et proverbial, Amster- 
dam, 1718, in-8°, suivi d'autres éditions avec des 
additions qui ont fini par en faire un gros livre 
assez licencieux. Backer a traduit du flamand 
V Histoire du Saint Sacrement de miracle,^a.ï 
P. Cafmeyer; Bruxelles, 1720, in-S". 

Val. André, Bibl. Belg. 

*BACKER (Pierre), sculpteur prussien, vi- 
vait dans la seconde moitié' du dix-septième 
siècle. Il eut pour maître le célèbre Schlùtter, et 
exécuta plusieurs statues d'après les modèles de 
ce maître. Backer exécuta la plupart des figures 
groupées au pied de la statue de Frédéric-Guil- 
laume, placée sur le grand pont de Berlin. 

Nagler, Neues Jllgemeines Kunstler-Lexicon. 

* BACKEREEL ( Gilles ) , peintre hollandais , 
vivait dans la seconde moitié du seizième siècle. 
11 fut contemporain de Rubeus, dont il imita la 
manière. Au rapport de Pilkington, les œuvres 
de Backereel peuvent être mises sur la même 
ligne que celles de Rubens et de Vandyck. Quoi 
qu'il en soit de ce jugement, on doit dii-e que le 
saint Charles Borromée de la cathédrale de Bru- 
ges, œuvre de Backereel, est un tableau du plus 
grand effet ; le dessin en est plus correct que 
celui de Rubens, et la pureté du coloris rappelle 
la manière de Vandyck. On voit à Bmxelles et 
à Anvers d'autres bons tableaux de Backereel. 

Houbraken , fie des peintres flamands. — Nagler, 
Neues Jllgem. Kunstler-Lexicon. 

*BACRHAUSEN ( WendeUn), écrivain mi- 
litaire allemand, né en 1614, mort en 1667. On 
a de lui : Nûtzliche, grûndliche und lustige 
Beschreibung der bei der Infanterie jetziger 
Zeit gebraeuchlichen militserischen Exerci- 
tien (Utile et amusante description des exer- 
cices actuellement en usage dans l'arme de l'In- 
fanterie) ; Marpurg, 1664. 

Adelung, Supplément à Jôcher, AUgemeiiies GclcJi-r- 
ten-Lexicon. 

*BACKHïrsEiv (Jean-Martin), écrivain alle- 
mand, vivait dans la seconde moitié du dix-hui- 
tième siècle. Il laissa : Apologeticum quo JDio- 
genem Gynicum a crimine et stultitise et im- 
pudentise expeditum sistit ; Kônigsberg , 1 7 27 . 

Adelung, Suppl. à Jôcher, Jllgem. Gelehrten-Lexicon. 

BACRHUYSEN, Voy. BaKHUYSEN. 



BACKER — BACKMEISTER 7S 

BACRMEisTEB ( Hartmann- Louis-C hr is- 
ifian), savant allemand, né en 1736 à Herbom 
en Wétéravie, dans la principauté de Nassau- 
Dillenbourg; mort à Saint-Pétersbourg en 1806. 
Il fit ses études en Allemagne, et fut appelé vers 
1770 en Russie, où il dirigea le collège allemand 
de Saint-Pétersbourg. On peut dire qu'il a gran- 
dement contribué au progrès des sciences et des 
lettres en Russie. Il fut nommé membre de l'A- 
cadémie de Saint-Pétersbourg et décoré de l'ordre 
de Saint-Wladimir. On a de lui ( en allemand ) 
Histoire de la Nation Suédoise ; Leipzig, 1767 
— Abrégé de la Géographie de V Empire russe 
Pétersbourg, 1773 ; — Recueil de mémoires et 
de pièces authentiques sur l'Histoire de 
Pierre I"; Riga, 1785 ; — Bibliothèque russe, 
en 11vol., 1777 à 1788. 
Biographie nouvelle des Contemporains. 

BACKMEISTER (Jean), médecin allemand, 
né le 24 octobre 1680, mort vers 1750. Il étudia 
à Leipzig , et devint médecin du prince de Ba- 
den-Durlach en 1707. Il laissa : Acta Philippi- 
ca, avec des notes ( sans date ) ; — Historia 
academias Rostoch., et continuatio Annalium 
Herulorum ac Vandalorum Nie. Marescal- 
chi , et Antiquitates Rostochienses ab anno 
1160 ad 1700, ouvrage de Backmeister père, 
édité par le fils. 

Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexieon, —[Biographie 
médicale. 

* BACKMEiST ER ( Lucas ) , théologien et com- 
positeur allemand, né à Lunebourg le 18 octo- 
bre 1530, mort à Rostock le 9 juillet 1608. Il 
a laissé : Oratio de Luca Lossio ; Rostock, 1 562 ; 
— des commentaires sur la Bible, et plusieurs ou- 
vrages inédits. 

Son fils Lucas, né en 1570, mort en 1638, 
a laissé quelques sermons, des écrits de contro- 
verse théologique, et Commentarius in pro- 
pfietas majores et minores, excepto Daniele. 

Adelung, Supplément à Jôcher, Allgemeines Gelehrten- 
Lexicon. — Adajn, Vitx erudilorum. — Moller, Cim- 
bria literata. — Fétis, Biographie universelle des Musi- 
ciens. 

BACRMEISTEB (Mathieu), médecin alle- 
mand, né à Rostock le 28 septembre 1580, mort 
le 7 janvier 1626. Il étudia la médecine dans sa 
ville natale, fit en 1599 un voyage en Allemagne, 
et se rendit à Copenliague en 1603; puis il 
suivit en Angleterre le chevaher de Friesen. Après 
d'autres voyages à Leyde et dans diverses cités 
universitaires de l'Allemagne, il revint à Rostock, 
pour y prendre en 1606 le double titre de doc- 
teur en médecine et de maître en philosophie, 
n exerça ensuite la médecine à Kiel jusqu'en 
1612 , puis revint donner des leçons de mathé- 
matiques à Rostock. En 1616, il devint mé- 
cin du district de Lunebourg, et en 1621 mé- 
decin ordinaire du prince. Il laissa, suivant Mol- 
ler : un Traité général de médecine pratique, 
en vingt-huit dissertations, imprimées d'abord 
chacune séparément; — une édition des quatre 



79 



BACKMEISTER — BACLER 



80 



premiers volumes des Opéra medica posthuma 
de Fr. Joël. 

Son fils Jean, mort en 1651 , fut professeur 
à l'université de Rostock. On a de lui les disser- 
tations suivantes : de Apoplexia; Rostock, 
1641, in-4°; — de Quartana ; ibid., 1641, 
in-4°; — de Cachexia; ibid., 1658 , in-4°; — 
de Casu laborantis podagra ; ibid., 1658, \a-i° ; 
— de Hydrope Ascite; ibid., 1664, in-4°; — 
Problemataphysiologico-medica; ibid., 1664, 
in-4o; — de Imbecillitate ventriculi; ibid., 
1664, in-4°. 

Sax, Onomasticon. — Jôcher, AUgemeines Gete.hrten- 
Lexicon, avec le Supplément d'Adelung. — MoUer, 
Citnbria literata. 

*BACROFEN ( J.-G.-Henri ), compositeur al- 
lemand, né à Durlach en 1768, mort vers 1840. 
Il étudia à Nuremberg, et excella bientôt sur la 
clarinette, la flûte, la harpe, le cor anglais , et le 
jiiano. Après quelques voyages il vint à Gotha 
en 1802, et revint à Nuremberg l'année suivante. 
On a de lui, enti'e autres ouvrages : Anleitung 
zîim Harfenspiel mit eingestreuten Bemer- 
kungen ûber den Bau der Harfe ( Instruction 
sur l'art de jouer de la harpe, avec des remar- 
ques sur la construction de cet instrument); 
Leipsick, 1803; — Anweisung fur die Klari- 
nette und das Bassethorn ( Méthode pour la 
clarinette et le cor de bassette) ; ibid., 1803 ; — 
d'autres compositiong inédites. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

*B&CKRi, philanthrope français, mort vers 
1815. Il quitta sa patrie pour aller chercher la for- 
tune dans un autre hémisphère. Ayant amassé de 
grandes richesses et s' étant établi avec ses frères 
à Alger, il se fit un devoir de visiter les bagnes 
africains , et de consacrer sa fortune à délivrer 
ou à secourir ses compatriotes qui gémissaient 
dans l'esclavage. En 1799, il vint à MarseDle 
dans ce but, et y équipa plusieurs navires pour 
Malte. Mais il devint suspect au Directoire, ainsi 
qu'un de ses frères, secrétaire de l'envoyé d'Al- 
ger ; et le gouvernement, après les avoir incar- 
cérés , les fit reconduire sous escorte jusqu'à la 
frontière, avec défense de rentrer en France. 

Biographie nouvelle des Contemporains, 
i *BACKTISHUA. Fo^eS BAKTISmVA. 

BACLER D'ALBE (Louis-Albert-Ghislaiïi , 
baron) , peinti'e et ingénieur-géogi'aphe , naquit , 
le 21 octobre 1762, à Saint-Pol, dépai-tement du 
Pas-de-Calais, et mourut à Sèvres le 12 septembre 
1824. Il partit à l'âge de vingt ans pour l'Italie; 
il s'arrêta dans les Alpes , et choisit Sallenches, 
au pied du Mont-Blanc , pour son séjour habi- 
tuel : il y demeura sept ans. II fut tout à la fois 
peintre et naturaliste, et bientôt ses tableaux, 
répandus en Suisse et en Allemagne , lui valu- 
rent une grande réputation. Il fit de grandes 
explorations dans les montagnes ; c'est là qu'il 
étudia les rapports de liaison de ces gioupes de 
montagnes , et jeta dans sa mémoire les fonde- 
ments de cette topographie pittoresque qu'il 



devait bientôt mettre à exécution. Le cours des 
événements amena la guerre dans la vallée de 
Chamouny, en Savoie. Bâcler quitte ses pin- 
ceaux, se fait militaire, et vient joindre en vo- 
lontaire un bataillon de chasseurs de l'Ariége. 
Cerné en une rencontre par des paysans insur- 
gés , il tire son sabre , place sa femme et ses 
enfants sur l'a vant-train d'une pièce de canon, et 
traverse le rassemblement, qu'il intimide par ce 
trait d'audace. Lorsque Bonaparte prit le com- 
mandement de l'armée d'Italie, des reconnais- 
sances militaires confiées à Bâcler et exécutées 
avec bravoure et succès , des dessins exacts de 
machines de guerre, le firent remarquer parle 
général en chef, qui l'attacha à son état^major 
avec le titre de directeur du bureau topographi- 
que. Bâcler prit part à toutes les actions de la 
mémorable campagne de 1796 ; il se distingua 
particulièrement à la bataille d'Arcole , dont il 
a fait , en 1804 , le sujet d'un grand tableau , 
remai'quable par sa belle exécution. Il a di-essé 
également la belle carte du théâtre de la guerre 
en Italie (Paris , 1802, en 54 feuilles), et diffé- 
rents dessins de nos fastes mihtaires. Les chan- 
ces de la guerre, en arrachant l'Italie aux Fran- 
çais en 1799, dépouillèrent Bâcler du fruit de 
ses longs travaux. Ce revers ne le découragea 
pas : il lui suffisait d'avoir pu sauver ses dessins 
topographiques ; et , retiré une seconde fois à Sal- 
lenches, puis de retour à Paris , il avait presque 
refait une partie de ses cuivi'es , lorsque le gou- 
vernement autrichien lui rendit ceux qui avaient 
été transportés à Vienne. Bonaparte, à son retour 
d'Egypte, donna à Bâcler le titre de directeur 
de son cabinet topographique, et l'emmena avec 
lui dans toutes ses campagnes. Devenu succes- 
sivement adjudant-commandant en t807, géné- 
ral de brigade en 1813, Bâcler parcourut toute 
l'Europe. Admis dans la confiance la plus intime 
de l'empereur, il dressait chaque jour l'esquisse 
des mouvements des troupes projetés pour le 
lendemain. Épuisé enfin de travail, il ne put 
résister aux fatigues toujours croissantes de la 
campagne de 1814. D revint à Paris, où il se 
rendit encore utile dans la direction du dépôt 
de la guerre. Mais , en 1816, il perdit son em- 
ploi; retiré à Sèvres, il reprit le crayon et le 
pinceau , et toujours avec succès. Il y mourut 
au milieu de ses ti'avaux. 

On a de Bâcler d'Albe : Annales pittoresques 
et historiques de paysagistes (recueil de gra- 
vures au trait et à l'aqua-tinta, d'après les meil- 
leurs ouvrages coimus et inédits des peintres 
paysagistes detoutesles écoles ), accompagnés de 
notes historiques et critiques sur la vie des 
peintres , le mérite de leurs ouvrages et les 
principes de Part; Paris, 1803, in-4° de 36 plan- 
ches; — Souvenirs pittoresques, ou Vues litho- 
graphiées de la Suisse, du Valais, etc., 17 liv. 
in-fol. de chacune 6 planches; Paris, 1818 et 
suiv. — Souvenirs-pittoresques, contenant la 
campagned'' Espagne, suite d'estampes lithogra- 



81 



BACLER — BACON 



82 



phiées, 17 liv. in-fol., chacune de 6 planches; 
Paris, 1824 ; — Promenades pittoresqties dans 
Paris et ses environs , 8 liv. in-fol. de 48 plan- 
ches lithographiées. — Vues pittoresques du 
haut Faucigny, grammes en couleur. Parmi ses 
tableaux, qui ont figuré à l'exposition, on remar- 
que la Bataille d'Aréole , qui passa pour son 
chef-d'œuvre, la Bataille d'Austerlitz, ut Paris 
chez Œnone, qui a décoré la galerie de la Mal- 
maison. [Enc. de^ g. du m. avec addit.] 

Bulletin de la Société de.géographie , t. H , p. 200. — 
Journal des royages, t. XV, p. 185; t. XXIV, p. 24t. — 
Mémorial des sciences et des arts, t. IV. 

BACO DE LA CHAPELLE , magistrat fran- 
çais, mort en 1801. II était procureur du roi à 
Nantes, lorsqu'il fut député aux états-généraux 
de 1789. Il travailla beaucoup dans les comités, 
et ne monta à la tribune qu'une fois pour rejeter 
sur l'abbé Maury tous les troubles qui divisèrent 
l'assemblée. En 1792 il défendit Nantes, dont 
il était maire, contre les attaques des Vendéens: 
11 fut ensuite emprisonné à l'Abbaye, pour s'être 
prononcé contre le 31 mai, et ne dut son salut 
qu'au 9 thermidor ( 27 juillet 1 796 ). H fut envoyé 
alors par le Directoire exécutif , en qualité de 
commissaire du gouvernement, aux lies de France 
et de la Réunion. Mais les colons refusèrent de 
le reconnaître ; il fut même déporté aux Manilles. 
A son retour en France il obtint la direction de 
l'Opéra; puis il fut chargé de se rendre à la Gua- 
deloupe en qualité de commissaire. H s'acquitta 
avec succès de cette mission, et mourut à la 
Basse-Terre. 

Biographie nouvelle des Contemporains. 

*BACo (Jean-Baptiste), avocat et auteur 
dramatique français, vivait dans la seconde moi- 
tié du dix-huitième siècle. On a de lui : la Mayo- 
naise, comédie en un acte et en prose; Paris, 
1756; — Belphégor dans Marseille, comédie 
en un acte et en prose ; Marseille, 1756. 

Bibliothèque du Théâtre, III, 213.— Adelung, Supplé- 
ment à V Allgemeines Gelehrten-Lexicon de Jôcher. 

BACON, nom propre de plusieurs personnages 
anglais célèbres (1). Robert et Roger Bacon, 
placés en tête , appartiennent au moyen âge ; les 
autres, classés par ordre alphabétique des pré- 
noms, ont vécu depuis le seizième .siècle. 

BACON ( Robert ) , moine et théologien an- 
glais, né en 1168. Il était de l'ordre des Domi- 
nicains : on l'a souvent confondu avec Roger 
Bacon. Il étudia à Oxford, et vint se perfectionner 
à Paris. De retour à Oxford , il y enseigna la 
théologie, et se fit remarquer comme prédicateur. 
Sous Henri IQ, Bacon s'associa à l'opposition 
que firent les barons à , l'administi'ation du mi- 
nistre Pierre des Roches {de Rupibus) et à 
l'influence des Poitevins ses compatriotes, admis 
par lui à tous les emplois. Lorsque le parle- 
ment fut convoqué en 1233, Bacon déclara de- 
vant le roi que le seul renvoi de Pierre des Ro- 
ches pourrait faire cesser le mécontentement gé- 

(1) Le mot anglais Bacon signifie lard. 



néral. Ce renvoi eut heu, et l'Angleterre cessa en 
même temps de subir la domination des étran- 
gers. 

Rose, New Biographical Diction ary. — Tanner, Bi- 
blioth. Brit. 

BACON (Roger), célèbre moine anglais, 
surnommé le Docteur admirable , naquit en 
1214 à Uchester, dans le comté de Sommerset, 
et mourut à Oxford en 1294 (en 1284, suivant 
Pitsseus; en 1248, suivant Leland). Pendant que 
les philosophes scolastiques perdaient leur temps 
dans les vaines discussions du nominalisme et du 
réalisme, et ne juraient que sur les paroles d'A- 
ristote et de quelques autres autorités ancien- 
nes, Roger Bacon lisait attentivement dans le 
grand livre de la nature. « Je ferais , disait-il , 
brûler tous les livres d'Aristote, si j'en étais le 
maître ; car on y perd son temps à y étudier, et 
ils ne servent qu'à propager l'erreur et l'igno- 
rance (1). )• C'était le langage d'un grand révo- 
lutionnaire. R. Bacon fiitun des hommes qui en 
devançant leur siècle sont toujours méconnus, 
persécutés par leurs contemporains , et souvent 
môme broyés par la roue du temps, dont ils s'ef- 
forcent d'accélérer le mouvement. 

Roger Bacon étudia d'abord à Oxford, sous 
Edmond Rich, depuis archevêque de Cantorbéry, 
et sous Richard Fitzarre ; il fit des progrès ra- 
pides dans toutes les sciences qu'on y enseignait 
alors. Delà, pour compléter ses études, il se ren- 
dit à Paris, dont l'université était alors la plus cé- 
lèbre de l'Europe, et surtout très-fréquentée par les 
Anglais (2). Après avoir obtenu le grade de doc- 
teur en théologie, il revint, dit-on, en Angleterre, 
et entra dans l'ordre de Saint-François , par le 
conseil du savant Robert Greathead ou Grosse- 
tête , évêque de Lincoln , qui l'honorait de sa 
bienveillance et de sa protection. Suivant d'au- 
tres, ce fut à Paris qu'il entra, vers 1240 (selon 
Oudin), dans l'ordre des Cordeliers. Ce qu'il y 
a de certain, c'est qu'il passa plusieurs années 
dans le couvent des franciscams à Paris, et qu'il 
y eut beaucoup à souffrir de l'ignorance intolé- 
rante de ses fanatiques confrères (3). Le frère 
Roger se fit d'abord coimaître en 1259, selon 
Cave et Oudin , par un sermon qu'il prononça à 
Oxford devant Henri III. II y censura le roi de 
ce qu'il déférait trop aux avis de Pierre, évêque 
de Winchester, et de ce qu'il donnait les pre- 
miers emplois du royaume à des étrangers. 

Un goùi prononcé pour les sciences physiques 
le porta ensuite à s'appliquer avec ardeur à l'é- 
tude des phénomènes delà nature. Pénétré de la 
nécessité d'allier les sciences avec les lettres , il 
apprit à fond (chose rare à cette époque) les lan- 

(1) Si haberem potestatem super libres Aristotells, 
ego facerem omnes creraarl, quia non est nisi tempo- 
ris amissio studere In illis, et causa erroris, et raultipli- 
catio ignorantiae. (R. Bacon, Opus majus.) 

(2) Pari.sios Angli proficisci solebant, tanquam ad mer- 
caturam bonarum artlum. {fiist. et antiq. Acad. Oxon., 

p. 13G.) 

(3) Wadding, Annal. Frat. Miner-.; Lugdun., 1628, 
t. II, p. 449. 



83 



BACON 



84 



gués latine , grecqae , hébraïque , arabe, afin de 
pouvoir lire les anciens dans le texte original. A 
l'exemple de Platon, il regardait les mathémati- 
ques comme la clef de voûte des autres sciences 
{prima erit interscientias, et praecedens alias, 
et disponens nos ad eas ) , Opus maj., part. IV, 
p. 61. Il rechercha avec beaucoup de soin les ou- 
vrages de l'antiquité, et n'épargnait rien pour se 
procurer les livres les plus précieux et les plus 
utiles. Arrivé à l'âge où l'homme qui réfléchit s'a- 
dresse les questions les plus graves de la vie , il 
substitua un des premiers l'autorité d'Aristote à 
l'autorité de l'expérience. Il s'entoura d'un grand 
nomJjre de jeunes gens qu'il se fit un devoir d'ins- 
truire, et qui, à leur tour, l'aidèrent dans ses re- 
cherches expérimentales. H ne recula devant au- 
cun sacrifice; et il raconte lui-même, dans son 
Opus majus , que dans l'espace de vingt ans il 
dépensa, en expériences, plus de 2,000 hvi-es de 
France {duo millia librarum Parisiensium) , 
somme énorme pour ce temps. Pourvu d'une 
sagacité extraordinaire, d'un esprit d'observa- 
tion inconnu au moyen âge, et suitout d'une 
persévérance à toute épreuve, le Docteur admi- 
rable devait arriver à des découvertes jusqu'a- 
lors inouïes en astronomie , en physique , en 
chimie, en médecine, etc. Ce fut à Paris, dans 
le couvent des cordeliers, que Roger Bacon com- 
mença à se livier à l'étude des sciences. Le 
premier il s'aperçut de l'erreur du calendrier 
JuUen relativement à l'année solaire, et proposa 
en 1264 , à Clément IV, de le rectifier (1). Il ne 
fut point écouté. Hélas! il avait parlé trois 
siècles trop tôt. Le premier, il étudia l'action 
des lentilles et des verres convexes ; il inventa 
les binettes à l'usage des presbytes (2). Il donna 
le premier la théorie et la pratique des téles- 
copes. « Nous pouvons, dit-il, tailler des verres 
et les arranger de telle manière par rapport à 
notre œil et aux objets , que la réfraction et la 
réflexion des rayons se feront dans le sens que 
l'on voudra. Il devient aussi possible de lire à 
une distance incroyable les lettres les plus peti- 
tes, de compter les grains de sable et de pous- 
sière, à cause de la grandeur de l'angle sous le- 
quel nous apercevons ces objets (3). » En par- 
lant des tables astronomiques qu'il avait le pro- 

(1) HUt. et antiq. Oxon,, p. 13S. —Me. Copernic, In 
l'roœmiu, Op. de Revolutionibus orbium cœlestium. 

(2; Upvs majus, p. 352 : Si vero homo aspiciat literas 
et alias res minutas per médium crystalli, vel vilri, vel 
alterius perspicui suppositi Uteris, et sit portio minor 
sphaerae cujus convexitas sit versus oculum, et oculus sit 
in aëre, longe raelius videbit literas , et apparebunt el 
majores. — Et ideo hoc instrumentuni est utile senibus 
et habentibus oculos débiles. Nam literara quantumque 
parvara possunt videre in sufficienti raagnitudlne. 

(3) Opus majus, p. 357 : Nam possumus sic figurare 
perspicua et taliter ea ordinare respectu nostrl vlsus et 
rerum , quod frangentur radii et flectentur quocuaque 
voluerimus, ut sub quocunque angulo voluerimus rem 
prope vel longe, et sic ex incredibili distantia legeremus 
literas mlnutissimas, et pulveres et arenasnumeraremus, 
propter magnitudinem anguli sub que videremus maxima- 
que corpora de prope vix viderimus propter parvitatem 
anguli, sub quo videremus. 



jet de dresser, Roger Bacon dit : « Mais ce qui 
est surtout nécessaire, ce serait d'avoir des gens 
qui entendissent bien l'optique, et qui fussent 
à même de construù'e des instnmients que cette 
science demande, parce que les instruments de 
l'astronomie n'agissent que par la vue, selon les 
lois de l'optique (1). » Dans un autre endroit il se 
plaint de ce que la vérité importune tout esprit 
ignorant. 

Ce fut surtout par ses observations astronomi- 
ques et astrologiques que Roger Bacon s'altira 
l'accusation de magie et la haine fanatique de ses 
contemporains. L'ignorance et l'envie de ses 
conlrères lui suscitaient toutes sortes d'embar- 
ras. Les supérieurs de l'ordre auquel il appar- 
tenait avaient fait un règlement par lequel il lui 
était expressément défendu de communiquer ses 
écrits à qui que ce fût, sous peine de les perdre, 
et d'être lui-même mis au pain et à l'eau (2). 
C'est pourquoi il n'osa d'abord répondie à la 
lettre que lui écrivit Clément IV avant d'être 
pape , et dans laquelle il fit , par l'intermédiaire 
de Raymond, de Loudun, demander au frère Ro- 
ger un exposé détaillé de ses merveilleuses in- 
ventions. Mais l'ancien secrétaire de saint Louis 
( Voy. Clément IV ) étant devenu chef de l'É- 
glise peu de temps après (en 1265), il réitéra sa 
demande. Ce fut alors que le frère Roger lui 
envoya son Opus majus, ainsi que divers au- 
tres traités, par Jean de Paris, son disciple chéri ; 
il lui envoya aussi quelques instruments de ma- 
thématiques qu'il avait construits, et s'ofiïit d'al- 
ler lui-même à Rome pour donner verbalement 
toutes les exphcations nécessaires. Cette infrac- 
tion aux règlements des supérieurs de son ordre 
devait bientôt lui devenir fatale (3). Pendant la 
vie de Clément IV, qui , loin de désapprouver, 
cherchait plutôt à encourager les travaux de 
Roger Bacon , les cordeliers , envieux et igno- 
rants , n'osaient pas attenter publiquement à la 
liberté de leur confrère : ils se bornèrent à le 
tracasser de mille manières, à le déranger de ses 
études, et à lui rendre la vie insupportable. 

Dix ans après, en 1278, sous le pontificat de 
Nicolas m, Jérôme d'Esculo , général des fran- 
ciscains , vint à Paris en quaUté de légat du saint- 
siége. Les cordeliers profitèrent aussitôt de cette 

(t) Tabulse astronomicse, in quibus semcl essent 

omnes motus cselorum certifîcati a principio mundiusque 
ad finem ; — et tum omni die possemus considerare in 
cœlo causas omnium quse in terra renoventur, et con- 
similem dispositionera cœli quserere in praetcrito , et in- 
venire consimiles affectus, et sic de futuro et omnia co- 
gnoscerentur. {Opus Tertium ad Clementem, ms. Cot., 

fol. 6.) 

(2) Sub prsecepto et pœna amissionis libri , et jejunio 
in pane et aqua pluribus diebus, proliibuerunt eum a 
comraunicando scriptuna aliquod a se factum cum aliis 
quibuscnmque. ( Opus majus , ms. Cot., fol. 3.) 

(3) La réponse que le pape fit à la lettre du frère Ba- 
con peut donner une idée de l'autocratie absolue des 
moines dans leurs couvents. La pontife souverain recom- 
mande dilecto fllio Rogerio, dicto Baccon, de lui faire 
connaitre le résultat de ses recherches aussi secrètement 
qu'il le pourrait : hoc quanto secretius poteris , faciès, 
(Wadding, Annal. Fratr.-JUin., t. II, p. 29*.) 



I 



85 



BACON 



86 



occasion pour dénoncer leur confrère comme 
magicien astrologue , et comme ayant fait un 
pacte avec le diable. Un des principaux aiticles 
qui motivèrent son accusation et sa condamna- 
tion avait été fondé sm' un passage de ÏOpus ter- 
tium ad Clementem- , et que Clément IV avait 
cependant trouvé lui-même fort innocent. Il y est 
dit qu'en consultant chaque jour les Tables astro- 
nomiques , par rapport à l'état actuel des choses, 
on n'aurait qu'à chercher dans les temps passés 
le même arrangement des corps célestes, pour 
arriver à prédire les événements de l'avenir. Il 
ajoute qu'il avait souvent travaillé à dresser 
ces tables, mais que l'ignorance de ceux aux- 
quels il avait affaire ne lui avait pas permis de 
les achever. ( non j9otei consMTOWiare. propter 
stuUitiam eorum cum quibus habui facere). 
A l'accusation de magie, il réphqua'par sa letti'e 
De nullitate magiee. Quant aux expériences 
physiques, que l'esprit de l'époque regardait 
comme l'œuvre du diable , il répondit : « Parce 
que les choses sont au-dessus de votre intelli- 
gence, vous les appelez œuvre du démon. Les 
théologiens et les canonistes, dans leur ignorance, 
les abhorrent comme des productions de la magie, 
et les regardent comme indignes d'un clirétien. » 
Aucune de ces raisons ne prévalut contre le 
fanatisme. La science perdit son procès ; l'igno- 
rance triompha. Les ouvrages de Roger Bacon 
furent condamnés comme renfermant « des nou- 
veautés dangereuses et suspectes {novitates 
suspectas), », et l'auteur lui-même expia son 
génie par une longue détention (1). Le général 
des franciscains fit confirmer cette condamnation 
par la cour de Rome. G. Twiue raconte qu'on 
enchaîna les livres de Roger Bacon aux tablettes 
de la bibliothèque des cordeliers d'Oxford, où 
ils furent entièrement rongés parles vers. Jérôme 
d'Esculo fut plus tard élu pape sous le nom de 
Nicolas rv. Ce fut donc en vain que Bacon en 
appela au saint-siége : au Heu d'être relâché de 
sa prison, il ne fut resserré que plus étroite- 
ment. On rapporte que, pour fléchir le pape, il 
lui avait adressé , comme preuve de l'innocence 
et de l'utilité de ses travaux , un livre mtitulé 
De Prolong atione Vitae, qui se conserve en 
manuscrit à la Bibliothèque nationale de Paris. 
Enfin, lorsque, usé par une vie si agitée et si bien 
remplie , le pauvre frère Roger ne parut plus 
redoutable, on le mit en liberté. Accablé d'in- 
firmités , il se traîna jusqu'en Angleterre , et vint 
mourir à Oxford, une année après sa mise en 
liberté. Il faut que ce grand génie, qui aimait 
tant la science , ait été bien malheureux , pour 
qu'il ait pu sur son lit de mort , laisser échapper 
cette plainte amère : « Je me repens de m'être 
donné tant de peine dans l'intérêt de la science. » 

(1) Per multos annos vinculis detentus , Antiq. ÏJniv. 
Oxon., p. 138. — Bacon ne fut mis en liberté qu'en 1293 
( un an avant sa mort ) : en supposant qu'il ait été con- 
damné en 1278 (année où Jérôme d'Escule vint à Paris), 
ce génie immortel aura langui pendant quinze ans en 
prison. 



Voilà ce qu'il en coûte à vouloir éclairer les 
hommes. 01. Borrichius (de Ortu , de Progressic 
Chem.) dit avoir vu à Oxford (au dix-huitième 
siècle) la maison de Roger Bacon, appelée the 
house of friar Bacon. Son corps fut enterré 
dans l'église des franciscains , où l'on montrait 
longtemps la cellule où le frère Roger travaillait 
en repos. 

Ouvrages de Roger Bacon. La critique a 
beaucoup à faire dans l'appréciation exacte des 
livres attribués à Roger Bacon. Le même ou- 
vrage porte souvent deux ou trois titres diffé- 
rents. U en est résulté qu'on a singulièrement 
grossi la liste de ces livres, que P. Borel porte 
au moins à vingt-huit. 

Parmi les ouvrages de Roger Baeon qui 
nous sont parvenus, on doit placer au premier 
rang son Opus majus présenté à Clément IV 
(ad Clementem quartum), pubhé en 1733 par 
le docteur J. Jebb , à Londres , vol. in-fol. Cet 
ouvrage, qui traite de presque toutes les sciences, 
y compris la hnguistique, renferme des parties 
qui ont été publiées comme des traités particu- 
liers. Les chapitres les plus intéressants et les 
plus détaillés sont relatifs aux divers phénomènes 
de la lumière. VOpus minus et VOpus tertium 
reproduisent , sous une forme plus abrégée , les 
doctrines et les observations contenues dans l'O- 
ptis majus. Roger Bacon doit être réellement con- 
sidéré comme l'un des fondateurs de l'optique. U 
donne très-bien la théorie des miroirs ardents, 
et nous apprend qu'il en fabriquait lui-même 
de très-bons en acier ( de chalybe bono ) pour 
dix Uvres, monnaie de Paris. Il explique le point 
focal où les rayons se réunissent : « il faut croire, 
ajoute-t-il, que l'Antichrisf se servait de ce moyen 
pour brûler les cités, les camps et les ai'mées (1). » 
En parlant de la réfraction que les rayons de la 
lumière éprouvent dans l'air, il explique pourquoi 
nous voyons un astre différemment à l'horizon 
qu'au zénith. « Si on observe, dit-il, aux envi- 
rons des équinoxes, à l'aide d'instruments d'ob- 
servations célestes {per instrumenta quibus 
experimur ea qux silnt in cœlestibus), le pomt 
d'une étoile à son lever, et qu'on observe ensuite 
le point de la même étoUe dans la ligne méridienne, 
on trouvera que cette étoile est plus éloignée 
sensiblement du pôle boréal du monde quand elle 
est au méridien que quand elle est à son lever 
{distare sensibiliter invenieteam inloco me- 
ridieiplus a polo mundi septentrionali, quam 
quando fuit in ortu). L'œil voit donc de ma- 
nières différentes dans destempsdifférents. Quand 
l'étoile est dans la ligne méridienne , c'est-à-dire 
au zénith ou au-dessus de la tête de l'observa- 
teur, les rayons arrivent dans l'œil perpendicu- 
lairement; et alors, n'étant pas réfractés, l'œil 

(1) Omnes radil qui cadunt in tolam superficiem spe- 
culi concurrunt in punctum unum,... quia cadunt ad an- 
gulos aequales, et ideo reflectuntur ad punctum unum in 
axe... Et credendum est quod Antichristus his uteretur, ut 
civitates, et castra et exercUus compara t. {Op. maj., p. 69.) 



(1) Opus majus, p. 79. 

(2) Opus majus, p. 29 : Iris generatur per reflecllones 
muUiplices. Non possunt enira radii congregari, nlsi per 
fraclionera et refleetionem. Et p. 449 : Similiter si quis te- 
nens aquam in ore, et fortitcr spargat aquara In radlis, 
ec stet a latere radiorum. 

(3) Opusmajus, p. 449 :Atqueslhomo insestate, quando 
surgit a sorano, et habet oculos nondum bcne apertos, 
subito aspiciat ad foramen per quod intrat radius solis, 
videbit colores ; et similiter si claudat oculum , contingit 
idem sub umbra supercilioruin , et iterum idem accidit 
per vas yitreum plénum -aqua in radlis solis ; et sic per 
inlinitos modos tara naturales quam artificiales centingit 
colores hujusmodi apparere, sicut diligens experimenta- 
tor novit reperlre. 

(4) Opus majus, p. 85 : Radil lunœ attrahunt vapores 
ad aèrent. 



87 BACON 

voit l'étoile, en ligne droite, dans son point vé- 
ritable. Quand les rayons nous arrivent, au con- 
traire, sous des angles obliques, au lever de 
l'astre , ils se réfractent : la vision s'opère par des 
lignes brisées , et l'œil se trompe sur le point vé- 
ritale qu'occupe Vai?,Xre,{radn frangiintuVy et 
ideo visas tune videt per lineas fractas , et 
erat in loco stellas). Et j'ai vu cela avec des 
instruments, et c'est une chose certaine {ego 
consideravi in instrumentis hoc idem, et cer- 
tum est) (1). « — On voit par ce passage que Ro- 
ger Bacon avait entrevu de grandes découvertes, 
qui ne devaient être plus nettement formulées 
que plus de trois siècles après. 

Il explique le premier la formation de l'arc- 
en-ciel par l'action des rayons réfléchis et réfrac- 
tés dans un milieu diaphane (gouttelettes de pluie), 
différent de celui de l'air. Il ajoute plus loin que 
c'est le même genre de phénomène coloré qui se 
produit, quand , tenant la bouche pleine d'eau , 
on lance cette eau sous forme de pluie fine dans 
l'air, contre le soleil (2). Il appela le premier l'at- 
tention des physiciens sur la décomposition de la 
lumière et le spectre coloré. « Quand un homme, 
dit-il , dans un beau jour d'été , au moment où il 
s'éveille , tourne ses regards subitement vers une 
ouverture par où pénètre im rayon du soleil, il 
aperçoit des couleurs. » Puis il indique d'autres 
expériences qui reproduisent le, même phéno- 
mène (3). 

Albumasar avait déjà observé que le phéno- 
mène de la marée dépend de la lune : Jluxxis et 
rejluxus currunt sicut luna variatur in par- 
tibus cœli. Mais Bacon, admettant cette explica- 
tion, attribue le phénomène plus particulièrement 
à l'attraction que la lune exerce sur l'élément li- 
quide (4). 

Dans le chapitre intitulé du Mouvement de 
la balance, on trouve, entre autres détails as- 
tronomiques fort remarquables , l'indication de la 
précession des équinoxes , et la réforme du ca- 
lendrier, que nous avons mentionnée plus haut. 
Voici un des passages les plus saillants : « L'an- 
née Julienne, de trois cent soixante-cinq jours 
et un quart entier {quarta diei intégra), ne 
donne pas la quantité réelle de l'année ( no)i per- 
venit ad veram anni quantitatem). Il est 
prouvé par tous les computistes anciens et nou- 



88 



veaux , mais surtout par les voies de l'asti'onomie 
{per vîas asti'onomiœ), que la quantité de l'an- 
née solaire n'est pas si grande, mais qu'elle est 
plutôt moindre {quod quantitas anrii solaris 
non est tanta , immo minor ) ; et cette différence 
est évaluée à environ la cent trentième partie 
d'un jour. C'est pourquoi , eu comptant tous les 
cent trente ans un jour de plus , on corrigerait 
l'erreur du calendrier. Il y a ensuite une erreur 
plus grande, relativement à la fiNation des équi- 
noxes et des solstices; mais cette erreur ne \ient j 
pas seulement de la quantité de l'année, mais ' 
encore d'autres défauts graves. Ainsi, on a placé 
les équinoxes et les solstices à des jours fixes, 
comme s'ils devaient y rester éternellement (1). » 

Attentif à tous les phénomènes naturels, R. 
Bacon fut le fondateur de la vraie méthode ex- 
périmentale, dont il préconise sans cesse les avan- 
tages. « Comme le commun des étudiants ignore, 
dit-il, entièrement la science expérimentale 
{scientïa experimentalis a vulgo studentium 
est penitus ignorata), je ne puis pas leur per- 
suader son utilité, à moins qu'on en montre 
les avantages. Ce n'est que par la méthode ex- 
périmentale qu'on arrivera à connaître tout à fait 
la nature, l'industrie et l'art, et que l'on parvien- 
dra à comprendre la vanité des enchantements, 
de la magie, etc. (2). » 

Dans son traité sur la Perspective (3), Bacon 
traite des points les plus abstrus de l'optique. 
Avant lui, les médecins paraissent avoir ignoré 
un des faits les pluscurieuxdel'anatomie, l'entre- 
croisement du nerf optique , dont il donne même 
la raison (4). — Plus loin, il explique la scintil- 
lation des étoijes par la densité du milieu vapo- 
reux {propter densitatem medii vaporosi); et 
comme les vapeurs sont plus épaisses à l'fiorizon, 
les étoiles scintillent plus au lever et au coucher 
qu'au zénith (5). — Il démontre aussi géométri- 
quement que l'angle d'incidence des rayons est 
égal à l'angle de réflexion, et donne parfaite- 
ment la théorie des verres convexes , des verres 
concaves et des veiTes plans , les effets de la ré- 
fractioh, la construction des miroirs, des lu- 
nettes, etc. (6). 

Après VOpus Majus, un des ouvrages les plus 
remarquables et enmêmetempsles plus authenti- 
ques deRoger Bacon, c'estr£'/JiYresz<rZe5œ«<i;/'e5 
secrètes de l'art et de lanature, ainsi que sur 
la nullité de la magie {Ephtolai fratrisRog. Ba- 
conts, de secretis operibus artis etnaturae etnuUi- 
taîe magice; o-pera'joh. Dec. Londinensis, epluri- 
bus exemplaribus castigata; Hambourg; 1618, 
12... (80 pages); Maxiget., Bibl. chim.,t. l, 610. 

(1) Opus majus , p. 170. 

(2! Ibid., p. 447-448. 

(3) Rog. Bacconis Angli Perspectiva , opéra et studio 
Joh. Combach ; Francfort, 1614, in-4°. 

{k) Perspectiva , p. 13 lEt ncrvus qui vcnit a dextra 
parte vadit ad sinistruna oculum , et qui a sinistro radit 
addextrum.ut recta sit cxtensio nervorum ab origine 
sua ad oculos. 

(5) Perspect,, p. 126. 

(6) ma., p. 133, 138, 151, 159, 167 et suiv. 



89 BACON 

Les éditions antérieures sont: Paris, 1542, in-4"'; 
Bâîe, 1393, in-8°; Hambourg, 1698 et 1608-,in-8°). 
Les propositions qui s'y trouvent devaient pa- 
raître bien étranges à l'époque où elles furent 
émises. L'auteiir est en opposition flagrante avec 
l'esprit général de son temps : c'est un anachro- 
nisme vivant. « Le monde, dit-il , est rempli de 
prestidigitateurs qui trompent le public en lui 
faisant croire ce qui n'est pas. Les ventriloques 
[vocum varietatemin ventre fingentes) imitent 
des sons de voix éloignées, et font semblant de 
converser avec les esprits. D'autres, par l'adresse 
de certains tours de mains , étonnent les badauds. 
Malheureusement l'homme est toujours disposé à 
croire ce qui semble surnaturel ; et il ne se donne ( 
pas la peine de scruter et d'interroger la nature 
à l'aide de la raison. » —Roger Bacon apassé jus- 
qu'ici pour le premier auteur qui ait fait mention 
de la poudre à canon. J'ai fait voir ailleurs que 
Marcus Graecus l'avait depuis décrite en termes 
plus explicites que ne le sont les passages sui- 
vants de Roger Bacon : « Nous pouvons, avec 
le salpêtre et d'autres substances, composer 
artificiellement un feu susceptible d'être lancé à 
toute distance. On peut aussi parfaitement imiter 
la lumière de l'éclair et le bruit du tonnerre. Il 
suffit d'employer une très-petite quantité de cette 
matière pour produire beaucoup de lumière, 
accompagnée d'un horrible fracas : ce moyen 
permet de détruire une ville ou une armée. Pour 
produire les phénomènes de l'éclair et du ton- 
nerre, il faut prendre du salpêtre, du soufre, 
et Luru vapo vir can utriet. » Le troisième 
ingrédient, que Bacon ne nomme pas, est évi- 
demment le charbon. Aussi quelque» savants 
ont-ils cru lire dans ces mots cabaUstiques l'a- 
nagramme exprimant une proportion de charbon 
pulvérisé. 

L'auteur a dit à peu près la même chose 
dans son Opus majus, et rappelle à cet égard 
l'expérience du salpêtre qui brise avec bruit 
un morceau de parchemin ( pétard ) dans 
lequel on l'enveloppe. « Cette expérience, ajoute- 
t-il, est connue, comme un jeu d'enfant, dans 
beaucoup de pays. » Ainsi, les effets de la cona- 
bustion du salpêtre et de la poudre étaient géné- 
ralement connus dès le treizième siècle. Dans 
ce même Traité des œuvres secrets de l'art, 
Roger Bacon dit des choses si étonnantes con- 
cernant la physique et la mécanique, que l'on 
serait presque porté à croire qu'il connaissait 
la machine à vapeur et le ballon aérostatique. 
«. On pourrait construire , dit-il, des machines 
propres à faire marcher les plus grands navires 
plus rapidement que ne le ferait toute une gar- 
nison de rameurs : on n'aurait besoin que d'un 
pilote pour les diriger. On pourrait aussi faire 
marcher les voitures avec une vitesse incroyable, 
sans le secours d'aucun animal. Enfin, il ne se- 
rait pas impossible de faire des instruments qui, 
au moyen d'un appareil à ailes, permettrait de 
voler dans l'air, à la manière des oiseaux. « 



90 

Libellus de alchimia,cuitituhis : Spéculum 
alchemïae; Norimberg, 1614,4; Theat. chim., 
t.y;Mayiget.,£ibL chim. , t. H. Ce petit traité a 
été traduit en français par Jacques-Girard de 
Tournus, sous le titre de Miroir d'Alquimie; 
Lyon, 1557, in-12; Paris, 1612, 1627). On y 
trouve plus de théories que de faits d'observa- 
tion. A l'exemple de presque tous les alchimistes, 
l'auteur regarde le soufre et lemercure comme les 
éléments des métaux. « La nature cherche, dit-il, 
sans cesse à atteindre la perfection de l'or. Mais, 
contrariée dans sa tendance et sujette à ime 
foule d'accidents, elle engendre des métaux moins 
parfaits , suivant le degré de pureté de soufre 
et de mercure. — Les éléments peuvent être 
retirés, soit des plantes, soit des substances 
animales , soit des minéraux. Mais ce n'est pas 
tout; il faut ensuite les combiner dans une juste 
proportion {secundum debitam proportionem) 
quei'esprithumainignore. Il faut doncavanttout 
découvrir une matière dans laquelle le mercure 
soit déjà uni à la quantité nécessaire de soufre. Il 
faut imiter la nature, qui procède toujours par 
des voies simples. Les métaux s'engendrent 
dans les mines. Il s'agit de commencer par cons- 
truire un fourneau qui ressemble à une mine, 
non pas par sa grandeur, mais par une disposi- 
tion particulière qui ne permette pas aux ma- 
tières volatiles de s'échapper, et qui concentre 
la chaleur d'une manière continue. Le vaisseau 
dont l'opérateur se sert doit être de verre, ou 
d'une substance terreuse ayant la résistance du 
verre; le col doit être étroit, et son orifice 
exactement fermé avec un couvercle et du bi- 
tume. De même que dans les mines le soufre et 
le mercure sont préservés du contact immé- 
diat du feu par des matières terreuses intermé- 
diaires , de même aussi il faut avoir soin que le 
feu ne touche pas immédiatement le vaisseau : il 
convient, pour cela, de l'entourer d'une enveloppe 
solide qui puisse distribuer partout une chaleur 
égale. » 

R. Bacon admettait un élixir rouge pour jau- 
nir les métaux, et un autre pour les blanchir, 
c'est-à-dire pour les transformer en or ou en ar- 
gent , selon les idées des alchimistes. Faut-il en- 
tendre par ce qu'il appelle /cm le gaz d'éclairage, 
produit de la distillation d'une matière organique 
quelconque ? « Les sophistes m'objecteront sans 
doute, dit Bacon, qu'il est de la nature du 
feu de monter au ciel , et qu'il est impossible 
d'emprisonner la flamme dans aucun vase. Mais 
je ne vous demande pas de me croire , à moins 
qije vous n'en ayez vous-même fait l'expérience 
( non credas mihi, nisi experiaris). L'air est 
l'aliment du feu {aër est cibus ignis). » C'est 
là ce qu'avaient déjà dit les anciens. Mais Bacon 
fait observer qu'il y a un autre air qui éteint la 
lumière. « Cet air tient, ajoute-t-il, de la nature 
de l'eau, laquelle est contraire au feu. » C'est 
sans doute l'acide carbonique ou l'azote dont 
Bacon a voulu parler. — Bacon ne nie pas la pré- 



91 



paration artificielle des métaux. « Il est , dit-il , 
impossible de créer des arbres, parce que les vé- 
gétaux se composent d'éléments trop hétérogè- 
nes ; il n'en est pas de même des métaux , qui 
tous sont de nature homogène. Mais la première 
condition pour faire des métaux, c'est de les ré- 
duire préalablementen leurs éléments. » — Il con- 
seille ensuite de ne pas prendre des colorations ac- 
cidentelles pour de véritables transformations. 
«C'est ainsi qu'il est facile de blancliir le cuivre, 
en tenant une lame de ce métal au-dessus du sel 
commun chauffé fortement; mais de ce cuivre 
blanchi à l'argent, la distance est grande. » 

Spéculum Secret orum. Le Miroir des Secrets 
est un abrégé d'alchimie qui, selon l'intention de 
l'auteur, est destiné à ceux qui n'ont pas les 
moyens de se procurer beaucoup de livres. C'est 
dans ce traité qu'on trouve les idées les plus 
nettes qui aient été émises sur la fameuse théo- 
rie de la transformation des métaux. Voici com- 
ment raisonne Bacon, avec cette justesse d'esprit 
qui le caractérise si éminemment : <t Vouloir 
transformer une espèce dans vme autre, faire de 
l'argent avec du plomb, ou de l'or avec du 
cuivre, c'est aussi absurde que de prétendre créer 
quelque chose de rien. Jamais les vrais alchimis- 
tes n'ont eu cette prétention. Non. Il s'agit de 
retirer d'abord, par le moyen de l'art, d'un mi- 
nerai terreux et brut, un corps métallique bril- 
lant, comme le plomb, rétaiii,le cuivre, etc. 
Mais ce n'est là qu'un premier degré de perfec- 
tion, auquel le travail du chimiste ne doit pas 
encore s'arrêter ; car il faut maintenant cher- 
cher quelques moyens de ramener les autres mé- 
taux, qui é-vistent toujours attirés au sein de la 
terre, au plus parfait de tous, l'or, qui se ren- 
conti'e toujours dans la nature avec l'aspect qui 
le caractérise. L'or est parfait, parce que la na- 
ture en a achevé le travail. Il faut donc imiter 
la nature ; mais ici se présente un grave incon- 
vénient : la nature ne compte pas les siècles 
qu'elle met à achever son travail , tandis qu'une 
heure peut être le terme de la vie d'un homme. 
Il est donc important de trouver un moyen qui 
permette de faire en peu de temps ce que la na- 
ture fait dans un intervalle beaucoup plus long. 
Ce moyen, c'est ce que les alchimistes appellent in- 
différemment élixir, pierre pliilosophale , etc. » 
L'alchimie, ainsi envisagée, trouve même encore 
aujourd'hui beaucoup de partisans. 

La plupart des traités chimiques de Roger Bacon 
se trouvent réunis en un seul volume , imprimé 
en 1620. Il contient en partie les écrits suivants : 
1" Brève breviarum de dono Dei. « Le soufre, 
le mercure etl'arsenic sont, dit l'auteur, les prin- 
cipaux esprits qui entrent dans la composition des 
métaux. Le soufre est le principe actif, et le mer- 
cure le principe passif; l'arsenic est l'intermé- 
diaire qui dispose à leur combinaison. L'arsenic 
blanc ( acide arséuieux ) se prépare en sublimant 
l'orpiment avec de la limaille de fer. Il est blanc 
et transparent comme le cristal ( ut cristallus 



BACON 92 

hicidum). » R. Bacon ne dit rien des propriétés 
vénéneuses de ce corps. A propos de salpêtre, il 
signale la propriété de fuser sur les charbons 
incandescents. Il le purifie en le dissolvant dans 
l'eau, et en évaporant la liqueur filtrée. Le 
n° llr)3(fonds de Saint-Germain) des manuscrits 
de la Bibliothèque nationale renferme un traité 
de Roger Bacon, De ftaturis metaUorum in 
rations alckimica et artificiali tranwiuta- 
tione. Ce traité n'est autre chose que le Brève 
Breviarumde dono Dei, moins quelques varian- 
tes de peu d'importance. — 2° Verbum abbrevia- 
tum de Leone viridi. Ce petit écrit, de fort peu 
d'importance, traite de la distillation de quelques 
acétates métalliques , et des vertus prétendues 
surnaturelles d'un liquide rouge provenant de la 
décomposition du vinaigre. Il termine par la des- 
cription du meilleur mode de projection. On rap- 
porte que c'est par le traité Du lion vert que 
R. Bacon se concilia les bonnes grâces de Raymond 
Granfred, général de l'ordre des Franciscains, qui 
le fit délivrer de sa prison. — 3° Secretum se- 
cretarum naturse, de laude lapidisphilosopho- 
rum. Malgré son titre prétentieux, cet écrit ne 
renferme rien qui mérite d'être signalé. — 4" 
Tractatus trium verborum. Le traité des trois 
verbes se compose de trois épîtres adressées à 
son disciple Jean de Paris. Dans la première , 
l'auteur fait une remarque qui devait plus tard 
attirer l'attention de tous les chimistes : il dit qu'en 
soumettant différentes substances ( organiques ) à 
la distillation, on obtient dans le récipient, non- 
seulement de l'eau, mais encore de l'air, et que 
l'air peut être distillé conune l'eau. « A ces deux 
éléments il faut, dit-il, encore ajouter le feu. » 
Ainsi l'eau, l'air et le feu passent dans le réci- 
pient , tandis que la terre reste au fond de la 
cornue. — 5° Alchimia major. L'auteur rappelle, 
dans ce livre, que l'air est l'aliment du feu ; et 
il s'appuie sur l'expérience suivante : « Lorsqu'on 
allume une lampe d'huile et qu'on l'emprisonne 
sous un vase, on voit qu'elle ne tarde pas à s'é- 
teindre; c'est qu'elle manque d'air. » La plupart 
des idées contenues dans ce livre sont reproduites 
ailleurs. Quant aux traités intitulés Medulla al- 
chimias , deArte chemica, Breviarum chemix, 
ils sont à peu près identiques avec Y Alchimia 
major. Le livre de Potestate artis et naturse, 
qui se trouve imprimé dans Artis auriferae. quant 
chemiam vocant, est le même que YEpistola 
de secretis operibus et de nullitate magiœ. La 
seule différence est dans le titre (1). Il n'est pas 
certain que les ouvi'ages signalés par Balœus et 
Pitsaeus , et attribués à R. Bacon, soient tous au- 
thentiques. — Le manuscrit n° 6514 de la Bi- 
bliothèque nationale contient un fragment du 
Brève breviarum de dono Dei, que nous avons 
cité. Un autre manuscrit renferme un traité de 



(1) H a été traduit en français par Jacques-Girard de 
Toiirnus, sous le titre de VJdmirable pouvoir et puis- 
sance de fart, de lanature, etc.j Lyon, 1657, in-S^X très- 
rare ) ; Paris, 1629, in-S". 



93 

R. Bacon, de ProVongatione Vitse, qui, si je ne 
me trompe, n'est pas indiqué dans les catalogues 
de la Bibliothèque nationale. Les autres ouvrages 
de Roger Bacon, qui n'ont pas un rapport direct 
avec la chimie, . sont également très-nombreux ; 
ils existent en pai-tie imprimés, en partie encore 
en manuscrits. F. H. 

PitsEBUs, De illustribus Anglix scriptoribus- — Wad- 
ding, Annales Minwiim. — Du Boulay, Hist. univ.; Pa- 
ris, t. II. — Wood, Hist. et Antiquit. univ.; Oxon. — 
Oudin, Comment, de script, écoles., t. III. — Leland, 
Comment, de script. Britann. — Tauner, Bibliotheca 
Britannica-Hibernica. — Biographia Britannica. — 
Histoire littéraire delà France (t. XX, p. 227-252), 
excellent article de M. V. Le Clerc. — Penny Encyclopœ- 
dia. — V. Cousin, Journal des Savants, 1846. — F. Hoe- 
fer, Histoire de la Chimie, 1. 1. 

*BAcON {Âni^a), femme savante anglaise, née 
vers l'an 1528 , seconde fille d'Antoine Cook , 
précepteur d'Edouard IV. Elle épousa en secondes 
noces le garde des sceaux Nicolas Bacon , dont 
elle eut deux fils, Antoine et François , le célèbre 
philosophe. — Anna Bacon prit une grande 
part à l'éducation de ses deux enfants. On a d'elle : 
Apologyfor the church ofEngland, trad. du 
latin de Jewel en anglais; Londres', 1564; — 
une traduction de vingt-cinq sermons de Bernard 
Ochin. 

Adelung, Supplément à Jocher, Allgemeines Gelehrten- 
Lexicon. — Biographia B'ritannica. 

* BACON (Nicolas, sir), jurisconsulte anglais, 
né en 1510, mort en 1579. Il fut l'objet de la fa- 
veur de Henri VIII et devint garde des sceaux et 
membre du conseil privé sous Elisabeth. Cette 
reine étant venue visiter un jour Nicolas Bacon 
dans une modeste maison qu'il possédait à Red- 
grave, lui dit en riant : <c C'est là une bien petite 
demeure pour un homme comme vous. » — 
<c C'est la faute de Votre Majesté, qui m'a fait trop 
grand pour ma maison, répondit le chancelier. » 
En 1568 et 1571, il présida les commissions 
chargées del'examendes plaintes réciproques de 
Marie d'Ecosse et de ses sujets : il laissa manus- 
crits des traités sur la politique et la législation , 
et im commentaire sur les petits Prophètes. — 
Nicolas Bacon est le père du suivant. 

Biographia Britannica. 

BACON (François, baron deVérulam, vi- 
comte de Saint- Alban ) , célèbre philosophe an- 
glais, né à Londres le 22 janvier 1560, mort le 
9 avril 1626. — Bacon est un de ces grands 
hommes dont on parle beaucoup plus qu'on ne 
les connaît. Il était fils de sir Nicolas Bacon, 
garde des sceaux sous Éhsabeth , et tenait à la 
vieille famille des Suffolk. Son père s'était tou- 
jours montré un rigide observateur des lois; sa 
mère joignait à une piété vive des connaissan- 
ces singuhères dans une femme : elle avait tra- 
duit de l'itaUen en anglais des ouvrages d'ascé- 
tisme , et s'était même mêlée aux controverses 
théologiques. L'inteUigence du jeune Bacon avait 
grandi de bonne heure sous cette double in- 
lluence d'une mère religieuse et d'un père ins- 
truit. La cour, à laqudle on l'avait présenté tout 



BACON 94 

enfant, répétait les saillies naïvement spirituelles, 
et Elisabeth l'appelait , en souriant , son petit 
garde des sceaux. — On conçoit, sans peine, 
que sir Nicolas ne négligea rien pour l'éducation 
d'un fils qui donnait de si belles espérances. Il 
l'envoya , âgé à peine de treize ans , à l'univer- 
sité de Cambridge (1574) ; puis, ses études ter- 
minées , il le confia à sir Amyas Pawlet , am- 
bassadeur d'Angleterre à la cour de Rome. C'est 
ainsi que le jeune Bacon se trouva en rapport 
direct avec les hommes actifs et intelligents qui 
travaillèrent par toute l'Europe, et notamment à 
Paris, à opérer une révolution dans les sciences. 
Déjà son parti était pris ; ce n'était plus une sin- 
gularité, à la fin du seizième siècle, que de se 
prononcer, dès la première jeunesse, contre la 
scolastique ; et le futur réformateur était encore 
sur les bancs de l'école lorsqu'il écrivait un opus- 
cule contre cette physique de définitions et d'abs- 
tractions qui n'est guère qu'une logique fort il- 
logiquement appliquée. En arrivant à Paris, où 
il resta trois ans ( 1577-1580), il dut bientôt se 
créer des relations dans ce cercle d'élite qui, dix 
ans auparavant, avait applaudi Ramus, et devait, 
dix ans plus tard, applaudir Joi'dano Bruno (1). 
Néanmoins il est difficile de savoir à quel résul- 
tat précis aboutit le commerce intellectuel de 
Bacon avec la France savante. Poussé par son 
ambition et par le vœu de sa famille, le jeune 
philosophe se consacra d'abord aux affaires. Il 
s'acqiiitta avec bonheur des missions délicates 
que l'ambassadeur lui avait confiées pour la reine, 
et parut s'occuper de l'état des sciences beaucoup 
moins que de l'état de l'Europe , sur lecpiel il fit 
un petit traité. 

Cependant son père venait de mourir, et, avec 
un beau rang à soutenir, lui laissait peu de for- 
tune. L'ex-attaché . d'ambassade se livra avec 
ardeur à l'étude du droit, pour trouver dans le 
barreau un cliemin à la fortune et aux honneurs ; 
mais il ne devait y arriver qu'à travers mille 
obstacles. Elisabeth, qui n'aimait les supériorités 
d'aucun genre, se sentait peu de sympathie pour 
Bacon, qu'elle traitait, comme Louis XIV devait 
traiter Fénelon, d'esprit chimérique. Aussi ce 
fut en vain que, mécontent de son titi'e peu lu- 
cratif de conseiller de la reine, il demanda la 
place de solliciteur général ; et, sans la générosité 
du comte d'Essex, qui lui fit don d'un domaine, 
il se serait trouvé sans moyens d'existence. — 
Cependant le philosophe devait trouver le peuple 
moins ingrat que la cour. Il fut choisi en 1595 
pour représenter le comté de Middlesex à la 
chambre des communes. Malheureusement il ne 
fit pas de son mandat un usage fort honorable. 
Il se rangea dans les rangs honteux de cette 
demi-opposition qu'on rencontre dans plus d'un 
pays, et qui , inclinant tantôt vers les vœux po- 
pulaires , tantôt vers les ambitions ministérielles, 



(1) On peut se convaincre, par la lecture des ouvrages 
de Bacon, qu'il avait beaucoup lu Montaigne: il l'imite 
plus d'une fois dans ses Essais de morale. 



BACON 



96 



fait acheter chèrement par le pouvoir les bills 
d'indemnité dont il a besoin. Néanmoins les com- 
plaisances du nouveau député pour les ministres 
ne lui procurèrent d'abord qu'un médiocre pro- 
fit. En vain s'abaissa-t^il jusqu'à flatter la vanité 
féminine d'Elisabeth par les éloges les plus em- 
phatiques ; en vain, lorsqu'on accusa d'Essex,son 
bienfaiteur, de haute trahison , plaida-t-il contre 
celui à qui il avait juré une reconnaissance éter- 
nelle; en vain publia-t-il même à cette occa- 
sion un opuscule intitulé Déclaration des 
trahisons de Robert, comte d'Essex ; la reine 
trouva que cette déclaration ne tournait pas 
suffisamment au pamphlet : « D est aisé de voir, 
« dit-elle aigrement à l'auteur, que vous n'avez 
« pas oublié votre ancienne affection. ■» Fléchi par 
ro{)inion qui pardonne rarement les ingratitudes, 
suspect au parti triomphant qui ne voulut pas 
payer la sienne, Bacon n'obtint aucune place; et 
il tomba dans un tel degré de pauvreté, qu'il fut 
deux fois arrêté pour dettes. 

Sur ces entrefaites , Jacques F"' montait sur 
le trône. L'héritier d'une couronne opère toujours 
une petite réaction contre le gouvernement qu'il 
remplace : le disgracié d'Elisabeth devint le fa- 
vori de son successeur. Ce qui augmenta encore 
l'influence dont il jouissait , ce fut l'habileté qu'il 
déploya dans une circonstance fort délicate. Le 
parlement l'avait chargé de porter au pied du 
trône des représentations respectueuses à la fois 
et énergiques au sujet des déprédations que com- 
mettaient les pourvoyeurs de la couronne. H 
fallait pour s'acquitter de cette difficile mission, 
et pour contenter la chambre sans mécontenter 
le roi, un tact exquis et un rare bonheur de 
parole. Bacon eut l'art de satisfaire la cour et le 
parlement. Le parlement lui vota des remercî- 
ments publics ; le roi lui donna deux pensions qui 
montaient ensemble à cent livres sterling. Bien- 
tôt après, en 1607, il lui accorda la place qu'il 
avait jusque-là vainement demandée , de sollici- 
teur-général. C'était l'époque de tous les bon- 
heurs pour le philosophe. Les causes lucratives 
affluaient dans son cabinet d'avocat; il obtint en 
mariage la fille d'un riche alderman de la Cité, 
Alix de Barnham ; il fut nommé garde des sceaux, 
puis lord grand chancelier (1619); enfin il fut 
élevé à la pairie, et décoré successivement du 
titre de baron de Yérulam et de vicomte de 
Saint-Alban. 

Ce fut précisément alors que le malheur et la 
honte vinrent l'atteindre et le rendre à la philo- 
sophie, que jamais, pour sa gloù-e, il n'aurait dû 
abandonner. La chambre des communes l'accusa, 
auprès de la chambre des lords, de concussion et 
de vénalité. On lui reprochait d'avoir reçu des 
ftommes considérables, soit pour les brevets de 
places ou de privilèges qu'il délivrait comme 
garde des sceaux , soit pour l'expédition plus 
prompte des affaires de justice. Il paraît certain 
que, par une coupable condescendance pour son 
protecteur Buckingham et pour ses inférieurs, 



le chancelier avait toléré les graves abus que lui 
imputaient les communes ; il s'était même laissé 
aller , bien que la cupidité ne fût pas le fond de 
son caractère, à prendre sa part dans ces gains 
illicites. Du reste, c'était bien moins au chance- 
lier lui-même qu'au savoir et peut-être au roi 
qu'en voulait la chambre des communes. Peut- 
être Bacon eût-il pu sauver à demi son honneur en 
avouant, avec ses torts, la pai't considérable qu'y 
avait prise Buckingham. Mais le roi et le favori 
intervinrent officieusement ; ils déterminèrent 
l'accusé à éviter l'éclat d'une poursuite judiciaire. 
Bacon eut la faiblesse de suivre leurs conseils , 
et, au lieu de dévoiler devant la chambre les cir- 
constances qui atténuaient sa faute, il implora la 
clémence de ses juges. La chambre, qui, au fond, 
avait plus d'un motif pour être sympathique à 
Bacon, n'en fiit pas moins obligée, par l'opinion 
publique, de prononcer contre lui un jugement 
des plus sévères. Le chancelier fut condamné, 
le 3 mai 1621 , à une amende de 40,000 livres 
sterling, et déclaré incapable de siéger au parle- 
ment , d'occuper un emploi public , et d'habiter 
les heux où se rendait la cour. Il dut même être 
enfermé dans la Tour de Londres pendant le 
temps qu'il plairait au roi. On conçoit sans peine 
que sa détention fut de courte durée. Protégé par 
les ultra-royalistes , il put bientôt revenir à Lon- 
dres; et même, quand ce parti triompha sous 
Charles P"", il fiât publiquement réhabilité, et ob- 
tint un siège au parlement (1625). Du reste, il 
ne devait pas jouir longtemps de ce retour de la 
fortime. Il mourut bientôt après, chez son ami 
lord Arundel. Le temps de ses disgrâces avait 
peut-être été le mieux employé de sa vie : il l'a- 
vait consacré à rédiger ou à revoir ses écrits phi- 
losophiques. I 
Ouvrages de François Bacon. 
Les écrits de Bacon qui constituent son vrai 
titi'e de gloire, et qui ont fait répéter sur tous les 
tons ce mot d'Horace Walpole , « Bacon est le 
prophète des vérités que Newton est venu en- 
suite révéler aux hommes; » ces écrits ont 
trouvé plus d'admirateurs que de lecteurs, et l'on 
peut affirmer avec un philosophe contemporain 
«■ que leur véritable valeur est encore un mys- 
tère. « Pour en présenter une analyse plus exacte, 
nous les diviserons en deux séries : 1° ouvrages 
de morale et de politique; ^° ouvrages philo- 
sophiques , ou relatifs à la question de la mé- 
thode. On s'étonnera peut-être que nous ne par- 
lions pas ici des ouvrages de physique d'un phi- 
losophe qui passe pour avoir créé cette science. 
Mais, en vérité , ces ouvrages ont une valeur si 
contestable. Bacon s'y montre si éti'anger aux 
travaux scientifiques de son siècle, si antipa- 
thique à ses plus belles découvertes (il se pro- 
nonce contre la théorie de Copernic), que nous 
avons ciTi devoir les laisser dans l'ombre (1). 

(1) « A ne considérer que les expériences, dit un de ses 
admirateurs enthousiastes, on le prendrait pour un cco-< 
lier. » 



97 



BACON 



98 



Quelques phrases assez énigmatiques, et qui sont 
une simple reproduction des idées de Gilbert, ont 
donné lieu à cette opinion assez généralement 
admise, que Bacon a eu le pressentiment de la 
grande doctrine de l'attraction universelle. Mais 
cette opinion ne résiste pas à un examen sérieux. 
I. Ouvrages de morale et de politique. — 
Nous rangeons sous ce titre les Éléments de 
droit coutumier, les Essais de morale, la Nou- 
velle Atlantide, l'Histoire de Henri Vil, les 
Considérations politiques sur la guerre d'Es- 
pagne, le Dialogue sur la guerre sacrée , la 
Profession de foi. — Il serait exti'êmement dif- 
ficile de déterminer d'ime manière précise les 
doctrines de Bacon sur la morale et sur la so- 
ciété. Bien que mêlé aux affaires publiques, il 
semble ne les avoir jamais considérées que dans 
leur détail. Cependant, à défaut de principes net- 
tement définis , nous trouvons , dans les divers 
ouvrages que nous venons de citer, certaines 
tendances qu'il importe de constater. 

Dans les questions religieuses , Bacon semble 
sacrifier un peu à la politique, lorsqu'il entre, en 
écrivant au duc de Buckingham, dans les détails 
du dogme anglican ; mais il suffit de se rendre 
compte de l'esprit général qui anime toutes ses 
œuvres, et des idées auxquelles se rattachent ses 
plans de réforme scientifique , pour reconnaître 
que non-seulement il admit , dans la sincérité de 
son âme , tous les principes de la religion natu- 
relle, mais que , de plus , il crut profondément à 
la vérité et à la fécondité immortelle du christia- 
nisme. M. de Maistre, qui se trouvait toujours 
heureux d'attaquer les gloires reconnues par le 
dix-huitième siècle , a vainement tenté de sou- 
lever des doutes sur la bonne foi religieuse de 
Bacon. Hume et d'Alembert la lui ont reprochée 
avec assez d'aigreur pour que l'on puisse y croire ; 
et M. l'abbé Eymery nous paraît beaucoup mieux 
inspiré que M. de Maistre , lorsqu'il range l'il- 
lustie philosophe anglais parmi les gloires du 
christianisme. Il suffirait, du reste, pour s'en 
convaincre , de relire cette belle prière qu'on a 
trouvée dans ses papiers , après sa mort , et qui 
commence par ces mots : « O Seigneur infini- 
« ment bon, Père infiniment miséricordieux, qui 
« me protèges depuis ma jeunesse, j'adore en toi 
« mon créateur, mon rédempteur, mon consola- 
« teur. Tu pénètres, ô mon Dieu, les retraites et 
« les replis les plus cachés de tous les coeurs , tu 
«i sais quelle est leur sincérité ; tu juges l'hypo- 
« crisie ; tu pèses comme dans une balance les 
« libres pensées des hommes et leurs actions ;(tu 
« mesures , comme avec une règle , tous leurs 
« desseins, et ni leur vanité, ni leur perversité 
« ne peuvent t'échapper. Daigne te rappeler, ô 
/ Seigneur, quelle marche a suivie ton serviteur 
« à ton égard; souviens-toi de mes premières 
n recherches et de mes premières intentions. J'ai 
" chéri tes fidèles, j'ai déploré les divisions de 
« ton Église , je me suis plu dans l'éclat de ton 
« sanctuaire... Ta création et surtout ta sainte 

NOUV. BIOGR, UNIVERS. — T. IV. 



« Écriture ont été le livre de mes méditations ; 
<c je fai cherché dans les cours, dans les champs 
« et dans les jardins", mais je t'ai trouvé dans 
« ton temple. » N'en déplaise à l'école de M. de 
Maistre, il y a dans ces belles paroles un acceni 
de sincérité religieuse qu'on œ saurait mécon- 
naître. 

Nous soupçonnons fort les écrivains qui ac- 
cusent Bacon de matérialisme, de n'avoir pas lu 
les curieux chapitres qu'il consacre dans le De 
Augmentis aux sciences morales. Us se seraient 
facilement convaincus qu'il les regarde non- 
seulement comme possibles, mais encore comme 
nécessaires. Us auraient même vu qu'il adopte , 
sur plus d'un point important , les principes des 
scolastiques. Comme les scolastiques, par exem- 
ple , il distingue l'âme rationnelle et l'âme irra- 
tionnelle : distinction qui , pour le dire en pas- 
sant, prouve qu'il n'inclinait pas vers le sensua- 
Usme, dont elle est une évidente négation. Seu- 
lement , il se sépare d'eux en ce qu'il ne veut 
pas qu'on définisse l'âme rationnelle l'acte der- 
nier ou la forme du corps. Il pensait, non sans 
raison peut-être, que cette définition conduisait 
à cette conséquence funeste : « qu'il n'y a entre 
« l'âme humaine et celle des brutes que la simple 
« différence du plus au moins , et non une dif- 
« férence vraiment spécifique. « H semblait 
qu'arrivé là , Bacon n'eût plus qu'un pas à faire 
pour saisir la vérité, et qu'après avoir si bien vu 
l'impm'ssance de l'observation extérieure à déter- 
miner la nature de l'âme, il dût proclamer la 
nécessité de l'observation interne et des études 
psychologiques. Malheureusement il se contenta 
de poser les prémisses, et ne sut pas conclure. Il 
admit que la révélation seule était appelée à ré- 
soudre les problèmes de psychologie. Nouvelle 
preuve, du reste, que le chancelier ne vit pas 
toujours les harmonies profondes de la philoso- 
phie et du christianisme ; sa tendance fut plutôt 
de limiter arbitrairement la raison , que de mé- 
connaître les droits de la tradition religiease. 

Dans les questions politiques, la pensée de 
Bacon est beaucoup plus difficUe à saisir. H sem- 
ble se défier à l'excès des vues générales, et par 
conséquent des innovations. Non sans doute qu'il 
les trouvât mauvaises en elles-mêmes ; mais il 
sentait une grande révolution qui se préparait 
dans l'ombre, et il conseillait aux ministres, sur 
lesquels il avait de l'influence, toutes les mesures 
qui lui paraissaient capables de la conjurer. 
C'est peut-être cette crainte d'une grande per- 
turbation sociale, aussi bien que son intérêt 
personnel, qui lui inspira un aveugle dévouement 
pour la prérogative royale, et en fit le courtisan 
de tous les favoris du jour, l'adversaire de tous 
les puissants de la veille. 

En matière d'économie politique, on ne trouve 
absolument rien dans les écrits du chancelier 
qui soit digne d'être relevé : il n'eut pas le plus 
léger pressentiment de cette science. A ses yeux, 
le numéraire est la seule richesse, et il se pro- 

4 



99 



BACON 



100 



nonce hautement pour ce que l'on a depuis ap- 
pelé le système de la balance du commerce : 
système qui n'est au fond que la négation de 
\ économie politique, puisque, niant tout rapport 
entre le numéraire et les autres valeurs , il im- 
plique qu'il n'y a pas de lois générales qui prési- 
dent à la production , à la distribution , à la con- 
sommation des richesses, ou, en d'autres termes, 
qu'il n'y a pas de science des richesses. Du reste, 
comment s'étonner que Bacon n'ait pas connu les 
pi'incipes d'une science qui ne devaient être 
formulés qu'un siècle après lui ? Comment s'é- 
tonner aussi que, dans cette absence de toute in- 
vestigation scientifique sur l'industrie et le com- 
merce, le chancelier, dans s,oïs.Histoirede Henri 
VU, approuve les mesures funestes et arbi- 
traires par lesquelles ce prince avait interdit cer- 
taines exportations, et fixé le prix de nombreux 
produits, ainsi que le salaire des ouvriers? C'est la 
tendance naturelle de tous ceux qui n'ont pas 
réfléchi aux lois immuables de la richesse , de 
s'imaginer que l'intervention de l'État dans les 
phénomènes de la production et de la circulation 
industrielles est aussi nécessaire que légitime. 

Ce qu'il y a de plus curieux peut-être dans 
les œuvres pohtiques et morales de Bacon , c'est 
l'exposition méthodique de trois projets sur les- 
quels il revient souvent, et qui préoccupent 
vivement son esprit. 

Le premier de ces projets , tel qu'il l'expose 
dans deux opuscules spéciaux , était de fondre 
en un seul code les dispositions si nombreuses 
et parfois si compliquées de la législation d'Angle- 
terre. Deux siècles avantla révolution française, 
Bacon A^oulait réahser pour son pays ce qu'elle 
conçut et prépara pour le nôtre. Le second 
projet de Bacon était d'engager les puissances 
européennes dans une croisade contre l'Orient ; 
il l'a développé dans un traité spécial ( Dialogue 
sur la guerre sacrée), qui parut en 1622. Ce 
ti-aité rappelle, en le devançant, le curieux 
opuscule de Leibnitz sur la conquête de l'Egypte. 

Un fait très-déplorable , et qui existe encore 
aujourd'hui , donna lieu au troisième projet de 
Bacon. Le chancelier était fort préoccupé de l'é- 
parpillement funeste des efforts intellectuels 
dans l'humanité , et de cette espèce d'anarchie 
du monde scientifique , au sein de laquelle tant 
de force spirituelle se dépense sans profit. Il 
aurait voulu coordoimer tous les travaux dans 
un vaste plan qui auraitassuré un échange rapide 
et fécond <\& toutes les découvertes. Il consacra 
au développement de cette idée un de ses ou- 
vrages les plus curieux , la Nouvelle Atlantide. 
Dans cette répubhque imaginaire , qu'il donne 
pour modèle aux États emropéens , il plaça un 
vaste institut, appelé Société de Salomon, 
« lequel, dit-il, est spécialement destiné àl'étude 
« et à la contemplation des œuvres de la Divinité, 
« en un mot, de toute la création. « Une simple 
indication ne suffisait pas ; Bacon décrit en détail 
le règlement de cette société, montre les avan- 



tages, énumère les ressources dont elle jouit, et 
fait voir comment , par une division rationnelle 
du travail scientifique, elle arrive à une production 
réguUère et immense de richesses spnituelles. 
Voici, du reste, comment un des principaux 
membres de la Société rend compte, dans la 
Nouvelle Atlantide, de son organisation : 
« Douze d'enti-e nous sont chargés, dit-il , de 
voyager dans les pays étrangers, mais sous les 
noms d'autres nations; car nous dérobons avec 
soin à toutes les autres la connaissance de la 
nôtre. Ils ont ordi'e de rapporter, des contrées 
qu'ils ont parcourues, des macliines, des instru- 
ments, des échantillons, des modèles , des ex- 
périences et des observations de toute espèce ; 
nous les appelons commerçants de lumière. 
Trois autres membres sont chargés de recueil- 
lir dans les livres les expériences utiles ou lu- 
mineuses qu'ils pourront y trouver : nous 
qualifions ceux-ci deplagiaires. Nous enavons 
trois autres pour extraire de tous les arts 
mécaniques , ainsi que des arts libéraux , des 
sciences même, et de toutes ces pratiques 
isolées qui ne font pas encore partie des arts 
proprement dits, toutes les expériences et 
les observations qui peuvent se rapporter à 
notre but : ces derniers sont nos collecteurs. 
Trois autres encore s'occupent à tenter de 
nouvelles expériences , sur le choix desquel- 
les nous nous en rapportons à eux; ceux-ci 
sont nos pionniers ou nos mineurs. Nous en 
avons aussi ti'ois pom- ranger dans des tables, 
sous leurs titres respectifs,, toutes les expé- 
riences et les observations faites ou recueillies 
par ceux des quatre premières classes ; ce qui 
faciUte beaucoup les opérations de l'esprit 
nécessaires pour tirer de tous ces faits <les 
conséquences générales et en extraire les prin- 
cipes; nous qualifions ceux-ci de compilateurs, 
de rédacteurs. Trois autres encore , chargés 
d'examiner toutes les expériences, de les 
comparer, soit entre elles , soit aux différents 
buts et besoins de la vie humaine, tâchent de 
les appliquer à l'utUité des autres hommes , 
soit pour améliorer leur condition , soit pour 
donner de nouvelles lumières aux savants, 
lumières destinées à diriger la pratique et à 
faciliter la découverte des causes ; à donner 
une base aux prédictions et autres genres de 
conjectures ; enfin, à acquérir la connaissairce 
des pai-ticules , des forces et des mouvements 
les plus intimes des corps : nous donnons à 
ceux-ci le titre d'évergètes ou de bienfaiteurs. 
Cela posé, et après plusieurs assemblées géné- 
rales , destinées à examiner tous ces faits et 
à se consulter réciproquement, trois membres 
tâchent d'imaginer d'autres expériences plus, 
lumineuses , plus décisives : nous donnons à 
ces trois derniers le nom de lampes. Nous en 
avons encore trois pour examiner les expé- 
riences de ce dernier genre; et ils doivent 
en suite nous en communiquer tous les résultats 



101 



BACON 



102 



« dans nos assemblées : nous les appelons les 
« greffiers. Enfin, il en est qui, après avoir con- 
« sidéré toutes les observations faites par les 
« précédents, cherchent les rapports de toutes 
« ces vérités, et tâchent d'en tirer des consé- 
« quences générales : nous appelons ces derniers 
« interprètes de la nature. Nous avons aussi, 
« comme vous le pouvez penser, des novices 
« ou élèves pour perpétuer notre ordre , qui , 
« sans cette précaution, s'éteindrait bientôt. » 

Il y a sans doute dans les détails de cette 
organisation bien des singularités qui provo- 
quent un sourire involontaire. Mais qui ne voit 
que le mal auquel elle était destinée à porter 
remède, existe trop réellement ? et qui pourrait 
dire qu'un jour il n'y aura pas , entre tous les 
hommes qui travaillent de l'esprit , une vaste et 
féconde association ? 

n. Ouvrages philosophiques de Bacon. — 
Nous comprenons sous ce titre : 1° /a grande Res- 
tauration des sciences, dont le Nouvel Organe 
n'est qu'une partie; — 2° la Production virile 
du siècle; — 3° les Pensées et Vîtes sur Vin- 
terprétation de la nature; — 4° la Réfutation 
des systèmes philosophiques. Ces divers ou- 
vrages ont eu la fortune la plus diverse : connus 
exclusivement, au dix-septième siècle, par les 
hommes les plus éminents , ils furent , au dix- 
huitième , l'objet d'un culte presque universel ; 
c'est alors que le chancelier fut surnommé le 
rénovateur des sciences, regardé comme le père 
de cette philosophie nouvelle à laquelle on 
devait les immortelles découvertes de Newton. 
Il semble que de nos jours la gloire de Bacon 
ait un peu décliné. Il s'est même trouvé un 
grand écrivain qui a risqué contre le philosophe 
du seizième siècle un pamphlet comme lui seul 
sait les faire, plein de paradoxes et de sagesse, 
d'idées justes et de saillies plus que singulières, 
production indéfinissable qui irrite à la fois et 
attache invinciblement le lecteur impartial , et 
où il ne se rencontre pas une phrase , pas un 
mot qui ne renferme ou une théorie surprenante 
de profondeur, ou une contre-vérité plus sur- 
prenante encore par son audace imperturbable 
à braver le bon sens. On devine que nous vou- 
lons parler de M. de Maistre et de son livre 
posthume, V Examen de la Philosophie de 
Bacon. 

Aumilicadetantd'apprécialionscontradietoires, 
où est la vérité ? Faut-il croire avec les encyclo- 
pédistes que la philosophie et la science actuelles 
(c'est-à-dire la civilisation moderne) remontent 
à Bacon ? Faut-il dire avec de Maistre, et l'école 
qui depuis quelques années s'évertue à exagérer 
ses exagérations , que Bacon n'a été exalté par 
les encyclopédistes que parce qu'il fut le pré- 
curseur de Locke, le saint Jean-Baptiste du sen- 
sualisme , et que, du reste , il n'a Tien inventé , 
rien éclairé, rien fait, en un mot, pour le pro- 
grès des sciences ? 

Pour résoudre ce problème, qui a un intérêt 



historique incontestable, c'est-à-dire pour dé- 
tenxiiner quelle a été la part de Bacon dans la 
grande révolution intellectuelle d'où est sortie la 
pensée moderne, il faut rendre compte de l'état 
du seizième siècle, et savoir à quelles con- 
ditions le génie d'un homme pouvait accomplir 
cette révolution. 

II y avait longtemps déjà , lorsque Bacon pa- 
rut, que la philosophie d'Aristote et les procé- 
dés scientifiques dont elle- est l'origine avaient 
été attaqués dans leur radicale impuissance. 
Cependant l'antique édifice de la métaphysique 
et de la science du moyen âge se soutenait 
encore, soit par sa propre masse , soit parce que 
le genre humain n'aime pas à se sentir dans le 
vide, et qu'en face des vieilles doctrines com- 
promises , mais debout , il ne trouvait que des 
théories plus jeunes à la vérité , mais plus com- 
promises encore, et surtout plus compromettan- 
tes. H résultait même de cette absence complète 
de doctrines fixes , raisonnables , logiques , dans 
le camp des novateurs , que , tout en sentant les 
vices des méthodes reçues, ils étaient loin d'avoir 
une notion exacte. Ils parlaient beaucoup d'expé- 
rience , mais ils ne savaient pas élever l'expé- 
rience à la dignité d'une méthode régulière ou 
d'un art. Quel obstacle empêchait donc ces 
ardents et vigoureux génies, qui ont fait tant de 
découvertes, de constituer, d'organiser' scienti- 
fiquement cette mterprétation de la nature, 
d'après les faits , dont ils entrevoyaient la puis- 
sance et la nécessité? Ce qui les arrêtait dans la 
voie féconde sur le bord de laquelle ils étaient 
placés , c'est que les principes métaphysiques 
qui devaient servir de point de départ aux mé- 
thodes nouvelles comme aux nouvelles décou- 
vertes n'étaient pas encore éclaircis pour la 
pensée humaine. 

En général, on fait une trop large part à Bacon 
dans la crise intellectuelle du seizième siècle. 
Comme les métaphysiciens du moyen âge, il re- 
connaît les quatre espèces de causes. Comme eux 
encoi'e il admet que de toutes ces causes la cause 
formelle est la principale, sinon la seule dont la 
science se doive préoccuper : « Quant à la cause 
«; finale , dit-il , tant s'en feut qu'il soit utile de 
<( la considérer fréquemment dans les sciences ; 
« que c'est cette considération même qui les a le 
« plus sophistiquées... Quant aux causes maté- 
« rielles et efficientes, ce sont toutes notions peu 
« approfondies, tout à fait superficielles, et in- 
<c suffisantes pour parvenir aune science réelle.,. 
« Mais s'il existe un mortel qui connaisse les 
« formes, c'est cet homme seul qui peut se flatter 
« d'embrasser les lois générales de la nature, et 
« de la voir parfaitement une, même dans les 
« matières les plus dissemJjlables. » 

Il ne faudrait pas croire néanmoins que Bacon 
en soit purement et simplement revenu aux 
théories du treizième siècle. Ces théories, déjà 
ébranlées par Duns Scott, étaient singulièrement 
discréditées depuis Ockam , et surtout depuis 

4. 



103 BACON 

Pierre d'Ailly et Gerson. Aussi , quand le chan- 
celier s'explique sur la nature de la forme , sa 
pensée semble parfois vaciller. Ordinairement il 
la regarde comme une qualité sensible, inhérente 
à l'objet, et qui le constitue dans son être intime, 
en ce sens que toutes les autres qualités, qu'il 
désigne sous le nom de natures, s'y rattachent. 
C'est pour cette raison qu'U l'appelle nature 
naturante, faisant entendre par là qu'elle cons- 
titue dans les substances le principe intime qui 
les détermine et produit tout ce qui est en elles. 
A ce point de vue on peut dire que la théorie 
de Bacon ne diffère de celle des scolastiques 
qu'en ce que la. forme de ceux-ci est une qualité 
abstraite, tandis que celle dont le chancelier 
propose la recherche à la science est une qualité 
concrète , et qui tombe directement sous notre 
perception. 

Les procédés intellectuels décrits par Bacon 
ne sont pas ceux qu'a adoptés la science mo- 
derne. Pour s'en convaincre, il suffit de les ana- 
lyser avec quelque exactitude. Suivant Bacon, la 
véritable méthode consiste à disposer dans trois 
séries distinctes, ou, pour parler son langage tech- 
nique, en trois tables, les faits que l'on observe. 
Dans la première , qu'il appelle table de l'es- 



sence et de la présence, il range toutes les qua- 
lités qui semblent se rencontrer naturellement 
avec celle dont on recherche la /orme ou le prin- 
cipe essentiel. S'agit-il, par exemple, de déter- 
miner la forme de la chaleur ? il mettra dans la 
table de présence la lumière, le mouvement , 
la vie : pourquoi ? parce que l'expérience prouve 
que là où il y a vie, mouvement, lumière, la cha- 
leur se produit ou peut se produire. 

La seconde table, qu'il nomme table de dé- 
clinaison et d'' absence dans les analogues, 
est la contre-partie de la précédente. Pour la 
soustraire, on prend, une à une, toutes les qua- 
lités que l'on a énumérées dans la table de pré- 
sence, et l'on spécifie les circonstances où ces 
qualités , qui se rencontrent ordinairement avec 
celle qu'on étudie, peuvent néanmoins se rencon- 
trer aussi en son absence. Par exemple, nous 
avons mis la lumière dans la première table ; 
nous la mettrons aussi dans le seconde ; « car, 
dit Bacon, il suffit d'observer les rayons des 
étoiles, pour se convaincre que la lumière peut 
être là où n'est pas la chaleur. » 

La troisième table (table comparative) est 
destinée « à faire comparaître devant l'entende- 
« ment, suivant les propres expressions du 
« chancelier, les exemples de sujet où la nature 
« (la qualité) qui est l'objet de la recherche se 
« trouve à différents degrés, en observant les 
« accroissements et les décroissements, soit 
« dans un seul sujet comparé à lui-même, soit 
« dans plusieurs sujets comparés entre eux. ■» 

Maintenant, ces tables une fois construites, 
quel usage en faire? La réponse est facile, si l'on 
se rappelle le but de la science d'après Bacon. 
Ce but, c'est de déterminer la forme d'une na- 



104 
ture donnée, c'est-à-dire la qualité essentielle , 
identique à la chose même , et qui se rencontre 
toujours avec cette nature , disparaît, augmente 
ou diminue avec elle. Or, cette qualité essen- 
tielle doit ressortir, d'après Bacon, de l'examen 
comparatif des trois tables. En effet, si une 
qualité s'est rencontrée, dans ces tables, qui 
se trouve partout lorsque la nature étudiée est 
présente, ne se montre jamais en son absence 
et se présente avec le même degré et dans la 
même proportion qu'elle , il est clair que cette 
qualité est la forme que l'on cherche. 

Tels sont les procédés que recommandait le 
grand philosophe anglais , et dont l'ensemble , à 
ses yeux, constitue Vinductioti. Or, ses procédés 
ne sont pas ceux dont se servent les sciences 
modernes. 
« Rien de plus illusoire, dit-il, et de plus in- 
suffisant dans sa totalité que la méthode par 
laquelle on veut ordinairement nous conduire 
des sensations et des faits particuliers aux. 
principes et aux conclusions. Cette méthode 
se divise en quatre parties , auxquelles répon- 
dent autant de vices qui leur sont propres. 
D'abord les impressions même des sens sont 
vicieuses; car, ou les sens nous refusent leur 
secours, on ils nous trompent. En second lieu, 
rien de plus ùrégulier que la manière dont on 
s'y prend ordinairement pour extraire les no- 
tions, et les déduire des impressions des sens ; 
rien de plus vague et de plus confus que ces 
notions... En troisième lieu, cette sorte d'induc- 
tion qui procède par voie de simple énuméra- 
tion ne vaut pas mieux. Elle déduit de l'ob- 
servation et de l'expérience les principes des 
sciences , sans la précaution d'employer les 
exclusions de faits non concluants, et d'analy- 
ser suffisamment la nature ; en un mot, sans 
choisir les faits. En dernier lieu, cette méthode 
d'invention et de démonstration, qui consiste à 
établir d'abord les principes généraux , à y 
appliquer ensuite les principes moyens pour 
étabUr ces derniers, cette méthode, dis-je, est 
la mère de toutes les erreurs.... La méthode 
expérimentale qu'on suit de nos jours est tout 
à fait aveugle et stupide. » 
Nous pouvons conclure de là le véritable rôle 
de Bacon dans la question de la méthode. Il ne 
vit pas comment on peut s'élever des faits par- 
culiers à la notion générale ; mais il vit qu'on , 
ne pouvait s'y élever immédiatement et sans une 
coordination régulière des faits ; ou , en d'autres 
termes, il montra qu'on ne pouvait lire, dans les 
idées que nous soiunct le monde extérieur, l'es- 
sence des êtres qu'il renferme. 

En résumé , le philosophe anglais a parfaite- 
ment reconnu les vices des méthodes et des 
systèmes qui régnaient de son temps. Parmi 
les philosophes , le premier il a proclamé que , 
si les sciences n'étaient pas arrivées encore à se 
constituer, c'est que les sens ayant obtenu une au- 
torité trop grande, les savants avaient prétendu 



105 BACOIN 

saisir immédiatement dans un fait unique les 
principes essentiels et dès lors universels des 
choses. Enfin, il eut l'heureuse idée d'ériger 
l'expérience en méthode régulière et systémati- 
que; mais cette idée ne fut sérieusement réalisée 
que4)ar Descartes. 

Les œuvres de Bacon , tant en anglais qu'en 
latin, n'ont été réunies qu'un siècle après sa mort. 
tes deux, éditions les plus complètes sont celle 
de 1765 (Londres, 5 vol. in-4°), qui fut donnée 
par Robert Stephens , Jean Locker et Thomas 
Birch; et celle de 1825-1836, qui fut publiée éga- 
ïement^à Londi'es en 12 volumes in-8°, par Bazil 
Montagu. Antoine Lasalle en a donné une tra- 
duction française , tronquée , avec des notes ; 
Dijon, ,1799-1802, 15 vol. in-8. Nous ne citerons 
pas les traductions partielles. — Les ouvrages de 
Bacon écrits en latin sont : Instauratio ma- 
gna, divisée en quatre parties; — De Dignitaie 
et Augmentis scientiarum libri novem; Leyde, 
Î652, in-12; — Novum Organum, sive Indicia 
ver a de interpretatione naturas , libri duo; 
Leyde, 1650, in-12; — Parasceve ad Histo- 
riam naturalem et experimentalem, etc. ; — 
Historta ventorum; — Historia Vitœ et Mor- 
ïis; — Historia Densiet Rari ; Londres, 1623, 
în-8°; Leyde, 1636, in-12; — Historia gravis et 
ievis aditus sympathiaéfit antipathies rerum ; 
— Historia sulfuris , mercurii et salis; — 
Historia et Inquisitio de sono et auditu ; — 
Quwstiones circa mineralia; — Inquisitio de 
magnete; — Cogitationes de natura rerum; 
— Prodromus, sive Anticipationes philosophie 
secundse ; — Cogitata et visa de Interpreta- 
tione naturx ; — Descriptio globi intellec- 
tualls; — Impetus philosophici ; — Par- 
menides, Telesii et Democriti Philosophia; — 
Historia regni Henrici sep^imi; Amsterdam, 
Elzevir, 1662, in-12; — Sermones fidèles, sive 
Interiora rerum; Leyde, 1664, in-12; — De 
Sapientia veterum ; Leyde, 1633, in-12; — 
Nova Atlantis (ouvrage resté inachevé); — 
Imago Julii Ceesaris ; — Imago Augusti Cas- 
saris ; — Dialogus de Bello sacra ; — Medi- 
tationes sacrée ; — Variœ Epistolse. — Bacon 
écrivit d'abord en anglais et traduisit ensuite en 
latin son grand ouvrage sur le Progrès et la Di- 
gnité des Sciences, et les Essais de morale. 

MORIN. 



Mallet, Vie de iBaco/ï. — Voltaire, Lettres sur les 
Anglais. — Deleyn, Analyse de la Philosophie de Ba- 
con, 2 volumes in-12 ; Paris, 1755. — Deluc, Précis 
de la Philosophie de Bacon, 2 vol. ln-8"> ; Genève, 1801. 
— La préface que Lasalle mit en tête de sa traduction des 
OEuvres de Bacon, 1800-1803 ; Paris, IS volumes in-8°. — 
L'abbé Eymery, le Christianisme de Bacon, 2 vol. in-12 ; 
Paris, 1799. — M. Bouillet ; les OEuvres philosophiques 
de Bacon , 1834-1886. — Examen de la philosophie de 
Bacon, ouvrage posthume du comte J. de Maistre, 2 vol. 
In-8°; Paris, 1836. — Pierre Leroux, dansl'Encyclopédie 
nouvelle. — Macaulay, dans la Revue d' Edimbourg 
(Juillet 1837). — Benjamin Lafaye, dans la Revue frcm- 
çaise et étrangère. — M. Charpentier, les OEuvres 
philosophiques de Bacon. — Dictionnaire des Sciences 
philosophiques , imi (2 vol. in-12 ). — Biographia Bri- 
tannica, — Berlin, Histoire de la vie et des ouvrages 



de Fr. Bacon; Paris, 1788 
Vie du chancelier Bacon. 



106 
— William Rev^ley, 



BACON (Nathaniel) , peintre anglais, fils de 
Nicolas et frère consanguin de François, vivait 
dans la seconde moitié du seizième siècle. Il étu- 
dia la peinture en ItaUe, et néanmoins il adopta 
la manière flamande. On voit en Angleterre, par- 
ticulièrement à Oxford , des tableaux , des pay- 
sages frais et gracieux, dus au pinceau de Bacon. 
Horace Walpole, Ancient Paintings. — Peacham , 
V Graphice, or the most ancient and excellent art of 
Drawing, etc. 

BACON (Jean), sculpteur anglais, né à 
Southwark en 1740, mort en 1799. D peignit 
d'abord sur porcelaine, et sentit s'éveiller en lui 
un goût prononcé pour la sculpture, à la vue 
des modèles exposés dans la manufacture où il 
travaillait. De 1763 à 1767, ses travaux rem- 
portèrent neuf fois le prix; et en 1768 il devint 
lauréat, puis membre de l'Académie des arts, 
fondée tout récemment. Une statue de Mars le 
fit d'abord connaître ; vinrent ensuite d'autres 
œuvres : le monument élevé au comte Chatham 
dans l'abbaye de "Westminster, et d'autres du 
même genre; une statue de l'Élisa de Sterne 
( miss Draper ) ; Vénus, Mars, Narcisse, etc. On 
voit des sculptures de Bacon à Calcutta , à la 
Jamaïque, et dans d'autres parties du monde. 
On lui reproche un manque de simplicité dans 
les lignes. Ses bronzes sont particulièrement re- 
cherchés. Bacon a publié : Recherches sur le ca- 
ractère de la peinture et de la sculpture, 
dans le Dictionnaire de Chamber. 

Cécll, Mémoires. — Rose, New Biograghical DictiO' 
nary. — Nagler, Neus Allgemeines Kiinstler-Lexicon. 

* BACON (Phanuel ), écrivain comique an- 
glais, né en 1700, mort le 10 janvier 1783. Il 
étudia à Oxford, devint ministre à Bramber et 
recteur de Balden. On a de lui : the Taxes, 1757, 
in-8''; — the Insignificants, 1757, in-S"; — 
the Tryal of the timekillers, 1757, in-S"; — 
Snipe, dans V Oxford Sausage ; — The artifi- 
cial Kite, 1719, réimprimés dans Gentleman's 
Magazine, 1758. 

Biographia dramatica. — Rose, New Biog. Dict. 

* BACON (Samuel ), missionnaire américain, 
mort le 3 mai 1820. En 1820, il fut chargé par le 
gouvernement de son pays d'aller établir une 
colonie en Afrique, et, le 9 mars de la même 
année, arriva à la Sierra-Léone avec quatre- 
vingt-huit hommes de couleur. De là il pénétra 
jusqu'à Campelar, sur la rivière du Sherbro ; mais 
il fut atteint, sur la route, d'une maladie qui l'em- 
porta au moment où il eût pu rendre encore de 
nombreux services. 

Rose, New Biographical Dictionary. 

BACOJS-TXCOTS (Pierre-Jean-Jacques), an- 
tiquaire, né en 1738 à Oyonnax (département de 
l'Am), mort en mars 1817. H voyagea en Egypte 
et en Grèce, d'où il rapporta, entre autres, un 
buste d'Alcibiade en marbre, qu'il attribua à 
Socrate, parce que ce nom se lit sur la base. Il 
se rendit ensuite en Russie j et se fit maître de 



107 



BACON — BACREVANTÂTZY 



108 



langue à Saint-Pétersbourg. A l'époque de la ré- 
volution , il fut nommé membre du conseil géné- 
ral de l'Ain par l'arrondissement de Nantua ; et 
en 1792 il vint à Paris, où il rédigea des brochures 
et des articles de journaux intéressants. Il fut atta- 
ché à la police, et chargé en 1796, par le Direc- 
toire , d'observer l'esprit public à Lyon et dans 
les départements voisins. Sous le consulat et l'em- 
pire U fut éloigné de Paris , et s'établit marchand 
d'antiquités à Lyon. En 1807, il fut condamné 
par le tribunal de Nantua, pour escroquerie, à 
trois mois de prison et à 600 francs d'amende. 
Pendant les Cent-Jours il revint à Paris, et y 
mourut deux ans après. Outre plusieurs bro- 
chures de circonstance , on a de lui : Traité d'é- 
quitation et des maladies hippiafriques , etc.; 
Paris, 1776, in-8°; — Manuel du jeune offi- 
cier ; ibid., 1782, in-S"; — Nouvelle histoire 
numismatique des différents peuples anciens 
et modernes, et de tous les papiers-monnaies 
de V Europe, 1792, in-S"; — Recherches sur 
les origines celtiques, et principalement sur 
celles du Burjey, considéré comme le berceau 
du Delta celtique ;'PàTis, 1798, 2 vol. in-8°; 
réimprimé en 1808. Cet ouvrage se termine par 
des Recherches onomatopiques siir divers 
noms celtiques , etc. 

Quérard, la France littéraire. — Biographie dos 
hommes vivants. — archives du Rhône, t. XIX, p. 150. 

BACONTUROP OU BACON {Jean), dit le 
Docteur résolu, théologien anglais , né à Bacon- 
throp (Norfolkshire) à la fin du ti'eizième siècle, 
mort à Londres vers l'an 1346. L'usage du temps 
était de caractériser les docteurs par une épi- 
thète; Jean fut surnommé le Résolu, k cause de 
la décision qu'il apportait dans la solution des 
cas de controverse qui lui étaient proposés. On 
a de lui : Commentaire sur le Maître des Sen- 
tences; Milan, 1611, in-fol.; — Traité de la 
règle des Carmes. 

Rose, I\^ew Biooraphical Dictionary. 

* BACOT DE LA BRETOJSKlÈRE (Fronçois), 

médecin français , né vers 1670 à Verdun-sur- 
Saône, n était docteur de la faculté de Louvain. 
On a de lui : Réponse à M. Moreau , médecin 
de Châlon; Chalon-sur-Saône, Nanti, 1710, 
in-12 ; — Analyse des eaux chaudes minérales 
de Bourbonne , avec une dissertation sur les 
différents genres de coliques , et des remèdes 
pour leur guérison, etc. ; Dijon, de Fay, 1712, 
in-12. Joseph Boulmier. 

Papillon, BibUoth. des auteurs de Bourgogne, 1. 1, p. 8. 
— Carrère, Dibl. de la Médecine. — Adelung, Supplément 
à Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon, 

* BACOT DE ROMANS {Cl.-René , haion), 
publiciste français, né à Tours vers 1780. Il fut 
préfet de Loir-et-Cher, plus tard membre de la 
chambre des députés. On a de lui : Observations 
administratives ; Tours, 1823, in-8°. 

Quérard, la France littéraire. 

BACOtTE {Léon), théologien français, mort 
le 13 janvier 1694. Il abjura le luthéranisme, se 
fit récollet, devint évêque de Glandèves en 1672, 



et évêque de Pamiers en 1685. On a de lui : Del- 
phinus, sett de prima principis Institutione , 
libri VI, poëme ; Toulouse, 1670, in-4°, et Paris, 
1685, in-12; — Sanctissimo ac beatissimo pa- 
ir i démenti IX Carmen panegyricum ; — uae 
traduction de la Somme de théologie du P. 
Henri de Villalobo, 1635, in-fol.; Paris. 
Moréri, Dictionnaire historique. 

*BACQCÉ {Joseph), médecin et chimrgien 
français, contemporain. D professa l'anatomie et 
la chirurgie, et devint chirurgien en chef de l'hô- 
tel-Dieu de Saint-André de Bordeaux. On a de 
lui un ouvrage intitulé Conférence faite le 22 
avril 1816, à la Société royale de médecine de 
Bordeaux, sur la formation des pierres dans 
la vessie, les prétendus lithontriptiques, et 
un nouveau procédé de cystotomie latérale; 
Bordeaux, 1816, in-8° de 16 pages, avec une pi.; 
— Réflexions sur l'invention et l'inconvénient 
de l'instrument à ressort pour l'opération de 
la cataracte par extraction; Bordeaux, in-18. 

Quérard, la France littéraire. 

* BACQUÈRE ( Benoît DE ) , théologicn fran- 
çais du dix-septième siècle. Il laissa : Senum 
Medicus; Cologne, 1673; une autre partie du 
li-vTe est intitulée Senum Salvator, remédia 
suggerens pro senum salute œterna. Les con- 
seils qu'y donne l'auteur n'ont rien de bien neuf. 

Carrère , Bibliothèque de la Médecine. — Adclung , 
Supplément à Jucher, JUgemcines Gelehrten-Lexieon. 
BACQUET {Jean), jurisconsulte français, 
mort en 1597. Il était avocat du roi près la 
chambre du trésor à Paris. On a de lui plusieurs 
traités sur le droit romain et le droit fran- 
çais, commentés par Perrière. La dernière édi- 
tion a paru à Lyon en 1744, 2 vol. in-fol. 11 
mourut de chagrin d'avoir vu rompre en place 
de Grève son gendre Charpentier, lecteur et mé- 
decin de l'université de Paris , supplicié comme 
ligueur. 

iMoréri, Dictionnaire historique. 

* BACQurEViLLE DE LA POTHERiE, histo- 
rien français, natif de la Guadeloupe, vivait dans 
la seconde moitié du dix-septième siècle. En 
1697 il visita en qualité de commissaire royal 
la baie d'Hudson, et remplit ensuite les fonctions 
de gouverneur adjoint de la Guadeloupe. On a 
de lui : Histoire de l'Amérique septentrio- 
nale; Paris, 1772. On y trouve, outre la relation 
du voyage, la description du Canada, avec des 
détails qui ne sont pas toujours authentiques ou 
fondés. 

Adelung , Supplément à Jôcher, Allgem. Gelehrten- 
Lexieon. 

* BACREVANTATZY {David), théologien ar- 
ménien, né à Bacran, ville de la grande Armé- 
nie, vivait dans la première moitié du septième 
siècle. Après avoir étudié la pliilosophie dans 
son pays, il devint interprète au service des Grecs 
de Constantinople. En 647, il fut chargé par l'em- 
pereur Constance de rétablir l'union et la bonne 
harmonie entre les deux peuples. Dans une as- 
semblée tenue à Thouïn l'année suivante l'eo- 



109 



BACREVA]STATZY — BADALOCCHIO 



110 



voyé de Constance prononça un discours remar- 
quable en faveur de la paix. Il retourna ensuite 
à Constantinople, où il mourut. On a de lui : la 
Porte de la Sagesse; — un Sermon sur la 
conformité de la profession de V Église grecque 
avec celle des Arméniens. 

Chaudon et Delandine , iVouveau Dictionnatre histo- 
rique. 

BikCCET (Paul), professeur de philosophie à 
Genève en 1632, devint pasteur protestant en 
1641, et passa en cette même qualité à Grenoble 
en 1654. On a de lui : Disputatio logica de Gau- 
sis; Genève, 1634, in-4"; — Disputatio phy- 
sica de Materia; — Disputatio physica de 
itfMwrfo, diss. inédites; — Hoséas , ou. V Apo- 
thicaire charitable; Genève, in-8°, 1670. 

Dictionnaire historique. 

*BACURius ou BATCRius, roi des Ibères, 
vivait dans la première moitié du quatrième 
siècle. Il régna sur les peuples qui habitaient le 
mont Caucase, du côté de la mer Caspienne. 
Converti au christianisme en l'an 327, il devint 
comte des domestiques et gouverneur de la Pa- 
lestiae sous Constantin. On assigne à la conver- 
sion de Bacurius des motifs extraordinaires. 
C'est ainsi qu'une esclave chrétienne ayant guéri 
de la façon la plus désintéressée la femme et les 
fils de ce prince, aurait été l'objet de toute son 
admiration. Une autre fois, Bacurius se trou- 
vant à la chasse, et surpris par une tempête, se 
serait adressé au Dieu qu'adorait l'esclave chré- 
tienne, et au moment même l'orage aurait cessé 
et le prince aurait retrouvé son chemin , grâce à 
la clarté du jour subitement revenue. 

Moréri , Dictionnaire historique. 

*BACZKO OU GLODZLAUS , chroniqueur po- 
lonais, vivait dans la seconde moitié du treizième 
siècle. Il était gardien de la bibliothèque de Po- 
sen. A la mort de l'évêque Bagalulphe U, Baczko 
entreprit la continuation de la chronique de Po- 
logne commencée par le prélat, et mena à bout ce 
travail, malgré de nombreux empêchements et un 
voyage qu'il fut obligé de faire à Rome en 1265. 
La chronique de Baczko va jusqu'à l'an 1271. 
Le manuscrit , longtemps supposé perdu , a été 
retrouvé et livié à l'impression par Sommersberg. 

Somnaersberg, Scriptores rerum Silesiacarvm. — 
Jôcher, Allgcmcines Gelehrten-Lexicon. 

* BADA ( Joseph ), architecte espagnol, vivait à 
Malaga vers 1719, et mourut en 1756. Il acheva 
la construction de la cathédrale de cette ville, dont 
les travaux étaient suspendus depuis 1623. Les 
premiers dessins ayant été perdus , Bada en pré- 
para d'autres ; il dressa le plan de la façade, qui 
fut exécutée en 1724 par Acero. 

Rose, New Biographical Dictionary. 

*BADAJOZ {Juan de), architecte espagnol, 
natif de la ville dont il porte le nom , vivait au 
commencement du seizième siècle. U fit partie 
de la commission des neuf architectes consultés 
en 1512 sur le projet de la nouvelle cathédrale 
de Salamanque, qui fut commencée en 1513. La 
même année, Badajoz fut chargé de l'érection de 



la principale chapelle de l'église Saint-Isidore à 
Léon. Un de ses chefs-d'œuvre est le cloître du 
monastère de Saint-Zode à Carrion, dans la Vieille- 
CastQle, commencé en 1637; on y remarquait 
une profusion de médaillons , d'ornements , de 
sculptures et de statues représentant des scènes 
bibliques avec les patriarches , les prophètes, etc. 
C'est encore lui qui commença la somptueuse 
façade du couvent de Saint-Marc, à Léon. 
Rose, New Biographical Dictionary. 

BADAKHSHi (Meulana), poëte persan , na- 
tif de Samarcande, vivait au dixième siècle, 
sous le règne d'Ulug-Beg. Ses œuvres furent 
très-célèbres dans le Mawaranahar, province 
voisine de l'Oxus. On a de lui un divan ou re- 
cueil de poésies persanes , parmi lesquelles on 
remarque cette pensée écrite à propos d'une in- 
fortune arrivée à quelques seigneurs : « Il ne 
faut pas s'étonner de l'alternative qui se ren- 
contre dans les choses du monde, puisque la 
vie des hommes se mesure par une horloge de 
sable, où il y a toujours l'heore d'en haut et 
l'heure d'en bas qui se suivent. » 

Daulatshali , Poètes Persans. — M. de Hammer, Ges- 
chichte der Schonen Redekunste Persiens. — D'Herbe- 
lot, Bibliothèque orientale. 

*BADALiNi (Jean-Baptiste), théologien ita- 
lien, vivait dans la première moitié du dix-hui- 
tième siècle, n professa la philosophie et la théo- 
logie, et se livra avec succès à la prédication. On 
a de lui : Fragmentorum theologorum, mora- 
lium, seu casuum conscientias diversorum col- 
lectio; Sinigaglia, 1730, t. F''. 

MazzucheUl, Scrittori d'Italia. — Adelung, Supplément 
à Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BADALOCCHIO (Sisto-Rosa), peintre et gra- 
veur italien, né à Parme en 1581, mort à Rome 
en 1647. H fut l'aide et l'élève d'Annibal Car- 
rache en même temps que Lanfranc, auquel il 
fut peu inférieur pour la facilité, mais très-su- 
périeur pour la franchise et la pureté du dessin. 
U possédait ces qualités à un tel degré, qu'An- 
nibal Carrache disait qu'il dessinait mieux que 
lui-même. Si Badalocchio n'a pas obtenu la ré- 
putation à laquelle il semblait être appelé, il le 
dut à la position secondake qu'il occupa presque 
toujoiurs, soit auprès d'Annibal Carrache, soit 
auprès du Guide, du Dominiquin, ou de l'AI- 
bane, qu'il aida dans leurs travaux. Quoi qu'il 
en soit , les ouvrages qu'il exécuta seul peuvent 
donner la mesure de son talent. On cite de lui, 
à Bologne, la coupole de Saint-Jean, très-belle 
copie de celle du Corrége à la cathédrale de 
Parme; au palais ducal de Modène, les Travaux 
d'Hercule; à Parme, dans l'égUse de la Trinité 
des Pèlerins, la Vierge avec sainte Anne, saint 
Joseph , saint Joachim et saint Philippe de 
Néri; et dans la galerie, un Saint François reu 
cevant les stigmates , son meilleur tableau. Non 
moins habile graveur que peintre, Badalocchio 
dédia en 1707 à Annibal Carrache une belle série 
de planches de la galerie Farnèse, gravées en 
compagnie de Lanfranc. Il a gravé avec un égal 



m 



BADALOCCHIO — BADDER 



112 



succès la coupole de Parme, d'après le Corrége. 
E. Breton. 
Lanzi , Storia delta Pittura. — Ticozzl , Dizionario 
dei Pittori. — Orlandi, Abecedario pittorico. — Malva- 
sia , FeHina pittrice. 

BADALUCCHI ( Ange ) , auteur comique ita- 
lien, natif de Pergola dans le duché d'Urbin, 
vivait dans la première moitié du dix-septième 
siècle, n est appelé à tort Baldalucchio par Alla- 
tius. On a de Badalucchi deux comédies : la 
Fraude, Venise, 1597, in-8°; — la Cor testa, 
Viterbe, 1609, in-I2. 

Mazzucbelli, Scrittori d7 taiio. — Adelung , Supplé- 
ment à Jôcher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BADALUCCHI ( Scipion ) , philologue itahen , 
vivait dans la seconde moitié du seizième siècle. 
Il laissa Expositio brevis et elegans in Vir- 
gilii elegiam de Rosa; Brescia, 1574, in-4<'. 

Mazzucfaelii, Scrittori d'Italia. — Adelung, Supplé- 
ment à Jôcher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

* BADAJVi ( George ) , médecin italien , natif 
de Plaisance , vivait dans la seconde moitié du 
dix-septième siècle. On a de lui : Adnotationes 
ceniumin stmpliciaMesuee; Pavie, 1568, in-8°. 
Carrère, Bibliothèque littéraire de la Médecine. — 
Dictionnaire des Sciences médicales. — Adelung, Sup- 
plément à Jôcher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon, 

'* BADARACCOj (Giuseppe) , dit le Sordo 
peintre, né à Gênes vers 1588 , mort en 1657. Il 
fut élève pour le dessin de Bernardo Strozzi , et 
pour la peinture d'Andréa Ansaldo. Ayant quitté 
ces maîtres pour aller à Florence, il se mit à 
étudier les œuvres d'Andréa del Sarto , et les 
imita avec un tel succès, qu'aujourd'hui dans la 
plupart des galeries ses œuvres sont attribuées 
au grand maître florentin , et que son nom ne 
se rencontre presque sur aucun catalogue. 

Son fils { Giovanni- Ra/faele) , né à Gênes en 
1648, mort en 1726, fut aussi un peintre distin- 
gué. Il passa de l'école de son père à celle de 
Carlo Maratta , qu'il abandonna aussi bientôt , 
pour celle de Pierre de Cortone , dont le genre 
facile était plus de son goût. Il s'est fait un nom 
par la suavité , la richesse et la solidité de sa pa- 
lette : ses tableaux sont nombreux dans les 
églises et les musées. Ses deux plus importantes 
compositions sont à la chartreuse de Polcevera. 
E. Breton. 

Lanzl , Storia délia Pittura. — Soprani, f^ita de' Pit- 
tori, Scultori ed Architetti Genovesi. — Ratti, Délie vite 
de' Pittori , Scultori ed Architetti Genovesi. — Orlandf, 
Abecedario pittorico. — Ticozzl , Dizionario de' Pittori. 
BADARO {Jean) botaniste italien , né àLan- 
guelia, près de Gênes, en 1793, mort en 1831. 
Après avoir étudié à Pavie, il visita les Alpes, 
les Apennins , la Sardaigne , et s'embarqua, en 
1827 pour le Brésil, où il mourut. On a de lui : 
Observations sur les parties les plus remar- 
quables des fleurs pour leur classification 
botanique, insérées dans le Journal physico- 
chimique de Pavie ; — Observations sur dif- 
férentes plantes de la Ligurie occidentale et 
de la Sardaigne (dans [le même journal); — 
Sw une espèce de brassica qui se trouve sur 



les Apennins maritimes de Ligtirie; — Plan- 
tarum Ligurix occidentaUs Centuriee decem , 
inséré dans la Flora italica de Moretti. 
Journal physico-chimique de Pavie. 

* BADBT {Jean), ouvrier anglais, brillé 
comme hérétique , né au milieu du quatorzième 
siècle, mort en 1409. Il fut une des victimes 
de la persécution des LoUards , sous Henri IV. 
A la question d'Arundel, archevêque de Canter- 
bury, s'il croyait à la ti'anssubstantiation, lîadby 
répondit : « Je crois en la sainte Trinité une et 
indivisible; mais si l'hostie consacrée était le 
corps de Dieu, alors il y aurait vingt mille dieux 
en Angleterre. « Badby fut condamné à être 
brûlé à Smithfield. Le prince de Galles ( plus 
tard Henri V ) assista à son exécution , l'exhor- 
tant, mais en vain, à se rétracter. Lorsque le 
patient fut au milieu du feu , il s'écria : « Merci ! » 
Le prince fit éteindre un moment le bûcher, 
et engagea Badby à se rétracter; mais Badby 
resta inflexible. 

Rose , New Biographical Dietionary. 

BADCOCR (Samuel), critique et théologien 
anglais , né à South-Molton , dans le comté de 
Devon, en 1747, mort à Londres en 1788. 11 
adopta successivement les doctrines des métho- 
distes , et des unitaires , et des sociniens. On a 
de lui des morceaux de critiques théologiques 
insérés dans divers ouvrages périodiques, no- 
tamment dans le Monthly Review. 

Monthly Kevieto. 

BADCOCK (Riclmrd), botaniste anglais, vi- 
vait dans la première moitié du dix-huitième 
siècle, n a, un des premiers , observé au micros- 
cope la structure des anthères et l'émission de 
la poussière fécondante de plusieurs espèces vé- 
gétales. Il communiqua en 1746, à la Société 
royale de Londres, le résultat de ses observa- 
tions microscopiques sur les fleurs du houx 
et de la grenadille, ainsi que sur la poussière 
fécondante de Vif (Lettre à M. Barker, dans 
Philosophîcal Transactions , t. XLIV, n"^ 479 
et 480. ) 

Philosophical Transactions of the Hoy. Soc. of Lon- 
don, t. XLlV. 

* BADDAM , savant anglais , vivait dans la 
première moitié du dix-huitième siècle. Il n'est 
guère connu que par l'ouvrage intitulé Menioirs 
of the Royal Society, or a new abridgnient of 
the Philosophical Transactions from 1G65 to 
1740; Londres, 1745, 2^ édition. 

Adelung , Supplément à Jôcher, AUgemeines Gelehr- 
ten-Lexicon. 

* BADDER {B.), poëte français, natif du 
Bassigny, laissa un ouvrage intitulé Poèmes 
d'Amour, 1616, in-4°, à Amsterdam. 

Adelung, Supplément à Jôcher, Alloemetnes Gelehrten- 
Lexicon. 

* BADDER (Louis de), peintre néerlandais, 
vivait dans la première moitié du seizième siècle. 
Il peignit le paysage , et réussit surtout à rendre 
les brouillards et la limpidité des eaux. 

Nagler, Neues AUgemeines Kûnstler-Lexicon. 



113 



BADE 



114 



BADE, en allemand baden (1 ) (ducs, mar- 
graves, grands-ducs), princes souverains alle- 
inands, dont l'origine remonte au onzième siècle, 
paraissent d'abord dans l'histoire sous le nom 
de ducs de Zàhringen . Berthold, fils de Gebhard, 
construisit, vers 1040, le château de Zàhringen 
en Brisgau, obtint de l'empereur Henri EU l'ad- 
ininistration du duché de Souabe, et fut la sou- 
che de la maison ducale de Zàhringen , dont les 
armoiries sont encore portées par la famille 
grand-ducale actuelle de Bade. Son fils aîné 
Berthold H, et ses descendants, possédaient une 
partie du duché de Bourgogne, et de riches do- 
maines dans le Brisgau , le Neckargau et le 
Schwarzwald. La ligne directe s'éteignit en 1218, 
à la mort de Berthold V. Ce dernier laissa deux 
filles : l'une, Agnès, femme du comte d'Urach, 
eut en héritage Fribourg en Brisgau, avec une 
grande partie des biens que la maison de Zàh- 
ringen possédait en Souabe ; l'autre, Anna, femme 
du comte deKybourg, hérita des domaines que 
cette maison princière possédait en Suisse et en 
Bourgogne. 

1. Anciens margraves de Bade. 

Herman /"(mort le 25 avril 1074), second 
fus de Berthold ¥" , continua après la mort de 
son frère aîné , la lignée masculine des ducs de 
Zàhringen. Il posséda, du vivant de son père, 
Bade et Hocliberg en Brisgau, et prit le premier 
le titre de margrave de Bade. 

On en trouve la première mention dans les 
chartes, à propos d'une fondation faite en 1052, 
coram Bertholdo duce et Hermanno mar- 
chione. Berthold de Constance le nomme Her- 
manus marchio, films Bertholdi ducis. L'a- 
nonyme de Malck, auteur qui écrivait au com- 
mencement du douzième siècle, lui donne la qua- 
lité de saint. Dégoûté du monde par les troubles 
qui commençaient à s'élever entre l'empire et le 
sacerdoce, Herman quitta en 1073 sa patrie, et 
se retira dans la célèbi'e abbaye de Cluny, où il 
mourut l'année suivante. 

Son fils unique Herman II, mort en 1130, 
qu'un diplôme de l'empereur Henri IV, consente 
dans les archives de l'église de Spire, qualifie de 
cornes pa^i Uffgowi (Bade), hérita par Adelbert, 
son grand-père maternel , d'une partie du pays 
de Bade. Ce fut à la diète tenue à Bâle au 
mois de février 1130, qu'il commença à porter 
pour la première fois le nom de margrave de 
Bade : Hermanus, marchio de Baden. Il fut en- 
terré dans l'église du monastère de Backnang, 
qu'il avait fondé pour des chanoines réguliers 
de l'ordre de Saint-Augustin. 

Herman III, fils et successeur d'Herman II, 

(1) Le nom de Bade vient de ses bains, déjà renom- 
raés du temps des Romains. On appelait Bade Thermse 
inferiores, pour le distinguer de Bade (Thermx supe- 
riores) en Suisse. On lui donne aussi les noms de Aqtise 
Aureliœ, Civitas Aquensis, Thertnœ Martianœ. Le nom 
de Bade ou Badia se trouve pour la première fols dpns 
Sane cjiaj'te de l'empereur Henri IV, en 1046, 



mourut en 1160. Il servit en 1140 l'empereur 
Conrad m au siège de Weinsberg , et le suivit 
en 1147 à la terre sainte. En 1158, il fut un 
des conseillers de l'empereur Frédéric H dans 
le jugement que celui-ci rendit à Augsbourg, 
le 15 juin, contre Otton, évêque deFrisingue, et 
Henri de Lion, duc de Bavière. Dans le diplôme 
qui renferme ce jugement, on donne à Herman le 
titre de margrave de Vérone. 

Herman IV, fils et successeur d'Herman III^ 
mourut en 1190. Il partagea javec son frère Henri 
les domaines patrimoniaux, et fonda les deux 
lignes de Bade et de Hochberg. Il obtint de l'em- 
pereur Frédéric F"", dit Barberousse, la ville de 
Durlach ( qui avait appartenu jadis aux ducs de 
Zàhringen) comme dédommagement de la moitié 
de la ville de Brunswick , qui lui revint du chef 
de sa femme. II prit le parti de Welphe, neveu 
de Henri le Superbe , duc de Bavière , dans la 
guerre qui s'éleva en 1164 entre lui et Hugues, 
comte palatin de Tubinge, appuyé par Frédéric, 
duc de Souabe, et d'autres princes. En 1183, il 
fut un des signataires du traité de paix que l'em- 
pereur Frédéric n fit, à Constance, avec les villes 
deLombardie. En 1189, il accompagna cet em- 
pereur à la terre sainte, soutint le choc des ar- 
mées musulmanes près d'Iconium , et mourut, 
ainsi que l'empereur, en Cilicie. L'un et l'autre 
furent inhumés dans la cathédrale d'Antioche. 

Herman V, dit le pieux, mort le 16 janvier 
1243, succéda à son père Herman IV dans la 
portion de ses biens dont le château de Bade 
était le chef-Heu. Il assista, en 1215, au couron- 
nement de l'empereur Frédéric H à Aix-la-Cha- 
pelle , et demeura fidèle à ce prince dans ses dé- 
mêlés avec un fils rebelle, Henri, roi des Ro 
mains. 

Herman VI, fils et successeur d'Herman V, 
augmenta l'éclat de sa maison par son mariage 
avec Gertrude, fille de Henri l'Impie et héri- 
tière de Frédéric le Belliqueux, duc d'Autriche, 
mort sans postérité l'an 1246. Il s'adressa au 
pape Innocent IV pour éti-e confirmé dans cette 
succession. Innocent lui accorda sa demande par 
lettres datées de Lyon le 16 octobre 1248. Mais 
Herman ne jouit pas longtemps de sa fortune : 
il mourut empoisonné le 4 octobre 1250, et laissa 
pour héritier Frédéric F"". 

Frédér-'ïc, margrave de Bade, né l'an 1249, 
mort le 29 octobre 1268^ succéda à son père 
Herman VI en 1250, sous la tutelle de Ger- 
trude sa mère, qui fut frustrée de son héritage. 
A la mort de Gertrude, Frédéric, toujours mineiu', 
fut recueilU par Louis le Sévère, duc de Bavière, 
qui donna en même temps asile à Conradin, pe- 
tit-fils, par Conrad son père, de l'empereur 
Frédéric 11. Ces deux jeunes princes, privés, 
l'un de l'Autriche et de la Styrie , l'autre de la 
Sicile, passèrent ensemble plusieurs années à la 
cour de Bavière, et y contractèrent une amitié 
fondée à la fois sur les liens du sang,, la presque 
égalité d'âge, et leur infortune. Conradin, excité 



115 



BADE 



116 



par les Italiens à venir reprendre la Sicile sur 
Charles d'Anjou , partit avec son cousin Frédé- 
ric, l'an 1567. Tous deux furent pris, après une 
bataille sanglante, le 23 août 1268, et exécu- 
tés ensemble, sur le marclié de Naples, le 29 oc- 
tobre suivant. Ainsi, dans la même journée on vit 
périr sous le même glaive l'ancienne maison des 
Hoheiistaufenetlai branche aînée de la maison de 
Bade. Frédéric eut pour successeur Rodolphe F'", 
son oncle, second fils de Herman V. Voif. Con- 

RADIN. 

Voici les margraves les plus marquants qui 
ont succédé à Rodolphe I^''. 

Bernhardl^\ fUsde Rodolphe VII, dit le Long, 
partagea en 1372, avec son frère Roidolphe VIII, 
les États paternels, dont la partie inférieure, ayec 
Pforzheim et Durlach, échut à Bernhard; et 
Bade, avec la partie supérieure, à Rodolphe. Ce 
dernier étant mort , en 1391, sans enfants, laissa 
toute sa succession à son ftère. Bernhard prit 
une part active à la guerre des princes de l'Em- 
pire contre les villes libres de l'Allemagne. En 
1395, Bernhard conclut à Heidelberg un traité 
d'alliance avec l'archevêque de Mayence et l'é- 
lecteur palatin , contre une association de nobles 
dont le but était de réparer leurs affaires par 
le brigandage. Léopold, duc d'Autriche, et 
Eberhard , comte de Wurtemberg , ainsi que la 
plupart des villes de Souabe, étant entrés dans la 
confédération des princes, formèrent, avec eux, 
une armée qui anéantit, l'année suivante, la so- 
ciété des nobles. En 1412, Bernhard aida Charles, 
duc de Lorraine, à repousser Edouard , duc de 
Bade , qui avait fait une invasion dans son pays. 
En 1421, il se brouilla avec les villes du Brisgau, 
à l'occasion de la liberté qu'elles se donnaient de 
recevoir ses sujets au nombre de leurs citoyens 
lorsqu'ils venaient chez elles établir leur domicile, 
et de les faire jouir de leur indépendance. Ces 
villes, de leur côté, se plaignaient des impôts que 
le marquis, étant gouverneur du Brisgau, avait 
établis de son autorité, et à son profit, dans la pro- 
vince. L'empereur Sigismond tenta en vain d'a- 
mener les choses à un accommodement. Les villes, 
au mois d'octobre 1422, firent une confédération 
entre elles, pour cinq ans , contre le margrave 
de Bade ; et Louis, électeur palatin , entra dans 
ce traité, l'année suivante , avec les villes d'Al- 
sace, dont il était gouverneur. L'an 1424, les 
confédérés, auxquels s'étaient joints le comte de 
Wurtemberg et l'évêque de Spire, firent une ir- 
ruption dans le margraviat: ils brûlèrent Ras- 
tadt , avec plusieurs villages des environs , et 
mirent le siège devant Muhlberg. Ce siège du- 
rait depuis trois semaines , lorsque Diétric , ar- 
chevêque de Cologne, Jean , évêque de Wurtz- 
bourg, et Albert , comte de Hohenlohe, arrivè- 
rent comme médiateurs , et vinrent à bout de 
faire agréer aux parties belligérantes un ti'aité 
compris en neuf articles, qui fut signé le lundi 
après la Saint-Pierre (3 juillet). 

Jacques P', margrave de Bade, fils du pré- 



cédent, né le 15 mars 1407, mort en 1453, avait 
gouverné, du vivant de son père, la Marche 
d'Hochberg. Sa sagesse et sa Ubéralité envers 
les églises lui valurent le surnom de Salomon. 
« Lorsqu'on lui rapportait , dit jEnéas Sylvius 
( devenu pape sous le nom de Pie H), qu'il s'était 
commis un vol sur ses terres , U faisait venir 
ceux qui avaient été volés , et leur faisait rem- 
bourser par le fisc tout ce qu'ils affirmaient, 
avec serment , leur avoir été pris ; ensuite se 
mettant à la poursuite des voleurs , s'il parve- 
nait à les arrêter, il les condanmait sans misé- 
ricorde au supplice de la roue. Par là il vint 
à bout, en peu de temps , d'établir dans ses 
domaines une parfaite tranquillité. Il ne lai 
manquait que d'être lettré pour être un prince 
accompli, et il sentait vivement lui-même ce dé- 
faut ; ce qui fit qu'il ne négligea rien pour l'édu- 
cation de ses enfants. « 

Charles P'^, son fils et successeur , mort de 
la peste ( choléra ) en 1475 , est comparé par 
jEnéas Sylvius aux deux plus fameux capita'mcs 
de ce temps-là, Frédéric, électeur palatin, et 
Albert , archiduc d'Autriche. Il fut clioisi pour 
arbitre dans les querelles qui s'élevèrent entre 
les princes de l'Empire. Il montra un dévoue- 
ment absolu à l'empereur Frédéric W. 

Christophe, margrave de Bade, né le 13 
novembre 1453, mort le 19 avril 1527, fils 
aîné de Charles P', accompagna en 1477, l'ar- 
chiduc Maximilien dans le voyage qu'il fit en 
Flandre, pour épouser l'héritière de Bourgogne. 
Il assista, en 1469 , ce prince dans la guerre 
qu'il eut avec la France, et prit, entre autres, 
la ville de Luxembourg. En 1503, il hérita, en 
vertu d'un pacte de famille, des terres de Hoch- 
berg, de Sausenberg, deRoetheln et deBaden- 
weÙer. La validité de cet héritage fut contestée 
par le duc de Longueville; l'affaire fut portée 
au tribunal de l'empereur , et resta indécise 
pendant l'espace de soixante-dix-huit ans; après 
quoi elle fut terminée à l'amiable par un traité qui 
maintint la maison de Bade dans la jouissance 
des di'oits contestés. En 1515, Christophe, acca- 
blé par les infiimités , fit entre ses trois fils, 
Bernhard , Philippe et Ernest , le partage de ses 
terres, abdiqua le gouvernement entre leuis 
mains , à condition toutefois que de son vivant 
ils ne l'exerceraient qu'en son nom et comme ses 
vicaires. Philippe Berould de Bologne, son con- 
temporain , parle ainsi de lui : « Le margrave 
de Bade Christophe, neveu, par sa mère , de 
l'empereur Frédéric IV, surpasse tous les au- 
tres princes par sa grandeur d'âme et par ses 
autres belles qualités. L'empereur Maximilien ne 
fit aucun exploit mémorable sans qu'il y eût 
part. Les Allemands s'accordent à le mettre à la 
tête de tous les grands capitaines de son temps , 
et lui défèrent unanimement le prix de la va- 
leur. >) Bernhard III, second fils de Christophe 
et son successeur, né le 7 octobre 1474, fut 
élevé dans les Pays-Bas, à la cour de Maxhaoi- 



117 



lien , et^passa la plus grande parhe de sa vie à 
Bodemacher, ville voisine de la cour de Bruxelles. 
Il introduisit dans ses États la religion protes- 
tante , et mourut le 29 juin 1536. 

Philippe, fils de Christophe, assista en 1521 
à la diète de Worms, et en 1626 à eeile de Spire, 
en qualité de commissaire de Charles-Quint. Il 
fit, le 14 mai 1533, à Muhiberg, un testament 
par lequel il léguait ses États à ses frères Ber- 
nard et Ernest, et mourut le 17 septembre de 
la même année. Dès lors l'ancienne maison de 
Bade se divisa en deux branches, celle de 
Bade-Bade, qui est éteinte, et de celle de Bade- 
Durlach , qui règne encore. 

II. Margraves de Bade-Bade. 

Gidllaume I", margrave de Bade-Bade, né le 
15 juillet 1593, mort le 22 mai 1677, succéda 
à son père Edouard 1", dit le Fortuné, et essaya 
de rétablir dans ses États la religion catholique. 
Pendant la guerre de trente ans, il reçut en 1631, 
de l'empereur Ferdinand lU le commandement 
de l'armée du haut Rhin, qui fut défaite par Gus- 
tave-Adolphe : les troupes suédoises envahirent 
le margraviat et le dévastèrent. En 1640, il 
ouvrit la diète de Ratisbonne , et fit de vains 
elfoiis pour amener la paix entre les catholiques 
et les protestants, dont Frédéric I", margrave 
de Bade-Duilach, avait embrassé le parti. 

Louis-Guillaume P" , margrave de Bade- 
Bade , petit-fils de Guillaume I", naquit à Paris 
le 8 avril 1655, et mourut à Rastadt le 4 janvier 
1707. Il eut Louis XTV pour parrain. Sa mère, 
la princesse de Carignan, désirait qu'il fût 
élevé à Paris; mais, à l'âge de trois ans, il fut 
enlevé par les ordres de son père et de son 
aïeul. Il débuta dans l'art de la guerre sous 
Montecuculi et sous le duc de Lorraine. En 1678, 
après la paix de Nimègue , il revint dans ses 
États , mais pour y rester peu de temps. Lors- 
que Vienne fut assiégée par les Turcs , il se 
jeta dans cette place : par une vigoureuse sortie, 
il opéra sa jonction avec le roi de Pologtie 
Sobieski , et contribua puissamment à la défaite 
des Ottomans. Dans les campagnes suivantes, 
il acquit une gloire méritée à Berckan , à Bel- 
grade et à Bude. Quand l'Autriche et la France 
se firent de nouveau la guerre , le prince Louis 
resta seul chargé de la défense du Danube; il 
battit les Turcs à Nissa en 16S9, et à Salenke- 
men en 1691. Deux ans api'ès, il fut opposé, 
en Souabe, aux armées de Louis XIV (1693) , 
reprit lleidelberg , puis alla en Angleterre pour 
concerter avec le roi Guillaume les opérations 
de la guerre contre la France. En 1694 il fit une 
irruption en Alsace, et déploya une activité re- 
marquable. En 1697, il se mit sur les rangs 
pour succéder à Sobieski sur le trône de Polo- 
gne ; mais il échoua. La paix de Ryswick lui 
donna quelque repos. Mais , lors de la guerre 
de la succession d'Espagne, il reprit les armes, 
et s'empara de Landau ; toutefois il fut battu à 



BADE 118 

Friedlingen par YiUars et Câlinât. En 1703 ; il 
fit construire les lignes de StoUhofen , qui s'é- 
tendaient depuis la forêt Noire, par Bùhl, jus- 
qu'à StoUhofen et au Rhin. Villars pourtant 
remporta une nouvelle victoire à Hochstaedt, où 
les Français furent battus , à leur tour, l'année 
suivante. Les dernières années du prince Louis 
furent moins éclatantes que les premières. Il 
avait fait vingt-six campagnes, commandé à vingt- 
cinq sièges , et livré treize batailles. On montre 
encore au château de Rastadt les trophées que 
le margrave rapporta de la guerre contre les 
Turcs. 



III. Margraves de Bade-Dicrlach. 

George-Frédéric P', margrave de Bade-Dur- 
lach , né le 30 janvier 1573, mort à Strasbourg 
le 24 septembre 1638. Il succéda à son frère 
Ernest-Frédéric I", et défendit les protestants 
contre Maximilien P% duc de Bavière. En 1610 
il entra dans l'union de Halle, conclue, sous les 
auspices de Henri IV, contre la maison d'Au- 
triche , et prit parti pour Frédéric V, électeur 
palatin, appelé au trône de Bohême. Il resta 
fidèle à la cause de ce prince, même ( chose rare 
surtout chez les princes ) lorsque cette cause se 
ti'ouva perdue. En 1622, il abdiqua en faveur 
de son fils aîné Frédéric I''', et leva une année de 
16,000 hommes, avec laquelle il hvi'a et perdit 
contre le comte de Tilly la bataille de Wimpfen. 
Cet échec fut pour le margrave de Bade une 
source de nouveaux désastres ; ses États furent 
envahis par les Bavarois , et lui-même dut se 
réfugier à Genève. En 1627, il tenta de nouveau 
le sort des bataiUes, grâce à des secours d'ar- 
gent qu'il avait obtenus de Charles I"", roi d'An- 
gleterre, et au moyen desquels il avait levé une 
armée. Mais il se trouva en ptésence de Wallen- 
stein, qui le défit. A partir de ce moment, le 
margrave ne teuki plus de lutter contre une for- 
tune décidément contraire. Il mourut à Stras- 
bourg , où il s'était retiré. 

Frédéric P^, margrave de Bade-Durlach , fils 
de George-Frédéric, né le 6 juillet 1594, mort le 
8 septembre 1659. Dans l'impossibilité où il se 
trouvait de concilier la conservation de ses États 
avec la cause du protestantisme, il se ligua et fit 
la guerre avec Gustave- Adolphe. Après la mort 
de ce roi de Suède, et après avoir assisté à l'as- 
semblée d'Heilbronn, il soutint la cause des pro- 
testants jusqu'à la paix de Westphalie, gui le 
fit rentrer dans ses États, envahis par les Autri- 
chiens. La France etla Suède le soutinrent égale- 
ment alors ; et ses droits furent réglés et sauve- 
gardés par les articles dix-neuf et vingt du 
traité. 

Frédéric II, margrave de Bade-Durlach, fils 
et successeur du précédent, vivait dans la seconde 
moitié du dix-septième siècle. Chargé de com- 
mander les armées du roi de Suède Charles- 
Gustave , il combattit contre les Français sous 
Montecuculi. 



119 



BADE 



120 



Charles-Guillaume I" , margràye de Bade- 
Duilach, né en 1679, mort le 11 mai 1738, suc- 
céda à Frédéric ni. C'est lui qui fonda, en 1715, 
la ville de Carlsruhe à une lieue de Durlach ; 
et, pour perpétuer la mémoire de cette fonda- 
tion, il créaU'ordre de la Fidélité. Il cultiva les 
sciences et les lettres , qu'il avait sérieusement 
étudiées à Genève, à Lausanne, à Utrecht. Il 
aimait particulièrement la botanique , en même 
temps que le luxe et les plaisirs. D eut , dit-on, 
à l'exemple des princes orientaux, un sérail dans 
son palais. Son petit-fils Charles-Frédéric lui 
succéda. 

IV. Grands-ducs de Bade. 

Charles-Frédéric , d'abord margrave, puis 
électeur, enfin grand-duc de Bade, né à Carlsruhe 
le 22 novembre 1728, mort le 11 juin 1811. Il 
succéda, le 11 mai 1738, à son aïeul Charles- 
GuiUaume. Après avoir fait ses études à Lau- 
sanne, il visita la France, l'Italie, l'Angleterre, la 
Hollande , et ne revint à Carlsruhe qu'à l'expira- 
tion de sa minorité en 1750. Il embellit sa capi- 
tale par un grand nombre d'édifices, et en aug- 
menta de près de moitié la population, eny attirant 
ies étrangers par une grande tolérance politique 
et religieuse. Pendant la guerre de sept ans il 
sut préserver ses États des maux qui affligèrent 
l'Allemagne. En 1771, il hérita des domaines de 
son cousin , le margrave de Baden-Baden , par 
l'extinction de cette branche aînée. A l'époque de 
la révolution, il perdit ses possessions en Lor- 
raine et en Alsace, et il fit les plus grands sacri- 
fices pour rester en paix avec la France. Non- 
seulement il ne s'opposa point à l'enlèvement du 
duc d'Enghien en 1804, mais il publia, peu de 
jours après , un décret d'exclusion pour tous les 
émigrés et tous les individus attachés à l'armée 
de Coudé. Il resta fidèlement attaché à la fortune 
de Napoléon, dont il adopta le code. En 1803 
il prit le titre d'électeur, qu'il échangea, en 
1806 contre celui de grand-duc, que lui donna 
Napoléon. Grâce à sonpuissant allié , il agrandit 
considérablement ses Etats, qui, avant le règne 
de Charles-Frédéric, comptaient à peine 200,000 
habitants. Ce Nestor des souverains mourut à 
Carlsruhe , à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Il 
eut de ses deux mariages quatorze enfants , qui 
furent élevés sous ses yeux avec une simplicité 
patriarcale. L'une de ses filles avait épousé Maxi- 
miUen> roi de Bavière ; une autre , Gustave IV, 
roidcSuède ; et ime troisième, l'empereur Alexan- 
dre. Sa première femme, Charlotteiouise de 
Hesse-Dannstadt, morte en 1783, avait entretenu 
une correspondance avec Voltaire (de 1758 à 
1764). Son petit-fils Louis-Frédéric lui succéda. 

Charles -Louis -Frédéric, grand -duc de 
Bade, petit-fils du précédent , naquit à Carls- 
ruhe le 8 juin 1786 , et mourut à Rastadt le 8 dé- 
cembre 1818. n assista, en 1804, au couronne- 
ment de Napoléon, qui lui fit épouser, le 8 avril 
J806, sa fille adoptive mademoiselle Stéphanie 



Tascher de la Pagerie, cousine de l'impératrice 
Joséphine. A peine ce mariage conclu, il fut ap- 
pelé à faire partie de la campagne de la Prusse 
et de la Pologne. H se distingua à la bataille de 
léna et au siège de Dantzick , et obtint le grade 
de général d'infanterie. Il fit plus tard la cam- 
pagne d'Autriche, et succéda, en 1811, à son 
grand-père , dont il adopta les principes politi- 
ques. Le grand-duc de Bade fut l'un des der- 
niers à abandonner l'aUiance française ; et cette 
fidélité faillit lui faire perdre une grande paitie 
de ses États , convoités par le roi de Bavière. 
Mais sa fermeté prévit ce partage. Peu de temps 
avant sa mort, il avait donné à son peuple une 
constitution semblable à celle du royaume de 
Wurtemberg. Le grand-duc Charles ne laissa 
que trois filles, et eut pour successeur son oncle 
Louis-Auguste-Guillaume. 

Louis-Auguste-Guillaume, grand-duc de 
Bade, fils de Charles-FFédéric, naquit le 9 février 
1763, et mourut à Carlsruhe le 30 mars 1830. 
Destiné d'abord à la carrière militaire, il servit 
dans l'armée prussienne jusqu'au traité de 1795. 
Il revint ensuite à Carlsruhe, et fût, jusqu'à la 
mort de son père, ministre de la guerre. Pendant 
le règne de son neveu, il vécut retiré des affaires. 
Appelé au trône en 1818, il s'empressa de faire 
sanctionner le système représentatif , accordé par 
son père. Mais les chambres s'étant montrées 
hostiles au gouvernement, elles furent prorogées 
à plusieurs reprises. C'est sous ce règne que, 
par un décret de la diète de Francfort, le com- 
té de Hohengeroldseck, dans la forêt Noh'e, 
possession seigneui'iale des princes Von dcr 
Leyen , et que l'Autriche avait séquestrée , fut 
réuni au grand-duché, qui dédommagea l'em- 
pereur François en lui cédant une partie propor- 
tionnelle du bailliage de Wertheim. L'intégrité de 
Bade ayant été posée en principe par ce décret, 
la Bavière réclama aussi un dédommagement 
pour la partie du comté de Sponheim cédée à la 
France ; et cette question litigieuse n'est pas en- 
core résolue définitivement. Le grand-duc Louis 
mourut le 30 mars 1830, sans enfants. Les let- 
tres patentes du 4 octobre 1817, qu avaient dé- 
claré margraves et princes du sang, avec faculté 
de succéder au trône , les comtes de Hochberg, 
issus du mariage de Charles-Frédéric avec 
Louise-Caroline, comtesse de Hochberg, née 
Geyer de Geyersberg, eurent leur plein effet , et 
l'aîné des margraves, Léopold , monta au trône. 

Léopoldl", grand-duc deBade, mortle24 avril 
1852, succéda à Louis-Auguste-Guillaume le 30 
mars 1 830 . Il est fils aine, issu du mariage morgana- 
tique du grand-duc Charles-Frédéric avec la com- 
tesse de Hochberg, de la maison de Geyer-Geyers- 
berg. Les enfants de cette union furent déclarés 
éventuellement successibles par le statut organi- 
que de 1806 et les lettres patentes du 4 octobre 
1817, actes reconnus en 1819 par les grandes 
puissances, moins la Bavière, que l'intervention j 
de l'Autriche empêcha d'appuyer ses réclama- 



121 



BADE — BADEN 



122 



tions parla force. C'est de ravénement du grand- 
duc Léopold que date , à vrai dire , la sincé- 
rité du régime constitutionnel, quoique Bade 
eût une constitution depuis le 22 août 1818. 
Cette phase politique du gouvernement fut d'a- 
bord marquée par l'adoption de plusieurs lois 
de réforme et d'utilité publique : réduction de 
450,000 florins sur le budget du ministère de 
la guerre; diminution de 747,000 florins sur 
les impôts en général ; augmentation du salaire 
des instituteurs de campagne; adoption d'un 
code militaire et d'une nouvelle procédure ci- 
vile ; loi sur le rachat des corvées , et nouveau 
système municipal; enfin, proclamation de la 
loi qui règle la liberté de la presse. Ajoutons 
un fait économique de la plus haute importance, 
l'agrégation de Bade au zoUverein , union doua- 
nière, en 1835. Mais une réaction ne devait pas 
tarder à se faire jour.',La révolution de Varsovie 
en fut le signal : aux termes des décrets de la 
diète fédérale , la loi de la presse fut retirée par 
le gouvernement badois (28 juillet 1832). Ce 
conflit entre l'esprit libéral et une direction po- 
litique contraire se prolongea jusqu'en février 
1848. La révolution survenue alors en France 
réveilla les espérances du parti libéral, qui se 
transforma bientôt^ pour devenir radical. Le 
grand-duché de Bade devint alors le théûtre des 
plus graves agitations. La constitution de l'em- 
pire, votée le 28 mars 1849, d'abord adoptée 
par le gouvernement badois, devint le prétexte 
d'une insurrection républicame qui éclata parti- 
culièrement à Rastadt (mai 1849). Le grand-duc 
fut obligé d'abandonner ses États et de se réfu- 
gier à Strasbourg. Mais les secours delà Prusse, 
dont les forces, dirigées par le général Peucker, 
battirent en juin 1849 les républicains, Com- 
mandés en dernier heu par Mierolawski , chan- 
gèrent la face des choses, et le grand-duc fut 
rétabh dans sa souveraineté. Cette restauration 
fut suivie d'exécutions, toujours regrettables, 
quel que soit le parti quitriomphe. Cependant le 
grand-duc ne profita pas de la victoire pour faire 
violemment rétrograder les esprits. D'accord 
avec les chambres, le gouvernement badois entra 
dans uncpolitique plutôt conciliante et modérée. 
Dès lois nouvelles réglèrent l'administration 
des communes, la presse , le droit de réunion. 
On adopta un nouveau code pénal, un nouveau 
code de procédure , et cette législation assure à 
l'autorité une grande influence. 

J.-Chr. Sachs, Einleitung in die Geschichte derMark- 
grafichckft und des marhgrdflichen altfûrstlichen 
Hause» Baden ; Carlsruhe, 1764, i773, 5 vol. In-^". — Al. 
Schreiber, Badische Geschichte ,- ibid., 1817. — Bader, 
Badisehe Landesgeschichte ; ibld., 1836. — Hausser, 
Denkwûrdigkeiten zur Geschichte der Badischen Révo- 
lution. — Art de vérifier les dates. 

* BADEGisiLE, évêque du Mans et maire 
du lîalais, mort en 585. Il fut maire sous Chil- 
péric V, et devint, par la faveur de ce roi, évê- 
que du Mans enl581. Marié, il ne se sépara pas 
de sa femme lorsqu'il fut élevé à l'épiscopat. Les 



annales du temps le représentent comme 
adonné au désordi'e et cruel envers ses diocé- 
sains, qu'il était loin de traiter comme ses 
ouailles. Il assista au second concfle de Mâcon 
tenu en 585, et signa avec les autres évoques 
les constitutions synodales. Cet évêque, si peu 
digne des fonctions qu'il remplissait, mourut à la 
suite d'une fièvre qui le saisit à table. 

Grégoire de Tours, /iist. de France, I. VI, ch.9. — Mo- 
riiri, Dictionnaire historique. 

*BADEHORN (Sigismond), théologien alle- 
mand, né le 21 mai 1585, mort le 9 juillet 1626. 
n étudia à Leipzig, oii il professa ensuite la langue 
hébraïque. On a de lui : Armatura Bavidica, 
Leipzig, 1620, in-4''. 

Adelung, Suppl. à Jôcher, Allgem. Gelehrten-Lexicon. 

*BADÊME (saint), souffrit le martyre le 9 avril 
376 de notre -ère. On ignore la date de sa nais- 
sance, n fut arrêté pendant la persécution de 
Sapor, et emprisonné avecNersan, prince d'Asie. 
Le courage de ce dernier s'étant démenti, on lui 
accorda la vie à condition qu'il percerait Baderne 
d'un coup d'épée; ce qu'il exécuta. Le corps de 
Badême fut traîné sur la claie; mais les chré- 
tiens, l'ayant enlevé secrètement, lui rendirent 
les honneurs de la sépulture. Quatre ans après , 
le roi Sapor étant mort , ses disciples furent mis 
en liberté. 

Actes de saint Badême, écrits en syriaque par saint Ma- 
thurïius, et publiés par Assemann, Hensclienius et Ruinard. 

* BADEN (Gustave-Louis), jurisconsulte et 
historien danois, né à Altona le 29 février 1764. 
Il devint docteur en droit en 1793, bourgmestre 
en 1794, et rempUt plus tard d'autres fonctions 
importantes. On a de lui, entre autres ouvrages : 
Silva differentiarum prsecipuarum jurïs ro- 
mani et Germanïco-Danici, quoad universani 
doctrinam de cura atqtie tutela, etc., dissert, 
inauguralis; Copenhague, 1793, in-4°; — 
Danske Riges Aisiorie (Histoire du royaume de 
Danemark); Copenhague, 1797; — Det Norske 
Riges Historié (Manuel d'histoire du loyaume 
de Norwége ) ; Copenhague , 1804, in-8° ; — For- 
sog til et Bansk-norsk juridisk Ord-og Sa- 
glexicon (Essai sur la juridiction norwégienne 
et danoise); Odensée, 1814, in-8°; — JDansk- 
norsk historisk Bibliothek (Bibliothèque histo- 
rique danoise); Odensée, 1815. 

Nyernp et Kraft, Almindeligt Literatur-Lexicon for 
Danmark, Norge, og Island. 

* BADEN ( Jacques ), savant philologue danois, 
né à Vordingborg le 4 mai 1735, mort en 1804. 
Il alla étudier en Allemagne , à Gœttingen et à 
Leipzig, devint recteur d' Altona en 1762, pro- 
fesseur d'éloquence en 1780, et membre de l'A- 
cadémie des belles-lettres de Copenhague. Ses 
principaux ouvrages sont : De generalibus 
theologiœ polemicse mediis, 1754; — De pos- 
sibilitate miraculorum , 1755; — De scientia 
divina contra Poiretum, 1756; - Grœsk 
Grammatik (grammaire grecque) ; Copenhague, 
1764; — Anweisung zur dsenischen Sprache 
nebst Chrestomathie (démonstration de lalangue 



133 



BADEN — BADEO 



danoise, accompagnée d'une chrestomatliie); 
Copenhague et Odensée, 1767; — Symbola ad 
augendas lingux vernaculse copias e Saxonis 
grammatici interpretatione danica; Copen- 
hague, 1778 et suiv., in-4°; — Grammatica la- 
tina; Copenhague, 1782; — Foreslœsninger 
cver det danske sprog eller resonner et dansk 
grammatica ( Leçon sur la langue danoise et 
grammaire raisonnée); Copenhague, 1785 et 
1792; — Cyropœdie de Xenophon, traduite en 
danois; Copenhague, 1766, in-S"; — Tacite 
traduit et annoté; I-IU, 1773-1797, in-8°; — 
Quintilien, traduit et annoté; Copenhague, 
in&-\lll ; — Phsedri Fabulse , in tcsîcm sc/io- 
larum editx; Copenhague, 1777; — Horace, 
œuvres complètes , traduites avec commentaires, 
Copenhague, 1792-1793; — Horatii opéra om- 
nia, ex optimis recensionibus ; accediint variœ 
lectiones e duobus codicibus mstis regiis, etc. ; 
Copenhague, 1793; — S. Aur. Propertii Ele- 
giarum liber quartus in usum scholarum, 
commentario illustrât.; Ma., 1798; — Sué- 
tone, trad., 1802-1803; — Holbergii Sijnopsis 
historiés universalis , revisa et aucta; Copen- 
hague, 1773; — Compendium historiée ro- 
warac-e; Copenhague, 1781 et 1793. 

Nyerup et Kraft, Âlmindeligt Litteratur-Lexicon 
for Danmark, Norge og Island. 

* BADEN {Laurids de), thélogien danois, né 
en 1610, mort en 1689. Il devint recteur de Hor- 
sen , sa ville natale , eu 1648. On a de lui : Him- 
melstige ( Ascension ) : c'est un traité de morale 
puhlié plusieurs fois à Copenhague en 1670 et 
1740 notamment. 

Nyerup et Kraft, Alminieligt Literaticr-Lexiconfor 
Danmark' Nonje og Island. 

* BAlf)EN (Sophie-Louise-Charlotte), mora- 
liste danoise, née à Copenhague le 2 1 novembre 
1740. Elle étudia sous la direction du professeur 
J. Baden, et laissa Ber fortsatte Gmndison (le 
nouveau Grandisson); Copenhague, 1792. 

Dansk-noi-slc Litteratur-Lexicon. 

BADEN ( Torkill ), philologue danois , né le 13 
avi'il 1668, mort en 1732. H devint recteur à Hol- 
berg dans la Zélande, et laissa : Condimenta'la- 
tinitaiis, seu elegantix latinse ; Copenhague, 
1717, 1720; — TiXbregistes over Biskoperne 
nol Siolland, 1720; — Rojna danica, harmo- 
niam atque affinitatem linguœ danicse cum 
romana exhibens; Copenhague, 1699, in-S"; 

— Parentalia grammatica, seu observationes 
philosophiez ad grammaticam ; Copenhague, 
1715, in-8°. 

AdelungjSiippl. ù Jôcher, Allgeni. Gelehrten-Tjexicon. 

— Nyerup et Kratt, Almindeligt, Literatur-Lexicon. 

BADEN ( Torkel ), philologue danois, né à Fré- 
dérichsborg le 27 juillet 1765, mort en 1804. H 
voyagea en Italie et en Allemagne de 1788 à 1791 , 
devint docteur en philosophie à Gœttingue en 
1789, et professem- d'éloquence à l'université de 
Kiel en 1794. On a de lui : De eloquentia Pau- 
lina, 1786; — De ara Dca ignoto dicata, 
Act. XVII, 1786; — Be causis neglecfœ a Ro- 



124 

manis tragœdias, 1789; — Commentatio de 
arte acjudicio E. Philostrati in describendis 
imaginibus ; Copenhague, 1 792, in-4° ; — Briefe 
ilber die Kunst von und an Hagedorn /Leipzig, 
1797; — Hercules furens, spécimen novx 
recensionis tragœdiarum L. Annœi Senecœ; 
1798, in-8<». 

Nyerup et Kraft, Almindeligt Litteratur-Lexicon Jor 
Danmark, Norge og Island. 

*BADE\HAUPT {Hermanu) , compositeur 
norwégien, vivait au milieu du dix-septième siè- 
cle. Il était directeur de musique à l'église de 
Glukstaut, et fit imprimer dans cette ville, en 
1674, un ouvrage intitulé Choragium Meli- 
cum, qui renferme quarante morceaux de mu- 
sique sacrée à troix voix, deux violons et basse. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

* BADENiîis (Atidré'), théologien allemand , 
mort en 1667. Il se livra d'abord à l'enseigne- 
ment, et plus tard à la prédication. On a de lui : 
Wider des miihseligen Lebens schnelle Hin- 
fluchtigkeit lehrt Gott Klugheit sur Himm- 
lischen Weisheit d'après les psaumes 90, 91 
et 93 (Dieu nous élève vers la céleste sagesse 
pour nous consoler des emiuis de la vie éphé- 
mère); Hambourg, 1667. Cet ouvrage eut 
beaucoup de succès. 

Adelung, Suppl. à JôcheVjAllgein. Gelehrten-Lexicon. 

*BADENiiTs (Christian), théologien alle- 
mand, fils d'André, vivait dans la première moi- 
tié du dix-huitième siècle. Il se livra aux étu- 
des théologiques et à la prédication. On a de 
lui : Johanniticum de veritate Testimonium 
(le Témoignage de Jean sur la vérité); Ham- 
bourg, 1710; — Trifolium Hadelicum , projet 
d'histoire locale du Hadierland. 

Adclung, Suppl. à Joclier, Allgem. Gelehrten-Lexicon. 

*BADENics (Godefroi-Chistian), théologien 
allemand, fils de Christian, vivait dans la pre- 
mière moitié du dix-huitième siècle. Il mourut 
à vingt-neuf ans, et laissa : AexàXoyo?, te Loi de 
Dieu, 1710. 

Adelung, Suppl. à Jôcher, Allgem. Gelehrten-Lexicon 

*BADENS (François), peintre holiaadais, 
surnommé plus tard l'Italien, pour son chaud 
coloris, né à Anvers en 1571, mort en 1603. Il 
a réussi dans les tableaux d'histoire et le por- 
trait ; il a peint des fêtes , des assemblées ga- 
lantes, des danses champêtres. Le ton de sa 
couleur est éclatant et doré , comme celui des 
meilleurs maîtres de l'Italie. 

Son frère Jean Badens, né à Anvers en 1576, 
mort en 1605, se distingua dans la portraiture. 
Il fit sa fortune de bonne heure; mais il fut pillé 
par des gens de guerre, et en mourut de .cha- 
grin. 

Nagler, Neues Allgemeines Kûnstler-Lexicon. 

* BADEO (Reginald), théologien et domini- 
cain allemand, vivait dans la première moitié du 
dix-septième siècle. Il devint en 1644 prédica- 
teur général de son ordre. On a de lui : Brevis 
instructio instituendi Rosarium perpetuum 



125 BADEO 

pro agonisantïbus, trad. de l'italien de Richard 
d'Altamure; Bamberg, 1641. 

Jôcher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BADER {Charles), savant bénédictin, natif' 
d'Estal , vivait dans la première moitié du dix- 
huitième siècle. On a de lui : Saûl , Israelita- 
rum ex-rex, 1708; — Samson Philistseo- 
rumflagelhim; 1709; — Ambitio severe cas- 
tigata in Maximo Tyranno; 1710; — Patien- 
tia calamitatum victrix in Jobo , Hussœo 
principe; 1711. 

Adelung, Suppl. à Jôcher, Allgem. Gelehrten-Lexicon. 

*BADER (Ernest), poète latin, vivait dans la 
première moitié du dix-huitième siècle. Il laissa : 
Poemata varii argumenti Hervica, lyrica, ele- 
giaca; Leu^arde, 1702, in-8°. 

Adelnn?, Suppl. à Jôcher, Allgem. Gelehrten-Lexicon. 

*BADER {Matthias), philologue allemand, 
■vivait dans la seconde moitié du dix-septième 
siècle. On a de lui : Nomenclator-latino-ger- 
manicus, trad. en français; — Compendium 
prosodicv; — Nomenclator secimdum decem 
prœdicamenta ; — une Rhétorique, tirée de 
Mélanchthon et Crusius. 

Jucher, Allgei)ieincs Gelehrten-Lexicon. 

*BAi>ERic ou BADREICH, piincc tliurin- 
gien, mort en 530. Il était fils de Basin , roi de 
Thuringe, et fut tué en 530 par son frère Her- 
menfîed, qui convoitait la possession exclusive 
des États laissés par Basin. 

Grégoire de Tours, I. I. — Moréri, Dictionnaire hist. 

*BADERNA (Bartolommeo) , peintre de l'é- 
cole de Parme, né à Plaisance, vivait à la fin 
du dix-septième siècle. H fut élève du cav. Fer- 
rante ; infatigable et studieux , il travaillait mal- 
heureusement avec plus d'intelligence que de 
génie, et Fi'anceschini put dire de lui avec jus- 
tice qu'il avait frappé à la porte des grands pein- 
tres, mais que la porte lui avait été refusée. 

E. B— N. 

Laïui, Storia délia Pittiira. — Ticozù, Dizionario dei 
Pittori. — Guida di Piacenza. 

* BADESi (Jérôme), poète italien, vivait dans 
la seconde moitié du seizième siècle. Il laissa : 
Poema de Sacello Exquilino a Sixto V, ex- 
tructo; Rome, 1588, in-8°; — Poemata, Epi- 
grammata et alii varii generis Carmina, sans 
date connue. 

MnrzuchcUi, Sci'ittcrt d^Italia. — Adelung, Supplé- 
Hicnt à Jôcher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BADESSA (Paul), T^oéte silicien, natif de 
Messine , florissait vers le milieu du seizième 
siècle. On a de lui : une traduction en cinq li- 
vres de V Iliade d'Homère, en vers libres 
(sciolti) ; Padoue, 1564, in-4°; et des traduc- 
tions inédites de l'Odyssée et d'une partie des 
Métamorphoses d'Ovide. 

Mongltore, Bililiotheca Sicula, t. II. — Giornale de' 
Letterati, vol. XXIV. 

*BADETO {Arnaud), théologien français, 
de l'ordre de Saint-Dominique , vivait dans la 
première moitié du seizième siècle. Il fut suc- 
cessivement docteur en théologie, prieur à Bor- 



- BADIÂ 12G 

deaux, et, en 1531", inquisiteur général à Tou- 
louse. On a de lui : Breviarium de Mirabili- 
bus Mundi; Avignon, 1499; — Margarita vi- 
roi'um illustrium; Lyon, 1529; — Margarita 
sacrée Scripturx; Lyon, 1529. 

Miraeus, de Script, sœc. XP^I. — Échard, Script. Ord, 
Prœd. —MoTtxi, Dictionnaire historique. — Jôcher, 
AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

* BADETTO {Vincent-Marie), dominicain et 
historien ecclésiastique italien, vivait dans la se- 
conde moitié du dix-septième siècle. Il laissa : 
Annaliumordinis Prsedicatorum •,'R.om&,iQb6, 
part. F^, in- fol., publiée en collaboration avec 
Mamachi, Polidorio et Christianopolo. 

AdeUing, Suppl. à Jôcher, Allgem. Gelehrten-Lexicon. 

BADi-EL-ZEMAN, souverain duKhoraçan, 
le dernier descendant de Tamerlan , mort en 923 
de l'hégire (1517 de J.-C). Il fut vaincu par 
Chaibelf, iihan des Uzbecs , et se réfugia en Perse 
auprès d'Ismaêl-Séfy , qui lui assigna la ville de 
Tauris pour résidence. Après la prise de cette 
ville par l'empereur turc Sélim I*"", il fut conduit 
à Constantinople, oîi il mourut. 

Hammer, Histoire de l'Empire ottoman. 

*BADi (Paul-Émile), littérateur italien, vi- 
vait dans la deuxième moitié du dix-septième 
siècle. On a de lui trois comédies : le Gare delV 
Inqanno e dell Amore; Venise, 1689; — il 
Trionfo d' Amore e di Marte ; Venise , 1 689, 
iH-12; — VArgene; ibid., 1689, in-8°. 

Mazzuchelli, Scrittori d'Italia. 

* BADIA (Charles-Augustin), compositeur 
italien, vivait à Vienne au commencement du 
dix-huitième siècle. Il était maître de chapelle de 
Léopold I^". On a de lui : Narciso, opéra ; Vienne, 
1699; —la Ninfa Apollo; Vienne, 1700; — la 
Carte céleste , oratorio pour la fôte de sainte 
Catherine, 1702; — Amore vuol somiglianza , 
1702; — il projeta Elia, oratorio, à Venise, 
1720; — Qies-ii nel Pretoria, oratorio, 1730; 
— Cantati a voce sola e cembalo; — Tributi 
arraonici, coUecUon composée de douze cantates 
à voix seule et clavecin, gravée sans date et sans 
nom de lieu. 

Schilling, Univ. Lexicon der TonJcunst , etc. — Fétis, 
Bioçiraphie universelle des Musiciens. 

BADIA (Charles-François) , prédicateur ita- 
lien, né à Ancône le 20 juin 1675, mort à Turin 
le 8 mai 1751. Il prêcha dans les principales 
villes de l'Italie, et fut nommé, vers 1730, pré- 
sident de l'université de Turin, qui venait d'être 
rétablie. Pendant la maladie qui l'enleva, il dit 
à son médecin, qui lui faisait entrevoir la possi- 
bilité de le guérir -. « Je n'ai pas le tourment de 
l'espérance. » On a de lui : Prediche Quaresi- 
inali;'lwm et Venise, 1749, gr. in-4°; — Pa- 
negirici, Ragionamenti ed orazioni diverse ; 
Venise, 1750, in-4°. 

Mazzuchelli , Scrittori d'Italia. — Ginguene , Histoire 
littéraire de l'Italie. 

* BADIA (Joseph- Antoine), médecin italien, 
vivait dans la première moitié du dix-huitième 
siècle. Il fut professeur à Turin. On a de lui ; 



127 



BADIA — BADINUS 



128 



Storia rara di un sangue cavato colsiero nero 
ed esperienze sopra lo stesso , dans les Opus- 
culi scientif., t. XVIII; — Vocabula lêtini 
italique sermonis ex aureis, etc.; Turin, 
173r, in-4°, 2 vol., qu'il publia en communauté 
avec l'abbé Pasini. 

Adelung, Suppl. à Jôcher, Allgem. Gelehrten-Lexicon, 
BADIA ( Thomas), théologien et cardinal ita- 
lien, né à Modène vers 1483, mort à Rome le 6 
septembre 1547. Il entra dans l'ordre des Domi- 
nicains, et fut envoyé par le pape Paul ni au 
colloque de Worms en 1540, où il se fit remar- 
quer par son zèle pour la religion catholique. Il 
eut une grande part à la rédaction du Consillum 
delectorum cardinalium et aliorum prselato- 
rum de emendanda Ecclesia, Paulo III. ju- 
bente, conscriptum et exhibitum; Rome, 1538, 
in-4°. La lettre de Badia au cardinal Contarini, 
sur le colloque de "Worms , a été imprimée dans 
les prolégomènes de la 3» partie des Epistolae 
selectas du cardinal Polus. 

Échard, Scriptores ordin. PrxAieatorum, t. II. 
BADIA Y LEBLICH. Voy. Ali-BeY. 

^BADIALA {Jacques), dramatiste italien, vi- 
vait dans la seconde moitié du dix-septième siècle. 
On a de lui : V Umanità ristaurata dalla gra- 
cia, nella nascita del Bambino Giesù, dram- 
ma sacro; Naples, 1691,i.in-12; — la Forza 
délie stelle, ovvero amare è destina, tragi- 
corawiedia; Naples, 1693, in-12; — il Finto 
D. Luigi, ovvero V onore dlfeso dalV amore , 
iragicommedia;^SLp\es, 1695, in-12; — i Pro- 
digj délia Vergine del Carmelo, dramma sa- 
cro; Naples, 1699, in-12. 

Mazzuchelli, Scrittori d'Italia. — Adelang, Supplémont 
à Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*JÎADIAL,E (4Zea;andre), peintre et graveur 
italien, natif de Bologne, mort vers 1626, selon 
d'autres en 1628 on 1643. Il fut élève de Flaminio 
Torre , et laissa de nombreuses et remarquables 
gravures, parmi lesquelles on cite une Descente 
de Croix, d'après F. Torre; — une Vierge à l'en- 
fant, d'après Cignani; — une Sainte Famille, 
d'après Torre ; — une autre Sainte Famille, y 
«ompris saint Antoine et saint Philippe. 

Nagler, Neues Allgemeines Kiinstler-Lexicon. — TI- 
cozzi , Dizzionario de' Pittori. — Orlando, Abecedario 
Pittorico. 

* BADIE ( Louis-Augustin de la. ) , général 
français, né le 24 août 1696 , mort en 1765. n 
entra au service comme sous-lieutenant au régi- 
ment de Picardie, le 13 novembre 1708, et fit 
ses premières armes à la bataille de Malplaquet 
en 1709. Il fit successivement toutes les campa- 
gnes de 1727 à 1744, et se distingua principale- 
ment aux lignes d'Etlingen, au siège de Philis- 
bourg , à la prise de Prague, à l'affaire de Det- 
tingen, et à la bataille de Fontenoy le 11 mai 
1745. Les sièges de Tournay, d'Oudenarde, d'An- 
dermonde et d'Ath furent également témoins de 
sa valeur. Devenu lieutenant-colonel de son ré- 
giment le 8 mai 1746, il assista en cette qualité 
à la bataille de Reaucourt, au siège de Berg-op- 



Zoom en 1747, et à celui de Maestricht en 
1748. Nommé brigadier le 10 février 1759, il ser- 
vit sur les côtes , se rendit avec son régiment, 
en 1760. à l'armée d'Allemagne, combattit à la 
bataille de Clotercamp en 1761, et revint en 
France en 1762, où il fut promu au grade de ma- 
réchal de camp, et mourut peu de temps après. 

A. A. 
Etats, militaires. — Gazette de France. 

* BADiER (Jean-Étienne), bénédictin et 
théologien français, né en 1650, mort en 1719. 
Après être entré dans les ordres, il professa avec 
succès la théologie et la philosophie à l'abbaye 
de Saint-Denis. Il devint ensuite successivement 
prieur de Saint- JuUen de Tours et de Corbie. On 
a de lui : De la Sainteté de l'état monastique, 
où Von fait voir l'histoire de l'abbaye de Mar- 
moutiers et de celle de l'église royale de Saint- 
Martin de Tours, pour servir de réponse à la 
Vie de saint Martin donnée par M. Gervaise. 

Le Cerf, Bibl. liist. et crit. des auteurs de la congré- 
gation de Saint-Maur. — Adelung, Supplément à Jôcher 
dans V Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

* BADILE {Giovanni-Antonio ), peintre de 
l'école vénitienne, né à Vérone en 1480, mort en 
1560. Il fut le premier dans sa patrie qui aban- 
donna complètement le style ancien, et qui réus- 
sit à rendre les mouvements et les affections de 
l'âme. Son coloris, vif et chaud, a une fraî- 
cheur et une morbidesse qui avant lui étaient 
également inconnues à Vérone. On cite parmi 
ses meilleurs ouvrages : une Résurrection de La- 
zare, à Saint-Bernardino, et une Vierge avec 
V Enfant et saint Jean-Baptiste, à Saint-Naz- 
zaro. Malgré son mérite incontestable, Badil« 
serait peut-être peu connu, s'il n'eût eu l'Iionneur 
d'être l'oncle et le premier maître de Paolo Ca- 
liari, si célèbre sous le nom de Paul Véronèse. 
II compta également le Zelottî parmi ses élèves. 
( Voy. ce nom. ) C'est par erreur que Borghini 
nomme Badile Antonio Baillo. E. B...N. 

Lanzi, Storia délia Pittura. — rscozzi, Dizionario de 
Pittori. — Pozzo, P^ite de' Pittori, degli Scultori e 
degli Architetti P^eronesi. — Malvasta, Guida di Bolo- 
gna. — Borghini , il Riposo. — Ridolû, le lUeraviglie 
deir arte, etc. — Bennassuti, Guida di Fcrona. — .Maffeî, 
Ferona illustrata. 

* BADiLio (Fafôre), médecin italien du dix- 
septième siècle. Il exerça la médecine à Vérone. 
On a de lui : Tractatus de secanda venu in 
pueris, vel ante quatuor decimœtatisannum; 
Vérone, 1606, in-4° : cet ouvrage était dirigé 
contre la doctrine opposée de Messaria. 

Biographie médicale. 

* BADIN {Martin), traducteur anglais, vivait 
au commencement du dix-huitième siècle. Il n'est 
connu que par une traduction anglaise des 
Commentaires de Jules-César ; Londres, 1705, 
in-8°. 

Lelong, Bibl. histor, de la France , édit. de Fontette. 
— Adetung, Suppl. à Jôcher, Allgem. Celehrten-Lexicon, 

* BADINUS OU BADINO {Louis-Dieudonné), 
poète et musicien italien , né à Mondovi le 7 
août 1675, mort le 18 novembre 1742. Il se voua 



129 



BADINUS — BADIUS 



130 



à l'état ecclésiastique, mais n'en cultiva pas 
moins avec ardeur et succès la musique et la 
poésie. Il fut maître de chapelle et recteur du 
séminaire de Mondovi. Voici ses principaux ou- 
vrages : Sacri affectus poetici in honorem B. 
Marias Virginis; Mondovi, 1712; — Regii 
montis flores Apollinei ; MA., 1715; — Alpha- 
betum Âutonomastico-poeticum, Virgini Bei- 
parse; Montis regalis sacrum; ibid., 1716. 

Mazzuchelii, Scrittori d'Itatia. 

* BADIUS, chef campanien, né environ 21 2 ans 
avant J.-C. Il provoqua son compagnon Quinc- 
tius Crispinus à un combat singulier, lorsque 
les Romains assiégeaient Capoue. Crispinus, bien 
que d'un camp opposé, refusa d'abord le défi, en se 
fondant sur l'amitié qui l'unissait à Badius. Mais 
ses soldats l'ayant excité, le combat eut lieu, et 
Badius fut blessé à mort. 

Tite-Llvc, XXV, 18. - Val. Max., V, i, § 3. 

BADirs (Jodocus onJosse), imprimeur et 
poète satirique, naquit en 1462 dans le village 
d'Aasche, près de Bruxelles, d'où le surnom 
d'Ascensius , et mourut en 1535 (1). Il fit ses 
premières études à Gand et à Bruxelles ; puis il 
voyagea en Italie , apprit le grec à Ferrare , sous 
Baptiste Guarini , et fut initié à la typographie , 
invention alors toute récente , qui clôt le moyen 
âge. En 1491,11 vint s'établir à Lyon, où il ensei- 
gna, pendant une dizaine d'années, la littérature 
grecque et latine. Badius y exerça en même temps 
l'art typographique. « Il composa et imprima, dit 
de La Caille , quantité de bons livres chez Jean 
Treschel, imprimeur de Lyon, duquel il épousa 
la fille, nommée Thalie. « Au commencement du 
seizième siècle , Badius fut appelé à Paris. « Ce 
fut à lui, poursuit de La Caille, que le savant 
Robert Gaguin , vingtième général de l'ordre des 
ïrinitaires , qui connaissait son mérite et sa ca- 
pacité pour la correction des impressions , écrivit 
pour imprimer ses ouvrages , ainsi qu'on le voit 
par la lettre que ce général lui adresse , qui est à 
la tête de ses Épitres in-4°, l'an 1498; ce qui 
obligea Badius à venir à Paris vers l'an 1499 ou 
1500 , après la mort de son beau-père, tant pour 
y enseigner la langue grecque que pour y réta- 
blir l'art de l'imprimerie, qui commençait à 
décliner (2). » 

Le père Du Moulinet prétend que Badius ap- 
porta le premier en France les caractères ronds , 
et qu'avant lui les imprimeurs s'étaient servis de 
caractères gothiques : « Il vint d'Italie en France 
environ l'an 1490, tant pour y enseigner le grec 
à Paris , que pour y étabhr une fort belle impri- 
merie, qu'il appela Prxlum Ascensianum (3). » 
Ce renseignement, reproduit sans examen par 
presque tous les biographes, est tout à fait 
inexact : d'abord Badius, avant de venir à Paris, 

(1) Cette date a été bien établie dans le Dictionnaire 
de Bayle, t. I, p. 607, note F. 

(2) De La Caille, Histoire de l'Imprimerie , p. 72, 73. 

(3) Le P. Du Moulinet, dans le Journal des Savants, 
SI janvier 1684, p. 38. 

WOUV. BIOGR. UNIVERS. — T. IV. 



fit, comme nous venons de le voir, un assez long 
séjour à Lyon; ensuite, dès 1469 et 1470, on 
avait imprimé en caractères ronds à Paris (1). 

On vit sortir des presses de Badius un grand 
nombre de livres classiques, tels que Horace, 
Perse , Térence , Juvénal , Théocrite , Salluste , 
Valère Maxime, Quintilien, Aulu-Gelle, Cicéron, 
Ovide, Sénèque. Ces éditions sont, pour la plu- 
part, accompagnées de notes et de commentaires 
estimés. Badius composa lui-même plusieurs 
ouvrages satiriques, comine ; Sîjlva moralis 
contra vitia; — Epigrammatum liber; — 
Navis stultiferas Collectanea, 1513, en vers 
latins , tirés presque tous des anciens avec un 
commentaire en prose ; — Navicula stultarum 
mulierum ; trad. en français par J. Droyn , sous 
le titre : la Nef des folles ; Paris , 1501 , in-4° : 
l'auteur y attaque les vices des femmes , à l'imi- 
tation de Sébastien Brandt, qui, dans sa satire 
Navis stultifera, Smk flagellé les hommes. 
Enfin, il a écrit : De grammatica; — De conscri- 
bendis Epistolis; — Psalterium B. Marias ; — 
Vita Thomœ a Kempis. 

Érasme fit le plus grand cas de Badius ; il en 
loua le savoir, la pureté de style, et le mit au- 
dessus de Budée. Les amis de ce dernier savant 
en jetèrent les hauts cris, et accusèrent Érasme 
d'injustice et de partialité. Le bruit en vint même 
jusqu'aux oreilles de François l""^ (2). Après avoir 
fait ressortir le mérite des œuvres du poète-impri- 
meur, Érasme ajouta que Badius aurait encore 
mieux « fait, si l'inqruétude de son ménage n'eût 
souvent troublé et intenrompu le loisir et la tran- 
quillité de ses études (3). » 

Badius eut un grand nombre d'enfants , ce qui 
fit dh'e dans son épitaphe, en jouant sur les mots 
libri et liberi, qu'il aurait fait autant d'enfants 
que de livres, s'il s'y était pris plus tôt. Cette épi- 
taphe est de son petit-fils Henri Estienne, fils de 
Robert Estienne, lequel avait épousé Perrette Ba- 
dius (4). 

Hic, liberorum plurimorum qui parens, 
Parens librorum plurimorum qui fuit, 
Silus Jodocus Badius est Ascensius.; 
Plnres fiierunt liberis tamenUibri 
Quod Jam senescens cœpit illos gignere, 
iElate florens cœpit hos quod edere (8). 

(1) Voyez Chevillier, Origine de V Imprimerie dé Pa- 
ris, p. 54. — Ulric Gering avait déjà, mais très-imparfai- 
tement, employé les caractères ronds. 

(2) Si verus est rumor, sic fervent amici Budœi, quasi 
incinerespatrisacmatrisillius imminxerim. Clamant: 
O cœlum, o terra, Budseum cum Badio l Clamant me 
invidere glorise Budœi, meque mMltis epigrammtctixs 
dilacerant.... Causa deluta est et ad régis cognitionem... 
Érasme, Epist., lib. XX, 72. 

(3) Erasme, Epist., lib. XXII, 28. — Baillet, Jugements 
des Savants, t. U, p. 141. 

(4) Deux autres filles de Badius avalent épousé Michel 
Vascosan et Jean de Roigny, « qui prit la marque de soa 
beau-père, et arbora à ses éditions le Prœlum Jscensia- 
num pendant plus de vingt-cinq ans. » ChevilUer, Ori- 
gine de l'imprimerie de Paris, p. 138. 

(5) Henri Estienne , De artis typograpliicœ querimo- 
nia. — Almeloveen, De vitis Stephanorum. « Cette épi- 
taphe , dit Bayle , n'est point celle que l'on voit sur le 
tombeau de Jodocus Badius, au charnier de l'église col- 
légiale de Saint-Benoît, à Paris ; c'est là qu'il fut enterré. 



131 BADIUS — 

Le fils de J. Badius, Conrad, né à Paris en i 
1510, mort vers 1560, suivit les traces de son 
père. Les premiers ouvrages sortis de ses 
presses sont datés de 1546. Conrad avait em- 
brassé les doctrines de Calvin ; pour se soustraire 
aux persécutions religieuses , il quitta Paris en 
1 549, et se retira à Genève , où il publia , d'abord 
avec Jean Crespin, puis avec Robert Estîenne 
son beau-frère, un grand nombre de belles édi- 
tions , enrichies de préfaces estimées , parmi les- 
quelles on cite , comme un exemple de modestie, 
celle Kreopharjia ou Cyclops de Théodore de 
Bèze. Conrad Badius a, en outre, publié une tra- 
duction française (incomplète) à&YAlcoran des 
cordeliers, avec des notes ; Genève, 1556, in-12; 

— les Vertus de notre maître Nostradamus , 
en rimes; Genève, 1562, in-8°. Sennebier {His- 
toire littéraire de Genève) lui attribue une co- 
médie contre Castalion, et Jely (Remarques sur 
le Dictionnaire de Bay le), les Satyres chres- 
tiennes de la cuisine papale; Genève, 1560, 
in-8° (très-rare). A. F. D. 

Valère André, Bibliotheca Belgica. — Miraeus, De 
scriptor. sseciiU XVl. — Érasme , Evist. — Bayle, Dic- 
tiormaire historique, avec les remarques de Joly. — Pros- 
per Marchand, Dictionnaire historique. — La Caille, his- 
toire de l'imprimerie. — Chevilller, Origine de l'impri- 
merie de Paris. — Ambr. Flrmin Didot, Essai sur l'His- 
toire de l'imprimerie. 

* BADIUS ( Raph ) , théologien italien , natif 
de Florence, vivait dans la seconde moitié du 
dix-septième siècle. Il était de l'ordre de Saint- 
Dominique, et devint maître en théologie et doyen 
de la Faculté. On a de lui entre autres ouvrages : 
Constitutiones et décréta universitatis Flo- 
rentines, theologorum una cum illius pri- 
meeva origine. 

Échard, Scriptores ordinxi Prsedicat. 

* BADics ou BADUS OU BALDïTS {Sébas- 
tien ) , médecin italien , natif de Gênes , vivait 
dans la seconde moitié du dix-septième siècle. 
n a laissé : Disputatio de sanguine incales- 
cente non mutante naturam; — Anasfasis 
corticis Peruvianas contra J.-J. CMJletium ; 

— Tractatus de pestilentia; — De phleboto- 
miee necessitate in variolis , etc. 

Van dcr Linden, De Scriptoribus medicis. — Oldoin, 
Athenseum Ligtislicum. - J6cher, MU/emeines Gelehr- 
ten-Lexicon. 

BADJER {Louis ) , apprêteur d'étoffes à Lyon. 
Lorsque cette ville fut prise en 1793 par les 
troupes de la convention, le frère de Louis 
Badjer était à l'hôpital , par suite des blessures 
qu'il avait reçues pendant le siège. Il fut cepen- 
dant cité devant la commission militaire établie 
pour juger ceux qui avaient pris part à la défense 
de cette ville. Louis Badjer l'apprit; et sachant 
que son frère était d'avance condamné, il alla 
se présenter à sa place et marcha au supplice, 
heureux de lui sauver ainsi la vie. 

Le Bas, Encyclopédie de la France. 

* BADO ( Jean ) , poëte hongrois, vivait dans 
la seconde moitié du dix-septième siècle. H fut 
en grande réputation dans son pays, et laissa un 



BADOLET 132 

poëme sur la mort et la résurrection de Jésus- 
Christ. 

Horanyî , Memor. Hung. — Benkoe , Tvansylv., t. 2, 
p. 363. — Adelung, Supplément à Jochcr, Allgemeines 
Gelehrten-Lexicon. 

BADOARO ( Frédéric), diplomate et littéra^ 
teur italien, né en 1518, mort en 1593. Il re- 
présenta dix fois la république de Venise auprès 
de Charles-Quint et de Philippe II , et fonda en 
1556 l'Académie vénitienne dite délia Fama, 
qui devait imprimer avec soin une collection des 
meilleurs auteurs, mais qui fut, environ dix ans 
après , supprimée par un décret du sénat. On 
attribue à Badoaro plusieurs écrits diplomati- 
ques inédits. 

Mazzuclielli, Scrittori d'italia , t. III. 

BADOARO ( Jacques }, poëte italien, vivait à 
Venise vers le milieu du dix-septième siècle. Il 
fut l'ami de Fra Paolo Sarpi. On a de Badoaro : 
le Nozze di Enea con Lavinia; Venise, 1640, 
in-12; — VVlisse errante; ibid., 1644, in-4°, 
in-12; — YElena rapiladaTeseo;MA., 1655, 
in-12; trois drames, représentés à Venise sur 
les théâtres de Saint-Jean et de Saint-Paul. Son 
drame , il Ritorno d' Ulisse in patria , repré- 
senté en 1641, paraît être resté inédit. 

Mazzuchelli, Scrittori d'italia. 

BADOARO (Jean), théologien italien, mort 
le 17 mai 1714. Il fut patrice et patriarche de 
Venise, puis cardinal; et en 1706, évêque de 
Brescia. On a de lui : Industrie spirituali per 
ben vivere e santamente morire ; Venise, 1744. 

Mazzuchelli, Scrittori d'italia. — Adclang, Supplé- 
ment à Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BADOARO (Lauro), poëte italien, né à Ve- 
nise vers 1546, mort en 1593. Il entra dans la 
congrégation de' Crociferi, se fit remarquer 
comme prédicateur, devint évêque d'Albe, et 
laissa : Rime spirituali ; Bologne, sans date, 
in-4°; — Canzone al sommo ed ottimo Pon- 
tifice Sisto V; Rome, 1589, in-4"; — i Sette 
Salmi Penitenziali ridotti in rime italiane, 
sous le pseudonyme de VAgitato; Mantoue, 
1591 et 1594, in-4''. 

* BADOERO ( Camille), poëte italien, vivait 
dans la seconde moitié du dix-septième siècle. 
Il laissa : Poésie; Venise, 1662, in-12; — il 
Sesto Tarquinio, dramma; Venise, 1678, 
in-12; — iZ Leandro, dramma, ou Gli Amori 
fatali; Venise, 1679 et 1682, in-12. 

Mazzuclielli, Scrittori d'italia. — Adelung, Supplé- 
ment à Jochcr, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BADOBRO {Pierre), doge de Venise depuis 
939 jusqu'en 942, époque de sa mort. Il chan- 
gea son nom de famille Particiaccio en celui 
de Badoero. H obtint de Bérenger H, roi d'Ita- 
lie, la confirmation des libertés de la république 
de Venise, ainsi que le droit régalien de battre 
des monnaies d'or et d'argent. H eut pour succes- 
seur Pierre Candiano III. 

Sismondi, Histoire des Rép. ital. 

BADOLET {Jean), ministre protestant et 
professeur d'humanités au collège de Genève 



133 



BADOLET — BADUEL 



tS4 



vers le milieu du dix-septième siècle. On a de 
lui : la Harangue de Frédéric Spanheim ( Ge- 
neva restituta ) , traduite en français, 1 635, in-4'' ; 
— Conscientias humanse Anatomia; Genève, 
1659, in-4''; —l'Excellence de Vhorlogerie, 
in-I2; — Secrets curieux sur diverses choses 
de la nature et de l'art, in-8°. 

Senebier, Histoire littéraire de Genève. 

*badojV {Edmond), auteur dramatique et 
romancier français, mort en 1849. Ses débuts 
littéraires datent de l'époque de la grande que- 
l'elle des classiques et des romantiques. Décri- 
vit alors des pièces de théâtre; et, plus tard, des 
romans, où l'imagination va souvent jusqu'à 
l'exagération. Il mourut trop jeune pour sa re- 
nommée ; il donnait en effet des espérances sé- 
rieuses. On a de lui: Un Duel sous Richelieu, 
drame en trois actes mêlé de couplets ; Paris , 
Barba, 1832, in-8°, et dans la France drama- 
tique, 1834; — Vue Aventure sous Charles IX, 
comédie en trois actes, en collaboration avec 
Frédéric Soulié; Paris, Marchant, 1834; — 
Montbrun, ou les Huguenots en Dauphiné; 
Paris, Prudhomme, 1838, 2 vol. in-8° : c'est un 
roman écrit dans la manière de W. Scott; — 
Gingènes, ou Lyon en 93, publié par le Journal 
des Débats. 

Qiiérard, la France littéraire. —L'illustratton, 2S snp- 
lembre 1852. 

BABOU (Jean-Baptiste), théologien, frère 
de la Doctrine chrétienne , natif de Toulouse, 
mourut le 6 septembre 1727, au milieu de l'exer- 
cice de son ministère, pendant une inondation de 
la Garonne. On a de lui : Exercices spirituels, 
avec un catéchisme et des cantiques pour 
aider les peuples à profiter des missions; 
Toulouse, 1716, in-12. 

Delespinc, Relation du débordement de la Garonne, 
Toulouse, 1716, in-12. 

* BADOUREAU (J.-F.) , gravcur français, 
contemporain. On a de lui quelques gravures 
recherchées des amateurs , entre autres : Deux 
Enfants Jésus, d'après Raphaël, 1819; — 
les Sabines d'après David; — le Christ et la 
sainte Vierge, d'après le Titien; — la Mis- 
sion dangereuse; — Napoléon à cheval; — 
la Vierge à la chaise et la Vierge au pois- 
son, d'après Raphaël; — le Christ, d'après le 
Titien; — Saint- Jean, d'après le Domiuiquin. 

Nagler, N'eues AUgemcincs EûnsUer-Lexicon. 

EAUCUVIL'LE {Pierre), aide de camp de 
Pichegru, né à Poissy-le-Sec (département de 
l'Yonne) vers 1760, mort vers 1810. Engagé vo- 
lontaire en 1792 , il se distingua dans les campa- 
gnes du Rhin, et fut employé par Pichegru pour 
h'aiter avec le prince de Condé etl'ambassadeur 
anglais Wickam. La prise des équipages de M. de 
Klinglin, agent du prince de Condé, fit découvrir 
ce complot. Badouville était désigné sous le nom 
de Coco dans la correspondance du général. Il 
fut arrêté et mis au Temple à la suite du 18 
fructidor (4 septembre 1797), et subit différents 
interrogatoires , pendant lesquels il ne répondit 



que ces mots : « Je ne suis pas Coco ; qu'est-ce 
que Coco ? je ne connais pas Coco. » Badou- 
ville fut renvoyé, et échappa ainsi à la déporta- 
tion, à laquelle Pichegru et ses complices fu- 
rent condamnés. Il fut encore arrêté à deux re- 
prises différentes et toujours renvoyé absous, 
par défaut de preuves suffisantes. Depuis 1805, 
il vécut retiré dans son département : sous la sur- 
veillance de la police. 
Biographie des Contemporains. 

* BADRÈs (BàSpnO ou BARES (BopYi;), gé- 
néral perse, vivait dans la seconde moitié du 
sixième siècle avant J.-C. Il était de la tribu de 
Pasargade, et fut chargé du commandement des 
forces navales dirigées par Aryandès, gouver- 
neur d'Egypte, contre les Barcéens, pour venger 
la mort d'Arcésilas m. Après la prise de Barca, 
Badrès voulut poursuivre ses succès en prenant 
Cyrène ; mais il se trouva paralysé dans ses des- 
seins par le refus que lui opposa Amasis , com- 
mandant des forces de terre. Ce Badrès est sans 
doute celui dont parle Hérodote comme ayant 
commandé un corps d'armée dans l'expédition 
de Xerxès en Grèce. 

Hérodote, IV, 167, 203 ; VII, 77. — Smilh, Dictionary of 
Greek and Roman Biography. 

* BADRESHi {Abraham) , poëte juif, vivait 
en Espagne au treizièi^îe siècle. Il était père du 
célèbre Jedaia Appenini ou Penini. On doute si 
on doit attribuer au père ou au fils le poëme du 
Jour de V Expiation. Stoccurs le reproduit 
dans l'édition du Bechinath Olam qui a paru à 
Mantoue. 

De Rossi, Dizion. storic. degl. autor. Ebrei, t, 59. 

*BADSTiJEEB {André), jurisconsulte da- 
nois, né à Copenhague le 9 mars 1728, mort 
en 1808. Il devint conseiller de chancellerie. On 
a de lui : De antiquo jure postliminii, 1748; — 
De discrepantiis prsscipuis juris danici et 
saxonici circa arrestum, 1748; — De Usuca- 
plone Danorum, 1749 ; — De Testamenti Fac- 
tione jure danico, 1750. 

Nyerup et Kraft, Almindeligt Litteratur-Lexicon for 
Danmark , Norge, og Island. 

BADCARius OU PADUARius {Bonseniiblan- 
tes), théologien italien, natif de Padoue, mort 
le 28 octobre 1369. Il était frère du cardmal Bo- 
naventure Baduarius, et mourut, dit-on, empoi- 
sonné. Il a lais.sé : Lectura super i , 2 et 3 
Senlentiarum ; — Quœstiones philosophix et 
theologiœ. 

Pandulphus, De scriptoribws Augustinianis. — EJ^liis, 
Encomiast. Augustin. 

BÂDUEt, {Claude), littérateur, né à Nîmes 
vers la fin du quinzième siècle , mort à Genève 
en 1561. H s'éleva, par la protection de la reine 
de Navarre, sœur de François \", à un rang 
distingué dans l'université de Paris, et fut 
nommé, en 1539, recteur du collège des Arts 
que François F"" venait d'établir à Nîmes. En 
1555, il fut obligé de se retirer à Genève pour 
échapper aux poursuites dirigées contre les cal- 
vinistes. H y devint ministre et professeur de 

5. 



135 



BADUEL ^ BAECK 



136 



philosophie et de mathématiques. On a de lui, 
entre autres : Oratio fiinebris in funere Flo- 
rettse Sarrasise habitas; [epitaphia nonnulla 
de eadem, 1542; trad. en français par Ch. Ro- 
zel ; Lyon , 1546, in-4'' ; — De ratione vitse stu- 
diosse ac litteratae in matrimonio colloeandse 
ac degendx; Lyon, 1544, in-4°. L'auteur y 
montre l'excellence du mariage, et les désordres 
qui accompagnent ordinairement le célibat. H en 
existe une mauvaise traduction française par Guy 
delà Garde, sous le titre : Traité très-fruc- 
tueux de la dignité du mariage, et de l'hon- 
nête conversation des gens doctes et lettrés ; 
Paris, 1548, in-S". 
Moréri, Dictionnaire historique. 

* BAOUERO OU BADOiTARi, famille noble de 
Venise, dont quelques membres furent revêtus 
des premières dignités de l'État. 

I. BADtTERO ( Ursus P'), doge de Venise, 
mort en 881. H fut élu en 864, battit les Sar- 
rasins qui infestaient les côtes de Dalmatie, et 
reçut en récompense, de l'empereur Basile r"", le 
titre de protospataire. 

n. BADïTERO ( Ursus H), vivait dans la 
première moitié du dixième siècle. H fut élu 
doge en 912. Sous son gouvernement, Venise 
reçut de Rodolphe de Bourgogne le droit de 
battre monnaie. Baduero se retira dans un cou- 
vent en 932. 

m. BADUERO {Louis), vivait dans la pre- 
mière moitié du dix-septième siècle. Député à 
Constantinople vers Soliman H, il conclut avec 
ce souverain un traité secret , en vertu duquel 
la Morée était cédée aux Turcs. 

rv. BADUERO {Ange), sénateur vénitien. 
Accusé en 1607 de correspondre avec Alfonse 
de la Cueva, ambassadeur d'Espagne, il vit ses 
biens confisqués et fut condamné à la dégrada- 
tion de sa noblesse, à l'exclusion des fonctions 
publiques, et à une année de prison. 

Moréri , Dictionnaire historique. 

* BADUZADE, évêque de Paderbom, vivait 
dans la première moitié du neuvième siècle. Il 
gouverna ce diocèse depuis 815 jusqu'en 863, et 
fonda à Paderborn une école destioée à répandre 
rinstruction que cx)mportait l'époque. 

HiHoire liUéiaire de la Frav:e, t. IV. 

* B^BIA GENS, surnommée aussi Dives, He- 
rennius, Sulca, Pamphïhis. Le premier de 
cette gent, qui obtint les honneurs du consulat, 
fut Cn. B«ebius Pamphilus en l'an 182 avant J.-C. 
En voici les principaux membres dans l'ordre 
chronologique : 

*I. BiEBïUS (Lucius), vivait vers 220 avant 
J.-C. II fut un des ambassadeurs envoyés par 
Scipion à Carthage en l'an 202 avant l'ère chré- 
tienne, et fut chargé ensuite par le célèbre capitaine 
de commander le camp des Romains. 

*II. B^Bius (Quintus), tribun du peuple, 
vivait vers 200 avant l'ère chrétienne. Il se fit re- 
marquer par son opposition à la guerre contre 
Philippe de Macédoine. 



*in. B^Bius {Marcus), un des trois com- 
missaires romains envoyés en Macédoine en l'an 
186 avant J.-C, pour s'enquéru- des griefs des 
Maronites et autres contre Philippe, roi de Ma- 
cédoine. 

*rv. BiEBius (Zwcî«s), vivait vers 180 avant 
J.-C. Il fut un des trois commissaires romains 
envoyés en Macédoine en l'an 168 pour étudier 
l'état du pays, avant l'exp^tion de Paul-Émile. 

*V. BiEBius (Aulus) , vivait vers 170 avant 
J.-C. Il fit donner la mort aux membres du sénat 
étolien en l'an 167 avant l'ère chrétienne, et fut, 
pour ce fait, condamné à Rome. On ignore s'il fut 
gouverneur de toute l'Étolie, ou seulement de la 
ville où ce meurtre fut commis. 

* VI. B^Bius (Caïws),tribundupeHple, vivait 
vers 80 avant J.-C. Il fut suborné par Jugurtha 
lorsque ce Numide fameux vint à Rome. Baebius 
imposa silence à ceux qui interpellèrent Jugurtha 
sur certains actes de sa vie, à Mummius parti- 
culièrement. 

*Vn. BiEBius (Caïus), général romain, vi- 
vait vers 60 avant J.-C. Il fut appelé aussi par 
Sextus César à prendre le commandement des 
troupes romaines dans la guerre sociale. 

Tite-Live, XXX, 25; XXXI, XLIV, 18; XLV, 28, 31. — 
Poljbe, XV, XXXIU, 6. - Salluste, Jugurth., 33, 34.— Ap- 
plen, I, 48; 1,72, lllyr., 13. — Florus, III, 21. - Clcéron,- 
In Pis., 36. — Lucain, H, 119. 

BAECK {Abraham), naturaliste et médecin 
suédois', né en 1713, mort en 1795. Il étudia à 
l'université d'Upsal, et s'y distingua dans toutes 
les branches de la science. Il fit ensuite de nom- 
breux voyages en Angleterre, en Allemagne et 
en France, et demeura deux ans à Paris. De re- 
tour en Suède , il devint assesseur du collège royal 
de médecine en 1745, médecin de la cour en 1748 
et ordinaire du roi en 1749, président du collège en 
1749 et en 1765, enfin membre de la commission 
chargée de dresser les tables de naissance et de 
mortalité. On a de lui plusieurs mémoires inté- 
ressants sur l'histoire naturelle; par exemple : 
Sur un poisson ( le narwal )dont la corne s'était 
implantée dans la carène d'un navire, dans les 
Mémoires des curieux de la nature, t. Vill; 
— Sur la couleur des Nègres, dans les Mé- 
moires de l'Académie deSttède,17iS, réimprimé 
dans les Analecta Transalpina; — Sur le Pi- 
churim, espèce de plante du Brésil, dans les 
Mémoires de l'Académie de Suède, 1759; — 
sur le Spartium scoparia (genêt à balai), 
1765; — Oratio de memorabilibus insectis, 
traduction latine d'un discours suédois de Linné. 
Baeck a fait pour l'Académie royale des sciences 
de Stockholm, dont il était membre, les éloges 
d'Hasselquist, d'Olaùs Celsius, et de Linné. 
Enfin , il a fait précéder d'une introduction la tra- 
duction suédoise de l'ouvrage anglais du baron de 
Dinsdale, intitulé Smallpox inoculation (Ino- 
culation de la vaccine); Stockholm, 1769. — 
Linné a consacré à Baeck, avec lequel il était 
très-lié, un genre de plantes (Baeckea) de la 
famille des salicariées. 



137 



BAECK — BAEHR 



18S 



Rose, Biographical Dictionary. — Gezélius, Biogra- 
phiskf-Lexicon. 

BAECR OU BECK {Jeati-George), graveur al- 
lemand, né vers 1675 i Augsbourg, mort vers 
1726. H a gravé quelques tableaux, du Poussin, 
et des sujets d'histoire ou de paysage, d'après 
des peintres flamands. On cite de lui les portraits 
de Louis XTV et de Gustave- Adolphe , roi de 
Suède. Ses estampes étaient marquées des ini- 
tiales /. B., ou simplement d'un B. 

Dictionnaire des Monogrammes, p. 168. — BavereJ , 
Notice sur les graveurs, t. I, p. 30. 

BJECK (Joachim), théologien français, né à 
Utrecht le 10 août 1562, mort dans cette ville 
le 24 septembre 1619. On a de lui : un écrit sur 
la Conscience; en français, Bruxelles, 1610, 
in.l2; — l'Interprète ou l'avocat des vrais 
catholiques; à Bruxelles, 1610; — l'Adversaire 
des mauvais catholiques; Bois-le-Duc, 1614; 
— le Ban de tous les hérétiques, des politiques 
et des catholiques corrompus; Anvers, 1616. 

Valère André, Bibliothèque Belgique. — Moréri, Dic- 
tionnaire historique. 

* BAECK ou BECK ( TA^odoric ) , jésuite et 
mathématicien allemand, né à Ûeberlingen en 
1599,morten 1676. Il professa les mathématiques 
à Fribourg , et la théologie à Lucerne. Il fut en- 
suite pendant trente ans confesseur du cardinal 
Frédéric de Hesse , et mourut à Rome. On a de 
lui : Architectonica militaris, oppugnata ac 
de/ensiva. 

Allatius , ^pes Vrbanse. 

*B.£CKEH {Casimir) , harpiste prussien, né 
à Berlin vers 1790. H fut amené fort jeune en 
France par madame de Genlis, qui en fit son 
élève de prédilection pour la harpe. Elle lui en- 
seigna à jouer de cet instrument d'après son sys- 
tème , qui consistait à faire usage , dans l'exécu- 
tion, du petit doigt de chaque main. Vers 1808, 
M. Baecker joua dansâtes concerts, et se fit ap- 
plaudir par le brillant et la netteté de son jeu, 
ainsi que par la beauté des sons qu'il tirait de son 
instrument. H avait alors dix-huit ans , et n'était 
connu dans le monde que sous le nom de Casi- 
mir ; puis il cessa tout à coup de paraître, et 
rentra dans la vie privée. Ce n'est que dix-huit 
ans après, qu'il vint réveiller l'attention du 
public par l'annonce d'un cours de harpe d'après 
la méthode de madame de Genlis; depuis, il 
n'a pas cessé de se livrer à l'enseignement de la 
harpe. 

Félis:, Biographie universelle des Musiciens. 

* BAEHER ou BERUS (....), théologien et mé- 
decin suisse, né en 1486, mort en 1568. Il pro- 
fessa les belles-lettres à Strasbourg , y étudia la 
théologie et la médecine, et ensuite s'établit à 
Bâle. Il devint recteur en 1529 et en 1532. Son 
rectorat rendit le calme à l'université, divisée jus- 
q'ue-là par des questions religieuses. 

Bœher fut, en outre, médecin de la villede Bâle. 
On a de lui : Commentaire sur V Apocalypse 
de saint Jean. 

I^plong, Bibliothèque sacrée, in-fol. p. 6S7. — Moréri j 
le grand Dictionnaire historique. 



BAEHR {Jean), musicographe allemand, né 
en 1652 à Saint-George sur l'Ems, mort au mois 
d'août 1700. Il fut maître de chapelle du duc Au- 
guste de Saxe etdes concerts du duc Jean-Adolphe 
de Weissenfels. Ses ouvrages, qui sont presque 
tous des pamphlets, ont pour titres : Ursus mur- 
murât, etc., l'ours murmure, on preuve claire 
et évidente de l'ignorance de M. Godefroi Voc- 
kerodt, etc.; Weimar, 1697, in-8°. Baehr se dé- 
signe lui-même sous le nom d' Ursus, parce que 
Baehr signifie ours en allemand. Volckerodt 
ayant défendu son opinion dans un autre écrit 
intitulé Abus des Beaux-Arts, et notam- 
ment de la musique, Baehr l'attaqua plus vio- 
lemment encore dans une satire qu'il intitula 
le Renard est pris, l'use contre ruse, ou la 
chasse musicale aux renoû'ds; Weissenfels, 
1797,in-4°. — On a encore de lui : Ursus saltat, 
ursus triumphat ; — Bellum musicum, oder 
musikalischer Krieg; Weunar, 1701, in-4°; — 
Musikalische Discurse durch die Principia 
der Philosophie deducirt, etc.; Nuremberg, 
1719, in-8° (ouvi'age posthume). Baehr a laissé 
en manuscrit un ti'aité de composition intitulé 
Sch'ola phonologica, seu tractattis doctrinalis 
de compositione harmonica , qui fut en la pos- 
session de Matheson. Il mourut atteint d'une 
balle à la chasse au sanglier. 

V. Matiieson, Grundlage einer Ehren-Pforte, p. IS. 
— Fétis , Biographie tmiverselle des Musiciens. 

* BAEHR ( Jean-Chnstian-Félix ), célèbre 
érudit allemand, né le 13 juin 1798 à Darmstadt. 
n fit ses études à Heidelberg, où il fut nommé, 
en 1826, professeur de littérature ancienne. 
Son enseignement, basé sur un savoir profond, 
eut et continue encore d'avoir beaucoup de re- 
tentissement. D'une activité à toute épreuve, 
M. Baehr a rendu en outre les plus grands ser- 
vices , soit comme conservateur en chef de la 
bibliothèque de Heidelberg, qui s'est augmentée, 
depuis 1833, de 30,000 volumes, soit comme 
directeur du Lycée (depuis 1839), et du sémi- 
naire philologique (depuis 1845). 

Voici, dans leur oi-dre chronologique , les ou- 
vrages publiés jusque ce jour par le célèbre pro- 
fesseur de Heidelberg : une édition de VAlcibiade 
de Plutarque, avec des commentaires; Heidel- 
berg, 1822, in-8°; — Vies de Philopœmen, Fla- 
minius, Pj/nVîMS (de Plutarque); Leipzig, 1826; 
Fragments de Ctésias, recueillis et commentés, 
Leipzig, 1826; — Geschichte der Rômischen 
Literatur (Histoire de la littérature romaine); 
Carlsruhe, 1828, vol. in-8% 3^ édit., ibid., 1844- 
1845, 2 vol. in-8°. Cet ouvrage, qui est le prin- 
cipal titre de gloire de l'auteur, est le meilleur 
qu'on ait jusqu'ici publié sur cette matière. Son 
abrégé {Abriss der Rômischen Literatur-Ges- 
chichte), Heidelberg, 1833, a été traduit en 
français par Roulez (Louvain, 1838). Trois sup 
pléments se rattachent à l'Histoire de la litté 
rature romaine : 1° Die Christlichen Dichter 
und-Geschichtschreïbçr Roms (les Poètes et 



139 



BAEHR — 



historiens chrétiens de Rome) ; Carlsruhe, 1636 ; 

— 2° Bie Christlich-Romische Théologie (la 
Théologie romano-chrétienne ) ; ibid., 1837; — 
3° Geschichte der Romischen Literatur im 
karolingischen Zeitalter ; ibid., 1840. Dans son 
quatrième supplément l'auteur doit traiter de 
YHistoire de la littérature romaine depuis 
l'époque carlovingiemie jusqu'au treiz,ième 
siècle. C'est surtout dans son grand ouvrage sur 
Hérodote (Leipzig, 1832, 1835, 4 vol. in-8°) 
que l'auteur s'est distingué par une érudition 
aussi variée que solide. Parmi ses travaux moins 
connus peut-êti-e, quoique tout aussi importants, 
nous citerons encore : De literarum universi- 
tate Constantinopoli quinto sssculo condita; 
Heidelberg, 1835 ; — Die Entfûhrung der Hei- 
delberger Bibliothek nach Rom im Jahre, 
1623 (la Transportation de la bibliothèque de Hei- 
delberg à Rome en 1623); Leipzig, 1845; enfin 
un grand nombre d'articles de critique historique 
et archéologique dans Jahn, Jahrbûcher fur 
Philologie; dans Pauly, Real-Encyclopàdie ; 
dans Ersch et Gruber, Allgemeine Encydopà- 
die (depuis la lettre C), etc. M. Baehr est con- 
seiller aulique intime du grand-duc de Bade , et 
chevalier de l'ordre du Lion de Zahringen. De- 
puis la mort de Muncke, 1847, il fut chargé de 
la rédaction en chef des Annales de Heidelberg. 

Conver salions- Lexicon. 

* BAEHRENS (J.-E.-F.), agronome allemand, 
né en 1760, mort en 1830. Le premier il sentit 
l'importance des engrais artificiels, pour ajouter 
à l'action des engrais naturels. Il exposa ses prin- 
cipes à cet ég^rd dans un ouvrage intitulé 
System der naturlichen und kiinstiiclien 
Dûngemittel fur praktische Landwïrthe, mît 
Hinsicht aufenglische Landwirtkschaft (Sys- 
tème des engrais naturels et artificiels pour les 
cultivateurs praticiens , avec des vues sur l'agri- 
culture anglaise) ; k 3' édition parut en 1820 à 
Dortmund , vol. in-8*. Des comnnissions nom- 
mées par les gouvernements de la Saxe, de la 
Westphalie et de plusieurs auti-es pays, pour 
examiner cet ouvrage, reconnurent l'exactitude 
des principes qu'il contient, et le soin qu'avait 
pris l'auteur de les appuyer sur la pratique. On 
a encore de Baehrens : Vnterricht ûber die 
Cultur der Angorischen Kaninchen ( Instruc- 
tions sur la culture des lapins d'Angora ) , bro- 
chure in-S" ; Dortmund , 179B ; — Veber dos 
Westphœlische Grobbrodgenannt Pumpernic- 
lùel ( sur le gros pain de Westphalie connu sous 
le nom de Pumpernïckel) , brochure in-8";. 
Dortmund , 1798 ; — Beitrscge zur Pastoral- 
medicln (additions à la médecine rurale) , bro- 
chure in-8°; Halle, 1785. E. Jaquemik. 

bâelholz ( Daniel ), poète allemand, natif 
d'Elbingen , mort en 1688. Il devint membre du 
conseil de sa ville, et laissa : un recueil de Son- 
nets intitulé ffylas, au nombre de cent, sous le 
pseudonyme de Balthis ; Lubeck , 1674 , in-12 ; 

— Der Denkwurdige Weinmonath ( le Mémo- 



BAENA 140 

rable mois des vendanges ), sous le pseudonyme 
de C har y des ;B.Simhomg, 1678, in-8°. 

Neunneister, De poetis Germanis. — Adelung, Siipplc- 
ment à Jôcher, Allgemeines G elehrten- Lexicon. 

BAELi ( François) , poète et archéologue ita- 
lien, né à Milazzo en Sicile le 15 décembre 
1639, mort vers 1710. Il séjourna sept ans à 
Paris , où il étudia les mathématiques ; puis il 
demeura le même espace de temps à Madrid , 
et visita enfin presque tous les pays de l'Europe. 
De retour en Sicile, il publia : lo Statista ris- 
tretto ; Venise, 1676, in-12; — la PolUsena, 
comédie en vers; Venise, 1676 , in-12; — la 
Corona, ovvero il gioco degli Asili., nuova 
invenzione ; Venise, 1677, in-12; — il Sici- 
liano veridico , ovvero risposta e vera dimos- 
trazione del présente e sussequenle stato 
delta città di iV/essina ; Francfort, 1676, in-12. 

Mongitore, Bibtiotheca Sicula. 

* BAEivG ( Christian-Etienne ) , géogi-aphc 
danois ou norwégien , vivait dans la seconde 
moitié du dix-septième siècle. On a de lui : 
Descriptio urbis Christianise in Norwegia; 
Christiania, 1651 , in-4°. 

Sibbern, Bibl. Dan., p. 141. — JAdclung , S-upplcment à 
Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BAENG OU BAENGics (Pierre), écrivain 
ecclésiastique suédois, mort en 1696. On ignore 
la date de sa naissance. Il devint évêquc de 
^Yy bourg. On a de lui : Commentaire sur 
l'Épitre de Saint-Paul aux Hébreux; — 
Chronologie sacrée; — Vie de saint Anschaire 
— Histoire ecclésiastiq^ie de Suède. 

Chaudon et Delandine, Dictionnaii-e historique. 

* BAEJVA ( Alfonse de ). Voy. Alphonse de 
Baena. 

* BAENA ( Antonio - Ladislau - Monteiro ) , 
historien géographe portugais, né en Portugal 
vers la fin du siècle dernier, mort vers 1851. Il 
se destina de bonne heure à la carrière du génie 
militaire , et servit dans l'artillerie. Fixé d'abord 
à Rio-de-Janeiro , il fut revêtu de titre de moço 
fidalgo du palais impérial. Il alla ensuite au 
Para, dont il étudia la topographie, et prit part à 
quelques expéditions militaires qui eurent iiei 
durant les derniers troubles. Établi dans ce pays 
avec sa famille , il y demeura jusqu'à la fin do 
sa carrière. Quelques années avant sa moit il 
avait pris sa retraite, et conservait un titi-e équi- 
valant à celui de colonel. Les travaux entrepris 
par Monteiro Baena , sur la vaste contrée con- 
nue jadis sous la dénomination d'Amazone , ont 
aujourd'hui pour la France un double intérêt : 
ils doivent être recherchés des savants et des 
hommes d'État, puisqu'ils décrivent de vastes 
régions qui confinent avec nos possessions de la 
Guyane. Baena a donné , il y a une douzaine 
d'années, deux ouvrages malheureusement trop 
peu connus en France ; le premier est intitulé 
Compendio das eras do Para; Para, 1838, 
in-8° : c'est un abrégé historique dans lequel 
Barredo a été mis fortement à contribution, et 



141 



BAENA — BAERENSPRUNG 



142 



qui s'arrête aux événements de 1823. Le second 
est un traité spécialement consacré à la géogra- 
phie et à la statistique, qui porte le titre suivant : 
Ensaio corografico sobre a provincia do Para; 
Para, 1839, in-8''. Malgré quelques erreurs de 
détail, c'est surtout ce dernier travail qui est 
digne de l'intérêt des savants, et qui peut recti- 
fier les erreurs grossières qu'on trouve dans 
nos cartes ; il est le résultat d'explorations suc- 
cessives qu'on ne peut attendre que d'un géo- 
graphe fixé sur les lieux , et ayant acquis dëjà 
des connaissances étendues sur la topographie 
de l'intérieur. La Corografia Paraense ayant 
soulevé une polémique acerbe dans la revue 
trimestrielle publiée par l'Institut historique de 
Rio-de-Janeiro, Baena y a répondu par une bro- 
chure rarissime en France, qui porte le titre 
suivant : Discurso dirigido ao instituto his- 
torico e geografico do Brasil, pelo seu socio 
corrcspondenteA.-L.-M. Baena, etc.; Maranhâo, 
1844, in-8°. Dans ce travail, qui est presque un 
livre , le géographe se défend contre les critiques 
de M. Jozé-Joaquim Machado de Oliveira , an- 
cien président de la province du Para. Nous 
tenons de bonne source que M. Baena possède 
en manuscrit im second volume faisant suite à 
son Compendio das eras. Il est vivement à dési- 
rer que sa famille se décide à publier ce livre , 
rempli , dit-on , de documents du plus haut in- 
térêt. Ferdinand Denis. 

*BAE]VS ( Robert ), théologien anglais, vivait 
dans la seconde moitié du seizième siècle. On 
a de lui : De vita , fide et morte Jo. Calvini. 

Jôcher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 
* BAER {Charles-Ernest de ) , naturaliste et 
médecin russe , naquit, le 17 février 1792, en 
Esthonie. Il étudia à Dorpat. En 1817, il devint 
prosecteur à Koenigsberg , et, deux ans après, 
professeur ordinaire, et remplaça Burdach dans 
la direction du cabinet anatomique agrandi. En 
1834, il fut nommé bibliothécaire de l'Académie 
de Saint-Pétersbourg. On a de lui : un ouvrage 
sur l'Anthropologie, 1*'' volume, à Kœnigsberg, 
1824 (ouvrage inachevé) ; — Vebcr dieEntwick- 
lungsgeschichte der Thiere (Histoire du dé- 
veloppement des animaux); Koenigsberg r le 
1" vol. parut en 1828 ; le 2® ( incomplet), en 1837 ; 
— Epistola de ovi mammalium et homi- 
nis genesi; Leipzig, 1827, in-4°; — Unter- 
suchungen ueber die Entvncklungsgeschichte 
der Fische ( Recherches sur l'histoire du 
développement des poissons); Leipzig, 1835, 
in-8°. En 1837, Baer fit un voyage en Laponie 
et dans la Nouvelle-Zemble , dont il a publié la 
relation dans le Bulletin scientifiqtie de l'A- 
cadémie de Saint-Pétersbourg, vol. 2 et 3. Il 
a aussi fait insérer dans ce même Bulletin : 
Entwickelungsgeschichte der ungeschwaen- 
tzten Batrachier ( Histoire du développement 
des batraciens sans queue); 1835. — Les tra- 
vaux de Baer portent le caractère d'une exac- 
titude scrupuleuse. Jaqiiemin. 



^x^Vi {Frédéric-Charles) , VLïéxAo^ea pro- 
testant, né à Strasbourg le 15 décembre 1719, 
mort dans la même ville le 23 avril 1797, associé 
correspondant de l'Académie des sciences, et 
professeur de théologie à l'université de Stras- 
bourg, n a publié un grand nombre d'ouvrages, 
dont les principaux sont : Oraison funèbre du 
maréchal de Saa;e, prononcée en 1751; — Essai 
sur les apparitions , traduit de l'allemand de 
Meyer, dans Lenglet-Dufcesnoy , Recueil de 
dissertations , t. U, p. 277 ; — Mémoire sur la 
plantation et la culture des orties , tiré du 
recueil de l'Académie de Stockholm , et publié 
dans le& Nouvelles Ephémérides économiques, 
1776 ; — Lettre sur l'origine de l'imprimerie, 
servant de réponse àux Observations de Fournier 
jeune sur l'ouvrage de Schœpflin; Strasbourg, 
1761, in-8''; — Essai historique et critique sur 
les Atlantiques ; Paris, 1762; — Recherches 
sur les maladies épizootiques , traduction du 
suédois; Paris, 1776, in-8°; — Dissertation 
philosophique et critique sur le vœu de 
Jephté ; Strasbourg et Paris , 1765, in-S" ; — 
Oraison funèbre de Louis XV, prononcée à 
Paris, 1774, in-4''; — Recueil de Cantiques, 
en allemand ; Strasbourg, 1777,in-8''; — Sermon 
sur les devoirs des sujets envers leur souve- 
rain, traduction de l'allemand en français; Ge- 
nève et Paris, 1775, in-4°. 
Quérard, la France littéraire. 

*BAER (A'icote), poète allemand, né le 11 
juillet 1639, mort le 12 août 1714. Il composa 
des poèmes latins qui ne sont point dépourvus 
de mérite. II improvisait même avec facilité. H a 
laissé : Ornithophonia ; — Phalainodia; — 
Crocodilophonia ; — Regillicinium ; — Arcto- 
phonia; — une traduction des églogues de Virgile. 
Jôcher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BAEREBISTE, roi des Daces, contemporain 
de César et d'Auguste. Il rejeta les Sarmates au 
delà du Borysthène ( Dnieper), défit les Boïens, 
se rendit tributaires la Thrace, la Macédoine 
et une partie de la Pannonie, et allait soumettre 
rillyrie , lorsqu'il fut assassiné par quelques re- 
belles, peut-être envoyés par Auguste. 

Biographie Universelle. 

*BAEREivspRUiVG { SigisMond ) , théolo- 
gien allemand, mort en 1738. Il appartenait à la 
religion réformée, et se trouva engagé avec Ilti- 
gen, Titio et Lœschem dans des controverses 
violentes qui lui firent perdre son emploi. On a 
de lui, entre autres ouvrages : Vorstellung, was 
von den weltûblichen Zechen und Tanzen zîi 
halfen { Ce qu'il faut penser des danses et des 
banquets mondains); Leipzig, 1700, in-4"; — 
Collatio cum Th. Iltigio de confessione pri- 
vata; Halle, 1704, in-4°; — Unterschied der 
Evangelischen und Socinischen Lehre { De la 
différence qu'il y a entre le socinianisme et la 
doctrine évangélique); Francfort, 1717, in-S"; 
Leipzig, 1721, in-8°; — GrosseGewalt des Teu- 
fels an zwey merkwilrdigen Exempeln; Ber- 



i43 



BAERENSPRUKG — BAERT 



144 



lin; 1719, in-8** (la grande Puissance du diable 
prouvée par deux remarquables exemples ) ; — 
Bie Wiederherstellung aller Dinge in ihren 
ersten guten Zustand der Schoepfung ( Réta- 
blissement de toutes choses dans l'état primitif 
et parfait de la création) ; Francfort, 1739, in-8°; 
œuvre posthume. 

Adelung, Suppl. à Jôcheri Allgem. Gelehrten-Lexicon. 

BAERLG {Gaspard Van), plus connu sous 
le nom latin de Barl^us , poète , théologien et 
médecin , naquit le 12 février 1584 à Anvers, 
et mourut à Amsterdam le 14 janvier 1648. 
Il étudia d'abord- la théologie à Leyde, puis il 
se livra à l'étude de la médecine, et devint 
en 1635 professeur de philosophie et d'élo- 
quence à l'université d'Amsterdam. On a de lui : 
Orationes, 1632, in-fol.; -r- Antiputeaniis ; 
1633, in-4°; — Medicea hospes , etc.; Amst., 
1638, in-foh ; — 3Iarie de Médicis entrant 
■dans Amsterdam, trad. du latin; ibid., 1638, 
in-fol. ; — Brisacum capta ( en vers latins ) ; 
ibid., 1639, in-fol. ; — Poemata; Amst., 1645, 
in-12, 2 vol. ; — Epistolse ; Amst., 1667, in-8°, 
2 vol. ; — Lettres de J. de Vicquefort, avec 
les réponses de Barlée ( en latin et en fran- 
çais); Amst., 1696, in-12; et Utrecht ( en fran- 
çais ), 1712 , in-12; — Rerum in Brasilia ges- 
tarum ffii^ona; Amsterdam , 1647, in-fol.; 
Clèves, 1660, in-8°; — Ens rationis , dans Ad- 
miranda rerum Encomia; 1677, in-12; — 
Faces Augustx (envers latins), de concert avec 
Cornélius Boyust, 1643, in-8°; 1656, in-4°. 

Son frère , Lambert Van Baerle, a laissé un 
commentaire sur le Timon de Lucien et la Théo- 
gonie d'Hésiode. 

Corvinus, Oraison funèbre de J. Baerle. 

BAERLE ( Melchior Van) , oncle du précé- 
dent, littérateur hollandais, natif d'Anvers, vivait 
dans la seconde moitié du seizième siècle. Il pé- 
rit en tombant dans un puits. On a de lui : 
Brabantia Dos, libri V, carminé heroîco, et 
Antverpise Encomium, 1562, in-8°; — De 
Dits gentium libri elegic.;MA., 1562, in-8° ; — 
Bucolica, et Raptus Ganymedis ; \hid., 1572, 
et dans les Deliciae Poetarum Belg., t. P'", 
p. 212-229; — 07^atio de vitae humanœ felici- 
tate , avec un poëme De rerum humayiarum 
Vicissiiîidine, ad Caspanim Bartseum fra- 
trem; ibid, ( Flantin ) ; 1566 , in-8° ; — De Mi- 
seras vitas humanse, 1566. 

Coupé, Soirées littéraires, t. 13, p. 270-2S0. — Hoevfft, 
Parnassus latino-betgicus, p. 47-48. — Foppens, Biblio- 
thecaBelg. — Sax, Onomasticon. 

BAERMANN {George- Frédéric), grammairien 
et mathématicien allemand , né à Wittemberg 
vers le commencement du dix-huitième siècle , 
mort le 10 février 1769. Il étudia à Marbourg 
sous le célèbre Wolf, et devint professeur de 
mathématiques à Wittemberg. On a de lui : une 
édition des Éléments d'Euclide, sous le titre de 
Elementorum Euclidis libri XV, ad grssci 
contextus fidem recensiti; Leipzig, 1740,in-8°; 
— le Maître 4' éloquence, traduit du grec de 



Lucien, en allemand; Leipzig, 1743, in-8"; — 
diverses thèses publiées dans les Aeta Erudito- 
rum; — Courte Introdtiction à la grammaire 
allemande { ouvrage posthume ); Leipzig, 
1776, in-8°. 

Adelung, Suppl. à Jôcher, Allgem. Gelehrten-Lexicon. 

*BAERMA]VN {Henri), célèbre clarinettiste 
allemand, néàPotsdam le 14 février 1784, mort 
vers 1840. On a de lui : Œuvres 24, 27 et 28; 
Leipzig (Breitkopf et Haertel); — des airs va- 
riés avec orchestre, œuvres 12, 20, 21 et 29; 
Bonn et Paris; — des fantaisies et des sonates 
avec orchestre, œuvres 26 et 31 ; — Des quin- 
tettis pour clarinette , deux violons , alto et vio- 
loncelle, œuvres 19, 22 et 23 ; Leipzig; — des 
quatuors pour clarinette , violon , alto et basse , 
œuvres 18 et 25 ; Leipzig. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

* BAER31ANN ( Charles ) , frère du précédent, 
premier bassoniste de la chapelle du roi de 
Prusse. On a de lui : un travail sur la Nature 
et les Propriétés du basson , sur son usage 
comme instrument de solo et d'orchestre, qui 
a paru dans la Gazette musicale de Leipzig 
( ann. 22% col. 601). 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

BAERSDORP ( Corneille Van ), médecin hol- 
landais, né à Baersdorp, village de la Zélande, 
vers le commencement du seizième siècle; mort 
à Bruges le 24 novembre 1565. Il devint pre- 
mier médecin, conseiller et chambellan de 
Charles-Quint. On a de lui : De Arthritidis prx- 
se7-vaifiowee^,CMra^<one;Francofurti, l592,in-8°; 
— Methodus universse artis medicx , for- 
mulis expressaex Galeni traditionibus , qua 
scopi omnes curantibus necessarii demons- 
Irantur, in quinque partes dissecta ; Bruges , 
1538, in-fol. 

Biographie médicale. 

*BAERSius ou BEKEîSSTiL {Henri), im- 
primeur et mathématicien de Louvain , au sei- 
zième siècle. On a de lui : Tabulx perpétuée 
longitudinum ac latitudinum planetartcm; 
1528; — De compositione et usu decretorii 
planetarum, 1530; — De compositione et usu 
quadrantis , 1535. 

Valère André, Biblioth. belg. — Morcri, Dict. histo- 
rique. 

BAERT {Alexandre-Balthasar-François de 
Paule, baron de) , géographe, né à Dunkerque 
vers 1750, mort à Paris le 23 mars 1825. H 
voyagea en Russie , en Angleterre et en Espagne. 
Envoyé en 1791 à l'Assemblée législative, il s'ef- 
força vainement de sauver Louis XVI. Après 
le 10 août 1792 , il se rendit aux États-Unis, qu'il 
parcourut en observateur, et revint en France 
après le 9 thermidor. De 1815 à 1816 , il siégea 
à la chambre des députés. On a de lui : Mémoi- 
res historiques et géographiques sur les pays 
situés entre la mer Noire et la mer Caspienne; 
Paris, 1799, 1 vol. in-4° publié sous le voile de 
I l'anonyme; on y trouve l'Extrait d'un voyage 



145 



BAERT — BAFFI 



146 



entrepris en 1784 dans la partie de la- Russie 
qu'avoisine la mer Caspienne; — Tableau de 
la Grande-Bretagne, de l'Irlande et des pos- 
sessions anglaises dans les quatre parties du 
monde, 4 vol. iii-8° avec fig. et cartes; Paris, 
1800, ouvrage souvent' consulté par Napoléon. 
On lui attribue aussi un ouvrage anonyme, le 
Consommateur, in-8° ; Paris, 1802. 

Quérard, la France littéraire. 

BAERT ou BAERTius (François) , jésuite 
flamand, né en 1651 à Ypres , mort le 27 octobre 
1719. n visita les bibliothèques d'Allemagne, 
particulièrement celles de Prague et de Vienne , 
pour y puiser des documents utiles à l'histoire 
ecclésiastique. Il aida le P. Papebroch à la tra- 
duction des Acta Sanctorum ( mois de mai et 
de juin, 15 vol. in-fol. ), et a publié un Commen- 
taire plein d'érudition sur la vie de saint Ba- 
sile le Grand. 

Guill. Cnypers ( CwpenMS ), l'éloge de Baert dans le 
lorae II de juillet (v^ci. Sanct.). 

BAERT (Philippe ), généalogiste belge , vivait 
dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. Il 
était bibliothécaire du marquis de Chastelar. On a 
de lui : Supplément au nobiliaire des Patjs-Bas 
et de Bourgogne; 2^ édit., Louvain, 1772, in-12 ; 
— le vrai supplément aux deux volumes de 
ce nobiliaire ;ià., 1774, in-12; nouvelle édition 
publiée par le major de Holleber ; — Bssai his- 
torique et critique sur une ancienne ville et 
forteresse saxonne nommée Sigisburg, située 
dans le comté de la Marck , laquelle fut dé- 
truite au treizième siècle ; 1803, in-8°; — De 
comitibus Bruxellensihus (en manuscrit). 

Quérard, la France littéraire. 

* BAERTMNG (Pierre-Conrad) , théologien 
allemand, né le 24 novembre 1680, mort en 1734. 
Ses études feites, il voyagea en Allemagne, en Hol- 
lande , et' se fit remarquer par ses connaissances 
théologiques. Il laissa : Zeit und Eivigkeit, oder 
die gfgenwsertige und zukûnftige Welt, in al- 
lerhand zit/oslUgen moralischen Andachten, 
nach Anleitung einiger Schriftsteller (le 
Temps et l'Éternité, ou le Monde présent et à ve- 
nir, considéré sous plusieurs aspects et d'après 
différents auteurs); Brunswick, 1735, in-4°, 
œuvre posthume. 

Adelung, Suppl. à Jocher, Allgem. Ceiehrten-Lexicon. 

*BAERWALD ( Frédéric-Hcnri). Il a paru 
en 1833, sous ce nom, une brochure de quatre 
feuilles, qui a pour titre : les plus Nouvelles 
inventions et les derniers perfectionnements 
des instruments de musique, etc.; Quedlin- 
bourg et Leîpsick, God. Basse , 1833 , in-8°, avec 
3 planches contenant 77 figures. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

BJETON (BatTwv), géomètre grec, attaché au 
service d'Alexandre le Grand vers 334 av. J.-C. 
II était chargé de mesurer les distances des mar- 
ches de l'armée macédonienne en Asie. De son 
ouvrage intitulé 2T:a6[jLol x^; 'AXe?àvSpou Ttopstaç 
(les Stations de la marche d'Alexandre), il ne 
reste que des fragments. 



Athénée, X, p. 422. — Pline, #. N., VI, 17, § 21, 19, 
§ 22. — Solin, 55. — Mùller, Fragmenta Histor. grœcor, 
dans la Bibliothèque gréco-latine de M. A. Firmin Didot. 

* BAEX ( Joachim ) , écrivain ecclésiastique , 
né en 1562 à Utrecht, mort en 1619. Il était 
prêtre d'un des États des Provinces-Unies. On a 
de lui un certain nombre d'ouvrages de polémi- 
que dirigés contre les protestants. Ils sont écrits 
en hollandais. 

Valère André , Biblioth. belge. 

*BAEZA (Balthazar), théologien espagnol, 
originaire du Portugal, mort en 1638. Il devint 
prédicateur du roi d'Espagne. On a de lui : Com- 
mentaria in canticum Mosis ; in canticum 
Ezechiée; in canticum Jesaiee; in epistolam 
Jacobi apostoli. 

Nie. Antonio, Biblioth. hispana nova.{ 
BAEZA (Diego de), théologien et prédicateur 
espagnol , né en 1582 à Ponferrada dans la Ga- 
lice, mort à Valladolid en 1647. Il entra dans 
l'ordre de Saint-Ignace, et se fit de bonne heure 
connaître comme prédicateur. On a de lui : Com- 
mentarii morales in Historiam evangelicam; 
Paris et Lyon , 11 vol. in-fol., et un recueil de 
sermons, in-4°. 

Ribadeneira , Biblioth, Soc. Jesu. 

* BAEZA (Gaspard de), jurisconsulte et tra- 
ducteur espagnol, vivait dans la première moitié 
du seizième siècle. On a de lui une traduction en 
espagnol de Paul Jove , et divers ouvrages de 
droit. 

Mariana, Hist. kisp. — Nicolas Antonio, Biblioth. his- 
pana nova. — Moréri , Dictionnaire historique. 

* BAFARVLL. (Thomas), théologien espa- 
gnol, de l'ordre de Saint-Dominique , vivait dans 
la seconde moitié du dix-septième siècle. On a 
de lui : Nuovas Indias del Rosario. 

Nie. Antonio, Biblioth. hispana nova. — Échard, Scrip- 
tor. ordinis Prxdicat. 

BAFFA ou BAFFI (Françoise) , femme poète, 
vivait à Venise vers 1545. Ses vers, comme ceux 
de la plupart des poètes italiens, sont épars 
dans différents recueils. Elle a composé un grand 
nombre de sonnets, dont la meilleure partie parut 
dans Giolito, Madrigali del cav. Luigi Cas- 
sola; Venise, 1554, in-8'', et dans Domenichi 
Rime diverse; 1549. 

Mazznchelli, Scrittori d'italia, 

BAFFA OU BAFFI (Nicolas) , helléniste na- 
politain, vivait au dix-huitième siècle. Quand 
les Français entrèrent dans Naples , il prit part 
à la révolte générale que leur vue excita. Après 
la rentrée du roi dans sa capitale , Baffi fut 
condamné à mort. 
Chaudon, Dictionaire historique, 

* BAFFI (Barthélémy), théologien italien, 
mort à Milan entre 1577 et 1580. A l'âge de 
trente-trois ans, il prit l'habit de capucin, 
devint professeur à Pavie, et assista au concile 
de Trente. On de lui : Orat. de Religione , 
ejusque Prsefecto diligendo; Bologne, 1559, 
in-4° ; — De Nobilitate urbis Mediolani ; Bo- 
logne, 1562, in-4°; — De admirabili Dei Pro- 
videntia 'erga Romanum populum; Milan, 



147 



BAFFI — BAFOR 



148 



1562, ia-4°; — Orot. ad PP. concilii Trid. 
habita ;BTesdSi, 1563, in-4''; et dans Concil. 
de Labbe, 14« part. — De Felicitate urbis Flo- 
rentin; Bologne, 1565, in-4° ; — Orat. ad po- 
pulum Romanum in comitiis generalibus ha- 
bita; MUan, 1565, ^-4°; — Orat. de admira- 
bili Charitate divina; ibid., 1569, in-4°; — 
Orationum variarum, vol. //Brescia, 1570; 
— Orat. de S. S. Theologise prxstantia ; Pa- 
vie, in-4°. 
" Mazzuchelli , Scrittori d'Italia. 

* BAFFI (Jean-Baptiste), médecin et poëte 
italien, natif de Pérouse, mort en 1596. H fut 
premier professeur de médecine dans sa ville 
natale, et devint membre de l'Académie des In- 
sensati. On a de lui : Oratio de rei medicœ 
Majestate, discours prononcé à l'Académie dont 
il était membre; Pérouse, 1593, in-4°; — Ora- 
tio de hominis Praestantia, autre discours dans 
la même assemblée; Pérouse, 1593, in-4°; — 
des Poésies, dans le recueil de L. Sancedo, Ve- 
nise 1614, in-12. — Libellus de non usu as- 
trologiee in medicina ; — de Sustentanda va- 
letudine adversus podagram; — de Aquis et 
deMorbisoculorum;— deFebribus. Ces der- 
niers ouvrages furent écrits vers l'époque de la 
mort de l'auteur. 

Biographie médicale. — Jôcher, Allgemeines Gelehr- 
ten-Lexicon. — Oldoln, Atherneum Ligusticum. 

BAFFiN ( William ) , célèbre pilote anglais, né 
vers 1584; tué au mois de mai 1622, au siège 
d'Ormus. Il accompagna, dans leurs navigations , 
Hudson, Thomas Button, les capitaines Gibbins, 
James Hall , et Robert Biletb. On trouve dans 
Purchas, Pilgrimages , t. IH, liv. 4, le journal 
de la campagne que Baffin fit en 1612 avec James 
Hall. En 1615 et 1616, il fit ses dernières expédi- 
tions au pôle arctique pour trouver un passage qui 
devait conduire par le nord de l'Amérique dans 
la mer de la Chine. Ses cartes ont été perdues. On 
a supposé que les terres qu'il avait vues étaient 
jointes à la côte occidentale du Groenland , et 
forn^aient cette vaste baie qui dans toutes les map- 
pemondes porte le nom de baie de Baffin. Ce 
pilote a le premier observé la plus grande dé- 
clinaison de l'aiguille aimantée ( 56° du nord au 
sud). On a de lui quelques déterminations de 
longitude par la culmination de la lune, et une 
lettre adressée à John Wostenhobne , dans la- 
quelle il dit positivement « qu'il n'y a pas de 
passage au nord du détroit de Davis , ni espoir 
d'en trouver. » Baffin périt pendant le siège 
d'Ormus, ville du golfe Persique, qui fut prise 
par les Anglais le 23 mai 1622. 
Penny Cyclopsedia. 

BAFFO, surnommée SafiU (laPnre), sultane 
favorite d'Amurath m, native de Venise, vivait 
dans la seconde moitié du seizième siècle. La vie 
de cette chrétienne, devenue toute-puissante en 
Orient , offre des particularités qui ne sont pas 
dénuées d'intérêt. Prise par des corsaires sur 
un vaisseau vénitien qui la transportait à Corfou 



avec Baffo son père, elle fut donnée à Amurath HI, 
qui conçut pour elle une passion que justifiait au 
reste la beauté et, selon toute apparence, le ca- 
ractère de la jeune Vénitienne. Si plus tard elle 
eut des rivales, elle conserva toujours sur le 
cœur et l'esprit du sultan une influence évidente. 
Ses ennemis ( et elle en eut un grand nombre ) 
l'accusèrent de recourir à des moyens surnaturel!? 
povu-captiverainsi Amurath; et ce monarque, qui 
ne brillait guère par la force du caractère, fit 
donner la question aux femmes qui servaient 
Baffo, pour avoir le secret de son empire sur lui. 
Cette sauvageprocéduren'aboutit pas -. les femmes 
de la sultane ne révélèrent rien , parce qu'elles 
ne savaient rien; et Amurath lui-même, ayant re- 
connu le ridicule de son accusation, rendit à Baffo 
toute sa tendresse. Cependant elle ne devint pas 
irapératiice , et redemanda en vain à Amurath sa 
liberté. A la mort d'Amurath , Baffo gouverna de 
même son fils Mahomet DI; mais. en 1603, sous 
Achmetni, elle fiit reléguée dans le vieux sérail, 
et l'on n'entendit plus dès lors parler d'elle. 

V. R. 
Dictionnaire des Femmes célèbres. — Chaudoo et Dc- 
landine , Nouveau Dictionnaire Mstorique. 

BAFFO (George), poète vénitien, mort en 1768. 
Doué par la nature d'un génie gracieux et facile, 
il n'a su obtenir que la triste gloire d'être le ri- 
meur le plus licencieux Je son temps. Ses poésies, 
écrites en langage vénitien , ont été publiées à 
Venise sous le titre de Cosmopoli, 4 vol. in-8°, 
1787. Ses compatriotes vantent l'originalité Je 
ses pensées, relevées par un style élégant et 
naïf; la naïveté, du reste, est à peine un mérite 
chez un poète qui écrivait dans le dialecte de 
Venise, si caressant, si doux, si enfantin. Une 
singularité bien digne de remarque, c'est que 
Baffo était aussi réservé dans la conversation 
que libre dans ses vers, et que jamais un mot 
inconvenant ne trahissait, dans ses discours, le 
poète licencieux. 

La sultane favorite d'Amurath HI (Vot/. l'ar- 
ticle précédent ) était de la famille de ce poète. 

Tipaldo, Biografla degli Jtaliani illustri. 

BAFFUS, BAFFO OU BAFFI [Luculliis), mé- 
decin, philosophe et poète italien, natif de Pé- 
rouse, mort le 16 mars 1634. Il professa la mé- 
decine à Pérouse, et fut membre de l'Académie 
des Insensati. Il ne laissa que des poésies. On 
a de lui : De antiquitate Perugise, poème ; — la 
Fama nel nascimiento del grau principe di 
Toscana; Venise, 1590, in-4°. 

Son fils, mort le 25 juin 1644, publia on re- 
marquable discours sur les antiquités de Pérouse, 
et un autre à la louange de la même ville. Il fit le 
panégyrique du roi de France Louis XIH. On a 
en outre de lui : il Coro délie Muse; Pérouse. 

Oidoin , Athenxum Ligusticum. — Biographie médi- 
cale. 

* BAFOR (Balthasar de), conseiller d'Étal 
allemand, né vers le milieu du seizième siècle, 
mort à Varsovie en 1620. Il était dans la confi-i 
dence des empereurs Rodolphe, Mathias etFer-t 



149 



BAFOR — 



dinand, qui n'entreprenaient rien d'important 
sans le consulter. Bafor était un catholique zélé ; 
il s'engagea dans les guerres religieuses qui , de 
la Bohême , gagnèrent tout l'empire autrichien. 
n fut envoyé comme chargé d'afYaires près de 
Sigismond ni en Pologne, où il mourut. 

Starovolscius, Monumenta Sarmatorum ; Cracov., 1655, 
în-foiio. 

*BAGJ3nrs (Bayaïoç), seigneur "^perse, vivait 
vers la seconde moitié du sixième siècle avant 
J.-C. Tl fut chargé par Darius Hystaspe de faire 
exécuter Oroes , le satrape rebelle de la province 
de Lydie. Arrivé à Sardes, Bagœus sonda d'a- 
bord les dispositions des gardes du satrape; et 
lorsqu'il eut acquis la conviction que l'ordre de 
Darius serait obéi, il le fit connaître et exécuter 
sans résistance. 

Hérodote, III, 128. — Smith, Dictionary of Greék and 
Roman biography. 

* BAGiBCS ( Bayaîoç ) , général perse , vivait 
dans la première moitié du quatrième siècle 
avant J.-C. II était frère du satrape Pharna- 
baze , et commanda, au rapport de Xénophon , 
un corps de cavalerie qui vainquit Agésilas, 
dans le voisinage de Dascylium, lors de l'inva- 
sion de ce Lacédémonien en Asie , en l'an 396 
avant J.-C. 

Plutarque, Agésilas. — Xénophon, Hell., III, 4, § 13. 

BAGARD {César), sculpteur lorrain, sur- 
nommé le grand César, né à Nancy en 1639, 
mort en 1709. n vint avec Jaquin, son maître, à 
Paris, et y exécuta , entre autres sculptures , la 
Force et la Vertu, figures allégoriques destinées 
à décorer l'arc-de-triomphe érigé, en 1659, à 
l'occasion du mariage de Louis XIV. Revenu à 
Nancy, Bagard produisit de nouvelles et nom- 
breuses œuvres : un buste de Louis XTV, pour 
la porte de Nancy , construite en 1 67 3 ; — le Tom- 
beau de Jean Rousselot , représentant Jésus- 
Christ à table avec les disciples d'Emmatis ; — 
deux Génies ailés , pour le tombeau de Bassom- 
pierre , aux Minimes de Nancy ; — les statues 
de saint Jean de la Croix et de sainte Thérèse, 
pour les Carmes de la même ville ; — un devant 
d'autel sculpté en bois, et représentant la Nati- 
vité, pour la même église, et une Vierge (en mar- 
bre) soutenue par des anges, pour Notre-Dame 
du Mont-Carmel; — un Christ, pour l'église Saint- 
Sébastien de Nancy ; — une Vierge, pour le cou- 
vent des religieuses de Sainte-Elisabeth de 
Nancy ; — quatre statues colossales, pour le no- 
viciat des jésuites de Nancy ; — Saint Pierre et 
saint Paul, en pied; — Hercule enfant; — 
une Sainte Famille ; — une Vierge en bois de 
Sainte-Lucie ; — un Saint Pierre, pour les Cor- 
deliers de Nancy ; — un Ecce-Homo, grandeur 
naturelle, pour une chapelle dans le voisinage 
de Nancy ; — plusieurs ouvrages qui décoraient, 
avant la révolution qui les détruisit, la Char- 
treuse de Bosserville. 

BAGARD (Toussaint), fils du précédent, 
mort à Nancy en 1712 , suivit honorablement les 



BAGARRIS 150 

traces de son père, et, comme lui, se distingua 
dans la sculpture. 

Nagler, Neues Mlgemeines Kûnstler-Lexicon. 

*BAGARU (dom Henn), savant bénédictin 
de la congrégation de Saint- Van , natif de Nancy, 
mort à l'abbaye de Longeville le 26 mars 1709. 
On a de lui : Histoire abrégée de la Lorraine; 
— Traité des Alliances de la maison d'Autri- 
che et des Alliances de la maison de Lor^ 
raine, ouvrages inédits. 

Calraet , Bibliothèque de Lorraine. 

*BAGABOTTO OU BAGARATO, jurisconsulte 

italien , vivait à Bologne au commencement du 
treizième siècle, et mourut vers 1242. Il était con- 
sul de Bologne, et sut se faire distinguer aussi bien 
par sa bonne administration que par les travaux 
qu'il a laissés. On a de lui : Traité sur le re- 
proche des témoins; — Traité sur les délais et 
les déclinatoires. — Ces traités ont été réunis à 
son Tractatus universalis juris , 1584. 

Buinatdi, Bibliotheca Bononiensis. 

BAGARRIS {Pierre- Antoine Rascas, sieur 
DE ) , gentilhomme provençal , vivait au commen- 
cement du dix-septième siècle. Il était amateur 
d'antiquités et possesseur de médailles et de 
pierres gravées, et fut choisi par Henri IV pour 
exécuter le projet d'établir le cabinet de médailles 
que ses prédécesseurs avaient eu l'intention de for- 
mer. Il vint à la cour en 1608, et eut un long en- 
tretien avec le roi. Il raconte lui-même, dans ses 
Mémoires, qu'il fut introduit dans la chambre 
du monarque, et qu'après lui avoir montré des 
médailles romaines et des pierres gravées dont 
U décrit les plus intéressantes , Henri retint le 
tout pour en former un cabinet. 

Le roi fit ensuite à Bagarris plusieurs ques- 
tions sur les médailles , sur leur antiquité , sur 
leur diiférence d'avec les monnaies , et sur leur 
utilité. Bagarris discourut assez longuement sur 
ce sujet; il a fait imprimer l'espèce de discours 
qu'il fit au roi, et qui contient xm petit traité de 
numismatique assez curieux pour le temps. Cet 
ouvrage est intitulé la Nécessité de l'usage 
des médailles dans les monnaies; Paris, 1611, 
in-4°. Il est rare et incomplet. Tous les exem- 
plaires de ce hvre ne vont pas au delà de la 
26^ page , qui a pour réclame le naot DiscovRs. 
T. de Murr, dans sa Bibliothèque de peinture, 
de sculpture et de gravure, dit que le manus- 
crit original se trouvait entier dans la bibliothè- 
que du collège de Louis le Grand, à Paris. 

Le roi ordonna à Bagarris de trouver des 
dessins de médaUles pour en composer l'histoire 
de sa vie, et l'autorisa à faire la recherche des 
monuments et des trésors de l'antiquité qui 
avaient été dissipés pendant les troubles des 
guerres civiles , pour en enrichir les cabinets de 
ses maisons royales. Il lui en donna l'intendance 
sous le titre de maître des cabinets , médailles 
et antiquités de S. M.; Bagarris prit celui de ci- 
méliarche , qui avait une forme scientifique, et 
plus convenable à un antiquaire. 



151 



BAGARRIS — BAGET 



152 



La mort de Henri IV , arrivée deux ans après, 
suspendit toute cette affaire. Au commencement 
du règne de Louis XIH , Bagarris fit tout ce qu'il 
put pour faire réussir ce que Henri IV avait 
projeté; mais la grande jeunesse du roi, son peu 
de goût pour l'étude des médailles, et les guerres 
de religion qui survinrent , ne lui permirent pas 
de s'en occuper. Bagarris repartit pour la Pro- 
vence en 1611, avec les pierres qu'il avait ap- 
portées. 

Les pierres gravées de Bagarris furent acquises 
de sa veuve par Lauthier, d'Aix en Provence , 
et, après sa mort, son fils les céda au roi. Elles 
sont maintenant au cabinet de médailles de la 
Bibliothèque royale. On remarque parmi ces 
pierres : le célèbre cachet de Michel-Ange» le 
Mécène de Dioscoride, quelques autres pierres 
très-intéressantes , et un Sacrifice sur jaspe san- 
guin, qui est gravé à la tête de l'ouvrage de 
Bagarris. [ M. Dumersan , dans VJSnc. des g. 
du m.] 

Dictionnaire des Hommes illustres de la Provence. 

*BAGATELLA (Antoine) , musicographe ita- 
lien, né à Padoue dans le milieu du dix-hui- 
tième siècle. On ignore la date de sa mort. On 
a de lui : Regole per la costruzione de' violini, 
viole, violoncellie violoni; memoria presen- 
tata alV Academia délie scienze, lettere ed 
arti di Padova, al concorso del premio delV 
arti delV anno 1782; Padoue, 1786, 24 pages 
grand in-4'', avec 2 planches ; ouvrage couronné 
par l'Académie de Padoue. « Il y a dans cet ou- 
« vrage, dit Fétis, quelques préceptes utiles pour 
« la construction des instruments à archet, puisés 
« dans les proportions de Stradivari et des autres 
« habiles luthiers de l'école de Crémone ; mais il 
« est à regretter que l'auteur du mémoire ne lui 
« ait pas donné plus de développements. « L'ou- 
vrage, de Bagatella a été traduit en allemand 
par Schaum, sous ce titre : Ueber den Bau der 
Violine, Bratsche und Violoncell; Leipzig, 
Kljmmel, 1806, in-8°. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

*BAGATTi [François), compositeur italien , 
vivait à Milan au commencement du dix-septième 
siècle. Il a publié deux recueils de motets , ainsi 
que des messes et des psaumes. 

Piccinelli, Meneo de' Letterati Milanesi. 

*BAGAZOTTi (Camillo) , peintre de l'école 
romaine, né àCamerino, petite ville de la Marche 
d'Ancône, vivait vers le milieu du seizième siècle. 
Élève et imitateur de Fra Sebastiano del Piombo, 
il a laissé dans la collégiale de Spello une Coin- 
m/iinion de sainte Lucie, entièrement conforme 
au style de son maître. Ce tableau est signé 
Camillus Bagazotus Camer. faciebat. 

E. B— N. 

Lanzi, Storia délia Pittura. — Orsini, Risposta aile 
Lettere pittoriche del signor Annibale Mariotti. 

BAGDEDIN ( Mahomet ) , mathématicien 
arabe , vivait au dixième siècle. On lui attribue , 
entre autres, un traité Sur la division des su- 



perficies, traduit en latin par John Dee, do 
Londres, et par Fréd. Coramandini, d'Urbin; 
Pesaro, 1570. Selon quelques critiques, cet ou- 
vrage n'est que la traduction arabe d'un hvre 
grec d'Euclide, aujourd'hui perdu. 

D'Herbelot, Bibliothèque orientale. 

BAGE (Robert), littérateur anglais, né en 
1728 à Darley, village du comté de Derby, mort 
en 1801. On a de lui des romans qui eurent un 
succès de vogue. Les principaux ont pour titres : 
le Mont Heneth; — la Belle Syrienne; — 
James Wallace; — Barham Downs ; — VHom- 
me tel qu'il est; — VHomvie tel qu'il ïCestpas. 

Kose New, Biographical Dictionary. 

* BAGELAAR ( Emest-Oxiillaume-Jean ) , 
graveur et dessinateur, vivait vers la fin du dix- 
huitième et au commencement du dix-neuvième 
siècle. 11 débuta parles armes; et ce ne fut qu'en 
1798, à la vue de dessins d'anciens maîtres, qu'il 
se sentit disposé à marcher sur leurs traces. Il 
commença par le dessin, et donna, depuis 1802 
jusqu'en 1820, plus de 300 planches gravées. 
Il choisissait ses sujets dans le paysage qui l'en- 
vironnait; souvent aussi il suivait sa propre ins- 
piration. Son dessin n'a l'ien d'affecté , et sa gra- 
vure ne manque pas d'originalité. 

Nagler, Neues Allgemeines Kilnstler-I/ixicon. 

* BAGENAL (Bcauchamp) , gentilliomme ex- 
centrique , né en Irlande vers 1741 , mort en 
1801. Il eut une réputation de duelliste, et risqua 
sa vie dans une vingtaine de rencontres. Son 
terrain favori était le cimetière de Killinane, dans 
le comté de Carlow : cet endroit lui était com- 
mode , en ce qu'étant boiteux par suite d'acci- 
dent, il pouvait se maintenir droit en plaçant 
la jambe la plus courte sur la pierre d'une tombe ; 
et, delà, il essuyait le feu de son adversaire. 

Rose, New Biographical Dictionary. 

*BAGEREAU (Nicolas) , jurisconsulte* fran- 
çais, vivait dans la première moitié du dix-sep- 
tième siècle. Il fut avocat au parlement, et écrivit 
sur certaines matières de droit et de procédure. 
On a de lui : Diverses leçons sur l'ordonnance 
des criées; Paris, 1613, in-12; — Commentaire 
sur l'ordonnance des quatremois ; — Décisions 
sur les ordonnances des tailles et de la juri- 
diction des élus; Paris, 1624, in-8°. 

Mémoires m.anuscrits de M. Boucher d'Argis. — Mo- 
réri, Dictionnaire historique. 

* BAGET (Henri-Jean), anatomiste français, 
vivait à Paris vers 1730. On ignore la date de sa 
mort. Il enseigna l'anatomie, et fit aussi un cours 
d'accouchements. On a de lui : Ostéologie, pre- 
mier traité, dans lequel on considère chaque 
os par rapport aux parties qui le composent; 
Paris, 1731, in-12. Portai estimait beaucoup cet 
ouvrage, comme le résultat de longues expé- 
riences ; — Myologie ; Amsterdam, 1736, in-S" ; 
— Elementa physiologios juxta selectiora ex- 
périmenta; Genève, 1749, in-S"; — Lettre 
pour la défense et 'la conservation des parties 
les plus essentielles à l'homme et à l'État; 



153 



BAGET — BAGGE 



154 



Genève, 1758, iu-12;— Réflexions surun livre 
intitulé Observations sur les maladies de l'u- 
rètre; Paris, 1750. 

Quérard, la France littéraire. 

* BAGET {Jean, chevalier de), général fran- 
çais , né à Lavit-de-Lamagne ( Tarn-et-Garonne ) 
le 19 octobre 1743, mort le 14 février 1821. Il 
fit les campagnes de 1759 , 1761, 1762, en Alle- 
magne, et y obtint un avancement rapide. Il 
était capitaine quand la révolution éclata. Baget 
se prononça en faveur des principes nouveaux , 
et fut nommé aide de camp du général Valence le 
10 mars 1792. Il passa à l'armée de la Moselle 
en 1793, combattit à la bataille d'Arlon le 19 
juillet , et y reçut une blessure à la tête de son 
régiment. Devenu général de brigade, il com- 
manda la cavalerie de l'avant-garde pendant tout 
le reste de la campagne , et se distingua d'une 
manière particulière à la bataille de Weissem- 
bourg et au déblocus de Landau; mis en tiaite- 
ment de réforme le 13 février 1793, il devint peu 
de temps après inspecteur général des remontes, 
elvconsei-va cet emploi jusqu'en septembre 1802, 
époque à laquelle il fut pourvu du commande- 
ment de la 10^ division militaire, commande- 
ment qu'il conserva jusqu'au moment de sa re- 
traite en 1807. A. A. 
I,es Fastes de la Légion d'honneur. 

BAGETTi OU BAGGETTi (Joscph-Pierre), 
peintre paysagiste, né à Turin en 1764, mort 
dans sa vÙle natale en mai 1831. H étudia d'a- 
bord l'architecture , et devint en 1793 profes- 
seur de topographie à l'école du génie à Tu- 
rin. En 1807 il fut appelé à Paris, et attaché au 
ministère de la guerre avec le grade d'ingénieur 
géographe. Il fut spécialement chargé d'exécuter 
à l'aquarelle des tableaux représentant les vic- 
toires des armées françaises. Dans l'espace de 
huit ans, il acheva plus de quatre-vingts tableaux 
qui se trouvent dans la galerie de Fontainebleau 
et au dépôt de la guerre. On conserve au Musée 
un tableau inachevé, de la plus grande dimen- 
sion, représentant une vue générale de l'Italie, 
depuis les Alpes jusqu'à Naples. En 1815 il re- 
tourna à Turin, où il reçut une pension dn roi, et 
continua de cultiver son art. On a de lui : Ana- 
lisi deir unità delV afjetto e deW imitazione 
nelle belle arti; Torino, 1827, in-8". 

Tipaldo, Biographia degli Italiani illustri del se- 
colo XFIII. 

6AGFORO {Jean), antiquaire anglais, né à 
Londres en 1657, mort en 1716. Il fut d'abord 
cordonnier, puis il devint libraire et antiquaire. 
n fut chargé par le docteur Moore , évêque de 
Norwich et par le comte d'Oxford, de former les 
collections des livres rares et des manuscrits 
dont ils ont enrichi leurs bibliothèques. On a de 
lui plusieurs Lettres conservées au Muséum 
Britannique, et le prospectus d'une Histoire gé- 
nérale de l'imprimerie, inséré dans les Philoso- 
phai Transactions en 1707. 

Biographia Britannica. 



BAGGAERT {Jean ), médecin hoUandais, né à 
Flessingue vers l'an 1637, mort en 1710. Il exer- 
ça sa profession avec succès dans sa ville na- 
tale. Rejetant l'autorité des anciens et des mo- 
dernes, il en appelait toujours à l'expérience, 
comme seule autorité légitime. On a de lui deux. 
ouvrages en flamand : la Vérité dégagée des 
préjugés par un raisonnement juste sur les 
six choses non naturelles , etc. , avec un dis- 
cours préliminaire sur la petite vérole , et 
quelques observations sur la fermentation, et 
sur cl' autres sujets importants; ouvrage où 
l'on met en évidence la fausseté des idées 
qu'on s'est faites sur les acides et les alkalis; 
Middelbourg, 1696, in-12; — Traité de la Pe- 
tite Vérole et de la Rougeole, oit fon décrit la 
nature, les causes, les signes , les pronostics 
et la cure de ces maladies. On y montre aussi 
les mauvais effets de la vieille méthode de 
tenir les malades chaudement , au péril de 
les é^oî^/Zer; Amsterdam, 1710, in-12. 
Van der Linden, De scriptoribus medicis. 

* BAGGE {Charles-Ernest, baron de), cham- 
bellan du roi de Prusse , vivait à Paris vers 
1783, et mourut en 1791. Amateur passionnédela 
musique, il recherchait les artistes et savait ap- 
précier leur talent ; mais il n'avait pas ce tact 
pom" lui-même : il jouait mal du violon, et se 
croyait de première force. Dans cette persuasion, 
il invitait les plus célèbres violinistes à prendre 
de ses leçons ; et lorsqu'ils lui objectaient , pour 
se débarrasser de ses importunités , la nécessité 
d'utiliser le temps pour vivre, il leur offrait de 
les payer pour qu'ils devinssent ses élèves. Ce 
ridicule lui fit donner le nom de Francaleu du 
violon. L'empereur Joseph n lui dit un jour : 
« Baron, je n'ai jamais entendu personne jouer 
du violon comme vous. » — Outre son goût pour 
le violon, Bagge avait aussi la manie de composer ; 
il a fait graver à Paris (en 1773) six quatuors 
concertos pour 2 violons, alto et basse, en 1782; 
un concerto que M. Kreutzer, alors fort jeune , 
exécuta avec beaucoup de succès. On dit qu'il 
mourut empoisonné par sa maîtresse. Hoffmann 
a fait du baron de Bagge le sujet d'im conte fort 
original. 

Fétis , Biographie universelle des Musiciens. — Gèr- 
ber, Lexicon der Tonkilnstler. 

BAGGE {Jacques), amiral suédois, né en 
1499 dans la province deHaland, mort entre 
1565 et 1570. Il servît d'abord dans l'armée que 
Gustave F"" envoya au secours du Danemark, et 
se distingua surtout au siège de Haimslad, où il 
fut blessé. En 1555 il reçut le commandement 
d'une expédition contrôles Moscovites, qui à plu- 
sieurs reprises étaient venus envahir et ravager 
la Finlande. Cette expédition conduite avec ta- 
lent, se termina par la conclusion d'une paix de 
quarante ans. Bagge soumit ensuite la ligue des 
villes hanséatiques, qui voulait ruiner le commerce 
de la ville de Revel. Vainqueur des Danois dans 
le combat naval de Bereholm , il en fut vamcu 



f55 



BAGGE — BAGGOWOTH 



156 



à son tour en 1564, et mourut dans les fers. 

Geyer, Histoire de la Suède. 

BAGGER ( Jean ) , prélat danois luthérien, 
né à Lunden eu 1646 , mort à Copenhague en 
1693. Après plusieurs voyages en Allemagne et 
en Angleterre, il devint d'abord professeur des 
langues orientales à Lunden , puis pasteur à Co- 
penhague, enfin évêque de cette capitale. Il doit 
l'honneur d'être mentionné dans l'histoire à un 
acte d'intolérance inqualifiable. Consulté enl684, 
par son gouvernement, sur la question suivante : 
« L'intérêt de la religion évangélique luthérienne 
« permet-il que les réformés calvinistes, expul- 
K ses de France par Louis XIV, viennent s'éta- 
« blir en Danemark ? « l'évêque luthérien ré- 
pondit « que l'admission des calvinistes expose- 
« rait lésâmes des fidèles luthériens aux dangers 
« de la tentation, aux risques de la damnation 
t( éternelle ; que les calvinistes, pleins de prin- 
« cipes de rébellion, étaient les auteurs du régi- 
« cide commis sur la personne de Charles P% et 
'<■ qu'ils avaient, en quelque sorte, provoqué et 
« nécessité la Saint-Barthélémy ; que leur fausse 
« religion, abominable aux yeux de Dieu et de la 
« sainte Église, n'est que le voile d'une ambition 
« politique qui a pour but de bouleverser le 
« monde entier; enfin, qu'en leur qualitéd'hom- 
« mes, ils sont nos prochains, et ont droit à notre 
X charité , mais que le meilleur service de cha- 
« rite à leur rendre, ce serait de chercher à les 
« convertir. » 

Mémoire du temps. 
'■' BAGGESEiv {Zens, c'est-à-dire Emmanuel), 
poète danois, né le 15 février 1764 à Korsoër, 
dans l'île de Zélande , mort à Hambourg le 3 oc- 
tobre 1826. Ses premiers essais poétiques sont 
écrits en danois ; mais l'induence de Klopstock 
et deWieland s'y fait déjà sentir. Protégé par le 
prince de Holstein-Augustenbourg,ilfiten 1787 
un voyage en Allemagne qui le mit en rapport 
avec les poètes les plus distingués de ce pays , 
alors si riche en beaux talents. Dès ce moment 
la langue allemande devint pour Baggesen un 
instrument poétique dont il se servit, de préfé- 
rence à son idiome national. A Paris, il assista 
en spectateur enthousiaste aux premièics scènes 
de la révolution française. A partir de ce premier 
voyage , toute sa vie se passa en courses : son 
caractère inquiet le ramena à diverses l'eprises 
de Copenhague en France, en ItaUe ou en Suisse. 
En 1793, il épousa à Berne une petite-fille du 
célèbre Haller; en 1797, après la mort de sa pre- 
mière femme, il se maria avec une Genevoise 
à Paris , où il demeura plusieurs années , pen- 
sionné par le roi de Danemark. De 1814 à 1820, 
on le retrouve à Copenhague, engagé dans des 
querelles littéraires avec le poète Œhlenschlseger ; 
vers 1 820 il quitte de nouveau sa patrie avec toute 
sa famille , sans espoir de retour. Cependant, peu 
de mois avant sa mort , poussé par la nostalgie, 
il s'achemine de nouveau vers Copenhague, et 
meurt en route à Hambourg, — Baggesen offrait 



un singulier mélange d'éléments contraires : c'é- 
tait , chez lui , une lutte continue entre l'atliéisme 
et la foi , la haine et l'amour, l'orguei! et l'humi- 
lité , la réflexion et le sentiment. Ses œuvres re- 
flètent ces contrastes : jamais d'ensemble , rien 
d'achevé; mais une imagination souvent gigan- 
tesque, et une sensibilité profonde. Il imita avec 
bonheur le style grandiose de Klopstock, la déli- 
cate gaieté de Wieland , l'habile versification de 
Voss. 

Ses poésies lyriques allemandes ont paru pour 
la première fois en 2 vol. in-8°, à Hambourg 
en 1803; une autre collection du même genre, 
intitulée Haidenblumen ( Fleurs de bruyère ) fut 
publiée à Amsterdam, 1808, 2 vol. in-8°. Vers 
le même temps parut son principal ouvrage : Par- 
thénaïs, ou le Voyage dans les Alpes (Hamb. 
et Mayence, 1806 ; Amsterdam, 1807 ; Hambourg, 
1811 ; Leipzig, 1812 et 1819). Cette épopée-idylle, 
dans le genre de la Zowwe de Voss, et dont M. Fau- 
riel a donné ime traduction française ( la Par- 
thénéide), précédée d'une introduction de lui 
(Paris, 1810, in-12), renferme beaucoup de 
beautés de détail, par exemple, la personnifica- 
tion du vertige , que le poète place sur la cime 
du Schreckhorn. A partir de 1810, le talent de 
Baggesen prit une direction satirique et polé- 
mique; il se plaisait à flageller Fichte, Scheliing, 
et les coryphées de l'école mystique qui se répan- 
dait alors en Allemagne. Son Faust achevé ( Vol- 
lendeter Faust), qui devait, au gré de l'auteur, 
abattre la susdite école , est resté manuscrit. Son 
dernier ouvrage allemand , Adam et Eve , ou 
Histoiredela chute de r/ioj?t?rae (Leipzig, 1826, 
in-8°), que Baggesen a intitulé Épopée humo- 
ristique, est un mélange de satire triviale, de 
passion entraînante , de frivolité maniérée. — Les 
ouvrages de Baggesen, imprimés en danois, con- 
sistent en drames lyriques assez insignifiants, en 
épîtres, en vers fugitifs, en épopées comi(iues, 
qui le placent au premier rang des littérateurs 
de sa patrie. Le plus remarquable de ses ouvrages 
en prose danoise est, sans contredit, le Laby- 
rinthe, on excursions d'un poète en Europe 
à la fin du dix-huitième siècle et au commen- 
cement du dix-neuvième ; Copenhague, 1792- 
1793, 4 vol. in-8". Il a paru jusqu'ici 11 vol. de 
ses œuvres complètes, en langue danoise (de 
1827 à 1831 ). Les fils de Baggesen ont publié la 
correspondance de leur père avec Jacobi etRein- 
hold (Leipzig, 1831, 2 vol.). Dans ses lettres, 
écrites de 1790 à 1801, il parle avec esprit de 
la réA'olution française et des chefs des écoles 
philosophiques en Allemagne. [jE'nc. desg.dum.] 

Notice nécrologique sur Baggesen, dans la Gazette 
Htté7'aire du Danemark, année 1826. — D. Fricke, In 
memoriam J.-J. Baggesen ; nitoboarg , 1827, br. in-8"> 
( le docteur FricUe , qui avait fait rautopsie de Baf?gcseD, 
trouva le cerveau de ce jxoëte semblable à'celui d'un 
aliéné ). 

BAGGOWOTH, général russe, mort le 7 oc- 
tobre 1SI2. H commanda l'avant-garde àEylau, 
et se distingua aux batailles de Heilsberg, deFrled- 



157 



BAGGOWOTH 



land, de Borodino, et fut tué d'unboulet de canon 
au combat de Tarontino. 

Dictionnaire encyclopédique russe. 

BAGIEV ( Jacques ),c\ûTiir^en français, mem- 
bre de l'Académie de chinirgie, vivait dans la 
seconde moitié du dix-huitième siècle. On a de lui : 
Lettre au sujet de quelques remarques insé- 
rées dans V édition de Dionis, par Lafaije; Pa- 
ris, 1750, in-12; — Deux Lettres, l'xme sur 
plusieurs chapitres du Traité de la Gangrène 
de Quesnay, l'autre sur le Traité des Plaies 
d^armes à feu de Desponts; Paris, 1758, in-12; 

— Nouvelle Lettre sur plusieurs chapitres 
du Traité de la Gangrène; Paris, 1751, in-12; 

— Examen de plusieurs parties de la chirur- 
gie, d'après les faits qui peuvent y avoir rap- 
port; Paris, t. I", 1756; t. Il, 1757, in-12; — 
Sur l'amputation renouvelée de la partie sail- 
lante de l'os , dans les Mémoires de l'Académie 
de chirurgie (t. Il, p. 274). 

Biographie médicale. 

*BAG1STANES (BayKJxàvriç), Babylonien, qui 
vivait dans la seconde moitié du quatrième siècle 
avant l'ère chrétienne. Il abandonna Bessus et ses 
complices au moment où Alexandre poursuivit 
Darius en l'an 330 avant J.-C, et il informa 
Alexandji-e du danger que courait le roi de Perse. 

Arrien, 111, 21. — Quinte-Curce, V, 13. 

BAGLiONE ou BAGLioNi (Ccsare), peintre 
italien, né à Bologne vers 1525, mort à Parme 
en 1590. Il reçut les premières leçons de son 
père, peintre médiocre, et, comme disent les Ita- 
liens, di dozzina. Il eut bientôt surpassé son 
maître. Il excella surtout dans les fleurs, les 
fruits et les attributs, et dans les paysages, dont 
il touchait le feuille avec une rare habileté. Il 
réussit moins bien dans les sujets de figures, et 
dans les arabesques et cartouches dont il accom- 
pagnait ses groupes d'attributs, et qui générale- 
ment sont bizarres et de mauvais goût. Sa ma- 
nière était légère et expéditive, ainsi qu'il conve- 
nait au genre qu'il avait adopté. Ses compositions 
ne manquent pas de variété. Baglioni était d'un 
caractère enjoué, spirituel etoriginal, quilui avait 
attiré l'amitié des Carrache. On raconte que tra- 
vaillant au palais ducal de Parme où se trouvent 
ses principaux ouvrages , et ayant à peindre des 
ruines, il partit en pantoufles et en bonnet de 
nuit, sans prévenir personne, pour aller les faire 
d'après nature.... à Bome. Il était bon musicien, 
et improvisait de jolis vers, qu'il chantait en s'ac- 
compagnant sur sa lyre. 

Baglioni compta parmi ses élèves Spada, Den- 
toue, Storaliet Pisaneili. {Voy. ces noms). 

E. B— N. 

Lanzi, Storia délia Piitura. — Malyasia , Felsina pit- 
trice. — Malvasia, Pitture, Sculture ed Architetture 
diUologna. — Ticozzi, Dizionario dei Pittori. — Orlaadi, 
jibecedario Piltorico. 

BAGLIONE {Giovanni), peintre italiep, né 
à Rome vers 1573, mort vers 1650. Il fut élève 
lie Francesco Morelli , et concourut dès l'âge de 
quinze ans à la décoration de la bibliothèque 



— BAGLIONI 158 

du Vatican. Peintre infatigable, il a laissé d'in- 
nombrables ouvrages, dont les principaux sont : le 
grand arc delà chapelle Borghèse,. à Sainte-Marie 
Majeure; la voûte de la chapelle Saint-Pierre, à 
Sainte-Pudentienne; deux Sybilles, à Saint- 
Onuphre ; le don des Vases sacrés, à la tribune 
de Saint-Jean-de-Latran; une Adoration des 
Mages fi\ \m&\Présentation au Temple, à Saint- 
Louis des Français ; enfin Titus devant Jérusa- 
lem, plafond du palais Rospigliosi. Ses meilleurs 
tableaux sont deux Chiens et un Nègre, au pa- 
lais Chigi; nn Saint Etienne, da.ns la cathédrale 
de Pérouse; et une Sainte Catherine, dans la 
basilique de Lorette. La manière du BagUone 
approche de celle du Cigoli , et son coloris ne 
manque pas de vigueur : cependant il est difficile 
de trouver ce maître complètement à la hauteur 
de l'immense réputation dont il jouit de son vi- 
vant, et des honneurs dont il fut accablé. Paul V 
lui donna un coUier d'or, et le créa chevalier de 
l'ordre du Christ. L'Académie de Saint-Luc lui 
ouvrit ses portes , et le choisit pour prince ou 
président. 

En 1642, Baglione publia un ouvrage intéres- 
sant, intitulé Vite de' Pittori, Scultori, Archi- 
tetti dal pontificato di Gregorio XIII, del 
1573 infino ai tempi di papa Urbano VIII , 
del 1642 ; il se compose d'une suite de dialogues 
familiej-s entre un étranger et mi gentilhonune 
romain amateur des arts. L'auteur se montre im- 
partial, sans prétention, et enclin à l'indulgence. 
« Toutes les fois que je le hs , dit Lanzi , il me 
semble entendre parler un vieillard vénérable 
qui insinue plutôt des préceptes de morale que 
des règles de beaux-arts, dont il est peut-être 
par trop sobre ; ce qui fait supposer qu'il avait 
travaillé plutôt par une disposition naturelle au 
talent d'imiter, que d'après les principes d'un 
goût solide et d'une critique approfondie. » 

Baglioni est enterré à Rome, à Saint-Cosme et 
Saint-Damien, dans la chapelle de la Vierge et de 
saint Jean, qu'il avait fondée et décorée de ses ou- 
vrages. Ernest Breton. 

Misserini , Storia dell\ /tcademia di San-Luca, — 
Lanzi, Storia délia Pittura. — Ticozzi , Dizionario dei 
Pittori. — Pistolezi, Descrizione di Roma. — Winckel- 
Hianii, Neues Mahler-Lexicon. 

BAGLIONI ( Dominique) , poète itahen, natif 
de Pérouse, mort le 25 février 1568. Il entra 
dans l'ordre de Saint-Dominique, et laissa : Car- 
mina etrusca varia ; Carmen in laudem Jo. 
Chrysostomi, operis de Conversione peccato- 
rum; — la Vita di S. Catarina da Siena, 
en vers italiens; — Délia fuga di G.-C. nell' 
Egitto ; poèmes écrits, la plupart, peu de temps 
avant la mort de Baglioni. 

Echard, Scriptor. ordin. Prsedicat. 

BAGLIONI {Jean-Paul) , tyran de Pérouse, 
mis à mort par Léon X, qui l'avait attiré à 
Rome, sous prétexte de le consulter sur les af- 
faires de l'État. Tantôt condottiere au service de 
César Borgia ou des Vénitiens , tantôt souverain 
de Pérouse, puis chassé de cette ville, et repre-; 



1S9 



BAGLÏOIM — BAGLIVI 



ICO 



nant son ancien métier de condottiere, il eut 
une vie d'aventurier, comme la plupart des petits 
tyrans italiens du XIV« et du XV® siècle. 

BAGLioKi {Astorre), mort en Chypre en 
1571, fils du précédent. Après la mort de son 
père , il se retira avec sa mère à Venise. La dé- 
fense énergique qu'il fit de Famagouste, assiégée 
par les Turcs, et sa mort, l'ont rendu célèbre. 
Pendant quatre mois la garnison et les habitants, 
encouragés par Baglioni, combattirent avec le 
courage du désespoir. Les tours, les murs minés 
par les assiégés s'écroulaient, en ensevelissant 
sous leurs décombres des troupes de Turcs lors- 
qu'elles montaient à l'assaut. Les fenunes , les 
enfants , les vieillards , faisaient un rempart de 
leurs corps pendant que les Grecs et les Vénitiens 
combattaient , et que les habitants reconstrui- 
saient leurs murs. Soixante mille Turcs périrent 
pendant le siège de cette ville , que Venise aban- 
donna à son malheureux sort, malgré tous les ef- 
forts delà femme de Baglioni, pour décider la Ré- 
pubUque à venir au secours de tant de braves. 
Aprèsquatre mois d'héroïques efforts, le l'^'aoùt, 
la ville obtint des conditions honorables du per- 
fide Mustapha, qui commandait l'armée turque. Il 
accueillit avec bienveillance sous sa tente Ba- 
glioni, Bragadin, Tiepolo, Hector Martiningue, 
et ce qui restait d'officiers; puis, sous un vain 
prétexte, il les fit cruellement égorger tous sous 
ses yeux , excepté Bragadin , qu'il réserva pour 
de plus horribles supplices. En perdant Fama- 
gouste , Venise perdit à jamais l'île de Chypre. 
On compte Astorre Baglioni au nombre des 
poètes les plus élégants de son temps. Il ne reste 
de lui que deux sonnets imprimés en 1720, 
in-8° , avec ceux de Coppetta et d'autres poètes 
de Pérouse. 

Gratiani, Hist. de l'île de Chypre. — Dara, Bistoire 
de fenise. — Moréri , Dictionnaire historique. 

BAGLIONI ( Lelio ) , théologien florentin , 
mort le 31 mars 1620 à Sienne, où il professait 
la théologie sous l'habit de servite, qu'il avait 
pris en 1591. On a de lui : Tractatus de Prœ- 
deslinatione ; Florence, 1577; — Apologia 
coyitra le, considerazioni di JS. Paolo da Ve- 
nezia, sopra le censure di Paolo V; Pérouse, 
1606, in-4''. Beaucoup d'autres écrits théologiques 
sont restés inédits. 

MazzuchelU, Scrittori d'italia. 

BAGLIONI ( Louis ), violouistc et compositeur 
italien, vivait à Milan vers 1760. On a de lui : 
Tancrede; — la Guinguette allemande 
(1777). Ces deux ouvrages ont été représentés à 
l'opéra de Stuttgard. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

"" BAGLIONI (Lucas), prédicateur italien, 
vivait dans la seconde moitié du seizième siècle. 
Il se fit remarquer par ses prédications dans plu- 
sieurs villes d'Italie. On a de lui : l'Arte del 
predicare; 1562, in-8°. 

MazzuchelU, Scrittori d'italia. 

BAGLIONI ( r/20TOas ), imprimeur italien, 
exerçait son art à Venise. Parmi les livres nom- 



breux sortis de ses presses, on remai'que au 
commencement du dix-septième siècle : VHis- 
toire des guerres de Flandre, depuis 1559 
jusqu'en 1609, par Fr. Lanario d'Aragon; Ve- 
nise, 1616, in-4°, en italien; réimpression de 
l'édition d'Anvers, 1615, in-4''. C'est un ouvrage 
assez rare. 
Panzer, annales typographiques. 

* BAGLiOTTO ( JosepJi-Marie, appelé aussi 
Joseph-Marie de Navarre ), théologien itali'în, 
de l'ordre des Capucins, vivait vers la seconde 
moitié du dix-septième siècle. Ses principaux 
ouvrages sont : Descrizione del Seraglio, tr> 
dotta del francese ; WXïVL , 1687; — la Vita 
di S. Gaudenzio, primo vescovo di Novarj; 
Venise, 1678; — le Delizie Serafiche in ies- 
crizione del sacra monte di Orta; Milan, 1,386. 

Adelung, Suppl. à Jooher, Allgem. Gelehrten-Lexicon. 

BAGLIVI ( George ), célèbre médecin italien, 
né à Raguse en septembre 1669, mort en mars 
1707 (1). Sa vie est tout entière dans ses œu- 
vres : comme Bichat, il mourut i 'a fleur le 
l'âge. Descendant d'une famille arménienne pauvre 
et persécutée, il prit le nom de son père adoptif 
Baglivi ( Pietro-Angelo ) , riche médecin de 
Lecca, qui n'avait pas i'enfants. Il eut d'abord 
pour précepteur le jésuite Michel Mondegago, 
qui lui enseigna le grec et U latin. Devant suivre 
la carrière de son bienfaiteur, d fréquenta suc- 
cessivement les universités ie Salerne, de Pa- 
doue et de Bologne. Il visita ensuite les princi- 
paux hospices de l'Italie, et vint en 1692 à 
Rome, où il eut pour maître ^t bientôt pour ami 
le célèbre anatomiste Malpiglii , médecin du pape 
Innocent XII. Peu de temps après, il fut nommé 
professeur d'anatomie au coUége de la Sa- 
pience (2). 

Son enseignement, neuf, éloquent, hardi, rom- 
pant avec les ti-aditions routinières du passé , lui 
attira une multitude d'élèves ; le nom de Ba- 
glivi franchit les Alpes , et ne tarda pas à être 
connu à l'étranger. La Société royale de Londres 
et l'Académie impériale des Curieux de la Na- 
ture s'associèrent le jeune professeur, le collègue 
de Malpighi et de Pacchioni. Mais sa consti- 
tution débile ne l'ésista pas longtemps aux ex- 
cès du travail. Pendant l'automne Je 1705, Use 
déclara une ascite qui enleva, deux ans après, 
celui-là même qui prétendait avoir trouvé le 
moyen de prolonger la vie au delà de cent ans. 

Les ouvrages de Baglivi ont été édités plu- 
sieurs fois sous le titre de Opéra omnia me~ 

(1) Tous les biographes, à l'exception de Fabroni, ont 
donné ici des dates inexactes. Les uns font naître Baglivi 
en 1663, les autres en 1668. Or, Baglivi raconte lui-mârac 
( Prœfat. in specim, IV, Libror-um de Fibra, etc. ), qu'il 
tomba malade d'une fièvre aiguë en Janvier 1692, et qu'il 
avait alors vingt-trois ans ; il naquit donc en 1669, et il 
mourut .à l'âge de trente-huit ans, c'est-à-dire .en 1707, 
et non en 1702, comme on l'a prétendu. 

(2) Munus docendse anatom.es in Archigymnasio Ro- 
mano obtinuit. Fabroni, ntx Jtalorum, etc., t. JV. 
p. 79. On voit que Baglivi n'enseignait pas la chirurgie, 
comme le prétendent presque tous les biographes. 



161 



BAGLIVI — BAGNACAVALLO 



162 



dico-practica ; Leyde, 1704, 1710, 1715, 1745, 
1765, iii-4''; Paris, 1711, in-4°; Anvers, 1715, 
m-4°; Bâie, 1737, m-4°; Venise, 1754, m-4°. 
On a imprimé séparément : De Praxi medica 
libri II; Rome, 1696,in-8°; Leyde, 1699,in-8°; 
traduction anglaise, Londres, 1703, in^" ; trad. 
allemande, Leipzig, 1715, in-4°. C'est dans son 
traité de la pratique médicale que Baglivi se 
montre grand partisan de la méthode d'oBserva- 
tion, d'après ce précepte du chancelier Bacon : 
Non fingendum, aut excogitandum, sed inve- 
niendum quid natura faciat, aut ferai. Il y 
essaie de ramener les médecins aux saines doc- 
trines des anciens , notanmient d'Hippocrate ; il 
les exhorte à se tenir en garde contre la puis- 
sance des préjugés, la manie des systèmes, 
et contribua beaucoup au rétablissement de la 
médecine en renversant les théories galéniques. 
Il trace, sous la forme aphoristique, des règles 
excellentes sur le pronostic et le traitement des 
maladies, et s'élève surtout contre l'abus des 
remèdes. « Les remèdes, dit-il, prodigués à des 
intervalles trop rapprochés ou d'une manière in- 
tempestive , font souvent dégénérer la maladie, 
et produisent des modifications infinies, que le 
médecin ignorant confond avec le cours de la ma- 
ladie même, tandis qu'elles sont le résultat d'im- 
prudentes prescriptions. « Baglivi n'a pas écrit 
un traité didactique de pathologie : il a essayé 
de classer méthodiquement les maladies ; et 
s'il y a quelque exagération à comparer, comme 
il a fait, les dents à des ciseaux, l'estomac à une 
cornue, les vaisseaux sanguins à des tubes hydrau- 
liques, le cœur à un piston, les intestins à un 
filtre , le thorax à un soufflet , les muscles à des 
leviers, on ne saurait nier qu'il a, l'un des pre- 
miers , ouvert la voie aux grandes découvertes 
physiologiques. Avant lui , presque tous les mé- 
decins atti'ibuaient les maladies à l'altération des 
fluides ; le premier il établit que les parties so- 
lides du corps sont presque toujours la cause 
morbifique, et que les fluides ne sont, dans quel- 
ques cas rares, affectés que secondairement. D 
devint ainsi le fondateur d'un système nouveau , 
le solidisme, lui qui avait tant parlé contre les 
systèmes. 

Les autres écrits de Baglivi, imprimés séparé- 
ment, sont : Spécimen quatuor lihrorum de 
fibra motrice etmorbosa; Pérouse, 1700,Ln-4° ; 
Rome, 1704, in-4'' (dédié au pape Clément XI) ; 
Utrecht, 1703, in-S" ; Londres, 1703, in-8°; Bâle, 
1703, in-8°; Altdorf, 1703, in-8°. Ce traité a 
été attribué, dans la Galeria di Minerva, à 
Jean Casalecchi, médecin de Reggio. L'auteur 
y étabUt sa célèbre hypothèse d'une force sys- 
taltique de la dure-mère : il représente cette en- 
veloppe fibreuse du cerveau comme la j cause 
première du mouvement des membranes en gé- 
néral ; — Bissertatio de usu et abusu vesican- 
ïmm; Londres, 1699, in-4°; l'usage des vésica- 
toires , introduit par les Arabes , est utile dans 
beaucoup de cas que l'auteur essaye de déter- 

NOUV, BIOGR. UNIVERS, — T. IV. 



miner; — Dissertazione sugli effetti délia mu- 
sica nelle malattie occagionate dalla morsi- 
catura délia tarantola; Rome, 1696, en latin; 
ibid.,même année; Londres, 1699, in-4°. L'au- 
teur y cite plusieurs observations tendant à prou- 
ver que la morsure de la tarentule peut être 
guérie par la musique. Cette opinion a été con- 
tredite par des observateurs plus récents. 

F. H. 

Fabroni , P^itse Italorum doetrina excellentium qui 
ssecuUs Xril et xrill floruerunt, t. IV, p. 77, 104. 

* BAGNACAVALLO {Bartolommco Ramen- 
ghi, dit), célèbre peintre de l'école bolonaise, 
né à Bagnacavallo en 1484, mort en 1542 (da- 
tes de Baruffaldi ). D eut d'abord pour maître 
Francia. Il entra ensuite à l'école de Ra- 
phaël , qu'il aida dans la décoration des loges du 
Vatican ; mais on ignore absolument quelles 
parties peuvent lui être attribuées. C'est aux 
exemples et aux conseils de ce grand maître, 
dont Ù fut le constant imitateur, qu'il dut la ma- 
nière tout à fait moderne qu'il rapporta à Bo- 
logne, et que l'on retrouve dans ceux de ses ou- 
vrages qui existent encore dans cette ville. 

Au couvent de San-Salvatore , en compa- 
gnie de Biaggio Pupini , il peignit à fresque , 
avec des retouches à sec , une Multiplication 
des pains dans le réfectoire, et dans la biblio- 
thèque la Dispute de saint Aîtgustin, un de 
ses meilleurs ouvrages , et celui sans doute qui 
rappelle le plus le genre des compositions de 
Raphaël. Il peignit également, sur une voûte du 
palais du podestat, quelques médaillons; à l'é- 
glise des Servi, des fresques retouchées depuis 
par Nicolas Bertuzzi, et accompagnant une An- 
nonciation d'Innocenzo d'Imola; enfin, à Sainte- 
Marie-Madeleine, ime Madone entre saint Sé- 
bastien et saint Roch. Près du couvent de 
Saint-Dominique, dans la rue et sous un portique, 
est ime autre Madone avec VEnfant et saint 
Jean , ouvrage apprécié par le Guide. Au col- 
lège d'Espagne , beaucoup d'ouvrages', du Ba- 
gnacavallo ont disparu; cependant une vaste 
fresque offre des débris pleins de vérité et d'ex- 
pression; elle représente le Couronnement de 
Charles Va Bologne par le pape Clément VII. 
La figure de l'empereur, assez intacte, est singu- 
lièrement fine et madrée ; la tête du poète Tris- 
sino est une de celles qui ont l£ moins souffert. 
Cette peinture, contemporaine de l'événement 
qu'elle retrace , est fort curieuse sous le rapport 
historique. Dans une loge du même collège est 
une Vierge avec l'Enfant, saint Jean et saint 
Joseph, et dans la partie supérieure un ange 
jetant des fleurs. Cette compositton est tout à 
fait dans la manière de Raphaël. Si comme des- 
sinateur Bagnacavallo fut au-dessous des prin- 
cipaux élèves de Raphaël ; il les égala comme co- 
loriste , et les surpassa souvent par la grâce qu'il 
savait donner à ses figures , surtout aux Mado- 
nes et aux enfants. Cela est tellement , vrai que 
le Guide ne craignait pas d'avouer qu'il devait 



Î63 



BAGNACAVALLO — BAGNI 



164 



beaucoup sous ce rapport à l'étude des œuvres 
du Bagnacavallo, et que les Carrache ne dédai- 
gnèrent pas de le copier, et parfois même de l'i- 
miter. Regardé par ses contemporains comme le 
premier maître de l'école bolonaise, Bagnacavallo 
mourut, estimé et envié, à l'âge de cinquante- 
liuit ans. 

Son fils {Giavmini-Batista), mort en 1601, 
aida Vasari dans la décoration de la salle de la 
chancellerie. Ces fresques, représentant des traits 
de la Vie de Paul III, ftirent terminées dans le 
court espace de cent jours, et se ressentent de 
cette précipitation. Giovanni-Batista aida aussi 
le Rosso et le Primatice dans les travaux qu'ils 
exécutèrent en France. Ebnest Berton. 

Vasari, f iia dei PUtori. — Lanzi , Storia délia Pit- 
tura. — Baldinuccl, Notizie de' projessori. — .Scanelli, 

— il Microcosmo délia Pittura. — Malvasia, Felsina 
Pittrice. — Ticozzi, Dizioimrio dei Pittori. — Borghini, 
il Riposo. — Bumaldi , niinerva Bononiensis. — Baruf- 
Taldi, nte de' più insigni Pittori e Scultori Ferraresi. 

— Winckelmaiin, Neues Mahler-Lexicon. 

* BAGNACAVALLO {Bartholonwieo Junior), 
peintre de l'école bolonaise, vivait à la fin du 
seizième et au commencement du dix-septième 
siècle, n était cousin selon Ticozzi , neveu sui- 
vant Orlandi, de Giovanni-Battista. Il peignit 
avec habileté l'architecture et l'ornement. On 
croit qu'il fut le père d'un autre Giovanni-Bat- 
tista, dont il est question dans les manuscrits 
d'Oretli. 

Ticozzi , Dizionario dei Pittori. — Orlandi , Abeceda- 
rio Pittorico. 

* BAGNACAVALLO (Scipione), fils de Gio- 
vanni-Battista , partagea les travaux de son cou- 
sin Bartolommeo Junior. 

Ticozzi, Dizionario dei Pittori. 

* BAGNACAVALLO ( Joseph-Marie ) , biogra- 
phe et capucin italien, natif de Bologne, mort en 
1742. On a de lui : Vita délia suor Lucrezia 
Michelini ; Modtat , 1726. 

iWazzuchelli , Scrlttori d'italia. 
*BAGNADORE0U BAGKATOEE (Pîe?rO-Mï- 

ria) , peintre de l'école vénitienne, né à Bres- 
cia, travaillait en 1594, et vivait encore en 1611. 
Élève ou imitateur du Moretto, il orna sa ville 
natale d'un grand nombre de fresques et de 
tableaux parmi lesquels on remarque un Mas- 
sacre des Innocents , placé dans l'église Saint- 
François, et signé Balneator. Le coloris de ce 
maître , par une exception rare dans l'école 
vénitienne , manque un peu de vigueur ; mais 
so^ faire est sage et consciencieux , qualité qu'il 
dut sans doute à l'étude des gravures , dont il 
avait réuni une nombreuse collection qui à sa 
mort passa dans les mains du comte Camille 
de Gonzague de Novellara. E. B — n. 

Cuzzando , Ristrello délia Storia Bresciana, 1664. — 
Zamboni, Memorie inforno aile pubbliche fabbriche più 
insigni délia città di Brescia, 1798. — Lanzi , Storia 
délia Pittura.— Oriandi, Abecedario Pittorico. 

*BAGNAJA {don Pietro), peinti'e italien, 
vivait dans lapremière moitié du seizième siècle. 
n était attaché en qualité de directeur des 
chœurs à Saint-Jean-de-Latran, ce qui le porta à 



peindre plusieurs tableaux destinés à son ordre. 
On voit, dans la sacristie de l'église de Saint- 
Jean-de-Verdura , une Sainte Famille dont il 
est l'auteur; on voit un autre tableau de ce 
peintre à Asti. Ses teintes ont le défaut d'ôtre 
trop pâles. 
Nagler, Neues Allgemeines Kûnstler-Lexicon. 
^BAGNABA (dou Pietro da) , .peintre de 
l'école romaine , fils ou neveu du précédent , tra- 
vaillait vers le milieu du seizième siècle. Il était < 
chanoine régulier deSaint-Jean-de-Latian. Élève 
de Raphaël, il réussit à l'imiter au point que 
les fresques et les peintures à l'huile dont il en- 
richit l'église et le couvent du monastère de 
Santa-Maria-di-Porto à Ravenne, et surtout les 
arabesques de la voûte du réfectoire, rappellent 
tout à fait la manière du grand maître d'Urbin. 
Il laissa un ouvrage (inédit?), intitulé Naiiira, 
uso e différence de' colori, etc. E. B — n. 

Ticozzi. Dizionario de' Pittori. — Mazzuclielli, Scrit- 
tori d'italia. 

BAGNAsco OU BAGNA SAcco (Antoine), 
jurisconsulte italien, vivait au commencement du 
seizième siècle. On a de lui : De successione 
regni Galliae; Turin, 1593. 

Mazzuctielli , Scrittori d'italia. — Adelung, Supplé- 
ment à. (ôcher, Allgemeines Celehrlen-Lexicon. 

*BAGNAGATTi (Calimerio) , appelé aussi 
Belacato Calimerio, poète et avocat italien, 
natif de Brescia, vivait dans la première moitié 
du seizième siècle. Il composa des poésies lati- 
nes , entre autres des épigrarames , qui eurent! 
du succès. 

IMazzuctielli, Scrittori d'italia. 

*BAGNATi {Ignace), savant carmélite na- 
politain , né en 1659, mort le 24 juin 1728. 11 con- 
sacra sa jeunesse aux mathématiques et à l'astro- 
nomie; plus tard il s'attacha exclusivement à 
l'éloquence sacrée , et se tit un nom comme pré- 
dicateur. On a de lui : Vera mundï Acta defi- 
nitaet demonstrata , ouvrage posthume, édité 
parCoscioni; Naples , 1742, in-4''. 

Mazzuclielli, Scrittori d'italia. 

* BAGNATi (Simon), jésuite napolitain , né 
le 28 octobre 1651, mort le 19 octobi-e 1727. 
Il prit l'habit en 1666, parcourut l'Italie, et y 
devint célèbre comme prédicateur. On a de lui : 
Panegirici sacri e sermoni; ediz. Il; Venise, 
1701, 1702, 5« partie, in-8°; — Attrative di 
Giesùin seno a Maria, Sermoni e Panegirici; 
Venise, 17 07,in-8" ; — il Venerdî santificato, 
cioè la Passione di G. -G. ; ediz. II; Naples, 
1709, in-S"; — Apparato Eucaristico , cioè 
Meditazioni di appareccio alla communione, 
ediz. II; Naples, 1710, in-8" ; — Quaresimale ; 
Naples, 1717, in-4°; et divers autres écrits édi- 
fiants. 

Mazzuchelli, Scrittori d'italia. 

* BAGNI ( 5 JG^io ), théologien italien, cha- 
noine régulier delà congrégation de San-Salva- 
tor, près de Terracine. Il a été général de sa 
congrégation. On a de lui : Cœremonise obser- 
vandee a recitantibus Officiiim divinum et 



165 



BAGNI — BAGOAS 



166 



a celebrantibus Missas majores ; Rome, 1710; 
— Officia propria canon, regul. Congrega- 
tionis S. Salvat ; Rome, 1613; — Be oratio- 
num spirituaîium exercitio ; Rome, 1613 ; — 
DeprsecipuisS. R. Ecclesise dignUatibus ; Bo- 
logne, 1625, 1649, m-4°. 
Mazzuchelli , Scrittori d'Italia. 

* RAGNOLi ( Giovanni-Francesco ) , peintre, 
né à Florence en 1678 , mort en 1713. On ne 
connaît autre chose de ce maître que son por- 
trait peint par lui-même, qui figure dans la col- 
lection des portraits de la galerie de Florence, 

E. B— N. 

Lanzi , Storia délia Piitura. — Galleria impériale e 
reale di Fiorenze. 

*BAGNOl>i (Vincenzio), sculpteur, né à 
Reggio-di-Modena , vivait à la fin du seizième 
siècle, n exécuta, avec l'aide de son frère Ber- 
nardo, les Quatre évangeUstes, et les ornements 
du chœur de l'église Saint-Pierre de Bologne. 

E. B— N. 

Orlandi, Abecedario Pittoriço. 

BAGNOLi (Jules-César) , po'ëte italien, né à 
Bagna-Cavallo , près Ferrarc , vivait dans la se- 
conde moitié du quinzième siècle ; il moumf vers 
1630. 11 se plaça au premier rang des poètes ita- 
fiens par son talent. Michel Pereth, prince de Ve- 
nafre, neveu de Sixte V , le combla de bieufaits. 
On a de lui : les Aragonais, tragédie; Trapani, 
1682 , in-4'' ; — le Jugement de Paris ; — une 
Canzone dédiée à Grégoire XV; 1623. 

Eritreo, Pinacotheca imag. illustr. y'irorum, 

* BAGNOLi. (Pierre) , savant camaldule de 
Bagna-Cavallo , vivait dans la deuxième moitié 
du seizième siècle, et fut général de son ordre. 
On a de lui : Orationes habitée in adventu Ant. 
Pisani; Ravenne, 1580, in-4°; — in Adventu 
Jul. Feltrii de Rovere; ibid., 1582 , in-4°; — 
Uabitœ in AbbatiaClassensi, ibid., 1585, in-4°. 

Mazzucheli, Scrittori d'Italia. 

BAGNOLi (Jean-Paul). Voy. Baglioni. 

* BAGNOLINO (Giovaïini- Maria Cerva, dit), 
peintre de l'école bolonaise, travaillait de 1640 
à 1 667 . Malvasia lui domie les prénoms de Pietro- 
Antonio, tandis que quelques biographes le nom- 
ment Giovanni-Maria da Bologna. Il fut élève 
de Menichino del Brizio , et peignit beaucoup à 
Venise et dans le Padouan. E. B — n. 

Oretti, Memorie, mss. — Ticozzi, Dizionario dei Pit- 
toj-i. — Lanzi, Storia dellaPittuia.— Malvasia, Felsina 
Pittrice. 

BAG1V&LINO (Jérâtne), poète italien, vivait 
dans la première moitié du seizième siècle. On a 
de lui : Operetta quai tratta degli mirabili 
fatti de un cavallero detto Tipaldo, Ferrarese 
(iw ottava rima); Venise, 1522, in-4°. 

Mazzuchelli , Scrittori d'Italia. ~ Adelung, Supplé- 
ment à Jëcber, Jllgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BAGNOLa (Jean-François-Joseph, comte), 
jurisconsulte et mathématicien, né à Turin en 
1709, mort en 1760. Outre son explication des 
Tables de Gubbio, Venise, 1748, son principal 
ouvrage, on a de lui : Sulla Gente Curzia e delU 



Età di Q. Curzio Vistorico; Bologne, 1741 , 
in-S" ; — Sul Ortatore (emploi de la marine) ; 

— SulV Aurora boréale; — un Traité sur le 
carré des nombres, dans la collection Galoge- 
rana. 

Mazzuchelli, Scrittori d'Italia. 

*BAGivuoLO (le comte), général napolitain, 
né dans le royaume de Naples à la fm du seizième 
siècle , mort dans la seconde moitié du dix-sep- 
tième. Ce général fut appelé par Philippe IV à 
servir dans un corps d'armée qui parvint à 
chasser les Hollandais du Brésil. Dans sa lutte 
contre Maurice de Nassau il développa une habi- 
leté incontestable ; et, ne pouvant résister ouverte- 
ment à cet habile général, il prit la résolution de 
se replier sur Bahia ; ce fut là qu'il reçut du vice- 
roi le commandement en chef de l'armée brési- 
lienne. Assiégé dans la capitale par le prince 
Maurice, il le força, en 1638 ( 28 mai), à regagner 
Pernambuco, après avoir souffert des pertes con- 
sidérables durant un siège de quarante jours. En 
récompense de ce service , il fut créé prince par 
Pliilippe IV, et reçut dans le loyaume de Naples 
on majorât transmissible à ses enfants. Les écri- 
xàim portugais altèrent son nom en l'appelant 
Banholo ou Banhuolo. FerdinjVjn'd Denis. 

Gaspar Barlœus , Rerum per ociennium in Brasilia et: 
alibi f/estarum sub prœfectu Mauritii, Nassovii co- 
mitis Mstoria; Amst., 1647, iurfol. — Southney, History 
of Brazil. 

BAGOAS, eimuque, favori d'Alexandre le 
Grand, d'abord attachée Darius. Il était doué 
d'une remarquable beauté, et Alexandre eut pour 
lui une de ces passions trop fréquentes dans 
l'antiquité ; il lui arriva de l'embrasser en plein 
théâtre. 
Q.-Curee, VI, 5 ; X, i. — Plutarque, Alexandre, 67. 

BAGOAS, eunuque égyptien, vivait dans la pre- 
mière moitié du quatrième siècle avant J.-C. H 
commanda les armées d'Artaxerxès-Ochus, qui 
en fit son ami, et lui confia la direction d'une par- 
tie des mercenaires lors de son expédition ea 
Egypte; ce qui n'empêcha pas Bagoas de l'em- 
poisonner ensuite, pour venger, à ce que dit 
Élien , l'outrage fait à la religion égyptienne par 
la mort du bœuf Apis. Il est plus probable que 
le roi Artaxerxès-Ochus s'étant rendu odieux 
par ses cruautés, Bagoas traduisit par un assas- 
sinat le seiilijneot d'aniraadveisioû publique ex- 
cité par ce prince, et dont il craignait sans doute 
de voir rejaillir les effets sur lui-même. 

Élien, V, Har., VI, 8. — Diod. de Sicile, XVL, 47, 49, 50 ; 
XVII, 5. — Strabon, XV, p. 736. — Arrien, Anab,, II, 41. 

— Q.-Curce, VI. 3, § 12. 

*BAGOAS-CARUS, favori d'Hérodele Grand, 
vivait dans la première moitié du premier siècle 
avant l'ère chrétienne. II fut surnommé Carus à 
cause de la faveur dont il jouissait auprès d'Hé- 
rode, ce qui ne l'empêcha point de conspirer 
contre ce prince , à cause des cruautés que ce 
dernier commettait en Judée. Le complot fut dé- 
couvert , et Bagoas fut puni de mort avec ses 
complices. 

Josèphe, Antiquités, liv. XVII. — Moréri, Dict. Mst, 

6. 



187 BAGOLINO — 

"*EAGOi.iNO (Jean-Baptiste) , médecin de 
Vérone, fils du précédent, vivait dans la der- 
nière partie du seizième siècle. Il possédait par- 
faitement le grec et le latin , et il a même laissé 
des traductions dans ces deux langues. H colla- 
bora à un grand travail sur Aristote, qui ne fut 
imprimé qu'après sa mort. 

Rose, Neiv Biographlcal Dictionàry. 

*BAGOLiNO [Jérôme), médecin italien , né 
à Vérone au commencement du seizième siècle. 
La date de sa mort est ignorée. Il fut professeur 
de philosophie et de médecine pratique à l'uni- 
versité de Padoue. On a de lui ( en collaboration 
avec son fils) : De fato , deque eo quocl in 
nostra potestate est, ex mente Aristotelis, li- 
ber eximius Alexandri Aphrodisiensis, latine 
vertit Hieronymus Bagolinus; Veronse, 1516, 
in-fol. ; Venise, 1541,in-fol.; 1549, 1553, 1559, 
în-fol. ; — Aristotelis priora resolutoria , la- 
tino sermone donata, et commentariis illus- 
trata a J. -Francisco Burana, adjecta Aver- 
rhois expositione secundi secti de facultate 
propositionum , et Averrhois in eosdem com- 
pendio, eodem Burana interprète, cum annot. 
H. Bagolini ;\etâse, 1536, in-fol.; Paris, 1539, 
in-fol. ;■ Venise , 1567, in-fol. ; — In Aristotelis 
libros duos de generatione et corruptione, 
commentarii Johannis Philoponi, H. Bago- 
lino, interprète ;Ye.mse, 1541, 1549, 1555, 
1559, 1563, in-fol. ; — Commentarii Syriani in 
m. m, XIII et XIV Metaphysicorum Aristo- 
telis, ex interp. H. Bagolini ;Yen\se, 1558, 
in-4°; — Collectanea in libros priorum, in li- 
bros I et II posteriorum Analyticorum , lec- 
tura privata. Les manuscrits de ces deux der- 
niers travaux existaient à la bibliothèque de Pa- 
doue, du temps de Tomassini. 

Mazzuchelli, Scrittori d'Italia. 

SAGOLiNO (Sébastien) , peintre, musicien 
et poète italien, né à Alcamo en Sicile le 19 jan- 
vier 1560, mort le 27 juillet 1604. On a de lui : 
jEmblematum moralium D. Jo. Horoscli Co- 
vazuvias et Leyva, libri III ex hispana lingua 
latino carminé redditi; Girgenti, 1601,in-8°; 
— Sacra symbola ad Clementem VIII, ejusdem 
Horoscii latinitate donata; Girgenti, 1601, 
ÎD-8°; — Carmina; Palerme, in-8°, sans date. 

Maziuchelli, .îcnitori (i'/ia/ja. —Adelung, Supplément 
à Jôcher, Mlgemeines Gelehrteii'I.exicon. 

*BAGOPHANES, général babylonien, vivait 
dans la seconde moitié du quatrième siècle avant 
J.-C. Il commandait la citadelle de Babylone, et 
la remit avec les trésors royaux à Alexandre , 
après la bataille de Gaugamèle en 331 avant J.-C. 

Quinte-Curce, V, 1. 

BAGOT (Jean), jésuite français, né à Rennes 
en 1580, mort le 22 août 1664. Il fut professeur 
de philosophie dans plusieurs collèges de France, 
censeur des livres et théologien de son général 
à Rome, et enfin recteur de la maison professe 
à Paris. Parmi les ouvrages qu'il a publiés, il y 
en a un, Defensio juris Episcopalis, 1655, qui 



BAGRATION 



168 



souleva de graves discussions , parce qu'il s'y 
trouvait diverses propositions ultramontaines. 
L'ouvrage fut supprimé par l'assemblée du clergé. 
Le P. Bagot prit part aux querelles de sa société 
avec Port-Royal. On lui attribue l'établissement 
à Paris d'une société de jeunes prêtres qui de- 
vint, plus tard, le séminaire des Missions étran- 
gères. 

Le Bas, Encyclopédie de la France. 

* BAGOT (Louis), théologien anglais, né dans 
la première partie du dix-huitième siècle , mort 
en 1802. Il était fils de lord Bagot, et étudia à l'é- 
cole de Westminster, puis au collège du Christ, 
à Oxford, où il se distingua. Il fut ensuite nommé 
chanoine, et obtint l'évêché de Bristol, et succes- 
sivement ceux de Norwich et de Saint-Asaph. 
On a de lui : Lettre au docteur Bell sur le sa- 
crement de V Eucharistie ; in-8''; — Sermons 
sur les prophéties; — quelques discours et 
éloges. 

Chaudon, Dictionnaire historique. 
BAGOT (N...), médecm à Saint-Brieuc, dans 
le département des Côtes-du-Nord , adopta les 
principes de la révolution sans comprendre ses 
mipérieuses exigences. Nommé en 1791 à l'as- 
semblée législative, il siégea constanunent parmi 
les modérés , qui combattirent toutes les mesures 
patriotiques. Dans la discussion qui s'éleva à la 
séance du 20 octobre 1701, à propos du serment 
exigé des prêtres, il vota contre toute loi ré- 
pressive. Depuis ce temps , il ne parut plus sur 
la scène politique. 

Le Bas, Encyclopédie de la France. 
BAGRATiON (Pierre, prince), général russe, 
né vers l'an 1762, mort le 24 septembre 1812. 
Descendant des Pagratides de Géorgie , il entra 
au service de Russie en 1782 avec le grade de 
sergent, et prit d'abord part à la guerre contre 
les peuplades du Caucase et du Cuban, qui furent 
soumises à la domination russe. Colonel en 1788, 
il assista à l'assaut d'Oczakow, et en 1794 il se 
signala à l'armée de Pologne. Distingué par Sou- 
warof, il fit, avec ce général, les guerres d'Italie 
et de Suisse. Le 10 avril 1799, il se rendit maître 
de Brescia, et fit prisonniers dix-huit cents hom- 
mes. Il lutta avec avantage contre Serrurier et 
Moreau. Il commandait l'avant^arde à la ba- 
taille de laTrébie, et se signala ensuite dans l'État 
de Gênes , puis en Suisse. A son retour en Rus- 
sie, il tonia, comme Souwarof, dans la disgrâce 
de Paul I*'. En 1805 , sous le successeur de ce 
prince, il commanda l'avant-garde de l'armée 
austro-russe de Koutousof. Il fit des prodiges de 
valeur dans les journées des 13 et 16 novembre, 
et contribua à dégager l'armée de Koutousof en 
lui permettant, par d'habiles et vigom-euses di- 
versions, d'arriver à Znaïm. Bagi'ation fut élevé 
alors au grade de lieutenant général. A Auster- 
litz, il commandait encore une avant-garde, celle 
du prince de Lichtenstein, et se comporta dans 
cette journée, comme plus tard à Eylau età Fried- 
land, avec une constante valeur. En 1808, il 



169 



BAGRATION — BAHABUL 



170 



occupa la Finlande, et battit les généraux Loe- 
wenhielra, Klingsparre et Doebeln; et le 10 mars 
de la même année, il entra à Abo. En 1809, il 
prit part à la bataille de Silistrie, et mit fin à la 
guerre en écrasant les Turcs venus du camp 
d'Andrinople. Il fit encore une partie de la cam- 
pagne de 1812, mais moins heureusement cette 
fois; il échoua à Mohilew contre Davoust, et fut 
frappé mortellement à Mojaïsk le 7 octobre. Peu 
de généraux eurent une carrière mieux et plus 
honorablement remplie. 

Conversations-Lexicon. — M. de Ségur, Histoire de 
Napoléon et de la grande armée. 

KAGRIANSKT {Michel Ivanovitch), méde- 
cin russe, né à Moscou en 1760, mort en 1810. 
Il fut professeur à la Faculté, et secrétaire de l'A- 
cadémie médico-chirurgicale de Moscou. Il de- 
meura quelque temps à Leyde. A son retour en 
Russie vers 1790, il fut arrêté sur le soupçon de 
propagande des principes révolutionnaires fran- 
çais. H resta enfermé jusqu'à l'avènement de 
l'empereur Paul, qui l'envoya comme médecin 
officiel du gouvernement'à Yaroslav ; il fut promu 
en 1800 au poste d'inspecteur du corps médical. 
Il a laissé quelques mémoires mentionnés dans 
le Dictionnaire des auteurs russes de Snigne- 

Snignerey, Slovar, etc. 

BAGSHAW (Christophe), théologien anglais, 
mort à Paris en 1525. Il étudia la logique, la phi- 
losophie et la théologie, et passa successivement 
du protestantisme au catholicisme, sans trop 
s'attacher à l'un ou l'autre des deux cultes. On 
a de lui , entre autres : JDeclaratio motuum in- 
ter Jesuitas et sacerdotes seminariorum in 
Anglia; Rouen, 1601. 

Wood, Athense Oxonienses. 

* BAGSHAW (£'ÉfoMffrd),juriscons)ilte anglais, 
mort en 1662. Il se fit d'abord connaître par son 
opposition à l'épiscopat anglais. Devenu membre 
du long parlement en 1640, il s'aperçut bientôt 
des tendances violentes de cette assemblée , ce 
qui lui fit prendi-e la résolution d'embrasser le 
parti du roi. Mais il tomba aux mains d'un corps 
d'armée parlementaire, et fut emmené à la prison 
du banc du roi. On ignore la durée de cet em- 
prisonnement. On sait seulement qu'il écrivit 
alors ses œuvres de polémique. On le trouve 
en 1 660 au service du roi, avec le titre de tréso- 
rier du Middle-Temple. On a de lui : the Right 
of the crown of England as it is established 
by Law ( le Droit de la couronne d'Angleterre 
suivant qu'il est établi par la loi ) ; — Defence of 
the Church, in respect ofthe Revenues, and 
in respect oj the Doctrine, Liturgy and Dis- 
cipline (Défense de l'Église au point de vue 
des revenus, de la doctrine , de la liturgie et de 
la discipline). 

Rose, New Biographical Dictionary. — Jôcher, Jllg. 
Gelehrten-Lexicon. — Wood , Athen. Oxon. 

*BAGSHAW (Edouard), fils du précédent 
Edouard Bagshaw, publiciste et théologien anglais, 
mort en 1671. Sa vie ne présente qu'une longue 



suite d'agitation et de tourments. Élève d'Ox- 
ford , puis second professeur à Westminster, il 
embrassa ensuite l'étaf ecclésiastique; mais à 
partir de ce moment il se trouva engagé dans de 
si nombreuses polémiques', il y déploya une telle 
violence, que le gouvernement eut recours à des 
mesures arbitraires contre lui. D fut emprisonné 
à Gate-House, à la Tour, enfin à Nevrgate, oii, dit- 
on , il mourut. On a de lui : Dissertationes an- 
tisocinianœ , 1657 ; — De Monarchia absoluta , 
1669. 

Wood , Âthenx Oxonienses. — Rose, New Biogra- 
phical Dictionary. 

* BAGSHAW (Henri), frère du précédent, théo- 
logien anglais, mort le 30 décembre 1709. Son 
caractère et sa vie présentent un parfait con- 
traste avec ceux de son frère. Élève d'une force 
comme lui , il accompagna en Espagne, en qua- 
lité de chapelain, l'ambassadeur anglais Richard 
Franshaw. A son retour, il remplit les mêmes fonc- 
tions auprès d'autres personnages considérables. 
On a de lui : Diatribes et discours contre les 
papistes et les sociniens ; 1680. 

Rose , New Biographical-Dictionary. 

* BAGUTTi ( Pietro-Martire ) , sculpteur po- 
lonais, vivait à la fin du dernier siècle. D excel- 
lait dans l'ornement; ses décorations, de très-bon 
goût, sont justement appréciées dans plusieurs 
églises de Bologne , telles que celles des Servi , 
des Célestins, de Sainte-Catherine de Saragosse, 
et de Santa-Maria délie Muratelle. 

E. B— N. 
Maivasia, Pitture , Sculture ed Architetture délia 
Città di Bologna. 

* BAGWEL.L ( Guillaume) , mathématicien et 
astronome anglais, vivait au dix-septième siècle. 
n est l'auteur d'un ouvrage très-connu, intitulé 
the Mystery of Astronomy made plain;\a-i2, 
Londres, 1655, 1673. Clavel, dans son catalo- 
gue, lui attribue un autre livre : Sphinx The- 
banus , description arithmétique de deux glo- 
bes. Bagwell fit partie de la commission char- 
gée d'apprécier la validité de la demande de Bond, 
qui prétendait avoir découvert la longitude. 

Rose, New Biographical Dictionary. 
BAHA-DAULAH. Voy. B0HA-EdDA.ULAH. 

* BAHABUL (le Fou), bouffon d'Haroun-al- 
Raschid, vivait dans la'seconde moitié du dix-, 
huitième siècle. Parmi les reparties qu'on lui 
attribue, il en est qui ne manquaient ni de sel, ni 
même de profondeur. Ainsi , on lui annonça un 
jour que le khalife l'avait établi surintendant des 
loups, renards et singes de l'empire : « C'est-à- 
dire, répondit-il au porteur de cette nouvelle, que 
le khalife m'a fait souverain de tout le pays , et 
surtout des courtisans. » — Une autrefois, il lui 
arriva d'aller s'asseoir sur le trône du khalife. 
On l'en chassa à coups de canne lorsque ce 
souverain entra : « Prends garde ! dit-il au kha- 
life. Pour m'être assis à taplace,3'aireçu bien des 
coups ; que ne dois-tu pas end urer, toi qui t'y viens 
asseoir chaque jour ? » 

Cbaïa^on et DeiaçdiBÇj Dictionnaire historique, ; 



171 



BAHMIONDE - BAHR 



172 



* ÊAHAMONDfi {fo.-Martinez), écrivain es- 
pagnol, vivait dans ta première moitié du dix- 
septième siècle. On a de lui : Elogios de algu- 
nos santos y santas, ij de algunos barones 
excellentes en vertud; Mayence, 1624, in-fot. 

Jôcher, JHgemeines Gelekrten-Lexicon. — Antonio, 
SiMiot/i. hisp. nova. 

* BÂHARAM-cuRi, sultan de Perse, vivaitdans 
la première moitié du cinquième siècle. Il eut 
pour précepteur Noaman le Sage. Pendant qu'il 
était en Chaldée avec lui , un usurpateur s'em- 
para de ses États. Baharam vint l'attaquer avec 
une armée considérable. Mais au moment d'en 
venir aux mains , on s'arrêta à ua accommode- 
ment singulier : il fut convenu que la couronne 
serait à celui qui irait la prendre entre deux lions 
affamés. Au jour fixé, l'usurpateur, nommé Kesra, 
éluda la convention : « Je suis souverain, disait- 
il ; ce n'est donc pas à moi de commencer. » Son 
compétiteur n'hésita plus alors ; il se précipita 
sui" les lions , les tua, et mit la couronne sur sa 
tête. Frappés de ce courage extraordinaire, les 
Persans et Kesra lui-même se soumirent au pou- 
voir du vainqueur. Il régna dix-huit ans. Il est 
question de lui dans Saadi, Règne de Gulistan. 

Chaudon et Delandine, Dictionnaire historique. 

*BAHiER (Jean), oratorien et poète fran- 
çais, mort en 1707. Il a laissé : Fuquetius in 
vinculis, poëme latin composé lors de l'arresta- 
tion du surintendant Fouquet; — In tabellas 
pictoris Jo. de Werner, ad Eustachium Qui- 
not Carmen. 

Lelong, Biblioth. hist. de la France. 

^BAHIL. (Mathias), théologien hongrois, vi- 
vait vers la seconde moitié du dix-huitième 
siècle. Il traduisit l'ouvrage de Cyprien sur l'O- 
rigine et la marche progressive de la papauté 
dans la Bohême, et fut persécuté pour ce mo- 
tif. Obligé de s'enfuir de la Hongrie, il se rendit à 
Bieg, où il publia son histoire et ses tribulations 
sous le titre : Traurige Abbiléung der Protes- 
tanten in Ungarn; 1747, in-8°. 

Adclung, Supplément à Jôcher, Allgemeines Celehrten- 
Lexicon. 

*BAHN {Christian-Aug.), théologien et po- 
lygraphe allemand, né le 28 mai 1703, mort le 7 
octobre 1755. Il étudia à Wittenberg, devint 
prédicateur, puis aumônier d'un régiment de ca- 
rabiniers qu'il suivit en Pologne. A son retour, 
Bahn fut archidiacre à Frankenstein, et plus tard 
pasteur à Sachsenbourg. On a de lui : Schediasma 
de Alpha et Oméga Grsecorum ; Meissen, 1731, 
ui-4° ; — Kurze und grundliche .Beschreibung 
des Amtes , Schlosses und Stàdtchens Fran- 
Tienstein (Histoire de la ville de Fi'ankenstein ) ; 
Dresde, 1747, in-4'' ; — Die Freude ùber wofil 
gerathene Kinder (De la joie d'avoir des enfants 
bien élevés), 1748, in-4°; — Historische Na- 
chrichten von Frankenberg an der Zsoschau 
und Sachsenburg in Meissen ; Schnéeberg, 1 745. 

Adelung, Supplément à Jôcher, Allgemeines Gelehrten- 
Lexicon. 

* BAHN (iVicoto), théologien allemand, né en 
1664, mort en 1704. Il étudia à léna, et devint 



pasteur à Dobra et ailleurs. On a de lui : (le 
Sang innocent répandu), Das unschuldig ver- 
gossne Blnt, 1699; — Das Neue Lied (le Cliaat 
nouveau ) ; — Die von Golt kommenden grau- 
samen Sturmioinde welche in 1715, viel tau- 
sende Baume in den sûdiichen Wàldern, etc., 
(de l'épouvantable Ouragan envoyé de Dieu pour 
déraciner des milliers d'arbres dans les forêts 
méridionales), 1715; — Jagd und Jagd-histo- 
rie (Vénerie et histoire de Vénerie) , en ma- 
nuscrit. 

Adelung, Supplëment à Jôcher, Allgemeines Gelehrten- 
Lexicon. 

bahjVSEX [Benoit), théologien mystique, 
natif d'Eyderstœdt dans le Holstein, vivait dan:; 
la seconde moitié du dix-septième siècle. Il 
exerça d'abord à Amsterdam le métier de teneur 
de livres. Il publia sous son nom divers ouvrages 
mystiques, tels que : l' Anti-Christianisme , 
dont le véritable auteur était Joachim Betkius ; 

— le Traité mystique des trois siècles et de 
leur grand mystère, de Jules Superbus; — 
V Avant-couretir de la grande conjonction de 
1663, de Godefroi Fiirchtenichts ; — les Révé- 
lations divines communiquées à Christophe 
Cottern , depuis Vannée l&i& jusqu'à l'année 
1624. 

Jôcher, Allgem. Gelehrten-Lexicon. 
BAHJV {Jérôme) , théologien allemand, natif 
de Hambourg, mort en 1744. On a de lui : 
Hôchstverderbliche Au/erziehung der Kin- 
der bey den Pietisten.... (Mauvaise éducation 
des enfants chez les Piétistes ); 1709, in-4°; — 
Johann Arndius Anti-Pietista ; 1712, in-S". 

Adelung, Supplément à Jôcher , Allgemeines Gelehr- 
ten-Lexicon. 

*BAHB {Joseph-Frédéric) , théologien alle- 
mand, né en 1713, mort en 1775. De Leipzig, 
où il étudia en 1730, il vintà Wittenberg. En 1739, 
il devint diacre à Bischofswerda en 174 1 , pasteur 
à Schœnfeld ; puis il remplit successivement di- 
verses autres fonctions ecclésiastiques, en même 
temps qu'il obtint des grades et des titi'es nou- 
veaux ; enfin il devint surintendant (évêque pro- 
testant). On a de lui entre autres ouvrages : Ab- 
handlung der reinen Lehre unserer Evange- 
lischen Kirche von der Sterblichkeitunddem 
Leiblichen Tode des mejischltchen Geschlechts, 
wider den Democritum redivivum, und andei'e 
Socinianische Schivsermer (Traité de la pure 
doctrine de notre Église évangélique au sujet de 
la destructibilité et de la mort corporelle de l'es- 
pèce humaine, pour répondre au Démocrite 
ressuscité et autres sociniens ) ; — De sapien- 
tissimo legis et Evangeliinexu; Leipzig, 1749. 

— Prascepta oratorise sacrée ; — Lebens- 
Geschichte Jesu Christi (la Vie de Jésus- 
Christ), 1772. 

Adelung, Supplément à Jôcher , Allgemeines Gelehr- 
ten-Lexicon. 

*BAHR {Thomas), théologien allemand, 
vivait probablement dans la seconde moitié du 
dix-septième siècle. On a de lui : Disisert. II 



173 BÀHR — BAÏDEL 

de Cartesio de omnibus dubitante; Greifs- 
wald, 1693, inr-4» ; — Eaniena Paséwalcensis ; 
Prenslow, 1705, in-4°. 

Adelung , Supplément à Jôcher, Allgemeines Gelehr- 
ien-Lexicon. 

BAHRDT ( Charles- Frédéric ) , théologien 
protestant, né à Bischoffs-Werda , en Misnie, 
le 15 août 1741, mort le 24 avril 1792. Il étudia 
à Leipzig, et se fit d'abord connaître comme 
prédicateur. Controversiste ardent, il se fit par- 
tout de nombreux ennemis, et, doué d'un esprit 
inquiet , il quitta successivement toutes les pla- 
ces qu'il avait «wcupées à Leipzig comme pro- 
fesseur de pliilologie biblique ; à Erfurth, comme 
professeur de phUosophie ; à Giessen, comme 
prédicateur; à Maschlins (canton des Grisons), 
comme directeur du Philanthropinon , et 
comme superintendant-général (archevêque pro- 
testant) à Duiitheim, dans les domaines du 
prince de Linange-Dachsbourg. Déclaré inca- 
pable d'exercer aucune fonction ecclésiastique, 
avec défense de publier aucun écrit dans les 
pays de l'Empire germanique , il se réfugia à 
Halle en Prusse, et établit, aux portes de cette 
ville, une taverne achalandée par ses nombreux 
élèves et par une foule de curieux. Il mourut 
accablé de chagrins domestiques que lui» avait 
attirés sa conduite irrégulière. Entre autres 
ouvrages, on a de hii : jEssai d'nn système 
d'O'gmatiqne biblique, 2 vol. in-8°; Gottia et 
Erfurth, 1769-1770; — Considérations libres 
sur la religion de Jésus; Leipzig, 1785, in-8°; 

— les Nouvelles révélations de Dieu, 4 volumes 
in-S"; Riga, 1774; — Profession de foi occa- 
sionnée par un arrêt de la cour impériale; 
Berlin j 1779, in-S"; — Traduction de Tacite, 
1 vol. ; 1781, in-8" ; — Satires deJuvénal, tra- 
duites en vers , 1781, in-8° ; — Apologie de la 
raison , appuyée sur les principes de V Écri- 
ture; ZiJllichau, 1781, in-8°; — Exposé com- 
plet des dogmes de lareligon; Berlin, 1781, 
in-S" ; — De la liberté de la presse, etc., 1787 ; 

— Histoire de la vie , des opinions et des desti- 
néesde Ch.-F. Bardt;'i\o\. in-8"., Berlin, 1791; 

— Catéchisme de la religion naturelle, etc.; 
Gœrlitz, 1795, in-8''; — Bibliothèque de théo- 
logie universelle ; Mittau, 1775, 4 vol. in-8°. 

Ersch et Gruber, Allgem. Encyclopsedie. 

*BAHRËiv (Philippe Vam.), peintre néer- 
landais , vivait dans la seconde moitié du <ïïx- 
septième siècle. Il peignit avec succès les fleurs 
et la iriiniature , et devint inspecteur de la gale- 
Tié de peinture de l'archiduc Léopold. 

Nagler, ffeues Allgemeines Sûnstler-Lexicon. 

*BAi ou BAIS ( Thomas ), chanteur et com- 
positeur italien, natif de Bologne, mort le 22 dé- 
cembre 1714. Il fut d'abord ténor, puis maître 
de la chapelle du Vatican. Il laissa un Miserere 
à 5 et à 4 voix. C'est un chef-d'œuvre , dont le 
style est plein d'élévation ; on le chanta chaque 
année au Vatican, concurremment avec le Mise- 
rere d'Allegri. L'œuvre de Bai se trouve dans la 



174 

Collection de musique sacrée de ChorcHi , que 
l'on chante dans la chapelle pontificale pendant 
la semaine samte. 
Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

BAïAK ou BAiON ( André) , prêtre indien, 
natif de Goa , vivait dans la première moitié du 
dix-septième siècle. Il embrassa le christianisme 
et vint à Rome, où il entra dans les ordres. On 
a de lui : Traduction de l'Enéide envers grecs; 

— Traduction de] la Lusiade de Camoëns, en 
vers latins. 

Chaudon et Delandine , Dictionnaire historique. 
BAiARDi ou BAIARDO ( André ) , poète ita- 
lien , natif de Parme, vivait au commencement 
du seizième siècle. Il obtint la faveur de Ludo- 
vic Sforze , duc de Milan. Il eut même une cer- 
taine opulence, et posséda le château d'Albari, 
qui avait été pris et démantelé en 1482. Ses 
poésies sont peu remarquables. On a de lui : 
Libro d'Arme e d'Amore nomato Philo- 
gine; etc.; Parme , 1507, in-4'' ; Venise , 1520 ; 

— Recueil de Rime, composition médiocre , dont 
une partie a été publiée par J.-Fr. Fogliazzi ; 
Milan, 1756, \n.^2,°, avec la vie de l'auteur. 

Mazz.ucheUl, Scrittori d'Itatia. 

BAIARDI OU BAIARDO (Octave-Antoine) , 
antiquaire itahen, né vers 1690, mort vers 1765. 
n embrassa l'état ecclésiastique, et devint bientôt 
référendaire et notaire du saint-siége. En 1747, 
il commença , sur l'ordre de Charles III , roi de 
Naples, la descripti<Mi des ruines d'Herculanum, 
nouvellement exhumées , par la rédaction du ca- 
talogue des monuments rassemblés à Portici. 
Le travail entier, entrepris sur une trop grande 
échelle , était précédé d'un prodrome où étaient 
discutés avec une grande prolixité l'époque, les 
suites et l'utilité des fouilles d'Herculanum, Im- 
patienté du retard de la description même des 
monuments , le roi en chargea plusieurs savants 
composant l'Académie Ercolanese. Baiardi resta 
cependant président de cette académie avec le 
traitement de six mille écus. Il laissa des poésies 
et d'autres ouvrages manuscrits. Le seul ouvrage 
imprimé est le prodrome cité ; il a pour litre : 
Prodromo délie anfichità d'Ercolano;'N8iples, 
1742-1756, in-4'', 5 vol., orné du portrait en 
médaillon de l'auteur. Baiardi a collaboré à la 
première partie du magnifique ouvrage intitulé 
le Antichità di Ercolano esposte , con qualche 
spiegazione; Naples, 1757-1792, in-fol., 9 vol. 
divisés en pemtures ( 5 vol. ), bronzes ( 2 vol. ), et 
candélabres (1 volume). 

L'abbé Barthélémy, Voyage en Italie, p. S2, ISl, 307 
et 403. 

* RAIBEY (Louis), évêque et tliéologien an- 
glais, mort en 1632. D laissa Praxis pietatis, 
ouvrage qui, à partir de 1732, eut quatre-vingt- 
dix éditions. 

Adelung, StipplëineBt à Jficher-, Ailgemeinës Gelehrten- 
Lexicon. 

* BAiDËL ( Mbolas ), théologien français, vi- 
vait dans la première moitié du seizième siècle. 
On a de lui à la Bibliothèque de Paris : Sermo- 



175 



BAIDEL — BAIER 



176 



nés dominicales et de Sanctis dormi secure 
nuneupati; Paris, 1538, m-8°. 

Adelung, Suppi. à Jôcher, Allgem. Gelehrten-Lexicon. 

* BAiDHAR OU BAissAR, roi d'Égyptc, vi- 
vait à une époque incertaine. Il ^divisa son 
royaume entre ses quatre fils': Cabth , Ishmoum, 
Atrib , et Ssa. 

Chanopollion, rÊgypté sous les Pharaons. 

* BAIDHAVI ( Nassereddin-Abusaid-Abdàl- 
lah ben Omar ) , commentateur et théologien 
persan, vivait dans la seconde moitié du treizième 
siècle. On a de lui : Commentaire sur le Ko- 
ran, ouvrage utilisé par du Ryer pour sa traduc- 
tion du Koran en français ; — Attavaleh ou dog- 
mes et principes de la religion de Mahoviet ; 
— Nezàm attawarikh (Histoire générale). 

Rose, New Biographical dictionary. 

BAioc-RHAN OU BAIDU-OGUL, roi tartare 
ou mongol , de la race de Djenghiskhan, mort en 
1294. Ses partisans firent périr son prédécesseur, 
pour mettre Baidu-Khau sur le trône. Mais il eut 
bientôt à lutter contre Gazan, gouverneur du 
Khorazan, qui, voulant venger la mort du précé- 
dent souverain , se fit un parti à la cour de Baidu, 
et envoya des troupes contre lui. II fut aban- 
donné par les siens, puis vaincu et mis à mort 
par Neuruz, général de Gazan , après un règne 
de huit mois seulement. 

D'Herbelot, Bibl. orient. — Moréri, Dictionnaire 
Mstoriqtie. 

* BAiEL(/^rdme), traducteur allemand, vi- 
vait dans la première moitié du dix-septième 
siècle. H laissa un traité de Senectute de Cicéroti, 
traduit en allemand; Augsbourg, 1626,in-8°. 

Adelung, Suppl. à Jôcher; Allgem. Gele/irten-Lexicon. 

* BAIER { Ferdinand- Jacques ) , médecin 
allemand, né à Altdorf le 13 février 1707 , mort 
vers 1770. Il étudia dans sa ville natale, et y 
soutint une thèse : de Fulminibus ordini lit- 
teratorumfatalibus;yVmzbouTg, 1724, in-4°. 
Pour examiner les eaux thermales et la minéra- 
logie, il fit un voyage sur les bords du Main 
et du Rhin: il visita Spa, et séjourna quelque 
temps à Leyde , à Amsterdam, à Hambourg, 
et parcourut le Harz. A son retour dans sa 
patrie, Baier fut reçu docteur, et en 1750 il 
obtint le décanat du collège médical de Nurem- 
berg. On a de lui plusieurs mémoires, tels que 
De Vulnere dysipulefo scroti scarificatione 
sanato; — de Fungo verrucoso per sectionem 
féliciter ablato; — de vena; Sectione prophy- 
lactica, purgatione prxmittenda ; — de ido- 
lis variarum gentium in museo Garantis P. 
M. quondam obviis; — de Medicamentis fœ- 
tumpellentibusvereconfortativis;-^fdemorbi 
complicati Specimine singulari; insérées dans 
les Actes de là Société des Curieux de la nature , 
dont il était membre ; — Epistola itineraria ad 
Chr.-Jac. Trew, 1766; — Ursulee Gansiœ epis- 
tola arcana, ad lo. Frid. Heresium; Ochsen- 
furt, 1768, in-8''. 

Will, Nûraberg, Gelehrten-Lexicon. 



BAIER {Jean- Guillaume), dit V Ancien, \héo- 
logien allemand, né en 1647, mort en 1695. Il 
était fils d'un marchand de Nuremberg, et fut 
élevé avec soin. Il s'appUqua également au droit 
et à la théologie; et en 1673 il professa l'histoire 
ecclésiastique. En 1682, il fut chargé de confé-. 
rer avec l'évêque de Tina sur les moyens de ré- 
concilier les protestants avec les cathohques. En 
1694 il professa la théologie à Halle; et en 1695 
il fut appelé à Weimar pour y faire partie du 
consistoire, et remplir les fonctions de chapelain 
du prince ; mais il mourut bientôt après. On a 
de lui : Compendium theologias positivx ho- 
mileiicœ, historien moralis et exegeticse; 
1686, iii-8°; — Collatio doctrinas pontificio- 
rum et protestantium ; 1692, in-4°; — Col- 
latio doctrinas Quakerorum et Protestan- 
tium; 1694, in-4''. 

Jôclier, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 
* BAIER (Jean-Guillaume),',ûls aîné du 
précédent, théologien et naturaliste, né à léna le 
12juia 1675, mort à Altdorf le 11 mai 1729. Il 
ne fut pas moins célèbre que son père en théolo- 
gie. On a de lui : Disputatio de Behemoth et 
Leviathan, Elephante et Balena; àliàoxï, 1708, 
in-4° ; — Disputatio de Fossilibus, diluvii uni- 
versi monumentis; Altdorf, 1712, in-4°. Baier 
prétend que les deux grands animaux dont parle la 
Bible, au livre de Job, sont la baleine et l'élé- 
phant; il s'attache aussi à prouver que les fos- 
siles sont des monuments du déluge universel. 

Biographie médicale. 

BAIER ( Jean- David), théologien, frère cadet 
du précédent, né à léna le 30 décembre 1681, 
mort le 11 septembre 1752. Après avoir fait ses 
études dans sa ville natale, il visita Leipzig, 
Halle et Nuremberg. Il fit ensuite une éducation 
particulière et fut quelque temps attaché comme 
prédicateur à la cour de Weimar. II remplit 
plus tard plusieurs autres fonctions ecclésiasti- 
ques dans diverses localités. En 1730 il alla pro- 
fesser la théologie à Altdorf, et remplit avec dis- 
tinction cet emploi jusqu'à sa mort. 

H laissa, entre autres ouvrages : Disputatio de 
Erroribus politicis Constantino M. imputa- 
tis ; — Soliditas vise, quam vocant , causali- 
tatis, pro asserenda numinis existentia, 
contra Poiretum;léndi, 1707, in-4°; — Disp. 
de Jo. Hunniadis, S. Corvini, Hungarise gu- 
bernatoris ortu et nativitate; léna, 1708, 
in-4'' ;— Disp. de Phœnicibus, eorumque stu- 
diis et inventis; léna, 1709; — Probl. Theol. 
utrum Johannes Baptista fuerit Thauma- 
turgus; léna, 1734, in-4°. 

Adelung, Suppl. à Jôcher, Allgem. Gelehrten-Lexicon. . 

BAIER (Jean- Jacques), frère des deux pré- 
cédents, médecin et naturaliste, né à léna le 14 
juin 1677, mort le 14 juillet 1735. Il était le plus 
jeune des fils de Jean-Guillaume Baïer, le célè- 
bre théologien. II étudia la médecine dans son 
pays natal, et parcourut ensuite tout le nord de 
l'Allemagne, pour revenir enfin à léna, où il fut 



177 



BAIER — BAIF 



178 



reçu docteur. Agrégé au collège des médecins 
de Nuremberg, il fut appelé, en 1703, comme 
professeur à AJtdorf. Lucas Schrœcl. l'admit 
au nombre des membres de l'Académie des Cu- 
rieux de la nature, sous le nom d'Eicgenianus. 
Il en devint successivement président adjoint et 
président honoraire, avec le rang d'archiatre 
impérial et de comte palatin. Il fut aussi pro- 
fesseur de physiologie et de chirurgie à Altdorf, 
et il occupa cette chaire jusqu'à sa mort. On a 
«le lui un grand nombre d'ouvrages, entre autres : 
Oryctographia Norica, sive rerum fossilium 
ad minérale regnum pertinentium , in terri- 
torio Norimbergensi ejusque vicinia observa- 
tarum, succincta Descriptio; Nuremberg, 
1708, in-4'' , tab. 6. L'auteur en a donné des 
suppléments qui ont été imprimés dans la des- 
cription de son musée , publiée sous le titre de 
Sciagraphia, et insérés dans les Actes des Cu- 
rieux de la nature, vol. 2, appendix. L'ou- 
vrage principal et les suppléments furent réim- 
primés ensemble à Nuremberg, avec 8 planches, 
en 1758, in-fol.; — Sciagraphia musaei 5Mi;No- 
rimbergae ; 1730 , in-4° ; — Adagiorum medico- 
rum Centuria; Altorfn, 1718, in-4°; — Borti 
medici Academiae Altorfinensis Historia; ac- 
cedit ejusdem auctoris Commemoratio cele- 
brioriim Germanica; hortorum botanico-medi- 
corum; Altorfii, 1727, in-4° ; — Biographia 
professorum medicinse qui in academia Al- 
torfina vixerunt ; Norimbergee et Altorfii , 
1728,in-4° ; — Orationum varii argumenti Fas- 
ciculus; Altorfii, 1729; — Animadversionesphy- 
sico-medicas in Novum Testamentum, 1736, 
in-4'' ; — Dissertatio botanico-medica de Arte- 
misia; Altdorf, 1720, in-4". — On trouve en- 
core une foule de dissertations de Baier dans les 
volumes H et III des Actes de V Académie des 
Curieux de la nature (1730 et 1733). 

Son fils a publié des suppléments au principal 
ouvrage du père, sous ce titre .• Monumenta re- 
rum petrificatartim prœcipua, Oryctographia; 
Noricx supplementi loco jungenda , inter- 
prète filio Ferd.-Jacobo ^aiero ;NorirabergBe, 
1757, in-fol.; — Epistolae ad viros eruditos, 
eorumdemque Responsiones (1700-1733), cu- 
rante filio Ferd.-Jacobo Baiero; Francfurt et 
Leipzig, 1760, in-4°. 

Biographie médicale - Adelung, Sapplément à Jô- 
cher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BAÏF {^Lazare de), savant et diplomate fran- 
çais, né vers la fin du quinzième siècle au châ- 
teau des Pins, près de la Flèche (Sarthe) , mort 
en 1547. Iliut conseiller du roi François I*"", et 
ambassadeur de France à Venise et en Allema- 
gne. Outre les traités de Re navali, de Re ves- 
tiaria, de Re vascularia , on a de lui : Y Electre 
de Sophocle traduite en vers français; Paris, 
1737, in-8°, ainsi que VHécube d'Euripide; 
Paris, 1550, in-S". 

Joachim du Bellay lui attribue d'avoir intro- 
duit le premier les mots tirés du grec Épi- 



gramme, Élégie, et le mot composé aigre-doux v 
Son fils a traduit le traité de Ente de Pic de la 
Mirandole ; Paris, 1577, in-8°. 
La Croix du Maine et Duverdler, Biblioth. franc- 
BAÏF ( Jean-Antoine de ), littérateur, né à 
Venise en 1532, mort à Paris le 9 septembre 
1689. 11 était fils naturel du précédent, ambas- 
sadeur à Venise , qui l'avait eu d'une Vénitienne- 
D fut élevé avec le plus grand soin par le célèbre 
professeur Daurat, dont la réputation attira à 
ses leçons le jeune Ronsard, qui devint ainsi le 
condisciple et l'ami du jeune Baïf. Louis le R9y, 
dans sa Vie de Ronsard, nous a conservé des 
détails intéressants sur l'intimité studieuse de ces 
deux jeunes poètes. « Ronsard, dit Daurat, qui 
« nourri jeune à la cour, accoutumé à veiller 
« avoit été tard, contiauoit à l'étude jusqu'à deux 
« ou trois heures après minuit, et, se couchant, 
« réveillait Baïf, qui se levoit, prenoit sa chan- 
« délie, etnelaissoitrefroidir laplace. «Ilsfurent 
tous deux de la pléiade poétique que leurs con- 
temporains se plurent à former des sept poètes les 
plus estimés de ce temps ( voy. Daurat, Jo- 
n^hLE., Joachim du Bellay, Belleau, Pontusdu 
Thiard et Ronsard ). Baïf a manié habilement le 
vers de dix syllabes ; et dans ses sonnets de Mé- 
line et de Francine, on remarque plusieurs 
chansons dont le style est facile et même brillant. 
Il s'efforça d'introduire dans la langue fran- 
çaise des termes latins et surtout des mots grecs, 
et voulut même y naturaliser les^comparatifs et 
les superlatifs des langues mortes , ce qui lui va- 
lut de Joachim du Bellay, autre hardi novateur, 
cette pièce de vers qui commence ainsi : 

Bravime esprit sur tous excellentime, 

et qui finit par : 

Et nul de toy hardieurement en France 
Va déchassant l'indoctime ignorance, 
Docte, doclieur et doctime Baïf. 

Ce sont ces essais malheureux ({ui faisaient 
dire au malin caj'dinal du Perron : « Le Baif 
« est un fort bon homme, mais un très-mauvais 
« poète. » A ce goût d'innovations il joignit Tidée 
impraficable d'appliquer aux vers français, outre 
la lime, une mesure basée sur la quantité des 
syllabes , comme en grec et en latin ( vers baï- 
fins). Il avait fabriqué aussi un alphabet de dix 
voyelles, de dix-neuf consonnes , onze diphthon- 
gues et trois triphthongues. La bizarrerie de son 
orthographe, afin d'écrire conformément aux 
sons , sans aucun égard à l'étymologie et à l'or- 
thographe généralement adoptée, système que 
Ramus voulut également mettre en pratique , 
n'eut pas plus de succès que des tentatives sem- 
blables n'en ont eu de nos jours. Le chancelier 
Bacon, dans son livre de Y Accroissement des 
sciences, s'exprime ainsi à ce sujet : « L'ortho- 
« graphe vulgaire a donné lieu à des disputes : 
« doit-on écrire les mots comme on les prononce, 
« ou ne vaut-il pas mieux se conformer entière- 
« ment à l'usage? L'écriture qui se donne pour 
(( réformée , c'esfc-à-dire conforme à la pronqn- 



179 



« dation , est une de ces subtilités qu'on peut 
n regarder comme inutiles ; car la prononciation 
« varie à chaque instant , et n'a rien de fixe ; ce 
« qui fait disparaître entièrement les dérivations 
« de mots , surtout de ceux qui sont tirés des 
« langues étrangères... A quoi bon cette innova- 
« tion ? « 

Il y avait alors dans tous les esprits «ne 
ardeur d'innovations très-remarquable ; et même 
leurs tentatives malheureuses , comme celle de 
Baïf , eurent un côté utile, en apprenant à leurs 
successeurs à éviter les écueils contre lesquels ils 
s'étaient brisés. Baïf, malgré son manque de for- 
tune, fut comme le centime des littérateurs les 
plus distingués de son temps. Jean de Baïf avait 
obtenu en 1570, au sujet de réunions littéraires 
qui avaient lieu chez lui, des lettres patentes de 
Charles IX pour l'établissement d'une académie 
de poésie et de musique. Il peut donc être con- 
sidéré comme le fondateur de la plus ancienne 
société littéraiie en France. Voici ce qu'on lit à ce 
sujet dans un manuscrit de Colletet sur la Vie de 
Baïf: « Le roiCharlesIX, qui aimait Baïf comme 
un excellent homme de letti-es , pai-mi d'autres 
gi-atifications qu'il lui fit , l'honora de la qua- 
lité de secrétaii-e ordinaire de sa chambre. Le 
roi Henri in voulut qu'à son exemple toute 
la cour l'eût en vénération ; et souvent même 
Sa ]Majesté ne dédaignait pas de l'honorer de ses 
visites jusques en sa maison du faubourg 
Saint- Marcel , où il le trouvait toujours en com- 
pagnie des Muses, et parmi les doux concerts 
des enfants de la musique, qu'il aimait et qu'il 
entendait à merveOle. Et comme ce prince libôral 
et magnifique lui doraiait de bons gages (1), il 
lui octroya encore de temps en temps quelques 
offices de nouvelle création, et de certaines con- 
fiscations qui procuraient à Baïf le moyen d'en- 
tretenir aux études quelques gens de lettres , de 
régaler chez lui tous les savants de son siècle, et 
de tenir bonne table. Dans cette faveur insigne , 
celui-ci s'aAÏsa d'établir dans sa maison une 
académie de bons poètes et des meilleurs esprits 
d'alors , avec lesquels il en di-essa les lois , qui 
furent approuvées du roi, jusques au point qu'il 
en voulut être , et obliger ses principaux favoris 
d'en augmenter le nombre. J'ai vu autrefois 
V Institution écrite sur beau vélin, signée de la 
propre main du roi Henri III, de Catherine de 
Médicis sa mère, du duc de Joyeuse et de quel- 
ques autres, qui tous s'obligeaient, par le même 
acte, de donner une certaine pension annuelle 
pour l'entretien de cette fameuse académie. Mais 
hélas!... » Ici Colletet raconte les circonstances 
funestes qui la ruinèrent. 

Ses principaux ouvrages sont : Œuvt^s de 
J.-Ant. de Baïf, secrétaire de la chambre 

(1) En 1581 le roi donna à Ronsard et à Baïf la somme 
de douze mille livres comptant pour les vers ( masca- 
rades, combats et tournois) qu'ils avaient composés aux 
noces du duc de Joyeuse, outre les livrées et les étoffes de 
soie dont cet illustre seigneur leur avait fait présent à 
chacun. (Sainte-Beuve, Tableau de lapoésie, etc., p. 421.) 



BAIF — BAIL 180 

du roy, contenant 9 livres de poèmes, 7 iivres 



des Amours , 5 livres des Jeux , 5 livres des 
Passe-temps ; Paris, 1572 et 1573, 2 vol. in-S", 
rares. — Etrénes de poëziefrançoèse an vers 
mesurés; les Besognes et Jours ,f Hésiode; les 
Vers dorés de Pithagoras; Ansenemens de 
FauMlides ; Ansenemens de Naumace aux 
filles àmarier; Paris, i 574, in-4°; — Mimes, En- 
seignements et Proverbes, en 2 livres ; Paris , 
1576, m-12, en 4 livres; Paris, 1597, in-8"; — 
Tombeau de la royne de Navarre Margue- 
rite, ou Traduction de cent distiques latins 
des trois sœurs Anne , Marguerite et Jeanne 
de Seymour, sur le trépas de la royne de Na- 
varre , par Baïf, du Bellay et Denisot ; Paris , 
1551, in-8°. — Antigone, tragédie en vers de 
cinq pieds , traduite du grec de Sophocle ; 
Paris, in-S". — Le Brave ou le Taille-bras, 
comédie en 5 actes , imitée de Plaute, en vers de 
quatre pieds; Paris, 1467, in-8°. 

Duverclier et La Croix du Maine, Bibliotli. franc. — 
Beauchamp Recherches sur le thé&tre français, t. 1"=', 
p. 436 de rin-S'. — Francis Wey, Histoire des Révolue 
tions du langage en France. — Sainte-Bouve, Tableau 
de la poésie française au seizième siècle, p, 87 et iso, 
éd. 1848. 

BAIG (le), médecin français, vivait dans la 
seconde moitié du dix-huitième siècle. Il exerça 
et professa la médecine à Montpellier, et laissa : 
Mémoire sur la nature et les propriétés des 
eaux minérales de Bagnères; Pau, 1750, in-S". 

Adelung, Suppl. à Jôchcr, Allgem. Gelehrten-Lcxicon. 

*BAiL {sieur du), romancier fi-ançais, vivait 
dans la première moitié du dix-septième siècle. 
On a de lui : 7e Roman d'Albanie et de Si- 
cile; Paris, 1626. in-8°; — Sélisandre; Paris, 
1638, in-8"; — la Fille supposée; Paris, 1639, 
in-8f ; — le Fameux Chinois ; Paris, 1642, in-S"; 
— le Prince ennemi du tyran; Paris, 1642, 
in-8°. 

Bibliothèque des Romans- — Adelung, Supplément 
à Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BAIL [Charles-Joseph) , publiciste Avançais, 
né en 1777 à Béthnne, mort le 20 février 1827. 
n suivit d'abord la carrière militaire , fit la cam- 
pagne de Belgique en 1793, et fut chargé en 1817 
de l'organisation administrative du royaume de 
Westphalie, dont il pubHa une excellente statis- 
tique. Il obtint la place d'inspecteur aux revues , 
et la garda jusqu'en 1818; il fut alors mis à la , 
réforme. Depuis lors il s'occupa de ti'avaux d'é- 
conomie politique, d'histoire, etc., et fut un des 
collaborateurs de la Revue Encyclopédique. 
Outre la publication de la Correspondance de 
Bernadotte , prince royal de Suède, avec Na- 
poléon; Paris, 1819, in-8», et quelques bro- 
chures sur les affaires du temps , on a de Bail : 
Des Juifs au dix-neuvième siècle, ou Consi- 
dérations sur leur état civil et politique en 
Europe , suivies de la biographie des Juifs les 
plus illustres; Paris, 1816-1817, in-8°; — 
Qu'est-ce que le clergé dans une monarchie 
constitutionnelle? ou de V Église selon la 
charte; Paris, 1818, in-S"; — ■ Du Cadastre 



181 

wn'sidéré dans ses rapports avec l'économie 
pà'Htiq'Ue et la répartition des impôts; Paris, 
1818, m-8°; — De l'Arbitraire dans ses rap- 
ports avec nos institutions, ou la police, les 
prisons, le jury, les lois pénales et la peine de 
: mort en France; Paris, fSlS, in-S"; — His- 
toire politique et morale des révolutions de 
France, ou chronologie raisonnée des événe- 
ments mémorables depuis 1787 jusqu'à la fin 
de 1820; Paris, 1821 , 2 vol. ili-8° ; — État des 
Juifs en France et en Europe ( complément du 
premier ouvrage); Paris, 1823, iQ-8°; — 
Études littéraires des classiques français; 
Paris, 1824, 2 vol. in-12. 

MâhiU, Annuaire nécrologique. — Quérard , la France 
•Httéraire. 

*BAiL (Louis), tiiéologien français, natif 
■d'Abbeville , mort à Paris en 1 669. H fut docteur 
en Sorbonne , curé de Montmartre, et sous-péni- 
tencier de Paris. Ses ouvrages, aujourd'hui ou- 
bliés, firent quelque bruit du vivant de l'auteur. 
On a de lui : De 'triplici examine ordinando- 
rwn confessorum et pcenitentrum ; 1651, 
in-S";— Stimmaconciliorum;ï'3ins, 1645-1650 
ot 1659, 2 vol. in-f; — Supientia foris prœdi- 
bans; 1666, in-4° ; — Theologia affectiva ; 1672, 
2 vol. in-fol. ; — De Bénéficie crucis; 1653, 
ite-8°. L'auteur semble vouloir atténuer l'idée que 
Pascal donne de la motale relâchée des casuistes. 

Moréri, Dictionnaire historique. — Lelong, Biblio- 
thèque française. 

*BAIL.4. (H. de), jurisconsulte italien, natif 
de Bologne, vivait dans la seconde moitié du dix- 
septième siècle. On a de lui un traité des Ac- 
tions. 

Savigny , Histoire du droit romain au moyen âge. 
-~ fiose , l\few Biographical Dictionary. 

*BAïl.A ( Josep/J ), jurisconsulte italien, né à 
Monréaleen 1585, mort en 1645. Il s'acquit une 
gi'ande réputation comme légiste, et remplit 
d'importants emplois. En 1625 Q fut appelé à 
ïlome, en qualité d'avocat du consistoire des 
pauvres. Baila compta parmi ses clients, qui 
étaient en grand nombre , la fille d'Amédée II , 
duc de Savoie. A la nouvelle de la mort de cet 
homme distingué, le pape Innocent X s'écria : 
Ministrum amisimus de cujus fide , probitate 
et justitia secxiri vivebamus. 

Mazzucheia, Scrittori d' Italia. — Rose,iVe!f> Biogra- 
phical DicUonary. 

IBAILAY (iVafAawaé7), grammairien anglais, 
vivait dans la première moitié du dix-huitième 
siècle. On a de lui : Dictionarium Britannicum 
quo continentur etymologiss verborum; Lon- 
dres, 1736, in-fol. 

Aclelung, Suppl. à Jôcher, Allgem. Gelehrten-Lexicon. 

* BAiLDON ( Joseph ), musicien anglais, vivait 
dans la seconde moitié du dix-^huitième siècle. 
On a de lui : the Lawrel a new collection of 
■ English songs; Londres, 1697 ;— Ode to con- 
tentment; Londres, sans date; — Love in a 
village, en société avec Bernard, 1763. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 
■•BAILE, rsAYLEY OU BAYLY. VOîJ. EAYLY. 



BAIL — BAILLÉS 



182 

BAlLEY (Anselme), théologien et musico- 
graplte anglais, mort en 1794. Outre une Qram- 
maire hébraïque, et Y Ancien Testament en 
anglais et en hébreu , on a de lui : A pratical 
Treatise on Singing and playing with just 
expression and real élégance ; Londres, 1771, 
in-8°. Il ne s'y trouve guère que des préceptes 
généraux et connus. 

Fétis, Biog. univ. des Musiciens. — Biograph. Britan. 

*EAILEY ou BALEY (Pierre), médecin an- 
glais, né en 1529, mort le 3 mars 1592. Il étudia 
à Winchester et à Oxford, et devint médecin de 
la reine Elisabeth. On a de lui : A brie/ dis- 
course of certain Médicinal Waters in the 
county of Warwick, near Nelonkam ; Londres, 
1587, in-12; — A brief treatise on the préser- 
vation of the eyesight; Londres, 1602, 1673; 
— Directions for Sealth, Natural and Artifi- 
cmî, with two Treatises ofapproved Medicines 
/or ail Diseases, etc. ; Londres, 1626, in-4''; — 
Explicatio Galeni de potu convalescentium 
et senum, et ptrœcipue de nostree Aise et Bi- 
rix preeparatione , en manuscrit. 

Rose , New Biographical Dictionary. 

* BAlLEY (Pierre), joui'naliste et poète an- 
glais, mort le 25 janvier 1823. Ses études faites, 
il devait débuter au barreau ; mais la vocation 
littéraire l'emporta. Il publia le recueil périodi- 
que appelé Muséum, et laissa : Sketchesfrom St 
George" s Fields by Giorgine di Castel Chiuso, 
poëme humoristique; — Idwàl , poème dont le 
sujet est tiré de l'histoire de laconquête de Galles, 
suiAT d'im poëme grec publié plus tard dans te 
Journal classique ; — A Queens Appeal in the 
Spenserian stanza. 

Gentleman , Magazine. — Rose, iA^ew Biographical 
Dictionary . 

EAiLiES (Guillaume), médedn allemand, 
d'origine anglaise , mort à Berlin en 1787. Il était 
attaché au service de Frédéric II de Prusse. Ce 
roi lui dit un jour que, pour avoir acquis tant 
d'expérience, il devait avoir tué beaucoup de 
monde. — « Pas autant que Votre Majesté, » 
répondit le docteur. On prête à peu près le même 
mot à Corvisart, médecin de l'enipereur Napo- 
léon. OnadeBailies : An essayon the Bath-Wa- 
ters; Londres, 1757, in-4"; — A Narrative of 
facts demonstratmg the existence and cause 
of a physical confederacy ; Londres, 1757; — 
An historical account qf gênerai hospital in 
City of Bath ; Londres , 1758, in-8". 
Biographie médicale. 

*BAiLLART(£'(?me), médecin fiauçais, vivait 
probablement dans la seconde moitié du dix -sep- 
tième siècl«. On a de lui : Discours du tabac, où 
il est traité particulièrement du tabac en pou- 
dre; Paris , 1668, 1693, in-12. L'auteur tient en 
grande estime la plante qui faitrobjetdesonlivre. 

Carrère, Bibliotà. médic. — Adelung, Supplément à 
Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

* BAILLÉS (Jacques-Marie- Joseph), évoque 
de Luçon, né à Toulouse le 31 mars 1798. Or- 
donné prêtre eu 1822, il remplit successivement 



183 BAILLES — BAILLET 

les fonctions de secrétaire général de l'évêché de 
Verdun, de vicaire-général et de supérieur du 
grand séminaire de Bayonne , de vicaire -gé- 
néral de Toulouse. Nommé évêque de Luçon 
par ordonnance royale du 15 août 1845, il prit 
possession de son siège le 11 janvier 1846. En 
1849, M. Lanjuinais, alors ministre de l'ins- 
truction publique et des cultes, ayant envoyé 
un Israélite professer la philosophie au col- 
lège de Napoléon-Vendée, MS' de Luçon or- 
donna l'interdiction de la chapelle du lycée. 
Cette affaire, envenimée par la polémique des 
journaux, reçut une solution favorable aux légi- 
times réclamations de l'autorité épiscopale. Le 
ministre reconnut qu'il avait commis une faute , 
et le professeur de philosophie ne fut point main- 
tenu dans une ville où les convictions des catho- 
liques sont si profondes et si vivaces. 

Un conflit de juridiction ecclésiastique s'est 
élevé récemment entre M8' Baillés et son mé- 
tropolitain, l'archevêque de Bordeaux. Voici à 
quelle occasion. Un curé du diocèse de Luçon, 
que sa conduite avait rendu indigne du sacerdoce, 
fut suspendu de ses fonctions par son évêque, qui 
prononça contre lui une sentence de conscience 
informée. Le curé qu'elle frappait appela de cette 
sentence au métropolitain. En avait-il le droit? 
cet acte de l'autorité épiscopale pouvait-il être 
invalidé? M. l'évoque de Luçon se prononça 
pour la négative, et son avis prévalut. H pu- 
blia à cette occasion un ouvrage intitulé Des 
sentences épiscopales dites de conscience in- 
formée, ou du droit de suspendre un titulaire 
même inamovible, et de l'appel de cette sen- 
tence. A. R. 

L'Ami de la religion. 

BAILLET {AdJi'ien \ érudit français , né le 13 
juin 1649 dans le village de la Neuville, près 
Beauvais, mort le 21 janvier 1706. D'abord ré- 
gent au collège de cette viUe, où il avait fait ses 
études, il entra ensuite dans les ordres, et fut 
nommé vicaire de campagne avec un traitement 
annuel de 300 francs. L'amour de l'étude lui fit 
quitter ses fonctions et sa province pom- venir 
s'y livrer entièrement à Paris, où il devint bi- 
bliothécaire de M. de Lamoignon. Occupé dès 
lors exclusivement des devoirs de son emploi et 
de ses travaux scientifiques et littéraires , il con- 
centra pour ainsi dire son existence dans ses 
livres et dans ses manuscrits, ne faisant qu'un 
seul repas, dormant à peine quelques heures, 
et souvent tout habillé. Il devait produire beau- 
Coup , et sa fécondité fut d'autant plus grande 
que, méditant toujours de nouveaux ouvrages , 
jl donnait trop peu de soin à son style. On a de 
lui : Jugements des savants sur les principaux 
ouvrages des auteurs, 1685 et 1686, 9 vol. in-12. 
Baillet ne fit que la première et la dejixième par- 
tie (incomplète) de cet ouvrage qui devait avoir 
neuf parties, et qui lui attira les critiques des 
jésuites , choqués de ce qu'on y avait fait l'éloge 
des écrivains de Port-Royal; — Des enfants 



184 

devenus célèbres par leurs études et par leurs 
écrits, 1 688, in-1 2 ; — Des satires personnelles, 
traité historique et critique de celles qui por- 
tentde titre d'Anti, 1689, 2 vol. in-12: cet ou- 
vrage est dirigé contre Ménage , qui avait publié 
une Critique des Jugements des Savants, où 
Baillet n'avait pas été épargné ; Amsterdam, 1725, 
8 vol. in-12; Paris, 1730; — Auteurs déguisés 
sous des noms étrangers, empruntés, suppo- 
sés, faits àplaisir, chiffrés, renversés, retour- 
nés ou changés d'une langue à une autre, 
1690, in-12; réimprimé avec des notes de La 
Monnoie; Paris, 1722, 7 vol. in-4°; — Vie de 
Descartes, 1691, 2 vol. in-4°; abrégé, 1693, 
in-12; — Histoire de Hollande, depuis la 
trêve de 1609, où finit Grotius , jusqu'à notre 
temps; 1690, 4 vol. in-12, publiés sous le nom 
de La Neuville; — De la Dévotion à la sainte 
Vierge, et du culte qui lui est dû , 1694, in-12 ; 
— De la conduite des âmes, 1695, in-12, sous 
le nom de Daret de Villeneuve; — Les Vies 
des Saints, 1701, 3 vol. in-fol. ou 12 vol. in-8", 
ce qui fait un volume pour chaque mois ; — His- 
toire des Fêtes mobiles , les Vies des Saints de 
l'Ancien Testament, la Chronologie et la To- 
pographie des Saints, 1703, in-fol., ou 5 voL 
in-8°; nouvelle édit., 1704, 4 vol. in-fol., et 1739, 
10 vol. in-4°. « Cet ouvrage, dit l'abbé Lenglet, 
« est ce que Baillet a fait de meilleur ; il n'a point 
« laissé passer de miracle qu'il ne l'ait examiné 
«de tout sens; » — les Maximes de saint 
Etienne de Grammont, 1704, in-12, traduit du 
latin; — Vie d'Edmond Richer, 1714, in-12 ; on 
doute que Baillet en soit l'auteur; — Vie de Go- 
defroi Hermant, 1717, in-12; — Histoire des 
démêlés du pape Boniface VIII avec Philippe 
le Bel, roi de France, 1717, in-12, réimprimée 
en 1718; — Relation curieuse et nouvelle de 
Moscovie, 1709, in-12, publiée sous le nom de 
Balt. Hezeneil de la Neuville, anagramme de 
Baillet de la Neuville en Hez. On attribue 
aussi à Baillet la Nouvelle relation contenant 
les voyages de Thomas Gage dans la Nouvelle- 
Espagne, traduite de l'anglais par Beaulieu 
Huet Oneil, 1676, 2 vol. in-8» ; 1699, 2 vol. in-12. 
[Enc. des g. du m., avec addition]. 

Nicéroa , Mémoires des hommes illustres. — Qucrard, 
la France littéraire. 

BAILLET. Votjez Saint-Julien. 

BAILLET {Christophe-Ernest , comte de), 
jurisconsulte belge, né le 1" septembre 1668 
au château de la Tour (duché de Luxembourg ) , 
mort à Bruxelles le 7 juin 1732. Il fut président 
du conseil privé de l'empereur Charles VI, et 
rendit des services lors du soulèvement de Ma- 
lines en juin 1718. 

Archives pour l'histoire civile et littéraire des 
Pays-Bas, t. Ill, p. 201-231. 

* BAILLET (Jean), orateur .français, né à 
Dijon d'une ancienne famille de robe, mort à 
Paris le 30 janvier 1651. II était doyen de la 
Sainte-Chapelle de Dijon , et archidiacre de Los- 
cheret, dans l'église de Châlon. On a de lui : 



185 



BAILLET — BAILLEUL 



186 



Compliment à Henri de Condé ( cet ouvrage 
«e trouve p. 89 de la Description que Pierre 
Malpoy donna de l'entrée de ce prince à Dijon 
en 1632; Dijon, Guyot, 1632, in-fol. ); — 
Harangue faite le 6 mars 1648, à Louis de 
Bourbon, lorsqu'il prit possession de son 
gouvernement; Dijon , 1650, in-4° ; insérée dans 
le Théâtre de l'Éloquence française, Châlon, 
Cusset, 1656, in-4°. Joseph Boulmier. 

Perry, Hist. de Chdlon, p. 402 ; Papillon, Biblioth. des 
j4ut. de Bourgogne, t. I, p. 8. 

* BAILLET ( dom Pierre ) , bénédictin et his- 
torien français, né à Sedan le 27 novembre 1698. 
n appartenait, dans son ordre, à la congréga- 
tion de Saint- Vanne de Verdun, où il entra en 
1698. On a de lui : Histoires de plusieurs 
monastères de Saint-Benoît , notamment celui 
de Montier-en-Derf, de Saint-Vanne, de Saint-Ar- 
nou-de-Metz, en latin. 

D. Calmet, Biblioth. de Lorraine. 

* BAILLEUL {Gaspard), ingénieur et géo- 
graphe français , vivait dans la première moitié 
du dix-huitième siècle. Il laissa plusieurs cartes 
géographiques estimées , entre autres : la Pro- 
vence; Paris, 1707; — l'Alsace; Paris, 1708; 
— la Forêt de Compiègne, 1728 ; — les Envi- 
rons de Landau, sans indication de date. 

On a du fils de Bailleul : VÉvêché de Dijon; 
Dijon, 1746, in-fol. 
Adelung, Suppl. à Jôcher, Allgem. Gelehrten-Lexicon. 

BAILLEUL ( Jacques-Charles ) , magistrat 
français, né en 1762 à Bretteville, près du 
Havre; mort à Paris le 16 mars 1843. Il était 
avocat au parlement de Paris lorsque la révolu- 
tion commença. Se trouvant inoccupé par suite 
de la désorganisation des tribunaux, il alla exer- 
cer à Montdidier, puis au Havre, où, après avoir 
été juge de paix , il fut élu député à la conven- 
tion. Sa conduite dans cette assemblée lut ti- 
mide et incertaine. Il siégea constamment parmi 
les membres qui composaient la Plaine. Dans le 
procès de Louis XVI, il vota pour la réclusion , 
la déportation à la paix, et l'appel au peuple, n 
s'éleva encore contre la Journée du 31 mai et la 
mise en accusation des girondins. Forcé de fuir, 
il fut arrêté à Provins et détenu à la Conciergerie, 
d'où il ne sortit qu'à la chute des montagnards 
purs. Il fut ensuite membre du conseil des cinq- 
cents jusqu'à la révolution du 30 prairial , et pu- 
blia sur cette journée et sur celle du 18 fructi- 
dor des notices curieuses. Ce fut lui qui prési- 
dait l'assemblée lors de l'inaugiu-ation de la salle 
du Palais-Bourbon. Appelé au tribunat , il con- 
serva de l'indépendance, et fut éliminé en 1802. 
n fut cependant, en 1804, nommé directeur des 
droits-réunis dans le département de la Somme. 
Il a occupé cette place jusqu'à la seconde restau- 
ration. H apporta de notables améliorations dans 
le système financier de la France. Bailleul fut un 
des fondateurs du Constitutionnel, où il publia 
un grand nombre d'articles d'économie pohtique. 
Pn a de lui plusieurs brochures, dont on trouve 



les titres dans la France littéraire de Quérard. 

Éloge de Bailleul par M. Tlssot, 1843. 

BAILLECL OU BALIOL {Jean De), roi d'E- 
cosse, mort en 1305. La couronne lui fut d'a- 
bord disputée par Robert Bruce; mais les 
états d'Ecosse ayant soumis la contestation à 
Edouard P"", roi d'Angleterre , celui-ci accepta 
l'arbitrage, comme un droit afférent à sa cou- 
ronne, c'est-à-dire comme suzerain de l'Ecosse. 
Il donna raison à Baliol, qui lui prêta serment eu 
ces tennes ( 26 décembre 1292) : « Monseigneui 
sir Edouard, roi d'Angleterre, lord suzerain du 
royaume d'Ecosse, moi Jean de Baliol, roi d'E- 
cosse, je me rends votre homme lige pour le 
royaume d'Ecosse et pour toutes ses apparte- 
nances et dépendances; lequel royaume je tiens 
et dois de droit et prétends tenir par héritage 
pour moi et mes hoirs, rois d'Ecosse, de vous et 
de vos hoirs, rois d'Angleterre ; et je voue foi et 
loyauté à vous et à vos hériliejs, rois d'Angle- 
terre, de vie et membres, et de toutes les di- 
gnités de ce monde, contre tous les honames 
qui peuvent vivre et mourir. » Il put bientôt 
mesurer toute l'étendue de son vasselage : une 
des conséquences les plus graves était celle qui 
permettait aux parties qui s'étaient présentées 
devant les cours du roi d'Ecosse d'en appeler 
au seigneur suzerain. C'est ainsi que, dès la 
première année de son règne, Baliol fut assigné 
quatre fois devant le roi d'Angleterre , une fois , 
entre autres, pour répondre à la réclamation 
d'un marchand qui prétendait être payé d'une 
somme due par Alexandre ni, prédécesseur du 
roi d'Ecosse ; huit jours après, il fut encore as- 
signé à l'occasion de Macduff , comte de Fife, 
emprisonné par ordre du parlement écossais. 
Abreuvé de dégoût , Bailleul fît avec Philippe le 
Bel une alliance qui ne put aboutir. Les troupes 
écossaises, qui avaient pris l'initiative des hos- 
tilités, furent défaites à la bataille de. Durabar 
par le roi d'Angleterre ; et, le 24 juiû 1296, Baliol^ 
« monté sur un petit cheval {a Galloway),. 
tenant à la main une petite baguette blanche, 
emblème du vasselage, vint trouver le vain- 
queur dans un cimetière, et lui exprima son re- 
pentir de son alliance avec le roi de France et 
de sa rébellion contre son seigneur lige. » ( TAn- 
gard ). H n'obtint point son pardon ; et, le 2 juil- 
let, il dut signer à Kincardin un acte de recon- 
naissance du droit du suzerain de rentrer en 
possession du fief; puis il fut envoyé à la Tour 
de Londres , mais traité courtoisement. Il garda 
un train princier, et eut la liberté de circuler à 
vii^ milles au delà de la Cité. Le 1^" avril 1298, 
il déclara qu'il renonçait à toute imnùxtion dans 
les affaires d'Ecosse. Le pape fut garant de l'exé- 
cution de cette promesse , et Baliol fut remis en 
1299 aux mains de l'évêque de Vienne, légat du 
pape. Par une circonstance digne de remarque , 
le roi d'Angleterre fit cette réserve : que cette re- 
mise ne conférerait au pontife que le droit de 
disposer de la personne du roi d'Ecosse et d^ 



187 



BAILLEUL — BAILLIE 



188 



ses biens en Angleterre. Six ans plus tard, le roi 
déchu mourut dans sa seigneurie de Cliâteau- 
Gaillard, en Normandie. Oa lui doit la fondation, 
à Oxford, d'un collège qui porte son nom. Ce 
prince était peu fait pour les agitations de la 
royauté , surtout à l'époque orageuse où il vécut. 

V. R. 

P.apin Tboyras, Hist. d'Angleterre. — Lingard, Jiist. 
d.' Angleterre. 

BAiLLEtTL, OU BALiOL {Éclouard ), fils de 
Jean Bailleul, roi d'Ecosse, vivait dans la se- 
conde moitié du quatorzième siècle. Appuyé par 
Edouard lU, roi d'Angleterre , il revint en Ecosse 
en 1332, défit quatre fois le roi David Bruce, et, 
après s'être fait couronner, fit hommage de son 
j-wyaume au roi d'Angleterre. Mais les Écossais 
eurent iionte de cette bassessç de leur roi : ils 
se révoltèrent, et le chassèrent. Il se réfugia à 
Carlislc, et ne garda que pom- la forme le titre de 
roi. D devint le pensionnaire d'Edouard, en fa- 
veur duquel il abdiqua le 20 janvier 1356. 
' Moréri, Dict. hist. — bingard. Hist. d' Angleterre. — 
Bapin Thoyias, Hist. d'Angleterre. 

* BAiLLEUX ( Antobie ) , compositeur fran- 
çais, mort à Paris en 1791. Il était professeur et 
marchand de musique à Paris. On a de lui : le 
Bcmquet de l'amitié, cantatille; — Six sim- 
phonies à quatre par lies ; Paris, 1758; — Mé- 
thode de chant; Paris, 1760, in-fol. ; — Six 
symphonies à grand orchestre ; 1767; — Mé- 
thode de violon; Paris, 1779 et 1798; — les 
Petits concerts de Paris , solfèges pour ap- 
prendre facilement lamusique vocale et ins- 
trumentale ; Paris, 1784; — Journal d'A- 
riettes italiennes. 

Fétis, Biographie universelle des Mti.Hciens. 

* BAILLI ( Bernard ), prêtre et helléniste al- 
lemand, vivait dans la première moitié du dix- 
huitième siècle. Il fut abbé d'un monastère à Ra- 
tisbonne, et laissa : Ilias in nuce , seu pauca 
prœcepta ad grascam linguam breviter ac fé- 
liciter discendam ; Ratisbonne, 1722. 

Adelung, Suppl. à Jocher, Allgem. (JeleJirten-Lexicon. 

BAILLIE (Guillaume), dessinateur et gra- 
veur anglais, né vers 1736, mort au commence- 
ment du dix-neuvième siècle. Il suivit d'abord 
la carrière militaire , parvint au grade de capi- 
taine, et quitta le service pour se livrer à sa 
passion pour les beaux-arts. Il se distingua dans 
la gravure au burin , à la pointe, au lavis et en 
manière noire. Ses morceaux les plus estimés 
sont ceux qu'il a gravés d'après Rembrandt. On 
a de lui une copie fort remarquable du Peseur 
d'or, qu'on prend souvent pour l'original. Baillie a 
restauré fort habilement la planche connue sous 
le nom de la Pièce des cent florins , morceau 
de Rembrandt, représentant la GwérisoH du Pa- 
ralytique. Baillie marquait ses estampes de la 
date de l'année et de celle du mois où il les avait 
terminées. 

Slralt , Dict. of Engravers. — Nagler, Allgemeines 
Kûnsller-Lexicon. 

BAILLIE ( Joanna), femme de lettres écos- 
saise, sœur du précédent, née en 1762, morte 



en 1851. Elle occupa un rang distingué dana 
cette période de la poésie anglaise qu'illustraient 
les Moore , les Coleridge , les Scott et les Byron. 
Ses premiers travaux parurent en 1799, sous le 
titre : Séries of plays on the passions. L'en- 
thousiaste admiration de Walter Scott valut à ses 
œuvres une réputation que justifient, du reste, 
une grande connaissance du cœur humain, desj> 
caractères fortement conçus et nettement traités^ . 
un style siir, et riche en brillantes images. Mais 
en se limitant elle-même, dans chacune de ses 
pièces, à l'analyse et à l'exposition progressive 
d'une seule passion , l'amour dans Basile , la > 
haine dans Montford , le remords dans Henri^ 
quez, la jalousie dans Romiero, miss Baillie ■ 
donna à ses drames un caractère métaphysique- ■ 

; et un air de travail systématique qui ne s'accoi»- • 
dent guère avec le mouvement et l'infinie variété 

1 de la nature. Aussi , ses œuvres dramatiques , 
quels que soient, du reste , leurs mérites supé- 

; rieurs, n'abordèrent jamais la scène, ou ne purent I 
s'y maintenir. Le monument qu'elle s'est prov 
posé d'élever n'en reste pas moins l'une des i 
études les plus remarquables que le génie poé- 
tique ait faites sur le sujet inépuisable des pas- 

I sions , et il assure à son auteur une place hono- 
rable au-dessous de Shakspeare, il est vrai, , 
mais bien au-dessus du plus grand nombre des 

'. dramaturges anglais. Miss Baillie a donné aussi 
deux recueils de poésiesvariées, où se remarquent 

! des chants et des ballatles qui ne le cèdent en 
rien à ceux de Walter Scott, et un poëme lyrique 
( le Beacon ) qui est peut-être l'œuvre la plus par- 

I faite de miss Joanna, et l'une des œuvres les plus ■ 
remarquables du temps. Outre les Plays on the 
passions (Londres, in-8°, 1799-1812), on a-i 
d'elle : Miscellaneous plays; iu-8°, Londres, 
1804; — Mitrical legends of exalted charac- 

\ ^er5 ; in-8°, Londres, 1821 ; — Fugitives verses }, 

; in-12, Londres, 1804; — Poetical miscellanies ; ; 
Londres, 1823; — Bramas , 3 vol.; Londres , , 
1836. — Ses œuvres dramatiques ont été réunie* > 
çn un fort volume, et publiées séparément ;Lon- 
di-es, 1851, in-8°. T. D. 

Quarterietj Revieio , vol. 21, 24, 37, 85. — Edinburgfi 
Review, vol. 39, 57, 63. 

BAILLIE ( /o/m ), orientaliste anglais, né à 
Inverness en 1766, mort à Londres en 1823v 
Entré dès 1791 au service de la compagnie des 
Indes , il profita de sa position pour étudier les 
langues de l'Orient. En 1797, il fut chargé par 
le gouverneur général , sir John Shore , de tra- 
duire de l'arabe le code Imamea, recueil de lois 
musulmanes : malheui-eusement il n'en parut i 
qu'un volume, contenant les lois commerciales. 
Il enseigna l'arabe, le persan et le droit mu- 
sulman au collège du Port-Wttliam. Jusqu'à i 
1807, il résida quelque temps en qualité d'en- 
voyé à la cour du nabab d'Aoude, e4 en 1818 ! 
il quitta le service pour retourner en Angleterre. 
En 1801, Baillie a publié des tables destinées à i 
faciliter ses cours de langues ; et, de 1802 à 1803 , , 



jl89 BAILLIE - 

il donna l'édition des textes originaux de cinq 
ouvrages les' plus estimés sur la grammaire 
arabe, savoir : MietAmil, Scherh Miet Amil, 
Misbah, Hedayet Alnahw, et la Cafia <ïEbn- 
Hadjib. 

Rose, New Biograpkical Dictionary. 

BAILLIE {Mathieu ) , médecin et anatomiste 
anglais, né, le 27 octobre 1761, dans un petit 
yillage du comté de Lanark en Ecosse; mort le 
'23 septembre 1823. Il était neveu des célèbres 
anatomistes Jean et Guillaume Hunter. Après des 
études faites sous la direction de son père d'a- 
bord, puis à l'université de Glasgow, il prit ses 
grades à Oxford, et vint à Londres, où il fut 
employé , en qualité de préparateur, par Jean 
Hunter, auquel il succéda dans la chaire d'ana- 
itomie. Plus tard il devint médecin de l'hôpital 
' Saint-George, et membre du collège des méde- 
icins de Londres. Ce fut en 1798 seulement que 
îBaillie commença à se livrer à la pratique de la 
[médecine avec un succès extraordinaii-e. Il de- 
i vint médecin du roi et de toutes les notabilités de 
[l'Angleterre. Ses qualités personnelles n'étaient 
jpas inférieures à son talent comme médecin et 
!comme professeur. Outre une fortune de deux 
î millions laissée à sa famille, il légua au collège 
des médecins de Londres toute sa bibliothèque, 
ses préparations anatomiques, et des sommes 
considérables pour le soulagement des veuves et 
des enfants de médecins. Les principaux ouvrages 
de Bailiie ont pour titre : the Morbid Anatomy 
of sovie oftlie most important parts of the 
human body ; Londres, 1795, in-8°; manuel 
d'anatomie pathologique, réimprimé avec des 
augmentations en 1798, 1807 et 1812 : il a été 
traduit en allemand par Hohnbaum et Sœmme- 
ring; Berlin, 1794-1820, in-8°; en italien, par 
Zami; Venise, 1820, 2 vol. in-8°; en français, 
par Ferrai, Paris, 1803; et par Guerbois, Paris, 
1815, in-S" ; — Séries ofEngravings intended 
to illustrate the Morbid Anatomy, fascic. 
1-10; ibid., 1799-1812, in-4'' : c'est une série de 
planches accompagnées d'explications pour servir 
de suite à l'ouvrage précédent ; — Lectures and 
Observations on médecine, ibid., 1825, in-8°; 
traduit en allemand par Hohnbaum ; Leipzig , 
1827; — une édition avec notes de l'ouvrage de 
G. Hunter sur V Anatomie pathologique de Vu- 
térxis d'une femme enceinte; Londres, 1924, 
in-4''. Les Mémoires de Bailiie, publiés dans les 
Philosophical Transactions, et quelques autres 
écrits, ont été recueillis et publiés par J. War- 
drop , avec une notice étendue sur sa vie ; Lon- 
dres, 1825, 2 vol. in-8°. 

Penny Encyclopcedia.—NoUce sur la vie et les ouvrages 
(le ISaillie, dans le Monthly-Review, p. 83, vol. C VUI, p. 83. 

BAILLIE, enlatinBATLius (^Robert), théo- 
logien et historien écossais, né en 1559, mort en 
1662. H étudia d'abord la théologie à Glasgow, et 
fut ensuite attaché à la maison de lord Mont- 
gomery ; puis il remplit successivement diverses 
fonctions ecclésiastiques. En 1640, il fut chargé 



BAILLON 



190 



par les lords écossais d'aller protester à Londres 
contre les innovations que l'archevêque Laud 
voulait introduire dans l'Église écossaise. A son 
retour, BailUe professa la théologie à Glasgow ; 
et, en 1643, il représenta l'Église écossaise au 
synode de Westminster. En 1661 , il fut chargé 
de diriger l'université de Glasgow , en rempla- 
cement d'xm partisan, de Cromwell appelé Pa- 
trik Gillespie ; et en 1649 il alla complimenter 
Charles H à la Haye , au nom de l'assemblée 
générale du clergé, n eût pu, être évêque; 
mais il refusa , ne voulant pas être appelé sei- 
gneur. « On ne voit pas dans l'Ancien Testjtment , 
disait-il à l'archevêque de Glasgow, qu'il y ait 
eu des seigneurs dans la maison de Jésus. » On 
a.de lui : Antechesis elenctica errorum quœ 
hodie vexant Ecclesiam; Londres , 1 654, ifli-8''; — 
Dissuasive from the errors ofthe times ; Lon- 
dres, 1655, in-4''; — Opzis historicum et ch7'o- 
nologicum; Amsterdam, 1663,in-fol. ; — A de- 
fence ofthe Reformation ofde chiirch ofScot- 
land, against M. Maxwell , bisJiop of Ross, a 
Parallel bçtween the Scothish Service-Book 
and the Romish Missal, Breviary ; Londres , 
in-4'' ; — Letters and Journals, written by the 
deceased M. Rob.. Bailiie, carefully trans- 
cribed by Rob. Aiken, containing an im- 
partial account of public Transaction civil 
ecclesiastieal and military , bot h in England 
and Scotland from 1637 to 1662; Edimbourg, 
1777. 
Adeiung, Suppl.à Jôcher, AUgem. Gelehrten-Lexicon. 

BAiLLiF(ie Roch). Fo?/. Rivière {de la). 

BAILLIONI ( M.-Giovanni), mécanicien ita- 
lien, natif de Milan, vivait au dix-huitième 
siècle. Il inventa un orgue mécanique d'une 
construction ingénieuse, destiné à être placé dans 
les jardins de Leinate, appartenant à la comtesse 
Visconti. Il en a donné la description sous le 
titre : Machina pneumatica, inventata de 
M.-G. Baillioni, fatta d'ordine délia eccel- 
lentissima signora Viscontiper le delizie délia 
sua villa di Leinate, dans le Giornale de' let- 
terati d''Italia, t. X. 

Fétis, Biographie universelle des M,us%ciens. 

BAII.LON [Emmanuel), naturaliste français, 
mort à Abbeville en 1802. Il cultiva avec suc- 
cès l'ornithologie et la physiologie végétale, sous 
les rapports de l'utilité immédiate qu'on en peut 
retirer dans l'économie rurale et poUtique. Sans 
sortir de son pays, il trouva le moyen de re- 
cueiUir un grand nombre de faits nouveaux et 
curieux ; fit une étude particulière des oiseaux 
de mer qui habitent les côtes de la Picardie , et 
communiqua ses observations à Buffon , qui le 
cite souvent avec éloge. Tous les ans il envoyait 
à Paris des oiseaux aquatiques vivants, que l'on 
élevait au jardin du Muséum. Il avait le talent 
de préparer avec beaucoup de dextérité et de 
grâce les oiseaux pom* les collections d'histoire 
naturelle , et le Muséum lui doit en grande par- 
tie sa collection d'oiseaux de mer et de rivage 



,91 BAILLOT — 

des côtes de l'Océan, dont plusieurs sont très- 
rares, n donna le premier une notice détaillée 
sur la bemache , que Buffon n'avait fait con- 
naître qu'incomplètement. On a de lui plusieurs 
ouvrages justement estimés, entre autres un 
Mémoire sur les causes du dépérissement des 
bois , et les moyens d'y remédier, 1791, in-4°, 
qui lui valut le prix proposé sur cette question 
par l'assemblée constituante , et un autre Mé- 
moire sur les sables mouvants qui couvrent 
les côtes du département du Pas-de-Calais, 
et les moyens de s'opposer à leur invasion. 
L'auteur proposa, pour fixer les dunes , la clô- 
ture du hoya ou roseau des sables (arundo 
arenaria). Bâillon avait entretenu avec Buffon 
un commerce de lettres, auquel notre célèbre 
naturaliste attachait le plus grand prix. 

Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France. 

* BAILLOT ( Pierre- Joseph ) , musicographe 
français, vivait dans la seconde moitié du dix- 
huitième siècle. U dirigea la musique ordinaire 
du duc d'Aiguillon. On a de Bâillon : Nouvelle 
méthode de guitare selon, le système'des meil- 
leurs auteurs, contenant les plus clairs et 
les plus aiséspour apprendre à accompagner 
une voix , et parvenir à jouer tout ce qui est 
propre à cet instrument; Paris, 1781 ; — la 
Musique lyrique, journal d'ariettes , avec ac- 
compagnement de guitare ou de harpe, 1772- 

1784. 
Fétis, Biographie des Musiciens. 

BAILLOT ( Etienne-Catherine ) , littérateur, 
né à Évry-sur-Aube en 1758 , mort dans sa ville 
natale le 15 avril 1825. Avocat au bailliage de 
Troyes , il fut en 1789 député aux états géné- 
raux , et embrassa la cause de la révolution. 
Depuis 1791 il vécut retiré dans son départe- 
ment. On a de lui une traduction (en prose) des 
Satires de Juvénal (par B...); Paris, 1823, in-8». 
Il a laissé en manuscrit des Recherches sur 
l'histoire de Champagne. 

Biographie des Champenois. 

BAILLOT (Pierre), littérateur, né à Dijon le 
8 septembre 1752, mort le 20 février 1815. Il 
fut professeur de littérature française et de rhé- 
torique au lycée de Dijon. On a de lui : Récit 
de la bataille de Marathon , lu le 5 septem- 
bre 1791, dans la société patriotique de Dijon, 
aux gardes nationaux volontaires de la Côte- 
d'Or lors de leur départ pour l'armée; 1792, 
jQ.go. _ phrndri Fabulœ selectse, avec des 
notes; Dijon (Bligny) , 1806;, in-8« ; — Ovi- 
. du Métamorphoses selectse,ad usum lyceo- 
rum, avec des notes ; Dijon (Coquet) , 1808. 
Quérard, la France littéraire. 

BAiLLO T ( Pierre - Marie - François - de- 
Sales), célèbre violiniste , né le 1" octobre 1771 
à Passy , mort à Paris le 15 septembre 1842. 
Il eut pour maître Viotti , et fut attaché en 1791 
au théâtre de Monsieur. En 1795 , il entra 
au Conservatoire comme professeur de violon , 
en remplacement de son ami Rode, parti pour 



BAILLOU 192 

la Russie. Il délendit ce nouvel établissement de 
musique contre les attaques de ses adversaires, 
dans une brochure intitulée Recueil de pièces 
à opposer à divers libelles dirigés contre le 
Conservatoire de Musique ; Paris, 1803, in-4°. 
Le 11 décembre 1812,à laséancepubliquepourla 
distribution des prix, il lut une Notice siir les 
travaux du Conservatoire impérial et sur les 
objets soumis à son examen pendant Vannée 
1812, in-4°de dix pages. De 1805 à 1808, Baillot 
fit admirer son talent en Russie; en 181 5, il par- 
courut la Belgique , la Hollande et l'Angleterre, 
et y recueilUt gloire et profit. Baillot ne fut pas 
seulement un des premiers violinistes de son 
temps par un jeu hardi et original ; mais il fut 
un homme probe , désintéressé et généreux. Le 
principal ouvrage de Baillot est l'Art du violon, 
dont la première édition parut en 1803. On a 
aussi de lui une Notice sur J.-B. Viotti ; Paris, 
1825, in-S". Parmi les pièces de sa composition 
on remarque : douze Études caractéristiques 
pour le violon , avec accompagnement de basse 
chiffrée ; — des duos, des trios, des quatuor, des 
concertos, une symphonie concertante pour deux 
violons. 

Escudier, article sur Baillot dans la Gazette musicale, 
année 1841, n° 4S. 

BAILLOU, en \a.'ihi£allônius{€hiillaume de), 
célèbre médecin français, né à Paris en 1538, 
mort en 1616. Il était fils de Nicolas Baillou, 
architecte, originaire de Nogent-le-Rotrou : il ap- 
prit d'abord les langues latine et grecque , et les 
enseigna ensuitélui-mémeau collège de Montaigu. 
Puis il étudia la médecine sous Houllier, Femel 
et Duret , et fut successivement reçu bachelier 
en 1568, et docteur en 1570. Il ne tarda pas à 
être attaché comme régent à la Faculté, dont il 
fut élu doyen en novembre 1580. Vers cette 
époque , la ville de Paris était ravagée par une 
épidémie catarrhale ( influenza) ; les écoles 
étaient désertes , par la fuite des professeurs 
et des élèves. A l'épidémie se joignirent la guerre 
civile , et des tracasseries suscitées par le corpg 
des chirurgiens, qui, avec l'appui de Henri III 
et du pape Grégoire XIH , cherchait à faire un < 
corps à part dans l'université. Ces calamités 
réunies fournirent à Baillou l'occasion de faire 
preuve de son zèle. Il fallait alors un certain 
courage pour rappeler les médecins, presque tous 
partisans de l'école ai'abe , à l'observation des 
faits; Baillot le tenta heureusement, et ouvrit 
ainsi un des premiers la grande voie dé la mé- 
thode expérimentale , si féconde en résultats. 
Il avait cependant beaucoup puisé dans les li- 
vres de Galien , et il avait pris Hippocrate pour 
modèle. Aux talents de médecin Baillou joignait 
les vertus qui font l'homme de bien. Recherché 
comme praticien, il eût pu facilement arriver 
aux honneurs et aux charges les plus élevées;; 
il leur préféra l'indépendance et l'étude. Baillou |i 
avait embrassé le calvinisme : il fut désignéi 
pour aller à Saint-Denis offrir à Henri IV les 



193 



BAILLOU — BAILLY 



Î94 



liommages de la faculté de Paris. Il serrit de mo- 
dèle à Sydenhanijtet fut surnonmé ie Sydenham 
français. On l'appelait aussi le fiéau des ba- 
cheliers {flagellum baccalaureorum) , à cause 
de la force de son argumentation et de sa dia- 
lectique. 

Ses ouvrages, qui témoignent d'une vaste éru- 
dition et de profondes études littéraires, ne fu- 
rent publiés qu'après sa mort par ses deux ne- 
veux, Jacques Chevart et Simon le Letier, 
tous deux médecins. Voici, du reste, la liste de 
ses ouvrages dans l'ordre chronologique : Con- 
siliorum medicinalium liber prtmus; Paris, 
1635, in-4° ; — Consiliorummedicinalium liber 
secundus; ibidem, l636,in-4"; — Definitionum 
medicinalium liber; Paris, 1639, in-4° : 11 y 
explique les termes dont Hippocrate s'est servi; — 
Epidemicorum et ephemeridum libri duo ; 
Paris, 1640,in-4°: c'est un recueO de constitutions 
épidémiques depuis 1570 jusqu'en 1579, com- 
posé d'après la méthode d'Hippocrate ; — Com- 
mentarius in libellum Theophrasti de verti- 
gine/ibid., l640,in-4°; — De Convulsionibus 
liSellus; ibidem, 1640, in-4°; — Liber de 
Rheumatismo et pleuritide dorsali; Paris, 
1642, in-4''; — De virginum et mulierum 
Moi'bis liber; ibidem, 1643, in-4° : c'est un de 
ses meilleurs ouvrages; — Opuscula medica de 
Arthritide, de Calcula et urinarum Hypostasi; 
Paris, 1643, in-4° ; — Consiliorummedicina- 
lium liber ter tins et postremus; Paris, 1649, 
in-4'' : c'est un récit des maladies qu'il a obser- 
vées ; il en indique les causes, et confirme ce qu'il 
avance par des exemples tirés de sa pratique ; 
-— Adversaria medicinalia; Paris, in-4°; — 
Opéra medica omnia , studio Jacobi Chevart; 
Paris, 1635, 1640, 1643, 1649, in-4% quatre vo- 
lumes; Venise, 1734, 1735, 1736, in-4'', quatre 
tomes en deux volumes; Genève, 1762, quatre 
volumes in-4°, avec ime préface de Théodore 
Troncliin. — Baillou avait, d'après le précepte 
d'Hippocrate ,'.essayé de chercher, dans la cons- 
titution atmosphérique, le prmcipe des épidé- 
mies , ainsi que les causes des maladies parti- 
culières à chaque saison et à chaque climat. Il 
fit le premier bien connaître la nature du croup. 

F. H. 
Van der Linden, De scriptoribus medîcis. — Kersten , 
Medizinisches-Lexicon. — NicéroD, Mémoires, t. XX. — 
Sprengel, Geschic/iteder Medizin, t. III. —Biographie 
médicale. 

* BAILLOU (Louis) , musicien français, vivait 
dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. 
Après avoir reçu des leçons de violon de Capron, 
Baillou se rendit en Italie. Il fut attaché à la 
Scala de Milancomme chef d'orchestre, et écrivit 
pour ce théâtre la musique de plusieurs ballets. 
On a de lui , entre autres ouvrages : Andro- 
macca e Pirro, représenté en 1777;— Apollo 
placato, 1778;— Calipso abbandonata, même 
année; — la Zingara riconosciuta , 1783; — 
Lodovico il Moro , 1786; — Gv,atimozin, o la 
conquista del Messico, 1787; — Guillelmo 

NOUV, BIOGR. UNIVERS. — T. IV. 



Tell, 1797 ; — Lucio Giunio Bruto, 1798 ; — la 
Disfatta di Abderame , 1809 : ce dernier ou- 
vrage en société avec Capuzzi. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

BAiLLU (Pierre de), baillieu ou balliu, 

graveur flamand, vivait à Anvers dans la pre- 
mière moitié du dix-septième siècle. Il avait 
passé quelques années à Rome, où il s'était per- 
fectionné dans son art. On a de lui beaucoup 
d'estampes d'après Rubens, Vandyck, Cortone, 
le Guide , Annibal Carrache et Rembrandt. 

Descamps, f^ie des Peintres flamands. 

* BAILLY (Alexandre) , peintre français, né 
à Paris en 1764. Il fut élève de David, et peignit 
le portrait. Il exposa plusieurs fois, et avec 
succès, à Paris, Nîmes, Montpellier et Marseille. 

Nagler, Neues Mlgemeines KUnstler-Eexicon. 

BAILLY (Antoine-Denis), prote d'impri- 
merie, né à Besançon le 8 novembre 1749, 
mort à Paris entre 1815 et 1820. Il surveilla 
l'impression de la plupart des beaux ouvrages 
sortis des presses de Didot jeune, et décida ce 
dernier à faire une partie des frais de publica- 
tion des Études de la nature de Bernardin de 
Saint-Pierre , livre pour lequel l'auteur n'avait 
pu trouver d'éditeur. On attribue à Bailly : Dic- 
tionnaire poétique d'éducation, Paris, 1775, 
2 vol. in-8°, publié sous le pseudonyme de De- 
lacroix; — Choix d'anecdotes anciennes et 
modernes, recueillies des meilleurs auteurs, 
in-12, 4* édition, Paris, 1824, 3 vol. in-18. 

Aimé-Martin , Mémoires sur la vie de Bernardin de 
Saint-Pierre. 

* BAILLY (Antoine), inspecteur général des 
finances, mort en 1851, fils du précédent. On a 
de lui : Histoire financière de la France de- 
puis l'origine de la monarchie jusqu'à la 
fin de 1786, avec le tableau général des an- 
ciennes impositions, et un état des recettes et 
des dépenses du trésor royal à la même époque; 
— Administration des Finances du royaume- 
uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande, con- 
tenant les documents sur l'échiquier, la dette 
nationale, les banques, la navigation , le pro- 
duit et l'emploi des contributions , droits, taxes, 
péages, émoluments perçus par l'État sm- le clergé, 
la magistrature, les comtés, les paroisses, les 
corporations, etc. ; Paris, 1837, 2 vol. in-8° (Fir- 
min Didot frères). — Ces ouvrages, contenant 
le résultat de documents originaux mis à la dis- 
position de M. Bailly, qui fut envoyé plusieurs 
fois en mission en Angleterre pour y étudier 
et approfondir le système financier, sont fort 
estimés. 

* BAILLY (JDavid), peintre hollandais, né à 
Leyde en 1588. H eut plusieurs maîtres , entre 
autres Corn et Vander Voort. H se mit ensuite 
à voyager, et vint à Rome. A son retour, il refusa 
une pension que lui offrait le duc de Brunswick, 
et s'établit à Leyde. Ses portraits, surtout ceux 
qu'il traçait à la plume, lui firent une grande 
réputation. Il avait débuté avec assez de succès 



195 



BAILLY 



196 



dans la' gravure, qu'il laissa ensuite pour la 
peinture. 
Nagler, Tfeues Allgemeines Kûnstler-Lexicon. 
BAILLT (François), littérateur français, 
mort en 1651 , à Sainte-Vertu, près de Chablis. 
D était fils d'un vigneron de la paroisse de Saint- 
Père d'Auxerre. Il commença ses études dans 
cette ville, et les poursuivit à Paris, où il fut 
chargé de l'éducation du comte de Tonnerre. Il 
voyagea ensuite en Italie et en Flandre. A son 
retour, quoiqu'il ne fût que simple clerc , il fut 
pourvu delà cure de Vitry, dans le diocèse 
d'Auxerre. Mais bientôt, renonçant à l'état ecclé- 
siastique, pour lequel il n'avait pas de vocation, 
il se maria. On a de lui différentes pièces de théâ- 
tre et plusieurs sonnets, etc. ; Anvers , in-4°. Ce 
recueil est dédié à l'archiduchesse Isabelle. 

J. B. 
Papillon, BiWioth. des Aut. de Bourgogne, 1. 1, p. 9. 
* BAILLY ( George ) , général français , né en 
1685 , mort le 22 mars 1759. Il entra comme lieu- 
tenant au régiment d'infanterie de Navarre en 
1705 , devint officier d'artillerie en 1706, et fit la 
campagne de cette année en Allemagne. Apiès 
avoir rempli successivement les fonctions de com- 
missaire extraordinaire et de commandant ordi- 
naire, le jeune Bailly assista au siège de Douai, à 
ceux de Quesnoy, de Bouchain, de Landau, de 
Fiibourg, et fut promu au grade de major d'ar- 
tillerie au siège de Fontarabie en 1719. Devemi 
commissaire provincial le 4 août 1721, il com- 
manda en cette qualité l'école de Grenoble jus- 
qu'en 1733, époque à laquelle il se rendit à l'ar- 
mée d'Italie , où il combattit à la bataille de 
Parme, aux sièges de la Mirandole, à la prise 
du château de Gonzue, de Reggiolo et de Té- 
vère. Après avoir fait la campagne de la Bohème 
en 1741, il rentra en France avec l'armée en 
1743. Nommé brigadier le 20 février de cette an- 
née, il fut employé à l'armée du Rhin sous le 
maréchal de Noailles , y commanda l'artillerie à 
la bataille de Dettingen , et servit ensuite à celle 
d'Italie depuis 1744 jusqu'à la paix. Pendant 
les deux campagnes de 1745 et 1746 en Pié- 
mont, le brigadier Bailly rendit des services 
signalés à l'aimée française, et y déploya autant 
de courage que de talent. Nommé maréchal de 
camp le 1" mai 1745, il obtint le grade de lieu- 
tenant général de l'artillerie le l^'' juillet 1746, 
et celui de heutenant général des armées du roi 
le 10 mai 1748. Après la conclusion de la paix, 
il se retira dans ses foyers, où il mourut à l'âge 
de soixante-quatorze ans. 
Gazette de France. — Annales des temps. 
* BAILLY (Henri), compositeur français, 
mort le 25 septembre 1639. Il fut surintendant de 
la musique de Louis Xm, et laissa, outre des 
ballets et divertissements, plusieurs motets pour 
la chapeUe du roi, entre autres un Super flu- 
mina, qui eut quelque retentissement. 
Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

BAILLT {Jacques), peintre français, né à 



Graçay en 1629, mort en 1679. Il peignit avec 
succès les fleurs , les fruits , les ornements. Ses 
couleurs avaient une telle force, qu'elles péné- 
traient la pierre; l'emploi des ingrédients qui 
les composaient amena la mort de l'artiste. 

Chaudon et Delandine, Nouveau dictionnaire histo- 
rique. — Nagler, Neues Allgeîneines Kiiyistler-Lexicon. 

BAILLY (Jacques), garde des tableaux du 
roi, né à Versailles en 1701, mort le 18 no- 
vembre 1768. Il travailla dans le genre comique, 
et fît quelques parodies qui eurent un succès 
passager. Son théâtre parut en 1768, en 2 vol. 
in-8°. On a encore de lui le Catalogue des ta- 
bleaux du cabinet du roi au Luxembourg ; 
Paris, 1777, in-12. Jacques Bailly fut le père du 
savant astronome et infortuné maire de Paris. 

Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France. 

BAILLY (Jean-Stjlvain), savant célèbre et 
premier maire de Paris , né à Paris le 15 sep- 
tembre 1736, mort le 10 novembre 1793. D'a-^ 
bord destiné à la profession de peintre, il ne 
fit que de médiocres progrès dans le dessin, 
lorsque le hasard lui ouvrit une route d'instruc- 
tion plus sérieuse. Un mathématicicu nommé 
Moncarville avait un fils, auquel Bailly donna 
des leçons de dessin en échange de quelques 
leçons de mathématiques. Après avoir épuisé 
les connaissances de Moncarville, Bailly eut 
pour maître le père du célèbre Clairaut. Quelf 
ques succès littéraires d'un de ses arais enflam- 
mèrent son imagination, et à l'âge de seize ans 
il composa deux tragédies, Clotaire et Iphi- 
génie en Tauride. Dans la pi-emière de ces 
pièces., l'auteur, par une prédestination singu- 
lière, met en scène un maire de Paris, massacré 
par le peuple. Bailly consulta- sur ses essais dra- 
matiques le comédien la Noue, qui lui conseilla 
de quitter le théâtre pour la science. Le jeune 
littérateur suivit ce conseil , et eut bientôt l'oc- 
casion de se lier avec l'abbé de la Caille, qui lui 
fit partager ses goûts et ses travaux pour l'as- 
tronomie. 

Dès 1763 Bailly présenta à l'Académie des ; 
sciences ses Observations sur la lune , et , 
l'année suivante, il publia un long travail sur 
les étoiles zodiacales. En 1766, parut son 
Essai sur les satellites de Jupiter, avec des 
tables de leurs mouvements, 1 vol. in-4''. En 
1771 il fit paraître un Mémoire sur la lumière 
de ces satellites. Ce mémoire, plein de vues 
profondes, le classa parmi les grands astro- 
nomes de son temps. En 1775 Bailly donna le 
premier volume de son Histoire de l'astro- 
nomie ancienne et moderne ( ce volume in-4° 
comprend seulement Yhistoire de V astronomie 
ancienne depuis son origine jusqu'à VétabUs- 
sement d'Alexandrie). Ce volume fut suivi de , 
Y Histoire de l'astronomie moderne (jusqu'en 
1781 ), 1773-1783, 3 vol. in-4°, et ce n'est qu'en J 
1787 que parut Y Histoire de l'astronomie in- 
dienne et orientale, 1 vol. in-4°.Ce grand ou-i 
vrage est plein de rec^ierches savantes et d'aper-t 



197 

eus ingénieux; il est écrit dans un style élégant, 
dont Fontenelle a le premier donné l'exemple dans 
les matières scientifiques. Quelques objections 
que lui fit Voltaire sur la philosophie des brames, 
qu'il croyait les inventeurs de toutes les sciences, 
engagèrent Bailly à publier en 1777 deux écrits 
intéressants : Lettres sur Vorigine des sciences 
(vol. in-8"), et V Atlantide àç^VMon (vol.in-8°). 
L'auteur y attribue la création de tous nos arts 
à un peuple ancien , originaire du nord , habitant 
primitivement les hauts plateaux de la Tartarie 
orientale, peuple qui aurait disparu du globe 
par quelque révolution de la nature , et n'aurait 
laissé aux autres nations que les éléments de 
ses connaissances , quelques traditions et d'obs- 
curs souvenirs. De ce peuple détruit, les arts 
auraient passé aux Chinois, aux Indiens, aux 
Chaldéens, aux Grecs, etc. — Bailly se délassait 
de ses travaux astronomiques par la littérature. 
Il eut l'accessit à l'Académie française pour ses 
Éloges de Charles V, de Molière; et à Rouen, 
pour celui de Corneille. L'Académie de Berlin 
couronna son Éloge de Leibnitz. On doit encore 
à Bailly, les Éloges de Cook, de la Caille et 
de Gresset. Ces éloges furent publiés sous ce 
titre : Discours et mémoires, illQ,'l vol. in-8°. 
Les Éloges de Charles F, de Molière, de Cor- 
neille , de l'abbé de la Caille et de Leibnitz 
avaient été publiés précédemment en 1770 , vol. 
in-S". Cette variété de talents et les grâces de 
soû style lui ouvrirent les portes des trois Aca- 
démies de Paris , honneur singulier qui n'avait 
jamais été obtenu que par Fontenelle. Son dis- 
cours de réception à l'Académie française est 
très-remarquable par l'agrément de la diction, et 
la manière adroite avec laquelle il loue son pré- 
décesseur le comte de Tressan {Discours de 
réception, 1784, in-4°). Comme commissaire 
de l'Académie des sciences, Bailly publia ^ 
1784 et 1786 deux Rapports importants. Le 
premier a pour objet l'examen du magnétisme 
animal , qu'il considère comme une des illusions 
de l'esprit humain ( Rapport des commissaires 
chargés par l'Académie des sciences de l'exa- 
men du magnétisme animal, 1784, in-4°). Le 
second a pour but de faire substituer quatre 
hôpitaux , dans quatre quartiers différents , à 
l'hôpital unique qui existe à Paris ( Rapport des 
commissaires chargés par l' Académie des 
sciences de l'examen du projet (Sun nouvel 
hôtel-Dieu, 1787, in-4°). Cet écrit, plein de 
connaissances physiques, d'énergie et de sensi- 
bilité, avait déterminé l'autorité à exécuter ce 
projet utile , lorsque la révolution vint l'arrêter, 
et ouvrit à BaUly une nouvelle carrière. Nommé 
électeur de son district , puis secrétaire de l'as- 
semblée électorale, en^n député aux états, 
Bailly se rendit à Versailles, où déjà l'assemblée 
nationale se trouvait divisée sur la question 
fondamentale du vote par tête ou par ordre. A 
son arrivée, il fut élu doyen du tiers état ,^ 
dont il se trouva dès lors appelé à soutenir les 



BAILLY 198 

justes prétentions. La résistance des ordres pri- 
vilégiés ayant enfin obligé les communes à se 
constituer en assemblée nationale, Bailly, de 
simple doyen du tiers état, se trouva prési- 
dent de l'assemblée constituante; ce fut lui qui 
eut l'honneur de présider la séance du jeu de 
paume. Lorsque le maître des cérémonies vint, 
de la part du roi, ordonner aux membres du 
tiers état de sortir de la salle, Bailly lui répon- 
dit : « La nation assemblée n'a point d'ordre à 
recevoir. » II réclama, en sa qualité de prési-j 
dent , le droit de prêter le premier serment de\ 
ne pas se séparer avant d'avoir établi la consti- j 
tution sur des bases solides. 

On sait comment, après \m vain essai de coup 
d'État, la cour se vit forcée de souscrire à la 
réunion des ordres, sans avoir rien gagné à son 
imprudente tentative , sinon de constater à la 
fois ses regrets et son impuissance. On sait aussi 
qu'après avoir appelé des troupes sous Paris 
pour dissoudre la représentation nationale , le 
ministère fut vaincu de nouveau dans la fameuse 
journée du 14 juillet, qui vit tomber à la fois la 
Bastille et le pouvoir absolu. Le lendemain de 
cette journée, une députation de l'assemblée na- 
tionale , dont faisaient partie Bailly et la'Fayette, 
s'étant rendue à l'hôtel de ville, une acclamation 
universelle décerna (le 16 juillet) au premier le 
titre de maire de Paris , au second celui de 
commandant général de la milice parisienne , 
qui venait de s'organiser spontanément. Le 17, il 
reçut le roi à l'hôtel de ville, et lui présenta la 
cocarde nationale. On remarque cette phrase 
dans le discours qu'il adressa à ce prince : 
« Henri IV avait conquis son peuple; ici c'est 
le peuple qui a reconquis son roi. » Bailly fut de 
nouveau proclamé maire dans cette même jour- 
née. Le 25 août , il prêta , en cette qualité , la 
serment suivant au roi : <c Sire , je jure à Dieu , 
entre les mains de V. M., de faire respecter votre 
autorité légitime , de conserver les droits sacrés 
de la commiine de Paris, et de rendre justice à 
tous. « D offrit ensuite au roi im bouquet enve- 
loppé d'une gaze sur laquelle était écrit en lettres 
d'or : « Hommage à Louis XVI, le meilleur des 
rois, w Dans la journée du 6 octobre , il vint rece- 
voir le roi à la barrière de Versailles , et lui fit 
un long discours, auquel Louis XVI ne répondit 
que par ces mots : « Monsieur, c'est toujours 
avec plaisir et confiance que je me trouve au 
milieu des habitants de ma bonne ville de Paris. » 
Le 19, lorsque l'assemblée vint tenir sa pre- 
mière séance à Paris , il la complimenta. Il alla, 
le 5 février 1790, féliciter le roi sur la séance 
qu'il avait tenue la veille à l'assemblée , et sur 
le discours qu'il y avait prononcé ; il lui dit, entre 
auti*es choses, « qu'il réunissait tous les titres 
des monarques chéris, Louis le Juste, Louis le 
Bon, Louis le Sage, et bientôt Louis le Grand. 

Dans ses fonctions nouvelles , Bailly trouva de 
grands et difficiles devoirs à remplir. Il arrivait 
au milieu d'une famine, au milieu d'une insurrec- 



/" 



199 BAILLY 

tion, à la tête d'une administration toute neuve, 
dont rien encore, ni la marche, ni les attribu- 
tions , ni les prérogatives, n'étaient déterminées. 
Il fallait maintenir l'ordre au sein de l'efferves- 
cence, suppléer par la persuasion à l'autorité 
qui n'existait plus nulle part, assurer chacpie 
jour la subsistance d'une population de sept cent 
mille âmes, et chaque jour répondre du succès 
sur sa tête. Il y réussit par un travail de tous les 
instants et par un dévouement sans bornes. Il 
courut de grands dangers, et se fit de nombreux 
ennemis; mais il mérita l'estime publique, et 
sut même conserver sa popularité , qui ne re- 
çut point d'atteinte sensible, jusqu'au jour où 
Louis XVI, entraîné par d'aveugles conseils, 
s'enfuit vers la frontière, laissant derrière lui un 
manifeste contre la révolution qu'il avait d'abord 
adoptée, et, découvert dans sa fuite, fut ramené 
captif dans la capitale irritée. 

L'assemblée, si grande jusqu'alors, fit ici la 
faute immense de rappeler au pouvoir, de re- 
mettre en face de la révobition effarouchée, le 
prince qui , hostile à cette révolution , ne pouvait 
plus lui inspirer de confiance ; qui , vaincu et fait 
prisonnier par elle , ne pouvait plus lui inspirer 
de respect. Pour réaliser cette combinaison mal- 
heureuse, il lui fallut s'engager dans une voie 
de réaction. Des divisions commencèrent d'éclater 
ënti'e les partisans de l'ordre nouveau ; des résis- 
tances se manifestèrent : un mouvement popu- 
laire eut lieu au Champ-de-Mars ; des mesures 
répressives devinrent nécessaires , il fallut pro- 
clamer la loi martiale. 

Dans cette pénible occurrence , la Fayette et 
Bailly firent leur devoir, quelque pénible qu'il 
pût être. Conduite par eux, la garde nationale 
s'avança vers le théâti-e de l'insurrection , pré- 
cédée du drapeau rouge. Cette démonstration 
n'ayant pu calmer le désordre , il fallut employer 
la force. Le sang coula , et de ce jour la Fayette 
et Bailly devinrent odieux au parti populaire. 
On leur imputa ce qu'on se plut à nommer les 
massacres du Champ-de-Mars ; on leur fit un 
crime d'avoir prêté main-forte à la représenta- 
tion nationale , menacée par des résistances hos- 
tiles , comme si le pouvoir, alors même qu'il a 
pu se tromper, n'avait pas droit d'êti'e protégé 
contre la violence et la révolte. Abreuvé de dé- 
goûts , Bailly aurait voulu dès lors renoncer aux 
fonctions publiques. Élu pourtant une seconde 
fois, il pensa que la gravité des circonstances 
lui défendait de refuser ; mais, la constitution ter- 
minée , il donna sa démission. Les instances de 
la commune le décidèrent néanmoins à rester en 
place jusqu'à l'époque des élections; et, le 18 no- 
vembre 1791, il remit ses pouvoirs entre les 
mains de Péthion, nommé son successeur. Rendu 
à la vie privée , Bailly aurait pu trouver en An- 
gleterre un asile contre les ressentiments qui le 
poursuivaient. On le lui proposait ; il refusa : 
«L'homme, dit-il, qui s'est vu chargé d'une 
grande administration doit, quelque danger qui 



200 

le menace , rester pour rendre compte de sa con- 
duite. » Il se retira à Nantes, où il passa la der- 
nière année de sa vie dans la maison de M. Vil- 
lenaire ; ce fut là qu'il apprit les événements du 
10 août et du 21 janvier. H espéra trouver une 
retraite plus sûre à Melun près de son ami, le 
célèbre Laplace; il y fut devancé par un déta-|/ 
chement de l'armée révolutionnaire, formée après 
le 31 mai. A son arrivée, une émeute éclata, il 
fut arrêté , et , peu de temps après , transféré à 
Paris , sur l'ordre du comité de salut public. Une 
première fois il fut tiré de sa prison pour déposer 
comme témoin dans le procès de Marie-Antoi- 
nette; bientôt ce fut son tour de comparaître en 
accusé devant le tribunal révohitionnaù'e ; il s'y 
défendit sans faiblesse, et reçut sans pâlu- son 
arrêt de mort. Dans ses derniers moments, Bailly 
montra la dignité d'un sage et la constance d'un 
martyr. Traîné lentement au supplice à travers 
les imprécations d'une multitude furieuse , glacé 
par la pluie qui tombait à torrents , sa bouche 
ne fit pas entendre une plainte. Arrivé au lie» 
de l'exécution , on brûla devant lui le drapeau 
rouge; on démolit l'échafaud préparé, pour ne 
pas souiller de son sang le champ de la fédéra- 
tion , et on le releva sous ses yeux dans un fossé 
voisin. Pendant cette longue agonie, un instant on 
le vit frissonner. «Tu trembles, Bailly, « lui dit un 
de ses satellites. — « Oui, mon ami, mais c'est 
de froid, » répondit-il avec douceur. Bailly avait 
vécu cinquante-sept ans. Sa taille était haute, 
ses traits allongés, sa figure noble mais froide 
son caractère sérieux , son âme douce et sensible. 
Outre les écrits ci-dessus mentionnés, il a laissé : 
1" des Mémoires qu'il commença à Nantes, mais 
qui ont été achevés par une autre main , et où 
l'on trouve des détails intéressants sur les pre- 
miers événements de la révolution {Mémoires 
d'un témoin oculaire de la révolution, ou 
journal des faits qui se sont passés sous ses 
tjeux, et qui ont préparé et fixé la constitution 
française (de 1791); Paris, 1804, 3 vol. in-8°, 
réimprimés en 1822 ) ; — 2° Essai sur les 
fables et sur leur histoire , qui parut imprimé 
en l'an VU. (2 vol. in-S"), ouvrage posthume que 
l'auteur avait composé en 1781 et 1 782 : un exem- 
plaire en fut présenté en homrnage au corps lé- 
gislatif, et deux députés , Baudin et Rewbell, sai- 
sirent cette occasion pour payer, du haut de la 
tribune, un tribut d'hommages et de regrets à la 
mémoire du savant et du citoyen; — 3° Rap- 
port secret sur le mesmérisme ( dans le 
Conservateur de François de Neufchâteau, 
an vm, 2 vol. in-8°); — - 4° Procès-verbal des > 
séances et délibérations de l'assemblée géné- 
rale des électeurs de Paris, 1790, 3 vol. in-8"; . 
— 5° Recueil des pièces intéressantes sur les > 
arts, les sciences et la littérature, ouvrage 
posthume, 1810, in-S"; on y trouve les vies des 
peintres allemands. Le célèbre peintre David a > 
fait le portrait de Bailly. 
Éloge historique (le J. -S, -Bailly (par Mcrard dcii 



201 

Saint-Just );• Londres, 1794, in-8°. ( Didot aîné, «94.) — 
Dellsle de Salles, Eloge de BceiHy . -Lalande, Eloge 
de Bailly , 1794, in-8°. — Lacretellc, Élogede BaiUy. — 
Boudrot, Galerie franc., t. II. - M. Fr. Arago, Biogra- 
phie de Bailly ; Paris, 1852, in-i". 

* BAILLY (Joseph), peintre flamand, natif 
de Gand, vivait dans la seconde moitié du dix- 
huitième siècle, n peignit avec supériorité le 
paysage; et, sans la faiblesse de sa santé et sa 
mauvaise fortune, il aurait peut-être égalé Claude 
Lorrain. 

Nagler, Neues Jllgemeines Kilnstler-Lexicon. 

BMLLT (Joseph), médecin, né en 1779 à 
Besançon, mort le 15 décembre 1832. H étudia 
la médecine et la pharmacie , et prit part comme 
officier de santé à la malheureuse expédition de 
Saint-Domingue. 11 fit en cpiaUté d'aide-major 
les campagnes de l'Allemagne et de la Russie. 
En 1823 il prit part, comme pharmacien prin- 
cipal, à l'expédition d'Espagne, quoique sa 
santé fût déjà très-affaibUe par les fatigues et par 
la maladie qui devait le conduire au tombeau. 
Outre un Essai sur les puits artésiens, Besan- 
çon, 1830, br. in-8° de 20 pages, Bailly a publié 
divers articles de sciences d'application, insérés 
dans les Mémoires de la Société d'agriculture, 
et qui ont pour titre : Essai sur la culture du 
lin; Essai sur l'agriculture, considérée dans 
ses rapports avec les arts industriels ; Notice sur 
le froment locular. — Les articles suivants 
sont imprimés dans les Mémoires de l'Académie 
de Besançon : I>u But philanthropique des 
sciences et des arfs ; — Souvenirs d'un voyage 
à. Grenade; — Notice sur Vile de Saint-Do- 
mingue; — Burgos et la Vieille-Castille , sou- 
venirs de 1823; — Valence et ses environs, 
excursion surdes côtes orientales de l'Espagne ; 
— Recherches sur les moyens employés suc-' 
cessivement en France pmcr extirper la men- 
dicité et réprimer le vagabondage. Bailly a 
laissé en manuscrits plusieurs nouvelles et des 
Mémoires inachevés. 

M. Weiss, édit. du Dictionnaire historique de Feller. 

* BAILLY (Pierre), médecin français, vivait 
dans la première moitié du dix-septième siècle. 
On a de lui : Questions naturelles et curieuses, 
recueillies dé la médecine, touchant le régime 
de santé, par ordre alphabétique; Paris, 1628, 
in- 8°. 

Carrère, Villiothùque de la Médecine, — .\delung, sup- 
plément à Jdcher , AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BAILLY «E JuiLLY (Edmc-Louis-Barthé- 
lemy), homme politique, né à Troyes en 1760, 
mort en juillet 1819. 11 était oratorien et profes- 
seur au collège de Juilly à l'époque de la révolu- 
tion, dont il adoptâtes principes. En 1792, il fut 
nommé député à la convention nationale. 11 se 
prononça dans le procès de Louis XVI pour 
l'appel au peuple, pour le bannissement, et en- 
suite pour le sursis. En mai 1794, il fut nommé 
secrétaire de la convention. Envoyé en mission 
à Strasbourg après le 9 thermidor, il rendit 
compte à cette assemblée des maux que la ville < 



BAILLY 202 

avait soufferts pendant le règne de la terreur, et 
lui annonça qu'il venait d'éliminer tous les em- 
ployés attachés à la faction de Robespierre. Dans 
la journée orageuse du 1*'' prairial an 111 (20 mai 
1 795 ), Bailly occupa le fauteuil en remplacement 
de Vernier. Devenu membre du comité de sûreté 
générale , il en remplit les fonctions avec modé- 
ration. Les liaisons qu'il avait formées avec les 
principaux membres du parti chchyen le firent 
comprendre sur la liste de dépoi'tation , lors de ' 
la journée du 18 fructidor an V. Mais le député 
Malès ayant feit observer que Bailly était prêtre 
assermenté et marié, parvint à obtenir sa ra- 
diation. Bailly fit encore partie du corps législatif 
en 1798. 11 y fut attaqué ouvertement par Gau- 
ran , soa collègue , qui le dénonça à l'assemblée 
comme « un royaliste échappé à la déportation 
de fructidor, et comme un lâche. » Après les 
événements du 18 brumaire, il fut nommé préfet 
du département de Lot. En 1813, il fut révoqué 
par suite de quelques machinations de ses em- 
ployés. Depuis lors il vécut dans la retraite, et 
périt par une chute de diligence sur la route de 
Rouen, et après avoir subi l'amputation des deux 
bras fracturés. On a de lui : Rapport sur 
l'organisation des sociétés nationales des 
sciences, belles-lettres et ar^s, présenté au con- 
seil des cinq-cents, au nom du comité de l'ins- 
truction publique, br. in-8°, 1799. 
- Biographie des Contemporains. 

* BAILLY DE MOKTuioN ( Fvançois-Gé- 
déon, comte) , général français, né à l'île Bour- 
bon le 27 janvier 1776, mort en 1846. Destiné 
de bonne heure à la carrière militaire , il entra 
comme sous-Heutenant dans le 74^ régiment de 
ligne le 24 février 1793, et fit les premières 
campagnes de la révolution dans les armées 
de la Moselle et du Nord. Lorsque la conven- 
tion evit décrété la destitution de tous les officiers 
nobles, Bailly deMonthion fut obligé de quitter 
le service de larépublique. Toutefois cette suspen- 
sion ne fut pas de longue durée. Le 10 octobre 
1793, il reçut le brevet d'aide de camp du géné- 
ral Turreau, qu'il suivit aux armées des Pyrénées- 
Orientales , de l'Ouest, de Sambre-et-Meuse, de 
Mayence, et combattit avec lui sur le Rhin, en 
Suisse, sur le Danube, et en Itahe. Il se dis- 
tingua à Marengo , et fut nommé colonel sur le 
champ de bataille d'Austerlitz. 11 prit une part 
aetive aux batailles de Smolensk , de la Mos- 
kova , de Malvizaroslawitz , et au passage de la 
Bérésina. Promu au grade de général de division 
le 4 octobre 1812, il seconda le prince Eugène 
dans toutes ses opérations militaires sur l'Elbe, 
et assista aux batailles de Lutzen , de Bautzen 
et de Wui'zen. Depuis le 8 novembre 1813 jus- 
qu'au l'^'' janvier 1814, il remplit les fonctions de 
major général de la grande armée en l'absence 
du' prince de Wagram, qu'une maladie éloignait 
momentanément du théâtre de la guerre. 11 fit 
aussi la campagne de France de 1814 ; et lorsque 
après la première restauration, en 1815, une 



203 BAILLt 

nouvtlle invasion menaça le télritôire frariçais, 
il fit, comme chef de l'état-major général, la 
campagne de Belgique , et reçut une blessure à 
la bataille de Waterloo. Il était en non-activité 
depuis la seconde restauration, lorsqu'en 1835 
le ministre de la guerre l'employa dans l'inspec- 
tion générale de l'infanterie. Le généfal Bailly fut 
élevé à la pairie le 3 octobre 1837 , et obtint la 
grand-croix de la Légion d'honneur le 19 avril 
1843. A. A. 

Biographie des Contemporalni. 
BAiLLT-BRiET (Jean-Baptiste), juricou- 
sulte, né en 1729 à Besançon, mort le 27 octobre 
1808. On a de lui un livre intitiilé le Comté de 
Montbéliard agrandi et enrichi au préjudice 
de la Franche-Comté , par l'échange conclu le 
21 mai 1786 entre le roi de France et le duc de 
Wurtemberg (Besançon);, 1789, in-8° de 336 
pages. 

Fellcr, Dictionnaire historique, édlU M. G. Weiss. 
*BAiLON (Pascal), moine et théologien es- 
pagnol, mort à Villaréal en 1592. On a de lui : 
Principales mysterios de la Vida de Christo ; 
de la veneracion tj dignidaâ dél SS. sacra- 
mento de la Eucharistia , principales actiohes 
de Nuestra Senhora, y mtœrte dé S. Anna su 
madré. 

:!!. Antoivlo, Biliotk. hispanà nova. 

*BAiLS (Z). Benito), musicographe et ma- 
thématicien espagnol, né à Barcelone éit 1743. 
îl eut la direction des mathématiques de l'Aca- 
démie de San-Fernando, et fut membre de l'Acadé- 
mie royale espagiiole d'histoire , Sciences natu- 
relles et arts de Barcelone. On a de lui : Lec- 
oiones de cla.ve yprincipios de harmonia, frad. 
(le Betaetzrieder ; Madrid , 1775, in-é". * 

FétiBi Biographie unlvterselle des Musiciens. 

*BAï!L,Y ou BAîLEY (Abraham), auteur 
comique anglais, vivait dans la seconde moitié 
du dix-septième siècle. 11 laissa : tJie Spightful 
Sister, 1667, in-4''. 

Biorjraphia dramatica. — Adeitrns, Supplcniciit à 
Jdchci-, Aligemeines Gcleàrten-Lexicon. 

J BAIL Y {Edouard Hodjes), sculpteur an- 
glais, né à Bristol en 1788. 11 occupe aujourd'hui 
le premier rang parmi les artistes de la Grande- 
Bretagne. Élève favori de Flaxman, Baily a su 
puiser à l'école de ce grand maître le sentiment 
et le goût de l'art antique. Ses compositions, 
pour la plupart très-remarquables, se distinguent 
par une correction de lignes, une harmonie et 
tine grâce qui le rapprochent bien plus des 
sculpteurs grecs et italiens, que des Chartrey 
et des Westmacock , les maîtres de l'école an- 
glaise. Ses productions les plus célèbres sont : 
Hercule tirant Alceste des enfeis , qui lui 
valut la médaille à la Société des arts ; Eve à la 
Fontaine, qui fonda sa réputation et lui ouvrit 
les portes de la Société royale de, Londres; — un 
Jlercule jetant Hylas à la mer, groupe qui ne 
manque pas de mérite , bien qu'inférieur à celui 
de Canova; — V Amour maternel; — une or- 



~- BAILY 204 

uementalion monumentale à la façade dsBuckin- 
gham-Palace, représentant le Triomphe de la 
Grande-Bretagne ; — des statues nombreuses ■, 
de célébrités du jour, le lord Eglemond, le comte ■ 
Grey ( 14 pieds de haut), un duc d'Essex co- 
lossal ; et surtout Eve écoutant une jeune J'ille 
se préparant pour le bain; — la Nymphe 
endormie; les trois -Grâces, et le Retour du 
chasseur fatigué. T. D. 

Eclectic Review, 1851, 2^ vol.' 

* BAILY (iï'rflrtm), savant anglais, membre 
correspondant de l'Institut de France, né en 1774 
àNewburg, mort le 30 août 1844. La première 
partie de sa carrière fut consacrée au commerce 
et à la finance, oii il fit une fortune considérable. 
Membre influent de la Société des agents dc^ 
change à Londres, il fut chargé de les défendre! 
contre les attaques de la Cité , et publia à cette- 
occasion des ouvrages qui fixèrent sur lui l'atten^j 
tion publique. A cette époque de sa vie se ra^ 
portent aussi ses travaux historiques, et se 
traités remarcpiables sur les assurances, qui fd 
rent traduits en plusieurs langues, et sont enco/ 
considérés aujourd'hui comme IC meilleur o^ 
vrage composé sur la matière. En 1823 il abaH 
donna les affaires ; et, s'adonnant dès lors tout e| 
tier à la science , il commença cette série de tn 
vaux qui devaient l'illustrer. Président de la Soclé^ 
astronomique de Londres qu'il avait fondée, 
déploya une infatigable activité dans des entrée 
prises innombrables où il nous serait impossible 
de le suivre. Ses principaux titres à la gloire sont : 
1° la réorganisation du Nautical Almanach, 
qui lui fut confiée par l'amirauté, et dont il fit un 
des plus remarquables monuments scientifiques 
de notre époque; ■>.'' la fixation de la yard, 
unité de longueur dont l'étalon avait été détruit 
dans l'incendie du parlement; 3° la détermi- 
nation de la densité de la terre, ou il contrôla , 
par 2,153 expériences successives, les magni- 
fiques travaux de Cavendish , et substitua le 
nombre de 5,660 à 5,448 trouvé par le célèbre 
philosophe ; 4'" la révision du catalogue des 
étoiles, pour laquelle il colligea et mit en ordre les 
catalogues de Ptolémée, de Tycho-Brahé, d'Hal- 
ley , de Fîamsteed , etc. ; 5° enfin , la réduc- 
tion des catalogues de Lalande et de la Caille. 
Il rédigea presque seul , jusqu'à sa mort , les 
comptes-rendus annuels de la Société astrono- 
mique, où il publia plusieurs mémoires impor- 
tants, aussi bien que dans le Philosophical 
Magazine. Ses ouvrages ont pour titres : Tables 
for the purchasing and reneioing of stades ; 
in-8° , Londres , 1802 ; — Doctrine of interest, 
annuities, and assurances ; Londres, 1810, 
in-8'', traduit en français par Alfred de Courcy; 
Paris, 1830; — A synopsis of the principal 
éléments of astronomy deduced from La- 
iplace; Londres, 1812, in-8°; — A new chart of 
history; Londres, 1817; — Acatalogue of 1766 
stars by la Caille; in-8°, 1827 ; — May ers cata- ' 
logue of stars corrected; in-4", Londres, 1830; 



205 

-Anaccmnt of the Rev. John Flamsteed, 
iirst royal astronomer ;in-i°, Londres, 1835 : 
cet ouvrage important fut publié par ordre des 
lords commissaires de l'Amirauté, et aux frais de 
l'État. T. D. 

PhilosopMcal Magazine. 

BAiNBRiGDE {Jean), médecin et astro- 
nome anglais, né en 1582, mort en 1643. Il fut 
élevé à Cambridge et s'appliqua surtout à l'as- 
tronomie, pour laquelle il avait un goût prononcé. 
Il vint ensuite à Londres, où il fut agi'égé au col- 
lège de médecine. Il se fit surtout remarquer par 
sa description de la fameuse comète de 1618, ce 
qui lui valut de la part d'Henri Savelli, fondateur 
de la chaire d'astronomie d'Oxford, le titre de pro- 
fesseur de cette science. Ses ouvrages sont : An 
astronomical description of the cornet from 
the 18"' of november 1618, to the 16*" of 
december following ; Londres, 1619, in-4°; — 
Procli Sphasra Ptolomxi de Hypothesibus 
planetarum liber singularis ; Londres, 1620, 
in-4" ; — Ptolomxi Canon regnorum ; — Ca- 
nicularia, or Treatise concerningthedog-star 
and the canicula dey; Oxford, 1648, in-4''. 

Biographie Médicale. —Rose, New Biographical Die- 
tionnary. 

*BAiNES (Rodolphe), philologue anglais, 
mort en 1560. Il professa la langue hébraïque à 
Paris, devint évêque de Lichtfeld en Angleterre, 
sous la reine Marie, et perdit son évêché sous la 
reine Elisabeth. Outre un Commentaire sur les 
Proverbes, on a de lui une Grammaire hé- 
braïque estimée; Paris, 1550, in-4°. 

Jôcher, Mlgemeines Gelehrten- Lexicon. 
*BA.iNi (Joseph), musicien italien, né à 
Rome en 1776. H entra dans les ordres, et s'ap- 
pliqua de bonne heure à l'art musical. Il devint 
directeur de la chapelle pontificale. Il se fit con- 
naître par ses compositions dans le genre sacré, 
restées manuscrites, et surtout par iln Miserere 
composé pour la chapelle Sixtine, par ordre 
de Pie VII. On a de lui : Lettera sopra il 
motetto a quatro cori del sig. D. 3Iarco San- 
tucci, corne lavoro di génère nuovo, 1806; — 
Saggio sopra Videntità de' ritmi musicale e 
poe^ico; Florence, 1820, 76 pages in-8'', tra- 
duit en français par le comte de Saint-Leu, sous 
ce titre : Essai sur l'identité du rhythme poé- 
tique et musical; Florence, 1820, in-8''; — 
Memorie storico-critiche délia vita e délie 
opère di Giovanne Pierluigi da Palestrina, 
Capellano cantore, e quindi compositore délia 
cappella pontijicia, maestro di cappella délie 
basiliche Vaticana, Lateranense, e Liberiana, 
detto il principe délia Miisica; Rome, 1828, 
2 vol. in-4''. C'est un des meilleurs ouvrages en, 
ce genre, et le plus impoiiant de ceux qui sont 
dus à la plume de l'auteur. 

• Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

* BAiNviLLE ( Charles ) , peintre et musicien 
français, mort à Paris en 1754. H était parent de 
Boileau, qui lui conseilla de cultiver a peinture. 



BAILY — BAIRAKTAR 206 

Il laissa plusieurs compositions, des Pièces fugi- 
tives, un opéra qui n'a pas été misen musique, 
et un grand nombre de chansons bachiques. 

Chaudon et Delandine, Nouveau Dict. Jiist. 

*EAiR OU BAYER (Mclchior), orfèvre alle- 
mand , natif de Nuremberg, mort en 1577. Il se 
fit remarquer par de nombreux travaux d'art, 
parmi lesquels on cite un dessus d'autel en argent 
exécuté pour le roi de Pologne. 

Nagler, Neues Mlgemeines Kiinstler- Lexicon. 

* BAIRAKTAR OUBEIRARDAB (MUStapha- 

Pacha), grand vizir ottoman, né en 17S5, mort 
le 14 novembre 1808. Dès son début dans la car- 
rière des armes , il se distingua par sa valeur. 
En 1806, devenu pacha de Rouschouk, il combat- 
tit les Russes qui avaient envahi la Molda\de, la 
Valachie, et s'étaient emparés de Bucharest. Lors 
de la révolte des janissaires et de la déposition 
de Sélim , Bairaktar conclut un armistice avec 
l'ennemi, et marcha sur Constantinople. On ne 
soupçonna pas d'abord ses desseins et le paiii 
qu'il embrasserait. Sélim, qu'il voulait rétablir 
sur le trône, avait été son bienfaiteur; Mustapha 
le retenait prisonnier , et le fit étrangler, pour 
que Bairaktar ne pût le délivrer. Mais celui-ci, et 
le jour même de son installation, fit exposer à la 
porte du sérail trente-trois têtes : c'étaient celles 
des assassins du sultan Sélim, de leurs complices, 
et des favoris de Moustapha. Il fit étrangler et jeter 
dans le Bosphore les officiers des yamacks. Les 
femmes du sérail, qui avaient manifesté de la 
joie en apprenant la mort du sultan Sélim, furent 
cousues dans des sacs et précipitées dans la 
mer. Bairaktar le vengea en déposant Musta- 
pha, et en mettant la couronne sur la tête de 
Mahmoud (28 juillet 1808). Le pacha devint lui- 
même grand vizir. Il destitua le grand inuphti et 
les ulémas, auteurs et complices de la révolte des 
janissaires; il alimenta l'armée, et vouluty intro- 
duire des réformes utiles, afin d'avoir désormais 
des troupes régulières capables de résister aux 
Russes. A cet effet, il convoqua à Constanti- 
nople tous les pachas de l'empire ; son plan fut 
adopté, et le muphti approuva la décision. Mais 
l'orgueil lui fit néghger la prudence dans les 
moyens d'exécution du nizam-dgedid. Ses en- 
nemis, pour l'affaiblir, suscitèrent Mola-Aza, célè- 
bre par sa valeur et ses brigandages, à envahir 
Rouschouk. Bairaktar envoya à plusieurs re- 
prises une partie de ses troupes les plus dé- 
vouées. Bravant le péril , il repoussa les con- 
seils que lui donnèrent ses amis de se retirer à 
Andrinople en emmenant avec lui Moustapha et 
Mahmoud, et resta à Constantinople. En se ren- 
dant chez le muphti le jour du Ramazan, son 
escorte armée frappa le peuple qui obstruait les 
rues. Les janissaires se soulevèrent de nouveau ; 
secondés par la populace, et appuyés sur 
la flotte, ils entourèrent le sérail le 15 no- 
vembre 1808, et sommèrent le vizir de rétablir 
Mustapha. Bairaktar se défendit vaillamment; 
mais les insurgés mirent le feu au palais; l'in- 



207 



BAIRAKTAR — BAITELU 



208 



cendie, s'étendit et menaça d'envahir Constan- 
tinople. Mahmoud renfenné dans le sérail se 
défendait hardiment contre les janissaires, et, 
secondé par le capitan-pacha , se maintenait 
derrière les murs du sérail. Témoin de cet hor- 
rible incendie , touché des cris des victimes, et 
voyant ime partie de ses meilleurs soldats re- 
poussée, il autorisa le capitan-pacha à étran- 
gler Mustapha, et fit cesser le feu. Tout rentra 
dans l'ordre. Mais lorsqu'on put s'approcher du 
palais du grand vizir, on y trouva Bairaktar, 
son esclave favorite, et l'eunuque qui les avait 
suivis, asphyxiés dans une chami)re souterraine. 
(Voir SÉLEU m. ) 

Taohereau de Saint-Denys, Bevolution de Constanii- 
nople en 1807 et 1808; Paris, 1819, 2 vol. in.i8°. — Lamartine, 
yoyage en Orient. — Conversation-Lexicon. — Rose, 
JVeio Biographical dictionary. 

BAiRD (sir David), général anglais, né vers 
le milieu du dix-huitième siècle, mort le 18 août 
1829. H servit d'abord dans l'Inde, où il devint, 
dans le combat i de Perimbancum, prisonnier 
d'Hyder-Ali, qui ne le remit en liberté qu'au 
bout de trois ans et demi de captivité. Il prit 
part, en 1791, 1792 et 1793, au siège deSeringa- 
patam et de Pondichéry. En 1801 , il servit en 
Egypte sous les ordres du général Hutchiuson, 
et commanda, en 1806, l'expédition qui enleva 
aux Hollandais la colonie du Cap. En 1809, il 
commanda les troupes anglaises en Espagne, et 
fut blessé au combat de la Corogne. 

Théodore Hook, yie de sir David Baird; Londres 
S voL In-S", 1838. — Asiatic Jownal de 1833. 

* BAIRO (Pierre ), médecin italien, né à Turin 
en 1468, mort le 1" avril 1558. Il étudia et 
exerça avec succès la médecine dans sa ville 
natale. 11 compta parmi ses clients les personna- 
ges les plus considérables de son temps, et ob- 
tint le titre de médecin de Charles U, duc de 
Savoie. On adeBairo: De Pestilentia, ejusque 
Curatione per prœservationum etcurationum 
regimen; Turin, 1507, in-4'', et Paris, 1513 ; — 
Lexipyrelse perpetuse et quecstiones et An- 
nexorum solutio ; de Nobilitate facultatis Me- 
dicx; Utrum Medicina et Philosophia sint 
nobiliores utroquejure, scilicet civili et ca- 
nonico; Turin, 1512, in-fol.; — De medendis 
humani corporis Malts Enchiridion quod 
vulgo Veni-mecumvocant ; Bâle, 1560, in-8", et 
Francfort, 1612 ; — Secreti medicinali ; Venise, 
1585, in-8°. 

Mazzuchelli, Scrittori d'italia. — Biograph. mcdic. 

* BAisANCOR , nom de quelques empereurs 
mogols et turcomans. 

* Batsancor , fils de Caidu-Khan, succéda à 
son père dans l'empire des Mogols, avant que 
ces peuples se fussent répandus dans la province 
de l'Iran, en deçà du fleuve Gihon. Ce prince 
eut deux frères, nommés Giucalemgom et 
Giusmagm. Le premier devint le chef de la 
tribu nommée Tahiut, et le second, de celle qui 
porte le nom de Sahiut. Baisancor laissa un fils 
nommé Tumakhan , qui lui succéda, et duquel 



les Mogols tirent la généalogie de Ginghizkhan. 

* Baisancor-Mirza , sultan de la dynastie des 
Turcomans du Mouton-Blanc, mori^n 1491. I! 
avait dix ans lorsqu'il fut proclamé sultan. Les 
Turcomans se trouvaient divisés alors entre deux 
factions , dont l'une éleva sur le trône Massig- 
Beg, l'autre Ali-Beg. Ils furent chassés l'un et 
l'autre par Rostam-Beg, qui s'empara de leurs 
États. Quant à Baisancor, placé sous la tutelle 
du sofi Khahl-Mosuli , il ne régna qu'un an et 
huit mois : il fut défait et tué par Rostam , au- 
près de la ville de Berda. 

* Baisancor- Mmza, un des derniers princes de 
la racedeTamerlan,dela branchedeMiranschah, 
qui régnèrent dans la Transoxane,mort en 1499. 
Son père Mahmud mourut en 1494 à Saniarcand, 
et laissa quatre fils, parmi lesquels Mirza-Baisan- 
cor, qui obtint le gouvernement le Samarcand. 
Attaqué par son frère Massud , et hors d'état de 
lui résister, il se tint caché et déguisé jusqu'à ce 
qu'il put se retirer auprès de IChozru-Schaii 
dans la ville de Conduz. Son frère Massud l'y 
vint attaquer encore ; mais Baisancor fut délivré 
par Khosmachah, qui se servit de cette défaite 
dans l'intérêt le son ambition. Il fit mourir Bai- 
sancor, et devint maitre ainsi de Conduz, Botlan- 
Heasar, Badakschiam. 

D'Herbelot, Bibl. Orient. — Moréri, Dictionnaire his- 
torique. 

* BAiTBLLi (Angélique), femme savante 
italienne, native de Brescia, vivait dans la se- 
conde moitié du dix-septième siècle. Elle appar- 
tenait à une famille noble , aujourd'hui éteinte. 
En 1646, Angélique devint abbesse du couvent 
des Bénédicfines, placé sous l'invocation de sainte 
Julie. On a d'elle : Annali istorici delV edi- 
ficazione , creazione e dotazione del serenis- 
simo monasterîo di S. Salvatore e S. Giulia 
di Brescia. alla Sede Apostolica ed alla regia 
potestà immedit ameute sottoposto; Brescia, 
1657, in-toi. ; — VUa, Martirio e Morte di 
S. Giulia Cartaginese; Brescia, 1657. 

Mazzuchelli, Scrittori d'italia. — Adelung, Supplément 
à Jochcr, AUgenicines Gele/irten-Lexicon. 

* BAITELU (Françoise), femrne poète et 
savante italienne, née le 27 octobre 1706. Elle se 
fit remarquer comme poète aussi bien que 
comme savante, versée qu'elle était dans les 
lettres grecques et latines. On trouve de ses 
poésies dans lesComponimenti recitati in una 
letteraria Adunanza; Brescia, 1746. 

Mazzuchelli, Scrittori d'italia. 

* BAiTELLi ( François ), poète latin, natif de 
Brescia, vivait probablement dans la seconde 
moitié du dix-septième siècle. On a de lui : 
Ri7ne con un discorso délia Nobiltà; Brescia, 
1625; — la Scipiade , poema ; Brescia, 1636, 
in-8"; — VAdulazione, discorso. 

Mazzuchelli, Scrittori d'italia. 

* BAiTELLi ( Jules ), jurisconsulte italien, né 
en 1705. D étudia le droit à Padoue, devint doc- 
teur en 1728, et remplit divers emplois impor- 
tants à Brescia, d'où il était originaire. On a de 



209 BAITELU 

lui : Componimenti recitati in una letteraria 
Adunanza, édités par Baitelli; Brescia, 1746; 

— Remarques sur les Tre Lettere delV antico 
Stato de' Cenomani; Brescia, 1745. 

Memorie intomo alV antico Stato de' Cenomani, — 
Mazzuchelli, Scrittori d'italia. — Adelung, Supplément 
à Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BAITELLI (Gmiia). Foy. Fenaroli. 

* BÂiTHE OU BEiTHE ( Etienne ), botaniste 
et théologien hongrois , vivait dans la seconde 
moitié du seizième siècle. 11 fut, en 1582, prédi- 
cateur protestant au château de Gissing, appar- 
tenant au comte Batthiani. C'est à Baithe que 
le célèbre botaniste Clusius (L'Écluse) dut la 
communication de quelques plantes rares de la 
Hongrie. On a de Baithe : A Keresztyéni tudo- 
maniak rôvidsummaia ( Court résumé de la 
doctrine chrétienne), 1582,in-8°; — Mikeppen 
a Reresztseget Vr vatsorajat ; Gissing, 1582; 

— Nomenclator stirpium Pannonicus, dans 
Clusius, Historia stirpium rariorum Pan- 
nonias, 1583, et dans Czwittinger, Specim. 
Hungar. Litterar.; i 583; — Fuves kônyo, 
fûvekneh es faknaJe nevekrôk; Nemet-Ujvar, 
1595, in-4° : c'est la description d'un herbier en 
langue hongroise (ouvrage très-rare); — Ma- 
gyar Postula, ou Sermon pour chaque diman- 
che; — Carmen congratulatorium Steph. 
Pathag , etc., 1692; — Encomium ubiqui- 
sticum contra Brentianos; Gissing, 1597, 
in-8°. H. 

Horanyi, Memor. Hungar. — Wesprem, Biogr. 
Medic. Èungar. — Adelung, Supplément à Jôcher, All- 
gemeines Gelehrten-Lexicon. 

BAITHOSUS, Juif, fondateur, avec son disciple 
Sadoc , de la secte des sadducéens , qui portait 
aussi dans l'origine le nom de baithosiens. Ce 
sectaire niait la vie étemelle et la résurrection. 
Voy. Sadoc. 

Ctiaudon et Delandlne, Ifouveau Dictionnaire histo- 
rique. 

*BAIXTIE (Guillaume), médecin anglais 
du dix-huitième siècle. On a de lui : A treatise 
on madness; Londres, 1757 ; — Aphorismi de 
cognoscendis et curandis morbis nonnulli; 
Londres, 1762. 

Carrère, Bibl. de la médecine. — Adelung, Supplé- 
ment à Jôcber, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BAITZ ( Jean-André-Hartman ), construc- 
teur d'orgues, né en Hollande, mort en 1770. 
D construisit plusieurs orgues, entie autres celui 
de Zierikzée, de seize pieds, à quarante-six 
jeux ouverts, trois claviers à la main, un de 
pédale, et neuf soufflets ; celui de Benschop , à 
un seul clavier ; celui de la grande église de Gro- 
ningue, en 1755 ; celui des Mennonites d'Utiecht 
(1765); celui- de Wenden, en 1768; celui de 
Yssellsein, celui de l'église française de Heusden ; 
et celui de Tilburg. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

"*BA1TZ DE COLOMBIER (Aude DE ) , gé- 
néral français , né en 1610, mort au mois de dé- 
cembre 1657. Il fit ses premières armes dans 
Je régiment de Lyonnais en 1630, sous le mar- 



— BAIUS 210 

quis de Toiras, dans le Montferrat. En 1635, il 
retourna en Italie avec son régiment, et resta 
sur le théâtre de la guerre jusqu'en 1640, époque 
à laquelle eut lieu le siège et la prise de Tmin. 
En 1641, il servit sous le comte de la Mothe- 
Houdancoml; en Catalogne , où il assista à la 
prise de Vais, au siège de Tarragone, et«i l'as- 
saut de Tamarit. Après avoir contribué au suc- 
cès de l'affaire du 7 novembre, à l'issue de la- 
quelle les Catalans abandonnèrent le siège d'Al- 
ménas qu'ils tenaient étroitement bloqué, Baitz 
se distingua de nouveau aux combats des 19 jan- 
vier, 24 et 31 mars 1642, oii les Espagnols 
furent battus. Au combat du 19, il fut blessé 
d'un coup de mousquet. A peine sa blessure était- 
elle cicatrisée, qu'il rejoignit son régiment, avec 
lequel il se trouva à la journée de Lérida en 
1644, au siège de Roses en 1645, et à la prise de 
Porto-Longone en 1646. Il servit de nouveau en 
Italie , où il obtint le grade de maréchal de camp 
le 23 avril 1649, et celui de lieutenant général 
le 8 octobre 1656. Il mourut l'année suivante, 
à l'âge de quarante-sept ans. 

A. A. 
Dépôt de la guerre. — Mémoires du temps. 
BAIUS ( Michel ) , nom latinisé de De Bay, 
théologien belge, naquit en 1513 au village de 
Melin, près d'Ath, dans la province de Hainaut, 
et mourut le 16 septembre 1589. Doué d'une in- 
telligence vive et profonde, que révèle un por- 
trait que l'on a de lui , il se laissa aller au mou- 
vement qui à son époque entraînait tous les pen- 
seurs. Charles-Quint, en 1551, lui donna ime 
chaire d'Écriture sainte à l'université deLouvain. 
Bientôt Baius, nommé chancelier de cette uni- 
versité , conservateur de ses priAiléges , inquisi- 
teur général, mérita l'attention de Philippe H : 
il fut désigné pour représenter l'université de 
Louvain au concile de Trente. C'est à cette époque 
qu'il publia ses doctrines sur le libre arbitre et 
la grâce, empreintes de fatalisme et renouvelées 
de Pelage. Les doctrines de Baius, blâmées d'a- 
bord par quelques docteurs de l'université de 
Louvain, furent déférées à la faculté de tliéo- 
logie de Paris par quelques dominicains français. 
La Faculté censura en 1560 dix-huit articles, 
et, sept années après , le pape lui-même, Pie V, 
lança contre soixante-seize propositions de Baius 
une huile que le cardinal de Grandvelle fit pré- 
senter à l'université de Louvain par son vicaire 
général Morillon. Baius se soumit ; mais, en 1569, 
le docteur l'emportant sur le prêtre , il publia 
une seconde apologie de ses doctrines. En 1579, 
Grégoire XIU, à l'exemple de Pie V, lança contre 
ce livre une nouvellebuUe. Cette fois, Baius fit une 
rétractation publique de ses doctrines ; et si , au 
fond de sa conscience, il continua de les tenir 
pour vraies, au moins il cessa de le dire. Il 
mourut bientôt après, à l'âge de soixante-seize 
ans. Ce qui donne à Baius une certahie célébrité, 
c'est que ses doctrines devaient être recueUlies 
plus tard par Jansénius, dans son livre de 



211 



BAIUS — BAJAZETH 



212 



YAugustinus, et qu'il était dans leur destinée , 
sous le nom de jansénisme, d'agiter le monde 
pendant quatre-vingts ans. 

Les œuvrls de Baius ont été imprimées par 
les soins de Gerberon, à Cologne, en 1696, in-4''. 

G. J. 

Val. André, Bibl. Belgica. — Bayle, Dict. historique. 
— Swertlus, Athenae Belgicse. — Mireus, Elogia illtts- 
trium Belgii Scriptorum. 

BÂics {Jacques ), théologien belge, neveu du 
précédent, et mort en 1614, a laissé : De Eu- 
charistie sacramentofit de sacrificio missee ; 
]Louvain, 1605, in-S"; — Institutionum Chris- 
tianse religionis libri HT; Cologne, I620,in-fol, 

Val. André, Bibl. Belgica. 

BAizÉ ( Noël-Philippe ) , prêtre de la Doc- 
trine chrétienne, né à Paris le 28 octobre 1672 , 
mort dans sa ville natale le 4 janvier 1746. 11 
ftit directeur de la maison de Saint-Charles, rae 
des Fossés-Saint-Victor, et rédigea le catalogue 
de la bibliothèque de cette maison , catalogue 
( 22 vol. in-fol. ) qui se trouve aujourd'hui à la 
bibliothèque de l'Arsenal. Outre ce catalogue, 
on a de lui : l'éloge du P. le Sémelier, inséré 
dans le Mercure de juillet 1725; quelques ar- 
ticles dans le supplément de Moréri , et une his- 
toire abrégée de la congrégation de la Doctrine 
chrétienne et de ses généraux dans le t. VII de la 
Qallïa christiana, avec des pièces à la fin du 
volume. 

Le p. Devisrae , Éloge historiqtie du P. Baize dans le 
Mercure de France, juin 1746. 

*BAJACCA (Jean-Baptiste), biographe et 
jurisconsulte itaUen, natif de Côme, vivait dans 
la première moitié du dix-septième siècle. D 
remplit l'emploi de secrétaire du cardinal Caglia, 
à Rome. On a de lui : la Vita ciel cavalier Gio.- 
Bat. Marmi; Rome, 1625, 1635, in-12. 

Mazzuchelli, Scrittori û'Ualia.— Adelung, Supplé- 
ment à yùchCT , Mlgemeines Gelehrten-Lexicon. Clé- 
ment, Bibl, curieuse. 

*BAJARDi {André). Foy. Baiardi. 

Mazzuchelli, Scrittori d'Italia.' 

* BAJARDi ( Octave-Antoine ). Voy. Baiasdi. 

* BA JAADO ( Giovanni - Battista ) , peintre 
italien, né à Gênes, mort jeune en 1657. Issu 
de parents pauvi'es , il était parvenu presque 
seul, par l'étude des tableaux des derniers 
maîtres, à se former un talent qui donnait les 
plus grandes espérances, et qui déjà lui avait 
procuré une assez belle fortune, quand il fut 
enlevé par la terrible peste de 1657. Ses ou- 
vrages sont nombreux à Gênes : ies principaux 
sont les fresques du cloître de Saint-Augustin ; 
le tableau du maître-autel de l'ancienne église 
des Jésuites, Saint Jérôme et saint Xavier; 
le plafond de la chapelle des Rehques , dans 
l'église du Jésus di Granarolo de' Minimi; 
et surtout deux fresques malheureusement 
lort endommagées, sous le portique de l'église 
Saint-Pierre. Ces dernières sont d'un beau 
style, surtout le Christ reçu au ciel par 
son Père, en présence de plusieurs saints. 
]La voûte est ornée de jolies arabesques. La 



manière du Bajardo est solide, facile et gra- 
cieuse ; on trouve dans ses ouvrages de la dou- 
ceui', une grande pureté de contours, de la 
vivacité de coloris , et une parfaite entente des 
effets d'ombre et de lumière. E. B — n. 

Soprani, J^ite def Pittori, Scultori ed Architetti Ge- 
novesi, 1674. — Lanzi , Storia delta Pittura. — Baldi- 
nucci, -Notizie dei professori. — Ticozzl , Disionario 
dei Pittori. — Orlandi, Abecedario Pittorico. 

*BAJAT (Simon et Michel),, deux frères che- 
valiers espagnols, vivaient dans la seconde moitié 
du douzième siècle. Ils vinrent en Hongrie avec 
Constance d'Aragon, fille d'Alfonse H, et femme 
d'Émerich ou Henri de Hongrie. C'est d'eux que 
descendent les familles de Martinsdorf et de Gù- 
wengen, dont la dernière se distingua particu- 
hèrement dans les annales de la Hongrie. 

Engel, GescA. des ungr. Reichs., \ , &^ô. — Adelung, 
Supplément à Jocher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BAJAZETH OU BAJAZïD. Deux piinces de 
ce nom ont occupé le trône des Ottomans : 
le premier est le plus célèbre ; le second , fils 
du sultan Mahomet ou Mohammed II, régna 
trente ans, de 1481 à 1512 , et mourut de poison 
après avoir été détrôné. Le prince Bajazetu, qui 
fait le sujet de la tragédie de Racine , était fils 
d'Ahmed P"", et devint victime , en 1735 , d'une 
intrigue tramée par les femmes du sérail en l'ab- 
sence du sultan. 

Bajazet P*", sultan des Othomans , fils d'A- 
mourath ou Mourad ï'% né l'an de l'hégire 748 
( de J.-C. 1347 ) , mort l'an de l'hégire 806 (1403 
de J.-C. ). Il monta sur le trône en 792 (de J.-C. 
1389), après la mort de son père , tuéàKos- 
sova, dans une affaire contre les Serviens. Son 
premier acte fut de faire étrangler son frère 
puîné, qui voulait lui disputer le pouvoir ; en- 
suite il commença ces étonnantes conquêtes qui' 
le firent surnommer Ilderim (la Foudre). A 
cette époque on l'empire des Seldjoukides 
n'existait plus, il s'était élevé sur ses débris 
plusieurs petites principautés indépendantes quO' 
Bajazet voulut réunir à ses États ; elles formaient 
une espèce d'heptarchie consistant alors dans 
les États des princes de Sourakhân, d'Aïdinet 
de Mentechâ, qui possédaient toutes les côtes de 
l'Anatohe , et dans ceux des princes de Germiam 
et de Caramanie, dans l'intérieur de l'Asie Mi< 
neure. Un autre Bajazid , surnommé Kœuturum; 
c'est-à-dire le Boiteux ou le Perclus , régnai! 
sur les bords de la mer Noire ; et la familUi 
d'Osman occupait les sandjaks actuels de Kho- 
dja, m, Khodavendiar et Sultan-Oeghi. Lî 
deuxième année de son règne , Ildirim en sou- 
mit une partie; et, bien quil eût épousé la fiH( 
du prince de Germian (l'an de l'hégire 783, d( 
J.-C. 1381 ) , il n'en fit pas moins son beau-pèn 
prisonnier, et le dépouilla de ses États. La con 
quête de la Caramanie fut plus difficile. Ti 
moui-tasch , général de Bajazet , fut pris apvèi 
quelques succès, pendant que le sultan étai 
allé châtier Etienne, prince de Moldavie, quiij 
cédant aux instigations de Kœuturum, s'étaiij 



BAJAZET 



214 



mpal'é de la Valachie et de la Bessarabie. A la 
nouvelle de la captivité de Timourtasch , Bajazet 
evint rapidement en Caramanie, la soumit tout 
entière, s'avança même encore à l'est vers 
sivas, Toliak et Kaissariyé , marcha ensuite vers 
a mer Noire contre Kœuturum, s'empara de 
jalouique et de lenichehr ( de l'hégire 796 , 
iprès J.-C. 1393 ) , assiégea Constantinople , et 
orça l'empereur Manuel à accorder aux Turcs 
jn faubourg , une mosquée , et un juge de leur 
lation. Avant de s'éloigner, il fit construire sur 
e canal , au lieu où il est le plus étroit , le châ- 
teau de Guïeldche ou Anatoli-Vissar ; puis il 
lUa gagner en Hongrie la célèbre bataille de 
Nicopolis (de l'hégire 799 , l'an de J.-C. 1396 , 
e 28 septembre) , et revint aussitôt après en 
jDrient, pour ajouter à ses États la Grèce et la 
Morée. On a cru que l'empereur de Constanti- 
lople , effrayé de la rapidité des conquêtes de 
jBajazet , avait appelé contre lui Timour et ses 
u-mées. La prise de Sivas , qui appartenait au 
l>ultan Bourhanedin j avait déjà éveillé les crain- 
es du Tatar ; mais ce n'est point là encore la vé- 
■itable cause de cette guerre, qui ne se termina 
]ue par la captivité de Bajazet. 

Le prince Ahmed-Dchelair, fils du sultan Obéis, 
ît Kara-Ioussovf, fils de Kara-Mohammed-Beg , 
irince de la dynastie Kara-Koyounli, c'est-à-dire 
le la Tête- Noire, dépouillés de leurs États, s'é- 
taient retirés auprès de Barkok, sultan d'Egypte ; 
nais, comme ils craignaient que celui-ci, qui 
pvait fait périr les ambassadeurs de Timour, ne 
[les livrât entre ses mains pour obtenir son par- 
î'ion , ils se sauvèrent auprès de Bajazet qui les 
[accueillit avec bonté, et même donna la sœur de 
ÎDchelaïr en mariage à son fils Mustapha-Thelebi 
!;de riiégire 8o2, l'an de J.-C. 1499). Sur ces 
prîtrefaites, Bajazet s'empara de la ville d'Erfen- 
[dsldiân ; le prince qui y gouvernait s'enfuit chez 
'ïimour, qui avait alors aussi dans son camp les 
ilil-inces dépouillés de Saroukhàn , d'Aïdin , de 
'Mcntechâ et de Caramanie. Timour demanda à 
Bajazet de lui livrer Dchelaïr et Kara-Ioussouf : 
îcelui-ci ayant refusé , et plusieurs ambassades 
■ayant été sans succès , les deux conquérants en 
[Vinrent aux mains dans une plaine près d'An- 
Igora , capitale de l'ancienne Galatie ( de i'hégire 
804, après J.-C. 16 juin 1401), dans les lieux 
mêmes où Pompée défît autrefois Mithridate. 
fMoliammed et Moussa, fils de Bajazet, s'eufui- 
i'rcnt les premiers, et'entraînèrent par leur exem- 
jplè la désertion des Tatars auxiliaires. Le sul- 
itan fut fait prisonnier, et mourut deux ans 
(après dans le camp du vainqueur, à Aschkehi-, 
[d'une maladie inflammatoire. Il est inexact de 
[dire que Bajazet se soit fait mourii- lui-même. 
[Pendant sa captivité , Timour le traita toujours 
I avec bonté , et l'histoire de la cage de fer est 
'une pure invention des écrivains modernes. 
'Le témoignage de Seadeddin et de ses prédé- 
jcesseurs Mola-Edris et Nechri, ainsi que le si- 
'lence de l'historien persan Chereffedin de Jezd, 



panégyriste de Timour, ne laissent aucun doute 
à cet égard. Hatesi , Mii-khond , Khondémir, 
sont également nïuets sur ce point. Bajazet fit 
de louables efforts pour réformer la justice, et 
-rendre les juges un peu moms corruptibles. Ce 
fut aussi lui qui introduisit dans le cérémonial 
de la cour ottomane les habits de gala {hha- 
laat ) dont se revêtent les émirs , et qui sont 
plus connus sous le nom de kaftans. Ce prince 
portait toujours son turban à l'ancienne mode , 
était de taille petite et ronde , avait le teint co- 
loré, les yeux bleus, la barbe brune, et un grand 
nez. Les auteurs orientaux le comparaient à un 
lion, n avait bâti , pendant ses quatorze ans de 
règne, un grand nombre de mosquées-, entre 
autres une à Andrinople et une autre à Broussa. 
Ces deux vUles, situées l'une en Europe, l'autre 
en Asie, étaient alors les résidences ordinaires 
des princes ottomans. [M. de La Nouerais , dans 
YEnc. des g. du m. ] 

llammer. Histoire des Ottomans. 
Bajazet U , fils de Mahomet H , suocéda à 
son père en 1481, et mourut l'an de l'hégire 918 
(1512 de J.-C). Il eut d'abord à combattre 
Dzem ou Zizim, son frère cadet, qui se réfugia à 
Rome où il périt misérablement. ( Voy. Alexan- 
dre VI et Zizim). Il soumit la Bosnie et la Croatie 
( 1481-1438 ) , et étendit ses conquêtes jusqu'aux 
embouchures du Danube et du Dnieper. Il tourna 
ensuite ses armes du côté de l'Anatolie et de la 
Syrie, tombées alors au pouvoir de Caïd-Bey, sou- 
dan des Mameluks d'Egypte; mais cette enti'e- 
prise n'eut aucun succès. Après avoir enlevé et 
perdu plusieurs places, il fut battu deux fois, et 
obligé d'accepter la paix. Toujours agité du désir 
de conquérir, il tomba sur l'Albanie, qu'il pilla 
et ravagea entièrement. Il arma ensuite par mer 
et par terre contre les Vénitiens , sous prétexte 
de secourir Louis Sforce , duc de Milan , et il 
s'empara , dans la Morée, des Ailles de Lépanle , 
de Coron, deModon.Ses progrès rapides effrayè- 
rent les Vénitiens , et les forcèrent à demander 
la paix. Différentes révoltes dans l'intérieur de 
ses États l'occupèrent plus que les guerres 
étrangères, et la dernière lui fit perdre l'em- 
pire. Les janissaires , gagnés par son fils Sélbn , 
l'obligèrent de lui céder le trône. Ce fils rebelle, 
pour mieux s'assurer la couromie, fit empoison- 
ner son père en 1512 par son médecin, qui était 
un juif. La réparation des murs de Constantino- 
ple , et des édifices superbes , sont des monu- 
ments de la magnificence de Bajazet. La lecture 
des livres d'Averroès le détourna des affaires, 
sans lui inspirer un caractère plus doux et plus 
humain. Dès le commencement de son règne , il 
fit assassiner, ou, selon quelques auteurs, assas- 
sina lui-même dans un festin le pacha Acomat , 
son général , à la bravoure duquel il était re- 
devable de son trône. [E7W. des g. du m.] 

Haramer, Histoire de l'empire ottoman. 

BAJAZET, fils d'Ahmed I" et de la sultane 
Koisens, mourut étranglé l'an de l'hégire 1044 



215 



BAJAZET — BAKER 



218 



( 1635 de J.-C. ). Son frère Amurathrv, jaloux 
des qualités supérieures de Bàjazet , le fit périr 
pendant une expédition contre les Persans. Ce 
sujet a été transporté sur la scène par Racine. 

Hammer, Histoire de l'empire ottoman. — Joaannin , 
la Turquie, â^as V Univers pittoresque . 

BAJAZET, sultan, fils de Soliman I" et de 
Roxelane , mort l'an de l'hégire 966 ( 1559 de 
J.-C. ). Dans la suite d'une guerre suscitée 
contre son frère aîné Sélim , Bajazet fut vaincu, 
se retira à la cour du roi de Perse , et y fut 
étranglé par ordre de Soliman I". 

Ilammer, Histoire de l'empire ottoman.', — La Tur- 
quie, dSLas l'Univers pittoresque. 

*BAJOLE (Jean), jésuite français, natif de 
Condom, mort à Béziers le 31 mai 1650. Il n'est 
connu que parune Histoire sacrée d'Aquitaine; 
Cahors, 1 644, in-4° ; ouvrage qui n'est rien moins 
qu'historique. Les contes pieux y abondent. 

Chaudoii et Delandine , Nouveau Dictionnaire histo- 
rique. 

BA JON , médecin naturaliste français , mort 
vers la fm du dix-huitième'siècle. En 1763 , il fut 
envoyé comme chirurgien major à la Guyane, où 
il resta douze ans. Pendant son séjour à Cayenne, 
il adressa plusieurs notes d'histoire naturelle à 
Daubenton , qui le fit nommer correspondant 
de l'Académie des sciences. Il rappoi-ta de son 
voyage beaucoup de plantes et d'animaux , et 
publia ses observations sous le titre: Mémoires 
pour servir à l'histoire de Cayenne et de la 
Guyane française , dans lesquels on fait con- 
naître lanature du climat de cette contrée,Qtc.; 
Paris, 1777-1778, 2 vol. in-S", fig.; traduit en al- 
lemand; Erfurth, 1780-1784, 2 vol. in-8°. Bajon 
a en outre publié plusieurs articles dans le Jour- 
nal de Médecine etdansle Journal de Physique. 
Buffon a fait usage de son Mémoii-e sur le tapir. 
On ignore la date précise de la naissance et de 
la mort de Bajon. 

Seller, Dictionnaire historique, nouvelle édition par 
M. Wciss. 

* BAJTAi (Antoine), jurisconsulte hongrois, 
né le 14 décembre 1717, mort en 1775. Il étudia à 
Rome, vint à Paris, visita les principales villes 
de l'Europe, revint en Hongrie d'oùilétaitoriginai- 
re, et y enseigna la philosophie expérimentale. En 
1749 il adressa aux états assemblés une harangue 
qui euttant de succès, qu'il fut nommé professeur 
d'histoire et d'antiquités à l'Académie de Lich- 
tenstein à Vienne. Chargé d'enseigner l'histoire à 
l'arcliiduc, depuis empereur Joseph, Bajtai com- 
posa à cette occasion une Histoire secrète de 
la Hongrie, restée manuscrite. Les services de 
Bajtai lui valurent plusieurs récompenses hono- 
rifiques : il fut créé évêque, prévôt du collège 
desprêtresde Saint-Martin de Presbourg, etbaron. 
Il laissa : Discours solennel adressé aux états 
de Hongrie, à V occasion de la pose de la pre- 
mière pierre du château d'Ofen; Ofen, 1749; 
Breslau, 1756; — Spécimen rationis in histo- 
ricis institutionibus susceptse; Vienne, 1750, 
in-4''. 



Adelung , Suppl. à Jôcher VJUgem. Gelchrten-Lexi- 
con. — Horanyi, lUemoria Hungar., etc. 

BAKE ( Laurent ) , poète hollandais , sei- 
gneur de Wulverhoft, né à Amsterdam vers le i 
milieu du dix-septième siècle, mort en 1714. On 
a de lui en hollandais : Poésies bibliques, 1 vol. 
in-4°; Amsterdam, 1682, réimprimé en 1721; 
— Poésies mêlées; Amsterdam, 1737, 1 vol. 
in-4°. 

AUgemeines Hist.-Lexicon. 

BAKER (....), voyageur anglais, mort en 1580. 
D partit en 1563 pour la côte de la Guinée, où i 
il resta quelque temps. A son retour en Angle- 
terre, U essuya de telles calomnies, qu'il résolut i 
de s'expatrier tout à fait. Baker se mit alors au 
service d'une compagnie, et se rembarqua ( c'était i 
pendant la guerre entre la France et l'Angle- 
terre). Après une traversée heureuse, il aborda 
sur les côtes de Guinée, et descendit à terre, 
dans le dessein d'avoir avec les nègres des rela- 
tions de commerce. Un orage épouvantable l'em- 
pêcha de remonter sur son vaisseau et d'aller 
retrouver ses compagnons. Ceux-ci, ne le voyant < 
plus revenir, résolurent de retourner en Angle- 
terre. Baker fut alors exposé à la faim , et au i 
danger d'être dévoré parles animaux féroces. 
Ayant réussi à se rembarquer après une nuit hor- 
rible, il se retrouva le lendemain en présence^ 
des nègres, qui heureusement n'en voulaient 
qu'aux Portugais, et lui donnèrent même des 
vivres. Quelque temps après , il fut recueilli sur 
un vaisseau français, qui le traita en prisonnier 
de guerre. Baker racheta sa liberté et revint en 
Angleterre, où il mourut. On a de lui : Relations ; 
du voyage sur les côtes de Guinée, en 1563. 

Préface de l'ouvrage de Baker. 

BAKER {David ou Augustin), bénédictini 
et jurisconsulte anglais, né en 1575 à Abergant 
venni , près de Montmouth, mort à Londres ewi 
1641. Il étudia à Oxford, et s'appliqua d'abordi 
à l'étude du droit. Au rapport de Wood , Baker,i 
d'abord incrédule jusqu'à l'athéisme, se convcrtiti 
ensuite à une foi si vive, qu'il alla en Italie eli 
entra dans l'ordre de Saint-Benoît, où il remplaça; 
son prénom de David par celui d'Augustin. 111 
revint en Angleterre en qualité de missionnaire.* 

Baker a fait d'immenses recherches, res-« 
tées inédites, sur l'histoire de son ordre et suii 
l'histoire ecclésiastique de l'Angleterre. Ces doi 
cuments ont servi àReyner et à Cressy, qui n'onlr 
fait que les classer dans l'Apostolat des bé-i 
nédictins et dans l'Histoire de l'Église d'Am 
gleterre. 

Biographia Britannica. — Wood, Athense Oxo't 
nienses. 

* BAKER (David ErsUne), biographe an-i 
glais, mort vers 1770. Il était de la famille df 
l'auteur du Robinson , Daniel de Foë. La vocai 
tion littéraire de Baker l'emporta sur tous lei» 
efforts qu'on fit pour qu'il embrassât la carrièrii 
industrielle. Retiré à Edimbourg, il y publia e* 
1763 une pièce de théâtre intitulée : the Mus^ 



BAKER 



218 



f Ossian, qui eut peu de succès. Baker prit part 
ussi à Xa Biographie dramatique, i76i. 
Kose , Neio-Biographical Dictionary. 
* BAKER {Geoffroy), moine et historien an- 
îais, -vivait dans la première moitié du quator- 
ième siècle. On a de lui une Histoire des rois 
Idouard I'^'^ et Edouard H, traduite en latin du 
rançais de Thomas de la More, à la prière de 
e dernier. 

Tanner, Hist. des Angl. Saxons. — Rose, New Biogra- 
hical Dietionary. 

: * BAKER (George), médecin anglais, vivait 
ans la seconde moitié du seizième siècle. On a 
le lui : the Natures and properties of qwick- 
ilver, 1575, dansClowes, de Morbo gallico; 
3ook of Destinations, containing several 
xcellent remédies of destilled waters ; Lon- 
tres, 1576, in-4%et 1599. 
! Adelung, Suppl. à Jôcher, AUgem. Gelehrten-Lexicon. 

\ * BAKER (Guillaume), imprimeur anglais, 
lié en 1742, mort en 1785. Il étaitfils d'un maître 
[l'école. On a de lui : Pérégrinations of the 
kind by the Rationalist, in-i2, 1770 ; — The- 
\es grsecse et latinx sélect., in-8° ; — Remarks 
\n the english language; in-8°, 1774. 

Rose , New Biographical- Dictionary. 

'* BAKER (E...), écrivain anglais, vivait dans 
a première moitié du dix-huitième siècle. On a 
le lui : Medulla Poetarum romanorum, or the 
nost beautiful and instructive passages of 
''he roman Poètes ; Londres, 1737, in-8°. 

Adelung, Suppl. à Joclier, AUgem. Gelehrten-Lexicon. 

I * BAKER (Henri), naturaliste anglais, né 
\ Londres vers le commencement du dix-hui- 
'ième siècle, mort dans sa ville natale le 25 no- 
j/^embre 1774. H se livra d'abord à la poésie et à 
l'éducation des sourds-muets, puis il s'adonna 
'i l'étude de la nature. Ses recherches philoso- 
)hiques sur la cristalhsation lui valurent en 1744 
'a médaille d'or, prix fondé par Cowpley. Les 
'•ésultats de ces recherches sont consignés dans 
jon ouvrage intitulé the Microscope mode easy ; 
Londres, 1743, in-8°, traduit en français sous le 
'jtrc de Microscope mis à la portée de tout le 
monde, par le père Pezenas , 1754, in-8°, et dans 
Employment for the microscope , Londres, 
deuxième édition, 1764. Ses poésies ont été pu- 
bliées en 1725 et 1726. On a encore de lui beau- 
coup de mémoires dans les Transactions philo- 
sophiques, n° 457-497. Il légua à la Société 
Voyale de Londres 100 liv. sterling, applicables 
à une chaire d'anatomie ou de chimie. 

Biograpkia Britannica. 

* BAKER (Humphry) , mathématicien an- 
.glais du seizième siècle. Il vivait à Londres 
au temps de la reine Elisabeth. On a de lui : 
■the Well Spring of Sciences. C'est un traité 
d'arithmétique, devenu populaire; Londres, 
1562 et 1687, in-12; — Rules and Documents 
(Règles et Documents), relatifs à l'usage des 
almanachs, traduit du français, in-4°; Londres, 
'1587. 

Petji^y Cyclopedia. 



* BAKER (Jean), amiral anglais, mort le 10 
novembre 1716. Capitaine de vaisseau en 1692, 
il accompagna sir Georgé^Rook, chargé d'escorter 
la flotte de Smyme. Sous la reine Anne , Baker 
se distingua dans l'expédition dirigée contre Ca- 
dix. Il prit part à la campagne navale qui fut 
marquée par la prise de Gibraltar et la victoire 
remportée sur la flotte française de Malaga. En 
1716, il s'acquitta avec succès de la mission de 
renouveler les traités d'alliance de l'Angleterre 
avec les États barbaresques , traités dans les- 
quels il fit comprendre les Mindrquins. Baker a 
son monument dans l'abbaye de Westminster. 

Rose , New Biographical-Dictionary. 

* BAKER (/oftn),chanceher anglais, mort en 
1558.|En 1526, il accompagna l'évèque de Saint- 
Asaph dans son ambassade en Danemark. A 
son retour, il devint membre de la chambre des 
communes, et fut nommé successivement spea- 
ker attomey général, membre du conseil privé, 
et chancelier do l'échiquier. Sous Edouard VT, 
Baker fut un de ceux qui refusèrent de signer le 
bill qui devait exclure du trône les deux sœurs 
du roi. 

Rose, Neiv Biographical Dictionary. 

* BAKER (Richard), poète anglais, né dans 
le comté de Kent en 1568, mort le 18 février 
1645. Après avoir été créé chevalier en 1603 
par Jacques I", et nommé en 1620 premier 
shérif du comté d'Oxford, il fut réduit à la pau- 
vreté, et mourut dans la prison pour dettes„pour 
avoir cautionné des parents de sa femme. On a 
de lui entre autres ouvrages : Cato variegatus, 
mis en vers, 1636; — ■ Theatrum redivivmn, 
en réponse à Y Histriomastix de Prynne, in-8° ; 
— Cronicle of the Kings of England, 1653. 

Wood, Athenee Oxonienses. 

* BAKER (i?o6erO> médecin anglais , vivait 
dans la seconde moitié du dix-septième siècle. 
On a de lui : Cursus osteologicus, being a com- 
pleat doctrine of the bones; Londres, 1699, 
in-8°. 

Carrère, Bibliothèque de la Médecine. — Adelung, 
Supplément à Jôcher Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BAKER (Thomas), mathématicien anglais, né 
vers 1625 à Ilton, dans le Sommersetshire, mort 
en 1690- Il était vicaire de Bishop's-Nymmet , 
dans le Dewonshire. On a de lui : the Geome- 
trical Key , or the gâte of Equations unlo- 
cJted; or a New Discovery of the construc- 
tion of the équations, etc.; Londres, 1684 ^ 
in-4°. 

Biographia Britannica. 

BAKER (Thomas), antiquaire anglais, né en 
1656, mort en 1740. Il étudia à Cambridge, et y 
remplit bientôt l'emploi d'aide (fellow), qu'il 
perdit par suite de son refus de serment à 
George l". Baker se livra dès lors à l'enseigne- 
ment privé, et s'appliqua avec ardeur à l'étude de 
l'antiquité. On a de lui : Reflexions upon Lear- 
ning , wherein is shown the insufficîency 
thereof in its several particiilars , in order 



BAKER — BAKHUYSEN 



219 

to évince the nsefiilness and necessity of Ré- 
vélation; Cambridge, 1699 et 1738; — des 
Essais historiques, manuscrits, 23 volumes 
in-fol., dans le British Muséum. 

Adelung. Suppl. àJôcher, Allçem.Cetehrtcn-Lexicon. 

* BAKEWELL (Robert), célèbre agronome 
anglais , né en 1726 â Disliley, comté de Leices- 
ter, mort le 1" octobre 1795. En 1755, après 
avoir dirigé pendant quelques années l'exploita- 
tion de son père, il commença, sur le croisement 
des races bovines et ovines, une série d'expé- 
riences qui eurent des résultats inespérés. Il 
remporta les premiers prix dans tous les con- 
cours agricoles ; les éleveurs venaient, de tous 
les points du royaume, admirer et étudier les 
animaux de Bakewell. Il n'est pas de branche de 
l'exploitation agricole qui ne doive à cet agro- 
nome quelque perfectionnement; mais un de ses 
plus beaux titres de gloire est d'avoir créé la race 
de Dishley ou New-Leicestersàire. Promptement 
répandue dans toutes les parties de la Grande- 
Bretagne, cette race en a depuis longtemps 
franchi les limites; et aujourd'hui elle se trouve 
être l'objet d'un commerce important avec les 
pays du continent , qui tous cherchent à amé- 
liorer leurs races ovines indigènes. Bakewell 
porta aussi ses recherches sur les races bo7ines 
à longues cornes, et sur celle des gros et forts 
chevaux noirs , propres surtout au service de 
l'armée. Les races porcines et la culture tes 
fourrages d'hiver attirèrent aussi son attention. 
Enfin il introduisit et propagea puissamment 
dans sa contrée l'art de construire et d'irriguer 
les prairies. Il mourut âgé de soixante-dix ans, 
à la suite d'une longue et cruelle maladie. 

J/VCQCEMIN. 
Domestical Encyclop. ; Londres, 1802, t. I, p. 160. 
BAKUTIAR. Voy. Azze-ed-Daudiah. 
BARHTISHWA, BARHTICBFMA ou lîACTI- 

SHiTA, nom d'une famille chrétienne nestorienne 
d'où sont sortis, au temps des Abassides, plu- 
sieurs médecins de la cour de Bagdad. Les plus 
remarquables sont : 

I. BAKHTiSHWA (Gezirgis ou Geurgis Al- 
Jondisabouri), vivait dans la seconde moitié du 
huitième siècledeJ.-C.De sa ville natale Jondisa- 
bour, à l'hospice de laquelle il était attaché, il 
vint en 769 à la cour d'Al-Mansour, pour y don- 
ner ses soins au khalife malade. Celui-ci, voulant 
convertir à l'islamisme son médecin, lui dit que, 
devenu mahométan, il entrerait en paradis : — 
« Je ne demande, aurait répondu Geurgis, qu'à 
aller où sont allés mes ancêtres , enfer ou pa- 
radis. » 

n. BARHTISHWA (5ew-Gez«?'Ê)'îs), fils du 
précèdent, vivait dans la seconde moitié du 
huitième siècle. Son père lui laissa l'emploi de 
médecin de l'hôpital de Jondisabour, qu'il rem- 
plit jusqu'à ce qu'il fut appelé à donner ses soins 
au khalife Al-Hadi , qui, rendu à la santé par 
Bakhtishwa , voulut faire mourir les autres mé- 
decins moins habiles que leur confrère. Celui-ci 



220 

prévint, dit-on, l'exécution de cet ordre barbare 
en administrant du poison au khalife (an 786). 
Baktishwa fut ensuite appelé en 787 à la cour i 
d'Haroun-Al-Raschid, qui le combla d'honneurs 
et réleva à la dignité d'archiatre ( ragïs-al- 
atebba). 

m. BARHTISHWA ( Giabril-Ben-Giiirgis- 
Ben), médecin, mort vers 828. Recommandé 
par son père au ministre Jaafar, et ayant sauvé 
le khalife Haroun-Al-Raschid d'une attaque d'a- 
poplexie , Giabril Bakhtishwa devint l'un des 
médecins de la cour de ce prince, dont il mérita 
surtout la faveur en guérissant d'une paralysie 
une dès femmes du khalife. La fortune du mé- 
decin changea en 809. Irrité de ne pouvoir être 
guéri d'une nouvelle et dernière maladie, Al-Ras- 
chld ordonna qu'on fit mourir Bakhtishwa. La 
mort du khalife prévint l'exécution de cet ordre 
barbare. Le successeur d'Haroun témoigna, au 
contraire, une entière estime au médecin de son 
père, au point de ne rien vouloir manger ni boire 
sans que Bakhtishwa le lui permît. 

Les vicissitudes de ce médecin ne touchaient 
point à leur fin. A la mort d'Al-Amin, il fut mis 
en prison par ordre d'Al-Marnoun, successeur du ^ 
khalife , et y demeura quatre ans; puis, après 
un court intervalle de liberté, il fut emprisonnée 
de nouveau, et resta captif cinq autres années. 
Relâché enfin, parce que ses soins étaient né- 
cessaires au khalife, Bakhtishwa resta en faveur 
jusqu'à la fin de ses jours. Devenu malade, et 
ne pouvant accompagner le khalife dans, une ex- 
pédition contre les Grecs, il envoya son fils à sa 
place, et mourut bientôt après. 

rv. BARHTISHWA {Ben-Giabril-Ben-BaMi- 
feftwa), quatrième médecin du nom, mort en 
870. 11 succéda à son père en qualité de méde- 
cin d'Al-Mamoun, et éprouva, lui aussi, les vicis- 
situdes de la fortune banni et rappelé tour à 
tour, il n'arriva pas à temps pour sauver lei. 
khalife de la maladie qui le fit mourir (833). 
Y.iiXKariSHWA{Giabril-Ben-Obeld-AUah- 
Ben), mort en 1005, se fit remarquer dans la 
pratique de la médecine , et laissa plusieurs ou- 
vrages inédits. 

Yi. BARHTISHWA (Obeid-Allah-Ben-Gia- 
bril), surnommé Abou-Sa, vivait dans la se- 
conde moitié du dixième siècle. On lui attribut 
un ouvrage intitulé Al-Randat altabiat ( Hor 
tus medicinee ) , en cinquante chapitres , à l'u- 
sage du khalife Motaki. L'écrit intitulé Di 
utilltate quee ex Animalibus percipi potest.\ 
et dont parle d'Herbelot comme se trouvant à hi| 
Bibliothèque de Paris sous le n° 939, est attri 
bué à un membre de la famille de Bakhtishwa 
du nom de AbdallaTi-Ben-Giqbril-Ben-Bakh-i 
tishwa. I 

D'Herbelot, Biblioth. Orient., au mot Baklitischwat 
— Ibn-Abi-Osaibia, Fontes Relationum de Classibu 
Medicoriim. — Abul-Faradj, Hist. Dj/nast., p. 1« , 

vers. iMt. 

BAK.HUYSEN OUBACRHUYSEIN ( Ludolplie) , 

célèbre peintre et graveur hollandais, néàEmbdei 



221 BAKHUYSEN 

en 1631, mort à Amsterdam en 1709. Ilfut, dans sa 
jeunesse, employé en qualité de commis chez son 
père, secrétaire des états-généraux; ensuite il 
entra dans une maison de commerce à Amster- 
dam, et, sans aucune connaissance du dessin , il 
commença à dessiner les vaisseaux qui arri- 
vaient dans le port. Ces essais furent encoura- 
gés , et U résolut de se livrer entièrement à la 
peinture. Il reçut des leçons d'Everdingen, et 
acquit bientôt, par son assiduité et ses fréquentes 
visites dans les ateliers des meilleurs artistes, 
un degré extraordinaire de facilité et d'adresse; 
mais ce qui contiibua le plus à rendre ses pro- 
grès rapides, ce fut le zèle avec lecjuel il étudia 
la nature. Il avait coutume, à l'approche d'une 
tempête, de s'embarquer dans un léger bateau, 
où il observait avec cahne le mouvement des 
vagues, le choc effroyable des brisants, et les se- 
cousses des vaisseaux agités. Les marins épou- 
vantés l'obligeaient souvent à regagner la terre , 
malgré ses plus vives supplications. L'esprit 
plein de ce qu'il avait vu, il se hâtait de retour- 
ner chez lui, sans dire un mot ou sans se laisser 
distraire par aucun objet : là il complétait, avec 
une admirable exactitude et jusque dans les plus 
petits détails, les "esquisses qu'il avait déjà pré- 
parées. Cet amour passionné pour son art donna 
aux tableaux de Bakliuysen une telle vérité, 
qu'ils sont placés au premier rang dans ce genre 
depeinture. Plusieurs princes visitèrent ses ate- 
liers, et Pierre le Grand lui-même désira pren- 
dre des leçons d'un si habile artiste. Les bourg- 
mestres d'Amsterdam lui commandèrent une Ma- 
rine, pour laquelle ils donnèrent 1,300 florins, 
fis la présentèrent à Louis XIV en 1665. Cerna» 
gnifique tableau se voit aujourd'hui au Louvre, 
ainsi que sept autres tableaux, parmi lesquels on 
distingue une Vue d'Amsterdam, et celle d'une 
Mer houleuse à l'entrée dhm port. Le plus 
grand mérite de ses ouvrages est une parfaite vé- 
rité. Son coloris et sa touche sont remarquables 
pour représenter les eaux et leurs mouvements : 
ses ciels sont légers et d'une grande variété. 
Bakhuysen a aussi gravé à l'eau forte quelques 
Vues maritimes ; il s'occupa aussi de poésie, et 
donna des leçons de caiUgraphie. Sa gaieté et sa 
force d'esprit ne l'abandonnèrent même pas du- 
rant les longues souffrances qui mirent fin à sa 
vie, à l'âge de soixante-dix-huit ans. Par une de 
ces originalités communes aux artistes, quelque 
temps avant sa mort , il fit acheter le meilleur 
vin qu'on put trouver, et renferma dans une 
bourse un grand nombre de pièces d'or; puis 
par son testament il invita ses amis à son con- 
voi , les pria de boire le vin acheté , et de dé- 
penser dans la joie l'or qu'il leur laissait. A la 
vente de la galerie de tableaux de P. de Smeth, 
d'Amsterdam, en 1810, quatre tableaux de 
Bakhuysen furent vendus 550, 805, 980 et 1,400 
florins. 

Un autre Ludolf Bakhuysen , petit-fils du 
précédent, né en 1717, et mort à Rotterdam en 



— BAKOSS 222 

1782, fut aussi un bon peintre, après avoir été 
d'abord négociant et ensuite soldat. Ses tableaux 
représentent des scènes guei'rières. [Enc. des g. 
du m., avec addit. ] 
Nagler, Neues AUgemeines Kil-nsUer-Lexicon. 

* BAKRËR {Adrien), neveu de Jacques, pein- 
tre hollandais, mort en 1686. H peignit l'his- 
toire et le portrait. Son œuvre la plus remar- 
quable est un Jugement dernier que l'on voyait 
il y a quelques années à l'hôtel de ville d'Ams- 
terdam. 

Ersch et Gruber, Allgemeine Encydopœdle. 

BAKREE (Gerbrand) , médecin hollandais, 
né à Enkhuisen , dans la Nord-Hollande , le 
1" novembre 1771, mort à Groningue le 14 juil- 
let 1828. Il étudia à Leyde, où il fut reçu doc- 
teur en 1794. Depuis 1811 jusqu'à l'époque de 
sa mort il occupa, pendant dix-huit ans, la chaire 
d'anatomie, de physiologie et de chirurgie à 
l'université de Groningue. Il fit éclater son zèle 
pendant l'épidémie qui désola Groningue. En 
1826, outre plusieurs notices, publiées en hol- 
landais, sur !e Magnétisme animal et les Vers 
intestinaux, on a de lui : Oratïo inauguralïs 
de ils qux artis ohstetricix utilitatem augere 
possunt, et gratum magis acceptiimque red- 
dere; Gronmgue, 1814; — Bescriptio iconis 
pelvis feminx et schematum capitis infan- 
tilis , iisque illustratus partus humani me- 
chanismus ;ibid., 1816, grand in-fol. ; — Osteo- 
graphia piscium, Gadi prseseTtim Reglefini, 
comparata cum lampride guttato, specie ra- 
riore; Ma., 1822, in-8°, avec 13 planches; — 
Epidemia quae anno urbem Groningam af- 
flixit in brevi conspectu posita, 1826, in-8° ; 

— De natura hominis liber elemeniarius ; 
MA., 1827, 2 vol. in-8°. 

Callisen, Medizinisches Sehriflsieller-Lexiœn. 

* BAKRER (Meeuws Meindertszoon ), méca- 
nicien hollandais, vivait dans la seconde moitié 
du dix-septième siècle. En 1690, il inventa le 
camel, ou machine au moyen de laquelle on 
pouvait transporter facilement sur des chaloupes, 
au Texel , autant d'hommes de guerre que les 
circonstances pouvaient l'exiger. 

Wagcnaer, Beschr. van Amsterdam. — Cholmot, Bio- 
graphisch ffoordenbœk. 

BARRER { Pierre- ffuysinga ), poëte hollan- 
dais, né en Amsterdam en 1717, mort dans sa 
ville natale le 22 octobre 1801. On a de lui : im 
Poëme sur l'inondation de l'année 1740; — 
Satires contre les Anglais, vol. in-4° ; — Sur 
la versification ancienne et moderne des Hol- 
landais, dans les Mémoires de l'Académie de 
Leyde ; — une traduction des poésies latines de 
T.-W. Higt, Sur le printemps. 

Wagenaer, Notice sur Bdkker. 

*BAROSS {Jean) , linguiste allemand, natif 
d'Hermannstadt, vivait dans la seconde moitié 
du dix-septième siècle. I! laissa : Kurzer und 
rechtmàssiger Grund der hochteutschen 
Sp-flc/^e, etc. ; Hermannstadt, 1677, in-12;0U'< 



2â3 



BAKOSS — 



vrage élémentaire, à l'usage de ceux qui veulent 
apprendre l'allemand. 

Benkoe, Transylv. , t. Il, p. 425. — Adelung , Supplé- 
ment à Jôcher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

* BAK.SAI ( Abraham ) , historien et juriscon- 
sulte hongrois, natif de Schemnitz, vivait dans la 
seconde moitié du seizième siècle. Il fut con- 
seiller privé du palatin de Pologne et du prince 
de Kesmark. On a de lui : Chronologia ducum 
et regum Hungariee ; Cracovie, 1567. 

Horanyi, Mentor. Hungar. — Jôcher; AUgemeines 
Gelehrten-Lexicon. 

* BAKSAÏ ( Bernard), jurisconsulte hongrois, 
vivait dans la seconde moitié du seizième siècle. 
Il fut secrétaire du roi Jean de Hongrie, et con- 
tribua à la paix conclue entre ce roi et l'empe- 
reur Ferdinand El. On a de Baksaï : Commen- 
tarnim ad Jiis Werbœtzi tripartitum Hun=- 
garicuni , m-i° . 

Horany», Memor. hungar.— Adelung, Supplément 
à Jôcher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

* BARUSi , géographe arabe , vivait dans la 
première moitié du neuvième siècle. On a de lui : 
une Géographie, que l'on a traduite dans le Réper- 
toire de la littérature orientale , t. II, p. 4. 

Adelung, Suppl. à Jôcher, AUgem. Gelehrten-Lexicon. 

BALAAM OU BiLEAM , de Péthor ( Mésopo- 
tamie), fameux devin, Yariolus de la Vulgate, 
prophétisa vers l'an du monde 2,515 (1489 
avant J.-C). Balak, roi de Moab, chargea ce 
devin de prononcer contre les Israélites les im- 
précations solennelles avant de marcher pour 
les combattre. Balaam hésita d'abord. Doué 
d'assez de finesse pour prévoir les infaillibles 
succès du peuple conquérant , il voulait se garder 
de toute démarche qui l'indisposerait contre lui ; 
d'un autre côté, il avait quelques précautions à 
prendi-e pour se mettre à l'abri de la colère de 
Balak. Il se prévalut donc de son caractère sacré, 
et déclara qu'il ne prononcerait d'imprécations 
que dans le cas où Dieu le lui permettrait. A 
trois reprises, au lieu d'imprécations, il ne pro- 
nonça que des bénédictions', et s'en excusa en 
alléguant des ordres célestes qui lui avaient été 
donnés, et des menaces miraculeuses qui lui 
avaient été faites. LTmesse, dit-il, dont il s'é- 
tait servi pour son voyage , effarouchée par une 
vision qu'il n'apercevait pas lui-môme, l'avait 
emporté à travers champs ; puis se jetant à terre, 
excédée des coups dont il l'accablait, elle avait 
pris une voix humaine pour se plaindre : alors 
seulement il avait remarqué l'ange du Seigneur 
qui, l'épée à la main, lui barrait le chemin, et 
qui ne lui avait permis de continuer sa route 
qu'en lui enjoignant expressément d'obéir aux 
inspirations qu'il recevrait du ciel. [ Enc. des 
g. du m.] 

Livre des Nombres, XXII et XXIV. 

* BALACE , préfet de l'empereur Constance, 
vivait dans la première moitié du troisième siècle. 
Il persécuta les chrétiens, et ce fut lui que 
saint Antoine menaça de la vengeance céleste. 
Cinq jours après, Balace, mordu à la cuisse 



BALANCRE 224 

par un cheval furieux, mourait des suites de cette 
blessure, et justifiait ainsi la prédiction du saint. 

Moréri , Dictionnaire fiistorique. i 

' * BALADUNO ( Ponce) , écrivain connu seu- 
lement par une Historia Francorwm qui cepe- 
runt Jérusalem , en manuscrit à la biblio- 
thèque de Paris. 

Fabrlcius , Biblioth. médise et inflmss setatis. — Jôcher, 
AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BAL^us. Voy. Bale. 

BAiAGNY {Jean de). Voy. Montluc. 

* BALAGRtrs ( BàXttYpo;) , écrivain grec, qui 
vivait à une époque incertaine. On a de lui : 
MaxeSovixà (ouvrage sur la Macédoine), co 
deux livres. 

Etienne de Byzance, au mot "AfAoiêoç "OXêïlXoç, 
Avippà^iov. — Snaith, Dictionnary of greek and roman 
biography. 

* BALAKLEi ( le sultan ) , prince des tarlâ- 
res-Zavologénèses , vivait au commencement du 
treizième siècle. Il profita, en 1221, des dissen- 
sions intestines des ducs de Russie pour envahir 
cette contrée. Lorsque les ambassadeurs de Ba- 
laklei vinrent chez les Lithuaniens pour en exi- 
ger un tribut, ceux-ci leur coupèrent les oreilles 
et le nez , et les renvoyèrent ainsi mutilés au 
sultan leur maître. Les Russes s'allièrent en- 
suite avec les Lithuaniens contre Balaklei , qui 
fut défait et mis en fuite à la bataille de Koida- 
nowo. 

Stanislav. Sarnicius, Annal. Polonici ; Llps., 1712, In-fol. 

* BALAM ( Richard ) , mathématicien anglais, 
vivait dans la seconde moitié du dix-septième 
siècle. Il était ami du célèbre Oughtred , l'auteur 
de Clavis mathematica. Immédiatement après 
l'apparition de cet ouvrage, Balam, qui s'était 
fait aussi le disciple d'Oughtred, publia un Traite 
d'algèbre /Londres, 1653, in-12. 

Rose , New Biographical Dictionnary, 
BALAMio OU BALAMY {Ferdinand), mé- 
decin originaire de la Sicile , vivait vers le mi- 
lieu du seizième siècle. Il fut médecin de Léon X, 
et cultiva, outre son art, la poésie et les langues 
anciennes. Il a traduit en latin plusieurs opus- 
cules de Galien, imprimés d'abord séparément, 
mais réunis ensuite dans l'édition de Galien 
publiée à Venise en 1586, m-fol. Voici les titres 
de ces opuscules : de Cibis boni et mali succi; 
Lugduni, 1555, 1560; — Galeni liber de os.si- 
bus ad tijrones; Valentise, 1555, in-8°; Franc- 
fôrt-sur-le-Mein, 1640, in-fol., avec les remarques 
de Gaspar ; — de Optima nostri corporis Cons- 
titutione ; — de Bona Valetudine ; — de Hiru- 
dinibus, cucurbitula, cutis incisione et sca- 
rificatione; Rostock, 1636, in-8°. 

Mongitore, Bibliotheca Sicula. — Vander Linden, De < 
ScriptnriOus medicis. 

* BALANCRE, scrgeut de gi'enadiers au si- 
xième bataillon du Doubs , se signala dans un i 
combat sur les hauteurs d'Aversdorf (9 décem- 
bre 1793). Atteint de trois coups de sabre à lai 
tête, il se défendit contre trois dragons autri- 



225 



BALANCRE 



chiens, tua l'un, blessa les deux autres, et se re- 
tira en criant: Vive la liberté! 
Le Bas, Encyclopédie de la France. 

* BA.LANI (D. Ga&neZ), compositeur italien, 
vivait à Fano vers la fin du dix-septième siècle. 
E a composé de la musique pour la prise d'ha- 
bit d'une religieuse, et l'a fait imprimer sous ce 
titre : Sacre Canzoni ; Fano, 1682, in-4°. 

l'étis, Biogr. univers, des Musiciens. > 

* BÂLiASfiTS, prince gaulois, vivait dans la 
première moitié du second siècle avant l'ère 
chrétienne. Il envoya des ambassadeurs à Rome 
pom" offrir son concours dans la guerre entre- 
prise contre les Macédoniens. Pour lui témoi- 
gner à son tour sa satisfaction, le sénat envoya à 
Balanus une chaîne et une coupe d'or, des armes 
de luxe, et un cheval richement enharnaché. 

Tite-Llve, XLIV, 14. 

* BALANZAC {François de Bremond, baron 
DE ), un des chefs du parti de la réforme, vivait 
au milieu du seizième siècle, et mourut en 1592. 
Il embrassa avec ardeur le calvinisme, religion de 
sa mère, et combattit à Dreux et à Saint-Denis. Il 
signa, avec le prince de Condé et d'autres capi- 
taines , le traité de paix proposé par la cour en 
1568. Cette même année, il fut condamné à mort 
par arrêt du parlement de Bordeaux , comme 
chef du parti protestant ; mais, par une singulière 
erreur, on mit dans l'arrêt le nom de Charles, 
qui était celui de son cousin, l'un des capitaines 
de l'armée catholique. L'arrêt ne reçut point 
d'exécution. L'année suivante, François de Bre- 
mond combattit à Jarnac, Pamprou, Jaze- 
neuil, etc. Attaché au roi de Navarre, il prit part 
aux affaires de Chizé, Fontenay-le-Comte, Samt- 
Maixent. Balanzac de Vaudoré ( car il s'appelle 
désormais ainsi, du nom d'un château de sa 
femme) se distingua surtout à la bataille de 
Coutras (20 octobre 1587), et contribua au suc- 
cès de la journée. Montausier et Vaudoré, qui 
restaient inébranlables à leur poste, voyant le vi- 
comte de Turenne lâcher pied avec les Gascons, 
que Henri de Navarre vantait à tout propos, s'é- 
crièrent: « Ce ne sont là ni Xainctongeois ni 
Poictevins!... » — « Nulle autre harajigue, dit 
« d'Aubigné, ne pouvoit valoir celle-là, car, 
« au lieu que ce fust un exemple pour la fuite, il 
« le fut d'émulation. Cette noblesse serra les 
« dents et le poing, et y en eut des deux troupes, 
« entre autres Longchamps, qui entamèrent le gas- 
« teau douze pas avant leurs compagnons. « Ce 
retour soudain des fuyards rompit l'armée du 
duc de Joyeuse, et décida de la victoire. Ba- 
lanzac se retira ensuite au château de Vaudoré ; 
mais en 1590 il reçut un message de Henri IV, 
qui l'invitait à venir l'aider à repousser le duc de 
Parme. L'ancien chevalier reprit son épée , et 
revint mourir dans son manoir. 

Balnguet, Biographie Saintongeaise. — Sully, Mémoi- 
res. — P. Anselme, Bist. des gr. officiers de la couronne, j 

* BAL.ARD ( Jean ), syndic de Genèveen 1 529. 
On a de lui un Journal de tout ce qui s'est \ 

NOUV. BIOGR. UNIVERS, — T. IV. 



— BALASSI 226 

passé à Genève depuis 1525 jusqu'en 1531, 
faianuscrit conservé à la bibliothèque de Genève. 
Sennebier, Hist. littéraire de Genève. 

* BALARD (Jean), joueur de luth, vivait 
vers la fin du seizième siècle. On trouve quel- 
ques pièces de sa composition dans Besard, Thé- 
saurus harmonicus. 

Fétis, Biogr. univers, des Musiciens. 
BALARD {Marie-Françoise- Jacquete-Alby ), 
femme poète, née à Castres en 1776, morte dans 
sa ville natale le 8 avril 1822. En 1810, elle pu- 
blia sous le voile de l'anonyme l'Amour mater- 
nel, poëme en 4 chants , assez favorablement 
accueilli, bien qu'inférieur à celui de Millevoye. 
L'année suivante, elle remporta deux prix à l'A- 
cadémie des Jeux Floraux, l'un pour une élégie, 
et l'autre pour un Hymne à la Vierge; après 
quoi, son admission à l'Académie fut pronon- 
cée. Elle y lut l'année suivante, en séance pu- 
blique, un Éloge de madame Verdier, qui fut 
sumduTombeau deSylvandre,de Velleda{sa- 
jet tiré des Martyrs de Chateaubriand), et de 
quelques autres pièces moins remarquables. On 
cite, comme un modèle de simplicité touchante, 
ce dernier vers de l'idylle du Tombeau de Syl- 
vandre : 

Je ne veux pas me consoler. 

Quérard, la France littéraire. 

BALARD {Antoine- Jérôme), chimiste fran- 
çais. Voy. Ballard. 

* BALASFi ( Thomas ) , théologien hongrois , 
vivait au commencement du dix-septième siècle. 
Né d'une famille noble, il fut d'abord curé, puis 
évêque de Presbourg. Il écrivit un ouvrage con- 
tre le protestantisme: Tsepregi oskola, Mellyben 
a Luther anus es Kalvinista; Posonii, 1616, 
in-8". 

Horanyl, Memor. Hungar. 

BALAS. Voy. Alexandre-Balas. 

BALASSA {Valentin), poète hongrois , vivait 
au milieu du seizième siècle. Il était comte de 
Gyarmath et de Keke. On a de lui des poèmes 
latins et hongrois qui ont été remarqués. Ses 
JTymni de variis argumentis ont été imprimés 
plusieurs fois à Leutschau et à Debrezin. Ho- 
ranyi l'appelle soldat distingué et poète latin 
agréable. 

Bod de Felsô tsernaton, Patrise Athense ; — Horanyi, 
Memoria Hungarorum. 

* BALASSI {Mario ), peintre italien, né à Flo- 
rence en 1604, mort en 1667. Il reçut les premiers 
principes de l'art de Jacopo Ligozzi. Il accompa- 
gna OttavioPiccolomini en Allemagne, où il trou- 
va de brillantes occasions d'exercer son pinceau. 
De retour à Florence, il peignit ses deux meil- 
leurs tableaux, le Saint François, de la con- 
frérie des Stigmates de Florence, et le Miracle 
de saint Nicolas de Tolentino ressuscitant des 
perdrix, pour Saint-Augustin de Prato. 

En avançant en âge, Balassi crut avoir fait 
fausse route , et voulut changer sa manière. Il 
retoucha tous ceux de ses tableaux qu'il put faire 

S 



227 



BALASSI — BALBES 



228 



rentrer dans son atelier, et malheureusement 
les gâta au lieu de les améliorer. Ses figures ne 
manquent ni de coloris ni de relief, mais géné- 
ralement il ne brille pas par l'invention. Pendant 
sa Tie il jouit d'une grande renommée, et gagna 
des sommes considérables ; mais sa charité était 
telle, qu'il mourutpauvre, ayant encore besoin du 
secours de ses protecteurs. Ilfut enterré à Sainte- 
Marie-Nouvelle. Son portrait est au nombre de 
ceux de la galerie de Florence. Il eut pour élève 
(îargiolli, peintre médiocre. E. B — n. 

Baldinucci, Notizie dei Professori. — Laazi, Storia 
délia Pittura. — Sicozzi, Dizionario dei Pittori. — Or- 
landi, Abecedario Pittorico. 

*BALAUN ou BALAZUN ( Guillaume ), trou- 
badour provençal, vivait dans la seconde moitié 
du douzième siècle, sous le comte de Toulouse, 
Raimond V. On a de lui un poëme que l'on trouve 
dansSainte-Palaye, et où il peint son amour pour 
la dame de Joviac; il y mêle des vers d'un autre 
troubadour appelé Barjac, qui fut son ami. 
Millot, Histoire littéraire des Troubadours. 

* BALBAN ( Gheias-eddin-Balban-Shah ), 
célèbre roi de Delhi, vivait vers 1260, et mourut 
en 1286. H succéda à Nasser-eddin-Mahmoud en 
1265. Son premier acte fut de se débarrasser de 
quarante chefs qui avaient en vue de se partager 
l'empire s'il mourait; après quoi, il adopta une 
administration régulière et équitable. Il engagea 
une campagne contre les Newattis, tribu qui dé- 
vastait le pays; cent mille d'entre eux furent 
tués. Une chaîne de forts qu'il fit élever le pré- 
munit à l'avenir contre leurs incursions. Une ré- 
volte s'éleva peu de temps après dans le Bengale ; 
elle fut étouffée, non sans quelque difficulté. La 
splendeur de la cour de Balban éclipsait même 
la magnificence dont il est tant question dans 
les annales de l'Inde. Quinze souverains de l'A- 
sie lui envoyèrent les présents les plus riches, 
comme témoignage de leur admiration. Les 
hommes lettrés de toutes les parties de l'Asie 
furent attirés à Delhi par sa libéralité et par 
celle de ses fils , qui firent de vains efforts pour 
arracher Saadi , le grand poète persan, à sa re- 
traite de Shiraz. Les derniers jours de Balban 
furent empoisonnés par la perte de Mohammed, 
son fils favori, mort au moment de sa victoire 
contre 20,000 Mogols; le désespoir le condui- 
sit peu de temps après au tombeau. 

Féristha, Histoire de l'Inde, etc. 

BALBANi (Mcoto), biographe italien, natif 
de Lucques , vivait dans la seconde moitié du 
seizième siècle. On a de lui : Storia délia vïta 
di Galeazzo Garacciolo, chiamato il Sig. Mar- 
chese; Genève, 1581 et 1587; traduit en français 
en 1587, en latin en 1596. 

MazzuchelU, Scrittori d'Italia. — Clément, Biblio- 
thèque curieuse. — Adelung, Supplément à 3ôclaer,Atl!je- 
meines Gelekrten-Lexicon. 

*BAi,BASTBE { Claude-Louis ) , organiste 
célèbre, né à Dijon le 8 décembre 1729, mort à 
Paris le 9 avril 1799. Il fut l'élève et l'ami de 
Rameau. Après avoir étudié avec fruit la scieace 



musicale, Balbastre se fit connaître au concert 
spirituel de 1755, et obtint en 1777 l'orgue de 
Saint-Roch, puis celui de Notre-Dame , les deux 
meilleurs de Paris, par la protection de Mon- 
sieur (Louis XVni), qui avait apprécié, à Di- 
jon , les talents de cet habile artiste. Les noëls 
qu'il exécutait attiraient un si grand concours 
aux églises, que l'archevêque de Paris fut obligé 
de lui défendre de toucher de l'orgue aux grandes 
fêtes. Pendant la'révolution, Balbastre exécuta 
souvent ses variations sur la Bataille de Fleu- 
ries et la Marseillaise, et excita toujours l'en- 
thousiasme de ses concitoyens. Il substitua le 
forté-piano au clavecin, et opéra ainsi une révo- 
lution dans cette partie de l'art musical. On a 
de lui : plusieurs concertos d'orgue ( manus- 
crits ) ; — un livre de pièces de clavecin ; Pa- 
ris ( sans date ) ; — Quatre suites de noëls 
avec variations; Paris (sans date); — un 
livre de quatuors pour le clavecin, avec ac- 
compagnement de deîix violons, une basse et 
deux cors, ad libitum. « Tous ses ouvrages 
» dit Fétis, sont écrits d'un style lâche et in- 
« correct. » 

Le Bas, Encyclop. de la France. — Fctis, Biographie 
universelle des Musiciens. 

BALBE (Prosper, comte de), diplomate et 
savant italien, né à Quiers le 2 juillet 1762, 
mort le 14 mars 1837. U descendait de la fa- 
mille des Balbes. En 1796, il fut ambassadeur de 
Sardaigne près la république française. En 1805, 
il fut nommé recteur de l'université de Turin; 
puis, en 1816, ambassadeur à la cour de Ma- 
drid; enfin, ministre de l'intérieur. Il garda ce 
portefeuille jusqu'en 1821, et conserva toujours 
la présidence de l'Académie des sciences de 
Turin. On a de lui, entre autres ouvrages : Rap- 
porto storico estratto degli atti delV Acca- 
■ demia reale délie scienze di Torino; — Vita 
dei d'Antoni; — Discorso sulla fertilità dei 
Piemonte; — Lezioni sut métro sessagesi- 
male ; — Lezioni sulV università di Torino. 
Ces divers écrits ont été réunis et publiés par 
Cibario, sous le titre : Opère varie dei conte 
Prospéra Balbo; Turin, 3 vol. in-S", 1830. 

Le chevalier tibario, Éloye du comte de Balbe. 
BALBE-BERTON. Voy. CrILLON. 

BALBES OU BALBi, ancienne famille sarde qui 
se prétend issue du Romain Balbus, qui aurait 
fondé la république de Quiers vers la fin du 
sixième siècle. L'histoire se borne à nous ap- 
prendre que cette république florissait dans les 
onzième et douzième siècles, époque de la gran- 
deur de tant d'autres villes d'Italie, et que les 
Balbes en étaient la première famille ou tribu : 
ils la dirigèrent dans les guerres qu'elle eut à 
soutenir contre le marquis de Montferrat. Au 
moment de l'invasion de l'empereur Frédéric 
Barberousse, ils lui firent embrasser le parti 
guelfe; une chaîne de foi'teresses, dont ils avaient 
ceint leur territoire, est encore connue sons le 
nom de Tours des Balbes. Plus lard, cette fa-, 



229 BALBES 

mille donna plusieurs podestats à la république 
de Testone, voisine et alliée de celle de Quiers; 
les six maisons d'Albergue {Alberga ),.qui ve- 
naient immédiatement après celle des Balbes , 
ayant voulu lui enlever le pouvoir, une lutte s'é- 
leva, et dura cinquante années : les Balbes en 
sortirent vainqueurs. Moins d'un siècle après, les 
dissensions, intestines devenues plus violentes que 
jamais , les décidèrent à faire passer leur patrie 
sous les lois d'un souverain assez puissant pour 
la contenir et la contraindre au repos ; ils choi- 
sirent Amédée de Savoie , dit le Comte vert. Le 
traité conclu avec ce prince, du consentement 
des nobles et du peuple de Quiers, conservait à 
la république la plupart de ses droits, et assurait 
aux Balbes de nombreux privilèges : pourtant, à 
dater de ce moment (1347) , leur grandeur ne 
tarda pas à décroître. En 1455, Louis H, duc de 
Savoie, ordonna qu'ils seraient assimilés aux no- 
bles des maisons d'Albergue, et ils se débatti- 
rent en vain contre un arrêt qui leur paraissait 
le comble de l'injustice. L'un deux, Gilles de 
Berton, quittant cette patiie où l'on avait détruit 
jusqu'aux traces de leurs anciens honneurs, vint 
s'établir à Avignon ; il y devint la tige de la mai- 
son de Crillon {voir Grillon), aujourd'hui le 
seul reste, avec les maisons de Quiers et de 
Turin , de cette tribu des Balbes, qui comptait 
trente-huit branches au treizième siècle. — Les 
Balbi de Gênes , d'ailleurs très-ancienne famille, 
ne sortent pas des Balbes ou Balbi de Piémont; 
on croit que ceux de Venise peuvent y ratta- 
cher leur origine. [ Enc. des g. du w.] 

MoréTi, dictionnaire historique. 

BALBI, nom de plusieurs écrivains mention- 
nés dans l'histoire littéraire d'Italie. 

BALBI (Jean de), dit de Janua ou Januen- 
sls, parce qu'il était Génois, de l'ordre des Frè- 
res Prêcheurs , vivait vers la fin du treizième 
siècle. On l'a souvent confondu avec un autre 
Génois son contemporain , également de l'ordre 
de Sauit-Dominique , c'est-à-dire avec Jacques 
dit de Voragine, l'auteur de la Légende dorée. 
Jean de Balbi composa vers l'an 1286 une es- 
pèce de Dictionnaire ou d'Encyclopédie , sous 
le titre de CathoUcon (Universel), traitant des 
matières les plus diverses, telles que théologie, 
histoire naturelle, orthographe, prosodie, éty- 
roologie, jurisprudence, etc.. C'est un des pre- 
miers livres sur lesquels on ait fait l'essai de la 
typographie. Schaeffer et Jean Faust, après avoir 
imprimé, d'abord (avec date) le Rationale di- 
vinorum officiorum de Guillaume Durand, évê- 
que de Mendes, à Mayenne en 1459, donnèrent, 
l'année suivante, le CathoUcon : Summa gram- 
maticalis valde notabilis, quse CathoUcon 
nominatur; Moguntiae, per Joannem Faustum, 
I 1460 , in-fol. Cet ouvrage fut ensuite réim- 
primé à Augsbourg, 1469 et 1472^, par Pierre 
Schaeffer; à Nuremberg par Koburger, 1483; à 
Venise, 1487, augmenté et revu par Pierre 
Gilles. 



— BALBI 



230 



On attribue aussi à l'auteur du CathoUcon 
un traité théologique portant le titre de : Dia- 
logus de queestionibus animas ad spiritiim, et 
un Opus paschale pour trouver facilement la 
fête de Pâques, ouvrage qu'il avait écrit avant 
d'entrer dans l'ordre de Saint-Dominique. 

Possevin, t. I, Apparatus sacer, t. I. — Ambroise de 
Altamara, Bibliotkeca ordinis Prxdicatonim , p. 33. — 
Du Cange, in Prœ/at. Glossar. med. et inf. latinitatis, 
u." 47. 

BALBI OU BALBO (Jérôme), littérateur vé- 
nitien, mort en 1535, à un âgé fort avancé. Après 
avoir suivi à Rome les leçons du célèbre Pom- 
ponio Leto, il passa en France, et obtint une 
chaire dans l'université de Paris. Obligé de 
quitter cette ville à la suite d'une vive polémique 
qu'il eut à soutenir contre deux de ses confrères, 
il se retira en Angleterre, puis de là se rendit à 
Vienne, où lui fut conférée, par l'empereur Maxi- 
milien I*'', une chaire de droit de l'empire ger- 
manique. Cédant encore à son humeur errante, 
Balbi quitta de nouveau cette résidence pour se 
rendre en Hongrie, où il parvint à gagner la con- 
fiance du roi Ladislas, à tel point que ce prince 
lui abandonna l'éducation de ses enfants , et le 
chargea ensuite de diverses missions importantes. 
A cette époque, le professeur vénitien, dont les 
mœurs avaient été jusque-là peu graves, changea 
tout à coup de conduite, et entra dans la carrière 
ecclésiastique , où son chemin fut si rapide, qu'en 
1522 on le voit évoque de Gurek ou Goritz, en 
Carinthie. H assista à ce titre au couronnement 
de Charles V, et écrivit alors xm livre assez cu- 
rieux, intitulé De Coronatione principum, im- 
prmié à Bologne en 1 530 , réimprimé à Lyon la 
même année, età Strasbourg en 1 603, in-4°. Outre 
l'ouvrage cité, on a de lui : Opusculum epigram- 
matum; Augsbourg , 1494, in-4° : plusieurs de 
ces épigrammes sont très-licencieuses ; — Rhe- 
toris gloriosi Liber, per modum dialogi 
exaratus : c'est ime attaque conti'e Guillaume 
Tardif, qui répliqua par VAnti-Balbica, vel re- 
criminatio Tm'diviana ; — Ad Clementeni VIT, 
De Civili et bellica fortitudine Xi&er;Rome, 
1526, in-4°; Bologne, 1530, in-4° ; la seconde 
partie, traitant de l'origine et de l'empire des 
Turcs, apour titre : De Rébus Turcicis Libri IV. 

Possevin, Jpparatus sacer. — Fabricius, Biblioth.îat. 
med. et inf. œtatis. 

BALBI (Gaspard), était un joaillier vénitien, 
qui, s'étant rendu aux Indes Orientales, y resta 
neuf ans, de 1579 à 1588; de retour dans sa 
patrie, il donna une relation exacte des pays qu'il 
avait parcourus, sous ce titre : Viaggio nelle 
Indie Orientait ;Yemse, 1590; cette relation a 
été aussi insérée dans le Recueil des Voyages 
aux Indes Orientales, par les frères de Bry; 
Francfort, 1606. 

Ginguené, Histoire littéraire de Vltalié. 

* BALBI (Adrien), géographe célèbre, né à 
Venise le 25 avril 1782, mort le 14 mars 1848. 
n fut d'abord professeur de physique et de géo- 
graphie dans sa ville natale. Ayant épousé udq 

8. 



231 



BALBI 



232 



actrice, il se vendit avec elle, en 1820, en Por- 
tugal. Dans ce pays il fit connaissance avec les 
principaux hommes d'État et les savants les plus 
distingués, et puisa surtout dans les archives du 
gouvernement les matériaux pour son Essai 
statistique sur le royaume de Portugal et 
d'Algarve, comparé aux autres États de l'Eu- 
rope; Paris, 1822, 2 vol. in-8°; suivi de Varié- 
tés politiques et statistiques de la monarchie 
portugaise; ibid., 1822. Cet ouvrage contient , 
entre autres, un chapitre remarquable sur le 
Portugal sous les Romains, et plusieurs docu- 
ments curieux sur la littérature et les arts dans 
ce pays. La partie politique de l'ouvi-age est fai- 
ble ; M. Balbi le reconnaît lui-même , en faisant 
valoir des considérations particulières par les- 
quelles il a dû se laisser guider. Après avoir re- 
cueilli à Paris, pendant plusieurs années, des 
matériaux riehes et variés, il y publia, en 
1826, le premier volume de son Atlas ethno- 
graphique du globe, ou Classification des 
peuples anciens et modernes d'après leurs 
langues , 1 vol. in-fol. , avec 1 vol. in-8'' d'é- 
claircissements. Cet ouvrage fit connaître aux 
Français les recherches d'Adelung, de Vater, et 
d'autres philologues de l'Allemagne; mais l'or- 
donnance de ce travail est supérieure à celle des 
écrivains allemands, et l'auteur a ajouté beau- 
coup de renseignements nouveaux qu'il a puisés 
dans les travaux des voyageurs, tels que MM. de 
Humboldt, Blosseville, Freycinet, Gaimard, Les- 
son, Pacho, etc.; dans ses enti'etiens avec les lin- 
guistes Abel de Rémusat, G. de Humboldt, Chara- 
pollion, Hase, Jomard, Jaubert, Klaproth, dans 
ses rapports avec Malte-Brun , et dans les ou- 
vrages de Charles Ritter. Ce qui, dans son 
Atlas et dans son volume A' Éclaircissements, a 
rapport à l'ethnographie , est bien mieux traité 
,que ce qui a rapport aux langues. Le chapiti-e 
concernant l'écriture chez tous les peuples de 
jb terre est surtout d'un haut intérêt. Malgré 
la réserve habituelle de Balbi sur toutes les 
questions politiques , son Atlas fit ombrage à la 
censure de Vienne, qui éleva des difficultés, en 
exigeant la représentation préalable du manus- 
crit; mais M. A. de Humboldt parvint à pro- 
curer à l'auteur l'entrée de son ouvrage dans 
les États autrichiens. Balbi publia ensuite, 
avec le concours d'un grand nombre de sa- 
Tants toujours scrupuleusement nommés par 
lui, des tableaux statistiques de la Russie, de 
la France, des Pays-Bas, etc. Sous le minis- 
tère Martignac, le gouvernement français ac- 
corda à l'auteur de tant d'estimables travaux un 
secours qui lui facilita son séjour à Paris. Il quitta 
cette ville en 1832, après avoir terminé son q\- 
z^WmX Abrégé de Géographie rédigé sur un plan 
nouveau, qui résume , en un seul gros volume 
ân-8° (de cxi et 1392 pages), toute la science 
géographique. Cet ouvrage fut augmenté, et tra- 
duit dans les principales langues de l'Europe ; et 
Balbi se retira à Padoue, où il fit paraître sou 



Essai sur les bibliothèques de Vienne, 1835. 
Il collabora à différents recueils, entre autres 
Y Encyclopédie des gens du Monde et le Dic- 
tionnaire de la Conversation. Outre les ou- 
vrages cités, on a de lui : Traité élémentaire 
de Géographie; Paris, 1830-1831, 2 vol. in-8", 
publié, en partie sur les papiers inédits do Mal- 
te-Brun, de concert avec Larenaudière et Huot; 
— la Monarchie française comparée aux 
principaux États de l'Europe ; Paris, 1 828 ; — 
Balance politique du Globe, 1828; — l'Em- 
pire russe comparé aux principaux États 
du monde, 1829; — the World compared 
with the British empire, 1830; — Statistique 
comparée de l'instruction et du nombre des 
crimes ; 1829. [ Enc. des g. du m. avec addit. ] 

Biographie des Contemporains. 

* BALBI {A7idreadi Lando ), peintre et sculp- 
teur de l'école de Sienne , vivait en 1572. On a 
de lui une statue de saint Ansano, placée suf 
la porte principale du palais public de Sienne. 

E. B— N. 

Roraagnoti, Cenni Storici Artistici di Siena. 

BALBI (la comtesse de), confidente de 
Louis XVni, née en 1753, morte vers 1836. En 
1770, elle se maria au comte de Balbi, qu'elle fit 
interdire comme aliéné. Plus tard, pour subvenir 
à ses folles dépenses, elle exerça de bonne 
heure sur le comte de Provence les cbarmes de 
son esprit, et le mit plus d'une fois dans l'em- 
barras par ses prodigalités. M™^ de Balbi avait 
encore toute son influence sur lui lorsque la ré- 
volution éclata. Dans la confidence du départ de 
Monsieur , elle accompagna Madame jusqu'à 
Mons, où ils arrivèrent tous en même temps, 
quoique ayant suivi des routes différentes. 
M"* de Balbi se rendit ensuite à Coblentz avec 
Monsieur ; mais l'empire qu'elle exerçait sur lui 
dut céder la place à M. d'Avaray. Trop péné- 
trante pour ne pas prévoir une disgrâce, elle 
quitta Coblentz, se rendit en Hollande, où l'éclat 
de ses amours avec un comte émigré lui ferma 
pour jamais le chemin de la cour. Elle passa en 
Angleterre, et y resta jusqu'à l'époque où Na- 
poléon fut nommé premier consul; alors elle 
profita de l'arrêté qui fut fait en faveur des 
émigrés , et alla se fixer dans son château de 
Brie-Comte-Robert. Quelques soupçons d'intri- 
gues déterminèrent le gouvernement à l'exiler 
à Montauban, où elle établit une banque de jeu. 
Elle se trouvait encore à Montauban, lorsqu'on 
y apprit la nouvelle de l'abdication de Napoléon. 
Après s'être portée au-devant de l'armée an- 
glaise en 1814, elle se rendit à Paris, et employa 
inutilement tous les moyens pour être présentée 
au roi. Plus heureuse en 1816, elle en obtint une 
audience particulière. Depuis ce moment, elle 
vécut à Paris dans une profonde retraite. [Enc. 
des g. du m.] 

Biographie des Contemporains. 
BALBI (Dominique), auteur dramatique ita- 
lien, vivait à Venise dans la deuxième moitié dp u 



233 BALBI - 

dix-septième siècle. On a de lui : lo Sfortunato 
Fariente, operetta morale, avec des ariettes; 
Venise, 1667, in-12; — il Castigamatti , ov- 
vero Quaderni morali in lingua veneziana; 
Venise, 1668, 1683, 1695, in-12; — el Panta- 
lon burlao, commedia ;Yemse, 1670, in-12; — 
il Ligammatti, cioè raccolte morali in lingua 
veneziana, estesein Quaderni ; \eTàse, 1675, 
in-12 ; — il primo Zannedisgraziafomezzano 
de' Matrimonj, commedia in prosa ; Venise, 
1677, in-12; — il secondo Zanne detto Bagat- 
Uno, Javorito daAmore; Venise, 1678, 1696, 
in-12; — il Cacciatore invidiatonel vatore, e 
insidiato nella vita, tragi-commedia in 
prosa; Venise, 1680, in-12. 

Mazzuchelli, ScTHttori d'Italia. 

*iîAKBi (Jofredus-Lanfrancus), juriscon- 
sulte italien, natif du Piémont, vivait dans la se- 
conde moitié du quinzième siècle. On a de lui : 
Tractatus plurimarum decisionum per mo- 
dumconclusionum,seusemita recta causidico- 
rum et judicum; Turin, 1497, in-4°; Milan, 
1519, in-4°; — Additiones ad communes doc- 
torum opiniones; Turin, 1545 ; — Decisionum 
Decurias V, cum sextas fragmento ; Lyon, 1 546, 
et Francfort, 1583. 
Mazzuchelli, Scrittori d'Italia. 

BALBI (Jean-Jacques), médecin italien, na- 
tif de Gênes , vivait vers la seconde moitié du 
dix-septième siècle. H est compté par Soprani 
parmi les auteurs liguriens. On a de lui : Prse- 
lectio in qua invitât scientias ac disciplinas 
ingenuas ad novum Genuensium Lyceum; 
Gênes, 1651,in-4°. 

Biographie médicale. 

* EALBi {Lotirent ), compositeur et violoncel- 
liste , dont on ignore l'époque. On a de lui : So- 
nata da caméra, a violino, violoneello e 
continuo; — Sonate a violino solo e continua; 
— Sonate a due violini e violoneello. Toutes 
ces compositions ont été gravées à Amsterdam , 
et sans date. 

Fétis , Biographie universelle des Musiciens. 

BALBI ou BALBO (Louis), compositeur ita- 
lien, natif de Venise, vivait vers le milieu du 
dix-huitième siècle. Il était élève et imitateur 
de Constant Porta. On a de lui des messes, 
vêpres, compiles, motets et madrigaux, en- 
tre autres : Cantiones ecclesiasticee ; Venise, 
1776 ; — Ecclesiasticarum cantionum IV vo- 
cîim; — Ecclesiastici concert., 1-8 voc. — Bo- 
denschatz a inséré 4 motets à 8 voix de ce musi- 
cien dans son Florilegium musicum Portense. 
H ne faut pas confondre Louis Balbi avec son 
homonyme, juriconsulte vénitien qui a laissé 
des ouvrages inédits, cités par Mazzuchelli. 

Kétis, Biographie universelle des Musiciens. — Mazzu- 
chelli, Scrittori d'Italia. 

^ki.ji\ r\Marc-Antoine), musicographe véni- 
tien , dont on ne connaît pas l'époque. Il était 
morne à Venise. On a de lui un petit traité in- 
titulé Régula brevis musices practicaHUs , 



BALBIN 



234 



cum quinque generibus proportionum prac- 
ticabilium (sans date ni lieu de publication). 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 
*BALBiAN {Just de), médecin italien, né à 
Alost au milieu du seizième siècle, mort à Gouda 
en 1616. Il avait étudié à Padoue, et exerça la 
médecine à Gouda pendant longtemps. H em- 
brassa le calvinisme , et fut enterré dans le tem- 
ple de sa ville natale , où on lit cette épitaphe : 
Singulos dies, singulas vitas puta, 
Justi A. Balbian, 
Flandri Alostani, Philo-Chymici, ejusque haeredum, 
sepulcrum- 
Ille heri, ego hodie, tu cras, 
Obiit anno 1616. 

On a de lui : Tractatus septem de Lapide 
philosophico e vetustissimo codice desumpti; 
Lugd. Bat., 1599, in-8° ; — il Specchio délia 
chimia; Rome, 1629 (traduction italienne du 
travail précédent). En somme, Balbian n'était 
qu'un simple compilateur. 

Theatrum Chimieum; Strasboarg, 1613, t. 111. — Nova 
Ratio Praxeos Medicse ; Venise, 1600, in-S". — Hoefer, 
Histoire de la Chimie, t. II, p. 184. 

* BALBiLUS (C), gouverneur d'Egypte sous 
le règne de Néron, l'an 55 de notre ère. Étant 
sénateur romain, il s'était montré fort attaché 
au parti d'Agrippine. Cette princesse, pour le 
récompenser, lui fit donner le gouvernement 
d'Egypte. Balbilus était un homme d'un grand 
savoir. H avait écrit un ouvrage sur l'Egypte et 
sur ses voyages dans cette contrée. 

Tacite, Annales, XllI, S2. — Sénèque, Quœst. nat., 
IV, 2. — Pline, H. JV., XIX, Proœmium. 

BALBIN (Bécius-Cœlius), empereur romain, 
né dans la seconde moitié du deuxième siècle de 
notre ère, mort à Rome en 238. L'histoire ne 
nous apprend rien de l'enfance ou de la jeunesse 
de Balbin , si ce n'est qu'il était né dans une fa- 
mille patricienne dont l'illustration remontait à 
Théophane , poète et historien célèbre de l'île de 
Lesbos , admis au droit de cité romaine par le 
grand Pompée. Destiné par sa naissance à exer- 
cer les hautes magistratures de l'empire, Balbin 
reçut probablement une éducation littéraire des 
plus complètes, puisqu'il devint habile orateur, 
et fut regardé , ainsi que nous l'apprend Jules 
Capitolin (1), comme l'un des premiers poètes 
de son temps. Parcourant d'un pas rapide la 
carrière des honneurs , il prit part, sous diffé- 
rents titres , à l'administration de l'Asie , de l'A- 
frique , de la Bythinie , de la Galatie , du Pont , 
des Thraces et des Gaules. Quand il apparaît 
pour la première fois dans l'histoire, nous le 
trouvons sénateur à Rome, deux fois consulaire, 
jouissant de toute la considération qu'attirent 
une grande fortune, de hauts emplois, une hu- 
meur facile et bienveillante , le goût du luxe et 
des arts. Le vieux Gordien et son fils, peu de 
Jours après avoir pris la pourpre, venaient de 
périr en Afrique par une de ces révoluti.QQS mi^ 

(1) J. Capit. V, Balb., § va. 



235 BALBIN 

litaires si fréquentes alors, etMaximin s'avançait 
contre Rome pour la punir d'avoir soutenu ses 
rivaux. Le sénat tremblant se rassemble dans le 
temple de la Concorde, comme le ditCapitolin (1), 
ou, comme le veut Hérodien (2), dans le temple 
de Jupiter au Capitole, afin que cette solennité 
reçût de la sainteté du lieu \me consécration 
nouvelle. Là, Maxime Pupiénus et Balbin furent 
élus à l'unanimité des suffrages pour prendre le 
titre d'Augustes , et devenir tous deux les sau- 
veurs de l'empire, l'un par son courage, l'autre 
par ses conseils. A peine cependant l'élection 
était faite , et les deux empereurs étaient encore 
au Capitole, remerciant les dieux, lorsque le 
peuple , effrays de la réputation de sévérité qu'a- 
vait méritée Pupiénus , se montra si hostile au 
choix des sénateurs , que les nouveaux élus du- 
rent s'abriter sous le nom aimé de Gordien , et 
donner le titre de César au jeune enfant, seul re- 
jeton de cette race. 

Cette première concession n'apaisa pas long- 
temps l'esprit de désordre ou de révolte. A peine 
Pupiénus était-il parti pour aller combattre Maxi- 
min, que les prétoriens et le peuple ensanglan- 
tèrent la ville de leurs querelles. En vain Balbin, 
homme paisible et sans énergie, publiait édits 
sui' édits ; on n'en tenait aucun compte. S'il vou- 
lait payer de sa personne, on méprisait son grand 
âge, on insultait à sa faiblesse. Il fut blessé, 
dit-on, d'un coup de pierre, et aurait couru risque 
de la vie, si un homme du peuple, d'une taille 
élevée, n'eût apaisé pour ce jour-là le tumulte, 
en élevant sur ses épaules , et faisant voir à la 
multitude, le jeune Gordien revêtu de la poiu-pre. 
Mais les dissensions se renouvelaient sans cesse. 
Les prétoriens s'étaient retirés dans leur camp , 
les vétérans s'étaient joints à eux. Le peuple vmt 
les y assiéger, et les força de se rendre en coupant 
les aqueducs qui leur amenaient l'eau. Ils ren- 
trèrent alors dans la ville, où ceux qui n'avaient 
pas connaissance du traité les accueillirent en 
faisant pleuvoir sur eux , du haut des terrasses , 
des projectiles de toutes sortes. Cette fois le pil- 
lage fut complet : les soldats furieux mirent le 
feu dans plusieurs quartiers à la fois; les malfai- 
teiu-s profitèrent de la circonstance, et la plus 
grande partie de la ville fut dévastée par ce double 
fléau. Aussi c'était avec la plus vive impatience 
que Balbin attendait le retour de son collègue, 
vainqueur de Maximin. Il sortit à sa rencontre 
avec le sénat et le peuple ; mais la joiedu triomphe 
fit oublier toute prudence. On exaltait les princes 
choisis par le sénat aux dépens de ceux qu'avait 
choisis l'armée : « Ainsi agissent les empereurs 
élus par des hommes sages , disait-on ; ainsi pé- 
rissent ceux qui n'ont pour partisans que des 
hommes sans expérience. » Cette glorification 



(I) Ibld., § I. La réunion eut Heu le 7 des ides de juillet 
de l'an de J.-C.2S7, pendant la célébration des jeux Apol- 
linaires. f^oyez Casaubon, Script, hist. Aug., ed. Varier., 
et le Nain de Tillemont, t. IH,p. 489, qui rectifient le texte 
de Capitolin, où on lit le? deskalendes de Juin. 

(S) Hist., 1. VII. 



236 

maladroite du choix des sénateurs humilia pro- 
fondément les soldats, habitués depuis longtemps 
à placer leur épée dans la balance où se pesaient 
lestitresdes candidats à l'empire. En vainMaxime 
et Balbin gouvernèrent Rome pendant quelque 
temps avec sagesse et modération; en vain les 
lois étaient bonnes, la justice exacte; tout cela 
ne suffisait plus : l'armée voulait un souverain 
de sa façon. Elle profita d'un jour où le peuple 
assistait dans le cirque aux jeux célébrés en l'hon- 
neur de Jupiter Capitolin, et se porta en tumulte 
au palais des empereurs. Déjà ces deux princes , 
dit Hérodien , n'avaient plus cette entente par- 
faite qui les avait sauvés au début de leur règne (1) : 
Balbin enviait à Pupiénus sa gloire militaire, 
Pupiénus enviait à Balbin sa naissance : ciiacun 
d'eux se croyait capable de gouverner seul , et 
voyait un rival dans son collègue. Ce fut leur 
défiance mutuelle qui les perdit. Pupiénus, averti 
à temps de la révolte des soldats prétoriens , 
avait fait appeler un corps de Germains qui lui 
était'tout particulièrement dévoué : Balbin, crai- 
gnant que , sous le prétexte de les opposer aux 
cohortes prétoriennes, Pupiénus ne s'en servît 
contre lui-même , donna des ordres contraires. 
Cette indécision fit triompher la rébellion. Les 
portes furent brisées , les gardes du palais ren- 
versés. Les deux^Augustes , entraînés dans les 
rues de Rome par une soldatesque en démence, 
subirent les plus grossières insultes. Leur sup- 
plice aurait été plus long , si les Germains ne se 
fussent enfin ébranlés. Craignant de .se voir ar- 
racher leur proie, les prétoriens se hâtèrent de 
mettre à mort ces deux vieillai'ds, dont l'élection 
protestait contre le despotisme militaire : Rome 
avait encore longtemps à le subir (2). 

Noël res Vergers. 
Jules Capitolin, Vies de Maxime et Balbin. — Héro- 
dien , 1. VII et Vin. — Le Nain de Tillemont, Histoire 
des empereurs, vol. III. — Eckhcl, Doctrina nummorttm 
veterum, vol. VU, p. 303 et sulv. 

BALBiiv ou BALBiNus {Àlvyse Bolcslas), 
savant jésuite, né à Kôniggratz en 1611, mort 
en 1689. Il entra chez les jésuites en 1636. On 
a de lui : Epitome historica rerum Bohemica- 
n<TO; Prague, 1677, in-fol. ; — Miscellanea 
historica regni Bohemorum; Prague, 1679- 
1687, 10 vol. in-fol. : cet ouvrage, qui est resté 
inachevé , devait avoir vingt volumes ; il traite 
de l'histoire naturelle , des habitants , des vies 
des saints de Bohême, et des généalogies ; on y 
trouve aussi des détails intéressants sur la cons- 
truction et la disposition d'un grand orgue élevé 
dans l'église métropohtaine de Prague ; — Qux- 
sita ora^ona ;Augsb. 1711, in-8° : c'est un traité 



(1) Pupiénus et Balbin semblent avoir voulu manllestcr 
leur accord par les types de leurs monnaies. On trouve 
plusieurs médailles portant au revers deux mains jointeii, 
et pour exergue : amor. mvtvvs. atgg.; ou fides. 
MVTVA. AVGG. F'oyez Eckbel, t. VU, p. SOS. 

(2) Balbin avait alors environ soixante ans. Il était élu 
depuis plus d'une année ; mais si l'on ne compte son avè- 
nement que de la mort de Maximin, il n'avait régné que o 
trois mois. 



237 



BALBIK — BALBOA 



238 



clair et précis des règles de l'éloquence; — des 
poésies latines. 

Chaudbn et Delandine, Dictionnaire historique. — Fel- 
le , Biographie universelle. — t'étis , Biographie uni- 
verselle des Musiciens. 

* BALBiN ( Paul ), médecin, philosophe, poëte 
et mathématicien italien, natif de Bologne, vivait 
dans la seconde moitié du dix-septième siècle. 
Il étudia à Bologne, y professa la médecine en 
1724, et l'anatomie en 1735. D fut membre de 
l'Institut de Bologne, et fournit à ce corps savant 
plusieurs mémoires qui se trouvent dans les 
commentaires de l'Institut, entre autres : De 
Belliniano prohlemate circa ovi cicatricu- 
lain ; — sur les inégalités du baromètre de Tor- 
ricelli; — sur la fabrication du verre. Il rapporte 
une observation faite dans une verrerie de Bologne, 
savoir que les petites fioles de verre non por- 
tées au four à recuire se brisaient sous l'action 
du moindre gi'ain de sable qu'on y jetait. 

Iiiographiemeidicale.—A(ie\ung, Supplément à Jôcher, 
Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

* BAt,BiBîiJS, consul romain trente ans avant 
J.'C. Il avait été proscrit par les triumvirs en 
43 ; mais il revint avec Sextus Pompée en 39, et 
arriva au consulat. Aucun auteur, si ce n'est Ap- 
pien , ne mentionne ce fait. 

Appleq, ÏV, BO. 

*BALBiNus ou BALBIN (Jean), poëte latin 
bohème, mort le 16 février 1570. Il devint secré- 
taire près le tribunal d'appel institué à Prague 
par le roi Ferdinand P% et laissa : QuerelaJus- 
titiae de suo exilio et de ejusdem exilii causis; 
Prague, 1566, in-4° ; — Carmen gratulatorium 
in triumphalem adventum Pragam Ferdi- 
nandi /™ ; Prague; — Vita S. Joannis Nepo- 
mucenï, dans les Actes des Saints, t. 3. 

Sohusias lîalbinus, Bohemia docta. — Adelung, Sup- 
plément à Jôcher, Mlgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BALBis (Jean-Baptiste), botaniste italien, 
né en 1765 à Moretta (Piémont), mort le 13 fé- 
vrier 1831. H étudia la médecine à l'université 
de Turin, ets'appliquasurtoutàla botanique, sous 
la direction du célèbre AUioni. Après la conquête 
du Piémont en décembre 1798, Balbis fut un 
des membres du gouvernement provisoire. En 
18Q0 , il succéda à Allioni dans la chaire de bo- 
tanique et la direction du jardin des plantes à 
Turin. En 1814 il perdit ses places, et se retira 
d'abord à Pavie auprès de son ami Nocca, qu'il 
aida dans la publication de la Flora Ticinensis ; 
puis il vint en France, et obtint en 1 819 la chaire 
de botanique et la direction du jardm des plantes 
à Lyon. Les principaux ouvrages de Baihis ont 
pour titre : Enumeratio plantarum officina- 
lium; Turin, 1804, in-4°; — Flora Taurinen- 
sis; MA., 1806, in-8° ; — Materies medica;Mdi., 
1811 , 2 vol. in-8°; — Flore Lyonnaise; Lyon, 
1827-1828, 2 vol. in-8°; — Miscellanea bota- 
nica prima et altéra; — De Crepidis nova 
specie, dans les Mémoires de V Académie de 
Turin. - H. 

Grognier, Notice sur Balbis, dans les Archives du 
département du Rhône, t. XXIV, p. 129, 



* BALBIS {SUvio), littératenr piémontais , né 
à Caraglia en 1737 , mort en 1796. D fut un des 
écrivains les plus estimés de son temps. Il avait 
étudié la théologie et reçu le grade de doc- 
teur. On a de lui : une paraphrase poétique 
de Nahum; Saluzzo, 1762; — Saggio di pcèsie 
varie di Silvio de Balbis; Vercelli, 1782. Sui- 
vant Vallauri, il s'est le premier servi du dia- 
lecte piémontais pour écrire. 

Tipaldo, Biografla degli Italiani, etc., t. Ul, p. 162. 

*BALBO OU BALBi (Scipion), poëte italien , 
natif du Modénais , vivait dans la seconde moitié 
du seizième siècle. Il composa des poèmes latins. 
On a de lui : Peregrinatio Lauretana, en vers 
latins ; Bologne, 1533, in-4''. On luiattribue aussi 
un poëme sur la fortune. 

MixizxichaiW , Scrittori d'Italia- 

* BALBOA ( Alfonse ), bénéficier de l'église de 
Palenzia, apubhé à Tolède en 1501 : Dechado 
dos religiones, livre dont il reste peu d'exem- 
plaires. 

Antonio, Bibliotheca hispana nova. 

* BALBOA {François îiTS.), écrivain d'origine 
espagnole , vivait au milieu du dix-septième siè- 
cle. Il était juge de la haute cour de Naples , et 
conseiller de l'inquisition d'Espagne. On a de 
lui : Monarchia regum , hoc est, de jure mo- 
narchiœ ; Naples, 1630, in-fol. ; — Retrato del 
privado christiano politico ; Naples, 1 635, in-4''. 

Nie, Antonio , Bibliotheca hispana nova. ■ 

* BALBOA (Miguel Cavello), missionnake 
espagnol , vivait dans la deuxième moitié du sei- 
zième siècle. H servit d'abord durant les guerres 
de France, puis embrassa l'état ecclésiastique, 
et passa en Amérique dès l'année 1566. Il s'éta- 
bht à Santa-Fé-de-Bogota, où un frère mineur, 
nommé Juan de Orozco, lui communiqua de 
nombreux documents relatifs aux antiquités amé- 
ricaines ; ce fut sans doute ce qui l'initia à ce 
genre de recherches. Parvenu à Quito en 1576, 
il s'occupa surtout des antiquités historiques du 
Pérou, et fut encouragé dans ce travail par 
D. Pedro delaPena, évéque de l'ancienne capitale 
où il s'était fixé. En 1586, son livre, qu'il avait 
intitulé Miscellanea austral, était terminé, et il 
le dédia à D. Fernand Torres y Portugal, comte 
de Villar, vice-roi du Pérou. Ce livre si curieux, 
et qui contredit en plus d'une circonstance et sur 
des faits capitaux Garci Lasso de la Véga, ne 
devait voir le jour^qu'en français, sous le titre 
à' Histoire du Pérou, Paris, 1840, in-S»; il fait 
partie de la précieuse collection publiée par 
M. H. Ternaux-Compans. Ferdinand Denis. 

BALBOA (Vasco Nunez de), célèbre con- 
quistador espagnol , né à Xérès de los Caballe- 
ros en 1475, mort à la Castille d'Or en 1517 (1). 

Issu d'une famille noble, mais pauvre, il fit 
d'abord partie de la maison de D. Pedro Puerto- 

(1) L'habile historien du Mexique et du Pérou, Prescotf, 
dit ;ivec raison que, dans cette vaillante chevalerie de 
l'Océan, il n'y a que Nuîiez de Balboa qui cède le pas à 
Christophe Colomb. Il s'en faut bien cependant qu'on ait 
sur lui tous les documents biographiques désirables. 



239 



BALBOA 



240 



Carrero, seigneur de Moguer; ef lorsque Rodrigo 
de Bastidas eut formé sa grande entreprise mer- 
cantile qui devait être si utile à la géograpliie, 
Balboa s'engagea volontairement pour faire partie 
de l'expédition. Peu de temps après son arrivée, 
il s'établit à Haïti, dans le lx)urg de Salvatierra, 
où il cultivait un terrain ; mais., se trouvant en- 
detté, comme la plupart des premiers colons 
espagnols, il tenta la fortune en accompagnant 
Enciso dans son expédition vers le continent, 
et en éludant l'ordonnance du gouverneur , qui 
avait défendu formellement de prendre à bord 
des navires aucun individu poursuivi par ses 
créanciers. Pour quitter l'île, Balboa n'imagina 
rien de mieux que de se faire rouler à bord du 
navire d'Enciso dans une barrique , ou enveloppé 
d'une voile: ainsi se cachait presque honteuse- 
ment celui qui devait annoncer à l'Europe les 
splendeurs d'un autre Océan. L'irritation du chef 
de l'expédition fut grande lorsqu'il apprit l'é- 
trange stratagème dont s'était servi Balboa 
pour le suivre en terre ferme: il le menaça de 
l'abandonner dans quelque île déserte. Mais, 
après tout , c'était une lance de plus à opposer 
aux flèches empoisonnées des Indiens ; et il lui 
pardonna. Las Casas, qui se connaissait en 
aventuriers , nous a dépeint le conquistador tel 
qu'il était à cette époque : « C'était, dit-il, un 
homme de trente-cinq ans plus ou moins, dispos, 
dont les mend)res armonçaient la force, et la 
t)onne mine le gentilhomme ; du reste, fort en- 
tendu, et fait poiu" souffrir un grand travail. » 

Comme le dit le vénérable historien, im grand 
travail attendait Balboa ; sa résolution , sa saga- 
cité naturelle lui firent tout surmonter ; le chef 
légalement reconnu (Fernandez Enciso) fut con- 
traint de lui abandonner ses pouvoirs et de quit- 
ter la colonie. Une des premières preuves que 
donna Balboa de sa haute capacité comme colo- 
nisateur, ce fut de transporter l'établissement 
formé déjà par les Espagnols en terre ferme, 
dans le lieu où s'élève aujourd'hui Santa-Maria 
de la Antigua, sur les rives du golfe où se jette 
ce rio Darien qui imposa son nom à une por- 
tion du détroit, et que l'on nomme aussi VAtrato. 
Tous les chroniqueurs nous représentent Bal- 
boa comme un homme essentiellement propre à 
remplir les fonctions qu'il avait pour ainsi dire 
usurpées , mais dont il se montrait digne par sa 
prévoyance , sa commisération, et surtout son 
énergie. Lorsqu'on se rappelle que vingt nations, 
dont quelques-unes étaient vraiment redoutables, 
furent subjuguées par lui, en moins de quelques 
années, avec une poignée d'Espagnols, on com- 
prend qu'une tâche pareille ne pouvait êti'e ac- 
complie que par un conquistador digne de 
figurer à côté de Cortez et de Pizarre. « C'était, 
disent les contemporains, la meilleure lance et 
la meilleure tête qui eussent jamais protégé un 
camp en terre de sauvages idolâtres. « 

n ne faut pas croire cependant que les lois de 
l'huinanité fussent beaucoup plus strictement 



gardées par Balboa) qu'elles n'étaient obsers'ées 
par les peuples implacables qu'il devait com- 
batffe. Si ceux-ci faisaient usage dans une guerre 
d'embuscades de flèches empoisonnées par le 
curare , dont les blessures devenaient pour ainsi 
dire incurables, le conquistador avait introduit 
sur le continent l'emploi de ces terribles lé- 
vriers , qui avaient déjà pris l'habitude du car- 
nage dans les champs dévastés d'Haïti. Leoncillo, 
le lévrier favori de Balboa, le fils terrible de 
Bezerillo , représentait à lui seul , aux yeux des 
Indiens , plus de vingt hommes eirmés ; aussi 
recevait-Q régulièrement la paye d'un bon sol- 
dat, et trente animaux comme lui eussent 
suffi pour dépeupler l'istlune du Darien. Un mot 
de son maître suffisait, dit-on, pour l'apaiser dans 
sa plus grande furie; ce mot, Balboa aimait à le 
prononcer souvent bien avant la fin du combat; 
et, chose étrange, l'homme au redoutable lévrier 
était chéri des Indiens. 

Nous ne saurions dénombrer ici les diverses 
expéditions qui partirent de l' Antigua, en quête 
de ces régions aurifères qu'une vague tradition , 
sortie des villages de la côte, faisait connaître aux 
indigènes, et dont ceux-ci ne dévoilaient l'exis- 
tence qu'à la dernière extrémité. Un nombre de 
fables se mêlaient à ces révélations. Il y avait entre 
autres une idole d'or massif du dieu Dobaïba qui 
à elle seule représentait une sorte d'El-Dorado ; 
trésor imaginaire, dont la recherche entraînait 
dans les plus affreuses sohtudes ces hommes 
intiépides, et qui, toujours convoité, n'apparais- 
sait après tout que dans un mythe toujours dé- 
cevant. Ces expéditions secondaires, si impor- 
tantes cependant au point de vue géographique , 
nous ne saurions les rappeler même sommaire- 
ment : les deux faits principaux qui se détachent 
de cet ensemble de travaux gigantesques, c'est 
d'une part la connaissance assez vague que l'on 
eut alors des régions péruviennes , et de l'auti'e 
l'expédition audacieuse qui conduisit en quelques 
jours les Espagnols sur les bords d'un autre 
Océan. 

Balboa, suivi de son lieutenant Colmenares, 
recevait un jour l'hospitalité^ d'un des chefs les 
plus puissants de ces contrées ; et Comogre, ravi 
de posséder, sous le vaste appentis qui lui servait 
de palais, des êtres redoutables dont l'alliance 
lui assurait une prééminence marquée parmi les 
siens, les comblait de présents, lorsqu'une cir- 
constance insignifiante, et qui se renouvelait alors 
bien fréquemment, mit tout à coup le conquis- 
tador sur la voie de ses grandes découvertes. 
Les Espagnols se disputaient l'or que Comogre 
leur abandonnait avec tant d'mdifférence, et se 
plaignaient d'un déni de justice dans sa réparti- 
tion , quand le cacique arrêta tout à coup les 
balances dont on se servait pour le peser. « Ne 
« vous animez pas entre vous : ceci est peu de 
« chose. Si c'est le désir de posséder de l'or quî 
« vous amène dans notre pays, vous en aurez à 
« satiété : mais il faut être plus nombreux que 



241 



BALBOA 



242 



« vous n'êtes ici. Mille d'entre vous suffiraient 
« toutefois pour subjuguer des pays voisins- où 
« régnent des chefs puissants, où l'on boit dans 
« des vases d'or, où l'on navigue sur des barques 
« presque semblables aux vôtres. D faut voir six 
« fois le soleil pour contempler la mer qui baigne 
; « nos plages de ce côté ( et il leur montrait le 
'« sud). Je vous servirai de guide. « Ce discours, 
■que les historiens prêtent à Comogre le cacique, 
est une tradition douteuse que nous admettons 
un moment ; mais une réalité magnifique , ce fut 
ijla découverte mémorable qui le suivit. 
! Riche des présents de Comogre, plus riche 
en espérance des biens immenses qu'il lui an- 
nonçait, Balboa retourna à la bourgade naissante 
du Darien; au bout de quelques mois, il expédia 
vers Saint-Domingue le regidor Valdivia, chargé 
i|de remettre à l'amiral le quint du roi, et de lui 
[demander un millier d'hommes pour poursuivre 
Iles conquêtes de la terre ferme. Pendant qu'une 
tempête engloutissait dans les flots l'or de Ferdi- 
jnand, et faisait taire les nouvelles magnifiques 
qui s'adressaient au monde, Balboa, qui venait 
'i d'apaiser une révolte d'Indiens et de s'attirer plus 
[que jamais la confiance illimitée des siens , Bai- 
iboa se jetait dans les forêts inextricables de 
! l'isthme à la tête de cent quatre-vingt-dix Es- 
i pagnols et de mille indigènes, et commençait une 
révolution dans la géographie, dont Magellan 
devait dire le dernier mot. On serait dans une 
erreur étrange, si l'on supposait que les vagues 
discours de Comogre lui eussent donné des idées 
précises sur l'empire d'Atahualpa : comme Co- 
lomb , il s'en allait en quête des contrées asiati- 
ques révélées par Marc Paul, et c'étaient les ri- 
chesses de Cipangu quil croyait entrevoir à l'ho- 
rizon des forêts. Mais ce n'était ni à lui, ni à son 
courageux lieutenant, qu'il était donné de faire 
évanouir ce rêve; un homme dédaigné peut-être 
alors de ses compagnons (car il avait été, dit- 
on, porcher en Espagne) devait en avoir la 
glçire : François Pizarre marchait incoimu parmi 
les compagnons de Balboa ! 

Ce fut du port de Câreta, où l'avait amené un 
brigantin et dix canots d'Indiens, que le conquis- 
tador partit pour accomplir sa grande décou- 
verte. Le 1" septembre 1513 , un jeudi, il quitta 
la plage et s'enfonça dans les forêts. Un chef 
d'Indiens nommé Ponça, qui avait commencé par 
fuir devant la petite armée des Espagnols, revint 
à lui sur sa réputation d'équité, et lui donna des 
guides pour le conduire à travers les gorges de 
montagnes. Les Indiens ne se montrèrent pas 
partout si bienveillants et si pacifiqiies : ceux de 
Quaréquâ , au contraire , durent être soumis à la 
suite d'une action sanglante où leur chef Torecha 
perdit la vie. Ce combat, les difficultés d'un che- 
min inextricable , les marécages qu'il fallut tra- 
verser, les nombreux précipices qu'il fallut fran- 
chir, expliquent comment un voyage qui, du port 
de Câreta, ne prenait pas même une semaine, ne 
put s'accomplir qu'après vingt jours de marche. 



Oviédo nous a conservé ce précieux itinéraire , 
et il prolonge même de huit ou neuf journées ce 
périlleux voyage. Tout examiné , il paraît certain 
que la narration du vieil historien doit être sui- 
vie, et que le 25 septembre 1513 fut bien le jour 
où l'un des plus grands problèmes de la géogra- 
phie moderne put trouver enfin sa solution. 

Tout à la fois homme d'action et homme à vues 
profondes , Balboa ne comprit que d'une manière 
confuse sans doute l'immensité de sa découverte; 
mais U en sentit l'importance, et il voulut jouir 
le premier du spectacle que lui avaient annoncé les 
Indiens. II laissa ses compagnons , et gravit seul 
la montagne. L'histoire qui a enregistré tant de 
mots apocryphes, tant de paroles pompeuses 
transmises après coup , n'a rien dit qui soit plus 
éloquent que le geste du conquistador : à genoux 
sur la eime escarpée d'où il contemplait l'Océan, 
il éleva les mains au ciel , en signe d'admiration 
et de reconnaissance. Ce fut cette prière muette 
qui annonça aux Espagnols de combien de ré- 
gions mconnues allait s'accroître leur immense 
empire... Bs comprirent la pensée de leur chef, 
ils gravirent à leur tour la montagne , et ils s'em- 
brassèrent; puis, une croix façonnée grossière- 
ment fut diressée au-dessus d'un tumulus de ro- 
ches amoncelées sans art. Chose éti'ange, c'est 
le seul monument qui ait jamais été élevé pour 
rappeler aux hommes la découverte de Balboa ! 
n était dix heures du matin, nous dit Oviédo, 
lorsque le cong-wis^odor vit la mer ; il fallut encore 
se battre avant d'atteindre la plage. Un chef 
d'Indiens , nommé Cheapes , voulut en défendre 
l'abord aux Espagnols ; quelques décharges d'es- 
copettes et les hurlements des féroces lévriers 
suffirent pour mettre en fuite ces bandes de sau- 
vages ; Cheapes servit d'hôte à ceux qu'il voulait 
d'abord exterminer. Balboa s'arrêta quelque 
temps dans ces parages ; mais il envoya François 
Pizarre , Juan de Ezcary et Alonso Martin , en 
quête du chemin le plus court pour se rendre 
à la mer ; ce fut le dernier des trois qui gagna 
la plage, et qui, se jetant dans un canot amarré 
le long du rivage, put dire qu'il avait été le pre- 
mier à se balancer sur les flots de l'océan Paci- 
fique. — Le 29 septembre, vers le soir, Balboa, 
suivi de vingt-six de ses compagnons , en prit 
possession d'une façon toute solennelle. Une jeta 
pas son anneau à la mer, comme le faisait le 
doge parlant à l'Adriatique , au milieu des pavois 
doi'és : revêtu de sa simple armure , environné 
de ses rudes compagnons, il marcha quelques 
instants dans les flots , puis s'arrêta ; d'une main 
il tenait la bannière de Castille, de l'autre il agi- 
tait son épée nue. Alors seulement il prononça 
les paroles qui consacraient la prise de posses- 
sion , sorte de rituel guerrier admis en ce temps. 
San-Martin-de-Val-de-Ygiesias , le tabellion du 
roi, dressa l'acte qui rappelait cette cérémonie. 
Désormais la mer du Sud et les vastes régions 
qu'elle baignait devaient appartenir à CastUleetà 
Léon sans qu'aucune puissance de l'Europe pût 



243 



réclamer sa part dans cette étrange conquête. 

Balboa quitta bientôt le golfe de San-Miguel, 
car ces lieux avaient reçu le nom de l'archange 
guerrier, qu'ils portent encore aujourd'hui ; il vi- 
sita les régions d'alentour , soumit de nouveaux 
caciques, et, malgré les tempêtes, s'en alla jus- 
qu'aux îles sauvages où l'on recueillait ces 
perles dont l'éclat avait séduit hes Indiens eux- 
mêmes. Il y trouva ce que Venise eût appelé la 
dot de l'épousée ; car un deS chefs lui remit, avec 
les pépites d'or dont il prétendait ignorer l'ori- 
gine, vingt marcs de perles dont le feu avait mal- 
heureusement altéré l'orient , mais qui laissaient 
deviner pour l'avenir des trésors ignorés jusqu'à 
ce jour. Le 19 janvier 15t4, Balboa revoyait la 
ville du Daiien, après quatre mois d'absence. 
Son entrée fut un vrai triomphe. Il était suivi de 
plus de huit cents esclaves, et, indépendamment 
d'un butin immense, il rapportait quarante mille 
pesos d'or. L'équité parfaite avec laquelle toutes 
ces richesses furent réparties entre ceux qui 
avaient pris part à l'expédition et ceux qui n'a- 
vaient pas quitté Santa-Maria de la Antigua, aug- 
menta singulièrement la popularité dont jouissait 
déjà l'intrépide explorateur. 

Cette époque de prospérité devait avoir un 
terme prochain. Enciso, de retour en Europe, 
était allé à la cour, et avait présenté la conduite 
de Balboa sous le jour le plus défavorable. Fer- 
dinand avait pris immédiatement la résolution 
d'arrêter cet empiétement de pouvoir. Cependant 
l'arrivée de Colmenares, la grande nouvelle 
qu'il apporta, les richesses considérables qu'il 
remit au roi , modifièrent le jugement porié sur 
le conquistador : il fut nommé adelantado de 
la mer du Sud. Ceci n'empêcha pas le roi de 
persévérer dans le choix qu'il avait fait, et d'en- 
voyer dans ce pays, que l'on nommait déjà la 
Castille d'or, l'homme qui était le moins propre 
à le gouverner. Don Pedrarias Dàvila, chevalier 
de Ségovie, auquel d'anciennes prouesses dans 
les tournois avaient valu les surnoms del Galan 
et del Justador, partit pour le Darien à la tête 
de quinze voiles le 1 1 avril 1514 , et débarqua à 
Santa-Maria-del-Antigua le 29 juin de la même 
année. L'expédition qui l'amenait avait coûté plus 
de cent cinquante mille ducats, somme énorme 
pour le temps; et elle allait débarquer sur ces 
rives pour ainsi dire désertes, où quelques ca- 
banes s'élevaient à grand'peine, une foule do- 
rée, qui se faisait les idées les plus exagérées 
de la richesse du pays. Celui que bien des gens 
imaginaient trouver dans un palais , siégeant sur 
un trône d'or, et commandant à des milliers d'es- 
claves, Balboa donnait des ordres pour qu'on 
renouvelât le chaume de son habitation, et met- 
tait lui-même la main à l'œuvre , lorsque les 
messagers de Pedrarias se présentèrent à l'en- 
trée de la ville naissante, et exhibèrent kurs 
pouvoirs. 

La première pensée des anciens colons fut qu'il 
fallait repousser par la force ceux dont on devi- 



BALBOA 244 

naif les prétentions. Mais Balboa, s'avançant gra- 
vement sur le rivage à la tète des siens , entonna 
le Te Beitm devant la flotte, et reçut solennelle 
ment Pedrarias comme gouverneur de la Castille 
d'or. Dès lors tout changea dans ces lieux, où na- 
guère il commandait; et les Indiens, dont il s'é- 
tait acquis l'affection par son esprit de justice, 
furent les premières victimes d'une rapacité 
cruelle. Leurs flèches empoisonnées firent plus 
d'une fois justice de ces déprédations sans cesse 
renouvelées, et les Espagnols ne comptèrent plus 
bientôt un seul allié parmi les chefs. Balboa, ce- 
pendant, ne fut guère mieux traité que ceux 
qu'on dépouillait parla force : on le dépouilla par 
la ruse; on soumit son administration à une en- 
quête, et, si on lui laissa la liberté, il fut ruiné 
complètement. Sa valeur personnelle, sa con- 
naissance merveilleuse des localités, l'affection 
de ses anciens compagnons, lui conservèrent 
néanmoins une réelle prépondérance, en dépit 
d'une expédition malheureuse où il avait été 
envoyé par l'astucieux gouverneur, et d'où il re- 
vint dangereusement blessé (1). 

Les luttes qui se renouvelaient sans cesse entre 
Pedrarias et Balboa devaient cependant avoir uu 
terme; et Quevedo, le premier évêque du Da- 
rien , eut une assez grande influence pour que le 
gouverneur et Vadelantado fissent ti-êve à leur 
inimitié. Il obtint plus encore : comme gage d'une 
paix durable , l'orgueilleux Pedrarias consentit à 
donner la main de sa fille aînée à Balboa. Mal- 
heureusement celle qui devait resserrer ces liens 
encore peu solides était en Castille; l'union pro- 
mise ne pouvait être immédiatement contractée; 
ces délais laissèrent toute leur liberté aux sourdes 
menées de Pedrarias; et la haine qu'û avait fait 
taire un instant se réveilla toujours dissimulée, 
mais toujours implacable, lorsqu'il eut entrevu 
les projets de Vadelantado. 

Ces projets étaient grands, ils étaient dignes 
en tout de celui qui avait pris possession , m 
nom de la Castille, d'une mer inconnue; ils eus- 
sent infailliblement amené la conquête du Pérou 
vingt-cinq ans plus tôt; et jamais le génie entre- 
prenant de Balboa ne se montra plus entrepre- 
nant, plus actif qu'au moment où il fut arrêta 
dans ses efforts vraiment prodigieux. Se rendre 
à Acla, cette bourgade merveilleusement située, 
que Pedrarias avait fondée nouvellement sur les 
bords du golfe; la fortifier de nouveau; Je là s< 
mettre en quête des meilleurs bois de construfr 
tion; abattre ces arbres géants dans levoisinag< 
de la mer du Sud , et quand ces bois se sont dé 
tériorés au sein des forêts humides, en choisii 
d'autres que des mains habiles équarrissent, e 



(1) Depuis le jour de sa grande découverte jusqu'à l'ar 
rivée de Pedrarias, Balboa avait, dit-on, exécute plus d 
vingt fois, en sens divers, la traversée de l'isthme d'un 
mer à l'autre ; c'est ce qui a fait dire au général Acosta 
l'homme le plus compétent en ces sortes de matières, (ja 
l'on connaissait beaucoup mieux cette région au sclzièm 
siècle que de nos jours, où l'on suit à peu près invaria 
blâment les mêmes chemins. 



>45 



BALBOA — BALBUS 



246 



[u'un esprit ingénieux ti'ansforme en navires; 
nettre deux brigantins en mer, les gréer ; s'às- 
urer, en un mot , que cette mer inconnue , qui 
; été découverte trois ans auparavant, sera sîl- 
jnnée bientôt par les voiles des Européens : tout 
ela fut l'affaire de quelcpies mois, mais tout cela 
ut inutile à celui qui l'avait entrepris. 

Lorsque Pedrarias eut reçu la nouvelle que le 
la Villon de Castille flottait déjà sur la mer du 
Sud, il comprit que ces régions à peu près igno- 
ées, dont parlaient sans cesse les Indiens comme 
les lieux d'où ils tiraient leurs richesses, allaient 
ecevoir un conquérant. Sa jalousie s'exagéra 
nême la gloire qui en devait rejaillir sur son 
ival ; il le manda au fort d'Acla , où il devait lui 
•émettre , disait-il , certaines instructions sur la 
iîonduite ultérieure qu'il devait tenir. Balboa ne 
'ut pas plutôt arrivé sur les bords du golfe, qu'il 
ut arrêté, et qu'on lui mit une lourde chaîne de 
?er au cou. Pedrarias lui donnait toujours, il est 
/rai, le titre de gendre, et se plaignait de la 
iure nécessité qui le forçait à dresser une en- 
l}uête sur sa conduite. H espérait, disait-il, 
fïu'elle lui serait favorable; mais les ilîculpations 
[joi s'élevaient contre lui étaient trop essentiel- 
tement contraires aux intérêts de la couronne 
ijour qu'il ne fît pas taire ses intérêts et son af- 
ifection. Il ne pouvait permettre, en un mot, la 
rébellion flagrante, prouvée par l'armement des 
aavires. En sa qualité d'adelantado, Balboa n'a- 
vait été nullement au delà des privilèges que sa 
teharge lui concédait; aussi les magistrats ne 
■furent-ils pas dupes de l'hypocrisie du gouver- 
neur: mais ils condamnèrent néanmoins... L'al- 
cayde mayor Espinosa résista en vain : lorsque 
l'heure de l'exécution fut arrivée , il exigea un 
ordre formel, écrit de la main de Pedrarias. Cet 
Ordre vint; et, après une protestation en forme, 
Balboa eut la tête tranchée sur un tronc d'arbre 
qui servit de billot , et son cadavre mutilé resta 
exposé plus de douze heures sur le lieu du sup- 
plice. On avait exécuté avec lui Luis Botello, 
Andrès de Valderrabano, Hernan Munoz, et plus 
tard Fernando de Arguelles, qui étaient restés 
ses constants amis, et qui avaient pai'tagé ses 
pérfls. Ferdinand Denis. 

Oviedo, Historia gênerai, llb. XXXrX, cap. 2. — Bar- 
cia, Historiadores primitivos de Indias, 1749, in-fol. — 
D. Manuel Josef Quintana, Fidas de Espanoles celC' 
bres. — S. Acosta, Compcndio historico de la Nueva 
Granada;PiTis, 1848, in-S».— Washington Irving, Voya- 
ges et découvertes des compagnons de Colomb. ( P'oy. la 
traduction avec notes donnée par Varela, dans la Biblio- 
teca del comercio del Plata Montevideo , 1846. ) — Na- 
varrete, Coleccion de P'iajes, etc. 

BÂLBUENA (Bernard de), évêque et poëte 
espagnol, né à Val-de-Penas en 1568, mort à 
Porto-Ricco en 1627. Il accompagna sa famille 
au Mexique; et il avait à peine atteint sa dix- 
septième année, qu'il se faisait déjà remarquer 
par son talent poétique. Il revint quelque temps 
seulement dans son pays natal , mais il passa tout 
le reste de sa vie soit à la Jamaique, où il exerça 
les fonctions de juge; soit à Porto-Rieco, dont il 



devint évêque. H était dans cette ville en 1625, 
lorsque les Hollandais la vinrent piller; il perdit 
dans cette fâcheuse circonstance une bibliothèque 
assez nombreuse. On a de lui : Siglo de Oro en 
las selvas de Eriphile; Madrid, 1608, et Ma- 
drid, 1821, édition de l'Académie, in-8°. Cet ou- 
vrage, qui n'est pas dépourvu de mérite, est 
écrit comme si l'auteur n'avait jamais vécu qu'à 
Madrid. Quoiqu'il vante le bonheur des temps 
primitifs , le style a du charme et de la douceur : 
il rappelle le beau temps de l'école italienne ; — 
El Bernardo, poema heroico del doctor don 
Bernardo de Balbuena; Madrid , 1624, in-4'', 
et 1808, 3 vol. in-8°, contenant quarante miUe 
vers , reproduits en partie par Quintana ; — un 
autre poëme intitulé Grandeza Mexicana; Ma- 
drid, 1604, in-8°. Ce fut aussi au Mexique que 
l'auteiu" remporta un prix de poésie contre trois 
cents concurrents. 

Ticknor, History of Spanish Literature. — Quia- 
tana, Poesias selectas, t. II. — N. Antonio, Biblioth, 
hispana nova. 

BALBCS , nom de plusieurs Romains illustres 
parleur naissance, par leurs emplois et par l'é- 
rudition. Les plus remarquables sont les dix 
suivants : tous, sauf le dernier, étaient antérieurs 
(de 50 à 150 ans) à J.-C. 

I. BALBCS (Lucius-Lucilius), jurisconsulte 
romain. Il avait étudié sous Mutins Scévola et 
sous Servius Sulpitius. 

n. BALBUS ( Quintus-Lucilius ) , philosophe 
stoïcien. Cicéron le compare aux plus iUustres 
philosophes de la Grèce ; il en fait un des inter- 
locuteurs dans son traité de la Nature des\dieux. 

m. BALBUS {Lucius-Cornélius-Théopha- 
nes ) , consul romain , était natif de Cadix ; 
ses services dans la guerre contre Sertorius 
lui méritèrent de la part de Pompée le titre de 
citoyen romain. Il fut maintenu dans ce titi'e 
par Crassus , Cicéron et Pompée, qui plaidèrent 
pour lui. Le premier des citoyens d'origine éti'an- 
gère, il obtint, mais garda peu de temps, le con- 
sulat. Ami de César et de Pompée, qu'il cher- 
cha à réconcilier l'un avec l'autre, il s'attacha au 
parti du premier. Déjà riche par lui-même, il 
agrandit encore sa fortune par l'héritage que lui 
laissa l'historien Théophanes de Lesbos , qui l'a- 
dopta et dont il prit le nom. Il avait écrit un 
Journal des actions de César. 

rv. BALBUS (Coméèîws ), sumommé Minor. 
D était, comme le précédent, d'origine espagnole, 
et fut chargé de négocier avec Lentulus, par- 
tisan de Pompée, et triompha des Garamantes. Il 
fut le premier parmi les étrangers qui obtint les 
honneurs du triomphe. C'est à tort que Velléius- 
Paterculus attribue le fait à l'oncle de Cornélius 
Balbus. Celui-ci fit bâtir à Cadix une ville nou- 
velle. 

V. BALBUS (Octavius), jurisconsulte. Il 
était contemporain de Cicéron, et se fit remar- 
quer par ses connaissances en matière de juris- 
prudence , ainsi que par son application comme 



247 



BAXBUS -^ BALCHEN 



24S 



juge à faire rendre bonne justice. Sa mort fut 
un exemple de dévouement paternel : proscrit 
par les triumvirs en l'an 42 avant J.-C, il était 
parvenu à s'échapper; mais, chemin faisant, il 
apprend que les sicaires vont tuer son fils ; aus- 
sitôt il revient, retrouve son fils sain et sauf, et 
tombe lui-même percé de coups. 

VI. BALBCS (Aétius), père d'Atia, et par 
conséc[uent aïeul d'Auguste. Il fut préteur en l'an 
62 avant J.-C, et gouverneur de la Sardaigne. En 
l'an 59 il fut un des vigintiviri chargés, en vertu 
de la loi Julia, de diviser la Campanie. C'était un 
personnage peu iniluent, et Cicéron l'appelle, par 
dérision, collègue de Pompée. 

vn. BALBUS (Ampius), plébéien, tribun du 
peuple. D proposa qu'on décernât à Pompée, 
alors absent de Rome, mais victorieux en Asie, 
outre les honneurs du triomphe, une couronne 
de laurier, il devint préteur en l'an 59 avant 
J.-C, et gouverneur de CUicie l'année suivante. 
Lorsque la guerre civile éclata en l'an 49, il prit 
parti pour Pompée. Plus tard, il quitta l'Italie, 
puisque nous le trouvons sur le point de piller le 
temple d'Éphèse ; il n'en fut empêché que par 
l'arrivée de César, qui le bannit et lui pardonna 
ensuite , sur les instances de Cicéron. 

Vin. BALBUS (S^.-rAorms),tribundu peuple. 
Ce fut un orateur populaire , et, durant son tribu- 
nat, il fit porter une loi agraire dont on a retrouvé 
quelques fragments sur des tables de bronze. 

Balbus écrivit, à ce qu'il parait, sur l'histoire 
de son temps; et Suétone cite quelques observa- 
tions de César sur un ouvrage de cet écrivain. 
Il est encore question de lui dans le quatrième 
livre De Vita populi romani, de Varron. 

IX. BALBtrs (Q.-Antonius), plébéien. On 
suppose qu'il fut le même que le Q.-Antonius qui 
fut préteur en Sicile en l'an 82 avant l'ère chré- 
tienne et tué par L. Philippus, légat de Sylla. 

X. BALBCS (ZœZiMs), vivait vers l'an 40 de 
J.-C. Il accusa Atia, femme de P.-Vitellius, de 
lèse-majesté, la fit condamner, mais n'obtint pas, 
par suite de l'opposition de Junius Othon, le 
salaire alloué d'ordinaire aux délateurs. En 
l'an 37, il fut condamné comme un des favoris 
d'Albucilla, que Tacite appelle multorum amo- 
ribus famosa. H perdit sa dignité de sénateur, 
et fut envoyé en exil dans une île. Cette condam- 
nation fut vue avec plaisir : Balbus n'avait su 
que persécuter l'innocence. 

Vell. Paterculus, II, 40 et 51. — Cicéron, ad Fam., I, 3; 
VI, 12; ad ^ttic.yill; De JVaUtra Deorum, 1,6. — Tite- 
Uve.Epit., 86. — Suétone. — Pline, Hist. Nat., VII, 43; 
V, 5. — Dion Cassius , XLVIIl, 32, et XXV. — Tacite, ^71- 
nales, VI, 47, 48. — Smith , Dictionary of Greek and Ro- 
man biography. — Pauly, Encyclopsedie der Alter- 
t/iumswissenschaften. 

* BALBUS, surnommé Mensor, ingénieur du 
cadastre de l'empire sous Auguste, avait rédigé 
des Commentaires, par provinces et par cités, de 
cette gigantesque opération. Frontin les cite et 
les célèbre dans son ouvrage sur les colonies ro- 
maines. On sait, par le monument d'Ancyre, 



qu'Auguste avait obtenu, par un recensement gé- 
néral , l'état des revenus de l'empire entier, c'est- 
à-dire presque du monde alors connu , y com- 
pris la Judée, dont le cadastre eut lieu selon 
l'historien Josèphe , l'année de la mort d'Arché- 
laûs , en 7-8 de l'ère chrétienne. Cette date se- 
rait même, selon l'évangéliste Luc, celle de la 
naissance de Jésus-Christ , et aurait suivi de qua- 
torze ans l'époque d'Hérode , à laquelle on fait 
remonter ce grand événement. 

Quoi qu'il en soit, ce Balbus ne paraît pas de- 
voir être confondu avec l'ingénieur militaire qui 
accompagna Trajan dans son expédition contre 
les Daces; car il y a un siècle de différence. 
Lachmann attribue à ce dernier une Exposï- 
tio et ratio omnium formarum de toutes les 
provinces de l'empire. Cet écrit est dédié à Cel- 
sus , qui fut consul pour la deuxième fois en 1 1 3, 
et fut tué à.Baies, selon Spartien ( Vita Adriani. ) 
Ce Balbus serait aussi l'auteur d'un petit traité ' 
sur l'os, ou les divisions de la livre romaine, , 
publié d'abord par Gronovius, et en dernier 
lieu par Bocking. Isambert. 

J. Frontin, de Coloniis, p. 109, Ul, 148 de l'édit. de Van 
Goes; Amsterdam, 1674, réimprimé par Lachmann. — 
Grammaticiveteres ;lieT\\n, 1848.— Fragment de VExpo- 
sifio de B:ilbus, dans Lachmann; ibld., p. 9t-ios. — Bockins, ■ 
dans l'édition des textes antéjustinlens; Bonn., 1881, i 
p. 320. — Hase , Journal des Savants, 1S49, p. 138. 

BALBUS (Pierre), théologien italien, natif de 
Venise, mort à Rome le 9 septembre 1479. Il 
fut parent d'jEnéas Sylvius , connu depuis sous 
le nom de Pie H. Il remplit, sous ce pape , di- 
verses fonctions ecclésiastiques, et devint évêque 
de Tropéa. On a de lui , entre autres ouvrages : 
Grego7'ii Nysseni Dialogus de Immortaliiale 
anima:; — Gi-egorii Naz-yanzeni Sermo de 
Amore paupertatis ; — Joannis Chrysostomi 
Sermo de Eleemosyna; — Basilii magni Sermo ' 
de Oratione. 

VsheWi , Italia sacra , IX, 468. — M-orérl, Dictionnaire 
historique. 

*BALCANGrAL (Gautier), théologien écos- 
sais, vivait dans la première partie du dix-septième 
siècle, et mourut en 1645. Il suivit Jacques I"' 
en Angleterre, fut nommé chapelain du roi, re- 
présentant de l'Église d'Ecosse au synode de' 
Dordrecht, et doyen de plusieurs églises. La ré- 
volution qui commençait à éclater le força à fuir 
de place en place ; il expira au château de Chirk 
(dans le Denbrogshire). Il avait travaillé à la 
Déclaration du roi Charles F'-' concernant 
les derniers troubles en Ecosse, in-fol., 1630. 
On a de lui les Lettres sur le synode de Dor- 
drecht, et quelques sermons. 

Chaudon et Delandine, Dictionnaire historique. 

BALCHEX (Jean), amiral anglais, né en I669,i! 
mort le 3 octobre 1744. En revenant de porter 
des secours à sir Ch. Hardy, bloqué daLS le Tage, 
Balchen fit naufrage près de Jersey. Le vaisseau 
sombra, et il périt avec tout son équipage. La , 
mémoire de cet accident est perpétuée par un mo-ij 
nument élevé dans l'abbaye de Westminster. [ 

Biographia Britannica. 



349 BALCIANELLI — 

*BALCiANEî.Lî {Marc- Antoine), poëte ita- 
ien, natif de Vérone , vivait au commencement ' 
lu dix-septième siècle. On a de lui : Epistole 
iroiche {in versi sciolti) ; Vérone, 1594^ in-12; 

— Pdme, ibid"., 1604, in-12; — Affeti di Lidia 
id Eurillo, idïllio; Venise, 1613, in-12. 

. Mazzuchelli, 5cnHori li'/toHa. — Adelnng, Supplément 
k Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BALD (entiers), prédicateur suédois, né en 
1679 et mort en 1751. Il étudia à Upsal, et de- 
rint en 1747 pasteur de l'église de Sainte-Cathe- 
rine, à Stockholm. On a de lui : Dissertatio de 
Fatis religionis in Scandia; Upsal, 1705, in-4°; 

— Passions predikunigar ; Stockholm, 1758 ; — 
Forklaring ôfver Evangel. ; Stockholm , 1761 ; 

— Betr. ôfver sôndags Epistlarne; ibid., 1768. 

; Gezélius, Biogr. Lexicon. 

j *BALDACCHiNi (Philippe), poëte italien, de 
bortone , vivait dans la première moitié du sei- 
zième siècle. Reçu docteur en droit, il fut nommé 
protonotaire et référendaire apostolique à Rome. 
Léon X lui conféra diverses dignités. On a de 
lui : Nox îlluminata, ovveropredica d'ajmore; 
Florence, 1519, in-8°, écrit moitié en latin, moi- 
tié en italien; — Fortuna Toscolana, 1522, 
in-16; Pérouse, 1526, in-8°; — Protocinio, nel 
quale si contiene Stato del amore, Prieghi d'a- 
more, etc.; Pérouse, 1525, in-8°. 

Mazzuchelli, Scrittori d'italia. 

*BALDACCi {Antoine, baron), diplomate au- 
trichien, né à Presbourgen 1767, mortvers 1830. 
H fut un des ministres de François H, et devint 
célèbre par sa haine contre Napoléon. C'était une 
monomanie réelle, que les Allemands traitaient de 
Gôttlicher Hass (haine surhumaine). Baldacci 
fipra dans la guerre de 1809, et fut attaché à 
l'armée des alliés en 1813, 1814 et 1815. Son ca- 
ractère n'était pas aimé des Viennois. 

Rose, New Biographical Oictionary. 

*BAi,DACiNi (Antoine-Louis), violoniste ita- 
lien, vivait vers 1720. Il a publié Douze sonates 
à trois parties ; Amsterdam , sans date. 

Fétis, Biographie univenelle des Musiciens. 

*BALDAMUS (Jacques- Conrad), théologien 
allemand , né à Metzendorf dans la province de 
Magdebourg en 1694, mort le 5 février 1755. H 
étudia à Halle, et occupa plus tard diverses fonc- 
tions ecclésiastiques, entre autres celle de doyen 
général. On a de lui : Dissertatio de Veritate 
religionis christianae, Judasorum obtrectatio- 
nibus confirmata ; Halle, 1718, in-4°; — Me- 
àitatio theologica de Arbore scientiae boni et 
mali,quod ab eventu, quem Deus prœvidit , 
dicta sit, et quod testetur, a Deo prascautum 
atque praevisum esse, ne homo peccaret. Ac- 
cedit séries positionum et observationum ex 
probatis theologis de prœscientia Dei et causa 
peccati, doctis et piis meditationibus oblata; 
Magdebourg, 1732, in-8°. 

Adelung, Supplément à Jôcher, vif /igiemejne* Gelehrten- 
Lexicon. 

BALDARi (Giovanni-Battista) , peintre de 

l'école génoise, vivait vers la On du seizième 



BALDASSERONl 



250 



siècle. Il fut employé par le Paggi , et il l'aida 
dans ses travaux à la cathédrale de Pistoja. li a 
peint seul et à fresque le grand arc de la cha- 
pelle du Saint Sacrement, et y a représenté des 
traits de la vie de saint FéUx. E. B — n. 

Tolorael, Guida di Pistoia, 1821. 

BALDASSARi (/ose^A ), médecin et natu- 
raliste italien , natif de Monte-Ohveto Maggiore, 
vivait au milieu du dix-huitième siècle, et exer- 
çait son art à Sienne. Il consacra ses moments 
de loisir à l'étude de la chimie, et il recueillit des 
curiosités d'histoire naturelle qui se conservent 
dans le cabinet de Giovanni Venturi Gallerani. 
On a de lui : Osservazioni sopra il sale délia 
Creta, con un saggio di produzioni naturali 
dello Stato Sienense ; Sienne, 1750, in-8» : l'au- 
teur y fit le premier connaître la nature de la 
craie ; — DelV acque minerali di Chianciano ; 
Sienne, 1756, in-4°. 

Mazzuchelli, Scrittori d'italia. — Éloy, Dict. de 
Méd. — Carrère, Bibl. de la Méd. 

* BALDASSARI (Pierre ), compositeur italien, 
né à Rome dans le dix-septième siècle ; on ignore 
l'époque de sa mort. Ha publié à Brescia, en 1709, 
un oratorio intitulé Applausi eterni delV amore 
manifesto nel tempo. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

* BALDASSARI ( Valerio ), peintre de l'école 
florentine, né à Pescia, vivait dans la première 
moitié du dix-huitième siècle ; il fut élève de 
Pier Dandini, dont il imita les défauts sans en 
avoir les qualités. E. B — n. 

Lanzzi, Storia délia Pittura. — Ticozzl, Dizionario 
dei Pittori. 

* BALDASSERONl ( Gtovauni ) , homme 
d'Etat toscan, né à Livourne en 1790. D'abord 
employé dans les douanes de Pise, il devint en- 
suite inspecteur de la comptabilité à Florence, 
puis administrateur des fmances. Son zèle et le 
talent dont il fit preuve dans ces divers emplois 
lui valurent , le 4 novembre 1845, le titre de 
conseiller d'État, et, en août 1847, la direction gé- 
nérale de l'administration financière. Il fut main- 
tenu dans ces fonctions en septembre et juin 
1848, quoique le gouvernement eût adopté d'au- 
tres principes. Mais il dut se retirer avec le mi- 
nrstère Ridolfi devant la démonstration répu- 
blicaine du 30 juillet 1848. Il ne sortit de sa re- 
traite que le 24 mai 1849, pour prendre la 
présidence du conseil dans le cabinet conserva- 
teur qui fut nommé alors. En 1850, U suivit le 
grand-duc à Vienne, d'où il revint avec des lois 
suspensives de la constitution, et restrictives de 
la liberté de la presse. H augmenta aussi les 
impôts directs et indirects. La Toscane lui doit la 
négociation d'un emprunt de 30 millions de francs 
à cinq pour cent. M. Baldasseroni est un finan- 
cier intègre et habile. 

Conversations Lexicon. 

* BALDASSERONl (Jean-Jacqucs) , juris- 
consulte italien, né le 13 mai 1710 à Pescia, 
mort vers 1780. Il étudia à Pise, et cujtiva avec 
ardeur et simultanément le droit, l'histoire, les 



251 



BALDASSEROI«iI — BALDE 



252 



mathématiques et la philosophie. En 1733, il de- 
vint professeur du droit canon, et fut un des 
principaux collaborateurs du Magazzino Tos- 
cano. n publia : Ponderazioni sopra le contrat- 
tazioni maritime, de Charles Sarga. 

Mazzuchelli, Scrittori d'italia. 

* BALDÀSSEROivi ( Pompée ), jurisconsulte 
italien, né à Leghom vers le millien du dix- 
huitième siècle, mort à Brescia en 1807. I! 
étudia le droit à Pise, et, après avoir occupé 
quelques postes inférieurs à Sienne et à Gênes, 
il fut nommé membre du haut tribunal h Modène, 
puis conseiller de la cour d'appel de Brescia. 
Ses travaux littéraires ont paru en articles dans 
la Série di Ritratti d' uomini illustri Toscani 
(Florence, 1766); ils furent remarqués pour la 
clarté et la variété du style. Comme légiste il 
laissa : Leggi e costumi del cambio, ossia trat- 
tato délie lettere del cambio ; ouvrage qui a eu 
quatre éditions jusqu'en 1805; — Dissertazione 
sulla nécessita ed importanza délia compi- 
lazione di un codice générale del commercio 
di terra e del mare del regno d'italia. Bal- 
dasseroni s'est aussi occupé d'un code de com- 
merce; il en avait réuni les matériaux. 

Pozzetti, Gioniale délia Societa d'Incorragiamento ; 
Milan, 1808. 

BALDASSi (Jérôme), historien italien, né à 
Jési (Marche d'Ancône)vers 1720, mort dans sa 
villenataleen 1780. Al'exemplede sononcleTho- 
raas Baldassini, auteur des Notizieistoriche di 
Jesi, 1703, in-fol., il consacra sa vie à réunir des 
matériaux pour l'histoire de sa viUe natale, et 
les publia sous ce titre : Memorie istoriche 
délia cita di Jesi; Villefranche, 1765, in-4°. 

Tipaldo, Biografia degli Italiani illustri. 

* BALOASSiNi (Thomas), oratorien et théo- 
logien italien , vivait dans la première moitié 
du dix-huitième siècle. On a de lui : la Vita del 
P.-Gio. Magnanti, 1681, in-4°; — la Vita 
dellasuorMarie-FeliceSpinelli;Bolo^e,1692, 
in-4"; Venise, 1752, in-4''; — Notizie istoriche 
délia regia cittàdi Jesi; Jesi, 1703, in-fol. 

Mazzucliclli, Scrittori d'italia. — Adelung, Supplément 
à Jucher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BALDAYA (Affonso-Gouçalvez) , voyageur 
portugais, vivait dans la première moitié du 
quinzième siècle. Échanson du célèbre infant 
D. Henrique, il fut désigné par ce prince pour ac- 
compagner Gil-Eannes retournant pour la seconde 
fois au cap Bojador, qui avait été doublé dès 
1434, Baldaya eut alors le commandement d'un 
èaî'jnei , c'est-à-dire d'une embarcation à rames 
fort usitée alors. Sur ce frêle navire, il s'avança 
avec son compagnon à cinquante lieues au delà 
du cap désigné plus haut, et il pénétra dans une 
baie à laquelle les deux navigateurs imposèrent 
le nom à'Angra dos rivos. Le pays qu'ils re- 
connurent alors était dépourvu d'habitations; 
mais ils remarquèrent sur la plage des traces 
d'hommes et de chameaux : ce fiit cette dernière 
observation qui engagea l'infant à charger Bal- 



daya d'une exploration nouvelle le long de la 
côfe d'Afrique. Le barinel qui avait servi à la 
première expédition fut armé de nouvean , et le 
hardi navigateur choisit pour l'accompagner 
quelques hommes intrépides. L'infant avait tout 
prévu : aussi deux chevaux propres à parcourir 
la plage avaient-ils été embarqués. Arrivés à 
soixante lieues au delà des parages où l'expédi- 
tion précédente s'était arrêtée, Baldaya fit jeter 
l'ancre; et deux jeunes gens pleins de bravoure, 
HeitorHomem etDiogo Lopez d'Almeida, s'offri- 
rent pour aller reconnaître ce pays désert. Ils 
avaient à peine dix-sept ans, et étaient bons gen- 
tilshommes, nous dit la chronique. S'élancer 
sur les chevaux, légèrement armés, faire six 
lieues d'une traite dans l'intérieur, fut l'affaire 
de quelques instants. Ils ne tardèrent pas à ren- 
conti-er un groupe de dix-neuf Maures qui, sur- 
pris de cette apparition inattendue, les poursui- 
virent: une escarmouche s'ensuivit ; l'un des deux 
jeunes gens fut blessé au pied, mais non sans 
riposter d'une façon vigoureuse; et il fallut rega- 
gner le navire cependant. Ils n'arrivèrent sur la 
plage que le lendemain, au point du jour. Aus- 
sitôt qu'ils eurent pris quelque repos, Baldaya 
fit lever l'ancre , et rnetti'e en selle ses deux 
braves cavaliers ; il voulait remonter le fleuve 
qui depuis a été désigné sous le nom de Rio-do- 
Owro jusqu'à l'endroit où les jeunes gens avaient 
été attaqués , et vers lequel ils se dirigeaient de 
nouveau. Sa diligence fut inutile : les Maures 
s'étaient eniùis, laissant à la merci des étrangers 
un assez pauvre butin dont ceux-ci s'emparèrent, 
ne pouvant s'emparer d'aucun des habitants, 
comme l'infant en avait donné l'ordre. Revenu 
sur le bord de la mer, Baldaya fit harponner une 
innombrable quantité de loups marins dont la 
plage était couverte, et dont les peaux formèrent 
bientôt un excellent chargement pour son em- 
barcation. Il fit encore cinquante lieues le long de • 
la côte, et arriva jusqu'àun rocher qui affectaitla 
forme d'une galère. Il appela ce point de la côte 
o Porto da gallee, nom sous lequel il est dési- 
gné dans les cartes portugaises et vénitiemies 
du quinzième siècle, et il revint en Portugal. 11 
y était de retour en 1436 ; mais on ignore quels 
furent par la suite;ses travaux, tandis que l'his- 
toire signale plus d'un exploit du jeune Heitor i 
Homem, Ferdinand Denis. 

Gomes Eannes de Azurara, Cronica do descobrimento 
e conquista de Guiné, Paris, 1841. — JoSo de Barros, 
Asia, decada primeira. 

* BALDE (Cami/^e). Voij. Baldi. 

BALOE (Jacques), jésuite et poète alsa- 
cien, né à Ensisheim en 1603, mort à Neubourg 
le 9 août 1668. H enseigna pendant six ans les 
humanités etlarhétorique, et vint ensuite prêcher 
à la cour de Bavière , qui applaudit ses sermons. 
Mais il cultiva particulièrement la poésie, et avec 
un tel succès qu'il fut surnommé l'Horace de ' 
son pays. Herder et A.-W. Schlegel le citent avec { 
éloge. On a de lui : Carmen panegyricum'i 



|263 BALDE — 

Sfenrico Ottoni Fuggero,vellere aureo donato; 
àugsbourg, 1629; — Francisco Andrex, co- 
miti de Tilly, géniale ac preesagum carmen ; 
[ngolstadt, 1630; — Maximilianus primus, 
lustriacus ; Ingolstadt, 1631, iii-8% et Munich, 
1639 : c'est une histoire de Maximilien I^", en 
prose et en vers; — Epithalamion Maximiliano 
Boîariae duci et Marix Austriacae; Munich, 
1635; — Hécatombe de vanitate mundi , 
1636 et 1651; — Mus Batrachomyomachise 
ethicus, politicus et polemicus; Ingolstadt, 
1637; Francfort, 1654, in-4°, et dans le Parnasse de 
la Société de Jésus ; — Templum, honoris aper- 
tum virtuti Ferdinandi III , Austriaci , 
régis Romanorum; Ingolstadt, 1637, in-S"; — 
Agathyrsus , encomium Ethicarum , poëme 
anacréontique ; Munich, 1638; — Ode Par- 
thenia , sive de laudibus Beatee Marise Vir- 
ginis, envers allemands; Munich, 1638 et 1647; 
-— Olympia sacra in stadlo Mariano, sive cer- 
tamen poëticum de laudibus Beatx Mariée 
Virginis, super ode parthenia germanica; 
Cologne, sans date, in-8°; — Lyricorum li- 
bri IV, Epodon liber I; Munich, 1643, in-12, 
et Amsterdam, 1646, in-12 ; — Sylvee lyricx; 
Munich, 1648, in-12; — Antagathyrsus , apo- 
loglapro pinguibus, envers héroïques; Munich, 
1643 et 1651, in-12 ; — Poesis osca, sive drama 
georgicum , in quo belli mala, pacis bona 
carminé antiquo , etc. ; Munich, 1647, in-4°; 

— Chorea mortalis, sive Lessiis in obitu 
augustissimae imperatricis Leopoldinœ, Cx- 
sari Ferdinando III nuptee anno 1648', in 
puerperio mortuae anno 1649; Mimich, 1649, 
en vers latins et allemands ; — Jephtias, tra- 
gœdia ; 1654, in-4° ;— Poëmatum tomi 4, 1660; 

— Solutium podagricorum , en vers ; Munich , 
1661 ; — De eclipsi solari anno 1654, die 12 
augusti, a pluribus spectata ttibo optico, ite- 
rum a Jacobo Balde tubo satyrico perlus- 
trata; Munich, 1662, in-12; — Urania Vic- 
trix, sive animse christianse certamina ad- 
versus illecebras quinque sensuum corporis 
sui; Munich, 1663, in-8'' : cet ouvrage valut à 
l'auteur une médaille d'or de la part d'Alexan- 
dre VH; — Expeditio polemico-poetica, 
sive castrum ignorantiée , a poetis veteribus 
ae novis obsessiim , expugnatum , eversum ; 

— Apparatus novarum inventionum et the- 
matum scribendorum ; Munich, 1694, in-16 : 
c'est l'extrait d'un mémoire latin du P. Oudin , 
jésuite. — Les œuvres choisies de Balde ont 
été publiées par Orellus ; Turin, 1805-1808. 

Jôcher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon. — Herder, 
Terpsichore. 

BALOK OU BALDEUS (Philippe), mission- 
naire hollandais , vivait dans la seconde moitié 
du dix-septième siècle. H fut pendant dix ans 
représentant de la compagnie des Indes Orien- 
tales dans l'ile de Ceylan, et fit de nombreux 
efforts pour propager le christianisme dans ces 
parages. On a de lui : Description de l'île de 



BALDELLI 



254 



Ceylan , de Malabar et de Coromandel , en 
hollandais; 1672, in-fol. 

Kœnig, Bibliotheca vêtus et nova. — Moréri , Diction' 
naire historique.— Formey, Abrégé de l'hist. ecclésias- 
tique , t. II, p. 38 et suiv. — Chaudon et Delandlne , 
Dictionnaire historique. 

BAiiDE DE îJBAiLDis {Pierre), juriscon- 
sulte italien, né à Pérouse en 1324, mort le 28 
avril 1400. Il fut disciple et bientôt rival de 
Barthole, et professa le droit dans sa ville natale, 
puis à Padoue et à Pavie. A son arrivée dans 
cette dernière ville , où sa réputation l'avait fait 
appeler par Galéas Visconti,. un plaisant qui 
assistait à une de ses leçons publiques s'écria, 
à la vue de la taille exiguë du professeur : 
Minuit prœsentia famam ; à quoi il répondit 
avec présence d'esprit : Augebit cxlera virtus. 
Et il tint parole. Il compta parmi ses élèves 
des hommes devenus célèbres, entre autres 
Pierre de Beaufort , depuis pape sous le nom 
de Grégoire XI. Il mourut, dit-on, des suites de 
la morsure d'un chien ou d'im chat enragé. 
On a de lui : 3 volumes in-fol. sur des matières 
de droit et de jurisprudence. 

Sax, Onomasticon literarium, t. II.— Moréri, Diction- 
naire historique. — Taisand, les P'ies des plus célèbres 
jurisconsultes. 

BALDELLI (François) , savant italien, natif 
de Tortone , vivait dans la seconde moitié du 
seizième siècle. Son existence est tout entière 
dans ses études et ses travaux. On a de lui une 
grande quantité d'ouvrages, entre autres : les 
traductions de PhUostrate, d'Eusèbe de Césarée, 
de Dion Cassius; de Flavius Josèphe, de César 
(Venise, 1554-1575) , de Polydore Virgile (Dia- 
logue; Yenise, 1550 , in-8° ; Des Inventeurs 
des choses ; Florence, 1587 et 1592, in-8°); — 
la Guerre des chrétiens contre les Barbares, 
pour le recouvrement des lieux saints, du latin 
de Benoît Accolti; Venise, 1549 , in-8°; — la 
Guerre des princes chrétiens contre les Sar- 
rasins , pour le même sujet , du latin par le 
moine Robert; Florence, 1552, in-S". Baldelli a 
laissé , en outre , quelques poésies , notamment 
des sonnets. 

Berni, Rime Piacevoli; Vicence, 1603, in-12. 

BALDELLI (le comte Jean-Baptiste), litté- 
rateur italien , né à Cortone en 1766 , mort à 
Sienne en avril 1831. Il servit fort jeune dans 
l'armée française. De 1800 à 1804, il voyagea 
dans le nord de l'Europe; en 1815, il devint 
président de la Crusca et gouverneur de Sienne. 
Outre des éditions estimées de Machiavel , de 
Marco -Polo et de Boccace, on a de lui : Del 
Petrarca e délie sue opère libri quattro ; 
Florence , 1797, in-4''; V édit., ibid., in-8°; — 
Vita di Giov. Boccacio, 1806, in-S» ; à la fm de 
cette édition se trouvent cinq dissertations de 
Baldelli ; Sur les diverses fortunes que la 
littérature grecque a éprouvées en Italie ; — 
Sur la famille et le lieu de la naissance de 
Boccace ; — Sur le Décamévon ; — Stir les 
calomnies répandues contre Boccace, avec 
leur réfutation ; — Sur la Fiametta. 



255 



BALDELLI — 



Tipaldo, Bîog. degU Ital. illustri. — Branck, Manuel 
du libraire. 

l BALDENECRER (/eaw-^erward), violiniste 
et pianiste , né à Francfort-sur-le-Mein au com- 
mencement du dix-neuvième siècle. Il s'est fait 
connaître par diverses compositions pour le 
violon et le piano. On a de lui : Trois duos 
pour deux violons; — Polonaises pour le 
piano; — le Cercle, divertissement en trio 
pour violon , alto et violoncelle; — différents 
thèmes pour piano et violon. 
Fétis, Biographie universelle des Musiciens, i 

* BALDENECRER (Nlcolas), père du précé- 
dent , a publié plusieurs œuvres de sonates et 
de solos pour le piano ; plus , douze chansons à 
voix seule, avec accompagnement de piano. 

Félis, Biographie universelle des Musiciens. 

* BALDENERER ( Vdalric), musicien le cour 
et violiniste à Mayence , a publié à Francfort, 
vers 1784, Six trios concertants, pour violons, 
viole et violoncelle. 

Fétls, Biographie universelle des Musiciens. 

BALDERicouBAUDRY, chroniqueur français, 
évêque de Dol, naquit vers le milieu du onzième 
siècle à Meun-sur-Loire , et mourut le 7 janvier 
1130. Après avoir fait de brillantes études à 
Angers , "dont l'école était alors célèbre, il em- 
brassa la vie monastique à l'abbaye de Bour- 
gueil en Anjou , dont il devint abbé en 1079. 
Vingt-huit ans après, en 1107, il fut nommé à 
l'évôchéde Dol, et reçut de Pascal n le pallium. 
n mourut dans une terre dépendante' de son 
évêché , et où il s'était retiré depuis quelques 
années. Il avait fait en Angleterre un voyage 
dont il a laissé une Relation; il était allé plusieurs 
fois à Rome, et avait assisté à tous les conciles 
qui eurent lieu de son temps. Il avait fait d'inu- 
tiles efforts pour rétablir la discipline dans Tes 
monastères ; il compare un de ses moines à un 
juif qui voudrait observer les préceptes de l'É- 
vangile : Sabbata custodis , tanquam Judxus 
Apella, quum tamen alterius legis iter teneas. 

Baudry occupe un rang distingué parmi les 
écrivains du onzième et du douzième siècle. On 
a de lui un assez grand nombre d'ouvrages, dont 
voici les principaux : Historiée Hierosolymitanx 
libri quatuor : c'est une histoire de la première 
croisade, depuis 1095 jusqu'à 1099; le fond en 
est pris de Theudebode , dont l'ouvrage fait 
partie des historiens de France publiés par D. Du- 
chesne; Baudry retoucha cette chronique, y 
ajouta les faits qu'il avait appris des témoins 
oculaires , et la fit revoir par Pierre , abbé de 
Maillesais , son ami , qui avait été de l'expédi- 
tion ; c'est Je plus considérable et le plus estimé 
de ses ouvrages ; on le trouve dans le recueil de 
Bongars; — Vita Roberti de Arbrissello.Baa- 
dry avait été l'ami de Robert d'Arbrissel ; sa 
biographie , qui porte le cachet de la véracité , 
est un précieux monument pour l'histoire du 
onzième siècle. Elle a été publiée à la Flèche 
en 1641, et se trouve, à la date du 25 février, 
dans le recueil de Bollandus. — Baudry s'était 



BALDEWm 256 

aussi exercé à la poésie : entre autres poèmes 
qu'il avait composés, il nous en reste un, inti- 
tulé de Conquistu Anglix , qui se trouve à la 
Bibliothèque nationale parmi les papiers de Du- 
chesne , vol. XIX, p. 537 ; et un autre sur les 
événements du règne de Philippe I^'', qui a été 
publié parmi les historiens de France du même 
savant. On attribue encore à Balderic deux ou- 
vrages ayant pour titres : Acta S. Valeriani, 
et Vita S. Hugonis Rotomagensis. Le premier 
a été inséré par F. du Bouquet dans son His- 
toire ecclésiastique de France, et le second fait 
partie de la Neustria pia d'Arthur de Moustier. 
Enfin D. Bouquet a publié , dans, ses Historiens 
de France, une lettre curieuse, adressée par 
Baudry aux moines de Fécamp, sur les mœurs 
des bas Bretons, et sur l'état des monastères 
d'Angleterre et de Normandie. 

•Histoire littéraire de la France, t. \IU, p. 400. — 
D. Bouquet et Ducbesne. Historiens de France. — Le 
Bas, Dict. encyclop. de la France. 

BALDERIC, clu'onicjueur français, surnommé 
le Rouge, fils d'Albert, seigneur de Sachonville, 
en Artois , fut évêque de Noyon et de Tournay , 
et mourut en 1097. On ignore la date de sa 
naissance. Il nous reste de lui une Chronique 
de Cambray et d'Arras , qui commence à Clo- 
vis et va jusqu'en 1090. C'est un ouvrage cu- 
rieux , et plein de recherches savantes. Il a été 
publié en 1615, parles soins de George Col vener, 
professeur de théologie àDouay. M. Le Glay en 
a donné en 1834 une nouvelle édition, revue 
sur divers manuscrits, d'après laquelle MM. Fa- 
verot et Petit l'ont traduite eu français ( Valen- 
ciennes, 1836, in-S".) Il faut joindre à l'édition 
originale : Supplementum seu continuatio 
chronici Cameracensis Balderico adscripti... 
Cambrai, 1786 , in-8°. — Colvener, dans sa 
préface, cite, sous le titre de Chronique de 
Morinie, un autre ouvrage de Balderic, qui 
n'est pas parvenu jusqu'à nous. On a souvent 
confondu Balderic le Rouge avec le précédent. 

Acta Sanctorum, 11 august., p. B70. — Histoire litté- 
raire de la France, t. VIII. — Le Bas, Enc. de la Frajice.- 

*BALDESi ( Antoine), médecin florentin, vi- 
vait dans la première partie du dix-septième siècle. 
On a de lui : Quaestio gangrenas et sphaceli 
diversa curatione per Ant. Baldesium , col- 
lecta ex colloquiis et controversiis a Juliano 
Segno Pistoriensi cum pluribus doctoribus 
Aaôife; Florence, 1613, in-8°; — Queestio de 
gangrenée et sphaceli diversa curatione, col- 
lecta et recognita per Joh. Castellanum /Ve- 
nise, 1616, in-4°. 

Mazzuchelll, Serittori d'Italia. 

•BALDEWIN ou BAUDOIN, moine de Saint- 
Remi de Reims qui vivait vers le milieu du dou- 
zième siècle, et qui a laissé im ouvrage intitulé Dg 
miraculis sancti Gibriani presbyteri libri III. 
Ces mùracles s'accomplirent en l'année 1145, après i 
la translation du corps du saint dans une nou- 
velle châsse; et l'auteur raconte ( lib. 2, n" 8) i 
qu'il se trouva présent à l'accomplissement de la i 



257 BALDEWIN 

plupart d'entre eux. Daniel Papebroch a public 
cette relation en 1688, dans un appendice au 
8 mai , t. Vn ( Acta Sanctorum, mensis maii ), 
pag. 619 et suivantes, d'après un manuscrit de 
l'abbaye de Saint-Remy; et il y a ajouté une 
préfaceet des notes. Ch. Richard. 

OudiD, Com. de Scriptor. eccles., t. Il, c. 14, 34. 

*BALDi (Accurzio), sculpteur, né à Sanso- 
vino en Toscane , vivait en 1584. On connaît de 
lui deux anges dans la sacristie de l'église de 
Santa- Maria-dellOrScala, à Sienne. 

E. B— N. 

BomagnoU, Cenni Storici, Artistici di Siena. 

Bxun (Bernardin). Voy. Baldi d'Urbin. 

BALDi (Bernardino), peintre bolonais de la 
lin du seizième siècle. Il tint longtemps à Bo- 
logne une académie très-fréquentée , et a laissé 
un assez grand nombre de tableaux dans les 
églises de cette ville. E. B — n. 

Malvasia, Pitture, Scuiture ed Architetture di Bolo- 
gna. — OrlandJ, Abeceàario Pittorico. 

BALDI ou BALDE ( Camille ) , philosophe 
et littérateur italien, né à Bologne vers 1547, 
mort en 1634. Il étudia la philosophie à l'uni- 
versité de Bologne, et devint professeur de logi- 
que à la même université, où Ù resta longtemps. 
On a de lui : Comment, in Physiognomica 
Aristotelis, etc.; Bologne, 1621, in-fol. ; — Trat- 
tato corne da una lettera missiva si conoscono 
la natura e qualità dello scrittore ; Cai-pi , 
1622 , in-4°; traduit en latin; Bologne, 1664, 
in-4°; — Belle mentite e qffese di parole 
corne sipossono accomodare, etc.; Venise, 1590, 
in-4°, et Bologne, 1623, in-8° ; — Trattato délie 
imprese annesso alV Introduzione alla virtii 
morale, etc.; Bologne, 1624, in-8<* ;— Huma- 
narum propensionum ex temperamenti prse- 
notionibus Tractatus; Bologne, 1629-1644, 
in-4°; — De naturali ex unguium inspec- 
tione Prœsagio CommenteriMS ; Bologne, 1629 
et 1664, in-4°; — / Congressi civili, 1681 et 
1698, in-4°. 

Mazzuchelli, Scrittori d'Italia. — Ghillni , Theatro d' 
Vomini letterati. 

BALDI ou BALDCS (...), médecin florentin, 
mort en 1665. Il enseigna la médecine à Rome 
au collège de la Sapience, et devint médecm or- 
dinaire des papes Urbain VIH et Innocent X, 
qui lui accordèrent un canonicat. On a de lui : 
Prœlectio de Contagione pestifera; Rome, 
1631, in-4°; — Dïsquisitïo iatro-physica, ad 
textum Hippocratis de Aère, Aquis et Lo- 
cis; accedit de calculorum Causis et aqux 
Tiberis Bonitate; Rome, 1637, in-4°; — De 
Loco affecta in pleuritide Disceptationes , 
contra Joannem Manelphum; Paris, 1640, 
in-8°; Rome, 1643; — Opobalsami orientalis 
in conficienda theriaca Romee adhibiti me- 
dicas Propugnationes ; Rome, 1640, in-4° ; Im- 
berg, 1644, in-12 ; — Relatione del miracolo 
insigne operato in Roma, per intercessione di 
S. Filippo Neri; Rome, 1644, in-4°; — Del 

NODV. BIOGR. UNIVERS. — T. lY. 



■— BALDI 



258 



vero Opobalsamo orientale, Discorso apologe- 
tico; Rome, 1646, in-4°. 

Van der Linden, De Scriptoribiis medicis. — Biogra- 
phie médicale. 

* BALDI (Gérard), théologien italien, natif 
de Florence, mort le 17 octobre 1660. Il pro- 
fessa la logique et la théologie à Pise , devint 
conseiller de l'inquisition, puis doyen à Florence. 
On a de lui : Rerum actualitas in^ordine ad 
motum; physica disquisitio; Florence, 1642- 
1644, in-4°; — Dialecticse institutiones et No- 
vae opinandi rationes, publiées à des dates non 
indiquées. 

Mazzuchelli, Scrittori d'Italia. 

* BALDI (Jean ), organiste italien , né à Pis- 
toie vers la fin du dix-huitième siècle. Il est 
considéré en Italie comme un des meilleurs 
élèves de Philippe Cherardeschi. Baldi a com- 
posé beaucoup de musique pour le violon , des 
messes et des psaumes. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

* BALDI (Innocent), théologien italien, né 
à Bologne en 1544, mort en 1608. Il fut reçu 
docteur en théologie dans sa ville natale, et pro- 
fessa dans plusieurs couvents de l'ordre des Car- 
mélites, dont il faisait partie. On a de lui entre au- 
tres ouvrages ; Oratio de Laudibus civitatis 
Parm«; Panne, 1587, in-i". 

Mazzuchelli , Scrittori d'Italia. 

BALDI { Joseph ) , médecin florentin , vivait 
vers la fin du dix-septième siècle. On manque de 
détails sur sa vie. II a laissé en manuscrit un 
ouvrage contenant des observations curieuses 
sur la propagation des champignons. Le but 
principal de ses études fut d'expUquer la physio- 
logie de ces plantes, et de découvrir la source des 
principes vénéneux que tant d'espèces possèdent. 
Il y parle d'un champignon prétendu vénéneux 
que l'on présenta à Cosme de Médicis en 1685, 
et qu'il fut chargé d'analyser. II trouva que ce 
champignon ne contenait aucun poison. Morelli 
cite souvent avec éloge l'ouvrage manuscrit de 
Joseph Baldi, qui ne doit pas être confondu avec 
son homonyme, le médecin florentin. 

Catalogue de la Bibliothèque Nani, n» B4 ; Venise, 1776. 

* BALDI (Lazzaro), peintre de l'école floren- 
tine, né à Pistoia en 1623 ou 1624, mort à 
Rome en 1703. Attiré par la grande réputation 
dont jouissait alors Pierre de Corlone, Baldi 
partit pour Rome, et entra dans l'atelier de ce 
maître, sous lequel il fit de rapides progrès, et 
dont il réussit à s'approprier la manière. Pro- 
tégé par le cardinal Rospigliosi, qui plus tard de- 
vint Clément DC, il fiât chaîné par Alexandre VII 
de peindre pour le palais du Quirinal un David 
tuant Goliath. Dès ce jour les commandes ne 
lui manquèrent pas, ainsi que l'attestent les nom- 
breux tableaux qui décorent les égUses de Rome. 
Les principaux sont une Annonciation à Saint- 
Marcel ; la Vierge, sainte Catherine et sainte 
Brigitte, à Santa-Maria-della-Pace ; et Saint 
Philippe Neri, à Saint-Anastase. H a beaucoup 

9 



259 



BALDI 



260 



trayaillé aussi dans les autres yilles de l'État ec- 
clésiastique. A Camerino, on admire avec raison 
un des tableaux les plus étudiés qu'il.ait produits, 
représentant Jésus-Christ instituant saint 
Pierre chef de son Église. — Généralement 
les fresques de Baldi sont bien inférieures à ses 
tableaux ; et ce n'est pas le Saint Jean évan- 
géliste, figure colossale qui se voit à Saint-Jean 
de Latran , non plus que l'abside de Santa- 
Maria-alla-Navicella, qui peuvent donner la me- 
sure de son talent. C'est évidemment par erreur 
que les guides de Rome lui attribuent les fresques 
de la voûte et du vestibule de Saint-François- 
Xavier : cet oratoire ne fut fondé par le père 
Caravita qu'en 1711, c'est-à-dire huit ans après 
la mort de notre peintre. 

Bien que Baldi ait passé à Rome la plus grande 
partie de sa vie , il a cependant enrichi la Tos- 
cane d'œuvres assez nombreuses, telles que la 
Vierge au Rosaire, à l'église des Dominicaines ; 
et Saint Pierre d'Alcantara avec sainte Thé- 
rèse , à celle d'Ognissanti à Florence. A Pistoia, 
sa ville natale, on voit une Sainte Agathe dans 
la chapelle du palais public; à Saint-François, 
une Annonciation dans laquelle, conformément 
aux usages juifs, la Vierge est représentée priant 
debout; eniin, à Santa-Maria dell' Umilita, le 
Repos en Egypte, un de ses meilleurs tableaux. 

En 1681, il avait publié la vie de Lazare, 
moine grec et peintre du neuvième siècle, auquel 
l'empereur iconoclaste Théophile eut la barbarie 
de faire brûler les mains. Baldi fut enterré en 
l'éghse de l'Académie de Saint-Luc , dans la cha- 
pelle Saint-Lazare, qu'il avait lui-même érigée à 
ses frais et enricliie de ses ouvrages. 

Bon coloriste , compositeur mgénieux, Baldi 
était en même temps pieux, charitable et dévoué ; 
aussi ne fut-il pas moins estimé pour ses quali- 
tés privées que pour son talent. E. Breton. 

Lanzi, Storia pitforica. — Ticozzi , Dizionnario dei 
fittori. — Pascoli, P^ite de' Pittori, Scultori e Archi- 
tetti moderni, 1730.— Orlandi, Abecedario Pittorico.— 
Pislolesi , Descrizione di Roma. — Kantozzi , Nuova 
GtUda di Firenze. — Cav. Fr. Saloraei, Guida di Pistoia. 

* BALDI (Pier. Maria), peintre et architecle 
florentin , vivait dans la seconde moitié du dix- 
septième siècle. Comme aixhitecte, il fut surinten- 
dant des bâtiments de Cosme m, et prit part à 
tous les travaux publics exécutés sous ce prince. 
Coimne peintre, le principal ouvrage qu'il ait 
laissé est un Baptême de saint Augustin, dans 
le cloître du Santo-Spirito de Florence. Ce fut 
Baldi qui dans un voyage qu'il fit à Paris, ayant 
été chargé par le gmnd-duc d'acquérir quelques 
ouvrages de notre célèbre graveur Robert Nan- 
teuil, rapporta son portrait, peint par lui-même 
au pastel, portrait qui figure encore dans la col- 
lection de Florence, E. B — n. 

Baldinucci, Notizie de' professori. — Fantozzi, Nuova 
Guida di Firenze. 

* BALDI {Valentino ), peintre de l'école flo- 
rentine, né à Pistoia en 1744, mort à Bologne en 
1816. Il reçut les premières leçons de son art de 



Francesco Beneforti; mais il le quitta bientôt 
pour aller, jeune encore, s'établir à Bologne, oti il 
entra dans l'atelier de Mauro Tesi, qui le prit en 
aflîection et se fit aider par lui. Il excella surtout 
à peindre des fleurs, des fruits, des arabesques, 
et des encadrements d'excellent goût. Quelques- 
uns de ses ouvrages se voient au palais Braccio- 
lini, à Pistoia. Il était habile restaurateur de ta- 
bleaux, et s'adonna aussi à la gravure. A sa 
mort, arrivée le 22 octobre 1816, il fut enterré à 
la chartreuse de Bologne. E. B — n. 

Cav. Fr. Tolomel, Guida di Pistoia. — Malvasia, Pit- 
twre di Bologna. 

BALDI D'CRBiN {Bernardin), savant ma- 
thématicien et Uttérateur, né à Urbin le 6 juin 
1553, mort dans sa ville natale le 12 octobre 
1617. Il cultiva avec un égal succès les sciences 
et les lettres, et sortit de cette école où furent 
formés tant d'illustres disciples, et où il s'était 
renconti-é avec Guido-Ubaldo-del-Monte et avec 
le Tasse. Il eut poui- précepteur Jean- Antoine Tn- 
roneo , qui lui enseigna le grec et le latin. Il dit 
lui-môme qu'il avaitun goîit très-vif pour la pein- 
ture ; mais que ses maîtres, pour l'en détom'nei", 
employaient jusqu'à des châtiments corporels. 
Contrarié dans ses dispositions pour les arts, il 
s'appliqua aux mathématiques; et l'on assure que 
Commandin, son maître, se servit de lui pour 
dessiner les figures de ses traductions d'Euclidc 
et de Pappus. Mais bientôt Baldi fut forcé par 
ses parents d'embrasser une profession plus lu- 
crative, et il se rendit, en 1573, à Padouo pour 
étudier la médecine. Cependant il lui fut impos- 
sible d'abandonner ses études favorites; les 
mathématiques ainsi que la littérature grecque 
continuèrent à occuper tous ses loisirs. L'amour 
le rendit poëte, et il se montra de bonne heure 
écrivain correct et versificateur élégant. L'épi- 
démie qui désola en 1575 la Lombardie le força 
de quitter l'université, et de retourner dans son 
pays. A vingt ans , il entreprit la traduction des 
Automates d'Héron ; mais avant de la terminer 
il eut le malheur de perdre son maître Com- 
mandin, dont plus tard il écrivit la vie. Bakliî 
termina sa traduction ( Vérone , gli Automati]\ 
en 1576; elle parut d'abord à Venise en 1559,' 
m-4°;mais il la corrigea, et la fit imprimer d(i| 
nouveau dans la même ville en 1601. 

Baldi prolongea son séjour à Urbin pendanli; 
plusieurs années, s'occupant toujours desmathé- ' 
matiques et des langues anciennes ; il essaya auss 
d'interpréter les tables ^Mg-MÔJH es.C'est à la mêm( 
époque qu'il composa les Paradoxes mathéma \ 
tiques, etcommença une collection d'inscriptiouir 
qu'il ne put pas compléter. A vingt-six ans, il fu 
appelé auprès de Ferrand Gonzague, prince di 
Mantoue, pour lui enseigner les mathématiques 
mais son élève étant allé en Espagne, Baldi s 
rendit à Milan , où il se lia intimement ave 
saint Charles Borromée. Après la more de celui 
ci , il retourna à Guastalla , et fut noinm 
en 1586 à l'abbaye de cette ville. Pour mieu 



261 



BALDI 



262 



comprendre la Bible, il s'appliqua à la langue 
hébraïque et aU chaldéen. Une discussion qu'il 
eut avec ses chanoines, sur le costume particu- 
lier auquel il croyait avoir droit, le conduisit à 
Rome, où il retourna plus tard , appelé par le 
cardinal Aldobrandiui. C'est alors qu'il sollicita 
qu'on le laissât à Rome, pour « pouvoir étudier ; » 
autorisation qu'il ne put obtenir qu'en alléguant 
le prétexte du costume, « ce motif étant beau- 
coup plus légitime que le premier, « lui dit le 
cardinal Gonzague. Pendant son séjour à Rome, 
il étudia l'arabe et la langue illyrienne sous la 
direction de Raimondi, qui présidait aux publi- 
cations orientales de la typograpliie des Médicis. 
Malheureusement [Baldi ne se bornait pas aux 
travaux littéraires : comme abbé de Guastalla, il 
se montra sévère et intolérant. Il eut fréquem- 
ment recours à l'inquisition, et, par excès de zèle, 
se brouilla plusieurs fois avec les autorités ci- 
viles. Ces discussions, qui se renouvelèrent sou- 
vent, furent probablement la cause qui le dé- 
termina, après vingt-cinq ans de possession , à 
renoncer à sa riche abbaye. Il retourna alors 
dans son pays, et se mit au sei-vice du duc d'Ur- 
bin, qui l'envoya comme ambassadeur à Venise. 
Il passa les dernières années de sa vie à Urbin , 
traduisant des ouvrages de science du grec et de 
l'arabe , composant à la fois des poèmes philo- 
sophiques et des traités de gnomonique, et tra- 
vaillant toujours à une grande biographie des 
mathématiciens qui est restée malheureusement 
inédite, et dont le public ne connaît que la partie 
clironologique {Cronica de' matematici ; Ur- 
bin, 1707, in-4°), etles Vies de Commandin, 
d'Héron et de Vitruve. Bien que distrait par 
des affaires domestiques, par ses fonctions au- 
près du duc d'Urbm, et par une correspondance 
très-étendue, Baldi apprenait tous les ans quel- 
que nouvelle langue; de sorte que, lorsqu'il mou- 
rut à l'âge de soixante-cinq ans, il n'en possé- 
dait pas moins de seize. Sa connaissance des 
langues orientales était telle, qu'un auteur con- 
temporain affirme qu'U avait l'habitude de lire 
après diner, pour récréation, VEuclide traduit 
en arabe que l'on venait de publier à Rome. 
Du reste, les nombreuses traductions d'auteurs 
arabes qu'il a laissées prouvent qu'en^ effet les 
langues sémitiques lui étaient très-familières. 

Baldi n'a fait aucune de ces découvertes qui 
donnent l'immortalité ; néanmoins on ne saurait 
s'empêcher d'admirer cette faculté singulière 
qu'il avait de pouvoir s'occuper avec succès des 
objets les plus variés et les plus dissemblables. 
Un esprit ferme et souple à la fois, une infati- 
gable activité, une sage distribution de son 
temps ( U avait écrit un dialogue intitulé Sopra 
rutile che si cava délia vigilanza), voilà le 
secret du talent de cet homme universel, dont 
on parle si peu aujourd'hui, et qui pourtant a 
laissé, sur les différentes branches des sciences 
et de la littérature, quatre-vingt-dix ouvrages 
gui sont tous remarquables à plusieurs égards, 



et dont quelques-uns forment jusqu'à douze 
gros volumes. 

La traduction de Quintus Calaber a placé 
Baldi presque à côté d'Annibal Caro. Son Art 
nautique (Nautica), en 4 livres de rimes sciolti, 
est un des meilleurs poèmes didascaliques qui 
aient été écrits en langue italienne (1). H avait 
composé aussi un Poëme sur l'origine des ca- 
nons, et uq autre Sur l'invention de la bous- 
sole, avec des Commentaires : ces manuscrits 
existaient dans la bibliothèque d'Albani, et ils ont 
été dispersés depuis. 

Comme philologue et commentateur, Baldi mé- 
rite d'être placé au premier rang pour ses Tra- 
ductions des Autotnaies et des Machines de 
guerre, et pour ses commentaires sur Vitruve 
(Scamilli impares Vitruviani, nova ratione 
explicati , etc. ; Augsbourg, 1612 , in-4°; — De 
Vitruvianortim verborum significatione , sive 
perpetuus in Vitruvium Pollionem Commen- 
tarius; Augsbourg, 1612, in-4°; et suï la Méca- 
nique d'Aristote ( in Machinica Aristotelis Pra- 
blemata Exercitationes;Ma.yence, 1621). H faut 
y joindre. Heronis Gtesibii Belopœca, gr. et 
lat.; Augsbourg, 1616, in-4°, inséré dans les 
Mathemafici veteres ; Paris, 1693, in-fol. Ses 
écrits sur la Gnonomique prouvent qu'O était 
profondément versé dans les mathématiques , et 
les nombreux travaux historiques qu'il a laissés 
montrent qu'il possédait les qualités de l'histo- 
rien. 

Outre ses travaux sur l'histoire des ma- 
thématiques, dont il a été question, Baldi a 
laissé une Histoire de Gnastalla manuscrite, 
et une Histoire du Calvinisme ; il a écrit les 
Vies de Frédéric Commandino et de Guido- 
baldo de Montefeltro (dans le Qiornale de' 
Lettorati, t. XDC), réimprimées à Milan, 1821 , 
2 vol. in-8°, et une Histoire iinÂverselle géo- 
~^graphique. Mais c'est surtout comme orien- 
taliste qu'û doit être cité. A l'exemple de Beni- 
vient et d'autres savants italiens, Baldi, qui 
avait d'abord étudié les langues sémitiques pour 
lire en hébreu les écritures, ne tarda pas à s'a- 
percevoir delà richesse de cette littérature orien- 
tale que depuis la renaissance des lettres on 
semblait avoir oubliée. Il traduisit en italien la 
Géographie d'Édrisi, dont le manuscrit se trouve 
à la bibliothèque de Montpellier ; et c'est proba- 
blement par suite de ce travail qu'il s'appliqua 
avec ardeur à la géographie. Il commença alors 
un immense Dictionnaire géographique, qu'il 
ne put conduire que jusqu'à la lettre C, et qui 
contient cependant quatre énormes volumes. Baldi 
avait composé aussi une Grammaire et un Dic- 
tionnaire arabe, une grammaire persane, un 
Vocabulaire turc et un Vocabulaire hongrois; 
enfin, il avait traduit du chaldéen et commenté 
le Thargum d'Onkelos : ce travail immense, 

(1) M. J. Armand de Galiani l'a traduit en prose fran- 
çaise ( Paris, 18W, ln-8= ) ; le texte italien est en regar4 
de sa version, 

9. 



263 



BALDl — 



qui a mérité les éloges des plus savants orienta- 
listes, fut terminé par Baldi dans l'espace d'une 
année. 

Ses ouvrages poétiques sont •• la Corona 
delV owno; Vienne, 1689, in-4»; c'est un re- 
cueil de six cents sonnets sur les principales 
fêtes de l'année; — Versi e prose ;N&m?>e, 1590, 
in-4''; Egloghe miste; — Sonetti romani; il 
Lauro, scherzo giovanil'e; Paris, 1600, in-12; 
la Deifobe, ovvero gli oracoli délia Sibilla Cu- 
mea, Monodie; Venise, 1604, in-8»; —il Di- 
luvio universale, cantato con nuovamaniera 
di versi; Paris, 1604, in-4°; — Concetti mo- 
raZi; Parme, 1609, in-12; — Car mina la- 
tina; Parme, 1609, in-12. 

Baffo, y%ta di B. Baldi. — G. Libri , Histoire des 
sciences mathématiques en Italie, t. 4, pp. 70 à 79. — Ti- 
raboscUi, Storia délia Lett, Ital. 

*BA1.DI6ARA (^Baptiste), physicien italien, 
natif de Venise, vivait dans la seconde moitié 
du seizième siècle. On a de lui : Belle cose ma- 
ravigliose de' pesci trovati nelV acque dolci e 
nelV acque salse, e délie cose navali di di- 
versi principi ; Venise, 1562, in -8°. 

MazzucheUi, Scrittori d'Italia. — Adelung, supplé- 
meot à Jôcher, Mlgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BALDiNACCl ( Fincew^ ), jurisconsulte ita- 
lien, né à Gubbio en 1526 , mort dans son pays 
natal en 1590. H obtint une grande réputation à 
Rome pour la manière dont il sut engager la 
question des bénéfices. On a de lui : Libri 
XXXVIII in cousis beneficialibus. 

MazzucheUi , Scrittori d'Italia. 

BALDINGER {Emest-Godefroi ), célèbre mé- 
decin allemand, naquit le 13 mai 1738 à Gross- 
Vargula, près d'Erfurt, et mourut à Marbourg 
le 21 janvier 1804. H fit ses études classiques aux 
gymnases de Gotha et de Langensalza. Il étudia 
ensuite la médecine aux universités d'Erfurt, 
de Halle et de léna, où il fut reçu docteur en 
1760. L'année suivante, U vint joindre l'armée 
prussienne devant Torgau ; il fit en qualité de mé- 
decin militaire la plupart des campagnes de la 
guerre de sept ans. Appelé en 1768 à la chaire 
de médecine et de botanique à léna, il l'échan- 
gea, en 1773, contre une place de professeur à 
Gœttingue. Enfin, nommé premier médecin de 
Frédéric EL, margrave de Hesse-Cassel , il fut 
chargé de la réorganisation de l'université de 
Marbourg. Au nombre de ses élèves, on compte 
Sômmering et Blumenbach. 

Parmi ses ouvrages, dont Creutzer, qui a pro- 
noncé son oraison funèbre, fait monter le nombrç 
à quatre-vingt-quatre, nous citerons les suivants : 
— Dissertatio de effectibus salutaribus , qui 
fiunt in morfeis; léna, 1760,in-4";— De mi^i^wm 
morbis, imprimis exercitus régis Borussix; 
Wittemberg, 1763, in-4°; — Introductio in 
notitiamscriptorum medicinse militaris ; Ber- 
lin, 1764, in-8° ; — Biographien jetzt-lebender 
Aertzte und Naturforscher inund ausser 
Teutschland; léna, 1768, in-8°; — Catalogus 
dissertationum, quee medicamentorum histo- 



BALDmi 264 

riam, fata et vires exponunt ; Altenbourg, 
1768, in-4'>: C.-D. Nebel a publié une seconde 
édition corrigée et augmentée de cet ouvrage; 
Marbourg, 1791, in-8°; — Veber das Studium 
der Botanik, und Erlernung derselben; Ber- 
lin, 1770, in-8°; — Programma de secali cor- 
nuto ; léna, 1771, in-4° ; — Programma de Frï- 
derici Hoffmanni et Eermanni Boerhaavii 
meritis in medicinam practicatn ; léna, 1772, 
111-4°; — Supplément à l'ouvrage de Fr. Bœrner 
Nachrichten von jetztlebenden Aerzten und 
Naturforschern in und atisser Deutschland 
ergœnzt; Brunswick, Leipzig et Wolfenbut- 
tel, 1773, in-S"; livre qui contient des addi- 
tions importantes à la biographie médicale de 
Bœrner; — Index plantarum horti et agri le- 
nensis ; léndL , 1773, m-8°; — Magazin fur 
Aerzte; Clèves et Leipzig, 1775-1778, 2 vol. 
in-8'' : chaque volume est de six cahiers, dont le 
premier seulement a i)aru à Clèves; — Neues 
Magazin fur Aerzte; Leipzig, 1779-1799, 
20 vol. in-8° ; — Programmata IV : Historia 
mercurii et mercurialium medica; Gœttingue, 
1780 et 1781,in-4'>; ibid., 1783-1785, in-8°; — 
/ Medizinisches Journal ; Gœttingue, 1 784- 1 796, 
' quatre-vingt-six cahiers in-8° ; — Programma ; 
Historia mercurii et mercurialium medicà 
continuata; Cassel, 1785, in-4°. On y trouve 
une histoire détaillée des principales préparations 
qu'on fait subir au mercure dans les pharmacies ; 

— Opusc.ula medica; Gœttingue, 1787; — 
Preussiche Medizinisch-physische Litera- 
tur ; Marbourg , 1792 , in-S". Il n'a paru qu'un 
seul cahier de ce journal. 

Neuestes Physiscfi-medizinische^ Joitrnal ;Mari)o\irg, 
1. 1, 1797-17991; 1. 11,1799-1800. — Georg-FrleUricli Crcuzer, 
Memoria Ern. Godofr. Baldingeri; Marbourg, 1804, in-*». 
BALDiNi {Baccio), orfèvre et graveur, natii 
de Florence , vivait dans la seconde moitié du 
quinzième siècle. Ses œuvres sont rares. 11 tra- 
vailla avec Sandro Botticello, et en imita si bien 
la manière, qu'il est souvent difficile de distinguer 
ce qui appartient à l'un ou à l'autre. Les œu- 
vres de Baldini remontent à 1477. On trouve 
de lui, à partir de cette date : Une montagne, 
au pied de laquelle est placée une échelle 
dont les Vertus montent les degrés; — le 
Sauveur, qui place sa main gauche sur le 
cœur, et' lève sa droite vers un ciel d'anges 
et de chérubins; — VEnfer {i); — les Sibylles; 

— les Nymphes endormies; — l'Ascension 
de Marie; — Vénus enlevée dans un char 
traîné par des colombes ; — le Soleil sur un i 
char porté par des coursiers; — Saturne stir 
un char porté par des dragons ; — Mars sur < 
un char à deux chevaux ; — Mercure sur un > 
char traîné par deux faucons. Ces gravures se > 

(1) Ces trois premières pièces ont été gravées pour II 
Monte sancto di Dio, da Antonio [Bctllni] da Siena 
(Florence, 1477, in-4"), premier livre connu où l'on trouve ' 
des planches en taille-douce. Une réimpression de cet' 
ouvrage ( Florence, 1491, in-fol. ) contient des copies de ' 
ces trois estampes, gravées sur bois. \ 



265 BALDINI — 

trouvent dans; la galerie Monroë, à Londres. Au 
rapport de Duche8ne,Baldimaurait aussi exécuté 
des nielles. Lachose est assez vraisemblable, puis- 
que les nielles' étaient en vogue à cette époque. 

Uucbesne , Essai sur les Nielles, p. 8î. - De Bure , 
Catalogue des livres de la bibliothèque de M. le duc 
de la Fallière. — Nagler, ISeues Jllgemeines-Kûnstler- 
Lexicon. — Le Blanc, Manuel de l'amateur d'estampes. 

BALDINI (Baccio), médecin et orateur, mort 
en 1585, professa pendant longtemps la médecine 
à Pise, et fut premier médecin du grand-duc de 
Toscane Cosme I, dit le Grand. Membre de 
l'Académie de Florence, il fut chargé en cette 
qualité de la révision du Décaméron de Boc- 
cace. n dirigea aussi la bibliothèque Lauren- 
tieime. On a de lui : Discorso sopra la mas- 
cherata délia genealogia degli dei de'' gen- 
tili ; Florence, 1565, in-4° ; — Vita di Cosimo I, 
gran-duca di Toscona ; Florence, 1578, in-fol.; 
ibid., 1 615, in-4° ; — Discorso delV essenza del 
fato e délie forze sue, sopra le cose del mondo ; 
Florence, 1578, in-4°; —In librum Hippo- 
cratis de aquis , aère et locis commenfaria, et 
tractatus de cucumeribus; Florence, 1 585, in-4°. 

Biographie médicale. — JOcher, Jllgemeines Gelehr- 
ten-Lexicon. 

BALDIKI {Bernardin) philosophe, mathé- 
maticien et médecin, né à Borgo d'Intra en 1515, 
mort le 12 janvier 1600. Il professa la médecine 
à Pavie et les mathématiques à Milan, où il mou- 
rut. Ses principaux ouvrages sont : De Multitu- 
dine rerum, et de Unitate ejus quod est; de 
Materia omnium disciplinarum ; publiés l'un et 
l'autre dans le même volume à Milan, 1558, 
in-8° ; — Epistolae variée in quibus cum alia- 
rum artium prxcepta, tumphilosophiaepotis- 
simum illustrare contenait; Milan, 1558, 
in-8° ; — Dialogi de prasstantia et dignitate 
juris civilis et artis medicse; Milan, 1559, in-4° 
et 1574, in-4'' ; — Problemata excerpta ex com- 
mentariis Galeni in Hippocratem; Venise, 
1567, in-8°, et 1587, in-8°; — Debello aChris- 
tianis et Othomanicis gesto carmen ; Milan, 
1572, in-4°, et 1574, in-4°; — In pestilentiam 
lïbellus, en vers; Milan, 1577; — De Stellis, 
iisque qui in stellas et numina conversi di- 
cimtur homines, en vers; Venise, 1579, in-4° ; 
— De diis fabulosis antiquarum gentium, 
en vers ; Milan, 1588 ; — Carmina varia; Milan, 
1574 et 1600; — V Art poétique d'Aristote; Mi- 
lan, 1576 et 1578; — l'Économique; Milan, 
1578; — les huit Livres de la Physique d'A- 
ristote (trad. ital. ); Milan, 1600, in-4°. 

Biographie médicale. 

* BALDINI {Fra ri&Mrzio), peintre bolonais. 
On ignore à quelle époque il vivait. H a laissé 
dans l'église délie Grazie de Brescia deux bons 
tableaux, un Mariage de la Vierge, et un Mas- 
sacre des Innocents. E. B— n. 

Averaldi, Guida di Brescia. — Orlandi, Abecedario 
Pittorico. — Ticozzi, Dizionario dei Pittori. 

* BALDINI (Giovanni), peintre florentin, vi- 
vait au commencement du seizième siècle. H n'est 



BALDINOTTÏ 



266 



connu que pour avoir été pendant quinze mois 
le maître du premier peintre de l'école de Fer- 
rare, le Garofalo. E. B — n. 

Lanzi, Storia Pittorica. — Vasari, Fite dei Pittori. — 
Barufaldi, Vite de' più insigni Pittori e ScuUori Ferra- 
resi. — Orlandi, Abecedario Pittorico. 

BALDINI (Jean-François), naturaliste et 
théologien italien, né à Brescia le 4 février 1677, 
mort en 1763. n entra dans la congrégation So- 
mascjue, enseigna la philosophie d'abord à Milan, 
puis à Rome, fut revêtu de plusieurs dignités, 
et devint vicaire général de son ordre. On a de 
lui l'Lettera sopra le Forze viventi , dans Rac- 
colta Calogi, liv. 4; — Meditazioni sopra la 
Passione di J.-C; Rome, 1733, in-12, traduit 
de l'espagnol , du P. Baxos ; — Relazione delV 
Aurora boréale veduta in Roma li 16 dec, 

1737, Venendo li 17 ; Rome, 1738, in-4° ; Venise, 

1738, in-4°; — Dissertazione sopra Vasetti di 
Creta, etc., dans les Saggi di Dissertaz. Aca- 
dem. de Cortone, 1738, t. Il; —Dissertaz,. 
sopra un' antica Piastra di bronzo ; ibid., 
t. ni; — Numismata Imperatorum Romano- 
rum, per Jo. Vaillant; editio prima Ro- 
mana, aîœta;lRome, 1743, in-fol., 3 vol. — li 
Alberi, idillioFrancese, tradotto in ver si La- 
tini e Toscani; Florence, 1751, ia-8». 

Mazzacbelli , Scrittori d'italia. 

BALDINI ( Philippe), médecin italien , vivait 
à Naples dans la seconde moitié du dix-huitième 
siècle. On a de lui un recueil de mémoires d'hy- 
giène sur les exercices de la chasse, de la pê- 
che, de la natation, etc., intitulés Saggi in- 
torno alla preservazione e cura délia umana 
salute; Naples, 1787, 5 vol in-8°. Un autre de 
ses ouvrages , traduit en français, a pour titre : 
Manière d'élever les enfants à la main, à 
défaut de nourrice; Paris, 1786, in-12. 

Tlpaldo , Biografia degli Italiani illustri, etc. 

* BALDINI (Pietro-Paolo) , peintre de l'é- 
cole romaine , vivait vers la moitié du dixrhui- 
tième siècle. Selon Tîti, il aurait été élève de 
Pierre de Cortone. Les tableaux de Baldini, qui 
existent dans diverses églises de Rome, indi- 
queraient une école plus pure et de meilleur 
goût. Dans le chœur de l'église Saint-Dominique 
et Saint-Sixte , il a peint à fresque un ti'ait de 
la vie de saint Dominique. E. B — n. 

Lam\, storia Pittorica. — Titi, Studio di Pitlura, 
Scultura e Architettura nelle Chiese di Roma , 1674. 

* BALDINI (Victor), historien itahen, vi- 
vait dans la première moitié du dix-septième 
siècle, n était imprimeur. On a de lui : Crono- 
logia ecclesiastica , laquale contiene le vite 
de' Sommi Pontifia; Ferrare, 1600, 1604, in-S". 

Mazzuchelli , Scrittori d'italia. 

* BALDiNOTfl (BosrifoZomeo), jurisconsulte 
italien , vivait au quinzième siècle. Il enseigna le 
droit à Pise jusqu'au moment de la peste (1478) 
qui le fit se retirer à Pistoie. On a de lui deux 
volumes de Commentaires sur le Digestum 
novum , et quelques écrits sur les poèmes dé 
Perse et de Dante. 

Mazzuchelli, Scrittori, d'italia^ 



267 BALDINOTTI — 

» BALDINOTTI (Thomas) , poète italien, ué 
à Pistoie le 25 avril 1529, mort en novembre 
IGOl. Il vmt étudier à Paris, et à son retour il 
témoigna tant d'amour pour certaines femmes, et 
surtout pour Laure Reali, qu'il composa plusieurs 
poèmes à leur sujet. Lorsque cette ardeur se 
fut calmée, il rechercha la solitude , entra dans 
les ordres, et devint prêtre. On a de lui : Saggio 
délie rime Toscane di M. Thommaso Baldi- 
notti da Pistoja, estratto dai manuscrïtti 
del detto autore, publié par Stabius Baldinotti, 
1702, in-S". 

Mazzuchclli , Scrittori d'italia. — Zaccaria , Biblio- 
theca Pistoiensis. — Adelung, Supplément à Jôcher, 
Mlgemeines Celehrten-Lexicon. 

* BALDiNSEL (^Guillaume), voyageur fran- 
çais, conunandem' de l'ordre de Saint -Jean , vi- 
vait dans la première moitié du quatorzième 
siècle. D fit, en 1337, le voyage de la Palestine. 
On a de lui : Bodœporicon ad Terram Sanctam, 
dans le recueil de Canisius : Thésaurus monu- 
mentorum. 

Chaudon et Delandioe, Nouveau Dictionnaire histo- 
rique. 

BALDiNUCCi {Philippe), littérateur italien, 
né à Florence vers 1624 , mort le 1^'' janvier 1696. 
La protection du cardinal Léopold de Médicis et 
celle du grand-duc Cosme m le mirent à même 
d'entreprendre un grand ouvrage sur l'histoire des 
artistes célèbres. Cet ou\Tage fut publié sous le 
titre : Notizie de' Professori del ' dlsegho da 
amabiie, etc. (1260-1670), 6 vol. in-4'', Flo- 
rence, 1681-1688 , par les soins de son fils; se- 
conde édition, avec notes de Manni , 20 vol. in-4°; 
Florence, 1767-1774. On trouve aussi séparément 
la vie des plus célèbres graveurs, sous le titre : 
Cominciamento eprogresso delV arte delV in- 
tagiiare in rame colle vite, etc., Florence, 
1686, in-4°; nouvelle édition entreprise par 
.loseph Piacenza, architecte de Turin, avec des 
dissertations et des annotations, 2 vol. in-4", 
1768-1770, édition inachevée, reprise et terminée 
en 1813-1817. 

Une quatrième édition, augmentée de deux 
autres ouvrages de Baldinucci , a paru à Milan , 
1808, 14 volumes in-8°, dans la collection des 
Classici italiani. Deux écrits posthumes {Let- 
tera intorno al modo di dar proporzione aile 
figure in pittura, scultura, etc. ; — Vita di 
Filippo di ser Brunellesco) ont été publiés, le 
premier par Poggiali (Livourne, 1802, in-8°), 
le second par Moréri (Florence, 1812, in-S"). 
Heineken compte Baldinucci au nombre des gia- 
veurs, et lui attribue une pièce qu'il décrit, II, 59. 
Mazzuchelli, Scrittori d'italia. — Heineken, Dict. des 
Artistes. — Brunet, Manuel du Libraire. 

* BALDix ( Michel) , médecin français, vivait 
dans la deuxième moitié du dix-septième siècle. 
Il étudia à Montpellier, et exerça la médecine à 
Mende. On a de lui : Hydrothermopathie des 
Nymphes de Bagnols en Gévaudan, ou Mer- 
veilles des eaux de Bagnols; Lyon, 1651, 
in-8°; — - Spéculum sacro-medicum octoge- 



BALDOVINETTI 



268 



num , in quo medicina octo ex angulïs , ve- 
luti totidem fontibus a primo et in prim^im 
salientibus , sacra reprwsentatur, prœfixa 
appendice gemina tanquam vita spéculum 
eequilibr aliter suspensura; Lyon, 1670 , in-S". 

Carrère , Bibliothèque de la 3Iédecine. 

BALDOCK (Ralph de), théologien anglais, 
né vers le milieu du treizième siècle, mort à 
Stepney le 24 janvier 1313. Archidiacre de Mid- 
dlesex, doyen de Saint-Paul en 1294, ilfut 
nommé en 1304 évêque de Londres. En 1306, 
il fut désigné par le pape pour être au noml)ie 
des commissaires chargés d'examiner les accu- 
sations portées contre les templiers. L'année d'a- 
près, il fut nommé grand chancelier d'Angleterre; 
mais Edouard F"^ étant venu à mourir, il n'en 
remplit qu'un an les fonctions. D contribua à la 
construction de la chapelle de Sainte-Marie dans 
l'église de Saint-Paul. Il avait écrit une Histoire 
d'Angleterre , jusqii'à V époque de son temps ; 
cet ouvrage, que Leland dit avoir vu à Londres, 
a été perdu. Il a .laissé aussi une collection des 
statuts et des constitutions de l'église de Saint- 
Paul, que l'on conserve dans la bibliothèque de 
cette cathédrale. 

Biographia Britannica. — Leland, Script. Angl. 

*BALDOLi {Jérôme) , médecin italien, ué à 
Foligno dans la seconde moitié du seizième 
siècle, mort à Rome en 1622. On a de lui ; De 
Peste et de tuenda Sanitate ; — Theoremata 
Collegii doctoratus doctoribus Fulginatibiis 
biduum disputanda; Venise|, 1578. 

Rlazzuchelli, Scrittori d'italia. 

*BALDONASCO {Arrigo), poète italien, vivait 
vers 1250. On a de lui quelques sonnets impri- 
més dans les Raccolta de' Poeti del primo 
secolo délia lingua Itûliahà. 

Cenni, Biographici. 

BALDOVI]VETTIOllBALDUÏNETTl(^ie.S.Sio), 

peintre florentin, né en 1424, mort en 1499. 
Ses premiers travaux furent deux chapelles, 
toutes deux détruites aujourd'hui, l'une à Santa- 
Maria-Nuova, et l'autre à Santa-Trinita. Cette 
dernière a été renversée en 1760; et. nous 
devons d'autant plus en regretter la perte, qiie 
dans la composition représentant la reine de 
Saba, l'auteur avait introduit les portraits d'un 
très-grand nombre de personnages célèbres , ses 
contemporains. Suivant Vasari, Alessio avait 
simplement exécuté l'ébauche à fresque , puis i] 
l'avait terminée par des retouches à sec, en y mê- 
lant un vernis de sa composition qui bientôt i 
s'écailla , et entraîna la ruine de la peinture en- 
tière. La même remarque s'applique à la Nati- 
vité, tableau peint sous le portique de l'Annun- 
ziata, et d^jnt il ne subsiste guère que le dessin, 
la faiblesse des teintes n'ayant pu résister à l'ac- 
tion du temps. On peut cependant y réconnaîh-e 
encore de la vérité, de la correction, de la no- 
blesse, et une intention d'imiter la nature pous- 
sée souvent jusqu'à la sécheresse. Baldovinetti af. fi 
fectionnait le paysage, et y réussissait assez bi^ t: 



269 BALDOVmEïT 

il fit aussi quelques travaux de mosaïque. Son 
plus beau titre de gloire est d'aveir été le 
maître du Ghirlandajo , qui à son tour fut celui 
de Michel-Ange. Ernest Breton. 

Vasari, f^ite de' Pittori. — Baldinucci, Notizie de' 
Professori. — Lanzi, Storia Pittorica. — Bottari, 
JVote aile vite del P^asari. — Ticozzi , IHzionario dei 
Pittoti. — Orlàndi, Abecedarlo Pittorico. 

*BALDOTïJiiETTi (Benedetto di Poggio), 
érudit italien , natif de Florence , vivait dans la 
première moitié du dix-huitième siècle. On a de 
lui : Lettera intorno alV origine del Proverbio 
chesi dice : Stare o conversare in Apolline; 
— Biscorso intorno alla valutazione del ses- 
terzio Romano. 

Mazzuchelli, Scritlori d'Italia. — Adelung, Supplé- 
ment â JôcUer, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BALDOViNi {François), poëte italien, né 
le 27 février 1635 à Florence, mort le 16 no- 
vembre 1716. Il étudia le droit à Pise, et s'en- 
gagea dans les troupes du pape Clément VIQ. 
Plus tard il embrassa l'état ecclésiastique, et 
devint chapelain de l'hôpital de Saint-Sixte. On 
a de lui : Lamento di Cecco da Varlungo , sous 
le nom de Fiesolano Branduci (anagramme 
di&Francesco Baldovini ) ; Florence, 1694, in-4°, 
avec des notes d'Horace Marrini ; Florence, 1755, 
in-4° : cette idylle comique passe pour la meU- 
leure du genre. L'édition de Marrini a été réim- 
primée à Bergame, 1772, in-S"; à Brescia, 1807, 
in-S" et in-4°; à Florence, 1817, in-8°. John 
Hunter en a publié (Londres, 1800, in- 8°) une 
traduction en vers anglais ; — CM la forte , ha 
nemica, usi l'ingegno; — Gomponimento 
drammatico ; Florence, 1763, in-8°; — des 
stances , dans le recueil des Poésie burlesche del 
Berni ed'Alii;t. m, Florence, 1723, in-8°. 
Mazïuclielll, Scritlori d'Italia. 

*BALDRÂCÂivi {Alexandre)^ poëte et ora- 
teur italien , natif de Forli , vivait dans la seconde 
moitié du dix-septième siècle. Il devint chevalier 
et commandeur de l'ordre de Saiat-Étieime ; puis 
il se rendit en Espagne, et mourut à Saragosse. 
II laissa un Recueil de poésies, imprimé à Forli 
en 1685, in-12;et àFeiTare en 1711, in-4°. 
MazzucIielU , Scritlori d'Italia. 

*BALDHACco {Dominique), romancier ita- 
lien , natif de Rome , vivait dans la première 
moitié du dix-septième siècle. On a de lui : il 
Norcino inamora^o ; Macerata , 1618, in-8°; — 
« due Norcini; Tarni, 1620, in-8°; — l'Alber- 
gatrice; MaceTsta, 1622, in-8°; — laZingara 
turba ; Ronciglione, 1 623 ; — la Persiana ; Brac- 
ciano, 1629; — la Vedova mascherata , sans 
indication de date et de lieu. 

Mazzuchelli, Scritlori d'Italia. — Adelung, Supplé- 
ment à Jdcber, Jllgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BALDRATi {légère Barthélémy), cordelier 
italien, a vécu dans la première moitié du dix- 
septième siècle. On a de lui en manuscrit : une 
Messe à vingt-quatre voix; — des Motets à 
cinq et à six. Ces manuscrits se trouvent à la 
Bibliothèque nationale. 

Fétis, Biographie universelle des Musicieiis, 



I — BALDUCCI 



270 



^BALDRiGHi {Giuseppe), peintre de l'école 
de Parme, né à Pavie vers 1722, mort à Parme 
en 1802. n avait étudié à Florence sous la direc- 
tion du Meucci, puis à Paris, où il exécuta un ta- 
bleau qui obtint un grand succès, et lui valut 
le titre de membre de l'Académie de cette ville. 
De retour en Italie, il fut nommé peintre de la 
cour de Parme; son Prométhée délivré par 
Hercule, et le grand tableau représentant la fa- 
mille de Philippe, duc de Parme, accusent un 
talent hors ligne. Baldrighi fit plusieurs bons 
élèves, dont le principal fut P'ietro Ferrari. 

E. B— N, 

Lanzi , Storia délia Pittura. 

BALDUCCI (François), poëte italien, né à 
Palerme vers la fin du seizième siècle, mort à 
Rome en 1642. Enti-aîné par un caractère aven- 
tureux et une imagination ardente, il consuma 
sa jeunesse dans une vie pleine de hasards et de 
misère. A bout de ressources, il s'était enrôlé 
dans les troupes que Clément vm avait envoyées 
en Allemagne. Revenu en Italie, il dut rechercher 
la protection de grands seigneurs auxquels son 
humeur inquiète et irritable, comme celle des 
poètes , le rendait bientôt à charge. Il vit dans 
l'état ecclésiastique un refuge contre la misère, 
et devint chapelain de l'hôpital Saint-Sixte. Le 
prince de Gallicano lui offrit un logement chez 
lui; il y tomba malade, et, craignant d'être in- 
discret, il se fit transporter à l'hôpital de la basi- 
lique de Saint-Jean de Latran, où il mourut dans 
le délire, après vingt-deux jours de fièvre. Ses 
poésies ou Rime l'ont placé sur le rang des meil- 
leurs poètes anacréontiques qu'ait produits l'Ita- 
lie; peut-être y a-t-il encore plus de mérite dans 
ses Canzoni Siciliane, écrites en dialecte si- 
cilien, qui a tant de naïveté et de charme. Elles 
furent publiées à Palerme, dans le tome I^' 
des Muse Siciliane, 1647 et 1662, în-12. Les 
JRime furent publiées à Rome, 1645-1647, in-12. 
D'après Crescimbeni , Balducci serait le premier 
qui aurait composé des oratorio et des cantates. 
[Enc. des g. du m., avec addition.] 

Mazzuchelli, Scrittori d'Italia. 

*BALDîicci (Giovanni), peintre, sculpteur 
et architecte, natif de Pise, travaillait de 1339 à 
1347. Il fut employé par Castruccio, seigneur de 
Lucques , et par Azzo Visconti , seigneur de Mi- 
lan. Nous ne possédons de lui que quatre com- 
partiments de la voûte de la cathédrale d'Arezzo, 
exécutés en 1341 en collaboration avec Alessio 
d'Andréa. C'est surtout à Milan qu'on peut ap- 
précier son talent de sculptem- ; c'est là , que dans 
l'église de Saint-Eustorge , une des plus anciennes 
de la ville, se trouve le fameux mausolée de 
saint Pierre, martyr, reste curieux de l'art au 
quatorzième siècle, chef-d'œuvre de Balducci, 
l'un de ces maîtres primitifs si naïfs et si vrais. 
La bizarrerie de quelques détails est du temps 
et non de l'artiste ; et cet ouvrage serait parfait 
si l'imagination eût alors été réglée par le goût. 
Coname architecte, il construisit à Milan la fa- 



271 



BALDUCCI — BALDUIIN 



272 



çade de l'église de Bera. On lit encore sur la 
porte : MCCCXLVn, tempore prœlationis fra- 
tris Gulielmi de Corbetta, prselati hujus do- 
mus, Johannes Balduccii de Pisis œdificavit 
hanc portam. E. B — n. 

Gluseppe Piacenza, Giunta aile notizie di Baldinucci. 
— Lanzl , Storia Pittorica. — Latuada , Descrizioni di 
Milano, 17S7. — Torre, Ritratto di Milano, 1674. — 
Morrona , Pisa illustrata, — Pirovano , Nuova Guida di 
Milano. 

* BALDUCCI (Giovanni), dit Cosci, peintre 
florentin, mort à Naples en 1600. Orphelin dès 
l'enfance, il fut élevé par un oncle maternel ap- 
pelé Cosci, dont il adopta le nom par reconnais- 
sance. Il fut élève de Battista Naldini, qu'il aida 
dans ses travaux pendant plusieurs années. Bal- 
ducci fut toute sa vie protégé par le cardinal 
Alexandre de Médicis ( depuis Léon XI), qui lui 
ouvrit la carrière. Il fit pour lui ses premiers 
ouvrages , de petits sujets à la détrempe repré- 
.sentant les âges de l'hemme , ornant deux sa- 
lons de son palais, qui appartient aujourd'hui aux 
comtes de la Gherardesca. Parmi les autres ou- 
vrages qu'il exécuta à Florence , on remarque , 
dans le cloître de Sainte-Marie-Nouvelle, plusieurs 
fresques, la plupart fort endonmiagées , tirées du 
Nouveau Testament et de l'histoire de saint An- 
tonin , évêque de Florence ; dans la chapelle sou- 
terraine de Saint-Antonin à Saint-Marc, la fresque 
du maître-autel exécutée en 1 580 ; dans la cathé- 
drale, à la chapelle Saint-Zanobi , un beau Céna- 
cle peint à la détrempe sur fond d'or ; enfin son 
œuvre principale, la décoration de l'église en- 
tière du Gesù pellegrino, qui date de 1590. 
Trois grands tableaux représentent le Sauveur 
ressuscité apparaissant à sa mère ; le Christ 
dans une gloire; et laVocation des fils de Zé- 
bédée. Sur les murailles , il a peint à fresque les 
douze apôtres et des sujets du Nouveau Testa- 
ment; enfin, à la voûte, V Ascension. L'Invention 
de la Croix, superbe tableau qui décore le maître- 
autel de l'église de la Crocetta, lui est attribué 
par Baldinucci et Lanzi , bien que GargioUi et 
quelques autres le croient de Piero Poppi. Le 
chœur, peint à fresque, représente sœur Domi- 
niquedu Paradis, fondatrice du couvent, re- 
cevant un bref des mains de Léon X. 

En Toscane , on trouve encore de Balducci , 
dans la cathédrale de Volterra , cinq grandes 
figures de saints assez médiocres ; et à la voûte , 
un Père éternel et trois sujets du Nouveau 
Testament. A Pistoia, sous le porche delà ca- 
thédrale, sont deux gi'andes fresques que lui at- 
tribue Tolomei , et qui pourraient être comptées 
au nombre de ses meilleurs ouvrages ; la Femme 
adultère, et le Christ adoré par les Anges. 

Emmené à Rome par son protecteur, Balducci 
peignit à Sainte-Praxède des sujets de la Pas- 
sion , et huit anges sur des pilastres ; et à S.- Gio- 
vanni decollato, plusieurs saints à fresque, et, 
sur un autel du cloître, la Résurrection de La- 
zare. Appelé à Naples , il fit, pour l'église des re- 
ligieuses de S.- Giovanello, une Vierge, V Enfant 



et saint Jean-Baptiste, ouvrage fort loué par le 
Ceîano. Le faire du Balducci était parfois dur et 
heurté, son style un peu maniéré ; mais son ima- 
gination était brillante et son talent flexible. 
Ernest Breton. 
Lanzi, Storia Pittorica. — Baldiaucci, Notizie de' Pro- 
fessori. — Baglione , Vite dei Pittori , SouUori, Archi- 
tetti dal 1573 fino al 1642. — Tlcozzi , Dizionario dei 
Pittori. — Orlandl, Abecedario Pittorica. — Fantozzl, 
Nuova Guida di Firenze. — Car. Fr. Tolomcl , Guida 
di Pistoia. 

* BALDUCCI ( Jean ), dit Cosci, peintre ita- 
lien, né à Naples vers 1560, mort en 1600. Il 
exécuta des fresques à la cathédrale de cette cité, 
et fit quelqiies travaux pour Rome et pour Flo- 
rence. Son dernier dessin, à l'encre de Chine, re- 
présentant le Christ au milieu des scribes, a 
été gravé par Scacciati. Les décorations qu'il a 
peintes pour les noces de Christine de Lorraine, à 
Florence, ont été gravées par des artistes habiles, 

Nagler, Lexicon der Eilnstler. 

* BALDUCCI ( Jacques ), jurisconsulte italien, 
vivait vers la fin du dix-septième siècle. On' a de 
lui : Observations et commentaires sur les Co- 
mitia et sententiœ de Ramonius, 2 vol. in- 
fol., 1689. 

Mazzuchclli , Scrittori d'Italia. 

* BALDUCCI ( Ij)uis ) , philosophe et poète 
italien , vivait dans la première moitié du dix- 
huitième siècle. On a de lui entre autres qw- 
wages -.Vita dei conte Lod. Piazza ;'FoY\\,i726. 

Mazzuchelli, Scrittori d'Italia. — Adclung, Suppl(inicnt 
à Jôcher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

* BALDUIN ( Christian-Adolphe ) , ministre 
allemand , né à Dôbeln , près de Misnie ( Saxe ), 
le 29 juin 1632, mort en décembre 1682. Fils d'un 
ministre protestant, il étudia d'abord le droite 
Leipzig, à Wittemberg et à Altdor-f. Il résida 
ensuite quelque temps à Ratisbonne, où son 
père avait rempli les fonctions de surintendant 
ecclésiastique (évêque protestant). En 1654, il 
retourna en Saxe, où il obtint la place de mi- 
nistre à Hayn. Il consacra tous ses moments de 
loisir à l'étude des sciences physiques, et parti- 
culièrement de la chimie. Il était, sous le nom de 
Hermès, membre de l'Académie des curieux de 
la nature, et de la Société royale de Londres. 
Outre quelques écrits théologiques et plusieurs 
panégyriques, on a de lui : Hermès Curiosus, 
sive inventa et expérimenta physico-chymica 
nova; Leipzig, 1667, in-12; Hayn, 1679, in-S"; 

— Aurum Auras vi magnetismi, oitractum 
per inventorem anagrammatizomenum : Sic 
soLDUPLUs ABUNDAT m AtjRis ; 1673, in-12 ;Cœln 
( sur la Sprée), 1674, ia-8° ; — Observatio circa 
urnas gentilium Germanorum an. 1674 invcjî- 
^as; Hayn, 1674, in-S"; — Observatio circa 
regenerationem argenti novo artificio in- 
vent am; Hayn, 1674, in-4''; — Aurum su- 
perius et inferiusaurxsuperioris etinferioris 
hermeticum; Leipzig, 1664; Francf., 1675, in-12 ; 

— Phosphorus hermeticus, sive magnes lumi- 
Wffim;Leipzig, 1674, in-12; Francfort etLeipzig, 
1675, in-12 ; — Venus aurea {informa chry- 



273 BALDUIN — BALDUS 

socollaefossilis) cum fulmine eœlitus delapsa, 
prope Haynam, die 28 maii 1677; Hayn, 1677, 
m-12. F. H. 

Morbitz , Dœbelische C/ironik, p. 222. — Dresde , Ce 
lefirte Anzeigen, année 1754, p. 155. 

BAi.DCiivouBALDUiNtrs. Voyez Baudouin. 

* BALDUIN {Francis), jurisconsulte, né en 
Belgique en 1520, mort àParis, en 1573. Il étudia 
successivement à Louvain et à Paris et se ren- 
dit prèsdeMélanchthonetde CalTin, pour bien se 
pénétrer de leurs arguments contre le papisme. 
Q se consacra enfin à la profession du barreau. 
5a maxime favorite était que « l'histoire lue 
sans discernement est un guide aveugle. >> On 
a de lui : De institutione Historiée universee, 
et ejus cum jurisprudentia conjunctione ; — 
Leges etedicta veterum imperatorumdechris- 
Manis ; — Ettmenisoratio descholis ; — et quel- 
ques autres ti-avaux. 

, D. P. Freher, Theatrum yirorum eruditione cla- 
rorum. 

BALDCIN ( Frédéric ) , théologien luthérien, 
lé à Dresde en 1575, mort à Wittenberg en 
1627. Il étudia à Meissen, devint prédicateur à 
Prague, enfin professeur de théologie. On a de 
ui des ouvrages de théologie, pai'mi lesquels on 
•emarque un commentaire latin sur les Épltres 
le saint Paul, et une Défense de la confession 
i'Augsbourg. 

' Witte , Mémorise theologorum. 

BALDUIN OU BALDWiN ( Guillaume ), mo- 
raliste anglais, né vers la fin du quinzième siècle, 
nort vers 1564. Il étudia à Oxford, et se livra 
|,oute sa vie à l'éducation des enfants. On a de 
ui : Mirror for magistrales ;'LonAx&s,, 1559; — 
freatise on the use of comédies , as welas , 
hf adages , similes, and proverbes; Londres, 
1560 ( souvent réimprimé ) ; — Treatise of mo- 
ral phïlosophy , 1557; — the Funerals ofkincj 
Edward VI, poëme, 1563. 

I Wood, At/i. Oxon., I, 341, edit. Blls, — Ritson, Bibl. 
Poet., p.lsi. 

! BALDUIN 'OU BA.LDWIN ( Thomas ) , sur- 
lommé Devoniïis, moine de Cîteaux, évêque de 
Worcester, puis aixhevêque de Cantorbéry, né 
liExeter vers le milieu du douzième siècle, mort 
iîn 1191 au siège de Ptolémaïde. Il suivit 'le roi 
Richard I^'" dans son expédition de la teiTe 
sainte. C'était un homme bienfaisant et plein de 
itolérance. Le pape lui écrivit un jour une lettre 
jdont l'adresse portait : Monachoferventissïmo, 
abbati calido, episcopo tepido , archiepiscopo 
Iremisso. On a de lui : Decorpore et sanguine 
pomini; — Desacmmeîî^o «/^am, etc., traités 
imprimés dans la Bibliothèque des Pères. On 
trouve encore quelques-uns de ses écrits dans la 
\Bihliothèque Cistercienne. 

j Moréri , Bibliothèque historique. 

\ BALDUIN ou BALDWIN (Timothée), vivait 
dans la seconde moitié du dix-septième siècle. 
|0n a de lui : Expediti ducis de Bucliingham 
■m Ream insulam Vile de Rhé), œuvre pos- 



274 
thume d'Edouard Herbert, baron de, Cherbury, 
éditée par Balduin, 1656, in-8<>. 
Adelung, Suppl. à Sôciier, A llgem. Gelehrten-Lexicon. 

BALDUNG ( Jean), surnommé Griin, peintre 
et graveur sur bois, né à Gmiinde ( Souabe ) vers 
1470, mort à Strasbourg en 1550. Contemporain 
d'Albert Durer, mais non son imitateur ni môme 
son rival , comme on l'a dit à tort. Sa ma- 
nière, surtout dans ses tableaux historiques, 
l'appelle vaguement celle de l'école de Nurem- 
berg , quoique l'exécution soit plus froide. Pour 
la composition, rien de plus fantastique, quelque 
chose d'extravagant qui s'éloigne complètement 
d'Albert Diirer. Ses tableaux, qui ornent la ca- 
thédrale deFribourg, attirent l'œil par la vivacité 
et la fraîcheur de leur coloris, que le temps n'a 
pu altérer. On distingue , entre autres, le Cruci- 
fiement, pour la beauté du dessin et le fini de plu- 
sieurs têtes. Au bas on lit cette inscription : «Jo- 
hann Baldung, cognomine Griin, Gamundia- 
nus, Deo et virtute auspiciisfaciebat, 1516. » 
On trouve encore de ses œuvres au musée 
de Berlin , dans la galerie de Schleissheira et à la 
chapelle Moritz. Ses portraits de Maximilien F% 
Charles V, etc., qu'on voit dans la galerie grand'- 
ducale de Carlsruhe, sont généralement faibles de 
ligne et de couleur. Parmi ses gravures sur bois 
on remarque : Jésus-Christ et les douze apôtres 
(iàU);— Adam et Eve ( 1514) ; — Xanthippe 
à cheval sur des rats ( 1515 ) , ouvrage plein de 
mouvement !et d'étrangeté; — Bacchus ivre , 
couché près d'un tonneau du haut duquel un enfant 
lui pisse sur la tête; — un Sabbat; — des Pay- 
sages gravés à l'eau-forte. Quand Baldung n'aurait 
fait que ses gravures, il serait déjà un artiste hors 
ligne. S'ils'y rencontre par hasard quelque trivia- 
lité, il sait la sauver par le mérite de l'exécution et 
par des contrastes pleins de noblesse. A. W. 

Kunstblatt, 1834, n° 88. 

* BALDUNGius OU BALDUNG {Jérôme), mé- 
decin suisse du quinzième siècle. On a de lui : 
De Podagra ; Strasbourg, 1497, in-4° ; dédié à 
Sigismond, duc d'Autriche ; — Aphorismi com- 
punctionis ; Strasbourg, 1497, in-4°. 

Biographie médicale. — Jôcher, Allgemeines Ge- 
lehrten-Lexicon. — Fabricius , Bibliotheca med. et in- 
flmse œtatis. 

* BALDUS ou BALDESCHi , jurisconsulte 
italien, né à Pérouse en 1327, mort à Paris le 
28 avril 1400. E fût un des plus éminents légis- 
tes, et professa le droit pendant près de cinquante 
ans , soit à Pérouse , à Pise , à Bologne , à Flo- 
rence , à Padoue , ou à Pavie. Ses principaux 
ouvrages sont|: Commentaires sur le Vieux et le 
Nouveau Digeste, etc.; — Commentaires sur le 
Liber feudorum et sur le traité de la paix de 
Constance , etc.; — Leçons sur trois livres des 
Décrétâtes; — Additions sa Spéculum de Du- 
rante ; — Practiea Judiciaria ; — De Juris 
Doctoribus vel de Commemoratione , etc.; — 
De Pacfis ; — Disputatio de Vi turbativa. 

Savigny, Gesch. des Rômisch. Rechts im Mittelalter. 

BALDUS {Bernardin). Voy. Baldi. 



275 
BALE, en latin baljeus 



(Jean), célèbre 
théologien et biographe anglais , né le 21 no- 
vembre 1495 , mort en novembre 1563. H fut 
placé à l'âge de douze ans dans un couvent de 
l'ordre des Carmes, et vint ensuite continuer ses 
étudesà Cambridge; il les acheva vers 1514, dans 
le collège dit de Jésus. On le trouve en 1 529 rem- 
plissant à Ipswich les fonctions de prieur d'un 
couvent. Quelque temps après, soit conviction , 
soit influence de l'époque et du milieu dans le- 
quel il se trouvait placé, un grave changement 
s'opéra dans les idées et dans la position de Jean 
Baie. Il embrassa le protestantisme, et mit par 
un acte décisif, par le mariage, une barrière in- 
franchissable entre le passé et l'avenir. Aussi bien 
s'attira-t-il (c'est lui-même qui s'en plaint dans 
une lettre à Cromwell ) les persécutions du clergé 
romain, contre lesquelles il fut défendu par le 
ministre homonyme du célèbre Olivier Cromwell. 
A la mort du ministre de Henri \lli, Baie se tint 
pendant huit ans dans une retraite studieuse, 
uniquement occupé des travaux de la pensée. 
11 rentra dans la vie active sous le roi Edouard VI, 
auquel il fut présenté à Southampton, et qui 
l'appela en 1553 à l'évêché d'Ossory en Irlande. 
Il voulut être consacré suivant le nouveau céré- 
monial de l'Église d'Angleterre. Mais les efforts 
qu'il fit alors pour amener à la religion nouvelle 
les prêtres de son diocèse et ses ouailles, dans 
un pays qui fut toujours attaché à l'Église ro- 
maine , l'exposèrent bientôt à une irritation et 
à une impopularité qui firent explosion à la 
mort d'Edouard VI. Sa maison fut assaillie; 
plusieurs de ses serviteurs furent tués , et lui- 
même ne parvint à se réfugier à Dublin qu'avec 
une escorte de trois cents soldats. Arrivé 
dans la capitale de l'Irlande, il se retrouva en 
face des mêmes périls, auxquels il échappa en- 
core en gagnant, déguisé en matelot, un vais- 
seau zélandais. Il n'était pas à la fin de ses 
peines : le bâtiment fut capturé par un corsaire 
hollandais qui le fit prisonnier, et lui enleva tout 
ce qu'il possédait. Jeté par une tempête sur la 
côte de Cornouailles, il fut pris et accusé de tra- 
hison , mais relâché bientôt après. Rembarqué 
sur le même bâtiment, il fut conduit en Hollande, 
et y demeura en prison pendant trois semaines, 
au bout desquelles il recouvra sa liberté en 
payant une amende de trente livres sterling. Il se 
retira alors à Bâle, où il résida durant le court rè- 
gne de la reine Marie. Il retourna en Angleterre, 
à l'avènement d'Elisabeth. Mais il ne voulut plus 
reprendre ses fonctions épiscopales en Irlande, et 
préféra, à une dignité qui lui avait causé tant 
d'ennuis , les douceurs de la vie privée et les 
produits d'un bénéfice dépendant de la cathé- 
drale de Cantorbery, qu'il tenait de la munificence 
de la reine. 

Le style et la pensée de Baie ont été diverse- 
ment appréciés , suivant la passion de chacun de 
ses critiques. On doit reconnaître seulement que 
son zèle l'emporta trop loin. On a de lui les ouvra- 



BALE 276 

ges suivants, divisés parlni-même en écrits anté- 
rieurs et postérieurs à sa conversion au protes- 
tantisme, et en œuvres dramatiques en vers : A 
new Comedij or Interlude, concernyng the 
Lawes of Nature, Moïses and Christe; in-S", 
Londres, 1538 et 1562; — A Brief Comedy 
or Enterlude , concernyng the tentation oj 
ourlord ;LonATes, l538,in-8°;— ATragedy or 
Enterlude manifesting the chief promises of 
God tmto Man ; Londres, 1538 et 1577 ; — Yct 
a Course at the Romysh ^foxe, against Ed- 
mond Bonner , Bïshop of London ; Zurich, 
1543; — A mystery of Iniquyte contayned 
wïthin the hcretical Genealogye of Ponce 
Pantolabus ; Genève, 1545; — the Actes of 
English votaryes ; Wesel, 1546, in-8°, et Lon- 
dres, 1560; les deux premières parties ont seules 
été publiées; — the True Hystorie of tfie 
Christen departyng of the révérend Man D. 
Martyn Lut fier, translated from the latin of 
Justtis ; Jouas , Michel Celius et Johanues Au- 
rifaber; Londres, 1546; —A l)r\fe andfayth- 
full déclaration of tfie true faith of Christ; 
Londres, 1547 ; — Illustrium majoris Britan- 
nix scriptorumsummarium, in quasdamcen- 
turias divisutn ;Wese\, 1548 ; Bâle, 1557 et 1559. 
On trouve une copie autographe de l'édition de 
1548 dans ]e British Muséum; — tfie Labo- 
ryouse Journey and serche of Juan Leylande 
for Englande's antiquities ; Londres, 1549; et 
dans la vie deLeland, 1772; — A Dialogue or 
Communicacîjon to be had at a table betwene 
tivo Chyldren gathered out of the holy scHp- 
tures , by John Baie for his two yonge son- 
nes ; Londres , 1549, in-8° ; — the Confession 
of tfie stjnner after the sacred scriptures; 
Londres, 1549; — the Apology of Jofian Baie 
against a ranfte Papyst ; Londres, 1650; — 
the Image of both Churches; Londres , 1550 
et 1584 ; — the Vocacyon of John Baie to tfic 
Bishopric/t of Ossorie in Irelande, hisperse- 
cucions inthe same and finale Belyveraunce; 
Londres, 1553 ; — A Déclaration of Edmonde 
Banners articles concerning the cleargye oj 
London dyocese; Londres, 1561 , in-8°; — 
Acta Romanorum pontificum , a dispersiom 
discipulorum Christi usque ad tempora 
Pauli quarti, ex Joannis Baleei Catalogc 
anglicorum scriptorum desumpta; Francfort. 
1569, et Leyde, 1615; — the Pageant of Po- 
pes, traduit du latin de Baie par Jean Studléy. 
Londres, 1574 ; —De religioneCarmelilana ei 
scriptoribus ejusdem, in-4°, manuscrit conservi 
dansle^rife^ IfMseMm; — d'autres manuscritf 
dont on trouve la liste dans Tanner, et quelquefi 
écrits sous le nom d'HaiTison. V. R. | 

Pitseus , de Scriptoribus Anglise. — P. iilount , Céfc'! 
sura celebrium auctorum. — Verhelden, Elogia prœs 
tantiorum aliqtcot theologorum. — Tanner, Bibliothect 
Britannico-Hibernica. — Fabricius, Bibliotheca medii 
et infimœ eetatis. — Penny Cyclopœdia. I 

*B4LE (Robert), théologien anglais, mowj 
en 1 503 . H devint prieur des carmes d e Norwich( ! 



Î77 BALE — BALESTRA 

?t laissa une bibliothèque considérable pour 
'époque. On a de lui : Annales ordinis Car- 
meliiarum ; — Historia Elix proplietse , 
ouvrages publiés quelque temps avant sa mort. 
Wood. Âthense Oxoniensés. — Jocher, Allgemeines 
7elefirten-Lexicon. 

BALÉCHOV (Jean-Jacques-Nicolas) , gra- 
.'eur, né à Arles en 1715, mort à Avignon le 18 
loût 1765. n fit ses premières études chez un 
;raveur de cachets à Avignon; puis il vint à 
'ans , et se mit sous la direction de Bernard 
'Épicié , secrétaire de l'Académie de peinture. 
1 acquit en peu de temps une telle renommée , 
ju'on le chargea de la gravure du portrait en 
lied d'Auguste , roi de Pologne , destiné à être 
ïiis à la tête de la collection de la galerie de 
Dresde. Il s'en acquitta avec le plus grand ta- 
ent ; mais n'ayant pu se disculper d'avoir vendu 
es meilleures épreuves de ce portrait à son profit, 
! fut rayé de la liste des membres de l'Académie 
iont il faisait partie , et forcé de se réfugier 
» Avignon. C'est là qu'il exécuta dans la retraite 
ies trois belles estampes d'après Vernet, les 
Baigneuses, le Calme, et la Tempête, ainsi que 
ia Sainte Geneviève d'après Carie Vanloo ; ce 
ut son dernier ouvrage. Baléchou a laissé, 
bomme buriniste, une réputation qui n'a pas en- 
core été effacée : ses productions se distinguent 
surtout par la hardiesse et la vigueur ; mais on 
ui reproche quelquefois, avec raison, de la du- 
l'eté dans les détails. Le portrait du roi de Polo- 
'?ne est, sans contredit, le chef-d'œuvre de la 
:;ravure ; le peu d'exemplaires qui en restent se 
rendent aujourd'hui un prix exorbitant. [Enc. 
les g. du m. ] 
; Heinecken, Dictionnaire des Artistes, etc. 

BALEN OU BALliEN ( Henri Van ) , peintre 
l'histoire, né à Anvers en 1560, mourut dans 
;ette ville en 1632. Il voyagea en Italie, où l'étude 
Ile l'antique et des grands maîtres épura son 
içoût et perfectionna ses talents. H est regardé 
i;omme un des meilleurs peintres flamands : ses 
:;ompositions sont belles et habilement ordonnées; 
ses tableaux sont harmonieux et d'un excellent 
ton. Il fut le premier maître du célèbre Van-Dyck. 
■Les ouvrages de "Van-Balen sont en grand nom- 
;bre. Ses principaux tableaux sont : le Festin 
des Dieux; le Jugement de Paris, et un Saint 
Jean prêchant dans le désert, qui orne la 
chapelle Notre-Dame d'Anvers. On remarque 
aussi dans cette église une Sainte Famille, peinte 
par Balen. On a vu au Musée de Paris deux ta- 
bleaux de ce peintre; l'un représentant Abraham 
\renvoyant Agar et son fils Ismaël; l'autre, 
une Sainte Famille dans le désert, servie par 
lies anges. 

I Descamps, fie des Peintres flamands. 

s :6ALen { Matthias ), historien flamand, né en 
il6ll à Dordrecht , mort en 1680. Il se livra d'a- 
jbord à la poésie, et passa ensuite le reste de sa 
'vie à recueillir des matériaux sur l'histoire de 
sa ville natale. Ce travail parut en flamand, sous 



S78 



le titre : la Description de Dordrecht , conte- 
nant son origine, ses accroissements et son état 
présent , avec la généalogie des principales fa- 
milles, etc.; Dordrecht, 1677, 2 vol. in-4°. 

Barbier, Examen critique. — Paquot, Mémoires pour 
servir à l'Histoire littéraire des Pays-Bas, in-fol., 1. 1, 
p. 358. 

* balënena ( Bernard de ), poète espagnol, 
natif de Valdepenas, vivait vers 1625. Il est 
connu pour quelques œuvres, entre autres pour 
un poème héroïque intitulé Bernard, ou la 
victoire de Roncevaux. 

Rose, New Biographical Dictionary. 
bales { Pierre ) , calligraphe anglais , né en 
1547, mort en 1610. Il se rendit célèbre par son 
talent dansl'art d'écrire en petit. On rapporte qu'il 
a écrit d'une manière lisible , sur une place de 
l'étendue d'une pièce de six hards, le Pater, le 
Credo, les dix Commandements de Dieu, une 
Prière en latin, son nom, une devise et la 
date, le tout enchâssé dans une bague d'or, 
qu'il présenta à la reine d'Angleterre en présence 
de sa cour et de beaucoup d'ambassadeurs étran- 
gers. H était aussi très-habile à imiter des ma- 
nuscrits , et fut employé par Walsingham , se- 
crétaire d'État , pour certaines opérations diplo- 
matiques, n publia en 1597 son Maître d'écri- 
ture, en trois parties in-4" : dans la première, il 
enseigne à écrire vite , dans la seconde à écrire 
correctement ; et la ti'oisième est destinée à la 
calligraphie. Son Alphabet linéal était une es- 
pèce d'écriture cunéiforme : toutes les lettres 
étaient représentées par de simple? .lignes ou 
traits dirigés en différents sens. 

Biographia Britannica. 

BALESDENS ( Jean ), éditeur français, né à 
Paris vers la fin du seizième siècle, mort le 
27 octobre 1675. Il fut reçu membre de l'Acadé- 
mie par l'influence du chancelier Séguier, dont 
il était secrétaire. Compétiteur avec Corneille, il 
écrivit à l'Académie pour la prier de faire atten- 
tion à son peu de mérite et à l'éminente supériorité 
de son conclurent. On lui sut gré de cet acte de 
modestie , et il fut nommé deux ans après. H a 
très-peu écrit, et s'est borné aux fonctions d'é- 
diteur. On a de lui : les éditions de la plupart 
des écrits de Savonarole ; des Elogia de Jean-Pa- 
pire Masson , avec une vie de l'auteur ; Paris, 
1638, 2 vol. in-S" ; du Traité de Veau-de-vie de 
Brouaut;du Chartiludium logicœ, jeu de cartes 
pour enseigner la logique de Thomas Murner ; 
des Œuvres spirituelles de saint Grégoire de 
Tours; des Épîtres de sainte Catherine de 
Sienne ; — une traduction des Fables d'Ésope, 
et d'autres travaux moins importants. 

Le Bas, Encyclopédie de la France. 

BALESTRA (Antonio), peintre et graveur, né 
à Vérone en 1666, mort le 2 avril 1740 (1). A la 
mort de son père , il se trouva forcé d'embrasser 
pendant quelque temps la carrière du commerce; 
mais bientôt sa vocation l'emporta : à vingt et 

(1) Guarini le fait mourir vers 174*, et Orjandl en 173^. 



279 



BALESTRA — 



un ans il partit pour Venise, et entra dans l'ate- 
lier d'un habile coloriste, le Bellucci. Sous sa 
direction, il étudia pendant trois années les 
grands maîtres de l'école vénitienne, et puisa 
dans leurs œuvres la magie des couleurs et l'in- 
telligence du clair-obscur. Il passa ensuite quel- 
que temps à Bologne, et se rendit à Rome, où, 
sous Carlo Maratta , il s'imbut des grands prin- 
cipes et du goût de Raphaël et des Carrache. 
Après quatre années d'études suivies dans la ca- 
pitale des arts, Balestra voulut aussi voir à Na- 
ples les œuvres des Lanfranc , des Luca Gior- 
dano, et des SoUmène. 

De retour de ce dernier voyage, il se présenta, 
en 1694, dans l'arène ouverte à Rome par l'Aca- 
démie de Saint-Luc. Le sujet du concours était 
la Défaite des Géants. Le prix fut adjugé una- 
nimement au dessin du Balestra. Plus tard, cette 
même académie l'admit au nombre de ses mem- 
bres. En 1695, il quitta Rome pour se rendre de 
nouveau à Venise , et de là dans sa patrie, où il 
ouvrit une école qui fut très-suivie. Il compta 
parmi ses élèves Michel-Angelo Prunati, Gio- 
vanni Bettino Cignaroli, Pecchio, Pietro Ro- 
tari, G.-B. Mariotti , Giuseppe Nogari, Pietro 
Longhi', Angelo Venturini , Carlo Salis, etc. 

Les ouvrages du Balestra sont nombreux dans 
les États vénitiens ; il suffira de citer les prin- 
cipaux : le tableau d'autel de la chapelle Saint- 
Antoine dans la cathédrale de Vérone; ime 
Sainte Thérèse dans celle de Bergame; une 
Vierge immaculée dans celle de Mantoue , enfin 
deux sujets tù-és de la Vie de saint Came et 
saint Damien, à Sainte-Justine de Padoue. Son 
portrait peint par lui-même figure dans la collec- 
tion iconogi-aphique de la galerie de Florence. 
Véritable éclectique, Balestra s'était formé un 
genre qui avait emprunté à toutes les écoles, 
mais qui tient moins peut-êti-e de l'école véni- 
tienne que de toute autre. Habile dessinateur, 
bon coloriste, peiuti-e studieux et réfléchi, Ba- 
lestra conserva jusqu'à sa mort sa vigueur de 
main et d'esprit , et fut un des derniers artistes 
qui aient honoré l'école vénitienne. 

Le Balestra fut aussi un habile graveur à 
l'eau-forte ; on connaît de lui plusieurs pièees fort 
recherchées, telles que les Trois Anges chez 
Abraham ; — la Vierge ; — l'Enfant Jésus et 
saint Jean;— deux Guerriers; — \& Portrait 
de l'architecte San-Micheli, etc. Il faut se gar- 
der de confondre les œuvres d'Antonio Balestra 
avec celles de Giovanni Balestra, graveur au burin . 
Ernest Breton. 
rozzo, le fite de' Pittori, degli ScuUori e degli Archi- 
tetti lyeronesi, 1718. — Zannettl, délia Pittura vene- 
ziana, 1771. — Oretti, Memorie. — Lanzi, Storia délia 
Piltura. — Malvasia, Pitture, Sculture ed Architecture 
de Bologna. — Tlcozzi, DizionaHo dei Pittori. — Or- 
landi, Abecedario Pittorico. — D'Argenville, f^ie des 
Peintres italiens. — Ch. le Blanc, Manuel de l'Amateur 
d'estampes, 1850. 

* BALESTRA (Joseph), chirurgien italien, 
natif de Lorette , vivait dans la seconde moitié 
du dix-septième siècle. On a de lui : gli Acci- 



BALESTRTNI 280 

denti del mal contagioso observati nel lazza- 
retto ail Isola; Rome, 1657, in-4°; — dei 
Culto e di miracoli delta B. Colomba, trad. 
en latin par Bollandus. 

Biographie médicale. — Acta Sanctoruvi, mois de mai, 
— MazzuchelU, Serittori d'Italia.—XàeUiBg, supplément 
à Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

* BALESTRA (Pietro), sculpteur, né à Sienne, 
vivait en 1692. On a de lui une bonne statue de 
Pie in, placée dans la cathédrale de Sienne. 

Romagnoli, Ceniii Storico-Artistici di Siena e suoi 
sxiburbii, 1840. 

* BALESTRA {Raimond) , compositeur ita- 
lien, vivait au commencement du dix-septlèrac 
siècle. J. B. Bonometti a inséré plusieurs psaumes •■ 
et motets de Balestra dans sa collection intitulée' 
Pamassus musicus Ferdinandœus, publiée en 
1615. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

*BALESTRiEBi (Dominique), poète italien, 
né à MUan le 16 avrU 1714, mort vers 1755. Il i 
étudia d'abord le droit, qu'il abandonna ensuite i 
pour s'adonner exclusivement à la poésie. Il ob- 
tint un grand succès, surtout par ses morceaux, 
écrits dans l'idiome populaire milanais. On a de ' 
lui : Ri7ne Milanese; Milan, 1744, in-4°; —ili 
Figliuolo prodigo ; ibid., 1748, in-8°. 

Mazzuchelli, Serittori d'Italia. 

*BALESTRiERi ( Hortetisius) , \ésmi& ita-i 
lien, vivait dans la première moitié du dix-hui- 
tième siècle. On a de lui : Esercizj spirituali di 
S. Ignazio; Y erùse, 1633, in-12; — Conside- 
razioni sopra i IV Novissimi; Venise, 1741, 
in-12. 

MazzuchelU, ScrUtori d'Italia. — Adelung, Suppic- 
ment à Jôcher, .4llgemeines Gelehrten-Lexicon.- 

* BALESTRiERi ( Pierre- Jean ) , poète ita- 
lien, vivait dans la première moitié du dix-hui- 
tième siècle. On a de lui : V Arcade Favola 
Boschereccia; Parme, 1703 et 1713 ; — Le- 
zione sopra certe Poésie d'alcuni signori Par- 
migiani; Parme, 1717; — V Erasima , favola 
boschereccia; Parme, illQ ; — V Antimande 
favola boschereccia; Parme, 1726. 

Mazzuchelli, Serittori d'Italia. — Adelung, Supplé- 
ment à Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BALESTBiERo ( Giuseppe), peintre de i'é-' 
eole napolitaine, né à Messine en 1632, mort' 
en 1709. Il fut élève et copiste intelligent d'Agos- 
tino Scilla; il était bon dessinateur, et sans 
doute il eût fait honneur à son maître, s'il n'eût 
embrassé l'état ecclésiastique, et abandonné son 
art après avoir produit quelques bons tableaux^» 

E. B— N. 

Hackert, Memorie dei Pittori Messinesi, 1792. - 
Lanzi, Storia Pittorica. 

* BALESTRiNi ( Philippe ) , médecin et ana- 
tomiste italien , natif de Gênes, -vivait dans la 
première moitié du dix-huitième siècle. On a d( 
lui : La natomia moderna delV ossa , delk 
cartilagini, de' ligamenti, con curiose e dotti 
osservazioni del Kerliringio sulla sceletto del 
feto e una storia natomica del parto , con loi 



)8I 



BALESTRTNÎ — BALFOUR 



282 



'ifferenza degli ossi dopo la Nascita; Gênes, 

708 , m-8°. 

Mazzucbelli, Scrittori d'italia. — Adelung, Supplément 

Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon.— Biographie 

lédicale. 

BALETTi ( ^Zewa Riccoboni), connue sous le 
cm de Eose Baletti, cantatrice italienne, née à 
tuttgart en 1768. Au mois de novembre 1788, 
lie débuta au concert spirituel à Paris, et elle 
atra immédiatement après dans la troupe des 
iouffons du théâtre de Monsieur. Vers 1792, elle 
stourna à Stuttgart, où elle devint cantatrice de 
i cour du duc de Wurtemberg. 
Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

BALETTI (Gianetta-Roza-Benozzi), actrice 
aneaise attachée à la Comédie italienne, native 
e Toulouse, mourut en 1758. Ses parents 
taient Italiens. Elle prit au théâtre le nom de 
tylvia, et obtint pendant plus de quarante ans 
i faveur du public. 

! Cbaudon et Delancline, Nouveau Dictionnaire histo- 
Wque. 

' BAiiETTi (Joseph), surnommé Marijo, mari 
e la précédente, attaché au Théâtre-Italien, vi- 
àit dans la première moitié du dix-huitième 
jiècle. Il fut un de ceux que le régent fit venir à 
laris en 1716, pour y rétablir la Comédie ita- 
icnne. Il remplit avec succès les rôles d'amou- 
;eux. 

iChaudon et Delandlne, Dictionnaire historiqite. 
i BALET (Gauthier), médecin anglais, né en 
■529 à Portsham dans le Dorsetshire , mort le 
I mars 1592. Il fut professeur de médecine à 
(xford, et l'un des médecins ordinaires de la 
îeine Elisabeth. On a de lui : Traité de trois 
\ortes de poivre commun, 1358 ou 1588, in-8" ; 
- Petit Traité sur la conservation de la 
lue, publié d'abord in-12 ; réimprimé à Oxford 
a 1616 et en 1654, in-8°; — Directions pour 
% santé naturelle et artificielle, avec des 
emèdes pour toutes les maladies des yeux , 
,626, in-4''; — Explicatio Galeni de Potu con- 
alescentium et senum, etc. 

\ Biographia Britannica. 

\ *BAi.FE {Michel-Guillatime) , (x>mço?Mem 
Iriandais, né le 15 mai 1808 à Dublin. Il eut son 
lère et Horn pour premiers maîtres. Encore 
[infant, il se fit remai-quer par son intelligence 
nusicale. A sept ans il exécuta en pubUc un 
îoncerto de Viotti; à seize, il remplissait à 
Liondres le rôle du chasseur dans le Frey- 
chiitz. Quelque temps après , le jevme artiste 
dirigeait, en qualité de chef d'orchestre, ceux 
qu'il surpassait déjà par la maturité du talent. E: 
îerendità Rome en 1825 ; et, l'année suivante, il 
[écrivit le ballet de La Pérouse, pour le théâtre 
le la Scala ; mais laissant, cette fois, la compo- 
sition pour le théâtre lui-même, il débuta aux Ita- 
liens de Paris sous le nom de Balfi, et remplit avec 
5uccès les rôles de Figaro, de Dandini, du Po- 
desta, de X>. Giovanni. Il revint bientôt à ce qiii 
'était sa vocation et se remit à composer. Cependant 
il remplit encore en 1846 les fonctions de direc- 



teur de l'orchestre de l'opéra de Londres. JLa 
manière de ce maître a, de la grâce ; elle se rap- 
proche de la musique française, comme le carac- 
tère irlandais lui-même de celui de nos compa- 
triotes : souvent même Balte cherche à imiter 
nos compositeurs, Auber en particulier. Cette 
observation s'applique surtout au Puits d'A- 
mour et aux Quatre fils Aymon , opéras exé- 
cutés à Paris. Les œuvres deBalfe sont : i Rivali, 
1830; — Uno avvertimento , 1832; — Enrico 
IV, 1834; — l'Assedio di la Rochelle, 1835 ;— 
Manon Lescaut 1836; pour M™* Malibran, 
opéra auquel cette grande artiste fit un succès 
de vogue; — /. Grey, 1837; — la Dame 
voilée, et FalstafJ, 1838; — Jeanne d'Arc, 
1839; — Keolanthe, 1840;— la Gypsy, 1844; 
le Puits d'Amour et les Quatre fils Aymon , 
exécutés à Paris en 1843 ; — l'Étoile de Sé- 
ville, opéra représenté en 1846, avec peu de 
succès, à l'Opéra de Paris, quoique interprété 
par Gardoni et M'"^ Stoltz; — the Bondman 
(le Serf), représenté à Londres, 1846 ; — le 
Mulâtre, Berlin, 1848. Enfin, il a publié à Lon- 
dres, en 1852, Indispensable studies for a so- 
prano voice, in-fol. V. R. 
Conversations-Lexicon. 

* BALFOtra (^Alexandre), écrivain écossais, 
né à Monkie ( Forfarshire ) en 1767, mort le 18 
septembre 1829. Il commença par être employé 
dans le commerce, où il déploya de grandes res- 
sources d'intelligence ; bientôt il fut à même de 
faire le négoce pour son propre compte ; mais la 
crise de 1815 le précipita dans le gouffre d'une 
banqueroute , et il se vit contraint de renoncer 
aux affaires. Comme il s'était exercé depuis 
longtemps à des travaux littéraires, il se fit écri- 
vain, et débuta en 1819 par une nouvelle inti- 
tulée Campbell, or the Scottish probationer. 
Il continua à doimer au Magasin d'Edimbourg 
des poèmes et des contes sur les mœurs écos- 
saises. On a de lui, en volumes : Contemplation, 
and other poems, 1820 ; — the Foundling of 
Glenthorn, or the Smuggler's cave ; — High- 
land Mary. — M. Moir a publié les œuvres 
choisies d'Alexandre Balfour, sous le titre de 
Weeds and Wild flowers. 

Chambers, Eminent Scotchmen. 

BALFOUR (André ), naturahste écossais , vi- 
vait au dix-septième siècle. Il était fort riche, et 
employa une grande partie de sa fortune à la 
fondation du jardin de botanique et du muséum 
d'Edimbourg, où jusqu'alors (1580) on s'était à 
peine occupé de l'étude des végétaux. Robert 
Brown, voulant tirer son nom de l'oubli, lui a 
dédié un genre de plantes (balfouria) delà 
famille des apocynées, qui ne comprend qu'une 
seule espèce, originaire de la Nouvelle-Hollande. 

Biographie médicale. 

* BALFOUR (François ), médecin anglais, né 
à Edimbourg dans la seconde moitié du dix- 
huitième siècle. Sa mort n'est pas constatée. H 
ejcerça longtemps à Calcutta, et a laissé des ou- 



283 



BALFOUR — BALGUERIE 



284 



vrages pleins de notes curieuses, basées sur sa 
méthode expérimentale et justifiées par les faits. 
On a de lui : On the influence qf the moon in 
fevers; Calcutta, 1784, in-8° ; Edimbourg, 1785, 
in-S", et Londres, 1815. Il existe une traauction 
allemande par Lautli, Strasbourg, 1786, in-8°; 
—the Forms o/Herhren ,• Calcutta, 1785,in-4° ; 

— Mémorial presented to the East India Com- 
pany , coynparing his own practice in mali- 
gnant, bilimis, yellow, etc., fevers, ivlth that of 
other doctors in the East; Londres, 1790, in-S"; 

— Onputrid intestinal remitting fevers, etc.; 
Edimbourg et Calcutta, 1792, in-8°; tiaduction 
allemande à Bresiau et HirscUberg, 1792, in-8° ; 

— On sublunar influence in fevers; Calcutta, 
1795, in-8°; réimprimé en 1811 et en 1815. 

Miatic Researches. — Transactions of the royal So- 
ciety o/Edinburgh ; — Rose.JVew Biographiccfl Dictio- 
narif. 

BALFOUR ( Jacques ), de Pittendreich, juris- 
consulte écossais, mort en 1583. D'abord des- 
tiné à l'Église , il se livi'a ensuite à l'étude des 
lois. Plus tard il embrassa les doctrines de la 
réformation, et se montra partisan de Jean Knox. 
En 1547 il fut fait prisonnier en même temps que 
ce sectaire, lors de la prise du château de Saint-An- 
dré par les Français, auxiliaires du cardinal Bea- 
toun, et fut transporté en France. La paix de 1 J49 
le rendit à son pays ; mais, à dater de ce moment, 
on le voit passer tour à tour d'une croyance à 
l'autre, et d'un parti à un parti opposé. C'est ainsi 
qu'il se déclara revenu au catholicisme. Ré- 
compensé par un archidiaconat, il sévit contre 
ceux qu'il appelle des hérétiques, en particulier 
contre un vieux prêtre appelé Walter Mylne. 
En 1559, Balfourprit parti pour la reine régente, 
lors de la guerre civile qui éclata cette année. A 
l'arrivée de la jeune reine, en 1561, il fut 
nommé lord de la session (lord of session). 
Il présida ensuite la cour des commissaires d'E- 
dimbourg, et devint, le 5 juillet 1565, membre du 
conseil privé de la reine. 11 suivit en même temps 
le barreau. H se trouva avec la reine à Holy- 
Rood , dans la nuit de l'assassinat de Rizzio, 
dont Daxulcy l'accusa d'être complice; ce qui fe- 
rait croire à sa culpabilité, c'est qu'il fut comblé 
de nouveaux honneurs. Il prit part ensuite 
avec Lesly , évêque de Ross , à une compilation 
des actes du parlement depuis 1424 jusqu'en 
1664 , destinée à devenir le code du pays. Ce 
travail fut fait avec beaucoup de précipita- 
tion , et Balfour s'y consacra avec ardeur. Mal- 
heiu'eusement il rentra de nouveau dans cette 
can-ière d'intrigues et de sang , pour laquelle il 
garaissait particulièrement fait. L'accusation, 
dirigée contre lui à l'occasion du meurtre de Riz- 
zio, le poussa à se joindre aux ennemis de Darn- 
ley. On le voit ensuite négocier avecle régentMur- 
ray ; et ce qui l'accuse formellement, c'est qu'il 
range , parmi les conditions de reddition d'une 
forteresse, qu'il ne pourra être recherché pour 
le meurtre de Darnley. 11 s'associa en même temps 



à la protection que Murray accorda à la réforme. 
Ce qui mérite d'être cité à son avantage, c'est 
qu'il paya de sa personne à la bataille de Lang- 
side en mai 1568. A la fin de cette année, il fit 
des efforts pour faire avorter l'enquête ordonnée 
par Elisabeth au sujet du meurtre de Darnley. 
Emprisonné pour cette conduite par lord Lennox, 
et accusé de meurtre , il recouvra sa liberté, 
mais perdit sa place de président de session. Il 
échappa aussi plusieurs fois aux accusations di- 
rigées contre lui à l'occasion de ce meurtre. Deux 
fois il se réfugia en France. On sait que cette ac- 
cusation tourna ensuitecontre Morton lui-même, 
qui, reconnu coupable du meurtre de Darnley , 
eut la tête tranchée. Balfour contribua à ce 
résultat. Il intrigua ainsi jusqu'à la fin. On peut 
le considérer comme le type de cette incons- 
tance et de cette souplesse politique, que d'autres 
temps ont vu se reproduire. On a de lui : Prac- 
tickof the Law, recueil estimé, 1574, entrepris 
par ordre du régent d'Ecosse. A'. R. 

Penny Cyclopœdia. —Knox, ïlistory of the Itefor- 
mation, — Goodal, Préface to Balfours Praclicks. — 
KeiUis, History ofthe Re/ormation. 

* BALFOUR (Jacques), jurisconsulte et phi- 
losophe écossais, né le 14 novembre 1730, mort 
le 6 mars 1795. Après avoir été proposé poun 
une chaire de législation vacante à l'université; 
de Cambridge et avoir rempli les fonctions de 
substitut de shériff pour le comité d'Edimbourg, 
il se livra à l'étude des matières philosophiques. 
On a de lui, outre les écrits destinés à combat- 
tre les doctrines d'Hume, un ouvrage intitulé 
Philosophical Essays, pubhévers 1764. 

Penny Cyclopœdia. 

* BALFOUR {Robert), philosophe écossais, 
vivait au dix-septième siècle. Morhof en parle 
comme d'un célèbre commentateur d'Aristote. 
Dempster l'appelle le phénix de son siècle, un 
philosophe connaissant à fond les langues mortes, 
un mathématicien consommé. On trouve la liste' 
de ses ouvrages dans le travail du docteur Ir-ii 
ving. 

Irving, Lives of ScoitisJt poètes. 
BALGUEBIE - STUTTEMBERG, industriel' 

français, né à Bordeaux en 1779, mort à Ba- 
gnères le 25 août 1825. Il entra de bonne heure 
dans la carrière commerciale , qui était celle de 
son père. Au retour de la paix en 1814, il fit, 
l'un des premiers, paraître dans les ports de 
l'Inde et de la Chine le pavillon français, qui 
avait cessé de s'y montrer depuis si longtemps. 
Ce fut lui aussi qui forma ces associations de ca- 
pitalistes qui achevèrent si promptement le pont 
de Bordeaux, celui de Libourne, ceux de Mois- 
sac, d'Agen, d'Aiguillon, de Goësmont et de 
Bergerac. Bordeaux lui doit son entrepôt , sa 
banque, et plusieurs autres édifices industriels. 
Dans les derniers moments de sa vie, il était oc- 
cupé d'un vaste projet : U voulait, en défrichani 
les landes de la Guienne, réunir Bayonne à Bor- : 
deaux, et ouvrir ainsi à sa patrie de nouvelles! 



185 BALGUERIE 

oies de Gonununication. Une maladie de lan- 
ueur l'enleva avant qu'il eût pu réaliser cette 
«lie conception. 

Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France. 

BâLGUY (Jean ), savant théologien, né en 1686 
Sheffield dans le comté d'York, mort en 1748. 
l fut admis en 1702 au collège de Saint- Jean à 
îambridge , où il prit ses degrés en arts ; il se 
istinguasi avantageusement, que l'évêque Hoad- 
jy lui donna une prébende dans l'église de Sa- 
sbury ; et en 1729 il obtint le vicariat de Nor- 
ballerton, dans le comté d'York. Les plus re- 
narquables de ses écrits sont : une Lettre à un 
léiste sur la beauté et l'excellence des vertus 
mrales , 1726, in-8" ; — le Fondement de la 
'onté morale, ou recherche approfondie de 
'origine de nos idées delavertu,iTî8,m-BP; 
- Recherches sur les perfections morales de 
Dieu, particulièrement relativement à la 
Création et à la Providence, 1730,in-4°; — im 
^ssai sur la Rédemption, 1741,in-4°; — Sei^- 
nons sur différents sujets , 2 vol. in-8°. 

Biographia Britannica. 

BALGUY (Thomas), théologien anglais, fils 
lu précédent, né en 1716, mort en 1795. Il fut 
levé au collège de Saint- Jean à Cambridge, et 
I y prit ses degrés en théologie. Il fut ensuite 
■trébendaire de Winchester et archidiacre de ce 
liocèse en 1781 ; il refusa l'évêché de Glocester. 
j)n a de lui : un Jûiscours sur le çfouverne- 
nent de l'Église, in-4° ; — deux Discours sur 
es devoirs respectifs des ministres et des 
Mêles, Jn-4'' ; — Exhortation de l'archidiacre 
je Winchester, in-4''; — ime Notice sur le 
focteur P/IoweZZ , principal du collège de Saint- 
:ean, à la tête de ses sermons ; — la Bonté de 
f)ieu prouvée et vengée, in-8° ; — une Préface 
i\m Essai sur la rédemption, par son père, in-8°. 
ue recueil de ses discours et exhortation?, a été 
mprimé, in-8°. 

i Rose, Neio Biographical Oictionary. 
\ *BALHORN ou BALLHORN {Louis-Gtlil- 

i^aume), littérateur allemand, né dans le duché 
le Holstein au commencement du dix-huitième 
.jiècle, mort le 20 mai 1777 à Neustadt, où il de- 
ifint surintendant (èvèque protestant), après avoir 
exercé diverses charges éminentes dans l'ensei- 
gnement. Il fut membre et secrétaire de la Société 
latine d'Iéna. On a de lui : Spicilegium ad 
■Vorstii Latinitatem selectam, en 1752; — de 
Jena, literarum sede, ante conditam ibi Aca- 
demiam, oratio; léna, 1753, in-4° ; — De Diis 
Salvatoribus , 1753; — De scientia, summo 
Herilli bono, a Ciceronis et Lactantii ani- 
\madversionibus vindicanda; Altona, 1758, 
|in-4o ; — Pr. de institutionis Scholasticas ter- 
pinjs; Hanovre, 1760, in-4°; — Destudiis lit- 
ferarum illustribus apud veteres Romanos; 
léna, 1755, in-4° ; — De Minerva urbis Prad- 
side; Hanovre, 1761 , in-4° ; — De Peccatis di- 
ligentium, ihid., 1763, ia-4°; — Pr. de bono 
Mventu, veterum Deo, 1765, in-4'' ; — - Pr. de 



— BALIN 



286 



Libris quibusdam rarioribus, eorum maxi- 
me, qui Latinas litteras cura aut cogita- 
tione dignis prol., I, IV, 1766, 1767, 1770, 
in-4° ; — Pr. de usurpatis guibusdam Latinse 
lingux exercitationibus comparandee verss 
ejus facultati noxiis , 1772, in-4''. Enfin, un 
ouwage musical, intitulé De Phonascis ve- 
terum, vocis formandas conservandœque ma- 
gistris ; Altona et Hanovre, 1762, in-4°. 

Meusel, Gelehrtens Deutschlund. — Adelung, Supplé- 
ment à Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BALiAivos {Jean-Baptiste), physicien et 
mathématicien italien, mort en 1666. On a de 
lui divers ouvrages écrits à des époques et dans 
des localités différentes : De tempestate maris ; 

— De motu animalium ; — An detur vacuum ; 

— De ambitu terrée ; — Qua ratione gravia 
descendant; — De trochlea ; — De Trirème mo- 
venda velocius ; — De Cxirru commodiori ; — 
De Forma metiendi latera insequalia; — De 
Linea; — De solari horologio ; — De Vi- 
sione ; — De Coloribus ex vitreo organo 
ortis. 

Oldoin, Athenxum Ligusticum. — Soprani, J'crittor» 
liguri. — Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BALicouRT [Marguerite-Thérèse ) , célèbre 
comédienne , née vers le commencement du dix- 
huitième siècle, morte le 4 août 1743. Elle dé- 
buta au Théâtre-Français le 29 septembre 1727, 
par le rôle de Cléopâtre. Ses débuts furent assez 
brillants pour qu'un mois après elle fût reçue 
sociétaire à part entière. L'année suivante, elle 
ressuscita par son talent la Médée deLongepierre, 
oubliée depuis trente- quatre ans. Tous les Mé- 
moires du temps attestent que mademoiselle Ba- 
licourt n'avait point encore joué de rôle où elle 
eût fait paraître tant de talent , et qu'elle y pro- 
duisit un effet incroyable. Mademoiselle Clairon 
a cherché à détruire cette réputation par une 
seule ligne de ses Mémoires : elle prétend que 
cette actrice avait l'air roide et froid. Or, 
mademoiselle Clairon n'avait même pas quatorze 
ans quand mademoiselle Balicourt débuta. Son ju- 
gement est donc, au moins , prématwé ; il vaut 
mieux s'en référer à celui des contemporains. 

P.-l). Lemazurier, Galerie historique des Acteurs 
français. 

* BALIENTB ( Joseph-Hippolytc ) , linguiste 
espagnol, du dix-huitième siècle. On a de lui : 
Alfabeto, o nueba qoloqazion de las letnis 
qonozidasen nuestro idioma qastellano, para 
qonseguir unaperfetta qorrespcmdenzia entre 
la esqritura a prdmtnziazion ; 1731. in-4°. 
Le titre de cet ouvrage donne une idée du sys- 
tème de l'auteur : faire accorder l'orthographe 
et la prononciation. De nos jours , M. Marie a 
renouvelé sans la connaître peut-êti'e cette idée, 
que l'origine des langues ne permettra jamais 
d'admettre. 

Supplément à Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BALIN (Jean), prêtre et historien, né à Vé- 
soul vers 1570, mort à Wesel , dans la première 
moitié du dix-septième siècle. Il fut aumônier 



2S7 



BALIN 



de régiment et témoin des événements de la 
guerre de Flandre, qui se termina par la paix de 
1608. Il en publia l'histoire sous ce titre : De 
Bello Beîgicosub auspiciis Ambrosii Spinolse ; 
Bruxelles, 1609, in-8°. On a aussi de lui : De 
clivœ Magdalenas gestis , ubi et ejus navigatio 
in Provinciam , et pœnitentias locus descri- 
Mr^tur ; Paris, 1607, Il le publia la même année 
en français , sous le titre de Poëme héroïque de 
Sainte Madeleine. 

Foppens , Bibliotlieca Belgica. 
BALiNGHEDi {Antoine n^) , jésuite et théo- 
logien, né en 1571 à Saint-Omer, mort à Lille le 
24 janvier 1630. H fut professeur dans divers 
collèges, et se livraparticiJièrement à l'éducation. 
Outre un grand nombre d'écrits traduits de l'ita- 
lien et de l'espagnol, cités par Paquot , on a de 
lui : les Plaisirs spirituels contre-quarrez aux 
sensuels du quaresme-prenant ; Douai, 1627, 
in-12;livre très-rare; —les Après-dîners et 
Propos de table contre l'excès au boire et au 
manger, pour vivre longuement; Lille, 1615, 
petit in-S"; — ZwenaiSeta, seu morum a brutis 
petita Institutio, ordine alphabetico tum 
virtutum tum vitiorum; Saint-Omer, 1621, 
petit in-8° ; livi-e singulier, qui paraît avoir donné 
au P. Leroy l'idée de celui qu'il a intitulé la 
Vertu enseignée par les oiseaux ; Liège, 1653, 
in-S" ; — Scrtptura sacra in locos communes 
morum et exemplortim digesta; Douai , 163 , 
2 vol. in-fol. 

Paquot, Mémoires pour servir à l'Histoire liUcrniro 
des Pays-Bas, t. 11, p. 145, in-i2. 

BALIOL. Voy. Bailleul. 

*.BAL,lSTA, Romain, préfet des prétoriens , 
mort vers l'an 264. Déjà préfet du prétoire sous 
Valérien, il se fit remarquer par la vigueur 
avec laquelle il sut organiser la discipline dans 
l'armée, qui le choisit pour son chef lorsque 
Valérien tomba, en 260, aux mains des Perses. 
H combattit courageusement contre ces derniers 
en Cilicie et en Lycaonie. Il fut un de ceux qui 
déterminèrent Macrien et ses deux fils à prendre 
la pourpre , et il continua de remplir sous le 
premier ses fonctions de préfet. Il revêtit enfin 
à son tour la pourpre lorsque Macrien et son 
fils furent vaincus par Auréole. On présume qu'il 
fut tué par un soldat d'Odénat, lorsque ce roi de 
Palmyre marcha contre les troupes romaines. 

Trébellius l'ollion^ies Trente Tyrans, XVII. — Pauly, 
Real Encyclopœdie. 

*BAHSTA (Quintilius) , théologien italien, 

mort en 1703. On a de lui : Qusestiones de qffi- 

ciis; Roveredo, 1698, in-fol.; et Padoue, 1703, 

in-fol. 

Adelung.Suppl. àJôcher, Allgetn. Gelehrten-Lexicon, 

BALïVET {Claude- François), magistrat 
français, néàGray en 1754, mort le 19 avril 1813. 
Il fut envoyé comme député à la convention par 
le département de la Haute-Saône. Il siégea 
parmi les membres qui formaient la Plaine. 
Dans le procès de Louis XVI, il vota pour la 



- BALL 288 

réclusion et le bannissement à la paix. Après la 
session conventionnelle, il entra au conseil des 
anciens, et en fut nommé secrétaire au mois de 
septembre 1798; il en sortit bientôt, et ne fit 
plus partie d'aucun corps législatif; mais il fut 
nontuné commissaire du Directoire- près de l'ad- 
ministration centrale de son département. Au 
18 brumaire, Q résigna ces fonctions et se retira 
à la campagne. 

Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France. 

* BALK {Daniel-George ), publiciste allemand, 
né à Kœnigsberg en 1764, mort à Tver. 11 était 
professeur de médecine à l'université de Dor- 
pat, et directeur de l'institut médico-clinical. Ce- 
pendant il n'a laissé que des travaux politiques 
et littéraires, entre autres : Was xoar Kurland, 
undwas kann esjetzt unter Katharina's Scep- 
ter îoerden (Ce qu'était la Courlande, et ce 
qu'elle peut devenir sous le sceptre de Cathe- 
rine ) ; Mittau , 1795 ; — Menschengrôsse { Gran- 
deur humaine), poëme didactique ; — et quelques 
autres poésies. 

Rose, New Biographical Dictionary. ■: 

BALK {Éverard), jurisconsulte hollandais, 
natif de Deventer, vivait dans la seconde moitié 
du seizième siècle. Il professa d'abord le droit 
à Bourges, puis à Harderwyck. On a de lui, 
entre autres ouvrages : Electa Juris ; Harder- 
wyck, 1529. — De Intellectu; liv. 5, ad cod. 
adL.-J. Majestat.; 1622. 

Chaudon et Delandinc, Nouveau Dictionnaire fUs- 

torique. 

BALL ou BALÉE {Jean), prêtre anglais, hé- 
résiarque, vivait vers la fin du quatorzième siècle, 
et fut exécuté en 1381 . Les biographes anglais nient 
qu'il ait été disciple de "Wiclef. Ce qu'il y a de 
certain, c'est qu'il devint le chef de l'insurrection 
de 1384, qui menaça très-sérieusement l'autorité 
de Richard H. Il s'était rendu populaire en prê- 
chant l'égalité et le bonheur commun, en soute- 
nant que la division des sociétés par classes et 
la distribution inégale des richesses étaient l'uni- 
vre d'honmies qui voulaient s'emparer de toute 
la somme d'autorité et de bien-être, et dominer 
les autres. Les vers suivants servirent un jour 
de thème à un discours prononcé devant des 
milliers de campagnards : 

When Adam delvcd and Eve span, 
Who was then the gentleman. 

C'était surtout contre le clergé qu'il dirigeait ses 
attaques. Les évêques le firent emprisonner. On 
vit bientôt ses partisans, au nombre de 100,000, 
se ruer sur Londres , briser les portes des pri- 
sons , et délivrer celui qu'ils appelaient leur mes- 
sie. Richard II, voyant son autorité débordée , 
se vit obligé de traiter avec la l'ébellion. On lui 
livra l'archevêque de Cantorbéry, le chancelier 
et le grand trésorier, qui furent mis en pièces. 
Cette insurrection dura deux années. Les soldats 
anglais , qu'elle avait d'abord effrayés , vinrent 
à bout de la maîtriser. Jean Bail fut pris de 



289 BALL - 

nouveau ; on lui fit son procès , et il fut exécuté 
à Conventry. 

tlose, Neio Biographical Dictionary. 

BALL ou BALÉE ( Jean ), théologien puritain, 
né en 1585 à Cassingtou ( Oxfordshire ), mort en 
1640. Il étudia à l'université d'Oxford, et remplit 
les fonctions de pasteur et de maître d'école dans 
un petit village du comté de Stafford. On a de 
lui : A short treatise containing iall the prin- 
cipal grounds ofthe Chrisiiayi religion ; 1630 : 
ce livre a eu un grand nombre d'éditions, et a 
été traduit même en langue turque; — Treatise 
on faith; in-4°, 1631 et 1637; et une foule 
d'autres traités sur les motifs de séparation, 
le pouvoir de la piété , la méditation théolo- 
gique, etc. 

Samuel Clark, Biograph. 

* BALLA {^Joseph-François ) , magistrat fran- 
çais, né à Valleraugue (département du Gard) 
le 25 juillet 1737, mort le 8 septembre 1806. 
Avant la révolution, Balla était juge royal à Val- 
leraugue. En 1792, il fut nommé membre delà 
convention nationale par les électeurs du dépar- 
tement du Gard. Appelé à se prononcer sur le 
sort de Louis XVI, il vota pour l'appel au peu- 
ple, pour la réclusion pendant la guerre et le ban- 
nissement après la paix. A la mort de Louis XVI, 
il quitta Paris, et se retira dans une petite pro- 
priété (la Bovie) située sur la commune de la 
Rouvière , canton de Valleraugue. Sous le con- 
sulat, il fut nommé (11 juin 1800) président 
du tribunal civil^du Vigan, emploi qu'il conserva 
jusqu'à sa mort. On a de lui : Opinion du ci- 
toyen Balla, député du département du 
Gard , sur le ci-devant roi ; imprimée par or- 
dre de la convention nationale , de l'impri- 
merie de la citoyenne Fourougue; br. de huit 
pages in-8°. Angliviel. 

Moniteur. — Registre de l'état civil, etc. 

* BALLA ( Philibert ) , jésuite italien , né le 
2 février 1703 aux environs d'Asti, mort vers 
1770. Il enseigna la philosophie et la théologie 
à Crémone , puis à Turin. On a de lui : Notizie 
istoriche di San Sayina, vescovo e martire; 
Turin, 1750, in-8°; — Risposta aile lettere 
teologico-morale scritte dal P. N. N., sotto 
nomed'Eusebio Framiste, etc.; Modène, 1754, 
in-8°. 

MazzuchelU, Scrittorid'ltalia. — Adelung, Supplément 
à Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BALLABÈNE (Grcp'oire ), compositeur italien, 
né à Rome en 1730, mort dans la même ville en 
1800. « Il s'est fait connaître du monde musical , 
dit Fétis, par une messe composée du Kyrie et 
du Gloria, à quarante-huit voix, divisée en 
douze chœurs , chef-d'œuvre de patience et de 
savoir. La cour de Portugal ayant fait demander 
à Pasquale , par son ambassadeur à Rome , un 
Dixit à seize voix en quatre chœurs réels, ce 
Dixit fut essayé dans l'égUse des Douze- Apôtres 
par cent cinquante chanteurs ; et on profita de 
1 cette occasion pour essayer aussi l'ouvrage de 

I HOVV. BIOGR. BNIVEHS. — T. IV. 



BALLAN 290 

Ballabène , dont l'effet parut incertain , inconvé- 
nient inévitable dans des compositions si compli- 
quées. L'abbé Santini possédait en manuscrit un 
Dixit à seize voix de Ballabène, un auti-e Dixit 
à huit , des messes et des motets à cinq , la Sé- 
quence de saint Augustin à quatre, et un Amen 
à quatre. 

L'abbé Baloi, Memorie délia Vita di G. Pierluigi de 
Palestrina ; — P. MarUni, Approvaiione ragionata. — 
Fétis , Biographie universelle des Musiciens. 

* BALLAi>ORi ( Jérôme ), théologien et poète 
italien, né à Crémone en 1619, mort le 29 août 

1683. On a de lui : il Traficante céleste, Oceano 
diSantità; Crémone, 1674, iQ-4°; — Ristretto 
délia vita e morte del Benedict. Viani; Milan, 

1684, in-12. 

Mazzuchelli, 5criMond7toZia. — Adelung, Supplément 
à Jôcher, Jllgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BALLAiNi {Jean), franciscain napohtain, 
vivait dans la deuxième moitié du seizième 
siècle. Wadding, Coppi et d'autres le nomment 
inexactement Balanio. H fut directeur des étu- 
des à Venise. On a de lui : Pet. Talareti , in 
physicam ,metaphysicam et ethicam Aristote- 
Zis, etc.; Venise, 1571, in-4°; — Sententiee 
S. Bonaventurœ libri IV, emendati et expu- 
gnati; Venise, 1573, in-4'', 4 vol. ; — Index ge^ 
neralis in IV libros Sententiarum S. Bona- 
vent^lrœ ;MA., 1573, 1580, in-fol. ; — Expo- 
sitio S. Bonaventwas in lib7-i Sapientise et 
Lament. Hieremise, cum addition, i'ihid., 1574; 
— Summa Alexandri Alensis ; ibid., 1576, 
in-foI., 4 vol. 

Mazzuchelli, Scrittori d'italia. 

* BALLAiNViLLERS ( le baron de), ancien 
intendant de Languedoc, depuis conseiller d'État, 
né en 1760, mort le 24 septembre 1835. Au 
commencement de la révolution il embrassa le 
parti de la cour, fut chargé par Louis XVI de 
plusieurs missions secrètes , et devint , pendant 
l'émigration , ; intendant général de l'armée des 
princes. Rentré en France après le 28 vendé- 
miaire an IX. il y vécut dans la retraitet-jusqu'au 
retour des Bourbons. Nommé alors conseiller 
d'État et chancelier du conseil de Monsieur ( le 
comte d'Artois ) , il présida provisoirement le 
conseil des ministres pendant une absence du 
président titulaire. On a de lui : Traduction des 
Odes et de l'Art poétique d'Horace , en vers 
français, par M. de ***; Paris, 1812 , in-12; — 
Montaigne aux Champs-Elysées, dialogue en 
vers, et les Soirées de Campagne, conte en 
vers; Paris, 1822, in-8°; — Discours sur Jac- 
ques- Auguste de Thou, conseiller d'État; Paris, 
1824; — Œuvres diverses , précédées, d'une 
notice sur l'auteur; Paris, 1837, in-8". 

Le Bas, Encyclopédie de la France. — J.-M. Quérard, 
la Littérature française contemporaine, 1827-1840 ( suite 
de la France littéraire ), t. 1«'', p. 134. 

* BALLAN ou BALAN ( Antoine ) , général 
français, né à Pont-Beauvoisin (Isère) le 27 août 
1751, mort vers 1832. Nommé colonel d'un régi- 
ment à la bataille de Jemmapes, il commanda 

ÎO 



29 1 



BALLAN — BALLARD 



292 



en 1793 l'armée qui se trouvait daus les environs 
<^e Gui.<:e. Mis à la retraite après la campagne fie 
1796 en Italie, il se retira à Guise. 

1.C Bas , Dictioniiuirc cncijclopcdiquc de la Francr. 

itALLANCHE {Pierre-SiinoTi), littérateiu- et 
philosophe, né à Lyon en 1776, mort le 12 juin 
1847, à la fois grand écrivain et penseur profond, 
doué en quelque sorte d'un esprit prophétique 
qui lui fit deviner l'histoire et pressentir l'ave- 
nir social. C'est, en effet, sans grandes recher- 
ches et sans études archéologiques que Ballanche 
est parvenu à créer l'un des systèmes histori- 
ques où les traditions générales de l'humanité 
ont été le mieux comprises; c'est aussi sans 
chercher un point d'appui dans la métaphysique 
ou l'idéologie, et même dans l'observation de 
l'homme et des faits sociaux, qu'il a rattaché à 
ses vues historiques une conception sur les des- 
tinées futures de la société humaine, Ballanche , 
l'un des premiers, a senti et proclamé que l'épo- 
que au mOieu de laquelle nous vivons est une 
époque de transition à un ordre nouveau , une 
époque de rénovation sociale. Ch. Bonnet avait 
conçu l'idée de la palingénésie individuelle. Bal- 
lanche l'a transportée à l'espèce humaine , aux 
nations, aux formes politiques et sociales; et, 
pour son temps , il s'est considéré comme l'un 
des organes de la nouvelle parole d'initiation. 

C'est depuis une vingtaine d'années seulement 
que le nom de Ballanche a acquis de la célébrité. 
Cependant ses premiers travaux datent du com- 
mencement de ce siècle. Mais lui-même en s'y 
livrant n'avait pas prévu qu'ils seraient sitôt 
compris et deviendraient presque populaires, au 
moins dans leurs résultats généraux. Il a fallu 
pour cela le grand mouvement intellectuel et so- 
cial qui s'est fait depuis dix ans en France. 
Avouons aussi que la forme des écrits de Bal- 
lanche n'est point propre à les répandre , malgi'é 
un éclat et une majesté de style qui lui assignent 
un rang élevé parmi les prosateurs de l'époque. 
Bien différent de la plupart des hommes qui de 
nos jours sont arrivés à une brillante renommée,^ 
Ballanche a dé/laigné le bruit, et il a attendu la 
gloire , voulant la mériter par des travaux soli- 
des , destinés à répondre , non aux caprices de 
la mode ou du goût , mais aux sentiments les 
plus élevés et les plus profonds de l'humanité. 

La première édition de ses œuvi'es fut faite 
pour un cercle choisi, et n'entra point dans le 
commerce de la librairie. C'est encore un carac- 
tère propre aux travaux de Ballanche. 

Il publia d'abord Antigone, poëme historique ; 
puis un Essai sur les institutions sociales 
dans leur rapport avec les idées nouvelles. 
Dans ce livre , l'époque de la restauration était 
envisagée du point de vue élevé où la charte de 
1814 avait placé quelques hommes de bonne foi 
et de bonne volonté , en prétendant renouer la 
chaîne des temps, c'est-à-dire rattacher à la tra- 
dition nationale le développement nouveau de la 
société moderne. Ce n'est point la faute de ces 



hommes si l'esprit ancien n'a point compris l'es- 
prit nouveau , comme l'esprit nouveau lui-même 
comprenait le passé. 

Oiphéc est encore un \wm\a historique, mais 
d'une portée bien supérieure à celle A' Antigone, 
Orphée est l'exposition symbolique de la manière 
dont s'opère toute grande évolution sociale. Le 
poète a choisi la fondation de la civilisation grec- 
que , tout comme , lorsqu'il s'est agi de l'évolu- 
tion politique des diverses classes d'une même 
cité, il a choisi l'histoire romaine pour symbole 
général de la lutte des races et des intérêts. Les 
principes philosophiques de cette méthode sont 
développés, sous le titre de Palingénésie so- 
ciale , dans les prolégomènes généraux qui for- 
ment Yintroduction A' Orphée. 

Le dernier ouvrage publié par M. Ballanche 
est la Vision d'Hébal, chef d'un clan écossais. 
Hébal, doué de seconde vue, saisit dans un éclair 
de sa pensée toute l'évolution historique de l'hu- 
manité. Ce livre, très-sommaire, est le résumé 
de la philosophie de Ballanche; mais il est em- 
preint d'une couleur mystique qui en rend l'in- 
telligence fort difficile. 

Ballanche a laissé un des noms les plus purs de 
notre époque. Sa vie s'écoula dans mie retraite 
contemplative, et dans la culture assidue et tou- 
chante de quelques amitiés de choix, à la tête des- 
quelles se trouvaient Chateaubriand et madame 
Récamier. [Enc. des g. du m. avec addit.] 

M. de Loraénie , Galerie des Contemporains. — Dic- 
tionnaire de la Conversation. 

* BALLANTi {Jcan-Baptiste), sculpteur ita- 
hen, né à Faenza en 1763, mort en 1835. Il a 
fait un grand nombre de statues de saints et de 
sujets religieux pour les diverses églises des pro- 
vinces d'Italie. 

T\fa\à.o , Biographia degli Italiani illustri,clc.,l\, 

315-318. 

B4Li,ARD , famille d'imprimeurs de musique 
qui, pendant près de deux siècles , eut le pri- 
vilège d'imprimer des livres de musique en 
France. Les caractères dont ils se servaient 
avaient été gravés en 1540 parGnillaumeLe Bé ; 
en 1750 ils s'en servaient «ncore, après y avoir 
ajouté seulem.ent quelques signes devenus indis- 
pensables. Chaque fois qu'un typographe voulait 
introduire quelque perfectionnement dans cette 
partie de l'art, les Ballard s'y opposèrent, en 
vertu de leurs privilèges ; et la cour soutint leurs 
prétentions. 

I. BALLARD ( Booert ) , fut pourvu de la 
charge de seul imprimeur de la musique de 
la chambre, chapelle et menus plaisirs du roi, 
conjointement avec Adrien Le Roy, son beau- 
frère, par lettres patentes de Henri II, en date du 
6 février 1552. Charles IX confirma leur privi- 
lège. Ils imprimèrent, en société, le livre de Ta- 
blature de Guiterne (guitare ) d'Adrien Le Roy, 
in-4°, 1561 ; — Psaumes de David, en vers, par 
Marot, avec la musique, 1562, in-S"; — les 
Œuvres de Nicolas de la Grotte, 1570, in-8°; 
et beaucoup d'autres collections. 



BALLARD — BALLARïNI 



294 



■ n. ballâBD ( Pierre), fils du précédent, fut 
maintenu dans la charge de son père par Henri ni 
et Henri rV. Ayant fait près de cinquante mille 
livres de dépenses pour l'acquisition des poinçons 
et des matrices de LeBé, somme énorme pour 
ce temps , Louis XIII le récompensa en lui ac- 
cordant des lettres patentes en 1633. Parmi les 
ouvrages qu'il imprima, on remarque Cent cin- 
quante psaumes de David, mis en musique par 
Claudia le jeune, 1615, in-S"; — et Airs de 
différents auteurs, mis en tablature de hith, 
1617, in-4'». 

m. BA LiiARD ( Robert ) , fils de Pierre, fut 
pourvu de la même charge de seul imprimeur 
du roi pour la musique , par lettres patentes de 
Louis Xm, en date du 24 octobre 1639. 11 fut 
successivement juge, consul, administrateur des 
hôpitaux et syndic de la chambre des libraires 
depuis 1652 Jusqu'en 1657. 

rV. BALLARD ( Christophe ) , fils de Robert, 
flit confirmé dans les attributions de ses pères 
par lettres patentes de Louis XTV, en date du 
11 mai 1673. 

V. BALLARD ( Jean-Baptiste-Christophe ) , 
fils du précédent , obtint les mêmes préroga- 
tives que ses ancêtres par lettres patentes de 
Louis XrV, en date du 5 octobre 1695, Il a 
beaucoup imprimé, tant en ouvrages théoriques 
que pratiques. Il mourut avec le titre de doyen 
des grands juges consuls, en 1750. 

VI. BALLARD ( Christophe-Jean-Frauçois ), 
fils de Jean - Baptiste - Christophe , obtint de 
Louis XV des lettres patentes confirmatives , en 
date du 6 mai 1750. Tl mourut en 1765^ laissant 
un fils nommé Pierre-Robert-Christophe , qui 
obtint aussi des lettres patentes de Louis XV , 
en date du 20 octobre 1763. Tous ces privilèges 
ont été aboUs depuis. La famille des Ballard, qui 
s'était -montrée si peu désireuse de fah-e faire des 
progrès à l'impression de la musique, fut atta- 
quée dans ses intérêts par la gravure, et ne put 
soutenir longtemps cette dangereuse concurrence. 
Cependant, sans inventer de nouveau système 
pour la composition des caractères, il aurait été 
facile de rajeunir les formes; mais les Ballard 
s'obstinèrent à conserver leurs notes gothiques. 
En vain Foumier et Gando, en France, An- 
tonio de Castro, à Venise, et Breitkopf, à Leip- 
zig, voyaient leurs efforts couronnés par le 
succès : la famille Ballard, fièrede son privilège, 
crut pouvoir se reposer sur lui du soin de sa for- 
tune ; cette fortune était déjà anéantie plusieurs 
années avant la révolution, qui rendit à chacun la 
liberté de son industi'ie. 

Le Bas , Dictionnaire encyclopédique de la France. 
— Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

* BALLARD (George) , auteur anglais, né à 
la fin du dix-septième siècle à Campden ( Glo- 
cestershire ) , mort en juin 1755. Il s'est beau- 
coup occupé d'antiquités, et surtout de littérature 
saxonne ; mais il n'est connu que pour un ou- 
vrage très-estimé en Angleterre, et qui est inti- 



tulé Memoirs of British ladies who hâve been 
celebrated for their writings , and skill in the 
learned languages, arts and scieMces ; Oxford, 
1752, m-4°; 1775, in-8°. 
Rose, New Biographical Dictionary. 

* BALLARD OU BALARD ( Autoine-Jérôme ) , 
chimiste français, né à Montpellier le 30 septem- 
bre 1802. Il a d'abord exercé la profession de 
pharmacien, n a été successivement préparateur 
à la faculté des sciences de Montpellier, profes- 
seur à l'école de pharmacie et au collège de cette 
ville; enfin professeur de chimie à la faculté des 
sciences^ Déjà connu dans le monde savant par la 
découverte d'an nouveau corps simple, le brome, 
il fut appelé à Paris pour occuper une des chaires 
de chimie de la faculté des sciences, lorsque 
M. Thenard voulut abandonner l'enseignement, 
pour se consacrer tout entier à l'administration. 
M. Balard enseigne encore la chimie dans cet éta- 
blissement ainsi qu'au collège de France, où il est 
devenu professeur titulaire , après avoir appar- 
tenu pendant plusieurs années à l'École normale 
à titi'e de maître de conférences. 

En 1844, il fut nommé membre de l'Académie 
des sciences, en remplacement de M. Darcet. Il a 
publié des mémoires sur divers points de la chi- 
mie, insérés dans les Annales de Chimie et de 
Physique, parmi lesquels les plus saillants, et 
qui lui ont concilié les suffrages de l'Académie, 
sont la découverte du brome faite en 1826, et des 
travaux de chimie industrielle poursuivis vingt 
ans avec une grande persévérance, et qui l'ont 
amené à extraire directement, de l'eau de la mer, 
le sulfate de soude, base delà fabrication de la 
soude factice, ainsi que des sels de potasse pro- 
pres à être convertis en carbonate de potasse 
artificiel analogue à la soude artificielle ; industrie 
nouvelle dont les produits sont appelés à fournir 
abondamment et à bas prix la potasse, que l'on 
n'avait obtenue jusqu'ici que par l'incinération des 
végétaux. 

* BALLARïNI ( François ), historien italien, 
vivait à.Côme dans la première moitié du dix-sep- 
tième siècle. H embrassa l'état ecclésiastique, 
devint protonotaire apostolique , archi -prêtre à 
Lucarno, et, en 1597, vicaire.général de l'inquisi- 
tion. On a de lui : Compendio délie Croniche 
délia città di Como ; Como, 1619, in-4° ; — gli 
Felici Progressi de' Cattolici nella Valtellina, 
per l'esfirpazione délie Eresle ; Milan, 1623, 
in-4° : c'est la continuation du précédent ouvrage. 

Mazzachelti , Scrittori d'italia. 

♦BALLARÏNI {Hippolyte) ,ihé(Ao^&a italien, 
natif de Novare, mort en 1558. H entra d'abord 
dans l'ordre des Bénédictins, puis dans celui des 
Camaldules. H devint en 1545 abbé de Saint-Mi- 
chel de Murano à Venise, et général de son ordi'e 
en 1556. On a de lui : Tractatus de diligendis 
inimicis, sans indication ni de date ni d'endroit, 
et traduit en italien par Morosini; Venise, 1555, 
in-8'' ; — Tractatus super Orationem Domini- 
cam, encore sans indication. 

10. 



295 BALLARINI — BALLEROY 

Mazzucbelli, Scrittori d'Italia. — Adelnng, Supplé- 
ment à Jôclier, Allgetneines Gelehrten-Lexicon. 

*BALLAKINI (PooZo ), peintre, né à Bologne 
en 1712, vivait encore en 1782. 11 étudia la figure 
sous Francesco Monti, et l'architecture sous 
Stefano Orlandi et Ferdinando Bibiena. Son co- 
loris était brillant, qualité qui était surtout sen- 
sible dans ses paysages et ses peintures d'orne- 
ments. Il a travaillée Venise, àTrieste, à Vienne, 
à Saint-Pétersbourg, etc. E. B— k. 

Malvasia . Pitture , SctUture ed Architetture di Bo- 
logna. 

" BALLARiKi (Sitiion) , antiquaire italien , né 
le 28 octobre 1716, mort vers 1770. Il fut d'abord 
quelque temps secrétaire de l'évêque de Carpen- 
tras, et retourna à Bome en 1744 , où il devint 
conservateur de la bibliothèque Barberini, et 
bénéficier de Saint-Jean-de-Latran. On a de lui : 
Animadversiones in muséum Florentimim 
Ant. Franc. Gorii; Carpentras, 1743, in-4°. 

— Origine di salutare quando si sternuta; 
Rome, 1747, in-8°. 

Mazzucbelli, Scrittori d'Italia. 
*BALLAROTTl {François) , musicien ita- 
lien, vivait à la fin du dix-septième siècle. Il a 
composé la musique iïAlciade e vioîenza d'a- 
more, conjointement avec Charles PoUarolo et 
François Gasparini. Cet opéra a été repré- 
senté à Venise en 1699. Ballarotti a écrit aussi 
Ariovisto, avec Perti et Magni (Milan, 1699) ; et 
l'Amante impazzito; Venise, 1714. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

* BALLE { Nicolas - Edïnget ) , théologien 
danois, né le 12 octobre 1744, mort en 1816. II 
enti'a dans le sacerdoce, devint doyen, professeur, 
coadjuleur à l'épiscopat, enfin commandeur de 
l'ordre de Dannebrog. On a de lui, entre autres 
ouvrages : Très orationes de Banorum Norva- 
gorumque in litteris excolendis diligentia, 
cum epistola ad Walchium de legibus studio- 
rum in Danis latis nostro tempore , 1782 ; 

— Luthers Catechismus mit Anmorkungen 
(Catéchisme de Luther, avec observations) ; Co- 
penhague, 1786; — Historia EcclesiBe chris- 
tianai in usum auditorum primis lineis 
adumhrata, pars prima; Copenhague, 1790; 

— Oratio de dignitate verbi divini, per Lu- 
therum restituta; Leipzig, 1769, in-4°. 

Nyerup et Kraft, AlmindeligtLitteratur-Lexicon. 

BALLENDEN OU BELLENDEN {Jean ) , lit- 
térateur écossais, mort à Rome en 1550. Ca- 
tholique ardent, il fit de vains efforts pour 
arrêter la propagande religieuse des réformés, et 
fut en grande faveur auprès du roi Jacques V. 
II occupa diverses places dans l'Église et dans 
l'État. Outre quelques poésies lyriques , on a de 
lui : Histoire et Chronique d'Ecosse, 1536; 
Edimbourg, in-fol. 

Biographia Britannica. 

*BALLENSTEDT {Jean- George- Justus) , 
théologien allemand, né en 1756 à Schœningen. 
n était pasteur de Pabstorf, en Prusse. On a de 
lui : Die Urwelt, ouvrage qui eut du retentisse- 



296 
ment en Allemagne, en ce qu'il révèle des étu- 
des importantes en géologie, in-4''. 

Ersch etGriiber, AUgemeine Encyclovx^if' 

BALLERiNi {Pierre), théologien italien, na- 
tif de Vérone, vivait dans la première moitié du 
dix-huitième siècle. 11 entra dans les ordres eu 
1722. En 1724, il publia un ouvi-age intitulé 
Metodo di S. Agostinonegli studj, qui souleva 
une vive conti'overse sur le probabilismc. Il pro- 
fessa ensuite les belles4ettres à Vérone, puis la 
théologie, et se trouva jeté dans de nouvelles 
discussions. Ce savant vivait encore en 1757, 
Outre il Metodo di S. Agostino negli studj , 
Vérone, 1724, in-12, Rome, 1757, in-12, (tra- 
duit en français par NicoUe de la Croix, sous 
ce titre : Méthode d'étudier, tirée des ouvrages 
de saint Augustin, Paris, 1760, in-12), oa 
a encore de lui : Risposta alla lettera del 
P. Segneri sopra la materia del probabile ; 
Venise, 1732, iu-8°; — Saggio délia Storia di 
Probabilismo ; Vérone, 1736. in-S"; — Sancti 
Zenonis episcopi Veronensis Sermones , nunc 
primum editi ; Vérone, 1739, in-4°; — Sancti 
Antoni archiepiscopi Florentini, Summa theo- 
logica, correcta, avec des notes, observations, 
et une vie de l'auteur; Vérone, 1740 et 1741 ; — 
S. Raymundi de Pennafort Summa , ad ma- 
nuscriptorum fidem ; Vérone, 1744, in-fol.; 

— la Doctrina delta chiesa cattolica, circa 
Vusura dichiarataedimostrata; Vérone, 1734, 
in-4''; et Bologne, 1747, in-4° ; — De Jure 
divino et naturali circa usuram, libri VI; 
Bologne, 1748, in-4"; — S. Leonis Magni 
opéra, posû Paschalis Quesnelli recensionem 
ad complures manuscriptos codices exarata , 
emendata'fit ineditis aucta; Venise, 1755-1757; 

— Moralium actionum régula in Opinabili- 
bus ; Venise, 1756 , in-4° ; — Liber de Vi ac 
Ratione primatus pontificum , vers 1756. 

Mazziichclll, Scrittori d'Italia. — Adelung, Supplé- 
ment à Jôcher, Allgemeines Gelehrien'texicon. 

BALLERiNi {Jérôme ) , érudit italien , frère 
du précédent, naquit à Vérone le 29 janvier 
1702, et mounit vers 1770. On a de lui une 
édition des Œuvres du cardinal Noris; Vérone, 
1732,4 vol. in-fol; — Opéra Joh. Giberti, episcopi 
Veronensis , nunc primum collecta ;Yéroae, 
1732, in-4° ; — quelques notices dans le Muséum 
Museliano. 

Mazzuchelli, Scrittori d'Italia. 

BALLEROT {Jocqucs - Claude - Augustin ) , 
marquis de La Cour, général français, né le 20 
janvier 1694, mort en 1773. Il fut d'abord pre- 
mier écuyer du duc d'Orléans , puis gouverneur 
du duc de Chartres. Il s'occupa longtemps de 
la réalisation des idées émises dans l'ouvrage 
du marquis d'Argenson, intitulé Considérations 
sur le gouvernement ancien et présent de la 
France. Il fut un des membres les plus actifs de 
la réunion politique connue sous le nom de Société 
de l'Entresol, parce que les séances se tenaient 
dans un entresol de l'hôtel du président Hénault, 
place Vendôme; elles étaient présidées par l'abbé 



297 



BALLEROY — BALLESTEROS 



298 



Alary. Montesquieu, l'abbé de Saint-Pierre, etc., 
faisaient partie de cette société, et y lisaient quel- 
ques-uns de leurs travaux avant de les faire 
imprimer. Baileroy y avait lu les fragments d'une 
Histoire (inédite) des traités depuis la paix de 
Vervins. 

Kené d'Argenson, Essai dans le goût de ceux de Mon- 
taigne. — Lettres de Bolingbroke, t. III, p. 461. 

BALLESTER OU BALESTER ( JoacMm) , 

graveur espagnol, né vers 1750, mort en 1795. 
I^travailla avec Carmona et Selma aux magni- 
fiques allégories qui accompagnent le texte de 
l'ouvrage d'Yriarte sur la musique. On lui doit 
aussi les gravures de la grande édition de Bon 
Quichotte publiée à Madrid en 1780. 
Nagler, Neues Allgemeines Kûnstler-l.exicon. 

BALLESTEROS ( François ) , général espa- 
gnol, né à Saragosse en 1770, mort à. Paris 
le 22 juin] 1832. Il entra au service en 1788 
dans le régiment d'infanterie des volontaires d'A- 
ragon, fit la campagne de Catalogne en 1792 et 
1795, sous les ordres du comte de l'Union, géné- 
ral en chef de l'armée du Roussillon, et gagna 
le grade de capitaine. Destitué en 1804, par suite 
de l'accusation portée contre lui d'avoir détourné 
trois mille rations à son profit , il reçut une ré- 
paiation éclatante de la part du prince de la 
Paix , alors tout-puissant , qui le fit nommer 
commandant du resyuardo (des douaniers) 
d'Oviédo , dans les Asturies , emploi très-lucra- 
tif , ordinairement réservé à la faveur. Lors de 
l'invasion des armées françaises en Espagne 
en 1808 , la junte provinciale des Asturies 
nomma Balïesteros colonel et commandant des 
troupes qu'il fut chargé de lever, et qu'il con- 
duisit souvent à la victoire. Réuni avec son 
corps à l'armée de Castille, commandée par 
Castanos et Black , il fut nommé brigadier gé- 
néral et ensuite maréchal de camp par la junte 
centrale établie à Séville. Le gouvernement qui 
succéda à cette junte, sous le titre de régence 
de Cadix, l'éleva au grade de lieutenant géné- 
ral , et lui confia le commandement en chef de 
l'armée d'Andalousie , dans lequel il eut affaire 
aux chefs français les plus habiles et les plus 
renommés , tels que Soult, Mortier, etc., aux 
poursuites desquels il a toujours su échapper, à 
l'aide d'une tactique à lui particulière. La mesure 
de la régence de Cadix , par laquelle le com- 
mandement général de toutes les armées fut con- 
féré au duc de Wellington , déplut souveraine- 
ment à tous les généraux espagnols et aux 
patriotes. Elle trouva une opposition vigoureuse 
dans Balïesteros, qui , non content de la blâmer 
avec aigreur dans différentes brochures , vou- 
lut même en appeler au peuple. Cette conduite 
indisposa le gouvernement contre Balïesteros : 
il le destitua, le fit arrêter comme coupable de 
haute trahison, et l'envoya au préside de Ceuta. 
On l'accusa aussi d'avoir fait manquer quelques 
opérations militaires par pure jalousie; mais 
depuis il se justifia pleinement de cette imputa- 



tion. Un bataillon sacré créé par Balïesteros, 
et auquel Jl avait donné le nom de Barbones 
(barbus), n'attendait que son ordre pour le 
soutenir les armes àla main. L'armée nombreuse 
qu'il commandait, et tous les patriotes en géné- 
ral, étaient dans les mêmes dispositions. Balïes- 
teros eût pu résister aux volontés de la régence; 
bien loin de là, il s'y résigna. Pendant son trajet 
pour sa destination , et à Ceuta" même, il ne 
cessa d'adresser au gouvernement et aux cortès 
de respectueuses suppliques pour obtenir sa 
Uberté. H la recouvra en effet, mais sans com- 
mandement et sans emploi. 

C'est dans cet état que le trouva le retour de Fer- 
dinand en Espagne. Balïesteros s'empressa d'aller 
au-devant du roi, de lui offrir ses services, et de 
faire abj uration de ses principes libéraux, en recon- 
naissant et proclamant avec enthousiasme le trop 
fameux décret du 4 mai 1814, destructeur des liber- 
tés espagnoles, à cause de la fausse sécurité qu'il 
inspira aux patriotes. Parvenu par ce moyen à 
la faveur de Ferdinand, il fut nommé ministre de 
la guerre en 1815; mais, plus propre à manier 
le sabre qu'à diriger les affaires du cabinet, 
Balïesteros ne sut point se maintenir. H fut 
remplacé en 1816, et envoyé en résidence à 
Valladolid , avec ordre de se présenter tous les 
jours au capitaine général , qui était alors don 
Carlos O'Donel. A la première nouvelle de l'in- 
surrection de l'île de Léon en 1820, il fit parve- 
nir au roi un mémoire dans lequel il s'élevait 
avec violence contre les hommes qui l'avaient 
provoquée , et le suppliait de mettre sa fidélité à 
l'épreuve en lui confiant le commandement de 
l'armée destinée à agir contre eux. Ces offres 
non agréées, et la conduite antérieure de Balïes- 
teros , étaient inconnues aux constitutionnels , 
dont les efforts venaient d'être couronnés du 
succès. Il s'agissait de contraindre le roi à réta- 
blir la constitution. Balïesteros fut chargé , par 
les principaux chefs, de cette mission délicate, 
dans laquelle il réussit au delà de leurs espéran- 
ces. Porté au conseil d'État et admis dans la so- 
ciété des communeros, il louvoya si bien, que 
chaque parti le regardait comme lui appartenant. 
En 1823, après l'entrée des Français en Espa- 
gne, Balïesteros fut mis à la tête de l'armée la 
plus belle , la mieux disciplinée et la plus aguer- 
rie d'Espagne, dont il enchaîna l'ardeur en signant 
avec le duc d'Angoulême une capitulation insi- 
dieuse qui la mettait dans la plus complète inac- 
tion. On a accusé Balïesteros et quelques-uns 
des autres généraux qui ont capitulé après lui 
et à son exemple sans coup férir, d'avoir cédé à 
des insinuations peu compatibles avec l'honneur : 
quoi qu'il en soit , au retour de Ferdinand à 
Madrid, ils se sont vus forcés des'expatrier. Bal- 
ïesteros est mort à Paris dans l'obscurité et dans 
l'oubU. [Enc. des g. du «i.] 

Conversations-Lexicon. 

* BALLESTEROS ( Louis-Lopez), financier es- 
pagnol, né en Galice vers 1778, Il parvint, à force 



S99 



BALLESTEROS — BALLI 



300 



d'intrigues, à remplacer, en 1825, son ancien pro- 
tecteur Garay au ministère des finances. C'est de 
cette époque que datent ces emprunts ruineux 
pour la nation espagnole, mais extrêmement pro- 
fitables pour ceux qui s'en sont mêlés. C'est sous 
l'influence de ce ministre que le comte d'Ofalia 
conclut, en 1828, un traité qui aurait dû avoir 
pour résultat l'ajournement du payement de la 
somme énorme que l'Angleterre réclamait de l'Es- 
pagne, attendu la situation critique de celle-ci, 
mais qui ne produisit qu'un surcroît de gêne daas 
les finances , la perspective de la banqueroute , 
et toujours des dépouilles opimes pour les mêmes 
coryphées des emprunts étrangers. Au demeu- 
rant , si le système financier de Ballesteros a con- 
triliué à plonger la nation dans des embarras 
dont elle ne sortira qu'à graud'peine, sa con- 
duite politique, sa modération, et l'opposition 
qu'il n'a cessé de faire , avec le premier ministre 
Salmon , contre ses collègues Calomarde, Salazar 
et Zambrano , rachètent une grande partie de ses 
torts. Lorsque le malheureux général Torrijos 
fut pris, avec ses cinquante-quatre compagnons 
d'infortune, dans l'Andalousie , le roi Ferdinand, 
Ballesteros et Salmon voulaient qu'ils fussent 
régulièrement jugés ; mais ils trouvèrent une telle 
résistance dans le reste du conseil, que le roi 
changea d'avis, et ces patriotes furent mis hors 
la loi, et fusillés sans jugement. Ballesteros fut 
renvoyé du ministère en 1833, lorsque la reine 
Christine prit les rênes du gouvernement. [Enc. 
des g. du m. ] 

Conversations- Lexlcon. 

BALLET (François), théologien français, de 
Paris, vivait dans la première moitié du dix-hui- 
tième siècle. Il fut curé de Gif et prédicateur de 
la reine. On a de lui, entre autres ouvrages : ffis- 
toire des temples des païens, des juifs et des 
chrétiens; Paris, 1760; — Punéijyrique de 
saint Rèmtj; Paris, 1755; — Panégyriques de 
saint J.-Népomucène, de sainte Anne et de 
saint Gaétan; Paris, 1755, in-12; — Panégy- 
riques des Saints; Paris, Prault, 1758, 5 vol. 
in-12; — Vie de la sœur Françoise Bony, fille 
decharité; Paris, 1761, in-12. 
Qui^rard , la France littéraire. 

BALLET {Jean), jurisconsulte, né vers 1760 
dans la Marche, mort le 30 aviil 1832. Il exer- 
çait les fonctions de juge au tribunal d'Évreux, 
lorsqu'il fut nommé député de la Creuse à l'as- 
semblée législative. Le 12 aviil 1792, il fit, au 
nom du comité des finances , un rapport sur la 
caisse de l'extraordinaire, et demanda que les 
assignats en circulation fussent portés au chiffre 
de seize cent cinquante millions. Le 28 août , il 
fit décréter l'envoi, aux quatre-vingt-trois dépar- 
tements, des premières pages du Livre rouge, 
comme preuve des déprédations de la cour. Il 
lie fut pas réélu membre de la convention; en 
l'an Xm ( 1805), il était procureur général près 
la cour mipériale de Limoges. A la réorganisa- 
tion des tribunaux en 1811 . il fut nommé avocat 



général près la même cour. Kn 1815, les électeurs 
du département de la Creuse l'envoyèrent à la 
chambre des représentants : sa conduite à ce mo- 
ment fut honorable. Tandis que la chambre des 
représentants discutait, au milieu des baïonnettes 
ennemies , sur l'établissement d'une constitution. 
Ballet fit la proposition de n'élever de statue à 
aucun monarque vivant, voulant faire com- 
prendre qu'il était inutile de s'occuper d'une 
constitution que le nouveau roi pouvait ne pas 
accepter. Ballet, destitué par les Bourbons ren- 
tra dans la vie privée. 

Le Bas , Encyclopédie de la France. 

BALLETTi. Voyez, Baleti'i. 

BALLEXSERD (Jacques), médecin suisse, né 
à Genève le 3 octobre 1726, mort en 1774. 11 
s'est principalement fait connaître par les ou- 
vrages suivants : Dissertation sur l'éducation 
physique des enfants, depuis la naissance 
jusqu'à l'âge de puberté ; PaLi-'is , 1762, in-S", 
couronnée par l'académie de Harlem ; — Disser- 
tation sur cette question : Quelles sont les 
causes principales de la mort d'un aussi grand 
nombre d'enfants, et quels sont les préserva- 
tifs les plus efficaces et les plus simples pour 
leur conserver la vie; Genève, 1775, in-8°. 
L'académie deMantoue couronna ce mémoire en 
1772, après l'avoir fait traduire en italien. 

Biographie médicale. 

BALLEYDiER , général français , né à Annecy 
(Mont-Blanc), le 12 février 1763, mort vers 1840. 
Il fut nommé an commencement de la révolution 
conuaandant des volontaires d'Annecy, et servit 
avec ia plus grande distinction sous les généraux. 
Kellermann et Dugommier. 11 passa ensuite à 
l'armée d'Italie, où il se distingua également. 
Après la campagne de Franconie , qu'il fit sous 
les ordres du général Augereau, il devint com- 
mandant de l'île d'Elbe et colonel dudix-huitiènic 
régiment d'infanterie légère. Il se signala encore 
dans les campagnes de Hollande et de Russie. 
Nommé deux fois général de brigade, sa modestie 
lui fit constamment refuser ce grade, dont, au 
rapport de Dugommier, il n'y avait pas , dans 
l'armée, d'officier qui fût plus digne que lui. 

Le Bas , Encyclopédie de la France. 

* BALLI l'Ancien (Antoine), jurisconsulte 
italien, natif de Tràpani, mort à Palerme le 8 
novembre 1591. On a de lui: Annotationes ad 
bullam apostolicam Nicolai V et reg. pragm. 
Alphonsi régis de censibus, dans l'ouvrage de 
Pierre di Gregorio, (Palerme), intitulé De censi- 
bus; Palerme, 1609, in-4°,et 1622. 

Mazzuchelli , Scrittori d'italia. — Adclung, Supplé- 
ment à Jôclier, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

* BALLI le Jeune (Antoine), jurisconsulte 
itahen, neveu du précédent, mort le 23 avril 1598. 
Il fut juge à la cour royale de Sicile. On a de lui : 
Variorum tractatuum libri VI omnem feie 
materiam criminalemjudiciorum et torturam 
complectentes ; Palerme, 1606, in-fol. ; et Lyon, 
1662, in-4°. 

' Mazzuchelli, Scriitori d'italia. 



301 BALLI — 

* BALLI ( Pàbius ), poëte italien, mort à Pa- 
ïenne le 23 mai 1632. On a de lui (en dialecte 
napolitain) : Palermo liber ato, poëme en rime 
octave; Païenne, 1612, in-4°; — Canzoni Sici- 
liane, dans Muse Siciliane; Païenne 1647, 
1662, in-12. 

Mazzuchelli , Scrittori d'Italia. 

* BALLI. Voyez Baulo. 

* BALLI (Paola), peintre, née à Bologne, 
vivait à la fin du dix-septième siècle et au com- 
mencement du dix-huitième. Un de ses tableaux, 
une Vierge placée à Bologne dans l'église de la 
Madonna délia Grada, porte la signature Pao- 
la de Ballisfecit. 1701. E. B— n. 

Malvasia, Pitture, Sculture ed Architetture di Bologna. 

"BALLI (Simon), peintre, vivait au com- 
mencement du dix-septième siècle. H quitta fort 
jeune Florence où il était né , pour aller se fixer 
à Gênes. Son style tient beaucoup de celui d'An- 
dréa del Sarto. On trouve dans les galeries de 
cette ville un grand nombre de petits tableaux 
de sainteté peints sur cuivre par Balli. Il exécuta 
aussi deux grands tableaux pour l'église del Car- 
miné, et pour l'oratoire de saint Barthélémy de 
Gênes. E. B— n. 

Soprani, fite de' Pittori, Scultori ed Architetti Ge- 
novesi , 1674. — Lanzi, Storia Pittorica. — Tlcozzi, Di- 
zionariode' Pittori. — Orlandi, Abecedario Pittorico. 

BALLiANi (Jean-Baptiste ), physicien génois, 
né en 1586, mort en 1666. On a de lui un traité 
remarquable, écrit en latin, Sur le mouve- 
ment naturel des corps pesants, 1638-1646. 
Balliani était sénateur de Gênes; il est à re- 
gretter que ses fonctions politiques ne lui aient 
pas permis de se livrer entièrement à l'étude des 
sciences, qu'il aurait pu enrichir par ses décou- 
vertes. 

MazzuchelU, Scrittori d'Italia, 
BALLIÈRE DE LAISEMENT ( Charles - 

Louis-Denis ), musicographe français , né à Pa- 
ris le 9 mai 1729, mort à Rouen le 8 novembre 
1800. Il cultiva tour à tour la musique, les 
lettres, la chimie, les mathématiques, et devint 
vice-président de l'Académie de Rouen. Il eut 
des relations avec J.-J. Rousseau , d'Alembert, 
Diderot et Voltaire. On a de lui : les Fêtes de 
l'Hymen, ou la Rose , 1746 ; — Deucalion et 
Pyrrha, 1751; — le Rossignol, 1751 ; — le 
Retour du Printemps, 1753; — Zéphyr et 
Flove, 1754, opéras comiques, dont il a écrit 
les livrets ; — Éloge de Le Cat, docteur en mé- 
decine; Rouen, 1769, in-8° ; — Essai sur les 
problèmes de situation; Rouen, 1782, in-8°, 
avec sept planches ; — une nouvelle édition du 
Gazophylacium Grsecorum de Philippe Cattier; 
Paris, Didot, 1790, in-8° (1) ; — Théorie de la 

(1) « Denis Ballière de Laisement, apothicaire à Rouen, 
sa patrie, et de l'Académie de cette viQe ainsi que de 
celle de la Conception, a fait réimprimer à ses dépens ( à 
l'aris, chez P.-F. Didot, en 1790 , in-8° ) le Gazophyla- 
cium Greecorum de Philippe Cattier, avocat au parlement 
de Paris, publié pour la première fois à Paris en 16S1, 
in-i" ; pour la deuxième à Franclort en 1708, In-S" ; pour 
la troisième en 1757, In-S», à Utrecht. Ballière n'a fait ti- 



JSALLING 302 

musique; Paris, 1764, in-4<>. Les auteurs du 
Dictionnaire des Musiciens (Vdxis, 1810), ont 
remarqué que cette théorie était essentiellement 
vicieuse; elle fut cependant approuvée par l'Aca- 
démie de Rouen. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. — Jour- 
nal des Savants, année 1765, p. 291-320. 

UALLIN (Claude), orfèvre, né à Paris en 
1615, mort le 22 janvier 1678. II prit le goût du 
dessin en copiant les tableaux du Poussin , et se 
fit connaître du cardinal de Richelieu , qui acheta 
de lui quatre grands bassins d'argent sur lesquels 
Ballin , âgé à peine de dix-neuf ans, avait repré- 
senté admirablement les quatre âges du monde. 
Le cardinal, ne pouvant se lasser d'admirer ces 
chefs-d'œuvre de ciselure, lui fit faire quatre 
vases à l'antique pour assortir les bassins. Bal- 
lin porta son art au plus haut point. Il exécuta 
pour Louis XIV des tables d'argent, des gué- 
ridons , des canapés , des candélabres , des va- 
ses , etc. On estimait surtout les bas-reliefs, où 
il avait ciselé les songes de Pharaon. Mais ce 
prince se priva de tous ces ouvrages pour fournir 
aux dépenses de la longue guerre qui finit par 
la paix de Ryswick. Ce fut Ballin qui cisela la 
première épée d'or et le premier hausse-col por- 
tés par Louis XTV. Lorsque, après la mort de 
Varin , il eut la direction des balanciers des mé- 
dailles et des jetons, il montra dans ces petits ou- 
vrages le même goût qu'il avait fait paraître 
dans les grands, Il joignit à la beauté de l'antique 
les grâces du moderne. 

Le Bas, Encyclopédie de la France. 

BALLIN (Claude), orfèvre, neveu et élève 
du précédent, né vers 1660 à Paiis, mort le 
18 mars 1754. Il avait dessiné la plupart des 
ouvrages de son oncle. Il travailla pour les prin- 
cipales cours de l'Europe, et ses ouvrages se 
distinguent par leur pureté et leur élégance. On 
cite comme un de ces chefs-d'œuvre la couronne 
du sacre et le cadenas de Louis XV. n ti availlait 
à un manteau d'or pour ce roi, quand la mort 
vint le surprendre. 

Le Bas , Dictionnaire encyclopédique de la France. 

*BALLINERT (Jean), pemti'e italien, né à 
Florence vers 1580. On ignore la date de sa 
mort. H était élève de Cigoli, qu'il imita si bien , 
que leurs tableaux ne pouvaient se distinguer. 
II peignit à Rome pour Clément VUI, puis il re- 
tourna à Florence, où, étant devenu aveugle , il 
mourut de misère. 

Nagler, Neues Allgemdnes Kûnstler-Lexicon. 

* BALLiNG ( Emmanuel ), romancier danois, 
né en 1743, mort en 1795. On a de lui entre au- 

rer qu'un très-petit nombre d'exemplaires de sa réim- 
pression , pour les donner à ses amis. Le même Ballière 
fit imprimer en 1786, encore à ses frais et pour être dis- 
tribué à ses amis , un joli poëme latin de Jacques Catz , 
Hollandais, sous le Utre : Monita amoris Firginei, sive 
Ofjlcium puellarum in castis amoribus emblemate ex- 
pressum ; Hamburgi ( c'est-à-dire à Rouen ), in-8° de 23 
pages, au frontispice duquel, au lieu de fleuron, Ballière 
a fait mettre une espèce de carré magique en lettres 
majuscules et minuscules, au bas duquel on lit : Connu- 
bia florum, » [ Note de Mercier de Saint-Léger. ] 



303 



BALLING 



très ouvrages : Caroline og Lambert, enfortœl- 
linçi (Caroline et Lambert, nouvelle); Copen- 
hague, 1792, in-8°; — Lindor og Elise, en ori- 
ginal moralisk fortcelHng (Lindor et Élise, 
nouvelle morale ) ; Copenhague, 1799, in-S". 

Nyerup et Kraft. Almindeligt lÂtteratur-Lexicon. 

* BALLiNGALL {George), médecin écossais, 
contemporain , natif d'Edimbourg ( on ignore la 
date précise de sa naissance ). Il devint chirur- 
gien du roi , professeur de chirurgie militaire à 
l'université, et remplit plus tard d'autres impor- 
tants emplois de sa profession. On a de lui : 
Dissertatio inauguralis de Apoplexia saii- 
gtiinea; Edimbourg, 1819 ; — Practical obser- 
vations on fever, dysentery and liver eom- 
plaints, as they occur amongst the euro- 
pean troops in India, loith introductory 
remarks on the disadvantages of selecting 
boys for Indian military serDJce; Edimbourg, 
18*8 ; — Essay on Syphilis; Edimbourg, 1818; 
— Introductory lectures to a course of mili- 
tary surgery; Edimbourg et Londres, 1830. 

Callisen, Mfidicinisch.es Schri/tsteller-Lexicon. 

*BAi,LiNi (Camillo), peintre vénitien, vivait 
dans la première moitié du dix-septième siècle. 
Il fut élève de Jacopo Palma , le jeune. Son 
style , qui, cpioique maniéré et manquant de vi- 
gueur, n'était pas dépourvu d'agrément, le fit 
employer au palais ducal de Venise. Dans la 
salle dite du Scrutin, il a peint dans un grand 
ovale, au mUieu du plafond, la Victoire navale 
remportée par la république dans le port de 
rtapani. E. B— n. 

Zanettl, Delta Pittura Veneziana. — Lanzl, Storia 
nuorica. — Orlandi, ytbecedario Piltorico. 

BALLiNO (Jules), jurisconsulte et littérateur 
vénitien, vivait dans la seconde moitié du sei- 
zième siècle. On a de lui : Vita di Mose, com- 
posta da Filone ebreo; Venise, 1560, in-4°; — 
Trattato di Plutarco dell' Amor de' genitori 
verso ifigliuoli; Venise, 1564, in-8° ; — la Mo- 
rale Filosofia brevemente descritta per due 
filosofi, Epitteto stoico e Aristotile peripate- 
<îco; Venise, 1564-1565; Rome, 1689, in-S"; — 
Trattato d"* Aristotile délia Virtit e de' Vizii; 
Venise, 1565, in-8°; — le Prediche del gran 
JBasilio, arcivescovo di Cesarea, etc. ; Venise, 
1566, in-8° ; — Disegni délie più illustri Città 
e Fortezze del mondo, con ima brève istoria 
délie origini ed accidenti loro ; Venise , 1 560, 
in-4°. Ce-volume est resté inachevé. 

Tlraboschi, Storia délia Letteratura italiana. 

* BALLioNi ( Jérôme ) , compositeur italien 
du seizième siècle. On trouve de lui un motet 
à six voix, dans le Florilegium Portense de 
Bodenschatz. 

FéHs, Biographie universelle des Musiciens. 
BALILISTA. Voy. BaLISTA. 

* BALiiiVET ( Jean ) , biographe et théologien 
français , natif de Séez , mort le 20 avril 1734. On 
a de lui : Une Vie de Jacques Chevreteau , au- 
trement dit Jérôme de Saint- Joseph , ermite 
célèbre du diocèse de Langres, mentionné dans 



— BALLO 304 

ÏHistoire littéraire de la France. On ignore 
si cette biographie a été imprimée. 

Leiong, Bibliothèque historique de la France, t. IV, 
n» 13291 , suppl., éd. de Foctette. 

* BALLJOHH (J.-Ghr. ), écrivain russe, vivait 
la fin du dix-huitième siècle. Il n'est connu que 
par la publication de cet ouvrage : Praktiscke 
Anmerkungen iiber verschiedene die Haushal- 
tung in Russland betref fende Artikel, ans 
lauter Erfahrung zuzammengetragen , etc. 
(Ouvrage sur l'économie rurale en Russie), 
in-S"; Saint-Pétersbourg, 1783. 

.^ctes de la Société économique de .Saint-Pétersbourp, 
se vol. 

BALLO ou BALLi, nom commun à plusieurs 
Siciliens qui se sont distingués dans les lettres. 

I. BALLO {Fabio), poète et jurisconsulte, né 
à Palerme vers le milieu du seizième siècle, 
mort le 23 mai 1632. Il est auteur de quelques 
Canzoni imprimées dans le t. F'", 2" partie, des 
Muse Siciliane; Palerme, 1647-1662, in-12, et 
d'une églogue intitulée ^Z/esiôeo. 

n. BALLO (Jean-Dominique) , iih du pré- 
cédent. 11 fut d'abord avocat , puis ecclésiastique. 
Quelques-unes de ses Canzoni se trouvent im- 
primées avec celles de son père. 

Muse Siciliane, t. l", 2^ partie. 

IIL BALLO (Joseph), savant italien , né à 
Palerme le 29 juillet 1567, mort à Padoiic le 
2 novembre 1640. Il renonça à la carrière des 
armes, à laquelle ses parents l'avaient destiné, et 
se livra à l'étude des sciences. Il étudia ensuite 
la théologie, et entra en 1635 dans la compagnie 
de Jésus. Entie autres ouvrages, on a de lui : De 
Fecunditate Dei circa productiones ad extra; 
Padoue, 1635, in-4" ; — Demonstratio demotu 
corporum naturali; Padoue, 1635, in-4"; — 
Resolutio de modo evidenter possibili trans- 
substantiationis panis et vini, in sacrosanc- 
tum Domini Jesu corpus et sanguinem , etc.; 
Padoue, 1640, in-4° ; — Assertiones xpologeticx 
cum suis dilucidationibus pro Scholasticorum 
reverentiaexaratœ ;ï'a.doae, 1641,in-4°. Ballo 
soutenait, selon Mazzuchelli , que « les accidents 
( gli accidenti ) qui restent dans l'Eucharistie 
sont les accidents du corps de J.-C, modifiés de 
manière qu'ils représentent l'espèce du pain. » 
Une querelle allait s'engager sur cette matière 
entre les théologiens , quand la mort de l'auteur 
vint y coupei" court. 

Mazzucbclli , Scrittori d'italia. 

rV. BALLO ( rJwmas), poète, vivait à Pa- 
lei'me vers la fin du seizième et au commen- 
cement du dix- septième siècle. Il était cheva- 
lier de l'ordre de Saint-Étienne et membre de 
l'Académie des Accesi. On a de lui des poésies 
qui se trouvent dans les Rime de cette académie, 
et un poème épique intitulé Palermo liber ata; 
Palerme, 1612, in-4°. Cette œuvre, en rimes 
octaves, est dédiée à Cosme ÎI , grand-duc de 
Toscane. 

Mazzuchelli, Scriltori d'italia. — Moiigitorc , Biblio- 
theca Sicula, 



J305 BALLOIS 

i *«ALLOïS {Louis- Joseph-Philippe), publi- 
ciste, né à Périgueux (Dordogne) en 1778, 
mort à Paris le 4 décembre 1803. Il publia à 
Bordeaux un journal plein de saines idées et de 
patriotisme {l'Observateur de la Dordogne). 
En 1798, son compatriote Laraarque, nommé 
ambassadeur en Suède, le choisit pour son secré- 
taire; mais le Directoire refusa d'approuver ce 
choix. Ballois, désespéré de cet acte d'injustice, 
tenta de se tuer; mais il se manqua, et continua 
d'écrire. Au 18 brumaire, son journal fut sup- 
primé; alors Ballois s'occupa d'économie po- 
litique , et fonda les Annales de statistique 
française et étrangère ; Paris, 1802-1804, 8 vol. 
in-8°. Ballois a été l'éditeur de la lettre du che- 
valier Sinclair sur Y agriculture, les finances, 
les statistiques de longévité, suivie d'un aperçu 
,sur les sources du revenu public; 1802, in-8'*. 
Nommé membre de l'Académie de Bordeaux , il 
vint à Paris où il mourut des suites de sa blessure. 
Le Bas, Encyclop. de la France. — Quérard, France 
littéraire. 

BALLON ( Louise-Blanche-Thérèse Perru- 
card de), fondatrice des Bernardines réformées, 
naquit en 1591 , au château de Vanclie en Sa- 
voie , et mourut le 14 décembre 1668, au mo- 
nastère de Seyssel. Elle entra fort jeune au cou- 
vent de Sainte-Catherine-sur-Annecy , et en en- 
treprit la réforme sous la direction de saint 
François de Sales. Elle fit introduire sa nou- 
velle discipline à Saint-Jean-de-Maurienne , à 
Grenoble, à Seyssel, à Vienne, à Lyon, et dans 
d'autres monastères. Ses constitutions furent 
approuvées à Rome en 1631. Ses œuvres de 
piété ont été imprimées par le P. Grossi, de 
l'Oratoire; Paris, 1700, in-8". 

rie de la mère Ballon, en tète de ses OEuvres, par 
le P. Grossi. 

* BALLONFFEAUX {George d'), baiUi d'Ech- 
ternach, conseiller du roi au conseil provin- 
cial de Luxembourg, antiquaire lorrain , vivait 
dans la première moitié du dix-huitième siècle. 
On a de lui : Réponse aux Observations de 
M. Galland sur les explications de quelques. 
médaillons de Tetricus le père et d'' autres; 
Luxembourg, 1702, in-8°, et dans les Opéra 
selecta de Hardouin. V. R. 

D. Calinet, Biblioth. de Lorraine, p. 73. — Adelung, 
Supplément à Jôclier, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

* BALLCB , député à l'assemblée législative 
par le département de la Somme. Il était notaire 
et juge de paix lors de l'élection. Ballue ne monta 
qu'une seule fois à la tribune, le 26 août 1792, 
pour déclarer qu'il avait écrit à la commune de 
Paris que plusieurs de ses collègues , apparte- 
nant au parti royaliste, avaient demandé des 
passe-ports pour se rendre dans les départe- 
ments infectés d'aristocratie; l'assemblée ap- 
prouva sa conduite. Depuis ce moment, Ballue 
ne reparut plus sur la scène politique. 

Le Bas , Encyclopédie de la France. 

* BALLUERCA , peintre espagnol , vivait dans 
la seconde moitié du dix-septième siècle. 11 fit en 



BALME 



Î06 



1 695, pour le couvent de Zfts ^arowesas deMadrid, 
ime copie du Christ de Burgos. Les œuvres de ce 
peintre, que l'on voyait encore au commencement 
de ce siècle , n'étaient pas dépourvues de mérite. 

Nagler, Nettes Allgemeines Siinstler-Lexicon. — Qull- 
llet, Dictionnaire des Peintres espagnols. 

*BALLY ( Victor ) , médecin français , mem- 
bre de l'Académie de médecine , né à Beaurepaire 
( Isère ) vers la fin du dix-huitième siècle. H fit 
partie de l'expédition de Saint-Domingue, en 
qualité de chef du service de santé ; et lorsque 
la fièvre jaune exerça ses ravages sur la mal- 
heureuse Barcelone en 1821, il fut un des mé- 
decins français qui se dévouèrent pour s'opposer 
à ce fléau. On a de lui : Histoire de la fièvre 
jaune observée en Espagne, et particulière- 
ment en Catalogne, dans l'année 1821 ; in-8", 
1823 : MM. François et Pariset, ses collègues, 
ont pris part à la rédaction de cet ouvrage; — 
Coup d'œil sur l'histoire de la gymnastiqtie ; 
Paris, 1817, in-8°; — Rapport au conseil su- 
périeur sur la fièvre jaune; Paris, Didot, 1824; 

— Du typhus d'Amérique; Paris, Smith, 1814; 

— Mémoire sur les forces vitales ; — Obser- 
vations sur le scorbut; — Mémoires, publiés 
dans la Revue encyclopédique (1819), la Re- 
viie médicale (1820) et la Gazette des hôpitatix 
(1849) ; en outre, deux éditions nouvelles , très- 
augmentées, du Formulaire magistral, etc., de 
Cadet de Gassicourt. 

Le Bas, Encyclop. de la France. — Quérard, la France 
littéraire. 

BALLYET {Emmanuel), antiquaire, évêque 
et consul de France à Bagdad, né en 1700 à 
Marnay (Franche-Comté), mort à Bagdad, de 
la peste, en 1773. Il avait été d'abord religieux 
caraie-déchaussé. On a de lui un compte-rendu, 
écrit en latin, de sa mission, adressé sous forme 
de lettre au pape Benoit XIV; Rome, 1754. On 
y trouve des détails intéressants sur les peuples 
de l'Asie occidentale. Il y avait à la bibliothèque 
du duc d'Orléans le journal des voyages deBal- 
lyet, d'où d'Anville a extrait la Description 
d'un monument de sculpture découvert dans 
une montagne. 

Quérard, la France littéraire. 

BALME ( Claude-Denis ) , médecin français, 
né au Puy-en-Vélay le 24 janvier 1742, mort le 
29 novemhre 1805. Après avoir étudié à Mont- 
pellier et à Paris, il s'établit comme praticien 
dans sa ville natale, où il exerça jusqu'à sa mort. 
Il collabora au Journal de Médecine de Paris 
depuis 1768 jusqu'en 1790. On a de lui : Disser- 
tation sur le suicide, 1789, in-8°; — Mémoi- 
res de médecine pratique sur les efforts ; le 
Puy, 1791, in-12; — Recherches diététiques 
du médecin patriote sur la santé et sur les 
maladies observées dans les séminaires , pen- 
sionnats , etc.; le Puy, 1791, in-i2; — Ré- 
flexions sur le traitement de la petite vérole; 
le Puy, 1761, in-12; — Considérations cliniques 
sur les rechutes ; le Puy, 1797, in-12; — Ré- 
clamations importantes sur les médecins oc- 



307 



BALME — BALOCHI 



308 



cusés d'irréligion, et sur les nourrices mer- 
cenaires ; le Puy, 1804, in-8°. 

Quérard , la France littéraire, 

* BALME (Henri de ) , et non de Palma, sa- 
vant franciscain , natif de la Balme ( Isère), mort 
le 23 février 1439. On a de lui un livre de théo- 
logie mystique , commençant par ces mots : Vide 
Sion lugent, et qu'on a attribué à saint Bona- 
venture ; U se trouve parmi les opuscules de ce 
dernier. Ce livré existait autrefois, sous le titrede 
Triplici Via ad Sapientiam , parmi les manus- 
crits de la bibliothèque de Saint-Victor de Paris. 
Il y avait à la bibliothèque Pauline, de Leipzig 
d'autres traités mystiques qui portaient aussi 
son nom, et qui, à cause de leurs divers titres, 
de Imitatione Christi , de Compunctione , de 
interna consolatione , semblent présenter une 
grande ressemblance avec les opuscules attribués 
à Thomas à Kempis. 

Oudin, Corn, de Script. Ecoles., t. S, col. 2241-2242. — 
WaddiDg, Annales minorum, t. IV. 

*BALMÈs (Jacques-Lucien), publiciste et 
philosophe espagnol, né à Vich en Catalogne 
le 28 août 1810, mort le 9 juillet 1848. Il ensei- 
gna quelque temps les mathématiques au col- 
lège de sa ville natale , fut exilé sous la régence 
d'Espartero, et fonda en 1844, à Madrid, un jour- 
nal politique hebdomadaire, intitulé El Pensa- 
miento de la Nacion , organe du parti religieux 
et monarchique. On a de lui : Observaciones 
sociales , politicas y economicas sobre los Me- 
nés del Clero; Vich, 1840 ; — Consideraciones 
politicas .sobre la situacion de Espana ; Bar- 
celona, 1840; — Maximas de san Francisco 
de Sales para todos los dios del ano la Re- 
ligion demostrada al alcance de los nimos; 
Barcelona, 1846, 1 vol. in-S''; — el Criterio; 
IBarcelona, 1845, in-8''; traduit en français sous 
Je titre de l'Art d'arriver au vrai, un vol., 1851 ; 
— Escritos politicos , 1 vol. in-4°; Filoso- 
Jia fundamental ; Barcelona, 1846, 4 vol. 
in-S" ; traduite en fi-anç-ais, 3 vol., 1852 ; — Curso 
defilosofia elemental;MAdT\d, 1837;— PioIX, 
Madrid et Paris; in-8°; — el Protestantismo 
comparado con el catolicismo en sus relacio- 
nes con la civilisacion europea; 3 vol. in-8"; 
Ma-drid, 1848. C'est le principal ouvrage de l'au- 
teur. 

Don Antonio Soler, Biographia del doctor D. J , Bal- 
mes.— Garcia rie los Santos, F'ida de Baltnes. — D. B. de 
CovAobs., Noticiahistorico-literaria del doctor D. J. 
Salines, Uevista hispanoamericana- — A. de Blanche- 
Baffin , Jacques Balmés, sa vie et ses ouvrages, ln-8°. 

*BALMÈs (François-Xavier) , chimrgiende 
la cour d'Espagne, vivait au commencement du 
dix-neuvième siècle. Il parcourut en 1803 les 
colonies espagnoles pour y répandre les bienfaits 
de la vaccine. H consacra un an tout entier à 
ce pèlerinage , passant par les Canaries , Porto- 
Ricco , Caraccas , les îles Philippines , la Chine , 
Sainte-Hélène, etc. Au milieu de ses travaux 
incessants , il trouva encore le moyen d'étudier 
les plantes les plus rares de la Chine ; il en dressa 



un album de dessins coloriés, qu'il déposa en 
1816 à la bibliothèque du musée de Madrid. On 
a de lui un petit ouvrage sur les propriétés an- 
tisyphilitiques de Tagava et du bégonia, tra- 
duit en italien (Rome, 1795, in-8°). 

Rose, New Biograpkical Dictionary. 

* BALMOIST (la comtesse de SAINT-), auteur 
tragique, vivait dans la seconde moitié du dix- 
septième siècle. Elle était d'une illustre famille 
de Lorraine, et se fit remarquer de bonne heure 
par ce caractère fortement trempé, particulier 
aux femmes du pays qiii vit naltie Jeanne d'Arc. 
Aussi bien recherchait-elle volontiers les exer- 
cices virils. Pendant que son mari , le comte de 
Saint-Balmont, suivait le duc de Lorraine à la 
guerre, et qu'elle vivait retirée à la campagne, un i 
officier de cavalerie, en garnison sur ses terres, 
lui fit un outrage; elle lui envoya aussitôt un 
cartel signé le chevalier de Saint-Balmont , 
dans lequel celui-ci se déclarait décidé à venger 
sa belle-sœur. L'officier accepta le défi. La com- 
tesse vint au rendez- vous , en habit d'homme. 
Elle désarma l'officier, etlui dit : «C'est une femme 
qui vous rend votre épée , monsieur, et non le 
chevalier de Saint-Balmont. Ayez désormais plus 
de considération pour les prières des dames. » 
L'officier fut si confus de cette aventure, qu'on 
ne le revit plus ensuite. La comtesse de Saint- 
Balmont ne s'en est pas tenue à ce drame en ac- 
tion; on a d'elle : les Jumeaux martyrs, ou 
Marc et Marcelin, tragédie composée en quinze 
jours, et imprimée en 1650. V. R. 

Dictionnaire des femmes célèbres. — Biographie uni- 
verselle des femmes célèbres. — Bibliothèque du Théâtre, 
t. 3, p. 36. - histoire littéraire des femmes savantes, 
t. 1, p. 452. — Adelung, Supplément à Jôcher, Allgemei- 
nes Gelehrten-Lexicon. 

*BALNAVES (Henri), poëte écossais, né à 
Kirkaldy en 1520 , mort à Edimbourg en 1579. H 
se déclara hautement de la religion protestante, 
et fut en 1546 un des complices du meurtre du i 
cardinal Beaton, et, en conséquence, accusé de . 
trahison et excommunié. Il resta longtemps 
exilé en France; mais il fut rappelé plus tard, 
car il fut nommé en 1563, par le collège de jus- 
tice, membre de la commission de révision dui 
livre de discipline. On a de lui : the Confession < 
0/ Faith; Edimbourg, 1584, in-8"; — un poëme i 
commençant ainsi : O Gallandis ail , Icry and i 
call..., publié dans le second volume de la col-l 
lection Ramsay. 

Mackensie, Lives of scotch toriters; — Irving, Livet ■ 
of scotch poets. 

BALOCHI ou BALLOCO (Louis), poëte et ju- 
risconsulte italien, néàVerceil en 1766, mort 
à Paris, du choléra, le 23 avril 1832. Il étudia le 
droit à Pise, et quitta bientôt le barreau pour les 
Muses. En 1802, lors delà réunion du Piémont 
à la France , il vint s'établir à Paris, où il tra- 
vailla pour le théâtre italien. On a de lui : il Merlo 
délie Donne, traduction italienne du poëme 
de Legouvé; Paris, 1802, in-18; — i Virtuosi 
ambulanti, dramma giocoso in duo atti; Pa- 



309 



BALOCHI — BALSAMINO 



3ïO 



lis, 1807, ia-S" ; — en société avec M. Soumet, le 
Siège de Corinthe , tragédie lyrique en 3 actes ; 
Paris, 1816, in-8° ; — Cantata per l'illustre 
nascita di Sua Altezza il duca di Bordeaux; 
^aris, 1820, in-8°j — il Viaggio a Reiins, 
dramma giocoso in un atto, composta per Vin- 
coronazione di S. M. Carlo X, ital. et franc.; 
Paris, 1825, in-8°; — avec M. Jouy : Moïse, 
grand opéra en 4 actes ; Paris, 1827, in-8° ; — 
Roberto il Diavolo , imité de Robert le Diable 
de Meyerbeer. Il a fait, en outre , les paroles, et 
la musique de plusieurs romances, cavatines, 
cantates, etc. 

Tipaldo , Biografia degli Italiani illustri, etc. 
■ *BALOGH (Janos) , député hongrois, né en 
1800, dans le comitat de Barsh.,11 figura, à partir 
de 1 825 , en qualité de député de ce comitat et de 
celui de Komorn, dans toutes les diètes de Hon- 
grie , et fit constamment partie de l'opposition. 
Aussi bien défendit-il avec énergie les droits du 
peuple contre la noblesse, ce qui fut l'occasion 
d'un duel entre lui et Zichy, député de Pesth. A 
une autre époque , il s'acquit une grande popula- 
rité en faisant siennes les paroles prononcées en 
pleine diète par Nicolas "Wesselényi, déclaré, 
pour ce fait , coupable de haute traliison et privé 
de sa liberté. Balogh resta membre de la diète 
malgré les instances du pouvoir pour l'en faire 
exclure. Repoussé ensuite, lors d'une demande 
d'emploi au gouvernement qu'il avait combattu, 
il rentra dans l'opposition; et, après 1848, il sié- 
gea à l'extrême gauche. On l'a accusé, sans preu- 
ves , d'avoir trempé dans le meurtre du comte 
de Lamberg. On lui doit cette justice que, soit 
à l'armée , soit dans ses fonctions de commissaire 
civil , il servit énergiquement la cause de la na- 
tionalité hongroise. Et lorsqu'elle fut perdue, il 
gagna, avecKossuth, le territoire turc. 

Conversations- Lexicon . 

*BALOGH DE ŒSA (Pierre), orateur hon- 
grois, né au milieu du dix-huitième siècle , mort 
en 1816. Il fut une des sommités du parlement 
hongrois de 1790 à 1791 , et y défendit avec ta- 
lent et fermeté les droits des protestants. Dès 
l'âge de vingt-ti'ois ans il était mêlé aux affaires 
puJ^liques, et occupait les postes les plus impor- 
tants. En 1789, il devint inspecteur général des 
communions protestantes d'Augsbourg. Plus 
tai-d, il s'asseyait à la chambre législative, et y 
recommandait avec talent, comme orateur, la 
tolérance mutuelle pour les opinions religieuses. 
Lors du synode de 1791, établi dans le but d'ar- 
ranger les affaires des protestants en Hongrie, 
il déclina la présidence en faveur de Ladislas de 
Pronay , doyen d'âge, dont il reconnaissait d'ail- 
leurs le mérite. 

Kisch, Etnthalamium, ; Pesth, 1819; — Feratia piœ 
memorix Excell. Dni Petr. Balogh,, etc.; — Ersch et 
Gruber, Allgemeine Encyclopédie, etc. 

*BALON [Nersès), hérésiarque, vivait au 
quatorzième siècle. Il étudia d'abord la rhétori- 
que et la théologie dans un monastère de la 
haute Arménie, ensuite auprès d'un mission- 



naire romain venu dans cette contrée. Après 
avoir acquis les connaissances nécessaires , em- 
brassé le rit catholique, et avoir été sacré 
évêque d'Oi'my, Balon adopta les maximes des 
anabaptistes , excita de grands troubles dans 
toute l'Arménie, et se sauva en 1341 à Avi- 
gnon , auprès du pape : là , il forma un parti , 
accusa l'église arménienne de 117 articles d'hé- 
résie, et donna lieu à la tenue d'un concile à Sis 
en 1342. Balon , toujours poussé par les mission- 
naires, continua à aigrir les esprits , et empêcha 
la réunion des deux églises. Il resta en Europe 
jusqu'à sa mort. On a de lui : un Abrégé his- 
torique des rois , des patriarches de l'Ar- 
ménie depuis leur origine jusqu'à l'an 1370 ; 
— une traduction , en armemen , des Vies des 
papes et des empereurs, écrites par le frère 
Polac-Martin et par Jacques Gaatan. Le traduc- 
teur a intercalé dans l'ouvrage les Vies des 
princes rupénlens. 
IWchard , Biblioth. sacrée. 

* BALOUFEAU OU BALOUFFETEAU {Jac- 

ques) , fameux chevalier d'industrie, né à Saint- 
Jean-d'Angely vers la fin du seizième siècle, 
mort en 1628. Il était fils d'un avocat au parle- 
ment de Bordeaux. Dès sa jeunesse il manifesta 
l'esprit d'intrigue, et se fitconnaîti'epar des aven- 
tures scandaleuses. Il parut dans le monde tan- 
tôt sous le nom de baron de Saint-Angel , tan- 
tôt sous le nom de baron de Sainte-Foy. Il 
courut dans différents pays , où il fit beaucoup 
de dupes et épousa plusieurs femmes. Empri- 
sonné à Dijon, il parvint à s'évader, et se réfugia à 
Bruxelles. De là il vint à Paris, où il dénonça une 
prétendue conspiration , ce qui lui rapporta deux 
cents écus duroi de France et deux millelivres du 
gouvernement anglais , qui les lui lit compter à 
son passage à Londres. Ce héros d'escroquerie 
étant revenu en Fiance pour y mener grand 
train, fut reconnu et pendu, après avoir subi la 

peine de la torture. 

Guillonnet-Merville, Recherches sur Saint- Jean-d' An- 
gely. — Mercure de France, t. XII. 

* BALSAMiNA ( Camille), célèbre cantatrice 
italienne, née à Milan vers la fin du dix-hui- 
tième siècle, morte le 9 août 1810. Douée d'une 
sensibilité profonde, d'une très-belle voix de 
contralto, et possédant une vocalisation parfaite, 
elle fut accueillie avec enthousiasme partout oij 
elle se fit entendre. Vers 1807, elle fut engagée 
comme première cantatrice à la cour du prince 
Eugène, vice-roi d'Italie. Appelée à Paris à l'oc- 
casion du mariage de Napoléon Bonaparte avec 
Marie-Louise, archiduchesse d'Autriche, elle fut 
surprise, par un temps affreux, sur le mont Cé- 
nis ; sa santé en fut dérangée, le mal empira , et 
elle ne revint à Milan que pour y mourir. 

Kétis, Biographie universelle des Musiciens. 

*BALSAMl]VO (Simon), poète tragique ita- 
lien , natif de Saint-Marc, vivait dans la seconde 
moitié du seizième siècle. On a de lui : la Perla, 
in rima libéra; Venise, 1596, in-8°, 

Mazzucbelli, Scrittori d'Italia. 



311 



BALSAMO — BALTADJl 



315 



BALSAMO OU BALSAiMOïiiE(/gfnflce), jésuite 
italien, né dans la Fouille en 1543, mort le 
2 octobre 1618. L servit pendant trente-cinq ans 
les intérêts de son ordre, et ses supérieurs l'em- 
ployèrent dans plus d'une mission délicate. On 
a de lui (en italien) : Instruction sur la per- 
fection religieuse, et sur la vraie méthode de 
prier et de méditer; Cologne, 1611, in-12. Cet 
opuscule a été traduit en latin. 
Mazzuchelli, Scriitori d'italia. 

BALSAMO {Ignace), jésuite, natif de Mes- 
sine, mort dans cette ville en 1659. On a de lui : 
Lettera di ]Sostra Signora alla città di Mes- 
sina; canzone; Messine , 1653, in-4° ; — Mai'- 
tirio de' santi Placido e compagni ; canzone 
erime; Messine, 1653, in-4''. 

On l'a confondu quelquefois avec Laurent 
Balsamo, poëte silicien, natif de Palerme,. et au- 
teur des Canzoni sacre et des Octaves insérées 
(]3ins\es Muse Siciliane ; Palerme, 1653, in-12. 

Mongitore, Bibliotli. Sicula. — Mazzuchelli, Scrittori 
d'italia. 

BALSAMO (Joseph). Voy. Cagliostro. 

*BALSAMO (Justinien) , théologien italien, 
natif de Messine, mort en 1670. Tl devint cha- 
noine et chantre de la cathédrale de sa ville na- 
tale, puis commissaire de l'inquisition en Sicile. 
On a do lui :. Discorso sopra favorita lettera 
delta S. Verginc , scritta alla città di Mes- 
sina; Messine, 1646, in-4°. 

iMazzuclielli, Scrittori d'italia. 

BALSAMO (l'abbé Paul), agronome italien, 
né à Termini ( Sicile) le 7 mars 1763, mort à Pa- 
lerme en 1818. Il était professeur d'agriculture 
à l'université de Palerme , et jouissait des béné- 
fices d'une riche abbaye. Il fut envoyé par le gou- 
vernement deNaples en Lombardie, en France et 
en Angleterre , où il se lia avec Arthur Young, le 
rédacteur des Annales rf'/l^rècMtore.n proposa 
d'importantes réformesfinancières,quifurentpour 
la plupart adoptées par le roi, quinomma Balsamo 
son bibliothécaire. Ses écrits agronomiques, la 
plupart insérés dans \ç^s, Annales d'agriculture, 
ontpourjtitre : il Constante vile prezzo di generi 
non dénota, e non cagiona richezza e prospe- 
rità nello Stato; — lo Spendersi del denaro in 
tmpaese, guali utili effetti prodtica nelpaese 
medesimo; — gli Interessi nazionali e lagius- 
tizia rlchiedono che non si avvilisca il valore 
delta moneta; — Biligenze e pratiche per- 
ché U vint regger possono alla navigazione 
ed alla lungha conservazione ; — Sopra la 
birra, il sidro e l'idromele ; — Pensieri sopra 
l'agricoltura di Sicilia ; — Sopra Vinfluenza 
délie scienze nel miglioramento délie arti; — 
Sopra il piacere delV agricoltura , memoria 
di A. Young; tradotta daW inglese; — So- 
prn i dazi relativamente alV agricoltura ed 
alla richezza nazionale; — la Sentenza del 
villano; — il Villano filosofo. — Tipaldo n'in- 
dique pas la date de ces publications. 

Tipaldo, Biographia cJagli Italiani illustri del se- 
colo xrill. 



BAhSAMOJH (Théodore) , canoniste gi-ec, pa- 
triarche d'Antioche, né à Constantinople vers h 
milieu du douzième siècle, mort en 1204. H fut 
nommé chanceher et bibliothécaire de Sainte- 
Sophie ; on le regarde comme le plus habile ca- 
noniste qu'aient eu les Grecs. Ses ouvrages sont 
empreints d'une grande animosité contre les 
Latins. Le plus important est un commentaire 
sur les canons des apôtres et des sept conciles 
œcuméniques, sur le code de l'Église d'Afrique 
(réponses à soixante-quatre questions canoni- 
ques de Marc, patriarche d'Alexandrie ), etc. ) 
Oxford , 1692 , in-fol. On a encore de lui : , 
Commentaire sur le Nomocanon de Photius; 
Oxford, 1615, in-4'' ; — un Recueil de consti-i 
tutions ecclésiastiques , avec des notes de Leun-n 
clavius et de Fabrot, publié sous le titre : Paii 
ra'i/la, 

Leunclavius ,Jus grasco-romanttm. — Coteller, MonU"{ 
metita Ecclesias. 

*nALSARAïi (Jean-Guij), médecin hon-ii 
grois, né à Dombegyhaza en 1529, mort le 7 
avril 1575. On a de lui : A Kereoztijeni Vallas 
Agazatenak vœvid summaia; Pesth, 1571, i| 
in-8°; — De remediis pestis prophylacticis,>' 
1564. 

Horanyi, Memor. Hungar. 

*BALSER (George- Frédéric -Guillaume) , 
médecin allemand, né à Giessen en 1780. H: 
devint médecin et chirurgien à Giessen en 1801 , et 
professeur de médecine en 1803. On a de lui : 
Dissertatio inauguralis, sistens primas lineas- 
systematis scientix medicx, 1801, in-4°; ou-i^ 
vrage conçu dans les idées de Schelling. 

Callisen, Medicinisches Schriftsteller-Lexicon. 

* BALSER ( Jean-Christophe), jurisconsulteit 
allemand, né le 31 janvier 1710 , mort le 14 juin 
1750. Il étudia à Giessen, sa ville natale, et y 
devint professeur de droit. On a de lui : Diss.\ 
inaug . de pœna stupri ; Giessen, 1736, in-4''; 
— Disquiss. de libertate religionis, qua Joh. 
Pétri Bannizse, prof. Wurzeb., doctrina de 
tolerantia diversarum religionum in eodem 
terrilorio ad rationes et Imperii R. G. le- 
ges expensa refellitur; MA., 1738, 10-4°. La 
liste complète de ses œuvres se trouve dans 
Adelung. 

Adclung, Suppl. à Jôcher, Allgem. Gelehrten-Lexicon. 

*BALSEV (Christophe), médecin danois, né 
le 16 janvier 1628, mort en 1693. Après ses 
premières études , il voyagea à l'étranger, et se 
fit recevoir docteur en médecine à Utrecht. On i! 
a de lui : Disputatio inauguralis de nephri- 
tide, 1658, in-4''. 

Nyerup et Kraft, Almindeligt Litteratur-Lexicon. 

* BALTADJl (Mohammed), grand vizir de' 
l'empire ottoman, né vers le milieu du dix-sep- 
tième siècle, mort à Lemnos en 1712. Il com- 
mença par appartenir au corps des baltadjis > 
ou licteurs qui marchaient en tôte du cortège du i 
sultan. S'étant attiré la confiance de son maître, il I 
arriva au grand vizirat. C'est en cette qualité i 



313 



BALTADJl — BALTAZARÎINI 



314 



qu'il commanda l'armée destinée à s'allier avec 
Charles XII de Suède contre Pierre le Grand. II 
commença par envelopper les Russes sur les 
bords du Pruth ; et l'on ne comprend pas 
que le \izir, cédant aux suggestions de Cathe- 
rine, ait signé le traité de paix de Faiezi, qui 
lui faisait; perdre tous les fruits de son habile 
stratégie. Charles XII lui reprochait avec co- 
lère de ne point s'être saisi du. czar : « Si j'a- 
vais pris le czar, répondit Baltadji, qui aurait, 
gouverné ses États ?.. II n'est pas bon que les 
souverains quittent leurs royaumes ! » Charles 
fut si piqué de l'allusion, qu'il déchira d'un coup 
d'éperon la robe du vizir; et, plus tard, lorsqu'il 
connut les clauses du traité, il accusa de trahi- 
son Balfadji, qui fut exilé à Lemnos, où il mou- 
rut. H y fut enterré près du fameux poète mys- 
tique Misri-Effendi. 

H.immer, Histoire de l'Empire ottoman. — Voltaire, 
Histoire de Charles XII. 

*BAi,TAB» {Louis-Pierre), arcliitecte et 
graveur, né à Paris le 9 juillet 1765, mort le 22 
janvier 1846. Il se livra d'abord à l'étude du 
paysage , et c'est dans ce but qu'il entreprit de 
parcourir l'Italie. La vue des admirables mo- 
numents qui couvrent la terre classique des 
arts modifia sa vocation; parti paysagiste, il re- 
vint-architecte , et fut dirigé dans cette nouvelle 
voie par Peyre, le célèbre architecte du théâtre 
de l'Odéon. Nommé architecte du Panthéon et 
des prisons de Paris, il construisit les Chapelles 
des maisons de détention de Saint-Lazare et 
de Sainte-Pélagie. Il éleva vers 1820, sur le 
boulevard Baumarchais, un vaste greniei' à sel 
qui fut démoli peu d'années après, pour fai re place 
à des habitations particulières. Il a fourni les 
plans et presque achevé la construction du 
grànà palais dejustice deLyon, fondé en 183'i. 
Enfin, à l'époque de sa mort, il était membre du 
conseil des bâtiments civils et du conseil des 
travaux publics ; il professait à l'École des beaux- 
arts depuis 1818. Malgré ces nombreux travaux, 
Baltard trouva dans sa longue carrière le temps 
de graver, tant pour ses propres ouvrages que 
pour d'autres publications, une multitude de 
planches à l'eau-forte , au burin ou à Vaqua- 
tinta, avec une habileté, une hardiesse égales, 
et une pureté de dessin supérieure à celles du 
fameux Piranesi. 

Les principaux ouvrages de Baltard sont : 
Paris et ses monuments, dessinés et gravés au 
burin, 2 vol. in-fol., 1803, texte par Amaury 
Duval ; — Écouen, Saint-Cloud et Fontaine- 
bleau , in-fol. , faisant suite à l'ouvrage précé- 
dent; — Planches pour le Voyage dans la 
basse et la haute Egypte, par Vivant Denon ; 
Paris, Didot, in-fol.. 1802; — Voyage pittores- 
que dans les Alpes, suivi d'un recueil de 
vues des monuments antiques de Rome, 48 
pi. à Yaqua-tinta, précédées de lettres adres- 
sées à Percier, 1806, in-4'' ; — la Colonne de 
la grande armée, 145 pi. grand in-fol. j Calco- 



' graphie du Musée, 1810; — Planches pour le 
Voyage en Espagne du comte Al. de LaBorde, 
2 vol. in-fol.; — Athenaeum , journal d'art, 
texte et planches , par Baltard ; — Planches 
pour Antiquités de la Nubie, par F.-C. Gau, 
in-fol., 1821-1827 ; — Planches pour le Voyage à 
l'Oasis de Thèbes, pai- F. Cailliaud , in-fol., 
1822; — Architectonographie des prisons, 
in-fol., 1829;— Grand prix d'architecture ; 
projets couronnés par l'Académie royale de 
France , gravés et publiés par L.-T. Yaudoyçr 
et L.-P. Baltard; Paris, 1834, in-fol. : cet ou- 
vrage est continué par Victor Baltard ; — Pro- 
jet d'orangerie et de jardin d'hiver pour l'a- 
chèvement de la place du Louvre; — Mé- 
moires et plans pour les embellissements de 
la ville de Lyon, etc., etc. 

Baltard a gravé avec un égal succès des 
sujets historiques , et n'ayant aucun rapport 
avec l'architecture , tels que Rebecca et Elié- 
zer, les Aveugles de Jéricho, et Saint Jean 
baptisant sur les bords du Jourdain, d'après 
Nicolas Poussin ; 1 1 planches pour le traité de 
Charles Lebrun sur les rapports de la face hu- 
maine avec celle des animaux ; plusieui's por- 
traits , dont Napoléon, le Poussin , Jean Bul- 
lant, etc. Ernest 13reton. 

Quérard, la France littéraire. 

* BALTARD (V'ictor), architecte français, fils 
du précédent, est né à Paris en 1805. Il rem- 
porta le grand prix de Rome en 1833. Nommé 
architecte du gouvernement et de la ville de 
Paris, il a exécuté avec une rare mtelligence les 
restaurations ou la décoration des églises Saint- 
Germain-des-Prés , Saint-Severin et Saint- 
Eus tache. Il a dirigé la construction du nouvel 
hôtel du Timbre; enfin, au moment où nous 
écrivons, il est chargés conjointementavecM. Cal- 
let, de l'immense entreprise des halles cen- 
trales. 

M. Victor Baltard a contuiué la publication 
des Grands prix d'architecture , commencée 
par son père; il est auteur d'une splendide Mo- 
nographie de la villa Medicis, in-fol., 1847; 
enfin , c'est hii qui a dessiné d'après nature les 
belles et nombreuses planches qui accompa- 
gnent un ouvrage aussi remarquable par le fond 
que par sa magnifique exécution , imprimé par 
les soins de M. le duc de Luynes, les Recher- 
ches sur les monuments de l'histoire des Nor- 
mands et de la maison de Souabe dans l'I- 
talie méridionale , par A. Huillard-Bréholles ; 
Paris, m-fol., 1844. E. B— n. 

BALTAZARiNi, dit Bcaujoyeulx , musicien 
italien, vivait au milieu du seizième siècle. La 
reine Catherine de Médicis l'avait fait venir du 
Piémont , et l'avait nommé son premier valet de 
chambre, sous Henri III ; il fut intendant de la 
musique et ordonnateur des fêtes de la cour. 
On trouve le détail de l'une de ces fêtes dans 
un écrit intitulé Ballet comique de la royne, 
fait aux nopces de M. le duc de Joyeuse et de 



315 



BALTAZARmi 



mademoiselle de Vaudemont; Paris, 1582, 
in-4<'. 

Fétls, Biographie vniverselle des Musiciens. 

* BâLTEa ( Suen ), théologien suédois, né en 
1713, mort le 19 novembre 1760. Il étudia à 
Upsal , y acquit ses degrés , et devint plus tard 
prévôt de la cathédrale de Wexiœ. On a de loi , 
entre autres ouvrages : Vàr fràtsares, Jesu 
Christi historia, Wexiœ et Stockholm , 1755- 
1760. 

Gezellus, Biograf. Lexicon. — Adelang, Supplément 
à Jôcher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

BALTHASAR {Belchatzar ), roi de Baby- 
lone , contemporain de Cyrus , paraît avoir ré- 
gné de 554 à 538 avant J.-C, et être le même 
que le personnage désigné par Bérose sous le 
nom de Laborosoarchod, et par Abydène sous 
le nom de Laborossoarchus ; d'autres auteurs 
ont reconnu en lui Nabonnède. Rien de plus 
commun , pour ce qui concerne les monarques 
orientaux, que ces confusions de noms prove- 
nant sans doute de la diversité de prononcia- 
tion , même dans les langues orientales qui 
avaient entre elles le plus d'affinité. L'histoire 
de l'infortune de Balthazar est rapportée au cin- 
quième chapitre du livre de Daniel. Dans un 
grand festin qu'il donnait à sa cour, ce prince 
fit apporter, pour les faire servir à ses orgies , 
les vases sacrés que son aïeul Nabuchodouosor 
avait enlevés du temple de Jérusalem. En ce 
moment une main miraculeuse fut aperçue tra- 
çant sur un mur de la salle du festin des carac- 
tères que ne purent lire les sages de Babylone, 
appelés aussitôt par le monarque épouvanté. 
Sur l'avis de la reiue , qu'on croit être, non l'é- 
pouse de Balthazar, mais son aïeule Nitocris, 
veuve de Nabuchodonosor, le prophète Daniel fut 
appelé , et déchiffra dès le premier coup d'œil 
les caractères menaçants , soit qu'ils fussent d'une 
écriture étrangère, soit qu'ils fussent entrelacés 
en manière de chiffre. Il les prononça Mené 
Thekel Phares , et les traduisit ainsi : Tes 
jours sont comptés : tu as été trouvé trop lé- 
ger dans la balance , ton royaume est par- 
tagé. En cette nuit même, en effet, continue Da- 
niel, le roi fut mis à mort, et l'empire de Baby- 
lone tomba entre les mains du roi des Perses , 
deux cent neuf ans après sa fondation par Na- 
bonasser. [Enc. des g. du m. ] 

Daniel, VI. — Hoefcr, Histoire de lu Babylonie, dans 
la collection de l'Univers pittoresque. 

BALTHASAR (Augusttn de), jurisconsulte 
allemand, né àGreifswald(Poméranie) en 1701, 
mort à Wismar en 1779. Il étudia à léna , et 
devint membre du tribunal d'appel du roi de 
Suède à Wismar. Outre un grand nombre de 
dissertations, on a de lui : Apparatus diploma- 
tico-historicus, Tableau de toutes les lois qui 
servent à l'histoire de la Poméranie et de 
l'Ile de Rugen, etc.; Greifswald, 1730-1735, in- 
fol. ; — Tableau historique des tribunaux du 
duché de la Poméranie suédoise, etc. ; ibid., 
1733-1737, 2 vol. in-fol. ; — De Origine, Statu 



- BALTIMORE 31( 

ac Conditione homimim propriorum in Po 
merania; ibid., 1735-1749; — Discours sui 
les avantages du temps présent, soiis le rap > 
port du perfectionnement des sciences , spé 
cialement de Vétude de l'histoire et d% 
droit ;MA., 1742, in-4"; — Jus ecclesiasticun 
pastorale ; MA., 1760-1763, 2 vol. in-fol. 

Jôcher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon, avec le Sup 
plément d'Adelung. 

BALTHASAR ( Christophe ) , jurisconsulti 
français, né à Villeneuve-le-Roi en 1588, mer 
à Castres vers 1670. 11 fut avocat du roi i 
Auxerre. Il publia plusieurs ouvrages , afin di 
prouver la légitimité des droits de la Franci 
sur différents domaines de l'Espagne. Les titre 
de ces écrits sont : Traité des usurpations de 
rois d'Espagne sur la couronne de France 
depuis Charles F///; Paris, 1626, in-8", aug 
mente d'un Discours des droits et prétention, 
des rois de France sur l'Empire; réimprim 
en 1647, in-4°, sous le titre de Justice des ar 
mes du rot très-chrétien contre le roi d'Es 
pagne. 

Lelong , Bibliothèque historique de la France, éà\ 
Fontette. 

BALTHASAR (Jacques-Henri de), théologie 
protestant , vivait dans la première moitié d 
dix-huitième siècle. Il fut surintendant génér; 
des éghses de la Poméranie suédoise. On a d 
lui : Recueil défaits relatifs à l'histoire ei 
clésiastique de la Poméranie ; Greifswald 
1723-1725, in-4''; — Val. ab Eichstscdt Epi 
tomeannalium Poiiieranix ;Md., 1726, in-4' 

Jôcher, AUgemeines Gelehrten-Lexicon, avec le Sup 
plément d'Adelung. 

BALTHASAR ( Joseph-Antoine-Félix de \ 
jurisconsulte suisse, né à Lucérne en 1737 
mort en 1810. Il lut président du conseil mun 
cipal de sa ville natale , et consacra tous ses lo 
sirs à recueillir des matériaux pour l'histoire d 
son pays. Outre un grand nombre de notice 
insérées dans la Bibliotheca Helvetica, à 
Haller, on a de lui : De Helvetiorum Juribu 
circa sacra, traduit en français par M. Viend 
Lausanne, 1770, in-12; — Défense de Guii 
laume Tell; 1760, in-8°; — Muséum virorui 
Lucernatum fama et meritis illustrium; Li 
cerne, 1777, in-4°. 

Biographie des Contemporains. 

BALTHASARi (Théodore), physicien alli 
mand, vivait vers la fin du dix-septième et a 
commencement du dix-huitième siècle. Il devii 
professeur de mathématiques et de physique 
Erlangen, et inventa en 1710 le microscope se 
laire. Son ouvrage, oti il donne les détails c 
cette invention, attribuée aussi à Lieberkuhn, 
pour titre : Micrometroruni telescopïis et m 
croscopiis applicandorum varia structura < 
usu multiplici opusculum; Erlangen, 171C 
in-S». 

Fischer, Geschichte der Physik. i 

BALTIMORE (Cccil, lord, baron de Calvert | 

fondateur de la colonie du Marjland, mort 6' 



317 BALTIMORE 

1G76. Les Français s'étant emparés d'un établis- 
sement qu'il avait fondé à Terre-Neuve, lord 
Baltimore obtint de Charles I^*" la concession de 
tout le territoire qui constitue aujourd'hui l'État 
de Maryland. La charte de concession, datée du 
20 juin 1632, est motivée sur ce que lord Bal- 
tJTnore aurait représenté le dessein qu'il avait 
de convertir, à la morale et à la religion, les 
sauvages de cette partie de l'Amérique, en y 
envoyant une colonie. Il est dit dans le même 
acte que le concessionnaire payera à la couronne , 
à la fête de Pâques de chaque année , une rede- 
vance de deux flèches indiennes (two Indian 
arrows), et le cinquième du produit des mines 
d'or et d'argent qui pourront être découvertes. 
En conséquence, une colonie composée de deux 
cents individus, tous catholiques, entra, en février 
1634, dans la baie de Chesapeake; et, après 
avoir fait l'acquisition d'un village habité par des 
Indiens , jeta les fondements de ce qui fut plus 
tard l'État de Maryland, ainsi appelé du nom de 
la reine Henriette-Marie, femme de Charles r^ 
La colonie prospéra tout d'abord ; elle se donna 
un gouvernement et une constitution. Mais cette 
prospérité fut troublée par l'antagonisme reli- 
gieux des habitants de la Virginie , et cette par- 
tie de l'Amérique vit s'étendre chez elle les dis- 
sentiments parfois sanglants qui divisèrent la 
mère patrie. Mais tout se pacifia plus tard , et 
lord Baltimore vécut assez pour voir se réaliser 
les espérances qu'il avait conçues pour la colonie 
qu'il avait fondée. 

History ofthe Bntish Possessions in North America, 
from the first discovery by Sébastian Cabot, to the 
peace o/ 1763. — The British empire in America; 
Londoa , 1708. — Penny Cyclopsedia. 

BALTIMORE (Frédéric) , voyageur anglais, 
mort le 8 septembre 1771. Sa vie fut assez agitée. 
Après un voyage qu'il lit en Orient en 1763 et 
1764, il perdit presque toute sa fortune, pour 
avoir séduit une jeune Anglaise du nom de miss 
"Woodcocli. Cette affaire attira sur lui une telle 
animadversion, qu'il s'expatria définitivement. Il 
se rendit d'abord à Florence, puis à Naples, où 
il mourut. Un fait assez curieux de la vie de ce 
lord , c'est qu'il fit une pension de 200 livres 
sterling au célèbre général corse Paoli. On a 
de lord Baltimore : une description en anglais 
de son Voyage en Orient, publiée en 1767 : on 
y trouve des observations sur la Turquie, sur 
la poésie orientale, etc.; — Gaudia poetica, 
compared in latin, english and french; 
Londres, 1769, in-4°. 

Adelung, Supplément à Jôcher, Allgemeines Gelehr- 
ten-Lexicon. 

BALTON, BALTEN OU BALTENS (Pierre), 

peintre hollandais, né à Anvers en 1540, mort 
en 1579. Il imita la manière de Pierre Breughel, 
et excella dans les miniatures. Dans son tableau 
de Saint Jean préchant dans le désert, on ne 
se lasse pas d'admirer, relativement à la peti- 
tesse des figures, le fini des personnages qui 
forment la Tniiltitnde, et qui paraissent écouter 



BALTZ 318 

l'apôtre avec recueillement. L'empereur eut un 
jour la fantaisie de lui faire effacer saint Jean 
et de lui substituer un éléphant, afin de juger 
dans quelles proportions l'artiste exécuterait un 
animal aussi monstrueux près de personnages 
incomparablement plus petits. Balton s'en tira à 
merveille. Ce tableau est aujourd'hui dans la ga- 
lerie de Vienne. 
Fiorlllo, Geschichte der Malerei, II, 494. 

BALTDS (Jean-François), écrivain ecclé- 
siastique, né à Metz le 8 juin 1667, mort à Reims 
le 9 mars 1743. Il était de l'ordre des Jésuites, 
commença par professer les belles-lettres et l'É- 
criture sainte dans divers collèges , et fut enfin 
appelé à Rome, où on le chargea de Y Index des 
livres écrits par les membres de la société de Jé- 
sus. Après son retour en France, il fut successi- 
vement recteur de plusieurs collèges. On a de 
lui : Réponse à Z'Histoire des Oracles de Fonte- 
nelle; Strasbourg, 1707 et 1709, in-8°; — la 
Défense des Saints-Pères accusés de plato- 
nisme; Paris, 1711, in-4''; — la Religion 
chrétienne prouvée par l'accomplissement 
des Prophéties; in-4% Paris, 1728; — Défense 
des prophéties de la Religion chrétienne; 
3 vol. in-12, 1737, etc.; — les Actes de saint 
Barlaam , tirés d'un manuscrit grec , avec deux 
discours, l'un de saint Basile, l'autre de saint 
Jean-Chrysostome ; Dijon, 1720, in-12. — Senti- 
ment du P. Battus sur le traité de la fai- 
blesse de V esprit humain, de Huet, dans les 
Mémoires du P. Desmolets. 

Richard , Bibliothèque sacrée. 

BALTCS (Jacques), historien, frère du pré- 
cédent, né à Metz le 31 janvier 1670,^;^ mort 
dans sa ville natale en 1760. Il était notaire et 
conseiller échevin à Metz. On a de lui : Annales 
de Metz, depuis l'an 1724 inclusivement, pour 
servir de supplément aux preuves de l'Histoire 
de Metz (Lamort), in-4° de 369 pages, publié 
par Tabouillot en 1789 : ces annales, utiles à 
consulter, vont jusqu'au 27 décembre 1755; — 
Journal de ce qui s'est fait à Metz au pas- 
sage de la reine (Marie Leczinska, fille de Sta- 
nislas). 

(iaérarà, la France littéraire. 

* BALTZ (Théodore-Frédéric), médecin al- 
lemand, né dans les environs de Berhn le 
15 janvier 1785. (On ignore s'il vit encore.) 11 
fut chinu'gien de régiment en 1806, et assista 
dans cette année à la bataille d'Iéna. Plus tard, il 
vint en France avec les alliés , et fut nommé en 
1816 professeur en chef de l'école de chirurgie 
militaire. On a de lui, entre auti-es ouvrages : 
De Ophthalmia catarrhali bellica; dissertatio 
inauguraUs, Heidelberg, 1816; — Freimil- 
thige Worte iiber die innern und wesentli- 
chstenVerhaltnissein derKœnig. Preuss. Mi- 
lit air- M edicinalverfassung (Quelques franches 
observations sur l'organisation intérieure et es- 
sentielle de la médecine militaire en Prusse ) • 
Berlin , 1820. 

Callisen , Medtcinisches Sckri/lsteller-Lexicon, 



319 



EALTZAR 



^BALTZAR (Thomas), violiniste célèbre, 
né à Lubeck dans la première moitié du dix- 
septième siècle, mort en juillet 1663. Il vint à 
Londres en 1658, puis se rendit à Oxford. Sa 
réputation arriva jusqu'aux oreilles de Charles II, 
qui le nomma maître de ses concerts. Ses fré- 
quents écarts de régime l'enlevèrent de bonne 
heure à la vie. On a de lui des sonates pour 
viole à six cordes, violon, basse de viole et basse 
continue, avec accompagnement de clavecin. 

Biirney , Ceneral fiistory of music. 

BALUE (JeannE la), cardinal français, prin- 
cipal ministre de Louis XI, naquit vers 1421 à 
Verdun, et mourut en 1491 à Ancône. Son père, 
meunier suivant les uns , cordonnier ou tailleur 
suivant les autres , fut métamorphosé ensuite , 
parles Hatteurs du cardinal, en seigneur du bouig 
d'Angle en Poitou. Balue paraît avoir passé ses 
premières années dans ce pays. Étant entré dans 
les ordres, il s'attacha à Jean Juvénal des Ur- 
.lins, évoque de Poitiers. A la mort de ce prélat, 
dont il avait su se faire nommer l'exécuteur tes- 
tamentaire , il vola ses héritiers, et passa ensuite 
dans la maison de Jean de Beauvau, évêque 
d'Angers, qui le nomma son grand-vicaire, place 
dont il abusa encore, en se livrant à la simonie. 
Mais sa finesse sut cacher ces abus à son maître, 
qui le fit présenter à Louis XI par Charles de 
Melun , favori de ce prince. Balue fut très-goûté 
du roi, qui le fit son secrétaire et son aumônier, 
lui donna en 1464 une charge de conseiller clerc 
au parlement de Paris , et en 1465 l'évôché d'É- 
vreux. Louis XI, attaqué par la ligue formidable 
dite du Bien public, était perdu si Balue et Charles 
de Melun, qu'il envoya àParis, n'eussent décidé les 
bourgeois de cette capitale à lui rester fidèles, 
malgré les séductions et les menaces des princes 
confédérés. La garde bourgeoise, encouragée par 
]5alue, résista même vigoureusement au comte 
de Charolais. Le roi, s'étant débarrassé du plus 
grand danger à force d'intrigues , vint lui-même 
à Paris ; et, voyant la bonne tenue de la garde 
liourgeoise, voulut savoir combien sa capitale 
pouvait, au besoin, lui fournir d'hommes en état 
déporter les armes. Les bourgeois furent partagés 
en brigades, qui eurent des officiers et des dra- 
peaux ; et il s'en trouva quatre-vingt mille , dont 
trente mille armés et équipés comme les meil- 
leures troupes. Balue , qui avait des goûts guer- 
riers ,. en passa lui-même la revue dans la plaine 
Saint-Antoine. Ce fût alors qu'Antoine de Cha- 
banes, comte de Dammartin, grand maître de 
France, dit au roi : « Sire, permettez que j'aille 
à Évreux faire l'examen des clercs et ordonner 
les prêtres, puisque l'évêque d'Évreux est oc- 
cupé ici à passer en revue des gens de guerre. » 
La conduite droite et iiTéprochable de Chabanes 
le fit échapper à la vengeance de Balue. Chailes 
de Melun, son bienfaiteur, fut moins heureux : 
des plaintes faites avec emportement, au sujet 
de la faveur que ce prélat lui avait enlevée, furent 
habilement exploitées auprès du roi, toujours 



— BALUE 320 

disposé à se défaire des grands seigneurs ; et 
Charles de Melun eut la tête tranchée à Loches. 
Jean de Beauvau, autre bienfaiteur de Balue, fut 
déposé , par suite de ses intrigues. Balue seconda 
encore la volonté du roi , mais surtout ses propres 
intérêts , dans l'affaire de la pragmatique sanc- 
tion , que Louis XI consentait , contre le bien de 
la France, à laisser abolir, pour se concilier le 
pape Paul II. Le ministre présenta d'abord les 
lettres du pape au Châtelet, où elles furent en- 
registrées, puis au parlement, pendant le mo- 
ment des vacations , dans l'espoir de rencontrer : 
moins d'opposants ; mais « la Balue trouva , dit il 
Belleforest, un plus homme de bien de procu- !■ 
reur général qu'il n'estoit d'évesque, qui lui ré-. '• 
sista en face ; c'estoit Jean de Sainct-Romain : il ' 
protesta que tant qu'il seroit en estât, il scmon- 
treroit estre non-seulement le procureur du roy, 
ains du royaume et couronne de France. » Tout 
le parlement et l'université montrèrent la même 
énergie que le procureur général. Le recteur ap- 
pela au prochain concile des lettres du pape ; et 
son appel fut enregistré au Châtelet, où l'avaient 
été ces lettres. Telle était la force des institutions, 
que Louis XI et son ministre furent forcés de 
céder; et la pragmatique resta en vigueur, ju.<i- 
qu'au concordat fait entre Léon X et François l*''. ' 
Mais Balue fut récompensé de ses efforts eh 1467-, ' 
d'abord par l'évôché d'Angers, dont il avait dé- ' 
pouillé Jean de Beauvau, son bienfaiteur; enfin, i 
la même année, par le chapeau de cardinal , qui, i 
refusé une première fois, à cause de la dépra- 
vation de ses mœurs, lui fut accordé sous le titre i 
de Sainte-Suzanne. 

Protégé par cette pourpre révérée , il ne res- v 
pecta plus rien. Charles le Téméraire, devenait 
duc de Bourgogne par la mort du duc Philippe* 
le Bon , son père , était un des plus riches souve-i- 
rains de l'Europe. Le cardinal de la Balue entre- 
tint avec lui une correspondance secrète, dansi 
laquelle il l'informait de tous les projets du rein 
aussitôt qu'ils étaient formés. H conseilla à 
Louis XI d'aller trouver son ennemi à Péroune, 
puis au duc de Bourgogne d'y retenir le roi; en- 
suite, de le forcer à l'accompagner dans son ex- 
pédition contre les Liégeois, révoltés à l'insti-'i 
gation de Louis, victime à la fois de ses four-i 
beries et de la déloyauté de son vil ministre.! 
Il tenait pourtant de la libéralité d'un prince sîi 
peu généreux d'ordinaire, outre les évêchésd'É-î 
vreux et d'Angers, les abbayes de Fécamp, du! 
Bec, de Saint-Ouen, de Saint-Jean-d'Angély et 
de Saint-Thierry, la haute main sur les bourses 
dépendantes du collège de Navarre, sur les 
hôtels Dieu , aumôneries et maladreries dépen- 
dantes du roi , et sur tous les bénéfices vacants 
dont sa majesté pouvait disposer. Enfin, ayant 
ourdi de nouvelles intrigues pour empêcher 
l'accord du roi avec son frère, sa correspon- 
dance fut interceptée ( 1469 ); il fut aussitôt arrêté, 
et avoua tous ses crimes. Mais, comme il l'avait 
prévu, la pourpre romaine le sauva du sup- 



321 



BALI3E — BALUZE 



322 



plice. Le pape intervint, contesta au roi ses 
droits dans ce jugement, et Louis XI, pour ne pas 
laisser le cardiiial impuni, préféra le garder in- 
définiment à Loches , dans une prison qu'il comp- 
tait rendre perpétuelle. Cette prison fut une de 
ces cages de fer que la Balue lui-même avait in- 
ventées ; elle avait huit pieds en carré , et on la 
voit encore , sous le nom de case Balue, au châ- 
teau de Loches. « Ces cages , dit Comines ( qui 
les connaissait bien pour y avoir été enfermé lui- 
même huit mois ), estoient couvertes de pattes de 
fer par le dehors et par le dedans , avec terriWes 
fermures, de quelque huit pieds de large, de 
la hajiteur d'un homme et un pied plus. » D y 
resta onze ans, jusqu'à ce que le pape Sixte IV 
obtint sa liberté en 1480 , à condition qu'il se 
retirerait à Rome , où on lui donnerait des juges. 
Mais , bien loin de là , le pape lui fit le meilleur 
accueil, et même, en 1484, l'envoya légat a la- 
tere en France, comme pour braver Charles VUI ; 
et Balue eut l'audacieuse impudence de venir à 
Paris, sans demander au roi son agrément, et 
sans présenter au parlement ses lettres de léga- 
tion. Mais à la mort du pape, qui le soutenait, il 
s'enfuit bien vite de France , craignant de ne plus 
échapper cette fois à la vengeance du roideFrance. 
De retour en Italie, il fut fait évêque d'Albano, 
puis de Préneste , par Innocent vni, successeur 
de Sixte rv. Il fut pourvu en outre des plus 
riches bénéfices, et décoré du titre de protecteur 
de l'ordre de Malte. Il mourut à Ancône au mois 
d'octobre 1491. Suivant les uns, il était d'une 
ignorance crasse ; suivant d'autres, homme « de 
gentil esprit et de grandes lettres. » [M. Berger 
DE XiVREY, dans YEne. des g. du m. ] 

Philippe de Comines, Chron. — Aiibery, Hist. des card. 

*BALUFFi (Cagetano), écrivain ecclésias- 
tique contemporain. D a été dans la Nouvelle- 
Grenade, et a séjourné à Santa-Fé de Bogota, où 
il s'est procuré de précieux renseignements sur 
l'histoire religieuse du nouveau monde. Ces re- 
cherches l'ont mis à même de publier à Rome, 
vers 1848, une Histoire religieuse de l'Amé- 
riqîie. Ferdinand Denis. 

* BALUGANI ( Filippo ), sculptcur, né à Bor 
logne, mort en 1780. Il étudia le dessin sous 
Vittorio Bigari, et s'adonna à la sculpture et à 
la gravure de médailles. On conserve à Bologne 
plusieurs de ses ouvrages, dont les principaux 
sont des bustes de terre cuite au palais de l'uni- 
versité , des statues au palais Ranuzzi , et à Saint- 
Pétrone le médaillon de Mauro Tesi, sur le 
tombeau de ce peintre. E. B — n. 

Malvasia , Pitture, Sculti ed Architetture di Bologna. 

BALUZE {Etienne), historien et annotateur, 
né le 24:décembre 1630 à Tulle, mort à Paris le 
28 juillet 1718. Après avoir commencé ses études 
dans sa ville natale, il vint les continuer à Tou- 
louse , où son aptitude lui fit donner une bourse 
au collège Saint-Martial. Il était encore écolier 
lorsqu'il publia VAnti-Frizonius, critique de 
l'ouvrage de Pierre Frizon, Gallia purpurata. 

NOUV, BIOGR, UMVERS, — T, IV. 



Deux dissertations sur la vie et les reliques de 
plusieurs saints parurent ensuite, et le firent re- 
marquer de M. de MontchaT, archevêque de Tou- 
louse, qui le prit pour secrétaire. M. de Marca, 
successeur du prélat, l'associa à ses savants tra- 
vaux, et lui laissa, en mourant, ses œuvres ma- 
nuscrites. Baluze avait renoncé depuis longtemps 
à l'étude du droit, qu'il avait suivie d'abord par 
soumission à son père. Après la mort de M. de 
Marca, plusieurs évêques adressèrent au jeune 
savant les plus belles propositions pour l'attirer 
près d'eux ; il donna la préférence à Henri de la 
Motte-Houdancourt, archevêque d'Auch; mais 
n'ayant pas de goût pour la théologie scolas- 
tique, il accepta les offres de Colbert, qui le char- 
gea du som de sa bibliothèque. Celle-ci devint 
bientôt une des plus rares collections de livres de 
l'Europe, grâce au discernement de Baluze, qui 
découvrait chaque jour quelque nouvelle richesse 
littéraire , et qui faisait venir à grands frais des 
manuscrits précieux des pays les plus éloignés. 
Il conserva la direction de cette bibliothèque sous 
les fils de Colbert, et ne la quitta de son plein 
gré que pour se retirer, en 1700, dans une fort 
belle maison dépendante du collège des Écossais, 
n y vivait dans l'oubU depuis sept ans, lorsqu'une 
ordonnance de Louis XIV l'appela aux fonctions 
d'inspecteur du Collège royal ; déjà ce monarque 
avait créé pour lui une chaire de droit canon. 
Peu de temps après, il tomba en disgrâce; voici à 
quelle occasion. Le cardinal Emmanuel-Théodose 
de Bouillon, avec qui il s'était lié de vieille date, 
le pressa d'écrire l'histoire de la maison d'Au- 
vergne , et il céda à ses instances. Cet ouvrage 
parut en 1709. Baluze y avait inséré quelques 
fragments d'un ancien cartulaire et d'un obituaire 
de Brioude, qui prouvaient que les Bouillon 
descendaient en ligne directe des anciens ducs 
de Guienne, comtes d'Auvergne. On assura qu'il 
avait voulu , par là , soutenir les prétentions du 
cardinal de Bouillon , qui se disait indépendant 
de Louis XTV, et fondait son droit sur ce qu'il 
était né d'une maison souveraine, dans la prin- 
cipauté de Sedan , avant que l'échange de cette 
souveraineté avec le roi eût été consommé. Ces 
imputations, qui coïncidaient précisément avec 
le départ du cardinal de Bouillon pour l'étranger, 
animèrent le roi contre l'auteur de YHistoire 
généalogique de la maison d'Auvergne. On 
instruisit son procès , en vertu d'un ordre exprès 
de Louis XIV. Par arrêt du 20 juin 1710, rendu 
sur les conclusions du ministère public , l'ou- 
vrage fut supprimé et son auteur frappé d'exil et 
de confiscation, sans qu'on voulût même entendre 
sa justification. Dépouillé de presque toute sa 
fortune, Baluze^ fut interné successivement à 
Rouen, à Blois, à Tours et à Orléans. Il n'ob- 
tint son rappel qu'en 1 7 1 3, après la paix d'Utrecht ; 
mais on ne lui rendit ni sa place, ni son traite- 
ment. Il se consola de ses revers par l'étude ; ainsi, 
il s'occupa à revoir sur plus de trente manuscrits 
différents les oeuvres de saint Cyprien, dont il se 

11 



323 



BALUZE — BALZAC 



324 



proposait de publier depuis longtemps une nou- 
Tclle édition. La mort vint le surprendre au milieu 
de ses travaux; on l'inhuma à Saint-Sulpice. Il 
avait composé lui-même son épitaphe en ces 
termes : 

Il gtt Ici le sire Etienne ; 

Il a consommé ses travaux : 

En ce monde U eut tant de maux , 

Qu'on ne croit pas qu'il y revienne. 

Une certaine originalité, jointe à beaucoup de 
gaieté, faisait le fond du caractère de Baluze. Il 
institua, par exemple, une femme étrangère sa 
légataire universelle, et ne laissa presque rien à 
sa famille. Voici les termes de l'une de ses dis- 
positions testamentaires, par laquelle il ordonne 
que sa bibliothèque soit vendue en détail : « Je 
« défends et prohibe expressément la vente de 
« ma bibliothèque en gros , voulant qu'elle soit 
« vendue en détail au plus offrant et dernier en- 
« chérisseur, afin que les curieux en puissent 
« avoir leur part, y ayant une très-grande quan- 
« tité de livres rares, difficiles à trouver, et que 
« les gens de lettres seront bien aises d'avoir oc- 
re casion d'acquérir. « — Baluze fut un des 
esprits émin«nts de son siècle, un ami éclairé 
du progrès. Il se montra l'adversaire décidé des 
ultramontains, et défendit avec chaleur les li- 
bertés de l'Église gallicane. Exilé par la monar- 
cliie, il fut aussi mis à l'index par la cour de 
Rome pour son ouvrage intitulé la Vie des papes 
d' Avignon, où il réfute les ulti-amontains qui 
compai;èrent le séjour des papes à Avignon à la 
captivité des Juifs à Babylone. « Baluze, dit 
« M. Dupin , est un des hommes qui ont rendu 
« le plus de services à la république des lettres 
« par son appUcation continuelle à rechercher 
« de tous côtés des manuscrits des bons au- 
« teurs, à les conférer avec les éditions, et à les 
« donner ensuite au public avec des notes pleines 
« de recherches et d'érudition- » Sa maison était 
le rendez-vous des savants et des gens de lettres, 
qu'il aidait non-seulement de ses conseils et de 
sa plume, mais encore de son argent. U allait les 
trouver à Saint-Germain des Prés, quand ils ne 
venaient pas chez lui. C'est Baluze qui introdui- 
sit un des premiers , en France , l'usage des 
soupers littéraires, qui se prolongèrent avec tant 
d'éclat dans le dix-huitième siècle. La joyeuse 
humeur y était de mise, et nous tenons à citer 
ici un couplet de l'académicien Bernard de la 
Monnoye, qui fut chanté, un soir, à la santé de 
Baluze ; il servira à montrer que , chez nos pères, 
l'habitude des travaux les plus sérieux et les plus 
graves n'excluait pas la gaieté : 
Entonnons un couplet gaillard 

Pour notre ami Baluze : 
Entonnons un couplet gaillard 

Pour ce docte vieillard : 
A table il rit , 

11 chante , il nous amuse : 
Ce qu'il dit 
Est plein d'esprit. 
Exempts d'ennui, 
Puissions- nous, dans vingt ans comme aujourd'hui , 
Boire avec lui ! 



Outre de nombreux manuscrits, Baluze a laissé 
quarante-cinq ouvrages imprimés, dont quelques- 
uns ont plusieurs volumes. Voici .les princi- 
paux : Regum Francorum capitularia , 1677, 
in^fol., 2 vol.; 2^ édit., 2 vol. in-fol., 1780 : la pré- 
face de ce recueil a été traduite par l'Escalopier 
de Nouras, sous le titre de : Histoire des capi- 
tulaires des rois français , etc.; la Haye, 1755, 
in-12; 1779, in-8°; — EpistolcC Innocenta 
papee III; 1682, in-fbl., 2 vol. ; — Conciliorum 
nova collectio , 1683, 1 vol. in-fol; — les Vies 
des papes d'Avignon, 1693, 2 vol. in-4°; -— 
Historia Tutelensis, il 17, 2 vol. iD-4° ; — S. Cy- 
priani opéra; — Miscellanea; Paris, 1680, 
7 vol. in-8°. Ses manuscrits, au nombre de quinze 
cents, tous annotés de sa main , se trouvent à la 
Bibliothèque nationale. Le catalogue complet des 
Œuvres de Baluze se lit à la page 60 des Capi- 
tularia. W. 

f^ie de Baluze, par lui-môme, continuée par Martin. — 
Ses Mémoires. — L'abbé Lambert, Histoire litteraive 
du régne de Louis XI f^. — J.-B. Vitrac, Éloge de Ba- 
luze; Limoges, 1777. — D. Mansi, Éloge de Baluze. — Du- 
pin , Bibl. des aut. ecclés., t. V. — Voltaire . Siècle de 
LouisXIF, 1. 1". — Le CouTT'àyeT, Europe savante, t. IV. 

BALUZE ('Fj/acin^/ie), parent du précédent, 
est l'auteur d'un ouvrage intitulé Pensées morales 
e^ chrétiennes; Bordeaux 1705, 2 vol. in-12. 

Moréri, Dictionnaire historique. 
* BAL VAS {Antonio), poète espagnol, natit 
de Ségovie, mort en 1629. On a de lui : el Poeta 
Castellano; Valladolid, 1627, in-12; recueil 
de poésies que Lope de Véga proclame assez 
remarquables pour un temps où la vieille langue 
du pays lui faisait l'effet d'une langue étrangère. 

Ticlinor, History of Spanish Ulcruture, t. 11, p. 498. 

*BALVENTius (T.), centurion romain, vivait 
vers l'an 54 avant J.-C. Il fut grièvement blessé 
dans une attaque d'Ambiorix contre Q. Titurius- 
Sabinus. 

César, Bellum Gallicum, V. 3B. — Smith, Dictionary 
of greck and roman Biography. 

BALZAC {Jean-Louis-Guez, seigneur ne), 
célèbre littérateur français , né à Angoulêmc en 
1594 , mort à Paris le 18 février 1654. C'est 
un des écrivains qui , au commencement du 
dix-septième siècle , contribuèrent le plus au 
perfectionnement de la langue française. L'affec- 
tation , le faste guindé, la pompe empliatiquc 
de ses écrits, peuvent impatienter ceux qui les 
lisent, mais ne doivent pas faire méconnaître 
les services qu'il a rendus. S'il n'a pas la gloir* 
d'avoir épuré le goût, il a celle d'avoir fôrm( 
la langue. Il est certain qu'on peut mettre dan; 
le style des proportions, de la clarté, du nom 
bre, alors même que dans les idées on est cou- 
pable de recherche et d'exagération. Balzai 
d'aDleurs, si inférieur à Montaigne, puisç[u'i 
fut sans génie et qu'il eut très-peu de goût , i 
cependant été presque aussi utile que lui : il l'i 
été d'une autre manière. Pour hâter les progrè 
d'une littérature et la faire parvenir à son époqu 
de maturité , il ne faut pas seulement des hom'j 
mes de génie; peut-être même les hommes tl 



325 

génie ne sont-ils pas les plus utiles au perfec- 
tionnemeut de la langue : leur originalité même 
les empêche de créer poiu- l'usage commun , et 
leur style est trop marqué à leur empreinte pour 
devenir la propriété de tous. Il faut , en même 
temps que les hommes de génie, des ouTriers 
patients , laborieux, habiles , sans enthousiasme 
pour les idées , mais pleins d'un soin religieux 
pour les mots ; qui prennent pour tâche d'assou- 
plir la langue , de la régler, de la polir, de lui 
donner plus de jeu, de netteté et d'harmonie. 
Ainsi a fait Balzac : son rôle s'est borné à per- 
fectionner l'instrument , sans savoir profiter lui- 
même des qualités nouvelles qu'il lui donnait. 
Sa gloire est de l'avoir transmis , plus docile et 
plus ferme, à des mains qui devaient mieux 
l'employer. L'influence matérielle qu'il exerça 
sur la prose ressemble beaucoup à la réforme 
que Malherbe opéra dans la poésie. Avec plus 
de goût que Balzac , Malherbe manquait autant 
que lui d'imagmation et de chaleur ; tous deux 
se préoccupèrent à peu près exclusivement de 
la forme : l'un fut un versificateur net et concis; 
l'autre , un artisan habile <le phrases et de pé- 
riodes. Tous deux, par leur industrie persévé- 
rante , firent faire à la langue un pas immense , 
et doivent être regardés à ce titre comme les 
prédécesseurs directs de Pascal et de Racine. 

Balzac fut d'abord attaché au cardinal de la 
Valette , qui l'emmena avec lui en Italie, et dont 
il devint l'agent d'affaires à Rome. A son retour à 
Paris, Balzac reçut le plus brillant accueil d'une 
société sur laquelle il avait, de loin, produit par 
ses lettres la plus vive impression. Les plus 
grands personnages le recherchèrent ; l'évêque 
de Luçon , depuis cardinal de Richelieu, lui 
témoignait l'estime la plus flatteuse. Son nom 
devint illustre. Toutefois , ses protecteurs firent 
pour sa fortune moins qu'il n'espérait. 

En 1624 , parut le premier recueil imprimé 
des lettres de Balzac. Le public les jugea comme 
la cour les avait jugées : les applaudissements 
furent unanimes. Cette noblesse de langage, 
cette fermeté de ton , ces phrases rigoureuse- 
meut construites , harmonieusement cadencées , 
étaient des choses nouvelles ; celui qui éloignait 
de ses écrits l'incorrection, la redondance dif- 
fuse, la gaucherie naïve des auteurs du seizième 
siècle , paraissait un homme supérieur. Ou ne 
faisait pas attention que des lettres eussent voulu 
beaucoup moins de majesté et d'apprêt : le goût 
du public était porté vers le grandiose et le 
pompeux. Ce qu'on recherchait alors dans la 
littérature comme dans la politique, c'était la 
régularité et l'éclat , l'ordre et la magnificence. 
On sentait un irrésistible besoin de rompre avec 
la naïveté et la famiharité du seizième siècle, 
comme avec son esprit de désordre et d'anar- 
chie. Par impatience d'atteindre à la noblesse, 
on tombait dans l'affectation et dans l'emphase , 
et l'on trouvait l'idéal même de l'éloquence dans 
les lettres travaillées d'un rhéteur. 



BALZA.C 326 

Un succès aussi éclatant devait soulever con- 
tre Balzac tous les auteurs jaloux ou attachés à 
l'ancienne école. Un jeune feuillant, nommé 
dom André de Saint-Denis , donna le signal de 
l'attaque par un livre intitulé Conformité de 
l'éloquence de M. de Balzac avec celle des 
plus grands personnages du temps passé et 
du présent. L'accusation de plagiat, que ce livre 
reproduisait sous toutes les formes, fut bientôt 
répétée par d'autres adversaires. Ce ne fut pas 
assez de contester au réformateur de la langue 
son talent, on calomnia sa vie. Le P. Goulu, 
général des feuillants, passa toutes les bornes 
dans l'ouvrage intitulé PMlarque , diatribe 
violente en deux gros volumes. Balzac méprisa- 
t-il assez de tels assaillants pour garder le si- 
lence, ou bien se cacha-t-il pour leur répondre 
sous un nom emprunté , et doit-il être regardé 
comme l'auteur de V Apologie publiée sous le 
nom du prieur Ogier ? C'est ce qui n'a pas été 
complètement éclairci ; toujoirrs est-il que cette 
Apologie fournit un nouvel aliment à la que- 
relle. Lassé d'être en butte aux coups de l'envie, - 
et jaloux d'assurer son repos, Balzac se retira 
dans sa terre, sur les bords de la Charente. Là, 
il n'avait plus d'autre souci que de répondre aux 
lettres qu'on lui adressait de toutes parts , et 
dont plusieurs lui étaient écrites par des rois. Il 
est vrai que cette tâche lui devenait souvent pé- 
nible, à cause de la lenteur avec laquelle il 
composait, et des angoisses d'esprit que lui 
faisait éprouver le travaO. Dans cette retraite , 
où il mourut le 18 février 1655, il composa aussi 
d'autres ouvrages où il se montre avec les mêmes 
qualités et les mêmes défauts. En 1634 , il lui 
suffit de témoigner le désir d'entrer à l'Académie, 
pour y être appelé aussitôt par le suffrage de tous. 

Sur la fin de sa vie, les sentiments de religion 
qu'il avait toujours eus se fortifièrent, et le con- 
duisirent à la plus fervente dévotion. Il s'était 
fait bâtir deux chambres aux Capucins d'Angou- 
lême, et s'y retirait souvent, pour se livrer sans 
distraction à ses devoirs de piété. Ce qui lui fait 
encore plus d'honneur que sa dévotion, c'est sa 
bienfaisance , qui nous est attestée par ces pa- 
roles de Bayle : « Il se priva , de son vivant, de 
huit mille écus de son bien, pour les distribuer en 
œuvres pies. « Quand on parle de bienfaisance , 
on peut faire honneur à Balzac du mot aussi bien 
que de la chose ; car c'est lui qui , le premier 
chez nous , a donné à cette vertu ce beau nom, 
qu'elle a gardé. Il faut reconnaître que Balzac 
avait l'âme portée vers toutes les choses belles 
et honnêtes. Il eut de la noblesse dans les sen- 
timents , mais il se laissa trop enivrer par ses 
succès. La complaisance avec laquelle il parla de 
lui-même dans ses écrits dénote une vanité 
extrême , et le lecteur est souvent choqué par le 
ton de fatuité qu'il prend dans ses lettres et 
dans ses préfaces. En mourant , Balzac légua à 
l'Académie une somme dont il affectait l'emploi 
à l'étaWissement d'un prix d'éloquence,' Il est 



327 



BALZAC 



328 



donc l'auteur de cette institution , qui subsiste 
encore aujourd'hui, mais qui a produit peu 
d'ouvrages éloquents et beaucoup de déclama- 
tions, n semble que le nom du fondateur ait 
porté malheur à tous ceux qui ont brigué cette 
distinction. Du reste , les premiers discours aca- 
démiques roulaient toujours sur un sujet de 
piété, et n'étaient ordinairement que la para- 
phrase d'un texte des Livres saints. On peut 
prendre une idée de ce qu'ils étaient par le So- 
crate chrétien, de Balzac, sorte de disserta- 
tion érudite et pompeuse sur l'excellence de la 
morale et de la religion. L'ouvrage porte ce titre, 
parce que le personnage qui y tient la parole 
réunit à toute la sagesse des anciens philosophes 
toute la piété du véritable chrétien. On a encore 
de Balzac VAristippe, traité sur les mœurs de 
la cour et sur la manière de concilier le devoir 
avec la politique, qu'il dédia à la reine Christine. 
Cette reine fameuse fut un des admirateurs les 
plus passionnés de Balzac; et la reconnaissance 
de l'écrivain a souvent célébré cette femme sin- 
gulière , chez laquelle il trouvait un mélange de 
pédanlisme et de grandeur tout à fait en rapport 
avec sa propre nature. Avant ces deux traités , 
il'avait publié le Prince, où il disserte sur les 
vertus des rois , en prenant toujours les exem- 
ples dont il appuie ses préceptes dans la vie de 
Louis Xin. Ce n'est qu'un panégyrique sans 
naturel et sans vérité; çà et là, toutefois, le 
souvenir des orateurs de Rome et d'Athènes, et 
une certaine indépendance naturelle à cet esprit 
fier, lui inspirent des pensées hardies pour l'é- 
poque , et telles qu'on en trouve dans la Répu- 
blique de Bodin et la Sagesse de Charron. Aussi 
le Prince :fut-il censuré par la Sorbonne. Les 
oeuvres de Balzac , y compris ses poésies fran- 
çaises et latines, et précédées d'une savante 
dissertation par l'abbé Cassaigne, ont été pu- 
bliées en 2 vol. in-folio; Paris, 1665. On trouve 
imprimés séparément : Aristippe, ou de la 
cow; Leyde, J. Elzevir, 1658; et Amsterdam, 
D. Elzevir, 1664, petit in-12 ; — Lettres choi- 
sies; Leyde, Elzevir, 1648, 1652; ou Amsterdam, 
1656 et 1678, petit in-12 ; — Lettres familiè- 
res à Chapelain (1); Leyde, Elzevir, 1636 ; et 
Amsterdam, Elzevir, 1661 , petit in-12; — le 
Socrate chrétien; Amsterdam, 1562, petit 
in-12 ; — Lettres à Conrart ; Leyde, 1659; et 
Amsterdam, 1662, petit in-12; — Œuvres di- 
verses; Leyde, J. Elzevir, 1651 ou 1658; — les 
Entretiens (ouvrage posthume) ; Leyde, J. El- 
zevir, 1658, petit in-12; — Lettres de Balzac, 
de Voiture et de Boursatdt ; Paris, 1806, 2 vol. 
in-12; — Pensées de Balzac, parD.-F. Moreau 
de Mersan ; Paris , 1807 , in-12 ; — Œuvres 
choisies de Balzac, par A. MaUtourne; Paris, 
J1822, 2 vol. in-8°. 

U) Environ deux cents lettres inédites de Balzac à Cha- 
pelain doivent être prochainement publiées dans un vo- 
lume de Mélanges du comité des monuments histo- 
riques. 



Bayle, Dictionnaire historique. — Balilet, Jugements 
des Savants. — Morean de Mersan, notice en tûtc de ses 
Pensées de Balzac. — A. MaUtourne, Notice sur la vie 
de Balzac, en tête de son édition des OEuvres choisies. 
— Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France. 

BALZAC (Honoré de), romancier français, 
né à Tours le 20 mai 1799, mort à Paris le 20 
août 1850. Ce fut l'un des plus laborieux et des 
plus féconds écrivains de notre époque. Son 
père avait été secrétaire au grand conseil sous 
Louis XV. Il fit ses premières études au collège 
de Vendôme, où il ne laissa d'autre souvenir 
que celui d'un écoUer paresseux et insoumis. 
Il les acheva dans le pensionnat de M. Lepitre, 
fut placé ensuite par sa famille dans l'étude 
d'un notaire de la rue du Temple, et préluda à 
sa carrière littéraire par des articles de journaux. 
Se^ premiers essais furent plutôt des témoigna- 
ges de la persévérance que des monuments de 
son génie. En 1822, il avait déjà publié, sous les 
noms d'Horace de Saint- Aubin, de Veillergré, de 
lordR'hoone (anagramme d'Honoré), les Deux 
Hector;— le Centenaire ; — le Vicaire des Ar- 
dennes ; — Charles Pointel ; — V Héritière 
de Béragère; — le Tartare, ou le Retour de 
V Exilé; — Clotilde de Lusignan; — en 1823, 
la Dernière Fée ; — Michel et Christine ; — 
V Anonyme; — en 1824, Annette et le Crimi- 
nel ; — en 1825, Wanne Chlore; — en 1827, 
le Corrupteur. Il s'était associé en 1826 avec 
l'imprimeur Barbier, pour la pubUcation des 
Annales romantiques , et s'était fait à la fois 
imprimeur, libraire et écrivain. Ses spéculations 
ne furent pas heureuses. Il pubha à cette époque 
une édition des œuvres de la Fontaine , en tête 
de laquelle figure une Notice de sa composition. 
Ce ne fut qu'en 1829 qu'il publia le premier 
ouvrage auquel il eût mis son nom. C'est le 
roman qui a pour titre : le Dernier Chouan , 
qu'il avait écrit dans la Vendée, près du théâtre 
des événements qu'il reti'açait. 

Enfin, l'attention publique fut éveillée sur le 
mérite du jeune écrivain par la publication de sa 
Physiologie du Mariage, où se révélaient à la 
fois l'originalité vive et piquante , la verve spiri- 
tuelle, la profondeur d'obsei'vation et les libres 
allures qui distmguent ses œuvres. Ce fut alors 
qu'il proposa pour but, à un talent parveiîu à la 
maturité, l'exécution d'un vaste monument lit- 
téraire qui ne devait être rien moins que le ta- 
bleau complet de la civilisation de son temps. 
( Voir la préface du t. VÏÏI de ses Œtivres com- 
plètes, édition de] 1837). Sous le titre de Co- 
médie humaine, il essaya de rattacher à un plan 
unique une suite de compositions, dont le 
nombre et l'importance eussent effrayé une 
énergie moins persévérante. De là cette multi- 
tude d'ouvrages, produit d'une imagination 
féconde , et qui devaient se dessiner en scènes 
de la vie privée, de la vie de province , de la 
vie militaire , de la vie de campagne et de la 
vie politique, en études philosophiques et en 
études analytiques. Pendant vingt ans l'écrii; 



329 



BALZAC — BALZE 



330 



Tain infatigable s'est occupé de remplir ce cadre 
immense et dans la foule de ses compositions , 
dont quelques-unes sont des chefs-d'oeuvre. La 
critique a dû reconnaître l'étonnante richesse de 
son imagination, et la sagacité merveilleuse avec 
laquelle il a su pénétrer dans les secrets replis 
du cœur humain plus profondément qu'aucun 
moraliste ne l'avait fait avant lui. Mais elle a si- 
gnalé plus d'une fois, avec des reproches mérités, 
cette tendance exagérée à abuser de son talent 
pour la description , à s'arrêter sur des détails 
trop minutieux , et à s'égarer dans des peintures 
sur lesquelles un art plus délicat eût évité d'ar- 
rêter la vue. Son succès a été immense, non- 
seulement en France, mais dans toutes les con- 
trées de l'Europe. 

La vie d'Honoré de Balzac s'est composée des 
jouissances éphémères que procurent les triom- 
phes littéraires, et des tracasseries au prix 
desquelles les plus heureux sont forcés de les 
acheter. Les incidents romanesques ne lui ont 
pas manqué. A l'occasion de la publication de 
son Médecin de campagne en 1835, une femme 
de la plus haute distinction, la comtesse Éveline 
de Hanska, lui écrivit de Genève une lettre de 
félicitations. Les propriétés de M. de Hanska 
faisaient partie de la Pologne russe , à "Wierz- 
chownia, près de Berdidcheff. Ce fut l'occasion 
d'ime correspondance intime établie entre les 
nobles étrangers et l'écrivain, qui dédia à ma- 
dame de Hanska son roman de Séraphita. 
Quelques mois après la révolution de février. 
Honoré de Balzac, déjà atteint de la maladie qui 
devait l'emporter, quittait la France pour aller 
épouser madame de Hanska, devenue veuve. 
Après avoir habité successivement Paris, Chaillot 
et VUle-d'Avray , il avait réuni , dans sa maison 
de la rue Fortunée ( dans les Champs-Elysées ), 
une multitude de chefs-d'œuvre d'art qu'il avait 
recueillis à grands frais , pour orner la retraite 
où il espérait trouver enfin le bonheur et la paix. 
Mais il y avait trois mois à peine qu'il était, re- 
venu de Russie , et qu'il s'était installé dans sa 
deraeiu'e avec sa nouvelle famille, qu'il suc- 
comba à une hypertrophie du cœur, contre la- 
quelle tousles secours de la médecine essayèrent 
en vain de lutter. Une foule immense accompagna 
son cercueil jusqu'au Père-Lachaise , et l'auteur 
de Notre-Dame de Paris, caractérisa, en peu de 
mots éloquents, le grand écrivain que la France 
venait de perdre. <c Tous ses livres , disait-U , 
ne font qu'un livre; livre vivant, lumineux, pro- 
fond , où l'on voit aller, et venir, et marcher, et 
se mouvoir, avec je ne sais quoi d'effaré et de 
terrible , mêlé au réel, toute notre civilisation 
contemporaine; livre merveilleux, que le poète 
a intitulé Comédie , et qu'il aurait pu intituler 
Histoire, qui prend toutes les formes et tous les 
styles, qui dépasse Tacite et va jusqu'à Suétone, 
qui traverse Beaumarchais et va jusqu'à Rabe- 
lais ; livre qui prodigue le vrai , l'intime, le bour- 
geois, le trivial, le matériel, et qui par moments. 



à travers toutes les réalités brusquement et 
largement déchirées , laisse tout à coup entre- 
voir le plus sombre et le plus tragique idéal... 
Balzac saisit corps à corps la société moderne. 
Il arrache à tout quelque chose, aux uns l'iUu- 
sion, aux autres l'espérance ; il fouille le vice, il 
dissèque la passion, il creuse et sonde l'homme, 
l'âme, le cœur, les entrailles, le cerveau, l'a- 
bîme que chacun a en soi. « On pourrait ajouter 
à cette appréciation, que l'auteur de la Comédie 
de la vie hvunaine a manqué d'un idéal élevé, 
d'une règle supérieure, capable de contenir et de 
diriger les riches facultés dont la nature l'avait 
pourvu. C'était une organisation vigoureuse et 
riche, et, en somme, un talent peu commun, 
dans lequel néanmoins l'absence de goût se fait 
trop souvent sentir. Ce n'est pas sans raison 
qu'un écrivain spirituel a donné, à son tableau 
de la société , le nom de Musée Dupuytren de 
la nature morale. C. Hippeau. 

M. Sainte-Beuve, Portraits contemporains , vol. II. — 
M. de.Loménie, Galerie des Contemporain. — .M. Al- 
phonse de Valconsell, Revue analytique et o'rtfjgiw des 
Romans contemporains. — M. Gustave des Noires-Terres, 
Fie de Honoré de Balzac. — Constitutionnel, du S sep- 
tembre 18S0. 

BALZAC {Charles-Louis), architecte et litté- 
rateur, né à Paris vers le milieu du^x-huitième 
siècle, mort dans sa ville natale le 31 mars 1820. 
Il fit partie de l'expédition française en Egypte, 
et enrichit de précieux dessins d'architecture le 
grand ouvrage, fruit de cette expédition. Pendant 
son séjour au Caire il fit jouer les Deux Meu- 
niers, opéra-comique, dont Rigal avait composé 
la musique. Parmi ses autres productions litté- 
raires on cite : une Ode sur le mariage de Venir 
pereur et la naissance du roi de Rome, impri- 
mée dans les Hommages poétiques, t. 2, p. 268 ; 

— Poésies ad libitum; Paris, 1817, in-8°; — 
Douleurs et guérison; Paris, 1819. 

Quérard, la France littéraire. 

* BALZANi ( (riouani-GiroZawîo), peintre, né à 
Bologne en 1658, mort en 1735. D peignit sous 
la direction de Pasinelli, et se distingua surtout 
par la ressemblance des portraits. E. B — n. 

Crespi, Félsina pittrice , P^ite de Pittori Bolognesi 

non descritta dal Malvasia. 

* BALrZLANO {François ), historien italien, vi- 
vait dans la seconde moitié du dix-septième 
siècle. On a de lui : Istoria delV antico Erco- 
lano, ovvero Torre deW Greco; Naples, 1688. 

MazzQchelli, Scrittori d'Italia. 

* RALZAVANO ( Jeau-Paul ) , jurisconsulte 
napolitain du seizième siècle , a laissé des Com- 
mentaria ad constitutiones utriusque Siciliee ; 

— Interpretafiones luculentissimee ad libros 
feudorum; Naples, 1620, in-fol.; Venise, 1596, 
in-fol. 

Toppl , Biblioteca Napolitana. — Chaudon et Delan- 
dine , Dictionnaire fiistorique. 

BALZE (Nicolas), avocat célèbre, né à Avi- 
gnon en 1735, mort dans sa viUe natale en 
1792. Il honora sa profession par un grand dé- 
sintéressement, et cultiva les Muses avec pas- 



331 BALZÈ — BAMBINI 

sion et succès. H composa un recueil de contes, . 
où l'on tiouve de la finesse et quelquefois une 
piquante originalité d'expressions, mais qui man- 
quent souvent de naturel. Sa tragédie de Co7-io- 
lan, imprimée en 1776, ne fut pas représentée. 
Doué d'une imagination brûlante, Balze sem- 
blait êti-e né pour le genre lyrique. Ses odes of- 
frent en effet des pensées brillantes et de l'en- 
thousiasme, mais le mauvais goût s'y fait trop 
souvent sentir. 
Le Bas, Encyclopédie de la France. 

* B4LZER , nom de famille d'artistes bohé- 
miens au dix-huitième siècle. On ti'ouve beau- 
coup de gravures signées de leurs noms. Les trois 
plus célèbres étaient Jean , Mathias et Anton. 
Jean a fourni une série de portraits à la Bio- 
graphie des savants et des artistes de la 
Bohême et de la JtforoOTe ; Prague, 1773-1787. 
Mathias et Anton ont gravé des paysages. 

Nagler, Neves Allgemeines Kûnstler-Lexicon. 

*B\LZO (Charles de), théologien italien, 
vivait à Naples vers la fin du seizième siècle et 
au commencement du dix-septième siècle. On a 
de lui : De modo interrogandi Dasmonem ab 
Exorcista; — Praxis confessariorum; — 
Tractatns de Jïidicio nniversali; — Selecta 
casmim conscientiœ. 

Toppt, Biblioteca Napolihma. 

* bjlMBAcarius ( Octave ), jurisconsHlte ita- 
lien, natif de Naples, mort en 1612. Il exerça la 
profession d'avocat devant les principales cours 
du royaume. On a de lui : Commentaria feu- 
dalia. 

ToppS, Biblioteca Napolitana. 

* BA.MBAGINOLI ( Gi'aziolo), théologien ita- 
lien, né à Bologne ( la date de naissance est in- 
certaine), mort avant 1348. Il était ardent pa- 
piste , à cette époque où la puissance papale 
commençait à décliner ; aussi fut-il banni avec 
son père en 1334. Dans son exil, il écrivit un 
poëmc moral, intitulé Trattato délie Virtîi 
morali, dédié à Robert, roi de Naples. Quadrio 
déclare que, selon lui, c'est un des ouvrages les 
mieux conçus dont la littérature italienne doive 
s'enorgueillir. On attribue aussi à Bambagi- 
noli un commentaire sur la Divina Commedia 
de Dante. 

Cenni Biograftci. 

BAMRAJA. Vorj. BusTi {Agostino). 

*BAMBALio (Marcus-Fulvius), Romain, 
beau-père de Marc- Antoine , qui épousa sa fille 
Fulvie, vivait dans la première moitié du pre- 
mier siècle avant J.-C. La difficulté qu'il avait 
à s'exprimer lui valut le surnom, sous lequel il 
fut ensuite connu, de Bambalio. On ne doit pas 
le confondre avec Q. Fadius, dont la fille Fadia 
fut la première femme d'Antoine. 

Cicéron, Philippiques, H, 86, III, 6. - Smith, Dictio- 
nary of Greek and Roman Biography. 

* BAmBAM ( Hartwig ) , théologien luthé- 
rien allemand, mort en 1742. H étudia à Wit- 
tenberg, devint diacre de Saint-Pierre à Ham- 
bourg. On a de lui : Apparatus enthymemati- 



332 

co-exegeticus , en 2 parties ; — Pietistischtr 
Catechisimis ; — Merckwûrdige Historien in 
den Religions-Streitigkeiten mit den Refor- 
mirten , ouvrages publiés quelque temps avant 
la mort de l'auteur. 

Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. — Moller, 
Cimbria literata. — Neubaner, Nachricht von jetitle- 
benden Gottesgelehrten. 

* BAMBAM ( Jean ), savant allemand, mort à 
Hambourg en 1699. Il devint secrétaire du 
conseil des douze de Hambourg, et, après s'ê- 
tre fait recevoir docteur en droit en 1675, se li- 
vra à la pratique des lois. On a de lui : Consi- 
derationes logicœ et metaphysicse ; — Ipse 
sut interpres Tacitus ; — Apotheosis princi- 
pum superstitum ; — Taciti amnestia; — 
Taciti decalogus ; — Laureata statua Wil- 
helmo m, régi Britanniee posita. 

Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. — Moller, 
Cimbria literata. 

* BAMBANitrs ( M. Pierre ), poète latin, né 
à Malchow, dans le Mecklenbourg, vivait dans 
la première moitié du dix-septième siècle. On a 
de lui : Carminum alcaicorum liber; Rostock, 
1608, in-8°. 

Adclung, Supplément à Jôcher, Allgemeines Gelehrten- 
Lexicon. ■■ 

* BAMBERG {Daniel ), théologien et gram- 
mairien allemand , mort en 1680. Il fut pasteur 
à Hettstàdt et prédicateui- à Eisleben, et laissa : 
Prosodia latime linguse. 

Jôcher, Allgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BAiUBERGER {Jean-Pierre) , littérateur 
allemand, né à Magdebourg en 1722, mort en 
1804. U était pasteur et théologien. On a de lui : 
la traduction allemande A'Anderson''s History 
of commerce, 1773-1779 ; Riga ; — D'Entick's 
présent state of the British empire; in-8% 
Berlin, 1778; — De Knox's Essays ;in-8'' , Ber-- 
lin, 1781; —.une compilation intitulée Anec- 
dotes biographiques et littéraires sur les écri- 
vains les plus célèbres de la Grande-Breta- 
gne;— une traduction allemande des Voyages 
de Miglius. Bamberger a, en outre, édité plu- 
sieurs ouvrages théologiques. 

Rose, New Biogr. Dictionary. 

*BAMBiNi {cav: McoZo ), peintre italien, né 
à Venise en 1651 , mort en 1736. Il peignit 
beaucoup, soit à fresque, soit à l'huile, dans les 
principales villes d'Italie; ses meilleurs tableaux 
sont ceux qu'il fit retoucher par le Cassana, 
excellent coloriste génois. 

Selon Zanetti,', Bambini eut deux fils qui fii^i 
rent ses élèves, Giovanni et Stefano. 

E. B— N. 

Zanetti -, Délia Pittura Feneziana. — Lanzi , Storii -. 
Pittorica. — Ticozzi, Dizionario dei Pittori. — Orlandi 
Abecedario Pittorico. 

* BAMBINI (Félix), compositeur italien, m 
à Bologne vers 1742, mort vers 1800. Il vin' 
en France avec une troupe de comédiens itai 
liens dont son père était directeur. H eut pou . 
maîtres Bordenave et Rigade, dont le mauvai 



333 



BAMBIWI — BANAIA 



334 



goût gâta les heureuses dispositions de cet en- 
fant; car, après avoir été un prodige dans ses 
premières années, il finit par n'être qu'un artiste 
médiocre. On a de lui : les Amantes de Vil- 
lage, 1774; — Nicaise, t776 (ces deux ouvra- 
ges à l'Opéra-Comique) ; — les Fourberies de 
Mathurin; — l'Amour Pemporte (aux Beau- 
jolais ) ; — Huit œuvres de sonates de piano]; 
— Vue œuvre de trios pour violon, alto et 
basse; — Méthode pour le piano, avec Nico- 
lay ; Paris , in-fol. ; — Six symphonies ; — 
Petits airs pour le piano-forte, avec accom- 
pagnement de violon, in-fol. oblong. 

Fétis, Biographie universelle des Musiciens. 

'^BAMBiivi (Giacomo), peintre, né à Fer- 
rare vers 1590, mort en 1629. H eut pour maî- 
tre Domenico Mona , peintre fantastique et bi- 
zarre. Il ouvrit la première académie de nu qui 
ait existé à Ferrare. Il en profita tout le pre- 
mier, et en peu de temps dessina mieux que 
Mona ; Bambini a beaucoup travaillé à Ferrare et 
àMantoue. E. B— n. 

Baruffaldl, P^ite de' più insigni pittO)-i e scultori 
Ferraresi. — Lanzl, Storia Pittorica. — Ticozzl, Dizio- 
nario de' Pittori. 

*BAMBOCCi (Antonio), sculpteur italien, 
né à Pipemo vers 1368 , mort à Naples vers 
1435. D peignait aussi, et eut pour maîtres dans 
cet art Colantino del Fiore et Zingaro. Ses mo- 
numents funèbres lui ont fait une grande répu- 
tation, entre autres le mausolée élevé à la mé- 
moire du cardinal Philippo Minutolo, célébré par 
Boccace, et celui du cardinal Carbone. Rien de 
plus magnifique que le tombeau de Lodovico 
Aldemareschi : une inscription , portant le nom 
de l'artiste, lui donne les qualifications de 
sculpteur, peintre et fondeur. En 1407, il 
exécuta, sur la demande du cardinal Errico, 
archevêque de Naples , l'architrave et les au- 
tres ornements de la grande porte de la cathé- 
drale. Plusieurs palais de Naples ont été cons- 
truits d'après ses dessins. Comme sculpteur, 
Bambocci se rapproche de l'antiquité ; son ar- 
chitecture est freine d'intérêt, en ce qu'elle re- 
présente une transition entre le style gothique 
et un autre style plus siiûple encore. De son 
école sont sortis des artistes illustres, tels qu'An- 
gelo Agnello del Fiore , Guglielmo Monaco , etc. 

Biografla degli uomini illustri del Regno di Napoli, 
18Ï0, in-4°. 

BAMBOCHE. Voy. LaAR. 

BAMBOCOATE ( Mîchd-Angelo délie ) . Voy. 
Cerqbozzi. 

*BAIUBRIDG£ (Christophe), archevêque 
d'York en 1508. Henri YIII l'envoya en am- 
bassade à Rome auprès de Jules II, qui lui 
doima le chapeau de cardinal. En 1514, im do- 
mestique l'empoisonna, pour se venger d'un souf- 
flet que le cardinal lui avait donné. 

Biographie Britanique. 

*BAMESBiER (Jean), peintre allemand, né 
à Amsterdam en 1500, mort en 1600 dans son 
pays natal. Il fut un des élèves les plus distin- 



gués de Lambert Lombard. Ses premiers tableaux 
sont fort estimés; mais ses débauches nuisirent à 
ses progrès. Il fut une négation vivante du pro- 
verbe qui dit que sobriété est mère de longé- 
vité; car il vécut jusqu'à cent ans passés. 

Nagler, Ifeues Jllgemeines Kùnstler-Lexicon. 

*BAMFOBD (Jacques), médecin anglais, 
vivait dans la première moitié du dix-septième 
siècle. On a de lui : Dialogue concerning the 
plagues infection ; Londres, 1603, in-S". 

Biographie Médicale. — Adelung, Supplément à J6- 
cher, JUgemeines Gelehrten-Lexicon. 

*BARiFTi.DE (J^rcMCois), théologien anglais, 
vivait vers le milieu du dix-septième siècle. H a 
beaucoup écrit en faveur de l'observation du sab- 
bat. On a de lui : Argument in favour of ob- 
servance of the Jewish or seventh day sab- 
bath, 1672; — AU in One, ail Vseful Scien- 
ces and profitable Arts in one book of Jeho- 
vah Mlohim, etc., 1677, in-fol. ; — theHouse 
of Wisdom, etc., 1681; — plus, une foule d'o- 
puscules sur des sujets divers. 

Rose, -^ew Biographical Dictionary. 

* BAniLER (Gaspard), théologien luthérien 
allemand, vivait dans la première moitié du 
dix-septième siècle. Il fut pasteur à Zwickau et 
à Schneeberg. On a de lui : Predigten ûber 
den dritten Psalm (Prédications sur le tr<M- 
sième psaume); Leipzig, 1599, in-4°; — Acht 
Predigten ûber den Propheten Jonas (Huit 
prédications sur ie prophète Jonas); Leipzig, 
1600, in-8°. 

Adelung, SuppléraeBt à Jôcher, Jllgemeines Gelehrten- 
Lexicon. 

*BAMIHACABI (Nicolas), physicien napoli- 
tain , vivait au milieu du dix-huitième siècle. On 
a de lui : Epistola exhibens tentamen de 
aère, sive de natura mundi corporei; Naples, 
1746, in-8°; — Tentamen devi electrica ejus- 
que phœnomenis, in quo aeris cum corporibus 
universis sequilibrium proponitur; Naples, 
1748, in-8°; ouvrage au sujet duquel il soutint 
une polémique avec l'abbé Nollet. 

Journal des Savants, 1749. — Mazzùchelli, Scrittori 
d'Italia. 

* BAMPFiEiiD ( Thomas), théologien anglais , 
mort en 1684. On a de lui : Letter containing 
his judgmentfor the observation ofihe Jewish 
or seventh Day Sabbath; Londres, 1672. 

Adelung, Supplément à Jôcher, AUgemeines Gelehr- 
ten-Lexicon. 

*BANAÏA, fils de Joïada, lieutenant de David, 
vivait dans la première moitié du onzième siècle 
avant J.-C. Il était de race sacerdotale, et devint 
un des conseillers de David. On cite de lui de 
nombreux aqtes de vaillance : c'est ainsi qu'il 
tua, dans un combat singulier, deux Moabites qui 
passaient pour les plus vaillants de leur armée; 
xme autre fois, il tua un Égyptien dont la force 
était prodigieuse. Ailleurs, armé seulement d'un 
bâton, il assomma un lion qui était tombé dans 
une citerne pendant un temps de neige. Il fut un 
de ceux qui turent chargés par David de mettre 
Salomon en possession du royaume d'Israël. En- 



335 BANAIA 

fin il reçut du même Salomon l'ordre de mettre 
à mort Joab, auquel il succéda. 

Rois, II et III. — Josèphe, Antiquités. 

* BANAL, horticulteur français, vivait au mi- 
lieu du dix-huitième siècle. Il était directeur du 
jardin des plantes à Montpellier. Botaniste dis- 
tingué, on a de lui : Catalogue des Plantes 
usuelles, suivant l'ordre de leurs vertus; 
Montpellier, 1755, in-S". Il avait adopté les clas- 
sifications de Toumefort. 

Carrère, Bibliothèque de Médecine. 

BANASTEB {Gilbert), poète et musicien 
anglais, vivait au quinzième siècle. Il y a lieu 
de croire qu'il avait une grande réputation, puisa 
qu'en 1482 il recevait par an quarante marcs 
d'or, comme maître de chant des enfants de la 
chapelle du roi. On a de lui : le Miracle de 
Saint-Thomas, poëme volumineux publié en 
1467. Warton pense que , quant aux Prophé- 
ties manuscrites portant le nom de Banister of 
England, et attribuées à Gilbert, on a confondu 
ce dernier avec un certain Guillaume Banister, 
qui écrivait sous le règne d'Edouard ni. 

Collier, Hist. of dram. poetry and the stage, I, 33. — 
Warton, Uist. Bng.Poet., I, 7». — Rltson, Bibl. Poet, 44. 

*BANAC {Jean-Baptiste), médecin français, 
vers la fin du dix-huitième siècle. Il fut d'abord 
chirurgien des Suisses du comte d'Artois avant 
la révolution. On a de lui : Observations sur 
les différents moyens propres à combattre les 
fièvres putrides et malignes; 1778, 1784; — 
Mémoires sur les épidémies du Languedoc , 
etc.; Paris, 1787, in-8°; — Histoire naturelle 
de la peau, et de ses rapports avec la santé 
et la beauté du corps ; avec des observations 
importantes sur le caractère moral des en- 
fants et sur la durée de la vie; Paris, 1802, 
grand in-18 de 478 pages, avec figures. 

Quérarrt, la France littéraire. 

*BANC (Jean), médecin, natif du Bourbon- 
nais , vivait dans la première moitié du dix-sep- 
tième siècle. Il était docteur et professeur à l'É- 
cole de médecine de Paris. On a de lui : la Mé- 
moire renouvelée des merveilles des eaux na- 
turelles de France; Paris, 1605, in-4°; — les 
Admirables vertus des eaux minérales de 
Pougues, Bourbon et autres, renommées en 
France ; ihid., 1618, in-8"'. 
Carrère, Bibliothèque de la Médecine. 

BANCAii DES issARTS (Jean-Henri), ma- 
gistrat français, né à Saint-Martin de Lond