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Full text of "Nouvelles archives des missions scientifiques et littéraires"

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NOUVELLES ARCHIVES 

DBS 

MISSIONS SCIENTIFIQUES 

ET LITTÉRAIRES 



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JNOUVELLES ARCHIVES 

DES 

MISSIONS SCIENTIFIQUES 

ET LITTÉRAIRES 

CHOIX DE RAPPORTS ET INSTHCCTIONS 

PDBLlé S009 LES AUSPICES 

DU MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBUQUE 
ET DES BEAUX-ARTS 

TOME VI 



PARIS 

IMPRIMERIE NATIONALE 



H DCCC XCV 



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>44 NOTE 

£i7ff SUR 

LES MISSIONS SCIENTIFIQUKS 

ET LITTÉRAIRES 

PR£sBirriB 

À LA COMMISSION DES VOYAGES ET MISSIONS, 

PAR M. R. DE 8AIIVT-ARR0MAN. 



La Commission des Missions a proposé d'imprimer 
la présente note, bien, qu'elle ne fût pas un rapport et 
qu'elle n'eût d'autre but que de donner tm r^evé exact 
des missions entreprises, de l'année 1887 à l'année iSgs- 
n lui a paru qu'il était utile ou nécessa^e de pouvoir re- 
mettre à qui de droit ce document succinct comme un 
mémento. 

En déférant au vœu de la Commission, nous sentons 
combien cette note serait brève et incomplète si l'on y 
cherchait des appréciations dignes de ce qui a été ac- 
compli; aussi devons-nous donner une courte explication 
sur le caractère de ce travail. 

Nous n'avons eu d'autre ambition que de présenter un 
tableau d'ensemble de ce qui a été fait. Nous espérions 
d'ailleurs que ce même tableau permettrait d'entrevoir 
ce qui reste à faire , c'est-à-dire sur quels points il con- 
viendrait de diriger les recherches des voyageurs futurs. 
En outre, il montrerait par quelle suite et quel enchaî- 
nement les entreprises récentes se rattachent aux efforts 



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déjà si remarquables et si féconds du passé, et préparer 
cette vue synoptique, c'était remplir im devoir envers nos 
prédécesseurs. 

Mais ce plan, si simple qu'il soit, exigeait de nom- 
breuses analyses, car nous voulions y comprendre non 
seidement toutes les missions provoquées ou dirigées 
de concert par l'Administration et la Commission des 
Missions, mais encore (ce n'était que juste) celles qui, 
dues à l'initiative privée, ont été encouragées par le Mi- 
nistère. La quantité même des matériaux et leur richesse 
nous obligeaient à ne faire entrer dans ce catalogue que 
des mentions nettes et rapides, quand les travaux de nos 
e:q>lorateurs méritaient mieux. De plus, nous n'avions pas 
qualité pour juger au point de vue scientifique tous les 
progrès réalisés dans la connaissance du monde sur le ter- 
rain de la géographie ou dans les divers domaines de la 
science. C'est pourquoi nous nous sommes astreint à un 
système d'énumération très simple, reposant sur la géo- 
graphie. 

Nous avons, avec l'aide d'un coHaborateur précieux, 
M. Denquin, rédacteur au Ministère de l'instruction pu- 
blique, réparti les missions par régions géographiques, 
en nous efforçant de marquer distinctement dans chacune 
et de grouper les travaux faits au profit de chaque ordre 
de sciences. 



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EUROPE. 

En Europe, le champ des recherches géographiques 
se restreint. Il ne reste à étudier, et seulement sous le 
. cdté purement descriptif, que les parties les plus reculées 
des régions glacées du Nord ou quelques archipels loin- 
tains et peu visités. 

La première mission en date est celle de M. le IK 
Labonne, aux Féroë et en Islande. Dans un travail intéres- 
sant et rédigé avec soin, M. Lahonne a signalé nombre de 
faits nouveaux et curieux qui rectifient et accroissent nos 
connaissances, notamment sur l'Hécla, les geysers, ainsi 
que siu* la végétation de la Terre de glace (i 887). 

MM. Jacques et Jean Passt sont allés étudier le groupe 
des îles Açores, notamment San Miguel, au point de vue 
de l'anthropologie, de l'histoire naturelle et de l'économie 
conunerciale. 

Depuis dix années, M. Charies Rabot s'est consacré k 
l'exploration des régions boréales. En 1 890 , il a parcouru 
le bassin de la Petchora, fleuve immense dont le cours 
est h peine connu, si ce n'est dans ses traits principaux; il 
a traversé ensuite l'Oural septentrional jusque dans la 
plaine sibérienne, étudiant l'ethnologie des populations 
finnoises qui habitent ces terres déshéritées. En 1891 et 
en 1 89a , il visitait l'Islande et l'océan Glacial, s'y livrant 
à des recherches d'hbtoire naturelle et d'océanographie. 
D'importantes collections scientifiques, fruit de ces divers 
voyages, ont été réparties surtout entre le Muséum d'his- 
toire naturelle et le Musée d'ethnographie. 

La Commission des Missions s'est également intéressée 



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au voyage de recherches scientifiques accompli en 1 893 , 
à Jan Mayen et au Spitzberg, par M. Georges Pouchet, 
professeur au Muséum d'histoire naturelle. Grâce au cod- 
cours du Département de la mariue et avec la collabora- 
tion des officiers du transport la Manche, le programme 
proposé par la direction du Muséum a été exécuté avec 
un succès complet; les collections recueillies ont un in- 
térêt considérable pour les questions relatives à la flore 
et à la faune de ces contrées du Nord. Les importants tra- 
vaux dus à M. Geoi^s Pouchet, au commandant et aux 
officiers de la Manche sont publiés dans le tome V des 
Nouvelles archives des Missions. 

Certaines missions qui, sans avoir un objet scientifique 
à proprement parler, ont paru néanmoins dignes de l'appui 
de l'Administration, méritent d'être mentionnées: 

M. Hubert Vaffier, en Espagne et en Portugal (1889), 
puis en Kyrie, en Hongrie et en Grèce (1892); M. VuiL- 
LiER, en Sicile et dans les îles voisines (i 892), ont réuni 
de nombreuses sénés de photographies de monuments, 
de types dépopulations, etc., qui présentent un atti^t 
instructif pour les visiteurs du Musée du Trocadéro. 

M. Hansen a continué ses levés topographiques dans le 
grand-duché de Luxembourg. Ces travaux ont une réelle 
importance, puisqu'ils doivent servir à rétablissement 
d'une carte à grande échelle d'un pays resté en dehors 
des levés des états-majors de France, de Belgique et 
d'Allemagne (1891-1892). 

Désireux de prêter son concours à l'établissement de 
la carte magnétique du bassin de la Méditerranée dressée 
par le Bureau central météorologique , le Ministère de l'in- 
struction pubhque a facilité les observations de M. Mon- 



.,gl,zedbïGOO<^Ie 



heiux, qui a efl'ectué la détenuinatioa magnétique coui- 
idète de 53 stations répartie» sur les rivages de cette mer 

(1887). 

A la suite du iremMement de terre qui, en févnw 
1 887, désola Meoton et les localités voisines de Ligurie, 
M.Offbct, préparateur au Collège de France, après avoir 
reçu des instructions de son professeur, M. Fouquê, de 
l'Institut, a étudié sur place les [^énomènes qui se rat- 
tachent à ces convulsions du globe. 

M. DE Lav-Nav, ingénieur des mines, a poursuivi, dans 
les iles de Mételin, Thasos et Samothrace, ses recherches 
géologiqiiies. La. Description pétrographiqœ et slratigrapkiqae 
de ces iles, qu'il a accompagnée d'une belle carte, a été 
imprimée dans les Archives des Missions (1887). 

Une mission astronomique a été conliée à M. A. de 
LA Baume-Pluvinel pour observer en Crète i'éclipse annu- 
laire du soleil du 1 7 juin 1890. Les résultats en ont été 
insérés dans les Confies rendus de l'Académie des sciences. 

M. Lacroix, préparateur au Collège de France , actuel- 
lement professeur au Muséum d'histoire naturelle , a visité 
la région volcanique de l'ËitTel et du lac de Laach, dans 
Ut Prusse rhénane. Ses recherches ont abouti à des con- 
statations intéressantes au point de vue pétrographique 

Des missions ayant pour objet des travaux de géologie 
et de minéralogie ont aussi été confiées à M. Munier-Chal- 
MAS, dans l'Itahe du Nord, l'Istrie et la Dalmatie (1887); à 
M. NoLAN, dans les îles Baléares (3887); à M. NicuLis, in- 
génieur civil des mines, dans les provinces du sud de l'Es- 
pagne (1888); à MM. ChudeaucIDereins, dans celles de 
la VieiUe-CastilIe, d'Aragon et de Valence (1889); à 



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M. Bergebon, en Bohème (iSgi); à M. LeMesle, sur les 
rives du Bosphore (1893); à M. Depéret, professeur à 
la Faculté des sciences de Lyon , dans la vallée du Danube 
et en Crimée (1893 ). Les résultats de toutes ces recherches 
ont été consignés dans des recueils spéciaux. 

A d'autres points de vue, M. Trutat, conservateur 
du Musée d'histoire naturelle de Toulouse, a été chai^ 
de visiter en Italie les collections de la faune quaternaire 
(1 888), et M. Marion, professeur à la Faculté des sciences 
de Marseille, a étudié les principales stations zoologiques 
maritimes de France et d'Europe (1888). 

La faune et la fiore maritime ont occupé MM. Herman 
Fol et Barrois, qui ont exploré le littoral de la Corse et 
de la Tunisie (1889), ainsi que M. Gaston Bucuet, qui 
a réuni en Islande de belles collections (1893); l'étude 
des spécimens n'étant pas terminée, M. Buchet n'a pas 
encore remis son rapport. 

M. Thoulet, professeur à la Faculté des sciences de 
Nancy, s'est consacré particulièrement à l'océanographie. 
En 1888, il a étudié en Norvège et en Ecosse l'organisa- 
tion d'établissements spéciaux , tels que l'observatoire mé- 
téorologique de Christiania et la Scottish Marine StaHon 
d'Edimbourg. Le rapport rédigé par ce professeur con- 
tient un savant exposé des progrès de l'océanographie, 
des travaux exécutés dans les deux pays ci-dessus, des 
développements que les recherches nouv^es y ont pris 
et des services qu'elles sont appelées à rendre. L'année 
suivante, M. Thoulet a étudié en Suisse les procédés et 
les insti'uments employés pour l'examen scientifique des 
lacs au point de vue de l'hydrographie, de la physique, 
de la géologie , etc. Son rapport présente un tableau com- 



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plet des travaux exécutés en Suisse dans cette direction 
et sera consulté avec friiil par ceux qui s'intéressent aux 
questions de la physique du globe. Les deux mémoires 
de M. Thoiitet ont été insérés dans les Archives des Mis- 
sions. 

On trouvera également dans ce recueil les travaux de 
M. RocH^ sur les pécbes maritimes dans les eaux du 
golfe de Gascogne {1890 et 1892). ' 

M. H. Meyners d'Estret a exploré les régions monta- 
gneuses de la Scandinavie au point de vue de l'ethnogra- 
phie et de l'archéologie préhistorique ; les renseignements 
qu'il a recueillis tendent à confirmer l'extension jusqu'à 
l'extrême nord du type anthropologique si remarquable 
deCro-Magnon{i888). 

La mission confiée à M. Pierre Chenard a fourni 
d'utiles indications sur les collections, ainsi que sur les 
travaux ethnographiques en Italie (1889]. Dans le même 
pays, M. Emile Riviâiie a examiné les restes antbropo- 
l(^ques découverts dans les grottes de Baoussé^Roussé 

(■89=). 

Après avoir pris part aux Congrès internationaux de 
Moscou en 1892, M. Ernest Chantre, sous- directeur 
du Muséum d'histoire naturelle de Lyon , a poursuivi , dans 
la Russie méridionale ainsi qu'en Turquie, ses recherches 
anthropologiques et archéologiques; U n'a pas encore 
remis son rapport d'ensemble sur les résultats de ses 
travaux. 

Dans le domaine de l'archéologie , nous signalerons tout 
d'abord les recherches que M. Homollk, alors professeur 
suppléant au Collège de France, maintenant directeur 
de l'Ecole française d'Athènes, a dirigées dans l'île de 



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— »ni — 
Délos (idSâ). Nous mentionnerons ensuite celles de 
M. Georges Pebrot, directeur de l'École nonnale supé- 
rieure, en Grèce et en Troade (1890), celles de M. Théo- 
dore Reenach en Grèce et en Turquie ( 1 890- 1891), ainsi 
que les fouilles eCfectuées à Thespies (Grèce) par M. Jamot, 
Hiden élève de l'Ecole d'A.thène& (1891). Les résultats 
de ces missions ont été insérés dans les revues spéciales 
ou publiés dans deS ouvrages distincts. 

M. Révoil, architecte des monuments historiques, est 
allé en Roumanie étudier les monuments de l'architecture 
de ce pays (1 890). Au retour de sa oiiseioa en E^>agne 
et en Portugal, M. Alexandre Boutroce a rédigé un mé- 
moire étendu qui est une source de renseignements sur 
l'archéologie ibérique (1891]. M. Arthur Engel a étudié 
particuhèremenl les sculptures antiques trouvées en Es- 
pagne dqïuis une vingtaine d'années et qui attestent l'in- 
fluence de l'art gréco-^énicien avant la conquête rtHnaine 
(1891). Son mémoire, qui renferme beaucoup de faits 
intéressants, a été, comme celui de M. Boutroue, inséré 
dans les Nouvelles archives des Missions. 

Le rapport de M. J. de Baïe, correspondant du Minis- 
tère, sur sa mission en Hmigrie, a fourni des documents 
sur l'archéologie de l'époque des invasions bat^ares dans 
ia plaine du Danube (1891]. 

M. Adrien Blanchet, attaché à la Bibliothèque natio- 
nale , a été envoyé en Allema^e , en Autriche et en Ruasie 
pour y étudier l'omanisation des collections archéo- 
logiques et numismatiques (i 893); son rapport, qui con- 
tient sur cette matière des indications fort utiles, est im- 
primé dans les Archives des Missions. 

L'Administration a été heureuse de prêter son con- 



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cours aux études si remarquables que M. Chédamne, ar- 
chitecte pensionnaire de l'Académie de France à Jlome , a 
poursuivies, notamment au Panthéon d'A^ppa, sur tes 
procédés de construction des architectes romains (i 89a )■ 

Les recherches de M. Paul Nigod sur l'emplacement 
de Diodes, dans le Monténégro, ont apporté quelques 
indications sur cette ancÎMme cité (189a). 

Des arrêtés ministérieb ont accordé en outra à M. E. 
HADMAnT, chargé de cours à la Faculté des lettres de 
Lille, une mission en Russie, principalement à Moscou, 
pour y poursuirre des recherches d'histoire et d'archéo- 
logie (i89a);àM. FernandMAXEROLLE, attaché & la Mon- 
naie, nne mission ai Espagne, pour y étudier les mé- 
dailles françaises inédites conservées dans les musées, etc. 
(1 892]; k M. André JouBiN, chargé de cours à la Faculté 
des lettres de Dijon, une mission archéologique et épi- 
graphique en Turquie , particulièrement à ConstantinopJe : 
celte dernière mission est encore en cours d'exécution 

De iKHnhreax travaux d'histoire et de f^iioiogie ont 
obtenu également le concoirs de l'Administration; en 
encourageant ces recherches persono^les , le Ministère n'a 
jamais négligé <de réclamer des chargés de mission , pour 
l'utilité de tous , les indications désirables sur les ressoiu-ces 
offertes par les dépôts dont il leur facilitait l'accès. 

M. André Bërthelot a transcrit des fragments des ma> 
niiscrits d'alchimistes grecs conservés dans la bihhothèque 
de rUniversité de Leyde, et recueilli des matériaux pour 
l'œun'e importante publiée par M. M*^ Herthelot , sur l'his- 
toire de l'Alolmnie (1887). 

M. Jean Ilhipuis , proviseur honoraire, a fait, dans les 



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bibliothèques d'Italie, de Bavière et de Grèce, des re- 
cherches relatives aux géomètres grecs. Après avoir établi 
le texte de l'ouvrage de Théon de Smyme, it en a donné 
une traduction française que l'Académie a couronnée 

(,887). 

En Espagne, M. Alfred Baddrillart, professeur agrégé 
de l'Université, a recherché dans les dépôts d'archives 
d'Alcala de Henarès et de Simancas les documents relatifs 
k M"" de Mainlenon. Son rapport contient des renseigne- 
ments précis sur l'état de ces deux dépôts, très riches en 
documents touchant à l'histoire des relations entre la 
France et l'Espagne au xvii* et au xviif siède (1887). 

M. JoRET, professeur à la Faculté des lettres d'Aix, a 
étudié l'histoire des rapports intellectuels et littéraires de 
l'Allemagne avec la France avant 1789. Il a donné des 
indications sur les ressources qu'offrent à ce point de vue 
certains dépôts publics d'Allemagne. 

Les beaux travaux de Graux sur les manuscrits grecs 
d'Espagne étaient restés inachevés. M. Albert Mabtin, 
maitre de conférences à la Faculté des lettres de Nancy, 
les a revus et complétés. U a dressé le catalogue de tous 
les manuscrits grecs conservés dans les bibliothèques d'Es- 
pagne et de Portugal , en dehors des grandes collections 
déjà décrites de l'Escurial et de la Bibliothèque nationale 
de Madrid (1887). 

Les trois rapports de MM. Baudrillart, Joret et Martin 
sont insérés dans les Archives des Missions. 

M. E. Gdillon, professeur d'histoire, a étudié dans les 
bibliothèques et les archives de Dublin les documents 
intéressant l'histoire des relations de la France avec l'Ir- 
lande pendant le Directoire (1887). Ses recherches ont 



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fourni la matière d'un volume qu'il a publié sur Texpë- 
dition d'Iriande à cette époque. Dans une mission plus 
récente. M, Guillon est allé rechercher dans les collec- 
tions publiques et privées des îles Baléares les docu- 
ments relatifs à l'occupation française de Minorque au 
xvm* siècle {1893). Son rapport, ainsi que le mémoire 
qu'il a rédigé depuis sur cet événement, son! imprimés 
dans les Nouvelles archives des Missions. 

En Suède , M. Beauchet , professeur à la Faculté de droit 
de Nancy, a poursuivi des recherches historiques sur l'an- 
cienne législation de ce pays (1888). 

Les riches bibliothèques et dépôts d'archives de l'Jtalie 
ont été explorés par plusieurs de nos chargés de mission. 
A Bologne et à Venise , M. Thomas , professeur à la Faculté 
des lettres de Toulouse, a étudié divers manuscrits des 
littératures anciennes (1888]. M. Jules Laude, élève de 
l'Ecole des hautes études , a examiné , dans les archives du 
nord et du centre de l'Italie, les fonds renfermant des do- 
cuments relatifs au rôle de Venise dans la politique euro- 
péenne au XVI* siècle. Le rapport de M. Laude est accom- 
pagné d'annexés étendues comprenant des copies de pièces 
inédites et notamment ime bibliographie relative à l'his- 
toicc de la ligue de Cambrai { 1 888 ) . M. Bourgeois , pro- 
fesseur à la Faculté des lettres de Lyon, a dressé l'inven- 
taire des papiers d'Alberoni conservés dans la bibliothèque 
San-Severino de Naples {1889). Les recherches de M. de 
NoLHAC, maître de conférences à l'Ecole des hautes études , 
sur Pétrarque et les origines de l'humanisme, ont donné 
des résultats d'un réel intérêt pour l'histoire littéraire 
(1889). M. Charles Dufayabd, professeur agrégé d'his- 
toire k Grenoble, a compulsé dans les archives de Turin 



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— xn — 
des documents précieux i-elatifs k l'histoire de la France 
et de la Savoie sous le règne de Henri IV (i8go). M. Du- 
fayard a puhlié un volume important sur Lesdiguières; 
son rapport est inséré dans le Bulletin d'hûtoire et de 
philologie du Comité des travaux historiques et scienti- 
fiques. Le même recueil contient aussi le rapport de mis- 
sion de M, Francis Molard, archiviste de l'Yonne, dont 
les recherches ont été très fructueuses ( 1 89 1 ). Les dépôts 
d'archives du Piémont et du Montferrat qu'il a visités 
abondent en documents relatifs aux guerres du Piémont 
et à l'occupation française de lâoo k 1Ô59. Enfin M. Mac^, 
maître de conférences à la Faculté des lettres de Rennes, 
a coUationné les manuscrits de Nonius Marceilus , conservés 
dans la bihhothèque de Florence (1893). 

M. Philippe Berthelot a compulsé dans les archives 
et bibliothèques du Portugal les documents concernant 
les relations de la France avec ce royaume aux xvii* et 
XVIII* siècles (1889]. Son rapport signale les pièces manu- 
scrites et inédites conservées dans certains dépôts portu- 
gais; il a été inséré dans les Nouvelles archives des Missions. 

C'est dans les bibliothèques et archives d'Autriche que 
M, Boi'GENOT, archiviste paléographe, a porté ses investi- 
gations (1 889}. Il y a recherché les chroniques du moyen 
âge , ainsi que les lettres missives et les actes de François I". 
Son rapport a été publié dans le Bulletin d'histoire et de 
philologie du Comité des travaux historiques et scienti- 
fiques. 

M. l'abbé RoussELOT, dont on connaît les savants tra- 
vaux de phonétique , a obtenu une mission en Italie à l'effet 
d'étudier les patois de la vallée d'Aoste et de la région 
alpine environnante (1889}. 



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XIU 

Des recherches de même ordre ont conduit M. Bous- 
quet, agrégé de l'Université, en Suisse, pour y étudier les 
dialectes romans du canton de Vaud et de l'Engadine 

(.89a). 

M. AuEUNEAti , maître de conférences à l'Ecole des lan- 
gues orientales vivantes, a donné une contribution impor- 
tante & la philolc^ie copte en transcrivant tous les manu- 
scrits et fragments coptes de la collection Borgia à Naples 

(1890). 

La mission confiée à M. Albert Glorieux nous ramène 
en Espagne. C'est dans les archives du Conseil des Indes 
i Cadix et k SévïUe qu'il a consulté les documents rela- 
tifs à l'histoire des colonies espagnoles des Indes occiden- 
tales (1890). De son côté, M. Desdevises du Désert, 
professeur agrégé d'histoire à Caen, a poursuivi dans les 
archives et bibliothèques de Madrid ses recherches sur 
l'histoire contemporaine de l'Espagne (1 890). 

M. BoissoNNADE, professeur agrégé d'histoire à Angou- 
lème, s'est occupé de l'histoire de la réunion de la Na- 
varre à ta Castille et des relations de la France avec ce 
premier royaume au xv*^ et au xvi* siècle. Ses investiga- 
tions dans les archives de Navarre à Pampelime et dans 
celles de Simancas ( 1 890) nous ont valu un rapport étendu 
et très étudié, qui a été publié dans les Archives des 
Mutions. 

Ce même recueil contient le rapport que M. Delaville 
Lb Roulx a rédigé au retour de sa mission en Espagne 
et en Portugal. Poursuivant dans les archives publiques 
et particulières ses recherches relatives k l'histoire des 
ordres de THôpital et du Temple, M. Delaville Le Roulx 
a eu accès à des dépôts fort riches et qui n'avaient 



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IIV 

jamais été explorés. Son travail très complet fera connaître 
aux historiens ime source ignorée de documents des plus 
précieux (1891). 

M. J. Flammermont, professeur à la Faculté des lettres 
de Lille, a visité, en 1891 et 1892, les dépôts d'archives 
diplomatiques d'Espagne, de Portugal, d'Angleterre, de 
Hollande , d'Allemagne , d'Italie , de Suisse et d' Autriche- 
Hongrie , et en a dressé des inventaires méthodiques et 
précis. Ses travaux sont d'une haute importance pour l'his- 
toire de notre pays et rendront aux travailleurs des ser- 
vices signalés. 

La Grèce a été explorée (1891) par M. Amédée Hai- 
VETTE, maître de conférences à la Faculté des lettres de 
Paris, et par M. Georges Meunier, professeur de l'Univer- 
sité. Le premier a étudié les questions de topographie et 
d'histoire militaire relatives aux guerres médiques; il a 
rédigé un rapport accompagné de cartes et de photo- 
graphies dont chacune est un enseignement. Le second 
s'est occupé d'études topographiques relatives à l'histoire 
coloniale d'Athènes : les résultats de ses recherches sont 
consignés dans un Intéressant mémoire. Une analyse de 
ce travail est insérée dans les Archives des Missions; de 
même le rappoii: de M. Hauvette. 

Il reste à énumérer, pour terminer la revue des mis- 
sions en Europe, celles qui ont trait aux sciences éco- 
nomiques et sociales. Les résultats en ont été pubhés 
généralement dans des recueils spéciaux et des ouvrages 
personnels. 

En tête de nos listes se trouve M. Levasseuh , membre 
de l'Institut et du Comité des travaux historiques et scien- 
tificpies, qui a étudié Toi^anisation de l'enseignement de 



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l'économie politique, de la statistique et des sciences ad- 
ministratives dans les écoles supérieures de l'Italie (i 887). 

M. Matirice Blocs, de l'Institut, s'est occupé de i'oi^ 
ganisation économique de la Suède et de la Norvège 
(1888]. Le fonctionnement des universités de l'Allemagne 
du Sud et de la Suisse a été examiné par M. Lurd, direc- 
teur de l'Ënseignemeot supérieur (1888). 

M. Magmjski, professeur des écoles supérieures de la 
ville de Paris, a parcouru l'Allemapie, l'Autriche, la Bel- 
gique, les Pays-Bas, l'Italie et l'Angleterre, pour y visiter, 
au point de vue théorique et technique, les écoles d'ap- 
[M%ntissage ou cours professionnels se rapportant aux in- 
dustries du livre (1888]. Les solutions données en Nor- 
vège à certaines questions scolaires ont attiré l'attention 
de M. Georges Martin, sénateur de la Seine {1888). 
M. Henn Jolt, doyen honoraire de Faculté, a poursuivi 
ses recherches sur le mouvement de la criminalité en 
France, sur le système pénitentiaire de la Suisse, de la 
Belgique (1889) et des Pays-Bas (1891), ainsi que ses 
études comparées sur l'éducation correctionnelle dans les 
divers Etats européens (1893]. 

L'Académie de médecine a honoré d'une récompense 
le travail que M. le D' Delv aille, de Bayonne, a rédigé 
sur les jeux, les exercices physiques, ainsi que sur l'hy- 
giène dans les écoles de l'Espagne (1890). 

M. Ed. HiPPEAU s'est attaché aux questions relatives à 
l'enseignement et aux institutions artistiques et littéraires 
en Italie {1890). 

Durant sa mission aux Etats Scandinaves, M. Flahault, 
professeur de botanique à la Faculté des sciences de Mont- 
pellier, a consacré ses elForts à l'établissement de rela- 



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lions universitaires entre ces pays et la France (1890]. 
M. Raoul Jay, professeur adjoint à la Faculté de Grenoble , 
est allé étudier la législation ouvrière en Suisse (1890]; 
M. Th. Cart, professeur de l'Université, renseignement 
des langues vivantes étrangères en Suède et en Norvège 
(^89^). M'"C. Coignet et M"* Mille, professeur à l'école 
normale de Milianah, chargées d'une mission pédago- 
gique, ont visité les établissements d'instruction de Cons- 
tantinople et de la Grèce (1891). 

Les réformes économiques et sociales accomplies en 
Russie au cours de ces dernières années ont été étudiées 
par M. FouRKiER de Flau, membre de la Société pohtique 
et de la Société de statistique de Paris (1891). 

M. Sunt-MjVRG, professeur à ta Faculté de droit de 
Bordeaux, a résumé ses études sociales et économiques 
en Allemagne et en Autriche-Hongrie (1891) dans un tra- 
vail publié par la Revue d'économie politique. 

En Angleterre, tandis que M. Max-Leclerc s'occupait 
d'études sur l'éducation à un point de vue général ( 1 890] , 
M. Henri de Varignv, docteur es sciences, et M. Espinas, 
professeur à la Faculté des lettres de Bordeaux, s'intéres- 
saient à l'institution qui a reçu le nom de • University 
Extension Movement >, et en étudiaient, chacun de leur 
côté, le fonctionnement dans les universités an^ises 
(1891). Le rapport de M. de Varigny, qui contient des 
renseignements nouveaux et des indications statistiques 
précises sur la question, est inséré dans les Nouvelles ar- 
chives des Missions. 

M. Cb. Letort, professeur à l'Ecole des hautes études 
commerciales, a étudié en Allemagne l'organisation des 
écoles professionnelles et commerciales (1892). M. Blon- 



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DEL, docteur en droit, y a poursuivi des recherches sur 
l'histoire économique de ce pays ( i dg 3 ] . Enfin M. Edouard 
Poster, membre de la Société des études économiques, 
s'est proposé d'y étudier, particulièrement à Berlin, l'évo- 
lution des institutions sociales et phdanthropiques ( 1 893). 

ASIE. 

L'Asie a été , pour les missions du Ministère de l'instruc- 
tion publique, un terrain d'études productives dans toutes 
les branches de la science. 

M. Jacques de Morgan, ingénieur civil des mines, a 
poursuivi, en 1888, dans la Transcaucasie des recher- 
ches d'histoire naturelle, d'ethnographie et d'archéologie. 
U a réuni de belles collections et rédigé des travaux d'une 
valeiir reconnue. De 1889 à 1891, M. de Morgan a ac- 
compli une exploration dans l'Arménie russe et dans les 
provinces du nord et de l'ouest de la Perse, de l'Atrek au 
Lenkoran et de l'Araxe au golfe Persique. Les résultats 
de cette mission comprennent des documents archéo- 
logiques, épigraphiques et linguistiques, des cartes d'une 
rare exécution, donnant des lumières nouvelles sur des 
régions mal connues ou presque inconnues, des collec- 
tions du plus haut intérêt qui ont été réparties entre 
le Louvre, le Muséum d'histoire naturelle et le Musée 
d'ethnc^raphie. Ses travaux sont exposés dans un grand 
ouvrage publié sous les auspices du Ministère. 

S'associant aux efforts du Département des affaires 
étrangères et du sous^ecrétariat d'État des colonies, l'Ad- 
ministration a confié ime mission scientifique à M. pAvm, 
vice-consul de France à Louai^-Prabang, chargé de l'ex^ 



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ploration du Laos. Les résultats obtenus sont de la plus 
grande importance. Au point de vue géographique, le ver- 
sant gauche de la vallée du Mékong a été sillonné par des 
itinéraires levés avec soin et relié à l'Annam et au Tonkin. 
Une quantité de faits est ajoutée à nos connaissances sur 
l'orographie et l'hydrographie de cette région, les races 
qui l'habitent, sa flore et sa faune, ses ressources miné- 
rales et agricoles. Les travaux de la mission forment la 
matière d'un ouvrage très important pubUé sous les aus- 
pices du Ministère. Nous devons aussi à M. Pavie et à ses 
collaborateurs la nouvelle et belle carte de l'Indo-Chine 
publiée par le sous-secrétariat d'Etat des colonies (i 889- 

■89,). 

M. E. Deschahps a étudié à Ceylan, au point de vue 
anthropolc^que et ethnographique, les tribus abori- 
gènes de l'intérieur, Veddas, Rhodias, et réuni des collec- 
tions de pièces anthropologiques pour le Muséum (1889- 

■89,). 

M. ChaHes V\rat a visité la Ckirée, où il a récolté 
une coBection ethnographique qui, après avoir figuré à 
l'Exposition universelle de 1 889 , a pris place dans les ga- 
leries de nos musées, ainsi que des sénés de curieuses 
porcelaines coréennes qui ont été ofiertes à Sèvres et au 
musée Guimet [1 838). 

M. DuMOUTiEH, inspecteur de l'enseignement au Tonkin 
et correspondant du Ministère, s'est consacré à des re- 
cherches d'archéologie et d'ethnographie en Annam et au 
Tonkin. Ce travailleur a envoyé plusieurs mémoires très 
étudiés sur des sujets d'histoire, d'archéologie, de lin- 
guistique et d'ethnologie annamite. Mettant à profit im 
séjour qu'il a dû faire au Japon pour rétablir sa santé, il 



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y a fouillé et étudié des amas de débris prébUtonques 
et réuni une collection d'objets anthropologiques pour le 
Muséum. Les travaux de M. Oumoutier ont été Insérés 
dans les Archives des Missions, le Ballelin de géographie du 
Comité ou dans des revues spéciales (1889-1892). 

La Maiaisie et la presqu'île de Malacca ont fourni à 
M. Ermngtos de la Croix, ii^énieur civil des mines, des 
coUectioos intéressantes dont il a enrichi nos musées 

(1890). 

MM. Develay et PissoN , chargés d'une mission du Mi- 
nistère du commerce dans l'Asie Antérieure et l'Iran, 
avaient également obtenu du Ministère de l'instruction 
publique une mission scientifique, mais ils ne lui ont 
pas fait connaître directement les résultats de leiu* voyage 

{,890), 

La mission que le Ministère a confiée à M. Dutreuil 
DE Rbins (i 890}, pour l'exjdoration générale de la haute 
Asie (Turkestan chinois, Tbibet, Mongolie) et à laquelle 
l'Institut a prêté pendant deux années un concours libéral , 
n'est pas terminée. Trois envois de collections nous sont 
parvenus; ils comprennent un grand nomlu'e d'objets 
d'ethnc^raphie , de i^cimens d'histoire naturelle, ainsi 
que des documents d'histoire, de linguistique et d'archéo- 
logie. Un travail sur la Kacbgarie nous est annoncé. 
M. Dutreuil de Hhins a recueilli des données géogra- 
phiques relatives au Turkestan chinois et au Tbibet occi- 
dental, qîii sont appelées à rectifier la carte de ces con- 
trées ou y ajouteront des traits nouveaux. Ses itinéraires 
dans l'Altyn-Tagb et l'Ustin-Tagh (Kouen-Loun), aiuM 
qu'à travers les hauts plateaux de Polour à Leh (Ladak), 
sont tracés avec un grand soin et appuyés sur des déter- 



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minations astronomiques; il a, en outre, calculé les alti- 
tudes des points remarquables et fait des observations 
météorologiques multiples. On a tout lieu de compter 
que la campagne de 1893-1894 donnera des résultats 
satisfaisants. 

M. le D^ JoussEAUHB a exploré (1888] avec succès les 
eaux et les plages de la mer Rouge et du golfe d'Aden, 
au point de vue de la faune malacologique. Ses récoltes 
ont enricbi les collections du Muséum de nombreiut spé- 
cimens, dont plusieurs espèces inconnues jusqu'alors. 
L'Académie des sciences a couronné im travail dece natu- 
raliste sur les invertébrés. Son rapport est imprimé dans 
les Nouvelles archives des Missions. A la fin de 1892, 
M. Jousseaume est reparti dans les mêmes parages pour 
y poursuivre ses rechercbes zoologiques ; il y joindra 
l'étude des plages soidevées de la mer Rouge. 

M. H. DE Choisedl a parcouru l'Inde, l'Extrême-Orient 
et les Etats-Unis du Pacifique; il en a visité les jardins et 
les collections botaniques et y a recueiliî les espèces in- 
connues en France (1888). 

M. Oeflers, membre de la Société botanique de 
France, a accompli en Arabie uine mission d'bistoire na- 
turelle fructueuse. La collection de plantes d'Hadramaout 
qu'il a réunie compte io espèces qui étaient tout à fait 
inconnues. 11 a, en outre, dressé im catalogue de la faune 
de cette région (1889). 

L'histoire naturelle faisait aussi l'objet des missions en 
Syrie de M. Barrois, professeur à la Faculté de médecine 
de Lille (1890], et de M. l'abbé Ch. Mol'lier, qui s'est 
occupé spécialement de géologie (189a). 

M. F. Steenaciiers, vice-consul de France au Japon, 



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a recueilli des données intéressantes sur les mœurs, 
l'ethnographie et l'anthropologie des populations de ce 
pays; il a ^iToyé pour le Muséum des crânes, japonais 
etd'Aïnos (1888). 

Les études ethnographiques et anthropologiques que 
M. Emile Chantre, sous-directeur du Muséum des 
sciences naturelles de Lyon, et M*^ Chantbe, ont pour- 
suivies dans le Caucase et la Turquie d'Asie, ont été lé- 
condes. Elles nous ont valu de nominaux matériaux, 
mensurations et photographies. Le rapport de M. Chantre 
est inséré dans les Noavetles archives des laissions. 

M. le D' Regnault , chiruj^en-major à l'Hôtel-Dieu 
de Marseille, a.obtenu une mis^on dans l'Inde ai^iaise: 
ses recherches d'anthropologie et d'ethnographie ont mis 
en lumière quelques faits intéressants (1891). 

Les rapports définitifs de M. Esquilot, chaîné de 
recherches ethnographiques et botaniques dans le haut 
Laos (189a), et de M. Maurice Maindbon, chargé de re- 
cherches d'ethnographie dans les régions de la mer Rouge 
et du golfe Persique ( 1 8 9 2 ) , ne sont pas encore parvenus 
au Ministère. 

En revanche , le rapport de M. Jean Bel , ii^énieur civil 
des mines, sur la mission qu'il a accomplie au Siam et qui 
avait pour objet des études de minéralogie , de géographie 
et de statistique (1892), vient de nous être remis. 

Il en est de même pour M. le D' Yersis , ancien pré- 
parateur à l'institut Pasteur, médecin des Messageries 
maritimes, qui explore au point de vue géographicpie et 
économique la zone comprise entre le haut Donnai et le 
Mékong, ainsi que les plateaux du Siam. 

Dans le domaine de l'archéologie, il convient de placer 



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au premier rang la missioD en Turquie de M. de Sarzec. 
Les fouilles qu'il a exécutées à Tello, dans l'ancienne 
Chaldée, ont donné de magnifiques résidtats. Une collec- 
tion d'objets remontant à l'époque la plus reculée des 
anciennes civilisations asiatiques (monuments sculptés, 
documents épigraphiques, bijouï gravés, etc.) a été 
déposée au Musée du Louvre (1888). A la fin de 189a, 
M. de Sarzec a reçu un nouveau mandat à l'effet de re- 
prendre sur le même terrain des fouilles qui produiront 
encore, à n'en pas douter, une ample moisson de richesses 
archéologiques. M. de Sévelinges, architecte, était ad- 
joint à la mission. M. Heuzev, de l'Institut, a bien voulu 
accepter la direction scientifique de l'entreprise. 

M. FouRNEREAU, chaîné par la Direction des beaux- 
arts d'une mission en Indo-Chine , a obtenu aussi l'appui 
de l'Administration de l'instruclion publique, à l'eiFet de 
poursuivre l'étude des monuments de l'architecture 
tuner au Cambodge et au Siam. Il a exploré les ruines 
superbes des anciennes capitales des Thaïs, ensevelies 
dans la végétation des forêts de l'intérieur, et s'est atta- 
ché aux questions d'ethnographie et d'histoire. Le ré- 
sultat de ses recherches archéologiques et épigraphiques 
est d'un grand intérêt pour les savants et les indianistes. 
M. Foumereau a réuni de nombreux estampages {mor- 
ceaux sculptés et inscriptions en langue sanscrite, pâlie, 
kmer et thaï), des collections d'objets en terre cuite, 
métal, etc., qui ont été attribués au Musée Guimet, de 
pièces de céramique (porcelaines et grès vernissés) pour 
le musée de Sèvres, ainsi qu'une série de clichés photo- 
graphiques, de cartes, plans, vues et dessins de monu- 
ments (1891-1892]. 



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Des missions archéologiques ont é(é données égale- 
ment: 

En Syrie, en Mésopotamie, en Transcaucasie, à M. le 
capitaine Berger, attaché militaire à l'ambassade de 
France à Constantinople (1889) ; 

Dans l'Inde , la Chine et le Japon , à M. Albert Tissan- 
DiER, architecte (1890); 

En Turquie et en Syrie, avec extension à la Grèce et 
à l'Egypte, à M. Jides Guiffrey, archiviste aux Archives 
nationales (1890). 

M. l'abbé Hyvernat a été envoyé en Arménie pour 
relever les inscriptions cunéiformes des rives du lac de 
Van, rechercher les monuments hétéens de l'Assyrie, 
ainsi que pour étudier les dialectes néo-syriens de la ré- 
gion du lac d'Ounniah (1888]. 

M. HuART, drogman de l'ambassade de France à Cons- 
tantinople, a étudié en Asie Mineure les monuments de 
l'époque des Seldjoucides et recherché les manuscrits 
orientaux relatifs à leur histoire (1889]. 

M. A. MsrLLET, professeur agrégé de l'Université, a 
poursuivi dans la Turquie d'Asie et l'Arménie russe des 
études relatives aux dialectes et aux monuments armé- 
niens (1891}. 

M. Ihbert a rempli avec succès une mission épigra- 
phique en Asie Mineure. Outre les inscriptions lyciennes 
qu'il se proposait de copier et d'estamper, il a rapporté 
deux inscriptions cariennes inédites, qui sont des monu- 
ments uniques (1891). 

M. Alfred Teutsch, élève de l'Ecole des hautes étu- 
des, a consacré ses efforts à l'étude de la langue et de la 
littérature du Siam (1S89}; M. Ch. Salomon, docteur 



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en droit, à celle des inslitutioDS juridiques de l'Inde et 
de i'Indo-Chine , de la Chine et du Japon {1890). M. Mi- 
chel RévoN, docteur en droit, «'attachant à l'étude de la 
légi^tion japonaise, doit s'enquérir par surcroit de Tétat 
de l'enseignement public au Japon (1893). 

Dans ie céleste Empire, pendant que M. Paul Boell, 
ancien élève de l'Ecole des hautes études, étudiait La 
religion et la philosophie chinoises (1890), M. Edouard 
Cbavjinnes, alors attaché àr la légation de France à Pékin, 
portait ses recherches sur les mœurs et les institutions. 
Il a envoyé plusieurs travaux originaux sur l'ancienne civi- 
lisation chinoise, qui ont été puhliés sous le» auspices du 
Ministère (1891-1892]. 

AFRIQUE. 

Visée par les voyageurs de toute nationalité, mission- 
naires de la religion et de la science, militaires ou com- 
merçants, la superficie des régions inconnues, taches 
blanches de la carte, décroît rapidement. L'Afrique n'en 
reste pas moins la terre d'élection des explorateurs, tant 
nos connaissances sur rintérieur du continent noir de- 
meurent encore imparfaites. La France devait y tenir son 
rôle de grande puissance scientifique, comme de grande 
puissance africaine, et le Ministère de l'instruction pu* 
blique a pris une large part à l'œuvre qui se poursuit, 
en y envoyant des missions, comme en prêtant son con- 
cours aux voyages oi^anisés par d'autres départements. 

M. le capitaine Le Châtelier, chargé par le Ministère 
de la guerre d'une mission en Sénégambie, a fait, avec 
l'appui de l'Administration, un voyage très fructueux de 



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Saint-Louis à Bammako, sur le Niger, et de là à Beoty 
(Rivières du Sud). U a recueilli des renseignements 
inédits sur l'ethnologie des races nègres qui habitent 
cette région, la distribution géc^apbique des taribus, 
leur histoire, leur organisation politique, sociale et rdi- 
gieuse, ainsi que sur ie mouvement de la propagande 
miisulmane dans ce milieu. M. le ChÂtelier a étudié par- 
ticulièrement les différentes fractions de la race Manding 
et les dialectes qu'elles parfent; il a rapporté quatre voca- 
bulaires fort riches. Enfin il a amassé des informations 
géc^raphiques nouvelles sur le pays qui s'étend depuLs 
Siguiri, sur le Niger, jusqu'au Fouta-Djallon, sur son 
hydrographie, sa constitution géologique et sa flore; 
l'itinéraire-carte qu'il en a dressé est un document géo- 
graphique très utile (i887'i889]. 

L'aventureux voyageur Camille Douls , qui se proposait 
d'explorer le Sahara occidental, de l'Atlas au Niger, au 
point de vue géographique et ethnographique , a été mal- 
heureusement assassiné par des Touareg aux environs du 
Touat(i888). 

M. Tbivirr, capitaine au long cours, a eu le mérite 
d'inscrire un nom français sur la liste des premiers voya- 
geurs qui aient traversé d'un océan à l'autre l'Afrique 
équatoriale. Son itinéraire empruntant des routes déjà 
suivies n'ajoute aucun fait nouveau à nos connaissances 
géographiques; mais il a fourni des informations sur la 
région du haut Congo et du Tanganyka (1888). 

M. le docteur Louis Ci^tat, ancien ofBcier de marine, 
avec MM. Foucart, ingénieur des arts et manufactures, et 
Casimir Maistre comme collaborateurs, a accompli -À 
Madagascar une exploration générale qui a duré deux 



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— «ÏI — 
années et qui a été des pliis heureuses. Le programme 
de travaux qui lui avait été tracé par la Commission des 
voyages et missions a été entièrement suivi. MM. Catat et 
Maistre ont, les premiers, traversé l'île dans sa longueur 
depuis le pays des Betsiléos jusqu'à Fort- Dauphin, déter- 
minant .eiactement la ligne de partage des eau& ainsi que 
la limite des forêts dans le Sud. Huit mille kilomètres d'iti- 
néraires, dont trois mille entièrement nouveaux, ont été 
levés avec précision et appuyés sur des déterminations 
astronomiques. 

A ces résultats s'ajoutent des études anthropologiques 
et ethnographiques, des observations, notes et renseigne- 
ments précieux relatifs à la climatologie, à la météoro- 
logie, la géographie médicale et la pathologie indigène; 
enfin des collections considérables de spécimens dans toutes 
les branches de l'histoire naturelle et d'objets d'ethno- 
graphie ont enrichi nos musées nationaux (1869-1891). 

Dès le retour de MM. Catat et Maistre , M. Henri Dooliot, 
aide-naturaliste au Muséum, accompagné de M. Trillat, 
allait poursuivre à Madagascar des recherches de même 
ordre , particulièrement dans la partie occidentale de l'ile; 
il a effectué la reconnaissance géographique de terri- 
toires imparfaitement connus (Morondava, bassin du Man- 
goky, etc.) et fait des constatations intéressantes au point 
de vue géologique dans la zone des hauts plateaux. Ses 
envois au Muséum comprennent des spécimens zoo- 
logiques, botaniques et géologiques. La mort prématurée 
d'Henri Douliot a mis fm à une mission qui aurait tenu 
tout ce qu'elle promettait (1891-1892). 

M. Emile Gautier, professeur de l'Université, a repris 
les mêmes travaux à la côte occidentale de Madagascar et 



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dans la plaine Sakalavc. Ses premières communiration» 
contiennent un itinéraire qui fournit des données nou- 
velles sur l'orographie et l'hydrographie de la région nord- 
ouest de l'ile. La mission de M. Gautier continue (1892). 

Le Congo français, le hassin de t'Ouhanghi et les ré- 
gions situées au Nord, vers tes bassins du lac Tchad et dn 
Nii. ont provoqué plusieurs missions géographiques. En 
première ligne se place celle de Paul Crampel dont te 
voyage, après d'heureux débuts, s'est terminé par une si 
cruelle catastrophe (1 890]. M. Jean Dtbowski, maître de 
conférences à l'école de Grignon. marchant sur les traces 
de Crampel, a reconnu plusieurs affluents de l'Oubanghi 
et déterminé 1^ lignes de partage des eaux qui coulent 
vers ce fleuve ou quî descendent vers le Tchad. 11 a réuni 
des collections botaniques , zoologiques et ethnographiques 
d'une importance considérable [1891). 

M. Baivbier-Saint-Hilaire [1890], M. Liotard, phar- 
macien de la marine (1891] et M. Jean Hess, ancien 
médecin de la marine (1 892), ont exploré les mêmes ré- 
gions. Les résultats de ces missions ne sont pas connus; 
toutefois M. Liotard a fait parvenir en France des collec- 
tions destinées au Muséum d'histoire naturelle. 

Dans TAfrique méridionale, M. Jean Bel est allé pour- 
suivre des recherches géographiques et de minéralogie an 
Transvaal (1890). 

M. Lionel Dècle s'est consacré, depuis 1890, à des 
recherches audacieuses. Il a exploré en plusieurs sens 
l'inléneur de l'Afrique australe du Cap au Zambèze ; de 
là il s'est dirigé vers la région du Shiré et du lac Nyassa . 
d'où il se proposait de pénétrer jusqu'au lac Tanganik^ 
pour regagner la côte orientale vers Zanzibar. Ce pro- 



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gramme a été exécuté ; les dernières nouvelles de M. Dècle 
sont datées du Tanganika ; plusieurs caisses de collections 
ethnographiques sont parvenues au Ministère et des en- 
vois plus importants sont annoncés. 

La mission de M. le docteur Colin, qui se proposait 
de faire des recherches topographiques et d'histoire na- 
turelle, nous ramène dans la Sénégambie (i88g). Dans 
la même contrée, M. le docteur Rançon, médecin de la 
marine, tout «n s'occupant particulièrement de recherches 
botaniques, a étudié les territoires et les populations de 
la Falémé et de la haute Gambie, et donné un itinéraire 
qui s'étend depuis Sénoudébou jusqu'aux Rivières du Sud 

M. Gdillou avait formé le projet de suivre en sens 
inverse une route parallèle à celle de M. Rançon. Son 
voyage, interrompu au bout d'un mois par la maladie, ne 
nous en a pas moins valu un itinéraire et quelques ren- 
seignements intéressants sur le Dubréka (iSgi). 

M. le docteur Emile PoDSSié (1S91) et M. Charles 
SoLLER , membre du Conseil supérieur des colonies (1891), 
ont étendu leurs recherches, l'un d'ethnographie et de 
lin^istique, le second d'ethnographie et d'histoire natu- 
relle aux colonies françaises de la côte occidentale, depuis 
Saint-Louis jusqu'au Congo. M. Paul Bonnetain a visité 
surtout le Sénégal et le Soudan français, en s'y livrant k 
des études ethnographiques (1893]. 

Au Maroc, M. H. P. de la Martiniére, reprenant les 
traces de Tissot, a recherché pendant plusieurs années 
les vestiges de la civilisation punique et de l'occupation 
romaine. ï^es fouilles qu'il a exécutées sur plusieurs points 
ont produit des collections archéologiques et ëpigraphiques 



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dép<»ées au Louvre. Outre de nombreux travaux de géo- 
graphie historique, il a dressé des itinéraires de régions 
peu connues (dans le Grand Atlas, k Taraudant, et de 
Fez à ia frontière d'Algérie) , qui édairent bien des points 
obscurs de la carte du Maroc (1888-1891]. 

M. Teisserekc de Bort, attaché au Bureau centrai 
météorologique, chaîné dWeetuer dans le Sud oranais 
et aj^rien des observations magnétiques, pour servir à 
rétabhsseflkent de la carte magnétique du Sahara, a joint 
4 cette étude ^>éciale des recherches topographiques et 
géologiques sur des territoires encore inexplorés. Il a rap- 
porté des collections d^histoire naturelle (insectes, etc.), 
de silex taillés poiu- les Musées de l'Etat et des itinéraires 
nouveaux a[q)uyés sur des déterminations astronomiques 
(1888). 

M. Dtbowski, avant son exploration au Congo, avait 
accompli dans le Sahara algérien une mission d'histoire 
naturelle (1890). Ses recherches ont augmenté nos con- 
naissances sur la flore du désert; il a récolté de nombreux 
spécimens de botanique, de zoologie, de géologie, ainsi 
que des silex taillés qui ont été répartis entre le Muséum, 
l'Ecole de Grignon et le Musée d'ethnographie. Son rap- 
port est inséré dans les Archives des Missions. 

Depuis plusieurs années (1889-1893), M. F. Fourew, 
ingénieur civil, a cfHisacré ses eff'orts à l'étude des routes 
du Sahara qui doivent, après l'établissement de relations 
amicales avec les Touareg, nous conduire au Soudan 
central. 11 a recueilli des renseignements importants pour 
la gét^aphie sur les points d'eau, la flore et la conatitii- 
tion géologique du sol, découvert des stations préhisto- 
riques avec amas de silex taillés. Ses itinéraires (au Tade- 



DyGoot^le 



mayt , à Temassinin , etc. ) ont été levés scrupuleusement et 
appuyés sur des déterminations astronomiques ; i! y a joint 
de nombreuses observations météorologiques. M. Fou- 
reau, dont la mission n'était pas terminée au moment où 
nous rédigions celte note, avait repris la direction du 
pays des Azdjer, d'où il espérait gagner l'Aïr. 

M. le docteur Havy, conserv-ateur du Musée d'ethno- 
graphie, accompagné de M. Errington de la Croix, a 
eiploré la Tunisie au point de vue de l'ethnographie et 
de l'histoire naturelle. M. Hamy a déterminé notamment 
la nature des monuments indigènes, improprement ap- 
pelés dolmens, qui sont les nécropoles d'anciennes cités 
ruinées de la période berbère. Sa mission a été féconde 
pour nos musées qu'elle a enrichis de belles collections, 
et elle a donné lieu, de plus, à une étude des plus inté- * 
fessantes sur les populations berbères (Tro^odytes) du 
sud Tunisien (1887). 

M. le capitaine Rebillet a recherché les traces de l'oc- 
cupation romaine dans l'Aarad. Cet officier avait donné 
précédemment une description complète de ce pays, qui 
s'étend de Gabès à la frontière tripolitaine , et de ses ha- 
bitants (1 887). 

La Commission scientifqae de Tunisie, sous la direction 
de M. CossoN, membre de l'Institut, a poursuivi l'explo- 
ration de la Tunisie au point de vue de l'histoire natu- 
relle {1 887-1 892). Les travaux de ce regretté savant et 
de ses collaborateurs constituent une importante contri- 
bution au progrès de nos connaissances dans ce domaine 
et ont enrichi nos collections nationales. Les mémoires dus 
aux membres de la Commission forment une suile déjà 
nombreuse de monographies publiées par le Ministère. 



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. XUI 

M. Cosson avait étendu aussi ses recherches bota- 
niques dans certaines régions peu connues de nos dépar- 
tements algériens (i 888). M. Le Mesle a continué celles 
de M. Thomas sur la structure géologique de la Tunisie; 
l'agriculture pourra tirer inroAt des dépôts de phosphate 
dont on lui doit la découverte (1887). M. P\touill\rd, 
président de la Société de mycologie, a poursuivi dans 
deux voyages (le second avec la collaboration de M. Gail- 
lard, secrétaire de la même Société] des recherches fruo' 
tueuses sur les plantes cryptogames de la Régence ( 1 S9 1 - 
1892). 

Depuis la mort de M. Cosson, M. DotiHET-ÀDANSON 
est chai^ de surveillep* la publication des travaux des 
membres de la Gsnmûssion scientifique de Tunisie, 
conmie délégué du ÛDmité des travaux historiques et 
scientifiques. 

M. KûNCKEL u'Herculais, aide-naturaliste au Muséum, 
a été envoyé en Algérie pour y étudier les acridiens mi- 
grateurs; ses travaux ont puissamment contribué à la 
défense de l'agriculture ïdgérienne contre ce fléau ( 1 888- 
1891). M. Chevreux a poursuivi des recherches zoologi- 
ques sur les côtes d'Algérie et de Tunisie (1892). M. Fla- 
UAHD, préparateur de minéralogie à l'Ecole supérieure 
des sciences d'Alger, s'est consacré à des études de géo- 
logie et de minéral(^ie dans le Sahara (1 89 1]. M. Trumet 
DE FoHTABCE, membre de la Société d'anthropologie, a 
recueilli en Tunisie une série de pièces anthropologiques 
(crânes et ossements) [1891-1892]. 

Dans Tocéan Indien, nous signalerons M. Amédée 
Charpentier, qui s'est occupé des essences forestières de 
Madagascar productrices de gommes, au point do vue de 



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«XII 

leurs applications industrielles (1889); M. Jadin, chef des 
travaux de botanique à la Faculté des sciences de Mtmt- 
pc^er, qui a recueilli à l'île Maurice et à la Réunion une 
collection de plantes en herbier et de fruits, déposés à 
l'Institut botanique de cette ville (1889); enfin M. Charles 
Allu&ud, conservateur du Muséum des sciences naturelles 
à Limoges, qui a exploré les iles Séchelles, au point de 
vue de l'histoire naturelle, particuhèrement de la zoo- 
logie , et réuni d'importantes collections (id9a).Alafînde 
la même année , M. Alluaud est reparti en mission pour 
effectuer des recherches de même ordre dans les autres 
archip^ de Tocéan Indien, ainsi qu'à Diego-Suarez. 

Dans le domaine de l'archéologie , nous trouvons d'abord 
les beaux travaux accomplis en Tunisie par M. R. Cagnat, 
professeur au Collège de France; son rapport a été publié 
dans les Archives des Missions [1888]. Viennent ensuite 
ceux de M. Clerhont-G&nneau en Tunisie et en TnpoU- 
taine {1889), ainsi que ceux de M. Paul Foucart, de 
Hnstitut, ancien directeur de l'Eoole française d'Athùies, 
et de M. Georges Fodcart, en Egypte (1890-1891]. 
M. Vincent Scheil a pris, conune attaché k l'Institut fran- 
çais d*archéologie orientale ou Caire, une part importante 
au point de vue de l'assyriologie dans les travaux de cette - 
mission et recueilli des documents intéressants pour le 
Musée du Louvre (1891-1893). Le rapport de M. Scheil 
a été publié dans les Nouvelles archives des Missions. De 
son côté, M. Fh. ViRET, ancien membre de la mission du 
Caire, a collaboré à l'oi^nisation du Musée de Ghizeh : 
on lui doit le catalc^e de cet établissement (1893). 
Enfm M. Abel Herkant est allé étudier tes monuments 
de l'architecture égyptienne (1893). 



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M. DiEHL, professeur à la Faculté des lettres de Nancy, 
s'est appliqué , en Tunisie et dans le département de Con- 
stantine, à des recherc)ies sur l'arcfaitecture byzantine et 
l'épigraphie romaine (139a}. Son rapport est publié dans 
le tome IV des Nouvelles Archives. 

Les travaux arcbéologiques qui se poursuivent dans 
l'Afrique du Nord (Algérie et Tunisie) ont été placés sous 
le contrôle d'une commission spéciale. 

M. R. DE LA Blanchére, inspecteur général des biblio- 
thèques et des archives; est chargé de le» centraliaer. Les 
rapports qu'il a présentés à cette commission rendent 
compte des résidtats de tous les travaux accomplis et de la 
joarcbe de ceux qui sont en cours d'exécution. U suffira 
donc de citer ici les noms des savants à qui des misaons 
ont été accordées pendant la période de temps qui nous 
occupe, à l'effet de prendre part à ces travaux. Ce sont: 
M. Georges Doublet, mis à la disposition du gouverne- 
ment beylical pour diriger le service des antiquités et des 
arts dans la Régence (1389-1890); M. Gauceler, chaîné 
de l'organisation des musées archéologiques d'Algérie et 
des puUications relatives à leurs collections, et qui depuis 
a rranplacé M. DouUet dans ses fonctions à Tunis (189a]; 
M. Georges Marte, chargé spécialement des recherches 
d'archéologie musulmane et de l'organisation d'un musée 
d'art arabe à Alger (188 1-1892}; M. Alexandre Boctroue 
(1891); M. André Godpernaux (1891) et M. Wierzetski 
(1893}, ancien professeur de l'Université. 

ne reste plus, pour terminer l'énumération des mi»> 
sions africaines, qu'à mentionner celle de M. Alglave, 
professeur à la Faculté de droit de Paris, qui a étudié la 
situation économique de l'Algérie au point de vue de 



DyGoot^le 



— xsuv 



l'oi^aBisation de la propriété foncière et des impôts, 
comparés avec ceux de la métropole (i88§); et celle de 
M. Caron , qui a rechercbé en Timisie les traces de la croi- 
sade de saint Louis, au double point de vue historique et 
numismatique (1890). 

AMÉRIQUE. 

11 nest guère de région dans les deux Amériques, à 
l'exception de l'extrême Nord, quî n'ait été visitée pendant 
ces six dernières années par les chargés de mission du 
Ministère. 

M. Henri CocDREiU a accompli, de 1887 à 1891, l'ex- 
ploration géographique complète de la Haute-Guyane 
française. 11 a donné le premier une idée exacte de la 
configuration et de la constitution de la chaîne des Tu- 
muc-Humac, dont il a déterminé les principaux sommets, 
la direction des chaînons et les lignes de partage d'eaux. 
L'hydrographie de la contrée a été relevée avec précision 
dans ses traits significatifs. Ses quatre mille kilomètres d'iti- 
néraires comprennent le cours supérieur de l'Oyapock, 
ceux du Maroni, de l'Itany et de nombreux affluents de ces 
rivières inconnus avant lui. Ces travaux considérables ont 
servi de base à l'étabhssement d'une nouvelle carte à 
grande échelle de la Guyane. M. Coudreau a étudié en 
outre , au point de Mie ethnographique et économique , les 
populations indigènes de l'intérieiir. Il a réuni des voca- 
bulaires étendus {mots et phrases) de plusieurs dialectes 
et rédigé des essais de grammaire qui apportent une 
contribution utile à la linguistique américaine. 

M. LAcnoiv, de l'Ecole des hautes études, a étudié 



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aui Etats-Unis les gisements minéralogiques et pétro- 
graphiques de la région limitrophe du Canada; il a re- 
cueilli des coHections pour le Muséum d'hisUMre naturelle 
et le Collée de France (1887). 

M. Jean Bel a effectué au Chili et en Bolivie des re- 
cherches de géographie, de statistique et de minéralogie 
et en a rapporté une série de photographies ( 1 888 ] . 

C'est dans le Groenland que M. Charles ÏUbot déjlt 
cité s'est rendu pour étudier les phénomènes glaciaires 
ainsi que les formations géologiques de l'époque quater- 
naire; de nombreux spécimeas d'histoire naturelle et 
d'ethnographie recueillis pendant cette exploration sont 
entrés dans les collections de nos musées (1888). 

M. le D'' Lucien Mûrisse a parcouni pendant [Jusieurs 
années les basûns du haut Orénoque et de l'AmaEone 
(rive gauche) , se livrant à des études médicales et d'hia- 
loire naturelle (i 888-1 892). 

On lui doit, sur lesarbresà caoutchouc de cette région 
et sur leur exploitation commerciale (1888), un travail 
qui a été imprimé dans les Archives des Mtssimts. Depuis 
(1 890) , cet ex^orateur a dirigé ses investigaticnis vers les 
espèces végétales donnant des sucs analogues à la gutta- 
perdia; ii en a consigné les premiers résultats dans une 
notice qui a été insérée dans les Noavelles Archives, t. 11. 

M. F. Geay, châtié d'une misÀon dans le Nicaragua, 
la Colomhie et le Venezuela, a envoyé des plantes rares 
qui ont été attribuées au Muséum (1888). Un autre col- 
lectionneur, M. F. GouNELLE, a rapporté du Brésil, et 
particulièrement du district appelé le Sertaô de Bahia, 
des animaux nvaots, un herbier, des insectes, ainsi que 
des spécimens minéralogiqucs( 1888 et 1891); M. Francis 



3y Google 



GaiHANT, au CfaUi (i8S6], et M. Geoffroy, phamucieii 
de la marine, en Guyane (1890}, oat de même envoyé 
leuars soins à réunir des collections scientifiques. 

M. Chaffanjon, dont on n'a pas oublié l'exploration 
dans le bassin et aux sources de l'Orénoque, a obtenu 
en i88d une mission continuée en 1890, à l'effet d'ex- 
plorer les Cordillères des Andes entre la Colombie et le 
Venezuda, ainsi que la presqu'île de Maracaïbo. Ses 
voyages (mt été marqués par des constatations géogra- 
phiques et ethnologiques; outre des séries de plantes 
pour le Muséum, il a rapporté une collection d'objets 
d'ethnographie qui est aujourd'hui déposée au Musée du 
Trocadéro. 

Dans les mêmes régions, M. H. Candeubr a visité en 
Colombie la péninsule Goajire, dont l'intérieur était resté 
jusqu'ici inconnu. Il a pu y récolter un grand nombre 
d'objets ethnographiques, ainsi que des spécimeat zoo- 
logiques (oiseaux, etc.) d'espèces qui n'étaient pas encore 
représentées dans les galeries du Muséum (1889]. 

Les collections de l'École des mines et du Trocadéro 
se sont encore enrichies des spécimens mînéralogiques et 
d'ethnographie recueillis par M. Strauss, qui a recherché 
dans la RépubHque Dominicaine et en Haïti les anciens 
gisem^its de minerais exploités par Christophe Colomb 
et ses premiers successeurs ( 1 889]. 

Pendant que M. Viault, professeur de Faculté à Bor- 
deaux, reprenait sur les montagnes et les hauts plateaux 
du Pérou, de l'Equateur et de la Bolivie les expériences 
de PaulBert sur l'air raréfié (1889}, M. A. de la Baokb- 
Pluvihel allait observer aux Antilles l'édipse totale de 
soleil du 3 3 déconbre 1880. 



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M.RoussoR, ancien élève de l'iÉcoIe des beaux-arts, et 
M. WiLLEHS, ancien élève de rÉcole centrale, ont été 
diargés d'une mission d'exploration générale à la Terre 
de Feu. Victimes d'un raz de marée qui leur a enlevé 
leur matériel et les a privés de leurs resaourees, ils ont 
dû abrégé leur voyage. Lem^ communications cMitien- 
nent des itméraires accompagnés d'une carte du nord de 
la principale terre de l'archipel, des renseignements éco- 
nomiques et des constatations minéralogiques. Us ont rap- 
porté des collections d'histoire naturelle et d'ethnographie 

(.890). 

M. Stéphane Jousseun, de TÉcole des sciences poli- 
tiques, s*est consacré à des recherches ethnographiques 
aux Etats-Unis, particulièrement dans l'Ulinois (iSgo- 

.891). 

M. Hkéodore Beb , professeur à Lima , a adressé au Minùtr 
tère des commimications sur Tarchéc^gie indienne, ainsi 
que de curieux spécimens d'ethnographie (1890-1893). 

La mission con&ée à M. Auguste GéniH, au Mexique 
(189a), a produit des résidtats. Ce voyageur a recueilli 
un certain nombre d'objets d'antiquités mexicaines et des 
documents linguistiques. 11 annonce un rapport éteodu 
sur l'état de Tinstruction publique dans ce pays, et il a 
réussi & assurer à notre Bibliothèque nationale l'envoi de 
pubhcations importantes imprimées aux frais du gouver- 
nem^it de Mexico. 

M. DE KéfiATRY s'est oociqw aux États-Unis des ques* 
tions relatives à la propriété littéraire (i 689). 

Au Canada, M. Charles Gaillt, dève de rÉcdLe des 
hautes études, y a étudié l'etluK^raf^ie et la sociologie 

(1889). 



.ibiGoogle 



M. DE CouBERTiN, secrétaire général du Comité de 
l'éducation physique, a contrôlé l'oi^^anisation et le fonc- 
tionnement des associations athlétiques dans les imiver- 
sités et collèges des États-Unis et du Canada (1889}; 
M. Ë. CoHN, archiviste paléo^aphe, t'oi^anisation des 
universités américaines (1890); enfin, M. Ernest Bul- 
Loz, secrétaire de la Société de photographie de Paris, 
l'oi^anisation et l'installation des départements de photo- 
graphie dans les musées, bibliothèques, imiversités, etc., 
des États-Unis ( 1 893 ). 

OGÉANIE. 

Paiini les missions océaniennes, ia première en date 
est la mission confiée à M. Minoret, qui a exploré Su- 
matra, Taïti, la Nouvelle-Zélande, et, visitant Madagascar 
à son retour en Europe, a poursuivi dans ces diverses con- 
trées des recherches de géographie, d'ethnographie et 
d'histoire naturelle (1887). 

M. François, maître de conférences à la Faculté des 
sciences de Rennes, a été chargé d'étudier les polypes 
coralligènes et les récife madréporiques de l'océan Paci- 
fique; il a réuni de nombreuses observations et des maté- 
riaux pour servir à l'histoire naturelle des coralliaires, 
recueilli aux îles Loyalty et aux Nouvelles- Hébrides une 
collection considérable et très complète de spécimens 
d'anthropologie et d'ethnographie, ainsi qu'une suite de 
photographies. Des séries d'histoire naturelle (coraUiaires, 
mollusques, insectes, crustacés, etc.), comprenant plu- 
sieurs espèces nouvelles, ont pns place dans les galeries 
du Muséum (1888). 



3y Google 



De son côté, M. Lix a visité la Nouvelle -Guinée 
et les archipels voisins {Nouvelle-Bretagne, Nouvelle- 
IHande, etc.), où il a récolté des spécimens zoologiques, 
parmi lesquels se trouvent des espèces nouvelles pour 
la science {1889}; son rapport a été imprimé dans les 
Archives des Missions. 

M. le D'- Jean Jullien- a obtenu une mission scienti- 
fique en Australie, Tasmanie et Nouvelle-Zélande, à L'ef- 
fet de poursuivre des recherches zoologiques relatives à 
la classification et à l'anatomie des bryozoaires (1890). 

L'exploration que M. Chaper , ingénieur civil des mines , 
a faite dans la partie occidentale de Bornéo, a doté le 
Muséum d'une belle collection d'échantillons zoologîques 
et botaniques et notamment de magnifiques spécimens 
d'orchidées (1890). 

M. Jules SoLtER, médecin des Messageries maritimes, 
se proposait de faire des recherches anthropologiques en 
Australie et en Nouvelle-Calédonie. Le Ministère n'a pas 
encore reçu jusqu'ici les communications de ce savant 

(,89.). 

Les deux dernières missions à mentionner forment de 
véritables voyaxjes autour da Monde. Ce sont la mission de 
M. Jules Despontaines (1891-1893) et celle de M. Louis 
Lapicque. M. Lapicque doit étudier particulièrement sur 
les rivages sud de l'Asie la distribution géographique 
ancienne des populations de race Negrito. Ces voyageurs 
n'ont pas adressé jusqu'à, présent de communication au 
Ministère (189a). 



.,gl,zedbïGOO*^le 



RÉSUMÉ STATISTIQUE. 

Les missions scientifiques et littéraires accordées pea> 
(bnt les années 1887 à 1893 sont au nombre de 343 

On a laissé en outre, en dehors de cet exposé. 
54 missions médic^s Ô4 

Le nombre total des missions s'élève donc, pour 
la période examinée, à 397 



Si l'on essaie de classer par nature de recherches celles 
qui ont fait l'objet de ce travail, on trouve : 

Missions d'exploration générale (comprenant 

géofnfiùe, eduiogr«phte, etc.) 54 

Pour les sciences naturelles 73 

Pour l'archéologie hi 

Pour l'histoire et la philologie 43 

Pour les sciences économiques et sociales. 33 

Total 343 

Le classement par régions donnera un total différait i 
cause des doubles emplois, certaines missions pouvant 
s'étendre à deux ou même trois continents (les missions 
en Orient, par exemple). 
On totalise ainsi : 

en Europe 1 o5 

en Asie. 43 

en Afrique 73 

en Amérique ^ . . . 3o 

en Océanie (y compris deux 

voyages autour du Monde) . 9 

Total , , 7bg 



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A la date du 3 1 décembre 1 89 a , a 4 de ces missions 
restaient en cours d'exécution et se sont continuées pen- 
dant l'année i8g3. 

En voici la nomenclature ; 

3 «n Europe MM. Joubim , à Constantînople ; 

Fdstbr, en Allemagoe. 

8 en Asie MM. Dothbdil de Bhihs (haute Asie); 

Cbatahnes, en Chine; 

EsQtRLOT (haut Laos); 

Jbah Bbl, au Siam; 

D' JoussBAUMi [Adea et mer Rouge); 

M. Maindrok (Arabie et Perse); 

Ds Saresc (Cbaldée) ; 

Hy Ybbsiii, en Indo-Chine. 

9 en Afrique MM. F. Foureau [Sahara) ; 

Lionel Dèclb [Afrique australe) ; 
LiOTABD (Oubaoghi) ; 
D' Rançon (Sén^ambie) ; 
Alloaod (océan Indien) ; 
Jban Hbs3 [Congo et Oubanghi) ; 
Éhilb Gautier (Madagascar) ; 
P. BoNNBTAiti (Soudan frant^is) ; 
Patouillakd et Gaillard (Tunisie). 

3 ed Amérique.. . . MM. Th. Bbr (Pérou) ; 

A. Gbnin (Mexique) ; 

ly Mokissb (Orénoque et Amazone). 

a autour du Monde, MM. Jules DBsroiiTAiNBS ; 
L. Lapicqub. 



,dbyGOOgIC 



jiGoogle 



MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PIIBUQIJE. 



NOUVELLES ARCHIVES 

ns 

MISSIONS SCIENTIFIQUES. 

CONSEILS 

LUI 

VOYAGEURS NATURALISTES, 

PAR H. H. FILHOL. 

PUBLICATION CONSteUTITE 

AUX LSÇCMfS FjUISS AU HD8ÉUH ITHISTOIRB NATURELLE EN IS03. 



Le 35 avril de cette année avait lieu, au Muséum d'histoire na- 
turelle de Paris, l'inauguration d'un enseignement tout nouveau, 
dA à riuitiative du Bavant directeur de cet établissement. Cet ensei- 
gnement s'adressait d'une manière toute particulière aux natura- 
listes voyageurs. Il avait pour but de les préparer aux recberclies 
<pi'ils auraient îi accomplir dans des pays lointains, en même 
temps que celui de leur faire connaître la manière dont devaient 
être formées et préservées leurs collectioas. 

• Nous avons pensé, a dit M. A. Milae-Edwards, dans la leçon 
d'ouverture"', que c'était pour nous un devoir de faciliter la tâche 
des voyageurs et de les armer pour la lutte qu'ils se proposent 
cTentreprendre. La curiosité s'est éveUlée sur les pays lointains; les 
explorations se multiplient, elles deviennent de plus en plus com- 
plètes, de plus en plus sérieuses, et un enseignement du genre de 
celtii que nous inaugurons aujourd'hui répond k un besoin nou- 
veau. 

''' Banu icinlijiqiu, t U, p. 543. t8g3. 



D,Bi,z,db,Goo<^le 



t Depuis UD quart de siècle, des territoires immenses ont été 
ouverts; ces grands espaces blancs qui existaient sur les cartes se 
sont peu & peu remjUû. Le centre de l'Afrique., «olui de TAsie ou 
de l'Australie t>nt^ 7hité&> les voyageurs ont partout tracé leurs 
itinéraires, relevant les cours d'^ui, calculant la hauteur, la direc- 
tion des montagnes, précisant la position des villes, jalonnant les 
roiiMs qui h^ téliéiit. 

■ n semble bien loin de nous le temps où Tabbé Haynal, tradui- 
sant te sentiment de l'époque, pouvait dire en parlant d« l'Afrique; 
■ L'intérieur en est peu connu, et ce qu'on en sait ne peut inlé- 
> resser ni l'activité du négociant, ni 4a curiosite du voyageur, ni 
• l'humanLlé du philosophe. > ' 

• C'est, au contraire, ce grand continent qui attire aujourd'hui 
l'attention des nations civilisées, et les eiLjdoratanrs assfi^ent cette 
citadeJh qse Vva oroyait iaabArclable et dont le* remparts tombent 
les uns après les autres. 

• La topc^raphie de notre globe est connue dans ses grandes 
lignes. Les habitants du vîeox moad« ont les' yeux fixés sur ces 
régions vieiyes «A 1> nature est ai riohe et éont les nsMOCces 
restent cependant sans emploi. 

• Notre terre d'Europe, à force d'avoir produit, semble s'épui- 
ser, et tous les hommes soucieux de l'avenir sont profondément 
convaincus qu'il faut entreprendre de nouvelles conquêtes indus- 
trielles et commerciales, et que les peuples qui n'auront pas pris 
à temps leur part dans ce grand mouvemant d'expansion colo- 
niale trouveront les routes fermées et les positions occupées. 

• Cette lutte pour l'existence à laquelle sont condamnées les na- 
tions, aussi bien que les espèces, est pour quelques-unes une 
cause d'alTaiblîssement ou de destruction; mais pour celles qui 
savent s'y préparer et qui ont le courage de l'affironter, elle peut 
être salutaire et devenir une condition de leur développement. 

■ Je ne parie pas ici de la lutte directe et sanglante, trop fré- 
quente entre les peuples, mais de la lutte pour le bien, pour le 
mieux, qui devrait être le principal mobile de nos actions et qui 
établit une rivalité féconde sans laquelle il n'y aurait qu'indiOë- 
rence et stagnation. Les besoins dus nations dirigent et dominent 
leur histoire; tout dans le passé est l'éclatante confiimation de ce 
principe. 

• C'est avec une vive satisfaction que nous voyons s'affirmer, de 



3y Google 



— 3 — 

plus en plus fortement, cette coitvictioa, qu'il taut augmâoter le 
patrimoine des générations c[ui nous succéderont, eu travaillant à 
i'eiploitatioo des territoîres récenunent acqui» à la France et où 
dorment les réserves de l'avenir. 

> Gardon»- nous d'adopter les théories néfastes des découragés; 
n'écoutons pas ceux qui nous prêchent la doctrine de l'abdicatioa 
et de l'eOacement, doctrine si peu conforme au génie de notre 
race et dont l'application nous serait fatale. 

• Les résolutions d'aujourd'hui auront d'incalculables consé- 
quences, car, dans cette marche des peuples, cdm qui s'arrêtera 
sera dbtancé i jamais et le terrain perdu ne saurait éti« regagné. 
Nous rappellerons à ceux qui nous accusent de ne pas savoir co- 
loniser ce que la France a fait jadis au delà des mers. Nous leur 
montrerons cette terre du Canada, sortie de nos maîns depuis plus 
d'un siècle et qui nous garde un si &dèle souvenir, que les des- 
cendaats des anciens colons, s'unissant de coeur avec nous, 
soufflait encore de nos douleurs et se réjouissent de nos joies, 
comme au temps où nous étions pour eux la patrie. 

• Nous mettroOK sous leurs jeux les résultats obtenus au Soudan 
français, dont l'importance augmente chaque jour; noua leur 
montrerons nos belles colonies du nord de l'Alrique et nous leur 
demanderons de iaire crédit de quelques années k nos jeunes 
possessions de l'Indo-Chine et du Congo, qui^ plus menacées que 
les autres, ont à lutter contre des difficultés que nous saurons sur- 
monter. 

> La période des indécisions, des abstentions, des inquiétudes 
semble close, grÂce à l'initiative d'un certain nombre d'hommes 
qui ont su résister aux entraînements d'une opinion mal éclairée 
et qui ne se sont pas laissé rebuter par les entraves que leur sus- 
citaient les adversaires de toute action de la France au deibors. 

■ L'accueil fait par le pays à ceux de nos voyageurs qui ont 
reculé les limites du domaine national en Afrique et en Asie en est 
une indéniable preuve. Les noms de Krazsa, de Binger, de Cram- 
pe, de Mizon, de Monteil, de Dybcwski, de Maisire, de Pavie, . 
de Bonvalot sont aujourd'hui populaires, et chacun, au fond du 
cœur, leur garde un sentiment de reconnaissance pour les souf> 
frances qu'ils ont endurées avec une si complète abni^ation d'eux- 
mêmes, n'ayant pour guide et pour soutien que leur amour de la 
science et de la patrie. 



vGoôt^le 



■ La première partie de la tâche est accomplie. Les territoires 
oat été reconnus, on sait comment y pénétrer. Les traités passés 
avec les chefs, les btms et jtadfiqaes souveoirs laissés parmi tes 
populations dous y assurent un libre parcours. 

• Il s'agit maintenant de tirer parti de ces possessions nou- 
velles, et, pour cela, il faut savoir ce qu'elles prodaisent, par 
quelle race d'hommes elles sont habitées, quelle est leur faune, 
quelle est leur Bore, quels sont les métaux que leur s(A ren- 
ferme, etc.. . C'est seulement à cette condition qu'on peut en 
commencer l'eiploitatiou fructueuse. 

• Pour dresser l'inventaire des richesses d'un {>ays, il faut que 
l'explorateur, qui d'abord était géographe, devienne zoologiste, 
botaniste ou géolc^e. Ce n'est pas une invasion des sciences voi- 
nnes qui menace la géographie, c'est une alliance qu'elle signe 
avec elles et qui la rendra plus forte et plus féconde; car il n'est 
pas nécessaire que nos voyageurs soient des hommes de science 
ou des spécialistes : il suffit qu'ils sachent observer et qu'ils rap- 
portent des échantillons bien préparés des animaui, des plantes, 
des minéraux, qu'ils ont trouvés; au retour, on les étudiera et on 
sera alors &\é sur leur nature et leur utilité. Les renseignements 
ainsi fournis jetteront beaucoup de lumière sur les conditions du 
climat et, par conséquent, sur les essais de culture qu'on peut 
tenter dans tel ou td pays. 

• Bien des voyageurs sont partis pleins d'ardeur, dépensant sans 
compter leur énergie et leurs forces, et trop souvent les résultats 
de leur mission ont été singulièrement diminués, parce qu'ils 
ignoraient de quel côté ils devaient dir^r leurs travaux et qu'ils 
ont ainsi passé, sans les voir, à cdté des feits les plus importants. 

• Les professeurs du Muséum ont pensé qu'ils pourraient aider 
les explorateurs dans l'accomplissement delenrtâche.en&dlïtant 
leurs études et en leur donnant l'enseignement qu'ils rédameot 
avec raison. De tout temps, nos collections leur ont été ouvertes, 
et des conférences, faites dans les laboratoires d'anthropologie, 
d'anatomie, de loolt^e et de botanique, les initiaient aussi com- 
plètement que possible aux éléments scientifiques îndispensaMes. 
Mais cette préparation manquait de coordination, d'unité et de 
lien; nous avons donc tenu à instituer, pour les sciences natu- 

- relies, un enseignement où chacune des chaires représentées au 
Muséum fournira son contingent, où les leçons s'enchaJneront les 



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_ 5 — 

Qoea aux autres de nuiuière k former ud tout homogène, afin 
qu'en quelque* Betnaines un vojrageur, avant de se mettre en route , 
puisse prendre uœ idée juste de ce qu'il devra faire. 

< Noos poMédons ici d'immenses coUectitRis, ffumées par l'accu- 
molation, depuis plus de deux sièdes, des richesses apportées en 
France de tous les points du globe. Nos serres, notre éctJe de bo- 
tanique, notre ménagerie, nos laboratoires renferment d'innom- 
Iwables matériauK d'étude; notre bibliothèque contient l'histoin 
de tous les voyage» entre[Kis jusqu'à nos jours. Utilisons le mieux 
potsiUe œs éléments d'instruction en les mettant largement à la 
portée de chacun. A la suite de ces leçons professées dans l'am- 
phitbétoe, nous avons aussi o^anisé des conférences plus intimes, 
qui seront faites dans les laboratoires, où les auditeurs pourront 
s'exercer aux manipulations diverses, aux travaux taxidômiqnes 
d botaniques, et où ils recevront les conseils de nos préparateurs 
les pins etere^. • 

Le pru^unme tracé dans les termes que nous venons de rap- 
peter, par le savant directeur du Muséum, a été, grâce au con- 
ooors dévoué que lui ont prêté ses collées, rempli à la grande 
satisfaction de tous ceux qui s'intéressent à l'accroissement de nos 
connaissances scientifiques et k leur applicatioo en vue de l'exploi- 
tatioD des territoires acquis par la France dans les diverses parties 
du nnonde. 

Jamais on n'avait vu un public aussi nombreux, aussi édairé, 
se presser autour de la chaire des divers proiêsseurs ou assistants, 
qui ont successivement exposé dans une leçon publique, puis dans 
des conférences complémentaires, les faits relatifs k la partie des 
B naturelles qu'ils sont chaînés d'enseigner I'). Le résumé de 



''' L'twdn da leçoni téU it anivant : i* ht^on d'onvertare par H. A. Uilike- 
Edwudi, diracteur da Hiuéiuii; i* da l'AnUiropdi^, p«r M. E.-T. Bamy, 
profcHeor; 3* de rEthiiognq>hie, par H, Veraean, uaiitant; j* de* Uammi- 
îhrts, par M. E. Oastalet, auiitaiit; 5* des Oiieaiu, par M. £. OotUkt; 6* des 
Reptiles, de» Batncieiu et de* PoÎsmd), par M. L. Vaillant, profe«)ear; 7* des 
AnhropodBi, par U. Ch. Brongniart, MMitant; 8* detMoUDtqaet, par M. Ber- 
nard, Maiatant; 9* des Vert et dei Zoopliitei. par M. Perrier, jNrofeuenr; 

10* de l'Anatomie compara, par U. Pouchet, profêDenr; 11* du Phandn»- 
games. par M. Bureau, profEssenr; 11* dei Ciyplopmea, par M. Morot, as- 
nitanl; i3* de b récolte et de l'envoi de> {dautei tivantea, par H. M. Cornu; 

■ i* de U Paléontolofie, par If. Gandry, profewenr; i5* de U Géologie, par 



D,gt,ZBdbïGOO*^le 



_ 6 _ 

quelques-noes de ces leçons si pleines d'intérêt au point de vue 
pratique a été publié (^>, maU cela ne constitue qu'une bien faible 
partie du vaste eosei^ement donné au Muséum. 

Tai pensé qu'il était nécessaire que les résultats d'un aussi grand 
eSbrt scientifique fussent connus dans leur totalité, et je me suis 
occupé dés lors de réunir les renseignements, les conseils donnés 
durant la série des cours et des conférences. On retrouvera ainsi 
une trace durable de l'œuvre entreprise, avec un si grand désinté- 
ressement et une si parfaite bonne volonté, par les profeeseon et 
les assistants du Muséum d'histoire naturelle de Paris, et les natura- 
listes qui n'ont pu assister aux cours et aux conférences bites en 
vue de l'instruction des voyageurs en possédo-ont un compte rendu 
aussi fidèle que possible. 

Le temps limité, dont disposaient les professeurs, ne leur a 
pas toujours permis de faire une étude, aussi complète qu'ils 
l'eussent désiré, du sujet dont ils traitaient. Il en est résulté dans 
leur enseignement des lacunes que je me suis eilbrcé de faire dis- 
paraître. D'autre part, instruit par l'expérience acquise durant le 
cours de diverses missions scientifiques, dont j'avais été cbai^, 
j'ai pu, sur bien des points, fournir des rense^ements personnels 
et contribuer ainsi pour ma part k facHiter les recherches des 
voyageurs. 

J'espère que l'œuvre que je livre au public comblera une 
grande lacune existant dans la série des ouvrages concernant les 
sciences naturdies et qu'elle sera profitable à tous ceux qui, ani- 
més du désir de visiter des régions lointaines, voudront, au point 
de vue scientifique, tirer profit en fiiveur de notre pays de leurs 
fatigues et de leurs peines. 

H. StaDislag Meanier, profesaenr; 16° de la Hinénlagie, pu- M. Locroii, pro- 
feHeor; 1^* de U Méléréotogie, par U. Bstfadot, aMutwit; 18° de l'Hygifene 
en vojage. par M, Gréhant, profeateur. 

C Voir dan* la Rtviu leienfi^œ.de i8g3, lea coaTérenca de MM. A. Milne- 
Edward», OiuUlet, Brongniart, Pouchet, Gaudry, Bertbdot, GrthanU 



DiglizBdbïGOOgIC 



Oa&PITRE PREMIER. 

COnSIDÉRATIONS oillillALBB SUR LBS OUBTS X BMPOBTM Bit TOTAOB 
ET SUR LtnVOt DES COLLECTIONS. 

Tout natnraKste, décîdé h entreprendre un voyage, devra se 
préoccuper de réunir tes divers t^jets dont il aura besoin pendant 
le cours de ses eiplorationi. Qudquefoîs les pacotiHes k former 
sont sini|^, mail qnmd on doit faire des collections gfénérales 
ou bien lorsqu'on doit s^onmer dans des pays, où Ton est assuré 
de ne tronver aucune ressource, dfes deviennent très compli- 
quées. 

Nous indiqnerons, dans la suite de cet oavn^, les instruments 
nécessaires pour chaque genre de recherches. Mais il y a , outre ces 
renseignements particuliers, des considérations générales très im- 
portantes, concernant les objets dont on doit se munir, qui doivent 
être portées à ta connaissance des voyagenrs. Nous allons les ex- 
posa ici d'âne fliçon tonte spéciale, car si nous Ifs répartissions 
dans diven chapitres, il deviendrait peut-^tre difficile de saisir la 
valenr de leur ensemUe. 

n fant d'abord se munir de caisses pour loger les objets qne 
Ton désire emporter. Tfous recommanderons de ne pas les prendiv 
trop grandes, car autrement elles deviennent difficiles à maooni- 
Trer et dlea sont alors exposées h des chocs pouvant avoir pour 
effet de briser une partie de leur contenu. 

D'autre part, comme il n'est pas toujours possible de débtdler 
ses atbires, si les caisses sont gnndes et qn'^es coDtîenneot beau- 
coup d'objets, tl est fort mal aisé d'aller h la recherche de ceux 
dont oo se trouve avoir brusquement besoin. Aussi nous ne 
saurions trop insister sur l'em{rfoi de petites caisses, dans chacune 
desqneUes on groupera, autant qne possible, ce qui est nécessaire 
pour une mtme sorte d*iiivest%ations. Ces caisses devront ttre nu* 
mérotées et elles porteront à la hce interne de leur couverde ta 
liste des objets cpiï y sont contenus.' Un double de cette liste sera 
transcrit sur le carnet du voyageur avec les numàx» coirespon- 
dants des caisses. Pour que cdles-ci puissent être ouvertes ou fer- 
oiées, uns que le converdb s'altère, il faut que ce dernier soit 
vissé, et roan« doit pas manquer d'empcnter une provision de vis,' 



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daD» le cas où l'on viendrait à égarer quelques-unes de cdies mises 
en usage. 

Quand on se rend dras lui pays dépourvu de ressources, on 
doit prévoir l'envoi futur des collections. Les caisses que l'on em- 
porte pourront être en partie utilisées, mais elles peuvent vite de- 
venir insuffisantes, aussi faut-il s'en procurer toute une série, de 
grandeurs diverses, permettant de les faire rentrer les unes dans 
les autres. Elles occupent ainsi an faible volume et l'on ne craint 
pas d'en être embarrassé. 

On utilise souvent pour l'envoi de pièces aoatomiques, ainsi 
que pour cdui d'animaux préservés dans l'alcool, des caisses en 
linc, dont on soude le convercle après les avoir remplies. Ces 
caisses peuvent être de grandeurs différentes et rentrer, comme 
celles dont nous venons de parier, les unes dans les autres. 

Lorsqu'on vient à s'en servir, on ne doit pas perdre de vue 
qu'il faut, comme leurs parois sont très minces, les [dacer, au 
moment de leur envoi, dans des caisses de bois où elles péné- 
treront à frottement doux, sans quoi elles éclateraient. Il sera donc 
nécessaire, si l'on se rend dans un pays où l'on ne pourra (aire fa- 
briquer des caisses oa, si l'on ne sait les construire soi-même, d'en 
emporter de grandeurs voulues. D'autre part, comme il laudra 
souder les couvercles des caisses, on se préoccupera d'avoir ce 
qui est nécessaire pour cette opération (biton de soudure, fer k 
souder, sd ammoniac] et apprendre ii la pratiquer. 
. Le .ren^>li8sage des caisses de zinc doit être fait d'une manî^ 
toute spéciale. H faut d'abord disposer dans la caisse, en laissant 
le mmndre vide possible , les pièces , déjà bien saturées d'alcool , que 
l'on veut expédier. La caisse pleine, on place et l'on soude le cou- 
vercle, au centre duquel on a ménagé une ouverture par laqadte 
on introduira ensuite l'alcool nécessaire pQur ccHubter les vides. 
Cela terminé, on U fait glisser dans la caisse de bois et l'on se pré- 
occupe, leaUmeat aJon, de la remplir du liquide conservrteur. 
Cette opération étant effectuée, on ferme l'orifice au moyen d'une 
petite plaque de ztac, que l'on soude. 

Outre les caisses dont nous venons de parler, ihi se munira 
de récipients divers pour contenir les animaux ou les végétaux 
que l'on récoltera. 

Nous signalerons tout d'abord les flacons à baïonnette dediverses 
tailles, qui sont appelés k rendre les plus grands services aux voya: 



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geors. Certains oot uni^ capacité coiuidérable, ce qui permet de 
\oger une foule d'objets dans leur intérieur, et. d'autre part, leur 
épaisseur, leur résistance sont telles, qu'ils se brisent fort difficile- 
ment. Ce sont eux qu'il sera nécessaire, à la mer, d'avoir k cAté de 
soi, quand on fera des dragages pouryplacerles objets capturés; ce 
sont eux qu'on emportera le long des câtes, lorsqu'on recberchen 
des végétaux ou des animaax marias; ce sont eux enfin dans les- 
quels on laissera macérer, au milieu des liquides conservateurs 
ou des substances préservatrices, les pièces anatomiques et les 
êtres divers que l'on voudra sauv^arder. Us serviront, d'autre 
part,. au moment des envois, pour l'expédition de tout c« qui doit 
voyager soit dans des liquides, soit dans des matières salines quel- 
conques. , 

Quand on vent expédier ces bocaux, comme leurs couvercles 
joignent presque toujours d'une manière insuffisante, i7 nt faut 
pat oublier de les ferm^ suivant le procédé que nous allons 
indiquer, car autrement on pourrait être assuré que tout le liquide 
qu'ils contiennent se serait échappé ou se serait évaporé avant leur 
arrivée. 

Afin d'obtenir une fermeture absdue, on doit se munir d'une 
provision de vessies de cochon desséchées. Quand on a un bocal 
à fermer, on en fait tremper une dans de l'eau ordinaire, jusqu'à 
ce qu'elle soit complètement ramollie. On l'ouvre alors, on l'étalé 
et on l'applique, en la tendant fortement, sur le couvercle; on la 
ramène ensuite sur les côtés de celui-ci, de manière à le coiSTer 
exactement. Au niveau du point où la memlHtae revêt le goulot, 
an-dessous de la saillie sur laquelle se fixe le couvercle, on ap- 
plique avec une ficelle solide une forte ligature. On détache ensuite 
avec des ciseaux, au-dessous du point saisi, toute la partie de la 
vessie qui n'a pas été utilisée. La fermetuie ainsi obtenue est par- 
faite. 

Si, au lieu de bocaux k baïonnette, on était amené à utilisa 
des bocaux en verre, avec bouchon» garnis de liège suc une partie 
de leurs bords, on ne manquera pas d'appliquer le mode de fer- 
meture que nous venons d'indiquer. 

Pour la préservation des ol^ets ou des animaux de petite taille, 
il est utile d'emporter une bonne provision de tubes de verre et 
de boîtes de différentes grandeurs, susceptibles de s'introduire les 
unes dans les autres. 



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— 10 — 

Certaines opératioDs qu'un oatunliste voyageur a k ex^cater, 
exigent l'emploi de matériaux qu'il est souvent impossible de se 
procaier dans les pays lointains. Ainsi, pour la préparation des 
peaux d'oiseaux, on doit posséder une provision d'Âonpes et de co- 
ton. Cette dernière substance est d'ailleurs nécessaire pour la pré- 
servation d'une foule d'écbantilloos. Les étoupes, au moment du 
départ , seront très avantageusement utilisées comme substance d'em- 
ballage , et le coton pourra être renfermé dans des bocaux à baïon- 
nette eovcteppant les tubes, les flacons, les divers objets (ragiles 
qu'on emporte avec soi. 

On ne doit pas manquer de se munir de plitre. Cette substance 
sera utilisée pour la préparation des peaux d'oiseaux, ainsi que 
pour les divers moulages qu'on pourra avoir à efièctuer. Le plAtre 
s'hydratant très vite, il est nécessaire de le placer dans des boites 
en zinc sellées. Ces bottes seront de petites dimensions, les plus 
grandes ne contenant pas pins de 30 kilc^rammes, car on ne doit 
pas perdrede vue que, dans certains pays, le transport se fait k dos 
d'homme et que la charge maxima que l'on peut imposer est 
3o kilogrammes. D'autre part, dans les pays oà l'atmosphère est 
saturée d'hunidité, comme sons les tropiques, 3 suffit d'un temps 
tris court pour que tout le pUtre d'une boite soit altéré k un point 
Ui qu'on ne puisse plus s'en servir. 

Nous indiquons plus loin les diverses substances chimiques k 
emporter en vue de la préservation des animaux. Ces divers ré- 
actifs doivent être embdlés avec grand soin Sam iei caisses spé- 
ciales. Les substances, comme l'acide osmique, très dangereuses 
k manier et qui pourraient produire des accidents si Ton venait k 
briser les tubes qui les contiennent an moment du délullage, se- 
ront placées dans des boites résistantes, portant sur leur couvercle 
la mention de lenr contenu. 

Nous faisons conn^tre dans le chapitre suivant les précautions 
k prendre pour l'expédition de Talcool. 

Si l'on veut se livrer k la récolte des animaux marins, il faut 
avoir le soin d'emporter avec soi une petite drague ('\ car il serait 
quelquefois très difficile d'en faire construire une k l'étranger. C'est 
la drague de Bail qui doit être préférée k toute autre. Elle devra 

(') Lei procède! de ilragsge et de pAche an filet Co Mnl inditjuéa dus le clia- 
pitK conMcrd i U recherche de» Mt^uiqne*. 



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— 11 — 

être placfe dans une caisse spécitle. Une autre caisse re n f erm er» 
te c&ble destiné k la soatenir. On ponm ainsi, aux dilRrentes sta- 
tions du bateau sur leqnd on voyagera, avoir facilement cet in- 
strument à sa disposition ponr faire qnelques explorations rapides. 
Nous ajouterons qu'on doit toujours avoir des [dombs de sonde et 
des thermomMres spéciaux , afin de connaître le fond et de prendre 
la température de i'ean. 

11 est une foule d'animaux vivant soit k la surface de la mer, 
soit à la surface des grands lacs, dont les proportions sMit très 
réduites. Pour s'en emparer, on se servira d'un instrument parti- 
culier qu'on nomme le fiUtJin, * Celui-ci se fait avec nue étoffé la 
[Jus fine possible, mcmté sur un annean de fil de fer étamé on 
<k laiton, d'un diamètre moyen de 30 centimètres. L'ensemble est 
assujetti à on manche de bcns de longueur variable. A la rigueur, 
une coiQe de femme sufBrait, mais la meilleure étoffé est la soie 
k bluter la forine, des numéros les plus fins. Le filet doit atoir 
3o à 4o centimètres de profondeur, le fond étant arrondi et l'é- 
tofie cousue en conséquence (') ■. On emportas tonjoars plusieurs 
cadres et une quantité 3u£Bsante d'étoffé ponr renouvder le filet 
dans les cas où il viendrait à ètn abbué. 

Lorsqu'on pratique des dragages on des pécbes, ces opérations 
terminées, on fait le triage des animaux recueillis et l'on isole dans 
des paquets spéciaux les espèces diverses auxquelles ils se rap- 
portent. Ponr constituer ces pacpiets, on se sert d'nne étoffe toute 
spéciale, de tulle, dc»t il fant avoir le soin d'emporter plnsieors 
|ȏces. Si Ton venait k manquer de tnlle, on devrait av(Hr recours 
k des tissus très fins, tds que la mousseline. 

Les botanistes auront toujours avec eux une bonne provision 
de papier non coUé pour deesécher les plantes. Ce papier devra 
être i^icé dans des caisses en zinc soudées on dans des caisses 
garnies intérienrement de plusieurs épaisseurs de papier imper 
méable. D usa. toujours bon d'avoir k sa disposition des rouleaux 
de ce dernier, car on aura l'occasion de l'utiliser lors des envois 
qne l'on fera, soit pour en tapisser les caisses, soit pour envdop 
per des paqnets. 

Nous recommanderons aux voyageurs d'une manière toute par- 
ticulière d'emporter, au moins, un double de tous les instruments 

0) Pondwt OoaflroDced'soatomte (RnwMHfttijtfW, iBg3). 



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- 12 — 

doot l'emploi leur est eigoalé pour les diverses recherches. H en 
est certains qu'il est facile de lH:is«' ou qui sont susceptiUes de s'al- 
térer rapidement; d'autre part, lors de d^acements nombreux, 
il en est que Ton peut égarer; certains peuvent être dérobés. Cette 
réserve devra être placée dans des caisses à part 

Chaque caisse portera un numéro spécial, et son contenu sera 
inscrit, comme nous l'avons déjà fait remarqua', sur deux car- 
nets différents, dont l'un ne quittera pas le voyagenr. L'autre 
sera mis en réserve dans le cas où le premier serait égaré. 

Lorsqu'on fait des collectioDs, il faut ea effet avoir ce que l'on 
appelle un carnet de voyage, c'est-à-dire nn carnet sur lequd on 
inscrit au jour le jour les indications concernant les échantillons 
que l'on a récoltés et les numéros qu'ils portent. U est de ta plus 
absolue nécessité d'en avoir un douMe, en prévision d'un accident 
qui en entndnerait la p«1e. 

Ceci nous amène à parier de la manière dont doivent être nu- 
mérotés les échantillons. Beaucoup de procédés, souvent très in- 
génieux, ont été inventés et appliqués par des naturalistes voya- 
geurs. La variété de ces procédés résultait, d'une part, de l'absence, 
absolue dans certains cas, de matériaux assee résistants pour faire 
de bonnes étiquettes, ou de la crainte qu'avaient les naturalistes 
de voir s'eSacer, sous l'ac^on des substances préservafaices, les in- 
dications qu'ils traçaient 

Le mode d'étiqnettage le plus simple, celui que nous recom- 
mandons, consiste dans l'emj^ d'étiquettes en parchemin, por- 
tant un œillet , par lequel , an moyen d'une ficelle, on les rattache 
à l'objet qu'elles accomp^neot Nous conseillerons aux voyageurs 
de faire imprimer, par avance, sur leurs étiquettes leur nom et 
la désignation génénde de leur mission. Us éviteront ainsi des 
confusions possîUes, si des envois de [nttvenances diverses par- 
venaient en même temps. Les indications doivent être tracées 
avec un craycm tendre ou avec une [dume (". On peut facUement 

t'I (S'il *'*git du papier on do par^amtD. l'encra e«t te qa'il y a de pliii 
uèM , je dit l'encre ordinaire , or l'eacre de Chine , recommanda par certaine* 
personne» et qui, remanguaUenieni inddtâiile, présenterait peut-être ccrtaioi 
avantages, est peu employéei le bâton d'encre s'emporterait, il est vrai, facile- 
ment, mais il fiint en opérer te broiement au moment de s'en «ervir. Une fois 
sA:)iëe, la matitre est hor» d'nMge;ce «onl antant de coDi[dication( qu'en voyage 
on aime mieux éviter- Hait l'eacre ordinain ««l-cQ« hM^our* lAn, ■«^oordlini 



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— 13 — 

sur uiM surface aussi iMge que cd)e qu'oflrent ces étiquettes, en 
écrivaat au besoin au recto et au verso, niarquer le numéro de 
l'échantilloD , la date, la localité et inâme joindre quelques autres 
indications, si cela parait nécessaire. 

On ne pouvait ^r ainsi avec les petits carrés de plomb dont 
on se servait autrefois. Ces petits carrés de plomb avaient, d'autre 
part, l'iaconvénient de s'altérer rapidement. Si l'on se trouvait dans 
l'obt^tion, pour numéroter ses échaotilloos, d'avoir recours à 
une substance métallique, c'est l'étain qu'il fiiudniit choi^''>. 
Noos ferons remarquer qu'il faut toujours fixer les étiquettes 
métalliques avec de la ficelle, et non avec des fils de fer ou de 
cuivre. 

M. Vaillant a exposé, dans la coUiérence qu'il a faite au Mu- 
séum de Paris, en vue des voyaf^rs, les différents modes de nu 
mérotage utilisés par divers naturalistes désireux de posséder des 
étiquettes inaltérables. Nous rappdlerons les principaux. 

Tout d'abord, l'emploi de petites baguettes de Emis, taillées en 
planchettes à l'une de leurs extrémités, de manière à produire une 
surface plane, sur laquelle on trace, avec la pointe d'un couteau 
ou avec une souille rougie, des numéros ou des signes conven- 
tionnels. Ensuite, l'usage qui a été fait de petits cylindres de 
roseau , de bambou, dont l'écorce est susceptiUe d'éb« gravée. Il 
n'y a pas jusqu'à un simple bout de ficelle qui ne puisse être em- 
ployé dans les cas de pénurie extrême pour le numérotage, eu 
faisant des séries de nœuds, dont les unes correspondent aux 
unités, les autres aux itizaines, aux centaines, aux mille. 

• On peut d'aiHeurs, puisqu'il s'agit d'inscrire un simfde nu- 
méro d'ordre, arriver, même avec le parchemin, à l'inaltérabilité 
complète en entamant celte substance [X)ur y marquer tes chiflRres. 
Dans nos cdlections de Reptiles et Poissons, Auguste Duméril, 
mon r^retté prédécesseur, a introduit cette méthode pour les 

lurtoat qne 1* labricatian en ost li vuiëe? Comme on l'a immëdintement loiis 
h main, on j aura touteibi* votontiera recoura , et die a donné, il faut en cod- 
Tcnir, dans la plupart des cal. de Itona résultat*. U. Bocourt l'en est aervi dans 
K> différents voyages au Siam, au Gnatëmtda. avec cette [R^aatioa d'écrire 
gn» et de lainer aiàtee atant de mettre l'éliqaeUfl ea pvcbeinin dan* l'aliad. * 
L. Vaillant, Le NaiartdiiU , 1893, p. aii. 

O Les nnmëros d'ordre de la collection Duasnraier, qui aont traces depuis 
j^ns de aoiiMite ans sur des plaqoea d'étain , sont aussi nets que s'ils venaient 



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— u — 

pièces de la galerie conservées dans l'alcocd , lesqudles portent 
une étiquette où les chii&es, enlevée à l'eiopoile-pièce, apparaissent 
en vide dans la feume de parchemin; le numéro ne disparaîtra 
donc que par la destruction de l'étiquette elle-m£me. Sans doute 
on pourrait user de ce procédé, en se munissant d'un jeu de 
poinçons, comme ceux dont on s'est servi pendant longtemps au 
laboratoire avant l'emploi, pour aoc^àrer le travail, d'une per- 
foreuse mécanique; mais ces poioçoas causenùeot encore au 
voyageur un certain embarras, non seulement en augmentant un 
bagage qu'on ne saurait trop simplifier, mais surtout paice que 
ces emporte-pièce doivent être entretenus avec soin comme affilh 
tage et se détériorent facilement au moindre choc. 11 y a un pro- 
cédé beaucoup plus ùm|de, dont nous sommes redevables aux 
naturalistes attachés à l'expédition de M. de Brazza dans l'Ouest 
afiricain, il consiste à substituer le chiffi« romain au chit&e arabe 
et ï l'exécuter au moyen d'une paire de ciseaux en entamant le 
bord du parchemin. Un coup de ciseaui. perpendicuiairemeat à 
ce b(Hd donne le I; deux coups partant en divergeant donneront 
le V; s'ils se croisent en leur milieu, on obtiendra te X; le L sera 
formé d'un trait oblique rapproché du bord, continué par un 
trait vertical; enfin un premier coup oblique de droite à gauche, 
continué par un trait vertical, suivi lui-même d'un trait oUique 
de gauche à droite, figureront le C. On pourrait évidemment aller 
plus loin, mais il est déjà possible d'avoir ainsi plus de quatre 
cents numéros, et quoique ce mode de notation soit excessive- 
ment dair, il vaudra mieux, dans la pratique, avant même 
d'atteindre cette limite, reconmiencer d'autres séries, qu'on tUs- 
tinguera en pratiquant dans l'étiquette une ou plusieurs perfo- 
rations, obtenues en pliant le parchemin en quatre et enlevant le 
coin saillant, to^)ours avec cette même paire de ciseaux. Ce sys- 
tème des [dus ingénieux est d'un emploi simple, facile et donne 
toute garantie de durée ^'K • 

U est d'autre part, quelques indications générales qu'il ne 
faut pas perdre de vue au moment de l'envoi des collections. 

Ainsi les objets susceptibles de s'aUmer sous l'influence de 
l'humidité devront être placés dans des caisses en zinc scellées. 
L'emploi de caisses en zinc, à coaverele non soudé, revêtues b l'in- 

(') L. Vuthnl, leco cil. 



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— 15 — 

térienr de papier imperméalde , devra itre &U de préférence fc 
cdai de caisses en bois, pour l'envoi des peaux de maumufères 
et d'fùseanx. Les sqadettes bien desséchés seront expédiés dans 
des caisses; ceux de grande taille incomplètement déchamés, 
exhalant de Todeur, seront enfermés dans des barriques avec du 
sel. 

Nous avons recommandé aux naturalistes voyageurs d'apprendre 
avant leur départ à bien souder ; nons leur recommanderons «ossi 
de bien savoir ouvrir et fermer on tonoeao. On ne saurait se fig«Mr 
combien Tegooidoi de ces récipients, de capacités si diverses, peut 
rendre de services. On ne trouve pas partout de bonnes caisses, 
elles sont chères à faire fabriquer, tandis qu'il n'est |a«sque pas de 
parties du monde où l'on ne paisse se procurer des barriques à 
très bon marché. Lorsque l'emballage est Inen fait, les ot^ets les 
plus fragiles sont en sûreté dans leur intérieur. Par suite de leur 
forme, ou les fait rouler et il n« se produit pas alors de chocs, 
comme quand on manœuvre des caisses, pour peu qu'elles soient 
lourdes. Lorsque j'étais dans les mers du Sud, j'ai expédié toute 
une collection d'œufs d'Oiseaux, préalablement vidés, dans des ba- 
rils qui avaient contenu du rhum. Pas un échantillon o'« éléen* 
dommage. 

Malgré tous les soins apportés k l'envoi des collectioDs, il peut 
survenir des accidents durant le transport, qui en amènent la 
perte ou qui les détériorent. Aussi reoommaoderons-noas de tou- 
jours disposer tes collections en double et de faire deux envois 
diflëreols. Les caisses doivent être numérotées, et les numéros, 
avec la liste de ce qu'elles contiennent, reportés sur les carnets de 
voyage. 

Lorsque les collections ont de la valeur, que les sommes dépen- 
sées pour les constituer sont considérables, il ne faut pas manquer 
de les faire assurer avant leur départ 



CHAPITRE IL 

DK LA PnisBKTAXIOll DMA ANIIUUX. 

Les voyageurs qui auront k former des collections de Tertébtés 
oo dinvertébrés devront se préoccuper d'assurer la conservation 
do c(»ps ou d'une partie du corps des animaux qu'ils auront re- 



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cueillis en vne des détenniaatioDs zoologiques el des recherches 
anatomiques. 

Nous dirons tout de suite que le meilleur de tous les moyens 
indiquas pour conserver les animaux consiste dans l'emploi de 
l'alcool. C'est le liquide conservateur par eicellence, et comme 
l'a fait observer M. Pouchet : * Sans alcool, on peut presque dire 
qu'il n'y aurait pas d'anatomie comparée. ■ 

Par conséquent, un naturaliste voyageur aura toujours à sa dis- 
position de l'alcool. L'alcool doit être, autant que possible, à 
90 degrés pour occuper le moindre volume possible. D'autre part, 
• OD préférera l'alcool éthylique à l'alcool méthylïque, dans lequel 
les pièces anatomiques ne se conservent pas indéfiniment en bon 
étatl".. 

Suivant les r^ons dans lesquelles on se rendra, on devra, ou 
emporter de France la quantité de ce liquide qu'on croira néces- 
saire, ou attendre d'être arrivé dans une localité voisine du point 
où commenceront les recherches , et où l'on est sûr d'en trouver, 
pour s'en munir. Afin de toujours être au courant du d^ré que 
possède l'alcool que l'on achète ou celui dont on veut faire usage, 
il est nécessaire d'avoir avec soi un pèse-alcool. 

Nous recommander j:is de faire li^r ce liquide dans de petits 
barils de 20 ou 3o litres au plus, quand on ne devra pas séjourner 
longtemps dans un même endroit. Le transport en swa ainsi 
rendu facile. Dans le cas oii l'on ne disposerait pas de barils, 
l'on peut très avantageusement utiliser les flacons k baïonnette, 
dont le couvercle sera enveloppé d'un fragment de vessie de cochon , 
comme nous l'avons indiqué plus haut. De petites bonbonnes en- 
tourées d'osier pourront paiement rendre des services. 

Gomme on doit sans cesse se méfier des fraudes qui peuvent 
être commises, il sera bon de dénaturer l'alcool en y ajoutant des 
substances amères, qui le rendront imbuvable, ou bien des sub- 
stances qui, comme l'émétique, déterminent des vomissements. 
Si l'on emploie ce dernier corps, il devra être dosé de manière à ne 
pas causer d'accident sérieux. Sans cette précaution, on pourrait 
se trouver exposé à être démuni d'^cool au bout de très peu de 
temps. 

Quand on veut employer l'alcool pour la conservation des ver- 

<» Pouchet. /«CD cil. 



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— 17 — 

tâirés, il faut toujours ouvrir le ventre de oeux-d sur b ligne 
médiane et faire eosoîte une iadsioD au diaphragme, quand il 
existe, pour que tous les organes internes baignent dans le liquide 
préMTvateur. Si l'ammal est vcdunuDeux, on devra en outre iàire 
à travers le crftne et les ^obes oculaires des piqAres au moyen 
d'une forte aiguille ou d'une lame étroite, de fa^o à faciliter la 
péoéti-ation de l'alcool. Mais s'il y a intérêt à ce que le cerveau 
ne soit pas atteint par un instrument picpiant ou tranchant, nous 
recommanderons tout Bim{dement de &ire en arrière du «w, au 
point d'articulation de la tête avec la colonne vertébrale, une 
incision verticale et d'ouvrir à ce niveau le canal médullaire. 

■ La proportion d'alcool à aaB|doyer est varialde suivant lescîr^ 
ocmstances''). Si l'animal nedoit pasétre clMngé.il faut qu'il baigne 
dans une quantité d'alcool légèrement supérieure k son propre 
vtdume; dans trop d'alcool les tissus se déshydratent complète- 
ment et durcissent Pratiquement, la quantité d'alcool à 90 degrés 
doit itn telle que l'eau de coostitutioD des organes s'unissànt k 
loi, en pn^rtion k peu près égale, fasse un mélange favorable. 
Si l'on a le loisir de chan^ l'alcool, la technique sera modifiée 
en conséquence 1^1. * 

Quand on vient à manquer d'alcoid, on peut avoir recours k 
l'eau de vie de riz ou an tafia, que l'on est assuré de rencontrer 
presque partout Le tafia ayant un degré alcoolique peu élevé, il 
est nécessaire de l'employer en bien plus grande quantité qne 
l'alcool. On peut d'ailleurs débarrassa le tafia d'une certaine 
quantité d'eau en le renfermant dans une vessie de cochon, eo 
travers des parois de laquelle il se fait un véritable filtrage. 

Excepté dans des cas particuliers, que nous faisons connaître 
plus loin, les invertébrés doivent être préservés dans l'alcool. Si 
ce sont des articulés au revêtement cutané, chitineux ou calcaire, 
des Insectes, des Crustacés, il faut toujours avoir le soin, au ni- 
veau de divers p<Hnts d'union de segments du corps, de déchirer 
les membranes rattachant ces parties et d'ouvrir ainsi une voie k 
l'alcool qui s'infiltrera à travers les tissus. Quand on a aOâire à 
des H<^usques présentant une coquille à deux valves, on doit 



"> PoncbM, lato cit. 

'^ Non* indiqnoiu dan* U suite de cet ouvrage, k propos Ae chaque sorte 
tuûiamiu , la nuuiiire dmit on doit utiliser r«lco<rf. 



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— 18 — 

entr'ouvrir ces demiërai en engageant entre eHes un corps étnn- 
ger. S'il s'agit de Gastéropodes, on fait ane ouverture à ta p<^oii 
supMeure de ta coquille. Les Bnidiyopodes se prépareot comme 
let LamdlihrascheB, mais l'on ne peut qu'entrebâiller très légère- 
ment leurs valves. Il faut ne pas perdre ce tait de vue, car au- 
trement oo brisenit l'échantillon. 

En deiion de l'alcool, on peut se aarvîr très utilement, pour 
l'envoi de groases pièces anat«iuqu«s, du sel. ■CcAte dernière 
snbstauce, dit M. Pouchet, est la ressource par etcellenc* des 
anatomiates pour les objets vcdnmineox. On trouve du sri partout 
ou k peu près, et on peut cons«ver dans la saumure un bœof 
entier. Tai rei;u autrefois de L^wnie, dans un cylindre fait ad 
hoc, un oœur de baleine pesant 3oo ou ioo kilogramme» et un 
fiatus de BalmnofiUn Sikbaldii long de i mètres, coamrvim en ez- 
ceUent état par la saumure. Je n'eus alors qu'un tort, celnî de 
m'imagioer que ces pièces tirées du sel allaient pourrir, et d^ap- 
porter une hâte fîàcheuae à essayer d'eo tirer parti. Je mets sous 
vos yeujL des pièces qui vous mmtrannl avec quelle perfection le 
sel conserve même les organes dont les tissus paraissent spécia- 
lement délicats ; la paroi de l'estomac d'un Cachalot montrant 
encore entre ses plis lea becs de Céphalopodes dont l'animal fait 
sa nourriture; les envdoppei fatales et le crayon omlnlîcal d'un 
fietut de baleine. Vous ponirea voir nombre d'antres pièces qui 
ont la même origine dans le Cabinet d'aaatomie; qn<ïqae»unes 
mâme sont injectées. Voici le moulage d'un cteur de Cachalot qui 
nous est parvenu dans le sd; M. Boulart a pu l'injecter; le mou- 
lage qui en a été fait présente, vous poaves le constater, toute 
l'apparence de l'organe Id qu'il serait s'il venait d'Atre enlevé k 
l'animal. 

iiHien n'est plus simple que l'emplm du sel iqipliqué à la con- 
servation des grands organes, ou même des animaux entiers on 
encore des fœtus volumineux. £n Islande, je procédais ainsi : je 
m'étais procuré un Iwril dans lequel je mettais l'un après l'autre 
et au jour le jour les objets à rajiporter, organes de Cétacés, gros 
poissons, tAtes de vaches du pays, intéressantes par l'absence de 
cornes, etc. . .Je me bornais à placer chaque pièce sur un lit de 
sel; quand le baril était plein, j'ajoutais un ou deux seaux d'eau. 
Cette dernière précaution est souvent utile à observer : il faut que 
l'objet soit non pas dans le sel mèako, mai* dans une saumure 



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— 19 — 

nusktorée, où il doit toujours rester det criataux de sel noo 
fondus. Sans cela , la pièce se déshydrate et le dessèclie ''>. • 

L'emploi do sel poar la préservation des Poissons peut rendre 
des services, mais il ne faut employw cette aubstaoce que lors- 
qu'on se trouve abscdument démuni d'alcool ou d'acétate de soude. 
C'eet ce dernier produit qui a éti utilisé par M. A. Milne-Edwards 
et L. Vaillant, lors de la campagne du Talùman, pour la pré•e^ 
vation des Poissons des grandes profondeurs, et les résultats obtenus 
ont été excellents. Qu'il s'agisse du sel ou de l'acétate de soude, on 
doit onvrir l'abdomen des Poissons, entourer leurs corps d'un linge 
fin, plusieurs ayant uoe organisation délicate, des nagecàres fra- 
giles, ou des écailles se détachant facilement. On les dépose daos 
une boite en zinc ou en bois, sur un lit de la substance préserva- 
trice. On les couvre oisuite d'une nouvelle couche de cell»ci et 
on procède ainsi jusqu'à ce que la botte swt pleine '^\ 

Certains liquides, la liqueur d'Owen, par exemple, peuvent 
rendre des aervices en voyage. Nous recommanderons l'emploi de 
cette scdution dans le cas où l'on Yteodrait k manquer d'alcool et 
où l'on aurait des cerveaux à conserver. La liqueur d'Owen peut, 
d'autre part, être utilisée pour la prépan^on de toutes les pièces 
ne contenant pas de substance calcaire ou osseuse. £lle se com- 
pose de : 

Eau doim on eau de mer i6 liuvi. 

Sd i kUogr. 

SnUiiné corrosif ■ gnaiiDe. 

On tire Clément profit, dans certains cas, d'une solution de 
bichnwnate de potasse au i/3oo pour la préservation des divers 
tissus et plus particulièrement du tissu nerveux. M. Pouchet fait 
ftmaïqner qne, pour assurer la pénétuation de oe liquide dans 
la masse cérébrale, il est bon de piquer cette deruièie avec une 

(■> Avant de |dacer on animal xdnmini^ai àua le id, il Mnisnt d'oartit 
fabdoDwn; il Mt rigalonent ivutageDi de pradqoeK na orifice au criiiB au 
DMjen d'un poioi^ ou d'un couloaut toutefoii le. tel conMrve mal lei cer- 
■esoK. Si ranimai a beaucoup de sang, comme c'est le e»a cbet les Cétacéi, on 
ponm prendra la prdcBDtian de le saigner. 

>■) L'emploi de l'acétate de sonde est décrit «tgc détails dans le chapitre 
douMfëi la rteolle et 1 la pi 



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— ÎO — 

grosse aiguille, oo n>éme de faire avec un todpd ou un cooteau 
ctes iocùioas allant jusqu'aux ventricules. 

L'anatomiste , à notre époqoe , De te préoccupe pas uniqimnent 
de préciser la fi»iiie, la di^msitHm, les rapports des di^rents 
organes ou appareUs; il rechoche enoore leur mode de structure 
et la nature des divers déments cdlolaires entrant dans leur 
OHn position. 

Les indications que Ton peut donner aux naturalistes voja- 
genrs, pour qu'ils rapportent des échaotilloas se [vêtant à ce 
genre d'études, concernent d'une part les Vertâarés, d'autre part 
les Invertébrés. 

D n'est besoin que de fragments des divas tissas et des divers 
oi^anes des praniers de ces animaux. On d<nt les placer dans une 
solution spédale de bichromate de potasse et de sulfate de soode, 
connue sous le nran de tùpuar dt MàtUr. H. Poocbet donne les 
renseignements suivants sur l'emplm de ce liquide : 

■ La liqueur de HOller n'est guère bonne que pour les Verté- 
brés. Elle est exo^ente pour tes jeunes embryons. Elle sert jhIo- 
dpalement lorsque les objets doivent être soumis plus tard k 
l'étude mîcroBCopiqne; les objets ne dmvent y être plongés que 
lorsqu'ils sont abstdument frais. Dans le cas contraire, ils doivent 
être placés dans Talcod on dans le sel, ou dans tout autre liquide 
conservateur, suivant leur nature et leurs dimensions. 

COHPOSmOK DK Ll LIQDIOH DB MËLLiS : 

Eau Aoux oa md ds ma' i liti«. 

Bichnmate de poUue oa d'smmoDiaqae 35 grunaMS. 

Snlble de Mode lo — 

• On jette les organes frais, en évitant avec le plus grand soin de 
les IiroiUer, de les comprimer, dans une terrine ou tout autre vase 
plein de cette solatioo. Une assiette creuse suffit, ai les pièces sont 
de petite dimension. Si les viscères offient un certain volume, il 
faut les entailler fortement avec un couteau Inen tranchant ou an 
rasoir, en se guidant sur ce principe, que /• chemin 4fae le Itfoid* 
doit avoir à faire poar pénétrer tonte la pièce n'eaKédera pat i oa 
5 ceatimitret. Les yeux des divers animaux, les organes glandu- 
laires et délicats, les embryons, spécialement ceux des Reptiles, 
doivent être conservés dans la liqueur de Huiler. Pour les yeux, 
il faut toujours, au préalable, les percer vers l'équaleur do gtobe* 



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— 21 — 

an moyeo d'un coup de pointe de scalpel bien acéré, aGn d'éviter 
les compretuons. Les pièces ainsi mises dans un excès de liqueur 
deMûller seront laissées k d^rger jusqu'au lendemain. Mors on 
jette la solution et on la renouvelé, toujours en ayant soin de ne 
point tindll»' ni comprimer les pièces. Deux ou trois jours après, 
on fait encore une substitution de liquide, puis, au bout de huit 
ou dix jours, on place définitivement les objets dans les récipients 
de verre ou de fer-blanc, avec de la liqueur de Mûller fralcbe et 
une goutte d'acide phéoique, ou simplement on morceau de cam- 
phre, pour empêcher le développement des moisissures. Ces vases 
peuvent être remplis. Une seule étiquette suffira si les objets pro- 
viennent d'une même espèce animale; l'anatomiste reconndtra 
tOQJoars les parties ainsi conservées. Si les pièces proviennent de 
plusieurs espèces, elles devront être séparées les unes des autres. 
Pour cela, on peut envelopper toutes celles de même provenance 
dans nn linge bien ficdé ou cousu, ce qui vaut mieux. On peut 
de même séparer les objets dans un bocal au moyen de lits épais 
d'ouate on de filasse, à la condition que le vase soit rempli et que 
les mouvements qu'on pourra lui imprimer ne dérangent point le 
contenu. Pour les œufs d'Oiseaux, ou de Reptiles, ou de Poissons 
plagiostomes (Raies, Requins, etc.), on cassera l'œuf dans la li- 
queur de Maller et on crèvera le jaune, qui se d^ayera dans la 
liqueur. Le lendemain, l'embryon, enlevé avec ses seules mem- 
l»anes, est placé dans la liqueur fraîche, et Ton procède comme il 
vient d'être dit. I^es coques doivent être mises k part. > 

La conservation d'un certain nombre d'Invertébrés demande 
des soins tout particuliers, et cela non seulement pour assurer la 
préservation aussi parfaite que possible de leurs éléments histolo- 
giqnes, mais encore pour ticher d'obtenir qu'il ne se produise p» 
de rétraction de leur corps, sous l'influence du contact du liquide 
au sein dnqa^ ils sont plongés avant leur mort. La rétraction que 
subissent certains animaux est telle, qu'ils deviennent méconnais- 
sables, et une fois qu'ik sont dans cet état, il est impossible de 
les ramener à leur forme primitive. H en résulte qu'on ne peut 
en donner que de mauvaises reproductions dans les travaux qu'on 
leurconsacre et, d'autre part, qu'on ne saurait se rendre un compte 
exact des caractères des espèces diverses conservées dans les col- 
lections publiques. U est certains procédés qui permettent, actuel- 
lement, d'obtenir les animaux parfaitement étalés. Ils ont été soi- 



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— 22 — 

goeusemeat indiqués par M. Bernard, assistant de la chaire des 
lovertébrés au Muséum de Paris, dans une conférence consacrée 
aux naturalistes voyageurs, et ils sont résumés dans la nota sni- 
vante, qu'a bien voulu me remettre ce lelé naturaliste ('). 

■ Les Spongiairet sont rapportés le plus souvent k l'état sec, mais 
tes exemplaires que l'on trouve rejetés sur la côte et réduits à leur 
squelette, quoique plus élégants et plus satisfaisants en apparence 
pour les collections, ne sont pas toujours les plus précieux; fré- 
quemment il arrive, en eSêt, que leur détermination ofie de 
grandes difficultés et soit parfois même impossible. Dans divers 
groupes, la détermination est fondée en partie sur la présence ou 
l'absence de spicnles microscopiques diwémioés dans les parties 
molles de l'animal, et sur la forme de ces spicules: si ces spiculea 
sont en dehors du réseau qui seul est conservé dans beaucoup de 
cas, il est clair que l'absence de ces éléments importants peut 
entraîner des concisions embarrassantes. Si donc la chose est pos- 
sible, il est préférable de recueillir les formes encore vivantes, et 
de les faire sécher au soleil, tant Itt laver, dans le cas oii l'on ne 
veut pas les conserver dans l'alcool. 

• Les Caltntérét sont, de tous les animaux inférieurs, les plus 
intéressants et les plus difficiles à préparer. La délicatesse de leurs 
tissus et leur extrême cootractilité sont des obstades qui empê- 
chent presque toujours les voyageurs de les conserver avec les par- 
ties molles étalées, et la plupart du temps ils ne figurent dans les 
collections que par leur squelette ; aussi les formes dépourvues de 
parties dures ne sont-elles presque jamais rapportées des r^ons 
lointaines, ou, si elles le sont, elles sont dans un état de cootrac- . 
tion qui rend leur détermination impossible. Il y aurait oependaut 
un intérêt primordial à ce qne les coraux si*variés qui forment ou 
qui habitent les récifs soient connus autrement que par leurs par- 
ties calcaires, et des fragments même de petites dimensions, pré- 
parés avec soin, seraient plus utiles que les pièces sèches dont les 
collections sont aujourd'hui abondamment pourvues. 

■ Pour arriver à tuer à l'état d'extension des Hydraires, des Ma- 

(') Lei loologiites disirsax d'obtenir, on vue d'étude* apëcialei, dei «niminx 
trèj bien prëservés, devront con»uiter le mémoire de SftWdote io BitDCo, inti- 
lidë ! Méthodei m luage à la itatian zoalogiifiir de ffaplei pour h tanaenatUin det 
animaux mariiu. (Bnjï. tàent. de la Fnmee tt de la Belgiqae. i8gi; Irailuclion 
df M. Bernard. ] 



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— ss — 

dr^xmins oa des Alcyonnaires, il ttt indispena^e qu'ils aoieilt 
d'abord biea ëpanouia, ce que Vqû ne peut obtenir, qtund ils oot 
été transportés à terre, qu'à condîtion de renouveler &équeinin«ût 
et MUDS secousse* l'eau de mer où ils sont contenus. On peut aktrs les 
fixer en les transportant très brusquement dans un mélange d'acide 
acétique (loo^jetd'adde QhnHnique(io*'),ca qui réussit avec les 
Antipatfaaires, les Alcyounairet et quelques Actinies, ou Inen 
dans du sublimé Dùotentré et bouillant additionné d'acide acé- 
tique^ ce qui convient pour les Hydraires et in Madr^MBitireB. 
Dans les deux cas, la préparation doit étie retirée immédiatement 
du liquide fiaateuTet lavée MHgneutement k l'eau douce « sans quoi 
les r^ctifs acides attaqueraient fortement le squelette calcaire. H 
faut ensuite laisser s^ouroer assea longtemps dans l'akodl faiUe 
renouvelé, avant de transporter dans l'alcool à 70° 06 la prépara- 
tion d<]âtétni suspendue, de minière è éviter que les polypes soient 
écnués. Si les ccdooiee sont molles et volumineuses, comme c'est 
le cas pour les PeUnatuka et tes Vérétilles, on doit, pendant qu'elles 
sont dans l'olcocd faible, les ii^ecter avec de l'alcool, de maniera 
à distendre les tentacules. 

■ Il serait bon d'esfeayer l'usags de la oooaiae pour prodoire 
l'anestbésie des ffntnea délicates qui se cootractwaient par l'opé- 
ration que nous venons d'indiquer. Les Ultras aoestkéiiques es- 
sayé* an Laboratoire de Naples ne paraissMit pal avoir dondé de 
résultats satisiaisants. Pour les Siphobophores et les Actinies, très 
difficiles à prépara*, dou* renvoyons k l'eKposé des méthodes en 
us^e à Naples, n'ayant pas eu l'occasion de les essayer par nous- 
m&nes. 

■ Les EekiMdtrmei n'ofient pas, i beaucoup près, les mémAs 
difficultés. Les Oursins, les Crinoldes, It» Astéries et les Ophiures 
s'aneethésient facilement par l'eau alcoolisée; ils peaveat Abc fiaéi 
ensuite par le réactif chromo^cétique pendant un temps très court, 
lavés et plongés dans l'alcotri faible. Les âoJdtAurMi , cependant, ont 
l'habitude ficheuse, quand elles sont inquiétées, de rejeter par la 
bouche leur tube digestif, et par l'anus, l'organe connu sous le 
nom de pounwn, lonqu'il existe. Pour éviter cet inconvénient, il 
suffit, qaand l'animal est bien éttlé, de le saisir avec des pinces 
à la fois par la région située immédiatement au-dessous des tenta- 
cules, qu'on empêche ainsi de se contracter, et par l'anus, que l'on 
(énne énergiqnement. L'animal est alors maintenu dans te liquide 



,dbyGOOgIC 



— 24 — 

fixateur; mais ici encore il faut arrêter l'op^tion avant que les 
spicules calcaires dé la peau, indispensables pour la dëtennina- 
tion , aient pu Are attaqués. 

• Les Trématodêt, les CtttoJes et les TuTiêllariét, non pourvus 
d'aj^ndices dorsaux, peuvent ttre placés vivants entre deux la- 
melles de verre, oè ils sont étalés sans être aplatis-, un réactif quel- 
conque, comme le sublimé bouillant, les fixe dans cette poùtion, 
et l'on achève l'opération avec du sublimé froid. Les formes pour- 
vues d'appendices saillants peuvent être traitées comme nous l'in- 
diquerons plus loin k propos des Opitthohnmdut. 

> Les Néjturlet sont très difficiles k préparer à cause de la fact- 
tité avec laquelle elles se fragmentent. On les anesdiésie, à Najdes, 
avec du cbloral pendant sis k douce heures. 

« Les Giphyrietu et un grand nombre ^Annélidet s'anesthésient 
facilement par l'eau de mer alcoolisée. Pour les petites formes, 
nous recommandons la cocaïne qui donne des résultats rapides et 
excellents. L'animal peut £tre fixé ensuite par le sublimé ou le 
mélange chromo-acétique. Les formes de grande taille sont asaei 
longues k aoesthésier. Nous avons vu des Girrhatules vivre quatre 
jours dans le sulfate de magnésie ou l'acide chnMoique. L'alcool 
opère sensiUement plus vite et donne aussi d'excdloits résultats 
pour les Lombriciens d'eau douce ou terrestre. 

■ Les Bryoïoaint doivent être conservés comme les Tameûn. 

< Ponr préparer les Tnnicim de manière k pouvoir les détermi- 
ner, il faut absolument arriver k les étaler, car les caractères spé- 
cifiques et même génériques sont en partie fondés sur les franges 
variées qui bordent les siphons et qui sont extrêmement contrac- 
tiles. L'opération ne présente d'ailleurs aucune difficulté, si l'on 
emploie le chlorhydrate de cocaïne, versé goutte à gonte, qui est 
bien préférable aux réactifs variés recommandés, pour chaque 
cas particulier, par le Laboratoire de Naples'". Les formes très 
petites, comme les colonies de Botrylles, les Glavelines, ete., se 

!■' n eit inntilfl de diuer la diudntîoii de cUôrfaydrate de cocûae. Nom en bi- 
Mos une diinlntioii concentrée , dan* qnelqae* ceatimUm cube» d'eau , sa mo- 
BBnt de notuen tertir, carede Mcomnapt *n bontdeqadqiie*Jotin.Noni ver- 
HDi eoiuile de tempi en tempi qndqne* goottes dsni le récipient cmteauit 
l'animel, qui doit âtre aaui petit i[iie potiiUe, et renTermer la quantité joite né- 
ccMaire pour que l'animal poiue l'étaler. B faut l'efforcer d'éviter toute lecoDue. 
t'opénitioti M fait KraTenl eu moini d'uae benre. 



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— 25 — 

fixent parfaitement par l'addc acétique on le réactif chromoacë- 
tique, mais il faat les y laisser un tenq» tris court. 

• Les réactifs à em|doyer de préférence pour taer le« Mo/bufwi 
mariiu k l'état d'extension sont l'eaa de mer alcoolisée ou le sul- 
fate de magnésie. Ce dernier réactif, d'un maniement très facile, 
et peu coûteux, nous a donné des résultats excellents et presque 
inespérés. Il suffit d'en foire une dissolation saturée et de verser 
le liquide par petites quantités dans la cuvette contenant l'animal, 
où l'eau de mer doit être aussi peu abondante que pouiMe, Il 
faut au moàu six heures pour tuer un gros Bacon, ane Moule, 
oo tout autre animal de même taflle, et l'on dcut bien se garder 
de fixer avant la mort ccHuplète, car ces animaux ont la vie dure 
et se rétractent brusquement qnand on tes plonge dana le réactif 
fixateur. Pour éviter d'aâlears tout embarras à cet ^gard, il &ut 
intoodoire entre les valvesdesLcnMUi&raïKAM, dès qu'ils sont ou- 
verts, un petit caillou ou un morceau de bois, pour les empê- 
cher de se refermer. Les Siphonés meurent avec lenn siphons 
parfoitemeot étendus; pour les Gutéropodet Pntobraae)têt, il est 
bon de lier avec un fil l'opercule k la coquille, ce qni fixe le pied 
au dehMs. L'animal est fixé ensuite an suUimé on à l'adde chro- 
mique à i/iooo, pendant no temps qui varie suivant sa gran- 
deur. Pour assurer la fixation des parties de l'animal cachées au 
(oad de la spire de la coquille, il est indispensable de briser avec 
un marteiiu ou un étau les premiers tours de celle-ci, de manière 
k permettre la pénétration des réactifs et de l'alcool : sans cette 
[Mrécaation, le foie et les organes génitaux entrent toujours en pu- 
tréfaction. Les OpiiAobnauhei peuvent aussi être tués par ce pro- 
cédé avec leun branchies étalées, mais l'eau alcocriisée suffit dans 
la plupart des cas pour les tuer k l'état d'extension. Il est bon de 
les fixer énei^qnement Les Céphalopodêâ sont tués, à Naples, par 
le cfaloral ^ a/iooo. est important de les injecter d'alcool à plu- 
sieurs reprises. 

< Les formes terrestres sont tuées sans aucune difficulté par 
l'immersion pndongée dans de l'eau bouillie; les Escargots, Li- 
maces, etc., se gonflent ainsi d'une manière extnuwdinaire an bout 
d'Un ou deux jours; ils doivent être alors fixés par les procédés 
ordinaires. 

■ Les procédés que nous venons d'indiqué sont les plus simples 
et les plus pratiques que nous oonnaissioDS, et ceux dont l'usage 



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— S6 — 

réoMÏt le plas généralement; mais il est dairque nous ne poavoiu 
nullement garantir qu'ils réussiront dans toua les ca». Si l'on jette 
un coup d'œi] sur l'exposé de la technique usitée au LabcwatoÎK de 
Naples, on verra bien vite que cette technique est infiniment plu* 
variée et pins comfdiquée, et que les procédés difièreot d'une es- 
pèce à l'autre. Mais céda ne doit nullement décourager les per- 
sonnes qui se préoccupent de la conservation des animaux. En 
eflèt, plusieurs des réactiis que nous indiquons ici comioe d'un 
usage assez général et sfir, ccHnme le sulfate de magnésie et la 
cocaïne, ne paraissent pas avoir été essayés à Naplee; et, d'autre 
part, les résultats obtenus, seraient^iis même inJEérieurs à ceux 
obtenus dans ce laboratoire, peuvent d^à être parfaitement satis- 
faisants. £n terminant, nous donnerons encore quelque* indica- 
tions générales, qui s'appliquent A des asimaux de groupe* vartét 
et qui se rapportent non plus à leur constitutiou auatonkique, 
mais plutôt à leur ta^le et à leur cousistance. 

> Si le* voyageurs ae «ont pas en état de réaliser les diverses 
manipulations dont nous venons de donner l'iadicatioD aouunaire, 
■oit bute de temps, soit faute d'installation ou de réactifs, nous 
leur recommanderons cependant de ne pas né^^iger la Jùsation par 
le sublimé k i/ioooon l'acide chromique, dont le maniement ne 
présente pas de difficulté. Les animaux s^vient-iU abaolument 
conti'actés, la fixation assurera tout au moins leur conservation 
pendant le voyage et peimettera leur étude anatomique et leur 
détermination à l'arrivée. Il est bonausn, après fixation et lavage 
rapide à l'eau , de laisser séjourner quelque temps dans l'alcool 
faible additionné de qudquea gouttes de teinture d'iode. Cette 
opération doit être prolongée et l'aloool renouvelé *i les aoimaux 
sont mous et surtout transparents. Dans ce dernier cas (animaux 
pélagiques,, en particulier), il ne faut pas craiodre de pousser 
la fixation un peu loin, et l'acide chromo-aoétique ou l'acide chro- 
mique à i/ioo environ conviennent bien pour cet usage; l'aloool 
doit être ensuite concentré très proigressiveoient, sans quoi la pré- 
paration se déforme et devient méconnaissable. Deux ou trois jours 
sont nécessaires pour avoir de belles fH^paratioDs de ces formes 
intéressantes, qui, d'aiiiwjrs, ne sont pas aussi difficiles à réussir 
qu'on le croit généralement. 

■ Il ne nous reste plus qu'à indiquer en quelques mots quels 
sont les desiderata les plus pressants du laboratoire de Malacologie 



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— 27 — 

da Mnséum d'histoire natarelte. Les coHecticma dont )« soin est 
iflècté il ce laboratoire sont snrtout très richn en échantilloiM 
MCI de toute nature et de toute proTenance , dont les voyageurs 
n'ont cessé de l'enrichir depais un si^e; c'est ainsi que )et 
Épongée cornées, les Polypiers, les Oursins secs et surtout les Co- 
quilles sont représentés par des milliers d'exemplaires. Néanmoins, 
comme il reste encore bien des lacunes k combler, et txaamB les 
espèces firançaises et exotiques sont innombraUes, le Muséum ac- 
cepteavec reconnaissance tout ce qoi lui parvient dans œs groupes 
intéressants. 

• Mais c'est surtout du cdté des animaïuB moat que nous nous 
permettons d'attirer l'attention dw voyageurs; ces formes, en effet, 
nous sont rapportées bien plus rarement, et, de ce dié, le champ 
des investigations est illimité. Les Vers de tenre, les Sangsues, Im 
Planaires, les Annâides, les Vers intestinaux, les Tuniciers, les 
Nndibranches, les Méduses, les Coralliaires de toutes sortes avec 
leurs polypes, les Hydraires, sont les formes les moins représen- 
tées dans nos collections, et en même temps les plus précîeus43> 
pour les recherches anatomiqnes, celles oh nous avons le fk» de 
chances de rencontrer des type* nouveaux et intémsants. Noos 
espérons vivement que, l'éveilune foiadcnné, la bonne volonté 
des voyageurs, nos sélés auxiliaires, dont nous avons retiré si sou- 
vent de précieux avantages,' s'exercera dans cette direction, pour 
le plus grand bénéfice de la Zoologie française. ■ 

Les animaux gélatineux, tels que le* Méduses, les Salpes, etc., 
peuvent être conservés en vue de préparations hiitdogiqnes au 
moyen d'un réactif particulier, l'acide osmique. Noos ferons ob- 
server que c'est là une substance très dangereuse à manier, dont 
l'emploi doit être entouré de tontes les précautions possibles, car 
des accidents très graves peuvent survenir non senlemest par suite 
de son contact, mais encore par suite de l'inQuenee des vapeurs 
qui s'en dégagent ''>. 

* Son emploi nécessite un petit matériel peu eucombrant : une 
pipette exclusivement réservée à cet usage, un flacon à bouchon 
de verre paraffiné placé dans un étui en bois, et quelques vues. 
L'acide osmique est emporté par demi-gramme dans des tubes 

'" Lm ti*nu tnilét par l'aeiih oMaiqna prannent niM cdorttMa m^; saiii 
TiHi ne Munit utiliser ceUe labiUnce ponr k* Jthaalillon» devuit fipirer 
<Ub9 les «dlectioni. 



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— 28 — 

scellés k la Umpe. On les cassera sealement an moment de s'en 
wenir pour la premi^ fois, d'an coup de marteau, aiȏs avoir 
eu soin préalablement de les placer entre deux feuilles de papier 
blanc; on fera une solation mtarét (no demi-gramme d'acide os- 
mique pour cinq centimètres cubes d'eau environ] dans l'ean 
distillée ou, à défaut, dans de l'eau de pluie; il est inutile ou même 
désavantageux de colorer ce réactif •. 

Toute matière oi^nique étrange devant être écartée de l'acide 
osmique, il nous paraitrait préférable d'opérer la 'raptaire du tube, 
entaillé au préalable avec un tiai-point en le secouant dans un 
flacon non paraffiné, où se fera la sfdntion. 

La [réservation des petits animaux on des embryons de taille 
infiniment réduite, que l'on réoi^te au filet fin et qui doivent plus 
tard être étudiés au microscope, doit être assurée par l'eœfdoi de 
l'acide osmique. Après avoir promené le 61et k la surface de ta 
mer, comme nous l'indiquons plus loin, on le ramène, lOn le re- 
tourne comme un doigt de gant dans un vase ayant le {dus pos- 
sible la forme d'un bol, préalablement rempli k mmtié d'eau de 
mer; on le secoue bien dans cette eau pour détacber et faire tomber 
tous les animalicules adhérents k l'étoiFe; le tout est transvasé dans 
nn bocal dans lequd on verse quelques gontles d'acide osmique; 
an bout de quelques heures, le plankton se préci|Hte complètement; 
on décante, et le dépât est placé dans un tube de verre. Un peut 
ajouter une goutte de picrocarmin, puis une trace d'acide phé- 
nique ou un petit morceau de cam[dbre. 11 ne restera plus qu'à 
étiqueter les tubes (". • Si l'on venait k manquer d'adde osmique, 
dans le cas dont il s'agit, l'alcool pourrait remplacer ce réactif. 

CHAPITRE ni. 

DB LA PBKPÀBATIOII DBS PlASt KT DU SQITBLBTTKS, 

La préparation des peaux de Manmiif&res et des Oiseaux doit 
être faite d'après des procédés tout particuliers, et nous transcri- 
vons k ce sujet les renseignements suivants qui nous ont été trans- 
mis.de la manière la plus obligeante par M. Quentin, chef du ser- 
vice de Taxydermie au Muséum de Paris. 

• Les instruments nécessaires aux voyageurs désireux de prépa- 
rer des peaux de Mammifères ou d'Oîseaox sont les suivants : 

<*> Poocbel. bet ât, 



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— 20 — 

• 3 gros couteaux de boucher; 3 gros scalpels; 6 petits scalpels; 
1 paire de petits ciseaux pointus; 1 paire de présdleo de taille 
moyenne; 1 paire de préselles de grande taille. 

• U fout, d'autre part, emporter dans des pots en grès, pouvant 
chacun contenir un kilogramme, la quantité de savon arsenical 
qu'on supposera devoir utiliser. Si l'on venait, dorant le cours du 
voyage, à ^Hiiser sa provision, on pourrait la reoouvder en se 
reportant À la formule suivante : 

Savon bUuK 3 kilogrammw. 

Acide anénieui 1 kilt^nmiue. 

Cariynule de poUiM. 5oo gmumM. 



Dlaac da llendoo. 3o pûat. 

• Le tannage des peaux de Mammifères se lait au moyen d'un 
mélange d'alun et de sel marin , k parties égales, 

• On doit , autant que possible , être muni , pour la préparation des 
peaux d'oiseaux, d'une provision de plâtre. St l'on venait à être dé- 
pourvu de cette substance , on la remplacerait par des cendres grises 
ou du sable tris sec. 

• U est nécessaire également d'emporter avec soi, pour le bour- 
rage <bs peaux ordinaires, de la filasse, et spécialement du coton 
pour cdies des petits oiseaux. Quand on se trouvera d^aroi de 
ces matières, on pourra les remplacer en se servant de mousse 
bien sèche et bien souple, soigneusement triée. 

• 11 pourrait arriver qu'on manquât de savon arsenical et qu'on 
ne pût se procurer les matières nécessaires pour en fabriquer. 
Pour remédier ii cet accident, qui arrêterait la formation des col- 
lections, nous recommanderons d'emporter un flacon de sublimé. 
Il suflîra de faire dissoudre une petite quantité de cette substance 
dans de l'alcool, pour avoir un liquide préservateur avec lequel 
on badigeonnera l'intérieur des peaw, dont la conservation se 
trouvera assurée. > 

SI. De LA PnéPARATION DES PEADX DB MAHMtFÎtRBS. 

• Pour mettre un Mammifère en peau , on ctHoumence * l'animal 
étant |dacé sur le dos, les membres écartés, par mener une isci- 



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— 30 — 

•MO du sommet du sternum jusqu'à l'aaus, en respectant lec ap- 
pendioes sexuds. L'iacisiou reprise en arrièi« de cet orifice est 
poursuivie sur toute l'indue de la queue. Cela accompli, ou fait, 
à la partie moyenne de chaque membre, une incision nouvelle, 
allant de l'încisiou médiane jusqu'au milieu de la paume de la 
patte de devant et au milieu de la plante de la patte de deniàre. 
A partir de ces derniers points, on mène une série d'iacisions par- 
courant la face inférieure des doi^ sur toute leur étendue. 

• On se préoccupe ensuite de dédoubler la peau , c'est-à-dire de la 
séparer des tissus auxquels elle adhère. Cette opération se fait en 
grande partie à l'aide des doigts, du dos du manche d'un scalpel; 
ce n'est que dans les points où les adhérences sont trop grandes, 
qu'il faut se servir d'un instrument tranchant, qu'on dmt manier 
avec beaucoup d& [»'udence< «n tenant la peau bien tendue, pour 
ne pas la perforer. 

• La peau une Ibis détachée du corps et des membres, on pro- 
cède à des désarticulations au niveau du poignet et au niveau du 
cou-de-pied (articulation tibio-aslragalienoe) chez les Singes, ainsi 
que sur tous les animaux pourvus de cinq doigts. Quand il s'agit 
d'animaux k sabots, on désarticule au niveau de la partie supé- 
rieure du métacarpe et du métatarse, en ayant soin de dédouMer 
la peau jusqu'au sabot. 

• La peau ainsi séparée du corps et des membres, on passe au 
dépouillage de la tête. On met tout d'abord à découvert l'atUche 
des oreilles, on en coupe le cartilage, en ayant le soin de laisser 
un ou deux centimètres de celui-ci adhérents an crâne. Ces par- 
ties serviront plus tard, lorsqne l'on montera l'animal, à rattacher 
les oreilles à la tête. 

• Les oFeiHes séparées, on continue de rabattre la peau en avant, 
on l'isole du front et, arrivé au niveau des yeux, on dissèque avec 
beaucoup de précaution , pour ne pas altérer les paupières. Lorsque 
celles-ci sont complètement libres, on mène une incision circu- 
laire aassi près que possible du globe oculaire. 

■ On passe ensuite au dédoublage de la peau des joues, du nez. 
En descendant ainsi vers la bouche, on rencontre le cartilage de 
ce dernier, que l'wi coupe au niveau de ses insertions osseuses, 
puis on arrive aux lèvres que l'on commence à détacher au niveau 
des lignes dentaires supérieure et inférieure. Cela fait, on les 
dissèque de manière à sauver leur paroi externe de leur paroi in- 



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— Si — 

terne; «o procédant ainsî, on le* amincit d'une nuuùtre oouUe. 
tlM pMO iic^. on désarticule la (été, on la débarrasse. des 
cbaiis qui y adhënot et l'on vide par le trou occipital la cavité 
cérébrale; on reprend ensuite le dédoublage de la peau au niveau 
dea cartilages du ma et des oreilles, en le poussant aussi loin que 
possible. On nettoie enfin les pattes en les amenant k l'état osseux. 

• Pendant le cours des diverses opérations que nous venons d'in- 
diqu», ii faut efièctner le tannage successif dea parties de la peau 
que r«k isole. 

• Le tannage se fait an moyen d'un m^ange à parties égales d'a- 
lun et de sel marin. Pour procéder au tannage d'une peau d'un 
animal de la grosseur d'un Renard, il suffit de prendre deux poi- 
gnées de cette {véparation, que l'on fait dissoudre dans un demi- 
litre d'eau (Hilinaiie. On imbibe fortement la peau avec cette so- 
lution. 

• La paau préparée, on l'étalé sur son doe tout de son long, puis 
on refdie tes pattes sur sa lace interne , en rentrant la partie abdo- 
minale; <m ramène ensuite ia t£te et la queue sur ces dernières et 
l'on roule le tout. 

■ Nous recommanderons, tout particulièrement, d'avoir le soin, 
le lendemain, de visiter la peau, de vérifier, ce que l'on constate 
k sa couleur, si elle est suffisamment tannée sur toute son éten- 
due. Lorsqu'une peau est bien préparée, elle possède une teinte 
nnifarmément blancbe. S'il exute dea [^ues ronges, c'est U 
|H«uve que le tannage a été insuffisant au nivean des point* oi 
•Ues ont apparu, et il faut alors se hâter de le reoomm«tcer. 

■ La peau une fois bien taooée, ainsi que la télé, on la iait sé- 
cher en ayant le soin de la f^cer dans uo endroit situé k l'ombre. 

> Le procédé de dépouifiement que nous venons d'indiquer est 
applicable à la presque totale des Mammifères. Pourtant il y a 
deui cas dans lesqnds il doit subir quelques, modifications. 

• Le premier concerne les animaux pourvus de cornes ou de bois, 
Antil<^>ea, Ca^fs, Bceufs, etc., chea lesquels on ne suirait songer à 
dégager U peau de la tête, en agissant comme nous l'avons dit 
{dus haut Lwsqu'on a affiuie à de semblables Mammifères, on doit 
mener sur la ligne médiane une incision ooaunançant au niveau de 
la base des deux oomes et se poursuivant en arrièR sur une éten- 
due de lo, i5 à 30 centimètres, suivant la taille de l'animal. On 
bit ensuite en arri^ des oonws, de chaque oàté, une incision 



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_ 3Î _ 

perpeadiculure à la précédeate. On peot alws, trèi lisémeot, dé- 
tacher la peau adhérant à la base des saillie* Bnnnontaot la télé. 
Oq termine le dépouilla^ comme s'U s'agissait d'nD Mammifère 
ordinaire. 

• Le second cas est relatif aux Mammifères poonras d'une longue 
qaeue, et plus particulièrement aux Rongeurs. Le d^iouillement 
de cet aj^ndice doit être fait de la manière suivante : 

€ Au lieu de pousser l'incision médiane de la peau en arrière de 
l'anos, jusqu'au sommet de la queue, on l'arrête au niveau de la 
partie ant^enre de cet orifice. On coupe alon le rectum, puis on 
dédouMe avec les doigts les premiers centimètres de la queue, 
deux à cinq suivant la taille de ('animal. Saisissant alors une tige 
de bois fendue à une de ses extrémités, on introduit dans l'ou- 
verture ainsi formée la pmlioo de la queue qu'on vient de dé- 
chaimer, et, en s'appuyant sur un objet résistant, on fait une forte 
traction verticale dans le sens de la longueur de l'appendice. La 
peau qui revêt celleci se détache, et la série des vertèlves cau- 
dales se dégage fecilement de son intérieur comme d'nne sorte de 
fourreau.! 

S 2. De la pnéPARATioN dss peaux dY)iseadx. 

■ La préparation des peaux d'Oiseaux est une opà«tion délicate, 
quelquefois difficUe, devant être toujours accomplie avec beancoap 
de méthode et des précautions toutes particulières. 

• Avant de commencer le dépouillage d'un Oiseau, il faut en 
prendre la longueur suivant sa ligne dorsale, à partir de la base 
du crâne jusqu'au sommet do coccyx. 

■ Lorsque les plumes sont maculées de taches de sang, on Uve 
celles qui sont salies avec de l'eau pure. Si l'on a du pl4tr&, on en 
saupoudre les parties nettoyées, en ayant la précaution d'agiter le 
plnm^, afin que cette substance n'adhère pas afvès lui; si l'on 
n'a pas de plitre, on place l'Oiseau au soleil, en ayant le soin de 
remuer, de temps à autre, ies plumes, de façon que ce ne soit pas 
celles qui sont superficielles qui sèchent seules, et qu'dles ne restent 
pas collées les unes aux antres. 

■ On doit toujours, avant de commencer le dépouillage, noter la 
couleur des yeux, des caroncules, si dles existent, des pattes, des 
parties dtendées du corps, s'il s'en présente. On joindra à ces ob- 



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— Jî — 

SCTvatMMW ceiie qai Mm faîte plas t&td sur le sexe, alors qn'od 
ann ouvert k paroi abdominale. Les mâles se désignent par lé 
signe c^, les femelles par le signe 9. On indique qtie la dépouitte 
pit>vie»t d'un mâle ou d'une femelte jeunes par les maniiies sui- 
vante» ! Jt^, ^. 

• Le dépoaillement s'eiécutc ainsi qu'il suit : 

>Uu commence par mettre du plâtre ou de la cendre, du saMe, 
si l'oBii'enapaSidesétaupes, de la mousse au besoin, dans le bec, 
pBur empfcher les matières que contienBent les premières portions 
du tube digestif de s'échapper au dehors, ce qui eotrafnwait nue 
soniH«re du plumage. On fait ensoile une incision k U pesnei 
tealâ. à partir de la pmnte du bréchet jusqu'à l'anus, en ayant Is 
soin de sanpondivr de {dàtre ou de cendres Fouvntnre |»vtîquée. 
On lUdonMe ensuite la peau de chaque cAté dn corps, en passant 
donoeiDRit et progressiwment les doigts entre elle et la chair. Si « 
l'Oiseau est petit, on se sert très avantageusement pour cette opé- 
TaÛ9a du manche d'an scalpel. Airivé an niveau des cuisaes, on 
ioole la peaa , et lorsque l'arlieuiation lîémora-tibiBle -est libre de 
toutes parts, on désarticule la jambe de chaque cAté. Poursuivant 
le d^Nwillage en airi^w, on rencontre le coccyx qu'on doit avoir 
soin de couper à sa base, afin de respecter les grandes plumes de 
la queue, qui reposent sur lui. 

■ Ces diverses opérations acoon^Kes, on rcAaurne lapeau de bas 
en haut et l'on découvre la portion supérieure dn membre anté- 
rienr. Si le sujet présente un certain v<dumc, on désarticule l'hu- 
mérns au niveau de son point d'uoioo avec l'omofdate; si, au con- 
traire, il est de taille i^uite, on coupe cet os au niveau de sa 
portion moyenne. 

■ On sépare ensuite la pean du cou , ce qui s'exécute d'twdinaire 
très aisément, en Ëûsant quelques Itères tractions et en s'aidant 
toujours des doigts. Arrivé à la léte, on coupe les oreilles très 
près dn crine, et l'on détache les paupières dans un point aussi 
rappnx^é que possible delà cornée, de façon k ne pas les endom- 
mager. Le dépouillage est poursuivi jusqn'h la naissance du bec, 
auquel far peau doit rester adhérente. 

t Arrivé Ji ce moment de r<^)énttioD, on fait, la tête reposant svr 
sa face infî$rieure, une incision, de chaque câté, le long dn bord 
interne du maxillaire inférieur. Par suite de la forme en V qu'a 
cdui-ci, ces deux incisions se njotgnent en avant: Le plancher 



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— 3* — 

butnl aiiHÎ iwlâ eat rabatta eu aniiK, uasi qae b laagBB qui 
lui Bit idUnala. Ha iiracéduit.ifa «M» bçoo, on net ii àétaa- 
Mit U &ce iaCinearc <ie l'aiticuUtiin da b Ifte avec k ooloone 
vBrtébnk el l'oa aàpan alors cs> doux parti« l'une de rtalrr. Le 
corps de l'Oiseau détaché, on ouvre la paroi atxlotiiioale pour re- 
connaître le sexe auquel il appartieaL 

• On procMe aoau^ ao nettoyage de U tète, c'eat-à^dire qu'on 
la d^bamuae de» eha ira r nrt é oa adhépentoa afwàaeUe.aiuai quadas 
]rim; on «ilève anfin an bojwi d'une patila p al e tt e, par le trou 
occipilal. U antiÀre oérébcate. & ne faut jamaîa, ooaaxDe le foat 
nulheareDsvniDBt tn^ aouveut des oaturalistoi. iiuâser la pertÏMi 
pDatérieure du crioe pour retirar le cenreau. 

• Les cavité* orbitaire* doivent être oomUéaa, vmA de retouraer 
la peau, avec du ooton ou de la taouaae siche, wHon que lAutes 

,le5 portions de la Mte, la oarité cérébrale, auront été imhifaéea 
de Mvou arsenical. 

> S'il arrivait que la peau du cou, par suite de la IcDopéiature 
ambiante.sefAtdesaéabée, il faudiuit, avant de la ret«iuiter. avoir 
k aoîo de la rainoUir4 au lliuaieotaat peu t peu avec de l'eau. 

• Cee (Uvenes opéntioas KeompliMt la p««i se trouvant être 
déUcbée du owps d« l'OiaBau, on débarrasse le membre aotérieur 
et le membre postérieur des musclée qu'ils ooam»«anent. Il faut 
avoir la ppéoautioa de veiller à ne paa détacher les ptunws dent 
la base aoUièce au eubiliu. Q«aad on procède au liettoj'age du 
cwcyx , il faut é^^einent faire attentioa de ne pas faire tomber les 
plumes de U queue. 

« On termine cette première préparatioo de la peau par son dé- 
{^raissagji, qui s'elTectue avec une petite palette en boïa, que l'on 
promène sur sa face ialeme, bien teadue entre lee doigta. On ne 
doit pas manquer à ce moment, en vue d'abeortier les matière* 
(passes, de saupoudrer la peau de pUtre ou de oendres. Telles 
sont le* r^lfis générales que l'on suivn pour noler la peau du 
corps. Mais il se présente quelquefois des di^»osilions «ntto- 
miques particulières, qui entrainent après Mies des changemeats 
dans la manière de procéder au dépduilbge. Ainsi il existe toute 
une catégorie d'Oiseaux ches lesquels le diamètre transversal du cou 
est plu* petit que ne l'est critii de la tAle, ce qui fait qu'on ne sau- 
rait rabattre la peau en avant jusqu'à la base du bec Lorsqu'on 
se trouve en ivésence d'un «uimal offiai^ uae eamblable struc- 



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— 35 — 

tim, Bprts avur désarticula les quatre membra, siparé le eoC' 
cya, oa retoonie la peau anaû près que powîbl« de la tête et l'on 
urtiwnnr à ce nivaaa la cdonae cervicale. Ceci bit, oo ramène la 
peau à sa position normale, en veillant Ji ne pas l'allonga- «n ti' 
naX sur die. On &tit alon, an invean de la Mte, à partir de la 
base de l'occiput, mw indsimi de 6, 8, lo oentimMue» de lon- 
gueiir, vaiiaot d'étandae suivant la taille de l'CMseau , et , par cette 
boutoonière, on amena au dehors la portiou du cou qui avait sub- 
mtài. On la détache au uivean de son union avec la tAte. QuMit à 
cetlB daaière, en pn^ également de l'oBvarture établie, pour 
la foire ■aittô', la dégager et la préparer comme il a él^ dit plus 
haut. 

■ Unepnn, nne foiaiépirée do corps et imbibée partout sur sa 
Eica ÎDtenMd'utte sointioDdtHivoo arsenical, exige, poao'poamr 
être montée plus tard, toute ane série d'opératioDi ••coesavea, 
^'fl ooos reste maioteoaBt k ÙÎM oodualtre. Ces i^itetions ont 
paor butde loi conaerver k fiwnu q«^rilfl possédait primitivement 
et de lui pemuttre de sédier sans subirAts rétractions, anxqocMea 
on ne saurait songer i remédier. 

■ On doit commeooer par ntoaner les ajtea jusqu'à ce que les 
M de l'avaot-biw ai«t apparu. On engage lîon entre eua, de 
chaque odté, ub fil que l'on nous, en ayant le Mia d'en laisser an 
bout assez long. Celu^ servira, knqu'oa aura «ptomé l'ImmértM 
d'une quantité d'étonpes correspondant au volume des muscles 
qui le garnissaient, k rattacher, sur la ligne médi«oe, l'aile droite 
il l'aile gauche, de manière que ces parties occupent, l'une par 
rapport k l'autre, une position aussi voiaiiw que possible de c^Il> 
qu'îles avaient piimitiveBieot. 

• Les ailes en position, leur vdune rétabli, oa s'ooeupedc donner 
•0 cou la famte, ta gvoaseur qu^l possédait. Pour cela, on prend 
une baguette de bois, qu'on eflfde à sou extrémité supérieure, et 
on U gwfiit d'étonpes de manière k lui faire acquérir un volume 
«a peu inférieur k cclni qn'a>«it le oou de l'Oiseau. On l'engage 
dans l'intérieur de U peau et l'on bit péDétrer l'eitrémilé eiBlée 
dans la cavité du oiAne. On » bien soin, durant tout le cours do 
cette opération , de ne pas tirer sur la peau , qui ne manquerait pas 
de céder sous l'influence de ces tractions et de s'allonger. Le cou 
bourré, il reste k lui faire revêtir la saillie antérieure loogitudi- 
oale qu'il possédait et qui était due à la procidence de U trachée 



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— 36 — 

et du laryox; pour y arriver, il suBît de préparer «ne mèobe 
d'étoupes que Ton glisse avec la longne paire de présetles, dent 
nous avons dit qu'il fallait se munir, jusqu'à U base de la mm- 
dibule inférieure. 

• S'il arrivait que le cou fût an peu long, oo le réduirait eni^- 
puyant sur la tête et eu le repoussant vers la queue. 

• On procède ensuile à la préparation des membres posl^rienr& 
Pour cela, on entoure le» tibias d'étoupes, de manière à donner à 
la jambe son volume primitif, on les rentra et on bourre la peau 
cotrespondant au tronc en lui donnant autant que possible sa 
grosseur première. 

■ L'Oiseau est alors préparé. Il ne reste plus qu'à bien placer hx 
ailes, de façon qu'elles occupent leur position naturelle, à lisser 
soigneusement les plumes, de faqtm qu'il ne s'en trouve pas de 
retournées ou de chiBbnnées. 

■ Pour maintenir les plumes de la peau et celles des ailes, il faut 
toujours tailler une bande de papier asses large, que l'on passe 
ïuus le corps, qu'on ramène sur ses cètés et dont ou fixe les extré- 
mités l'une à l'autre par une épingle. 

• Ces diverses op^tions accomplies, il ne reste plus qu'à faire 
sécher la dépouiHe, en la plaint à l'ombre, après avmr eu le 
aoin d'attacher à une des pattes une étiquette contenant les dàvo^ 
renseignements que nous signalons plus loin. ■ 

S 3. De LA HISE EN PBAU DBS RePTILES ET DES BaTHACIENS. 

Les procédée à employer pour la mise oa peau des BeptHes dé- 
coulent naturellement de ceux que nous venons de faire connaître, 
relativement aux Mammifères et aux Oiseaux. 

La préservation de la peau se fait au mf^en de savon arsenical 
ou de suUimé. 

Pour les Chéloniens (les Tortues) , oo détache le plastron de la 
carapace, en incisant les tissas et en sectionnant, au moyen d'une 
scie, les parties osseuses, quand elles existent, qui rattachent Tune 
à fautre ces deux portions de l'animal (". Cda fait, on isole les 

'" Il ne faut pas p^re de vue que, choi cerLuni Cbéloniens, le bnùii le 
soude à |Ib carapace el ru plastron. C'esl doue là un second p^inl d'adhérence, 
qu'il faudra faire disparaître avant de pouvoir ouvrir la boîte osseasc qui pro- 
tège le corps de l'ammid. 



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membres intérieur et postériear, au niveau de lears articulations 
scapulaiies et iliagnea, on les débarrasse de leurs chairs et on les 
endait de préservatif. On vide ensuite complètement la cara- 
pttce des divers viscères qu'elle renferme. On incise enfin la peau 
do oou par sa face inférieure et l'on retire rœsoph^;e, la trachi^, 
la langue, les vertèbres cervicales. Il &at prooMer alors au net- 
toyage de la tète, doot on enlève les yeux et tes divers muscles. 
On termine cette {réparation na retirant avec une petite palette la 
matière cérébrale contenue dans la cavité crânienne. 

La préparation de la peau des Crocodilîens et des Lacertiens 
M fait comme celle des Mammifères. Il en est de même de ctHe 
des Batraciens dé grande taille. Quant aux Ophidiens, il suffit de 
les tendre suivant la longueur du corps, de détacher la peau et 
de nettoya la tète. 11 est nécessaire, quand il s'agit d'animaux de 
ce groupe possédant du venin, d'entourer ta tête d'un linge assez 
épais, de manière ii assujettir tes m&choires, afin d'éviter qu'il 
n'arrive qudqne «cddent ao moment de leur envoi ou lors de 
leur réception. 

S 4. De LA MISE EH PEAU DBS PoiSSONS. 

Il urive souvent que les naturalistes se trouvent en présence de 
Poissonsd'un volume beancouptropconsidérablepourqu'ilspuiasent 
soi^w k les iàire paiyenir dans de l'alcool . D'autre part , l'enii^i du 
sel abîmant la oolwatîon , Tédat des écailles , on doit se préoccuper 
de tes mettre en pean, lorsqu^on juge qu'ils constituent des échan- 
lîllons intéressants pour nos musées. C'est ik une op^ation facile, 
mais qui demande, comme celle de la préparation de la peau des 
Serpents, à être faite lentement et avec les plus grtndëS précautions , 
car sans oda il arriverait qu'un grand nombre d'écaillés viendraient 
à se détacher. 

Pour mettre en peau un Poisson, on fait sur te milieu de sa 
hâx inférieure une incnit» commençant à la partie antérieure du 
tbcnax et se pmloDgeant jasqn'i la base de la queue. On laisse sur 
un des cAtés l'orifice du tnbe digestif et celui des organes uri- 
naires, quand il exbte. On sépare alors ta peau, sur chacune des 
laces du Poisson, en détacliant avec des ciseaux tes insertions des 
nageoires pectorales et abdominales. Gela fait , on coupe ta queue k 
son origine et l'on ralMt la peaii d'arrière en avant, en sectionnant à 



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_ 38 — 

Ml ba«e la nageairp donale, s'U y en a une. Arriva i h tête, on 
caupe la coloniiR cervicale et lea diven tissus sotu-jateBta. On est 
alors ddiaiTassé do corps du Poisson. On enlève les yeux, on dé- 
tache l'appareil brandna), qu'il faut toujonrs avoir le soin de 
faire aécber pour le conserver et le joindre à l'envw da Pmson. 
Cet ai^areil donne lieu à des obsaratitMiB totrtM partioDlière*, 
indi^wosables souvent pour les détermwatioDS. 

La botte cràniffline vidée, on endsît de savon arsenical ou d'une 
solution de sublimé toute la &ce întetne de ta pua et les di- 
verses cavités de la tête. On introduit ensuite dans te ciine l'ex- 
trémité apipointie d'une liagaette, comme on te ferait s'il s'agissait 
d'un Oiseau. Grâce à cet axe factice, on pent tendre ânUement la 
peau. Od procède ensuite au bourrage avec des étonpes ou dn ooton. 
Le bourrage doit £tre fait progressivement et être conduit de ma> 
nière à permettre aux diverses parties du Pcàsson d'acquérir la 
forme et le v(Jume qu'elles possédaient primitivement. On main- 
tient le bourrage en réunissant les lèvres de l'indsion faite à la 
|)eau par quelques lai^s points, passés avec du fil ordinam. 

Le Poisson ainsi préparé, il ne reste plus, et c'est là une opé- 
ration qu'il ne faut jamais manquer de faire, qu'à arranger ses 
nageoires. Si on les laissait sécher naturellement, elles se trouve- 
raient être pliées, leurs div«« éèéments coHstitntiiB ayant une 
teodanœ à se rapprocher les uns des antres, et plus tard, quand 
on voudrait les étaler, elles se déchireraient ^mr parer à on sem- 
lilable accident, il faut les étendre alors qu'dles sont fntclies et com- 
prendre chacune d'entre elles dans un fragment de feuille de pa- 
pier plié et enduit sur ses fkces de ctrile de pâle. 

S 5. Dk la PniPARATION DES SQUELETTES. 

La pr^ratioo des squelettes est une opération facile. On dok 
se servir pour l'exécuter de scalpels on de oavteaux à lame fine, 
de grandeur variaol avec la taille des animaux. Il snffit simple- 
ment de détacher grossièrement des os les cfaain cfui les enve- 
l(^pent, de manière que, ce qui subsiste de tissus mous puisse faci- 
lement sécher, 

• On devra toujours veiller à ménager les ligaments qui nnissent 
les os les uns aux autres. Quand ils ne sont reoMiverts que d'une 
très mince couche de tendons et de tissus, ocmme c'est le cas 



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— 3fi — 

pour U pttte d'un OiaaBit, celte d'uaeGaMUe,Uqii«tie d'an ^Bge, 
h Dageoire d'an CéA»eé, otc., <» pourra, on dffvn mène k dit- * 
peeaer d'eidsvar le* ebain'". Od dsVrt géa^ndemuat re^iectar le* 
gencives qui , paffw , retienneot muIm cKrUiaea dénis de Manuni; 
fhns; conserver avec le squelette te&s^ntft, lesconwe.letpUqttn 
cotutées quand dles existant, eofiu dn os, [dus oa nunns délicats, 
qudque»-uaa flottant dans tes chairs et cpi'on i^îge presque 
toujours à cause de oda : l'os hyoïde, les os dn basain chea les 
Cétacés, ceux de la cof»^ cbea les Oiseaui, etc. 

> Quand te squriette est d^rossi , ou le fio^e de Cw^oa à pro- 
iiger les parties délicates par les parties plus solides et on le lait 
sécher. L'emhailagB ue pnéseute fdus aucune difficulté. Il làut 
toutefois te d^iéodfe oontare ks Inoectes qui pourraient attaquer les 
ligamento. Oo eo^oiera poor eàà du savon aneotcal, de l'acide 
phéaique, du pétrole, de la poudre de charbon, au besoin une 
infnsioB de tabac, ce qa'oa a lous la nnia, «n «n mot Eu voyage , 
il n'y a pas de foffipule rigoureuse ; <m fiùt comme en peult le 
grand peint est de vouldr. 

• Si ledimat où l'on est m permet point de Cure sécher le sque- 
lette, on |p mettra dans le sel '^. • 

QRAl^rTRB IT. 

ANTHROPOLOGIE. 

L'Anthn^ologie oit la science qui s'oooupe de IliiitoiTO natn- 
r^e de rhomme. Son inbâr4t, wa utilité ne sont plut aajoDrd'hoi 
à démontrer, et oéauDOÏD* elle t eDcore de grands progrès à aceom- 
plu-. Les lacunei qu'dle présente ne loot pas due* poiuiant a 
l'indifférence des voyageurs. • B n'est aucun d'eux qui ne soit pé- 
nétré de l'importance de l'étude de l'homme, qui ne smt disposé 
à y consacrer une partie de son temps, et il est très peu de reia* 
tiona de voyages scûntifiqnea, aitistiqaea on aubes, oii l'on ne 
trouve la preuve qoe l'auteur a fait tous ses efforts pour, déciiié 
et earactériia- les races qu'il a vûitées. Mais quoique ces obser- 
vations soieat d^à nranbreuse*, mi ne possède jusqu'ici, sur la 

'" On peat «jouter la recommuidatiiiii suixnte : dëlacher ■vec précaulion la 
Ute sa aÏTMii éta coiidylM H tider par le tmu occipita] la jAa* Kiamlft par<î<> 
de la masK cérëbrale. 

"> Poocbel. leeoeit. 



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— 40 — 

plupart des races humaiaes, que des notions très «ipwficielles et 
* souvent contradictoires, parce <|ue les voyageurs les plus aéléa et 
même les ptas édairés, a'obéissant qu'h leurs |m^»«B iospin- 
lions, n'ayant pas devant les yeux un bot iMen détemain^, ne 
connaissant pas les questions toutes spéciales qu'il s'agirait d'au- 
cider, et enfin , n'étant pas initiés aux ptocédés d'investigations de 
l'Antiiropolt^e, se bornent k recueillir des notes fngittres ou à 
rapporter des impressions plus ou moins exactes. ■ 

C'est en ces termes que s'exjnimait Broca, en iSjà, an début 
des Itutractiaiu génémUt qu'il avait été chai^ de rédiger par la 
Société d'Anthropdogie en vue des vwrRgenrs, et nous dirons im- 
médiatement que c'est cet ouvrage, doQt une seconde édition a 
paru ep 1879, qui devra, être consalté d'une manière toute spé- 
ciale par ceux qui voudront se livrer & des études {Hratiques 
d'anthropologie (^'. 

Quels sont, pour un voyageur, les documents impartants h 
réunir? 11 y en a de deux sortes : i* ceux qui sont rdatife à de* 
pièces naturelles; i' ceux qui concernent des reproductions, des 
dessins, des photographies, des mesures, des appréciations de 
teintes, etc. 

Pour bien connaître l'homme physique, il faudrait pouvoir 
l'étudier dans tous ses oigaaes,et l'idéal serait de posséder des su- 
jets tout entiers. Cela a, d'ailleurs, été réalisé en diverses drcMi- 
stances, et nous rappellerons plus spécialement que l'expédition de 
Dnmont-d'Urville raji^korta dans un tonneau, baignant dans du 
tafia, le corps d'un insulaire de Tonga-tabou, Uafi, dont le sque- 
lette est conservé au Muséum, nusrécnnment, le docteur Hyades, 
qui faisait partie de l'expédition embarquée à bord de la lUmumehtt 
pour aller accomplir diverses observations artrontmiiques et mé- 
téondogîques en un point des cAtes de la Terre de Feu , a pu faire 
parvenir en France le corps d'un insulaire, dont la dissection a 
donné lieu à un travail important concernant le système muacn- 
laireta). 

Si l'on ne peut avoir un cadavre tout entier, il faut aw mmus 
s'efforcer d'en obtenir quelques parties, et pins partiodi^ement la 
tète. Cela sera relativement facile dans les points où il existera 

<') /nftmelianf giitéreUt pew In rtaktTdm axthropalopipft à fiâr* nu- le *i- 
taat, par P. Brocs. Puii, G. Muwn, éà. 1879. 
<« Cl- IriTait wl dft t M. le docteur TwtoL 



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— ftl — 

an service colonial, car le> pièces k conierver poarroBt alors être 
recoeillies dans les hdpitanx. Là où la décapitation eziite, on de- 
vra essayer, ri les m«un, les usages du pays ie permettent, de 
se &ire remettre les tdtes dét>dt^ >■). V«Hci comment celles-ci 
devnmt être présertiot. On pratiquera à droite et à gauche, au 
niveau de la région pariétale, une perforation au moyen de cet 
îiwtnnnent employé en oliinugiei <p]'on appelle le tr^n. Oa 
incisera ensuite délicatement les méninges, de manière k mettre 
la sabstaoce cérébrale à nu; puis on placera la uSte dans de l'al- 
cool. Lorsqu'on voudra l'expédier, il laudia avoir la {»écantion 
de l'entourer de coton, d'étoupes, ou de filasse, en reconviant 
ptns particoli ir e Me nt la iace , car c'est généralement daas de grandes 
bottes de linc, rem{rfîe« d'alcool et dont oh soude le couvercle, 
qu'on dispose les tAtes qu'oo veut envoyer. Or, cornue les parais 
de ces récipients sont mîocesi les chocs, les déplaceiaents vio- 
lents, qui surviennent durant le transport, peuvent les défor- 
mer en certains points et entraîner une mutilation des parties en 
contact avec leur lace interne. 

Qodqnefeis les voyageurs , par suite des difficultés de transport , 
ou par le manque de liquides préservateurs, pourront être amenés 
& employer, pour «mservêr les têtes , des procédés de monification . 
Bs enlèvraont alors le cerveau par le trou occipital, puis ils expo- 
seront diaqne jour la tto au' soleil ou au grand air, et ils la 
d^toseront chaque soir dans une boite pleine de sel, celui-ci ab- 
soriiant l'humidité et empêchant la putréfaction. S'ils veulent, 
préalablement k la momiâcatton, enlever le cerveau, ils ne feront 
pas aux tégaments de la tête une inciuon circalaixe, mais bien 
une incision allant transversalement d'une oreille à l'autre. Ils ra- 
battront en avant et en arrière les deux lambeaux, extrairont le 
oerveMU avivant la méthode ordinaire, pois remettront la calotte 
exactement en [riace et rapprocheront les deux lambeaux qui se- 
ront rattachés l'un k l'autre par des points de sature. 

Lorsque, par suite decircoustancesparticnli^s,on doit renon- 
cer Il faire parvenir des IMes , il faut tâcher, an moins, de se pro- 
curer des cerveaux, qui, an pointde vue anthropologique, sont les 
Di^anes les plus précieux. Leur étude demande k être accomplie 

O Piusieun léiea onvoy^a an HmjiiiQ de Pari» ont Hé obtenun ilani de 



DyGoot^le 



— »î — 

dans (es lab w t oir es, et lea dewiaH qu'on pouirut en <riitenir, si 
soigna qn'ils puneat être, wnknt toujoan înauffiMats. En 
effet, cet orguie posaède des canctAres, et ce sont les phu impor» 
tants, (dont oa ne peut constater l'eiislraice qti'«n l'ayant aoas 
lea yenx et en le comparant attentivement ani cerveaux des antres 
races. Ces caraotères sont cm. qni r6mltant de l'état àm drctm- 
vcrfntknu cëiribnd», de leur c(HD|4icatioa, de leur dévak^ipetiunt 
relattfd). . 

Pour enlever un csrvean , on fera d'abord anx t^fonanta dn 
crine one section circulaire etboricontaie.aonunençantinunédia- 
t«ment an-dessus des sonrais ponr ae ternÙBer an utmu de In 
protubérance etteme. On rrièvera les partins nolks dAladtéea, 
on grattera le péiioate. On attaqnna ensuite la paroi crânienae 
avec la scie, jamais avec le martean-bachatte. Avant de se servir de 
la scie, on tracera d'aboni une rigole circulaire qni ne dépassera 
pas la table eiteme, pois on rcpaasen plnriaura fiiis dans cette 
rigole, jusqu'à ce qu'on sente, en quelques points, diBiinoer ia 
résistance; on arrivera ainsi k séparer pietqDe toute la vnàto 
dn cainfl sans avoir entamé la dnre-mÂre. «On introdun de 
temps en temps dans la partie antérieure de la coupe, ao-desans 
des arcades orbitaires, un ciseau mousafe laïqge et ^fiais, qui ser- 
vira de levier et sur lequel on fera de petites pesées en cberckaat 
à Taire édater les ponts osseux qni résisteront encore. Lorsque, 
enfin, l'écartement obtenu au moyen de ce levier sera devenu 
suffisant, on passera un crochet de fer sons la partie antérieure 
de la calotte, et Voa détachera oeUe-d d'un coup sec, qni pro- 
duira ordinaicemeat en arrière, vers l'ooeiput, qne^Ma esqumes 
insignifiantes l^'. > 

Dans beaucoup de races, la fosse temponleesttràsd^riBiée,et 
l'on pourrait craindre que, parsuite de cette disposition anatomiqee, 
la scie ne pénétrât en certains points dans la oerveau, avant mteae 
d'avoir traversé tonte l'épaisseur des oa dans les parties dédives. 
Pour éviter cet accident, il &ut se servir d'une scie 4 dm et h 
lame lavge, comme le recommandait &oca, et nos d'une scie à 
arc, l'extrémité arrondie et dentelée de la premitee pouvant at- 
teindre les points d^^més, sans qu'on soit exposé à péDétra* 
dans le cerveau avec le reste de l'instrument. 

") Bron. Wo rit. ~ t» Ibùi. 



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— «3 — 

Lonqo'on pratique nneaotefiiie tUna les lidpi(aux,tfind'KUer 
rafndanent, 0B emploie, pour oovrir la balle crènienDe, un intr- 
tcao, dit DUrteas-bachetÉa, >iec lequel on brise le crâne du» la 
(UrectiDD de h oonpe qu'on * tout d'aJtcwd indiqua. Les coups 
de nurtean, aecs, ont lur la aoie l'avantage d'Atra fdvs e:qiédi- 
Hfs. Potyrtutt ce piooMA doit étn abscdnmBnt proscrit, car k 
télé est tonjoun, par suite des nuuacmvres aniqueilas oo s'est 
livré, trop aUm^ pour penuMIie des études intérieure*. 

Le crftoe ouvert, il suffit, avooHious dit, de passer rextréinité 
d'un ciseau sous la partie antérieure de la calotte, pour U se- 
parer à l'aide de quelques pesées. L'opération terminée, on aper- 
çoit le owveao recouvert par la dure-màre. 

Afin de le déga^, on incise ostle menUirane sur las deux cMs 
de la ftax, 'on écarte les lambeaux, ou coupe avec des oseani 
l'insertion antértenre de la foax et l'on renvMve ceUfro en arritoe, 
en (Ëviaant les vaisseaux qu'elle rw^t de 1* jù^mire; pais on dé- 
tache le œrrean d'avaM en arriftre, eo oMipant suocesaivenaot las 
nerfs optiques et autres nerfs crâniens; on aperçoit bientM la 
tenta du cenr^et qu'on détache k atw insertion antMewre k l'aide 
d'un lustouri, en rasant le bord poMérieur du roefaeri tia&a oo 
renverse k oarveau en arrière et «i le sontieat avec la maia 
gauche pendant que k main droite , armée d'un bistonn asaet 
long, va couper le plus bas possible k moelk épinïèro dans k 
aaul radùdieo.> 

Le cerveau extoait, on k dépose avec précaution sur anetaUe, oft 
on k laisse séjourner qndqoes instants pour qu'il se débairasse de 
k sérosité qu'il contient, puis on k pèse k un gramme près. Cette 
pesée est essentietie, parce que cet organe perd toujours uoe 
partw notable et indétaimiDée de aoa poids dans ka liquides con- 
servateurs. 

Pour kdtiter l'actseo de ces denders sur la whatartre oéré> 
Inak, (m dépon^era le cerveau de k pie^nère qui est restée 
adhérente après lui. On ccanmence toujours cette opération par k 
base de l'organe. 

L'alcool du commeioe , k tafia , l'ean-d^vie de rix, k rbmm peu- 
vent être utilisés indifféremment pour k préservation. Le cervtnu, 
dépouillé de ses ettvel<^pes. est placé dans un vase, dont le fond 
a été |«éalaUement garni d'ouate ou d'étoupe , «mtenant «u moins 
an litre et demi d'akoi^ ou deux litres de tafia. On le retourne 



ibyGoot^le 



— 4ft — 

tons les detiK ou trois jours, suis quoi s> &ce iofériénre, dont 
le contact avec l'alcotri est moindre, pourrait se nnoollir. An boat 
de quinze jours, le cerveau est asset fênne pour Mre onballé dans 
de l'oaate, de Tétoupe ou de la Gtasse. Ce paquet feit, on at- 
tache a|»^ lui une étiquette meattonnant ton origine, et on le 
plonge dans nn nouveau bain d'alcool on de tafia. Le clixngement 
d'alcool est aàiobment nie§utàn, car cehii dans lequel le cerveau 
a séjourné en premier Ken, mélangé d'une asses graiide quantité 
d'eau qn'il lui a cédée, o'eit plus assa concentré prar assurer 
la préservation. 

Lorsqu'on a réuni plusieurs cervea«i, on les place tout empa- 
quetés, soitdans un petit baril, soit dans une botte en iinc,etron 
remplit les vides au moyen d'étoupes imbibées d'albod; on soude 
ensuite le couvercle. Si l'on n'a pas une caisse de bois dans laquelle 
rentre ii frottement doux la boite de aine, il faut embtdler celle- 
ci, qui alors doit toujours être d'un volume réduit, avec beaucoup 
de soin, ponr que ses parois ne viennent pus à s u pporter de pres- 
sions. 

S'il arrivait qu'on ne put se ]Hvcurer nn liquide alcoolique 
quelconque, on devrait diercher à obtenir la oooiervation des cer- 
veaux par un procédé appelé momi/initton, opération qnî, en en- 
traînant leur dessèchement, a comme conséquence de diminuer 
beaucoup leur volume, mais cda mm mod^r la forme dn circon- 
votatioia. Après avoir pesé exactement le cu^mu, on le ]donge 
dans un bain composé de hx parties d'eau et d'une partie d'adde 
nitrique du commerce. An bout de dix jours, on le retire de ce 
bain et on le &it sécher dans un endroit sec et à l'oinbre. La mo- 
mification s'accnnplit alors toute seule, et généralement, au bout 
de deux semaines, les pièces sont assex dûmes, pour qu'on puisse 
les manier sans précautions. Mais comme dles continuent i dé- 
gager des vapeurs acides, il fiiut les laisser à l'air libre encore 
quelques semaines, avant de songer à les expédier, car antieiaenl 
les linges, les papiers dont elles seraient entourées, ne tarderaient 
pas à être détruits. Chaque cerveau doit porter, attadiée au paquet 
qu'il oeasbtae, une étiquette indiquant son w^ne ainn que le 
numéro du catalogue du voyageur. 

n fsttrès important dans certains cas, par suite de leurs fonops, 
de leur développement, de conserver des membres ou des portions 
de membres, plus particuHèremrat les fitâ», les mains, ou diifô- 



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_ 45 — 

rmls viscères. On doit alws procMer, à t'egard des échantillons 
dtmt on veut assurer la préservation, comme nous avons dit qu'il 
fallait le ftire lorBqo'il s'est agi de ia tite. 

Quand on est amené à recueiHir des portions de peau , ta cole- 
ratioa de cdte-ci étant très variable eu diSËreates parties d« corps, 
il faut [Mvndre des écbantîikMis multiples dont la grandevr bo 
dépassera pas lo oentimètrss cairén. On les conservera dans 
l'alcool, après avoir noté Ifur couleur d'après une taUe chroma- 
tique (i>. 

Si la peau est tatouée, ii taut enlever les portions ornées de 
dessins et tes conserver égalranent dans l'akotri , mats it est plus 
aisé de les dessécher. Pour c^, on les ^nngle ser une plandMtte 
où flHea se sèdient sans se racornir. Il est toujours in^spensable 
avant cette préparation de noter la cotwation et de débarrassée la 
peau de la graisse qui garnit sa face pntfonde. 

IjBs coltections d'échantillons de cheveux , de barbe sont faciles 
à fittre. On doit indiquer sar chaque paqnet l'%e du sujet, son 
nom, le lieu de sa naissance, la race à laquelle il appartient. 
■ Li'exaiaes microscopâque des cheveux a dé^ fourni des éléuMnts 
très inportants pour le par^lèle des races hun^ines. La ftwme 
circulaire ou elbptiqne du dteveu, sa Aredion rectiH^ne ou spi- 
rale, la présence ou l'alMence d'un petit canal médutleire dans 
l'die de cet or]gane et plusieurs autres détails de structure oonsti- 
toent des caractères antlut>pologiques fort précieux. Mais potar étu- 
dia" ces caractères, pour en apprécier exactement la signification, 
il est ladi^misable d'avoir la rtmiu da okevea, c'est-bdire te petit 
renflement qui est caché dans l'épaisseur de la peau et qui pé- 
nètre jusqu'au fond da bulbe pileux. On ne se bometu donc pas 
seulement à couper des mèches de dieveox, et l'on devra jtNndM 
àféchantillmi principal un petit papier contenant un rartain nimbre 
de cbeveui arrachés un par un par de petites tractions qui ne 
sont Dullemeni douloureuses W. ■ 

I^ dévelof^tement des cheveux est très grand chcx ccrtaibea races , 
et il fàot toujours s'attacher )t ootqter ceux<i' aussi près que pos- 
sible de leur racine. Nous n'avons pas besoin de faire rnnarqnCT 

(') L'action de la lumière ayant pour efiet, au bout d'un lempi aiseï court. 
d'aJlérer les teintes des tables cbronialiques , il est nëcessaîru de tenir celles-ci à 
l'abri des rayons lamineui. 



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— *0 — 
qua ohtqtte fna qu'il sera posaiUe de se procurer le k»^ ou une 
(Mrlna de Nslp. du devra profiter de i'oocaaioD, l'imertioa 4» 
cheveui n'étant pas la même d*iH difiRérentes raœ». Tantât elle 
ost perpendicnlaira au onr cbevaèi, tentAt peut ou moioa oUique. 
QuaBdoo d^couTre dam otrtMM» a^gMns« litte» qae leP^cou, 
au sein do tépulturea, des tAn monufiéee, il iant le» ■niaMruw: 
soin et leur joindre le* ossrawots eu les divers objets qui les ao- 



Les fouilles archéologiques présentent un grand intérêt Elles 
sont géatolement faciles dans les crypte», les caveaux, mais elles 
deviennent délicates À acoomj^ dans les oavemes où certaines 
tribos accumulent, au bout d'un certain temps, les restes de leurs 
morts. C'est dans une de ces cavernes que Dumoustier, à Tabiti, 
recueillit une très bdle série d'ossem^ts d'iodigàne». Pour aller à la 
recherche des os enfouis dans te sol, on doit se servir du pic, 
jamaù i» la héokt, qui, par sa large aorfaoe, expose à briser les 
piÀces encore onaquées par U teire. La coloration dn eol change 
géoéralement an moment oà l'on se raf^uroolie des oorpa. par suite 
de son mélange avec les matièrea orguiiqite*, et il y a là «n aver- 
tiaaoment dont on doit profiler pour redoubler de précMstions. 
Iionque Vtta est arrivé «or les osaen M ott. il faut, avec us petit 
Qouteati, les isoler de U terre qui les enveloppe, et ce n'est que 
lorsqu'ils sont d^^^ aiasi. dans tons les sens, qu'on paese U 
lame au-dessous d'eux et qa'avec de légères peaées on les soulève. 

Si les os, en présenoe desquels on se trouve, sont décomposés 
et qa'oa cnipie de les voir tomber en débris en lea esilevant, ou 
devra les oooaolider, et le mieux, pour cela, est de les btdigeooiier 
avec du blase de baleine qu'on chauffis prédeUcment jau^'à ce 
qu'il s'en dégi^ d'aboodentes vapeurs. Dans le cas où les w sont 
iB^Kegoé* d'humidité, on doit chercher à tes dessécher en les ar- 
rosant d'aloool qu'on se hàled'enSommer. et ce n'est que l<wsqu'ik 
sont suffisamment échauffés, qu'on les imfBrègne de blanc de ba- 
JeÏDe. Quant h ce qui est des pièoes tragnwntées, il ne faut point 
Duaquer, si l'on en a le temps, de les recoustituer ie plus rapide- 
■aent possible, dans U crainte d'en égarer quelques parties, et si 
l'on ne peut agir ainsi, il faut les réunir en paquets spéciaux. 

Lorsqu'on aura à explorerdes sépultures r^ulièrcs, les crimes, 
les ossements qu'on pourra y recueillir • devront être accompagnés, 
s'il y a lieu, de quelques-uns des objets les plus caiactéiïstiqaes 



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— »7 — 

qui ont «la eniev^ avoc lea owpi; «n tout cas, k dMcriptioii de 
b s^nltiira. de l'ittitude du >qet st de tenu ht <â>^te cobIuh» 
daas U tooabe devra éli« conaîgnée sur nue note jointe aux piàcec 
«iMitomiqoe» * (". N«nu moemmandctons, dans ce cas, de pnndre 
det éptmvm phalogmpliiquea. 

Quaod OD ne peut «e pracarer dea téte>, dei mains, dei pieds, 
etc., OD doit s'appliquer à rapporter les moulages de cm diverm 
putia* du oorpe. (ïaque moule devra alors étie icooo^agné, 
d'apràs les insti«cticHis doanéee par la SoàM d'AntluK^iokigifl : 
i*dWe ÎDBctiptioa indiqaant les noms, seie, ige, coatréeouod* 
tieo, TMdeac« et limi de mswaaœ; a* de i'indicatief] de la oon- 
leivde hpam, d'afwia la taUe chromatique. S'il s'a^t de Ut4te, 
OD damnera égalameit le nom^ exprimaut la codeur daa che- 
\eax, des sourcils et de la barbe. S'il s'agit de la main, da pied, 
9B 4Daiien deux coulcsrB, œUe dt k f&ee dorsale, qui est très 
varnbl», et odie de U fliee palmaire ou plantaire, qui est ton* 
jonn beaacQup |diu cbûe daos les races cafard. 3* U son 
nAcemaire de joindre ma moale de la tAe un échantilloD de U che~ 
veàsre. Noos n'avttM pas baMia da dire qne le* voifagenn ne dé- 
cideront pas toujours facilemeot les iodigtoaa à lainer mouler 
leur této, nais poortant «m de la daacear, de la penaaâoa, U 
( HOBwaa e d'an oèjet de paratïHe plus partiniHiriw—nt, déavé, îk 
anïvanmt 4 ntiiBoBter bien des répugaances. 

Dea Bioal^e», d'Ooéaaàeni oat M raj^Mctés d^à dapuia bien 
desanoto des diTeraeafcg du Paoifiqm i Dwnooatier. par etempk, 
qui frisatt partie de feipéditicHi de DwaoatKl'llrnlIe dans les mars 
du Sud (^Âvtobet^ZiÛsj.efiectBB, dureatcevoirageiunegruide 
aMe de boates, qui feait aajaard'boi partie des coUacttona du Hu' 
séam de Paris. Pour ke obtenir, il avait prooidé de la lai^n sui- 
vante : k sajet, dant k Itte, k barbe étatent recfluTerie» de 
glaise, k restant de k figure, le ool, le tiionu, eodaiti de grae, 
était coodb^ boriMBtidetiwiit, dans une bdllB édtaBGcée , ka épaules 
Ueo à k DiAme haotanr. On cookit «Haite du plâtre Jusqu'à* 
orrean des éveilles baaàiè» vkc des tanqxnis d'oaate, et oa at- 
tendait qae la prise (àt faite, Gdl»ci aocoaa|rfie, on grakiait k 
nrfaee sspérieore de k première partie du iMHdage ainsi tA>- 
tenue, sana déranger katqet, et, œk fait, on coukitsurk figare» 

(•> Bl«c«. tac» «ÏL.p. 7. 



vGoot^le 



— 4» — 

sur le cou, une mioce coquille de pl&tre qu« l'on divitait en «Jeui 
parties, d'avant en arrière, par un Si préalablement .pbwé. Las 
prëcanlions prises pour assurer la respirràos coasistaient dans 
l'îotrodnction de tuyaui de ^nmes d'oiseaux dans les oaiiaes. Les 
plumes respiratoires placées dans la bouche ont l'înooBvéQieBt 
d'amener une contraction des lèvres déterminant un certain yri- 
macement. 

Actuellement, au Muséum de Paris, ao Musée d'ethnographie 
du Trocadéro, on moule assis. Le moule à cnuK perdu est fait 
alors en quatre pièces, un fil étant disposé suivant la li|pae de 
(vofil et un autre étant placé transversaleineiit sur la léte et vo- 
uant passer derrière les omîtes. Les voyageurs né demmt se liwer 
au moulage de ta télé sur le vivant qu'après avoir été pvéalaUe- 
ment très exercés. 

I:,es savants attachés aux dernières OLpéditioas scieotifiqties, 
envoyées par le gouvernement des £tat»^nîs pour étudier diwnes 
tribus d'Indiens, ne recouvraient pas la tète de gbise avant le mou- 
lage. Us employaient une c^otle de caoutohouc, qui protégeait très 
efficacement les cheveux et, en les ctHUprisuBt élément, oeD> 
servait le galbe général de la l^te. 

De tout temps, les voyageurs ont n^>porté, des. pays lointains, 
des dessins rept^ésentant ies indigènes au mitieu desquds ils avaient 
vécu. Beaucoup de ces dessins imt été puUiée, et il est fiuile de 
voir qu'il en est un grand nonibre qui ne correspoadeait pas à la 
réalité. En effet, pentoo rêver quelque chose de {dus inattendu 
que de voir les costumes du habitants de l'Océanie, représentés 
dans l'atlas accompagnant le récit des voyages de Coolt, repro- 
duire des costumes anglais, et o'est-il pu parfaitement exact 
qu'un des insulaires de Tmiga-tabou, figuré dans l'atlas «ht 
voyage de Dumont-d'Urville, ressemble, comme le faisait ranar- 
quer M. Hamy dans sa conférence pour Is voyageurs, d'une dm- 
iiière fraf^nte à Henri IV. Ces inexactitudes sont dues souvent i 
ce q«e, lorsqu'on dessine à l'étrai^^ on muûièste toujours dans 
ses couvres, inoonsciemment et à un degré plus ou moios grand, 
l'expression du pays sa l'oa est né et où l'on a vécu. Ausai, si l'on 
|ieut faire la photographie des natureb au milieu desquels ou 
se tvouvera, cela vautba beaucoup mieux que de recourir à des 
dessins, si soignés qu'ils puissent être. 

Il est utile, au point de vue anthropologique, que les documents 



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— 49 — 

photogt^hiqKes reprétenteat, autant que pouibk, les «ujeti à k 
même échelle. Le Uborature d'Anthropologie du Muséum a cb(H*i 
comme dîmennon le quart dé grandeur naturelle ou tout au moins 
le cinqotème pour les wjets r^réwat^ (face et pro&l abwdus). 
Un dwt s'attacher, lorsque l'on reproduira des iadividus en pied, 
à donner la plus grande dimension que permettra 1« plaque. U 
faodn préalablement disposer une échelle graduée ou un donUe 
mètre ruban à deux coulcnirs sur le même plan que les indigènes, 
povr évaluer «xactement leor taille. Les sujets en pied snont pri^ 
de profil, de 6ce et de dos, dé^abillés au complet 

• Lorsqu'on photographie des groupes, on ne dtut pas manquer 
de{d»cer au miUeu des indigènes un sujet de taille connue, aur 
tant que possible un Européen, afin d'obtenir un tmne de coai'- 



> Au point de vue pratique, on s'attachera ii obtenir des dicl^ 
nn peu-durs; ih sent jint longs k la pose, mais ils se conservent 
mieux après un lavage saffiaant' Si le temps manqne pour prati- 
qua nn lavage qui fane disparattre tout l'excès d'hyposulfite de 
sonde, aoos eonseitlerons de passer les clichés pendant i o à 1 3 mi- 
nutes dans de falcool i 80*, pais de les laisser sédter. 

■ Les diehés dMveat être îsdés les uns des autres par des feuilles 
de papier ncMr ou rouge, et non par du papier blanc ou rayét". ■ 

11 est prnsiMe de faire sur le vivant de nombreuses observations, 
ccMnplétant les renseignements roanm par l'étude des pièces re< 
cueillies ou par celle des photographies. Le questionnaire que les 
voyageurs doivent remplir à ce sujet devient tous les jours de jrfus 
en ^HS nmjrie. Ceux-ci doivent s'occuper d'abord de la taille, qui 
est très diifêrente suivant les races; ainsi la hauteur moyenne des 
Boschimans est de 1 m. 37, alors que celle des Ptdynénens est <!• 
I m. 776">. Nous ferons remarquer, au sujet de la recherche de 
la taille, que les observttions devront être multif^iées autant que 
possible, de manière à arriver k établir une moyenne, et elles ne 
devront être faites que sur des sujets complètement adultes. D'autre 
part, dans certaines régions, le peuple est divisé en castes et ces 
castes ne se mélangent pas entre elles. Elles possèdent chacune 
des caractères {Aysiques particuliers. Ainsi, aux Fidji, on reoou- 

10 Note commuiqode par M. )e D* tMith. 
^O De giMlreâ^, Dt et$pèc« Imumat. 



D,gt,ZBdbïGOO*^le 



— M» — 

oelt tout à» suite uo mevluv àa U tuniUe rojalt à m luuto «ta- 
toM, à sa baUi pratance, tandiB qu« l'individu du peupU panlt 
généralament plus petit. 11 bodra, dans des ca» ■ambUWa», où 
)w nariagw ae foat eatre iâdîvidus d'uue même cafta et où loi 
canctèm n trananauttent d'une manière régultèce, tenir ounple 
de la Mtuation lociale des lujeta obwnés. 

Si l'on se trouve en préaance de métis, on doit racbercbor loi- 
gneuseowDt tenr oagiae. 

,. • L« voyagaon, adit M. de QuabelàgeB , a'ont qa'asMt l awaa t 
mesuré, isolément, les homincB et les fwmes. • Pourtant il ^ a 
de i'intMt à laire cette distinctioa, car en r4iuii«aat la observa- 
tioDS qu'il avait pu se procunr, le MVaat f»oliBs«eiur du Mméiim 
avuqite la dîAërence moyenne eut» les deux taxes est de o m. i&3 
et le rapport moyeu de o m. 978, la femme étant partout nioiiu 
grande que rbomme. 

C'est au moyen d'^iuems que l'on pread las hwiletm. ■£( l'oa 
vent mesurer k taille d'an sujet, on appliqua sur le max la bnocfae 
vertîoale de l'équene et l'on fiùt descendra la Ivaocàe boriieo- 
tale sar le sommet de la tâtet la distaooe du sol au soouaet de 
l'équerre donne U taille cfaei«bto, et oa la détermiBe iiumédia- 
temeut lorsqu'on a eu le toin de disposer pféaiahlement sur la 
muraille, et le tko on bas, un double mètra gradué '''. ■ 

La taille d<Mt étoe aolée noo tentameat sur des siùeta debout, 
mai) encore sur des sujets assis. 

En debon de ces estimatioiia générales, d'une utilité ca}^tale, 
il est diOiérents points du oivps dont il est îatéreaiaBt de oowwiltn 
la hauteur par mfqmrt au aol'^'. Lea poiols de repi» indiqués 
par Broea à ce sujet sont les suivants : l' le vcrtex; 3* 1* conduit 
aaditif externe; i* le bord inférieur da meotcn ; A' la Cwirchettesler- 
nde; 5* le mameloa; 6* l'ombilic; 7° le betà sapériaur de la sym- 
physe pubieoBc; 8* le repét du périoée; f" l'aorooiioa;' 10* l'épi- 
eoodyle : 1 1° l'apophyse stylée du radius ; 1 3* l'wtfféwt^ iniârieure 
du doigt médius; iS'l'éplqeiiiaque aotàro«upérienre; ni' le grand 
trocbanter; i5' la ligne artîcoiaire du genou; 16° W sommet de 
la malléole interne; 1 7" la saillie du nudlet 
' Indépendamment des mesures de hauteur, on doit en noter 

'*> Brocs . (oco cil. , p. m. 

'*> Toules ca dimcniions ne doivent être évtlute que dan* le eu oA l'on 
• occupe d'une manière toute apdciale d'étudM sntltfopaisgiqiiWi 



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~ 61 — 

d'âBlVM coiMMWuit la loBgueuE, la laBfaiir, U àrtoidénam de 
certaines parties du corps. Une des plus importantes panai CM 
dwniàrai, d'aprè* M. BÎaay, Mt oeUe portant le oom de graode 
•nYwgHïe. BUb correspond k U ptii» grande dtstaoes qu'ua aiyet 
pwiaw attaindTC eo icaitMai faoriaontalwMBt las deux braa «t lei 
daiu maina. Pour 4«ahi«r U gmode mvoguie. il faat adovaer le 
sujet à UQ mur, sor lequel on disposent nae rtglo bofiMOtaJa : 
•ft est aîaat «ûr d'avair toqiâvs nM naauie oomù». La* voya- 
gmtn. fouroat joûdre à cette obsHvMion JÊtdjqwHmàh ({«dqite* 
aaaiBralna&liailairt stu U kngaev de la davioi^, la diatasos 
MO^riae entre la» daux aanHBkma, «itn loi deox ^înea iliaque* 
aat^fo-aupérienna, mtm laa donx crMes iliaquca. Les deux b»- 
cbaAlen. Ua^Taluarent blai^pBardela pokrioe, let diSireolB dia- 
métras du pied, de b auin, la longueur da pouoa, du média». 
oclle dv groB orteil, la dnxiattrence do cmi, laa âaom&gtnces 
ma«gna et waiaiwa du l»as. de i'avaot'bta», de la euiase, la dia- 
tance dea deux maarinoat^. 

Les mensurationa eoaeennat la tlte bomI rclativnt le* tnei k 
toa eaaamUe. les antm à la iàce, l«a autrea an czA^e. 

Panai le* praniteN, U plna aodannemaBl icohercUe est mile 
qw a pour appalblioB aMara de Faitfk fMcid on eiliaantba du 
d(gré d'inclinaiaon de la ligne fiMÔale snr le {dan anricaltHiaftaL 

la Bgae fiaaale aat la Iî^m aniauat le pont au-ntutd «a point 
ww-jmmJ. et la plan auncuioniaaal aorreipoad à ane ligne, à ftn 
prèa honaontate. partant du pont «Mv-nafo/ et allaot passer au 
idvean dn coadnit ««ditîC Lea jastramant» donnaati direcÉBOieat 
la raêaoïe de Tangta fiKial soat la gooioinAlre jècial-latàrM at le 
goaiaBiètic fmtlmiimm de BrocaVJ. 

Ûa sait eombian la Ibcdu, le AiveleppenMnt du aex amrt difié 
rents suivant les races : aussi il est important de noter la loogaanr. 
la larpor, la tiantanr de est Organe. • Iji lengitear et la largeur 
doivent dtea mesurées en asillimitrea. Le rappoat da ces deux di* 
menaioa», obtenn an dîvîaaat la largeur par la longnanr at en 
multipliant te quotient par loo, « nomme l'indioe nasal. Ce rap* 
part &it oanndtra la ferme géoéralo da nOE (■>. > 

En ce qui concerne le crâne, les voyageurs devront tonjoars 
apprécier l'indice céphalique, ou le rapport centésimal de son 

■•> £|i»ca.Jm«L.|>. 1*1, — W /M. — U) Brsca. bwMt.,p. iSft. 



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— 52 — 

diamètre trausTersal maumum à son diamètre antéro-poetérieur 
maumnm. 

Le diamètre transreml maximum, qui s'évalue au moyen d'un 
compas d'^isseur, conre^KHid à I* plus psnde largeur du crâne 
postérieur. Les extrémités de ce diamètre sont généralement si- 
tuées à fleux ou tnHS tnvers de doigt en airière et aa-<ieMus du 
b(Mil snpérieur de l'weilte. 

Le diamètre antéro-postérieur maximum coTrespond au pins 
grand écartement qu'on puisse donner au compas snr la ligne mé- 
diane. *Une des branches est apjriiquée sans pression an-dessss 
de la racine du nea, sur le point culminant de la glabdle ou bosse 
nasale; on l'y fixe avec la main gauche pendant que la mais 
droite promène l'autre extrémité du compas sar le derrière de la 
télé et que l'ceii suit sur l'échelle les degrés d'écartement W, * 

Pour oomi^ëter ces observations, il faut noter la coloration de 
la peau, celle des cheveux, ce qui se fait en se raj^rtant k des 
tables chromatiques, et apprécier la colm^lion des yeux d'après 
l'examen d'autres tables chromatiques spéciales. 

Les voyajpeurs ne devront pas, aupoiatdevueanthropologique, 
borner lenra recherches aux différentes constataticms que bous ve- 
nons d'énumérer. Us auront également te soin d'étudier les races 
en présence desquelles ils se trouveront, au pwnt de vne physio- 
logique , et ils se préoccuperont toujoarsde bien précàser si c'est sur 
des hommes, des femmes, des enfants, que lenn observatians ont 
porté. Ils noteroDt l'Age, la taille. Ils étudieront sur des sujets 
sains le pouls, ta température [dans l'aiselle, sous la laïque); ils 
constateront le oomlntt d'inspirations pw minute; ils apprécieront 
la puissance musculaire au moyen du dyn^Bomètra, La féooadiU 
des femmes ou leur stérilité donneront également lien à des ebser- 
vati<Mi8. 

La question des crMsements ne devra pas être perdue de vne. 
Les voyageurs auront k apprécier tes résultats du métissage; celui- 
ci a-t-il été avantageux ou nuisible, tant au pmnt de vue intellec- 
tuel qu'au point de vue pliysique? 

Le développement du corps et la succession des iges seront 
étudiés d'une façon spéciale (^. 

[') Broca, loco cil. 

fl Lei priucipaiu inatramcnb ■ emporter pour le» étodes «athnqxdogiquoi 
sont : 1* des compM d'i!pMH«ur, modèle dn pnilcsMnrHsni;; l'doi rampai i 



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CHAPITRE V. 

ETH<IOGBAPBIB. 

Apcit ftvnr indiqiié, comme nous l'avma fait dani le dupitre 
fffécédeot, le genre de reduTcbes qui devaient être entreprises 
poar connaître l'homme an paat de vue anatomique, il nom reste 
mai n te n ant à exposer de quelle façon doivent être oondnite» les 
ëtade» (xmcemant les manifestations de son intdligenoe. 

Les rectendte» auxquelles se livreront à oe sujet les voyageurs 
snont de deux sortes : les unes conceroeront les populations ac- 
tudles au milieu deaqu^es «la se trouveront; les autres tendront 
it la découverte de veatigiBB de la civiliaatitm des peuples prâiuti& 
qui ont p« hatûber les mêmes contrées et dont le souvenir histo- 
rique a été perdu. 

A cedn^r ptmit de vue, les cavernes, les aluis sous roches, 
les tacs denrront étre&millés; les mines qu'on pourrait déconvrir 
au sein d'une ^MÛsae végétation, les dérobant anx regards, senrat 
sdgnensement étudiées. Enfin les aocàeniHs s^wlturea, les dol- 
mens, si l'on vient à en déoourrir, néceasiteroitt des investirons 
attentives. 

Les traces d'une dvflisction primitiye de l'bocaine, peUe q«e 
l'on a nommée 4ft de la pûm, s't^iservMit en divers points dn 
gt<^. Au lein de l'Afrique, on a recueilli des haches en silex cor- 
n^xmdant au type de Saiat-Adieai, que l'on rapporte k une pé- 
riode dâerminée, c^e de la pierre taillée. A l'usage de la pierre 
taillée a succédé ches noils l'âge de la pieire pdie, et l'on a con- 
staté le méoM fait en diverses iocalités lointaines. C'est au. sein 
d'alluvions que l'on trouve des haches à SamtAdwul, mais'c'est 
surtout dans le* oavwnes et dans des abris sous mches qa'oa ren- 
contre le fhu 6e vestiges des ptnaiéres civilisations. 

LlHMwne , qui faisait sa d«ne«ze des cavernes , cbcMsissait de pré- 
fifrenoe odles d'esitre dies qui se trouvaiait dans le voisinage des 
torrents, des rivitoest et il en habitait seulement l'entrée. C'est dans 
des recoins qu'étaient généralement étaUis les foyers, «itour des- 

^luièn; 3* des doublet mètrei articuldi; 4* dei mèlres en loile et non en toile 
ârie, eu- cea derniers, soui rînnneiiiw de la chdeur, sont susceptibles de dëtë- 
rioTatkm npide; 5* dti écpumi; 6*(ile«éebdlM de cdorstioD de la Société d'An- 
lltt^wlogie d» Pmùi 7* un Mpan; 8* d«a acalpds et des km*. 



.,gl,zedbïGOO*^le 



— 64 — 

quels l'on retrouve aujourd'hui dispersés des pierres diversement 
taillées, des outils en os, degrossièros poteries, des restes d'animaux 
ayant servi de nourriture. Dans certains cas les foyers sont super- 
ficiels, mais dans d'autres ils sont situés k une asseï grande pro* 
fimdBur, deux ou trois mèties. U ne faot donc p«s se déoosnger si 
les premiers coupa de pioche ne font rien découvrir; il faut, «b cou* 
tnire,oontinaer avec pertévénnce l'exfdorBtiaa et ne la oeverqne 
lorsqo'on est arrivé sur le fond rocbanx. Qadqnefois on tnrave, 
il une certaine pcofondeur, de> couches favéchifetnie» dues aux in- 
filtrations d'eaox calcaires tombées de la voAte. Oo ne doit pas 
se laisser arrêter par dies, m doit les brisa-, car bien «onveot 
c'est dans 1» couches profondes cpt'eiks raoOuvrent qu'on iàit 
d'importantes découvertes. Noos n'avons pas bescân de dire qua 
tons les objete portant la trace d'nn travail quelconque, si gros* 
sîer qu'il puisse être, doivent être soigneusement reeaeiUis; Û en 
eat da même des d^Mis d'animaux dtmt les parties les [^a carac- 
téristiques (telles que ia dentitîoa) seront mises de cAté, car il se 
peut qu« ces animaux n'habitent pfaat la contrée on bien qn'ik 
aient disparu. Les restes de MammiAces, d'Oiseaux, de Heptilea, 
les débris de Coquilles devront également être réunis. Les cendres 
des foyers exigent d'être examinées avec soin, pour voir aï dlee 
ne renferment pas quelques fragments de végélux, des ^unes 
Gtrboaisée. La terra entourant les foyers lèn passée au tamis, potu- 
que des cdijets déltcab, tds que des a^uiUes en os, n'échappent 
pas aax recherches. Les os brisés que l'on abnndoonem, aurtost 
leurs édats un peu larges, seront lavés avant d'être délaissés, car 
ils ponnaient porter à lear sarftce des dessins gravés. Lescaflloax 
seront également exâsiûiés, afin de savoir si certains d'entre eux 
n'ont pas été coloriés. 

U arrive qoelquafoù que, par snite d'ane certaine kwnidili dn 
sol, les objets qo'on découvre sont fnablea. U faut idors, avant de 
les eoievo-, les impngBCr de blanc de bdaÎM, d'aine le piooédé 
que Qoas avons d^à fak connaîtra ''>^ Si l'on a pu pouitant les dé- 
gager et qu'on eraigne seulonMnt qu'ils ne soient pas assez réris- 
tante poor supports- l'embiilage, on les encoUem. 

L'empaquetage nécessite des soins particuliers. Les objets de- 
vront préalabîement être tous étiquetés. Ceux qui aonl dt^lîcatft 

'" Page b6. 



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— 55 — 

seront einbi))é> dans nue ooad» ^lusse d'ooale qu'on «atoonn 
d'nn ptpiflT, et )« paqmt uiui fnt wn ficela On placera, dans Am 
boites de tàaijmmti g n u wb wi, diEKraats paqoelt ds eetto nature, 
et cas bottes tiàennémm, qui dsvraat ofinr an ccrtuo degré d« 
résistance, aBroDl dM p oaéaa dans des caissas oji Ton aura le aoio 
de ne mettre aucun objet lostfd, pouvant les écB<aaar. 

Dans ie cas que nous venons d'envisagir, nou avons inppaaé 
q«e Im fbyen dataient à'mat stole époque, mais il anive quelque- 
fois que l'ezplomtenr reoavntre dans un méoM endroit les i«stes 
sapeiposéa d« deua càvdiaatioas difiitrentes. Dés Ion , si les foyers et 
les ot^ets, q»*oa mat m jmat, m rq>meat pas diMotonent sur k 
s(d rocheux de la caverne, il est de la plus absolue nécesailé de 
poanoivre lea iboîHa* la milEeD dn tarraiss mauUes seutjaoaats, 
jusqu'à ee qu'on vienne à le déeovvrir. Si, poulant cette laoende 
période de recherches, l'on est assez heureux pour trouver de ooih 
veaux en^twaeDtt oocapéa far l'hooune, on devra avoir le soin , 
tout d'abord, de prendre am oeupe de la tranchée qa'oa «umbîtft 
et l'on BOtara desaos lea diffénnoes exiftaot dans la oonstitutto* 
des couches qui, superposées, s'étendent de la surfaos Juaqu'au 
lit de roche , et l'on an recueillani des éobtQtiUoaa. Las (di^U. que 
l'on dégagen dora, seront mis aoigDeuaament k l'écart da cawt 
trouvés antériaorement et ila devront Mre tant de soitt marqués 
d'nn signe partiediar, pour q«'il ne poissa pat plus tard sa pr»* 
doive de confusion. Ils aéoesaitaront un emfaaUaga lait dans une 
caiaaa d ife ente de œtteoù l'on pénoera las piioes reonaillias dan 
les foyers plus supeiAcids, 

Ge que nous venons da dire de la résoHe dea otjals préUito- 
riqnes dans les eavemaa s'applique à «lie qn'on tara paotdtrt 
aowné k entrepreodro au nivaan de» abris sous roohaa. Cet dvi 
mers, ctHOine les cavernes balntées par l'homou, m trouvent la» 
jours dans- le voitinego des tonantl on des riviàres. 

■ L'hiver de tShâ-iâ&i fat exoeptïoanallemeot £roid et sec* à$ 
sorte que le nivenu des eaux des laça da la Suisse baissa beaucoup 
plus que d'habitude. On en profita pour faire des travaux dans la 
lac de Zerich, tout prés de la villa, à Moilen. On découvrit là, à 
une petite diataDoe da la rive, uns espèo* de taire surbaissé, com- 
posé de vau noire remplis d&oharimo.de tessons da poteries, d'oa- 
semeols plus on moins fragmentés et d'instruments en pierre et en 
os : une véribble aocamuUtion de rôeta d'habitations. Cette ac- 



DyGoot^le 



— 5fi — 

cumnlxtion était toute parsemée de pieiiK enfoncés dans te sol du 
lac et osés k la partie supérieure au niveau de la surface du 
tertre. Keller examina avec soin ce singali€T gisement archéolo- 
gique et reconnut qu'il était bien en présence de rejets d'habita- 
tions remontant à la pierre polie. Ces baUtotitHis avaient dâ être 
construites au-dessus des eaux du lac, soutenues par les pilotis 
dont on retrouvait les bases. 

* Partant de ces données, il se mit, avec les autres archéologues 
suisses, à étudier les divers lacs de ce pays. Us «mstatireot bien- 
tôt que ces lacs contenaient tous des traces très nettes de ces 
anciennes stations sur {ulotis, qu'ils nomm^vot habilalioiu bt- 
eiulr«i>('). 

Les Italiens pn^>osèrent plus tard de rem{4acer cette appellation 
par celle de Pab^ttet (po/o/ittt, pilotis) qui, mainte«uat, est géné- 
rulement usitée. 

Les Palafittes furent retrouvées tout autour des Alpes, puis en 
Autriche, en Bavière, etc. Elles ne sont pas toujours du même âge: 
quelques-unes remontent li l'époque de la pierre polie, beaucoup 
sont de rige du bronte, certaines de l'âge du fer. 

Des stations du même ordre ont été découvertes, il y a quelques 
années, en Asie, dans l'Indo^lhine. Comme celles de l'Europe, ^les 
renferment des restes d'époques diBërentes. Les nues datent de 
la période de la pierre polie, les antres de la période du bronie. 
C'est là une constatation d'une grande importance, qui, l'attenlion 
des voyageurs éveillée à son sujet, sera c«tainement suivie d'antres 
semblables en des points tort divers du globe. 

Nous n'avons pas besoin de dire combien les objets qu'on trou- 
vera dans ces circonstances seront précieux et comment ils devront 
én% préservés avec soin. Mais ce ne sont pas seulement les haches, 
les scies, les grattoirs, les retouchoirs, tes tnnchets, les pointes 
de flèches, les emmanchures de hache, les instruments en os, en 
bois, les poteries, les parures, etc., qui devront être mis de côté, 
il &udra aussi ' ramasser, avec la plus grande attention, tons les 
débris du squelette des animaux qui ont servi de nourritare, et 
qu'on trouve entassés dans la boue des lacs. Ces animaux ont une 
double origine : les uns proviennent de races domestiquées, dont 
il est très important de connaître les caractères; les autres ontélé 

<" Dp MortiUel. U h^ûtteri^, jt. 485.' — i883. 



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tnm (hirnnt ln> chasiieB accompliM h cps Apncfnes n>cu)écs. C'e«t 
an moyea de ces demiera éléments qn'on arrive à constater A» 
raitatrèscurietixsnrla répartition g^ographiqm des espaces. Ainsi, 
tonque MM. Roax et Jemraes ont déooavert des Palaflltes âma 
rindo-Chiiie, ils ont été très frappé* de voir que, là où elles eiia- 
taient, vivaient astrefoiB de nombreux Rhinocéroa, alors qa'on n'en 
retroovait presque pias anjonrd'hoi. Ils ont constaté de même k 
présence aneienne de FéKns, de Cervidés, qnt leur ont paru être 
diBëreiris de eetix de notR époque. On voit par cet exemple Tira- 
pertance multiple qui a*attadM h la récente des ossements. 

Il en est de même de celle des CoqniUeB, qni peoveol révéler 
des sobstitalioas â'eipèeet aosvelles à des espèces aoeteanes on de* 
modiBcatioDS de races accomplies pendant la durée des temps 
quaternaires. 

On recueffle souvent dans les Palafitles des débris de végétaux, 
bien conservés, qui nous renseignent sur ia manière dont senour- 
rissaient les penp^adca primitives. C'est Hnsi que nous avoM pu 
savoir qu'en Suisse, Tbomme de l'Age de la pienc taillée sonsom- 
maitdes fruits, des ntnsettes, des {mines sauvages, des merises, des 
cerises sauvages, des fraises, des cornouilles, des poires (rares), des 
pommes (très aboQduites),des glands de t^éne, des amandes de 
pin , etc. Nous avons appris d'autre part qni) se livrait li lacuHare, 
car h cété des fruits précédents l'on a trouvé du Ué, de P<Hge et 
peut-être du seigle. 1! faut donc recueillir kws les restes de végé- 
taux qui se préeewtent dans an état de préservatioo tel qu'on 
poisse dét erm iner leur origine. 

Les produits i^ricoleB n'étaient pas limités en Europe aux ani- 
maux domestiques et aux céréales; l'homme cultivait aussi une 
l^nte textile, le lin. On en a observé des graines et l'on a retiré k plu- 
sieors reiHises, de la vtne, des balles de'liges de cette jAaate et des 
objets ouvrés, Sis, filets, cordés, étoffes fiibriquées avec ses &bies. 
Il est donc nécessaire, ii oet antre point de vue, de réuntr le plus 
de documents pocsiMe; 

Si le niveau des eaax a baissé, si les stations se trouvent être à 
déeoavcrt,' la récolte des pièces est très aisée. Mais si les stations 
ne sont désignées que par le haut des pieux qui émei^nt, il de- 
vient dilfirile de faire des collections. Keller, dans le chapitre 
qu'il consacre aux méthodes à employer pour obtenir les objets 
enfouis an fond des lacs, recommande qiécialemont deaxinstm- 



DyGoOglc 



— 58 — 

ments (». Le pnanier ne doit Atre ompleyé que poar retirer de* 
objets resUs à la surfaoe de U vaw. 11 est formé par u»« pioce, 
doot UD 1»» très Long est tenu dans une tamn par l'explon- 
teur. Le second bras, beaucoup [riua court, porte ea hatf an an- 
neau auquel «st rattacbé un cwdoo. Cdui-cî passe dans «a au- 
oeau Été sur le premier bras, le longe, «t e'flst hob extrémité qui 
est MÎsie par U seconde main. Vetiton ouviir laptBce, on donne 
du mou au cordon ; veiU-on la fermer, on tiM sur loi. Le aeeeod 
instrument est ooniUvit pour aller à U recberohe des ol^eta enfbois 
dans )a vase. 11 conaistc en une sorte de -riteau qui, au lien de 
porter des pwntea, est garni d'une knw mtoUque asaei lai^ 
deoïtée sur son bord ioféneur, M qui peraaet de nieiu gnrtter le 
foud. Avec cet engin , on eulève de la vase au seia de IujiuIIb m 
trouvent noyés les restes divers que l'on F«:herche. 

^, dans certaines régioDB, Tévoliltîoa dea raoas hotnakies s^t 
accomplie d'une manière telle qu'il ae reste plus rien atgowrd'hui, 
parmi oellea qui leur ont succédé, des nMeon, des ooatumea pri< 
mitivea, il n'en est pas de mâme en d'autres parties do meôde. 
Ainsi DnmoDtKl'Urville dieouvrit durant le cours de a» voyages 
dans la baie de Oorey, sur les câtes de la Noavellft<îiiiBàe, un villa^ 
bftti sar pilotis, comme l'étaiMt les anciennes ci^ laoastres de la 
Suisse '^'.D'aatresconstructMms senMkbW ont M si^ialto dep«i« 
par des vi^fagenn et plus particuliireawat par le capitaine R. F. 
Burton '^' ei par le oapiiaioe Camenin **). La qnni^ de vivre de 
ces peuplades, qai omstruisat eocore leurs deneore» oHimw la 
faisaient les premiers habitants de l'Hune, sna tonjours, pour 
oriui qui uira U bonne fortune de le* vÛter. un njet d'étalés 
du plos haut intérêt. 

D'autre part, en Ooéanie, en AmàiqiH, an ceetK de l'A-fH^M, 
il existe eaoore des populattoos qui se servent ou qui se seevatei^ 
il n'ya pas enoore bien longtoofis, d'instromentsea plmv taiUéft, 
•embbUee k ceux que nous rencoatroM dans nos eaveroes on aot 
environs des cités lacustres. Ce sont généralement les haches des- 
tinéea k différenU usages qui, une ibis constatés, dotvmt éttt notés 
soigneusement Ainsi les un», leogaes, sont destinées à être fiaéas 

C KeUer. Tht Lakt dunUiagt af Saiiitrland and etkerparU «fEarapt, p. a, 

t^ ffiUoin Jn vityage de tiAitrolabti, t. IV, p. 607. 

tV Uanointif tlu Ati^r«pa(egie<dSe«ietji, iWi. p. il I. 

(•) CiaHrMi.iMw^^, i863.t.li,p.a3. 



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— w — 

k an mucbe amu eaarl, afin de «oostituer dea bAches. lyaobes, 
^u lédtiilat, ftilM pooT être MaoM h la mbid, sont destina k 
approAiDdir ane cavité dani on tronc d'arfara, fmalablement cal- 
dné eo pwlia, dana le bat d'en faire bb eawrt. Certalnea pîenw 
■ont tnvnltéea, eonaane ha gnadea haohes de la NiMvalle^lé- 
dMÛa. non penr sarm d'ioltniiiMida da travaH, mais pour coa- 
■titaar^ nue fcia. emnMndiéei, dti urtea de aoeptres, qoï, tenus à 
laiBaio,distÎDgueBtlesclMfr.DBiisoei1*iMalMalitét,en Nouvelle- 
Calédonie par eawppfe , on fait r—ler des pieites, de manière à lear 
procnreriiiM flMma ipAïUe, pennetlant de tes p aojrt e r au loia avec 
HOC foeode. De* ^ets arrondis, tels qae œnx qoe oobs tfamoas 
dans dos cavernes, servent aux nalnnls -knodeler leoei peleries. 
Cas pièces et bien d'antrea^ qa'il Mriàt trop loof d'éoamrirer ioi, 
correspoodeat, camae feimd, commie bot d'asap, k orilesdoat 
se semMot 1m civâîsatMiu prinitivesT et elles nous dévoilent dès 
lore,de la maoiète la {rfos certaÏBe,' la aunlèrr de vivre des an- 
riena habitants àt noa pays. Cerament anraibon qpuBti l'emploi ^aê 
faisMenI lea h«Mcias de l'^nque dn Basoe, de ot^ loi^ bètona, 
son^llé■, perforés, £nts avec les beia de œt «Minul, si les voya- 
geors ne noos eussent rapporté de lears expédiliont dans le* «é* 
gÎMis polaisas des iostronents semtdabka, qu'ils nonsait dit être 
de* bâtons d» cOouBae:lnB»iat eDtre les mains des cbefr de tribus 
d'Esqiùaani i Par-cooséqnent, c'ait rbistoice d'sne partie du monde 
actnd qai dMs peruiet de oompiondre eaUe des tea^ aneîaBs. 

Les instruments dont se sarvent le* peuplades eooon à l'état 
pôiaitif seront di* Ion l'objet de l'atteatioa particolière de»voya- 
|ear»,a*ïs'j'i^o«ter« qa'ils ae devront pas se borner k les oolleo- 
ttonnar, k noter leurs usages, ils devront encore non* laiie eonnallre 
la manière dont on les fabrique; c'est avèo an grand tatfaèt qde 
l'on a ap^is, par le léeit qoe noos en ont ftit MM. Pinaid et de 
Cesaae, UAçondoBtce-tataespet^bdesde la Gilifanie détaobtid 
d'nn noyao d'obsidienne de grandes lames on des éclats d'nne fi- 
nesse extrême. 

Je ferai rçmarqaer qu'il &ut se hâter de faire des collections de 
cette nabm, parce que, l'intradaetion des produits européens a'ae- 
complissafit tvnc nne rapJdHé eiir^e dans toutes les régions du 
globe, les races sauvages abandonnent leurs armes, leurs ibslni' 
ments pour acquérir les objets plus pratiques qn'on leur apporte, 
et dès lors^les fabriquent de moins en moins. 



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— 60 — 

Ln voyageurs qui ne Ironveroiit tppeMs k vivre aa miliea de 
pei^les peu connus devroat en fiiire l'étude à une foule de points 
rie vue. Us devront noter comment sont coisstrottes les tubitatîoi» , 
si dlea sont toutes sembiiUes, sll n'en est -pas qui te cUstingnent 
par des formes particulières et qai soient ow a a a c ric» à des images 
Bpéciaai. Puis, Leur attention se pttttera sar le mobilier primitif 
qui les garnît. Ils nous apprendront comment on s'y coscfae : 
cstce sur le sol, on k qnelqoe distance de loi? Cette indicatioa 
a une grande importance an |>oiat de vue hygiénique et dUe est 
l'indice, pour les voyageurs, d'nn soi salufareou iosalubre. Cenx-a 
devront décrire lei différents vases servant à faire coire les ali* 
ments ou aux diven ubb^ domestiques. Ils noos feront savoir com- 
ment, iannit veaae,on s'édnre. Us nous mettront, en un mot, au 
coorant des mille détails cxiocernant la vie domestiq^M. 

Les vêtements devront être observés avec an grand ann, non 
senleraent ao point de vse de leinra formes, de leor simplicité ex- 
trême ou de lenr grande riobeascv, mais également ao' pofat de vue 
des matières ^ les.cnMlltueat. Ne pourrait-il pas aniver qa'on 
pât af^liquer k- nos industrias certaines des substance s végétales 
dont ils sont formés? 

L'atte«ti(Hi devra se porter sur les mtrqttes dietinctive» servant 
k s^naler oerlains personnages. Ace point de vue, le tatouage devra 
faire l'objet d'étodes tontes spéciales. Je n'ai pas besoin à ce sujet 
de rappeler que les anciens che& néo-zâaadaîa portnieiU de vé- 
ritables blasons gravés sur tenrs visages t'i. 

Les objets de parure méritent également de fixer l'attention des 
voyageon. Us sont de natures trop diffôrentes pour en préeenter ici 
tme nomenclataiedétaillée,mais qadqties-mis d'entre eux peuvent, 
daps oertains cas, nons révéler la manière de maaifeater certains sen- 
timents, tels que cdui du m^iris du vaincu, on bienik servent 
à rappder des actions d'édat. C'est ainsi qn'îl n'est pas rare de 



(I) n (kat , rdilivemenl , *u laloutge obwrver loifpeiisement l'il eit )■ maiiifel- 
tation d'nn caprice on liiea s'il ne conitiiue pfli uns ni*r<ine diitinctive. Dtni iv 
damier (M , «a te rMrooM inr £«!»« M4cU.hve(eB^,latatoM^SB mnaa 
detlèvm indiqne, duucnUiBeiiocslibé*, que Ikfeintiit qai la ports «tinanj^ 
Noni pourrioBt dter de nombreux Ikit) de même ordre. Nom ajoutcrooi qu'il 
faut s'eiHjuërir de la manifere dont procèdeat les nalureb pour tatouer, observer 
les iiulraiiienti.ki nru«lllr, li t'ert poMitfle, et connaître les «ubitance* cola- 
ranle* nttlit4e«. 



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— 61 — 

liDuver coOcéMiie des colKefs de deots humaiaes et eo Amérique 
et en Afrique des colliers de dents de baves. 

Nous signalerons également à l'attention GCrtainee modes, aa 
svjetdesqoellesil est îm^rtaM d'Atra édairé. On doit noter, quand 
on l'cdiserve, l'habitude de se teindre les cheveni, la barbe, la 
peau, parce que, dans bien des localitos, des observctenrs super- 
fieiflls ont considéré comme normales des cotations artificielles 
très mitées dans certaines tribus, ce qui a causé de nombrauses 



■ Hais à ces modes inoflènstns se jo^nent presqtn partoat, et 
jusque dans les pays les plus civiliaés, des coutumes qui laissent 
sur certaines parties du corps une empreinte défiDÎtive et qni cou- 
stituent la liste presque inépuisaUe des matilatioDs ethniques. Cet 
mutilations aussi variées que la fantaisie humaine peuvent quH- 
qoeTois dénaturer certains caractères anthropologiques tlellw sont, 
par exem|de, l'épilation et les déformations artificielles du cr&ne. 
D'autres ne vont pas jusque-là, mais portent une atteinle plus ou 
moins grande li l'inl^rité de certains organes (excisioi» et perfo- 
rations diverses); d'autres enfia, comme le tatouage, n'altèrent ni 
les formes, ni les foncUons. Toutes, depuis la plus légère josqn% 
la plus gnve, méritent d'dtre notées avec soin, soit comme carac- 
t'^rtstiques nationales, soit comme l'indice des rapports qui ont pu 
eiister antrefeis entre certaîos peuples ">. ■ 

L'épilation, qni consiste k amcber les poilsde la bai4>e ou ceux 
qui couvrent le tronc et les membre», s'observe généralement chez 
des pea[des dont le système pileux est peu développé. Elle doit 
fixer l'atteolioa , car on a souvent décrit comme glabres des peuples 
qni ne l'étaient pas. 

Les mutilations du nés, des lèvres, des oreilleB conustent en 
perferatioas dans lesquelles on introduit des anneaux, des bâtons 
de bois, des cylindres de métal, de pierre, des os ou des dents tra- 
vaillés. Qudquefois il résulte de ces praliqnes des déformations 
vraiment extrandinaires. ■ On ne saurait trop, disait Broca à leur 
sujet, appeler sur elles l'attention des voyageurs qui auront k les 
décrire avec soin, les reproduire par le dessin, la photographie A 
même,' si cda est possible, en obtenir un moulage. ■ 

Les mutilations des dents portent gén^lement snr les incisives; 

'<) liraca,{»eaei(..p. i5o. 



bï'G oo<^ le 



•llfli oMuistenl <Ud» leur ajguiwiueat ou tewr tffMbeoHiit. il iàat 
tâcher de savoir, au sujat de cette dénuées <qiérttioo, à quel Ig», 
à quelle occauon, par quel proche le» «wlftios* sont {vatiquées; 
il Âut tndiqvor nartemeiA k nonbc* «t Je nmg du» dent* um- 
ch^l leur si^ à U màchoin impénmntm àUmfcAwwi iaS^ 
mare. 4 drute ou à gaudw. 

• L'aUttioo du petit doigt w pratique sjnttestiquenwat, chai 
OBrtwBB peuples, sur tout les individus, qnelqoefiiie méou duM 
les deux sexes. On se demande si cette mutilation a le cwiwtAw 
d'one institution religieute ou d'uM aioiple eonbmt» uitioatlft. Il 
faut donc recvMÏlIir des renseigiwaieiitB k «e «lûet. 

> Ailleurs , l'aUttien d'uoe «u d« pluHeon pbabuges , d'un ou 4e 
plusieurs doigts, se pratique eu sigae de deuil, k U mort d'un 
époux, d'un parent, d'un «ini. Ce cas doit Atre ^^■M''y^ avM toia 
de celui qui précède. 

> Od devra étudiw les joatrumonta et pnmédès usitéa daaa sas 
aoiputatioas et de mander ai eUea t«nt peatiqu^ pu- de* opéra- 
teari spédaïu. • ''J. 

Les organes génitaux de l'howne «t de U ftnuM aoot l'olijet, 
«r c«rtaias peupl48, de mwUUtioos spédalea. 

Au su^ de la circoucùian, lu Société d'Anthropologie de Paiii 
• dsouadé qu'on rechtrabAt i i" « oette coutuoui i owiaervé par- 
tout le caractère religieux qu'elle parait avoir eu. dma l'oogioe; 
3* qud est Vige où l'on pratique l'opénttioai 3* q«ala wot les 
^NbiateurB, q«eb sout les inatri iiw sii h dont ils se servant et le 
procédé qu'ils emploient. 

L» denù-cattantiou est aoe pratique rare dont les inotiA ««nt 
encore mal connus, 

La «Bttm^n ooofilète * est pr«Mtrite. par certaines «eetes jvli- 
gi o m w , qui se pcopoeent «iMi d'unener t'extindioo de l'iiuiwniits. 
Ou sait qu'une de ces uectes, déjà aosiMme, a pria d^uia qiislqua 
temps une asset grande wtension dans l'empire ruMet elle n'est 
point la seule. Ailleui* aussi. U bA'ui et le mystfoiaine ont déoou' 
vert ce moyen de mettre ua tenue aux misères bumaÎDes. C'est 
■0 aiûet d'analyse pajrcMogiqne dont Tétude offre beaucoup d'i» 
térét.W. 

Pour k cBstralioa, comme pour la circaocisiou, il ina^Miite de 

(" Brou, locit ciL, p. I&3. — '*> Ibul. 



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— M — 

eoiUMitn les pcooédtfs cbimrgicMa tmfàojé», im îmthaueata dont 
DO M Mft; fl e«t iat^VMHBt ëgalflmeat de mwmt quai cat le rang 
atêwg é dvas la lodM par ies opéré», le rMe qu'ils jouent cbm la 
vie poUUtae. eafio les c àa n geme n tt pbysiokgiqiics et psychtAo- 
giques qui surviennent chez eux. 

Une dfl» cootMiaes sioguliirM de carteiiu peo[^, atmtaïae re- 
BMntiat à une. bien bwrte antiqwié, car eUe se manifaste dans 
de iKHbiwues s^ultuiw prttisliiri^«ei , oonaiste dans la éétor- 
■atioH' arti&siflUa dji onàae, 11 n'y a pas longtemps qu'alla était 
en pn4M|«e daaa le midi de la Fnon, et elle l'est eoom dans 
cartaÎBs pOMiU de l'Asie et muIonI dass l'Ajnérique septeatrion^e. 
Les modifications subies par les crânes donnent à ces derniers de^ 
iermea ttis diffiofole», maïa pourtant qoi pcovant étn zamanées 
à deuft types prtodpaitx désîga^ par les noms de éiformMtàam n- 
Uvétê et de dif§rmKI*o»t cMchdm. 

Im procédés em|4oyées pour obteoir cas défenaalions, arnvajut 
•M plus haut degré de l'extrcvaganoc, s'imposent k l'atteation da» 
voyagaïust qvi doivent non aeulenent en nqipartv une deaci^ 
tîOQ, mais eMCore joindre ans. dasins ou aax pkotagnpfaias de» 
tâles les desaiiu des instruments, ayant nrvl à taansfbrmer les 
fiwBiea. S'ils peuTent coliectiaaaer les divers agents de cagopres- 
tâoo, pUqiies, bandelettes, coomàas, «te.» cela vaudra ancOn 
mieux. 

L'état de «onalaiw*, de fM^notca on da ranté de la déforma- 
tion artificielle, parmi les pupuiatiuiis actuellas, doit épdemssit 
fixer l'attentioe. Est^Ue la nAme dans les deux sexes, ou limitée 
à l'un d'«ntre eiuî * Cette darasèm cûoonrtaaea ae préacnte sor- 
tout chaa les p«i}^<9W, oaMpnoant enfin la baibaiie et la sta- 
pidîté de la pratique des déAmatians, y renoncent pen à peu. 
Ce sont d'abord quelques âunilles setdaaHBt qni aaeat y soiutraire 
leur» enjânta, pals la nonbre des individus défennés dimiuMe à 
cbaque génération , «t il arrive on manant «ù tes individia oa 
sont plu» qu'aux^tiouiMls. Ajllaun, dea lois imposées par les Eu- 
n^téens interdisent la mutilation, mais il y a cncora des olKtinés 
qui ia pratiquent en caebetla. 

> 11 y a une cause d'erreur qui doit et» signalée. En «diaervant 
un cntain DoaUve de «a» de délbrmatioas. phis on moins atté- 
nuées chez des peuples qui paraissent ou qui prétendent avoir re- 
noncé à leur mutilation nationale, on a pu croire que les défor- 



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— 64 — 

mations artificielles du crAne «tneat hà^taires, qae leon eSêta 
ue s'eSâtjaient qu'au bout de quelques générations. Cette opinion, 
bien que fort peu probaUe, est encore en discotuon. Les voyageun 
devront donc récueillir avec la plus grande attention lec fsôts qai 
peuvent l'appuyer ou la renverser'" .. 

Les voyageurs ne doivent pas seulement se [véoocuper de con- 
stater les déformatîtHis criniennes, les procédés qui les ont p«>- 
duitea, les sentiments auxquels obéissent les peuplades an son 
desquelles on les constate, ils devront «aaH« , et c'est U un point 
dont nous n'avons pas besoin de faire resswtir tonte rii»p>rtanc8, 
se rendre compte des efièts physiologiques q*i en sont la consé* 
quence. 

Les individus défwrmés sont-ils fdus eiposé» que d'atili:<es ii l'i- 
diotisrae, à Vimbécillité, k l'épilepaie, h la ftdie? 11 sembicrtit, 
lorsque Ton envisage les populations de l'Amérique, que ces dé> 
fi>nnatioasdusaentètreiaaBenaives,car,chest41es,on nelesappli- 
qoait pias à quelques sujets , mais à la presqne totalité, si ce n'est 
à la totalité de la population. Ponrtant on a observé aadennement 
en France que, dans les anles départeaienta«x,le nombre des alié- 
nés k tAte déformée l'emportait sur ceui dont la tête était normale. 

Au point de va?: des fonctions iatellectadies, la Société anthro- 
pologique a, dùj 1S79, recommandé aux voyi^eurs de dwrcber 
k résoudre les questions suivantes : 

> 1° Les individus déformés sont-ils en général moins intdli- 
gents que les autres? 

■ 3° Exist&t-il cfaex eux des penchants partimliers^ {Mfl^rent^ls 
(les autres an point de vue du sentiment religieux? Ont-il« des 
moHirs fdus douces on plus violfntes? Sœt-ils phis aptes à k 
guerre on aux travaux de la paix? On a prétendu que les défi»- 
mations couchées, qui aplatissent le front, déveIoiq>ent des goûts 
belliqueux, et on leur a même donné le nom de déformatioiu d» 
eoara§B, On a dît en outre que les délbnnatioas relevées, qui 
aplatissent l'oociput et refimlent le cerveau eu haut et en avant, 
rendent l'homme plus prudent et plus sage dans le conseil. Ces 
assertions ne reposent pas jusqu'ici sur des preuves suffisantes et 
ont besoin de vérification; 

■ 3° Enfin les tnmUes intsUcctaels, idiotie, imbécillité, épilep* 

<'> Rroca, toea cit., n. 157. 



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— 66 — 

ûe, folie, jMTaiuent-îlB plus fréquents sor les défbnnés que chez 
les aon défomésClï* 

L'hunine oe doit pa« seulement être eiuBiné au pnnt de vm 
extérieur, il doit l'être paiement au point de vue de certaîiias cou- 
tumes de sa vie et tout d'abord lur la manière dont il se uourriL 
A cet ^ard, une première question devra être étudiée avec s<Hn : 
GcUe du cannibalisme, qui subsiste encore en oertuos poiab de 
rOoéaiùe et dans le cwitie de l'Afrique. 

Beaucoup d'écrivains, de voyageurs, de pUosophes ont re- 
cberché la oanse qui a pu dooMv naissance k l'anlluvpopha^. 
&vncheley pense que le désir d'une vengeance complète a d6 Mre 
pour quelque chose dans ce résuhat (^). Hais il est surtout porté k 
(Opposer que cette oontnme est due k la perversion de quelqoe 
idée religieuse. Cher, les populations qui croient k la survivance 
de l'indivîdD après sa mort, l'anthropophagie peut s'expliquer par 
cette idée qu'en mangeftot le cftdavre d'un individu tné, on l'ané- 
antit abaokuaent et qu'on n'a [rfas k le redouter. Par ctHiséquent, 
les voyageurs anroat à se [wéoccapw du seatimoit auquel obéissent 
les popdbtions cannibales et à étaMir si oe sentiment a pour ori- 
gine une préliireBGe pour la viande himuine, «u une idée religieuse, 
on qndque pensée supentitîease. U est égalemeat très iotàvssant 
de conuidtre coMment se i^'atique le cannibalisme, quelles sont 
tes cérémonies auxquelles il donne lieu, quelle est U manière d'ap- 
prétu', de faire cuire la viande humaine. Enfin on doit noter quelle 
est U partie de la popul^oo conviée à ces festins. Ainsi, aux Fi- 
dji, la chair humaine était sévèrem»]t défendue aux hommes des 
dasses inl^ewces «t aux lenunes de toutes les conditions. Dans 
cette même localité, comme aux Tonga, la viande humaine ne se 
mangeait pas avec les doigts. Les chefs la déposaient dans des 
coupes en Ixhs spéciales où Un la prenaient avec des fourchettes 
particulib«s, paiement en bois, k trois branches, qu'on se trans- 
mettait religieusement de père en lik. 

Il est, d'autre part, intéressant de coonaitre le mode d'alimeuta- 
tioa ordinaire et de savoir s'il est le même pour les diverses castes. 
S'il ne l'est pas, il iaut alors rechercher si la diffirciice de nour- 
riture a'eotraine pas après elle des difiëreiicus physiques. La taille, 
la force se sont-dies pas la conséquence de régîmes divers? 

'-*). Braca, lat» tU., p. tôg. — *-'' Uiil. 



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— M — 

Le» ^n<Mn» lieux de oampenient, ranontant k doc époque éloi- 
gnée, devront être le sujet d'observations très alleatives. Poar 
Dionlrer tant» l'importuice de sembUbtes reeherdKSf oon» rap- 
pelleroiu que c'est par l'euBiea de «tattntsi abaodonaéM d^Mns 
un nombre d'années qn'on ne saurait fiscr, qa'oo a aoquis. ta 
NouvelIc'Zélaode, la preuve qoe tes Afeot. ou Ditmnui, invûeut 
lorsque les Maoris soat veons oecnper cette terra. Ces O is onoi 
de grande taille, dont on retrouve les restes carbcnùsés, aiéiKigés 
à ceiiK de l'HonuBe. à ceui de Phoques, ds Chiens, à de très 
uombreiiscs CoqutUes, ont disparu k la suite des chusas dont ik 
ont été l'dDJet. 

La tnanière de produire du feu et oeHe de faire ooire les ali- 
nants peuvent donner lien à des eonstatitiom d^in rartain io- 
térM. 

Si nous quittons l'Aude de ta vie matérielle pour passer k cette 
des numlè^tions spiritoelles, noiu suraiis égâtewent à «ipMler 
aux vojrageurs un cotain nombre de potots s«r lea^wela Us de- 
wmtt 6iia leur attention d'uie maai^ spéciale. Ha rechepctieront 
en premiei' lieu s'il existe des caractères reli^eai, de qs^te na- 
ture ils sont, moaatfaéisme «u pcAythéisme, sHk donnent Ke» k 
certaines pratiques. Noos diron* tout de suite, et cda penr en 
avoir fait l'esp^tenoe.quece genre d'îuveBtigatîoM,qai parait très 
simple, est souvent fort difficile Ainsi on pwl m ét wo aftre de 
très bonne foi le» manifêetations de ta rri^iostté, et, k ce point de 
vue, M. de Quatrefages a été trèe bien inspiré quand il a écrit les 
t%nes soivantei : 

* La plus fréquente des causes d'erreur sor lesquelles je cnns 
devoir appeler l'attention, a sa source dans la haute opimn que 
l'Européen a de lui-même, dans le dédain qui préside hiMtiielle- 
ment k ses rapports avec les autre» popvktioM, et Hurteut avec 
celles qu'il traite avec plus on moins de raison de bariiares ou de 
sauvages. Par exemple, un voyageur, qui, d'ordinaire, parle fort 
mal leur langue, interpHlera quelques individus snr les délicates 
questions de la divinité, de la vie Âtinre, etc.; ses interiocateors, 
ne le comprenant pas, feront quelques Hgnes de doute ou de dé- 
négation sans aucun rapport avec les questions posée»; k son tour, 
l'Européen se méprendra. Lui qui ne voyait déjk en eux que des 
êtres infimes, incapables de toute conception tant soit peu élevée, 
en conclura, sans hésiter, <|ue ces peuples n'ont aucune notion ni 



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— 67 — 

de Dinit ni d'une turtn vie; ttwaa iw tioo, faieHldtr^pïUe, len 
facilement acceptée comme vraie par des lecteun qui ont, de* 
peapfe* étntngcn à oa(c« ciirifcrtian, à pea pris l«s mAnee opi- 
aîons qae lui. L'iMitoira de» voytgM aoua fonainit id de aMB- 
branx. exMspleii. Lw Gafires, les Hottestob. etc., ont M ivunta* 
Gmb cité* comit des pevfdes athéest on aeit kkm n^gurdiiui qD*!! 
n'en wt rien. 

■ Le vo3iligmr pariàfciil «isémeat la kagae du pKji, il pesCcocoM 
être aisément induit en erreur. Les croyune* re%î«t»es touchent 
àMqaciwrtn être a de pfais intime; Le savnge ne owt pt» ttioa- 
tia» Mm omat kmu devuit «n étrange qsHtTsdoBle, dont il sHlt 
k sUpiàentè^ et qn'fl » vm aMsreat prêt à méconnattre ou k nïH«r 
w qu'il A toqjoun regMrdit «unnie lé phH la^aetaUe. La dîffibnhé 
qu'a» Pnnen ^pMMve an France à s'initier aux sa p a ti tîem dw 
nutekt baeque^ow du pwpan lM»-brBlcHi, doit lai eban» une me- 
mre de cdles qu'il tiouvaah à finra exjdiquer av de pareMn 
BoatièNs UK Cafre Oa an AurtraMen. Campinll eat bien de la' peiné 
h^fateasp de Malraaon l'aven que les Boedùaman* admettaient l'esis- 
leuee d'un dieu ntie et d'«a dien femelle, d'nn twn-et d'an mau- 
vais principe; il laissa bien d'autres découvertes et biea |rias mi- 
pertûilMiiàiBaàEWl.AritQasaetetDaiAas. Wallù, af«^ aa diois 
d'iotÙBilé ayee In Taitîens , déclara tfoe ces iosnlalro étaient sans 
culte, 4aadia que la caltv, au coBtnàre, se mêle à leon nkàndres 
actea. h n'avbit va qkie de siMpUii ciaMAiènes dans les Mknï , daM 
ce» tnnpies vteéré» dont aucune fttmne ne peut même toocber 
ia terre sacrée "'. > 

L'étude des-cacactéres abligiepx a, a« pwnt de Tve d« l'hîMbire 
uatDMlle de l^liomlne, une impartanoe- «usai considénbie que 
Oitte de son iaagqge, «ar elle peat uoas Beattae sa- la tnw* d'(Mi- 
pm*' dent le souvenir est perdu dans la nnh des teaaps. 

La croyance k une autre vie exerce, à des points de vite U«q 
dwMn, okM înftaeBoe but. les BMturs dos penfiles, et tes voyageurs 
denoBt ft'ènqa^nE de am «ualenee. 

La croyance desasfnts bans et nunvaîs, le cutae des fiMebes, 
le r6fe ifÊ» jouent «eiu-«i entre des mains haMee , pour assurer 
ou bmitec le pouvoir des efcefs, le rôle des acnuen^ sont autant 
de points doat la conuMssance exacte serait intéressante à acquérir 

ft De Qnatrefiige*, L'E^iee Aoumcm, p. 3J9. ' 



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ea bieu des coatrées pour soeitrftre nos Dotùms mit Tévoluliou de 
l'esprit humain. 

Faisant suite à l'ordre d'idées dont nobs venons de parler, se 
rattache la question très importante des landes, car c«Ues-ci ont 
permia dans certains cas de retracerThistoirc de qudques peuples, 
et cela, non lenletteot an point de vue d'actes aocomplts dans une 
même ré^on, mais encore au sujet de déplacements, de voyages, 
de migrations, de conquêtes, dont le souvenir, sans ettes, aurait 
été éternellement ignoré. 

Pouvons-nous domier à ce sujet un exemple plus PonarquaUe 
que celui concernant la valeur qu'oat eue, au point de v«e de la 
connaissance des migrattoat polynéMenaes lea recherches fiâtes 
sur les vieilles ^fendes des Maoris? De tontes les expéditions en- 
treprises par les Taitiens, dès une époque noore tndétermiaée, 
mais qui ne peot être de beaucoup antérieore ou postérieure à 
l'ère chrétienne t'I, la plus mémorable fut celle qui conduisit, mn 
l'an 1307, les habitants de Baratonga, la plus ^«de des lies 
Harvey, k la Nouv^e^élande. Klie nous est oonnuc grâce k Sir 
Georges Grey, qui a recoeiUi et traduit d'aotiqaes chants bût»- 
riques oéo-x^andais. 

A côté de ces chants destinés à perpétuer le soavenir des épo- 
ques passées, il en est d'autres qui se Apportent aax principales 
circonstances de la vie, la naissance, le mariage, Is guerre, la 
mort. Cette dernière donne g^iéralement lien à des sidennités 
particulièN» à certains peuples, k certaines races, k certaines 
tribus. 

Le voyageur doit se préoccuper de les obserwr, sartout si 
k leur occasion on pratique des sacrifices. La manière dont les 
iiiboraations s'acrampUasent devra être notée. Il en «era de même 
des constructions, qui pourront être élevées poorperpétoer le«oa- 
venir de coinns morts. 

Des instincts artistiques s'accusent chex tous les peuples, mêsK 
chez les plus primitifs, et leur» raanîfestitions sont d'ordres très 
variés. Les instruments travaillés seront toajmirs ocrfleotionnéasvec 
grand soin. En Océanie, ce sont les massues, les casse^êtes, les 
plata en bois, l'arrièFe et l'avant des canots, les poutres et les 
pliinchcs reliant les deux câtés de certaines cases, qui sont cou- 

''> Potjiicsca Mjtliolo^, Lnadon, iSSB. 



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verts de Rcutptnres vaii^. Lm auriennfM tnaMon» n^x^andaiitra 
MUit cdèbns par leur ornementation'*). 

Nous recommanderoas en ftentier lien aux voyageurs, qui èu- 
ront été pcéparéft par des étodes médicales, d'observer tes maladies 
locales ri ensuite de cheicher k connattm les plantes employées 
par ks indigènes camto* médicaments. Ce dernier poiat oAire , dam 
cntainesrégioBs.ccMiuBecrilederOcéanie.dmdifficnHés qui jus- 
qp'ici sont restées insurmontables. 

L'étude des boÎB«mployés pour les cooatructions «» divers on-' 
vi^ea, ecéle des plantes utilisées povr fabriquer des étaRês s'im- 
posMont an voy^eor, car ilpevt en résulter d« gnnd* avantage 
an peint de nw commercial et îodnstriel. 

Noos n'avons presqve rian h dire sur la iâcon dont doivent Atn 
pe ésa t vécB les odlectisnsfllfaBographiqafis. Par leur natnre TnAme, 
bois, pierre, la pins grande partie d'entre elles ne courent aucun 
risque et n'exigent seulemait qM'un emballage soigné. Mais comme 
lesétofiM pourraient être attaquées par drvsrs insectes, il ne fttidra 
pu manquer de verser qndqves gouttes de naphtaline dans la 
boite oà elks seront placées, ce qui les mettra il l'abri de tmt 



CHAPITRE VI. 



.11 BcmUerait, a ^ M. Onstalet, au débat de la oonférenoe 
qn'ii a faite an Muséum sur les Mammifères, en vue' des voys- 
gears, que kBanônianx constituant le groupe le plus élevé drw 
Veatélyés d u satn t Atre, à aatre Craque, ooruosou pi^esque cofipuN 
ealiètement. Pourtant il «st ioso d'ea être ainsi et, sans sort» de 
l'Europe, il y a encore de nombeeuses découvertes à.aooomptir, i 
Le savant asaÎEtant du Muséum a fait remarquer cpie oe ue sont 
pas serment des eipèces nouvelles qu'il serait ntUe de rapporter, 
nuûs qu'il y aurait grand iatérèt, pour notre premier étaUiiàement 
sdentifique d'bistwre nator^e, à vor récolter des espèces rares, 
actudlemoit représentées par d'uniques échantifions, malheumu- 
sement trop souvent es très mauvais état de préservation. 

''I Dani Ici ofoù leiobjeti icuiplâi sont ùitëreuaDti et qu'on De peut lei recueit- 
lïr. M>it que leurs propri^faires ne «euitlent pas lei abanilonner, soil qu'ils soient 
trop tolaminetn. cDaime loraqd'S l'agit de portio» de moBumeats scdptft (ai- 
Mnt partis 4'minmnet dtëi ptdiiilsriqim, il faul en pradre de* Mtsmpa^. 



■ Goot^le 



— 70 — 

Ce lont surtout l« prtitea eiftèces qui devroat Am, de ta put 
des voyageurs, Tobjet d'une attention tonte jMrtionliàre. Pw bar 
taiUe réduite, par leur mode de vie, lenra habttatioM établies 
MUS la terre ou duisk trobtc des arfatcs, par leurs habitudes qoei- 
quelbis crépuKulairet on aodumes, dtee ëdiapfent très iwâle- 
msut à f observation. Le nombre des espèces et petits tteageurs^ 
de petits Insectivores, qu*U reste iidéeoavnt, est certainement en- 
core très, élevé. M. Oustalet a rappelé à ce snjet qa'il n'y a pas 
longtemps qu'un naturaliete, M. Fatîo, a trouvé en. Saisie one 
espèce nouvdle de Souris , qui avait cboist pmr doDCon tes en- 
virons d'une nuDufacture de tabae. I) y a, d'aotre part, h peine 
un an que l'attention de« loologistee a éÉ^ nrsmant éreUlée par 
lîaooonoe.de )a découverte dans le nerd 4n 4a province de Vic- 
toria, en Anatralie, d'une Taupe, animal q«i jnsqu'dcRv a'avait 
jamais été signalé dans cette régicm. C'était WM T«ipe wano- 
pialc, représentant en Nouvelle-Hottande les Ckryêoehiom àm snd 
de l'Afrique. Noos pourrions moilqdier ces exiuD|^ à IHnfioîf 
mais ceux que nous venons de citer mimtnBt bien snffisammeat^ 
d'usé part, qu'il y a encore dans notre pays dan découvertes k 
iàire, et d'autre part, que celles qui seront accomplies dam de* 
pays lointains pourront avoir un grand intérêt xoologiqne. 

M. Oustalet a fait observer ^;alement,ao sujet des petits Mam- 
mifères, qu'il existait de grandes lacunes dans nos connaissances 
relatives aux m«iux, aux coûtâmes et surtout aox OMgmtioos de 
certaines de leurs espèces, et qu'il y avait do«ecAté tout an champ 
de reoliercho à exploiter de la paît des voyngeors. On sera surpris 
d'appivodre que nous sommes encore mal remeignés sur les m*- 
gratioBS du Hamster et qne «es oonnaissancee sur celles des Len- 
raiags laissent beaucoup à désirer. 

Je disais tout k l'heare que l'attentùn devait tee fHrigée mt 
les nuBurs des animani, et je ne sanrais trop insister au|)rès àe^ 
natundistes voyageurs po«r qu'ils nom rapportent non seide* 
ment la pean de ceux qu'As asiont taés, mais encore des mo- 
tions aussi détuHées que paaibte sur lonr taoda de vie^ Ce qoe 
j'énonce à propos des Mammifives s'applique à tans les éti«s d« 
monde animal, Vertébrés et Invertébrés. Il ne suffit pas à notre 
esprit de savoir qu'une béte, dîHSrente des autres par tel? ou trfs 
points de son organisation, existe en un certain point de la teire, 
cd«i-«i vewf «fiam étn éclairé s«r ses ma nifa st at iona vitales. 



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— 7! — 

donnuit lieu, daiu btcn d« om, aax plm luntes snfigMtioaB phi- 
loBOphiqtics. 

Si, quittant M* raratUntioBB génfralet, nova entrons dans le 
d^aâl dea rodierdies qu'il eimt intÀwsaat de voir aocomplin, 
noua aiirom toat d'abefd k neua occupa- dn Singes. Ce que noua 
divem de ces animaux, oeraBSe tout ce que door indiquelinu 
idativeHwnt anx natm giwpea de Mamtaiftm, e*t emprunta 
k la coaSireaae de IL OuataletO). 

Au sujet des Singes, ce savaat naturaliste a fait remarquer que 
MMM ^oas ebooK très mal ranwignéa en oe qui ooRcemeles 
GoriUes et que nous ignortona m ê m e s'il exidait me ou iHusieun 
espèces de cas airimama JNous ne smuibcs pas fix^ non pins 
sur Isa limitai de leur disponm, ni sur oeUe des Chimpana^t 
surtout -mn i'ett du cOBtinaat airiauo. On ,a décrit de nom- 
brensea «pice» de c* dernier animal : Amtitrapopitktcm niger, 
caJvw, Ueluga, kmto'kÊn^, mais sootoe bien lil des cspècea et 
non des vaiMtés locales, c'est ce que los voyageurs peuveirt seuls 
nous appremke par des observatîonB laçâtes et surtaot par t'euvoi 
de peauK apparteaant è d« nijets des deux sexes, très jeunea, 
jeunes, adultes, vieux, très vieux. Ce que nous venons de dire 
rdativemeBt aux Anthropomorphes africains s'applique également 
à ceux vivant en Asie ou dans eeataioes lies de l'arcbipe) malais. 

Il s^nUcrait qu'il y ait encore de no ml g ous ee espèces de Sem- 
nopithèques k dècouvrirt principalement dans la r(%ion Oiian 
laysane, l'Anaam, le Tonlcin, à B<h^^ et il SuBUtn. Il doit en 
être de même m Gaboa, au Congo, dans la région del'Oabuigui, 
en ce qui coaeeme les Gtnnoos ou Ceroopitlièqnes et les Colobes. 
Les demijves exploratioiM faites dans ces r^cns par les voya- 
gmrs ont enridii les collectious de plusieurs espèc»* oneveHes de 

Noos connaissons diverses espèces de Macaques vivant dans le 
Sctchoan, le royaume de ^am, à Bornéo, mais il est probable 
que noBB'Bommes loin de posséder tontes oriles qui «ùstent dans 
ces riions anatiques. Les Papoins et les Cynocéphales de l'Afirique 
équatoriale et méridioiiale sranèlcnt Atre aetucUement bien coonua, 
et il ne paraît pas qu'il y ait à leur sujet d'importante d^uvertc 
k accomplir. 

:, 5t, p. 6S. 



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— 72 — 

Si, qaittant l«» Sioges de l'ancmi continent, nous considérons 
œui du nouveau, nous voyons que les renseignements ibondenl 
sur les grandes eqièces, Iw Hurleurs, les Lagotrichet, la Eriodes, 
les Atéles, les Sajous, les Sakis, tandis qu'il n'es est pas do 
mâme en ce qui cooceme celies dont les proptKlïoBs acmt ré- 
duites et surtout celles qui ont des habitudes noctomes. Ansai il 
y a probaUement des découvertes à Cure panai les Niot^âtbèques 
ou DouroHcoulis, les Cailitriches, les Saùnirû, les Onistîtîs et les 
Tamarins. 

Les aoinaax qu'on nommait aotrefeis des FtMx SïRgtt, k cause 
de la reas^nUaBce qu'ils possèdent avec ceux dont il vient d'être 
parlé, et qu'anjourd'hin on affile Lémuriens, ont depuis (brt 
longtemps fixé l'attention des voyagears. Les IVopitlièqnas, les 
Indris, les Avahis, les Lémurs, qui habiteat Madagascar, sont 
bien décrits à l'henre actuelle. U en est de mime de l'Aye-Aye. 
Mais les Hapalemur et les Cbirc^les , vivant daos la même répon , 
le sent beaucoup moins bien , et il y » certainement k faire des 
recherches intéressantes en ce qw les concerne. Les Lénuricas 
asiatiques, les Nyctioèbes ne sem^ent pas être tous conoos; les 
Lemnriens africains, les Galagos doivent être représentés par un 
grand nomlnv de petites e^iéoea dont {dusieun, jusqu'ici, ont 
échappé aux investigations des vojageors naturalistes. 

Malgré les publications récentes concernant les Cbauve»Soaris, 
oa manque encore de renseignements sur ces animaax, et pour- 
Inat il serait oécessiâre d*4tre éclairé complètement à leur sujet. 
Il y aurait à cela un douMe intérêt. Nous serions fixés, d'one part, 
sur la distribotion géographique des geares, des familles, com- 
posant ce grand groupe, et, d'antre part, nous pouirioos être 
édaicés sur des ém^rations qui ont dA s'efibctoer, dorant les 
temps géologiques, de la part des espèces vivant alors dans nos 
contrées. 

Pendant les pnoners temps tertiaires, la France jouissait d'un 
climat tropical, et dors vivaient dtee nous de très aombrenses 
espèces de Chaaves^oTis,di£fêrentcs de celles qu'on y rencontre 
de nos jours. Qoe sont-elles devenues? Ont-elles suivi en qodque 
sorte la chaleur qui se dérobait pour aller vivre sous les tro* 
piques, ce qui semble [HY>bable, étant donné qu'elles jouiaseot de 
la puissance du vol, ou se sont-elles éteintes? Ce sont là des ques- 
tions d'un haut intérêt, que nous ne pourrons résoudreque Inrs- 



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— 73 — 

c|ue iMUM oousaltnmft bUm W rapècm d« ces anîmant htlMtanl 
les r^gisos dwudn. 

N«iu ne répélerow pw ki, mi sajet dn B — pi(m«t dm Insee- 
tivtwM. ce qui k été dit, «a débat de oe cfatpîtov, wr la néceMÏt^ 
qu'il y i k récolter toates tes petites «pièces qui pearront 4tn 
rencoatrées. Ces uiimBox ont été l ew gtoay s ué^igés, et depuis 
que l'attentioo s'est leportée sur eox, on ne ceue d'en signaler 
des espèces nouvdlea. 

Les gnods Félins sont actueUement cennus; il n'en est pas de 
mime de leurs petites espteea, et il se poomit que les régioM 
centrales du Tibet. duSetdbwui.du Loi»Nor riaem seeat enctHre, 
ainsi que celles du œstre de l'Afrique, des sarprises aux ven- 
geurs. C'eet encore dans la région Tibétaine et dans la Sibérie 
orientale qn'i) pwufa tee fait qndqoes ofaeMvations importantes 
coocemant on autre groupe de evnassîan, ceint des Oun. 

Entre les Oors et les BlaireMx vienuent ^'iatercrier des !^m- 
mîfère* fîwt curieux que l'abbé Armand-David a découverts dan» 
la régioB du Kokoooor, et que II. A. Milae-Rdwaids a signalés sons 
le nom d'Athrapw imf— oisaet. Les écbaatiUotu possédés par le 
Muséum de Paris sont le* seuls omina*} il y a donc intérêt à s'en 
[Mocurer d'autres, d'une paît, en cas d'un accident venant détruire 
ceux dent on dispoee, et, d'astre part, afin d'étucHer les variationH 
pouvant exister dus cas Camasavs. U est très pn^wble que le 
vf^agNir qui aam aoseï heureux pour pénéteer dam les régions 
qu'ils babîtent. ae nq>porteBa pas seslcneat des dépouilles de ces 
animaux, nuis eneoce cdles de bien d'autres genres ou e^iàces de 
Hammifères jusqu'ici iacmwos. 

En C8 qui concene las Viveridées, l'atteqtion semble a c tu eHe- 
ment devoir être dirigée plus spéci^emeat sur les vraies espèces 
de Mangoustes de la Malaisie et de l'Afrique éqostorîale, et phn 
particulièrement sur celles appartenant an sous-genre Ario^ele, 
vivant daas l'AInque ooddentale. Les xoologistes plaeent k cAté 
des Mangoustes d'autres Carnassiers, qu'ils désignent par l'appel- 
latiim de Suricates et dent il paraîtrait, d'après des reaseignemenls 
reçus récemment, euater de oorabeeaaes espèces entre le lac Tchad 
et les grands lacs. 

Parmi les Canidés, le Loup, le Chacal, le Renard sont actuel- 
lement trop connus pour avoir quelque valeur au point de vu0 
de l'histoire naturelle, nuis il n'en est pas de menu de oeux d« 



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— li- 
ée» animaux vivant i IVtat aasvage ot qiie divnn MvaBla ont 
considérés comme ayant pu avoir donné naisMsee à ms CUcni do- 
mestiques. AuMÏ tans ka détails ^ue fon obliendn sur les Canû 
dMuuuiuiâ. ptillipêi, prirnav» devront èin recumHn avec grand 
soin. U en sera de même dea diépoaîHes de ces aaiinavs, surtont 
si elles indiquent des varnliMs. 

Durant ces dwaièras années le Huséam, de Puis a reçu de Vtln 
de Phu-Quoc des Chiens vivant à l'état sauvait, mais évideBumnt 
issus de races domeatMpMs, tiucL issqnals te p^sge s'ett mo difi a de 
la fa^on la plus sinpiUère. Sw toute la langueur du mïlîeB du dee, 
)e& poils se sont accrus de naaièie A fbmer une sorte de trioière . 
dorsale renversée, rap|)dant cdle qui exiatc sur les Hyènes. 
D'autjKs modifierons, différentes àe œlle-ci, niais tout aUs« în- 
t^ressRutes, pounoot certaînoBent Hre matt Êtt tB par les voya- 
^urs qui sa trouveroott au centa* des continents ftu dans des lies, 
en préseace de Chiens ne vivant ptns- tons là tutaHe de l'hcmime, 
Peut-4tre un jour, grioe k ces invMtigationsi, rKnavera-t^n, en 
un point du gl^. aubsiatant encore, Im races canines auxquelles 
appartenaient les Chiena dont les mtes m ranoentrent au milieu 
des détuis de la civilisation {ximitive de l'Homme, dès l'éftoque 
de la {âerre et de cdie dn favouae. 

Les Uustélidées du gotae HooftttB vivtnt daas l'AmMque dn 
Sud sont nd définies au point de vaa de» espèces qu'îles ooosti- 
tueot, une valeur spéc^ue ayant été probaMemeat dmoée k tort 
k plusieurs de leurs va^ètés ^^\ 41 en «rt de miéme des Carnas- 
siers qui leur oorrespcadcat en Asie, en Afrique «t qs'on neouM 
des Helictit et des Zonlla. Il serait daae tatéressant de réunir de 
glandes sàriea da ddpooilles de ces aninuoK pasr anriver à eon- 
naitre les degrés de ètité des divers caractères qn'on a invoqués 
pour les distinguer. 

ËD Asie, en AJHqae, il faodrsàt rechercher les Mai4es, les 
Fouines, les Belettes, les Putois. Les Loutres de l'Amérique du 
Nonf« doo^ l'extiuclioQ menace de se preduir* d'icâ k peu d'an- 
nées, par auite des chasses ineessaates qti^oa leur fait po«r en 
obteoir la fiMrrure, devront être oalleoitosMées par les ve^ageon 
amenés k visiter les pays qu'elles habitent 11 en sera de même en 

"> H. OiuUlel ■ sigoalé k ce lujel le Coiwpatmi Haaiboliiti de la P«U|pKiis 
auilnle ({De M. A. Milne-Edward* • pa léparer dea Cenepatu du Bràil, grice 
aat nstIriKiii rsppMt^ pw h Uxion (hinçMSB <a c*p thto. 



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— 75 — 

ce qui oonarae U Lovtre m&nne, dont In exemplaims de- 
vimoeat-ds [dtu c» phtarara. C'-ert sur tncAtea novd ihi Japon, 
■nr ciUei de fAkaks ot du KaiiiliulMidut qa'ils aamnt f oocanoa 
de poimir s'en cmpam-. 

Si l'on «nma^ te gTonp ém Pscfaydemea, <m voit tout da 
soitt qoe det résohats trè« impotanta, au point da tim ida lUai 
tinre de «e» apimàiix , ptureat déooaler d'oltaervatianB acoompliaf 
dana h» pa^ lointains. ' 

Nom appefinu, tout h l'heunt, l'attaatioa air la lamièra qa» 
jettanient, mr lliMom de oo» Cbiena doneatiqaea , dea reauu^oe* 
bi^ WMc ooMCOTMtit eoBi de om aiiini«»T tnstant aajoard'hmi 
h VéM aaavage. C'eat nue nonnraandidioD da wéoM «tdae qM 
nous avons k formuler au sujet daa eapAcea eu daa ma» d'fiquadft 
vivant en tjhatrti et «bat Hétuâc, taxamen approfitadi a'impoaera 
anx vonfagenm. D'aiHimra il a'«tt paa dit que oeoz-ci m we ocootWM rt 
enoom quelque -eapAts i^oa^ dp «a faenox ninaiu.il ■'; a qaé 
peu d'années qn'eat parvenii mu FraDoe un exemplair* d'Wi tplon* 
dîde ZMve (£. Grtvyi), nnaoë du Cboa.etcVat.eooaKtlÉcetn- 
meot fpi'ti été décrits ua* nouvaHe eapèca d'Ane pnwaaal da 
payadn ÇcmaliB, 

Lea fUùnooéroa vivaat en Atie aani taeo conoos; peat-^lçe j 
aoraitif qaetque déooowie à faire en ce qui lea ooocenw, pami 
c«ex de ces aaimaax hafaitaiit l'Afrique ocotnda. PeaMtre é^al»: 
owBt tVMivera44o qn^qoe aoavifle eapèce de T^àn, alors qn'oa 
aun p« p éaé ta ar dan» des r^fpons d« l'Aaia oaoare inexpl vées. 

jH- semble qn« noos soyoas dé fi ai U vemewt fixés sur les etpèoef 
d'ittéfrinots, mais il n'es est pas >de méaaa ea ce qui concerae tel 
Danans, animaux de petite talUe que les aoetogistes cbsaeat à oW 
d'euT. D se poufraitqBe ftiUt^H jim a-Cnuai, tta«v4 daaa le Ladd^ 
ne fût pas la dernière espèce de ce genre qu'il restait k enregistrer, 

H y « encare probablement beaticoup de faks hrt fe ew mto k si- 
gnaler concernant les Porrins, c'est-à-dire les Sangliers, tes Pliaco- 
cbères, les Pécaris. Il faut ^^alemeot espérer qu'on pourra se pro- 
carcrqudqnesnouveau^exemiJairesderHiiqmpotainede Libéria, 
qai n'a paa rilé retrouvé dmmat tes d er aifa e s expéd i t i on» eatm- 
prises an milieu des régions dont provenaient les rares exemptaires 
qui nous ont fourni la preuve de son existence. 

C'est surtout en ce qui concerne l'ordre des Rumioanta, que 
nous voyons s'accrcrftre las daëdttrata da oeux de aas aootogiataa 



DyGoot^le 



— 76 — 

qui ont la direction des grandw oMocboan scientîfi<|iies, et il wn 
saurut en âtre aatrement, qufeod ob pense kWL difficvlt^ colos- 
ules de traniport arec kaqu^ln le» voyagencs se Mnt ta<ouYé* 
aux prises lorsqu'ils oat voula rapporter les peaux «u Its sque- 
lette* de CCS MHnuHiK. Qu'on «oage q«e la Ute d'un de cet Mon- 
teos sauvages, . de ces Argalis, vivant en grandes bandes sur les 
plateaux de l'Asie, pèse sa IrHngiTMiw et qne k aquedette atteint 
In poids énorme de iib Idlagrammes, et l'co aum one idée dn 
Biàite qu'il y a à faiie parvenir de semblables dëpovillas, surtoat 
lorsqu'il s'agit de vaja^a au nilien de -vintMi» toerts. Et oe- 
pendant l'on ne saurait trop recommaoïder «ax aatoralistes qui 
se trouYCSTMit «■ présence de ces magnsfiqnae Mtes de s'efibrcer 
(Ten envoyer quelque» ^>éciineBS ('*. 

1) swait également très proBtaUc d'obtaMr qudqaes Chèvres 
sauvages, telles que la Cbèvre d'Abyaslnie, la Ciièvre onagre, la 
Ch^vr»duSiaaï,cdle» désignées par les i^pellationB de Capra Fmt- 
cnnen, fcnleii, dbat la <Iestniatioo panttt pcochâiot. 

A la siailededifiéreats voyages acoemplua» centre -de l'Asie 
e( snriout de ceoi qui ont pertais de pénétrer dans l'intëiieiir de 
l'Afrique , nos connaissances se sont considéraUranent accrnes en 
ce qui oooceme un groupe des {dus remarquables de l'ondre des 
BiiaiinaBts, celui des Antilopes, Plusienra genres noM en se^ 
pariâilement connns, mais il en est d'autres, et uaei norafartaK, 
dont les descriptians ont été faites sur des AchMitillens Irap iniinn- 
ptets. Ce sont sortont te» Antilopes balntant le Uaasalland et le 
pays des Çomalis, dont le* dépouilles, tran^mrtée» «la oAte par 
les iod^èoea, sont toujours mot^ées, les chasseurs îadigàoes ha 
iMmaat à recueillir les tttes, ou qudquefois simiriemeirt ies cames. 
Il serait donc k «onbaiter que les w^ageurs appdés k visiter ces 

>'l Ak *ujet d« CM «ninMai, M. Ourtslsl fait imm^et fa'H nt «rrfMs- 
isire de Joindre i chupu cUpoodle, UDoa le M|ade(te ontier. au moim U Ute 
iMWuse de l'aotinii, «attol pour )e montage de U pièce que pour les campani- 
«oas toolopq'am. C'eit ce qu'ont Tait MH. Otkinnor, de Breteuil et Ridgitoy ; cWl 
ce qt^oal lût «Mii qadt|ue* voyagrun ruiiea, al comme la ticlie dfnriendra 
DNÉM aride à SMinre qne les communkatinu «me l'A^ u ti al a ik«iêndro»l 
(du* facilw , il ne faut paa déieipérer de vaû réni^ daoa «m nrafa «ne qmu- 
tité de malëriaiu sulEiaole pour qu'il nul poiiible d'ëludjer i fond les espèrei 
tigoalëei sous les noms il'Orîi nahaor, O. Polli, O. KartUni, 0. Htinei^ 0, Hodf 
loni, 0. Amuu>n,0, Bnokei , 0. itinicola .etAehs» emafûtr »\eclrt K^ianu {(hii 
M Rodmnn et de l' Alaska. • 



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contf^a» ooUectioooent des peanz aw^rfètes des AtHilofwi, de» Utt- 
■eUes, des K*^^ des Babales, des TrajeUplms, dont ils poumHit 



Le prino) H; dXktésns rt M. Bonvalot ont rapporté, de leur 
myage dans l'Asie centrale, de vraies Ganiles, des GaaeUes aber- 
rantes et de grandes AotilopBs dont plusieurs espèces étaient rares 
oa iBOHMiaes, Il semble donc fxouvé qu'il y ah etioore, en œ qni 
conednœ les RamînaHtB, des d^convates h aœomplir an centre 
de l'Asie. 

Si les dfficnltés de transport aont à redouter en ce qui cou- 
cerne les aniaUBx dont aons venons de parler, il n'en est plus 
ainsi lonqu'on «nrisige cetu ds mAme grosse dont la Uille est 
réduite et dont, cependant, il senut très inaportant de voir Sgorer 
dcrenes eep^cts dans nos collecUons publiques, ot ila ont fait 
dé&Dl josqn'i ce jour. Nous citerons [dus parUonlièreiBeat les Cs> 
pfccli^>Aat de l'Afrique tropicale, dont les piofortioM n^poUent 
celke de nos CItevreuils. 

Les Cerfs de l'Asie continentale, ceux des lies Malaise», ceux 
du Nouveau Monde sont généralement mal représentés dans h» 
coBectioas pwfaKqnes, A» satjet de ces anùnavx, tes voj^suts de- 
vront s'assurer s'il en existe en Afrique, comme des sculptures 
faites par des ind^^nes et rapportées durant ces derniers temps 
po.-.r;-aient le faire supposer. 

Les recherches susceptibles d'être accomplies dans le» diverses 
régions habitées par die» Edeatés feront très, probablemeut con- 
naître plus d'une espèce nouvelle de ces animaox, surtout en ce 
qui concerne les Paresseux, animaux menant une vie des plus re- 
crées au centre des forfts vieiges de l'Amérique du Sud, et les Ta- 
tous, errant dans les bois et les pampas de la même contrée. 

L'Australie et un grand ownbre de terres voisines, la Noavelle- 
Gninée, les Salomons, etc., ont une population niammalogiqiK 
composée presque exclusivement de Marsupiaux, f^s voyageurs 
qui pourront continuer les exploratiooi entreprises en divers points 
de la Nouvell&Guinée. qui visiteront les Salnmoo, Les petite» lies 
ac^aoentes, rapporteront eertuneaaeot un grand nombre de Mam- 
mifères encore ignorés. Il en est de même de ceux qui pénétreront 
au centre de FAustralic ou qui en visiteront les portions ^onl. l.e< 
êtres peu^aot cette gnuide tem; sont encore fiien loin de nous être 
tous signalés, et la preuve eu est dans ce fait, que mnis indiquons 



DyGoot^le 



— 78 — 
pJoB kaul, qn* €etk MadaumaX àmftà» nu to^^ très oo«ft qua 
WMM ««OR» été infannéi de rwirtcact ë'ane Tuipe msnnfMk 
dans le Nord de la |vovince de Vîctwù. 

Les înrB rt i g i Éwi » à fnre coni tniwrt «n «ainuux ù nogulkn, 
qu'on HMHU In MMMtrtnim: OraithéryiqMr , ÉdiHbé, Acaa- 
, vivurt en Auatr^K oq daaa U. NoavBtt&Caiafc, k'^- 
it fHU- l'énscBe vslour qa'eUs jMMVMit «voir, 
I pas pvsr 1« I» iiiiiMiitni à luate l'attea- 
UoQ des vo^fageun. 

Le> MaBumfev» marins de gnndt taille ae pcavaBl être np- 
portéa qu'an cOun de mùsioiw tooto» ^téorie» ou t^/Êit dans des 
ctTConsUDoes partkvliins, par eaonpfo, loKKpH râcbonemeot ou 
la captnic en ont sa lieu dans le voiiiiia^e de quelque pact de 
mer et que le transport en est aauiTé, 11 s'en est pas da même 
des espèces de petite on de moyenne taille, toiles q»« coUm das 
Dauphins, da cartaina Orques, des Épanlard», des Utoques, qai 
sont mal représentées dans nos collectiona. En ce qui «anocrne les 
Siréniens, le Unséumde Paria n'ca possMeqnede mauvais ^kan- 
tilons O. 

On vot par l'eipaaé pncédani conlnao sost naaaJMreKa et «• 

'■) iPimni iM BlNBiaifimi mHÎw, k dit H. OuttsUl. «'«fiMin panM 1« 
Plioquet d'une pari, les Sir^ieus et lea CëUcéi d'ialre pM, ^ue J'ai gardés 
pour la fin, parce ija'il) ne peuvent guère être oblenus que dans le coun d'uiie 
etpéditiou effective sur m navire de HSlal, Il y aura certainemeot encore des 
mÉUrku d'Allé el dM (pMnu* i i-Mttaflir. La iwfceti— ée Pha^ms du 
Uoaésin h ba a.enalhl. beanaonp iditiitt-,.iiw — I— nn> «o wqai coaawMc 
Im Pboipci '^TVfitmnA diti. dont le* jeunes difi^rent *oa«ent be«ucoup des 
adultes soDs le rapport du pelage, mai) encore eo ce qui coDcerne les Olarioi 
ou Plioquea à oreilles, st reclierchées par le commerce des pdleteries. La cli««w 
effrénée dtmt en anhnatn MMt fOtjW rend néme nnguUèrement Ttrgcntt fae- 
«fOluKai par Ici mmttu (le(iadc|Mi Mptow mAhmAn driné dtMlraMiiM tolaie. 
Si l'oB larde irap, dm ri*i|tM lert il« »e tnaiier, pour cwUio» Phoques •( «er 
tainei Otaries, dam la mente Ntuatioa que pour U Rhytioe (fiij'lina SidUri), 
eipice éteiote apparteuact i ud autre ordre, les Siréniens, et que l'on aecDouait 
que par la description de 3t^er et par d» squelettes conservés dans les musdes 
de HoMouet d« Sm^PAenbanrg. Dta* en tnéne onhcdM Sirénien*, le* !.«- 



(idiu,«t> dans l'ordre des (^étacÀ, il ja'y a pûnt des, jënea mmpfM^. de Dau- 
phins, d'Orques, et de Globicépbales , pas un seul cieraplaire enpailUde Narval 
et seuloment <|uidquas spédmens fort niëclîocm du Plalaniste du Gange et de 
rinia de Oeoffh>v, autre Ulao^flumltle qui vit dan* le* affluents de rAnwïoae et 



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_ 7« — 

ptrUirt» le» daiUcnl» oottoeiÉiot la o*llections de Mrnnnrififes, 
et eMobisB il jf a «oogra de notisai à aoqnérfr toaduot ces anî- 
maux. U nous ceite ouintoiuuit à indiquer comment on doit pvo- 
oider |M>ar Iw.Oo U ett i o n a w . 

Nou> fIsrQu observer, toqt d'abod, qu'il est de )« phis abwdo^ 
OKCiMté d'av«ir, celativemeat à ohaqae espèce, des io^vidus de 
seses dlDërents et des jeunes, et, d'autre part, qse quand h taille 
des animaux n'est pas trop grande, il est bon de recueillir des 
échantillons en double. 

Au point de vue de la oianiëre dont on pourra arriver à s'em- 
parer des animaux, il faudra d'abord se faire aider par les indi- 
gèrne, qui sont toi^oam très an oommut àa l'habitlit, de» mœurs, 
ites awrium» des ptfinc^»le> espèces vivant à tear» cdih. On en 
UoiLve toujours quelques-uns, paroû eux, qui sent chOMearg «t 
qui se deuMtadeM pas iniaai q«e de fiéut leur coneours. 

Il est nécessaire de cbercheràavoir des aninmiK en très bon état, 
et pœr cala on évitera oataut que pas wM e de se serWr d^annes 
à feo. Eu ca qui cOoeeme les Camaaners, oa dMrebeni, pour at- 
teindre ce but, à utiliser des appAto imfii^Dét de poison et frins 
pwticuli^wmeBt de strjKànme, dont l'iotMW ett rapide. Mais on 
ne devra agir ainsi que dans le cas oè if n'y aura pas d'ioimaux 
domeitiquca dans le Voisinage. La vimAi rmdM hnique devin Are 
abaudomiâe sor la soi ou naieax •utpendm à des hanches d'arbres 
peu élevées. Oestn^Ms, temlnbUesà cdlesqw'empInfeDt las chas- 
seurs du Canada poHr«apt«nr les Martes, el une foule d'autres 
fiég» ntiliâéa sait par le* ckasseonde fo^uns, soit par les indi- 
gèoes de divers pajs ^t, rendent de grand* «errieea. 

Les pièges ^Loop pomimeet être cm|ri^fée, mris ifs sont hmrds 
A d'ua transport difficile. Les coHeta, quand it sV^ra d'animaux 
ayant rbalnluâe de paatU' par des cbnains détenninés, rendront 
des services. Les Nègres s'en servent particutitr^nent dans lX)n- 
bangui. 

Les RMtgeun et les lusectivoms oqaMiqves, tels que les Pota- 
laogales, sénat, «omme les Ltmtiee, capturés avec des nasses et 
de» filets, ou tués à l'aSTAt, au moMeot où ils sortiKnit de feati, 
ou mieux eitcore quand ils se tiendront sur une pierre à demi sab- 

'U A ce point de rue. lei aalaraliïtei IrttairtttrA éuMlt joarolS It Tour da 

lignais (Uni )a labte gà>éi«te, MU pMta Ch<t*M et Piign. 



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— 80 — 

iutii:gH*. ■ Ea&a, c'nt ku fiisil ou à la ouabme qu'H fiut wmir re- 
cours exclusivement pow la ckuse au gna giUcr, Cerfs, Anrî- 
lofws, Baeu£>, Moutons, Chèvres et Chevaux snvages, aussi bien 
que (K>ur la chasse aux Félins, aux SingM, «ux Lémuriens, aux 
Ecureuils et inème aux AousatMes qui se réunissent le soîr, en 
graud uombre, sur des arbres smx bnoohes dcaqueltes elles se sus- 
(Ittudeut la (éte «n bas '". • 

CHAPITRE VU. 

DES OISEAUX. 

Les coasidératious que nous avons exposées dans le cbapitn 
précédent, ont montré combien il y avait de notion» à acquérir 
en ce qui concerne les Uammifecea. Les denderata que nous 
allons avoir à a^nalerdaD»aosa>naaissanoes relatives anx Oiseaax 
us sont pas moindres '*'. 

Le manque de renseignements sur les diverses taunes d'Oiseaux 
n'est pas seulement limité aux espèces vivant dans des pays loin- 
tains, mais il 5'étend à cdles qui se trouvent exister ai Europe et 
dans des contrées voisines de ce contÏDent. Les dernières explora- 
tions entreprises a hlndère, aux Ues du cap Vert, a«x lies Canaries 
ont ûtit découvrir un nombre assec âevé d'espèces Douvelles ou 
de races inconnues, inté[«8sBntes , et tout fait prévoir qne le voya- 
geur qui entreprendra de réunir des coUeclioDs d'Oiseaux en Al- 
tuerie, en Tunisie rendra les plus grands services à la science. 

Quand on voyage, on se préoccupe plus partkuKéreiDefit de 
capturer des espèces dont les caractères extàievn, la forme, le 
plumage, sont absolument dilTérents de ceux propres aux Oiseaux 
(le notre pays. On laisse de c^ les ei|>èoes aux couleors ternes, 
aux teintes elTacées, pour courir af»te .crilea qui sont revêtues d'un 
brillant plumage, et il arrive son vent qu'en agissant ainsi, on a grand 
tort. Ainsi cette manière de procéder a eu pour résultat de nous 
laisser dans une ignorance certaine de toute une partie de la titune 
de nos riions, et par conséquent dans une bien (du» grande de cdies 
qui se tnHivent dans les régions exoti<]ues. Si les espèces aux colo- 
rations édatantes servent k caractériser la faune d'un pays, celles 

'') Oiutakt. loco mt,, p 73. 

!■) Noos amprunbia* la leuaNguonauls qui MBvaalâ !■ oaufiiKnM faite par 
M. Uiiiialet (Rmuc leUiitijifiu, t. Ht. y. 778). 



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— 81 — 

qui vivent k otAé d'elles et dont Taspect exiértenr est le plus humble 
ont ane valeur ^gale pour l'étude de la distribution de la vie à Li 
snrrace de la terre. Ces espèces auxquelles la nature a refasé le 
dianne, la beauté qu'elle prodiguait k leurs vcûiines, paraissent 
souvent s^nblaUes k celles qui existent cbex nous, et cela fiiit que 
l'on ne se préoccupe pas de les recueillir. Pourtant, presque tou- 
jours on se trompe en agissant ainsi, car, pour les distinctions 
spécifiques, il est une foule de caractères qui ne peuvent être 
apen^s que par l'oeil d'an naturaliste exercé, et souvent même, 
qudies que smcnt les grandes connaissances qu'on ait pu acquérir, il 
Tant, pour arriver à savoir si une espèce est d^à connue ou est 
nouvelle, reoonrir k des comparaisons multiples dans les collec' 
lions. D'aiHeurs, la présence d'une espèce déjà décrite, dans un 
Keu où die n'a point encore été signalée, est importante à révéler, 
car ce n'est que par des constatations semblables que nous fini- 
rons par connaître la distribution géographique des Oiseaux. Ce 
n'est encore qu'avec des observations de cet ordre que nous serons 
liclairés snr les pays au milieu desquds se répandent les cspèccB 
qui, an commencement de l'hiver, abandonnent notre sol [tour 
s'envtder vers des régimis plis chaudes. Les limites des ain's de 
dispersion de ces Oiseaux migrateurs stmt fort mal connues, et, 
|»ur en àter des exemples, noua dirons qu'on ignore complète- 
ment jusqu'où descendent en Afinque les Hirondriles et les Cailles. 

En pariant des Mammifères, nous avons insisté, d'une ma- 
nière tante particulière, sur le grand intérêt qu'il y aurait ii rap- 
porter les petites espèces de ces animaux. C'est une otnervation tic 
même ordre que nous avons k faire en ce qui concerne les Oi- 
seaux; ceux dont la taille est réduite sont souvent considérés, k 
tort, comme ayant moins de valeur que n'en ont ceux chei les- 
quels elle est puissante. Aussi faut-tl s'ellbrcer, quelles que soient 
les difficultés qu'on prouve daas certains cas à s'en emparer, 
d'obtenir les premiws, car on ne pourra dire qu'on a formé une 
boDoe et intéressante collection que s'ils y figurent. 

Ce sont les Passereaux qui, avec les Perroquets, les Pigeons, Ic-i 
Gallinacés, impriment plus particulièrement à une faune un ca- 
(^et spécial. 

M. Oustalet a recommandé spécialement, en ce qui concerne 
le premier groupe de ces Oiseaux, de s'attacher k cdlccUonner les 
Engoulevents, les Martinets, les HirondelIeH, les Golie-.MoacheE, 



■ Goot^le 



— 88 — 

les Merle*, les Fauvettes, lei Rubiettes, ies TraqueU, lei Fourmi' 
lîers (Becs-Fins de rAmérique du Sud), les Tyfans (Gobe-Mouches 
om^cainsj, les Alouettes, les Martios-Roselins, les Mainates, dont 
de très nombreuses espèces doivent être incoeuues et dott l'exacte 
répartition est importaate i préciser. Il a signalé tout l'intérêt 
qu'il y aurait, dans de nouveaux voyages à entre[H«Qdre dans le 
Nord de l'AustnJie, au centre de la Nouvelle-Guinée, dans les iles 
avoisinant ces terres, à recueillir ces magnifiques Oiseaux qu'on 
Domine des Paradisi«^. Toutes leurs espèces ne sont pas encore 
décrites, et la preuve en est qu'il ne se passe d'années qu'on n'ex- 
pédie des régions qu'ils habitent la dépouille de qudque espèce 
nouvelle. 

Un groupe d'Oiseaux qui, par la délicatesse de leur corps, le 
coloris étincelant de leur plumage, sraablerait avoir été l'objrt 
d'une étude attentive, celui des Oiseaux-Moucbes, est encore mal 
connu. Depuis luen des années, les cdlecttons du Muséum de Paris 
ne s'accroissent {dus par l'envoi de séries de ces diaimaates petites 
bétes. On eet obligé, pour maintenir les collections an courant, 
d'acheter des spécimens, et la plupart du temps ceux-ci ne sont 
pas accompagnés de l'indication de la localité dont ils proviennent, 
ou, si ^e existe, ^le est douteuse. 

En engageant les voyageurs à réunir des collections d'Oiseaux- 
Mouches, M. Oustalet a s^alé en même temps tout l'iatérèt qu'il 
y aurait k voir constituer des séries de ces Oiseaux qu'on nomme 
des Bengalis, des Tangaras, dos Brèves, Ceux-ci sont particulière- 
ment curieux par la distribution géc^apbique de plusieurs de 
leurs espèces. 

Parmi les Passereaux grimpeurs et syndactyles, le groupe des 
Barbus mérite de fixer l'attention d'une manière toute particulière, 
et ces Oiseaux, en quelque point qu'on les trouve, doivent être 
rapportés. On peut en dire autant des Pics, des Torcols, des Cou- 
cous que l'on doit partout soàgnensement rechercher. Les Tou- 
cans, les Couroucous, les Guêpiers sont Clément des Oiseaux 
pouvant encore donner lieu k de très int^ssantes constatations. 
Les Martins-Pécheurs sont aussi très importants k connaître, et 
l'on doit avoir grand soin de leur ménager une large place dans les 
collections. Enfin, dans l'Afiiqne équatoriale il ne faut pas man- 
quer de recueillir des spécimens d« ces superbes oiseaux qu'on ap- 
pelle des Musophages. 



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_ 8S — 

Les Perroquets présentent des forme» très dilTéreutes suivant 
les genres que l'on considère. Les uns sont trapus et possèdent une 
queue courte, ce sont les Perroquets proprement dits, tjindis que 
d'autres sont sveltes et ont une queue longue, ce sont les Per- 
ruches. Chacune de ces deux catégories se trouve être représentée 
par des types particuliers et jusqu'à un certain point corrélatifs 
dans l'Ancien et le Nouveau Monde, et dans l'Australie. Elles sont 
beaMooup moins distinctes l'une de l'autre, comme l'a fait obser- 
ver AL Oostalet, qu'on ne le supposerait au premier abord, et il 
serait peut^rs plus simple de diviser les Perroquets en .nocturnes 
et en diurnes, cbacuue de ces cat^ries comprenant, à son tour, 
un certain nomtav de iamilles. Les Perroquets africains sont con- 
nus seulement par un petit nombre d'espèces, mais il est probable 
que les naturalistes qui pénétreront vers le centre du continent 
noir en rencootreront de nouvelles. Ceux qui remonteront le IVio- 
Nc^ro, rOrénoque, récolteront das espèces rares, et ils captuierout 
sûrement un grand nomtwe de Perroquets amazones encore ignorés. 

Tout le monde a vu data nos jardins zooLogiques ces beaux 
Perroquets susceptibles de redretseren huppe les plumes couvrant 
leur tête et appelés Cacatoès. U semblerait qu'ils dussent être bien 
connus, tant est remarquable leur bMluté; pourtant il est loin 
d'en être ainsi, et les zwlogisl«s pourront seulE^nient leur consacrer 
OM étude monographique, lorsque les petites iles dépendant des 
PhiUfyines, de la Nouvelle-Bretagne, de la \uuvelle-lrlaiide au- 
ront été eiflorÉes d'une manière approfondie. En signalant cetti- 
étude împortMkle k accomplir, M. Oustalet a appelé l'attention sur 
tout l'intérêt qu'il fourrait y avoir à rechercher en Nouvelle-Gui- 
née et stu* les quelquMc îles voisines de cette grande terre les re- 
présentants des genres QwlofMiffoceiu, Charmo^na, NatUenia. 

Les Loris, les TrichogloMWi répandus des Mollusques aux iles 
de U Société et même au delà. 900X représentés dans les diverses 
r^ons qu'ils peuplent par des eap^ces bien localisées, sur l'habitat 
desquelles il serait intéressant d'être définitivement Qxé. La même 
observation doit être faite pour les Perruches australiennes et 
océaniennes, dont les aiies de distribution au milieu de l'infinité 
des petites terres du Pacifique n'ont pas été plus précisées que ne l'a 
été celle d'Oiseaux d'autres groupes vivant d^ns les mêmes riions. 
La liste des Perruches africaines et indiennes, des Palaornit, 
semUe établie à l'heure actueUe; pourtant M. Oustalet signale à 



DyGoot^le 



— 84 — 

l'attention des voyageurs les Seychelles, les iles Atniranles, 
comme pouvant encore renrermer des espèces nouvelles de ce 
groupe. Dans ces mêmes localités, on rencontrera des Perroquets 
noirs ou Vazas (Coraco/nû]. Les Pemichesaméricaines, des grandes 
forêts de la Guyanne, du Pérou méridional, du Brésil, de l'Equa- 
teur, du Paraguay, méritent encore d'être recherchées, ainsi que 
les Aras vivant k côté d'elles. 

Le groupe des Rapaces renferme des espèces nombreuses dont 
les unes sont cosmopolites, alors que d'autres sont localisées dans 
certaines régions. La distribution des premières sera toujours inté- 
ressante à constater et l'habitat des secondes devra être limité par 
de nombreuses observations de la manière la plus prédse. Parmi 
les Rapaces diurnes, les Milans proprement dits sont cosmopo- 
lites et bien connus, tandis que les Aigles comprennent des espaces 
propres à diverses contrées de l'Afrique, de 1» r^ion Hima- 
layenne, du Kamtchatka, etc. Il est k présumer que les explo- 
rations à entreprendre dans les grandes chaînes de montagnes du 
centre de l'Afrique, sur les hauts plateaux du Tibet, dans les 
montagnes de certaines r^ons de la Chine, amèneront ta décou- 
verte de nouvelles espèces de ces Oiseaux. 

Certaines variétés de Faucons méritent de fixer l'attention par 
leur diversité. Ainsi le Faucon pèlerin, espèce cosmopolite, offire 
des modifications nombreuses de ses caractères extérieurs, et il 
serait très intéressant de pouvoir en constituer une série pour nos 
musées. Les Faucons vivant en Algérie, en Tunisie, ceux qui 
existent en Cochinchine, peuvent donner lieu i, d'intéressantes 
études, et il est presque certain que, dans les pays avoiainant cette 
dernière contrée, on aura à en signaler d'inconnus. 

Le groupe des Buzards semble réserver peu de surprises, mais 
il n'en est pas de même de ceux des Buses, des Gypaètes, des 
Circaètes, des Harpies, des Autours, dont les voyageurs rapporte- 
ront sûrement des dépouilles d'espèces ignorées. I.es Vautours 
semblent tous connus. 

Parmi les Rapaces nocturnes, les Grands-Ducs, les Petits-Ducs 
offrent moins d'intérêt que les Chats-Huants, les Chevêches, les 
Chevéchelles, dont on rencontre de nombreux types spécifiques lo- 
calisés. Les Efiraies méritent d'être observées, au point de vue des 
nombreuses races locales qu'elles constituent. 

Les Pigeons semblables à nos Pigeons domestiques, les Tonrte- 



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reUet, le* Ramiers ont ét« si bien collectionnés, qu'il y aura |)cu 
d'iatérét k le» rechercher; mais U d'cq est pas de même des nom- 
breuses es^ièces de ces Oiseaux qui peuplent les diverses Iles de 
rOcéaoie, la Papouasie et les lies adjacente; k cette r^on. Là il y 
a, à leur sujet, de belles découvertes à accomplir. Certains Galli- 
nacés de la portion méridionale de l'Amérique, tels que les Hoc- 
ces, les Pénélopes, les Odontof^ores, méritent encore d'être soi- 
gneusement Radiés, U en est de mèn>e des Faisans existant dans le 
Turicestan, le Tibet, U Chine et à Bornéo, et des Perdrix de 
l'Asie centrale et du Tibet. Dans les r^ons centrales de l'A- 
Irique, doivent vivre de nomlveux Francolios et, d'a[H^ des dé- 
couvertes accomplies sur les bords du Zambèce, des espèces de 
Pintaodes particulières. Mais c'est surtout, d'après les indications 
données par M. Oustalet, à la Nouvelle-Bretagne, la Nouvelle- 
Irtande, aux Salomon et très probaUement sur les terres situées 
plus au loin vers l'Est, qu'on découvrira un grand nombre de Gal- 
linacés aberrants (Tal^Ues et Mé^podes}, dont l'étude sera des 
plus attachantes pour les soologistes. 

Les Casoars que captureront les voyageurs en Australie, en 
Nouvelle<iuioée , dans les ilcs voisines de ces deux grandes terres, 
devront (oujours être préservés. 

Il semblait que du càté des Autruches il n'y eût plus de décou- 
verte d'espèce ignorée à accomplir, lorsqu'il y a peu de temps on 
a conduit en vie, à la côte, quelques-uns de ces oiseaux, prove- 
nant du pays des Çomalis, qui se rapportaient à une forme non 
encore signalée. Peut-être en observera-t-on encore d'autres dans le 
centre de l'Afrique. 

Les Echassiers et les Palmipèdes, étant presque tous cosmo- 
polites, méritent moins d'appeler l'attention que les divers groupes 
d'Oiseaux dont nous venons de parler. Il en est pourtant certains 
qui sont loin de nous être bien connus. Les Pingouins du Nord, les 
Manchots du Sud doivent être collectionnés. Les Pétrels des glaces, 
les Albatros, sur les changements de plumage desquels l'on n'est pas 
encore fixé, doivent Clément figurer dans les collections des 
voyageurs qui parcourront les contrées où ils vivent. 

Nous compléterons les renseignements précédents, que nous 
avons empruntés à la conférence de M. Oustalet, en indiquant d'une 
façon sommaire les principaux procédés auxquels on devra avoir 
recours pour capturer des Oiseaux. 



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_ 86 _ 

Il sera bon, tout d'abord, de s'sdreuw aax indigènes, qui sont sas- 
ccptiblesde fournir des données [Hideuse» sur l'baNUt des espèces 
cl qui , d'autre part, peaveat, au moyen des armes dont ils disposent 
ou des pièges qu'ils savent coostroire. capturer d'exc^lents eiem- 
plaires. Durant les chasses, il ne faudra pas manquer de se faire 
accompagner par eux. An milieu des grandes forêts ils perçoivent 
des bruits, insignifiants pour nos oreilles, qui leur dévoilent la 
présence d'animaux. Leur vue pen^nte, leur admirable talent 
d'observation leur font découvrir en haut des grand arbres, perdus 
au milieu du feuillage, des oiseaux qui restent, immobiles, de 
longues heures sur la branche où ils sont venus se poser. Je n'ou- 
blierai jamais tout le parti, qu'en de semMables circonstances, 
j'ai pu tirer des indigènes que j'avais avec moi, alors que je par- 
irourais les forêts des Fidji. 

Des Chiens bien dressés au rapport sont absolument nécessaires 
pour la chasse de certains Oiseaux. Ainsi, quand je suis allé en 
Nouvelle-Zélande, dans les forits presque impénétrables qui s'éten- 
dent au pied du Mont-Cook, pour t&chet de prendre des Aptéryx, 
qui, comme on le sait, sont des Oiseaux coureurs, aux ailes atro- 
phiées, j'étais accompagné d'un excellent Chien , qui m'a rendu les 
plus grands services. Lorsqu'au milieu de la nuit, au centre de 
ces forêts vierges où l'on n'avan^it qu'avec une difficulté extrême, 
un Aptéryx venait à troubler par son chant le silence au milieu 
duquel nous étions plongés, mon fidMe compagnon se précipitait 
au travers des lianes enchevêtrées, parmi les troncs d'arbres écrou- 
lés, à la poursuite du gibier convoité. Je le sifflais de temps en 
temps, pour qu'il ne perdit pas la direction du point où je me trou- 
vais, et il ne se passait jamais plus de dis minutes, que je ne le 
visse revenir rapportant dans sa bouche, sans l'avoir mAchée, la 
proie dont il avait su s'emparer. C'est encore avec son concours que 
j'ai pu, dans les mêmes r^ons, constituer une sériedc ces beaux 
Ballides qu'on appelle des Ocydromes, Je ferai observer au sujet de 
ces oiseaux qu'ils sont excités par les couleurs vives, qu'ils se rap- 
prochent des foyers la nuit, des troncs d'arbres sur lesquels on 
frappe durant le jour, et que Ton peut alors s'emparer d'eux an 
moyen d'une baguette portant !t cêté d'un noeud coulant, fixé k son 
extrémité, une petite languette d'étoffe ronge. 

Si les Chiens sont indispensables pour ta capture de certains 
Oiseaux , ils facilitent singulièrement la prise de beaucoup d'es- 



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pèces cooreases, qui, ftiyant daos lea herbes, la brousse, oe w 
lèveruent pas, si elles ne se sentaient traquées. 

La chasse aux (Kseanx peut se fiiire au moyen d'armes i feu , 
de sariMcanes, de filets, de cc^ets, avec de la glu, des lignes 
amwcées, des pièges de diverses sortes. On peut enfin très utilement 
se servir de poisons. Le calibre, la portée, la charge des armes à 
feu dtnvent natnrdlement être en raf^iort avec )a taille, la gros- 
seur du ^bier que l'on veut tuer, la distance à laquelle il se laisse 
approcher. Les pistolets de salon, les carabines Flobert, avec des 
cartoncbes de plomb de numéros divers, devront ébx utilisés pour 
les petites espèces qu'il est possible de tirer k de faibles distances; 
mais c'est surtout ta saiiMcane qui rendra des services pour celles 
dont la taille est extrêmement réduite. Cest avec cet instrument, 
on bien avec dès armes chargées de cendrés, on tout simplement 
avec un filet à papiHons, qn'on s'empare des Oiseaux^foucbes, 
dont la peau doH être déchirée le moins possible. Dans les pays 
oA l'on utilise des filets tendus aux lieux de passage des (Msesnx 
migrateurs, on pourra obtenir des sujets en excellent état pour 
les préparations taxydermiques. Il en sera de même partout où 
Ton trouvera des individus chassant avec ces filets qu'on n<»nme 
la tirasse, les traîneaux. Mais dans les régions éloignées, où i( ne 
saurait être question de tirer profit de ces engins trop lourds, trop 
v<Juminenx pour être transportés, on se servira très utilement 
de la rafle, que deux personnes promènent le long des buissons, tan> 
dis qu'une troisième tenant un flambeau d'une main, un bâton 
de l'autre,. passe du câté opposé, firappant sur les branches et ef> 
frayant ainsi les petits Oiseaux qui se jettent dans le filet. Pour 
s'emparer des Oiseaux coureurs, dont on aura relevé les endroits 
de passage, on tendra des pochettes très ntHîsées chez nous-pour la 
capfaire des Perdrix et des Faisans, et surtout des collets. Pour 
prendre des Oiseaux vivant sur les arbres, -les buissons, dont on 
tiendra à ne pas abîmer le plumage, on emploiera des lacets pen- 
(&u ou penhiê. 

Les pî^s à détente spontanée rendent également des services, 
ainsi que les trébuchets, dont on fabrique des modèles démon- 
tables faciles k transporter en voyage. 

La chasse k la pipée, au moyen de gluaux, permet de prendre 
des Oiseaux vivant dans tes bois, mais die a le grand inconvénient 
de salir le plumage, dont une partie reste souvent collée aux 



ibyGoot^le 



braache&. On doit se servir d'huite pour enlevw la glu adhérente 
aux plumes. 

Quand on est en pleine mer et qu'on veut prendre des Oiseaux 
volant autour du navire, il faut se servir de %Des portant des ha- 
meçons garnis d'un morceau de viande, comme a.pfàt. C'est ce 
procédé qu'emploien:t, dans les mer* du Sud, les matelots désireux 
de s'emparer d'Albatros, pour faire desUaguesà tabac, avec leurs 
pattes. Je l'ai utilisé plusieurs fois et j'ai capture aon seulement des 
Albatros, mais des Stercoraires, des Goélands, des Mouette», des 
Pétrels. La marche du bateau ne doit pas Atre trop r^ide, si l'on 
veut réussir dans cette sorte de chasse. 

Certaines espèces d'Oiseaux , telles que celles des Oiseaux de proie , 
et celles auxquelles appartiennent divers Oiseaux de mer. Goélands, 
Mouettes, Stercoraires, peuvent facilement être empoisonnées au 
moyen d'appâts impr^nés de strychnine. 11 n'y a qu'i laisser des 
morceaux de viande préparés sur les endroits où ces oiseaux oitt 
l'habitude de se reposer et k exercer une surveillance, La mort 
arrive généralement, d'après ce que j'ai observé, au bout de dix 
minutes à un quart d'heure. 

Les naturalistes doivent, chaque fois quecdaest possible, joindre 
aux dépouilles des oiseaux qu'ils ont capturés, des nids et des œuCt. 
.\u sujet de ces derniers, nous leur recommanderons de uoter le 
nombre qu'en produit chaque espèce, ainsi que le moment de 
l'année où ils sont d^tosés. La nidification peut donner lieu à de 
nombreuses ot»ervations du plus haut intérêt. 

CHAPITRB Vin. 

DBS RBPTILBS, DBS BATKACIBNS BT DBS POISSONS. 

Nous réunirons, comme l'a fait M. Vaillant dans sa conférence 
destinée aux voyageurs, dans une même étude générale, les pro* 
cé<lés de recherches des Reptiles, des Batraciens et des Poisson',, 
ceci nous permettant d'éviter un gr^nd nombre de redites. 

A un point de vue général, le savant professeur du Muséum a 
fait remarquer que les procédés de recherches étaient différents 
suivant qu'on avait afiàire, parmi ces animaux, à ceux qui respi- 
raient au moyen de poumons ou bien à ceux chez lesquels l'hé- 
matose du sang s'accomplissait dans des branchies. Nous allons 
rappder ici, dans l'ordre suivant lequel ils ont été présentés, les 
faits les plus importants qui ont été signalés. 



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Nous envisageroiu (oat d'abord l'étude des Reptiles qui noa 
seulemeot sont diOicilea à découvrir, maïs qui encore, dans bien 
des cas, peuvent par leurs morsures mettre en danger les jours 
de ceux qui les saisissent. Tant qu'il s'agira de Serpents connus 
des indignes comme mofiêsisifs, il sera aisé, grâce à leur con- 
cours, d'arriver rapidement k réunir une série assez complète de 
ceux de ces animaux qni habitent la ré^on où l'on se trouve. Il y a 
mémegraud avantage à employer pour ces chasses les naturels, 
car ceux-ci, comme nous avons déjà eu l'occasion de le dire, sont 
doués au plus haut dt^ré du talent d'observation. 

Habitués à vin«, depuis leur enfance, soit an milieu des plaines, 
soit dans les forêts, ils en connaissent tous les habitants. Ils savent 
oii stmt leurs retraites, k quek moments ils en sortent, et par con- 
séquent à qudle heure de la journée on a plus facilement la chance 
de pouvoir s'en emparer. Le voyageur arrivé seulement depuis 
quelques jours, qudques semaines, ne connaît rien des mœurs 
de tous ces êtres, et il poorrait loi^temps passw à dAé d'eux sans 
les découvrir. Lorsque j'ai visité les Fi^ji, j'ai réuni, en peu de 
temps, une belle série de Serpents non venimeux, gràœ seulement 
aux îosulaires qui venaient chaque jour m'tpporter le produit de 
leius rechat:hes. Je me suis efforcé de mon côté, durant les explo- 
rations que j'entreprenais k l'intérieur, de capturer les mêmes 
animaux, mais quelque grande qu'ait été ma bonne volonté, le 
nomlH« de mes prises a tot^ours été restreint. Cela tenait k deux 
choses, d'alxH^ ii ce que je ne connaissais pas suffisamment l'habitat 
de certaines espèces, et secondement à ce que je comprenais souvent 
très mal les indications que les insulaires m'avaient données dans 
leur langue. Par conséquent, à moins qu'on ne doive séjourner très 
loi^uement dans un même pays, il faut, pour aller vite, chaque 
Ibis qu'on le peut, utiliser les habitants. D'ailleurs, rien n'empêche 
de les accompagner et de pro0ter ainsi de leur expérience, ce qui, 
plus tard, dans des circonstances à peu près semblables où l'on 
sera seul, pourra être très profitable. 

Quand il s'agit de se procurer des Serpents venimeux , on se heurte 
prescpe tovyours à un refus absolu de concours de la part des in- 
digènes. Ainsi je n'ai jamais pu décider les Fîdjiens, que j'utili- 
sais ponr m'aider k faire mes collections, k me rapporter qudquea- 
unes des nombreuses espèces d'ff/dro/tA^t, vivant cachées le long de 
la côte sous les rochers, et je n'ai dû compter que sur mes re- 



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— 90 — 

cherches pour les obtenir. Pourtant je dois dire que, dans certaines 
r^oos , on ne craindra pas de rencontrer de semUaUes difficultés. 
En Australie, les indigènes préparent pour leur nourriture les Ser- 
pents qu'ils tuent Les habitants de M^ utilisent dans le même 
but les Hyèrophyt dont nous venons de parl^, et i) existe des loca- 
lités ofi l'on mange les Crotales. 

On a recommandé, pour prendre les Ophidiens, divers appareils. 
D'alMrd , des sortes de longues pinces devant être très incommodes à 
manier, puis des pinces plus courtes pouvant se fermer par la des- 
cente d'un anneau mA par le pouce de la main tenant l'instrament, 
ce qui a le grand avantage de laisser une main libre. Enfin on a 
signalé les filets k papillons, les troubleanx et un filet tout parti- 
culier dont les bords du cercle, sur lequel se trouve être fixée l'é- 
tofiè,sont garnis de pointes dirigées verticalement; lorsqu'on abat 
cet instrument, les pointes pénètrent dans la terre, et il n'existe pas 
d'espace libre, entre celle-ci et le cadre, par où l'anima) paisse s'é- 
chapper. Mais tout le monde comprendra qu'un pareil engin ne 
saurait être utilisé avec succès que dans le cas particulier où l'on 
chasserait sur an terrain plat et où, par conséquent, l'emploi n'en 
serait pas contrarié par des cailloux ou des quartiers de roches. 

Le mieux est de se servir d'une baguette assez longue, un peu 
élastique, avec laquelle, en tapant derrière la tête ou sur le coa, 
on assomme l'aoîmal. On profite du moment de stupeur ainsi causé 
pour s'emparer de la béte, en la saisissant derrière le cou. Je ne 
recommanderai que dans les cas où l'on est très sur de l'innocnité 
du Serpent en face duqud on se trouve, le procédé que j'ai vu 
utiliser par les Fidjiens de l'Ile Goro. Lorsqu'un Serpent fuyait 
devant eux, ils se lanqaient à sa poursuite, puis, arrivés à sa hauteur, 
se baissaient, saisissaient l'extrémité de la queue de la main droite, 
tandis qu'ils portaient la main gauche sous te corps. Cela fiit, avec 
une rapidité inouie, ils tiraient brusquement sur la queue; le 
corps glissait ainsi d'avant en arrière dans la main gauche, et 
celle-ci ne se fermait que lorsqu'elle se trouvait au niveau de la 
portion postérieure de la tête. 

Quelques naturalistes emploient pour s'emparer des Ophidiens 
un bAlon long d'un mètre environ terminé par une courte fourche. 
Ils plantent celle-ci en terre dans un point aussi rapproché que 
possible de la tête, de telle façon que le corps de l'animal, pris 
entre ses bras, se trouve être comprimé contre le sol. 



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— 91 — 

La chasse des Lacertiens de petite taille n'expose k aucan danger, 
ai ce n'est k quelques morsures. Pour ces animaux, comme pour les 
Serpents non venimeux, on peut utHiser le concours des indigènes, 
qui se prêtent très volontiers h fadliter les recherches. Ceux-ci 
seront surtout utiles, grâce Jt leur agilité et k leur souplesse, pour 
capturer des espèces arboricoles. Leur puissance de vision , la faculté 
qu'ils possèdent de discerner rapidement des animaux immobiles 
qui, perdus dans la verdure, s'harmonisent souvent avec le fond sur 
lequel ils se trouvent, rendront, comtne nom l'avons d^ à dit k pro- 
pos des Oiseani, les plus grands services aux voyi^eurs. 

Dans les endroiss secs, dénodés, les Lacertîens vivent cachés 
sous les roches, et, dans ces conditions, il faut avoir le soin de re- 
tourner les blocs qui , par IHn^alité de leur fkce inférieure, laissent 
entre eux et le sol des espaces vides pouvant servir de demeures. Il 
est bon , dans certains cas, de se munir de leviers pour cette chasse, 

Certaines espèces choisissent pour domicile des fentes de rochers, 
de murailles, des trous creusés dans le roc, dans la terre. Pour 
s'en emparer, il faudra ntiliser le procédé suivant qui, avec un 
peu d'exercice, rendra rapidement les pins grands services. On 
taillera une baguette de bois d'un mètre de long environ et l'on 
enlèvera tous les petits rameaux ainsi que les f^niNes qui la gar- 
nissent, k l'eiception de celles situées à son extrémité. Cela feit, 
on attachera, au niveau des lêuilles, une ficelle assez courte se ter- 
minant par un nœud coulant. On approchera doucement cette 
baguette, ainsi armée, du Lézard que l'on voudra capturer. Celui-ci 
témoigne généralement si peu d'inquiétude de cette manœuvre, 
qu'on peut caresser, sans l'effrayer, son dos avec l'extrémité des 
feuilles. On profitera d'an moment ob il relèvera la tête, pour en- 
gager cell&ci dans le nœud coulant, et cela fait, on relèvera par on 
petit coup sec la baguette k laquelle restera suspendu l'animal cap- 
turé. Nous ajouterons enfin que, dans bien des cas, l'emploi de la 
sarbacane sera très profitable, 

Quand il s'agit de Lacertiens de grande taille, tels que certains 
Varans, leur prise devient plus difficile, car, doués d'une redoutable 
force musculaire, ces animaux , lorsqu'ils se sentent saisis ou blessés , 
se défendent terriblement. A ce sujet, M. Vaillant rappelait dans 
sa conférence une lutte que M. Beaucourt avait eu k soutenir avec 
nn énorme Varan, dont il n'était arrivé k s'emparer qu'après un 
véritable combat. 



rfbïGoOt^le 



— 92 — 

Ou devra, daDS ces cas, ae servir d'armes à feu, chaînées de 
manière à assurer la mort de l'animal, sans causer trop de désordres. 
L'emploi du nœud coulant rendra Clément des services. 

Les Crocodilieos sont des animaux qui, par leur armature liuc- 
calc, par leur force musculaire, constituent des adversaires bien 
plus redoutables que ne le sont ceux dont nous venons de 
parler. Protégés par leur puissant revélement d'éc&illes, il est dif- 
G ilc d'atteindre les organes dont la lésion entratnerait après elle 
une mort rapide. Jl faut donc les chasser avec des armes à feu 
dont les projectiles possèdent une grande force de pénétration. 
Dans quelques localités, sur les bords de certains fleuves améri- 
cains, par exemple, les naturels dressent des pièges dans le but de 
s'emparer des Caïmans. Les voyageurs n'auront, dans ce cas, qu'à 
utiliser ces procédés pour obtenir les animaux qu'ils désireront. 

La vitalité des Cntcodiliens est très grande, et les soologistes 
auront toujours à se méfier, lorsqu'ib les auront abatUu et qu'ils 
paraîtront avoir cessé de vivre, de qudque retour oSensif de leur 
part. 

Les Cbélouiens constituent des espèces terrestres et des espèces 
aquatiques, ces dernières vivant les unes dans les eaux douces, les 
autres au milieu des océans. 

On se fera aider par les indigènes pour la capture des Tortues 
terrestres ou de celles qui vivent sur les fieuves, dans les marais, 
car ils peuvent donner tout de suite des indications précises sur 
les localités préférées par ces animaux ainsi que sur leurs cou- 
tumes, à cause de l'utilisation qu'ils font de leurs cbairs. 

Quant aux Tortues marines , vivant en grand nombre en certains 
points des mers tropicales, on s'en empare en les harponnant ou 
bien en les enserrant dans des filets. Dans les mers du Sud, des 
[dongeurs habiles profitent du moment où elles quittent le foud 
dans le but de venir respirer à la surface, pour se giisscr au-dc.î- 
sous d'elles et les saisir. La capture de ces animaux au moment 
de la poute n'off're aucune difficulté, car alors ils abandonnent la 
mer pour s'établir sur les rivages bas et sablonneux, et il suffît 
de les retourner pour s'en rendre maître. 

Le concours des naturels pourra encore être utilise lorsqu'on 
s'occupera de faire des collections de Batraciens. C'est au moyen 
de filets, de troubleaux, que les mares, les étangs, les bords des 
lacs devront être exj^orés. Il ne faudra pas oublier que certaines 



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— 93 — 

espèces sont arboricoles et qu'elles nécessiteroDt, pour être captu- 
rées, <)es recherches asseï difficiles. C'est relativement à celles-ci que 
les connaissances et le talent d'observation des habitants des loca- 
lités où l'on se trouvera pourront être très avantageusement em- 
ploy<^. Je recommanderai également aux voyageurs de surveiller 
attentivement le contenu de l'estomac des Ophidiens vivant sur les 
arbres. 11 m'est arrivé sonvent de retirer de cet organe des petits 
Rongeurs arimricoles, des Batraciens se ptaisant paiement surles 
arbres, qui, n'ayant pas été capturés depuis loi^temps, n'étaient 
pas encore altérés parles sucs digestifs. 

Certains Batraciens, quoique très commans, sont nuvment 
rapportés par les zooli^stes, et M. Vaillant a cité h ce propos la 
Sirène tacertine, que tous les voyageurs ont déclaré être abon- 
dante dans la Caroline du Sud et dont on n'a pourtant qu'excep- 
tionnellement des édiantillons. Ce fait tient à la difficalté que l'on 
éprouve k aller saisir l'animal dans le milieu où il vit Ainsi la 
Sirène laœrtine Habite dans tes marécages, où elle passe son exis- 
tence enfonie dans la vase. On comprend très bien, dans ce cas, 
combien les captures sont peu aisées et même dangereuses k essayer 
pour la vie du zoologiste, exposé ii contracter tes fièvres. 

Là où il y aura des cavernes, au fond desquelles se trouveront 
soit des lacs, soit des cours d'eau souterrains, on devra s'assurer 
qu'il n'y a pas de Batraciens qui se soient adaptés k ces condi- 
tions tontes spéciales d'existence. 

EnGa, si le voyageur séjourne quelque temps dans un même 
pays, il devra s'occuper d'étudier les métamorphoses que subis- 
sent certaines espèces avant d'arrivé k l'état parfait, et il conser- 
vera des échantillons correspondant aux diverses phases qu'il aura 
(Aservées. 

Si l'on se trouve dans une région habitée, il sera facile d'arriver 
à cimsUtner de b^es cdiections de Pmssons. La première chose 
que devra faire à ce sujet un voyageur, sera de se rendre sur les 
marchés et de se pncmer \k tontes les espèces comestibles qui y 
sont apportées. Cda lui demandera on certain temps, d'abord 
parce que certaines sont asset rares et ensuite parce qu'il y en a 
quelques-unes qui n'apparaissent sur les câtes ou qui ne remon- 
tent dans les rivières qu'k des époques Gxes de l'année. En dehors 
de cette première façon de procéder, il faudra, et c'est Ik, ainu 
que l'a signalé M. VaUlant, une observation de la plus baute im- 



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— ea — 

purtance, obteair «Les pécheurs l'kulociation de )e> acoampagner 
sur leurs barques et aisûter ainsi à le«n pèche». Oa recueïUera 
alors de nombreuses espèces de Poistoas, q«i certuntaeot n'au- 
raient jamais figoré sur les mndi'és. Ce soat ceUes (JtHit U duùr 
n'est pas assez savoureuse pour être appréciée du public, et oaUes 
causant de* aceidrats d^em^toisonDement lorsqu'on vient à les con- 
somma-. Ces espèces soot toajvws r aj ai fa* qirèft leur capture. 

D'autre part , en accompagaant les pécbeurs , on obtii»dn oqti^rs 
quelques PoisMms qui n'appanisseot que mutilés sur les marché». 
Ce sont ceux portant, en qndques points de leurs corps, des ai- 
guillons, des éjânes, dont les bleasuras sont à redouter. La Vive 
et certaines Raies de nos côtes sont des exemples de cette catégwio 
de Poissons. Pour éviter les accidents susceptibles d'arriver en 
maniant des aninam samUaUcft> Ica pécheurs ont l'habîtudG de 
détacher ou de couper k leur base les dififcats appareils de dé- 
fense. 

Si le zoologiste se trouve dans un pays iohtbfté, comme je Pai 
été à l'Ile Campbell, il iaudra avoir recours auK procédas habi- 
tuels de pèche, lignes. Basées, filets de toutes sortes. Les c6tes 
qui présenteront une di^wsition Favorable devront être particu- 
lièrement explorées au moyen de la seine et de lUets donnants"). 

Dans les pays habités par des nations encore peu civilisées, 
comme celles qoi peuplent certaines lies de l'Océanie, les voya- 
geurs trouveront auprès des indigènes tout l'aide dont ils auront 
besoin pour faire leurs collectiims. C'est ainsi qu'aux FiQ^i, j'ai 
utilisé les femmes, qui y sont spécialement chargées de la pët.-he, 
en leur donnant quelques objets de paootïlle. Toutes celles des 
villages voisins de la localité que j'halntais, venaient, avant la tombée 
du jour, se réunir devant ma case, et il se tenait U un véritable mar- 
dié au poisson. J'ai pu ainsi me procurer près de deux cents es- 
pèces différentes, dans un laps de temps aaaeii court. Mais je dois 
dire que, lorsque j'ai demandé qn'on m'apportât certaines espèces, 
<lont j'avais entendu parl«- comme venùneitses, je n'ai rien pu 

'■) Nous dcoriTOiu ptai Mn, dans l« cbtpilre tomttxi à l'étude dta Hal- 
luKpiea, uD appareil sp6:isl,le chalut de iiu&ce, destiné à raptorer ceiu de ces 
aaimaux ijuî vitent k fa siiiface ou dans tes régions voisioei de la «urfacc de la 
mer. Le» voyageurs qui utiliseront tel appareil en tireront 1c plus grand profil 
pour la rapture d'un grand nombre d'espèces de Poisiona de pelile UiBe, qui 
l'observeat dani lea rdgioni ■tip«sii«âdlea cÎm nriana 



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— 96 — 

obtenir, et j'ai dû alore aoeompagner Is* ptelieusea pour prendre 
dans leurs filets ks aainuiux que je coBWÎtai» et auxquels elles 
o'auraiént toncbé pour riea «a monde. 

Le* plages, après le» tempêtes, doivent être visitées avec le plu* 
grand soia, car on y trouve alors les cadavre* de très nombreuses 
espèces de Pcmssoos, dont qu^nes-ones peuvent appartenir à la 
(aune des eaus profondes. C'est ainsi qu'en Nouvelle-Zéluide, sur 
la plage de Kapiti, le dociteor J. Haast recueillit, «près un gros 
coup de mer, plus de soixante espèces d« Ptûssons inconnus. 

Ce ne sont pas seulraaeBt les Poissons des côtes qui doiveat 
Mn réaois, il fàot m préoccuper encore d'obtenir le plw grand 
nonUire possible des espèces vivant dans les rivière», l«s grands lacs, 
car cdles-ci peuvent édairer beaucoup les lOfdogistes sur la dis- 
perMOo de certaines familles ou de certains goBV, si en ^me 
temps rév^er des connexions ^KÎenoes entre des terres au- 
jourd'bui séparées. 

La conservation des divers animaux dont aous venons de parier 
est facile, mais elle dsnunde quelqu^ois, pourtant, des précau- 
tkms toutes spéciales. 

Les grandes espèces de Crocodiles, de Lacertieus, de Poissons 
doivent être mises ea pean, car ailes exigeraient de trop langes 
récipients et nne trop forte quantité de liquide coaservatenr, 
pour qu'on songe à ks peéserver d'une autK muiière. 

Quand on voudra n^orter entiers des Ophidiens, des Batra- 
ciens, des Poissons, on sesenrirade l'alooal on du tafia. Oo placera 
les animaiix dans on pronier bain de «as lignidai, «près avoir 
ouvert leur abdomen''); on le» jr laissera séjourner pendant dix 
à quinze jours, puis on ajonlesa une certaine quantité de nouvel 
akocd, le premier ayant été très dilaé par les liquides issus des 
divers organismes. 

Cette opération trta siM]de doit être, lorsqu'il s'agit des Pois- 
sons , conduite d'une manière toute particulière. Ainsi il faut avoir 
te soin de placer ces aniinaax dans un alcool pas trt^ &H*t, car 
aatrement A se jwaiiait n^videment à la snrface de leur corps une 
coagulation d'albumine, Mnpèebant le liqnide préservateur de pé- 
nétrer au seia des tissus, et U arrive que plus tard, lorsqu'on 



<■' Pour certains PoiMOas, ceux qui possèdent ane nageoire vcninle. l'in- 
déqa doit 4(ra faHe »v le oM, d« naqitn i laiuM^ cet orgM*. 



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— WV — 

les touche, les chairs tombent en bouillie, alors qu'en appa- 
rence l'animal semble ttre adminUemont préservé : on aura donc 
le soin de ne se servir, pour le premier bain, qne d'akool étendu 
de deux tiers d'eau. Pour le second bain, on emploîen de l'aloool 
k 90*, coupé de moitié de son volume d'eau, et on y laissera sé- 
journer les échantillons pendant one quiniaine de jours. 

Quand on voudra expédier les Poissons préparés, nous recom- 
manderons de procéder de la façon suivante, qui nous a parfaite- 
ment réussi. Après avoir fixé au c(»rpt l'étiquette devant l'acooni- 
pagner, on entourera celui-ci d'un morceau de tulle ou d'étofTe 
fine pour ne pas que les éoaillea se détachent Puis on enlourm 
ce paquet d'une couche d'ouate on de filasse, et on le coochera 
clans le fond d'une botte en eioc On disposera à cAté de lui, pré- 
parée de la même façon, une série d'autres corps, de manière à 
former une couche couvrant tout le plancher do rédpient. Les 
interstices seront comblés avec de l'ouate ou de la filasse, préala- 
blement imbibées d'alcool. On disposera ainsi des couches succes- 
sives, aussi tassées que possible, jusqu'à ce que la boite soit rem- 
plie. Alors on soudera te couverde, dans le milieu duquel aura 
été préalablement ménagé un orifice. Lorsque la botte aura été 
ninsi préparée, on l'introduiia dans une caisse en bois oà elle devra 
pénétrer à frottement doux, de façon que ses parois se trouvent 
être appuyées. Ce n'est que lorsqoe cette opération aura été ac- 
com[riie, que l'on comUera les vides restés entre tas échantillons, 
en versant de l'alcool par l'wifice m^agé. La botte pleine, on fer- 
mera l'ouverture au moyen d'une petite plaque de ûac sowdée et 
l'on fixera le couvercle de ta caisse. 

Si l'on n'a pas de caisse de aine, on do'na se servir de grands 
bocanx à baïonnette, dans lesquek on disposera les édtantillons 
d'une manière semblable à celle que nous venons d'indiquer et l'on 
en coiSèn la fermeture au moyen d'usé veasie de cochon mouillée 
et solidement ficelée. 

L'embaUage des Oi^iidiens, des Batraciens se fera de même. 

Durant ces dernières années, et plus particulièrement pendant 
la camp^;ne du TaliMmuxa. on a utilisé avec avantage, «i»^ de 
premières expériences faites par M. A. Mil ne-Edward s, l'acétate 
de soude pour la conservation des Poissons. • On peut aujourd'hui, 
dit M. Vaillant, recommander avec quelque coofiauce l'emploi 
d'une substance que nous expérimentoas et avons fait expéri- 



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_ «7 — 

r depais pias de qoatre ans dans le service cTIchthyolo^e 
do Muséum, laquelle obvie, en gnnde partie an moins, aux in- 
conv^ùentB précédemment énumérés. L'acétate de soucie est un 
sel crntaUiaé, comparable pour l'aspect, quoique un peu plus dé- 
liquescent, au sel de cuisine, facile, par suite, h emporter dans 
un tonneau ou une caisse quelconque. La façon de s'en servir est 
celle suivie par les pédteurs pour saler la morne. Dans un réci- 
|iient quelconque, un simple baquet, que peut vous fournir un 
toruieao aàé par le miKeu, on étend une condte d'acétate de 
sonde, sur laqueHe scmt friacés tels quels les poissons, en les re- 
couvnwt du même sel pour les y ensevelir; sur cette nouvelle 
couche se met an besoin un second lit de poissons, et ainsi de 
suite; c'est là toute la préparation. 

* Si les aoinMttz sont d'une entaine taille, c'est-à-dire mesurent 
plus de 3& à 3o centimètras de kmg, il n'est pas mauvais dé leur 
ouvrir l'ididomen (en le fendant, au mo^mi d'une paire de cisciiux, 
nu peu sur te cAté de la ligne médiane), pour foire pénétrer le sd 
daus leur intérieur. 

■ Au bout d'an temps variable suivant le volume des sujets, mais 
qui n'eicède pas tnis ou quatre jours, œnx-d se dessicfaent com- 
ptèteoDenL II aofBt alors de les sertir de facétate pour les enve- 
lopper don linge sec et les emballer dans une caisse bien étanche, 
en laissant entre eux une certaine quantité du sel. i M. Vaillant 
ajoute plus loin: lAu premio- abord, lorsqu'on ouvre un sem- 
blaUe envoi , ces atocLfisc^ ne paraissent gnère présentables comme 
oï^ts de oollectim , mais «i les [Songeant dans l'eau renouvelée 
{dus ou motos souvent d'après le ncmbr* et le volume des exem- 
plaires, on ne tarde pas à voir œux-ci se gonfler en perdant le sel 
et, au bout de ai ou 36 haures, reprendre leur forme primitive, 
leur conleor, je dirais mime leur odeur. Qualité précieuse, ils 
sont absolument souples, on peut étendre les nageoires, soulever 
l'opwcole et les branchies, ouvrir la bouche; en un mot, les ma- 
nier coamie un poisson Grais, ce qui n'est pas un petit avantage 
pour l'étude. Les écailles et les otolithes ne m'ont pas paru avoir 
été altérés par l'action du sd après plus d'un an de séjour dans 
celui-ci. Les animaux une Ibis reveaus k leur état primitif peuvent 
être mis dans l'alcool et ronservés suivant le procédé ordinaire. 

■ En résumé, l'emploi de l'acétate de soude comme facilité de 
transport, comme simplidcation dans les matiipulationi et l'em- 



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— M -- 

btibge des objeti prépiré», cootme «ouunodili plui frtv^ poor 
l'étude, paraît très tupériaiw b l'aicosl, wna comptât qu'il ae 
tenta pu comme ce deraier le godt habituel pour las liqaeiin 
fortes des hommes de la suite, oompagaons oUigés des voyi^urs 
daus les contrées loiotaioes'». * 

Chaque spécimco doit 4tra accompagoé d'iUA étiquette portant, 
soivaat les ejLcdlentes recommandatious de M. VaiUaut, l'indica- 
tioo du jour de la capture, cdle de la localité, ceUe de la posi- 
tion géodésique, si c€^ te peut; puis l'habitat [eaux s^ées, eaux 
douces, eaux marécageuses), et le nuuéro du catalogue du voya- 
geur. On doit noter, d'autre part, si l'espèce est coutumière do 
lieu où on l'a capturée* oo si cile ne s'y montra qn'accideatelle- 
ment ou bien régulièrement à certaines -périodeB de l'amiée. On 
devra s'informer de la taille maiiwa qu'^e est sascapliUe d'ac- 
quérir, ai elle est utilisée conuK dliiaent ou û ella passa pour 
être vénéneuse, enfin qud-ett te wmb so«s leqod «Ua est connue 
dans le pays. 

Indépendamment des renseignements généraux qai cbnent être 
portés sur les étiquettes, il en est d'antres, coaoemaot qiéciale- 
ment tes espèces de Poissons eaptuvées, qu'U est très inqwrtant de 
recueillir et de noter sOr le caiset de voyage i l* la longaanr me- 
surée en ligue droite du sommet dn musean au milieu de ia cau- 
dale; 3* la hauteur et l'épussew masioKun; 3* la ctdcwatioa. Les 
mensurations relatives aux principales dimensions sont nécessitées 
par suite do ce iàit, que les Poissons plongés dans l'aloool perdent 
une grande quantité du liquide imbibant Icnrs tissus, liquide qui 
n'est pas ram^^acé par une quantité équivalente d'akool. Qnant 
aux observations concernant ia eoltHntioo, dles sont de la fim 
haute importance, parce que, d'habitude, c'est complètement dé- 
colorés qu'arrivent tes sujets expédiés. f^Mirtant on pent parvenir, 
avec quelques soins, ï sauvegarder les coalenrs. Divers Pmbsot» 
que j 'avais expécUés des Fidji, d'antres envoyés des Iles Sandwich 
par M. Baîleux, sent arrivés an Mnsénm de Paris Bases liîen Ré- 
servés pour qu'on ait pu en âtire des maqnettes. Cela tenait k 
ce que les Poissons avaient été plongés dans l'aloool dans un grand 
état de fraîcheur, et qu'ils avaient toujours été soigneusement tmius 
à l'abri de la lumière. 

;!') L. Vulfaut. t< AalmWatc, iMS. 



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— M — 

Les zoologiatea voyageur* qui leroiil au oouraatde l'art du deaûi 
feront très fadiemept um eaqniMe >ur laquelle ils reprodaiiooL. 
à t'aqnareile, les teintes des diverses parties du <soip* et la façou 
dont dies sont diq>osies. Qnast ii ceux qui at sauront pas dessiner, 
ih ae devront pas s'effrayer des difficulté* d'une semblable es- 
quisse, car si nae représantatàno tfès finie est désirable, une re[H^' 
lentatiao , quelque grossiÀre qu'elle puisse être, pourvu qu'elle soit 
eucte, t9l toujours pvofitaUe. Ils placerout le Poisson qu'ils dési- 
reront figurer sur une des feuilles de leur album, puis, avec uu 
cniroo,ils en suinont le contour. Le pourtourainsi établi, ils fign- 
itfoot les nageoires en tâchant de leur donner la position qu'elles 
ocoufMBt et leurs dimensions. Ils liiniterent easuite au crajen les 
portions uotov^, pais, |venant leur boite de couleurs, ils «ppli* 
qoeront sur wHasci des teintes paraissant se raj^irocber le plus 
posuble de cellv^'ils auront sous les yeux. Si, par suite d'acci- 
dents, ils ne disposaient plus de couleurs, ils devraient plaosr, sur 
les espaces limités, «^ numéros correspoqdant à ceux des teintes 
figurées sur des tables cbrematiques, dont ils auront eu le soin 
de se mumr. 

ti»as ajouterons que cm maquettes dewvnt être «xéoulées le 
jia» rapidement possible, apr^ qna les Poisaons auront été pris, 
car il est certaines cepèues qui se déeoierant avec une exeessive 
promptitude, et k ce sujet M. Vaillant a t^té deux exemples, que 
nous avons joumellemeut sous les jienx, «lui du Maquereau et 
Esloi de la Perche. 

• La forme et la eolovation de la pupille, dit oc savant professeur, 
doivent également être uetées «t vqirâBentëM avec beaucoup de 
pFécisioo. Cellenn eU ronde sur la plupart des Poîssobs, mais pour* 
tant il en est certains, comme les Raies, Éhez lesquels elle est losan* 
giqne. La ooloratiOQ de la pu|ùtte est très variable, et il importe 
de ta noter non seulement ches les Poissons, ce que l'oa a (ait 
bien rarement jusqu'à ce jour, mais encore sur les Reptiles et les 
Batraoens, cbex Imquels on en constatera également la torrae. • 

Nous dirons, en terminant, nn mot au sujet de la laqon sui* 
vant laquelle doivmt être expédiés les animaux en vie. S'il s'agit 
de PoissmiB, cria sera nécMsatrement dans des bac* dent l'eau amn 
so^neusoment renouvdée. Oa constituera à l'avance une fxxrvisioB 
de la nourriture qu'ont coutume de prendre les eipèees transport 
tée». Les Crocodiliens, les Lacertieni de grande taille, les Tortue» 



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devront être placés dam des caines, doot les dîmeuakHis seront 
telles que tes animaux introduits y trouveront juste la place néces- 
saire pour s'y loger. On évitera ainsi les accidents pouvant résalter 
des OBcif lations produites par le mouvement des navires. Les petites 
espèces voyaneront dans des boîtes qu'on aura eu préalablement 
le soin de garnir de mousse. Nous n'avons pas besoin de dire que 
l'intérieuc de ces diverses caisses on boites sera toujours iaspecté 
avec soin, pour s'assUrfir qu'il n'y a pas d'aspérité, de saillie pou- 
vant blesser les animaux qui y seront enfermés. Nous ajoutecons 
enfin qu'il est important de ne pas nourrir trop abondamment 
les animaux qu'on &it voyager. 

Colains Batraciens , tels que les Grenouilles , les Crapauds , o&ent 
qudques difficultés de transport, parce que ces animaux ont besoin 
de maintenir leur peau bnmide, en vue du concours qu'elle fournit 
aux phénomènes de la re^iratioo, et pourtant il ne faut pas qu'ils 
restent dans l'eau, sans qum ils se noient M. île Saii^Paul-Lias 
semble avoir trouvé l'appareil, le [Jus parfait qu'on puisse souhaita, 
pour faire voyager de temblables bétës. 

11 consiste en un seau en bois, dans lequel on introduit un 
disque de même substance, percé d'un trou à son centre. Ce disque 
u un diamètre tel, qu'il ne peut pénétrer plus bas que la moitié 
du seau. Il est immobilisé au moyen de pointes traversant les pa- 
rois et te pénétrant. Cela fait, on engage oUiquement par son ou- 
verture une petite planchette, que l'on pousse jusqu'à ce qu'elle 
vienne s'engager dans l'angle rentrant formé par la paroi et le fond 
du récipient. On fixe l'extrémité supérieura de la planchette au 
bord de l'ouverture du disque. Puis on percedAns la paroi dn seau, 
un peu au-dessous du niveau occupé par le disque, deux orifices 
opposés. 

L'appareil ainsi préparé, on dépose dans son tond tes Batraoieas 
qu'on désire expédia et on ferme l'ouverture du seau au moyen 
de trin^ettes Wssées. Par des intervalles, qu'on a ménagés entre 
celles-ci, on verse de l'eau. Ce liquide s'accumule dans le fond du 
rédfMent; mais, arrivé au niveau des orifices ouverts dans la pa- 
roi, il se déverse au dehors. L'eau n'occupe donc que la partie in- 
férieure du seau et les animaux renfermés peuvent ii vdonté rester 
à l'air, en s'ëtablissant sur la face supérieure du disque, ou se bai- 
gner, en descendant par la petite |dancbette indioée. U suffît, lors- 
qu'on d^x>3e un semblable apparal à bdrd d'un bateau , d'indiquer, 



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sur une large étiquette , qu'on désire qu'il soit veraé dans son inté- 
rieur, UtàB les jours, une certaine quantité d'eau douce (". 



CHAPITRE IX. 

DBS INSECTES, DES ARACHHIDBS', DBS CRUSTitC^S. 



5 1". Des Insectes. 

Les Insectes sont àei animaux dwit l'observation of&«, par suite 
de leurs f(Hines variées, de la coloration brillante de cntaines de 
leurs espèces, par l'admîrabie instinct dont qudquea-uns d'entre 
eux sont doués, le pins grand intà<ét. U en eat que noua domesU- 
quons pour nous douttùt des produits qnlls savent Talviquer, 
<Fautre8 que nous éWvon» pour avoir des tissus, des matins colo- 
rantes; il en existe certains que noua utilisons ea thénipeijitiquft, 
^T' qu'il y en a quelques-uns, que nous ledoutons ^ cause de 
leur nocivité. Par conséquent, Ï/Aiervatifm de ces aaioiaux s'iin- 
pme aux voyageur», non seulement au point de vue de la connais- 
sance des espèces, de leur répartition géographique, de Tétud^ de 
leurs moeurs, de cdie de leurs (MHitumes, mais encofe au point de 
vue des avairtages que nous pouvons en tirw. 
. Pour récolter des Insectes, leurs habitats étant très variés, it «at 
nécessaire de se munir d'instruments divers, que nous atlonR ra- 
pidement faire connribe. Tout d'abord, il faut se procurer deux 
aortes de filets, le filet faoehoir et le filet, à papillons, qui serviront 
àcapturer les Insectes vivant dans l'air, et une troisième sorte de filet , 
le jEirf trotAUêa, destiné à permettre de s'emparer de œax existant 
dus les étangs, les mares, les eaux de toutes sortes. ' 

Le filet faucheur rafale par sa lome le filet ii papillons, seule^ 
ment son cadre, son manche sont plus solidement construits, alors, 
que scBi sac est formé de twle ou de f(Hi canevas. La longueur dft 
celiii-ci doit être de 60 centimètres. On utilise cet instirumeot pour 
recoôllir les Insectes attachés aux diverses parties des pUntes des 
prairies, ceux qui sont dans les lailUs peu élevés, dans les bordures 
non épineuses. Quand on veut s'en servir, on dispose l'ouverture 

!" On peu) complëtcr <^t appareil tu ^lablissanl un •ecoiid d'wjue perc^ lu- 
doisu* et 1 qudqiM^ dialance du prpDiInr. I.n cavité il'i sctu préiienla alors «hut 
rUgta *ur irâqueli lea Balrariens peuvent iVubtir. 



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— 102 — 
perpeiidicaiftireinent et l'on tmpriaie alon à l'apparctl un mouve- 
ment d'aiTiër^ «H avant, rappelant celai qu'exécutent les Giucttenrs 
dans les prés. Il ne faut pas faucher trop longtemps, car sans cela 
les Insectes s'accumulent d&ns te fond du sac et peuvent s'abîmer. 

Le filet à papillons comprend une poche en crêpe lisse de soie, 
ou mieux en tulle très fin , pourtant assez solide pour ne pas se dé- 
chirer si Ton vient à l'agiter par des mouvements brusques. Ces fi- 
lets étant, malgré tout, très délicats, il faut toujours en avoir de 
rechange, et nous conseillerons aux voyageurs d'eu emporter une 
provision. La canne du fll«t k papillons dmt 4tft légère, et en noème 
temps très résistante. Les manche» oonttituéa par diverses pièces, 
se vissant à la suite les unes des antres, doivent être proscrits. I^ 
cercle supportant le filet, et dont le diamètre ett de 3o centimètres, 
doit être indépendant de la canne et pouvoir se pKer en deux au 
moyen d'une brisure, ce qui permet de l'emporter plus facilement. 
On le visse sur la canne au moyen d'une douille en cutvA. 

Le troubleau rappelle absolument le faucheir par sa Tonne, sa 
disposition. Son gac est confectionné en canevas assH dair, afin 
que l'eau puisse s'échapper fkcîlemeut, sans toutrfoîs permettre 
aux Insectes de fuir. 

Quand il s'agit de capturer des Insectes entraînés lors de pluies 
d'orages dans les ornières des chmoins, dans lee flaqnes d'eau, on 
peut utiliser on tout petit ffiet, connu sons le nom Ôefikt Aahé, 
dont l'étoffe est assez l&cfae poiu- laisser filtrer les eaat boueuses, 
tout en retmant des bétes de dimensions très réduites. 

La i^colte des Insectes vrrant sur les branobei des arbres, dans 
les taillis un peu ^evés, nécessite l'emploi d'un parapluie. Tandis 
qu'on le tient ouvert, un aide secoue énergiquetnent lei branches 
ou agite le tronc, quand oelui-ci n'est pas d'an trop grand diamètre. 
S'il s'agit d'explorer des buissons ou des haïes, on présente égale- 
ment le parapluie ouvert à leur baie, tandis qu'avec une canne on 
ftuppe sur les rameaux. Le parapluie doit être douUé de calicot 
blanc, de manière que lee Insec^s scrient apen^s plus faoileiiitnt 
et qu'ils ne puissent pas s'engager sous les baleines ou les tendeurs. 
Le parapluie dont se servent tes entonudogistes est muni d'nne 
brisure permettant de tenir la canne horizontale. 

Si l'on vient à manquer de parapluie, on peut tout simplement 
se servir d'un linge, d'une naj^ que l'on étale par terre et sur 
laquelle tombent les Insectes. 



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— 103 — 

Pour rectt^Hir oetix qui vivent au milieu des feuilles sèches, on 
a reootmttandé l'emploi d'na filet k mailles asset larges, monté sur 
dfui cerdes, séparés l'un de l'antre par un assez ^nd intervalle. 
Ce filet, tsia atiîe «hiraot l'hiver, rapp^e tes nasses par sa forme. 
On intradait dans son intérieur des brassées de feuilles et on le 
«econe an-dewns d'an )ing«. Gelles-d restent, tandis que les In- 
sectes tombent On peut également se servir, pour cette opération, 
d'un tamis à maiUes peu serrées. 

Quand il s'agit de capturer les Insectes vivant sur les troncs 
d'H-teres, abrités ^ant les interstices de l'écorce, au milieu des )i- 
diena, de* bkhmm* qui les cadient, ou a recours au filet tfemi- 
cercU. Celni<i consiste en un sac dont on applique une moitié 
contre le tronc de l'arbre que l'on veut visiter, tandis que l'autre 
moitié est maintenoe ouverte par un jonc on une baleine. Au moyen 
d'une l»osee dure , on frotte l'éccme , en fîiiftant bien pénétrer les poUs 
dans ses inlerstioes, et les Insectes, souvent de très petite taille, 
qu'on détache timi , tombent dans le fond du filet. On peut paie- 
ment utiliser pour cette chasse la Aimée de tabac, que l'on produit 
en faisant inciter cette substance dans de petits appareils munis 
d'un syst^e d'insufflation. 

Il f»t une autre sorte d'instrumect, le crible, absolument indis- 
pensable pour les recherches entomologiques. On s'en sert pour la 
recberdie dM Insectes vivant dans les débrîtns on dans les fourmi- 
iHrei. H consiste en un seau de tmle drée, ouvert k son extrémité 
mpérîeure, fermé k sa partie inférieure par une toile métallique 
ï malles assee étmites pour ne pas laisser échapper les Fourmis, 
mais pourtant âmes larges pour laisser passer les petits Insectes. 

Beawcoup de ceux-ci se cadient sous lët écOTCes, dans l'Intérieur 
des troncs d'arbres pourris, et, pour arriver II les atteindre, on se 
sert d'un outil qu'on appelle Vécorçoir. Les entomologistes utilisent 
diverses sortes d^corçoirs; nous recommanderons d'une manière 
p^Ds particulière, comme moins susceptible de s'altérer par l'usage, 
celui dont la lame n'est pas articulée. Cet instrument peut, d'autre 
part, être ntitisé mit ponr arracher des plantes, soit pour d^ager 
des fossiles dans les tMrains meubles. 

Certains Insectes étant dangereux à saisir avec les doigts, par 
saite des piqAvM'qn'^ peuvent produire, ou étant de taille si ré- 
duite, qa'ils ne sauraient être pris au fbnd des rainures, des sillons 
dans hnqnets ils s'abritent, il est toujours nécessaire d'emporter 



DyGoot^le 



— 104 — 

des pinces, les unes très fioes, les autres un peu forts*. Il eit ^- 
lement bon de se munir de [uaces i raquettes, dont la partie qui 
représente le murs est fwmée par un cadre aiétallique, doDt l'ia- 
tersUce est rempli par un morceau de toUe ou uoe lame de toile 
métallique. Ot instrument sert à s'naparer des Iniectea, surtoat 
des Papillons, qui se sçot posés sur des feuiUf», des branches de 
buissons aux rameaux serr^ ou épineux, où l'oa ne saanùt soi^w 
k les capturer avec un Blet. 

Les insectes pris, il faut s'empresser d'assurer leur conservation 
en les plat^t dans des flacons ou des boIl« spéciales, dwts Les- 
quels on pourra les emporter et où, d'autre part, on pourra les 
trier rapidement. 

Quand il s'agit dlusectes autres que les PapilloDs, ou ceux dont 
les ailes membraneuses, transparentes comme le sont edles des 
Libellules, des Ephémères, demandent de» précautions spéciales 
pour être préservées, il faut employer un flacon en verre aiaeft 
épais, muni d'une large ouverture et fermé par un gros bouchoa en 
liège ou en caoutchouc. L'intérieur doit en être rempli eu partie de 
tortillons de papier ou mieux de sciure de bois bien sécbée. Si l'on 
venait à user complètement la provision de sciure dont on te serait 
muni, voici comment on doit procéder pour en obtenir une autre 
qui rende les mêmes services. On prendjra de la sciure de bots or- 
dinaire, on la tamisera pour enlever les débris les plua gros, pais 
OD passera le résidu à travers un second tamis, ou un ■eoond Sng- 
ment de toile métallique plus fin : ce qui sera paaaé au travera 
sera pris, lavé à grande eau, puis séché. On utilisera, de préfé-. 
rence à toute autre, la sciure de bois Mauc. Cette subataoce, dé- 
posée dans les flacons, a pour effet d'empêcher les Insectes qu'on y 
introduit de ballotter, de se heurter, et par onnaéquent de subir 
des dommages. 

11 a été proposé de nombreux procédés pour asphyxier rafHdc- 
ment Im Insectes; la benaine, l'étber, le chloroforme ont été suc- 
cessivement recommandés. Mais, outre qœ ces substanoes sont 
très volatiles, ce qui par conséquept nécessite la constitution de 
réwrves assez importantes, dles ont l'ioconvéaient, et tout parti- 
culièrement la benzine, de rendre les Insectes cassants. Aujour- 
d'hui on utilise avec succès le cyanure de potassium, qui est ua 
poison d'une violence extrême et dont le maniement doit être fkït 
avnc prudence. On trouve dans le commerce des flacons tout pré- 



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— 105 — 

puû; leur bwoclww tst tnVcn^ par un tube doat l'orifice in- 
fêrtear est dîipoêé de lô^n que L'év^tontÙMi d'un moronu de 
c^iwre qu'on y introduit w baie dâa& la baateiUe. Mais il est pré* 
téreble d'employer, par suite da oe lait que le cyasun de poUt- 
sium s'hydrate avec la plus grande facilité, ce qui le reod déli- 
quescent, un autre gtoie de flacon dont le &nd est garai d'un 
mélange de pUtre et de 4^nure. H. Havoux indique dans les 
termes saivaitts la auoiiie de piocédn' pour préparer soènaéine 
les flacons : > Je fais une stdution assez aonoentré» de cyauuie 
de poUssiuiB (30 p. ion environ), dans laquette je déiaye du 
pUUre fin, de naaière à obtenr une p&te dMni-liquide dont je 
coule rapidement un à deuxcentifuèties au fond àt» fUcoos à 
large ouveilura, que j'expose ensuite au soleil. Un ou deux joon 
après, le pl&tre ayant pris ataei de consistance, je remplis les fla- 
cons de rognures de papier et je les boocbe hermétiquement Les 
vapeurs toxiques se dégagent lentoneat et les flacons ainsi prépa- 
rés durent phis d'un an; lorsqu'ils tout devenus inerte», j'enlève^ 
la couche de pUtre qui se détache facilement et je renouvdle 
ropétation. l,a {ut^été hygrométrique du cyaaure entretenant 
dans ces vases une fraîcheur constante, les Insectes peuvent y sé^ 
joumer longtemps , sans qu'on ait à craindre de les voir raoiar. ou 
se dessécher, ce qui est à af^céder daos les escursions où l'on a'a 
pas toujours le temps et les moyens de préparer les captures au 
jour le jour; leurs articulations y conservent leur souplesse C, ce 
qu'il est impossible d'obtenir avec des substances telles que la ben- 
sine, l'éther, le chlwofÎHme ou le sulfure de carbone. De plus, 
les plus gros Carabes y meoBent instantanément, surtout lorsque 
le flacon est fraîchement préparé, et l'on peut en emprisonner un 
grand nombre sans crainte de les voir s'entre-dévorer. ■ 

Comme noua l'exposerons jdus loin, le* voyageurs ne doivMit, 
que dans des cas exct^diooaels piquer les Insectes pris; dl^s 1ms, 
pour procéder en voyage ii la conservation des L^tdoptires^ des 
Névroptères, il ne fuit pas se b&ter de les fixer sur le fond, d'une 
boîte garnie de liège, ainu qu'on a coutume de le faire habituelle- 
ment D'autre part, on ne saunit songer li les placer dans des fla- 
cons. Aussi est-il bon d'avoir toujours avec soi une provision de 
partîtes pochettes en papier, de forme triangulaire, qu'on appelle des 

'" Ce fait n'est pu exact en ce «(ai mocerae le» OrtlM^tèTM.fH. P.) 



DigtizBdbyGOOt^le 



— ÏM — 

pnpillottes. Les Orthoptères denuodent k éti« «nftrmés dans de* 
pkpIllMtM m tnbe, drât les extrénotéa sont boudiées avec des tam- 
pons d*oitate, de manière que l'Insecte ne paisse être MlMté. Qnand 
on a tfhii« k àH NévMpt^«s, il fiiut les placer entre des coDcbet 
àé cette subManœ. 

Les Insectes capturés doivent Ute saisis par le dos, de façon à 
éviter les plqAres oa les morsuies. Qtiand il s'agit de Lépidoptères 
ou dé Névroptires, on les cerne datts un coin du filet, qde Ton 
tient de la main gaodie, et de la main dtttite on prend Unsecte 
par le milieu du corps, alors que ses ailes sont apfrftqnées les 
nues contre 1m autres ; si c'est un Ps|Mlofi , on fUt une l^ère pres- 
sion qui a pour résultat de le tuer, et alors, ouvrant le filet, on le 
rellm déKcafement et on fenflmne dans ane papOlotte, toujours 
les ailes repliées. 

Nons ajouterons qu'A est nécessaitc d'aroir avec atà un flacon 
renfermant de l'alcool i ào* pour y placer, après avoir fiiit une 
l^ère incision aux t^ments, les Insectes dont on désire obtenir 
la préservation pour les Rcherehes anatomlqnes ''I, et des petits 
tubes pour y enfermer les espèces de taille très réduite, pouvant 
facilement s'égarer. 

A la question : Dans quels pays doit-on chaMer des Insectes? 
nous répondrons : dans tous les pays. Quant aux localités, s'O en 
al qui soient plue particulièrement propices à ces animant , il n'en 
existe pourtant pas eu l'on ne ptnsse («ncontrer qnelqnes-uns de 
Ifflirs représentants. On les trouve non seulement dans les plaines, 
leS montagnes, les bois, les prairies, etc., mats encore il en est 
qui vivent dans les eaux douces, les rivières, les étangs, dans les 
raux salées, dans la mer, et enfin il en existe qui ont pris pour 
demeure les grandes cavités creusées dans le sol, tdies que les 
cavernes. L& plupart ont une vie indépendante, mais quelques- 
uns s'établissent sur le corps de fhomme ou de divers animaux, 
des végétaux, en véritables parasites. P»r Conséquent, un collec- 
tionneur dlnsectes doit s'attendre k pouvoir fiiire à tout moment 
quelque capture. 

Si l'on peut rech«rcber partotit des Insectes, on peut Clément 
en trouver à toutes les époques de l'année. H est même certaines 



"> An boat de quelque* joun, les [merle» doitPDi être |d>céi dan» de l'atcod 
àgo*. 



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— 107 — 

espèces qne l'on ae renconbwa qu'en hiv<»-, période durant la- 
quelle il semblerait que la yie ait eeué pour cM atiimaui. C'est 
au début do printemps, d^ le mois de flivrïer dam nos contrées, 
qo'ib coromeitoent & M aontrer en abondanoA. 

U ne faut pa» csein que l'on puisse recueillir une même espèce 
d'Insectes durant un temps assez loBg;t par conséqMnt on ne doit 
jantÊÛ, et ceci est un point capital suf lequel je ne saurais trop 
ailler l'attention des voyageurs, hrtifue Ton péatfcdre une cap' 
Imre, I* rwtMttréà ^>JM fainl. Beaucoup d'Insectes, en effet, passent 
k plus psndB partis de leur exittenoe k l'état larvaire; ils ne 
deviennent faisectes parAît» que pour une courte durée de temps, 
période durant laqu^le Us reproduisent, puis suctionlbent. Un 
grand nombre d'autres ont leur eclstence li^ h celle des "vég^ 
taux aux dépens desquels ils vlvtnt. Ainsi ^ en ce qui concerne les 
Papilloni, il en est on trët ^nd nombre qui ne se posent que 
sur certaines fieurs et qui ne tardent pas à disparaître lorsque 
celle»^ sont flétries. 

n résulte de cette âbservation, dont nous pourrions mnhipKer 
les exemples k IHnfini pour let divers groupes dinsectes, non sen- 
lemsnt la nécessité de prendre immédiatement ceux qu'on aper- 
(^, nuis encore l'oUigatkm, si l'on séjourne dant un pays, de 
renouvrier les dusses aussi souvent que possible et durant In plus 
longue période de l'année qu'on le pourra. Ce n'est qu'en procé- 
dant ainsi qu'il eet possiMe d'acqnérir de bonnes notions sur la 
faune eotomolf^qne d'une région. 

Au point de vue des moments oà il en opportun d'entreprendre 
les recherches, nous dirons qu'il Diut chasser k toutes les heures' 
de la joDmé«, au crépuscule et même dumnt la nuft. 

II faut chasser k toutes les heures de ta journée, parce que cer- 
taines espèces ne se montrent qu'il un moment déterminé. Aussi, 
si l'on veut prendre dans nos contrées ces Phpillons qu'on nomme 
des Nymphaîis et des Apatura, on les trouvera venant le matin de 
ft heures jusqu'à il heures, puis, durant les chaudeset belles jour 
nées, ils ae montrent de nouveau entre 3 et 5 heures. D'autre part, 
pour certaines espèces, le mâle vole le jour^ alors que la femelle 
ne se met en mouvement que la nuit. Ainsi, dit M. Berce, • les 
mAleS des Agliataa, des Bndmmyi veniootor, des Botikbyx rahi, 
Qaentu, Dameti, etc., volent pendant le joor k Ttu^ear du soImI, 
de 8 heure» du matin k midi; quelques autres, plus tard. Les ft* 



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— 108 — 

melles de ces Bombyx dormeot pendaDt le jour, appliquées contre 
le tronc des arbres ou cachées sous les feuilles ■. 

Nous venons d'exposer les grands faits gén^iu, qu'il ne faut 
pas perdre de vue quand on désire constituer des orflectiotts d'In- 
sectes. Eiuminons maintenant la nanière dont on doit procéder 
pQur se procurer ces aoîniaui. 

Quand, plus loin, jepariwai de k méthode à suivre pour réunir 
des collections de Champignons, je fe«i mnaniuer que la pn- 
mière chose à accomplir, si l'on se trouve halniter une maison, est 
de se préoccuper de récolter ceux de ces v^étaai qui peuvent s'y 
trouver, hk mtew observation doit être fiûte en ce qui ooneerne 
les Insectes. Beaucoup d'entre eux s'élahlissetit dans nos demeures, 
ou y pénètrent accidentdl«ment, attirés pur l'odeur de œrtaiaet. 
substances, ou par les lumières qui y brillent la naît. Ce ne sont 
pas seulement les chambres qu'il fout visiter et surveiUer avec 
soin, mais encwe les caves, les celliers c^Mcurs, où l'on tronvera 
cachés sous les poutres, les morceaux de bob, les f^eires, attachés 
aux tooneaiix, de noiolweux ColéopAères. C'est eacore dans les 
mêmes lieux qu'on s'emparwa de certains Orthoptères qui, comme 
les Blattes, fuient la lumière et courent la nuit avec agilité, alors 
que d'autres Insectes du même pMupe, tels que le Grillon do- 
mestique, recherchent les «adroits chauds, les cuisines, les bou- 
langeries. 

Ijçs environs des maiscHis, les cours, les hangars, les écuries 
méritent d'être l'objet d'investigations toutes partioiliëne, des In- 
sectes de tous tes ordres y étant attirés toit par les diverses ma- 
tière» qu'on y dépose, soit par les animaux qu'on y renferme, * Les 
fumiers, comme le dit M. Falrmaire, les couches à mdons, la 
tannée,. les résidus qui se trouvent sur le sol des étaUes, des ber- 
geries, doivent être explorés avec soin; te tamis est te moyen le 
plus «unmode pour extraire de petits Staphylins et qudques antres 
Coléoptères propres à ces localités. • 

Les communs ayant été visités, on passera à l'inspection des 
jardins, des potagers, s'il y en a de joints à la maison qu'on ha- 
bite, et on les parcourra à diverses reprises et à des henm dif- 
férentes. On s'efforcera d'obtenir l'autorisation de i>e rentlre dans 
ceux renommés dans le pays par les soins qu'où y apporte k l'éle- 
vage des fleurs, en j^nâme temps que dans ceux où l'on se livre à 
des cuhures spéciales, telles que celle des végétaux servant à l'ait'. 



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— 109 — 

neataUoa. Il n'y a pas de fleurs qui ae soient visitées par des In- 
sectes s'attachant plus particulièrement k elles; il n'y a pas de 
plantes, caltivëes à un point de vue quelconque, qui ne soient k 
l'abri des attaqnes de certaines espèces de ces animaui, s'^Mis- 
saut, soîvairt leors instincts, sur tes nciaes, sur la tige, sur les 
feuilles, sur les fleurs, même sur les fruits. 11 y a par con«^uent, 
<lans ces localités, des récoltes d'un genre particulier à accoiU' 
pjir, récoltes qu'on ne saurait fiùre lorsque, quittant les fermes, 
les viHageSiles villes, on s'avance dans la campi^e. Ici, en effet) 
on se trouve au mibeu de champs cultivés, en vue de la produc- 
tion de fruits ou de graines, d'une nature toute diff^nte de ceux 
auxquels on a en affiùre jusqa'alMs. Mais là encMe on ert en pré* 
seuce d'une population d'Insectes qui, si dïAërente qu'dle puisse 
être de cdle dont nous avons [tarlé, par les &milles, les genres, 
on les espèces qui la composent, n'en a pas moins des habitudes 
comparables. En eSèt, certaïAs des éléments dont die est formée 
vivent d'une fiiçoa toute particulière aux dépens de l'un de leurs 
organes. 11 y en a qui s'attaquent aux racines, d'autres à la tige Ou 
aux diverses parties appendiculaires auxquelles elle sert de sup- 
port. C'est surtout au moment de la floraison qn'on rencontrera , 
dans les endroits où sont cultivées des plantes fourragères et plus 
particolièronent dans oenx situés an voisinage des bois ou des 
taillis, un grand nombre d'espèces, notamment de Diptères et 
d'Hyméooptères. venant Imtiner sur les Heurs. 

Lee intéiienrs des maisons, les jardins, les champs ne doivent 
pas être seuls l'ol^et d'une attention toute particntière : ce scHit 
ausu les murs qui lea composent, ceux qui les entourent, qui 
doivent Atre visités, car il existe, dans les intervalles des moellons, 
un mortier saUeox ou tefreax, aases peu résistant pour que cei^ 
tains Insectes y percent des galeries, alors que d'antres attachent 
leurs nids aux an^es saillants de ces mêmes interstices , ou abritent 
dans leur intérieur des tabès maqoaiiés devant lear servir de de 
meures. • 11 est, a dit M. Fairmaire, k ce sujet, une localité trop 
n^igée : ce stmt les mnrs. Us parapets des ponts, des quais ex- 
posés au solol , surtout an bord d'un bois ou dans le voisinage de* 
chantiers et des jardina mankihers oà il y a beaucoup de fumieis 
et de couches. • Les haies servant de clôtures donnent asile égale- 
ment ou servent à nourrir des Insectes nombreux et fort divers, 
suivant la nature des végétaux qui les composent. 



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— 110 — 

Si, quilteatles livutlubités, les régloiu cultivées le» avmiiauit, 
on s'avaoce ven les localité» où la végîbtioii est abaBdunée à «U» 
mène . OH »e brouve 4(n afandunent dan» ime ooDcUtion aenbUlJe à 
odic té- aesKt fimsi iiBwnfa^HH pMw mwint un paya naovMU, et, 
dès l<H^, la numiàre de p r oa lé w pMS 
trouve être celle k laqn^le os davrait ave» n 
cas, 

Ceiiaina Insecte» se plaisent dam les eadroits secs et saUimoeux. 
Les uns courent à la surface dn sol pendant une grande partie de 
la journée, comme le font les CicindAles aux heures chaudes, 
tandis que d'autres rsateot blottis aotis les pierras ou dans des de- 
m«ires souterrainea. ■ U oe faut ps» que les pierres soient trop 
resserrées, car alors les insectes trouvant un grand aombre de re- 
fuges s'éparpillent et rendait le» rackm^es Moins fructueuses. Il 
ne faut pas négliger de cherchwson* la» pfau grosses pwrres, néme 
enterrée» sous le eolt c'est le nu^mi i» aa procarer certain» Cc^éop- 
tares aveugles qui vivent enfonoés dan» la l«Te eaoama dans les 
cavernes "'. » 

Ce sont • de gros Carabique», des Scarite* qui se epensent des 
terriers et guettent d'autre» CoUoptères , dea Pimélies ou de» Op&tres, 
dont ils font leur nourriture. 

• Puis, en Afrique, ce sont de petitn Hantes au monvemenls 
ienta, des Erteiapbile», qui sont de la coulevr du sable, de sorte 
que, n'étant pas vues, aile» saisissent au passage les Insectes dont 
elle» font leur fwoie. C'est un cas de mimétianie ooiBMie il en existe 
laat cbez le»Iaaectw. P'autees Ortlnytères, des Acridiensae tienneet 
également de préféreaoe sur les saUea.maia cob^-U s'Miv<^nt dis 
qu'il» apen^vent le ohasienr, at il £»ut les prendra aufilaldegaxe. 

• Beancoup d'HynzéBoptires vivent dans des lieax saUcsmeux; 
ce sont des Sphei, des Anmt^lHle», de» CarcaiB, elo., dont le» 
mœurs sont si curieuses. L« ebaaseur a» devra pas sa contenter de 
recueillir l'Hynéaoptèn, maîa ««usile» insectes <{ne «ehiwù a cap 
turés, paralysés et qn'il destine k sa progéniture (^^ > 

C'est wr les taiaa sableux on calcaH«s , fertementdwuBës par le so- 
leil , qu'il iâut rechercher ees derniers Insacte» «f«'«n finit par aperce- 
voir entrant ou scvtant de leurs demewn» soutenwiiwB. On éveatre 

"> Fairmaire. Gaide de tAmaUar ftlniecUi, 3* id., i86S. 
"* Cb. Brangiilirt. Canf^rence pour h* voyageur» (lt<tv« icitntifi^ut , p. 7^3. 
,8,3). 



, Google 



— ni — 

celles-ci et dao» leur SoaA oo trouva lei <Uvh* iaiacbe» apécia» dftat 
ces fiyniéoof>tèi««uvei)taf)pK>vi(ioaow leur» nid»ea vue du déve- 
loppement des luret. Qafllqwai'aiiwdes etpèn» f|u'aad^ttViv ùaù 
toai fbrt nures. • U «st» en partivulier, un Hyménoptàre du geore 
Ctnerû qui recherche •péKialement um oMlaine eapàoe de Bupmtt 
qu'on ne peut se pracufferAUtittiDeot qu'en ckeiwbaBt dus les nidi 
de ces H^énoplère»"). *Ce ne «ont pu seulement desCoUopt^re», 
des Orttioptères. des Hynéiio{itèiies qui se plâiatut du» le» lieav 
•rides, mais eneofe certains Névroptires que l'oa netavuTe quelà, 
et, à ce propos, M. Braofpaiart a cité comme exemple le F«uraH> 
lion de nos pays, doat la larve se liait au (oad d'un petit entoa* 
aoir creusé dans le taMey ne laissant émerger hors du soi que m» 
m&choires. ■ Vienne à passer quelque faible Insecte qui a la mat 
adresse de se laisser choir, vite aotre petite Urve le swsit amc ses 

mandibules Lorsqu'^e s'est rgpne du ssag de ta. victime eHe 

met la dépouille sur aa téta et la rajatte bon de son aotoamir. > 

■ Pour se procorer l'Insecte adulte, a ^îegtéH. BrangBiart, nous 
GooseillQns au voyageur patient et qui pourea séjonraer quelque 
tempe dans une mène locdité. (TéleiMV ces p eti te s larva. Lora- 
qn'elles soot traAsfonaéaa en nymplia», il pourra ne plus s'en «o^ 
cuper, nuis il piacem les petites coquesdan* une bojte asseï spa^ 
dense, poor que l'Inefnte, eu momeat de l'écloaliui, ait aaseE de 
place pour étentke ses «les. 

■ Enfio, eu eipliuaat le saUe au bas dea taiui des saisonnières, 
on trouvera beaucoup d'Insedea qui sont tombés at qui ne peuvent 
pins s'écfaappaiv le saUa roulant sone leurs Unes. » 

Nous Fecomma«dflrons d'une manière toute spéciale de visiter 
CCS danièna localités afbs ki grandes pluies d'anges ; on y fera 
alfui de bonnes récoltes, un gra*d n<»»lwe d'Inseotes eaqwrtés 
par les eaux de nùsseUmeat s'accamaUnt au bas des pottiom 
dédives. 

■ Aux bords saUomuuxd* la mer, il ne faut pas né^^i^er der» 
tourner les pinres, les beîs, efee., mus lesquels le cachent de» Po- 
gmiu, Scaritet, Nehria; sous les algues à moitié desséchées, on 
trouve des Insectes souvent fort nures; il fani retourner on algues, 
chercher dans le saUc an pea hmaide «fo'eUes recouvraient et le 
creuser fc qoelques oeatimètieSipaiiceqnephisieursliisectess'y en- 

"' Brougaisit, foM eit. 



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— Ilî — 

foncent : les Heteroevnu, Pkàleria, Timcf^tcetii, Saprùitu; ensuite 
on ^nd les algues sur une nappe et on les secoue de muiière k 
làire tomber les Insectes qu'elles pourraient renfermer. 

1 U ne l«ut pas onUier non pins de visiter, à marée basse, les 
bancs de saUe que la mer laisse à découvert dans les baies; c'est 
U qu'on tnmvs les DightM, les Bemhiiiam, les Apm» Cl. > 

Si, quittaot 1m liens secs et arides, cm passe dans cens oà la 
végétation est active, les endroits k explww sont des jdus variés. 
Ce sont d'abord les prairies oi, avec le filet k papillons et le filet 
faocboir, on capturav des insectes de tontes sortes', puis les Ims 
oii l'on utilisera les mêmes instruments et, en outre, un diap qu'on 
étalna ou un parapluie qu'on tiendra ouvert soaa les branches des 
arbres qu'on battra. 

Dans cette demi^ localité, on peut se servir avantagensMOCOt 
d'un instrument qu'on nomme le mmiîkt, sorte de masse chargée 
de plMnb à l'intérieur, garnie de ouirau dehors. On l'emploie po«r 
chasser, an point da jour, les Papillons, alors qu'ils sont encore 
engourdis par la fratcbeur du matin. On frappe fortement sur les 
troncs d'arbres, et alors, sous l'inSuencedecette brusque secousse, 
les Papillons ou d'autres Insectes se détachent des points où ils 
étaient fixés, tombent dans le parajriuie ou sur une nappe qu'on a 
eu le soin d'étaler par terre. K l'on mantine de maillet, on em- 
ploie , pour produire des chocs violents , une grosse bêche. On peut 
capturer par le même procédé, durant le jour, les Papillons r^io- 
sant endormis sor le tronc des aiinres. 

«Les arbres morts, cens qui ont des {daîes,les mc«ceaux de bois 
sont autant de places [wécienses pour les Gtdécqitères; c'est là seu- 
lement qu'on pourra trouver les Xilofdti^es, dont {dnaienrs sont 
fort rares. Quand le soleil frappe sur le tas de bois, on voit sortir 
des Longiooma, des Ëuoidium, des Buprestides; les Priooes et 
quelques Charançons ne sortent que le soir. Sous les écorces à 
nooitiésoidevées, surtout sous ctriles deapias.on trouve des Insectes 
auxquels la forme déprimée du corps bdlite la locomotioa dans 
ces espaces rétrécis W. ■ 

Au sujet de ce geioe de recherches, M. Brongniart fût remar- 
quer * que si les trtxta sont to«t k &ît vermoulus, en creusant le 
bois avec l'écorçoir, on aora chance de recueillir des larves ou des 

<" Fsicaïajre. (ws «it. — W Rid. 



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— IIS — 

nynpbes de Coléoptères, qoe l'on poom élevât aflo (Faveir !'»• 
seote adulte. 

1 1) y a quelquefois des trous daas les vieux arbras,'tnm» oon- 
(enant des natîèrts fdos ou moiiis dfeootpoaées ou hiiaudes, sou- 
vent même remplis d'eau. Ce sout des larves de Diptàm'<(uiviveDl 
dans ces substances humîdea et pourries, et, en particulier, odle 
des Éristoles, que l'on nouime Vtn à quetu Je rat. Au pied des 
arbres, en grattant surtout da cdtédu sudTon récelten des Cara- 
bîqucs, des Hélopides et d'autres losectCR. > 

l.a base dfs arbres doit être esamioée avec le: ^us gmod aaio* 
Il faut écarter avec préaotîoii les feaiilcs des divMMS plantes qui 
tes ent*ui«atet observer l'interstiœexistaBteBtreilestd et fe tronc 
On trouvem Ui une toole d'espèee» doM lliabitat est spécial, et 
cfuelquelbta aussi des Chrysalides. 

Si la bsie des ariires, leur troac, leor» brandies doivent éln 
ohi cr v fa .il en est de mémedu feuillage, qui, unsi «fue août avons 
déji en l'oecanon de le faire remarquer i ftopm des arixes bui- 
tiers ou d'omemeut placés dans les jardins, peut doaoor asile ou 
servir k nourrir divns lusactcs. 

• Les ftsnHesou les tiges des {fautes herbt|céesT leS' feuittea daa 
arbnstes et des aebtes sont souvent déformées par les piqâres de 
cMlains Insectes (Hyménoptères, HénliplèreB, Diptères) ou de car- 
tains Acariens qui produisent oe qu'on lunsme des gaUêt. 

■ Dans d'autres cas^ ce so»t des Cbeaille&qui tordent les feaiUes 
ou qui vivent dans le parencfayn», ou bieo encore des Goléoptèros 
c^anurs qui roulent des feoillee autour de leur œuf (l^ynckitMt 
Aulhbiu. 0ic.}. 

• Il serait intéressant de recueillir ces galles etcessortesdenidsT 
de les raf^Nuterdans l'alcool, ou bien de les otmeerver à sec, sans 
wbstaDces déMètes* afin d'obtenir l'édosion des iniectea qui. les 
ont produit». • 

H. Brengniart a app^ l'attention des voyageurs feur les Insectes 
qu'en peaA trouver englués an milieu des produila résineux dé- 
Gouhnt de certains ari>res. 

■ De nos jours, dit-il, il existe, dans presque tous les pays, des 
arbres résineux qui Uisaent couler de la résine. Dans diverses con- 
trées, en France, dans les Landes par exemfde, oe la re^t dans 
des sortes de pote. Si vous en amenés la résine ainsi recueUlîe, vous 
trouverez un grand non:d>ro d'espèces d'Insectes, de Myriapodes 



rfbïGoOt^le 



— lU — 

•a d' AnclkntdM. D*iw ka SmAia dé- pnp , ■it'M *î i'oa fie obwcfa* 
pas k exploiter cette résine, eUe s'écoule de l'arbre, s'il y a queiqae 
trietsurei II Ben doDC boa de Sure cette dlasse..* - 

Beanooop d'Hymèeoftènt toBEtrtiiaaat-Ààa nids d— t q wdi|i i M 
oiiB peuveBt atteiadn on vdwAe ooasîdérstde, et ils les fixent aax 
iMvacbes des arbres. O sont pl«s perticMliivemeBt dee Gu^ies, des 
Polystes, des Pt^yhie». O'aalres espèces de GvApes, les Bourdons^ 
étaUissent leurs nids soUs la terre. I^ules ces conttroctions mé- 
ritent d'être recbercbées par les voyage«rsy et diei doivent figurer 
dans leurs coUectioni. Pour fr'fparor, sans cootir tr»p de ristfoes, 
de ces nids, loraqu'ils stHit habité* , il bot tes «iétadicr la nuit, 
alors que leun habitants donaent ou sont engourdis par la fiai- 
cheur, après avoir éa la précaution de boacber les orifioesi On les 
transporte dans un filet fermé et, retUr^ cbte sèi, on l«s kitrod«ît 
après «voir dégagé viveinaat une ouverture sons un vaae ranversé 
où brûle un tmrceaa de moite. C'est éncM* cette, mânâ substaaee 
qu'on utilisera quand oa voudra s'emparer des nids saotarraiBB. 
On en alhuunn qudques neroeaui qu'en introduira datts une dtii 
galerie, après avoir eu la précaution de bien fêtteer les autres. 11 
ne faut pas oublier que, chex oas Insectes, les fonu» sont Tort dif- 
GirentesdanB nue même cspàee.snivaot qu'on oOaaidàre le» mUes, 
les feselles ou les neutns. Par oanséqltent, ajn^s avoir tué les ha- 
Intanls de» taids, on devra faire «n triag» de leurs corps, de manitee 
que tous leurs étala soient refvésentés dans la coUeoliBn. 

Certains ttyménoplères fahîqnent no nid dont les odlules ne 
sont pas abritées par une eovrioppe Dommoaei Quand «a vent re- 
cueillir ce» demeures , on doit les faire tomber dans tm filet qne 
l'on cMerrs avec un lacet vers sa portKm moyenne. On peut égale- 
ment se servir, omnme le recommande M. Capos, d'une boite en 
cattoa entre ha deus moitiés de laqudle on prend vivement le nid. 
On tue im Insectes comme nous l'avons dit précédemment. 

■ D'aato«s Hyménoptères, las Fonnàis, constnitsent dans les 
aribres et surtout sur le sol des nids finitté» de terres ou de brin- 
dilles de bois amoncelées. On s'emparera des Fourmis adulte», 
miles, t«nKlies et neutre», puis des csufs, des larves et des nymfthes 
qu'on appelle vulgairement des œu& de fouruBs etdooton nourrit 
le* jeunes Faisans. 

* Beaucoup de ces Fourmis sont ourieuscs par leurs moun, et 
tocs les ranseign«iWntK précis 4 oe sujet seront intéreRsaBlAr U e» 



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— lis — 

»t, par «xMifrie, q&f ont à» Founnii esclave**, Incapables de se 
Mimit- rilM'ttèMli t riMs vont Ml guerre M nippmruot d« aymiriin 
^ Mteoat iMtM leur Aid «I qui Mront ^lédNdMtwiri «hirgin de 
nourrir les Vaiuqaeim. il fktit proâdn vRinqtlBdrs Ht nliwui. 

• M«iB c#U^ ItJiMM ^WM dan» les fbarmilUmi aa hiilieu 
de* FooruiriT ce ftont d'aboM In Pnc«ron« qai peamnit être oon- 
Mtutt» etMtuae iM i^ache* k lait dn Fotinnis, car oés de^niferw 
«iMaent boire dA llqfUâe wcté sécrété pAr des Hémiptèt«<. 

' Ett «ktoe, 00 noûtmtrt dM CdlicppMfWi d« petits Stafrityliiu, 
des PtMpidHft éà gwve Ql^igêf, des Pttutieosi L«t F«art»M tral* 
tedt le» Ctatff^ertvK be«vK«iip d'^rda^ probabiemeiil parofe qtw 
cfs insecte» ftnmiafltl (talque aMlfert qhi Ifeur «mvinitt on a 
métMi (Awné ({iH Me ClîwfjM- étaimt iidtirris par les PDarmis. 

• Lee pRussiROs cful thwt atMd daM les fourmliàres et d«tit k 
moDOgraphie a été faite réceauBie&t par M. AebUle lUfi^j, qui a 
téatn poor le Mwriutti, à divtMK ntprisiMi^'iniportaiitts oollec- 
tions, le» Pau*i«M4 di»}«, sont aatAurfiëst vt^Ml avec une grtod* 
rapidité et ont des antennes renfléest dO tbtme ftraMge. 

> Pour s'empmtfdeiou* flHtdsaOteaitlli lUtaiWlitleftfoQnnllitres, 
il ftttt se servir dh bdttia. On y iwt ta«t ee qui «oMtita* U four- 
idiHèR; oit fMWe npMèniMt pottP évtt«r que les FcnirmU ne 
gritupmit sur l'èp^teuf, tsu* oerikiMS e^AM» pmivent pradaira, 
par leurs piqûres, de cuisantes âobiKWV; M af^Ui Kti4esHi« d'une 
nappe et l'on néHeillAlM petlM laseetw qsii à causd de leurs di- 
nWMfOQ* «tigMêt pftsflOM h tsafWs iM MlitlM da tamis. 

< D'AatrtslBietifeflt mlgiiisBteat appelés ftikrttik hlâiaha, n'ap 
ptftieDOéot pu «n lafltM ordrA I âo Mmt des Névro^eres laclfagoi , 
da^ Tenuhes, q<l tMiMmt «buvent èê ^rand* dégJtt» ttn rongeant 
les bois de construction. D y en a qui cOnstruiHflt des «Ms placé» 
s«r ie* htvmdiAd'aïbrM^flta de «éritâblm mtwutiwbb, nMemMant 
à d'tatttteikMi fotiMHtlèreB d« t«n:«, hautes «o^eot de plasieurs 
■n^Ms H Mtèt TéslMMim pMif qu'un cbeyid m un Mtur puisse 
grimpe/ deiMMt CcnAdiR oes tenuttitavs lie soot pas tm^ourt tran»- 
portables, le voyagtttr dftvt* les ph««gH{^itt, ou leur» forum 
variant MiValtt l'eipèM' de Teruile. .^ (HitN< il ÙMêt& rëoolter 
tes l a a eww qai tetoiK wiwlrdlwi, et k lotrt las Aatat au-, liiatiMii 
il y a difiëreOtM fiMUM» : k ttot^ «M énoraui, c'M Un TMkbU 
sac à œufs, le mile est ailé, puis il y a des ouvriers et des soldats 
à tête éncHine. 



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— 116 — 

' ■ On a trouvé des parasites clans les lermitîères. C'est a» Brésil 
<fue Hemburch a rencontré, en i8&3,desC(riéo{itèra«de Ubmitle 
des Stsphylias;iUoal un (^ros abdomen relevé,coaten«aldesœDf8 
et des larves développées, en état de naître vivantes t'^ « 

M. Brongniart signale aux voyageurs la recherdie des loMctes 
dans les maUères en décomposition, telles qne les détritus vi- 
taux, tes Champignons, les cadavres ou les matièm ' sterconles. 

• Il est un genre de chasse que je recommande, ajoutait-il; œ 
n'est pas qu'eile «oit agréable, tant s'en faut, ma» elle peat être 
des plus fructueuses. Je veux parler de la recherche des animaux 
dans les manières en décomposition , tdies que les détritus végétaux, 
les Champignons, les cadavres <m les matières stercoraires. 

■ 11 y a des Insectes coléoptères qui jouent dans la natare le râle 
de fossoyeurs, qui péoètreat dans les cadavres pour y pondre et 
qui les enfouissent petit k petit 

«Les uns, comme, les Nécropbores, les Silphee, les Staphylins, 
aànent les cadavres r^caats; d'autres, comme les Dermestes, les 
Ptines, les cadavres desséchés. 

• Un savant enloOiologiste, H. Mégnia, a mtme OMMtré qu'cm 
pouvait arrivar à coonaitre l'Age, si je puis dire, d'ua cadavre, 
d'après les Insectes qu'on y rencontre, les uns aioiant la viande 
Iraidie, d'autres [passex-moi l'expression) la cbair faisandée, 
d'autres les cadavres tout à fait secs. 

• M. Oustalet vous a indiqué uo moyen pour s'emparer de œrtaios 
petits Mammifères : on emploie des pots mis en terre, des cloches 
à mdon, des boites en fer-4daac eafoncée» dans le sol, et, la nuit, 
les pauvres petits animaux, allantàraveagletla,se précipitent dans 
ces trappes et ne peuvent s'échapper. On (leot employer pareil stra- 
tagème pour capturer les Insectes, 

- • En voyage, uœ boîte de moserves est facile k tro(iver;on ïear 
fonce dans le sol et on a soin de pitoer au fond an appAt, quelque 
morceau de viande ou de matière steroorairet pendant la nait. 
pendant le jour même, beaucoup d'Insectes a'ylawaeront choir, 
attirés par l'odeur, et il swa possible de les capturer. 

• 11 est facile de tuer quelque petit Mammilï^e, ou bien un Oi- 
seau, et de placer le cadavre k peu de-^istanoe du campemeatt pu- 
ce moyen , le voyageur pourra faire de bonnes récentes. 

(" Ch. BroagoiaH, Wn ril. 



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— 117 — 

■ Certeim ColéoplèrM préArmt noéme (tou» les go4Hs sont dans 
ta Qatitre)i(MeKCTémentB; ainsi, dam les bonsea, dans le» crottins, 
dans les laiasésd» tonte torte, ou treuvem des Géotraptt, «les Co-. 
prit, àmAphodiet, det- AteacKat enaèognes à ces Bousiers qve les 
^yptieos ^onàftat sur leon nonuaients. 

■ Il faut retourner ces excréments avec un biton, <x«UBer même 
le'sol sous-jacwt pour reeufeUlir tous ces Coléoptères o^rophi^es. 
Des Mouches, des Gvépes viennent seposer sur ces matières, «t 
même debrillaDts Papillons, des Vanesses, ne dédaignent pasce 
genre de nouTTJtnrej Daoscertains crottins frais, on peut trouver 
des popes de Diptères du geaie des Œstres, ({ui vivent à l'état de 
larves, fixées sur la membrane du tube digestif, et qni ne «ont 
npulsées qu'au nioment d'édore. • 

Dans les eanr, qu'elles soient salées^ sanmfttres, douces, cou- 
rantes on -stagnantes, vit une ridie fbnne estomologique. A la sur- 
face des men tropicales nagent certains Hydramétrides du genre 
Halobate, et dans les étangs^ les mares, pullulent des représeu: 
tants de plusieurs famiHes de Coléoptères et d'Hémiptères. On 
doit pécher ces Insectes avecle troubleau. Il arrive sonvent qu'on 
prend avec eni des larves de Névroptères, «telles qae celles des 
Pertides, des Ëph^ères, qui respirent l'air dissous dans l'eau ii 
l'aide de branchies trachéennes, puis c^les des Libellules; enfin 
celles des Phryganes, qui se construisent un fourreau protecteur 
avec des morceaux de bois, de feuiUes, des pî«Tes ou des co- 
qniHes qu'îles .af^utinent (>l >. Tous ces Insectes en état dedéve- 
topp«nent doivent être collectionnés et pbcés dans l'aleo<d. D'autre 
part, qoaod on i^orera qoeUe- est leur forme définitive, il sera 
néeesMÙre d'en conserver quelques-uns qu'on placera avec des végé- 
taux aquatiques dans un aquarium improvisé, recouvert d'une 
gâte, po«r attendre leur dernière métamorphose. Dans ce cas, 
on ne doit pas manquer de préciser par des étiquettes spécides 
les.divers états successifs par lesquds passe un même Insecte. 

• L(H«que la pécbe sera terminée, il est bon de promenn* le 
Met fàudioir sur les herbes qui poussent au bord de l'eau. De 
cette &Ç00, on se procurera certains Orthoptères, des Goléoptèses:, 
des Névroptères, des CheniUês. 

•.Puis, piétinant le nd humide au bord des eaux , on ponna faire 

'" Ch. Brongniart. loco cil. 



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— 118 — 

wrtir divon C«Uqit^w. BRfin, psMlu< tM JMin»éM«iMalaiUée>, 
au DMjren du ftlet àt ga«e, ad s'onf^nvi àêt LïMIhImi, da 
Agriona, ata."!. iLm LUmUuIm Weatawa anegramkMpidité.et 
eanuBtf cd)« m méfieot bniMoup du sbowtiir, oo dait na pu Im 
poursuivre : il faut attendre, poupshwobeF à s'an ampuevi f«'eHM 
ae loient paato. 

Si In lacs, lea marea, lee étanga. la» aa«x oQotoDqaa daaa laa 
fossés, te* oraièns, doivent èOe expiraiéa ivk adiq, il ao Bat de 
méaa im làvièrea. Maia i^mi surtout k cMtaiaa mamaats qwc 
l'ÎBapectioB da leurs bords peut iiin aitrèm«ment profitsUa. Tout 
lea rakmadogiatea a^ot, on lOei, d'acoard pour KpQpaaltM qu'usa 
dea chaaaeq Isa plus pvodnetives ea lasoatoa «st c«U« à ia^udle m 
peut se iiWer durant le coun dea ÙMDdatJonk U. Luowta a doqaé 
à c* sujet lea eeoaeila auiwBts : i La 6kH d«t Mie ea^l^é sur 
les bords di^ opuraat pour prendae anrtaiaea oqiècoa sans qa'ua 
«il exercé ven« passtv. Pendant riqandatioa, cm iarn faiaa de 
places, près daa détrttas qui ooœtQsoceat à s'amonsaler et près 
des oûuiants, «pielquea fagots bien aeivéa, garqia à l'îittMeur de 
feuilles et d'herbes tooSbes qui douDeraot asile à de oombrauB 
BBu&agés. Après l'inoqdattoit, on devra soulever r^eopce dos arbms 
qui auront été baignés par le cparant, ipAme à ope eertaiac hau> 
tour et dans 1» cavitéa inftri^una à sna certaiua |Knfbndeur. 
Cette vist^ miautieuaB proonram ainsi da^ e^pèoa* raros. On devra 
aussi tamiseF Bui place, avec un grand orible, la lewe sac Uqudle 
reposent las défritua : lee Carabtques y scaront by jJus nombreux. 
Le aatomliata ramfdùa pluùeurs aacs de œs détail*» et les em- 
portera k U maison; là, à l'abri da maavais tanpa, il pourra 
chaque jour, peadaift im mois anvinm, chassée tranquiStaDant M 
surtout frnctoeusemant. ■ 

Dea racherchas qn'«o ne saurait trop ncommander auK natii> 
ralistes voyageqns, sont cdies qui peuveat Mm acopmidies dans 
les lieux somlwes, humides, tdq que Ifs cavernes, lea sncienBaB 
explaitatioBa minières, ^es doivsnt [dus puFtKulièntfnant être 
(Utes à l'époque de la saiaoa des plaiea, alors que les eaux inoa- 
daat les fiasuies des fochem (figent tes Insectes k quitter les 
petites excavationa où ils vivent blottia. Or peut ^[aleaient se 
procurer ofrtainea eapèoes de ces pelita animaux en )es attiiant 

"> Ch. fevogniart, loeo cil. 



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— lîO — 

•vae des débris de cidatres qu'on dù^wse sur l« mA. Gemu m \m 
eopètxs cavsniioolefl SMit grandement é» t»îHe très ràdaîte, il 
faut pncéder ti 1«if reolierdie avec «ne «Mme attestioti. 

Les chasses bq oiipuscBle et dnraot la nuit méoM peimetteat 
de oajrtHrCT me feule d'e^ièoea qu'on oe feneontie à aaciiii autre 
moment de la jonniâe. C'est le soir que noua apereevons tmBer 
ao milieu des gazous la femdle d'un Coléopt^, volgaireaieat 
connue sons le OMii de vsr fc it aanh c'est Je soir égateBMat que, 
^tas les paya dtaods, vdtigeot en bande» nombrauseslet étioce- 
lao«es Lodeles. Les Cneoyos, OdéoptAies de la faonUe de* Élat4- 
rides, don^ d'un powvÏF 4dairaait mtin»rdiakira, ne se mtntreot 
aussi que la Doit. Maïs oe sont surtout des Papillons, dont on peun* 
^emparer afi^ le Qooeher dn soletl. Les- prooMiés à employer 
pour œtte chaase stnl'toès variiis et p'âsartent ol)ae«i des avaa- 
tÊgt» partiodjnv, soWant les loualbés oi on le» mtilîse. 

Un des {rias ^oAaftA «#t c^ni qnl est manu seus le notn de 
mMU*. h cwsirte ^ attirer les Insectes au moTen de pcépuatiaa» 
uicrées dont ils se montrent friands. 1} «ifiste beaucoup de frmts 
cbaraiu qui, au noin^ d'une Matprabîe» avanoée, alofs que 
leur enveloppe a été détériorée par des Inseetss de divers ordrts 
•u par des Ofseaux, offlrent k l'appétit de» Léfadoptira» des suas 
qu'ils prisât beaueoup. (Ainsi, dH M. 6. Dapoyi», h r^x>^»e 
ôb les raisins sont m4rt, le» captaet devienneat plm oembreuses, 
)e filet est inntUe, et je le reosplaoe par te flacon de cyannre, car 
les Lé|ddeplèMs ne s'envolent plus : lis reatent aux raisios' ou se 
fadasent tomber; )e mets alors mon fiacqn ouvert Mras le paplUen 
qui se jette au fl»d. > Ce sont là des miellées naturelles. Quant 
aux mlt^ées artlficidles, elles eonristent es des solutions de ma- 
tières sucrées. Cdle qui est la [dus simple et la plus facilement 
pnrticaMe en voyage est due à un mélange d'eau et de miel, dans 
la prop<»tion d'environ trois cuillerées de cette substance pour un 
Htoe d'eau. «La chasae k la mîeltée, ditM. A. Corcdie, n'est en 
gén^l favoraUe que le troinème jour; une reoatnnMndstioB es- 
sentielle est de ne pas ioterrom^ un seul soir la mielléei H faut 
r^lièrement ttialler environ une demi-heora avant le ce«c4wr 
du stdeil. On choisit sur la linére des bc^s ou dans les vergers 
nne rangée d'ariires, le plus prasible à écorce rugueuse, et l'on 

''' Journal Lt JValDro/iit*, a' notée, p. Zi-j, 



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— lîO — 

liadigjBoane au moywi d'un pincMU 1« towc (k^MW It base jstqu 'k 
haute» d'homme; U faKt uieUea^ sur la fine du trooc opposée au 
vent et chflÎBÎr les arbres pUcés mhu te veet.ide iaijpa ai poder 
les émaaatious sur uniespace aussi étaodii que pouihle. Lt» haies 
toufTucs, les treilles eu cordoa soat d'etcdleaU eodroils pour 
micU?ri dans ce cas, on asperge les feuilles aur V>Hte la hauteur 
deUhaie(i>.< 

i«-i nuit Tenue, muni d'une lanterae, on visite k diflerenlea re- 
prises tes arbres où l'on trouve un grand nombre de Papilbnis, td- 
lemeiit étourdis par la nounriture prise, qu'ils -m cherchent pas à 
s'envoler. S faut alors se servir de ta [mce- raquette pour les 
■aisii'. 

• Quand un endroit, dit il. Beoce, paralt^iropioe pour faire une 
miellée, mais que les artweb manquent, «ocmm sur les bords d'un 
marais, d'une prairie, d^on champ de Ivuyjtfes, etc., on supplée 
au défaut d'arbres en plantant des piqtieta qu'on enduit de la yré- 
paration rainée ou en tendant de fortes cordes qu'on a préalable- 
ment frotta de son appâl'^). > 

On se sert également, pour attirer les.PapiltiMis, de ponaies 
desséchées,, connues dans le commerce sous le nom de pommêt 
tapie». On les fait nunolltr dans de l'eau, puis on verse dessus 
quelquK gouttes d'«ther nitreuK. Dans cet éXki, «lies «xhalent une 
forte odeiu- de reinette. Suspendues à des brau«bes Marbres par 
une ficelle, elles attirent wu grand aomlH^e de Pafvllons.et surtout 
des Noctuélites et. des Géomètres. 11 est' très ia^)ortant de ne 
mettre sur les poouues qu'une très laiUe quantité d'éUier aitroui ; 
sans quoi il se d^age d'elles une odeur forte, ae' ressond^at |^hs 
à celle de U pomme reinette et faisant fuir les PkpiUoos au lieu de 
les faire venir. 

Les Papillons, ainsi qu'une ibule d'autres Inseclas nocturnes, 
sont attirés par la lumiàre et l'on peut, avecdes procédés variés, 
profiter de cette particularité peur en capturar un grand nombre. 
Tout d'abord, nous recommanderons «uk voyageurs, de laisser le 
aoir ouverte la fenêtre de tour chambre éclairée par nae lunùèrc 
un jteu vive. Us [wendront ainsi, sans . ftAigue,. ua grand nombre 
de getires et d'espèces, nvant il l'atri des maisons ou dans les jar- 



' A. Granger. Gui'tfr At l'amal m d"intetle$ , p. y3. 
' A. Granger, Imo ài. 



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— 121 — . 

dins qni les avniainnrt. lli devrent, d'mlre part, (Hueéder à une 
duMe tonte partîcniière, K^pet^Uiihaatam (irufi. Pour s'y livrer 
OD dreoMt seit-duiR des prés, dee champs oà ks pbates font an 
Acan, Mit pins «pécudemeat ui voisinage imotédùt des bois et 
dans leurs dairiites, un drap, saottna par tnis piquets, eu Eorme 
de tente, et l'on plaoe nue fiirte lanterne aUumés à c/Ué, ou mîeui: 
im la fixe k. la partie supénaire.de cet liohaEtudage. Les PapUloos 
attîncs par la lainike ne tordeat pas ^ venir tourner autour du 
(ojer hunaeox qui le* éUnùt.et l'on ^en enapaie au noyen d'un 
fiktde gasa . 

Nwisaîffriafaroos, Jun< manière tonte partJcuiière, l'aa^^d'un 
procédé tr^ ingéBimix, apj^aé par M. P. fioU, powr attirer avec 
U luinière les Imectes Dootauues. «Je sdapeuds, dit-il, mk laor 
t«me à on arbn k environ i m. ào du sol et de temps en tamps 
je bniUe un pen de iqa^néaiun, m^l q«l a la pnçriété de bhUifr 
en pmdaisant une loiaière très intense rappelant tout k tait la 
luaaière ëlœtriqne. Cette lumière, q«e l'dn ne faH dorer que queir 
quM secondes, Mtixe cependant des L^idoptèies de très loin et 
loraqtae le nugnétùim s'éteint, ils veateat autour delà, lanterne, et 
l'iM peut al«rs en prendre dts quantités oaaaidiérabiss. 1^ magner 
nuo coûte de 5a à 60 oentimes k mètre; il en' faut enuron ua 
demi-mètre par setrëe '■^K •■ 

• Certains Papillons de nuit, les Bombyx que l'on voit souvent 
eojpteinjoartmverser l'air d'un vol rapide et ïcr^ulier, sont doués 
d'an odorat surprenant, q«e l'on peut mettre k profit, pour s'en 
procurer.. Les mAles ont de grandes antennes pectinées, et c'est 
très probablement Ik le siège d'un sens que l'on peut rapporter k 
l'odorat. Quoi qu'il en soit à cet égard, Itwsqu'os vsut se procurer 
des Bombyx mâle», U cboae est fiasile, si l'on' a p« capbirer une 
femelle récemment éciose. En esienaant celleci dans une petite 
cage que l'on expose en plein air, on sera sâr de voir arriver 
IKwnptenMBt des mâles dttnt on pourra s'en^pw <^>. ■ - 

En dehors des Insectes dont .noua venons de parier et qui.jouis- 
sent d'une vie indépendaate, il en est. an certain nombre qui 
s'tHaMisaQnt à l'état de parantes sur l'homme, los animaux, les 
végétaux. Ils iq^urtienaeot plus particnlièreinent nu groupe des 

''' Pttitn Bnamtlei entomeUgiiiuri , n** 37 cl 73. 
'^ Ch. Brengniarl. loea rit. 



,Gooi^le 



. _ m — 

Diptères. ■ Les espèces ptrasites des Hyméaapttns se prennent à 
l'entrés dM galeries on des nids rrmnés par ces demiws dam tes 
Ulus, fes vieax mai* on dans les terrains arides exposé* «a scrfeîl. 
Qudqnes^nes, q«i TÏvcDt aux dépens de* BoonkMM, peavent AtK 
levées avec les nids da oe* Inseeles; certains Golét^4^res sobt ex- 
posés ans»! à ce paraihîsine, les Casaides notanunent; quand on 
soapçonne nn de ces Insectes d^Mrs attaqué, on le séquestre dans 
une petite Ixrfle vitrée. Beaucoup de D^ilères parasites des Cbe- 
nilles et des Chrysalides de Lépidoptieea s'triotiaBneat boilement 
et en abondance quand ou élève ces derniers. Pour recwiKr les 
Qombrewes petites espèces mineoses de fiBniHes,i) suffit de mettre 
les ffluttltts attaquée» dans des hei\n fermées p» oae fine toile 
métallique, en ayant soin de séparer les espèces végétales par 
botte. On Hève de même les Mouches qui vivent dans les capitales 
des chardons et antres fleprs )i réc^tades épais. Enfin il ne &ut 
pas négliger les fiente* et les excréments da tontes sortes, les ca- 
davres d'animaux. Un des IMptères les ^ns rares vit exdusrre- 
ment sur les cadavies de Chiens, Bnfia quelques espfcoes se d^e- 
toppent dans l'intérieur des animaux vivants, comme tes OBstres 
du Cheval, du Cevf, d«i Chevreuil. Hiut se les preeorer, il faut 
tâclier de reoueiltir les larves dans les endroits où ces quadrupède* 
se tiennent réunis et où ces larves tombent pour subir leurs éa- 
nières métamorphosas. Les Hipp^KMqnts sont pèas facUes k trouver 
sur les Chenraux et les Beanfe, ainsi que les Hyetéiébies aptère* 
BOUS les aile* de* Chauves^Souns. On prend sur beauoovp dX)i- 
seaax, le* Hirondelle* notanmient, ]es Omithomyes, Mondtea qoi 
ressemMent extrêmement aux Hippobosques (H. > 

• Les métoraorphoses de certains Coléoptères méritent d'attirer 
tout spécialement l'attention des voyageurs; nous voulons parler 
des Vésicants, c'est-kdire de* Sitaris, des Méloés, dee Mylabres, des 
Cantharides. Les méthamorpboses de ces Insectes ont été étudiées 
avec grand soin par M. Fabre, par M. Rllsy et, darmèmnoBt, 
par mon collée, M. Beauregard. Les Coléoptères ordinaires 
passent par le* états de larve, de nymphe et d'adnlte. CeuK-d 
passent par quatre états larvaires dill^nts, avant d'arriver ii 
rétat de nymphe. Fabre les a déngnés par le* nom* de TriotyoUn 
ou première larve, de seconde larve, de pseudochrysalide, et de 

"' FainnaJM, loca àt. 



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— JM — 

trolâètiM larw, et M> Sabve a propoaé te mata ^'kypêrmétamor- 
)Hh»M pour itfiiffiwr eee tnnifimiutiaM, 

•> Le petH Triseguliii att fort Bfpte; piwé sur les fleurs que frér 
qnentnd eertaiiM H;fl»éi(q>t^«B, il les guette M >îtAt qa'U en 
trouve l'occtvon uate deuas, se crampMine et h laiiu traDs- 
partar. S'il a santé sur un mUe, ii attood recoasion favoraUc 
pour changer de montiire et pasaesa, dès qn'U 1« poarni, sur nue 
femdle qui le tnn^ortBn dans son nid, oA «Ue s prApsr^ du 
miel et où die dép ni s p a j*d «auf. Vile le Tiioagalim le pvécipite 
s«r fxt œf sans émt^gr f men^sp da l'ionola, qui faieotAt mure 
sa ooUale, oafeiaaant aîasi le kmp dans la bet^sne^ Le Triottgulin 
s'empresse de dérorra l'asuf ; son prenuas lepas est un osuf k la 
Boque; puis il oblige de peap «t d^ EsvHie; d'agile qn'il était, il 
devient une larve grosse et lourde, et se gorge de raitA, pais passe 
par les divers <lata que j'ai lodiqtiéa plus l)ant 

■ Cavtaînes espèces de Vésieaots, tes Épioantes, par exemple, 
devaient les onis des Orthoptères, des Criquets. Noos oenseillonB 
donc, pour se procurer ces petits Triimgaliiis, de regawler attenti- 
vemmt las HipmèaaplèEss qui sénat tmjpbatéa, eu de nefaeroh»- 
dans les pastss des Criqvets- Cc^ m'amè«e à dise quelques mots 
de «• Insaolep qui, dans osrtuns pajn, oauseot de si gMnds va- 
vages. 

■ M. Hiley a «burvé le dévelo^>e»Bt des fi{McanteB {Sfiotiata 
vHMm) sar an (kiqaat d'AmMqM, le Calapcsou di^raixài/is,' 
mais a^^aqt, de notre fùba, étudié )• dévdeppemeal des Criquets 
pMcrins, tm Algérie, c'est de ces émaien qne nons parierons de 
préfibcnce O. > 

Od wit par l^exposé des fiùts psécddenls «iHitMii seMMtt va- 
riées les recherches q^'auroat k acoomphp les voyageurs au point 
de vae du parasitisme, et en même tesnpe «b peut pressentir le 
grand nombre de découvertes qu'ils serqnt susceptiUes d'accomplir. 

M. Brongmart a ^qtdé, d'une mani^ tente particaiièrfl, 
l'attention sur le grand intéc^ qn^ y avrait k recueillir eertains 
losectes qui par leurs ptqAns liéfciiinliiiiel )« mort d^nûoMSi. Il 
a cité plus partÎBnlièvemeBt la Tsétsé, Moaohe découverte par 
LivÎBgrtone dans les régiens ohaudes de l'Afrûfue australe. 

■ Sa piqAre est mortiÂe ponr les animanx domestiques, et, par 

"} Cfa. Broi^iart. leen cit. 



vGoot^le 



— 124 — 

cette ruaon, rile s'oppose, un peut le dire, à l'eotrée de» Enro- 
pécns dans certaines régions de TAiriqiie centra, car les Euro- 
péens ont besoin de bétes de somme pour les traosporto. 

■ Les chevaux et les bœufs piqués parla Tsétsé succMnbent très 
rapidement, et alors on n'a fius d'autre ressouroe que les Nègres 
porteurs, difficiles à nouirir, à conduire, et dont la chaige ne àé- 
[Msse )>as une vii^;tBina de kilogrammes. 

• Quoi qu'en ait dît Livinsgtone,ilest probable que UTsétséinoi 
cule un. virus iafcctienx analogue au tAar^n. 

• Nous recommandons aui voyageurs de rapporter de ces Hooches 
non seulement dans ralco<J, mais ausai à l'état sec, dans des 
JwttCB ou tubes ne cxiotenant ou n'ayant contenu .ancuue substance 
antiseptique, telle que l'acide phénique, par excoi[de,oequi tuerait 
les germes, s'il y en avait. 

• Grâce aux magnifiques découvertes de M. Paatew, il serait peut- 
être possible, en cultivant le viras, de l'atténBer et de vacciner 
avant le départ les bétes de somme que l'on emmène dans les ex- 
pédtlions de l'Afrique australe. 

• Je ne saurais trop recooimander à tonslesnédecinsmililKires 
de porter leur attention sur ce point, car ils rendraient un im- 
mense service en amenant k trouves' une méthode pm^^actiqne 
de la maladie causée par la Tsétsé ">. > 

Après avoir successiveosent fait connaître les locatitési le« plus 
propres à la recherche des losectea, il reste à ùgnalerla manière 
dont ceut-ci doivent être tués et conservés pour être rapportés pins 
tard. Voici les recommandatioos faites k ce sujet par H. Ch.Broo- 
gniart : 

• Les Coléoptères, les. Hémiptères, les Hyménoptères et les Or- 
thoptères seront tués dans le flacon de cyaD«re. 

■ Lorsqu'ils seront morts, on les placera dans des boites con- 
tenant des ci^aux de papier ou de la sciure de bois trit lèehe. 
phéùquée ou mélangée de naphtaline, en séparant autant que 
possible les grosses des petites espèces. . 

• Pwmi.les Névroptères, les uns, comme les Libellulidcs, seront 
tués au cyanorei les autres, très fragiles comme les Éphémères, 
dovronlêtre mis dans des tubes remplis d'aloooli les IMptères se- 
ront paiement mis dam* l'akool, ainsi que les Insectes parasites. 

"> Ch. Broagnisrl, lace cil. 



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— 125 — 

• Les groMei espèces seules pouiront être imses dxns le flaooa 
tle cyanure et [daoées, après leur BKirt, dans de la scrare, je le 
répète, (r^ iiohs. 

• Je vous ai indiqué la fiujou de tuer les Papillons, en pressant 
le cuvelet des espèces diuises et en aspbyaïant dans le cyanure les 
espèces nocturnes. 

«Les Lîb^nles, après lem m(»t, seront placées entre des lames 
de papier sépai^ par une mince cooohe de ouate; sans c«tte pré- 
caution, la tête se dépJaoBTaât et l'abdomea pourrait être déformé. 

• Les Lépidoptères seroat mis dans des papillotes -dé papier 
triangulaires. Le chasseur pourra avoff snr lui des pafnllotes {sé- 
parées d'avance, en papi»* lisse autant que possible, et placées 
dans un cadre triangulaire fixé & une plandiette de bois mince; 
une antre f^anckette servira dfl couvercle 4 et las deux planchettes 
réunies l'une à l'autre par nn éiastiqiie'an de la ficelle formeront 
une sorte de p«HlcfiHntle qu'il sera facile de mettre dans la poche 
intérieure du vêtement.. Le soir, il sera- bon de mettre ces papiHottes 
dans d'antres boites. 

' • Nous demandons aux voyageurs de ne pas piquer les Insectes ; il 
est préférable de les rapporter dans la sciure ou dans les papillottes. 
Le piquage prend du temps et les Insectes occupent une (Jace 
considérable dans les boites liégées. Da plus, si, pendant le voyage, 
qudque Insecte vient à se dépiquer, il peut casser tons ses voisins. 

■ Ce n'est pas À dire qu'il ne lant jamais piquer en voyage. Ainsi, 
parmi les Papillons de nuit, certaines Phalènes de couleur vert 
tendre devront être piquées soigneusement, les ailes étalées, car 
lorsqulon le» ramollit , au retour, pour les étaler, elles perdent leur 
couleur; puis, parmi les Cdéoptires, certaines espèces recouvertes 
de poils très déficatSn tels qne desLameHicames.desCitaraneons, 
seront piqués «t maiatesiM avec des épioghu pour qu'ils ne puis- 
sent tourner. 

■ Le voyageur devra donc avoir avec Im des petites bottes en fer- 
blanc liégées, des épingles et une pince forte, recourt>ée,poureH- 
ftMwer solidemnt les inaectes [àqnés dans le liège de la -boite O. • 

NousTappelleroiu, en tennmant l'exposé des faits principaux, 
que l'on ne doit jamais perdre de vue, lorsque l'on veut coBeo- 
tionner des Insectes, qne l'attentitHi des voyeurs devra se fixer 



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— 116 — 

d'une niBoiéve teate aft/ààt mv cmm et en ■■imw» «Bxquds 
ob attribue, dbal les régwm oè ils vtveDt, dM paafHÉlÉi mk- 
dîcinales, en même temps que sur cenx fouroismit du JmMhih 
utilisés dans l'iadwtric oïl cmplahr^ P»" It»»)^ cMum DOtarri- 
ture. Ainsi l'on devra colleUioaner les difiëreateé w ii èot » de Vers h 
soie, leurs cocons, les Papillons auxquels ces ûèMditlm denoent 
B«issane4 et des éehàatillonB des tîsatw fafa-iqués alwe ces sttrtes 
de soifli O» se procurera les dlTcnes espècas d' Ab e ille » dsne»- 
tiquesk et l'on {«endra dw renseiglieawats sui' 1» vtMuif de téurt 
produits, sur la iiUDiârë dont on les élèwt sur Itai* hiMoire. 

11 De faut pas nég^^er les prodaobons daa loseatta ponmot in- 
téresser par Uur siogidarité et propres à nous dnniNr d« noimilea 
idées sur l'instinct des animaax. 

Enfin on doit, astant que poseiMe, avoir k «oint es ramas- 
sant des Insecte*, de cueillîr un itmeau-de la [dinte dsAt îla se 
nouirisseiit, et l'on envetea ce raamata ep bBrin«r anc «a tMm^ 
oorreqwndant à celui de Clhaecte. 

Avant d'arriver à l'état parfait, les Insectes ptnAitt |t^ diwrt 
étatSt suivis de méiaiawphoaAe onnplàtes oa iBotMBplèlu. 11 fiiut 
autant que possible réunir des ét^ntiUons oormpcHidant hœsdi- 
venes phases de leur eaistence. Les larves , les Ayâiphos ^ \&t Causes 
chenilles, les oheailles se conservent très aiéément «n IM immer- 
geant dans de l'alaeol. 

9 2. Dt^ MVltlAPdDES ET DËà AAACllNlrtËS. 

• Les Myriapodes Ou MSIofaMes» (fcst<h-dv« h» Se^c^MhidiWBt 
les laies, les Gtomerù , asmmt l'iriMwité et l'huiiditAi 

■ On les reohfcrcfaara sous la aooCsse, seM In ptMreai dans les 
bois morts, dans les fi^otii qMtqaes aspèata, obiMdm Im Sottti^ 
gères, se rencontrent dans les vieux murs. 

• LeslHkst les GhomérUvi nnlait'qiMuidM ta ia^MMti etsont 
fragilea. 

• Les Soriopendite de gitinde taille dmioirt Mra Maniées avec 
précaution^ car leui' merauré po«mît être donteuféaM «t mârnc 
dangereiae. 

■ Tous les Myriapodes seAnI itais dahs l'alecol. 

• Je ne dirai que peu de choses de la chasse des Arachnides, 
c'est-à-dire des Scoi^ons, des Araignée, etc. Laan nMtirt sont 



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— W7 — 

des plus int^reucuites et nOMs iWonmandoiU ftili toy«geijucs de 
les observer. 

< Les Scorpions, les Hwfnesv les G^léodoi tb oackeot àous les 
pierres^ sous te* m«unesi II fàtidiu escotfe sfe défier de la piqûre 
des Scorpions,. ûiisi qae de c^e de ces giMilis Araignées qu'oa 
Domme les M;r^ea, et dont quelqae»4ines se oreuseat des gale- 
ries •onteiTaînes qu'elles tapissent de satin et qu'dles ferment au 
moyen d'ua oprarode à charnière) cette porte peut être mime ea 
qmlqafl nrte ftrmée «u vtrroù quand la bAte est dans sod habi- 
tation, car elle k retient avec see.gnfiÎM qui pénètrent dans des 
petits crans qu'elle y a méuagés. 

■ Il y a det Arachnide qbi virent dans l'eau, comme les Hy- 
dracbnes, et lés Argyronètoa qui se coosbweent au miliew des 
herbes aquatiques de Véritables petites clochas à plo&gcuri 

• Beaucoup d'Ara^afes 'tissent des InUes ^i m^test l'attentiou 
des voyageorst maist tllndis qtie Ua unes tes teodeDl entra les 
braochest d'autres les édifient dulb des trow k terre, dans les 
troncs d'arbvei sons la aMasse* ne se tenant pas toujours an mi- 
lieu de leur toile, mais sfnniit dans ilna petite reli^iw ménagée 
duis ua coin. 

«Toutes ne oooitniitent Jn* des toilest A stra donc utile de 
noter les mœurs de ces animaux ^'\ > 

M. Eug. Simoo, dooi les travaui coDceroaot les Afachnides 
ont une si grande importance pour les zoologistes, a Uen voulu 
me remettre la note salvMite relative aiu prooédés de réorfte et 
de préservation d4 cte UHntaaa : - 

• Les ArachoidtM se rg m iai M ent et se oonsCrvent exiiasîvemeat 
dans l'alootri. 

• U faut employer de rdeoolvara dd% aatant que posaible exempt 
d'acidité; les inconvénients d'un alcool plus concentré sont le ra- 
cornissement de Fabéoiaen et la rlgiâil4 dn pattes) ils sont 
moindres que ceux d'un alcool trop faible dont le pluskcnindi^- 
est la décoBsposilioii. 

> Il faut se munir, pour la chasse, de tubes ou de flacons de plu- 
sieurs tailla pour séfwrer toat de saite les pctiteB espèces des 
grosses, qui, en se débaUaal^peuventendoiiun^ierleurs voisines. 
Dans les pays ebauds où les grosses Araignées abondeatt il est 

"I Cb. boDgDtart, i*eo cit., p. 7Jg, 



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— ISS — 

même txtn de les tuer avaat de les plonger dtHis le liquide, il 
suSit pour cela de piquer avec une aiguille fine ia plaque etar- 
aale qui recotrrre le principal centra nerveux. 

• I^es instruments de chasse sont les mêmes ^ne pour les Cdéop- 
tères : i' le parapluie entomologique pour battre les buissoBs; 
3* le filet fauchoir pour favcher les plantes basses; â* la nappe 
pour secouer les détritus végétaux amassa au fâed des ailires; 
4' l'écorçoir pour soulever les écorces; je préoeoise surtout l'écor- 
çoir en forme de pioche, qui peut servir en même temps pour 
soulever les écorces et pour fouiller le sol oâ beaucoup d'Araignées 
creusent des terriers. 

■ Pour saisir les petites espaces, il faut se servir de* pinces de 
chasse dites data Brilerie; poai Iqs grosses, ie meilleur iostrumeat 
est la main da chasseur; toujoars saisir l' Araignée à plan corp», 
autrement ses pattes peuvent rester dans les doigts. 

I BeBtré de la chasee^ il faut vider ses flacons dans une cuvette 
et mettre les Araignées dans d'autres Aaoons qui doivent servir à 
lés conserver et k les expédim-. Pour «um bonne conservation, il 
faut remplir les flaoons d'Araignées jns(|u'«ia. deux tiers et mettre 
au-dessus (dans le tiers restant occupé par l'alcool) un tan^lon 
de coton; sans oeKe préoaation, les choes da voyage détachent les 
pattes et les abdomens. 

> Le chasseur devra encore se munir de petites bottes pour re- 
cudlLir les cocons «l une partie des terriers; pour ceux-ci, l'entrée, 
qui est souvent ganiie d'un opercule, e«t la seole partie utile : il 
iaut détacher avec un couteau le petit bloc de terre, l'envelopper 
sdgDeusement avec do coton et le meUre en boite. • 

• Les grandes espèces de Myriapodes, dît M. Brongniart, telles 
que les Scolopendres, les Iules, peuvent être égiiement rap^ior- 
tées vivantes. 

> Noos m dirons autant des Scorpions,, des Mygalas, parmi les 
Arachnides. 

• Il suflîra de leur donner des insectes, un peu de viande «t 
de l'eau. 

■ Mais je ne saurais trop recommanda' aax personnes qui vou- 
dront bien faire ces récoltes de ne pas placer ces animaux dans 
une même caisse; il faudra les séparer et même ne pas mettre 
plusieurs individus de la même espèce ensemble, car ils s'entre- 
dévoreraient. > 



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$ 3. Des Crustacés. 

Les Cnutac^ viveiit presque tous dans les nnx doiioea ou &a- 
Ucs. Beaucoup d'entre tfax x trouvant être utilisés comme nour- 
riture, tes naturalistes devront avoir le soin de visiter les marchés 
des villes qu'ils travervemnt. Ils accompagneront ensuite les pé- 
cheurs en meret ils recueilleront ainsi des espèces non appréciées 
un point de vue de la vente, vivant dans les mêmes localités que 
ces dMnières. Mais dans la plupart des cas, ce n'est que par des 
recherches personnelles, qu'ils pourront arriver à fwmer des col- 
lectioBs de ces animaux. Nous transcrivons les indications données 
par Ch. M. Brongniart à ce sujet. 

■ Poar prendre les grosses espèces, telles que les Crabes, les 
les Homards, les Langoustes, l«s ccrevisses, le mieux est de se 
servir de ces cages en osier ou en fil de fer qu'on nomme des 
Basses. On met un appât dans ces nasses, et les Crustacés attiré* 
entrent por une ouverture en entonnoir, mais ne peuvent plus 
sortir. 

> On n'a pas toujours des nasses à sa disposition -, aussi conseil- 
terons-Bous de les capturer au moyen d'un fagot i^tenu par une 
ayrâe ei au milieu duquel on place de la viande. Les Ônstacés 
viennent, et lorsqu'on retire le fagot. Us n'ont pas le temps de 
s'échapper, à cause des branches enchevêtrées qui retardent leur 
fuite. 

• A marée basse, on voit souvent courir des Crabes qui semblent 
narguer le pêcheur, tant leur course est rapide. Pour les espèces 
de moyenne taHIe, il faut tâcher de les prendre au filet ou à la 
main; mais s'il s'agit d'espèces de grande taille, on peut tenter 
d'urrêter lear fsite, en tirant dessus h petits plombs avec un pis> 
fadet de salon. 

■ Il faudra, à marée basse, explorer avec un filet les flaqoes 
d*ean laissées dans les rochers; là, et sous les pierres, on aura 
dianoe de trouver un grand nombre d'espèces. 

• Quelques types vivent enfouis dans le sable et, pour ceux-là, 
il est nécessaire de oonnattre leurs mœurs pour arriver à s'en em- 
parer. Il en est un, par exemple, le Platyojtyciau latipes, qui est 
dans et eu. 

• H faut suivre sur Ig lablc la trace de ses pas. Le Crustacé n 



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— 130 — 
décrit plusieurs cercles, puis, à un moment, i) s'est enfoncé dans 
le sable, dénotant sa présence pur W petit monticule de sable; 
c'est U qu'on peut le saisir. 

• D'autres, les Callianaoses, parmi les GrasUcésàloogue-quene, 
ont le corpe, à {'«xceptioii des pattes anUneores, -d'une «xtrjnu 
mollesse, et viveat en&uias daiu le mM». O'ert ' pendant les 
grandes marées, lorsque la mer découvre au loin, qu'il taut les 
chercher. Oa constate leur présence k un trou d'où sort un cou- 
rant d'eau qui a servi à leur respiration. 

• Pas plus que ne l'a fait H. Vaillant, je ne vous parierai des 
ptciies aux grandes profondeurs, qui nécessitent un matériel par- 
ticulier, des navires spéfialemeut aménagés et des îoAtrucdons 
précises. 

• Cependant je vous sigoalrami les nasses dont on s'est servi 
pendant les campagne de YRinnitlU et que je puis vous neatrer, 
giâce à l'obligeance de M. le jmnce de Monaco et de M. Jules de 
Guerne. D'ailleurs, ces a|^>areiU ont été décrit» par le prince de 
Monaoo dans le volume du Congrès intsrnatÎQaRl de zoolog^ tenu 
k Paris en iS8g. 

• C'est au moyen d'une nasse triangulaire, empl<^ée dès 1888 
par le prince de Monaco, que l'on a pu recueillir df» Poissons et 
des Crustacés d'un grand Snt^r^, notamment des parasites fixée 
dans la cavité buccale d'un .Poisson. 

> Dans l'estomac de ceilains Poissoas, on trouvera des Ciiistacés 
fort rares, difficiles à se procurer, et qui ont été avalés par eus 
dans leurs péré^nations ou Ibud de la mer, 

> On en recueilletB austi dans l'estomac des Gétaoé*. 

• Pour les conserver, tous ces Gruataoés seront mis dans l'alcool 
auquel on pourra ajouter un pw de glyc^nei, s'ils sont sira}^ 
ment destinés aux o^lectioBs, Hais s l'oo veut qu'Us puiseent ser- 
vir aux rechercbes anatomiques, il faut qu'ils soient imbibés d'aï- 
osxA, ttt pour cela il est nécessaire d'iojecter dans la cavbé générale 
une certaine quantité de cette liqueur, I<e procédé est simple. An 
moyen d'une seringue, vous ponssea nm injection d'akcool danala 
quene du Crustacé, après avok- eu soin de faire en un autre point 
du corps une petite onverlure. De Cette mamèra, un courant s'é- 
tablit et l'alcool remfdace le sang qui est expulsé. C'est ce que 
nous avons fait en différentes circonstances pendant l'expédition 
du Ti^ùman, et c'est ce qni a permis à M. Vialhues, an rrtour. 



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— Ul — 

d'étudier Uié oi^ganes visuel» du divera OusUcés îles gi-uides pro- 
fondeurs de rOcàiR. 

■• Pour wnserver les fpms CnsUxéty qui oéc««iHtaniiQiitaHetn>p 
grande quantité d'alcool, il hut détacher la queiw £t la axtfêoe 
du Céphaiotboriu «I Mlev«r h plus poawUe de cb«ir, que l'on 
Femplaoe par de l'étoupo phéniquée ou eaduile de savon «m- 
BÎcal; puM on téunit les pattes, ks sntenges, s'il s'agit; des 
Crevettes, des Ifowards ^ dee Langoustes, on les att«die, en Ws 
fixant SOT une bagoette de bw plate, afin ^«'elles «mv«at intactes. 
Ce procédé a été suivi par M. Marche et a douté d'esceUestK 
r^MillatA. 

• B B« faudra pu néglige d'viidoiw les «aux dwess, cor as y 
reactmtrtra owtBÎua Grabet, comme le* Telphuses, les Bcsdes, 
puis des ËcrevisMSk des PaJéinons, det Crevettes. 

• IndépeodaoïtteBt dw groMM espace», il y eu a on grand 
nombre de petites qui vivent dans les eaux douces, saumâtres ou 
saléeet «e sont des Ampliipodes. eooune Its CrAvetlÎBC» des «aux 
doncM, «t J«s Puc«s de laer que Ton voit sauter sur k sable, on 
qui se cachent sou 1« ^eires, les d^fettas, à mavte baue, on 4u 
Uopoè», reuemUMit plus eu dnmos eux Cloportes. 

• Ces petites espèces vivent parmi les plantes aquatiques, ^aoM 
les olgiiesi «t ua bao raoyco de las recttfciUb* caositte îi retirer de 
l'eau œs végétaux, k Ibs placer dans un gnad baquet que l'on 
remplit d'eau. Ce* petits Crustaeés respireut l'air dissovs daus 
l'eau; or> au boDt de quelques heues, l'oau du récipient qoî les 
contient n'est plus assez aéf^t ils quittent les algues et viennent, 
pour respirer, i la («rfaoB de {'«au qui ivoféme phis d'air. H sullit 
alors de les prendre avec un petit filet fin ou même tvec une pa»- 
8oir« «t «le les iiietta« dans Vakooi. 

• Daas les Méduses* dans certains Cœleatérei qu'on iiomiue du 
Béroés, dans des Twilcien, tels tme les S^pcs, les Pvrosonwfl, ani- 
■aanx marins transparents, les Epongta, il est bea de rechercher 
des espèees qui vivent sd parasite* ou oonmeasaux; dans les P» 
lypicrs, on en renoantrem beaiKOUp. D'autres je tiennent fixés sur 
ta )flBu des Boiesoiis ou des Tortues de nwrt ^ac^ue»-un3 «e 
lagent sons la carafiace de certaines Orevettes. détenniiiant, pnr 
leur présence, une bouneuflare; d'autres enfin , garantis, oonuna 
ks Mottoaques, par une sorte de GoquHe, libres daiw 1« jeune 
Ige, se iant, è, uu ncMent danoë, sur les OMrfts Aottaats, les 



DyGoot^le 



— 133 — 

épaves, sur les rochers, stir des coquilles, sur la carapace d'anUei 
Crustacés. Quelques espèces se collent à la peau des Cétacés ou 
dans hi peau même de ces Mammif^s; w sont les Anatifes, les 
Balanes, les Gorooules, les Tubicinelles. 

■ Sar les rivages plais de la Floride, du Japon, de la Chine, 
vivent de singuliers animaux placés parmi les Crustacés «t l«s 
Arachnides : ce «ont les Limnles, dont la carapace se temnae par 
un long appendice en forme d'épée; d'où le nom de Xjphosnres 
qui a été donné ^ la famille. Il sera toujours intéressant de jiossé- 
der ces curieuses bétes. 

• I^s Crustacés mis dans l'alcool changent de couleur; beau- 
coup deviennent rouges comme quaud ils sont cuits. Aussi ne 
faut-il pas se contenter de les recumilir, mats est-il nécessaire, 
comme M. Vaillant vous l'a recommandé pour les Poissons, de 
[wendre des croquis avec ta couleur exacte des diverses parties du 
corps. 

■ Nous venons de parlerdes gros Crustacés et des Edriophtalmes; 
mais il y en a qui sont d'une petitesse extrême, et ces êtres mî- 
crosco{Hques sont myriades; ils se rencontrent dans toutes les 
eaux, même dans les eaux en apparence les plus pures, les ^ns 
limpides. 

■ C'est au moyen d'un filet en soie très fine et très résistante que 
se pratique cette pèche. Nous devons i M. de Gueme des inatnic- 
tions sur ce sujet, qui seront fort utiles aux voyageurs. 

• Void la faqon de pécher la plus recommandable, lorsqu'on 
explore, par exemple, les lacs en bateau, 

• La vitesse du bateau doit être mod&^; sans cette précaotion^ 
le filet crèverait. 

• Le filet doit toujours être bien tendu, et, en cas d'arrêt de l'em- 
barcation, il faut le retirer si l'on veut éviter qu'il ne se retourne, 
car alors on perdrait tout le produit de la pêcli& 

• Un maudie n'est pas nécessaire en bateau; il suffit d'attac^HC 
k une corde le cercle métallique du filet. Cette corde pourra tra- 
vCTser le cercle et porter au bout libre une pierre qui servira de 
lest. Le bout libre de la corde peut être asses long et la pierre 
attachée i une certaine distance do filet Sî la pierre touche le 
fond, on sera ainsi prévenu qu^ faut rdever le filet 

■ L'eau est généralemeot sale et moins riche à la sui&ce, et 
c'est k un» profondeur de i à -t mAlrm qu'il faudra traîner le filet. 



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— 133 — 

• Lonqu'on n'a pas de bateau, on fixe le filet à un manche 
aussi long que possible et l'on pécbe le long du bord. ' 

• L'heure des pëcbes devra ^re soigneasenient notée, et nous 
ferons remarquer que les péchei de nuit seront souvent les meil- 
leures. 

■ Je le répète, pourvu que la vitesse de l'embarcation soit mo- 
dérée, ces pèches peuvent se iaire en traversant un lac, sans retar- 
der le voyage. Au bout de dix,à quinze miuutes, ou devra relever 
le filet, au fond duquel sera anuesée une véritable purée entière- 
ment formée d'êtres micioscopiqaee. 

• On eidive cette purée, en raclant l'étoOè avec la lame d'un 
couteau, avec nue carte résistante, ou bien, ce qui est encore 
mieux , en trempant le fwid du filet directement dans un récipient 
rempli d'alcool. 

> 1,'alcod fort doit représenter environ le» deux tiers du contenu 
du tnbe on du bocal. On ne devra pas oublier de nettoyer les 
filets après chaque p^he; il suffît pour cela de les traîner pendant 
quelques instants dans le sens inverse de celui où ils ont servi. 

< M. de Guerne conseille encore le moyen suivant : on prend 
un tout petit filet fin, de soie, et avec un vase quelconque on y 
verse qudques litres d'eau puisée sur les bords des étangs, des lacs 
et raéme des petites mares. L'eau prise au milieu des végétaux 
aquatiques est excellente pour ce genre de ret^rches. Quand la 
matière parait être assez abondante an fond du filet, on le retourne 
comme un doigt de gant et on le lave dans l'alcool pour recueillir 
le résultat de la pèche. 

> Les lacs les pins froids des hautes altitudes, dont les eaux claùrps 
ne renferment p^ un végétal, sont habités par des myriades de 
Crustacés microscopiques, de Rotif^res, etc. Les recherches dans 
cet ordre d'idée» sont nouvelles, et il y a beaucoup à en espérer. 

■ Mais s'il est bon de connaître les formes des animaux, il n'est 
pas moins intéressant d'être au courant de leurs mœurs et de rap- 
porter une sorte de petite ménagerie entomologîque, qui consistera 
aussi bien en Crustacés qu'en Arachnides, en Myriapodes et eu 

' Il est évident qu'il est presque impossible de rapporter vivants 
des Crustacés qui passent leur vie. dans la mer, car ceux-là po^r 
respirer ont besoin d'avoir toujours les branchies baignées par 
l'eau. 



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— 134 — 

• Mais il Ml est qui sortent defMu, M qttl, grtce à uneâspo- 
sîtion spéciale de leurs organes respiratoires qtui peuvMI rester 
humides, vont fUre an loin des incursions dans les teims. 

• En Afrique et en Asie, certains Crabes dVu dimee, les Tel- 
pheuses, en Amérique, tes Bosdes, sont dans ce cas. 

• Au Brésil, aui AntUles, on trouve de véiftaMes Crabes ter- 
restres ou Gécareins qn'on nomme dans le pays tes Tourtaurous. 

• Vous connaisseE tous ces Crustacés, les Pagures, qu'on désigne 
vulgairement sons le nom de Bemard-rBeitnite, et qui, ayant 
un abdomen très mou, se logent daps les coquiHestnrbln^es, pour 
se préserver de l'attaque des antres animaux cataastia«. 

• H y en a qui peuvent se passer presque complètement d'ean. 
Ainsi, à la Nmiv^le-Calédonie, une espèce du gonre Cénobite vit 
loin de la mer. Elle s'introduit dans des coquilles de Mcrilusqaes 
terrestres, mais lorsqu'elle n'en tnmve pat, elle se loge dans cer- 
tains ftnits à env^oppe résistante. 

• On pourra nourrir ces animanx avec de la viande on dn poi»- 
son et les humidifier de temps en temps. 

• Dans ce même groupe des Anomoores prennent {dace de gros 
Crustacés qui vivent dans les îles de l'océan Pacifique et qu'on 
nomme Kigues voleurs [Birgm htnt]. Us peuvent vivre très long^ 
temps hors de l'eau, leurs branchies étant humectées grâce à une 
membrane spongieuse qui les recouvre et qnl conserve de l'ean. 
Ils grimpent aux oocotio^, font tomber les fruits qn'Hs mangent 
ensuite. 

• n serait intéressant d'étudier la structure de leurs oiganes res- 
piratoires; aussi recommandons-nous aux voyagecrs de recueillir 
ces curieux Crustacés, qu'ils pourront fac^emenf ramCTwr vivants 
en France en les nourrissaiït avec des oooos, et en ayant scnn de 
temps en temps de les mettre dans une atmosphère bnmide ('\ • 

CHAPITRE X. 

DBS HOLLdSQDBS. 

L.es Mollusques sont des animaux répandus dans toutes les ré- 
gions et vivant soit dans la mer, soit dans les eaux douces, soit 
sur la terre. Il» ne sont pas distribués au hasard, car chaque es- 

''' Cb. Brongniut, lomeit, p. 75i. 



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^ 1*5 — 

pke occupe une r^jjon déternonée et a, par CKH)sé(juent, une dis- 
tributîoD géograpfaàqne distincte. • La réportition géographique des 
MMtusqves varie nùrairt que ces animaux habitent les mers ou les 
Gontioents. Les diviKiom en provinces «x^ogiques marines et en 
r^ODs marines, terrestres et fiaviatiles sont donc indépendantes 
les unes des autres, une r^ïon terrettre tont à fait spéciale pou- 
vant toe baigna par une mer dont la popniation malaccriogique 
ne dilate pas de celle de provinces voisines *'>. ■ 

n déoo^ de la constatation de ce fait, que le voyageur qui re- 
caeiltera des Mt^sques n'aira pas seulement à |H^server ses 
échantillons, mais qn'il devra avec un soin extrême noter l'empla- 
cernent exact où il les a récoltés. Si l'espace parcoarn est considé- 
rable, il devtn égatenMit signaler les points où il a vu apparaître 
poOr ta première fois les espèces qu'il a collectionnées et le point k 
partir duquel il ne les a plus retroavées: 

■ Si la distribution des espèces de Mollus«face varie suivant l'es- 
pace, c4)e varie Clément suivaAt que ces animaux habitent à de 
fkibles ou à de hantes altitudes, suivant qu'ils peuplent le boid 
des eanx ou suivant qulk en peuplent des profondeurs plus ou 
niHos reculées. 

■ Les McAlosques qm -rivent snr les continents et dans les eaux 
douces sont soumià k des conditions d'existence variables d'eprës 
l'altitude des localités où on les recueille. De même que les asso- 
riatÏDns de [dantes changent lorsqu'on s'élève depuis la plaine 
jusqu'au SMomet dès montagnes, de même se renouvellent tes es^ 
pèeesdeMoDasques, les unes ne dépassant jamais une certaine 
hauteur, les autres ne vivant que dans les régions montagneuses. 

■ L'étude des variations dans les feunes sirivant les altitudes 
GOnstltae la distribution hypsonïétrique. Cette partie de la science 
est encore au début rdativement am Mtrflusques i'K * Il importe, 
par conséquent, pour les e^>èces terrestres et d'eau douce, non 
seulement de pHéciaer la localité où elles vivent, mais encore d'in- 
diquer l'altitude' dn lieu où on les a rencontrées et, si cela se peut, 
de fkire' savoir ii'quelle hsateur on les a vu apparaître, ii quelle 
hauMur elles ont oessé d'exister. 

La répartition des Moflasques au sein des eauk est soumise )i 



1" P. Fischer. Jlfannef de Cinehytiagû et it PaUonlologU cVBehyohg 
« P. nscher, tfcirf.,p. l8i. 



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— 136 — 

des lois aussi évidentes que celles qui nègleot leur réfMjtitîoD sui- 
vant la longitude et la lattliule, suivant l'altitude. 

La distribution bathymétrique des UoUusquea d'eau douce aotu 
est encore fort mal connue, mais les quelques observations qui 
out été laites à son sujet ont révélé des fûts si renurquables, 
qiio l'on ne saurait trop recommander aux voyageurs de s'attacher 
^ l'éunir le plus de renseignements possible en ce qui la concerne. 
MM. Dybowski et Godlewski, qui ont exploré le lac &ùLal, ont 
découvert une faune profonde, de type easenliellâuent dîiférent de 
celui de la faune superâcielle. Jusqu'à lo mètres, ils ont trouvé 
un certain nomlnv d'espèces. particulières; entre loet loo mètres, 
ils Ont dragué d'autres espèces propres à cettezone, et enfin, entre 
3oo et 35o mètres, ils ont trouvé une dizaine de Mollusques de 
formes les plus étnu^^. Voilà un exemjde des plus cmurqoables 
dos résultats importants auxquels peut conduire la recbercbe de 
la répartition bathymétriqne des Mollusques dauB les lacs. U a 
montré qu'il existe, au fond du Ëaikal,uae faune futifoode aussi 
tpédale que l'est celle des abysses de nos mers et que, dans des 
zones intermédiaires à la surface et au .{mtà, il se rencontre 
d'autres faunes caractéristiques de certains niveaux. Aussi , lorsque 
l'on se trouvera en présence de vastes surlaces d'eau douce, il ne 
faut pas croire qu'il est suffisant d'en explorer les couches superfi- 
cielles; on devra tâcher de pousser les investigatioiu dans les 
couches profondes, puisqu'on est averti qu'il suÔIt, comm£ dans 
le cas du lac Baîkal, d'envoyer un engin de récolte à lo mètres 
seulement, pour trouver un monde animal difTérent (ie celui qui 
vit près de la surface. 

Dès i83o, Audouin et H. Miloe-Edwards, en étudiant dans la 
Manchu les Mollusques vivant sur l'espace compris dan* le balan- 
cement des marées et ceux qui existent à peu de profondeur au- 
dessous du niveau de la mer, remarquèrent qu« ces animaux 
étaient répartis suivant des zpnes dilTérenles, qui étaient ainsi 
caractérisées de haut en bas : i° £ono des Balaoesi 3* zone des 
Varecs {LittoriuM, PaUlla, Purpura, Piana. Actinia]; 3" zone des 
Corallines [Mytilut, Patella, Dorit, Hatiotit. Cardùim, Solen, 
Riuou, CenthiuiH}i 4° zone des I.aminaires (AcauBa ^Uocida}; 
5° zone des Huttres [Ottnta, Calyptraa, Pecten). Les diiTérents 
niveaux ainsi observés sont répartis aujourd'hui dans deux zones 
principales, la /on" littorale et ta ion" dos Laminaires. C'est à la 



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— 137 — 

première d'entre dles qàie les voyageurs se trouveront obligés, 
dins bien des ca^, de Umiter leurs rechercbea. En effet, h. «me 
des Laminaires s'étend jusqu'^ 37 ou aH mètres de profondeur, 
point où comqience la zone de» Carallines oa eaieux des giwBds 
Gastropodes camauîers, qui ne se termine qu'fc 73 mètres. A de 
semblables profondeurs, l'emploi d'appareil* spéciaux, ^ets, 
dragues, s'impose, quand on veut acqu^ir la connaissance géoé- 
raie de la faune; maïs, comme nous le vorou pl«s tard, s'a 
s'agit de recueillÎE seulement cwtainee espèces, «n peut y parvenir 
au moyen d'engins qu'il est toujours facile de condniire ou de se 
procurer, en quelque pays qu'on se trouve. 

Au-dessous de 73 mètree et Jusqu'à 5do mètres, on observe 
b zone des coraux de mer proibodet et ealre &00 mètre*. et 
5,000 mètres, s'étend l'immense sone abyssale. Les animaux nvant 
dans ces profondeurs ne sont susceptibles d'être capturés qu'ae 
moyen d'appareils spéciaux et de puissajates machioes destinées i| 
les mouvoir; aussi nous n'en parlerons pas ici. 

Nous avoas dit qu'Audsuin et H. Hilo^-Edwards avwent £ut 
remarquer que la composition de la aooe littorale variait suivant 
la partie qu'on en considérait. C'est là une observation des {dus 
remarquaMes et qui ne doit pas être perdue de vue par les nalM- 
ralistes .voyageurs, car ceux-d devnmt s'efforcer de groupe en- 
semble les animaux qu'ils récolteront et qui leur pacaitroot pro- 
venir d'un même niveau, car les subdivisions de la zone littorale 
varient suivant |a région où l'on se trouve. Quant à l'étendue de 
la zone littorale, elle dépend de l'amplitude des marées; elle est 
de 1 1 à 1 3 mètres de la Manche, de près de 3 mètres clans le 
goliè de Gascogne, Dans la Méditerranée, où il n'y a pas de Bia- 
rées, ce n'est qu'au moyen de pécbes qu'on peut arriver à .ooo- 
naitrc les aniB)a,ux existant sur les côtes. 

Certains Mollusques marins s'observent au-dessus des points 
baignés par la hante mer : ainsi les Littorines vivent dans une 
atmosphère humide et sont xarament atteintes par le flot; c'est 
également dans une soae supérieure à la Eooe littorale qu'on 
trouve les Auricules. Les investigations devront donc tout d'abord 
porter sur cette zone, pour laquelle Vaillant a propose le nom de 
région sub-terrestre, et l'on ne manquera pas de noter, si l'on y 
rencontre des Mollusques, que c'est à son niveau qu'ils ont été 
recu<nllis. Crtte première investigation accomplie, on s'occupera 



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— 158 — 

de récolter les animaux qui penrent exister «ar les espaces laissés 
à déctMvflrt dnr&nt la marée basse. ■ Peddast que t» mer est la 
plus basse, le collectîouneur, a dit Broderip, doit se promener au 
milieu des roohers e* des6aques,prèsde ta plage, et cherdiersous 
les saillies des rochers, aussi loin que ses bras peuvent atteindre. 
Un rAteau de fer k dents longues «t serrées sera un instrument 
utile dans ces drconstancee. Il' faut retourner toutes les piesTes 
qui peuvent être remuées et toutes les algues, en ayant grand 
soin de proléger ses mains avec des gants et ses pieds avec des 
soulien et des bas contre les piquants acàrés des Oursins, les 
rayons dorsaux de certains Poissons ut rirritatiou produite par les 
Médnses.'La spatule ou couteau à étui est d'un grand secours pour 
détacher'IeB Oscabrious et les Patelles que l'on a à chercher sur 
les cdtes rocheuses: Ceux qui Ont voué une certaine attention li la 
conservation des Oscabrions ont reconnu qu'il était nécessaire de 
les faire mom^r comprimés entre deux planches. On peut enle- 
ver les Oreilles -de -Mer ou Halîotis des rochers auxquels elles 
adh^M,-en jetant sur ^es un peud'eau chaude et eu leurdon- 
nant ensuite avec le pied une brusque secousse de cdté; on arrive 
ainsi ii un résultat qu\)n n'aurait pas obtenu par la seule vio- 
lence, sans briser la coquHle. Il fliut retourner les Madrépores 
roulés et les fVagments de rochei^ détachés : ils servent souvent de 
retmiteB h des Porcelaines et à d'autres Mollusques. On trouve en 
général une foule de coquillages dans les récift de coraUx P'. » 

Nous recommanderons, pour faciliter ces recherches, de se faire 
accompagner d'un homme portant un fort levier, dont on se ser- 
vira pour relottrner les gros blocs. 

Cette première exploration de la Kone littorale permettra de ré^ 
colter un grand nombre d'espièces de Mollusques, mais elle devra 
être complétée par une seconde, qui assurera la capture de beau- 
coup d'animaux de cette (liasse, qui autrement réstenient ignorés. 
Nous voulons parler des fbullles k effectuer dans les sables, les 
roches, ou les' poteaux: de bols qul'bajgnent dans la mer. 

Au moment de la marée basse, on s'attachera à reconnaître sur 
le .sable la présence de petites cavités, de trous, qui dénoncent la 
présence de Mollusques, d'Annélides ou de petite' Crustacés enfouis. 
Ce sont des Lamellibranches qui s'ensablent de la sorte, et pour 

"1 P. Fischer, fow rit., t». i8i. ■ 



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— 130 — 

«rriver à tes ohtein-, il faut itur reomn à U pfUeou à la bédie. 
Comme le sable est trè» mesble k n&e certaine pndbndeur, par 
suite de la graaiJe qumtité d'eau qu'il TODArme, dà> qae les Mol- 
iniques «nteadent atUqoer leUr demenre, ils pénètrent au buvers 
de lui et diereheot, avec aae rapidité qu'on senit bien loin de 
soupçonner, il m ^n^ier. Avtwî Bnrtil aller k tettr reofaercbe avec 
la plus grande rapidité, sans quoi on nC' s'en emparerait jamais. 
Plusieurs e^ièoesde LamellibnucàM, ayant un semèlable habitat, 
sont rechwohécs par les inAigtew conme. camestiUei, et l'on 
ponm «e faire très utilemcat aider p«r «ux pon^ les obtenir. 

Le laMa qa'on au»' aarievé dannt «es chassw devra âtre paasé 
(ians une tpAi^, car on sépHem hîosî phnieurs petites espèces 
qui s'^feaeent, comdia le» Imcùm, les PlramUnui, les BtUai à 
Qoe fiiible protbodenr'». 

Certainfl Mt^lusqœs, dits pwforoat», attaquent Ice soehes et s'y 
cKuseot des denmrAs , qaelquefoii prefbndek On ne peut songer 
à lesdégagerqu'avecun marteau et onciseaa; D'aatmw Mollusques 
viveat toujtmrs dans Its trous ou les anfractaosités au roobcrs, 
qn'oD âmn -naiteT >mc soin. Dans «e cas, il est enoors boa d'4ti« 
muDÎ d'un ciseau et' dVn marteau, powr faire sainter qndquos 
ëdtats de Vocbes, ce qor ptmottra d'atteindre le» animaux «on- 
voités. De longues pinces peumnl également rendre de réels ■«>' 
TÎces. Ceft encore au marteaa et au cbaMt qu'il fandra avoir re- 
cours, quand on voixlm s'empairer deft Uoilnsques qoi, comme le 
ThvI, étiMisMOt-leun dnneans dans les poteaux baignant dans 
la iper ou daM la eoqne des ^nfaai*cations cemstmites ea boie. 

La aone de« Laminaires campnod one population animale 
complètnuMDt diffi^nnto de ceile qili vit dans la sone Utbwale. 
Les Laminaires sont de grandes Algues, aux fevilles ayant la ferme 
de lanijires. Ces végétaux, dont la tùUe peut dans oertaïas genres 
devenir excessive. Bottent dans U mer au gii descourants«pd'les 
plient, les tordant et lesfcmt ondnlef comme d'inmensesserpents. 
C'est an milieu des forets -s«ns«aannes formées par ces A%ues, 
qne vit tout un monde de Alo4a»q«es IterMveTes.des Troettet, des 
NaeêUm, du Lmana, des Hiuam, ïm Afi^im, ckc,,.et spécialement 
des WodièmwAr*. L'HnHre s'obserre dans la oene des Laminaires, 
en même temps que les Poulp«», qui restent blottît'dans-deS' anfrac- 

'" P. FûcW, loeo cit., p. 3o5. 



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tuosités des rodwrs, occupés à guetter une proie. C'est encore 
parmi les Laminaires (|u'on trouve, an moDwnt de la reproduction , 
Irr Seiches qui se sont alors rapprochées du littond. 

Les NudiiHranehes, très abondant* dans la zone des Laminaires, 
s'étendent à celle des CtM^llines, et oe n'est que très exceptionnel- 
lement qu'on rencontre quelquesuai de ces animaux dans la zone 
littorale. Ils sont remarquables par l'^é^nce de lears formes et 
la beauté de leurs couleurs, souvent très variées sur le même in- 
dividu. Aussi nous ne saurions tn^ recommanda' aux voyageurs 
qui récolteront de ces admirables créatures, de ne pas se borner 
i assurer leur coosenratioB dans un bquide préservatif, mais de 
se préoccuper de nous en rapporter une image «usn fidèle que 
possible. Pour pouvoir bien étudier le sujet qu'ils voudront repré- 
senter, ils n'auront <\u'k le déposer dans ua verre rempli d'eau de 
mer, dans lequel ils auront eu le soin de j^tjxr quelque* Algues. 
Les Nudibranchee se recueillent sur les Hydnwoaices, sur les dé- 
bris de Coquilles, sur les feuilles des Algues. 

Indépendamment des redierches que les vc^^evu» poanont 
fiiirc sur la partie des côtes que la met laisse à découvert, partie 
qu'ils ne manq ueront suttoit pas d'explorer au moœeat des grandes 
marées, il est certains procédés de capture qu'ils ne devront pas 
n^lig« d'utiliser pour se procumr quelques espèces. C'est «iau 
qu'ils devront accompagner les pdelieur* qui utilisent la seine 
pour prendre du poisson. Au moment où l'on ramène ce filet, 
on peut capturer dans son intérieur des Mollusques nageurs, no- 
tamment des Seiches, des Calmais, des Aplysies, étc ''). On peut 
trouver les marnes animaux engagés dans les mailles de filets flot- 
tants, tendus au travers de la mer comme le sont ceux servant à 
capturer les Harengs. 

Là où il existe des bateaux armés pour la pèche au ch^ut, il 
faut monter k leur bwd , de maniera à étie présent k l'arrivée <fe 
cet engin lorsqu'on le remonte. On obtient ainsi un grand nomhie 
de coquilles de Mollusques pourvues de leurs animaux, Nous ne 
saurions trop insister sur ce fait, qu'il faut être présent à la pèche 
ù Ton veut en profiter, car quelle que puisse être la bonne volonté 
des pécheurs, leur manque d'instruction aura toujours pour ellêt 
de laisser échapper des espèces dont la récolle aurait été iH^éciense. 

(■) P. FifdMT. Ion cit. 



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— 141 — 

Nous recomiiunderoiis surioat dlaspecter avee grand loîn tous 
les délnis de vîeUles oMpiiUes, tes piores, qui se rencontraroat 
]or8 de U pèche au ctudat. C'est sur ces trf^ets, en «ppareace sans 
iatérft, que les naturaKstes recueilleront des CoquîHes rares, de» 
Nodibranches et une grande ^aantité d'animaux Daarins de toote 
iiafaue. 

D'autres mode* de' pèche peuvent être utilisés pour la cqiture 
des Mcdlnaques. Ainsi Woodward nconte que • dans le nord de U 
tirande-Bretagne, on &it une pèche de fond très importante an 
moyen de lignes ayant un mille de long, garnies d'hameçMis el 
d'amwces {daoés à quelques mètres les uns des antres. Ces ligne* 
sont mouillées près de la câte pendant la nuit et levées le lende- 
main matin. Lorsque les lignes ont été posées, les bateaux restent 
SUT place pendant qoeiqoes heures, et ensuite lèvent les lignes. 
Les Buccins qui sont carnassiers adhèrent ii edles des amorces 
qui n'ont pas été happées par les poissttos, et quelquefois on en 
prend de cette manière m boisseau sur une même ligne. On ■ 
qudqnefois trouvé sur ces lignes tes Bt^ndumtUaptittœea, Pono* 
paa MTvsjÏM, des KWatÙM et quelques espèces rares de Pnnu; les 
bivalves sont enlacées accidentellement par les hanM^ons. > 

Nous ajouterons que c'est en se servant de lignes et d'hametfonB 
que les indigènes de diverses lies de l'Océanie s'emparent des gros 
MoUasqnes vivant au pied des redis de Cocaox. 

Les voyagears ne devnud pas perdre de voe qu'ils peuvent tirer 
on énorme profit poor leurs récoltes de l'eo^loi des casiers à Ho- 
mards. < Les HoUosqoes carnivores sont souvent trouvés dans ces 
engins de pèche. Sor les câtes de Sussex , à Boguor, on se procure 
ainM les JValtca aUeri et monol^erm. A. la Guadeloupe, les Coquilles 
les plus précâensea, notamment les PUarotomarim Beûacùuiia. Xe- 
nophora car3>taa, Phot Btaai, ScaUu-ia pênwbUù, etc., ont été ap- 
portées par des Pagwres dans des nasses de pécheurs mouillées à 
de gnndes dîatanoes des cAtes et k des profondeurs qui varient 
entre so et 76 brasses. 

■ Le ctHiimandant Beau a lecueifli des Mollusques loophagea 
attachés aux viscères de Stnmbma giyut, qu'on avait fait descendre 
à une certaine profondeur. Les fincdos de nos càtea peuvent être 
capturés dans un filet amarré à une bouée, qu'on laisse vingt- 
qnatre heures dans la mer, après avoir amorcé au moyen d'un pois- 
son mort. 



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— IM — 

■ Edëb il ert nëccHaîiE ds «tîter le* marchés où ton ipporte 
MUTent des MoUusqoes; d'csomîiier talaauc des Poisaons i Soles, 
Morues, etc., (fiû se noorrisBent de LanldKlB«adHa;-de efa«tcfaer 
duis IflsCorauï, Ibs' Éponges, lei Ascidies, les ÉchinoAfWB^divers 
Mollusques qui vimit en patuâtas ou en ODmmeBEMrf {Mmfttm, 
Vtrmetat, Crenatala, Vahella, CrentUa Styïijer, Montocafa)'". ■ 

Bosc avait rhafattode d'onvrir l'estomac des Nissona qne l'on 
]»«ilait pendant la traversée et souvent it a eu à se fciuer de «ee 
minutieuses ledierches. Cette «vpératMW doit également se faire mr 
les Oiseaux qui putxmrent les plages désertes des mers pea fré- 
quentées, les Msndwis, les I4ngoaias, los Çonaonns, les Goé- 
lands, les Macreuses, «ta 

Mais k toBs ces procédés, qoi Fewbtnt de très gisudB services, 
il feut préférer l'emploi de la drague, qoi est l'àuMonmi i»âitpiat 
table pour toute locberdM marine. 

La drague qtl'«np4oieBt ks naturalistes diSre nn peu de ceUe 
dont se servent les péchears pour nécaiter ies Ihiltres, mus novs 
dirons tout de salle q»e, dans le cas où l'on serait dépoum d'un 
engin UA que celui dont nous allons parler, il ne iandrait p«B hé> 
siter à emi*iyer cette itemière, si l'on pouvait se la procnrer. 

La drag\ie de Bail présente une lôrme roctangnlairs. « Hle est 
faite en fer forgé et a des atticolatiens mobiles qui pemwtteat de 
la plier et de la pottir ii la main. I« soc attncké k k dngae est 
formé de deux pièces de cuir brut, reliées i l'entrémiti et au fond 
par un filet, ikit de Kgnes de pAcfae pour la Mmwo et destiné k 
laisser échapper r«au. Il est ên.i k ta montnrs par du fil d^ enivre 
passé h travers fes arillets. La corde d« halqe «st attachée aux an- 
neaux et, une fem au fend, t« cadre Htele avec F«a 4tm l'autre de 
ses bords tranchants. LVmmrture Mt ttw î fc pour etapAsber qu'il 
entre des pim«s ta«pgrossefl «b b^p l<mrdes. 

• On ne doit pas essayer de dr^uer dans an batean à ranea, i 
moins qoe c« ne wH près de la cât», dam une «m tnaqwHe et 
avec une profondeur qui ne dépasse pas de lo k 30 mètres. On 
peut le liùre avec un Ixrteliu tégM-, contettant den pCTsoaaes dont 
fune rame, tandisquefautretient la cwde de la drague qui passe 
par-dessus le bowl près de l'aïriftf* ». » 



f P. FiicW, loco «t., p. 307. 
l« Woodwird. 



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— iA3 — 

^ ToU vettt dn^^ttcv un [leuloiade la oàte.U est nécessaire d'tia^ 
ployer un bateau à voiJh» d'une disaiiM ds tonneauE au moia», 
■«tant qtie poanUe poDié. 

Il faut détMmiiMr d'aberd la profawkuk' a* iQoyeD d'un «oup 
de Mode, aÎBu que l« tfflUpénitwe avec un UtemnoiBètre spécial. 
Ces deux, opécatîons a'impaaent, la ]H«miëK, parce que c'est 
d'aprèa eUe qu'on ràgle retendue du càMe à mettre à la mer, la 
seconde, parce que 1« tempénUwe est un des graads facteun coa-< 
Iribuant à b distribatioA de la vie dam les océans. 

Avant d'envoyer la dnig«e, on (^rain le food du filet amc' un 
vieu^ fuibert, on de ces paquets de filins dont se servent les ma- 
telots pour le lavage du pont, ott d'une portion de fanbeit, >t le 
vtJame de ce dernier était trop p«nd. Cette dlapositioD a powr 
but de retenir des aoimauK déUcats et de petite taille, qui autre- 
ment se glisseraient entre les maiHes et éobappenôent aux re- 
cbeccbes. 

n ne iÀut pas manquer en outre de suspendre un faubert de 
chaque oité àm cadre de la drague, de mamère qs'ils pendent 
contre les faces iatàsles titMDBs du âat 

La dragite, amst préparée, pnialairienient attachée à un cAMe 
oflfrant de grande»guantieB4»«riidilé, dorra pisser eane secousse, 
par-deasiM bord du odié du .vent, pendant que le bateau contiiMW 
à eheminer knlement^ à «ne vitesse de s ÉiHles environ .'I\»dant 
tout le tempe de la descente de la drague, le bateau est aoieaé 
vent arrière, ou tout au moins grande latgoe. La marche du ba* 
tean est néoeoBaire. pMir tfat le cÂUe reste toqjOHrs tendu. Si cette 
tension o'awùt pas iieu, il arriverait que le cAUe descendrait pl«s 
vile qiBB le chalut, qn'il s'enroidereit sur le fond et que la drague 
vi»)drait enfin tomber sur le pMfoet ainsi coRstitné. Dans ca cm, 
le câUe se nouerait snt oae plos «tu moins grande étandae de sa 
longueur et le dragage tte poomit s'efiectuer. 

Quaiul la dragae touche le fend et frMwJhce 4 rAdCr, une mnn 
eiercée, posée aw le cAMe^ ressent immédieteaient l'élirartleraent 
causé pof le «ontaci < qni s'étaUit catn Ica ràcMrs et les Mp^iitéà 
dn fondt abfn.on lame dévider «ne certaine ' qnasftité de oAMe. 
Pour des profondeurs inférieure» k loo bfasses, la qaantîté de 
dkble déroulé devra être au moins du double de la profondeur, 
dont on te sera atatré an préalt^U, AU'deçsooâ de 3o bnstcs, pmot 
oh le travail se fait généralement avec une plus gnnde ra^dîté. 



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— lU — 

C. V. ThomsoD conseille d'abandoDiier uae longueur de câUe trois 
fois plus grande que ne l'est la profondeur. 

■ Cela donne, a dit ce savant naturaliste, beancoap de jeu a* 
cible en avant de la dr^^, si le bateau avance leatemeat, dr- 
constance qni mùntient l'ouverture de la dngne bien au fond de 
l'eau; et si le bateau marche trop vite, faute qni se commet trop 
souvent dans les dra^ges d'amateurs, la drague a encwe quelques 
chances d'arriver au fond, h cause de l'aide suivant leqnd se 
trouve être placé le càUe dans l'intérieur des eaux <'>. > La longueur 
de cible voulue ayant été abandonnée, le draguear fait faire nn tour 
à k fiine sur le taquet et il rè^ le dragage au moyen de l'orin. 

Nous appâterons maintmant l'attention sur le consril suivant 
que donne le même savant observateur, conseil dont nous avons 
été à même, dans bien des droonstances, d'ap|wéder la valeur. 
• Pour peu qu'il j ait qudque chose qui ressonbte à un courant, 
quelle qu'en soit la cause, il est bon d'attacher au ciUe, à 3 ou 
4 brasses en avant de la drague, un pmds qui variera, suivant les 
circonstanoes, de i4^&0 livres; cette précaution empêche, jusqu'à 
à un certain point, le soulèvement de fouverture. En ajustant le 
poids plus pris de la drague, on risquomit de (aire endommager 
les objets fragiles qui peuvent s'y introduire^. ■ Durant tout le temps 
que la drague est à la mer, temps qui ne doit pas dépasser vii^ 
inîoutes,' on fait lofer le bateau, dont la marche ne devra pas dé- 
passer a milles. On doit Inen surveiller le cAMe rt fiùre attentioa 
qu'il reste toujoura tendu. 

Quand on pense que la drague est suffisamment garnie, il fitut 
pour la remonter, lorsqu'on est dans un petit bateau , &ire haler sur 
le câble par deux ou trois hommes, qui se le passent de main en 
main, et le disposent, en l'eaiiDalant, sur le (oaà de l'embarcation. 
Lorsqu'il s'agit de ilragages dépassant 60 fanuses, et n'allant pas 
au delà de 300 brasses, il est nécessaire d'étaUir un treuil sur l« 
ptmt du bateau ou d'utiliser le cabestan, s'il y e* a un, pour 
hisser la drague. Le c&ble s'enroule deux ou trois fois autour du 
U«nil ou du cabestan , qui est manoeuvré par un noml»« d'hommes 
variant avec la profwdeur et le coonuit, jModant qu'un des ma- 
telots le saisit et te fUe avec soin. 



('' G. WjTÎUe TliampHni. Lti aHma de le wur, p, : 



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— 145 — 

Si la drague s'accrocbe sur le fond, si die se suiia]«, on doit 
arrêter la marche du bateau, rentrer et passer le câble dans son 
întérienr. On amène ainsi celui-ci peu à peu au-dessus de la dmgue 
et OD la rentre alors sans difficnhé. 

Quand la drague est remontée, on détache les fauberts amarrés 
sur ses cdtés et on les place dans un baquet plein d'eau de mer. 
On retourne ensuite le sac au^lessus d'un autre baquet, on prend 
k fanbert qui garnissait son fond et on le joint aux précédents. 
Ators commence l'inspection du produit de dragage; l'on isole suc- 
cessivement tous les animaux qui s'y rencontrent, en les groupant 
dans des vases diSërents, suivant la classe k laquelle ils appartiennent. 
Cela fait, on entreprend Topération du tamisage de la vase, qui se 
fait an moyen d'un tamis à mailles métalliques serrées. La vase 
est placée dansoetappareil, qu'on enfonce en partie dans le baquet 
rempli deau de mer, oà on l'agite doucement. Au bout de quelques 
instants, elle est passée à l'état de suspension et l'on a sous les 
yeux tons les animaux dont elle masquait la présence. Jeffreya s'rst 
servi, avec succès pour cette opération, d'une sorte de panier à 
salade en toile métallique, à mailles fines, qu'il agitait dans la 
tMT, après en avoir garni le fond avec de la vase. Les MoUnsques 
de petite taille, comme d'ailleurs tous tes animaux qui les accom- 
pagnent, sont recueillis avec des pinces ou mieux avec des blai- 
reaux et placés soigneusement dans des tulics remplis de la liqueur 
préservatrice dont on veut faire usage. 

On lave de même, sur un tamis, les fauberta, jusqu'à ce qu'ils 
aient abandonné la vase et les petits orguiismes qu'ils ru-tenaieut, 
puis on les suspend et, armé de ciseaux, on va à la recherche des 
animaux qui se trouvent être akoore emprisonnés au milieu de 
leur chevelu. 

Chaque drdgage devra être inunédiatement examiné, après qu'il 
aura été accompli, afin d'éviteo' des erreurs de provenance, (|ui, au 
nubeu des troubles d'un voyage, pourraient se produire. I.cs tulics 
dans lesquels on placera les petits Mollusques contiendront cbacuu 
une étiquette ao crayon pmrtant la date, le numéro du drag^^, 
la profondeur, la teo^tératnre du Ibod. U est Uen entendu qu'on 
ne cherdiera pas à isoler les espèces dilKrentes, mais qu'on se 
branera à réunir celles qui sont d'une taille à peu près semblable. 
Quant auxespècesplusvolumineuses, on séparera celles qu'où veut 
préparer d'une manière spéciale pour les recherches histolt^iques. 



vGoot^le 



— U6 — 

et OQ assemblera les autres, que l'on timîterft suî vaut l'usage auquel 
OD les destinei 

Nous veuoDs d'étudier les différeats moyeus de se procurer des 
Mollusques, vivant soit sur les bords delà mer, soit dans ses pro- 
fondeurs; il nous reste maintenant à indiquer comment on doit 
récolter ceux qui peuplent sa surface. 

Pour (^tenir les divers êtres existant à la surlace des flots, on 
utilise généndement un filet en tissu de soie, fait de cette ^oBé 
d<Hit on se s^ti pour bluter la farine. On ne preodra pas la qua< 
lité dont le tissa est le plus seiré. Ce filet est fixé sur no cercle 
de métal, muni d'un manche de bois; parcoDséqbent, l'ensemble 
de l'appareil ressemble à un filet k papillons. 

■ Lorsque la mer est b^e et ne préseete qu'uti faible dapotts, 
on amène les voiles de l'embarcation et, abandoonaot tieU»ci il la 
seule action de la dérive, ou mieux lui imprimant uo trts l^er 
mouvement de pn^ression avec les avirons, on éoiènw la svrFaœ 
de l'eau avec le filet fin. Pour reoneiilir la récolte faite, on {rfooge 
'le bonoet dans ua bocal en le retournant, on agite douoenent ce 
bonnet retourné dans l'ean du récipient, les individus recueillis se 
détachent, nagent dans le liquide où l'on peut li loisir les prendre 
et le» étudier >').■ 

Nous ferons <^server que les espèces d'aoimaax qu'on peut ren- 
contrer à la surface de la mer n'y séjournent pas d'une manière 
constante et qu'il est, par conséquent, des heures auxquelles on 
devra seulement entreinreodre les pèches péiagifjues. C'est à la 
chute du jour ou dans les premières heures de la ntlit que les 
Mollusques constituant le groupe des Ptéropodeis se montrent, ea 
pleine mer, k la surface, rarement istMs, [dn* souvent renais en 
troupes, et cela aussi bien sous les tropiques que dans les eaux 
les plus froides. Qoelques-u&s d'entre eut se reposent en adb^ant 
aux corps Bottants au moyen d'appendices pourvus de ventouses, 
soit en se fixant par leur pied< suffisamment développé dans cer- 
taines espèces. 

On se procure égalMuent des Mollusques pélagiques [Ptérspodea, 
Hétéropodes) par femplol de filets qu'en met k la traîne. Seule- 
ment, dans ce cas, il faut que la marche du bateau soit lente. Voià 

l" G. Hoch^, Revae techniipu Jt tEwpasitiiia annerieUt de 1869. Des proeridéa 
iploifés pir le* missioin d'eijdoratkiiH sont-BunDC), p. 3ai. 



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— Ilt1 ^ 

lit description du filet tratnant tpà a été utilisé par Mac Gilthray 
pour ses recherches. > Il consistait en un sac d'étamine (semblable 
à cdie dont on se sert pour les drapeaux) de 60 centimètres de 
profbadenr et dont Touverture était cousue adtour d'un cercle d^ 
bois de 35 centimètres de diamètre; trois bouts de cordes de 
j5 ceotimètres de long étaient fixés au cerde k des intervalles 
^nx et avaient leors extrémités attachées ensemble. On remor- 
quait le filet k l'arrière, en dehors du sillage du navire, au mo^en 
d'une C>rte corde attachée à l'une des embarcations de porteman- 
teau on tenue )t la main. On r^ait ta loi^neur de coMe néces- 
saire d'après la vitesse du navire et le dc^ de tension prodait par 
le filet en partie immergé O. > C'est surtout quand la mer est calme 
et le ciel couvert qu'on a des chances de réussir dans cette pèche. 
La voyageurs, k bord des navires à voiles qui, sous rinfluenW 
d'noe brise l^ère, s'avancent avec lenteuf, pourront très utiles 
ment occuper leurs loisirs à récolter ces jolis habitants de la tone 
snperfiinelle de la mer. 

Ed 1886, an coyrs de la campagne que le prince A. de Monaco 
avait entreprise kbwd de rfîirondef/e, pour rechercher des animaux 
marins, on remarqua qu'il existait une faune pél^que, repré- 
sentée par des individus de taille plus considérable que ceux qu'il 
était possible de recueillir avec le filet fin, et, en 1867, ce savant 
explorateur inangura un nouvel appareil, qu'il appela c/uifnt i/e jur- 
ftice, au moyen duquel il recueillit les animaux de la supetficie, 
ainsi que ceux qui se plaisent un peu au-dessous d'elle. 

• Cet engin est construit, dans ses lignes générales, comme le 
chalut anglais, nommé otler trawl; deux ailes, qui s'attachent la- 
téndement au corps du filet et près de son entrée, augmentent de 
toute leur longueur la surface qu'il balaye. Ces ailes se ierminent 
chacune par.ua plateau en bois, lesté de façon qu'il flotte suivant 
sa tranche et relié au câble de remorquage par une patte d'oie qui 
est fixée sur sa face interne, un peu en arrière de son centre de 
gravité. Cette installation fait que, dès le début d'une traction 
opérée sot" te dUtde, les plateaikx tendent k s'écarter l'un de l'autre 
et par conséquent k ouvrir te filet. En avant et au-dessous de 
l'entrée, un tablier s'étend avec une certaine încHnaison, afin de 
gAner dana leur retraite vers le bas les animaux surpris par l'ap- 

1" Vifasee/H.M. S. Batttemake , t. I. p. 37. 



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— U8 — 

proche de l'engin et qu'une empêche retient définitivemeat dès 
qu'ils l'ont dépassée ''>. • 

Ce filet, les ailes comprises, a 7 mètres d'ouverture; la profon- 
deur en est de 4 m. 3o. Ces proportions indiquent que ce n'est 
pas un appareil dont tous les voyageurs pourront faire usage; ce 
sont seulement ceux qui se livreront spécialement à l'étude des 
animaux marins qui devront songer à l'utiliser I''. ■ Les ailes sont 
formées de filets fins à sardines et le corps d'un tissu de soie à 
maille plus Une vers le fond que du câté de l'ouverture. Ce système 
se trouve être soutenu pour résister à la force du tratoage par deux 
ralingues, qui en forment l'ossature et viennent se fixer sur une 
pièce de zinc terminant le fond de la poche. Cette pièce de sine 
forme bocal et est, grâce à l'ingéniosité de M. J.de Gueme, fixée 
au fond du chalut par un dispositif qui permet de l'enlever à vo- 
lonté. 

• Ce bocal, maintenu horizontal par une plaque de liJ^, est 
muni à son intérieur d'une empêche, qui permet de préserver les 
animaux délicats contre la pression résultant <le l'amoncellement 
des êtres dans le fond de le poche '^'. ■ 

Nous venons d'indiquer les didTérents modes d'exploration aux- 
quels devront avoir recours les voyageurs désireux de récolter des 
Mollusques marins; nous avons maintenant à faire connaitro les 
précautions à prendre pour préserver les animaux capturés. Ces 
moyens varieront beaucoup suivant les circonstances dans lesquelles 
on se trouvera, suivant les locaux duut on disposera, suivant le 
but qu'on se proposera d'atteindre. 

Quand on voudra seulement conserver des coquilles, un devra 
tes plonger dans de l'eau bouiilanteet, après les y avoir laissées un 
certain temps, les retirer. Alors un dégagera facilement l'animal 
qui occupe l'intérieur. On détachera l'opercule, s'il y en a un, et 
on le placera dans un même paquet que la coquille. Quelques na- 
turalistes disposent les Mollusques sur des planches et les ahan- 

0' A. Ae Monico, Progrèi rialaii tar THmndeUe data teaiUlagt ipieial. 
(Congrès lie uxdogie.p. 137.) 

<•' Noui ferons pourUiit observer que M. Cbevrcm s'cit servi durant s*s cam- 
pgnen sur la iifiila, «tcc beaucoup de succôs, d'un ctialut de surfaM dont le^ 
pr«porlioiit étaieul infiéricurcs de moitié à cellei de l'tppareil emfdojd pu- le 
prince A. de M(hi«co. 

(•) G. Hoché, loco ciL. p. 3id. 



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— 149 — 

donnent au contact ctc l'air jusqn'à c« qne leur conteno soit sec. 
Ceci ne peut être fait que sous certains climats et dans des endroits 
isolés, où l'odeur qui se dégage des bétes en putréfaction ne sau- 
rait incommoder personne. 

Si Ton désire préserver la coquille et l'animal qu'elle contient, il 
(âul se servir de l'alcod, en prenant quelques précautions. Mais, 
dans ce cas, l'animal se contracte toujours, et si l'on veut avoir de 
beaux échantillons pour les collections, il est nécessaire d'avoir re- 
cours aux procédés indiqués au d^ut de cet ouvrage^". 

Les Mollusques terrestres dont nous avons maintenant ii nous 
occuper vivent généralement dans des localités Fratches, humides, 
ombragées. C'est au pied des arbres, dans la mousse, contre les 
vieux murs, sons les troncs abattus qu'on les trouve cachés. Ils se 
plaisent aussi sous les feuilles mortes, sous les pierres; on les ob- 
serve sous les troncs d'arbres, sur leurs rameaux, sous leurs feuilles, 
snr les plantes herbacées. ■ La plupart des Zonites et les Hélices, 
à test mince et corné, se tiennent de [H^férence sous les détritus 
de T^étaux, sous le gazon, et s'enfoncent même dans la terre. Les 
Céphalés à coquille épaisse et crétacée se fixent contre les roches, 
les vieux murB et le long des tiges des herbes et des arbrisseaux. 
Les ronces, les chardons, les orties portent souvent des centaines 
d'Accès agglom^^ l^>. • D'autres espèces se plaisent dans les en- 
droits secs, arides, sur les man chauifés par un soleil ardent. Enfm 
il en existe qui, comme les Testacelles, passent la plus grande 
partie de leur existence sous la terre. Certaines sont diurnes, d'autres 
soiit aoctnmes ou demi-nocturnes. Les Limaces quittent lenr re- 
traite au moment du coucher du soleil, si le temps n'est pas k la 
pluie. Les Parmacelles, au contraire, sont franchement nocturnes. 

Les espèces fiuviatiles habitent les sources, les ruisseaux, les 
torrents, les rivi^'es, les grands fleuves, les étangs, les marais. 
I.ears mœurs sont iùen différentes, suivant les espèces que l'on con- 
sidère, ainsi que leurs habitats. C'est au milieu des plantes aquatiques 
qu'il faut aller à la recherche de certaines d'entre elles; on les y 
découvre adhérant aux feuilles; tandis que c'est sur le fond ou 
sous les rochers, les pierres, qu'on en rencontre d'autres. Quelques- 
unes, qui sont am{4iibies, comnle les Limnées, viennent de temps 
en temps à la suriàcc pour respirer. 

"i Voir p. i5. —Cl P. Fiwlif r. /™ rif. . p. lol. 



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— 150 — 

Les grandes espèces de Bivdves, telles qae les Unio, les Ano- 
doDtes, se piaisent dans les étaags, les caaaiti vaseux, les marais et 
les grands cours d'eau. Les petites espèces halnteot las fossés, où 
on les trouve sur le fond ou à la base des plantes aquatiques, ou 
perdues au milieu de leurs radicelles. 

Quelques espèces de Mollusques fiuvîatilea disparaissent au mo- 
ment ofiles flaques d'eau qu'dles habitaient viennent, durant l'été, 
à se dessécher. EUes se sont alors enfoncées dans le sable ou la 
vase, après avoir fenné leur coquille. 

La réùatanoe, vraiment extraordinaire qu'oCfreu^ certains Uol- 
lusques à l'action des agents extérieurs, détermine la possibilité 
d'habitats que les voyageurs devront rechevchec, car cela leur pe^ 
mettra certainem«it d'accomplir de très întéreseaates découvertes. 
Ainsi ils devront explorer les sources theim^es, même celles dont 
les eaux jouissent d'une tempàntufe asseï élevée. • h'Vnio Rafoini 
vit dans les eaux thermales de Barbotan [Gers], dont la tempàv- 
ture est de 3o degrés centigrades, en compagnie des Lynmea pe- 
ngra et Phyia aoata. A la Preste (Pyrénéss^hïentalei) , use wiriété 
du Physa uoata pullule dans des eaux dont la chaleur varie de 35 
degrés à 3o degrés centigrades. Dans les sources de Conttantïne 
(3a degrés) se développe abondamment la MeUmataheMuiaia. On 
a signalé le Pûûfiam /onteiio^ , var. tkemah, dan» les sources d'E- 
vaiu (Creuse), dont la température est de 3& degrés. Des faits 
analf^es ont été constatés à Dax, Bagnèresnle-Bigorre, etc., dont 
les eaux ont une température un peu inférieure à a5 degrés. La 
temp^ature extrême des sources themules où la vie est encore 
possible pour de petits Mollusques [Hydrohia) sersit de is d^rés 
près de Bâne, en Algérie''). > 

D'autres espèces de Mollusques fluviattles peuvent nvre dans des 
eanx l^èrement salées, de même que certains Itkllusques ma- 
rins se retrouvent dans les eaux douces. Des Lymnées, des Ano- 
dontes, des Néritines, sont des exemples des pruniers, alors que 
les Pholades, les Tarets, les Huîtres, les Arches, les Modioles re- 
montent dans les fleuves de l'Asie et de la Malaiue. 

> Les saisons les plus favoraUes pour la chasse des Mollusques 
terrestres sont le printemps, la fin de l'été et le commencement 
de l'automne. Pendant l'hiver, ces animaux sont cachés sous les 

''' Hoquin-Tiindou, loeo cit. 



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— ÏBl — 

pienes, dana les trooe des murs, Im crMaMes'âes rodiers, dans 
la terre et dint la vase. 

• Le momeDt de la journ^ qui doit être préfiM est le matins 
après la toeie, ou le soir, au moment dn crépuscule. 

• il est des espèces qu'on ne peut avoir que pendant la nuit. 
Od leur bit la chasse avec une lanterne. 

■ Ponr obtenir une certaine quantité de Testacelles, Bouitlet a 
conseillé de déposer à la nuit tombante, le long des murs, sur le 
gaton. dans les endroits fréquentés par ces Limaciens, des Lom- 
laïcs coupés par petits morceaux. On retourne sur les lieu» vers 
le milieu de la nuit ou k la pointe du jour, et l'on voit des Tes- 
tacdlea mangeant ou emportant l'appât qui leur a été ofTert. 

■ Comme ces derniers Mdlmques, les Parmacelles se retirent 
dans leurs galeries aux («emiers rayons du jour. C'est la cause 
principale qui a retardé si longtemps ta connaissance des deux 
espèces qui appartiennent à la France. 

■ Quand le temps est couvert on humide, et surtout après une 
pluie fine, les Céphalés torestres abandonnent leur retraite et les 
fluYiatîles s'tièveat à la surftioe des eaux. On voit les premi»s 
sortir des haies, traverser les chemins, monter sur les murs, grim- 
per sur les arbustes, et les seconds se renverser k la surface du 
liquide et nager le pied en l'air, ou bien ramper lentement le long 
des tiges on des fenilles des plantes aquatiques (^1. • 

• Dans les pays chauds, les Mollusques se promènent snrtout le 
le MÂT et la nuit ; durant la journée , ils sont refiigtés sous les Agaves 
ou dans les troncs d'arbres '*>. • 

La récolte des Mollusques torrestres exige l'emploi d'iustraments 
difii^nt suivant l'habitat de ces animaux. Il faut prendre avec soi 
une piodie de botaniste pour mettre k découvert les espèces vivant 
sous la terre, un filet ou un trouUeau pour pécher celles qui ha- 
bitent dans les eanx, un parapluie d'entomol<^ste pour récolter 
les formes qui s'attachent aux feuilles des arbrisseaux, un filet à fau- 
cher, pour obtenir celles qui se [daîsent sur les herbes des prairies. 
L'abbé Dupuy recommandait remploi d'une brosse dure, avec la- 
qudie il détachait les petites espèces adhérentes aux rochers qui 
étaient recudllies dans un parapluie. On doit être muni d'une pince 
permettant d'hier chercher les espèces qui se sont glissées dans les 

(■' P. Ficher, toeo cit., p. 3i3. — (■> Moqnin-TandoD , loco àt. 



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— 152 — 

fentes de roches, de troacs d'arbres, ou dans les cavités proiônde» 
de ceux-ci. Enfia l'emploi d'une petite drague p&naettn d'at* 
teindre les MoUuiques vivant sur le fond des rivières ou des étangs. 

Pour rapporter les produits de la chasse, il faut avmr des flacons, 
des tubes de verre de diverse dimensions, des boites en bois ou 
en métal, jamais de boites eu carton, surtout pour les grosses es- 
pèces, qui ramollissent avec leur mucus les parois et finissent par 
les percer, tandis que d'autres, qui comme les Hélices et les Bu- 
limes aiment cette substance, auraient bientàt rongé une partie 
des parois de leur prison. 

Barker-Webles , durant le cours des explorations qu'il a faites aui 
ties Canaries et «Madère, se servait, pour enfermer ses Mollusques, 
de petits sachets de toile fine, fermés par un cordon attaché à un 
coin de l'ouverture. Ce procédé est très recommandé par certains 
malacol<^tes. 

Les petites espèces ou celles dont le test est fragile devront être 
isolées, immédiatement après leur capture, dans des tubes ou des 
bottes spéciales, et, pour ne pas les briser durant la marche, on 
enfermera avec elles une certaine quantité de mousse ou de feuilles 
humides. 

Si l'on veut rapporter les espèces fluviatiles eu vie, il faut les 
placer soit dans des flacons à large ouverture, remplis d'eau, qu'iw 
aura le soin de renouveler pendant le transport, soit dans des coa- 
ferves mouillées. 

Nous appellerons l'attention sur le choix qu'on doit faire des 
échantillons de Mollusques terrestres. Comme pour les animaux 
marins de la même classe, îl est important de jKvndre des coquilles 
avec l'animal vivant; on est a»uré d'avoir ainsi l'enveloppe testacée 
dans toute sa fraîcheur, et, d'ailleurs, le corps de la béte est in- 
dispensable pour la détermination du genre et même de l'espèce. 

■ Les collectionneurs, a écrit Moquin -Tandon , doivent savoir 
que les Mollusques jeunesont moînsde tours àla coquille que les in- 
dividus adultes; que toutes les espèces à ombilic ouvert sont alors 
plus ou moins perforées, quelquefois ombiliquées; que, dans un 
grand nombrede Gastéropodes, le dernier tour se trouve primitive- 
ment subcaréné ou caréné, et présente une ouvertiu^ obtusément 
tétragone, et que, fréquemment chez les adultes, la suture de l'ex- 
trémité du dernier tour s'écarte un peu de la ligne des autres pour 
se coorlier vers l'ouverture. 



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— 153 — 

• Us ne doivent pas perdre de vue que les Mollusques, munis 
d'un péristome réfléchi ou mar^Dé, n'en oi&eat pas dans leur 
jeunesse; que les espèces pourvues de dents ou de plis n'en ont 
pas ou n'en présentent qu'un petit nombre pendant les premiers 
temps; enfin que, en générai, chei les individus non adultes, le 
p^stome est naioce, fragile et transparent 

• Les espèces couvertes de poils ou hérissées de lamelles les 
perdent ordinairement après \'itgè adulte. Il ne faut donc pas re- 
cueillir des individus trop igés. 

■ Du reste, il est important d'avoir non seulement des échan- 
tillons complu et en bon état, mai» encore, s'il est possiUe, un 
individu jeune et un individu igé de chaque espèce, comme termes 
de comparaison et pour éviter les méprùes. 

■ DrapanMud a décrit ctmune une Physe un jeune BuUme. On 
trouve dans les auteurs beaucoupd'exemples d'erreurs analogues '')> 

La préparati(H> des coquilles est aussi facile que l'est celte des es- 
pèces marines et se fait par le même procédé. Si le test est mince, 
on n'a qu'à exposer le Mollusqoe pendant quelque Iraapa aoi 
rayons du soleil. L'animal ne tarde pas à pârir, il se dessèdte un 
peu etonrarrachealorsfacileiaentLes coquilles qui possèdent peu 
de tours à la spire, celles dont l'ouverture est grande, peuvent être 
làcilement débarrassées de l'animal qu'elles renferBienL Maiscelles 
dont les tours sont UMiitHeui, serrés, l'ouverture réduite ou garnie 
de dents, offirent des difficultés quelquefois insurmontaUes. 

Il est inutile pour les petites espèces de cliercber ii vider la coquille. 
On tue l'animal en le plongeant dans l'alcool, l'eau bouillante, ou 
simplement eu l'exposant à la vapeur, puis on laisse sécher son en- 
veloppe 

Les Bivalves n'offivnt aucune difficulté pour leur nettoyage. On 
les trempe dans l'eau bouillante et on détache ranimai avec un 
couteau. On nettoyé la coquille, onl'essuie, on rapproche les valves, 
qu'il faut maintenir fermées au moyen d'un III enroulé autour et 
qu'on laisse jusqu'à ce que le ligament svit sec. 

Quant à la préservation du corps des Mollusques d'eau douce, 
il est obtenu par des procédés semblaUes à ceu\ dont on >ie sert 
pour les Mollusques marins 1^1. 

'"' UiMinin-Taiidon , loto cil, — W Voir figr s5. 



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GHAPITltB XI. 

DES VBRS. 

Jm lOtdogHtes ont a|^é du nom de Ven des aonnaui dont 
le corps est latéralement lymétriqae , annrif oa totraé de sèment* 
semblables et dépourvns de membres , d'appendices articulés. L'es- 
pression de Vers éveille généralement, ches les personnes, devant 
lesquelles elle est émise, an sentiment de répi^ance. Il semblerait 
qoe les oi^aïusmee ainsi dés^és dussent étte, au peint de vue de 
leurs fumes, de leurs couleurs, des déshérités de la nature et que 
rien dans leur vie, leurs mœurs, ne fOit difue de fixer l'atten- 
tion. Pourtant il n'en est pas ainsi. Certains d'entre eux se font re- 
marquer par leur élégance , leur étions riche, varié, éclatant, alors 
que d'autres méritent d'itre observés avec beaucoup de soin fc 
eause de leurs mœurs, de lenr développement étrange, de leurs mi- 
gration, de leup rtruoture «natomique. Aussi ne saurait-on trt^ 
recommander, comme l'a dit H. Perrier dans la très intéressante 
confîirence qu'il a iàite pour les voyageurs, k ceux qui entrepren- 
dront de lointains voyages, de s'api^uerkréot^ter ces animaux, à 
nous éclairer par des obswations [wécises sur leur manière de 
vivre, sur les {^ses multiples dévolution par lesquelles Us peuvent 
passer. 11 y a, de ce cAté des sciences naturelles, beaucoup de décou- 
vertes k acoompUr, Ce ne sont pas seulemen t les diverses parties des 
continents peu ex[riwées, mais encore les lies et les diverses mers 
qui les baignent, qui constituent d^mmenses champs de reclien:bes. 

Dans le but de faciliter les investigations , noua rappellerons quel 
est l'habitat, quelles sont les coutumes des différentes sortes de Vers , 
et les exemples que nous citerons à ce sujet permettront de se 
rendre bien compte des observations multij^ qu'il est nécessaire 
d'aocomjdîr pour recueillir ces animaux. 

S 1. Dbs Annèliubs. 

La première dasse que constituent les Vers est oHIe des An* 
nélides, dont les représentants s'observent dans toutes les i^ons 
du globe. Elle comprend des animaux très variés, les uns habitant 
les profondeurs ou la surlace des mers, les autres les eaux douces, 
alors que d'autres sont terricoles. Certaines espèces sont dîssémi- 



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— 155 — 

aém BOT des aspacea immeoBes; ainsi Ton ntronve snr lee cAtM de 
Bretagne des Sabdles de Ttoérift et dans le golfe de Gascogne des 
Eunices du gcAte du Mexique. 11 doit y avoir beaucoup d'autres 
cas de cette nature k découvrir, concernant )a distribution géogra- 
phique de ces animaux, et l'on y arrivera avec des coSections soi- 
gneusement faites, portant l'iadication précise des locdités où ont 
été recueillis les divers exemplaires. 

Les Annélides constituent deux grands groupes, celai des Cbéto- 
podes et cdni dos Himdinéss. 

IjasCfaétopodeBOU Vers, DUichant sur des soies, mènent aneeais- 
tence fort diffîreni* suivant ceux que l'on observe. Certaines de 
leurs eqièces sont UTaDles(Néi)éîdes), tandis que d'autres habitent 
dans des tubes de diverses natures qn'dles construisent (Tubi- 
ctdes). 

C'est sur les bcvdsdelamerqu'oD devra tout d'aboid rechercher 
tes Cbétopodea errants, et l'on [Hticédera, pour les découvrir, de la 
même manière que pour les HoUusqnes. On prolîteFa de la basse 
mer, surtout des grandes marries, et l'on aura soin d'emporter 
avec soi one pioche de botwuste, un levier en fêr ponr soidever 
les pierres et un troubleaa k mailles fines, afin de pécher dans les 
flaques. 

Certaines espèces de AléréidiKis se cachent dans les fentes des 
rochers, alors que d'antres se plaisent daqs les [ouries de £0» 
tères qu'il faut visitar amc nne grande attoition. C'est mcore 
dans les fentes de rochers que s'ëtaMissent qudques eqièces de 
Maq^yses qui s'y optusent de longues galeries, tamUi qu'il en est 
qui se caoheot dans la terre vaseuse sous les Zostères. I| ne faut 
donc pas se btaoa k explorer ces {daotee,il £iat fouiller le »(A sur 
lequel elles reposent. • C'est en d^on<^t ces prairies, a dit M. de 
Quatrefages, par un véritable travail de temamet, que j'ai trouvé 
une foule d'espicas et recualli les plus beaux individus l'I. • En 
(Mocédant ainsi, ou capture snrnos cAtes des JVe^Atû afieationnaut 
les plages sablonneuses xMïuvertes de Zostères. C'est au niveau des 
saUes les jrfus mobiles qu'on rencontre œs animaux qui , dès qu'ils 
se Toientdécouverts, s'enfoncent dans lasd avee une rapidité extra- 
ordinaire. Qndques espèces, comdie c^es constituant le groupe 
des Syllidiens, sont de très petite taille et doivent ébf r^herchées 

, Hatoirt HotartUa dtt imtiUitiurmtrté^Mkdouet, p. i3o. 



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— 156 — 

au milieu des Fucus ou des Corallines. Enfin il en est qui , comme 
une Sertit, vivent en commensaux. Celle-ci se tapît dans les der- 
niers tours de spire des coquilles de Buccin onde, dont la portion 
la plus large est occupée par un Pagure. D'autres s'établissent dans 
l'intérieur de coquilles de Bivalves. 

Il ne suffit pas de visiter les localités une, deux, trois fois de 
suite pour être assuré qu'on a recueilli toutes les espèces d'Anne- 
lides cirantes qui les habitent; il faut y revenir à diverses époques 
de l'année. Ud exemple de l'importance de cette observation est 
fourni par ce que dit M. de Qnatrefages an sujet des Hétéronéreit : 
■ A Saint-Vaast, pendant tout le mois de septembre, le nombre de 
ces Annâides ne parut pas diminuer, mais ayant laissé passer une 
huitaine de jours, vers la mi-octolH%, sans m'occuper d'elles, je n'en 
trouvais pas une seule quand je voulus m'en procurer. • Des re- 
cherches suivies ont montré que les Hétéronéreu n'étaient autre 
chose que des Neréii dont la partie posl^eure du corps se trans- 
formait au moment de la reproduction , de manière k permettre à 
ces animaux de gagner la haute mer. 

• Je ne crois pas, a ajouté le même savant naturaliste, que Ira 
Hétéronéréides seules présentent des exemples de ces migrations. 
Il me semble que bien des espèces, et presque toutes, pourrais-je 
dire, agissent de même pendant toute la mauvaise saison. Du moins, 
pendant le seul hiver que j'ai passé à Saint-Sébastien, sur les câtes, 
j'ai été frappé de ce foil, que je ne rencontrais pas une seule An- 
nélide dans des localités qui semblaient le mieux faites pour les 
attirer et faciliter leur multiplication. De plus, je trouvais une 
grande quantité de galeries creusées par ces animaux et récemment 
abandonnées. Je ne crois pourtant pas que leurs habitants eussent 
émigré bien loin. Il me paraît probable qu'ils s'étaient seulement 
un peu avancés dans la mer et atteint une cône qui ne découvrait 
plus k chaque marée. Un fait dont j'ai été le t^mcàn me semble 
donner une certaine probabilité à cette opinion. Pendant un de 
mes séjours k Saint-Vaast, il m'est arrivé d'aller à la chasse de ces 
aiiiniaux par une marée très basse, mais par un temps de finie 
diluvienne. Je ne trouvai riat dant let locaOtét lei pbu rithei. Quelques 
jours après, le temps était redeimiu serein, et, dans les mêmes 
localités, je pus remplir mes flacons. Il est évident ponr moi que 
cesAnnélides avaient fui le contact de cett<<cau douce qui tombait 
h torr(>nls sur leurs domaines, qu'elles s'étaient enfoncée» (juel- 



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— 157 — 

qnes mètres plus bas, et qu'elles n'out reparu qu'avec le beau 
temps. > 

La présence d'eaus douces tend à écarter des rivages toutes les 
espèces fraocbement marines, et c'est surtout au niveau des cotes 
calcaires que l'on voit sourdre des sources venant s'étaler en 
nappes sur les bords de la mer. D'autre part, comme l'a fait re- 
marquer M. de Quatrefages, le calcaire forme de la vase flne, com- 
. pacte, tandis que le granité donne toujours un mélai^ de sable 
et de vase. Quand cette dernière est abondante, elle encroûte les 
œufs et arrête leur développement, elle remplit de sa masse so- 
lide les fissures des rocbers où les Invertébrés marins se plaisent 
à établir leurs demeures. Aussi estce sur les plages granitiques 
ou scbisteuses que l'on rencontre le plus d'Annélides.l.es granités, 
les schistes, dont les surlaces ne se renouvdlent pas sans cesse, 
comme le font celles des calcaires, permettent aux Algues de s'at- 
tacher, et c'est abritées par elles que se développent des colonies 
d'animaux. • Cette 4>minution seule des flwes marines réagit évi- 
demment sur la faune, et cela de deux manières. D'uue part, les 
espèces animales herbivores ne sauraient se multt|^ier là où les 
aliments leur manquent; et d'autre part, les espèces carnassières, 
qui vivent aux dépens des premières, se trouvent réduites dans 
les mêmes proportions <'L • 

La recherche des Anaélides sédentaires se fait clans des localités 
semblables a celles qu'habitent les Aonélides errants. 

Quand on parcourt les plages sablonneuses, on observe sur leur 
surface, au moment de la marée basse, de petits amoBcellemenls 
de sable, ra|>pelant par leur. forme ceux qui se trouvent à l'en- 
trée des cavités habitées par des Vers de terre. Ces castings sont 
produits par un Annélîde, l'Arénicole, qui, ayant avalé du sable 
ou de la vase pour se nourrir des matières alimentaires qu'ils 
peuvent contenir, se débarrasse, i la manière des Vers de terre, 
de ce qu'il n'a pu absorbert^. La galerie, où vit cet animal, se 
recourbe en siphon, et ii est dès lors nécessaire, lorsqu'on veut 

'') De Quairefages. laeo cit., p, i&i. 

'1 11 ne fanili-ait pu croire que l'Arénicole vive au contact du sable au milieu 
duquel il pénètre. A mesure qu'il te Iracc un cliemin dans son inlërieur, il 
sécrêle une matière gluante, ikslinée à ronaolidin' la paroi interne de son con- 
duit MUonneni. II en est de oléine pour dilRranies espèces qui ODt le mdme 
habitai. 



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— 158 — 

s'emparer de l'Arénicole, de donner db vigoureux coup de pioche 
entre les deux orifices du tube. D'autres espèces d^Aunélides vivent 
ensevelies dans le sable des {dages, conuoe cdie dont nous ve- 
nons de parier, seulement leiln demeures mil moins savamment 
construites et dles échappent dès lors avec plus de dîflkultés aux 
poursuites dont dies peuvent être l'objet Elles trahifisent égale- 
ment leur présence par de petits orifices ou de petits mouticnies 
de sable, qu'on aperçoit sur les plages, alors que le flot s'est retiré. . 

Certains genres d'Annélides tubicoles comprennent des espèces 
aux habitats les plus diffémits. Ainsi il en existe qui vivent dans 
les interstices des pierres, alors qne d'autres se rencontrent seule- 
ment enfoois dans le saMe ou la vase, on reposant simplement 
à la surface du sol; il en est qu'il fiiut aller redierdier dans le 
fond de profondes galeries qu'ils ont creusées, à l'exemple de cer- 
tains Mollusques, au travers des roches baignant dans la mer. Les 
Sabelles oflrent un exempte des plus remarqnaMes de ces diversités 
d'haHtat. La Sabelle pavonine qui pedple nos cAtes, celles de 
l'Angleterre, da Danemark, passe son existence cachée sons les 
pierres, dans les fentes dé rodiAv, où, sons fbrme de tube, elle se 
construit une demeure qu'elle agrandit péd à pea, en la confor* 
nant aux sinuosités du terrain. La Sabdie saxicave, an contraire, 
s'applique ii perforer les calcaires les plus durs; et c'est dâbs ces 
demeures, presque inviolaUes, que s'^ulent ses jours. 

Les matériaux utilisés par les Annélides sédentaires pour la 
construction de lenrs demeurés sont de natures fort diverses. 
Nous venons de voir qu'il en est qui sécrètent un ttlbe formé 
de mucosités gluantes immotnlisânt les sables voisins, alors 
que d'autres arrivent, par des actes encore inconnus, à se loger 
dans la pierre. Mais il est d'autres procédés employés par ces ani- 
manx pour mettre leur existence à Yahti de tout danger. Ainsi, 
sans quitter le groupe des Sabdles, nôtis en voyons cftii, comme 
la Sabrile coquillière, constmiseot un tobe protecteur au moyen 
de fragments de coquilles brisées qn'dles assemblent au moyen 
d'un mucus particulier, tandis que c'est au fond de tubes faits de 
vase agglomérée que la Sabelle potier abrite son corps àlloagé. 
Par conséquent, les naturalistes voyageurs qui s'occuperont de ces 
êtres si singuliers et si intéressants qu'on nomme des Annélides, 
ne devront pas se borner à rapporter des écdiantHlons dw diverses 
espèces dont ils auront constaté la présence, mais ils devront en- 



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_ 150 — 

oore oboerver It nuoièfe doot imnt les n^eta qu'ils aunnt dé- 
couverts et Joindre à l'eavoi de leurs cotpt daà exemplaireB de 
leurs demeures. Cette reounpie tie s'apidiqne pas tealemaDt aux 
Aonâides dont oous venobs de lure coonattre le mode d'existeace, 
mais encore à ceux qui, comme les Serpules, au lïeo de sécréter 
des tubes parcbemioés, ou d'a^omérer des ctnps étnu^ers pour 
en construire un étui protecteur, exsudent par la surface externe de 
leurs otKps une matière oaloaire, qui. en se dOocrétaot, OMistïtae 
des étuis pioreux, bizarrement ooatoumés et dont la tonne varie 
Miivant les eq>èces dont ils procèdent. 

Il n'y a pas d'iadicatioa à donner sur tes localités où il est pré- 
rérable de rediercber des Amiélides «rants du hibicoles; oe que 
nous veonns de nippder sur lee mœurs de ces animaux est Uen 
suffisant pour guider les collectiMUtears. Nous aurons seulement 
à recommanda, en debon des lediercbes sur le sol, dans le Bol, 
sous les pierres, cUas les lentes de rocbcrsi sur et sons les Algues, 
dans riol^eur des coquilles halâtéee par des Mollusques on 
d'autres animaui qui sont venus s'y étaUlr après la mort de leur 
profviétaire, sur le tflst ou dans l'intérieiu' des osquilles vivantes ou 
mortes, les investigations qui poorront être eSèctoées au moyen 
de la dn^ue en eau pliu •» meins profonde. C'est partieulière- 
meot dans ees cas que les débris de oaquilks mmles devront être 
examinés avec la fia» gnmde attentimv ainsi qne les Algues her- 
bacées ou calcaires dont les pieds, les toufiés servent d'abris à de 
mHulM«ux Annélides. Les âlels mis à la toaloe pourront quelque- 
fois OMiteair dans leur intérleol' des Aunélides errants. 

Noos rappdlenma enfin, a« sujet de ces animaux, qu'il en est 
certaines espèces dont l'apparili^ aor les odtes s'e&ctoe suivant 
une remarquaUe périodicité. 

Un second ^upe d'Annélides, o^uî des CHigocbètes, owajlre- 
naot les Lombrics ou Vers de terre, renferme des animaux vlvatit 
enfouis dans le mA, ou passant leur existance an m^ien des eaux 
douces ou salées; 

Les LomMes ou Vers de terre méritent, d'ajsrèe les importantes 
études auxquelles ils ont donné lieu durant ees dernières «oaées, 
d'ébe L'objet d'une attentliHi toute particuli^ de la part des voya-> 
geurs. L'aspect extérieur de ces animaux, en quelque point dn 
globe qu'on les récolte, reste toujours le mCme;teur, longueur, leur 
diamètre seuls paraissent sujets k des variations. Mais si foo vient 



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— 160 — 

kea faire la dissection, on reconnaît qu'ib pos»èd«it des caractères 
internes tout à fait différents, suivant les localités dont ils pro- 
viennent Il faut donc, comme l'a demandé instamment M. Per- 
rier dans la partie de la conférence qu'il a consacrée k l'exposé 
des recherches k faire sur les Vers, recueillir ces animaux en 
quelque point du globe que l'on se trouve, car leur oiganisation 
interne est très variable, et il y a peu d'êtres qui soient jJus sen- 
sibles qu'eux à l'influence des conditi<ms extérieures. C'est plus 
particulièrement dans le voisinage de la mer, des eaux sdées, \k oà 
il existe des sables , des vases submei^ées à certains moments, qu'il 
y aura de l'intérêt à rechercher ces animaux, car, en ces poinb, 
quelques particolarités de leur organisme, celle de leurs organes 
génitaux plus spédaiement, se modifient pour faire place à des 
dispositions propres aux Ann^ides tubiooles ou errants. On voit 
par l'indication de ce fait comhien il est intéressant, au point de 
vue de la zoologie générale, de suivre les changements pouvant 
survenir dans un organisme terrestre, alors qu'il est soumis aux 
influences d'un milieu difG^nt, milieu au sein duquel vivent des 
êtres d'un même groupe, à structure inteine dissemblable. 

Four se procurer des Lombrics, le procédé le plus rapide con- 
siste à fouiller la terre humide, surtoat au niveau des points où 
des amoncellements de longs cylindres de terre entortillés dé- 
cèlent leur présence. On peut les capturer aussi en arrosant les 
endroits où l'on sait qu'ils se tiennent; on les amène enfin à sortir 
de lenrs demeures en ctHnprimant ou en frappant violemment le 
sol. Ainsi que l'a dit Hoffineister, le Lombric ne cherche pas la 
lumière du jour, c'est seulement au moment du crépuscule du 
matin et de celui du soir, notamment apaès les [duies, qu'il quitte 
son repaire, pour s'unir aux individus de son espèce. 

Quelques Annélides Oligochètes, au lieu de vivre comme les 
espèces précédentes dans la terre, peuplent les eaux douces ou les 
eaux salées. C'est au fond des ruisseaux tranquilles que se platt, 
dans nos contrées, un petit Annélide transparent et de couleur 
rouge qu'on nomme le Tahifex dtt ruituaax. Les Phrioryttet se 
rencontrent en Allemagne, dans les sources et dans les jniits pro- 
fonds. Les Nais, les Dero s'observent dans les eaux douces, sous les 
pierres ou sous les feuilles des plantes, tandis que c'est sur les 
sables ou au milieu des Algues, marines que s'établissent les CH- 
tellio. 



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— 161 — 

Le dernier groupe des Anoélides, celui des Hirudinées ou Sang- 
sues, parait avoir des représeaUnts dans toutes les parties du 
monde. Il est cmnposé d'animaux vivant à l'état de parasites , libres 
à tout ige. Les espèces et les moeurs de ces êtres sont intéressantes 
à coBoaltre. 

Quelquefruos d'entre eus se rencontrent dans les eaux douces, 
les marais, les niisaeaux, alors que d'autres habilenl la mer. Il eo 
est qui su|qiortent une température Hevée et qu'on découvre dans 
les eaux thermales. EnGn c'est dans des forêts humides, sur les 
arbres, les bnisscms, que s'étaMissent certaines eq>ëces, guettant le 
passage d'une proie, sur laquelle elles se laisseront tomber. 

Quelques exemples d'habitat de ces animaux Ibumiront des 
renseignements bien précis sar les recherches diverses qu'auront h 
faire les voyageurs désireux de collectionner des Annélides. 

C'est dans les étangs, les marais, que vivent diverses Sangsues 
dont oD lait usi^ en médecine, tdies que la Sangsue médicinale 
d'Europe, VBiTudo trootina d'Algérie, VHirado myimuUu du Séné- 
gal, YRirado granalota de l'Inde, les Hirudo ji'nica et japonica 
qu'on utttise en Chine et au Japon. Les personnes chargées de re- 
cueillir ces Sangsues entrent daus l'eau , les jambes nues , et s'em- 
parent avec la main de celles qui sont fixées aux coips soKdes, ou 
avec un troubleau, de celles qui nagent. Il en est qui attendait 
qu'elles se posent sur leurs jambes pour les saisir. Si on a le soin 
d'agiter l'eau avec un hiton, on If» voit arriver r^idemeot. Il KfA 
des pays où l'on se sert pour capturer des Sangsues d'un cheval 
que l'on fait pénétrer dans les étangs où elles vivent. Elles s'at- 
tadimt i la peau de ce dernier, qu'on ramène au bout de quelques 
temps, et l'oo s^en empave alors fadlement. On pourra utiliser 
ces didérents procédés de capture dans les endroits où l'on soup- 
çonnera la présence d'espèces intéressantes, maïs oa devra ausù 
avoir recours à celui qui consiste à déposer dans l'eau le cadavre 
d'un animal fraichement tué et à l'y abandonner. Il est facik In 
lendemain de recueillir les Sangsues fixées sur cet applt Nous de- 
vons faire observer qu'il existe des régions, la nôtre par exemfric, 
où il est des périodes de l'année durant lesqudles on ne jieut se 
inrocurw que difficilement des SaDgsBe8.Au mois d'aoât, ces aai-' 
maux se retirent dans des galeries pour y déposer leurs cocons, 
et durant l'hiver ils s'enfoncent profondément dans la vase. 

■ Dans les r^ous chaudes de l'Ancien et du Nouveau Monde, 

HlftS. &C1SNI. VI. Il 



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— I«2 — 

vivent, au milieu des broumaiiles, des Sei^aes qui attaquent le 
voyageur ausn bien que le Cheval qui le porte et les sucent très 
souvent, l'un comme l'autre, sans qu'ils s'en dootrat. 

* HoBmeister fait le récit suivant au sujet des petites Sangsues 
de l'île de Ceylan : Il s'était amusé un soir à recueillir dea Insectes 
phosphorescents qui voltigeaient autour de lui en quantité consi- 
dérable; en entrant ensuite dans une chambre éclairée, il s'aperçut 
qu'il y avait des stries de sai^ sur ses jambes, depuis le haut jus- 
qu'en bas. C'était l'eflèt de la morsure des Saignes. ■ Ces bétes 
me firent, dit-il, une pénible impression, dont le souvenir fut |rius 
tard horrible. * Cette même ftangsue, qui porte le nom d'fliniAi 
tagella ou Ceyianica, vit dans les bronssailles et les bois aoK îles 
Philij^nea. Lk aussi elle attaque tes chevaux aUssi bien que 
l'homme. On a signalé également sa présence sur la chaîne de 
l'Himalaya, à 1 1,000 pieds au-^lessus du niveau de la mer. Le Ja- 
pon et le Chili possèdent aussi des Sangsues terrestres. Le CflioA- 
délia lombrkovhi est une sangsue aveugle qui a été trouvée au 
Brésil, dans la terre humide, par Pr. MuUerCl. > 

Les Sangsues qui vivent dans les eaul doiiœs peuvent causer 
des accidents. • Nous trouvons, dans des rapports ofllcielst que des 
soldats français eurent souvent à souffiiîr, pendant les campagnes 
d'Egypte et d'Algérie, d'une Sangsue aquatique, qui envahit la 
bouche ou les fosses nasales et ne respecte pas ptm l'homme que 
tes Chevaux, les Chameaux, les Bœufs. On a aussi signalé des Hi- 
rudinées sur les Reptiles et les Batraciens. M. Baird en a fait con- 
natb% une qui vit sur les TtH-tnes marines sous le nom d'Eabran- 
ckeUa {£. branchiata). Say en a vu également sur un Ch^onien 
et d'autres sur des Tritons et des Grenouilles. Mais c'est surtout 
sur les Poissons que ces Vers sont communs, et on ne peut refuser 
la qualification de vrais parasites à la plupart d'entre eux. Nous 
en avons décrit toute une série qui hante les Poissons marins, 
surtout le Bar, le Loup de mer, le Flétan, la Barbue et dfflftrents 
Gadesl^. * On a observé un genre particulier de Sai^ues, celui 
des PontobcMles sur des Raies pfchées en des points très éloignés 
les uns des antres en Europe, sur les côtes d'AfHque, dans le dé- 
troil de Magellan , en Australie. Mais un des représentants les {rins 

<'' Brelim. Ittnititles de ta nalurt, Lts Vers,ete.;éii. frtntûw île ttochebnmo. 
"' V«B BeiMilen, Cmimaiimu «t Paratiut. 



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— 163 — 

curieux de ce groupe est le BranchelUim, qui s'attache à la face io- 
fiérieure du corps de Poissons électriques, connus sous le nom de 
Torpilles. 

• DaoB les eaux douces d'Europe, une petite Hirudioée, char- 
miDte de forma et de couleurs, se fixe sur les Carpes, les Tanches 
et d'autres Gyprîm^des; c'est U Pisdccde géomètre qui vit égale- 
ment BUT le SSarv gUitû, On la trouve pufois en si gnnd nombre , 
qu'elle forme autour des branchies une espèce de moisissure vi- 
vante, qui finit par faire périr le Poisson. Il y a diffêrentes Sang- 
sues qui hantent les animaux sans vertèbres : Rang a fait mention 
d*niie petite Hirudinée du Sénégal , vivant en parasite dans l'ap- 
paro) t mfinbàre d'un Aoodonte; Gay a découvert au Chili une 
Hirudinée du« la poche pulmonaire d'une Auricule et une autre 
sur les iHianchicB d'uite Écrevisse. M. Blanchard a m«itioQné une 
yalaoobdelle dans lea branchies de la Vetiiu eaxleta; et l'on sait, 
depuis le siède demicv, que U Mya fmacota ds nos dUee loge 
également une M(dftC(d>deUe couchée sur le pied de l'animal. • 

On voit par oes divas exemples oomhien est varié, au point 
de vue du parasitisme, l'habitat des Hirudinées, Par conséquent, si 
l'on veut s'emporw de oes Atres, il ne suGQt pa* d'explorer le» eaux 
où ils vivent, mais il faut eocorci examiner avec attention une 
fetde d'suoinunx sur lesqucJU ils sa fixent. Pour les Poàssobs. ce 
sMit les tMBDolùes qui doiv^t être fci^ d'une iavestigatiod toute 
particulière. 

S 2. Des GipRYRiEns. 

Les rechoches auxquelles on se livrera pour recueillir enfouis 
dans le >aUe, on cachés sons les rOGhers, des Chétf^iodes ('', pei^ 
mettront de capturer en méNM temps de singuliers animaux, des 
Géphyriens . dont les ailinilés furent longtemps méconnues par les 
zodogistes. Ce sont des Vers esaentieJlemeDt marins , vivant presque 
tous testés dans le sable ou se creusant une retraite aa milieu 
des Polypiers, sous les pierres, s'abritent dans les trous des ro- 
chers ou dans l'intérieur de coquilles vides. On les rencontre dans 
toutes les parties du monde. Certaines espèces, comme le Crypto- 
soae maçon , efcoisissent pour demeures des tubes vides de Den- 
tales, dont tjim ferment l'ouverlare avec des grains de sable agglu- 



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— 164 — 

tînés par une humeur spéciale, en ayant l« soin de laisser au 
centre de cette cloison une petite ouverture pouvant donner pas- 
sage à leur trompe. Le Cryptotoma ttrombi, qui vit avec le précé- 
dent dans les mers du Nord, s'étaUit de ta même fkcon dans l'in- 
térieur de Turitellea, Les Phoronii, qu'on rencontre sur les câ^s 
d'Europe, s'observent sur les œufs de Homards. Ce dernier fait 
montre quelle est la multiplicité des recherches auxquelles doit se 
livrer un naturaliste désireux de récolter des Vers. 

S 3- Des Rotifâres. 

Les Kotil%res sont des Vers hîpn connus de tout le monde par 
les phénomènes de reviviscence que présentent certaines de leur« 
espèces, alors qu'elles ont été desséchées dorant un temps plus 
ou moins long. On les rencontre dans les eaos douces comme 
dans les eaux salées; cependant leurs espèces sont plus abondantes 
dans les premières. •Leuwenhoeck, Bacber, SpaUanxani ne cher- 
chaient guère leurs Rotîfôres que dans la poussière qui s'accumule 
dans les gouttières. On y en trouve, en efièt, maisentHcn moindre 
quantité que dans les petites touffes de mousse qui croissent sur 
lestuilesetlesardoises, tandis qu'on n'en rencontre que peu ou point 
dans les mousses croissant sur les murs crépis k la chaux. Pour 
recueillir et étudier ces petits êtres, il suffît de mouiller les mousses 
et de les exprimer comme une éponge; l'eau en découlant entraîne 
à la fois le sable et les animaux qui l'habitent. • (M. deQuatrefages.) 

Quelques espèces de Rotilïre» vivent sur les Algues, les coips 
divers immergés dans les eaux. Il en est qui se construisent des 
gaines gélatineuses ou des tubes d^icats; d'autres se Axent par 
leur pied ^ une boule gélatineuse commune et sont réunies en eo- 
lonies flottantes. Enfin on en trouve quelques-unes établie): en pa- 
rasites dans l'intestin de certains animaux, tels que les Limaoes, 
les I^ombrics, les Néreis, ou sur la peau de divers Olignchètes. 

S 4. Des Brtozoaires. 

Les Bryozoaires doivent être recherchés dans les eaux -douces 
et dans les eaux salées où leurs genres sont plus abondants, tin 
petit nombre vil isolé, presque tous constituent des colonies affec- 
tant les formes les plus variées, souvent très él^antes, aywit la con- 



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— IC5 — 

sûtance du parchemin ou de la corne, Iréquemmeiit calcaires, 
rarement gélatineuses, suivant la nature d'une sorte de test déve- 
loppé autour de chaque individu par un durcissement de la cuti- 
cide, constituaat des loges. 

Les Bryotoaires isolés vivent dans des conditions toutes jiarti- 
culières, qu'un naturaliste voyageur ne doit pas perdre de vue. 11 
les rencontrera fixés sur la peau d'animaux marins, plus particu- 
lièremeot de certains Annélides, d'autres habitent l'intérieur des 
canaux des Eponges. Quaut aux Bryozoaires existant à l'état de 
ctdooies, oo les trouve soit à l'état errant, soit fixés. Ceux qui sont 
libres sont réunis sur des stations communes et rampent dans l'eau 
sur les tiges des gantes ou sur les objets environnants. • Certains 
Bryoxoaires fixes ont la propriété de pouvoir perforer les coquilles des 
Lamellibranches; d'autres s'établissent sur les Coraux, les pierres, 
les rochers ; les feuilles des plantes en sont parfois couvertes ; tantôt 
on les voit, semblables kde fines dentelles, orner de leurs festons 
les frondes des Fucus, taotât ils simulent les Algues parmi tesqu^les 
ils vivent; là leurs rameaux articulés reproduisent l'aspect de cer- 
taines plantes des bords de la mer; plus loin, leurs feuillets k jour 
imitent les étoffes quadrillées, ou des tissus à mailles lâches enla- 
cés de mille fa^ns. Ailleurs, ils atteignent des proportions relati- 
vement considérables et peuvent être pris à première vue pour des 
CoralliairesoCl. 

S 5. DbS NriMATHBLHINTRBS. 

Les Némathelminthes sont des Vers vivant à l'état libre, ou à 
l'état de parasites. A l'état libre, on les trouve dans l'eau douce, 
l'eau salée ou la terre humide. Quelques espèces ont une vie indé- 
pendante pendant certaines périodes de leur existence, aussi bien 
pendant le jeune %e que durant l'âge adulte. Quant aux espèces 
parasites, elles ont des habitats les pins divers, et il faut les re- 
chercher non seulement sur la peau ou parmi les divers tissus des 
animaux, mais encore dans l'intérieur des végétaux vivants ou 
parmi des matières végétales en décomposition. U est même cer- 
taines espèces qui, comme l'Anguillule du vinaigre, se développent 
au sein de liquides dans lesquels on ne soupçonnerait pas lour 
présence. 

i') E. Brchm, Mfnmiliadfla iiafnr«:^ilion frsnraiMdeRocbebrune. p. 106. 



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— 166 — 

La recherche d'une foule d'espèces peut très aisément être Mtt 
durant le cours d'un voy^. Aussi la recommanderons-nous d'une 
manière particuli^ aux voyageurs, car elle lenr (bumire certai- 
nementj'occasion d'accomplir de nombreuses découvertes. Ce sont 
particulièrement les espèces vivant k l'état de parasites, qui, avec 
un peu de soin, un peu d'attention, seront récoltées avec la jAna 
grande facilité. 

Lorsqu'on aura capturé un Mammifère ou Oiseau, an Reptile, 
un Poisson, et qu'on aura préparé sa peau, il ne faudra pas jeter 
le corps sans l'avoir examiné dans toutes ses parties. Ainsi, pour 
marquer quelle est l'importance de cette recommandation , nous 
rappellerons que la Tticlune passe une partie de son existence h 
l'état larvaire au milieu du tissu musculaire, avant de gagner 
l'intestin. D'autres Nématodes, et ce sont les plus nombreux, s'éta- 
blissent dans les diverses parties du tube digestif. Un Hedrv.ru s'ob- 
serve souvent dans l'arrière -bouche d'une Tortue, VEmyt pkta, 
tandis qu'une autre espèce du même genre s'établit dans l'estomac 
dn Triton k crête. L'estomac du Cheval, du Bœuf, du Mouton, du 
Chat, du Chien, etc., contiennent fréquemment des Strouglea, des 
Spiroptères. 

On retrouve ces Vers chei des Oiseaux, l"Oie, le Canard, ete.; 
seulement il faut remarquer que, chez ces animaux, les Strongles 
ne sont pas toujours à l'état de liberté dans l'intérieur des poches 
stomacales et que qudqvefois ils se logeât entre la couche muqueuse 
et la couche musculeuse. 11 en est de même des Hyttrichù. II faut 
donc surveiller l'état des muqueuses, soit oesophagiennes, soit sto- 
macales, et observer si elles ne présentent pas de boursouflures, 
en même temps que des traces d'inflammation en certains points 
de leur étendue, car alors il faudrait inciser avec soin les tissus 
et rechercher la cause des manifestations que l'on constate. 

Ce que nous venons de dire au sujet de la première partie du 
tube digestif s'applique Clément k la seconde. Pour ne donner 
que des exemples se rapportant à des faits généralement connus, 
nous rappellerons que c'est dans l'intestin grêle que l'on trouve, 
soit chez l'homme, soit sur divers animaux, ces vers particuliers 
que l'on appelle des AicarU, alors que les Oxyures se rencontrent 
dans le gros intestin. Le docteur Normand, qui a prouvé qu'une 
Anguillule, la Rhahditù lUrcoralii, était spéciale k la diarrhée 
de Cochincliine, a montré que ce Nématode séjournait d'abord 



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— !67 — 

dans l'inUnenr des tinus iateetiaaiiK et qu'il pouvtH, peut-être, 
avoir pour arale les glandes en tube de l'intestin. 

Les ^andes annexe» du tube digestif, le fne, la rate, le pan- 
era, doivent être l'objet d'investigations spMales. 

L'appareil respiratoire peut, de son eàbé, servir k abriter divers 
NémaUielmiothes, susceptibles, comme le Syogame trachéal des 
Oiseaux, de déterminer la mort des individus qu'ils ont envahis. 
De même, certains autres Nématodes, comme lesStrongles, causent 
chez de nombreux Mammifères des inflanmiations redoutables des 
bronches et des poamons. 

Les organes génitaux urinaires servent paiement de demeure 
à div«s Nématodes. Le géant de ce groupe, le Stnngytas gijiu, 
dont ta taffle, chez les mflles, peut atteindre jusqu'à ho centi- 
mètres, a été signalé dans les rnes de l'Homme, du Cheval, du 
Baenf, du Chien, du Ijoap, du Vison, de la Marte, du Putois, de 
la Loutre, du Phoque, etc. Divers Trkhosomes ont été trouvés 
dans la vessie du C^en, du Renard, dn Loup, du Chat. Il n)f a 
même pas jusqu'aux nûlieux de l'œil qui ne puissent être enva- 
his par certaines espèces de PUaùres. Mais géoéndement celles-ci 
se rencontrent dans la peau on le tissu sous-cutané, quelquefois 
dans 4«8 cavités de séreuses teHes que le péritoine ou la plèvre. 

Le système circaUtoire doH êtis également l'objet d'observa- 
tions attentives. On a, à plusieurs rejmses, ngnalé la présence de 
larves de Nématodes dans le sang. Un Strongle {St. vatorum) a été 
recueilË dans les cavités da cœur du Chien, de même qu'une Pi- 
laire (Fil. immitù). Certaines espèces déterminent en divers points 
du système drculatoire de véritaMes tumeurs anévrismales, et 
quelque* artères, telles que lea rénales, les spermatiques, sont 
envidiies par des espèces patticnliferes. 

On voit, par les quelques exemples que nons venons de donner, 
oomlnen sont variés les hatritots des Nématodes, et quand on sot^ 
que les connaissances acquises k leur égard concernent surtout 
les «nimaux vivant à l'état domestique, on prévoit que les obser- 
vations que l'on tentera de foire soit sur des animaux domestiques 
cfu'on rencontrera dans les pays lointains, soit sur des animaux 
sauvages, fourniront des renseignements du plus haut intérêt. 

Nous recommaDderona aux voyageurs qui se ]>réoccupent de 
recneillir des Nématodes, de bien noter à propos de chaque para- 
site la ptKtion de l'otganisme où ils l'nuront rencontré. S'ils en ont 



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— 168 — 

trouvé en difiërents poiats sur un même sujet, la meotîoo de ta 
fait devra être faite, car il se pourrait qu'^ eussent découvert des 
formes embryonnaires et des formes adultes, et la notion de l'habitat 
permettrait d'être renseigné sur le développement et les migratioas 
des espèces dont ils auraient constaté l'esîsteace. 

S 6. Dbs Plathblmutbbs. 

i". D« Tuiieliariii. 

Les Némathdmintfaes ont le corps road, let TurtieUariés l'ont 
aplati; les premiers vivent presque tous en parasites, les seconds 
sont toujours libres. Au sujet de leurs roceurs, de leur habitat, 
nous ne saurions mieux faire que de citer la descriptioB qu'en a 
donnée S. Schmidt < La dénomination de Tatidiariéi nous paraît 
Ibrt heureusement choisie par Ehrenberg pour r^peler le tour- 
tnllonnement incessant que l'animal produit dans l'eatt qui l'en- 
toure. On conçoit sans peine qa'k cause de leur frtie oiganisation , 
les Turbdiariés vivent principalement dans l'eau. On les trouve 
dans les eaut stagnantes et dans les eaux courantes. S'ils habitent 
eu grand nombre les eaux douces, ils peuplent la mer à fotsoa. 
Partout où végètent sur une cAte marine, dans une eau saumâtre 
ou salée, des Ulves, des Fucus et autres plantes marines, on peut 
y annoncer sûrement la présence de ces animaux, qu'il s'agisse 
d'une mer ^acée ou d'une mer tropicale. Quelques-uns se trouvent 
seulement parmi les branches délicates des Algues, dans les baies 
abritées où ils ne sont pas trop exposés aux coups de lame; on 
en trouve d'autres parmi les durs rameaux de Cwail e( d'Algues 
calcaires, entre lesquels leurs corps fragiles peuvmt échapper aux 
violences des v^ues les plus fortes; même sur les càtes tdiement 
abruptes et tellement friaMes que les plantes ne peuvent s'y in- 
staller, les Turbellariés se maintiennent dans les féales les plus 
minimes et les cavités les plus imperceptibles où ils se cachent. 
Ajoutons qu'une partie peu considérable de ces .Vers vit sur la 
terre, en s'abritant sous l'écorce des arbres, dans let serres, et sur 
les feuilles, dans les pays tropicaux, pour [wéserver leur tégument 
contre la dessiccation; disons enfin qu'une de ces espèces, au Bré- 
sil , recherche les Vers de terre dans le sol , et l'on reconnaîtra que 
ces organismes jouissent d'une merveilleuse souplesse. Si la com- 
paraison de la iiPtiU* Musaraigne avec l'Éléphant ou la Baleine du 



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— Ifift — 

Groenland en impose à l'observateur, les Turiielluiés offirent des 
contrastes plus saisissants encore, c*r certaines espèces de Némer- 
tides, par exemple, ont jusqu'à lo mètres de longueur; le rapport 
de leurs dimensions k celles des espèces plus petites est environ 
comme 4&,ooo est k i. • 

3°. Dtt Ceitodêi et iei Trématodet. 

Ce qœ nous avons dit au sujet de la recherche des Nénuthel- 
rainthes''] s'applique à celle des Cestodes et des Trématodes, qui 
vivent à l'ëtat de parasites sur les aaimain les plus variés, attachés 
à des parties externes de leur corps ou eafouts au milieu de leurs 
divers tissus. La [dus grande partie de ces animaux avant d'arriver 
à l'état parfaU sulûssent diverses phases d'évdutâons, qui B'aca>m< 
(riissent chacune dans un hôte diBérent 11 est évident que (a dé- 
couverte de ces mipations tantdt actives, tantàt passives, offre le 
plus grand intérêt; mais si l'on ne séjourne pas longuement dans 
Doe même région, il est impossible d'essayer de résoudre ces pro- 
Uèmes de la nature. Aussi faut-il, le fiaa souvent, se borner k re- 
cueillir au scia des divers tissus, des divers organes, les animaux 
cpie l'on y rencmatre tantât libres, Unt6t enkystés. On doit avoir 
grand sun, comme pour les Némathriminlhes, de noter si les 
divoses formes trouvées existaient sur un même sujet, et quels 
■ont les (Hganes où elles ont été recueillies. 

Noos rappdlerooB, en ce qui concerne les DUtomes, que les 
nourrices et les larves des uiimaux sexués vivent principalement 
dans les Mollusque», et que c'est surtout sur les branchies dos 
divers Poîssoos que l'on trouve des Ptrfystomes. 

Les Cestodes ou Vers nibané», dont une espèce, connue de 
tout le monde, est le Tmàt ou Ver solitaire, vivent à l'état d« 
parasites dans le tube digestif des Vertébrés. Seulement ta trans- 
formation de l'embryon en Ver nibané n'a jamais lieu dans te 
tube digestif de l'antmal qui sert d'hâte. 

tu PfB i«5. 



vGoot^le 



CHAPITRE XII. 

DES ÉCHINODBMIKS. 

Les Echinodermes sont des animaux marina vivait sur lei cAtes 
et s'étendantjusqu'aux plus grandes profondeurs des Océans. Leurs 
formes sont des plus variées, et on les a répartis dans cinq groupes 
différents : ceux des Crinoïdes, vulgairement appelés Lys de mer, 
desAitérides on Étoiles de mer, des Ophyundea, desEchtnides ou 
Oursins, des Holothurides. 

La recherche des Ediinodermes doit toe ex^utée ownme cette 
des MdluMfDes ou des Vers, dont nous nous sommes préalaUemeot 
occupés, c'est-à-dire qu'il faut profiter des marées haases pour 
inspectM-le» laisses de mer, les flaques d'eau, mtonmw les rochers 
et visiter les prairies formées par les plantes marinas. Si l'on peut 
se servir de la drague, il ne faut jamais manquer de le faire, eu 
il est beaucmip de genres de ces anim^x qui, quoiqu'ils vivent à 
une faible profondeur, habitent poortant des sonea ne déesavraut 
jamais. L'emjdoi de taubert» envoyés sur les fonds pour capturer 
ces animaux rendra les plus grands services; les {nquanta dont est 
couvert le corps, de certaines de leors fimnes, laa loi^ fana dont 
d'autres sont munis, s'engagf»it dans ces paqoela de fîl»'auxqnek 
ils restent acGroohés. Les petites esjièces dX)phiures, aux brus sî 
délicats, peuvent être ramenées enti^s, grice ii ce procédé dé cap- 
ture. Nous ièrous senlement obsorer que, le fanbwt remonté k 
bord, il ne faut pas chncber à détacher avec les doigts les ani- 
maux délicats qu'ils ensetrent dans kurs mèches. Il faut écarter 
délicatement celles<i et, armé de ciseaux, couper les fils attachés 
aux corps des animaux que l'on découvre. L'animal Isolé, ou le 
débarrasse avec des {nnœs des fragments de fii restés accrocbés 
a|n<è8 lui. 

D est tout un groupe d'Echinodennee, celui des CrinoMee, dont 
la recherche en toutes les parties du gfobe doit Atre recmnmandée 
k l'attention des voyageurs. Un de leurs genres, celui des Coma- 
tules, vît k de faibles profondeurs, c'est-k-dire k vingt basses, 
tandis que la plupart s'observent à partir de cent tuasses. Certaines 
formes sont libres, d'autres sont fixées. Si l'on venait k trouver de 
ces dernières avec le corps auquel elles adhéient, il faudrait bien 
se garder de les détacher; on devrait les envoyer avec leur sup- 



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— 171 — 
port, qa'oD rédoiraît à un vfttume convraable, s'U ^UJt par tmp 
encombntnl. Ces animaux doivent être mis directement dam de 
]'a]cool fort (90'). 

La recherche des Opbyarldes et des Astérides ne donne Hen à 
aucune recommandation spéciale. Les premiers de ces animaux 
doivent Mre saisis avec beaucoup de ménagements, car leurs bras 
se détachent avec la plus grande ftcilité. 

Les Oursins vivent sur les fonds de roches, les fonds vaseux 
ou sableux. Certaines de leon espèces creusent des cavités où ,dles 
s'enferment et d'où,, dans certains cas, on ne peut les dégager 
qu'en employant un cisean ou un marteau. Nous recommanderons 
comme lieu de récolte très intéressant à surveJHer, les récifs de 
Coraux qui servent de demeure à certaines espèces particulières. 
C'est dans cette localité que l'on pourra se procurer de grandes 
Holothuries. Aux lies Fidji, j'ai recueilli beaucoup de oes animaux 
h une profondeur de 5o à 60 centimètres, durant les basses mers, 
sous des roches, dans le bassin compris entre la cMe et le rédf. 

Les Hdotiiuries doivent (Un saines avec beaucoup de précau- 
tions, car, sous l'influence d'une excitation un peu vive, elies re- 
jettent h Textérieur tons leurs organes internes. Le mime fait, 
ainsi que nous l'avons dé)k s^alé (p. 93], se produit si on tes 
plonge, encore en vie, dans un' liquide fixateur ou oooservateur. 

Les Synaptes, qui sont voisins des Ho)DtbnrieB,oot une grande 
tendance k se couper et ils doivent, comme ces derniers, être ma- 
nœuvres avec les plus grandes prtoiutions. On les rencontre aussi 
bien dans nos mers que sous l'équateur. Il en est de mdme des 
Holothuries. Les voyageurs doivent Atre prévenus que de nombreux 
animaux viennent établir leur demem« dans les tubes respiratoires 
des Holothuries et que leur recherche o&e un réd ïntérM. On a 
signalé, comme habitant ce singulier domicile, un Pmsson (Fie- 
rasfêr), des Crustacés (Pinnothem), des Mollusques {Eatoeottelut, 
Ealima, StiUfer]^ des Vers {Anophdiam]. 

CHAPITRE Xin. 

PIS CCBLBHTÎIIÉA. 

I>e grand groupe des Cœlentérés, e'est-i-dire cehii renfermant 
les animaux à organes cellulaires différenciés, possédant une ca- 
vité digpstivc centrale d'où se détache un système de canaux péri- 



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— 172 — 

pbériques, comprend des animaux tort divers : le& Méduws et les 
Polypes dont elles tirent leur origine, les Zoanthaires (Anémones 
de mer, Madréporaires, etc.), les Spongiaires ou Eponges. 

Les P(dj^ie8 donnant naissance à uo grand nombre de Médu- 
saiares forment, par leur association, des colonies ramifiées, scMi- 
veat environnées de tubes chitineiu ou cornés, sécrétés par l'ecto- 
derme. L'aspect que prennent cet cokmies est des plus élégants, et 
si l'on n'était prévenu de leur origine animale, on les [»endrait 
volontiers, ^ première vue, pour des Algues. On les rencontre dans 
les mers de toutes les parties du monde à des profondeurs diverses, 
attachées aux Varechs, aux parois des rochu^ submergés, aux Co- 
quilles abandonnées, en un mot, à tous les corps oEfrant une 
surface d'implantation. C'est après les tempêtes, au milieu des 
plantes marines rejetées par les flots, surtout parmi les crochets 
servant à fixer ces végétaux ou sur leurs tiges, qu'il faut les ro- 
chercher. 

Certaines colonies, telles que celles des Si^onoj^res, au lieu 
d'être fixées comme les précédentes, sont libres, et par les temps 
calmes s'élèvent près de la surface de la mer oà elles se laissent 
aller au gré des courants. • Peu d'animaux excitent l'étoonement 
au même d^ré que les Siphonophores, peu ofifrent des formes 
aussi capricieuses et aussi variées : qu'on imagine de vàitaUes 
lustres vivants, laissant Botter nopchabmmeat leur mille pende- 
loques au gré des molles ondulations d'une mer calme, repliant 
sur eux-mêmes leur trésor de pur cristal, de rubis, de saphirs, 
d'émeraudes, ou les égrenant de toutes parts comme s'ils laissaient 
tomber de leur sein une pluie d'étoiles précieuses, chatoyant des 
innombraMes reflets de l'arc-en-ciel et montrant un instant à l'œil 
ébloui les aspects les plus divers"'. • 

Les Méduses libres s'observent depuis la surface de la mer jus- 
qu'à des |>rofondeurs considérables. Douées d'une grande puis- 
sance lumineuse, elles apparaissent la nuit, au milieu des floLt, 
comme de grosses boules phosphorescentes. Aussi, quoique leur 
récolte puisse être entreprise durant le jour avec succès, nous re- 
commanderons de s'y livrer par les belles nuits calmes. D'autre 
part , lorsque là marche d'un bateau n'est pas trop rapide et que 
l'on traverse, ce qui arrive fréquemment dans les rég;ions(Jiaudes, 

'" Eil. Pnrirr. Cahuitt anîmaln. 



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— 173 — 

de véritables bancs de ces aninuiu, il est Tadle d'en capturer en 
Taisant jeter quelques seaux k la mer, qu'on ramène immédiate- 
ment. 

Les Siphonophores, les Méduses libres possèdent, grâce à des 
appareils spéciaux, un pouvoir urticant, qui sar certaines espèces 
atteint une violence extrême. Aussi faut-il bien se garder dé les 
toucha- avec les mains nues. 

A ce sajet, nous rappellerons un accident survenu à Leblond 
durant son voyage aux Antilles. < Pendant qu'on péchait la Sar- 
dine pour le d^enn^, je m'imosais h plonger, à la manière des 
Caraïbes, dans la lame [h^ i se déployer; parvenu de l'autre 
o6té, je gagnais au lai^ et revenais sur une antre lame m'échouer 
sur la plage. Cette prouesse, que les autres ne s'avisaient pas de 
tenter, faillit me coAter la vie. Une des Galères (Physalie), dont 
jriusieurs étaient échouées sur le sable, se lixa sur mon épaule 
gaucbe au moment oà la lame ne rapportait ii terre; je ta déta- 
chai pFomptement, mais plusieurs de ses filaments restèrent ot^lés 
à ma peau jusqu'au bras. Bieotât je sentis k l'aisselle une douleur 
si vive, que, |>rét à m'évanouir, je saisis on flacon d'huile qui «^K 
là et j'en avalai la moitié, pendant qu'on me frottait avec l'autre. 
Beveaa l> moi, je me sentis assez bien pour revenir k la maison, 
où deux heures de repos me rétablirent, à la cnisson près, qui se 
dissipa dans la ouit. • 

La seeoade cKvtsion des Gslentéiiés, celle desZoanthaires.oom- 
prend des animaux aux fonnes élégantes, aux couleurs variées, k 
la bouche entourée de tentacules Dranbreux qui, étalés, raj^l- 
lent les pétales des fleurs. C'est k ce groupe qu'appartiennent les 
Actinies ou Anémones de mer si cimimunes sur les câtes, et les 
Madréporaires, sécrétant des supports calcaires , qui dans certoiaes 
mers duudes se midtiplient d'une façon prodigieuse et constituent 
ji la longue d'énormes réci&, nommés des bancs de Coraux ou des 
lie* désignées par l'apfwilation d'Attids. 

Les récifs de Ctxwix ne sont pas seulement intéressants par les 
animaux qui les forment^ mais ils constituent encore pour les eoo- 
logistes un Heu de prédilection pour la récolte des animaux marins. 

«La suHaoedesgrands'bancs de Coraux, dit Hoeckel, est revêtue 
d'adnûraUes fleurs étoilées qui jbisoBneiit par milliers. Sur les 
arbustes ramifiés et sur les buissons, les floraisoiis sont eoutîguès. 
I.es grands caitceti floi'attx si bariolé:!, qui s'étalent à leurs pieds. 



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— 174 — 

sont (paiement des uoraïu. Et même U mousae multicolore qui 
comble 1m intervalles comprâ entra les polypier* plus grands, se 
moQtre composée de milliers d'animdcules corallîaires minuscules, 
lorsqu'on l'examine de plus pcèa. Sor toute cette magnificence 
flemie, le >^«il d'Arabis -wie an tmen d« l'un oiiaUUine un 
édat îne&ble! 

• Dans ces merveilleux jardins, dont la magQÏficenoa dépHK U 
beauté proverbiale des jardins enchantés des Hespérides, s'agîle 
une variété d'animaux appartenant aux espèces les plus diverse*. 
Des Poissons, d'un édat métallique, de (lûmes extraordinaires 
et de couleurs surprenantes, se jouent par tnnipes autour des 
calices coraUiaires, semblaUes aux Colibiù qui voltigent autour 
des calices flwaux des plantes tropicales. Plus variés tH plus inté- • 
ressauts encore que les Poissons, sont les Invnrtétvés, s^partenant 
aux classes les plus diverse*, qui passent leur vie sur ces bancs de 
Coraux. Des Crustacés transparents, du groupe de* Coridiiia, se 
bâtent en foule avec da mouvements dâioats et rapides, et des 
Crabes bariolés grimpent entre les rameaux des Onslliaires. Des 
Astéries rouges, des 0[^ures violettes, des Onrsifis noirs, escala' 
dent en masses les branches des baissons et oe le càdent en rien 
anx troupes des Coquillages et des Gastropodes. Des Vers attrayants , 
ornés de houppes branchiales de ooloratÎDa* variées, vicaoent jetar 
un coup d'œil hors de leurs tubes. Des essaims compacts de Mé- 
duses nagent auprès de U, et nous reoonnaiaaons avec surprise, 
dans la clodie dégante que ndos voyons flotter, une AcaU^ibe 
connue depuis longtemps dans ta mer du Nord et dans la Bal- 
tique. > 

La recherche des animaux marins dans les récifii de Coraux 
doit être faite avec prudrace. Ainai dit Hœcbd qui, pour mieux 
se mtdre compte du monde animal, qui y vit, avait plongé sw 
leurs bords. • tiim» ne tardons pas k ranonaltre que l'homme ne 
peut s'aventurer impunément sous les Gonoi, pas plus que sons 
les PaluM*. Leurs dentelures poitttoes se nous permettent de 
prendre {ried solidement sur aucun point Noos ch(n<ohoni à noai 
établir sur une place sablonneuse et libre, mais an Ounin okM 
dans le sable nous enfonce dans le tdon ses épines (un Dia- 
(fmta), longues d'un pied et années de crochets fins extrèraoneot 
fragiles, qui se brisent dans la plaie et qn'on ne peut en extraire 
qu'an moyen d'une dissection minutieuse. Nous nous baissons 



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— 174 — 

pour ramHfier sur le wl uae saperbe ilctinie d'un vert Jétie- 
rande, qui doub partit repoter entie )«s vilves d'un coquillage 
mort [TrUmami gigiu)\ toutefois nous reoiKinaîuoDs à temps que 
ce corps venMtre n'est pas une Actinie, maïs bien le corps m^a 
du Coquillage vivant; si nous «vions onnniis l'imprudence de le 
wmr, notre maia se serait tronv^ donloureusetnent pioc^ entre les 
deaxvalvQspaissaJnment refermées. Nonsobercbons alors à détacher 
une branche d'un magoiBqUe Madrépore violet; mais nous rett- 
nms la main en toute h&te, car un petit Crabe, fdein de courage, 
oouB serre doutourenstment «ntre ses pinces. Nous faisons encore 
une expérience plus désagréable en cherchant à briser le Gondl-de- 
Feu {ilitiepnra) qui «e trouve dans le voisinage. Des millions de 
vésicules vénéneuses microscopiques se vident, sur notre peaa, an 
moindre contact, et la main nous brâle, comme si ooas avions 
saisi an fer rouge. Un petit Hydropndype, qui parait tout à fait 
inolènsif, produit une brAlure tout aussi vive. Pour éviter le oaor 
tact désagréable d'nne troupe de MéHnses orticantes ou la mâ- 
choire des Requins qui ne sont point rares dans ces pan^s, nous 
remontons à la surlkce et nous rentrons dans notre barque "'. ■ 

Un moyen excellent de poursuivre les recherches que l'on a en- 
treprises sur les récifs de Coraux consiste à détacher ou k faire 
déûcbw par de» plongeurs des pieds de Polypiers et it les conserva- 
dans de l'ean de mer. On peut alors observer tout il son aise les 
animaux qui ont constitué 1« Polypier, et, d'autre part, au bout 
de quelque temps, non seulement les nombreux rameaux sont re- 
couverts des floraisons les plus belles, < mais des centaines d'ani- 
malcules assez gros et des millierB de petits rampent et nagent <^ 
et 1^ dans le récipient. Nous y voyons des Crustacés et des Vers, 
des Céphalopodes et des Gastropodes, des'Tnniciers, des As^es 
et des Oursins, des Méduses et des Poissons, qui tous étalent 
d'^Mird dissimulés dftns len branches du Madrépore. Et même, 
lorsque nous retirons le Polypier pour le mettre en pièces K l'aide 
fwi marteau, nom trouvons dans son intérieur une foule d'anî- 
mslcules divers, qui i*y cachaient, notamment des Coquillages, des 
Crustacés et des Ver» p«-forants. Enfin, quelle foule d'eiistence» 
invisibles nous apercevoiu, ï VtôAe du microscope 'senlemeot'^l ■ 

'" Hnekd, ArtAiidw KondUn. 

'> KA. Brebm, MtneilUs éê la natert; fi. tnru^. Ae RochïbrdM, p. 6iO,' 



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— 17« — 

Les lutaralïstes qui aaront li boiuie fortune de vùiler des ré- 
cifs de C<nm«x ne dmvent pas perdre de vne qae les eqtèces Bussives 
qui les constituent, tdles que les Mmdnftora, les Maaitirùia, les 
PariUi, les Attraa, les Fangi*, sont largement représentées dans 
toutes les collections et qu'il est, par conséquent, inutile d'en ré- 
unir des échantillons, fort encombrants d'aitteurs par leur voliwie. 
Ce sont les petites espèces de Zoanthaires qui d(Hvent particuliè- 
rement jtre recherchées et dont la situatkm dans le récif doit Atre 
précisée. Car il ne fauflrait pas croire que tons les animaui 
constituant un récif ou ceux vivant an milïea de lui occupent 
une position quelconque. Certains se plaisent sur le câté eiUeme 
de la muraille, où Us sont battus constamment par la vague; 
d'autres, au contraire, {Nréftreat des eaux [dus calmes, et alors ils 
se dévelof^nt à sa partie interne. L'inventaire xoc^ogique d'un 
récif, s'il est permis de s'exprimer ainsi, dcHt être précisé autant 
que possiMe, de même qu'il est nécessaire de iNea constater la pro- 
fondeur k laquelle vivent les espèce* ; car, comme nous venons de le 
dire, il en est qui fuient la s^ace, pour évit«' le cboc des Sots. 
Les Oclocoralliaires, qui se difiéreocient, à premiàre vue, des 
animaux précédents par leurs tentacules bipennes, au nombre de 
huit au lieu de six par cycle, vivent à d'anez grandes profondeun, 
et c'est par l'emploi de la drague, de filets trafaiants, d'af^mreils 
spéciaux dont nous allons parier, qu'on peut espérar s'en emparer. 
C'est à cette division qu'appartient le Corail rouge, que l'on pèche, 
dans la Méditerranée, sur les cdtes d'Afrique d^HÙi le goUê de 
TIemcen jusqu'à BÎEerte, dans l'Océan, aux environs des Iles du 
cap Vert, et sur les cales de Sénégambie, en face de l'embouchure 
du Sén^l. L'appareil dont on se sert pour récdterdu Corail porte 
le ndm â!engia, et comme il peut être très utilement emfdoyé par 
les voyageurs désireux d'explorer le fond de la mer et d'en déta- 
ches' les divws êtres qui y sont solidement fixés, nous en rappel- 
lerons la description. 

L'engin comprend toujours, comme {nèce ibndaBientale, une 
croix de bois formée )ur deux barres solidement amarrées au rai- 
lieu de leur longueur, au-dessus d'une grosse pierre servant de 
lest. Quelquefois la (ùerre est remplacée par une pièce de 1er, dont 
la forme est celle d'une <^oix k bras égaux très courts et creux, 
pouvant recevoir dans leur cavité les barres ou bras des Ixhs ibr- 
maot la croix. Lu anneau sert à la suspendre. 



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— 177 — 

L'apparai, ainn constitué, est garni de ces paquets de cordes, 
dont ooQs avons parie ii propos des dragages sons-marins et que 
l'on BomHie des faabtrti. • La grandeur des fauberts varie avec la 
place qu'ils occupent dans un même engin ainsi qu'avec le ton-* 
nage des embarcations. Nous parierons d'abord de ceax des ba- 
teaux de 1 3 à 1 6 tonneaux. Les plus grands sont qeux des extré- 
mités de la croix; ils peuvent atteindre i mètre et demi, 3 mètre« 
même, et leur volume s'accrott alors en projiortion de leur lon- 
gneur. 

■ Une corde ayant cinq brasses environ, de 7 m. 5o à 8 mètres, 
fixée un pea en dedans de l'extrémité de chacun des bras, tout 
pifs des premiers gros paquets, porte six autres fauberts réguliè- 
rement espacés. Les deux premiers peuvent avoir 1 mètre et demi ; 
tandis que tes qnalK Mtres n'ont qoe 80 centimètres. 

*Aia« cda Ëùt vii^tqaatre fauberts, plus les quatre de l'ex- 
trémité des bn» : «oit vingt-huit 

• Enfin, tons la pierre servant de lest, et, par conséquent, an 
centre même de la croix, dans un anneau ménagé dans les amarres, 
pend une antn airie de six à huit fanberts, à laquelle les pécbeure 
douMst le nom de fu«a< da pargaloire. Ainsi donc trente-quatre k 
trent&huit paquets de cordes, peu tordues, destinées k tout ac- 
croeho-, composent l'engin, mais il va de soi que le cafHÎce du 
patrsa et te nombre d'hommes d'équipage doivent faire varier la 
grandeur et la quantité des paquets de filets. 

• Le premior c&Me qui sert k attacher l'appareil est grm et très 
•obde; il est recoavert, dans nne assex grande étendue, par une 
petite corde enroulée autour de lui : précaution importante, car, 
sans die, il serait promptcment éraSlé en traînant sor tes rochers , 
et le pêcheur serait exposé à laisser son filet au fbnd de la mer et 
a biie une perte lassez forte <». ■ 

L'^igin , en rencontrant les inégalités du fond , s'accrocbe , puis , 
par une tnKtton forte, il devient libre et avance ainsi par saccades. 
On le soulève à [dnsieurs reprises et k une certaine hauteur an- 
deasos dea rochns, sur lesquels on le pnanètie pour le laisser 
relcnnber. Ce n'est qu'après aroû- répété plusieurs fois cette ma» 
nceovre qu'on le ramène à bord. > Ou campceiid, dit M. de Lacaz»- 
Dnthiers, dans la belle monographie qu'il a consacrée à l'étude du 

[" H. de LKue-Dnlhnn. Nwt«riaaliin(l*<JaC«XM(,p. saS. 



,dbyG00gIe 



™ 178 — 

Corail, que le but de ces reUdiamenU subito do l'amarre e»t de 
faire flotter et «ccrocber les fâubsrtSt de les faire pénétrer, eo 
tombant et s'écartaat, au-deatoas de» roehen oà se trouve le 
Corail. 

> Que, par la pensée, od se reporte «u fond de la mer, là où un 
banc prà^nte ses ianombrables inégalité* rendues {dus âpres ea- 
coi« par les dépâis sou»-iQarins qui se foment ùréguli^ment, et 
l'on verra les trentequatre fauberts éparpillant leurs mailles duu 
tous les seas et s'attachaot à tout. Quels efforts ne faudra-t-il pu 
pour les dégager et les ramener <'> 1 • 

On comprend que dans les localités où le fond de la mer, cou- 
vât de roches, ne saurait permattre l'emploi de U drague ou des 
filets traînants, l'aj^Hireil dont nous venons de nppder U struc- 
ture et l'emi^i, approprié comme grandeur aos. coaditiims dans 
lesqudles on se trouvera pour le numœuner, asra susceptible de 
rendre les plus grands services. Ce n'est pas saulasKlit du CondI 
que l'on anivera ainsi à capturer, mais une foule d'mtres animaux 
marins, au squdette corné ou calcaire, vivant accrochés dans les 
anfractuosités des rochers ou garnissant leur sui&ce. Bnuooap 
de petits animaux libres pouiroot ^alesnent se trouver engagés 
dans les brindilles des fauberts et être remontés en très b^ état 
de préservation. C'est encore avec un engin sSmUalde, mais sur- 
tout avec ta drague, qu'on recueillera de» Madréponires, oanme 
les Lopkohelia, qui vivent par des fonds assez grands, couvrant de 
leurs rameau de vastes espaces, et qui ne eoostituant pis de pais- 
sants récifs, comme le font ceux dont nous noua sommes occupés 
plus haut. 

La troisième classe de» Ccdcntérés, dont il qous reste à parier, 
ut cdle de« Spoi^iaires. 

Les Éponges vivent les unes dans les eanx douces, les autres 
dans les eaux salées. C'est non seulement dans les eanx oosnntes 
qu'il faut rechercher les premières, mais encore dans les eanx 
saumàtres, qui sont le domaine de iriasienrs d'entre dit». On tes 
trouvera encroûtant la surface des pierres, des rodies immergées, 
des morceaux de bois, des troncs d'arbres <m de» arbrisseaux bugnUt 
dans l'eau , accdées également à la snr&ee des poteaux, despienx. 



''' V«îr, pour plus de ddteili coocernuit II maoceuvre de l'engiD , l'oanige 
de M. H. de Ucûe-DutkiM*, iteo «•(., p. i3«. 



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-^ 179 -^ 

Lm Éjpooges marines coottituent trois grands groupes, txAai da» 
ÉpMage» renfermant dans leur intérieur des spiculea cjdcaiFea, 
cdui des Éponges sUiceuses où ces mêmes éléments sont ea cristal 
de roche, et celle* dont la trame est uniquement fibretue. 

Les premières oe semblent vivre que dans de l'eau de mer dont 
ta s^re équivaut à la salure moyenne des eaux de l'Ooéan. C'est 
en vain qu'on les a recherchées dans la fialtique, dont la salure 
ait failde, dans les Fjords de la Norvège, où elle est ég^ment 
pca accusée, alors qu'au dehws d'eux, le long des c^tes, on en 
trouve tràt fréquemment • Toutes les Éponges calcaires connues 
jusqu'à présent ont été recueillies aoit imnédiatoaent contre le 
nvage de la mar, soit à une faible distance seulement Sur les 
botda de la [deiue mer, on n'a trouvé encore aucwn Calcispongiaire, 
La plupart des Éponges calcaires reoherohent l'obscurité et luieot 
h lumière. Un petit nombre d'e^)ices seulement crussent dans 
les lieux plus ou muas exposés aux rayons lumineux. Aussi 
cctits qui a'instidlent de préfônnw eoabe les roobers et contra 
les pàeviM, se trouvent surtout dans les cavités et les grottes des 
eMas asaritimcs, dans les fentes des rochen et ^ la lace inférieure 
éia pioree. Le plus grand nombre des espèces vivent dans les 
liiiim—ii des Varechs, k l'ombre des fourrés de Coofervas et des 
dkscures fciAts de Fuctûdes; plus ces Algues croissant en futaies 
^Misses surleBoAtesrocsilleuses et plus ces broussailles empêchent 
le jour de péaétnr, plus aussi on peut espérer de déoouvrir des 
Calcispoogiairos cachés parmi les branches. Cet amow de l'Ob' 
scorité pousse aussi un ptad nombre de ces organismes k &'>»- 
ttallar dans l'intérieur des rettwiBs construites par d'autres ani- 
maux et devenues vide», telles que des valves de Coquillage^ et 
ifOnnins, des coquilles de Gastropodes, des tubes coastniits par 
des Vea?B, et d'autres eoeora. 

■ La grande majorité des Cslcispoiigiairss dMneura adhérente au 
fond d« la mer. Pourtant, panni les Eponges calcaires il existe, 
oomme parmi les Éponges silicausas, quelques e^>èces qui, 
même à l'état parfait, au lieu d'adhérer, pénètrent librement dans 
la rase da fond et peuvent être entraînées à l'occasion par les va- 
goes ou par les courants 1". • 

Les ÉpongM sibceusas habitant presque exclusivement les mtrs 

m Bnhia.tat<,ek.,f.%fn. 



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profondes; aussi n'est-ce q^e durant des campagnes spéciales d'ei- 
plorations sous-marines, qu'on peut être assuré de les recQeillir. 
Pourtant, certaines de leurs espèce», capturées au moyen d'en- 
gins spédani, sont devenues un objet de commerce de la part des 
naturels, qui arrivent à s'en emparer. C'est ainsi que les bdles 
Byalonema àa Japon sont péchées sur les cAles de Caosima, au 
voisinage de la baie de Yédo, par les insulaires, au moyen de grap- 
pins qu'ils promènent sur le fond de la mer. Les Eupleclelles, oa 
Corbdlles de Vénus, si remarquaUes par leur légèreté, la délica- 
tesse de leur tissu siliceux, et qui font Tornement de toutes nos 
cdiections, sont capturées ani Philippines, notamment près de 
lile de Cebon. Les habitants du pays s'en emparait au moyen 
d'appareils tpédanx, fabriqués avec du bambou, qu'ils promè- 
nent sur les endroits où ils savent que vivent ces animaux. 

Les voyageurs qui se rendront dans les pays oà s'accomjdissent 
ces divM'Bes pèches, ne devront pas manquer de les provoqu», 
d'y assister et de rapporter soigoeusement , préservés dans l'alcool , 
les individus qui seront capturés, en notant, si c'est po»sifa4e, la 
nature du fond, la profondeur, la température du milieu dutjnel 
ils ont été enlevés. Ils devront surveiller paiement si les appa- 
.reils servant aux recherches ne ramènent pas, avec les espèces 
désirées, d'autres espèces n'appelant pas l'attention par l'élé- 
gance de leur structure, mais pouvant avoir, malgré cela, un 
grand intérêt pour les Eoologistes. Partout où l'on constatent que 
les habitants d'un pays se livrent, dans un but quelconque (la 
capture de Requins, par exemple, sur les c6tes de Portugal, k Sé- 
tubal], à une pèche en eau profonde, il faudra les interroger sur 
ce qu'ils remontent d'ébange accFoché après leun Hgnes, faire 
garder leurs diverses prises, et souvent les accompagner pour bien 
se rendre compte de ce qu'il peut exister d'intéressant à conserver. 
On pourra ainsi, alors qu'on est dépourvu des instruments néces- 
saires pour accomplir des explorations profondes , arriver pour- 
tant à recueillir des échantillons curieux, entre autres de beaux 
^Mngiaires siliceux. 

Certaines Éponges vivant à de faibles profondeurs, telle» qne 
les Vioa, ont un habitat tout particulier, qui doit être connu des 
naturalistes voyageurs. Elles se creusent des demeures dans I'^mùs- 
seur de certaines Coquilles et plus particulièrement dans celle des 
Huîtres. Aussi faut-il inspecter soigneusement les valves de ces 



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— 181 — 

deroières ainsi que celles des dîven LameDibrancbes que Ton 
trquve rejeta sur les plages, ou que l'on remonte dans la drague. 
I^e troisième groupe d'Epongés, celui des Éponges fibreuses, 
asqoel appartient i'Eiupongia e^iu'na.dontDOUS nous servons poor 
nœ usages journaliers, contient des espèces dont l'habitat est li- 
mité à de faibles profondeurs. Le meilleur moyen de se les pro- 
curer consiste dans l'emploi de la drague et la recherche qu'on j>eut 
en faire, à marée basse, eu visitant les eicavations et les anfrac- 
tBOutés des roches. Noua recommanderons, d'une manière géné- 
rale, pour ce qui concerne la récolte des Éponges, de visiter le« 
cAtes après les gros temps. On en trouvera quelquefois qui au- 
ront été rejetées par la mer, et on en découvrira souvent au mi- 
lieu des intervalles laissés libres par les crampons des Fucus fixés 
' SBT des morceaux de roches, en même temps que sur les tiges et 
même les feuilles de ces plantes marines. 

GHAPITHE XIV. 

DES photozo&irks. 

Les Protozoaires, les plus petits des oi^nismes, sont d'une 
abondance extrême et, dans bien des cas, ils peuvent être re- 
cueillis par les voyageors avec une certaine facilité. Nous citerons 
d'une manière tonte spéciale les Foraminifères et les Radiolaires. 

C'est snr les côtes, les c6tes sableuses plus particulièi-ement, 
qu'on trouvera, quelquefois en quantité innombrable , des coquilles 
de Foraminifïres. Ainsi 3o grammes de sable, ramassés près du 
mAle de Gaète, en renferment i,5oo,ooo. Ce ne sont là que des 
débis d'animaux morts, mais il faut toujours les recueillir. Quel- 
ques poignées de sable recueillies en différents points du littoral 
et Racées dans des sacs séparés permettront, au retour, de faire de 
très intéressantes collections. 

Quant à la recherche des individus vivants, nous allons rap- 
peler, d'après Marc Schuitze, comment on doit y procMer. 
• Près d'Ancâne (où le sable qui recouvre le fond de la mer, dans 
le havre, conmie le long de la côte septentrionale, assez plate, est 
par endroits très riche en animaux de cette sorte] , j'û recueilli 
de petites quantités de ce sable eu un grand nombre d'endroits, 
k des profondeurs atteignant parfois vingt pieds ; j'ai gardé long- 
temps ces échantillons dans des verres ; toutefois je n'ai jamais vu 



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— 182 — 

nn animk] vivant grimper le long de leurs parois, et l'e 
microscopiqae montra que, patin{ les luvmbreases CoqoiHes anuM- 
sées, un petit nombre seulement nnfHmaient encore des restes 
d'un contenn ot^auique. Mais je me rendis sur une petite tle ro- 
cailleuse, recouverte d'Algues, au sud du havre d'Anctee, et je 
raclai, avec Un 6Iet fin, le sol, à quelques pieds seulement an- 
dessous de la surface de l'ean, dans des endroits même qui sont 
presque k sec pendant la basse mer ; je lavai ensuite le mélange 
des particules animales et végétales ainsi recueillies; je rejetai 
tout ce qui demeurait facilement en suspension et je laiissi i^ 
poser tranquillement, dans Un vem, le sable restant. Au bout de 
quelques heures , je vis de nombreox Rhyiopodes s'élever le long 
des parois du vase et, en examinant le fbnd,]*; trouvai presque 
tous les animaux remplis d'un coûtenu Di^nique et vivants. Le 
sable du Lido , quand même Je l'avais tvcueilli k qiirique distance 
de la câte, ne m'a jamais fourni un spécimen vivant; tandis que 
le sable des Lagunes, où jutaslbat Ifis Algues k foison, m'a toujours 
procuré, après avoir été débarraué des restes oi^aniqoes, facile- 
ment décomposables, un grand nombre de Rotalia, de MilioUtet 
et de Gnmla vivantes. Les HhyiopOifcs Inarins wmU«nt donc 
choisir pour leor résidence de préférence les poitits où une riche 
végétation leur procure k la fois une protectititi contre les vtignes 
et un appui assuré pour leurs frêles organes dé mouvement. Lfc, 
ils trouvent en même temps une nourriture^ abondante pai-mi les 
Infusoires et les Diatomées, toujours adhérents aux plantes mari- 
nes, grandes et petites. • 

Quand on recherche ces animaux et qu'on se trouve dtns une 
région où existent des Eponges, il ne faut pas manquer de visiter 
avec soin les canaux de ces dernières, car de nombreutes espèces 
de Folythalames en font leur demeure. Là où il y a des récifs de 
Coraux, vivent des genres tout k fait particuliers, qu'il faut s'ef- 
forcer d'y découvrir. Enfin nous recommanderons la pêche an filet 
fin, qui, au crépuscule, permettra, soit le long des cAtes, soit au 
lai^, de capturer une foule de ces animaux. Leurs débris tom- 
bant au fond de ta mer, il ne faut pas manquer, chaque fois qu'on 
le pourra, de prendre des échantillons de ce dernier, qu'on fera 
sédier et qu'on enfermera dans une Iwite ou un flacon, avec les 
mentions, aussi exactes que possible, de l'endroit où il a été pris 
et de la profondeur. Quand on sera à bord d'un bateau et qu'on 



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_ 185 ~ 

rdàven l'ancre, tl fkuclra assister k ctttt opération et, W encore, 
recuoittir an peu de U v&se restée attachée k cet appareil. 

Quelques genres de Foraminifires à coquflfe vivent dans Tean 
douce, et un plus grand nombre dans l'eau saumitre. Dans nos 
régions, les fenilles d« Nimphea, de Nénuphar, sont de véritables 
pKTcs k Protistes. C'est là qu'on trouve des ArceHes, des Diffiuy- 
cés. Certaines espèces vivent dans les mousses, dont B suffit d'ex- 
primer f'eau pour en obtenir des exemplaires. Les Nèbela s'obser- 
vât dans les sjrfiaîgnes, et on tes tronve principalement dans les 
tOB^biènB da Nenveati Continent. L'on voit, par ces divers exem- 
ples, quelle est la multiplicité des recherches auxquelles on doit 
se Kn«r pour réotrfter des Foiwmnîftres; 

Let RaidioUire», petits animaux i squelette silÏMux, d'une rare 
tiégance et d'une variété de formes infinie, habitent la surface des 
Océans, là où les eaux sont d'une pureté extrême. Il faut donc 
aller les chercher loin des pcrts, des embouchures des fleuves et 
des rivières; en un mot, là où la mer a gardé tonte sa pui«^. 
«LesBadiolrireB, a écrit Wyville Thompson, se comportent quel- 
que peu diffiiremment des Foraminlftres, an point de vue de leur 
distrÙmtioB. Qamd le filet est jeté en mer à une profondeur de 
inffle twasses, on constate que k nombre des Badièlaires s'accroît 
et que les individus des espèces qui vivent aussi à la surface sont 
{riusgrvnds. Beaucoup de types, d'antre part, n'habitent qu'à la 
profondeur que nous venons de citer et manquent totaiement à la 
surface (U.> 

Les Radiolaires contribuent, comme les Foraminifères, à la con- 
stitution des couches du fond de la mer. On dort donc, comme pour 
ces derniers, chercher à recueillir leur squelette, en prenant des 
échantillons des différents fonds; D'astre part, en ce qui concerne 
k capture des espèces vivant à la surfece, la péohe an 6let fin, 
&ite aux hemes convenables, est le seul procédé auquel on doive 



Les Infasolres, qui sont les plus élevés .des Protozoaires, sont 
répandus à la surlace de tonte la terre. rOn trouve les Infusoires 
partout oh te trouve de l'eau tenant en suspension un- peu ou 
beaucoup de substance organique ; c'est le cas de toutes les eaux 
du gloke, des ruisseaux ctanme des fleuves, des marais salants 

<■' W;r*^''^(*''^P'Oi>- ExpiditiûB ia Œiiiisagtt. 



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— 184 — 

£ d« la mer. Oa tes trouve dans le «ang, daiu l'esbuiiAC, let 
intestins d'une foule d'animaux; ce sont des types ulùquistea, qui 
sont les mêmes dans toutes les parties du monde, k très peu d'ei- 
ce|)tioas prè». 

tHus une eau est riche en matières organiques, et plus elle 
contient d'Inrufoires, car ces itres ont besoin pour vivre et pour 
mulliplitT d'une prodigieuse quantité de nourriture. Un Infusoire 
mange toujours, sans tenir compte du jour ou de la nuit; la di- 
gestion suit également la m{me niaccbe, et l'on ne doit donc pas 
s*étonner de voir multi|dier ces {très, dis q/a'aa ûDxf% , se putréfiant 
dans l'eau, leur fournit la moisson de Bactéries dont ils aiment 
surtout à se repatlie. Il suffit, par coa»éq«eut, d'indiquer le 
genre de vie de llnfasmre, pour compraodie comment on peut 
s'en procum k volonté. Quelques feuille* dans un verre d'eau 
sont une véritable réserve dans laquelle, au bout de quelque* 
jours, l'on en aura une mine presque inépuisable. Et, chose co- 
rieuse, prenez deux verres de même capacité, rempli**ea4es 
d'eau, jetez-y des feuilles de même qualité, vous auree souvent 
une Ëiune toute différente dans le* dei|x vase*. D'où pnovient cette 
variation, si inexplicable en apparence? D'un fait très *imf^ c'est 
que les eaux fixes ne contiennent que de rares individu* isolés. 
Dans chacun de nos verres, il a pu se trouver un individu d'es- 
pèce différente qui , continuant à vivre et se nutUipliont oa fur et 
à mesure qu'augmentait la réserve nutritive, c'est-à-dire le* Mi- 
crobes de la putréfaction , n'a pas tardé k f<»mer une famille taut 
entière. 

« La faune que l'on obtient ainsi est a**ea variée pour p^mettre 
d'étudier tous les genres et toute* les Jomilles de ces petits êtres, 
surtout lorsque^l'on attend que l'infiision soit dnrenue vieille, que 
le premier coup de feu de la putré&ction soit passé «l que quel- 
ques Algues verte* se soient dévdoppée* contre les parois du vase. 
l.'on est k peu près certain de voir varier la faune tous le* huit 
jours, et l'on n'aura qu'à puiser à la surface ou à rader les ibnds 
de ces petits réservoirs pour avoir une abondante récolte. 

ir Toutes les espèces ne vivent pourtant pas ainsi dans les eaux 
putrides ou ayant subi la putréfaction, et, pour les étudier, il faut 
aller les chercher dans les Algues qui tapissent les bords des eaux 
douces ou salée*. 

• Quelques flacons et une canne à crochet pour attirer tes Al- 



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— 186 — 

gne*. Toilà Im instrimMits da pAcheur d'IafHKHra». Sed Binen t, 
ici ta pécke le tùi on peu à l'avengie, puisqu'on m v«t pas oe 
qu'on ramène «wlogis ; mais aunî que d'agrécMes surprise* karsque 
Ton trouve det cdoDies que l'(m a'avait jaauis vms que dons les 
livres, et qui surpreooeat toujours par une délicdesse de formes, 
une \égir«té de cfMttours, que le crayon Mi leburâ le plus habile 
sont impuisaanU à rendre I Et jamais l'on ne réc(4te la même es- 
pèce; 1m formas naturellefl des nuaseaux changent avec In m^me 
n|»dîlé que oeUes de nos infusions; noua retounMWS à la m^me 
l^ace, te lendemain m^ne, et parfais, à notre grande surprise, 
tout a diqMtru, ou 'bien des espèces inooonues oot remplace les 



■ Aussi faat-il se hiter d'étudier ce qw l'on a trouvé, déboucher 
les flaoMs, lea laîssv en repos H puiser à la surface, oii tendent 
toujours à se réunir les petits halHtants ('>. > 

Les vojagenn, qui se préoccuperont de la récolte et de l'étude 
de* lafiuoires, ae devront pas manquer d'espltwer, avec le plus 
gnud soin, les difierenles sources thermales qu'ils pourront i<«i- 
contrer. 

GHAPintE XV. 

ARATOHn COUPAIliB. 

Nous venons d'exposer dans les chapitres précédei^ le* princi- 
fales indications coacemant k maaièie dont dravent ^tie recueillies 
et fwéaervées les collections de Zoologio. Nous avons dit que, pour 
arriver i la détermiuatioD spécifique des animaux , on ne se ba- 
sait pas seulemeat sur les caractères extérieurs, mais qu'on avait 
recours.dansbieadescfAilt l'observation de diverses particularités 
de structure, ce qui oécessitait, de la part des voyageurs, l'envoi 
des pièces anatomiques accnopagnant les dépouilles. Mais il est 
d'autres pièces ambusiques qui doivent éfa« réunies et qui «it 
aussi une in^xulance coniidérable : ce sont celles coacemant l'Ana- 
twnie comparée. Celles-ci oe sont pas destinées k permetbr de pré- 
ciser la spécificité des êtres; elles doivent servir k nous faire con- 
naître la structure, l'organisation, la constitution' des divers organes, 
des divers appareils, des divers tissus des animaux. Ce sont eUes 
qui nous éclakest sur les (NNigressions organiques que nous notons 

(» frdm^hMergp*, Im /rmritt*» , p. 71 . 



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— 166 — 

depws l'être )«pltt> infinie jnH[B;àt'étr«l» plut 41evét aa Mnitell» 
f|ui nous permettent de couiprendre les adaptations de certaùu 
M|^ni»mes oade certaines portions d'orpnismes k des conditions 
d'existence détenninées, et c'est grAce k des olMervitiont de cet 
ordre que les anatomistea ont pn formuler Im ^andes lois qni r^ 
gissent le monde animal. C'est après avoir étodié rensenble des 
oigantsflKs.queGuvîerprodamaitlaloidesootrélatlons-.E.GeoSray 
Sftint-Hllaire, celle de l'unité de plan de conpmitioa du règne ani- 
mal, et c'est «près avoir eiaminé les divers organes dans la série 
4les itm, que Henri Hilne-Ëdyranls nous ré¥4laît ta dÎTisûm da 
travail physiologitpie. 

Par conséquent, ponr le savant qui s'occupe d'Anattanle com- 
parée, l'idéal serait, comme nous le disions pour l'^irtht^pologiste, 
de posséder des sujets entiers. Dans on laboratoire d'tafltomië, on 
devrait pouvoir renconb^r, M^nensement prAierréB. les c«rp» de 
tons les animRni qui existent, de teUe manlèce qu'iliKt possible, 
d'après le genre de travaux entrepris , d'avoir toujours soua la main 
des Cléments de codiperaîson. Mais mtdbenreusement nous sonnoes 
dans l'impossibilité de rédiser un pareil rêve , et dès lors non* de- 
vons nous préoccuper de yigndkF les principaux matériaux qu'on 
doit recueillir, en vue des recherches présentes et en vue de celles 
qui plus tard pourraient être eotreprites. Envisageons tout d'abord 
les Vertébrée. 

Lorsqu'un animal sera d'une taille telle qu'on pourra le prt- 
Krverdans l'alcool, il ne faudra pas manquer de le faire, s'il cor- 
respond k va desiderata sigoaléavtBt le départ, ou s'il se rappfMe 
à une forme animale rare ou nouvrile. D'ailleun, comma cda 
découle de ce que nous avons dit précMemment, pins Ton rap- 
portera, mieux cela vaudra. Nous ne paHerons pas des Beptiles, 
des Batraciens, des Poissons, qui, comme Mla a été indiqué an- 
térieurement', doivent toujours, si leur taille le permet, être en- 
lojéi dans Talcool; les dernien dans IVcétate de sonde, si l'on 
venait à manquer de ce liquide préservateur. 

Nous recommanderons tont spécialement les petites espèces de 
Mammifères, les petites eq>èces dSMseaux, car généralement les 
anatomistes se sont occnpés d'espèces de grande taille ou de taille 
mo^renne, et il reste pourtant beaucoup de reehercbes, do {dus 
haut intérêt, à accomplir sur celles dont les proportions sont ré- 
duites. Celles-ci n'ont pas été RcoeilUes jasqn'i> œ jour d'une ma- 



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— 187 — 

ni^ Mtisfnsante, et j'étoitMrai peal'Atrp an peu mes tetlenn en 
leur disant qne, si j'avais besoin dp vérifier un fi^nt d'anBtmnie ant 
divers Mammifères ou Oiseaux vivant eu PVance, je ne trouverais 
pas, dans nos collections, les éléments néecssaiws pour le faire. 
Par conséquent, on ne doit pas cralndn d'encombrw, pw l'envoi 
même d'annnanx commuot dans les pays oà l'on m tronvet les 
services d'anatonrie comparée. Chaque animal expédié dans l'al- 
cool devra porter anr l'étiqurtte, qui sert filée après Iiri, l'indic*- 
tion de la localité dont il provient. 

Si l'on ne peut, Mit à canse de fenr dimension, soit ait point 
de vue dta difficultés dn transport ou de la dépense que nécessi- 
terait la préservation, songer h eïpédiér celtalns sujets ehttera, U 
faut du moins s'efibrcer d'en fkire parvenir les parties les {dufe in- 
téressantes et tout d'abard le squelette. 

Nous avons dit plus hsut Wnimeat c«lni-ci devait être préfuié 
et disposé pour l'envoi '". Notis ne reviendrons pas sur ce sujet. 
Noos recommaDderons seulement, d'une manière tonte qiéelata. 
aax Voyageurs, de ne pas manquer d'attacher aux squelettes 
nue étiquette portlmt le num du pays ab ils les auront recueHUs, 
ainsi que le numéro cotrespondant des peaux. L'étiquetage est im- 
portant k plusieurs points de vue. C'est en ae baient suf tes res- 
semblances ouïes dtSKrences existant entre les squelettes des ani- 
matn actuels et ceu« des animaux fossiles, que tes pdéontologistes 
établissent leurs détamiuations. Q alrive fréquemment qu'ils 
constatent des ressemblances absolues ou des affinités très grandes 
entre les espèces fossUiM ot les espèces vivantes. Or, comme sou- 
vent les espèces vivantes n'ont pins le même habitat que les es- 
pèces disparues, 9 devient très important, an- point de voe des 
émigrations anciennes, des déplacements qui sont survenus après 
des modifications dans ledimkt, d'être fixé de la fat^n là |tas 
précise sur l'habitat de ces dernières. Sans remonter aux périodes 
anciennes des temps géologiques, considérons seulement e« qui 
s'est passé au commeacement du quaternaire. Le Renne, qui vi- 
vait en France à <%tte époque, est allé habiter les régions arctiques; 
le Lemming fa accompagné ; l'Antilope Saïga s'est retirée en Asie 
et la Hyène du Cap semble être identique k celle des CavemeS. A la 
même épo^c, vivait un Éléphant, VElephas primi^enim. On ren- 

«) Voir page 38. 



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— 188 — 
contre aujourd'hui deux espèces d'El^ihaats, une ea Anr, une autre 
An Afrique. De laqorile de ces deux «pièces w rap^vchait t'Elé- 
fhuit fouile ? 11 se rapprocbait de l'Éléphant d'Ane, dont il a été 
très probablement l'ancêtre. Voilà donc une notion d'une impctf- 
tance éacrtne, acquise pour nos sciences soologiques, et cette uo- 
tïoOt noua n'avons pu la posséder que grâce à un étiquetage in- 
diquant la localité où avaient vécu les Ëléfihants figurant dans dos 
coÛections. Nous pourrions multiplier ces exeuples à l'infini , nuis 
ceox que nous avons donnés sont tùen suffisants pour démontra' 
toute û valeur qoe possède notre recommandation. 

D'autre part, il ne faudrait pas trop compter sur les «x^ogistes 
pour déterminer des squelettes envoyé* sans étiquettes. Si Voa ae fté- 
occupe maintenant de réunir dam certaines c<mectioos de io(4ogie, 
k c6té des peaux montées, les piècM du squelette on les différeiits 
oignes permettant d'élaUir leur q>éci6cité, cela n'a pas eu lien 
dans le temps, et il s'écoutera encwe bien des années avant que ces 
grandes lacunes ne soient comblées, Cotaines espèces de Hammi- 
fôres on d'Oiseaux ne sont connues c|ue par un unit^ ou quelques 
rares échantillons, et leurs peaux sont souvent parvenues sans le 
crâne, ou bien avec un crâne mutilé. La plupart du temps, les os 
des membres n'ont pas été trannnis. Comment bire une déter- 
mination dans un cas semblable? Et d'autre part, supposons la 
tête et les os des membres conservés, il faudrait donc, chaque 
fois qu'on soupçonnera qu'un squelette appartient k une espèce 
figurant empaillée dans les collections, détruire le montage et 
aller k la recherche des parties osseuses, dont la con^uraison seule 
peut fixer la diagnose ? Il est trop clair, potur que nous înHstions 
sur un pareil sujet, qu'il est impossible de recourir à de seni- 
Matdes moyens pour découvrir le nom de l'aeinul auquel aura 
ai^Mrtenu un squelette, et que les anotomistes qui déclareraient 
qu'ils n'ont nul besoin de connaître les localités dont proviennent 
les parties osseuses qu'on leur expédie, s'exposeraient k oe jamais 
pouvoir en posséder la détermination. 

Oo ne doit pas se borner à recueillir des squelettes de sujets 
êdullti. nullss etftmelU». il faut encore avoir le soin d'en prendre 
d'individus Jeunes, le dévd<^pement de certaines portions du 
squelette étant très intéressant ii connaître pour les anatomistes et 
les paléontologistes. 

Nous disions tout k Theure que, dans bien des cas, te volume 



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des échanlilloqs lemit tel que les voyageurs ne saur««nt soi^r, 
à cause des difficulté du transport, à les (aire parvenir à nos éU- 
bUssements scienUfiqnes. Aiasi il faudra des ciiconstauces tontes 
spédaJes poor poavoir aaanrer TeAvot de squelettes d« GHacéa de 
grande taiHe. Mais m l'on ne pent expédier l'animal toat entier, 
on pourra peut-être préaentx qodques parties de son squelette. 
En ce qai ooncerae tes animans que nous veiraas de citer, s'ik 
appartiennent k des espèces rares on.naal représentées dans nos 
mnséesT on devra tAcher d'envt^Fer la télé, les membres, les os du 
bassin, s'ils existent. Si Ton ne pent rien faire de tout cela, on sera 
forcé ak>rs de se bwner, et c'est U une reeonmandalion capitale, 
à prendre h rodim; os totit k fait caraotàistique des genres de cet 
onlre, qui n'est rattKhé aux os voimi qœ par du tissu fibreni. 
La coliHUie cervicale devra Un jointe à cet envoi, car efle pré- 
sente des modes de constitutions différents. 

De némie, pour les antres animaux, il £aodra au moins faire 
parvenir les têtes et lenr joindre des parties du sqaelelte, m elles 
présentent des particularités caractéristiqoes, par suite d'adap- 
tations spéciales. 

Quand il s'agira de tAtesde Mammifères, on aaca le soin de con- 
stitaer, pour chaque espèce , des séries dont les échantillons provten- 
drtmt de sujels jeunes (pour l'observalko de la pranière deoti- 
tîoo), de snjets adultes, mUeset featetles (ces dernières diKrant 
souvent beaucoup des m&les), de suj^ vieux (accusant an plus 
haut degré lesearat^hesgénériqiiesetspécifiqoes). Si l'on séjourne 
longteaips dans une localité H qu'on constate des variations indi- 
vidodles, telles que oriles se produisant très souveot dans les 
appendices garnissant la lAte de certuos Ruminants, on conser- 
vera les crioes des sujets présentant ces anomalies. Il en sera 
de m£me ea ce qui concerne les Oisoaux, doBt la pMtion anté- 
rieure de ia face, le bec, peavent, dans une même e^ièce, offrir 
de grandes difiëteaces de forme et de développemeal. L'observation 
des races de Blammifères ou d'Oiseaux domestiques s'impose aux 
voyageurs. Ils devront, s'il leur est impossible d'en expédier des 
squdettes entiers, en faire parvenir au moins les parties qui leur 
paraltrcHit les pbis modifiées, les plus adaptées. Quand, dans un 
même pey», vivra, à cAté d'une f<Hine domestique, une Sonaa stn- 
v»ge qu'oa pourra soupçonner aj^urtenir à la même .esptec, il 
sera très tntéresaaat d'obtenir un squelette de chacune d'^es. 



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— 100 — 

C'est ce qu'a fait M. A. Giandidier, à M«fagaacar, pour J«> Zébiu 
uavagee et domertiquea axistaot daas œtte lia. 

Au point da vue des prÀcantîoiu à prendre pour obteaû de bons 
squelettes, nous recommandaroas, aataatquecela pouirase faire, 
de tuer les animau arec du poison; ce qui sora toi^oun aisé 
quand il s'agira de ceux qui sosi camaasiare. Les divers ptèges, 
les divers procédés de eapture dont nous avoas parlé pour les 
Manunifires «t les Oiseuix, devront être égalemeat utilisés, afin 
de posséder des sujets dont le onps oo loit pas en partie liracassé, 
"TTn™* cda arrive par suite de l'emploi des anuea à feo. 

T fa flïsi éa Twy iiiiii . que l'on doit oharcber à oooserver, 
vaneot natordleoBBat beMnew, gûiaiit les aaimaux qne l'on 
coBsidire. Ces parties peuvaot être la tCI», haaambres, les or- 
ganes lies sens, le* apparoils présidant aux divams AariiiBB, ou 
enfin les centres nerveux. 

Les tAtes devront tonjour» Un enlevées avec précantioD, de 
manière à mâBager l'appareil hydldien, qnî sert de support à la 
lai^iae. Otto dernière pourra donner lieu k de très coiieases obsep 
vations de la part des voyageurs, et je rappellerai k ce sujet com- 
bien est intéressant l'apparôl Ungod de certaias Hammiftres, tels 
que le Foarmilier, de certain» Oîs8MU,t«b que lePio,decertaiBB 
Asptâes, ttds que le Camâéoa. 

Les oiganes de Taudition purviendrent, ainsi que œox de la vse, 
du goÉt, de l'olâMAioD, avec les têtes qui les oompienneot, cA l'ea 
voit tout le ^t>fit que tireront de SMnblaUes envois les anato- 
mistes. La ounière dont les animaux perçoivent les sn — at ion» 
extérieures, les- transformations infinies que subiasent les ^ipanôls 
de perception peur i^adapter à des conditions de vie tite diffé- 
rentes constituent d'ieQoiiU)rables sujets de reekerciias, et ce dSté 
des études de l'Anatomie anuparée réserve enoRB de belles décou- 
vertes À accomplir. Je n'ai pas besoin (fajonter que, pour assorw 
de semblables investigations, la p r éa irv ati on par {"akool eut de lA 
plus absolue nécessité. 

Les membres devront èttt détachés du corps et envoyés lors- 
qn'ik parsttroot offrir quelque particulBrilé de structure lUténs- 
sante, que le développement ou l'atrophie de telle ou teUe por- 
tion de leors parties constitutives, en vue d'adaptations pédales, 
révélera aux «oyageurs. 3i ceux>ei viennent k se troufer en prAseoee 
d'animaux ayant, l^s que t'Aye-Aye, le Daetylaptiltu, ud dévelop- 



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— 191 — 

pcaoent utraeidiDaife d'im doigt de U nuio, ils ds devront pas 
hésiter, s'Us ne peuvent oonseTvw l'tBUMl eotànr, à séparer an 
bnu et i ea usorer U oooservatioii. Je poamis dter toute une 
série d'exemples de cet ordre, mootnot qu'à déA«t da corps com- 
plet, il y > grand intérêt, dans cartains cas, pour ies anatomistes 
il «» p«sséd«r seuiemeM des fragments. 

Les organes internes devraient toujours être présenés, et autant 
que powiUe dans l'akooL Sealemect, ii est lâta des cas où cela 
est mal aiaé à cause du volume des pièces, à cause de leur trai>- 
sport Mais les voyageurs ne devront pM hésiter à t&clier de venir 
à bout de ces difficultés. Par l'eavoi des divers viscères, ils rendrtrat 
les plus grands s er vi e w pour las études d'anatanie taipTéiii. 

Si nous envisageons sealemeot U niaisodea jftumniftres, quelle 
diversil^ n'apercevons-oon» pas, dk les fwemijrea études, dans la 
forme de l'erioBiael Ne«s tX wi fna des ertomaes simples ou uni- 
locobins, et do ertoanaot con^lsxee «i nudiBocutaires, compre- 
nant deux, trois ou quatre poches. Ces dispositms difiérentes sont 
bitm évidemment en rapport avec le genre de nooiriture des ani- 
maux , mus cette explication du fût As snfilt pas à satisTaire la cori»- 
tité de l'aBeiDmiste. Cdni-cî veat aavrar comment peu à peu l'es- 
tmnac, qui primitiveinent était simpio, ert arrivé à aoqaérir un 
haut degré de cmnplnilé; et pour résoudre ce problème, il lui faut 
de grandessériesda viscères, pvovenant de tris oombreuses eqièces^ 
Avec ces échantillons multi{ries, il trouvera des formes de passage 
qui f éclaireront soir les l aed iftc ft tiens gndaelles qui se sont aocmn* 
p4îesi 

L'intestin présente 'égatMient de» ftxvies, dee d âp o riti ons di- 
y&Ms et toutes particulières de certaines de ses parties, «otvant 
les Vertébrés que l'on considère, et H est très intéressant de pou- 
voir en faire l'étude. La longueur varie, la distribution i^ndulaira 
n'est pas la même, la disposition de la muqueuse est dîKrebto, 
le calibre est si^et à des modifications, et l'ap^Mudiee coccd 
simple ou composé a une forme, un vohin» toof particulier, 
saivant les animaux que l^on observe. C'est à cause de ces diffé- 
tntces, si importantes au point de vue de l'histoire de la digastsOD 
et de l'absorption, si' importante également pour les SOologîetes, 
qn tirent de leur observation des ràMeignements d'an* tcès hsoto 
videur pour la dassiOcation, qn» les voyageurs, devrontfttdisr il» 
tàtt pai-venl^ llntestlB de* mittn» d«Kt ik dispessiVDL 



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Les glandes annexes da tube intestîtu), tdfe> que k foie, le pas- 
créas, seront JMOtet à ces eavoù. La forme, la développenwat de 
rsppareil biKaire, la disposition de ses diverses partàes coostîtatives 
ne sont pas les mêmes, snivant les genres quW examine. 

L'appareil de la respiration sera ^[^ement l'ohjet de recherches 
s)>écîales, qaand l'animal aura an genre de vie pouvant amener 
des modifications dans la dispositioa - mxmale qu'il devrait pos- 
séder. Nous recommanderons tout particnlîèremeDt f examen de la 
trachée des Oiseaux, qui, sur Inen des espèces, prend un dévdop 
pement surprenant, ce qui l'ob^e à décrire des drcoBvolutîoas 
les {dus inaarres. 

L'organe de la voix, le larynx, devra également attirer l'atten- 
tion, car sa structure, la di^xMÎtion de ses diSireates parties va- 
ri«it beaucoup, et l'oo coin{Miend qu'il doive en être aiwi, les aoas 
émis par les animaux étant si diSéreats suivant les espèces. Dans 
le cas oà de* poches {dos oa moins vtdumineuse* seront annexées 
à cet <wgane, il &ndra les dégager avec soin. 

Lorsqu'il s'agira de Tapparetl de la ctrculatton, le oonr seul 
devra tout d'abord fixer Tattention, car la ferme, le vidume de cet 
organe, la disposition de ses cavités intérieures, la ouBière dmit 
elles cofnmunîquent entre eUes, la foqon suivant laqueHe arrivent 
ou se détachent les gros vaisseaux, peuvent donner lieu à de trèa 
intéressantes ofaaervatïoos, étant donné aurtout que le mode de vie 
des animaux est bien connu. Si, durant le coura d'une dissection 
grossière, on venait à constater la présence de plexus aitérids ou 
veineux, évidemment dus aux conditions toutes particulières régis. 
sant la re^iinrtioa et la drculatioa, il faodrait enlever les poctioas 
du owps où *e trouvent être sitnées ces parties du système circu- 
latoire, les préserver dans l'dcool , car, plus tard, arrivées dans les 
lahmatoires, elles pourront donner lieu à des iigectioDs locales très 
instructives. 

Nous n'insisterons pas sur toute l'importance qu'on doit attacher 
à la préservation des organes géaitaux-urinaires. Il boâra surtout, 
tian qu'il s'agira de Mammifères, avoir des utérus en état de ges- 
talM», des fœtus avec la totalité de leurs manfannes d'eav^oppe. 
Le placenta surtout devra être recueilli avec les plus grands ména- 
gements, car son exammi peut révéler des a£BniWs entre lea anî- 
Biaux dont il provient et d'airtres animaux, qui, par leurs formes 
extérieures, par de très nflMbrtum.pvticiilarilé» de leur structure 



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— 193 — 
Unt Oftseuse qu'organique, MmUcnt étrv absolunieot dîsseni- 

Ches les espèces de Vertébrés ovipares, ou s'eflbrcerade conserver 
le« œufs à divers degrés de dévelt^^meut, surtout si l'attention 
a été appdée, avant le départ, sur tout rinlérét qu'il y aurait à 
posaéder des renseignements sur certaines d'entre dies. 

La jHvservation des œufs peut avoir un but multiple. Ainsi, 
quand il s'agit des Oiseaux, il est quelquefois très intéressant de 
savoir comment le squdette se développe, vu que, chez l'embryon, 
on peut «uistater l'indépendance de certaines parties osseuses 
qu'on trouve soudées entre elles au moment de la naissance. Lors- 
qu'il s'agira d'assurer la conservation d'oeufs pour de semblables 
lecherdiea, il suffira de percer la coquille ans deux p4Ies, de per- 
Soia la membrane qui la double et de plonger l'œuf ainsi préparé 
dans l'alcool. 

Mais si l'on se propose d'étudier des stades divers de dévelop- 
pmient, pour pouvoir aa^uérir la ctMiaaissaDce de la manière 
suivant laqodie ae constituent les divers feuillets et les tissus ou 
les organes qai en dérivent, il &udra [vocéder d'une toute autre 
manière. On devra, dans ce cas, si c'est un œuf d'Oiseau, de Rep- 
tile, de Châooien, de Poisson, briser la cc^uiUe ou la membrane 
eitérieure, s'il n'existe pas de calcification, et laisser tom|ier le 
contenu dans un vase où l'on aura versé de la liqueur de Mûller. 

Nous avons décrit antérieurement les procédés à suivre pour 
cette opération*^. 

Nous rappeUerons que lorsque, durant leur dévelop|>e»ient, les 
animaux passent par des périodes de métamorphose, il est de la 
pims abtolae néceuiU de recueillir des échantillons correspondant 
à tous les stades parcourus. 

Si noua considérons le système nerveux, nous ferons tout d'abord 
remarquer que c'est le cerveau dont la préservation devra, en pre- 
mier lieu, être assurée. S'il s'agit de Vertébrés à squelette osseux, 
Uh que les Mammifères, les Oiseaux, tes Reptiles, le^ Batra- 
riens, on devra procéder suivant la taille des animaux. Quand on 
enverra tes têtes avec tous les tissus qui les environnent, tous les 
organes qu'elles abritent, it faudra agir, comme nous l'avons dit, 

(" La préierradoB par l'alcool s'impoie abiiduiiieat (Uni c«* c». 
<« Voir page 31. 

HI3S. scibut. — VI. t5 



.,Goo(^le 



— 194 — 

quand H s'est agi des cerveaux humaius. Ixmw]ik les a 
root de petite taille, il suffira de bien dégager l'ouverture du trou 
occipital pour pennettre à ralcool de venir imbiber la matière 
cérébrale. Dans le cas où l'on voudrait envoya" le cerveau seol, on 
se servirait de la scie pour détacher la calotte crânienne, si les 
parois en étaient épaisses , ou de ciseaux ii lames plus ou moins 
fortes , si les os étaient minces. 

Lorsqu'on aura à faire à des cerveaux volumineux , il faudra 
les expédier conune nous l'avons indiqué pour les cerveaux hu- 
mains'''; s'il s'agit de cerveanx de petits animaux, on devra les 
placer dans des tubes de verre, dont le fond aura étéguni d'ouate 
ou d'un peu de filasse. On déposera le cerveau sur ce lit, on ver- 
sera de l'alcool et on interposera entre ce liqnide et le bouchon un 
nouveau tampon d'ouate, remplissant tout le vide q«i subsistera, de 
manière qu'il ne se produise pas de ballottements pouvant altérer 
la substance cérébrale. 

En ce qui concerne les Poissons osseux, on procédera à l'abla- 
tion de la calotte du crâne avec des ciseaux, en commençant le 
détachement par le trou oceipital. Ce sont encore àt» ciseaux ou 
un scalpel qui serviront pour les Poissons cartilagioeux. Nous 
recommanderons de ne pas chercher à enlever le cerveau des 
Poissons , mais de se borner k détacher la tête et k envelopper le 
tout dans de la ouate. 

Les recherches que l'on peut faire sur le cerveau des animaux 
sont très variées, et les observations qui en découlent, de la plus 
haute importance. Elles ne nous éclairent pas senlemmt sur la 
structure de cet oi^ane, mais elles jettent un gniod jour im Un 
phénomènes de la vie auxquels il préside, et en même temps elles 
nous servent puissamment pour établir la place que certains êtres 
occupent dans le cadre de nos classifications. 

rappellerai d'une manière toute particulière l'attention sur 
l'intérêt qu'il y aurait b réunir m voyage des pi^inttons micro- 
scopiques du sang des divers animaux. I^es globules du sang dif- 
fèrent par leurs formés, leur diamètw, suivant les êtres que l'on 
considère, et leur étude est des jtius importantes. 

Nous venons de passer en revue les priaciiwax faits qu'un voya- 
geur devra toujours avoir présents à sa mémoire, lorsqu'il voudra 

'" Voir page i3. 



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— 195 — 

s'occuper d'Anatotnic comparée concernant les Vertéhrës Muis il 
en est beaucoup d'autres, dout l'exposé serait trop long à tkirc ici, 
qui faiî teront indiqués dans les laboratoires avant son déport, et 
il en est plusietirs dont l'importance se révélera natureHemenl k 
toi, lonqu'îl se trouvera au milieu de tontes ces foribea animales 
extAîquet dont il devra chercher à non» bire bien connaître l'or- 
ganitatioit. 

En oe qoi concerne les animaux invertébrés, les dimensions 
de ceax*ci sont généralement astei réduitea pour qu'on puiue les 
envoyer tont entiers. Nous recommanderons seuletnent de tkite 
parvenir plosieurs échantillons 'car il est souveht néceMaii« d'a- 
voir divers sujets pour les études. Au point de vue de la conser^ 
vatîoii, nous avons donné, dans un des premien chapitres de ce 
travail , tous les renseignements nécesMire* ''>. 

Si l'on venait à capturer un Céphalopode de très grande taille, 
on l'expédierait dans un baril, av« nne tente quantité de liqueur 
de MaHer. 

CHAPITRE &VI. 

DKS COLLVCtlOKS DE PLAVtfiS PhilNKÉOOAins. 

' La récotte des végéuux, de quelque nature qu'ils soient, dtSee 
des lotérék si divers, qu'elle doltfltre l'otijet d'une attention toufe 
particulière de la part des vo^ragèurs. Elle pennet de constater le 
mode de composition de la flore d'une réjfion et de rendre ainsi 
possiUes des ot»ervations concernant la distribution gét^raphique 
des T^étaux k i'époque actuelle et durant le* époques géolt^ques. 
D'autre part, ^le nous fait connaître des plantes dont tes divrtTsen 
parties peuvent être utilisées dans l'industrie, ou trouver leur 
emploi dans la thérapeutique. Par conséquent, comme l'a dit 
M. Bureau, dans ta remarquable conférence qu'il a faite au Mu- 
s^ioi, en vue des voyageurs, conférence dont nous allous succeA- 
stvftnent rappeler tes parties tea pins importantes, tl n'est pas seu- 
lement dtHe de connaître les espèces végétales, mais il Importe 
qne les voyageur» nous renseigneot aiir l'emploi qui peut en ftré 
feit dans la r^on ofi ils les ont récoltées. 
La partie fondamentale de toute collection botanique est l'her- 

(>i ^^tàT psgei 11 et tnîvintu. 



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— 196 — 

bîer, c'est-à-dire l'assemUage à l'éUt sec des divers végétaux qu'on 
a recueillis. 

Comment doit-on récolter des plantes pour former un herbier? 
Supposons qu'on veuille collectionner des échantîUons d'un Pin : 
on prendra d'abord un rameau garni de Beurs, un rvneau avec 
les fruits dans tout leur développement et un morceau du tronc 
coupé transversalement. Si la plante est herbacée et de taille à pou- 
voir être conservée entière, ou l'arrachera en ayant bien soin de ne pas 
abîmer ses racines; si elle est trop grande pour qu'on puisse songer 
à l'avoir dans tout son ensemble, on prendra un échantillon de la 
racine, un de la tige, avec des nSiieaux portant des fleurs et des 
fruits. Quand les fruits sont volumineux et secs, comme l'est la 
pomme de Pin , la préservation se iàit toute seule ; mais quand les 
fruits sont charnus, il faut avoir le soin de les placer dans de l'al- 
cool. Nous ferons connaître plus loin les précautions spécitdes qu'on 
doit prendre pour recueiltir certaines variétés de végétaux. 

Où faut-il faire les récoltes de plantes, c'est-à-dire hertxifïser? 
On doit herboriser partout, car il n'est pas d'endroit oà l'on ne 
soit exposé à rencontrer quelque espèce végétale intéressante. Ainsi, 
pendant longtemps a vécu , seulement sur la place Saint-Germain- 
l'Auxerrois, une espèce d'Amaranthe, et M. Vallot, qui a étudié la 
fl4H« du pavé de Pans, a signalé la présence, dans notre capitale, 
de deux cent vingt espèces végétdes. Ce ne sont pas seulement les 
interstices des pavés qui donnent a^ile à des plantes, mais égale- 
ment ceux compris entre les pierres ou les moellons de nos clo- 
chers, de nos murs, desvirillesmurailles. C'est au milieu de ruines 
de châteaux féodaux que vivent des plantes d'Asie Mineure, dont 
les graines furent rapportées involontairement à l'époque des Croi- 
sades, perdues au milieu des bagages. U semble qu'il n'y ait pas 
d'endroit où l'on ne puisse rencontrer quelque plante; ainsi c'est 
accrochées aux rochers les plus escarpés de nos grandes chaînes 
de montagnes, qu'on recueille de magnifiques espèces de Saxifrages. 
Les champs cultivés peuvent donner lieu à des trouvailles inlére»- 
santes, car l'homme y introduit, sans s'en douter, diverses espèces 
végétales, originaires des pays d'où viennent les blés, les avoines, 
les fourrages, etc.. qu'il a ensemencés. Les prairies naturelles et 
artificielles réservent aux botanistes d'amples récoltes, ainsi que 
les pampas et les steppes. Celles-ci sont plus particulièrement peu- 
plées par des espèces bulbeuses. Les déserts mêmes, quoique M. Cos- 



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— 197 — 

son ait dit, en |Mrlant du Sahara, qu'on n'y rencontrait une plante 
nouveUe qoe par diaque d^ré de latitude, sont certaioement ha- 
bités par des végétaux très intéressants, restés encore inconnus. 

Les bois constituent une des stations qui doivent être le plus 
reconunaDdées à l'attention des voyageurs. Ils auront à explorer 
d'abord leurs lisières, qu'ils suivront attentivement sur une certaine 
étendue, puis leurs profondeurs. Sur les lisières, ils recueilleroot 
les plantes herbacées, puis des échantillons pris sur les arbrisseaux 
et les arbres. 11 leur sera quelquefois diffitùle d'apercevoir les fleurs 
oa les fruit* de ce* derniers, k cause de la distance considérable à 
laquelle il* *e trouveront être placés an-dessus du sol. Ils pourront 
alors avoir recours pour les découvrir à l'emploi d'une lorgnetlf^. 
Hais le* fleurs, le* fruit* aperçus, il restera à s'en emparer, et l'al- 
titude considérable , à laquelle se trouveront être située* ces parties 
de l'ariire, ne lai*sera pa* que de cau*er un sérieux embarras. Si 
elles sont susceptibles d'être atteintes sans danger, on pourra faire 
grimper un indigène , et tout le monde sait que les races primitives,^ 
douées d'une extrême souplesse, se prêtent très bien à ce genre d'exer- 
cice. Dans ie cas où l'on craindrait un accident, on pourra utiliser 
un échenilloir ou jeter k bas, d'un coup de fusil, le rameau con- 
voité. Enfin, à ces deux procédés n'étaient pas applicables, il resterait 
l'emploi d'une dernière ressource, consistant à faire abattre l'arlM^, 

Quand on pénètre dans l'intérieur des grandes forêts , on s'enfonce 
sous une voâte épaisse et sombre interceptant les rayons du s«^îl. 
Le manque de lumière entraîne après lui la dbparitioo de toute 
trace de végétation à la surface du sol, et Itui peut s'avancer sur 
de grand* e*p(Kes sans rencontrer une plante. Mais dès qne la lu- 
mière arrive k se glisser au travers du feuillage, dès qu'il y a, 
«Hume dans les dairière*, une lai^ brèche ouverte dans le man- 
teau de verdure qui couvrait la terre , on est sAr de voir surgir des 
arbrisseaux, des Lianes dans les pays chauds, des plantes diverses. 
C'est donc dans des Carets pas par trop denses, vers les prants oà 
il existe des édaircies, qu'il &ut se diriger de préférence, si l'on 
veut faire d'amples moissons. 

Les plaine*, les désert*, les forêts ne *ont pas les seuls endroits 
où l'on doive herboriser. Il faut suivre les berges des ruiueaux, 
de* rivières, (les Ûeuves, celles (les embouchures, car en ces diverses 
localités vivent des rapècf» qui leur sont tout à fait particulière». 
Il est, d'autre part, nécessaire de recueillir les plantes vivant dans 



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les eaux deuocB, dans les eaui saléM, riant les eaux saumitnt. 
Ces v^laui. la fJnpart du temps, vienueul Hii«r leur» fenillet k 
la surface, mais il en est qui ne s'élbvent jamais ainsi et qui restent 
toujours Bubmei^, et qu'on n'apen;oît qu'à une oertaine ptroron- 
denr. 

Quand, par les débris trouvés sur tes rives, on soupçonnera la 
présence de semblables espèces, on utilisera la drague ou des lA- 
teaui, qu'on traînera sur le fond, des orochets semblaMes i oenx 
employés pourdét^cher des lignes, des grappins. Les emboocliBres 
des grands fleuves, le* localité» où la marée fkit enoore sentir son 
effet, méritent d'être surveillées, car il y a là des plante* dont 
'existence singuli^ se passe une partie à l'air Kbre et l'antre sons 
les flots. En France, on a rencontré, dans ces dernières années, i 
l'embouchure de grands fleuves, comme la Loire, de belle* espèoes 
vitales qui n'avaient jamais attiré l'atteaUon de* natunlislm et 
qui étaient nouvelles ponr la science. A l'étranger, on n'a presque 
rien t«chevohé dans des looalités semMables à celles que nous venons 
de signaler, et par conséquent 11 y a beauconp de végétaux eaooi« la- 
connus k en rapporter. 11 en est de mémo en ce qn i oonoeme la flore des 
marais, qui partout a été délaissée. Mats les dangers que peut con- 
rir un voyageur qui entreprendrait de visiter de semblables localités 
sont tellement grands dans le* pays chauds, qu'on ne saurait trop lui 
recommander la prudence. C'est dans ces cas qu'il sera utile d'avoir 
recours aux indigènes, qu'on formera par des herborisations dans 
des parties saines et qui, une fois suffisamment instruits, pourront 
s'aventurer sans danger là où un Eun^>éen se trouverait erposé à 
oontracler les germes de terribles maladies. Si l'on veut quand même 
pénétrer dans des riions marécageuses, il ne faudra jamais le 
fWire le matin , ni le soir. 

L'exploration des montagnes ne cesse, dans nos répons , d'amener 
tous les ans la découverte de quelques espèces v^étde* non en- 
core signalées. On pent joger par ce fait He ce que des explora- 
tions entreprises «u sein des massif monta^eui de l'Asie ou de 
l'Afrique centrale réservent de nouveautés aux voyageurs. Nous 
avens dit plus haut, en pariant de la faune des Insectes, de oelle 
des Mollusqnes, que les espèces animales qui les constituaient 
s'étageaient en quelqne sorte snr le flanc des montagnes; il en est 
de même des onpèces végétales, dont la répartition selieà l'altitude. 
''Aussi faut-il toujours procéder »ax herborisations dans les mon- 



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_ IM _ 

tagnes, en explorant des zones successives dont l'altitude deit être 
soigneasement not^. 

M. Btippau â fait remarquer, d'autre ]»rt, que la flore est sus- 
ceptible de présenter, à cause de conditions dimatok^îqaes diSë- 
rentes, de très grandes disseniblances, suivant qn'on explore tel ou 
tel versant d'une chaine de montagne. Par conséquent, il ett de 
grands reliefs du kJ et des pCH'tions de grands reliefs qui rem- 
plissent le râle de barrières et s'opposent à la dissémination daa 
espèces végétales. Ils constituent alors une partie des limites des 
jnrovinces botaniques. Jl en résulte qu'il ne faut pas supposer, 
d'après l'inspection d'un seul versant de montagnes ou de (daines 
de montagnee, qu'on soit arrivé à connaître sa flore. Le versant 
opposé peut ménager des surprises. Quelquefois, ce n'est pas un 
changement bmsqae de végétation qu'on observe sur les monts, 
séparant denx régions botaniques, mais le mélange de deux 
florea. On peut être ainsi appdé h découvrir des centres de dis- 
persion. 

A la cpiestion suivante : Quand fant-il herboriser? M. Bureau 
répond : Tonjoart. Car, en été comme en hiver, au printemps 
comme en automne, on est sâr de rencontrer des espèces végé- 
tales qm se développent seulement durant chacune de ces pé- 
riodes. Pourtant, d'une manière générale, l'on peut dire que les 
numérogames se montrent durant l'été, et les Cryptogames durant 
l'hiver. 

Les înstruiDcnts nécessaires à la récolte des plantes sont : une 
botte k herboriser ou un cartable, un pioohon, un sécateur, un 
'flacon d'aloool. La hfAiB doit s'ouvrir dans toute la loi^uéur^ et 
son ouverture doit eoncspendie à la longueur du papier dans 
lequel on mettra k séchar les plantes. Cette disposition a cet avan- 
tage, que les échantillons, sortis de la bette entiers ou plîéa, n'ont 
pas besoin de tuiàt de manipulations pour être introduits entre 
les feuilles au milieu desquelles s'accomplira leur dessiccation. 

A la place de la boite i botanique, on peut se servir d'un car- 
table, dans lequel s<mt rangées des feuilles de papier entre les- 
quelles on introduit les plantes au fur et à mesure de Jenr récolte. 
Le flacon d'alco(d, qui doit présenter une lai^ ouverture, est des- 
tiné h contenir les fruits pulpeux, qu'on ne saurait toujours soi^er 
à faire sécher. 

Ces considérations générales acquises, il reste à indiquer oom- 



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— 200 — 
ment il faut récolter les v^étaux, et voici ii ce sujet les ioslruc- 
tions données par M. Bureau. 

La première recommandation k faire est (xi\e de procéder len- 
tement à la recherche des plantes, de ne pas quitter an endroit 
sans être bien sur d'avoir observé jusqu'ani {dus humMes fiMu- 
tules. 

Si l'on ccmstale qu'une plante n'est pas arrivée k h période de 
floraison et de fructification, il faudra, si l'on habite le pays* 
retourner la chercher au bout de quelque temps. S'il n'y a que 
des fruits, il faudra les cueillir, les préserver avec soin, de ma- 
ni^ il pouvoir les cultiver plus tard. 

Les fentes heri»cées doivent être récoltées tout entières, avec 
leurs racines, car les parties des végétaux enfouies sous la lenre 
tarent autant de caractères que le font celles qui s'épanouissent 
à sa surface. H existe des souches traçantes, des rfayiomes, des 
bulbes, des bulbes doubles, des racines pivotantes, etc. Si la tige 
est trop longue pour que la plante rentre dans la boite, on la 
relaie autant de fois que cela est nécessaire, sans laooarbn-en arc, 
en l'écrasant, pour que l'introduction en soit possible. Avec des 
végétaux herbacés de très grande taille et à tige de gros diunètre, 
on ne saurait songer à procéder ainsi. H fout alors détacher la 
portion supérieure de la plante , avec les infloresceaces et les fruits 
qu'elle supporte, pais prendre quelques feuilles, une portion de 
la tige et enfin un échantillon des racines. Il arrive, pour certaines 
plantes, que les feuilles situées à la base de la tige, les fenïHes ra- 
dicales, smit différentes de celles qui sont insérées sur les portîoas 
supérieures de l'axe. Il est donc nécessaire, quand on ue prend que 
des ptwtions d'un végétal , de s'assurer s'il n'eciste pas ces deux sortes 
de feuilleB, qui devront figurer dans l'herlûer. 

Quand il s'agit de récolter des plantes ligneuses , on doit déta- 
cher de celles-ci, successivement, un rameau garni de fleurs et un 
autre garni de fruits. Mais il peut arriver que les fruits MÙentd'nn 
gros volume, et alors il fout les recueillir séparément 

La prise d'échantillons sur des Palmiers nécesaile des soins tout 
particuliers. Lps feuilles doivent être rapportées entières. & elles 
sont trop longues, il est facile de les replier deux ou trois fois sur 
elles-mêmes, de manière k limiter leur vcdume. Si elles sont trop 
larges, il n'est rien de plus aisé que d'en supprimer, avec im séca- 
teur ou dra ciseaux, tout un oAté, mm toucher à Faxe ou raekt'i. Il 



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— 201 — 

e*t d'une importance cantate de ncaeillir lêtfeiiilUi avec Imr Aoit 
tnlièrt. qui se préaenle, une ibi> déUcbée, sous U forme de crois- 
sant; le mode d'însertioa des feuilles de Palmiers varie suivant les 
espèces tÀ constitue un des caractères sur lesquels ou s'appuie pour 
les dëtermioations. 

Dans le caa où l'on se trouvo-ait dans l'impossibilîté de rappor- 
ter une feuille com{dète, il faut en prendre des fragments. Ceux-ci 
devront comprendre le sommet, le milieu et la bâte de l'oi^ane, 
dont ou déterminera d'autre part la loi^ueur. Quaut aux inflores- 
œocea, on les détachera tout entière* et on les sn^ndra pour les 
faire sécher, en ayant le soin d'en placer d'autres en totalité ou 
en partie dans l'h^foier. Il en wra de m£me des régimes de fruits. 
Il est nécessaire, pour ne pas que ces parties s'abhurat, de les 
enveilof^r soit d'un filet, soit d'une étoffe l^ère. On ne devra 
pas ouUi«- de rapporter un échantillon du tronc. 

La réodte des lianes ^ge également d'être accom{Jie suivant 
une méthode déterminée. Après avoir cueilli des rameaux avec les 
fleun, on dnt se préoccuper d'en avoir, plus tard et sur le même 
pied, avec des £ruita, qu'on entourera d'un filou d'une ficelle, pour 
ne pas qu'ils poissent s'ouvrir, une fois secs. Cela lait, on prendra 
sur le pied, dans toute sa hHigueur, des échantillons écbel(Hiné*, 
de manîèa* k constituer un petit fi^[Ot Le bois de ces végétaux pré- 
sente fies candèreft dislincti&. Des fieurs et des échantillons des 
rameaux seront mis en heriner. 

Noos avons vu où il fidlait récolter les v^étaux, comment rni 
devait s'y piendre pour avoir des échantillons susœptiUes d'être 
utilisés ; il nous reste maintenant k indiquer la manière dont on 
doit furocéder pour assurer la conservation des objets ramassés. 

Le premier bot k atteindre est d'arriver à dessécher les plantes 
le phu ni{Mdement et le mieux possible. Pour cria, on doit se 
servir de papier non ci^lé, susceptible d'absorber l'humidité, tout 
en étant résistant et sou{^ Il doit avoir une certaine épaisseur, 
pour qu'il puisse s'emparer de toute l'humidité dégagée par les 
végétaux. S'il était trop mince et qu'on n'eût pas le temps de sur- 
veiller d'une manière continue l'heriiier en préparation, oelui-ci 
se pourrirait, les plantes conservant une grande quantité d'eau 
que le papier ne serait plus capable d'absorber. On trouve dans le 
; un papier gris spécial, utilisé par la plupart des bola- 



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— 202 — 

On ftLbriqne, en Ai^etem, un papier destiné k la desticcatioa 
st dont l'épAisseur e«t celle de la main. Outra que par son vcdurae 
il est très encombrant , peu aisé à transporter dnrant les voyages, 
il a le grand inconvénient, une fois qu'il est imbibé d'humidité, 
de sécher avec une très grande lenteur. 

Qu^qnes botanistes se awvent de papier de paille, parée qu'il 
a l'avantage de nnenx préserrer les oouleura que ne le fait le pa- 
pier buvard. Hais comme il ne se laisse pas pénétrer par l'eau qui 
se d^[age des plantes, on ne doit l'utiliser qn'avec des végélans 
peu aqueux, et encore faut-il surveiller beaucoup les é^aotillons 
et les transporter ^onielftfnMnl d'un papier dkns un auto), jusqu'au 
moment ob ils sont sees. 

Le format du papier à dessécher doit é^ le mdme que celui 
du papier destiné à recevoir définitivement tes plantes, om. i5 
de hauteur sur o m. 99 de loi^eur. SI le fbmat du papier à 
dessécher était plus grand , on sertit amené k préparer des échan- 
tillons dont les dimensions ne correspfMidraiant plus au format 
des berbien, tel qu'il a été adopté dans toutes les céHections. 

Antrefoit, on se servait pour comprimer les plantes, une fois 
qu'elles avaient été di^osées dans les feuiHes 06 dA^t «Mnmencer 
leur dessiccation, de presses de dtGMrents modètfis. Mais ces appa- 
reils sont volumineux, d'un tran^mrt nwlaiiét aussi préftre<t-on 
maintenant se servir de ch&ssis. Ces appareils l^ers et rénstants 
consistent en un cadre rectangulaire formé de tringles de fer asMt 
«olidee. Les grands cdtés sont rénnîs l'un h l'autre par trois tra- 
verses, placées k égale distance les unes des autres. La superficie 
est garnie d'une toOe métallique à mailles de o m. 00) k o m. oo3. 
On plaw enb!« deux diftssls le paquet de plantes que l'on veut 
comprimer, puis on passe, sous le paquet ainn formé, deux cour- 
roies correspondant aax deux traverses extrêmes. On ramène les 
extrémités de oelles<i sur leehtssls snpérleur, et on les boucle en 
déterminant une pression en nippcrt avec l'elfet que l'on veuf pro- 
duire. Si l'on n'a pas de châssis, on peut toot simplement se senw 
de planchettes unies, dépassant un peu en grandeur le format da 
papier. 

La préparation des plantes doit être faite le plus rafrfdement 
possible après qu'elles auront été cueiltiea. > 11 est utile o(f>Midaiit 
de noter que la préparation immédiate, an retour de la oourse, 
n'est pas toujours la meilleure. Il y a quelques plantes qui flen- 



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— 203 — 

rissent aux premfèMs beurra dn jour «t dont l^s péUtes tombent 
quelques heures après : les Lins , les Cistes, (es H4lianth^ês, par 
exemple, 11 est, en général, avantageux, quand il y a des boutons 
prêts k s'épanouir, de retarder la préparation jusqu'au lendemain 
matin ; on trouvera alors tes fleurs parfaitement épanouies dans 
la Imite et même quelquefois dans le cartable '^. ■ 

Lorsque les plantes ont été trop entaasées dans ta bette, elles 
tendent rapidement h fermenter, et, d'antre part, si elles n'ont pas 
été suffisamment serrées, rites se orispent, et dèslers sont difficiles 
h éUler. 

Pour desséeber les plantes, on dispose sur mte tjibte un cous- 
sin formé par trois ou quatre feuilles k herbier, pn(« on pose ou- 
verte sur ce Diatelas une fi!uil)e de ce même papier, en ayant le soin 
que son dos soit tourné en sens oppwé des précédentes. On tire 
alors un édiantiHon de la bette et on le place sur le K^nHIet ouvert, 
en lui donnant une disposition aussi rapprochée que possible de 
celle qu'il possédait quand on l'a cueilli. Comme l'ouverture de la 
botte doit avoir, amsi que nous l'avons (Ut remarquer, ta grandeur 
do papier dont on se sert, il en résulte que les éehanliUons de 
grande tallte se trouvent être tout plies et qu'on n'a qn'li procéder 
à l'arrangement de leurs diverses parties. Pour maintenir Im di- 
vers o^anesdans la iltusrtlonqus l'on déaire, alora que, par suite 
de Itur êtasMolté, Us tendent à pv«ndre use mauvaise WtaatioQ, 
on le» immobilise an fur et )i SMsure de leur arrai^nitent, en dé- 
posant sur eux de petites rondeHea de plomb eu tout ûmplentent 
de petits cailloux plats. Bi les planter sont de petite taille, on en 
dispose une série suffisante pour que la feuille soit couverte. 

Les soins h pnndre penr qoe les échantillons se trouvent être 
bien disposés consistent h les déhairasser soigneusement, avant de 
les étaler, de la terre qui était restée attachée aux racines, fuis 
d'airanger les feuilles da telle façon que les unes se {irésentent 
par leur face swpérieure, les anlras par leur face Inférieure. Los 
fleurs doivent être étalées de telle sorte que quelques-unes soient 
visibles par leur face supérieure, les autres par leur face latérale. 

Lorsqu'une feuille de papier est couverte de plantes, on rabat 
le feniHet libre et on place sur lui un nouveau cotissin, puis une 
nouvedie feuille à remplir, et on proeMe ainsi jusqa'k ce qu'on 

0> Tcriot, Giri(f« Jd Botaniite lierhorliani , f. 58. 



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— nou- 
ait une douiaine de feuilles ftaroies d'édaatilloas. Od prend alors 
le paquet et on le dépose entre deux ch&suH que l'on rap[»oche l'un 
de l'autre au moyen de courroies, de manière à dévelo|^>er une 
pression de 3o k io kilogrammes enviroo. Si l'on venait à man- 
quer de courroies, on emploierait tout simidement, pour (ditenir 
la compression, des pierres plates. 

Les plantes, ainsi disposées dans une série de cbâssis, sont por- 
tées dans un endroit sec et abandonnées jusqu'au lendemain. Ce 
temps écoulé, oo ouvre les paquets et on diange les coussins, 
que Ton dispose au soleil ou dans un endroit chauffé pour les dé 
barrasser absolument de l'humidité dont ils sont pénétrés. Puis on 
change les plantes de papier, on renouvelle les cousmus et on 
les soumet de nouveau à la pression. On change encore les cous- 
sins au bout de vingt-quatre ou de quarante-huit heures, et cette 
opération se renouvelle ainsi jusqu'à ce que les plantes soient des- 



Quand les échantillons, au lieu d'être enfermés dans la Ixrfte, 
ont été jdacés dans le cartable, si l'on « eu le soin de bien étaler 
les feuilles, les fleurs, les racines, au moment de la récolte, on 
n'a qu'à inta^^atei' des coussins et à dt^wser les paquets dans les 
châssis. 

Certaines plantes exigent pour pouvoir être desséchées des pré- 
parations toutes spécules. 'Quelques -unes des [dantes aquati- 
ques, dit H. Vwlot, à feuillage capillaire, sont d'une consistance 
asseï fàîMe, et, une fois sorties de l'eau, elles se réunissent en 
pinceau ou eo masse qu'il n'est plus possible d'étaler convenable- 
ment; la pr^wralion sous l'eau, comme aoas l'indiquerons pour 
les Algues, devra être pratiquée. D'autres, au contraire, par 
leur consistance, {dus on moins charnue, réduoent une prépara- 
Uoa d'un wdre tout spéciaL Les Sedam, les Semperviumn et 
toutes les autres plantes succulentes, qu'ime pression trop ibrie 
écraserait et rendrait méconnaissables, et dont une pression ordi- 
naire ne pourrait anéantir la vie, doivent subir une pr^iaration 
qui, ea les tuant, les rende d'une dessiccation facile. Il en est de 
même des (kchidées, dont les feuilles sont plus ou moins char- 
nues et les tubercules plus on moins épais ; il en est de même 
enfin pour toutes les Liliacées, Amaryllidées et antres plantes 
bulbeuses à feuill^ succulent. La préparatiwi à l'eau bouil- 
lante, qui est la plus anciennement usitée, consiste à jdonger 



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— 205 — 

toutes les parties de t:es plautes, (es fleurs exceptées, dans un 
vase rempli d'eau boaittante, où on les maintient pendant quel- 
ques minutes; on les dispose ensuite sur un linge ou un papier 
buvard pour les faire ressuyer; puis on les prépare comme les 
autres T^ianérogames, en Citant smtout de leur faire subir une 
pression trop considéraUe, qui les écraserait Sicilenient et les fe- 
rait adhérer au papier. 

■ Les plantes qui nous occupent, ajoute plus loin M. Veriot* 
peuvent être également soumises à la préparation au fer chaud. 
Cdle-ci consiste fc placer la feuille double qui contient l'échan- 
tilloD sur un senl ou même sur plusieurs coussins superposés, 
puis on promène un fer chaud sur la leaiUe, recouverte ou non 
d'un matelas mince, jusqu'à ce que la plante ait rendu U ptns 
grande partie de son humidité. On peut arrêter l'epératioa dès 
que la plante est tuée et la mettre ensuite sous presse, en la trai- 
tant comme s'il s'agjsaaif de toute autre plante, ou bien l'on con- 
tinue jusqu'à com[dète dessiccation. 

• La préparation au fer chaud doit être pratiquée avec précau- 
tion , surtout à regard des fleurs à contexture délkate et qui ae 
trouvent presque toujours tellement détériora par l'emploi du 
fer chaud, qu'on ne peut plus s'en servir poiu- l'étude. 

• Les bains alcooliques et acétiques »oat, sans contredit, le nM^ren 
le plus comorade et le plus expéditif de préparer les {rfantet 
grasses. On fait jJonger celle»«i pendant environ vingt minutes 
dans Tan ou l'autre de ces liquides, puis on les dépose dans uo« 
serviette, où on les laisse se ressuyer à l'air, après quoi on les met 
en ja«sse (". > 

Si, dorant le cours d'un voyage, on se trouve être |«essé par le 
temps et qu'on désire iaire sécher le |dus rapidement possible 
les plantes recueillies, on pourra, s'il existe un four dans la lo- 
calité où l'on est, les y déposer, pourvu que la température inté- 
rienre ne surpasse pas ^o degrés et que les plantes n'aient pas 
une structure trop charnue. On pourra également les di^Kwer au- 
loor d'un foyer. Si les plante^ sont très vasculaires et que pour- 
tant on se trouve t^ligé de hâter leur dessiccation en les chauffant, 
il faudra faire de tout petits paquets, pour qu'elles ne viennort 
pas à s'altérer sous l'inSueiice de l'humidité et de la température. 

(>) Veiiot,bcocil.,p. 65. 



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— 305 — 

L'étiqiieUg« doit se faire au momsut de la propu-ation des 
plantes. Ob m servira d'étîqitettes en papiof ordinaire aues larges, 
{H-éientaiit une double boutonùièrs, de tellb manièfe qa'on puisie 
les engager au traven de la t^ ou d'un de ses rameaux. 

L'étiquette se trouvem ainsi fixée <f »Ue ne doit pbu ifuittÊT F4eliûn- 
tiUon. (hi peut également paaeer un 61 dans l'étiquette et la rat- 
tacher par son intermédiaire à une portion du v^étd. Les éti- 
quettes doivtuit porter les renieignemento suivants, inscrits au 
cnyoo ou à l'encre ; i" le nom de la localité; 3* une Indication 
sur le port de la. plante, sur tons les caractères en général qui ne 
peuvent être révélés par une portion du v^tkl; 3* la désigna- 
tion de l'aidroit oà la {daate a été oneillie 1 boia, prairies, maiais, 
rocfaen, etc.; 4* des renseignements sur la nature da ttA : silî- 
oeuse, calcaire, granitique, etc.; 5* la mention de la couleor des 
fleurs et des feuilles; 6° le nom vulgaire par lequel on déaïgile la 
^ante dlns le pays oà l'on et trouve; 7* l'indication de ses usagée, 
si elle est utilisée; 8* la date dn joitf oà elle a été cudllie et un 
numéro. Mi Bursan recommande cette indication d'une façon spé- 
ciale. Le nnméro s'ap|riique k l'ensdlnUe des édiantilloas d'une 
même espèce recueillis dans ans mime iooidité, le même jour. 
On herboriserait donc dm», Iraîa, quatre jours de sdite dans 
la mémp localité, qu'il fkndrait meUr^ chaque jour un noitiéro 
difiibent sur les étiquettes accompagnant lès pladtet. 

Lee plantes desaédiéet, il s'agit de les ezpécUef. La première 
cëose que doit avoir en me à cfl moBteat le voykgeur, c'est de lel 
diqioser de muiière à AUpltfyw peu de pa|iîir, k rendre par con- 
séquent le paquet qu'il va faire le plus l^er et le iBOÏns enoom- 
brant possible. H ouvrira les fadillës doubles, pour prMxtei boc- 
ce»sivemeDt dans ctucune d'elles les plantes qui y «ont contentmk 
11 disposera eelles«i sur del fèuillei de papier simples, qu'il su- 
perposera les unes aux autres. Lorsquo le paqOet aitiai ïotmé 
aura atteint de» dimensioat iiifBMOt«B, il l'env^t^ipera dans 4« 
papier imperméable, qu'il flccdlera de la ù^tfia la plus solide. Si 
l'on ne doit pins sa servir de sas châssis, on pourra, avant de ea^ 
d(*t «n appHqder un sur chaque face du paquet. Si l'on est dam 
BU pays où il existe du bambou, on pourra faire fabriquer des 
dâûii avec des portions de ttgfl de cette plante et s'emervir comme 
des précédents pour consolider l'envoi. 

M. Bureau recommande, pour l'envoi des plantes, un procédé 



,dbyGOOgIC 



— 207 — 

qui coQtiale à w servir .de pMus de béWs frkiolifmMtittuéu, dont 
on enveloppe, en plaçant le poil en dedftiu, Ita pfequeti à faira 
voyager. Dans c* cas, on ficelle de maBÎère que toutu les partiet du 
GtJis «oient bien lUaiiite&ues. La pd«u, An k sachant, so resserre 
et les plantes sont ainsi bien tasséss. Il n'y a pas de dangBr qu'elles 
^issMit entre les feuilles dorant la voyage «f qu'elles s'abîment. 
Les paquets Une fins faita* on doit les plaoar dans de boanet 
caisses en bois, jamais dans des caisses en nnc, car si iea plantes 
avaient oooservd de rbumidité, 60 qui peut arrtvtr daa» certaines 
régions, il ne se produirait plus d'évaporation et les éohaotiilana 
ne tarderaient pas à se pûorrir. 

Lea ooUectioos dt firuks néoessitcnt pourétre bien faite* quelqoea 
précautions indispensaUea. Les réginea devront être enveloppé» 
d'un .filet ou d'un linge 14^4 avant d'être entourés de papier pour 
l'emballage. Au moyen de fib, en s'effixveiti de bien nnintenir 
toutes leurs parties. Lea fruits sec$ seront ficelés de manière que, 
si leur déhîscence venait à se prodaire, leurs parties constitutives 
soient maintenues en rapport. 

Pour la préservation des ùwka charmu, l'alcool est le meilleur 
préservatif à employer. Seulement, il ne doit pas être trop fort : 
3o ou 4o d^rés siûtEseat. Le taùà est Moellent potir ce géate de 
conservation. 

De tout temps, les [nrofiesseun cbargés des collections botanïqitn 
ont demandé aux voyageots de rapporter des produits végétaux. 
• Notfs oofflprmons sous cette désignation, disait Ad. Broti- 
gniart, dans les /iuMmUmm pmr lêê Voyûgêart, publiées en 1860, 
toutes les parties des végétaux ou produits du règne v^[élal qui 
oflrent de l'intérêt ou niMtent d'être recueillis : tels sont les fibres 
employées dans la fabrication des tbsus ou des cordages, les tissus 
nature provenant de la préparation du Kber des arbres, les pa- 
piers ÉMts directement avec certaines plantes, les fécules, eu y 
ajoutant le§ tnberouJe», racines, tiges ou graines dont on les t\- 
trait, lea gommes, sucres, résine», cires fégétales et Mttm sucs 
concrètes que foumnsent 1rs végétaux, les matières tinctoriales, 
enfin les ndnes, écorces, feuilles ou fruits employés soit en mé- 
decine, soit dans les arts industriels. 

«K est essentiel, autant que possible, de jMndre à ca i^jtu, 
avec une étiquette [wrtant le même Doméiti, un échantîlfoB en 
herbier des plknus qui les fournissent, et d'indiquer avec soin le 



ibyGOOgIC 



uom vu^re tant de la ftutie que de U nulière employée, vt lei 
usages aaxqnds on l'^piique. 

• Des échaatillons, avec ces renieignemenU recseillis daos te 
pays où ces matières sont exploita, tnrueat de Tintéiét, même 
pour les objets qui aiiivent habitndlemeat en Eorope par U voie 
du commerce; car, dans un grand noandure de cas, rorigine de ce* 
matières est entoorée de beaocoop d'ofaacorité, U distinction de 
leurs variétés et de iears divose» qoalilés est très difficile, et pln- 
siears d'entre elles ont él^ altérées par dea falsificmtiMs ou des 
pi^iarations secondaires. 

• Il serait à désirer qu'on pût no(u adresser une quantité suffi- 
sante de chacune de ces matières pour pouvoir la soumettre à 
quelques essais, si on le jugeait intéressant. > 

Toutes ces reamimandations d'Adolphe Brongniart peuvent 
être répétées ansù utilement aujourd'hui. 

CHAPITRE XVII. 
nas cBTPTOQAïua. 

Les v^(étauK cryptogames sont répartis en deux grands groupes, 
celui des Cryptogames vasculaires {Equùétaciei, Foagim, Marti- 
liaciet, LjFcopadiacéet , Charmeétt] et celui des Cryptogames cellu- 
laires, qui se subdivise en trois familles : i' celle des Muscioées 
(Hépatiques etMousses); a* celle des Algues (Floridées, Byssacées, 
Lichens, Zoospennées) ; 3' cdle des Cham[Hgnoas. 

$ 1 . Des GrtrpTOGAHts vasculaikks. 

La récolte des Cryptogames vasculaires s'eSéctue comme cdle 
des plantes phanérogames. Ces végétaux doivent être recueillis 
d'une manière semblable, préparés, desséchés de la ménK façon 
et étiquetés comme nous l'avons déjà dit. 

Les Équisétacées, vulgairement connues sous le nom de Prèles. 
se rencontrent dans les terrains (Vais, dans les stations loujonrs 
inondées. Il faut être prévenu qu'il est fort difficile de les afiacher, 
et pourtant on doit s'effiH>cer de les obtenir entières. D'autre part, 
un grand nombre d'EquiBétacées fleurissent sur des rameaux spé- 
daux, avant que les tiges foliacées n'aient acquis leur développe- 



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— ao9 — 

uwift' M «i>^« n^ceuaûe de réocdter, ces plantes, à àafi pénaàet 
diflërentes. 

Les Lycopodiacées sont répandues dans les régions chaudes, 
tempérées ov\,ijfti^çi;% jKinypa}|^,^jçteJ;Vtâ9n^CR5tinfHt. Quelques- 
unes ont des ramçïByx^attaieiafft [Jusjg^^)n^yff,de longueur, et 
dans les régions diaudes elles grimfient après les arbrisseaux. * Leur 
pr^tHlHtiw q'-<tt1i&iu(BiuK.difficult4uirs.À:banUtt»n&devAint.âtre 
imtiryt)». «HtwitigUft itDviU« de. fructi&e^«ai^(^«es elxanplétéeq 
IW 44Mn^«t'daitt.un liUt. piuft f^nuolk Stjleupor^ vanMen;t à,se 
d^(afillP^<iliWiait,u«c«s9ine-(lc.le»'iB«tbK.daA( an.wcbet4^ pa- 
pif^^ qn'Ai jflindmtiqiWL whaiftùkn* 'P- • . . 

W' I^WWiK^wiÙ ■EÂpVidttM aCHM) ;t()us Us. cfinuta, où on les 

trRUys.l«.td}>s.K>WBflt dfn>,lfi&bcut, lc»(«râta.. leaL.lieux,oQuiierU 
fX. twoiid^ KUes.:p(^iKnt< |ouyeot..aoiytMdi6u, fuis fiwui». ^ty. 
.%)^^ilei>.rQQtKOV.et <sertaiii«s d'eDtffl.eUea.icd(nitenl jwo.wule- 
ment 1» Fttalçur»wm nuMns.ia.lumîàiB. CcUcstcL xixint diuf 4^s 
eiidfpi>te.n»tHi:^ .d!biimid>t^t&ù^ péntireiit.A peine, giwîqnea^niyoas 
MiiqHie>]f:<> t*» £QiigÈiM,(lQiiiePt.£tin rédoli^.ivec h»ci..oif|Miça. 
de fcwtiâfij^m, qw^ cpsfow oa k. «ii,, a{qHua{aKKL km», ia 
^tnfKii:^ (Kttt%s4iIUes iuc.ies oenrant, à U. ftifa.iiiféneiire dnt 

■.Ci«?.plai^>g dvw^ctKOt axE^ une fâcilité:eiJUrèi^; mais potu. 
v/ivït.^ l)e4U|L,AclwttitioRi. deï.eep^ces à fnMides joolles at.jwéM. 
dément suJu^tviA^^», >l.lwï Iw mettw, dafis UA. c»rlaUe presque 

«O.t^fPMài^aMe.w [itwt. rP^teUUr.lisiFaug^ avac iiiie,}^licftt 
d«,Ieijrj40Ufi|MUkÇetWi4utK«cJa.i)'^|Wl.indièpeaNd^e.etQ'esti^ 
\^ fi^ BC^")^{KB1E-'1^. efp^cjW éj^vées, teU (fue les Loslrcft 
fijlf^jn^j QfEriHtaia9Ali*-.fA>A<4tnuà,s(>ucka>ioluiniaeDsr^ Aj^- 
>«9A, ■«e«,q)ie<><^..lHiUfK isup^^, <pie ks Ihi^ificatiQU* de 

(^«>)fi|iMjqiHiSç4éxf4«p|»pt<a|H^s.l(» feofidessiétriles, wAycut niiiâiii«, 
^f^aiW se^lWn» soçfc^^wient, passée); le Aiiiikw^um iwmwT 
^ki«.««.est HB fli^ipplç,?). V 
V* QfeWflé»»» 1«P MwflWaoées se iieïicodtreat; dans Jes Ueax 

ogBCffln^-jgl B tftUift^tfai^ç^., il qst W.dç les. 4i«poser ealre les 

"*. Vrl«t. te:« <*■. p- iiB. — « U.. t«»w «(., p. i3o. 

MUS. sciBir. — VI. 1 1 



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fedilles de papier oii elles doiveat se dessécher peu de temps après 
leur récolte. 

) 2. De5 GbTPTOGAUES non VASCULAinES. 

Dbs Mousses bt i>es HiipATiQUEs. 

Les HoDues vivent sous tous les climats et dans les localités les 
plus diverses. «Depuis l'équateur jusqu'aux deux pôles, a dit Mon- 
ti^e, sur les plus hautes montagnes comme dans les vallées les 
plus i»rofbndes et les pins vastes plaines, dles reoonvrent les ro- 
chers, la terre et les troncs d'arbres, d'antaat plus abondantes que 
la vëfjétatioo des plantes ootylédonées est moins vigourease on tout 
à fait nulle. Quelques espèces ne vivent que dans les eaux douces 
courantes on tranquilles. Dans les Alpes les plus élevées des deux 
continents, on les rencontre près des neiges étemelles, et A. Dor- 
bigny, en explorant la chahie des Andes du Pérou, y a trouvé le 
FtAronia niVaUt et YOrtkatkricam p^hropkilum, à une hauteur de 
â,ooo mètres au-dessus de l'océan Pacifique. Chez nous, c'est le 
Polyikricam alpinam qui occupe cette place. H suffit que les aspé- 
rités ou les plus petites fissures d'un rocher ou d'un tronc puissent 
retenir quelque peu de terre, pour queU vienne v^ter une Mousse, 
surtout à l'exposition du Nord, car l'humidité est une condition 
essentielle de son existence. • H Taut donc rediercher des Mousses 
sous tous les dimats et jusqu'à des altitudes très levées. 

Quant aux stations, «lies sont extrêmement nombreuses. Les 
Sphaignes se développent dans les lieux humides et marécageux; 
les murs, les toits sont cowerts de Tortala, de Bryium, etc.; les 
Grimitua, les Uedmigia végètent sur les rochers, tandis que des 
Hjfiium, des Orthotrieam poussent dans les fissures des écorces des 
arbre*. • Les Sflacknam aiment généralement à végéter sur la fiente 
des herbivores; les Pbasqnes et un grand nombre de Tortules pré- 
Rrent le» champs et les cultures; enfin les Hypnes, les Leskies, 
les Neckeres, les Fissidents vivent pr^ des haies, dans les bois, à 
l'ombre des grands arbres, k terre ou sous leur tronc. Dans les^ 
sources d'eau vive ou dans les ruisseaux qui en naissent se ren- 
000 tre surtout le Bartnaniafontana; enfin laFûnlinaHtantiperytieu, 
une des plus longues mousses connues, l'Hedieigia aqaatica, le ita- 
comitram aciculare et les Aticlidottu ripâmes cl fontanoîdfi habitent 
les eaux courantes. Dans toutes ces localités, les Mousses,' et c'est 



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— 211 — 

le cas ie plus rare, vivent isolées, éparses, ou bien , le besoin d'un 
mutuel appui venant à se faire sentir, elles se réunissent par tauOes 
en plus ou moins grand nombre. • Nous ajouterons que, dans les 
régions chaudes, certaines Mousses se développent dans l'intàieur 
des forêts, où elles vivent accrocbées aux rameaui des arbres ou 
même sur la surface des feuilles, qu'elles revêtent complètement. 
Certaines de leurs espèces peuvent dans quelques cas acquérir des 
dimensions inattendues; on en observe qui ont un mètre de lon- 
gueur. 

La récolte, très aisée, se fait au moyen d'un couteaa à lame 
large et flexible. Les échantillons détachés doivent être placés dans 
des petites bottes on dans des sachets en papier, nir lesquels on 
inscrit, tout de suite, les renseignements les concernant. Les sa- 
chets, à mesure qu'ils sont garnis, sont placés dans la boîte k bo- 
tanique. 

■ Le choix des échantiflobs devra porter sur ceux qui représen- 
teront le mieux non seulemott les différents oiganes de l'espèce, 
racines, tiges, feuilles, organes r^rodnctenrs, mais encore leur 
disposition. On devra donc s'attacher à prendre la plante entière 
et rechercher les deux sexes sur les espèces dioïques. Si l'on a affaire 
k une Mousse à tige stérile rampante, on doit la récolter avec des 
rameaux fertiles et des tiges stériles; si l'espèce est à tige rameuse, 
en prendre des échantillons ramifiés, ou si le volume s'y oppo- 
sait, ce qui arrive très rarement, en prendre des subdivisions 
rappelant bien l'ensemble ou le port de l'espèce. Qu'une Mousse 
présente, des tiges cerptteuses rampantes ou stolonil^res, on peut 
se contenter de la récoHer par petites toufl^ ou paquets. On pour- 
rait anssi la pr^iarer de même, mais il est intiniment préférable 
de les diviser en plusieurs parties. Cette division pent se faire diffé- 
remment, selon le mode de v^étation. Pour les petites espèces à 
tiges simples, croissant en masse compacte et fructifiant abon- 
damment, comme, par exemple, le Funaria hygrometrica, et qu'on 
recueille en plaque avec la terre qui les supporte, on peut se dis- 
penser de les préparer une à une; avec un couteau, on divise la 
motte par tranches très minces, en portant le tranchant sur la 
partie inférieure. Si les espèces sont très développées, comme, par 
exemple, certains Polytrics, rien ne s'oppose k ce que l'on dessèche 
séparément les tiges. Si, au cootraire, l'espèce est rameuse, comme 
cela a lieu dans la plupart des Hypnam, on devra réunir les liges 



ibyGoot^le 



— 212: — 

en tnouquet ou ea pçUte& tovlE» s^paf^, tout m ajjipt ^«(i) à 

TpiOm, Lf plw sjmu^. si i'tin.se tr<Mi\fi.4».P^'^*» f fflW tUi tffff.^ 
milieux teUe|,qMÇ,i'a|ç, i^..sQit. g^>%i^,4'l^i^idit^, e^,^t la 

taiûe dis^iuiqg 4'hh foy^rjcl^^^il^ q\i, eu, ut^ftaflit,; 4w*= le», a>^^; 
tioDS que dous avons iodiquées, l'atmosphère chaude des ff^Vf*; 

M setîORdiBWx^ Qûfts^ ^,agîr.à.|,'ég^,dç^Movwfi^qofliiiie 
oa le fjû^ ï li^gard (}«. (dipt^e» , plwifiWBSPies, o'e^fejf^i de les 
j4»cer dau» d^ feMi(!ç,s, ^e p^tRve^ b^fflrdii' Om,B«M» V l*i»«r 
s(tus pçesK juiq^> co#piÈte,dcjw J ci;3;4 n,,up jfl«r xw dem.»HfiBti 
i^iUDfWfn MJ'flijiavaft afi&iye à.c(çjs^|)èçe(, f^^u^BS» PU,d» 
terraiDs humides, qui seraient mouillées au moment de la c^ç^l^, 
il secfj{t u^ft, ^p moMi& uqç fo,i^., ^e <i\fipgfg,-iaxt.i!fa^t^, ^'^)j, >. 

L(â H^patiquçs soat de tf^ potites.plantfs, !uç dittÎBguant, de» 
Mouuf^, dopt E^es;pqsaJ;dsiit.le,piiu,sp^veiit,le.iao<j&de végÉ^r 
tioq», |»r. le«r3.orgfu\«»,de fructil^ça^aq, paf. )f;qr», fpufUeK.cqpb- 
p9Bi^» d'un^,>eulç;.qouche de cellules et dépouxvufs. d^ j^f^^ii^i^ 
m^diaA^ Ëllçsaiqieqt géuéralemeut. 1^ .lie^x. ombngé^l^Kpij^)!^, 
le bo|^d:des rujsseaux. Certaines se développeat e^tn 1^ g^(^ ,4^ 
nos, cour», ^ aç^ rue«; .c^'^utreai sifr. Lça. troncs d'^^brp» Qu^ii la 
sur&çe des maires stagEW)tes.Quelquiesrunes, pourt^pt , s'obaçrv^t 
unùj^^ii^t sf^ les.roçher^ et fiw i}artif;u))ènmYn|..3^. ceiij:, de 
nature. silic^if^ Oqvo^t doftc qu'il a',ej;t, riep dft.pl^^(fç(j||e.^qne 
de se livtei; à 1^ recpitei.die,ce»,i^égélaftf ea ift^e te^jipf^gpji.t^Ilç 
des, Mousses, t^^^^hf^, d^,Çl^aay^|^igili, e)£.lfefi, igst^j^eitts. 
à 0mi4çifflr,sa»t,les.ni&BBS..qpo qeuf, usij^s pofjx lfis,l^i^f(Çs^Le» 
espè(xsyivAnt|SMr,lcs.arbfes,dqiyeQt.ëtJfe.qoj]j$er.w^s. i^y^fc.t^Bijf^- 
iUfVit^diï.réQqrpB à laqufJl^.elJea.adh^nvU^cellÇ^ quj«6'ûHf?«i^^ 
la sw-%e.dM^ seraçt,a(^euwin(în^,d4w^»é^.4ft4i If^AVi 
po«nsiit,,adhfirer après elles, Q^uaIll,a^x,J^^^es,epalïcep,^^l;ml^ 
»au4ïHt»oi^ger,^ rfi^fenoçr ^aps l^,f^uUl(sd',uû wlafe^f ^,^4*y^ 
iefi divisf^ en fragm^ts^ s^sf^tihles, par leur graupc^ç^t» d^ 
donner, uneadée, dç4'as|içct général, ^ejft pUote doftï. il* ,Drq,vwo- 
oent. 

<■) V«ri«,.I<K>pcttT. |h a^. -r '^ 14^ V* cit., IV a3& 



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f*rf#!r'hi^«s|it«dMâs qWe^AUx ittiifife [mur ti»'Mo4Mse3.>1.«Hr 

S 3. Des Algubs. 

'Lès'M^i^s ^Mt-'ldes VI^AMx'<à'8tt«M0i«'a'u«->)fntade 'stm- 
tilrf^,'4^>*'^t'^t'^ la sur^ce dn'MH htlnfîde, sbif^us'géQèi'ftle- 
iti^^Hsi'iilUHeHr fl»s'-Yiftn'-tiMitès'ViU'^iMMè^.~l;mr^ftlMati«n 
i^Ws VAK«Me';'tonVeAt'4rfnàmeï'1^ étate'iMmVffttes.fles «utres 
WNi^,'<tirHtiès trù'^lfj^eÂ. C«t léUt Tort>dîffët«nt, «h'rappKH gVtK 
U^y6^â»iT >!t-'f(it^^e'elI«s-e:t^WAl, est' dO'n^l 'UKi4ïâcatimis 
subies parles rayons lumineux trsffeHtiMiAes-bD&âhei d'eàu'phis 
(Al WWits''^iHWes. ^Ms tmm'otéapi^nfi «u«t!<«sivement vies 
M!^^'rïahti«9'M''âeir^^^'dVàtk'do<fice. 

-EVi'ti&HJftit'd^'MiïUdx'lïlblfU/VibUs'ilVons'âilttbservk^^^ 
fhirs^r«s,'')«(its'eîjfèe«s tài^âfcAt ^>|>artJrtta riMg&.safvBAttta 
jtfSRtMeA^ ïte 1a*Mïie^l;<lV>ln'Mil1fttdt.'ir'«ïJ^«t de atAm^^^ 
ftl^!*PH^(ïr^-sitf1iieeiMi'Wotov<e''l«s'Algtie#MettestOsetlMrek) 
du'VJMfe^ fHvéiTr'p)«^Ms,'Up)t(rHSsMél k»"i4H^ttierM-M 
M'Giiftfatfl^jff ePMfin, i'tin>^1v«l^irtfiH4eUv«beMpqd4K«n^ 
ces dernières, viveat des Algues rouges {¥\titiiêfA]' *i Aàs^fk^^ 
fMétff«s.''Cérf fleftHèrés '3'6b^rftA0 JTisqu'ir-Sob'inMMs tl«t^fon- 

^«Wen 'f[ât liès'plàMtés'MSèTit ■|tlus's]>éc{(ilemeM>[w4pi«si>a«it 
Mtrïtis il«s Mèn;' MttfiMsitaéaHtés'VlT |HiisMdenti'iMunhnt yt«s 
que d'autres; les pla'^tf de sable 'ou'4e-Vdse,r4e»'VltteS'«!ip(tt^4Mx 
if!McWtaME«érp^^flf^'ftte^/ce^«ï''dont•1e«'tt>d)es'SM^Mld)N« 
)rt^«s(^e'i!tltM^^ft^t'Hér^és;''(es*lMitM(lili!t>>riVt^> B6At««tts> <^e 
«tfnMEttieat-^s<-tV>cHkï idores,- ^éMIMiafin ven Itt'Wtelt^Ai'rnlfii» pdWte 
aïse^'ttoM», (M»efe<Wi)iëe''de"ft!tités, de ri^sl'tiNNHiéei ^ et'lii 
ldëil^e*«ï'de iwSjftiB**!. . ' 

'En'M'cfDi'''ttondt>rBe"lB ifltiËrtfere de-ptucMeripMirncultltiritles 
■A%ufe9fh»rtifts, on rie>'ponrra;''c<**l¥he lei*t"M.iVeriot,'.fiBre 
d abondantes récolteï «(d'iTla CotMHttim^yxpMvHllBtfiliient; ma^fré 
lie*' *fteohA4ncès', ïes'foMlWtis lW»(>ltl9idtfKdles."P8r'Con9*]hent, 
îf Hodra iàvtfir s^Ti^igner h ént¥fer'1f*so*ûi«ent dans t'éàucfante 

I') Verlot, loco cil., p. iJl. 



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de quoi, OD ne recueillera toujours qu'un nombre fort limité d'es- 
pèces, c'e^t-à-dire calles qui se trouvent rejettes par les courants 
sur les rivages, où elles s'accumulent en masses plus ou moins con- 
sidérables. Cependant, eu explorant ces lieux après des coups de 
vont violents, l'algologue y rencontrera plusieurs espèces qu'il 
aurait souvent beaucoup de peine à recueillir autrement. 

• Le printemps et l'automne sont les époques les plus favo- 
rables à la récolte de la presque totalité des Al^es; cependant il 
Sf^-a nécessaire de rechercher ces plantes en été et en hiver, seules 
époques qui permettent de trouver en bon état un certain nombre 
d'espèces. Les Desmidées, les Conferves et, en général, les Algues 
d'eau douce ou d'eau saum&tre diàvent être recherchées de préfé- 
rence vers la fin du printemps. 

« Pour faciliter la réccdte des Algues, on doit naturellement ex- 
plorer les câtes pendant la marée basse, et comme les espèces 
sont d'autant pins abondantes que le rivage est plus accidenté, il 
faut choisir les époques où le reQux est plus considérable. Ces 
époques arrivent deux fois par mois : le lendemain de la nouvelle 
et de la pleine lune. Les marées d'équinoxe, dans lesquelles le 
phénomène présente son plus grand développement, sont naturel- 
lement les plus favorables; elles ont lieu chaque année au prin- 
temps et à l'automne '". • 

Les instruments nécessaires pour la récolte des Algues marines 
sont peu nombreux : un simple couteau à lame résistante, pour 
les détacher de leur support ou diviser celles dont le volume est 
trop considérable, et un seau en ferblanc ou même tout simple- 
ment en toile imperméable, pour les contenir. 

«Une canne ferrée, à extrémité supérieure recourbée en crochet, 
est un instrument utile; elle peut servir dans des cas divers, soit 
pour aider k franchir les passages rocailleux et mouillés, dans les 
endroits fortement inclinés, soit pour ramener sur le rivage, au 
moyen du manche, les espèces qui seraient trop éloignées du bord 
etqtfe la main ne pourrait saisir; ea&n, pour le même usage, on 
peut enlever l'extrémité ferrée de la canne et la remplacer par 
une sorte de croissant ou même par un r&teau. 

• Les algolt^es se servent avantageusement d'un filet imaginé 
par M. Derbès et qui est construit de la fat^n suivanle : «C'est 

1'* Veriot, loco ei(,, p. jH, 



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— -215 — 

uoe fourche à braaches parallèles, fixée par uoe douille k l'extré- 
^lité d'un long hitoa. I^e sommet des branches est réuni par une 
lame eo formp de croissant, tranchaat par son bord convexe, 
perc^ de trous le lot^ de son bord concave et placée de champ. 
La largeur des branches est d'environ 9 centimètres et leur écar- 
tement de 8 centimètres. Un petit sac de canevas ^erré, fixé aux 
branches et aux trousde la lame tranchante, complète l'appareil. 
Il est superflu d'indii^uer comment les plantes qu'on a détachées 
en raclant tombent dans le sac et sont ramenées hors de l'aau ')'. • 

Ea ce qui ooncerpe les Algues vivant k une certainç |M«fondeur, 
qu'on ne saurait atteindre avec les instruments précédents,, on 
devra, pour les recueillir, se servir de la drague, qu'on manœuvrera 
comme nous l'avons précédemment indiqué. 

Les Algues k conserver sur papier forment, dit M. ttwnet, 
deux cat^ories : les unes duvent être immédiateanent préparées, 
les autres doivent être soumises h une dessiccation préalable. 

Trois pointa principaux ne doivent pas être perdus de vue pour 
la conservation des Algues : 1° les préparer k l'eau salée ou au 
moins les laisser s^onmer très peu dans l'eau douce, dont l'effet 
est de dé8(4;ganiser rapidement leurs tiswus; 3* de ne pas les sou- 
mettre k une tr(^ fcHie pression; 3° de les préparer 1res rapide- 
ment après leur récolte. 

Les objets dont se sert M. Bornet pour la préparation des Algues 
sont les suivants : ■ une cuvette rectangulaire en fer-hlanc, longue 
de 60 centimètres, lai^ de 1I7 et profonde de 6. Un de ses petits 
cAtés est reaiplacé par un plan indiné, large de 16 centimètres, 
qui se continue avec le fond. Cette cuvette est revêtue intérieure- 
ment d\me couche de pçintuiie blanche vernie. 

■ Une planchette en txus. de tilleul , dépassant un peu le papier le 
plus grand tor lequel on prépare. Soit 4i centimètres sur. sS, avec 
une épaisseur de 6 millimètres. , 

• Un on deux grands aiguillons de porcépic, k pointe a%uè, lisse 
et blanche. 

• Des ciseaux , des pinces. En fer, ces objets s'altèrent avec rapi- 
dité; en cuivre, en bronze, ils résistent très bien. 

• Une éponge fine, un pinceau très doux, gros et comprimé- 

> Un égouttoîr, qui se compose d'un cadreeo.boisi^r,de 9a cen- 

. V BmiwI. ïM". SMs.dUM. <M. Jf aUi«W9. t. IV. i836. 



■ Goot^le 



— 2tb — 

rimètivs s^'r 4Ô, sur Wï[uèl '^ tëh^'VH ]»iiA4Ï«i)B^âc^ClltaSt'ÀU de 
toile Mknche.i^'^uAdr se filàce il «tfê du pMfi^UW^;irât^ëà- 
tmékrecévMl''léi'plantes|ir^t^, àiASesUK'<^«fl&1iârt£^ 
euvÉltê. on t'inctihe de t& degn's' ciiVtrfAi ;;»i Mie'HWb^'^ftfllbe 
dssiétte dans lA^uelte aé ^iéembXe'VéaA ^ài^^'^êBOilé: Kffii dé 
felre tftn(»r Téàutoilt é-fttière pàr'le'iÀilléa"ae tSgfldltatt.'inrA 
^uster «lir son cAlé riTEtfe"Ui'*îtf«'péfilé^'ti*W^4'aè"b»f(,i^ 
rêmeiit mclinéès ters^ àmtré et «artéés 7«iHtt^'i'o'^ffiKKbîtïe<. 

• Une'sôrution'dé'goàiïhé idn^i^^iêpiiii^fBile'êStillîâM, 
est ^estin^ it^^ët-'ies^c^tltîTlffift 1lj{d^iCfbHllFmffliath^d3(fo- 
phorû. Uliiâ. CefàmrargMc.y.'i)nl^ën'^n^\i*JJSailïtdtlkriiM- 
Gfnnerit sut< l'«6>mit[TIoh tiéceMméHV^|ai/^^qWK|Q^^^ 
liquide au moyen d'uA'^s 'prriëëâdïWgQHuffî^NUI^ Bë^iit 
rttdplàcerla'^mme Bïlr^ïil, èlie'mt~eff!(ttA^ fw|(lfik^fi le^rW 
luisant. J'aîiquèft['ueroi9 '^^yi' une sàtÈtKb "a«'4Uit)ïnnMrG(lfê« , 
et je m*eh suis bien Uwivé. Mais coHîffi*! ieifiéttffl^ifffiSft'trts 
vtt«, landiï que ta*^iitbie adrâgaAt se 6BnsèKè'TiilAsAlIIdÛRIt, je 
donne la 'pré(eî«hce à liêtle derrière. 

■ V Eu l)apiel'1(^ItHft^ «fitttf; firt; BîeW «MtéClIép&B^ 
cules rérrèusesxj'ui Icti-mMît iprèsM'ilffiMfte5h"miiyfRV1^ âtbHës 
de nMillé; dont (]n"de>'peùt .sé'déItttliSMr.'Otf dKe0\Afe^<^'nVHËe 
du papier de divers formats. La feuille ordîl^H^ri-Vmd^'&'iMHtlé 
a son quàrt'sàfitcèui t^'j*èiJ)^e'hif)it^lKîliSHl. ' 

• Du papier à' sécbët'. Il dôlt'êtiv éiiSls',"îi<yh' Sifflé'; Il ètt ^s 
iM'port&iit eD«ore'qu1r !h>U ëxëiA}>ràe~Wi-. Jt' l'éf^^liè'^Kl^tlx 
fof-^éB, en fcûillei dsables «t'en cWssiHd de^iit^fMm» tlSulSI^. 

• Des morcèàutde baKcOt; dualité MJty^niA^.'s^i^'^Wtiffii'^b 
ou 3â fils parccntiiriÂI««t'ag|kmf^iiid*A^|rt«t'<?i4^Mn^ 

deur du'pApiêr Ji séttier. Ve ¥aticât'ft''i»br'%iterH*épinf^'?l|ffSè- 
meut l'eau dont sont impregoées Ie9"pfâfltè^'<fl%é' [^'fiRH^n^ ^ 
parer. iCndh^ ibôins h (jèRid^^ùc leiitepè^^SV^^Aj^f^sse 
et sa demi-transparence permettent de l'enlever facilefttîf^rit* kliils 
déranger leli'ptantêï. 

• Do papier suiM.tiui'adéùx'av^Atl^:ihrxfik6ht'plàJïiïi;^^ës 
et il (éi t>ecouvre~d'il^e'ltei&re'cl)itdiede'ifiittièi«%iV«sé,iqûri^t à 
la Aunière d'un enddit iittpfct^éfiftle et Ites tend ^^OAis ti^gro- 
métriques. Pour le préparer, on frotte rapidement un pain de suif 
ou une chandelle sur' la feuille de pafMer, de maoière"à foiwfi^é- 



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— «7 — 

trir'^txOi^kpah dAi»-HA)tni «««<t)«/t9A. Pbh,'1dvat ttb'laifl^'ti* 
Mn 'nXHmi jfe 'télu TOBcii, "6tl àtle ^ ft m mW iiifellfe T«ilS!)tl><!le 

MlrÀ'fmnbnlKrfeiitrt'49niM'ffiVis'»ii iénV,'«iiitAt>«liifii'rdiiei«. 
l^iiMMitt, cftifc'iMiserli (rrijaffiriMitimmliRntlit «de <t 

Mll*,1l»eet'l1«<êiJéI»i le i«(fci'î»(më'JiMII*i«! «niHpiSpit »' 

'eAi«n^:<n'^t'Mii'«iii MMfiM sncwct m nrMItie-M'ck'iiv- 

flitiiliMinisii'n'ilnil^pHië'at'tiiliBt'iém'oM!. 
''iV)s«^itnHi«tti»''9v'!ie«<<«#hi'mi''lbm;'iiëlk^;«n<ii!ilt*ilii 

■ Ud poids de vingt Idlogranmes. 
NiOwV«>«">'>''l»''U««it'»tl!<».-. , 

(■Mr» mi )««««»» la 4i«^timMiÉiiiéintti! tlêsin^M 
M:'fllmelrMMKfe'litltn)e«ifk «IMmt« : 

'"Bh fflw6IIÉlifcBI'rtHlpBe^ïraHrttf1HB*WTrtt1^Wllélr, HWMR 
les plantes ^ préparer, je place un écfaantillon'nfi'iBK'MM tirftllfié. 

KpMsniAott éBKijrihMtarâbARtivet le» il«l{tltt>fMl«iir>Mri6s 
jinfed^ A i^'awaHsi'tsi'm^ (iA%!n,i« ^MOtlKitam.'H 
u^n«hfiih'«à'm|i^nUn),ij«'r«*«ftfc-«u'i)r)inRlnr(on'«H-Mii. 
-p<texhl'i^ell|fl3s^Rtia'''^s'ill«llle9tel.'''«;^'fttFj ■jif^fimOi'Mtie 
(Mlle (H^i<^r<ie-gAndmr'pinpMi)mi^ th^nimeiniMi <«> la 

llWdtiBlllMsifalWèifillBf J» « W M I Hi -l^imfartirMi'rtB'll^iMM 
t1ai|liiflUnfB'nKi,~mi i!^1ll|iiy^pRrtttnr<in<mMimifWqtIRK 
ou dnq centimètres, et en introduisant d'abord IB'fferlUf VBftiiÉI^ 
tmAM'0ti"dflrat. i-, . , >. i . ■ ■ . ■ 

■ I'tacniriilHs'tiw'<li«!rsi<#pnii>a(l)^w>|Mife,^'eiriii«Mie- 
nu«'en'<|>la^e'tivëb^Aiti )lDigrd)r«i^iAhif^nMie'p>si!'»dfia'l)«^e; éi 
«e sèlrvoM i)ie-l1tpmiai-dii'|ioH«|iK. IlilMraiélthei' <«etitr\t«'c 

pos^fele-ii «Snièfttir le ftft deiWBïilfc'Wt*!', itOIti Ht r4u- 
vKi( les'fiG^ux dl^lManl^'ï IMUr-MIt fti'^nii8bitmn/PAti';>ye 

rcHK-iittittiiiMt le'i^pS». èi 'iHn«fia»ri'Kiun<iiinii«'Wdnis 

«^iïa coi2|iWnon'^*tigues'peùl''se' Faire' eninj'ilei ctiïssii'iniju^liîne), 



.,Bi,z,db,Goo5le 



— 518 — 

possible, et je le dépote sur U plaochette que J'ai mise a plat sur 
un des angles de la cuvette. Saisissant alors la planchette de la 
main gauche, je nettoie avec l'éponge les bords da papier; je fais 
couler de l'eau en divers sens, de manière à enlever toutes les im- 
puretés interpotées entre les rameaux. Plaçant ea6n oMiquoneat 
Ift planchette sur le bwd de la cuvette le plut reproché de moi, 
de façon qu'elle soit bien horizontale, je vrase doucement de 
l'eau sur le centre de Téchastillon , qui devient à demi flottant rt 
auqud je mets la dernière main avec l'aiguillon et le pinceau, eu 
ayant soin d'étiré les rameaux le moins possiUe. Cette demi^ 
{wécantion est indispensable pour emp&Jiw les échantitlont de se 
décoller. Il suffit de (aire basculer lég^wœnt et lentement la plan- 
chette, pour que l'eau s'écoule dans la cuvette et que U plante, 
suffisamment épongée, puisse être disposée avec précaution sur 
r^outtoir. 

■ C'est à ce moment, qu'il convient de tracer sur un des angles 
du papier le ngne indicateur de la fructification. C'est encore i ce 
moment que je fais tomber sur U base, de l'échantillon quelques 
gouttes de solution de gomme destinée à &sa au papier les plantes 
qui n'y adhèrent pat. 

• Lorsque l'égoottoir est couvert d'échantillonB, et dans tous 
les cas avant que le papier ait fini de sécher, je procède à la des- 
siccation. Je place sur une planche un coussin de sii feuilles doubles 
de papier gris, une quantité auffisaote d'échantillons pour le cou- 
vrir, un morceau de calicot, un coutiin, et je répète cette super- 
posîtioiT jusqu'à épuisement des échantilloBS pr^tarés. Je mets 
une planche sur le dunier coustio et sur ta {^aache un poids de 
vingt kilogrammes. — On continue d'opérer ainsi jusqu'à U fin 
de la prëparatioD. 

• Une demi-heure au moins après que ta dernière plante a été 
nuse tous poids, il est temps de songer au changement de papier 
et à ta mise en preste. Après avoir 6té le poids et la planche, 
j'introduis un doigt entre le coussin supérieur et le calicot, de ma- 
nière à pouvoir enlever le premâer sans soulever le calicot en 
même temps. Je reploie par-dessus un des bords du calicot et je le 
tire par saccades, en commençant du cAté de la base de la plante, 
qu'il est bon de fixer avec le doigt ou l'aiguillon. 

• Si le calicot adhère ou s'enlève difficilement, parce qu'une 
plante disposée en éventail présente de tous les câtés le sommet de tes 



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— 219 — 

ramutes qui s'^vent avec lui, on introduit l'aiguillon de porc- 
épic entre le calicot et la plante, et l'on en i^ère la préparation 
en commençant par la base. Enfin, si ce moyen ne suffisait pas, 
on passerait une éponge humide sur le calicot et on l'eulèverait 
avant que le liquide ait pénétré jusqu'au papier. 

«Les échantillons, disposés sur une feuille double de papier gris 
sec, sont recouverts de carrés de papier suifTé de grandeur con- 
venable, puis d'une feuille de papier gris et ainsi de suite. Les 
es|>èces dures, épaisses ou k base très grosse doivent être séparées 
au moyen de planchettes , que j'intercale d'ailleurs de distance en 
distance, de manière à diviser le paquet en un certain ntuabre de 
plus petits. Je mets alors le tout en presse et je serre l^rement 
une heure ou deux après, je change le papier gris saos toucher au 
papier suilTé, je comprime davantage et j'abandonne les choses i 
elles-mêmes. Le lendemain, je fais la même opération matin et 
soir; le suriendemain, je recommence de la même façon. La plu- 
part des espèces étant sèches alors, je supprime le papier suiffé 
qui doit s'enlever sans eflbrt , et je termine par une pression asseï 
énergiqne des échantillons secs placés entre des feuilles de papier 
lisse, afin de rendre au papier à préparer le grain unique que 
l'immersion dans l'eau lui a fait perdre. 

• Telles sont les r^es générales de la préparation des \lgues. 
Il y a toutefois quelques modifications à introduire dans ces prcK 
cédé» suivant la nature des espèces que l'on a recueillies. Je vais 
en indiquer quelques-unes, en laissant k l'algologue le soin d'ap- 
{Hvndre les autres par sa propre expérience. 

• Les Algues gélatineuses et très molles, telles que les Gloeo- 
Irikhia, Memaiiûn, Meiogloia, etc., seront toujours préparées à 
l'eau de mer. An sortir de l'égouttoir, vous les déposez sur un 
coussin et vous les laissez exposées à l'air pendant une demi-beure 
au plus, afin que feau s'évapore en grande partie. Vous mettez 
alors les échantillons sur de bon papier suifFé, entre des coussins 
de papier gris, et enfin sous poids. Ces espèces ne doivent aller 
en [Hesse que lorsqu'elles sont bien sèches. 

• Cette dernière observation s'applique aux Bryoptù, aux Gri- 
ffiihsia. etc. Ceux-ci une fois plac^ sur le calicot y resteront jus- 
qu'à dessiccation complète. On évitera ainsi les taches rouges sur 
le pa{»et, qui, sfins cette précaution, arrivent presque toujours. 

• Fen dirai autant pour cataines espèces succuientes, comme 



ibyGoot^le 



— Sîft -^ 

Be'He^tè<4i6iA « ij«v4aiA(>nt'filiftnnës,"UAd}s que tés"afe«3 «ont 
(MWnte'IJftas M s'étirtseirt (jaejq*«fiiis; 'J* i^Aftlit 'àiert îtiwnvé- 

des bandes longues 'dei(>J^er'iMnt^lé,'{^iée9 A p)iÀt«Ws'â«n- 
tHOk.^ pi>e99i«fl>«H>&fàh tiDtfU'iAe«dr*IoiAés 4ésifttt^ de fficban- 

<Q>é«lqcfà è«^es iVielAibraitéiQ^s f^o. l'U^ytta. etc:}'t>nt 
fteWMWèp'Tte S^HHftdh'SéiJrttiitt/tt^W' JftartfWrt'flïu'TiWfSerïi'ii se 

ééttuiêr^ iés pUtiit» ' sb1â9 'leb ^ilrèr,~tl' mé^è^^e' f§i AbJltfef ^efs 
teflr «Wre-on 'cèrtiSo TOïdW* éWflfs ^ii«iS(Wft^ei«'î»ehdêfm 
la ^!Ae«ÀtfMi. 

'^OHafries'pM/HM [l!*E^«U'«iMAs'«t(iMs SU «9n»Mies/t«Miffie'iles 
eaimiphAt^,'-\e'6i3àAfHa'i>imhta, ëtti,'*«»lbmta»ec'^t'cte 
leMeAr, ft»iKluMn^t!s'^t^an'^1%«b"%l8e/ti6t!'t^n'^19foâ!i 'Htnl 
MfMnés h %'tilt^rC'r IJN^cnil^. Ces 'espflcèf aftH«nt'^^'* dfl^MiSëes 
»»-ab''(«pH!k-'d*i8'9e WWd «èu(te;'qfi»J(i*é*»«iTS'Tïii8«ne**ta«n- 
»ent'li^ ttfe'ffniH^t^'>en*iW'«ft^ttfl«(^'^'^'i>n'^aWa1»*j. 
•" I^'eWtata "W^rà sera -ijttî^AiSMSWrt «^ïî^'flfe l'eau fle Wier 
dont il est imbibé, puis on Ib'Wetth k V^itpkr Wtik <t>Mu''flWiee 
petfd*iit'l!tet'et'W3Wte*me«Vé»; «ï}»*«!!lq«*IW «W IW^sWScti^ra à 
fti'lh«1èM<^fdmAîV6.'. î 

'M^^^fe'**ci*lrtCfes;'1»s'eï(Kl!nri8s'j8Mi5fef'JïWrt!*bfemhte 
fltfxlbffltir àii 1H$We»«-Àù^oh<T0s'fèc«ne;-1Ufth''C«é»<1Ife «Wl«tlV>[Ms 
à perdre cette propriété. TlSVtt^etMWMHttVaBiMtèSi k'ttti'Wl 

ISHAt^Ifl■e,ifl%^'*îflittf^kwutfeA•1^t^wm^li^ 

f>crtt^'Mil[*A]3ïl«rfl.'^ii"iS1f^ cetHtceMetit'M'tn!M^I% Minte, 
Gttnhi^ ra"reclbifl%^dë MI'*Btfl«f,>'bAis Itfe'^onAioh'tle «Mdfâ^ 
de-Mfefiim'h^6t[«r'(^el^n o6fl^t«n''m»ttil^ir<f^cïde'VMot^ 
)i!^Kqire-sùrnT)'««cèsd^tal^Ii^.«^fia'^aMË','i«Wé^itti bbbt fie 
qMHqûés'îriMàirts. s*«he en (!ttï«rfV*fnt*Sâf'HeWMtf!é. ' 

'Les vuyt^rs'qdi'ne iéjo^tVierthit'iWs'^bi^iMifiH IMds uAe 
même locarité, ne 3auràt^t'S<yf^%'ïnil^fi&fi-1il'%B[A«l'«Mit»n 

âes /a^c»■^és'p^éiéî3ï•itH,'VtAiif'i{■emaxi «rVrwtigs^iiyptiii' 

(ttifer'>;f«^fe6bAi^^e M. VfirâM.''Le'ftÀflmtl'^)rfM^ ft(^ ^MM 
Irts iW^Mé t ttti^at; lin bâ^^iet/Wo^e ïe tfit fttt^dWWlieiit ce 
saifBtfit'b6AMHe/ttAlp««W)nf1a'W»Hfc:'lTBe^eMM*Plf***t*il 
Vel^; âHét'fUmia fêititU-pitt des^'lNlviTses fcteWéès'Sfetrirttat'd'é- 



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— 4SI — 
goatfoir. Un.aeftu d&jtt^le imiieauéabku umbkble «.owx^ <]u!u& 

iww iW»Mt mawnnw ydi<t l'iwmtot^pQW t«lde■■ilfaKtiQ»,(^|,pllMw^ 

))ieiTes. 

DltWi)tila-'{Wiii^<f''>W>vf>y«0e.r^M4«< ce- WUferteoiMWiAi 4es 

ainsi pendant qaatift<nt,,silt^ jlWif nm^ ^iltMIÉiftn,at.aMdto^|f '^ti- 

QtwiLt WLADtrn. «a.4evia, (UwMi U«iayi.':shH «MI(Ki(Im» un 
«wlfoitf^â^ «mût IHwk«»l)W^«^ T)al«U t' f 4M-JW j»JB^ 
<<ftB0M^ qwkiiW)«iu^)eifLdmiK4'^Mwdi^.qMMe«j^ !««. 

<{w'«>tcni)* WtKQ^ 4 1^4 ■i.l«<Kân.(kliilt«.ll>lPUViWr4f|l»lNi« 

qB' n ll>M Moeww MartH.WifeBHwa^i»tJt .«feûio» 4f».mfM<i»^« ««u 

et les préparant à la maoïère habituelle, oa en fera de bons éç^Mi» 
gf^y dfi q^PMJfthiaW^t^i'Alf »4fmtf..|Hr«'W4 1^ t^ Vfif^. 
qai facilite beaucoup leur rapwBBwmwl Cif:ilftfif^9*ii\'ifS^ VSit 

Vri^'OTBffffT. yftt^ftniti'jflffT ijiflffflrirf'.'ffît 'JT'J^fiHf 'Vff^ fnttohffffflt 
tffim^tVf^iiLt,.sm9fl w.t690Wi)li4|â!i;^tilitm,4e <;ii4^W di^ 

<» Botael, f«M cit. 

t^ Nom reconiDtnderoiu de iiupeniln •mM liaiplgmcal-W A^g — ^ue 4'oa 
iMit bm*éeher«,ww conte tpidiHk (HtiV) 



DyGoot^le 



manière dooae des résuluts beaucoup plus certains que celle 
des échanUlloDs àewédtiét , quelque soio qu'on y ait a[^rté. Les 
plantes se décolorent [somptement, mais leurs w^nes s'altèrent 
peu, mime dans les e^tèces les plus d^icates, et cela est d'une 
haute importance pour les Algues etotiqaeH, appaitenant souvent 
à des genres nouveaux, dont on pourrait ainsi ^sdier les carac' 
tëres presque aussi bien que sur le vivant. > 

Un grand nombre d'Algues d'eau douce se prépareot eoanmc 
les Algues marines. Le plus souvent, • ^es ne peuvent être déta- 
chées du papier sur lequel on les fait sécher; aussi faat-il préréro- 
la préparation sur mica k la pr^iantioa sur papier. Les ï^lmel- 
lées gélatineuses, les Notioc, les Rivahuia sont exposées pendant 
quelque temps k l'air, afin de leur faire perdre une partie de leur 
eau , puis on les soumet à «ne pression l^ère. 

■ On récolte rarement les Desmtdiées dans un état de pureté 
absolu; ordinairement, plusieurs espèces sont mélangées ou bien 
dles sont salies par des corps étrangers; Il est quelquefois possible 
d'en obtenir la séparation. Certaines espèces étant plus lourdes 
que les autres, on agite vivement dans un Bacon l'eau qui ren- 
ferme le mélange et on le verse rapidement dans une assiette^ Il 
se forme presque aussitôt un dépAt vert au fond de l'assiette. Dès 
qu'il est assez .abondant, on décante et, en répétant plusieurs fois 
cette opération , on obtient , lorsque tes circonstances sont favorables, 
un résidu d'un vert foncé, d'une pureté plus ou mtHns grande. On 
étale alors une petite quantité de ce résidu au moyeu d'une bariic 
de plume, et on laisse la dessiccation s'opém' à l'abri de la pous- 
sière. 

• Les Sirot'^hoH, Scytonema, etc., que l'on ne peut détacher en 
plaques ou qui sont trop courts pour être préparés en mèches, 
devront être d^ayés dans une petite quantité de gomme adra- 
gant et traités comme les Desmidiées. • 

Les Desmidiées habitent les eaux tranquilles el limpides, les 
mares et les étangs dans les lieux boisés, et surtout les flaques des 
marais spongieux parmi les Sphagnam, Mousses si communes dans 
les tourbières. Elles se groupent souvent au sommet des vitaux 
inondés, et elles sont aussi fréquemment |dongées dans des masses 
muqueuses dues au rapprochement du mucus enduisant chacun 
de leurs corpuscules (Brebisson). 

Les Diatomées, qui constituent une tribu voisine de ceHe des 



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— 223 — 

Algaes précédmtes, soat des végèUns nianMcopiqaee v^[étaDt daoi 
les eaax douces, sauMiAtres ousKiéeii;d(essontltbreB,seMiiesoupé- 
dicalée9,nue8 ou plongées dans da mucilage, et se séparant en fng- 
meots polymorphes. Certaines espèces semblent vivre en parasites , 
d'autres tonnent des flocoDS ou des nuwses gâatineuses appKquées 
sur les rochers; d'autres vivent dans les e««x pures et vives des 
sources ; d'autres , enfin , couvrent le sol d'une ooudM brune gluante , 
plus ou moins épaisse, occupant souvent des espaces très élendns. 
EUes abondent dans nos fontaines publiques, dont ^les ooloiCRt en 
brun les parois. 

■ Les Diatomées, dit Peragallo, se rencontrent à l'état libre sur 
la vase, aui endroits oè l'«aa est peu profonde! les laisses de mi- 
rées sont souvent couvertes de Diatomées m quantité innombraUe. 
D'autres fois, elles flottent à la surface des eaox «n écumes brunes, 
qui proviennent souvent des couches qui tapissent le fond. Les 
buHes d'oi<^ne, dégagées par k respiration de» Diatomées tA re- 
tenues dans l'enduit mudlaginevi qut les envHonne, entraînent 
des portions de la oouche à la surface: Ces Diatomées donnent 
lieu à de bdles récoltes, car, en déposant an retour l'oiduit plut 
ou moins mélangé de vaw dans une sooconpe, les Diattomées tra- 
versent la vase et viennent à Ja surflioe. 

■ Les espèces qui poussent en Maments phis on moins solidement 
constitués, DfMmui, Mtbtttn, par exemide, flottent souvent au 
cours de l'ean en petites toulfes, fisées par un point à quelqne 
cwps étranger. 

« Le pins souvent cufeoduA, «Q trouve les Diatomées fiiLées ou 
entremêlées aux Algues inférieures qui tapissent les bords des cours 
d'eau on qni: flottent k la snt^ace: Les pierres submeigées, bois 
Bottants, pieux de jetée, etc., sont généralement couverts -d'enduits 
dialomifëres. Les coqoei des navires, les écaîHes d'Hnitres on 
autres coquillages, fournissent de bonnes espèce» indigènes ou 
exMiqoea. 

> Les Mousses humides contiennent quelques espèces, surtout 
dans la montagne, auvoisinage des cascades''), > 

Noos ne saurions trop recommander aui voyageurs, comme 
nous Tavons fait quarid il s'est agi des Foraminifères, de surveiller, 
àchaque station obîlss'utéteronl, l'opération dn levage de FaoctB, 

"' Fabre Domergoe,' La AninU». p. Sg. 



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— iM — 

«pnk»iii4HAU«'ntt|sqt.ta^aan ■l^^^^lkJ^|l^■^lla^i^rtctnnl^1 d^h 

■ Itonqitian.a, 4it-Mt fionut. pfcalifcJia. Ditlfiùai .[wf^^ ce 
qui. «Il qira, Qn..l<&l4jsM je.piéaiilteTiiMi^JbftdiiIft l^flilluiqitt 

mka. QuM)d^eUAiiaiiP(<niéUi)8iB«iâ(i YAW,.ilMi»,aMMiitciiqiifcle 
défiait soH foiHW..,Lei Oi|il«aiâAi 'iifelNideqb|M*> «a,'Bft{[iier't^ 
aurbmi> wHwilf nMâounwf. ïioqs.dîiiai rbodi dftiiXiaHiii^wiB- fine; 
mainleou au fond de l'eau au moyen de quelque», gnyiots,^ 
bout-^l^iulfiuw ilMun», l«a DtaïQiâ4li-oilt>|l»M>«u<tt«tfct»i v«us 

et dttilc d^MWW wr mpiw.- 

l>:s.WlïagtiOT^,ne,dj»paitHI«t>pu.d)H|),tHHlf|i,tHS«nbp«Hr' 

i«llGr, UMniBillfra^t n:«M(()8Ï qurii.!^» ^Kl^iti'W 

*'iiniwiifiiiiiBîirifnM£(tMrtiidrwr*w^ portiir iMkfltteiMancwBÎflWHWtlf^ 

que jwur les PhaDérogamqK 8q «M*** ^f>WllSW'kiMfittlifV»t 

«tM. QteiiHHiWw J'iatf iQPiMQtt.dii'»«»to McUqMiellitfflUwtWwÎJUe . 

4tiquW*tÀ#^llMJÙttfill44wi«!l«HX.WJ)0Ura)lA«bimdeM^ 

contrées. 

^h. Oé» Gn&wioNOH. 

li'b.aJ)bti-4«)Xh«w#iviw.« ^ *n^ v^-iiË «t, 1^, ft/m^ fi^^ aii. 
»;ptft»H4 •<H4.i)PH^d«:\^,^«éiïUjfp>b.Bfiwcin^fi^lf^ 

U.exifte.ilfetplhiUitKle, xle U.i9»t»èiK,r^fÂ^,ci).4at,;^^ 

parasites, soit sur des individus de leur groupe, soit sur .iiftnwl». 

Le voyageur désicetHk^ jgùl».dci^niril(Kti(W ditlCfcHWVMWt 

p«w «omnwnw «t re cfcp^c to *- JSq,«ff<)t, i'iifliy q 'ai P ft. *W^ . 4f*i 
qutckd* Ife qbmlw« w,4« u. qtAHWi^liiltt^lii^^likBftl^k»}. 
mides, lui fera découvrir certaines moisissures. 

Les cartons, le& vieux p^t^> ilfift,J|éW 'aoiljjj.''"- j <|f^ vieux 



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bdges et les vieux cuirs sont autant de tteux d'âéctûrii pctur' de 
iMHnbreuseB espèces. Le» parois des caves, leur sol, les boi« plus 
mi moins pourris qui y séjournent, les vieilles fatailles suf^torteot 
une foule de Champignons. Il n'y a même pas jusqu'aux matières 
alimentaires, telles que le pain mouillé, la viande gAUe, le fro- 
mage dans son état normal, diven liquides abandonnés, le vin, 
la lùère, qui ne puissent offrir un champ propice au dévek^pe- 
ment de ces végétaux , qu'on a, d'autre part, signalés sur le charixHi, 
la sciure de bois, le marc docafé, les confitures, les fruits gâtés, etc. 
Il semble qu'il n'y ait pas d'endroit où Ton ne puisse découvrir de 
Champignons, et qudques-uns des habitats que l'on constate s<Hit 
&its pour surprendre. Ainsi des Myxogastrea ■ ont été trouvé» sur 
du plomb et miéme sur du fer récemment t^afiîés. Souverby eu 
a recueilli un sur des chariiODS éteints dans une des galeries de 
la cathédrale de Saint-Paul. 

« Une moisissure s'est développée, il y a quelques années, dans 
une stdutian de cuivre en^iloyée pour réiectrotypie, dans le dépar^ 
tement du Survey, aux États-Unis; elle y décomposa le sel et pré- 
cipita le cuivre l'>. ■ Ce dernier exemple r^pelle que les Champi- 
gnons peuvent se dévedopper dans une foule de liquidn et qu'ils 
déterminent la décomposition des principes qui y sont contenus 
et leurs combinaisons nouvelles. 

Si les maisons ofi&ent an coUectionnear un vaste champ de re- 
cherches, les hangars où Ton remise les provisions de bois, tes 
écuries, les fosses à fumier, les étables qui se trouvent éb« dans 
leur voisinage, n'en constituent pas un de moindre importance. 
Les cours doivent être examinées avec beaucoup de soin, car on 
trouve sur leurs murs ou au -pied de leurs murs, dans les endroits 
humides peu visités par le soleil, sur leur sol, dans les interstices 
des pavés, des formes fort variées de Champignons. 

Les jardins sont également habités par beaucoup d'espèces dif- 
férentes, vivant sur les arbres, les plantes, sur le sol, sur la tenr» 
dont sont remplis les pots à fleurs. 

Par conséquent, on peut, dans le dotoicile que l'on habite on 
dans ses environs immédiats, arriver k faire de très intéressantes 
«élections de Cryptogames, en procédant lentement et avec joté- 
tbode à des investigations fort variées. 

I'> Coi^el fkrkelvr, I^i Ckampit/noiu . 187$, p. iij. 



DyGoot^le 



— 226 — 

Les rechwdtes qne l'on doit faire en dehors des villages on des 
villes, dont les nsines, où Ton emploie des prodactions v^étales 
de toutes sortes, doivent être visitées, peuvent être accomplies dans 
des lieux divers. 

Ainsi l'on devra examiner les champs, les prés, les lisiires des 
bois et des forêts, les mares, tes étangs, les marécages. I^a endroits 
les [rias arides, les dunes, les sables, le sol desséché des déserts, 
les steppes, sont habités par de nombreux Champignons dont la 
présence ne se révèle qu'an moment des pinies. 

Dans les champs, les prés, on rencontre des Cryptogames poos- 
sant sur le sol, ou bien établis contre le pied des végétaux ou sur 
leurs diflfêrcntes parties. L'on peut dire, dNine manière générale, 
que l'attention doit pins particulièrement se porter sur les plantes 
dont l'aspect est souffreteux, car c'est sur celles qui sont malades, 
ou en voie de dépérissement, que se développent surtout les Cham- 
pignons. 

Toutes les parties des plantes peuvent être envahies par eux; 
mais, qnend il s'agît de plantes herbacées, c'est la tige qui est l'ha- 
Htal favori de leurs jwtites espèces. • Les vieilles tiges de l'Ortie 
ccmunune, par exemple, donnent l'hospitalité à trente espèces en- 
viron. On compte dans ce nombre neuf Pttha, autant de Cham- 
pignons sphériacés, trois espèces de Dendryphivan, et d'autres 
moisissures. Quelques-unes n'ont pas encore été découvertes sur 
d'autres tiges ; tels sont le Spharia urticœ et le Lophiottoma («ma- 
cUatam, auxquels nous pourrions ajouter le Petàa fiuarioîdei et 
le Dendrypkiam gritenm. Ce ne sont pourtant pas là tous les Cham- 
{dgnons que l'on trouve sur l'Ortie, puisque d'autres infectent ses 
parties vertes vivantes. Parmi ces dernières, on peut citer VMei- 
ditttn artica et le Peronotpora artica, ainsi que deux espèces dé- 
crites par Desmazières sons le nom de Ftuiporiam arlicm et Sep- 
toria urtica. On voit par là combien est grand le nombre des 
Champignons qui peuvent s'attacher à une seule plante herbacée, 
soit vivante, soit le plus souvent morte*''. ■ 

Par conséquent les racines, les tiges souterraines (maladie des 
Pommes de tene), les tiges aériennes et les divers appendices des 
plantes doivent successivement être passés en revue, pour voir s'ils 
ne sont pas envahis par des Champignons. 

t') Cooke e( Berkaley, loeo cil., p, m. 



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Si l'on quitte les plaîoes pour se diriger vers les bois, od ren- 
contre d'abord leurs lisières, où il faut avoir grand soio de pro- 
céder à des recherches toutes spéciales, car un grand nombre 
d'eqièces de Cryph^ames apparussent exclasivement dans ces lo- 
calités. 

Dans les bois, dans les forêts, on peut dire qu'il n'est pas d'en- 
drcHt oàl'onne poisse déeonvrir de Champignons, et cela tant dans 
les points secs que dans ceux où r^e de l'humidité. Pourtant 
c'est dans ces derniers que les récoltes seront les plus fructueuses. 
Les espèces sylvicoles se rencontrent soit à la surface du sol, soit 
mr les diverses parties des plantes se plaisant dans les lieux om- 
bragés, on dans les dairières, enfin étaUies sur les arbres. Il en 
est qndque»-uQes qui vivent enfouies dans la terre. 

Les espèces existant k la surface du sd ne sont souvent pas ré- 
parties au hasard an milieu du bois. 11 en est beaucoup qui pré- 
fSrmt l'onbre de tel arbre k celle de tel autre. Ainsi les Agarics 
d'un Hdtm ne sont pas les mêmes que ceux d'un Chêne, et les 
eqièces de ce gnx^, croissant dans les forêts où s'obeerveot les 
essences dont nous venons de parler, sont distinctes de celles vé- 
gétant dans les forêts de Conifères. Par conséquent, il ne faul pas 
marcher au hasard, au miliett des bois, quand on veut trouver 
des Chamf^nons : il faut se préoccuper de reconnaître les arbres 
divers qui s'y tronvent et faire des reidierches spéciales aux envi- 
rons de chacon d'eux. 

Certaines espèces de Champignons vivent solitaires au milien des 
fiiréts, tandis que d'antres s'observent k l'état de société. Enfin il en 
est qudques-nnes qui poussent en formant des touffes plus ou moins 
denses, tandis que d'autres se répartissent sur le sol eu dessinant 
de véritables cercles. 

Les aHires nourrissent ou supportent une quantité souvent très 
variée d'espèces, établies sur le tronc, les Ivaoches, les feuilles, 
les fleurs, les fruits, ou cachées au fond des cavités creusées dans 
leur intérieur. Le nombre d'espèces dtfl%rentes de Cham{Hgnons 
qu'on peut trouver sur un seul arbre efA vraiment extraordinaire. 
Ainsi les différentes parties d'un Tilleul ne portent pas moins, 
d'après H. Westendorf, de soixante-quinxe espèces, dont onze sont 
localisées sur les feuilles. Le même auteur a signalé cent soixante- 
quatorze espèces sur le Mélèze et deux cents sur le Chêne. On voit 
par ces exemples que la récolte des Champignons vivant sur les 



ihyC.OOt^le 



— 228 — 

arbres doit éb« faite très leatement, que toutes ies parties du Végétal 
doivent £ti« soigneusement et mioutietuemeot inspectées à la loupe 
les unes après les autres. 

' Mais ce n'est pas seulement sur les portions vivantes des arbres 
que s'établissent les Champignons. Il en est, parmi eux, d'espèces 
différentes de cdles dont nous veotHis de parier, qui croissent sur 
les parties détachées gisant à la surface du sol. Les fragmeuts de 
bois mort ou pourri, les feuilles sèches ou en état de décompOM- 
tion, les fruits bnnbés offrent un terrain propice au dévdc^pement 
d'une foule de formes diverses. 

Les recherches concernant les habitats multiples que nous ve- 
nons de signaler étant faites, on doit diriger ses investigations sur 
les divers végétaux poussant à l'ombre des bois ou dans leurs clai- 
rières. C'est ainsi qu'il laut observer attentivement les touffes de 
Mousses et les Lichens, et les [Jantes se plaisant dans les lieux 
ombragés. L'examen doit porter non seulement sur tout ce qui 
apparaît de la plante, mais encore sur ce qui en est caché, c'est- 
à-dire sur les racines, qui ne smit pas â l'abri de l'envahissement 
de certaines espèces. 

Les marécages, les marais offrent, asile à une foule de Champi- 
gnons, et il n'est pas jusqu'aux étangs où l'im ne puisse en décou- 
vrir poussant sur les branches submergées, alors que d'autres très 
rares sont franchement aquatiques. 

Des localités qui sembleraient, par la nature de leur sol, devoir 
être dépourvues de Champignons, telles que les sables, les dunes, 
les déserts, sont, au contraire, peuplées par d'assez nombrenses 
espèces de ces végétaux, apparaissant seulement à la suite de 
pluies. 

Nous venons de vmr que les Cbampignous se développaient 
soit à la surface du sol, soit sur les diverses parties des fJantes ou 
des arlH«s, mais il en est d'autres qui vivent en parasites sur leurs 
congénères. * Il est curieux de remarquer comment les Champignons 
sont, dans certains cas, parasites les uns des autres : tds sont les 
Hypomycei caractéristiques du genre, dans tesqu^ des Champi- 
gnons sphériacés demandent l'hospitalité k des Ladariat morts ou 
à d'autres espèces. Nous avons déjà fait allusion au NyçtalU, qui 
croît sur les Rasiula vieillis, au BoleUu pamiUciu, croissant sur 
les i/'ieat. Scleroderma, et à l'Agaiiciu l^veiamu, habitant le cba- 
[leau de i'Agarivai itebalarU. Muu:> jxtuvuas ujoutei' à ces exemples 



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— M» — 

le Torrabia aphiogItmoîdeM et l« T". cùpilala, qui cnusseot sur l'ffa* 
plumyce» mourant, le Stilham tomentoram , sur les vieoic Triehia, 
kPezita clavariamm, mt \e» Clavaria morts, et beaucoup d'autres 
doot ta simple énamératioo préaentenît peu d'intértt O. • Od i 
décrit un Champignon poussant dans l'iotàîeur des Tniffies, et il 
n'y a pas jusqu'aux plus fines moisissures qui ne portent au som- 
met de leur chevelu de petits parasites. 

-Si les végétaux sont envahis de tontes parts par les Champ^noas , 
qui, lorsqu'ils s'établissent sur les espèces cultivées, la Vigne, la 
Pomme de terre, etc., causent des dégâts eBroyables, les animaux 
n'échappent pas non plus à leur atteinte. Les Insectes sont plus 
particulièrement frappés, et nous raf^llerons tout d'abord, à ce 
propos, la maladie des Vers àswe. Robin a observé trois espèces de 
ArBcAiniu (Coléoptères) infestées par de petits Champignons ; Tulanc 
a décrit une espèce parasite du Hanneton , et l'on a signalé plusieurs 
eq>èces de Tombia sur des larves d'Orthoptère en Nouvelle-Zé- 
lande, sur des larves ou des nymphes de Cieada an Brésil et aux Iodes 
occidentales. • Le Torrahia Tayïori vit sur la chenille d'une grande 
Mite d'Australie. Le Tombia RoberUn, de la Nouvelle-Zélande, est 
ccMinn depuis longtemps comme atlacpiant la larve de VHepiëlat 
vireteeiu. Il existe plusieurs autre* espèces de Champignons qui te 
développent sur les larves de diSérents Insectes, sur lesAraigaées, 
les Fourmis, les Gnépes, etc. Un on deux s'étaUissent sur les Lépi- 
doptères adultes, mais rarement'*'. ■ 

Les animaux supérieurs , l'Homme Ini-m&ne , ne sont pas i l'abri 
de l'envahisBonent des Champignons. La maladie que Ton nomme 
le Hngoet est due à une espèce d'Oidûni se dévdoppant dans la 
bouche, la Teigne est produite par un Champignon d'au autre 
genre. 11 n'y a pas de tissu qui ne semble pouvoir servir de mi- 
Ueu de culture à ces végétaux. Ainsi VAettnav^reet s'étaUit dans 
Tintérieur des os de l'Homme, du Cheval, du Bœuf, du Porc, et 
devient la cause de production d'énormes tumeurs. On le ren- 
cootre aussi quelquefois au milieu du tissu musculaire ou dans 
rintérienr des viscères, t^ que le foie (Boeuf], ou les poumons 
(Mouton). Ces divers organes sont très souvent attaqués, chez les 
Oiseaux domestiques ou sauvages, par diflërentes espèces d'Asper- 
plbu. Divers auteurs ont signalé des Champignons dans la rate, 

«> Coote et Berfcriej. bm ni., p. ti3. — W Rid., loto àt.. p. isS. 



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— 230 — 

les reins, ruténis de certains mammifères. Nous dirons enfin que 
les matières contenues dans l'intérieur des œufs peuvent mime 
être atteintes par des formes parasites, dont les spores pénètrent 
par les pores de la coquille dans la chambre à air. 

L'exposé précédent montre la variété des recherches que doit 
faire an voyageur désireux de faire des collections de Champi- 
gnons, et nous ajouterons que, ces recherches, il peut les accom- 
plir dans toutes les r^ons du globe, car partout où l'Homme 
s'est avancé, il a rencontré des représentants de ce groupe de vé- 
gétaux. Robert Ifoown signale des Champignons au milieu des 
régions glacées avoisinant le pAle Nord, à la baie de Helville; on 
les trouve sous les Tropiques, et depuis les [daines jusque sur des 
sommets très élevés. Oswald Heer a signalé.dans les Alpes, des Pe- 
zizes à 6,780 pieds et Agassiz un Mycene ii 8,000 pieds d'idtitude. 

Une remarque très importante à faire est celle qui se rapporte k 
l'habitat des Champignons dans les régions tropicales, oh ils sont 
sealemtnt trèt eommaia aax aîtitadei qai auarent an clinuil Umpiri, 
Jungbna, d'après les obs«vations qu'il a faites k Java, sur les 
monts Meropi, Keudang, Burang-rang, l^ermaï, etc., a déclaré 
que c'est k une altitude de 3,ooo à 5, 000 pieds que les Champi- 
gnons sont les plus abondants, et le docteur Hoocicer a remarqué 
que. dans l'Inde, la zone du développement mflxim'"" en espèces 
se rencontrait à 8,000 pieds. 

Dans DOS régions, les Agarictu, Pofyporas, Thslephon, se ren- 
cotitrent assez fréquemment jusqu'à 3,000 et 3,joo mètres. 

Il n'est pas de règle fixe, au point de vue de l'inOnence de la 
chaleur, de l'humidité, sur le développement des Champ^oons. 
Ainsi Cooice et Berkeley disent à ce sujet : ■ C'est surtout pendant 
les temps frai* et humides de l'automne que les Champignons 
charnus prospèrent le plus vigoureusement dans notre pays, et 
nous observons que le nombre s'en accroît avec l'Iiumidité de la 
saison. La pluie tombe abondamment aux États-Unis^ et c'est un 
des pays les plus fertiles en Champignons diamus. De Ut on peut 
conclure raisonnablement que l'humidité favorise le développement 
de ces plantes. Les Mjmrgaitret, suivant le docteur Henri Carter, 
sont extrêmement abondants à Bombay, en individus, du moins, 
sinon en espèces; cela ferait croire que les membres de ce groupe 
sont influencés dans leur développement par la chaleur autantque 
par l'humidité; cette concluuon est confirmée par l'apparence phis 



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BorisBaotedese^iècei, dans c« pays, par le tempa chaadde l'été'". > 
U ne faut pas, par conséquent, lonqn'<Hi voyage pendant l'^>oque 
des chaleurs, diminuer les recherches en croyant que la végétation 
des Champions est arrêtée. Cela peut se [Mrésenter dans cerlaios 
cas, mais noua venons de voir que, dans d'antres, il n'en était 
pas ainsi. 

Les divers habitats que nous avons fait connaître indiquent 
qu'on doit, quand on veut récolter des Chainpignont, avoir resprit 
tonjouis ta éveil. Certains Champions déc^ent leur présence par 
des odeurs particulières, pouvant se répandre à d'assez grandes 
dislances, mais ce ne sont là cpie des cas esceptiouneU,- et la dé- 
couverte de ces végétaux est liée presque toujours à des recherches 
pCTsrandles. 

Le ooUectionaeur doit être muni d'une boite ordinaire de bota- 
nique, d'un panier peu profond , dans ieqatà il déposera les espèces 
dont la structure délicuite nécessite un transport surveillé. 11 devra 
toujours diqMMer d'une certaine quantité de papier buvard , dont 
les feuilles lui serviront k enveh^per les échantillons recueillis, ou 
de petits sacs, de sachets &a papier, destinés an même usage. Les 
frottements, qui pourraient se produire et qni seraient soavent 
désastreux, seront ainsi évités. Un cootean servira à détacher les 
espèces solidement fixées aux arbres ou à couper des branches, des 
rameaux. Une petite scie de poche rendra aussi des services pour 
enleva' des portions iignenses. Une série de bottes ou de tubes , dont 
nous indiquerons fdns loin l'usage, devra toujours être emportée. 
Enfin il faut avoir la fwécautîon d'être mnni d'un cartable, où l'on 
déposera les tiges herbacées, les feuiUes, les fleurs envahies par 
les ChampigncHis. 

Les e^iëces non parasites ne sont sujettes à aucune rectnnman- 
dation pour ienr récolte. Quant k celles qui s'établissent sur des 
mafi^res animales on vitales, sar les diverses parties saines on 
en état de dépérissement des v^étaux, dies exigent d'être recueil- 
lies avec une portion de leur substratum. C'est ainsi qu'on sera 
ccwdnit k préserver des t^es, des feuilles, des écorces, etc. Les 
espèces vivant sur les tissus extérieurs des animaux eu dans l'in- 
térieur de leurs divers o^nes doivent être colleclionnées de la 
mémebçon. 

<*> f^oeo cit., a. tin. 



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— 232 — 

Ijes procédés k employer pour conserver les Champî^ons varient 
beaucoup suivant la natare de leurs Ushu. 11 est évident que tontes 
le* espèces qui sont parasites et qui 'se rencontrent sur les feuilles 
mortes, les tiges herbacées, ae demandent pas d'antres soins pour 
itre desséchées que ceux qn'on accorde aux plantes sur lesquelles 
elles se sont établies. • U peut létre nécessaire quelquefois, pour les 
feuilles mortes, de les jeter dans l'eau, afin qu'elles s'aplatissent 
sans se iKÎser, et ensuite de les sécher de la u^ne manière que 
les feuilles vertes. Toutes les espèces qui se développent sur une 
matière dure comme le bois, l'écorce, doivent être, autant que 
possible, dégagées de la substance nourridère, en tarie qne les 
échantillons puissent s'étendre à plat dans l'herbier. On arrive sou- 
vent . d'une manière plus facile, à ce résultat dans les espèces qai 
vivent sur l'écoroe, en enlevant l'écorce et en la faisant sécher sous 
pression. Dans le cas où l'on séparerait le Qiampigoon de la suIf 
slance nourricière, Une faut j>atmamiiurdêpr4terver a» échantillon 
de cette dernière, qui portera une étiquette semblaUe k celle junte 
à l'échantilloD. En ce qui oonceme les éoxvxs, nous recomman- 
derons, si elles sont dures, desséchées, de les ramollir k l'aide de 
l'humidité et de le» amincir autant que possible en les tailluit 
par leur face profonde. On fait ainsi disparaître l'inoonvéoient 
qui. résulterait d'un trop gros volume. 

■ Si les Champignons sont visqueux ou d'une consistance géla- 
tineuse, il faut les laisser sécher à l'air libre et ne les ctHnpriiMf 
que quand ils ne peuvent [dus adhérer au paftter. Oo pe«t encore 
les conserver en les fiunt solidemoit sur une petite planchette, 4 
Vaide d'une ficelle qui les enroule et que l'on fait passa entre les 
individus pour ne pas les déftNrmer. Les (^ampignons rameux, 
comme les CUivairet, les Meriâma, forment quelquefiMs des Dusses 
considérables; on est alors oUigé de les diviser, mais il faut avoir 
la précaution de noter leur couleur et de receveur les apon» sur 
on papier; on les laisse exposés à l'air et, quand ils sont fiétris, on 
les soumet à une i^ère pression , afin de ne pas trop les déformer. 
Les Théléf^ores et toutes les espèces qui sont membraneuses se 
dessèchent très facilement; si elles sont contournées, irrégulières, 
oo leur rend la souplesse eo les exposant à l'humidité. Les Peaîie$ 
perdent constamment leur forme et leur couleur; il {iiut toujours 
en tenir note. Si elles sont terricoles, oo les dépouille de la terre 
ou du sable qu'elles ont à leur base, on les expose quelque temps 



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— 253 — 

ï l'air avant de les comprimer. Si elles vivent sur des bois, des 
tiges de plantes, on divise ces parties de manière qu'elles aient 
peu de volume. Les Tubéracés ne {wésentent aucune difficulté, 
parce qu'on peut Jes sécher entièrement ou les coup» par tran- 
ches; ils se conservent aussi très bien dans Talcool ou dans Teau 
salée. 

• Les Lycoperdîacés, quand on les trouve secs, peuvent être 
soomis k la pression après av<Mr passé «ne nuit dehors. Omime 
Hs contiennent des sets dtiiqnescents, ils se ramoUissent, se laissent 
facilement comprima'; si ce sont des Gtatttr, des TjUutomë, il 
faut s'arranger de manière que leur mode de déhiscence sut vi- 
siUe. Quand on récolte ces Cham^ngnoas frais, il faut, de toute né- 
cessité, les laisser à l'air parcourir leurs périodes de v^étation ; on 
les voit alors se ramdlir, changer de couleur, comme s'ils étaient 
déccMiiposés; phis tard, le licpiide qu'ils contenaient s'évapore; ils 
se dessèchent et l'on se comporte avec eux comme s'ils euasent été 
récoltés secst'l. • 

Certaines espèces, comme cdUes do genre Pofyuxum , ont no ré- 
ceptacle très friable, quaad elles sont desséchées. Il Tant, pour les 
conserver, les envelopper dans an morceau de papîw Ivouillard que 
Ton 9 préalaUement mouillé et que l'on applique étroitement sur 
toote leur surface. Le papier, en se séchant, forme une enveloppe 
soËde qui enqiéche la rupture du Champignon et la dispersion des 
^Mres qu'il contient. Leveillé dit s'Mre servi très avantag^isement, 
pour le même but. de lames de plconb, très minces, semblables k 
celles qu'on emjdoie pour recouvrir le chocolat. 

Les PhaUoidés, si reconnaissaUes, la [dupart du temps, par 
l'odeur fétide qu'ils répandent, sont assez faciles à sécher. ■ On les 
arrache avec leur vcdve et; k l'aide d'une fic^e, on lessospeod.ibns 
l'air, te réceptade en bas; le latex s'écoule ou se dessèche, les 
antres parties se défMment un peu; quand ils sont presque secs, 
on les met en presse, mais avant il but les ajusta* et rétablir les 
rapports des difierentes parties. Cette opération, quoique Icmgne, 
réussit constamment quand les voyageurs peuvent y mettre le 
temps. H. te docteur klotisch conseille de remplir chacune deq 
parties de ces Champignons avec du coton et de les expos» à une 
atmosphère sèche, et, quand leur humidité est dissipée, on les met 

(■) Ltneillé , Diet. ■«>. /fût. nttt. , i* édit. . p. i^S. 



byGoogIc 



— â34 — 

en presse après avoir retira le coton. U emploie le méoie pioché 
pour les grandes Pesizes. 

■ Les Morilles, les Hdvelles, les grandes Poizes, les CUvaire* 
se conserveat très bùa en entier, presque avec leurs coalears na- 
turelles, en les mettant dans do sable fin et très sec. Il faut avant 
leur laisser perdre à l'air une grande partie de leor eau de v^^- 
tion. Ce mode de préparation est très avantageux; les Cham- 
pignons retiennent un peu de sable k leur surface, que l'on par- 
vient à détacher avec un pinceau rude. On évite œt accident chei 
les Petites en recouvrant la cavité de leur cupule avec un tissu de 
soie très souple <". ■ 

Les espèces coriaces, oMume cdles des Agarics, doivent £tre 
simplement desséchées et ne présentent aucune diffîctdté pour leur 
préservation. Hais il en est tout autrement des espèces charanes, 
aqueuses, dont la préparation est, dans certains cas, presque im- 
possible. ■ Il iaut les arracher de terre toujours avec précaution, 
afin d'obtenir la volve, le mycélium, s'ils en ont; puis, on les met 
à plat sur du papier pour recueillir des spores. Si Ton a le soin 
de diriger le chapeau du cdté de la lumière, il se courbe souvent 
et commence à s'aplatir natar^emeot. Quand ils ont perdu la 
plus grande partie de leur eau de végétation, on les recouvre de 
quelques feuÛles de papier, puis on les soumet à une [««ssion que 
Ton augmente peu à peu. En redressant un peu le bord, quand il 
se roule trop en dedans, on parvient k avoir des échantillons con- 
venables. Toute espèce de Champignon charnu dont le tissu est altéré 
ou dont le suc est exprimé par la pression ne se desséchera jamais 
bien ; il faut la r^eter, ainsi que celle qui contient des larves d'In- 
sectes 1»).. 

M. Klottsch a indiqué, dans les Archives de Botanùfae, pour la 
préservation des Bolets, dos Agarics charnus, un procédé ingénieux 
qui permet de conserver assez bien les caractères principaux de 
ces Champignons '^.•L'Agaric ou tout t'itre Champignon semblable, 
est coupé perpendiculairement de haut en bas, k partir du pileos, 
tout le long de la tige. Une sectmde section dans la même direction 
enlève une tranche mince , qui représente une coupe du Gham[^noo. 
On peut l'étendre sur du papier buvard ou sur du papier à sécher 

(■) Leveillé, Diel. miv. Hi$t. naU, i* àlit., p. 176. 
W Id.. p. l^6. 
(1 T.Lp. «87. 



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— 235 — 

les plantes et la soumettre k une l^re pression pour la faire sé> 
cher. Sur une moitié da Champignon oo enlève le pileus, et avec 
UQ couteau bien tranchant on coupe les feaillets et la portion 
charnue du pîleas. De la mâme manière on enlève le tissu charnu 
intérieur de la moitié de la lige. Après la dessiccation , la moitié du 
pileus est placée, dans sa position naturdle, sur la moitié de la tige, 
et l'on a ainsi une représeutatioQ da Champignon avec son port, 
tandis que la section montre l'arrangement de l'hymenium et les 
caractères de la tige. On peut mettre l'autre moitié du pileus, les 
feuillets tournés en bas, sur un morceau de papier noir, et le laisser 
ainsi passer la nuit. Le matin, les spores se sat>nt répandus sur 
le papier, qu'on pourra placer avec les autres parties. Quand le 
tout sera sec, la coupe, le profil et le papier aux spores pourront 
se monter ensemble sur un morceau de papier fort • 

Les Gasteromycètes poudreux sont diffidies à préserver. Cooice 
et Berkeley reconmiandmt l'emploi de petites bottes de carton, car- 
rées ou rondes, de la profondeur d'us quart de pouce au plus. On 
colle, dès qu'on l'a récolté, l'échantillon sur le fond et on laisse 
sécher avant de remettre le converde. On devrait, disent ces sa- 
vants mycologistes, adopter la même méthode pour beaucoup de 
moisissures, qui, de toutes manières, sont difficiles à conserver. 

■ Pour collectionner ces dernières, ajoutent les mêmes auteurs, 
nous avons trouvé très avantageux de nous munir, dans nos excur 
sions, de petites boites de bois bouchées avec du liège en dessus 
et en dessous, comme celles des entomologistes, et d'épin^es wdi- 
oaires. Quand on récolte une moisissure délicate sur un vieil Aga- 
ric, ou snr toute autre substance, après avoir enlevé avec un canif 
tontes les parties inutiles de la substance nourricière, on peut pi- 
quer l'échantillon sur le liège de l'une de ces boites, avec une 
épingle. Une autre méthode, avantageuse aussi dans le cas des 
Myxogastres, est d'emporter deux oo trois boites à pilules, dans 
lesquelles on peut placer l'échantillon après l'aYtHr enveloppé dans 
du tafiètas O. 

" ■ Les moisissures sont toujours difficiles à conserver, dans un 
herbier, dans un état suffisamment intact pour être consultées au 
bout de qudqnes années. Nous avons trouvé qu'il est excellent de 
se procurer des plaques de mica, aussi minces que possible, d'une 

<■) Cooke et Berkele;. loco cit., p. ifij. 



,dbyGOOgIC 



_ 2S6 — 

grandeur uniforme, soit de deux pouces carrés et même moins. 
Entre deux de ces plaques demica, placez an fragment de la moi- 
sissure, en ayant soin de ne pas faire glisser ces plaques l'une sur 
l'antre après que la moisissure a été posée. Tenez les plaques 
avec une pince, pendant que vous collez des bandes de papier, h 
la gomme on à la pâte, sur les bords du mica, pour assujettir les 
les plaques '^1. > Il résulte des indications précédentes que l'on peut 
préserver les moisissures, soit en les fixant avec leur snbstratum 
dans une boite, soit en les plaçant entre des plaques de mica. Nous 
engagerons, pour notre part, les voyageurs k user, simultanément, 
de ces deux procédés; ils seront ainsi sArs de posséder d'utiles ma- 
tériaux de descriptioD à leur retour. 

Berkeley, dans les conseils qu'il a adressés aux voyi^eurs, a fait 
remarquer «que la plus grande partie des Champignons, tnrtoat 
ceax dei Tropiijaei, se dessèchent simplement, par nne légère pres- 
sion, avec autant de facilité que les plantes phanérogames; un seul 
changement du papier, dans lequel ils sont placés, suffit génénle- 
ment; un grand nombre, une fois enveloppés dans du papier bu- 
vard, au moment de la récolte, et soumis à une légère pression, 
ne demandent pas d'autres soins. Pour ceux qui ont la consistance 
du cuir, on n'a qu'à changer le papier quelques heures après que 
les échantillons y ont été mis, et ils conservent admirablement 
leurs caractères; si, quelques semaines après, on a occasion de les 
laver avec une solution de térébenthine et de sublimé, et qu'on tes 
soumette de nouveau k la pression, pendant quelques heures, uni- 
quement pour les empédier de se rétrécir, il n'y aura pas k craindre 
qu'ils soient attaqués par les Insectes. 

< Beaucoup de Champignons sont si mous et si aqueux, qu'il est 
difficile d'en préparer de bons échantillons sans un travail auquel 
les voyageurs ne peuvent pas songer. Pourtant, en changeant deux 
ou trois fois le premier jour, s'il est possible, les papiers dans les- 
quds ils sontséchés, on aura des échantilloas utiles, surtout si l'on 
peut prendre quelques notes sur la couleur, etc. Les notes les plus 
impcurtantes sont relatives k la couleur de la tige et du pilens et auxf 
particularités de la surface : on examinera, par exemple, si ces 
parties sont sèches, visqueuses, cotonneuses, écailleuses, etc.; si 
la chair du pileus est mince ou non; si la tige est creuse on pleine; 

(» CocAe et BerLdejr. loc« cit., p. 167. 



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— 237 — 

si les feuillets sont décurrents sur la tige ou libres, et surtout quelle 
est leur couleur et celle des spores. * 

Nous ne saurions trop insister sur l'importance de l'observation 
concernant les spores, dont un échantillon, placé dans de petits 
tubes on dans du papier, doit toujours accompagner les Cbampi- 
gaona récoltés, et sur la nécessité qu'il y a de faire un croquis indi- 
quant le port, les proportions générales, et exprimant, par une 
teinte plate, la couleur des diverses parties. 

On a cherché k préserver les ChampigooDS en les plw^nt dans 
un liquide conservateur. Il n'y a pas de meillenr procédé que celui 
qui consiste à les immei^er dans l'alcool; s'ils y perdent leur cou- 
leur, on est assuré du moins de leur voir conserver leurs formes 
et leurs caractères. En voyage, on peut se trouver dépourvu de ce 
liquide et nous conseillerons d'avoir recours, dans ce cas, à de 
l'eau fortement salée. De l'eau dans laquelle on a fait dissoudre une 
quantité suffisante de sulfate de cuivre pour lui procurer une l^re 
teinte bleue, ou de l'acide pyroligoen s, semble posséder les mêmes 
propriétés. Bayle-Barlalle et Witering conseillent d'ajouter quatre 
parties d*alcool à dix de la solution de sulfate de cuivre. 

L'espéditioD des Champignons en herbier, c'est-à-dire de ceut 
isréparés k la fà<^n des plantes phanérogames, se fera ainsi que 
nous l'avons indiqué en pariant de celles-ci. Quant aux échantil- 
lons desséchés, on les placera, après leur avoir adjoint une éti- 
quette, dans des douUes de papier buvard, et on les déposera dans 
des petites «aisses, ou mieux dans de grandes boites en bois, en 
ayant le soin de laisser le moins d'interstice possible entre eux. Les 
interstices devront, d'ailleurs, être comblés avec du papier Croisse. 
I^s échantillons lourds, massifs, seront mis à part et emballés , 
comme les précédents. II ne iàut jamais se servir de caisses en 
zinc. 

Les boites repfermant des moisissures fixées sur leur fond se- 
ront groupées dans des caisses spéciales, qui, par suite de leur lé- 
gèreté, seront manœuvrées facilement. 11 y aura moins à craindre 
des secousses qui feraient détacher les échantillons. 

Les moisissures comprises entre des lamelles de mica seront 
placées dans des petites Ixdtes et emballées au milieu de papier 
de soie on d'ouate. 

Les étiquettes doivent porter : i" le nom de la localité et son 
altitude ; 'j" la désiguatiou de l'endroit où le Qiampignon a été 



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— 238 — 

cueilli, prairie, bois, étang, etc.; 3* celle de mmi habitat aéricD oq 
souterraio; 4° l'iDdicatioD de son mode de vie, libre ou parasite; 
5° s'il est parasite^ la mention de la substance sur laquelle on l'a 
trouvé, celle du v^tal et de la partie du v^çétal où il vivait, 
écorce, feuille, fruit, etc.; 6* les remarques relatives à son port, 
la coloration de ses diverses parties, ainsi que celles concernant 
leurs formes, leurs dispositions ; •}' le nom vulgaire , s'il en existe 
un , par lequel on le dés^ne dans le pays; 8' la mention s'il est 
comestible ; 9* la date du jour où il a été cueilli; 10° un numéro 
d'ordre, correspondant k l'ensemble des échautiUoDS d'une même 
espèce recueillis, le même jour, dans une même localité. 

Pour les espèces vivant en parasites, sur les végétaux, il est ab- 
solument oécMsaire qu'elles soient accompagnées d'un échantillon , 
en herbier, complet de ceux-ci, racines, tige, iênilles, fleurs et 
fruits, et l'étiquette portera un numéro spécial permettant de le F& 
trouver dans le cas où l'ou ne le placerait pas dans la même 
feuille. 

S 5. Des Lichens. 

Les Lichens sont des Cryptogames, dont les habitats sont fort 
divers, alors que leurs formes, leur coloration, présentent une ex- 
trême variabilité. On en rencontre au milieu des sables, sur la 
terre, sur les murs, les rochers, les tronc* d'arbres, les feuilles 
mortes ou vivantes. Ils poussent sur les vieux chaumes, les crot- 
tins desséchés de certains animaux. On en a signalé sur une foule 
de matières animales, les os, le cuir, plus particulièrement, alors 
que divers lïcbenc^raphes ont mentionné leur présence sur de 
. vieux vitraux et jusque sur des tessons de bouteilles. 

L'on peut dire, d'une manière générale, que, dans les pays tem- 
pérés, les Lichens se développent plus spécialement sur les écorces 
(tes arbres; dans les pays tropicaux, sur les feuïHes, k l'ombre 
des grandes forêts; dans les pays froids, sur les rochers. 

Au point de vue de la multiplicité de leurs espèces, on doit re- 
marquer que c'est plus particulièrement dans les régions arcti- 
ques et antarctiques, que ces v^iétanx se montrent en grande 
abondance, ainsi que dans les r^ons alpines. 

Certains Lichens ne poussent que dans des stations détermi- 
nées, à l'exclusion de toutes autres. «C'est ainsi que les roches 
qui bordent la Méditerranée et l'Océan présentent des espèces que 



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— 280 — 

l'on rechercherait vunedoaeot aiUeun, les Roc«Ues, par exemple; 
que les bois de Conifires Boot l'habitat exclusif des Xyhgrapka, 
qne le Ltcidea myrmacina est spécial aai écorces de Pios et que 
le Leàdea retiitm ne se àévt^ppe que sur la résine des Conii^res. 
Cepeudant, on coonatt un plus grand nombre d'espèces qui habi- 
tent indifiëremmeat des localités très variées; il en est même 
de cosmop(dites, tels que les Lactnora $ahftuca, ParmelUi perîata, 
Gadêiia rangiferina, qu'on rencontre dans tes contrées les plus 
dissemblaUes, 

• Parmi les espèœs qui croissent communément sur les roches, 
le Lecidea rivuhta a été souvent découvert sor les parties corticales 
des arinvs, et, panni les Lichens qni votent indiBéreimnent sur 
les écorcesjleboifl, lesrodies, la terre, les Housses, etc., Nylander 
indique Uirua harbata, plusieurs Nephromiam, Parmelia, Phytcia, 
Lteanon, Lecideu, etcf. > 

Les voyageurs ne Muraient trop s'attacher k bien Faire con- 
naître l'habitat, ou les habitats maltifrfes, des espèces de Lichen 
qn'ils pourront recueillir, à bien préciser la région qu'dtes ocCu* 
peut, l'altitude à laquée ils les ont rencontrées. Ils devront, 
d'antre part, s'inftHmer si certaines d'entre ^es ne sont pas uti- 
lisées ponr divers usages. Il en est de comestibles, telles qne le 
Lecanora eicaUBta, abondant aU miUen des sables de l'Algérie, 
et dans lequel certains auteurs ont voulu reconnaître la Manne 
des Hébreux; d'autres appartenant aux genres Rocella, ParmeOa, 
renferment des matières tinctoriales. Le Cladina. rangiferina con- 
stitue, en hiver, la nourritnre exclusive des Bennes, et le Cretntria 
ulandica a été utilisé longtemps pour le traitement de certaines 
affections des vmes respiratoires. 

Les Lichens, dont la végétation est très lente, peuvent être ré- 
coltés il tontes les époques de l'année, pourvu qu'ils soient lûen 
développés et qu'ils soient pourvus de friicti6cations. • Il arrive 
souvent qne la surface des Lichens se couvre d'une foulé de pe- 
tites protubérances, qu'on pourrait prendre pour des fructifica- 
tioDS, mais qui ne sont, en réalité, qu'âne kx^jb de bourgeonne- 
ment de la surface. Il est bon d'être prévenu de ce fait, afin de ne 
pas attribuer à cet état, très fréquent dans certaines espèces, une 
importance qu'il n'a pas. Le récolte des Lichens , autant que celle 

"> Veriot, Gnùb rfa fiotonûlf furheritant, p. 1S9. 



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— 940 — 

des Housses et des Hépathiqoes, eug« l'emploi d'une bonne loupe, 
poar procéder dans le choix des échantillons "I. ■ 

An point de vue deU récolle des Lichens, M. Verlot donne les 
conseils suivants : «Réorités par un temps un peu frais, les Li- 
chens, surtout ceux qui habitent les rochers, se détachent plus 
facilement; et, Uen qu'en général ils soient plus faciles ii recMi- 
nattre dans cet état, il est préférable de les récolter par un temps 
plutôt humide que sec. 

*La récolte des Lichens se fait facilement. Le oooleau- poi- 
gnard, dont nous avons parlé précédemment, ou tout autre cou- 
teau k lame mince et flexible, est très convenable pour enlever les 
espèces membraneuses et foliacées des rochers. Un couteau ordi- 
naire Bufiit pour détacher les espèces oorticalcB; mais un marteau 
et un bon ciseau sont indispensables pour faire la récolte des es- 
. pèces saxicoles, qui, soit par leur petitesse, soit par leur adhé- 
rence, doivent être enlevées avec un fragment, aussi mince que 
possible, de la partie qui les porte. 

1 La boite ii herbwisalioa est aussi très commode pour recevoir 
des Lichens de toute nature. Toutefois, pour éviter des mélanges 
à peu près certains, il sera prudent d'eayeli^per chaque espèce 
dans des morceaux de papier ordiaaire, ou, ce qui vaudra mieux, 
de les renferma dans des sachets '^'. Pour les. espèces saxia^es, 
souvent très sujettes k se briser, on ne devra le* déposer, dans U 
botte ou dans la gibecière du géologue, qn'après les avoir enve- 
loppées dans du papier souple , afin d'éviter les dégits que le frot- 
tement pourrait occasionner <'>. • 

Certaines espèces de Lichens, foliacées, fractîculeuses, peuvent 
être, après leur récolte, préparées comme les plantes dTcotyle- 
dones, en les plat^at entre des feuilles de papier buvard, de ina- 
ni^ à leur faire perdre leur humidité. En général, on n'a pas 
besoin de les comprimer énergiquement 

La plupart des espèces doivent être simplement abandonnées à 
l'air, dans un endroit sec, et, lorsqu'on constate qu'dles ont perdu 
toute l'eau qu'elles renfermaient, on n'a pins qu'à les entourer sé- 
parément d'une feuille de pa^ner, ou i les placer dans des sa- 

(" Vcrlol, Icw cit., p. 161. 

C Ou ne doit pM oublier de joindre immédiatement rriti<|iMtte comprensirt 
les renieigncnienti ijae udui anms indiqués. 
'^> V«rlot, loe« cit., p. 160. 



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— 241 — 

chets, avec leurs étiquettes respectives. On les réunit ensemble, 
dans une botte commune, en les tassant su£Qsamment pour 
qu'elles ne ballottent pas. Si l'on dispose de caisses en zinc, il est 
boa de les utiliser pour ces sortes d'envois. Les échantillons 6xés 
sur des morceaux de roches devront être mis à part ; ils seront 
embdiés dan* plutiean doablet de papier, de manière à être bien 
préservés, et on les disposera dans une caisse spéciale, en plaqant 
les plus lourds dans le fond et en les serrant assez pour qu'ils ne 
puissent se déplacer. S'il existait des vides , on les comblerait avec 
du papier très froissé et comprimé fortement dans les mains, 

CHAPITRE XVni. 

TltAHSPORT DES PLANTES BT DES GEtAlNES B\OTIQUBS. 

L'envoi de plantes ou de graines, d'un point à un autre des ré- 
gions que nous habitons, constitue, de la part des horticulteurs, 
une opération journalière, et les précautions à prendre pour as- 
surer te succès de semblables expéditions sont trop connues pour 
que nous ayons à en parler ici. Tout au contraire, les soins dont il 
faut entourer des plantes qu'on désire introduire des pays chauds 
dans les lones tempérées sont généralement ignorés. Pour qu'un 
végétal originaire des Tropiques puisse se développer chez nous, 
il faut d'une part, conmie l'a dit M. Max. Cornu, qu'il aitété soumis 
à un bon traitement au moment de son départ, et qu'il en reçoive 
un tout aussi bon au moment de son arrivée. 

En ce qui concerne les soins à donner au départ, M. Max. Cornu 
a fait remarquer que le& plantes que l'on vent faire voyi^r doi- 
vent toujours être transplantées et cultivées daus des godets pendant 
deux ou ta^is semaines avant le moment de leur départ , pour favo- 
riser leur reprise. Si l'on n'a |ias de godets, on peut très utilement se 
servir de portions de tiges de baml)ous, qui, sciées entre les entre- 
noeuds, constituent d'excellents vases naturels. Au début, on arro- 
sera un peu les plantes ainsi disposées, puis peu à peu l'on sup- 
primera l'eau et l'on produira ainsi un arrêt de la végétation. C'est 
cet arrêt qa'Ufaat toajoun obtenir avant un envoi, si l'on veut être 
sûr de le voir réussir. 

Eu effet, les plantes voyagent souvent seules, personne ne s'oc- 
cupant de leur entretien; ou bien, en présence des fatigues, des 
dilBcultés d'une traversé».', on les visite rarement, inégalement, et 



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— 242 — 

dès ion, étant ma) soignées, elles ne tardent pa» k dépârir. Pu 
conséquent, il faut amener leur oi^nisme, parmn trailetnent fHn>- 
gressif, à se troaver dans un état pfaysiolt^que tel qu'il poisse 
se passer presque abecdument d'eau. Avec des plantes lùen pré- 
parées, durant un voyage de vingt jours, on n'a besmn que de les 
visiter une fois; si le voyage se poursuit trente, quarante, cinquante 
jours, on les examinera tous les dix jours et on les Birosera avec 
une modération extrême. Les arbres à feuilles caduques ne doi- 
vent être déplacés et expédiés qu'an moment oit ils sfuit à ïèUi de 
repos. 

Lorsque les plantes à envoyer sont dans un excellent état de 
préparation, on doit se préoccuper de les embdler. Les procédés 
auxquels on aura recours peuvent étie très variés, et ils -dépendent 
surtout des conditions où l'on se trouve. Si l'on est dans une ville 
d'où il soit aisé d'expédier par chemin de fer, par bateui, l'envoi 
que l'on prépare, on se servira d'une sorte de petite serre porta- 
tive, connue généralement sous le nom de coûte Word. La ^upart 
des envois &its au Muséum de Paris parviennent dans de sem- 
blables appareils, dont voici la description : 

* La caisse Ward a de 9 à ii décimètres de long snr6 delai^, 
7 à 10 de haut Le fond ne doit pas poser sur le plancher, mais 
être élevé de quelques centimètres par les pieds qui fixmait les 
quatre angles, de manière que l'eau de mer qui glisse sur le pont 
ne puisse pénétrer le fond. 

«Les deux petits cMés de cette caisse oblongue, taillée supé- 
rieurement en pignon aigu, supportent deux châssis vitrés, for- 
mant un toit à deux pentes. 

• Les cdtés et le fond doivent être constmits en bois de àAte on 
autre boîs très solide, de a5 k 38 millimètres d'épaisseur, bien 
sec et bien assemblé, à rainure, de manière à ne [nrésenter au- 
cune fissure. 

> Les «^ssis vitrés sont divisés par des traverses de 4 à 5 cen- 
timètres de large, qui s'étendent du bord supérieur au bord infé- 
rieur, et qui sont éloignées de 7 à S centimètres. Ces travwses k 
trois rainures sur les câtés, le supérieur excepté, revivent les 
verres, qui doivent être épais et solides, fixés à reoouvrauent, 
comme les tuiles d'un toit, et bien mastiqués. L'un des ch&ssîs est 
fixé d'une manière permanente sur l'un des cdtés de la caisse et 
supérieurement sur le chissis opposé, au moyen de vis qu'on 



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— 243 — 

doit tiroir Tattention de bien graisser ea les mettant, pour qu'elles 
De se rouillent pas dans le bois, et qu'elles soient facile à retirer. 
Ces caisses doivent être parAdtement mastiquées sur tous les joiats 
et bien peintes k t'huile extérieureinent. 

> Deux fortes poignées en ïtx sont fixées aux deux extrémité* 
de la caisse pour la rendre plus portative et aussi pour pouvoir 
ramarr^ sur le pont du navire. Il est essentiel, surtout, pour 
manier ces caisses, qne les pcMgnées soient retenues scJidement 
dans une position horixoutale par deux crochets en iêr, formant 
arcs -boutants, de manière que la main ne puisse être com- 
primée entre b po^ée et la caisse. En6n, un grillage solide et à 
petites ma^es de fil de fer, soutenu à quelque distance du vitrage 
(environ 3 centimètres) par plusieurs triage de fer devra mettre 
ce vitrage k l'abri des accidents résultant des ciiocs asses violents 
qu'il peut recevoir Cl. • 

(^Mnd (m veut utiliser une caisse semblaUe, on en garnit le 
fond av«c de la terre, qn'on tasse et qu'on arrose légèrement, sur 
use épaisseoT de ao centimètres environ , puis on fait pénétrer dans 
cette couche les godets raifermant les plantes à expédier. Cela fait, 
on couvre la terre d^ lit pen épais de mousse et l'on pose des 
traverses eu bois, passant sur les godets, que l'on doae aux parois 
de la caisse. On évite de cette manière que ceux-ci ne soient sou- 
levés durant les ébranlements vi<^ots dont Tappareil peut avoir 
k souflrir. 

Les caisses ainsi préparées doivrat être déposées, lorsqu'elles 
doivent être transportées par mer, sur le pont du navire, après 
qu'on a en le soiu de blanchir l'intérieur des vitres avec de la ce- 
ruse mâangée k de la colle de pAte ou avec du blanc d'Espagne, 
afin de protéger les plantes contre les rayons du soleil. On peut 
^aloneut atteindre le même but en douant une toile sur les 
châssis. 

Ces sortes de petites serres ayant l'inconvénient de peser beau- 
coup, et, par conséquettt,d'être diEBdlement transportables, on en 
a fait un modèle un peu plus petit, k toit pas mal surbaissé. Mais, 
quoique le poids en soit réduit, 11 n'en est pas moins encore assea 
âevé, et l'on ne saurait songer k se servir de semblables appareils 

«> JitflnwtMnj paar Jm Yojagean. poUiési p«r l'Admiuùtralion du Hutéuin. 
i* éJit.. p. i3. 



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— 24(1 — 

lorsqu'on entrepread, duift l'intérieur dée terres, un voya^ durant 
lequel on aura souvent recours à des porteurs, ta chu^ d'uo 
brauiie ne (touvant dépasser 3o kîlt^rammes. Le niieui est alws 
de se servir de petites caisses carrées, se fermant au moyen d'un 
vitrage, prot^é extérieursmeQt par un treillage en fil de fer. Ces 
caisses reposent, comme les caisses de Ward, sur quatre pieds, et 
leur couverde est maintenu au moyen de. vis. Leurs cdtés portent 
des poignées pour les manœuvrer facilement. Remplies de terre et 
garnies de plantes, leur poids n'est pas supérieur à celui dont un 
homme peut se chat^r. 

Si l'fm venait à se trouver dépourvu de ces appareils, on pourrait 
) rendre tout simplement une caisse de prîtes dimensions, percer, 
comme le recommande M. Max. Cornu, son fond d'un trou pour 
l'écoulemeat deseaui et au moyen de quatre tasseaux lui constituer 
des pieds. On clouerait ensuite, au niveau de ses quatre angles, 
quatre baguettes assez longues et souples, dont on ramènerait tes 
unes vers les autres les extrémités supérieures pour les attacher 
ensemble. Il résulterait de cette construction une sorte de dame, 
qui, une fois les plantes installées, serait recouvert d'une toile dont 
les liords seraient cloués sur la partie supérieure, des parois de la 
caisse. 

Nous avons dît qu'il fallait amener les [Jantes à l'état de rei>oE 
avant de les expédier, mais il en est qui, dans les pays chauds, se 
ù'ouvent naturellement dans cette condition à certaines périodes 
de l'année, et l'on peut alors facilement profiter de cette circon- 
stance pour les faire voyager. Ainsi, sous les Tropiques, il existe 
une saison de pluies qui, correspond à la saison chaude, et à ce 
moment la végétation est en pleine activité. An contraire , lorsqu'on 
arrive à la période de sécheresse, les végétaux perdent leurs feuilles, 
ils s'endorment en quelque sorte, et, si nu les récolte, on peut les 
faire voyager sans leur voir courir le moindre risque. Les plantes 
épiphytes, c'est-à-dire celles qui poussent en deliws de la terre, 
.telles que ccrlaiues Orchidées, certaines Broméliacées qu'on trouve 
accrochées à une foule de corps étrangers, à de^ troncs d'arbres 
plus particulièrement, sont dans ce cas. Il suffit alors de les dé- 
tacher avec la partie du substratum auquel elles adhèrent, de les 
fixer dans une serre Ward ou dans tout autre appareil d'ex|)édi- 
tion.cn les sus|)endiiiit aux parois ou on les couchant sur un lit 
de nious^ sèchi-. Ou les maintient îmaiobili^écï dans ce doniier 



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— 245 — 

cas, en élablissant de petiU^s b^vcrses qae l'on cloue aux parois 
de la cause. 

. A Topposé des i^aotes dont noua vecoDs de parier, il en est qui 
sont suBceptîbles d'être envoyées en toutes saisons. Les plantes ii 
racines tuberculeuses et celles à tiges succulentes, comme les 
plantes grasses, * douées d'une rusticité comparativement grande, 
peuvent être eipédiées avec facilité dans des caisses ordiuairea. 
Mais, pour empéclter Téchauflément et favoriser la conservation 
des végétaux qu'elles renfermeut, ces caisses doivent être percées, 
des deux càtés, de txéi petits trous, qui facilitent la libre circu- 
lation de l'air, et évitent ainsi une surabondance d'bumidité tou- 
jours préjudiciable en pareille ùrcoottaoce. C'est encore pour ar- 
riter à ce résultat qu'on doit emballer les plantes (racines et tiges) 
dans de la mousse bien sèche, ou toute antre substance ne rete- 
nant pas l'humidité. Il est indispensable aussi qu'uu c^taïn ordre 
préside au placement de ces plantes dans la caisse; on doit y dé- 
poser les mottes altemalivemeat de chaque càté, en les tenant 
solidement fixées par de petites traverses en bois, douées h la 
caisse. S'il n'en était pas ainsi, les plautes eu vacillant seraient 
exposées à se presser tn^ fortement, parfois même à se meurtrir, 
résultats qui amèneraient iofaïUiblemoat leur pourriture ^') >. 

S'il est certaines [Jantes dont il est possible de modérer l'acti- 
vité v^étale.en les traitant comme nous l'avons indiqué, il en 
est d'auU^ pour lesquelles cela ne peut se faire. Les plantes bul- 
beuses sont dans ce cas. On n'arrête pas la v^étatioa d'un bulbe, 
il faut attendre un arrêt spontané de sa part 

11 est d'autres plantes dont on produit une suspension de ta 
vie par une sorte de mutilation. Elles se trouvent alors dans des 
conditions paifaites pour voyager. Ainsi les Fougères émettent des 
frondaisons, mais ces frondaisons garnissant le boui^^etHi terminal 
ne se développent pas toutes; ce sont seidement les extérieures 
qui grandissent et s'étalent, alors que celles comprises en dedans 
d'elles sont en quelque sorte en état de préparation, ne devant 
s'épanouir qu'au bout de deux, trois ou quatre ans. Pour faire 
voyager de semblables végétaux, on peut les prendre k un moment 
quelconque de Tannée, et il suffit pour assurer une Iwnne expé- 
dition de les arradier, de détacher leurs racines, de couper Iça 

Cl Vettot, ioeo n>..p. 118. 



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— 246 — 

feuilles dévelc^pées, en mënageant le bourgeon tamiiul, pois 
d*eDvelopper la bâche aÎDsi faite d'une toile, en ayant le soIq de 
garnir rextrémité supérieore d'un capuchon de moosse, pour éviter 
qu'rile ne soit Messée par qudque choc. Des végétaux dans cet 
état se transportent parÂutement, et il suffit, même au bout d'un 
ou deux ans, si l'on a eu la précaution de les tenir dans an endroit 
Mc, de les placer dans des conditions de germination, poor les 
Ttùr se développer de la manière la pins facile et la plus parfaite. 

Les Cycadées doivent être ramenées, «Hnnw tes Fougbvs, h 
l'état de bûches, toujours en ayant grand soin de mén^er leur 
bourgeon terminal. Mais cette iH-écaution, indispensable pour les 
végétaux dont nous venons de pAiier, ne l'est plus poor d'autres. 
Ainsi, poor envoyer divers Aroldées, il snfiGt de prendre simple- 
ment un morceau de leur tige, qui, débité et mis en état de v^é- 
tatîon, ne tardera pas k donner naissance k de nouvelles [daotes, 
dans le pays où il sera parvenu. C'est par ce procédé qu'on arrive 
également k multiplier la Canne k sucre. 

Ce qu'on peut faire avec ces Monocotylédones , on peut ^|;alement 
l'accomplir avec de* Dico^rl^ones ligneuses. Ainsi , M. Max. Cornu 
a montré, comme exemple de ce fait, durant le com^ de la confé- 
rence qu'il a feite pour les voyageurs, un jeune Baobab, qui 
s'était dévdoppé dans les conditions suivantes. Le Mnséum*Bvait 
reçu des oàtes occidentales d'Afrique an morceau de t^ de Baobab -, 
cueilli pendant le repos végétatif. Cet échantillon, dans des con- 
ditions de végétation, ne tarda pas k dévdopper des boui^eons, 
qui, en s'accroissant, donnèrent naissance k des petites branches, 
dont on fit des boutures. Nous avons, d'ailleurs, fréquemment sons 
les yeux, des exemples de faits semblables. Il n'y a qu'à parcourir 
les bois abattus au commencement de l'hiver, pour voir, an prin. 
temps , naître des troncs une foule de petits rameaux , dont le bou- 
turage serait des plus aisés. On pourra donc utiliser cette propriété 
des végétaux de pousser des bourgeons, se constituant aux d^>ens 
des matières alimentaires contenues dans un fi-agment de leur tige, 
pour les Aire expédier des r^ons lointaines, et l'on enverra sur 
tout ainsi ceux d'entre eux qui ne donnent pas de graines. 

An point de vue pratique, M. Max. Cornu a tiré un grand profil 
des propriétés v^élatives que nous venons de rappcJer, et il a 
montré, par divers essais, qu'on pouvait simplement, rapidentent, 
et avec la plus grande sécurité, faire parvenir, dans des contrées 



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— 247 — 

él(Mgoées, des plantes dont le transport avait été considéré jusqu'Ici 
comme très difficile. Â ce sujet, il a rappdé, dans sa coaféreDce 
pour les voyageurs, qu'il avait été prié, par an Français résidant 
' aa Coi^, de lui expédier de la Vanille, pour tAcher d'en essaya* 
la culture. Or, tous les iwlanistes savent qu'il est très difficile de 
foire voyager cette plante, et qne c'est au milieu de mille péri- 
péties diverses, au pris d'efibrts iaoms, que Marchand, en i8ao, 
parvint à en transporter an pied k Bourbon, ois, depuis, elle s'est 
développée, et a été une des causes de la richesse de cette colonie. 
Désireux d'être agréable à ses correspondants, et redoutant, pour 
les pieds de Vanille, les aléa d'un voyage où ils seraient aban- 
donnés à euz^némes, M. Cornu songea à couper un fragment de 
la tige d'un Vanillier, à le mettre dans one env^ppe et li l'expé- 
dier par ta poste. L'échantiUon parvint au Congo, il y fut mis en 
état de v^tation et il ne tarda pas à se développer, sur lui, des 
boni^ieoDS , auxquels succédèrent de petits rameaux dont on fît des 
boutures. 

A partir de ce moment, M. Max. Cornu a demandé qu'on lui 
envoyât, par la poste, des fragments de tiges de plantes épiphytes, 
de Lianes, dont il désirait entreprendre la culture, et c'est ainsi 
qo'tl a reçu des Labiées épiphytes, très curieuses, du Zanguebar, 
des Orchidées rares, qui, aujourd'hui, sont en culture duis les 
serres du Muséum de Paris. 

Beaucoup de v^étaux peuvent se reproduire par semis, et dès 
lors les botanistes doivent s'efforcer de rapporter des échantillons 
de leurs graines. 

La recommandation capitale, qui doit être faite à ce sujet, con- 
siste en ce que l'on ne doit recueillir que des graines mûres, et 
qne celles-ci doivent être expédiées dans le plus grand état de sic- 
oité possible; c'est dans un état de maturité avancée, un peu avant 
le moment oA dles se détacheraient spontanément de la plante 
ou dn fruit, qu'il est bon de récolter les graines. 

• n est préférable d'opérer la récolte par un beau temps. D'ail- 
leurs, quelque bien séchées qu'elles soient, les graines, quand on 
les récolte, ne sont pas sans posséder encore une certaine humidité 
qui, sans des soins particuliers, entraînerait souvent leur pourri- 
ture. Qu'une graine soit donc récoltée par beau temps, ou par un 
temps plus ou moins humide, il faudra, au retour de la course, 
étaler les sachets [oit on les wn enfermés an moment de la ré- 



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— 248 — 

coite) dans un lieu sec, non trop chaufTé, ou, ce qui serait préfé- 
rable, les placer dans un grand sac en toile, qu'on suspendra au 
plafond. Plus une graine renfermera d'humidité, plus sa dessic- 
cation demandera de soins attentifs. 

■ Les sacs, destinés à contenir les fruits mous ou 'pulpeux, 
doivent être en papier plus résistant; ces fruits seront écrasés et 
exposés de même, soit au soleil, soit dans tout autre lieu non hu- 
mide, et ne devront être réunis aux autres graines que lorsque 
leur dessiccation sera assez avancée pour ne pas communiquer aux 
semences sèches une humidité dont on ne saurait trop éviter le 
le contact^). • 

Les sachets, dans lesquels doivent être isolément placées les 
graines de chaque espèce de plantes, doivent être en papier collé. 
On ne doit pas manquer d'inscrire sur eux le nom de la plante, 
si on le connaît, ou le nom sous lequel elle est désignée dans le 
pays, le lieu où on l'a récoltée, l'altitude sous laqudle die croît, 
la nature du terrain sur lequel elle se développe, les renseigne- 
ments qu'on possède sur son utilisation et, s'il est poMÏble, le 
numéro de l'herbier. 

L'expédition des sachets est toujours facile & faire. On peut les 
attacher dans des boites en bois bien sec, qu'on enveloppera dans 
plusieurs doubles d'un papier goudronné. 

Dans tes cas où les graines proviennent d'espèces sujettes k perdre 
rapidement leurs facultés germinatives, comme cdles d'un grand 
nombre d'arbres exotiques, on doit les expédier dans des caisses 
Ward aussitdt après leur récolte. • Voici comment alors il faut 
procéder : On doit mettre dans le fond de la caisse une couche 
de 3 à 5 millimètres, selon le volume des graines, de terre, de 
sable bien sec, etc.; cette coudie est recouverte d'un lit de graines, 
qui est recouvert lui-même d'un lit de teire, et ainsi de snite, 
jusqu'à ce que la caisse soit pleine. De même que pour le tran^rt 
des plantes vivantes, on maintiendra la terre au moyen de mousse 
et de traverses fixées aux parois de la caisse''). • 

*■) Veriot, loeoeil., p. \i-j. -— f> Kid., toe. cit., p. 139. 



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CHAPITRE XIX. 

DBS MICROBES. 

Les recherches concemaDt ces micnKti^DMmes, qu'on nomme 
des Microbes, ayant fourni des résultats importants, il nous a 
paru nécessaire de joindre aux instructions précédentes quelques 
renseignements sur la manière de les récolter et de les conserver. 
Nous nous s(Hnmes adressés pour cela à M. Ë,-L. Bouvier, qui 
pendant kmgtemps a suivi renseignonent donné au laboratoire de 
M. Pasteur. 

Ce savant naturaliste a bien voulu , sur notre d^nande, rédiger 
les renseignememeuts qui suivent : 

> On désigne sous le nom de Microbu tous les (uganismes de très 
petite taille que Ton ne peut voir isolément qu'à l'aide des plus 
forts grossissements du microsct^. Les ans, conmie les Proto- 
zoaires et quelques Rotif%res appartiennent au monde des animaux 
et ont été étudiés ailleurs; les autres sont des végétaux qui se ran- 
gent — soit parmi les Champignons^ comme les moisissures et de 
DtHnbreuK parasites microscopiques , — soit parmi les Algues inco- 
lores, comme les Bactéries, qui sont les plus petits de tous les 
Microbes, et auxquelles on limite parfois, à tort, cette dernière 
dénomination. 

• Les Microbes i^gétaui feront seuls l'objet de notre étude. Ce sont 
des êtres fort nombreux, qui pullulent partout sur le globe, et l'on 
peut dire, sans être taxé d'exagération , qu'ils constituent à eux seuls 
un monde aussi riche en représentants que celui de tous les êtres 
visibles à i'teil nu ou à la loupe. Malgré leur abondance, les voya- 
geurs les ont presque toujours neiges jusqu'ici, peut-être parce 
qu'ils ne frappent pas le regard, mais surtout parce que leur ré- 
colte et leur conservation exigent une technique fort déUcate , et que 
cette technique ne peut guère être employée avec précision en 
dehors des laboratoires, quand on n'est pas spécialiste et outillé 
pour des recherches de cette nature. 

■ Notre but n'est pas de chercher à atténuer ces difficultés, mal- 
heureusement trop réelles, mais de montrer qu'avec un peu do 
bonne volonté et beaucoup de soins, tout voyageur pourra faire 
des récoltes fructueuses qui , sans être tout à fait irréprochables 
an point de vue de la conservation, auront du moins numiense 



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— 250 — 

avantage d'élai^r singulièrement Thorizon restreint qu'ont em- 
brassé jusqu'ici les recherclies microbiologiques. 

■ Lé voyageur pourra se proposer — soit de recueillir au hasard 
les Microbes qui se trouvent dans les milieux naturels inorgani- 
ques, - — soit, plus simplement, tel on te! microbe détermine, pa- 
rasite ou saprophyte. Dans ces deux cas, que nous allons succes- 
sivonent étudier, la difficulté n'est point eo général de faire la 
récolte, mais bien de conserver vivants asseï longtemps les micro- 
organismes recueillis. A moins que, pour simplifier, le voyageur 
ne conserve dans l'alcool, ou dans divers réactifs de laboratoire, le 
produit de sa récolle; ce procédé n'est point à reoMomander, 
puisqu'une étude sérieuse des Microbes doit être faite sur le vivant, 
mais, à défaut de mieux, il ne faudra pas manquer d'y avoir re- 



• Microbes de Vair. — Pour recueillir les Mi<Tobes de l'air, la 
méthode la plus simple est celle des bourres s<rfubles, dont l'em- 
ploi est dû à M. Pasteur; elle n'exige qu'un matériel des plus 
simples, qu'on peut préparer soi-même presque sans irais. 

■ La pièce essentielle est un tube de verre, du diamètac d'un 
tube barométrique, étiré en pointe et fermé k la lampe à l'une 
de ses extrémité, étranglé à 13 centimètres environ de la pointe, 
et ouvert à deux centimètres au-dessous de l'étranglement. On 
mettra dans le tube du sulfate de soude anhydre, et réduit en fins 
granules, jusqu'à un niveau tel qu'une bourre d'ouate d'un cen- 
timètre environ, placée sur la poudre, arrive jusqu'à l'étrangle- 
ment; en attendant qu'on emploie ce petit appareil, on ajoutera 
une seconde bourre d'ouate au-dessous de l'étranglement, puis on 
procédera à la stérilisation, c'est-à-dire i, la destruction des Mi- 
crobes et de leurs germes, en portant toutes les parties du tube 
à une température de 180' à 300*, résultat auquel on arrive faci- 
lement en chau^nt le tube à une flamme. 

• Les voyageurs ne feront pas mal de préparer, avant le départ, 
un certain nombre de ces tubes. 

• Pour recueillir les Microbes de l'air, il faut disposer d'un 
tonneau ou d'un baril rempli de liquide et muni d'un robinet; la 
bonde sera remplacée par un bouchon fermant hermétiquement el 
travorse par la partie inférieure du tube, celle qui est garnie de 
tampon d'onale. Les bouchons de caoutchouc sont les meilleurs, 



rfbïGoOgIc 



— 251 — 

mais on poom se servir aussi de boachons ordioaires, dont tous 
les pores auront été soigncasement garnis de cire fondue ou de 
■nif. Toutes ces dispositions étant réalisées, on brise la pointe du 
tube, 00 ouvre le robinet, et on laisse couler i5 à 30 litres de 
liquide, qui seroot remplacés par un volume ^I d'air. En tra- 
versant le sulfate de sonde, cet air abandonne les Microbes qu'il 
contient, et il saffira, Topération terminée, de fermer i la lampe 
les deax extrémités du tnbe, pour conserver longtemps, sans 
crainte de souillure, les microôrganismes qu'a retenus le sel. Au 
retour, le tube sera ouvert et Ton utilisera son contenu , toit poor 
fiùre des cultures, soit pour procéda à des recherches microsco- 
piques. 

• Il n'est pas douteux qu'un grand nombre de Microbes puis- 
sent rester vivants, un temps plus ou moins long, dans ce milieu 
faiblement aéré et purement minéral. Mais, pour augmenter les 
chances de conservation, on pourra dissoudre le contenu d'un des 
appareils dans une petite quantité de bouillon stérilisé, contenue 
dans un tube. Ces tubes à bouillon peuvent se préparer de la 
façon la jdus simple. On prépare un bouillon lég^ment salé de 
bœuf ou de mouton, on d^raisse ce bouillon en le passant 
snr un filtre monillé, et l'on neutralise avec de la sonde, si le 
bouillon est acide ; on en met une dizaine de centimètres cabes 
dans un tube à essai, qu'on a préalablement chanSë an four jus- 
qu'à ce que la bourre d'ouate qui le ferme ait pris une légère 
teinte de roossi; pais on fait bouillir le liquide dans le tube [tou- 
jours fermé avec son tampon), afin de rendre la stérilisation aussi 
complète que possible. Quand le tube est refroidi , on enlève le 
tampon, on passe l'orifice à la flamme, et l'on y fait tomber rapi- 
dement le contenu d'nn des appareils qni ont servi à recueillir les 
Microbes de l'air; on remet le tampon, et l'on ferme ensuite à la 
lampe, quelques centimètres au-dessous de ce dernier. Un grand 
nombre de Microbes pourront se conserver quelque temps dans ce 
milieu liquide ou y former leurs spores; il y a des chance» pour 
qu'un certain nombre d'entre eux, qui se conserveraient mal en 
présence de sulfate de soude, puissent rester vivants dans ce nou- 
veau milieu. 

* On pourra jeter le contenu d'un des appareils dans de l'alcool k 
70*ouà 80*; les microbes seront tués, mais la plupart, sinon tous, 
pourront uHérieurement servir h des recherches microscopiques. 



DyGoot^le 



— Î52 — 

■ Microbet de faau et da mI. ~- La récolte des Microbes de l'eau 
est plus simple que celle des Microbes de l'air, niais leur conser- 
vation est moias sûre, parce que l'eau est ud milieu nutritif où 
pullulent rapidement les micro-organismes, certains d'entre eui 
prenant très vite la prédominance aux dépens des autres, qui 
périssent ou forment des spores. C'est pour éviter ce dévdt^pe- 
ment intensif, si nuisible à la rigueur de l'analyse et à la conser- 
vation des espèces, qu'on recoaunaade de procéda de suite ii 
l'étude des eaux, ou de conserver dans la glace les échantilloas 
récoltés. Ces deux méthodes étant impraticables pour les voya- 
geurs, il faudra se contenter de procédés imparfaits, qui donneront 
toujours, d'ailleurs, des résultats fort estimables, qui feront sA- 
rement pn^ressw nos connaissances scientifiques. 

• Nous recommandons surtout les pratiques suivantes, qu'il sera 
utile d'employer concurreoiment, les délâuts de l'une pouvant être 
corrigés par les qualités de l'antre, i* On puisera directement 
une petite quanlUé d'eau dans un tube à essai, préalablement sté- 
rilisé au four par la méthode indiquée plus haut, et l'on fermera 
à la lampe, i' On aspirera de l'eau dans une pipette simple sté- 
rilisée à la flamme, et l'on fermera à la lampe les deux extrémités 
de la pipette. 3° Dans un tube à essai renfermant du bouillon, 
on mettra, avec toutes les précautions nécessaires, quelques gout- 
tes de l'eau recueillie avec une pipette, et Ton fermrav k la lampe. 
4" On pourra aussi filtrer de l'eau sur plusieurs doubles de papier 
à filtrer, qui retiendront une partie des Microbes, pois on mettra 
ce papier dans un tube k essai stérilisé, qu'on fermera ensuite à la 
lampe. 

• Si l'on ne veut point conserver vivants les Microbes, il suffira 
de mettre quelques gouttes d'eau dans une petite quantité d'alcool 
à brûler, contenue dans un tube à essai, qu'on fermora ensuite. 
Quand on prend de l'eau à un robinet, il laut laisser quelque 
temps couler l'eau, sous peine de recueillir surtout les Microbes 
qui pullulent k l'orifice. Si l'on fait une jmse d'échantillon dans 
une nappe d'eau, il faut se garder de puiser à la surface, afin de 
ne point récolter les corpuscules flottants et les Microbes qu'ils 
renferment. 

• La récdte et la conservation des Micr(d>es du sol paraissent pré- 
senter moins de difficultés. Le mieux est de prélever, avec un in- 
strument stérilisé à la flamme, une parcelle de la terre k étudier. 



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— 253 — 
fie mettre cette parcelle dans un tube à essai stérilisé , et de fermer 
k la lampe. 

> Noos ajouterons, pour terminer, que les microlies de l'eau et dii 
sol sont infiniment plus nombreux que ceai de l'air, et que des 
échantiUons de faible volume renfermeront toujours nne grande 
quantité de ces organismes. 

> HécolU et eomeroation de ceruùni Microhu. — Au lieu de re- 
cueUlir indifféremment tons les Microbes contenus dans un mi- 
lieu ioo^^ique, le voyageur pourra se proposer de recueillir et de 
conserver particulièrement certains Microbes déterminés : les Le- 
vures et autres Champignons utilisés dans la fàlwication des li- 
((ueurs alcotdiquet, les Champignons microso^iques qui produi- 
sent des maladies chez les végétaux, ou les Bactéries qui pnUulent 
dans les eauK minérales. 

■ Les Levarei et, en général, tous les Microbes de fermentation 
se conservent bien et asses longtemps dans les milieux naturels 
où ils ont rejeté lem^ produits et où ils forment soit un voile su- 
perficie), soit une partie de la Ue. En conséquence, la meilleure 
méthode sera toujours de conserver, dans des tubes stérilisés et 
fermés à la lampe, un certain volume de ces voiles ou de ces 
lies, en contact avec une petite partie du liquide où ils étaient 
situés. C'est' par des procédés plus ou moins analogues qu'ont 
été récemment introduits en Europe un certain nombre de fer- 
ments exotiques qui commencent à être industriellement utilisés : 
ceux du Sa!s4 ou vin de riz des Japonais, les fenuents du Kountyi 
ou vin de lait, enfin les ferments du Kefyr qui, sous des noms 
divears, se sont répandos jusque dans les campagnes, où ils sont 
constamment employés pour iiiire des boissons alcooliques aci- 
dulées, avec de simples solutions de sucre. Os derniers ferments 
se trouvent dans te commerce en masses sèches, qui conservent 
longtemps leur vitalité, et qu'un revivifie clans un liquide nutri- 
tif avant de s'en servir. Toutes les fois qu'il sera possible de re- 
cueillir ainsi des ferments isolés, il faudra les euTermer dans des 
tubes scellés à la lampe. D'après les recherches de M. Hansen, 
de M. Duclaux et de divers autres observateurs, les Levures des- 
séchées pourraient se conserver un an au moins à l'obscurité. 

• C'est aussi daus les liquides naturels où elles vivent qu'il faudra 
conserver les liaclériet des eaux miaéivtet; lu& expériences récentes 



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— 254 — 

de M. Tolomei éUblùsent, en efièt, que ces Bactàies se trouvent 

dans les bouteilles d'ean minérale, où elles peuvent vraîsemUaMe- 
ment garder, durant des mois, leur vitalité. Dans les sources natu- 
relles, les Microbes se trouvent ordinairement en quantité consi- 
dérable sur le fond, ou f(Hinent dans l'intérieur m^ne du liquide 
de petites touffes ou des flocons qu'il sera nécessaire de recueitlir. 
Une méthode très simple, quoique peu rigoureuse, ctmsisterait i 
remplir d'eau minérale quelques bouteilles, qu'on fermerait ensuite 
hennétiqnemflnt, apsis y avoir ajouté quelques-unes de ces toaflès 
ou de ces Qocons. Mais peut-être vandr>-t-4i mieux se borner à 
recu^Uir eau et flocons dans des tubes à eaaai stérilisa, qu'on fer- 
mera ensuite k la lampe. 

■ Ia récolte et la conservation des Chtunpignont mierotcopitftui 
iftti proAtitent Ut maladm àet végétaux ne paraissent pas présenter 
beaucoup de difficultés : il suffît, en général, de placer dans un 
milieu sec, dans un tube à essai, par exemple, les parties du végé- 
tal où s'est localisé le Microbe. La plupart des Champignons para- 
sites se conservent très bien parce procédé, et nous <xoyoos qu'on 
pourrait opérer de même pour recueillir et rapporter le Microbe 
qui produit les nodosités radicales des Légumineuses, et qui se dé- 
veloppe abondamment à l'intérieur de ces nodosités: au reste, ce 
dernier Microbe se trouve aussi dans les terres où l'on cultive des 
Légumineuses, et il suffira, pour faire sa récolte, de^recourir aux 
méthodes que nous avons signalées en traitant des Microbes du 
sol. 

• Ce serait ici le lieu d'aborder la réotrite et la conservation des 
Micnhtt pamitet de l'homme et detanimaaxdomalùjaei.maia nous 
ne croyons pas devoir aborder ce chapitre, parce que la manipu- 
lation des espèces path<^ènes est trop dangereuse pour être aban- 
donnée aux mains de personnes inexpérimentées. Les voyageors 
qui venlent s'adonner k la récolte des Microbes parasites doivent 
être des spécialistes, comme ceux cpi'on a plusieurs fois envoyés 
au Brésil poor y étndier la fièvre jaune, à mcnns qu'ils n'aient 
fait, toutefois, un stage sufiisant dans un laboratoire de micrc^iolo- 
gie technique. Nous croyons cependant qoe tout voyageur pourra 
recueillir et rapporter les Microbes qui s'établissent en parasites sur 
les Insectes; il suffira le plus souvent, pour cela, de conserver, 
dans un tube sec et bien fermé, le cadavre momifié de l'animal 
qui a succombé à la maladie parasitaire. 



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— 255 — 

• Obttrvatùmt yénéralêt. — On voit, par ce qui précède, com- 
bien est peu compliqaé le matérid nécessaire an voyageur qui veut 
recueillir et conserver des Microbes : qudques tnbes de verre or- 
dinaire , des tubes à essai , du sulfate de soude qu'on pourra d'ailleurs 
ranplacer par du sucre, VMlà l'indispensable; le reste peut se ren- 
contrer ou se préparer partout avec un peu d'ingéniosité. 

> Dans le cours de ses récoltes, le voyageur devra toujours veiller 
à la stérilisation par&ite des tubes où il recueille les Microbes, et 
des instruments avec lesquels il fait des prises d'échantillons. Il 
est jKvdent et commode d'avoir toujours k sa disposition des tubes 
àessai stérilisés au four; pour pratiquer cette stérilisation , il suffit, 
OHume on l'a vu plus haut, de mettre au four ces tubes fermés 
par un tampon d'ouate, et de citant jusqu'à ce que cette der- 
nière ait fnù une légère tante de roussi. Pour introduire nn corps 
quelconque dans ces tubest on enlève le tampon d'ouate, qu'on tient 
par le bout libre entre deux doigts de la main; on flambe l'extré- 
mité ouv^le du tube, on introduit le corps ^on ref^ce immédia~ 
tement le tampon. Les tnbes ainsi traita pourraient se conserver 
longtemps sans altération , mais leur transp(»1 ne serait point com- 
mode, surtout quand ils renferment des liquides, et c'est pourquoi 
nous recommandons toujours de les fermer en les étirant en pointe 
à la flamme. Aucun procédé de fermeture n'est plus commode 
ni plus simple que celni-lâ; il a, d'ailleurs, l'avantage d'empêcher 
le renouvellement de l'air et de paralyser ainsi le dévfrfoppement 
des Microbes. Les tubes seront conservés autant que possible dans 
l'obscurité la {4us complète, l'air et la lumière altérant très vile 
la vitalité des Mi<Tobes desséchés, et probablement aussi de ceux 
qui sont plongés dans des milieux où ils ne peuvent guère se déve- 
lopper. ■ 

CHAPITRE XX. 

GÉOLOGIE. 

La géologie est une science qui nous fait connaître le mode de 
stmcture de la Teire. C'est grâce à elle que nous sommes éclairés 
' sur la compo^tion, la disposition, les rapports mutuels des couches 
constituant le globe, couches oà sont contenues tant de matières de 
natures diverses, utilisées chaque jour pour nos besoins. Elle nous 
fournit, d'autre part, des renseignements précis sur le mode de con- 
stitution des terrains superficiels, fait d'une importance capitale. 



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— 256 — 

car ce n'est que d'après sa conoaissaoce exacte que l'homine peut 
songer à cultiver le so). Telle plante demaade une nature de terrain 
spéciale pour pouvoir s'y développer, telle antre eo exige une dis- 
semblable. Comme l'a dit fort justement à ce sujet M. Stanislas 
Meunier!'), quand, dans un pays civilisé, on considère d'un point 
élevé un panorama étendu, comprenant des régions de plaines et 
des r^ons montagneuses, on a soas (es yeux une sorte de mo- 
saïque végétale gigantesque, due à ce que la nature du sol n'est 
pas partout la même, ce qui a fait que les cultures qu'on y a en- 
treprises ont dû être variées. Dans les régions non cultivées, on 
constate une diversité semblable de la végétation , due simplement 
il ce que, sous l'inQuence de leurs besoins, les plantes se sont ré- 
parties dans des localités diverses. Par conséquent, il résulte de 
cette observation cet enseignement, qu'un voyageur, qui se trou- 
vera dans une r^on géd<^quemeDt inconnue, pourra tirer de la 
. répartition de la v^étation une donnée générale de la diversité 
des couches qui y apparaissent. 

L'intérêt qui s'attache à l'accroissement de nos oounaissanoes 
géologiques est mulUple. D'abord, il est essentiellement scienti- 
6que, car il est de toute importance de posséder une carte géolo- 
gique générale. D'autre part, ce n'est que lorsqu'cm connaît bien 
la nature du sol d'un pays nouveau, les ressources diverses qu'il 
peut oflrir à la civilisation, qu'on peut songer à en tirer profit en 
le colonisant. La géologie doit donc Taciliter l'exploitation des pays 
nouveaux, en révélant les points où il existe des mines, des roches 
pouvant fournir les matériaux pour les constructions, des terrains 
devant se prêter à la culture, en révélant ensuite une constitution 
du sous-sol, telle qu'on puisse être sûr, en le traversant jusqu'à une 
certaine profondeur, <le trouver des nappes d'eau souterraines four- 
nissant le liquide nécessaire aux besoins journaliers, aux irriga- 
tions, dans le cas où les cours d'eau viennent à manquer. 

On a dit, anciennement, que si la géologie avait pu faire des 
progrès, cela tenait à ce qu'elle avait prodté des travaux accomplis 
par l'industrie, qui, en diiTérents points, avaient en quelque sorte 
fait éventrer le sol et permis d'étudier sa composition. Il serait' 
injuste de méconnaître que, pendant longtemps, les géologues ont 
très avantageusement prolité des exploitations minières, des cai'- 

>'' (lonlërcDro pour le» voyageurs. 



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— 357 — 

rîères ouvertes, des traachées entreprises pour le passage des ca- 
Daux, des chemins de fer, qui mettaient à découvert des couches 
jusqu'alors masquées par la végétation oo par des dépôts super- 
ficies. Mais il ne faut pas oublier que Veiipérience aïon acquise 
a été immédiatement mise au service des diverses industries qui 
avaient pwmis de l'acqnérir. Quand il s'agit d'tdier chercher dans 
la profcâidenr des substances de première utilité, telles que la 
HouHte, leSel,qai3ont habitudlement cantonnés dans des terrains 
particuliers, * qui donc, si ce n'est le géologue, fera connaître au 
sondeur les terrains sur lesquels tout travail serait infructueux, 
parce qu'ils appartiennent à des systèmes inférieurs à c«ux qui en- 
caissent les substances denrées? Et, à supposer qu'il y ait, comme 
dans la région du Pa»deCalais, de ces renversements qui troublent 
la succession régulière des assises, k qui, ai ce n'est au stnU- 
graphe, ira-t-on demander d'en définir l'allure? De même, quand 
une grande faille vient interroin[»« ta continuité d'un gisement, 
n'est-ce pas à la géologie qu'il iq>partient de dire de quel câté il y 
a des chances de retrouver les couches perdues? 

■ Ce qui est vrai pour les mines l'est aussi pour les carrières. 
Sans doute, la science peut rarement dire avec certitude quelles 
seront, en an point dooné, les qoàUtés industrielles d'une roche. 
Dn moins, est-ce beaucoup de pouvoir marquer sur le terrain 
tous les affleurements des assises qui, dans certaines localités, ont 
fourni soit des pierres de construction, soit des matériaux d'em- 
pierrement, soit des minerais de Fer, swt encore des Argiles de 
qualités diverses, et où, par conséquent, il y a quelque probabilité 
pour la rencontre de produits analogues"). > 

IVantre part, il est des substances minérales, qui générale- 
ment se rencontrent plus particulièrement dans certaines couches, 
les nodules de Phosphate de chaux dans les assises inférieures de 
l'Albicn, de la Meuse et des Ardennes, le Sel gemme au milieu des 
Hames Ingarrées du Trias, et, pour prendre un exemple d'un 
métal précieux, l'Or dans les filons quartzifères du Silurien moyen. 
Il suffira, par conséquent, qn'un voyageur rapporte des échan- 
tillons de différents terrains, pour qu'un géologue exercé recon- 
naisse, soit simplement par leurs caractères extérieurs, leur struc- 
ture, on Inen, par celle des fossiles qu'ils renferment, l'époque de 

'') A. dg LapfMrmt, Traité tU gMagU. 

MISS, SCIENT. — ïi. "7 



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formation à laquelle iU remoatsat, el soU imoiédiatement en état 
de dire qt^oa peut trouver dans leur intérieur des substances mi- 
nérales détenninéès, et cela à l'exception d'autres qu'on s'efforce- 
rait en vain d'y découvrir. 

Une excellente préparation à un voya^ sera donc celle qui con- 
sistera à bien connaître les caractères des roches avoisinant des 
gisements particuliers. Mais l'on se tromperait beaucoup si l'on 
croyait qu'il faut pousser loin ses études, pour arriver k utiliser un 
voyage, en ce qui touche la géologie. A ce point de vue, M. Sta- 
nislas Meunier a été admirablentMit inspiré, quand il a dit qu'un 
igncK-ant des particularités de structure du ^obe pouvait, malgré 
son manque absolu de connaissances, rendre les services les plus 
signalés, pourvu qu'il voulût bien, durant le cours de son explo- 
ration, recueillir des écbantUloos stùvaot un ordre, une méthode 
déterminés. 

La première chose k faire est, tout d'abord, d'essayer de con- 
naître le mode de constitutiiMi générale du pays où l'on se trouve , et 
voici, à ce sujet, les conseils donnés par M. Stanislas Meunier aux 
voyageurs. Il faudra chercher à s'établir sur un point ^vé , d'oix l'on 
puisse avoir une vue étendue. Les modificaticms de la végétation, 
dont nous pariions plus haut, devront être notées, car elles indi- 
queront probablement des sols différents; d'autre part, on consi- 
dérera s'il existe des portions dénudées, et, en ces points, la àispo- 
sitiondes coûtées, leur inclinaison , leur direction. On déterminera 
au moyen d'un niveau d'eau, formé d'un tube en verre, combé 
en cerde et à extrémités relevées verticalement, s'il existe des 
sommets plus élevés que celui oi^ fen se trouve, pouvant, par 
conséquent, oflrir une structure plus complexe *'^ On limitera 
ainsi le nombre des ascensions à accomplir. Une lorgnette pourra 
rendre de grands services pour cette première roconnaissance de 
l'ossature du pays. Une fois qu'on aura bien acquis la oonnaissance 
des caractères de la région , bien noté Ui pomu oà le toi déchiré 
penhét de te rendre compte des élimenU 901 le conitiiaent, on abor- 
dera les études de détail , auxquelles M. Stanislas Meunier recoia- 
maode de se livrer de la façon suivante. 

On se rendra, tout d'abord, aux points où le sol est, en quelque 



<'' Lu nhvmi d'eau dont on se «ert uit un iiutrumenl peu nolumineui, pou- 
vant lacileiiient élre enfermt! daus um; pocliette, qu'oa met dao* aoa sM. 



.,gl,zedbïGOO<^Ie 



— 250 — 

sorte, écorché. Ces locdités sont généralemeat les falaises, les lits 
des rivières, des bH-reots, les pentes décharnées des inratagoes, 
les lieux où se sont produits des éboalements, des efrondrcmeDts, 
)oeux qui préseotent des excavatioas profondes, les unes dues à 
'écoulement souterrain des eaux, les autres à la présence de 
failles. 

On s'occupera, en premier lieu, de bien se rendre compte de la 
disposition du terrain que l'on aura sous les ^ux. Est-il fi>rmé par 
une masse d'âne unique espèce de roche, ou par la snperposition 
de couches multiples, de nature et de structure diverses? Une fois 
cela reconnu, on fera un croquis représentaot l'agencement du 
terrain qu'on a devant «m. Mais, comme tout croquis doit plus 
tard être converti en une coupe géologique, il faudra noter 
P^aisaeur des couches, déterminer au moyen d'une boussole leur 
direction, et, au moyen de cet instrument, auquel on joindra un 
fil à plomb doDOUit la verticale, Tangue sous lequel elles sont incli- 
nées. Chaque couche sera marquée d'un numéro particulier. 

Le relevé de la dispositioa du terrain peut être facilité par l'em- 
ploi de la chambre claire, et S sera tr^ utilement complété par 
la prise de photographies. Les dessins faits avec une chambre 
claire peuvent être détaillés, et H est toujours facile, en notant 
l'épaisseur d'une couche qui y figure, d'avoir une échelle per- 
mettant de connaîtra les dimensions de toutes les autres parties. 

Cela fait, on s'occupera de recueillir des échantillons et l'on en 
prendra dans toutes les couches. Ils porteront le même numéro 
que celui sons lequel ces dernières s(mt désignées sur le croquis. 
Chaque croquis devra être numéroté, porter le nom de l'endroit 
où U a été fait, la date, et son numéro d'ordre sera inscrit sur Té- 
chantillon. On procédera ainsi dans les divers points de la région 
oit l'on se trouve, jusqu'à ce que l'on ait obtenu des croquis et des 
échantillons depuis le niveau du sol jusqu'au sommet le plus 
élevé. An retour, on pourra, en reprenant les roches rapportées, 
en les plâtrant dans l'ordre de superposition dans lequel elles se 
trouvaient à l'état de nature, obtenir une réduction de la structure 
géologique des pays qu'on aura parcourus. Ce renseignement gé- 
néra se complétera par les indications prises sur les épaisseurs 
rdatives des couches. 

Dans bien des cas, on constatera que les difKrents horizons de 
roches sont superposés les uns anx autres, k la manière dont le 



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— 260 — 

soat les feuillets d'uo livre : on dit alors qu'il y a stnlîficatioa 
conwr(laate;mais,daDsd'aatrescas,OD vnt que, par suite de bou- 
leversenients du sol, certaines coudies sont relevées par rapport à 
d'autres. 11 y a alors stratification discordante. Ces dispositions, très 
importantes au point de vue géologique, doivent être soigneuw- 
ment représentées sur les croquis. 

Il en est de même de celles se rapportant aux cassures surve- 
nues dans le sid à la suite des actions mécaniques qu'il a subies. 
Ces cassure» peuvent présedter deux disposiUons difKrentes : leurs 
faces peuvent être restées au même niveau ou biee un de leun 
cdtés s'est déplacé par rapport à l'autre, il a été rejeté. Il résulte 
tle cette dernière disposition, qu'on a désignée par l'aj^llation de 
faille, que les couches ne se correspondent plus de chaque côté 
de la déchirure. Les failles sont très nombreuses dans certains 
districts de Bumtagnes et leur étude rend , à tUvers points de vue, 
les plus grands services aux géolc^ues. U faut donc tâcher de les 
reconnaitre, et si l'on vient à constater leur présence , on doit avoir 
grand soin de noter leur direction. 

Les cassures simples sont fréqurates au milieu des roches dures 
des plaines, et elles peuvent Constituer des systèmes conjugués. On 
les nomme des joints. Il oe faut pas conibndre les cassures d'ori- 
gine mécanique avec celles qui sont simfdement dues au retrait, à 
la dessiccation des terrains. 

L'observation des roches qu'on trouve à l'état roulé sur les bords 
des rivières, des torrents, pourra, dans bien des cas, faciliter les 
recherches géologiques, en faisant connaître certains des matériaux 
constituant le sol. Mais U ne faut pas croire qu'il est suffisant 
de récolter, alors, les divers échantillons de roches que l'on a 
sous les yenx, pour avoir des éléments qui permettent d'arriver à 
U connaissance géologique du pays. Ces cailloux roulés, ces galets 
de toutes sortes ne constituent que des indications. Par leur exa- 
mea . le voyageur est prévenu de la diversité des roches qu'il trou- 
vera en remontant le cours des rivières, des torrents; son attention 
est ainsi éveillée, et il n'a plus qu'à se préoccuper de reconnaître les 
pointa d'où ont éte arrachés ces matériaux de transport. 

Les collections de roches sur les plages, au pied des falaises, 
doivent être faites avec une attention toute partioilière, comme l'a 
très justement reomimandé M. Stanislas Meunier. En effet, dans 
ces régions, les galets que l'un trouve ue proviennent pas tous de 



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— Ml — 

U céte; il en est qui ost été entraînés par des courants, d'autres 
qui sont originaires de pays très lointaine. Ceux-ci ont été utilisés 
conuBe lestk bord des bateaux, et, le jour où ils sont devenus inu- 
tiles, on les a jetés par-dessus bord. Il faut donc bien discerner ce 
qui appartient au pays de ce qoi n'en provient pas. 

Si rétnde du mode de constitution du kA est facile ii faire là 
où il niste des déchirures, des sonlfevements, des folaises, des 
cours d'eau k remonter, il n'en est plus de mrme quand on se 
trouve au nùlieu d'un pays de plaine, où l'on peut être en pré- 
sence d'une couche uniGinne de recouvrement. H. Stanislas Meu- 
nMconseille, dans œ cas, de se servir de sondes particulières, qui 
permettent de pénétrer le sol à quelques mètrea et qni, plus parti- 
culièrement utilisées en Belgique, ont permis d'aocpiérir des do- 
tions [wécises sur des espaces très étendus. 

Nous comi^éterons ces. indications générale», sur lesprocédéaà 
employer pour connaître le mode de constitution du sol, en signa- 
lant (pidques faits concernant lee phénomènes étuptifs et les 
actions g^MiAin». 

Les roches éruptives se présentent en massifs, en nappes on 
coulées et en filoas. Elles se sont introduites an milieu dps terrains 
sédimentaires, et, là où on les rencontre, elles ont interrompu la 
continuité des ceucbes de ces derniers en se faisant jour au tra- 
vers. On détenoiaera l'époque de leur émission par Tobservaition 
de l'Age des horizons qui les encaissent, en même temps que par 
celle du teirain sur lequel elles se sont épanchées. Il faut donc 
avoir pund soin , sur les croquis, de figura d'une mani^ trèsprér 
dse les rapports qu'aSêctent les produits érUptifs avec les produits 
sédimentaires. 

D'autre part, A arrive, très fréquemment, qu'un massif éniptif 
n'est pas constitué p» an produit unique d'émission, mais bien 
par une série de produits, qui se sont fait jour, successivemenL, 
les uns au travers des autres. De même que- l'âge relatif de$ dé- 
pôts sédimentaires se détermine d'^rès leur superposition « de 
même l'à^ relatif des roches érupUves se déduit de leurs jda- 
Uons mutuelles de pénétration, tonte roche traversée , par une 
autre étant pins anoienoe que ne l'est cette.dernière. Dans ce cas, 
il faut noter sur les croquis les' rapports qu'aflectent entre eux les 
âlons, leur épaissenr, leur direction. 

S'il est nécessaire de |M:endre des échantillons, de» roches sédi- 



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me&Uires lu. niveau des divers luHizons qo'dies constituent, il est 
^doneat de la plas grande imp<»tance de le faire quuod il s'agît 
des produits d'^issim. Il faut recueillir un morceau de diaqiM 
filon diHit l'âge apparaît conune étant difTéreot de ceux qui l'avoi- 
sinent, et cela quand même les caractères extérieurs semblnaieat 
£tre les mâmes. En effrt, il est des roclies éruptives d'une appa- 
rence identique, qui pràsenteat, vues au microscope, une structure 
tout à fait diRïarente. 

Qvtnd il s'agit de produits volcaniques, on doit iMter les rap- 
ports des diverses coulées, leur étendue, leur paissaoce, et m re- 
cueillir des échantillons. Pour les coulées, comme pour les filons, 
chacone d'entre elles doit être désignée par un auméro q>écial, 
qu'on rapporte sur le fragment qu'on en a détaché. 

Dans le voisinage des volcaos, il est d'autres produits qu'il im- 
porte de collectionner. Ce sont ceux qui proviennent des projec- 
tions ayant précédé ks épanchements de laves, les homhei, les 
hpiUi ou rapilU, qui fcHimistent aux géologues des éléments d'étude 
de la plus grande utilité. 11 en est de même des cendres, des sables 
volcaniques, des scories. 

L'eau joue souvent nn râle important lors des explosions volca- 
niques. A la suite de pluies abondantes , de fontes de ne^es , eUe se 
mélange avec les cendres et constitae des déluges de boue, dont les 
effets desiructiis ont été quelquefois efirojaUch Ces boues, «i se 
consolidant donnent naissance à des formations stratifiées qa'on 
nomme des (11^ Wcanifoej , an centre desquels, connne sur leCo- 
topaxi et dam divers points du masnf du Moot-Dore et du Cantid, 
des empreintes v^étdes peuvent se trouver être admirablement 
préservées. 

Au commencement de l'époque quaternaire, dans certains 
pays, à la fin du Pliocène, les glaôers ont pris une extension con- 
sidérable, et cela dans des r^ons où l'on serait bien loin de s'at- 
tendre k un seHiblable phénomène. D est très intéressant de re- 
trouver les traces laissées par ces énormes masses de glaces, parce 
qâ'dles permettent de preciser tes limites des e^ces qu'elles re- 
couvraient. 

L'existence ancienne de ^adere est décelée par la présence de 
cailloux striés par les glaces, qu'on peut rencontrer dans les tor- 
rents, les rivières, par les surfeces polies et moutonnées sur les- 
qndles ont frotté les glaciers dnnint leur mwche, enfin par la 



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— 203 — 

{wésence d'anciennes moraines, barrant dett vailles, par celle de 
blocs erratiques. Ceux-ci peuvent se trouver à fks disUocâs très 
considérables, deux oents, trois cents kilomètres, comme dans les 
Alpes, des points où sont aujoord'faui rdé^ée» les nussas de 
glaces. 

Quand on viendra h ocmstater des traces de cette extension 
giaciaire, oo recueillera des caillous striés; s'ils sont de roches 
variées, on en prendra de ohaqne roehe; de mémo oa détachera 
des fragments des blocs erratiques, ce qui permettra, lorsqu'on 
retrouvera les couches, dcHit ils ont été détacbés, en jd«ce, de sa- 
voir à quelle distance s'avant^t le gracier qm les a charriés. On 
mesurera IMtenduc des moniînes frontaicB, et l'on aura grand soin , 
sur la carte, de marquer les points où ont été observés oee difiK- 
rents témo^ages de l'existence de la période glaciaire. 

Nous avons dit plus haut qu'il fallait recueillir des écfaaatBlons 
des diverses couches que l'on nota sur les croquis, mats M. Sta- 
nislas Meunier a eu le soin de faire remarquer que ces échaa- 
tillons ne Muraient être pris d'une maw^e qodconque, car, 
pour qu'ils soient utilisables, ils doivent roaplir octtaiiMs condi- 
tions. 

En effet, il arrive qudqnefins que la couche detenain q^eToa 
observe oe présente pas partont un mJiiM a^ieot. Dans ce cas,' il 
faut recueillir un échantillon correspondant à t'état moyen de k 
couche, puis des édiantillons représentant les variatioosentncvnes, 
en notant sur le croquis les points auxquds ils correspondent. 

D'autre part, certaines roches sonnmeBam influences «xtérien- 
res sont, comme l'a fait d'antre part observer M. Steaislas Itfeu- 
flier, sasceptibles d'être modifiées. Quelquefois les transforma- 
tions qu'elles subissent atteignent une assee grande profondenr. Il 
Ikutétrë prévenu de ce fait, poor ne pas seib(H-ner à ramasser' un 
échantillon détaché. On doit toujours déterminer des cMsuros £ra^ 
ches, de manière k être sâr que le fragment que l'on emporte 
possède bien tous les caractères typiques. Mais il n« faut pourtant 
pas se désintéresser de la partie de la roche qui a été altérée. Il est 
bon d'en rapporter des parties, car les changements qu'Ole a svtns 
peuvent souvent présenter de l'intérêt. 

H est d'autres modifications, ofTertes i»r les rodtes, qu'il est de 
la plus haute importance de constater. Ce sont celles qui sont le 
résultat de faction exercée par les produits émptifs sur les t^rraina 



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qu'ils ont Iravenës. Ces derniers ont pu subir des modificatioiu 
dans l'arrangement de leurs paiticules, bu milieu desquelles il pent 
même s'être introdait quelques élémenta nouveaui. D'antres fois, 
il se produit une action métamorphique toute difTérenle, modifiant 
profondément les roches. Nous voulons parier de celle qui réaulle 
du plissement natnrd des couches, pouvant se manifester lors des 
mouvements orogéniques. Dansée cas, les roches comprimées, por- 
tées à une hante température, sont non seulement rendues schis- 
teuses par la pression , mais eac<M« elle» peuvent être transfonnées 
par un métûmorphiime mécaRÏque, dont l'effet principal est de leur 
&ire revêtir une rtmcture cristalline. 

Le choix des échantillons de roches fait, il se préoccupera 
de reooeiHir les Fossiles contenus dans les oouches observées. Il 
ne suffit pas de prendre quelques eq>èces et l'on ne doit pas dé- 
daigner les plus communes, pour ae OHMacrer à la récolle des 
plus rares, car ce sont souvent les plus abondantes qui sont ca- 
ractéristiques; il faut ramasser le plus d'espèces qu'on le peut, et 
choisir avec grand soin les échantillons, de manière k ce qu'ils 
soient aussi complets que possible et que leurs caractères ext^ieurs 
soient dans nn bon état de préservation. On trouvera, dans le cha- 
pitre où nous traitons des redierches paléontologiques, tous les 
reiiseignements concernant cette récolte. Les échantillons de Fos- 
ules devront être accompagnés d'une étiquette portuit le numéro 
du croquis, celui de la couche où ils ont été pris, et, s'ils viennent 
à y être di^Kwés d'une manière particulière, s'ils y forment uo 
banc, par exem{de, les indications rdatives à ces faits. 

Le géologue a recours pour ses recherches à un très petit nom- 
bre d'instruments. Il doit être muni de bons marteaux, un d'asses 
forte taille pour détacher les échantillons, l'autre plus petit, plus 
oxnmode par conséquent à manier, pour les réduire, les façon- 
ner, les ramener à un volume déterminé, correspondant à celui 
adopté pour les collections. D'autre part, il doit avoir avec lui des 
ciseaux, des poinçons, qui lui permettront de détacher les fossUes, 
souvent profondément engagés dans la roche. Une loupe est tou- 
jours nécessaire pour bien apprécier les caractères. Un petit flacon 
d'acide peut rendre des services quand on hésite sur la présence 
de Calcaire dans une roche. 

' Nous avons dit qu'il fdiait ramener les échantillons à posséder 
un volume réduit; cette observation est très importante parce que. 



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_ S65 — 

durant le cours d'un long voyage, il e«t difficile de les faire trans' 
port»-, si l'on ne dispose pas de voitures, de cbuiots, de bétes de 
somme. On doit »lon avoir recours à des porteurs, dont la charge 
ne peut dépasser trente kilogratames, poids qui est bi«n vite at- 
teint avec des matériaux aussi lourds que le sont certaines 
roches. 

Oo ne saurait trop recommander aux voyageurs, qui seroflt 
dans la nécessité d'utiliser des honuoes pour ramener leurs cellec- 
tioDS, de les sorveillor d'une manttre très atteative. J'ai oonnu un 
gétdogoe, d'uD très grand talent, qui, après une expédititm ayant 
duré deux mois, au milieu d'un massïT montagneux, où il avait 
dà recourir à des prateurs, s'est trouvé posséder, lorsqu'il est ren- 
tré chez Ini, une crilection de roches tout à fait différente de oelle 
qu'il avait formée. Les hommes qui le suivaient }etaieat, durant 
le jour, une partie des éclnntill(»is renfermés daos les sacs dont 
ils avairat la charge, et nonassaient, le soir, avant d'arriver au 
campement, des pierres quelconques qu'ils mettaient k la place 
des roches récoHées. 

L'emiballage des roches est une opération facile; il est bon d'uti- 
liser des caisses d^sne capacité modérée, à cause de leur poids, de 
fw^Mi à ce que le maniement n'en sOit pas pénible. On évitera 
ainsi les chutes, qui pourraient amener des ruptures. 

D'autre part, on doit grouper les échantillons d'après leur poids, 
leur résistance. Ceux qui sont lourds et très durs seront mis dans 
des caisses particutièrai ceux qui sont l^;ers, friables, seront dé- 
posés dans d'autre» causes, et l'on aura m£me le soin, s'il s'en 
trouve de très d^icats, <te les enfermer dans des boites ^>éciales, 
où ils seroot immobilisés. ' 



CHAPITRE XXI. 

HINiBtLOGIE. 

Nous avons dit, dans le chapitre précédent, que, pour faire d'u- 
tUes observations de géologie, il n'était nullemeot nécessaire d'être 
géologue, qu'il suffisait de procéder dans les investigations avec 
méthode pour £tro assuré d'obtenir de bons résultats. Nous devons 
répéter la même chose en ce qui couc«me les recherches mînéra- 
logiques, qui seront toujours fructueuses, si l'on veut bien y [Mt>- 
oétier d'api^ des principes déterminés. Ces principes ont été eipo- 



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ses par M. LacroistD, et nous allons les rappeler dans Tordre 
snivî par ce professeur. 

En se plaçant au point de vue spécial, on peut, eu .ce qui 
concerne les recherches minéralepcpies, comidéro- le sol oomme 
ibnné par quatre cat^Hesde rocJies : i' les roches volcaniqnfls; 
a" les roches massives éruptives; 3° les roches des terrains {irimi- 
tifs et schisteux; à' les roches sédiimataîresf^). 

Les roches qn'oB trouve dans les environs des volcans sont 
variées, Les nnes, projetées, ont été airat^ées aux parois de la fis- 
sure par laquelle se ftHit jour les matières émptives, on biea eéles 
ont appartenu A d^anciennes laves' ro&udies, bandiant la che- 
iHinée d'ascension. D'autres roches proviennent des coulées qui ,se 
sont épanoHées sur le sol et qui s'y sont refrtadies plus ou moins 
rapidement et dans des conditions diverses. 

Nous' parierons [dus Ibin, au sujet du métamorphisme, des 
roches arrachées aux parois de la cheminée d'ascension des laves, 
et nous ne «onsldérerons ici que ces dernières, en même temps 
que les produits de projection qu'on nomme det bombet vole*- 

Les produits de pnqection cctiulaire intacts ofieut ua faiUe in- 
térêt pour le minéralopste. Il suffît de reeueîttir un petit échantillon 
des diverses sortes qu'on en rencontre. Pourtant, il ftiût les eu- 
miner avec soin , car quelquefois on j découvro des cristaux ayant 
de la vtdedr. 

Les recherches particulièrement intéressantes sont cdies qui 
peuvent être fkites au milieu des produits volcuniques Cachés 
au sein des eaux. Lk on rencontrera, <^rs des |;éodes, des Zéo- 
lithes de diverses catégories, qui ont tonjmirsde la valeur pour 
les minér^ogistes. 

Lorsque les laves s'écoulent svr I^BoI, elles passent plus ou 
moins rapidement de l'état liquide à l'état solide. Sî le refiroidis- 
dissement a été rapide, elles constituent cette substance vitreuse 
qu'on appelle Vobtiiienne, dans laquelle on trouve rarsment des 
cristaux. Il est inutile d'en rapporter beaucoup. 

Les laves qui se sont consolidées avec lenteur doivent fixer par 
tîculi^ment Tattention. Par suite de la longue durée de temps 

'" Conrérencc faite au Muséum <rbistoir<! naturelle en vue des voyageun. 
C Celle ditisioii eat adt^lée ici eh van stfulenieAl de faciliter reiposéqirimit, 



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— 867 — 

qu'elles ont mis à se solidifier, il a été po«»iUe à diverses substances 
minérales de cristalliser dans leur intérieur. Il faut donc en re- 
cumllir des échantillons et suivre leur coulée sur une certaine 
étendue afin d'y découvrir les minéraui. qu'elles eoùt susceptibles 
de reofiermer. 

Les fissures, qui apparaissent souvent si nombreusoi au milieu 
des divers produits d'émission des volcans, doivoit être explorées 
avec le plus grand soin. Leurs parois i^taquées par les fumerolles 
peuvent présenter soit des prodnitsde sublimatioo, soit des pro- 
duits d'altération. 

On pourra ^alemest léodter dans les fissures de nombreuses 
espèces minérales qui s'y sont déposées par soblimation. La soMi- 
mation a beaucoup contribué b la ridiesie minératogique des 
filons, des atnas, et, d'autre part, c'est h die qu'il faut attribuer 
des incmslations cristatlinea, ou des cristanz dispersés sur cer- 
taines surfaces, qui sont constituées pu- des substances de volati- 
lités diverses, ou bien par réactions mutudies de substances vola- 
tâes (Fer oli^ste], telles que le Soufre, les Sulfiires, les Chlorures 
{Se) ammoniac, Chlorure de Sodium). Dans ces cas, il est évident 
que la tendance naturelle de ces matiëtts k se volatiliser a. été 
aidée et favorisée par les effluves de gae, de vapeurs d'eau. 

Le second groupe des roches émptives, cdui dit du nohet mas- 
rhiu éraptivêt, comprend des produits éniptifs qui n'ont jamais 
été acdHDpagnés des produits de projection qui nous ont servi à 
caractériser le groupe précédent. Parmi die» nous citerons : les 
Granités, les Serpentines, les Diorites, les Galbros, les Perido- 
tiles, qui renfermeat souvent des mioéraox cristallisés intéresaaots. 
TjBS roches granitiques e4 particulièremeat tes Grannlite» et les 
P^^atites sont riches en diverses espèces minérales et, pour n'en 
citer que deux des plus communes, nous noomierons la Tour- 
maline et'Ies Greoats. Elles renferment, dans certaines localités, 
des géodes que tapissent de beaux cristaux de Fddspath, de 
Quartz, alors que, dans d'antres, on y découvre des Topazes et 
des Émeraudes dans un magnifique état de préservation. 

Certaines de ces roches sont susceptibles de se décomposer sous 
l'influence des agents extérieurs et elles donnent alors naissance k 
des substances nouvelles. C'est ainsi que le Kaolin provient de la 
transfoimatioD de P^;matites, et les minerais de Nickel si impor- 
tants de la Nonvelle-Calédpnie, de la décomposition de Péridotïtes, 



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On trODve le Cobalt dans des gisements onalt^aes à celai de cette 
dernière sabstance minàvie. 

Les roches primitives de la troûième cat^;orie possèdent ane 
structure rubanée ou schisteuse; elles sont souvent très hétéro- 
gènes. Parmi elles l'on doit particulièrement remarquer les Gneiss, 
les Micaschistes, les rodies am|^bc4iqaes. Les Gneiss sont g^éné- 
ralemcnt pauvres en miaéranx, tandis que les Micasdiistes en 
renferment souvent de nominaux échantillons de nature fort va- 
riée. Nous citoons plus partici^rement les Greoata, la Statiro- 
tide, le Disthène, la Tourmaline, etc. 

Cest dans les Micascfatstes des monttçMS des Maures, en Pro- 
vence, et dans cenx de Bretagne, qu'on trovve en France ces 
divers minéraux, tandis que dans rAmérique du Nord oa découvre 
dans des roches identicjaes des cristaux énormes de Grenats, etc. 

Les fissures, que l'on découvre au milieu des roobes primitives 
schisteuses on rubanées, cMitiennent, ciHume celles que l'on obr 
serve an milieu des roches volcaniques, des cristaux de nombreuses 
et très variées substances minérales C'est dans de scanblables con- 
ditions que l'on trouve dans les Alpes des cristaux de Quarte, 
d'Épidote, de Rutile, d'Anatase, etc. 

Il arrive quelquefois qu'il existe , intercalés entre de» assûe* de 
rodies primitives, des bancs de Calcaires cristallins. Ce sont là 
des horizons pouvant fournir de riches récentes, car ils contieur 
nent une foule de minéraux, tels que-le Mica, les Pyroxènes, les 
Humîtes, le Spinelte, etc. 

Si les roches primitives sont par leur wigine, par les actions 
métunorpbiques d'origines diverses qu'elles oat pu subir, des lieux 
de |»édilection pour la recherche des minéraux, il n'en est (dus 
de m&ne pour les roches sédimentaires qui constituent la qua- 
trième cat^orie. 

En se plaçant à un point de vue général. Ton pent dire-qu'li 
mesure qu'on considère les couches du ^be terrestre, d'origine 
de plus en plus récente, on trouve en elles de moins en moins de 
substances minérales cristallisées. Or, les terrains de sédiment, da- 
tant surtout d'époques relativement peu éloignées, il n'est pas sur- 
prenant que l'on n'y rencontre que de rares minà^ux. C'est ainsi 
que les Grès, les Calcaires, les Poadiogues ollreat un faible in- 
ténftt pour le minéralogiste. Pourtant ooas devons faire remarquer 
qu'il y a des minerais, des combastiblea, des substances teUes que 



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le Gypse, le Sd gemme, les Phosphates, qui se recueillent d'une 
manière patticuli^ dans les assises sédimeataires. 

Mais, si les roches sédimentaires ont servi de lieu de dépùt à 
peu de miaéraui iatéressaots au point de vue minéralogique pur, 
elle» soot, au contraire, très riches en substances joinérales lors* 
qu'elles ont été soumises à des actions métamoipbiquet. C'est le 
mélamorj^isme thermal qui est intervenu dans certains cas, 
idors que dans d'antres, c'est sous l'influence du contact de roches 
émptives constituant notre groupe des roches massives, que la 
roche sédimentaire a été modifiée et que des éléments nouveaux 
y ont été introduits, donnant naisssance à de oombreui. mjnéraut. 

Les gisements métallifères se rencontreiit dans les quatre groupes 
de roches que nous venons de signaler. On les y trouve en amas 
intercalés, en filons. Nous allons rappeler les rapports qu'adèctent 
les principaus miaéraux avec les difËrentes roches , les difTérentcs 
formations. 

Dans certains cas il y a eu émanation directOi c'est-à-tlire que 
la production de ^tes doit être attribuée à la sortie d'une roche 
éniptive, qui aurait déterminé Tonverture des fentes et leur rem- 
plissage immédiat C'est ainsi que l'on remarque l'association ha- 
liituelle de l'Ëtain avec un Granile à Mica blanc, ou avec des Peg- 
matites contenant des cristaux de Topaze. 

On a donné le nom de giu$ de déparikane cat^riede gttes mé- 
tallifères ordinairement ea amas dans lecquek le minerai, amené 
probablement au jour avec une roche éruptive , s'est concentré en 
lentilles près du contact de cette dernière avec le terrain encais- 
sant. Les giles cuprifères présentent un exemple de ce mode de 
constitution. Ils sont en rapport avec des roclies basiques de cou- 
leurs foncées, Diorites, Serpentines, Diabases, tandis que PEtain 
Test avec des roches acides de coulenr claire. Il y a eu deux épo- 
ques [HÎncipales d'épanchements cuivreux, l'une correspondant 
aux éruptions mélaphyriques de l'époque permienne ou triasîque, 
l'autre aux épaochements aerpentineux de l'Eocène supérieur. 

Une troisième sorte de gttes est celle dans laquelle des filons 
concrétionnés remplissent des fentes bien définies. C'est sartout 
dans cet état qu'on rencontre les minerais plombifères, d'une part 
dans les sédiments triasiques ou infraliasîques, d'autre part dans 
des assises les plus élevées du tertiaire ou peut-être même dans 
celles du commencement du quaternaire. 



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— 270 — 

Il est des gttes minétaux ne se rdiant pas nettement & l'une des 
catégories précédentes. ■ Les plus importants sont les gisements 
riches en métaux précieux, dont le type existe en Californie et 
qu'on pourrait appeler tolfatariens , parce qu'ils résultent évidem- 
ment de puissantes solfatares, venues au jour avec des roches 
trachytiques ">. > Le célèbre filon de Comstock Iode, dans le Co- 
lorado, appartient à ce groupe. Il existe au nivean d'une fente, 
ouverte mtre ane Syénite et une Andésite ampbibolique. Une An- 
désite ordinaire s'est fait joor après l'éruption de cette derni^ 
roche, de puissantes émanations strffatarieniies ont alors eu lieu 
et elles ont décomposé la roche vdoaniqve et l'oot \iwfm(gmf\(\ dt 
minerais. On découvre dans les Propylitfaes itérées de la Psata- 
rose (Argent rouge) de l'Argent sulfm^, de l'Aident natif , de riches 
Galènes, de l'Or, de la Pyrite, de la Blende, des minerais d'Or en 
Transylvanie. Une autre ca^gorie de minéraux est due à un 
remplissage de Quartz et de Felspath surchai^é de Silice. Les mi- 
nerais s'y concentrent en veines de Sulfure de Fer et de Cuivre, 
avec un peu de Galène, de Blende et de Mispickd. C'est an sein 
des Pyrites que l'on découvre l'Or en moaches. 

L'Or se trouve en Australie, en Nouvelle-Z^ande, an milieu do 
filons de Quartz engagés au sein de Schistes constituant la por- 
tion moyenae des dépôts siluriens. L'Or semble avoir apparu d'une 
part à l'époque silurienne supérieure, d'autre part k la fin de la 
période tertiaire. Mais c'est surtout au milieu des alliivions, con- 
tenant des débris de la décomposition des filons de la veine la 
plus ancienne, qu'on trouve de l'Or. 

Le Fer se présente dans la nature sous quelques états principaux 
pouvant donner lieu à des exploitations : l'Oxyde magnétique , le Fer 
oligiste ou Fer oxydulé, l'Hydroxyde de Fer, le Carbonate de Fer. 

L'Oxyde magnétique constitue des dépôts puissants au sein des 
terrains primitifs. Quelquefois on le trouve dans des Gneiss, des 
roches amphibtJiques. Dans certains cas il constitue des masses 
énormes, des montagnes entières, comme celles de Tabei^ eu 
Smolande, tantôt des bancs épais étages !i des niveaui divers sur 
une même montagne. Cette espèce de minerai se trouve cristallisé 
en nids, en cristaux épars dans les roches amphibolîques et ser- 
pentineuscs des terrains de Gneiss , dans les Syénîtes , les Diorites. 

I'> De La(>parciit, km cit., p. iiS5. 



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— 271 — 

11 eo eiiste daas le même éUt au miliea dea Tracbyte», des fia- 
saitea, des Tufs volcaniques. Dans certaines riions ces roches ont 
été attaquées' par les eaux; dles ont constitué alors de& sable* fer- 
rugineux asset riches, comme k Albauo, pour être exploités. 

C'est encore dans les mêmes terraius qu'on jencontre le Fer 
oligiste. Celui-ci accompagne souvent les massifs granitiques au- 
tour desquds il fbnne une auréode. II constitue, dans d'autres 
cas, des montagnes enti^s, ou bien des amas, des filons. Le cé- 
lèbre gisement d'Oligiste de Rio, dans 111e d'Elbe, est situé dans 
le voisinage de Serpentines. 

Le Fer oligisle s'observe, d'autre part, en filons, en couches, 
dans les t^rains primitifs; il existe éfplement dans les terraius se- 
condaires (le Lias à la Voolle), et dans des argiles provenant de 
la décomposition des roches volcaniques. 

L'Hydrosyde de Fer semlde être plus répandu dans la nature 
que ne le sont les minerais précédents. 11 ae montre dès la partie 
supérieure des terrains primitifs où il forme, au milieu des 
Schistes, des amas ou des couches poissantes. 11 estabondaot dans 
les dépôts secondaires, mais {Jus partioulLferement dans les Cal- 
caires compacta et zooUthiques semblables àceux du Jura. Il aOècte 
la forme de grains. On le trouve dans des Grè» ayant précédé les 
dépôts du Crétacé. Enfin il peut revêtir mi aspect terreux, et il 
appartient, dans ce cas, à des d^ts peu aucieDs. 

Le Carbonate de Fer foome, dans certaines localités, des plans 
paissants ou même des amas immenses. Il oHistitue deux espèces, 
le Carbonate spathique, qui se trouve dans les trarams prinûtifs, 
et le Carbonate lithoîde qui s'observe tantôt dans les Grès houillers, 
tantôt avec U' Houille. 

Les gisements métallifères, les filons, ou les parties de coudies 
qui les avoisinent, constituent d'excellentes localités pour la re- 
dierche des minéranx dÏTers. Ainsi, pour donner un exemple, 
nous rappellerons que dans le Hartz inférieur, les filons de Saint- 
Andreasberg, remarquables par leur gaagoe de Calcite hesago- 
nale ou rhomboédrique , contiennent de la Gatèue, de la Blende, 
de l'Argent rouge, des Arséniures et des Aotimoniures d'Argent, de 
l'Arsenic natif, avec de nombreuses Zt-olithcs, Apophyllithes, Har- 
motomes, StilbKes et de la Fluorine, Cette richesse extrême en es- 
pèces minérales montre que, là où l'on trouvera des gttes métalli- 
fères en voie d'exploitation , il faudra aller les visiter et s'enquérir. 



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— 272 — 

auprès de oeax qui y travaillent, des déoonvertee de mincnux 
qu'ils ont pu yfaire. Lorsqu'on rencontre desminesabandonn^, 
oa doit aussi les explnrer avec une grande attention. Par consé- 
quent, au milieu des pays sauvages que l'on traversera, ou , itH^ue, 
durant le cours, d'un voyage, on constatera l'emptoî de métaux 
parmi les indigènes, il sera nécessaire de se faire conduire, si 
cela est posûble, dans les localités d'où l'on retire les minéraux 
exploités. Si l'on apprend qu'il existe des gîtes délaissés, on ne 
devra pas manquer également de les examiaer. Non seulemmt 
il faudra prendre des échantillons des mioéranx cristallisés que 
Ton trouvera, mais encore recueillir des firagments bien choisis des 
divers types de minerais exploités, dont l'analyse étdairera [dus 
tard sur la lidiesse minérale des régions parcourues. 

Nous venons de parier de la richesse des mïnéranx dans un cas 
particulier, celui se rapportant k la présence de gites, de filons 
métallifères. Mais, la plupart du temps. Ton n'est pas ainsi guidé 
dans ses investigations, et alors on procède d'une manière toute 
particulière, si l'on veut récolter des substances minérales. Il faut, 
d'abord, savoir où l'on doit les rechercher; msuite, il faut se pré- 
occuper, si l'on ne les a pas trouvées en place, de préciser Teodroit 
d'où dies proviennent, ce qui, dans certains cas„ est fort difficile. 

Il faut étudier le pied des éboalis, dans les pays de montagnes, 
les berges des ruisseaux, des torrents, que l'on rencontre. Sou- 
vent aussi les roches attaquées par des actÎMis atmosphériques 
ou dynamiques se sont, k la longue ou Imisquement, délitées, 
abandonnant les substances minérales qu'^es ccKOprenaienL Ces 
substances, devenues ainsi libres, sont restées k la surface du 
soi et ont été peu à peu entraînées vers les portions les plus 
déclives de la région où elles existaient. Lk, saisies par les eaux, 
elles ont été charriées ii de plus ou moins grandes distances. Les 
substances lourdes, volamineuscs, n'ont pas été entraînées trop 
loin de leur point d'origine, tandis que celles qui possédaient peu 
de volume, dont la densité était faible, ont pn être portées dans 
des stations très éloignées. 

Les éboulis constituent donc un des modes de gisement qui 
doivent être visités, fouillés avec le plus grand soin par les voya- 
geurs désireux de former des collections de minéralogie. Ces der- 
niers devront suivre le bord des torrents, des ruisseaux, et vi- 
siter plus particulièrement les recoins, dans lesquels les alluvions 



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— 273 — 

transportées viennent peu à peu s'accumoler. Us ne manqueront 
pas de les soulever, de les laver dans des tamis et de pousser cet 
examen jusqu'à ce qu'ils soient arrivés sur la roche. Alors, ils visi- 
teront toutes les fissures que cdle-ci pourra présenter, car sou- 
vent ils y reacontreront des minéraux divers qui s'y sont glissés 
et qui s'y sont superposés par ordre de densité. Si au Cap on 
trouve le diamant dans une sorte d'Ophtte bréchoide, occupant, 
à la surface du sol, des cavités elliptiques en forme d'entonnoirs, 
dans la province de Minas-Geraes , au Brésil, le Diamant se rencontre 
dans des alluvioos , avec des Oxydes de Titane , de Fer titane , de 
Tourmaline, de Quarte, de Martite. C'est encore dans desdépAts 
entnUnés par les eaux que l'on recueille, à Ceylan , de nombreuses 
pierres précieuses, Diamants, Saphirs, Grenats. 

Si l'on reconmiande aux voyageurs, qui s'occupent de géologie, 
de ne pas rapporter des cailloux roulés, on ne peut pas en dire 
autant à ceux qui se préoccupent de collectionner des minéraux. 
Les cailloux roulés, comme nous l'avons fait remarquer au sujet 
des indications géologiques, refH-ésentent des échaatillons de ro- 
ches ou de substances minérales constituant toute la région ou 
une [dus ou moins grande partie de la région qu'on visite. Ils 
fournissent donc d'exceilents renseignements, et souvent il arrive 
qu'ils enferment, dans leur intérieur, de beaux cristaux. Par con- 
séquent, leur examen a un double intérà : il indique les recher- 
ches k accomplir, et il livre immédiatement de bons échantillons 
des minéraux dont on s'epircera pla$ tard de trouver h gatmeat. 
Des mines de Mercure ont été découvertes en Serbie après la ren- 
contre d'un galet de Cinabre, sur les berges d'un torrent. 

Les moraines glaciaires peuvent également donner lieu k de 
fructueuses explorations, car elles renferment des échantillons de 
diverses roches entraînées par la ^ace. 

L'outillage du minéralogiste est simple. Il consiste en un sac, 
en qudques boites destinées à contenir les minéraux, en un mar- 
teau asset fort, dont un des câtés présente une pointe quadrangu- 
laire, en un autre plus petit qui sert à réduire les échantillons 
k un volume déterminé, et enfin en une grande quantité de ci- 
seaux. Ceux-ci, destinés à détacher les cristaux, doivent être de 
formes et de volumes très différents, les uns pointus, les autres 
tranchants. Nous recommanderons, pour abattre les roches, l'em- 
ploi d'un pic, semblable à celui dont se servent les mineurs de 



ihyGoot^le 



— 274 — 

Saint-Etifione, dans les ex[doitatioiu de houille. Uoe piace cou- 
pante peut rendre des services pour sépam des cristaux. Enfin, il 
faut se munir d'une loupe, de flacons d'acide pour distinguer les 
roches c^caires, d'ooe aiguille aimantée pour recoaDahre les mi- 
néraux magnéticpies. La boussole peut parfaitement être utilisée 
pour cette opération. Si l'oo recherche les minéraux métalliques et 
qu'on désire être éclairé rapidement sur la nature de certains 
échantillons que Ton soupçonne en contenir, il faut être muni 
d'un chalumeau et de qudques réactifs. 

Au point de vue du choix à faire des échantillons, il n'y a rien 
à dire en ce qui concerne les cristaux, si ce n'est que certaines 
des espèces auxquelles ils appartiennent sont tellement connues, 
tellement représentées dans toutes les collections, qu'il est absola- 
ment inotile de s'en chaiger, à moins qu'ils ne {wésentent quel- 
ques particularités intéressantes; nous citerons à cet égard les cris- 
taux de Quartz et ceux de Pyrite. Les cristaux doivent, d'une 
part, être rapptvtés isolés de leur gangue, d'antre part empâtés 
dans cette denûère. On prendra toujours le plus que Ton pourra 
de cristaux, tandis qu'un échantillon on deux, avec la matrice qui 
les comprend, sont suffisants. Au point de vue de la récolte des 
roches daoB lesquelles sont compris lescristaux, et au point de vue 
. decelledesdiversminérauxnon cristallisés, nous ferons nne obser- 
vation identique k celle que nous avons formulée lorsqu'il s'est agi 
de la récijte des roches , c'est-à-dire qu'il faut toujours se préoccuper 
d'avoir des échantillons avec des cassures fraîches. Les surfaces 
minérales, les surfaces des roches qui les encaissent peuvent être 
modifiées très profondément par tes actions extérieures. Quand mi 
(8 trouvera avoir aflaîre à dés filons, on ne se bornera pas à re- 
cueillir les minéraux qu'ils contiennent ainsi que des échantillons 
de leur substance propre, il faudra encore rapporter des portions 
des roches qui les comprennent, et, si celles-ci sont altérées, aux 
fragments sains on en joindra d'autres, permettant de connaître 
toutes les modifications subies. 

Les étiquettes, devant accompagner les échantillons, doivent 
porter l'indication de la localité dans laquelle .ceux<ci ont été 
pris, un numéro correspondant k celui de la couche où ils ont été 
recueillis, car, pour le minéralt^tste , comme pour le géolc^e, il 
est nécessaire de faire un croquis représentant la disposition des 
terrains dans le lieu où l'on se trouve. Nous avons dit, dans le cha- 



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— 275 — 

pitre {vécédeot, oomiBent il fallut procéder k cet ^ard. Si les mi- 
néraiix n'ont pas été trouvés en place, on indiquera dans quelle 
circtHistaace ou m a Dut la rencontre, pied des ^boi^s, beiges 
des torrents, alluvions, sables , nuwaiaes, etc. 

L'embidlage est facile dans la plopart des cas, mais il est cer- 
taines substances qui exigent des précautioas infinies pour assurer 
leur état de préservation. Ce sont cdies qui présentent une faible 
coDsistanoe et celles qui , cristallisées sous formes d'aiguilles très 
fines et très délicates, se brisent au moindre contact. Les pre- 
mière* devront être placées dansdes bottes spéciales, avecde l'ouate 
«toorée de paplear; les autres seront immobâîsées par leur base, 
qoi les sopporta, sur le fond des bottes, oà on les déposera, ^ 
cela, soit en faisant couler une snbstance qoi les fera toUâêment 
adhérer, soit en passant des fils résistants sur certaios points de 
knr face supérieure, là rà se détachent les aiguilles. Les fils 
traverseront ensuite les parois de la botte et on les noua:a au- 
dessous de aon fond. Les échantillcHU , sAremeot . assujettis , ne 
craindront plus rien , et U sera inutile de placer de l'ouate sur 
leur pourtoor ; il vaut mieux les laisser iscdés. Les bottes qui con- 
lÎHtdnint des échantillons de cette nature seront groupées dans 
tm» h^te ou une petite caisse commune, en ayant soin de bien 
les isoler, par un emballage élastique, des parois, de &^n à ce 
qu'elles ne se naseotent pas de contre-conps. 

Les cristaux isolk ne doivent junais étare envoyés eo paquets. 
Ils pourraient frotter les «ns sur les antres et leurs sorfocra seraient 
al(»s profcmdémeBt «Itérées. U faut les emballer séparément, soit 
dans du papier de soie, soit daas de l'ouate. 

Les plaques, présentant de noodlHKQX cri^ux se détachant eo 
saillie, exigent d'être disposées avec certains soins pour ne pas 
toe abîmées durant leur transport On doit autant que possible 
Ut tntonnr de pepùr fin, puù la envêlopptr i» oamte on défilant, 
OB de fain. On entourera ensuite le paquet ainsi formé de plu- 
neors douUes de pa{»er, et on le déposera dans une caisse ou une 
boite, de telle manière que les cristaux soient tournés en haut. 
Si Ton établissait jdusieurs lits d'échantillons, il ne faudrait le 
fiûre qu'avec des minéraux l^ers, ne pouvant s'écraser par leur 
poids. 

Les paquets, formés comme noas l'avons dit, seront istAis les 
ans des autres par un emballage bien tassé, ne permettant aucun 

tS. 



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— 276 — 

déplacemeat Si Tod venait k manquer de ouate, ou pourrait très 
utilement employa de la mousse sèche, soigneusement triée. 

Quant à ce qui concerne les échantillons renfermant des cris- 
taui noyés dans une p&le, et )e« minorais, on les répartira dans 
des caisses diverses, suivant leur poids, leur dureté. 

CHAPITRE XXn. 

PAtÉONTOLOOIB ANIMALE ET VÉGÉTALE. 

La Paléontologie est une science permettant d'arriver à la con- 
naissance des êtres disparus, végétaux ou animaux, par l'examen 
des restes qu'on en retrouve au sein des diverses couches tares- 
tres. Comme nous parlons, dans un para^vphe particulier, de la 
recherche des plantes fossiles, nous ne nous occuperons actuelle- 
ment que de celle concernant les animaux Vertél»^ et Inverté- 
brés. 

Les études palécmtologiques possèdent un puissant intérêt, et 
cela à des points de vue fort divers. Ainsi, si elles nous permettent 
d'acquérir des connaissances étendues sur les populations ani- 
males qui se sont succédé sur la terre, depuis (e moment où la 
vie semble y avoir apparu jusqu'à nos jours, elles nous permet- 
tent paiement de saisir les liens rattachant les uns aux autres 
les animaux éteints, en même temps que ceux unissant ces der- 
niers aux ètees qui nous entourent. Elles nous révèlent, par con- 
séquent, suivant l'heureuse expression de M. Gaudry, les enchaî- 
nements du r^c animal. D'autre part, la localisation exclusive 
de certaines espèces fossiles dans les différents horizons permrt 
au géfJogue de déterminer l'Age relatif de ces derniers, et de pré- 
ciser leur origine, marine, Buviatile, lacustre, etc. 

On voit, par ces considérations générales, toute l'importance 
que possèdent les études paléontologiques, et poiutjuoi les voya- 
geurs devront s'attacher à recueillir des documents nouveaux, qui 
nous permettront d'accroître ou de compléter nos connaissances 
sur le passé. 

Si l'on considère la date relativement récente k taqudle Cuvier 
formula les principes fondamentaux de la Paléontolt^e, on ne 
peut qu'être très surpris de la rapidité avec laquelle cette science 
s'est dévdoppée. Les découvertes accomplies, en ce qui concerne 
les Vertébrés, tant sur l'Ancien que sur le Nouveau Continent, ne 



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— 277 — 

cesseot de se succéder et pourtant, malgré tout c« qu'îles jettent 
de lumière sur les époques andennes , nous smnines encwe bien loin 
d'être éclairés sur ce qu'ont été les générations disparues. Je n'en 
veux pour preuve que ce fait de l'apparition et de la disparition 
successives d'une fouie de théories, énonçant la manière suivant 
laquelle td ou tel groupe d'animaux aurait évolué. Nous ne sommes 
encore, à ces points de vue, que dans une période de tâtonnements, 
et il en sera forcément ainsi tant que nous ne saurons rien des 
populations animales ayant vécu dans cette Afrique restée si long- 
temps mystàieuse, tant que nous serons ignorants de celles qui 
ont halHté les diverses parties de l'Asie et de l'Ooéanie. Il y a, sur 
ces diverses terres, de bdiet explorations ii entreprendre an point 
de vue paléoattdogîque, de grandes découvertes à y accomplir, et 
r<Hi peut dire, sans crainte de se tromper, que tant qu'elles n'au- 
ront pas été faites, noua resterons immtrfnjisés dans nos concep- 
tions concernant la manière suivant laqudle le vie s'est transmise 
de génération en génération, depuis les temps les plus reculés 
jusqu'à notre époque. 

Au point de vue de la manière dont on doit procéder lorsque 
Ton est désireux de faire des collections de Paléontoiogie, nous 
considà«rons deux conditiiHis : cède dans laquelle on se trouve 
dans un pays C(Hn|Henairt des villes, des villages civilisés, et celle 
dans laqudle on est dans une contrée déserte on habitée par des 
populations sauvages. 

Dans le premier cas, si l'on e«t dépourvu de renseignements sur 
la r^on où Ton se trouve, il faut immédiatement, comme i'a 
recommandé H. Gaudry (", se mettre en rapport avec les personnes 
qui, par leurs fonctions, leur éducation, peuvent s'intéresser aux 
choses de la science et être au courant des curiosités du pays. 
Ainsi, s'il existe un ingénieur, c'est chez lui qu'il faudra se rendre 
toutd'atxMtl; d'autre part, les médecins, les pharmaciens, les vété. 
rinaires sont snaceptiUes de fournir d'excellentes indications. 
Hais, si l'on ne peut avoir aETaire i ces personnes, il faut s'en- 
quérir s'il n'y a pas de carrières exploita ou abandonnées, s'il 
n'y a pas de routes, de chemins en cmistraction , et voir les pro- 
priétaires, les chefs de chantiers qui surveillent les travaux ac- 
complis dans ces localités. On doit s'enquérir si, en creusant des 

<» Gsndry. ConHraacs pour la* lojêgmn. Rn. te., i8g3. 



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— 278 — 

puits, «I faisant les fondatiMU des maisons, on n'a pas déooavert 
de Fossiles. On s'iniOTmen, dans les pays montagneai, s'il n'y a 
pas de cavernes. Enfin, si l'on apprend que, par suite de leur pm- 
fesoioD, il est certaines personnes appelées à paroonrir jouind- 
lement ou fréquemment le pays, il faut entrer en relations avec 
elles. Il peut arriver qu'elles fournissent immédiatement des in- 
dications utiles ou qu'elles en procurent au boat d'on certain 
temps, idors qu'elles ont [»ocëdé, sur les indications qu'on leiv 
donne, à une sorte d'enqaéte durant leurs déplacements. Je peux 
dire qu'en ce qui me ooncMue, j'ai utilisé en diverses cûpcon* 
stances, d'une manière très avantageuse, les facteurs ruraux. 

Ces [uemiers reaseignuneats acquis, on d6it visiter les ioodités 
signalées ^ ne pas se rebuter de courses souvent longues, pénibles 
ci infructueuses. Ce n'est, la phtpait du temps, qu'après avoir beau- 
coup dwrché, qu'on arrive à déoeaviir des gisem«kts fosaliftnes. 
Nous n'avons pas besoin de dire que, durant le cours de «es pre- 
mières eaploratioDs, on doit se livrer à des investigations person- 
nelles. Od doit suivre avec attention les talus des cbemîns, visiter 
les tas de pierres disposés sur les routes, étudia: les berges des ri- 
vières, des torrents, tes ftdaises; les ébotdis, etc. Duu les contrées 
où l'on apercevra des fonn à «dianx, noos recommanderons, d'une 
manière toute partienli^, Tinspection des matériaux utilisés. Ceux- 
ci reoferment très souvent, par suite de la nature des dépMs dont 
ils proviennent, de nombreux Fossiles. i - 

Nous conseillerons égalemest 4e s'airéter dans les Armes et d'y 
interroger les paysans. Qnelqu^ûs il arrive que, durant les travaux 
qu'ils exécutent soit pour creuser des fossés, pour faire des fosses, 
soit pendant leurs labours, ils mettent k découvert des restes fos- 
siles. C'est à la suite d'uU labour, exécuté sur les flancs de la ocA- 
line de Sansou, que furent rencouk^ les premiers restes des Ver- 
t^vés enfouis dans ce gisement célèlKe. ' 

Hais, dans le« cas où l'on ne pourra arriver à faciliter ses recherches 
en Becueillant des renseignements sur la nature du pays, que l'on 
se trouvera au sein de régions inhabitées, ou parmi des popula- 
tions sauvages reftisaut de répondre aux questions qu'on irâr pose 
ou incapables de le faire, on devra procéder comme s'il s'agissait 
d'investigatiom géologiques (>'. On s'étaUira sur u» 'et» points 

") Voir p. ï58. 



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— 279 — 

les plus ^evés du pays, (Toù l'on pourra avoir une vue d'ensemble 
SOT les moQts, les vallées, le cours des rivières. On verra quds 
sont les points où le sol, écorché, déchiré phis ou moins profondé- 
ment, offre en qudque sorte de» [daies permettant de savoir com- 
ment il est construit dans ses portions profondes. On notera sur 
-les pentes les pointa d'affleurement des diverses strates, qui s'ac- 
cusent <p]^uefois par des colorations tontes spéciales, on par un 
relief particulier, et, ces données générales acquises sur i'oantare 
g^térale du pays, on visitera les points paraissant les plus propices 
pour des recherches paléontologiques. 

Un point capital, qui ne doit jamais être pnxla de vue, est ce- 
lui qui a rapport k )a détermination exacte de la couche dont pro- 
viennent les Fossiles récoltés. Ainsi, il arrive très fréquemment 
qu'au pied des falaises, des grands ébonlis, dans le fond des tran- 
cjiées, au has des pentes rapides, on trouve des restes d'animaux 
disparus, détachés des terrains qoi les renfermaient et qui, mélan- 
gés les uns avec les antres, ont fait partie primitivement de strates 
à'Ii^ difi^rents. Il ne &nt les considérer que comme fournissant 
l'indicatioa d'assises fesùHffares, et se mettre à la reeherchç de ces 
demièree, dont la position, les rapports, l'indinaison, la puis- 
sance, la structure seront notés sur an carnet, sur lequel figurera 
élément an croquis, établi comme nous le disons avec détails 
dans le chapitre consacré à Teiposé des préceptes concernant' les 
investigations géologiques. La position des strates bien reconnue, 
diacane d'entre dlet marquée d'un naméro spécial sur le croquis, oo 
procédera k la recherche des FossHes qu'elles renferment. Ceux- 
ci doivent toe, an fur et k mesure de leur décoùvetle, envdoppés 
dans un papier, avec une étiquette portant le nom de la localité, 
s'il ftn existe un, ou l'indication de sa situation, le riflnUéro du cro- 
quis, le numéro de ta couche. 

On doit s'efforcer de récolter le pins d'espèces difKreDtes fos- 
siles et prendre, si cda se peut, plusieurs échantillons de chacune 
d'entre elles, en ayant le soin de choisir celles qui àe trouveftt'étre 
dans le meilleur état de préservation, On doit noter comment on 
les rencontre, si elles sont disséminées dans les strates, ou si elles 
y constituent des lits on des amas puissants. Au sein des anciennes 
fcomations marines, on retronve des bancs deCoraux,oudes bancs 
formés par l'accumulation de certaines espèces de Mollusques. Si 
l'on reconnaît que, parmi les espèces décoavertes, il en est qui se 



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présenteol à divers stades de développement, il ne faut pu man- 
quer d'établir des séries comprenant tous les passages des formes 
les plus jeunes aux plus igées. De même, si Tod constate que 
quelques espèces sont représentées par des individus différant un 
peu les uns des autres, on ramassera ces variétés qui offi«nt on 
paissant intérêt pour les Zoologistes. 

Les gisements fossilifères possèdent une puissance très variaUe, 
et, tandis que certains constitoeat des amas coasidàables, d'autres 
s'accusent sous la forme de minces feuillets, ayant k peine un cen- 
timètre dVpaisseur. On voit, par ce fait, tonte l'attention qu'il 
fîiQt porter dans l'examen des couches qu'on est amené à étudier. 

Hids ce ne sont pas seulement les couches marines ou d'eau 
douce, constituant les diGTéreots terrains qu'on observe aux points 
de déchirement ou de soulèvement de l'enveloppe teirestre, qui 
renferment des FossUes, ceux-ci se reocoobvnt encore dans des 
gttes fort différents. C'est ainsi que les voyageurs pourront en trouver 
dans des poches s'avançant plus ou moins profondément dans l'inté- 
rieur du sol, dans les marais, dans les tourbières, dans les cavernes. 

Les poches, les assures renfermant des Fosnles peuvent quel- 
quefois apparaître sur les flancs découpés des collines ou des mon- 
ti^es, mais leur présence est généralement rév^ée par des ex- 
ploitations. C'est dans cette dernière circonstance qu'ont été mis 
à jour les gisements si riches en ossements fossiles du Quercy, 
ceuK de la Grîve-Saint-Alban , ceux des dépAts sidéndîthtqnes de 
la Suisse. C'est encore en eK{doitant des lits de Calcaire, qu'on ren- 
contre, k Saint-Gérand-le-Puy, des cavités où sont accumulés des 
ossements d'Oistaux et de Mammiftces, dans un magniBqne état 
de préservation. Comme ces fiiils ne constituent souvent que des 
accidents et qu'ils peuvent ne pas se produire au moment où l'on 
visite les exploitations, il faut avoir grand soin d'interroger les in- 
génieurs, les chefs de chantier, k leur sujet. 

Les marais méritent, de la part des voyageurs, des exploratioits 
tout à fiiit spéciales, car, dans diverses localités du globe, on a dé- 
couvert dans leur intérieur des restes nombreux d'animaux dis- 
parus. C'est au sein d'un marécage des environs de Cbristchurch, 
en NoQvelle-Z^nde, dans les plaines de Canterbury, que le doc- 
teur J. Haasl recueillit la grande série d'ossements fossiles, qui 
a permis aux paléontologistes d'être éclairés sur les caractères de 
ces oiseaux d^parus, dont quelques^ns atteignaient une taille 



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— 981 — 

énorme, et qu'on a appelés des Oi'nomù. C'est encore an mUiea 
d'un terraÎD marécagenx, k Amboalisate, sur la câte Onest de Ma- 
dagascar, que M. Grandidier a découvert des restes d'un autre 
oûeau gigantesque, Vfyiomû. J'ajouterai que c'est à la suite de 
fouiUes entreprises à Maurice, dans une mare, connue sons le nom 
de Blare- aux- Songes, qu'ont été trouvés les restes de a(»nbnux 
oiseaux éteints. 

Si les marais renferment des restes des populations animales 
qui i^t véco sur leurs bonis ou au milieu de la végétation qu'ils 
contiennmt , les tourbières se trouvent être également dans le même 
cas. Les dépôts tcurbmx des environs de Cambridge sont câpres 
par la quantité d'ossements de Mammifères et d'Oiseaux disparus 
qu'ils renferment. Il en est de même de ceux des environs d'AU>e- 
T^e, oik Boncher de Peithes recueillit, avec des restes d'animaux 
n'existant plus de nos jours, des témmgnages indiscutabks d'une 
industrie humaine primitive. 

Les cavernes constituent, la plupart du temps, des localités àe 
recherches précieuses pour les aatnralistes, soit qu'elles renferment 
des ossements d'animaux appralés par les eaux, sMt que ceux-ci 
aient au anciennement domicile dans leur intérieur. Les testes de 
squelettes qu'on y rencontre s'observent souvent en quantité consi- 
dérable, et ils ccustituent de véritaUes lits d'os, entassés et mêlés 
les uns avec les aubres, que Ton a à explcùter. Ce ne sont pas seu- 
lement des Mammifères de genres et d'espèces très variés, de di- 
menabns fort différentes, des Eléphants et des Hnsaraigoes, par 
exemple, qu'on y découvre, mais encore des Oiseaux et, dans 
qndqoes cas rares, des Poissons et des ReptUes. 

La fanne des cavernes est essentieUemeot variaUe, suivant les 
divraws r^ons du globe que l'on parcourt. En Europe, ce sont 
surtout, pour ne citer que des Mammifères, des ossements d'Élé- 
phant, de Rhinocéros, de grands Ours, de-Lit», de Tigre, de 
Hyène, de Ruminants divers, et qudqnefois de Singe, qu'on y 
rocadlle. Dans les cavernes du Brésil, Lund a mis k découvert 
toute une faune disparue, comprenant des Édentés d'une taille co- 
lossale, des Félins aux màchoiree armées de canines ftwmidaUes 
en forme de ItKigs poignards, et une foule de Mammifères qu't» 
ne retrouve |dus aujourd'huL Dans l'Inde, les fouilles exécutées 
dans les cavones ont également mis à jour des témoignages im- 
portants de l'existence ancienne d'êtres diOérents de ceux trouvés. 



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dans l«8 m&ooes circonstances, en Europe et dans l'Amérique du 
Sud. Le même fait s'est reproduit, quand on a exi^OTé les cavernes 
de l'Australie, où l'on s'est trouvé en présence d'une Fanoe ensevelie, 
dévoilant l'exifiteDce passée de Marsajuaux gigantesques. On voit, 
par ces exemple*, que je pourrais moltipiier à l'infini, combien 
il y a d'intà^t k visiter les cavernes et à Toailler leur wi jasque 
dans ses plus grandes profondeurs, et cda dans tons les pays où l'on 
en rencontrera. Nous signfderoos d'une manière spéciale, comme 
devant fournir des rensagnements d'une gnnde videur, les ex- 
ploratioDs des cavernes pouvant exister dans les parties centrales 
de l'Afiiqnfl, cdles des montagnes du Thibet, de la Chine, de la 
Cochînchine, du Japon, de la Mdaisie et des diverses terres de 
l'Océanie. 

Après avoir indiqué les [oincipales localités dans lesquelles on 
peut rencontrer de« Fossiles, il nous reste à Eure coundtre les pro- 
cédés employés pour obtenir des éohantittons en bon état. 

Lorsqu'on se trouve en présence de terrains stratifiés, la nature 
des roches qui les constituent pouvant être tort différente, on est 
conduit à procéder de diverses manières. Tantât les Posùles se 
trouvent être disposés au milieu de roches sdiiatoides, tantdt au 
milieu de roches compactes. D'autres fois, ils apparaissent dans 
des couches formées de saUes, de marnes, d'ai^des. 

Dans les roches schisttâdes, les Fossiles sont compris entre les 
divers feuillets, et e'est en faisant sauter ceux-ci, en les soulevant 
tour à tour, qu'on arrive à mettre à découvert les restes oi^aniqoes 
qu'ils renfemient. 

Les roches calcaires offieot un degré de compacité très variable. 
Les unes, comme certains Maibres, sont d'une dureté excessive, 
tandis que d'autres, cmmne la Craie blanche, se laissent attaquer 
avec la dernière facilité. C'est an moyen de ciseaux de formes va- 
riées et du marteau qu'on d<Mt chercher à dégager les Fossiles dé- 
couverts,- Mais, dans certains cas, les roches ctdcaires, qui se sont 
constituées par dépAts successifs, superposés les uns aux autres, 
présentent un plan de stratification, suivant lequel on peut les dé- 
luteren lames, en plaques, et, la plupart du temps, c'est dans les 
points où elles comprennent des Fossiles, qu'elles se laissent divisa* 
le plus fftdlement. On trouve alors quelquefois, snr les surfaces 
mises ii jour, des empreintes de divers animaux. Ce swit surtout 
des empreintes de Poissons qu'on rencontre daqs ces conditions. 



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— 283 — 

Hais on découvre égalameot, comme à Cyrin, de Mtes empreintes 
de Reptiles, ou, comme à S<deubofen,eD Bavière, des impressioas 
admirables d'animaux divers dont quelques-uns étaient d'une fragi- 
lité excessive. C'est à Soleahofen qu'on a trouvé cet anim^d surpre- 
nant, ncHumé Aivhaoptirjx, moitié Oiseau, moitié Reptile, des 
représentants de cette .deniiëre classe, les Ptérodactyles, dont les 
membres antérieurs étaient adaptés pour le vol, et enfin, des em- 
preintes de Poissons, de Cmstacés, d'Echynodermes, tels que des 
Étoiles de mer aux longs Imu d'une délicatesse infinie, et jusqu'à 
des im|H:es«i(nis de Méduses. A Aix-en-Provence, on recueille, dans 
d'anciennes formations lacustres, des empruntes de végétaux en 
même temps qne de très belles empreintes d'Insectes. 

Si, par leurs dimensions , les Fossiles sont généralement aisés k 
découvrir au milieu des rodies cdcsàres, il est pourtant des cas 
dans lesquels leurs proportions sont tdlement réduites, qu'un exa- 
men très attenta peut seul ftàre constater leur présence. Nous vou- 
lons parler dea roches, telles que le Calcaire à Fnsulines, formé 
par l'accumulation de restes de petits animaux appartenant au 
groupe des- Foraminifères. Des couches des terrains crétacés ont 
également une aemUable wigine. il faut donc, en présence de cer- 
taines formatî(Hie calcaires paraissant déponrvaes de Fossiles, ne 
pas s'en tenir k une fnanète impression , et procéder avec la loupe 
à une impecticin miontiense de la rocbe. 

S'il existe des Fossiles susceptiMes d'échapper aux r^^ards par 
leurs infimes dimenuons, il en est d'autres, d'assez grande taille, 
qui peuvent paiement , si T-on n'est prévenu de leur mode de fossi- 
lisation, passer ini^per^s. Nous voulons pai4er de ceux quisont en- 
globés par une masse sotide, résistante, de nature diverse, suivant 
les terrains anxqnds ils appartiennent Dans ce cas, au milieu de 
strates d'une dureté peu oonsidéraUe, on obsore des noyaux d'une 
consistance beaucoup fJus grande, de volume et de fmmes varia- 
bles. 11 ne faut pas manquer, quand «n constate de - s«nblables 
rognons endavés au milieu des couches, de Im dégager et, d'un 
coup de marteau, de les féodre snivant leur fAm grand diamètre. 
Cest dans desconditions saublaUes qu'on a découvert, dans des 
terraios andens ou de la base du secondaire, des Poissons et di- 
vers Invertébrés fosnles. Dans une portion des terrains crétacés, 
portant le nomde sables verts k nodules, on rencontt«,ea nombre 
«swe coosidérable pour donner lieu à des exploitations, des rognons 



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— 284 — 

résultant d'une concentration de Pkosphate de Gbaox aatour de 
OH-ps o^niques. Spongiaires, MoUusqoes divers, bots fossiles. En 
divers points des terrains tertiaires, on a signalé, ^ans des forma- 
tions d'eau douce, des nodules constitués par du sable et du gra- 
vier, cimentés ptfr du Carbonate de Chaux. Ces nodules «Hitienneut, 
dans leur centre, dtg Mollusques fossiles et, plus particulèrement, 
des fumes voiùues des Unio. 

Mais si, dans les cas dont nous venons de parler, i'int^eur des 
concrâioas est occupé par les portions dures, résistantes, des ani- 
maux fossilisés, il en est d'autres dans lesquels il aj^iaralt vide. 11 
ne faut pas se h&ler, dans ce cas, de cooclure que l'échantillon 
n'a aucune valeur paléontologtqne ; il peut, au contraire, en pos- 
séder une très grande, comme l'ont montré tout dernièrement les 
mnarqaables découvàles accomplies par M. Newton, en Angle- 
terre. Il arrive souvent que les parties molles des animaux ayant 
été décomposées, puis remplacées par le sédiment en fixinatioo, 
les parties calcaires de ces Fossiles se trouvent à leor tour dissoutes 
par les agents chimiques; il ne subsiste plus, dans ce cas, que la 
masse du sédiment qui a pénétré et durci à l'intàîeur. On a aSaire 
alors b des moules internes. Dans d'autres cas, le Fossile ne laisse, 
dans la roche, que son moule extome, et cela, quand il a été en- 
tièrement dissout après la formation du sédiment Si l'on vient à 
remplir la cavité ainsi formée par une matière étrangère, on ob- 
tient un modèle du Fossile auquel elle cwrespond. Cest en procé- 
dant de cette manière, que H. Newton, dont nous pariions tout à 
l'heure, après av(ttr découvert, dans des tarains triasiques d'An- 
gleterre, des concrétions creuses, a reconnu qu'dles omstituaient 
le moule externe de diverses parties de Reptiles très curieux. 

Les cavités qu'on aperçoit dans certains tufs calcaires ou siliceux 
doivent également être examinées avec beaucoup d'attention, car, 
dans bioi des cas, ^es correspondent au moule en creux de di- 
vers êtres organisés tant animaux que v^^ux. 

Enfin, c'est au sein de couches d'iges divers, que Tchi peut être 
amené à constater la présence d'osseanents de Votébrés, formant 
des accumulations {dus ou moins puissantes. Ainsi, il existe au 
voisinage d'Athènes, à Pikermy, des limons calcaires miocènes, 
d'une grande dureté, renfermant dans leur intérieur des quantités 
d'ossements de Mammifères. M. Gaudry, qui a entrefais avec ua 
grand succès, il y a pluuenrs années, l'aqJoitalion de ce gisement. 



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_ 285 — 

a rappelé, dans la très iatéressante ctmférence qu'il a faite en vue 
des voyageurs, la manière dont i) avait dû procéder pour oblenîr 
des échantillons des divers animaux fossiles, en présence desquels 
il se trouvait II s'est préoccupé tout d'abord de mettre à décou- 
vert la partie supérieure de la couche fossilifère en faisant enlever, 
sur une grandeélcndue, les dépAts divers qui la recouvraient. Nous 
dirons tout de suite que , chaque fois qu'il sera possible d'agir ainsi , il 
ne faudra pas hésiter à le faire. Car alors, comme cela a été le cas 
à Pikamy, les ossements apparaissent à la surface du sol et il n'y a 
plus qu'à les d^ager successivement, en allant avec précautions. 

Il arrive souvent qu'on trouve ptie-m^e les ossements de plu- 
sieurs animaux de différentes espèces. Dans ce cas, on les ramasse 
tds qu'on les trouve, sans ordre. Mais quidqaefois les os, qui 
composaient un squelette ou une partie de squelette, se trouvent 
être en connexion les uns avec les antres ou séparés par de faibles 
intervalles. U faut alors les recueillir séparément, les mettre tout 
de suite à part pour qu'ils ne puissent pas être mêlés avec des os 
trouvés dans le voisinage. On aura la précaution d'envdopper sé- 
parément les os que l'on supposera appartenir à un même sque- 
lette, puis on leg disposera tons ensemble dans une boite particu- 
lière. 

Fréquemmentlesossements qu'on découvre sont incomplets. Nous 
ne »aurioas trop recommander de ne pas trop se hiter alors de les 
jeter, car il arrive souvent que, pendant le cours des fouilles, on 
trouve, à une distance plus ou moins éloignée, les portions qui font 
défaut. Les fractures se produisent surtout lorsque les couches en- 
globant les Fossiles sont plastiques et qu'elles se sont trouvées 
être comfvimées par des couches pesantes, telles que des Calcaires 
dont la formation leur a été postérieure. Dans ce cas, comjuises 
entre deux plans résistants, elles ont ^issé, et les ossements fossiles 
qu'elles contenaient se sont brisés en plusieurs fragments, emportés 
plus ou moins loin les uns des autres. C'est un fait de cet ordre 
qui a eu lieu à Sansan, et qui fait qu'à première vue on croirait 
ne devoir jamais recueillir que des fragments d'os. Pourtant, lors- 
qu'on a le soin de bien faire mettre de cdté tous les fragments 
découverts, on ne tarde pas à pouvoir reconstituer un très grand 
nomlH« de pièces osseuses. D'ailleurs il ne faut pas oublier que des 
os cassés sont susceptiUes de donner lieu à de très importantes con- 
statalious; les caractères particuliers de leurs extrémités rendent 



,dbyGOOgIC 



possible dans biea des cas la détermiDatioi) du groupe, da genre 
auquel appartenait l'animal dont ils provieDDeot. 

L'état daos lequel on trouve les ossem«its fossiles est bès diffé- 
rent suivant la nature des terrains qui les comprennent Quelque- 
fois ils sont très durs, très résistants et, par conséquent, faciles à 
d^ager, mais d'autres fois, par suite de leur séjour au milieu de 
sables, de marnes, d'argiles, ils sont d'une friabilité extrâme et de- 
mandent des soins tout particuliers pour pouvoir être dégagés. Qud- 
qnefiûsméme ils sont dans un td état de frii^ilité, qu'on ne saurait 
soager à ia aa«le<f« de la coodie où ils reposent. Dans ce cas, il 
faut, comme nous famm» pntiqué dans divers giswnents et d'une 
manière tonte particulière k Tiani . tiiBer dans le sol une fwte 
motte, comprenant l'échantillon qu'on désôe pwiéiec. On détache 
lamotteen glissant, à sa partie [ffofonde,uu coutean à Ium longue 
et large. Lorsqu'elle est isolée , on la transporte dans un endroit aac 
Au bout d'un certain temps, elle a perdu, ainsi que la [ùèce fos- 
sile qu'elle contient, toute son humidité, et l'on peut alors songer à 
consolider celle-ci par des procédés divers, que nous indiquerons 
fiva loin. C'est en agissant de cette manière que j!ai pu arriver, 
par exemple, à conserver la presque totalité d'un squelette de Cha- 
licotkeriam, Bilanmiifôre grand comme un Rhinocéros, dont tous 
les ossements seraient tombés en miettes, » j'avais soi^ à le» dé- 
g^er au moment de leur découverte. 

Je ferai observa* que lorsque les ossements sont en bon état et 
que ta gangue les eovdo[^)ant ne présente pas de résistance , comme 
les aifples, les marnes, les terrains d'aUuvioos, on doit essayer 
tout de suite de les enlever. Pour y parvenir, je recommanderai 
l'emploi de couteaux avec lesquels on arrive, en peu de temps, 
à dégager la pièce qu'on désire t^tenir. Lwsque celle-ci, isolée 
de toutes parts, ne repose plus que sur sa iàce inférieure et que 
l'on s'est assuré qu'il n'y a pas d'apophyse s'enfongant dans le 
sol, on la soulève peu k peu en gtiasant, en différents points, 
la lame du couteau et en faisant de légères pesées. Si la gangue, 
dure, résistante, ne permet pas de songer au dégagement immédiat 
de la jHèce , il faut se résigner k emporter un bloc , que l'on réduit 
au m ininiuT" de pends et de volume possibles. 

Dans les gisements d'ossements de V^tébrés, ce ne sont pas 
seulement les pièces du squelette des grandes espèces qu'il faut 
s'efforcer d'obtenir, ce sont également celles des petites, qui ont 



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— 287 — 

une égale valoir. Je dtani , ctunme gisement célèbre ne reafermaat 
que de très petits animaux , celui de Purbeck, oùdei iovestigatioDs 
accomplies avec une patience inooîe ont amené , sur un espace de 
io fieàs de long sur lo de large seulement, la découverte de très 
nombreux genres de Marsupiaux de l'époque secondaire. Pour éviter 
que des têtes, des m&choires, des os du squelette d'animaux, dont 
la taille égale quelquefois celle d'une Souris naine, ne 8oi«it pas 
perdus, il faut, d'une paît, exercer une surveillance très attentive 
durant le cours des fouUles, et , d'autre part, prendrecertaines précau- 
tions permettant d'assurer la pn WT wtion des pièces ayant éckappé 
aux jMvmières recherches. Nous ne saurions trop recommander, 
l(HW]n'on a affiùre k un giseiDent argileux, marneux, d'avoir des 
hoBunes spécialement chargés de d^iter, avec leurs couteaux, en 
petits fragments, les mottes arradiées par le pic. D'autre part, il 
faut Jàire mettre en petits tas ces restes, dans des endroits où ils 
sment exposés au soleil et à la pluie , et venir les inspecter de temps 
en temps. Sous l'influence de la chaleur et de l'humidité, tons les 
fragments finissent par se désagr^er, et les eaux qui ruissellent 
entraînent à la base des tas ou font apparaître, dans les rigoles 
qu'^es creusent à leur surface, une foule de petits ossements qui 
étaient restés jusqu'alors inaperçus, malgré une extrême surveil- 
lance. ^ l'on est k |Hxnimité d'un cours d'ean, on peut lâire lavw 
les terres sur un tamis, à mailles suffisamment étroites pour ne 
laisser échapper aucun objet Le tamisage se fera tout naturdle- 
ment si le gisement est constitué par des sables et, an sujet des dé- 
pAts de cette nature, nous ferons remarquer qu'^ en est d'origine 
marine, renfermant dans leur intérieur, conmie ii Grignon, à An- 
vers, h Beauchamp, de très nombreuses espèces de tout petits 
Mollusques, qu'un tamisage seul peut faire recueillir. 

Nous venons d'examiner les cas dans lesquels la recherche des 
ossements fossiles pouvait s'exécuter en faisant disparaître les 
couches recouvrant celles qui les comprenaient, ce qui permet- 
tait d'avoir une exploitation à cid ouvert. Mais malheureusement, 
bien des fois, on ne peut songer, k cause de l'épaisseor des ter- 
rains k enlever, de leur nature, ou da manque d'ouvriers, à avoir 
recours k ce procédé de recherches, qui offre les plus grands avan- 
tages. Il faut alors se résigner k attaquer les couches fossilifères 
en les creusant en certains points, en y ouvrant des galeries. On 
doit toujours, dans ces cas, agir avec une grande prudence et 



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prendre tontea les précautioDs vonlnes afin d'éviter des éboulemenb 
dont les coDséqneDces pourraient être terriUes. 

ha recherches dans les caverne» sont qudqoefois difficiles et 
même périlleuses, d'une part, par suite des nombreux accidents 
de terrains qu'on y rencontre, d'autre part, par l'air, vicié d'acide 
carbonique, qu'on peut être amené k y respirer. Généralement, 
par suite des infiltrations, il se constitue, à la surface du sol de 
ces cavités souterraines, des dépâts épais de Carbonate de Chaux, 
formant ce qu'on appelle de la Stali^mite. 11 faut briser cette 
couche stalagmitique, dont l'épaisseor, dans certains cas, est très 
considérable, avant d'arriver sur les couches à ossements. Cenx-d 
peuvent provenir d'une seule époque ou de plusieurs époques géo- 
l<^ques, et il faut être bien prévenu de cefait très important, pour 
ne pas mélanger les uns aux autres les restes d'animaux ayant 
fait partie de iâunes différentes. M. Gaudry a beaucoup insisté sur 
ce point dans sa conférence. Voa est quelquefois avati de la 
modification du dépût, par l'apparition d'un banc stdagmitique , 
venant interrompre la continuité de la couche que l'on exjdoile. 
Mais il n'en est pas toujours ainn, et c'est olras sur la nature, 
la structure des dépAts, qu'il faut se baser, pour reconnaître qu'ils 
sont d'âges différents. Enfin, des dépdts d'une même époque ne 
présentent pas toujours la même constitution dans toute leur épaa- 
seur, et cela, à cause des phénomènes de sédimentation qui se 
sont produits au moment de leur formation. Il faut avoir grand 
soin de noter tous ces faits sur des croquis, et d'y indiquer l'épais- 
seur des différentes strates. Les explorateurs doivent être prévenus 
que, dans les cavenies où les ossements ont été apportés par les 
eaux, dans celles, par conséquent, qui n'ont pas servi de repaires, 
les différentes pièces des squelettes sont d'habitude dissociées, 
et, d'autre part, qu'elles sont généralement réparties au sein des 
dépêts suivant leur poids, leur densité. C'est près de la surface 
qu'on rencontre les pièces l^res, et dans les portions profondes 
que sont au contraire reléguées les pièces lourdes. 11 résulte de ce 
mode de distribution qu'il ne faut pas se borner k gratter, comme 
on le fait trop souvent, les couches superficidles, mais qu^ tant 
les explorer jusque dans leurs dernières profondeurs. D'autre part, 
la présence de bancs de Stalagmites, intercalés au milieu des 
couches, ne doit pas donner lieu à.des merises. Il ne faut pas les 
considérer comme étant la roche constituant le sol de la caverne. 



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— Î89 — 

Ainsi que nous l'avons dit pins bant, il» séparent quelquefois des 
horizons d'âges dîQîireiits, mais, dans d'antres cas, ds sont répartis, 
comme nous avons eu tnen souvent l'occasion de le constater, au 
milieu de strates d'un dépAt d'une nnique époque. 

Les instnunents nécessaires pour exécuter les fouilles dans les 
cavernes sont les mêmes que ceux utilisés pour la recherche des 
ossements dans les couches exposées à la lumière. Ils awsisteot 
en pics et jamais en bêches, pour fouiller, en solides couteaux de 
grandears différentes et, enfin, en crochets de prop(»iiuns variées. 

Noos venons de voir comment on devait procéder à la recherche 
des fossiles, soit au seiu des cavernes, soit au milieu des diverses 
strates terrestres; il oons reste maintenant k indiquer comment on 
d(Ht procéder au choix des objets à conserver. Nous nous occu- 
perons d'abord des Invertébrés, 

Dans le cas où les fossiles seraiait particulièrement abondants 
et où le voyageur serait f<»cé de faire un choix, voici, d'après 
M.Marceliin Boule, assistant du service de Paléontologie , les formes 
qui devraient être recueillies de préf&«nce : 

■ Les Foraminifères, dont ou reconndtra la présence à l'aide 
d'une forte loupe et qui ne sauraient augmenter de beaucoup les ba- 
gages du voyageur; parmi les Foraminifôres, ceux de grande taille, 
comme les (h'bitolites, les Nummulites, devront être recueillis avec 

»«ND. 

< Les Échinodermes et plus particulièrement les Oursins , grice à 
la comf^cation de structure de leurs parties dures, sont d'excdlents 
fossiles, susceptibles de donner exactement l'âge d'une couche, et 
dont l'étude intrinsèque présente beaucoup d'inlérét 

■ Les coquilles de Mollusques sont extrêmement répandues à 
l'état fossile. Le voyageur n'emportera, en fait de Lamellibranches 
et de Gastéropodes, que les spécimens bien conservés, possédant le 
test ; il choisira ceux dont l'ouverture sera entière et pouvant être dé- 
terminés avec précision. Parmi les Lamellibranches, le groupe des 
Hudisles mérite une attention toute particulière. Les échantillons 
d'Hippurites, de Radiolites, etc., rachèteront l'inconvénient d'être 
parfois vcJumineux par l'avantage de fournir exactement la posi- 
tion géolt^qne des couches oii on les aura trouvés. 

■ Parmi les Brachiopodes, ce sont surtout les groupes anciens 
{Spirifer, Pndactiu] qu'il importe de recueillir. 

• Les Céphalopodes, animaux essentiellement nageurs, pélagi- 



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— 200 — 

ques, soDt parmi 1m pins importants en ï^^oatologia alntigra- 
phiqne. Grâce à lem- facilité de diffiuionv in mimei «qièoef peu- 
vent se rencontrer sur des pointa âaigaia et fonmir de* notions 
précieuses sur le synchronisme des taruaa. Les Bâemnites et 
snrtont les Ammonites méritent donc tout paiiiaaliiRmeat l'at- 
tention des voyageors. On devra s'attiubw ^ ncuflâUr des échan- 
tillons de toutes les tailln, akn «éme qu'ils pwaltxùeBt appa^ 
tenir à la même espèce. 

■ Toute trace ou empraiile d'ArllOopoda éena toe niie d« 
eAté,car elle pourra être de natoie à enrichir la saienae dn données 
intéressantes. Dans les tevraiBB primatns, ha TrilolûtBa sont des 
ËMsiles tris précieux pour diitingnef Isa h<MÛaQs 1 1 r'at i gBap h iipiM 

■ On cmnproid qu'il soit diffiâl« de donner des indicatioM m»- 
ceptibles de s'appliquer à chaque cas (Mrtiealier. £o giaéral, l'ex- 
plorateur éloigné de toute gntoda voie do cooinronication aa de 
transport fera bien de ne pas s'eacontrer d'échantUloas en tn^ 
mauvais état de conservatioo , peu auaoqitiUes d'une détermina- 
tion précise. Il devra r és erver ses f<woas et ses moyens ponr le 
cas oi> il rencontrerait un giaement riche en beaux spécimais, et 
ne pas craindre alors de bire une réoolte abondante. ■ 

En ce qui concerne les Vertélwés, si l'on se trouve dans un pays 
où le transport est facile, il faut tout envoyer, à moins que l'on 
n'ait des connaissances suffisantes pour discerna sûrement ce qui 
appartient à un animal , de ce <pii appartient à «a antre. Mais, si 
les communications sont difficiles, on doit nécessairement faire un 
triage. On conservera tou)<Hir8 let tAu, la méeioim iaoUet, Ut 
dents téparéei qwi lu paneront pat étrt temhUibUi à cttbu rettia 
jixétM lar U» maxilUUra. Ou s'eObrceta de rapprater les lajets 
trouvés entiers. Mais, si cela ne se peut, on emportera U tète, les 
membres, let>assin, sacrifiant ainsi la. o^nne vertébrale. Dans le 
cas où Ton n'aura renomtré que des oaa em eats sans oonnenoDs, oa 
fera un triage, de manière à avoir an menas un exemplaire de 
chaque, dont les caractères parattront être particulic». Ainsi l'on 
pi«Ddra tous les humérus qui n'oOnront pas les mimes particula- 
rités, tous les radius, les cubitus, etc., qui seront disaemblaldee 
entre eux. Les vertèbres possèdent moins d'iatét^ que les autres 
pièces du squdette, mais, si l'on venait à en remarquer qui eus- 
sent des caractères spéciaux, il faudrait immédiatemmt les mettre 
decdté. 



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— 291 — 

H ponrraît anïver que les voyagean se trouvsMeot en présence de 
■qodbtiei. on de parties de squeldtes fossiles, dont les dimensions 
■enient telle*, qu'ils ne sauraient songer à )es faire transporter 
avec les moyens dont ils disposeruent D faudra alors qu'Us les 
desnoeot et les photognphient sous leurs différents aspects et qu'ils 
preoDent amgnensement leurs p ro p o rti ons. Dans les cas où il s'agi- 
rait d'un squdette, si un dessin ou ane photographie de son en- 
scxoble étaient possibles, ils devraient ks| obtenir. Sinon, ils de- 
vront reproduire successivement la tite, les membres, le bassin, 
les diverses régions de la colonne ver t ébrale. Ds mesoreront très 
exactement les piices du squriette, et ils évaluennit la longneur 
de la ogkaoe vertébnde dans son ensemble et ensuite dans ses 
dtvffines partie» oonstitutive», région cervicale, dorsale, lombaire, 
eo notant le nombre des vertèbres pour chacune d'entre elles. Ils 
[n«ndiont les dueasions de la queue, et ib inscriront le nombre 
des âteients la composant Comme il peut arriver que l'on ne dis- 
pose pas d'one dorée de temps suffisante pour accomplir toutes ce» 
opératioas, ce sont dors les dsservations concernant la tête qui 
devroat 4tie as sorte s, puis, s'il est possible, celles relatives aux 



Les exjdorations à accom[rfir au sein des marais , des tourtnères 
ne présentent généralement pas de difficultés. Si la vise n'est pas 
trop fluide, il suffit de la taire «ttraire pour obtenir les objets 
qu'elle contient Si elle est trop imbibée d'eau, il faut faire éta- 
Uir des tranchées autour de la portion que l'on veut fouiller; en 
ménageant un écoulement pour les éaox, on obtient ainsi son des- 
sèchement Enfin, s'il existe une nappe liquide recouvrant le sol, 
oo utilisera les divers instruments dont nous avons parlé an sujet 
de la lecherche dans les Palafittes. 

Ce n'est pas seulement par des reste» de leur corps que les 
animaux témoignent de leur existence panée, mais tii&s souvent 
par des empreintes qn'ils ont laissées sur le sol. Des Oiseaux , des 
Beptiles, des Crustacés, des Mollusques, des Ann^ides ont ainsi 
tracé des pistes, dans des terrains même très anciens. Nous cite* 
rons, plus particulièrement, cdles observées sur les Grès triasiques 
de la vaUée du Ccmnectîcut dans les Massachusetts, qui , a-t-on cru 
primitivement, étaient dnes à des Oiseaux, et qui, aujourd'hui, 
paraissent devoir être rapportées & des Reptiles, dont quelques* 
uns atténuaient une taille gigantesque. Des empreintes Clément 



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_ 292 — 

duce à de5 Reptiles de grande taille, k des Dinosauriens, ont été 
découvertes au milieu du Sahara, par M. Le Mesle, sur des feail- 
iets d'assises crétacées. Il faut espérer qu'un jour les voy^eurs 
seront assez heureux pour profiter de cette deniière indication, tt 
qu'ils découvriront, en Afrique, les squdettes de ces animaux 
dont l'eiistence nous est seulement révélée par la trace de leurs 
pas. 

Si l'on peut détacher des feuillets portant des empreintes, et si 
l'on se trouve dans des conditions telles qu'on puisse les emporter, 
il faut le faire. Mais, dans bien des cas, on ne saurait songer à agir 
ainsi. Il faut alors mesurer les empreintes, la longueur de leurs 
difFérentes parties, les dessiner soigneusement, en notant l'es- 
pace compris entre chacune d'entre elles, ce qui permet de con- 
naître l'amplitude des pas et de prévoir la taUte de l'animal aux- 
quels elles sont dues. Les pattes de devant et celles de derrière 
n'ayant pas le même développement, on ne doit pas être surpris 
de trouver, à cdté les unes des autres, ou alternant, des traces de 
grandeurs quelquefois fort différentes, et il ne but pas se borner 
à étudier seulement les plus grandes, en se figurant qu'elles ont 
été laissées par les sujets les plus forts. Si l'on dispose d'un appa- 
reil de photographie, on rapportera non seulement des épreuves 
des différentes sortes d'empreintes, mais, si cela est possible, de 
la surface sur laquelle elles sont distribuées. D'autre part, au moyen 
de plâtre ou avec du papier d'estampage, on en obtiendra des re- 
productions. 

La manière dont doivent être préservés les échantillons de Fos- 
siles, après leur découv»-te, varie beaucoup suivant leur nature 
et l'état dans lequel ils se trouvent Ceux qui sont passés à l'état 
de Calcaire, ou de substance minérale ré»stante quelconque, 
n'exigent aucun soin particulier, mais il n'en est pas de même de 
ceux qui se trouvent être dans un grand état de friabilité. Nous 
avons dit, en ce qui concerne les ossements, qu'il fallait les enlever 
avec une portion de la gangue dans laqudle ils étaient placés, et 
les laisser sécher. 

On doit procéder de la même manière en ce qui concerne les 
différents autres genres de Fossiles, et surtout les M<^lusques, dont 
les coquilles peuvent être dans un état de décomposition tel, que 
le moindre attouchement les ferait tomber en poussière. 

Lorsque les pièces qu'on a ainsi mises de côb' sont sèches, il 



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— 293 — 

faut les consolider avant de les dégager. Pour cela faire, on peut 
se servir, quand il s'agit des ossements, de blanc de baleine fondu 
ou bien pratiquer un eDcoU^e. 

Quand on emploie le blanc de baleine, il faut le porter <t une 
température trèsâevée, et l'on reconnaît cpi'il est assez cbaud, lors- 
qa'il d^age d'abondantes vapeurs. Si l'on craint que la pièce ne 
soit pas tout k fait sèche, ou peut l'arroser avec de l'akocJ auquel 
on mçt le feu. Au moment ou ce liquide a fini de brûler, on plonge 
un tampon, formé de linges ou d'étoupes, dans le blanc de baleine 
fondu, et l'on badigeonne avec celui-ci les surfaces osseuses libres. 
On fait pénétrer, le plus possible dana l'os, la substance grasse. 

U peut arriver que toat l'os s'imbibe durant le cours d'une pre- 
mière op^ation, mais, s'il est volumineux, ou s'il s'agit d'une 
pièce telle qu'une tête, il n'y aura qu'une de ses parties dont la con- 
servation sera asMirée. Il faodra alors d^agcT avec précaution et pro- 
gressivement cdles qui sont restées dans la gangue , et l'on procédera 
^ors, k leur ^ard, comme on l'a fait précédemment. En agissant 
ainsi d'une manière gradudie, on arrive, au bout d'un certain 
temps,àis(rier toute une pièce et à lamettredansnn état tel, qu'on 
est sâr de la conserver. Si, au lieu de se servir du blanc de ba- 
leine, on emploie l'encollage, on procédera d'une façon exactement 
semUabAe à c^e que nous venons d'exposer. L'encollage se fait au 
moyen de ocdle de Givet, qu'on fait fondre dans de l'eau ordi- 
naire. La solution doit être peu concentrée, et il faut l'appliquer 
très chande. On en imbibe les os, jusqu'au moment où ceux-ci 
n'absorbent plus de liquide. 

Si les Fossiles sont brisés, on peut les raccommoder avec de la 
colle forte ou avec une colle très en usage dans plusieurs labora- 
toires, formée de gomme arabique dissoute dans de l'eau froide, 
tenant en suspension du blanc d'Espagne pulvérisé avec très peu de 
ancre. Il faut verser la craie par minimes portions et, chaque fois, 
remner très longuement pour qu'il y ait un mélange intime. 

Je |»éféi<erais voir employer un mastic, appelé mastic de Stahl "', 
qui a le grand avantage de durcir immédiatement, de remplir 
toutes les cavités et de ne pas âtre altéré par l'humidité. M. Stahl 
a reconnu que, pour obtenir une substance très adhésive, on dent 

C H. Sthal, qui pendiat trente am a dirigé l'atdler de motdagea iId Ma- 
iten, • Tenta, par «m habileté, de grand* MrHcea k cet ttaUiuMiienl. 



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— 294 — 

faire fondre i kilogramme de cire vinga avec a5o grammes de 
résine, qui se vend chez les marchands de coulean sous le nom 
d'arcanson, k laquelle on joint 3 kilogr. 65o de plâtre, pincée par 
pincée, en remuant très longaemeot chaque f<Hs, après chaque 
pincée, et en maintenant toujours la fusion; le mastic est d'autant 
plus solide que l'opération a été faite plu* lentement. On obtient 
ainsi une niasse qu'on sépm par morceaux, et, lorsqu'on veut 
l'utiliser, on fait fondre nn de ces mOTceanz dans une petite.cassa- 
rôle et l'on pCH^ le mastic en fusion avec une spatule sur les exti^ 
mités, préalablement chauffées, des fragments que l'on veut rénnir. 
L'envoi des échantillons de Fossiles ne [»ésente ancone difficulté. 
li exige seulement qudqoes précantions dans li mtni^ dont on 
procède k l'emballage. Ainsi, on doit placer dans des caisses ^>é- 
ciales tous les objets lourds, résistants, et, dans d'autres caisses, lea 
objets [dus légers, ou sniceptiUes par leur faible conûstance d'être 
écrasés sous le poids des premiers. Il fant évite, autant qaa pos- 
sible, de se servir de caisses trop vtdnmineuses, difËcites i ma- 
ncBuvrer, par suite de leur poids, et susceptibles, par conséquent, 
de se Iniser dans une diute. L>ei objets délicats seront disposés 
dans des boites et entourés d'ouate ou de papinr de soie. Il en eat 
de même des empreintes délicat» qiri doivent être [dacées d'une 
façon telle, que rien ne vienne altérer leur surface par on frotte- 
ment Quant aux Fossiles de volume réduit, aux petites coquUles, 
aux ossements de très faibles dimensions, il est avantageux de les 
placer dans des tubes, en ayant le soin de disposer un tampon 
d'ouate dans le fond de ceux-d et un autre tampon d'ouate dans 
leur partie supérieure, avant de les tenaet, 

i 2. Des Plantes fossiles. 

Si les {dantes octncdles ofient no sujet d'étude d«B plus bM- 
ressauts au point de vue de la variété de leurs caractères, da leur 
répartition, des produits divers qu'elles fonmissent k llionime, 
l'étude des plantes fossiles ne possède pas un moindiv intérêt En 
effet, c'est grâce & cclles-d que nous sommes parreuns k savoir 
que les climats anciens différaient beaucoup de celui sons lequel 
nous vivons actuellement, que la chaleur répandue sur toute la 
terre permettait à la végétation de se développet là où sont au- 
jourd'hui accumulée* let ^aces polaires. C'est par Imr euma 



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— 895 — 

qne BOUS avon* iMÎsté, en quelque sorte, au développement pro- 
gressif de la végéUtioD, que nous avoni va des fonnes de plus 
eu plna compiiqaées mocéder k des fonoes pnmitives d'aue sida- 
j^dté extréine. Mai»,n ^e patientes et de coorageasesreclierdies, 
n de scvantes obtenrAioo» noas ont déroaié uo passé qui sem- 
Uait dcnroir nona restar étemdlement incdann, non» sommBs 
cacors bien loia d'être fixés sur tout es qm concerne tes époques 
primitives, et les résultats qu'm attend de uouvflUes investig» 
tions, coDcmiant les Btwes fôsalés, sont conndéraUei. Par coa- 
aéqoott, les voy^eurs doivent ^oocapor de recnmUir des plantée 
fiisailes dam lei diver» pays qu^s panoonrronl, en étant bien 
convaincus de cette idée, que ce ne sont pas sentaient des doca- 
ments fidsant oomuftre Twastenoe Jttsçictie v^ébdes qu'ils rap- 
pOTtenmt, duos «noor* dn pièces et Ir plat haute vriirar, per- 
iBrttant de retracer les différents éMa nétéotologiqnes auxqaela, 
dans le paaaé, a M soumis le inonde terrsstre. 

£n eSei, les plantée sont de véritables instrumaats, accusant, 
de la manière la ^us prtdse, la tampératura, l'humidité de la ré- 
gion où eUes croissent, de mémo qu'elles indiquent, par divers 
points de leur straoture, la nature du sol on celle des produits 
divers sur lesquelles dies ont pu se développer. 

Les plantes ont apparu, dte les temps primaires, et, par con- 
séquent, leur recherche peut être entr^iriae à partir des fonaadoos 
■ilnriennes. La natnre de leurs gisements est très variaUe, et cela 
se conçoit, étairt domié les habitats âifférents des végétaux et les 
oonditi<Ris variées dans lesquelles s'est acoxnplia leur fossilisation. 

On trouve leurs enpraîntes tant6t sur des feiôUsts sdùsteujt^ 
tantAt k la surface de Grès, de Caleairea da natarea fort diverse*. 
On les rencontre pétrifiés dana des tufs siliceux ou cakaires, dans 
des tnft vdcaniqoes. Enfin c'ert au milieu de déptits dé Lignite, 
ou au MÏn de la BooflJe, qu'cm découvre leurs restes. 

Dans oertaioB ou, ce sont des édutatillons isdés, auxquds on 
a affaire, mais géoér^ement on se trouve en présence d'accumu- 
lations végétales, pènnettaDt, par la variété des organismes qui les 
«nnadtuent, d'arriver k te faire une idée trèk juste de la végétation 
ancienne de h région où ïoa se trouve. Ainsi , pour donner une idée 
de la richesse de certains gisements , en même temps que de celle de 
l'extension des végétaux dans les r^ionS' polaires, nous raf^)^le- 
roDS qu'il existe k Atanekerdluk, dans le Grqielaad, fMT 7od^rés 



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de latitude, toute ane forêt fossile. >Près du rivage, les tronç(H» 
de boÎ8 fossile alternent avec des lits de cborbon , qui imt été ex- 
l^oités k plusieurs reprises; mais si l'on gravit ud ravin escarpé, k 
une hauteur de 1,000. pieds aillais, 00 trouve des lits entièrement 
pétris de feuilles et d'autres débris empAtés dans une rocKe- en 
grande partie fem^neuse. La masse des feuilles entassées est vrai- 
ment surprenante; des troncs encore en place, des fruits, des 
âeurs, des Insectes, les accompagnent, et attestent qu'il s'agit bien 
d'une v^étation développée sur les lieux ratoies. Là, sdon M. Heer, 
■'devait une vaste forêt oii dominaient les Sequcùas, les Peuplien, 
les Chênes, les Magnolias, les PUquaniniers, les Houx, les Noynv 
et bien d'autres essences <'l. > 

Si l'on trouve, comme dans le cas précédent, comme dans cdni 
de la forêt fossile du Caire , tout un ensemble de végétation en place, 
il est d'autres cas oà il y a eu transport des matériaux et mâange 
de fÎEiunes marines et terrestres. Ainsi, à Gelinden, une ibiêt cou- 
vrait des pentes crayeuses, dont les Aancs, ravinés par les eaux 
pluviales, ont abandonné aux courants de l'époque les dépouilles 
des arbres et des plantes qui les couvraient. An moment des crues, 
ces dépouilles, «nportées par- des eaux limoneuses, liaient s'en- 
sevelir dans les vases dont l'embouchure d'un petit fleuve était en- 
combrée, pêle-mtie, avec des plantes marines que le remous des 
vagues rqetait vers ia o6te W. 

C'est encore à un transport par les eaux que sont dues les accu- 
mulations de plantes qui ont constitué, k la longue, la Houille, les 
lits de combustibles charbonneux, au milieu desqnds on trovve 
de si belles empreintes de feuilles, en même temps que des tiges, 
des troncs admirablement préservés. 

Les dépêts de Lignite renferment des restes de plantes fossiles, 
quelquefois très abondants. Ces dépMs, dans certains cas, oouvreat 
de vastes espaces; ainsi, dans le Colorado, l'Utah, le Wyoming, on 
rencontre une vaste fiiirmation tertiaire, la Ligmtie-FormatiiM des 
Américains. 

Les végétaux fossiles ne se présentent pas tonjours k l'état d'a^^ 
mérations semblables k cdles dont nous venons de pariv. Ils sont, 
dans certains cas, linutés à des niveaux de ftvmations fdns on 

'') De Saporta, Ii Mondt itt Plajittt avant Vapparitiaii i* Thmime. 
M Db SspoiU, toe. eit. 



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— 297 — 

moins puissantes, et ils demandent alors une grande atteatkm 
poar être déooaverts, car ils ne constituent que des lits d'une lires 
faible épaisseur. Os oorrespMideat, dans ces conditions, à dw 
ftmds de lacs, de bassins, dans lesqueb ils ont été apportés acci- 
dentdlemeat au moment de grandes pluies. Atwsi {kat-it suivie 
avec beaucoup d'attentitMi les difl'^ntes strates provenant des 
d^i6ts d'eau douce , si Voa se préocci^ie de rechercher des plantes 
fbsùles. Qudquefois, par suit» de crues espacées, les plantes sont 
étagées & des niveaux différents , séparées par des intervalles abso- 
lument privés de leurs restes. Les dépAta sédimentaires, teb que 
ceux dont nous venons de parier, qui, par suite de conditions 
diverses, ont pa subir de nombreuses modificatifflis, les amenant 
à j»endre les caractères de Calcaires plus on moins cmnpacts, 
doivent Mre examinés suivant toute Imir puissance, car c^t sor 
des pointa ne mesurant, dans bien des cas, qu'une épaisseur de 
quelques miUiottees, qu'on retrouve des restes de v^tation.. 

Les végétaux peuvent se trouver quelqu^bis recouverts, par des 
dépôts calcaires ou siliceux, provenant de sources incrustantes, 
d'origine calcaire ou silicettse^ Alors leur présence, n'est indiquée 
que par' quelques trous, quelqnes cavités iadétetmiftables ïl pre- 
mière vue. Il faut briser ces roches, et alors on leconntitt facilement 
que Yaa est en présence de restes de plantes fixsilea. 

La oonatdidation de matériaux d'un déluge boueux provenant 
d^in volcan, celle des couches de cendres dont la chute a été accom- 
pagnée' de f(Hles pluies donnent naissance k des formations, à stra- 
tification grossière, au milieu desquelles on retrouve souvent des 
impressions v^|étales admiraidement préservées. En Auvergne, 
dans le Cantal, on désigne sous le nom.de CiiuriUt ces.tttfs très 
fins 4 qu'on peut aisément débiter en plaquettes, et où. les em- 
praôtes végétales extrêmement abondantes se rencontrent daos an 
état de préservation admirable. 

L» recherche des. plantes fbasilea se fera comme cdle des Ver- 
tébrés et des Invertébrés, tout d'abord, à la suite des rensei- 
gnements que l'cm aura pase procurer dans la région oii l'on se 
trouverai'!. Puis, cfMome pour les animaux fossiles, les roches, 
les minéraux', on examinera avec soin, toutes les écorchures du soi, 
les tranchées, les ébouli», les lits des torrents, des rivières. C'est 

(» Voir page «77, 



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— 208 — 

du» «ne portîoD da lit de l'AriègB, mite seulement à déconvat 
dorant les basses eaox, que Noalet découvrit im DU^poifique gise- 
ment da plantes miocènes. S'il existe des cenières, des ei[4o)ta- 
tîoiiB mintèret, fl n'est pas besoin de dire que ce sont les |nemiins 
iDciittt^i où il fendra H mdre. 

Les instromsots qo.'ao doit emptKter sont : ua martetn à pointe 
qtndnuigalure, MMSfert.qm servira à casser les roehca, à dégager 
artec an obeau las édtaut^tuis ptofondfoieat engagés; un mar- 
teau {^1 petit, dont s&e des extrémités, amincie en coin, servira 
k péaéSia entre les fisuiltets d'oue roolM stratifiée, âm idseinx de 
am e nés gnadeors, dwant se prdier à de» extractîoni nécessitaiit 
de ^va ou moiaa grands eSbrts. 

Lonque les rocttes aoat feaiUetdes, atnrtifi to , on les divise eo 
les attaquant, avec le ciseaa, par la few aocumU les inln^nUee 
des divers dëpAts qui las ont oonstitsées, et l'on peut ainsi, avec 
un peu de [vatique, aniver k détacher de niacai lamelles. D'ail- 
leon, les écdiaalilloBf ddgagiés, on doK tonjoem s'eflvœr da ré- 
duire Imr poids et leur vtdsme lu miniiiiim possible. 

11 arrive sonvsat, comme dans la dép6te Ironillers, qn'cD mo- 
ment où Ton met à découvert la iorfece d'une plante fbiaUe, on 
voit, la revêtant, on dép6t miace, Mgvr, n'adhérant prssqoe pas 
à l'empreinte. Il faut bien se garder de dâMonsser les snrâtce* 
de cette sorte de voile, car ce MM Ik des restes des tissus végétaux, 
et il est souvent possible, soit k la lonpa, soit ao microsospe, dVf 
retrouva des indications sur la stmeture des divas organes. 

Les rodies sédimentaires devront Atre cttaquées, comme les pré- 
4;édentes, suivant le plan cofrwpoodant k leur ttntifie>tioB, ainsi 
que les tufs volcaniques. 

La récdte de végétaux conserva dans d« tufs odcafanes on sili- 
ceux exige qu'au moyen d'un fort marteau, d'une nasse, si l'on 
peut s'en procurer une, on casse des blocs, qui sont ensuite d^ 
bités en [^ns petits morceaux. On distingua abirs, dans leur inté- 
rieur, le moule en creux des fetiillec, des rameaux, des tiges, des 
flenrs, dont les moittdres détails, comme dans le gisement de Se- 
unne, sont d'une netteté Inoufe. 11 suffît de couler daus leur inté- 
rieur du sou6« fondu, et de dissoudre, au moyen d'acide chlor- 
hydriqne étendu, la roche encaissante, pour obtenir alors en relief 
les fruits, les fleurs, avec tous leurs oiganes. 

Il arrive fréquemment de rencontrer des gros' tnnos d'kriires 



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■Okifiés. n ne faut pas croire, parce qn'i l'ail na on n'aperçoit 
aocane trace de «tracture, que celie-ci ait complètemeat disparu 
et qu'il soit inutile <fea- rapportée des échantillons. Des coupes 
transversales et loi^tudinales très minces, susceptibles d'^re re- 
gardées an microscope, permettent souvent de reconnaître la dis- 
position des tissus. 

L'embidlage dei plantes fossiles demande beaucoup de précau- 
tions. Les gros échantillons provenant des tufs seront mis dans des 
caisses ^fciales et protégés par m bmemeat trts énergique de la 
substance d'emballage, après les avoir entourés de plusieurs feuilles 
de papier. Les gros échantiUoaa portant de* enqmÏBtas seront coo- 
verts d'une couche d'ouate, on entourés de plusieurs doubles d'un 
papier de soie, bien tendu Sur leur surface. On les enveloppera 
ensuite dans plusiemi doubles de papier et on les |dacera verti- 
calement, sur la tranche, dans la caisse où Ton veut les envoyer, 
en les séparant par des couches trèt tauéei de la substance dont 
on dispose pour emballer. 11 ne faut pas que les plaques puissent 
bouger, car sans cela leurs surfaces arrivenueot abstdument abî- 
mées. 

Quant aux petites plaquettes, aux échantiflou minces, légers, 
ils doivent £tre répartis, suivant leur volume, dans des Ix^tes di- 
verses, entourés de papio- de soie et placés dans du coton. 

Dans les fonnations schistoïdes, ou dans celles du carbonifère, 
la surface externe des échantillons apparaît qndquefois comme 
dorée, à la suite d'un dépAt pyriteux qui s'est fait h sa surface. 
Durant un voyage jxolongê, sous l'influence de rhunâdité, ce dé- 
pôt ponrraif être oxydé, et il devient alors nécassaire de préserver 
l'empreinte, en passant à sa snr&oe une aùnce cooche de paraffine 
dissoute dans de la benzine ou de l'essence de pétrole. 



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TABLE DES MATIÈRES. 



I:<TnoDucTiOi I 

Cbap. I. Coi)*idëntioii« féoM** fit le* olgW h tnpartec en njfe 

et surl'eDTai <tes cc^eclioiu. ;,..,..,,.,. j 

Chap. II. De )■ prétervitioD des «oimam i5 

Ca*p. m. Delà pr^ralion des pcaui et de* Mjueletlu . . .,.., iB 

Hammilirei ; ig 

Oi«eaui ' 3i 

Reptiles, Batracieni 36 

Poissons 3^ 

SqudeUei 38 

Ciup. lY. Anthropdogie ., 3g 

Chap. V. Ethnographio 53 

Cbap. Vi. Miminilires 69 

On*p. VII. OiseSDi 8« 

CiiAP. VIII. ReplUei, Batraciens, Poiitoiu 88 

Chap. iX. Arthropodes , 101 

Insoctca lOt 

Myritpode», Anu^oides. . ..' 116 



CiiAP. X. Mollustjnes 3d 

CiiAP. \l. Vert i54 

Annâidei 1 Si 

Géphyrieus i63 

Holil^res i64 

Brjoioaires 1 64 

Néro«thdinintbe» '. i65 

PlatfadmiDtliM 168 

CuP. Xlf. 



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— 301 — 

Cbap. Xm. Grfeotirt» 171 

Chip. XtV. Protoioaires 181 

Cbap. XV. AiMtomie compara iSi 

Cbâp. XVI. Des nulles phai ërogamet ig5 

Chaf. XVII. Del Cr;rpt)>gaaic9 308 

Cryplogames vasculaires 108 

CiTplogamei non vatcultire» iid 

HouH«s, Hépatiques 110 

Algue» si3 



Licheui i38 

CitAP. XVllI. Transport des [Jantes exotiques iji 

Chap. XIX. Des Microbes 9 J9 

Cbap. XX. Géologie i55 

Chap. XXI. Hiairalo^ iG5 

Cbap. XXI[. Paléontologie i-j6 

PaléonhJogir animale 176 

PdéoDtdogie végétale. igi 



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RAPPORT SDR UNE MISSION 

DUS 

LÀ RÉGION DE LA MER ROUGE 

ET DU GOLFE PERSIQDE, 

M. MÀURICB HAINDRON. 



Monsieur le Ministre, 

Vous avez bien voulu m'honorer d'une mission scienttflqae 
pour étudier l'histoire des aimes dans les r^ons de la mer Rouge 
et du golfe Persique. J'ai rempli cette mission de février à juil- 
let 1893, et j*ai lïionneor de venir vous en rendre compte. 

Ayant, dans de* voyages antérieurs, pu étudier et me procurer 
les épées en usage sur les tones littorales de Erythrée, je me suis 
attadié, cette fois, à recueillir les armes des Somalïs et des Dana- 
kils; aussi me suis-je établi à Obock et al-je visité la baie de Tad- 
jourah, Djiboutil, et même exploré la localité si peu connue du 
lac Assal. 

Je publierai ultérieurement les résultats des observations qne 
j*ai été amené à faire sur tes boudiers et les armes de main , sons 
le titre : Euai tur Ut reiueîgnemenU qtu peuvent foaritîr lei armet 
pour Vhùtoin âet rapporU des peaplet da littoral irytkrien avec Ut 
Phinicùiu et le monde gréco-romain. 

Je me bornerai aujourd'hui k vous présenter l'état général des 
collections que j'ai formées pour le Muséum de Paris et dont je 
lui ai bit rabaadoD pour lui prouver ma reaMmaissance de l'in- 
demnité de miHe cinff oentt fnmct que ses professeurs m'avaient 
allouée pour m'aider dans mes travaux. J'ai envoyé ou remis au 
Muséum, sans garder par devers moi le moindre o^jet, toutes les 
collections que j'ai formées. 



rfbïGoOgIc 



1" AMMADI VIVAHT». 



Une lionne d'Abyssinie (lac Tsana). 
Deux singes du Choa [Cercopilbecat tàbixat). 
Un bouc des Danakils (d'Obock). 
Deux pigeons (Peràtera) de Djiboatil. 
Deux tourterelles ( Turtar] de Djiboutil. 
Un ramier [Palamha Sckimperi) de Zeîlah. 

- a* COLLECTIONS ZOOLOaiQlIBS. 

Soixante-dix-Iiuit peaux d'oiseaux représentant quarante espèces 
tuées à Obock, à Djiboutil, au lac Assal. 

Vingt oiseaux en alcool. 

Un onagre {asinas tomalictu) d'Obock, espèce que le Muséum 
ne possédait pas. 

Nombreux mammifères en peau ou en alcool, parmi lesquels 
plusieurs exemplaires d'un rongeur très rai« [Pectinator Speeki), 
des damans, gerbiUes, etc. 

Des nids d'oiseaux, avec les œufs. 

Une collection de poissons empaillés parmi lesquels quelques 
bonnes espèces récemment décrites par les Anglais. 

Nombreux poissons en alcool (soixante-trois espèces). 

Heptiles assez nombreux , parmi lesquels une ou deux espèces de 
petits sauriens seront peut-être nouvelles. 

Un varan rare ( Varaaiu ocellatat). 

La collection d'animaux articulés est de beaucoup la plus im- 
portante, et j'y ai apporté tous mes soins, passé plus de trois 
mois, depuis mon retour, à la classer au laboratoire du Muséum 
(entomologie). Elle comprend plus de douze mille exemplaires, 
représentant treize cents espèces ainsi réparties : 



I co]éoplèr«9 5So 6,t6i 

I orthoptères 90 (00 

I diptèrô 55 ni 

InMCles I nëvroplère» 15 37 

I hyménoptères igS 87^ 

I Irpidoplères 5j iSa 

\ béniiptères -jb S&7 



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I«rres div«nei b( nida ( loo 

loMcles en «loool, paraiitct, etc t 5oo 

AracLnidM . Enviroo son i.ooo 

Mjritpodes i5 loo 

CruUcé» 5o îoo 

Le dénombremeot des animaui en alcool n'a pas encore été 
fait définitivement. 

Cette collection, formée dans un pays désertique, dénué de 
toute végétation, sous une température torride, a été considérée 
comme exceptionnellement riche par les entomol<^stes français. 
On peut dire, sans exagérer, qu'un bon quart des espèces est nou- 
veau pour la science, et le Muséum n'en possédait pas la moitié 
(du tout). 

J'ai remis au laboratoire de malacologie nombre de mollusques, 
spongiaires, écbinodermes et anndides de toutes espèces, parmi 
lesquels nombre de vers intestinaux recueillis dans les oiseau: 
reptiles, poissons que j'ai disséqués. Quelques échantillons bota- 
niques complètent ces collections. J'ai donné enfin, Jt M. le doc- 
teur Hamy, pour le musée du Trocadéro, une série de grandes 
photographies représentant des hommes et femmes DanaLïls 
d'Obock et de Tadjourah. 

Tels sont, Monsieur le Ministre, les résultats que j'fai obtenus 
dans cette mission gratuite que vous avez bien voulu me confier. 
Le pays où j'ai accompli ces travaux est plein d'intérêt et pourrait 
fournir d'amples moissons de renseignements et d'objets pour 
l'ethnographie, la zoologie, la botanique. 

Je dois ajouter que j'ai encore fiHiné durant ce voyage une 
importante collection ethnographique et mïnéralogique que j'ai 
abandonnée au Musée des colonies, en reconnaissance d'une sub- 
vention que m'avait donnée cette administration. 

Je suis avec respect. Monsieur le Ministre, votre respectueux 
serviteur. 

Maurice Maindhoh. 



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RAPPORT 

SUR 

L'ORGANISATION ADMINISTRATIVE 

DES TERRITOIRES ITALIENS 

RATTACHÉS k LA FRANGB, 

À LA SOITE DES EXPÉDITIONS FKANÇUSEd DE U FIN DD XVIIl* 
ET 00 COHHSIiCBKEnT DO UX' »iCIJK. 

PAR M. ANTOINE JACOTIN, 

AKCBinsn BiPAaTutnrTAi. bb li Hivri-LOinB. 
Sfànàs ua Boamans bkobilus , duu lu iHCwves tygra 

DD ROTiiniE D'ITAUK, 



Parmi les peuples qui se montrèreot le moins réfraclaîres aux 
idée* de conquête de Napoléon, (A qui acceptèrent avec le plus de 
docilité rînflaence et U domination françaises, il convient de 
citer, en pranîer lieu, ceux de la Péniostdo italique, U est vrai 
qu'à cette époque, l'Italie était épuisée par les incessantes iova- 
sions ou les san^ntes ^am civila, dans lesquelles avaient 
■ombré sa fortune et ses libertés patàîques. Quoi d'étonnant, dès 
ion, qu'elle ait cherché à confondre ses deetiaées avec celles d'un 
État poissant et respecté, dans l'espérance intime de lauv^arder 
l'int^rité de scm territoire et de reooDquérà' son indépendance 1 
D'ailleurs pouvait-elle se joindre aux adversaires de la France, 
aux Autrichiens, par exemple, à ces ennemis héréditaires do^t les 
siècles n'ont jamais pu effacer le terrible souvenir? Non, cette 
beUe et intéressante coptrée, qni gémissait sous le poids d'une 
ccmtinuelleoppresaioa, devait naturellement faire causa commune 
avec la nation française qui, en combattant pour sa propre liberté, 
afTraochissait les autres peuples. 

Et quand, confondant dans un même ressentiment patriotique 
les années de Frédéric Barberousse et celles de Napoléon, oo viea> 



DyGoot^le 



_ 308 — 

dra traiter ces dernières de < iiordes îabumaiaes ■ '", nous proteste- 
rons hautement, en opposant à ces assertions erronées la r^itédes 
faits, les traditions populaires ou les monuments qui les consa- 
crent, l'opinion même d'auteurs qui , bien que souvent partiaux 
dans leurs appréciatioas à notre égard, ne peuvent s'empêcher de 
reconnaître, comme César Cantu le fait pour ta République 
Cisalpine, que notre occiq>ation fut «Tudc des époques les plus 
calmes et les plus prospères dont ait joui ce pays > I^'. 

Nous n'aurions garde de démentir le câèbre historien milanais , 
et désireux, tout au contraire, d'apporter des preuves authentiques 
et inédites à ses affirmations sincères, nous allons reb^icer, à 
grands traits, l'historique de l'oi^nisation administrative conçue 
et appliquée par Napoléon dans les provinces italiennes successi- 
vement annexées à son grand empire. On comprendra, peut-être 
alors, l'injustice de certaines accusations, et l'on pourra s'expliquer 
que le Piémoitt, la Ligurie, les États de Parme et de Plaisance, la 
Toscane et les Etats Romains, après avoir goûté sous nos institu- 
tions libérales d'un bonheur sans précédent, aient volontairement 
rédamé leur incorporation à la France. 



PIEMONT. 

L'histoire de l'oi^nisation administrative da Piéniout, ponr U 
période qui nous occupe, se lie intimement aux laits de guerre 
qui, de 1796 à 1803, se déroolèrent dans le Nord de l'Italie. Les 
généraux remplacent les hommes d'État, la même main qui dirige 
les aimées signe, souvent entre deux batailles, les actes relatifs à 
l'établissement des pouvoirs civils. 

En quelques années, cet apanage de la maison de Savoie, dont 
les destinées avaient été tranquilles pendant plusieurs siècles, se 
vît tour à tour gouverné par les constitutions diverses que lui 
imposèrent les nations qui avaient choisi son sol pour vider leurs 
querelles nationales. Ses antiques institutions s'elTondrèrent, tout 
d'abord, dans l'écroulement de sa monarchie, pour revivre pendant 

<') Staria ddla icliia îlaliaTui , doit anna 665 de Bonatd 1870 tra moderna, prr 
PetniccellidellaGaliQB.meinbrodelPBrlamentoI.Napoli, 1S77.P. 4J- 

'■' Hiitoire aniaeriHIe , par César Cantu, 3* édition, Paris, 1861, t. XVIII. 



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— 309 — 

treize mois sous la domination autricbienne et se perdre ensuite, 
jusqu'à la chute de Napoléon, dans celles de la France. 

Nous allons donc retracer, à l'aide des documents des archives 
d'Etat de Turin, les phases snccessives de l'administration du 
Piémont à ces dîSIérentes époques. Notre étude comprendra trois 
points principaux, savoir: i* Abdication du roi de Sardaigne ; 
3* Occupation austro-msse ; 3* Réunion du Piémont à la France. 

ABDICATION DU BOI DE SARDAIGNB. 

Les brillantes victoires qui couronnèrent la première campagne 
de Bonaparte en Italie déterminèrent tout d'abord Cbaries- 
Emmanuel, roi de Sardaigne, à entamer des négociations avec le 
Directoire, dans le but de condnre un traité offensif et défensif 
(1797). Mais, en apprenant l'éventualité d'une guerre entre la 
France et l'Autriche (1798), les diqtositions de ce monarque, 
devenu & contre'cœur notre albé, se modifièrent, et il n'hésita |^us 
k poursuivre ouvertement ses intrigues contre notre nation. Une 
telle duplicité ne pouvait rester impunie ; aussi le gouvernement 
français ordonna-t-il aux généraux Joubert et Grouchy de prendre 
des mesures énergiques pour cb&tier l'astucieux aouvcrain. Celui-ci 
comprit de suite l'impossibilité pour lui de soutenir une lutte il 
main armée, et k peine nos troupes se furent-elles emparées de 
la ville de Turin, qu'il consentit à signer son abdication, ne con- 
servant de son royaume que l'ile de Sardaigne (9 décembiv 1798). 

S'il fiuit en croire un rapport confident!^ du général Grou- 
chy '", la ville de Turin salua de ses acclamations la déchéance 
de sa monarchie : • de toutes parts les cocardes nationales furent 
arborées, les arbres de la liberté s'élevèrent, le peuple se répandit 
dans les mes et manifesta la plus vive satisfaction •. 

A pdne mdtre du pouvoir, et en attendant que le Directoire 
ait adopté des mesures définitives à l'yard du Piémont , le général 
Joubert qui s'était rendu de Verceil à Turin procéda, le 9 décem- 
bre, à la formation d'un gouvernement provisoire ^, composé de 

(■} ArchitC!! de Turin, tecUon 3, boiU *. 

'■*> Raeetlta dtlU Uggi , prueidtiti* , t wunifuti ouuuli iai jowrM fVaneeM, e 
/rvmttri» t étdUi mmmieip^ita ii Torino .Toriao, 1798, În-S'. C'eM i ce recueil 
«fsevoiM «Toni empnmU l'historique dei AvéoenenU qui luivenl, et dout aow* 
n'iiidi(]aDDi pu la source. 



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— 310 — 

quinze membres ('* recrutés, pour la plupart, duis rancienne 
chambre des députés, et qui fut chai^ de toutes les brandies 
de l'admiuistratioa et de la Domination aux onplois dvils. U se 
réserva seulement le choix des munîdpdités dans les villes ou 
places de guerre occupées par les troupes françaises. 

Dès le lendemain, le nouveau gouveraeninit adressa no mani- 
Teste aux • hommes libres du Hémont > pour les fâidter d'avoir 
secoué le joug du despotisme. 11 prit en même temps un arrêté 
prescrivant jusqu'à nouvd ordre l'obéissance aux • lois de l'au- 
den gouvernement •, le maintien des magistrats en exercice, 
Fcdiligation de rédiger les actes puldic* «au nom de la nation 
piémontaisea, mais en employant le style du calendrier républi- 
cain, et l'asage exdusîf du qualificatif de dtoyeo. 11 écrivit aussi 
au Directoire pour lui témo^^er « sa profonde reconnaissance > et 
lui signaler ■ la longue série de fautes pditiques, militaires et fi- 
nancières > accumulées sous le régime déchu (^. 

L'installation solennelle du Gouvernement prorâoire eut lien 
le Li déc^nbre. On pionon^ plusieurs discours ;oo échangea des 
protestations d'union et d'amitié, don! l'archevêque de Turin, 
Cftrio Luigi, se fit le bienveilUnt écho, en recommandant à tous 
de considérer comme un religiaux ■ devoir d'être un sujet obéissant 
au nouveau Gouvernement •. 

Deux jours «près, c'est-à-dire le i3 décembre , le Gouvernement 
se subdivisa en cinq comités, qui [«iront les noms de comités : 
1* de la sAreté publique, police générale, aumdnes et secours aux 
indigents; 3° de l^slation, justice, instruction publique «t cultes; 
3* des finances, commerce, agriculture, arts et manuÊictum; 
&' des ponts etchans8ées;5''des affaires étrangères et de la guerre <*>. 
Ces divers ctHiiités devaient se réunir séparément tous les jours, 
matin et soir, et eo assemblée générale quotidiennement. 

Le i6 décembre, un arrêté r^a l'organisation des mnnid- 
palités, qui furent composées de cinq membres pour les communes 
de &,ooo habitants et an^ssous, de six membres jusqu'à i&,ood 

(') Par urété de Joubert, du 1 g décembre i-jgS, le nombre des membreida 
Gonvtrnemeiit provûoire fut pané k nngMùiq. 

'■) Archive* de Turin , tection 3 , mu» cote, 

I*) Le i6 décembre 1798, nn rè^meai paniculier d^termiiii le foDctNDp». 
iD«Dt de cei comiUi et cr4a, ai même tempt , un prétident et un nce-p(éâd«it 
du GonrememeuL 



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— 311 — 

hatâtaots, et de neuf au delà de ce chiilre. Pour être éligible, il 
fallait posséder un patrimoine ou uns industrie < permettant de 
vivre boDottement *. 

Puis, le 91 décembre, les intendants généraux ou particnlian 
des ProTincea, dont • l'aatorité arbitraire et exorbitante • était 
devenue une source oontinodle de plaintes et de récriminations, 
furent supprimés , et on les remplaça — avec des pouvoirs bien 
moins étendus — par des comitésproviociaux, comprenant trente 
OMUibres pour la commune de Turin et quinze pour chacune 
des autres. Ces comités, de concert avec les municipaliiés, devaient 
dés^er cinq personnes chaînées de former le Comité central des 
ônanoes de la province; en outre, dans chaque commune, les 
affaires économiques et financières étaient ooofiéea à une direction 
particulière cOmpoaée de trois membres, dont un pris panni les 
conseillers municipaux et les deux &utres ^us, h la m^orîté des 
voix, par • dix citoyens •■ 

Pendant le cours de cette oi^anisation, nos agents enfreignaient 
les wdres da Directoire '" et, an lieu de calmer le Piémont sur 
SCS futures destinées, poussaient, tout an contraire, le Gouverne- 
ment provisoire k réclamer son incorporation à la nation française. 
Ils rencontrerait, au début, ane vive opposition qui se manifesta 
par un esprit d'hostilité que le Directoire crut devoir réprimer, 
en rappelant à ce gonvemonent cju'il • n'existait que par la volonté 
du général en chef* et qu'il ne pouvait rien laire sans son appro- 
bation (^>. 

Ces avertissements produisirent un eOet immédiat; la résistance 
des autorités piémontaises s'évanouit, et, le j janvier 1799, elles 
présentèrent un long rapport duu le^ud, après avoir évoqué 
toutes les larmes «que le tyran Emmannd avait coûtées k son 
paysi, raj^é les intérêts commerciaux, lei coutumes et les 
idiomes coaunuos aux deux peuples, résumé les motifs d'ordre 
économique qni s'opposaient k ce que «le Piémont devint une 
répubUque indépendante!, elles engageaient vivement leurs com- 
patriotes à se réunir à la République française, dans le but de 
profiter désavantages « que la plus glorieuse des révolution» ■ avait 



<'' Archives natîoiudei dRparijjlettteduDirectoirairtrnbaiwdeurEjiiiard, 
da ig décembre 1799, »ine k, n° t3io qui*r. 
<*) ArchivetDfttiooakt./oi;. ei'l. 



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— 312 — 

procurés à cet État, sans être tenus de participer aux • calamités 
et désastres qui l'avaieat accompagnée >. Elles adressaient, en ter- 
miuaat, un pressant appel aux membres du clergé, qu'elles 
mettaient en garde contre les séductions des ennemis de la liberté, 
piMtestant que la France, conformément à sa constitution, ne 
porterait aucune atteinte k l'exercice da culte. 

En attendant une solution, le Gouvernement provisoire écrivit 
au général Grouchy pour rédamer de nouvelles lois pins en 
rapport avec • les principes républicains qui doivent désonnais 
servir de boussole • , et pour lui demander une division territwiale 
se rapprochant, autant que possible, «de celle des Républiques 
environnantes ■ (5 janvier] ('*. Puis il exigea que tous les fonction- 
naires prêtassent le serment suivant : • Je jure haine étemelle k la 
tyrannie et fidélité k l'alliance de ma patrie avec la République 
française, sa libératrice» (7 janvier). 

L'exposé de la situation précaire des finances du Pî^ont (^ 
présenté, le 3o janvier, par le d^ulé Simiano, ainsi que les 
instantes sollicitations de la munidpalité de Turin, déterminant 
le Gouvernement à renouvder ses tentatives afin d'obtenir la 
réalisation de l'annexion projetée, dans l'espérance de relever le 
crédit national ébranlé. Il adressa de nouvelles lettres au général 
(îroucby pour te prier de * faire rentrer les Gallo-Piémontais dans 
le sein de la grande famille, d'où ils n'ont jadis été détachés que 
par l'ambition d'une race de despotes». D lai rappda qu'une 
immense majorité s'était prononcée dans ce sens • par un vote 
émis avec la plus grande liberté et des tran^rts de joie* (5'i6 
février) Cl. 

Mais le Directoire se montra rebelle k toutes ces insistances : 
«On n'est point d'accord, écrivait, le 18 févrin, Talleyrand k 
Ëymard, sur la limite k donner k l'exlension de notre territoire 
au deik des Alpes. Cette question est d'ailleurs liée de si près k un 
arrangement général de toute l'Italie, qu'il y aurait peut^tre de 
l'imprudence à précipiter une détermination. > Et plus loin : 
■ L'intention du Directoire, citoyen, est donc que dans toutes vos 
demandes vous imitiez sa circonspectioo , ae ramassant ni ne 



'') Arrhivei de Turin, uctioa 3 , GoTeniD prov., cote I. 



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provoquant des résolations oa des communications qui tendraient 
à décider pour ou contre ce grand problème • (>). 

Le Gouvernement ne tint aucun «Hupte des rectHiunandatioas 
de notre ministre des affaires étrangères et dél^a trois de ses 
membres pour porter les vœux du Piémont i Paris, en s'excusant 
d'avoir mis du retard k l'envoi de cette communication, inspira 
non >par l'effet de l'enthousiasme), mais par «une délibération 
mare et réfléchie ■ t^'. Puis i) poursuivît ses intrigues en faveur de 
la Franoe, vantant le« > bienfaits de sa Constitution, sa sagesse, 
sa l^slation pondératrice, sa représentation vraiment libre, ses 
grandioses établissements consacrés aux sciences et aux arts» 
(38 février). 

Le Directoire resta sourd aux appds du Gonvememeot pro- 
vis(Hre et, craignant sans doute que ses agissements ne ctHopro- 
missent l'œuvre dont il ponnoivait la réalisation avec une pru- 
dente lenteur, il le supprima par décret en date du 5 mars et 
conféra tous ses pouvoirs k f ex-conventionnd Musset, avec le titre 
de • Commissaire politique et civil du Gouvernement français en 
Piémont •. 

En prenant pomession de sa charge, ie premier soin de Musset 
fut d'envoyer un long mémoire au général Scfaérer, général en 
chef de l'armée d'itdie, sur la situation morale et politique du 
Piémont, qui, d'après lui, se trouvait alors dans la plus profonde 
détresse. Cet état alarmant pouvait être attribué à deux causes 
priocipdes. La première provenait de l'épuisement complet des 
finances, amené par la masse des dettes andennes et par les 
contributions de guerre fournies & l'armée française. Quant k la 
seconde, die était due an manque d'une détenninatim précise 
des pouvoirs du gouvernement et à l'incertitude qui pesait sur 
l'étendue de l'autorité des agents français en Piémont. Cette con- 
fusion d'attributions faisait nahre contre le gouvernement une 
défiance natnrdle ■ que les ennonis de la liberté et de la cause 
publique ■ s'empressaient d'exploiter. 

Cranme remèdes à cette situation £tcheu«e, Musset proposait la 
séparation nette des pouvoira, la fixation exacte du montant des 
indemnités à livrer ultérieurement k la République française, et 



'' Archiva QBliaiialeidaPtm, lériB K,ii* i3iofnal<r, 8g. 
'' Archivai de Turin , WCtion 3 , Gov. prov., copi»4etlrM , cote 1 



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— 314 — 

cofin la déterminatioD àa contingeot nUiUîre à fournir k mw 
armées (sg mars) O. 

Ce devoir aocompH, Musset fit paraître, le % avril, un mani- 
feste dans lequel il s^ogageait à respecter les idées religieaies et 
U liberté da Piémont, dont il divisa le territoire en quatre d^tar- 
tements, savoîri l'Eiidan, chef-lien Turin; U Sésia, cbef-lieo 
Veneil ; la Stura, chef lien Mondovi ; le Tanaro, chrf-lieu Aleun- 
AnB. Dana chaque d^iartement, subdivisé en cantotts, il oréa : 
une administratioD centmlo composée de cinq membres et d'un 
commissaire, no tribunal dvil, u» tribunal crimin^, deux tribu- 
naux otKTectiooads et fdnsieors justices de pais. Les membies 
de l'administration centrale recevaient un traitement iodividael 
de deux cents quintaux de grains. 

Peu après il d^imita chacun des dépactouenta, procéda au 
reoiplaoement des andennes municipalités, nomma des titulaires 
aux diverses fonctions de Tordre administratif Ou judiciaire et 
sapprimt les directions centrales des fioancea. 

Le i3 avril suivant, le Commissaire Uasset fut lemplaoé — 
pour des raisons que nous ignorons — par une Administration 
centrale composée de quatre meml»es tius par les administrations 
des départements. Cette Administtnàon n'eat elle-même qu'une 
existence de fort courte durée, car elle ne lut instdlée que le 
7 mai, et, déjà à cette époque, les revers que ooos avions succes- 
sivement essuyés dans nos rencontres avec l'année auatro-rune, 
avaient profondément ébranlé notre iafluenoe «a Italie. La Lom- 
bardie était tombée' aux mains du gtoéral Souvarov , des troulirfes 
provoqués par les ifieaées astucieuses du ckf^é avaient éidaté à 
Turin, des Frantjais avaient été assassinés, et le peuple piémon- 
tais, e&ayé par les succès de dos adversaires, tendait de jour en 
jour à se séparer de nous. En vain l'archevéqne Cado Luigi adres- 
sait-il les recommandations les plus pacifiques, en vain cherchailon, 
par des exemples terribles(^>, à in^irer une terreur aaiataire, rien 
ne put arrêter les manifestationa anti-françaises qui redouUèreot 
lorsque Souvarov, afo^ avoir repoussé le faible corps du général 
Lecourbe, s'avança sur Turin dont il s'empara le a6 juin. 

Pour ne point interrompre le cours de ce récit et permettre 

'') Archivea de Turin, lection 3 , cota i . 

'" Ala siriWd'iiiwiDMmetHHi.laTiUadeCaniisgnalaanU éldiaMmliée. 



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— 315 — 

d'établir le paj^H^e de notre système admintstrafif avec les pro- 
cédés sommaires de peuples étrAngers, doqs allons maiotenant 
résumer brièvement les faits prindpaux de l'occupadoo du Pié- 
mont par t'armée austro-russe. 

OCCUPATION AUSTRO-RUSSE <". 

"Le prcanier loia de Souvirov, en pnenant possession de la ville 
deToTio, fbt d'adresser no manifeste ani habitant*, leur pro- 
mettant de se consacm' >an calme, à l'union, k la tranquillité! 
de leur dté et de la province, fl rétablit en même temps les 
distinctions, titres, ordre* et institution* gouvernementales exis- 
tants à la date du 8 décembre 179S et supprimés par les Fran- 
çais, réint^ra les anciens fonctionnaires dans leurs charges et 
confia l'administration générale du Piémont k nn Conseil suprême , 
et celle de Turin k des décnrions. Les pouvoirs militaires et judi- 
ciaires passèrent au lieutenant général baron de Latour. Mais , tout 
en rappdant dans mainte* prodamations -les rapines, dévasta- 
tions ou cruautés commises par les Français ■, Souvarov com- 
mença par cooisquer leurs eflbu ou marchandises et frappa 
d'une coniribotîtm de guerre, variant de deni à trois lires, tous 
les Piémontais; puis, appelé par les événements à s'éloigner de 
Turin, il laissa entre lea mains du général autrichien baron de 
Mêlas toute Tautorité dont il était investi (3 1 mai). 

Le dei^ qui s'était montré si soupçonneux k notre égard se 
déclara, par l'organe de l'arcfaevAquc Carlo Luigi, l'ami sincère 
de TAutridie. Les lettres pastorales de ce prélat ne te bornèrent plus 
â de timide* objurgations ; HIes rendirent pnbltquement grice k 
IMeu des victoires de l'armée austro-russe * notre libératrice*, 
reprochèrent • la oorruption et lea désordres de la France qui 
avait dévasté l'Italie •, et prescrivirent même, après la retraite 
gloriente de Hacdonald sur la Trebbia, de contribuer, par des 
don* volontaires, à l'entretiett des troupes de François II, < notre 
empereur* [ii>36 juin) (4. 

'■' Lei Taits rdalir* k l'acci^tion aattrchnitH Oflt été, m m^janre partie, 
empniDt^* au Raecolta delU Uggi. , . pabUcaÛ lotto l'altualt Gottrna, Torino, 
1 7 J9- 1 800. 

<^ L'sppd de Cirio Laigi ttil entenda. et. eo peu de joura, le luonUnt dei 
aoiMchpUoni t'^evR i II lomme Ae 4j,6gi lirai, la moi, S deulert. 



DyGoot^le 



— 316 — 

Comme on te voit, les réformes administralivea ne semblaient 
préoccuper que fort médiocremeot l'esprit des nouveaux occupauts. 
Mais, en revanche, ils ne perdaient aucune occasion d'imposer 
des charges de plus eu plus écrasantes au pays qu'ils préten- 
daient avoir délivré < du poids de l'opprestion ». Leurs exigen- 
ces augmentaient en raison directe de leurs victoires, car, après 
les capitulations d'Alexandrie et de Mantoue, le général Mêlas 
rédama aux Piémontais la fourniture de pain, fourrages, vin, 
riz, à titre gratuit, ainsi que le It^iement de* troupes en étapes. 
Il forma aussi à Turin des magasins de vivres, dans lesqnds les 
agriculteurs étaient tenus de verser le vingt-cinquième de leurs 
récoltes, et établit deo droits nouveaux sur l'entrée des vins 
(31 juillet- i3 septembre). 

Ces continudies exactions {H<ovoquèrent de légitimes protesta- 
tions non seulement parmi ceux des habitants qui n'avaient cessé 
de conserver des sentiments de sympathie pour la France, mais 
aussi au milieu m^me des partisans de l'ancien régime, qui, mal- 
gré les déclarations solenndies de Sonvarov sur le rétaUissement 
[uxtchain • de l'auguste maison de Savoie > sur le trAne, attendaient 
en vain l'exécutitHi de cette promesse. Charies-Emmanuel , le sou- 
verain dépossédé, adressait, il estvrai, de Gagliari, une jHDclama- 
tion k * ses fid^es et aimés sujets ■ (37 juillet], leur annonçait, de 
Po^o près Florence, sa prochaine arrivée ■ dans sa Métiopcde ■ 
(9 octobre); mais les obstades que les Autrichiens avaient semés 
sur la route de l'exil devaient à jamais la r«idre impraticable. 

Des récriminations, les Piémontais passèrent bientAt aux actes. 
On dut prendre de sévères mesures pour réprimer les assassinats 
politiques qui se commettaient, les brutalités dont les soldats im- 
périaux étaient fréquemment it» victimes, les altrcHipements sédi- 
tieux qui se f(n-msi»t de toutes parts ( 3 3 décembre 1799 —S juin 
1800}. 

Pendant le cours des événements qui précèdent, la lutte entre 
la France et l'Autriche avait repris avec une ntHivelle intensité. 
Des alternatives de succès ou de défaites avaient signalé cette cam- 
pagne, célèbre surtout par l'arrivée inopinée de notre armée qui , 
après avoir franchi le Saint-Bernard , 6t tout à coup irruption dans 
le Nord de l'Italie et s'empara de Milan. La victoire de Mareog» 
força le général Mdas à signer, deux jours après, un armistice 
qui nous remit en possession du Pi^nont (mai k juin). 



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— 317 — 

C'est à partir de cette époque , et jusqu'en i8 1 5 , que le sort de 
cet État se trouva intimemeut lié à cdui de la France, et uous al- 
loDsvoir deqnelle façoo cette dernière procéda pour asseoir défi- 
uttivement sou empire dans sa nouvelle conquête, en y faisant 
pénétrer pn^^ssivemeot ses mceurs et ses institutions. 

RÉU^IION DU PIÉMONT À LA FRAiNCE. 

AnssitiH maître du Piémont, Bonaparte s'occupa de sa réorga- 
nisation administrative. Il signa, à Milan, plusieurs décrets O dont 
le premier, daté du 33 juin, avait pour objet la nomination d'un 
ministre extraordîuaire du Gouvernement français, en résidence à 
Turin. Le même jour, il arrêta la formation d'un gouveraement 
provisoire composé de sept membres, manb de pleins pouvoirs 
«t ayant sous leurs ordres les agents nnoidpaui et les fooctioo- 
naires. 

Le 37 jaia, le général en chef fierttûer désigna les membrtsde 
ta Commission da goavemement instituée par le Premier Consul 
et confia aa général Dupont les fonctions de ministre extraordi- 
naire et celles de ccmimandant militaire au général Thureau. 
Enfin un dernier déiret de Bonaparte compléta celte organisa- 
tion, en établissant unn Consulte de trente membres, k qui in- 
comba te soin de rédiger • les lois on règlements relatifs aux di- 
verses branches de l'administration publique ■. 

Le 38 juin, les généraux Dupont et Tboreau procédèrent à 
l'installation de la Commission du gouvernement qui, deux jours 
après, comment ses travaux par la suppression des décurions de 
Turin, qui furent remplacés par une municipalité de seize 
membres, et par la nomination d'un mioirtre de la police géné- 
rale en Piémont. Elle adressa, en outre, un chaleureux appel à la 
générosité publique, à l'effet de secourir * les amis de la liberté • 
persécutés pendant l'occupation autrichienne ^^K 

La Consulte tint sa première réunion le i juillet, dans le pa- 
lais royal. Le général Dopont donna d'aUwd lecture des dé- 

"' Ce* décrets , (inii que Ica renMignemeDti faiilorique* qai saivout et dont 
nom ne donimiu pes It prorentoce. ont été pi'is^t dans le Hacealta di Uggi, 
dtergli, prodami. . .pMieaii lUdU nalarita cinliluUe, Torino, 1799-1805. 

I" Le 17 juillet luivaDt, on arrél* Ui liste* de wniscripiion au chiffra de 



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— 318 — 

creU OD arrêtés concernant l'oi^anisation du Piémont, puis 
il prit ta parole pour flétrir la conduite des AuBbt>-Ru5ses, qui 
avaient semé partout «le deuil et les déautrean, tandis que les 
Français apportaient > l'industrie , le commerce, les arts et le cré- 
dit public >. Le citoyen Ponte di Lonibriasoo lui répondit au nom 
de la Consulte, promettant > de défendre la-patiie, d'obéir aux lois 
et de respecter les droits de l'humanité •. Cette assemUée nomma 
ensuite deux secrétaires et se subdivisa en comités de légidatù», 
des finances, de la sûreté, de l'instruction publique et des subsis- 
tances. 

Les premièree résolutions de la Consulte furent d'interdire l'u- 
sage des cocardes àrai^ères, de prescrire, pour les actes puUici, 
l'emfdoi du calendrier républicain, d'abolir Ua titres de noblesse 
et la twlure, de créer une Commisaîon de sept mianfaros pour ju- 
ger les délits contre la sûreté poUiqoe, de voter l'àrction d'na 
monument destiné à rappeler le souvenir des campagnes de l'ar- 
mée fran^se en Piémont, et d'oiganisv lagtrde nationale (8- 
lo juillet). 

De son côté , la Commission du gouvernement régularisa ses rap- 
ports diplomatiques avec la France, en désignant un chargé d'af- 
iàires auprès de cet Âlat^'l, Elle nomma ensuite les meaubrea do 
Conseil d'État et des requêtes >4, ceux du Sénat (sorte de oo«r 
d'appel], de la grande Chancellerie ('', de la Chambre nationale 
des Comptes et du Consulat (ii- i3 juillet). 

Si l'on veut bien se pénétrer des faits que nous venons rapi- 
dement d'analyser, il sera fadle de se convaincre que l'seuvre de 
réorganisation des agents de Bonaparte, quoique en apparence 
fort simple, devait, en redite, rencontrer à tjiaque instant des 
difEcultés de toute nature. Les attributions des pouvoirs étaient, 
en effet, fort md délimitées, et forcément des conflits inces- 
sants se produisaient entre la Commission du gouvernement et la 
Consulte, qui, l'une et l'autre, passaient du légidatif à l'exécutif 
sans même se concerter. 

A la faveur de cette désunion, les ennemis de la France entre- 
tenaient dans l'esprit public un état permanent de surexcitation, 

'') Archiict do Turin , lectioa 3. 

") Par arrête de la Commiuiaii en date dn 3o décembre >8oo. le CmueiJ 
d'État prit le nom de Comeil de la Chancellerie nationale. 

C> Supprimée par arrJU du génénl Jourdan, le s8 juin iSoi. 



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qui senuHiifeitK par des taitetivi» iDmirectioDDelles que Hassini 
ne put réprimer qu'en ordonnant le désarmement général du Pié- 
mont, en rendant les municipalités responsables de Twdre, les 
menaient, conformément aux prescriptiom du Premier Consul <^1, 
de livrer les villes ou villages ûuarf(éi au pillage, et en nommant 
une Commission militaire chai^ de sévir contre lessttroupements 
armés (iâ-37 juillet). 

Enfin des embarras fioancierB fort sérieux vinrentencore corn- 
pliqner ccA état de cboses qae St^èn, le chai^ d'affaires du Pié- 
mont auprès du Gouvernement Jran^s, cberchiit à «ovenimv 
en dénonçant le ministre Talleyrand comme l'ennemi de sa pa- 
trie (i« août)"". 

Malgré ses pouvoirs étendus, Dupont, qui était certainement 
meiUeur général qn'adnùnistnteur, n'eut pas l'autorité nécessaire 
pour ré^r avec fermeté contre une situation qui menat^ de 
toomes' k l'anarchie. Aussi, pour éviter un désastre prochain et 
irrémédiable , on remplai^ Dupont par le général Joordan , cet 
ancien membre du Consul des CioqXÏMite qui, an moment du 
18 brumaire, avait iait preuve d'un cancMm réaolu et indépen- 
dant (3& jnilM). Gedemier entra en fiuotiooB la lâ aoAt suivant, 
et, sous son énergique impulsion, la Gommi»on du gouvune- 
ment et la Consulte adoptèrent de nominvoses mesures adminis- 
tratives, parmi lesqueUea nous citerons la loi du ta septembre 
instituant, dans tontes les communes du Piémont, des écoles pri- 
maires et organisant en même temps ptusieurs écoles secon- 
daires destinées, comme les préoédentas, à l'eueigncment des 
garons ^^. 

Le 37 septembre, Jourdan requt l'ordre du général en chef 
Brune d'apporter des changements ■ dans la forme du gonver- 
nem«it du Piémont >. Par arrêté du d octobre, il remplaça cinq 
des membres de la Conunission executive. Celle-ci confia, le 
11 octobre, à quatre r^eots, la direction des aflfaires intérieures, 

'» ConmpandMici deNspcd^M. t. Vi,p. SiC 

**) Arcbrrei de TiinD. Mctiou 3. Lrttfs de la Comniniiaa da giMttaaa- 

'1 La ig oclofcr««8ni , les école» pninairMat*Bc<Kukire»fDrai>t diniéaacn 
trois dattes, d«a* IcBqncUe* l'eiueigneineDt de la Ungne fraofUM fnl mtéae 
obligatoire, le lO novembre raivant. 



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— 320 — 

eit^eurea , de la gaerwe et des finances , et à un commiaaaire géné- 
ral, ceDes delà potîceC*. 

A peine installé, ie nonvean gouvernement fnt sain, par le gé- 
néral Jourdan, d'un décret du Premier Consul, daté du 7 sep- 
tembre, qui asagnait, comme limites entre la Lombardie et le 
Piémont, la rivière de Sésia. «Les pays situés à la gauche de ce 
cours d'eau, ajoutait ce document, seront réunis, à commencer 
du i*' vendémiaire, à la République Cisalpine • <^l. En portant à 
la connaissance de la Commission cette décision , Joordan l'invitait 
k lui faire parvenir les obsovations qu'elle croirait devMr f<a- 
muler relativement ■ aux modifications que cet événement devait 
nécessairement apporter dans la répartition des impôts*, et à 
assuré le service de la gabelle et celui des contributions de 
guerre. 

Cette première mutilation du Piémont causa de vives apprében- 
sipns au sein du gouvernement, qui redoutait, ainsi qu'on le voit 
dans la lettre qu'il adressait, le 13 octobre, au général Joordan, 
de nouveaux démembrements soit au profit de la République 
Ligurienne, soit en faveur de <Ia grande nation •. Et, tout en 
protestant de son dévouement à la France qui l'avait ddivré de 
■ ses oppresseurs >, il demandait que l'on fît cesser ses incertitudes, 
ou que l'on suspendit • l'ceuvre de la division • jusqu'au règlement 
définitif de son sort politique. 

Dans aa réponse à la Commission, Jourdan cbercba à atténua* 
l'effet produit parce* atteintes à l'unité territoriale du Piémont II 
ignorait • les motifs qui avaient pu déterminer le Prunier Consul > 
à prendre cette décision. Pourtant elle lui semblait naturelle, 
puisqu'on rendait au Milanais des provinces qui n'en étaient s^w- 
rées • que depuis le milieu > do xvm* siède , et qu'on réunissait 
* à leurs anciens compatriotes des citoyens qui leur sont encore 
attachés par l'habitude et des rapp(Hts journaliers 1. D assurait 

'') Le Commissaire giaëral de police fut aapprimé le 16 février iSoi . et ce 
service fut place sous U surveillance immédiate de la Commission exécniive. 

(1 Le dëcrel qui aagmealut le lerritaÏM de U République Cisalpîite an détri- 
ment éa Piémont enterait i ce dernier one parlia de la provinM de Movare et 
rentière proviiMe de Lomdliae. (Joe loi de laConiultedelaCiMdpioe, du 18 oc- 
tobre 1800, forma, des ptya anoeiéi, le département de l'Agogoa, chef-lien 
Novare. Quant aux onn commnnes silnées sur la rive draile de la Sésia, et par 
conséquent non comprises dam le décret susdit. eUea furent rattaeUei, le 
11 janvier iSoi, à U province pii^ m onlaise de Verceil. 



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— 321 — 

enfin que les intentions de Bonaparte n'étaient point de i 
l'ancien régime et, sans faire aucune allusion aux destinées fu- 
tures réservées au Piémont, promettait de transmettre au Pre- 
mier Consul les réclamations de la Commission executive (i 3 oc- 
tobre). 

Bien que fort évasives, ces déclarations eurent pour effet de 
calmer les appréhensions du Gouvernement, qui se remît à l'œuvre 
en ordonnant l'ouverture de l'Université nationale, divisée en écoles 
de droit, de médecine, de chimi^e, de sciences physiques et ma- 
thématiques, et de littérature, en instituant un Conseil de l'in- 
struction publique et en proclamaut l'égalité de tous les citoyens, 
sans distinction de cultes (18 — 31 octobre). 

Toutefois, si la Commission executive semblait rassurée, il 
n'en était pas de même de l'opinion publique, qui, sur les insti- 
gations des sociétés populaires, se prononça bettenient contre les 
empiétements commis au préjudice du Piémont. Pour enrayer le 
mouvement populaire, Jonrdan dut prendre de sévères mesures à 
l'égard des meneurs. La presse elle-même, qui s'était fait Técho 
de ces revendications, fut réduite au silence par la suppression de 
tous les journaux politiques hostiles au sentiment français (H. 
Malgré tout, la situation s'a^ravait de jour en jour, et de sé- 
rieuses complications étaient à redouter lorsque, le 39 octobre, 
Jourdaa transmit à la Commission une lettre de Talleyrand, 
annonçant que la France était décidée k ne porter aucune atteinte 
à l'indépendance du Piémont. l,a Commission remercia aussitôt le 
général de sa communication et s'empressa de porter cette nouvelle 
à la connaissance de ses concitoyens, en les invitant k rentrer 
dans l'ordre et à obéir k l'autorité Intime, afin d'acquérir «de 
nouveaux titres à ta protection, i la faveur et A la bienveillance 
du Gouvernement français* ( j novemlH«). 

Elle reprit ensuite ses travaux et s'occupa d'abord de réoi^- 
aiaec la garde nationale; pois elle fixa les conditions d'admissi- 
bilité à l'Université natiouale, et imposa à tous ceux qui voulaient 
te livrer à l'enseignement public on privé l'obligation de se mu- 
nir d'une autorisation spéciale du Conseil de l'Histruction publique 
(8-22 novembre). 

'') Six joumaui aeulemenl furenl eiceplés de cette interdiction , uvotr : la Ga- 
telte mtionafr pîÀnonlaiit, lei Nodca potiti^aet, le BtMxtin dts loU. le Jonnuil 
•cctoiotlifoe, VAtni det CampagnoM (frliti) b( le Moniteiir icifntijûfiu tt politisât. 



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— 322 — 

Le 35 décembre, sur les ordres de Talleyrand, la Consulte fut 
supprimée et ses pouvoirs furent conférés à la Commission exe- 
cutive, dont les décisions, pour avoir force légale, devaient être 
revêtues de l'approbation, du général Jourdan. Ce dernier établit, 
en outre, un Conseil de gouvernement composé de sept membres, 
chargés, sous le contrôle de ia Commission, > de la rédaction des 
actes importants et de la surveillance des principales branches de 
radminislration •. 

L'existence de ce nouveau mode de gouvernement fut éphémère, 
car, le 2 avril i8oi, un décret des Ctmsulsde ta République vint 
encore modifier l'organisation mUitaire et civile du Piémont. Ce 
document portait, en substance, que ce pays formerait une divi- 
sion militaire, partagée en six subdivisions. Cette division était 
j^cée souâ les ordres d'un administrateur général, aidé, pour 
l'administration civile, par un Conseil de gouvernement composé 
de six montres. Chaque subdivision devenait le si^ d'une 
préfecture, divisée elle-mèoie ^i quatre ou six sous-préfectures 
et organisée, ainsi que les Conseils généraux et municipaux créés 
par ce décret, d'après les dispoûtions de la loi du 38 fduvidte 
an VIII. Le service de la trésorerie était confié à une Commission 
extraordinaire, ctAai des domaines nationaux à uo r^isseur de 
l'enr^istremeut, et enfin l'ordre judiciaire et la police devaient 
être établis sur les bases des lois du 37 ventàse an vm et da 
39 vent6se an ix. 

Ce décret, dont il est difficile, k la lecture, de saisir toute la 
portée, était pourtant, ainsi que Bonaparte l'écrivait à Talley- 
rand, le i3 avril, lun premier pas vers la réuniom ''' du Pié- 
mont à la France, réuniou que la Commission municipale de 
Turin , sans être dans les confidences du Premier Consul, annon- 
çait officiellement k ses concitoyens, ordonnant des illuminations 
générales pour féter < cette conscdante nouvelle ■. Mais, pour at< 
teindre le but secrètement désiré et éviter le retour de manifes- 
tations hostiles et parfois sanglantes que les précédents pouvaient 
faire redouter, notre gouvernement ajourna encore ses décisioDS, 
préférant, avec de l'habileté, amener les Piémontais à réclamer 
d'eux-mêmes leur incorporation k la France. 

Dans l'accomplissement de sa tâche délicate, l'administrateur 

<') CoiTMpoiidaimdeNtpaléoD, t. VU, p. iS>. 



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_ 323 — 

général Jourdan, grâce à l'aabnité «ans limite doDt il dî«pomit, 
■ut parfàitemeat seconder les vues du Premier Conaut. 11 ^eo- 
toura de conseillers • jodicieusemeot choisis parmi les persoDoes 
jonissaot d'une p'ande popularité, et, afin d'éviter des remanie- 
ments cjui eussent été nuisibles k sa cause, il nuintint provisoi- 
rement tous les fonctionnaires en exercice. Enfin, )e 2i avril, 
après une enquête minutieuse sur la situation politique et topogra- 
phique dn Piémont, il divisa son territoire en six départements, 
qui reçurent les dénominations suivantes : rÉridan , chef-lieu Tn- 
rin; Mareogo, chef-lien Alexandrie; le Tanaro, chef-lieu Asti; la 
Sésia, chef-lieu Vvrceil; la Doire, chef-lieu Ivrée, et la Stora, chef- 
lien Cooi W. 

Le 36 avril, Jourdan procéda i la nomination des préfets, 
soos-préfetB , secrétaires généraux et consollov de préfecture. Dès 
le 1" mai, ii adressait à ces divers fonctionnaires, sous forme de 
circulaire, des instructions sur lenrs attributions respectives et 
des recommandations spéciales sur la façon dont ils devaient s'ac- 
quitter de leur mission. Il leur rappelait que le décret du 3 avril 
avait été rendu pour faire cesser les malheurs qui aJBigeaient le 
Piémont, par suite des contestations contînudles entre les agents 
français et ceux de ce pays. U ajontait que cet État, ayant con- 
servé son indépendance, il convenait de ne point se servir, dans 
les actes publics, du nom de • RépnUique Française >, mais seule- 
ment des mots d'à Administration provisoire do Piémont». Il 
leur enjoignait aussi de protéger et de faire respecter les ministres 
du cnlte, qui, c'était du moins son espérance, useraient de leur 
influence pour pousser le peuple 'h l'union, k la paix et k l'obéis- 
sance des lois ■ 1^1. 

(■) L«s cirtonicriptioDi admiaiitradTei da Piémont fWni l'objet, k pltuienn 
^potpiw, (Ib nwnbreuie* nwdifiaMÏiwi. Le* -(dua importanlttl *oat mHw ffo*- 
ICM pu un décret iIbi CodiuIs, da ii juin i8oi, portant suppnwiion de dû 
wuafréfeclures. 

'■*' Joardan s'ëtail déjl préoccupé d'obtenir la nautralilé du clergé, car, dèi le 
ig arril précédent, au vicaire général d« l'ardievéque de Taria recommandait, 
dana nna lettre pMtvrale, <la aonmiatiMi aux auloriléa cmutitnéaai, affirmant 
tja'oD «bon chrétien devait Mre aaasi no bon ciloyeoi et menaçant ceni qui W 
mtmtreraient râbles au ponvoir d'être (perpétudlement exduai de la Télicité 
éternelle (Raccolta, 'oe. cil., t. IV). Malgré ces exborUtloni pacifiquei, le clergé 
piémonlaia persista dani la aourde opposition. Jourdan en référa ï l'archeiéqne 
de Turin, Cario Lnigi, qui, revenu enfin k de meillenn lentiment*, profita de 



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— 324 — 

Le général Jounliin prit, le s mai, le> dispositioaa néccsuires 
pour assurer dans chaque départemeat et airondJsaement les lo- 
genwDta gratuite des préfets et sous-préfets , ainsi que l'instalblion 
de leurs bureaux. Puis, le 13 mai, il supprima les attribatîont 
administratives du bureau de l'intérieur "> et s'occupa, le 18 juin, 
de la perception et de la centralisation des impAts. 11 remit 
ensuite aux préfète et sous-préfets le service des foréte et la juri- 
dictioo cODtentieuse, jadis confiée aux ioteodante des provinces. 
L'oi^DJsatîoD se poursuivit par la création de quatre directions 
des coutributioDs directes à Turin , Coni , Alexandrie et Ivrée, la 
nominatioa des receveurs généraux et celle des maires et adjwnte 
dans les communes dont la population était supérieure à â.ooo 
âmes; par la suppression de la gabelle et rinstdlation de vingt- 
six oilices de poste sur le mod^ des bureaux frani^ais ( s juillet - 
ao septembre]. Le 9 octobre, un décret des Consuls pourvut à 
l'oi^aaisation de la justice, qui fut confiée à onie tribunaux de 
première instance, un tribunal d'appd si^eant à Turin et trois 
tribunaux crimioeb, auxquels un nouveau décret du ig octobre 
adjoignit 197 jusiicesde paix '^'. Enfin les services de la douane et 
des ponte et cbausaées furent établis d'après les principes adoptés 
en France (a? octobre-3 décembre). 

Gr&ce aux habiles dispositions du général Jonrdan, on peut 
affirmer que, dès les premio^ mois de l'année 1803 , les Piémon- 
lais se montraient très favorables k la réunion de leur pays à la 
France. Nos institutions fonctionnaient avec régularité, nos mœurs 
et nos coutumes avaient pénétré dans toutes les classes de la so- 
ciété, et, après tant de déchiremenls cruels, ce peuple jouissait 
enfin de destinées heureuses. L'amnistie générale accordée, le 
5 juillet, pour tous les délits politiques, l'adroite désignation des 
membres des Conseils généraux et d'arrondissements — véritables 
fonctionnaires entièrement dévoués à notre cause — avaient con< 
sidérabicment accru notre crédit. Aussi, en présence du mouve- 
ment annexionniste qui se dessinait de plus en plus en notre 
faveur, les hésitations du Premier Consul disparurent. 11 déclara 
hautement, le ag ao&t, que le Piémont «était nécessaire à la 

cette drcoDiUnce pour T«iiU«r en giice, eu ordoiuitDt l'eatikv obéiuuice i 
r«alorilJ (i&Mplembn). 

''' Archive* de Turio . MCtioa 3, cote 33. 

U) n>'<£«iii,cote33'i6. 



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— 325 — 

France • pour cootrebalaDcer l'iafiaenoe de la maison d'Antriche, 
mattzease de l'État de Venise. Ce fat donc k son instigation et 
presque tous sa dictée que fut rendu, le ii seplemhv, le sénatus- 
consulte dont la teneur suitC) : 

■ Akt. I. Les départements du Pâ ('>, de la Doîre, de Marengo, 
de la Sésia, de Stunt et de Tarano sont réunis à la République 
française. 

• Art. U. Le département du Pd aura quatre députés an Corps 
légi^tif. Le département de Marengo aura trois députés au Corps 
législatif. Le département de la Doire aura deux députés au 
Corps légidatîf. Le département de la Sésia aura deux députés au 
Corps l%iriatif. Le département de la Stura aura trois députés 
au Coips légiriatif. Ce qui portera les membres de ce corps au 
nombre de trois cent dix-huit 

> Art. m. Ces députés seront nommés en Tan ii, et seront re- 
nouvelés dans l'année à laquelle appartiendra la série où sera 
placé le département auquel ils auront été attachés, à l'exception 
des députés du département de U Stura qui ne sortiront qu'en 
l'an XVI. 

> Art. IV. Le département du Pâ sera classé dans la première 
série, le département de Marengo dans la seconde, les départe- 
ments de la Doire et de la Sésia dans U troisième, le département 
de la Stura dans la quatrième et le département du Tanaro dans 
la cinquième. 

> Art. V. La ville de Turin sera comprise parmi les principales 
villes de la République dont les maires sont présents k la presta- 
tion du serment du citoyen nommé pour succéder au Premier 
Consul; ce qui portera le nombre de ces villes à vingt-cinq. ■ 

Ce sénatus-coiualte ne parvint )i Turin que le 32 septembre, 
et, confoimément aux instructions du ministre de la justice Ré- 

Le profet de •Awloi-CMUidle éuUi psr Bonaparte diStra du texte dé- 
finitif par le nombre de* ddpnlét — vingt «u liea de dii-Mpt — et par U aup- 
prenioa de l'wtideV (CorreqiondaDee de NapidEOD , t. Vlli, p. *i). 

''> A la dais du 6 •^ttenJire 1801 , le Uimitra de l'ûilërieiir avait invilé le 
général Jaurdon k (baner le nom de Pâ aa dépvtemeat de l'éridan ( Arcbivea 
de Tarin , wclion 3). 



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— 326 — 

gaier, fut porté à la connaisMoce du puUic « au moaieiit d« l'ar- 
rivée du courrier* et proclamé, dès le leodemain, dans tout le 
Piémont. Il fut salué par les acdamatioas de la multitude, et de 
tous c6tés on rédigea des adresses de félicitations. La ville de 
Verceîl fut la seule qui se tint à l'écart de ce concert général 
d'opinions, ce qui fit dire k son préfet qu'elle • serait mieux pla- 
cée sous la verge de fer d'un sultan ou d'un pacha que dans une 
république d'hommes libres > '". Mais partout ailleurs on salua 
avec joie cet événement qui assurait immuablement * la f^dtéct 
l'existence politique de tous >. Le cler^, par l'organe de l'arche- 
vêque de Turin, Canaveri, s'applaudit aussi de voir stm pays 
réuni • à la uatiou la plus puissante de l'Europe >, et, pour donner 
un éclatant témoignage de sa sati^ction, il célébra des messes 
solennelles poor > la conservatioa des trois Consuls et la prospérité 
de la République >. 

A dater de ce jour, les lois françaises prirent entièrement la 
place du r^me transitoire jusque-Ik appliqué en Piémont Seuls 
des décrets apportèrent des modifications à Taocien oidre de 
choses , tels, par exemple, que celui relatif au remplacement du 
général Jourdan, comme administrateur df la 37' division mili- 
taire, par le général Menou (1" décembre 1803 ]; celui qui pres- 
crivit de rédiger les actes publics en langue française (i3 juin 
i8o3}; celui qui transforma le Piémont en un gouvernement 
général des départements au delà des Alpes ( i4 mai i8o5] t"; et 
celui qui supprima le département do Tanaro et incorpora les ar- 
rondissements de Bobbio, Vogfaera et Tortone (département de 
Marengo) au département de Géoes, et l'arrondissement de Ceva 
(département de la Stura) au département de Montenotte (6 juin 
i8o5}. 

Tous ces actes de l'autorité, mime celui qui agrandissait la li- 
gurie au détriment du Piémont, n'excitèrent aucune émotion. 
Notre influence était définitivement assise et Napdéon pat en re- 
cueillir la preuve édalante, lorsqu'il voulut consolter les Piémon- 
tais sur la question de l'hérédité de la couronne impériale dans 

(■> ArcbivM (l« Tnrin. section 3, cote 33-i6. 

f*) Va dëctet dn tA février 1808 iHfuiiu, d'noe &(on prédie. ee gonnrae- 
ment, qui était reprfeonlé par un gouMrnear géoA^, nu miueiUer (TÉbt ou 
■B*3tie dea requCtei intendant du ti^sor pnMicnn chef d'tel-EUJor «ton direo- 
lenrdepdice. 



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n famille : 131,916 snffivges répondirent à son appel; ibo voix 
■eulement repoussèrent ses prétentioDS (novembre i8o5]. 

LÏGCRIE. 

De toDB les États qui partagèrent llbdie a^peès la dissolution de 
l'empire de Chariemagne, il en est peu qui aient eu à subir au- 
tant de flnctuaticHis et de changements que celai de Gènes. ASai- 
Ui par des séditions populaires ou des révolutions incessantes, ce 
pays ne put, pendant de longs siècles, secouer le joug de la domi- 
naUon étrangère; et si André Doiia , après en avoir expulsé Fran- 
Ç(Hs I", en ibi&, lui rendit son nom de république, du moins ne 
put-il lui redonner son entière indépendance. Postérieurement k 
cet éTéoement, les Génois eurent, en effet, à s'indinw avec humi- 
lité devant la volonté souveraine de Louis XIV (i6S4); et pins 
tard, lorsque la guerre de la succession d'Autriche mit aux prises 
les grandes nations européennes , leur ville dut endurer, de la part 
des Autrichiens, une occupation temporaire rendue célèbre par 
ses honeun et ses cruautés (1748}- Quant it ses destinées poli- 
tiques, elles étaient, aux termes de la constitution que lui avait 
octroyée André Doria, entre les mains d'un doge et d'une aristo- 
cratie qui oe voyaient, dans l'exercice du pouvoir, que le moyen 
d'assouvir leurs ambitions et leur cupidité. 

Lors de la première coalition contre la Hépubliqoe française, 
le Goavemement génois n'observa pas seulement la neutralité, il 
commit l'impradence, en haine sans doute des idées démocra- 
tiques, de laisser outrager nos nationaux sur son propre territoire. 
Hais Bonaparte ne put tolérer ces insultes et, devenu mahre do 
sortde Gènes, à la suite de son immortelle campagne dltalie, il 
songea à affranchir cette ville de l'oligarchie qui rt^rimait et 
à faire de son peuple *nne république indépendante* (i5 mai 
^797) '"• Pourtant, grâce à ses richesses immenses, la ndalesse, 
secondée par le cierge, teata un suprême et dernier effort afin de 
maintenir ses prérogatives et son autorité. Aidée d'un parti nom- 
1h«ux recruté parmi les basaes dasses du peuple, elle parvint k 
faire édater nne insurrection dans laquelle périrent ou furent in- 
carcérés de nombreux Français (a3 mai). 

deNaiMlioB.t.ni,p.e3. 



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— 528 — 

Cet iDcident tragique amena l'interveDtioo directe de fiona* 
parte, qui meDaça le doge de ses plus imptacablet colères, au cas 
où il se refuserait à faire relâcher nos compatriotes et à désarmer 
la populace. II prescrivit en même temps itPaypoult, cotre repré- 
sentant à Gènes, de sortir de cette ville si les satisfactions exigées 
n'étaient pas accordéesi, et réclama au Directoire l'envcH d'uoe troupe 
de dix mille homoMs pour tenir garnison dans la. cité lebdle. 

La rapidité et l'énergie de ces dispositi<His eurent promptemeat 
raison des tei^versalions de la République de Gènes, qui consen- 
tît, le 6 juin 1797, par la * Convention secrète de Montd>el)o>, 
à laisser désormais à la France une direction prépondérante dans 
ses affaires. C'est donc à partir de cette époqae que nous suivrons, 
dans ses diverses évolutions, TorgaDisation administrative de oe 
pays, nous contentant seulement de la diviser en deux périodes 
jwincipales : 1° Occupation française; 3* Annexion à la France. 

OCCUPATION FRANÇAISB. 

Le traité de Montebello faisait non seulement cessw les événe- 
ments révolutionnaires qui avaient failli compromettre la caoH 
de la liberté, il garantissait aussi à la République de Gènes une 
constitution politique, basée sur les principes d'une participatioa 
de tous k la souveraineté nationale. Le pouvoir légÛatif passait 
k deux conseik représentatife, composés l'un de trois caito 
membres et l'autre de cent cinquante. Cet conseils nommaient 
le doge et les douEe menibres du Sénat constituant le pouvoir 
exécutif. Chaque commune devait élre pourvue d'uoe mauicipa- 
lilé et chaque district d'une administration particulière. • Le mode 
d'élection des autorités, la délimitation des circonscriptions teni- 
toriales, l'organisation du pouvoir judiciaire et de la force mili- 
taire •, revenaient à une commission q>éciale chargée en même 
temps, et dans le délai d'un mois, à compter du jour de son in- 
stallation , • de rédiger les lois organiques du Gouvernement ■. En 
attendant l'exécution de ces diverses mesures, l'administration 
provisoire du pays était confiée, sons la présidasce du doge ac- 
tuel, ~k un comité dont les membres, an nombre de vingt-denx, 
ne pouvaient décliner leurs fonctions soos peine d'une amende 
de a ,000 louis. Enfin la ville de Gènes s'engageait k indemniser 
les Français victimes des récents soulèvements pcrfitiqaeS: et k 



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— 329 — 
unaistief ceux de ses halùtaDts compromis dans ces événe- 
ments. 

Peu de joan apfès la signature de celte convention, ses priii' 
dpales diq>ositions furent eonfinnées par one première constita- 
tion , qui donnait à la Républiqoe de Gènes le oom de République 
Ligunenne. Hais le Gouvernement provisoire n'eut ni la force, ni 
l'adresse, ni la sagesse d'assurer le fonctionnement régulier des 
st^uts oiganiques. Sa faiblesse et le triste exemple de sa désunion 
permirent au parti dérical de faire édater des troubles que le gé- 
néral Lannes dut réprimer avec sévàité, et aui ennemis de la 
France de diriger dans la presse de vives attaques contre la reli- 
gioD catholique, attaques d'autant plus dangereuses qu'à cette 
époque, suivant le mot de Bonaparte, > la superstition avait plus 
d'empire sur l'esprit des Génois que la liberté • (') [septembre-oc- 
tcdire). 

Ces graves incidents durent natardlement entraver les débuts 
du Gouvernement ligurien, et on ne saurait s'étonner, par consé- 
quent, qu'en plus de six mois il ait pu seidemeot instituer les 
comités de police, mUitaire, des Ëuances, des relations exté- 
rieures et de la correspondance intérieure, qui devaient fonction- 
ner jusqu'à la nomination des ministres spéciaux, et organiser les 
deux conseils l^idati&, prévus par la constitution : celui des 
Smxante et celui des Anciens (juin 1797 -janvier 1798)'^'. Ils ex- 
pliquent aussi que le Sénat ait attendu jusqu'au 1" juillet 1798 
pour faire écrire à Bonaparte par son président, le doge, qu'il 
allait enfin se mettre à l'œuvre ■pour la formation des lois orga- 
niques et pour une adminntration qui, en consdidant le bon 
ordre et la tranquiUité puUique, ouvre toutes les sources du bon- 
heur national > (^). 

Jusqu'au 7 décembre i799,.aucun acte légidatif important ne 
vînt modifier les mesures administratives que nous venons de 
rappeler. Actitedate.un nouveau gouvernanent provisoire, com- 
posé de neuf membres, prit en main la direction des aSiures. Sa 
composîtioD était, paraltjl, excellente, car Bonaparte s'en montra 

''> Coneipoiiikiicede Napoléon, t. m.p. 486. 

(*) Baccolla dt pr^dami e àeecreti pabbUcati dtUa Commiuiaiu itraordinaria 
del gentma deUa Btpatbliea Ligve, GenOTs, 1800. Cette puUicalion oom 
a fonnii tontn le* indioUoD» d«iil noua ne mentMononi paa la fcomUDce. 

"> Arcbivea de Gtoea, «de 1-568. 



DyGoot^le 



— 330 — 

tort Mtîilidt et, dans la lettre <{n'î) éoivît à œ pn^xis à Tdle;- 
raod, le 18 décembre caivaDt, i) maniiésta non seolemait son 
cootentemeot, mais lais» de fritis entrevoir poor la première 
fois MD désir d'< ioeorporer, dans qadqnes mms, la RépuUiqoe 
L^urienDe à la France * ('>. Pea de jours iprèt , notre chaigé d'af- 
faire* à Gènes, Redon de Brilevilk, notifiait an gouvernement de 
cet État l'élévation de Bonaparte à la dignité de Premier Consul, 
et, pour ne pas compromettre la confiance qu'avaient an si bien 
inspirer la fennelé et son natnrd conciliant, se bornait, en se 
servant des formules diplomatiqnes, k s^aler ce fait, sans faire 
allnsion aux conséquences qui pouvaient en rés ul ta' { 19 janvier 
1800} »l. 

Un concours de tristes ctrconstances vint bientAt déjouer les cal- 
culs de Bonaparte et justifier les pmdentes réserves de Redon de 
Belleville. Après ta défaite de la Trebbia, nos armées de I>om- 
baidie et de Naplcs, qui avaient perdu dans cette sanglante bataille 
près du tiers de leurs eSêctiis, durent se réfugier dans Gènes, 
où les forces aulricbiennes — bien supérieures en nombre — 
combiaées ii la flotte anglaise, les poorsoivireot et les y enfer- 
mèrent 

Nous n'entreprendrons point de faire l'historique de ce sj^e mé- 
morable, dans lequel ie générai Masséoa déploya tant de bravoure 
et d'inébranlable fermeté, ni même de rappeler les sorties vigou- 
reuses de nos troupes, ou l'atroce famine que supportèrent avec 
un stoïcisme incomparable tous les assiégés, peuple et soldats. 
Ces laits sont trop amnus et leur simple énumératîon nous en- 
traînerait an deU des limites que nous nous sommes traoées. Con- 
teotons-oous seulement de mentionner les simplifications que, 
dans l'intérêt supérieur de la défense, Masséna dut apporter à la 
pratique des lois constitutionnelles. EUes se résument en un acte 
unique, daté du ig avril -^ c'est^-dire treiie jours après l'inves- 
tissemeut de la ville — par lequel le Gouvernement ligurien dé- 
crétait que tons les pouvoirs politiques et administratifs seraient 
exercés par le Comité des affaires militaires; sous le contrôle ab- 
solu du général en chef de l'armée française. 

Masséaa s'empressa de porter à la connaissance du ■ peufde de 



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— 331 — 

la Lîgarie> cette importaote rësolatioD qui, dans cea momenta 
critiques, substituait avec raison sa prépondérance personnelle à 
celle des multiples autorités qui encombraient et entravaient klors 
les rouages de l'admiDUtratioD. > Cette mesore, disait-il dans sa 
prodamation, est indispensable k une époque où S faut sauver 
ta Ligurie et la ville de Gènes , et l'une et l'autre ne peuvent être 
sauvées que par la force dont seront investis les gouvernants et par 
la célérité qu'on mettra k exécuter les mesures qui seront prises. 
Vous conoaisses, ajoutait-il, mon afiêctioo pour votre pays et mon 
dévouement pour le défendre; c'est encore pour vous les garantir 
que je ne demanderai que ce qni sera nécessaire aux intérêts de la 
Ligurie et de l'armée • I". 

Bien que le Gouvernement de Gènes ait assigné aox effets de 
ce décret une durée de buit jours, ses dispositions n'en furent 
pas moins respectées jusqu'à la capitulation de la ville, capitu- 
lation glorieuse s'il en fat, car Masséna <Atiot ponr les débris de 
aa vaillante armée le droit de sortir avec armes et bagages, et 
pour les Génois, nos dévoués alliés, l'engagement formel qu'aucun 
.d'eux ne serait inquiété pour ses opinions antérienres, et que leurs 
biens et leur personne seraient fidèlement respectés (4 juin). 

Le triomphe de rAutrtche fut éphémère, et Bonaparte, vain- 
queur à Marengo (i4 juin), put restituer à la ville de Gènes ses 
libertés un instant compromises. A peine arrivé k Milan, et au 
milieu des longues acdamations d'un peuple reconnaissant d'être 
délivré de l'insupportable dominatioD autrichienne, il rendit 
plusieurs décrets, dans le but d'imprimer aux inslitotions de la 
République Ligurienne une impulsion plus propice h ses propres 
visées (a3 jain). 

L'unique considérant du premier de ces décrets visait futilité 
de pourvoir à l'admiaistratioa de cet Etal, en attendant l'organi- 
sation définitive de son gouvernement, qui était proviscûrement 
confié, anx termes de l'artide J, à uœ Commission extraordi- 
naire de sept membres, revêtus, à l'exclusion de la puissance 
législative et judiciaire, de la conduite sàj»ême des afiàires 
publiques. Cette Commission pouvait, k son gré, conserver on 
révoquer les magistrats en exercice. Il était ensuite stipulé que 
chacun des départements serait administré par un co m mi s sai r e 

(■> Archives deGinca, eota i-ii. 



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ayant sons ses ordres les agents munidpaax ou antres, qae les 
impôts en vigueur seraient maintenns pendant le cours de l'année 
i8oi et que les foactioaDaires étaient •tenua de rester à leur 
poste > jusqu'à ce qu'il en soit ordonné autrement. 

Un autre décret étaUiaaait une Consulte composée de trente 
membres, présidée par on ministre extraordinaire du Gouverne- 
ment français. Cette assemblée avait pour mission d'appliquer les 
r^ements concernant les diverses brancbes de l'administration ;- 
die pouvait se partner en six sections, mais les travaux de cha- 
cune d'elles devaient être examinés et approuvés en réunion géné- 
rale ctmvoquée à cet efiêt par son président ; elle délibérait antst 
sur les projets de lois proposés par la Commisti<Hi du goaveme- 
meat. 

A ces décrets s'en joignit uu autre sur les attributions du mi- 
nistre extraordinaire, chai^ non seulement de |M^der ta Con- 
sulte et de représenter la France auprès de la République Ligu- 
rienne, mais aussi de veiller k ce que les contributions de guerre 
soient employées aux besoins de l'armée. 

Dès le lendemain, 24 juin, le Premier Consul confiait an- 
lieutenant général Dejean la chai^ de ministre extraordinaire. Le 
2 juillet, Dejeao signalait sa prise de possession eo déaigoant les 
membres de la Commisaïon extraordinaire appelée à remplacer 
l'ancienne Commission, et procédait aussitAt à leur installation 
solennelle. Dans le discours qu'il prononça dans cette circonstance, 
il fit preuve de cet esprit de modération qui devait plus tard 
lui attirer tant de sympathies. Il recommandait de > jeter un voile 
sur le passé et d'oublier les égarements et les dissensions. Bona- 
parte, continuait-il, a proclamé les Liguriens les alliés les plus 
fidèles de la France; celle-ci fera pour ce peuple généreux tout 
ce qu'il peut désirer, tout ce qu'il est en droit d'espérer. • 

Après cette allocution, la Commission se réunit en comité 
secret et arrêta que, suivant lesdéôsioas do Premier Consul, tous 
les fonctionnaires seraient tenua de rester en charge ; que les 
divers ministres feraient immédiatement un rapport sur )a situa- 
tion respective de leur départonent; que îles commissaires de 
la trésorerie générale • dresseraient un élat récapitulatif des débi- 
teurs de la BépuUique; que le génrâal Dejeaa résiderait dans le 
Palais national et • serait autorisé à recevoir et à ouvrir les lettres 
adressées au gouvernement, et à prendre toutes les diqtoaitions 



,dbïGoo<^Ie 



qu'il jugera les plus opportuaes, pour assurer k traDquiliité publi- 
que. • 

Nous avons tcou à donner le sommaire complet des premières 
mesures administratives appliquées k la RépuUique Ligurienne, 
immédiatement après l'évacuation des troupes autrichiennes, 
parce qu'dles attestent, aussi bien dans la pensée du légiriatear 
que dans les actes du nouveau gouvernement, une subordination 
complète k l'yard de la France. 

QacÀ qu'il en soit, la GommiMiun eitraordinaire se mit k l'œuvre 
sans délai et adopta de nombreuses résolutîoas, parmi lesquelles 
nous signalerons : le maintien des états-majors de la garde nationale 
et des troupes de ligne; la rédaction d'un pompeux manifeste, 
pour recoDunander à tous les citoyeas de mettre un terme k 
leurs discoitles et k leurs anùnositét; la défense formelle d'insulter 
la religion ou ses ministres dans les specta<Jes ; l'adoption d'un 
règlement intérieur qui répartissait entre cinq de ses membres 
les administrations des finances, de l'intérieur, des relations 
extérieures, de U justice et de la marine; le remplacement de 
la municipalité de Gènes, etc. (3- 3o juillet). 

Son activité laborieuse ne parvint pourtant pas k satislaire les 
exigences inconsidérées du général Méuard W, pour lors comman- 
dant de l'armée française en garnison k Gènes. Elle dut se justi- 
fier auprès de lui d'avoir conservé, confcHUiémeat aux prescrip- 
tions du décret du 33 juin précédent, fdusieurs fonctionnaires 
■ placés par l'ennemi'. «Vous sentec bien, général, lui écrivait- 
elle le 31 juillet, qu'il n'était pas au pouvoir du Gouvernement 
de changer de telles dispositions dès les premiers moments de 
son existence. Depuis quelques jour* , cependant , il s'occupe de U 
réoi^aisation de toutes les branches du pouvoir administratif. 
Déjk de nouveaux commissaires sont partout k la tële de l'admi- 
nistratioo. Bieotât de nouvelles municipalités remplaceront ce qui 

(■) En présence de> mécootenteTnenb provo^és par le géoéral Méiiard , Bona- 
parte *e décida à loi enlever son commuidemenl. U écririt danj ce sens à 
Cemot, le ii «eptemlire i8oo, b jMriant de mettre k Génei 'un conimandant 
qui, lob d'eiciter la partis, prenne k tiche de se concilier le gouvernement «t 
les habitants de cette ville. L'intention du gouvemetnent n'est point qu'on traite 
Gènes en pa^s conqaîs. De tous les peuples d'Ualîe, c'est cduî qui mirile le 
plus d'hardi, c'est cduî qui a le plus loaSert et qui a le plus d'eiprit national, 
et, dèi Ion, il est nécessaire que le commandant soit un homme de tact,i [Cor- 
respondance de Napoléon, t. VI. p. 586.) 



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— 834 — 

reste encore dn r^inie éttbli par les Aatrichiens. Le Gonverne- 
loeot ne w démentira jamais des mesures à prendre pour assurer 
le muxt» de la cause de la liberté O. > 

Malgré ces lîcheux dissentimoitB, la Commission dn goorer- 
nement n'en poursuivit pu moins le cours de ses t^iératioas. Le 
33 juillet, elle r^la d'une bçm précise les attributions des 
commissaires institués, dans chaque départeoient, par un décret 
précédent. Outre l'exécution des lois, la police, les contribntioDS, 
les travaux, secours et instnictùm publique, ces fonctionnaîres 
avaient ausu dans leurs juridictions (^' respectives la haute sur- 
veillance sur les munidpalîtés, dont ils pouvaient suspendre l'exé- 
cution des actes pendant vingt jours, vérifier la comptabilité et 
régler à l'amiable les affaires contentieuses. Pais elle procéda à 
l'élection des neaf membres du tribunal de cassation , des magis- 
trats , chanceliers ou accusateurs poUics de divers trilmsaux civils 
ou criminels , et de nombreux juges de paix et agents municipaux 
(33jnillet-4aoAt). 

Nous croyons devoir passer sous silence les mesures adminis- 
tratives qui furent prises dans les deux mois suivants, car elles 
présentent une analogie parfaite avec c^es que nous venons de 
rappeler. Dans les premiers jours du mois d'octobre, une sédition 
populaire, que les pressantes et éloquentes exhortations de Bona- 
parte et de Masséoa ne purent conjurer, suspendit les travaux dn 
Gouvernement génois pendant quelques jours. Mais les prescrip- 
tions cODuninatoires de Talleyiand firent rentrer dans l'ordre les 
perturbateurs (*>, 

A partir de ce moment et jusqu'au milieu de l'umée i8o3, 
aucun événement notable ne se produisit. A cette époque, Tceuvre 
de reconstitution de la Commission extraordinaire était terminée, 
et dès lors il convenait, pour régulariser la marche des affaires 
publiques de fondre en une seule loi organique la constitution 
de 1797, les décrets de 1800 et les réformes qui en avaient été 
la conséquence. 

Dqji, vers juillet 1801, le général Dejean, notre ministre extra- 
wdioaire, avait pressenti le Premier Consul à ce sujet, en lui 

"> Archive* d« GJnea, cote ■ -ig. 
^ Ceit atiHi «(u'oii dtaommut les iéputeraeaU. 

<" Voir 1 ce tujet nne lettre de TtUeyruid, du i3 octobre 1800. poUife 
duu le RaccvUa, kc. , ât. p. 83. 



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— 335 — 

commuDÎquaDt un projet de constitution. Hais ce dernier s'était 
contenté de formuler qneiques observations, sans vouloir prendre 
une déteiminatioD avant de connaître la manière de voir des 
principaux intéressés, afin de s'assurer leur adhésion et de ne pas 
s'exposer à de graves mécomptes. Oa engagea donc des pourpar- 
lers, on écJuingea de part et d'autre de longues correspondances, 
et enfin, en 1803, BoDaparte consentit à proposer aux autorités 
génoises, qui l'adoptèrent sans changement, une constibition 
très étudiée et fondée snr l'observation des faits et les leçons de 
l'expérieoce. 

PooT dooDOT une idée fidèle de cette nouvelle organisation, 
nous ne saurions mieux &ire que de reproduire les données princi- 
pales de cet acte, dont les daoses furent en vigueur jusqu'au mo- 
ment de l'incorporation de la République Ugnri^ine à la France. 

Ce document comprend trois chaptres principaux, se subdivi- 
sant eux-mêmes eu vingt artides. Dans le premier ayant pour 
titre ■ Prindpes fondamentaux >, il est dit que la liberté, l'^ialité et 
U rejK^ntatioD nationale étaient les grandes bases de la con- 
stitution ligurienne; que la puissance l^siative appartiendrait ^ 
une consulte nationale , et le pouvoir exécutif à un sénat chargé 
de veiller k nnterprétatîoa des lois cfu'il pouvait mettre à exécu- 
tion, même à l'état de projets, iMnqu'elles n'étaient pas rdativet 
aux impositions et qu'il se présentait des cas ui^^ts. Une magis- 
trature suprême choisie par le Sénat dans tout soo sein avait la 
direction de la force armée, et l'application des dispositions t^les 
relatives aux délits contre la sodété appartenait à l'ordre judidaire. 

Le second chapitre , intitulé ■ Des corps qui concourent à la 
formation et ii l'exécution des loisi, indiquait d'abord la con^w- 
ntion du Sénat, qui comprenait trente membres, âgés de trente 
ans au moins, se renouvelant par tierstous les deux ans. A la 
tête de ce corps était [daeé un doge qui en avait la présidence et 
qui devait rester en fonctions six années, pendant lesquelles il 
lui était allotié uoe indemnité annuelle de 5o,ooo livres. Le Sénat 
était partagé en cinq magistratures : 1* la magistrature suprême 
composée de neuf membres ; a^ceUe de la justice et l^statioo ; 
3" de l'intérieur; à* de la guerre et de la marine ; 5' des finances. 
Les présidents des quatre dernières magistratures ainsi que le 
doge faisaient partie de U première et remjdissaient les fonctions 
de ministres. 



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— 336 — 

Le SéaatétaUélupartroiscoIlèges: celui des propriétaireB possé- 
daat au moins lao.ooo livres; celui des négociants et celui des 
• dotti • choisis paimi les hooimes de toi, les savants oa les ar- 
tistes. Ces assemblées électorales, composées les deus premières 
de deuL cents membres et la troisième de cent Domjués à vie, 
se réunissaient de droit tons les denx ans, pour élire des 
séaatenrs et dresser une liste de tnm personnes, parmi lesquelles 
le Sénat devaU choisir le doge. 

Dans chaque département, qoî alcffs portut le nom de jori- 
dictioD, tous les citoyens élisaient, tons les trois ans, une con- 
sidte de soixaDte-quince membres au maximum. Pour être éli- 
gible, il fallait posséder une propriété, un établissement induitrid 
ou un emploi d'un revenu annuel de mille livres, ou bien avoir 
été c^laine de navire pendant cinq années et sans avoir encouru 
de reproches légaux. Ces consultes, dites «de juridiction*, dési- 
gnaient les députés de la Consulte nationale, dont le nombre des 
membres ne pouvait être inférieur à sMxante, ni supérieur à 
soixante-douze. Cette deroi^ assemUée devait siéger nue fois par 
an, afin d'établir le budget de l'Etat et examiner les diverses pro- 
positions qui pouvaient lui être soumises, avant d'être discutées 
par les neuf procureurs nommés par die dans ce but. Elle était 
présidée par un oiuteur élu pour toote la durée de la session , et 
ses membres ne reoevaient aucun salaire. 

Les trois collèges dont il vient d'être question nommaient aussi, 
tons les deux ans, • un syndicat > de sept membres, qui pouvaient, 
mais seulement k l'unanimité des voix, frapper d'une censure 
emportant destitution, deux sénateurs, deux députés de la Con- 
sulte nationale, deux des consultes de juridiction et denx mi^is- 
gistrats de chacun des tribunaux. 

Le territoire de la République était divisé en six juridictions, 
à la tête desquelles étaient placés un ■ provéditeur* choisi parmi 
le magistrature suprême et une «junte administrative >. 

L'administration judiciaire était confiée à un tribunal suprême 
ayant les attributions de notre Cour de cassation, k trois tribu- 
naux de revision, )i six de juridiction, à des justices de paix et à 
des tribunaux de commerce. Les {uocès dans lesquels la nation 
avait «un intérêt originaire et direct •, ainsi que les délits mili- 
taires, étaient de la compétence de tribunaux spéciaux. 

Im troisième chapitre, contenant les < Dispositions générales ■, 



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dMarait la région catholique religion d'État et prodamait l'ina- 
liéoabilité des. hïeos du dtxgé. 11 posait ensuite en |HÎadpe la 
construction d'un ajraenal, l'obligation d'entretenir une marine 
d!au moins ■ deui. vaisseaux de 7^1, deux frégates et quatre cor 
vettes, à l'aide d'une somme de trois millions prélevée snr les 
ressources budgâaires. 11 fixait le montant total des ïmpàts à neuf 
millions et attribuait à une commission formée par la Consulte 
nationale, le droit de vérifier cbaqte année le compte des recet- 
tes et des dépenses de l'Etat. Il garantissait en outre la vie civile, 
la jouissance sans trouble aux acquéreurs de biens nationaux, et 
prévoyait en&a l'étaUissement d'un institut national et Vélabora- 
tion, dans te délai d'un as, des lois Of^aniques '''. 

Cette ctmstitùtioa qui procurait à la République Ligurienne 
une scHOiuie de libertés qu'elle n'avait jamais couDue, et dout la 
France dle-mâme s'éloignait chaque jour, fut très favorablement 
accueillie par l'opinion puUique. Le crédit du Premier Consul 
s'accrut au ddii de ses ambitieuses espérances, surtout lorsqu'il 
eut désigné pour les fonctions de doge le descendant d'une des 
làmilles les plus illustres et les plus populaires de Géoes, le citoyen 
JiérAme Ourauo (3o juillet] <^>. Le Sénat subit aussi l'entraine- 
ment générai et, dans son enthousiasme immodéré, alla jusqu'à 
voter réfection immédiate, dans Catriam du Palais national , de la 
statue de son idole Bonaparte , en même temps que celle de 
CbrUtc^be Colomb (93 août) (=>). 

Ces sentiments d'admiration outrée ne furent certainement pas 
étrangers au sèle éclairé dont le Sénat fit preuve au début de &a 
carrière. La ■ charte constitutionnelle» lui donnant des pouvoirs 
très étendus pour parer provisoirement aux éventualités les plus 
pressantes, il en profita pour rendre de nombreux décrets. Mous 
nous bornerons à signaler les plus importants, surtout ceux ayant 
trait à l'organisation administrative. 

Parmi .ces derniers, il convient de citer en premier lieu • la 
loi organique sur le gouvernement • promulguée le 1" décembre 
et destinée k fournir des explications complémenlAires sur la 
composilitm ou les attributions du Sénat, du doge et des cinq 

Cl Archives de Géne*. copie contresigaéeiTalleyrand», cote 1-568. 
(■> Par measage ipMal daté du 3o octobre i8o5, Napoléon nomiifa Durauo 
tteatear de TEinpira (Correspondance de Napdioa, t. XI, p. il3). 
'" Archivea de Ginei, cot« i -668. 



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— 338 — 

magistratures prévus par la eonstitation. En vertu de oette loi, 
étaient seuls éligibles comme s4nat«ars eeas q«I avaient exercé, 
■ sans censure do syndicat ■, «ne fooclioQ dans l'ordre )ég:ïriatif, 
diplomatique ou militaire. Étaient dédarés inéligibles les dtoyeiw 
ayant, à un titre quelconque, servi un gouvernement étrai^er, 
les célibataires, les fermiers des finances de la République et les 
banqueroutiers non réhabilités. Le renouvdiement dn Sénat av^t 
lieu tous les six ans , et, pendant deux années, les membres Ber> 
tants ne pouvaient se présenter. L'initiative pour U proposition 
des lois revenait h cette assemMée, qui devait les so u mettre k 
la sanction de la Consulte nationale, à qui apputenait le énit de 
les approuver ou de les rgeter, mais sans y ialrodtiire de modifi- 
cations. Les déclarations de gvwre, la oeodnmAi] des traités de 
paix, d'alliance ou de commerce, la désignation pour k premitre 
fois des membres des trois collèges éleetoranx , la nominatfoa des 
ministres et antres agents diplomatiques, celle des magistrats et 
des juges de paix, ta fixation du montant des traitements des fonc- 
tionnaires publics et des «nployés dvils ou militaires rentraient 
aussi dans les attributions dn Sénat Celui-ci se réunissait deux (bis 
par mois sur la convocation du d(^, et, en son absence, sur cdle 
du doyen d'âge. 

Cette loi applique ensuite an doge les mêmes conditions d'éfigi- 
bilité ou d'inél^bilité que celles prescrites pour les sénateurs. 

Puis elle détermine le fonctionnement des cinq magi stratu re s , 
et d'abord celui de la magistrature suprême qaï, contrairement 
aux clauses de l'article Vil de la constitution, prévoyant dans sa 
composition la présence du doge, des quatre présidents des ma- 
gistratures, de deux sénateurs et de denx députés dn collège des 
propriétaires, comprend seulement le di^ et huit membres 
exclusivement recrutés parmi les sénateurs. Oette magistratntc 
pouvait , en tout temps, être modifiée sur la demande du dc^. 
Elle était chargée de la mise à eiécntion des lois et arrêtés, avait 
sous son autorité les provéditeurs et autres agents de Tordre admi- 
nistffltif, s'occupait des affaires étrai^ères, pouvait suspendre les 
magistrats et commandait les armées de terre et de mer, dont eUe 
nommait les oQiciers. La police générale, les gabelles, les affaires 
ecclésiastiques, les archives et rinstruction publique étaient aussi 
placées sous sa dépendance. Ses séances étaient bi-hebdomadaïrea. 

La magistrature de la justice et l^islatioa veillait sur les ma* 



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— 339 — 

tièm judkùÎKB, réai^vait les points de droit litigieux, faisait ■ 
{énerver les lois ou rè^lcmeats conceroant les notaires, sondait 
les fautas das magistrats et déferait en justice ceux d'entre eux 
qui coounfittaieut des prévaricatious ; elle pouvait supprimer les 
sotains et les greffiers des tribunaux. 

La haute surveillanGe sur les théâtres, travaux puUics, bois, 
bApitaux, écoles pnUiques, médecins, l'agriculture, le commerce, 
f industrie, les pads et mesures, la statistique, les fêtes natio- 
Bile>,eto. , étaient de la compétence de la magistrature de l'intérieur, 
qu pouvait aussi rendre exécutoires, poar un mois, les décisions 
dea covpa administratifs, sur lesquels elle avait le droit de sus- 
pension. 

La magiatrature de la guerre et marine s'occupait des armées 
déterre et de mer, de l'artillerie, du génie, des magasins de vivres 
et Jhabillement dé l'armée, des colljiges militaires, des arsenanx, 
dea laxaiets, de la coDStnietioB des navires nationaux, ainsi que 
de ta dîieipline des officiers. 

Le« impMs dintcts et indireets, h monnaie, les bîeos natio- 
naux, les services des postes et de la douane incombaient \ la 
magistrature des finances. 

Enfin , sous la dénomination de • Dispositions générées > , cette 
loi, qui M renferme pas moins de i3S artides, reconnaissait au 
Sénat le droit de faire grice, celol d'évoquer une cause d'un 
tribunal k bb aBtre, de déroger aux dispositions testamentaires et 
même d'en prononcer l'annulation lorsqu'elles étaient contraires 
■ aux bonnes mcenrs ou aux lois divines et humaines •, et de régler 
les conflits de juridiction. 

La loi que nous venons de présenter dans son ensemble fut 
suivie de diverses décisions, parmi lesquelles nous croyons de- 
voir mentionner celles relatives !i la délimitation territoriale des 
MX juridictions portées dans les statuts organiques, et qui furent 
subdivisées en quarante-sept cantons, ainsi que celles concernant 
l'administration judiciaire, la création du > campo-santo > de Sar- 
lane et la liberté d'association subordonnée k l'autorisation tem- 
poraire '" délivrée par la magistrature suprême, sur le vu des 
règlements particuliers des corporations intéressées (17 janvier 
-i3 mars i8o3). 

('' TdiMe pMidiDt an in «eukment. 



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— a40 — 

, Le 3a avril, le Sénat précisa, eo vertu de l'article XI de la 
Cimslitution, les pouvoirs admiBtstratirs des provéditéurs , des 
vice-provéditeurs, des juntes, des municipalités cantonales et 
communales et des agents munidpaux. Les provéditeun plaça k 
la tête de chaque juridiction devaient être igés de trente ans 
révolus. Us étaient nommés pour une période triennale, toujours 
renouvelable, et étaient tenus de résider au chef-lieu de juridiction. 
oQi^nes immédiats du gouvernement», ils avaient dans leurs 
attributions la police, les biens nationaux, les fxintributions et les 
travaux publics. Us dirigeaient l'instruction publique, pouvaiisnt 
autoriser les municipalités à eater en justice et suspendre, pour 
i5 jours, les agents coupables de contraventions aux lois; ils 
transmettaient à la magistrature de l'intérieur les budgets dressés 
par les autorités compétentes , eu les accomp^nant de leurs obser 
valions personnelles. A chacun des prové(ÛteiIrs était attaché un 
secrétaire Agé d'au moins vingt ans, à qui incoanbait la conser* 
vation des archives, la tenue des registres des arrêtés et la OMtes- 
pondance générale. En cas de mort, absence ou maladie du pn>- 
véditeur, son secrétaire le remplaçait provisoirement. 

Les vice-provéditeurs devaient étr« domiciliés dans l'un des 
chefs-lieux du canton de la juridiction et âgés de vingt-cinq ans. 
Ds étaient directement placés sous les ordres des provéditéurs. 

Les juntes administratives présidées par les provéditéurs étaient, 
comme les fonctionnaires qui précédent, k la nomination de la 
magistrature suprême et se composaient des présidents des muni- 
cipalités des cantons. Elues pour trois ans, elles si^eaient une 
seule fois annuellement, et leurs sessions ne pouvaient se pro- 
longer plus de quinze jours sans une autorisation de la magistrature 
suprême. Elles volaient les centimes additionnels et autres contri- 
butions nécessaires aux dépenses de la juridiction, a{^rouvaient 
les projets de construction ou d'amélioration présentés par le pro- 
véditeur , mais leurs délibérations n'étaient valables qu'après appro- 
bation de la magistrature de l'intérieur. 

Les municipalités cantonales comprenaient trente memlves 
pour Gènes, aeuf pour les cantons d'une population de plus de 
8,000 âmes , et cinq pour les autres. Elles se rmouvelaient tous les 
trois ans, choisissaient un secrétaire pris en dehors de leurs mem- 
bres, se réunissaient deux fois par mois pour voter les budgets, 
surveillaient les hôpitaux et autres propriétés immobilières ou 



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-^ 341 — 

mobilières du canton. Les présidents de ces manicipalités pou- 
vaient les convoquer extraordinairement avec l'autorisation de la 
magistrature suprême, et étaient spédalemeut chargés — sauf pour 
la ville de Gènes dont ce soin incombait au provéditeur — de U 
direclion de la police. 

L'administration cunmuDale était confiée à des conseils com- 
posés de dix membres pour les communes d'une popolation au- 
dessous de 1,000 habitants, de quÎDW jusqu'à 6,00a et de 
vingt-cinq dans les autres. Ces conseils te renouvelaient annuelle- 
ment par tiers, et les membres sortants, non rééligiblea pendant 
deui années consécutives, étaient désignés par le sort. Ils tenaient 
une séance mensuelle, déterminaient les dépenses et prenaient 
soin des biens, revenus, établissements et travaux des communes. 

Les agents communaux avaiant dans leurs attributions la po- 
lice, la présidence des muniapalités et la mise à exécution de 
leurs décisions, ils étaient tenus de rendre compte de leur admi- 
nistration à leurs conseils. 

Outre les conditions spéciales exigées pour remplir les diverses 
f<Miclions dont nous venons de parler, nul ne pouvait être nommé 
k ces charges s'il n'était «citoyen actif •, âgé de aâ ans révolus, 
chef de famille et domicilié dans la circonscription. Les délîb^ 
rations devaient être prises à la majorité des voix. Dans chaque 
juridiction cantonale ou communale^ un receveur particulier avait 
la gestion financière et ne pouvait acquitter letdépenses que sur 
mandats délivrés par l'autoribé compétente. 
. Après avoir accordé une amnistie pour les délits politiques et 
confirmé te division territoriale de la République Ligurienne en 
6 juri^ctions, 4? cantons et 706 ccHiununes comprenant une 
pt^ulation de 63a4i3 habitants, le Sénat arrêta les dispositions 
complémentaires applicables aux trois collèges qui, d'après l'ar- 
tîde VIU de la Constitution, devaient concourir k l'élection des 
sénateurs, dn doge et des membres du syndicat de censure. Pour 
être éligiUe, il fallait posséder la qualité de citoyen actif, être âgé ' 
de trente ans accomplis et ne pas être baoqueroulier non réhal»- 
lité. Le collège des propriétaires avait son siè« à Savooe, celui 
des négociants à Gênes, et celui des doUi à Chiavari. Le Sénat 
désignait pour la première fois les membres de ces coHëges élec- 
toraux (avrîl-i juin ido3). 

Noua aujcon» terminé cet »po*é sommi^ire de l'oi^niBa^n 



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— 342 — 

administrative prescrite par les statuts orguiîqaes, en dtant }a 
loi sur ie» consultes, promnlgnée )e il juin soivant Cet acte 
reconDait tout d'abord la qualité de citojea k tous les lodividas 
nés ou domiciliés , depnis dix ans, sur le territoire de la Républi- 
que LigarieDoe. Le titre de ntoyeu actif appartenait k ceux qui, 
ifé» de pins de vingt-^inq au», payaient on impAt direct de trois 
lirss au moios. Cette dernière qualité «e perdait par l'entrée en 
profession dans no ordre de chevalerie, régulier ou mofiasllqae, 
par l'habitation, en temps de guerre, dans nn pays déclard ennoni, 
et par une condamnation infamante ; elle était nispeodile par la 
prise d'habit dans une congrégation religieuse, régulière On séeo- 
liëre, par fobteation d'une fonction, d'nn salaire, dé titres «tl 
de décorations proveoaat d'un gouvernement étradg«r, par otw 
aooisation pouvant entratn» une peine alBicAÎTe, par on Juge- 
ment (Timinel par contumace, pir l'intenlictiOD l^ale pourcanse 
d'imbécillité, démeuce, prodigalité Ou ftdie furieuse, «1 par une 
faillite non suivie de concordat 

Les citoyens actifs qui remplissaient les condttfons d-deaSus 
mentionnées, ainsi que les étrsi^flr» pMsesaeun d'un capHal de 
10,000 lires, formaient le UR-ps éleetord admis à nommer le* 
membres des consultes joridictioDtielles, sor tme liste spédtde 
dressée par les agents communaux réunis k cet efi^t tons les troïs 
ans au chef-lien de canton. 

Nous ne reviendrons point sur les AttribotiuM des drrersea 
consultes, car la loi spéciale qui les oftnceme se contente de 
rappder cdies inscrites dans la Constitotion de 1S03. Notts nous 
bornerons donc à dire comment et entre qni avaient lien les 
débats parlemeDtaire« dans la Coosulte nationale. Le Sénat trans- 
mettait tes projets de loi k cette assemMée, et celle-d désignait 
neuf procureurs chargés de les examiner et de présenter un rap- 
port, dont les condusions pouvaient être combattues on sonteoues 
k la tribune par deux sénateurs. Puis, sans atitre discussion ol 
amendement, la Consulte appnnvait ou rejetait les pntpositiotis 
qui lui étaient soumises. 

Comme il est («nie de s'en convaincre ptt l'étude des faits qoJ 
précèdent, l'œuvre si compliquée de réoiganisation des pouvmrs 
publics, instituée par Bonaparte, avait rencontré auprès du Sénat 
une collaboration aussi assidue que fructueuse. H est bon, toute- 
fois, de nconn&ttre qtw k Uche des lépiiatean gèatàt avait été 



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— 343 — 

de bnncoup simplifia par lea indicatioiM précises àa Premier 
Consul, et principalement, par l'application récente d'une consti- 
bitioB à peu prêt analogue dans la République Cisalpine, appli- 
g»ti«n qui avait dû aécewairement laisser après elle d'ntïles et 



Mais s'il n'y a pas lieu de se montrer surpris outre mesni» 
ifse le Sénat ait pu, en si peu de temps, géDéraiiaer l'action dn 
goavemement et substituer tout un système représentatif à un 
régime oligarchique, on doit capendaot lui rendre honmwge de 
ne pas avoir reculé, dans des moments difficiles, devant l'aocom- 
[ditsement de sa misaion. Placé entre une aristocratie, toujours 
fidèle an passé et à la domination étran^&re, et nue démocratie 
cullie, il tut interpréter avec modér^on et sagesse les lois orga- 
niques confiée* à ea loflicitnde et k son libéralisme. 

En eOêt, nm content d'amnistier les délits ptditiques, il pla^ 
la liberté individuelle sous la pratectioD des pouvoirs publics, 
et, persuadé que la f<HtuiM, le boaheor et la ^mre d'an peu|de 
dépendent surtout des productions de son génie et de son intellî- 
genoe, il créa k Géaes, conformément à l'article XVII de la Cob- 
8tîtation,nn institutaational, afin d'encourager et de perfèotioaner 
les soicDoes et les arts. Enfin, pour répondre aux idées rdi- 
gieuats de ses adminiitrée, il décréta la religion catholique 
Tcligien d'État, s'engageant à ne point entraver le clei^ dans la 
libie jouMsnoe de ses biens ni k se natier de la discipline ecclé- 
si&iUque> nnais affirmant aussi son autorité supérieure, en exigeant 
qoe l'éndination ou la prise d'habit des pr^res soient subcff- 
doanéés an cooseotement préalable de la magjstratare suprém* 
(»o~aS juin}. 

Mans ndut mmmee étendu à deSMin sur les mesures adoptées 
par le Sénat, non saulemeirt parce que leur réelle importance 
Btéritait pins qu'une nmple mention, mais aussi parce qu'on ne 
Munit oublier que ce furent eUee qui ruèrent le sort pcrfitique 
de la Républiqae Liguiienne pendant son autonomie. Le Sénat y 
avait dn reste dépensé toute son actirité, et l'bistoin de cette in- 
stitntiwi prépondérante eât été œrtainemcat tn^ imparfaite, si 
nous n'casaimis chenhé à rendra compte de ses premiers et 
uniques efforts. 

En effet, dès les premiers mois de i8o4, le Premier Consul 
dot aviser et prendre des dispositioas peur éviter des complicati«is 



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— 344 — 

préjadiciaUes à l'eiorice régulier des fonctions du gouvernement, 
et par conséquent contraires à ses vues intimes. Par décret daté 
de Paris le 3 février, Saliceti, ministre [déaipolentiaire à Gènes, 
reçut pl^ns pouvoirs pour arrêter, condure et signer • tons les 
articles , conventicos , déolarations et autres actes qu'il aviaert bon 
être > ''I. Avec son esprit dairvoyant, Saliceti ne tarda pas à con- 
stater l'apathie des autorités génmses. Il s'en plaignit viv^neat an 
sénateur Roggieri, député aux relations extérieures. > Je ne vous 
écris pohtt cette lettre, lui mandait-îl le 38 novemlne, dans l'es- 
pérance qu'elle puisse réveiller l'activité de votre gouvernement, 
je sais par expérience que ce sont des peines parues, c'est pré* 
cher dans le désert. > Et f^us loin : ■ Mes iastmctionB sont posi< 
tives ; je ne partagerai pas la honte d'avoir attiré snr la Ligurie des 
mesures dont vous ne pouvei pas calculer les suites 1^'. ■ 

En présence de l'inutilité de ses eSotU coDcdiaots « Salioetî fut 
aisément convaincu que les prédispoaittens da peuple génois le 
poussaient k obéir et non à ctnnmaoder, et, reprenant dès lors 
les idées d'annexion émises par Bonaparte en 1799; il parvint, 
grâce à ses habiles menées, à convaincre le Sénat de la nécessité 
d'associer les destins de sa patrie à ceux de la France. La délibé- 
ration prise à cette occasion par le Sénat, sur les instigations de 
notre ministre plénipotentiaire, est curieuse k plusieurs titres. Si 
l'on considère l'état de la République, dit«Ile en substance, «il 
faut convenir qu'une indépendance sans forces et sans moyens de 
prot^er le commerce, unique source de la prospérité de l'État, 
non seulement devient inutile, mais encore ne peut subsister, 
surtout depuis la réunion de l'Em{àre français. Il y a liou-de 00»- 
sidérer en outre que l'Angleterre ayant déclaré, m eoi^rès 
d'Amiens, ne vouloir reconnaître la République de G^nes qu'au- 
tant qu'elle reprendrait son ancienne constïtutioo, oe à quoi le 
peuple ligurien ne saurait consentir, la République se trouverait 
dans la dure nécessité de se troaver {ik) enveloppée pendant 
toute la guerre maritime qui s'ounv entre la France et l'Angle- 
terre. De plus, les puissances barbaresques , désolant notre com- 
merce, rendent pivsqae impossibles les communications par mer, 
et les commerçants par terre se trouvent de même entravés par 

<■) Archives de Génei, cota 1-566. 

t Ibidem, I*Mi« AowjnqiA*, cote A-4i. 



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le système nécessaire des dduanes fruu^aisei. Duis ces ooudîtioBS; 
le seul moyen de sortir d'une situatioa aussi fîicheuse et de réta- 
blir le commerce serait de s'unir à la nation française, et, pour 
obtenir une telle faveur, il Uat profiter du voyage de l'empereur 
Nap(^é(Hi «1 Italie. > Comme cônditioas expresses à cette union, 
le Sénat demandait qae la dette publique de la Ligorie fût 
■ liquidée sur les mimes bases que- la dette française!, que Gènes 
Akt dédaré port franc et devint le siège d'un tribunal civil et 
d'un tribunal crimind , que duis rétablissement de la coatribn- 
tion foncière on eût égard à la stérilité du sol, que les douaaes 
entre la Ligurie et )a France fussent supprimées^ et enfin que les 
acquà«ura de biens nationaux ne fussent pas mtdestésO) (35 nui- 
i8o5)> 

Cette délibération, qui dénote de la part de ses auteurs des 
sentimeids plus intéresaés que patriotiques, fut immédiatement 
soumise à la sanction do penf^. Dans toàtea les communes, on 
ouvrit des r^istres pour y conagDer tes vœux de la nation , en 
spécifiant que les abstentions seraient considérées oomme des 
votes aJBrmati&. Peu de suftages se proncMic^eat en faveur de 
l'indépendance ligurienne, éti le 3û mai, Napoléon put. écrire de 
milan k l'ex-tensul Lebrun, non aans un ocgueil à peine dissi- 
mulé: > Mon cousin, la nation génoise de tontes les classas^ 
prétrest nt^ei, peuple ont signé des volumes d'adresses pour' 
demander la réuntoo de leur pays à la France. Je recevrai samedi 
la députatioo qui doit me les présenter, et dimanche je ferai un 
projet de réunion. J'ai pris U résolution , ajoute-t-il, de vous confier 
le gouvernement de ce pays, afin de pouvoir en préparer progres- 
sivement la réunion '^J. > ' 

Salicati s'empressa de seconder les iateotioDS de Napoléon et, 
grice à ses négociations avec la magistrature «apréme ('1, une dé- 
putdtîod (*) se rendit à Jfilan pour transmettre à l'Empcrrair les 



<■) Coppi: AnntJiSltaHMdal 1750, Kom» i85o. t. IV, p. So et soiv.. Biblio- ' 
tlib{iri du Hmîftcre de» affiuns étrangir» d'IUlie. 

<•) CorrapondMM» de Napdéon, t. X, p. 56$. 

C Archives de Gâne*. Uttrt <U Siilit»li da 1 j'sin, cote A-4i- 

'*' Cette députation comprenait huit membres , savoir: Jean-Marie Cambiasso. 
Camille Doria, le dogo Durauo, Maghella, président de la magistrature de la 
gnerre, Roggieri, députa aiu relationi exlérieiires. Babi, lénalaiir, Giaeconio 
Brigade et Honoré Permi (Arch. deaaff. étrugfcnc dBP*iù,'Gàae*,'i7g]. 



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— 340 — 

vdBox du Génoif et en ridaner li ntifiottlDD. OUe-d Ait Mçiic 
ea audience Boiennelle, le 4 juin- Le doge, pnnaiit ea aoa nom 
la parole, supplia le univenin ■d'accueillir on peuple qui fut 
toujours attaché k la France et d'unir k l'Empira cette Ligurict 
pnmier théâtre da vos briilaiita* viotoirea et pmaàaf gndia de ce 
ttdbe éUvé oh vous montiCi pour le lalut dei natimii mm dvi- 
Usée*. ■ Ntpoléen lui répondit qoe, depois huit ani qu'il s'oCoaput 
de G^oes, il n'avait jamais cessé d'y apporter la paix et de faire 
prospérer •lesidéai lïb^ides, qui seules auraient pu rendre kvotrt 
gOBTemement la ^lendeur passée. RetonineS dans rotra patrie* 
disaitil en terminaat sa hnangoe, dans peu de jours je m'y ren* 
diai en personne et eàgnerai votre union à l'Empire bandais. l.e> 
signatures de tous vos concitoyens apposées au bas du vtsu gé' 
a^l qM vous nM mettes sous les yens, répond à toute* les objec- 
tioDs <|a'on pouitait fonnert et, eo soutenant ce droit que je 
ooBsidin oOBUne légitiine et en U faisant raapealar, je ne feni 
qoe mettre 4 exécution les ganuaties de findépeadcooe qno je 
voos ai p<Dmi*e '^1. • 

Deux joon l^iis cette entrevue, c*eat-à-dire le 6 Join, parait* 
sait nn décret qui oonsommait impUdtemaot l'annexion prejetéa, 
car, bien que ce mot ne soit pas pronoDoé, on peat considém: 
cet acte , par lequel l'Empneur organisait > la d-devant Bépu* 
Uîque Ligurienne ■ , comme le véritable point de départ historique 
de son incorporatitHi dtf nitïve k l'État français. 

AniTBXION i U ntANOB. 

Le décret que nous venons de citer divisait le tetritoire de la 
Eépobliqne LignrieaBe en trois départameats et pinneun arron- 
dissements, qui reçurent les déoominatioas suivantes : la dépar* 
temoQt de Gènes , cheMiea Géneai arroodissemflBts, Novî, BobUo, 
Vc^hera et Tortone; — celui de Montenotte, chef-lieu Savone ; 
arnmdissements, Port-Maurice, Ceva et Acquit — et enfin cdui 
des Apennins, chef- lieu Ghiavarit arroii^ssemeata, Sanane et 
Bardi. 

Chaque département était pottrvo d'an préM, d'an Mmeil de 
préfecture et Jun conseil général, et dans chaque arrondissement 

<» C^. Iss. «it., t If , p. W. 



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— 947 — 

il y aviit un tons-préfet et un oodteH d'irrondisReoMnt Géoei 
devenait le si^ d'une cour d'appel ayant dans son ressort, oatre 
l«s trois départements susdits, oeloi de Marengo, détaché de l'an- 
den Piémont. Les chefs-lieux de département étaient dotés d'une 
oour criminelle, et anx d'arrondissement d'un tribunal de pre- 
mière instance. Les amodlstomaits étaient subdivisés en canton* 
possédant chacun une justice de paix. 

Lfs quatre départemeoti mentionDés dans ce décrvt formaient 
la aS* division militaire, placée août la haute direction d'un 
gouverneur ^néral, dont les attributions étaient les mêmes que 
oellasduGoovemeiirdet départements au delà des Alpes, et ayant 
sons SM ordres un général commandant la diviaion, un directeur 
do génie et un directUir d'arttHerie. 

Enfin Gènes était dédaré port franc, et )« douanes, qai iate^ 
eeptaient le commerce avec laa département au deU de* Alpes, 
étaient supprimées^ 

Hais il ne soffîsait pas d'arrftter des dispositioBs noav^les, il 
fi^it encore, en attendant la nomination prochaine du Gouver- 
neur général, oonfiér k an powvoir suprétoe le soin d'appliquer 
nos lois et nos règlements, devenus désoroMi* ceux de ce pays 
qui s'était nriontairement rangé sous notre obéissance. Ce fut 
d'abord au ministre do l'intérienr Chaœpagny qu'échut cette 
mission (6 Juin)(*'. QoHlqnei jours après, l'archi-tréaorier L»* 
lanin rempla^ Champagny et fut investi de tonte l'autorité 
l^idative et a^ntive ■ Jusqu'à o« qn'3 ait été autrement statué i 
(il juin) (^. 

A paine en possassi(Hi de son posto* Lebmn prit un arrêté qui 
conférait provisoirement aux provéditeun des anciennes juridic* 
tions les fonctions de loas-préfets , et désignait l'ex-d<^ Durazio 
comme administrateur faisant fonctions de préfet k Gènes. U in- 
■litna en même temps les conseils généraux et d'amndiissemBnt 
{M juin) m. 

Les jours suivants, les fonetionoairet prêtèrent serment <*>, et 
Lebran décida qno les Ma *ar les finances seraient désormais 
imprimées avec une «tradnction* italienne, mais en observant 

('' AnJùiei de Gbua, e«te A-35. 

<*) Archives du Vatîcui , placwd imprimé , Mm* Mté. 

f^> Archives de Génei, cote gSS-ii^. 

(•) Awbm, cote g38-iig. 



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_ 548 — 

pourtant qu'il n'y aurait que le texte fraudais qui fît autorité "1 
(22-36 juin). 

CouftH-ménient aux promesses qu'il avait faitet soit à Lebrun, 
flMt à la députatioa de la République Ligurienne qui était venue 
le trouver à Milan, Napoléon arriva à Géaea fe 2 juillet, afin de 
sceller d'une façon éclataote le pacte d'union et de ooacorde juré 
par la Ligurie et la France. D^à sa glorieuse renommée l'avait 
précédé dans cette ville ; son DMn illustre servait d'aide aux actes 
du nouveau gouvernement, et ses insignes s'étalaient sur tons les 
monuments. Mais son prestige augmenta encore lorsque le* 
Génois lui entendirent parler leur langue avec facilité, L'éntbon- 
siasme ne connut plus de bornes: le maire de Gènes, Mîchaél- 
Angiolo Cambiaso, se fit, en tenues pompeux, l'iaterprète des 
sentiments populaires ; le président da consai génénl de ce dé- 
partement le traita de < héros et de père >, en le priaèt de rece- 
voir * le tribut d'admiration , de l'amour et de la- fidélité ai <dier à 
nos cœurs, et que nous avoas depais peu juré*; et le préfet, ap- 
propriant à la circonstanoe le mot de César, lui dit : • Veu» 4tes 
venu , vous avei vu et vous nous avez reodu heureux. ■ 

K tous ces discours emphatiques, Napoléon se oosteiita de 
répondre que son intention ■ était de rendre la condition de Génee 
la meilleure possible >. Puis, sans se laisser distraire par les ova- 
tions dont il était l'objet, il s'occupa sans relliche de parer aux 
éventualités les plus pressantes. Le i juillet, ii signa trois décrets 
pour rendre obligatoire diûis les départemeojls ligviiens le coda 
Napoléon, pour yoigaoiser la justice et les tribunaux criminels 
et civils, et enfin pour les pourvoir de préfats. La pcélectnrs de 
Gènes fut confiée à Bureau de Piuy, cet ami du général Lalayette, 
qui, dans le cours de sa carrière administrative, se s^ala par 
ses talents et le soin qu'il mit à éteindre tonte espèce de division ; 
celle de Montenotte échut à Nardon , le proté^ de l'uo dm frire* 
de l'Empereur que nous retrouverons, qudques mois après, admi- 
nistrateur des états de Parme et de Plaisance; «t celle des Apen- 
nins fut donnée à Rolland de Villarceaux, son ancien compagnon 
d'armes, dont il put ainsi utiliser la sagesse et l'espdt d'équité. 

Son impulsion féconde, sa puissance de travail stimulèrent l'ar- 
chi-trésorier Lebmo, qui, par des arrêtés successits, nomma une 

(') ArchivM de GénM, cote 1-936- 117. , . 



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— 3W — 

oomnussioo de anrveàllaoce des liàpîtaux, créa de> sociétés dépar- 
tementales d'axricalture et d'écODomie rurale, composées de trois 
membres par cantoo, régla les cérémoniea d'iostallalion des nou- 
veaux tribunaux eo imposant aux magistrats de prêter serment 
de fidélité > à sa M^esté et Roi >, et ordonna, sous peine de nul- 
lité, que tous !es actes seraient rédigés en français, maïs que 
cependant os ponirait. mettre à cAté «.la traduction en italien > CI 
(6 juillet— 13 septembre). 

A partir du ih s^emlve, Lebrun cessa de prendre une part 
directe dans ta direction de l'administration et arrêta que toutes 
les aSaires dont la solution ne i^clamerait pas son inlmventMB 
auprès de Napoléon, seraient confiées à Tinitiative des [»'éfets. En 
portant cette décision k la ronnaisiance des sous-préfets et maires 
de son département, le préfet de Géiiea prescrivit que la rédac- 
tion des actes de l'état civil des arrondissements de Gènes et de 
Novi serait laissée, conmie par le passé, à la dil^nce des curés 
(38 septembre] '^). 

Le 9& octobre, Bureau de Puzy adressa au Ministre de l'inté- 
rieur un rapport circonstancié sur la situation politique de son 
d^rtement. Ce docunseot est d'autant plus digne d'attention, 
qu'on peut, avec raison, en appliquer les conclusions à l'ensem- 
ble de la Ligurie. Ce préfet constate d'abord qu'il s'est écoulé 
trop peu de temps depuis son arrivée à Gènes, et surtout depuis 
le aa septembre, 'Craque it laquelle les lois françaises ont été 
mises en vigueur ■ , pour avoir pu obtenir des résultats bien salûr 
faisants. Du reste, dans l'acoomplissemeot de sa tlche, il s'est 
beurté à de nombceoses difEîcultés provenant de la différence des 
langues, de l'ignorance des administrateurs secondaires et de l'iitt- 
possibilité de trouver dans chaque commune un homme «je ne 
dis pas en état de la gouv^ner, mais ayant seulement la moindre 
teinture des affaires ^ du mode administratif de l'Empire fran- 
çais. Ces difficultés ont été tellement pressenties par l'arcbî-tré- 
sorier, qu'il a rendu uu décret, le 3 3 septembre dernier, pour 
maintenir provisoirement daas leurs foncboas les anciens prové- 
diteUKS, sous-provéditeurs, présidents des municipalités et tous 
les fonctionoaires municipaux des arrondissements de Gênas et 



) Archivei de Gènes, cote g36- 
1 IliJtm. 



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— 350 — 

de Novi. Cette nusmc dmne le tonps 6m ektrdef dn Eonetioii* 
naïves capaUes d'administm les nouvelles ocmUDones. Si l'on 
eût voulu tout k ooup sappnmer l'aacieniM fomiB admiuiatratiTe, 
.on tenit tombé duis l'iaoODvéïueDt d'une espèce d'anarchie, oi 
les administrateurs aoraieaÉ manqué sans étn rem^acés par ks 
nouveaux ■. 

Bureau de Pozy ajoute que la loi du 18 {dwviAse m tib, nr 
la constitution des municipalités, n'a pu étn «pjditpiée qu'à une 
sesle «Mumune, cdie de GAnu, et eoeore imparËùtement, pais- 
cpi'dle ne possède qu'un maire sans conseil munlcipai. Il con- 
state ensuite que la situation financière des cemmnnes est dans 
on ^tat aussi satisfaisant que peut W pcnnettva l^ur peimratét 
qu'il a éprouvé de sérieux embanu pour rendre le marre df 
GAnes capable de remplir les f(»ctieas ^'oBîdnr de Tétatcivil, et 
termine son intéressante coramuDieatlon , <n rédamaot une aug- 
mentation de crédit pour &ire faee 4 l'aocmisMment des dépenses 
amené par l'impression en firan^ais et en italien des actes admi- 
nistratifs (1). 

Ce ne lut pas seulement h G4ik» qn« Bureau de Pncy rencontn 
des obstades pour le recrutement d'officiers de l'état civil capa- 
bles et intelligents. U eut partout à se plaindre de la pénurie 
d'hommes susceptibles de remi^ir ces fonctions que les ancienues 
lois locales attribuaieet a«x curés. Ceux-«i, d'iitteturs, jdoux de 
leurs prérogatives , se refusèrent è prêter lents «meours k l'auto- 
rité, et même k livrer aux maires les rcgiatres de l'état dvil, tant 
que le cardinal archevêque de Gènes ne Te&t pat ordonné, et 
qu'un arrêté préfectoral, con*^ dans des termes oommiaaleires, 
ne leur en eût pas &ît une obligation légale (aoât- novembre] 1^. 

Avec des éléments administratifs aussi disparates, il est facile 
de concevoir combien devait être péniMe et iugtute la tkche des 
préfets, dans ces pays où les us et coutumes étaient le plus sea* 
vent en (^position avec nos institutions. Jusqu'à la division do 
territoire ligurien en départements, on s'était contenté, pour ne 
pas s'aliéner l'esprit public, de modifier ou de restreindre l'ai^di- 
catîon des lois francises; mais, k partir de cette époque, la con- 
•tittMion de l'Empire était devenue celle de la RépiiUiqua Lign* 



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— 551 — 

mone, et il Fallait, paor a» pas ètn taxé d'impnisBanea , «figer 
«on entière et stricte observation. C'est à quoi s'employèrent aaiir 
dAment les pFéCsti, qui firent de ]ear misnx ponr amener lepcs 
administrés à rompre aveo les traditionB du passé. Aussi, en 
présence du aile déployé pav sm ctrflabontsan, Napoléon, q«i 
avait vivement h m ^daindre des écarts Jitlénires de Lebrun , k 
l'occasion de la piddicatian d'an libtAa intitulé ■ luurrection du 
PlftisantiniiW, s^oupresM de les loostnin k son autorité, deve- 
nue désormais inutile. Par décret du 17 février 1806, il rapporta 
le* pouvoirs extre*rdinùres de l'trcbi-trésoriflr de l'Empire, qui, 
bien que contervant eneor* des attributioDt analogues k ccUes de 
gonvemeor de ta «7* division, considéra la maaure qui U irap- 
pait comme une disgrâce et ne tarda pas k donner sa démission. 
Le d^»rt de Lebmn reodait bien an jntfats leur liberté d'ac- 
tion, mais eela n'était poiqt saffisant pour créer, entre le peuple 
de Gènes et la Pranee, ces liens morana et iodiseohiblet qui 
naisseat seulement de la communion des idées patriotiques. Ce 
fetda moins ta pensée de N«p<riéon, ear, le 8 octobre i6o6,parat 
un sénatus- consulte qui ratifiait la dfllbératioa du Sénat ligu- 
rien, en renaissant déflnîtiTement k notre territoire les d^urte- 
ments de Gènes , de Montenotte et des Apennins , dont fadminietra- 
tkm vint ainsi se cwtfoBdre avec wUe des «nb«s départentMits 
de l'Empire. 

DUCHÉ DE PASHB. 

Dès sa première campagne d'Italie, Bonaparte ne pat s'empA- 
cher de convoiter la possession du gnind<duehé d« Parme. H 
Msurait bien le due de Wrme (1* novembre 1796) ade l'amitié 
et de la protection de la République française contre ceux qni 
vondraient méconnaître son autorité (*>•, mais peu après, dans 
les articles secrets du traité de Campo-Formio (17 octobre 1797}, 
il obligeait l'empereur d'Aatridie k renoncer aux droits de nm- 
rtineté qu'il pouvait avoir sur e«t «nden fief de la maison prin- 
dère de Famèse, qui, selon Talleyrand, était appelé > k se perdre 
dans la RépnUique Cisalpine (^ * (juillet 1798). 

(■) Voir i M Hijeti CoTTOpondiDce ■leNap«riéM, I. Si, f.^^^i. 

(» IbiJent, t. Il, p. 108. 

>*) Le mmUtirv lit TalUyrtuid, loc cit., p. 317. 



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. Noe revers dans le nwd de l'Italie (mai 1799 à juin l8oo) 
ajoarnèreot les décisions de notre goavCTaemeot sur le sort pcrii- 
tique réservé à cet État vouais, lonque k fortune des armes dou* 
Eevint favorable, Booaparte reprit l'œuvre interrompue. U coul- 
nwQça par envoyer le.ooaaeiller d'État Mpreau de Saint- Héry 
«n qualité de résident auprès du duc de Panne, eu lui reoomr 
mandant d'usurer ce dernier • du soio qu'il mettrait à maintenir 
les rapport* de bonne ùatdl^enceet d'amitié qui subsistent entre 
le* deux ÉUts • ">. 

Ces déclarations offiuelles étaient loin de ta«duire la pensée 
intime du Premier Consul, puisque, dans le traité qu'il condut le 
31 mars 1801 avec l'Espagne, il se fit reconnaître le droit de 
pouvoir disposer de ce duché suivant son boa plaisir. Tout 
d'abord, il songea k le réunir k la Toscane eo échai^ des Florides 
(1801—1803]; puis, après avoir repoussé les propositions de 
Helsi qui rédamait son ■ agrégation > à U République italienne 
(novembre i8o3), il se décida k s'en préparer la possession éveo- 
tudie ea y nommant, comme administrateur génàrel, notre rési- 
dent Moreau de SaintJMéry {180&). 

S'il faut en cnnre la conespondance de Napoléon'^), cet admi- 
niatrateur fit {H«uve d'un esprit d'initiative aussi maladroit qu'in* 
tempestif. * H dénmgea toute l'administialioa ■ du duché et sus- 
cita même • des tracasseries > avec la cour de Rome (juillet i8o4)- 
Pourtant Moreau put exercer ses fonctions en toute souveraineté 
jusqu'au 31 juillet i8o5, date à laquelle r un décret décida que 
les états de Parme, de Haisance et de Guastalla feraient partie 
dorénavant de la s8* division militaire ; qu'à datM* du 1 vendé- 
miaire an uv (33 septembre i8o5), il y aurait, pris de l'admi- 
nistrateur général, uo secrétaire général et un consdl de couten- 
tieui composé de quatre membres et remplissant les fonctions de 
conseil de préfecture; que ces états seraient subdivisés en quatre 
aiTondissements ou subdélégations, savoir: Parme, Plaisance, 
Borgo-san-Donnico et Guastalla ; enfin que chac[ue arroudisse- 
ment serait administré par un subdél^ué ayant des attfibuUons 
identiques à celles des préfets '^). 

Par décret du 19 janvier 1806, le général Junot fut npnuné 

'*' Archives de Panne. Ole Uoreau ■. 

"' Comaponduice de Napoléon, t. IK, p. 5io. 

") Archives de Parme, Cridario. 



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— 353 — 

goaTemeor géninl , * avec nne mission extraordinaire pour rétabtir 
l'ordre* dao» ce dnché. Toutes les aatoritée, |n>éfets, > commis- 
saires impériaux, gendarmerie, garde aalionale >, étaient plac^ 
sous ses ordre», et il pouvait ■ établir des commissioiis militaires • 
et des règlements • pcHiant peines infamantes et afiBictives ■. Le 
38 janvier suivant, le préfet de Honteuotte, Nardon, était nonmié 
• administralair préfet ■ de Parme '". 

Napoléon ne se contenta pas de régniariser une situation éqni- 
voqoe, il affirma aossi son ioteotioB de s'emparer de ces Ëtat» 
dans un prochain avenir, en les érigeant en grands fie£t de l'&n- 
pire (3o mars] et en y organisant le fonctionnement de la justice 
et le service des forêts (8 mai). Pourtant son dessein n'était point 
de brusquer les événements. Suivant une politique qui lui avait 
si bien réussi en Piémont et en L^urie, il préférait certainement 
amener les Parmeaans k rédamer d'eux-mêmes leur réunion à 
k France. Mais, poor atteindre ce but, il eàt fallu que l'adminis- 
trateur et le préfet cbercbassent à ramener les esprits par la 
sagesse et la prudence de leur gouvenwmeot.au Heu de les écarter, 
comme ils le firent, par le déplorable «xemjde de leurs dissen- 
sions. Les archives de Panne ne conservent aucune trace admH 
nistrative de leur passage aux affimea, mais en revanche elles 
contiennent de nombreux documents qui attestent l'acrimonie 
de leurs rapports. Aussi, pour éviter de graves ««aplications, 
Nqwléon accorda-lil à Junot ■ la permïsnon > de venir k Paris 
(7Jidn)l«. 

Ce fut par ce moyen détourné qu'il se débarrassa d'une colla- 
boration dang^-euse, carie maréckal Pérignon, notre anden ambas< 
sadeur d'E^tagne, fut nommé le 18 septembre, en remplacement 
de Junot 

Le nouveau gouverneur général fit tous ses effuts pour réparer 
les fautes commises par son fH:édécesseur. Ses habiles dispositions 
furent couronnées de succès; et quand, le 34 mai 1S08, parut le 
sénatus- consulte oi^anique qui réunissait à l'Empire français, en 
même temps que la Toscane, les duchés de Parme et de Plaisancei 
aucune protestation ne s'éleva contre cet acte qui visait surfont 
la cour d'Espagne, notre adversaire du moment Les Parmesans 



) Voir à ce lojct: Comqwnduice de NapdAan, t. XII, p. iia. 
'> CorrapaDilaiiM da Napoléon, t. XII, p. Ht. 
irai. scitHT. — 11. 



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— SB& — 

■iecueillirant U porto Ae leur indépcnduice ûiiob «vec aathoii* 
■îaame, du mana avec rUgnalû». Ui oè s'émurent nnUement qac 
Iflur du«lié reçût U dénomination d« d^narteveat du T>ro, tpm 
lear rspréMatation an Corps légûUtif comprit su députés, pw 
plus que de l'haDDCur qu'on l«or faisait en décrétant que Pirma 
figurerait • parmi 1m principale* villea dont lea maire» mat pré- 
sents au serment de l'Empereur à aon avèasmeat •. Et loraqne, la 
aS juillet aaivaDt, un décret pronoMia l'inoarporatioii du nouveau 
d^iartement au GouveraemHit au ddlà dei Alpes, ils le souminot 
■ans murmurer à cette inféodation, dans laquelle s'cfibodraieot 
leurs deruiras upéraoca d'autonomie. 



TOSOiUtK. 

La lutte e^oriente que U Coavevtioo sovlint eoatre l'Eurepa 
eotiiie n'eut pas aeulament pour ciHiiéqueaee d^amoindrir la 
puissance militaire des nationB coahaées, dis «oas valut aniM 
la neutralité de ocrtains Étata. De ce Domfaae fat le grand* 
duché de Totoaae, qui, faica qu'apparten^t au propre frèM 6t 
l'empereur d'Autriche, canaantit, longtoaps avant la fia des 
hoitiUtés d'oii devait sort» notre ind^wodaaee, k ûgmer un 
traité de paia avoo la RépuUiqne fi-ançaise (9 février 179a). 
Pourtant le duc Fardiaand parut fort peu disposé k tmir compte 
de ses engagements, et alla, s'il faut en croire Talleyrand, jusqu'à 
favoriser secrètemaot ■ les approvisionBameuta des Bottaa anglaises • 
auill«ti798)»). 

Le traité de LuoéviUe (1801) fit oses» toutes «• équivoques, 
en dépossédant Ferdinand de son duché au profit de la Maison 
espagnole de Parme, sous la no*a de loyanme d'Btrarie. Cette 
nouvdle dynastie assura à la Toscane plusieurs auaé ea da tran- 
quillité, jusqu'au moment où Napoléua an obtint la cassien en 
toute souveraineté, moyennant l'abandos de plusieurs previncoa 
portugaises h l'Espagne (convention d« Foatain^leau du 37 oo* 
tobce 1807). 

Le premier soin de l'Empereur fut d'éeariar da ca pays la reine 
régente Marie-Louise et d'en confier le gouvernement à un admi- 

"> Lt mmùlirt ig TaUtyru^, lec oiL , p. Sil. 



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ir général, le coueiller d'ÉUtOandu^ (décembre). Giucfay 
s'acquitta, paratUI , fort mal de sa Uche et fut remplacé, le 12 mai 
1S06, par le général Meooa. Le même décret qui conférait la 
iitaatîon d'admiotstratenr général à Menou instituait aussi une 
jante extraordinaire, comp<»ée d'un goavemeur général président, 
d'un conseiller d'État, de trois maîtres de requêtes et d'un secré- 
taire génfaml W. Cette Junte était à peine installée , qu'an sénatos- 
consulte pronont^ la réunion de la Toscane k la France, en 
même temps qu'il divisait cet Etat en trois départements, savoir : 
FAmo, chef-lieu Florence; la Méditerranée, dtef-lieu Livonme; 
rOmbroaiie, chef-lieu Kenne. Le département de l'Amo était 
représenté au Corps l^^latif par nx députés, et les doux autres, 
chacun par trois (a4 mai). 

La Jante, qui avait comme mission spéciale de prendre les dis- 
positions nécessaires pour que, ii partir du 1" janvier 1809, la 
Toscane fAt r^e ■ par les mêmes lois ■ que le Piémont et Parme, 
procéda d'abord à l'organisation judiciaire et rendit obligatoire 
î'usagedu code Napoléon (36 juin). BHe désigna ensuite les con- 
•efllers des diverses préfectures, les commissaires de p<4ice, les 
maires et adjoints du département de l'Amo, et régla la composî' 
tioB des conseils généraux ( cmnposés de vingt-quatre membres 
pour le département de l'Aroo, de vingt pour le département de 
la Méditerranée et de seiie pour celui de l'Ombronne) et celle des 
conseils d'arrondisBement, cofflpimant chacun onze membres. Les 
conseâlers gteéraux on d'arrondissement étaient nommés par la 
Junte, sur les propositions des sons-préftts, qui devaient choisir la 
moitié des candidats parmi les > jdus fortement imposés • (juUlet- 
5 aoAt). Signalons encore, parmi les mesuRS adoptées par cette 
administration, odles qui eurent pour but de pourvoir b l'oigani- 
sation municipale en confiant la direction des affaires coomiu- 
nales anx maires on chanceliers, en délimitant les communes, eu 
fixant la nature des dépenses obligatoires, en autorisant l'établis- 
sement facultatif d'octrois ou la perception de certains impAts 
créés sous l'ancien r^ime, et en supprimant les agents oomptaUes 
Gonminnaux, connus sous le nom de < provéditeurs , employés des 
chambres des communautés et officiers des/owi •. Les attributions 

(■> Btiktùn MU Uygi , dêtrtti imperMi t iUiib«r«tiotti lUOa jmta £ Toicma, 
PirenM, 1 *oI. in4*. Noos ■ran* bit de oMnlnmi «nnpnini* h cette puMica- 



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_ 356 — 

fiscales de ces dernien furent doDuées, jusqu'au i" janvier sui- 
vant, aux chanceliers et sous-chancdiers chaînés plus spéciale- 
ment, < sous la surveillance des préfets et sons-préfets, de toutes 
les op^tions concernant l'assiette et la répurtition des quatre con- 
tributions directes * (aa aoAt], 

Malgré l'activité incessante de la Junte, Napoléon se plaignait 
néanmoins de ses lenteurs. Il craignait que, contrairement k ses 
ordres, tontes les dispositions ne fussent pas prises pour assurer 
en Toscane le fonctionnement de 1« coostibition française, au 
comm«icement de l'anoée 1809. Les collées Rectoraux n'étai^t 
pas encore formés, le système des impositions laissait à désirer, 
les tribunaux opéraient d'une façon irr^ulière (décembre) (U. Os 
nombreux grie^ décidèrent l'Empereur à supprimer la Junte, le 
3t décembre, et à répartir ses pouvoirs extraordinaires entre les 
différents ministères français. Le même décret qui édictait ces 
mesures portait aussi que la liquidation des dettes de l'ancien gou- 
vernement de la Toscane, le règlement des pensions civSes et mi- 
litaires et les comptes des caissiers ou trésoriers seraient soumis à 
un conseil spécial , composé d'un président, de deux maîtres des 
requêtes et d'un secrétaire général. 

Durant cette période, nos agents avaient sans cesse rencontré 
de sourdes o|^>ositioos, qui témoignaient que la Toscane était 
loin de partager l'enthousiasme da Piànont ou de la Ligurie pour 
notre domination. Pour vaincre ces difficultés. Napoléon crut 
utile de relever son prestige et, dans ce but, il érigea le gouverne- 
ment général de la Toscane en grande dignité de l'Empire, se 
réservant d'en disposer au profit • d'une princesse du sang impé- 
rial avec le titre de Grande-Ducbesse ■ (a mars 1809]. Il pensa 
aussitôt, pour cette haute distioctioo, à sa sœur ainée, la piia- 
cesseÉlisa Baccïoclu, l'habile et aimaUe souveraine de la princi- 
pauté de Lucques'^, eA dès le lendemain, 3 mars, il loi confia le 



<■> CorrespoDdincedeNap<déoD, t XVnt.p. ili. 

C) L« archives de l'Eut de Lacqne» renfermeat de nnmbNiii et curiein 
docameol* nr l'hiitoira de ceue principiuti pendwit l'occvpstion des princei 
Baccjocfai. Noua citerons entre anire» : 1* une lettre «ulogn^e de NapolÉon 
— non publiée dani >a cotrespoudauce — adressa ta prince Félîi, aon beau- 
frèrs, loi annoiigtiit l'arrivëc d'un ambauBdeur eitnordinaire pour auider i 
Ma iiutallation (Génai, a juillet i8o5); i* on décret impitial dlnaant l'État 
daLiiopieientnMapriiiKtimatLucqaet.BlaMaMCaatdiitHno (i"!!»] i8o«)i 



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— 357 — 

gouvero^oent général, auquel rtirent attachés un généra) de divi- 
sioD commaDdant les troupes , un chef d'état-major, un conseiller 
d'Etat intendant du trésor public et un directeur de la police. La 
Grande -Duchesse avait pour principales attributions la surveil- 
lance de la pdice, l'exécotion des lois relatives k la conscription 
militaire et la directioD de tontes les autorités civiles et mili- 
taires. Eile devait aassi recevoir le sèment des divers fonction- 
naires, qu'un secrétaire des commandements était chai^ de lui 
présenter. 

La princesse Élisa prit son rAle aa sérieux, et, à peine en pos- 
session de sa cha^, elle fit ]n^eoir les maires des communes 
que ■ tons les dimanches après la messe • elle leur donoenût au- 
dience, dans son palais de Florence (3 j juin). La correspondance 
de Napoléon (" atteste aussi son zèle, parfois exagéré, et surtout 
son désir de ne neiger aucune occasion de témoigner que les dé- 
tails les pins minutieux de l'administration étaient l'objet con- 
stant de sa sollicitude. Aussi doit-on dire, pour rendre hommage 
à la vérité, que si l'idée fran^se fit quelque progrès dans cette 
terre stérile de la Toscane, c'est bien à cette femme d'esprit et de 
tête qu'il fânt l'attribuer. 



ÉTATS ROMAINS. 

Lcffsque le pape Pie VU vint k Paris pour sacrer l'Empereur 
(a décembre i8o4}t on put croire un moment que la longue ri- 
valité de Napoléon avec le SaintSi^ était enfin terminée. Ce 
n'était eo réalité qu'une trAve, car la cour de Rome n'avait 
oublié ni la cession forcée de plusieurs de ses États (1797), ni la 
Révolution , qui , pendant de longs mois , Tavaït chassée du pouviûr 
an profit d'une république ( 1798). Pour ne point se déclarer ou- 
vertement, les hostilités n'en continuaient pas moins entre les 

3* UD décret de Fâîi concemant l'admiiùitntioD de* préftctnres, canlona el 
coniniiuMi. Ca damièrM étneot iMines d'avoir une écde primnre pour l'enwi- 
gnemenl de U lectnic, de l'écriliire, de l'ariihmAiqae et dea premien élrimeDii 
de b Ungne Uline; les bititiiteiin éUient li^^ gratis et recoairat ud truile- 
rnent madmiun tnnnel de iSo fnnci. etc. [Archive* de Liicquei, Sfgrtiaria di 
Stato t ii GaiàutD, pa«*im]. 

<') Coimpondanre de Napoléon, t XIX. p. SgS rt 6ti. 



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— 358 — 

deux «Dtagoaittes, m manifeiUot chea l'no pu- des menaces non 
dissimuléei, et chez l'antre par une force d'inertie ioébrui- 
lable. 

Nous a'entreprendKint point de rebiie l'historique des énéat* 
ments qui signalèsvntcette rivalité câèbre de Pie VIIetdeNap(d6on. 
Bon)on»-nouB à rappeler qu'en présence de l'inutilité de ses ofiKirts, 
pour oUiger la cour de Rome • à se renferaur dans le gonvem» 
ment des affaires du ciel • '", l'Empereur se décida enfin • à dé- 
truire ce foyer d'insurrection • 1^, en réunissant les États du pape à 
■on emmure (17 mai). Poux justifier cette prise de pouession, il 
invoqua , dans les préambules de son décret d'annexion , l'aotonté 
de Chaiiemafine qui. disait-il, n'avait fait > dtmation de fdnsîeurs 
comtés aux évéques de Bonté • qu'il titre de fiefs • et pour le bien 
de ses États; mais, ajoutait-il, oe mélange d'an pouvoir sfùiluel 
avec une autorité temporelle a été, comme il l'est encoce, une 
source de discussions et a porté trop souvent les pontifes à em< 
ployer rinSuence de l'un pour soutenir les prétentions de l'autret 
qu'ainsi les intérêts spirituels et les affaires dn ciel, qui sont im- 
muables, se sont trouvés mêlés aux a&ires terrestres, qui, par 
leur nature, changent selon les circonstances et la pt^tique das 
temps *. 

Les principales dispositions de ce décret portaient que Rome. 
* si célèbre par les grands souvenirs dont elle est remplie >, était 
déclarée ville impériale et libre; que son gonvemement serait ré- 
^é * par an statut spécial >; que les terres et domaines du pape, 
d'un revenu aonad fixé à 3 millions*, étaient exempts de toute 
imposition i que, le 1" juin, une consulte extraordinaire {Hrendnùt 
possession des États romains et airêterait les dispositions oéoes- 
saires pour que la constitution fran^se puisse être mis* en vi- 
gueur le 1" janvier 1810. 

Le même jour, un autre décret désignait les six membrea de la 
Consulte et leur enjoignait ■ de faire les iqtérations préparakHiee 
pour l'administration du pays, de manière que le passage de 
l'ordre actud au r^ime constitutionnel ait lieu sans firotsse- 
menti. La correspondance de N^xJéon nous apprend que cette 

(" CorrespaixUiice de Napoléon , l. XVUI , p. »f. 

<*' Archive* de Rome , BalUttino d«Ua Uggi tt dienti ùyartoii path'caxi Jaltt 
eontidla «nunJifiarta lugli Staii romani, Eoma, iSog-tSio. Non* tvoai puisé 



DiglizsdbïGOOglC 



— 350 — 

Coomlta «mit povr illrânitioos de pnicédsr à la dninoD du t«r' 
ritoire innuia eo dépirtenuiits, de nosimer provÎMiiremant las 
préfets, conseillers géntoiax, et de Constituer à Aune ua iéut 
de soruBte membres, ■ doattnalecfaaùis ptnni les princes et les 
familles de premier «dn, et trente psmi les autres Iwdiitink 
ks plus distingnés ■ '^). 

Ces déoretsâirentafficbéskRoaie, dans la matinée du lo juin. 
Le pape fit aosotftt publier ses piotestetions ; il excommuniait 

■ l'usurpateur* el refosait les 9 millions ((ni lui étaient oSèrts, 
préférant s'abandonner ■ à la commisératioa dea idèl«s*(^. De 
son o6té, le cardinal Paoca, secrétaire d'Etat, porta k la oOnnais- 
saace du peuple muaifi ks résolationB e i o pt é o s par la • coagréga- 
lioa patticultèn et approuvées par Sa Sainteté •. Ces résolutions 
ûtscdisaient à qui que M s«it de prêter serment d'(d>éissance «u 
nouveau gouTemameat, de chanter ■ l'hune ambroisian*, d'an* 
capter aucun emploi «des envahisseurs i, et prononçai la peine 
d'eKOommunicatiQu spéciale contre les préfots, podestats ou autres 
agents qui, à un titre qndconqae, dccopenient des bodtioDS 

■ tendant li ceoMUdor un gouveroAmeot non seniemeot contraire k 
la jostice, mais aussi à la rd^ion ■, Les mesabres du clergé de- 
vaient VfliHer à l'exécnlioa de CM ordres, prévenir ks fidèles des 
peines spiritn^es qa'ik encourraient s'ils venaient à tian^reeser 
ces prtscriptiool, et leur Tthatr fabsolotion tant qu'ils consanti- 
raient k servir un régime ■ opposé aux droits du légitime souve- 
rain de l'Église . ». 

Les foudres du Vatican n'empêchèrent nuUoneat la Consulte 
de se mettre kTauvre, ettdèsle lo juin, dk arrêta que les actes 
publics et jugements sanient rendus par les États romains • au 
nom de S. M. l'Empereur dn Français, mi d'Italie et footeoteur 
de la Confédération du Rhin >. Elle décida, CD outre, de cooservU' 
provisoirement dans leurs chai^ • et dans k jouissance de leurs 
traitements • tous les fonotitHintires publics en exercice. Les jours 
suivants, tUt nomma des commiasaires axtratodinairee chargés 
de parcourir ks provincast rendit oMigatoire l'usage du cod« Na- 
poléon et se réserva la nomiluition des notaires (i3-i& juin). 



Il T. XIX. p. 10. 

*> CorfM.SBBsIidlMlta, 1m. rit, bV.p. leSk 117. 



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deux «Dtagoniatei, se muùfntant cbes l'aa par des mw 
dissimulées, et chet l'ntra par une Twce d'inertr/ 
Ubie. -il 

Nous n'eatreprendroiu point de reiaiie ï\ûm\mift I 
meotiqui sigDalteeatcett* rivalité câèbre dttVie'yf i f f 
Botbods-doos à rappder qu'an préMnce de IV/ 1 ■ 3 ' 
ne «à H reafor j'/ ^TI 



pour oUiger la cour de Rome ■ à te reafor ^ / ^ < î 

en r 

Ifier, 

1^ 



ment des affaires du ciel • (^, i'Empereo^' 'i^î- 
traire ce foyerd'însurrection>(^,en réi?/ ff I^ Â 
■AD Amoire lit nuiL Pour iustifier,// i i t' t | 



7/ /;«• 



.'' 



celles d'une 

. institua dans les 

, , avec un traitement an- 

pris ces diverses opëratioo* ad- 
Hs, agissant, s'il faut en croire 
plntions, résolut d'anéantir k 
es de la papanté, Ponr réaliser 
lit du 5 au 6 juillet, dans le 
iré de la personne de Pie Vil , 
te dans la ville de Savooe. En 
irréconciliable, an supprimait 
paralysé les efforts du gouver- 
* " 1 ÎpipOK pmi i Eiuipcicur. 

i^ la Consulte put«tle poursuivre pacifiquement son œuvre 
^manisation. Par arr^ du i5 juillet, die établit une divi- 
\^ i«t)visoîre des États romains en deux d^iartements : cdni du 
fibrt, chef-lieu Borne, et cdni de Trasimène, chilien Spoléte. 
rjikaae département , composé de plusieurs arrondissonents , can- 
nas et communes, fut pourvu d'un préfet, d'un secrétaire gén^ 
f^, d'un conseil de préfecture et d'un conseil général, et cliaque 
aiTondissement fut doté .dVn .sous-préfet et d'un conseil d'arron- 
dissement comprenant onze membres. Le 2 aoàt, die |H«scTÎvit 



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— 361 — 
aux Bon»piéCetB ds nommeT, dans lear airondimmeot respectif, 
— «ossitAt leur entrée en ibncttoos, axée au i3 août saivant - 
les maires, adjoints et conseillas municipaux des uHnmuaes dont 
la population excéderait 5,ooo âmes, sous la condition de son- 
metlre leur choix à l'approbation préfectorale. Elle leur enjoignit 
aussi de provoquer la reddition des comptes des anciens adminis- 
trateurs, de {H«scrire aux gouvo'aears de faire la remise des 
dossîos administratif aux nouveaux maires et de faire assigner 
dans chaque commune ou local pour les séances des conseils 
municipaux et le dépdt des archives, tout en interdisant «ux 
agent* communaux d'être logés aux frais des municipalités. Elle 
décida, en outre, que les registres de l'état civil, dont la tenue 
était jadis confiée aux curés, seraioit établis, à partir du i" oc- 
tobre suivant, d'après les dispositions du code civil francs. Le 
même jour, elle confirma les dispositions adoptées le i5 juillet 
{wécédeat, relatrrcment à ladivision territoriale des États rcMnaias 
en départements du Tibre et de Tnsimène. Le premier fut sub- 
divisé en cinq arnHidissemeats (Viterbe, Veletri, Frosinone, Ti- 
•nii et Hieti] et dnquante-hnit cantons, et le second en quatre 
arrondissements (Spoleto, Penigia, Foligno et Todi) et trente et 
un cantons. La viOe de Home, assignée comme résidence an pré- 
fet du Tibre, devait fermer avec l'ancien Agro-Romtuiù un terri- 
toire spéda) , com{M:eoant nenf arrondissemeots de justice de paix. 

Enfin, le lo aoât, die ordonna aox maires de faire dresser des 
tableaux indiquant Tétat • économique de leurs communes *, leur 
situation budgétaire, leur* établissement* publics (hôpitaux, col- 
Uges,etc). 

Dans son activité prévoyant* et féconde en heareax résultats, 
la Coosolle ne se boraa pas setdem^it à édicter des mesures 
pr^res à asseoir notre influence et à faire pénétrer nos institu- 
tion*. Elle chercha aussi k s'attirer le* sympathies de l'opinion, 
soit par des ménagements habiles à l'égard des créancier* et fonc- 
tionnaires du régime déchu , soit en adressant aux sou*préfets des 
instructions formelles, pour leur recommander d'agir envers leurs 
administrés avec impartialité , de protéger ■ les faibles >, d'user de 
douceur et d'indulgence pour tous, et d'employer la persuasion 
comme le moyen le plus e£Gcace > pour faire aimer et bénir le 
chef auguste de l'Etat >. Elle «ijoignit de plus à ces fonctionnaires 
de faire une tournée dans leur arrondissement respectif, anssi- 



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— Ma — 

tit iprèt lenr iortaUatim, et de loi adresta, • commone par oh» 
mune, un éUt de la popolatioa dùtÏDgiiiéa par wxe, âge st oaodi- 
tion •• EUe leur pcescrivait enfia de &in coonaÉtre, dam le plm 
bref diiai, tea nom* dae comwInBa dépoarraea da moaicipalité, 
•t, jttiqu'k la BAtninfctioa dea préfato, de oocraspoodre dircct»- 
nuat avec tH» { lo aoAt). Dana une oncidaiR adianéa le même 
jour am. maires, dtai le bat da leur fâiie cennattre leun attri- 
IwtioDS, la CoOsake o6DfinBait sa* teodancaa de pâdAsafioa, en 
leur intimant Tordra da vinra ■ dans nn «wnrtant acoeed avec les 
miolatrea da doIm sainte religion a, at en lenr recOBunandant da 
iâire obMiver eaver» eus « tous les égards qui leur sont dus dans 
l'exercice du ministère acdésiastifpie , sans tooteroia leur accwdw, 
dans l'administration civile, une part à laqasUa M refuse la na- 
ture mtoie dn ministère évangtiiqus >. 

Bien que susoaptîbleds retarder la diSution de oatie civilîsaticHi, 
la Consulte, qui connaissait l'attachemaat dn peupla romain pour 
son langage et ses coutuotca, n'bésita pas h mettre en vigueur un 
décret impérial du 9 avril précédeod qui antofiaait i'usaga de la 
langue itidieonet cononremmont avao le franqais, pour tons Isa 
actes administraiirsfjudioiaites, notariés ou tous srâng privé. Dana 
cet ordre d'idées, die alla méuie jnaqu'à lustrer dea oaaeours 
dirigés par l'académie des Arcades, deatinét à réoompaitat>, k 
l'aide de {«ix spéciaux, 'le* écrits qui, soit en prose, soit en vers, 
auront été jugés les plus capables de maintenir ta laogna itaUeUoe 
dans sa pureté > ( 10 aoAt). 

Elle réglementa aussi l'asaiette et la perception des impôts, en 
interdisant aux municipalités de continuer à ne lever aorane 
taxe Illégale) et ea décidant que toutea les c^tcibutiens locales ne 
pouvaient élre établies qu'aprit un vole dea Conseils nUlni«i|>aux 
intéressés, l'avis préalable du préfet et du sous-préiétt et sou ap- 
probatioD formdle. 

Au cours des événements que nous venons da rappeler, il h 
produisit un incident qui vint sinon oompromettre, du moins 
retarder la marche des opérations. Ef&ayés sans douta par l'é- 
tendue de leurs pouvoirs, par la responsabilili qu'ils eaoounieat 
à l'occasion de l'exercice de leurs fonctions, et surtout par la ooo* 
trAla incessant dont ils étaient l'objet, de nombreux maires at ad- 
jointsadmssirentleurdémiasion. En valu la Consulte cberdia-t-elle 
à les remplacer en faisant appd aux bommes de bonne vdoolé : 



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— 363 — 

penoDoe ne omuentit k acœptar une cluife d'avtaat pltu diffi* 
die k exercer qu'uo arr^U du 33 août, en supprimant les aodeai 
dinctenn à» pdiw, «vtit coofiM U jAju giimds partie de leurs 
délicah* Bltsîbatioiu aux chefs des oiDnîoîpaliWs. 11 fallut doue 
lecoorir à des mayenf extrémea pour ne pas priver l'adminî». 
tostion cantnlfl de cea ntUa* coUaborataws , et, par dicîaion du 
i KftuBiKû , il ait eojoiBt aux aooa-préftts de Domuer, t parmi 
1m dix hahétanta les {rini aolables de la coHnoMi, qoekia'nn 
a«acaptiU« de nmpUr proviBoireaaMt les fonotïoui de maire et 
d'asamur la n^Dsabilitè dce afTaires oaatmunales. ■ Sona autaui 
prélnta», nul m pouvait se soastrairs li cttta déaignati(Ht. A 
Rome »Ame, oo inatitoa ww commistioa moDicàpale de sei^ 
Membres, avec miasiou de gérer les intérlts de la viUa jiuqu'i la 
podutae installation du SÂaal (lâ aeptamlHe). 

Cédant ani injoftaiiooi do Napoléon qui, k la date du 7 aap* 
tembN. écrivait à «m mioiatre Gandin 1^' pour le poer d'inviter 
la Coasobe • k régulahaar las finances > des États nmains, cette 
denùèia détemina ks dépensas administratàvci et le mode d'y 
poorvDiT de la &çeQ suivante : les dépenses iiiraat divisées en dé- 
peases départemsataks, d'amodissanleots et ctnomuaales. Les 
[leemièras oompreoaieDt deux catégories i 1* les dépeiues fixes 
servant i assnrar le traitement des fonotionnairei, bibliothécaires, 
reoeveors généraux et puticoliars, magistrats des cours d'appel, 
juges et gre£B«M das tribunaux de preanièie initance ou ^édaux; 
a' les dépenses variables pour fi«ia d'abonnement des préfec- 
toret, institutioae publiques, loyer et entoetien des écolea, eofaaU 
trouvés, détenus et casernes de gendarmerie. Les dépensas d'ar- 
lOQdisssmaats étaient relativei au traitement des souspréfets, 
à leurs £rais d'abonnesoent, aux salaires des juges de paix et 
giuffiers, au port das lettres adminiatralives. Enfin les dépenses 
communales étaient destinées à l'entretiea de la voirie urbaine 
et vicinale, des faàtimests, aux finùs des registies de l'état 
oivîl, des gardes des bois, des hospioes, gardes ottiOBales, écoles 
primaires, logements des eucés, lycées, et à pourvoir ra mémo 
temps aux remises des peroepteurs et aui impôts des biens com- 
munaux. Ces divcnei dépenses étaient garanties par te > prélè- 
vement de centimes additionnels qui, dans aucun département, 

>u CtW M pwlstwe ds H^sléon. t. HX. p.fiiB. 



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_ 364 — 

ne pouvait ezcMer le cinquième des contributitHis ■ (30 a^ 
tembre). 

Napoléon avait aussi fait connaître sa volonté de vmr ■ ]»^parer 
l'organisation constitutionnelle > des États romains, et ce fut dau 
ce but que la Consulte i^^ulaiisa, dans chaque départemenlf le 
fonctionnement des conseils gàiéraoi, dont les membres, nom- 
més pour trois ans par l'Empereur, devaient tenir une session an- 
nudle de quiue jours, k l'e&êt de dâibàvr, entre autres choses, ' 
sur le traitement des archevêques, évdques, vicaires généraux et 
chanoines, et sur l'acquintion, l'entretien et l'ameubiement dea 
palais épiscopaux. EUe arrêta aussi que les conseillen d'arrondis- 
sement seraient nommés de la même fai^n que les oooseilien 
généraux, et qu'ils auraient le droit de formuW des vœux et de 
s'occuper de la répartition des contribatioas directes entre les di- 
verses localités de leur arrondissemeut {30 septembre). 

L'unité et la direction efficaces imprimées par la Consulte à 
son administration , sa persévérance k s'inspirer dans son œuvre 
de réformes de l'histoire, des idées et des mœurs des Romains, 
son respect absolu de leurs droits et de leurs libertés, eurent pour 
résultat de laire accepter t'influence française par l'immense ma- 
jorité des sujets de Pie VII. En novembre iSog, le peuple avait 
bruyamment manifesté son dévouement à l'Empire, lors de la 
nomination de Joachim Murât, le popidaire roi de Naples, en qua- 
lité de lieutenant de l'Empereur et de commandant ea chef de 
l'armée O ; de son cAlé, l'aristocratie n'avait pas hésité k confier k 
une députation de ducs et de princes italiens la mission d'aller à 
Paris pour apporter t aux pieds de Napoléon l'hommage des habi- 
tants de la cité de Rome >. Seul, le clei^ résistait encore, mais 
son opposition devenait chaque jour muns loenaçante, car le 
Pape n'était plus là pour la provoquer et surtout pour l'entre- 
tenir. 

En présence de cette adhésion presque unanime an nouveau 
gouvernement, Napoléon se refusa à méconnaître plus longtemps 
l'influence prépondérante de la Consulte dans ce revirement des 
esprits. Il abandonna donc les injustes méfiances qu'il avait té- 
moignées k son ^ard(^, et, poor lui donner une preuve de coo- 



") Coppi, 4iin«IiV/t(t/ia,li)c. cit.. t. V. p. 1084117. 

'*> Con)iill<r i ce injel U Corn»ponduice de Napirféaii, I. XIX , p. 5i5. 



DiglizedbïGOOglC 



— 5M — 

fiance, utile du reste à ses îatérAts, il prorogea ses pouvoirs jus- 
qu'au Il avril ■oivant (décret du 7 novembre). En agissant ainsi, 
l'Emperenr désirait peut-être ajourner U prise de possession des 
Etats romains, qu'il avait pourtaut décrétée le 17 mai précédent. 
Un événement, auquel plusieurs aoteors assignent une origine 
tragique, vint précipiter ses décisions. Le ministre S^ceti, dont 
le poissant génie d'organisation avait si largement contribué, tant 
à Gênes qu'à Borne, à seconder les vues impériales, mourut subi- 
tement (ao décam^), vicUme, s'il faut en croire U plupart de 
ses biographes, d'une tentative d'empoisonnement ffien qu'il soit 
difficile d'éladder ce point histoîque, il est cependant présu- 
niable que la petto de cet bomme d'Etat bâta l'af^Huition du sé- 
aatuBH»nsulle qui confirmait, d'une faijon définitive, la réaaÙH) 
des États de l'Église à U France (17 février 1810). 

Les principales dispositùms de cet acte organique portaient que 
les Etats romains formeraient deux départenuots, celui de Rome 
(préGÀlemment Tibre) et celai de Trasimèoe ; que le premier de 
ces départements aurait sept dépotés au Corps l^slatif, et le 
second, quatre seulement; qu'il serait établi une sénatorerie pour 
le pays tout entior. La ville de Rome devenait la seconde ville 
de l'Empire; l'héritier du trAoe p<Hrteniitle titre de roi de Rome; 
un prince da sang on un grand dignitaire tiendrait la cour de 
l'Emjnre dans cette ville. Ce document proclamait l'indépendance 
du trAne impérial de toutes les autres autorités; il imposait aux 
papes à s'engager par serment, lors de leur exaltation, à respecter 
les quatre propositions de l'Église gallicane arrêtées dans l'assem- 
blée du clergé de t68a. Enfin il râlait l'existence temporelle de 
la piqiauté, en lui laissant le choix de sa résidence et en lui ga- 
rantissant un revenu de a millions eu biens ruraux et de 6 mil- 
li(His de rentes mobilières à prélever sur les diverses contribu- 
tions. 

£0 se voyant dépouillé de aoo patrimoine par an ennemi devant 
lequel tremldait alors l'Europe entière. Pie VU comprit l'inutilité 
d'uoe plus longue résistance. En effet, sur U demande de plu- 
siears fooctionnaires, it consentit à révoquer les décisions * de U 
Congrégation particulière • interdisant de prêter serment au r^ime 
• violemment établi*. Toutefois, dans la lettre qu'il écrivit de 
Savone, le i5 mars , pour porter cette déferminalion à la coiioais- 
sance des fidèles, il exigeait que le serment fût cooi^u en ces 



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— 5M — 

ttrioeat «Je proowtf et jare de ne point m*«Moeier à aseane 
conipiration , oomjdot M aédition cootre le gDavemement acind, 
comme inasi d*étre «tamis et obéinant pour Kwit ce qui m wra 
pu contraire aux lois de Dieu et de l'EgliM ■ ^. 

Hais la Coiualte ce refrua à accepter le* restrictiotu apportée* 
par le Pape daog la Ibrmole précitée. Auui, malgré l'affimiatioD 
de aes intentioDs bienveillantes, rencoatra-velle de sérieux ob< 
stades an recnitemenl de ses fonctionnairet. Ces difficaltfa pro- 
vensieDt tonl d'abord, dit un «rappwt da nattie de* requête* 
chaîné des finances i'^, en date dn 80 mar*, de l'ftttadwment 
qoe les anciens emplo^r^ priaient à la ville de Rome , dont ils 
ne voulaient consentir à s'éloigner, malgré • les avantage* péco- 
niaires qa'of&aient les nouveaux traitement! cotaparatîvemeat à 
ceux qu'accwdait le goownement pontifical ■. Mais ellea étaient 
surtonl amenées • par rinfinenee ^etattgiÎMt an généra) sur les 
consciences les ministres de la religion, et la lépagmnee» que 
la plupart des Romains éprouvaient k prêter le seniwat presczit 
par les constitutions de l'Empire. Pour remédier k ce Achenx 
état de choses, le rapporteur ne voyait qu'une soIntioQ : ne pai 
exiger le serment, pour ne point «laisier en driiors dn gonver- 
nement des hommes dont la coopért^n avait le fian d'^fet sur 
Tt^inion ■. 

Ces préoccupations n'arrêtèrent pourtant pas la Consulte dans 
•es opérations, puisque, le 30 avril, elle pourvut à la nomination 
des vingt membres dn conseil général du département de Trasi- 
mène, et le 3 mai, à celle de* vingt-quatre conseîHers généraux 
du département de Rome. Il est vrai de dire qne Napoléon se 
montrait chaque jour plus impatient de voirsa nouvelle conquête 
définitivement et régoliéremeol organisée. «Il faut, écrivait-il le 
11 mai, k son ministre des cultes, Bi^ot de Préameneu, qu'au 
1" juillet prochain tout soit, dans les départements romains, sur 
le même pied qu'à Paris* <*>. Et, afin d'assurer la prompte exé- 
cution de ses ordres, il centralisa entre les nains d'un seul les 
diverses iHvnches de l'administration , en nommant son ministre 
de la police, Fouché, gouverneur général des Étals romains 



Archivei do Vatican, imprimé, uns cote. 

^ /itthlie» de Rome, Govemo fraiKtf, bnita i. 

<*> CorrMponduiM de NapaUoa, t XX, p. 397. 



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— S07 — 

(3 jnia). Ubm FoocM, «yutt ét4 convusot de n^fodatiom dan- 
dwiioes avec l'An^eterre, ne tarda pas à tomber en dùgrftce et, 
avant mAne d'entrer on faootiofu, fat moplasé, à titre pravî- 
■oirc, par le géo^l liioU» (g jaUlet) (i>. 

La 5 aoât anivaat, «a décret of^antat «le goareriMmBnt g6n^ 
ni «t l'adwniitnrtioB dca finançai dea départaneats de RooM 
et de Tnsimèna *. Les pFtmacn vtide* de ce Dooreaa rtatat 
organiqns iHpprfauieBt la Conanlta «ztnMrdinaire, h partir 
da 1* jumriar i8ii, «t pertaîeot noanaatioB d^an prince grand 
dignitaire, goa wfue w général, ayant le eemmaadement dea 
troapM et da ia geBdarmwJe, la hanta surveillance sur la po- 
lioa, lor i'eséaitioD des Ima relatÎTeB k la conacaiptioa mîHtain et 
eor iaa aatorités eivîlea. Pràa da Goavemonr, un secrétaire dea 
oommaodmiiMta devait aaivra la omcspondanoe, rédiger Iaa 
pvoeAa-TtrbaHK des aéancaa daa divers oonmls d'admiaistratian, 
Gb décret caD&aît oiuîte la ges&in des finances k nn mettre dea 
reqaètes iaéendant de tiéior puUic l*> , et le serviee de renregia- 
trament à nn admi^atatetir géBéral, Pais it éleblîsaaît un consdl 
de liquidation, avec nianoa d» ré^criai pcDaiona ecdésiastiqnes, 
ciWIea on miUtairea, aioai <|M les oréancaa hypothécaires dues 
par l'aocieB réfu»^ d'asams la omptabitilé des agents dea 
finances et de sarveiller la raotréa des oontribotioa*. Enfin il 
déLennûuit les condilian de nmbonrsenwDt de la dette publique, 
k l'aide d'une somme de 6o nûlHom k prélever sur le {woduitde 
la vente prochaine de biens nationaux. 

Ua aidre décret, dn aa octoluv, fixa tei pouvoirs da Direc- 
teur de la polioe institué précédemment dans les États romains. 
Les attributinas reoonnaes propres à ce foactioniiaire furent de 
■ veiller, sons le* ordres du Gouveroeor, ii Texécation exacte dn 
kia et décrets relatib & la bante police. ■ Les préfets, les pro- 
cureurs genoux et impériaux, les che& de la gendarmerie, Wa 
maires, les oonmissaires de police devaient owrespondn aveo 
le Directeor pour tout oc qui concernait ses fonctions. H avait 
aaasi la snrveiUanoe des arehives et, en cas d'absence du Ooo- 
veroeur , il était tenu de conférer avec cdnî qui le remplaçait 



(■) ArdiiTM da RooM, Gonnu/mMw. «ots 716. 

<*> LaliaranJuiet.nïcblin de U Conwlle, fot ttcmwai iatendantdn TMaor 
poMic, le g MAt 1 8 1 o , avM ait tnimarat aoMKl de 60,000 Irsncti 



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— 368 — 

dans aoD commuideiueot, avant de prendra une lUtermÙMitioa 
quelconque. 

Lei importantes dédsions que nous venoDS de réanmer easwnt 
été colainement stérilei û , «n même tunps qu'on créait i'anité 
adminiatratÏTe, on n'eftt pas loagé à feodw définitiveineat Tonit^ 
territoriale. Déjh, en 1798, la Gommisaion qui goavemait alon 
la République romaine, s'inspirant de la conititntioa fraaijaise, 
avait partagé lea anciemies [Hovinces des États pontificaux en 
cinq départements, con^maant 76 caatons et 8o3 emmaunes on 
kameanxli); plus tard, en juillet et aoât 1809,1a Consulte, ainsi 
que nous l'avons d^à dit, eo avait formé deex départements sub- 
divisés en 85 cantons. Mais la liita qu'on avait apportée k renu- 
nier la carte de ce pays iut la cause principale des nomlneusea 
imperfections que l'on rencontre dans les plans de 1798 et de 
1809. Les démarcations provinciales, consacrées par tant de sîèeles 
d'existence, ne pouvaient en efiêt s'efibcw que par une ddimita' 
tioD exacte des départements, des cantons et des communes, et 
par une décision lêrme du pouvoir, assignant à diaqne ville ou 
village le râle qu'ils étaient appelés k remplir dans la nouvelle 
organisation politiqae. H Ëdlait enfin tenir con^te des halûtudes, 
des productions, des dialectes, éviter les démembremenb flcheux 
et par conséquent les résistances jvobablet. 

Telle est l'œuvre qu'il s'agissait d'accomplir, et nous ^ona 
voir comment elle fut conçue, exposée et développée par M. de 
Gérando,l'un des membres les {rfuséminents de la Consulte, dans 
le rapport motivé qn'il soumit k ses coliques, sur la drcoo- 
scription des départements de Rome et de Traùmène. 

Dans les préambules de son rapport, M. de G^ndo relate les 
tentatives faites avant lui dans le but de réaliser cette réforme. 
S s^oale les difficultés , de toute nature qui ont empêché cette 
entreprise d'aboutir, les opinions contradictoires émises k ce sujet 
et ajoute que, dans les diverses propositions qu'il fait k la Con- 
sulte, il s'est inspiré de ses recherches personndles, de celles de 
ses prédécesseurs et surtout des travaux anal<^es exécutés, mi 
1806, par M. Moi^ 

Les résultats de ses savantes et patientes investigations l'amè- 

'*) Cm dépariemeott portM«nt le» Domi nùftob: Gmino, chef-liea Viterbe; 
Circeo, chef-IJen Anagoi; Qilnniio. cheHiea Spolète; Tibre, cbef-lieu Rome; et 
TraiinèiM, eiirf-liea Perogia. (Archiras de Robm, boibi 1.) 



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mot à recomultn que , li l'on voulait tenir compte de» précâdents 
administratifs, les États romains devraient comprendre trou dé- 
parteMieats.CepeadaDtîlfutreinarqner, avec beaucoup de justesse, 
qu'il convient de donner dm grande étendue à celui dont Rome 
est le chef-lieo , ■ afin de conserver à cette ville împralaute, et qui 
a éprouvé de grandes pertes, le centre d'affiiires le plus actif qu'il 
fiftt poaaible >. Après avoir omdu k la formation de deux dépar- 
temenls, il dit que cdui de Kome doit se composer des pays 
provenant 'du patrimoine de Saint-Piexrc, de la Sabine, du La- 
lium, du maritime et cui^Kigae>, et aAai de Trasimèné, tdes 
aocâenoes [wovinces d'Ombrie et d'Orvieto >. Il dàermine ensuite 
la dâimibati«n des anoodissements du département de R<wu en 
repoDssant, confoiiDément k un arrêté de la Consulte du i3 avril 
précédent, les rédamatioos de la ville de Civita-Vecchù qui deman- 
dait à être le si^e de l'un d'eux. 

L'organisation territoriale du département de Rome, à part les 
' prétentions de Civîta-Vecchia, os soulevait donc aucune difficulté 
sérieuse, mais U n'en était pas de même pour celui de Trasimèné, 
dans leqnd oo se môotrait bien moins docile ' aux volontés de 
l'administralioD. La ville de Peragia voulait devenir le cbef'lieu 
de préfiwbire au lien et place de Spoiète, invoquant sa situation 
topographique, sa population qui excédait de 10,000 &mes celle 
de Spoiète, son commerce florissant, son université, ses' deux 
allèges très fréquentés, ses trois hôpitaux, ses quatre conserva- 
tions, ses trente-six couvents ou monastères, son cirque, son 
musée d'antiquités, son mont-de-piété, sa bibliothèque, ses trois 
imprimeries, tandis que dans la cité rivale et préférée «on trou- 
vait k peine une omlnc de tout cela ■. Elle faisait aussi observer 
que le gouvememeot avait été oUigé de louer des immeuldes à 
Spoiète pour y installa- tous les services administraliis, préfecture 
ou tribunal, tandis qu'à Peragia «le Palais du gouvernement* 
et celui des quatre anditeursde U Rote, ■ appelé le Palais royal >, 
convenaient parfaitement k ces usages. Enfia die insistait parti- 
cvlièrement sur le mauvais esprit des habitants des environs de 
Spoiète et s'appuyait' principalement sur l'opinion du préfet Ai 
Trasimèné, entièrement conforme à la sienne. 

Sans chercher à réfuter tonte cette argumentation, H. de Gé- 
rando se contente de réclamer le maintien de la préfecture à 
Spoiète, en affirmaDt les boonea dispositions de ses habitants 



MUS. tcmiT. - 



,dbyGOOgIC 



— 370 — 

accosés à tort, pnùqne ienr garde cîviqae s'était vaUlanuiieat 
compMlée • contre les brigands de Norciai. Pemgia avait, il est 
vrai, fooroi un régiment à l'armée française, mais cette raÎKio 
ne pouvait être saflBsante pour légitimer ses reveadica t ÎMi» et 
dépouiller une ville dont l'antique aplendeor plaidait en faveur 
de son fa^^émonie. 

De nombreuses protestations s'étaient aussi élevées coatre la 
dâoomination de Trasimène, attribuée à ce département en sou- 
venir des armées romaines. On proposait celle de Qitonno, ent 
prantée an fleuve jadis voué aa coite païen et rendu célèbre 
< soit par le temple qui décorait ses bords, soit par lea nom- 
breuses citatioas des poètes ■ C^. Le rapporteur voit une grande 
iocooimodité pour l'administration k donner satislàctiMi aoi 
désirs exprimés, convaioeo dn reste qu'à la longue les boi t ants 
s'accoulomeront à cette appellation. ■ 

La désignation des che&4ieux d'artoodisseaMOt avait asasi 
aoulevé de multiples rédamaticHis. Les villes d'Orvieto , de Ntxcia, 
de Gta-di-Castello, se basant sur leur position géographique, 
voulaient devenir le siège d'une sons-préfecture. M. de Gérando 
prc^mse le rget de ces demandes, pwce que la popidatioa que 
l'on pourrait aBêcter à chacun des airondissenBeats noaveanx 
ne comporterait qu'une mo^fenne infirienre i ao,ooo habitants, 
ce qai était tout à fut insuffisant. 

M. de Gérando poursuit son tmail par d'intéressants renwi- 
gnemeots sar la superficâe, la popuiatswi, TMographie, la culture, 
l'élève du bétailf l'industrie des div«s arrondissements qai, 
selon lui, doivant être circonscrits d'après le système adopté 
datM l'arrêté du 3 aoât 1809. 11 propose, en outre, de omserver 
les délimitations cantonales ou commanales déterminées dans le 
même arrêté, malgré les critiques que pou'ràieDt provoquer cei^ 
taines imperTectioos plus apparentes que réelles (vers octobre}. 

Certes, les propositions de H. de Gérando poovaieat. à bon 
dmit, passer pour n'être que la simfde paraphrasa de mesures 
jadis prescrites et appliquées par la Consolte. Et cependant, 
qasnd on les considère en détail, on est biei obligé de recon- 
naître que, grice k Icnrs indicatioDS nettes et précises , les modi- 
flcations teiritoriales devenaient faciles à opérer. 

(" KoUmmoit Virgb , dant la litre II ds ms Géarfiftu, 



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— 371 — 

La Coosnlte fbt d'aillen» la première )i atiUser les r 
ments techaiqaes contenus dans ce rapport, puiaque, dans m 
(éance du 93 novembre saivant, elle put, uns se livrer k tle nou- 
velleB et péniUes enquêtes, introduire un ordre plot lexique, dans 
fe répartition des cantons et communes, entre les différents ar- 
rondissements. Cdni de Rome vit ajouter k ses neuf cantons cinq 
autre» cantons, dont trois pris à l'airoadissement de Viterbe; et 
deax k celui de VeHetri qui reçut en compensation un canton de 
FroÔBone; ce dernier céda deux communes k Tivdî et deux à 
Velletri ; cdni de Rieti abandonna un canton k Tivoli. Deux can- 
tons nouveaux ayant été formés dans l'arrondissement de Viteriie, 
deux dans c^nî de V^etri et nn dans cdni de Rieti, les cantons 
ruraox du d^iartement de Rome, ma^ré Ie> accnnssements con- 
sentis en faveur de la ville elle-même, furent an D(«nbre de 67 
an lieu de &8 portés dans l'arrêté du 3 aoAt 1609. Quant an dé- 
partement de l^amène, 00 se contenta de créer cinq nouveaux 
cantons, dont qnatre dans l'arrMidissemeDt'de SpOlète et nn dana 
cdni de Perugia, et Voa eutainn â6'cantons an lieu de 3i dési- 
gnés primitivemeot. 

Avant de se séparer définitivement, la Consulte crut devoir 
doter la ville de Rome d'un lycée de première classe, de deux 
coll^;e9 et de nombreuses écoles primaires de garions et de filles 
( 9 1 décembre] . C'est ainsi qu'elle couronna dignement son œuvre , 
laissant k ses successeurs un puissant système de centralisa ttou, 
une organisation administrative entièremeot conforme k celle 
de l'Empire, qui put ainsi gouverner paisiblemeut et conformé- 
ment k ses lois ce pays dans lequel les sentiments d'attacbement 
et de gratitude avaient remplacé les aacieones inimitiés. 

Notre tiche est termiaée. On pourra nons reprocher de ne pas 
avoir donné à ce labeur un développement uniforme dans toutes 
ses parties: mais nous répondrons que ces lacunes <" proviennent 

(" Ainsi, à Florence, malgrd l'inépuisaUe complûiuice de H. E. CaMoova, 
soat-uchinale, Dou* ii'a*onipu retrourer les dotsien de ctlte période btitulée: 
■ Organisatioii de U Tofcane. — Toscane diTisre en trois dâparlemeDls i, et men- 
tioanés dans un inventaire dressé vars iSio-, k Parme, i l'eidusion de la corra^ 
pondance de Moreau de Saiut-Mery, notre résident, on ne retrouve que de* 
traces fugiEires et épanes de notre administration; à Livoume, Ici actes (ulmî- 
nistratifs de la préfecture française ont disparu. 



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— 37Î — 

OfuqBemeitt de U rareté oa de l'insaffiwnce des docnmenb, et 
noD de la persévérance de dos îavestigatioaa, rendues du reste 
faciles par l'utâe collaboration de H. Maurice L^rand et par le 
courtois empressement des autorités italiennes, principalement de 
MM. les Surintendants des archives et archivistes. On relèvera 
peut-être des contradictions avec des auteurs réputés classiques : 
mais du moins aurona-nous pour «tcuse de n'avoir énoncé aucun 
fait, avancé aucune date qui n'aient été puisés k des aonrces ori- 
ginales. Quant aux nombreux emprunta que nous nous sommes 
permis de faire à l'histoire dle-méme, nous dirons pour notre 
justiBcation qn'Us nous ont paru nécessaires, tant pour rattacher 
entre eux les événements complexes qui se dévelaf>peat séparé- 
ment, que pour rendre pins compréh«uiUes la pensée et les 
actes du législateur. 

En écrivant les pages qui précèdent, nous avons (jierché avant 
tout à éclaircir les obscurités de l'œuvre administrative de Napo- 
léon I" en Italie, en la dégageant des louanges excessives de ses 
pao^yristes on des injustes critiques de ses détracteurs; si nous 
y sommes parvenu, nons aunms atteint notre but 



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INDEX DES DOCUMENTS CONSULTÉS 

DANS LBS ABCBITES D'ETAT DU BOTAUHB DITALIB, 

POUR LA CONFECTION DE CE RAPPORT. 



AHCHITBS SI Ttmill. 

Rapport du gënëral Gronchy nir l'ab^ctition da roi de Sardttî^* (|3 
décembre 1798). Section 3. Goverao prowiiorio, biula a. 

Atti rignaidanli il govemo prowisorio ptemontese, e dacreti dol taeàa- 
ûmo (1798). Section 3. 

Raccolta deDe l^;gi prowîdeue , e manifetli emuiati dai Governi franceie , 
e prowisorio e dalla municipalita di Toriao (du 6 décembre 1798 
an 36 mai 1799)- Torino, a vol. in-S*. 

Réélire des correspondance* du Gouvernement pronsoire (1798-1799). 

lUmoire de Simiano, député du f^veniement dn Piémont, mr la 
ntuation fioancière de cette province (3o janvier 1799)- Section 3. 
n* 1. 

Lettre du Gnavemement provisoire i lloaiet , commissaire ^ Gonverne- 
ment [rançais, et rapport de ce dernier sur U situation politique dn 
Piémont (39 mars 1799)- Section 3, cote i-4. 

Baccolta ddie leggi prowidenie, manifesti pnbblicati sotto l'attuale R. 
goveroo (du a6 mai 1799 an 30 juin 1800}. Torino, 3 voL in -8*. 

RmcoIu di leggi décret! , etc., dalle autorila costiluite. Torino 1799- 
i8o5, 19 volumes ia-8*. 

Lettre dn Gomemementpi&nmitais aux Ceusids de la Républùfoe fran- 
çaise ponr leur annoncer la nomination dn dlojen Solëre anx fonc- 
tions de chargé d'aSaires auprès de cette nation ( 1 1 juillet 1800). 
Sections. 

Leltre du ministre de la justice Régnier au général Jonrdan, adminis- 
trateur général du Piémont, annonçant l'envoi dn sénatiis-considte 
qui pronon^t la réunion de cet Etat i la Franre [19 septembre 
180a). Section 3, cote 33. 

Lettres adressées par les préfets des six départements [ûémontais an 
général Jonrdan é Toccasion de l'incorporation dn Piémont i la 
France (fin septembre 180a). Section 3, col«33*i4. 



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ARCBITES DB GSMES. 

Lettre da président du Sénat A Bonaparte, ponr le remercier d'avoir 
doté la Républiqae-Ugurienaé'd'nne constitdtioti (■"'jnîHet 1798). 
Cotea-&6â.<.' , . 

Lettre de Belleville au gouvernement de Gènes, pour anaoncer la no- 
minatioD de Bonaparte en qualité de Premier Consul ( 19 janvier 
1800). Cote i-4i. 

Proclamation de Masséna rendant exécutoire le décret du Gouverne- 
ment ligurien, en vertu duquel toui les pouvoirs étaient conférés à 
nnecommission militaire (igavTÏl 1800]. Cote i-ii. 

Itaccolla de prodami e decreti pubblicali dalla commis^one straordinaria 
del govemo délia Republica ligure. Genovà, iSoo, În-S*. 

Lettre de la Commission extraordinaire de Gènes au général Méoard, 
commandant les troupes françaises , pour jusliber les retards, apportés 
dans l'application de certaines mesures administratives (ai juillet 
1800). Cote i-ig. 

Copie, contresignée ■ Telleyrand ■, delà constitutîoa de la ilépubliqne 
Ûgurien ne octroyée parle Premier Consul (juin 1801). Cote a-&S8. 

Itaccolta degli aiti e délie iegi emanate dal poter legi^tivo ddU Kepu- 
blicalignre. Genon, 1803, in-8. 

Délibération du Sénat portant érection de statues en l'Iionnenr de 
Bonaparte et de Christophe Colomb (a3 août 180a). Cote 3-'568. 

Décret de Bonaparte donnent pleins ^oùvon^ à Salketi , mimslre pléni- 
potentiairei Gènes (a Tévrier tSol). Cote 3-5^8. 

Lettre de Saliceti au sénateur Boggicri, député aiuc relations extérieures 
de Gènes, pour se plaindre des lenteurs apportées i l'organisation 
administrative de son pays (38 ■ovenfare iSo4)- Cote A, 4i. 

Arrêté de Champagny,' nûnîstre de l'intérieur, instituant une chambre 
de commerce à Gènes (17 juin i8o5). Cote 936-137. 

Arrêté de l'architrésorier Lebrun, conférant aux provéditears des 
juridictions tes fonctions de sons-préfets, et nommant les membres 
des conseils généraux et d'arrondissement des trois départements 
(33 juin i8o5). Cote 936-137. 

Correspondance de la préfecture de Gènes (i8o&)p«»ni. Cote 938-137. 

ArrèU de Lebran nommant. les copunisaioas «dfninittrfttive* dea hApi- 
tamt (6 juillet i6o5). Cote 936-137. 



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_ 375 — 

Arrêté du menu, créant des tociëtéi d'agriculture daiu chacun d«> 
départements [ig juillet iBo5). Cote g36- 127. 

Arrêté du même , prescrivant l'inatalUtion des diren Iribonaux ( 1 3 sep- 
tembre i8o5). Cote 936-137. 

Lettre du préfet de Gëoes au ministre de Vîntérienr sur les difficul- 
té* de faire tenir le* registres de l'état civil dan» son déparlement 
(90 août 180&). Cote 1-893-83. 

ArrMé de Lebnm prescrivant l'usage de )a langue française ponr lei 
actes publics (aS septembre i8o5}. Cote 936-137. 

Arrêté da même conférant aux préfets la direction des affaires adminis- 
tratives (a4 septembre ï8o5). Cote 3-937-138. 

Lettre du préfet de Gênes an ministre de l'intérienr snr la situation 
pditiqna de son déparlement (^4 octobre 180&}. Cote 1-893-83. 

Lettre du même au cardinal-archevêque de Gênes pour réclamer son 
intervention anprês des curéa an snjet de l'état âril ( 18 novembre 
i8o5). Cote 1-893-83. 

Prescriptions du préfet de Gêne* relativement à la statistique de la popu- 
lation {17 décembre i8o5). Cote 937-138. 

UICHITXS DB PARI». 

Lettre de Bonaparte au duc de Parme pour Inî annoncer la nomination 
de Horean de Saint-Mery en qualité de résident (si septembre 
1800). Cote Uoreaa 1. 

Lettre autographe de Talleyrand i Moreau pour le prier de foire bon 
accueil au «roi de Toscane ■ (37 juin 1800). Cote Horean t. 

Décret impérial portant rè^ement organique de* Etats de Panne et de 
IHaîsance ( 3 1 juillet i8o5). GriÂario. 

Décret impérial nommant M. Nardon, préfet de Hontenolte, aut fonc- 
tion* d'administrateur préfet de Parme (38 janvio- 1806). Gridtaio. 

Lettre du ministre de I Intérieur an préfet ponr lui enjoindre de cir- 
conscrire les communes de son département (i4 juillet 1808). In- 
temo 33-35. 

ABCHITBS DB nOBIHCB. 

Bollelino délie leggi, decreti imperiali et delilieraiioni dells ginnta di 

Toscans. Firenie, 1808, 3 vol. in-8*. 
Raccolta dell'atti délia prefettura del departemento dell'Amo. Ftrenie. 

180Q. in^'. 



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— 376 — 

ABCBinS m ROME. 

Division territoriale des États romains rn 1798, bmta 1. 

Rapport préienté i In Consulte sur la situation des emjdoyéa suf^rintéi 

(3 janvier 1809). Govemo francese, bnsta 1. 
Bolletino délie leg^ e décret! imperiali pnbblicali dalla Consulta straor- 

dînaria negU Stati romant. Roma, i8og-i8io, i4 vol. in-8*. 
Rapport MIT les circonsoriplions définilivea du d^rtement de Rome et 

de Tratimëne par M. de Gërando (octobre 1810), bnsta 4- 
Arr«ti o^omale départementale. Roma, 1811. 

UCaiVBS DD VITICU. 

Lettre du ^néral Charpentier, chef d'étal-raajor de l'année diulie, an 

Iréaorier de la cour de Rome pour réclamer des inbûdes de guerre 

(18 décembre 1807]. Ponds spéciaux, VI. 
Lettre de Champagny, ministre des affaires étrangères, au cardinal 

Bayanne pour se [daindre de* agissements de la papauté (9 janvier 

1808). Pond* spéciaux, VL 
Lettre du géaérU Hitdlis ft la coor de Rome pour annoncer qu'il a 

puni nn officier coopablede manque d'égard* envers le Pape (7 mart 

1808). Ponds spériaux, VI. 
Instruction ecclésiastique du cardinal secrétaire d'État Gabridli aux 

é*eques de la Marclie, au sujet de l'invaûon des Etats pontiBcani 

par les troupe* française* {aa nui 1808}. Sans cote. 

AUocution latine prononcée par le Pape dan* un consistoire secret, au 

sujet de la réunion d'Ancône an royaume d'Italie (a juiUet 1808). 

Ponds spéciaux, VI. 
Lettre du commissaire des guerres Baradère an trésorier du Pape pour 

réclamer la livraison de vivre* militaires (6 mars 1809). Sans cote. 
Commentaires du cardinal Pacca sor la bulle d'excommunication fid- 

minée contre Napoléon (juin 1809). Sans cote. 
Co[ùa de littera scriita da Sua Santita di pagno suo proprio, lor le se^ 

ment des fonctionnaires ( 1 5 mars 1810). Sans cote. 



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RAPPORT 

SDR 

UNE MISSION EN ESPAGNE 

AUX 

ARCfflVES DE SIHANCAS ET D'ALCALA DE HÉNARËS 

EN 1893, 

PAR M. ALFRED BAVDRILLART. 



Monsieur le Ministre, 

Par uD arrêté du 6 juin iSg3, vous avei bien voulu me 
charger d'une noavelle missioa dans les Archives espagncJes de 
Simancas et d'Akala de Héoarès, «fin d'y poursuivie les rechei^ 
dies que j'avais entreprises, en 1866 et 1887, sur les relations 
de la France et de l'Esp^ne, pendant la première moitié do 
xnn* siècle. 

Mon précédent rapport, inséré aux Archivet iet Mittiont [3* sé- 
rie, t. XV) contenait, outre de nombreux renseignements féné- 
raux, l'indication exacte et l'analyse des documents anlérieors an 
traité de Séville. de 1700 k 1739, plus une vue sommaire des 
documents postérieurs à ce traité. 

Le présent rapport a pour bat de faire connaître en détail cette 
demi^ catégorie de documents de 1729 à 17^8, do traité de 
Séville au traité d'Aix>la-Chapdle ^^. Jy joindrai un court sup- 
plément à mou premier travail pour les années l^ii-i^7Q. 

Mais, ces documents n'étant guère autre chose que des corres- 
pondances diplomatiques, ii me aérait difficile d'en donner une 
analyse utile sans faire toute l'histoire des relations de la France 
et de l'Espagne jusqu'en 17^8. Comme je' dois prochainement 
publier cette hisloire, je vous demanderai la permission , Mon- 
sieur le Ministre, de me borner à dresser id, de tous ces docu- 
ments, dont j'ai rapptn-lé l'analyse on la copie, un cat^ogne som- 

''I Par coii)&{iieiil.p(nir U période i73g-)7lS, le préient rapport le «ub- 



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— 378 — 

maire mais safBsaat k guider les recherches de tous ceax qui 
voudraient s'occuper de U même époque. 

Outre les Archives de Simaocas et d'Alcala, j'ai visité il Madrid, 
au Palais, celles de la Maitoa royale (Archivo de la casa real y 
patrimonio). Elles ne contienoeot rieu d'iotéressaut pour l'his- 
toire de la première oioitié du xtiii' siècle; ou n'y trouve que des 
comptes, deï'listes' d'aumânes, des nominations d'officiers du 
palais. Les documents, en très petit nombre, rangés dans la 
Section kUtoriqae sont depuis longtemps connus. Ces Archives ne 
devieoiient précieuses aa point de' vUe historique qu'à partir du 
r^e de Ferdinand VU. Ce prince a formé lui-même et fait rdier 
soigneusement, en plus de cent volumes, les pièces les plus 
secrètes et les plus privée* concernant sa personne et son règne. 
Il donna l'ordre de les brûler quand il se vit sur le point de 
mourir, mais l'ordre ne fut point exécuté. Ou ne pense pas que 
jamais. prince ait fait pareille collection. De longtemps sans doute, 
il ne sera pas possible d'en obtenir oommunication. 

J'ai trouvé en Espagne , pour l'accomplissemeat de cette nou- 
velle mission, les mêmes iacilités qu'il y a sept ans. Ctilte fois 
encore, les archivistes de Simancas et d'Alcala ont bien vonln, 
pendant plusienra aeniaioes, prolonger à mon profit leurs henres 
de présence aux Archives ; qu'ils revivent ici l'expression de 
tonte ma gratitude. 

Daignez agréer, etc. 

Alfired Baudmllart, 
Docteur es leilrM, Agrégé de TtliiiveMiié. 

N. fi. Il airive Honvent ifu'on rencontre k Alcala, qui a reçu le dépÀI 
des papiers du Mimttèn iÉtet, les méntfs documents t^tk Simancas. 
Ainsi, pQor toute la période que nous avons étudiée, la correspoodance 
de» amtussadeun «e trouve à Simancas, mais les nùnalu 50nt conser- 
vëes i Alcala. Comme, d'aoe part, ces minutes prétenlent des additions 
et des corrections qu'il est întëreuant d'examiner; comme, d'outre part, 
il est beaucoup plus agréable de séjourner k Alcala qu'a Simancas, nous 
donnerons la cote des documents dans les àeax. établissements. Rappe- 
lons que tous appartiennent à k iSeclioR iei Papien iÈtat. 

il serait anioi longqu'inutile de mentionuer en détail toutes les dé- 
pêches dont se compose la correspondance diplomatiqoe ; nous n'indi- 
querons que les principales. H y avait un connier par semaine de Paris 
k Madrid et de Madrid à Paris, sans confier les coorrien «xtraordinùru. 



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DB L'ABOtUTIOIt Dl PHIUPPB T AU TEAtri Dl SÉTILLI H 
1754-1729. 



Cmrttponéance de don Patricia Laalet, amhoMoievT tn Prunte, mte 

OrrndiTfn et GrimaHo, mmùtret i^Ètat. — Simiateat, à366, iSifJ , 

&353. 

Lettres inléressaotes an point de vur de la politique gëaërale et det 
affaires traitées au congre» de Cambrai : aS janvier 1734, i Grioialdo; 
— 8. 39 février; 3i maniAaml; ao mai, èOrendajn; — i4. 16 oc- 
tobre; 5 détinnbre 1734; 10. 33 janvier 1735, à Grimaldo. 

Lettres secrètes relatives m renvoi de l'inTante An ne-Marie' Victoire : 
11 avrU; 18, a8 juiUet; 9 octobre 1734: 9. 3o janvier; 6, 37 octobre 
173S. 

Les lettre* de novembre 1734 1 janvier 1736 contiennent d'inléres- 
sants détails sur le retour en France de la reine Louise- Elisabeth 
d'Orléans, veuve de Louis I". 

O^tti dt rambouadeitr en France, i72â et 1735. — Siouutau, 63i8, 
iSà9. à35Ô. 

Ltltnt de Lm.le$ à Philippe V, i73i. — AUala. 3733. 

Ces lettres peu nombreuses , écrites en français , sont importantes pour 
l'bîstmre du renvoi de finilinle Anne-Uarie-Vietoir«, surtout celle du 
i4 jinlfet 1734- 

Coiretpondance da marqait de Monleleon ao«c le manjait de Grimaldo [k 
fÊfft qndqnes lettres adressa i Orendayn) dé jmUlet 173i à mai 
1735, relatives i la mission spéciale dont il fut cbar^ poar assurer 
pacifiquement i l'infant Don Carios le* étals promis par le traité de 
la quadruple alliance. — Simanau, i3Si. 

Cetie correspondance, supérieure à celle de Lanles, présente un 
^nd intérêt pour l'histoire di{Jomatiqoe. A la corre^ndance sont 
jointes les pièces snxquelles elle se réfère. (loslmctioiu et projeta de 
traités). — a8 août 1734. i Grimaldo;— 11 septembre, i Orendayn; 

«> Non* nppcdim* i[aa cette pceniiire partie n'est qn'nn suppUiuent k notre 



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^ a. g. 3o octobn. aS novembre, 93 décnmbte, k GrimaUo; — 
lMtraelmiJomUeiMOUir^MitdtMoMtJêo»[Jéixmint72i]pomrtnâteraete 
le Grand-Doc de Toteau aa mom. tUt tnii pniaatui. — Simamau , iSSI . 

Comiponêaitet âet pUiûpoUiùimîrei i* cm^rèt Jt Camhrtà, Bgrrtti-LaMdi tt 
SwUuteban, avec Ut màûtm Orenday» tt GrùnaUo, «tdteti mâiisbtt 
OMC Im pUaipoteatiaint. — Jamer HSi-jm i725. — SiiMOuat, 
7527-7539. 
Cet dociinieate tout, an général, d'tm iniMt médiocre. Nod* ngnale- 

ron cependaDt qoitie leUrei : Sandstebeui t Grimaldo, aS janvier 1734; 

— Santiiteban i Orendayn, 5. la février, i man lyad- 

Doeamantt uereti nlatift à la rnM LouM-Èlùabetk iOriiau, mbm it 

Loaii /'. — Âhala. 2628. 

Lettref da pTitin»! flearj, dn doc d'Antin, dn P. Lallemant. da 
prince de Robecq, de> damet de la Maïjon de la Reine, etc. 



De man 1735 à août 17*7, pendant la période de mptureentrela 
France et l'Eipagne qai a tuivi le renvoi de l'inlante, le* docomenli 
(ont trè* pea nombreux. 

CorrvtpottJdUK» ia don FnaKÛco Kerpen. — 5imanc<u, i353. 

Cm lettres ne donnent guère qne le* noavellei de U ooor de France 
et n'ont pai d'intérêt politique. 

Lêttm da P. Bermadtt, au^tutnrde Philippe V, ■* oardàtal Flaary, «mc 
d4t Ttmanfoet i* oomtt de Kamgiegg, ambattadear de VEmpemr, i2 
et te aoit i726. 

Lettrei de Sinxendaïf on hanm de Foiueea, et de Fwtteoa à Singeadorf, 
18, 20 décembre 1726, li janvier 1727; da eomt» de Kanigiegg à 
Philippe V, 23 janvier 1727. — AkaU, 3602. 

Lettres de Ripperda aa Roi et à la Reine iEtpagne. — Aleala^*'', 6823. 

Lettres et irutraetioni d'Orendayn à R^perda relatives à la conclusion de 
lapais avec rEaiperear, 1725. — Akala, 3651. 

(I) Non* ■vont eo commaniration de cei lettre) en 1887 et m 1 SgS 1 eHet 
auraiit aanidoBUiU rejdieta par erreur (Uni nne antre liaue, car, en iSgt. 
an n'a pa let retreaver dani U liuw i8i3. 



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— 361 — 
Lattrw im^euBirÉÊ airmiai amdacJé RipperJa, 1726. ~ Akak. 766. 
Document) reltliji à la dxsgrAce àe Rïpperda, i736. — Alcala. à828. 

Le* documenti rriaUb à la récondliation de la France el de l'Eipagne 
(à partir d'août 1737), au traité de Sriville et an congres de Sois'ona 
•e trouvent en grand nombre à Siotancas et i Akala. Noua lei avons 
déjà ùgnaléa pour la idoparl dana noire précédent rapport , mais il con- 
vient d'atfirer l'attention d'une manière particulière lor iei suivants: 

Intlractioiu Sat pUnipotentiairet in, eiMgrit ée Soitioiu al eorre^Hmdanee 
de* mémet mac h morfoù Je la Paz [OrmJayn), miniiire d'État. — 
Simamai. 7560-755S. 

Corrtfpondanc* de Bamneehea, pUiùpotentiain iEtpagne, pendant le 
dernier umettn dâ 1738. — Simancai, i356. 

Bamaeckea aa nur^oû de la Paz, 3, 17, 27 noeemhre, 16 décambre 

1727. — Simaaca*, 7561. — Le mime an même, 5, 12, iS jvamtr 

1728. — Simmeas, 7551. 

Le marquit de U Pat sa mariait de &nta-Cra2, plimpotâMiaire iE$- 

pagne, 15 jamier; à Saitta-Crnz et à Barrenedua, 15 et 26 janvier 

1728. —Simaïuat. 7âS2. 
Saaia-CnxàLaPa£,26jamier. 2. 16fioritr 1728.-— Simaïuat, 7 551. 
Barrenediea à La Paz, lôfivrier 1728. — SimaneoM, 7551. 
SanbhCna «a même, 2, 16. 23, 29 mon 1728. — Simaneta, 7562. 
Barrenedea aa mAiie, 9 mon 1728. — Simaoeês. 6356. 
Instractiom et lettres iecrètei envcjiet aux pUnipotentiairei par le mandait 

de la Paz, 22 mm 1728. — Simancat, 7560. 
Bajrmeelua à La Paz, 5 aerit 1728, — Ibid. 
Lettrm de don MeMor Maeanaz au mar^aie de la Paz, num-avril 1728. ^ 

Ibid. 
Minute ia VInstraetioA envoyé» aux pUnipotentiairet Je Soitimt le 12 mat 

1728. — Ibid. 
Santa^mz à La Pat , 17 mai 1728. — Simancai, 7562. 

D^>éehe$ et inttraetiotu tecrilei eKtoyéee aa duc de BoamomiîHe , plinipo- 
tentiaire iEtpagne, et lettre» da dac de Boamomille au mariait de la 
Paz.jain 1728. H y a dans cea documenta de* renteigneaieata cu- 
rieui et importants «r la tante de Philippe V, set vdMité* d'abdi- 



,dbyGOOgIC 



c«tion et let a&ires les pln> leerUet trailAM flolr« 1m deox coon 
de France el d'Espagne. À ùgnaler noUmment la lettre du duc de 
Boamonrille, a6 juin 1728. — Simancai, 15M et 754$. 

Let fUiûpolentiaire$ de Sommu aa martfaù de la Pa*. 33-23 jmn tl28. 

— Sinuatcat, 7544. 

SaiOa-Crax à La Paz. iS et 21 jmOet 1738. — Sinmcai. 15US. 
Barrmacketà LaPaz.Saoil 1133. — Ud. 
Les pUnipolentiairei au mime, 7 noilt 1138. — Ibid. 
Capte ion Mémoire eoiifidentiel remit par let plàûpolaiiiaint (W cardinal 
Flewj. 7 aoit 1738. — SimMOtu, 7540. 

Lettrei leerètet du dae de Bounonville aa manjaii de la Paz et dk nur- 
qait de la Paz aa dac de BoKrmmtille, aoit 1738. — Ibid. 

Lt dm de Boanumvitle aa marfoû de la Paz, 31 aoAt 1728. — 5i- 

maacat, 7545. 
Saota-Craz à la Paz. 31 août 1738. — Simaixat, 7Si3. 
Bantnechea aa même, 4, 18 oetoiri. — Simanetu, t3S6. 
Let pUnipolentlairet aa mime, 27, 28 uptembn; H, 13 octotn 1738. 

— SioMncat, 7544 et 7543. 



BajTtaackea aa même, 4, 18 octobre, Simancat, àSSà. — 1" novembre, 

ibid. 754J. — 8 aovembn, ibtd. &S54. — 17 nmemire 1728. ibid. 

7544. 
Sanla-Craz à la Paz, 36 nowmirr; 6i-déçfmbn 1738(. -~- Siaaaaai. 

7544 el 7543. , ' 

Belatioa prêtent^ à Philippe V par le marguu de la Paz tur l'état de la 

négociation aoec la Franc», 27 dècemhte 1738, — Simancat, 7543. 

BarrenecheaàLaPaz. 13,31 décemh» 1738.— \àii>. 7543 et 7546. 

La minu aa m^me. 17 et 35 janvier 1729. -r- Siilaiusat..76&6. 

Santa-Cruz aa mime, 12 février 1729. — Simancat, 7547. 

Analyte det htiret de don Melchor Macanaz aa mandait de h Paz.Jaite 
par le marqaii de la Pax,févner 1729. — Simancat, 7SU5. 

Let pUmpotentiairet aa marqait de la Paz, 28Jéorier, 7, li mort 1739, 

Simancat. 7547. — H, 15.26 avril 1729. ibid. 7545. — 1', 3. 7. 

16. 21, 39. 30 mm 1739. — Simancat. 7568 et 7SS3. Cn lettre* 

' ont une importance capitale dai» l'hiatoire dei néfrâciatUini ; elW 

•oot trto étendue* el clù0rée*; le Roi et la Rein» d'Espagne en ont 



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— 383 — 

pro penonadlement connuiMnoe. EHe* cootivonenl l'birtoire de 
la cHm décùive de U politique ecpagnirie à cette époque. 
Santa-Cnix »t Bamnechea au marqaii de la Paz, ti juin i729 (irèi 
importante) et 30 juin. — Simaacat. 7543. — H juilltt. i', 1. ii, 
iS. i9. 30 ao&t 1739 [fbakjin confideatiellci). — Simmeaj. 75i3 
tl 7569. Piuiùun de cei lettres oot été aoalytées par le marqni* de 
la Pas; cei analyseï ae trouvent dans lei liauei 75i5 el 75â0. ii , 
i3. Si ttpitmbrg, — Simmeta, 7550. 
Le nanjuis Je Santa-CruxaanumjHitJêUPiix, 8, i3 Hovembn t739. 
— SimoRCdt, 7556. Celte dernière lettre qui a été lue par La Pai 
aa Roi et & la Reine d'Eapagne, peal aervir d'épilogae à la négociation 
du traité de Sév^le; elle annoDce d'une façon preeque prophétique 
loatei le* difieulté* qui devaient aortir de ce traité. 
Lm fltûpotentiairti au mariait de la Paz, 33 itmetnhre i739 al 28 
HOoemirt i739. . — Sinumcef^ 7551 et 755/i. 

Les divers projets et mèoioireo relali& au traité de Séville ce trouvent 
i Simancat, 755a et à Alcaia, 34oa ; tous se retrouvent à Paris au Mi- 
nistère des affaires étrangères et plusieurs ont déji élé publiés. 
Officet de f Àmbatiadear en Frmieé, 1738-1729. —Siouaieai, â355 et 6356. 

Aux documeots relali& & la tentative (aite par Philippe V, en no- 
vembre 1738, pour l'assurer le IrAoe de FrsAce en coi de morl 
de Louis XV, documents ùgualés dans mon précédent rapport, il faat 
joindre quelques dépèches (5-33 lunembn 1728) des plénipoleoliaires 
Santa-Craz et Banejtechea qui montrent la part prise par ces représenlants 
offidds du Roi d'£<>pagne i l'eiéoution de ses volonléi sur ce pinnt. 
— Sùtuucat. 6356. 7566. 7565. 

II 

DU TRUTB DB S&TILLB AD TRAITÉ Dl FOHTAIHXBLUD. 
1729-1733. 



1730. 

ComsponJanct da marqua de Cattelar, ' amèauadear d^ipagiu à Parii, 
avec le marqua de la Paz,jm de 1739. — Simancas, 6358. — Minuie 
d»$ lettrei d» don Famoado Trmmo,tecTélain de l'ambauade, et da mar- 
4juii de Cailelar. — Alcali, 6071. 

3, 16 novembre; li, 38 décembre 1730. Ces lettres, fort intéres- 
santes, font bien connaître les dispositioni du cardinal Plwrj. 



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— 384 — 

Comtpoitdanet éei pUaipottMtiaim du ooHgrèi (te iSmikhu «we k mtn^uu 
de la Paz, 1730. — 5i'mwiciu, 155i~7558. ~ AkaJa. 3375 (um 
partie ■eulement). 
ig janvier-3 féïrier-g février. 

Lei mimet aa marqaii Je la Paz, 30 mai ilSO. — •Sûiumctu, 7553 et Al- 
cala, 3375. Lettre très împort«Dteau point de me des dùposition* da 
GoaTernement français reUtivement i rexécntion dn traité de SéviUe. 
Réponse du marqaii de ta PazàcetU lettre, Sjotn 1730. — Âkala. 3375. 

le» mimes aa marqua de la Paz. tO . 13. 16 juin, i9 juillet: 23. 30 
août; 35 lepUmirt i730. — Simaitcai, 7553. 

Let mimet au marqait de la Pat, 36 juillet 1730. — Alcata, 3375. 

Importante dépMie de 63 f*g^ > accompagnée de* mémoirei échangea 
entre Ici plénipotentiaire! eipagnoJi et le Gouveraement firançab. 

£.«1 mimes au marqaii de ta Paz, i septembre 1730. — Simaneas, i3S8. 

Minatei Jet dépêches dt don José Patino et documents divers relais aa 
canaris de Soissons, 1730. — Simancas, 7559. 

Documents touchant aux Èbiti de Parme, Plaisance et Toscane, 1730. 

— Simancas, 7560. 
Lettre Ja cardinal Fleury aa manfois Je ht Pa» al aiwnMUiiHU de Phi- 

lippê V, hfhrim- 1730. — Aloala, 3375. 

Inttruclions et autres documejtit relatas à la mission du comte de Vatverde, 

en France; mars-mai 1730. — Alcala, 3375. 
Offieet Je rAmhanaJeur. — Simancas, à3S7. 
Lettres adressées par les agents i^a Roi dEspagne, dam les differtntei villa 

de VEurope, aa marquis de Caslelar, ambatsaJear à Paru; septembre— 

décemhre 1730. — Alcata. &1S1. 



Comtpondanee da marquis Je ta Paz et da Vittariat omc te marquis Je 

Castelar, ambassaJeur à Paris. — Alcala, à09i. 

6, 3i jaavier; 5, i5, 19, 37 février; a, 3, 3o, 3i mars; 3o ivrU; 
3,11 mai; 1", 16 juin; 7, i3 juillet; 13,17 octobre; i3 navembre. 

Cmrespoiidance Jst marquis Je Casteiar avec le msuquis de la Paz. — Si- 
mancas, Ii360-i363. — Alcala, hi53. 
ag, 3o janvier: 8, 10, la, 16, 96, 37 février; 5, 10, 1 5 man; 4, 

9, la, aa avril; i3, aS mai; iSjoin; a, a3 juillet; ao aoùL 



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— 385 — 

Offices de VAmbaitadeur. — Simaneoi, iS6S-i36i. 

Lettres adreuéei par iei agenti da Rot d'Eipagne, etc., nu marqaii de 
Castelar, ambauadear à Parii : Rame , P»rrae, Vienne , S'-Pélersboni^ , 
La Haye, Florence, Turin, Hambourg, Marseille, Livoume, Lu- 
cane, Amsterdam, Lbbonne. — Aleala, àîù8. — Bruxelles, Gènes, 
\efntt.—Alcala,âi73. 

A partir de i^St commence la Comspoadance de Don Carloi, plat 
lard Charles JII, aeec le Roi et la Raine ^Espagne. Noua avons déjà 
signalé cet important document dans notre précèdent rapport. Depuis 
lors, M. Oanvita y Collado en a tiré bon parti dans les deui premiers 
volumes de son Histoire de Charlei //f (Madrid, 1893 et 1893). 



Correspondance da manjuis de la Paz mec le marquis de Castelar. — 
Aleala, 6i65. 
ijmars, 17 juin, 19, a6 décembre. 

Correspondance da mariait de Castelar avec le marquis de la Paz. — 

Sitaancas, à366 et i36T. — Aleala. 6i65. 

38 janvier, 3. 3J mars, a avril, 8décembre. 

La correspondance diplomatic|ue de 1733 présente peu d'iotérëL Le 
marquis de Castelar se borne le plus souvent h donner les nouvelles de 
la Cour et à raconter les afiaîres du Parlement. 

Le maréchal Je Villars <u Roi iEtpagne, ta septembre 1732. — Akala, 
3QV. 

Offices de T Ambassadear. — Simancas, i368. 

ItCttres adressées par les agents da Roi d'Espagne, etc., aa marqaii de Cas- 
telar : Lisbonne, Londres, Florence et Plaisance, Gènes, Livourne, 
Turin. Vienne, La Haye, Hambourg, Ostende, Bruxelles, Venise. — 
Aleala. nos et &i3i. 

.733. 

Correspondance da marquis de la Paz, pais de don José PatiHo, secré- 
taires d'Étal, avec le marquis de Castelar. — Aleala. Hôl et {pour une 
partie seulement] Simancas, 'i 369. 

5 avril; Il mai; 1", 9, 3g juin; 8, lo juillet; 3, i4> a6, 3i août, 
3, 17, 38, 3o septembre; i4, 30, 33. 38 octobre; i", 7, 10 no- 
vembre; 16 décembre. 



,dbyGOOgIC 



— 38» — 

Corrupondance du marfoii de Cattelar «l d» doa FentaMdo TnviiB, neiv- 
taire Je Vambastade , avec le marquis d» la Paz. paii, à partir d'avril, 
avec don José PatiSo. — Alcala, iô66 et Simancas, i373. 
19 janvier; 17 mars; ao avril; ^5 mai; i5, 39 juin; 6, ao juillet; 

3, 10, 17, 34 août; i5, 31, 39 septembre ;9, i3, 19 octobre; 1", 8, 

33 novembre ; 4. 9. 31 . 38 décembre. 

Lettres, mémùires et billets adressés par les ministres da Roi de France aa 
manfais de Castehr, pendant son ambassade. — Alcala, âH7. 

Lettres adressées par les agents du Roi d'Espagne, etc., au marquis de Cai- 
telaret à don Fernando Trevino : Venise, Panne et Plaisance, Itome, 
Vienae, St-Pétenbour^. La Haye, Bruxellet. — Alcala, ât26 et 
ài27. — Londres, Lisbonne, Luceme, Livoume.Strasboui^, A^e, 
Amsterdam, Turin. — Alcala, ài59. 



DU thaite db fontaine&lbau au tbaitb e 
1733-1738. 



1734 (et années suiianles). 

Correspondance de don Fernando TWiiino avec don José Patina. -~ iSt- 

mancai. à37l et à373. — Alcala, 1(106. 

A ce moment, l'alliance est très étroite entre la France et l'Espagne; 
peu de questions donnent matière à discussion; cependant la correspon- 
dance diplomatique contient des détails intéressants sur la guerre 
d'Italie, l'accession de S. M. C. au traité de Turin, les affaires d'Me- 
magne. 

Lettres adressées par les agents de S. M. C. à don Fernando Trevino : Lon- 
dres, Lisbonne. Venise, Turin, La Haye, Amsterdam, Perpignan, 
Barcelone. — Alcala, H50. — Bruxelles, Naples, Rome, Florence, 
Gtnea et Livourne. — Akala. il57. 



Documents relatifs aux dispositions, opérations et armements maritimes de 
l'Espagne et de la France ponr la guerre dltalie. 173â-i735. — Si- 
mancas, W75. 

Documents relatas à la médiation offerte par l'Angleterre et par la Hollande 
pour conclare la paix, t73à- 1737. — Simancas, 4374. 

Correspondance du marqmt de la Mina et de don Fenuado TreviÂo swf 



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Fateord concAi mtn h Roi et FEmperame tt let cetiotu rteiproijiui tn 
Iflie. aS&-i1S1.—Sinuacai. à316. 

relatÎM a«« JépeoMi tMrturJàuiintfuiUi de 11 Si i i738. 
SÙMHcat, 4377. 



CoTntpoiuUoKe de don Josi Patino mec Trmino, 3" lemMtre de 1735. 

— Aleah. HSS. 

3g juiHeti g, a5 norembre; 8, i >, 36 décembre. 

CofTMpoiuiiinca de don Fernando Trevino avec Patino. — SimmuMU, â37S; 

— Alcala. M9U et i089. 

18, 3J, 3i janvier; i4 réYrieri li nun; 4. i> avril; 16 nuii; 6. 
ao juin; 3o soùt; 5, 8. 17 leptembre; 1", 7, i4. ai, 37 Dorembre. 
I^ corretpondance di[doniatiqne de 1 7^5 est beaucoup [dut ïnt^reHante 
ijae celle de 1734; dU abonde en détail* précieux <ur 1m aflairei 
d'Italie, d'Allemagne et de Pologne. 

iMtret da morfoii de Saint-GU à Trevino »r la mjoeiatioa de ta eoar 
de France avec la cour de Vienne {i partir ^octobre t73S^ — Alcala, 
âiOi. 
CofTeapondanee intèrenante. 

Dociunentt relatif à la campagne da maréchal de Noaillet en Italie, pen- 
dant tannée t735. (Voir mon précédent rapport, p. ç)5.) 

Lettre* adiettéei par lei ageiUt da Roi iKipagne à Treviàù: Bnuc4lM, 
Ia Haje, Florence, Barcelone. — AUala, àiOk. — Home, Toriri, 
GèDea, UaraeiJle, Veniae, livonme, Naplea, Liabonne, Londrea. — 
Ahda.àiOl. 

Corretpondance du mar^ms de la Mina et de Tmiiio lar let qatttîont pen- 
dantes entre t'Eipagne elle Porlagal, 1735- 1737. — Simancat, 4379. 

Docamentt relatai à dàen emoit JaiU de Frtnce A laJàmiUe rcrrale itEt- 
pagne, à la eenae da peintre Vaatoe et d'aatrtt artittei, de* ehirargieM 
Petit et Detprez, etc.. etc.. i735-i739.—SiMa»eaM, iSBO. 

1736 (et anndei inivanlet]. 

Carreipondanee de don JotéPatiAo, pait, à partir de novembre, de Sébat- 
tien de La Qaadra, tecrétaire d'Etal, avec don Fernando TVwiro. — 
Alcala. atS3. 
1", 6 et 36 janvier ; 18, 30 février; 34 mari; 16 avril; ■", 7, la 

mû; 10 Mpleinbrc. 



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— 388 — 

Conttpondance dt Ain Fernando Treeino avec don Jotè PatiiOt pnit utte 
Sébastien de La QuadTxi. — Simancat. U38i et 6382; — Alaih, A09i. 
g, 18, i4. aa janrier; 5, ay février; 5, a6 mars; a, a3 avril ; ai, 

3o juillel ; i3 août ; 3 septembre. 

Doemnents rehtifi à l'acceuion dt TEtpagne aax prélimiaairtt convenat 
entre ta France et l'Empereur. — Simancat , U383. 

Lettret adreitéet à don Fernando TVmtiio par U* agenU du Roi d'Etpagnt : 
Turin, Barcdone. Gëoei, Florence, La Haye. — Alcala, H36. — 
Naples, Livourne. Venise, Bruxelles, Londres. — Alcala, HS7. 

Correspondance entre don Fenuindo Trevino et le manjiùt de La Mina, 
i736- 1139. — Simancat. 0386- 

1787 (et (DDëet suiianlea]. 

Correiportdance de don SSastien de la Qaadra avec le man/aii de La Mina, 

ambatiadturà Paris. — Alcala, H58. 

5, 27 mars; 1", 8 avril; 1", i3 mai; 1 3 juin; 3, 3o septembre ; i"oc- 
lobre; a5 novembre. — Sîmancas, Ù388. 

Corretpondance da manjiiii de La Mina avec don Séb(uli«ii de La Quadra. 

■— Simancas, &385 et U386: — Alcala. i085 et 6139. 

lA janvier; 11, 18, ao, 2&, a& février; 4. 11. 17. a4 mars; 1". 8, 
i5, aa, 34, 39 avril; 6, 10, i3, a3 mai; 3 juin. — Alcala, 6i39. 

1", 39 juillel; £», la aoât; 5, 16, ai septembre; 11, ig octobre; 
3i décembre. — Alcala, 6085. 

Les dépêches du marquis de La Mina sont généralement intéres- 
sanles; elles sont sobres, nettes, quelquefois cassantes; on y sent une 
profonde antipathie contre le cardinal Pleury et une médiocre sympa- 
thie pour ia France. 

Lettret adrtssiet par Ut ayenti da Roi à'Etpogn», etc., an nurfoû de La 
Mina: Londtes, La Haye, Livourne, Florence, Venise, Nafdes, 
Gènes, Turin, Hkdrid, Borne. — Alcida. 6l6i. 

OpcitdeVAmbattade,de il 31 à H 39. — Simancat. 6381. 

Docamentt relatift aa rappel 4a comte de Vaagrenant. ambastadear de 
France à Madrid, et da chargé d'affaires Champeaax. aînti qu'à la nomi- 
nation comme ambassadear da comte de La Mark, 1737-1739. — 
Simancat, 6388. 

Recueil de lettret sur la mauvaite santé da cardinal Fleary et lar lei per- 



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soiuiages qui peuvent lui saecèder ait minutère, USI ■ilS9. — Si- 
maucat. i389. 

Comtpondance du marquU de La Mina tar diven projeli d'alliance et de 
traités de commerce propoiêt par la France. — Sîmancat, i390. 

Lettres du mnr^uù de La Mina à don S^aitiea de La Qaadra, et divertet 
autres lettres relatives aa mariage de Don Carhi, roi de Naplei. — 
Alcala. 2561. 

Corretpondance d'Amtht avec le manfoii de La Mina, relative à la négo- 
ciation de Porlagal et ans affairée de Parme, il31- i738. — Alcala, 
2659 et iO&6. 

Doeamenti divert provenant de Vambassade ^Espagne à Paris {Marquis de 
La MiM), de 1137 à iJiO.— Alcala. ii88. 



C&rrespondante de don Sétxatien de La Qaadra oveo le marquis de La Mina. 

— Alcala. tt08i. 

lO, 3d Cèvrier; a , i3 man; iS nui; 37 juin; h août; i3, 39 tep> 
tembre. 

Corretpondance du marquis de La Mina avec don Sébastien de La Qaadra. 

— Simancat, â391 et U392; — Alcala, Ui33 et UHi. 

i3. 30, 37 janvier; 3, 16 février (cette dernière, AUala, àiSà) ; 
13 , a4> 39 m*n ; 7, id. i&, 36 avril; 13, 36 mai ; s, 9, 16 juin; 
i4 juillet; 11, la, 3^ août; Â, 30, 37 septembre; 18 octobre; 38 no- 
vetûbre ; 1* i5, 39 décembre (très intéressante). 

Affaire da lieur Cornet; accusationt portées contre la Rein» ^Espagne. 

— Alcala. 2961. 

Doeumenli rvtoti/t à divers démêlés entre (Espagne et l'Angleterre. — ■ 
Simancai. i393. 

Lettres da marqBÙ de La Mina et quelques antres lettres relatives au 
mariage de l'injant Do* Philippe. — Alcala, 2500. 

Lettres adressées par les agents da Roi iEspagae, etc., au marquis de 
Xa Mina .-Venise, Lncerne, Naples. Turin, Florence. — Alcala, HiO. 



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IV 



s TIEHIIB kV PACTB DB rUIlLLB DB FOHTAmKBLIlD 
1738-1743. 



■ 73g (et annéM niTutes). 

CorretpanJanee du marqua da VUhriat [Sébailien da La Qaadra) omc h 

marqaU de La Mitut. — Àkala, àiSà tliOlO. 

19 janvier; 3 février; 17 aura; aoivril; i3,3oinu; 37 juiQel; la, 
19, aSaodt; 10, lii^Lembra; 7 dteembra. 

Corre^Hdane* du manjaii Je La Mina avec U marqua Je Villanas. -— 

Sinumcat,i39i-à396: —Alcala, âJSi et HiS. 

E> janvier; 1", 3o inan; 6. 23 avril; i4. 3o mai; 8, i5 juin; 3,10, 
s6. 3i aoât; 7, i4. aS Mf»tembra; 19 octobre; a, 9, a3, 3o a»- 
vembre. 

Lettrai adresiiet par les agents Ja Roi d^Espa^M, eic, aa marfBÙ de 
La Mina : Vienne, La Haje, Turin, Livourne, Florence, Rome. ^ 
Aleah. àiiU. — Londrei, Dresde, V^iie, Naplei. —Alcala, H20. 

Documeatt relatifi è la négociation Jet Imita d'aBiance et de commerce 
pj^otn eiart la Ftxuu» M l'Etpagn*. i739-i7i0. — Simaneat.à397. 

Correspondance Ja marquis Je La Mina, relative aux dépemu axtnorJi- 
nairet Jailet par lai et le prince Je Campo-Florido m llSQ-iTiO. — 
Simaitçai. U398. 

■7ta (etana^M idrante*). 

Corrtipondwtee da marquit Je Villuriat avec le marquii de La Mina, pai$ 

avec U prince de Cwnpo-Florido, ambaisadeun i Parit. — Alcala, 

i067. 

SaoAt; a4 Mptembra; 5, lâ novembra; 5,9 dècondiro. 

A cette correipoodaoce «emMentun ^ndnombra demémoîm, de 
copies de lettres du cardinal Fleory et de U reine d'Espagne. 

Correepondance du marquis de La Mina avec le marquis Je VUlariat , jan- 
vier-juillet iJâO. — Simancas, U06 et Alcala, UOSl. 

Correspondance da marquis de La Mina, relative au^ trmtés ialliance et de 
eommerea projeta entre la France et tS^tagne. — Simaneas, ià03. 



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Lettrti tt docamenlt diveii nïatifi à In nomination Ae Campo-Florido comtne 

ambattadear à Parit. — Simaneas, UùOi. 

Le rem placement da mar4|iiiB de La Mina, brooilM aTec le cardiiud 
Fleurj, par te prince de Canpo-Florido eêt déôdi dés le mois de jan- 
vier, mail Cunpo-Florido n'urive à Parii qne le b juillet.- 

/nitmcli'oRi donnéei par (a marifais Ae Villariat an prince Je Campo-Fhrido. 

— AJcala, i067. — Dépêches exlraordiitairu da mime aa même. — 
&maacai, H02. 

Correspondance dit prinet de Campo-FIorido mec Is mariait de Villarias. 

— Simancai, â399 et UOO; — Aleah. U98Î. 

39 juillet; a5 août; 6 septembre; 39 octobre; 8, 37 novembre; aa 
déccôi^re. 

Le* déptche* do Cunpo-Plorido sont intérosHnlei par la qnmilitA do 
faits qu'dles contiennent, mais elles sont «slrèmement diffuse*; dlei 
atteignent souvent 4o, 60 et m&ne 80 pages. 

hocamenU relatift aa traité de commerce projeté entre la France tt (Et- 
pagne. — Simaneai, iUO&, 

Documtnls relatif à la négociation ion traité ^alliance avec la France, 
de neatralilé avec la Hollande, k Portugal et Ut DeuxSiciUi. — 
Simancat, iiOS. 

Lettres adrestéet par Us agents du Hoi ^Espagne, etc., aa mitr^ttu da 
La Mina, pais au prince dt Campo-Flondo : Naples, Livoume, Venise, 
Florence, Turin, Rome, La Haye, Hambourg, Vienne. — AleaUt, 
ât08. 

Lettres et noies échangées entre Am^ot tt Campo-Fhrido aa sajet des affaires 

commerciales, ilàO- ilUU. — Aleala, iîOS. 

Les lettres de ij&o-fjii sont généralement d'un inlérfit médiocre; 
celles de ly&S- 1744 sont plus importantes. 

Correspondance de don José del Campillo et de Campo-Florido, HiO- ilki. 

— Aleala, àOn. 

Lettres du cardinal Fleury au prince de Campo-Fimdo et Mémoirt» remis 

par le prince de Campo-Florido aa cardinal Fbary, mai t7à0—jaiaier 

t7&3.—AloaU,iÛ37. 

Lettres : 11 mai; 9 juillet; ao, 36 septembre; i3 décembre 1740; 
6 juillet 1741 ; 29, 3o juin; 38 juillet 174a- 

Mémoires: 3, ao avril; 34 mai 1741; aSjmn; aS jniUet ; g, 10 sep- 
tembre 174a. 



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Ces documents ont ane réelle importance: on le* retrouve au Mioù- 
tËre des alla ires ëtrangëres. 

Doeununù rtlatift aux «scaitres Je Franea et tCEipagne en ÂmériqM, 
tlliÔ-ilài. — Simaitcai. U07 et bW8. 

Offieei de XAmbtutaie. lliÔ et ilUi. — Simanau, à&09. 

1741 (et annÈBi snjvutes]. 

ContiponiaBce du manfaii de Villtniai aeec h prince de Campo-Floridù. 

— Alcah. iOn. 

S janvier; 7, i3. 30 février; 8 mars; g oui; 8 juin; 18, 30, a6 
septembre ; i5, a g octobre. 

CoTTeipondattee da prince de Campo-Floiido avec le maryiuf de Villariai. 

— Simancat. âiiO ■ iiiS ; — Akah . H09. 

18, 30, 37, 3g janvier; 3, 11, 18. a6 février; 3, 5, i5, 30 mars; 
1", g, 16, a4 mai; 16, 18, 19, 31 juin ; 3, 1 1, 17. 37, 3l juillet; 
9, i&aoùt; 8 septembre; 3 octobre. 

Lettre) adntiéei par les agentt da Roi d'Eipagne, etc., au prince de Campo- 
Floriio: Turin, Naples, Venise, Livoume, Rome, Florence, Mar- 
seille, Francfort, Copenhague, Suède, La Haye. — Akala, it35. 

Correipondanee da manfttU de VïUarias avec le comte de Bena, ilài - 
i766.~-Aicah.2918. 

Correqtondancë da comte de Bena avec le manjaii de VUlariae, ilàt - 17 i2. 

— Simanau, 6àl6. 



Corretpondance da mar^mt de Villariat aeee le prince de Campo-Florido. 

— Akaht. i087. 

18 janvier; 17,31 février; la, i5 avril; 3, 10 juillet ; 3, 35 sep- 
tembre. 

Correipondanee du prince de Campo-Florido avec le mariais de Villarias. 

— Aleaia. i065; — Simancai, Hi8-àlt2S. 

33 janvier; 19, 33 ftvrier; 1", 19, 33 mars; i", 3o avril ; 6, 18, 
33. 38 juillet; 3, 10. i4. 3i aoAt; 3, ai , a& septembre; 3t 8, td 
octobre ; ■",3,17, 3o novembre ; 7, 1 a , 1 5 , 16 décembre. 

Les lettres du mou d'aoâl présentent un grand intérêt au point de vne 
de l'hiitoire des négocistioiia de la France et de l'Espagne avec la Sar- 
daigne. 



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— 393 — 

Correipondanee de Campo-FloriJo tnec Jon Jaté Campilb. — Aleala, 32t7. 

Cormpondanee de don José Campilio avec diven penonnages. — Âlcala, 
&091. 

Lettret de condoUancei pour h mort de h reine Lottiu-ElUabeth, vtuvt de 

Louù i". — Aleala. aen. 

LeUrti de l'Ii^aiU Don Philippe aa Roi et à la Rtine iEipugae. — Akàla, 
270i. 

Correspondance entre le man/aii de La Enunada [cour de l'Infani Don 
Philippe) et U prince de Campo-Florido. — Aleala, Ulià, 

Lettres du comte de Bena aa marifais de La Enseneda et à don Josi 
Campilio, relatites aux affaire* tC Allemagne, — Aleala, 3217. 

Lettres du comte de Bena aa manfais de Vtllarias, mai-décembre ilk2, 

— Simancat, U&26. 

Lettres adressées par ki agents da Roi d'Espagne , etc. , au prince de Campo 
Florido : Fttachrt, Hamboui^, StocLliotm, La Haja, Aiic, Marseille, 
Toulon, Anlibei, Livoume, Turin, Rome, Naples. — Aleala, H2i 
et ii25. 

■ 743 [et timiei auivaDtes). 

Correspondance da margais Je Villarias avec le prince de Campo- FlariJo. 

— Aleala, am. 

si janvier; g février; ai avril; 37 nui; la, 18, aS juin; 6 juillet; 
8 octobre ; 6 DOTembrc. 

Correspondance da prince de Campo-Florido avec le margais de Villarias. — 

Simancas. ii27-U36: — AUala. UiSi et ûi52. 

ai, 38, ag janvier; 36 février; 3, i4. 17 mars: a, i3 avril; 6, 37, 
ag mai; 3, ai juillet; 1", a4, 37 août; 7, i4, 19, aa septembre; g, 
16, a5 octobre ; la, i& novembre. 

Lettret de l'Infant Don Philippe ait Rot et à la Reine d'Espagne. — Al- 
eala, 27â8. 

Lettres da margais de La Mina et da marguii de La Enienada {cour de 
l'ii^ant Don Philippe) au prince de Campo-Florido, et réponses de Campo- 
Fhrida. — Aleala. &i02. 

Lettres adressées par les agents du Roi d'Espagne, etc., au prince de Campo- 
Florido : TouloD, Livoume, Borne, Rimini, Venise, Naples, Lucerne, 
Francfort, Hamboui^, Stockholm. — Aleala, U128. 



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— 394 — 

Officu de TÂmlimaàe. — Sîmancat, â637. 

U^oires ichangh enhv Amebtt et Campo-Florido an sujet des ùffdirt 
d-ItaUe.^Aleala,ûOS2. 

Intiraction remise na comte Je fiera, prince de Maserano, pour h traité 
■ avec i'emperear Charles VII; copie da traité avec h duc de Moéme et 

ateo Venise; antres pièces te réflmni au Cùitjfrès de Francfort. i7à3- 

i7H. — Simancas. 7578 et Akala. 2978. 

Correspondance dn comte de Beua, prince de Maseraju, avec Je mor^où dâ 

ViUarius, n63-I7U.—SimaHcas. UU8. 

i3, a8, 19 janvier; 4 février ; 11 mars lydS. 

Cette correspondance, fort intéressante, donne, avec une sûreté et 
une sobriété qui contraslentavecla diffusion de Gaœpo-Florido, l«a nou- 
v^lea de b guerre ei des cours étrangirei. 

Correspondance du prince de Campo-Florido avec le comte ^Argenson, 

i;43-i746.— AUala.MiS. 

Armement, entretien de* troupes, pasugQ et entratien des troupes 
espoj^noles en Dauphiné. 



DQ PACTB BB FAUHXE DB rORTAINEBLBAa 10 TRiJTI 
D'Ail -LA -CHAPELLE. — 1743-1743. 



Coire^ondance d» marquis de Vîllaiias avec le prince de Campo-Florido. 

— Alcaîa. â063. 

i5 janvier; g, i4 février; i3, a5 mars; 37 mai; 17, 97 juin; 33, 
3o août ; 1 5 septembre. 

Correspondance da prince de CampO'Florido qmc le manjais de Villarias. 

— Simaacas, &H0-Hà6; — Alcaia. 606U. 

litres et Documents relatifs au mariage de Vlnfante-Danphine Marie-Thé- 
rèse. — Alcaia, 2520. 

Lettres de rinfattt Don Philippe au Roi et à la Raine d Espagne. — Aieala, 
270i. 

Lettres de LaEnsenada et de Mmiiaài (e«ip ie rinfânt Don Philippe) à 
Campo-Florido. et répotuei de eelai-ei. — Alcaia, H80. 



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CamtpondajKe du comte de Monlijo et de dm Antoitio Saittos Onltia tur 
diverses dépendances da coagrit de Francfort. — Simancas, 7579. 

Offices de VÂmhassaJe.— Akala, i&iT. 

Lettres adrttséet /xv- Im agents dix Bai d'Eipajae, etc. , au prime de Cantpù- 
Florido : Toulon, Gènes, Livourne, Manulle, VcnÏM, Naplei, Lis- 
bonne, Rome, Cbambfrf , PnncTort, Hamboarg, Hollande. — Al- 
cali, um. 

CorretpoRdanee àa prince de Cempo-Fhndo et da niar^aisd' Argentan, J744- 
1766, — Akala. MiS. 

Lettres et Miamret da mariiM de Noailles airestit wi frinee de Campo- 
Fhrido et réponses de eelai-ci, i7ûâ-17à6. — Aleala, hOST. 



Correipùndanee da manfoit de Villarias mee le frinee de Campo-Flaridù. 

— Alcah, 6060. 

Sjuvier; a3 février; Si tovi; 19 mûi 3i Jnillat; aa «oùti 7, aS 0<S 
lobre; 7 novembre; iS décembre. 

Carrespondance da prince de Campo-Phrido mee le manfuit de Villarias. 

— SimMcat, ii5&'US6i — Akabi. itiS. 

8, a5, a6 janvier; 17 nun; la, 39 avril; 5, la, aa mai; 19 jaio; 
18, a3 juillet; 4. 11. 16. 3i aoàl: i3, a3 saplembre; 8, 3o no 
vembre ; ao décembre. 

Les lettret de la demième moitiéde l'année contiennent des ddtaUi 
intéressants sur la poUtiqne prussieiuie. 

Lettres de V lofant Ùon Phllif^ an Roi et à la Reine f Espagne. — Aleala, 
25i9. 

Lettres du marguis de La Ensenada et de Mamatn am prmee de Camp^ 
Florido et réponses de celai<i. — Alcaia, 6082. 

Relations des campagnes faites par le Roi Très Chrétienen f745. — Sinu»- 
eas, àà6i. 

Offices de VAmbassade. — Sijnmuas. AâS7-ii58. 

Lettres adressées psK- les agents du Roi d Espagne, lU. , am prime Je Camp» 
Florido : Stockbolm, La Haja, Draade, Manvefa, Liw«iie, Vnise, 
Rome. Naplet, Nice. — AleaU, HS8. 



rfbïGoOgIc 



CoTnfp<mdance Ju marf où da Villanai omo b prince de Campo-Flùridù, 

— Akala. iî6t. 

A, 96 février: 16, Sontu; 29 juiUet. 

ComiponJanc* d« prince de Ounpo-Flonào mec le mariais de Villarûu. 

— Sinumau,U63-iii66: ^ Âkala, it6i. 

7, i5, a4.a6 février; 3. 9. 11,33, 34 mar>;8,34Bvrili3, I3nui; 
■ Sjoin; j. II. 18 jailleL 
Correspondance da mariais de VUlariai, paît de dan JoU Cojvujal, leeri- 

tairai d'Étal, awe U due iTHuatcar, anbtutadeurà Paris, — Akala . 

M83. 

6 février; 5 mari; 13 avril; 8 aoàt, 

DJpéchés pour b doc d'Huetcar, du S3 mnei»bre n&6 à la fin de février 
i7i7. ~~ Simaneat. Aà69. 

Correspondance da dac d^Buetcar avec k mariait de VillarÎM ; tes initrne- 
tiom; ton ckiffre. — &mancai,4467 elii68: — Akala, âù86. 
18, 19, 34; 36 février; 3, 5, lO, ti, 33 man; 8 avril-, s, 17 

Leltret tk Phil^ V à LomùXVet de louù XV à Philippe V. ~ Aleala, 

37 te. 

Commitiion du dac de Noatlkt. — Stmaneas, HTt. 

Lettres de rji^ajit Don PhiUppe au Roi et à laBtine iE^Mgne, — Akah, 
3559. 

Lettres de Maniain et de Pmigo (cobt de F lisant Don Philippe) aa prince 
de Campo-Ftorido etminntet dei rêponiet de eelai-eï. — Akala, AOJS. 

Correspondance da prince de Campo-Fkrido et du marquis de La Ensenada. 

— Akala. à089. 

3, 33 janvier ; 3o nun. 

Lettres Ja mariais de La Mina aa dac <tHaeicar et réponses de celui-ci 
(sepumbn-déeembre tliô). — Alcala, àH8. 

Offices de {Ambassade. — Simancas, 447 j. 

Lettres adressées par les agents da Roi if Espagne, etc., aa prince de Campo- 

Fiorido: Nic«, Veube, Plaiaaiice, NapUi, Rome, La Haye, Lnceme, 

Dresde, Hambourg, Stockholm. — Akala, âiSS. 



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— 397 — 

Lettra adrestéa par les agenlt da Roi d'Etpagne, eU., an dae J'Hve$tar : 
Lyon, Gènes, Maneille, La Haye, Luceme, Stockbolm, Chambérf, 
VeniM, P)oreac«, Copenliague, Niple), Drexle, Lisbonne, Homo. 

— Alcala. àl55. 

CorrapottdaticeditdttcfAniort, i7i6-tTi9. — Sîmaneat, 447S. 

LMtu adnstia aa due d!HaetcaFpar Ui mùûttret d'Atyetuon, Machaalt, 
Maanpai. U dac de Noailks. h maréchal de Belle-IiU. i7i6-17i9.