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Full text of "Oeuvres complètes. Publiées par la Société hollandaise des sciences"

® 









r~ 



ŒUVRES COMPLETES 



CHRISTIAAN ilUYGENS 



Iiiiprinicric de Jon. ENSCHEDÉ & Fils, Ilaiiem. 




(EU V R E S C: O M P L E T E S 



CHEIISTIAAN HUYGENS 



l'UIîLIF.F.S PAR LA 



SOCIETE HOLLANDAISE DES SCIENCES 

TOME PREMIER 

C O R R 1^: s P O N D A N C E 

1638-165^ 




LA HAYE 

MARTINUS NIJIIOFF 

1888 



Q 



a 




-fc.1 






Chriftiaan Huygens, en léguant à la Bibliothèque de Leide les écrits 
mathématiques, traités inédits, obfcrvations, notes et calculs, ainfi que 
la Correlpondance avec div'crs lavants, a déliré que les profelVeurs de 
Volder, de I^eide, et Fullenius, de Franeker, le chargeraient de parcou- 
rir ces manufcrits et de publier tout ce qui s'y trouverait propre à être 
livré à l'impreflion. 

De Volder et Fullenius le font acquittés de la tâche que Huygens 
leur avait confiée, en failant paraître, huit ans après la mort. Tous le titre 
à^Chriftiain Hiigeim Opéra pijfthinna^ les traités inédits plus fpécialement 
indiqués dans le teltament olographe de l'auteur, lavoir, la Dioptrique 
avec la Dillertation fur les Couronnes et Halos Iblaires, les Commentai- 
res fur l'art de polir les verres de lunette et le Traité fur le Choc des 
corps, auquel ils ajoutèrent celui fur la Force centrifuge et la Defcription 
du Planétaire automatique. 

Dans leur préface, les lavants éditeurs, en lignalant les difficultés 
qu'ils avaient rencontrées dans l'arrangement des diverfes matières, fpé- 
cialement de la Dioptrique, firent remarquer qu'ils avaient trouvé 
encore d'autres traités, qui cependant ne leur parurent pas afib/, complets 
poiu- être confiés à la prelîe. 

Plus d'un iîècle s'écoula après cette publication lans qu'on paraille 
avoir fongé à fouiller les tréfors reliés enfouis dans les cartons de la 



Bibliothèque de Leide. 'sGravelhndc lui-nièmc, qui donna une nouvelle 
édition des Œuvres de Huygens, publiée llicceflivement en 1724 et 
1728 fous les titres de Chrifiiaii} Hiigeim Opéra varia et Opéra reliqiia^ ne 
femble pas avoir examiné avec attention ces manufcrits: il s'ell borné à 
reproduire les ouvrages déjà imprimés du célèbre lavant. 

Ce fut van Swinden qui, le premier, étudia avec foin les écrits laifles 
par Iluygens. Il y recueillit les données hiftoriques de fon travail: Sur 
Hu\gens^ inventeur {les Horloges à pendule. Dans les Annexes de ce Mé- 
moire, lu devant rinilitut Royal des Sciences d'Amfterdam le 5 et le 
9 février 18 14 et publié dans les Aèles de la ClaiTe des Sciences exactes 
en 18 17, van Swinden donna des extraits de la Correfpondance que 
Huygens eut, au fujet de fon invention, avec Mylon, W^illis, Tacquet, 
Bouillau, Gregorius à Sanclo Vincentio, Kinner de Lowenthurn, Bel- 
lair, de Carcavy, l'abbé Brunetti, du Gaft, Guifony, Paget, van Schoo- 
ten, de Slufe, Pafcal et Petit. Il y ajouta une partie d'un manufcrit de 
Huygens, portant finfcription ^^Anecâota'''' et renfermant des détails 
hiftoriques fur l'horloge à pendule. De plus, parmi les planches join- 
tes au Mémoire de van Swinden, on trouve la reproduction de deux 
deflins repréfentant, l'un une horloge à pendule commencée par Galilée, 
l'autre une horloge à pendule trouvée à Florence dans le palais des Mé- 
dicis. Ces deffins avaient été découverts par van Swinden parmi les 
papiers de l'inventeur. 

Uylenbroek, en 1833, a fui vi l'exemple de van Swinden. De même 
que celui-ci, il avait reçu, en étudiant les documents de la Bibliothèque 
de Leide, une vive imprenîon de la haute valeur de la Correfpondance 
de Huygens. „Je crois ii peine polfible", dit-il dans un difcours latin, 
„que quelqu'un parcoure ces écrits (ans une grande jouillance de 
„refprit et lans en même temps en éprouver l'utilité. En effet, ils font 
„d'un tel caractère et d'une telle ampleur, que les plus illuitres philo- 
„fophes de cette ère glorieufe apparailfent devant nos yeux comme des 



— III — 

„aclcurs en (cène, racontant et dépeignant ce que chacun d'eux, pour 
„le bien et l'avancement de la Science, a penfé, écrit et accompli, non 
„pas une fois, mais de jour en jour." 

Uylenbroek compléta la tache de de Volder et Fullenius. Sous le 
titre: ChnjViaiù Hiigcmi aUnninKjiic fcciiU XVIlyirunnii cckhruini excr- 
citaùones mathematkae et philojuphicûe il publia la Correfpondance de 
Huygens avec Leibniz et avec le Marquis del'Hofpital. Huygens avait, 
en effet, par fes dernières volontés, fignalé plus particulièrement cette 
partie de iîi Correfpondance, qu'il avait ibigneufement gardée à part. 
L'éditeur y joignit des annotations comprenant des extraits d'autres par- 
ties non moins importantes de la collection. 

Un difcours De fratrihus Chrilfiûno et Conflantino Hugeiùo^ artis â'iop- 
trkae ciiltorihus^ prononcé par Uylenbroek le 8 février 1838, en quittant 
la charge de Re6leur de l'Univerfité de Leide, lui fournit de nouveau 
l'occafion de montrer, par de nombreufes citations, l'importance du pré- 
cieux dépôt confervé dans les archives de l'Univerfité. 

Depuis les publications d'Uylenbroek, les écrits reftés inédits de Huy- 
gens ont de plus en plus attiré l'attention. M. Henry, le fivant direcleur 
de la Bibliothèque de la Sorbonne, dans Ion ouvrage Huygens et Roher- 
yal^ a fiit connaître quelques pièces confervées à la Bibliothèque natio- 
nale de Paris. Les Recherches fur les MamiJ'cnts de Pierre de Fermât^ et 
l'étude fur Pierre de Carcavy^ du même auteur, contiennent des corres- 
pondances empruntées au fonds Huygens de la Bibliothèque de Leide. 
M. le profefleur Le Paige, de TJège, a recouru à la môme coUeélion 
pour en extraire plus de foixante lettres qu'il a inférées dans fon remar- 
quable travail fur Kené-François de Shife. Et ce n'efl: pas feulement dans 
l'intérêt de l'hiitoire des fciences que les écrits de Huygens ont pu 
fervir, la Science elle-même y a recueilli des données qui, de nos jours 
encore, offrent une grande valeur. C'eft ainfi que Kaifer, dans une con- 
troverfe avec M. OttoStruve, au fujet de la variabilité fuppofée de l'an- 



— IV — 

nciiLi de Saturne, s'ed fervi des deHins de M uygens pour en déduire le 
rapport le plus probable que les dimenfions de eet allre préfentaicnt au 
milieu du dix-feptième ilècle. Récemment encore, les dcfllns du difque 
de Mars, exécutés par 1 luygens, ont pu contribuer à l'évaluation exaéle 
du temps de rotation de cette planète, en permettant au fuccelTeur de 
Kailer à rObfcrvatoirc de Iveide,M. van de Sande Bakhuy/.en, d'alTeoir 
fes calculs llir des oblervations luffisamment exactes cmbrailant une 
période de plus de deux fiècles. 

L'importante colleélion des manufcrits légués par Huygens a encore 
été enrichie par divers dons et achats, parmi lefquels le don de S. M. le 
Roi Guillaume I^r, confiftant en cinq portefeuilles de correfpondance, et 
celui de M. A-J. Royer, comprenant des lettres de Merfenne, Bartho- 
lin et autres, font Ipécialement h remarquer. Cependant, plufieurs pièces 
de la Correipondancc étendue de I luygens n'y ont pu être retrouvées, 
ni en minute, ni en copie; les originaux font difperfés dans diverfes 
bibliothèques de la Hollande et de l'Etranger. De plus Huygens, qui de 
[66(5 jufqu'en 1683 vécut à Paris oi^i il avait été appelé par Louis XIV 
pour fiiire partie de l'Académie des Sciences, y a lailTé de nombreufes 
traces de ion infatigable aèlivité. M. Bertrand, l'éminent Secrétaire 
perpétuel de cette Académie, en a dévoilé l'exiftence, et a fiiit voir, 
en 1868, par un exemple intéreiîant, que les Regillres des premières 
années de la célèbre Inftitution contiennent des matériaux précieux 
pour la reconllrucHon complète de l'cuuvre de notre illullre compatriote. 

C'ell à l'Académie royale des Sciences d'Amfterdam que revient 
l'honneur d'avoir, la première, compris l'intérêt fcientifique d'une publi- 
cation de tous les manufcrits de Huygens. A l'occafion d'une propofition 
de JVI. Harting, tendant à rendre à la mémoire de Huygens un hommage 
public, en lui érigeant une llatue, M. van de Sande Bakhuyzen, dans la 
féance de la Secrion des Sciences du 28 octobre 1 882, fît remarquer qu'on 



— V — 



pourrait atceindre le but propofé, fonder un monument en Fhonneur de 
I luygens, et en même temps rendre à la Science lui iervice lîgnalé, Ibit 
en tailant paraître une nouvelle édition de les Œuvres, foit en publiant 
ies écrits reliés inédits, ainiî que ta Correfpondance. I/Académie donna 
unanimement Ion adhéfion i\ ce projet, elle inllitua une CommiOion pour 
en étudier et préparer l'exécution et vota les fonds nécellaires à ces tra- 
vaux. Cette Commiffîon, nommée par le Préfident de l'Académie, le 
compofoit des Membres fuivants: MM. Bierens de Haan, Grinwis et van 
den Berg, mathématiciens, Boircha et Lorentz, phyriciens,van de Sande 
Bakhuyzen et Oudemans, allronomes. Siu- l'invitation de la Seélion des 
Sciences, la Seélion des Lettres défigna, pour foire partie de la Commif- 
fîon, M. Campbell, direéleur de la Bibliothèque royale de la Haye. Plus 
tard, la CommilTion, ulant de la fiiculté qui lui avait été accordée, s'ad- 
joignit MM. Korteweg, profelleur de mathématiques et du Rieu, direc- 
teur de la Bibliothèque de Leide. Préfidée par M. Bierens' de Haan, bien 
connu par les recherches bibliographiques, elle a pu rendre compte de 
fes travaux dans trois Rapports confécutifs. Les aétives invelligations de 
plufieurs de fes Membres, particulièrement du Préfident et de M. van 
de Sande Bakhuyzen, fécondés à l'Etranger par M. Govi, profelleur à 
Naples, par M. Favaro, profefleur à Padoue, par M. Henry, direéleur 
de la Bibliothèque de la Sorbonne, par les Direéleurs des Bibliothèques 
de la Société royale et du British Mufeum de Londres, et récemment 
encore par M. Bertrand, Secrétaire perpétuel de l'Académie des Scien- 
ces de Paris, ont amené la découverte de plufieurs lettres et documents 
importants. Dans fon dernier Rapport, la Commiffion put conllater qif elle 
avait à la difpofition environ 2600 pièces de correfpondance, auxquelles 
s'ajoutent plufieurs écrits du père et des précepteurs de Huygens concer- 
nant fon éducation. Toutes ces pièces avaient été copiées, collationnées 
et claffées d'après leurs dates par les foins perfévérants de M. Bierens de 
fTaan, alTillé de M. du Rieu et de fes collègues de Leide. 



— VI — 

Il eft clair qu'une collection de cette étendue, embraïïant la vie tout 
entière de ITuygcns depuis la neuvième année, offre des matériaux aulll 
précieux que rares pour établir l'image de l'homme et du fiu'ant. Elle 
fait connaître la candeur juftement louée de fon caractère, l'élégance 
naturelle et la culture de fon efprit, les premiers eflais et le développe- 
ment de fon génie, l'origine et le progrès de fes découvertes et de fes 
travaux, les ientimcnts fur les queftions fcientifiques du jour, en môme 
temps qu'elle met devant nos yeux les mœurs du fiècle, le milieu dans 
lequel Huygens a vécu, depuis l'humble artiian auquel il empruntait 
les artifices pratiques de la conltruclion de fes infbruments jufqu'aux 
perfonnages les plus illuftres de fon époque, cette noble confrérie de 
favants qui dans leur correfpondance regardaient comme une marque 
de leur amitié de fe communiquer, foit quelque problème ardu h réfou- 
dre, foit quelque invention procurant de nouveaux moyens de recher- 
che, parfois même ouvrant de nouveaux horizons à la contemplation 
de la nature. 

Auffi la queftion de favoir jufqu'ù quelle limite il convenait d'é- 
tendre la publication de ces manufcrits fut facile à réfoudre: il était 
évident qu'on ne devait laiffer perdre aucun détail, qu'il fallait pu- 
blier tout ce qui pouvait être mis dans un ordre et fous une forme 
intelligibles. 

Cependant l'impreffion d'un recueil qui comprendrait, avec les 
ouvrages déjà connus, la coUeclion complète des lettres, notes et docu- 
ments inédits qu'on eût pu rafTembler devait dépalTer les moyens dont 
l'Académie d'Amflerdam peut difpofer en dehors de fes obligations ordi- 
naires. Dans ces conditions, la Commiffion, qui fe trouvait munie de pleins 
pouvoirs pour faire réuffir l'entreprife fcientifique et nationale à laquelle 
elle avait donné l'elTor, s'adrella à la Société hollandaife des Sciences 
de Harlem pour lui propofer de prendre foin de la publication que la 
Commiffion fe déclara difpofée à préparer fous les aufpices de la Société. 



— VII — 

Les Directeurs de l;i Société holland;iilé des Sciences, s'eltimant heu- 
reux de pouvoir entreprendre Fœuvre utile conçue par l'Académie 
d'Amllerdam, ont accepté l'olFre de la Commillion. Pour faciliter le 
concours de ceux qui voudraient féconder la Commiflion dans (es re- 
cherches, ils ont publié la J>iite Alphabétique des pièces de correfpon- 
dance provifoirenient clallees par la Commillion, baie du travail confi- 
dérable que demanderont la rédaction définitive et l'annotation de cette 
partie de la nouvelle édition. Ils ont confié l'imprenion du recueil des 
écrits de lluygens à la célèbre maifon harlemoife Joh. Enfchedé et fils, 
qui peipétue dignement les honorables traditions de l'ancienne typogra- 
phie hoUandaile. 

En offrant au public fcientifique et lettré le premier Volume des (Fj/- 
■^■res Compktes de Clinfliaaii Hii^gens^ les Directeiu's ont à témoigner 
leur reconnaiflance envers la Commiflion pour les foins confiants qu'elle 
a voués à (a tache laborieufe et fouvent difficile. Ils expriment l'efpoir 
que ce travail fera apprécié, non feulement par la Société à laquelle ap- 
partiennent tous les Membres de la Commiflion, mais par tous ceux qui 
cultivent la Science et honorent leurs prédécefieurs. 



Harlem, février i88(S. 



Les Direftcurs 
,1c la Société hollandaifc des Sciences, 

j. W. M. SCMORER, Prêjîâcnt. 
j. ]iOSSCllA, Secrétaire. 



fe^-^/ Q<f-:£k^^ 4^- v^^v>^^4i.S c^-^^-.H/ Ci/^44' 



xru^'^JïSI 



A V e r t i fi e m e n t. 



La nouvcllf édition des (Eiivrcs Cmiiplctes de Clinlïiaau Hiiygeiis comprendra 
les divers travaux publiés et inédits du célèbre géomètre, la biographie et la Cor- 
refpondanee. 

La Commiflion de rédaélion, iè propoiant de joindre des notices hilloriques 
et critiques aux principaux Mémoires de Huygens, a cru devoir s'écarter de l'ufage 
généralement adopté dans ce genre de Recueils, en faiiant précéder par la Cor- 
refpondance les Œuvres proprement dites de Fauteur. En effet, la Correipon- 
dance contient tant de données importantes pour l'appréciation du rôle que 
Iluygens a rempli dans le mouvement fcientifique du dix-feptième lïècle, elle four- 
nit tant de précieux renlèignements fur le développement et l'enchaînement de lès 
idées, que le futur biographe de l'illullre lavant et le commentateur de lès Œuvres 
auront fans celle à y recourir, pour le former un jugement exaft, et h les citer, pour 
permettre au ledteur de vérifier leurs vues. 

La Correfpondance occupera à elle feule environ huit Volumes, qui compren- 
dront chacun un certain nombre d'années entières. On reconnaîtra facilement 
que l'ordre chronologique ert le feul qui convienne pour la difpofition d'une col- 
leétion de lettres, où diverfes matières font Ibuvent traitées dans une même pièce 
et où d'autre part il arrive que la même matière, occupant particulièrement l'au- 
teur, forme le fujet principal de plulicurs lettres, adrelTées à des correfpondants 
différents. Dans ces conditions, un claflèment par ordre de matières ou par fériés 



AVERTISSEMENT. 



de correfpondancc ferait perdre de vue la liaifon hiftorique des divers travaux de 
l'auteur et manquer le but principal de cette publication. De plus, les avantages 
que préfentent ces deux derniers modes de difpofer les lettres peuvent être obtenus 
au moyen de Tables des matières et de Tables des noms d'auteurs. Nous avons 
cru devoir employer tous les foins poflîbles pour atteindre ce but et nous ofons 
efpércr que furtout la Table méthodique des matières (Table V), que nous devons 
à M. Korteweg, Membre delà Commiffion, contribuera dans une large mefure à 
l'utilité fcientifiquc de cette publication, en permettant au lefteur de trouver facile- 
ment tous les endroits où quelque fujet ell traité ou lîmplement mentionné. 

Par rapport à la Correipondance, dont ce Volume contient la première partie, 
nous avons à entrer dans quelques détails. 

Le fonds I luygens de la Bibliothèque de Leide renferme la majeure partie des 
lettres que Muygens reçut de fes divers corrcfpondants. Iluygens les avait foigneu- 
fement confervées, foit claiïees d'après l'ordre alphabétique des noms d'auteurs, 
foit réunies dans des couvertures contenant les lettres ^elati^•cs à quelque fujct qui 
l'intérefTait particulièrement. 

Nous avons eu plus de difficultés h ralTembler les lettres de Muygens lui-même. 
La plupart, expédiées à l'Etranger, ic Ibnt éparpillées, pour fe retrouver enfin dans 
diverfes collections, tant publiques que privées ou pour fe perdre en des lieux reftés 
inconnus. Meureufcment nous avons pu puifer encore à d'autres fources. Muygens 
a confervé pour la plupart les minutes de fes lettres; elles fe trouvent écrites fur des 
feuillets détachés de toutes formes , ou difféminées fur diverfes pages des Volumes 
dC Adverfaria qui lui tenaient lieu de journal. De plus, nous polTédons deux Volu- 
mes ^ Apographa^ écrits par un coufin de notre auteur et contenant la copie d'une 
partie des minutes de Muygens. Dans les cas où nous avions h notre diipolicion foit 
la lettre, foit la minute, en même temps que la copie, nous avons pu conllater des dif- 
férences de ponctuation, d'orthographe, fouvcnt même de rédaction. Nous avons des 
raifons de croire que ces divergences proviennent en grande partie du fait du copifte. 
Quelquefois il s'ell permis des modifications du texte évidemment arbitraires, en 
combinant des paflàges différents dans une nouvelle rédaétion, en remplaçant des 
noms propres par des initiales, et même en arrangeant, avec des parties extraites de 
lettres diverfes, une nouvelle lettre de fa façon, munie de la date d'une des lettres 
tronquées. C'eft ce qui le rencontre furtout dans une correipondance de Chrilliaan 
Muygens avec lés frères Conllantyn et Lodewijk, renfermée dans le lécond Volume 
des Apographa. Nous avons donc eu h ufer de circonipeétion dans l'emploi de ces 



AVERTISSEMENT. 



copies, qui maintes fois cepencknt nous ont été très utiles. Dans les cas où nous 
poiïedions la copie en même temps que la lettre ou la minute, nous avons toujours 
fuivi le texte de ces dernières. 

Plulieurs lettres que nous poflëdions, loic eu original, Ibit en minute ou en copie, 
ne portaient pas de date; d'autres, écrites par Huygens, manquaient d'adreilè; 
fouvent aufli des lettres adrefTccs à Huygens le trouvaient dépourvues de iignature. 
Quelquefois la date et Tadrefle ou la Iignature failaient défaut en même temps. 
Dans ces cas, les données, nécefliiires pour le clairement des lettres, ont dîi être dé- 
duites des indications que nous fourniiïlut la fubftance de la lettre même, comparée 
avec celle d'autres lettres ou documents, avec les données empruntées aux rela- 
tions connues de Huygens, aux biographies de fon père et de fon frère Conftantyn, 
ou à quelqu'une des nombreufes publications que nos hiftoriographes et littérateurs 
ont confacrées h cette famille illullre '). Ici encore, les Wo\\\mcià\-ldyerfûr!a nous 
ont été très utiles : Huygens a fouvent noté dans fon Journal une lifte de lettres ou de 
livres qu'il avait, à certaines dates, envoyés h fes amis. Quelques foins que nous ayons 
pris pour acquérir dans les cas douteux la plus grande certitude poffible, on com- 
prendra facilement que des déterminations de perfonnes ou de dates, ainfi obte- 
nues, font néceflliirement, comme toute conjecture, ilijettes à erreur. Il nous eft 
arrivé qu'une date ou adrefle, attribuée par des raifons qui nous paraiffaient fuffiian- 
tes, dut être modifiée, même dans la dernière épreuve typographique. Quelquefois 
cependant nous avons eu la fatiifaélion de voir telle conjefture, faite dans des cir- 
conrtances difficiles, confirmée d'une manière abfolument certaine par la décou- 
verte d'une nouvelle donnée qui fe préléntait inopinément au cours de ces longues 
études. 

Il nous a paru fuperflu de fournir dans chaque cas particulier les arguments 
qui nous ont conduits à la détermination d'une date ou d'une adrefie non indiquée 
dans la lettre même. Une fois la lettre clafTée et mife à fa propre place, on aperçoit, 
prefque toujours facilement, aufli bien ces raifons que les doutes qui peuvent relier. 
Nous avons feulement pris loin de marquer chaque donnée conjeéturée, en la met- 
tant entre crochets []. Les dates et noms abfolument incertains ont été rempla- 



') Ln planche, placée en tête de cet ouvrage, repréfente la famille Huygens, d'après un tableau 
du Mufée royal de peintures à la Haye. Ce tableau a été attribué, dans les anciens catalogues 
du Mufée, à A. van Dijck. Dans la dernière édition, cependant, du catalogue le peintre hollan- 
dais A. Hanneman ert indiqué comme l'auteur, fans qu'on ait fait connaître les raifons qui ont 
conduit à cette fublMtntion. 



AVERTISSEMENT. 



CCS par lo lis^nc [?]. f.es picces dont les dates ne pouvaient être fixées que par mois 
ou par année ont été reléguées, dans l'ordre chronologique , h la fin du mois ou 
de l'année. En tête de chaque lettre nous avons défigné le numéro de la lettre à 
laquelle elle fert de réponlè et celui de la lettre par laquelle il y a été répondu , le 
dépôt où elle ie trouve et, pour quelques unes, les écrits dans lelquels elles ont déjà 
été publiées. 

Nous avons réuni dans un Supplément les pièces de correfpondance découvertes 
pendant l'impreffion du premier Voknne et appartenant au cycle d'années que ce 
Volume renferme. Les numéros du Supplément font celles des lettres après les- 
quelles ces pièces doivent être intercalées. 

Toutes les lettres de cette Correfpondance ont été imprimées telles qu'elles nous 
font venues en main : nous n'avons rien changé ni à la ponctuation ni à l'ortho- 
graphe, fiuif quelques cas, d'ailleurs afTcz rares, où la ponftuation défeétueufe 
pourrait caufer des malentendus. 

Les écrivains du temps de Huygens, et Huygens lui-même, faifaient un ufage 
fréquent d'abréviations. Chacun en ufait félon fa propre fantaifie, à tel point que 
la manière de remplacer les lettres au commencement ou h la fin d'un mot par 
quelque ligne particulier a pu nous fervir à reconnaître l'écriture, très variable, 
d'un correfpondant non indiqué. Nous n'avons pas cru devoir reproduire ces 
abréviations. Les types nouveaux et généralement inconnus qu'il eût fallu intro- 
duire en afTez grand nombre dans le texte n'auraient fervi qu'à lui donner une appa- 
rence d'authenticité aux dépens de la clarté. Pour la même raifon, nous ne nous 
fommes pas attachés à reproduire identiquement les figures géométriques intercalées 
dans le texte des lettres. Nous les avons copiées de manière à ne pas trop nous écar- 
ter de l'original, tout en ayant foin de faciliter, par une meilleure exécution, l'intel- 
ligence de la conllruftion. Par contre, il nous a paru de quelque intérêt de confer- 
ver intaéts les figues algébriques employés dans les lettres, en indiquant toutefois , 
dans les notes, leurs équivalents dans la notation aftuellement en ufage. 

L'écriture embrouillée de quelques correfpondants n'a pas laifTé de nous caufer 
des difficultés. Quelquefois tous les efforts pour déchiffrer un mot illifible font reftés 
infrudlueux : les perfonnes les plus exercées en cette matière n'y ont pu parvenir. 
Nous avons, dans ce cas, placé entre crochets la verfion qui nous paraiffait la plus 
probable. Les erreurs évidentes commifes par l'auteur d'une lettre, foit par l'omis- 
fion d'un mot ou d'un chiffre, foit par quelque lapfus calaml qui pût changer le fens 
de la phrafe, ont été corrigées dans des notes au bas de la page. Les annotations, 



AVERTISSEMENT. 



écrites par rauceiir d'une lettre ou par Huygens lui-même en marge de la lettre ou 
de la minute, ont été reportées à la fin de la lettre, marquées d'un figne alphabétique 
indiquant l'endroit où elles fe trouvaient placées. 

P2n tète des minutes Huygens notait quelquefois le Sommaire de la lettre qu'il 
ic propolait d'écrire. Même' dans le cas où nous avons luivi le texte de la lettre 
même, nous avons toujours reproduit ce fommaire en entier, quoique l'auteur ibu- 
vent ne l'eût point épuifé. 

Dans la Correfpondancc de Huygens on rencontre (ans cède des noms de perfon- 
nes dont le leftcur, pour bien comprendre le texte, a befoin de connaître la valeur 
fcientifique, la pofition fociale ou les relations avec Huygens. La CommiiTion a 
penie qu'elle pourrait rendre iervice au lefteur eu lui tburniïïant ces renfeignements. 
A cet effet, on a donné, dans les notes placées au bas des pages, aulfi iuccinftcment 
que polîible, les faits biographiques nécedaires pour caractérifer la perlbnne en 
queflion. Comme il eût été difficile de tracer une limite tant foit peu rationnelle 
entre les noms qu'on peut ellimer iùffilamment connus et ceux fur lefquels le 
lecteur peut avoir befoin d'information , la Commillîon a admis comme règle de 
donner quelques détails biographiques fur toute perlbnne dont le nom figure dans 
la Correfpondancc. Ces notes font placées à l'endroit où la perfonne en quellion 
fe trouve nommée pour la première fois, ibit comme auteur d'ime lettre, foit à 
autre titre. 

La Table des perfonnes mentionnées (Table III) peut fervir à retrouver ces 
notices lorfque le leèteur rencontre dans un autre pafTage de la Correfpondance 
un nom qui lui paraît inconnu. Le Préfidcnt de la Commiflîon, qui a dirigé le ras- 
femblement, la révifion et le claflement de toute la Correipondance, s'eil: aulli 
chargé de réunir ces données biographiques pour lelquelles il a dû quelquefois 
invoquer l'alliitance de fes favants amis à l'Etranger. Nous avons à reconnaître 
l'obligeant concours qu'ils ont encore voulu nous prêter à cette occafion. 

Une autre catégorie de notes fe rapporte aux ouvrages cités. La Correfpondance 
de Huygens avec les lavants contemporains de toutes les nations mentionne à cha- 
que inftant, comme un événement important, l'apparition d'un nouvel ouvrage fcien- 
tifique; Ibuvent elle nous montre quelque correfpondant préparant la publication 
d'un travail et connnuniquant à 1 luygens les difficultés ou les progrès de Ibn oeuvre; 
d'autres fois elle nous fait connaître les obfervations échangées par ces juges com- 
pétents fur les mérites et les défauts de quelque livre nouveau. Il peut intéreficr le 
lecteur de connaître le titre exact ou l'édition Ipécialc de l'ouvrage indiqué. Il en 



AVERTISSEMENT. 



ert de mcmc dans les cas nombreux où l'auteur d'une lettre renvoie h rouvray;e 
auquel il a emprunté le (lijec de nouvelles fpéculations. 

1 ,e Prélident de la Commiffion s'cll: chargé de donner, encore h cet égard, les ren- 
feignements que le lecteur peut délirer, en communiquant, dans les notes, les titres 
des ouvrages cités, avec tous les détails néceflaires pour indiquer l'édition h laquelle 
fe rapporte la citation. Ces notes ("ont devenues aifez nombreufes pour que la Com- 
miflîon ait jugé utile d'en drefTer une Table fpécialc (Table IV), dellinée non 
feulement h faire retrouver l'endroit où quelque ouvrage cft cité, mais auffi, en rai- 
fon de fon extenfion même, h donner un aperçu des relTources littéraires que les 
favants du dixfeptième siècle avaient à leur difpofition. 

La Commiffion, tout en s'appliquant à fournir, dans les notes, les éclaircilTcments 
qui peuvent fervir à élucider le texte des lettres, s'eft cependant abllenue de com- 
mentaires qui auraient eu pour but de faire reiïbrtir l'importance Icientifique du 
commerce littéraire de Huygens avec les lavants de fon époque. Elle a laiflc au 
leéteur le foin de remarquer les détails nouveaux et la fatilïaction de découvrir, 
dans ces pages écrites, il y a plus de deux fiècles, entre amis unis par le culte des fcien- 
ccs, l'étonnante perfpicacité de celui qui fut le centre de ce groupe d'hommes émi- 
nents. Les Membres de la CommiOîon n'ont pas voulu faire intervenir, dans les 
impreflîons que ces lettres ne pourront manquer de produire, celles qu'ils ont 
éprouvées eux-mêmes dans leur collaboration à cette première partie de la Corres- 
pondance: la furprife des faits inattendus, l'admiration des découvertes anticipées, 
mais furtout la joie de voir fe dégager de ces documents, trop longtemps reftés 
inconnus, l'image d'un enfant, merveilleufement doué, élevé avec les plus tendres 
foins par un père d'élite, s'exerçant dès fon adolefcence aux travaux de l'efprit 
comme à un jeu, et bientôt, avide de connaître, gagné par la paflion de la Vérité, 
s'élançant dans les plus hautes régions de la Science, où il règne comme un jeune 
héros, aimé et admiré de fes plus illuftres contemporains. 



La Commiffion de rédaétion, 
D. BIERENS DE HAAN, Préfidmt. 



CORRESPONDANCE 

1638— 1656 




CONSTANTIJN HUIJGENS 



./-/yy,. 









;i4-//J4"/ ^Jj"f ^^ J^^S JjS^é Jj^S c/^:JiS 



N= I. 

CONSTANTVN HuVGEN.S, pcrc,') h SCS fils CoNSTANTVN ") Ct CllRISTIAAN. ^^ 
24 SEPTEMBRE 1638. 

Le :i!aniiscrit se trouve à /ImsIeriJam, Jcad. Roy. des Sciences, coll. IIi:yge!!s. 

Conlhintinulo mco. 



Carmina, iili 
Optinic, quac, pol, 
Opcima Patri 
Opcimo, c: auclor 
Vix adolcfccns 
Artc ftyloque 
Non puerili, 
Solus ce omnis 
Auxilii expcrs, 



Tiuc tuoque 
Marco dediili. 
Si placuifTc 
Dixcro cantum, 
Mcntiar ultro: 
Nunc 'placuilic , et 
Lcfta ihipcnci 
Dicere cogor; 
Ncc minus ajo 



') Constantyn Ihiy.nens, Seigneur de Ziiylicliem, Zeellicmet Alonnikenland, second iils de Chris- 
tiaan Hiiygens, naquit le 4 septembre 1596 à la Haye, où il mourut le 26 mars 1687. Il épousa, 
le 6 avril 1627, à Amsterdam, Susanna van Baerle , qui lui donna cinq enfants : i . Constantyn. 
2. Cbristiaan. 3. Lodewijk. 4. Philips. 5. Susanna, qui épousa son cousin Philips Doublet. 
Homme d'état, ct un des plus grands poètes hollandais, il était d'une vaste érudition géné- 
rale et jouissait d'une réputation bien méritée. Depuis le 18 juin 1625 il était Secrétaire et 
à partir du 19 octobre 1630 Conseiller des stadhouders Frederik Ilendrik, Willem II et Wil- 
lem III; le roi d'Angleterre, James I , le créa chevalier, le 7 octobre 1622, et Louis XIII, 
le 4 décembre 1632 , lui conféra l'ordre de Saint-Michel. 

-) Constantyn Hnygens, né à la Haye le 10 mars 162S, y mourut en octobre 1697 ; frère aine 
de Christiaan Huygens, il fut son collaborateur dans la fabrication des verres d'objectifs. 
Il devint, comme son père. Secrétaire de Willem II, puis de AVillem III. 

3) Constantyn Huygens a écrit sur une même page, l'un ù côté de l'autre, les deux petits poèmes 
suivants. Il est probable qu'ils ont servi de réponse à des vers que ses fils, âgés de 10 ct de 
9 ans, lui avaient adressés à l'occasion de son jour de fête, le 4 septembre. 

Oeuvres. T. I. T 



CORRESPONDANCE. IÔtS. 



Gnica fuiiïe, 
Quam fuit omni 
Gdliae, ce omni 
Bclgio, cr omni, 
Qua parce, orbi, 
Qui modo lacti 
Brachia Patris, 
Ofcula marris 
Implcr et havu'ir, 
Rcgius Infans ••). 
Maélc parcrnis 
Artibus, ô fpcs. 



Sollicirique 
Cura Parcnris. 
Si mca non me 
Omina fallunr, 
Auguror annis 
Non ira multis 
Te fore qualcm 
Nulla dcdit ncc 
Ulla datura cfl: 
Terra poctani. 

Ad Graviam 
24 Sept. 1638. 



Chrillianulo mco. 



Te quoque, mel meum. 
Te, mei Amores, 
Te, pietatis 
Viuac charaâier. 
Te, vcncrandac 
Matris imago. 
Te quoque mufas 
Arque Heliconis 
Ardua callra 
Aggredior, re • 

Non alienis 
Viribus usum ? 
O mihi nondum 
Crcdire rcrras 
Grammaricorum 
Exfuperafle , 
Parvulc , fpinas , 
Donec erir Lux 
Terra , frerum , fol , 
Sidcra, cocUini , 



Donec in ifthoc 
Orbe laborum 
Trilliriacquc 
Dulcc leuamen 
Dia pocfis, 
Srabir crirque 
Tota fupcrftes, 
Tora fuperbi 
Gloria facti. 

Si neger hoc re 
Tangere quifquam , 
Quid rua fir poil 
Fara fururum, 
Sciro, Poera, 
Sciro, pucUc 
Candide, belle, 
Nec fore cafTum 
Nunc tibi, quem nunc 
Laudo laborcm. 
Ou in, ubi caltris ^) 



■•) Allusion à lanaissnnccde Louis XIV, mentionnée dans le Journal de Constantyn en ces termes : 
„6 Sepr. Nascirur Delphinus Galliae hora ni anre meridiem S. Germani" 
Voir:Dagboek van Constantijn Iluygens, voor de eerste maal naar het afsclirift van diens 
kleinzoon uitgegevcn door J. H. W. Unger. — Amsterdam 1884/85. in-4°. 

') L'auteur se trouvait au camp du prince Frederilc Hendrik, à Velp près de Grave sur la Meuse. 



CORRESPONDANCE. 1638, 1 64O. 



Chara rcliCtis 
Tefta reuiHim, 
Depluct in te. 
Plus mcriciiin toc 
Vcrfibus omni 
Laude dccoris, 



Aereus, aut li 
Ncc gruuc pondus 
Ferre recules, 
Aureus imber. 

Ad Gniviam codem die. 



18 julii. 



N= 2. 

CoNSTANTVN Ik'vc.ENs, pèrc, à Bruno ') 

18 JUILLET 1640. 

anuscrit se trouve à Amsuvdasn^ Acad. Ray. des Sciences, coll. Ilr.y^ 

Ad Brunonem 

cum hoc diltichon compol'uifTet in Chrillianum: 

A capite ad calceni circuniflua pluma pavonis 

A capite ad calcem te probat elTe levem. 

Dillichon hoc ilultum, craflb natumque cerebro 
Te a capite ad calceni mente carere probat. 



N^ 3. 

CONSTANTYN HUVGENS, père, à ClIRISTLAAN IIuVGENS. 
3 SEPTEMBRE 164O. 

Le mani!sc"it se trouve à rhusterdiiiu , Aettd. Jioy. ,!lS SeJeuces , coll. J/uyger's. 

In Chrillianum me ubique inilar canis fequentcm. 

Magni Pythagorae fiquidcm fententia vera cil, 
In te migrafTc fpiritum putem canis. 

3 Sept. 1640. CoNSTANTlNUS HuGENIUS. 



') Henricus Bruno devint plus tard sous-directenr du Collège latin à Hoorn, où il mourut en 
avril i664.Constantyn Huygens l'avait engagé comme gouverneur de ses fils, et lui conlia plus 
tard, à partir du 8 janvier 1655, Téducation de sa fille Susanna, qui avait alors dix-sept ans 
(voir le „Dagbock van Constantijn Ilnygens"). 



CORRESPONDANCE. 1645. 



W 4. 

CONSTANÏYN IkvGENS, pcTC , h fcs fils CoNSTANTVN et ClIRISTIAAN. 
9 MAI 1645. 

I.e mamiscrit se tiviire à Amsterdam, Acad. Iloy. des Sciences, coll. J/ny^ens. 
Il a été publié par Th. Jorisseii, Knn. Akad. v. IFet.,Versl. en Meded. Lctlerk., it Keeks , %e Deel Uz. i\z. 

Norma ftudionim et vitac reliquae praefcripta Conftantino et Chriftiano 
Ilugcniis, Acatlemiam Leickiilcm adituris. 

Surgcnt hora quintà. 

\''cil:iti legcnt capu: N. T. Gracci et procès vernaculas alternis altcr dicbus genu 
flexo recitabunt. 

Sextà aggredientur lludium Juris mechodo a Prof. Vinnio ') partim pracfcriptd 
e: porro praeicribendà. 

Durabit ilta Iciflio ufque ad dimidiam nonam. 

1 lac jentaculum fument, et animum laxabunt. 

A nona ad decimam audient Vinnium legentcm, qui nunc commode verfatur in 
Regulis Juris. 

A décima ad undecimam Schootenio -) mathematico operam dabunt. 

Ab undecima ad meridiem piéturac. 

Et hic mufices, inter alia T^pspya, rationem haberi convenict, ut ftatis vicibus fin- 
gula organa traftcntur. Etenim i ''oparta tueri unice fibi commendatum habebunt. 

A prandio ufque ad fecundam vel, fi volent dimidiam tertiam otiari licebit, prout 
fibi tcmporis opus cfie fentient ad praeparandum fe collegio Vinnii. 

Eo accèdent hora tertià. 

A quarta ad fextam hido vel ambulationi vel cuivis animi aut corporis honcfiae 
excrcitationi vacabunt; quod fupereU: otii ad caenam ufque rci literariae daturi funt, 
ut alias item de horis feriatis, quandoquidem neque aer neque animus quotidie ferc 
otium ambulando vel ludendo perdere. 

A caena horulam aeflivam ambulationi, fi volent, brumalem ludis domcllicis, 
muficae vel cuivis alii obleiftamento impendent. 

Décima decubituri caput itcrimi teilamenti Graeci et preces vernaculas, ut mane, 
recitabunt. 



') Arnoldus Vinniiis naquit à la Haye le 4 janvier 1588 et mourut à Leiden le 1='' septembre 1657, 
(;tant pour la seconde fois Reetor magnificus de l'Université. En i6i8 il fut créé Lecteur de 
droit à l'Université de Leiden, en 1633 il y devint professeur extraordinaire, en 1636 profes- 
seur ordinaire. Il publia plusieurs ouvrages. 

-) Frans van Sehooten, le fils du professeur de mathématiques du même nom, naquit à Leiden vers 
1615 et y mourut en janvier 1661. En 1646 il succéda à son père comme professeur de mathé- 
matiques à l'école des ingénieurs, dépendant de l'Université de Leiden. Il eut pour successeur 
son frère Petrus (1661 — 1679). Il a été le précepteur de Christiaan Ihiygens et de Johan 
de Witt. 



CORRESI'ONDANCIC. 164; 



Diebus dominicis concioncm unam vernaculam, alteram Gallicam frcqucntabunc. 
Horam item unam auc altcram dabunc leftioni (Iicrae fcripcurac, caccchefcos ce utri- 
ufque intcrpretum. 

Conciones et lectiones publicas Icmper una frcqucntabunc; ncquc nili quod ran'I- 
fime foli aut fcorfim in platca confpicicntur. 

Magillratum urbis et protcirores rcvcrentcr habcbunt et hos quidem liibinde in- 
vifcnt brcvi alloquio, ne talHdium fui cuiquam pariant. 

Sodalium amicitia utentur, quantum eius ficri potcrit fcmpcr fe nicliorum ac doc- 
tiorum, utiquc honellidlmorum et communibus Ihidiis fcrio addiétorum. 

Otioforum et malorum commcrcia ut pellcm fuii;ient. Omnes tamen et quofcum- 
que comi prompta et libcrali lalutationc cxcfpienc, ncquc in hoc i^encre cxtcrioris 
officii a quoquam fe praeteriri paticntiu". 

Patrcm quam faepiiïimc de valetudine et iludiorum progrefTli pcr litcras ccrcio- 
rem facient, praecipue dum in caftris crit. 

Rogo dcnique fupplex Deum Opt. Max. (quem non dubito quin ubiquc ob ocu- 
los habituri iint) hilcc praccepcis et confiliis infiftere dec chariffimis amicis mcis. 

Scribebam diltraftidimus Ilagac Com. 9 Maii cididcxlv. 



N" 5. 

Stampioen de Jonge ') à [Christiaan Huvgens.] 

[1645]-") 

Le wtuii'.scr'it se tni.:yc à Leiilen, cuil. Hiiyge:is. 

Om vordcrs in de mathcmatijc te fliudeeren is voor ceril: noodich hct folveercn 
ende ontbindcn van ecnige geomctrifchc Quacftien, daer toc heel bcquacm lijn De 
hondert geometrîfche qiiacflicn -) van nicefter Sihrant hanjjen^'') die aile Arithme- 
tifche door Calculatie, ende oock geometrifchc door pafTer en liniael moecen opge- 
lofi: worden. 



') Janjanszn. Stampioen de Jonge, dont le père, maître de mathématiques, portait W même 
nom, naquit en 1610 à Rotterdam: en 1639 il habitait la Haye, où en 1644 Constantyn 
Huygens, père, lui confia rinstruction mathématique de ses fils Constantyn et Christiaan. 
C'est dans ce but qu'il aura composé cet écrit. 

") Ilondert Gcometrifche quefiien met hare Iblutien. Door Sybrandt Hanfz. van Ilarlinghen, 
Reeckenmeefter tôt Amfterdam. t'Amstcrdam, Ghedruckt by Willem Jansz., in-8°. [161 2]. 
Cet ouvrage se trouve aussi à la suite de „Johan Sems endejan Pietcrsz. Don, Practijck 
des Landmetens." 

3) Sybrandt Ilansz. Cardinael van llarlinghen, était mennonite; néà Ilarlingen, il vint à Am- 
sterdam , où il donna des cours de mathématiques. Il était connu par ses „Sehoolboccken \an 
de Arithmetica, IV Vol. in-8°". dont il existe quantité de réimpressions. 



CORRKSI'ONDANCK. 1645, 



Om dan noch vcrder te gaen, ende oock op den hoochften trap der Wifconfl: te 
comen, Ibo lljn indc fnijdingc vande Conus, namentlijck inden Elipfis, parabole, 
ende hiperbole, de aider fubtijlftc wetenfchappen verborgen, die imant hier op de 
werelt fou connen bedcnckcn; dacr toe js noodich he: Bouck De Elément a Conica 
Âppolloni pergaei^^') die de tbndamenten om daer coe cegeraecken grondich acn wijrt. 

Aengacnde de Opcica, cnde bec gcnc dat daer aen dependeert lijn Cepkriis 5) 
ende Vitcllhis *) hccl goet. Met fiijpen van aile glaefen Ibo toc verre kijckers ende 
oock tôt andcre opcicae faken is het bouck ') van de Cartes ^') bequaem. 

Ende tôt de perfpeftijf die mcde een deel js vande Opcica can maiiois^')^ Ste- 
vijn "), ende de Fries ") toe gcbruickc worden. 



"t) Apollonii Pcrgnei Conicorvm libri qvattvor. vna cvm Pappi Alexandrini Lemmatihus, et 
Commentariis Evtocii Ascalonitac. Sereni Antiiifenfis philoibplii libri dvo nviic primvm 
in Ivcem editi. Qvae omiiia nvpcr Fedcricus Commaiidim's Vrbinas meiidis qiiamplurimis 
expiiri;ata è Graeco coniiertit &; commentariis illuftraiiit. P)ononiae, ex officina Aiexandri 
Iknatii. 1566. in-folio. 

=) Johann Kepler, né le 27 décembre 1571 v. St.à Weil der Stadt (Wurtemberg), mourut le 15 
novembre 1630 à Ratisbonne; il fut professeur de mathématiques à Gratz (1594 — 1599, 
1600), puis (i6oi) mathématicien et astronome de la cour à Prague et (1612 — 1626) pro- 
fesseur à Lintz, puis à Ulm. 

Stampioen indique ici l'ouvrage : 

loannis Kepleri Sae. Cae. Mtis. Mathematici Dioptrice fev Demonftratio eorum qiiae visui 
& visibilibus propter Conspicilla non ita pridem inventa accidunt. Praemiflae Epiftolae 
Galilaci de ijs, quae poft editionem Nuncij (iderij ope Perfpicilli, nova & admiranda in coelo 
deprehenfa funt. Item Examen praefationis loannis Penae Galli in Optica Euclidis, de ufu 
Optices in philofophia. Auguftae Vindeiicorvm, A'Fcderico Risnero. Bafileae. i6ii.in-4°. 

") Vitellonis Thuringopoloni Opticae libri decem. Inflaurati , figuris nouis illudrati atque aucli: 
infinitisq; erroribus, quibus antea fcatebant, expurgati. A' Federico Risnero. Bafileae ex 
otKcina Epifcopiana. [1572]. in-folio. 

■") Difcours de la Méthode Pour bien conduire fa raifon, & chercher la vérité dans les Sciences. 
Plus la Dioptriqve les Météores et la Géométrie. Qui font des effais de cete Méthode, a Leyde 
De rimprimerie de lan Maire. 1637. in-4°. 

^) René des Cartes, Seigneur du Perron (RenatusCartefius), né le 31 mars 15963 la Haye(Tou- 
raine), mourut le 11 février 1650 à Stockholm. Il voyagea beaucoup et vécut de 1617a 1619, 
de 1621 à 1622, et de 1629 a 1649 dans les Pays-Bas. Sur l'invitation de la Reine Christine, 
il partit en 1649 pour la Suède où il prépara la création d'une académie des sciences. 

') Samuel Marolois était ingénieur dans les Pays-Bas. On ne le connaît que par ses divers ouvra- 
ges de mathématiques appliquées, écrits en français, puis traduits en latin et en hollandais. Ces 
publications,toutes in folio, étaient fort en vogue; elles datent du commencement du 1 7"'"^ siècle. 
Ici Stampioen parle de sa Perspective, dont l'édition hollandaise est intitulée: 
Perfpectivc, Dat is: De Doorfichtige, van Samuel Marolois. Inhoudende Een Idare en 
grondige ondervvyfinge om die te verftaen , ende te gebruyckcn. Nu nieuws uyr de Franfche 
in onfe Nederlantfche Taie overgefct, overfien ende verbetert. Door E. de D. Amfterdam, 
Chez lanlanlîbn, 163?. in-folio. 

Le traducteur, Ezechiel de Decker, était arpenteur; en 1626 il demeurait à Gouda, en 
1659 à Rotterdam. Avec Adriaan Vlack il a beaucoup contribué à répandre l'usage des 
logarithmes, dont il a fait imprimer une table en 16:6. 



CORRESPONDANCE. 1645. J 



De Wccch-conil can hcel volcomme ende pcrfeckt uic Stevijit '-) cnck ait Dio- 
phantis '^^ gcleert worden. iîjndc medc ccn vande fraeijrte flucken jnde matcmatic. 

Tôt de tbrtificatie dacr lijn marlois '•*3 cwAq fridach '5) hecl goct toe. 

De Architcftuier is niec beccr als ait Schamnthts "^) te Iccren, die de belte ende 
bequacmllc proportie daer in obferveert. 

'°) Simon Stevin naquit h Bruges en 1548 et mourut à la Haye en 1620. Il servit, comme ini^é- 
nieur, dans l'armée du Prince Maurits d'Orang!.', qui avait été son disciple, pulilia un Recueil 
de mémoires se rapportant aux diverses parties des matliématiques dans lesquelles ils avaient 
travaillé ensemble, et enfin devint son trésorier. C'est en suivant ses idées que, en 1600, 
ce Prince fonda l'école liollandaise des ingénieurs, dépendant de l'Université de Leiden. 
La Perspective, mentionnée dans la lettre, est la quatrième partie de l'ouvrage susdit : 
Wifconftige Gedaclitenillen Inboudende t' gbene daer liem in glieoeftcnt liccft den door- 
Ivchtichftcn Hoochgeboren Vorst ende Ileerc, Mavrits Prince van Oraengicn, &c. liefclire- 
ven deur Simon Stevin van Brugglie. Tôt Leyden , Inde Druckerye van lan lîouvvenfz. 
lut jacr 1608. in-folio. 

") Johan Vredcman de Vrics (Vredeman Frisius) naquit à Lecuwarden en 1527 et y mourut vers 
1606. Il était mathématicien, peintre, sculpteur et graveur. Après avoir beaucoup voyagé, 
il forma une école d'architecture moderne. Il s'occupait surtout de perspective et d'archi- 
tecture, et publia quelques ouvrages. Celui, dont il est question ici, porte le titre suivant: 

Perfpectiva theoretica ac practica. Hoc eft, opvs opticvm abfolutiffimvm: Continens aedi- 
ficiorum, templorum, pergularum aliarumque llructurarum perfectiflima fundamenta, icônes 
atque delineamenta: luxta veterum ac rccentiorum Autorum doétrinam accuratè cxaratum. 
Studio atque Opéra Joannis Vredemanni Frilii: Multis vero notis ilhillratum per Samuelem 
IMarolois Mathemat. Cl. Amftelodami, Sumptibus ac typis Joannis JanlVonii. Anno m. dc. xlvii. 
in-folio. 

'-) De Beghinfelen der Weeghconll: befchreven dver Simon Stevin van Brugghc. Tôt Leiden. 
Inde Druckerye van Chriftoirel Plantijn, By Francoys van Raphelengien. cId. lo. lxxxvi. 
in -4°. 

'■'") Stampioen s'est trompé ici de nom, puisque de Diophantus Alexandrinus nous ne connaissons 
que l'ouvrage sur „rAnalyse de Diophante". 

'•*) Fortificatie. Datis, Sterckte Bouwing: So-wel tôt offenllve als defenlive Oorlogh befchre- 
ven en voorgeflelt door Samuel Marolois. Overiien ende verbetert door Albert Ciirard 
Mathemat. Nu nieus uyt de Franfche in onfe Nederlandtfche Taie overgefet, tôt dienll 
vande Liefhebbers derfelve Konft, door W. D. a Amilerdam, Chez. Jan Janfzen 1627. 
in-folio. 

'?) Adam Fritach, natif de Russie, servait dans l'armée des Pays-Bas. II publia une architecture 
militaire, qui fut traduite en différentes langues. 

l'Architectvre Rlilitaire ou la Fortification novvelle. Augmentée et enrichie de fortereliés 
régulières, Irregulieres, et dc dehors; le tout a la practique moderne. Par Adam Fritach. 
Mathématicien. louxte la Coppie imprimée a Leide. A Paris, Chez Gvillavme deLvyne, 
au Palais. 1657. in-folio. 
Ce titre est gravé : un titre du second livre (page 6^') porte la date imdcxxxix. 

"''") Vincenzo Scamozzi, fils de l'ingénieur Giovanni Domenico, né à Vicence en 1552 , mourut à 
Venise le 7 août 1616. II était l'ami de Christ. Clavius, et architecte renommé; il publia 
beaucoup d'ouvrages d'architecture, dont quelques-uns se sont perdus, d'autres ont été 
traduits dans toutes les langues de l'Europe civilisée; de nos jours encore ils jouissent d'une 
haute réputation, bien méritée. 



CORRESPONDANCE. 1 645. 



Om nu vorders inde Aftronomie te ftiideeren , foc can men niet bequaemmers heb- 
bcn als aile de boiicken '") van Lanshcrgen ■'*) die de nieiille, corexte, cnde oock de 
lichile fijn om daer iiic te begrijpen : Ende dan voorts (dcefc verllaende) foo can- 
men dacr op Iccfen Tolemms '^), Tlcho Brae -°), cnde nkolaes Copcnnciis -^").h.c.: 



L'Idca. délia. Architcttvra. Vniverihle. di Vincenzo. Scaniozzi archittctto. vencto. Gront- 
rcgulen der. Bow-conll. ofte. de vytnementhcyt vaiide vyf orders. der Architectvra. Van Vin- 
cent. Scaniozzi. Vyt liet Italiacns oneri^efct en met curicnfc copere plactcn verciert. Amllcl- 
rodanii.apud. Cornelivm Dankervm. Anno 1640. in-folio. 

'') Pliilippi Lanfbergii, aftronomi celeberrimi Oninia Opéra: i\Iiddclbvri;i Zeiandiae. Apud 
Zacliariam Roman, jidclxui. in-folio. Avec l'Index: 

I. Triangnlornm geometriae Libri 4. 2. Cyclometriae novae Libri 1. 3. Uranomctriae 
Libri 3. 4. In qiiadrantem Aflronomicnm et Gcometricnm, ncc non in Aftrolabium Intro- 
diictio. 5. Horologiographia plana. 6. Commentationes in motnm terrae. 7. Tabnla motnnm 
coeleftinni perpetiiae. }. Clironologiae sacrae Libri 3. in-folio. 
Ces divers onvrages ont été pnbliés séparément de 1591 à 1633. 

'") Philippns van Lansbergen, fils de Daniel, Seigneur de Menlenbeke , naquit le ::5aoiit 1561 
à Gand, et mourut à Middelbourg le 8 novembre 1632. Il devint pasteur à Goes en 1586, 
puis se fixa en 1615 à Middelbourg. Il s'occupa beaucoup de mathématiques et surtout 
d'astronomie, et publia après 1591 plusieurs ouvrages, qui se trouvent pour la plupart 
dans ses „opera omnia", cités dans la note précédente. 

'") Clavdii Ptolemaei Magnae Conllructionis, Id eft Perfectae coeleflium motuum pertracta- 
tionis. Lib. xiii. Theonis Alexandrini in eofdem Commentariorum Lib. xi. [Gr. et Lat.] 
Bafileae apvd loannem Vvaldervm. An. m.d.xxxviii. in-folio. 

'°) Tyge (Tyclio) Brahe, né le 14 décembre 1546 a Knudstrup près de Helsingborg, mourut le 
14 octobre 1601 à Prague. Il était à Copenhague en 1574. Le roi Frédéric II lui fournit les 
moyensde fonder sur l'ile d'IIvcen l'observatoire Uraniburg(i576). 11 partit de là en 1597, et 
vint en 1600 à Prague. 
Ici Stampioen parle de ses ouvrages intitulés: 

Tychonis Brahe Afironomiae Inftavratac Progymnafmata. Quorum haec prima pars de refti- 
tvtione motvvm folis et Ivnae ftellarvmqve iuerrantivm tractât, et Praetereà de admirandà 
nova ftella Anno 1572. exortà luculenter agit. Typis Inchoata Vranibvrgi Daniae. abfolvta 
Pragae Bohemiac. 1602. in-4°. 

Tychonis Brahe Allronomiae Inflauratae Mechanica Wandesbvrgi Anno cIo.Io.IIC. 

La bibliothèque de Leiden en possède l'exemplaire offert par l'auteur à Scaliger, avec l'in- 

fcription : Iosepiio Scaligero, jvl: caes : f./'viro;/Illlstri et jiagno' Amico Sfo IIonorando. 



Accipe ScALiGEïivM decus immortale Ioseimie 

Organa Sidereas apta notare vias. 
Ilis ter Septenos luffrauimus Affra per Annos, 

Suffinuit tantum donec Huenna decus, 
Afl ubi tam grandes ea paruula ferre triumphos 

Amplius haut valuit, Fataq; verfa retrô: 
Provida Diua Poli cernens inftare ruinam 



Tranftulit haec aliô , quo mage tuta forent 
Indignum reputans, fua Sacra pcrire fub Arcto 

Qualia vix alibi fplendidus Aul>er habet 
Quare ea Teuthoniae nunc confecratq; dicatq; 

Aetheream excipiat fi modo grata Deani 

Sin minus, Uraniae hofpitium late patet, Orbem 

Quae capit, cxcludi quomodo ab Grbe qucat y 

[signé] Tijcho Brahe ddt. 

La reliure en parchemin porte un beau portrait doré (autre que celui dans l'ouvrage") avec 

les mots iiic i'atet exterior tychonis forma braiif.i, pvlchrivseniteatqvaelatet in- 

TEKioR ; par derrière ses armoiries, également dorées, avec les mots arma genvs fviNdi perevnt 

DVRAB1LE VIRTVS ET DOCTRINA DECVS NOBII.ITATIS HADENT. 



Ct)liRE.SI>ONl)ANCi:. 1 645. 



Endc daernac oock Clnvins -) die van aile tbrmcn van ibnne wiifers een goede 
onderrochcinge -''•') gecft. 

Hier acn volchc de Allrologia, dat js (de Allronomi verltaeiide) oni daer uit te 
judiceeren, van gepafleerde ende oock van toecoomende (accken: die heel bequaeni 
geleert can worden uit guido '■*), ranfovius -'^')^ alhafm ="), alcabïtiiis -■). &c: 

Jnde Arichmecica vak niet veel mcer te doen, ten fij dat de lînnclijckheidt ilreck- 
ce tôt den Algebra ofte Cofs daer toe datmen voor ecrll (voor imant die daer 



-') Nicolas Kopernik, ne le 1 y février 1 473 à Thorn et mort à Fraucnbur^ le 24 mai 1 543. 
Stampioen indique ici son ouvrai;e principal : 

•Nicolai Copcrnici Torincnds de Revolutionibus orbiuni coelclHinn, I.ibri VI. Noriniber- 
gac apud lob. Pctrcium, Anno m.d.xmu. in-folio. 
") Christoffel Clavius, né -à Bamberg en 1538, mourut à Rome le 6 février \(mi.\\ était Jésuite, 
demeura pendant 30 ans comme professeur de mathématiques à Rome, où le Pape Grégoire 
XIII le chargea de la réforme du calendrier. Il reçut le surnom d'„lùiclidc du seizième 
siècle"; et publia beaucoup d'ouvrages, souvent réimprimés. 
-■>) Gnomonices libri octo, in qvibvs non solum horologiorum folariii, fed aliaruin quoq; reruni. 
quae ex gnomonis umbra cognofci polfunt, delcriptiones Geometrice demonftrantur. Auétore 
Chrillophore Clavio Bambergenli Societatis lefu. Ilomae apud Franciscvm Zanettvm. 
MDLXXXi. in-folio. 
-•*) Stampioen parle ici de l'ouvrage intitulé 

Gvidi Vbaldi e Marchionibvs Montis. Problematum Allronomicorum libri feptem.Venetiis, 
Apud Bernardum luntam , lo. Baptiflam Ciottum , & Socios. mdcvui in-folio. 
-5) Heinrich, Comte de Ransow (=. Rantzau), fils du grand capitaine Johan de Ransow (1492- 
12 décembre 1565), naquit à Steinberg (Holstein) le 1 1 mars 1526, et mourut le i'-'' janvier 
1599 à Brechenborg (Itzehoe). Il était savant homme d'état, fort riche, possédait une biblio- 
thèque très vaste et renommée, et aimait à venir en aide à des savants pauvres. Il publia plu- 
sieurs ouvrages d'histoire et surtout d'astrologie. Entre autres 

Tractatvs Allrologicvs de genethliacorvm thematvm ivdiciis pro lingulis nati accidentibus. 
Ex vetvstis et optimis quibusq; auctoribus Induftria Henrici Ranzovii Prodvcis Cimbrici 
coUectvs. Cum Indice duplici. capitum & reruni. Francofvrti. Apud Joannem Wechclinu. 
MDXCiii. in-8°. 
-''') .'Mliasen (Abu Ali al-llasan ibn-al-Hasen ibn al Ilaitham), mort au Caire en 103K, était un 
astronome arabe très renommé: on connaît le problème qui porte son nom et qui a été l'objet 
d'intéressantes études de Christiaan Iluygens. Il a écrit 

Opticae Thefavrvs Alhazeni Arabis libri feptem, nunc primùmediri. liivsiiem liber de Cre- 
pvfcvlis& Nubium afcenlionibus. Item Vitellonis Thvringopoloni libri 10. Onines iiilhurati , 
figuris illuflrati & aucti, adiertis etiam in Alhazenum commentarijs. A'Fcderico Risncro. 
Bafileae, per epifcopios. ji.d.lxx'u. in-folio. 
^^) Alcabitius (Abu-'l-Çakr Abd-al Azir ibn Othmàn al Cabiçî) était un grand astr()I<igue arabe. 
On a de lui 

Libellus ysagogicus abdilazi, i[d est] serui gloriosi dei: qui d[icitnr] aichabitius ad magi- 
steriu iudicioru astrorO: iterpretatiî a ioane hifpalêsi : incipit. 
A la fin on lit 

Explicit Erhardus ratdolt Augustensis eundè p[er]polite cmcndatillinuRi; inip[re]tîir. wij 
Caleil Febr. Anno Saluti m : ccccLXXxij Venetijs, in-4°. 
Oeuvres. T. 1. 2 



CORRESPONDANCE. 1645. 



noch' niec ingedaen heefc) Antoni Smiters ^^) diende te gebruicken °s), ende die 
verftaende datmen als dan voorc gaet toc Chrijîofel Rudolf ^°') ende daer nae toc 
Francisais Vieta 5') ende oock het bouck van de Cartes "■') midcs daer \'oordts bij 
praétiicerende foo canmen daer door (namentlijck door hec gcbruick vande Letcers) 
toc de hoochile kennifle van aile wetenichappen volcomencUjck geraecken. 

Niet dat het deeie voorverhaclde bouck en, alleen (ullen doen, maer daer wert 
oock noch toe vereifl:; Vooreerll een clouck verrtanc, ten andere geduerige naer- 
ilicheidt, ende eindelijck oock een volcome lurt, ende nijvcr tôt Ibodanige weeten- 
Ichappen. die als dan, niet aile te gelijck, maer verlancklamerhant, ijder inc parti- 
culier door langdurige lludi connen vercregen worden. 

Oock felts daer noch wat bij te praftifeeren tôt hec gène datmen geleeien heeft, 
vordert veel meer, als altijt ende geducrich (fonder eijgen praftijck) inde boiicken 
te fuffen. &c: 

Dit leften werc op hec aider hoochllcn gerecommandeert. 



") Stampioen de Jonge [Chr. Huygens]. 



-S) Anthony Smijters était ne à Anvers dans la seconde moitié dn i6'"<-- siècle. Il se fixa à Amster- 
dam comme maître d'arithmétique, et y publia son premier ouvraf!;e en 1580. 

-'•') Traité très répandu; nous n'en connaissons que la ■/" édition, dont la dédicace est signée le 
i^'' septembre 1609 (la date de la première édition). 

Arithmetica. Dat is, de Rekenkonstc, Beschreven door Authoni Smyters: Waer inné ghe- 
leert worden allerleye Rekeninghen deii koophandel noodigh, ghedeelt in vier deelen. llet 
cerstc deel. Inhoudende de fuiidamenteu , teweten: De Spetien, De Rcductie van ghelde. 
De Reghel van drien , Ende de Practijcke: foo wel in gheheele alsghebroken ghetalen. Ge- 
corrigeert ende verbetert door den Autheur felue na den felle editie. Ende fijn deze 4 Dee- 
len van de Algebrae ende den Regel Cos in een Formaet op nieuws Ghedruckt t' Amilerdam, 
By Jacob van Leeft, 1663. in-4°. 

3°") Christoffel Rudolf, natif de Jauer, arithméticien et „Cossiste" du seizième siècle, très- 
renommé, publia des traités, dont on faisait beaucoup de cas en Allemagne; c'est lui qui. 
en 1524, avant Cardanus, introduisit le Coss. (l'emploi des lettres dans le calcul); Michael 
Stifel publia une autre édition avec l'autorisation de l'auteur : 

J)ie Coss Christoph Rudolphs. Mit schonen Exempeln der Cosz durch Michael Stife! ge- 
bessert und sehr gemehret. Zu Kônigsberg in Preusson gedri'ickt, durch Alexandrum Luto- 
myslensem inijar 1553. 

■'■) François Viète (Vieta), né en 1540 à Fontenay-le-Comte (Vendée) et mort le 13 décembre 
1603 à Paris, était protestant. Il vint en 1580 à Paris, puis retourna en Poitou, enfin revint à 
Paris avec Henri IV, comme membre du Conseil privé. Ses Opéra Mathematica furent impri- 
més par Frans van Schooteu en 1646. 

Francifci Vieta Opéra Mathematica, In unura Volumen congetla,ac recognita. Operàatque 
Ihidio Francisci à Schooteu Leidenlis, Matheseos ProfelToris. Lvgdvni Batavorvm. Ex Offi-- 
cinà Bonavcnturae & Abrahami Elfeviriorum. cIcIacxLvi. in-folio. 

•''-) Voir l'ouvrage de la note 7. 



CORRESPONDANCE. 1645. 



N" 6. 

IIenricus Bruno h Christiaan et Constantijn IIuvoens. 
14 MAI 1645. 

La lettre se trouve à /ImstertUim, Arc/tires municipales 

CoNSTANTiNO cc Christiano Hugenijs, aiTioribiis mcis 
s. D. Henricus Bruno. 

Licteras a vobis heri redlc acccpit Pater, pro quo, quia ipfî otium non cft, ego 
jufTus ita refpondeo. ance omnia ilijlo fane quam bonoconfcriptas videri, fcd ftijlo 
tamen, fe verô atramentoconfcriptas vcllc. Quod ad Paravicini ') vcftri, qui cum 
Caefar non fit, Diftatorem tanicn fc ipfc facere conatus cft, bafilicas cdiétioncs 
attinct, redtè vos ifti vo/xoÔîti^ gcniinum vojjLoy.Xxqviv oppoiliifrc. Bonas quidcm illas 
effe leges, fcd pueris praefcribcndas, lludiolis vcro, qui jam pcr (e rcftum atquc utile 
intclligant, quibuique et aetas adultior bonas loges fibi ipfa dixcrit, et infercrit na- 
tura melior ac pater optimus, et infixerit educatio, nolentibus non obtrudendas; 
et reftum reiponfum efîè illud Conftantini, quod dixerit, vos a tcncris doftos bcne fa- 
cere non metu mulftarum fcd amore rcéli. Quod tamcn ad illam legcm attinet, quae 
fero venientium dentibus belluni cfuritionemqucindicit,quiaccrtum prandio etcacnae 
tenipus ftatui débet, et iniquum cft omnes unum exfpeftarc latrantc ftomacho , ita 
confentire vos aequum ceniet Pater, ut cocnâ cxcidat qui poft coenam acccdit; qui 
vero fuper coenam, cdat quod invcnie.. nani Tavra fjCiv èvi raXna,. Cras vinum mittecur 
vobis quocaetcras iftasprolctarias legcs dclpumare atque abftergerc jubcmini. .Scire 
velim quales tandem Icdioncs plcnis vcntribus inculcarc inftituat veftc • Solon, tum 
an cacteri contubcrnalcs Icgibus lublcriplcrint. 

Multum valete, dileftiiïimi et bene, ut lblctis,rem agite. 

Ilagae Com. prid. Id. Majas. 1645. 

AMeffieurs Meflleurs Constantin et Chrestien Huigens, 
op 't Stecnlchuiir, indc I lartogh van Saxen 
P. tôt Leiden. 



') Il s'agit peut-être ici de Jncobiis Paravicimis, qui en mai 164(1 à l'àgc de 14 ans a dtL^ inscrit 
comme étudiant dans l'AIlnnn de l'Université de Leiden. Il était né à Londres, mais pro- 
bablement noble d'origine italienne. 



\ 



CORRESI'ONDANCI,. 1 645. 



N" 7. 

CURISTIAAN IIUYGENS îl LoDEWVK lluVGKN.S') 

29 JUIN 1645. 

La lettre se trouve à Amstenlain , Jcad. Roy. îles Sciences, cuil. lliiygeits. 

ClIR. HUGENIUS LUDOVICO FRATRI S. 

Valde inivor quarc argentum Cognacn ") non mictat quo mine maxime indigco, 
fi qiiid cnim difputare vclit, faciat pcr me licec cum hanc ratiuncm iblverit, nihil 
cnim in ea continctur quin Pater Conftantino id folveric abfque contradictione ; 
itaque teftinet rogo, diutiiis enim carere non pofT'um. Epiftola Jacobi quae caefiim 
Piccolominacum >) referebat, totam urbem percurrit, fuit apud Spanhemimn ■•), 
apud Prcetorem Bontium ^) , et alios plurimos quos non noviili. imo quidam Iliade- 
banc ut imprimi facerem. Pingimus nos nunc coloribus ficcis quod pingendi genus 
docfelen appellant;; fi videas quod hac ratione heri feci, nihili prorfus plumbum 
Hifpanicum facias; imitatus finn effigiem fenis à Rembrando factam coloribus cum 
oleo, ut vix diflerenciam videas, tranfinififitMn arcis fpecimen fcd nimio labore et 
temporc confiant. Vale. 

29 Jun. 1645. 

Monfieur Monficur L. TIuijgens, ton huijfe vandc hcer 
van Zuijlichcm. In 

P. s Gmvenhagc. 



') Lodewyk Hiiygens, plus tard Seigneur de Monnikenlandt, était frère cadet de Christiaan 
lluygens;il naquit le 13 mars 1631 à la Haye, et mourut le 30 juin 1699 à Rotterdam. Il 
a été Baljuw de Gorkum. 

-) Catbarina Suerius, cousine de Constantyn Huygens, père, née vers la fin du i6""-' siècle, 
mourut à Bréda le 10 octobre 1680. Elle était la fille de Jacob Suerius et de Catharina Hoef- 
nagel. Après la mort (10 mai 1637) de Susanna van Baerle, épouse de Constantyn Huygens, 
père, elle entra le 28 mai 1637 dans la maison de celui-ci comme ménagère et y resta jusqu'au 
29 octobre 1668. 

3) Joscpli Silvio INTax Piccolomini, fils du Colonel Impérial Aeneas Silvio P.,perditson père dans 
sa jeunesse et fut adopté par son oncle , le célèbre Prince Octavio Piccolomini. Il fut tué le 6 
mars 1645, dans la bataille dejankowitz contre les Suédois, à la tète de son régiment de cuiras- 
siers. C'est un des personnages, regardé longtemps comme fictif, du Wallenstein de Schiller. 

•*) Friedrich Spanheim, né le i'-''' janvier 1600 à Amberg(Palatinat), mourut à Leiden le 14 mai 
1649; il devint professeur de philofophie (1626) et de théologie à Genève (1632), puisa 
Leiden (1642). 
Son fils Ezéchiel, né en 1629 à Genève, mort en 1710, était ami intime de N. Heinsius. 

3) Willem de Bondt, fils de Ueynerus Bontius, professeur de physique et de médecine à 
Leiden, était né dans cette ville et y mourut en 1646. En 161511 devint professeur de droit 
à Leiden, mais en i6if) il y fut nommé Schout (Bailli); sa sévérité était proverbiale. 



COKRICSl'ONDANCK. 1645. I3 



N= 8. 

A. VlNNEN à CoNSTANTYN I Il'YGENS , pcrc. 
30 OCTOBRE 1645. 

La lettre se Irmive à .Imsterilnm^ .Icdd. Ray. des Sciences. 

Mynheer. 
AKo l'es oftc fcvcn jonge luydcn my verfochc hcbbcn, cm ecn Collct^ium Paiulcc- 
tariini onder my te houdcn , licb ick gcradcn gevundcn , diu U. \L. foncn lich dacr 
by fouden voegen, dcwylc hct Collegium Inllitutiomim, 't vvclck iy hebbcn , nu rcn 
cynde liep, ende mcync dac hct fclvige hacr vorderlick lai lyn. Dit Collcgiiini fal 
ecn geheel jacr duercn, ende fal intérim met de hulpe Godts door mync dircCtic 
de jeiight cunnen gebracht worden tôt een générale kenniiïc van aile matericn , cndc 
bequaenihcyt, ommc dacr van met oordecl ende goede termen te cimnen dilcuurc- 
ren. Tôt welcken eynde ick voorgenomen heb, ende alrede begonnen hacr vooi- te 
lefen ende expliceren Theles ') Treutleri -), fulcx ende naede ordre , als dclelve 
zyn geconcipieert, in wclcker explicatie ick doorgaens fal blyvcn by de principia 
fonder verre te extravageren ende heb hacr geraedcn, alsmy oorbacrlickdunckcnde, 
dat l'y daer by zoiiden voegen, ende met de lelve Theles confereren Paratitla ')Wcren- 
becii''). Dit zal haer oclleninge zijii 'c myncn huyle, ende om de acht ofte tien dagen 
fullcn wy indc Académie met gclloten deuren in Auditorio noib-o Juridico leleftam 
aliquam materiam ex iis, quae explicatac erimt, disputeren, waer van wij alrede 
een preuve genomen hebbcn, respondente filio meo ^) et tuisintcr alios opponentibus; 



') llicronymi Trcvtleri Ivrircoiifvlti Selertarvni Defpvtationvm, Ad ivs civile Ivlliiiiaiiaovm, 
qvinqvagiiita libris Paiidcftaruin compraL'henfum , llefolutiones alifdhitifiiniac, Aiictorc 
IJelfrico Ulrico Ilvnnio, I. U. DoOitore et in Academia Giefl'eiia ProfeDore piiblieci ordinarid. 
Apud lolianiiem lacobum Porliiim. mdcxvii. III Vol. in-4°. 

-) Ilieronymus Trentler, né à Schweidnitz (Silésic) en 1565 et mort à Marbourj; le y décembre 
1607, était le lils d'un tailleur. Il prit son grade en droit en 1590, à Marbourg, où il devint 
profefleur de rhétorique, puis conseiller impérial. Il publia plusieurs ouvrages, fort estimés 
en leur temps. 

5) Matthaei Welénbecli, J. C. Commentarii in Pandectas juris civilis et Codicem Jullinianaeuni 
olim didi Paratitla, aucta fubinde Ab Arnoldo Vinnio, J. C. Cum Notis & Obfervationibus 
Reinhardi Bacliovii ?^clitii J. C. Adjectus ell M. Wefembecii Tractatus De Fendis. Ex recen- 
lione Johannis Chriftenii J. C. Cum Indice Cemino. Anidelodami . Apud. Jacobuni de Zet 
ter. Anno m.dc.lxv. in-4'. 

■*) Matthaeus Wescnbeeck , 2'' lils du pensionnaire d'Anvers Petrus Wesenbccck, naquit le 25 
octobre i^Si 1 à Anvers, et mourut à Wittenberg le 5 juin 15S6. Il était grand jurisconsulte, 
voyagea beaucoup, devint protestant en 1552 et fut nommé professeur de droit a jéna et 
(1569)3 Wittenberg. Ilétait conseiller de l'Empereur Maximilien II, qui le créa chevalier. 

S) Simon Vinnius, lils du professeur Arnoldus Vinnius, naquit à la Haye en i6î-. II liit inscrit 
en 1637 comme étudiant es lettres bon. g r. et devint en 1650 Lecteur en droit à rLiniversifé 
de Leiden , à la demande de son père. 



14 CORRESPONDANCE. 1646. 



'c welck al met goec façoen is toegegaen. U.E. 't huys comende ['t gunt ick hope 
eer lange te ilillcn gerchieden,Gock de I leer het voornemen van zync lloochhcyt 
zegenende] lalzeltts \'an haer progrès cnde toenemen in onfo gcmeync ihidicn cun- 
nen oordelen. Hier entuirchen (al iciv niet naerlacten aile vlyt ende neerllicheyt aen 
tewenden, omme haer te leconderen , Kai KU/^as rpé^ovTxç hrpi^veiv. Endc wil 
hiermede U. E. Mynheer, den Alniogendcn in genade bevelen. 

In Lcyden defen xxxsten Octobris, xvic xlv. 



U. E. Ootmocdige Dicnacr 

A. ViNNEN. 



N= 9. 

R. DES Cartes à [D. le Leu de Wilhem] '}. 
15 JUIN 1646. 

La lettre se trouve à Leiileii, coll. lluygens. 
Elle a été imprimée , mais en partie changée et augmentée , par y. Cousin , Oeuvres de Descartes. 

Monsieur 

Je vous remercie très humblement des letres que vous m'auez fait la taueur de 
m'enuoyer et des nouuellcs dont il vous a pieu me faire part. Mr. Pell -) vient aufly 
de nf efcrire d'Amllerdam qu'il a eilé appelé par vos letres de la part de fon Altelfe ■'} 
a la profefTion en Philolbphie et Mathématiques a Breda, Je me rcliouis d'apprendre 
qu'on veuille ainfy faire fleurir les feiences en vne ville ou i'ay autrefois eilé foldat. 
Il y a quelque tems que le Profefleur Schooten m'enuoya vn efcrit que le fécond 



') David le Leu de Wilhem naquità Hambourg le 15 mai 1588, et mourut le 27 jauvier 1658; 
il épousa en 1633 Constantin Huygens, soeur de Constantyn Huygens, père.Après avoir fait 
ses études à Leiden , il voyagea beaucoup, puis (163 1) entra au Conseil d'Etat des Pays-Bas , 
ensuite au Conseil de Brabant, dont enfin il devint Surintendant. En outre il était Conseiller 
du Prince d'Orange. 

-) John Pellius naquit à Southwick (Esscx) le i'-''" mars 1610, et mourut le 12 décembre 1685 à 
Londres. Jouiflànt déjà d'une bonne réputation en mathématiques, il passa en 1643 à Amfter- 
dam, où il devint professeur en 1644, et eut une controverse avec Longomontanus; puis il fut 
professeur à l'Ecole Illustre de Breda en 1646. Il retourna en Angleterre en 1652, fut envoyé 
par Cromwell vers les cantons protestants de la Suisse, où il resta à Zurich de 1654 à 1658; il 
revint en Angleterre, entra dans le clergé, devint recteur de Tobbing(i66o) et de Laingdon 
(1663). Il était membre de la Société Royale, grand linguiste et homme fort savant; mais, se 
laissant tromper et voler par qui voulait, il se trouvait souvent dans le dénùnient, au point de 
manquer de papier et d'encre; il mourut dans l'indigence. 

•') Fredcrik Ilendrik, Prince d'Orange, qui en 1625 succéda à la Haye à son frère aine Maurits 
comme Stadhouder des Pays-Bas. En 1625 il épousa Anialia van Solms; il mourut à la Haye 
le 14 mars 1647. 



CORRESPONDANCE." I 646. I5 



fils de Mr. de Zuylichem tiiioit fait couchant vue inuention de Mathématique qu'il 
auoit cherchée, et encore qu'il n'y eull pas tout a fait trouuc ion conte (ce qui 
n'elloit nullement ellrange pource qu'il auoit cherché vne choie qui n'a iamais elle 
trouueé de pcrfonne) il l'y elloit pris de tel biais que cela m'alTin'e qu'il deuiendra 
excelent en cete fcience , en laquelle ic ne voy prefque perlbnne qui Icache rien. 

Pour Voetius ■•) c'ell vn perlonnage auquel ie ne penfe plus du tout, l'es iniqui- 
tcz font fi euidentes et ont elle fi manifellement decouuertcs par l'a propre efcri- 
ture 5) que ie ne croy pas qu'il y ait d'orenauant aucun homme de bien qui veuille 
auoir amitié auec luy, ny qui face ellat de tout ce qu'il fcauroit dire ou efcrire. Si 
nonobfiant cela on veut qu'il foit ecckfiarum Belgicarum deciis et ornamentum ainfy 
qu'il fe qualifie foymefme, et qu'on l'ellime plus neceiïaire a voilre eglifc que St. 
Jean Baptiste n'a cfl:é a celle de tous les chrelliiens , ainfy que fouilienent quelques 
vns de les idolaftres, et que pour ce fuiet on luy veuille donner vn oélroy pour 
médire impunément de qui bon luy femble a caufe que St. Jean a nommé les Juifs 
engeance de vipères ce n'elt pas a moy a m'en formalifer, car ie voy qu'il s'adrelfe 
a d'autres qui ont incomparablement plus de pouuoir que ie n'en ay. Je 
n'auois point fceu qu'il eull rien fait imprimer contre Mrs. les Chanoines *), mais 
Schoock ") me femble li froid a foutenir la propre caufe que ie ne le iugc pas fort propre 
adefendrelaleur.mefme, ienefcay fi la nomielle qu'on me vient d'apprendre eitvraye 
ou non, mais on m'efcrit qu'il a perdu l'on procès a Vtrecht ^) faute d'auoir pu vérifier 



■*) Gysbcrt Voet, fils de Pauhis Voct, naquit ;i Ilcusdcn le 3 mars 158S, et mourut le i'-'' novembre 
1676 à Utrecht. Partisan de Gomarus, il devint pasteur à Heusden en 1617 , professeur à 
Utrechten 1634. Acerbe et violent disputateur, fl eut des controverses avec Cornélius Jansso- 
niusde Louvain, avec des Cartes, Maresius, Coccejus; au sujet de ces disputes, dont celle avec 
IVIaresius dura 32 années, il publia quantité d'écrits, de pamphlets, en partie anonymes, mais 
en outre beaucoup d'ouvrages de grande érudition. 

') C'est l'ouvrage suivant que des Cartes attribue, non sans raison , ù G. Voet, quoiqu'il porte 
le nom de M. Schoock. 

Admiranda Methodus Novae Philofophiae Renati des Cartes. Vltrajecti. Ex Olhcina Joan- 
nis van Vvaesberge, Anno cIdIocxlhi. in-12". En tête de la praefatio on lit „ Martinvs 
Schoockivs, Philofophiae in Academ. Groningo-Omlandica Profefibr Lect. S. D." 

''') La dispute de G. Voet avec les chanoines protestants d'Utrecht avait pour objet les biens 
confisqués des églises catholiques administrés par les chanoines. 

^) Martinus Schoock naquit le 1=' avril 1614a Utrecht et mourut en 1669 à Francfort sur l'Oder. 
11 vint à Utrecht en 1635 , fut le premier qui obtint un grade à la nouvelle université (1636) 
et y devint professeur en 1638. En 1639 il fut professeur à Deventer et en 1641 à Groninguc 
en 1666 il partit pour Francfort sur l'Oder, où il devint professeur d'histoire et historiographe 
de l'Electeur de Brandebourg, 

") La „propre cause" de Schoock est un procès que G. Voet lui intenta à Utrecht, au sujet de 
quelques révélations qu'il avait faites, lorsqu'il avait été cité devant le Sénat Académique de 
Grouingue par Descartes à propos de la publication du livre de la Note 5. Schoock déclara 
que ce livre était sorti de la presse autrement qu'il ne l'avait écrit, et insinua que G. Voet 
„y avait ajouté sans sa participation les choses, qui étaient les plus injurieuses et les plus 
énormes." 



l6 CORRKSl'ONUANCE. 1 646. 



ce qif il auoic dit. quoy qu'il en foie permetez moy que ie vous die icy en liberté 
que lodquei'auois cfcrit contre Voctius i') le droit du icu cftoit qu'il nie refpondill 
auiïy par efcrit et non pas qu'il implorall le fccours de ion niagiilrat comme il a 
tait '°),mais lorsqu'il efcrit contre vn des membres des eilats de sa prouince le droit 
du icu cil qu'on luy lace fon procès et non pas qu'on s'amufe a faire des liures 
contre luy. le trop de retenue de ceux qui ont vn iulle poiuioir et le trop d'au- 
dace de ceux qui le veulent vfurper eil toufiours ce qui trouble et qui ruine les 
republiques, ie fuis 

Monsieur 

voitrc trcriiiimble et trdbbeillhnt Icriiiteur 
d'Egmond le 15 Juin 16^6. Dkscartes. 



N" 10. 

CURISTIAAN IIUVGENS à CoNSTANTVN IluVGENS [frèrc]. 
14 AOÛT 1646. 

Lu lettre se trouve à Lcidcn, coll. Ihiygens. 

Mon Frère. 

Voicy vollre diamant lequel , après avoir cherche en trois ou quatre boutiques 
d'orfèvre, j'ai] trouvé a la fin tout faict comme vous le voiez. il n'cll pas grand en 
apparence mais c'e[ll:] a caufe qu'il ell enchaiïé une grande par[tie] ') dans le cui- 



^) Epistolaad Gysbertum Voetiiim in qiioexaminantur duo libri luipcr pro Voetio cditi. Auc- 
tore R. Cartcsio. Amsterdam, 1643. in-i2°. 

11 en donna nne antre édition, encore plus ample, 

Brief van Renatus des Cartes. Aan den vermaardcn D. Gishcrtus Voetius. In dcn welken 
ovcrwogen worden twee Rocken, onlani;s voor den zclvcn Voetins tôt Utrecbt nits;ej;cvcn , 
den eenen geintitnleert Conl'raternitas Mariana, en betander, Pbilolbpbia Cartcliana, t"Am- 
fterdam, Na de copye, By Rieuwert Dirksz. van Baardt. in-4. Datée: „Van Egmond op de 
Iloefden ôjiilij, St, N. 1643." 

'°) Aengevangen Procedueren tôt Wttrecbt, tcgcns Rcnatvs des Cartes, ter oorfaecke van twee 
fijnc Diflamatoire gbcfcbriften of famenlé libellen. Vergadert ende uytgegeven door een lief- 
hebber, der Waerbeydt. tôt Utrecht. Ghedruckt by Willem Strick. Datée 27 feptember 
1643. in-4°. 



') Les crocbcts [] renferment les lettres qui ont di"i se trouver dans des parties déchirées de 
l'original. 



CORRKSl'ONDANCE. I 646. IJ 



vrc affin détenir plus terme: j'en ny baillé deux franqs fans marchander beaucoup 
me fouvenant que j'avois eiu rcijcher iiieifîer^ et aijant pris l'argent de Gritie. 

II n'y a pas grande commodité icy pour l'elhidc de droict, ce que vous ne peut 
pas fembler cftrange , fi confiderez feulement comment je foye ailîs à la mefme table, 
ou l'un apprend la profodie, l'autre la logice tout haut; et après que ces heures 
font finies que l'un ou l'autre prend la viole et me ravit l'efprit par les oreilles , 
comme Bruno dit une fois de iiiccstcr pûiitscr -j. De forte que le plus grand palfetemps 
que j'aij me donne le craijonner, que j'exerce a toute force et de toute façon; ]'aij 
peint en noftre jardin des grandes figures comme le vif, avecq du charbon mis dans 
de l'huijle et du craijon blancq , contre les aijs qui feparent nofl:rc jardin d'avecq 
celui] du Conte Maurice 3^, ce l'ont des figures d'Holbcens Dodeiidaiis-^') ^ que, 
de petites comme le petit doiét qu'elles font, j'ay aggrandies h la hauteur fufdite; 
Mais voijcij quelque chofe de plus net que je viens de faire , d'ont l'original de l'un 
vous efi: alTcz conneu de l'autre ell la telle de mort, comme nous en avons deux icij 
que vous avez veu. J'aij encore bien de chofes h vous efcrire comme delà querelle 
de Rofendael le fécond, et Monfr. de Groot l'aifné ■"), qui de Rofendael ell 
appelle en duel , mais la chofe ne mérite pas que je tourne le feuillet. Je de- 
meiu'e 

[la Haye] 14 Aug. i<54<5. Chrkstien IIuygens. 

A Monficur Monrieur C. IIuygens, Secrétaire de Son Altelîè. 

A 

met cen voile papier. L'armée. 



-) Il est question, peut-être, de Joliannes JacobusPnntscr. né à Leipzig en 1625, et qui com- 
mença en 1649 ses études de droit à l'Université de Leiden. 

3) johan Maurits, comte de Nassau-Siegen, petit-fils de Jan van Nassau le Vieux, naquit le 
27 juin 1604 à Dillenburg et mourut le 30 décembre 1679 à Clève. On lui avait donné le 
surnom de Brésilien , parce qu'il avait été gouverneur des colonies hollandaises en Sud-Amé- 
rique (1637 — 1644). Plus tard il fut stadhouder du pays de Clève, où il créa un beau parc, 
et devint en 1651 Supérieur de l'ordre de Malte. Sa maison à la Haye sert maintenant de 
Musée de peinture, son jardin s'étendant jusqu'à celui de Constantyn Huygens. 

■*) Huygens parle de la Danse Macabre (Todtentanz) de Hans Holbein, le jeune, né à Angs- 
bourg en 1497, mort à Londres en octobre ou novembre 1543. 

5) Cornelis de Groot, fils aîné du célèbre Hugo Grotius, naquit le z février [613 à Rotterdam 
et mourut en 1665 à Bois-le-Duc. 11 voyagea beaucoup, et a été Landdrost (Gouverneur';i 
du Meyery de Bois-le-Duc. 

Oeuvres. T. I. . ■; 



CORRKSl'ONDANCi:. 1646. 



N" II. 

CllRlSTlAAN IIUVCENS h [CoNSTANTVN IIl'VGENS, Irèrc] 
3 SF.l'ÏIvMBRE 1646. 

Lit hir/c se !riii:YC à LeiJeii, coll. Iluygciis. 

Mon Frère, 

l,a caulc de ce que je n'iiij pas refpondu a la vollre ') qui m'a porte les deux belles 
pièces de caille douce, d'ont [je] vous aij de l'obligation, a elle, que je n'avois [pas] -) 
beaucoup à vous cfcrire que des parciculariccz [du] duel tô z/sova , et ne voulant pas 
cntrepren[dre] de comparer mon éloquence avecq celle de Monsr. Crommon '), qui 
m'avoit dit qu'il vous en vouloir informer ab ovo, et d'autre part içalclvant bien que 
vous ne pouviez douter de la loyauté des meflàgcrs, j'aij eftimc la refponce point da 
tout neccfîàire: le respons donc maintenant à vollre dernière") avecq laquelle vous 
m'avez envoyé la queftion Géométrique, de laquelle vous trouverez la folution 
dans mes Commentaires que j'y ay faictcs defTus aufTi tort que je l'ay reçue: Pour 
vous dire la vérité, vous monftrez clairement de n'a- 
voir pas beaucoup exercé l'Algèbre, au moins pas tant 
que moi; voicy quelques chofes que j'aij trouvées par l'on 
ayde pendant que je fuis icy; 

ABCE cil un corps, faiét de la circonverfion de la 
deniije parabole DBCE, j'ay demonllré que ce corps 
ell fesquialterum du cône ABE, (cftant fur la mefmc 
bafe et de hauteur cfgale que ce corps) c'eil: à dire que 
lî le cône ABE cfl: 2, le corps, qui s'appelle Conoi- 
deparabolicum , est 3. Cccij a elle dcmonilre d'Archi- 
mede mais d'une autre demonllration que la miene. 

-g ADBEC eft un corps faitt de la circonverfion de la figure 

"• "" FBEC, qui ell ce qui reile du reétangle FBGC fi on en tire la 
: demie parabole BECG; j'ay demonilré que ce corps cft efgal 
à la moitié du cône ABC, ce que je ne penfe pas qu' il auoit 
elle demonftré cijdevant. 

AB cfl: une hauteur de la quelle on laifle tomber un poids 

i^ C, je demonftrc qu],au premier temps de la cheute il palfe un ef- 

pace comme icy CD, au fécond temps efgal au premier, 3. de 





') Lettres qui ne se sont point retrouvées. 

-} Les crochets [] contiennent les mots décliirés de l'orii;inal. 

■') G. van Crommon , natii'de Zélande, était de la suite du Prince d'Orange : il mourut le - avril 

1655. Il (itsa cour à iMlle Turetini, de Genève, puis épousa en mars 1650 une autre personne, 

hollandaise. 



CORRESPONDANCE. 1646. 



19 




tels cfpaccs, et vient jiifques en li, au troificnie 
temps 5. cfpaccs, au quatricfnic 7, et qu' ainiij 
continuera à faire eliafque fois encor de plus 
grands progrcz, adjoullant au dernier touijours 
deux fois le premier cfpace; mais il ne faut pas 
confiderer la relillence de l'air, qui caufe à la 
fin (Il le poids tombe d'une fort grande hau- 
teur, quelque pelant qu'il ioit) qu'il parvient k 
un point, d'où il commence en temps efgaux de 
faire des progrez efgaulx. Outre cecy j'ay de- 
monllrc que s'il cil jette de quelque collé, qu'il 
delcrit une parabole; de tout cecij et encor 
d'une infinité de choies qui en dépendent je n'aij 
jamais l'çeu la demonftration avant que de Tin- 
vencer moij mefme, vous la trouverez à N'ollre 
retour, dans^le boeckje de 

Voftrc trcsaffectionne frère 
Chrestien IIuygens. 



Vous pouvez monllrer cecij a mon Père. 
Tooc ■•) fçait aufli quelque chofe. 



• - N= 12. 

l\I. MeRSENNE ') h CoNSTANTYN IIuVGENS, pète. 

[septembre 1646.] ") 

La htlyc .«■ truuxi: h Làâcn , coll. Huygais. 

Monsieur 
Puifque vous auez des enfans qui prennent plaifir aux INIathematiqucs. ie veux 
vous envoyer vn théorème numérique par exemple. 
Théorème. 
La différence des quarrez de 2 nombres, dont l'un cil: la Ibmme, et l'autre la dif- 
férence de deux quarrez, ell ncccnùirement vn quarré. 



■*') Toot est luie abréviation fainilicre de r.odcwijl';, nom de l'un des frères de Cliristiaan Huygens. 



') Marin Mersenne naquit le 8 septembre 1588 à Soultière (Maine) et mourut le i'^'' septembre 
1648 à Paris. Comme Père Minorité, il habita Paris, Nevers, et de nouveau Paris; il voyagea 
beaucoup et visita entre antres les Pays-lîas et l'Italie. Il était l'ami de jeunesse de R. des Car- 
tes, et apaisa plus tard les disputes de celui-ci avec de Fermât et Roberval. Il était aussi très-liè 
avecConstantyn Huygens, père. 



CORRESl'ONDANCF.. 1646. 



Sur quoy ic vous cntrctiendray vn peu, uffin que vous fcachiez que lors que 2 
quarrcz ne diftcrenc que de runité,ils ont pour différence lafomme de leurs racines: 
par exemple 9 et 1 6 différent de 7, qui efl la fomme de 3 et 4. INIais lors que les quar- 
rez ne ibnt pas prochains, et que leurs racines différent de plus de l'unité, ils ont 
pour différence les ibmnies de chacune de leurs racines iointes auec les nombres pro- 
chains qui font entredeux, et les fommes de chacun dcfdits nombres qui font entre- 
deux ioint auec leurs prochains. Exemple, les quarrez de 3 et de 6, afcauoir 9 et 
36, différent des fommes de 3 et 4, de 4 et 5, et de 5 et 6, qui font 7. 9. 11. qui 
font enfemble 27. De plus, quand les racines, et les nombres qui font entredeux 
font enfemble en quotité jmpairc, la plus grande, et la moindre fomme des 2 racines 
iointes chacune auec les nombres jntermediats qui leur font prochaines eftant iointes 
enfemble font le quadruple du nombre qui eft au milieu des racines fufdites. car cha- 
cune de ces 2 fommes contient 2 nombres: fi donc on prend deux fommes, on aura 4 
nombres, qui pris en diffances égales, et correfpondant tant deiïiis que defibus le 
nombre du milieu, la Ibmmede ces nombres fera quadruple dudit nombre du milieu. 
Exemple pour fcauoir la différence des quarrez de 5 et de 9, cefl: a dire de 25 et 
de 8 1 , il faut affcMnbler les racines 5, 6. 6, 7. 7,8.8, 9. et le nombre du milieu fera 
7, et ces racines eftant iointes enfemble deux à deux, feront 11, 13. 15, 17. des- 
quelles fommes fi on afiîimble les plus éloignées 11 et 17; et les fui vantes 13 
et 15, on aura 28 à chaque addition, et cette fomme 28 cil quadruple de 7. qui eft 
le nombre du milieu: et par ce que 7 eft différent de chacun des extrêmes 5 et 9 
par 2, il s'enfuit qu'il faut faire 2 afil-mblages des fommes desdits nombres, fcauoir 
de 1 1 et 17, et de 13 et 15, et partant il faut multiplier 28, qui ell la fomme des 
extrêmes 11 et 17, et le quadruple du milieu 7, par la différence du nombre qui 
ert au milieu à l'un des extrêmes, qui eil 2 en cet exemple, et on aura 56 différence 
de 25 et 8 1 , quarrez de 5 et 9. *) 

Donc pour auoir la différence des quarrez de 2 nombres de mefme ordre, il faut 
multiplier le quadruple du nombre cfgalemcnt dillant des racines des quarrez luf- 
dits, par la différence dudit nombre également dillant de l'un des extrêmes. 

Vous aurez encore la différence des quarrez fufdits, en aioutant les Racines defdits 
quarrez et multipliant la Ibmmcpar leur différence, comme aioutant 5 et9vousaurez 14, 
quimultipliezpar4differencede5et9,donne56pourladifferencedesquarrezde5et9. 

Oubien fi vous multipliez le nombre également dillant des racines , par le double 
de la différence des mefincs racines, vous aurez la mefme différence, car multipliez 
7, également diilant de 5 et 9, vous aurez encore 56. 

Ce qu'ellant pofé, on peut monllrer que la différence des quarrez dont les raci- 
nes font différentes d'un double quarré, ell neceffliirement vn quarré. 

Mais que direz vous de moy qui oie entretenir vn Cavalier entre la poudre 
et le jeu des canons de ces petites gentillefll'S, vous me le pardonercz bien pour 
cette fois. Je ne vous entretiens point de 2 fauuages homme et femme qu'on a 
vus et touchez h 3 lieues de Grenobles, parce que jls eiloient fuis plus vifte 



CORRKSPON'DANCE. 1 646. 



que k courfc ordinaire des lioninies, iattends quon les prenne par vne chadê 
générale. 

Au premier voyage, fi volbx' (ils le délire, ie luy envoyeray le moyen de trouuer 
le centre de vertu, ou de perculllon de routes Ibrtcs d'cpécs, et dautres armes. Croyez 
vous que le Sr. Regius -) explique les mouuements des plantes et des animaux lans 
leur donner des amcs, comme il lémble que veulent les principes de INIr. des Cartes ? 
Je ne croy pas qu'il en vienne h bout, Car les pafTions, et affections du leul chien au- 
roit befoin d'une eilrange multitude de redorts pour pouuoir elL'e faites lans ame, 
et ie m'alTurc que vous elles de mon fentiment. 

Avec cette lettre [?] vousreceurez l'une des plus lubtiles philofophies, qui ayent ja- 
mais elle faites, aucc fes dccouuertes. On me dit que vous auez alllegé vne place forte 
pour fauorifer la prife de Donkerke, et les autres le nient, vous m'apprendrez ce qui 
en fera. J'attends touiiours le retoiu" de noilre Cour pour voir le Sr Gobert; ■"') ie le 
conuieray de venir difnerchcz nioy, ii toll qu'il fera revenu afîin que toute laprezdif- 
née nous chantions vos Airs, et que nous les baillions h Mr. 15allard+) pour jmprimer. 

En attendant, je fuis toufjours 

jMonficur voitrc trefobciflant icrviteur Mersenne. 
\'ous aurez icy un mot ou 2 poiu' le fr ibrbiere ') ie vous prie de 
le luy faire tenir à Leyden ou à la Haye, où il eil marié et médecin. ') 

A A'IonfiCLir Monfieur Huijgens ficur de ZuijUichcm, 
ce Sccrctaiic de Monfieur le Prince d'Orange au Camp. 
Recommandé à Monfieur 'I assin ") au petit Bourbon. 



-) Henri de Roy (Rei;iiis), né le 8 août 1598 à L'trecht, y mourut le 19 février 1679. Il fut pro- 
fesseur de médecine, et pendant quelque temps aussi de pliysique à Utreciit; il était d'abord 
partisan de Descartes, mais plus tard il devint son adversaire. 

^) Thomas Gobert, „maistre de la chapelle du Roy très Chrestien", était de Picardie; il devint 
chanoine de St. Quentin (1630) et était ami de Constantyn Huygens, père; il vivait encore 
vers i6~6: dans cette année parut l'ouvrai^e 

Paraphrafedes Pfeaumes de David, en vers françois, ParlM'c Antoine Godcau, Evefquc de 
Gralle & Vence. Dernière Edition, reveuë exactement, Et les Chants corrigez & rendus 
propres & julles pour tous les couplets, Par M''^ Thomas Gobert, Preftre, ancien Maiftre de 
la iMulîque de la Chapelle du Roy, & Chanoine delà sainte Chapelle de Paris. DelUis. Suivant 
la Copie. A Paris, Chez Pierre le Petit, Imp. Ord. du Roy. 1676. in-i2°. 

■*) Robert Ballard était un célèbre imprimeur de Paris, (patentes du 24 octobre 1 6^1')'), comme son 
père Pierre Ballard (patentes du 1633) et son grand-père Robert Ballard (patentes du 6 février 
155:). Il s'intitulait „unicus Regiae Musicae Typographus." 

f) Samuel de Sorbière, naquit le 17 septembre 1615 àSt.Ambroix (Gard)et s'empoisonna à 
Paris le 9 avril 1670. Il fut élevé par son oncle, le savant orientaliste Samuel Petit (2 5 décembre 
1594— 12 décembre 1643), obtint à Paris (163 9) le grade de docteur en médecine et vint se fixer 
dans les Pays-Bas. En 1 650 il prit la direction du collège d'Orange, puis se lit Catholique ( 1653), 
devint historiographe du Roi de France (1660), partit pour Rome (1667) et depuis erra par 
lemonde. 11 était importun, tantôt adulateur, tantôt satirique, préférant la fortune à lagloire, 
non sans quelque érudition , mais superficiel , ayant l'esprit inquiet, remuant et sans ordre. 



CORRKSl'ONDANCF.. 1646. 



") R^ 23. 8b[rc] 1646. [Chr. Huygens] Q 



=5 
49 
81 







■iubtr. 



[iMcrfcnnc] 



^(7 + ^^ 



a*- 



laabb 
laabb 



b^ 
b*~ 



aa- 
aa- 



bb 
bb 



a* — laabb -\- b-* 



4 ûabb quod cil qimdracum à 2tib 
[Chr. Huygens.] 



N° 13. 

INIer.sennk h CoNSTANïvN I luvGENs , pcrc. 

12 OCTOBRE 1646. ") 

Lt: lettre se trouve a Lehlen, cuil. Iliiyi^cus. 

Monsieur 

r actcns aucc grand defir la dcmonftration de IVIonf. voflire fils fur la proportion 
des cheuces des corps pefans,car il l'aura peut cftrc prife d'un biais jndependent des 
fupofitions de Galilée. ') L'on vient de me prefter la vie de feu Mr. de Berullc -) 
Cardinal, in 4° ■5) de belle jmpreffion, faifant l'un des plus jolies de l'Acadcmie de 
Paris, fi vous voulez lliler quclq'un de vos amis h la pureté de noilre langue on la 
trouuera la dedans, j'ay vu le refultat de rafiembléc de Pologne •*) pour les reli- 
U'ions ils n'ont rien fait de bien confiderable. 



'') Tassin, Intendant du Cardinal de Mazarin, était grand musicien, et ami de Constantyn 

Huygens, père. 
") C'est probablement la date à laquelle Christiaan Huygens a reçu de son père cette lettre avec 

la suivante N° 13. 



'} Galileo Galilei naquit le 18 février 1564 à Pise, et mourut le 8 janvier 1642 h Arcetri (Tos- 
cane). Il professa les matlièmatiques à Pise(i589 — 1592), à Padoue(i593 — i6io)puisde 
nouveau à Pise, quoique demeurant à Florence (1610 — 1633), époque où il fut traduit devant 
l'inquisition. En i(53~ il devint aveugle. Dans les lettres qui suivent il est souvent question 
de ses découvertes. 

-) Pierre Bérulle naquit en février 1575 à Sérilly près de Troyes et mourut à Paris le 1 octobre 
1629. Il était Cardinal, ministre d'Etat et établit l'ordre des Carmélites en France. 

3) La biographie en question est la suivante: 

Cerisi, Eloge de Bérulle. Paris 1646. in-4°. 

^) C'est à la Diète de Pologne, en 1646, que le roi Wratislaw IV voulut établir l'ordre de l'im- 
maculée conception de la S"= Vierge, introduire plusieurs nouveautés et ainsi humilier la 
noblesse. Mais celle-ci, jalouse de l'importance du seul titre „noble polonais", que plusieurs 
étrangers ambitionnaient avccavidité, et qui aurait perdu de son éclat par ces innovations, fit 
échouer tous les projets du roi. 



CORRF.SPONDANCr,. 1646. 




Enfin ic viens d'aprcndrc que hi Philoibphie du Sr. Regius ') cft achex'cc, vous 
ferez que nous la verrons des premiers. Et en attendant ie veux enuoyer la rei^lc 
--1- « générale pour trouuer 

le centre de percuOion 
de tous les fillemes de 

à Mr. volh-e fils; 

i()it donc Icfecteurquel- 
quonque ABC pendu à 
Taxe DE, et qu'ellant 
libre à fe mouuoir il fut 
tiré de C en E ou \-ers 
E, voicy la règle. Com- 
me la cliorde BC cil: à Parc BEC, ainfi 3/4 du rayon AF a vne 3e ligne droite prifc 
depuis A vers E, lijit qu'elle finiflfe entre A et F ou qu'elle dcfcendc plus bas que F. 
Si c'elloit pour trouuer le centre de grauite du lilleme, il faudroic dire que l'arc 
BFE a la droite BC, ainfi 2/3 du rayon AF à vne 3e ligne. 

Si c'elloit le triangle ABC dont on voulull trouuer le centre de percufiion, il ell 
bien plus difficile, ily pourrapenfer et confiilterlon Maillre la delïïis. Car n'ayant point 
rcccu de vos lettres aux 2 ou 3 derniers voyages, i'ay peur que vous vous portiez mal. 
Je prie Dieu de vous ailiiler en tous vos beibins , et fuis touiiours 

\^olh-c trelbbeillant Icruitcur Mersenne M. 

ce 12 oélobrc 16^6. 

A Monficur Alonficar Huygens ficiir de Zuyllichem et 
Secrétaire de Alonlîeur le Prince d'Orange au Camp 
de Tarmee Holandoiie. 



") % 23 8brc [i6]46. [Clirist. lluygens]. 



5) Heiirici Regii Ultrajcctini, Fundanieiita Pliylices. Amllelodami. Apud Liidoviaim El/.i.-vi- 
nini. Anno cIdIdcx/.vi. in-4°. 

Réimprimé à Leiden , en 1 647 en 1 66 1 , in-4°. 



24 CORRK.SPONDANCK. 1646. 



N° 14. 

Christiaan Huygf.ns h M. Mersenne. 

[28 OCTOBRE 1646.J 

I.a minute se irouye à Lcidc:!, cuil. I/iiygcns. 

Mcrsetiiie y répoiulii par le No. 17. 

Elle a été publiée par M. llcnry , (Taprls une copie de la Bibliothèque Nationale à Paris, qui difùre île la minute. ') 

Monsieur , 

Fudmirc le bonlicur, qui a. taiét tomber encore entre vos mains, le papier, qui 
n'eftoit dclliné qti' a la veïie de mon Perc a tout le plus; et d'avantage volîrc béni- 
gnité qui m'avez cftimé digne d'une lettre -') li courtoife et pleine de bonne affcftion, 
envers moij. ") Mais voicij ce que je rcfponds à vos objcdtions. Vous dites en pre- 
mier lieu que tout grave neft pas capable de recevoir un mouvement fi vifte que foit 
celui) du corps qui auroit deicendu d'une ou pluficurs lieues de haut. le ne puis pas 
confentir a cela, et m'en rapporte a la Philolophie de JMonsr. des Cartes, qui entre 
autres loix de la nature a remarque ccllecy, à fcavoir que toute chofc continue fon 
mouvement de la mefme viileiïe que luy a cilé donnée unetbis, fi quelque autre 
choie ne l'empefche; fi donc la ou il n'y avoit point d'air nij autre empelchement 
nous fiippofions quelqun qui avecq un arc tiroit deux flciches a la 
ibis, l'une de bois pelant et l'autre de paille ou choie iemblable, 
il efi manifeftc qu'elles iroient de villefTe efgalc, a fcavoir de 
celle qu'avoit la chorde de l'arc en retournant en fa première pof- 
ture, et ne cefliToycnt jamais, car il n'y a caufe imaginable qui les 
arreileroit; le dis donques que tout corps eft capable de quelcon- 
que vificfix;, et que ce que la paille et la laine tirées hors d'un 

^ ^ -S Canon tombent tout court, ne procède d'autre chofe que de l'em- 

pelchement de l'air. 




") Lï'dition de M. Henry n: „ en recognoifiancc de quoy ic tafcheray de vous rendre 
tout fervice et iatisfaction que je pourray; Premièrement donc ie rcipondray 
a vos obieétions." 



') On a changé dans le texte, donné par M. Henry, l'orthographe de quelques mots qu'on ne 
trouve jamais écrit de cette manière chez Chr. Iluygens; par ex. „tumher" en „tomher", 
„Ihiggens" en „Huygens". Aussi nous semhle-t-il que la lettre, que M. Henry a fait impri- 
mer, n'est qu'une copie. 

-) La lettre ne se trouve pas dans notre collection. 



CORRESPONDANCE. 1646. 25 



-F 



tA 79 9 ^^ féconde objection elloit, que pour garder in vaciio les pro- 
75 g.. portions des nombres i, 3, 5,7,1! crtoit necelfairc que le grave 

tonibafl: par tous les degrez de tarditc et que cela n'elloit point, à 
caufe que la pierre avoit au commencement de (a cheutc defja une 
certaine viftefTe. le dis que fans doute elle pafîc par tous les degrez 
de tardite, et qu'elle a eu moindre villelïè que quelconque viileflè 
Jalonnée. Car foit donnée la balle de plomb A qui roule lur le plan horizon- 
tal AB de B vers A avecq fort peu de villeflc contre le bras de la ba- 
lance DCA, dont C ell le poinét fixe, il ei1: évident que le poids F. lié de 
la corde FED qui pafle par dcffiis la poulie, peut eltre fi peu pelant que la 
balle A *) le pourra leuer quelque peu. 

Or tel cil le principe fin- lequel eil fondée ma rail()n, que 11 la gravite P 
en commençant ia cheute pafl^è en certain temps par Teipace PS, et au 
temps fuivant par Telpace SR; et que la mefine en un autre temps du com- 
mencement de la cheute palTc par Feipace PV, et au temps fuivant par 
Telpacc VM ; et que le temps de la cheute par Fefpace PS foit au temps 

*) M. Henry ajoute: „en pouilant contre le bras de la balance ACD,lc pourra 
faire fauter quelque peu haut: prenons derechef la mefme balance com- 
me en la féconde figure, et foit pendu d'un collé le poids R ■') de mefine 
gravité que la boule A, et d'autre collé, la boule A mile dcfllis l'autre 
bras de la balance, cecy donc fera en équilibre: or ilellpofiiblcdelevcr 
fi peu en haut la boule A, qu'en tombant derechef fur la place elle pourra 
a grand peine faire iauter le poids R avec le poids F adiouxté. Il cil donc 
aufly manifelle qu'en tombant d'une petite hauteur elle peut avoir efgale 
ou moindre villefiè qu'en roulant de la villcfi'e donnée lur le plan AB; 
car en Fim et l'autre cas c'elloit la force du mouvemant de la boule qui 
faifoit fauter le poids F, et la force cigale ne peut élire caufée que d'une 
Gt. cigale viileflî. Mais ce qui fait fembler le contraire, a fcavoir que la 

boule aurait une certaine villelIé en conunençant fa cheute, c'ell qu'on 
ne voit jamais que fort peu de la tardité avec laquelle elle commence la cheute; 
car quand on ne voit aufi'y qu'un peu fin- la fin la courfe de la boule roulante 
contre le bras de la balance, il femble qu'elle va fort ville. 

Or tel ell le principe quj m'a fait trouver la proportion des nombres im- 
pairs I, 3, 5, 7 etc. nue fj quelque gravite au premier minute de la cheute 
pafie l'efpacc d'un pied, et qu'au minute fuyvant elle pafit quelque autre 
nombre de pieds, prenons 5 pieds; et que la mefme gravité du commence- 
ment de la cheutc pafTe par exemple aux 4 premiers minutes 10 pieds: qu'aufiy 
aux 4 fuyvants minutes elle en pafiéra 50, parce que i ell à 5 , comme 1 o h 50. 



■>) C'est le point indiqué par Ci dans !a première lii^ure de notre texte. 

Oeuvres. T. 1. 



26 CORRESPONDANCE. 1646. 



y par SR comme le temps par PV au temps par VM; que alors l'cfpace PS 
cil: a SR comme PV à VM. Comme par exemple, fi une pierre en tom- 
bant pallè au premier minute de ia cheute un pied de mcfurc, et au fécond 
minute 5 pieds; que la mefme pierre parce qu'aux deux premiers minutes 
elle a donc pafle 6 pieds, aussi aux deux liiivants minutes elle en paflbra 30; 
car I cil a 5 comme 6 à 30. ") 

..T Cecy ellant concédé, foient pafTc en égals temps les efpaccs AB, BC, 
Cl), etc. il ell donc manifelle que comme l'cfpace AB à BC, ainfi efl: 
Fefpace i\Q à CE, et AD h DG. Car comme le temps par AB a eftc égal 
au temps par BC ainsi le temps par AD a esté égal au temps par DG. 

Voions a cel1: heure s'il ij a quelque progrellion Géométrique, que puif- 
fent avoir les efpaccs AB, BC, CD etc, palTez en temps cfgaux. Soit donc 
Tefpace AB ce <? '') BC X) />; 11 c'cil donc une progreffion Géométrique 

/7 CD fera-— DE co — ^ ; mais il cil neccfTaire par le principe fufdit que 
■w a^ aa 

comme AB à BC nli AC à CE 

bb b^' 
a b a -\- b -^ +^z. 



Donc le reétangle AB, CE doit eftre efgal au reftangle BC, AC. 
I — I AB, CE, bb + -^ zo ab + bb,\Z2 BC, AC 

b^ X) aab 

a zo b. 

De cette Analyfc s'enfuit que les dits efpaces ne peuvent eftre en aucune 

progreflîon Géométrique que de l'efgalité. Lopinion doncque de ceux qui 

difent, qu'ils font en la progrcdlon i , 2, 4, 8 eft fort ridicule. Car par 

exemple , pofons que le poids N paflè au premier temps par Fefpace NO , 

--^ I , au fécond OP 2, au 3"'= PQ 4, au 4"" QR H : Et prenons a ceft heure 

Ie[sl deux premiers temps auxquels il a pafTe par l'cfpace NP, pour le premier; 

ayant doncque palfé au premier temps par l'elpacc NP 3 (car NO i, et OP 2, 

font 3) il paflcra au fécond temps a (bavoir au 3"" et 4"'"-' , félon leur progreffion 6, 



Au verso de la minute l'auteur a écrit ces mots, que l'on retrouve en partie dans l'édition de M. 
Henry (voir Note b): Que fi la gravite P au premier minute de fa cheute paiTel'efpacc 
d'un pied, et qu'au minute fuivant elle paiïc quelque autre nombre de pieds, pre- 
nons 5 pieds, et que la mefme gravite du commencement de ia cheute pafle par 
exemple aux 4 premiers minutes 10 pieds; qu'aufll au 4 fuivants minutes elle en 
paflcra 20 pieds parce que i eft à 5 comme 4 à 20. 

Dans l'édition de M. Henry on trouve le signe .||., que llnyj!;cns n'emploie jamais: il se 
sert toujours du signe cO. 



CORRESPONDANCE. 1646. 



mais au 3'"*= et 4"'" il a pafTé par Fclpace PR 12 (car PQ 4 et QR 8 font 12), il 

faudroit donc que 6 fust efi^al a 12, ce qu'ell abfurdc. 

qX. Volons donc s'il y a quelque progrelTion Arithmétique en la quelle les 

..l/f elpaces puifTenc élire. Que le poids L donc ayc pafTé au premier temps pur 

Felpace LlVl zo a^ au fécond MN <^ + a\ au troilieme NO <-/ 4- 2,v, au 

2v- 4""' OP a + 3.T. il faut donc félon mon principe que 

comme LM à MN ainli LN à NP. 

a a -\- X ia 4- x ia + 5.1- 



IT 



□ LM, NP, 2 cm 4- 5 ax x laa + '^ax + xx □ MN, LN. 
lax 30 XX 
1 a -X) X. 
Nous avons doncq trouvé la prog'refllon arithmétique en laquelle font 
les dits efpaces, car x eilant trouvé elgal h ia felpace MN c/ + .%• fera 31^, 
ç y^ NO a + 2.V fera 5(7, OP a + 3,%- fera ja. Et de cette Analyfe ell mani- 
felte qu'il n'y a point d'autre progrelTion Arithmétique en la quelle puif- 
■ T lent élire les dits efpaces, et par confequent que l'opinion de ceux qui 
difent qu'ils font i , 2, 3, 4, etc. ell abfurde. ') Car polims que le poids E 
paflè en cfgaux temps les efpaces EP", i, FG 2, GH 3, HI 4; prenons puis 
les deux premier temps au quels il paiïe EG, pour le premier; pallânt 
doncq au premier temps par EG 3 il paiïera félon leur progrcillon au 
temps égal fuivant, (qui ell efgal au 3""= et 4'"%) 6; il faudroit donc que 
l'efpace GI full 6, mais il ell 7, ellant compofé de Gll 3 et I H 4; 6 doric 
devroit élire 7 ce qu' ell abfurde. Mais lî on examine de la mefnie façon la 
progrelTion trouvée i, 3 , 5, 7, y, 1 1, on ne trouvera rien d'abfurd car i 
ell h 3 comme i et 3, c'ell 4, à 5 et 7, c'ell 12; et comme 1,3,5, '-"'*-''^ '•) 
à 7, 9, II, c'ell 2-, etc. 

Et ie ne trouve point d'autres progrelllons qui ayent quelque régularité, 
et la propriété rcquife que cellecy. Et pour cela je croij qu' il n'y a point 
d'ordre du tout, ou que c'ell celuy de ces nombres impairs. 

Tout cecy doit eilre conlidere comme en une place ou il n'y a point 
d'empefchement d'air ny d'autre choie mais feulement une uniforme attraftion 
d'en bas, foit grande ou petite. 

Touchant la parabole, que font les miinies cela ne peut pas manquer, car in 
vacuo le mouvement^) donné au milîilc qui le fait aller de collé de villelîe égale, 
ne celTcra jamais lî quelque cho'é ne l'empefche; Or 1' attraélion d'en bas ne luy 
refille point du tout, ellant fuppofé qu'elle efl à angles droifts au mouvement hori- 
zontale. Le relie dépend de la propriété de la parabole qui cil allez conniie. 



") L'édition de M. Henry a: „ablurde et contradidoire à foy mefnie." 
/") L'édition de M. I lenry a „ le mouvement horizontal." 



28 CORRESPONDANCE. 1646. 



le fincray icij de peur de ne vous détenir pas trop longtemps, et vous envoycray 
par une autre lettre la demonilration de ce qu' une corde ou chaine pendue ne faiét 
point une parabole, et quelle doit élire la prcffîon fur une corde matemacique ou 
fans gravité pour en faire une; d'ont j'ay aulii trouve la demonilration, il n'y a pas 
longtemps. 

Et en attendant avecc] grarid dclir quelque particularitcz des centres de percuf- 
fion ^) je demeureray 

Monsieur Vollre trcrhumble. 

ClIRISTlKN HUYGKNS. 



ff) L'édition ik- M. Henry a LMicore: „ car c'elt icy une matière jneogneue." 
*) L'édition de M. IlLMiry a la date: „ A leyden le 28'^ d' oe'tobre 1646." 



N= 15. 

L. G. VAN Renesse ') h [Constantyn IIuvgens, père.] 

8 NOVEMBRE 1 646. 

La kl ire se trouve à Amsterdam, Aead. Roy. des Sc'icnees, coll. Iluygcas. 

MyN IIEERE ENDE NEVE. 

Ick vertrouwe dat Uw Ed : met lief thuijs ghecome is. I laere I loogheydt ") 
heeft begeert voor haer vertreck dat ick altemet zoude fchrijven hoc 't hier gaet; 
dat doe ick bij defe ingheflotene die Uwe Ed : haere Moogheydt ghelieft te behan- 



') Lodewijli Gérard van Renesse, lils du Capitaine Gérard Frederik (mort le 19 août 1603 
au siège d'Ostcnde} et de Elisabetli van Wijl< , naquit à Utrecht le 1 1 mai 1599 et mourut à 
Bréda le 19 février 167 1. En 1620 il devint pasteur à Maarsen , en 1631 chapelain dans 
l'armée, puis à Bréda. Lorsque le Prince eut fondé en cette ville le Collegium Auriacum, van 
Renesse y fut nommé professeur de théologie et premier Rector Magnificus, puis (le 1 1 sep- 
tembre 1646) Régent. En 1657 l'université d'Oxford le créa Doctor oftheology; il publia 
divers ouvrages. Il résulte d'une lettre qu'il écrivit en 1649 à Constantyn Hnygens, père, que 
Nicolaas Dedel, professeur de droit à l'université de Leiden, était son beau-frère: comme 
il existait des liens de parenté entre les familles Iluygens et Dedel, c'est probablement par son 
mariage avec une demoiselle Dedel que van Renesse était „Neve" (cousin) de Constantyn 
Iluygens. 

-) Amalia, Comtesse de Solms, fille du comte Joan Albert, née en 1602 et morte à la Haye le 
8 août 1675, vint aux Pays-Bas en 1620, dans la suite de la reine de Bohème, et épousa en 
avril 1625 le Prince Frederilt Ilendrik. Après la mort de son mari (14 mars 1647) et de son 
lils aîné Willem II (6 novembre [650) elle s'occupa de l'éducation de son petit-iils, Willem III. 



CORRKSIHINDANCI',. 1 646. op 

dip;t'. Met verlange fien wij te ghemoet de Heere Rivet ■>), en zal , en int' ghe- 
meijn , ende bijfonderlyck mij een groot ghewicht ende behulp geven in raedt endc 
duedc. Sic detts nolîcr omuia fortïtcr dïrigit & fuciviter di\ punit. De lleere Dau- 
beras ■*) verhinght Uwe Ed : Soon ce niogen diene, lek verseeckere Uwe Ed : van 
mijne hartclijckheydt ; mijnes Soons s) ghewillicheydt; ende Dauberi grondige 
gheleertheydc. Een dinck hebbe ick met voordacht overgheflagen in den briefuen 
Ilaerc Iloogheydt, dat ick van dage bevonden hebbe dat hier Cw^Vo- zijn , ende 
foo veel ick worde bericht, is maer in een quartier twclck met weghnemen van een 
(blder (entrent de camer voor uwe Ed : Soone ghedeilineert) fecr licht can ghebe- 
tert worden. Ick verfocckc daer toe Ordre. Altemet worde ick aenghesproocke, wat 
hopc is , van Excercitiv-meefîcrs daer inné wij oock Ordre zullen atwachten 

Myn Heere hiermede eyndige ick, ende blijve 

Uwe Ed: lmuIc der Uwcn ganlcli 
8 Novembre i6\6 Dienft bereyde vriendt 

Breda. L. G. van Renesse. 



N= 1(5. 

J. lÎKus'rERurvsi'.N ') à Constantvn I Iuvc.kns , père. 

H NOVEMBRE 1646. 

La lettre se trouve à Leiden , eull. IIiixge}!s. 

Monsieur. 
je luis très aile que Monfieur vostre (ils ell de ne )llre collège, puis que j'auray 
occalion de luy pouvoir rendre aucun l'ervice. liruno m'a dit qu'il ell arrivé jui'qu' 



■^) André Rivet naquit à St. Mnxeiit le 25 juillet 1572 rscloii qiiclqiics-iiiis), et décéda à ISréda 
le i'^'' janvier 1651. Il devint prolésseur de tliéi)k)i;ie à Leiden en 1 620, était en .grande l'a- 
venr auprès du Prince Frederik Hendrik , et partit en 1646 pour devenir curateur de l'Ecole 
Illustre de Bréda, quoique l'on fit mainte démarche en France, pour l'y faire retourner. Il a 
publié de nombreux ouvrai;es. 

■i) Johann Henryk Dauber naquit en 1 fîoo à Ilerborn et mourut le 27 juillet 1672 à Marbouri;. 
11 était Docteur es deux droits, et vint le 17 septembre 1646 comme professeur à l'inaugura- 
tion de l'Ecole Illustre de Bréda. Mais il n'y resta pas longtemps; jurisconsulte renommé, il 
devint Conseiller Privé du Landgrave de [lessen-Cassel, puis l'rocancellarius de l'L'niversité 
de IMarbourg. Il publia divers ouvrages. 

5) Frederik van Renesse, fils de Lodewijk Gérard, était avocat à Bréda et parait avoir donné 
des leçons privées en droit. 

'~) Johan lîrostcrhuysen , ami intime de Constantyn Iluygens et des hommes de lettres qui for- 
maient ce qu'on appelait le cercle de Muiden, était professeur de botanique et de grec, à 
l'Ecole Illustre de Bréda. 11 mourut à Bréda le i) septembre 1650. 



30 CORRESPONDANCE. 1 646. 



aux Poëces. Je viens d'entamer Mijviv ocsiSe Breic, et je n'en ay faift que trois ou 
quatre leçons, à faute d'auditeurs. Je recommençeray pour l'amour de luy , et con- 
tinueray, bien qu'il n'y (eroit que luy tout Icul: il me lera ttoXXwv ccvrâ^ioq ccXXuv, 
Nous allons drefler une chambre de Mulîque dans le Collcp;e d'Orange mefmc. 

Le jardin Médicinal commence h crtre mis dans les carreaux et allées. J'ay def- 
fein de border les allées par tout avec de la Houx, en forme de haye, de laquelle for- 
ciront des Sapins, et toute autre forte d'arbres touipurs verdes; de forte qu'il y aura 

Ver perpetuum , et alienis menfibus Aeftas; 
mais que fon AltefTe le trouve bon. L'ordre que vous tenez à mouler, etjetter 
de pladire ces belles mains; (fi c'eft un fecret communicable) j'auroy tresgrande 
obligation de le pouvoir fçavoir : comme auffy de voir voftre excellente nA0fiAIA 
SACRA ET PROFANA. -') Mon beau frère Aukema m'a efcrit que c'eile place de 
Controlleur laquelle il a brigue dernièrement, ell derechef, ou fera bien tofi: vacante. 
Vous feriez une cresgrande oeuvre de charité li par vortre moyen il y peut arriver. 

Pardonnez, moy, Mondeur, cette importunité: vollre bonté et courtoifie me donne 
la hardieffe de recourir toufjours vers fon grand Bienfaiteur, pour luy oftrirmes 
veux, et d'ont je chanceray toufjours les louanges, ellant h trefgrande raifon 

Monsieur 

Voflre trefhumble et obeiffiint Serviteur 
J. Brosteriiuisen. 
A lîredii le <> deNov^enibre 164(5. 

A Monfîcur, Monfîeur de Zuyliehem Conseiller et 
Secrétaire de ion Altelle 
port à T>a Haye. 



N" 17. 

M. Mersenne à Christiaan IIuvgens. 

16 NOVEMBRE 1646. 

La lettre se trouve à Leii/eii , cuil. Iliiygois. 
Elle est la rejwiise ait Nu. 14. f/urijens y répandit par le Nu. 20. 

Monsieur 

Le peu de temps qui m'eft refté depuis voflre demonllration reciie ne m'a pas per- 
mis de vous efcrire des Centres de Percufhon , ce fera dieu aydant h l'autre voyage, ou 



-) Pathodia Sacra, et Prolhiia Occupati. l'arisiis ex ollicina Roherti Ballard, unici Ilci;iac Miisi- 
cae Typoj^raphi. imdcxi.vii. ciim privilciçio régis. in-4°. 

W. J. A. Juiickbloct et J. P. N. Land en ont donné une réimpression avec des commentai- 
res très-intéressants. Leiden, E. J. Brill 1882. in-4". 



CORRESPONDANCE. 1 646. 



du moins lors que j'auray reçu Taucrc denionllration, que vous m'alTeurcz qui prouue 
que la chaine, ou la corde bandée, et s'affaiflànc de Ion poids propre au milieu, ne fait 
pas la parabole, comme auoit crû Galilée '}; et de plus en quelle manière [?] doit élire 
la prellion poiu" luy iaire taire ladite parabole, et fi vous aioutez comme il la faut 
prellèr pour luy faire faire l'hyperbole et l'ellipfe, vous vous furmonterezvous mefnie. 

le vous alléure que i'ay fi fort admiré la gentillefie de voftre demonfi:ration des 
cheutes, que ie croy que Galilée eull eilé raui de vous auoir pour garand de ion opi- 
nion. Ce n'eil pas qu'il ne m'y reile quelque fcrupule, mais j'aymeray mieux attendre 
à vous le propofer lors que vous ferez icy, (car Monfieur voilre père l'honneur [?] des 
Mufes me le fait ainfi efperer). l'ay oublié à icauoir de luy fi vous fcauez toucher le 
Luth, fi cela eil, ie vous prie de voir fi vous fondrez bien ce beau problème, a icauoir 

I I , pourquoy la chorde AB, telle que vous voudrez, par exemple la 

A C ^ chanterelle, attachée fermement en A et faiiant quelque ion, doit 

elle eilre tendue en B 4 fois plus fort, que deuant, pour monter à roctaue,veu qu'il 
ne faut raccourcir de moitié en C pour la faire monter à ladite octaue. J'entreuoy 
que voilre fondement de Mechaniques aprand["<'] que pour faire vn mouuement 2 fois 
plus ville, il faut peut élire vue force quadruple, vous ferez l'ouuerture de la de- 
monllration, laquelle me iera bien precieuié de voilre main. 

Mais aflin que la preiente ne s'en aille pas ians quelque petit prêtent, vous rece- 
urez noilre miracle [?] de St. lean, & le ferez voir à vos profefiéurs de Leyde qui 
loueront nos beaux caractères & vous reconnoillrez la verve francoile d'im ieune 
homme, qui reulTira bien en ces vers auec le temps. 

Si vous voyez le profeiTeur de Mathématiques de Leyde, tant Mt)nfieiu- Golius -), 
que l'autre ■') que j'ay icy vu, ie vous prie de leur preiénter mes humbles reconunan- 
dations. l'ay quafi envie de vous enuoyer l'une des belles demonllrations que vous 
ayez jamais vues, afcauoir d'un cylindre hyperbolique lequel ellant infini, eil égal 
a vn corps & cylindre fini. Nous auons auifi des eipaces ou furfaces qui ont meime 
propriété. Oubien ie vous reilitueray le tout lors que vous iérez en cette ville. le luis 
cependant 

MoNsiKUR Vollrc crcs aifectionné fcruitciir 

Ce 16 NoLicnibrc 164(5. Mkrsenne m. 

A MonlîcLir Moniicur Ciirkstien Huygens 

A Leyde. 



') Voir Dialogo Secundo page 1 46 de l'ouvraj^e suivant : 

Dilcorli e Dimollrazioni matematidie, intorno à duc nuouc fcienzc Attcncnti alla Mccanicn 

& i Movimenti Locali, del Signor Cîalilco Oalilei Linceo, Hlofotb e Matcmatico priniario 

del Scrcninîmo Crand Duca di Tolcana. Con vna Appendice del ccntro di grauità d'alcuni 

Solidi. In Leida, Appreli'o gli Elfevirii. m.d.c.nnxviii. in-4 . 
") Jacobus Cîolius, (ils de Dirk Gool, dcLeiden. naquit en t S'X' à la Haye, et uKuirur à Leidcn 

le 28 septembre 1667. Il devint (1625) prolesseur d'arabe à l.eiden, voyagea beauccmp 



CORRESPONDANCE. 1646. 



N= 18. 

ClIRISTIAAN HUVGENS h LoDEWYK HuVGENS. 
21 NOVEMBRE 1646. 

La lettre se tranrc à Amsterdam, Archives mii!>icil>nles. 

Christianus Hugenius Ludovico fratri s. 

Accepi hcri fub vefperam particulam ligni pucridi, quani contelHni in leétum 
conjcci, ubi principio quidem millam lucem edidit fed pollquam aliquandiu ilcciflcm 
expeélans, tenuem t'ulgorcni laecilUmus adverti, qui tancus poil evafît (iiodic nianc 
nempe ciim expergiiccrer ut magnos imprefTos charatteres quales in ticulis libroruni 
("une ut in Ovidio lacis bene légère potuerim. 

Seconda aucem obfervatio tua, meae adverfatur, nam expertus liim de die in 
tenebris aeque lucere ac de noéte led prius aliquantum teniporis in tenebris vel 
oculis claulis fuille oportet, cujus ratio opticis fatis nota cil : partim enim ex dilatatione 
pupillae procedit quae omnino neceflaria ell ad débiles luces, qualis haec ell reci- 
piendas, partim ex alijs cauiïs quae magis à communi Icnfu remotae funt. Librum 
hune quaefo meo nomine cognatae dones, dicafque tribus Horenis et totidem feller- 
tijs niihi conllare, per fummum Caliihim '), cui Bruno liniilem nunquam habuit, 
ut aliquando audies; forte enim die iaturni ad vos tranfcurro. Vale. 
Lugduni, 21 Nov. 1646. 

N= 19. 

J. II. Daiber à CoNSTANïVN Ik'VGENs, père. 

27 NOVEMBRE 1646. 

Le le/trc se trouve à Lchleii, cuil. Ilitygcns. 
MONSIKUR. 

Je ne treuve point de parolles capables d'exprimer le contentement que nous 
avons receu de 1 arrivée de Monfieur vollre lils en ce lieu, et particulièrement le 



et était en relation avec un i^rand nombre de savants. En 1628 il revint à Leiden pour y 
occuper la chaire des mathématiques, comme successeur de W. Snellius. 
5) C'est Frans van Schooten le fils. 



') L'auteur parle ici peut-être de la Célestine, Tragi-Comédie de Calixte et Mélibée, par Fer- 
nando de Rojas (1492), ouvrage dont un éditeur récent, M. A. (îermond de Lavigne, dit 
„qu'il a remué tout un siècle", et dont il donne une liste de 46 éditions. 

Il en existait une traduction en hollandais avec le titre 

„Celellina cnde is een Tragicomcdie van Calillo en Melibea enz. By my liansde Lact 
inden Salm. Anno m. n. h. in-S", orné de plulieurs ligures. 

Cet ouvrage était tout aussi populaire que le Don Ouichotte le devint un siècle plus tard. 



CORRF.Sl'ON'DANCi:. 1646. 33 



mien, puis qu'il doit dire un des plus grans ornemens de mon Auditoire, Auiïy ay- 
jc une latisfaclion 11 grande de mon bonheur qui me prefente l'occallon de \'ous 
rendre en la perfonne quelque petit lervice, que je dois bénir l'heure qui vous a in- 
ipiré celle reiblution. Et comme il vous a plù me faire l'honneur de me le recom- 
mander plus qu' à mes autres collègues, c'ell à moy à recognoidre cell honneur par 
mes treshumbles lervices en telle forte que je vous puiiïe rendre bon compte du 
dépoli que vous me mettez en main, a quoy je travailleray avec toute l'affeclion 
que je dois h ce qui vous concerne et avec toute l'indullrie que Dieu m'a donné, h 
lin que moyennant la bénédiction d'enhaut, laquelle ell trefabondante fur vous et 
tous les voilres, vous en puilTiez avoir du contentement, Outre mes leçons publiques 
et le Collège particulier des Jnllitutes qu'il fréquentera, je luy donneray tous les 
join-s une heure particulière à luy feul et déplus autant de converfation qu'il déli- 
rera, mon cilude luy fera ouvert h toutes heures pour me propofer fes difficultez, 
mefme s'il luy faut plus de temps, il ell tout entier à fon fervice, feulement je vous 
fupplie trefhumblement d'effiicer de vollre elprit celle penfce, que je vueille accep- 
ter voz recognoin'ances. Elle me met au rang de peribnnes dont je fuis elloigné, et 
je defire que vous me laciez la laveur de croire, que je Ibuhaite de vous faire paréf- 
tre mon zèle à vollre lervice en conlideration feulement de ces qualitez treseminen- 
tes qui vous relèvent inliniment pardelllis le commun et dont je fuis le plus palfionné 
admirateur. Et s'il arrivoit que je fulTe lî heiuxaix que d'acquérir une place avanta- 
geufe dans vollre amitié et dans vollre Ibuvenir, je me ticndrois pour trop recom- 
penfc de toutes les peines que je prendray touf joints avec grand plailh- pour tous 
ceux qui vous touchent. Vous baifant Lrefhumblement le.-^ mains je der.ieureray 
toute ma vie. 

Monsieur Vollre trefhuniblc et trel- 

obcillant Icrviteur 
A Bredii ce 27 Novembre 16^6. Dauber. 

A Monfieur Monficur de Ziilichem etc. Confeiller 
et Secrétaire de S. A. 

à la Haye. 



Oeuvres. T. I. 



34 



CORRESPONDANCi;. 1 646. 



N= 20. 

CiiRisiiAAN IlcvGr.Ns à INI. Mersknm:. 

NOVEMBRE 1646. 

La minute se trouve à LcUlen, coll. Hiiygeiis '). 
Lfi lettre estime réponse' nu No. 17. Hferseniie y répondit pur le I\'o. 24. 

Monsieur 

Avanthier ertant arrive à la Haye j'a\' eu le bonheur d'y rencontrer voilre lettre 
avecq les baux characteres d'ont il vous a pieu me faire part. Touchant le problème 
de Mufique, que vous me propofez, amplius deliberandum cenfeo: L'ayant trouve 
dans voftre livre de phylicomat. =) j'y ay Ibuvant taiét des fpeculations delTus; mais 
la folution en elt bien difficile a ce que je voij , et il le faut bien de neccditc , car autre- 
ment elle n'euil: pas elle iu;norce de tant de braves efprits j'ufqu'a preient. 

Dans ce mefme voilrc livre , la ou vous venez h parler des propricccz de la para- 
bole i'av trouvé celle cy 

1 1 — I — 1 1 1 — I — I — I — I — i — ! — I — i — ' — i — i • "1 j 1 /• c • I 

qui cit de Ja lupcrhcie du 

Conoides parabolicum , 
la quelle fi vous me pouvez vérifier je vous puis donner une ligne 
droitte elgalle a la circonférence d'une parabole; mais je ne croy 
pas que vous en ayez la demonilration. s) 

A cette heure voyez comment vous aggrce cellecij touchant l'af- 
faire de la chaiinc. 

1. Je iuppofe donc premièrement que toutes les cordes dont 
quelque gravite dépend librement, tendentes au centre de la 
terre , font parallèles l'un à l'autre. 

2. Secondement que deux ou plulieurs gravitez A et B atta- 
chez h la corde CABD qui ell tenue en C et D , ne peuvent de- 
meurer en repos que d'une feule façon. 




') La minute est évidemment incomplète. II est à supposer que les 1\'°* lo et 21 constituent le 

commencement et la (in d'une même lettre, dont la partie intermédiaire manque. 
-') C'est la collection : 

F. Marini IMericnni Minimi Cogitata Pliylico-niatbematica. In quilnis tam naturae quàm 
artis elTectus admirandi certiflimis demonllrationihus explicantur. Parisiis, Suniptibus An- 
tonii Bertier, via lacoboeA. ji.dc.xliv. in-4°. puis le titre: 

Tractatvs Mecbanicvs theoreticvs et practicvs. in-4°. Puis le titre: 

Balliftica et Acontifmologia. In qua Sagittarum, lacuiorum, & aliornm Missilium Iactus&. 
Robur Arcuum explicantur. in-4°. Un second volume a pour titre : 

Vniverfae Geometriae mixtaeqve matbematicae Synopfis, et bini retraetionvm denionflra- 
torvm tractatvs. Studio & (Iper à F. M. Merfenni, M. Pariliis, Apud Antonium Bertier, 
w.Dc.xi.iw in-4 . 
"0 L'auteur bilTa cet alinéa. 



coRR^,sP()^M)A^!Cl■:. 1 646. 



35 




3. Troifieniemcnt, que fi cVunc corde ADF dépen- 
dent quelques gravicez, félon leur ficuacion naturellement 
rcquile, et qu'on arrefte quelques deux poinfts B, E, 
dans leur fituation , que cela ne chana;era point celle des 
poinds C et D , qui font entre deux. 

4. Soyent (ufpendues de la corde ABCDE quelques 
irravitez comme en B, C, et D, et que celles en B et C 

pendent félon leur fituation naturellement re- 
quife quand la corde eil tenue au poinft D ou 
ert attachée la gravité G; je fuppofe qu'il eil 
poflïble que la main Q tiene en quelque façon 
y>l le bout E, que le poinàl: D, demeure en 

fe^ fa mefmc place, après que la main P l'aura 

quitté. 




N^' 21. 

ChRISTIAAN IIUVGRNS à [M. Mf.rsenne.] 

[1646]. 

La mhii'Je se Irnurc î: Leideii , coll. lliiygiiis ')• 

Propofitio 5. 
Si il y a tant de gravitez qu'on veut comme S, R, P, Q 
pendues à une corde ABCD. je dis que MD et I5C continuées 
s'entre-couppent en L au diamètre pendule des gravitez P 
et Q. AB et DC en K au diamètre pendule des gravitez R 
et P et ainfi du refie. Car on arrefte") quelque deux poinéts 
A et D (en laifilmt deux autres entre deux comme B et C), 
en la fituation ou ils lont, cela ne changera poind: celle des 
poinéts B et C'); mais les poinds A et D eftants arreftez, 
l'interfcftion des continuées AB et DC ') doit eftre au dia- 
mètre pendule des gravitez R et P. C'ell donc figne qu'aulh 
auparavant elle ij a efté: Et ainli le prouvera ton des autres. 



') Voir la note i du N°. 20. Les Propofitions 1—4 ont pu être reeonstruites à l'aide de 
quelques autres papiers de Clir. Iluygens, qui se trouvaient parmi ses adversaria; ou y a laissé 
la nomenelature qu'ils avaient, e'ell-à-dire Axioniata i — 5, Lenimata 1, 2, Propositiones i — 3, 
dont la troisième coïncide avec la cinquième de notre lettre, (^n trouvera cette reconstruction 
au N°. 22. 

Les A.xiomata i —4 y remplacent les suppositions 1 — 4 du î\'°. 20. 



36 



CORRESPONDANCE. 1646. 





Propofitio 6. 
Eadcm methodo probatiir li AB, I5C, Cl) ctc lint virgu- 
lae pondérantes'') acqualis pondcris, qualquc duas produc- 
tas ut CD, FE, iclc intedccarc in pendilla gravitatis diamc- 
tro cjus qiiac intermedia relicta ci\ ut DE. Ergo li omncs 
aequalis ilint ponderis, DR débet aequalis elle RE, EP ac- 
qualis PE etc.') 

Propofitio 7. 
Si lint quotcunquc pondéra vel virgulac acqualis pondcris 
co fitu ut bina quaeque internodia ut liC, ED produéla iefe inviccm interlecent in 
pendula gravitacis diametro intermedia CD, dico hune litum 
cfîè, quo pcndere pollunt, et debcnt. 

Si enim punétum D firmetur apparctquidcmvirgiilas AB, 
BC, CD dato litu manfuras: porro autcm fi firmetur punftum 
E omiflx) D, dico punftum D tamen è loco non rccefilirum , 
ideoque virgulas AB, BC, CD, DE dato fitu manfiiras; fi 
'*■■■ "'■'■ enim firmato punfto E punftum D' mutare locum dicatur, 

(quia crgo per 4 tam fiippofitioncm poffibile eft punftum E 
eo loci teneri ut pimCtum D locum non mutet) fit hoc in E. Dicatur itaque opor- 
tet hoc fitu punctuni D locum non niutaturum; Ergo nequc fi praeterea firmetur 
pundlum B; Sed quoniam ED produfta convenicbat in pendula gravitacis diame- 
tro cum producta BC, ED produfta non illic concurret; Ergo neque firmatis punftis 
\SeiE virgulae hune litum haberc poniint,') ergo ncque pundum D. Quia itaque vi- 
demus pundum E extra datum locum teneri non pofie, ut punctum D iuum non mutet, 
nccefÏÏM-io fequitur ex dicla 4'" llippofitione datum locum eum efie. Quod erat de- 
nionllrandum. Eadem ratione de caeteris punclis F et G demonllrabitur. 

Propofitio 8. 
Sit lufpenia catena HGABCDK confians virgulis 
acqualis longitudinis,pondcris et figurae;dico punfta 
junfturarum GABCDK non pon^ecoincidere in ean- 
dcm lineam parabolicam. 

Ex propofitione 6 app'aret quomodo hae virgulac 
pcndere debeant nempe ut H fit in média BC, P in 
média CD ctc. Sit itaque nunc defcripta parabola 
RABCF per tria punfta ABC tranfiens, dico non 
tranfire hanc per punftum D et rcliqua: producatur 
enim ECD doncc fit FC ad CE ut AB ad BE, ergo 
ducaturque AF, hacc ergo et parallela erit BC et 
fimiliter h linea EL in L bifariam fecabitur, ideoque erit punftum F in eadem para- 
bola cum punttis ABC, nam EL eft diameter parabolae B, et non punctum D. 
alias enim linea ECDFdeberet parabolicam in tribus punftis fccare quod cH: abfur- 




CORRI'.SPONOANCE. 1 646. 



37 



dum, vel pimctum D coincidere cuni punfto F quod impoflîbilc cil, nam FC major 

IS c\\ AB five DC, quia CE major ell 15E. 

Quia itaque parabola dcfcripta per 

pimdta ABC, non tranfit per pundum D; 

eciam ea quae per punfta GBD deicribi- 

tur, non tranlic per punfta A et C fed 

ea cxcludic. Demonftrabo autcm neque 

eam per puncta H et K tranfirc; defcripta 

enim fit alia parabola GARCDS, quae 

tranfeat per punfta G , A , C, D, quae idco 

fecabit priorem parabolam in G et 13; fi 

itaque parabola GARCDS demonfirata 

fuerit non tranfire per punda M et K, 

multo minus per eatranfibit altéra G BDN. 

At hoc fie demonfiratur; Proloni2;etur EB 

ulque dumoccurrat parabolae GARCDS 

in Q, quia itaque puncta D, C et Q lunt in 

parabola GARCDS et linca CD in P h 

diametro parabolae EPbifariam dividitur, 

oporteret fi punétum K in eadem cfie dicatur, ut 

EC efiet ad CQ ficut ED ad DK, hoc vcro fieri 

nequit, cum etiamfi CQ non efl"et longior DK, 

tamen DE lone;ior fit CE: cum itaque punftum 

K non pofilt efle in parabola GARCDS, multo 

minus erit in parabola GBD, quod erat demon- 

llrandum. 

I lac ratione iterum denionfirari potcfi para- 
bolam quae per punftaHBK defcripta ell non 
tranfire per extremitates lequentium virgula- 
rum: et fie in infinitum. 

Propofido g. ' 

Unde itaque manifeihnn fit, fi fit fiilpenfii 
catena compofita ex virgulis ejufdem longitu- 
dinis et gravitatis, parabolam quae defcribitur 
per extrcmum ejus A, et duo alia ejus puncta B et C, per nulla alia ejus puncta 
tranfire, fed excludere ea omnia quae infra dicT:a pundta B et C funt, includere vero 
ca quae ijs fuperiora funt. Nulla ergo catena pendet fecundum lineam parabolicam. 

Propofitio lo. 
Sed ne quis putet quod i] ex virgulis valde minutis effet compofita, nulla nota- 
bilis differentia futura foret inter lineam fecundum quam penderet et lineam para- 
bolicam, confideretur catena ABCDFJ'^GHI, compofita ex infinitis nimiero vir- 




CORRRSPONDANCR. 1646. 



{Tulis; Et dico nullîim notnbilem differentiam efTc inter lineam iecundum quam 
pendet, et eiini iecundum quam pendcrcc fi eiïèt compofita ex virgulis acqualibu.s 
AB, 1K\ Cl) etc. Ponatur cnim inHexibilis ficri catena compofita ex virgulis 





;[ infinitis, practcrquam in punftis A, B, C, D etc. *') 
habebimusquc catcnam quac conllat ex virgulis 
incurvatis aliquantum, quae quum fibi invicem tum 
H pondère tum figura quam proxime aequales fint, 
eodem penè modo pendere debebunt ac virgulae 
redtae AB, BC etc. ergo et antea catena fie pende- 
bat. quod erat demonilrandum. 
Lemma. -} 
Si duas parallelas lineas 
BD , AE parabolas utrinque 
occurrentes diameter parabo- 
lae CH in eandeni proportionemdividat,utramque bifariam 
fecabit.Si enim dicantur non bifariam feétaein I et H iecentur 
ab alia diametro KG bifariam in K et G. quoniam igitur a/ 
BK ert ad AG ut BD ad AE et etiam BI eft ad Ali ut BD 
ad AE, erit BI ad AH ut BK ad AG. et ablatis hinc AG inde BK, remanet Kl ad Gl I 
ut BK ad AG, quod ell absurdum cum Kl, GM fint aequales: BK, AG inaequales. 

Propofitio 1 1 . 

Sit ABCDEFG parabola cujus 
diameter PD perpcndicularis adho- 
rizontem H M fit lineaeam in vertice 
D contingens, quae utrimque ex D 
in quotlibetaequalespartes fitdivila 
in KLM etc. I lincque perpendicu- 
lares erigantur CI,K1'^,LF, MG, 
et per punfta ubi parabolae occur- 
runt B, C, E, F, G, filum tendatur, 
et filo huic in ijfdem punttis aequa- 
lia pondéra HIRKLINI appendan- 
tur; dico, fi haec catena in punftis 
A et G ligetur, ex ijfque libère pcn- 
deat, omnia punfta B, C, D, E, F 
eundcm locum retentura quem ante 
habcbant. Producantur namque 
CD, FE ufque ad interfettioneni 
in Q; DE, G F ufque ad interfeCti- 
onem in S. Cum igitur per prac- 
=) Dans la minute ce Leinina est raye. 




coRRi:.spoNDANCi:. 1646. 




milTum lemma Q lit in pcndula grnvitatis diamccro ponderum 1) et E, S in pcndula 
gravitatis diamccro pondcruml^ et l'", lequitur pcr propofitionem ;-. non alio quaiii 
hoe litu pendere poiïc. Primo feicndum eit Kl''. efTè i, LF4, MCî <; et lie dcinceps. 

Propofkio 12. 
Sint appenia lilo IGCFIl, acqualia pondéra, et interllicia AB, BC, Cl), 
Y)\L lint aequalia, dico punèta IGCFIl in eadcm efîè parabola. Cum enini pen- 
dere dicantiu', lequitur ex propolitione 5, produclas GC, MF invicem interie- 

care in L, in pcndula gravitatis diametropon- 
dcrum pcndentium ex C et F. cum igitur LM 
lecet CF bifariam in M, iecabit quoque pro- 
dtiéta bitariam lincam GlI, cum ipatia BR, RI'!, 
lint aequalia; et quia GLU cil triangulum et in 
co lineae GH, CF ex angulo L in e-andem pro- 
portionem feftae, neceflàrio quoque ilint paral- 
lelac, atque adeo piuicla G, C, I", H, in e-adem 
parabola cujus diameter KL. Sic quoque dcmon- 
Ib-atur punctum 1 in eadem parabola ede cmn 
punftis GCF ergo omnia in eadem parabola, quod erat dcmonih-andum. 

DJiinifc-pinii. cpxvsfov. 

1 linc manifelhmi cil li lilo ABC etc imponan- 
tur trabeculae feu parallelepipeda acqualis ponde- 
ris, magnitudinis et lîgurae, punfta ABC etc in 
l^^ quibus filum premunt, omnia tutiu'a elTe in eadem 
parabola, li nempe eo ordine diipolita lint ut ]) et 
E, C et F, B et G acquali lint altitudine infra 
^ vero unica gravitas R appendatur. Cum autem 
quo minor ell latitudo parallelepipedorum eo 
minoris lit momenti, duplicatio ponderis p'aralle- 
Icpipedi inlimi; conllat inde li inlinita lit eorum 
multitude), eam ne quidem in conlideratit)nem 
venire. 

llinc porro manifcllimi lit quaenam prellio 
requiratur lupra lilum feu lineam mathematicam liexi- 
bilem, ut parabolae circumferentiam iledatur, ea Ici- 
:jij.B licet quae fecundum latitudinem aequabilicer premit; 
Sic li lit lilimi ACB quod teneatur in A et B linca 
autem quae punfta haec jungit divila lit in quot- 
libet partes aequales ut AE, ED, DF' etc. liât autem 
preflio aequalis in filum diétimi, per imumquodque 
l'patiorum AE, ED, DF etc. hanc voco prelîionem 
aequabilem fecundum latitudinem. 1"alem vero ven- 




OPv 




4° 



con.K.i:.si'oNnANci-,. 1646. 



tus efRcit, et aqua flucns, adco uc li vclum ABC quod ubique acqualis fit latitiidinis 
fuo impctii tendant, illud figuram parabolicam lu relaturum. 

Talis item elt quam aqua efficeret fi tanta altitudine vélo AIÎC fupeiilaret ut alti- 
tudo CP in confiderationem mm vcnirct, quia \-idclicet exterior cjus lliperficies 
fcmper plana elL 

Denique talis cil: quà aqua promit retia pilcatorum vel fimile quid, quae in ed 
vi protraliuntur. 

Unde et liacc videmus parabulam rclerrc. 



") muta [Chr. Huygens.] 

'') demande 3. [Chr. Huygens.] 

•^3 Prop 2. [Chr. Huygens.] 

'') muta [Chr. Huygens.] 



'■} Prop. 4 [Chr. 1 luvgens.] 
Per Prop. 2 [Chr. Huygens.] 
^) Hoc cnim non mutabit ejus figuram. 
[Chr. Huygens.] 



N= 22. 

CuRisTiAAN Huygens a [INI. Mersenne]. 
[1646]. 

Pniir compléter les Nos. ao ci 21. 
Le- nmnnscrit se trouve il Le'hlen, cuil. Huygens. 

Axiomata. 





/ 



Omncs ehordac ex quibus gravitas libère pendet 
fupponuntur parallelae inter fe; et eadcm ratione pon- 
déra non ad ecntrum fed ad planum defcenderc conari. 

Duae vcl plures gravitâtes, ut A et B, alligatae 
chordae Cx\BD, quae tenetur in punétis C et D, non 
pofilmt nifi unico fitu quiefcere : idque tali ut centrum 
gravitatis earum, quod hic ell E, quantum potell def- 
cendat et piano terrac admoveatur. 



Si ex chorda aliqua ADF pendeant gravitâtes quot- 
iQ libet BCDE in fitu a natura requefito, et imum duo 



^ quaelibet punda ut B, E, in eo quo funt fitu retincan- 



tur, cactcrorum ut C, D, fitus ideo non mutabitur. 



CORRESPONDANCE. 1646. 



41 




Si qiiotlibct ii;ravitaCL's B, C, 1), fine anncxac chor- 

dac A, 15, C, D, E, et rctcnto puncto D, gravitâtes 

B et C pcndeant in fitu naturali; potcll: extrcmitas \i 

ita difponi, ut pimdum D dcrcliftiim codcm tanicn 

loco mancat, et pcr conicqucns ctiam 

reliquat' i^ravitatcs B et C. 

5- 
Pars linita circiimfcrcntiac circuli in- 
linitac mat^nimdinis acquipollct rcctae 
lineac. cxcmplum addcndum. 
T.emma i. 
Sit angulus SAR, intra quem movca- 
tin- rcs^ula NDC, lîtquc cjus meditim D. 
dico punétum D hoc motu partem ellip- 
fcos SDB dcfcribcre. Sit IIR acqualis 
NC et perpcndicularis in SUS ex medio 
cjus B per A ducatur BAL, rumtifque SA 
utrinque acquali ND, delcribatur circa 
diamcrros conjugatas SAS, LABelliplîs. demonllrandum cil punctum D elle in hac 
ellipfi. ducatur ex D ordinatim applicata DF ad diamecrum LB. ducaturquc praete- 
rca ex C terniino regulae CO perpcndicularis in NMS quae neceflario per F tranfîbit, 
quiim linea CO in duas aequales fecetur tam a DF, quam ab AB, ab hac quiaRB 
et BH aequales iunt,ab illaquia ND, DC itidem funt aequales et DF parallela NO. 
Demonftratio ') quadratum BA ell ad reftanguluni BFL live differentiam quadra- 
toruni BÀ, AF, ut quadratum BlI ad differentiam quadratorum BIl, FO, vcl ut 
quadratimi EF ad quadratimi EO; (quia FE acqualis eil: BH et per hoc quadratum 
EO aequale dirterentiae quadratorum BI I, FO). atqui cum aequales Ihw EO et DF, 
cft quadratum EF ad quadratum EO ut idem quadrattmi EF ad quadratum DF, ergo 
et quadratum AB ad reclangulum BFL ut quadratum EF l'eu AS ad quadratum DF 
et permutatim quadratum AB ad quadratum AS ut reclangulum BFL ad quadratum 
DF, et confcqucnter per pr. 2 1. i 1. Con. Ap. -) puncl:um D in elliplî. 

Lcmmii 2. 
Sit angulus SAQ, intra quem motu regulac TDC) punctum D quod in medio 
regulaeciKlelcriplerit ellipihi SNDRS, in EUipli hac pimCtimi fumaturquodcunque 
D,tranCeatqucper illud régula TDQ. et ubi lateribus anguli SAQ utrinque occurric 
ducantur inde in eadcm latera perpcndiculares QF, et TF, et ex punélo interlec- 
tionis carum F ducatur recta FD, ad punctum D fumptum m elliplî; Dico hanc 

') Pour comprendre cette démonstration, on doit distini;ucr le point A , le centre de l'ellipse, 

de E , à demi-distance entre N et ( ), de sorte que RF e'^t parallèle a KC. 
-) C'eft-.à-dire: Proposition :i du Livre 1 des Coniques d' Apullonius. 

Oeuvres. T. L ^ 



CORRESPONDANCE. 1646. 




FD ellipfi occurrcrc ad angulos rcftos, fîvc crcftam fupcr DF pcrpendicularcm DL, 
contingcrc clliplin in piinifto D. 

Preparatio. Duca- 
tur AF eâquc diame- 
tro dcfcribatur circu- 
lus ABQFG, qui, 
quia anguli ATF, 
AQF redli func tran- 
fibi: pcr punéla T ce 
Q. Porro dividatur an- 
gulus SAQ bifariam 
refta, AG et in eam 
perpendicularis ftatu- 
atur AR quae axis erit 
ellipfeos, et ubi AG 
circumferentiaecirculi 
occurrit, inde ducacur 
pcr D rcfta GDB, 
quae (quum anguli 
TAG, GAQ, et 'pcr 
hoc partes circumfcrentiae quibus inlirtunt TG, GQ ilnt aequales ut et lineae TD, 
DQ) fecabit lineam TDQ ad angulos rectos, ideoquc tranfibit etiam per centrum 
circuli O, occurretque praeterea circumfcrentiae circuli in B ubi eadem à recta AR 
iccatur, quia angulus GAB reftus ei1:. Ducatur ctiani ex B, BF perpendicularis in 
AR (quae nccefRirio incidet in punftum F, quia angulus ABF reclus ei1: et AF diame- 
ter) et ci parallela DK , cadatquc fupcr AG perpendicularis DC. (AB ad AM oo AF 
ad AL). Dcnique ex N ubi AG ellipfin intcrfecat ducatur tangens S Y, et fnniliter ex 
vertice ellipfeos R ducatur tangens ZX. et poftremo jungantur TB, BQ, TG, GQ. 
Demoiipratio. AK eft ad KB ut GC ad KD: KB ad KM ut FP five GC ad KD. 
ergo AK ad KB ut KB ad KM. ergo AK ad KM. ut D AK ad Q KB, vel ut D GD ad 
D DB. vel ut D AR ad G AN, ergo LD tangit ellipfin, per lemma praecedens ''). 
AR ed: aequalis GD quia triangulum XAZ fimile et aequale A"" TGQ. Item AN 
ce D13 quia A SAY fimile et aequale A' TBQ. nam SY od TQ et L SAY co TBQ. 

Lemma. 
Sit ellipfis ACB, diameter AB, centrum F, et in circumferentia ejus punctum C. 
et ordinatim applicata CD, et quam proportionem habet latus tranfverfum elliplcos 
ad latus reclum eam habeat FD ad DE. et in CE fit perpendicularis CG, quae con- 
\cniat cum produda AB in G, dico hanc in C contingere ellipfin. 

Praeparatio. diametro AB centro F dcfcribatur femicirculus AKB, et produ- 



~>) Il veut dire: Scquens. 



CORRESPONDANCK. 



I 646. 



43 




catur DC ufquc ad cjus circunifcrcn- 
tiam in K, ducaturque FK et in cam 
perpcndicularis ftatuacur KG. jungatur- 
quc KB. 

Demoiiflratio. Rcftangulum ADB 
five quadratum DK cfi: ad quadracum 
DC ut latus tranfvcrfiini figurac ad latus 
rcélinn , per a i . i . Con. Apoll. fed et FD 
cfi: ad El^ in eàdem ratione ex conftruftione, ergo quadratum KD ad quadratum CD 
utFD ad ED et permutando FD ad quadratum DK ut ED ad quadratum DC. ergo 
DG quac lit ex applicacione FD ad quadratum KD aequatur eidem DG quae fit ex 
applicatione lineae ED ad quadratum DC. undc apparet tangentes circuli et ellipfeos 
CG, et KG ce)incidere in prolongata diametro AB in codcm punéto G. Jam porro 
reCtangulum GDF aequatur quadrato DK. additoque utrinque quadrato DF aequa- 
tur reétangulum GFD quadrato 
FK five FB, unde fequiturper 
3-. I. Con. Apoll. lineam GC 
ellipfin in C contingere. quod 
crat demonftrandum. 

Propofitio I. 
Quia prolongatio partiuni l'u- 
nis EA, DB non mutât litum 
ponderum , imaginemur eas qua- 
ntumlibet magnac imo infinitae 
efil' longitudinis ita ut partes 
circumferentiae circulorum def- 
criptoruni radijs EA et DB cen- 
tris E, [D] 3) reprefentcntur no- 
bis per retlas KBO, KAN quae ideo ad 
EA et DB fint ad angulos reétos. et cuni pars 
funis AB femper extenfa maneat, oberret- 
quefemper extrcmitatibus fi.iis lineas KBO, 
KAN, apparet manifefto per lemni...-*) 
pundum F quod in medio ejus cil fi mo- 
veatur non nifi ellipfin defcriberc poflTc; 
quumquc CB ad KO faciat angulos redtos 
ut et CA ad KN et ab intcrfcftione earuni 
dufta fit CF ad ellipfin, mediamque AB, 
patet ex lemm. . . • ') FO quae perpendi- 




■*) Le papier était déchiré à cet endroit. 
5) Chr. Iluygens indique ce Lemma par 



, Ce sunt les Lemmata i et 2, de page 41 



44 



CORRESPONDANCF,. 164a. 



<f-^,E 



cularis cil ad CF, contingcre ellipfin in F. ideoque punctum F in mcdio t'unis AB 
etiamfi niovcacur non poflc amplius dcfccndcrc, crgo ncquc ancca quum funcs EA, 
l)B brcviorcs ciïent amplius defcendcrc potuic. 

Manifcilum. 
llinc Icquitur duo dicta pondéra non poflc pcndcrc alio ficu quam ut produitae 
EA, DB inviccm inccriecent in pendula gravitacis diamètre; nam quum dcmon- 
ilratum fit litum hune corum naturalcm cflc cum lie pendent, et tantum uno (Itu 
podint pcndcrc, fequitur neceflîirio cum hune efll'. 

Propofitio 2. 
Sint AI), l)C, Cl) virgulac pondérantes fimilcs 
inviccm et acqualcs, atque ita junclac in B et C ut 
ibidem libère fleéti et circa paxillos A et D circum- 
agi poflint. dico cas ita pcndcrc debere ut extre- 
mac produétac interfccent fe inviccm in pendula gra- 
vitatis diamctro cjus quac média efl:. Sint I,F,K 
■^^ centra gra\'itatis virgularum. Quia cnim pcr prac- 



ccdcntem difto fitu punttum F quantum potcft dci- 
ccndit per propolltioncm antecedentem adcoque fi 
movcatur arccndit,icquitur fi punctum B locum mu- 
tet veniatque ad 1 1, punctum F afceniiirum, fcd cum 
hinc etiam neceflàrio lequatur punctum B minus def- 
cendcrc cum ad H pervcnit quam punftum C afccnfurum fit five I minus defcendcrc 
quam K alccndat, manifefi:um cft etiam centrum gravitatis quod clt inter dua.; vir- 
■nilas A B, DC afccnfurum; igitin- omnium virgularum centrimi gravitatis ultro 
afcendcrct quod c{\ abfurdimi. 

Propofitio 3. 
Si quotlibet aequalia pondjra ex punctis B,C, D,E funi 
appenfa fint, dico quaelibct duo internodia, uno intermcdio 
relicto, producta concurrerc in pendula gravitatis diamctro 
duorum ponderum intermcdiorum quac pendent ex C et D. 
l^icatur cnim producta internodia BC, ED non concurrerc 
in pendula gravitatis diamctro ponderum ex C et Dpenden- 
tium, et firmentur puncta B et E eo quo funt loco. Igitur quia 
fecundum 3'" axioma punftorum C et D fitus eo non muta- 
tur, fcqueretur ne tune quidem cum punéta B et E recinentur, BC et ED productas 
fibi inviccm occurrere in pendula gravitatis diamctro ponderum ex C et D penden- 
tium quod cft contra propofitioncm primam. 





CORRIiSPONDANCE. 1646. . 45 

N= 23. 

M. MeRSENN'R h [CllRlSTIAAN HuVGENS.] 
8 DIXEMBRE 1646. 

I.i! Ii/!rc se trouve à Làikvi, coll. Hiiygciis. 

Monsieur 

i'euflc plulloft fatiftait h voilrc dclir pour ce qui concerne le centre de percuflion, ') ou 
d'agitation des corps fuipendus qui ont leurs vibrations libres comme le plomb pen- 
du à vn filet fufpendu lequel l'appelle ///m'jôtv/^///i;', pour fuyre les circonlucutions, 
mais parcequ'il y a tanî de diflerentes figures dans les corps qui font toufiours de 
nouuelles dificultez, ie ne voy pas q'une feule règle y puiiïe latiffaire, fi ce n'eil: 
celle que Mr. des Cartes, le plus excellent efprit du monde à mon aduis, a donné, 
la quelle ie vous repeterois icy, fi ie ne croiois qu'ayant cette fourcc incpuilable à 
commandement, puifque ie fcay qu'il ell voftre amy jntime, ce feroit vous faire tort 
comme à luy aufll, de vous enuoyer d'icy ce que vous auez bien plus proche & de 
vous faire boire d'un ruifll-au , quand \'ous auez la fource chez vous. 

le vous diray feulement que pour la pratique, fi tofl: que ie veux trouuer le 
centre d'agitation d'un corps donné, par exemple d'une fphere, demifphcre, cy- 
lindre, cône, feéteur de cercle, triangle, etc. lefquels ie fuppose matérielles comme 
de plomb, de bois, etc. ie prens vne funependule que ie peux alonger ou ac- 
courcir en vn moment que ie veux par le moyen d'un noeud coulant et fi toll 
que i'ay trouue la longueur de ce filet, en forte que ses vibrations fe font en mef- 
me temps que celles du corps fufpendu, par exemple d'un triangle, ie ccmclus 
B que ce triangle a fon centre de percufiion ou d'agitation, au lieu 

où ce funependule defcend fin* ce triangle. Vn exemple vous fera 
\ ^ comprendre tout cecy, mieux q'un difcours plus long. Soit donc 
le triangle A13C, pendu a quelque clou par vn trou qui luy donne 
^'' la liberté de fe balancer hinc inde, fi le funependule dont chafquc 

tour ou vibration eft égal a chaque vibration de ce triangle, citant apliqué fin- l'axe 
BD prolongé à l'infini vers E, monllre le centre de percuflion, s'il defcend de B en D, 
le centre d'agitation efi: au point D dans le triangle, fi au point E, il eft en E hois le 
triangle, et ainfi des autres corps. 

Et de cela l'en attends voftre jugement, pour la demonftration fi \-ous pouuez 
la trouuer A quoy Mr. Scoten -), lequel ie fliliie, vous pourra ayder auec fon 
heu reufe Analyfe, oubien iMr. Pell tresexcellent Analyfte. 

Et pour ce fuiet ie m'en vais vous defcouurir tous les biais, fuiuant lefquels 
il faut confiderer ces corps balancez, affin que voftre demonftration, ou manière 



') Voir fa fcttre N°. 14. 

-) C'est le professeur l'rans van Schooteii , le liN 



46 



CORRESPONDANCE. 1646. 




l'ayde de mes funependules foit 
des cas différents, foit dans le trian- 
grez 5) à l'angle A; et foit jfofcele. 



de trouver lesdiftes centres fans 
vniverfellc, ou qu'elle ayt du moins 
gle ABC.par exemple de i6o de- 
affin de fuir l'irrégularité. 

Ce triangle fe peut niouuoir en i façons, oià en s'approchant de 

l'axe DE, auquel il ell: fufpendu en A, en forte que la corne ou l'angle 

C aille et monte vers E, et puis de B vers D, en fe balançant, oubien 

fe balançant autour dun ailTieu DE, comme fi vous imaginiez que BC 

tornafi: autour de DE, en forte que BC ne s'approchail point de 

DE, mais hiy fuft toufiours parai lele. Au premier fite le mouue- 

ment ou les vibrations de ce trian- gle font beaucoup plus lentes qu'au 

2'' fite. Carau j'fitelefimependule fera plus que quadruple de l'axe 

AF, ell a dire qu'il viendra par exemple en G, qui fera le poincT: 

ou centre d'agitation de ce trian- gle: et au s'ente, le triangle fera 

les vibrations fi ville, que le fimc- | pendule fera plus court que AF. 

Comme \-ous pouuez ayfement ^ expérimenter auec dit triangle de 

carton, ou de bois, qui vous feront tourner le tout au doigt, comme l'on dit ordi- 
nairement. Or outre ces a confiderations, le triangle peut aufli ertre fufpendu par 
d'autres lieux, par exemple par la base en cette façon, en A, ou bien par l'une des 
25 ^_^ A ^j cornes afcauoir par B ou par C; ce qui donne des 

^^"^ I ^^ nouuelles confiderations ausquelles vous penferez. 

"^-^1, Et fi quelque règle fe peut trouuer") aufli vniver- 

felle pour le defierminer géométriquement comme eil mon filet pour le trouuer 

par experiment vous m'en ferez part, 1' attends cependant ce que vous m'auez 

fait efperer de la chorde ou chaifne, qui préfixée fait la parabole. ■*) 

J'ay bien peur que mon griffbnement foit fi mauuais , que vous ne puifllez le lire, 
IMr. Scoten vous aydera; fi vous elliez aufll bien à la Haye qu' hLeyden iMonfieur 
voftre père vous osteroit de cette peine. 

Nous fommes icy a dautres fpeculations, alcavoir de donner telle distance qu'on 
voudra entre des nombres donnez, dans laquelle dillance ou différence il ne fe ren- 
contre aucun nombre premier: par exemple donner 100000000000 nombres qui fe 



■') Dans la figure l'angle BAC est bien de 160 • mais par niégarde Mersenne y a inscrit „ 60 

degrez." 
■♦) Voir la lettre N=. 14. 



CORRESPONDANCE. 1 646. 47 



fuiuent immcdiacement, dont nul ne foit premier. C'eft vne choie effroyable que cette 
fpeculation de nombres tant pour la difficulté que pour rimmenfité. Et ie croy que 
dieu cil li hnmense que fi nous envilagions vn seul rayon de fou jmmcndcé, nous 
mourions tout foudain ou d'efTroy, ou d'admiration et deiperation. 

Excufez s'il vous plaiit ma longueur et me croyez toufiours tant pour Tatiection 
que ie porte a Monlieur voitre père, que pour vos vertus que i'admire 

Vollrc trerhumble leruireur 
Ce 8 Décembre i6j{.6. Mkrsenne JN'I. 

Je vous fouhaicte le nouucl an tauorable. 

") J'^y trouué cette règle en 1664 [Clir. 1 liiygens.] 



N^ 24. 

M. Mersenne h [CoNSTANTVN HuvGENS, père]. 

3 JANVIER 164-'. 

Le mannscnt se truitre i: Leidcii, Cuil. llnygc-nx. 

Monsieur. 

C'elH cette fois que ie fuis opprimé des courtoifies de Mr voitre fils, qui s'efi iur- 
pafTe ibymefine, et auquel ie ne reipons pas à ce voyage, parceque ion traité ') mérite 
d'eftreilabulé plus long temps que le premier-), qui a quelquechoiedeplusdiiputable. 

Je ne croy pas s'il continue, qu'il ne InrpaiTe quelque jour Archimede, coufin du 
Roy Gelon '). Quant à vous, ie ne doute pas que vous n'ayez l'efprit aflez libre 
pour faire voilre pièce de Mufique pour Ronds etfi nullus liber nifi iapiens, et que 
omnis iapiens liber, il me iera aylé de demonilrer que vous elles libre , et que nulle 
aifaire n'efi: capable de vous empefcher, mais ieulement de vous retenir[?]. Jeiuisbien 
ayle que noilre chantre ■*) vous contente en quelque forte. Je m'imagine qu'il fera 
toufiours modefie et retenu. J'attens voilre jugement d'entre les 2 pièces des 2 
collègues. Je voudrois qu'ils vouluiTent s'eihidier à faire parler la lettre auec ion 
emphaie. Car que vous dites pour la politetîe de la converiation, ils l'ont, et connue 
ils font tous 2 jeunes ils peu\'ent ayfement ie perfectionner. T(.)utes nos lanternes 

') Voir Lettres N° ^20, 21. 

-) L'auteur indique problablement la Lettre N°. 14. 

3) Gélon, roi de Syracuse conjointement avec son père Hiéron II, naquit vers 268 et mourut 

vers 216 avant J. C. après la bataille de Cannes. Archimede, que l'on dit être parent de ces 

rois, lui dédia son Arenarius. 
■*) C'est Mr. Avril, qui lui avait été recommandé chaudement par Gobert, comme „jeune, de 

bonnes meurs et .garçon de coeur, excellent musicien" dans une lettre du 25 novembre 1646; 

il vint à la Haye vers mi-décembre 1(346. 



CORRESPONDANCE. 1647- 



lourdes font comme la voftrc, le vent ne peut les cftendrc à raifon que l'air jntc- 
rieur tient bon, qui ne voulant pas fortir, le vent n'y peut entrer non plus comme 
dans voftrc chambre qui n'a qu'une fenellre ouuerte, la porte eftant fermée. Je viens 
de recevoir le ir feuillets d'un Liure qui s'imprime en Pologne '), et qui doit eftre 
achevé ce printemps, ie vous prie de l'envoyer h Moniieur voftrerils auec mes baife- 
mains en attendant que ie luy efcriue. il pourra la monftrer a fes amis de Leyden. 
T>'on m'a aullî efcrit de Rome, que fontana '^'), l'excellent Lunetier de Naples 
a publié fes obfervations celeftes ') faites auec fes grandes lunettes de 1 5 et 30 pieds 
de long, et que fr valangre ^) de Bruxelles fait imprimer les (ienncs. Il faut que 
vous vous refoluiez de faire donner vue demie piftole pour 2 volumes in 4° d'une 
nouuelle philofophie '-'), dont la ]"= ell la Logique demonftrée et le 2"^ la jre partie 
de la phylîque, qui apartient aux mouuemens tant naturels que violents, tant iîmples 
que compofez d'un ou plufieurs plans ou directions, il y a 10 Liures. L'opinion de 
voib-e fils de la cheute des graues c'eft a dire celle de Galilée , par nombres impairs 
1,3, 5, etc. y eft combatue. Et il y a vn traité particulier des centres de percufllon 
h la fin; fi ie peux faire baler dcz demain ce 2'' volume pour vous l'envoyer après 
tout entier auec le fieur Taffin efpiant l'occafion, la commodité pour vous le faire 
tenir, mais feulement les 2 ou 3 feuillets ou font les centres de percufllon, ie vous l'en- 
uoyray auec cette lettre , car ie brufle d'cnuie que Mr. voftre fils le voye ce traité et qu'il 



5_) C'est probablement l'ouvrage : 

I. N. J. Spectaculum iii coelo intra 839 aiiiios non obsernatnm, 1646, 2 4dec.ohsenianchmi: 
Jovisa Lima obscnratio. Auct. Baiiman. Vratislaviac, 1646, 4°. 
") Francesco Fontana, né vers 1580 a jN'aple<, y mourut de la peste en 1656. II est renommé par 
ses verres optiques, et les perfectionnements qu'il sut apporter dans les instruments astrono- 
miques. 
') Novae coeleftivm, terreftrivmq ; rervni obfervationes. Et fortafle hactenus non uulgatae a 
Francisco Fontana, fpecillis a fe inventis, Et ad fummam perfectonem perductis, editac. 
Neapoli. Superiorum PermiUu, apnd GalTarum. Menfe Febriiarii jidcxi.\-i. 4°. avec quantité 
de figures. 
•'') C'est probablement l'ouvrage: 

Plenilvnii Lvmina Avftriaca Philippica Haec nvfcvam vulgata generi tanien hvmano 

maxime vtilia, imo nccciraria Michael Florentins van Langeren Mathematicvs et Cofniogra- 

phus Regius orbi terrarvm proponit. à la fin „BrvxelIae V Idiis Februarij cid.ioc.xlv" in piano. 

C'est une belle carte de la lune, qui lui valut l'honneur que Riccioli baptisa Tune des plus 

grandes taches de la lune de son nom. 

L'auteur est le fils de Arnoldus Floris van Langeren, qui, avec son pèrejacobus Floris van 
Langeraer, inventa les mappemondes en deux hémisphères: cette famille renommée était 
d'origine gueldre, non française. Il demeura longtemps à Bruxelles (1622 — 1647), puisa 
Madrid, où il était encore en vie en 1661. 
^) Peut-être ces livres sont les suivants : 

Et. Noël. Examen Logicarnm, dont il y eu tune impression Flexiac. Ty pis Laboicis. 1 658, 1 6° et 
St. Noël. Aphorismi Physici, seu Physicae Peripatcticae principia breviter et dilucide pro- 
posita. Flexiae , ap. Gcorgium Griveau. 1646, 8°. 
Sur l'auteur voyez la lettre No. 49. 



CORRF.Sl'ONDANCE. 1647. 49 



Tcxaminc, peut dire que Tenuic luy en prendra a luy mefme de le mieux demonllrer, 
ou du moins il pourra le faire voir a Mr. des Cartes, qui y a délia trauaillé, et qui a 
iugc qu'il efljmpoiïibledelatrouucr par aucunes [?] figures et ratiocinations [?],en ce 
petit traité Fauteur prétend les auoir dellcrminez par railbn et dcmonrtration '°). Cer- 
tainement ié leray raui d'auoir le jugement de ce livre de Mobiles, tant de voltre lils 
puisqu'il y eft attaque en Ton opinion, que de Mr. des Cartes fur qui vous auez 
allez de pouuoir d'en jmpetrcr le jugement fur les points principaux, particulière- 
ment fur ce qu'il prétend demonllrer la raifon h priori de la reflexion, et de ce qu'elle 
fe fait à angles égaux auec l'incidence, vous y trouucrez pourquoy et quand les faux- 
bons fe font par les baies des tripots ' '), ce qui arriue aux chocs des boulets. Les 
vnes auec les autres font frapés obliquement, ou perpendiculairement, etc. 

Plcust à Dieu que voltre fils voulull dcmonilrer tout ce qui y ell à fa manière 
plus noble, car ie crains bien qu'il s'y trouue quantité de paralogifmes cc-rîjjji tamen , 
jufqucs aux examens : 

Vous ne me dites rien de \-oltre admirable Muficien et loueur de Viole de vollre 
cxellent Mariage '"). Parce qu'ils n'ont pas repondu à voflre attente? 

Si vc^rtre Golius ne fe hailie de faire jmprimer l'apollonius, il court rilqiie d'ellre 
deuancé par vn Jefuillc de Madrid '^^ comtois de nation,qui y enfeigne les IVIathema- 
tiques et qui le promet '•*). Le relie au voyage fuiuant, car il liiffit pour cette jre 
fois de la nouucllc année que ie^'ous fouhaitte ad multos annos, celuy qui ell il fort 

\"oll:rc trefaftcclionnc leruiteur 
Ce 3 de Tan \6\-j. Mersenne M. 

Je liiis bien ayfe que vous ayez elcrit au Sieur Gobcrt: car il a plus de puiilance 
fur la pareiïe du Sr. Iktllard que moy: il ell encore icy felle auiourduy, de S"-' Genc- 
fiefue patrone de Paris; ie croy qu'il commencera enfin après les Roys et que ne 
toucha [?] d'un doigt. 

J'ay enfin acheté icy vn frerc PuI[o] ''), oîi ie ne trouue pas tant de merveilles, 
que ie m'imaginois. 



'°) Ihiygcns ayant déchiffré cette ligne presque illisible, la copia entre les lignes. 

"} Locution vieillie pour: jeu de paume (Littré). 

'-) C'est probablement un morceau de musique, composé par Constantijn Iluygcns, père, à 
l'occasion d'un mariage. 

'3) C'est Claude Richard, né à Ornans (Franche Comté) en 1589, et mort à Madrid le :o octo- 
bre 1664. Il entra chez les Jésuites à Rome (1606), enseigna les mathématiques à Lyon et 
devint professeur de mathématiques au Collège Royal , fondé à Madrid en 1 624. 

''') Apollonii Pergaei Conicorvm libri iv. cum Commontariis R. P. Clavdii Richardi, e Socictate 
lefv Sacerdotis, Patria Ornaccncis in libero Comitatu Durgundiae, & in Collcgio Impcriali 
eiufdem Societatis Regij Mathematicarum Matriti Profeflbris. Dicatis. Autvcrpiac, Apud 
Hieronymvm & Joanuem l'apt. Verdvden. Anno 1655. in-folio. 

Le privilège date de „Bruxellae 24 Dccembr. 1643", l'Approbatio de „Antucrpiae 27 
Januarij 1645", l'Imprimatur de „Toledo i2junij 1646." 

'5) Marco Polo Venctiano. Délie Mcrauiglie del Mondo per lui vedutc. Del collume di vnrij 

Oeuvres. T. L 



50 CORRESPONDANCE. 1647. 

N= 25. 

M. Mersenne à Christiaan Huvgens. 
8 janvier [1647]. 

La lettre se trouve à l.eiden , coll. Huygens. 

Monsieur 

i'ay elle aflcz long temps h délibérer ii ie vous efcrirois à ce voyage tant parccque 
ie n'ay pas eu afîez de temps pour lire vollre problème de la corde tendiie, (quoy 
que ie commence défia de l'admirer fi fort, que fi iamais vous donnez quelque chofe 
au iour que ie fouhaitte que vous l'intituliez Archimedes Batauus) que pour ce que 
i'attends à vous enuoyer vn traité des centres de percuffion qui vient de s'imprimer, 
en attendant de vous faire tenir par la voye de Mr. vofl:re père le refte du Hure qui 
prétend demonftrer tout ce qui concerne non feulement les mouuemens naturels 
des corps pefans defcendans perpendiculairement et fur toutes fortes de plans incli- 
nez, et des mouuemens violens, mais auflî de toutes autres fortes de mouuemens 
compofez en toutes façons. le m'afleure que tout cela fera bien digne de voftre 
examen, dont i'efpere que vous me ferez part, nommément en ce qu'il impugne la 
proportion de l'accélération par les nombres de Galilée 1,3,5,7, etc. qui cil auffi 
la vollre, et en ce qu'il a beaucoup de chofcs, qui choquent certains principes de 
INIr. des Cartes, auquel ie vous prie de faire voir ledit traité , car quand il aura pafie 
par voftre iugement pour y marquer les paralogifmes ou fautes s'il y en a contre 
la Géométrie ou la Philofophie, ie ne croy pas qu'on ayt belbin d'autre decifion. 

Or attendant que i'aye fait accommoder ce livre, je vous propoferay feulement 
cette figure d'un triangle de bois ou de fer, ou de telle autre qualité que vous vou- 
drez ou fi vous aymez mieux vn plan triangulaire rigide, affin de voir fi vollre 
analyfe y pourra donner l'atteinte neceflaire. 

Soit donc le triangle ABC pendu au point A, en telle forte qu'il fait ayfement 
les vibrations de B en I et de C en H, foit la perpendiculaire, ou fon axe AF pro- 
longé tant qu'on voudra vers G. Il èfl: certain qu'il y a vn point dans ce triangle où 
en le remuant et balançant comme i'ay dit, il frape plus fort qu'en nul autre endroit , 
et ce point fe rencontre dans l'axe AF, prolongé fi befoin ell, il efl: donc quellion 
de le déterminer, et il fera ce qu'on appelle le centre de percufllon. 

De mefme foit le fecteur de cercle ABGC, qui fe meuve aulïï par CH et BI, ou fera 



Paefi, & dello stranio viuer di quelli. De la Dcfcrittione de diuerfi Animali. Del trouar deir 
Dro, (Se de FArgento. Délie Piètre preciofc. Cofa non meno vtile que bella. Di nuouo riflam- 
pato, & ofleniato l'ordine fuovero nel dire. In Treuigi , Appreflo Girolamo Righettini: 1640. 
in- 16°. 

De cet ouvrage, renommé dans cette époque, il existe encore diverses autres éditions en 
plusieurs langues. 



CORRESPONDANCE. 1647. 



51 



fon centre de pcrcuffion? Or ie rupofe que l' angle BAC ell de 1 53 dcgrez; et h chaque 
changement d'angle il eil certain que le centre de percuinon change auec triangles. 



>I- 




-T 



Tournez la figure iiuis defllis dellbus: et imaginez le triangle renucrfe CBA ilii- 
pendu au point F par le milieu de la bafe, et qu'il Ce balance vers K et L. Son centre 
de pcrcuffion fera dans 1' axe FA, où lera ce? fi vous me refoluez cela par railbnne- 
ment, eris nobis magnus Apollo. 

Ce fera attendant que vous voyiez ce qu'en a dit l'auteur des mouuemens, qui a vn 
grand génie, mais il n'a point touché ce dernier cas que ie fcafche, ni le s*" , que i'a- 
cheve de vous propofer, puisque la mefme figure le permet; foit donc auffi le fefteur 
de cercle renuerfé CGBAC, pendu par G et fe balançant de B vers K et de C vers L 
en quel point de GA fera fon point de percuffion? oubien fi vous ne prenez que le 
fecteur CGBFC, ou fera ledit centre? Celuy qui foudra ces 3 
ou 4 cas ") par raifon, deura efire eflimé le j'' Géomètre de 
l'Europe à mon auis, et c'efi: ce qu'on n'a pu faire jufques à 
^ prefent. 

Au refte vous pourrez prendre tel temps qu'il vous plaira pour cela; 
Et parceque Monfieur vollre père fe plaiit grandement à la Mufique 
i'efpere que vous prendrez plaifir pour l'amour de luy, de refoudre vne 
dificulte harmonique que vous expérimenterez vous mefme fur vollre 
Luth , afcauoir pourquoy il faut qu'une chorde de Luth tendue à vn cer- 
tain ton, foit tendue 4 fois dauantage pour monter à l'oftaue, attendu 
que l'octaue n'a fa railbn que de 2 a i. Soit la corde AB attachée au point A et 
qui pafl^e au point B fur vne poulie; ou fi vous aymez mieux, foit vofl:re Luth verti- 
cal u(2 , et que la corde attachée à la chenille a. pafiTe par defilis le cheualet d'en bas 
/S , pendant librement en yS^ fi le poids y tendant la chorde à quelque ton que vous 
remarquez en touchant la chorde en f , ou E ') cft marqué : pour la faire monter de ton 
iufqu'à l'octaue il faut y aiouter encore 3 poids, dont chacun foit égal au premier, donc 
les poidsou tcnfions doiucnt eilire en raifon doublée des fons. Il femble que cela dépend 




' ) Dans l'autre figure. 



52 CORRESPONDANCE. 1 647. 

de la raifon des cheualcts, car les efpaces font en raifon doublée des tcnlîons, voyez 

Il vous la luy pouvez accommoder, ou s'il y a quelqu' autre raifon. Et fi quand la 

f^ corde de voftre Luth FG efi: tirée iufques h II par exemple, et 

qu'elle retourne iufques à L, et qu'elle renient iufques à I, et 

^S^G. ^'"^ '^'■'^ autres retours iufques à la fin, fi, difie, ces lignes de retour 

£ 1 1 L et L I etc. font en proportion géométrique , géométriques [fie] 

ou quelquautre. 

Or ie veux vous faire part de ce qu'a produit icy depuis quelque temps nollre 
Académie iNIathematique, et puisque vous aymez les centres de pcfanteur ou granité, 

E c '■'oiit celuy de la figure que nous nommons trochoidc , ou cy- 

(y^ [îr^~\ cloide, qu'eH: la courbe ACB, defcrite par le cercle AE 

A :i> -B failant par fon tour entier fur le plan AB laligneACBen l'air, 

et ADB égale à fa circonférence. Le centre ell au point F, lors que de F a C il y a 
8 ') parties et de F à D 5. Si vous imaginez cefiie figure ACBD torne autour de fa 
bafe AB, elle fait vn folide qui ell au cylindre de mefme hauteur et dont le diamè- 
tre eil: AB, fous fcfquilepcieme ■>): fi la mefme figure torne autour de fon axe CD, le 
folide engendre n'cfi: pas à ion cylindre comme 11 à 18, ainfi qu'auoit penfé l'excel- 
lent Torricelli •*) de florence, mais en voicy la véritable proportion. 

Si ex tribus quadrantibus quadrati dimidiae bafis, dematur tertia pars quadrati 
altitudinis, erit vt reliquum ad ipfum dimidiae bafis quadratimi, ita folidum Tro- 
choidis circa axem conucrlae ad cylindrum eiusdem bafis, eiusdcmquc cum ipib Iblido 
altitudinis. 

C'efi: pourquoy ie vous prie de corriger ainfi à la fin de l'Erraca de mon Liure 
que vous citez, ce que i'auois aporté de Torricelli de 1 1 ad 18. 

l'aioute la manière de marquer aucc vue feule ouuerture de compas vn el'pace 
courbe fur vn cylindre égal h vn quarré. 

Soit le quarré donné A, faites vn cylindre, dont le diamètre de la bafe EF 
J3_ ç_/5 foit égal à la moitié du colle B/3, alcauoir BC, qui ibit EF. Si vous 

A I ouurez vofl:re compas comme EF, et que vous le mettiez fur quelque point 
du cylindre que vous voudrez, comme en G, fur lequel la pointe eilant 
fichée mettez l'autre jambe fur le contour de ce cylindre qui ira julle iul- 



\\ l'-i'^'-^ milieu de l'autre collé et luy faites faire le tour iufque à revenir en G, 
l» Y* l'cfpace qu'il aura circonlcrit du cylindre fera égal audit quarré. Ce qui a 

O elle icv dcmonilré.'''^ 



-) Lisez : 7. 

5) Scsquisepticmc est 1 + 77 = ^'7 (Boethiiis). Sous-sesquiseplième est donc Vs- 
■♦) Evangelista Torricelli naquit le 15 octobre 1608 à Piancaldoli et mourut le 25 octobre 164" à 
Florence. Disciple de B. Castelli, il lut appelé par Galilée à Florence, en octobre 1641 , et 
assista celui-ci avec Viviani jusqu'A sa mort, le 8 janvier 1642 : depuis il y resta comme pro- 
fesseur de mathématiques au collège et comme philosophe du Grand Duc Ferdinand II. 



CORRKSl'ONDANCE. 1647. 



L'on a auffi trouue le centre de granité de chaque partie de la luperficie d'une 
fpherc, en prenant les parties comme des coilcs de melon de polc à pôle. Et la fur- 
face d'un fpheroidc égale à la lurface d'une fplierc. Ce que iay voulu vous cfcrire 
affin de vous faire part de nos petites nouueautez, et de vous teiinoigncr le grand 
cftat que ie fais de voftre excellent efprit. 

Jem'afleurequ'aprcz auoir vu l'auteur que ie vous enuoye des centres de perculllon, 
vous rcnchaircz deïïlis, et que vous trouuerez quelque règle plus excelcnte, ou plus 
exquillte: et fi vousy aperccuez des paralogifmes vous me ferez plaifir de m'en auertir. 

Si l'on peut trouuer le centre de granité des 2 fuidites iblides de la roulette, ou 
trochoide, l'on aura la quadrature du cercle, que prouue vn F. Jeluirte Vincentio ') 
qui la faite imprimer à Anuers ") vous l'auez défia peut cdre, ie hrufle d'en fcauoir 
X'ollre iugcmcnt fi toll que vous aurez examiné l'on mémoire. 

Je veux encore icy aioufier le centre de pefanteur de la demie circonférence du 
cercle fi vous l'imaginez vniformement pefiint: Continuez dans l'un & l'autre quart 
la quadratrice BEC, qui pafTe par les extremitez de cette demie circonférence, et 
qu'elle ayt le mcfme centre de grandeur A qu'a ladite demicirconference et le mefme 
axe AE, et le point 1'^ fera le centre de grauité de la mefme dcmiecirconference. 

jD Le Jefuifte fufdit promet aulfi la quadrature de T hyperbole, 

.E^~^ i\ fon liurc ell en vente à Anuers, ie m'alTure que fi vous priez 
'-■\^ ÎNIonsr voftre père de vous le faire venir promptemenc, vous 
■3 ^ '■ l'aurez jncontinent et m'en apprendrez ce qui en cil. 

\'ous ferez aufil aucc luy qu'il vous face venir d'entre les mains du Sr. Talfin au 
pluftoil le volume entier du mouuement duquel j'ay choifi ce que vous en recevrez à 
ce voyage, et puis vous me ferez fcauoir vofire aduis fur le tout. 

Enfin , pour acheuer ce papier, on a trouvé d'vn coup, ou d'une ouuerture de com- 
pas appliqué fur vn cylindre droit, vnc partie de la courbure ou fin^tace égale à la 
furface entière courbée d'un cylindre oblique, ou icalene. 

Je croy que vous ne ferez pas marry, que ie vous mette icy la méthode de trouuer 
vn lieu entre les nombres où il y ayt \'n efpace de 1 00000000000 nombres, ou tel 
autre que vous voudrez, dont nul ne foit premier. 

Il faut multiplier les vus par les autres tous les nombres premiers, moindres que 




■) Grciïorius a Sancto Vincentio, né à Brui^cs le 8 septembre 1584, mourut à Gand le 27 janvier 
166-. 11 était Jésuite, étudia à Rome, devint professeur de mathématiques à Prai^ue (1625), 
puis, quoique instamment sollicité de venir en Espagne comme précepteur de Don Juan 
d'Austria, iilsde Pliilippe IV (1631), il retourna en Belgique, où il résidait à (;and. Il nous 
a laissé plusieurs ouvrages imprimés et 13 \-olunics de Mss. , qui se trouvent i\ la Bibliothèque 
Royale de Bruxelles. 

'^ Gregorii a S'" Vincentio Opvs Gcometricvm Qvadratvrae Circvli et Se6tionvm Coni Decem 
libris comprehcnfum. Puis un beau titre gravé, où dans le milieu sur une peau de lion: 
Problema Avfiriacvm plus vitra Qvadratvra Circvli. Auctore Gregorio A S'° Vincentio Soc. 
lesu. et au dessous: Antvcrpiae, Apvd loannem et lacobvm Mevrfios. Anno m.dc.xlvii. 
in-folio. 



54 CORRKSl'ONDANCE. 1647. 

1 00000000000, en commençant par 2, fi au produit on aioûte i ,ce feruterminusaquo. 

Mais parce que cela eit trop loin prenez l'exemple de 10, il i\iiit multiplier tous 
les nombres premiers moindres que 10, afcauoir 2, 3, 5, 7., dont le produit cil 210, 
auquel i aioùté, nous auons 211, ioignez 10 , ce font 22 1 , et partant les 2 nombres 
entre lefquels il y a 10 nombres fims aucun premier font 211 et 22 1 différents de 10. 

Oubien fi de 210 vous ofliez i , rcfie 209, duquel 10 ollc, relie 199, entre les- 
quels il n'y a nul nombre premier. 

Pour trouuer vn nombre premier plus grand qu'un nombre donné, par exemple, 
qu'un milion, il faut prendre la fuite des nombres premiers, qui lurpaflènt de l'unité 
les nombres de l'analogie de 2 ^),et l'on trouuera la 256e puidàncc augmentée d'un 
qui fera le nombre premier qui furpafil'ra de beaucoup ledit milion. 

INÎais ces petites gcntillefies de nombres Ibnt trop fcabreules pour vous en entre- 
tenir, la Géométrie efi plus ioyeufc et ie vous demande pardon de ma grande lon- 
gueur, et encore plus pour ma mauuaife efcriture ^). Mon retour efl: à iMonfieur vofl:re 
père, qui me tait la faueur de lire mes pieds de mouche : c'cfi: à luy s'il y a quelque 
mot difficile , que vous vous addrefferez s'il vous plaifl:. 

Sur ce que ie vous ay dit de la tcnfion quadruple de la corde harmonique pour 
la faire monter à l'oftaue , il me vient de refiouuenir [?] que i'en auois traite dans la 
baliilique propofition 36. dont la Icéture vous fera peut eftre venir la véritable de- 
monllration dans l'efprit. Il faut feulement y corriger les lettres capitales page 1 29 
ligne 14, ad 13, il faut ad E. page 130, ligne 25 rationes et non rectas. page 132 
L 18 necessaria. L 21. AGF. L 25. au lieu de CD vers BF, il faut BE, vers CF. 

Certes la 35, et la 37 propofition meriteroient bien voftre examen, car ie ne 
vais quafi qu'en tremblant, de peur de faire tort à la vérité: ne nuifant jamais 
les expériences , qui doiuent feruir de phénomènes ; et ie croy auoir faift en cela 
plus fincerement que fi i'eufle confl:ruidl: des dcmonfirations de bibus, comme l'on 
dit : tant y a qu'il y a afl"ez de préparation pour exercer vn bon efprit. 

Dans la 38 propofition vous verrez les difficultez de receuoir le principe dont vous 
vous elles ierui en vofircj" demonfiration , afcauoir qu'un mobile fe mouueroit 
toufiours de mefine vitefl"e dans le vuide, dont il auroit efte poufle au commencement. 

Et outre ce que i'en dis en ce lieu là, l'on vous peut encore obieftcr qu'une pierre 
cftant iettée en haut perpendiculairement, ne deuroit jamais retomber, d'autant 
qu'efiant arriué au dernier point où elle fe trouue en équilibre auec fa pefanteur. 



") L'auteur veut indiquer des nombres de la forme 2""+ 1 . 

") La qualification m'a rien d'exagiîré; l'écriture de Mersenne est une des plus mauvaises qu'on 
puisse rencontrer. Ce n'est qu'avec beaucoup de peine que les personnes les plus exercées dans 
la lecture des autographes parviennent à déchiffrer son manuscrit, rendu plus inintelligible 
encore par le style et l'autographe peu corrects. Aussi les crochets [ ] de notre texte n'indi- 
quent que trop souvent qu'on n'a pas pu arriver à une solution tout à fait sûre de l'énigme 
que présentait quelque mot indéchiffrable. 



CORRESPONDANCE. 164- 



la force du mouucmencqui la conduit en haut, n'a plus de contraire en cet équilibre, 
donc elle ne le doit point perdre : donc elle ne doit point retomber ce qui eft contre 
l'expérience , car de dire que la pcfanteur agifle en ce point non comme i , mais 
comme 3 et 5 , c'efl: contre l'expérience, autrement vn plomb pendu h vn filet, rom- 
peroit bien toil le filet en pelant comme i , et furtout [?] 3, 5, etc. contre l'expérience : 
de dire que c'eil l'air ou autre matière perpétuellement defcendante et tournante 
qui abate et ofle la pierre montée à ce point d'équilibre , c'eft deuiner fans le voir. 
Et partant vortre demonfi;ration manque de principe , outre que vous ne prouuez 
par induftion que le graue pade par tous les dcgrez de tardiuité : et voyez qu'au 
melmc moment que nous lafchons vne pierre en bas elle va vide. 

Ceft choie bien eftrange que nous voyions fi peu dans la phyfique, et qu'il y en 
ayt tant qui difent, ou fe vantent de voir fi clair dans les chofes de la religion, qui 
dépend de ce que nous pouuons beaucoup moins aprocher que ce que nous venons 
de dire des choies phyfiques. Il n'y a remède il faut eflàyer d'auoir patience, puis- 
que la diuine prouidence nous a mis dans cet eflat de vie, qui ne dépend nullement 
de nous puisque nous nous trouuons fur la terre fans fcauoir qui nous y a mis et d'où 
nous fommes venus, fi on ne nous l'apprend 3 ou 4 ou 8 ans aprez. 

Je prie Dieu Monfieur, de vous conferuer toute cette année en tresbonne lanté, 
et que vous foyez l'Apollonius et l'Archimede de nos iours, ou plulliofi: du fiecle à 
venir, puisque voftre jeuncfil' vous peut donner vn fiecle entier. 

Voltre trefafFeclionnc fcrvitear 
Mersenne, m. 

Ce 8 du nouuel aii. 

Si vous prenez la peine de lire la 38 propofition, ie vous prie d'y corriger cecv. 
p. 136 L 24, accenferi tout en un mot, p. 137 L 2 obfervationes. L 12 explofione 
L 16, pilas maiores eàdcm ac minores. L 29 globus, curvatus proportionaliter. 
p. 138, L 3, 2200 au lieu de 2000, L 9 au lieu défère horaedimidiaefpatio, mettez 
mulco tcmpore. Je vous prie aulTi qu'à la 39 propofition qui efi: mal marquée 35, et 
qui efi: la dernière, à la page 1 39 L 1 4 , vous effaciez tout ce qui efi: depuis Habet iuf- 
que à iccundum; parce que i'ay expérimenté que dans l'efpace de cent toifcs qui ell la 
plus grande portée horizontale des meilleures arquebufes,la baie arriuera au meime 
moment que le fon: ce qui me fait necefiliirement conclure que la baie eft du moins 
à 50 toifes , quand le fon commence a fe faire : car autrement il vièndroit bien 
pluftoft a l'oreille que la baie, puifque le fon fait 23,0 toifes dans i". et la baie n'en 
fait pas 150 dans ce mefme temps. 

A la préface générale L 5 et 6 lifez DA fefquidigiti, hoc eft octans pedis. pag. 86 
Phacn. Mechan. L 2 lifez potentia, refiftentia. L 1 8 et 19, 22464. Il y a page 85 et 
ailleurs des nombres à corriger, c'eft [?] chofe horrible d'auoir affaire a des mauuais 
imprimeurs. 



56 CORRESPONDANCE. 1 647. 



Excufcz fi ie barbouille encore cette page, affin de rellituer les vrays nombres 
de la page 85 des mechaniques. L. 16. propiùs L. 30. 26 au lieu de 50. L. 31. i-, 
non 13. L. 32. 49 non 338. L 33.7 au lieu de decimo tertio. L. 34.7 pour decimi 
tertii L. 37. 49 pour 338. neque fi fuerim Hercules, poilîm omnes erratorum hydras 
calami numerorum (eu claua delere. 

p. 86 vltima linca, fcribatur cylindrus 26 hexapedanus, cum inccruallo 

crafiitudinis et materiae erit paulo 312 librarum. Et tout de melrne page 8-. L. 4. 
26 et 312 pour 338 et 2648 et L 14. 312. 



") l'ay trouue tout cecy l'an 1664, et bien d'avantage. [Chrilliaan Ikiygens.] 
'') 11 faut que le compas ayt Tes iambes crochïies pour bien faire cela, comme ceux 
dont on meiiirc les globes. [lAIerfenne.] 



N= 26. 

A. Rivet h Constantvn Huygens, père, et M. de Heenvliet '). 

12 JANVIER 1647. 

Ld lettre se tyniire 1: Leiden, cuil. Hnygens. 

Messieurs. 

Nous avons oiij il y a aujourd' huy huit jours l'entrée de Mons. Bornius -) qui 
fut fort bonne, & telle jugée de tous. Il a aufli commencé fcs leçons. INlais il cil 
travaillé depuis un mois d'une toux qui me donne quelque apprehenfion. J'cfpcre 
ncantmoins que fon bon régime l'en tirera , & c'ell une de nos meilleures pièces , 
principalement pour le collège, ou je crains grandement que l'oecono'mie ne reus- 



') Johannes Polyander à Kerckhoven, lils du professeur en droit de même nom à Leiden, 
naquit le 24 août 1594 à Dordreclit. Il était Seigneur de Heenvliet et Sassenlieim, opper-IIout- 
vester (premier forestier) de la Hollande, et Majordome de la Princesse Marie, Douairière 
d'Orange. Andréas Rivet, Constantyn Huygens, père, et lui furent nommes le 17 septem- 
bre 1646, les premiers Curateurs du CoUegium Auriacum, l'Ecole Illustre de Bréda. Il 
épousa Catliarina Watton, veuve de Lord Stanliope, et mourut à Sassenlieim le " mars 1660. 

-) Henricus Bornius, né à Utreclit, y a étudié aux frais des Etats d'Utrecbt, obtint son grade 
en philosophie en 1637, et fut nommé à l'Ecole Illustre de Bréda, lors de sa fondation en 
1 646, professeur de logique et de morale et en même temps sous-régent. En 1 65 1 il devint pro- 
fesseur de philosophie-à l'Cniversité de Leiden , et en 1659 Gouverneur du Prince d'Orange 
Willem m. Il mourut à Leiden en 1675, et y laissa une bibliothèque très-renommée. 



CORRESPONDANCE. 1647. 5" 



fifTc pas , & nous donne de la peine. Souvent nos jeunes gens en font plainte , & y 
remarquent une grande inégalité. Il se plaint d'ailleurs que fe mutuo imitant, & 
pro uno vel altero hauftu, ieptenos exhauriunt. Je luy ai dit qu'il faut régler cela, 
& les contenter fur le traitement. 11 y a aufli une petite controvcrfe de laquelle 
j'ay promis de vous eicrire. On a penlé que tous les jours un profellèur félon leur 
ordre diineroit a leur table, & que fon Altelfe a ordonne pour cela 400 il. Mons. le 
Régent dit qu'il a leulement ordre d'en convier quelques uns par l'ois comme il verra 
bon. Ils dilent que pour la conversation et pour apprendre ils délirent qu'il y en 
ait un a tous les difners. Je voy aulfi cet inconvénient (i cela ell laifTé a l'arbitrage 
du Régent, qu'il y en aura de mal-contens pour l'inégalité. iVulli que quelques uns 
objectent, que s'il les convie de l'on mouvement, il ne les doibt pas mettre au des- 
Ibus de luy, puis qu'ils font les invitez. Tout cela cefTera, s'ils y vont par tour félon 
leur ordre. Car ils y feront comme profeOeurs, & luy eftant le premier, tiendra la 
place fans jaloulîe. Il s'ell créé beaucoup de fafcherie par cette oeconomie, n'ayant 
pas de gens qui entendent la cuifme pour des bouches alTez délicates, & qui fcavent 
qu'il y a ici des ordinaires ou pour dix francs la fepmaine les officiers font traiftez 
fort libéralement. Je l'ay aulTi exhorté a faire rarement des Thefes; & pour l'ordi- 
naire faire difputer l'es efcholiers fur les articles de la confelîion. Car fous ombre des 
thefcs gratuites, ils nous voudroient faire des livres , et occuperoient l'imprimeur a 
peu de chofe. On travaille aux actes de l'inauguration & aux harangues fuivan- 
tes 3). Hier Mons. Kipperus ■^) faute de pendans, requit Monlieur le Gouver- 



3) inavgvratioIllvnrisScholaeacIllvstrisCollegii Avriaci, à Celfiilinio PotL'iuiliimcniiic Araiilicj- 

nenfium Principe, Frederico Ilenrico. lu vrbe Breda Erectoruni. Ciini Oratioiiihus lV)lciiini- 

bus ipia I nanj; Il ration is die feqq. aliqiiot habitis. Brcdae, Ex Officinà Joannis à Waefbertic, 

Ilhiftris Scholae & Collegii Auriaci Typograplii hirati. cIoIdcxlvu in-j . 
Cet ouvrage contient entre autres: 

p. -i—33 Oratio Ab Andréa Riveti). 

„ 34 — 60 Proloqvivm Secretarii Ilausmanni. 

„ 61 — 100 Oratio Ludovici à Renede de EiicaeniisGentilium Jiulaeorinn & Cliristianuriuii 

„ 101 — 126 (oratio Joliannis llenrici Dauber! . |. C. 

,,127-- 150 „ Albcrti Kyperi. 

„ 151 — 159 „ Joli. Brollerlnilli de stirpium haidibus. 

„ 160—167 r Joli. Brol>erlni(ii de neglectograccae linguae studio. 

,,168—183 „ JoannisPellii. 

„ 184- 195 „ Johannis Philemonisde lavdibvshistoriae. 

„ 196—216 „ llenrici Bornii de praestantia atqve utilitate Philosopliiae. 

„ 217 — 224 Quelques épigraninies. 

„ 225—266 Jani Vlitii Qvinqvatrv\-iii Bredanarvni Deieriptio. 

„ 267 — 287 Bredaias et Cclfils. Principis Auriaci Atlienaeum. Verlibus celebratuni à Ruiando 
Carpenterio. J. C. 
••) Albertus Kyper (=: Kuperus) naquit vers 1600 à Konigsberg (Prusse) et mourut le 25 sep- 
tembre 1655 comme Hector Magnilicus à l.eiden. Ayant obtenu son grade en médecine à 
Oeuvres. T. I. f! 



CORRESPONDANCE. 1647. 



neur 5) de trouver bon qu'on dcfchiquctafl: un pauvre foldat mort de difrenterie a Thof- 
pical. Le Capitaine s'y oppola, & Mons. le Gouverneur auiïi repreienta que cela 
farchcroit les fbldats li on les traittoit tanquani viles animas. Mons. Kipper t'ailbit 
inftancc que Madame l'avoit ainsj entendu. Mais faut' volîre meilleur advis je 
ne penfe pas que cela ibit bon h faire, contre la volonté des gens de guère. Il vaut 
mieux attendre que quelqu'un le falle pendre; & en attendant découper des chiens 
ou autres animaux. Sur tout cela cependant j'attendray vos bons advis, & l'inter- 
prétation de la vol(Mité de leurs Altedes. Moniieur Hausman *) dans quelque lep- 
niaine fera un voyage a la I laye , par lequel je vous communiqueray le rerte. Nous 
n'avons encore point eu les livres donnés par fon AltefTe. & poiu" l'employ du don 
de Madame, nous attendons que Mons. Philemon ") fafTè le Catalogue de ce qui 
eil en la Bibliothèque , afin qu'on n'achepte pas , ce que nous avons défia , & il n'y 
a rien de fi prelTc. Ceft ce que je vous puis dire pour le prefent de nos nouvelles 
fcholailiques. Vous n'en attendez pas d'autres de moy. Vos efcholiers font en bon 
ertat grâces a Dieu; & le jeune Philofophe de Monfieur de Zuylichem promet 
beaucoup, & fera le premier qui ouvrira la difpute publique de Philofophie, comme 
m'a dit Monfieur Bornius. Je vous fouhaitte une heureufe & prolpre ") année, 
laquelle ne le peut eftre finon entant que Dieu fortifiera en fanté fon Altcfîè, 
& donnera a toute fa maiibn avec les autres benedittion , celle que tous leurs 
ferviteurs défirent. Entre lefquels je fuis aufll , 

Messieurs 

\'ollrc trcs-hurable et tres-iiftectionné 
De Breda le xij Jamier, 1^47'. ferviteur et Collègue 

Andri': Rivet. 
A Meilleurs, Meilleurs de ZuvHcheim & de Meenvliet, Curateurs 
de l'Elchole Illullre de Breda 

A h Haye. 



Leidcn , il y fut nomnn- lecteur (18 septembre 1643 J, et eu 1646 professeur de physique et de 
niédeciuc à l'Ecole Illustre de Bréda: puis il devint Archiater du Prince d'Orange et passa 
en 1648 à l'université de Leiden. Il épousa Catharina van Lyndershausen. 

•-■) Le marcgrave de Haulterives, né en France en 1584, mourut à Paris le 25 mars 1(170. 11 ser- 
vait dans l'armée de Frederik Hendrili; après la prise de Bréda, le 10 octobre 1645, il tlit 
nommé Stadsvoogd (commandant militaire) de cette ville. En cette qualité il avait souvent à 
intervenir dans les querelles entre ses oflîcicrs et les éiudiants de l'Ecole Illustre, fondée 
en 1646. 

^') Jan Jacob 1 lausman était Conseiller et Secrétaire auprès de la nouvelle Ecole Illustre de Bréda. 
En 1647 et plus tard il a été échevin de Bréda. 

") Johannes Philemon fut professeur d.'histoire et de politique. 

'") Lisez: prospère. 



CORIHiSl'ONDANCE. 164". 59 



N" 27. 

M. MeRSENNK h [CoNSTANTVN lluVGENS, pcTc] . 

12 JANVIER 164-. 

I.c Itilrc .vt trnurc i: Leidcn^ coll. //iivffais. 

Monsieur 

l'eicris fort amplement a Monfieur voftrc fils, et ie luy enuoye la lin du xolumc 
des mouuemens, ou de la philoibphic demonrtrée que j'ay achetée pour vous et 
pour luy en 2 volumes que i'ay mis entre les mains de Mr. Taffin pour vous Fcn- 
uoycr à la j"-' occafion. Et parceque voftre fils fera raui de voir les centres de 
percuffion, i'ay icy mis les 3 caihers \) qui apartiennent à ce fuiet, et que vous re- 
metterez ayfement en Icm* place, quand vous aurez tout le Liure, qui pourra fervir 
d'exercice à vollre braue géomètre pour long temps, et de tout vous m'en direz 
voftre aduis. il fera bon que Mr. des Cartes iette l'oeil deOus quand x'ous l'aurez 
refceu et puis vous m'en efcrirez voftre jugement. Nous attendons icy la quadrature 
du Cercle de voftre voifin qui eft jmprimc à Anuers par le Jefuifte \'incentio. Je 
vous donne à penfer fi elle iera bien examinée par voftre fils et par fes maiftres et 
princhipalement [?] fi Mr. des Cartes la void l'un des premiers, ion jugement me 
pourra eftre decifif. Faites que le vSieur Taïïin donne cent fols, qui eft demie pii^)Ic 
pour les 2 volumes. 

Mr. C'obert m'a promis toute !()rte de follicitation et de diligence enuers Hallard. 
C'cft chofe cftrange qu'en vn fi grand Royaume, nous n'ayons que ce ieul jmprimeur 
de Mufique et a peine y a il vne ville en Italie où il n'y en ayt quelqu'un. Vous 
eftes de ce cofté la encore plus pn.uure que nous, car entre tant de villes qui jmpri- 
ment bons et mauuais liures, vous n'en auez point pour la panure Mufique. Elle fera 
a ce que ie voy toufiours miferable en ceft pays francois auflibien qu'en la Turquie. 

j'attends la relation du concert du Mariage, ie ne fcay fi nous en verrons quelque 
efchantillon. Voftre Géomètre verra fi luy ou quelqu'un pourra trouuer la proportion 
de la circonférence d'une ellipfe auec celle du cercle et de la furface du fpheroide 
auec celle d'une fphere, on y trauaille icy, mais fi l'on en viendra h bout, hoc 
opus hic labor. Si le P. Jefuifte Vincent ouure la clef de la quadrature du cercle 
dans fon liure , cela feruira aux dites queftions. 

La plus grande dificulté que j'aye rencontré dans la Mulique, cft que quoy et 
quant et pourquoy la voix qui eft l'une des plus baftès qu'on puifie prendre, ou plu- 
fieurs voix enlemble font outre leur propre ton, vn autre fon en haut à la douzième 
ou double quinte. Ce qui ariue aufli aux groffes chordes d'une viole touchée. Car 
fi dans vn grand iilencc vous vous mettez en voftre Cabinet auec grande attention, 
touchant doucement ou faiblement, main Iciliée de l'archet, vous entendrez toufioiu's 
vn fon à l'écho qui accompagne le naturel, à la douzième en haut, et fouuent vn 

') Lisez: cahiers. 



(10 CORRi:.SI'()N'I)ANCK. 1647. 

autre à la dinbpticfme qui cil le diton réplique fur la quinzième difdiapafon ditonus, 
ce que fait aufîî la voix toute feule qui cftgrofTe et baflè. Par exemple fi vous prenez 
vt pour la plus badc de voftre voix ou re ou mi et que vous le tirez long temps 
Tziz_ ; T par exemple 4 qu 5 mefures, vous entendcrcz la douzième 

îr^^ s! =__i et dixfeptieme en haut, mais fi faibles qu'il y faut vne grande 

attention, et dans nos choeurs, lorsqu'on chante bas, l'on entend toufiours vne dou- 
zième qui refonne en haut, mais la dixfeptieme ne peurt fouir. Et fi toft qu'on haulîe 
la voix d'un ou 2 tons l'on n'entend plus que le ton naturel non plus que fur les 
cordes de la viole qui tonnent plus haut ni -) ayant que les grosses qui feront cela. 

Certes puifqu'à bon droit l'on vous peut appeller père ou patron delà INIufique, 
cette difficulté mérite que vous ne la laifil'z pas au monde , et que pour vous meiîne 
elle ne luit dcmonfiréc par qui que ce foit, fi clair que chacun en voyj; la raifon.Vous 
l'auez propofée fort amplement dans mes Phyfico-mathematiques page 354 prop. 5. 
Sera il dit que j'aye tranché toutes les dificultéz harmoniques, et que ic ne feray 
point aydé pour les 3 ou 4 difficultés qui refient, et que ie propofe dans cette 5 
propofition. Ne permettez point que prochain [?] fiecle vous ay(,lc et qu'elles demeu- 
reront fans la vraye folution; que ie priferay plus que tout le relie de l'harmonie. 

Excufez Ç\ cette deeffe m'a tranfporcé fi loin , et me tenez toufiours pour 

\^ollrc trefhffcélionc feruiteur Mersknne M. 
Ce 12 du noLicl an 164" à Paris. 



N" 28. 

L. G. VAN Renesse à Constantvn IIuvgens, père. 

16 JANVIER [1647]. 
Lu. lettre se trouve h Lcidcn, coll. Kuygeiis. 

Amplissime domine, et cognate 
Tardior fum in fcribendo, non quia argumentum fed tempus decll. Pro hac x'icc 
dicam quid fentiam , de fludiis, moribus et jndole tui filij. luvenis ille fponte fua 
fertur ad omnia praeclariffima, horas fuas bene impendit , et fruéluofius etiam,fi 
non nimiis audiendis adfiringatur leélionibus, nam etfi fateor perpetuum lludioibs 
debere elfe mobile, tamen teneriores illae mentes fi evagentur aut femper in feriis 

-) Lisez: n'y. 



CDRRKSl'ONDANC'l';. 1 647. 6ï 



lefe fatigant , nufquam le firmitcr listunt et pauca ilringunt. Leftionem graecam ') 
illi publiée audiendam non puto, née, fi velis,cum fruétu poterit. Hora deeinia 
melius poflet colloeari. Quod li igitur hac metliodo proeederet. Ilora iexta ple- 
rumque (lirgec, ad femi-oetavam Iiiris pridianas leftiones rcpctac et rclegat: Hora 
oCtava Dauberum audiat, queni virum permagni £efi:imo, quia in illomulta (îmul 
conipirant ad proniotionem juris et jnter reliques ProfefTores jneulpatilTimà vità 
ftudiolis prœlueet. Nona dellinetur audiendo Bornio qui hadenus tantum ieniel 
in philolbphicis legit, ell enim valetudinarius. Deeima privatim exercitiis domcllicis 
jn Ktliicâ vel Oratorià, ad quani videtur cum afFeétu quodam propendere. Vnde- 
cima Dauberus illum privatim cum Berekio ") domi ilia exercet; et quanquam 
illa hilloricae leftioni lit deilinata, tamen lalvo tuo judicio plus a Daiibero qùani 
pro hoc tcmpore a Philemone dilcet. Pomeridiana fecunda Pellius audiatur, ad 
5am deinde reipiret, reliquas det Collegio juris privato vel mathematieis exer- 
citiis : poil çoenam cum meo Frederico lurifconililtum agit. Occalio tam prona in 
jure non eil: negligenda apud illum Protelîorem, qui jn antiquitates Romanas iuos 
cum deleftatione penitius jntroducit. Indoles eius mihi pcrplacet, nara liipra (liam 
aetatem et reliquos gravis efl, nec peccat multiloquio nec jnconditis gellibus aliis 
malo ell exemple. Aliquoties illum jnvitavit DrofTardus, s) etiam alij , hodie Cro- 
ckius, et nulli gravis, omnibus gratus a me pro merito fuo aellimatur. Communi- 
cato cum DD. Curatore Riveto confilio, illi in fubrellio protedorali cum 15aro- 
nibus, Stanhopia ,+) Ilauwardo '■') tertium afllgnavi lcamnum,'Ut iîquando noilris vuk 
jnterefTe concionibus, habcat ftabilem et honoratimi locum. Vtinam eandem de 
reliquis ipem concepcre pofTem. Duo illi Roterodamenfes prorfus moribus 'âypoiy.ot 
funt, et vix ac ne vix quidem latine loqui Iciunt. Dummodo tamen Pro-llegens 
aptus fit ad iuam fpartam cum jncolumitate ornandam , non despero de illorum 
proieftu. Progredior paucis ad communia. D. ProfclTores deliderant , ut veilra pru- 
dentia, Celliilimorum Principum lavor nobis jmpetret proprium forum, et tutos jn 



') Ces leçons étaient données par Brosterluiizen , ainsi que celles de botaniqne. 

-) Probablement Pompejus Berck, fils cadet de Mattliijs Bercket de Alida de Roovere, qui naquit 

à Dordrecht. Il devint homme politique de quelque influence et était partisan dévoué du 

Prince. 
■') Cornelis van Aersen . Seijiucur de Wernhout, était le lils de Johan van Aerscn et de Johanna 

van derVeeken de Bruxelles. Il fut nommé Drost de Bréda et épousa Johanna van Cats, lille 

du pensionaire et poète Jacob Cats. 
■•) Philippus Stanhope, Baronet of Shelfort, Earl of Chesterfield, était le lils de Sir Henry 

Stanhope, mort en 1634 et de Lady Stanhope, plus tard épouse du Curateur Seigneur de 

Hcenvliet. Il naquit en 1(533, et fwt inscrit par Arn. Vinnius I, comme étudiant à Leiden le 

5 juin 1649. Il devint le p;randpère de Lord Chesterfield, célèbre homme d'état et litérateur. 
S) Johannes Hauward naquit à Wittenberg en 1627. Il était noble Saxon, et fut inscrit comme 

étudiant en mathématiques par A. Ileydanus, le 9 mai 1654. 



CORRESPONDANCK. 164". 



circumvicina loca pro Ihidiolîs excurfus : Si accédât veftigalium jmmunitas , mag- 
num habituri llimus confluxum. Omnia haCtenus hic cranquilla. 

Tuac Amplitudinis addiétillimus 
16 Januarij Bredse. omni aifcélu cognatus 

L. G. VAN Renesse. 
Sigillum Illuscris Scholae defiderar Waelbergius, ut 
Iccundum illud libi typis curet confici, qao opus habet 
in cdcndà Ililturià inaugurationis et alijs libris. 
Mijn Heer 
Mijn Heer Conftantinus Huygcns, Ridder, Hcerc van 
Zuylichem, Raet, ende Secretaris, van Sijne Hoogheijdt, 
Curator van de Illuftre fchool ende Collegie van Orangien 
te Breda. 
Per amys s Graven-Hage. 

N= 29. 

J. H. Dauber à Constanïvn Huygens, père. 
17 janvier 164-. 

Lti lettre se trniire à I.eiiien , coll. IIi:yge:i.<. 

Monsieur. 
Si je ne me donne pas Fhonneur de vous efcrire Ibuvent , ce n'eil pas que je ibis 
pour cela moins vortre l'erviteur, n'y ayant pcribnne qui ait pour vous plus de res- 
pefl: et pour vollre iervice plus de palîion , mais la créance que j'ay que vous n'en 
doutez point, et que les effets que je defire de vous en faire paroillre en toutes les 
occaiions que vous me ferez naiftre ou que je pom-ray rencontrer parleront beau- 
coup mieux que ce peu de lignes , eft caufe que je fais difficulté de vous faire perdre 
le moindre moment de voz heures precieuies par la lefture de lettres inutiles. Mais 
à prefent je me fens obligé à commencer de vous rendre compte du précieux déport 
que vous m'avez voulu confier et vous dire que j'en ay conceu une très bonne efpe- 
rance , il efl: diligent et a toutes les excellentes parties requifes pour prendre un vol 
plus haut que l'ordinaire des hommes , dequoy je dis moins d'autant que peribnne 
n'en peut mieux juger que vous Monfieur et que vous fçavez plus particulièrement 
qu'ayant l'efprit tresbon et le jugement exquis pour fon aage il peut moyennant 
l'aide des humanitez qu'il cultive encor tous les jours afpirer à la plus haute cog- 
noiffance de l'art qui gouverne les Eflats et rend lajullice; Et ellant permis de 
juger de l'avenir par les bons commencemens, j'ay cefte opinion de luy qu'il vous 
lera à honneur et ie rendra très capable de rendre l'un de ces jours de grans fervices 



CORRESPONDANCE. 164.7- 63 



■au Prince et à TEftat, duquel il fera l'un de Tes plus fermes appuis. Pour l'y inciter 
d'avantag'e , je luy mets fouvent vollre exemple devant les yeux, qui eH: le plus 
parfait patron qu'il puiiïe ie propofer à imiter; S'il medonnoit fujet du contraire, je 
vous en advertirois avec la mel'me liberté, croyant y ertre obligé; mais lés ct)mmen- 
cemens me font juger qu'il ne me mettra pas dans celle peine. Au relie il y a ap- 
parence de grand fucccs à nollre Académie, j'ay receu diverfes lettres de tous collez 
qui me font juger que nous ne manquerons point d'elludians, principalement en 
droit, il faut que je donne celle louange aux miens, qu'ils font fort diligens, j'ay 
mis entre les mains de Monfr. Rcneilé quelques exemplaires de l'aéte de nollre 
Inauguration pour vous et Monlieur de Heenvliet, on travaille h ccll' heure aux 
harangues , 11 devant qu'on r'imprime les llatuts et privilèges nous pouvions impe- 
trer l'immunité des droits du vin et de la bière et quelques autres dont j'ay eu 
riionneur de vous entretenir autrefois, cela attireroit bien des efcoliers et feroit 
(pour ce qui ell de l'immunité) plus de bruit que d'effet, eflant une choie de petite 
importance pour Meirrî:. les Ellats et de grande importance pour la renommée de ce 
lieu icy; En mcfme temps j'eus l'honneur de vous parler, Monfieur, touchant l'im- 
munité des thefes en droit ; Je ne fis celle propofition qu'à la Ibllicitation de mes Audi- 
teurs, veu que INIadame l'avoit accordée à la première requelle verbale de iMr. Kyper 
aux elludians en Médecine; Mais fi on juge que l'argent qu'il faudroit pour cela 
(excepus pauperibus Theologiae lludiofis) feroit mieux employé à l'ellablifiement 
de quelque nouveau profelTeur cy après, ou qu' autrement il ne full pas befoin de 
gratifier ceux qui ont allez dcquoy pour payer les thefes eux mefmes, du moins 
ell il expédient fous corredtion que je le fçache, la faute ou l'addrefi^e ne m'im- 
porte, je leur ay defja dit qu'on les tient pour trop grands feigneurs et en effet 
la plufpart ne s'en Ibucie pas beaucoup, mais en attendant la refolution pcrlbnne 
pourtant ne difpute, et quelque refponfe que nous ayons il s'en trouvera aflez qui 
difputcront ce qu'ils m'ont desja tesmoigné, J'ay jugé à propos Monfieur, d'ad- 
jouller ce petit mot à celle lettre , et non pas de vous fupplier d'avoir noz interdis 
pour recommandez , cfl:ant alTuré que vous y penfez afTez de vous mefme et que ce 
feroit faire tort au zèle que vous y apportez que d'elTaycr de l'augmenter par de 
nouvelles prières, \'ous ballant treshumblement les mains je vous conjure feule- 
ment de croire que je n'ay point d'autre volonté que de vous faire cognoillrc de 
plus en plus que je fuis véritablement 

Monsieur Voftre trerhiinible et trelbbeilllmt fcrvitcur 

A Breda ce i" Janvier 1(547. Daup.er. 

Avec voflre permilfion Monfieur de Heenvliet trouvera icy mes très humbles 
baifemains. J'ay peur que la venue de Monfr. de Servient ') n'accroche cncorp^ur 
quelque temps la paix tant efperéc. 

') Abel Servieu, marquis de Sablé et de Boisdauphiii, eomte de la Roelie Servieii (lils du Pro- 
cureur Général Antoine Servien\ naquit en 1593 à Grenoble, et mourut à Meudon le i~ té- 



64 CORRESPONDANCE. 1 647. 



Monficur bcrk fils du penfionnairc -) de Dordrecht m'a dit ibuvcnt et notam- 
ment m'a entretenu ferieuicment depuis peu de jours du defir que Mr. Ton père a 
qu'il ait l'honneur d'ellre le premier receu et iiradué en celle nouvelle Académie , 
li nous en pouvions avoir les privilèges dans un an qu'il demeurera encor icy , Je 
crois que cela ne ieroit pas fort difficile à obtenir attendu les grandes obligations 
que l'Eltat a à fon AltelTe. 

A Monfieur, Monficur Huygens Chevîilicr, vScigneur 
de Zulichem , etc. Conieilier et Secrétaire d'Ellat de 
vS. A. et Curateur de l'Eicole Illuftre à Breda. 

à la Haye. 

N= 30. • 

M. Mersenne à Christiaan Huygens. 

24 JANVIER 1647. 

I.i; kltrc se trouve à Le'iden, coll. Huygens. 
MoNSIliUR 

aprez auoir admire voftre fpeculation de la chorde qui ne fait pas la parabole , ie 
vous diray feulement, qu'encores que tout ce qui y efl: foit véritable, ce n'a pas 
neantmoins ertc par la force de vos demonftrations, que la vérité nous en a paru , 
car il faudroit, ce me femble, commencer par voftre Corollaire de la 2 propofition 
et la demonftrer, et puis vous pourriez demonftrer le i et 1'^ théorème et le refte 
iroit aflez bien. Semblablement à la fin de la 4 page hoc tamen eorum fitum nihil 
jmmutabit milla emm eau fa efl. encore que vous n'en voyez point de caufe, il ne 
s'enliiit pas qu'il ny en ayt, nous ne voyons pas tout de prime abord, et ce qui ne 
nous paruil pas en vn temps paroifl: fouuent dans vn autre, il iliffit qu'on puifTe 
douter qu'il y ayt quelque caufe. 

Ce que ie ne vous dis pas pour amoindrir l'exactitude de voib'e Ipeculation, à 
Dieu ne plaife, car ie continue toufiours en mon mefine aduis de la grandeur de 
voftre génie: feulement ne peinez pas trop voftre efprit, car vous auez tant d'années 
de rerte, que quand vous ne feriez qu'une demonftration chaque année, auili belle que 
celle de cette chorde, vous auriez affez pour tenir le haut bout parmi toute la nobleiïe. 

Or aflîn que ma lettre ne s'en aille pas fans quelque chofe de nouveau, vous confi- 
dererez le problème ') qui iliit, et que ie croy que vous jugerez fi beau , qu'il a fallu 



vrier 1659. Il était diplcjmate célèbre, fut chargé de di\erses missions diplomatiques, entre 
antres auprès des Etats Généraux, et en 1649 devint Ministre d'Etat en France. Il occupait 
diverses charges honorables et importantes. 
-) Matthys Berck, fils du Pensionnaire de Dordrecht Johan lîcrck et de Erkenraad van Berken- 
rode, devint lui-même Pensionnaire; il épousa Alida de Roovere. 

') Voyez IcN". 31. 



CORRESPONDANCE. 1647. 65 

auoir du génie, et du fond de (leometrie pour le trouuer: dont la demonllnition 
eilant trop longue et difficile. Ion auteur ne Va pas voulu efcrire. 

Je vous prie de me dire vollre aduis d'un Hure d'équations Cubiques '^ du Sr. 
Scoten, qu'on m'a dit eftre icy arriué depuis peu pour vendre. 

Monlieur voyla pour ce voyage en attendant encore mieux pour ceux qui fui- 
uront, s'il le rencontre quelque choCe qui mérite voitre lecture, li vous elles h Leyde, 
lors que vous receurez la prelente et que vous voyiez le Sr. Scoten, ie le lalue, et 
fuis toufiours 

Vollre trerhumblc fcruiteur Mkrsknnic. M. 

ce 24 de Tan 1^)47. à Paris où nous vous attendons. 

A Monfieur Monfieur CiiRKSTiKN f Iuijchkns. 

A Leyde. 



N" 31. 

M. MeRSENNE à CllRISTIAAN IIuVGENS. 

/l/>/if!/ilkc an No. 30 '). 
Le mamtscnt .u- trouve à Làdai, coll. //nygt-is. 

, l^ato cylindro Scaleno: Inuenire cylindrum rec- 
tum, atqiie ex eius fuperficie Cylindrica quantumuis 

' produfta, portionem refecare acqualem lupcrficici 

cylindricae fcalenae datae, quac portio iît eiulmodi 

< vt à quocunqiie terminj illius punc'to , ad vnum idem- 
que fuperliciej inucniendj cylindrj punflum, omnia 

. interualla hoc elt omnes reétae lineae duftae inter 

le lînt aequales. 

Ello refta A 15 aequalis diametro balis dati Cylin- 
drj (calenj feéla bifariam in C: rcda autem CU. ello 
aequalis axj eiurdem;et angulus DCB lit inclinatio 
\ ,p^ iplîus axis ad planum balîs, ducatur recta DE per- 
pendicularis ad reiilam AB produdam, li opus tuerit 



=) Francisci à Scliooten r.eydeiifis, de Organica Conicariim Sccticjiuini in plaim Oefcriptioiic, 
Trattatus. Geometris, Opticis, praclertim vcro Giiomonicis & Meclianicis iitilis. Ciii l'iib- 
nexa ell Appcndix. de Cubicaruni iKquatioiuuii rcfolutione. Lvgd. Batavor. lix Oflicinà El- 
zeviriorum. A° 1646. in-4°. 



') Plus tard, le 2 mai 1648, Mersenne envoya encore à Hiiygcns les mêmes tlicorèmes. Voir la 

Lettre N" 49. 
Oeuvres. T. 1. 



66 CORRESPONDANCE 1647. 

vsque in E, tiim intelligatur fecundus quidam Cylindrus, fcd refliis, fiipcr eadem 
bafj , ciiius diamcrcr Alî, altitude vero lit aequalis ipli CD, Intellia,"atur etiam 
tcrtius Cylindrus idcmquc rcéhis, cuius diamecer balis lit CE, & altitude aequalis 
cidcm CD. Tandem jntelligatur quartus Cylindrus rettus quoque fnnilis tertio, fed 
cuius fuperficies aequalis fit dimidiae fuperficiej fecundj. In huius enim quart] Cy- 
lindrj fuperficie Cylindrica produccà quantum latis: jnteruallo autcm lateris eiufdem 
quartj, delineabitur portio quaefita. Demonftratio longa cfl: et difficilis. 

Quartus autem ille cylindrus fie inuenietur, inter AC et CD média proportiona- 
lis efto F. Item inter CE et CD média proportionalis efi:o G. atque vt G ad CD ita 
fiât F ad II. Et vt G ad CE, ita fiât F ad I, ficutj ergo G média proportionalis elt 
inter CE, CD, fie F média erit inter H et I. eritque proportio eadem: quare Cylin- 
drus réélus, cuius H erit altitudo, I autem diameter bafis, efi: is quj quaeritur: nec 
difficilis elt demonllratio. 



N° 32. 

A. RiVI-.T h CONSTANTYN HUYGENS, pèrc. 
•IJ FÉVRIER 1647. 
La lettre se trouve à Leideri , coll. Iluygeiis. 

Monsieur , 

Je vous ai efcrit & a Monsr de Henviiet en commun Fellat de nollre efchole, 
laquelle ne s'efiabliil pas lans difficulté en les commencemens. Nous y avons en peu 
de nombre trop de defordonncz, & y en a qui s'émancipent, et le mal eft qu'il fem- 
ble qu'on les ait porté au mefpris de leur Régent, je m'y fuis porté ce matin pour 
leur faire une remonftrance commune, & en particulier en cenfurer quelques uns. 
J'efpere que cela pourra fervir pour l'advenir. Vofl:re fils n'eft pas de ceux là. Nous 
venons de difiier enfemble chez Monfieur de Haute-rive , qui nous a retenus au re- 
tour du convoy de feu Madelle Maubeuge. J'ay a vous faire une prière de la parc 
de Mons. de Ferrier '). L'Eftat auquel il efi: femble déploré. Neantmoins, comme 
l'eiperance eft ce qui meurt le dernier en nous, il le promet du Ibulagement par un 
voyage en France, duquel je ne puis croire qu'il foit capable. Mais vous fcavéz 



') Ferrier était ouvrier-mécanicien: Mydorge l'avait recommandé à des Cartes, qni de 1627 il 
1629 l'employait à faire des verres hyperboliques, mais avec peu de succès. Des Cartes 
s'étant établi en Hollande,' Ferrier refusa d'abord d'y venir travailler avec lui , et lorsque eu 
1630, ses affaires allant mal, il proposa lui-même de s'y rendre, des Cartes ne voulut plus le re 
cevoir. En 1638 il s'occupait de nouveau des verres hyperboliques pour des Cartes et il 
paraît, d'après une lettre de celui-ci à Constantyn Iluygens, père, de juillet 1640, qu'alors 
Ferrier (le „Tourneur") se soit décidé à vci.ir habiter Leiden, où lluygcns lui avait procuré 
des lettres de recommandation. 



CORRESPONDANCE. 1 647. 67 

qu'il faut tout accorder aux malades qui font en cet ellat. Tl vous fupplie par moy 
d'obtenir permiflion de Ion Alteflc qu'il puidc demander un paOeport a l'ennemi, & 
après l'avoir obtenu, congé de Ton Alteiîe pour faire Ton voyage à Paris, ou il elpere 
trouver des Médecins qui cognoillront mieux Ton mal, & les remèdes convenables. 
Si cette concefllon ne le gueriil, au moins luy donnera elle autant de contentement 
d'elprit. S'il va, je ne croy pas qu'il en retourne. Mais peut eltre n'y pourra il aller 
du tout. En tout cas, pour luy faire voir que je luy ai rendu ce devoir envers vous 
je vous prie me faire fcavoir ce que vous y aurez faift ou que vous en efperéz. Nous 
fommes ici fur les attentes de refolutions de paix & de guerre, où ce que nous de- 
vons et pouvons contribuer feront nos prières pour la bénédiction de Dieu fur les 
conclufions qui feront prifes pour ou contre. Sur tout qu'il luy plaife conferver le 
chef, le fortifier en meilleure faute, & bénir jufques au bout fa conduite pour le 
bien de cet eftat, de l'Eglife & de fa maifon. Je luy demande auill accroin'emens de 
fes benediftions l'ur vous & les vollres & fuis 

Monsieur Voftre trefhumble & trcs •affeclionné 

ferviteur 
De Brcda le 27 Febvricr 164.^. André Rivet, 

A Monfieur Monfieur de Zuylicheim, Confeiller 
et Sceret;iire d'ellat de Ion Altcffe 

A hi Haye. 



/ N" 33. 

A. RlVKT il [CONSTANTVN IIUVO.KNS, père]. 
3 AVRIL 1647. 

Lu Icili-e se iruitrc à Lciilcn, cidl. IIuys,cns. 

Monsieur, 

Dieu nous donna vendredi au loir a Rotterdam un vent (1 favorable, que nous 
nous crouvafmes le iapmedi a dix heures du matin au port de ce lieu. J'y ai ren- 
contre toute noftre efchole en bon eftat, a laquelle ayant faiét récit des devoirs, que 
nous avons rendus en leurs noms a leurs AltefTes, tous en ont eftc fort fatilYaifts. 
J'ay refervc partie de ce que j'avoy a leur dire au retour de Mons. llaulhian, qui 
avoit eftc preient a noftre communication; & cependant n'ay pas laide de reprefen- 
ter a Mons. Reineïïè qu'il doibt ufcr avec modération des chofes qui regardent ia 
commodité, pour n'y faire que les frais nécefïïures. Nous avons aufll partagé l'ef- 
pace du jardin domeftique, & Mons. Iveineiîé s'eft contenté de la plus grande por- 



CORRESPONDANCE. 1 647. 



tion, comme de raifon. Mons. lîornius en a une iuffiiante, & je leur ai déclaré que 
c'cil a eux a les borner & cultiver a leurs defpends. A quoy ils ont acquieicc. Il y 
aura encore un coin près du Jardin Botanique ou Mons. Boflerheule faiét elhu de 
planter un petit bocage, pour abbatre le mauvais vent. J'ay veu voilre fils en la cham- 
bre où il elt bien logé. Je l'ay exhorté a nous venir veoir quand il luy plaira. Il eft 
bien accommodé, & promet beaucoup. J'ay faift fcavoir a Monfieur Ferrier la 
promptitude que vous m'avez tefmoignée pour le pafleport du MalTon et l'on fils. 
11 me prié de le vous ramentevoir , ellant engagé pour une pareille a celuy qui luy 
a facilité le lien. 11 parle toufjours de l'on voyage en France, mais avec peu d'appa- 
rence de l'accomplir. Neantmoins il ne luy faut pas contredire, la necefllté lé fera 
afTéz. J'efpere que le foulagement qu'avoit fenti l'on altefl^e après cette douleur de 
telle, aura erté augmenté; & que Dieu le fortifiera en corps & en el'prit pour Ibu- 
ftenir le faix qu'il luy a mis fur les efpaules. Vous eftes un de ceux qui le peu- 
vent plus foulager, et je fcay voflire prudence, & voftre zèle au bien delamai- 
fon, qui efl le bien public, et que perfonne ne cognoirt mieux que vous com- 
bien efl: necelTaire la bonne intelligence entre la mère et le fils , et ne doubte point 
qu'ils ne difmentent ceux qui publient a Paris qu'ils font en mauvais mefnage. Il 
importe qu'ils l'entent le contraire par l'expérience. Le Seigneur les comble des 
grâces de fon efprit avec toutes autres benediétions, & vous conferve longuement 
pour un fervice fi utile; et me donne de vous tefmoigner le refte de mes jours que 
je fuis 

MoNsiKUR \''ollre tref-humblc & obeiffimt fcrvitcur 

De Breda le 3 Apvril lô^y. André Rivet. 



N" 34. 

J. II. Dauber h Constantvn Huvgens, père. 
13 AVRIL 1647. 

La lettre se trouve à Leideti , cnll. Ihiygciis. 

Monsieur 



Puis que Monfieur vollre fils s'en va durant ces vacations fe dellan'cr et reculer 
un pas pour mieux fauter, j'ay creu le devoir accompagner de ces lignes pour 
rendre tefinoignage à la vérité de l'es comportemens, et vous dire Monfieur que 
depuis mes dernières par lefquelles je vous aflliray de fa diligence et de fa bonne 
ccmduite il a tousjours continué de mefme, rendu de jour en jour de plus grandes 
preuves de l'on bon el'prit et des excellentes parties dont il eil fav'orilé de la nature, 



CORRESPONDANCE. 1647- 69 



et profité extrêmement en droit pour le temps qu'il y a elhidic, de forte que l'eCpe- 
rance y efl: toute entière qu'il Ce rendra trei'habile homme. Vous ballant treHnim- 
blement les mains je demeure 

Monsieur \"ollre trcrhuniblc et trelbbcinant fcrvitcur 

A Brcdii ce 13 Avril 1647. Dalisf-r. 

Avec \'(jll:re permilTion Mdnlicur de Willem ') et Madame fa 
compaa;ne -) trouveront icy mes trefhumbles baifemains. 

A MonfieurMonfieur Huygens Cheviilier, Seigneur de Ziilicheni, etc. 
Confeillcr et vSccretmre d'Ellat de Son Altolîe et Cunitetir de 
l'Eicole Jlluftrc d'orange. 

A la Haye. 

N^ 35. 

[Cit. Ottf.r '] à [Christiaan Huygens]. 
MAI 1647.") 

/.n lettre se trouve à Le'iden^ coll. Huygens. 

Corpus idem fimul diverfos fonos dillinftim exhibere potert. 

Corpus fonos divcriae rationis iîmul cxhibcns conftituj poteil. 

Cylindrus et fimplicem liinum, et diverfos limul, difFerenter conilitutus et percuf- 
fus edere potelL 

Cylindri fimiles cum (int in ratione vulgari tonorum, Erit 

Cylindrorum eiufdem fpillicudinis longicudo a vulgari ratione difcrepans, alterius 
tamen certae rationis. 

Corpus in data ratione fecare licet, ica ut partes feparacim fumptae tint unil()nae 
cum toto. 

Corpus cujus omnes partes (certae partitionis) funt unifonae cum toto cil puri loni. 

Campanae puri foni unifonae fub infinitis formis producj et conllituj piiflunt, 
aliae tamen alijs foni gratioris. 



') C"(ist David le Leii de Wilhem. 

-) Constantia Huyi^eiis. fille cadette de Chri-^tiaaii IIuygens,le grand-père. (22 uvril 1551 — 
7 février 1624) naquit à la Haye le 2 amU 1602, et y mourut le r' décembre 1667. Elle épousa, 
le 16 janvier 1633, David le Leu de Wilhem et lui donna i fils et 4 filles. 



') Christiaan Otter naquit en 1 598 à Ragnitt (Prusse) et mourut à Nimègue le 9 août 1660. De 
1647 à 1(158 il était mathématicien de la cour de l'Electeur de Brandenhurg Ericdrich Wil- 
helni, puis il devint professeur de mathématiques à Nimèguc. 



•JO CORRKSl'ONDANCE. 1 647. 



Campana brevior fafta, feu infernc parte refefta, tomim varians non efl: puri foni. 

Forma communis campanacum ciiiulciuiquc dcmum haék'nus cxhibitae pro- 
portionis incpta eil ad puriini ibniim produccndum. 

Campanae ciurdcm matcriac, forma et quantitate externd Ibnoqiie congruentes, 
pondère pofTunt difcrepare et taies conllituj. 



") Otterus Maja 1647 [Christiaan Huygens]. 

N= 36. 

J. II. D.\LliER à CONSTANTYN HuYGENS, père. 

24 JL'IN 1647. 

La lettre se trouve à Leidcit , coll. Hiiygens, 

Monsieur. 
Monfieur Haufman s'en allant en voz quartiers je l'ay voulu charger de ce 
peu de lignes pour vous dire que Monsr voftre fécond fiis ') qui eit logé chez 
nous me donne une grande fatisfaftion , soit pour la diligence qu'il apporte à fes 
cftudcs , foit pour rhonneftcté de fes comportemens , fans vous flatter , Monfieur, 
je le regarde comme un nouvel Orient , qui ne tardera pas à envoyer fes lumières 
par tout. Et quand je confidere l'excellence de fon Efprit joint la folidité de fon ju- 
gement et le plaifir qu'il prend aux efludes de droit joint le temps qu'il y employé , 
je ne puis que je ne vous félicite , Je ne manque pas de luy donner de l'exercice , 
mais il ne manque pas aulTy à y bien fatiffaire , en toutes noz difputes aufly que pu- 
bliques que particulières , il eil: prefque toufjours des afteurs , il fouftiendra famedy 
prochain en particulier des thefes fur le fécond livre du digeftc , et dans trois femai- 
nes en public De matrimonio , et voftre troifieme ") qui fait aufTy fort bien , huit 
jours après De legitimatione. lefquelles thefes publiques ils vous envoycront bien tofl:, 
Madame la Princefle m'ayant commandé de traduire ma Harangue 3), en françois, 
je la luy envoyé par mefme main , j'eicris à S. A. que j'ay affecté exprés un fl:ile qui 
fent fort le Latin , à fin de ne m'efloigner pas par trop de mes expreiïions ni de mes 



Christiaan Iliiygens. 
Lodewijk Ihiygens. 

Johannis Ilenrici Dauberi JCti. Oratio Fxinebris in excefliim CelfifTimi ac Potentiflîmi 
Principis. Frederici Ilenrici D. G. Svprenii Aravfiorvm Principis, Comitis Nafioviae, & c. 
Foedcrati Be!i;ii Gvbcrnatoris, militiaeqve fvuimi et invietiflimi terra mariqve Imperatoris, 
Patriae Patris, libertatis Vindicis & C. novae Illnftris Avriacae et Collegii Avriaci , qvae Bredac 
fvnt, mvniticentifl'nii Fvndatoris, &c. Principis Maximi et toto orbe celebratiffimi Victoiis, 
Trivmpbatoris, &c. Gloriofiflimae Memoriac, Publiée habita Bredae xv. Maji in Auditorio 
iMajori. Bredae, Ex Officinà Joannis à Waedierge , illustris Scholae & Collegii Anriaci Ty- 
pographi Juniti. Anno jidcxlvii. in-folio. 



CORRESPONDANCE, I647. 71 



conceptions, fç-achant d'ailleurs que toute tranflation quoy qu'on face a ton ("jours 
niauvaile grâce, (i ce n'ell qu'on le donne carrière, ce que je n'ay pas voulu l'aire 
icy. Vous hailant creriuiniblement les mains je demeure 

MoNsiKUR \\)ib-c trcl'himible ce trcsobciUant Icrvitcur 

A BrcdiT ce 24 juin 11547. Dauiîk.r. 

A MonfiCLir, MonfiCLir Iluygcns, Clicvalicr, Seigneur de Zulicliem 
et de Monikenlandt, Conieiller et premier Secrétaire d'Eltat de S. A. 
et Curateur de rEfcule lUullre d'Orange à Jkeda 

A la [lave. 



N2 37. 

[CoNSTANTVN HuVGENS père,] à [M. M ERS EN ne]. 

[23 DECEMBRE 1647]") 

1.C ::iai!!!sc/il w trouve à .1,iis!c-,-i!am, Acad. Rny. âfs Sciences. 

Mciuoiic vande Schoten die ïck hcbbe gcdaen op den sojulij A° i<^44 ter 
prefencie vanden Commiflarijs vander Macll: op het strang toc Seveling. 

Voor eerll oni te lien waer het Vfier i(.)udt; vallen geladc n met i .', Il' C'riujt op 45 
graden is onkenbaer gevveelT:. 

Twede mede geladen met il IK Cruijt, ende op 45 graden gellelt is oock on- 
kenbaer geweeil:. 

Derde mede geladen mec i^l- tC Cruijt ende op 45 graden gellelt; is maer ge- 
hoorc inden lucht van die geen die op 1300 pafîén i1:ont;ende en is mede nict ken- 
nelijck geweeil. 

])e vierde fchooc lijnde geltelt op 15 graden ende geladen als boven is mede on- 
kenbaer geweeil ende dat door het flingren van het iluck. 

De 5*" waterpas gellelt geladen als boven heefc de eerfle gegraerc op 398 palTen 
ende de tweede mael op -yo T[reden] 
de derde mael 1065 T. 

") Mandé au P. Merfenne 23 dec. 1^47 [Conllancyn Huygens, père]. Sur une 
nutrc pnt;o on lit de la même main: Merf. 3 Jan. 48. 

Cette pièce contient la relation de qnelqnes expériences sur le tir des canons, écrite Je In 
main du maître canonier; Constantyn Ihiy.i;ens y ajouta ses remarques. 

Noxis publions tonte cette correspondance sur la portée à(:% canons puisque, plus tard,Cl)ris- 
tiaan Huygens s'est occupé de cette question. Voir les Lettres N"\ 4H , 49. 



Jl CORRESPONDANCE. 1647. 

de vierdc mael 1 244 T. 

de fijfde mael 1394 T. 

de ferte mael 1475 T. 

de revende mael 1548 T. 

de achllc mael 1626 T. 
de net^ende cnde lelle mael 1-50 T. 

ende daer gefmoorc. 
De 6''"-' ichoot o-eftclt op 45 graden ende geladen als bovcn; doen ben ick (clver 
gegaen om ce vcrncmcn of ick nier ende foude conncn fijen waer het ijfTer hleefc ende 
ick gijng foo veer dat flj, noch ick haer qualyck konde bekennen; ja den rock van 
het ftuck pas fijen; foo komt het ijfier dicht achcer mijn vallen ende gaef een grooce 
flach; daer ick op aen ginck 't welcke een kleyn gaetken maer hadde gemaeckt ende 
was dijep een en een haelf voet dijep; ende beuonden op 3225 *) paiïen ter vlucht. 
Soo dat ick hebbe bevonden niet vvel van het flyngeren met het ijïïer aenden 
ftock te recht te raecken alfoo wij daer na noch meer hebben gefchooten maer geen 
ijfTer veernomen, alibo het ftucktefeer'flijngert ende niet vaeil en leijt; alfoo men daer 
eerll: moeil efpres een roo paert toe lacen maecken op fijn fcheeps mannier; ende daer 
fonde men wel konnen recht fchieten aenders ibo fchieten wij in fee of in duijn. '") 

Gewicht van \ ihick. Cogel. 

Lengde van 't ftuck. Ladinghe. 

I loogde van 't Ihick. 



jb: 



f D 

I loeverre de Cogel wacerpas gaet, ofc wel tôt opde 1 lelft van FC. in II \ welck 

ware 199. paiïen, de helft van 398. 
Tijd van de fchoot waterpas. FH. 
Tijd van de fchoot FC. 
Tijd van de fchoot AD. op 45. graden. 



') D'une autre inaiii(de Conrtantyn Huy^ens, père): 

N°. Dele 3225. treden zijn (tegens 2. voet in eene Trc) ongevoelich cens 
foo wijd als de 3072. voet die merfenne zeit de cogel hoogh geweeil te hebben. 
Sulcx hij mede gepronuntieert hadde te fullen gelchieden op 45. gr- 
'') Cette phrase est écrite de la même main que le commencement; ce qui suit est de la main de 
Constantyn Huygens. 



CORRESPONDANCE. 1647. 



73 



l loe diep de Cogel in d'eerde valc op 45. gT. 

1 loc diep, rechc inde loch: i;'efchoten. 

or de Cogel uijc do 'Promp om leegh, dicht hydcr aerde gefchoten /.ijnde, dut 

isop 2. of 3. voct diflantic wel cens (00 diep in Ibudc gaen als recht uyc de 

locht vallcndc. 
I let (hick l()o gckcert Ihicndc fonde met den ichoot omtrent cen luiijs hoogh 

op vliegen, londcr brekcn. 

Hec lluck wecht 4 1 6 II,'. 

De paiïcn fyn gcwcell van 4 indc Rocde. 

Hoc hoocb hec Ihick hcefc geleegen uijt de gront heblie nict gcmccten. 

lier iluck lacli recht vvacter pas. '') 



N" 38. 

[M. MeRSENNE] à [CoNSTANTVN ItuVOENS, pcTc]. 

DECEMBRE 1647. 

].c iiiaintsrnt se tyniire è /Imsteydam^ /Iciu!. Ray. des Sciences. 

Mémoire pour les Portées de canon. 

Ayant fceu la longueur, la pefanceur & le calibre de la pièce de canon , et 
leur, et pefianteur du boulet, et la quantité, ou pelanteur de la poudre. 

I. Il faut tirer h niueau, ou horizontalement; foit donc la terre ou Thorilon 
hauteur du canon I)A, qu'il faut niefurer: par exemple de 4 ou 5 pieds, 
fcauoir la longueur de la portée droite AB avant qu'elle courbe, et trouuer li 
qu'elle courbe en B, FC, lera aufli long que DF, comme l'tm croid ordinair 
fuppofé que la terre DE (()iL lans eminences [V] 



lagrol- 

DK,la 

11 faut 
depuis 
ement. 




'') Les 4 lignes qui précèdent sont les réponses du maitre Canonnicr aux questions suivantes de 

C. Huygens: 

Hoe groot het lluck was dat op het llrand waterpas fchot)t 398. paflen? 

Hoe wyd ontrent elcke pas. van 4. of 5. inde Roede? 

Hoe hoogh het lluck op het affuijt uyt den grond lagh, te rekenen \'an d'aerde 
af, toc het midden vande Tromp. 

Of hec lluck oock heel waterpas leij, oft een weinigh gerefen voor"? 
Oeuvres T. 1. 10 



74 CORRESPONDANCE. 1647. 



TI. Si le mcfme canon cicué à l'angle de 45 dcgrez en AG, ira iufqucs en E, cinq 
ou 6 fois plus loin que la portée morte DC, comme l'on croid auffi. 

III. l'ar le moyen de l'horloge à fécondes auec 3 pieds de chordes comme vous 
icauez et le plomb au bout fcauoir en quel temps le boulet ira de A en B, et B en C, 
ie croy qu'il ira en 2 fécondes ou en moins d'A en B, et de ') 2 de B en C. 

IV. En combien de temps il ira de G en E; il fera 22 fécondes h mon adm's. Si 
c'efl: un canon de batterie, ou vn peu plus ou moins, ce que ie vous dis affin d'en eltre 
aduerti, et d'y prendre mieux garde. 

Or il faut mefm-er affez exactement DF, C, ?^, vn comtepas y eft bon, mais parce 
que l'on ne fait jamais tous les pas égaux; fi on auoit vue mefure réduite en cercle de 
1er, contenant vue toife [?] ou 2 ou 3 pas, ou 5 ou 6 pieds qui marqueroit le nombre 
des tours de cette roue dans fon marche, comme un certain Chorcz -) en a icy vn, cela 
feroit fort commode pour compter fans y penfer. A ce défaut, il faut auoir une 
chaîne d' arpenteur de 10 toifes ou plus et faire toifer, ou mefurer ledit chemin. 

V. Si après auoir tiré en lorizont [?] , tandis que l'arpenteur mefurera, on veut 
tirer vn coup perpendiculaire en haut de la mesme pièce et mefurer le temps ius- 
ques a ce que la baie ou boulet retombe, comme vous auez défia fait autresfois, 
l'affaire fera accomplie. 

VI. Il fera bon de voir combien auant cheute [?] aura duré [?] la balé tirée à 45 
degrez : aulîî bien que la perpendiculaire , et de prendre garde fi elle iifflera en descen- 
dant: mefurer par fécondes le temps qu'elle fifflera h 45 degrez. Ce que pourront 
mieux obferuer ceux qui feront vers E à guetter et marquer le temps comme le lieu 
qu'elle tombera. 

Et vous la pourrez faire placer à 6 fois plus loin que depuis AC. f>t y mettre 
quelque bûche, ou autre chofe qui leur olle la crainte du péril, li ce n'ell qu'il s'y 
trouue défia quelque hutte faite propre pour cela. 

Le furplus viendra de vollre induilrie. 

N" 39- 

Chkistiaan Huvgicns à [M. Mersennr]. 

[1^47]- ^ 

Le tiuitiiiscrit se trouve à Leiileii, coll. Iliiygcns. 

Lemma ')• 
Sit parabola ABCD feéfa in A, B, C, D, à diametris AG, BH, CI, DK aequali 
fpatiodilhmtibus; dico fi haec punfta jungantur lincis AB, BC, CD et alijs duabus 

') Lisez: en. 

=) C'est le nom, peu lisible ici, d'un fabricant ou marcliaud d'instruments de physique à 
Paris, que l'on rencontre aussi parfois dans les lettres de des Cartes. 



') Ce Lenime a qnelqiie rapport avec la Proposition 1 1 de la Lettre N". ;i. 



CORKKSl'ONDANClî. 



1648. 



75 



Al), BC, prolongentur aiitem duae A 15, 1)C 
ulqiic dum feie intcricccnc in F, oc indc duca- 
tur alia diamcter FL, hanc diviluriiiii anihiis 
AD et liC bifariam in E et L. 

Scicndum aiitem primum ell:,quod(i iinam 
ex ijs ut BC bitariam dividat, alteram AD 
quoque bitariam divifura lit. Nam li linea FL 
bitariam dividat BC, eodem modo dividct 
etiam omnes lincas quae h linea A(; ad DK 
pertingunt quia fpatia (îN, I II, IK ilint aequa- 
lia polita, ergo etiam lineam AD. 
Si itaque dicatur linea FL ne alterutram quidem AD vel BC bifecare, ponatur 
alia diameter PO quae alterutram atque ideo utramque bifecet: quia igitur linea 
AlO, BC utrinque parabolae occurrunt et à diamctro ejufdem bitariam dividuntiir 
fequitur eas debere elfe parallelas (ed cum parallelae fint et à linea PO bitariam 
divifae, fequitur quoque il lineae A15, DC quae eas jungunt producantur in eodem 
punfto P concurCuras cum eadem OP, quod ell abfurdum, cum diftae fuerint con- 
ciu'rere in pundo F. 




N^ 40. 

M. MeRSENNK à [CoNSTANTVN HuvcKNs, père]. 
4 JANVIER 1648. 

La hilre se truiiyc à .iii/swriliim, .Iciul. Roy. ,!fs Scifiiccs. 

Monsieur ! 

Je me fuis trop prefTé de vous efcrire, ce qui m'a fait oublier certaines chofcs que 
i'aioute icy, et premièrement auertifTez moy 11 ie \'()us ay enuoyé mes dernières ob- 
feruations juftement il y a 3 mois, atRn que (i i'y ay manqué, ie vous les enuoye, 
vous y trouuerez l'obferuation du vuide fort au long en 3 chapitres et quelques rai- 
Ibns d'iceluy. 

Secondement, i'ay oublié de vous dire qu'au Canon, il faudra que celuy qui iL'ra 
au bout de la grande portée, qui doit ettre du mouuement décuple de l'horizontale 398 
pas, comme vous marquez et partant elle aura 3980 pas, que partant la grande 
portée de 45 degrez fera du moins 331 1 de vos verges; et partant enuoyant 2 ou 3 
garçons a 340 verges ils feront propres pour auertir de la cheute auec vn grand 
drap. Et pour la chordclcte auec le plomb longs de 3 pieds, ils diront combien 
le boulet tombera, long temps deuant le bruict, ou combien le bruit s'entendra deuant 
la cheute. 



76 CORRESPONDANCE. 1648. 



De mcfme à la portée de 398 pas, quelqu'un ellant a corté, auec Thorloge dira le 
temps que la baie aura confumé à faire ces pas, le croy qu'elle fera enuiron de 3 fé- 
condes minutes ou tour[s] de la chorde, et que le bruict furviendra une féconde 
deuant que le boulet touche [?] la terre ellant tiré horizontalement. 

3. Fuifque le Canonier peut me dire la hauteur qu'a le Canon (ur lorizon que 
ie fcache li c'eft 4 ou 5 pieds plus ou moins, car cela jmporte tellement que pour 

s'il n'a que 4 pieds de hauteur fur l'orizont. 

j'entends lorifon CD, le canon orienté horizontalement AB, fi 
dilie [?] CA ou BD n'a que 4 pieds et qu'il porte comme vous 
dites 398 pas auant que toucher la terre, s'il CA ou DB cl1:oit 16 
X> pieds de hauteur, le boulet iroit 796 pas, afcauoir le double, 

et fi AC ertoit de 64 pieds fur l'orizon il iroit 4 fois plus loin 
que n'ayant que 4 pieds de hauteur. Vous voyez donc la neceflité de fcauoir fa hau- 
teur llir lorizon, qui peut eilre telle que la portée horizontale fera plus longue que 
celle de 45 degrez. 

Quant aux pas, que vous dites élire 4 dans vollre verge, cela ert vn peu foupcon- 
neux, car eflayez vous mefme à faire cette verge en 4 pas il faudra trop élargir les 
jambéespour les continuer à marcher aulTi loin comme ell la grande portée, qui pour- 
tant devrait eftre mefuré par vos verges pour ell:re certain, vne chainette ou chorde 

contenant 20 verges plus ou moins 1 garçons auroient bien tofl: mefuré cette 

portée, et encore plus toll l'horizontale qui en feroit la 10 ou 1 1 partie ou enuiron. 

Peut eftre que vous n'aurez pas beaucoup de mal à perfuader cela a voftre Inten- 
dant du Canon et mefme pour expérimenter ce que ie dis, que fa pièce ellant 4 fois 
plus exauflce (ur l'orizon, enuoyra (ii baie 2 fois plus loin, car cela ell allez digne 
de remarque. 

4° Je vous prie qu'il vous fcache à dire de combien le boulet d'une pièce de 
baterie va plus loin et horizontalement et a l'on grand coup [?] de 45 degrez que 
ladite pièce de 6 Liures de baie: ce qu'il pourra .... aulfi elTayer comme faifoit le 
j" eiïhy. 

L'on dit qu'à Nancy vne coulcuure porte vne lieue et demie à toute volée qui 
ell quafi de Nanei à St. Nicolas, i'ay de la peine à le croire, i'efliiyeray d'en fcauoir 
la vérité, par cette mefme circonftance [?] que celle dont ie vous ay icy prié et en 
la lettre [?] précédente que vous recevrez ie croy à mcfme temps. 

Apprenez moy combien le liure de vif argent coulle en Hollande nos gens 
nous la vendent icy 45 fols, il y a 16 onces à noflrc Liure qui ell ie croy proxime 
égale h la vollre. Mr. des Cartes m'a dict icy ce me femble qu'en Hollande elle ne 
couilat que 16 ou 20 fols. 

11 m'en a icy fallu prez de 30 Liures pour faire jullement efiàyer. 

Je m'alléure, que fi vous vous trouuez à l'elTay du Canon vous chercherez en- 
core par dclTus ce que ie vous en ay eftabli [?] , il faudra faire préparer 4 ou 5 filTèles 
de 3 pieds chacun vne baie de moufquet au bout pour bien melurer le temps. 



CORRKSPONDANCK. 1648. "JJ 

Me diriez vous bien le lieu le plus haut de noflre terre qui efl: à mon aduis la mon- 
tagne qui fera la plus éloignée de la mer. maintenant [?] iey comme Langres ell le 
plus haut lieu de France: par ce que les riuieres en defccndent iniques à l'océan. 

llevelius ') que vous aurez peut eftre vu, dans fa belle ielenographie -) tient 
que la plus haute montagne de la lune a vne lieue et demie et celle de terre n'a 
tout au plus qu'vne lieue, ie voudrois que quelqu'un de vos Me'lieurs qui t'ont la 
leur voyage fifTent mefurer le Pic Tanarife, dont parle Jolephus h Colla -) pour 
auoir efté au haut auec eau de vie et vinaigre, pour ayder la relpiration, aHin de 
voir s'il y a plus d'vne lieue de perpendiculaire llir l'orizon? 

Si nous auions icy une telle montagne iy monterois auec du vit" argent et des 
tuyaux pour voir fi le vuidc s'y feroit plus grand ou plus petit qu'icy Ce qui nous 
feroit décider necelTairement pour fcauoir la raif'on de ce vuidc comme vous verrez 
dans mon Liure d'obleruations. Je fuis cependant de rechel" 

Voltre treibbcillant feruiteur 
ce 4 de Tan [1(548]. Mersknnk M. 

A MonficLir Monficur ITuygcns, Sieur de Zuyllichcm , Con- 
leiller & Secrétaire de Adoniieur le Prince d'Orange 
A la Haye. 



') Johann Iloewclke (Jolianncs llevelius) naquit à Dantziu; le ::S janvier i6i i , et y nKuirut à 
la même date de l'année 1687. Il fut échevin (1641), ainsi que conseiller (1651 ; de sa ville 
natale, et y fonda (1641) son observatoire Stellaeburgum. qui fut détruit par un incendie 
le :6 novembre 16-9. 

-) Johannis Hevelii Sclenograpliia: live, Lunae Delcriptio; atque Accurata, Tam Macularum 
Ejus, quam motuum diverforum, Aliarumque omnium vicillitudinum, Pliafuimque, tcles- 
copii ope deprelienfaruni, delineatio. In quà (imul caeterorum omnium Planetaruni nativa 
faciès, variaeque obfervationes, praefertim autem Macularum Solarium, atque Jovialium, 
Tubospicillo acquifitae, figuris accuratilTimè aeri incifis, fub afpectiun ponuntur: nec non 
quamplurimae Aftronomicae, Opticae, Pliyficaeque quaeftiones proponuntur atque relbl- 
vuntur. Addita efl, lentes expoliendi nova ratio; ut et telefcopia diverfa conftruendi, et 
experiendi, horumque adminieulo, varias obfervationes Coeleftes, inprimis quidem Eclipfium, 
cnm Solarium, tnm Lunarium, exquifitè inllituendi, itemque diametros ftellarum veras, via 
intallibili, determinandi methodus: coque quicquid praeterea circa cjufmodi obfervationes 
animadverti débet, perfpicuè explicatur. Gedani édita, Anno Aerae Chrillianae, 1647. Au- 
toris fumtibus, Typis Hïmefeldianis. in-folio. 

3) Jofcphus de Acofta, né vers 1540 a Médina delCampo, décédé à Salanianque le 15 février 
1599- Comme Jéfuitc il visita l'Amérique méridionale, puis devint recteur de l'Académie 
de Salamanque. Il publia un traité, intitulé : 

Iliftoria natvral y moral de las Indias, en qve fe tratan las cofa notables dcl cielo, y elemen- 
tos, metales, plantas, y animales délias: y los ritos, y ccremonias, leyes, y gouierno, y guer- 
ras de los Indios. Compuefta por el Padre Jofepli de Acofta Religiofo de laCompania de lefus. 
Imprellb en Madrid en cafa de Alonfo Martin. A colla de luan BerrillO, mercader de libros. 
[1608]. in- 4°. 
Cet ouvrage . bien connu, eut plusieurs éditions en Espagne et fut traduit en différentes langues. 



7^ CORRESPONDANCE. 1648. 



N= 41. 

M. MeRSENNE à CoNSTANTVN l luYGENS, pcrc. 
JANVIER 1648. 

La kttrc se trouve à Amsterdam, Acad. Roy. îles Sciences. 

Monsieur 

i'ay oublié dans mon mcmoire pour le Canon, qu'il taut fcauoir du Mtr. Canonier en 
quel lieu il croid que Ton boulet cil: arriuc, lors que le bruit efi: ouy: par exemple, 
fiipoCé que le bruit fe fafTe en D, et que la portée horizontale (bit de 4 cent toifes de 
D en B; pour moy ie croy que le boulet a du moins couru de D en C, euuiron -^ de 

C 



• Jl 



A. :b 

DB, quand le bruit s'entend en D: car lans doute la baie tort deuant le bruit fait. 

Or il faudra que celuy qui iera à coite de B, hors du hazard, conte auec fon hor- 
lofge à fécondes de combien il entend plus toft le bruit, que le boulet ne frape B. 

Et femblablement combien le bruit eil plus toft arriué à la portée de 45 degrez 
que le boulet: ie croy qu'il y arrivera 2 fois plus ville; c'ell à dire que le boulet ne 
fera qu' à moitié de chemin, quand le bruit arriuera à l'oreille: i'entends du coup tiré 
à 45 degrez. 

J'ay expérimenté qu' à cent toiles de l'arquebufe, par exemple de D en B, la baie 
et le bruit arriuent juftemcnt eniemble: voyla le petit fupplement de mon oubly. Mais 
vollre prudence , et induftrie , et celle du Mer. Canonier lupleron: le rcfte. 

De rechef voitre trctbbligé feriiiteur 
Mkrsenne. 
Vous ne me parlez point des Climafteriques ') 
Salmafienes ") cd ce qu'ils ne vous contentent pas ? 

A Monfieur Monfieur ITuygcns Sieur de Zuyllichem 
et Secremire de Monfieur le Prince d'Orange 
A la Haye. 



') Cl. Salmafii de Aniiis Cliiiv.icterieiset Antiqua Allroloi^ia Diatribae. Lugd. liatavor. Olîicinà 
Elzeviriorum. cLtIdcxlvui. iii-8°. 

-) Claude de Samnaise(Salinasius),filsdu conseiller Bénigne Saumaise, naquit le 13 avril 1588 à 
Sémur-en-Auxois, et mourut le 3 septembre 1653 à Spa. Il devint protestant, et était t'ortsavant 
en langues orientales; il vint à Leyden comme professeur (1632), lit des voyages en France 
(1635 — 1645) et en Suéde (1650— 1653), où il fut reçu avec beaucoup d'honneurs à la cour 
de Louis XII, et à celle de la Reine Christine. 



CORRESPONDANCE. 1 648. 79 



N= 42. 

[M. Mersenne] a [Constantyn Huvoens, père]. 
Appendice au No. 41. 

La Icllrc se trouve à Ainstenlaiu^ Acaâ. liny des Sciences. 

Je VOUS prie encore de Icauoir de vollre cnnonnier la longueur que efl Ton coup à 
toute volée, lors que Torizontalc ait 398 pas, s'il s'en fouvient; et fi par l'horizontale 
il entend depuis la bouche du Canon jufques à ce que le boulet rencontre la terre, ou 
s'il entend que ce coup Ibit feulement [?] tandis que le boulet va de point en blanc [?] 
ians baiflèr: et fi du point qu'il commence à baiffer iufqu' à ce qu'il touche la terre 
e'eil: enuiron la moitié d'une horizontale, moitié touchant la terre, mais il faut tacher 
par la hauteur de la pièce faire l'horizon; comme ie vous ay défia dit. 



N^^ 43. 

Constantyn Huygens, père, à A. Rivet. 

13 FRVRIF.R [(^48. 
La lettre se trouve ti h: lluxe., Arelnvcs de la maison du Roi. 

Monsieur. 

Le S'^ Renefle nous h donné une ample paraphrafe du texte de vofire lettre qui 
le regarde, et le dcmefne aveq autant de chaleur a eltre déchargé de l'oeconomie, 
qu'il en a employé à s'en faire accommoder , et nous Ibmmes très-portez à le grati- 
fier là dedans, mefmes il s'ell: prcfenté quelque fuccellèur d'apparence pour cefi: 
employ: mais nous defirons veoir au préalable tout noftrc eftablificnnent réglé; 
qui ne tient plus qu'à la fignature de S. A. Prince jeufne et bouillant pour les exer- 
cices; par oti, dieu fçait, beaucoup de chofes plus préfixées fe différent de mauvaife 
grâce. 11 y a plus de trois mois, qu'il me promet ccfie fignature du loir au lende- 
main, et cependant le Greftier, qui n'eit pas ny des plus expedits, ny des plus en- 
tendus amatein's des bonnes lettres, en doibt faire la depefche, qui, j'oie dire, 
fims moy , ne fe trouvcroit pas au point oîi je la luy ay tranfmife. 

J'efcris au S-^ Broftcrhuyfen ') en des termes aulîl aigres et prefl^ans, que s'il n'eit 
ladre defesperé il ni'efcouthera, et ad frugem redibit. Autre lérmon y faij-je adjous- 



') Ce Protcs^L'iir l5rii-;ti.Tlniyzcii nv.iit cniisû i^ranJ scamlale en vivant avec sa servante. 



8o CORRESPONDANCE. 1648. 



ter par la main de Moniicur Van Campen -')^ fon ancien amy , et bienfaiteur, qui, 
je m'afTeurc le teltonne comme il fault. Par conclufion nous luy renonçons toute 
affiilcnce et fccours; s'il encourt la difgrace dont nous le menaçons et il leait bien 
qu'en tel cas il ne relie plus relTource ny refuge pour luy. 

Je penfe qu'il fera bon qu'au nom de nous trois vous en difiez autant au maillrc 
des Armes, et qu'après très-forte reprimende vous le Hiuviez encore pour celle fois. 
jamais je ne l'eufle produit!, fi je reuflc fceu ijvrogne, mais je n'en ay cognu que 
le bon , par une fréquentation Ibuvent de 2. ou 3. fepmaincs que je l'ay faiél loger 
et travailler chez moy. Mes fils ne veulent pas le maintenir mais ne laifTent pas de 
m'advertir, qu'après avoir oui] RenefTc, il ne fault pas luy refuier audience auffi, 
pour avoir dit ijvre les chofes que d'autres difent Ibuvent h jeun. 

Il fcroit à propos de luy interdire la boylTon en forte, que quand on l'en trouvera 
plus charge, il fera chafTé fans grâce, quelque chofe qu'il aijt faifte ou non faifte, 
et je le luy fcray prefcher par mes jeunes gens. J'efcris tout cecy de mon chef, 
pour avoir plus tofl: faiél feul , que confulter avecq mon collègue qui eft aulïï dis- 
traie que moy , et ne me defadvouera pas en chofe de fi peu. Je prie dieu de vous 
conferver à fa gloire en longue et vigoureufc fanté, et demeure d'entière affeftion 

Monsieur Voftre trcfhumble et tresafFeftionné ferviteur 

AhJ-îïiyele is'-Fcbvr. 1648. C. Huygens. 

A Monfieur Monficur Rivet, docleur en Théologie, 
Curaf de l'Efcole Illulbe et Collège d'Oninge 
à Breda. 



N° 44- 

Christiaan Huygens à Constantvn Huvgens, frère. 
2 MARS 1648. 

La lettre se trouve à Le'ulen , coll. Huygens. 

Mon FRERE, 

Denckt nict dat ick de reuylingh niet toe en llac, al fendt ick het Cabinettie noch 
nict want ick hcbber gewichtighe redenen toe; d'eene is dat ick mi|n lèlven niet en 



^) Probablement Christoffel van Campen, issu d'une ancienne famille de Breda. Il y exerça la 
médecine avec succès et y remplit ù plusieurs reprises les fonctions d'échevin. 11 mourut en 
i6c)i et Icgna sa belle bibliothèque à la ville de Jîrèda. 



CORRESPONDANCE. 1648. 



wil difcommodcrcn, nadcmael dat hec niijn gclcgentichcyt nict toc en laet, dat al 
lict gccn dattcr in is ibo langh ongcflotcn Icggcn ibudc; d'andcr dat miflchicn lict 
l^bbenhiHitc Cabinet wcl achtcr ibudc blijvcn als het mijnc daer wacr. Nicht Ibuw 
mcugclijck Icggcn dat lict niet te pijnc waert en is fulcken grootten gevcerdt ovcr 
te lendcn, et fie mihi dominiiim non acquircrctur, qiiod non nifi pcr traditionem 
tranlïcrtiir; Soojc dan de mange) ingh noch aen ilaet foo (al ick het iiwe mcttcn cer- 
ilen verwachtcn, en dan tcribint het nnjne fcnden. Ick gcloot'nict datje (bo (ccr 
verwondert waert als je fecht van ghcen antwoort ontfangen te hcbbcn op dien ecr- 
Iten brict''\ tcn niinlk'n nac dac Toot in (Ijn langh verhael van de gcdacnc reys 
niet vergetcn en hccft de nacm van de Joftrouwcn die te Loon waeren te rcfcrercn; 
vvant nac datme voorftact foo was uw fchrijvens niet veel befonders als om dat te 
weten. 'k en twijffel niet of je hebt defc vaftelavont niet ibnder danlTen dcurgebracht 
dewijl de Bals van defe winter foo in vogue gcwcefi: lijn; Wat mijn aengact het 
hccft hier al fchappelijck toegcgaen; macr onder andercn hcb ick tôt den Droil 
fccr magnifiq gctracktecrt gcwccib Daer waeren genooydt ecn dcel Joifrouwcn; 
en nae dat wij van 's achtermiddachs tcn 5 in-cn met de kacrt wat gefpeclt hadden, 
aeten 's avonts een kollelijeke macltijt op het eynde van de wcickc quamcn mcniclice 
van confituren, die niet min aengcnaem waeren om te fien als om te eten, Ibo gecl- 
tich wacrenfe toc gemaeckt vande JofFrouwcn met kranflèn van groente en bloc- 
men dicdcr te krijgen waeren; macr dewijl ick doch in't verhaelen ben van fulcke 
particulariteijten, foo moet ick macckcn dat ick ghcen rcprofche meer en krijghc 
van dat ic de Joftrouwcn niet genoemt cnhebb;VVii laten dan 1 5 aen een ronde 
taefelaldus: De PrcUdcnt -); d'oulle van de 2JoiTrouwen RolTcm ; Joft'rouw Ceters ''); 
lîornius; Joffrouw vander Veeck"*); een Ibontic vanden Droll '); Joft'rouw Stas; 
Jolfrouw lioxllaert; Stas ''); De 2e dochtcr vanden Droll ^); Cap. Defpon; 13eekcr. 
d'ouile dochtcr van den DrolT: ^) ; ick; d'anderc Joffrouw RolTcm. Den Droll was in 
den Bofch. Nac dat wij wcl gegeten hadden, danllcn een decl Scifies en Couran- 



') Lettre que nous ne possédons pas. 

-} Johan van Aerssen, Seigneur de Wernliout, le troisième lils de Cornelis van Aersscn , Seigneur 
de Spijk (1543 — mars 1627) qui a concouru à la conclusion de l'armistice de i6oy. Il avait 
épousé Jolianna van der Veeclien de Bruxelles, et mourut en 1654; son lils, Cornelis, leDrost 
(voir la Lettre N' 28) mourut avant 1651. Il fut 'oouriimestre de Bréda, ce qui lui valut le 
titre de Président. 

3) La famille Ceters était trés-distini^uéc et avait grande iniluence à liréda. 

4^ M'i'-' van der Veeck (probablement Veecken), parente du Drost. 

5) Cornelis van Aerssen, Seigneur de Wernliout et de Boekelo, mourut eu 1706. Il épousa 
Elisabeth I lavius, et eut 6 enfants. 

") Mr. Willem Stas était échevin de Bréda (1638 — k'HP)- 

') Amarantlia van Aerssen épousa François van Steelandt, Seigneur de Wouvere. 

î^) iVIaria Suzanna van Aerssen épousa le conseiller Jacob Junius. 

Oeuvres. T. I. , 11 



82 CORRESPONDANCE. 1648. 



ten, ") (crois violons) tôt 3 uren toc. Sccht nu wecr dat ick ghccn particularitcij- 
ten en fchrijf. Soo ick mifîchicn te Pacirchen indcn 1 lacgh kom , liiljc lien hoe dat 
ick heb leeren fehermen. Adieu. 

UE Dienftwilligen brocr en dienaer 
Den 2 Miirt 1(548. Christiakn Huygens. 

Soo morg-hen mijn niiput de Tutelis, dat ick en 
Saterdach '°) defenderen ial gcdruft is, fal ic liet 
noch met delen brief iendcn, anders nietten eerllen. 

Ami Mijn Heer Mijn Mecr C. Huygiiens, Sccretaris 
van S. Hoohcijt. 
P. In sGravcnhacghc. 



N° 45. 

Christiaan Huygens h Constantyn Huygkns, frère. 
10 mars 1648. 

La lettre se trou ir à /Imsterdam , Àrchlres Municipales. 

Breda defen 10 Mart. 1(548. 

Mon FRERE 

Giileren is mij den uwen ') met het Cabinet behandiclit daer al vrij wat an ont- 
rampeneert is, en 't erchften is dat men de laeyen foo quaelijck kan open trecken. 
Ick fende hier ncffens het mijne, dat vrij wat beter is, foo dat me dunckt dat ghij 
eer aen de beile koop zijt, doch dat is nu te laet gedifputeert : Licet contrahentibus 
fe invicem circunifcribere. Waerom feghje dat ick voor PaefTchcn mort inden Haegh 
fijn om de franfche Comedianten te fien? ilillenfe dan te Paeflchen wech gaen? 
'k geloof niet dat de predicanten foo veel te weech hebben konnen brengen nu fe de 
Farcen achter laeten daerse 't gemeenelyck meefi: tegen hebben. VVij hebben ons 



'■>') „Coiirantc" est une danse en mesure de 3/^ I 1 ', dont la dernière mesure comptait "/j J J J 
J J J; c'est ainsi qu'on la dansait vers 1600, mais sousLouis XIV la mesure était devenue "j^ et 

c'est probablement ce qu'il faut entendre par ,,sessies" (zesjes) de „zcs" (six). 
'°) C'était le ~ mars 1648. 



') Nous n'avons pas trouvé cette lettre. 



CORRESPONDANCE. 1648. 83 



hier moeten vermaecken mec M. la Barre, die hier een cijt lanck de Stade vereert 
heefc mec fijn prelencic en in 't publijck op de merckc farcen t^'efpeelc op lijn eijgen 
koilen, wanc heefc van fijn lalven foo veel verkochc als niec. Van 'c houvvelijck van 
Niche van Bodeck hcb ick hier al gchoorc j^ehadc : En 'c Pali-iuin op Boy en Plante 
heefc Scas me gecommuniceerc dac al paflêlijck is. Sccht Moey de Willem dat 
haer verlies me feer leec is, en Vaerc wel. 

Voltre Tresaffcctionné frcrc et fcrvitCLir 

ClIRKSTIKN HUYGKNS. 
Soo peroreerc Mr. la Barre. 

Sifc^ois un charlatan vulgaire , un coureur , tout le 
monde feroît curieux d'' avoir de mes remedesÇecn fchone 
confequencie) mais a cetf heure que je fuis un homme 
entendu^ un homme d''efprit^perfonne nachepte rien^ 
tous fe contentent de ni' ouir parler. De gemeene luij en 
de (oldacen feggen dac hec een ProfeflTjor is. 

Aiin mijn Hccr Mijn I-Iccr C. Huygens, 
Sccrctaris van S. 1 loocheijt 
Mec een Cabineccie. In 's Gravenhaeglie. 

P. 



M. Mersf.nnb h CoNSTANTVN IIuvGi'.Ns, père. 

I- MARS 1648. 
La lettre se trouve à Lciilen, coll. Huygens. 

Monsieur 

ie fus hier pour vilicer Monsr. Beringhuen '), voltre grand amy pour me conjonir 
auec luy de voftre voyage futur, ec luy dis que vous ne vouliez eftre icy que 3 iours 
affin de l'excicer à vous y recenir dauaucage, vn macin ne fera poinc trop; ec il n'y a 
poinc d'aparence que vous refufiez vn pecic Bourbon qui vous logera fur la rivière 
où vous verrez mille pafTecemps, pour choifir voftre croix de fer. 

Si voftre Archimede vienc auec vous, nous luy ferons veoir l'un des plus beaux 



') Henri de Berini;hen était petit-lils de Pierre de Jkriii.nlien, d'orii^iiie liollandaise. Pierre et. 
son tils furent valets de chambre auprès des rois Henri IV et Louis XIII. Henri , né à Paris en 
1603, y mourut le 30 mars 1692; il avait occupé la même charge, mais ayant été banni en 
1630, il passa en Suède et (1634) en Hollande auprès du Prince Frederik Hendrilv; il devint 
ami intime de Constantyn Huygens. Plus tard il rentra à la cour de France. 



84 CORRESPONDANCE. 1648. 



traitez de Géométrie-) qu'il ayt jamais vCi, qui vient d'eltre achevé par le jeune 
Pafchal >), C'cft la folution du lieu de Pappus ad 3 et 4 lineas qu'on prétend icy 
n'auoir pas cilé rcfolu par Mr. des Cartes en toute fon eftendue. Il a fallu des lig- 
nes rouges, vertes et noires etc. pour diftinguer la grande multitude de conlidera- 
tions [■?]. Pour fon liure du vuide '*), on commence icy à croire que ce n'cll pas vuide, 
a caufe qu'une vedie applatie et toute vuide d'air eftant mile dans ce vuide, s'y enfle 
incontinent. Et ie ne fcay comme quoy les poiitions de Mr. des Cartes fondront ce 
noeud de vefllc , lequel ie luy ay mandé affin qu'il y penfe. 

Je viens de recevoir nouuelle de Rome que le 23 du pafTé il y eut vnc fi grande 
et forte glace h Rome que ce fut vn prodige : et que les affaires de Naples vont bien 
mieux pour l'Hispagnol '), que pour la Republique jmaginairc ''). 

Je ne fcay fi vous auez vu des lunettes de longue vue à 4 verres afcauoir 3 conve- 
xes et vn concaue de la façon de Strafbourg. L'ouurier fe nomme Joannes Toi- 
filius ^); ce font ie croy celles dont parle en fiphrc le Capucin Rheita ^) à la 365 
page ") de fon Oculus Enoch '°), on m'efcrit d'Allemagne qu'elles decouurent [?] 
tout d'un coup vne armée de 10000 hommes. 



-) Il semble qu'il n'en reste plus d'exemplaires. 

3) Biaise Pascal naquit à Clermont-Ferrand le 19 juin 1623 , et mourut à Paris le 19 août 1662. 
Il était de famille distinguée, publia à 16 ans son traité des coniques et devint Janséniste en 
1648 , ce qui toutefois ne l'empêcha pas de fréquenter de nouveau le monde en 1653 et 1654. 
En 1 656 il commença sa campagne contre les J ésuites. Il était Seigneur de Ettonville : de là son 
surnom Dettonvillius et le pseudonyme Amos Dettonville, dont il fit les anagrammes: Louis 
de Montalte , Salomon de Tultie , pseudonymes dont il se couvrait avec un singulier succès. 

••) Nouvelles expériences touchant le vuide faites dans des tuyaux avec diverses liqueurs. Par 
Biaise Pascal. Paris, Margot 1647. in-8°. 

5) Don Juan d'Autriche, fils de Philippe IV, Roi d'Espagne, et de l'actrice Maria Calderonna, 
naquit en 1629 et mourut en 16-9 à Madrid. Général renommé, il fut envoyé en Italie pour 
mettre fin à la révolution de Naples. 

'') C'est la révolution , commencée par Masanicllo et continuée par Gennaro Annese et Henri 
de Guise. 

'') Nous n'avons pu savoir ni qui était ce Toisilius, ni ce que l'on peut entendre par la „façon 
de Strasbourg." 

8) Anton Maria Schyrlaeus de Rheita, né en 1597 en Bohême, mourut en 1660 à Ravenne. 
Il-était capucin et devint i)rofesseur de théologie et confesseur de l'Archevêque de Trêves. 

') Lisez : page 356. 

'°) Ocvivs Enoch et Eliae fi ve Radivs Sidereomysticvs pars prima Avthore R. P. F. Antonio Maria 
Schyrieo de Rheita Ord. Capvcinorvm Concionat. Et provinciae Avstriae ac Bohemiae qvon- 
dam Praelectore. Opus Philofophis, Aftronomis, & rerumcaeleftium acquis aeflimatoribus non 
tam vtile quam iucundum: Quo omnium Planetarum veri motus, llationes & retroceflîones, 
fine vllis epicyclis&aeqvantibus, tam in TheoriaTychonica, quam Copernicana compendio- 
fisfnne & iucundiflime demonfirantnr exhibenturque. Ilypothefis Tychonis quoad abfolu- 
tam veritatem flabilitur ac facilior ipla Copernicana redditur, reformatur, & ad fimplicis- 
fimam normam & forniam reducitur. Ilisce acceflervnt Nouae harmonicae determinationes 
molium & proportionum Planetarum ad inuicem. Item plurimae aliae nouitates coeli ab 
Aucture deductae. Probabilifiima caufa Ihixus & refluxus Oceani. Ratio breuis conficiendi 



CORRESPOND ANC r,. 1648. 85 



Si i'auais la machine de Pologne à mon commandement auec fes 8 aifles i'yrois ville 
efcouter voilre Luth pour en entendre le tonnerre. Quant à la forme reibnnante il 
fera bien d'obferuer fi elle tient plus de la parabole que de Thyperbole: vous pour- 
rie/, icy voir et ouir l' Almeier ' ') qui eft vn i^'rand Luth ou thcorbe h 1 5 rangs où font 
marquez Tes quarts de ton , Mr. le Chauelier en a vn , et ie m'afTcure que rien pour 
vous fera caché. C\ voilre expérience vous a fait reconoillre la meilleure forme et 
figure pour celle Luth, faites m'en participant. 

Je ne fcay fi ie vous ay efcrit que Kepler ") cherche libraire pour faire jmprimer 
les 8 tomes des obferuations Cclelles '■') de Tycho Brahc, et plufieurs traitez de 
fon père, comme fon Hipparchion '+) et quantité de tables folaires, fi vous auez vu 
la Selenografie de Meuelius imprimé à Dantzic, dites nf en vollrc aduis. 



Telescopium aflronomiciim. Et vltimo Phinetoloi^iuin meclinuiciim & noiuini , quo pnii- 
cidimis rôtis veri omnium Piaiietarura motu.s iucunde exliibcri qiicunt. AiUvcrpiac, Ex Olli- 
cina Typographiea Hieronymi Verduiîii. m.dc.xlv. in-folio. 
Le tome second est intitulé: 

Ocvli Enoch et Eliae pars altéra five Theo-Allronomia ; Qnà confideratione vilibiliiim 
& eaeleftinm, per noiios & iucundos conceptus pracdicabiles ab aftris defumptos, mens 
liuniana, in inuilibilia Dci introdiicitur. Opvs theoloi;is, philoCopbis et verbi dei pracconibvs 
vtile et ivcvndvm anthore R. P. F. Antonio Maria de Rlieita Concionat. Capvcino provin- 
ciae Avftriae et Bohemiae qvondam Praeledore. Antverpiae. Ex ollicina Typographiea 
Hieronymi Verdvffii. m.dc.xlv. in-folio. 

Dans cet ouvrage l'auteur publie Tinventiiin de son télescope terrestre: il y a introduit les 
mots „oculaire" et «objectif." 

=') C'est probablement le nom d'un luthier. C'étaient surtout des Allemands, qui construisaient 
des luths et ces instruments recevaient le nom du fabricant, comme il est d'usage encore de 
nos jours. 

'-) Ludwig Kepler, né le 21 décembre 1607 à Prague et mort le 23 septembre 1663 a Kônigsberg, 
était fils de Johann Kepler. Il devint médecin à la cour de Pologne et voyagea beaucoup. 

Il publia le „Somnium" de son père. Quant aux autres manuscrits ils furent achetés par 
M. G. Hansch pour fl. 100. L'empereur d'Autriche donna à celui-ci fl. 4000 pour faire imprimer 
le premier volume, qui parut à Francfort en 1718: „()perum Johannis Kepleri Tomus I". 
Les autres 19 volumes Mss. furent vendus en 1721 à Francfort, pour 11. 828. Von Murr 
les retrouva en 1769, et les vendit en 1774 à l'Impératrice Catherine II, qui les donna à 
l'Académie de St. Pétersbourg. De là ils ont été transportés au Polkowa ; els furent enfin publiés 
en 1858 — 1871 par les soins du Dr. Chr. Frisch, sous le titre: Joannis Kepleri Astronomi Opéra 
Oninia. 9 vol. in-8°. 

'•') Ces tables lurent publiées plus tard sous le titre: „Ili(loria coclellis", ex libris conimcntariis 
manufcriptis obfervationum vicennalium viri generofi Tichonis BraheDani. [.. 1582 — 1602]. 
„Avgvftae Vindelicorvm Apud Simonem Utzfehneiderum. anno im.dc.lxvi." 

Sur le vrai titre [entre les pages 912 et 913 de cet ouvrage] on voit qu'il eft donné 
„Cum Commentarii paralipomenis ex recenfitione et manufcriptis Guilielmi Schikardi"et 
„Lucii liarretti [pseudonyme pour „Alberti Curtii"] ad hilloriam eaelclleni Praelhtio."' 
L'ensemble contient les 20 livres de Tycho Brahé, 

'*) Cet ouvrage se trouve dans „Joannis Kepleri Astronomi opéra omnia" éd. Dr. Ch. Frisch. 
Vol. III. pag. 509—549. Il y est intitulé par Kepler lui-même: 



86 CORRESPONDANCE. I( 



Et fi vous pouucz ailoir vn exemplaire d'un Liure '■'') qtion me dît s"pnprbner à 
Aniflerdam contre noftre Petaiiius "') fur ce qu'il a efcrit de S. Trinitate '") contre 
Crellium '**) faites m'en part, car comme ic ne doute point que vous n'ayez plufieurs 
amis en cette ville là qui connoiffent Blaeu "•') , le Libraire, qui scaura tout ce qui (e 
pafie par de la, il vous iera ayle parleur entremiie d'en auoir des exemplaires. 

En vous attendant icy , ie demeure toufiours 

Ce 17 mars 1648. Vollre tref humble feruiteur Merfenne M. 

Voftre Archimede verra icy l'inuention dudit Pai'cal pour luputer lans peine 
et fans rien fcauoir "°). 

A Monfieur Monficur de Zuijllichem Confeiller et Secrétaire de 
Monfieur le Prince d'Onmge A h Itaye. 



HipparchiTS feu de mîtgnitudinibus et intervallis triiim corporum folis, lunae et telluris. 
Haec Pragae inchoata ex multis annis, lie etiam exhibita Inip. Matthiae petentibus confilia- 
riis, Lincii vero magna parte contiiuiata, praefertim aiino 1616. 
'5) Peut-être l'ouvrage suivant : 

Verdedinge van de vryheyt der religie, door J. Crellius van Polacl^. In 'tlatyn bescbreven 
en uytghegheven 1637, en nu in 't nederl. overgheset, 1649. 
"") Denis Petau (Petaviusj naquit le 21 août 1583 à Orléans et mourut le 11 décembre 1652 a 
Paris. Grand ami de Casaubon, et appelé comme professeur de philosophie à Bourges (1602), 
il devint Jésuite (1605) et professeur à Reims (1609), à la Flèche (16 13) et à Paris (161 8). 
'^) Dionysii Petavii Avrelianenlis e Societate lefu, Theologicorvm Dogmatvm tomvs fecvndvs, 
in qvo de fanctiïïîma trinitate agitvr. Lvtetiae Pariliorvm. Sumptibns Sebaftiani Cramoify ; 
Architypographi Regij. via Jacobaeà, fub Ciconiis, mdcxliv. in-folio. 

De cet ouvrage, resté incomplet, Petavius publia les cinq premiers volumes de 1644^ 1650. 
'") Johannes Crell (Crellius), né à Helmetzheim en 1590, mourut le 1 1 juin 1633 à Cracovie. Il 
était Socinien et devint recteur de l'école militaire, puis pasteur a Cracovie. 
L'ouvrage cité porte le titre: 

lohannis Crellii Franci, de Vno Deo Pâtre libri duo. In quibus multa etiam de Filii Dei & 
Spiritus Sanéti natura diiléruntur. Racouiae,Typis Sebaftiani ,Stewacii,AnnoChrifti. 1 63 1. in-8°. 
'i') Willem Jansz. Blaeu, né à Alkmaar en 1571, et mort à Amsterdam en 1638, qui jusqu'en 
1605 s'appelait Willem Jansz. van Alkmaar, et plus tard aussi Willem Janssen, était connu 
surtout par ses globes et ses cartes marines. En 1630 il se retira des affaires, après s'être 
associé son fils Joan Blaeu (actif de 1627 à 1669). 
'°) C'est en 1641 que Pascal inventa sa „machine arithmétique", qu'il paracheva enfin en 1649: 
il en obtint le privilège, et en envoya une à la reine Christine de Suède. 



CORRESPONDANCE. 1648. 87 

N° 47- 

J. H. DaUHER h CONSTANTYN IIUYGENS, pcTC. 
3 AVRIL 164H. 

I.d lettre se trouve li Leidea, cuit. Ihiygens. 

Monsieur 
Combien que Mciïicurs voz fils n'ayenc belbin de ractellation de perlbnne pour 
leurs cfliudes , dont ils rendront tousjours de grandes preuves eux melines , li ell ce 
que j'ay voulu continuer de leur en rendre ce tcfmoignage , qui n'eft pas fi avanta- 
geux qu'ils n'en méritent plus que je n'en fçaurois dire. Ils font voz fils, Monfieur, 
et fe montrent véritablement dignes d'un tel père, ils ont rendu de fi excellentes 
preuves de leur vertu, diligence , cfprit et fçavoir tant en leur comportemens qu'en 
noz exercices publics et particuliers, qu'ils ont mérité une approbation univerlelle 
et ont fouftenu leurs dernières thefes avec tant d'iionneur et d'applaudifi^èment que 
j'en fuis extrêmement fatisfait. Et pour toucher plus particulièrement celuy qui 
efl: logé chez moy , d'autant que je le hante plus familièrement, je confefl~e qu'il cil 
aetate juvenis fed virtute fenex et que je n'ay pas encor veu tant de fagefie et de 
fçavoir, un efprit fi vif, un jugement fi exquis, une diligence fi extraordinaire , une 
converfation fi honnefle et modeile et tant d'autres belles qualitez ranemblécs en 
qui que ce foit en un aage fi tendre, unde ad magna natum conjicio, en quoy 
Mons' fon frère apparemment le i'econdera, j'efcris cecy de moy mefme et n'ay 
pas peur d'eilre foupçonné de flatcrie, il n'y a perfonne qui ne vous en fera tous- 
jours des bons rapports , Je vous bailc très humblement les mains et demeure 

Monsieur Voftrc treriiumble et obcilîant fcrviteur 

A Breda ce 3 Avril 1(548. Dauber. 

A Monfieur Monfieur Huygens, Chevalier, Seigneur de 
Ziilichcm , Confeiller et premier Secrétaire d'Eftat de S. A. 

A la I Taye. 

N= 48. 
M. Mersenne à CoNSTANïVN lIuYGENs, pèrc. 

I MAI 1648. 

l.a lettre se trouve à I.eiilen, coll. Huygens. 

Monsieur 
Puifque ie fuis fi heureux que voflire braue fils affiliera à l'efiay Canonique, ie 
n'ay plus peur qu'il y manque rien vîi f()n grand jugement, et pour la conduite 
paternelle qui ne luy manquera point, heureux fils d'auoir vn tel père ! mais auili 



CORRESPONDANCF,. 1648. 



heureux pcre d'auoir vn tel enfant. Enfin les Neapoliruins font fldolcs fuiets et 
noilre Mr. de Guyfe ') prifonnier en Ililpagnc. 

Aucz vous lu famcdo -') de l'hilloire de la Chine ■'') ? Leur Philofi)phie qu'ils 
difcnt plus vieil qu' Ariilote y eil: comprife en partie; lequel on m'a dit eilre édite 
à Rome en Arabe ou Indien, entre la main de Kirker ■*). Auez vous vu vn Hure 
jmprimé en Hollande qu'a fait Scioppius 5) fous le nom d'Aloyfius [?] delà Vil- 
gar ['?] ie n'ay peu encore voir ce liure. L'un de mes concitoyens qui a connu Sciop- 
pius à Padoue, où il ell enfermé et ne fort que le iour de Pafques, m'a dit qu'il eit 
le plus admirable homme du monde, et qu'il a aufll quantité de liures manufcrits 
qu'il a compolcz comme eft voftre lift en quarré : entr'autres vn gros volume de 
toutes les origines du latin ") , gros comme vn Calvyn , etc. 

Au mefme lieu il y a vn pauure garçon qui mange les fcorpions et les aragnees 
toutes viues, comme du pain, fans s'en trouuer mal. Pour 2 fols il a aualé vn lézard, 
qui luy fouilla 2 heures dans le ventre, et la reietta tout vif, et ce lézard s'en fuft 
bien vifiie. En ce pays la on mange des potages de vipères pour viure plus long temps. 
Il y a aufll vn bourguignon qui n'a ni deuant ni derrière de forte qu'il ne rend point 
d'excrete que par la bouche , et s'il s'en porte fort bien , et pour l'urine transfudat 
per pellem ventris. 

Je ne vous mande rien du vuide parccqnc l'en parle dans la lettre") de voftre 
Archimedc, laquelle il vous pourra communiquer. Voyla tout ce que vous aurez 
par cet ordinaire **}, car ie ne vous parle point des nouueaux commentaires fur Ter- 



') Henri II de Lorraine, 5= duc de Guise, Prince de Join ville et Comte d'Eu, (fils de Charles, 4"^ 

duc de Guise et de Henriette de Joyeuse, duchesse de Montpensier) naquit le 4 avril 1614 

et mourut le 2 juin 1664. Il se mêla des affaires de Naples: lors de sa première expédition, en 

1647 , il se rendit maître de la ville, mais il fut livré aux Espagnols le 6 avril 1648 ; en octobre 

' 1654 il tâcha vainement d'y rentrer. 

-) Alvarez Seniedo, né à Nice en 1585, mourut à Canton en 1658. Reçu Jésuite à l'âge de 17 
ans, il devint missionnaire en Chine. 

3) Hirtoire Vniverfelle du grand Royavme de la Chine: Composé en Italien par le P. Alverez 
Semedo Portugais, de la Compagnie de lefvs et traduit en noflre Langue par Lovis Covlon P. 
divifee en deux parties, a Paris, chez Sebaftien Cramoisy. Imprimeur ordinaire du Roy et de la 
Reyne Régente: et Gabriel Cramoisy rué fainct lacque aux Cigognes. mdcxl\'. in-4°. 

■f) Athanasius Kircher, né le 2 mai 1602 à Geysa (Fulda) et mort le 28 novembre 1680 à Rome, 
était Jésuite. Il devint professeur à ^Vurzhollrg, puis à Avignon et à Rome; il a écrit sur 
des matières très-diverses. 

=) Casparus Schoppe (Scioppius) naquit dans le Palatinat le 27 mai 1576, et mourut à Padoue 
le 19 novembre 1649. De luthérien il devint catholique en juillet 1598. On cite de lui uile 
centaine d'écrits, parmi lesquels plusieurs pamphlets violent? et satyriques,qui lui firent beau- 
coup d'ennemis. Pour se soustraire h leur vengeance, il usa d'un grand nombre de pseudonymes. 

*) Grammatica philosophiae,sive institutiones Grammaticae Latinae, Aucrris Praefatio de vetcris 
ac novae Grammaticae Latinae origine, dignitate et usu. Mediolani, 1628. in-8'. 

?) C'est la lettre N°. 49. 

^) Les courriers ordinaires entre la Frauce et les Pays-Bas partaient alors une fois la semaine. 



CORRESPONDANCE. 1648. 



tulianus ^') et St. Cyprien '°) , par ce que ic ne fcay pas fi cela cil de voilrc gouft. 

Or ie m'en vais faire la cour a Mr. Golius, affin qu'il m'aucrcifTc [?] du jour 
qu'on doit auivcr [?] voflre Air [?] et fi quand vous icrez icy, quelque de vos 
voix [?] vous chantez [?] , il faudra vous la faire auoir pour l'identité [?] auec 
vous. En attendant tout cela ie dcmeureray 

ce jr M;iy 1648. Voftrc trcfhumble et trelliffeélionné 

feruitcur Mersenne M. 

A Monfieur Monfieur Huijgens, Sieur de Zuijllichem , Con- 
feiller et Secrétaire de Monfieur le Prince d'Orange 
A Là Haye. 



N° 49. 

M. Mersenne à Christiaan Huvgens. 
2 MAI 1648. 

Lu lettre se trûiire h Lciilcn, cnll. Iliiygeus. 

Monsieur 

puifquc vous elles l'un des premiers qui a ofc donner Ion aduis fur le gros liure 
Vinccntij de la Quadrature, qui ell extrêmement long & ennuyeux, ie vous diray 
premièrement qu'il fupofe vn problème plus difficile que celuy de la quadrature 
lequel il ne refoCit point, afcauoir „Ellant données trois grandeurs rationelles, ou 
irrationclles et deux de leurs logarithmes ellant aufîi donnez, trouuer Géométri- 
quement le logarithme de la troifiefme, & partant il ne demonllre rien; nous trouuons 



**) Tertvlliaiivs Rcdivivvs, Scholiis et Ohfervationibvs, illvftratvs in qvo iitrivsqvc ivris forma 
ad Origineiii siiani rccenfetur. et avitae pietatis amatorihvs inqiiirendi nornia praelcribitiir. 
Aiiftorc P. Georgio, Ambianate, Miiiorita Capiicino. Parifiis apiid ("nos ProfeUbre Thcoloi^o. 
Parifiis, Apud Michaelem Soly , Sub ilgno Phoeiiicis. Matthaevm Gvillemot, fub (iuno lîiblio- 
thecae. Georgivm lofle, fub figno Coronae fpinae. via lacobaeà. m. dc. xlvi. in-folio. 
Le 2= volume parut en 1648 , le'3<= en 1650. 

"") Sancti Caecilii Cypriani Opéra, Nicolai Rigaltii Obfervationibvs ad vetervm exemplarivm 
iidem rocognitaet illvftrata. LvtetiaeParisiorvm. Apud Vidvam Mathvrini dv Pvis, via laco- 
baeà, fub figno Coronae. cidiocxlviu. in-folio. Puis le titre: 

Nie. Rigaltii Obfervationes ad Caecilii Cypriani Epillolas et Tractatvs Diliertatio Anonynii 
Scriptoris Antiqvi de Baptifmo 1 lacrcticorum. Nunc primùm édita ex Bibliotheca llemigiana. 
Même nom d'imprimeur et même date , in-folio. 

Oeuvres. T. I. 1 2 



9° CORRESPONDANCE. 1648. 



qu'il a peu judicieufemenc fait, comme vous remarquez fort bien, de méfier tout ce 
qu'il dit des fectious Coniques & mille autres chofes. 

Secondement il n'a donné ni application par litçnes ni par nombres du cercle au 
quarré, ce qu'il cuil deu faire, s'il cull eilé certain de ia quadrature. Troiliememcnt 
on m'a dit depuis peu qu'vn de nos Géomètres qui demeure h Bloix ') y a trouué 
des paralogifmes! i'efpere luy en eicrire affin qu'il me les marque, s'il le fait, ie vous 
en aduertiray auffi toll. 

Au refte ie fuis raui de l'cfperance que Mr. vollre pcre me donne que vous gou- 
uernerez l'elTay du Canon, car ie m'aiïeure défia que tout y iera obl'erué exactement fi 
vous y eiles prefent, & qu'on vous veuille croire. 

Or puiique vous auez pris la peine de ni'efcrire ie ne veux pas que cette lettre 
s'en aille fans qu'elle vous porte quelques belles propofitions qui vous exciteront 
auffi peut eilre à me faire part de quelques peu des vofires. 

j Dato cylindro fcaleno, jnvenire cylindrum rethuii, et ex 

j^ eius fuperficie cylindricâ quantumuis produéH, portiones 

refccare aequales fupcrficiei cylindricae icalenae datae: quae 

portio fit ciusmodi ut a quocumque termini illius punfto ad 

* ~ vnum, idemque luperficiei jnveniendi cylindri punfti.m omnia 

jnterualla, hoc el1:, omnes reétae lineae ductae inter fe fint aequales. 

j^ ■ Eilo recita AB aequalis diametro bafis dati cylindri fcaleni, 

fecta bifariam in C , recta autem DC eilo aequalis axi eiuf- 

dem, et angulus DCB fit inclinatio ipfius axis adplanum bafis. 

Ducatur refta DE perpendicularis ad rectam AB, pro- 

\ ductam, fi opus fuerit, ufque in E, tum intelligatur fecundus 

quidem cylindrus, fed reétus, fupra eadem bafi, cuius diame- 

ter AB, altitudo verum fit aequalis ipfi CD. Intelligatur 

etiam tertius cylindrus idemque reclus, cuius diameter bafis 

fit CE, et altitudo aequalis eidem CD. Tandem intelligatur 

^X quartus cylindrus, rectus quoque, fimilis tertio, fed cuius 

^ -^ fuperficics aequalis fit dimidio luperficiei fecundi. In huius 

enim quarti cylindri lliperficie cylindricâ produfta quantum iatis, jnteruallo autem 
lateris eiusdem quarti delineabitur portio quaefita. Demonftratio longa ell et 
difficilior. 

Quartus autem ille cylindrus fie invenietur, Inter AC et CD média proportio- 
nalis efto F, jtem inter CE et CD média proportionalis eilo G, et vt G ad CD 
ita fiât F ad H, et vt G ad CE ita fiât F ad I. Vt ergo G média proportionalis ell 
inter CE, CD, fie I" média cil inter H et I, critque proportio eadem. Quarc 



') Florimond de Beaiiiie, né à Blois en 1601 , y mourut en 1652 ; il donna des Commentaires 
sur la Géométrie de des Cartes et écrivit sur la résolution des équations: il était conseiller au 
Présidial de Blois et fort intime avec des Cartes. 



CORRESPONDANCE. 1648. 9I 

cylindrus reftiis, cuius H cric altitude, I diamctLT bafis, crit is qui quacritur, ncc 
diflicilis cfl: dcmonrtratio. ') 

N'clloit que ie defire que vous ne perdiez pas Foccafion de pouuoir lire ce Liure 
nouueau latin du vuidc "') , que vient de faire le Recteur du Collège des Jeluites 
d'icy-*), qu'il enuoye a Mr. des Cartes, et qu'il receura s'il vous plaill de voilre 
parc après que vous l'aurez lu, et dont vous me donnerez s'il vous plaill vodre juge- 
ment, dont ie fais très grand eiliat, fi défia ie n'eufie defiré que vous faifiez cette lec- 
ture, ie vous euffe encore enuoye quelques autres propofitions, mais ce fera pour 
quelqu' autre voyage. Je vous prie cependant coufiours de me cenir en bonnes grâces 
de Mr. vortrc père ce de me croire 

voftre trcfhumblc leruiteur 

ce 2 Miiy 1648. M. Mkrsknne. M. 

J'oubliois de vous encrecenir de noltre vuide ec particulièrement fur ce que vtius 
m'auez efcric 5)de la veflie qui s'enfle dans le vuide, voits croyez comme nous que c'ell 
quelqueparticule d'air qui ellant demeure dedans s' enfle et fe rarifie, mais la raréfac- 
tion n'eflianc pas intelligible comme vous fcaucz que Mr. des Cartes l'a abandonée 
à cauie de cela, contre quoy pouuez vous encore tenir cette rarefaftion. 

Et mefme la qualité ilibtile n'efl: pas capable de faire cet enflement, car elle pafle 
partout aufll ayfement que l'eau par vn filet de pefcheur, et partant elle paflcroit à 
trauers la vefile fans l'enfler. 

Vous voyez donc l'aftaire jnfoluble, fi la clarté de votlre efprit n'y remédie. 

Nous auons aufli trouué qu'vn doigt d'air pur dans le vuide ferait baifler le vit 
argent d'un doigt, au lieu qu'un doigt d'eau mis dans le melme vuide ne le ferait 
baiflfer que de -î\ de doigt. 

Je vous prie fur couc qu'à l'efi^iy du Canon, on oblérue bien le cenips de la porcée 
horizoncale , et fa longueur, et celle de 45 degrez d'eleuation auec le temps. 

Par exemple en quel temps le boulet ira de A en C. 

BD eft la terre ou l'orizon, BA l'eleuation du canon, qu'il faudra marquer, foit de 
5, 6 ou plus de pieds, il faudra auoir vne corde ou chaine pour mefurer BC afl'ez 
jullement et tout de mefme la portée de 45 degrez. Je ne vous dis point les precau- 



') Ce sont les mêmes théorèmes que ceux de la Lettre N' 31. 

•■') De Gravitate Comparata seii Comparatio i;ravitatis acris cum gravitate hydrargyri. Auct. E. 

Noël. Parisiis, Cramoisy. 1648. in-8''. 
•*) Estienne Noël. (=Natalis), né en 1581 en Lorraine, mort le 16 octobre 1659 à la Flèche. 11 

était jésuite et fut successivement recteur des Collèi;es de Auch, de la Flèche et de Paris. Il 

combattit la théorie du vide de Pascal, d'abord dans quelques lettres, puis par l'ouvrage cité, 

et encore par son traité : 

Le Plein du vide. Paris, Jean de Bray. 1648. in-8". 
') Nous ne possédons pas cette lettre. 



CORRESPONDANCE. I( 




tions nécessaires tant parce qu'il y a long temps que i'en ay efcrit a Mr. vollre 
père, que par ce que ie fcay qu'ellant (i excellent géomètre, vous n'y obmet- 
terez [?] rien. 

A Monfieur Monfieur Chreftien Huygens fils de Monfieur 
de Zuylichem, Confeillcr et Secrétaire de Monfieur le 
Prince d'Orange 

A la Haye. 



N^ 50. 

M. Mersenne h Christiaan Huygens. 
15 MAI 1648. 

La lettre se trouve à Leuicn, coll. Huygens. 

Monsieur 

Je veux vous faire part d'une visée qu' a eue vn de nos gens d'icy pour la dupli- 
cation du Cube, vous verrez fi elle eft vraye. Il fupofe donc que le quarré, ou plus 
tort le Cube ABCD eftant i , et le quarré EDFG ertant double du quarré ABCD, 
parce que ED eil égal à la diagonale AD, li l'on inlcric le triangle jibicele DMF, 
et que fur FH comme llir le cortc, on fait le cube IFKL, que ce cube fera quadruple 
du premier cube ABCD : de forte qu'il ne reliera plus qu'à trouuer le cube moyen 
proportionel entre le cube IL et le cube AD pour auoir les 2 cubes moyens propor- 
tionnels entre i et 8. Vous m'aprendrez vortre auis fur cela. 

Sa vil'ée eftoit que la 
moyenne proportionelle en- 
tre ED ') et CD donnoit le 
corté du cube moyen pro- 
portionel entre le cube AD 
I, et le cube IL 4, mais ie 
croy que vous la trouuerez 
fauffe. 
Je viens d'aprendrc vne 




') Lisez UDou IF. 



CORRKSPONDANCE. 1648. 93 



nouuelle aiïez eftrange de Pologne, qui efl: que fi vn gentilhomme tue vn autre 
gentilhomme, s'il peut s'euader pour 24 heures , on ne peut le faire mourir, et s'il 
ihtistnit h la partie interefiee, qu'il ert encore fuiet pour la Jurtice h demeurer Ibus 
terre fims aucune limiiere que de 5 chandelles relpaee d'un an et 6 femaines, en 
forte que s'il fe fait tirer de ce trou pour peu de temps que ce ibit, et qu'on le 
(cache, il elT: tenu de recommencer tout de nouucau h fe rendre ibus terre tout 
le temps de l'an et 6 femaines, et s'il ne veut fubir cette pénitence, il ei1: permis 
a tous de le tuer par tout où on le trouuera. Mais lî le gentilhomme tue le paysan 
d'un autre gentilhomme, il en ell quitte pour 50 francs qu'il met fur le corps, et 
s'il tue fon propre paysan , on ne luy en dit rien. 

II y a auin dans la mefme ville en Lituanie des Chreltiens , des Turcs et des 
Payens qui exercent librement leur religion. 

Je viens de recevoir la lettre de Moniieur voltre père, et il y a trop peu de 
temps pour luy efcrire à ce voyage, c'eil pourquoy ie vous prie de luy faire mes 
cxcufes , et puil'que vous auez maintenant le beau temps de luy faire fouuenir des 
oblèruations du canon. Croyriez vous qu'on m'a auiourdhuy dit qu'il y a vn Cou- 
leuure qui porte de blanc en blanc vue lieue et qui a 40 pieds de long? Je n'y croy 
rien fi ic ne le voy. Je vous prie de penfer à la dificulté qui luit. 

Afcauoir s'il n'ell pas necelTaire qu'une baie égale ou vn mifllle égal eflant poufle 
plus ville au commencement aille plus loin : par exemple , quelque arme h feu que 
ce foit, fupolé que les forces ou la poudre luy jmprime vue viteflè de ['?] 2, n'irat 
il pas toufiours [?] aufil loing. 

Et néanmoins on m'obicfte [?] qu'un canon fort court, par exemple de 2 pieds, 
chargé d'une égale quantité de poudre qu'un autre long de 10 pieds ou bien de 20 
pieds chafle le boulet plus loing, et non moins [?] la mefme charge de la poudre donne 
vne égale viftefic au commencement, fi ma mauuaife lettre vous empefche Mr.volb-e 
père, lequel ie lalue mille fois vous y aydera et i'eflayeray l'elon fon défi r à vous 
envoyer la lettre du Sieur Pafcal, qui elt un autre Archimedc. Je fuis cependant 

voltre trefhiimblc fcruiteur 
15 M:iy 1648. Mkrsknnk M. 

Permetterez vous qu'on jniprime le petit traité que vous m'auez enuoyé il y a 
long temps de la chorde ou chaine tendue également? mais il faudroit aiouller la 
demonftration de ce que ie vous efcriuois fur cela. 

A Monlieur Monfieur Chreftien Huijgens fils de Monfieur 
le Secrétaire de Monlieur le Prince d'Orange 

A ' la Haye. 



94 CORRESPONDANCE. 1648. 



N= 51. 

M. Mersenne à Christiaan IIuygens. 

11 MAI 1648. 
La lettre se trouve à Lciilen , coll. lluvgciis. 

Monsieur 

Je fuis marry de vous auoir cnuoyé la duplication du Cube que l'on auteur pen- 
soit auoir trouuée, et ie me hafte de vous efcrire que vous n'y trauailliez point, parce 
que la faute eft trop groflîere ; le compas l'a trompé, car en effet en ce petit volume 
qui fuit, l'on ne peut y trouuer à redire auec le compas , parce que le Cube LK fait 
fur la ligne MB comme collé, n'eil point plus petit qu'il ne faut qu'enuiron d'une 
vintiefme partie d'un cube quadruple du cube AD , comme le cube fur le coflé PO 
n'ell: point plus petit que le cube double du cube fur AB , que d'cnuiron vue cen- 
ticfme partie. 

Je vous mets icy la mefme [?] figure et conilruftion que l'auteur m'auoit baillé 
pour l'examiner, et affin que vous puiffiez mieux lire l'examen, ie m'en vais vous 
le faire tranfcrire. ') 

Il a encore du depuis propofé vne autre conilruélion pour la duplication du cube 
par le moyen du cercle coupé en certaine façon, s'il en reuiïit quelque chofe de 
meilleur, ie vous le appranderay; et vous propoferay cep?ndent vn beau problème 
dont vous verrez fi vous ou Mr. Pell le pourront foudre. Car ie n'en ay point 
encore vu la folution. 

Soit l'hélice AFB defcrite dans le cercle BCX, en forte 
qu'il y ayc toufiours mefme proportion de la circonférence 
BCX à l'arc BC, que de AB à FC, ou que du quarré d'AB 
au quarré de FC, ou que du Cube d'AB au cube de FC, 
ou bien de telle puiflance d'AB que l'on voudra à la puif- 
fance de du mefme degré de FC, donner la règle générale 
pour trouuer la proportion du cercle BCX à l'efpacc com- 
pris de la droite AB et de cette hélice AFB, de quelque 
degré qu'elle puifl"e efiire. 

Or fi vous elles encore à la Haye, lors que vous receurez la prefente, ie vous 
prie de faire auec Mr. vollre père , que j'aye laifTé ") du canon qu'il m'a promis , 
car voyla vn tel beau temps pour cet eflày , du moins fi le ciel eil aufiî ferain et tran- 
quille à la Haye, qu'il efi: icy depuis 8 ou lo iours. 

En attendant de vos nouuelles , ie vous diray que fi l'on nous tient promefll' de 
Pologne qu'on nous doit icy enuoyer la machine volante en realité tout démontée. 




') On trouve cette pièce au N° 52. 
-) Merseniie veut dire: l'efl^ay. 



CORRESPONDANCE. 1648. 95 



pour l'cxaniincr, et que lî cela arriiie, ie vous en envoyeray le modelle. Je luis 
cependant 

A'oilrc trcdiffcctionnc reruitcur 

ce 22 May i6^\\. Mkksi''.nnk, M. 

Je vous prie d'enuoyer le petit mot icy enfermé au Sr. Scoten. 



N= 52. 

J\]i:rsi;nne h Chris liaan IIuygens. 

Appendice an N". 50. 

Le manuscrit se trouve à I.e'iikti , coll. liuyffcus. 

Le quarré A, B, C, D, ') cil rupolc rvne des faces du Cube limple, et 1:^, B, F, (t, 
le quarré double , du quarré ABCD , fur EB foit faift le triangle jfocelle li,IM I, de 
la hauteur du quart =) double EBFG, le collé BI 1, comme celuy El I, fon efgal, fera 
le codé du Cube quadruple B, I , K, L , et fy Ton cherche le milieu proportionnel 
d'entre AB, Celle du Cube fnnple, et BI, coilé du quadruple, Ton trouuera BH M, 
pour le Coilé du Cube double BN , OP , pour prenne dequoy, le milieu propor- 
tionnel d'entre PB, Coilé du Cube doublé, et BQ coilé de l'octuple BQST, 
donnera BL, mei'me collé du quadruple, ainiy voila les Colles des 4 Cubes conti- 
nuelz en proportion double, ou l'on verra 2 lignes proportionnelles entre 2 lignes 
en proportion double. Comme jl cil demande. Car entre AB et BO, qui iont en 
proportion double, BN et BL, font proportionnelles. 

Il ell facile de faire voir par nombres que ces quatres lignes en la lîgure proposée 
ne ibnt pas proportionnelles comme on le prétend, fcauoir ell AB/I3N, .||. BL/BO-*) 

Car foit polee la ligne AB 2 

Et la ligne B(^) 4 

Le quarré de AB lera .... 4 

Son double quarré lera le quarré de EB .... 8 

Dont le Collé fcauoir ell EB fera .... 1 ^ H s) 

Donc BM vel BL, qui ell le Coilé du Cube quadruple fuiuunt l'opinion de celuy 
qui fait celle propoiîtion iéra 1 ^ 10 

') On trouve la ligure à la page <)6- 

-') Lisez : quarré. 

•') Lisez .-RN. 

'') La notation .{|. est employée comme signe d'égalité. 

5) On trouve ici les notations vieillies pour les puissances et les racines: ^, ^, CC signifient 
première, deu.xième, troisième puissances de Tinconnue. l'ar 1 X., \ lT , 1 ^ ^, l- ^ t"C , 
]., ^ :^ :^ , 1 ' ^ ^' cf , on désigne les racines quadratique, cubique, biquadratique, celles du 
si.\ième, du huitième et du douzième degré. 



CORRESPONDANCE. 1648. 97 



Et félon le mcfme la moyenne proportionnel entre AB et BL qui cft le coflé du 

Cube double fera BN et l"^'^^ 40 '^^ 

Et félon le mefnie la moyenne proportionnelle entre BN et BQ qui deuroit crtrc 

efgal a BL a fon aduis fera l'I^^^ 10240 

Donc 

Coftés des Cubes 1 :i^^:^'40 :l,-'i,io : 4 

Cubes en raifon double .... 8 : 16 : 32 : 64 

Cequi eft faux. Car i"y cela elloit il s'enlliiuroit que le reftangle des e.Ktrenies 
de fcs quatre proportionnelles feroit cfgal au reftangle des moyennes. 
Donc .... 8 .||.vi;^4ooo 
oubien l/i;^ 4096 .||. l- "^^ 4000 
Il s'cnfuiuroit encores que ces colles ou racines leroient efgalles 
fcauoireft i/œ 16 .||. i/:^^ 40 

oubien l/ii;:^ ce 65536 .||. V'^^œ 64000 
comme auiïy 1- ce 32 .||. V"^' 10 
oubien l/'oe 1024.ll.vce 1000") 
Depuis il s'enfuiuroit que ces deux racines feroient efgalles 
Icauoir efl: V^ 10 .||. V'^^^ 10240 

ouh\eni^^^''i 1000 **). ||. V l-'^^ 10240 
Cequi paroiil: très faux. 

Enfin fy par le moyen de les quatre collés ou racines qui font ces quatre lignes 
proportionnelles vous faicftes des Cubes vous aurez 

Colles des Cubes ... 2 : l- '^1^ 40 : l- '^ 10 14 

Cubes 8:1 ">i^ 64000 : 1:^ 1000 : 64 

Dou il s'eniuiuroient que 

16 .||. 1 'ii^i 64000 
oubien v 1^:^ 65536 .||. l ^^ 64000 
comme aufly 32 .||. i, :^ 1000 
oubien 1--^ 1024.11. 1 -^ 1000 
Ce qui paroiil très euidamment faux. > 



'') Ces racines V ce doivent ctrc, l'une et l'antre, V^^CC. 
**) Lisez: loooo. 

Oeuvres. T. I. 13 



CORRESPONDANCE. 1648. 



N° 53. 

Fr. van Schooten h Ciirisiiaan Huvgens. 

3 JUIN 1648. 
La lettre se trouve à Leideii^ cnll. Iltiygens. 

Myn Heer. 

AHb niij ecrii-ifleren door VE ecn brief ') ter handt gckomcn is , waer in le Pcrc 
Mercennc mij fchrijft bij fich te hebben : Le Recueil du Calcul pour rintelligence 
de la Géométrie de Monfr. des Cartes, daer van ick onlangs met Mijn Heer VE , 
Vader hcbbe gcfproocken , fo ifl: , dat ick hem daer op in defen byghaenden hebbe 
geandtwoort, ende daermede verfocht tfelue te moghen fien; met het gheene hij 
meer fonde moghen hebben, dat toc explicatie dient der voorfz. Géométrie. VE 
biddcndc hem die met den uwen te willcn overfliueren. Voordcrs fo fchrijft hij VE 
gcibnden te hebben een feer aerdigh en fraeij Problema, het welcke ick dan ver- 
foucke te moghen ficn , ende dat VE mij het felue cens ghelieve te fendcn. Ick 
hcbbe dees daghen tôt Haerlem geweeft , ende aldaer in een auftie ecn Archimedes 
gekocht, voor 7 gulden , 5 Univers , die heel wel geconditioneert is , ende van den 
feluen druck is als de mijne, te weccen Griccks en Latijn=), fo VE defelue begheert 
kont het mij lacten weeten , lai defelue alfdan VE met den ecrftcn overftueren. 
Hier mede eindighende fal naer mijne recommandatio aen VE en VE Vader, en 
Broedcr vcrblyven. 

VE -altlamen 
Ondeixianighen en dienftwilligcn dienacr 
Frans van Schooten 
Vit Lcijden den 3 Junij 1648. 

Aen Monfieur Monfieur Chriftianiis Huygens, tcn ïluijfc van 
Myn Heer van Zuilichcm , Racdt ende Secretaris van fijn 
Hoocheyt 

In 
port S'gravcnhaghe. 



■ ) C'est la lettre dont il est question au N°. 5 1 . 

') C'est l'édition suivante : 

Archimedis Opéra qvae exilant. Novis demonllrationibvs commentariisqve illvftrata. Per 
DavidumRivaltvm aFlvrantia, Coenomanum, e Reijia Turma facri Cuhiculi, lanctioribufqne 
regni Conliliis & a literarum pietatilque Ihidiis Chrillianillimi Gallorum &. Nanarrae Régis 
Lvdovici xiii femper Augufti. Operum Catalogus lequenti pagina habetur. Parisiis. Apud 
Clavdivm Morellvm, via Jacoboea, ad iniigne Fontis. cio 13C xv, in-folio. 



CORRESPONDANCE. 1648. 99 



N"^ 54- 

Cdnsïantvn Muygens, frcix>, à Christiaan Huvoens. 

5 JUIN 1648. 
I.ii copie sf tni'.re h i.ei'lcn, cul!. I/uyge/is. 

Hceden ofmorgcn was den dagh, dat mijn Vaeder meendc te vertreckken , om 
naer UE. tôt Breda afgehaek te hebben , voorts naer Burgondien te vertrekken. 
Maer voorleedc Maendagh hecft hem ecn feekere miltiiekte oovervallen , die hem 
ten eenemael ter necdergeslacgen hccft, en daer hij den meeilcn tijdt van te bedde 
leght; Soc dat en Doftoren en Vrienden en wij aile te faemen ons bcft hebben ge- 
daen om hem af te raeden met fiilk ecn fwack lichaem, en quaelyk gefinc hooft foo 
een verre reijze niet aen te neemen. Daeromme ben ick door hem gelafl: Uli. 
deefe reyze af te fchrijven en UE. te feggen dat het hem leedt doet UE. het plaij- 
fier niet te konnen aendoen; 't geen hij UE. op deefe reyze toegezeghc hadde. 
Tôt gifleren toc heeft hij nogh in twijftel gelliaen, maer doe hebbe ick Syne 
Hoogheyt '} de Reijle weezen opieggen, die nu vali naer een ander om fiet. 

Acngaende de faeken van de Univcrfitcyt moet UE. aen de Hr. Rivet feggen dat 
Sijn Hoogheijt -) gcconfenteert heeft in tvvee iaeken, daer men om gefollicitcert 
heeft. Voor eerll dat defclve zal procureeren de imnnmiteyten van accijfen, en ten 
tweede dat geaccordeert heeft datt'cr een Rij-mccrter fal fijn, en dat men met- 
tertydt middelcn fal voorflaen, door welke het fclve buyten fijne belaftinge fal kon- 
nen gefchieden. Soo ras als mijn Vaeder wat gebeetert fal fijn, fal hij over deeze 
faeke aen den Heer Rivet felver fchrijven. I ieeden branden wij hier Viftoric ^') 
en het gefchut dat op den Denneweght gebraght is , lai neegen raael gelolT: worden. 

's Haege den 5e Junij 1(548. 

Aan de Heer Christiakn Huygens 

Tôt Breda. 



') Le nom ,,Pr. Fr. Ilendr." se trouve annoté en marge: mais évidemment par erreur, ee Prin- 
ce étant mort en 1647; l'auteur parle du prince Willem II. 

-) \\'illcm II , Prince d'Orange, fils du Prince Frederilc Hendrik et d'Amalia von Solms, naquit 
le 2- mai 1626 à la Haye et y mourut de la petite vérole, le 6 novembre 1650. Il devint 
Stadliouder en 1647. Il épousa Maria Stuart, fille aînée du Roi Cliarles I d'Angleterre. Huit 
jours après la mort du Prince sa veuve donna le jour à un fils Willem Hendrik qui plus tard 
comme stadliouder et comme Roi d'Angleterre prit le nom de Willem III. 

3) C'étaient des réjouissances publiques à l'occasion de la paix de Munster, récemment conclue. 



CORRESPONDANCE. 1648. 



N= 55. 

CoNSTANTYN IlUYGENS, frcrc , h ChriSTIAAN HuYGENS. 
19 JUIN 1648. 

Lit lettre se trouve à Amsterdam, Acad. Roy. des Sciences. 
La copie se trouve à Leiden, colL Huytretis. 

Hiige dcn 19. Jun. 1648. 
Mon FRERE 

Defen fchrijf ickallcen uijc lail van Papa die wil hebbcn dat ick je fchrijfFals dat 
hij hec feer vrcmt vint en qualyck neemt, dat gecn van je beiden ') ecns een woort 
en fchrijft om te wcten hoe het met hem is daer je weet dat hij foo qualijck is dat 
de ganiche reis van Borgondien der om achter gebleven is, gelijck ick je in mijn 
lacfte geichreven heb. En in cfFcft hij hceft ieer qualijck gewcclt (nu ietwat beter) 
en nochtans niet foo ficck als wel verfull: foo dat hij ganiche halve dagen op fijn 
elleboogh lach fonder een woort te fpreken. Dit heb ick voorlcden dinfdach =) ail 
moeten fchrijven, en heb hem wijs gemaeckt dat ick het al gedaen heb en had het 
nochtans vergeten. Daerom moet je je tôt beterfchap ftellen of hij fou heel quaet 
vverden. Ick giffe wel dat je al cens naer Antwcrpen fuit gcweefl: hebben. Schrijft 
cens wat der af is ick fait fwijgen. Oom den Admirai 3) met fijn vrouw ■*) en 
Nicht Anne van Dorp ') fijn voorleden fondach naer Brahant gegaen , ick denck 
dat fe mogelyck te land weerom komen fuUen. Adieu. 

Voltre frerc et feruiteur 

C. HuYGENS. 

Gilleren waeren wij te Delft daer het kermis 
is en gingen met ons 34. gelijck eens de Stat in- 
wandelen. 



') Christiaan et Lodewijk Iluyyens, qui alors se trouvaient à Ikéda. 

°) C'était le 15 juin. 

3J Philips van Dorp, fils de Frederik van Dorp et de Anna Schets van Grobbendonck, naquit en 
1587 en Zélande, et mourut le 5 décembre 1652 à Rotterdam. Il devint „Luitenant Adnii- 
raal" en 1620: en octobre 1637 il donna sa démission à la suite d'une accusation fort injuste: 
puis il devint conseiller de l'Amirauté sur la Meuse. Le 18 mai 1631 il épousa à Amsterdam 
Sara van Baerle , qui lui donna 4 filles et i fils. 

■*) Sara van Baerle. fille cadette de Jan van Baerle et de Jacomina Hoon (qui eurent 6 filles et 4 
fils), naquit le 13 mars 1603 à Amsterdam et mourut le 30 avril 1661 à Rotterdam. 

5) Anna van Dorp, fille de A rend van Dorp (1599 — 1 1 juin 1652) et de Ida van Baerle (1603 — 
5 octobre 1673), naquit le 16 février 1628 et mourut le 2 septembre 1681. 



CORRESPONDANCE. 1648. 



Fr. van Sciiooten h Ciiristiaan Huvgens. 

20 JUIN 1648. 

I.a lettre se trouve à Leiden, coll. Huygeiis. 
MiJN HEER 

Ick fende VE volgens u begheerte de Archimedcs '), die ick onlancks tôt 1 hicrlcm 
gekocht hebbe , hcbbe het ghelt dat VE mij geftuert heeft met het problema wel 
ontfanghen , VE daer voor bedanckende. Vorders fende ick VE hier 3 proble- 
mata, die mij onlangs fonder folutie van Parijs fijn toegefonden, dewelcke mijns 
bedunckens niet fvvaer en iyn. Doch hebbe daer na noch nict gefocht, alfo ick 
gheene tijt daer toc gehadt en hebbe. VE flil die lichtclick vindcn, fouckcnde die 
bij gelcgcntheijt, ofte luil: daer toc hebbendc, dewijl VE ongelijcke fwacrder ge- 
folueert heeft. Hier mede eindighende, cnde VE beveclcndc in de beichcrminge 
des Alderhoochilen , verblijve 

MijN Heer 

VE. 
Vit Leijden Ondcrdanighcn en dienftwillighen dicnacr 

dcn 20 Junij 1648. Frans van Sciiooten. 

Aen Mijn Hcer Mijn Heer van Zuilechem, Racdc ende 
Secretaris van fijn Hoocheijt, cm voort te bcftellcn aen 
Monir. Chrillianus Huygens 
port in 

met ecn bouck. S' gravenhage. 

Ns 57. 

Fr. van Schooten h Christiaan Huygens. 
Appendice au No. 56. 

Le manuscrit se trouve à Leiden, coll. Huygens. 

De problemata fijn defe 

A I- 

Au triangle ABC eflant donnés les points D et E 

en fes deux coftès AB et AC : trouver un point F en 

fon troifiefme coftè BC , en forte que tirant DF , EF , 

les angles BDF , CEF foient efgaux. 

Eihns donnés AC diamètre d'un qiradrilatere, les 
') C'est l'cxeiiiplaire dont il est question dans la Lettre N°. 53. 




CORRESPONDANCE. 1648. 





deux angles oppofès BCD, BAD, 
auiquels aboutit ce diamètre AC, 
ellans encor donnés les 2 angles 
BCA, DCA, et la raiibn de BC à Cl). 
Trouver le quadrilatère ABCI). 

lildeni politis et datis. Excepte que 
la raifon de BA h AD cft donnée (au 
lieu de celle de BC à CD) trouver le 
quadrilatère. 



Eftant donné un cercle BDC. fon diamètre prolonge 
CBA une touchante AD. Trouver dans le diamètre pro- 
longe un point comme E , duquel tirant EG touchante au 
cercle, et cflevant dudift point E une perpendiculaire EF jufqu'à la i 
AD, que EG foit à EF en raifon donnée. 

N= 58. 

J. H. Dauber à Constantyn Huygens, père. 
28 JUILLET 1648. 

La lettre se tmiire à Le'iden^ coll. Huygens. 

Monsieur. 

Vous apprendrez de MefTicurs voz fils tout au long Teftat de noftre Efcolc ce 
Collège Illuitre. Vous verrez aufly des nouveaux teihioignages de leur diligence et 
de leur Içavoir. J'aurois à adjouiler beaucoup h mes précédentes touchant la con- 
tinuation de leur affiduité, je diray ieulement icy, qu'ils font de jour en jour de 
grandiffimes progrez et que notamment ils fe font fait admirer de fraiiche date en 
leurs difputes publiques. Voftre aifné ') vous pourra entretenir particulièrement 
de ion Hébreu , en quoy je le trouve defja bien avancé. Au refle INIonfieur, Dieu 
m'avoit donné un fils, bien fait et fort en apparence, à qui fuivant l'honneur que 
vous m'aviez fait j'avois fait donner voftre nom et celuy de mon père, le faifant 
nommer Conftantin Henrj , mais ma joye a efl:é courte , Celuy à qui nous fommes 
tous me l'a redemandé au bout de trois femaines , pour la volonté de qui nous de- 
vons avoir une parfaite refignation. Vous baifant trefliumblement les mains et à 
Monficur de Willhem je demeure 

Monfieur Voftre trcfhumble et trelbbeilThnt ferviteur 

A Breda ce 28 juillet 1 6\^. Dauber. 

A Monfieur Monfieur Uuygens Chevalier Seigneur de Zulichem 
& Confeiller et premier Secrétaire d'Eftat de S. A. et Curateur 
de l'Efcole Illuftrc et Collège d'Orange A la Haye. 



') C'est-à-dire Cliristiaan, l'aiiK- des deux fils qui se trouvaient à Breda. 



CORRESl'ONDANCE. 1649. I03 



N°^ 59. 

CONSTANTVN HuYGENS, pcrc , à A. RiVEÏ. 
18 MARS 1649. 

La lettre se trouve à la Haye, Archives du /lui. 
11 y répondit par le No. 60. 

Monsieur, 

Je viens trapprendre aveq beaucoup de deplaifir que mon Fils Ludovic s'cd 
émancipé h la Ibctife de mettre l'cfpée à la main contre un autre Efcolier ') lans 
qu'on m'ij adjouile aucune particularité du fubjeét de leur querelle. Je vous fupplic 
d'en prendre cognoifïïince; et, quelque tort ou railbn que mon Garçon puilTe auoir 
eu , de luy faire forte réprimende fur ccfte témérité, qui jusques ores a eilé chofe 
inouije entre les miens. Je leur ay faiét apprendre l'exercice des armes, pour la 
defenfe de leur corps, en temps de necefllté, mais nullement pour s'en preualoir 
comme foldats; h quoij ils ne font nij nez nij nourris, et me tiens fort fcandalifé de 
ce que le Régent du Collège n'a eu la prévoyance h preuenir des defordres de celle 
nature , entre fi peu de monde qu'il a à gouuerner. Je ne fçauvy pas que l'on for- 
toit du Collège à heure indue, fans fon congé, et, puis qu'ainlî efl:,je puis bien 
conclurre ce qu'il faut attendre du reftc de fon adminiflration. En fin, monlieur, 
ce font icy les moyens de ruiner et Collège et Efcole illultre; car certainement 
les honertes gens detefteront les lieux ubi jus datum fcelcri ell , et n'envoyeront pas 
leurs enfans oîi les exemples de la milice les peuuent animer au coup d'efpée. On 
me dit qu'un Caualier de la Garnifon =) a ferui de fécond en ce beau duel. Si mon- 
fieur de Haulteriue permet cefte infolence aux foldats , de s'engager aux querelles 
des Efcoliers, nous allons veoir beau jeu; mais je fçay bien que je n'y laifray plus 
guères les miens, et comme je les retirerai] , l'on verra quelle en fera la fuittc. 

Reuenant à mon fils, monfieur, je vous prie entre autres ehofes, de luij fiiire 
oiler et Espée et fleurets et tout ce qui regarde le faiâ: des armes, dont j'ei]îens 
qu'il n'aijt plus h fe méfier en aucune ibrte. C'en eil: afl^z, et trop; comme il ij a 
paru. Je vous donne à confidércr, s'il n'importe pas qu'on défende à tous Efcoliers 
de porter l'efpée. Je n'ay pas fceu jufques ores qu'ils en eiloyent en poflèfllon , et 
des officiers mefme de la Garnifon me le blafment, aueq beaucoup de raifon. Si 
vous ne le trouucz à propos pour tous, au moins je vous le demande pour les miens, 
dont la profefllon ne touche point l'efpée; et quand ainfi feroit, tant qu'ils font 
efliudians ils ne s'en doibuent parer ni feruir en aucune manière. Je vous demande 
pardon de la peine que je vous en donne: j'ay penfé ne m'en pouuoir adreOer mieux 

') C'était le lils du recteur de l'école latiue à la Haye (voir la Lettre N°. 60), probablement Wil- 
lem de Vries, qui plus tard devint sous-directeur de l'école. 
-) C'était un oilicicr subalterne, cousin du dit de Vries (^voir la Lettre N°. 61). 



I04 CORRESPONDANCE. 1649. 



qu'à vous , Tant h rtiifon de voftrc vocation et charge , que fur l'cftat que je fay de 
voftre amitié , eftant de mon collé très veritablemcnti» 

Voftre tres-humble et très-aifeélionnc feruiteur 
A la Haye, le i8e Mars 1649. C. Huygens. 

Je vous prie , que monfieur d' Hautcriue foit 
informé du reflentiment qu'il doibt à fon Caua- 
licr fur l'infolence que defTus. 

A Monfieur Monfieur Riuet, doclr. en Théologie, Curaf. de 
l'Efcole Illuftre et Collège d'Orange à 

Breda. 



N2 60. 

A. Rivet à Constantyn Huygens, père. 

23 MARS 1649. 

La lettre se trouve à Lcidcn, coll. Huygens. 
Elle est une réponse au No. 59. 



Monsieur. 

Le pacquct qui vous aura eilé rendu par mon filz ') vous aura faift voir que nous 
ne nous fommes pas endormis fur cette infolence commife par nos duelliltes. Voftre 
Ludovic fçait auflî qu'outre l'animadverfion Collégiale, je luy ai faift en particu- 
lier la cenfurc que mcritoit ia faute. Il n'a pas efté ragrefTcur , un fripon nommé de 
Vries filz du Rcfteur de la Haye =), eft celuy qui l'a provoqué fur un fort maigre 
fubjet & après boire. Mais il ne devoit refpondre a cet appel que par mefpris, & 
en donner advis a fon Rcgent qui alTeure n'en avoir rien içeu qu'après leur fortie 
au matin ; car la nuiét fe coucha et pafla fur leur folie. Pour le Cavalier , combien 
qu'il aye protcfté n'eftre pas forti avec eux, & les avoir fuivis en intention de les 
icparer: Neantmoins, pour n'en avoir pas adverti, & cmpcfché leur fortie Mons. 
de Hauterive l'a faift mettre deux jours chez le Prevoft , & n'en eft forti , qu'après 
que le Refteur luy a reprefcnté qu'il n'eftoit pas fi fort coulpable : fur quoy mon dit 
Sr. de Haute-rive a faift faire une proclamation a fon de tambour défendant aux Ca- 
valiers & foldats de fe méfier en façon quelquonque dans les querelles des Efcholiers 
fous griefves peines. Vous aurez veu ce que le Confeil Académique requiert de 



') Frédéric Rivet, fils d' Andréas Rivet, avait beaucoup voyagé et devint (1647) genti'liomnie 

de la cour de la Princesse d'Orange. 
") Johan de Vries était déjà en 1623 attaché à l'école latine de la Haye: il en devint le recteur 

et le 19 mars 1637 ses „gages" furent portés à il. 800. Il mourut en 1657. 



CORRESPONDANCE. 1649. I05 



nous, fur quoy le Rcfteur attend vos refponfes, pour fiiire aufîi une nouvelle dc- 
fenfc au nom de fon AltcfTe. Et quant au reite, j'ay toufjours efté avec vous d'advis 
que les Efcholiers ne dévoient point porter refpce tant qu'ilz feroient efcholicrs, 
fi ce n'efl: qu'ilz aillent en voyage. Mais je n'ay pu obtenir juiques ici qu'on leur 
aye défendu, pource qu'on m'objeftoit qu'es autres Académies cela leur efioit 
libre, combien que je difie que de mon temps a Leyden , on le les voyoit point de 
jour , gladiatos : Et que je trouvey fort ertrange de les voir entrer dans les auditoi- 
res, avec l'innocente chamarrée d'or, un grand baudrier & l'efpée, fans manteau, 
& oppofer en difputes en cette porture l'cfpee au cofté. Les voilrcs ont erté des 
premiers, après un jeune homme de Dort nommé Berc, qui y adjoufloit le pen- 
nache. Ce que je vous di, afin que vofi:rc autorité paternelle, foit joinfte a celle, 
des curateurs , pour leur faire quitter cette pofiure , laquelle par règle générale on 
prefcrira a tous les autres. J'ay aufiî appris depuis peu qu'on a mis un anglois valet 
du Capitaine Courtenay pour Oeconomc. qui tient la une efpece de taverne, & donne 
aux Eicholiers en leurs chambres de quoy faire des beuvettes. J'ay fouvcnt dit , 
que ne pouvant icj qu'exécuter ce que nous aurions conclu enfemble , il feroit du 
tout neccflJaire que deux fois l'année pour le moins nous nous y vifllons enfemble , 
que vous y verriez mieux les défauts, & qu'on y remedieroit plus aiféement. Et 
que cela tiendroic mieux le monde en debvoir, quand ilz verroient nollre confen- 
tement en toutes ces chofes, & orroient nos ordres en prefcnce. Sur quoy j'atten- 
dray vos refponfes, & pour ce qui refte a faire là me repofcray fin* vollre foin, vous 
baifant cependant trei-humblement les mains , & a Monfieur de I lenvliet , & demeu- 
rant d'affeftion. 

Monsieur 
Voftre trcf-huniblc & obciflant fcrvitcur 

De Brcda le 23 Mars 1^49. André Rivkt. 

Depuis cette lettre efcrite vollrc Ludovic m'efl: venu trouver, ayant appris par 
Mons. RencfTe que vous m'aviez eicrit de fon faift. Je luy ai dit ce qui en ertoit. Et 
expofé particulièrement les grandes railbns que vous aviez de luy tefmoigner vollre 
defplaifir, luy ai derechef reprefenté l'offenfe contre Dieu, le danger auquel il s'cfi 
mis, et les grands inconveniens qui en pouvoient arriver, le mauvais exemple qu'il 
avoit donné &c. Je l'ay trouvé fort abbattu. Il m'a dit qu'il s'humilieroit devant 
vous par une lettre d'un filz repentant , et qu'a l'advenir il fc gardera de femblablcs 
fautes. Il eftoit en habit décent, ians baudrier & fans cfpée; J'efpere que cela luy 
fervira. Je ne manqueray aux occafions d'y faire ce que mon debvoir, & la confiance 
que vous prennéz de moy requièrent. 

A Monfieur, Monfieur de Zuyiichcim Confeillcr et Secrétaire de Son 
AltelTe, et Curateur de rillultre Efi:hole et Collège d'Orange. 

A La Haye. 

Oeuvres. T. I. i^ 



Io6 CORRESPONDANCE. 1649. 

N= 61. 

CONSTANTYN Hl'YGENS, pcrc, h A. Ri VET. 
22 AVRIL 1649. 

Lu lettre se trouve à la Haye, Archives du Roi. 
Rivet y répondit par le No. 63. 

Monsieur 

L'ahfence du Baron d'Afpcrcn') cfl: caufe que nous ccfTons de pourfuivre les 
immunitcz de rEicole llluftre. Nous n'oferions rien remuer flins luij, et il efl: après 
fes affaires particuliers en Flandre ec en Brabanc. des qu'il fera arriué nous repren- 
drons nos erres, et, comme j'efpere, en viendrons à bouc, au moijen de fon fupport 
au Confeil d'Ella:, d'où doibt partir l'aduis, que demanderont les Eilats Generaulx. 
J'ay tellement opéré fur l'elprit du Sr. RcnefTe de long ec de près, qu'il m'a déclaré 
eftre content de céder la Régence à qui l'on ij jugera plus propre que luij. mais j'ap- 
prens avec deplaifir, tant par RenefTc mefme, que par mes fils, que M. Dauberus 
n'efl: aucunement refolu de s'ij laifTer employer. Si ainfi efl, l'on m'a bien faift 
prendre de la peine pour néant , car quand cefl: homme ici) viendroit à quitter , je 
ne voy pas à qui l'on pourroit déférer la charge aveq apparence de meilleur fucces. 
Je verray ce qu'en dira Madame-), qui ne Içait encor rien de l'averfion de M. Dauberus. 

A mon fils j'ay continué le prefche que vous luy aucz entamé et donc je vous fuis 
obligé, mais bien peu croy-ie l'ellre a noftrc fcnat, qui n'a voulu prefque faire diftinc- 
tion entre l'appelle et l'appellant; là où, deuanc le monde (ce que je ne dis pas aux 
jeunes gens) l'appelle eil comme hors de coulpe n'ayant mefme rien contribué au 
fubieét de la querelle, que l'autre avoue avoir forgée ec recerchéc de guet à pens, 
ayant bien ofé violer le rcfpeél: du Collège de S. A. fi auant, que d'en venir défier 
un jcufne homme aveq lequel fans cela il ne doibt point entrer en comparaifon de 
naifiance nij de condition, quelle juftice m'a on faiéle , de pafi^er fur tout cela, et de 
plus en intercédant mefme pour le Caualier, coufin et fécond de l'appellant, comme 
s'il n'auoic meffaift notoirement, luij qui par un mot d'aduis ou à la garde ou ail- 
leurs eufi: peu preuenir tout malheur, que dieu a voulu empefcher de fa grâce, 
mais qui cufl; pu reuflîr, à mon extrême affliftion. Mais le bon efl: que nous ne de- 
meurerons plus guères fubjeéls à cefte judicature;mon intention eilanc de rappeller 
mes efcoliers vers les grandes vacances , puis qu'aufll bien ils voyenc la fin de leur 
carrière en droicc , ec la france commence à nous promeccre du repos ec de la fecu- 
ricé pour les eftrangers. Je vous prie de m'aduiier à vofl:re loyfir commenc en cefl:e 
france mes jeufnes gens dirigeront pour le mieux le cours de leur pérégrination ; 
puis que pour la langue il ne leur en relie que peu à apprendre , et n'ij a pour eux a 



') Filips Jacob, Baron van dcn Boetselaer, Seigneur de Aspercn , Hoogvvoud, Aertwoud et 
Raephorst, était le iils de Rutger Wessel, Baron van den Boetselaer, homme politique et 
militaire de grande érudition (1566 — i octobre 1632) et d'Amalia van Marnix. il épousa 
Anna van der Noot,ct était homme d'importance à la Haye. Il y mourut le 23 mai 1652. 

") La mère du Stadhoudcr Willem II. 



CORRESPONDANCE. 1649. 



proprement eftiidier que la bonne et belle conuerfation. J'attcndray cecy un jour 
que vous ne fçaurez à quoy vous diuertir, et aueq offre de mon feruice réciproque 
demcureraij 

Vollrc très humble feruiteur 

A la Haye le 22 Avril 1(549. C. PIuygens. 

A Monfieur Monfieur Riuet , dodr. en Théologie , Curaf. de 
l'Elcole Illuftre 

à Breda. 



N= 62. 

CoNSTANTVN HuYGENS , père , à A. Rivet. 

28 AVRIL 1649. 

La lettre se trouve à lu Ilnye, .-Ireiiires Ju Kni. 
Rivet y rt'poniiit par le No. 63. 
MONSIKUR. 
Ceft honcrt homme Précepteur ') des deux petits Cadets de la maifon d'Ofl- 
frize -')^ qui font icij s'en va cercher où les taire loger au Collège d'Orange. Il a 
efté délibéré fi on les enuoyeroit à Breda , ou à Leiden , mais enfin mes confidera- 
tions , appuyées du refpeft de celles de Madame , ont preualu en faueur de nollre 
Efcole Illufire, que des gens de cefiie forte pcuuent illufiirer de leurprefence. Outre 
qu'il m'a fcmblé que ces jeufnes feigneurs qui, pour partage de cadets 3), doibuent 
finalement cfire dreflcz au meilier des Armes, pourroycnt trouuer en ce lieu là leur 
compte ad utramque militiam, et qu'en particulier la conucrlation de monfieur de 
Haulteriue et des officiers de laGarnilbn leur pourroic faire grand bien, et commen- 
cer à les defniailer de l'Air de leur pais. J'ay donc ordre de vous les recommander, 
et par auancc de vous prier d'afiîfier ce porteur à trouuer les departcmens où ils 
pourront efire accommodez aueq leur fuitte , qui ne fera que d'un Gouuerneur, un 
Précepteur, un Page, un Valet de Chambre et deux lacquais. Quand mon fils fortira, 
qui fera aux vacances , ils pourront élire accommodez de fa chambre , qu'on me dit 
efiire des meilleures. Monfieur d'Afperen n'efi: pas encor reuenu, et quand ores 



') Il se nommait Graswinckel. 

^) C'étaient le deuxième et le troisième lilsdeUlriciis II, Comte d'Oost-frise (i6 juillet 1605 — 
1 novembre 164X) et de Juliana de Hessen-Darmstadt (14 avril 1606 — 5 janvier 1659): 

GeorgiiisChristianns, né le 6février 1634, et mort le 6 juin 1665; le 14 mai 1662 il épousa 
Christine Charlotte (la 6-= des 25 enfants de Eberhard III, Duc de Wurtemberg), née le 2 1 oc- 
tobre 1645 et morte le 14 mai 1699. 11 devint le second Prince d'Oost-t'rise. 

Edzardus Ferdinandus, Comte d'Oost-t'rise, né le 12 juillet 1636 et mort le 1='' janvier 1668. 
En 1665 il épousa Anna Dorothea von Crichingen, qui mourut le 20 mai 1705 à Norden. 
3) Le preniier-né succéda de droit à son père. 



CORRESPONDANCE. 1 649. 



il le fcroit, nous auons icy rAfTcmblce nounclle do i lollandc, qui doibt palTcr ncccf- 
iaircment, auanc que nous taflions rien. Je luis 

Monsieur X^oftrc trefliLimblc Icruiteur 

Ala Hayece 28c Apuril 1(549. C. IIuygens. 

A Monfîcur Monficur Riuet, docteur en Théologie, Curaf. de 
l'Elcole Illuftre et Collège d'Orange 

à Brcda. 

N" 63. 

■A. Rivet à Constantyn IIuygens, père. 
30 AVRIL 1649. 

La lettre se trouve à Leideii, coll. Htiygeiis. 
Elle est la réponse aux N»^. 6\ et 6a. 

Monsieur , 
Je doibs reiponfe a deux de vos lettres. La dernière nie recommandoit deux 
Eicholiers, aufquels je rendray tous les bons offices que je pourray. Mais je fuis 
bien aile que vous m'ayez prévenu fur les efperances qu'ils concevoient de trouver 
icj quelque ibulagement pour leur defpenfe. S'il fe prefcnte quelque occafion en 
laquelle ilz puilTent aider, & eilre aidez par quelques enfans , je m'y employeray 
tres-volonciers, et feray aufTi ce que je pourray a la recommandation de INIonfieur 
Graiwinkel. Il nous vient des Efcholicrs, & fi les privilèges defquelz vous nous 
donnez efperance, s'obtiennent, je ne doubte pas que la peuplade ne s'accroifTe. Et 
fans doubte le Collège fe fufi: mieux rempli , fi Monf. Dauber euft pu fe refouldre 
a en prendre la Régence. Je l'y avoy difpofé devant mon voyage de la Haye, & 
indubitablement il l'elt ') entrepris, fi j'en eufi"c apporté les affeurances. Mais depuis, 
il s'en efi: degoufl:c, difant aufli qu'il n'y void pas le moyen de s'en acquiter avec 
honneur, qu'une partie des choies qui eftoient promifes pour les exercices des 
Efcholicrs demeure , fans grande efperance d'y voir mieux , veu les affaires de la 
mailbn, et qu'il avoit propofc des conditions qu'il ne peutefperer. Que le logement 
pour nombre d'Efcholicrs n'cft pas approprié : Que ce qui a efté faicft n'eft pas 
encore payé , & que les ouvriers ne s'y veulent davantage engager. Entre temps 
il a loué une mailbn plus commode et y tiendra cinq ou fix eicholiers. Je voy auflî 
qu'il aime fort les elhides, & trouve fon compte en la profefTion, en laquelle il 
reuilît grandement, & ne fçay s'il feroit fi propre a ce foin. .Si Monf. IMlterfeld -) fe 



■) Lisez: euft. 

") Johann Heinrich Bisterfeld, né en Nassau, mourut à Weissenbouri!; le 6 février 1 655. Il épousa 
M"' AUtstedtt, puis Anna Stenzel. En 1629 le Prince de Siebenbiirgen le nomma professeur 
en théoloi^ie et philosophie au collège de Wcissenbourg, puis Conseiller privé; il était très 
versé dans les sciences mathématiques et physiques; on l'appelait „le professeur nécroman- 
cien". Il passa quelque temps à Leiden, mais retourna ensuite à Wcissenbourg; c'est à cette 
ville qu'il légua sa bibliothèque renommée. 



CORRESPONDANCE. 1649. IO9 



pouvoir défaire de TranfTylvanie , comme il me le ftift efperer , ce fcroit noftrc 
homme, pour diriger les Ei1:udes de toutes fortes d'Efcholicrs, & les tenir en debout. 
En attendant mieux. Qui curent Ugiio^ utuntiir culmn. Je iuis en peine de Monf 
Philemon qui eft en eftat de ne la faire pas longue. Il femblc frappé de langueur 
et le poulmon offenfé. C'ell: bien dommage, car il entcndoit bien fon faidt, & fe fai- 
foit aimer, & notamment aux eftrangers. Il y a plus de deux mois qu'il ne fort 
point, & faiâ: ce qu'il peut en fa chambre, ayant ces jours faift fon teftament, & 
ncantmoins acheptant encore des livres aux aurions, qui fera tout le bien qu'il 
laiïïcra. Monf Hulfius ■') Pafteur de noftre Eglife Françoife a monitré la diligence 
& induftric a enfeigner la langue Ebraique a tout ce que nous avons eu icj & avons 
d'eftudians en Théologie , & s'y prend bien. Il s'cfl offert d'exercer icj une pro- 
fefliorr extraordinaire en cette Langue fans demander gages. Le Confeil Acadé- 
mique a trouvé fon offre utile & honorable , et tous le jugent capable , notamment 
Mon'. Dauber qui s'y cognoirt , & ai eflé prié de vous en efcrire pour en avoir l'ap- 
probation et autorifation des Curateurs , & par eux de fon Altedc. Je croy que n'y 
ayant aucune furchargc pour fon Alteflc, nous pouvons accepter fon offi'e, & luy 
donner ce nom, & fera, peut eftre, à propos que nous le fafllons lans y engager 
fon AltefTe, qui avec le temps pourroit luy ottroyer quelque petite prébende, comme 
d'autres miniftres en ont icj, et ce lans confequence, & fans en parler que l'occa- 
fion fe prefentant. Je vous prie que j'aye fur cela refponfe de Monf de Ilcnvliet & 
de vous, afin qu'il commence au plulloll:. Je voudroy que quelqu'un fe prefencult, 
qui pour fon exercice en voulull autant faire en grec, et nous en aurions grand 
befoin , Car nous avons un nom fans cffect. 

Pour le jugement Académique fur le duel pafTé, Monf Dauber vous en efcrira, 
& fe défend fort & eux tous , de n'y avoir procédé qu'avec raifon & prudence. 
Mon advis euft eflé qu'on eufl: relégué l'appellant. Mais ilz trouvoient que pour 
une première fois cela efloit dur. Et quant au Cavalier ilz difent avoir appris qu'il 
n'eftoit ni fécond , ni appcllant , Et qu'il n'eiloit point forti pour cela. Neantmoins 
il a efté deux jours chez le Prevoil. J'efpere que telles folies n'arriveront plus. 
Monf Renefle ne peut obtenir que fes gens laiiïent l'Efpée, et ils croient qu'il y va 
de leur honneur après l'avoir porté. Hz parlent de quitter tout pluftoll: que de le 
faire, & celuy de la Brille efl: défia forti pour cela, & pour l'ordre de tenir le 
Collège clos a certaine heure du matin & du foir. Il faudra faire ce qu'on pourra 
pour aider au Régent & fera difficile s'il n'y a une defenfe de la part de fon AltefTe. 

Pour MelT. vos enfans, devant leur temps achevé. Je leur traceray leur Itinerarium 



3) Antonius Ihilsius, lils d'un pasteur de même nom à Krooncnhuri; et de Mari^nrctha Stein- 
hergen, naquit en 1615a llilden(15er!;), et mourut à Leiden le 27 Kvrier 1685. Après avoir 
terminésesétudesct faitquelques voyages,il vintaux Pays-Bas en 1640. Appelé à Bréda comme 
pasteur, en 1644, il fut nommé professeur d'hébreu à l'Ecole Illustre en 1650. En 1661 il partit 
pour Leiden, où il devint professeur de tliéoloi;ic, en i66;. 11 a laissé beaucoup d'ouvrages. 



IIO CORRESPONDANCE. 1 649. 

félon que je me le propofe, duquel ilz prendront ce que vous aurez agréable , & je 
leur donneray une recommandation partout, avec les noms de ceux aufquelz ilz 
auront a s'adreiïer aux lieux principaux. 

Mon filz vous communiquera & a Monf. de Willem ce que je luy ai expofé pour 
remplacer a Amfterdam Monf. Volîius ■•) avec ufure, fi non pour la Grammaire, 
au moins pour toutes hiiloires Sacro-profanes pour TExaéte Chronologie; pour la 
convcrfation & cntre-gcnt, & pour toute l'Antiquité. Si vous trouvez l'ouverture 
bonne de laquelle j'ay efcrit a M. Hotton 5) a Amftcrdam, je vous prieray d'en 
faire mention a MeŒ d'Amfterdam qui font là. Ce feroit un grand acquifi: pour 
leur ville & tout le pais, & Monf Boreel ^) allant a Paris pourroit faire cela et y 
rculliroit. Je vous prie en dire voftre fentiment a mon filz. Je n'y ai aucun interefl: 
particulier. Mais ceft homme eft un grand Threfor. J'attendray fur tout cela de 
vos nouvelles & de Monf de Willem , pour le moins par mon filz , qui vous pourra 
foulager d'ime longue lettre. J'ay peur de prolonger trop cette ci & pécher in 
publica & privata commoda. Je vous fouhaitte, Monfieur, & aux voftres toute 
profperite & toutes bencdiftions , & vous fupplie me croire pour ma vie. 

Monsieur Voftre tref-humble & obeilTant ferviteur 

De Breda le 30 Apvril 1 649. André Rivet. 

Je fuis tref-humble ferviteur de Monfieur 
de Henvliet. Je ne fçay s'il eft a la Haye. 
En tout cas je vous prie luy communiquer 
le tout de ce qui concerne noftre charge. 

A Monfieur, Monfieur de Zuylichcim, Confcillcr et Secrétaire 
d'Eftat de fon Alteffe 

A la Haye. 



"t) Gerardusjohannes Vossius, fils du pasteur réformé Johan Vos (Alopecius)et deCornelia van 
Biele, naquit en 1577 près de Heidelberg et mourut à Amsterdam le 17 mars 1649. En 1598 il 
devint recteur de l'école latine h Dordrecht; en 1615 il vint à Lciden, où il fut nommé 
professeur d'éloquence en 1622 et de grec en 1624; en 1631 il partit pour Amsterdam comme 
professeur d'histoire. Il publia beaucoup d'ouvrages, plusieurs fois réimprimés. 

5) Godefroy Hotton naquit à Amsterdam en 1596 et y mourut le 26 juin 1656. Depuis le 26 
novembre 1634 il y était pasteur de l'église Wallonne. 

") Willem Boreel , fils du Clievalier Jacob Boreel de Middclbourg et de sa seconde épouse Maria 
Gremminck , naquit à Middclbourg le 24 mars 1591 , et mourut à Paris le 29 septembre 1669. 
II était Baron de Vrcmdijke, etc.; diverses missions diplomatiques lui furent confiées. En 
1619 James I le lit Chevalier, et en 1644 Charles I le créa Baronet. En 1626 il devintPen- 
sionnaire d'Amsterdam et fonda ainsi la branche Amsterdammoise de sa famille. Il a été 
Ambassadeur à Paris de 1650 à 1668. Dans sa carrière diplomatique il excellait par sa fermeté 
et sa droiture; savant lul-mènie, il aimait à protéger les hommes de science. 



CORRESPONDANCE. 1649. 



N= 64. 

Christiaan Huygens à Constantyn Huygens, frère. 

6 SEPTEMBRE 1649. 

La lettre se trouve à Lciden, coll. Huygens. 

A la Ilaijc ce 6 Sept. 1649. 
Mon frerk 

Il i] a prefquc un mois que nous avons quitté Brcda pour n'ij plus retourner. Je 
croyois que Mon Père l'eroit tout prell pour nous envoyer en France , mais ce ne 
fera pas encore fi tofl: a ce que je voij, et s'il ne prefente quelque fort belle occafion 
nous demeurerons a tout le moins encore cet hyver icij a la Ilaije, ou il veut que 
nous aillions fréquenter le Rolle'), mais j'efpere que ce ne fera pas pour longtemps. 
Cependant je paflè icij le temps le mieux que je puis. Nous venons de faire une 
Promenade par l'Isle de Voorn et Bcyerland avecques M. van Leeuwen ") et le 
Capitaine BifTchop : et fi tofl que S. A. fera partie pour Dicren, (qui fera fi toil que 
les Efl:afi: d'Hollande feront feparez) je m'en vaij avecq mon Père pour voir noitrc 
Seigneurie de Zeelhem ^') et en retournant nous pafTerons par Louvain , Malines 
et Anvers. Je vous prie de m'efcrire aufli de vos nouvelles et de m'envoyer quelque 
Air nouveau fi vous en avez: Mademoifelle la Barre-*) en a envoyé deux a mon Père 
qu'il ma permis de copier, mais les voulant monftrer pour quelque chofe de rare 
j'en ai) trouvé qui les avoyent eu longtemps devant moij. Ce qu'on efiime le plus 
dans les Airs c'efi: la nouveauté , de forte que quand ce ne feroit que quelque petite 
chanfon a Boire que vous m'envoijez je ne laiflTeray pas de vous en avoir beaucoup 
d'obligation; et s'il ij a en ce païs en quoi] je vous puifTc fervir, je fcraij toufjours 
tresaijié de tefmoigner combien je fuis 

Monsieur. V^oftre très affccl:ionné frère et Icrviteur. 

Chr. Huijgens. 
A Monfieur Monfieur C. Huijgens. Secrétaire de S. A. d'Orange. 



') C'est la chambre des avocats auprès des cours de justice. 

-) Simon van Leeuwen, ami intime de la famille Huygens, naquit le 17 octobre 1625 à Leiden, 

et mourut à la Haye le 13 janvier 1682. Il était avocat distingué à Leiden, puis Grellier du 

Grand-Conseil à la Haye (1681). Il a beaucoup écrit. 
3) Zeelhem est situé dans le Limbourg, près de Hasselt. 
■♦) Anne de la Barre, chanteuse estimée, belle actrice française à la Haye, amie du Prince 

d'Orange, était fille du Sr. de la Darre, „()rganiste et Epinette du Roy et de la lleyne." 



CORRESPONDANCE. 1649. 



N= 65. 

IIendrik Comte de Nassau') à [Constantvn Huygens, père] 

16 OCTOBRE 1649. 

/,« lettre se trouve à la Haye, /Irchtyes ihi Roi. 
MiJNHRERK. 
UEd'- Soon -) is giftcrcn alhier tôt Bentheim geluckig gcarrivcert, nae dcwelckc 
ich ter Burgh wel twec h dryc daghen met Ibndcrlinghcn verlangcn hebbc gewacht, 
cnde ondertulTchen mijne rcijfe tôt hierentoe geavanceert, Mijn hcerc Schoonva- 
der^) heeft voorfz. UEd'- Soon met fijn Trompeta ende een knecht geaccompag- 
neert mij naegcfondcn, ende fullen wij van daghe onfe reijfe tôt Linghcn toe vervor- 
deren. Met is mij fecr licf te verncmen, dat onder andcrn ichooncn l'cicntien meer- 
genocmde UEd'- Soonoock in den Rcchten is ervaeren, fulcx dat ick in mijn voor- 
hebbendc Dcenfche faecke fijnes raets gcbruijcken ende hem als mijnen voornaem- 
rten Confeillcr houden werde, Verfecckcrende UEd'- dat ick allerdings goede forge 
voor hem lai dracghen, ende, met God, geluckich wederom te rugge brengen, 
OndcrtulTchen UEd'- in Godes proteftie bevclendc, lai altijts fijn cnde blijven 
MlJNHRERE 

UEd'- dienftwillighe ente verobligcrten Dienar, 
Henrij Comte de Nassau. 
Benthem , den 1 6 October 1 6^g. 

N= 66. 

Constantvn Huygens, frère, à [Christiaan Huygens?].') 

8 DÉCEMBRE 1 649. 

La lettre se trouve à /Imstertlani, Archives Municipales. 
Elle est la réponse à une lettre du 15 Novembre 1649^). 

Genève, 8 Dec. 1649. 
Mon FRERE, 
Je viens de receuoir voftre dernière du 15. qui me confirme la mort de la pauvre 
Mad'le van Vlaerdinghen ; que j'ay fçeuc par une lettre de Crommon. Cette perte 

') Hendrik, ComtedeNassau-Siegen,le quinzième des 23enfantsde JoliandeNassau-Siegen etde 
sa seconde épouse Margarctha de Ilolstein-Sonderburg , naquit le 9 août 161 1 : il mourut en 
1652. Il servit dans l'armée des Pays-Bas, souvent aussi il remplit des fonctions diplomati- 
ques, entre autres en France et en Suède. Il épousa en 1646 sa nièce Maria Elisabeth, fille 
unique de Ernestus Comte de Liniburg-Styrum. Celle-ci mourut le 27 décembre 1707. 

°) Christiaan Huygens. 

3) Ernestus Comte de Limburg-Styrum naquit vers la fin du i6e siècle et mourut en 1666. Il 
épousa Magdalena Comtesse de Benthem, puis Sophie Margaretha, la 14" enfant de Johan de 
Nassau-Siegen. C'est de ce dernier mariage que naquit sa fille unique Maria Elisabeth. 

') Il est douteux si cette lettre a été écrite à Christiaan ou bien à Lodcwiji; Huygens. 
'') Cette lettre est absente. 



CORRESPONDANCE. 1649. 



m'afflit^e beaucoup, car c'cftoic une fille que j'ay fort conncue et ay elle dans ces bon- 
nes grâces iims me venter autant que peribnne un peu devant mon départ. Miicr 
daer ghaen fulcke fchoone hlommen op alfîer onder ghacn. Et cette race la ne dé- 
faillira pas. Voila Beckcr qui le marie encore de peur que la race des comardes 
ne défaille. Mais je fuis faicbé de ce que vous ne me dites pas lequel des Beckers 
c'eil, ny qui ell la dame que vous deliti;nez par le nom ôi Indienne par ma foy fort 
problematiquement ct)nime dit Tallin. Ces nopces refjouiront bien la Couline 
Dorp qui les delîroit tant, ce fera a nous de Fy mener comme je fais eilat. J'attends 
que vous m'informiez du llicces du feitin et de ce qui s'y eit palle de remarquable 
et fuis 

Mon FRERE 

Voftre bien nffeélionné Frère 

C. HUIJGENS. 



N= 67. 

Christiaan Hi'VGENs à CoNSTANTYN HuvGENs , frère. 

25 DÉCEMBRE 1649. 

La lettre se trouv: à Leiden, coll. Htiygcns. 
Constant ijii y répondit par le No. 69. 

Haye ce 25 Dec. 1649. 
Mon FRERE 

Il ij a 5 ou 6 jours que je fuis revenu de mon voyage de Dennemarck ') ou j'aij 
elle avecq Mr. le Comte Hcnrij ") comme vous Içavez. Pour luij il n'a pas eilé plus 
loin qu'en Holfteijn, mais moij, ayant trouve bonne compagnie j'aij eu alTez de 
curiofité pour pafler plus avant j'ufques a Coppenhaghe et Elfcneur ou les navires 
ont accouilumé de payer le tribut au Roij; et \\ la faifon l'cuft permis, j'euiïè peut 
citre palfc plus outre en Schonen et Suéde pour ij voir Mr. des Cartes et la Reine ■-•') 



') Le retour de Christiaan est mentionné dans le Journal de son père en ces termes: 

10 Dec. Redit Chrillianus meus a Daniâ fofpes. Deo Optimo Maximo Laus in 
aeternum. 

-) Ilendrik , comte de Nassau-Siegen. Voyez la Lettre No. 65. 

■">) La Reine Christine Auguste de Suède, iille de Gustav Adolf et de Maria Elconora de Bran- 
denburg, naquit le 8 décembre 1 6^:6 et mourut le 19 avril 1689. En 1644 elle succéda à son 
père; depuis 1651 elle s'entourait de divers savants et correspondait avec eux. Le 6 juin 1654 
elle abdiqua et se mit à voyager, étant devenue catholique. En 1660 et 1667 elle tenta de re- 
monter sur le trône de Suède, puis elle s'établit à Rome; à sa mort elle laissa au Cardinal 
Azolini, son Intendant, sa magnifique bibliothèque, acquise ensuite pour la Vatieane. 

Oeuvres. T. I. 15 



114 CORRESPONDANCE. 1649. 

dont il cfcric tant de merveilles , mais ce n'eiirt pas elle pour revenir avecq Mr. le 
Comte. Au commencement j'ay elle avecq luij 10 ou 12 jours a Flenl'burgh en 
1 lollleijn ou la Cour eftoit; la on n'avoit autre pafTetemps que de manger et boire 
danler et jouer: L'apresdifner on s'alloit divertir //m y)Y«/MY7«i/7/;wer ou il ij avoit 
I sdamoilelles de la Reine et quelques freiileins^ toutes habillées a la Francoife mais 
dont pas une ne parloit François. Apres louper d'ordinaire on ij danla le Roij •*) 
et la Reine auffi bien que le reftc ; la Reine s) n'a que 1 8 ans , mais pour le Roij qui 
en a plus de 43 , j'eftois bien eftonné au commencement de voir qu'il s'amufoit a 
danier de feiïies avecq nous autres. Monfr. le Comte eftoit toufjours de la partie et 
Béer ") ciloit le maiitre qui nous enfeignoit de ces contredanfcs d'Angleterre , ou 
Ton ne s'en iert plus. Je vous pourrois longtemps entretenir de ce que j'aij veu et 
remarqué en tout ce voijage , mais pour abréger je vous diraij feulement ce que j'aij 
trouvé de nouveau en leur façon de vivre. A table horimis a celle du Roij l'on n'ij a 
point de ferviettes. ils boivent la bière hors de grands pots d'argent qu'on a de la 
peine à lever, dans leur pain faulces et avecq beaucoup d'autres viandes ils mettent 
du cumin, par tout on ij couche entre deux lits de plume, on ij difne a i o et fouppe 
a 5 heures. Je croyois \'ous en dire bien d'avantage mais je ne m'en icaurois fouve- 
nir a cet heure. J'efpcre que vous vous ibuvicndrez mieux de me relpondre et de ce 
que je fuis 

Voftre frère et ferviteur 
Chr. Huijgens. 

Toot vous efcrira fans doute que Frelle Juliane de Brcderode ^) efl: deveniie 
infenfée , et que Mr. Kinfchot ^) n'en eH pas loin en ce qu'il a change de religion. 

Aen Mijn Heer Mijn Heer Huygkns, Secretaris van S. Hoocheijt 

te 

Genève. ») 



•*) Frcderik III, fils du roi Christian IV de Danemark, naqnit le i 8 mars 1609 et mourut à Copen- 
hague le 9 février 1670; destiné ;\ l'épiscopat, il devint en 1634 archevêque de Brème; en 
1648 il succéda à son père comme Roi de Danemark; en 1643 il épousa Sophia Amalia. 

5) Sophia Amalia, fille de Georgius, Duc de Lunebourg, naquit le 24 mars 16:4 et mourut le 
20 février 1685. Le 18 octobre 1643 elle s'unità Frederik III, Roi de Danemarck. 

On voit que Christiaan Iluygens donne 3 ans de trop au roi , et - ans de moins à la reine. 

^~) Béer était un subalterne à la cour de la Haye, musicien amateur. 

'') Juliana de Brederode est une des cinq filles de Johan Wolfert de Brcderode, le Feld-Maréchal, 
et de la comtesse Anna de Nassau. 

8) Peut-être s'agit-il ici de Ambrosius van Kinschot, fils de llendrik van Kinschot et de Margaret 
Douglas, dite Schot. Il est mort comme chanoine du Cloître Rouge à Bruxelles. 

*) Cette adresse est écrite au crayon. 



CORRESPONDANCE. 1649, 50. 



115 



N= 68. 



ClIUISTIAAN HUVOENS h ? 

Le manuscrit se trouve à Leiden, cnll. Huyiiciis. 
[,649]. ■) 

Aliii demonftratio prop. i8, 
Archimcdis de Spiralibus. 
Sic ARO Spiralis primac ivv(.ilutionis; Circiilus priimis AOE; AB (ic acqualis 
pcritcriae dicti circuli et ex B pcr O diirta lit recta linca; dieu Iranc eontingere fpi- 

c 




ralein in punfto O tcrmino fpirac. vSi cn"m non tangit fccaliit eam vel intra vel extra 
cireulum. fecet primo cani refta BLO intra circulum in L: ducatnr radins AF et 
cadat LU pcrpendicnlaris in AO. FL eft ad FA vel OA nt circumterentia OF 
ad eircnmterentiam totius circuli quae eil BA, ergo permutando etiam FL ad cir- 
cumterentiam FO nt OA ad AB vel OH ad HL, quod eft abfurduni, quuni 011 
fit major FL et HL minor circumterentia FO. Sccet nunc Ipiralem produètam, 
refta BOG extra circulum in G : ducatur itcrum ex centro AG et fit GC pcrpen- 
dicnlaris in AO produftam: GQ efi: ad QA vel OA ut circumterentia QO ad cir- 
cumterentiam totius circuli AB, ergo et permutando GQ ad circumferentiam QO 
ut AO ad AB, five ut CO ad CG, quod eil abfiu-dum; quum GQ major fit CO, et 
circumterentia QO minor reftà CG. Scquitur igitur BO reétam, ipiralem tangere. 

N= 6c,. 

CoNSTANTVN HuYC.F.Ns , frèrc , h Christiaan HrVGENS. 

JANVIER 1650. 

La capte se trouve à Lcidcn , coll. Iliiygens. 
La lettre est la réponse au No. C)7. Christiaan y répondit par les AW. 70 et 72. 

Mon Frère. A Genève ce . . . janv. 1 650. 

J'aij reccu celle que vous m'avez efcrite depuis voflre retour de Danemarcq. 
Vous ne me dites rien de ce que vous ij avez veu. J'efpere que vous aurez tenu un 



■) En haut de la page Christiaan Ihiygensa écrit lui-même: Chr. Hugenii A° 1640. 



Il6 CORRESPONDANCE. 1650. 



journal comme j'aij fait depuis le premier jour démon dépare. Nous les lirons cn- 
i'emble, quand j'ij auraij adjouté celuy d'Italie l'cllé prolchain, ou il faut que j'aille 
avant que de revenir. Si vous me rencontriez avec une grande perruque et une 
grande barbe vous me prendriez pour un autre afTeurement. Nous fommcs icij a 
prefent dans des groiïcs neiges , qui rendent les grandes pointes des Alpes , que je 
puis voir de ma chambre terribles a voir. Vous n'en aurez pas veu de fi hautes a 
voftre voijage.On pafTe le tems gaillardement icij a caufer, jouer et veiller, qui veut 
dire domier des vifites après fouper, chofe fort ufitce icij et mefme par tout en 
France, dont vous trouveriez les façons de vivre très différentes, et bien plus 
ellranges que celles de Danemarc. 

On fait icij de très bonnes montres et à bon marché & &. 



N= 70. 

ClIRISTIAAN HHVGENS à CoNSTANTVN HuYOENS , frèrC. 
17 JANVIER 1650. 

La lettre se trouve à Lcii/cii, coll. Iluygeus. 
Elle est la réponse au No. 6y. Constant ijn y répondit par le No. 71. 

Mon Frère, 
Je commence a eftre malade et mon frère ') de fe porter mieux : il ij a longtemps 
que j'aij preveu ce malheur et je croij que ce font les reftes d'une maladie qui m'a in- 
commodé déjà quand j'eftois °) à la Cour du Ducq de Hollleijn '), ou je la fis cefîer 
en tenant bonne diète ; Je n'aij pas encore pris médecine et m'en garderaij tant qu'il 
me fera pofïible, mais cependant j'aij le mefme mal que mon frère avoit quand il 
en prit ; c'efi: que j'aij des enflures au col de coilé et d'autre un peu defibus les oreil- 
les, qui font fort mal, et après cilre diflîpees font tomber des defluxions fur les bras. 
J'efperc pourtant que je fcraij plus heureux que luij et que je vous manderaij bien- 
tofl: des nouvelles de ma ianté, qui vous feront plus agréables que cellefeij fi vous 
defirez la mienne autant que je defire la vofire. L'on eitoit fort en peine de vous et 
fiir tout mon père quand vous aviez mandé dernièrement que vous aviez peur de 
devenir Pulmonique. Mais aufll a il eilé plus aife que pas un d'entendre que vous 
aviez recouvré voftre première fanté et que vous eftiez de fi bonne mine et fi beau 
qu'on ne vous appelle maintenant a Genève que le Beau Monfieur. il faut bien que 
cette perruque que vous avez mife vous ait changé d'importance , et qu'elle contri- 



') Lodewijk Huygens. 

=) Voir la Lettre No. 67. 

3) Johannes Christianus, fils aine du Duc Alexandcrvon SonderhuriïCt deDorotlieavonSclnvartz- 

burg, DucdeHolstein Sonderburg, naquit le 16 avril 1607 et mourut le 30 juin 1653. Il épousa 

en 1634 Anna von Oldcnburg (1605 — 12 décembre 1688). 



CORRESPONDANCE. 1 650. II7 



bue beaucoup a la beauté, car tant que vous avez elle icij a la Haije, je ne vous aij 
ia[mais]-*}ouij donner le furnom de Beau ; Tant que vous n'eftespas icij je n'en luis 
point envieux, mais j'efpere pour noilre bien et pour le bien de toutes les damoilel- 
les et damoifeaux de la Haije qu'a vollre retour vous aurez quitté la beauté avecq 
la perruque , et qu'on vous verra pluitoil avecq les cheveux un peu courts comme 
ils ont accouftumé d'cllre quand on vient de la quitter. Vous direz ians doute que 
je ne luis pas trop malade encore, puifque j'aij envie de railler, mais fcachez que je 
n'aij autre chofe a vous efcrirc puis que Toot vient de m'advertir qu'il vous a 
fait part de l'unique nouvelle que nous avions, et pardonnez la longxur d'une lettre 
qui ne dit rien a un pauvre malade qui ne cefTera que le plus tard qu'il luij fera 
polîiblc d'eftre 

Mon frkre 

Voftrc frerc et ferviteur 
le 17 de fan. i<55o, Chr. IIuygens. 

N= 71. 

CONSTANTVN HuYGENS, frère, à ChRISTIAAN Hl'VGENS. 
8 FEVRIER 1650. 

La copie .«■ traître ù Li'ulen , ail, Hiiygens. 
La lettre est la n^pousc an Nu. 70. 

A Genève ce 8. de Febr: 1650. 

Je viens de recevoir la voilre du 17. du mois pafTé. J'efpere que vous ferez main- 
tenant guerij de l'incommodité de Gôlîerqui vous tourmentoit alors, car ces maux 
viennent et s'en vont de meime foudainement. Mon Frère Louis ne me mande rien, 
fi non qu'il fc porte mieux, fouhaitteroit aller en France, et n'ij fcauroit encore par- 
venir, en forte que quand vous me renvoyez a lui pour fcavoir des nouvelles. S/10 
wijfe mij op een dorp daer gecn huijfen en jlacn. Je penfe qu'en trois iemaines je par- 
tirai] pour aller a Rome. Si vous eities icij vous verriez bien de belles choies que 
d'autres gens ne voijent pas, fur tout un paijs qui ell a peindre de quelque coilé 
qu'on fe tourne. Je ne luis pas aflez grand maitre pour le delFeing moij mefme, mais 
je trouveraij quelque Craeiiver ') de peintre, qui me le fera, comme j'ay déjà fait 
a Lyon. 

J'attache ces pièces dans mon Itinéraire, qui en vérité elt un livre de prix, et 
que vous ièrez bien aile de voir. 



*•) En cet endroit la lettre est décliirée. 



') C'est-à-dire : croùtier. 



Il8 CORRESPONDANCE. 1 650. 



N= 72. 

CURISTIAAN Huvr.RNS à CoNSTANTVN HuYGENS , frèrC. 
8 FÉVRIER 1650. 

/.a lettre se trouve à Londres, British Muséum, 
Elle est la réponse au No. 69. Constantijn y répondit par le No. 76. 

Haye ce 8 de Fevr. 1650. 

Mon FRERE 
Depuis mes dernières rien ne s'efl pafTe icy qui mérite d'ertre rapporté, et pour- 
tant j'ayme mieux remplir ma lettre de choies frivoles et de petite importance que 
de laiflèr efcapper l'occafion de vous efcrire, je vous prie d'en faire autant. Mon 
Père avecq ma coufine et ma foeur font priez aujourdhuy aux nopces de ma confine 
Blonmiaerc ') et du S''. Elfevier ") qui fe font le 1 5'"= de ce mois , mais ils n'ont garde 
d'y aller. Touchant noftre autre coufin van Sonne, de qui j'ay fait mention dans 
mes précédentes, j'ay appris que maTante et ma Confine Dorp ■'') avecq M'ie Dorp '•) 
l'aifnée ont efte chez ma coufine Bodaen s) pour congratuler l'efpoufe; la mère 
leur vint ouurir la porte et leur dit , Que venez vous faire icy ? Eftce pour vous 
mocquer de moy que vous venez? Elles efl:oyent bien furprifes et refpondirent 
qu'elle ne dcvoit pas trouver extrange que tes plus proches parents vinfl^ent voir 
la fille en refl:at ou elle eftoit maintenant. Vrayment vous elles de beaux parents, 
dit l'autre , il vaudroit autant de n'en avoir point , je croy que c'ell bien la première 
vifite en 20 ans, qu'on ait eue de vous: après elle dit entrez, entrez; mais je vous 
affeure qu'elles n'y demeurèrent guerre long temps: je voudrois avoir elle prefent 
a cette agréable entreuue , et qu'il m'en euft coulle quelque choie. J'ay receu la 
voftre par la quelle vous me mandez en quel eftat font les Alpes, et que vous croyez 



') Catharina Blommaert, fille de Samuel Blommaert, Bewiiidhebber (directeiirVIe la Compa- 
gnie des Indes Occidentales à Amsterdam. 

") Abraham Elsevier, le deuxième tils du célèbre imprimeur de même nom et de Catharina 
Regout, naquit à Lciden le 17 juin 1625 et mourut le 9 mai 1694. Il épousa le 15 février 
1650 la dite Catharina Blommaert. Il était receveur du Quartier Kempeland. 

•") Christiaan Huygens avait deux tantes de ce nom : 

Ida van Baerle, née en mars 1601 à Amsterdam et morte le 5 octobre 16-3; elle épousa en 
mars 1626 Arent van Dorp. Sa fille se nommait Anna. Voyez la Lettre N°. 55. 

Sara van Baerle, mariée à Philips van Dorp (voyez la Lettre ÏS]°. 55); elle avait une fille Sara, 
morte le 2; février 1669. 

*) Dorothea van Dorp, fille de Frederik van Dorp et de sa première femme Anna Schets van 
Grobbendonk; elle mourut le 23 mars 1659. 

5) C'était la veuve du conseiller Balthasar Boudaen. Sa fille Suzanna, née en 1622, qui était 
très belle et menait une vie assez indépendante, épousa à Batavia en juin 1645 le suédois Fre- 
derik Coyct; elle mourut à Formosa. La seconde fille, Constantia, née en 1626, épousa en 
1644 François Caron, conseiller à Batavia, qui se noya en 1673. Les mœurs de la maison 
Boudaen, étant assez libres, peuvent avoir été la cause du désaccord avec la famille van Dorp. 
Dans cette lettre il s'agit d'une fille cadette. 



CORRESPONDANCE. 165O. I19 



que j'aye bien vu de femblahles montaignes en mon voyage. Mais il faut que vous 
icachicz, qu'il y a moins de relemblanee des plus grandes que j'aye vu aux Alpes, 
que de noftre montaigne de Voorburg que mon Père y a fait faire au milieu du 
bois , a celles la ce ne font que des montaignes de la hauteur de celle d'Amersfort , 
ou un peu plus. J'ay veu au bout de voftre lettre, le cercle qui monllre que vollre 
monilre ell de moyenne grandeur, et j'cude elle ravy fi vous y euffiez mis quant et 
quant celle de vortre nouuelle barbe : je croy que vous ne l'avez pas voulu mettre , 
pour me caufer plus d'ellonnement à vollre retour, c'eft pourquoy je ne vous en 
prieray pas , mais bien d'un autre chofe qui me rejouira fort , c'ell qu'il vous plaiie 
me monftrer par trois ou quatre traits de plume, la vue de voilre feneilrc, et com- 
ment on y voit les pointes des Alpes environ, faites le feulement par coeur, ii ce 
vous c\\ trop de peine d'y regarder. Je vous en fupplie, et promets qu'en tout ce 
que vous délirerez de moy je vous feray voir que je fuis 

Vollrc trcs-afFeftionne frère et ferviteur 

ClIR. HUYGENS. 

Monfieur Monfieur I Iuygens, Secremire de S. Alteile d'Orange. 

A Genève. 

N" 73. 

Christiaan Hlvgens à Constantvn Hlvcens, frère. 

[la EÉVRIER 1650]. 

La h-tli'i: Sl- triiuYC i: I.e'ideii , cuil. lluygcns. 
C'iustiiiinjii y répoud'u par le No. 77. 

Mon Frerk. 
Je viens de faire le chemin de Voorburgh avccq Mon Perc moitié à pied moitié 
par bateau a caufe que l'un de nos chevaux de caroife, ellant devenu maladif, cil: 
envoijé a la foire d'Vtrecht pour ij cftre vendu. Vortre hacqucnée a ce que nous 
avons appris par les dernières lettres de Toot court grand ril'que d'en eftre faite 
autant, car apparemment Milord Cravain ') en revenant de Heidclbergh prendra 
fon chemin par eau, mais il n'eil pas encore bien certain s'il ira julques là. Mainte- 
nant ils font à Cafiel, et c'ell: aujoLn\lhuij -) que IN'Ir. l'Electeur •') fe marie. Mr. Crt>m- 



') William, premier Earl de Cravcii, naquit en 1606 et décéda le 9 avril 1697. En 162- il devint 
Baronet et en 1663 Viscount. Il était diplomate et visita souvent les Pays-Bas. 

-) Ce mariasse eut lieu le 1 2 février 1650, ce qui a servi à déterminer la date de cette lettre. 

•>) Karl Ludwig, né le 22 décembre 1617, succéda à son père Eriedrich V (16 août 1596 — 19 
novembre 1632) comme Electenr Palatin; il mourut le 28 aotk 1680. Il épousa Charlotte de 
Hessen-Cassel et de cette union naquit entre autres le 10 avril 1651 son successeur Karl II. 
En 1662 Charlotte se retira de la cour de Heidelberii; et retourna à Cassel , son mari ayant 
épousé en 1658 de la main gauche Luise von Degenteldt. 



CORRESPONDANCE. 165O. 



mon a eu fa première annonce la dimanche paflee ; je ne vous efcriraij pas d'autres 
parcicularitez couchant le nom et les qualitez de fon elpoufe car je ne doute pas que 
vous n'en l'oyez pleinement informé par Mr. Kinfehot •*). Il ij a encore un autre ma- 
riage à Amiterdam, ou je luis prié aux nopces, c'ell de la fille ') du l'eu drolTart 1 looft ^) 
et du Sr Coenraed Burgh "), Ei'chevin de la ville, et avecq cela homme fort riche: 
je ne manqueraij pas de m'ij trouver. Mon Père a aujourdhuij receu lettres d'Am- 
fterdam par les quelles il el1: prié à l'enterrement du Coufin Viflchcr, qui mourut 
hier au matin fort t'ubitement d'une apoplexie ; il ne s'ij trouvera pas. Voyla toutes les 
nouvelles que j'avois à vous mander , et voicij pourtant encore une nouvelle Epi- 
gramme ^) d'un nouveau poète qui fera tou(]ours 

Mon Frère Volcre trelaifectioné frcre et ierviteur 

Chr. Huijgens. 

Vous avez veu les epitaphes de mon Père, et verrez aijfement que ce font ceux 
la qui m'ont donné occafion a faire cettuij cij , qu'on n'a pas trouvé mauvais. 

A Monfieur Monfieur Huijgens, Secrétaire de S. Altefle d'Orange 

A Genève. 



4) Roeland van Kinscliot, fils du Conseiller Caspar van Kinschot et de Catharina Sweerts de 
Weert, naquit à la Haye le 16 novembre 1621 et y mourut le 20 février 1701. Il devint en 
1673 conseiller à la Cour de Hollande. 

5) Christina Hooft, fille de Pieter Cornelisz. Hooft et de sa seconde épouse Leonora Hellemans, 
veuve dejolian Baptista Bartelotli van den Heuvel. 

") Pieter Cornelisz. Hooft, fils aîné de Cornelis Pietersz. Hooft, homme d'état, qui fut à plusi- 
eurs reprises Bourgmestre d'Amsterdam, et de Anna Jacoba Blauw, naquit le 16 mars 1581 
à Amsterdam, et mourut le 21 mai 1647 à la Haye. Il était poète et prosateur des plus célè- 
bres. Le 28 mai 1609 on lui confia une des charges les plus honorifiques de la Hollande, en le 
nommant Drost (Bailli) de Muiden. C'est au château de Muiden qu'il forma un cercle litté- 
raire, fréquenté par tous les poètes de ces temps. Il épousa en 1610 Christina van Erp, morte 
le 6 juillet 1620; elle lui donna deux fils et une fille, qu'il perdit en bas âge. En secondes noces 
il épousa L. Hellemans, qui lui donna un fils, Arnoud Hellemans Hooft, né en 1630, puis 
Christina, voir la note précédente. 

") Coenraad Burgh, fils du Dr. Albert Coenraadsz. Burgh et de Anna van Diemen Wolfert- 
dochter, naquit en 1623 à Amsterdam, où il décéda le 9 novembre 1669. Il était Seigneur de 
Kortenhoef et accompagna son père dans une ambassade en Russie (1647). Il devint échevin 
d'Amsterdam et en 1666 Trésorier général des Provinces Unies. 

8) Voir le N°. 74. 



CORRESPONDANCE. 1650. 



N^ 74. 

ClIRISTIAAN HUYGENS h CoNSTANTVN MuVGENS , iTcrC. 

Appendice an N°. 73. 

I.f manuscrit se trouve à Lciden , coll. Uiiygeiis. 

Epitaphe de M. Scarron, ') pour M. d'Aumale. -) 

Cij gill et fait honneur aux morts 
Scarron le grand autheur burlefque; 
L'efprit qui fut toufiours grotefque 
Enfin s'eft mocqué de fon corps. 



Apres tant de rude Ibulfrancc 
Il s'eft couvert d'un autre elhiij, 
d'Ainnale Fa logé chez luij , 
Qu'on ne le cherche plus en France. 

Mais las! deftin puis que ta loij 
Depuis l'heure à Scarron fatale 
A mis fon efprit dans Aumale,* 
Que n'efl: celuij d'Aumale en moij ! 



N= 75. 

CONSTANTYN HuYGENS, frcrc, à ClIRISTIAAN HuYGENS. 
23 FÉVRIER 1650. 

La copie se trouve à LeiJcii, coll. Iluygens. 

Genève ce 23e Febr: 1650. 

Je fuis encore a Genève en bonne lanté et fais eftat de partir le mois profchain 

potir l'Italie, s'il plaill à Dieu, ou avec le Comte d'Ooft Friic '), ou bien feul, s'il 

tarde trop. Cependant pour prendre un peu l'air, je vaij faire un tour juiques au 

Canal d'IJverdun qui n'efl: qu'a deux journées d'icij. Delà j'iraij a Morat, qui efl: 



') Paul Scarron naquit à Paris en 1610 et y mourut en octobre 16(10. C'est vers Tan 1638 que 
ce poète burlesque, après avoir mené une vie dissolue, l'iit tout à fait dèiiguré par ime 
maladie. Il avait beaucoup d'amis parmi les savants. 

-) Voir la Lettre N°. j-. 



') Enno Ludwig, Comte d'Oost-Frise, fils aîné d'Ulric II, Comte d'Oost-Frise, et de Juliana 
de Hessen-Darmstadt. Il naquit le 29 octobre 1632 et mourut le 4 avril 1660. En 165611 
épousa Juliana Sophia Comtesse de Barby (morte en 1677). En 1654 l'Empereur le fit premier 
Prince d'Oost-Frise. 

Oeuvres. T. I. 16 



CORRESPONDANCE. 1650. 



un lieu renommé pour la défaite du Duc Charles de Bourgogne -), dont la mémoire 
ij d\ encore toute fraîche; avec des grandes quantitez d'olîèmens qu'on ij voit en- 
talTes les uns fur les autres. Sic vita traditur. 



N= 76. 

• [CONSTANTYN HUYGENS , frèrc] à [ClIRISTIAAN HuVGENS]. 

8 MARS 1650. 

La lettre et la copie se trouvent à Lciilcii , coll. Huygciis. 
Elle est la réponse au. No. 72. Cliristiaan y répondit par le No. 81. 

Geneue 8. Marty 1650. 
Mon FRERE, 
J'ay reçeu voflrc dernière , dans laquelle vous gazouillez fore et à loifir fur ma 
pauvre paire des mouftachcs, dont vous croirez ce qu'il vous plaira, je ne m'en 
mets pas beaucoup en peine. J'en envoyerois bien la mcfure et la grandeur fi je 
crojois que vous en vouluffiez fcavoir la façon pour en faire faire des femblables, 
mais confiderant l'eftat de vollre menton tel qu'il cftoit lors de mon départ Qdoen 
vas gij ruijgh ah ecn paes^ef) je me fuis imagine que vous n'en aviez pas encore 
à faire. 

J'ay fait un tour en SuilTc c'cft a dire en Allemaigne car on n'y parle prcfque 
rien d'autre. Dans un lieu qui efl: entre deux a deux journées et demie d'icy on 
parle un langage bigarré et compofé du François avec l'Allemand et ils difent 
SwagcrprefteinoytonwagenQtcho^Q'A femblables. Cette villette s'appelle Morat, ') 
fort renommée a caufe de la bataille dans laquelle le Duc Charles de Bourgoigne 
fut défait des Suides. On y voit encore touts les oHcmcnts des pauvres Bourgignons 
cntafTés les uns fur les autres ad perpetuam rei memoriam. 

r^ La fituation des Alpes 

"I' I a voir du cofte du Lac 

Léman eil fort bizarre , 
et jurtement il eil: a cette 
heure nuift fans cela je 
vous en donnerois le 
crayon mais ils font a 
peu près comme vous 
voyez cy deiïbus, toutes blanches de neige en tout temps. Adieu. 




°) Charles le Téméraire. Duc de Bourgogne, fut battu par les Suisses le 22 juin 1476, prés 
de Morat. 



') Voir la lettre No. 75. 



CORRESPONDANCE. 165O. I 23 

N^ 77- 

[CONSTANTVN HuYGENS, tVèrc] h [CllRISTIAAN HuYGENs]. 
16 MARS 1650. 

l.a lettre et la copie se trouvent à Leiden, coll. Iluygens. 
Elle est la réponse ait No. 73. Chrhtiaan y répondit par le No. 81. 

Gcncuc 16 mars [1650]. ") 
Mon Frère, 

J'ay Icu vos vers avec l'admiration qu'ils méritent eftants véritablement beaux 
et bien polys. Mon Père m'en envoya aulîi ime copie dans im petit billet lequel 
ayant leu devant fa lettre , je n'avois garde de croire li non que ce full de (1^ façon. 
J'ay monftré ceux de Mon père et de Mr. d'Aumale a plulieurs peribnnes d'icy qui, 
concordi judicio difent touts que ceux de Mon père font excellents et que ceux 
de d'Aumale ne valent rien, et j'en juge de mefme. Vous jouilTez de toutes les 
nopces et de tout ce qu'il y a de refjouifïïmces par delà pendant que je fuis tour- 
menté icy afuivre im gros Comte -') qui comme un cheval rétif ne va ny en avant ny 
en arrière, dieu fcait le plaifir que c'elt. Il ell vray que le defir d'aller en Italie com- 
mence prefque à me palTer comme Ton perd l'appétit h trop jeufner, et pourtant s'il 
me tarde encore quinze jours , il y aura bien du mallieur fi je l'attens d'avantage. 
Ibimus , ibimus. 

Enfin Cronimon le marie et prefque en mefme temps la dame -') a laquelle il en 
avoit fait a croire icy, qui fait pourtant un party bien plus avantageux que n'auroit 
elle celuy de Crommon. Il pourroic bien arriver que je ferois des nopces. Het fiicces 
met de nacfle. •*) Adieu. 

N= 78. 

Christiaan Huygens à Constantyn Huygens, frère. 

22 MARS 1650. 

La lettre se trouve à Leiden , cuil. Iluyi^ens. 

Haye ce 22 de mars 1650. 
Mon Frère, 
Ilij aaujourdhuij 3 fepmaines que j'efi:ois aux nopces de Mad"*^ 1 looft ') ou le plus 
grand plaifir que j'aije eu efioit de voir la folie de la jeunefie d'Amfierdam qui me 

') La lettre est dccliirée en cet endroit. 

-) Le Comte d'Oost-Frise. Voir la lettre No. 75. 

■') Mad""-' Turetini, fille de Jean de Turctin (ou Tiirctini), Banquier à Genève, qui avait or- 
ganise une Société (à laquelle Constantyn Huygens, père, prenait part) pour creuser un 
canal du lac d'Yverdun au lac de Genève. 

•t ) Nous ne possédons pas cette lettre. 



') Voir la Lettre No. 73, 



124 CORRESPONDANCE. 1 65O. 



fcnible cxceflîve et infiipportablc. M. Crommon m'a depuis prié aux ficnes, a qui 
je m'en fuis excufé, en ayant dcfia tout mon fou, quoyqu'envers lui] je ne me 
ibis pas Icrvij de cette excufe là. L'on ma dit à Amfterdam que les promelTes faites 
a M ad"" Turetini ayant elle fceues , ont grandement reculé les affaires et manqué 
de renverfer tout; de forte que voftre Lunati n'a pas du tout fins raifon prononcé 
ce bel Apopthegme. Neef Zuerius ') eft icij pour quelque temps avccq fes deux 
filles -) et l'aifné de fes fils 'j, Meerten "*) eftant reilé a Bolducq malade d'une fièvre 
tierce. Je taiche a leur donner du divertifl"ement en les menant quelquefois a la 
Comédie et ailleurs. Je voudrois que vous fufliez icij pour le faire , et que je fufie 
là ou vous elles , d'aufli bon coeur que je me dis 

Mon Frère Voftre trefhffeftionné frère et fcrviteur 

Toot eft revenu. Chr. Huijgens. 

A Monficur Monfieur Huijgens , Secrétaire de S. A. d'Orange 

A Genève. 

N° 79- 

Christiaan Hl'ygens à [Constantvn Hcygens, frère]. 

29 MARS 1650. 

La lettre se trouve à Leiden, coll. Ifurgens. 

Haye ce 29 mars 1650. 
Mon Frère 

J'aij vil une lettre de M. Schoten a Mon Père fur le fubjeél de vos vers, que vous 
avez fait a fa prière, fur l'effigie de M. des Cartes '} qu'il va faire imprimer a cette 
heure que ce grand perfonnage eft mort "), il femble qu'il a confulcé quelquefuns 



') Jacob Suerius, fils aîné de Jacob Suerius et deCatharina Hoefnagel, épousa Johanna Lopes 

et mourut à Bois-le-Duc. 
") Sara Suerius, épouse de Hamel Bruyninx, décédée le 25 décembre 1676; et Maria Suerius. 
3) Jacob Ferdinand Suerius, qui épousa d'abord Louiza Veteler, puis Mfi' van Elst. 
'*) Martin Suerius. 



') On trouve ce portrait de R. des Cartes avec la souscription „Francisc!is à Schooten Pr. Mat. 
ad vivum delineavit et fecit. Anno 1644" dans la seconde édition, de 1659, de „Geometria a 
Renato des Cartes". Au-dessous de ce portrait on lit ces vers: 

Prinius inaccessum qui per tôt saecula veruni 
Eruit }". tetris longae caliginis timbris, 
Mysta sagax, Natura, tuus, sic cernitur Orbi 
Cartesius. Voluit sacros in imagine vultus 
Jungere victurae artificis pin dextera famae , 
Omnia ut aspicerent quem ■saecula nulla tacebunt. 

CONSTANTINI HvGENll FLY. 

-') Il mourut le 1 1 lévrier 1650. 



CORRESPONDANCE. 165O. I25 



qui ij ont trouvé a redire et l'onr voulu corriger en quelques endroits , mais mon 
Père n'approuve pas leur correftions, que feulement en ce qu'au dernier vers, 
Oninia ut afpïc'iant qiiod faccula milla tacehunt^ ils ont fubilitué {quem) au lieu de 
Çquod.') L'on ij mettra vortre nom avecq un J h fin. Mon perc a fait quantité de vers 
iiir la mort du dit des Cartes, que peut eltre il vous envoije; ceux que j'aij enfermé 
icij dedans font les miens 3), que je vous envoije pour toute nouvelle, et demeure 

Voftre trefaffeélioné frère et lerviteiir 

CriR. HUIJGENS. 
Kn me ballant a depcfchcr eellccij faij par mefgarde pris le pot à encre en vou- 
lant mettre dufible fur mon cicriture, c'eil: pourquoi] cette lettre icij a fort mau- 
vaife mine. 



N= 80. 

ChrisïiaanHuygens, 1650. 
Appendice au No. 79. 

Ces vers out été iniprhin'x par Foticlier du Careil. 

Epitaphe de des Cartes par Ch. Huygens. 
Sous le climat glacé de ces terres chagrines 
Où l'hiver efl: fuivi de l'arrière-faifon , 
Te voici fur le lieu que couvrent les ruines 
D'un fameux bâtiment qu'habita la Raifoji. 

Par la rigeur du fort et de la Parque infâme , 
Cy gill Defcartes au regret de l'univers 
Ce qui servoit jadis d'interprète à l'on âme 
Sert de matière aux pleurs et de pâture aux vers. 

Cette âme qui toufjours , en fageffe féconde , 
Faifoit voir aux efprits ce qui fe cache aux yeux 
Après avoir produit le modèle du monde 
S'informe déformais du myftère des cieux. 

Nature, prends le deuil, viens plaindre la première 
Le Grand Defcartes , et monfiire ton défefpoir ; 
Quand il perdit le jour , tu perdis la lumière , 
Ce n'elT: qu'à ce flambeau que nous t'avons pu voir. 

Chris. Huygkns. 1650. 



3) Voir le No. 80. 



126 CORRRSPONDANCE. 165O. 



N= 81. 

ChRISTIAAN IIUVGKNS h [CONSTANTVN HuYGICNS, iVcrc]. 
5 AVRIL 1650. 

La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens. 
Elle est la réponse aux Nos. 76 et 77. 

A la Haije ce 5 de Avril 1650. 
Mon Frère, 

J'aij receu deux de vos lettres a la fois, dans ruiie des quelles vous m'envoyez 
le crayon des Alpes , et dans l'autre des louanges que mes vers ne méritent point , 
comme eftans les premiers qu'ayc jamais produit l'autheur , qui a peine peut efcrire 
en bon François, quand il ne fe attache point a la rime. Quand M. d'Aumale veut 
donner la plus haute louange a ceux de Mon Père ou de moij , il dit qu'ils font 
fans faute , ou n'en ont que fort peu. quant aux miens , c'efl: plus que je n'efpcrc fi 
ils font tels , mais je n'en croy pas a M. d'Aumale , nij le tiens pour juge compé- 
tent, veu qu'il ne s'arrefl:e qu'au fuperficiel, et qu'il s'efforce feulement à controu- 
ver quelque cacophonie (comme il les appelle); fans s'appercevoir que fes propres 
vers font pleins de fautes plus réelles et manquent bien fouvent de fens et de pointe. 
Le baftard de Ripperda ') ayant efté quelque temps dans la prifon, ou Mon père 
et beaucoup d'autres l'ont efté voir par curiofité, à la fin a eitc condamné a efire 
envoyé aux Indes, et pour cet effeft on l'a emmené d'icij à Amfterdam; ce voyage 
la le met au defefpoir et pourtant il efi: bien certain qu'il n'en feroic pas quite à fi 
bon marché fi ce n'eftoit en contemplation de fon père et de fes parents qui fe font 
employez pour luij. Nous fcavons cent contes des beaux exploits qu'il a faits, et 
Mon Père dilbit toufjours qu'il le faudroit condemner a delcrire Fhilloirc de fa 
vie. Je fuis 

Voftrc trefaffeclionne frère et ferviteur 

Chr. Huygens. 



') Probablement le fils, que M. Willem Ripperda, — (ils cadet de Willem Ripperda, Seig- 
neur de Hengelo, un des députes pour la paix de Munster en 1648, et de Alida van den 
Bouckhorst — eut auprès de M"= Anna de GoulTier, comtesse de Caravas, renommée par sa 
beauté et sa galanterie. 



CORRESPONDANCE. 165O. 127 

N" 82. 

Christiaan IIuvgens h [CoNSïANTYtJ HuvGENs, IVcrc]. 

12 AVRIL 1650. 

I.ii lettre se trniiyc à Leidai , cuil. Iluxi^eiis. 
Constcntijn r ripondit pur le Nu. 83. 

Iluijc ce 12 d'Avril 1650. 
Mon Frère, 

Jamais je n'ai] efté depourvcu de nouvelles comme je le fuis maintenant, et fî je 
vous cfcris encore ce peu de mots, ce n'eft que pour vous faire voir le deiîr que j'ai] 
d'avoir de vos lettres; et quand je ne le ferois pas mefine en cette confideration je 
le devrois faire par contrainte, et par commendement de Mon Père, qui a un foin 
trcfparticulier de taire continuer nollre correfjsondencc. j'ai] de la peine a mettre la 
main a la plume quand je n'aij rien a vous conter , et aflîn que vous croijez que les 
nouvelles que je pourrois fçavoir ne méritent pas d'eftre rapportées, je vous con- 
feflèraij , que j'en fuis réduit là , que pour la plus importante je vous raconterai] ce 
que j'aij leu dans la gazette. Il ij avoit dedans celle d'Anvers le dimanche palTé. Bat 
il! Suéde eeu geck geflorveii Wûs die feijde dût hij foo langh leven koii ah liij wildc. 
Notez que c'eil icij M. des Cartes. Je fuis 

\\:!llre trclhfFcctioné frère et fcrviteur 

ClIR. HUIIGENS. 



N2 83. 

[CoNSTANTVN HuvGENs, frèrc] à Christiaan IIivgens. 
29 mai 1(150. 

. La lettre et lu copie se trouvent à Leiileit, cuil. Iliiygens. 

Elle est la réponse au No. 82. 

Rome 29 may 1650. 

Mon FRERE, 

J'aij receu voftre dernière du 4c Apvril ' ) et l'éloge que donne le Gazettier à Mr. 
Defcarces, qui efl: tout à fait drolle. Ce coquin la mérite que touts les Philofophcs 
luy donnent les cftrivicres. Je vous fouhaitte bien de fois icy avec moy pour coiv 
fiderer enfemble tant de belles chofes dont il y a icy fi grande quantité qu'on 



') Nous ne possédons i"K)iiir cette lettre, à moins que ce 11c soit le No. S I du 5 avril. 



128 CORRESPONDANCE. 165O. 



s'en foule. Si vous regardez dans la moindre maifon la porte eftant ouverte vous 
verrez dans la Cour de derrière des grands orangers et trois ou quatre belles ftatués 
antiques de marbre blanc. Il y a trois jours que nous fufines dans les Catacumbes, ou 
Roma fbtterranea dont vous avez le livre -) chez nous. On y entre auprès de St. 
Scbailien et a moins que d'auoir un bon guide on s'y eigarenjit incontinent, car 
ces labirynthes vont jufques dans le Royaume de Naples et par dcffoubs le Tibre. 
Nous pafibns des jours entiers en pourmenades et a voir tant d'antiquités. Vig- 
nes , Palais et quid non ? Quand on eil bien las on va boire dans des maiibns qui 
font expreiïement pour cela des certaines eaux ret'raiflchiflantcs qu'ils font icy de 
toute forte de goull comme de Cerifes, de frailes , de Citrons, de l'Ambre , de Ca- 
nelle &c. ils les font dans des certaines petites bouteilles qu'ils mettent dans de la 
neige méfiée de fel et de ialpetre, ce qui les fait geler incontinent tout autour , et 
c'eil une choie delicieule de les boire. Adieu. 



A Mon fi-cre Chrestien Huygens. 



N= 84. 

Christiaan Huygens à Constantyn Huygens , frère. 
2 AOÛT 1650. 

La lettre se troiire à Leiilcn, ciill. Huygens. 

Haije ce 1 Aug. 1650. 

Nous n'avons pas receu de vos nouvelles la iepmaine paiTée , mais Icavons à pre- 
fent de bonne part que vous eftes arrivé a Venife. Il peut bien eftre que voftre lettre 
eft à Amfterdam et qu'elle ne peut paiTer outre à caufe que la ville eil blocquée 



") Roma Sotterranea Opéra Poftvma di Antonio Bofio Romano Anti(!Jvario Eccicfiailico fingo- 
lare de' svoi tempi. Compita, dispofta, accrefciiua dal M. R. P. Giovanni Severani da S. Seve- 
rino.... Nella quale (i tratta de facri cimiteiii di Roma, delfito, forma, et vfo antico di 

eflî Nuoiiamente vifitati, e riconoi'ciuti dal Sig. OttavioPico Pnblicata dal Com- 

mendatore Fr. Carlo Aldobrandino In Roma appreflb Gnglielmo Faccioti. mdcxxxu. 

grand in-folio. On en trouve plusieurs réimpressions. 

Antonio Bosio , neveu de l'historien Jacoho Bosio, secrétaire et agent de l'ordre de Mal- 
te à Rome, succéda à son oncle dans cet emploi (1594) et mourut à Rome en 1629. Il tra- 
vailla pendant 35 années à l'ouvrage cité, resta quelquefois 5 à 6 jours dans les catacombes, 
mais ne put achever sa tâche. 



CORRESPONDANCE. 165O. I29 



maintenant, ce que vous icaurez défia fans doute avant que cellecij vous foit rendue. 
iVlais ii d'a\'anture vous ne le l'cavez pas encore nij aucune chofe de ce qui s'eil pal- 
réicij vous l'apprendrez par la preiente, et les particularité/, que j'en aij peu sçavoir 
juiqu'à prcfent. .Scachez doncq, qu'après des longues conteltations et remontrances 
faites par Son Altede et les Ellats des autres Provinces à ceux d'Hollande, ( )u pluiloll 
a quelques unes des villes d'Hollande, pour la coniervation de l'union, et particuliè- 
rement en la caïïàtion de quelques unes de nos troupes, fans pouvoir rien emporter fui- 
l'opiniailreté d'aucuns des députez des dites villes; ils ont trouvé bon et neceflàire de 
fe fervir des derniers moyens; en fuite de quoij. Son Alteiïe a fait arreiter lamedij paf- 
lé, ') fix des dits députez à fcavoir les Sieurs de W^itte de Dort ') ,de Wael^) et le Pen- 
fionnaire Reuyl ■*) de Haerlem , van Voorhout ') de Delf , Stellingwerf *} de Me- 
denblick, et encore un fixieme '') du quel je ne me fouviens pas a cett heure, les quels 
on a emmené prifonniers a ].,ouvelteijn^), avans hier au foir. Lanuittqui précéda le 
dit arreft le Comte (Tuillaurne^) elloit commandé avecq 60 compagnies pour fe loger 
h Ouwerkerck qui cil à une lieue d'Amilerdam (ou plulloll pour tafcher d'ij entrer 



') Il s'ai;it des diOcrcnds entre le Stadhouder Willem II et les Etats concernant surtout la réduc- 
tion de rarniée. Les Etats de la Hollande, province chargée de l'entretien du plus grand 
nombre de soldats, en avaient congédié beaucoup plus que les Etats Généraux et le Conseil 
d'Etat ne jugeaient à propos. Une députation pompeuse, le Prince en tète, visitâtes villes de 
la Hollande, pour persuader les autorités municipales de faire des concessions, mais elle 
fut très-mal reçue à Dordrecht, Harlem, Delft et Medemblik. Les Etats ayant désapprouvé 
cette démarche, et de nouvelles conférences n'ayant pas réussi, le Prince recourut à un coup 
d'état. Il fit emprisonner U- 30 juillet les députés des dites villes et tâcha le 31 d'entrer dans 
Amsterdam avec une armée, dans l'intention d'y changer les magistrats. Mais ce coup de main 
échoua et les députés furent mis en liberté, Duyst van Voorhout le 15, de Wittle iR, de 
Wael et Ruyl le 19, Kayser et Stellingwerf le ;o août; les trois derniers sous condition de 
ne plus prendre part aux n(T;ii!-es publiques. Après la mort du Prince ((1 novembre 1650) ils 
rentrèrent tous dans leurs emplois. 

-) Jacob de Witt, troisième fils de Cornelis de Witt Fransz. et de Johanna Heymans, naquit a 
Dordrecht le - février 1589 et y mourut le 10 janvier K174; il fut plusieurs fois bourgmestre 
de Dordrecht. 

■') Jan de Wael. Seigneur d'Ankc\een, naquit a Harlem et y mourut le 23 novembre 1663. II 
était bourgmestre de Harlem. 

•*) Mr. J. Albert Ruyl (Ruiaeus) naquit à Amsterdam en 1599 et mourut à Harlem le 16 juin 
1654. En septembre 1637 il devint Pensionnaire de Harlem. 

S) Jan Duyst van Voorhout, né à Delft en 1582, y mourut en 1666. Entré en i6i4dansla 
magistrature de cette ville, il y était bourgmestre en 1650. 

'') Nicolaas Stellingwerf, Pensionnaire de Medemblik. • 

^) Le sixième était Nanning Kayser, qui mourut à Hoorn le 24 mars 1655. Depuis 1649 il était 
Pensionnaire de Hoorn: en 1653 il partit comme Envoyé extraordinaire pour Copenhague, 
où il réussit à obtenir une réduction du payement du péage du Sund. 

'*) Forteresse servant de prison d'état. 

'•') Willem Frederik, comte de Nassau-Dietz, iils de Ernst Casimir, Stadhouder de la Frise, et de 
Sophia Hedwig de Brunswic, naquit à Arnhem le - août 1613, et fut tué, le 3 i octobre 1664, 

Oeuvres. T. I. 17 



130 CORRr-SPONDANCR. 165O. 



h ce qu'on tient) Ih ou Son Alteiïè Tu joint avanlhicr au ioir, et encore d'autres trou- 
pes. Mon Père ij eft allé avecqluij, mais iulqu";! prêtent il n'a encore rienefcritdece 
que s'ij païïe. L'on icait que ceux d'Amllerdam tienent les portes fermées, et qu'ils 
ont planté quantité de pièces d'Artillerie fur les remparts. Mt d'avantage qu'ils font 
des levées dedans la ville, et ne manquent pas de gens ni j d'argent : En forte qu'on 
ell aucunement en doute de cette hardie entreprife. Le peuple icij et par tout en eil 
fort en peine. J>es officiers et gens de guerre ibnt bien aife qu'on à derechef beloin 
d'eux. Pour moij fpero meliora , et j'attends la fin de toute l'oevre avccq patience , 
et fans m'en allligcr nullement. l'cfperc que vous en ferez de nicfme et croirez que 
je demeure 

X'oilrc l'refdfeclioné trcre et lerviteur 

CllR. I FUIJGENS. 

A Monflcur, Monficur f luijgens, Secrctaire de S. A. d'Orange. 



N= 85. 

Fr. van Schooten à Christiaan Muvgens. 

27 SEPTEMBRE 165O. 

La lettre se troiire à Leiden, coll. Huygen.i. 

pRAESTANTISSIME DoMINK. 

Quôd licteris tuis ') citiùs non rclpondcrim , proprer aliquot negotia, quae me 

haftenus occupatiffimum tenuêre, mihi ignofcas velim. Perlegeram jam duos primos 

libros, -) ex quibus fatis, velut ex ungue leonem, reliqua tua fimiliter non tam felli- 

nanter legenda effe deprehendi, quippe quuc ante a te ingenioiè excogitatn, (atifque 

periJDcfta ac perpenfi, licèc raptim illa confcripca profitcaris; tamen, quid in ejus- 

modi difficili materia à te praeflitum fit, abunde déclarant. Jnter legendum hk illic 

quaedam leviter annotaram , tanquam à 'i'e non (atis pcripcfta , mihique deinceps 

par la décharge d'un pistolet, qu'il était occupé à nettoyer. En 1640 il devint Stadhouder do la 
Frise, et depuis servit dans l'armée des Provinces-Unies. En mai 1(152 il épousa Albertina 
Agnes, deuxième fille du Prince Frederik Hendrik. [voir la Eettre !V°. 125]. 

') Cette lettre ne se trouve pas dans notre collection. 

-) En cherchant de quel ouvrage il peut être ici question et guidés par les indications qu'on peut 
tirer de la fin de la Lettre No. 89, nous avons consulté le MSS. original du traité „de ils quac 
liquido supernatant Libri tll" que nous avons retrouvé parmi les papiers de Huygens. Quoique 
nous n'y ayons point rencontré les mots mentionnés ni d'autres particularités se rapportant au 
traité examiné par van Schooten, nous avons été conduits à conclure que c'est en effet 
l'ouvrage désigné. 

Huygens y a travaillé et changé plusieurs l'ois, mais ne 1" a pas fiiit paraître: on en trouvera 
quelques détails dans hi Lettre N° 98. 



COKRESI'ONDANClv. \6^0. I3I 

examinandu, qiiibus perpenticndis acciirationeni tuam poilca deguftavi, càquc à me 
niniis(ubitot\iiflcM-cprchcnla:ade6utcredidt'rimrcliquacodL'nimodoiL'lbrehahicura. 

Thcorcmaca pcripicuè ac brcviœr à Te propolica agnolco, dcnionllrationclque 
brèves ac élégances. Qiiac igiciir in caulTa tuère uc oninia attentiorc cura, etiamii illis 
non vifis (ubCeribere minime vererer, legenda mihi propollierim. Jn primo libro 
qiiaedam canquam fiibobicura vel diibia annotavi, quae collendae diffienltatis vel 
obfeuritacis ergo immutanda cenfui, et tibi praelenci fum lîgnillcaturus. 

Cacterum vidi tuas adverfus Cavalerij ■') principia inllannas, quae fané mentem 
ToriceUiJ (qui demonllracionem per indiviiibilia tanci tacit -i), ut prae illà eummi- 
(ereat veteris Geometriae) non ita affirmant, ut non optandum non fit, difta principia, 
praefcrtim, quibusToricellius demonftrationes fuas liiperrtruxic , ufque adeo deter- 
minari, nequid ijs luperftrui queat, quod non iit omninoindubitatum. Verùmenim 
vero cum demonftrationes omnes, quas k Cavallerio faétas vidi , in eas facile con- 
verti polTlnt, quae fiunt per abfurdum, nec ijs alias protinus aiïentiri audeam: minime 
verendum putavi ipfius principijs quidquam fuperih-uerc , li modo eo fenfu , quo ab 
ipfofumpta funt, accipiantur. Mercennius in libro, qucni poli fua Cogitaca Phyfico- 



'') 15oiiaventiira C'avalli.'ri. nu a Milan en 1598, Jécédc à lîoloj^ne le 3 dccembrL' 164-. AI11i^;;c 
dè« sa jeunesse d'une goutte opiniâtre, il se vona anx mathématiques d'après le conseil de 
lîenedetto Castelli (1577 — 1644), liii-mênie disciple de Galiiei. Il lut reçu Iliéronymite 
encore très-jeune; à Bologne il occupa depuis 1629 la cliaire de mathématiques de l'astronome 
Antonio Magino. II introduisit dans la géométrie une méthode reposant sur l'emploi des infi- 
niment petits; méthode qu'il exposa en 16^5, dans un ouvrage réimprimé après sa mort: 

Geonietria Individbilibvs Continvorum Noua quadam ratione promota. Avthore P. Bo- 
naventvra Cavallerio Mediolanen. Ordinis S. Hieron. Olim in Almo lîononien. Archigym. 
Prim. Mathematicarum Proteir. In liac postrema ediftionc ab erroribus expurgata. Bononiae. 
M.DC.Liii. Ex typographia de Ducijs. in-4°. 

Rn 1647 il publia encor; • 

Rxereitationes Ceometricac l'ex. I. De priori methodo Indiuifibilium. II. De pofleriori me- 
thodo Indinilibilium. Itl. In l-'aulum Guldinum ê Societate lefu dicta Indiviiibilia oppugnan- 
tem. IV. De vfv eorundcm Ind. in Poteftatibus Collicis. V. De vfv dictorum Ind. in vnif. 
diffbr. grauibus. VI. De quibufdam Propofitionibus milcellaneis, quarum (ynopfini verfa 
pagina ollendit. Auctore F. Bonaventura Caualerio Mediolanenfi Ordinis lelhatomm S. Ilie- 
ronymi Priori, &; in .\lmo Bononienli .\rchigymna(ioprimario Mathematicarum ProfefTbre. 
Ad illvllriHîmos, et iapientifl". Senatvs Bononienfis qvinqvaginta viros. Bononiae, Typis 
Jacobi Montij. 1647. in-4". 
••) De Sphaera Et Solidis Sphaeralibiis Libri Dvo. In quibus Archimedis Doctrina de Sphaera & 
Cylindrodenuo componitur, latiùs proniouetur, et in onini Ipecie fulidorum, quae vel circa, 
vi:l intra Sphaeram, ex conuerlione poligonorum rcgulariumgigni pollint, vniuerfaliuspropa- 
gatur. Ad Sereniflimvm Ferdlnandvm 11. Magnum Ducem Etruriae. Avctore Evangelilla Tor- 
ricellio einldem Serenillimi Magni Ducis Mathematico. Elorentiae 'l'ypis Amatoris Mallae & 
l.aurentij de Landis. 1644. Précédé du faux titre: Opéra (îcometrica Evaugeliftae 'l'orricellii. 
De Solidis Sphaeralibus. De Motu. De Dimenlione Parabolae. De folido Ilyperbolico, cum 
Appendicibus de Cycloide, & Cochlca. in-4". 

Exercitationcs Geometricae ab Ev. Torricelli opus postbumus 1647. 



132 CORRESPONDANCE. 1 650. 



Mathomatica cdidit fub titulo, Rcficiftioncs Phyfico-Mathcmaticac 5), ubi de Qua- 
draturà Circuli Pacris Vinccntij iiicntioncm tacic, intcraliahaccfcribit: Atverbcum 
neque dcderit Ouaâratiiratn eo modo^ quo foletà Geomffris expeâari, cum in eâ exhi- 
bendd longé quam ïpjàm Qiiadraturam diificiliora fupponatvel poflukt; ncque memi- 
nentullatenitsGeometriaeperïndivijihiliaeriulitifJîtmBim.Cav aller ij^quandoquidem 
primus illam per indivilibilia mcthodiun cdidit^ qiiae tanien ilH praeluxiljh videtur^ 
noftris Geometrîs difpHciiit; qui praetcrea noninhil in illo opère requirunt^ vel\argunnt 
^c. Quae x-crba (ut opinor) ex mente Robervalli *) cum appoluerit , prae le terre 
mihi vidcntur, Vincentium fua non potuiflè fine méthode indivilîbilium invenire , 
perindc ac fi nihil abfque eâ ipfi licuiflet, quae quidem, ut fcio, mens ell: ipfius Ro- 
bervalli, qui, ut Dominus Des-Cartes mihi quondam narravic, eam tanti aeftimat, ut Te 
jam apercis oculis videre exiftimet, et Geometrlae penetralia fibi jam aperta credat. 
Quidquid fit, hoc mihi tamen cercum videtur, methodum illam efle viam cenfendam, 
quâ directe ad rationem , quae inter duas luperfities , aut duo corpora reperitur , in- 
veniendam, perducamur, et quâ mediante, velut per regulam , mutuam illarum 
comparationem invenire poffinius. Si Deus volet, inter paucos dies extra urbem fi.mi 
protecturus , ail intra 1 5 dies reverfiarus. quo fiet , ut ulteriori leftioni milii poftca 
fit incumbendum. Igitur fi habeas , de quibus me certiorem fieri velis, quacfo brevi 
refcribas, ac intérim vale. 

Lugd. Bac. 2-^ Sept. 1650. J^ominationi \"eltrae Addictillimas 

Fr. à SCHOOTEN. 

Monficur MonlicLir, Christianus Huijgens, nen huljfe van 
Myn Hcer van Ziiylechem , op t' plein 
porc. in S'gravcn-hage. 



C'ilRISTIAAN IhvGKNS à Fr. VAN ScHOOÏEN. 

[septembre 1650]. 

I.ti :iii:iiite et la copie se trouvent à Leideii , coll. //uygens. 
ChH. IIUGENIUS ClARISSIMO \'i!lO FRANCISCO ScilOTENlO. 
Credo ita conllituifiè te ut non prius me certiorem faceres. 
Siquideni haec légitima demonilratio ell, vidcamus an et haee fit quam jam liib- 
jungam. 



■") Novae ObservatioiiesPliysico-Mathciiiaticae. Paris 1647. iii-4". de M. iMcrscniie. A la tète des 

pages on lit: Reflectiones Physico-ÎVlathematicae. 
''') Gilles Personne de Roberval naquit le X août 1602 à Roberval, etmonriitle ajoctobre 1675 

à Paris. En 1(13: il devint profelleiir de mathématiques au Collège Royal de France et en 



CORRESPONDANCE. 165O. 



133 




Ello angiilas ABX ali- 
quiinto minor vel major 
refto ut hic, et fit BX 
aequalis pcripheriae cir- 
culi DB; igitur duftà IL 
parallelâ BX, crit caacqua- 
lis pcripheriae circuli OI, idque i'emper continget. Quamobrem concludinius rurfos 
triangulum ABX aequari circulo DB. qiiod tanien lalfuni ell. An diccmiis igiciir 
angiihim ABX debuifTe cfle reftum; atqui hoc nufquam detcrminatuni cil Cavallcrii 
principio, et non ita facile liquet, quid lit in caulà nifi refpicias ad infcriptionem 
parallelogrammorum. 

Tn (equcnti cxemplo pêne ipfe deceptus fui ; cil: aiitem taie. Sit parabola ABC, 
et fuper eadem bafi triangulum ifosceles ADC, habens ex 
hypothefi duo crura AD, DC aequalia circumfcrentiacpara- 
bolicae ABC. Porro fit codem axe descripta parabola minor 
FGH. priori fimilis, et eadem bafi triangulum FKM fimile 
triangulo ADC. erit itaque circumferencia FGH aequalis 
cruribus FK, K H; idque evenict femper. Igitur Ipatium ABC 
aequale ell triangulo ADC. Quare ex converfo fi triangulum 
ADC aequale ell parabolae ABC; erunt duo crura AD, 
DC limul aequalia circumferentiac ABC; atque itatacilc inveniretur lineareda cir- 
cumferentiae parabolicae aequalis, nifi haec omnia fall'a cfTent. quodquidcm tacilius 
evincere ell, quam veras caulas erroris indicare quidem. 

Plurima hifce fimilia afFerre pollèm quae animadverla me ita cautum reddidere ut 
non facile ejufmodi demonllrationibus impollerum crediturus fini, nifi manifelle 
appareat eas facile commutari pollè in cas quae lunt per ablurdum, et fallere nefciunt. 
Quid tibi videatur cum de hifce tum de Theorematis meis paucisquaelb refcribe, 
vel fi hoc non vacat faltem te valere fcribito , et vale. 




N" 87. 

Christiaan Huvgens à Fr. van Schootrn. 

La minute et la copie se trouvent à Leideti , coll. lluxgeiis '). 

Quidquid fane dicatur meminilTe utique oportet ex lineis fuperficiem non com- 
poni, neque Iblidum ex fuperficiebus. defiderarem equidem ut verbis compre- 



1665 membre de rAcadcmie des sciences. N'ayant pas divulgué ses méthodes de qiindrarure 
des surfaces courbes, il fut devancé par B. Cavalleri, qui les publia; il eut de vives disputes 
avec des Cartes et Torricelli. 



') Cet écrit se trouve sur la même feuille que la minute de la Lettre N°. S6. 



134 



CORRESPONDANCE. 165O. 



hcnderec ac dcccrminarec iflud (lium et Cnvallcrij principium, nam icainihinunc 
vagiim vidctur acqiie cxorbitans uc cciam lalia pro vcris tandem irruptura fint, non 
fine niagno (jcomctriae dctrinicnto, et ne videar haec truftra metucre, non pigcbit 
rem comprobarc excmplo. I labec Toricclliis -} demonftrationem 'rheorcmatis 
Archiniedci, quam ablblvit tali figura, qualem hic ex ipfius libro petitam appt)!!)! s). 
Tangcns BC acqualis cil peripheriae circuli BD, unde et 
tangens IL aequalis peripheriae circuli 01. atque hac rationc 
(ut nosti) oik'ndit circukim DB, acqualenurianguloredlan- 

tA V7 \B gulo ABC. 

/ j Si huic denionllracioni aequieleis \'ide num et huic cre- 

dcndum fit quam jam iubjungam. 

Efto femicirculus ABC et fuper eadem bafi AC. trian- 
gulum ifofchelcs ADC habens crura duo iVD,DC,fimul 
aequalia peripheriae ABC. Porro fit eodem centro defcrip- 
tus minor circulus HFI, et baie HI triangulum HGI priori 

fimile. mani- 
feftum igitur, 
crura HG, et 
GI aequalia 
fore periphe- 
riae HFI; 
idemquecon- 
tingere, ubi- 
cunque etiam 

defcripcus 
tuerit ■ icmi- 
circulus. 






N= 88. 

Chrisïiaan IhvGENS h CoNSTANTYN IIlvgens , tVère. 

12 OCTOBRE 1650. 

La lettre se trouve à Londres, liritisli Miiseu:ii. 

Mon frkre, 

Saiiiedy passe vSon AltefTe efi: partie pour Zucphen et noilre Pereaulli maigre qu'il 
en eull. iMaintenant c'eil par (on ordre que je vous efcris celle-cy, et vous icaurez 
de la part que s'il y a apparence que la Cour doibve bientolt revenir à Paris, com- 



") Voyez son „Dc diinciilione Parabolac" page 95. 

3) Dans la figure nous avons inscrit, d'après la ligure de 'l'orricelli, les 
avait omises. 



lettres que Huygens 



CORRESPONDANCE. 1 65O. 



me il y en peut avoir puifquc l'accord de Bordeaux ') eft fait, que vous la pourrez 
attendre la, fi vous voulez, et employer encore quelques leptmaines a la voir et fré- 
quenter. Mais en cas qu'elle tarde encore longtemps , et qu'il faudroit demeurer 
jufqu'a bien avant dans l'hyver, il ayme mieux que vous reveniez, fans l'avoir 
veue, tant pour éviter en ce faiiant les incommoditez du voyage qui n'ell défia que 
trop nialaile qu'afiîn qu'il ne foit fruilree de l'on conte et de fou defir qui ont tou(- 
jours efte de vous revoir fur la fin de cet Automne. \"oyla ce que porte ma commii- 
fion, a la quelle mon confeil feroit du tout conforme , fi c'eiloit a moy a vous en 
donner. Je vous doibs encore des remerciments de ce que vous avez pris la peine 
de me copier la chanfon que vous m'envoyailes il y a quelque temps, et ne doute 
pas que vous n'en fafllez bonne provifion pendant vofire fejour de Paris, mais feule- 
ment je crains qu'elles feront toutes de la légère forte, que je fcay efire plus félon 
voflre fantafic. Si a voftre retour vous me voulez obliger de quelque choie de plus, 
ce fera en m'apportant un rafoir ou deux du coutelas, et un petit ciluy de bonne 
mine, deux chofes qu'on ne fcauroit trouver icy pour de l'argent. Le temps viendra 
qu'en pareil cas j'auray aufll fouvenance de vous , et pour ce qui eil du prefent en 
tout ce que vous pouucz auoir affaire de moy vous m'employerez comme eftant 

voftre trcs afFcclione frère et ferviteur 
A h 1 faye, le 12'' d'Oct. 1^550. Ciir. Kuygkns. 

Monfieur van Lecuvven ell maintenant loge la où vous l'efiicz a Genève, et fait 
eilat d'y demeurer cet hyver. 

A Monfieur Monfieur Huygp:ns, vSecrecaire de S. AlteJfe d'Orange 

16 St. A Paris. 



N= 89. 

Fr. van Scuootf.n à C'hristiaan Hl'vgkns. 

21 NOVK.MliRK 1(^50. 
Le lettre se iroiirc à Leide:: , cnll. Iliiyitens. 

MijN hp:f:r 
Ick fende VE mits defen VE bouck ') met de fygucren, naer dat ick het felue gants 
hebbe doorlcfen. hebbe op ailes fo naeu gelet, alil nuj mogelyck geweefi is, en na 



') Les hostilités de la vieille Fr(.ndc étant terminées par l'accord de ]5ordeau.\. la cour entra dans 
cette ville le 5 octobre 1650. I'"ile ne revint ;i l'aris que le - novembre, à cause d'une maladie 
de la Reine Anne d'Autriche. 



') Voir la JA'ttrc N°. 85. 



136 CORRESPONDANCE. 165O. 



dat ick tyt en gelcgenthcyc dacr toe hebbe konnen vinden. Hec welck, als ick gecrne 
bckennen wil, mij , overmidts de materie Ivvacr is, onde ick inij te vorcn vveijnich 
ott niet in die Itofiiadde geoeftenc, vecl nioeijce gecoll heett, en daerom mijne Ihi- 
dic fo lang heel't docn aen kanc ftellen. Wattet werck aengaet , hebbe cfelue met 
groote vernouging geleien, te mcer ick de denionilratien (ubtijl en konilich hebbe 
bevonden, die behaUien datfc accuract en kort fyn , oock wel van ijder in de Arith- 
metica en Geometria ervaren met vlijtige aenmercking wel iullcn verftaen worden. 
Bevinde deleUie wegens haeren aert en t'geene waer toe die diencn wel fo Iwaer als 
ick noch gheene dcmonilratien der Oudcn hebbe gefien, ende dewelcke niet lich- 
telyck fonder een geduijrighe fcherpe Telkonllighe en Meetkonflige (verllaet die 
van t' 3 en 4'*'= bouck) redenkaveling en fyn te vatten. Bewyfende tfelue wat VE 
in die ftof vermach, ende hoe datter weijnich is te verdencken, tôt welckers uijt- 
vinding VE verftant u niet en fond dienen. Wenfche alleen dat VE tôt opbouwing 
der wifkonften fich verweerdigen wil van lîjncn tijt gants in die op te offeren en be- 
rteden , ende VE vonden tôt nut en prufyt van t'gemeene befte een ijder raede te 
deijlen ende bekent te maecken , waer door VE fich niet als feer grooten lof en een 
feer loffelicken naem fal bereijden. Met ghene ick in t'iefen hier en daer hebbe ver- 
nierckt, als oock in de fygueren, hebbe tfelue overal met potloot aengeteickent, 
waerom ick niet twijffelen wil oft VE (al mijne meijning overal lichtelick konnen 
vatten. Hebbe hier en dacr in tbegin voor cum ^efc&u acheter ge^cht detra&o ë'c, 
alsmeerdcr gebruijckelick, en dicfwegen lichter te verftaen, maer daer aen fchijnt 
weijnich gelegen, twelckdan oock om der verandering goet fchynt. Vorders alfoo 
in t'eerfte boeck eenige Thcoremata fyn die daer na generalick van aile formen van 
lichamen werden verftaen , ende defcluc flechs in rechrhouckige parallelograms be- 
toont fyn : fo dunckt mij (onder correétie) de demonftratien tôt die gehorende inf- 
gelycks op aile formen van lichamen te behooren te paflen , en daerom fo die gene- 
rael fyn , dan liever in plaets van fulcke parallelograms te willen andre fygueren 
van fulcke form, alst' valt, (en gelyckerwys in de 4 Theorema des 1. boecks ge- 
fchiet is) te willen vervougen. 

Verklaert hcbbcnde dan mijn gevoelen, lal eyndigende \erblyven die ick ben 
MiJN HKER 

\"E feer toegedane en dicnltwillige dienacr en vrundt 
Fr. van Schooten. 

met haeft uijt Leyden den 21 November 1(550. 

Mijn Iteer iMijn Heer, Christianus Huijgens tcn huijie van 
Mijn heer van Zuijlechem 

in S'graven-hage op t'plein. 
port met een paxken. 



CORRESPONDANCE. 165I. 137 



N2 90. 

Gregorius a St. Vincenïio à Cmristiaan Huygens. 

18 FÉVRIER 165I. 

La lettre se trouve à I.euleii , cnll. Huygens. 
('hr. Hnyffeiis y rc'/mutUt par le No. t)6. 

Ci.ARissiMo \^iRo Christiano Hugenio 
Grkgorius a Sancto Vinckntio s. D. 

Littcrae tuac, nefcio quem qucrclarum odorem, qui inccr amicos nonnunquam 
fpirat, redolerc vifac finit; quod non jndicarim cibi, folito vfus candorc , quo loco, 
quaue pagina libellj tuj, aliquid a me rcpertuni fit, in quo hallucinacum te credani : 
rogo, acquiefcas rcfponlb a nie dato : fpero, aliud rciponllnn me daturum, quo nul- 
liusdamno, etamotis, et a mouendis doctrina, quae de quadratura e(l, ditllcultatibus 
vindicctur: quod, breuiore difcurfli expediri, nullatenus podè, facile iudicabit om- 
nis, qui fundamenta niea noua, quibus liucvfque Geometria caruit, perspcfta liabet. 

Conrtruétionem tuam, problematis, de feftione fpherae fecundum datam racionem, 
cuj et antiquos, et me jncubuifTe refte comperiilj ; nec iine fenfu voluptatis, nec ad- 
niirationis legi. eademque occafione, intermiiîas a me pridem eiufdem tenoris cogita- 
tiones refumere coaftus fum. Parabolae proprietas , non contcmnenda eft quam re- 
periftj , foluendo problemati Archimcdaeo oportunam : eademque opéra, vtileni, di- 
uidendae parabolae, fecundum datam rationem. praefero conllruétionem tuam, illi , 
qua vtitur Dionyfodorus ') : minus etenim, a Geometrica effeftione, femota cil 
praxis, quae circulo parabolam difpefcit, quam quae hyperbolae beneficio. Tcntauj, 
dum parabolam contemplarcr, problematis folutionem. De jnventione punftorum, 
quibus datus circulus datam parabolam fecat; icd terruit me, partim varieras caiuum, 
partim difiicultas; et ad particulares cafus, aninium adiecj, quos libro de parabola 
jnferuj. Conrtruftioni tuae, ctfi non diffido, iiihilominus promifllim demonllrationem 
légère volupe erit. Fincni imponam, vbi prius de libellis, quos ad me mililH, gratias 
egero; et ad vlteriores foetus enitendos, aninios addidero. Vale nicique memor viue. 

Gandauj. 18 Fcb. 1651. 

Clariffimo Viro Christiano Hugenio 

ITagac Comitis. 



') Dans les „Archimcdis Syraciifani Pliilofophi ac Geometrae excellentifllmi Opéra .. .. Adjeda 
quoque sunt Evtocii Alcalonitae in eofdem Archimcdis lihros Commentaria. Bafileae. 1544. 
in-folio" on trouve, signature Ee, pages 37, 38 le „Modvs Dionylbdori in qvartvm theorema." 
Ce Dionysodore était un géomètre grec, qui vécut vers le commencement de notre ère. 

Oeuvres. T. I. 18 



138 CORRESPONDANCE. 165I. 



N" 91. 

Fr. van Sciiooten h Christiaan Hlvgens. 

26 FÉVRIER 165I. 
f.a lettre se trouve à Leideii , coll. I/uygeiis. 

NoBiLissiME Domine S. D. 

Euclidem,de quo mihi fcribis, praefencem efTe exiftimo, cuni alium in cacalogo, 
qui Gniecè àc Latine editus efTet, reperire non pocucrim. Si quidem hune illuni 
ipfum puto, de quo in Catalogo fie mentio pagina verfâ librorum IMathematico- 
rum , et qui a Dominatione Veftrâ cxpetatur. Enira enim in 4» editum , ac anno 
1625 Parifijs Graecè-Latinc imprefTum confiât '), ncc alium aliquem Claudij Har- 
dij -) operâ Euclidcni editum novi. Eum igitur fi vifi.mi fucrit, retinere tibi poteris, 
quandnquidem alium mihi facile aliquando fum comparaturus. Gratulor intelligere, 
Dominationcm Veflram in ftudijs nofliris excolcndis ac promovendis magis ac magis 
pergere, eamqiie illa magno femper affeftu amplcfti, ac fi.mimâ voluptatc profequi, 
quorum profcftus, quibus omncs bcare potes, indies à Vobis expectamus. Mitto duo 
exemplaria iam recens excufa, introductionis mcac s^, quorum, tria chartâ maiori 
imprefia, unum mihi lervavi, acalterum Tibi del1:inavi,tertiiuiiquc Domino Meibo- 
mio ■*), ijs quippe, quos Gcometriac Methodo Domini des Cartes excolendae om- 
nino fe addixifTe, certo fcio. Alterum igitur, fi placet, refervare Tibi poteris, alte- 
rumque, fi moleflum non fuerit, ipib Meibomio mittere , unà cum i'alute meâ. 
Doleo, ob exemplarium penuriam, mihi concefiam, me parciîis quàm optarem 



') Evclidis Data, (tpvs ad vetcrvm Geometriae Auturuin Archimedis, Appollonij , Pappi, Eu- 
tocij, caeterorumque non modo lectionem, l'ed ad Geometriae quoqiie Analyfeos inllaiiratio- 
nem plané neceiïarium, & à nniltis diudefideratum. Clavdivs Hardy Scbaft. Fil. in fuprcmà 
Parifienfi Curià Aduocatus, è Rej^is Chriflianiffimi Bibliothccà Graecè ninic primùm edidit. 
Latine vertit, (cholijfque illnllrauit. Adieetus cil ex eadem Bibliotheca Maxiui Philofoplii 
Commentarius Graecè & Latine, quo Dati natura, Datorumque Enclideornm vtilitates ex- 
plicantur. Lutctine Parifiorum. Impenfis Melchioris Mondiere, in inlulaePalatinae vlco Har- 
laco,ad inlis!;ne Viperarimi. Anno cIdIdcxxv. in-4°. 

-) Claude Hardy , né à Mans vers 1598 , mourut à Paris le 5 avril 1678. Il était grand ami de des 
Cartes et de Mydorge: avec ce dernier il fut arbitre dans la polémique entre des Cartes et 
Fermât au (ujet des : „De Maxiniis" de celui-ci. 

3) Francifci à Schootcn Principia Matlieleos Vniuerfalis, iev Introductio ad Geometriae i\le- 
tliodum Renati Des Cartes, Edita ab Er. Bartliolino, Cafp. Fil. Lugd. Jîatav. Ex OflicinaEl- 
fevirioruni. cLo.Idc.I-i. in-4°. 

•*) Marcus Maybauni (Meibomius). né à Tcinningen en 1630, mourut à Amsterdam en 171 1. 
11 voyagea beaucoup, visita la cour de Christine, reine de Suéde, Copenhague, Amfterdam et 
puis l'Angleterre. A Amsterdam en 1668 et 1669 il était professeur d'histoire et de philologie. 



CORRESPONDANCE. 165I. 



ea imparciri; cum alihs Parenci , ac Fratri vcllro, mihi inultum colendis, oniniquc 
ohll-rvantià fcmper prolcqucndis , acceptac amicitiac ac bencvolcntiac gtaticudinis 
ergo, cxcmplaria mitterc non omilini'in. Vale. . . 

feftinancer. 

Leydae 2(5 Febr. 1651. Vir erLiditifTimc, 

Tai amantiflimus et Itudiofifllmus ciiltor 

Fr. à SCHOOTEN. 

A Monfieur Monricur, Ciiristianus Huijgens, ten hiuife van 
Mijii lleer, Mijn lieer van Zuylcchem 
port. in 

met ccn packje. St. 3. S'Graven-IIagc op t'plcin. 



N" 92. 

Fr. van SciiooTF.N à Christiaan IIuygens. 

31 MARS 165I. 

Ln Ictlrc se trouve h I.cidf:i, cuil. IIuygens. 

Mijn Heer 

Schoon ick ledich rot a kom, doch met vcrgefelfcapping van des Magiflers Lip- 
flurpij ipecimina ') , mec dcwclcke hij ') ikh wenil te mogen infinueren in UE 
gocde gratie en gonll, met vertrouwen hem defeliie van UE niet en fal werden ge- 
wcijgert , maer veel eer daer in geobfigneei-t : foo heb ick echter niet konnen naer- 
laten UE te getuijgen fijn fonderling goet humeur, licftaHickheid, ende goede 
qualiteyten, mec dcwelcke dan mede vergcfeHchapt gaec fyne uijcnemende beleefc- 
heidc. Op dac hij , die UE kennis voor allen dingen praefereerc en hooch achc, des 
ce onbefchroomder een vrijen coeganck toc u hebbcn moche, fo wanneer hij ficli de 
eer vermcinc ce geven, van UE in den Hage ce gaen belbucken. 

Sende UE hier bij mede een klein bouckjen de Praedellinacio Divina, "-) hcc 



^y A cette époque Lipstorp avait publié les ouvrages suivants: 

D. Lipllorp, Enneas Polîtionum celebriorum ex phyficis, allronomicis, geographicis, phi- 
lologicis haullarum atque derivatarum. Roftock. 1651. in-4°. 

D. Lipllorp , Difpiitatio de coelo eiufque partibus. Roflock , : 65 1 . in-4°. 
-) Daniel Lipstorp, né le 10 mai 1631 àLubeck, y mourut le i"=' septembre 1684. Il a étémagister 
à Rostock ( 1 65 0, mathématicien à la Cour de Weimar ( 1 653), professeur de j urisprudcnce à 
Upsala (1662 — 1672), Advoeatus Curiae lloUandicae à la Haye (167a — 1675); puis il re- 
tourna a Lubeck. 
^} Probablement c'est l'ouvrage, inconnu dans les bibliographies arminiennes: 
B. Wyngaerden. De praedelHnatione divina. 165 1. 1, 

Cet ouvrage est une réponse à celui de Batelier: ■' ' ■ 



140 CORRESPONDANCE. 1651. 



welck mij van dcn Autheur ■') trelangc is, om acn Dominus Batelier \) rRemonrtrants 
Predicant in S'Gravenliago) eercijts mijn meeiler, mec eenen ce lenden. Deweleke fo 
ick vertrouwe woonc in hec wcil einde. VE kan Ibo c'hem bcliefc dacr eerll fyn conten- 
cemenc van nemen, van c'ielue ce doorlefcn, daer in dan den Aucheur, als UE lien fuit, 
hecl Philofophifcli is; ende daer naer aen Dominus Batelier doen behandigen. VJn- 
digende fal naer niijne rccommandacie aen UE, Mijn Ileer u Vader,en Broeder 
verblijven 

Mijn iieer 

UE altyt dienllwilligLMi en toegcdaenen dicnaer 
Fr. van Sciiooten. 

Uijt Leyden den 31 Maert 1(551. 

A Monfieur Monficur, Ciiristianus Huigenius, ten huijfe van 
Mijn Heer van Zuijlechem 

Cito port * in S'graven-hage. Op t' plein, 

met een packien geteeckent rh 



De krachtige waerheyt vanJen Rechteii Siii van 't Negende, end met eenen van het Elfde, 
Capittel totten Romeynen. Tcgen de Calvinifche Predeftinatie, end by namen, tegen liet- 
gene dat twee Leydtfclie Predikanten Abraham vander Ileyden , end Bcrnardus Wijngacrden 
voor de felve Predcflinatie gefcbreven hebben. Door lacob Batelier DicnaerlefnCbrifti inde 
Remonflrantrdic Gcmcynte van 's Gravenbage. In 's Gravenbagc, 164H. in-S": 
Il en parnt une réimpression à lloorn en 1650. 
Batelier y répondit par l'écrit suivant: 

Verklaringhe Van den Staet der Heydenen, foc die voor end ten tijde van 't Oude, aïs die nu 
oock in den tijdt van 't Nieuwe Teftament buyten de Ocbtbare Korcke leven : Met nocb eenige 
andere Stukken meer, tôt verklaringe van Godts falicbmakende genade tegen : D. Abraham van- 
der Ileyden, endiijnen Verantwoorder Bernard Wyngaerden, . . . Door Jacob Batelier.... 

Gedruckt voor den autbeur. 1651. in-8°. 

•*) Bernardus Wyngaerden naquit en 161 2 et mourut en 1682. U devint pasteur à Deventer en 
1629 et à Leiden en 1641, où, le 24 mai, il se lit inscrire comme étudiant honoris causa ?i 
l'Université. 

^) Jacobus Jobanncs Batelier (Batellier, Watelief) naquit à Leiden en 1593 et mourut le 21 juin 
1672. En mai 1604 il tut inscrit comme étudiant en lettres à l'Université de Leiden; en 1617 
il devint pasteur, mais en 1619 il fut destitué à cause deses opinions arminiennes. Depuis 1621 
instituteur à Leiden, il devint pasteur remonstrant à la Haye (1633 — ï666). Il prit part à 
la traduction ofiicielle de la Bible. 



CORRESPONDANCE. 165I. 



141 



N" 93. 



N 



ChRISTIAAN IIUVGENS h Fr. van SciIOOTEN. 

13 MAI 165I. 

Al? lettre se traître à Leiilen, cnll. Hiiygens. 
/■";•. van ScJiooten y répiiudit par le No. 94. 

Chr. IIugenius Fr. Schotenio Viro Clarissimo S. D. 
Locus ille ad Circumferentiam de quo diebus abhinc aliquot dubicationcm affcre- 
bas, putans eum non planiim fcd Iblidum cfTc, ii meminifti, hujufmodi erat. Dacis 
policionc puncto A et lined BD et in ca pundo C, invenire E punélum, unde fi' 

diicatur EA ad datum, et ED ad datam po- 
(itione lineam in dato angulo EDB , fit rcc- 
tangulum fub abicifla DC et alia data 
N acquale quadrato AE. Puto autem te loco 
quadrati AE cogitafle dequadratoED, nam 
alioquin problema licut liic propolîtum vi- 
des omnino planuni eil. Pappus autem ita 
propolliit ut punéluni A detur in alia lineâ 
pofitione data, quod nihil nos movere dé- 
bet, quum tantum eà caufa lactum fit ut 
trescafiis hujus problematis fimul complec- 
teretur; quorum prior ell, cum folum punc- 
tum A datur in linca politioiie data , cujus mihi demonllrationem ortendifii perbre- 
\'cm et elegantem. Secundus, cum punfta A et C dantur in eadem linea pofitione 

daia. Tertius autem, hic ipfe cujus figuram 
cxprefll. Verum et calculum meum adfcri- 
bere non verebor, ut, fi adhuc (blidi ali- 
quid iulpicaris, expcdite vidcre poflîs me 
non falli dum contrarium afievero. 

Duco primum AB perpendicularem ad 
])B, ut et EG; item EF perpendicularem 
ad AB. Dantur itaque AB quam voco (7, et 
BC quam voco Z?, et linea ;;, quaeruntur 
autem AF quae fit .r, et FEquacfit'y. 
Proportio quoque data efi; EGadGD, 
quoniam angulus ad D datur, quae fit ut 
n ad m. 




-G 




EG 

a — X I ma 



- mx 
GD 



add. 



GB 



+ 3» 



DB 



142 



CORRESPONDANCE. 1651. 



ma — mx 

+y DBf^ 

n 

h CB 



Subcr. 



ma — mx 



-y-b CD 



mule. 



n linea data | 

I I ma — mx -\- ny — nb ■:o xx -\- yy D AE 

ny — XX — mx H- ma — nb oo yy adde et dcmc i mm 
ny — XX — mx — i mm + ^ ww + ma — nb dd 3^3? 



') é « >^ IX" 



H- i WW + Wi2 



jcx — mx — i ?7z= X) 3; 

"a 



. Sit \ lui — nb + \ mm + ma ce ^(7. Ergo^ « j>\ y qq — .rx 




mx — i w/K O) y 

D 

Componitur pro- 
blenia in hune mo- 
dum. Perpendicula- 
ris AB producacLir 
donec fit AH oo i w, 
et conilituatur per- 
pendicularis HK co 
i ;;; centroque K, 
Icmidiametro KE 
quac ponit quadrato 
KA + □ AB,»?; 
— □ BC, «; de- 
fcribatur circulus, et 
erit hujus circunife- 
rentialocuspunétiE. 

NamduCtâexquo- 
cunque ejus punfto 
E lineâ EA ad da- 
tum punftum, et ED 
ad lineam DB, u: fit 
angulus Y) aequalis 
R, invenictur fem- 
per reétangulum fiib 
1)C et /7, aequale 
quadrato EA. 



') Le signe X rcprcscnti;: +. 



COllRESPONDANCE. 165I. 



143 



Nihil hic reliquuni cft nili uc denionftrationem tiiam fubfcri- 
bas, quae te diii latcrc non pocerit, quum jani nunc vicinum 
huic cafum abfolveris. 

Majorem puto difficultaccni aftcrent opcri tuo diverli niodi 
quibus hoc et alia huic liniilia problemata proponi pcfllinc , 
quorum in fingulis diverla obtinet conftruélio; alia enini erit 
cum ant!;uhi.s R Icu U datur acutus ut hic, alia cum obtulus. 




alia cum reàtus; alia cum linca CD abicinditur llipra puniftum C, alia cum iniVa; 
alia etiam quum puniftum E quaeritur ad alteram partem lincac DB. yVrtis nollrae 
peritis imus cafus inllar omnium eflè polTet, vcrum fi et alijs Geometriae ihidiolîs 
fatistacere vis, Icire perciipiam quomodo haec expcdire decrevcris. Valc. 
13 Maij. 16^1. 

Aen Mijn Hcer Fr. van Schooten. Profeflbr dcr Mathc- 
mîityckcn in de Vniveiiitcijt 
Tôt 
In de Heerefteeghe Lcyden. 



") Sous la dei'nière figure, qui u'esc qu'une esquisse de construction, on trouve delà main de Iluy- 
gcns des calculs servant à trouver la moyenne géométrique entre 170 (le nombre pris pour 
« dans la figure) et les nombres y6, 56, 37, 26, 157, 1 13 et iprt. Puis en crayon quelques 
calculs au sujet de la ligne FE, tangente au cercle. 



144 



CORRESPONDANCE. 165I. 



N=94. 

Fr. van vSchooten à Christiaan Huygens. 

30 JUIN 165I. 

La lettre se trouve à Leiden, coll. Huygens. 
Elle est lu réponse au IVo. 93; 

Fr. à SciiooTEN, Nobili ac mrae cruditionis Juveni-\^iro , 
D. Christiano Hugenio S. P. D. 

Ncgligenciae me force acculabis Praeftantiffime Domine , Juvenum Ornatiffime , 
utpoce qui mis, 13 May ad me miffis, longo hoc intermiflb tempore, nihil adhuc 
refponfi dederim. Sed excufabis fpero, cum intelliges me meorum tranfmigratione 
plura feponere debuine , qiiae velue deperdica pênes me tamdiu latuêre , donec mi- 
hi animus curis omnibus ac negotijs elfct Iblutus. Quapropter poilquam me ftudijs 
rurius accinxi, ftatim mihi in mencem venir , ut, quae de hoc loco , quem plane foli- 
dum ante credideram (quippe calculo decepcus) non fatis dirtinéte conceperam , ea 
accuratius examinare ac cum tuis conferre iufciperem. Planum igitur illum efTe vel 
ncmini dubium videri poterie, qui tum Analyfin veilram, tumdemonftracionemhanc 

meam plané eil percepturus, quam 
itaque hic fubiungam. 

Datispolitionepuncl:oA,eclineàBD, 
in eaque punfto C; invenire Epunc- 
tum, unde fi ducatur EA ad datum 
punftum A, et ED ad datam pofitione 
lineam BD in angulo D, aequali daco 
AFB, fit redangulum fiib abfciird DC 
et aliâ data AG aequale quadrato AE. 
Confiru&io. Duttd x\G parallelà BD, 
agatur ex C ipfi AF parallelà CI, do- 
nec fecetur ab AG, productà in I, et in- 
veniatur inter lA, AG média propor- 
tionalis AL. Deinde, delcripto fiiper 
AGper 33.3 ') circuli fegmento AHG, 
quod capiac angulum AIIG aequalem 
dato AFB , defcribatur ex ejus centro 
K circulus MELP, tranfiens per 
punftum L. Dico, fi in ejus circum- 
ferentid utcunque l'umatur punctum E, 




') Ces nombres désignent la proposition 33 dn livre 3 des Eléments d'Euclide. Les citations sni- 
vantcs ont nne signilication analognc. 



CO«Rl'^SPONDANCE. 165I. 1 45 

ce ab ipfo tid datum punftum A agatur EA, ce ED ad pofitione datam DB in angulo 
dato D feu F, hoc eft, ipfi AF parallcla, rcdangtilum lub ablcilla CD et data AG 
aequari quadrato AE. 

Demonftratio. Producantur cnini FA, EA ad circumtcrcntiam in M et P, et 1( i ad 
redani ED in N, demiïïîiqiie ex K in HA perpendiciilari KO, jungatiir ilG. Quo- 
niam igitur triangulorum AI IG et ANE anguli ad H et N acquales llint, et angulus 
ad A utrique comnuinis: erit etiam tertius ad G tertio ad E aequalis, et trianguluni 
AIIG fimile triangulo ANE. Quare erit per 4. 6 ut AH ad AG, ita NA ad AE, ac 
proinde per x6. 6 reftangulum EAH aequale rcftangulo NAG. Deinde quoniam 
KO perpendicularis eft ad HA, erit per 3. 3. HO aequalis OA , ut et EO aequalis 
OP. Quibus ab invicem fubduftis, relinquitur EH aequalis AP. vSiniiliter cumKA 
per conrtruftionem perpendicularis iit ad ML , erit et MA per 3. 3. aequalis AL. 
Hinc, cum per 35. 3 rcftangulum EAP, hoc eft, AEH aequale fit reftangulo MAL 
fine quadrato AL, etquadratum quidem AL per conftruftioneni et 17. 6 aequale fit 
reétangulo IAG;eritquoque redtangulum AEH aequale reftangulo lAG. Aequalia 
igitur finit bina reftangula EAH et AEH binis redangulis N AG et lAG. Sunt auteni 
bina reftangula EAH et AEH per 2. 2 fimul aequalia quadrato totius AE. IMna 
vero reftangula NAG et L\G per i. 2 fimul aequalia reftanguU) lub totà IN, hoc 
eft, abfi:ina CD et data AG. Aequale ergo eft reétangulumlubabfcifllCD et data 
AG quadrato ex AE. Quod erat faciendum. 

Eâdem fermé ratione reliqui cafiis ad hujus imitationem conftrui ac demonftrari 
poftlmt, fed haec Tibi oftendiflc fufficiant. Vale. 

Leydae Ultimo Junij i<55i. Tibi iiddiéliffimus 

,.-.^^' 1 Fr. à SCHOOTEN. 

A Monlieur Monfieur, Christianus Huijgens, tcn huijfe 
van Mijn Heer van Zuijlechrm, op t'plein 
porc in S'gravcn-hagc. 



Nï 95. 

Fr. van Sc'iiooten h Christiaan IIuvcens. 

20 SEPTEMBRE 165I. 

La lettre se trouve à Leù/eti, cuil. Iluygeiis. 
Clir. Ihiyi^ens y réponilU par le Nn. 97. 

Mijn Heer 
Ick fende VE met defen weder UE traftaet '), naer dat ick hct Iclue wcl hcbbe 
doorlefen. bevaltmij uijttermaeten wcl, jae ibdanig, dattct (myns oordeels) wegens 



') Il s'agit de rouvrage: 

Cliristiani Hvgcnii, Const. F. Theorcmata de (^)iiadratura hyperboles, elliplis, et eirciili, ex 

Oeuvres. T. I. - 19 



146 CORRESPONDANCE. 165I. 



de fubtijlheyc der vonden , korcheyc en clacrheyc der domonftratien , als mede net- 
hcijc des llijls, wel ccgens cenitç werck in de Géométrie niiich gellek worden, ende 
met Archimcdcs wereken lelfwcl mach werden vcrgeleecken. Wenile dat VEdl. het 
nietten eerilen ii. t' lieht liet komen, cm daer mcdc een ijdcr tebetoonen, datter tôt 
noch gccn nader weghen tôt deielue quadratin-en en fyn gevonden , ende dat VE de 
cerlle van allen die van de I lyperbolc, aengelîen die van Pater Vincentius gemill is, 
hebt betoont. Kont het felue traétaet voor VE andre dingen , als een voorloopcr , 
laten uijtgaen, ende overmidts het cort is, met een grootachtige letter in kleen for- 
maet, als in 8vo., doen drucken: nademael daer aen niet meer te docn is, en de fi- 
giiercn ciirieus fyn geteickent, ende haer in fodanig formaet feer wel fidlen fchic- 
ken. In t' doorlefen hebbc weijnig gevonden om verandert te worden, ten iy hier of 
daer een woort uijt te laten , by te docn , ofte te verandercn , vvaer door den iln mij 
klaerder gelcheenen heeft. Het welcke ick dan overal met potloot hebbe aengcvvce- 
fcn. Ick vcrlang feer oft VEdl dat cxtradtien -') al hebt bekomen , wenile dac VE 
het gekregen hebbende t'ielue dadelyck in handcn van den Advocaet Walbceck s) 
geliefde te ilellen, woont op de Pavilliocne gracht, aldernaell: den Prcdicant Ster- 
mond+). In t'wclck doendeVEdl mij Ibnderlinge fal verobligeeren , verblijvendc 
die ick ben 

MijN Heer, 

\^E dienltwilligen en geafFeélionccrdcn dienaer 
Fr. van Schooten. 
Uyt Lcydcii den 20 Scpicmb. i<55i. 

Monfieur Monficur, Ciiristianus Huijgkns, ten liuijle van 
Mijn Heer van Zuijliciiem 

In 
port vS'Graven-Htige 

Kop t'pleyn. 



dato portionuni gravitatis centro. Qiiibus fubjunfta ert 'ESénim; Cyclometriae Cl. Viri Gre- 

goriià S. Vinccntio, editae Aiino cloIacxLVii. Lvgd. Batavor. Ex Olliciiia Elzeviriaiia. Anno 

cloIocLi. In-4°. 

La ,,'ESETA^f^ \ titre par lequel Chr. I hiygens désigne le volume entier, commence à la 

page 25. 
-) Voyez la lettre No. 07. 
3) Joliannes à Walbeeck naquit en 161 2 à i^eidcii ; il y était étudiant en 163S et devint docteur 

en droit, 
"t) jacobusStermont, docteur en théologie, mourut à la Haye, le 26 octobre 1663, comme pasteur. 



CORRESPONDANCE. 165I. I47 

Christiaan IIuygens à Gregorius a St. Vincentio. 
6 octobre 1651 "). 

I.a invnile et la copie se t murent à Leiden, coll. IIuygens. 
La lettre est la réponse au No. 90. Gregorius à St. Finceittio y rdpontiit par le Nu. yy. 

Christ. Hugenius P. Grrgouio à Sto. Vincentio. 
Ex qiio ccmporc fcripca tua in luccni cxirc padlis es, Vir ClarifTimc , tani illullri 
et fpcciofo ticiilo quani eft ipfum illiid problema cujus inventionem poUiccntur, 
puto tihi novum non c(re, etiam corum quos ne de nominc quidem novifti, litcris 
intcrpcllari. Plurimi enim fine dubio de tantis cxhaudis laboribus gratulantur, et 
nonnulli forte obfcariora quaedam fibi cxplicari cupiunt; nani et ipfe noll:i quam opti- 
mè, non cujufvis eîTe, ut quae diuturno iludio perfeceris , ea protinus et fuo quod 
ajunt, Marte intelligat. Ad me quod attinet, diu efl: cum prinnim libros tuos cvolvere 
coepi. Nam continue) atquc editi fuere , dono niifll finit patri meo à Domino Se- 
ghers, ') quem tibi fcio non ignotum cfle, quum et Ordinis fit vellri, et pingcndi 
artc inter primos cclebris. Itaque et tum fliatim et fepe pollea intelligere eos co- 
natus fum, atque aliquoties difficultate et multitudinc propofitionum deterritus, 
defperavi; doncc tandem Tneoremntwn quorundam caufa quae confcrîpferam 
inteUlgens non pariim mihi obfïare pojjc fî tua pro verts haherentur ^ majore cum 
cura et affiduitatc fingula fumpfi examinanda, et tantum profeci, ut picraquc omnia 
jam clara et apcrta mihi videantur, tam quae de proportionalitate geometrica, 
quam quae de duftibus plani in planum, fufe traftalli. At in propofitione 39a de qua- 
dratura circuli primimi reiliti, quod ejus demonilratio mihi non fatis rcéte proce- 
dere viia fit. Et praeterea, etiamfi hanc propofitionem ut veram admifero, et qua- 
dragcfimam quoquc quae fequitur, compcrio, nifi omnin6 me calcuUis fallit, ex opi- 
nione tua proportionem diametri ad circumferentiam eam fore quae minime con- 
gruit. Memoriae caufa quaedam ad haec fpeétantia in chartam conjeci, quae nonnulli 
fiiadebant ut imprimenda darem. fed ego ea ne abfolverc quidem volui , priulquam 
tibi fcripfifitm atque ex te compertum habercm, me non fruftra collocatunnn efie, 
quidquid in ijs ponam temporis et itudij. Quaclo itaque ut refcifccre liccat , quid 
ctiamnum de conatu tuo fentias, et an nondum cujufquam antehhc admonitioni tan- 
timi dederis , vel accuratiori repetitione ipfe fis aficcutus , ut crederes te in errore 
verfari, idque publiée teftatimi facere velles. FortafTc enim id jam factumefl:, 
quod ego ncfciam , ac tum nihil opus crit ea divulgari quae commentatus fum ego. 



') Daniel Seghers, né le 5 décembre 1590 à Ai. vers, où il mourut le 2 novembre 1661. D'abord 
peintre de fleurs et admis en 161 1 dans la confrérie de St. Luc, il entra en 1614 dans l'ordre 
des jésuites, passa une année à Rome, puis revint en Belgique, où il vécut dans le cloître. 
Ses tableaux valurent à son couvent des dons considérables , des reliques et des privilèges, 
outre ce qu' il reçut lui-même. I! scrvif souvent d'intermédiaire entre divers savants et les 
autres Pères, ses confrères. 



148 CORRESPONDANCE. 1651. 



Ac fi nihil horiim eft, rogo te ut id quoque mihi perfcribas atquc ut ne aegrè pa- 
tiaris à me publicae ucilicatis, (ita cnim arbitror) caulam fuicipi , etiani cum tua 
tibi nondum derclinquenda videbitur. Videbis me ab omni injuria alienum id 
tancum quod res eft dil'putare et tuo praecipuè ipfius judicio cunftacommittere. 
Id autcm maxime dciîdero, ut priufquam fentcntijs diflldeamus, mutua inter nos 
amicitia contrahatur; cam fcio mihi prodefie pofie, fi literarum commercium tccum 
deinceps intercederc non graveris; et vicifllm operam meam puto, fi non alibi, 
at in prima laltem bac quam traftabimus quaefiionc non fore tibi inutilem. 
Atque hoc pace tua dixerim; quanquam enim perrarô ijs dccipi contingat qui tan- 
tam in geomctria peritiam adepti llint , fois tamcn id ncquaquam ex. tc?i/ aSuvccruiv 
eiïè. de caetero omnino te exiftimare velim, nuUam mihi ex hujufcemodi contro- 
verfia gloriam quaeri, utpote quam brevi interire neccfil' fit obi maxime quod 
intendi obtinuero; fed hoc tantum agere, ut ne impofterum calumniadurct. In ea 
fcientia quam nos caeteris omnibus certiorem perhibemus, pofl: annos quatuor non- 
dum quid verum falfi.imve effet potuifl^e dijudicari. Valc. 

6 06t. i<55i. Hagae Comitis. 

Ampliffimo doéliffimoquc viro , Domino Gregorio à Sto Vin- 

CENTIO P. J. 

Gnndavum. 



") Rcfponfiim accepi 20 Oft. 1651. [Christiaan Huygens.] 

N^ 97. 

Christiaan IIi-ygens à Fr. van SciiooTiiN. 
[octobre 1651.] 

Ln minute et la copie se trouvent à Leideii, coll. Huygens. 
La lettre est la réponse au No. 95. 

CiiR. FIuGENius F. ScHOTENio Viro Clariflimo S. D. 
LibeHuni mcum a te perleélum et remifTum laetus recepi, lactus inquam tam lau- 
dibus quibus me affatim cimuilalli, nam cui non gratiffimum accidat laudari à laudato 
viro, quam accuratis in loca quaedam animadverfionibus tuis, praecipuè quod non- 
nulla de compofitione et converfione rationis merito commonuifl:i, atque efFecifti ut 
in poilerum cautius ijs fim ufurus. Sanè fi quando haec ut erant imprefia tuiflx;nt, 
duos ifl:os errores magno redcmptos vokiifi^em puto , etiamfi nullius ineptae ratiocina- 
tionis fed tantum incuriae indicium futuri fuerint atque tibi tam levés videantur ut 
ne errores quidcm volucris vocare. De caetero videbo ut cum primuni commodum 
crit, Thcoremata iila in lucem edantur quandoquidem ufque adeo absoluta et 
Archimedea tibi videncur. De Pâtre Gregorio dixi tibi nuper me machinari aliquid, 



CORRESPONDANCE. 165I. 1 49 



quo Cyclomctriam ipfius cvercam, Eam jam duabiis confutationibus ad abfurdum 
dcduxi. et conilitiii ad iplum liccras darc ut fciani num adhiic in fcntencia pcrma- 
neat, ita cnim et patri vilum cil atquc utruin nionitu nico Palinodiam cdcre malit 
an cxpcétarc ut ego quae dcprchcndi faciam publici juris. Videbo, quid hiice tecia- 
libus rciponiî daturus fit, et intcrea belluni quam accuratiiiimc potero infirucrc 
pcrgam. puto enim omnino eo opus fore. 

Quae ad litem tuam pertinent, nimirum exccrpta et exeniplar apochae patris tui, 
quod petieras ea jam proeuravi et pênes me habeo, eumque a liuleroio ') lublcripta 
erunt eonfellim patrono tiiae caulue mittentur. Vale. 



N" 98. 

, CURISTIAAN HUVGKN.S à Fr. VAN vSciIOOTEN. 

Appendice an No. 97. 

I.a minute et la copie se trouvent à Laden, coït, lluygens. 
SCHOTENIO. 

Gregorius de So. Vincentio, hanc rationcm quadrandi eirculi tradit. 

Propofitio ultima, quae cil 53 Quadraturae eirculi, nihil Inabet quod indubium 
vocari poiïît, praetcr unum, quod ak.,notam ejjeproportionem fegmenti LMNK ad 
fcgmentttm EGHF. Hanc ipllim docuifle nego, eamve ex ijsquaepraemifircognofci 
poflè, adeoque omncm boni viri conatum irritum eiTe atque inanem. 

Notam auteni elfe iilam icgmentorum proportioncm in propoiitione 52 probare 
conatur, in qua iilud tantum examinandum eft, quod dicat danonjîratum ejj'e corpora 
quae iftis cylindricis partibiis aeqiiûiittir., in ter je notai 11 Jiahere ratïonem. id eft notam 
habere rationcm corpus ex duftu plani EHIM, in planum HPFI ad corpus cxduftu 
plani NKLO in planum KQRL. Illud vero demonltratum exillimat propofitionc 
44 eod. in qua hoc falfum ell quod ait. 



N"99- 

Gregorius a St. Vincentio à Ciiristiaan IIuvcens. 
16 octobre 1651. 

La lettre se trouve à Lciden, coll. Iluygens. 
Elle est ta réponse au No. ij6. Clir. Iluygens y répondit: par te No. loo. 

Grkgorius a Sto Vincentio Ciiristiano IIugenio S. D. 
Quintus annus adultus iam ell:, ex quo lucubrationes meas publicj juris lacère, 
coaftus fum (metu maxime, nec vano, aduerlac valetudinis, quae extrema minitari 

') Laureiitius Buysero mourut le 2<; mars 1674. 11 était grcllicr du Prince Frcderik HcMidiik. 



[50 CORRESPONDANCE. 165I. 



crcdcbatur.) qiiac mox vc in lucem prodieriinc , îimicis vrbanitatis dcbiciim peiTolii- 
turus, rogacus siim a Daniclc Zcghcrs tratrc nollro, mihi a plurimis annis notillinio, 
qui mccum Roniamiiii itcr, anno vigelimoquinto lacciilj dimcnllis cil , vc Exemplar 
Operis mci ei donarcm; gratum Parenci cuo munus, vti aicbat , futiirum : quod lu- 
bens praeftitj : fcd iucundior ca officij mcmoria fuit, vbi llliuin Gcomecricis ita probe 
inilruduni cognouj , ei elfe; qui Parentcm de dignitate Operis intormare pofict. 
Ruenitmihi,ncrcio quid intbrtunij,cum anccbiennium, Parentistuj alloquiotruerer, 
Gandauj ; quod prius eidem valedicerc mihi contigeric, quam cuj valedicerem, dig- 
nofcerc valuerim; grauis illa fuit iaétura. Eius enim notitia, tecum muto litterarum 
alloquio, (vt intcr abfentcs folet) agendi, occafionem mouifTec. Quod jn praelcns,ncc 
importuné dilatum cil. Verum tuis vt aliquid reponam, primo occurrit, lineola, cuius 
fenfum non rcftc affequor ; quam adfcribo : intelUgeiis non parum mihi obftare pojje^ 
fî tua provcris haherentiir. Videris infinuarc mctliodum a me vfurpatam, lucubratio- 
nibus tuis obc(rc,ri vcra Ik; cum tamen, et librj de Duftibus planj in planum, ce de 
Proportionalitatibus , doftrinac fatearis acquiefcere ; quibus vniucrflx dcmonftrandi 
methodus inniticur. Dolcrem vices illius, qui per mea inuenta, praeiudicium patere- 
cur. Secundo fenfum mcum intclligere, de conatu meo, quacris. De quo iubco non 
eflcfollicitum; ied magnis animis profcqucre, quac affcfta habes: nullius lionori, aut 
laudi jnvideo. quodfi feceris, et tuo nominj fict accciîîo, et vltcrioris veritatis inqui- 
rcndae occaiîo. nemo ita fc fcribcre exillimat , vt fenfum alterius a fuo difcrepantis , 
non exfpeftare pracfumat, cum dcnuo intcgrum fit ci, reponcndi, quac habct. Plurcs 
ciui'dcm argumenti litteras, a varijs rcccpi ; quos omncs hortatus fimi, vt fua prodcrc 
dignarcncur : varij vario praetextu feie fubducunt. Qualcs fint lucubrationcs mcac 
non ignoro , nec meum de eis judicium facile prodo : et quaenam ad jncudem redigi 
debeant, probe nouj. Author tib' fum, vt quac commcntacus es, et mihi, et totj orbj 
communices; hoc et hiudi, nominis tuj adfcribam, ncc mihi paruo honorj. non cxigui 
ponderis apud me momentum cil , palam oftenderc , eas non cfTe mctas fcientiarum, 
a priicis conftitutas , quas a pofteritate praeterirj nefas fit. quod Operis mei Titur 
his jnfinuat. Vt finiam valerc iubeo, et litterarum commercium quod jnftituiftj caue 
primus abrumpas. Quodfi moram refponfi miraris, quod ad tuas fexta huius datas 
decimafexta refcribam; heiterna die tuas primum recepi. Jterum Vale. et Dominum 
Parcntem, Virum Clarilfimum ex me plurimum ialuca: cui de tam Geuerofa et erudita 
proie ex aninio Gratulor. 

Gandïiuj \6 Oclob. i<55i. 

Chiriffimo iic Gcncrolb Domino D. Christiano Hugenio. 



Hiigac Comicis. 



CORRESPONDANCE. 165I. 15I 



N" 100. 

ClIRlSTIAAN HUYGENS à GrEGORU'S A Sï. ViNCKNTIO. 
25 OCTOBRK 165I. 

La minute cl la cafi'u- se tronvenl k Leiikii, cnll. Iluvi^eus. 
La lettre est la rcpunse au A'o. yy. Craniriifs !: Si. riiicoiliii y n'/iw/Jii par le No. loi. 

Chr. Hugknius R. p. Grkgorio a Sto Vincentio S. D. 

Liccrac cuac lîcuti fore fperavcram,mniccctpcrhumanicerrcriptace(Tc vilac llint. 
Ncque enim paruin cil:, quod ipfe, ipcctatae crudicionis vir et venerandae aetatis, mihi 
juveni obfcuro adhuc, quique iniupcr negocium tacefTere praefumam, bénigne ialtem 
refpondiili. Illud praterea apcrti candidiOlmique ingcnij lîgnuni cil:, quod tam lihe- 
ralitcr invitas, ut qiiac confcripfi non tibi Ibli (ed toti Orbi communiccni. Eiîeciili 
fané ut partium mearum eflc arbitrer incoeptas animadvcrliones perficere et 
quam primum potero cdere in luceni, pofteaquam id non jam invito te, fed cohor- 
tantc, me facere pofTe intclligo. Summa refponfi tui illis verbis mihi contineri vi- 
detur, quibus de fentcntia tua circa propriinn conatum, follieitum c(revetas,et 
magnis animis me jubés profequi quae aftcéla habeam ; hinc enim manifelhim mihi 
fit de quoantca dubitaveram,nimiruni quod ncque tu fententiamnuitaveris,ncque ego 
ab alijs praeventus, inanem opcram fim pcrditurus. Vicifîîm te fccurum ciTe volo, nullâ 
me cauffâ nequc praetextu memet fubdudurum, ficuti de nonnuUis praedicas, quos 
egoomnesturpiterfecifTc existimo. Verficulum quem ex epiilola mea repetifti, cuius 
fcnfum non fatis afièquebaris, et quo ienfu tua fcripta fi pro veris habeantur, meis no- 
cei'c pofie dixcrim, ea nunc explicabo. Scito itaque Theorematibus meis de quibus 
proximc Icribebam nequaquam obfiare , ncque methodum tuam , nequc doclrinam 
de Proportionalitatc aut de duftibus plani in planum; fed id advcrfari mihi, quod tu 
circuli et feclionum conicarum quadraturam pure et «zTrAaV promitcas, quum 
meorum Theorematum titulus adjedtam habcat hanc conditionem. Dûto portioiniin 
centio gravitûtis: In ijs enim dcmonilravi, dato centro gravitatis vel hyperboles 
vcl cllipfis, vel circuli portionis, quam quaeque portio rationcm habcat ad trian- 
gulum infcriptum, eandem bafin habentem eandemque altitudinem. Itaque jam 
facile perfpicis quod et tua fcripta , et omnium corum qui le quadraturas illas invc- 
nifie dicent , meis inventis plurimum oberunt , fi diftis paria pracllent ; nequc hoc 
ampliori declaratione indiget. Theoremata ipfa quae tantum ofto funt numéro 
cum lemmate uno, conftitui fimul cum ijs excudenda tradere quae ad quaellionem 
nollram pertinent, (quum commune utrisque fit argumentum quadratura) et fie om- 
niaad temittere codem volumine. Si pauca excipiam quae puer adhuc ad Patrem Mer- 
fennumdedi, nemo adhuc meorum quicquam legit praeter Schotenium nollrum, qui 
et tibi amiciflimus cil. Et is qiddem Theoremata de quibus dixi (vide quid polfit 
amor praeceptoris erga difcipulum) Archimedeis comparare aufus cil:, praetercaque 
alias mearum lucubrationum non cxiguis laudibus profequitur. Très libros anno 



152 CORRESPONDANCE. 165I. 



proximo confcrîpfi de ijs quae liquidti fupernatanc, quam materiam fcis non ex 
minime Uibtilibus effe. In primo corum inter caetera ollendi, quomodo, data pro- 
portione gravitatis materiae l'oHdae ad gravitatem liquidi, conus ex eâ fieri poflit 
qui verticc demcrlb liquido llipernatans reétus confillat. item quomodo alius reperia- 
tur qui rcdtus llet demeria baie. Secundus liber cil de parallelepipedis natantibus; 
Tcrtius de Cylindris. in hoc theorema taie cil, quo invento l'cio me tune tempo- 
ris non parum gavifum efTe, nimirum, quod Cylindrus in quo quadratum h diamc- 
tro bafis , non minus eil quam duplum quadrati lateris , quamcunque rationem ha- 
beat ad liquidum in gravitatc , liquido ilipernatans demeria baie lemper reftus con- 
iiftat, hoc eil: axe ad liquidi luperficiem crefto. Alia non referam, licet habeam id 
generis plurima: nam neque hacc ipla retuliiTem, nifi iperaffcm ijs vifis me tibi magis 
probari poiTe; Et quum malè oderim eos qui omnia le jaélant reperiiîe, neque 
cujufquam demonllrationem aiFerunt, rogo te, ut ne prius haec ulli exhibeas, quam 
a me edentur, et vera t::ffi comprobabuntur. Ita rem mihi gratillimam feceris. Vale. 



Hagac Comitis 25 Oél. 11551. 



N= loi. 

Gregorius a St. Vincentio h Christiaan IIuygens. 

I NOVEMBRE 1651 "). 

La lettre se trouve à Leiden, coll. Hiiygens. 
Elle est la répons: an No. 100. Chr. Hiiygens y répondit par le No. \oi. 

Greg. a Sancto Vincentio Clarissimo Domino D. Christiano 

hugenio s. d. 
E litterarum mearum tenore, genij mej candorem te collegillè, affirmas; vtinam et 
afFeftum. Hortator fuj, et ium ex animo, vt juuenilem aetatem tuam, tuarum lucu- 
brationum diuulgatione cohoneilare jncipias, ac tuae ibrtis hominibus, exemplo 
proprio , author lis , decorae vitae fundamenta ponendi. Argumentum fcriptionis 
tuae, varium eil, et amoenum: quodiî Itaticum diiîerre ilatuis , per me quidem licet : 
meo autem confilio, ii aliquid tribuis, aut vna cum Geometricis in lucem prodeat, 
aut etiam prius. pura Geometrica , paucj capiunt ; rariores admirantur : quae vero 
Staticam concernunt, maxime naturalem, nemo Philolbphus, tam parum curiofus , 
qui ea non exquirat, hoc aeuo. nolim tamen authoritatj meae tantum tribuas, vt 
rationibus, quas priuatim colis praciudiciinn fiât. Non exigiij apud me ponderis 
eil, qua pompa quis, prim6, in publicum prodeat. Pronum jndiper eil, idem argu- 
mentum alter ailinnat, quae enim materiam centrj grauitatis Ipetlant, plurcs hoc 



CORRESPONDANCE. 165I. 153 



faeculo rermnpfere. Inter alios Pacer Joanncs délia faille '), qui libelliim elcp;antem 
confcripfit, de Centris grauicatum lecibirum Circulj , et EUipfeos -). fuit is difcipii- 
lu< meus ance 33. circiter annos. Etiam Pater Paulus Culdin ■'), qui vna mecuni 
domellicus audicor Clauij fuit, prodijt infuper, a paucis menfibus, vc audio, liber ■+), 
in Gallia, cuiufdaiii la Eoucra,aut le Louier 5);queiii necdum viderelicuic, obexi- 
guum noih-orum, cuiii Galliscomniercium, bellj ceinpore. quae de eodem arguments 
habebam, Pragae in Bohemia periere. Anioenitas (bla Thcoremacuni, quae ad me 
mififtj, orcxim mihi cxcitauit jlla cum jmpatientia exfpeftandj. vixdum me cun- 
tinuj , quin dimiffis quae prac manibus habeo, et vrgent, eorum (olutionem, animj 
cauda aggrederer: Mirari coepi, Galilaeo, non jncidiflé argumentum icriptionis 
tuae: qui, circa varia quae humido jnnatant, curiofus fuit jndagator. Hic filîo et 
rogo vc quae mihi fidis, alceri cibi, ea, ce iidere exillimes. ncque enim mihi eurta 
domj fupellex. Vale, ec Dominum Parencem ex me faluca. 
Gandauj prima Nouemb. 1651. 

ClarilTimo Domino D. Christiano FTugenio 
Hagae Comitis. 



") R. 6 Nov. [Chrisciaan Huygcns.] 



') Jean Charles de la Faille naquit en 159; h Anvers et mourut le 4 novembre 1652 a Bareelone. 
Il était Jésuite et devint professeur de mathématiques à Madrid. 

-) loannis Délia Faille Antverpienfis e Societate lefv. In Academia Matritenfi Collegij Impe- 
rialis Regij Matheleos Profellbris. Theoremata de centre gravitatis partium circvli et ellipfis. 
Antverpiae, ex Oflicina typographica Meurlii. Anno îm.dc.xxxii. in-4°. 

3) Paulus Guldin naquit le 13 juin 1577 ^ St. Gallen, et mourut à Gratz le 3 novembre 1643. 
Il était d'abord orfèvre protestant et s'appelait alors Hahakujj; en 1597 il entra dans l'ordre 
des Jésuites sous le nom de Paul, et enseigna les mathématiques à Rome en 1609, puis à 
Vienne et à Gratz. Il publia entre autres l'ouvrage suivant, qui a été cause qu'un théorème 
de Pappus a depuis pris son nom. 

Pauli Gvldini Sanfto-Gallenfis e Societate Jefu, De. Centro Gravitatis Trium fpecieruni 
Quantitatis coutinuae. Liber Prinnis de Centri gravitatis inventione. Appendicis loco, accefl'e- 
runt Tabulae Numerorum Quadratorum & Cubicorum. Earundemque Fabrica & Usas. Vien- 
nae Avstriae: Formis Gregorii Gelbhaar Typographi Caefarei. Anno m.dc.xxxv. 
Les autres livres ,de cet ouvrage : 

Centrobarycae (>uldini Libri Secundus, Tertius & Quartus, parurent en 1650 et 1^51, 
Vienuae Auftriae, Formis Matthaei Cofnierovij in Aula Colonienii. 

••) Qvadratvra Circvli et Ilyperbolae Segmentorvm. Ex dato eorum centro grauitatis, vna euni 
inuentione proportionis& centri grauitatis in portionibus fphaerae plurimorumque periphc- 
ricorum, nec non tetragonifmo abfoluto certae cuiufdain eylindri partis. & aliorum. Denion- 
rtrata atque ad calcuhnn redufta adiumento librae Archimedeae, & a materia diuulfae qi'am 
praefenti Opère reflaurat atque ampliticat Antonivs Lalovera Societatis Jefu. Tolofae. Apud 
Petrvm Rofc. m.dc.li. in-8°. 

') Antoine de la Loubere (Lalovera, non Lalouere, comme Montucla le nomme) naquit en 1600 

Oeuvres. T. I. 20 



154 CORRESPONDANCE. 165I. 



N= 102. 

ClIRISTIAAN HUYGENS à [GrEGORIUS A St. ViNCENTIO.] 

[8 NOVEMBRE 165I.] 

La minute et la copie se ti-oiivent à Leiden, coll. Huygens. 
La lettre est la réponse au No. loi. Gregoritis à St. f^incentio y répondit par le No. 105. 

Qiiod literas tuas prima die nienfis fcriptas ferius accepi, in caiifa fuie patris mei 
profeftio, is ctenini diebus aliquoc domo abfuic, rcverfus inter complures alias Do- 
mini Scghcri Epiltolam cui tua inclufa erat offendit. Vellem me moram hanc com- 
penfare poflè, mittendo ipfum traftatum illum cujus fiducia primùm te compellare 
inilitui, verum id fiet proximâ vice puto, nifi me dcccperit opcrarum fcgnities. Lae- 
tor placuifTè tibi Tlieoremata pauca quae meae epiftolae inferueram ad Staticem fpec- 
tantia ade5 ut ab horum editione tamam aufpicari milii fuadeas. Forcafle autem ubi 
eavideris quae propcdicm mittam, aliter ipfe fenties, nam et illa Statices confidera- 
tionem admiitam habent, quum traftent de gravitatum ccntris. Verum eil magis à 
materia corporum eam hic recedere, quam in traftatu, qui c\\ Tsp) raV o^y^/ywi/, 
ied etiamfi ad puram et fimpliccni tantum geometriam pertincrent ea quae prima 
in publicum proponerem, cxiilimarem eo ipfo potiora habenda. Et majus mihi 
vidctur exiguum libellum protulifTe qui Gcometris peritioribus probetur, quam 
eum qui vendibilior fit et h pluribus philolbphis rcquiiitus, rarione argument! dun- 
taxat. dodtiorum judicium minus dofti vel fpontè icquuntur. lllis autem vel ex 
parvo fpecimine de cujulque ingénie pronunciare perfacile eil. Idem mccum fcn- 
filFe puto, Geometram acutiilimum I. délia Faille (de quo tibi dilcipulo plurimum 
gratulor,) cum cxigua mole Theoremata fua in lucem ederet, quorum fimile meo- 
rum argumento eft argumentum, quorumque mentionem facere voluifti. lam pri- 
dem ea cum fumma voluptatc perlegi femperque in ijs magni feci , et inventionis 
felicitatem, et accuratam demonrtrandi rationem, neque mea legi finam, fine hono- 
rifica eorimi mentione. Quin et hoc per te refcire mihi liceat, num adhuc au6lor ipfe 
fuperftes fit: nemini quippe libentius mcorum rudimcntorum exemplar miiïïirus 
fum fi erit incegrum, tuque adnotitiamejusaditummihi facere volucris, quod facile 
potes. Guldini quoque librum pcrcurri, quem cum ex literis tuis intelligerem tecum 
una Clavi] audicorem fuifie, luccurrit llatim, te longé majorem difcipulum ha- 
buifit. quam condifcipulum; videtur tamen et doftus vir cfl"e, et mathcmatum amans, 
quos ego omnes in praetio habeo. Quid fit id quod confcripfit ille Le Lonver ') 
neque mihi adhuc videre contigit, ex ruisconiiciode centris gravitatum cife, neque 
tamen valde timeo in eadem mecum illum incidifle, quum vix unquam cafu id in arte 



à lliciix (Languedoc) et mourut le 2 septembre 1664 à Toulouse. Reçu Jésuite eu 1620, 
il devint professeur de rhétorique, d'hébreu, de théologie et de mathématiques, finalement 
à Toulouse. Il est connu par sa polémique avec Pascal, en 1658 , au sujet de la cycloïde. 



') Son vrai num est Antoine de la Loubere. Voir la Lettre N'. 101 



CORRESPONDANCE. 1651. I55 



noftra contingcre podît, ciijus tanta cil: variccas. Tamen non tenierc mirandum cibi 
vidccur, quod non antdiac Galileo cadem invcnirc concigcrit quac de natantibus 
mihi obvcncre; ille enim non tantum omnium iimilium tuic indagator curiolillimus, 
(ut opcimè notaili) ied et de càdem materia medioeris magnitudinis volumen ediderit 
idiomate Italico "). At ne illud quidem Tlieorema iatis reilè demonilratum reliquit, 
quod in hifce rcliquorum omnium tundamentum e(Tè oportet. Partem, nimirum 
demerlam, cujulque corporis Iblidi adtotum cam liabere rationem quam lolidi mate- 
ria ad liquidum in gravitate. Figuram autem corporum cylindricam vel conicam 
vel aliam quamcunque, ficut ego, nullam contemplatus ell, ied praecipuum ico- 
pum lîbi propoluit , inquircre qud ratione metalla in laminas tenuiilimas ducta liquido 
(upernatarent. iVleoruni Theorematum complura facile cxplicari non pofTunt, nifi 
quibufdam praecognitis quae h ccntris gravitatum dépendent et h me tune primum , 
ut puto, reperta iunt. ideoque non tam parvo negocio Iblutionem eorum te adecutu- 
mm confido, quam tbrtaflls prima fronte credidiili. Non poteris facere quod mihi 
gratius fit, quam fi otij aliquantum naélus experiaris duntaxat, vel compofitionem 
problematum vel demonftrationem theorematis, quae tibi orexin excitaiïe aiïè- 
veranti credo. Quod fi negotioruni tVequentia hoc nondum permittat, rogo ut 
laltem ex tuis inventis quorimi magna tibi copia efle débet aliquod mihi exhibeas 
quo me obleCtem vel exerccam. nifi credis melius haec refcrvatum iri, donec prae- 
cipuum et principale inter nos quadraturae problema examinatum dilcufîinnque 
fuerit. Vellem tam liberalis edes in communicandis tuis quam cil: D. Segherus in 
mittcndis aliorum lucubrationibus. Non définie is in amicos liberalis elfe, fiquidem 
rurlum parenti meo ternos libros donavit. Unum Kircheri llierogliphicorum expli- 
cationem continentem 3) de quo judiciuni tuum novifie velim. Alterum Tacquetij ■*) 
cujus mihi inter caetera trattatus ille ') multum placuit quo quaeilioncm ab Aris- 
totele et poitea h Galileo quoque agitatam egregiè explanatam dcdit. Tcrtium 



-) Dilcorlbal Screiiillimo Don Colnno II. Gran Dvca di Tofcana intorno aile cofe, clic llaniio in 
fù l'acqiia, ô che in quclla (i niuoiiono , di (".alileo (Jalilci Filorofo. e ATatcmatico dclla Mc- 
delinia AltezzaScreniffima. Seconda editionc. In Fircnze. ApredoColinioCîinnti. :MDC\ii.in-4'' 
La première édition est de la même année. 

3) Athanasii Kircheri e Soc. lefv, Oedipvs Aegyptiacvs, hoc eft Vninerlalis IIiero;j;lyphicae Vete- 
rum Doftrinae teniporum iniuria aboIitaeinftavratio.Opus ex omni Orientaliinn doctrina & fa- 
pientia conditnm, nec non viginti diuerfarum lingnarum authoritatc llabilitnm, Tonms I. 
Romae, Ex Typographia Vitalis Mafcardi , imdclii. in-folio. 
Les volnmes II i , 2 et HI parurent en 1653 et 1654. 

•*) Andréas Tacquet naquit à Anvers le 23 juin 161 2, et y décéda le 23 décembre 1660. Il était 
Jésuite et professa les mathématiques à Lonvain et à Anvers; il a aussi écrit des ouvrages 
élémentaires, plusieurs fois réimprimés et traduits en Uelgique et aux Pays-Bas er même en 
Angleterre. 

') Andreae Tacqvet e Societate JeiV Cylindricorvm et Annvlarium libri IV. item De Circvlo- 
rvm volutione per planvni, diirertatio phyfiomathca. Antverpiae apvd lacobvm Mevrfivni. 
MDCLi. in-4°. 

Un livre cinquième parut en i65y. 



156 CORRESPONDANCE. 165I. 



Patris A. de Surafa *), qui te féliciter h Merfenni cenilira vindicavit ^). Omnes hofce 
jam antc mihi videre aliundè c()ntia;it, quod propterea dico, ne quid me affirmare 
credas de ijs qiiae non prius examinavcrini. \'ale. 



N= 103. 

ClIRISTIAAN HUVGENS à Fr. VAN ScHOOTEN. 
II NOVEMBRE 165I. 

La lettre se trouve à Leiden , coll. Huygeiis. 
Fr. van Schootcn y répondit par le No. 104. 

Christ. IIugenius Clarissimo viro Domino Francisco 
ScHOTKNio s. D. 

Figuras eas quas Sichemio ') taciendas locavi quotidiè nunc expetto, cumque ad- 
venerint fellinabo ut gemini traftatus mei praelo coniniittantur. Alterum nupcr le- 
gilli, proque ea Icftione gratias tibi femper debcbo. Alterum nunc mitto leviter tibi. 
Il placet, pcrcurrendum, maxime ut judices de argumentis mcis, num quid à pcritis 
ea fatis intelledum iri credas. Mihi quidem nihil nunc cllmanifeltius, neque magis 
dubito erradé in quadratura fua Patrem Gregorium,quamdeullapropolitione Elc- 
mentorum Euclidis dubitare queam. Poilquam thcorematamea nonnulla ad ipfum 
perlcripliflem corum quae ad liquido fupernatantia fpeétant, vifus mihi ell humanius 
refcriplide , quam primis literis feccrat; videbimus autem quid ipd animi futurum fit 
ubi refutationem fuorum inventorum perlegerit. Nemincm credo nielius eam per- 
cepturum, (neque hoc mirandum efTet) adeo ut fperem atque omnino exiilimem nihil 
ipllim rcpofiturum. Nihil tibi intellcftu difficile occurret puto, quoniam jam pridem 



") Alplionsiis Antoniiis de Sarasa, lié à Niciiwpoort en 1618, de parentsespagnolsnioiiriit d'une 
pleurésie à Anvers le 5 juillet 166-. Il devint Jésuite à Tàge de 15 ans et habita successive- 
ment Gand, Bruxelles et Anvers. 

^) Solvtio Problematis a R. 1'. Mariiio Merfenno Minimo propoliti, datis tribus quibufcumque 
niagnitudinibus, rationalibus vel irrationalibus, datifqv.e duarum ex illis Logaritlimis, tertiae 
Logaritlimuni Gcometricè inuenire. Dvo a proponente de hac Propolitione pronuntiantur. 
Unvm quod forfitan longé dinîciliorem quam ipfa Quadratura folutionem rcquirat: Altervm 
quod Quadratura Circuli à R. P. Gregorio a Sto Vincentio exhibita, abeat in illud necdum 
folutum Problema. Quibus videtur indicare, folutionem Problematis de Quadratura Circuli, 
cxpeditam fore, (i defcclus fuppleatur, quem in (blutione Problematis à le propoliti confiftere 
iudicauit. Actvore P. Alfonfo Antonio de Sarafa Societatis lefv. Antverpiae Apud loannem 
&Iacobvm IVIevrlios. Anno m.dc.xi.ix. in-folio. 



') Christoffel van Sicliem, le jeune, naquit h Bàle en 1582 et mourut en juillet 1658 à Amster- 
dam. Il était graveur, comme son père, et comme le fut également son fils, né à Amsterdam 
en mars 1618, où il mourut en octobre 1659. I'* avaient tous le même prénom, qui est 
aussi celui de quelques autres graveurs, appartenant à la même famille. 



CORRESPONDANCE. 165I. 1 5? 



fcivifti qiiid duétus plani in plumim iîi;-nificct. Proportionalicatummaterinm dcvitavi 
quantum potui, quoniam oblcurani dirputationcm noilram tattura videbatur. acquc 
hoc quoque conacus lum ut quani minimum licri po(îct Opus Patris Grcgorij inlpicerc 
opus foret. Tuum de omnibus judicium nniltum apud me ponderis l:abebit;cumque 
hanc mihi operam dederis, diu non ero molelhis. Vale, et neceflariam hanc impor- 
tunitatem meam exculatam habe. 

die II Nov. 1(551. 

Mijn Heer Mijn Heer Fu. van Sciiootkn. Profeflbr dcr 
Mîithematijcken inde Univcrfitcijt. 

Jnde Heerertecgh Tôt 

Franq. Lcydcn. 



N° 104. 

Fr. van ScIIOOTKN h CllIllSTyAAN IIUVGF.NS. 
13 NOVF.MHRF, 1 65 I . 

Lit lettre se frintyc à LeiiUn^ cuil. Iltiygeus. 
Kllc est l(t ri'ponse au iVu. 105. Ci:: I/uygeiis y ye/iniiilit pur le Nu. lol!. 

Fr. à ScHOOTEN , Clarissimo Viro Domino Christiano 
HUGENIO S. D. 

Remitto (cripta tua, à me perlcfta, quae, ut verum fatcar, in difîicili adeomateria 
me ianè ubique attentum requifiverunt. Demonllrationes autem tuae mihi valde pla- 
cent, tum quod fint brèves et accuratac, tum quod Patris Gregorij multitudo propoli- 
tionum, quarum phires, ut ipfemet fatctur, ad quadraturam nullo modo funt requi- 
fitac, rem ita obfcuram rcddat, ut qui cam perlpicere velit, id fine maximo labore 
afièqui non pofTct, ideoque tuarum demonllrationum beneficio inutiles omnes elimi- 
nentur. Quae certè ratio ert cur ab iilhoc opère lemper abhorruerim , neque tempus 
invenire potuerim, quod in illo examinando impenderem. Fateri debeo, demonftra- 
tiones tuas mihi multa haud dubiè fi^iggeffifre, quae, fi ihidio irti mihi incumbere ani- 
mus fuifiet, magno alioquin impendio inquirere debuilTem, ifta jam ita expofita 
fiint, ut et alij, qui idem forte olim verebantur, jam habeant, quo tibi plurimum 
debeant. Duo fiint quae deprehendi, nimirum quod tu refpiciens, quo pado ipfum 
facillimè omnium h fcopo fuo aberrafil' convincas, dcmonllrataquaedamejusalijsca- 
libus applicueris. Ideoque fuaderem, ne tibi rcfragari, ac ipfi refugium aliquod pa- 
tere, poflet, ut cafuum, quos adùmis, demonilrationem quaereres: fiquidem tuum 



158 CORRESPONDANCE. 165I. 



cxiilimo demonftrare illos. Et forcé id facile afTcqueris, ciim eodem fermé modo, quo 
fuac (lit autumo) incedcrc debeanc. Caetcrum quac intcr legendiim à me annocaca 
funt, in margine reperies. Vale. 

Die 13 Novembris 1551. 

Monfieur Monfieur, Chkistianus IIuijgens, ten huijfe van 
Mijn rieer van Zuijlpxhem. 

Cito in 

port. S'graven-hage 



op t'plein. 



N= 105. 

Gregorius a St. Vincentio à Christiaan Hiygens. 

21 NOVEMBRE I 65 I . 

La lettre se trouve à Leiden, call. Hiiygeiis. 
Elle est la réji'inse au Nu. 102. Chr. Hnygens v répoiicUt par le Nu. 106. 

Gregorius a s. Vincentio Clarissimo Domino 
Christiano Hugenio. 

Haefi tuas videns, ijfqiie perlcftis, de Refponfo tantifper difterendo fubijt cogi- 
tatio, donec, quod polliceris, recepifTem. noliii tamen in aère alieno diutiiis mo- 
rarj ; pracfertim, circa jd qiiod optas de Pâtre dclla faille; qiicm, a quo tempore a me 
difcelTit, anno 20 huius laeculj , vidcre non licuit. Dolae primùm, Matheniaticas 
difciplinas docuit: exinde in Belgium redux, me non reperit, Romae iam commo- 
rantem, poibnodum in Bohemia, vel Aurtria. Procabar eius confortij Iblatium, dum 
Pragae viuercm; fed niihi non licuit efTe tam beato. Madritum enim (quo delHna- 
tus fueram) prius ablegatus erat, vbi poil longani quietem, obambulare coaftus elt; 
et cornes elTe, peregrinationis Sereniflimi Principis Joannis '), cuj in delicijs eil. 
quem in Mathelî, alijfque fcientijs continuo excrcct; in cuius aula iuperlles viuic. 
Quodfi librum tuum ei mittere deilinas, mcmineris rogo, eidem rtimulum addere, 
vt rcliqua, quae pridem adfeéta habet, in publicum proférât, nifi enim violentia 
quadam arnica vfus fuilTem, adhuc cum reliquis fupprefTus laceret, qui prodijt libel- 
las, forte exemplo meo, a praeli moleftijs eil alienus. praeclarae prorfus iunt, eius 
de Geometricis fpeculationes; vtinam jllae lucem vidèrent: ijfque frui liceret,qui- 



') Don Juan d' Autriche. Voir la Lettre N°. 46. 



CORRESPONDANCE. 1651. I59 



bus hoc Ihidium eft cordj. Propugnauit varias me praeiîde thefes -), inter quas 
tiiere, fi rcfte memini, de jnnacancibiis humide; ante triginca minimum annos : 
quarum exemplar tranfmitterem, nilî PragaemeaperijfTent. Pâtre Guldinus abanno 
circiter, inter viuos efTe delljt; vti et Seheinerus '). Kircheri Ilierogliphiea, nec- 
dum vidi. Adeit mihi Pater Saraia, et laluere te jubet,librumque tuum videre peroptat, 
et licet otio careat, l'perat aliquid tamen e negotijs, quibus premitur, le exchiiii- 
rum, vt curiofitate fiia palcatur, cique pabulum praeilet. Inuitationi tuae paene 
fuccubuiflèm, tentandi, quae prioribus tuis me titillarunt; circa thcoremata, vel pro- 
blemata tua: nilî timor me lubduxifTet, diuturnioris morac. iufficit itaque mihi, cre- 
dcre ea tibi difHcilioris ibhitionis exllitide; vt me a laborc iufcipiendo abducam. 
praeftolabor itaque donum tuum , neque permittam jlhid apud me otioium haerere , 
priufquam ab ouo vique ad mala jlkid degullauero. 

Gnndauj 21 Non. 1651. 

ClarilTimo Domino D, Christiano ITugenio 



Hagae Comitis. 



N= 10^. 

Christiaan Huvgens h Gregorius a St. Vincentio. 

26 DÉCEMBRE 165I. 

La minute et la copie se troiirenl à Leiilen, coll. Iliiygeus. 
La lettre est la réjtunsc au Nn. 105. Grce^oritts à St. Vincentiu y ré[mndit par le No. m. 

Chr. Hugenius R. p. Gregorio à Sto. Vincentio. S. D. 

Cum noviffimc ad te literas darem , Vir Clarifllme , fperabam brevi quoque edi- 
tionem hujufcc libelli ') cxpeditam fore; nondumvidelicetexpertus quibus moleilijs 
defungendum lit, quibuique tijpographorum procrailinationibus pcrdendum tempus, 
tantilhim modo vokimcn molicnti. Non adco pollhac teilinabo promillis, quihusprae- 
llandis aliorum quoque opéra uti neceiïe habebo. Opuiculum nollrum ubi in- 



°) J. Ch. de la Faille, Thefes mechanicae. Dolae. 1625. in-4°. 

^) Christopli Sclieiner, né en 1575 à Walda (Soiiabe), mourut le 18 juillet 1650 à Neisse. Il était 
Jésuite, professeur d'hébreu et de mathématiques à Freiburg en Breisgau, puis à Ingolstadt 
(1610 — 1616). plus tard à Rome, enfin recteur du Collège des Jésuites à Neisse. Il est surtout 
connu par ses écrits sur les taches du soleil et les satellites de Jupiter, par la description d'un 
halo solaire observé à Rome le 20 mars 1629 et par l'expérience optique qui porte encore 
aujourd'hui son nom. 



') 11 y ajouta un exemplaire de son fîeiaaii [Adversaria de Christiaan Huygens]. 



l6o CORRESPONDANCE. 165I. 



fpcxcris, vidcbis nihil tani cxiguiim dari quod non adhiic fecari pofTK; quamvis enim 
vix aliud ipfo exilius invenias, omnc tanicn divillmi elt in partes duas. Prioreni ofto 
TheorcMiiata conlticuunt, quae cibi non difplicicura autimio ncquc indit^na viilim iri, 
qiiae cum nobili concrovcrlia nollra lca;ancur , ijs quibiis ad intclligcndam cam pe- 
ricia ûippccct. Ipla veri) partcm alteram tacic, propoiita quaiii fieri potuit breviOimè. 
Ncc puco tamen cvidentiac iillum illacum cfTe damnum, ncquc qiicnquam ad tui ope- 
ris intellectinii perventurum elle, cui non hacc multô antè pcrccptii facilia videantur. 
At ncmini acquè ac tibi podunc cfTe plana et aperça, neque ejus rei caiilam iit hic afte- 
rani expeftas. Et ii nihilominus, quod minus cxplicitum videatur, occurrcrit, non 
me pigebit id ampliori declaratione inipollerum illullrare, fi per cpiilolam modo me 
confi^ilere volueris. Sin autcm publicam defcnfionem meditabere , quanquam futu- 
rum non exiltimo, rogo tamen ut ea quoque brevis fit fimplicitcrque Geomctrica , 
qualc eft hoc meum quod infiituific vides examen. Summopere utiquc nobis caven- 
dum efl:, ne ad difiîcultatem controverfiae accedente nimiaprolixitate difputantium, 
defint tandem qui cognofcendi judicandique moleftiam fiibire velint. Me quidam nuf- 
quam quaelliionis limites praetergrefllim deprehendes, (licet ca rcpererim quibus 
alij multi non pcfitut quin infigniter efferrentur) fed diligentifllme conatum efl^ , 
quo falva gratia tua litcm hanc tibi intcntare licerec. IIoc me confecutum fperarem, 
ctianifi nihil efles pollicitus. Nunc vcrô quimi et fidem tuam non unis vicibus intcr- 
pollieris, atque ad haec producenda quantimi in te fuit impullbrextiteris, videbrin- 
juriam tibi taéturum Vir Clarilllme fi vcl levifinnam indignationem fubverear. Magna 
me fpes tenet et tra(;l:andi ratione et argumcntorum clficacia pleniffimc cibi fiitisfac- 
tum fore. Nam de his quideni fi quod rcs cil fateri velim, dicam vix propofitioncm 
ullam ne ex démentis quidcm, unquam mihi magis dilucidè perfpciftam fuifil\ quam 
nunc in caufa nortra aficrtionis meac veritatem peri'picio. Sed quid haec afièverafil' 
profit? aut quilham aliter affeftus demonfirationes Geometricas omnibus legendas 
permittit? Et vidcmus tamen hae quam nimium fréquenter erroribus obnoxiae repcri- 
antur, doceantque homines fibi contigiflI> autores. Brevitas quidem paucitafquc me- 
orum inter alia perfuadet nihil taie me pafiiim efTc, et ficut turpius ita minus quo- 
que proclive eft in tàm paucis pagcllis errorem obrefllfi^e ") ; fed quantacunque mihi 
nunc verifinfilitudo blandiatur, nihil certb affirmare convenit, priufquam et peritio- 
rum frequentem afienfum fiiero adcptus , et tui ipfius adeô, qui vel unus folus mihi 
fuffecerit, quemquc nifi caetcris accedere fecero, nihil magninn me praeftitifi^earbi- 
trabor. Reverendo Patri Saralac lalutem meis verbisreddes,atqucunhexeniplarium 
altcrum libelli mei, quem fi diligenter perpendere dignabitur, atque eloqui quod 
fentiet, magnas infuper gratias me fibi debiturum credat. Dominum la Faille cum 
Principere ^^ fuo *•) agcre fcribis, fed quis me nunc doceac, qua via hune munufculum 



=) Lisez : obrepfifTe. 
3) Lisez: Principe. 
"t) Don Juan d'Autriche. 



CORRESPONDANCE. 1651. 161 

meum afTcquatur, vagum atquc inccrtas fcdcs fubindc mutantem, quocics belliim et 
cailra inigranc. Cum poteris tu mihi hoc adjumento fis Vir Clariflimc, et qiiam 
optimè interea valeto. 
16. Dec. 1(551. 

N= 107. 

CHRISTIAAN HUYGENS à J. Goi-R'S. 
[28 DÉCEMBRE 1651] '). 
La minute et la cupie se trouvent à LeiJeii , coll. Huygens. 
GOLIO. 
Ad te impriniis Vir Clariirime, tyrocinij niei exemplarpervenire volui,quanqiiain 
non fine aliqua verecundia acre judicium tiium fiibitiu'us. Veruni ica mecmn com- 
paratum efl: ut tum demum ex inventis maximam voluptatem capiam cum peri- 
tioribus ea impertio. Mitto itaque Theoremata pauca quae non ita pridem medita- 
tus fiim , atquc una e^erao-iv brevem ingcntis voluminis quod de Conicarum .Seftio- 
num et circuli abfbluta quadratura in luccni edidit Gregorius à Sanéto Vincentio; 
hiijus confcribendaeTiieoremata iita occafionem et animum dederunt, antea enim dit- 
ficultate et nimia mole operis diu fueram deterritus, et propter inconcinnam viri 
methodum pracjudicio tacito jam pêne condemnaveram, nec i'anè immeritô prorfiis ; 
nam qui tam Illufire problema efFedum darc pofl"et, mirum ni magis compofitc 
omnia quae ad demonfirationem pertinerent ordinare fciret, vitareque tantam ob- 
fcuritatem et tollerc iliperflua. Atqui hiice omnibus involvifle errorem fiuim vide- 
batur, quem nunc quidem confpiciendum me dedifie afieverare non dubito. Vix 
autem te rogare audeam , Vir Clariflime , ut molelliam cognofcendi de controverfia 
nofl:ra fiifcipere velis. Quod fi tamen antea evolvere Vincentij librum cepifii atque 
aliqua expendere, exiftimo tantum pracftare pofie pagellas meas, ut omnem porro 
rem penitus perfpicias. Sin otium non fuit nec adhuc fiippetet, intelliges tamen im- 
pofterum et ex aliorum fententiis, et ex adverfarij propria ut fpero confeflione 
nihil me frufl:ra hic movifie. Theoremata de Quad'raturis brevi operâ cum vacabit 
perpendes, animadvertefque haud dubiè Antiquos illos praeilantiiïimos Geometriae 
autores me pro viribus aemulari, quod et olim mihi te confiiluifl!e memini, et nunc 
indies quam benè cedat animadverto. Omnes eos in fumma veneratione habco 
quorum fcripta tantam aetatem irreprehenfa tulifie, iilque temporibus fcripfifie 
video, quibus nihil erat Geometris illuilrius. Archimedem nemini comparandum 
puto. pofi: eum Apollonium vero Pergaeum maxima admiratione dignum , qui tan- 
tam utilifllmarum propofitionum multitudinem tam accuratis demonllrationibus 
fiabiliverit. Munc aliquando tua manu reilitutum alteraque parte audiorem lege- 
mus, utinam brevi nos ifia felicitatc bées. -) Quantum ex librorum titulis conjicere 



') Avec un exemplaire de son èisiaaiç [Advcrsariadc Christiaan Iluygens.] 
-) Ce commentaire n'a jamais paru. 
Oeuvres. T. I. 



102 CORRESPONDANCE. 1651. 



licet quos Pappus réfère, omnibus Geometriac pcritis fummopere expetendi func, 
diij;nique omnino quibiis a temporiini injuria vindicandis , tu Vir Clarillimc egre- 
giam opcram naves. Nïiiil hiic addo quo magis inhacrcrc tihi queac juitiflnnum 
delideriuni meum, cui efficiendo ce anni inllantis tihi teliceni decurluni precor et 
valetLidincm prolpcram. \'ale. 



N= 108. 

Christiaan Huygens à Fr. van Schooten. 

[28 DÉCEMBRE 1651]. ') 

La minute et la copie se trouvent à Leiden, coll. Huygens. 
La lettre est la réponse au No. 104. Fr. van Schooten y répondit par le No. 110. 

SCHOTENIO. 

Quem tibi nunc libellum mitto fortaiïb jam dudum expedaili Schoteni Clarif- 

fime, fcd tijpographorum tarditas moram attulit niniiani de qua pluribus conque- 

rcrer niiî et tibi non icmcl expertam fcirem. Mili eundeni ante biduuni Patri Grego- 

rio atque alterum excmplar Patri Saralac, cui ve! inipriniis detenlio praeceptoris fui 

videtur cfTe cordi. In Exctaii adjeci paragrapliuni Atqitc ut ipj'n ulque ad Revertor 

atiteru., tuo potifrimum fuaiu, cujus nunc plenam mihi approbationem polliccor, ut et 

doftorum omnium; Ubiquc locorum rcfciri faciani de controverfîa nortra, fcripto- 

quc meo in Gallia impcrtiar Robervallum, Bruxelb's Gotfchovium -), Bredac Pellium, 

Golio nunc fimul mitto, et in Angliam quoque ad fratrcm meimi 3), ut iftiusregio- 

nis Geometris ortcndat, pervenire faciam. Nam quanquam fumma expeftatio et fpes 

eil in confeflîone iplîus antagonillae mei, tamen operam dabo ut ne quid de jure fuo 

diiceffiflc dicatur atque ut quam plurimorum refcriptis fuffragijs, vicifTe me com- 

probare poffîm; Intcr quae tuum vel praecipuo loco erit, utpote qui cognofcendae 

caulac non exiguam jam ante operam impenderis. Vale. 



') Avec un exemplaire de son 'EÏFtrtni; [Adversaria de Christiaan Huygens.] 
^) Gérard van Gutscboven , fils de l'avocat Guillaume van Gutschoven , et de Henriette van El- 
deren, naquit à Louvain le 6 février 1615 et mourut à Lierre le 4 mai 1668. Disciple et 
assistant de des Cartes, il retourna en lôs^à Louvain , où il devint en 1640, comme succes- 
seur de Sturmius, professeur de matliématiques; il s'appliqua pourtant aussi à la médecine. 
Après la mort de sa femme Anna Leroy (qu'il épousa le 30 septembre 1638 , et qui mourut 
en septembre 1652) il entra dans les ordres et devint en 1659 professeur d'anatomie, de chi- 
rurgie et de botanique. Outre quelques écrits, il laissa une carte militaire de Louvain , dont il 
avait été chargé de reconstruire les remparts. 
') Lodewijk Huygens, qui, le 20 décembre 165 1, était parti pour Londres, dans la suite des Ambas- 
sadeurs Jacob Cats, Gérard Schaap Pietersz. et Pauhis van der Perre et de leur Secrétaire Al- 
lart Pietcr Jongestall [Dagboek.] 



CORRESPONDANCE. I 65 I , 52. 163 

N= 109. 

Christiaan Huvgens à [Constantyn Huvgens , père] 
[décembre 1651.] ') 

/,/; minute cl la copie se trouvent à Leiilen , coll. Huygeiis. 

Christianus Hugenius Patri, s. D. 

Parvum quidem ofFero, fed ciijiis exilitatem ") magna ex parte nie fupplere pofle 
exiftimavi, fi gratum animuni cuique oblervantiflimum hic in principio ceilarer, 
atqiie hujus veriflimani demonllrationem, demonllrationibus reliquis adjicereni. 
Qiiin potins, ne folicitns quidem elî'e debui, propter exiguam molem minus tibi 
accepcum fore, cum quocidiè animadvertamus, parviilam filioriim progeniem 
maxime avis caram cfiè. Itaque unum petiifTe lufTecerit, quod etiam nunc peto ro- 
goque : Ut nepotum tuorum nomine , que lacpe alia levioris nocae molimina mea , 
bénigne appellare Iblitiis es, hune quoque indullriae meae parcum compleftaris 
quemque ego expofui, tu prae caeteris hibens tollas, V'^ale ! 



N" iio. 

Fr. van Schooten à Christiaan Huvgens. 
2 JANVIER 1652. 

La lettre se trouve à Leiilen, coll. Iluygens. 
Elle est l.: r('/>o!:se au Nu. 108. 

Clarissimo Viro d. Christiano Hugenio Fr. à Schooten S. D. 
Gratijs quàm plurimis de tuo libro aureo reddicis, quid aliud Tibi magnificen- 
tius defiderare poiTum , quàm ut laboribus tuis nobilifilmis nos beare pergas. Accu- 
rationem enim tuam quod actinet certè tum vel ipiae figurae, tum typus indicant; 
quiquevel ipfum librum non nifi leviter perlegerit, perpenderitque quo paftotampau- 
cis pagellis ea contincantur, quae in difficili adeo materià, tum doftifiimos quoique 
haftenus latuere, vel fi id invenire aggreflî fine, conatus tamen eorum a Te eludan- 
tur, judicare utique débet h te non nifi magna quaeque efie exipeélanda. Ad quae 
igitur fperanda Deum ex animo praecor ut vitamTibi longaevam ac incohimcm clar- 
giatur, inventilque faveat, quh et in boni publici ufum acque commodum evul- 
gare poUîs. Quare concludam cum adprecatione meà tclicis Tibi Tuilque ineuntis 
anni aufpici] agoque fimu! gratias pro dono, quod mihi ficut et reliqua jnduilriae 
tuac monumenta in delicijs erit. Vale. 

Leydae 2 Januarij 1(552. 



") Avec un exemplaire de son 'ESsiaai^ [Adversnria de Cliristiaan lluvfiens.] 
") Cet ouvrage ne contient que 43 pages in-4''. 



164 CORRESPONDANCE. 1652. 

Dominiis Gucfchovius habitat Lovanij , ubi cfl: Mathefcos profc(T()r , ac Mcdi- 
cinac l)otl:or. 

Acn Monficuf Monficiir, Christianus I Iuijgkns, ton huijlc 
viin Myn liecr vim Zuijliciiem 

in 
Cito S'gravcnhagc 

port. op t' plein. 



N= III. 

Gregorius a St. Vincentio à Christiaan Huygens. 

6 JANVIER 1652. 

La lettre se tro,:ve à Lehlen , coll. Iluygetis. 
Elle est la rifpntise an Nu. 106. Chr. Huygens y ripundit par le No. 118. 

Clarisso. Viro Christiano Hugenio Gregorius a Sancto 
ViNCENTio s. D. 

Xeniuni tuum iplis Kalcndis ineuntis annj opportune accepj: quod xcniorum 
more, acceptum fuit. Peruoluj Icgenda; et induilriam tuani admiratus fuj. quiavero 
tuae fortis raros eft reperirc , qui luccefTu vfque adeo felicj, iludia Geometrica afTe- 
quantur; praefertim cum aliquid ea Scientia dignum, de nouo promendum ert: Hor- 
tor, vt per fimilcs lucubrationes, ad plaufus te compares, quos omnis poileritas 
induftriae tuaedebitos, grata parabit; fi gcnio tuo, quem a natura ftudijsgeometricis 
accoiumodatum fortitus es , indulgere non piguerit. 

Porro fenfum meum, de iudicio tuo, de me dato, ex me intelligere geilis. defiderio 
tuo fiet fatis, vbj aliorum dubijs, ac difFicukatibus ad me transmillls, refpondere inte- 
grumfuerit. fpero intérim tuo exemploplurcs ciui'dem argument] aliquid meditaturos. 
Patri Sarafae fi.uim praebuj excmplar. De Pâtre délia Faille nefcio quid fcribam : 
credo Patrem Crom ') , Domeilicum Oratoris Régis Catholicj , commodam me- 
thodum indicaturum, fi quid ad eundem dellinandi, in animohabes. Vale et com- 
mercium nollrum vlla controuerfia jnfringas caue. 

Gandauj. 6. Jiinuarij 11552. 

Vtanimigratitudinc vices rependam,adiungolibellulum -)'rhefiummearumdeMo- 
tu jnclinato; dignabere non munulculum led aninium ttiis ilrcnis obnoxium afpicere. 

Ci-ARissiMo Domino D. Christiano Hugenio 

Hagae Comitis. 



') Adriaan Crom (Cronimiiis) naquit à Oirscliot vers 1590 et nioiinit en 1^51 ;i Louvaiii, où il 

fut professeur d'Ecriture Sainte. Il était Jésuite depuis 1601; et publia quelques ouvrages. 
-) Nous n'avons pu rencontrer cet ouvrage. 



CORRESPONDANCE. 1652. 165 



N" 112. 

A. A. DE Sarasa h Christiaan Huvgens. 

12 JANVIER 1^)52. 

La lettre se trniive è I.cuicn , coll. Iliiygens. 
Clir. Iliiygens y répondit far les N"". 116 et 117. 

Clarissime Domine. 

Magnd auiditate librum tuum ') expeftaueram , ncc minore legi. quinimo iuuat 
diiitiiis expcftafîe; ncfcio enim an non mora ipla orexin excitaret; ut enim librum 
vidi , ad legendum eum illico quafi compulfus ium. aliis tamen admodum impcdicus. 
Hoc fcio habuifle me magnum operae precium , quidlibec enim me nouitate iiiâ de- 
leftabat, non tamen quaevis admirari iblitum praefertim in Geomctricis. Illud eti- 
am non illepidum accidit, quod dum libellum peruoluere me puto, librum abfolu- 
tum omni ex parte inuenerim , fi non mole penfentur libri fed rc. nec adeo Archi- 
medaea Circuli dimenfio tribus admodum propofitionibus comprehenfa liber non 
eft; quin potius maiorem credidi femper, quod paruus fit. IlabuilH fane virum quem 
imitaveris Archimedem ipfiim, quemque proponendi methodo, Geometricoque de- 
monltrandi modo exprimis fané féliciter, hoc eil: enimuero Geometram agere: qua- 
les vcinam omnes effent ii, qui hoc fefe nomine circumfpici gaudcnt hodie. Inuenis 
féliciter, proponis dilucidè, neruofc demonftras; demum Geometra es. 

DubiumquodcircaQuadraturam Patris Gregorii fecundà proponis parte, clarè ex- 
primis, et quod maxime optabam modeflè. vellem humanitatem eiufiiiodi Galli qui- 
dam in fuis fcriptis prae le ferrent, refponfionem haec res meretur audore dignam, 
hoc ert Geometricam et humanam : elucidabitur hoc modo plane res, clamori- 
bus tantum intricanda. neque fi refponfio differtur, ncgatur: commodius fi quidem, 
ad plura quae proponuntur, refpondebitur libro vnico, quam fi fingula quae repo- 
nentur, in fingulos libellos diilrahantur. Illud tamen modo indico, primam quadra- 
turam, non idcirco praecipuam quia prima; prima eil quia primam cafiis fecit. 
verum id modo non ago vt refpondeam. 

Perge intérim Mathefin exornare inventis tuis vt coepiiH , te plane dignis; mefiîs 
in herbd ell, non quod excrefcere debeat vt maturefcat, ied quod vix lucem afpexe- 
rit, quin maturam Mathefi mefiim protulerit labor tuus. Confencfcit paullatim Pater 
Gregorius : fed quis neget feracifllmam adhuc eiïe fenis venam? quod fi tamen haec 
exaruerit aliquando, reuiuefcet illa in te, vt cui vegctior aetas multos adhuc annos 
fpondeat , quibus plura c veritatis fundo erui pcKerunt , ab eo qui veritatis tam eil 
ftudiofus. non enim vt pulchrè animadvertis facimus vera, fed invenimus. feliciflîmi 



') La 'Eisiuaii, que Christinan Huygens lui avait envoyé le 26 décembre 165 1, avec une lettre 
qne nous ne possédons pas. [Advcrsaria de Christiaan Huygens]. 



l66 CORRESPONDANCE. 1652. 

ftnè Geomccrae imo et Vranomctrae futiiri , fi inveniamus aeterna. quod quidem 
Tibi cum tcliciilimo hiiius anni aulpicio ex anime precor. 

(■and. 12 fan. 16^2. Garifllmae Dominationis Tuae Seruiis 

Alfonsl's Ant. de Sarasa. 
ChirilVimo Domino D*'. Christiano Hugenio. 

Hagae Comitis. 

N= 113. 

ChRISTIAAN IIUVGENS h G. VAN Gl'TSCIIOVIvN. 

[17 JANVIER 1652.] ') 
/,« m'nintc et lu ciipic se troiircnl à I.cidci , cuil. !Ii:ygc:is. 

GUTSCHOVIO. 
Ex que corain cui videndi copia fuit Gutfchovi Clariiïimc, quae niihi feniel tantum 
félicitas obtigit , continui me ne fcribendo ihidia tua interpellarem; nunc vero ex 
occalione paiilo confidcntior fadius non diutius taccndum eiïe putavi, et habiturum 
te quod imputare pofles, nilî cum amicis caeteris fieres inventorum nicorum tijrocinij 
particeps. Theoremata igitur mitto pauca numéro fed quibus cditis volui Geome- 
tris horum temporum innotefcere, prius quam alius ea mihi praereptum iret. For- 
taflis autem magis propolîto meo conducec hoc quod poil:eriori parte libelli addita- 
mentum fubjunxi.'E^fTao-ii/ dico ejus Quadraturae quae prodijt à Pâtre Gregorio à 
Sto. Vincentio, de qua inter alia fermonem mihi tecum cum hic efTes fuiiïe recor- 
dor. Exiftimo hoc fcriptum à pkiribus expetitum iri tum propter célèbre antago- 
niftae nomen tum quod impenfius plerumque dilputationes hujufmodi et difildia 
homines feftantur quam liquidam veritatis ipfius cognitionem. Breviter modo hanc 
confutationem inllitui, et praecipue in hoc operam dedi ut ipfi Patri Gregorio in 
veriorem fententiam tranfeundi nccefTitatem imponerem. Quod fi contra quam opi- 
nor perfuadere ipfi nequivero, reliqua mihi ipes erit in peritiorum examine, tuo 
tuique (imilium. Nam tantum quidem eflecifll' me fcio, ut nemo prius inventa Patris 
Gregorii quam à veritate ipfimi aberraïïe fit intelletturus, de me meifque haftenus, 
at nunc quoque inquirere liceat quid vos illic rerum agatis, femper enim te ijs rébus 
intcntum credo de quibus rcfcire expédiât omnibus, dixiili mihi non paucis te com- 
mentatum efl"e ad Cartelii Principia; et proculdubio adhuc multum ijs ex illo tem- 
pore accrevit. Onmia illa publico invidere non debes, Vir Clarifiîme led maturare 
ut quam primum prodcant in lucem -) nobifque lucem aiferant. Quod 11 necdum 
operi finem impofuifiii, nihil tamen vetat quo minus aliqua laltem amicis impertias. 
De natura et legibus motus occurrentium iibi mutuo corporum quas Cartelius régu- 
las tradidit, ad eas demonllrationem accommodafie te ajebas. Certè magnum operae 



') Chr. iliiygens lui envoya cette lettre avec un exemplaire de son iSsmuis [Adversaria deClir. 

Huygens]. 
") Apparemment ces Commentaires n'ont jamais paru. 



CORRESPONDANCE. 1652. 167 

precium faciès plun'miimquc tibi dcbiturus fum i\ hafcc cxhibucris. Quanquam 
enim Aucori fuo ip(i tam manitclhic dicantur ut nulla probationc indigcant, nieo 
tamen judicio adhuc omnes excepta prima veritatis dubiae videntur ne dicani iiii- 
peftae tallitatis. Rationes meas adterrc hic podem, et contra regulani 4 ani praecipuc, 
fed nefcio an tibi aeqiie légère atque mihi fcribere vacet. Illud li compcrero, iaepius 
te per literas laceflam, nam perjucunda mihi de ilHulhiodi quaelHonibiis difccptatio 
videtur, neque ell quod agam libencius. Vale. 



N= 114. 

CURISÏIAAN HUYGENS à LoDEWIJK I IlîYGENS. 
19 JANVIER 1652. 

La copie xf trouve à Le'ulcn , (.'"//. Iluygcns. 

Monsieur Mon frère, a Londres. 

Vos lettres de la façon qu'eitoit celle que nous leurmes hier ") peuvent fort con- 
tenter mon Père, qui vous exhorte feulement de continuer, en luy faifant avoir de 
femblables toutes les femaincs. Il paroit que vous vous évertuez, ut praelles 
caeteris animalibus, qui fe font embarquez avec vous. Mademoilelle Z. dit que nul 
Prophète ell: ellimé en (a Patrie , aulli cela eft il très vray , et c'eil une des belles et 
notables fentences de l'Evangile. Quand je parle d' Animalibus, j'entens ceux qui 
le font, et je vous prie efcrivez moy en gros quelle vie ils melhent la. 

Mon Perc veut que je vous envoyé un exemplaire de mon petit livre, peucelb'e 
que MonOeur Johnibn -) ou quelqu' autre vous fcaura dire a quel Mathématicien vous 
le pourez donner. Père Gregorius m'a a la fin repondu, et je receus hier la lettre pleine 
de civilités 3^, mais par la quelle il eil évident, qu'il n'elt pas fort près a faire 
réplique a mes objcîftions. Une autre lettre qui venoit du Père Sarala '*) qui eil; 
avec luy , eftoit de mefnie argument et plus ample encore. Je commence a élire 
fort conneu parmi les Révérends Pères, et le feray encore d'avantage quand 
Père Seghers aura dillribué les Exemplaires qu'il a demandé pour envoyer en 
Efpagne, et autre part aux hommes Scavans de la Compagnie et cunnoiflimce. La 
Harangue '^ de Monfieur Cats '^^ a elle imprimée icy et depuis encore en Fla- 

') Lodewijk Huygens étant parti le ?o décembre 1651, cette lettre, qui nous n'avons pas retrou- 
vée, aura été la première qu'il écrivit après son arrivée en Angleterre. 

-) Johnson était libraire-éditeur à Londres. 

3) C'est la Lettre N°. m. 

■») C'est la Lettre N°. 112. 

^) Oratio, in Parlamento Reipublicae Anglicanac, viva ac vivida voce, ab Kxcellcntillinio l)oni°. 
Jacobo Cats, Cellbrinn Potentiuni Ordinum (ïeneraliuni lîeli^ii, unacum itideni Ivxcelien- 
tiiîimis Dominis Gerardo Scliaap & Paulo van der Perre Collejiis Cuis, Legato Extraordinnrio, 
habita die 29 Deceni. 1651. Anno 1652. in-4°. s. 1. 

'') Jacob Cats naquit le 10 novembre 1577 à Brouwershaven et mourut à sa maison de campagne 
Zorgvliet, près de la Haye, le 12 septembre i66o. Il a été pendant plus d'un siècle le poète la- 



l68 CORRESPONDANCE. 165S 



niend "). Les Eftats l\)nc voulu fupprimer en faifiint dcfcnfc de la vendre. On la 
trouve bien froide icy partout et qui lent Ton bon homme. 
Le 19c Janvier 1(552. 

N= 115. 

Christiaan Huvgens à D. Seohers. 

23 JANVIER 1652 '). 

Lu minute et la^ copie se trouvent à Lciden, cuit. Iliiygens. 

MiJN HEER 

Ick vinde mij ten hoogrten aen VE vcrplicht voor de forghe en moeijte tôt noch toe 
gecontinueert in 't onderhouden van de correfpondcntie tufTchcn Pater Grcgorius 
en mij , en hebbe nict konnen nacr laeten VE door dclen daer felis voor te dancken. 
De bijgaende Exemplaren van mijn bocxkcn Ibude ick (ten waer de vorft mij sulx 
belet hadde) gheern eerdcr gefonden hebbcn, wetcndc dat VE de middel had om 
die foo wel tôt mijn avantage te dillribucren. Ick geniet noijt meerder vermaeck van 
diergelijcke inventien dan als ick die aen mijn geleerder magh mcdedeelen; fo dat 
ick mij fal geluckigh achtcn , indien door VE toedocn elck van defc boexkens mach 
ter hand komen daer hct is gedefliineert. Voornementlijck over dat van Pater la Faille 
dien ick in grote achtinghe hebb, en langh gewenlT: aen hem bekent te iijn,nieer 
als aen yemandt anders. Ick hebb 4 van de Exemplaren ongebondcn gelaeten, 2 voor 
Pater Gregorius ghelijck ghij die begeert hadt , en noch 2 om datfe aldus bequaemer 
fchijnen om verre reijfen te doen, als naer Claudius Richardus in Spagne, en nacr 
Pater dclla Faille. Pater Gregorius en fchrijft tôt noch toe mij gheen antwoordt op 
mijn argumenten, maer veel beleeftheijdt, als oock Pater Sarafli. Soo dat ick ver- 
trouw, dat wij wel gocde vrunden luUcn blijven. Bidde oock VE foo veel moghehjck 
is, daer toe te vvillen helpen contribueren, en blijve 

Mijn Heer VE oottnoedighcn Dicnaer 

Chrisïiaen Huijgens. 

's Gnivenhaghe 23 Jan. 1652. 



vori de la Hollande, à tel point que l'on dit que ses ouvrages, dont il existe quantité d'édi- 
tions, se trouvaient dans toutes les maisons, à côté de la Bible de famille. Il demeura jusqu'en 
1621 à Grijpskerke en Zélande, depuis 1651 à Zorgvliet. Il était aussi homme politique, 
remplit diverses hautes fonctions et fut souvent envoyé en ambassade extraordinaire. 
") Oratie van Sijn Excellentie de Heer Jacob Cats. . . . \Vt het Latijn overghefet. Tôt Rotter- 
dam. By Jan Jacob den Abt, op de Leuve-haven. 1652. in-4°. 
On dit que cette traduction est de la propre main de Cats. 



') Avec 5 exemplaires encore de son 'E^eracrii i. La Faille, i. Claudius Richardus. i. P. Tac- 
quet. 2. P. Gregorius a St. Vincentio. [Adversaria de Christiaan Ihiygens.] 

II est probable que, le passage des rivières étant interrompu par les glaces, cette lettre n'a 
pas été expédiée. Voir la Lettre N°, 121. 



CORRESPONDANCE. 165a. 169 



N" 11(5. 

Christiaan Huvgens h A. A. de Sarasa. 
[ janvier 1652] '). 

I.a nt'niiili', la ofiii et le sommaire se truiiveiit à I.e'uien^ cnll. Iliiystcns. 
Lu lettre est lu n'ponse ci: Nu. ni. 
Archimcdis lirevitas. Grcgory prolixitas. 
IcviUiimim erat argumentum qiioci primo loco ciiuiiKiiiam non tantiim cafui hoc ck'lieri convenii'L'. 
miroi" fi intelligac et clare expreH'iiin vidcatiir qiiod refponderi porte credat. 
quod non videatur ipfe optiniam h.ibere opiiiionem de P. Gregorij qiiadratura. 

R. P. Alfonso Ant. de Sarasa Ciir. IIug. S. D. 
Magno eoqiic immerito cncomio me exornac cpillola tua Vir Clarissimc quod 
camen in pauca conferre potuifti nec ultra profequi dcbucras poftquam dixiili 
Thcoremata mca Tibi placuiflè. haec funima meorum votorum eft ea fcripiifle, quae 
tui (imilibus viris legifTe fit opcrae practium. De prior'e itaque libelli mei parte reétè 
habet, vcrum ad alteram quod attinct, hoc dicere liceat, non latis hic te quod maxime 
petieram praellitiiïc, ut quae fcntires pronuntiare velles. nullo enim paélo inducor, 
ut te clarè mentem meam ficut icribis, percipere credam, et tanien exillimare non 
dcfore quod argumentis rcponi polfit. Ilhid lanè fi mod6 objicitur quod praecipuam 
ex quatuor Quadraturis non impugnavi , non multum me movebit. fiifficere enim 
puto quam fui aggrefTus eam iplam eiïe Primariam autem Patri Grcgorio cenlcri , 
non eo tantum argumcnto probavi quod primam fecifiet, icd hoc omnium erat levifiî- 
mum. Et tamen aflentire tibi nequeo quod cal'ui potius quam certae autoris difpofi- 
tioni aflcriberemavis hoc quod ante alias eam legi voluit. Sed te credo Vir Clariflime 
hoc aifeftui darc non iHaudabili ergà Patrem Gregorium, ut nihil practermittas 
quod in excufationem ejus adferri pofiit, et qudcunque tandem ratione detcnfio- 
nem viri optimi fufcipias. Si ver5 Geomctras agcre volimus potior adhuc débet 
e(Tè ratio vetitatis , quam in inventis Patris Gregorij ubique falvam non efiè procul- 
dubio dudum animadvertifti. Ita mihi de te periuadim ell, nequc aliud fentire 
patitur magna quaedam doctrinae ac peritiae tuae opinio, quae non temcre me 
inceffit neque temere excidct. Vale. 

Scribo ad Patrem Gregorium et te quoque rogo ut hoc faltem in- 
dices ubi error refideat 'C\ quem commifillé videor. Durum hercle 
efl: fi nihil mihi refcire liceat, priulquam ad omnium motas ditti- 
cultates fimul reipondeatur. 



') Cette pièce, non datce, est probablement la minute d'une lettre qui n'a pas été expédiée, mais 
remplacée par la Lettre suivante N°. 1 17, laquelle porte la dare 24 Jansier 1652: ces deux 
lettres ne difterent guère par leur contenu. 

Oeuvres. T. I. a2 



I^O CORRESPONDANCE. 165!: 



N= 117. 

ClIRISTIAAN HUYGENS à A. A. DE SaRASA. 
24 JANVIER 1652. 

La mitmlc et la copie se trouvent à LeiJen, coll. Hitygeiis. 
La lettre est la réponse an No. 112. 

Sarasae. 

24 Jan. 1652. 
PlacuifTc tibi Theorcmaca mon Vir Clarifllmc non fine gaudio inccllcxi, atquc hacc 
fiimma meorum cil: vocorum ea fcripfiflc quac cui finiilibus Icgiflè fit opcrac pre- 
tiuni. Eoriim tamcn quac tam large actribuis maximam partcm adhuc in me requiro, 
fumque mihi optimè confcius qiianto incervallo à fumma iila pcrfetlione quam pan- 
els verbis depingis ftndia noftra dillcnt: non defiint fane et maxime horum tempo- 
rum fcriptores quorum incptis voluminibus inl'pettis, aliquidmcprofeci(Tè,excom- 
paratione judicare folco. At rurius ubi Archimcdcas reliquias confidero, quarum 
tu quidem brevitatem meritifllmo jure fufpicis ac collaudas llibtilitatcm vero, accu- 
rationem, atque incomparabilcm quemdam decorem, nemo unquam mortalis, ut 
opiner affèquetur; tune inquam excidunt illi priores animi, folumque retinco imi- 
tandi ac longe vclligia legendi et conflians et ialutare propofitum. Is quem Archi- 
medcm ipllim aut certc alterum vocas quemque me imitatum ais, proximus illi 
inventionis felicitatem, fpcétes haberi meretur, atque à me prideni habitus eft. 
Brevi ad hune excmplum libelli mei delatum iri fpero cura officiosiirimi viri D. 
Seghers. Forte ubi de lite nortra cdoélus fucrit, non dcnegabit quoque fententiam 
ferre, nifi reverentia quondam praeceptoris fui minus promptum efficiet. Equidem 
de te conqueri liceat qui quod maxime peticram non praeftiteris, neque id quod 
fentis putaveris pronuntiandum. Nullo enim pafto inducor ut te clarè (ficutfcri- 
bis) mentem meam intelligere credam, et tamcn existimare non defore quod argu- 
mentis reponi poflît. Illud ianè fi modo objicitur quod praecipuam ex quatuor qua- 
draturis mihi non propofui, non multum me movebit, fufficere enim putoeam ipfam 
quam lui aggreflus cverfam efiè. Primariam autem h Pâtre Gregorio cenferi non eo 
tantum argumento probavi quod primam fecifiet, led hoc omnium erat leviffimum. 
Et nequeo tamcn aficntiri tibi cum casui potius quam certae autoris difpofitioni 
tribuendum ccnfes quod antc alias cam legi voluerit. Sed te credo Vir Clarifllmc 
hoc afFeélui dare non iUaudabili erga Patrem Grcgorium, ut nihil practermittas quod 
in excuihtionem cjus adferri poflit, et quacunque tandem ratione defenfionem 
optimi viri llifcipias. .Si vero Gcomctras agerc volumus, potior adhuc efle débet ratio 
veritatis, quam per inventa Patris Grcgorij undiquaque salvam non cflc procul- 
dubio, dudum animadvertilli. Ita ccrte de te mihi perluaium cil:, ncque aliudfentirc 
patitur egregia quaedam doftrinae ac peritiae tuac opinio quac non temere me 
inceflit, ncque tcnierc excidet. Valc. 



CORRESPONDANCE. 1652. I7I 



N= 118. 

Christiaan Huygens à [Gregorius à St. Vincentio.] 

[24 JANVIER 1652.] 

La minute çt la copie se troiireiit à Leii!e:i, coll. Ilitygcns. 
La lettre est la réponse au No. ni. 

Sommaire: de la faille, gracias pro liliello. 

Literas tuas expeftatiilimas, i8°demiim die mcnfls acccpi atquc ima libclluni 
elcgancem Thefium mathematicariim ') quas cum detendifti fieri non potuit quin 
frequentibus argiimencis oppugnaveris, ita multae font cgrcgiae ad difputandum coni- 
paratac quafque vcl evercerc vel demonilrare pêne parcm difficultatem habeac. 
Gratiffimum niihi munusculum veniffè crede et maxime quod remunerandi animo 
abrte profeàtum fit, oui tantum abeft ut ftrenam meam imputaturus fuerim ut 
multum quoque me debere agnofcam, quod favorabiliter admifia fuerit. Non cujus- 
vis efl: hominis, adverfantem fibi placide exciperc. Tu vero et laudibus cumulas, et 
tanquam in optimè incocptis ftudijs ut perfeveret adhortaris. Quamvis autem ad 
Mathefin porro cxcolcndam nulla initigatione indigeo utpote cujus illecebris jam 
pridem fim inefcatus, devinctuique ut abilllcrc non fit liberLin'i,fentiotamcncurrcnti 
calcar addi cum tuo atque aliorum Gcomccrorum calculo probari video prima 
tyrocinij mei Ipecimina. Quod pofieriorcm libelli partem non acque probas ali- 
quantum praeter opinionem mihi evenit, fed non omni adhuc Ipe dccidi fore ut 
argumentis rite penfitatis tandem fententiam mutes; miror autem fi quid reperifti 
quod reprehcnfioncm apud te incurrerit, cur nihil taie in epifiola prodere volueris. 
neque multo major expeétatio me tenet videndae defenfionis tuae quam qiio loco 
vel qua pagina me hallucinatum arbitreris intelligendi. hoc tribus modo verbis 
fignifica quaefo, nullo enim tuo incommodo, potes eam operam concedere. Apo- 
logiam deinde univerfalem patienter expcftaturo. Quam tamen longa fit procras- 
tinatio vide fi non ante eam habituri finnus quam motas ab omnibus alijs difficul- 
tates in unum collegeris, quae quotidie novae fiiborientur. Sed tua res magis atque 
exifliimatio in acceleratione veriari videtur quam mea, ideoque quid faciendum fit 
pro prudentia tua tibi difcernendum relinquam. De mittendo Exemplo ad Reveren- 
dum Patrem délia Faille non amplius moleihis ero, promifit enim et quidem fponte 
operam fuam obtulit D. .Seghers, qui non hic tantum me voti compocem faclurus efi, 
verum et Lovanium ad Patrem Tacquet et in Hifpaniam ad Patrem Claudium Richar- 
dum notum fibi atquc amicum, chartulas meas pervenire faciet -). Foelix mihi videbor 
hifce leétoribus quibus et judicibus facile acquiefcam fi de controverfia nofira fenten- 
tiam ferre vohicrint. Abfit autem ut commercium inter nos ejus de cauia intercidat. 
Ego quidem quoad potero durare faciam et qiianquam illum difputationi inceptae 



') Voyez Topiiscule cité dans la Lettre 1 1 1, 
-) Voir la Lettre N°. 115. 



172 



CORRESPONDANCE. 1652. 



pollhac infervire maxime cxoptnrcm, tamen fi aliter vidcbiciir, fcribam pofthac 
quae tibi graciora pucabo. Si inventionibus Gcomecricis meis dcleétaris non facile 
matcria dcliciet. Unam hic adlcribam nacam antc paiicos dics, niillusenim finclinea 
praecerlabitur. l'^ll autem conipolicio Problematis Archimcdci cui multos ex anti- 
quitacc Geometras et te quoquc inciibuifTc video, datam fphaeram piano in data 
ratione fecare. Scribam autem nunc conitniélionem folam ut quanto compendio 
ca perficiatur confidercs: demonfirationem additurus fi te expetere eam intellexero , 
efi enim longiufcula. 



N= 119. 

CiiR. HuYGENS à [Gregorius à St. Vincentio.] 
Appendice au No. 1 1 8. 

La minule et la copie se frourent à Leideii, coll. Huygens. 

Efto fphaera, cujus centrum M, 
et data proportio quae ell: lincae 
R ad S. 

Sefta intelligatur fphaera pcr cen- 
trum piano, eaquc feftio fit circu- 
lus ABCD cujus diametri fe invi- 
cem ad angulos reftos fecantes, fun- 
to xVC, BD. Dividatur AC in A'), 
ut fit ficut R ad s ita CE ad EA. 
dcindc producatur DB, et fit BF 
aequalis radio BM, et ad axem FB 
vertice F dcfcribatur parabola 
FG cujus latus reftum ipfi FB 
aequale. Porro junftis punftis E, F, 
deicribatur ccntro E radio EF 
circumfcrentia circuli FG. quae 
ubi parabolam defcripcam proxime 
verticem fecabit in G, inde ducatur GKL, parallcla FD, et fecctur fphaera piano 
fecundum Kf> quod rcftum fit ad planum ABCD. l^ico portionemKAL ad KCL 
portionem, habere racioncm quam R ad S. 




') Lisez: in E. 



CORRESPONDANCE. 1652. 



N= 120. 

A. Tacqi'et à D. Segukrs. 

6 EÉVRIER 1652 '). 

La lettre se trouve h Le'ukn, coll. I/uygeiis. 

Brminden Broeder in den heere 
Ick bedancke VE groocelyckx van het boexken -) dac VE my gelbndcn hcbt. 
Ick hcbbe daer veele fchoone inuentien in bemerckt de welcke my noch veel mcer 
andere doen verwachten van dit verilanc. V^erwachtc d'occafie cm VE te dienen, 
ende beuele my leer in uwe goede gebeden. 

Leuuen. 6 febr. 1652. 

VE Dienaer in Christo 
And. Tacquet. 

Charinîmo Fratri in Chrifbo Danieli Segers Socictatis Jefii rcligiolb 

Antuei-piae. 



N= 121. 

CllRISTI.VAN Hl/YGENS à [D. SF.Gin'lis]. 

[20 FÉVRIER 1()52] '). 
Lu mi:u:te et la cnpie se traiireut à Leiilea , eoll. Iliiygens. 

Ick Ibude acn VE al over langh van de cxcmplaren van mijn boexken toegelbn"- 
dcn hebben, tcn wacr mij de hoop van haell open vvaeter te hebben llilx van dach 
tôt dagh hadde doen uytstellen. nu fchijnt het dat de voril wcder van nieuws a:n- 
gaet, om wiens endt afte wachten mij de patientie te kort komt, Ibo dat ick VE 
defe cxcmplaren noch gcdwonghen ben over landt te fenden en dacrom ongebon- 
den al hoewel ick "t wel anders gcwenfl: hadde. maer het heeft mij Ibo beter gedaclu 
om kleinder packagie te maecken; En vo(jr Ibo veel aengaet die noch verre reijicn 
te doen hebben, iîj fullen ib maer te bequaemer daer toc fijn. Ick l'end oock de twee 

') Cette lettre donna lien ;i In corresp^nidance entre Cliristiaan Ihiyj;ens et le Père Tacqnet. 

Voir la Lettre K°. 133. 
-) Ce sont les Tlieoreniata de <^)uadratnra Hyperboles clliplls et cireuli, et Exetasis, de Clir. 

Huygens. 

') Avec cette lettre il envoya les 5 exemplaires de son ftpr«'fi,-. (Voir la Lettre N°. 1 1 5.) 

Le 15 mars, il lui écrivit encore une lettreque l'on n'a pas retrouvée. [Adversaria de Cliristiaan 
Huygens.] 



174 CORRESPONDANCE. 1652. 



die Pacer Grcgorius noch begeert hcefc, en foo VE noch mecr van doen hecft llil die 
gliecrn bcilellen, wanc icl\ hec mecilc vcrmaeck van diergelijcke invcntien geniet 
als ick die aen mijn geleerder magh mededcclen. Het fijn aile voornenie lieden in 
defe vvetcnfchap, daer VE dcfe cxemplaren aen gedeilinccrc hecft, foo dat ick die toc 
mijn groote avantage fal gcdillribuccrc achten, foofe aen de felve wel ter hand komen 
nioghen voornemelijck dat van Pater délia faille, die ick in groote achtinghe hebb, 
en langh gewenft aen hem bekent te fijn, mecr als aen ijemant andcrs. Pater Gregorlus 
antwoordt mij feer bclecfdelijck als oock Pater Sarafa maer noch niets op mijn 
argumenten. wat hier naer gcfchieden fal, fal ick met patientie moeten afwachten 
doch fonder groote bekommeringh. Ondertufichen heb ick veel obligatie aen VE 
voor de forghe en moeyce tôt noch toe gecontinueerc int onderhouden van onfe cor- 
refpondentie, en wenfte occafie te vinden om te thoonen hoe feer ick bcn 

Mijn Heer 

Uw Ed. ootmoedigen Dienaer 

ClIRISTIAEN HUYGENS. 



N" 122. 
CiiRisTiAAN Hlygens à [Gregoril's A St. Vincrntio], 

[15 MARS 1652J '). 

La Illimité et la copie se trouvent à Leiden, coll. Iluy^cits. 
Gregorlus a St. Fiiicentîo y répoiulit par le No. 115. 

Sommaire : Qiiando abfolutum. demonftratio mifFa. 
Vcreri longe, ne qiiis cognofcere velit. 

Non memini me queil:um eiïb fuperioribus literis iiti fcribis, fed caulam cur 
id focerem non dcfuiile fcio , cum plurimum expeftationem meam fruftratus fueris. 
Sed ne nunc quidem quidquam quod ad rem faciat refpondilh' , et vereor nul- 
lum adhuc errorem meum commonftras Vir Clariflîme fed longam impoilerum 
refponfionem promittis. ac valde metuo ne rem ipfam et motam à me diificultatem 
rclinquens, diiïèras potiiïimum de fimdamentis ijs quae nova in geometriam intro- 
ducis. Quod fi me nihil egifie ofiienfurus es, non arbitrer id fieri poife nifi quadra- 
tum circulo aequale exhibeas, quod hadtenus tantuni fieri pofle demonfiralli, etiam 
cum omnia tibi conceduntur. Quem aucem hominem fperas inventa tua perfedtu- 
rum unquam fi id ipfe nequiveris qui tanto cempore in ijs verfaris ? Nimis me vel- 
lem haec et alia coram te incerrogare polTe nam pcr cpirtolas difputarc longum cfl:. 



') Dans les Adversaria nous lisons: Auec demonftratione i'phaerae feftionis. Nous n'avons 
pas ret''o\ivi- cette démonflration, promise dans la lettre N°. 118. 



CORRESPONDANCE. 1652. 



175 



Unum autcm hoc me ccrciorem facito, in quod tempus defcnfioncm timm cxpcét-arc 
jiibeas. Qiioufque tandem abuteris patientia nortra, Marcus Tullius dixiiïèt. Ego 
vero minime ium impatiens neque unquam expoihilabo tecum f'ed amicitiam colam 
quamdiu per te non lleteric. Ecce demonilratio ejus compofitionis quam tibi niiper 
explicavi. Primum ofiiendendum cil. . . . ') 

Refponfum tuum adhuc patienter expedtamiis Vir Clariilîme ciii conCcribcndo 
quum te intentinn crcdam minus fréquenter interpello. Sed quia demonilrationem 
pctijfti,conl'l:rucT:ionis ejus quam nupcr explicaveram volui eam hic tibi defcribere. 
Sic autem ie habet. Primum Icilicet Problematis ejuidem compoiltionem longe 
taciliorem nuper adinveni et tam belhun uc gratis tibi impertiri eam non inducar, at 

hoc praetio habere poteris fi tribus 
verbis relcribas. Quoties ratio 53 
ad 203 contineat rationem 5ad 1 1, 
(ecundum lenliim propofitionistuae 
44ac Libri 10. Nihil eile potell ae- 
quius quam ut problemata proble- 
matis contra veniant? Prollat apud 
me alia infignis invcntio unius c 
locis planis Apollonij quos Pap- 
pus libro 7 refert, ego vero om- 
nes pêne reiblvi. Is quem dico 
^ ell: ej ufmodi. 

Datis AB , AC. AD co i AC. 
AE ^D AD. EF perpendicularis, AF zo DB. i5G 10 EF. GHK ell linea, Glfo) AK. 

Illa circumferentia quomodo inveniatur, fi 
vis tibi ollendam at nunc corollariimi hoc 
quod inde deduxi accipe. 

Triangulo dato ABC fi èpuniftoquodiplius' 
ccntrum gravitatis ell quilibet circulus delcri- 
batur, atque ex quolibet circiunterentiae punc- 
to ducanturadangulos trianguli recl;aeEA,EB, 
EC , trium harum quadrata lemper eidem Ipa- 
tio aequalia lunt. Ei nimirum quodhifce fimul 
aequale eil, triplo quadrati h femidiametro 
DE , dimidio quadrati bafis AC et duabus ter- 
tijs quadrati h diametro BF. 



K' 




D A E 




") Ici se termine la niiiuitc d'une lettre commencée par Chr. lhiyj;ens. La copie ne contient 
que les lit^nes qui suivent et qui constituent une nouvelle lettre, destinée évidemment à rem- 
placer la première, dont le commencement parait ne pas avoir satisfait l'auteur. 



176 CORRESPONDANCE. 1652. 



N= 123. 

W. lÎREllKTON ') à ChRISTIAAN HuYGENS. 
29 MARS 1652. 

La lettre se truiiye à Leidcti , coll. Ilitygeiis. 

Amice Honorande. 

Confuctudo noilra Ikcdana, licét tdm frequens non fuit, ut familiaritas dici de- 
beat, tuas tamén egregias animi dotes mihi ità notas fecit, ut (^earum caufà) iuftc, 
tuam amicitiam pcnnagni faccrc, & pofllm, & dcbeam. (Earum cauia, dico) Quia 
ncmini cupiam liabcri aniicus, niii qucm virtute iuà alijs praelucere videam, ficut 
intcr llellas Luna minores. Talem ver6 te e(Ie , pro indicijs liabeo certiflîmis ; quod 
ifti fcicntiaruni generi, animum tuiun applices, quae caeteris longé praeilantiores 
funt, & fi qua cft certitudo, omnium procul dubio certiffima: Machcmaticis 
nempé. Quorum claves nadus, nihil iam te latiturum vidctur, quod in illis 
continetur; (fi mode ex praeterito fuccefiii, liceat de futuro conijccre). Quod in 
Mathefi qu6 minus fiât, nullam caufam video; Quum ex iji'dem principijs, omnes 
eius etiam difficillimae Propofitiones oriantur, ideoque , principia ifta, iumma 
cura obfervantem, certoque ordine prolcquentem , latcre nequeant. Tàm magni- 
■ficam autem meam de te opinionem confirmârunt viri mult6 me oculatiores , Ca- 
vendifilus ") nempé , & Hobbius s), (quos Pellio contra Longomontanum ^) ad- 
ilipulari, in libello, de illâ controverfià edito '*), vides) leéto libello tuo,quema 



') William Breretoii, membre de la Société Royale, mort en 1697, a été à Bréda un compagnon 
d'études de Clir. Iluygens; rentré en Angleterre il semble avoir eu une correspondance sou- 
vent interrompue avec celui-ci, nous verrons dans la suite quelques lettres de lui. Les répon- 
ses de Chr. Huygens nous sont restées inconnues. 

-) Sir Charles Cavendish, qu'on rencontre souvent dans les correspondances de cette époque, 
était frère unique du Marquis de Newcastle. 

■') Thomas Hobbes, le célèbre philosophe, naquit à Malmesbury (Wiltshire) le 5 avril 1588 et 
mourut le 4 décembre 1679 à Ilardwicke. 

•*) Christian Severin Longomontanus naquit à Longberg (Danemarck) en 1562 et mourut à 
Copenhague le 8 octobre 1647. Fils d'un laboureur, puis disciple et aide de Tycho Brahé, il 
retourna en 1600 dans sa patrie et devint (1605) professeur de mathématiques et d'astronomie 
à Copenhague. 

S) La lettre citée de Hobbes se trouve aux pages 49 — 51 , celle de Cavendish aux pages 62, 53 
de l'ouvrage suivant. : 

Controverllade veràCirculi menfurà Anno cididcxliv exortae, inter Chriftianvm Severini 
LoH^omontanvni, Cimbrvm, Superiorum Mathematum in llegià Danorum Academià Ilau- 
nienfi, Profcflbrem publicum et [oannem Pellivm, Coritano-Regnvm,,Anglvm, Mathefeos in 
Illullri Aniftelodamenlivm Gyninafio. Profeilbrem publicum. Pars prima. Amftelodami, Apud 
loannem Blaev. cIo.Ioc.xLvii. in-4''. 
A la page 63 on a un nouveau titre : 
Controverlia inter Chrillianvm Longomontanvm & loannem Pellivm, De Vera Circuli 



CORRESPONDANCE. 1652. 177 



Fratre cuo optinio cicceperam , & illis detulcram. De quo libre liccc nondûm iudi- 
ciuni ferre pofTum, qiiiim militas adhuc propoiïtiones ignoro, quaruni praccogni- 
tioiic opus eft ad tuorum Theorematiim cxaminationem , apud me camén (crvare 
conftitui, continuoque antc oculos habere, ucet inllar calcaris fit, quod me ad prae- 
clara illa Ihidia urgeat; (quimi vidcam, ad tàm altas & rcconditas veritates , per- 
venire polfe iiivenes) nec é mcmorià meà finat abire promiflimi, quo me obrtringo, 
tore ad omnia arnica officia tibi pracilanda paratilllinuni 

Londini, Martij 29' 16^2. 

Stylo novo Guliklmum Brkreton. 

Cognatum tuum Eyckbergium '^), rogo nieo iK)mine ialutes. 

NobilifTuno, Pracftiintiirimoquc Ciiristiano T ïugknio de Zuyliciiem, 

ITagae-Coniitis. 



N° 124. 

D. LiPSTORp h Christiaan Huygens. 

I AVRIL 1652. 

Lrt lettre se trouve î: Lehteti , coll. Iliiygeti.'. 

Xuipeiv KO,) su TrpciTTSiv. 

Vir Chiriflîmc, et acutiffime, generis fplendorc Nobiliffime. 

Anxia diu meciim deliberatione agitavi, utrum citra audaciae notam tas effet 
Te liberius compellare, fed vicie cmiftationem amor, et atîeftus erga Tuam Clari- 
tatem, qu6 bonorum omnium vota concordantibus conipirant fuffragiis. Etenim ab 



menfiira, ubi Defeéliis Canonis Trigonometrici, fiib initimn cjiifdem. oftenditur. Havniae 
8 Calend. Iiinii , Anno iMDCXI.v. Literis Viduae Salomonis Sartorii. in-4''. avec Appendice. 
Cet ouvrage est de la main de Pclliiis, et sert de réponse au suivant: 

Chrilliani Severini Longomontani, Çimhri, Rotvndi in Piano, feu Circvli ablblvta Men- 
fvra. Duobus libellis comprelienlh, qiioru^ïi Prior veram conftitutioneni I^eriplieriae Circuli 
synthetice pcrficit, & mox hujus ad Diametriim rationem. Pofterior Geodefiam Rotundi in 
piano analyticc abfolvit, luijufque ut et partium cjurdcm cum adicriptis Iledilineis omnis ter- 
me generis permut.itionem adaequntani in lineis paritcr ac Numéris oftendit. Amfterdanii, 
Apud lobannem Blaev. cididcxliv. in-4". 
'') Gijsbert Eickbergh, iils unique de Johannes Eickbergh, mourut le 15 mars 1660. Il était 
ami de Christiaan Iluygeiis et fréquenta avec lui l'Académie de Bréda. 

Oeuvres. '1'. I. 23 



lyS CORRESPONDANCE. 165a. 



eo temporc, qiio primuin cim exhiiia et rara machefeos fpccimina , mine in auj^us- 
tiliimo famac cheacro iibiquc collocata, mentis oculis penitius introlpcxi , in amore 
Te ac delieiis habui, Teque pocinimum tanquam exemplar omnis vircucis et l'pec- 
tacae crudicionis mihi propollii , iitinam telici augiirio ! Poitquam vero è ClarilTimo 
domino Schotenio, Amico n<jltro communi ae inccgerrimo , Tuac Claricacis cando- 
rem, et propenfiim erga omnes verae iapientiae ftudiofos alîectum, pocillimiim erga 
illos, qui Cartefianis Manibus mcritos honores déférant , cognovi , nihil magis in 
votis habui, quàm ut liceret mihi aliquo officio Tuae Claritatis amicitiam et benevo- 
lentiam provocare , quà fi dignum me iudicaveris , faciam ut omnes intelligant , me 
nullius amicitiâ magis fuperbire, quàm Tuae Nobilitatis. Illam autem propter com- 
munia rtudia me facile afiequiturum confido, nempe propter Analyfeos Speciofae 
amorem, cui Tuam Nobilitatem dediditiffimam ') efTe, quâque adminiculante admi- 
randa cottidie Te patiare, facinora, omnes cordatiores norunt. Eandem ego tanta fi- 
delitate , tanto fervore à Clariffimo domino Schotenio haétenus haufi , et adhuc 
dum haurio, ut mihi lequcntium annorum decurfu largam cxindc mefTem, et Tuae 
Nobilitatis exemplo excitatus, honeilam mihi ambitioncm, gloriam nempe apud 
Tui fimiles cordatiores viros pollicear. Si tamen unquam e5 me pertingere poiïe 
auderem fperare, quô Tua Nobilitas feliei moliminc iam perx'enit. Sed ut defint vi- 
res, in magnis tamen voluifle fat erit, et tua nihilominus trophaea, non fecus ac 
olim Miltiadis Themiilocli, ibmnum meis oculis excutient. Quodfi nihil amplius 
officere pofTum , annitar tamen in id omni ope ac ihidio, ut dignus Tuae Nobilitatis 
admirator et amicus exiftam. Interea, ne tibi mulcis verborum lenociniis gravis fim, 
aut tuis fublimioribus mufis infeilus, hic definam, ubi prius maiorem in modum a 
Te, Nobiliflîme Vir, contendero ut eo candore et affeftu, quo antehac alioruni la- 
bores aeftimaviili, meos quoquc libérales conatus tenuia genuinae Philolbphiae fpe- 
cimina =) fufcipias , nec doni , fed animi aellimacione tenui munus metiaris. Ego 
cnim cum ob virtutem morumque temperiem, tum eruditionem Te et colère iam 
coepi, et colam; dum memor ipfe mei, dtim fpirltus kos reget artus. Çluodûhokc 
exiguos conatus Tibi, Virorum Nobiliflîmo, et his literis inprimis imbuto non dif- 
plicitura intellexcro, eil quod gaudeam, et de quo mihi valde gratulcr. Ego demum 
te Nobiliflîme Vir, Supremi Numinis patrocinio ad profpcrrimos omnium rerum 
eventus commendo, teque diutinimè falvere iubeo. Valc et Fave 

Tuae Claritatis et Nobilitatis 
]3abam Lugduni liatavorum ^J) an. obfervantiffimo 

aevo vulgaris 1652. Kal. Aprilis. Danikli I^ipstorpio. 

Art. lib. mas;. 



') Lisez: deditifllmam. 

-) Coperniciis rcdiuiiuis, dm de vcra Miiiidi Syllematc Liber Siiigularis VI Dirputatioiics. Autli. 

Dan. Lipftorp. llofioclw kSsî. 111-4°; réimprimé h Leiden en 1653. in-4°. 
5) En cette année il liabita Leiden et lut inscrit étudiant en pliilosophie, le 4 juillet. 



CORRESPONDANCE. 1652. 179 



A Clariflimo et Optimo domino Schotenio plurimam Tuae Nobilitati fhlutem 
adfcribo. Quod fi ocium fit Tuac Nobilitati paucis vorbis fiuim milii alFcitum viciC- 
fim obfit!;narc, poterit modo domino Scliotcnio litcras mitterc. 

In legcndo ut Tua Nobilitas errata in trontilpicio libri notata prac-mittat, ve- 
hementer rogo. 

ViRO Nobili, et Pniecellenti Dn. Christiano Hugenio, 
Geometrae et Philofopho acutiffimo, Domino, et Favitori plurime 

colcndo 

In 



S'^ravenliMg. 



N= 125. 

Gregorius a St. Vincentio à Ciiristiaan Huygens. 

6 AVRIL 1652. 

La' lettre se trouve à LeiiJcn, coll. Huygens. 
Elle est la réponse au No. 1:2. C!ir. Huygens y r/fpomlit par le Nu. 173. 

Gregorius a S. Vincentio Christiano Hugenio. S. P. D. 

Miraberis tbrtafiîs, quo confilio diihilerim in hoc tempus, tuis rcfpondcre. Vnum 
rogo, id eo fine faétum non tuifi"e credas, quod paruo tenear defiderio, videndi faci- 
liorem eiufdem problematis compofitioncm , de qua vltimae mentionem teccrunt : 
et quod animus occupationibus diilentus, quae a Geometricis alienae finit, formida- 
rit contraftiores horas, quam rcquirat genius Geometricus : Gratis mihi impertiri 
renuis potiorem illam methodum tuam, pretiumque adiungis, vt exhibeam tibi, quo- 
ties ratio 53. ad 203. contineat rationem 5. ad 11. lecundum fenium propofitionis 44. 
libri 1 a me editi. Quaefitum hoc, aliquam follicitudinem arguere videtur, a qua libc- 
rum te vellem. Expédias vt libello tuo refpondeam , fiet , Deo propitio & vita co- 
mité; nec folum ad dubia quae vulgalli , (ed ad omnium , qui primam quadraturam 
non ex mente mea perceperunt. Quaeib Ibllicitudinem hanc in me conijce, quae 
cum me minime premat, nec eos Ibllicitos reddcrc conuenit, qui diflicultates fuas 
proferendo, occafionem praebent, vberioris lucisextorqucndae. Difficile fuit, mate- 
rias vlque adeo intaftas ad methodum dottrinae ita concinnare, vt omnium jngeniis, 
et iudicijs fieret fatis. 

Ne tamen de pretio fraudare aliquid videar, ad quaefitum tuum rclpondco vni- 
verialiter. Datis duabus rationibus quibuscunquc , toties maior continet minorem , 



l8o CORRESPONDANCE. 1652. 

quilcies maior eft multiplicncn minoris. quodfi vlterius requiris : quotics maior cil 
multiplicaca minoris; hoc aio depcndcro, ab inucntione rationis, quae commiinisell 
mciillira, ce maioris, ce minoris rationis. Mancmateriamobiccrtractauit Pater Sarala, 
(qui te faliitarj iubct) in refponlb ad Mcrfennium "); et diductius cam traftabinius 
in Mezabio -). En prctium habes quod pctijUi: iure iii;itiir poihilo qiiod pronii- 
filli. Vale. 

G and. 6. Apr. i<552. 

ClarilTîmo Viro Domino Christiano Hugenio. 

Iliinac Comitis. 



N= 126. 

ChRISTIAAN Ik'VGENS à LODF.WIJK IlrVGENS. 
24 MAI 1652. 

Ln lettre se trouve à Jiiisterilam , Archives Municipales. 
La copie se trouve à Leiileii, coll. Ilnygciis. 

Mon Frère 
Il tant confefTer que voilre voyage h efte trefplailant et je voy que vous faites 
tout ce que vous pouvez pour me faire repentir de ce que n'ay entrepris celuy d'An- 
gleterre au lieu de vous. J'efpere que Monlîeur van Leeuvven bientoll nous en contera 
toutes les particularités, car pour vous, je ne penfe pas que vous ferez de recour 
devant que les Ambafladeurs le foyent. Nous fommes revenu de Cleves le 1 2 de ce 
mois, après ij avoir fait un fejour de 8 jours feulement, lefqucls 8 jours ont pourtant 
courte bon a Monfieur l'Eleéteur ') , qui à fait toute la dcpcnfe abfolument. Il ij 
avoit fi grans concours de monde dans la ville qu'on eull grand peine a le mettre la 
nuit à couvert, et j'ay change trois fois de logis, pour en trouver de moins fales et 
inquiets, le mariage") fefit le 2. en grande magnificence, aveq les cerimonies ac- 



') Voyez la Lettre N°. loo, Note 7. 
=) Lisez : Mesolabio. 



') Friedrich Wilhelm, Electeur de Brandebourg, naquit à Berlin le 16 février 1620 et décéda à 
Potsdam le 9 mai 1688. Il reçut le surnomde „nTand Electeur", Il épousa le 7 décembre 1646 
Louise Henriette, tllle aînée d>i prince Frederik Hcndrik et d'Amalia, Comtesse de Solms. 

-') Le mariage du Comte Willem Frederik de Nassau [voir la lettre N°, 84] et d'Albertina Agnes, 
troisième lille du prince Frederik Hcndrik et d'Amalia Comtesse do Solms. 

Albertina Agnes naquit à la Haye le 29 avril 1634 et mourut à Oranjewoud (Frise) le 
24 mai 1696. 



CORRRSPONDANCR. 1652. 



coulhimécs d'Allemagne, par quoij il vous tant remettre en mémoire leiilement 
ce que vous avez vu à Caflèl s), ou un peu d'avantage, le 6. je vis le caroulel qui l'ut 
bien autre choie pour la magnificence d'habits que celuij qui le lit icij aux nopces ■*) 
de Moniieur de IJrederode s), l'un parti eiloyt habille à la Romaijne , d'ont le chef 
elloit l'Eleéleur; l'autre à la Morelque, celuy du Comte de Waldec '^). ainli il lirent 
leur marche en bel ordre, et aprez coururent les 3 teftes, je penfe que vous en fca- 
vez la manière, le jour enfuivant il coururent encore la bague fans élire deguifez, 
mais ce que j'aij oublie de dire, ell le beau Ipectacle de feu d'artifice qu'on vit le 
4e. ou il y euft fort fouvent 3 a 400 fuzees jette en l'air en mefmc inrtant. le balet 
fut danfé le 8e, mais il n'y eufl: rien d'extraordinaire là, pour ceux qui en ont vcu 
de femblables icy à la Haye. Outre tout cecij on ij avoit prelque toutes les aprel- 
dinees le divertiflèment de voir la Comédie, que reprefentoit la mcfme bande Fran- 
coife que vous avez tant vu jouer icij du vivant de Son AltefTe, etlefoirilij euft 
bal d'ordinaire, mais il n'ij danfoit que de des [fie] Princes et Contes (tant ij en 
avoit), fi bien que les gentifhommes et damoifelles le devoyent contenter d'en 
eftre les fpedatcurs. Je diliiaij tantoil avecq les Gentilfliommes, qui rcmplifibit 
3 ou 4 tables, tantoil avecq le Frauvventzinimer, dont il avoit auffi belle quantité. 
fouvent audy avecq mon Père chez le Comte Maurice "), qui dilhoyt toufjours 
dans fon quartier et à fon aile avecq peu de perfonncs leulement. Monfieur de 
lîrederode nous promena une aprefdinée en carofle jusques à Santcn, ou l'on 
dit que Jules Caeiar a domine en fon temps, quand on le nomma Caftra Ve- 
tera. Le mefine Seigneur nous donna h manger tout ce jour la, et en bonne com- 
pagnie car toute fa fiunille eftoit avecque luij. le jour enfuivant il nous mena 
encore voir les plantage du Comte Maurice fes gardins et grottes qu'il a ajurte 
d'une belle façon et à peu de frais, la fituation eftant de Ibymefme trefplailante. Je 
n'aij pas le loifir de vous conter d'avantage fur ce lubjeft; autrement je prens plailir 
à m'en relbuvenir, car j'ay eu beaucoup de contentement pour le peu de temps que 
j'aij elle dehors. 



■>) Voir la Lettre No. 73. 

•*) Il s'agit des noces célébrées avec une splendeui" extraordinaire à Toccasion du second nia- 

ria!>,e de Brederode, en 1638, avec Lonisa Cliristina von Solms, belle-soenr du Prince Frc- 

derik Hendrik. 
') Joan Wolfert van Brederode, fils de Floris van Brederode et deDorothea van llaeften, naquit le 

I 2 juin 1599 à Ileusden et décéda le 3 septembre 1655 à Maastricht; il devint en 1641 Feld- 

Maréschal de Tannée à la place de son beau-frère le comte Willem de Nassau, dont il avait 

épousé la soeur comtesse Anna, morte en 1630. 
*) Georg Friedrich, iils de Vollrath IV, Comte de Wildungen, Prince de Waldeck, né le 8 mars 

1620, mort le 19 novembre 1692 à Arolsen, était Feld-Maréschal de l'armée impériale. 11 

eut pendant quelque temps le commandement de l'armée des Provinces-Unies (1689). En 

1643 il épousa Elisabeth Charlotte de Nassau-Sicgen. 
'') Voir la Lettre No. 10. 



CORRESPONDANCE. 1652. 



Il y n quelques jour* que Raef **) eil paruij pour l'Angleterre, à qui j'ai] donne 2 
exemplaires de mon livre, affin qu'il les adrellc à vous, et que vous les faiTiez tenir 
h I lobbes et Cavendys. J'en eude donne encore autant ii j'eude fçeu ce que je viens 
d'apprendre par la voilre y) , mais maintenant je fuis d'avis, li adhuc integrum eil, que 
vous envoyez l'une h Oxfort '°) et l'autre à Cavendis. Je voudrois que Brereton fut à 
Londres pour la lui] porter, et pour montrer ce que je lui] aij envoijè par ma dernière 
et première lettre "). Je fuis 

Voftre trefïiffeélionné frère et ferviteur 
Chr. 

Hier j'aij dit ce que vous déliriez h ma Confine Jet, qui fe recommande à vous et 
vous baile les mains. 

Moniteur d'Alperen mourut hier à 8 heures après diner. 

24 May 1(552. 

Pour mon frcre Louis. 



N= 127. 

ClIRISTIAAN Hl'VGENS à LoDEWIjK IIuVGENS. 
5 JUILLET 1652. 

Lu leUre se trouve à Amsterdam^ Archives Miimcipalcs. 
La cup'ic se trouve à Leiden , colL Iluygens. 

Mon FRERE, 

Les particularitez du voi^jage de Frife qu'il femble que vous defirez de fçavoir, 
font de fi petite importance qu'a peine elles méritent d'eilre racontées de bouche. 
Jamais il ne m'a cité permis encore de voyager en des pais qui foyent meilleurs que 
le noftre , et pour la Frife que je viens de voir maintenant , il faut que vous fcachez 
qu'elle tire fort fur le Dennemarck fur tout 11 Ton confidere l'efprit et les moeurs 



^) Probablement Willem de Rave, né à Rotterdam. Il était marin et se distingua dans la guerre 
maritime contre la France en i6"H. La famille Iluygens chargea ce llaal" régulièrement du 
transport de la correspondance. 

'-') Cette lettre n'a pas été retrouvée. 

'°) Probablement à John Wallis. 

'') On n'a pas trouvé les minutes de ces lettres. 



CORRKSI'ONDANCE. 1652. 183 

des gens qui l'habitent. Quand on vient de paiïer la mer à Staveren , il ij a un vil- 
lage près de la qui s'appelle Molckwern , digne à eltrc conlideré. les maiibns y font 
ballics fort près l'une de l'autre, mais tout en confus lans qu'il y ait des rues aucu- 
nes, en forte qu'on le trouve bien empefchè h en fortir quand on ij ert entre, le lan- 
gage qu'on ij parle cil beaucoup différant de celuij des autres frifons, qui ne l'en- 
tendent pas mefines; les femmes font belles et blanches, au relie fort honeiles, et 
quoyque leurs maris foyent loin de la (car toute Telle ils la paflent fur mer) on n'y 
entend jamais parler d'aucun defordre. J'aij pailc 8 jours à Lewarden , pendant 
lefquels j'ay encore elle voir Francker et Harlingen , et en revenant nous pafTames 
à Sneeck et Bolfwert Worcum et Mindelopen. Apres j'aij veu la plufpart des villes 
de la NoorthoUande excepté Alcmaer. Mais à entendre des abbreges de cette 
forte vous ne prenez guère de plaiiîr, nij moij h efcrire des hilloires de fi peu d'im- 
portance, fcaichant que voilre retour n'eil pas loin '). C'ell pourquoy je m'en remets 
h ce que je vous en raconte cij aprez. la belle hilloire de vander Voril, comment il h 
elle chalTc de fa propre maifon par Monfieur de Privignij, et comme ils le ibnt re- 
conciliez depuis , je penfe que mon frerc deZeelhem -) vous la déduira par le menu. 
Efcrivez moij fi vous avez reccu les livresque Racf à emporte avecq luij et h qui 
vous les avez donne. Je iiiis 

\^oilrc très nffeéfcionné frcrc et fcrvitcur. 
5 Jul. 1652. CiiR. H. 



N2 128. 

[Fr. van Sciiootkn] à Christiaan IlrvoENs. 

28 JUILLET 1652. 

La lettre se trouve à Leuleti , cuil. Hiiygciis. 
Chr. ffm'ffciis r ri'pnntlit par le A'». 1 1(). 

' Viro Cliiriilimo Ciiristiano IIugenio Fr. à Sciiootkn S. D. 

Pollquam litterae tuae ') certiorem me fecerunt te peratlo itinere tuo Ganda- 
venfi -) Hagam redijiïe, non potui non gratulari tibi adventum tuum, et traétatum 



') Lodewijk Huyi^ens partit, en eftoc, le 10 juillet 1652 de Londres avec l'Ambassade à cause de 

la guerre, qui était alors au plus fort. 
-) C'est Constantyn Huygens, frère. 



') Cette lettre nous manque. 

-) Le 9 juillet 1652 Cliristiaan liuygeus était parti avec son père pour la l'iandre. le 13 il passa 

à Gand, où il visita le Père Gregorius à St. Vinccutio et d'où il partit le is pour Anvers; 

le 1 8 il était de retour à la Haye. [Dagboek]. Voir la lettre N°. 134. 



184 CORRESPONDANCE. 1652. 

meum de Locis Plnnis Apollonij ■') tranfmittcre, quaerens ut evm perlcgere digne - 
ris, et quaccunque rcpercris minus reàU- le habere, aut paruni placere, fubinde 
notare. Omnia Icilicct ingénia tuo iiibjicio. Cum enim illudperfpeiitunihabeam, fore 
confido ut pollquam lingula accuratc cxpendcris, non facile quid inventuni iri quod 
aliorum tela habeat rctbrmidandum. Intclligo te diu cum Pâtre Gregorio eflc 
collocutum, nec tamcn intérim te iatis commode eius conteilionem iiiae qiiadra- 
turae mihi poiTe exprimerc. De quo igitnr cum cxcin'rcre milii vacabit inter nos 
agemus. Vale. 

Lugd. B-at. 28 Julij 1^52. 

Monfieur Monfieur, Christianus Huijgkns, ten huijfc van 
myn Hccr van Zuiji.ichrm 
port in S'gravcn-hage 

mec een packjen W9. op t' plein. 



N= 129. 

Christiaan Huygens à Fr. van Sciiooten. 
13 août 1652. 

La lettre se trouve à Leiilen, col!, lliivffens. 
Elle est la réponse au No. laB. 

Christ. Hugenius Fr. Schotenio Viro Clariffînio S. D. 

Pro pcrlefto libro tuo gratiam habeo; etenim plurimam voluptatem coepi ex 
demonflrationibus iilis quibus nihil ert acutius neque clegantius. [ lac autem ut citô 
non confcribuntur, ita ne leguntur quidem nifi lente et circumlpeftè , quod unum me 
abiblvere poiïet fi de mora criminari velles. Et tamen multo ante tua tibi remifiiïcm, 
fi licuifièt efie diligentiori. Vexât me nimirimi capitis dolor, non continuus quidem, 
fcd tum maxime importune adveniens , cimi primum intentius quid agerecepi,prac- 
cipuè fi quid id eil Geometricae rei: adeo ut nifi molefliam hanc voluptas animi 
compenfaret, propemodum femper ifto ftudiorum génère abfl:inere cogérer. Tibi 
gratulor quem talia non interpellant quo fit ut horas tuas omnes utiliter collocare 
poffis. Optimè de noilratibus Geometris merebere, fi quam primum problemata 



3) Cet ouvrage fut publié plus tard dans les Exercitationes Matliematicac de Fr. van Schootcn 
sous le titre : 

Fraucifci à Schooteu Lcydenlis, In Acadcmia Lugduno-Batava Mathefcos ProfcUbris, 
Exercitationum Matliematicarvm , Lib. III, continens ApoUonii Pergaei Loca Plana reftituta. 
Lvgd. Batav. Ex Ofticina Johannis Elfevirii. Academiae Typographi. cIdIdclvi. in-4°. 



CORRESPONDANCE. 1652. . 185 



[tua] ') typis vulgari permiferis. habebunt cnim jam quac poftEuc[lidis] ') libres 
legant atquc acnuilcntur, ut reftc rationem inijrti, namque adhuc ufq'ic nihil admo- 
dum vernaculo rermonc conlcriptum fuit , quod vcccruni iubtilitatcni rcdolcrct. Si 
tibi adeflèm iunt quae. laper hilcc Apollonij libris interrogare vcllem; Quomodo illc 
non nili ccntum et 47 thcorcmatibus complccii illa potucrit, quae tu tani brevitcr 
omnia demonllrata dedilli? quae tuerit ipli propolka demonllrandi ratio? an omnes 
omninô cafus t'uerit profecutus? an illud quoque ollenderit femper, extra locuni 
punélum alibi elle non polTe? atque liilce limilia, quae te non fugcre cxillimo,poil:- 
quam materiani illam omncm ita pervidilli. Notas mcas ctll pauciflnnae llint, camen 
et bas, ubi tibi vidcbitur, panis recens abllerget. Vale. 
13 Aug. 1652. 



N" 130. 

ClIRI.STIAAN HUYGENS à Fr. VAN vScHOOTEN. 
29 OCTOBRE 1652. 

La lettre se trniive à Lcidcn, coll. Il!iyf;e!is. 
Fr. va:i Schoolcn y ripouil'it par le No. 131. 

Chr. Hugenius ClarifTimo Viro D. Francisco Sciiotenio S. D. 
Hefterna die Antwerpia literas accepi cum ternis barum Exemplarijs pidarum the- 
fium') quarum nos participes voluit ]])oniinus Tacquet, cujus et Epillolam^) mitto. 
de co quod dicit ex fallîs vcra diredc clici poflè 3^, quid fit ex te fcire vclim , quaeve 
in banc rem exempla affcrri putes. In Ibiticis ell quod inquirere certius ilatui ab ipfo 
autorc; neque enim id capio quod de Iblido corpore in humidum inimerfo afîèrit. 



') Ln lettre est décliirée en cet endroir. 



') Probablement il s'agit des 

Thefes Matheniaticae ex Geometria, Aritlimctica, Architeeliira Militari, Cofmographica, Sta- 
tica, Optica, Mufica, quas Sereniffimo Archidiici Leopoldo Wilhelmo dicatas et aenea tabula 
ampliftime exprefias, Praefidi R. P. Andréa Tacquet Societatis Jefu Mathefeos Proleflbre, 
tuebitur ac demonllrabit Illuftriffimus Dominiis Theodorus d'Imerfelle Comes de Bouchove 
et S. Imperii. In Collegio Societatis Jefu. Lovanii 3 Septembris hora 9 ante et 3 pofl meridiano. 
Lovanii. Typis Andreae Bouueti. Anno mdclii. in-folio. 

Pofidones Pliylico-Mathematieae ex Optica, Statica, Bellica, qnas Screnifllmo Arcliidiici 
Leopoldo dicatas, et in imai^ine perampla in aes incifa exprefîas Praclide 11. P. Andréa Tacqnet 
Societatis Jefu Mathefeos Profellbre propugnabit lllullriffimus Dominus Philippus Eugenius, 
Comes de ïlornes et de Hcrlies. In Collegio Societatis jefu Lovanii . . . Martii liora 9 ante et 3 
poft méridien!. Lovanii. Typis Andreae de Bouvet. 1651. in-4°. 

-) Cette lettre n'a pas (;té retrouvée. 

■') Voyez à ce sujet la réponse de van Schooten (Lettre N°. 131^; puis les Lettres N°\ 13," et 139, 
où Tacquet et Christiaan Iluygens traitent le même sujet. 

Oeuvres. T. I. 24 



[^6 CORRESPONDANCE. 1652. 



fTcis me hoc argunicntuin antchhc pcrtraftafTc. Nunc uutcm in dioptricis cotiis ruiii, et 
nupcrrimc ele;:^ans inventuni obtigic, cujus ope telefcopium miilco quam cecera per- 
tedius me conllruduruin arbicror, li modo artilicem reperire queam experientem. 
Illud aucem inventum ell, quod radios ad pundum unum tendentes ope fuperficiei 
fphaericae ad aliud punétum propius vel longinquius cogi pofle demonilravi , idque 
pracciie. Et conlcquentcr quod venientcs à punfto uno, ilmili liiperlicie inflcftere 
licet quafi à punfto venianc propiori vel remotiori. Haec autem Carcelui.s per fuper- 
ficies curvas ancea ignoras arcifieiole molicus cil;, fcd quae nuUa ratione cxpoliri 
polTent. 

Si leges motus ab iplb traditas adhuc défendis, hune unum cafum quacfo mihi 
expedi quem nefcio qua de caufa omific. 

^ Corpus A fertur verfus B, iimulque B verilis A. Ellque B 

Q. Ç p v duplo majus quam A, fed A duplo celerius movetur quam B. 

Quid iiet poil oecurfum mutuum in C. Ego dico utrumque eâdem 
qua venit celeritatc rétro adum iri. Quod il tibi quoque videtur vide qui cum caete- 
ris conveniat. Vult cnim Carcefius corpus A nullo pacto movere polTe B majus 
cxirtens, fi hoc quiefcat. Quomodo igitur ipfum repellet fibi occurrens? nam hoc 
quidem multo videtur diflicilius. Ne te pigcat fuper hilce lententiam tuam depro- 
mere et Vale. 



Hagae 29 Oftob. 1652. 



N° 131. 

Fr. van SciiooteN à Christiaan Huvgens. 

4 NOVEMBRE 1652. 

Lti lettre se trouve à Lciileiu coll. Hiiygeiis. 
Elle est la réponse ai: No. 130. 

Fr. -h ScHooTEN ClarilTimo Viro Dno. Christiano Hugenio S. D. 

Acceptis tuis unà cum ijs, quas Reverendus Pater Tacquet ad me dederat, fimul- 
que pittis thefibus, pro quibus tum Tibi tum Illi gratias quàm phu'imas agendas 
habeo, utpote propter tuum in mittendis illis laborem, et ipfius in ijfdem donandis 
liberalitatem : non potui non ad ea, quae ex me quaeris reipondere. Igitur quantum 
ad ea, ubi dicit ex falfis direftc vera elici pofle, puto equidem id Te ex exemplis 
hùc aUatis facile percepturum. Etenim fi quis ita ratiocinetur : 

Omnis lapis cil: animal, 

Omnis homo efl: lapis , 

Ergo omnis homo efi animal, 
dircftc eliciet ex duabus manifellè falfis praemiilîs veram utique conclufionem. Ne- 
que enim hic peccatur in forma fyllogilhii (quae hic ell primae ligurae), cum in eâ 



CORRESPONDANCE. 1652. I 87 



condiciones omnes requilicac reperiancur. Ex diiabus autem vcris praemidis in honii 
lormà fallhm conclufionem cliccrc cil imponîbile, quia femper aliàs cil Sophilhia. 
Clariiis autcm adhuc ex manifeitè falfîs verum dircftè elici intellii^X's, modo infpi- 
cias Rcgulam Falli, in quâ ex uno au: duobus tallis five ad libitum allumpcis nume- 
ris quaelkum vel verum invenire apertè docecur. Nelcio an dicam Algebram omnem 
eciam fimile quid non docere, cum in ed ex qualibet iiippoiica feu litH quantitate 
vera atque quaeilta lemper per certas régulas vel direétc inveniatur. Inter quam et 
Regulam Falfi aliam diiiercntiam non agnofco, quàm quod in Algebrâ quantitas 
illa fit tantum luppolîtitia, neque idcirco apertè falla aut quaefitae contraria, quac- 
que ideo per certas régulas fie poltea reilringitur, ut talis fiât, qualis requiritur. Sed 
quid in Régula Falfi excipies non video, cum fiippofiti illi numeri omnino fint 
falfi, ex quibus tamen deinde certo modo, hoc efl:, direftc verus numerus elicitur. 
Ubi eleganter ("indicio meo) utriufque naturam licet dilcernere , prout confidere- 
mus in Algebrà iuppofititiam illam quantitatem femper fie refiringi ut obtemperet 
omnibus quaeftionis conditionibus ac proinde fiât quaefita; At ver6 in Régula l'alfi 
patêre, quibus modis ex omnino falfis liippofitionibus verum eliciatur. adeoque faci- 
lius effe ex fimplici tali luppolîtitia quantitate ad verampervenire, quàm ex omnino 
falfis veram eruere: quandoquidem illa inveniri nequit, nifi prius innotuerit quo- 
nam paé'to quaefitae contradicant, quod quidem in priori non efi: opus. Caeterum 
nofti fuppofitis diverfis Mypothefibus Artronomos nihilominus in Eclipfium calculo 
convenire, ac proinde Ailronomo futîicere ut calculum oblervationibus congruentem 
exhibeat, ita ut non necefle fit, eas Hypothefes elfe veras. Cum enim variae Mypo- 
thefes {'de offerant, Aftronomus eampotifilmum arripiet, quae compraehenfii fit quàm 
facillima. Philofophus fortaffis verifimilitudinem magis requiret, neutcr tamen quic- 
quam certi comprehendet aut trader, nifi divinitus illi revolatum fuerit. Mis addc, 
quod Copernicus icribit libris Revolutionum Caelefiium fe primis fhidijs iliis refiau- 
rafi"e icientiam Aflronomicam fuper ijsdem Ptolomaei fuppofitionibus, et hdc ratione 
motus Planetarum emendafie, ut calculus apparentijs, et apparentiae calculo exaétif- 
fimèrefponderent; ita tamen ut feparatim Planetas fingulos acciperet. vSubjungit au- 
tem, cum poltea totam llrufturam fabricarum particularium componere vellet, inde 
refultafi^e monftrum et chimaeram quandam, compofitam ex membris nullâ prorfus 
proportione inter fe cohaerentibus, ac penitus incompatibilibus, itaut, quantumlibet 
fatiffaétum eiïet Artronomo merè calculatori, non tamen fibi latisfieri pateretur, nec 
acquiefceret Afironomus Philolbphus. Et quia probe intelligebat, fi per falfas in 
naturà Hypothefes ialvari polfent apparentiae caelefies, multo melius idem obtineri 
pode à veris Mypothefibus. Ubi itaque confiât, etiamfi Hypothefis Ptolemaica mul- 
tis Phaenomenis adverfetur, atque idcirco vera elTe non pofllt, calculus tamen, qui 
ei fuperfiruftus fuerit, confentiat cum aliarum I lypothefium calculo. 
A JB De motu quid lèntiam, cum A fertur verfus B, fimulque 

Q , r~^ B verfus A. Efique B duplo maius quàm A, ied A duplo 

celerius movctur quam B. Dico corpus B ipfi A occurrens 



l88 CORRESPONDANCE. 1652. 



in C debere pergere verfiis finiftram, ita quidem lit millnni fui motus partem amit- 
tat, nec novum motum recipiat; led A relîliens, icrvatà cclcritate llià, rétro actuni 
iri. Ratio ell, quia B quanivis iupponatur duplo tardius moveri quàm A,habt't 
tamen aequalcm quantitatem motus cum A (liquidem corpus duplo maius eadem 
celeritate motum qua minus duplo plus habet motus): et ideo quia B maius eft, 
débet A reflecti. B autem nullam partem liii motus communicare débet ipfi A, quia 
eadem vis motus eft in A quam in B: adeoque multb minus A motum aliquem tra- 
dere poteft ipii B, cum in contrariam partem refleélatur, et ejus tantum determi- 
natio, quâ ab A veniebat verllis B, mutetur. 

Denique quod fcribis te nuperrimc invenifle, nempe, quo paClo radij ad unum 
pundtum tendentes ope fuperficiei fphaericae detorqueri pofllnt, ut praecifc coëant 
in aliud punftum propius vel longinquius &c. quae Cartefius lîmpliciffimè omnium 
per lliperficies planas et hyperbolicas, aut per iphaericas et EUipticas iîeri polFe 
oilendit, tu autem id per folas (liperficies iphaericas faftum vis, nefcio an i'atis accu- 
ratè, quae de Refractionum legibus tradidit, examinaveris. Quippe tam plané in- 
genium ejus pcrlpettum habco, idque femper tam perlpicacilllmum deprehendi, 
ut plané contidam non facile quifquam ab iplb commiflùm aut non latis perlpeélum , 
Icd illud ipium ex omni parte coniliare debere, et vel cum ipla veritate videri cer- 
tare. Verum ne longior lîm quam par eit, et brevi tecum, uti Ipero atque fi Deus 
favet, bac de re coram fum loquuturus, Icribendi linem taciam. Intérim vale et me 
amare perge. 

Quaefo haice comititias limul cum tuis ad Dominum Tacquet amandari digneris. 
Iterum Vale. 

Lugd. Biit. 4 Novembris i<552. 

Monfieur Monfieur, Ciiristianus Hugens tcn huijse van 
Myn Hcer van Zuijleciiem 

in S'graven-hiige, 
port. op t' plein. 



N= 132. 

CpniisTiAAN HuvGENs h D. Skghers. 

[4 NOVEMBRE 1652.] 

l.a minute se trouve à Lchleii, Coll. Iliirgens. 

Piitri Segers. 

De printen en gedrufte difputatien die VE de mocyte genomen heet't van mij te 

fenden, iijn mij over eenigen tijt wel ter handt gekomen enbetoonenmethaermag- 

nifîcentie dat de wetenfchap in die queilien wel in eere gehouden w^ert. Ick hebbe 

gewacht naer antv^foort van de FrofeiTor Schoten, die hier nevens gaet in mijn brief, 



CORRESPONDANCE. 1652. 



die ick tôt dancbaerheijt en om naerder kenrris te maecken aan Pater Tacquet gc- 
fchreven hebbe. Vl*^ lai believen de lelvc voort te doen bellellen , ende mij meer 
en meer verplichten te lijn 

VE ootmoedige. 

N° 133. 

ClIRISTIAAN HUYGENS h A. TaCQUET. 
4 NOVEMBRE 1652.") 

La minute: et la copie se trouvent à I.cidcn , coll. Iluygciis. 
A. Tacquet y répondit par le No. 137. 

A. Tacq^uet. 

Mifit ad me Dominiis Segherus exemplaria tria Propofitioniim tuarum Vir Cla- 
riffime doftarum hercule et dignarum ea magniiicentia qiia funt expreiïa. quac Ego e 
veftigio dillribui ficut luerat imperatum. atque ecceà Schotcnionoilro refponfum. quod 
mod5 hue allatum eit. nolui autcm hoc incomitatum hinc ad te deferri, fed fimul et 
pro munere tuo débitas gratias agendas cenfui et excufaixlam tcnuitatemmei, quod 
dudum ad te eodem internuncio pervenit , neque merebatur ut tanto poli: tempore 
adhuc ejus meminilTes. Refcivi equidcm ex ijs, quae tune ad Patrem Segherum 
xefcripfilH '), non te piguilTe tempus impendere quo pagellas meas percurreres; quale 
autem de ijs judicium tuum fuerit non penitus cognovi, nifi quod bonam quodam- 
modo fpem de autore concepille tellabaris, cui utinam quandoque refpondeat. Non 
muki mihi polleriorcm libelli partem cxaminare videntur, quos inter fi Tu fueris Vir 
Clariffime lubens quodcunqiie llatueris audiam. De Gotlchovio aliunde comperi, 
quod iiiTa(xiv meam Quadraturae Gregorianae approbavit. Atque eo fine has literas'') 
ad eum dedi, ut quae ab alijs accepi ipie mihi confirmet. Menfes aliquot effluxere cum 
Patri Gregorio eoram adfui, et multa fane diiputavimus. inter quae vacillabat ad 
pleraque vir optimus, atque interdum non le led dileipulos totum opus contexuifi^e 
caufabatur, aliquando in priori quidem quadratura errorem confiteri videbatur fed 
ut in reliquis fpem haberet. Quantum autem ex verbis ipfius conjicere licebat fera 
erit expeétatio refponfi. et fi denique prodeat, cujus fit tuturum momenti, quivis 
puto vaticinari potell qui argumenta mea expenderit. Vale. 

4 Nov. 1(552. 



") Cum epifiola Schotenij. [Christiaan 1 luygens.] 



') Voyez la Lettre N°. 120. 
-') C'est la Lettre N°. 135. 



ipo CORRESPONDANCE. 1652. 



N" .134. 

ClIRISÏIAAN HUVGENS à A. TaCQL'ET. 

Jppendlcc au N°. 133. 

La minute et la copie se trouvent à Leiilcii, coll. lluygens. 

Unum cil in Thefibus tais Vir Clariflîmc de quo Schocenium interrogavi, quale 
efTèt, niniirum quod ex falfis verum direftc clici po(re afTeris. Ille auccm prolixe fiiper 
liis milTi relcribens')Rcgulam lalfi in exemplum propolliit acque ipfamalgebram.dein 
Aftronomorum variantes hypothefes et dialeéticum Syllogifmuni quendam ubi ex 
antecedentibiis falfis vera conclufio deducitur. Quae omnia cum mihi non faccre ad 
propoficum videancur, qiiod et ollendere ipfi decrevi, fummopere defidero ut hac in 
parte tu mihi ipfe (atiftacias, atque una faltcni aliqua rc Gcomecricalocum idhabere 
ortendas quod pofuilli. ego etenim plane aliter fentio, neque unquam talc quid 
animadvertere potui. Verum tu diutius in ea Scicntia verlatus cum fis non mirum 
fi plura detexeris, eo praelertim judicio omnia examinans, quale in icriptis cuis ubi- 
que acre et defaccatilFimum elucct. Itaque quod facile potes voti compotem hic me 
iacito, Vir Clariilîme et Vale. 



N" 135- 

Christiaan Huvgens à G. van Gutschoven. 
4 novembre 1652. 

La minute et lu copie se trouvent à Leiilcii, coll. lluygens. 
G. van Gutschoven y répondit par le No. 140. 

GOTSCHOVIO. 

Intellexi non ita pridem cum Antwerpiae efiem ex Domino Edelerio ') pro me fen- 
tentiani te dixifie, in controverfia quae mihi cum Pâtre Gregorio intercedit, quod 



') Voyez la Lettre N°. 131. 



') Jacobus Edelheer, né à Louvain le 20 février 1597 , mourut à A\ivers le 23 juin 1657. Il était 
jurisconsulte renommé, possédant une i^rande bibliothèque et une belle collection d'objets 
d'art et de science. Il devint pensionnaire d'Anvers. 



CORRESPONDANCE, iô^i.. Î9I 



cum verum effe dubitare non licent eo viro affirmante, cur non ingénies tibi gracias 
agam, qui inter paucos tantiim operae imilnnpferis , quantum non meae e^erao-i ■) 
folum perlegendae requiricur, (cd magnae quoque parti terrifici ejus opcris in- 
telligendae. Ego cum autorc ipfo Gandavi ance menfes aliquot '^) coram diu dif- 
férai fed cum fine arbitris dimicaremus, non erat qui me llipcriorem diceret. Re- 
fponfum certe ut vides nulluni adhuc prodijt, et quantum ego animadvertere tune 
poteram neque impoikrum prodibit. Intérim tamen gratiffimum feceris, fi quae 
Dominus Edelerius retulit, ipic allruere mihi volueris. Neque vero hoc folum te roga- 
turus compellavi Vir Clariflime, fed aliud eil in quo magis mihi gratificari potes, 
idque taie eil. Memini me ex te didicifle ante annos aliquot, quomodo facili atque 
accuraca ratione lentes vitreae expoliri pofient. nunc autem quaedam alia ad artem 
eam pertinentia foire gellio, quae te eâdem liberalitate mihi detefturum coniido. 
Patere igitur ut tibi interrogationibus aliquot moleilus fim, ijique fi fieri potefi: 
tantumdem verbis modo refpondeto ! Et prima quidem de formaruni materià erit. 
Etenim an ex ferro, an ex aère admiilo fianno confeclas habes, et fi hoc, quâ tem- 
peratura? Quomodo figuram perfccte iphaericam inducis? quali arena lentes atteris? 
et an in eadem forma qua deinde expoliunturV Quo glutino lentes capulo affigis, 
picene an gypfo?Item quomodo papyrum haererefacis adquamultimo adfricantur. 
Et an fola ficcaque adhoc tripolitana terra uteris? Scribunt praeterea aliqui modum 
omnino obfcrvandum in formarum latitudirie ne niniia fit, quos an probes icire 
velim, et an quifquam plenè perfeclèque omnia tradiderit ad quem me ablegare 
poflîs, fi molelliam refugis expediendi ea, quae propofiii. Nunc autem qua de 
caula haec novifi"e cupiam indicabo. Coepi nuper in Dioptricis quaedam diligen- 
tius infpicere, cum icientiam eam in multis mutilam adhuc atque inperfeftam 
cernerem licet immenilim in modum h Cartefio fuerit promota, eu Iblo prin- 
cipio, quod circa naturam refraftionum adinvenit. Cui ego infiilens reperi pri- 
mum quod etiam lentes quae fphaericis iliperficiebus confiant, determinatum 
habent punélum concurfus vel diiperfus radiorum qui paralleli incidunt, atque 
etiam eorum qui ex punfto procedunt vel tendunt ad pimétum. neque ita tamen, 
ut omnes radij ad illud pertineant , verum ejuiinodi reperituc punclum ultra 
quod nullus radius concurrit cum ea linea, quae per utriuique fuperficiei centrum 
tranfit. Ea igitur punfta quavis propofita lente quomodo reperiantur inveni, cujus 
rei mox fpecimen tibi ollcndam. dein hoc reperi atque evidcntifiime demonrtra- 
tum habeo quod ope fuperficiei fphaericae radij ad datuni punftum tendentes, in 
alio dato punéto propiori vel remotiori congregari pofiîlmt accuratè, fient Car- 
tefius per lineas curvas id etlecit. Cui conlequens elT: ut etiam per iphaericam 
fuperficiem refringi poifint qui ex dato puncto veniunc, tanquam ii ex alio pro- 



=) Voir la Lettre N°. 113. 

2) C'était le 13 et i4Juillet de 1652. Voir la Lettre N°. 128. 



ipa» 



CORRESPONDANCE. 1652. 



piori vel remotiori procédèrent. Eo invente tclefcopia miilto qiiam 
antchac pertcftiora cfficcre me poife cxiltimo; cujus niodum iibi 
fiicceflèrit nemini qimm tibi libentiiis liim cxplicaturus. défunt au- 
teni nobis periti artifices, nequc multuni ijs confidere lubet cum 
jam nunc unus cui lentes duas taciendas locaveram nefcio quo avola- 
verit. Ea propter h te auxilium petere induttus fui , ut quae prac- 
ccpifTes ipfe ii exequi tcncareni. Nunc autem quod dixi fpccimen tibi 
confcribam. 

Efto lens CD convexa aequaliter vel fccus nihil interefl. Opor- 
teatquc invenire punftum concurfus parallelorum accidentium h 
parte B. Sit A centrum fuperficici C, et B iuperficiei D. Et 
juni^atur AB et producatur ucrimque , et habeat DL ad LB pro- 
portioncm rcfraftionis , (liaec autem in vitro iei'quialtera eft fere , 
fed paulo major nam accurate eam dimetiendo reperio effe eam 
quam 600 ad 397) etque eadem fit ratio CE ad EA. et ut EL ad 
LB, ita fit ED ad DO. Eritque O pundum concurfus quaefitum. 
Cujus quidem demonflirationem et multorum praeterea quibus et 
augmentum apparens objcctorum per quafvis et quotcunque lentes 
viforum determinavi, cum omnia ad finem perduxero, tibi exhibebo. 
Intérim Vale. 
4 Nov. 1(552. 



J3 



N= 13(5. 

G. A. KiNNER h LowENTHURN ') a Christiaan Huvgens. 

30 NOVEMBRE 1652. 

La lettre se trouve à Lciilcn, coll. Iliiyi^cns. 
Clir. Hiiygens y répondit par le No. 146. 

lUuftris ac Generofe Domine, Domine ac Patrone colcndiffîme. 
Salutem à Domino et obfequia mea paratilTnna. 

Errant qui negant amorem in ignotis elle. Jn me id fentio; ignotum et inuifum 
te amo, Clariflime Juuenis, et araaui iam tum ex quo libcUum tuum uidi, Tbeore- 



') Gottfried Aloys Kinner von Lowentlnirn naquit vers 1610 à Rciclicnbach (Silésie). Il devint 
docteur en théologie, en philosophie et en droit, lut appelé à Vienne par Tempereur Leopold I 
pour se charger de l'éducation de l'Archiduc Karl Joseph. Puis il vint '1 Prague en 1653, où il 
devint Snpérieurdu Chapitre Zu aller Ileiligcn(i(i-o). On trouvera quelques détails sur sa vie 



dans la lettre N 



CORRESPONDANCE. 1652. 1 93 

mata, inquam. Tua de quadratura hyperboles et parciiini circuli ex date portiomim 
centro grauitatis, ingcnioliUlmc concinnaca. De his li quaeris quid (entiam; lacebor 
ingénue; dix! ilico: fi in uiridi ligno hacc faciunt, in arido quid llet? Vidcbanturenini 
niihi ciuihiodi Theoremata Geometricam eciam caniciem non dedecerc, quae Tu in 
uiridi eciamnum aetate féliciter inucnilli. Mine ell ingens ilhid deliderium, quo harte- 
nus, ut aliquid ad te literarum darcm, ilimulabar, ut qui aetate non multum abludinius, 
et ijrdemmathcmatumiludijsdelet-tamur, alterna literarum conimunicatione fianius no- 
tiores.AcceditViri(ummi,etClariHimiGeometraeRevercndiPatrisGregorijàSanéi:o 
Vincentio Tui apud me mirifica commendatio, cuius amorem pcr iudicium tiuuii de 
prima illius quadratura niaximoperè tibi conciliâili. Placct et mihi fcriptum illud 
Tuuni inquantum quadraturam concernit, fed (pace Tua dixerim) non in totum; 
quia uideo in alium te fcopum, quàm'in quem tendit Author, collimarc. Putas enim 
(ut ex prologo Tuo apparet) Patrem Gregorium primam quadraturam omnibus alijs 
potiorem iudicare; cum tamen in illa potius quadraturac poiFibilitatem oflendere, 
quam det\i6to illam exhibere conctur. Dum enim in prima quadratura afl'umit 6 quan- 
titates, quarum quatuor priores AB, CD funt rettilineae, duae vcro polleriorcs EF 
circulares, et ollendit rationem priniarum AB totiescontinere per multiplicationem 

rationem fccundarum CD, quoties eadcm 

1-^ — I I — i — I I — ^H ratio fecundarum CD continct rationem 

) ^ _j t -t/ I ^^ j ^^ 

Teitiarum EF; dum, inquam, hoc ollendit 
Author, non ell mens ipiius exhibere reipfànumerum aliquem, qui indicet, quoties 
ratio inter primas quantitates AB per multiplicationem contineat rationem inter 
fecundas CD (id enim apparet efTe impofllbile ex ipfodifcurfuexquopropofitioncm 
illam deducit) ucexinde fciatur, quoties ratio fecundarum CD contineat rationem inter 
tertias quantitates EF: fed totus folummodo difcurfus eo tendit, ut oflendat ui 
difcurfùs politi fex illas quantitates ita fehaberc,utproprietas,quaeconuenitrationi 
rcpertae inter primas quantitates AB relatae ad rationem inter fecundas CD, ctiam 
conueniac rationi inter fecundas CD, relatae ad rationem inter tertias EF repertam: 
adeoque cum tertiae quantitates fint circulares, pofllbilem elfe proportionem curui 
ad reftum. Hic, lî bene mentem Patris Gregorij ex literis ad me datis intellexi, fcopus 
eftprimae quadraturae. Polleriores difcurfu faciliori rem uidenturconficere, ad qua- 
rum tamen ultimatum intentum non facile quis peruenerit. Ego fecundam in ordine 
praeterlapfo anno coepi difcutere, quae ipfo authore tefle caeteris eil facilior, cuius 
quidem intentum et ordincm, nili fallor aflccutus fum, fed in uno ctiamnum haereo, 
quc^ minus alTenfum toti difcurfui praebere poUim. Caeterum, quidquid lit de qua- 
dratura, tanti opus Geomctricum aeilimandum puco, quanti uix ullius Geometrae, 
quem haétenus uidit Orbis: et mecum ita fcntiet, qui plus ueritati uolet tributum, 
quàm propriae praepoftero aliquo affectu praeconceptae opinioni. 1 laechabui, Illus- 
tris et Clariflhne iuuenis quae primis his meis ad te fcribenda efle iudicaui: Tu pri- 
mae magnitudinis fidus huius aeui, fi dignum me habes quem redames, quemque 
rébus tuis et Ihidijs i Gcometrica intelligo Theoremata, quae ingeniofiffima audio 

Oeuvres. T. 1. ac 



194 CORRESPONDANCE. 1652. 



habere te concinnaca) participes, in coelo me collocabis noua Apotheofi, ienticlque 
uiciflïm me ad niitos etiam tiios propenfifTimum. 
Dabam Pragae Boëmorum 30 Nouembris 1652. 
lllullris et Ccnerofae Dominationis Tuae Serviis paratiffîmus 

M. GoDEFRiDus Aloysius Kinner h Lowentiiurn. 
Illuftri ac Gcncrofo Domino, Domino Christiano ITugenio etc. 
Mathematum eximio cultori. Domino ac l-'atrono mihi colendis- 
iniio , oblcruandiirmioquc. 

Hagam Comitis. 

N2 137. 

A. Tacquf-t à Christiaan Huvgens. 

2 DÉCEMBRE 1652. 

/,« Iftt-â se trouve à Lciileii, col!. Iluygens. 
Elle est la réponse ai: No. 133. Chr. /Iin-geiis v répninlii pur le Nn. 139. 

Clariffime Domine 

HumanifTimis littcris tuis ac mihi longé gratiflimis non rcfpondi hattcnus varijs 
rébus impeditus. Jam aliquanto plus naftus otij, id facio perlibcnter. Pro munufculo 
exili ac tcnui nihil fané fuit quod gratias agercs , quando id harum rerum amanti- 
bus ac pcritis fuo quodam iure debebatur ; Quod ad quadraturam atcinct, jam indc 
ex illo tempore, cum primum in luccm prodijt, varias authori difficultates circa pro- 
pofitiones 5, 6, 7, 8, 12, 39 primac quadraturae, atquc ctiam circa fuas quadra- 
turas rcliquas, primo coram deinde fcripto propolui, quibus cum illc mihi nunquam 
faciiïcccrit , iudicaui eum quadraturam non dcdifTc. Nihilominus reliquum opus ad- 
miratus fum fcmpcr ac niirilïcè dcpracdicaui , authoremque ipfum intcr principes 
Geomctras femper habui. Et credo, qui opus legerit, diflentiet nemo. Porro 
s^ércta-iv tuam iam pridem accuratè legi, probauique multum. Reétè authorem vrges 
vt exhibeat quoties ratio prima contineat fecimdam, ac fecimda tertiam. hoc enim 
nifi praefliet, tertiam incognitam, explicabit nunquam, ac proinde non dabit qua- 
draturam quac a notitiâ tertiac illius rationis depcndet. Quod fi rationes illae fint 
incommenfurabilcs , nihil câ via efficictur. Eadcm difficultas etiam aliquando mihi 
inciderat, cum legidcm cenfuram Marini Mcrccnnijs ') quam habct in fuisrcflexio- 
nibus Mathematicis , vbi id ipfum mouet fed pcrobfcurè. Quarc non ingratimi tibi 
futurum exifliimo, fi quae hoc in génère mihi venerunt iubinde in menteni, hic ad- 
fcribam. 

Jn numeris rationeni priniam voco quam nulla ratio numcrica metitur, fiue intcr 



') Voyez l'ouvrage cité dans la Note 5 de la Lettre No. 85. 



CORRESPONDANCE. 1652. I95 



cuius ccrminos nuUi cadorc pofRint medij proporcionales numcri feu integri feu frafti. 

Rationes inconimcnfurabilL's, in mimcris, voco eas, quas nulla ratio iiumerica 
feu racionalis vt communis menlura mecitur. 

Rationes abfolutè inconimenfurabilcs funt, quas nulla ratio l'en rationalis l'eu ir- 
rationalis metitur tanquam mcnfura communis. 

Lemma. 

Numerus primus in nulla continué ab vnitate proportionalium ferie alium locuni 
haberc potcil, quam vnitati proximum. 

llabeat") enim alium, fi ficri potell in ferie i, a^ b^ l\ i-/, c, ita vt ^/ fit pri- 
mus, jtaque per 1 1, 9,=) quilibet praecedentiumc/, b^ r, metietur primum numerum 
^/, quod ell abi'urdum contra hypothefim. 

Theorema. 

In numeris ratio prima ell, cuius terminorimi inter fe primorum akeruter laltem 
ell numerus primus. 

Nam inter duos numéros inter fe primos .r,~, quorum laltem vnus, puta a-, primus 
fit; nec fr;ifti nec integri vlli medij proportionales inucniuntur: quod fie ollendo. 

Cadant *) enim, fi fieri potell, inter x et ~ primum numeri integri proportionales 
medij a, b, c. Quia igitur .v et ~. inter fe primi finit, quot inter ipfos cadunt medij 
proportionales, totidem inter ipfos quoque lingulos et vnitatem cadent medij pro- 
portionales i^, 6', /', ac g^ II, /i, per 9, 8. Ergo in ferie proportionalium 
I, f, ^, d, x\ primus numerus x alium tenet locum, quhm vnitati proximum, 
quod répugnât lemmati. 

Cadant ') deinde inter .%• et z medij proportionales fraéti , fi fieri potell , y^ -71 7- 

et reuocentur omnes tam integri .r, z, quam fracl:i '') ad fraftiones eiufdem deno- 

. l m }i s . . . , . . • , ^ ■ 

mmationis -, —, -, — ,-, erunt igitur etiam hae concmue proportionales. Ouoniam 
p' p^ p^ p^ p^ ^ ^ t^ V 

uerô eundem omnes habent denominatorem , p , erunt numeratores 0, /, //;, /;, -s 
fradionibus proportionales, adcoque ipfi quoque , /, ;// ^ii^s^ continué proportio- 
nales erunt. Jgitur inter extremos tr. s cadunt medij proportionales integri /, ;;;, ;/. 

Tam quia per confirudionem x et ;:; funt aequales - et -, erit.r ad;:;ut— ad -, 
■ ' ,, P P' P P' 

hoc efi: ut ad s. Ergo cum inter et s medij cadant /, ?/;, //, etiam inter .v et z cadent 

totidem medij per 8 , 8ai- Quod répugnât primae parti. Liquet igitur propofitum. 

Theorcma 2. 

DantiH' rationes numericae, incommenfurabiles. 

Nam fi per theorema praecedens exhibeantur duae rationes *■) primae x ad z^ 
V ad y, harum neutram vlla ratio numerica metietur. Ergo neque vlla numerica ratio 



-) C'est la proposition 11 du Livre 9 des Elcmenti; d'Riiclide. Tacquet cite souvent Taïueur 
de la même manière. 



IpÔ CORRESPONDANCK. 1652. 

ambas uc nienlura cominunis metietur. Ergo per défini cioncm crunt incommenfii- 
rabiles. 

Jgitur ex jani deiiionllnuis concludemus , rutiones a ce vir clariiiime adduiitas cde 
nuniericè inconimenfurabiles, rationes videlicec 203 ad 53 et 1 1 ad 5. Nam 203, 
53 funt numeri inter ic primi , et eorum vnus 203, imoet alcer 53 func numeri abl'o- 
lute primi. (iinilicer 11,5 fimc numeri abiblute primi, adeoque et primi inter fe. 
Ambae igitur ratii)nes illae funt primae hoc eft nullam habent rationein numericam 
le nienfurantem, per theorema i. Ergo per thcorema 2. funt incomnieniurabiles, 
hoc eft nulla numerica ratio fîmul vtrafque metitur. Nunquam igitur dicec Grego- 
rius, fiquidem in numeris maneat , quoties prima ratio fecundam contineat. 

At fi relictis numeris ad magnitudines le conuertat , alià quâdam via initituenda 
erit difquificio. Inprimis nulla ratio magnitudinum etiam commenfiirabilium reperiri 
potelt quae fit prima fine quam nulla ratio mctiatur, cum inter qiiaslibet magnitu- 
dines inueniri pofllt média proportionalis, imo mediae quotcunque;acproindequac- 
libet ratio magnitudinum diuidi poflit in rationes quotcunque aequales, adeoque ha- 
rum quaelibet rationem primo pofitam mctiatur. Quarc cum nullae magnitudinum 
rationes dentur primae, dubitari poterie vtriun reperiri pollint rationes magnitudi- 
num inter le incommenfiu'abiles. 

Ello igitur 

Theorema. 

Dantur in magnitudinibus rationes inter fe ablblucè incommenfurabilcs. 
vSic hyperbole CFK, ciufque afymptoti BA, AL. Jnter hyperbolam et afymp- 
^ totum LA ponantur reétae DE, FG, HI, pa- 
rallelae afymptoco alteri AB. Si plana DFGE, 
IIFGI, fint commenfurabilia, quam multiplex 
ell planum DFGE plani HFGI , cam multi- 
plex erit ratio DE ad FG rationis FG ad 111. 
Quod fi plana illa incommcnfin"abilia fint, 
"^ •^ ^ erunt quoque rationes DE ad FG, et F(î ad 

III, inter fe abfolucè incommenfurabilcs. Primum demonllratur a Gregorio libro 6 
propofitione 125. Alterum propofitione 129. Quae quidem illius fpeculatio omnis 
de fpacijs afympcoticis digna plané ell quam admirentur et legant Geomecrae. 

Jtaque fi rationum illarmn trium, quaspropoficionibiis I2,ec39proponil:Greg■o- 
rius, incommcnfurabiles fint abiblute, vel prima et fecunda Iblae; vel fecunda et tertia 
folac; erunt propofitiones 1 2 et 39 fallae; fin exifirencibus prima et fecunda incommen- 
furabilibus, etiam fecunda et tertia incommenfurabilcs fint, non poterit exponere quo- 
ties fecunda ratio tertiam incognitam contineat , ac proinde per eam viam haec nun- 
quam innotefcet. Oportebit igitur Gregorium, vt tertiam rationem illam incognitam, 
notam reddac , dcmonftrarc rationes h fe propoficas efil' omnes inter fc commenfura- 
biles, racionemque ipfam quae communis mcnfura eil, in redtislineis exhibcre, atque 




CORRESPONDANCK. 



1652. 



^97 



inluper ollenderc quocies ea menrura rationes primam ac fccundam ingrediacur, tune 
enim innoccfcet quocies prima auc quomodo, ieeundam concineat. 

llaeciunt Domine Clariffime quae mihi hac iliper re occurrebanc. quac liée: mit- 
tamus omnia, nihilo camen magis quadratura prima iubllilec, cum liquidô eercù- 
que compererim propoiiciones 12 ce 39 cfTe ablblutè fallas. Quadraturas 2, 3, 4 
fentio non eiïe prima firmiores. Caeterum Doftiflima £|/Tia:<r/? tua placée mirifieè; 
miratufque liim cum legerem, te viri ienfa hac in parte fatis implexa, adeo perlpicuè 
^flecutum. Quod ad primam opufculi tui partem attinct eft fane quod tibi graculer , 
quod ea iilhic inueneris, quae inter illudria inuenta geometrica cenferi pofle exiiHmo. 
Venio ad alteram epillolae tuae partem, vbi quaeris An et quomodo elici diredè 
poflit ex falfis verum. Jllullrc huiuimodi ratiocinij exemplum praebet Euclides 
propolîtionc 12 libri 9. et Thcodofius 3) libri i fphaericorum propofitione 12. Car- 
danus ■*) quoque libri 5. de proportionibus propofitione 201 iimili argumencatione 
eftvfus. Nos quoque varia fubindeeo modo demonilrauimus. Vnum protero, in quod 
incidi, cum theorcma quoddam in refraftionibus inuelligareni. 

Lemma. 
Eflo quadratum IC, cuius bina latera protrahantur in 15 et G, vt AB. IIG, (int 
laterum lemilîes; ducaturque BG lecans latera quadrati in L et K. Tum BG biie- 
cetur in F et iunge BC 

I ° Rrunt latera AC, HC bilefta in L et K. 2° Erit 
BK par diametro quadrati. 3° Erit BF quadratum bis 
fumptum aequale quadratis BC, CH. 

Duo prima patent. Tertium fie oftenditur. Quadra- 
tum BG aequatur quadratis BI , IG. Ergo eius lemiflis , 
quadratum nempe BF bis fumptum, aequatur quadrato 
BI. Sed quadratum BI ell quadratum lA, AB et rec- 
tangulum lAB bis. Ergo quadratum BF" bis, aequa- 
tur quadratis lA , AB et lAB bis. Sed lAB bis eft 
quadratum lA. Ergo quadratum 15F bis aequatur qua- 
\ drato lA bis cum quadrato AB , hoc eft quadratis 
■^ BC,CH. 




■') Thcodofii Tripolitne Splinericonim Libri III. A Cliriftophoro Clavio lkmberi;cii(! Societatis 
Jefv perfpicvis denionllrationibvs, ac fcholijs illurtrati. Item Eiiilclcm Clirinopliori Clavii 
Sinvs. Liiicae Tangentes, et Sécantes. Triangvla rertilinea. atqve Spliaerica. Romac. Ex Typo- 
graphia Dominici Balae. m.d.lxxxvi. in-4°. 

■') Hieronymy Cardani Mediolancnds, Civifqve Bononienlis, Philolbphi, Medici et Mathematici 
clarillimi, (^pvs Novvm de proportionibvs nvmerorvm, motvvm, pondervm, fonorvm, alio- 
rvmque rervm menfurandarvm, non folum CTConietrico more ftabilitnni, fcd etiam narijs cxpc- 
rimentis & obferuationibns rcrum in natura, Iblerti demonftratione illullratum , ad nuiltipHces 
ulus accommodatnm, & in V libres digelhnii. Fracterea Artis Magnae, (ive de Regvlis Alge- 
braicis, liber vnvs, abdrvfiflimvs & inexhauftus plane totius Arithmcticae thefaiiriis, ab 
authore recens multls in locis recognitus & anélns. Item de Aliza Regvla Liber, hoc eft Algc- 



198 CORRESPONDANCE. 165!: 



Theorema. 

Jifdem polltis, dico rcftain B(î maiorem ciïè rcftis BC, CM/). 

Si negas i fie non maior. Cencro B per C eac circulus fecans BG in F '). Qunniam 
BG ponitiir non maior qnam BCH, cftquc liE par BC, patet Bli niaiorem elfe (c- 
niiffc iplîus BG. Cum enim BC fit maior remiiïe BCII, erit quoquc BC, hocefi:BE, 
maior iemifie ipfius BG quae efi: non maior quam BCH. Accipiacur ergo BF dimi- 
dia BG. Quoniam igitiir BG bilefta efl: in F et aliter in E, erunt quadrata BE , 
EG aequalia per 9. 2. quadrato BF bis (hoc efl: per lemma, quadratis BC, CH) et 
quadrato FE etiam bis. Ergo quadrata lîE, EG fimul maiora n.mt quadratis BC, CH 
fimul. Quare ablatis aequalibus quadratis BC, BE, remanet quadratum EG maius 
quadrato CH. Ergo refta EG maior eft reélâ CH. fed aequales funt BE, BC. Ergo 
tota BG maior ell: duabus BC , CH. 

Jtaque ex eo quod BG ponebatur non maior duabus BC, CH, direftè conclufimus, 
15G maiorem efle duabus BC , CH. Neque erit diflicile, vti arbitror, ratiocinationis 
illinfinodi, quae admirationem plcriique mouct, hic obiter caufam infinuare. Propri- 
um cft propofitioni falfae , vt ex eâ deduci pofilnt contradiftoria , quae proindc in 
ipfà mediale feu virtualicer continentur. Jam licet plcrumque contradiftoria illa fint 
ab ipfa propofitione distinfta vtraque: lit tamen fubinde, vt eorum alterum fit ipfa 
falfa propolitio; alterum propofitionis faillie negatio. Quod quando euenit, tum 
enimuero poteH: ex ipib falfo eius negatio elici, hoc efi: verum; nam talfi negatio, efl: 
verum. Atque id quidem ell: falfi naturae omnino confcntaneum , neque magis mi- 
rum efi: ex falib elici polTe verum , quam in falib contineri contradiftoria , quorum 
alterum fit fallum ipfum , alterum negatio eiufdem falfi. 

Simili forma probationis demonllrauipartemminimam, quae a triangulo per da- 
tum in ipfo punftum abfcinditur. Non trapezium efl!e, fed triangulum. Studui enim 
aliquando plenam dare folutionem eius problematis, quo iubetur triangulum per 
datum punétum fecari in ratione data , quod in illo, praefertim quando punétum da- 
tur intra triangulum, non leuis infit difiicultas, et neque a Steuinio *) neque a Je- 
anne Benedidto ') alloue vllo, quem uidere mihi contigerit, data eflet folutio adae- 



braicae Logifticae siiae, numéros recondita numerandi fubtilitate fecundum Gcometricas 

quantitates inquirentis, iiecedaria Coronis, mine demum in liicem édita. Opus Pliyficis& Ma- 

theniaticis inprimis utile & neceflàriuiii. Bafileae. in-folio. 

Ce livre sort ex Oflicina Ilenric. Petrina, Anno cId.Io.i.xxiix, ainsi qu'il résulte d'un 

autre ouvrage de Cardanus intitulé: In Cl. Ptolemaei de aftroruni jvdiciis, Libres IV, 

Commentarii. 
5) Lisez: E. 
") Probleniatvm Geonietricorvm in gratiani D. Maximiliani, Domini a Crvniniicn &c. editoruni, 

Libri V. Auftore Simone Stevinio l'irvgenfe. Antvcrpiae, apud loanncm Belleruni ad in- 

ligne Aquilae aureae. [1583]. in-4°. 
7j Giovanni Baptista Benedetti, né à Venise le 14 août 1530 et mort à Turin le 20 janvier 

1590, disciple de Tartaglia, était Mathématicien du Duc de Savoye. Tacquet parle ici de 

son ouvrage: 



CORRESPONDANCE. 1652. 199 



quata. Cum igitur id aliâ quadani via tencarcm, afTècutus tum quidem fum , quod 
propofueram : ac lîmul contcmplatio non iniucunda de maximis minimifquc criangii- 
lis per datum in triangulo punéhim fccabilibus, acque irtud, quod iam dix! , quod- 
dam quaii lemma ad cactcras, Icfe obculit. Cuiiis quidem dcmonrtratione hic adlcri- 
bendà (quanuiisnon difficuher non banc modo dare pofîem fcd eciam plures) (iipcr- 
fcdeo, quod ijs, quae iam (cripfi fupra, (atiflaftum putcm dubitationi tuac. Porro 
iam linire cupienti , quae ad tuum de hyperbola pulchcrrimum theorcma , tibi verè 
(vt fcribis) ante omnes primo perfpeftum , fecundâ pagina praefacus es, in men- 
teni veniunt, monencque vt adiungam adhuc aliquid, tibi forte non ingracum; rc- 
pertam videlicet efTe a me proportionem aliquam circuli ad hypcrbolam , et eam 
quidem quae forte probet determinationem in liyperbola etiam Arcliimedeae illi pa- 
rabolicae fimilem poïïè reperiri. Scito igitur proportionem circuli ad hyperbolam 
terminatam eiïe compofitam ex tribus rationibus; ex rationc circumferentiac circuli 
ad I diametri , et ex ratione tertiae partis quadrati circulo infcripti ad triangulum 
maximum hyperbolae infcriptum , et ex ratione eiufdem trianguli ad hyperbolam : 
cuius demonftrationem ex noftris cylindricorum et annularium libris ^) , iam tibi 
fortafTe notis, facile deduco. Jtaque ne data quidem hyperboles quadraturà, dabitur 
in réélis lineis eius ad circulum ratio, ac proinde neque circuli quadratura. Quarc 
cum non videatur, quadracurac circuli, hyperboles quadratura implicari, non haec 
à^vvuroç perindc atque illa videri pofllt. Hanc meam conictiuram confirmât lîar- 
tholomaeus Souerus^^) in fine praefationis ante librum 5, proportionis curuae ad rec- 
tum promotae ""}; vbi aficrit repertam elTe a fc dimcnfionem acquadracuram hyper- 
bolae, fed eamfe dare feorfim velle, vt nouum inuentum lcd:oriun animos in maio- 
rem fui admirationem conucrtat. Sed (credo) quod ilatuerat morte praepcditus 
exequi non potuit. Plura non addo vt finis aliquando fit. 

Tu eo animo ifta accipe, quo ego fcripfi, vnâ videlicet tibi obfequendi impulfus 
voluntatc. Caeterum enixc precor, ne (vt vatis Diuini vtar verbis) ille Icientiarum 
Dominus , quando eâ te ad omnem fubtilitatem indole efie voluit, quidquam te carum 



Rcfolvtio omiiiuin EvcliJi< Probleiiiatvm alioruiiuiue ad hoc iiccelïhrio inueiitorum viia 
taiitummodo circiiii dato apertura, per U)aniieni lîaptillani de Bcncdidis inventa. Vcnctiis. 
M.DLiu. in-4°. 

8) Voyez la Note 5 de la Lettre No. 102. 

^) llartolomeo Sovero naquit en 15-7 à Corberia (Fribourg, Suisse) et mourut à Venise le ^.'^ 
juillet 1629. Après avoir lait ses c-tudes au Collège Helvétique de Turin, il se rendit à 
Rome (1621), puis fut apj)clé par Camilhis Gloriosus à Venise (1624), auquclil succéda 
comme professeur de matliématiques. 

'^) Cvrvi ac recli proportio a Bartbolomeo Sovero Fribvrgenfi. in Gymnafio Patauino Mathcfeos 
Profellbrc promotn. Libris scxad Illullris. & Excellentis. Viros Nicolavni Contarenvm, lo- 
hannem Bapt'flam Nani, Doniinicvm Molinvni eiufdem Gymnafii l'atavini modcratorcs. 
Patavii, Ex Typographia Varisci Varisii. m.dc.xxx. in-4°. 



CORRESPONDANCE. 1652. 



rerum latcre (inac, quibiis (empiternci bcatitiido noilra ac fhliis continecur. Va\L\ et 
li quae propcranci cxcidcrinc calaiiio liturae, condona. 

TuLis in Chriilo Scruus 
LoLumij 2 Dcccmb. 1652. 

Andréas Tacquet e focictate Jesv. 



") In mnrgiiie: i , rt, ^, r, d^ e [Tacquet]. 

*j In imrginc: 3 lo [Tacquet]. 

X a h c z 

à R 

e h 

fk 
I 

■■) In niari^iiie: 3 lo [Tacquet]. 

ace 

''") Inmarijine: l ni n S tt- -, 

^ ■ 1 acquêt . 

P p p p p 
') In margine: 3 10 [Tacquet]. 
X Z 

y y 

5 =1 
/) In margine: Mutatà inter icrihendum dcmondratinne, duo prima funt fuperflua. 
[Tacquet.] 

N= 138. 

Christiaan Huygens à G. van Gutsciioven. 

10 DÉCEMBRE 1652. 

Lt! minute et la copie se trouvent à Leitlen, coll. Huygens''). 
Fan Gutsciioven y répondit par le No. 140. 

GUTSCHOVIO. 

Semper fpes aliqua me tenet venturum tandem abfte refponfum Gocfchovi 
Praeflantiflime, quanquam jam menfis integer fit elapfus, ex que literas meas/) ad 
te pervenifTe opiner, neque enim adeo apud te FrigercMathematamihifitcredibile, 
ut non faltem novis inventis deleftari te quoquo modo tefteris. Et videtur quidem 
illud de quo tibi nuper fcripfi, fi Schotenio atque alijs haec intelligentibus credere 
licct non ex poftremis in eo génère exifliere, neque carcre utilitate. Eoque finnmo- 



') L'auteur parle de sa Lettre N°. 1 35. 



CORRESPONDANCF.. 165a. 



perc mirandum force te qui multum in Scicntia ita fis vcrfacus, ita plane immobilem 
te praebcre uc verbum nullum aut literani tibi cxtorqiicri linercs. Quaccunquc i^i- 
tur caufa fie filentij tui, five per occupationes rcicriberc hactcnus non potuidi, fivc 
fecretuni ejus artis quam ex te diCcere concupivi pênes te nianere vis, tac ut aliquid 
modo de te inaudiam. Nam fi vel repuKam me manerc in tatis cil, icio id aegrè me 
ferre non debere, quum utiquc ex mera liberalitatc tua id omne (im habiturus, quo 
per te fiani peritior. Vale. 

10 Dec. 16^2. 



") Une antre minute commence nin»;!' : 

Credo Gutfcovi humaniiïime per te non llarc quominus deiiderio meo haftenus 
fatiffacias, fcd vel advcrlae valctudini imput(i quam tamen longe a te abcfîc 
velim; vel negotiorum, quibus deltincris multitudine. Et haec quidem (i incaufa 
iic cur etc. 



N" 139. 

Christiaan Hl'ygens h A. Tacquet. 

10 '} DÉCEAIIÎRE 1652. 

La minute et lu copie se troiirent i: Làilcii, cuil. I/nri^eits. 
Lit Ictirc est la réponse au No. 137. Tacquet y répondit par le No. 141. 

Patri Tacquet. 

Cocperam jam peiTuadere mihi non perveniiïe ad te literas mcas Vir Clariflime, 
fed cafu aliquo intercidifie , cimi ecce rcfponfum inopinanti allatum cil, atque infigni 
me hilaritate erexit. Maximas lanc ex mediocri mora uluras perlblvilli, quantafque 
mihi débitas non fuiïïè agnofco ctiamfi in hoc génère avarifiimus. Cum autem et te 
quantum ad haec attinet fimiliter ut ego affetlium credam non verebor ne prolixi- 
tatem meam culpes, fi ad nonnulla capita cpiftolae tuae verbofius refpondero. Ante 
omnia vero gratiam habeo quod luculenter adeo de inventione mea circa Hyper- 
boles quadraturam te fentire fignificalli, fiquidem exmerabenevolentiaidprocedere 
judico quod primi indufi:riae meae partus tam pulchri tibi videntur atque extollun- 
tur longe fupra meritum. Porro perlubcnter vidi argumentationem meam contra 
conatus Cyclometricos Patris Gregorij ratiocinio tuo adjutam, quaefivi in exetafi mea 
qua potifiimum ratione ad abfurdum illum deducerem. Tu vero erroris originem 
prorfus tangis cum propofitiones 39 et 12 erroris convincis; quas ego quoque 
mendolas inveneram. fcd in obfcuris facilius et confidentius contradifturum arbitra- 



') Dans la minnteil semble qu'il y ait „if>," mais les Adversaria de Christiaan Iluygens indiquent 
qu'il écrivit cette lettre le „io''. Cette date s'accorde mieux avec celle de la réponse de 
Tacquet, écrite le 18 décembre. 

Oeuvres. T. I. 26 



CORRESPONDANCE. 1652. 



bar. Venini de liis (upcrflimm arbitror pluribus dificrere, cum de fumma rei inter nos 
conveniat. Itaqiie ad thelin cuain cranico, quam et tuis et aliorum exemplis ilabilire 
videris. Sane cum antca lenfuni ejiis verum ignorareni, niinc plane quid Hamas per- 
cipio neque tamcn aficnciri tibi poiFum. Pacieris autcni uc conlido non illibenter 
Vir Claridime redintegrari tibi difputationem qua proculdubio jam pridcm nnilca 
cum laude defunélus es. INIihi igitur videtur demonllratio quam propofuifti, non 
direfta cflè fed ex earum génère quae ad abfurdum deducunt, quod autem abfurdi 
mentione caret, eo imperfectani manere. Etenim pofl: conclufionem tuam, quae eft, 
Ergo tota BG major cil duabus BC, CH, haec addenda dicerem, fed eadem BG 
duabus BC, CH non major elTè poncbatur, Ergo fimul et major erit, et non major, 
quod eil: abfurdum. Quare falfum erit illud unde hoc coniequitur. ac proinde BG ma- 
jor duabus BC, CH. Ita video Euclidem feciffe in propofitione 1 2 libri 9 à te allegata, 
item Archimedem in propofitionibus 8, 9,et I G libri de Conoidibus et Sphaeroidibus"). 
Cardani librum nunquam evolvi, et demonrtrationem Thcodofii libri i Sphacricorum 
propoiltionis 12 tantum direftam videre contigit, eam fcilicet quam Herigonus 2) 
affert ■*). Fortaflîs autem fuperfluum tibi videtur ulterius progredi, poitquam id quod 



-) Archimedis Opcra non nvlla a Frederico Commandino Vrbinate nvper in latin vm converfa, 
et Commentariis illvftrata. Quorum nomina infequenti pagina legnntnr. [Circuli dimen Sic. 
De lineis fpiralibus. Quadratnra paraboles. De conoidibus fphaeroidibus. De arenae numéro]. 
Venetiis apud Paulum Manutium. Aldi F. mdlvui. in-folio. 
3) Pierre Herigone vivait à Paris en 1634 et 1644; il était maître de mathématiques. Il résulte 
de sa polémique avec le professeur Joban Baptiste Morin à Paris au sujet du problème des 
longitudes, qu'il avait été membre de la commission pour juger le livre de Morin. Voyez 
l'ouvrage de la note suivante. Tomes 4 & 5. 
'') Le démonstration se trouve Tome V, page 235 de l'ouvrage suivant: 

Cvrfvs mathcmaticvs Nova, brevi et clara methodo demonllratvs: Per Notas reaies & vniver- 
fales, citra vfum cuiufcumque idiomatis intelleetu facile. Covrsmathematiqvedemondréd'vne 
nouvelle, briefve, et claire méthode. Par Notes réelles & univerfelles,qui peuuenteftre enten- 
dues facilement fans l'vfage d'aucune langue. Par Pierre Herigone, Mathématicien, a Paris. 
M.DC.xxxiv chez l'Autheur, en l'Isle du Palais, à l'enseigne de l'Anguille & chez Ilenry leGras 
au troisiesme pilier de la grande Salle du Palais. in-8°. 

De même que ce titre, ceux des volumes sont moitié latin, moitié français, nous n'en donne- 
rons que la partie française : 

Tome premier dv cours mathematiqve, contenant les XV Liures des Elemens d'Euclide 
vu appendix de la Géométrie des Plans, les Dates d'Euclide, cinq livres d'Apollonius Pergeus 
du lieu résolu, la Doctrine de la Section des Angles. 

Tome fécond dv Covrs mathématique, contenant l'Arithmétique pratique: le Calcul Ec- 
clefiaftique: & l'Algèbre, tant vulgaire que fpecieufe, auec la méthode de compofer & faire 
les demonftrations par le retour ou répétition des vertiges de l'Analyse. 

Tome troifiefme dv Cours mathematiqve, contenant la conftruction des Tables des Sinus, Et 
Logarithmes, auec leur vfageaux interdis, & en la mesure des triangles redilignes: LaGeomc- 
trie practique: Les Fortifications: la Milice: & les Mechaniques. 

Tome quatriefme dv Cours mathematiqve, contenant la Doctrine de la Sphère du Monde: 
la Géographie tant ancienne que moderne, delignce par degrez & minutes des longitudes & 
latitudes, & l'Art de nauiger. Acheué d'Imprimer le 8 de novembre 1634. 



CORRKSPONDANCE. 1652. 203 



vcrum cil dircda demonllracionc es afll'cutus nempe quod liG major cil duabiis UC, 
Cl 1. Sed omnino inquircndum cil, utrum lioc ita ic habcrc rcéle demonllracum t'ucrii:. 
Quid cnim ii quis ilatuac, quod omnis figura plana rcc1:angiilo contenta ciquc halin 
et altitudincm eandem habens,lit cjiis reftanguli rubrclquialtcra5),atquc ex eodcmon- 
llret parabolam infcripti maximi trianguli rclquitcrtiam'') elle ? Iva quidem etdcnion- 
ftratio et conclufio vera erit, fed tanicn fidem non faciet mihi, fi aliunde parabolac 
quadraturam non didicerim. Ratio autem, quare iiliufmodi argiinientatione non per- 
lliadear, ea ibla efi: quod fciam aliquid in praemillîs contineri quod faHbm cil:. Sanc 
in eâ quam afFerre tibi vifum fuit, non quidem apparct à principio falfinii quid poni , 
fed dubium tamen, quum non conllet utrum 13G major fit an non major duabus BC , 
CH. Quomodo igitur omnia, quae inde confequuntur non acquè dubia fint? Itaque 
plane ita tcnendum reor,in diredla demonilratione omnia ex quibus argimientatio 
dcducitur certa efle debere; quum autem certa non fi.mt fed vel dubia vel aperte 
falfa tum fieri quidem pofTc ut ad veram conclufionem perveniatur, fed eam utrum 
vcra fit an falia ex ea demonllrationc quatenus direcT:a permanet minime cognofci. 
Et fi bene rem examines, videbis fine dubio tuam ipfius demonfiirationem tibi perfua- 
dcre non pofie (fi te id ignorare fingas,) quod BG fit major duabus RC, CH; nifi 
cogitatione faltem clausulam de abilirdo adjicias quam paulo antedefcripfi. Rêvera 
tamen mirandae apparent demonilrationcs iiliufmodi, et tanto quidem mirabiliorcs 
quanto magis ab ipia ialia ieu dubia pofitionc argumentatio procedit. Euclidis 
dcmonilratio ad finem uiquc faUam pofitionem habet admillam. In Tua vcro in prin- 
cipio forte faftum cil ut utilis eflL't ad oilendcndum quod BG inacqualiter divi- 
ditur in E, cum BE ipfi BC aequalis fumitur. nam hoc etiam alia ratione facile 
oilendi potuifi'et, atque ita direfta fuifiet dcmonilratio. Archimedes in propofitioni- 
bus fupra adduftis, pofitione ilia in demonilrando non utitur, ideoque admirationem 
non parit , et potuifi'et aequè commode de punélo quolibet in cllipfi ilimpto, oilendifie 
quod id in fuperficie coni eifet vel cylindri idque argumentatione direCta. Invcnio me 
génère illo ufum fuifie cum alia ratione demonilrare non polTem. 

In triangulo punftum ex quo reélae omnium brevifllmae ad très angulos ducuntur. 



Tome cinqviefme dv Cours madieniatiqve, contenant l'Optique , la Catoptrique, la Dioptri- 
que, la l'erlpcctiue, la Trigonométrie des Spheriques, !a Théorie des Planètes, tant selon l'hy- 
pothèse de la terre immobile, que mobile, la Gnomoniqi'c, & la ÏMusiquc. 8°. „aclicué d'impri- 
merie i4Aoust 1637." 

Tome fixiefme et dernier, ou fupplement du Cours Mathématique, contenant les EfFections 
Géométriques des équations cubiques & affectées. I/Isagoge de l'Algèbre. La méthode de met- 
tre en Perspectiuc toutes fortes d'objets par le moyen du Compas de proportion. La théorie 
des Planètes, distinguée félon les hypothcfes de la terre immobile & mobile. L'Introduction 
en la Chronologie, avec vue Table des choses plus notables par ordre alphabétique : Et vn Ca- 
talogue des meilleurs Autheurs des Mathématiques. 

Les tomes II à IV ont paru en wdcxi.v. 



') =4: 



204 



CORRESPONDANCE. 1652. 



ofîè illiid in qiio arciis limiles fuper laccribus inciinfeciis deCcripti ib incericcant qui 
iint;aili iinc ccrcia pars circunifcrcnciae; ac proinde in triant!;ulo amblygonio angu- 
liim obciillini majoreni 120 partibus habente puniftum cjusmodi non dari i'cà in 
iplinn obcuii anguli punétum quodammodo incidcrc. 

Scribis tibi in refractionibus Theorcma quoddam invelliganci dcmonllracioncm 
addudlam uiii veniHè , quod ego non lîne qiiodam volupcacis l'enlu animadverti , 
te fcilicet in ea quoquc materia occupatum eiïe vel cerce fLiilTe , quae me nunc 
tocum tenet. Qiiid novi inveneris icire geftio. Ego quidem duos jam libros fuper 
ea re penè perfcriptos habeo quibus et tertius accéder; prior efi: de refraftione 
planarum et fphaericarum fuperficierum, -et lentium , alter de apparenti augmento 
vel decremento corum, quae per refraftionem confpiciuntur. In hoc praecipuum 
cfl:, quod datis pofitione et figura unâ duabus vel quotcunque lentibus, objcfto et 
oculo, oftendi quo augmento vel diminutione illud confpici debeat, item an erec- 
tum an inverfum. In illo, datis ijfdem, utrum diltinéta lit futura vifio an confuia. 
Praetcrea ollcndi quomodo radios ad datum punétum tendentes ad aliud datum 



Lj 



B-- 



A 



7) Voyez la Lettre N°. 130. 

8) Voyez la Lettre N°. 131. 



punftum congregare poflîmus ope iuperficiei fphaericae, 
idque accuratè, ficut Cartefius per curvas lineas fuas 
crtecit. Cujus quidem principia fequor in demetiendis 
refractionibus. Cum ad .Schotenium noftrum de hoc in- 
vento fcriplinem ") fidem apud ipfnm non invenit ^), 
putabat enim Cartcllum hoc laterc non potuifTe, nifi 
elTet omnino impoflibile; atque etiamnum in fua efi: 
opinione, nondum enim demonllrationem exhibui, ex- 
pettans donec hue excurrat, Caeterum aliquod tibi fpe- 
cimen horum edere volo, quum tam liberaHter egregijs 
tuis Theorematibus me impertiveris Quomodo in lente 
inaequaliimi convexorum punélum concurfus radiorum 
parallelorum inveniri pofTit frufi:ra quaefivit Keplerus. Id 
autem fie ego expedio. Efto lens CD, quae vel aequali- 
tcr vel inaequaliter convexa fit. fitque A centrum l'u- 
perficiei C, et B fiiperficiei D, et jimgatur AR, et 
producatur utrimque ut tam CE ad EA, quam DL ad 
LB habeat proportionem refraàtionis, (haec autem in 
vitro felquiakera efi: terè , fed paulo major, nam accuratè 
eam dimetiendo inveni efl"e quam 600 ad 397) deinde uf 
EL ad LB ita fit ED ad DO; Eritque O pimélum con- 
curfi.is quaefitum, nempe radiorum, qui reftae BA pa- 
ralleli incidunt, in fiiperficiem C, adeo ut nullius radij 
concurlus cum axe contingat ultra punctum O. Cujus 



CORRESPONDANCE. 1652. 235 



qiiidem demonllrationem quum a plurimis Theoremaris dépendent, hic non adfcri- 
bnni, ncque cam te nimc exigere crediderim. Itaquc jam te dimitterem Vir Praeilan- 
tiilhnc, niiî de invcntione tua proportionis Circnli ad Ilyperbolam quaedam di- 
cenda occurrerent. Ea quideni veriflima eft, fed ex annularium tuovum lubtililli- 
niis libris, demonflrari nihil opus habet; Enimvero cum ratio circumferentiae ad «• 
diametri fit eadem qiiae circuli ad tertiam partem quadrati fibi infcripti, apparct hoc 
te dicere. Quod videlicet circuli ad hijperbolam proportio , componatur ex rationc 
circuli ad ^ quadrati libi infcripti, et ex ratione diftae tertiae partis quadrati ad maxi- 
mum triangulum hijpcrbolae infcriptum , et ex ratione hujus trianguli ad hyperbo- 
lam. Quod fane per fe manifellum ell, quia pofitis quotcunque magnitudinibus ratio 
primae ad ultimam componitur ex ratione primae ad fecundam et fecundae ad 
tertiam et ita deinceps donec extiterit proportio. Adeo ut non magis ad hyper- 
bolam Theorema tuum quam ad aliud quodcunque planum fpatium pertineat. 
Illud vero quod fubjungis quadraturae Hyperboles, Circuli quadraturam implicari 
non videri, idem tecum opinor, fed tamen in ea fum opinione utramquc parem 
fere difiicultatem haberc, adco ut Soverum, virum doctifïïmum atque infignem 
Geometram ut nuper ex opulculo à te citato comperi, etiamfi fata promifTum exol- 
vere permififlcnt, abfolutam tamen Hyperboles quadraturam daturum fuifie non 
exiftimem. Vides me Batava libertate eoruni quae lentio nihil dillimulare Vir Cla- 
riflime, atque ubi villim ell tibi obloqui; quod te fpero non aegrè lucurum ita 
credam non aliter quam il eodem jure in me utentem videro. Vale. 

[16J Dec. 1^52. 



N-- 140. 

G. VAN GUTSCIIOVKN h ClIRISTIAAN 1 luVOENS. 

15 DKCEMBRF. 1652. 

La Icttyc se li-ùure à I.ddcH, coll. Iliiygciis. 
Elle est la réponse aux Nos. i:,5 et 13!!. 

Claiussimo Viro D. Christ. Hugenio GerardusGutschovius S. D. 

Ex quo lecundas tuas recepi Hugenij ingeniolillime unice ex alijs ortae occupa- 
tiones, quod ad eas non refponderim in cauia funt: quod vero ad primas quoque 
nihil refponii dederim, et de fcripto veftro praellantiffimo et fubtilifïïmo, a te, ad 
me miflo, fententiam meam non adfcripferim, ante Chriili Domini Natalitia pro- 
lixiori epiltola exipedabis : und quid in vitris feligendis, terendis, poliendis ipfe 



2o6 CORRESPONDANCE. 1652. 



fciam, vcl cxcrcitio rcpcrcrim, vel oblewavcrim. Dico ante 24 huius, illud eniiu 
cempus felegeram (iicpocc tiim negotijs quibiis nunc diilringor cxpeditis) ut ie- 
cundus tuas vidi, ad illas rcfpondcndum : nunc vero fcribo ut ultinias vidi, ne me 
tergiverlantem amplius inhumanius, aut (axi inltar immobilcm crcdas: et ut fcias 
mihi nihil tam in votis ede, aut inter rara et iecreta reconditum, quod impoileruni 
totum tuum tuturum non (ît: exfpeita igitur tantillum duni tantum otij nactustuero, 
ut animuni erga te meuni cxpleam : et nie totum tuuni reperies. Vale. 

Lovanij 15 lo^^is 1(552. 
Clariflimo Domino Domino CiiiusT. Hugenio de Zulkhkm 

Ilagae Comitis. 



N" 141. 

A. TaCOURT h ClU!.ISTIAAN IlrVOENS. 
18 DECEAIliRF. 1652. 

La lettre se trouve à Leîden, coll. liiiygens. 
Elle est II! yépinse au Nu. 139. C.'ir. Hitygens y répondit pc.r le Nu. 142. 

Clarissime Domine! 

Gauilus ium tuis littcris , quae vel eo nomine mihi i'unt gratiffimac , quod fcribîs 
libère, quae fentias. Rectè notafli affcctionem illam non efTe propriam hypcrbolae 
neque opus habere vt ex cylindris nollris demonltretur. Jnuentuni quodammodo 
extemporale , cum ex propofitione quadam noilra , viderem facile deduei , vlteriori 
examine non adhibito adfcripferam , ôccafione eorum quae in praefatione de hyper- 
bole diïïèrueras. Quae fupcr thefi noilrd ratiocinaris , eadem mihi iam pridem in- 
ciderant. Arguis itaquc tu quidem eruditè, fed tamen thefim non oppugnas; quando 
alium plane ienium illa habet , ab eo, quem tibi propofuifti. Ilaec igitur alTertio efl:: 
Podè ex falfo verum per légitimas directaique illationes deduei. Ad hoc vero im- 
pertinens eft, fiue eà deductione abfoluta obtineatur fcientia quaefiti, fuie non. 
Hune fenlum etiam eolliges ex ratione philolbphiea a me nuper allata. Porro quod 
hoc ipfum multis viris doétis admirabile, nonnullis etiam impoffibile videretur, 
placuit ea de re thefim ponere , non vt Geometras docerem , quibus id fcirem eïïè 
notiffimum , ied vt Matheieos imperitis obiequerer. Jn ijUlem thefibus, alia funt plu- 
rima, quae potius I'unt propofita ad exercitium adolelcentis, quam peritioribus 
edocendis. Caeterum, quamuis in thelibus id non agam, videtur etiam abibluta 
gigni leientia quaefiti, eitra dedudionem vUam ad impoflibile, quando ex contra- 



CORRESPONDANCE. 1652. 207 

diftorio aflercionis, infertur aiïcrtio, modo ratiocinatio formetnr hune in modum. 
vclim probarc A efle acqualc lî. Jta ari>;uam: A vel ell acqualc 15, vcl non aequale. 
Si dicas A effe aequale B, habetur propoiitum : Si A dicas non elle aequale B, in- 
fertur A aequale eiïe B. Ert^o A ell aequale B. Haec illatio videtur veram parère 
Icientiani, nulla ulterius fattà dedudione ad ablurduni; quia lumine naturae no- 
tum eil: quod ex vcroque contradiitionis membro confequitur verum elle. Haec 
Icriptaiint ad pleniorcm diiquilitionem, non ad lenlum theleos explanandum, queni 
dedi Ilipra. 

In diopcrica nihil magnopere nunc quidem habeo noui. Tuum inuentum prae- 
elarum eil, il (quod reor) habcas demonll-ratum. Doétillimo Schootenio hic non 
adèntior. Quamuis enim et illius iudicio multum tribuam, et Cartefium ipfum 
l'aciam plurimi: Tamen non exiftimo, in materijs quas traétauit, ita perfpexifîe eum 
omnia , vr nihil alijs inueniendum aut emendandum reliqueric. Deus egregios tuos 
in nobili argumento conatus fecundet , vt quae féliciter et acutè rcpcreris , quam 
primiim lucc donata videamus. Valc. 

Tuus in Chrillo feruus 

Louanij 18 Dec. 11552. Andréas Tacouet, Societaris Jefv. 

Erudito -àc Gcnerolb T^omino Domino Ciiristiano ITugenio C. F. 

?T:igac. 



N" 142. 

CilRlSTIAAN rifVGENS à [A. TACOll'.r]. 

[decemuri: 1652.] 

Li: -m'nii'lc cl Li aiph- .iv /,tw;i7v;/ // LnJcn, call. ///■rircii.f. 
1.,: lctl;-L Cil 1(1 ir/innsc av. No. 141. 

Christianus F Iugenius .... S. D. 

Ex ijs quas nuper ad me dedilli, literis, didici demum praepollerè Thefim vellram 
à me intelleftam fuiflè. Quod autem iilo modo ipfani interpretabar, efFecit tum demon- 
llratio ea quam in exemplum adduxeras quam te tanquam perfectam ablolutamque 
omnibus numeris haberi velle putabam; tum quod fubtilius aliquod Txpxêotov ail'er- 
tioni tuae aflingere ftudebam. Namque illud fatis vulgare et dialefticis notiiiimum 
cenfebam quomodo ex falfis verum deduei poffic ctiam légitima et direfta argumen- 
tatione; ut cum dicimus, omnis lapis eil animal; omnis homo efl: lapis; ergo omnis 
homo eil animal, et rurfus omne animal ratione eil pracditum, omnis homo eil ani- 
mal, ergo omnis homo eil praeditus ratione. Hujufcemodi exemplis in Geometria 
quoque paflhn occurrentibus quum Thefis Tua vera efk demonilretur, nefcio qui 
potuerit impoiîibilis viris dodlis videri, (ut icribis) atque admirabilis. Sed haec jam 
il placet miOà iaciamus; potiufque de vero quaeramus ex veris eliciendo, quodque 



2o8 CORRESPONDANCE. 1647. 



extra omnem fit dirputationcm. Innumera enim font in mathematicis fcientijs, quo- 
rum difquifitio cum omni careat concroverfia, fimul niulco plus adlcrat utilitatis et 
deledationis. Egrc<;"ia prac cactcris contemplatio cil circa maximorum et minimo- 
rum invcntioncm, quam prioribus literis Tibi ufu vcnillc fcribe bas in probleniate 
Seétionis triunguli per datuni punftuni. Ejus problematis caCus cum punttum intra 
triangulum datum cil quia dctcrminationcni habcc, lubentiilimc vidcre vclim quo- 
modo h Te propolita lit, nam ab omnibus quDS ego legerim practcrmillam conipcrio. 



N" 143. 

Christfaan Huvgens h Fr. van Sciiooten. 
[décembre 1652.] 

La miniilc cl la copie se lyniirent à Leidcii, cuil. Iluygcns. 

SCHOTENIO. 

Nondum penitus me fcbris reliquit; adeo ut icribendis Thcorematibus adhiic 
ruperledcrc cogar. Lcctionc tamcn Geometricorum fcriptorum non abllineo, quum 
non videatur fieri pofTc ut fanitati noxiam adlerant quae tam miritice deleétant. 
Gratiliimum igitur mihi faciès 11 epillolani ProtcfToris Oxonienfis ') de quanuper 
nobis fermo erat, mileris perlegcndam, et lî quid praeterea novae rei tibi obvenerit. 
Vale. 

N= 144. 

Christiaan Huvgens à Fr. van Schooten. 

16 DECEMBRE 1652. 

I.a lettre et la mhwtc se trnrrent à Leiilen, coll. Ifiiygeiis. 
l'an Schoittcn y répoiiil'it par le No. 149. 

ClarilTimo Viro Domino Francisco à Schotrn Christianus 

HUGENIUS S. 

Ecce rcmitto tibi literas Domini Wallis ') quas antc biduum mecum me terre vo- 
luilli,ut Problema quod de Linea Curva propofuit accuratius pcrpcndcrem. Fcci id 

') John Wallis naquit le 13 novembre 1616 à Asliford (Kent) et mourut le 28 octobre 1703 à 
Oxford. En 1643 il vint à Londres; il fut un des fondateurs de Gresham Collège, focicté 
scientifique dont est issue la Société Royale de Londres. En 1649 il fut nommé Savillinn 
Professor of Geometry à Oxford. 



') On retrouve cette courbe dans une correspondance avec Wallis en 1655. 



CORRESPONDANCK. 1652. 



iop 



qiiidem diligenter, et videtur lîc rcipondcri poiïc. Nimirum non cuiufvis naturac 
lineas curvas exiftere, et hanc qiiam iingit plané efle impoUibilem; quod tacile ell 
ollendei-c. Ponit lîquidcni lineam curvani AC quae illam haheat proprietatein, ut 
finnptis quotcunque partibus acqualibus in reéta AT quae ab extremo axis AX pcr- 
pendicularis exit, duCtilque fecunduni acceptas partes lineis axi AX paralleb's e: in 
curva propofita terminatis, ut lit, inquani, ea quae ab axe prima ell partis i , qua- 
A T l'*^"" tertia ell 6, quinta 30, feptima 140, nona63o, atque 

j I aliae deinceps tôt partium quot obveniunt ex progreiïione 
j quam llatuit. Si igitur talis naturae ell haec linea eaedem 
I I illae linearum proportiones contingcrent, etiamii ab initie 
I I partes majores in pcrpendiculari AT fuiHent fumptae, lîcut 
j in parabola et alijs multis curvis haec fc habcre conllat. Po- 
j nantur partes cae triple majores fumptae; hoc ell,pro prima 
linearum parellelarum fumatur quae fuit tertia , et confe- 
quenter pro tertia quae fuerat nona, et pro quinta quae 
fuilTet décima quinta. Quia igitur prima nunc ell partium 
6, debebic tertia elTe partium 36, ut locum habcat pi-opor- 
tio 1 , 6, 30, 140 &c. Sed tertia quae prius erat nona efl 
partium 630. Ergo 630 aequalia 36. Quod ell abfurdum. 
Quarc patet lineam ejus proprietatis nullam dari. Quod 
fi quis à principio lineam curvam non ponat, fed duttis 
lineis acquidillantibus ut prius , faciat primam partis 
unius, tertiam 6, quintam 30 &c. et per harum termines 
curvam quandam ducat ex verticc A, quaeratque longitu- 
dines 2dac,4tac, 6tac&c. dicendum ell eas determinatas non 
elTe, quia diverfac lineae curvae per punfta illaduci pofTunt, 
etiam quae ad eafdem partes cavae fint. Porro cum arithme- 
ticè idem problema preponit Dominus Wallis et in ferie 
numerorum crefccntium 1,6,30, 140, 630 &c. quaerit, 
numéros interjiciendos inter bines quoique additum opor- 
tuic quà cenditienc intcrjeétos velit. Nam li limpliciter 
interjiciendos quaerit, polTunt quilibet numeri interjici, li 
tantum praecedente majores et confequente minores fu- 
mantur ut 3, 16, 50 &c. vel 2, 8, 100, 300. At fi taies 
interjiciendi quaeruntur, ut interjeélorum primus, 3tiiis 
gtus ^tiLs eodem modo le habeant ut 1,6, 30, 1 40 &c. quod 
fane exigcre ipfum exillimo "), tum rurfus ad impoflibile 
deveniemus. Nam cum primus interjefterum debeat miner 
efl"e quam 6, erit interjeftorum tertius miner quam 36, 
quintus minor quam 180, fed quintus interjeftorum ell 
qui cadit inter 630 et 27-2. Ergo jam turbata erit feries 



Oeuvres. T. I. 



CORRESPONDANCE. 1652. 



mimcroruni crercenrium. atquc ita ptitet conditionem adjcftani impoOibilcm fuiiïe; 
quod (Jtiani cd nuione ollendi potcrat, qua paulo ance in linca curva u(i (Imuis. 
Hacc funt quae in praefcncia mihi occurrunt, quibus te aireiilliruiii opinor. Valc. 

Hagae 26 Dec. 1(552. 



") Infpicc figiiram in Epiflola Domini Wallifii | Chr. Iluvgens]. ') 



N^ 145. 

Christiaan Huvgens h 13. Seghers. 
29 décembre 1652. 

/,;.' whn.'le cl la cnpk se irnuYcui à I.chlai, cuil. Ilnys^ais, 

Pater Seghers. 

29 DFX. 1652. 
MijN Heer 
Van Amfterdam weder te huijs komcndc, daer icl< eenighc daghen vcrtoeft heb- 
be, vinde VE aengcnanien '} met den ingcflotenen -) van dcn Bohcemfchen Edel- 
man ^') door wiens aenfoeckinghc, cm met mij kcnnis en vrientfchap te maecken, 
ick mij groote eere achte te gefchieden. Daerom heb ick terilond defen bygaenden '') 
tôt antwoort willen fchrijven, en bidde VE voort forge te willen draeghen dat hij 
mach te rechter handt komen. Het fchijnt dat defen Edelman van vricntfchaps wegen 
foeckt Pater Gregorins te defendcrcn of ten minften te excuferen, alfo hij oock niet 
t'eenemacliljn quadrature voor volkomen en houdt. Pater Xaverius Ainfcomb 'jihceft 
eengroot werck ondernomen, foo hij al de Quadraturen meynt llacndc te houden. '''J) 



^) La figure de la page précédente a été copiée de la minute; dans la lettre même elle est indi- 
quée seulement par ce renvoi. Elle représente la Logarithmique, non pas la courbe, dont il est 
question ici (voir la figure page 21-) et dont les ordonnées sont pour 
■V = 1 , 2,3 , 4 

^ — , 6 fiio 61014 



') Nous n'avons pas trouvé cette lettre. 
^) Lettre N°. 136. 

3) Gottfried Aloysius Kinner à Lowenthurn. 

4) Lettre N°. 146. 

=) François Xavier Aynscom, né à Anvers en 1624. y mourut le S décembre i6()o. Il était Jésuite, 

disciple de Gregorins à Sancto Vincentio. 
'') Ce qu'il fit plus tard dans l'ouvrage : 

Francifi:i Xaverii AynCcomAntvcrpianieSocietatelefv, Expofitio ac Dcdviftio Geometrica 

0\adratvrarvm Circvli, R. P. Gregorii a S. Vincentio, elvldcm Socictatis; cvi praeniittitvr 



CORRESPONDANCE. 1652. 



Ick vcrlangc feer te iîcn hct trhecnc hij alrcedc leght tegens mi] vollchrcven te iieh- 
ben. ende verfoeck Vl'],aenhein als mede aen Pater Gregoriiismyndienllige gebie- 
deiiifle te vvillen doen. Hier mede ial iek eyndiglien, en VE van gelyeken het nieuwe 
Jaer met aile voorfpocdt toewenlchendc , bly ven 

Myn Ilccr ' VE ootmocdii2;hen 



■ ■ N= 146. 

ClIRiSTIAAN IIUVGENS à G. A. KlNNlîR A LoWENTIIURN. 
- .' 2y OÉCEMiiRF. 1652. 

Lu minute et la copie se ironreiit à Leideii , coll. Ifnvffens. 
1.1: lettre est ht réponse au A'o. 136. Kiniier à Lôwentliurn y repotniit par le Nu, 160. 

Gcncrofiffîmo Praeftiintiffîmoque Domino Domino M. Aloysio 
KiNNiiRO à Lowentiiu!;n Ciiristianus Hugenius s. D. 

29 DEC. 165 a. 

Rari cxcmpli cil humanitas Rever?ndi Patris Gregorij à Sto Vinccntio qui ad- 
ver(l\rium iliuni lupraquam meretur laudibus extollitet non tantum iplc amicus pro- 
pitiufque mihi fattus ellex ea re quae homines hac aetate infeftos maxime efficere coii- 
luevit, verum et novas ealqiic opcaciflîmas mihi amieitias depraedicationc fua eoneiliat. 
Tuam prae caeteris Juvenum nobiliflime maxime in lucro dcputo, quum humanillîmis 
literis praeter fpem mihi oblaciim iviili. Cum enim omncs qui Mathemata excolunt in 
praetio habeo, tum eos praecipuè ilqui illullriori eonditione nati inter delicatioris 
vitae avocamenta nihilominus hifce iludijs egregiam operam navant, eos liquidcm 
naturâ ad haec comparatos elTe non dubium eft. Itaque nihil magis mihi in votis feito, 
quam ut inceptum bonis avibus litcrarum inter nos commercium nullo modo inter- 
rumpi finas. de me paria fpondeo, quem nihil magis obleftare queat quam l\ den- 
tur quibufcum de rébus Geometricis, atque inventis meisfamiliaritercommunicem. 
Gaudeo Theorcmata mea judicio Tuo probari. E^erua-iu vero quamvis non in totum 
tibi placet tamen quia ita inter utrumque médius conllitutus es, ut neque Cyelome- 
trica Patris Gregorij omnino tibi latiffaciant, fpem habeo in meas partes aliquando te 
pertraclum iri. Excuflitioncm certe quam pro ipib adfers neque ipfe praetexere 
meminit cum ei hac aeilate coram adeïïem, neque difeipulorum quilquam quibus 



liher de iiatvra et alTccHionibvs, r;itioiiviii ac proportioiivm i;ci)mctricnrvm. Aiitverpiac. Apin. 
jacobvm Mevrlivm. Anno mdclvi. in-folio. 



CORRESPONDANCE. 1652. 



dctenlionem liii commilifTè videtur. Et quomodo pocuiïïet? nam non video unde 
mihi conllure debucrit primam quadraturam pro quadratura non elFe habendam , 
qiium in hac mulco manifeilius accuraciufque rem ad exitum perducat quani in cae- 
teris tribus. Inio quod polTîbilitatem quadraturae in priori iila oilendcre ipium volu- 
idc alTcris, quid aliud ell quani quadraturam iplam promlinè. non enim podlbilita- 
tcm in hoc tantum demonilrare volait, ut conllaret aliquam elTe proportionem circuli 
ad reftilineam, nam id inter Geometras jam olim extra dubium fuit. Sed notam five 
datam efTe cam proportionem aïïeruit, (ut liquet ex propofitionc ultima) hoc eft 
eandem ipil inveniri pofTe eorujn ope quae in praecedentibus demonftraverat. Efl: 
enim data ratio ut ait Euclides cui eandem invenire pofTumus. Verum longa dif- 
putatione Te morari animus mihi non eft; dicam folum quod nullum axioma Geome- 
tricum mihi aeque evidens fit quam Cyclometrum noftrum in errore veriari. adeo 
ut plane fecurus expectem quaecunque contra difiertationcmmeambreviproditura 
nunciantur. Quod rcliqua quacfub ijUlem voluminibus Pater Gregorius edidit pluri- 
ma laude digna exiftimas Tecum fencio. Mirandaenim praeftitit pro eo qui Geomc- 
trici calculi auxilio plané deftitutus tuerit ut de le mihi fafTus eft. Sed Archimedeis 
icripcis aut Apollonij aut Pappi, fi fcripta ipfius comparas, non aeque atque ego 
divinos eos viros Te aulpicere credam. Porro quo loco Vietam, Galileum et Carte- 
fium habeas (nam et hos te legiiïe opinor) Icire defidero; nam me quod attinet fateor 
me eorum quae didici maximam pariem hifce acceptam ferre. 

Epiftolam hanc fine linea ulla ad Te pervenire non patiar quanquam ignorem 
adhuc qua parte matheieos plurimum delecleris. De ijs quae liquidollipernatanttres 
libros confcriptos habeo ex quibus non pauca tibi inventa depromere pufiem , fatis 
enim elegantia quibufdam vifa iunt quae de Cylindris et Conis natantibus demon- 
ftravi; nunc autem dioptrica confcribere aggrefllis fum, neque in ulla materia majo- 
rem voluptatem inveni aut difTicultatem. Sed pure Gcomctricas quoque Propofitio- 
nes nonnullas collcgi , e quibus unam hanc quam Deliaco Problemati conftruendo 

nuner inveni tibi perfcribere volo. Sunto A.B. 
lineac &c Demonitrationem fi ipfe non invenias 
Proximis literis tibi adjungam vel geminam fi vo- 
lueris. Nunc autem data opéra omifi, quo brevita- 
tem conftructionis melius pcrcipias. Bene vale 
^ luvenis Praeclare, et me invicem Tua inventione 
aliqua imperti; atque amarepcrge. 




Littcras Tiiae D jminationis Amftelodamo do- 
mum reverlus hefterna die demum oifendi 



CORRRSPONDANCK. 1652. 213 



N" 147: 

CllRISTIAAN HUVGENS à A. DE BlE '). 
30 DÉCEMBRE 1652 "). 

Lu minute et la cnpic se Irnurent à Leîden , coll. Iluygeiis. 

De Eie t'Amlterdiim. 

30 DEC. 1652. 
Mijn Heer 
Ick ben door verfcheyden toevallen belet geweert van eerder mijn hcloftcn naer 
te komen acngaende het verclaeren der llelling van Vieca ■'') toc vindingh der regulcn 
van Cardanus, dewelcke hij van willens fchijnt gefocht heeft duijfter te maecken. 
Evenwel bemerke ick dat de felve in onfe bekende ternien gebraght fijnde niet 
anders en is , dan als volght. Zij voorgegeven ten eerften x-' X) — p x + q. Ick 

ik'I X X) -^ — V. Soo is .r% -J- J-~ — i, U^ -\- pv — '^■\ ende — px, ilil liin 

pp . ' 

— j —- + py- Ei"go m plaets vande eerfle aequatie komt defe, te vvcten : 

, P" , PP , PP 

5T f? -k f-^py-y- ^-\^+py + q- 

dat is ;;^ ^ — V" DO q ende —^ p~^ — 3»" X qy-^ ofte y''' zn — qy--- + ^ />■' 

't welck een quadrate aequatie is ende komt 3''' x — ^q + v ~qq + ihj P"- 
endejr ce K x — i-q ^^Z ^qq -\- ^-p\ 

,. p 

Waerdoor y bekent lijnde foo is alreeds x mcde bekent als fijnde x ^-^ _v- 

P 
doch om Cardanus regel fclfs te vinden, \o zij andcrmael geilelt a- x :; — ^ -^ komt 

in plaets van d'eerile aequatie defe z^ — pz + ^ ~ — ^~y^ ~P'^~^ '\^~^q- 

P' 
d-itisz' — ~ "^ y:) q ende z'' x qz^ + t^P"- wederom een quadrate aequatie. 



') Alexaiider de Bie (Biaeiis) reçut, probablement sur la recommandation de Chr. Ihiygens 
(voir la Lettre N°. 148), au printemps de 1653 des Bourgmestres d'Amsterdam la permission 
de donner gratuitement des leçons publiques en hollandais sur les mathématiques; l'année sui- 
vante il fut nommé protefieur extraordinaire de mathématiques; en 1690 il enseigna aussi la 
logique, la philosophie, l'astronomie et l'art nautique. 

") Suivant les Adversaria de Christiaan Iluygcns, celui-ci écrivit à de Bic le - mars 1653 une 
seconde lettre, que nous n'avons pas retrouvée. 

■') FranciCci Victae Fontenaeenlis, De .\eq\iationum Rect)gnitionc et Emendatione Trnctatus 
duo. Pariliis, Laquchan i6i5.in-4'. 



214 CORRESPONDANCE. 1652. 



onde komt z^' zo ^q + ]/ j (Jl + tj P^ c"^^*-' -■ ^ V ct~q + V^^iq + -^P'- 

p 
wacr door z bekent zynde, loo is wcderom bekent x die is 2 — 1 -^. 

maer om dat.vis zo z — ^ -^, Ib is zx y:> zz — i;p 

en om dac x oock is te i- -^- 3', Too is yx co i/» — yy. 



Ergo gelijck bij gclijck geaddcert komt zx + v.r ce :ï:; — vv 
en dividerende door ~ + v , komt x co 2 — v 

dat is .V co Kcei ^+ Ki^? + r7 P'- ^ ^-ï^+ V Iqq + i^P^- 

Om dcn andercn regel te vinden te weten als gegeven is x^ y:) px + q 7A] ge- 
Ik'lt .V -ji V H- i — ,endc werckendc als voren komtj;'' dd qy'' — ^^y/i^alwaerjj^twce 

verlcheijdcquantiteijtenendedaerom V 30 v ce ^ q + v^qq — t- /*' 'twelck 
ick noemenlah/ofoocky co K ce ^(7— V^^qq — i^^P' 'twelckicklalnoemen/?. 

P P 

Ergofal .V liin zo a + i--^ ende oock x zn b -\- ir-Ç- 

Ergo a X ZD aa -\- }rp , ■ , 1 ■ • 1 r 1 j 

° , , , -^ '^ en , trehick van irelnck attreckende 

e.\\h X -X) hh -\- ^p ^ ^ -^ ^ •' 

komt ax — bx 's:) aa — bb en dividerende aen weder zijde door a — b 



komt.rco,^ + Z'datis.vx»!/ œ^^ + l/ ^</^— -^p"" -\-v'^\q—\^\qq — ^p'- 
Dit is voor ibo veel aengaet de Regulen van Cardanus. Indien VE noch niet 
gevonden en heeft door wat middel men fonde konnen geraecken tôt die van des Car- 
tes , dewelcke in plaets vande aequatie x"-. pxx. qx. r ftelt3ï'' + s^J"* + ppyy — qq 
ick fal het felve medc geerne aen VE commimiceren. In het doorreijfen heb 
ick laeftmael Profeilbr Schooten de difficiilteyt voorgeftelt van de Cromme linie 
van des Cartes, hoe dat de felve in 6 plaetfen van een circel Ibude konnen 
doorfneden werden. de vi^elcke mij tôt antwoort feijde fulx eertijts beproeft ende 
vvaer bevonden te hebben. VE kan 'tfclve mede lichtelijck examincren , ftellende 
een aequatie inde welcke x 6 verlcheijdc waere quantiteyten beteyckent, als 
I , 2 , 3 , 4 , 5 , 6. dat is .%• — I 30 o , item .v — 2 xi o ende Ib voorts , ende ailes 
door malkander mukiplicerende. alhoewel ick meijn dat men fommighe dcr inter- 
feftien quaelijck moet konnen bemercken. Hier mede eijndigende en verwacli- 
tcnde met VE antwoort de demonllratie waer van gefeijt was, blijve 

Mijnheer 

VE dienftwilligen 



CORRKSPONDANCE. 1653. 215 

N" 148. 

ClIRISTIAAN IIUVGF.NS à D. DE VoGELAER '). 

I JANVIER 1(^53. 

I.ii ::ii:ii:h- c! h: copie se truuvcnt à Lc'uicu^ cuil. Iliiygcns. 

D. DE VoGELAER. 

Mijn Hccr cndc bcmindc Neef. i Jan. 1653. 

rk'bbende door mijn I Icer Edclhcer Penfionaris van Antwerpcn ecnigc onder- 
rcchtinge gckrcgen aengaeiide de verkijckers die in DiiytHand gcmaeckc wcrden, 
hebbc ick niec willen nacrlacten VE t'ghcnc ick van hem verltaen heb niede be- 
kcntte maecken. de naem vande meefler te Aul'burg is Joanncs Wifelius "}, bij den 
welcken men van allerleij ibortc en grootte van vcrkijckers kan bekomcn, die aile 
feer excellent fijn. Die van vier glalèn lîjn bylbnder om in verre diilantien op der 
aerden te gebruijcken, van twee glafen dienen beter om inde ilerren te fien. 
daer iijnder medc daer men met bcyde d'ooghen gelijck door iiet, het welck 
vermaeckelijck is en voor 't gcfight feer gemackelijck , naer het feggen van wel- 
gemelten Heer Penfionaris. Hij heeft mij belooft fijn verkycker te iullen van Ant- 
werpen hier ontbicden, dewelcke van den voornoemden meefier gekregen heeft, 
fijnde van vier glafen. Indien die lieden de rechte proportien hadden die ick aen 
Meefl:er Paulus ') gegeven heb, ofte dcien hacrlieder wetenfchap inc curieus fiijpcn, 
ick meijn dat er noch al mcer uytgerecht fonde konnen werden. door defen ingefio- 
ten fende ick yets-*) aen Mijnhecr de Bic onfe kund aengaende het welck ick 
hem leftmael belooft hadde, waer tegens hij mij weder ieeckeredemonllratie ll:hul- 
digh is. Indien Mijn Heeren van Amilerdam Ibo een man Profeflbr maeckten, en 
lieten hem lefTen doen in onfe Tael , gelijck oock te leyden gelchiet, het l'oude aen 
geen ihidenten noch tochoorders gebrcecken. Ick hoope dat het daer noch toc komen 
fid; en om VE niet langer op te houden, verlbcck alleen mijnc ootmoedighe ge- 
biedenific te willen doen aen aile de vrienden die ick voor haerbeleeftonthael naell: 
VE ten hooghllen geobligcert ben; (bnder te vergeten de Heer Revins s). Ick 
wcniche VE ende haer allen een geluklaligh nieuwe Jaer en blijve 

Monficur mon Cousin 

VE ootmocdiehe Dientier cndc Nccvc 

C. HUYGENS. 



') Daniel de Vogelaer (troisième (Ils de Marcus de Vogelaer, né en 1554, cousin de Constan- 
tyn Huygens, père) naqnit à Amsterdam en août 1 599 et y décéda le 24 juin 1 66% il épousa, 
eu juillet 1632, Barbara van der Perrc. l'"llc hii donna 2 iîlles et mourut le 10 aoiU 1(168. 

-) Johann Wiessel. 

■>) Paulus van Aernliem était tourneur et labriquair des verres de lunettes. 

"*) La lettre précédente. 

'') Jacques de Rives (Jacobus llcvius) naquit le 2['<'] novembre 1586 à Devcnter et nu)iirut à 



2l6 CORRESPONDANCE. 1653. 



N" 149. 

F'r. van vSchooten h Christiaan IIiijgens. 
13 janvier if^53. 

La lettre se trouve à Leiilen , cuil. lliiygetis. 
Elle est la réponse an Nn. 144. Chr. Huygens y répandit par le Nn. 150. 

Clarissimo Viro, Domino D. Ciiristiano Hugrnio, 

Fr. à SCHOOTEN s. p. 

Vidi tiiam, nobililiime Vir, circa curvam h Domino Wallis propofitam, ienten- 
tiam, qualis nempe illa à Te habeatur: nimirum, quod ejus punfta non indifferenter 
fe habeant ad punfta alicujus reftae, id quod fane ingenioic ollendis. Unde fit ut 
et ego illam, minus adhuc quàm ante incer Geometricas annumerandas exillimem, 
hoc ell, in quà relatio omnium ejus punftomm ad rectae lineae puncla non expri- 
matur per aliquam aequationem, ficuti id à Domino des Cartes in exordio adi libri 
explicatur. \'^erum non ideo tamen ego inordinatam dixerim aut irregularem , non 
magis quam Trochoïdem, aut Spiralem &c. quarum equidem fatis multae atque non 
inélégantes conftant proprietates. Quemadmodum funt illae, quae de earum fi.iper- 
ficie, et tangentibus àb Archimede , Cartefio , et Toricellio func oftenfac : licèt in 
hoc , quod illarum punfta non ad redae lineae punfta eandem femper atque indiffe- 
rentem habeant rehitionem, videantur inordinatae, neque fub Algcbram cadentes. 
Hinc qualcm unam ex jam diftis ftatuerit aliquis, talem ego fuperius dictam fore 
crediderim. Caeterum, quoniam nuper oblitus eram tibi communicare libellimi ') 
Domini de Nonancourt -), de quo nobis erac fermo, hinc tibi iUum nunc fimul 
tranfmitto, ut, quid ille molitus tuerit, tu intelligere Ihideas, liquidem niihi valde 
obicurus videtur, ac necdum , cum otium non iuppetat , perlexi. Tranfmitto fimul 
et annulum , in foco noftro tune temporis deperditum , poileaque ab uxore meà 
repertum , non exiguâ certè aut mediocri laetitia , etfi (ficut mihi perfuadeo) non 
tanta, quali annulus à Domino Tacqueto fuerit inventus. Quocirca illum in fideli- 
tatis fuae tefieram accipias quaefo, fed fatis eit jocorum , fcio enim te ieria molien- 



Leiden le 15 novembre 1658. 11 voyagea beniicoup, puis devint pasteur à Deventer(i6i4): 
en 1641 il s'établit à Leiden comme Régent du collège des Etats et reçut le grade de Theo- 
logiae Doctor. Il était antagoniste acharné de des Cartes, et nous laissa plusieurs ouvrages 
d'exégèse. 



') Francifci de Nonancourt, Euclidcs Lo:;illicus livc de ratione Euclidea. Lo\'anii. Typis An- 

dreae Bouvetii. Anno m.dc.i.u. in-i;°. 
°) Nous n'avons pu avoir des renseignements sur cet auteur; d'une lettre, écrite le 20 septembre 

i66p, il résulte qu'il a été en Hollande dans la compagnie du Père Gutscliovius. 



CORRESPONDANCE. 1653. 



217 



tem, quibus perficiundis, quaefo uc Deus lie tibi propicius, arque ut hoc anno om- 
nia ex voto tibi fuccedant. Vale et me ainare perge. 
Dabam Lugd. Bat. 13 Jimuarij, 16^2- 

Nobiliffimo, Eximioquc Viro-Juvcni Domino Ciiristiano 
HuGENio, aniico fingulari, Viri incompiirabilis Domini cic 
ZuijLEciiEM iilio, 

pcr amicum. Hagac-Coniitis. 



N° 



150. 



' ClIRISTIAAN IIUYGF.NS à Fr. VAN ScHOOTEN. 

17 JANVIER 1653. 

/.« mhiiite et la copie se iroiirent à Leideu , coll. f/iiygnis. 
La lettre est la réponse an No. i4<). 

SCHOTENIO. 

Video me non fiitis dilucidè nuper expofuifTe id quod de Curva linca ProfeiToris 
Oxonicnfis fenticbam quandoquidcm perfuadere Tibi non potui omnino irregularem, 
atque inordinatam eam cfle, adcoque imperitè ab ipfo hoc exigi , ut ex ijs quae pro- 
ponit, perpendiculares ada,^ta, 6ta , &c. exhibeantiu", et qualis fit ipfa linea 
curva. itaque quaefo ut quae deinceps diéturus fum pcrpendere velis. Ollendi fatis 
manifertè atque id etiam te percipere fcribis, lineam nul- 
lam eiuimodi in rerum natura exiftere, ut fumptis in 
contingente Aj partibus aequalibus Ai, 1.2, 2. 3 &c. 
magnitudinis arbitrariae, atque duftis ufque ad curvam 
perpcndicularibus ex punctis, 1,2,3,4,5 &c. prima fit 
partis unius, tcrtia 6, quinca 30 &c. Hoc itaque iirmum 
atque indubitatum retinetur. Sed qualem nunc lineam 
ipfius ut imaginemur fiiperell:? Enimvero hocunum,ut 
fumptis ab initio partibus aequalibus A.i , i. 2, 2. 3, 3. 4 
&c. ponatur in punfto 1 perpendicularis partis unius, in 
punfto 3. partium 6, in 5 partium 30&C. et per terminos ha- 
rum perpendicularium ducatur linea curva A. i . 6. 30. 1 40 
&c. Et fane quidem, fi per A et diétos perpendicularium 
terminos tantum una linea curva duci pofTet et non mille 
diverfae, quaercret non immerito quanta foret perpen- 
dicularis edufta ex punclo 2. item ex 4. ec 6. &c. Sed 
cum fint innumerae, apparet neque has perpendiculares 
oJam Icilicet, 4tain, 6tain &c. determinatas elle, neque 
Oeuvres. T. I. 28 




2l8 CORRESPONDANCE. 1653. 



iilla piinfta hujus lincae cernim locum habere pnietcr iila i , 6, 30, 140 &c. Icaquc 
plane calom quacllioncm propolkani tibi credito. Datis quatuor aur quinquc aut 
pluribus punctis pcr quae linca quaedam curva craniit, dicerc quaenam illa iît 
linea, ce alia iplius punfta delio-narc. Ouani ranc quacllioncm et detcrminatione et 
ratione prorfus carerc facile intclligis. Porro Trochoidem et Spiralem ne quidquam 
cum chimaeris hifcc commune habere cenfeas, in ijs enim omnia punfta certum 
unumque locum obtinent licet geometrica ratione inveniri nequeant : adeo ut fi in 
ipirali unius rcvolutionis initium et duo alia punéta dentur, tota fpiralis per haec 
determinata fit. Atque haec jam difta fufficiant. Caeterum Trochoidis facfta men- 
tione vcnit in mentem, ut te interrogcm, numquid in Commentarijs tuis Carte- 
fianis, ubi demonltrationem tangentis ad hanc lincam adfers, perautorem (fcriptum 
cnim cil: in marginc, Vcrba au taris. ') ) ipium Cartcfium intelligas, et an unquam 
demonltrationcm Geometricam iitius tangentis tibi oikniderit. Nimis eam vidcrc 
vellem, et vix crcdiderim brevitatis gratia omifiam li alioqui proba fuit. Videtur 
mihi Cartefius calculi Geometrici longé peritior extitifie quam demonllrationum 
eftormandarum , aut invcniendae compolitionis quo utroquc tu exccllis. atque illud 
nuperrimè etiam animadvcrti in problemate illo dioptrico quo per radium prifmatis 
latera tranieuntem docet proportionem refractionis invenire. Cum cnim perpen- 
dcrcm cujulmodi illa dcmonilracio efic poiTct, quam h Gutlchovio acutc inventam 
atque a te pollmodum breviorem cfîeftam diccbas, inveni iplam conllruélionem à 
Cartelid allatam parum fiibtilem eïïe camque ex ijs quae circa hanc matcriam con- 
ici-ipta habcbam Icquenti modo contraxi demonfiraviquc. 

Triangulo BPI ut jubet Cartefius in chartam 

tranflato ducatur tantum PX ip(i PB ad angulos 

reftos, eritque PI ad IX proportio refraftionis 

quacfita. 

Productà enim PB verlus R fecet cam EBK 

ad angulos reftos et ducatur BL parallela IP. 
-^ Igitur LB radium refert qui pollquam prifinatis 

fuperficiem RQ penctravit abfquc refraétione refringitur in B tenditque ad I. Et 
quia EBK in punifto B iecat iuperficiem RP ad angulos reclos, confiât proportio- 
nem refraftionis cam efic, quam habet linus anguli KBX ad finum anguli EBL. 
Eli autcm angulo KBX aequalis angulus BXP, et angulo EBL aequalis angulus 
XPI, quia utrique horum fi addatur angulus reiftus conilituunt angulos aequalcs 
LBP, BPI. Itaquc et finus anguli BXP ad iinum anguli XPI proportionem habet 




') Ces mots se trouvent à la page 0:7 de l'ouvrage suix'aiu : 

C'.eometria, à Reiiato Des Cartes Aniio 1637. Gallicè édita; mine autem cum Notis Flori- 
mondi de lîeauiie, in Curià Blacrenfi Conliliarii Regii,in Linguam Latinam verlà, et coni- 
mentariis illullrata, operà atque (hidio FranciCei à Schooten, I.eydenlis, in Academia Lug- 
duno-Batavà, Mathefeos Profellbris, Belgicè docentis. T,vgd\ni lîatavorvm , ex otlicinà 
Joannis Maire, cialocxi-ix. in-4°. 



CORRESPONDANCE. 1653. 219 



eam quae eil rct'radlionis. Vcruni in tritingulo PIX habet Intiis PI ad lacus IX cani 
rationcm quaiii iimis anguli PXI hoc ell iinus anguli PXB ad liniini anguli XPI. 
Itaqucpatcc habcre PI ad IX proporcionem refraétionis, qiiod erac dcmonllrandiini. 

Remitto Tibi Nonancourtii libclhim quem perlegi attente; at hercule linon 
meliore fucceflu in cacteris philoCophatur, videtur niihi bonas horas maie collocare. 
Alicubi non ablîmilia ijs protert quae Pater Gregorius a Sto. Vincentio circa Pro- 
portionalitates ratiocinatur quaeque eum in crrores maximos abripuerunt. Sed tor- 
talTis ego haec non impune dixero, liquidem jam pridem parata s^srao-eoç meae ret'u- 
tatio Antwerpiâ nunciatur, autore Pâtre Ignacio ab Ainfcom -J) i l^'^t^fs Gi'cgorij 
dilcipulo. Praeterea alter quidam nobilis Bohemus 3) nuper Pragà ad me literas ■*) 
dédit, humaniffimas equidem, fed quibus cauiam Antagoniftae mei defendere cona- 
batur. hune vero ad meliorem mentem revocarc conatus fum. Valde avec refcire 
cujulinodi clarilîîmus Gutichovius iententiam laturus fit, qui nuper brcvi epillola '^) 
aliamlongiorem mihi promifit tum (liper his tum de alijs quibuldam rébus quas ex 
ipiii difcere concupiveram. Videtur autem optimus homomirum in modum occupati- 
onibus dillentus. Verum et Tu cuis non cares, ideoque jam te mifilim taciam. Optimae 
conjugi Tuae gratias maximas âges meo nominc, quod quaerendo annulo meo ope- 
ram impendere dignaca fie. quem lane ubi aperça epiilola Tuaconfpexi, Samij Poly- 
cratis Ibrtuna nihilo mca interior vila ell, cui annulum in mare abjectum e piice 
capto cxcillim redhibitumque memoranc. 

Sed jam V^ale, et finito ut tVequentiores à te epiflolas impetrcm. 

17 Jan. 1653. 



N'- 151. 

G. VAN (UtSCIIOVEN h ClIRISTIAAN IlrVCKNS. 

10 FKVRIKR K't.SS- 

La Icllrc st: r/uuYC à Leiilen, cuil. [Iiiygais. 
di.-. Itiiriictis y ,r/m!i,!i/ par le Xo. 153. 

Clarifluno et Ingcnioill'lîmo \lro J)omino Ciirlstiano JIlgknio 

Gerardus Gutschovius 8. D. 

Ingens illud opus Patris a Sto Vincentio, priulquam r^cimimihi noticiaintercellil- 

let, perlegeram; imo magnam manulcripti partem ante operis editionem, ipfis pacri- 

busrogancibuscorrexeram: ec ex tune hanc quadracuram caperc non pocerani, uc ex 

mccoram audivilli.Viio fubciliiiimo veitro fcripro de liyperbola,unâ eum Ivxecafin vef- 



-) Il est question du Père François Xavier Aynsconi. qui publia cet ouvrage eu 1(^56. 

3) A. A. Kiuner a Lovventhuru. 

■t) Voir la Lettre N". 136. 

') Voir la Lettre N . 140. 



CORRESPONDANCE. 1653. 



tram Cyclomctriae ciufdcm Pacris: prae nianibus riirium opus pcrciirrcnduni, et 
cum IcTipcovcrtro contercndum fufccpi: duni hacc au;o, mccum ci^crc aliqui ex amicis 
patris a Sancto, ut aliquantiiper rclponib vobismittendoiiiperfedcrcmjefc vcllcpoil 
licbdomadas aliquot, mccum de hoc icripco, et ipfe pater a Sancto fuliusagere, rem 
totam cnclcatius ') exponcrc, quo fcnfu circulum quadraverit oftendcre; etaliosmagif- 
que obvies quadrandi modos dare : non potui non hifce prccibus acquiefcere, et avide 
admodum tanti Problematis folutioncm cKlpcftare: fed exfpcCtans, exfpcdavi domi- 
nimi haftenus: non tantum ulteriorem Problematis expoiîtioncm: ail ad icriptuni 
veftrimi folidum aliquod reiponfum, iam iam ut fama erat paratum. Et ita faftum eil, 
ut refpondcndi occailo praeterierit: et unâ ea, de quibus qucftio per diuturnum, puta 
annuum uxoris "} morbum: tandem mortem ■') aliaiquc occupationes mcmoria quafi 
cxciderint; intérim faepe redijt animus libellum veilrum cxaminandi, et cum Patris 
a Sancto icripto iterum conferendi; fed nefcio quo fato, libellum non reperio, neque 
ullibi vcnalem video, alterum fi ficri polïït exlficétabo. Laudo genium et ingenium 
quod ingeniofilTimis et fimul utilifiîmis ipeculationibus te occupatum videam: 
fane tubum opticum promovere aliquid magni ell promovere: nam niulta in coelis 
adhuc nos latent, quae tubo forfan aliquando fub alpcctum venient; quid ni ali- 
quando vifuri fimus, quid in luna agatur, qualcs fint illac partes , quae umbram 
iaciunt, et an viventia aliqua ibi fint: faltem particularium accuratiorcm illumi- 
nationem percipiemus: et carundcm particularium feu montium cclipfim ad minuta 
prima et forte lecunda determinabimus : ut ex inde longitudinuni locorum, tam 
famofi problematis, praxim certam eruamus. Ais radios parallelos, et ex uno punfto 
procedcntcs, in fphaericam lentem incidentes haberc concurfus punftum, verum 
eft: fedphyficum. habent adeo notabilem latitudinem, ut inde quantum ego conijcio, 
nonquam aliquid perfcfti fimilibus vitris efficiemus. Addis eiufmodi invenitur 
puni?tum ultra quod nullus radius convenit cum linea, quae axis eft lentis: ego vero 
aio omnes radios axi parallelos, feu ex punélo aliquo axis procedentes, in lenticulare 
hoc vitrum incidentes, cum linea illa quae axis eft lentis convenire, fi lentem pcrva- 
dant: eorum vero qui adeo oblitiuè in infcriorcm lentis fuperficiem incidunt, ut 
finus radij in vitrum ad finum totum,habeantproportionemrefraélionisquam déter- 
minas ut 397 ad 600 radij illi rcfleftuntur: quarc non mirum, fi cum axe extra 
vitrum non conveniant; déterminas proportioncm refraftionis ut 600 ad 397, ego 
faepius illam tentavi et eam reperi fcmper, ut 20 ad 13 nempe ex aère in vitrum 
hoc eft ut 600 ad 390: mirum quam prope! ex acre vero in aquam femper reperi ut 
20 ad 15. Advcrtis quoque, quod ope iftarum lentium, radij ad datum punftum ten- 
dentcs, omnes in alio dato punfto propiori vel remotiori congregari queanc accuratè : 
miror hoc accuratè: cum ut ante dixi, radij paralleli vel ex aliquo axis puntto pro- 



') Lisez : enucleatius. 

') Anna Leroy. 

"') Elle eft morte en septembre 1652. 



CORRESPONDANCF,. 1653. 



ccdenccs, ad iimim puntliim pcr difta vitra non tendant accuracc: fcd quid vcrbis 
opiis cil? iudicium meimi rulpcndani, doncc dcmonilrationcm vcilrani vidcro. Inté- 
rim ut in hifcc vitris tcrendis te cxcrccas, cccc,oniniaquaecircahancpraximlialieo. 
iinum nota, quam accuratas formas habeas. et vitra nitidiilimc polita, ii vitri inte- 
rior fubrtantia lit undola, nihil cfFeccris: undac illae, ut faepius expertus liini, quod 
diverlae denfitatis fit médium, radios non reifla tranfinittunt: ied diiierlis vicibus 
refringunt, et in alias partes cogimt, totumquc opus perturbant; quarein id maxime 
ineumbendum elt, ut vitrum non undofum ieligamus, fed pcr oétiduum et amplius 
eoCttim, non ex fuperiori parte cacabi eduftum, quod hoc lemper bullis rcfcrtum lit; 
ncque ex inferiori, quod hoc nimis crafTum lit, etplerumqucper undasconcrelcat: 
fed abfumpta fuperiori parte cacabi quod mcdio loco continetur. 

Autorcs qui de vitris policndis agunt, tantum quatuor novi, Sirturum ■*), Rei- 
tam, Cartcfium et 1 levelium, fi bene memini. Sirturus liber s) in 4tt> ell in Jtalia '^) 
editus deicribens modum conficiendi tubum opticum Gallilaei, et quid in vitris 
tercndis obfervandum lit. Reita in opère llio Allronomico Enoch et Eliac, libro 
4t(> fat fuie conllruftioncm telelcopij tradit, ufquc ad praeceptimi 411111, quae latis 
bona funt: verum quae iequuntur, et toto opère continentur valde ftulta funt, et 
tali autorc digna, utpote, qui ne velfimplicilllmam inGeometria demonllrationem 
intelligebat: Is alias ex me Antwcrpiae aliqua audiverat et viderat, quae non intel- 
Iccta ablurdè in chartam coniecit. Quid Cartefius habethoc tibi notum: fcd I levelius 
in opère iuolunatico leu de Luna")'»'-!!^ puto, tufe de tuboopticoconrtruendofcribit, 
haec funt quae de hac materia Icio, et fi inter illa aliqua non latis explicata vel omifia 
videantur refcribc , me promptum paratumque reperies. licuti toto animo tuus lum. 

Vale, et tam perturbatae fcriptioni ignofce. 

Loviinij 10 febr. 1653. 
Chiritrinio Viro Domino Ciiristiano IIugknio de Sculchem &c. 

Iliigiie Comitis. 



"*) Ilicronimo Sirtuni';, né à INlilaii , Ot;iit disciple de C'.nlilci et s'occupait de la fabrication de 
verres optiques, il dépensait beaucoup d'argent à ce métier et a beaucoup voyas^é en Italie 
et en Allemagne. 

>^) Lisez: Sirturi liber. 

liieronymi Sirtvri IVlediolanenlis Telefcopivni: liue arsperliciendi novvni illvd (ialilaei Vi- 
forivm Inflrumentum ad Sydcra, in très partes divil'a, quarvm prima cxactillimam perrpicillorum 
artem tradit. Secunda Tclefcopii Galilaei abrolntam conllruclioncm, & artem apcrtc docet.Ter- 
tia altcrins Telefcopii faciliorem vf\'ni, admirandi fui adinuenti arcanum patcfacit. Ad Sere- 
niHimvm Collmum II Magnvm Etrvriae Dvccm. l'rnncoIVrti, Typis Pauli Jacobi , Impenlls 
Lucae Zenni. mdcxviu. in-4'. 

") Cet ouvrage a été écrit à Tlorencc, mais publié à l'ranclort sur Main. 

') Il s'agit de sa Sclcnographia. Voir la Lettre No. 40. 



CORRESPONDANCB. 1653. 



N= 152. 

[G. VAN Gltschoven] à Chris riAAN IIivgkns. 
Appendice au No. 151. 

I.i: lettre se troiire /: Lculei: , coU. Iliiygciis. 

iMiniiuruni niiucria aptillima omnium eft ipfum tcrrum fufum, qualis cfl: matcria 
cacaborum rcrrcorum,quod duritic cetera omnia metalla fiiperetreil autemduraadeo, 
lie vix auc millo modo limam patiatur; et qiio tbrmae duriores llint, eo vitri in illis 
continua attritionc prius indiiclam fîguram fphaericam minus immutant : ago de ferro 
i^ifo, non autem de malleo tuib: hoc enini nimis molle, equidem formae ferreae quae 
malleo fiunt et portmodum poliuntur, multis praellant ereis '), eo magis ftanneis. 

lias ex ferro fufas vili praetio acquires Leodij Namurci, ecin partibus illis circum- 
vicinis, modo eo formam unam, ex cupro vel tegula, aliaque limili materia duriori 
mileris, ut ad eius normam ferream fimdant: non vero mittcnda ell lignea, quan- 
tum vis accurate tornata, quod lignum pro ut aer nunc humidior nunc ficcior fit, 
iîguram fuam continuo immutet: infuper quod materia illa terrea, quam formis cir- 
cumponunt humeftata (ît, atque ideo formam ligneam immutet. 

Fufas iam formas levigabis illifque perfettillimam figuram fphaericam (fî forte 
fufionc ut plaerumquc fit aliquid erratum fueric vel forma minus icabra fit) induces, 
hoc modo. Liquefartae pici acidae, Belgice Stceiipek^ infperge, et immifce crafiiufcu- 
lum pulverem lapidum, quibus ferramenta et arma poliuntur et nitidantur: aut pul- 
veres laterum coftione nimia vitreicentium, aut lapidum molarium: quam lapidofam 
materiam, ut concreverit et dum adhuc calet capulae ligneae cuius 
diamcter fit 4 digitorum affiges, dein formae apprîmes et manibus 
adaptabis, ut materia lapidea ipfae formae prius madcfaftae quafi ad- 
haereat illamque ubique tangat: dein edufta capula ferro candenti, 
extimam et convexam hujus matcriae crullam liqucfixc, illique im- 
prime hinc inde craflîores particulas lapidis Smiri, Belffice AnicrlL et 
BDCmixtiiraca- . , ° . 

piilac affixa. l'urfum dum adhuc materia calet formae apprimc, ut rurfum prifiinam 

D pars inferior figuram accuratè acquirat qua frigefacta et tota indurata, formam fcr- 
mixtiiracquatbr- ream quaquavcrfum attercs. ita indues figuram accuratiflimam con- 

mas e.vtenmiis. (^r^^r^^ iphaerac: non cnim potcil unum corpus alterum quaquavcrfum 
atterere ce ubiqûe attingcre quin utrumque habeat figuram fphaericam vel planam. 
Formarum ferrearum loco aliquando uius fiim formis ex ère '), fianno, Arfenico, 
et tartaro certa proportione iimul mixtis, fufis, quae formae etiam valdc durae funr 
et a quocumque eris ') feu tormentorum bellicorum fusore fieri pofilmt : ufus fum hifce 
formis non tantum ut duriores haberem: fed ex eo, quod haec materia fit elegantifllma 
pro fpeculis efformandis , ita ut cum aliquo tcmpore vitris triturandis ufus eram forma 
ex hac materia fufa, unâ haberem fpcculum concavum optimum. Ilanc materiae 
commixtionem et fundendi modum flandrice hic adfcribo, pro ut illam ab ipib 
artifice ne verbo quidem mutato accepi.=) 

') Lisez: aereis ; et plus bas : acre, acris. 




A capula lii^nca. 



CORRESPONDANCE. 1653. 22^ 



Diameccr formarum lit 7 vel 8 pollicum pedis Rcynlundici in 10 divili: maiores 
improbo, quod nimis diflkultcr illis figura Iphacrica inducatur: uiulto minores quo- 
qiic, quod liberam dum ccrimus maniis gyracioncm impediant. Vitra vcro niinoris 
Tphacrac pura ciiius diameccr lit tantum unius, duorum aut 3 pollicum in (îmilibus 
tbrmis vix parabis, quod exiguicas ibrmae manus libcrum niocum inipcdiac: diflicul- 
tatcm vcro fupcrabis; 11 modum in adiunda fchedula -j delcriptum fequtus fucris: 
illo enim modo cciam minutlllimae Ipbaerulac legmcnta conficies. Haec dccon\'exis. 

In cavis formandis non canta ell difficultas, modum autem commodillimum rcpe- 
rimus illum quem in adiunéta Ichcdula ") defcripfimus. Ut capulo ligneo vitra afii- 
gas mixturam conficies, ex cera Colophone et pulvere tenuilïïmo laterum coftilium 
cribrato, fimul mixtis, aliqui addunt fulphur, nosobfoetoremomifimus: Expcrientia 
proportioncm mifccndorum docebit: aliquando cum praefata pice acida et carbonum 
pulveribus llmul commixtis vitra capulis affiximus. Vitro capulae affixo et perfecl:e 
levigato hac arte tollis: capulam manu finirtra tenebis, et dextra manu malleo capu- 
lam ferles, cavendo ne tangas malleo vitrum, et repetitis iétibus pulcherrime décidée 
vitrum,nulloruptionis, feuii(ruraepericulo:gypfonunquamvitrum capulae affiximus. 

(^mnis arena bona, modo tenuis et cribrata fuerit: prius in ficca arena terimus, et 
cum iam vitrum formae figuram accepit, arena madefacienda, tum in eadem arena 
vitrum cam diu terendum ul'que dum, quafi halitu infeCfam polituram acquifiverit. 
Moc faclo ab omni arena expurgatâ forma, ut ultimam polituram vitro inducas, 
tcnuillimampapyrum fomicemgelucinae(quomilitumpepla vel colaria noitrafirman- 
tur) ex amijlio confeifto, Bclgice flyffcl., afRgo, qua probe exllccata, cultello omnes 
papiri inaequalitates abrado, ufque dum manu feu digitis papyrum palpitando nihil 
amplius inaequale reperiatur: dein pulverem terrae [?] tripolitanae non arenofae in- 
fpergo, et illum pollice per papyrum quaquaverfum duco et afficio, ut ita tota ea terra 
infedta videatur: fuper qua lentis duétibus vitrum capula adhuc affixum affrico, dum 
intérim capulam in manu circum\'erto, jic brevifllmo tempore, imo medioquadrante 
polituram induces perfeftiffimam : fed hic unice cavendum ell ne ex vellibus vel ex 
lacunari vel per fencrtras arenula aliqua vel durior aliquis pulvifculus advolet, et in 
formam incidat totumque vitrum iam perfcdum corrumpat: alterum ell quod pallim 
omnes nemine adhuc quod fciam animadvertente decepit, eil: quod cum vitrum rotiin- 
damus, inllrumento vitrarijs notifllmo, partes cxtremas vitri valde inaequales et fca- 
biofas relinquamus, quae dum vitrum in charta polimus facile rumpuntur, et nobis 
infcijs in papijrum incidunt, et intègre vitrum corrumpunt, hoc vitium fuperabimus, 
fi primo in fchirella feu forma multo minoris fphaerae vitri limbum atteramus, vel 
in cono cavo fcrreo fuper Ichamnum tornatorium rotato: etiam dum vitrum in 
arena madida terimus, faepius arena a capula expurganda elh ne fi forte arenula 
aliqua craflior adhuc vitro feu capulae adhaerefcens, cafu in formam incidat, et vitrum 
fere perfeîrtum, multis lineis feu fulcis viciet. 



-) Nous n'avons pas trouve ces deux instructions. 



224 



CORRESPONDANCE. 1653. 



N" 153. 

CllRISTIAAN HUVGENS à G. VAN CuTSCHOVEN. 
6 MARS 1653. 

La minute et la copie se trouvent à Leiden , coll. Huyi<ens. 
La lettre est la réponse aux Nos. 151 et isi. 

do. 6 Martis 1653. 

ClanHuno Eruditiirimoqiie \^iro Domino Gerardo Gutschovio 
Chr. Hugenius s. D. 

Liccrae tuae quas 10 Februarii dedcras non ante 20 mum rcd- 
ditae niihi fuerimc, quibus tamen antea refcripfiflem nifi pcr dies 
aliquot ferias atquc ocium mihi ipfe indixiiïèm firmandae valctudinis 
caufa, ciiï cum ihidijs noilris minus bene convenir quam vcllcm. 
Praecepta artis peripicillariae tam laetus accepi, quam cupide cx- 
pcftaveram, quae fi féliciter effcéta reddere potuero, et lentes tam 
accuratas nitidafque expolire,quamfunt eae quas in tubo D. Edel- 
herij inlertas vidi, puto me, inventum telefcopiorum quoufque licet 
promovere poiïè. Veruni omnino tubis longioribus opus eiïc com- 
peri, neque unquam ficri pcfTe ut tubo brevi multum augeantur vifi- 
biliafimulquclucida conipiciantur, cciamll Hyperboles aut Ellipfis 
figuram vitra recipiant. Oblcuritatem enim inducit augmentum 
neceflàrio, eaque obfcuritas rurliis amplitudine apcrturae lentis 
extcrioris corrigicur; Verum nullac lentes aperturam valde magnam 
patiuntur, et Hyperbolicae nihilo forte majorem quam iphaericàe 
propter incommodum colorum, hi namque inde proveniunr quod 
verfus margines lentis cujufcunqueienfim majori angulo fupcrficies 
inclinantur. Videris autem circa lentes fphaericae figurae paulo ini- 
quius fentire, cum nihil perfeclii earum ope affequturos nos exilli- 
mas, quae tamcn nifi efient, nihil ad hune ufque diem effeftum fuif- 
fet. Imo vero non muko Hyperbolicis détériores cfie arbitror 
ejufque opinionis rationem reddam in traftatu co qucm nunc prae 
manibus habeo. vSed illud interea declarandum ell quo lenfii dixe- 
rim in lentibus pro concurfus punfto taie inveniri ultra quod nuUus 
radius conveniat cum lentis axe. 

Verum ell, omnem radium axi parallelum {\ modo Icntem pcne- 
tret cum axe ipfi convenire, fed hoc nullo modo diftis mcis adver- 
fari, ex figura hic adfcripta facile intelliges. Radij AB, DE axi NI I 
funt paralleli. Quorum AB cum axe concurrit in punfto C;(ed DR 
in pundio F, paulo ulterius quam C, quia axi propinquior fertur, 
nam hoc demonltratum habeo, atque ita quo propiores axi funt radij 



li A 




CORRESPONDANCE. 1653. 225 

incidences eo cum -axe femper conveniunc ulterius; Scd hic jani ununi punctum 
determinatum cil puca K, ultra quod nuilius radij concnrdis pervenircpoteil, idquc 
punftiim focum lencis eni- nianitelhun cil, et quomodo invcniacnr iliperiorilius 
literis ') tibi niii tallor ollcndi. Similitcr li radij cxeant c punéto aliqno axis 
ut L, ij rurfus puniilum concurilis alicubi habcbunt ut M, determinatum vidclicct 
co modo quo punctum K. Scd ut lioc accidat oportct, diflantiam LI I majorcm 
eflè quam OK, hoc cil quam diilantia puntti concurfus parallclorum h lente. Nam 
fi radij procédant h puntto N, et lit NH brevior quam OK, non convenicnt ij cum 
axe poil lentem, ied ita fcrcntur poil refraclioncm quafi ex piméto aliquo magis 
remoto prodeuntes ut P. Et horum quoquc punétorum locos i'acile pcr nova pro- 
blemata mea invenio. Porro quod fenfibilem tibi latitudinem obtincre hacc concur- 
ilis punCla videntur, nefcio unde id conjicias, nifi forte fpatium illud in quo lens 
foli oppofica comburit pro latitudinc puntti concurilis habueris radiorum parallclo- 
rum. Ita vero nequaquam aellimari convcnit, quum ipatium illud latitudinem 
accipiac ex angulo ilib quo fol nobis apparet. Quod adeo verum cil, ut fi lentem 
haberemus quae combureret ad dillantiam pcdum 100, ejus focus propemodum 
pedalis latitudinis futurus efièt; ac propterea nequaquam calidus, nifi Icns ipla 
mirificae magnitudinis exilleret. Contra vero quam plane infenfibilem amplitudi- 
nem habcat punc'tum concurilis radiorum parallclorum vel qui ex uno aliquo 
punclo prodierunt, demonllra: pictura per lentem convexam in cubiculo oblcuro 
nicidiflîma, (i modo lentis fiiperficies non nimis magnam llipcrficiei fphaericae por- 
tionem compledlantur. Quae certè piclura nequaquam cam fubtilis contingerec, 
nifi qui ab uno punclo vcnerunt radij in alio quam proximè congrcgarentur. Scd 
et numeris haec laepe examinavi, quibus folis percipi potell quantum ab accurata 
ratione iila dillenc, oculis vero non facile. Quod proporcioncm rcfraélionis vitri 
déterminas cam quae efl 20 ad 13 five 600 ad 390, quam ego fcripferam 600 ad 39-, 
credo cquidem accuratis obfcrvationibus ullim te fuific, fcd mihi omnium certifilmac 
videntur, quae ex coloribus iridis habentur. Nempe ficut ex angulis fcmidiametri 
iridis caeleilis utriufque Carcefius aquae refraclionem invenit verac proximam; Ita 
ego comparato mihi exiguo cylindro vitreo minimi digiti craflltudinem habente, loli 
eum expofui, obfervaviquc inllrumenco Geometrico fub quo angulo color ruber ap- 
pareat. Et fie comperi femidiametrum maximam iridis primariae in pluvia vitrea fore 
circiter graduum 2 1 .50 . fecundariae minijiiam graduum 89. atquc inde porro non ta- 
bularumope quas ad modum Cartefii conilruere longum eïïèt fed pcr régulas qualdam 
refraélionis proportionem cam rcperi qualem paulo antea llatui. Quoniam vero peru- 
tiles eae regulae funt ad alioruni quoque diaphanorum refrac'liones indagandas, etiani 
liquidorum û fphacrulas vitreas ijs impleverimus, gratiam àbs te initurum me puto, 
fi hic cam adicripfero. ego ccrtc cum invenifitm, non parum gavifus fum. Cognito 



■) La lettre N". 135. 

Oeuvres. T. I. 29 



426 CORRESPONDANCE. 1653. 



igitiir praccedcnti expérimente angiilo fub que femidiameter maxima iridis prima- 
riac appareat (imau;inariae camen, namquc ex unaguttadetoca'iride prommeiamus) 
lie procedcndum eit. Inveniaturnumeriis qui duiihis in quadratum liium mulcatiim') 
triplo quadrato tangcncis dimidij ani);uli cjus ilib que femidiameter iridis maxima 
eonipicitur, fiât aequalis quadrato ejufdem tans^entis diido in ") diiplam leeancem 
l'uam. I loc autcm invenire lolidum ert atque expediri potell vel per Cardani Regu- 
lam vel commodius per methodum Vietae, problemate 1 1 de numerofa poteilatum 
aftettarum refolutione. Rcpertus porro numerus diétae fccanti addatur; et (icut 
haec fumma ad radium qui eil in canone ita fit radix quadratica eduéta ex[quadrato 
ejufdem fummae et triplo quadrato radij ad alium numerum. Is ad ipfum radium 
habiturus ert proportionem eam quae cfi: Refraftionis. Contra vero proportione 
refradiionis data , invenitur femidiameter iridis ope rcgulae hujufmodi quae priori 
facilior eil. Ut minor proportionis terminus ad majorem ita fit radius circuli qui 
elT: in canone ad alium numerum. Ejus numeri quadratum auferatur à quadru- 
ple quadrato radij, et ex refidui triente eliciatur radix quadrata. dein ut major 
proportionis terminus ad minorem ita fit radix inventa ad alium numerum, et 
quaeratur cujus anguli finus fit hic numerus. Nam fi ab anguli hujus duplo aufe- 
ratur angulus cujus finus eft radix praedicta, reliquum bis fiimptum dabit angu- 
lum femidiametri iridis quaefitum. Habes quae pertinent ad methodum qua ego 
refraftiones metior, et velim nihilominus vcilram quoque lubenter doceri, quae fi 
eadem eft quam Cartefius in Dioptricis tradidit, fcito breviori conftructione ipfum 
uti potuifie. Nam tranilato in charta triangulo ipfius BPI, ducenda tantum crt 
PL ipfi PB adangulosreétos,ethabebiturproportio 
refraftionis PI ad IL, neque hujus longa demonftra- 
rio eft, fed cui tamenfcribendaefuperfederevolo,ne 
moleftus fim. lilam autem Icntem ex fphaericis fu- 
perficicbus talem confici pofle ut radios ad datum 
pundum tendantes in alio punélo dato omnes colligat accuratc, ejus demonftratio- 
nem habeo evidentillîmam, verum haec h rcliquo traftatu feorfim tradi nequit. Auto- 
res quatuor vitrorum cxpoliendorum quos nominafti omnes jam ante legeram, fed 
tu paucis paginis multo plura comprehendifti atque utiliora pro quibus non tantum 
agere gratias fed et referre fi qua potero paratus ilim. Libelli mei exemplar alterum 
in locum deperditi mitto ut denuo ubi commodum erit h^îrxcrtv iftam perlegas. 
Vellem otij plus tibi fuppctere, cujus tamen cum fiibinde particulam naneifceris, 
memiuLM'is nihil mihi literis tuis magisacceptumefie. V^ale. 




') „Multatuiii" signifie: „dimimié de". 
■) „Dii«o in" veut dire: ,,nuilriplié par' 



CORRESPONOANCK. 1653. 117 



W 154. 

ClIRlSTI AAN I luVC.F.NS à V). LlPSToRl'. 
■J AVRIL 1653. 

La m'vnUc cl Ut aipic se tror.vi-nt à Lc'ukn^ coll. lliiyi;c::s, 
/Jjis/orji Y }-é/ioii:li! par le jVo. 156. 

LiPSTORPIO. 

7 Apr. 1653. 

Qiiicunqiieiilisanimiutqucingenij docibus exornaci fiint qims in to Vir Pracltun- 
tiflimc, haud oblcure animadverto coruni ego amicitiam ut acquum ell ambire 
foleo atque omnibus modis dL-niercri , nedum ut ukro delatam avidillime fuicipiam 
atque ampledar. 

Equidem Tibi non mutuum affechun cantummodo debeo fed gratias quoquc 
profedto anipliOnnas , quod tantis camque pulchris encomijs decoratum oculis 
hominuni exponere volueris , ecfi te videam in iiis minimum veritati, at plurimum 
benevolcntiae tribuifle. Si fpecimina tua '), lî redivivum Copcrnicum laudibus 
vicifiîm meritidimis extollam, nolito credere id eo à me fieri quo mutuas vices 
rependam; ejufmodi enim illa mihi videntur ut vel ab invitis atque invidentibus 
admirationeni (inc reportatura , five floridi rtyli confîdero elegantiam, live rationum 
rerumque pondéra , five omnium fcientiarum omnifque cultioris literaturae copiam 
uberrimam exquifito judicio digeftam. Gratulari lubet manibus illuftris Cartelîj 
cui talis contigit virtutum iliarum enarrator fimulque adverfus aliquorum iniquil- 
fimas obtreftationes difertiflnnus vindex. Tam bona caufa fi.ifcepta , omnes tibi Vir 
Clarinîme eo nominc obllriiflos habes , quorum Ihidia divinis lliis inventis ille pro- 
movit; fed inter hos nemo retercndae gratiae magis idoncus Praeihmtiilimo Sclio- 
tenio noilro. Itaque omnino gaudeo hune tibi praeceptorem nobiliflimae artis con- 
tigilTe, è quo tôt tantaque difcerc te pofTe atque jam didicifTe fcio quae fruilra 
alibi quaefiviflès. Nunquam hercule nifi doétior ab eo difcelli quotielcunquedecom- 
munibus Ihidijs lermones milcere licuit, quorum equidem gratia non lemel Leidam 
commeavi at nunc quum denuo adveniam id petam ab iplb inprimis ut ad Huma- 
niffimum Lipilorpium me deducat, quocum propiores jungere dextras et de rébus 
quampluribus communicare dici non poteH: quantopere id deliderem. 

Itaque Vale Vir Doéliffîme atque interea abCentem amare perge. 



') D Lipstorp, Spcciniiiia l'liilu(bpliinc Cartcflaiiae partilnis III. Scilicct de L-crtitiidiiie liiijiis 
pliilofciphiae, de inoui & de aère, ciim niantiHa, mini ex fallis pollit directe verum elici. 
Quibus accedit ejufdcm authoris Copeniicvs redivivvs. Liigd. Batav. Joli, et Dan. Rlzevier. 
1653. Il Vol. in-4°. 



228 CORRESPONDANCF,. 1653. 



N= 155. 

ClIRISTIAAN riUYGKNS h Fr. VAN ScilOOTEN. 
[7 AVRIL 1653]. 

La miiiiste et la copie se trouvent à Leideii, coll. Ifuygeiis. 
yan Schooten y répondit par le No. 158. 

SCHOTENIO. 

Etfi neqiie antea pracfens mihi ncquc mine per literas PraertantifTimiim Lipilor- 
pium crudicione atqiie omni vircute infigiiem depracdicaiïcs '), lacis tamen ex fpeci- 
niine eo qiiod una cum literis tuis -) arque ipiïus 2) mihi redditum efl: et commen- 
datiis fuilTetet cognicus; plané cnim autoris fui imaginem rcferc, eumque non modo 
doctrina varia exculcmn ingenioque verè philofophico pracditum exhibée fed et 
comitacis fuae morumque fuavitacis charafterem habec vcrifîlmam. Tibi gracias 
iinieè debco qui cali me viro ctmcihaveris,quem ego jam ica amo uc fummo tenear 
vidcndi ejus compellandique defiderio. Quanquam unum verear , ne notior faélus 
diilimilcm me inveniat illi Ilugenio quem eu ipfi depinxill:i. Quod enim cam 
praeelare de nobis fentic acque in utroque Libro non iemel principibus milcemur 
aehivis id non cam merito meo quam tuae commendacionis autoricace evenire 
exiftimo, verum haec uc uc fe habeanc comperi certe non parum me cam hono- 
rilica mei mencione excicacum, adeo uc qui valecudinis caufa jam aliquandiu otio 
induHîfïem, novo rurfus impecu intermina ftudia repecierem quibus jam concinen 
ter inhaerere eft animus ut tandem ad umbilicum perducatur de refraftionibus 
traétatus, quem me etiam invico video jam publico promifTum. 

Tui aucem libri aliquoc jam plane macuruerunc neque diucius eos Geomecriae flu- 
diolis inviderc debes. Quis aucem vir ille non inelegans quem Lipllorpius fmiplicium 
cuorum Problemacum inventionem fibi arrogare velle flibindicac. Gaudeo equidem 
id efFecine eum quicumque candem ell, uc macurius ea viibri ihnus. Sed an non idem 
de Planis locis cibi metuendum ell? Equidem vellem lîmili neceillcace cos cibi ex- 
trudi , nifi jam iponte praelo l'ubdis , credico cibi non mulcum ad magni Gcomecrac 
cognomen deforc cum problemaca illa cuo ingenio eruca deberi docebis. Vale. 

Libros 5 quorum leriem lubjcftum hic vides velim uc mihi in auftione quae 
menlis hujus apud Elzevirios *) habebicur coemi cures. 



') Dans la lettre N". 92 du ;, 1 mars 1651 à C'iir. Hiiygeiis, van Schooten parle de Lipstorp en 

termes bien favorables. 
-) Cette lettre n'a pas été retrouvée. 

■") A cette lettre, qui nous manque, la lettre N°. 154 doit être la réponse, 
■t) Catalogus variorum et infignium in quàvis facultate, matcrià et linguà, Librorum Bonaven- 

turae et Abrabami Etzevier, quorum auctio liabcbitur Lugdnni Batavorum in ofHcinà de- 

functorum ad diem 16 Aprilis, rtylo novo. et l'equentibus: 1653, Lugd. Bat. ex Typogr. 

Elzevir. 1653. in-4''. 



CORRF.SI'ONIIANCE. 1653. 



N^ 156. 

D. LlPSTORP h ClIRISÏIAAN IIuVGENS. 
20 AVRIL 1653. ') 

La hitri- .u: tnmvc à I.chkn, cuil. Iliiygcus. 
Elle csl tu ri'/HiHst! au Nu. 154. Ctir. //i-ri^cns y n^pmidil par le A'o. 157. 

XcÛfStV. 

Vir CUirilTimc Nobiliffimc, Favitor 
et Amice plurimc honorande. 

Acccpi literas Tuiic Nobilitiuis amoris et affcftas iinceri plcniilimas, qiiibus iiiilii 
ianuam rcferatam videns ad illam , quam diidum exoptavi, amicitiani tuum, nolui 
committCM-c, ut mea diutius dedderares officia, ideoquc ante oftiduum Ilagam 
C'diiiitis oxcurri , cadcm tibi oblaturus; fed, quae fuit mca intelicitas, acerbo vale- 
tudinis nuncio me ablaétâlH. Dokii profcdo intimé non thm mcam conditionem , 
quae me (ereno tuo vultu, et duleiflima converiationc privabat, quhm illam fortem, 
quae te diriiîîmis febrilibus cruciacibus addixerat. Caulam morbi apud animum 
reputanti k'ÎQ protinus offcrebat nimia illa diligcntia, qua inflammatus conficerc 
uoluilH Refraftionis meletemata dudum â te concinnata, mihique ex unico fpeci- 
minc, cuius copia pcrClarifTimumDominum Schotenium mihi fafta ell, vehementer 
probata. Equidem non diffiteor extollendos efle iilos Tuac Nobilicatis libérales 
conatus, quibus continuo Rempublicam literariam flbi devincire ihides, cuius ocu- 
los in te defixos efle non ignoras, efle autcm cum difcriminc falutis tamae pcricula 
tentanda non approbo. fed potins valetudinis babendam efl"e rationem fuadeo , ut 
diutins de Orbe literario bencmereri queas, ideoque tibi , Vir Nobiliflime, mode- 
rata commendo, quorum durationcm conflantiorem efle Tua tibi Sapientia dittitat. 
Quapropter fi me âmes, quaei'oTe, Vir Nobiliflime, permittas meis precibus pondus 
inefle, tuifque mufis honella Chalcedonia concède. Romam perhibent non efle 
uno anno conditam : nec Praeclarum et Exccllcntem Hûgenium pigebit 2bus annis 
Cf)/Ao//t/a-a.'j/ trophaea coUigere, quaeper ingenii fclicitatem citius(attamen cimilalu- 
tis difcriminc) ad le tranfferre poflet. Noli igitur capiti tuo vim inferre, nolielegan- 
tioribus Viris , tuarumque Virtutum cultoribus , (quos inter me quidem minimum, 
afitélu tamen nulli lecundum audaéter cenfebis) ocellum fuum atque commune deli- 
tium eripere. Etenim de me velim ita llatuas , me ita efl"e erga te animatum , ut fi tu 
floreas, ego fimul vigeam, fi quid Tibi adverfi accidat, me quoque penc exanima- 
tum iri fcias. Faxo ut quamprimum intelligam, mca hortamina aliquid moment! 
apud Te habuifll'. Et quoniam non multum ab invicem fumus remoti, quaefo, ubi 
per vires licuerit, me verbo uno atque altero ad te I lagam Comitis evoca, ijt in Tuo 
vuku et fermonibus me obleftem, ac tecum amicitiac dextras iungam , antequam 



') Il suit de la date de la vente Elzévirieniie, que Lipstorp se servit encore du vieux styl 



230 CORRESPONDANCE. 1653. 



ubhincRacisbonani ad iiiiperii Comitia-)ct Romani Imperatoris jnaugurationcm •') 
concedam, qiiod tribus abhinc lepcimanis elaplîs taccre conltitui. OptaUcni quidcm, 
ut iam antc et pofthac faepius tibi b'cuiiïet adcffc, fed quoniam pracfcns inilituti ratio 
illud non pcrmifit, difFcrcndum crit in aliud tempus, et li corpore forsan rarô Tibi 
adcfle liceret, cfficiani tamen , ut mente tibi et corde continuo praefens lîm, Tuique 
memoriam gratifïïma recordatione fubindc rccolani, quotiefcunque vel folus egero, 
vel cum Viris honoratioribus vixero. Caufam mei abitus potifTnnam efle Nobi- 
lidlmum Dominum Ca(rium+) non diilîmulo, qui mihi nupcrRatifbonam (îgnificavit 
adventum fuum, et iufTu Cclflflimi Ilollatii Principis 5^ commorationem ibidem 
aliquamdiu futurani : Cum quo mihi de rébus nonnuUis ad me fpcdantibus 
conlerre lubido cfl:, priufquam ad alias gentes tranfeam, et ulteriores peregri- 
nationes iufcipiam. Labores meos exiguos Tibi quoque non iniprobatos frugi 
fuille cottidie incelligo, deumque ut fua gratia futuros fecundet, oro. Libros 
ex Elzeviriana auctione duos tranimitto: Ikillialdi *) Allronomiam philolaicam Q, et 
Tyclionis Allront)miam Wechanicam. Prioreni quidem 6 florenis, 13 lluferis redemi. 



") Ferdinand III, fils de l'Empereur Ferdinand II et de Maria Anna de Bavière, naquit le 13 juillet 
1608 et mourut le 2 avril 1657. Il fut lMu, le 30 décembre 1636, Roi des Romains et, le 15 fé- 
vrier 1637, Empereur d'Allemagne. Le 31 mai 1653, dans une assemblée privée des Electeurs, 
il fit nommer Ferdinand Maria, son fils aîné, Roi des Romains; cette élection fut ratifiée dans 
la Diète de Ratisbonne: c'est de cette Diète qu'il s'agit ici. 

3) Ferdinand Maria, fils aîné du précédent et de Maria Anna d'Espagne, naquit le 8 septembre 
1633, et mourut le 9 juillet 1654 de la petite vérole; le 5 août 1646 il fut couronné Roi de 
Bohème, le 16 juin 1647 Roi de Hongrie. 

*) Christian Cassius, né en Schleswig le 8 juillet 1609, mourut le 6 octobre 1676 àLubeck. Dis- 
ciple, à Paris, de Hugo de Groot, il vint à Leiden en 1632 et entra en 1634 au service de 
Johann Evèque de Lubeck, qui le nomma Directeur du conseil. 

5) Frederich Duc de Ilolstein-Sunderbourg, le 6e fils du Duc lohann II de Holstein et d'Elisa- 
beth de Brunswick , naquit le 16 novembre 158 1 , et mourut le 22 juillet 1658. 

■^) Ismael BouUiau (Bullialdus) naquit àLoudun le 22 septembre 1605, et décéda à Paris le 25 no- 
vembre 1694. Né calviniste il se fit catholique en 1626, et devint prêtre en 1630. Dans ses 
nombreux voyages il visita aussi les Pays-Bas; il resta longtemps auprès du Bibliothécaire 
Dupuy, puis auprès du Président de Thon à Paris, et se retira à l'Abbaye St. Victor à Paris. 
Il écrivit beaucoup, mais une certaine légèreté lui fit commettre beaucoup d'erreurs, dont 
du reste il convenait franchement; il a introduit le terme „évection" dans la théorie de 
la lune. 

') Ifmaelis Bvll'aldi Allronomia Philolaica, opvs novvm, in quo motus Planetarum per nouani ac 
verani Ilypothefim demonllrantur. Mediique motus, aliquot obferuationuni authoritate, ex 
Manufcripta Bibliothecae Regiae, quae hactenus omnibus Aftrononiis ignotae fuerunt, flabili- 
antur. Superque illa Hypothefi Tabvlae confiructae omnium quotquot hactenus editae funt, 
facillimae, addita cil nova methodvs cvivfque ope Eclipfes Solares, abfque vlla folutione trian- 
gulorum fphaericorumad Parallaxes inueftigandas,expeditillimecomputantur. Hilloriaortvset 
progrellvs Afironomiae in Prolegomenis defcribitur & breviter recenfentur ea quae in hoc 
opère nunc primum prodevnt. Parifiis, Sumptibus Simeonis Piget, via lacobaeà, ad infigne 
Fontis. ji.D.cxLv, in-folio. 



CORRIÎSI'ONDANCE. 1653. 23! 



eâ tanien condicione, ut â tua Nobilitatc rocipiac 1 ibruni hune, eique prctiuni rellituat, 
nifi proxime iupplcveric defedum litccrarum 1). E. et II partis prioris tabularum phi- 
lolaicarum, Quod in le tacl:iu"um rcccpit. Tychonis Ailronomiam mechanicam 4 florc- 
nis rcdcmptacll, nihilquc in ca déficit. Flinius in 12 ^) (quac erat optima edicio) non 
ell venditus, licet in Catalogo luerit adnotatiis. Religio ÎMediei '^) non arridehat, quia 
nudus ibi textus erat. Significo autem Tuae Nobilitati, eiïè hune libellum in forma 
8vi ante femellre editum Argentorati '°), adiectis commentariis elegantiilimis, Au- 
thorc quodam Anonyme (quem tamen coniperi elTe Sereniflîmi Ilolllttiac Principis 
Frédéric] Junioris, Argentorati imprefentiarum dcgentis, moderatorem dominuni 
Molclvcn ") Nobilem Megapolitanam). Cavallerii Exercitationes et Camilli GIo- 
riofi ") decas 2da et 3tia '^^ me abfente fuerunt neglecta, cum tum temporis pere- 
grè abfuerim. Inaudivi tamen, eorum copiam licere impetrare d domino Blaeu 
Amrtelodamenfi. Pluribus hac vice tecum agere otium non ell. Ego intérim Tuani 
Nobilitatem cum Illuftriiîimo domino Parenti, NobiliUimis Fratribus et Sorore 
lediiflnna lalvere, longumque valere iubeo. 

Tuac Nobilitatis cultor perpctuus, 
Daniel Lipstorpius. 
Dabam Liigduni Batiivorum 
X Aprilis cIdIdcliii. 

Salve plurimum à communi nollro domino Fr. Schotknio. 

Viro Nobili, et Clariffimo. Domino Ciiristiano îIiiGKNio,Geomctrac 
et Philolbpho excellcnti, Domino et Amico meo plurime colendo. 

nf te geven tôt den heulc des Hccrcn 
CoNSTANTYN HuiGENS, Junckei" von In 

Siilichem. S'graven-haag. 



^) C. Plinii Secvndi Hiftoriae Naturalis Libri xxxvii. Lvgdviii Batavorvm, ex odiciiia Elzcvi- 

riana. Amio. 1635. III Vol. 111-12°. Cette édition fut publiée parjoaunes de I.aet. 
*) Religio IWedici. Lugd. lîatavoriim apiid Francifcum Ilackiinn: Aiino 1644. in-12 . 
C'est la traduction d'un livre anglais fort curieux et assez libre de diction , intitulé : 
Physieians Religion. London. 1642. in- 12°. 
Ce livre était écrit par 

Thomas Browne, né à Londres le 19 octobre 1 605 , mort le 19 octobre 16R1 à Norwich. 
Il fit ses études de médecine à Leiden, puis se livra à l'étude des antiquités. Il était libre 
penseur ainsi que l'attestent plusieurs de ses ouvrages. En 1671 Charles II le lit chevalier. 
'°) Religio Medici cum Annotationibus. Argentorati. Sumptibus Frederici Spoor. cididcmi. in-8°. 
") Les lettres L. N. M. E. M. qui se lisent sur le titre du dernier ouvrage, désignent : 

Levinius Nicolaus Moltken , Edler von Mardenberg; il voyagea beaucoup dans la com- 
pagnie du prince héréditaire de Ilolstcin , et retourna en 1655 dans le INIecldenbourg, où il 
mourut en 1663, jouissant d'une position distinguée à la cour. 



a32 CORRESPONDANCE. 1653. 



N= 157. 

Christiaan IIuvgkns à D. Lipstoiu'. 

15 MAI 1653. 

I.a minute et la copie se trouvent 11 Leideii, coll. Iliiygcns. 
La lettre est la réponse an No. i.srt. 

^ LiPSTORPIO, 

Equidem nierito tcbri nieae irafcor quae et licerarum et literatorum confortio 
privât me penitus integriim jam fere menfem; at impenfius quoquc odiïïe coepi poll- 
quam iam me tuo confpeftu Vir Clariiilme prohibuifTe intellexi. Quod fi mine etiam 
me invifere tibi cordi ell, uti literis Tuis amantiflimis fignificafti , fcito ad con- 
fabulandum fatis mihi virium fuppetere atque animi , per eos dies quibiis àwQfViToç 
llim, uti hodic, et pcrendiu denuo et per alternos dies fequentes uti in tertiana febri 
contingere nolT:!. at profecto mi Lipllorpi operaepraetiumnontuleris,etiam(iianum 
ac vegetum inviias, non morbo et macie attcnuatum qualis nunc (um. Cauiam mali 
cum rtudijs meis et diligcntiae imputas, novi ego hic errarc te, quum fini optime mihi 
confcius, quam otiole totum trimeftre fpatium concriverim, unius valetudinis caula 
quam ne fie quidem mihi rellituere potui. Libri ifti in auélione empti, quod non à 
Schotenio mihi fcd à Te mitterentur demiratus fui, quum certo putarcm ipfi me hoc 
negotij impofuifle pro familiaritate quae nobis pridem interceflk ; veriun fi (quod 
ililpicor) fupino errore meo faétum efl ut Tuis literis librorum nomina infererentur, 
quaefo ne meae invereciindiae impudentiaeve admifTum imputes. Vix jam te rogare 
audeo ut venditorem admoneas de fupplcndis ijs quae defi.mf folijs, fine quibus 
tamen compingi volumcn ifl:ud nollem. Argentum quod pro utroque expendifl:i 
ecce reftituo, de caetero plurimum tibi debens gratiarum pro ea quam mihi dcdiili 
opéra. Vale. 



15 Maj. 1653. 



") Giovanni Camillo Gloriosiis naquit en 1572 à Naples, où il nionnit le 8 janvier 1643; il 

était professeur de mathématiques à Padoue. 
'3) loannis Camllli Gloriofi Exercitationvm Matlicmaticarvm Decas prima in qva continentiir 
varia & theoremata & problemata tum ei ad Ibluendum propofita, tum ab co inter legendum 
animadverfa. Neapoli. Ex Typographia Lazari Scorigij. ji.n.cxxvu. in-4°. 
La Decas Secunda „Ex typ. Secundini Roiicalioli. m.d.cxxxv." in-4°. 
Nous n'avons pu trouver aucune indication relative à une troisième Décade. 



CORRESPONDANCE. 1653. 233 



N" 158. 

Fr. van Schootkn a Ciiuistiaan IIuvc.kns. 
5 Ji"N 1653. 

Lu lettre se traître à Leiileit, coll. //iiy!;et:s. 
Elle est hi re'/ionse an ^'•>. 155. C.'ir. Iliiygens y répoiulït pur le No. iji;. 

FrANCISCUS à SCIIOOTEN 

Clarilîimo \^iro. Domino Ciiristiano Hugenio S. P. D. 

Vir Clarillime, poitquam à Lipilorpio noilro primum te febri laborarc intellexi, 
eique idcirco tune caufà paroxifini minus fuiiïc licitum, quo tccuni coUoqucretur: 
dolui tum vices tuas, tum etiam amoreni publici. Magis autem doluit, ubi iam idem 
Hagam eâdcm de cauia excurrens, et quo tecum amicitiani contmherct, nunciavit 
mihi te nondum ab illà dellitutum, led akernis adhuc diebus vcxatum iri. Mihi lanè 
gratulor , quod Deus Optimus Maximus poil 15 dies, quibus tertianâ laboraveram, 
ad priilinam lanitatem rcduxerit. Jn emendis, quos mihi praefcripleras, libris, 
quod negotium Lipllorpio hic commileram, quaclb ignofcas quod non praci!:!- 
terim ipfe: cum circa id tempus, per plures occupationes, vix mihi una vel altéra 
hora de die vacaret, quà id, quantiuuvis libcns, praeilare potuifTem. Quocirca 
portquam fibi phires coëmere ftatuerat libros, tacile id abfque ullo temporis di- 
fpendio aut incommode fuo ei iniunxi; pracfertim cum indicaverat, hoc iibi fore 
gratifllmum, atque uti hac racione maiorcm tccuni de ftudijs traftandi occafio- 
nem inveniret. Poilquam convalui, locutus fum hiice diebus cum Domino le 
Maire '), Bibliopolà, cui inter alia narravi Dominum Gutschovium imprae- 
Icntiarum Cartcfij Dioptricam in Latinam linguam vcrtilT'e et commentarijs illuf- 
traflè -). Quod ianè opus, unà cum traàtatu tuo de llcfraftionibus, ubi quàm 
maxime pro meritis ei commendavcram, et inligne opus Dioptricum, opcatifllmae- 
que craflitiei librum lîmul confecturos afTeveraveram, ab eorum impreflîone minime 
le alienum oilendit. Id autem fibi potius quam alteri commendatum iri intellexic, 
cimi quae ad Dioptricam pertinent figurae non tantimi iam crant incitlie, fed infu- 
per reliquis multo accuratiores: adco ut fibi tantum refiarent figurae illae, quae ad 
traélatum tiumi, vel dicta commcntaria requirerentur. Quâ de re tum ut Te, tum 
Dominum Gutfchovium certiorem facerem, petijt, ut dcinde inter vos conveniretis. 
Hoc igitur, tum ut voti compos fierem, tum ut recuperatâ valetudine, quam tibi ex 



■) Johannes Maire était libraire à Leidcn entre 1608 et 1654. 

-) Probahlement c'est l'ouvrage qui a paru plus tard à Amsterdam sous le titre suivant: 

Renati des Cartes Specimina Pliiloropliiac feu Diilcrtatio de metliodo reftè rei^cndac rationis, 
& veritatisin fcientiis invefligandae; Dioptrice et Meteora. Ex Gallico tranliata, C!< ab Auc'tore 
perlecta, variil'que in locis emendata. Amilelodami. Apud Johannem Janllbnium Juniorem, 
Anno MDCLVi. in-4'. 

Une traduction antérieure est mentionnée dans la Lettre N'. 161. 

Oeuvres. T. I. 30 



i34 CORRESPONDANCE. 1653. 



aninio cxopco, te ad pracdiftiim traftatum abColvcndum iniligarcm, ad Te pcrfcri- 
Hcrc minime iiegligendiim duxi. Vale. 
Lcydac 5 Junij 16^1,. 
A Monficur Monficur, Christianus Huijgenius, ten huijfc 
van Mijn Heer van Zuijleciikm, op t' plein 

in 
J'oit. STimven-hage. 

N2 159. 

ClirvISTIAAN IIUYGENS, à [Fr. VAN ScIIOOTEn]. 

8 JUIN 1653. 

La minute cl la copie se trouvait à Leiilcn, coll. /liiyffcas. 
Li: lettre est la réponse au No. 158. 

Plurimum tibi de rccuperata valccudinc arque ex anime graculor; ego jam indc h 
Pafchatis fcilo maie habitus nondum plane liberatus fum, fed fpero camen crallino 
tcbrem non reverlliram, quimi heri mitiffimam fuerim cxpercus. Circa Hbrorum 
emendoruiii delegacionem quid vis uc Tibi ignofcam? à qno equidem non aliud petere 
intellcxi quam uc vel bibliopolae vel alij cuivis id injungeres. Ego auccm à Domino 
Lipllorpio per epiltolam veniam ipfe rogavi, quod credercm illi me privato ncgotio 
molelluni fuifle, quem tuni primis tantum liceris alloquebar. Caeterum fi epifto- 
lam cum argenco quam ad ce infcripicram, ille accepic, oninia fe habenc reclè; fuper 
hoc autem cercior ficri velim, nam non fcio qui faftura ert uc cum pracfens adeflec, de 
libris iftis ne verbum quidem incideric. Ad Traélatum meum de réfraction ibus quod 
accinec, dicebac idem Dominus Lipstorpius confl:are fibi Elzevirios non illibenter 
edicionem ejus fufcepcuro.s. Sed fi Dominus le Maire iila quae dicis codem pcrci- 
ncncia imprimcre ftacuic, lubencer mca quoque conferam , quandoquidcm id ec in 
rem ipfius fore exiftimas, ec mihi fimul honorificum Carcefio heroe Gucfchovioque 
comicibus in publicum prodire. Schemaca mca formam libri foliarcm cxigere viden- 
tur, ica plcraquc in longum porrecta func; à qua camen fi nimium abhorrée typogra- 
phus, videbo uc proximc minori ipfa acccmperem quam in 410 vocanc fed grandi- 
ufculae camen. De condicionibus credo non difficile incer nos conveniec;dummodo 
ne exigac uc operam ec argencum infupercgoconferam,ipficancummodolucrumcedat. 
Incerim conabor quancocius quae confcripca habeo expolire acque ablblvere; tibi- 
que graciam habeo quod necdum infpcfta, commendare tuo pcriculo non excimucris. 
Gucfchovium niiror nihil de Commencarijs fuis mihi fubindicaifc, quum camen crc- 
bra praecipuaquc pcr epiitolas de diopcricis nobis mcncio fuerit. Vale. 

8 Jun. i<553. 



CORRESl'ONnANCE. 1653. 235 



N' 160. 

G. A. KiNNER A [^OWENTIIURN h ClIRISTIAAN 1 luVGENS. 
18 JUILLET 1653. 

La httyc Si! Ifuiive à Lcidcii, coll. lluygens. 
Elle est II! n-jmuse un Nu. 14Ï. C!ir. lluygens y réimndit par le .\'ii. lûi. 

Pcrillullris, GenerofiHime, Chirilîimcque Domine, 
Domine ac Patrone colendiffimc. 
Saliitcm à Domino ce omnein iclicitaccm Dominationi Tuac animitiis apprccoi'. 
I^iiitiirnior licerarum tuarum cmanfio tecic, ut infclicitatem mcani accularom, in 
quam nie conicdum arbicrabar, aut voluntace Tuà luaviOimum licerarum commer- 
cium mecum averiante; auc curlorum negligentià, apud quos literas ad Te meas ') 
periiile arbicrabar. Gratulari vero nunc meam cogor ipfe mihi l'ortunam, dum Tuas 
Cal. Januarijsadme dellinatas tandem tandem Idibus Junij al'pieio. Quas oculis pri- 
mum ac ofculis deinccps etiam exceptas dum ex me nunc intelligis, exculabis tbrlitan 
facli infolentiam, per quam chariflimos mihi peregrè adventantes hofpitcs venerari me 
oportebat. Gaudeo placerc tibi coeptum bonis avibus litcrarum incer nos com- 
mercium; quod ex parte mea fie temperabo, ut ncque literarum raritas famem 
cxcitct, ncque frequcntia procuret nauieam. Non committam, ut hae litcrac fine 
maxinii viri Grcgorij (cui amicitiae noilrac conciliationcm ambo dcbemus) me- 
moria in confpeftum Tuum veniant: de quo nimis pcriculofum, mcoquc iudicio 
minus probaleaxioma ftatuis, cum videlicet quoad Gcomctrica in errorc verfari. Vt 
cnim tibi conccdam, quadracuram circuli lecundum methodum primo loco pofitam 
non optimè procedere, ncque illam defafto exhibcri pofle; attamen fecundam per- 
indc elle erroncam non facile mihi perluaferis. Examinavi illam, quam potui dili- 
gentilTîmc, ac contextum illius et ordinem in propofuiones 35 rcdaftum Geomecris 
nollris monllravi , quorum iudicio légitima per illum fit quadraturae dcmonlb'atio. 
Fortaflls lucubratiunculam illam brevî in lucem dabo, ut tandem pateat, quid Pacri 
Grcgorio Geometria debcac. Qua in rc, tametfi ex parce mea errorem non adverto, 
pocuilTc tamen ob exiles ingenij mei vires irrepere naevum aliqucm, inficias ire non 
aufim. Superum illa félicitas cft, ad quam frullrà mortalis adfpirct. Cacterum quod 
fuper Vietae, Galilaci, Cartcfijquc lucubrationibus iudicium meum quaeris, tametfi 
tancis viris veneracionem potius debeo, quam ccnfuram , quia tamen ita iubes, 
dicam quod fentio. Vietae theorcmata latis probant , quid facere potuifict vir cxIt 
mius, fi plus Geometricis per Politicas curas vacare licuiffet. Magnum , fatcor , 
Geometriae lumen ell, led nondum mco iudicio ad Grcgorij fplcndorem afccndit. 
Cartcllj praetcr dioptrica non vidi quidpiam, è quibus potiflimum mihi placet illa 
de Jridis explicatione fpeculatio, quam ex Traftatu dioptrico ') Marci Antonij 



') La lettre N°. if,6, du 30 novembre 1652. 

-) Deradiis vifvsetlvcisin vitris perfpec'tivis et iride, Trattatus Marcii Antonii de Domiiiis. Per 
loamem Bartoliiin iii lucem editiis. In quo inter alla oltenditur ratio Inftrumenti cuiufdam 



CORRESPONDANCE. 1653. 



de Dominis ') videtur dcfumpfifrc. Galilaci fcripca tamccfi non vidi haftenus , ku- 
dari tainen trequcntius audivi. Finirem eplllolam , fed revocat Tua in me libera- 
litas, et paiiculas lineas iubct adiungere. Gratias tibi ago quhm pofTum maxumas, 
pro cranrmidb elegantifiînio cheoremate, cuius demonflrationem per ociuni exquiram, 
li taiiien tuam libueric adiungere, faciès rem mihi non ingracam. Et ne me arguas 
parfimoniac, en aliud Theorema pro cuiufquc arci^is triparcitione fervicns (in qua, 
materia aliquid hadenus fpcculatus llim) tuo quidem quoad eleganciam mulcum dif- 
par, forcé tamcn propcer conftrurtionis limplicicatem haud concemnendum fubi ungo. 
In dato circulo lit arcus ABC quem trifariam dividcre oporteat. Applicata ad 
circuli centrum D régula fecet fubcenfam AC in E , 
et arcum ABC in F, cà lege, ut duéla ilibtenfaCF fit 
aequalis reétae CE. Dico arcum CF cocius ABC ter- 

A/- -M- ^<^ tiam partem cifc. Demonrtrationem, quia literae mul- 

tum cxcreverunt , non libet fubiungere ; fi iubes , ad- 

dam proximis. Interea DEVS te fervet incolumem, 

Nobililfime Juvenis, ûweatque ut multum ftudijs tuis 

illullres Gcometriam; de quorum fruftibus, fi me quo- 

quc vis efle participem, plurimum, mihi crede, me 

deleftabit , fi quid de innatantibus humido , aut diop- 

tricis, aut pure Geomctricis (mihi enim mathematicaomnia placent, praeter ea, 

quae morofiillmo lUidio fiderum noélurnis vacant aucupijs) tranfmittcrc non gra- 

vaberis. Vale , mequc , ut coepiili , amare porro perge. 

Perilluilns ac Generofifriniae Dominationis Timc fervus panitiffîmus 
M. GoDEFRiDus Aloysius Kinner a Lôwenthurn. 

Dîibam Pragac 14 Cal: Augufbi S. N. 1*553. I\la;>ii proprià [?] 

6 Perillullri , Generofiffimo, Clariffimoque Domino , Domino 

^^^ Ci-iRisTiANo IIuGENio ctc. Domino ac Piitrono mihi 
' -, plurimum colendo ac obfervando. 
ij Magam Comitis. 

7 ^) Graven Plage. 




ad clarè videiiduni, quae Ciiiit valdc rL'inota cxcogitati. Superiorum licciuia & Privilcgio. Vc- 

netiis. mdcxi. Apiid Tliomam Bagllonum. in-4°. 
3) Marco Antonio de Dominis naquit à Arbcs (Dalmatic) en 1566, et mourut en septembre 

1624 à Rome. Jésuite d'abord, il fut nommé Evèque de Segni et de Spalatro (Dahnatie). 

Ayant pris le parti des Vénitiens contre le Pape, il eut affaire à l'inquisition , et passa en 

Angleterre (1616), où il devint protestant et Prieur de Windsor sous James I. En avril 16:2 

il retourna en Italie, où il fut emprisonné par le Pape Urbain Vllt. 11 a laissé divers écrits, 

surtout de polémique ecclésiastique. 
■•) Nous avons ajouté la copie de l'empreinte armoriale bien conservée, qui se trouve sur les 

lettres de Kinner à Lôwenthurn. 



CORRESPONDANCE. 1653. 23^7 



CllRISTIAAN IklYGENS à G. A. KiNNER A LoWENl'IR'RN. 

9 AOÛT 1653. 

J,a D/iimtc et la copie se trouvait à J.eiden , coll. lliiygciis. 
].,: lettre est la réponse an Xo. irto. Kiiiner à Lihventhnrn y répoudit pur le No. 16:. 

Generofiffimo Clarifrinioque Domino Domino 

M. ') A. KiNNERO A LoW'ENTUURN. ChR. HuGKNIUS S. D. 
Liceris mcis tandem reccpcisomncm tibi (îniib-am de me opinionem cxcmptam li- 
bentiilîme cognovi; ubi aiicem canco tempore delituerint equidem cxcogitare neqiieo, 
nam Patrem Gregorium cui ipfas commendavcram non aufim cancac negligentiae 
rcum facere. Invaletudo niea ex febri tertiana quâ quadrimellri l'patio continue) cxa- 
gitatus fui, in caufà eft quo minus apud iplum inquiiiverim , cum fuper illa rc , tum 
(uper diflidio noftro et promifTa cauiae iliae dcfenlione quam niillam adhuc pro- 
dijfle dcmiror. quoniam jamdudumperlcriptam à quodam Pâtre Ainfconn'o mihi re- 
latum fuit. Ilogo ne fimiliter nobis invidcas propofitiones iilas 35 quibus fecundam 
Quadraturam ordinafTe te et intelligibilem probabilemque rcddidifTe fcribis, quod 
mihi vix fit verifimile. Abfit tamcn ut Patrem Gregorium in errore veriari pro 
axiomate Itatuam ut mihi imputare videris; nam id ea tenus mihi perfuafi tantum 
quatenus evidenti demonllratione perviciflc credidi. quodcunque autem dcmon- 
ftrare intendimus, id axiomatis loco non habcri manifertum eil. De cactero Cyclo- 
metra noftro Victam à te pollponi Inventionum fplendore non mirum eil quandiu 
quadraturae legitimam demonftrationem inter illius inventa computas, ea vero 
lepolita fi perieveras, liccat mihi à te difientire. Vix intelligo qui fieri poffit ut 
Dioptrica folum -') Cartcfij videris, Geometriani non videris, quae tamen utra- 
que fimul olim prodiere, vcrimtamcn lingua Cîallica. ^^ Sed Geometriam quoque 
jam quatuor ab hinc annis latinam fecit Fr. Schotenius -*) Profeiïbr lugdunoba- 
tavus, à quo Algebram ifiam literariam primum edoclus fui, cujus nunc cognitionc 
nihil acquè carum habeo. I lanc fi teneas cogitefque à Vieta et Marino Gctaldo s) 
refufcitatam fuiflè, et à Cartcfio pleniffimè refiitutam fnam talem quoque veteribus 
Geometris in ulii failli' certilfimis mihi indicijs confiât j tum demmn mérita hiude 



'^ Lisez: G. 

-) R. Cartefiiis, Spcciniiiia pliilolophiae. DiUcrtatin de iiK'tliodo recto rc!;ciulaLM-atioi)is, Uiop- 

tricae et Meteora. ex f.allieo latine veiia et ab aiithore eiiieiiilata. Amst. Ludov, Elfcvirius 

1644. in-4°. On dit qne le traducteur en est Estienne de Courcelles. 
5) Voir la Lettre N°. 5. Note 7. 
•t) Voir la Lettre N°. 1 50. Note i . 
5) Marino Ghetaldi naquit en 156(1 a Raj;use et mourut en 1627. Il était noble Italien et vers 

la lin de sa vie ambassadeur de Venise auprès du l'ape. Il nous n laissé plusieurs écrits sur les 

anciens niatliématiciens. 



238 CORRESPONDANCE. 1653. 



horiim virorum labores ingeniumqiie célèbres. Dioptrica uni Cartefio débet qiiod 
circa rcfratlionis naturam certo gaudet principio fine quo cum Iridis miraeiilum 
cxplicari nequcat , non ert putanduni Marcum Antonium de Dominis auc alium 
quenquani, laudem ipfi pulcherrimae hujus fpeculationis pracripuifïe. In traclatu 
mco diopcrico régulas cradidi quibus de Iride doctrina perficicur. Unam quae data 
proporcione refraétionis (Ccis quorum ilnuum rationcm defignem) expeditè conipu- 
tare docet angulum fub quo iris cerni debcat. aliam quae hoc angulo dato propor- 
cionem illam exhiber , quam vcl maxime ucilem inveni ad inveniendam exactiffime 
in vitro et alia quavis pellucentc materia refradionis quantitatem, paratis ad hoc 
ex quaque materia cylindrulis fphaerulifve, folique expoiitis atque ita notato angu- 
lo fub quo iris in vitrea aliavc pluvia confpici deberet. V^crum haec ex traélatu ipfo 
quandoque te percepturum planius fpcro , nunc demonftrationem hic fcribam con- 
itrudionis duarum mediarum proportionalium quam 
defideras '') Perficiatur circulus ALCK et prodiica- 
tur GE ufque ad circumterentiam inK, Et jungatur 
AK, eique parallela ducatur BO. Itaquc fimiles funt 
Ali AEK, BHO; et quia AE acqualis EK, etiam 
Bl I acqualis HO : fed et 1 IG, HD ex conilructione 
inter fe aequales funt , igitur tota OG acqualis BD , 
hoc eft diametro AC vel LK. Etablata communi EO 
relinquuntur aequales inter le GE et OK. Eftautem 
I I KGL acquale | l 'o AGB , ideoque ut KG ad 
X G A ita BG ad GE. Verum ut KG ad GA ita propter 

triangulos fimiles efi: quoque OG ad GB et ita reliqua etiam OK, cui aequalis 
EG ad BA reliquam. Ergo ut OG hoc eft AC ad GB ita GB ad BE "), et EG 
ad BA. Patetque inter AC et AB lineas médias efle BG et GE quod erat demon- 
ftrandum. 

Trifeftionis anguli quam ad me mifirti confi:ruélio manifellam rationcm habet 
ijs, qui Cartelij Geometriam legerunt, quae fimul docet quam fit utilis contem- 
platio diftae partitionis ad folidorum problcmatum compofitionem. Poteil vero ad 
compofitionem quoque adhiberi, ficut icquenti excmplo intclliges, ncque cnim 
pofllim quin hac occafione pulcherrimam Tibi conllruclionem adfcribam Problema- 
tis Archimedei, qua inventa non Icviter me gavifum memini. Problema ell, v'sphac- 
ram propofitam piano fecare fecundum datam rationem. Et Archimedis quidcm com- 
pofitio deperijt nifi illa efi: quam Eutocius in vetuito quodam libro le repcrifll' tef- 
tatur. At Dionyfidorus aliam invenit aliamquc Diodes. Scd Pater Gregoriushifce 
meampraetcrebat, quam ipfi olim cum dcmonilirationi mifcram eo quod per parabo- 
lam et circulum abfolvebatur. Caeterum hanc quae nunc fequitur deinceps inveni. 




*) Voyez à ce sujet la Lettre N". 146. 
*■) Lisez: GE. 



CORRESPONDANCE. 1653. 



^39 



Proponatur rphaera,ct maximiis in ea fit circulas AKCL, diamcter AC,ccntrum 
IVI , proporcio ver6 data lit S niajoris ad T minorcm. 

Dividatur AC in E ut ilt licut S ad T ita AE ad EC, et accommodctur in cir- 
cule ABCD rcfta Ail aequalis diffcrcntiac duarum AE, EC. Et ci quac lubtciidit 
tcrtiam partcm arcus AR,fumatur aequalis MN ; Tuni 
fi ducatur pcr N planum KL quod diametro AC fit 
adangulosrccitos; Dico hoc fphaeram iiclecare, ut por- 
tio KAL fit ad portioncm KCL ut S ad T. 

Demonltratio cum ijs quac ad ipfam fpeàtant, cpifio- 
la ") hanc aequat propcmoduni, et Tu ulteriori contem- 
plationc onerandus non vidcris. Itaquc fincm hic taciam 
hoc ununi te obteilatus, ut five iplc quid novae rei fpe- 
culatus fueris five è Geometris aliquis quibufcum ill- 
hic verfaris ne niihi voluptarem dcncgcs talibus pcr- 
fruendi. Valc. 

9 Aug. 11553. 

Perilluftri et Gcncrofo Domino Domino M. Goorfr. Aloysio 
KiNNKRO A LowENTiiuHN. Pnisam. 




N^ \62. 



G. A. KlNNER A I 



OW'ENTIU'RN à ClIRISTlAAN HuVGENS. 

28 AOÛT 1(^53. 

La lettre se trnure à I.e'ulai , eull. [liiyiteiis a"). 
Elle es/ la réponse nu No. 161. 

Pcrilluftris, Gcncrofiffime, Clariffiracquc Domine, Domine 
colendiffime. Siilutem et Felieitatem. 

Abfit, ablit, ut maligna tobricula laboribus tuis, quos utiliflimos te fiilcepiflo iam 
fenfim intelligo, deinceps aufit obiifiere ! Certè maiorcm in modum dolui, poltquani 
è proximis tuis cdoétus fiini, valctudinis tuae vires pcr tcbrilem intemperiem efie li- 
bitas. Meliora tamcn eaedem literae Ipcrare iubent, in quibus et fcripturae fibi o\-)- 



**) Lisez: epiilolani (â). 



240 CORRESPONDANCE. 1653. 

cime conftantis tcnor, et maxime rcrum machcmaticariim mcmoria, quae aliàs ingra- 
tiiïimi folenc clFe valctiidinis affeftae comices, iam poenè pcriliadenc , ce incolumicaci 
priilinae, Ihidijsquc cibi chai-iffimis plenc rellicucum. A Pacre Aynfcom dcfcnlioncm 
quadracurarum apparari, diu cil quod ex eius ad me liceris incellerim '} : ad tuum vcro 
lcripcum,nè Ipccialius quid expertes; lummum illud, quancum ego quidem conijcio, 
refponlîonis accipies. Te in fincm alinm , quhm Pacer Grcgorius in prima qua- 
dracura llia incendac, collimàfTe. Ad me quod accinec, ica de Patris Gregorij in- 
vencionibus iudico, uc quamvis abeflec invenci Tecragonilmi félicitas, parum apud 
me de illarum aellimacione pericunmi exil1:imem. .Sunc enim complurcs in opère illo 
(peculationes, cecragoniCmo tbrcafle non inferiores, quibus lua apud Geomecras 
nequaquam perirec aellimacio, nili coc ab omnium laeculorum macliematicis adhibici 
conacus quadraturam circuli prae caeceris invencis fecifTcnc commendabilem. Pro- 
grcfllones Gcomecricac, proportionalicacum nova craétacio, Vngulae Cylindricac Cu- 
bacura, Symbolifacio Spiralis ec Parabolae, uc caceam abfolutam ec facilem Conico- 
rum doftrinam, flicis apud omnes perorarenc mcam caufom; nifi nefcio quis nimium 
rcligiofus in veceres amor, auc ingenica dilTentiendi cupidicas vcrum iudiciorum fen- 
ilini rufpendercnc. Neque ica camen Gregorij rcbus afficior, ut aliquid Vietae caecc- 
riique derogatum velim. Gcometrica certè Viecae maiorcm in modum me afiiciunc, 
propccr nicidam conilruendi mcthodum, camecil non nihil in demonllracionibusdefi- 
dcrem de claricace. In Analycicis (uc ingénue cibi conficear) ui'um non liabeo, quo- 
niam ca parcium liarum infelicicas ell, ut paucos fingularis corum cognicio deleftec. 
Ego certè iam pridem illa defidero, ied experiencià forfican iple didicilli, quam cxi- 
gui fperari polîînt progreflus apud cos, qui manuduCtore idoneo decenti -) iunt. 
Eorundcm Analyticorum amor maius in me defiderium tacic Geometriae Carceiîa- 
nae, in qua accuracius ea traftari aiïeris, quam ello hucuique videre non potui, 
facile camen eius valorem ex diopcrica conijcio. Jn qua nova circarefrattioncsprin- 
cipia non pofTum non commendare; cuius veftigijs fi inlHceris, non dubico â Diop- 
crice cua, quam moliris, magnam in hac maccria perfeclionem expeftari poflc. 
Illud aucem te vel maxime rogacum velim , ne omiccas racionem aliquam idoneam c 
cheoremacis tuis elicere, cuius operà mirabilem illam colorum, quae in iride et aliàs 
refraétioncm comicari folenc, genefim planius intelligamus. Nam quod Carcefius cos 
et omnes omnino ctiam permanentes colores produci aiîcrit â nefcio quo imaginario 
lucidarum particularum heterogeneo gyro, non placet, et magis cil (pace tanti viri 
tuàque dixerim) confingere , quâm philolbphari. Sed quando in refraélioncm inci- 
dimus, non polTum non meminilTe theorematis apud nos ante paucos annos multum 
exagitati, occailone thelium quarundam de Jride 5), quas Profellbr Mathefeos Pa- 



') Lisez: intellexerim. 

■) Ici la lettre est déchirée. 

5) Propolitiones Pbylico-Matliematicac de llamma Iridi, atque de ortii et iiitcritu ilammae, in 

quibus muila iunt curioCe obfcrvata. Olonuitii, apud Nicolauni Ilradec/.ki. 1(134. in-4'^. 

L'auteur eft B. Conradus; ce livre lut attaqué dans 



suivant : 



CORRESPONDANCE. 1 653. 



241 



ter Balthafar Conradus '*) propofuerat , in quibus candcm fententiam fuerat com- 
plexus, qiiam Des-Carccs, de cuius tamen viilgata Diopcricc nihil duni illhic aiidi- 
veramus. Quandoqiiidem crgo tune demonllrabatur iridcm i^enerari ope reiVaftionis 
radiorum iblarium taétae in guttarum iphaerulis, vcnit in qiiaeilionem, num ctiani 
radij ù Ible in guttani allapfî eanique tangentes retVingantur perindc ac ij qui ean- 
dem interlecant. Ncgabant mordieus univerfi tum pracfen- 
tes, tum et nuilti ex ijs, quos idem Pater Conradus per 
literas eonfuluerat. Vnus ipfe erat qui affirmabat, cuius ra- 
tioneni, quâ idipdim nitebatur demonib'are, lubnciitani, tuum 
eafuperre iudiciuni intellefturus. 

Sit punctum aliquod (blis A, a quo in Tphaerulam liCDI'l 
incidant radij AB, AC tangentes eandem in punétis B, C; 
AD et AE verb fint fecantes. Dico tangentes AB, AC ctiam 
retringi. Cumenim propter médium gnttae denfius, quhm lit 
aër, fiât refraftio radiorum ad perpendicularem, inelina- 
buntur omnes rcfrafti radij verfus centrum F , claudcntur- 
quc terminis cadentibus intra Iphaeram verbi gratia BG, 
CM. Dico terminos radiorum refraftorum BG, CH oriri à 
tangentibus AB, AC. Sint enim radij AD, AE fecantes 
Iphaeram , quorum rcf rafti Ont DI , EK, hi non terminabunt 
\q omnes refraélios ; quia cum arcus BD , EC , qui tangentes 
intcr et fecantes interiacent, quantumvis parvi, in fentcntia 
mathematicorum fint in infinitum divifibiles, poterunt inter 

B et D, itemque inter E et C cadere iniiniti alij radij fecan- 

^'^ tes, qui in fphaeram refringantur, adebque fecantes AD, AE 

refrafti in ])I, EK non terminant ipacium refraétorum. Atque idem discurlus valet 
pro omnibus alijs Iphaeram Iccantibus. Cum ergo conilet eflè aliquem terminum ra- 
diorum intra fphaeram refraélorum, et ille non poilit oriri à fecantibus, necefle ell il- 
kun provcnire a tangentibus. Radij ergo globuhnn tangentes refringuntur. Haec 
cranc, quae praefentibus fulficere opinabar. Gratias intérim tibi ago maximas, pro 
tranlinifTo theoremate de fertione fphaerae, cuius nitor mirum me affecit, magifque 
placuifTet, fi veritatem illius adiunctâ demonftratione comprobaffes, quam fi dein- 
ceps non invideris, fcito nihil efTe, quod viciflim â me tibi poflic denegari. Vale mei- 
que memor vive , expers turbarum '), quae vertros inter et Anglos infurrexerunt , 
quae opto ne fliudijs tuis officiant; fi de illarum fuccefTu certi fubinde quid literis 




Marcii.'i Marci , Dillertatio pliyli(.:a curiola in propolkioiies mathematicas de natura Iridis 
ncciiondecaiilîis natiiralibuspliiviaepiirpiireae BnixcUenfis R. P. Coiiradi. l'ragae. 1650. 

"*) Balthasar Conradus naquit en 1599 à Neiss (Silésie) et mourut à Gratz le 17 mai 1660. De- 
venu Jésuite en 1615, il tut nommé professeur de mathématiques à Olmutz, l'raguc et Gratz. 

5) C'était au milieu de la première guerre maritime des Payi-lias avec rAu,!;,lecerre. 

Oeuvres. T. l. 'j i 



242 CORRESPONDANCE. 1653. 



tiiis brcvi:cr adiunxcris , me dcnuo ad pliira obligabis obfcquia, qui iam antc vivo 
ce morior 

Perillullris ac Gencrofiffîmac Dominiitionis Tuac fervus 
prompriilîmus 

GoDEFRiDus Aloysius Kinner à Lowenthurn. 

Manu Propriâ. 
Dabam Pragac 3 Cal: vSeptembr: 1(553. 

Perilluilri , GcnerofilTimo, Clariffimoque Domino, Ciiais- 
TiANO HuGENio ctc. Domiiio mihi Colendir(înio, Obler- 
vandiffimoque. 
6. Ilagam Comitis. 

S Gravcn I lagc. 

") Rr 1 1 Sept. [Chr. Iliiygcns]. 

N2 163. 

CllRISTIAAN IIUVGENS h Fr. VAN ScHOOTEN. 

20 SEPTEMBRE 1653. 

La minute et la copie se trouvent à Leiden, coll. Iluygeiis. 

SCHOTENIO. 

Pater mens nnpcr rci Rullicae iludiol'us cflc coopic variofquc ejus rci conqui- 

rcns aucorcs, petij: quoquc pcr litcras à Domino Vorilio '^ ut quos fcirct ille lioc 

argumentum traClade libi cnumcrarc vellet. Cacterum quia nihil duni refponri 

accepit, voluic haec tibi me fcribere, ut cum ipfum videris mentionem facias litera- 

rum earum , uc quae morae cauia fit relcire liceat. Utinam ne morbus tantum , quod 

fane veretur, quoniam iemper alias amicum atque ad officia hujufcemodi promptum 

expertus eft. Potueram Dominum Berkclium -) hac petitione ad te pcrferenda onc- 

rafle, quum mihi hcfl:crno die adeiïet. Verum nihil minus quam de Re ruilica tune 

cogitavi. Referet hic tibi opinor de telcfcopij nova forma quam apud me repe- 

rit quam te quoquc viderc optarcm. at de problcmate fortalils exciderit, quod 

utrum folidum an planum cfîet dubitari polFc dixi. Problema eft. E dato punélo 

extra parabolam vcl intra lineam ducerc quae fecct eam ad angulos reftos ; cujus 

') Adolphus Vorstiiis, fils aîné du professeur de botanique de Leiden, Aelius Everardus Vorstius 
(26 septembre 1568 — 11 octobre 1624), naquit à Delft le 18 novembre 1597 et mourut le 
6 octobre 1663 à Leiden. Il était helléniste, orientaliste et botaniste, voyai^ea beaucoup, 
retourna aux Pays-Bas dans la suite de M. A. RTaurocenus, Ambassadeur de Venise en 1623, 
et devint en 1624 professeur de botanique à la place de son père. 

-) Abraham van Berckel, né à Leiden en 1630, où il mourut en 1688, d'abord botaniste, s'ap- 
pliqua bientôt aux langues classiques. Il devint Recteur du Collèsie de Délit, et plus tard il 
arrangea la bibliothèque de Leiden. 11 a laissé plusieurs ouvrages. 



CORRESPONDANCE. 1653. 



243 



conftruiflionem invcni , tuqiic facillime invenics, ita ut niillam feétioncm conicam 
adhibere fit nccoflc, pracccr cani quae data cil parabolani. AndL'rlonuni ■") hacc 
t'iigic conilruendi ratio, idcoquc cum aequationcm ciibicam animadvcrtcrct , luli- 
dum problema cde dixit. at vctcrcs videntur eam cognoviflL-, utiquc i\ Apollonium 
vitioiae in hoc compofitionis caida Pappus rcprchcndit •*) propolitionc 30 libri 4, 
quod idem Anderlbnus cxillimat. 

Ouid ilatuemus Schoteni Acutidiinc , rcs cnini anccps cil:, et tamen in alteru- 
tram parteiii prommciandum. \'ale. 

20 Sept. 1(553. 



N" 164. 



Chris riAAN IIuvgkns à Fii. van Sciiooten. 
[octobre 1653.] ') 

Lti nihiutc et lu cupic se lyiiuvciit 1: L^iJcn , cuit. IIiiy!;c:is. 

Ilaec univcrfiilis cil Problematis Con- 
ilruélio. Verùm lï fuerit AQ minor quam 
AG. centro A radio AG circulus deicriba- 
tur inque eo ponatur GK aequalis diiplae 
EG inventac ut prius. et diviib arcu rcliquo 
GIIK in tria acqualia ponatur iubtcniae 
partis unius GII aequalis (îM et ducatur 
MC parallela AB. 

Praeterca il AQ major quoque t'ncrit 
quam AG, ita tamen ut quadratimi AQ non 
majus iit duplo quadrato ex AG. Caeteris ad 
cundem modum compofitis hacc tantum erit 
ditlercntia quod arcum KP qui ex icmicir- 
cumferentia reliquus cil tripartito iecare 
oportet quarum una lit PH, et fubtenfac 
GH acqualem ponere GM. Manifcilum 
cil autem, quod fi AQ ipfi AG aequalis 

AlexanderAnderson naquit en 1582 à Abordeen. Il vivait à l'ariset était ami de Vieta(i6o3), 
Après 1619, date de la publication de son livre, on ne sait plus rien de lui. 

Alexandri Anderfoni Scoti Exercitationvm Matbematicarvm Decas l-'rima. Continens, 
Quacftionum aliquot, quae Nobilillimorum tuni buius tum veteris Aeuî, Mathematicoruni 
ingénia exercuêre, Enodationem. l'aridis. Apud Oliverivm de Varenes, Via lacobaeà, fub 
figno Vietoriae. Anne cid.oc.xix. in-4°. Voyez la page 24. 
I^appus dit(comine Anderson le cite 1. c.> „abfquc folida incliiiatione non posse dcliniri." 

Le cominencement de cette minute est le même que celui de la lettre N°. 165: c'est pourquoi 
on l'a supprimé ici. Quant à r„alterum problema" mentionné dans le troisième alinéa de cette 




244 



CORRESPONDANCE. 1653. 




fuerit, incidet E in G. 
Eritque tantummodo 
GM aequalis llimcnda 
lateri trianguli aequi- 
latcri in circulo GHP 
defcripti. 

Item fi AQ duplum 
Q pocell ipfius AG -), 
quod cum GM diiplac 
tantumGA aequalis fu- 
mcnda eft. Dcnique ijs 
cafibus omnibus pla- 
num foreproblemaqui- 
bus arcus KP vel 
KPG, eri: ciulmodi, uc Plana Conlb-uctionc crilariam l'ecari poflit. Qui funt 
numéro iniinici. 

Qua confidcrationc ulus fucrim ad Refolutionem opinor me tibi lubindicaiïe , 
cum hic adeflès. Non repecam itaque. ied alterius Problemacis Conllruétionem tibi 
exlcribam, de lineamagnicudine data intra rhombi angulum accommodanda, quam 
te defiderare dicebas. Novam autem denionib-ationeni camque optimam hifce demum 
diebus adinveni. 

Si pro Rhombo quadratum fuerit datum, ad angulum extcriorem Conftruc- 

^ tio Pappi nota eft. Sed ad interiorem erit haec 

• ' , commodifllma. Quadratis ex O et CG s) ponatur 

aequale quadratum CD et fuper AD femicir- 
culus defcribatur et ducantur FK , fk, ut in 
Rhombo faftum fuit. Erit autem hujus brevior 
demonltratio, nam junctis KD, FD, ductaque 
FL pcrpendicularis in AD quoniam fimilia 
funt triangula ACK, FLD, et FL zr> AC, 
^ erit et FD aequalis KA. Eft autem ex con- 
ftrudiune quadiatum CD aequale quadratis O et CA. Ergo addito utrimque 
quadrato CK erunt quadrata KC, CD hoc eft quadratum KD hoc eft qua- 
drata KF, FD fimul aequalia quadratis O et KA. Demptifque aequalibus 




Illimité il est traité beaucoup phis au lon^- dans rAppeiidiee, N^. 1 66. Il semble doue que 

celte miinite-ci doit être cousidért'e comme contcuaiit la rédaction primitive dont Clir. Iluy- 

gens, en reprenant la plume, fit les lettres N"\ 165 et 166. 
=^) tela veut dire: si AO= = 1 AG=. 
3) Voir la figure de la page suivmite. La dernière de cette page-ci représente la construction de 

Pappus. 



CORRESPONDANCE. 1653. 



245 




ucrimquc hinc quadrato KA 
indc quadrato FD, cric qiia- 
dratum KF o) quadrato O. 
idcoque linca KF lincac () 
datae. 

Nani prinuim quod fcnii- 
circulus fuper AD rcftani G F 
fecabit fie oilenditur. Etenim 
quia O major ponitur duplà 
diamctro quadrati AG, eric 
quadratum O majus octo qua- 
dratis ex AC, igitur quadra- 
tum CD majus novem qua- 
dratis ex AC. ac proindc CD 
major tripla CA. dimidia igi- 
tur AD hoc ell: radius femi- 
circuli AfFD major quam AC 
hoc ert AU, quarc necefîario 
fecat lineam GF. 



N'^ 165. 

ChRISTIAAN IIlYGENS h Fr. VAN ScHOOTEN. 
23 OCTOBRE 1653. 

/.,•-' U-trrc et la cujiic se tniitrent à I,eiile:i , coll. lluyi^ens. 

Christianus lIuGKNius FRANCISCO ScHOTENio Viro Clariflîmo S. D. 

Pro diligcntia in comparanda Aftronomia Belgica '} graciam habco. Ducquius ■') 

eam mihi reddidit, fimulque binas conllruftioncs ad inveniendam Conehoidis fim- 



') C'est l'ouvrage suivant, dont la première édition parut en 1653 à Ilarlingen cliez Jan Hes- 
sels. Bientôt vir.t la seconde: 

Nederduytfche Allronomia, Dat is : Onderwijs van den Loop des Hemeis, leerende liet 
vinden der Plaetfen en hewegingen dcr vafle Stcrrcn , Son en Maen; als oock liaer EclipCen 
ot verdnyllringhen. Item, den loop der Planeten, weleke door reeckeningb, en oock tnygh- 
werckelijck met ecn Planeet-wijfer aangewefcn wordt. ilier by gevoeght een Aen-hangli , die- 
nende tôt naeder verklaeringlie over den Loop des llemels. Als oock eeniglie voorbeelden 
dcr Son-EclipCcn, welckc rekening door verfcheyden voorbeelden ghetoont wordt. Ailes 
mit en vermakelijck, niet alleen voor de Liefhebbers deler konfl, niaer oock voor Scliip- 
pers en Stuyrhiydon. Helchreven door Dirck Rembraiitsz. van Nierop, Liefhebber der 
Mathematifche Konllen. Ende nu met den tvveedeii Druck, overghefien, verhctert ende 
vermcerdert, by den zelfden Antheur, als oock een gedruckten Planeet-Wyler. t'Amrter- 
dam, by Gerrit van Cîoedefbcrgh, Boeck-verkooper op 't Water, in de Delftfche Bybel, 
over de Nieuwc Brngli. Anno 1658. in-4". 

= ) Adriaan Duyck, dit Paradijs, fils du trélbrier de Hollande de même nom , et de Barbara de 



246 



CORRBSPONDANCE. 1653. 




plicilllmac tangcntcm exhibait, quas ingc- 
niofc fane cx.cogitall:i, iinam ex alia dcducen- 
do. Nam diverfo quam ego calculo ce ufum 
aniniadvertere non potui. In Conchoide alté- 
ra, quam priniam vocamus , flexus punélum 
Icquenti modo invenitur. Erto Conchoides 
QCN, dcfcripta polo G et afymptotoAB; 
quam fecet GAQ ad angulos reftos. Sit GR 
parallela AB, et acqualis duplae GA. Et 
vcrticc R axe RG parabola dcfcribatur RO 
cujus latus reftum iplî GA aequale fit. Porro 
fumptâ ad duas AG, AQ tertia proportionali 
AE, poficâquc GF ipfi GE aequali, centro F, 
radio FR, circumferentia delcribatur quae 
parabolam fecet in O. Atque hinc eductaOC 
ipli AB parallela oftendet in conchoide flexus 
punclum C. In quo fi cangcns ducatur LCZ 
ea ibidem fecabit quoque conchoidem ^'). 
llaec univerialis eil conlliruétio. at quando AQ non major eft quam ut duplum 
podit ipfius AG, per crifeétionem anguliexpediri poteft.Trifeftio autemanguli ipfius 
ope Conchoidis quae propofita efl. Adeo ut tune quodammodo planuni Hat Pro- 
blema. Efl: autem omnino planum infinitis numéro cafibus quorum duos notabo. 
Nimirum cum AQ potentia dupla eft ad AG 4) , fi.mienda tantum eft AM ipfi AG 
aequalis, et duccnda MC parallela AB. Rurfi.is cum AG ipfi AQ aequalis eft opor- 
tct fimiere G M aequalem lateri trianguli aequilateri in circule cujus radius AG. 

Quali confideratione fuerim ufi.is cura hoc Problcma refolverem opinor me tibi 
ftibindicafte cum hic adeftes. Non repetam itaque, fed alterius Problematis Con- 
ftruélionem tibi exfcribam '), de linea intra Rhombi angulum accommodanda quam 
te defiderare dicebas. Novam autem demonftrationem eamque optimam hifce 
demum diebus adinveni. Vale. 

Domino Bcrckelio lalutem dices meo nomine atque haec fi vifum fuerit impercies. 
Hagae. 23 Oci. 1653. 

Aen Mijn Heer De Hecr Fr. van Schooten, Profeilbr der 
Mathemiitijqucn indc Univcrfitcijt 

Inde Heerefteeg. Tôt Leijden. 



Heyne, naquit en 1628 à la Haye, devint ctiuliaiit n Leiden en mars 1646. Depuis il fut 

Lieutenant-Colonel dans Tarmée des Pays-Bas. 
3) A partir d'ici la minute de la lettre précédente diffère de cette lettre-ci; voyez la Lettre N'; 1 64. 
'») C'cstàdire: AQ= = 2 AG=. 
5) Voyez les Lettres N°. 164 et 166. 



CORRKSi'ONDANCE. 1653. 



-47 



N2 166. 

CllRISTIAAN HUYGIÎNS à Vl\. VAN SciIOOÏl^N. 

ylppcndicc an No. 165. 

/,(.' ktn-i; se trouve à Lcideii , coll. lluygeiis. 

Apollonij Problcmii. 
Pars I. 



Occ. 1653. 




Rhombc) daco, ce iino hucrc producto aptarc llib angulo cxtcriori lineani niagiii- 
tudinc dacam quac ad oppoiitum angulum pcrtineac. 

Sic datus Rhombus AlIGC, 
cajiis produétum latus IIG; data 
vert) linca O. Et propofitum lit 
ducere rcftam AKF, ita ut pars 
intercepta KF fit datae O aeqiialis. 
Diicatur diaincter AG, produirlo- 
que fi opus cil laterc AC, ponatur 
GD, cujus qiiadratiim aequetur 
quadratis ex O et AG. Et fiiper 
AD circumferentia delcribatur 
quae capiat angulum angulo rhom- 
bi AHG aequalcm. Sccabit ca 
produftnm latus HG. Itaque ad interfeétionis pimctuiu F ducatur AF. dico hujus 
partem interceptam KF datae O aequalem eflc. 

Quod autem circumferentia dcfcripta latus MG produttam fecat fie fiet niani- 
fellum. ducatur GN, ita ut fit angulus AGN angulo AHG acqualis. Itaquc trian- 
gulus AGN triangulo AHG vel ACG fimilis ell, nani et angulum ad A communcm 
habcnt. Ifolceles igitur triangulus AGN, idcoquc fi lliper AN circumferentia 
defcriberctur capiens angulum AHG , hoc cil, AGN, ea contingeret lineam H F in 
pundo G. Sed AD major cft quam AN; nam quadratum GD majus ell quadrato 
GN, cum fit aequale quadratis ex GN fivc G A et ex O; Idcirco Gl) major quam 
GN, ac proinde cadit GD extra triangulum AGN. Itaque manifefium cil circum- 
ferentiam luper AD defcripcam quae capiat angulum AHG hoc cil AGN fecare 
lineam HG produttam. Ducatur ex A ad alterum interfectionis pimftum refta A M. 
junftaque FD, cadat ex G perpendicularis in AD linea GB. 

Quia igitur quadratum GD aequale cil: quadratis ex O et AG; idemque quadra- 
tum GD aequale quadratis AG, et AD minus duplo reétangulo DAB, hoc efi, minus 
rcétangulo DAN; dempto communi quadrato AG, erit quadratum O aequale qua- 
drato AD minus reélangulo DAN; hoc efl, rcftangulo ADN. Efl: autem ficut AD 
ad AC ita reCtangulum ADN ad contentuni AC, DN. Ergo ut AD ad AC ita quo- 



CORRESPONDANCE. 1653. 



que quadratuni O ad conccntum DN, AC, hoc eft, ad exccfTum reCtanguli DAC 
fupra rcthngulum NAC. Eli autcm rettangiilo DAC acqualc rcctanguluni FAK, 
quoniam DA ad AF uc KA ad AC, propccr triangulos fimiles DAF, KAC : habenc 
cnim anguhim ad A comniunem et angiilus C ipfi F cil acqiialis. Item rcdangulo 
NAC aequale ell quadratuni AG, quia propter limiles triangulos ell: NA ad AG ut 
AG ad AC. Igitur excelTui rcctanguli DAC lupra rectangulum NAC aequalis cx- 
ccllus rcdanguli FAK fupra quadratuni AG. Ideoque crit ut AD ad AC ita qua- 
dratuni O ad excelTuni redanguli FAK fupra quadratuni AG. Huic vero ex- 
celTui aequale eft reélanguluni KG , GF ; quod fie ortcnditur. Etenim quia quadri- 
lateruni FDAM efl: in circulo funt angiili FDA, AMF fimul duobus reftis 
aequales, hoc efl: duobus finiul CKA, GKA. Ell autem angulus CKA aequalis 
FDA, propter finiilitudinem trianguloruni DAF, KAC. Ergo et angulus GKA 
aequalis AlVIF. 

Trianguli igitur AGM, AGK, angulos M et K aequales habent; fed et angu- 
los ad G et latus AG commune. Itaque dicti trianguli fimiles funt et aequales. 
Quare GM aequalis GK, et IMA aequalis AK; Et angulus KAG aequalis MAG. In 
triangulo igitur F AM angulus A in duo aequalia dividitur à refta AG, ideoque 
reclangulum FAjNI minus quadrato AG aequatur reélangulo MGF. Scd reftangu- 
lum FAM efl: rectangulum FAK; et rcélangulum MGF eft rctlangulum KGF. 
Itaque reclangulum FAK minus quadrato AG, aequale reftangulo KGF, uti 
dicluni fuit. Ell igitur ut DA ad AC ita quadratuni O ad reftanguluni KGF. 

At ficut DA ad AC ita rettangulum DAC, hoc ell, rcclangulum FAK ad qua- 
dratuni AC. Ergo quoque ut rectangulum FAK ad quadratuni AC ita quadratuni 
O ad rectangulum KGF. Ratio autcm rcclanguli FAK ad quadratuni AC compo- 
fita eft ex ratione KA ad AC, hoc ell KF ad FG et ex ratione FA ad AC feu AH, 
hoc eft ratione FK ad KG. Igitur et quadrati O ad reClangulum KGF ratio com- 
pofita eft ex ratione KF ad FG et ratione KF ad KG. \^eruni ex hifce componitur 
quoque ratio quadrati KF ad reélangulum KGF. Igitur crit quadratuni O ad rcftan- 
gulum KGF ut quadratuni KF ad idem rcclanguhim KGF : ac proinde quadratuni 
O aequale quadrato KF, et KF linca aequalis O datae. quod erat demonilrandum. 

Pars 2. 

Rhonibo dato et duobus contiguis lateribus produiftis aptare fub angulo interiori 
lineam datac aequalcm quac per oppofitum angulum tranfeat. Oportct autcm datam 
non minorcm cfte dupla diametro quac rcliquos duos angulos jungit. 

Sit datus Rhombus ACGH cujus produéla fint latera GH , GC. Data vero linca 
O. Et oportcat ducere FAK redam quae fit ipfi aequalis. 

Ducatur diameter AG eique ad rcétos angulos SAR, quae quideni aequalis erit 
duplae diametro HC. Igitur O non minor débet efl"e data quani SR. Et fi quideni 
aequalis eft, faélum crit quod proponcbatur. Verùm ponatur O major data quani SR. 
Et produdo latere CA ponatur GD cujus quadratuni aequetur qua(lratis ex Oetex 



CORRESPONDANCE. 1653. 



249 




C A. Et fiiper Al) circunifcrentia dcicribatur qiiac capiiu angiilum ipfi CCI I acqim- 

1cm. lia fecabi: productiiiii 
"* latiis GH. Itaquc à punctis 
intcrfeCtionum V , t', diican- 
tur rcdac FAK, fAk. dico 
hariim utramquc datac () 
acqualcin ciïè. Quod autcni 
circunifcrentia AfFI) latiis 
GII produc'tum fccac lie pri- 
nium ollcndctur. Sic CjI5 ipli 
AC perpendicularis ce du- 
catur ST, ut iitangulns AST 
aequalis angulo CGH vcl 
AHS. Eft itaque triangulus 
AST triangiilo AHS lîmilis, 
nam et angulos ad A acqua- 
le.s habcnt : quarc ifolcclcs 
qiioquc triangulus AST. Ap- 
paret igitur lincam GS iplî 
BA cum dimidia bail AT 
acqualcm cdc. quamobrcni dupla CîS hoc eil quadrupla GH vcl CA aequalis 
crit duplae BA cum tota AT. Et fumpta communi altitudine TA , crit rcctangu- 
lum liib quadrupla AC et AT aequale duplo rectangulo BiVT cum quadrato AT. 
additoque utrimque quadrato AB, crit rertangulum CAT quater cum quadrato 
AB aequale reftangulo BAT bis cum quadratis AT, AB, hoc cil quadrato BT. 
Quia vero propter triangulos (îmiles cil: 'l'A ad AS ut AS ad Ail livc AC, 
reftangulum CAT aequale cil quadrato AS , et quater lumptum quadrato SR. Ergo 
quadratum SR cum quadrato AB aequale quadrato BT. Quia vero quadratum GD 
aequale ell quadratis exO et AG, ideo dempto communiquadratopG,erit quadratum 
BD aequale quadratis ex OetAB.ErgoquadratumBDmajus cil quadrato BT.namquc 
hoc aequale oftenfum eft quadratis SR et AB, quorum quadratum SR minus cil quam 
quadratum O. El"! ergo BD major quam BT, et proinde AD major quam AT. Si vero 
i'uper AT circunifcrentia delcribatur capiens anguluni aequaleni CG 1 1 hoc cil AST, 
ea continget rectani GF in punàto S, quia triangulus AST cil: ilbfceles. Igitur finiilis 
circunifcrentia fuper AD defcripta, quae elT: Af FD , lineam GF necefïario fecat. 

Porro quod utraque haruni FK, fk aequalis ell datac O fie demonilrabitur. Quia 
quadratum GD aequale cil: quadratis ex O et AG, idemque quadratum GD aequale 
quadratis GA, AD, cum duplo redangulo DAB; crit propterea, dempto utrimque 
quadrato AG, quadratum O aequale quadrato AD cum duplo rcftangulo DAB, 
hoc cil: aequale contento iub DA cum dupla AB et lub AD. Eil autem hoc reftan- 
gulum ad rectangulum fub D/\ cum dupla AB et i'ub AC, licut AD ad AC. Igitur 

Oeuvres. T. I. '\2 



&5Ô 



Correspondance. 1^53. 



ut AD ad AC, ita quoquc quadratum O ad rcftanguliim fub DA cum dupla AB 
ce fub AC, hoc cft, ad rectangulum DAC cum duplo BAC. Eli autcm rcctang-ulu 
DAC acqualc rcctani^ulum FAK, quoniam DA ad AF uc KA ad AC,propter 
criaugulos fimilcs DAF, KAC: habcnt enim angulos ad A aequalcs et augulum 
AF]3 angulo ACK. Item duplo rectangulo BAC aequale ell quadratum AG : uam 
proptcr triaugulos iimiles, ut S(t, hoc eil: duph^ AC ad GA ita efi: GA ad AB. 
Ergo rcttangulo DAC cum duplo rectangulo BAC, aequantur rectaugulum FAK 
cum quadrato GA. Quarc ut DA ad AC ita erit quadratum O ad reétangulum FAK 
cum quadrato G A. hoc eil, ad rettangulum KGF; namque in triangulo KGF 
angulus G in duo aequalia dividitur à linca G A. Eli vero ut DA adAC ita rctlan- 
gulum DAC, hoc eil rectangulum FAK ad quadratimi AC. Ergo ut quadratum O ad 
rectangulum KGF ita rectangulum FAK ad quadratam AC. Ratio autem reClanguli 
FAK ad quadratum AC componitur ex ratione KA ad AC , hoc eil KF ad FG, et 
ex ratione FA ad AC feu AH, hoc eft ratione FK ad KG. Ergo quoquc quadrati 
O ad rectangulum KGF ratio componitur ex ratione KF ad FG et ratione KF ad 
KG. Sed ex hifce quoque componitur ratio quadrati KF ad rectangulum KGF. 
Igitur quadrati O ad rectangulum KGF eadem eil ratio quae quadrati KF ad idem 
rectangulum KGF. ac proindc quadratum (3 quadrato KF aequale eil. lit KF lineae 
datae O. Quod erat demonilrandum. Pertinet autem demonllratio etiam ad lineam fk. 
Si pro Rhombo Quadratum tuerit datum, ad angulum quidem exteriorem Con- 
ilruCtio Pappi nota eil. Sed ad inceriorem eadem erit praecedenti , hoc tantum im- 
mutando ut quadratis ex O et CG aequale ponatur quadratum CD. Demonllratio 
^ autem brevior erit. Nam primum 




quod circumferentia luper AD, 
quae nunc femicirculi eil , produc- 
tum latus GH fecabit iîc oilenditur. 
Etcnim quia O major ponitur 
quam dupla diameter HC, erit 
quadratum O majus oéto quadratis 
AC, et proinde quadratum CD 
majus novem quadratis AC. quare 
CD major tripla CA, et dimidia 
AD quae eil radius femicirculi 
AfFD major quam AC vel AH. 
Ideoquc circumferentia lineam GF 
iecat neceflario. 

Ad reliquam démon llrationem 
jungantur FD, DK. Igitur quia 
limilia iunt triangula ACK, AFD, 
erit et angulus P'DA angulo AKC 
aequalis. Aequali autem intervallo 



CORRESPONDANCK. 1653. 



251 



diftant 
cfTe. E 
addito 



lineae HF, AD, et HA, GK. Igitur apparet FD ipfi AK aeqiialem 

Il autem ex conllruétione quadratum CD aequale quadratis O et AC. Erg'd 

ucrimqiie quadrato CK, crit quadratum O cum quadrato KA aequale 

^ quadratis CD et CK, hoc ell quadrato 

' KD, hoc ert quadratis KF, et FD. 

l^emptifque aequalibus utrimque, hinc 

quadrato FD, inde quadrato AK, Erit 

quadratum KF aequale quadrato O , 

et lineae O recta KF. Quod erat dc- 

monrtrandum. Eadem vero demonllra- 

tio etiam in Caiu altero qui apud Pap- 

puni conllruitur locum habet ut vidcre 

eit ex fchemate adjedo. 




N" 167. 

G. A. KlNNER A LoWr.NTHURN à CllRISTÎAAN HuVGENS. 
29 NOVKMBRK 1653. 

La lettre se trouve à Leulen, coll. Hi/ygens. 
C!ir. Iluygeus y rt/pon/lit pur le Xo. 171. 

Perilluftris, Generofirfimeque Domine Domine Colendiffîme. 
Salutem d Domino et obfequia mea paratifiima. 

Liceatpaec Tuà praeteritarum literarum ') memoriam praeientibus refricarc aut 
li forlîtan cafualiquo ad te illae non pervenerunt, antevertere cogitationes tuas, qui- 
bus fortalîis apud te tacitus acculas filentium meum. Receptis ultimis tuis pro more 
meo ftatim refpondi , propofuique in illis Theorema opticum , quod paucis abhinc 
annis apud nos vocabatur in controverfiam, tuum fuper eo rcquirens iudicium. Sed 
quoniam ab eo temporc iam tertius menfis labitur, neque tamen refponfum à te 
video, quem aliàs in vices alienis literis rcpendendas cognovi fatis pronum; cil: 
profeéto, quare iure merito verear, né aut literae alio dilaplae in locum ilium non 
tetigerint; aut certè, quod nolim, morbus aliquis à icriptione te prohibeat. Quam 
haefitationem aftutuni animo mco exemeris , fi praeientibus quàm primum refpon- 



') C'est la lettre N°. 162. 



252 CORRESPONDANCE. 165^ 



dens aperueris rcriim tuarum et valetiidinis tuac ftatum. Scripfcram in pcnulcimis -) 
meisadcc,mein ordinem rcdcgilTe quadraturam fccundam Clariflnni Geoinetrac Gro- 
gorii â Sancto Vinccntio, quam quia vidi Geometris noflris non difplicerc, publici 
iuris faccre ob corundcm preccs dccrcvi ; iamque opufculum illud 3) fub praclo fudac; 
fpero quamprimum illius coniuniniacioncm. Libcnccr ad tedcllinarcmcxemplar, Icd 
vix fcio quà via; li tibi médium aliquod occurrat idoncum,iuggerc, habebifquepara- 
tiliimunimeadtibi lerviendum. Reverendus Pater Gregorius in proximis fuis ad me 
pollicecur brevî aliquid novum, iîvc illud crit ad explicationem praeteriti operis, feu 
potius novum quidpiam eonitrudioniDeliaci problematis •*) ferviturum. Faxit DEVS 
ne intempertiva Viri optimi mors conatus intercipiat, ce cogitatos labores pofteritati 
invideat non fme maximo Geometriae detrimento. Vir apud nos ei\ fummà ingenij 
felicitate Excellentiffimus Dominus Joannes Marcus Marci ') Medecinac Dodlor 
in Geometricis ac Philofophicis rébus apprimè verflitus, qui et ipfe brevî lucu- 
bracriunculas fuas promittit de Circuli quadratura; ") in quibus non ipfum quidem 
tctragonifmum exhibebit, fed fuas cantum fpeculationes in eum finem dircftas. Edi- 
dit ille idem iam antehac tractatus binos Geometricos de motu '), de Arcu Coelefti ^) 
unum alterumque in materia Philolbphiea de Jdcis ^) ; quos audio multis apud 



=) Voir la Lettre ]NI°. 160. 

3) Elucidatio s^eometrica Prohlcmatis Aulb-iaci livc Quadratura Circuli féliciter tandem detectae 
per R. P. Gregorium a S. Vincentio S. I. clariiïimiim et riibtililiiimim aevo iiollro geonietrani , 
in defenfionem propofita et publico mathcfeos aniatorum judicio expolita Auctore Godefrido 
Aloyllo Kinner a Lowentluirn, Silelio lleichcnbachenfe. l'ragae. cIoIdcmii. in-4''. 

Cet ouvrage est un extrait de celui de Gregorius à St. Vincentio. Voyez la lettre N°. .27. 

*') C'est le problème renommé de la duplication du cube. 

■'') Johannes Marcus Marci de Kronland naquit le 13 juin 1595 à Landskron (Bohème) et mou- 
rut le 30 décembre 1667 à Prague. Il fut admis dans Tordre des Jésuites quelques jours 
avant sa mort. Il était médecin, linguiste arabe et grec, astronome et astrologue. Depuis 
1620 professeur de mathématiques à l'université de Prague, dont il devint le Recteur, 
il fut nommé en 1658 médecin personnel de l'Empereur Ferdinand III, puis Comes Pa- 
latinus. 

") Labyrinthus in quo via ad circuli quadraturam pluribus modis exhibetur. Ed. J. Marcus 
Marci. Pragae. 1654. 

'') De proportione motus, feu régula fphygmica ad celcritatem et tarditatem pulfuum ex illius 
motu ponderibus geometricis librata abfque errorem metiendum. Ed. J. Marcus iSIarci. 
Pragae. 1639. 

De Proportione motus figurarum rectilinearumct circuli quadratura ex Motu. Ed. J. Mar- 
cus Rlarci. Pragae. 1648. L'auteur s'occupa dans ce livre de la méthode dite des tangentes. 

î*) Thaumantios, five liber de arcu caelefti deque colorum apparentium natura, ortu et caulis. 
Ed. J. Marcus Marci. Pragae. 164S. 

9) Idearvm Operatricivm Idea Siue Ilypotypolis et detectio illius occultac Virtutis, quae Senii- 
na faecundat, & ex ijfdem Corpora organica producit. Avthore loanne Marco Marci Philofo- 
phiae & Medicinae Doctore, et ordinario Profeflbre eiufdem INÏedicae lacultatis in Vniverfi- 
tate Pragenfi, phylico regni Boemiae. Anno .■m.d.c.xxxw Invcnitur apud Henning tîroofs. 
in-4". 



CORRESPONDANCE. 1653. 253 



exteros probari. Scripficn on pridem ad me Rcverendus Pater Theodoriis Moretus '°) 
Gcometrià cueteràque INIacheli celeberriimis, Machematum in miiltis Germaniae 
Academijs cmeritiis Profeflbr, cibiqiie per me petijt impenle commcndari , cuiiis 
ignotam quidem non tamen fortallîs ingratam fiilutationcm peramicam praeicncibus 
adfcribcndam duxi. Dcberet non pariim iam pridem invencionibns illius Geometrica 
Reipublica, nilî haruni partium ca foret intclicitas, ut viris alioqui dodilîîmis domi 
Iblum ac in privato "} de partubus ingenii fui gaudere liceat, nefcio quo fati (îenio 
lucem publicam invidentc. Sed aliè) tbrlitan ab importunae cpillolae Icftionc avoea- 
ris? Da veniam fi impeditum tenui diiitius; errore induftus fum ut credercm, placere 
et alijs prolixiorcs cpiilolas, quae me impcnfè deledant. Vive intérim, Valeque 
mei non immemor Juvenum Nobiliilime, et Dioptriea tua, humidoque innatantia 
Mundo ne cela, à quo ob pracclaram Refractionum et Ilumidorum dodrinam, So- 
lidam et Irret'raiftam Gloriam impecraturum te omnino conlîdc. 

Perilliiftris ac GcncrofiiTimac Dominationis Tuac 
Scruus paratiiïimus 

GoDKFRiDus Aloysius Kinner 

à LoWENTHURN. 

I\Liii!i pVKpriù. 

Dabani Prague 29 Novcmbr: 

Pcrilluftri, Generofiffimoquc Domino, Domino Christiano 
IIuGENio D. etc., Domino ac Piitrono mihi Colendilîimo 
Oblervandiffîmoque. 

Hiigam Comitis. 
6. S Gnwen liage. 



'°) Tlieodoriis Morettis, né en 1602 à Anvers, mourut à Breslaii le 6 novembre 1667. Il devint 
Jésuite en 1620, professeur de philosophie, de théologie et de mathématiques à Prague et 
à Breslau ; il fut aussi recteur de Klettau. 

") Remarquons toutefois que Th. Moretus publia beaucoup d'ouvrages à partir de 1633. 



'54 



CORRESPONDANCE. 1653. 



N= 1(58. 

ClIRISTlAAN Ik'YGENS h Fr. VAN ScHOOTEN. 
10 DÉCEMBRE 1653. 

La lettre^ Ut minute et la copie se trouvent à Leii!eii, coll. lliiygeiis. 
Fi: van Scliooten y répondit par le No. i6ç). 

Christ. Hugenius Clariflimo Viro Domino Francisco 

SciIOTKNIO S. 

Mitto ecce quam petijfti akeram Problematis Apolloniani de Rhombo conftruc- 
tioncm, in qiia demonftratio hrcvior cfi: qiiam in priori , Et una ad utrumque cafuin 
accommodata. Item qua rationc INIcthodum tuam invcniendi gravitacis centra pro- 
moverim ita ut ad Quadraturam ctiam deducat Parabolac et fimilium fpatiorum. 
Erto itaquc hujus in parabola cxemplum; quae fit ABC, axis BD, et reftanguliim 
parabolam continens AEFC , lateribus AE , CF axi parallelis. 

Poftquam igitur methodo tua inventum 
erit gravitatis ccntrum parabolac pimctum 
H ut BH fit ") 4 BD : ad eundem modum 
inveniendum quoque centrum gravitatis I 
fpatij ABG , quod *) binis confiât refiduis 
quale AEB. Hoc autem ficri poteft, quo- 
niam ejus quoque naturac cfl: fpatiuni ABG, 
ut pars ejus quaevis quae abfcinditur rectd 
lincâ bafi AG parallelâ, qualis efl: verbi 
gratia HBX, ad totum GBA notam habeat 
proportioncm ; candcm ncmpe quam 
□ XI, IB ad □ AE, EB, hoc ell quam 
cubus IB ad cubum EB. Et hanc quoque 
habet proprietatcm ipatium GBA, ut à 
centro gravitatis axis EB eadem propor- 
tione iccctur, atque axis partis cujusvis 
ablcifiac flBX à centro gravitatis fuo , quae 
tacile oftendi poficnt. Invenietur igitur BI 
efre "■) j BE ut I fit centrum gravitatis GBA. 
Erit autem centrum gravitatis partis EBA 
in linea IX ; Item centrum gravitatis femi- 
parabolae ABD in HA ipfi DA parallelâ, quia videlicet H efi:c:ntrum gravitatis 
totius parabolac. Verum ad indagandam quadraturam opus efl: ut fciamus in 
quo lincac MA puncto dictum gravitatis centrum confillat. Ponatur in O , et duéla 
PQ bafi AD parallelâ abfcindat particulam APQD; cujus centrum gravitatis 
ponatur efle T punftiim : et jungatur TO, quae produfta occurrat AD in R. Pro- 




Correspondance. i6^2- 



'-5?i 



dufta vero verfiis O tranflhic nccefflirio pcr ccncrum gravitatis partis reliquac PI50, 
qiiod fit K. Et ducatur YKZ parallcla '') AD. Fingendum ell autcm lient in tua 
mcthodo, qiiod OT aequalis OR, qiiafi T incidat in R, qiioniam Icilicet niinimani 
imaginannn- particulam '} AQ. Idco autcm et centrum gravitatis in mcdio ipiius 
iitum intelligere licct, quia haud aliter quam exiguum rcttanguluni eonlideratur, 
quantum ad haec. Ergo T live R bitariam feeare débet Al). Sit jam I5D x> a item 
latus reftum 30 <^, ergo et DA erit a. Porro MO fit x et DQ,3'. Sint autcm LS 
et KL axi BD parallelac. Ergo Calculus erit hujufinodi. 



Dli IIB l)Q VlZy^KL 

n — i a — y / iy. Ergo BZ 'X) la —ly 
m. ilatus rectum a 
YZ "j/s aa — l ay 
YZ 




AH 

iilt! 



OH 

-.V — 



r-^A/vx 



xxy 



KZ 
vel LU 



'ex .r OH 



\ / .r.vv ,^, 
.V — y XX — —■- OL 



KL LO 

iy .V — v .v.r 



.r.vv 
a 



OS co IID 

ia 



fiib. 



|RI)i^/ 
ISD "r 



^ SRicz— .rco- 



\ / .r.vv 

lax — ia\/ XX— - •- 



SR 



^ ay — rSfXy — lax 



-y XX 



xxy 
a 



, .rv \ / .r.vv 

il — *^- — .V X) - V XX — — ^ 
■^ ■' - a ^ a 

'^XXV X'\^V ^^ 

.Scriptis Icribcndis fit quadrando — i.vv + " ' — r -r.r xi .r.r '-^ 

- • a a 

|- ^/.r;v — %xxy X) xxy 



4 1^ co 4.r 
^azo X HO 



Pofiquam igitur inventum cil quod IIO x % AD, et quod El x g EB; fit 
jam rcCtanguli ED centrum gravitatis M, et ducatur OM, quac produfta occurrat 
IX in V. Igitur V ccntnmi gravitatis ell refidui AEB. Sit item TJVIH parallcla DB, 



256 



CORRESPONDANCE. 1653. 



qiiac quidem dividcc Eli bifariam. Ergo quoniam El cfï | ER crit et 15 | EB. Et 
quoniam Oli cil § EB, erit OF ^ EB. Ergo IH diipla cit ipfius TO. quarc et VIM 
dupla iMO: ac proinde per 7 libri 2 Archimedis de Aeqiiipondcrantibus etiam 
iemiparabola ABI) dupla reiîdui AE15. Ideoque rubfefquialtera rcctanguli ED. ex 
que quadratiira iiianitclta ell. \'idcs aiitcni hacc ad fimilis naturae plana applicari 
pcfTc. qualia lunt Parabolac iltac altioris gradus quas nolli. 

Ilifce expcditis conftruclionem nunc icribam Apolloniani problcmacis quae lie 
habct. Sit datus rhombus ADBC cujus produftuni latus DB, Et data fit linea G. 
Oporteatque ducere rectam ANF , ut pars intercepta NF fit datae G aequalis. Dii- 
catur diameter AB, et quadratis ex G et AB fit aequale quadratum AH , et ducatur 
1 lE ipfi BA parallcla. atque ad cam ex A ponatur AE aequalis G, et fit, recta FAN 
dico NF datae lineae G aequalcm fore. Etenim in producta BD, ponatur ipfi aequa- 
lis DR. et fit RK parallela DA vcl BC , eiquc occurrant FA , BA , HE , in punélis 
INI, Q et K. Et jungatur RA et producatur ad P. 

Quoniam igitur DR 
aequalis citDB, et RM 
parallela ipfisDA,BN, 
erit et MA aequalis 
AN, et Qx\ aequalis 
AB. angulus autcm 
BAR reclus ell quuni 
fit in femicirculo; (nam 
DB, DA, DR intcr le 
aequales ,) Quare et 
anguli ad P refti erunt, 
nani BAQ, HEK inter 
le parallelae; et erit 
IIP aequalis PK. 

Ell igitur quadra- 
tum AH aequale qua- 
drato AE una cum rec- 
tangulo HEK. Sed idem quadratum Ail ex conllruclionc aequale efi: quadratis ex 
G feu AE et ex AB. Ergo quadratum AB aequale redangulo KEII. Qiiamobrem 
erit KE ad AB ut AB ad EH. Verum KE ad AB feu QA, ita ell EM ad MA: 
et ut AB ad EH ita ell AF ad FE, utrumquc propter fimiles triangulos. Igitur 
EM ad MA ut AF ad FE: ideoque EA ad AM ut AE ad EF. Aequalis itaquc 
EF ipfi A M hoe eil ipfi AN. Quarc et FN ipfi AE hoc ell datae Cî. Quod erat 
demonilrandum. 




Efto rurllis ACBD rhombus cujus producla fint latera BC, BD. Opor- 
teatque ducere reétam NF per angulum A tranfeuntem quae fit aequalis datae G. 



CORRESPONDANCE. 165C 



'■S7 




Erit in Ichemace adjcrto iicuti propolitLim cil:, cadcm conllruftio et (.Icmonitratio 
quiic in caiii llipcriorc. 

Hagae. lo Dec. 11553. 



") Dans la minute: fcsquialtera MD. 

'') Dans la minute: a linca BE bifariam et in partes (rmilcs fecatm-. 

") Dans la minute: tripla rcliquae lE. 

''^ Dans la minute: AH. 

') Dans la minute: APQD. 

-/) Dans la minute: — ^ a -\- 3a" Ts — X. 

4 .r co ^ a. 
X zn i a. 



Octivres. T. I. 



CORRESPONDANCE. 1653. 



N= 16^. 

Vu.. VAN SciiooTEN à Christiaan IIuvgens. 

13 DÉCEMBRE 1653. 

La lettre se trouve à Le'ulcn , coll. lliiygciis. 
Elle est la réponse an No. 168. 

Fr. à ScHOOTKN CUirifrinio \"iro Domino Ciiristiano Hugenio. 

Acceptis tuis, lo Dec. ad me dacis, gratijfquc pro ijs rcdditis, nolui dcficcrc 
promiilis: nimirum, ut Te parcicipem facercm coruni, quac Nobilifllmu.s Carcclius 
et Ornaciffîmus Bartholinus '} dignati funt ad me pcrfcribere, finguli fuam de Cir- 
culiQnadracaràClarilTimi Grcgorij h Santto Vincentio profcrcntes fentcnciam, proiu 
eandem priori examinandam magnopere commcndalTem. Quocirca à Te praecor, ne 
hacc -) alijs communicacum iri finas, fiqiiidem alccr ingénue mencem fuam et coram 
amico exponit, quae fi alijs communicata fuerint, pacem non parum dubio procul 
turbarcnt, (cum vcritas odium pariât); et altcr omnino à me pctierit, ut, quae ille 
ex litcris Clarifiimi Domini De Bcaunc piae memoriae excerpferat, pênes me refer- 
varc vcllcm, nec ulli alteri oftendcre. Quae tamen, ut ut mihi iniuncta, ut laterent 
Te, non committendum duxi, fed ut in veritatis defenfionem, quam tibi delai- 
dcndam fufccpilH, ufui forte cfie poffènt. Si Guldino meo s), alijsque quae comnio- 
davi Tibi , utaris parum , quacfo Ducquio committere velis , quem paucos intra dies 
hic cxlpecl:o, qui facile illa apportabit. Caeterum rogo ut me credas 

Tibi addictiffimum 
Lcijdac 13 Deccmbr. 1653. Fr. à Sciiooten. 

Nobiliffimo atque Cliiriffimo Domino Ciiristiano 
Hugenio, amico integerrimo. 

per amicum. Hagae 



') Erasmus Bardiolimis [Rasnuis Bcrthelsen], le sixiOme des 7 fils savants et renommes du mé- 
decin danois Gaspar Bertlielsen (12 février 1585—13 iuillet 1630) naquit à Roskild le 
13 août 1625 et mourut le 4 novembre 1698 à Copenhague. Docteur en médecine, il 
voyagea durant dix ans en Italie, en France, en Angleterre et dans les Pays-Bas (1646 — 1656): à 
son retour il devint professeur de mathématiques, puis en 1657 professeur de médecine à 
Copenhague. Plus tard il y devint Membre de la Cour de jiistice. Entre autres ouvrages il pu- 
blia la description des phénomènes de double réfraction, qu'il avait découverts dans le Spath 
d'Islande. 

") On trouve la lettre de des Cartes, qui mourut en 1650, dans l'Appendice N°. 170. Chr. 
Huygens l'a publiée plus tard, le 2 octobre 1656, dans son ouvrage „Ad. Fr. Xav. Aynscom 
Epistola". La lettre de Er. Barthoiinus n'a pas été retrouvée. 

3) Probablement P. Guldinus, de Centro gravitatis. 



CORRKSPONDANCK. 1653. 259 



N= 170. 

R. Di:s Cartes h Fr. van Sciiooten. 

y AVRIL 1649. 

Appendice an No. 169. 

La copid se troHYi; à Lchlcn , cuil. Ilnyi^cns. 

Monsieur 

J"ay garde vos livres') un peu longtemps, pource que je (.leilrois en vous les 
renvoyant vous rendre compte de la Quadrature du cercle prétendue, et j'avoisbien 
de la peine à me reibudre de feuilleter tout le gros volume qui en traite, en fin j'en 
ay veu quelque choie et afil-z ce me femble pour pouvoir dire qu'il ne contient rien 
de bon qui ne ibit facile et qu'on ne pull efcrire tout en une ou deux pages, le relte 
n'eH: qu'un paralogilme touchant la quadrature du cercle, enveloppé en quantité de 
propofitions qui ne fervent qu'a embrouiller la matière, et font très fimples et faciles 
pour la plufpart , bien que la façon dont il les traite les face paroiftre un peu obfcu- 
res. Pour trouver fon Paralogilme j'ay commence par la 1 134e page ou il dit nota 
aiitem cjî proportio fegmenti LMNK ad fegmentitm E GHF, ce qui cft faux , et 
la preuve qu'il en donne ei1: fondée fur la 39e propolltion en la page 1 121 dumefme 
livre, ou il y a une erreur trcfmanifeftc qui confifte en ce qu'il veut appliquer à 
plufieurs quantitez conjointes ce qu'il a prouvé auparavant des mefmes quanticez 
divifées. Car par exemple, aijant les 4 ordres de proportionclles 

2,4, 8 et 2, 8,32 

2,6,18, 2 , 10, 50 
bien qu'il foit vraij que 8 efl: à 32 en railbn doublée de ce que 4 eft à 8 , et que 18 
cil aufli h 50 en railbn doublée de ce que 6 qI\ à 10 , il n'ell pas vray pour cela que 
8 plus 18 , c'ell a dire 26 foit à 32 + 50 c'efl: à dire 82 en railbn double de celle 
qui ell entre 4 + 6 c'efl à dire 10, et 8 H- 10 c'eil h dire 18. Tout fes raifonne- 
ments ne font fondez que fur cette faute, et ce qu'il efcrit de Proportionalitatibus, 
et de duclibus ne fert qu'a l'ambarafTer, et ne me femble d'aucun ulage, poiaxe que 
frullra lit per plura quod potell fieri per paueiora. 

D'Egmont, le 9 Avril, 1649. 



') Il s'agit ici de Touvrage de Gregoriusà Saiicto Vincentio, intitulé: C)pus geomctrieinn Oun 
dratiirac Circiili et Sediomim Coni. Voyez la Lettre N°. 25, Note 6. 



l6o CORRESPONDANCE. 1653. 



N" 171. 

ClIRISTlAAN HUVGENS h G. A. KiNNER A L5\VENTHURN. 
16 DÉCEMBRE 1653. 

La minute et la cofiie se trouvent à Leiden , coll. Iliiygcns. 
La lettre est la ri'piinse au No. ifi-. Kinner à LOwent.'iuni y répondit fiar le A'o. 172. 

Nobiliffinio Gencrofirfimoque Viro Uomino Aloisio Kinnkr 

à LoWKNTHURN ClIR. HUGENIUS S. 

Quoniani de Ihuu valccudinis nicae ccrtior ficri ciipis, Kinncrc Nobilillîme , Irico 

me priftinae rcrtitutum fanitati , nihilquc jam aut corpori auc animo malc efle, 

niil quod dolco propcer dcperditas 'j liccras tuas quibufcum et Opticum Theorema 

inccrcidinc intelligo , quo gencrc pliirimiim equidcm nunc dclcétor. Ucinam modo 

ne ab opufciili tui conlidcratione prohibcar quod fub praelo efTe Icribis. Cujus cum 

ad Patrcm Gregorium cxemplar mictes, mei quoquc ut recorderis quaefo. Exiftimo 

autem reperturum te qua via ad ipfum pcrferatur , aut illum certc indicaturum, cum 

niliil fit ejus Societatis hominibus inaccefTum aut invium. Quid novi circa Deliacum 

problema moliatur (nam et ab alijs idem intelligere memini) fcirc aveo, et pcr 

cpiilolam icilcitari propofitum eil. Quod fi de Geomctrica per plana conrtruclionc 

laborat, in cafliim operam perdere arbitrer. De motu atque arcu Coelefii fingiilos 

milii traclatus commémoras J. M. Marci, quorum mihi neutrum vidifle contigit. 

Ergo Tu fi quidem legifti hoc laltem fignifica, nunquid Cartefio in ijs quac de 

Iride afTentiat. De motu vero hoc, an et impullbrum leges attigerit, in quibus defi- 

niendis pkirimi malé decepti tuerc haftenus, maximéquc omnium Cartciius, ut ali- 

quando ollenlurum me confido. Scribit is, Si Iphaera verbi gratia A impingac in 

i'phaeram fibi acqualem B et quiefccntem , habeatque A quatuor partes celeritatis ; 

quod in B unam tranfferet cumque tribus rcfiliet rcliquis. Ego vero demonilraturus 

fum , omnem celeritatem tranfituram in B, manfi.n-amque A mo- 

A -^ tus omnis expertem , quod et alij ienfere experimcnto indufti. 

O "^ Quid autem contingere debeat cum inaequales fphacrac (unt , 

ut fi C firbdupla fit magnitudine iphaerac D, cui quicfcenti oc- 

currat cum quatuor celeritatis partibus, quantum tranfire debeat 

in D quancumquc ipfi C relinqui, hoc h nemine adhuc determi- 

natum vidi convenienter, aut certe ut meis rationibus conlentiret. 

7) 
C Quid fupcr his tu fentias Vir Subtiliffime, quidvc Exccllentifil- 

O C^i nius Dominus M. Marci, fcire pervelim. Huic intérim me com- 

mendari te intcrcedente dclidero,et cum ferct occafio Reverendo 

Patri Tiieodoro Morcto quam diligentifiime. Quis autem ego ut Emeritis ctiam . 

Mathematum Proteflbribus tanto intervalle lejunCtus innotucrim. Caecerum licut 

') Huygens semble oublier ici la lettre do Kiniicr :\ Liiwenthurn du 28 août, N°. 16;, où 
il avait mis lui-même ,,R3. 11 Sept." 



CORRESPONDANCE. 1653, 1 654. 26 1 

Clarifilmoriim qiios dixi vironim lucubrationes "') cuo foliiis judicio frctus plurimi 
fiicio, ira nihil mihi fit grntum acqiiè, qiiam fi ab ipfis Problcmation aiit fimilc quid 
tua opéra Icgcndum obtingat; atquc inde vclut ex iingiic (qiiod aiunt) vcteranos 
artis Geometricac agnofcam. Tradatiis meus de retVaftione et Teleicopijs ad fincm 
jam perduftus cil. qui licet à plurimis cxpofcatur dubito an non in annum lalteni 
premendus fit, fubindc incremcnti nonnihil accepturus: Quem nupcrrime ctiam 
Theoremate ifto quod non ex infimis ell locupletiorcm reddidi. Si per lentes quot- 
libet etc. Sicut hoc novum ell Thcorcnia ita et rcliqua fi.mt omnia, ex qnibus mag- 
nam cquidem voluptatem me coepiflt latcor majoremque etiam percepturum fcio 
cum Tibi atque alijs pari ingenio viris legenda ollcrre concedetur. Valc. 
Hagae i6 Dec. 1653. 

Nihil ctiamnum cdituni cilc à Patrc Ainfcom dciniror, ncc quae fit procrailina- 
tionis caula nimiae intelligo. 

PerilUiitri Generofiflimoque Domino Domino Ai.oisio Kinneko 

à LOWENTIIURN. 

Pragam. 

N= 172. 

G. A. KlNNM:.R A LuWI'-NTlIURN h CiiRlSTfAAN Hl'VGKNS. 

3 jANvn:R 1654. 

i<; /cir/e se Iruitvc li I.riJcn, aill. Ilnytrcns. 
Elle es/ la n'i'unse an Nu. 171. Ch;: I/ayp-.-'s y ri'pinniit par le Nn. i^rt. 

Illullris ac Gcncrofirrimc Domine, Domine ac Patrone 
colendiffimc. 

Salutcm â Domino et felicifllmum ineuntisNovi anni aulpiciiim pracvijs obfcquijs 
meis Dominationi Tuae animitus apprccor. 

Non iniurid, ut video, è liL'crarum tuarum diuturna emanfione mearum amillio- 
nem ominabar; quas cquidem immeritô luges, Nobiliflime Hugcni; fortalRs enim 



-) Les ouvrages de M. INIarciont Jéja été cités; quant à TheoJorus IMoretiis, il nvaii publié les 
volumes suivants: 

Trartatus in octo Libros l'iiyficorum ex praelcctionibus Tbcod. Morcti a Paulo Schrabonc 
Canon. Strahov. deicriptus. Olomucii. 1633. in-4''. 

Propofitiones Mathematicae de Céleri et Tardo naturac et armonun dcnionllrandne in 
Caefarea llegiaquc Vniverlitatc Pragenfi a D. Gafparo Alexio Francq. NoWli Silclio VVar- 
tembergenli. Praefide 11. P. Theodoro Morcto Societatis lelV. Art. et Pbil. Maj,-. ac Ma- 
thcfeos in cadem Vnivcrfitate ProfcITbre. Anno 1635. in 4°. 

Matbanatici Tradatus de Ibntibvs artilicialibus. Auc't. 'l'Ii. iMoreto. Prsgae. 1641. in-4'. 



202 



CORRESPONDANCE. 



1654. 



vcl idco finillram illam lortunac fubiere viccm, quiu confpeétLi ciio erant indignae. 
Jnferiicram illis Thcorcnia opciciim rcfraftioncm conccrncns, multum antc aliquot 
annos apud nos difpiuatuni occalîonc thcruim quarundain de Jridc , qiias profciïbr 
Mathcfeos Pater Bakhaflàr Conradus propofucrat. Quandoquidem crgo de refrac- 
cionc, qiiae genefin Jridis ingredicur, quaercbacur , vcnic in quaeflionem, an cciam 
radij qui tangunt globulos pluvios in quibus effigiatur Jris ret'ringantur perinde ac 
ceceri fecantes cofdem. Jpfe negantibus ceceris tangentium reiracl:ionem demon- 
Itrabat hoc diicurlu , quem cuo iudicio volo fubieftum. Sic punftiim aliquod Solis A, 
à que in fphaerulam BCDE incidant radij AB , AC tan- 
gentes candem in pundtis B, C ; AD et AE vero lecantes. 
Dico tangentes AB , AC etiam refringi. Ciim enim prop- 
ter médium guttae denfius quam fit aer fiât refratliio ra- 
diorum ad perpendicularem, inclinabuntur omnes refrafti 
radij vcrfiis centrum "F , claudenturquc terminis cadenti- 
bus intra fphaeram , verbi gratia terminis BG , CH. Dico 
termines radiorimi refrattorum BG, CH oriri â tangen- 
tibus. Sint enim radij AD, AE fecantes fphaeram, fintque 
]^I, EK ab illis refrafti, dico hos non tcrminare omnes 
refraftos , quia cum arcus BD , EC , qui tangentem ipter 
et fecantcm inceriacent, in fententia Mathematicorum 
fint adhuc in infinitum divifibiles, poterunt inter B et D, 
itemque inter E et C cadere alij radij fecantes, qui in 
fphaeram refringantur, adeoque fecantes AD, AE re- 
fraéti in DI , et EK non terminant fpacium radiorum re- 
fraftorum. Atque idem difcurfus valet pro omnibus alijs 
fphaeram fecantibus. Cum ergo confi:et effe aliquem ter- 
\c minum radiorimi intra fphaeram refraétorum, et illc non 
oriatur â fecantibus, necefi^e efi: oriri â tangentibus ") . Radij 
ergo tangentes globulorum refringuntiu*. Hic ténor erat 
theorematis tibi tranfmifli , quem hic repeto et fupcr eo 
fenfum tuum expeto, mecum pofiea aperturus. Maiorem 
in modum me dcleCtas , quôd ais traCtatum tuum opticum 
ad finem cfi"e deduftum ; fcd contriftas quod in annum adhuc premi velis. Vt quid 
enim tam nobili partui luccm et amicis gaudium tibique congratulationem invideas? 
Scd in illo prccor , ne omittas idoneam aliquam rationem elicere è Thcorematibus 
tuis, cuius auxilio admiranda illa colorum genefis iridem comitari folita explicetur. 
Nam illa abllrufior, nifi fallor, ell, quàm ut illam Cartefius imaginario fuo, nefcio 
quo particularum lucidarum gyro attigerit; illud enim meo iudicio (pace tanti viri 
. tuâque dixerim) magis efi: confingerc, quam philofophari. Jn quo et 

p, Q illud tu ipfe in alio génère merito carpis , quod in cafu, quo globulus 
A aequalis globulo B quatuor partibus celeritatis impellitur in globu- 




CORRESPONDANCK. 1654. 263 



liim B , velit ipfi B parccin celcritatis communicarc, et cum tribus rcliquis rclilirc. 
Jllud cnim unâ tecum contra rationcm puto, et expericntiac nianifellac reirap;ari. 
Vnde enim globulo A vis ad rciilicndum? cum cadem vis, quae movct globuluni 
A , adaequata etiam 11: globulo B utpote ipli A aequali , adcoquc ipfum potius pro- 
pellet, quàm ab eodcni rcpcllatur. Globulus ergo B accipicns impctum ab A feretur 
in oppoiîtum, ipfum vcro A coget quiclccrc, ut pote cuius impetum obilando rcprellit. 
Eadcm mens clt Domino Doétori Marci, qui et illud in libro fuo de proportionc 
motûs addit, fi in duos globulos aequales A, B, fibi contiguos dircdo impingat tertius 
C , etiam bcllici tormcnti violentiâ excuiïlis , A quideni movendum in partem oppo- 
fitam , B vero omnis moti^is fore expcrtem : quod prorfus admi- 
.-. ^Y-\ randura eil, ut impetum machinae bellicac fulîineat tantillus glo- 

'"" bus"), cuius alias violentiae cedunt omnia. Apud eundem quoquc 
invenies, fi quotcunque globulos aequales iuxta fe pofitos feriat alius aequalis, om- 
ncs praetcr remotiorem fore immotos; ficut et illud quod futurum fit, fi maior feriat 
minorem, aut ab codem feriacur, et plura alia fcitu non incuriofa; in quo tamcn 
obfcuritatem in demonfirando plcriquc arguunt, quorum iudicio non invitus accedo. 
Jn Jridc fua multum à Cartefio difcrepat ; at illius explicatio mihi nequaquam latif- 
facit, quam ut verum fatear, necdum latis penetro. Nihilominus virum ingeniofifli- 
mum maximi facio, et obfcuritatem potius virtutiimputo; habent enim hoc ingenio 
praecellentes , ut omnium aliorum ingénia fecundum proprium velint mcnfurari; 
pateatquc etiam alijs fore clara omnia, de quibus illi non ambigunt. Miferas ad me 
in pcnultimis tuis conih'uétionem tuam quâ folvis problema de fettionc fphaerae in 
data rationc, cuius, quia mihi vehementer placet cocilruftio, fi demonfirationem non 
invideris, rem utique mihi feceris quàm gratiffimam. Abfolvi tandem impreilîoncm 
opuiculimeiproquadraturacirculiReverendi Patris Gregorij âSanfto Vincentio ') 
ad qucm fcquenti hebdomada duo exemplaria tranfinittam, c quibus unum ut fpcro 
per eundem ad te perveniet. Mis Vale Feliciffime Hugeni et laboribus tuis Mathc- 
maticis orbem illuftra , viveque mcmor illius, qui ell 

Pcrilluftris ac Generofiffimiie Dominationis Tuïie Servus panitiflimus 
GoDEFRiDus Aloysius Kinner de Lowenthurn. 

Dabam Pnigae 3 Januarij 11554. 

Ferilluftri Gcncrofifrimoquc Domino Christiano Hugenio etc. 
Domino ac Patrono mihi Colcndiflimo obicrvandifilmoquc. 

6. Plagac Comitis. 

s' Graven Haage. 

") Ego dcmonllravi quod terminus non fit a tangente radio, fed ab alio [Chr. I luy- 

gens].=) 
*) Atque C non maior débet efiè quam B vel A [Chr. Iluygens]. 



') Voyez la Lettre N°. i6-. Note 3. 
-) Voyez la Lettre N°. 1-6. 



104- CORRESPONDANCE. 1654. 



N" 173. 

CllllISTIAAN ITUYGENS il GrEGORIL'S A St. ViNCENTIO. 
5 JANVIER 1654. 

La minute et la copie se trouvent à Leiden, coll. Iluygens. 
La lettre est lu réponse au No. 125. Gregorius à St. Fincenlio y répondit par le A'o. 175. 

Grkgorio a Sancto ViNCENTIO faullum optât et aufpicatur 
anni exordium. 

ClIRISTIANUS HUGENIUS. 

5 Jiinua. 1654. 
Non dccct pcrpecuum hoc ficri lîlentium noib-um Vir ClariOnne, quod ut mea 
culpa quodammodo hucufque produétum faceor ita nihil minuilTc fcio de aiFcdtu 
crgo te mco aut vcnerationi qua et virtutes Tuas caeteras et humanitatem eximi- 
ani quà me coram cxcepifH merito funi profecutus. Expeétavi hue ufque et fruflra 
quidcm ut nova fcribcndi occafio nafceretur nobis ex Apologia Patris Ainfcomij '), 
quam ante menf'es ab"quot ad fineni jam pcrduftam mihi nunciatum efl:, et fub 
corum manibus verfari quibus cenfura librorum curae crt. Eam igitur quid adhuc 
lucepublica arccat equidem excogitare mihi diffieilc eft, tibi vero cognitum procul- 
dubio quapropter rogo ne id diutius h me ignorari patiare ied pro folito candore 
fignificcs. Illud quoque nofl:i quod aliam Tui defenfionem -) adornat Dominus AI03'- 
fius Kinnerus quocum amicitiam te conciliante contraxi; proximis enim quas ad 
me dédit literis 5) fub praelo fudare opufculum fuum fignificavit ; an Tuum potius ; 
quo fecundam ordine Quadraturam tuam concinnius explicandam fufcepiire ait et 
in meliorcm ordinem dirigcndam quàm tibi temporis anguilia et invita fellinatio 
permiferint. Spero repcrturum ipfum qua via cxemplar ad nos perferatur , valde 
enim quid clîccerit videre defidcro. Plures jam literae ultro citroque inter nos com- 
mcarunt, unde Ingenium ejus opcinium ianc atque aciitum, aliquatenus mihi inno- 
tuit. Caeterum id quod mukas ob cauiiis nefcire me non oportet, quo loco aut condi- 
tione lit inter luos, nondum iatis compertum habco; atque hoc me aequum ell à te 
edoceri. quum diuturna inter vos, nifi fallor, conftiterit familiaritas. Equidem omni- 
bus quotquot ad me dédit epiiîolis peramicam etlionorificamTuimenLionemfecit. 
Et poftremis iftis quas dixi Aefonis tibijuventamaut Neiloreosannostiliipraecaba- 
tur ut perficere pofTes et publico bono vulgare quaccunque prae manibus haberes. 
dicebat autem Deliaco Problemati •*) te animum nunc adjcciiTc. igitur pcr phma con- 
fl:ru6tionem ejus tentari opinor rem arduam plané et mulcorum opinione impoffi- 
bilem ; de qua tamen cur omnino defperandum fit , h nemine ratio adhuc reddita efl: 
idonea. Varijs iftis diverforum artificum repcrtis quae Eutocius in Solutionem dif- 



' ) Voyez la Lettre N". 1 45 , Note 6. 

-) Voyez la Lettre N°' 167 , Note 3. 

3) Voyez la Lettre N°. 172. 

"t) Voyez la Lettre N°. 167. 



CORRESPONDANCE. 1654. 265 

ficilis hujiifccmodi reccnfuit, fuis in Archimcdeni commcntariis duo vcl cria eodcm 
fini à me fupcraddita func, quorum •altcruni cum dcnionltracione Domino Kinncro 
pridem cxhibui; Va mcthodus cercu oll, quâ plurcs cjuCdcm probleniatis ne dicam 
innumcrac conitructiones inveniri queanc. Utililiima auteni proculdubio eil eadem , 
quae factu lacillima; Ideoque in hoc dandam operam dicerem, ut per anguli criiectio- 
nem aut aliquid quod aeque tacileni ^sipypyiav admitteret, propofituni cfliciatur. 
Uciquc fi ad planam conllruftionem perveniri nacur;r rei non pacitur. Apollonij Coni- 
corum libri 8 Edentc Claudio Richardo-*) utrum prodicrint ctiamnuminccrtusfinn, 
cum in catalogo quidem librorum qui Francofurcenfibus nundinis proftitere nume- 
rcncur, ncc camen mitti milii eos videam ab ijs qui Antwerpiae hoc in fe muneris 
receperun:. Si bene rccordor coram mihi narrafii non ipibs Apollonij libres illum 
edere fed fiios, neque aliud praeter argumenta in ijs genuina eiVe, quae apud Pap- 
pum Alexandrinum proponuntur. Quod fi ica e(l, dabo equidem operam ut Cla- 
rifiimus Golius nofter tandem aliquando manum operi admoveat neve diutius in 
mânes Apollonianos peccet fcripta ejus premendo quae h mulcis jam annis pollîdet. 
lentum illum dicerem nifi et ipfi mihi talis viderer qui fesquianno tere vix unam 
Dioptricorum Traftationem abfolvi. neque tamen ira ablblutus eil quin tcmpore 
concefTo audior evadere poflit aut certe limatior. Itaque fepoiui nunc tantilpcr 
donec refrigerato inventionis amorc velut alienum infpicere revertar. Pollca vero 
editionem non difteram , fiquidem a pîurimis eum defidcrari compcrio , quorum 
leftione et comprobatione praecipuum mihi laboris praemium parari arbitror. A te 
vero Vir Praellantiflimc non minimam quoque ejus partem expcCto. Qucm proindc 
diu nobis luperltitem precor et incolumem. Vale. 



N2 174. 

G. A. KiNNBR A LoWENTilURN à CliRISTIAAN HnVGENS. 
7 JANVIER 1654. ") 

/,(.' h-Urc Si- triKiYc c. LàJai , coll. /Jiiyt,'i:/s. 
Chy. IfnysTcns y ri'pimdit ptr,- le Nu. 176. 

Illuftris ac Gcncrofiffimc Domine, Domine ac Patronc 
colendifiime. 

Mitto hâc occafione promifium mcum libellum, qucm ubi per ocium evolveris, 
fpero te pro veteri confidcntia et genio tuo non fraudaturum me iudicio tuo,'quod 
etiam atque etiam expefto. Sivc enim illud partibus mcis faveat, five advcrlecin-, in 

'') Voyez la Lettre N°. 1-5. 

Oeuvres. T. I. 'xx 



266 CORRESPONDANCE. 1654. 

lurumque paratum invenies; ncquc cnim ita rébus nicis afficior, ut non cuiufvis 
fynccro iudicio vclim exponi; aut ita mihi complaceo in cxili meo ingcnio, ut non 
crcdam alios multis mcipfuni paralangis antcccllerc. Plura fcriberc vctat properuns 
occalio, quâ hacc ipl'a ad Revcrcndum Patrem Grcgorium commode polVunt de- 
terri; et fulîus ante quacriduum ') per ordinarium curforem ad te icripli. Vale 
mcique memor vive 

Illuftris ac Generofiffimae Dominationis Tuac 
ServLis promptiffîmus 
GoDEFRiDus Aloysius Kinner. 
Mamt propriû. 
Diibani Pnigac 7 Januarij Anno \(^SA- 

") Ro pMart [Chr. I luygcns]. 



N° 175. 

Gregorius a St. Vincentio à Christiaan Huygens. 
15 janvier 1654. 

La lettre se trouve à Leiilen , coll. Ihiygens. 
Elle est la réponse an No. 173. 

Grkgorius y\ Sancto Vincentio Clariffimo Viro Domino Ciiristiano 
FIuGENio falutem precatur. 
Et Ego jndecorum judico Vir Clariffime, vitra iulli temporis moram , producj 
filcntium, inter amicos; quanquam difficile cxiftimem, interuallum llatuj polIè, 
cuius terniinos praetcrgredj , inciuile decerni debcat. hucufque cxtendi pafllis non 
fuiiïem; il promifTa e Bohemia mihi fafta, libi conftitifTent. Patris Aynfcoraij lucubra- 
tiones, fccundo intcrruptae fuerunt; morbo valetudinem eius ita affligente, vt ab 
inccrita vix abefîèt: Vnde feptcm meniium fpatio, a Geometricis vacare coaftus 
eft. Viderunt quidem e nonnuUis, quibus Cenfura librorum indulgetur, priraum ac 
iecundum librum ') ; poilcriores autem necdum Vlli credidit. Volupe mihi fuit in 



') Voyez la Lettre N"\ 172. 



') Dans son „Exporitio ac DediKflio Geometrica" (Voir la Lettre N°. 145, Note 6) le Père 
Aynscom traite des objections contre les quadratures du Père Grej!;oriiis à St. Vincentio, 
dont il a été si souvent question dans ces lettres; et dans les deux premiers livres de cet 
ouvrage il parle en outre de celles de 

Vincentius Léotaud, né en 1595 à la Val-Louise (Embrun) et mort à Embrun en 1672. Il 
devint Jésuite en 1613 , fut professeur de mathématiques à Dôle pendant 14 ans, puis îi Lyon, 



CORRESl'ONDANCR. 1654. 267 

licteris cuis memoritim admixttim ccrncre , Domini Aloyiij Kinnerj, cum quo non 
eft infrequcns mihi littcrarum coinmcrcium;; L'xfpeftaui a menfe, excmpIarlibcUj 
fui, quae mora caufa fuit,tam fcrae fcripcionis mcac , tardiorifuc rcfponli ad tuas. 
Eius viri Genius , Jngcnium , Jndolcfquc per licccras mihi jnnotuic, quibus (lia com- 
municauit : aliunde nihilominus a diCcipulo quondam meo "), qui Mathcmaticas dil- 
ciplinas Oloniucij , in Morauia, ac Pragac docuit, de meliorc nota commendatus 
fucrat. Silefius efl:, nobili ortus familia, vt eius lucubratiohes docebvnt. credo eum 
Ecclelialticam fortcm meditari; Thcologicis enim iludys dat operam. Ouod Mczo- 
labium vniuerlale nieditet, intellexerit jdem, a diCcipuIo meo Pâtre Theodoro 
Moreto, cuj in delicijs elT:. Aduerco cogitationes tuas eo llibindc, quoque terrj : ani- 
mes laudo; vtinam et adderc augereque poiTem. Eadem milii Sparta excolitur, longe 
tamen diuerfo, ab ijs tenore, quos materiam jllam traftalTe reperj. 

Problema Deliacimi, cenfeo expedirj non pofle, nifi Vniuerfalis Mezolabij admi- 
niculo. Conica Patris Claudij Richardj ^) necdum prodierc, fudant niliilominus 
fub praelo; icilicet primi quatuor libri. Virum ex Hifpania Deo faucntc poit trimel- 
tre exfpedlo; qui de matcria refiduorum Apollonij librorum, quae Ilinc jndc colle- 
git, publici juris faciet, per cundem Typographum. Sed quo fine Clariflîmus Golius, 
Vefter, Apollonianos Mânes, tam anita premit arcula, qualî auiculani pixide inclu- 
iam conferuans? quis Jllo aptior cenlerj potell, qui Apollonij Scripta pofk-ritatj 
tradat? vtinam aliquid moment] authoritas mea apud Clariflimum jllum virum jn- 
uenire pofTct. Vcrum tibi non delunt , quorum authoritàtis pondus, atquemomen- 
tum, apud eundem jmperij locum habere queant. Teleleopiorum traftationem tuam, 
libenter iî mihi cantifper vita luperlks fuerit perlegam, cum in lucem prodierit; 



et termina sa vie dans le collège d'Embrun. Il nous a laissé quelqnes on vrages de niatlié- 
matiqnes. Qnant à sa polémique contre Gregorins à St. Vinccntio, elle tut publiée dans 
l'ouvrage suivant: 

E.xamen Circvli Qvadratvrae hactenvs cditarvmcelebcrrimaequam Apollonivsalter, magno 
illo Pergaeo non minor Geometra II. P. Gregorivs a Sancto Vinccntio Societatis IcIV, expo- 
fuit. Authore Vinccntio Lcotavdo Delphinate ciufdem Societatis. Cuiusoperàc tcnebrislimul 
emergit perelegans & peramocna cvrvilincorvm contemplatro: olim inita ab Illullriilimo & 
Rcuerendilîîmo DD. Artvfio de Lionne, Epilcopo & Comité Vapincenfi, & Abbate Soligna- 
cenfi, Regioque Conliliario. Lvgdvni. Apud Gvilielmvm Barbier, Typographum Ilcgium. 
w.Dc.i-v. in-4°. II Partes, dont la première partie porte la date de 1653. 

Plus tard il répondit aux attaques des amis et difciples de Gregorius par Pouvrage in- 
titulé: 

Cyclomathia fcv Mvltiplex Circvli Contemplatio tribvs libris comprehenla. In I Qva- 
dratvrae Examen confirmatvr ac promovetvr. II Angvli Contingcntiac natvra cxponitvr, 
III. Qvadratricis facvltates inavditae profervntvr. Avthore Vinccntio Lcotavdo Delphinate 
Societatis Icfv. Lvgdvni, Svmptibvs lîenedieti Coral in Vico Mcrcatorio fvb ligno Vietoriae. 
M.Dc.i.xiii. in-4'. 
-) Probablement le Père Theodorus Morctus, dont Pautcur t'ait mention quelques lignes 

plus loin. 
5) Claude Richard, .Apollonius. Voyez la Lettre N . 24, Note 14. 



268 



CORRESPONDANCE. 1654. 



modo in principijs a placicis Defcartianis diicreparc aducrtam; qiicic mihi non pa- 
riim difpliccnt, jnio jniprobantur. jn omnibus raro quifquc, aequc tclicj fuc- 
ccilii fruitur. Valc Vir Clarilllme, qucm ica [?] annarc opto, vt acternum percnnarc 
valcas. 



Cnindauj 15. Jiinuarij 1654. 



N= 176. 

curistiaan huvgrns à g. a kinnkr a lôwentiu'rn. 

[janvier 1654.] 

[.a minute et la copie se trouve::! à LeiJeu, coll. Huygciis. 
La lettre est la réponse au Nu. 172. Kiniier a Liiweiithiirii y rcpoinlit par le iXo. 177. 

KlNNERO. 

Nonduni ad me pcrvenit libcllus vcftcr Kinncre NubilifTime ncque tamcn 
diucius rcfponlum tibi debcrc volui. Itaque ad Opticum Thcorema quod atcinec 
cenfeo equidem aliam cjus dcmonftrationem quaercndam Domino Balchafaro Conra- 
do:; Nam quod tcrminos illuHirationis in parte fupcrficici fphaericae OK, oriri pucac h 
cangcntibus radijs AC, vcrum non cfl:; quum h fccancibus oriuncur, puca AE. Qui qui- 
dom radius cum axe ipiî AE parallclo incercipit arcum KO graduum 
20i circiter fi fphaera cil aquca. Acqualem nccefîariodimidio ejus 
fub quo iemidiamctcr iridis coclcilis conlpicitur. Ilaec cognovifTc 
in dioptricis mihi egregij fuit ullis, ncque iane aliter Cartefij ex- 
plicationcm de Gcncrationc iridis intcllcxifTcm , quam mihi crc- 
dito vcrifTimam cfle. Hoc enim manifcllô apparct ex tabuhs ipfius 
(ub ijs angulis iridcs vidcri, quibus multo phux-s radij quam fub 
alijs ad o^ulum dcfcrantur. Colores autcm quid puniccos faciat 
aut ccruleos non facile oflendi polTc cxiftimo; ncque hic multum 
Cartcfianis dcmonilrationibus pcrmoveor. Certe ad Gcomctricas 
rationes minime pertinct. Ego autem in Dioptricis meis nihil Phy- 
fici pcrtraftare volui unumquc tantum Principium ex Cartcfio 
mihi fumpfi. quod nimirum Sinus angulorum quos radius incidcns 
et refraftus cum perpendiculari conilituit l'empcr eandem ratio- 
nem intcr le fervant; quod non modo noftris experimentis convenit fed et eorum 
accuratiilîmè qui id ignorabant ut Kcplcri. Tradlatum Domini M. Marci de 
motu exquiram fi forte nancifci poiîim. Ilortarcm autem ipfum ut ca quoque 
cdat quac de Circuli Quadratura meditatus cfi:. Ego fane cidem rei à paucis 
diebus intentus fum , atque ea quac inveni Thcoremata placent mihi prae omnibus 




CORRESPONDANCE. 1654. 269 



alijs quac fcripfi haftemis. Si brevior hic tuero , crcdc non aliunde id cvcnire 
quani qiiod ijs in chiirtam conjicicndis aliidiiam opcram dicavi , ita ut vix abftrahi 
me patiar doncc abibivoram. attamcn quia dcmonilrationcm fiat^'itas C'onftruc- 
tionis qua Sphaeram in daca ratione l'ccarc oilendi. cani tibi ddcribani. Itaquc lie 
habct. & ■)• 



N-' 177. 

G. A. KlNNER A LuWENTlR'RN à ChRISTIAAN Hl'VGKNS. 
28 FÉVRIER 1654. 

La htlrc SL' tmtivf à Lchlcii, cuil. Iliiyi^tus. 
Elle est II- répnnsi- i:n y<i. 1 76. C'.ir. Iluxs^ens y répondit par le Nu. 1 1!4. 

Perilluftris ac Generofiffime Domine ColenditTinic. 
Saliuem à Domino et oblequia paratiffima. 
Nokii eeleriori rei'ponfb ihidiorum tuorum tenorem incerrumpcre , quae te ar- 
diio quidcm , fcd glorioib tamen conlilio quadraturae cireularis inveiligationi dedi- 
câflc c proximis tuis laetabundus acccpi. Gratulor audaciac tuae , quac te in euni 
Icopum collinearc tacit cogitationcs tuas, quem toties fcrirc volens Antiquitas, in- 
cafTum dcmum vidit labores fuos cecidifTe. Jn codcm Themate aliquid haétcnus 
pracllitit Execllentillimus Dominus Doniinus Marci, cujus Thcorematamultum niihi 
probantur: fpero ciufdcm lucubrationcs in hac materia fub initium Proximi Pafcha- 
tis publici iuris fore. Opéra illius antehac cvulgata fi viderc deiîderas , facile obti- 
nere poteris â Moreto l}iblit)pola Antvcrpiano '), ad quem (ut nuper ex eodem in- 
tellexi) antc biennium circiter complura exemplaria dertinavit. Pervenitne tandem 
in manus tuas libcllus meus? Certè iam alter menfis cil:, ex quo eundem tradidi 
duobus iuvenibus hinc Lovanium commigraturis ad Reverendum Patrcm Grego- 
rium perfcrcndum , à quo haftenus rci'ponfum non obtinui : timeo ne ijfdem moram 
iniecerint Copiac Locl:aringicac pcr Colonienlc territorium tranfcuntibus '). Placct 



') Dans la copie il y a „alio tcmporc cranferibam."' 



') Bakliasar Moretiis (IIJ), fils de Jean Moretns (II) (27 juillet 15,-6^1 1 mars 1618) etde Marie 
de Svveert, naquit le lo novembre T615 à Anvers, où il décéda le 29 mars 1674. Le 23 juillet 
I (^45 il y épousa Anna Goos. Sa grand'mère était Martine l'iantin , et c'est de lui que descen- 
dent tous les Moretus qui se sont succédé , comme imprimeurs éditeurs, à Anvers; ils jouis- 
saient d'une grande fortune, cependant ce fut à partir dcBaltliaziir Moretus (il) que la maison 
de l'iantin vit obscurcir sa gloire. 

-) Le Duc de Lorraine, à la tète d'une armée de 5000 hommes, avait infesté les bords du llliin 
et la Belgique orientale depuis la paix de 1648. Il luttait contre la France et s'était rallié aux 
émigrés français commandés par Coudé. Ou mit lin à cette guerre d'extermination en taisant 
prisonnier le Duc de Lorraine, le 25 février 1(154, à Bruxelles; les restes de son armée conti- 
nuèrent à désoler ces contrées. 



270 CORRESPONDANCE. 1654. 



milii maiorem in modum fcftio Sphaerae in data rationc fccundum mcthodum tuam, 
eamquc omnibus ancelero , quas hadtenus vidi, propter fimplicicatcni conilriictionis. 
PcTgc porro, Ingcniolillîinc Ilugeni, Gcomctriam laboribos mis illuftrarc , quos 
ccrcè utiliflimos iufccpifti: ac ca pracfcrtim ftudiofè prolcqucrc , quae dioptricam 
concernant , quandoquidcm in ca materia parum admodum Antiquitati dcbcmus , 
et à iblo Cartcfio (quod ultro libcns fateor) nupcr luccm accepimus. Neque iliadc- 
rcm difterri evulgationcm corum , quac fub manibus tibi funt; audio cnim â quodam 
Romano ■') novam propediem cxpeétari Opticani ■*) , pcr quem utiquc nollcm ali- 
quid de primae inventionis gloria Tibi fubtracliim. Quod autcm ais noUe te in Jride 
tua colorum meminiiïc , nelcio an iure faciàs : Toile enim Jridi arcum et colores 
quid crit obfecro, unde Thaumantias dici poffit? Eft, fateor, res ea Philofophica, 
fed non iudico tamen impoflibile , quibufdam praeiuppofitis , Geometricis eam dif- 
curfibus infcrere. Sed nolo fupervacancis verbis diutius obftrepere induftriae tuac, 
quani haud dubic praefentes literae Geometricis chartis infudantem invcniunt, et 
invitam fortaiTis abilrahunt. Valetudinem tuam quhni diligcntiffimè cura, Nobilillnne 
Ilugeni, mciquc indigni mcmor identidem vive. Dabam Pragae 28 Febr: 1654. 

Pcrilluftris ac Generofiffimae Dominationis Tuae 

fervLis promptiflimus 

GoDEFRiDus Aloysius Kinner de Lowenïhurn. 

IMaim propriâ. 

Perilluftri ac Generofiffimo Domino Christiano Hugenio. 
Domino ac Patrono mihi Colendiffimo Obfervandiffimoque. 

Plagae Comitis. 

sGraven Haage. 



3) Probablement il s'agit ici de 

Nicolo Zucchi, né à Parme le 6 décembre 1586, et mort à Rome, comme Supérieur des 

Jésuites, le 21 mai 1670. Il fut professeur à Rome et à Ravenne, voyagea en Autriche et 

conçut ridée du télescope, sans pourtant la mettre à exécution: le \~ mai 1630 il découvrit 

les taches de Jupiter. 
■*) Optica Philofophica experimentis et ratione fundamentis conftituta Nicolai Zucchii Par- 

menfis e Societate Jefu, olim in Romano Collegio Machefeos Profeflbris. Ad Serenillimum 

Leopoldum Guilielmum Auftriae Archiducem , Belgii et Burgundiae Gubernatorem etc. 

Pars Prima. De vifibilibus et eorum Repraefentatiuis. Lugduni. Apud Guilielmum Barbier, 

Typographum Regium. 1652. in-4°. 

Ej. Op. Pars altéra. De naturali oculorum conftitutione, et ufu apparcntiarum vifus per 

veras causas determinatione. De oculorum vitiis, et limitationibus Specillorum artificio 

emendandis et promovendis. ib. id. 1656. jn-4°. 



CORRESPONDANCK. 1 654. 2Jl 



N= 178. 

Gregorius a St. Vincentio h Ciiristiaan IK'vgens. 

2 MARS 1654. 

La lettre se trouve à Leidcii , coll. Huyi^eiis. 
Chr. Hnyi^ciis y rc'jmndit par k No. 186. 

Gregorius a Sancto \"incentio Clariffimo Domino Domino 
CiiRisTiANO HuGENio Salutcm optât. 

Excmplar ad te dcftinandum ') vc accepj mitto, per fratrem iiollrum Zcghcruin: 
haefit in via longiore , practcr mcnteni et mittentis et defercntis , mora ; vigclima- 
fcptima fcbruarij Louanio fcribcbatur, Sikjtates Polonj aiit Bohemj pothts.,non- 
diim hic apparuerunt; vhi appukrinî Kevercntïam Vejîram faciam certïorem. Quae 
vcrba jndicant me culpa vacare, quin potius jnnuiint promptum tibj gratificandi 
animiim. decurrj curfim argiimcntiim, dcdique Patri Aynfcombe vt jdem praellarcc; 
vbi fcrutatus libellum fucris, fenfum tuum praeftolabor; niiî prias cum authorj 
jndicare decreueris. Pcrge porro Vir Clarillime, tuam Spartam diligcntcr cxcolcrc , 
et Mattielim , ipcciolis tuis lucubrationibus cxornare. Vale. 

GandiiLij 2 Miirtij. i<554. 

Chriffîmo Domino Domino Ciiristiano Hugiienio. 

Ilagac Comitis. 



N" 179. 

Fr. van .Schooten à Ciiristiaan IIuvgens. 
3 mars 1654. 

La lettre se tmnrc i: Lcidai, coll. Iluygc:i.i. 
Chr. Iluygcîis y rcpondil par le Xn. 181. 

Claiil'fimo A^iro, Domino Domino Christiano IIugenio 
Fr. à SCHOOTEN S. D. 

Ergone ita parum verccundus ego, quod ferias tuas occupatioi-fcs aulli tcmerario 
interpellem ! Rationem vcro ii quacris, facti audaciam meritis tuis adfcriberc non 
verebor, quippe quae non folum me, verum etiam Lipilorpium nollrum in tui amo- 
rem ita concitarunt , ut vcl ipfc nunquam ex oculis noitris cflè polîis. Quoeirca cum 
nuper illius literas, Vinarià /v, Januarij ad me datas, accepcrim, qui te iiiis quam 



') Sur l'ouvrage de G. A. Kinncr a Lilwcntluini , voyez l;i Lettre N . irtf , Note 3. 



i^a CORRESPONDANCE. 1654. 



honorificcntifllmc faliitat, incerniittcrc non potui, quin id ad Te pcrfcribercni , ac 
te Innul cjus judli de fiiamm rcruni ilatu ccrciorem reddercm. Etenim (îgnilîeacà 
illi m(.)rce clarorum hie virorum Salmalij ') et Boxhornij -), ut et binorum florcn- 
tillimae aetatis magnaeque fpei Doublctiorum 3), fie ille adme^). 

Ilaee igitur, ut Aniieo morem geram, qui dum Te, Vir ClariHime, de rerum 
fuarum llatu, ut intellcxifti , meis certiorem faftum voluit ad Te perieriberc , cum 
ejus lalute, praetcrmittere non potui, Te rogans, ut, fi forte amieiOimo nollro 
l^iprtorpio referiberc grave non ducas, cumque ob honorificam à fe acccptam con- 
ditionem , congratulari , tuas meis ineludere queam , eafque fimul brevi ad illum 
aniandem. Vale. 

Lugduni Batîivoruni 3 Martij, 1(554. 

Monficur, Monfieur, Christianus Hugknius, tcn huijle 
van Mijn Hecr van Zuijlkchem, op t' plein 

Cito in 

port. S'graven-Hage. 

N2 180. 

D. LipsïORi' à Fr. van Schooten. 

18 JANVIER 1654. 

Appendice au No. 179. 

La copie se trouve à Lcïdcu , coll. Hiiygens. 
€!:>■. llitygi::is y Ti! pondit par le No. 1H2. 

Ferendum tanien aequo animo , quod corrigere nequeas , Deumque fupplicibus 
dcfatigare votis non efl: intermittendum , ut ulteriorem à Vobis calamitatem avertat. 
Quod eordicitus voveô ! Interea non parum me folatur valetudo mellitiffimi et in- 
comparabilis noilri Hugcnij , ejulque in elaborandis et pcrficiendis refiduis fuis trac- 
tatibus laudabilis conatus. Scrvet nobis diutifllmè hune florem benignifiimus fcienti- 
arum'eonditor. 



') Claude Saiimaise mourut le 3 septembre 165,'^. Voyez la Lettre N". 41. 

-) Marcus Zuerius ]5oxhorn, fils de Jacob Zucrius et d'Anna Boxboni, naquit le 25 sep- 
tembre 1602 h Bergen op Zoom, et mourut à Leiden le 3 octobre 1653. En 1640 il 
devint professeur de rhétorique à Leiden , puis professeur d'histoire. Il nous a laissé quantité 
d'ouvrages. Il eut de Susanne Duvclaer 2 filles. 

3) Florens et Johan Ilataller Doublet étaient fils de George Rntaller Doublet (mort le 31 avril 
"^55) et de Marie van Schoterbosch (morte le 20 mai 1639). Tous les deux furent inscrits 
en janvier 1652 à Leiden comme étudiants en philosophie et en droit. Florens était né en 
1634, Johan en 1635. 

■*) Voyez la Lettre N°. 180, que van Schooten avait envoyée avec la sienne. 



CORliKSl'ONDANCK. 1654. 273 



Praefentem rerum mearum ftatiim quod attinec, fcias divinitiis niihi contigiflè , 
uc, quam nullo modo de eo ^-ogitavcrim , Vinariam ad ErudiciUlmum et Mathcma- 
tuni maxime gnarum Principcm folenni fucrim vocacione evocatiis, apud quem pcr 
12 ferc feptimanas Machematici l^ucalis Aulici fparcam, ut et jiinioriim Princi- 
pmii ftiidia proeuro. Tanta vcro ejus erga me clementia cil:, ut quotidie cum iplo 
Iblus degam, fermones fuaviilîmos mUccam , cibum capiam : immô quoties mihi oti- 
um eit, cum ipfo curru proprio fimul vedus exfpatiatum cam. Vocatur ip(e Guiliel- 
mus ') (Dux Saxoniae, Cliviae, Juliaci, et montium, Landgravius Thuringiae, 
Marchio Milhiae. Conics Marcae ce Ravenfburgi, Dominus in Ravenllein) eilcjuc 
tum militari robore (quod llib aufpieiis viventis adbuc bellicollilimi llegis Guilavi 
Adolphi -) , tanquam Gencralis excrcituum duttor exercuit^ tum tbrtillimi llerois , 
Fratris fui Bernhardi Vin ar i enfi s,^') iamâ celebratiflimus. Princepseil, tellor 
Dcum,omnium illorum, quos haétcnus vidi,et humaniffimus et iudiocillimus ■*), limul- 
quc Mathematum cultor cxcellentillimus. Unum cft quod inter alios permultos in 
aula (lia alat adhuc cclebrem Mechanicum et Architeftum, Mauritium Riclitcr '), 
qui ante dccennium diu apud vos in Batavia lliblliitit, qui tam fuperbum ipll excitât 
aedificium , quale me nunquam adhuc timi apud vos, tum in Germania vidifle me- 
mini. Quod maximam partem nunc peraftum efl. Hic ipfc Arcliiteftus nofter cre- 
berrimè cum nollro Cartefio piac memoriae Hagae Comitis vcriatus ei1: , illiulque 
fummam ày.pi(2eiciv ita coram Principe mco depinxit, ut exinde non paruni in me 
amando et colendo fuerit excitatus. Jlle juxta mecum continuo ferè Principi adclL 
Quam rara hic viiantur in Geodyticis, llrudura Militari, Architeî:"tura civili, tor- 
natili arte, pyriltica &c. verbo, in tota praxi inrtrumenta Mathematica, non nili 
ocularis infpeélio Te edocere poteil:. Summa lummarum. Meliorem ego Principem, 
mclioremque ftudijs meis promovendis locum invcnirc non potuiflèm. 

Propediem cum meis 2 junioribus optimis ac diligentiiTimis Principibus ^) fcnam 
excurram, quae civitas Principi meo iubjefta eft; ubi per aliquot ieptimanas liib- 



') Willielm, Duc de Sachsen-Weimar, né le 1 1 avril 1598 et mort le 17 mai 1662 , était, avant 
la mort de Gustav Adolf, lieutenant général de l'armée suédoise. Il épousa Eleonora Doro- 
thea Princesse d'Anhalt, qui lui donna ncul" enfants. 

-) Gustav Adolf, Roi de Suède, naquit à Stockliolni le 9 décembre 1594 et fut tué dans la 
bataille de Lutzen le 6 novembre 1632. 

■>) Bernliard, Duc de Sachsen-Weimar, frère de Willielm (voir la note 1) naquit le 16 août 
1604, et mourut le 8 juillet 1639. Après la mort de Gustav Adolf, il partaijca le commande- 
ment de l'armée suédoise avec Ilorn. 

•t) Lisez : iudiciofiffimus. 

5) Johann Moriz Richter, architecte en chef des Ducs de Sachsen , bâtit en 1(^64 la maison 
Griesbach et plus tard le Wilhelmschloss à Jéna. 

") C'étaient les princes: 

a)liernhard, né le 21 février 1638 et mort le 3 mai 1(178, qui en 1 662 épousa Marie de 
la Trémouille, fdle de Henri Duc de Thouars. 

b) Friedrich, né le 18 mars 1640 et mort le 18 août 1(^56. 

Oeuvres. T. I. 35 . 



174 CORRi:.Sl'ONDANCK. 1 654. 



lifteimis. Etcnini meus fenior è duobus iftis iiinioribus Principibus i6""i anmim 
agens, clegantiflimà Onuione, ac pompa magnilicentiilhnd Rcctoracuni cjiis 
UnivciTitatis, iibi h Dominis Profcdoribiis iponte oblanim, aulpicabicur. Pollcuap- 
propinquance iplii aellate , quâ 3tius natu Princeps J o h a n G c o r g i u s ^) è Gallijs 
domum rcdiix ficc (lî Dcus volet, et Principis conftans fiierit voluncas, uti haétenus 
iignificavic) ad Vos Leydam cum ipfis percranlibo, ibi procul dubio aliquanidiu fub- 
lliturus, et poilca alias Regiini et Principum aulas, brcvi icincre, inviilirus. Quà 
toclicitate, ii iteruni pociar, f\ixo, ut vinculum noilrac amicitiae niagis magifque 
creicat. Saluta meo noniine quam honorificencillimc Nobilillimuni Dominum Huge- 
nium, Domiuum Heydanum ^}, Dominum de Raeij ^), Dominum Ikrckclium &c. 
Inprimis autcm Domino Hugcnio, Domino de Raeij, et Domino Berckelio ob argu- 
menti inopiam in Icribcndis literis me excufes diligentiffimè peto, quos hifcc litcris 
de meo llatu edoeere potcris. \'ale ac diutiflime lahie 

à 

tuo 
Danirlk Lipstorpio L. a. M. Ccinflimi Principis Guilielmi 
Miithcmatico Saxonico-Vinaricnfi Aulico , ejusque junioribus 
Principibus ii vStudijs pracponto. 



N° 181. 

Christiaan Huvgens h Fr. van Sciiooten. 

MARS 1654. 

La mhinlc et la copie se lyoïireiii à Lehieii , cuil. ffiiygais. 
Lit lettre est In réponse at: Nu. 170. 

SCHOTENIO. 

Mart. 1(^54. 
Saepc me litcris tuis interpellari vclim mi Schoteni ncque ulla unquam mi- 
nus exculatione opus habuilli quam ilta, nuper cum partem literarum Domini 



T) Johann Georg de Sachsen, né le lïjuillct 1634 et mort le 19 septembre 1686, épousa en 1661 
Joliannetta de Saijn, veuve du Comte johannes de Hessen-Darmstadt. 

8) Abraham Heidanus, petit-lils de Casparus lleidanus (1530 — 1586) adversaire acharné des 
Mennonitcs, naquit le i'^'' août 1597 à Frankenthal et mourut le 15 octobre id-SàLeiden. 
Après avoir beaucoup voyagé, il fut pasteur wallon à Naarden , puis à Leiden, où en 1648 il 
devint professeur de théologie; il était grand ami de des Cartes, et eut des disputes avec ics 
curateurs de l'université, qui le démirent de son professorat le 4 mai 1676. 

') Johannes de Raei étudia à Utrecht, puis passa à Leiden, où en 1652 il devint professeur de 
philosophie. En 1668 il partit pour Amsterdam, où il occupa la même chaire, et mourut le 
30 novembre 1702. C'était un des plus fervents adhérents de des Cartes. 



CORRESPONDANCE. 1654. 2/5 

T.ipftorpij mihi defcripcam mifiili. Gaudco cquidcm qiiod Juveni optimo mciqiie 
Ihidiofiffimo omnia pro votis cvcniunt, idqiic liccris iftis cellari volui quas mis 
infcrturum te promiiilli. De ihidijs Geomecricis aliqua addidi, deque noviilimo 
invcnto noftro ad Circuli dimenlionem. Quac uc tu quoquc fi libeat cujus nimiruni 
ope cognofccre podîs, idco apertam tibi epillolam mittcre vifum fuit, comprobarc ') 
quibus rationcm diametri ad peripheriani inclufit. Fix trigintangulo auteni et 60 an- 
gulo infcriptis,quod minor elT: diametri ad circumferentiam ratio quam 1 0000000000 
ad 3 141 5926533 major autem quam 314 15926537; quibus inveniendis polygona 
fcre 400000 laterum adhibere necefle habuit Vieta, et Ludolphus =) Arehimedeam 
mcthodum fequuti. 



') Passage plein de ratures dans la niinmc. 

-) Ludolf vai) Ceulen (van Collen, van Cuelen), (ils de Joliaiines van Ciillen et du I lester de 
Roode, iiaqnit le 28 janvier 1540 à Ilildcsheim et monrut à Leideii le 31 décembre 1610. 11 
demeura à Delft et devint en 1600 prof essenr de mathématiques à l'école des ingénieurs, dépen- 
dante de runiversité de Leiden. 11 est célèbre par sa polémique contre la pseudo-quadrature 
de Simon van der Rycke, et par <a propre approximation de la quadrature du cercle qu'il fit 
connaître dans le volume intitulé: 

Van den Circkel. Daer in gheleert werdt te vindcn de naerte Proportie desCirckels-l^ianie- 
ter tegcn fynen omloop, daer door aile Cirekels (met aile Figueren, ofte Landen met cromme 
Linien beHoten) recht gliemeten connen werdeu. Item, aller Figueren fyden in den Circkel 
belchreven, beginnende van den 3, 4,5, 15 lioeck, in irrationale glietallen te brengen , al 
luidde de Figuer veel liondert-duylent hoecken. Item, den 7, 11, 13, 19, 23 lioecx-fyden , 
ende wat 1-yden ofte Coorden men begheerdt, welcker Boglie groot fyn , Cîraden , Minuten , 
Secunden, &c. Naer elcx behaghen. Noch de Tafelen Sinvvm, Tangentivm, ende Secantivm, 
met het gliebruyck van dien, hoogh-noodigh voorde Land-meters: IVlet veel andere konllighc 
llucken, diergbelijcke noyt in druck uytgbegheven. Ten laetflen, van Intereft, met alderhande 
Tafelen daer toe dienende, met het ghebniyck, door veel conllighe Exempelen gheleert, 
ende door 't gheheele werck bewefen, ende gheproeft. Ailes door Lvdolph va\i Cevlcn, 
gheboren in Ilildefheim, befchreven , ende inden druck ghebracht. Tôt Delf, ghedruckt by 
Jan Andriefz. lîocckvercooper, woonende aen "t Marcktveldt, in 'tGulden A B C. Anno 
1596. in folio. 

Dans une seconde édition on a ajouté à ce titre: 

Tweede Editie. Van nieus overfien, en van aile de voorgaendc fauten verbetcrt, ende 
eyndelick vermeerdert met dry Tractaetgens, waer in door den Autheur wederlegt werden, 
beyde inventicn vande quadrature des Cirekels, uyt-ghegheven door Symon vander Kyeke. 
Met noch de beantwoordingen ceniger aenghelkighene Cîeometrifche (^)ueflien. Ailes door 
etc. Ghedruckt tôt Leyden, by Joris Abrahamiz. vander Marlle. Voor Jooft van Collier, 
Bocck-vcrcooper. Anno 1615. in-4". 

W. Snellins en donna cette traduction latine: 

Lvdolphi a Ceulen de Cirevlo et Adferiptis Liber, etc. Lvgd. lîatav. Apud Jodocum à 
Collier. Anno 1619. in-4 . 



176 



CORRESPONDANCE. 1654. 



N" 182. 



Christ lAAN IlrvGENs à Fr 

^ippcndice au Nt 




VAN .SciK)()TEN. 
. 181. 

te se trouve à Lcidcn, coll. Iliiygcii:. 

Hacc ") autcm ce ad mcchanicam conftrudlio- 
ncm qiiod minime cafu invencum cfl. Proponatiir 
nimirum circulus cujus diamctcr AB, licque in- 
vcnicMida reda pcripheriae aequalis. Dividatur 
Icmicircumfercntia ACB bifariam in C, reliqua 
autcm trifariam in D, E. et jungantur CD, CE 
quac fccent diametriim AB in F et G. Erunt trian- 
guli FCG latus altcriim una cum bafi FG qua- 
dranti AC acqualia propcmodum, ut non — ' — dia- 
mctri cxccdant. 



") Hoc Lipllorpii Epillolac additum [Chr. I luygcns]. 



N= 183. 

CllRlSTIAAN IIUVGENS h D. LiPSTORP. 
7 MARS 1654. 

La lettre., la minute et la copie se trouvent à Lciilen, coll. Iluyi'.ens. 
Elle est la réponse au No. i!îo. 

Clariffimo Viro D. Dan. Lipstorpio Christianus Hugenius S. 

Bonam parcem literarum tuarum Clariflimus Schotenius nofter dcfcriptam mihi 
milit iVmicc Lipiîorpi, unde et noftri mcmorcm te vivcrc intcllcxi , refque tuas fc 
liabcre ex animi tui fentcntia. 

Equidcm ') Principis illius, quocum dcgcrc tibi contigir , paucos iîmilcs noftra 
actatc bac invcniri arbitrer. Nam qucm alium adhuc dciignare qucani , cui nomina 
illa convcniant Eruditifllmi et Mathcmatum maxime pcriti quibus ipfum appellas. 

Bcatam iilhic vitam te vivere oportct; attamcn noflri caula bcnc habct, quod 
adhuc amicos revifere cogitas , intcr quos ego quidem iummopcre dcfidero alium 
me tibi oftendcre quam fuerim tune cum me convcniebas, diutino morbo langui- 
dum prorfus meique diffimilem. Ex quo dira ifta febris me reliquit , reverfus fum 
ad Ihidia mihi jucundiiTnna abfolvique de Refraélionibus traftatum , ita tamen ut 
iecundis curis omnino ctiamnum indigeat. Cacterum dum illc fepofitus quiefcit 



') Dans la mimite, on trouve ces mots: Non pofflini non tua caula laetari quod etc. 



CORRESPONDANCi:. 1654. 277 

aliud mihi fêle invcntiim obtulit, crutis c vericatis piuco circuli propriecatibiis 
eximijs , quas nemo antca inipcxit. Pertinent aiiteni ad dimenfioncm ipfiiis circuli , 
atquc ad alia quoqiic magnam utilitatcm adferiint. Proportionem diamctri ad cir- 
cumfcrcntiam , quam fcis Archimedcm ollcndifle maiorem quam i ad 3 J-, minorem 
vero quam i ad 3^^- infcriptis circumfcriptirquc 96 latcrum polijgonis, candem 
nos ex infcripto triangulo acquilatcro atque hexagone démon ftramus. Ex trigintan- 
guli autem et fexagintanguli inlcriptorum latcribus, quod major eil: dicta ratio 
quam 1 0000000000 ad 3 14 15926537, minor autem quam ad 31415926533. Hoc 
vero qui Archimcdaea Méthode oflenderunt penè 400000 laterum polygonis ufi funt 
infcriptis circumfcriptifque , quod cum maximi fit laboris opus, tum magis quoque 
halhicinationi cfl obnoxium, adco quidem ut iilorum calcule fidem facile denegent, 
qui novas fubinde falfifque Cyclometrias in lucem protrudunc , ut Longomonta- 
nus *), alijque. Noftris autem utentes, qui immane quantum expcditiorcs iunt, fe 
ipfos facile comdemnabunt. Practerea ad angulos ex datis triangulorum lateribus 
inveniendos abfque Sinuum tabulis viam apcruimus, atque ad alia complura quae 
hic referre non efl: opus 3). Unum tantummodo addam haudquaquam fortuitum 
invencum, quo rcdtam peripheriae aequalem invcnire licet, tam prope ut non 
quatermillcfima diametri parte abcrrctur. 

Ello nimirum circulas, cujus diamcter AB, 

litque circumferentiac ipfius invenienda aequalis 

linea refta. 

Dividatur fcmiperipheria ACB bifariam in 

C, reliqua trifariam in D et E, et jungantur CD, 
A[ ^ '^~ 1 B CE , quae fecent diametrum AB in F et G. Erunt 

trianguli FCG latus alterum una cum bafi FG , 

quadranti CA aequales propcmodum, ut non 

~ — diametri AB excédant. 

+ 000 

liane atquc alias nihilo operofiores conftruc- 
tiones, quibusdatocuicunquc arcui reftae aequa- 
les fumuntur ci qucm nunc prae manibus habeo tractationi infertas aliquando 
videbis. 

Interea vale Vir Clariflime, nolque ut facis ama. 
Hagac Com. 7 Martij 1(554. 




=) Voir la Lettre N°. 123. 

^^ Dans la minute, la lettre (init ici avec les mots: 

Sane fi quid mcorum pollhac typis excudetur, prima erit de illis traftatis cui 
concinnandae nunc fum intentus, et fpero perfeftam Geometris onmibus tibique 
imprimis, Vir Praefliantifiime probatam iri. Vale. 
Vovez en outre la Lettre N°. 182. 



2j8 CORRESPONDANCE. 1654. 

N= 184. 

ClIRISTlAAN IIUVGENS h G. A. KiNNER A LÔWENÏIIURN. 
23 MARS 1654. 

La minute et In copie se trouvent à Leiden, coll. fluygens. 
La lettre est la n'ponse au No. 177. Kimier à Lôvcnthurn y répondit par le No. 188. 

KiNNERO Pragam. 

23 Marc. 1654. 

Litcras tuas quas 28 Febmarii dedcras accepi 16 Martij cum'paucis antc dicbus 
libellas demum Tiius perlatus fuifTec qui 7 Januarij abs te difceffit. Benc habct 
tamen quod aliquando cjus mihi copia fafta eft. Itaque gratiffimum venifTe fcito , 
et continue mihi perleftum fuiiïe et probatum û.unmopcrc quatenus intricatiflîmos 
Patris Gregorij fenfus clare intellcxilTe te comprobas. Breviter fane et perfpicuè 
omnia pcrtractafli gratulorque adco tibi cgrcgiam in Geometricis facultatem. At 
de caetcro autem exirtimo multum tibi debere Patrem Grcgorium non eo nomine , 
quod inventae quadraturac honorem ipfi alTerueris fed quod ita perfpicuè ipfumfibi 
incelligcndum proponas ut tecum fimul vcritatem brevi amplcxurus fit , nifi libeat 
in clara luce porro caccutirc. Quid cnim compertu facilius quam veram non cfie pro- 
pofitioneni vcftrani 3oinam. Non vidi equidcm quibus rationibus ') iplum impugnet 
Alexius Silvius -). Neque videris mihi maie Archimcdeam ratiocinationem imi- 
tari atque ad rationum proportionem transferre, ac proinde reélè fe habet tota 
propofitionis diftae demonftratio praetcrquam pag. 45 verfu 8" à fine, ubi fie 
coneludis. Hoc ejl ratio qiiae ejî inter aggregatum ^c. Quomodo autem ais Hoc efl 
nifi prius oftendas idem cfTc five fumas rationem quam habent omnes denomina- 
tores notati fignis 1,2, 3 ad omnes 7 , 8,9. Sivc eam quam habet ratio inter 
aggregatum corporum P , Z , A et aggregatum corporum Q , B , C , ad rationem 
inter aggregatum corporum R , E , D et aggregatum corporum S , H , G. Hoc 
enim ex eo non efficitur, quoniam fcilicet rationis P ad Q denominatoreil i. rationis 
Z ad B dcnominator 2 , atque ita porro. Alioqui cnim femper ita hoc fe habere 
debcrct quantarumcunque partium corpora fingula fiatuerentur. Si autem par- 
tes rationales aiïlnnas adco ut rationem numcrorum inter fe habcant bina quaeque 



') Alexii Sylvii, Lmiae Circularcs Pcriodi feu Cycli quorum beneficio, Novi-Plenilunia cum 

Civiliter tum Allrônomicc facili ncgotio & exacte reperiuntur Adjuuctum tiuoqueell: 

lixamen quarundam pracpofitionum Quadraturae CircuH 11. P. Ciregorii a Sto Vineentio. 
Lefnae. Typis Danielis Vettcri. Anno 1651. in-4°. 

Un exemplaire de cet ouvrage se trouve dans la Bibliothèque de TUniversité de Prague. A 
LilTa (Leszno) il y avait une Académie de Frères Moraves qui lit imprimer beaucoup de 
livres scientifiques et dont Daniel Wctter était rimprimeur spécial. 

-) Il ne nous a pas été possible de trouver quelque renseignement sur Alexius Sylvius lui-même, 
sinon que probablement il était Polonais. 



CORRESPONDANCE. 1654. 279 



corpora, fréquenter ad abfurdum devcniri animadvertcs. Piito jam intclligere ce, 
uniciini IJoc efl cfliccre quo minus Quadratura veftra omnibus Gcometris appro- 
bari poilic. Si aucem intelligcre non vis, equidem verbum amplius non taciam, 
janique de duplici Hoc efï inter nos diiTéniiis eric, (noiti cnim alterum illud Thcolo- 
gicum) nequc camen labcni ullam amicitiae afférent mutuac. Dubito plané an 
vobis alT'entiat Doniinus Marcus Marci, quem (cribis de Cyclometria novi quid 
confcriplifre. quae antehac cdidit Antwerpia mihi deierenda mandavi. Et quac pro- 
niittit valdc videre deiidero. nam ego quoque quac nuper acccperam jam ablolvi 
minime autcm Circuli menfuram. Circa majus et minus veribr, et forte fimilia erunt 
noilra ijs quae apud vos produccntur. Itaque te quaefo ut Autori mco nomine la- 
lutem dicas plurimam, rogefque ut Theorema hoc aut aenigma potius explicct : 
Dlin'or minore ïucoginta. Praccipui inventi mei fenfus iftis verbis continetur quae 
facile explanaturus cil cui idem obtigerit. Multa autem praeter ilhid inveni quae 
et ufum et contemplationcm pulcherrimam habcnt adeo ut dcmonllrata tibi oilen- 
dcTc "■ciliani. Vale. 



N" 185. 

CllRISTIAAN HliVGENS à Fr. VAN ScilOOTEN. 
I AVRIL 1654 "). 

I.ri inhiutc et la copie se tyonreiil à Le'ulcu, t-nll. Jfi/yi;e,'i.s. 
Fr. ran Scl!onUn y yt'pouiVit par le No. 190, 

SCHOTENIO. 

In traftatu mco ') quem nuper illhuc tibi Icgendum obtuli, unam dcmonflratio- 
ncm dcclTe dixi regulac cujufdam quac cil: in problematc ultinio. Eam dcmonlfra- 
tîonem quo minus nunc mittam indc cil: quod cogitarc cocpi an non rettius totam 
irtam partcm fccundam in qua ccntrorum gravitatis conlidcrationcm adhibeo omil- 
furus llm. difficile animum induco ut parabolac dclcriptione ad demonifrandum 
utar, quod icmcl jam faftum vides et adhuc amplius e(îct faciendum. Praeilabit 
opinor ut in praefationc (iibindicem modo propofitionem ilkim quae nunc 19111:1 
cil elici poflc ex Thcoremacibus meis de Quadratura Hyperboles &c. antca editis, 
acque item rcgulam iilam in 2om<'. ne fortafle alius quis ijs invcntis potiora noilris 
fibi deberi autumct. Sanc minor aliquanto futura cil libelli moles, vcrùm abundc 



') C'est son ouvmL;c: 15c Circuli ï\In!;nitiidine Inventa. X'nycz la Lettre N''. 191. 



i8o CORRESPONDANCE. 1654. 



fupplcbitur fi addidcro Problematum quoriindam ilhifl:riinTi conilrucliioncs -) qui- 
bus invenicndis llitis foclix tibi vifus fum. Super his Schotcni Clariflimc confi.ilen- 
diini te ccMifui. fi quid difitntias plurimum judicio tiio conccflurus ■'). Porro fcire 
velim num quid Elzcvirijs excudcrc noflira è rc lua vidcatur. quod jam nuper cos 
inccrrogafTcm nili quadam autoris commcndationc ca in rc opus fore intcllexifl'em, 
quâ quidcm mcipfiim dcfungi ineptum vidcatur. Confiât mihi difiracla iam'cfle om- 
nia prioris mci traétatus exemplaria. Alter autem ifi:c pluribus longe intelligctur 
proculdubio , atquc cxpctetur pracfcrtim ob varictatem problcmatum quae acccf- 
fiu'a dixi. Quamobrem exillimo facile eos in animum indufturos ut omnia fi.ns 
funiptibus facicnda procurent quae ad editionem requirentur. Vellem maturari 
cam ut abfolvi qucat priufquam in Galliam proficifcar *), quod hac aefiate nifi 
quid obfl:et fadturum eil. Inde quum rediero neque cnim abero ultra mcnfes 3 
quatuorve Dioptricam meam five quae de Telefcopio confcripfi ipfis quoque fi 
velint committam. Si de fcntentia corum Tua opéra certior fieri potucro, quaccun- 
que futura e[\^ plurimum Tibi co nominc obllridum habebis. Vale. 



") I Apr. 1654. inclufiis [Chr. Huygens]. 



N= 186. 

Christiaan Huvgens h Gregorius a St. Vincentio. 

■^ 2 AVRIL 1654. 

La iiiiiiiitc cl la copie se Innirait à Lcidcu , cuil. IIiiyç;ciis. 
La lettre est la réponse au No. 178. 

CiiR. HuG. Patri à Sancto Vincentio. 

2 Apr. 1654. 

Imprimis gratias tibi agamVir Clariflimc quod Domini Kinneri libellum quan- 
tum in te fuit mature ad me deferri curaflii, additis quoque humanifiimis literis tuis; 
quibus hue ufque refponderc dirtuli , expeftans donec pcrlefto opufculo fimul quid 
viderctur mihi fignificarc pofiem , hoc cnim voluirti. ante dies aliquot Autori rc- 



-) On les trouve dans rouvragecité,page. 45— ji.Prohl. I — VIII. 

■*) Sur ce sujet, ainsi que sur la question de l'iiupression, van Scliooten répondit dans la Lettre 

N°. 190. 
"t) Ce voyage n'eut lieu qu'en juin 1655. 



CORRESPONDANCE. 1654. 



Icripli ') eique egrcgiam Geometriac peritinm gratulatus iiim, cum ulqiic cô nihil 
admodum ab ip(o protcétum confpcxifTem. Porro ad fiimmam rci quod atcinct ju- 
dicium quoquc mcum cxpofui idemque tuo nunc lubcns rubjiciani. duo vcrba cflb 
dixi in propofitionc 30a quac me vctarcnt aflenllini Cyclomccriae vcllrac pracbcrc. 
fiint auccm ifta QHoc cjï) in fine demonllrationis , pag. 45. Sic nimirum concludit : 
Hoc efî ratio qttae eft inter aggrcgatinn Ç^c. Rogavi quo pafto dicat /wr c// cum 
ante non oftenderit, idem elle lîve fumât rationem quam habent omnes dcnomina- 
. tores notati lîgnis i , 2 , 3 , ad omnes 7,8,9, five eam quam habet ratio inter ag- 
grcgatum corporum P, Z, A , et aggregatum corporum Q, B, C, ad rationem inter 
aggregatum corporum R , E , D, et aggregatum corporum S, H, G. hoc enim ex 
eo non effici, quia fcilicet rationis P ad Q denominator fit linea i , rationis Z ad B 
dcnominator 1 atque ita porro. Nam alioqui femper idem contingere deberc quan- 
tarumcunque partium corpora fingula itatucrentur. atqui aflumptis partibus ratio- 
nalibus ita ut rationem numerorum inter (e habeant corpora (laepc ad abfurdum 
deveniri. Haec ita brevitcr Domino Kinnero propofui, quod rcs per (e maniferta vi- 
dcatur. quamobrem neque te pluribus circa cadem detinebo. 

Praecedentibus literis aliquid mihi Icrupuli injcceras, quod difplicere tibi diccres 
Cartefij Dioptrica. Itaque hoc icirc velim an quod illc ilatuit ncges. femper eandem 
rationem haberi inter iinus angulorum quos radius incidens primum deinde réfrac- 
tas cum pcrpendiculo conflituit. nihil praeter hoc ab ipfo mutuatus fum, quoniam 
expcrimentis exaélillîmis conibnum inveni , etiam illorum qui adhuc principio illo 
dellicuebantur, ut Kcpleri. In reliqua autem Cartciij explicatione et praelertim ubi 
ad tclefcopij venit demonilrationem plurima mihi quoquc improbantur. Sepofui ad 
tcmpus quac in hac materia confcripta habeo. Caeterum ex quo poftremo ad te 
litcras dcdi -) de Circuli magnitudine novi quid procudi quod mihi prae omnibus 
arridet quac reperi haftcnus. Inter caetera efi Thcorema egrcgium quod tibi fane 
impertiam , illud tamen obteftatus te per animi tui candorem ne ante me divulges. 
Eli autem ejulmodi. Omnis circuli circumfercntia &c. Idem Domino Kinnero mifi , 
fed Aenigmate involutum ; quoniam eile illic '■•] qui de circulo novi aliquid mcdite- 
tur mihi fiirnifieaverat. Valc. 



' ) Voyez la Lettre N°. 1 84. 

-) Voyez la Lettre N°. 1 73. 

■') Marcus Marcl de Kronland. Voyez la Lettre N". 18H. 

Oeuvres. T. I. 36 



CORRESPONDANCE. 1654. 



N= 187. 

ClIRISTIAAN Ml'VGENS h Fr. VAN SciIOOTEN. 

y AVRIL 1654. ") 

U: Icllrc, lu minute cl h: col'ie se trouycm à Leidcii, cuil. /Iuygcns. 

CiiR. IluGKNius Fr. Schotenio Viro ClïiriiTimo S. D. 

-Supcriores litcras mcîis ') ad te pcrlacas ciïe fpcro, traélacumque de Ciroukr 
nondum tibi perlcftum. Qiiac fi ita fe habcnt ad hafce ut refpondeas nihil opus ell. 
Eo enim fine hacc fcribo ut fecurus reddar nihil chartis nofiiris finillri contigifife. 
Rogo tamcn ut quantoeius ipfi;s pcrcurrerc vclis , ne in edendis inventis ilHs ab alio 
praevertar. Scio enim Pragac cfTc qui -) de Circule novi quid typis committerc 
paret etfi mihi nondum confiet an fimilia noilris invcncrit. Si Elfcviriorum opéra 
uti non contingct, videbo an alios invenirc polllm, et puto in hac ipfa urbc non 
defore. Vale. 

Ilagiie, 9 Apr. i<554. 

Cclcbcrrimo Chiriffimoque Viro Domino Francisco Scho- 
tenio Mathefeos Profcflbri Ordinario. 

Hecrenfhcegh Leidam. 



"^ On lit cil marge de la minute, écrit de la main de Chr. Muygens , le nom de ramballhdeiir 
Chanut. 



N= 188. 

G. A. KlNNER A LoWENTUURN à ClIRISTIAAN HuYGENS. 
II AVRIL 1^54. 

La lettre se trouve à Lcii!e:i , cnll. J/iiyffcns. 
Elle est la ré [muse au Nn. 184. Chr. Ilnrgais y ri/poiidit par le No. 194. 

Pcrilluitris ac GenerofifTimc Domine Domine colendiffimc. 
Salutcm à Domino et obfee]uia mca paratilTima. 

Avididlmè fane literas tuas expcftaveram vcl eam praelertim ob caulani , ut iudi- 
cium tuuni fuper libello nico intelligerem, quem aliunde didieeram iam ad te tuiflè 



') La Lettre N°. 1K5. 

-} Marciis Marci de Kronland. 



CORRESPONDANCE. 1654. 283 

pcrhcum. Oratias nbi humaniiiimas , (i ferio ce non pocius amiciciac cailla conacum 
mciim probas. Ablit tamen à me procul illhaec ignorantia, ut (quod diccrc vidcris) 
gratias mihi debcat Pater Gregorius, quod me prinium autore quadraturam (liam 
difcet intelligere tantus Geometra, cuius ego non fum dignus difcipulus nominari. 
Multoque magis illud avertant fuperi , tam debilibus inniti fundamentis quadratu- 
ram , ut eam obieftio Tua debilitct , multoque minus totam evertat. Equidem pror- 
fus non video penfatis omnibus , quam ob rem falfa eOc pofllt propolltio 30 , fuppo- 
fito quod diicurfus Arcliimcdis (quod ultro admittis) légitime rationibus applicetur. 
Neque pofTuni fatis admirari, quod totum difcurfum dictae propofitionis vcrum cfle 
fatearis, excepco eo, quod (cquitur poil {Hnc eft;') cum illudipfum //r.'C <?/? nihil 
fit aliud, quàni confequentia Archimcdis, quae etiam per Te rationibus applicari 
poteil. Quod ut clarius perfpicias , videamus quid interfit Archimcdis inter mcum- 
que dilcurfum. vSumit Archiniedcs Quotcunque numéro quantitates in quatuor or- 
dines dillinftas, quae in certa proportione ad ie mutuo fingulac referantur, ut 
n(Mli ex ipfomet Archimede. Sint taies quantitates : A , B , C ; D , E , F ; G , M , I ; 
K, L, M; iumo deinde ego totidem rationes (quas quantitates eiïe, quae fe exce- 
dere , et â le mutuo deficere , proindequc proportionem inter le habcre poflnit , uti- 
que non negabis) quae eaidem prorfus habeant conditiones , quas rcquirit in luis 
quantitatibus Archimedes, quafque ijfdem literis appellabo A, B,C;&c. Exco 
ergo , quod A fit ad B, ut D ad E ; et ut B ad C ita E ad F ; iterinnque ex eo quod 
fit A ad G ut D ad K , et B ad H ut E ad L , ac demum C ad I ut F ad M; ex eo 
(inquam) quod diétae quantitates talibus proportionibus fingulae referantur ad fin- 
gulas, intert légitimé Archimedes : onines quantitates, five aggregatum quantitatum 
A , B , C , efTe ad aggregatum quantitatum G , H , I ; ut aggregatum quantitatum 
D, E,^" ad aggregatum quantitatum K, L, M. Confidera iam, ijfdem omnino ver- 
bis abfolvi pofiè dilcurfum meum, et nihil inter Archimcdis et meum intcrefll', nifi 
quod Archimedes afilnnat lineas , aut plana , aut corpora , ego autem pro tcrminis 
alTumam rationes, inter quas proportioncs aeque dantur ac inter alias quantitates, 
quibus utitur Archimedes. Quod manifellius adhuc apparet inventis denominatori- 
bus rationum, qui lincae efie poffunt, et in quibus formaliter locum habet diicurfus 
Archimcdis; ut neccfi^irium fit, eundem quoquc dilcurfum in rationibus valere, cum 
denominatorcs ipfilllmam proportionum ') rationum exprimant, ut exdenominato- 
rum natura et oHicio conllat. Non cnim in eo fundatur diicurfus meus (ut Tu videris 
intelligere) quod quantitates i , 2, 3 &c: fine denominatorcs rationum fimpliciter; 
fed quod fint denominatorcs talium rationum , quae ita fingulae ad fingulas alterius 
ordinis proportionantur, quemadmodum proportionantur quantitates, quae aflT.i- 
mantur ab Archimede in ordine ad inferendam confequentiam de aggregatorum 
proportione. Vnde manifefiè fequitur, fimilem proportionem refiiltare in denomina- 
toribus, qualis inter rationes iplas invcnitur. Exillimo te iam videre, nil elle com- 



') Lisez: proportionem. 



284 CORRESPONDANCE. 1654. 



pertu facilius, quhm nihil viriuni habere obieftioncm mam contra meum /^6- ^//, 
Quod (i porr6 Gcometricè pocucris evercere, facile vidcbis, Archinicdaeo quoquc 
dilcurlui à Te periciilum imniinere. ]3e altère Hoc cft (TheoJogicum intelligo) 
'l'ccum non agani , neque enim lub l^cmonftrationeni niachematicam cadit, tametfi 
praelentiam Chrilli lub ipecie panis fatis denionllret ijs, quorum oculi, uti Percgri- 
nantibus in Emaus, apcriuncur ex miiericordia eius, qui obilupefcendo magis, quàni 
pcrCcrucando miraculo praelentiam iliam humanae Voci , voluntatique fubiecit. In 
illo crgo Hoc cft â te difîentiam fempcr dam vivam , non tamen diflidia cecum excr- 
cebo ; tametfi illud unicum propemodum Hoc efî totam Europam à fc ipfa feccrii; 
diflidere, vix unquam reducendam ad concordiam, nifi polliquam iccundum Evan- 
gelicam Chriiti prophetiam fuerit, Vnum Ovile, et Vnus Pallor. 

Sed haec fortade iunt extra Rhombum, et plura quàm ferat illud: Sapienti Pauca. 
l^abis hoc amicitiae mutuae per haec illibatae, quae ipia ut haec ad te Icribcre aude- 
rem te quafi annuente indulgere videbatur. Dominus Dominas IMarcus Marci offi- 
cioliliimè refalutat, rogatque ut acnigma tuam fibi propofitam paalalam digneris elu- 
cidare, fibi enim domi Sphyngem non efie. Ilis me favori Tao et benevolentiae 
priilinae penitas commendo. Valetudinem tuam cura diligenter. 

l^n-illuftris ac Generofiffimae Dominationis Tuae fervus paratiffimus 

GoDEFRiDUs Aloysius Kinner de Lowenthurn. 

Mann proprid. 
Pragac 11 Aprilis 1654. 

Perilluilri ac Generofiirimo Domino, Ciiristiano Hugento. etc- 
Domino ac Patrono milii colendiffimo, oblervandiffimoque. 

Hagam Comitis 
s Graven Ilaage. 

N= 189. 

CHRISTIAAN HUVGENS à Fr. VAN ScHOOTEN. 
I- AVRIL 1654. 

Ln minute et la copie se tniiycut à Lcidcii, coll. lliiygeiis. 
Fr. van Scliooten y rc'pnncUt par le No. 190. 

SCHOTENIO. 

17 Apr. 1654. 
Remitto tibi Epiftolas nuncupatoria.s ') qaas perlegere me volaifii. Video autem 
maxime in connexione pcriodorum te laborare, quam proinde nonnulHs locis refti- 



') C'est la dédicace de l"ouvrnt;e de Fr. van Schooten . dont il est question dans la note 3 de la 
Lettre N'. 128. 



CORRESPONDANCE. 1654. 285 



tuere conatus fum. Etli perdifficile fuit Icnllim fcncentiamque vcrboruin cuoruni qiiac 
fane optima cfl rctincre ubique mutato licct ordinc. Equidem omnino neccflàrium 
nobis fliidium exiftimo exercendi cxcolcndique llyli inique fi nonnunquani in 
publicum Philofophari velimus. nefcio enim qua rationc , fcd ira fieri animadvcrco 
ut quantoniagis in Mathematicis proficimus, minus nos comitetur orationis ubertas 
concinnitafque. In me certc quotidic hoc experior neque tamen magni pcndo, pau- 
cis pracfari contentus. quod et Praccipuos quoique Geometras olim faftitaflè vide- 
mus, neque tamen unicam ipfos caufom habuifTe imbecillitatis fuac confcientiam 
arbitrer, fed hanc quoque quod praeclara opéra fua nulla verborumcommendatione 
indigere exillimarent adeo ut prolixe aut ornate dicere nec potuerintnecvoluerint. 
Spero jam Cyclometricum meum te invicem cvolvilTè et caftigaflè, qucm proinde 
in cradinum quoque expeélabo. Quaefo ne frultra. Valc. 



N= 190. 

Fr. van Sciiooten à Ciiristiaan IIuvgens. 

19 AVRIL 1654. 

La leHyc se tnitivc i: I.c'ulai, coll. Iliiyt^ciis. 
Elle esl la yc'juvise aux iV"j. 185, i8y. Clir. Huygciis y rdpimdil par h Ni>. lyi. 

ClciriHîmo \"iro Domino Christiano Hugenio, Fa. à Sciiootkn. S. D. 

Perleftis elegantiflîmis tuis Theorcmatis, non potui iacis adniirari cum ingenij 
tui perfpicaciam , tum in ijs demonllrandis ilibtilitatem fummam. Eorum autem 
amoenitate quantopere captus fuerim, non cil quod dicam, fiquidcm me ubique 
attentum et alTiduum in ijs examinandis facile agnofccs, ubi me omniafitisaccuratè, 
pro viribus, hic illic annotalTe, (licet levioris momcnti) deprehendes. Quod ianè 
quàm difficulter in aliorum operibus examinandis à me impetralTem, conjicies 
utique , quimi intellexeris me hoc demonilrandi modo ferc deluetum. In quo tum 
figurarimi continua infpeélio plurimum defatigat imaginationem, tum intelleftum 
item julla ac fevera ratiocinatio. Id quod vel magno Cartefio impoflïbile omnino 
futurum fuilTec, ipfe enim mihi talia non fcmel cil confefTus, quin imo et offerenti 
recufavit. Quocirca licet ob plura impedimenta, quae mihi multum negotij facef- 
funt, ferius tua remittam, condonabis tamen fpero poflquam perpenderis, quanti 
aellimcm eximiam tuam cruditionem, et inventorum praellantiam , quantumquc in 
ijs ricè examinandis fuerim foUicitus, ac notandis illis, quae eruditionem tuam vel 
ullo modo labefaclare viderentur. Quo fit, ut illa diutius forte, quam par eft, pênes 
me retinuerim. Porro quod attinet ad propofitionem i- (ubi de centro gravitatis 
agis portionis circuli, ad cujus demonilrationem parabold uteris) ut et propolitio- 



286 CORRESPONDANCE. 1654. 



nés 18 et 19 , quîis dclcndas ibidem judicas , diim carum in practationc mcntioncm 
faccre iiucndis, calque ex mis Theorematis de I lypcrbola &c. elici poflè allèris, 
vix fcio an tibi ea in re auchor efle velim , dum demonftrationcs iacis lint élégances, 
et meliores ab alijs vix Iperaverim. Nam nifi earum mentem commode ac dilucidè 
plané illic explices, ut et regulae propofitionis 20 , (cum id illic loci mulco diffici- 
lius judiccm) : non opinor propofitiones alias omnino necelTarias , quales ilint 18 
et 19, fatis cum fruftu ab ullo pcrcipi. Abundè autem defeélum (lippleri rectc , 
meà fententia , ludicaili , fi illuftrium quorundam problematum conftruftiones ac 
demonftrationes eorum loco adieccris. Opus vero ipfum quàm maxime Danieli El- 
fevirio '} heri commendavi, qui ubi cum cognato fuo Joanne Elfcvirio -) lub vefpe- 
ram Hagà tune redituro efTet loquutus, hodiè manè mihi relponfum dare fuit pol- 
licitus. Dixit igitur fe libenter fuis typis mandarc velle, ac paétum illud inire, quale 
antea cum fuorum parentibus 3) inijlli. Scd rcfpondi ego et alios Typographes Te 
Hagae adijiïè, qui libenter icidcm id opus eficnt lufccpturi , ied te dixifTe id malle 
Elfeviriorum Typis, quia clegantiores, excufum iri. QuaprQpter me plane coniîderc. 
Te nullam figurarum cxpenfam, aliamve ullam, ferre velle. Ad quod refpondit, 
Joannem Elfevirium idcirco die Martis proximo Ilagam venturum, ut ipfemet 
tecum loqueretur. Suaderem ") itaque ut ad nullam figurarum expcnlam intelligc- 
res, fed pro Autographe 50 exemplaria cxpeteres. Quod equidem, ut omnino con- 
fido, haud recu'abunt. Pro annacocis ■*) denique in dedicationibus gratias habeo. 
Vale. 

Lugd. But. 19 Aprilis 1^54. 



") Sed hoc tibi dicfum fit. [Fr. van vSchooten]. 



') Daniel Elsevier, fils aîné de Bonaventnra Elsevier et de Sarali van Ceulen , naquit en août 
1626 à Leiden et monrnt le 13 octobre 16H0 à Amsterdam d'une fièvre épidémiquc. D'abord 
(1653 — 1655) libraire à Leiden, dans la célèbre maison fondée par son grand-père, il s'associa, 
le i"" mai 1655, avec Lonis Elsevier à Amsterdam; celui-ci se retira en 1664, et Daniel resta 
le senl chef de cette grande imprimerie. 

-) Jean Elsevier, fils aîné de Abraham Elsevier et deCatharinc van Wacsberghe, naqniten février 
i()22 à Leiden , où il monrnt le 8 juin 1661. Après que Daniel l'eut quitté (1655), il éprouva 
bien des mécomptes, et la maison perdit de sa haute réputation. 

■>) Les parents indiqués sont les suivants: 

"} Abraham Elsevier, iils aîné de Matthys Elsevier et de Barbara Lopez de Haro; il naquit 
à Leiden le 4 avril 1592 et y mourut le 14 août 1652. Il épousa Catharina van Waesbergen 
le .21 mai 1621. 

'') Bonaventnra Elsevier, oncle du prccédenl, le 6""-' iils de Louis Elsevier et de Mayke Duver- 
dijn; il naquit à Leiden en 1583 et y mourut le i- septembre 1652. C'est la maison dirigée 
par celui-ci, en comiium avec Abraham, qui de 1625 à 1652 a fleuri à Leiden. 

••) Lisez: annotatis. 



CORRESPONDANCE. 1654. 28" 

N" 191. 

ClIRISTIAAN Hl'VGKNS h Fil. VAN SciIOOTF.N. 
I JUlLMiT 1654. 

I.i! ;:ihii:tc cl la ailik se lyini\c;it h Lciilcii, cnU. ///.'y;;i:ix. 
/.,: iL-iln- i-x/ 1:: ri'putixi- 1:1: No. 190. 

SciIOTKNIO, 

Excmplum libcUi nici ivcens cxculi '} tibi niitto Schotcni ClarilliiiK', ncquc 
cuiquamniitto libentius, quippc prac caetcris pcrico ec benevolonollraniin hiciibra- 
tiomini aertimatori. Nihil novi admodum in hifce animadvcrlurus es ut npinor iiili 
iortaflc in conftmftionibus unam aut alteram. reliqua cnim jani antc tibi cxhi- 
buimus. Rctulit mibi Dominus Blondcl "), iub praelo ciïe tuos quoquc craélatus 
majoris moliminis opus, quod ut bcnc verta: ex anime praccor. Idem niihi fuas 
dcmonltrationes 3) legendas obtulit, ipicilegium videlicet poil: mcflcni (îalilci. 
Ncicio quid tibi illas Icgcnti viluni fuerit; fed ego pollcaquam obiter percurriflèm 
hoc mccum cogitabam; niultos cflè qui ne quidem quid concemplatione dignuni 
lit latis dilcernant. Sed hoc ilhnn relcire noHni. Vale. ••) 

I Jul. 1654.') 

Dr. Rulch. 



') Chriftiani Hiigenii, Confl. F. de Circuli Mngnitudiiic Inventa, accedmit eivfdem Pi'oblcma- 
tum quorundam illuftriiim conlh'iiCtiones. Lvgdvni lîatavorvm, Apud Jolianncm & Daniclem 
Elzevier Acadeni. Typograph. cIdIdcliv. in-4 . 

-) FrançoisBlondel, Sieur des Croisettes, naquit en i(m- à llibemont (Somme; et mourut à Paris 
le I" février 1686. Il était diplomate, arcbitcclc et ingcnienr militaire: il devint Conseiller 
d'Etat, précepteur du grand Dauphin et professeur au Collège Royal, puis Maréchal de Camp. 
Il voyagea souvent en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas. 

^) Ce spicilège fut publié plus tard sous le titre : 

Fr. Blondel, Epistola ad Paulum Wurzium, in qua faraosa (ialilaei propositio discutitur. 
Paris 1661. in -4°. 

••) Au verso de cette lettre on trouve la liste des personnes auxquelles Chr. liuygens avait des- 
tiné divers exemplaires de son ouvrage „De Circuli Magnitudinc Inventa"; savoir: 

Gool, Schoten, le Ducq, Kraen , vandcr Wal, Chanut, C. de Brienc, l'jlon- 
del, Kinner, Vincent, Sarasa, liibliot. , Tacquct, Gutsch., Ick [moi-mcnie] , 
Stevin. 



288 CORRESPONDANCE. 1654. 



N= 192. 

ClIRISTIAAN IIUYGENS £1 GrEGORIUS A St. ViNCENTlO. 

[3 JUILLET 1654] ■)• 

La minute et la copie se trouvent à LeUlcn, coll. Iluygeiis. 

Gregoriiis à St. Fincent'io y l'éfiondil par le No. 195. 

Piitri Gregorio à Sancto Vincentio. 

Cum in acllimundis lucubracionibus meis aequiffimiim te judicem antehac cxpcr- 
tiis t'ucrini Vir Claridlmc non commictendum putavi uc non hacc qnoquc inventa 
exaniini tuo fubjiecrem. lani ante certiorem te feci in circulo occupacum nie teneri, 
eadcni illa epillola -) in qua brcveni reprehcnfionem fcripferam circa Nobiliflimi 
Kinncri lilucidationem. quae utriim pcrlata fuerit nec ne adhuc mihi incertum 
cft. Ouae igiciir promifi hic tenes, et puto non levis momenti proprietates in circulo 
nobis animadvcrlas rcperies, fed quas potius miraberis non ante à veteribus geo- 
metris aut à te ipfo qiioque infpcftas fuiiïe. Aliquas etiam Problematumcompofi- 
tiones una prodire iivi , ut fimnl omnibus amicis impcrtiri pofTcm quas leparatim 
aliquibus antca deicripleram. In bis aliam invenies ad iphacrae fectionem et melio- 
rem puto eâ quam olim tibi ollcndi. De mcdijs proportionalibus item diverfas con- 
llruftiones offendes; fed bas fortafTe magni non faciès, quod de plana conrtruftione 
nondum defpcrcs, quae nobis quidem impoffibilis videtur. Caeterum an adhuc in ea 
inquilitione perfirtas ignoro, atque è proximis tuis intelligere cupio, uti etjudicium 
tuum circa reliquas iftas quas mittimus dcmonflrationes. Ad Kinnerum fi qua fefe 
offert occafio exemplar 3) ut deferri cures etiam atque etiam te rogo. Epiftolam ipfi 
mifi folita via et libellum expeftare illum juflî. Alterum quoque ad Dominum Sarafam 
exemplar ■*) curae tuae commcndo, cui meo nomine excufationem quoque fi placet 
adfcribes, prae magna temporis angullia impcdiri me quo minus ipfum quoque 
nunc compellarc queam , quod alioqui nunquam lacère omifiiïèm. Ad fontes Spa- 
danos nimirum iter aufpicamur crailino ') uti arbitror, vixque h Typographis hes- 
terno die exemplaria prima naftus fum, quibus nunc quoquo verfus dcftinandis 
aegre fufficio. Itaque nec ad te pluribus nunc agerc mihi conccditur. Valc. 



') Avec un exemplaire de son „De Circnli Magnitndine Inventa" portant la dédicace: Cla- 
rillimo viro et magni nominis Geometrae Domino Gregorio à St. Vincentio dono 
mittit Chriftianus Hugenius. [Adversaria de Cbr. Huygens.] 

=) Voir la Lettre N°. 1 86. 

3) Avec lin exemplaire de son „De Circuli Magnitndine Inventa", et l'inscription : 

Generolo Praeilantifllmoque Domino Nobiliflimo Domino Amico G. Aloylio 
Kinncr de Lowenchurn, donat atque offert Chriftianus Hugenius. [Adversaria de 
Chr. llnygens.] 

t) Cet exemplaire portait l'inscription : Ingenio atque Eruditioni confpicuo Viro Domi- 
no Alf. Antonio de Sarafa dono offert Chr. Mug. [Adversaria de Chr. lUiygens.] 

5) Il partit ponr Spa le 4 juillet, avec son père, son i>ère Lodewijk et son cousin Philips 
Doublet. [Dagboek.] 



CORRESPONDANCE. 1 654. 289 



N" 193. 

Christiaan Huygens h J. CÎOLIUS. 

4 JUILLET 1654. 

La U-tire et la cn/iic- se trouvent à Leiden , cnll. lliiygens. 

J. GoLio Viro Clariflimo EruditifTimoque 

ClIRISTIANUS HUGENIUS S. D. '} 
Praecedcntes vigiliolas nortras probando cfl'ecilli Vir Clariflnne ut hafcc cciani 
luci commitcere auderemus. Qiias tibi cum offerimus, coram acquiUlmo fcilicct 
rerum gcomctricarum acftimatore fifti eas fcimus , quique umis optimc dijudicet 
quid digiuini fit contemplatione quid fecus. Theorema horum XI praefens tibi 
antehac fi bene niemini rccitavi, in que demonflirando quod (blidorum confidera- 
tionem ufurpo, id vitare cquidem potuifiem; fed natura Theorematis ejufinodi 
argumentationem admittere imo poihilarc videbatur, omni ab'a multo intricatiorc 
futura atquc prolixiore. Simili iidis ell Archinicdcs in propolitione pcnultima 2''i 
de vSphaera et Cylindre, quem ego autoreni quacunquc praeeunteni fequi non dubi- 
tcni. Ergo ne hoc quidcm miraberes qiiod reftas lineas circularibus aequales in Pro- 
blematum inlcriptionc polliccor: Icgilli enim ubi ille rationem circuli ad compre- 
hendcns quadratum cam définit, quae eil XI ad XIX. Vides ut niininiarum quoque 
rerum excufationem adfero, quod non facerem profefto nifi apud ccnforem accura- 
tum ac diligentem. Caeterum cum judicium tuum ufque adeo reverear, facile inde 
conjicies Vir Clariflîme quo loco habiturus fim approbationem. Vale. 

4 .Wl- 1^54- ^^^ 

N" 194. 

Chrlstiaan Huvgens h G. A. Kinner a Lowenthurn. 

4 JUILLET 1654. 

La minute et la cufie se trouvent à I.eiileu , coll. ■Iluygens. 
La lettre est la n'/ionsc au No. i8!l. Kinner à IJiwenthurn y répondit par le No. lyy. 

Gencrofo Clariflimoque Domino Aloisio Kinnero a Lowenthurn 

C. H. S. D. 

Jam pridem epiltolae Tuae me relcripfifle oportuit Vir Nobiliffime et li jure 
mecum agere velis teneor equidem, fed culpam deprecor et Bilbilici Poetae ') ver- 



') Avec un exemplaire de son: „De Circuli Magnitudine Inventa". [Adversaria de Chr. 
Huygens.] 



') L'auteur désigne le poète latin Marcus Valcrius Martialis, qui eut le surnom de liilbilicus 

du château Bilbilis, situé près de sa ville natale Calatayud (Espagne). 
Oeuvres. T. I. ^J 



apo CORRESPONDANCE. 1654. 



bis: Per omnes juro deos, et non officiofus amo. -) Expeftare fcilicet volui doncc 
una de circiili magnitudine inventa noilra tibi mitterc poflèni, quorum editioni 
procurandac nonnihil quoquc otij inipendendum fuit. Nunc autcm et diltributione 
eorum intcr amicos, et imminenti ad Spadanos Fontes itinere adeo dillringor ut 
vix ctiam baec Icriberc concedatur. Caeterum exemplum libelli eadem via ad te 
pcrtcrri poiïè fpcravi quâ et tui ad me pervcnit. Itaque Patri Grcgorio illud com- 
mcndavi. Quod il nulla ipii fcie offerat occalio, aliâ tentabimus ire contcilim atque 
ab itinere illo rcvcrilis fuero. Opéra Marci Marci nunc dcmum Antwerpia niihi 
milla lunt ieptem numéro tradtatus s), quorum qui de percuffione agunt obiter inlpexi, 
plurimumque à mea opinione diverfos abirc animadverti. Aenigmatis ejus quod ipfi 
proponcndum nuper ad te pericripierani, hacc ell fententia. 

Circumtcrcntiam circuli minorem eiïe minore duarum mediarum proportionalium 
inter perimetros polygonorum fimilium quorum altcrum circulo infcriptum iitalte- 
rum circumicriptum. Iloc cnim demonrtratum tibi inter caetera libellus noller ex- 
hibebit. -*) 

4 J"l- 1^54- 



N2 195. 

Gregorius a St. Vincenïio à Christiaan Huygens. 

25 JUILLET 1654. 

Lu Ictti-e se iruiirc à Lchkii, cuil. Iliiyvisiis. 
Elle est la ripnnse au A'». 19:. 

Clariffimo Domino Domino Ciiristiano Hugenio 

CiRF.GORirs A. St. Vincentio s. D. 

iVcquiffimum me Judicem in aeftimandis lucubrationibus tuis expcrtum te fuifle 

ex Vltimis a te ad me miflis intellexi, ac proinde quem publicj juris fecilli libellum 

examini mco te fubijccre profiteris. Abfit a me vt judicandi pencs me Jus arrogem, 

-) Val. Martialis Epigrammata. Lib. x. Ep Lvin. 

'') Outre les ouvrages cités dans les Lettres N". i6c et 167, cet envoi comprenait les deux suivants: 
Obfervationes Exaftico-Philofophicae. Auth. M. Marci. Pragae. 1647. 
De longitudinc (eu difFerentia intcr duos meridianos tum cum motu vero lunac inveniendo. 
Auth. M. Marci. Pragae. 1650. 
"*) Il résulte des Adversaria de Clirisciaan Huygens, qu'il a encore envoyé des exemplaires de son 

„De Circuli Magnitudine Inventa" avec les dédicaces: 
") Mijnheer, Mijnheer de Bie, ProfefTor dcr Matlicmatycke tôt Amllcrdam. 
^) Clariiîimo Viro Subtilidimoque Geometrac Domino Andreae Tacquet, dono 

mictit Autor Chr. H. 
'^ Clariiîimo Viro Praellantilllmoquc Geometrac Domino G. Gutfchovio l.m. q.d. 
Chrillianus Hug. 



CORRESPONDANCK. 1654. 29 1 



eorum potiflîmum fcripta, qui acrimoniam jngenij fui aliundc jam probarunt. Vbi 
Lucubraciomim tuanim nouuni foetum aperui, jta cxhilaratus fiij ac (i dcniKMcl 
Anderfonius rediuiuus, aut nouus Victa prodijlFct. 

Libcllj nicor, fccmatum concinnicas, typoriini fpccics ac forma, (.)pus Ccirinthium 
rcdolerc vila lune jplimet Elegantiac jnuidum. Scd pacc tua dixerim jndoluj patro- 
cinium ac compcllationem mcam fcrius fubuenirc, quo minus vna luccm alpiciac 
fpeculatio quam mibi antc non ita paucos nicnfes comniunicalli '), de argumente) 
primj problematis fecundae partis, tanquam praelo minus digna t'uerit; An ibrte 
delloratum arbitratus es de quo mecum fub rolli amicè muto litterarum commercio 
cti'iH:]. Non minus honerte meo judicio parabolae mentio in tuis lucubrationibus 
comparuifret,quamhyperbolae, cuius mentionem tacite jnclufam, diflimulando exclu- 
lani voluillj. rcmotior videtur a plana conllruiftionc praxis Hyperbolam jnuolueris , 
quam ea quae parabolae mentionem jmplicat. Decurrj more mihi confueto ab ouo 
ad mala, et placuere non parum tam quae pars prior quam iubfequens adducit. 
Vbi otij plulculum naftus fuero, conabor penitius jnfpicere, vt mibi admirationem 
adaugcam. Conilruftiones tuae de medijs proportionalibus Laudem mcrentur, licet 
planae non fint. Miraris me necdum de plana Conllruftione defpcrare, quam jnter 
jmpoflibilia ablcgas; Dies tamen alia docebit vt plura alia paris momenti. De dono 
Intérim ad me tranfinilTo ago gratias, jmo e't nomine Domini Kinncr, qui et ipfe 
procul dubio tellabitur gratitudinis affeàtiim. Libellus a me ad Patrem Saraia 
mittendus, nondum comparuit. Quare erroris aliquid jnterueniiïc fuipicio mihi 
llibrepit. 

Perge Porro Clariflîme l^omine quo pede coepilli et Mathelim genio tuo propi- 
tiam cole, quae mercedis loco nomen tiuim jnter Clariliimorum virorum gloriam 
perennare flataget. Vale et mei memor Viue. 

Gandauj, 25 Julij 1(554. 

N= 196. 

CoNSTANTVN HuYGENS, frèrc , à Christiaan Huvgkns. 

10 AoClï 1654. 

La lettre se troiiyc à Lci<lc:t , coll. //«ri;v;;.t. 
Elle est la n'ponse à m/e lettre du 6 iiuiit '). Clir. /Iityi^eiis y répotnUl pur le No. 1^7. 

A la Haye le lo Aoust 1654. 
Monsieur mon Frère 
Je viens de receuoir voi"lre première du 6c ') de ce mois, qui m'a appris voltre 
flux de ventre ou foire qui vous a empefché d'aller au bal. A la miene volonté que 



') Voyez la Lettre N°. 1 19, où se trouve une coiistructiuM , que Chr. lluyj^ens avait plus tard 
remplacée par une autre. 



') Lettre qui ne se trouve pas dans notre collection. Christiaan lluygens était alors à Spa. 



CORRESl'ONDANCE. 1 654. 



fiiflîez guery de cette maladie pour vous fignaler parniy les baladins ainfi que je 
m'adèure que ferez et avez delja fait. Je voudrois auoir provifion de nouvelles pour 
vous en faire part a vous autres, mais la Haye eilant toute vuidée de monde cette 
faifon en produit fi peu, que je ne fcay par ou commencer, à moins que de vous 
entretenir de l'Eclipfe -) qui fait une fi prodigieufe peur a beaucoup de perfonncs 
d'icy qu'ils voudroyent s' enfuir hors du monde, s' ils croyoyent que là elle ne leroit 
point veùe. Il y en a qui difenc qu'elle durera trois jours entiers, d'autres qu'il ne 
s'en eil veu que quatre de pareilles depuis la création du monde, et contes fcmbla- 
bles. Si ce prodige ne devoit arriuer aprcfdemain je vous iiipplierois d'en mettre vof- 
tre advis par efcrit pour avoir dequoy en difcourir avec fondement et folidité. Il 
vous plaira de dire au frère Louis que Ruijfch ^^ eil icy qu'il voit fouvent fa dame ■•} 
mais pourtant pas touts les jours, que tout le monde dit qu'ils font promis enfcmble, 
et que luy mefme ne defadvoue pas que c'eil fa maillrcfîe, ains le dit h un chafcun 
en la louant haultement. Les amours de MademoifcUc de Waefdorp ^') femblent de 
durer encore, mais comme ils ont efl:é huict jours aux champs je n'en ay rien ouy de 
particulier. Ceux de Leeuwen continuent de mefme et il y efi: touts les jours; avant- 
hier ils fe promenoyent eux deux en carofie ou luy eftoyt efl:endu tout de fon long pour 
marque de familiarité. Valkenburg ") pouffe auflî bien fort fes affaires et eil encore 
auprès de la maiflrefi'e à Bergen; tout* le monde croit qu'il reuflira jufques a Joncker 
van Borfelen ^) mefme qui me dit hier que Mademoifelle de Bergen **) s'alloit marier 
avec Valkenburg mais qu'il la prenoit pour l'amour de fes pifioles, comme fi luy l'cufl 
recherchée pour autre chofe. Le frère Louis mande a Phlip '•^) que Tet '°) eilant à 



-) Eclipse de soleil du 1 2 août 1654. 

3) Nicolaas Ruysch, fils de Koenraad lluyscli, naquità Dordrecht et monnit à la Ilayecn 1670. 
Il devint pensionnaire de Dordrecht, puis, de 1650 à 1670, greflier des Etats-Généraux. 

•*) Maria Paets, fille de Mr. Willem Paets, bourgmestre de Leiden; elle épousa le susdit 
N. Ruijsch. 

5) Mlle Musch, nommée Mlle de Waesdorp, était la lille ainée du fameux Cornelis Musch, secré- 
taire de Rotterdam , et de Elisabeth Cats. De même que sa sœur Elisabeth Maria Musch , 
nommée Mlle de Nicuwveen, et très connue comme Madame Buat, elle menait une vie assez 
légère. Elle s'est mariée au Baron van den Boetselaer, Seigneur de Asperen. 

<') George Valkenburg était fils de Jan de Hertoghe van Osmale, Seigneur de Valkenburg, 
qui devint en 1623 gouverneur d'Orange, où il fut tué en 1630. 

^) Jacob van Borsselen van der Hooge, Seigneur de Cleverskerke et Geldermalsem , fils aîné de 
Joost van Borsselen et de Cornelia van der Dussen , naquit en 1622 à Middelbourg et mourut 
en 1686. En 1655 il devint membre du Conseil d'Etat. 

S) Henriette Francisca, Comtesse de Bergen-op-Zoom, fille de Eitel Friedrich, Prince de 
Ilohenzollern et de Marie Elisabeth de Bergen-op-Zoom, mourut le 17 octobre 1698; elle 
épousa en 1662 Frédéric Maurice delà Tour, Comte d'Auvergne (1642 — 23 novembre 1707). 

'^) Philips Huygens, frère cadet de Christiaan Huygens, naquit le 12 octobre 1633 à la Haye et 
mourut le 14 mai 1657 à Marienburg en Prusse. Il avait étudié à Leiden et accompagna en 
mars 1656 les ambassadeurs pour la Suède et la Pologne. 

'°) Tet est le nom familier de Constantia, née le 21 décembre [633, fille de David le Leu de 
Wilhem et de Constantia Huygens. 



CORRESPONDANCE. 1654. 293 

lîolduc het daer (ledit laeten leggcn had^ je vous prie de me dire un peu ce que 
c'elt. Acltje Pieters ") ces jours pafîes rencontra Moniieur d'Opdam '=) par la rue 
et luy demanda tout liault quel elloit ion dedéin de procurer tant de mal à Son Al- 
tefTe, adjouftant que s'il perliltoit en cela il le trouveroit des gens pour luy rompre 
la tefte avant qu'il feroit long temps. Il ne luy refpondit autre choie li non Jck be- 
danck-je yJeltjc Pieters dût je me ■waerfchout ^ %'e julien der eens over (itten. Adieu. 

N= 19-. 

Christiaan Huvgkns à Constantvn Huygens , frère. 
20 août 1654. 

La If/trc se tninre à Lc'ulcn, cuil. Iluygcns. 
Elle est la rt'poase au No. iy6. C.niislatityn lluyi^ais v réjmnilil /itir le Nu. ly.'l. 

A Spa le 20 Aouil 1654. 
Monsieur mon Frkre. 
Noltre voyage ell arreilé pour demain '), nos hardes délia empacquetes et ne 
nous refte rien a faire icy qu'a prendre congé chez les bons amis. II y a un mois 
jufliement que nous fommes icy pendant lequel temps je n'ay pris les eaux que 2 ou 
3 fois quoyque on m'aye voulu perluader de leur efficace, et me porte auOi bien 
Dieu mercy que aucun des Bobelins "). Le frère Louis ayant pris medicine hier com- 
me c'eil l'ordinaire quand on quitte les fontaines, purga tant qu'cflant forti après, 
il eurt grand peine a revenir au logis et penfa mourir en chemin h ce qLi'il dit. Nous 
croyons pour certain que c'a eilè un abus de l'apoticaire ou im quid pro quo. Mon- 
iieur Steincallenfclts s) s'en vient avecque nous jufques a Vianden et peut eftre 
plus loin: qui nous aflcure qu'il n'y a rien a craindre des parties, quoy qu'il y ait 
venu loger des troupes du Prince de Condè •*) dans Vianden. Nollre train fera de 



") Aeltje Pieters était veuve du bouclier Lodewijk van Boshiiysen. Constantijn Iluyt;ens, père, 

leur avait prêté de l'argent. 
'-) Jacoh Baron van Wassenaer, Seigneur d'Obdam et Zuidvvijk, de même nom que son père 

(1574 — août 1623), naquit à Ileusden en 1610, et périt le 13 juin 1665, une explosion ayant 

fait sauter le vaisseau de Eendracht, qu'il commandait comme Lieutenant Amiral Général. Il 

a rempli diverses missions diplomatiques. 



') D'après le „Dagboek" Cliristiaan Huygens partit de Spa le 21 août, avec son père, qui y avait 
pris les eaux. Ils voyagèrent, avec Lodewijk et Philips Doublet, dans la compagnie de Mess. 
Steincallenfels et Romer. 

-) C'était le sobriquet habituel des étrangers qui venaient prendre les eaux à Spa et à Aix-la-Cha- 
pelle. 

3) Hermann Gottfried von Stcyn Callenfels, d'une famille noble du Pfaltz , se distingua, comme 
Lieutenant Colonel de l'armée des Provinces Unies, dans T Amérique du Sud. Depuis, il 
vécut près de Maastricht. 

■*) Louis II de Bourbon, d'abord Duc d'iMighien , puis l'rince de Condé, surnuumié le Grand , 
était fils de Henri H, Prince de Coudé, et de Charlotte de iMontniorency : il naquit ■^ l'aris en 
1621 et mourut le 11 décembre 1686 à Chantilly. 



^94 CORRESPONDANCE. 1654. 



8 hommes à cheval et deux fur la charrette; la quelle fe tiendra foubs la fauvegarde de 
lacavallcrie.le caroflè s'cnvavuidede Maellricht jufques a la Haye, après avoir mené 
INItmlieurWellrenc ') en ia guarnilbn avecq fa femme et Ibcur Madame de Wefler- 
beec. ledit Seigneur Wcilrene comme vous aurez entendu à elle logé en celle mefme 
maifon, et par deux fois h traittè mon Père et ceux de fa fuite: de forte qu'il mérite 
bien qu'on luy falTe cette courtoilîe la. Sans doubte ma Tante de St. Annelandt *) 
fera bien aife de revoir fes befles, car Joncker ne reçoit point de lettre d'elle fans 
qu'il y ait une recommandation particulière pour les chevaux. l'ay fait deux cra- 
yons de Spa que je vous fcray voir h mon retour, l'un efi: comme on le voit en 
ellant fur la montagne; l'autre de la feneilre de mon Coufin ^). Si Phlip fe mocque 
des miens il les proférera touijours a ceux du dit coufin qui a choifi les deux mef- 
mes profpefts. Il y à tant de monde icy avecq nous que j'ay de la peine à m'empe- 
fcher de les efcouter et penfer a ce que j'efcris; toutefois il faut que j'adjoufte 
encore cecy pour tefmoigner que je prens part au malheur de vollre difgrace '*) et 
que parmy tous ces divertilTements je ne laifTe d'ertre fort fafché du grand tort qu'on 
vient de vous faire, je prens pour un bon effeft des eaux de Spa que mon Père digère 
un fi grand mcipris lans mélancolie évidente, car c'eil luy finis doubte qu'on affronte 
le plus en cefte affaire. Adieu. Faites mes baiiemains aux tantes quand vous les 
verrez. Et dites a Sus '■'^ que mon Père à fait provifion de bijoux pour elle. La 
Princefîè Royale '°) part auflî demain pour évader la contagion de la petite vé- 
role et laiflè icy Madcmoifelle Killegrey ")qui en ei1: toute pleine. Demain nous fou- 



5) Probablement Pieter van West-rhenen , fils de Jncob van West-rhenen et de Marie van Dain , 
desqnels descendait la brandie catholique de cette famille, qui demeurait à Amersfoort. 

'') Geertruid Iluygens, seconde fille de Cliristiaan Huygens, l'ancien, naquit à la Haye le 10 
juillet 1599 et y mourut le 4 juin 1680. Le 28 mars 1632 elle épousa Philips Doublet, Sieur 
de St. Annaland et de Moggcrshill (22 janvier 1590—31 mai 1660). 

''} Philips Doublet, né le 28 janvier 1633 et mort le 6 juillet 1707, était le fils de Philips Doublet 
et de Geertruid Huygens (voyez la note précédente). Après la mort de son père, il devint 
Seigneur de St. Annaland et de Moggershill. Le 20 avril 1660 il épousa Susanna Huygens, 
sœur de Christiaan Huygens. 

^) Constantyn Huygens avait désiré faire partie de l'ambassade que les Etats-Généraux envoy- 
aient en Suisse et en Savoye pour soutenir la cause des Vaudois: mais un gentilhomme de 
Gueldre, Mr. van Ommeren, obtint la préférence et y fut envoyé en juillet 1655. 

') Susanna Huygens , sœur de Christiaan Huygens, naquit le 13 mars 1637 à la Haye et y mou- 
rut le 24 août 1725. Elle épousa Philips Doublet. Voyez la note 7. 

") Henrica Mary, fille de Charles 1='' d'Angleterre, naquit en 1644 et mourut le 10 juin 1670. 
Elle épousa, le 31 mars 1661, Philippe I"^"" Duc d'Orléans (21 septembre 1640 — 9juin 1701). 
Avec son frère Charles H, plus tard roi d'Angleterre, elle était venue à Spa le 20 juillet 1654. 
[Dagboek.] 

") Mlle Killigrew, fille du Dr. Killigrew, chapelain du Roi, et depuis Master of Savoy Hospi- 
tal à Westminster; sa mère était Dame de la chambre privée de la Reine Henriette Marie 
la mère et la fille étaient grandes musiciennes. 



CORRESPONDANCE. 1654. 095 



perons à Botfchenbach. qui e(l a 4 lieues d'icy. mais vous ne le trouverez point dans 
la carte. Valc. 

Non ohilant toutes les prétentions de Monlieur Ruijs le t'rere Louis ne laille pas 
de faire mettre E. V. A. fur des bracelets de la façon de Spa. 



N= 198. 

CoNSTANTVN HuvoENs, frère, à Christiaan IIusgens. 

24 AOl'lT [1654.] 

La lettre et la copie se irnureul à Le'iden , cnll. Iliiyi^ens. 
Elle est ta rt'po;ise an Nn. 197. 

A la Haye le 24. d'Aouil. 

Mon frère , 

]'ay receu vollre dernière et celle de mon Père, portant comme vous alliez quit- 
ter Spa pour commencer le voyage d'Allemagne, qui le terminera icy h la 
Haye, ou voudrions que fufllez delja. Pour les condoléances que fraternelle- 
ment me faites fur le fubjeft de ma malheureufe pourfuite je ne fcay que vous dire 
finon Godt looiit je. Il n'y a point de doubte que l'affront ne foit grand et tout 
le monde l'entend ainfi dans ces quartiers, mais comme je ne iliis point d'une 
hinneur fort encline h la melancholie, je ne refve pas long temps fur des choies 
fafcheufes et les oublie le plulloll: qu'il m'ell poffible. Pendant que vous eiles 
à Spa un petit homme de vollre connoin'ance m'a elle voir, comment Diable 
a il nom ? C'efl: un petit homme , qui demeure a Breda , et efl: coufjours après a 
faire des verres pour les lunettes d'approche. Il me débita beaucoup de tout ce 
qu'il fcauoit faire , et jura qu'il avoit de ces lunettes de fa propre façon dont il 
voyoit de Breda quelle heure il efloit à Dort. Il me tira de fa poche une petite 
Lunette d'approche pour fervir dans des chambres , et qui elloit afTez gentille , car 
on en pouvoit lire une lettre alTez petite de dix ou douze pas, mais le mal ertoit 
qu'elle eftoit trop grande pour pouvoir eftre cachée de la main. AuiTi ayant re- 
gardé les verres de près je trouvay qu'ils n'eiloient pas polys fort magillraliter. 
Il auoit encore en fes pochettes, qui n'efloyent qu'im magazin de belles ehofes, 
un Microfcopion fait a la façon du mien mais afTez lourdement , et dont les ver- 
res ne valoyent pas bien grande choie. Je liiy parlay de voftre invention des petits 
miroirs d'acier fans la luy enfeigner pourtant quoy qu'il l'euli voulu fcauoir de 
tout fon coeur. C'eftoit un bon petit homme, franc et qui dilbit tout ce qif il fca- 



296 CORRESPONDANCE. 1654. 



voit. Voyant des Clavcfings dans noftre fale il me dit que pour la INTiifique il n'en 
taifoit point d'ertat; qu'il s'clloit adonné toufjours a rechercher des choies qui pou- 
vovent apporter quelque prolit a la focietc des hommes , parmy lefquelles il croyoit 
que la fcience de polir des verres pour des lunettes d'approche n'elloit pas la moin- 
dre; de plus il me dit qu'il eftoit grand homme de cheval et entendoit le ma- 
nège auffi bien qu'homme de ion temps, qu'il elTioit marié, et quels elloyent les parents 
&c. je croyois qu'a la fin il m'auroit dit combien il auoit d'argent iur luy. Quand vous 
ferez de retour du voyage il viendra exprès pour vous entretenir. Pour des nouvelles 
je n'en ay pas de fort importantes à vous mander. On dit que le mariage de îMademoi- 
lélle de ^\^aefdorp lé conclurra bien toil avec Pompen '), et celuy de Mademoifelle 
de Bergen avec Valkenburg de mefme. Des affiaires delMonfieurRuijschje ne fcayque 
dire bonnement. Je n'ay pas elle de quelque temps chez les Warnouts et en carofTe 
avec elles je ne le voy pas bien fouvent qui ell: la chose par laquelle fe forment 
aujourdhuy les difcours de mariage. La pefte eil icy à la Haye en beaucoup d'en- 
droits, avanthier mourut une fervante chez cette femme marchande qui autrefois 
a elle nourrice chez INIadame de Lhermitte ^) , on dit que c'eil de la perte quoy qu'ils 
tafchent de le diffimuler. Les hcritjers du prefident Haga 5) fe trouvent un peu 
abulés, car on il +) qu'il ne lailTe pas le quart de ce qu'on croyoit qu'il poffedait. La 
femme ') efl: tout à fait hors de fens, et l'on dit que ceux qui luy vont faire des 
condoléances fur le fubjetl: de la mort de fon mary elle les prie de chanter. Madc- 
moiiélle de Veer fille aifncc du Baillif d'icy ^') fe va marier avec un garçon d'icy 
nonnné Coenen, Apres demain on y tiendra Bcfocck. Adieu. Je fuis &c. 



'} Cornclis Pompe van Meerdervoort, fils de Michiel Pompe v.in Meerdervoort, mort le 9 dé- 
cembre 1639, naquit le 16 décembre 1639, et mourut le 24 novembre 1680: il épousa, le 
17 novembre 1637, Alida van Beveren, née en 1618, qni lui donna quatorze enfants. Il fut 
Chevalier de Saint-Michel et Baljuw de Dordrecht. 

-) Theodora vanWely,filledeMr. van Welyetde Theodora van Bylaer, épousa, le 2 mars 1613, 
Jacques l'Hermite jr., fils de Jacobus l'Hermite, Amiral de la Hollande, mort en 1623. 

3) Cornelis Haga naquit à Schiedam le 28 janvier 1578 et mourutà la Haye le 12 août 1654. Il 
était jurisconsulte, fut chargé de missions diplomatiques, et occupa de 161 1 à 1636 le poste 
d'ambassadeur des Pays-Bas à Constantinople: en 1645 il devint Président du Grand Conseil 
de la Hollande. Il épousa Alctta Brasser en 1622. 

"f) Lisez: dit. 

5) Aletta Brasser naquit à Délit en 1579 et mourut sans eniants à la Haye le 24 juillet 1655. 

*) Mr. Quintijn de Veer, fils de EUert de Veer, chevalier. Pensionnaire d'Amsterdam, mort 
en 1620, et de Simone Schaak, devint baljuw de la Haye le 5 novembre 1620, poste qu'il 
occupa jusqu'à sa mort en \66~. Il était avocat et licencié en droits et portait le titre de Seig- 
neur de Calants-oog. 



CORRESPONDANCE. 1654. 297 

N°= 199. 

G. A. KiNNER A LinVENTUURN à ClIRISTIAAN IIuVC.ENS. 
16 SEPTEMBRE 1654. 

La lettre se trouve à Leiâen, coll. Huygeiis. 
Elle est la ripunsc au No. 194. Chr. Hnygens y répondit par le jYii. 203. 

Illaftris iic Gcncrofirrime, Domine Colcndirfimc. Salutem à Domino 
atqiic oblequiii mca paratiffîma. 
Jnfigne vanitatis Aftrologicae fpeculum in ipfo pocnc meridiano Sole praeterlapfo 
Aui^ufto confpcximiis, NobilifTime Hugeni, ubi Sol notabilem Ecclipfim pafTus ed, 
fed nnilco maiorem Allronomi, quorum calculus fat turpiter aberravit. Eccliplim 
illi invilam mulcis rctro feculis, infinità malorum Jliade praegnantcm , quin univer- 
falis creaturarum omnium ruinae prodromum iactabanc, et tamen, quantum quidcm 
ex obfervationibus conilat, et in temporc et in mole Ecclipfeos tam abiurdè deccpti 
funt, ut nihil acquè certo hàc ipfà Ecclipii portendi exiftimem, quàm notabilem As- 
trologici nominis et artis intamiam, quam apud aequos renmi acilimatores incur- 
rent, qui tam ludicrac artis futilia fundamenta merito riili deinceps excipient. Seri- 
bit ad me Romà celeberrimus Mathematicus Athanalius Kircherus, fe Eccliplim 
obfervàiïe et comperifTe iecundum tempus aftronomicum Jnitium die Auguiti ii. 
Hora 21. 15'. Durationem totam Horarum ai. Magnitudincm Digitorum 7^. cum 
tamen pro Horiibnte Romano ex Allronomorum calculo praediftum fuerit Jni- 
tium Hora 22. 30'. Duratio Horarum 3. Magnitudo Digitorum 10. 4-'. Qui error 
fane valde notabilis efl , ut plane his iVantibus non videam , quomodo in tanta ipfius 
Aflronomiae incercitudine, Ailirologia iudiciaria, quae et aliunde proprios fuos pa- 
titur mânes, ftare poffit. Ego, quia tempus appriniè favebat, obfervavi eandem Ec- 
clipfim, et comperi Jnitium diè Auguffi ri Hora 21. 4'. Médium feu maximam 
obfcurationem Hora 22. 22'. Finem Hora 23. 40'. Duratio tota fuit Horarum 2. 36'. 
Magnitudo Digitorum io|; quam tamen iilhîc centralem fore praedixerant, et 
ultra trihorium duraturam. Haec ad te fcribo , non quafi Te his magnopere capi 
cxillimem, fcio enim magis arridere ingcnio Tuo ccrtitudinem Geometricam, 
fed ut habeas, quod ortendas amicis, fi qui forte obfervationes alibi faftas appe- 
tunt; viciflîmque tranfmittas obfervationes aliquas in illis partibus acceptas, qaibus 
tametfi nec ego multum tribuo, foleo tamen amicorum curiofitati non illibenter 
favere. Gratins erit , fi ingeniofiiïimus Tuus libellus , cuius iam pridem in literis 
Tuis mihi defiderium fecilli , quam primum ad me pervenerit : cuius et propio- 
rem fpem mihi fecerunt literae fummi Viri Gregorij à Sanfto Vincentio, quibus et 
eundem maiorem in modura commendat , et iam itineri d fe commifiiim ad me per- 
ferendum fignificat: non puto tamen ante finem Francofurtenfium nundinarum ' ) ad 



') Les foires de Francfort sur Main avaient lieu à la St. Michel (^le 29 septembre) et à Pâques. 
A cette époque, le catalogue annuel de livres „Mcsscataloi;" était publié par Menninp; Gross à 
Leipzig. 

Oeuvres. T. I. 38 



CORRESPONDANCE. 1654. 



me pcrvcnturum. Quandocunquc autem vcncrit, icico chariffiniLim futunim vcl eo 
nominc, quod Iciam prolicii'ci ab ingcnio, de quo olim habcbit orbis quod glorietur. 
Nollcr Dominus Marcus iani tertio menfe apud Caclareni ') negotiorum caula de- 
git, quod ipium iiiipedit libelli lui evulgationem; ciiiiis opulcula, quac nupcr accc- 
piile Te mcmorabas, li interca evolviili, fcribe paucis quid fcntias, et nie, quod 
tacis, condancer ama. Vale. 

Illuftris ;ic Gciicrofiffimae Dominationis Tuac 
Servus paratiffimus 
GoDKFRiDus Aloysius Kinn?:r. 

Manu propr'ia. 
Pragac 1(554. die 16 Scptenibris. 

N2 200. 

CoNSTANTVN HuYGENs, père, à J. J. Stockar '). 
13 octobre 1654. 

Lri copie sl- trniivc à Amsterdam, Jcnil. Roy. lU-x sciences, cnll. Ilnygens. 

A la Haijc 13e Octobre 1654. 
Monsieur. 
Vous nous auez laifTc de fi fortes imprcfllons de vos grandes vertus, que je ne 
puis m'empefcher de vous en rendre quelque tesmoignage h Toccafion du voijage que 
va faire le Sieur de la Primaije -) en vos quartiers. Je vous supplie d'en receuoir 
l'oflice, comme procédant d'un coeur qui vous eil acquis, et d'une affection qui fera 
employée tous les jours de ma vie h vous faire paroillre l'ellime que je faij de voftre 
amitié. Je vous en dis autant au nom de mon jeufne Archimede. qui vous en offre 
le petit gage qui va cij ioinct. fi peut efl:re la matière de ce Traiéte n'eft pas du 
gouil de vos efl:udes, je ne faij poindt de doubte que pardela vous naijez des excel- 
Icns hommes qui feront capables de ces fubtilitez et ij trouveront des choies non 
encor veûes, et d'autant plus dignes de leur confideration. Ce garçon prépare encor 
d'autres pièces pour la preflfe, parmi lefquelles celles du Telefcope fera une des plus 

') Ferdinand III. Voir la Lettre N°. 156. 



') Johann Jacob Stockar était Stadtsclireiber (Secrétaire) de Scliaffhausen. En 1653 les villes 
protestantes de la Suisse qui, de même que la Suède, regrettaient la guerre entre les deux 
états protestants, l'Angleterre et les Provinces Unies, l'envoyèrent à Londres pour y concou- 
rir à la paix. Il y tut bien reçu, ainsi que, au conimcnccment de 1654, aux Pays-Bas, où il resta 
quelque temps; il lia beaucoup de relations dans ces deux pays. 

-) De la Primaye était Quartier-Maître dans l'armée des Pays-Bas. Il avait des relations avec la 
Suisse, probablement il était suisse lui-même. De 1635 i> '643 il servit d'intermédiaire entre 
Constantyn Huygens, père, et les sociétaires suisses dans ralFaire de l'octroi d'un Canal du 
lac d'Yverdun au lac de Genève. 



CORRESPONDANCE. 1654. 299 



agréables: A mefure qu'il en produira, je nie fouuicndraij de vous en faire part; 
comme auffi de ce qui pourroit encor ibrcir de ma main, après ce que vous auez 
prinsla peine d'en emporter. Inédit Sieur de la Primaije vous communiquera les ordres 
qu'il emporte d'ici] pour le regard de nos intcrefts au Canal ') et les delenies que 
nous auons à faire contre vollrc grand Libérateur de la patrie h lîerne'»}. J^e langage 
que celt homme nous tient ell fi rude et li brutal, qu'il femble ne minuter rien moins 
que de nous manger h belles dents, mais j'efpere que iullicc vault plus que violence, 
en tout vollre ellat, et vous prie de joindre vos offices par tout ou vous nous jugerez 
fondez en équité et raifon : fans que l'iniquité fe puifTe preualoir de noftre efloigne- 
ment. outre celle grâce je retourne h vous demander celle de la continuation de vol- 
tre amitié, et vous refpons de la mienne aueq toute la lîncerité donc il ell poflible de 
le dire 

Voltre Tres-hitmble et tres-acquis feruitCLir. 

A Monficur J. Jacques Stock.\r à SchatFhaulcn. 



N= 201. 

Fr. van ScilOOTF.N à ClIRISTIAAN IIUVGKNS. 
■ [ ..,, 25 OCTOBRE 1654. 

Lu lettre se trouve à Làde'i , cnll. Iluygens. 
CJn: Iliixi^eiis y répondit par le No. 203. 

Nobililîlmo, Chmffimoque Viro, Domino Cîiristl\no Hugknio, 
Fr. a Schooten S. D. 
Siquidem à me efllagitalli ') obfervationes Solis Ecliplcos, quae hâc aellate conti- 
git, hinc defiderio cum tuo, tum amici fatiffacere cupiens, rcfpondere ad tuas dif- 
ferre vilum fuit, donec illas ab aliquo comparaverim. Cum enim nullae à me faétae 
fint, ucpote tune temporis, unà cum uxore, Nardeni agence, animi relaxandi caufa, 
atque ut è gravifllmo ac periculolîflîmo morbo (quo laboraveram) , qucm per Dei 
gratiam evaferam, ad prillinam lanitatcm redux ficrem, curam omncm feponere 
operam dans: ideo obfervationes dittas, quales hk à Domino Kechelio "} faftae 



') C'est le Canal d'Yverdun à Genève. 

*) Sigismond von Erhicli, neven du grand capitaine Johann I.ndwicli von F.rlach , naiiuit en 

i6i4àBerneet y monrut le ler décembre 1699. D'abord oilicier français, il revint en Suisse et 

prit part en 1653 à la guerre des paysans, qu'il extermina dans la bataille de Ilcrzogenbuchsee; 

il fut ensuite magistrat très considéré, de sorte qu'on ne voulut pas accepter sa démission 

en 1685. 



') Cette lettre, écrite probablement pour satisfaire au désir de Kinncrà Luwentburn (voir la 
Lettre N°. 199), ne se trouve pas dans notre collection. 

-) Samuel Carolns Kechelius à Hollenstein, né en 161 ! en Bohème, fut inscrit comme étudiant 
à Leiden le 16 octobre 1632; il y fit des observations astronomiques. Après la mort de Go- 
lins il obtint une gratification annuelle de /'400.— 



CORRKSPONDANCE. 1654. 



funt, mihiquc ab co eran: promiïïàc, ad te micterc animas fuit. Vcrum quoniam 
illc non nili vanis pollicitationibus hafteniis nos detinuit, ipemque noltrani tctel- 
lit, niorari amplius nolui, quin has ad Te darem. Quantum igitur ad praedidam 
Eclipfin, ctfi coclum tune faepius nubibus erat obduftum , non multum tamen à vero 
aherrarc deprehendi cum hujus aut illius Altronomi calcule: quandoquidcm ex uno 
Calcndario, quod tune pencs me habebam, atque Dclphis -) erat imprefiiim, voor 
Cornc'Hs Dijvoort^ Boeckverkoopcr in de korte-gromendal^ in V ver guide A^ R^ C, 
haec didiceram : De 3* fal fyn aen de Son^ op den 1 2 Augiifîm Niemven Styl^ 
cnde bij ons gejien worden^ hct begin der verdnijjîering des morgens te % uren^ 19'. 
mde by na geheel verduijflert fijn over de Noord-zijde te 9 tiren^^'^'. het eijnde 
fal fyn te 11 w/r«, 12 juin. At vcrb ex altère Calendario, quod tune nobis 
itidem erat prae manibus, fimiliterque Delphis excufum, bij Abraham Dijjîus^ 
Boeckverkooper in f ver guide A^ B^ C 3): haec. De 3'/^ Eclip/ïs, ofte de 2"''-' aen de 
Son, J'ai fijn op den 12 Atignftiis nieuwen ofte den i^en ouden ftijl , en beginnen 
des mor gens ten^ tiren, 24 min. en ejndigen 15 min. na middach, en fal bij na geheel 
verdonckert werden. quae licèt cum plurimorum Aftronomorum calcule confentire 
mihi vifa fmt, tamen multum à Scopo dcfleftere deprehendi. Quod aucem mirum 
videri débet, eft, quod utrumquc hocce Calendarium cundem (ibi autorem vendi- 
cat, nimirum: Chriilophorum Gualteri **), Chijrurgijn tôt Gecrvliet. Quàm accu- 
rata autcm Northollandi Ruilici ■'•) praedictio fuerit, quaeque in Ailronomico fuo 
opère fit cenfignata, facile addifces ex ejus Calendario '''),\idelicet, /)<?/; ^-l/f^'w/^/cr- 
fchen AlmaiJûck van Dirck Rembrantfz. Porro Emcndationem annitam ^) à Cla- 
riffimo Vire Domino Nicolao Mercatore ^), Lendine mihi nuperrimè milTam lu- 
bens tibi impertior, tuni ut tuum, tum aliorum iuper ed judicium rcfeil'cam, quod 
ille ab omnibus liberrimè expofitum iri gratum fibi fore cil tellatus. Ludovicus 



-) Lisez: Goudae. C. Dijvoort, imprimeur municipal, y travailla do 1650 à 1692 comme 
successeur de Pieter Rammazeyn , réditcur des Tables logarithmiques de A. \'lack. 

3) A. Dissius y travailla de 165 1 à 1680 et imprima plusieurs almanachs. 

■*) Ce CliristofFel Gualteri, chirurgien à Geervliet, était un des nombreux faiseurs d'Almanachs, 
en ce temps-là, aux Pays-Bas. 

■'') Dirk Renibrantsz. van INierop naquit à Nieuwe Niedorp (Nord-IIollande) en 1610 et y mou- 
rut le 3 novembre 1684. Cordonnier de sou état, il correspondait avec beaucoup de savants 
et défendait énergiquement la doctrine de Copernic. 

*) Outre ses au:res ouvrages, il a donné des séries de calendriers, qui ont été continués par son 
frère Pieter Rembrantsz. van Nierop et par ses cousins, bien avant dans le 1 8""^ siècle. 

") Probablement il désigne l'ouvrage: 

Nicolai Mercatoris, Rationes Mathematicae subductae. llauniae. 1653. in-4°. 

>*) Nicolaus Mercator [= Kaufmann] naquit vers 1620 à Cismar (Holstein) et mourut à Paris 
en février 1687. Après avoir demeuré à Danzig, il vint en Angleterre, où il fut un des pre- 
miers membres de la Société Royale; eniin il partit pour la France (168?), afin de diriger 
les travaux des eaux de Versailles. 



CORRESPONDANCE. 1654. 30I 



Elfevirius ^) Amilclodami iteratam editioneni Cartclîj opcriim '°) brcvi inlliturus, 
me rogavit, uc, ii quac in ijs corrigcnda aut addenda fcirem, ipfi communicare vel- 
leni. Unde et quae in difto opère tu eniendanda aut immutanda cenles, quaelb ad me 
peiicrihas, ut opus hoc quàni emendatidimum prodeat. Quocirca te monere operae 
pretium jiidicavi, dum ille figuras omnes ejus Diopcricae, Meteorum, et Geome- 
triae h Le Maïre coëmit, utpote Cuis multo accuratiores, ut de traftatu tuo de Re- 
fraftionibus propediem edcndo cogirare vellcs, eumque cum ditto opère, quù ma- 
gis ad omnium manus perveniat, in lucem dare. praefertim cum nihil, uti plané 
confido, contineat, quod cum fummi iilius viri Dioptrica repugnet. Obfecro igitur 
Te, ut quanto ocyus, quid hâc in re Tibi faélu optimum videatur, admeperfcribere 
ne graveris, ut Dictum Ellevirium, quô Tibi omnia ex voto concédât, alacriorem 
reddam. Quod caeterarum eft rerum, quaefo ut unam aut alteram demonftrationem 
communicare mihi digneris, quae régulas motus Cartefij , quas falfas autumas , om- 
nino réfutent. Vix enim fieri puto quicquam à iublimi ac perlpicaciUlmo ifto ingenio 
in lucem proditum elTe, quod veritati non fit confentaneum. Praefertim cum dictae 
regulae ei tam perfpeftae fuerint, ut fibi mirum videri haud femel afTeruerit, quo 
paéto aliquis de illarum veritate ambigere poilit. Quapropter Tibi autor cfle minime 
nolim, ne quid exillimationi tuae detrimenti moliaris, ut demonfi:rationibus illis 
concinnandis fupcrfcdcas potius, quam tempus atque induilriam tuam inutiliter im- 
pendas. Novi enim in abftrafto tria haec dirtinrtè et h fe invicem plané diverla quoad 
motum ab eo confiderari : nimirum , pondus , fpatium , et celeritas ; quae duo polle- 
riora (ut plurimum dillinftu difficilia) autorcs dum vulgb confundunt, quid mirum 
fi inter fe difientiant. Denique cum praeterico aliquo tcmpore Hagae fuerim , quô 
Tibi gratias pro eximio atque ingeniofo tuo traftatu , mihi mifïb , agerem ; tu autcm 
tune Spadae vitam tranfigcres, rogavi Le Ducquium ut id officium meo nomine 
praefl:are vellet, quod fi fecerit, cum illi tum tibi eciamnum gratias ago. Vale. 
Lugd. Bat. 25 Oct. 1(554. 
Utrum Le Ducquius redè valeat nec ne plané ignoro, hue enim brevi fe x'encu- 
rum nuper me certiorem îecit, fed ipfum non vidi. Confido tamen profperà uti 
valetudine. Iteruni Vale. 

A Monfieur Monficur, Christianus Hugenius, 
refidcerende ton Huijlc van de Ed. I lecrc, Myn Heer van Zuijlicmem 

in 
Cito cito. S' graven-hagc ^ 

port. op t' plcijn. 



*) Louis Elsevier, fils aîné de Josse Elsevier et de Rlnri^aretba van der Woert, naquit en 1604 à 
Utrecht, et monrnt en juin 1670 à Leiden. Il voyagea beaucoup eomme représentant de la 
maison de Leiden ; en février 1638 il fonda la maison Elsevier d'Amsterdam. 

'°) C'est la même édition que celle citée dans la Lettre N°. 161 , Note :, mais avec l'indication 
„Lvdovicvs & Daniel Elsevier" comme imprimeurs. 



302 CORRESPONDANCE. 1654. 



N= 202. 

|. DE WvCK ') à ChRISTIAAN IIUYGENS. 

1-7 OCTOBRE 1654. 

La lettre se trouve a Lciden, coll. Iluygens. 

MijN Heer. 

IHr bencfens gehet met hertelickc dankfegginge die kafTc van het vergroet glas 
met ein klein glasgen, het welke in het deipfte fcotelken is geftcpen dat ick hebbe, 
verhope dat het VE. deinen fall, wijders fo daer iets is in mijn Huijs dat VE. dei- 
nen kan , lall dit altoos met mijn perfoon fijn ten deinfte van mijn heer ende de 
fijne: hijr op VE. commando verwachtcnde blijve mijn Heer 

V wcl Ed. deinllwilligen dcinaer 

JoiIAN DE WlJCK. 

Delfft, 27 oclob. 1654. 

Mijn Heer Mijn Heer Christiaen Huijgens 
sohne van dcn Ed. Heerc van Zulichem, op het plein an de pooten 

in 's Grauenhage. 
met een pacgcn. 



N= 203.. 

Christiaan Huygens à Fr. van Schooten. 
29 octobre 1654. 

La lettre et la copie se trouvent a Lciden , coll. Iluygens. 
Elle est la réponse au No. 201. Fr. van Sdioulcn y répondit par le No. 109. 

ClariiTimo Viro Domino Fr. Schotenio Chr. Hugenius S. P. 

De morbo tuo nihil inaudiveram priulquani cvalilTe te eum iignilicalti; quod 
lanè laetus accepi , pUn-inium enim mea interedè arbitrer ut diu te fruamiir inco- 
lumi. Obfervationes Eclipfeos quandoquidem commode nancifci nequeo non vide- 
tur operaepretium ut anxie inquirere pergam.non convenire aliquando cum caelo- 



') Johan de Wyck demeurait à Dclft et était mécanicien: il tournait et polissait des verres pour 
les microscopes et télescopes, et travaillait les formes de métal à cet usage. 



CORRESPONDANCE. 1654. 303 



rum motibus allrononiorum praediéliones non adco miror, qimm quod non multo 
magis quandoquc aberront. De Rcllitutionc annua ') Nie. Mcrcatoris fcire vclim 
ciii fini propofiicric; num cnim Calcndariiini cnicndarc inlHtuit Cromvvcllus -) ut 
prifca aetace Caefar? Examen vero Cyclorum illorum cum ilippucacionem longio- 
reni exigic quam ego à me iplb impetrare podem, tiim Tabularum quoque Ailrono- 
micarum inipeftionem atqiie earum quibus ipfe deflituor, levem enim tantum liilce 
Ihidijs opcram dedi. Cartefij opéra quod attinet quorum iteratam editionem parari 
fcribis, nihil equidcm in ijs corrigi poftulas opinor, nifi typographica iphalmata, 
auc fi quid non fatis reftè interprètes verterunt. Itaque quae circa haec pauca anno- 
tavi propcdiem tibi mittam 3). adjungam autem et quae in Geometria et dioptricis 
hinc inde ad marginem adfcripfi. Quorum quae Icitu digna videbuntur an in margine 
extremo paginarum fubjicienda fint an alia ratione adponenda tuo ftatues arbitrio. 
Dioptrica mea non exifiimo cum Carteiij operibus conjunfto volumine edcnda; non 
enim video quare fie magis ad hominum nianus pervcntura fint. Imo eontra minus 
divcnditum iri ea ratione vereor: quis enim vel tancillum curioilis aut geometriae 
amans non pridem Cartefij libros poflîdet? At horum nemo fere novam editionem 
cmpturus ell. Ita leftoribus cariturus efl"cm quos maxime eontingerc mihi exoptavc- 
rim.^ Jam hoe quoque moleihim quod Amllelodamum eonccdere opus foret, atque 
ad tempus non cxiguum. Alia igitur oceafione in lueem illa cdcrc eit animus. Tibi 
nihilominus gratias ago lummas, moncnti quod in rem meam tore eredidifii. Eadem 
mente difliiadere te mibi Icio compofirionem Regularum impuHlis quae Cartelîj re- 
gulis adverlentur. Attamen perleftis quae hae de matcria non fine labore eonieripfi, 
aliter puto fenties. Si enim Cartefij praeter primam omnes falfae non iunt et iliiTmet 
ipfius principes répugnantes, non equidcm amplius quid verum aut falliim fitdiiecr- 
nere no\'i Demonilrationum circa haec noilrarum aliquas nondum mittere tibi pol- 
fiim quoniam unae alijs connexae fimt et poileriores à prioribus pendent. Nemini 
tamen prius quam tibi uUas cxhibebo, cui et probari ipfiis polhilo antcquam ad 
plurcs perveniant. Vale. 

Ducquium non ita pridem conveni bene valentem, imo ad te cogitantcm quare 
miror nondum tibi vifum. 
Hagac, 29 Ott. 1(554. 

Clariflimo Viro Domino Fr. Schotenio 
Mîithcmaticcs in Acadcmia Lugdunobatava Profeflbri. 

Lcidam. 



') C'est rouvrage cité dans la lettre N". 201. note 7. 

-) En ce temps Olivier Croniwell, n'étant plus gêné par le parlement puritain, Ooccnpait active- 

meiit de réorganiser l'état. Ajoutons que le Nouveau Style, dit (Irégorien, ne lut introduit en 

Angleterre qu'en 175 1. 
•') Voyez la pièce N°. 204. 



304 



CORRESPONDANCE. 1654. 



N= 204. 

Christiaan Huygens à Fr. van Schooten. 
Appendice au No. 203. 

I.n minute et la copie se trouvent à Leiileu , coll. l/iiyircii.'. 

pag. 33. ') Quac quidcm inventa difficilior non fuiiïec quam IL, ad hune loeuni an- 

notavi fie -). 

P 
SitcrminiOXet-^ x.r defuerinc, manifelhim eil ficri LC ce ;;/. Quare 

ad hune eafum eonftruenduni ab inicio debuit fumi BK oo 2«;, ducique Kl, 
et IL ut prius. eritque punctum quaclkuni in linca retla IL. 

Si vero defuerinc termini ?/77//etOX,ideoqueLC a)\/ -^ vxCwe ^ ' " ■ 

^ m ' m 

namhaeeeandem quantitatem fignificant; 

ad hujus conftrudionis cafus oportet à 

puncto Z interfectioncnimirum rectarum 

AB, IL, dueereZXparallelam BK,quac- 

quc ad ZA eam habeat rationcm quam 

\/^mp ad m: deinde vero ducla IX in ea 

ubique repcrietur punétum C quaeiitum. 

Quod evidens fiet fi producatur IK ad P. 

nam quia IK t> AB et KP co BZ 

erit toca IP x AZ. tecimus autem AZ 

ad ZX ut ni ad ]/ nip. Ergo et IP ad 

^ ZX hoc eil IK ad LCut m aà'\/mp. 

^ X 1/ ^û 

Efl: autem IK co .r. Eriio lit LC zo ~ — *^ — ^ ut oportcbar. 

Denique fi 00 aequalis fit 4/);//, et eodem figno afieCtae quantitates ;///« 

pw X Ay }iip 

-et ■^-^^, erit LC co m + -^ nimirum \à habcatiu* + OX quo calli 

praeter conilruiirtionem novifllmam adhuc producenda efi: ZX verllis Y, ut 
XYfit 30 ;«, et ducenda YC parallela XI, eaque erit locus piméti quaefiti. 
Si vero habeatur — OX &c. 




. Quaratione hoc latus reftum -^ et linea IN 

^ a 

operaepractium videtur. 



inventa fit explicare 



') Les corrections de ces deux pages 304 et 305 ont rapport à ronvrage cité dnns la Lettre 

N°. 150. Note I. 
=) On lit en marge: haec omittamus [Clir. Ilnygens]. 



CORRESPONDANCIi. 1654. 305 



pag. 5~.o. Brevior adhuc el\ conllructio, fi tantum ex G ducatur pcrpendicularis fu- 
pcr LG, ea enini fecans lineam \A\ , oitendic punttum 1 1 pcr quod tranlirc 
linea debe: quaclica. 

59. E regione figurac in marginc. Secunda haec ovalis uno cafu clt circulas pcr- 
fettus cum nimiruin FA ad A G rationcni habec candcm quam 5 A ad A6, 
Unde cercum cil radios liicis ad pundum aliquod tendentcs ope (lipcrficici 
fpliacricae ad datiim aliud piinttum onincs acciiratc cogi polie, l'k hoc 
apcrtius in Diopcricis nollris demonllratum elt. 

64. lin: I 1. ad illa verba, Praetcrquam verfus A ubi paiilulum concava cxillit 
hoc nocavi. Imo ctiam verfus A convexa cric quoties I lA ad AF minorem 
rationem habebit quam A5 ad A6. 

73. 1: 13. Lcgendum modo illa aut planafic, auch letrlionibus Conicisaut Circuli 
elFeda. 

134. 1: 24. m margme notavi.Ouoties termmus - .V m aequatione non repentur 

certum eil ctiam in terminis qui lineam IN, rettumquc et tn^iiVerlum latus 
exprimunt deleri debere a et ;:;; hae cnim non cxilkint, nifi cum ducitur IL 
uc apparet ex conilruftione pagg: 31 et 32. 

Cumaucemlocotermini ~x habetur .v ablque adjunfta fraftione, oportct 

fi.mierc KL oo IK, vel AB, eil enim quafi z ipfi n aequalis foret. In terminis 
autem qui lineam IN, et reélum et tranfvcriiim latus exprimunt, retinendae 
funt ~ et a^ earumque loco quaclibet duac lineae fumi poiïlmt quae ad le in- 
vicem rationem fervent IK ad KL. 
139. lin. 9. lege, neque enim hic habetura. lin. fequente, lege fupponitur, cum 

nulla ipli .r.r fractio âdhaereat. lin. 12, dele, — wa'. lin. 13. reponc -^. 

136. 1: 9 XX nec repentur m aut - .\-, lege .r.r. Non repentur autem ?//, aut — :v; 

43. 1: 25 lege praecedenti non elfe fimpliciorem. 

203. 1: 28 poil illa verba, quae rurfus perpendiculari BD lit aequalis vellem fub- 
jungeres illa. Oportet autem pcrpeiidlcitlarem quae duc'iîur in latus fubtcujlun 
angulo inîra qucm pun'cîum fumptum ejl , auferre ex fumma duarum reli- 
quavum. 

Quod autem de inordinatis figuris addidilli omnino luadeo ut omittas 
nam ne quidem in triangulo inordinato verum eil. 

289. Hoc annotavi. Potell ctiam fieri ut très hae, DE, CB, NM inter le aequales 
fine atque in unam rectam conveniant, quae tertia pars erit reclae HI. Quo 
cafu hoc animadverfione dignum eil, quod in punftocoquocirculus Parabo- 
lam fccau, eadem tamen linea rctta et circulum et Parabolam contingat. 

Oeuvres T. I. 39 



]o6 CORRESPONDANCE. 1654. 



In DIOPTR. latin: =) 

pag. 303. 6, pro 7/;^_/or legendum ell inhior. nam minor ell ratio 1 8? ad 250 quam 3 ad 4. 
Sed fie qiioque error corrigi poflet et mcliiis meo jiidieio, ut major retinea- 
tur, et legacnr, major efî quam quatuor ad tria et paulo ^oi\^ inveriio effeut 
. 250 ad 187. 

193. Si tatitnm ex P fuper BP perpendicularis ducatur eu abfcindec ex BI partein 
vertus Iquae ad IP proporcionem habebit quae retVadioneni metitur. 

152. in fine , an bruta ratione praedita. ■^} 

157. in fine, quid manus Dei? 

1 64. 9 canticus. 

171. 16 Aborigines. 

188. interminata. 

204. margine, et 361. 3 qun me eoninuinicavit. ibid: 1. 3 a fine, lifieiiduni. 

211. eirca finem, tama, potius folent. 

120. JXV^IKOV. VlfCClKOV. 

239. lin. 6. folertiflîmus datus. 

240. 5. proluerunc. 

241. quid foi in aequatore eonllitutus; circa finem paginae De Sphaerae con- 
firuftione intelligenduni. 

243. 9 fi:d ad partes meridiani eafdem habitantes, ncmcapio, tumquodfequitur. 

247. 2 commentae. 

248. 10 odium. 

249. 13 conjeftae. 

252. circa finem, Aa/xTpûc. 

272. 10 caliginofi) tanco. 

286. 2 promus. 

289. 6 at ne quid. 

301. 10 fiiperficia. 

310. I G a fine , imaginoib. 

321. 17 proletarium. 

325. 1 1 intentatur. 

341. de fiiellariun et arenae numéro, de dupliei actemitate. 

359. 12 progenies, exculperit. 

362. 7 à fine, adventores. 

366. I in mortario penfitarct. vSalvet. 

414. 15 pererranduni. 

432. 12 pateretur. 

438. n fulgur. hoc. 

443. 10 regnare antecefioribus. idem 444. 5. 



^) Ces deux corrections ont rapport ;i l'édition de la Lettre N°. 161. Note 2. 
3) Nous n'avons pu trouver à quelle édition ces corrections se rapportent. 



CORRESPONDANCE. 1654. 307 



N= 205. 

Christiaan Huycens à G. A. Kinner a Lowentiiurn. 



6 N0VKM15RE 1 654. 

ailt. Huyiyns. 
■11 y n'poihlit j 

26 Nov. 1654. 



/,(/ minute cl la copie se trourciit à I.cidcn , coll. Iliiypiais. 
La lettre est la n'ponse au No. 199. Kinner à Lôweuthurti y n'poiulit par le Nu. i\\ 



KiNNERO PrAGAM. 

Si aliqiiani modo dcliquij Ibliuis ohrervacionein nancifci potuidem, eani ad te 
mififTcni Kinncrc Nobiliflimc et diidiim quidem. At ProfeOores noilri Lugdunenlcs 
cum longo temporc me lulpenium tenuerint, ab alijs oblervationes acceptiiri qui- 
bus ipfi vacare neglexerant, tandem non fine dedecore tam celebris Lycaei coaéti 
runtconfiteri,nullam omnino tota urbe cclcbratam tuifTe. Sitamen vanumhocrerum 
coeleilium ftudium arbitraris, non admodiim tibi culpandi funt. Ego quidem tum 
temporis apud Spadanos fontes agebam ubi (blis confpectum niibila penitus abftii- 
lerant. Rediici h multis relatum eft, non tantam quidem fuifîè obfcurationem, quanta 
fuerat in calendario praedicta, unciarum nimirum ii. Caeterum in temporum 
momentis nihil magnopere peccatum. Siquidem Initium ii Augulti hora 20, 26' 
expcftarim, mediimi Ilora 21. 44' finem Hora 23. 6', quibus omnibus evcntus (atis 
accuratè refponderit, quantum fcilicet tumultuaria obfervatione notari potuit. 

Sane etiamfi Romanorum calculus mathcmaticorum falfi.is fuiiïe convincatur 
non tamen ideo vanum aut contemnendum Ailronomiae Ihidium. Quid enim mag- 
nificcntius aut homine dignius quam veri fyrtematis contemplatio? Sed in eo 
omnes hallucinari ego quoque crediderim, quod periodos lyderum ad certas legcs 
tabulafque perpétuas revocare conantur. Neque enim eundem curfum immutabili- 
ter ea fcqui perfuarum habeo. Judiciariam quoque Allrologiam quo minus ineptifii- 
mam judices nihil refragabor. Scripta Domini Marciquoniamquidmihi viderctur 
fcire defiderabas paulo atcentius hinc Inde percurri. Quid dicam autem, nifi plcna 
omnia confufione et phantadicis opinionibus me reperiiïè. I laec fi vos miramini 
ego invicem veilram demiror patientiam. Sed fi quis Geometrarum genuinis dcmon- 
llrationibus alFueverit quomodo adulterinas ifias probare poiïit, in quibus fchemata 
utcunque geometrica funt argumenta ver5 nihil habent evidentiae non equidem ca- 
pio. Hypothefes exifliimo perfpicuas primum inveniendas, faltem ut quid ijs petatur 
clarc intelligatur, deinde neceiïiarias confequentias ad caetera ex illis deducendas. 
Quorum nihil penitus autor ifte obfervafi^è mihi videtur. De communicatione autem 
motus per impulfum quid aliud attulit, quam quod omnes jam ante quoque experi- 
mentis edoifli fuerant, de globis nimirum aequalibus, atque utinameademonflrafiet. 
verum circa inaequales nihil prorfus definivit. Obfecro dicat tibi quid futurum fit 
fi globi A et B aequali celeritate mutuo obvia fiant in C, fit 
r\ ..'' r^ autem A magnitudine triplus ad B. Vix puto inveniet quietem 

evencuram globo A; B vero duplà ejus quam antea habuerat 



308 CORRESPONDANCE. 1654. 



cclericatc recro aftiim iri. Qiiod ego quidcm luquc unh omnes îilios cafus dcmonrtravi. 
Scd nondum ca tradacio ad finem perducta elt. Intérim libenim hoc nimis fortalfe 
judicium noilrum refciflere Dominum Marcuin nihil accinct. Tibi morem gefli qui 
lentcntiam mcani intclligere cupijlli, ciijufquc curiofitati acceptuni feram fi fine 
cailla illc mihi inimiciis licri coeperit. Vale et me lemper ama. 

Mederi conabor hiiic vitio, et prolixiores fi queo demonltrationcs Faciam. Vale. 



N" 206. 

J. WlKSSEL ') à ChRISTIAAN Ik'YGENS. 
28 NOVEMBRE 1654"). 

Celte Iriuliicth»! se troi.'vc à Le'uleii, cuil. Iluxijcns. 2) 

28 Nov. 1654. 
Ondcrrechting 
aengacndc de \'^crkyckcrs gcmaeckt op de nieuwe manier met (jglafen. 

Daer lijn 7 pypen die in malkander fchuijven, en 6 glafen. het voorglas, (objec- 
tivum) is voor in de kleynlle pijp ingelchrocft. daer nae volgen 4 ocularia: het 
eerfte is in het derde fliuck ofte pijp D, het tweede in het vierde ftuck C, het derde 
in 't vijfde ftuck B, En het vierde ocular glas in het 6te ftuck A; ende lyn tuflchen 
houtc ringhen in dier voeghen ingefchroeft dat de verheven zijden van de glafen 
binnen in komen, en de vlacke naer het oogh toe. Als nu aile de glafen gclyck 
gcfeght is en wel afgeveecht ingeleghc worden, foo trcckt men aile de ftucken uijt 
malckander tôt aen de fwarte ringen, ende men (et het oogh aen het kleijn gaetjen in 
deleerepyp; en fiende door aile heen, foo fullen fich de objefta vergrootten en feer 
klaer verthonen. Ende dit is de ftcllingh bij daegh over landt. Men fal oock van al de 
pypen de fwarte linien over een doen komen gelyck of het een doorgaende linie waer. 

Wil men nu de fon obferveren, foo moet het Sonnenglas voor in de Icere pyp 
achcer het kleijn gaetjen ingefchroeft werden, en ibo door geficn; foo fullen fich de 
fonnevlccken dewelcke fomtijts in de fon gefien werden, claer aen 't oogh vertoo- 
nen, ende men fal konnen aenmercken haer uijt et ') ingangh. En dit is de tweede 
ftellingli om de fon te obfcrvceren. 

\"olght de derde ftellingh om in de fberren te fien. 

Hier toe werdt het fonnenglas uytgeichroeft en aen d'ecn fijdc geleght want het 
is tôt dit gcbruijck niet noodigh. Ende men laet alleenlijck de verckijcker gelijck 
in de voorighe ftellingh bij daegh over landt, en gebruijckt hem fo om de mane en 
andere planeten te fien. Doch door den langhen jJerrebrU {fîcrm-vr') veel grooter. 
Wil men dan veel fterren te ghelijck fien, foo leght men het lederen ftuck als oock 
dat van A aen een kant, en gebruijckt alleen de overighe 5 ftucken met haere glafen, 

') Johann Wiessel était opticien et fabricant de lunettes à Augsbourg. 
-) Nous ne possédons pas l'original allemand. 
3) Lisez: en. 



CORRESPONDANCE. 1654. 309 

dan allecn trcckt men hct Ihick B tôt aen C, en C tôt D, en D tôt E, en E tôt F, 
en hicrmedc is Iiij gcllelt om vecl llerren te gclijek te fîcn. Het oogh wert aen de 
pijp B aengefet, en foo door gekeken. 

Volghc de vicrdc llcllingh 
om dicht bij gelcgcne en klcine objeébi te vergrooten. 

Tôt dit gcbruyck bliift de kijker geltelt gelijck hier te vooren om veel llerren te 
fien, blijvende de ftiicken B, C en D bij hacr letteren; dan die andere twee ihieken 
E en F worden verdcr iiytgetoghen tôt aen de twee geteeckende Ocn. hier mede is 
hij tôt de naer gelegene objeften gerecht. Vorders leght men den kijcker dus gellclt 
fijnde op twee fchragen ofte rtutten dewelckc ter fyden gajfekn Qieben zu gahleti) 
met (lellchroeven hebben, Ibdat men die hoogh en Iccgh ilellen kan en recht tegen 
over het objeét leggen. en met de ftellchroevcn vall maecken, dat hij niet en waggele. 
Dan leght men het oogh dicht aen het glas in de pijp B, en men fiet nae het objc&; 
Çdas pcrfpe&iv geiiùlhl') het welck niet boven een voet groot in't vierkant moet 
fijn; foo ial fich ailes miraculeuflyck vergrooten en groote genught ge\'en. Men 
moct die fchilderij met de vier hoecken met vvas foo aen de muer plackcn datfc het 
onderrte boven Itae, alfdan ilal defen kijcker de fchilderij weder recht fetten datfe 
alfoo gefien lui werden. De dillantie tulTchcn den kijcker en de fchilderij is 13 ellen 
en 19 Zoll, gelijck ick met een bijgeleghden draet acngevvefen heb, dcwelcke met 
hct een endt aen de fchilderij gehouden moet werden en met het ander raecken aen 
't voorfte gat daer het groote glas in leght. foo fpaert men veel mocyte die men 
anders Ibude hebben met de rechte dillantie te Ibecken. Op dat nu een ygelijck 
defen kijcker gebruijcken moghe, foo heb ick op een wit briefjcn aen de kleinfte 
pijp vierderleij gefighten met kleine linien en cijfteren i. 2. 3 en 4 aengeteeckcnt. 
Heteerftellreepjenmet i. beduijt het meerder en goet gefight: het ander met 2. hct 
quartier: het 3cle het korte minder gefight: en het 4. het ganfch korte en fcerp mindcr 
gefight. dat alfoo een ieder met uyttrecken en infteecken van d'cene linic tôt d'an- 
dere, fijn gefight foecken en teijckenen kan. Welcke linie nu het gefight bel!: vocght, 
nae defelve wert het geheeten en uytgefproocken, foo als neffens de linien te lefen is. 

Den kijcker van 3 voet, aïs oock die andere 2 van anderhalve voct fijn op de 
pijpen met fwarte ringhcn geteeckent. de andere van fwartenhoornecnfpanlangh, 
hebben elck de knop daer het verkleinglas in leght met een fchrocf gemacckt, fodat 
menfe naer een iegelicks gefight een weynigh langer of kortcr kan fchroeven. 

Nota. Als de glafen door langdurigh gcbruijck eenigh itof laeden foo lai menfe 
uytfchroeven, en met een fchoonen doeck afvegen en elck weder op fijn plaets 
leggen en toefchroeven, doch wcdcr foo, dat de bolle fyde van de glalen in de 
pijpen inwaerts kome, en de vlacke nae het oogh toc. Soo doet 

Johann Wiesski. Augulbinus, 
OpticLis. 

") Gefonden aan Neef D. de Vogclaer door Wiefelius [Chr. 1 luygens]. 



CORRESPONDANCE. 1654. 



N= 207. 

J. WiRssEL à Christiaan Huygens. 

[12 DÉCEMBRE 1654.] ') 
Lit lettre se troitye à Leidcn, coll. Huygens. 

Vfus iindt gcbrauch des uf die Neue Manir gemachten Macroscopije. 

Erftlich iil dicfes Inftrument von 3 rôren oder bucfziicgcn , wie auch von 3 gla(- 
zcrn eingerichtet, dafz crftc glafz ifi: im ledcren ror zwifchen fchwartz horn ver- 
fchranfFet, dasz andere grofzcre glafz iil: im ror A. von inncn zwifchen eincn hûlze- 
nen ring alfo vcrfchraufct, dafz die hoche dcfz glafzes in die rorcn hicncin: und die 
fliiche gcgen dcm Aiig zue, fchau chue. Undt dafz driche glaizl^cn alfz dafz obîedlimiin 
ill im ror B. undcn am rorhen Carchonen fchraufen. zwifchen fchwartz horn ver- 
fchraufet. Wann nun aile glafzer mit weifzer Leinwath wol abgefaubert undt ieder 
an fcincn orth cingelcgt und wider zue gefchraufet worden, fo foll man aile roren, 
wie auch den Carthonen rothen fchraufen bifz zue dcn gemachten fchwartzcn rin- 
gen iufl: aufzeinandcr alfo richten, dafz die lange fchwartze Linien auf den 2 Aufzhan- 
gcrn und die guldene fchrifF auf dem ledernen ror fein auf ein ander folgen, alfz 
ob es nur ein eintzige Linien were, alfzdan nimbt man mit dem erften fînger dafz 
IVIefzene fchïiberken bej dem Knopfi^e ziehet esz hein undt hcrr, bifz dafz jenigc fo 
man fehen will, iuft in mitten dcfz C(?;;?/7 zue ftehen kôme, dafz iil: wan die mitte 
cines jcden dinges, zwifchen den beiden Punftken uf dem Mafz ncben dem fchii- 
berkcn gefehen wùrdt, welche dafz rechte ceutrtim andeutet, undt truckefl: dafz aug 
wol gegen dem glafz im lederne ror hicnein, fo wurde man ailes niedergelegte iiber- 
naturlichen weife crgrofzen, dafz man die Wundern der Natur: auch bej den aller 
kleinellen rtaiïblen, an formb und geilialt den augen vorllellen kan, Efz ift auch in 
achc zuenemcn , wan man daiz Inllrumcnt wider in dafz futral einthun und auf- 
heben will, dafz der rothe Carthonen fchrauf nit gantz hinundcr bifz uf dafz jenige, 
ib zu lehe, gefchrauft und ailes zu nicht gemacht werde, und dieies wohl obfervtren 
das der tag fein auf den fufz und die jenige fachen fo man fehen will Ichcinen thue 
welchefz dan der gebrauch felhlter lehren wurde. 

Johann Wieszel Augulta- 
nufz Opticus. 



') Cette date est indiquée dans la traduction N". 208. 



CORRESPONDANCE. 1654. 3II 



N= 208. 

J. WlESSEL h CllRISTIAAN HUYGENS. 
12 DÉCEMBRE 1654. 

Cettf iratli/climi i!ii Nu. 107 se trouve à Lcidcn , cuil. lliiyixcns. ') 

12 Dec. 1654. 

Gebruijck van hct Vergrootghis. 

Ecrflijck is dit inftrumcnt beftacnde uijc dric buijfcn oftc pypen die uycecnge- 
trockcn wcrdcn; dcfgelijx van 3 gkifen coegcftek. het eerite glas is in de ledere pijp 
cuflclien iwarccn hoorn gefcrocft. hct andcre grooter glas in de pyp A van binnen 
tulTchcn cencn houtcn ringh in dicr voegen ingclcroeft, dat de belle lijde van't glas 
binnen de pijp inwacrts, en de vlacke naer hct ooghc toe kome. Ilct derde glas dat 
dichtll aen hct objeél llaet, is in de pijp B , onder aende roode caertpapicre Ichroef 
tudchen fwarten hoorn gefchroeft. Als nu ail de glafen met fchoon lijnwat atge- 
vecght ende elck op fijn plaets geleght en weder tocgefchroeft fijn, foo fal nien aile 
de pypen, alfmede de roode caertpapicre fchroef tôt aende fwarte ringhen uyt- 
trcckcn ende juft foo ftellcn, dat de langhe fwarte linicn op de i uyttreckende 
pijpen, en de vergulde rtreep op de ledere pijprechtovcrmalkandcrkomcn,gclijck 
of het maer cen doorgaende Unie waer. Dan necmcmen met de voorfte vingers hct 
koopere fchiiijverken bij het knopjen, en fchuyft het gins en weder, tôt dat hct 
gheene men lien wil recht in midden van hct center komc te ftaen. Dat is wannecr 
het midden van cenigh dingh tufTchen de twce puntjes die op hct koper neffens het 
fchuijverkcn lijn gcfien werdt, welcke het rechte centrum aenwijien. Men moet hct 
oogh dicht tcgen de ledere pijp acnfetten. foo lalfich ailes wonderbaerlijckvergroo- 
ten, dat men de wondercn dcr nature ja oock tôt hct kleinllc ftotje toe hjn form en 
geitaltc kan aen d'ooghen verthoonen. Men moet oock verdaght fijn wannecr men 
het inftrument weder [vider^ in dasz futral indoen ende opneuien Qûiifliebeii) wil, 
dat de roode caertpapicre fchroef niet ganfch tôt onderen toe op het gcene vicn 
befien heeft \_fo zu fc'hc'] gcfcroeft en ailes te niet gemacckt werdc. En voor al wel 
gaede flaen dat den dagh klacr op den voet en het gheene men fien wil ichijne. liet 
wclck doch hct gebruijck fclver leercn fal. 



J. WiESSEL. Aug. Opticus. 



') Cette traduction , de même que celle donnée sous le N^. 206, est de Chr. i Inygens. 



312 CORRESPONDANCE. 1654. 



N= 209. 

Fr. van Schooten à Christiaan Huygens. 

23 DÉCEMBRE 1654. 

La lettre se trouve à Leiilen, coll. Huygens. 
Elle- est la réponse au No. 203. Chr. Huygens y ri'potnlit par le No. iin. 

Clariflinio Viro Domino Christiano Hugenio, Fr. a Schooten S. D. 
Adis gratijs quàm pluriniis pro libcralitate, quam in communicandis erroribus, 
qiios, h Te notâtes cfflagitavcram, ollendilli: vifum fuit et ea, qiiae nuper Parifijs 
acceperam, communicarc Tibi;; Tcque finnil itatuni rerum, quae ibidem peraguntur 
edocere. Quod ad Ludovicum Ellevirium attinet, qui licèt ccrtiorem me fecerit, fe 
propedicm hùc venturum, ut mecum loquerctur; ipfum tamen nondum vidi. Forte 
alia prae manibus habet, quae editioncm iftam minus promoveant. Id quod in caufa 
fuit, dum pluribus curis impraefentiarum fum diftraétus, ut parum adhuc de ijs con- 
fcribendis, quae Tua Claritas commentarijs meis cenfet addenda, fuerim follicitus. 
Etenim quantum ad determinationem laterum reftorum et tranfverforum Geometriae 
paginis 33, 34 et 35; ut et eorum, quae fpectant ad originem cxplicandum immutan- 
dae et dividendae aequationis in duas alias paginis 89 et 90, etiamlî facile illa fupplere 
polTem: tamen, quoniam Elfevirius intentum fuum necdum mihi indicavit, utrum 
fcilicet opéra Cartcfij pluribus acceflîonibus locuplctari amaret, pluribufque figuris 
illullrare: vifum fuir operam ante indicatam ea in re haud plané fuifle collocandam. 
Quomodo autem Regulae Cardani per Algebram inveniantur, puto id ex Stevino 
conftare, qui plurium regularum originem in Algcbra fua ') demonllravit. Porro 
ut traftatum tuum de Refraftionibus praelo fubjicias, plané Author fum: fiquidem 
nos praeclara multa ac nova edocere potes, quae Dioptricam mirificè promoveant. 
Quod autem plura de motu malè à Cartcfio alferri cenfes, eaquc refutare Ihideas, 
vellem mcliorem fanioremque de ipfius ingenij perfpicacitate opinionem habeas, 
aliterque judices, ne ingratus erga tantum Virum, tamque praeclarè merentem 
vidcaris. Ipfum enim Domino Heidano dixifTe fcio, fe demonftrationcm fuarum de 
motu regularum ex Algebrae penetralibus petijfTe, diuque deliberalTe utrum illas 
principijs fuis interfereret; an ver5 eafdem praetermitterec. Cum qxio refpondet 
etiam Domini de Raeij Sententia =}, dicentis, parum nos, quantum ad earum veri- 
tatem aut falfitatem, referre; feque non nifi unam rem in tota ipfius Phyfica inve- 



') L'Arithmétique de Simon Stcvin de Brvges: Coiucnant les computations des nombres Arith- 
métiques ou vulgaires: Auili TAlgebre, auec les équations de cinc quantitez. Enfemble les 
quatre premiers Hures d'Algèbre de Diophante d'Alexandrie, maintenant premièrement tra- 
duids en François. Encore vu liure particulier de la Pratique d'Arithmétique, contenant 
entre autres. Les Tables d'Intereft, LaDisme, Et vn traicté deslncommenfurables grandeurs: 
Auec l'Explication du Dixiefme Liure d'Euclide. A Leyde, De l'Imprimerie de Chrillophle 
Plantin. cId.Id.lxxxv. in-S". 

-) Johannes de Raei, Theles Cartefianae. Ultraj. 1641. in-4°. 



CORRKSPONDANCE. 1 654. 3I3 

niïïe, ad quam uiva (blummodo diclarum regularuin uccunqiic videatiir rofcrenda. 
Cuius rei cailla vol hacc elle pocelt, ut motus, ad quos hac rcs2;ulac funt adhibendac, 
itaabllraftae exillant, ut nunquam taies in rcruni natura repcriantur. Cactcruni litc- 
ras Iiafcc incluias '), quoniam illis mihi adhuc rclpondcnduni cit, quaelb brevi una 
cum Cavallerij Exercitationibus reniitccrc mihi vclis. Tu autcm cura ut valeas. 

I^ugd. Bat, 23 13cc. i<554. 
A Monficur Monileur, Ciiristianus IIugenius, ton huijie van 

JVlijn lleer, Alijn llecr van Zuijlkciikm. 
Cito. port. op t' plcijn 

in S'i^ravcn-hagc. 

N"= 210. 

CoNSTANTVN I Ilvci.ns , pèrc , à la Princf.ssi-. Palatink Elisabeth'). 

25 DÉCEMBRE 1654. 

/,/7 minute SI- tniifvi' !: Amsterdam , Acad. Rny. ilcs Sciences , cuil. //ifrf;e:i.t. 

A Madame la Princesse Palatine Elizabeth. 

-5 I^cc. 1(^54. 
Madame ; 

Mon Archimcde venant encorde mettre au jour quelque production nouuelle de 
ibncreuje me halte de preuenir le reproche dont Vollre Altellc a voulu m'honorer 
parle pafTé, quand j'aij tardé de luij rendre compte de la naidance de quelque iembla- 
ble mien petit lils chez moij. L'auteur commence tellement à détremper les cha- 
leurs de la première jeunefTe, qu'il termoiii;ne d'entendre que c'ell de couuer les 
ouurages, et de laiiïer li bien meurir ce qu'on a conceu, que dans quelque temps 
après l'on deuienne juge compétent de Iby mefme, et qu'on Ibit capable de re- 
connoillre les detaults qui a leur première naidance font peu vilibles. C'eil, madame, 
ce qui le porte à delaijer la publication d'autres pièces plus piaillantes que celle cij 
qu'il a en main, et qui n'en Ibrtiront point que Vollre Alteiïe ne Ibit iiipplice d'en 
vouloir veoir les premières copies. J'efpere qu'elle voudra imputer celle importu- 

3) Voyez sur ces lettres de Paris, que v;ui Scliootcn avait envoyées à Chr. I luygeus, le commen- 
cement de la Lettre N°. 212. 



') Elisabeth, Princesse Palatine, fille ainée du malheureux Electeur Palatin Friedrich V et d'Eli- 
sabeth, princesse d'Angleterre, naquit le 26 décembre 1618 à Heidelberg et mourut le 8 octo- 
bre 1680 à Ilerford en Westphalie. Le rôle politique de sa famille étant terminé, elle se voua 
à la théologie et aux sciences, se lia avec Anna Maria van Schurman , Coccaeus, des Cartes, 
qui lui dédia ses Principia et composa pour elle son Traité des passions. Après bien des péré- 
grinations elle devint abbesse de Ilerl'ord, où elle s'entoura de savants. Elle protégea Labadie 
et ses adhérents et entra en relations avec William Penn , tout en culiivani: les sciences avec 
prédilection. 

Oeuvres. T. I. 40 



314 CORRESPONDANCE. 1654. 



nité au rclpcét que nous portons, Père ce fils, à l'honneur de Tes commandemens et 
par là niefme m'aHcurer qu'elle me continue la grâce de me croire fans referue. etc. 

Madame. 

Le mois de (eptembre païïe je me iuis veu en grande tentation d'aller rendre mes 
trel-humblcs deuoirs à vollre Cour; quand au retour du païs de Luxembourg me 
trouuant à Treues, je dclccndis la Mofellc jufqu'a Cobelcnts -) d'où le voyage 
n'cull: pas elle tortgrand au Palatinat; mais la halle que j'auoy d'en finir un de près 
de 3 mois, et des affaires qui me relloyent à uider dans la Comté de Moers, me 
firent tourner vîlagc vers Cologne. Si une autre fois l'on m'enuoijc li haut, je içauray 
mieux me preualoir de l'occalion. Ce que madame liret me rapporte des incom- 
moditez, que Vollrc Altefle rencontre en fa veuë me faitt croire que dans une heure 
de conférence ]c pourniy la fcruir d'allèz bon Lunetcier. 11 n'y a que le niedicus 
padiuus. 



N= 211. 

G. A. KiNNER A LoWENTHlRN à ClUlISTIAAN IIUVGENS. 
26 DÉCEMBRE 1654. 

L^i lettre se Irniire à Leiilcn , coll. Ilitygais. 
Elle est In réptinse an No. 20;. Clir. Hiixgens y i-éfionâit par le No. 147. 

Pcriiluiliri, Gcnerofifllmo Clarifïïmoque Domino Christiano Hugenio. 
GoDRFRiDus Aloysius Kinnkr Salutcm et Felicitatcm. 

Nolim ita te praeteritas ') accepiffe, quafi per eafdcm veteri Icientiae allronomicae 
dignitati voluerim vel in aliquo derogatimi, pracllantiflime llugeni. Averruncent 
à me lliperi calumniam illam. Quid enim vita civilis fine ordine ac revolutione tem- 
porum , fine Icientia Solaris periodi, cacterorumque Planetarum, quae omnia allro- 
nomià docente didicimus? Accedit incredibilis animi voluptas in accurati fyllematis 
fabrica, aut rerum coeleilium oculo nudo nequaquam apparentium per Telefcopia 
contemplatione. Ego certc ex quo primum tubo lullravi Jovialium erronum gyros 
et variatas in dies vicifiîtudines, Lunarifque difci quoad macularum phafes diverfi- 
tatem, falcatam Venerem, et alia phocnomcna contemplatus fum, non mediocri me 
voluptatedelibutimilcio. Nonigiturl"2cclipi'eosnuperrimaeobfervationemhaudufque 



-) Constantyn Iluygons :nTi\-a a Coblence le 8 septenihre 1654 et repartit le jour suivant. 
[Dagboek.] 



') Voir la lettre N. 199. 



CORRESPONDANCE. 1654. 



315 



adeo Aftronomicis pracdiftionibus concordcni in aftronomicac icicntiae contcmp- 
tum ad te mifcram, (cd iic conllaret nonduin cam artcm ad optatam pcrtcrtioncin 
dcvenillè. Ailrologicae autcm vanitaci fcniper, fatcor, infenfus fui; ncqiic cidcni 
exilb'iiK) apud homincm \'eri aniantciii lociiin clic yiofl'c. Milîc tandem ad me diebiis 
idis Revcrendus Pater Tiieodorus Moretus (îeometra inlii^nis à Reverendo l'a- 
tre Gregorio à Sancto Vincentio ad le tranlininiini ingenioluni tiumi libelhmi, in 
qiio laudando totns eit; atqiie idcirco tbrtafic tardius cundcni ego conlpexi, quia 
non ante volebat ad me pcrvenire, quàm ex eodem Iblidam prius iple voluptateni 
cepillet: fummè cideni piaeuit iec^tio Iphaerae in data ratione revocata ad dati arcûs 
tripartitionem. Certè in libello mole non magno multa oblervavi pulchra, ut iniu- 
riam facerem fingulis, nili in eodem univerfa laudarem. Gratulor autem tibi egre- 
giam in rébus Geometrieis l'eu tacilitatem ieu felicitatcm , et pro dono tranliniiTo 
Tibi quàm podiim maximas gratias ago: eritillud animi in me 'Fui tcHera, quàm diu 
vivam. Plura in tui Theorematumve tuorum laudem non addo, ne exillimes me plus 
amicitiac nollrae, quam veritati tribuifTc. Judicio tiio de opufculis Domini Domini 
IVlarci lublcriberem fortaflis et iple, nili reverentia in illum mea iuberet cITe conten- 
tum dixifle , mihi arcanos eiuldem lenllis per ingenij tenuitatem non latis patere. 
Expedabimus igitur à te de impulllium inipuHbrumquc natura deinceps eertiora. 

Ego de motu et iple quaedam 
fpeculanda pridcm aggreOlis 
lum , quaehadenusintermili, 
^ ^^ quia altius rem à principiis 
video repetendam , ut cele- 
rem rei expeditionem mihi 
polliceri non aulim. Nolo 
apud Gcomctram literas meas 
Inie linea comparere, ideo- 
que non antè illam lîniero , 
priufquam duo theorcmata ad 
anguli lîve arcùs tripartitio- 
nem Ipedantia fubiunxero. 

vSit arcus ABC quicunque, 
fubtenia AC produfta extra 
circulum utcunque, è euius puncto A ereda lit perpcndicularis Al): Ducatur DE 
eireuluni contingens in B , perpendicularem vero BD -) et produdam AC , fecans 
in D , ]•> , ut BD, I5E acquentur. Dico arcum BC totius ABC trientem elle. 

Altcriim. 
Sit angulus trileeandus ABC cui iubtendatur AC, conllituatur fuper AC trian- 
gulum ADC, habens angulum ADC bali AC oppolkuni aequalem dato ") , de- 




=) Lisez: AD. 



3l6 CORRESPONDANCE. 1654. 



niiflaquc pcrpcndiciilari DE ex D in bafin AC, fine duac EC, CI) liniul acquales 
ipli Ali. Dico angulinn D3C eflc certiam partem totiiis AI5C'. 

\'alc Nobiliffimc ilugeni, et me amare porrô pert^e. 

J3;ib;iiii Pragae 26 Dccembris 1554. 

Perilluftri Nobiliffimoque Domino Christiano IIugp:nio etc. 
Domino niihi colendiffimo oblervandiffimoque 
Iliigam-Comitis. 

S'Graven-IIaagc. 

") Complcmento vidclicct ipfius A15C ad duos rcftos [Kinncr a Luwenthurn]. 



N= 212. 

CllRISTIAAN HuYGENS à Fr. VAN ScilDOTEN. 
27 DÉCEMBRE 1654. 

La kttir, la minute et la copie se troiiyeiit à Leii.'cii, a/ll. lliiygcns. 
Elle est la réponse au No. 2oy. 

CliirilTnno Vire Domino Francisco Schotenio 

ClIRISTIANUS HUGENIUS S. P. 
Refte hoc ec pcramice abs te faftum Schoceni Clariflïme quod ad legendas quac 
tibi Icribantur epiilolas me quoque veterem difcipulum tiium adniittis. Igicur plu- 
rimum tibi eo nomine debeo. Jam primum didici Dominum Palchalium Geome- 
triae IhaHo addiftuni eiïe quo etiam excellere videtur. Sexta cjus Arithmccicarum 
trattationuni') egregia tuerit, ii ultra cubum aliarum quaruni libet potcllatum fum- 
mas colligcre compendio monllret. Nona captum nicum luperat fi bene titulo fuo 
relpondet. Prima inter Geometricas etiam tcmeraria vidcri poOlt. Tertia ad te per- 
tinct Icd facile puto cditionc praevenies; quod fi contra eveniac ego tamen ita 
exiilimo , neminem fulpicaturum aliundc te edoctum demonrtrationes tuas Plano- 
rumlocorimi compofiiifie ne quidem fi Apollonij ipfius deperdita fcripta rcterantur. 
Porro opéra Palchalij ubi acceperis examinaverilque etiam me inlpiccre linito : 
Item quod ex Italia novum repertum prodibit, talium enim mirum in modum lum 
cupidus. Problemataduo quae à INIilonio^) acccpilti bene compofita et demonllrata 
videntur. Tu fi quas invicem Propofitiones novas ad illum mitterc deilinas, gra- 
tilfimum mihi faciès, fi ex ijs quas ultimô edidi aliquam adjunxeris, decimam vel 
1 4tani vel utramque : nam demonllrationes addere neque opus neque fieri potell: , 
quando ab alijs multis deducuntur. Exemplum hujus libclli mei ante dies paucos 



') Ces traite^ d'Arithmétique ne se trouvent pas parmi les œuvres de Biaise Paseal connues 
comme ayant été imprimées avant l'époque où fut écrite cette lettre. Il est évident d'ailleurs 
que Iluygens n'en connut que les titres. 

-) Claude Mylon était jurisconsulte à Paris. Plus tard, il entra en correspondance avec Clir. 
Huygens. 



CORRESPONDANCE. 1654. 317 



l'.lifabcthae Principi \) miiinnis qiuic et prioribus noilris Thcorcniucibus le delcc- 
rataiii \\ù\Vc lignillcave dii^nata ell. Quod de Cardani i-eii;ulis refpondes caruni oria;!- 
nem h Scevinio dcnioiillratani eflè; fateor 00 modo illas invcniri potuifTe , fcd per 
Cartelianaiii Alt^ebrain (iniplicior via cil, nequc omnino difficilior aut dilliiiiilis 
reliquis aequatiomim tranliiuicationibus quae auCta vel diminuta radiée perllciuii- 
tur, ut eiibi lip;ura in partes diHedi quae apud Stevinium ell non lit opus. ])eni()n- 
llrationes meae de Pcrlpicillisquo tardius iuniniam nianum accipiant ipla perfpicilla 
in eaula funt. Nuper enim hifee tabricandis animuni adjeci , neeelTariam efTe eor- 
pori exercitationem intellit^ens nec invenienseui labori jueundius utiliulve vacarem. 
Itaque tubes mihi comparavi cxiniios utriulque i^eneris alij enim ad propinquas 
alij ad longé dilFitas res inlpiciendas apti llint. Hi decem pedum llint longitudine 
illi unius tantum;utrique vilae res diametrum quadragies multiplicant, fupcrficiem- 
que proinde millies lexenties. lunam et lidera tanto propius contueri dii:i;num ell 
opcraeprctium. 

Extrema in epilbila rurl'us mihi de Regulis motus fuades uti ineepto operi lliper- 
fedeam. Cur autem me inauditum condemnas? aut quid tibi in mentem venit ut 
ingratum etiam diceres llcubi falluni prodidille Cartelium demonllrare conarer, 
hoc eil II hominem eum fuifle contenderem. Credc mihi , eorum eil non hallucinari 
qui nihil efficiunt. Ergo in tanta rerum novitate aliquem illi errorem lubreplille 
nequc niirandum erit neque turpe : ego autem ingratus minime , qui non alia rc 
majores gratias haberi illuftribus ingenijs arbitrer quam lî monumcnta eorum accu- 
ratilïïmo digneniur examine. Quod ex Algebra petitas régulas fuas Carteluis iple 
protellus ell; fane non ignoras Iblam in his Algebram nihil détenu inare pofic , led 
principia antc ex motus penetralibus accerlenda, quorimi equidem plurima rciftè 
a Cartelio conllituta fateor , neque tamcn omnia. Eafdem régulas ad Rcliquam 
cjus Philolbphiam haud magnopcre pertinere nequc multum reterre ut pro veris 
habeantur meritô exilUniare vidctur Dominus de Racij. Ea verô quas ego inveni 
quum evidcntibus cauiis nitantur, non dubito quin ad naturac contcmplationcm 
adjumentum daturae lînt; certe quum cxperimentis plané refpondcant plurimam 
adterre utilitatem humanis rébus neccflè cil. Sed haec apud te frullra adhuc , neque 
id valde miror. Mirabor autem 11 intellcCtis rationibus noilris in fententia perlles. 
Intérim rogo ne adeo Ils iiiiquus ut quod ego pro modulo ingenij mci praj caeteris 
omnibus invcntis fubtiliter excogitallè mihi perluadeo, id tibi ollendi nolis. Vale. 

Hiigae. 27 Dec. 1^)54. 

Mijn Hcer De Hccr Fu. van Sciiootkn, Profelîbr dcr 
Mathematiquen inde Univerfitcyt 
Tôt 
Hcercdecuh. I.cvdcn. 



■'') Voytz la Lettre N°. c: i o. 



3l8 CORRKSPONDANCK. 1655. 



N= 213. 

CuNSTANTVN IIlVGF.NS, pcTC , il A. CoLVlUS '). 

26 FÉVRIKR 1^55. 

La copie .ic trijuYi- /; .hnsUrdiy.u. .lùiii. Rny. ,lcs Sciences. 

Ampliffime ac rcuerende vir. 

Grandes cibi iyatias ce Calthouio -) duo lilij au;unt et parcns umis, quos omncs 
càdcm humanitate dcuinxiflis, rclaturos proindc i^ratias t^randiorcs, et quidciii vi- 
creas, quando lie jubetis, atqiic, ut vorc gcncrofi (itis, t'ragilinîmas lentes mercuri 
lulliueris nobiliore métallo. A licrofcopijs primum ex officina noilra docebimini quanti 
opillces linius. De macrolcopijs nihil hadtcnus tam ccrtipollicemurquamolim, Dec 
volentc, pracitituri (umus. Selquipedccini tripedalia et quae excurrit paruo negotio 
expediuntur. hanc longitudinem il duplices, tripliccs, imo et quadruplices quod 
iani nunc niei féliciter pracltiterc, difficile opilicium ell quippc quid Icuiilimo atquc 
imperceptibilinianus laplu vitiatur. Is Calthouius inprimis quà ingenij iagacitatect, 
fi colloquamur, facile intelligat, ncque dubium elT:, quin, lî hoc agat fcrio, aliquid 
hue de fuo conferre valeat quod neque pollcri dcleant inuentis additum. Saluta, 
quaefo, verbis noilris quam officiolKHmis nobiliflimum artificem, quem ego, fi vclit 
pofle credam, quod in veteri prouerbio et a-iêt^pov tàs'iv êiSda-Ksiv. Tu vale, vir 
amice, et rem tibi elle llatue cum hominibus non ingratis. 

Intcgerrimo aiïectu tuus &c. 
Hag. Com. IV. Cal. Mart. cL^Ioclv. 



N= 214. 

CllRISTIAAN IlrVGENS AUX EtATS GÉNÉRAUX. 
4 MARS 1655. 

lu /liîce xe lyiiitvc à Leidcn, call. Ilny^ens. 

D'Inventie ') van Johannes Placentinus -) acngaende Ooll en Well bij mij 
onderfchreven gefien ende geëxaminecrt fijnde, bcvinde die te fijn aengeleght cm 

") Andréas Kolff (Col vins), fils deNicolaas Ileynians dit Kolf ut de Maria van Slini^clandt, naquit 
à Dordrecht en 1594 et y mourut le icr juillet 16,-1. 11 devint pasteur protestant à Venise 
(1620 — 1627), puis à Dordrecht (1629— 1666). Il avait une correspondance étendue; ses 
collections de coquilles et autres objets rares ainsi que sa bihliotlièque étaient renommées. 

-) Calthof était très-habile à taire des verres de télescopes; il demeurait à Dordrecht. 



') Voyez la pièce N°. 215. 

-) Johannes Placentinus mourut à Franclort sur l'Oder le 1 1 mars 16S7. En 1657 il y devint 
professeur de niatliéniatiques; il nous a laissé quelques uuvrai;es. 



CORRKSl'ONDANCK. 1655. 3I9 



door behiilp van fecckere waerncmingcn nen de Maen tôt aile plaetlL'ii de wacrc 
longhde te vinden : doch geenlins met ibo goeden tbndamcnt als dat van andere 
voar defen, die dit felfde getracht hebben te weghe te brengen. Weleker inventien, 
alhoewel van ghcen of weijnigh gebruijck fijn geoordeelt ter ooriaeck vandc 
groote miireeckeningcn die uiit de minilc faute in 't waernemen ot'iiijt de iniper- 
tedtie van de Ephemerides onltaen konden , noehtans in Théorie wel gegrondc 
waeren. Maer deien vondt van johannes l'iacentinus is Ibo veer van daen dat 
eenigli voordcel ofte nutticheijt Ibude bybrengen, dat (elfs tegen d'ccrile beginielen 
vande Agronomie peceeert, ende niet anders is als een groove Paralogilnnis. Ifct 
welck lichtelijek kan bechoont werden uijt het exempel het gheen hij volgens fijn 
méthode voorllelt, iijnde duldanigh. 

Te Londen welende den 6 April deles jaers 1655, om aftemeeten hoeveel dcfe 
itadt in Lenghdc verlijheelt van Francfort acnde Oder, foo obferveert hij voor 
eerll: op wat lire de Maen te Londen inde meridiaen dat is recht in \ Zuijden fich 
lien laet, endc necmt bij exempel dat het zij 's avondts ten 10 uren 2 i minuten. wel 
te verltaen als het binnen Londen defe ure is. Voorts fiende uijt lijn bereeckende 
taefelen dat de Maen op den ielven avondt te Francfort inde meridiaen gewecil: 
is ten 9 uren - minuten. dat is als 't dcfe ure is te Francfort, ibo treckt hij dan defe 
9 uren - minuten vande voorlchreven 10 uren 2 1 minuten , ende vindt het verfchil 
I ure 14 minuten. Waer uijt hij befluijt dat de maen dele i ure 14 minuten lacter 
aende meridiaen van Londen als van Francfort vcrfehijnt (het welck fijn écrite en 
grootlle miillagh is) en dat hierom Londen 1 8 graden 30 minuten wellelijcker leght 
als Francfort, reeckenende voor clck lu'c 15 graden; het welck noch een andere is. 

Om de écrite aen te wijlen, foo is kennelijck dat tuilchen de voorfchreven 9 uren 
7 minuten te Francfort, ende 10 uren 21 minuten, mede te Francfort, interccdeert 
den tijdt van 1 ure 14 minuten: Maer geenfins tuilchen de 9 uren 7 minuten te 
Francfort en 10 uren 21 minuten te Londen. Want het te Londen en te Francfort 
niet te gelijck 10 uren 21 minuten is, door dien defe plaetfen gellelc werden in 
lenghde te verfchillen. 

Dat hij ten tweeden geniilt heeft, reeckenende 1 5 graden verfchil van lenghde 
voor elck ure dat de maen laeter te Londen als te Francfort aen de meridiaen vcr- 
fehijnt, blijckt hier uijt. Om dat de maen geen 15 graden in een ure en vordcrt ge- 
lijck de fon, maer outrent een halve gracd minder, van wcghen haer eijghen loop 
in de Zodiacus. 

Aldus gcdaen ter begcerte van haer iloog Mogendcn 
bij mij haer onderdanighen dicnaar 

ClIRlSTIAKN HUIJGKNS. 

4 JVIart. 11^55. 



CORRi:,SI'ONDANCE. 1655. 



N° 215. 

Joii. Placentinl's h ? 
Appendice au N°. 214. ") 

/,(■/ C')/'/!' se tniirc à Leii!e:i, coll. Ilnyi^ens. 

Noviim et accuratum Longitudinis locorum fcrutiniiim, Belgis, (n^llis, Ani;iis, 
Ilifpanis exoptatillinuini, exhibcns modum invcnicndi longicudincm locoriim tain 
tcrrclb-iuni quani marinorum inigiilis diurnis vcl noftiirnis cemporibiis, atque lie 
data loci latitudinc et inventa ejui'dem longitudinc, dctenninandi licLim navis ob 
tcnipcllatem liinc indc fluc'hiantis atque crrantis &;c. 

IJicatum Eleftori Brandebin-genfi. 

Primo temporibus illis (menlibus Aprile, IVIajo, Junio Anni 1655) in loco tuo 
obferva tempus lunae Culminantis, vel diurnmn ex altitudine folis eriitum vcl noc- 
turninn ex altitudinibus ftellarmn inveftigatum, quac obiervatio matbcmatum cul- 
toribos non ignota, et nantis quoque minus obfcura eil. 

2°. Hoc obfcrvatum tempus in tuo Meridiano conter cum tempore in tabula anno- 
tato et animadvertes differentiam Mcridianorum illius loci et Francofurtani inhoris 
et minutis. 

3°. Difterentiam mcridianorum invencam couverte in gradus et icrupula aequa- 
toris iecundimi tabulam Iccundam et obtinebis differentiam longitudinis francotur- 
tanae et tui loci. 

Tabula contincns tcmpora lunae culminantis id cil in meridiano Francot'urtano 
exillcntis, ut et caudae ^ et lyrae. 

Cujus longitudo eil 39 graduum o. minutorum Calculo trigonometrico accurate 
luppntata ad Anni 1655, Mcnles Aprilem, iMajum, et Junium. 

") Placentini ineptiae. [Chr. Iluygens.J 

Ns 21(5. 

Les Etats Gknkraix à Christiaan Mlvgens. 
8 mars 1655. 

Im pièce se t/iiv.ve h I.àileii, cuil. Ih:yp:c:is. 

Extraét uijc 't rcgillcr der reiblutien vandc I loogc Mogendc heeren 
Staten Gcnerael der Vcreenichde Nederhmden. 

Lvnae den 8 Martij 1(^55. 
Sijnde tcrVergadcringc gcëxhibeert oock gelefen de conlideratien ') van Chris- 
tiacn iiuijgens, Soone vande lleer van Suylichem, op het voorllel van Jobannes 

') Voyez le N°. 214. 



CORRESPONDANCE. 1655. 



Placcntinus, nieckendc de longitude van Oofl: cndc Well:,brcedcr gemcntionncerc 
in leecl^er gedrucl^t lixemplaer -), hicrbevoorens, ende ooclc huijden niede ter Ver- 
gaderinge vertoont; Is naer deliberacic goetgevonden cndc verihien dat het voor- 
Iclircevc gcdruckte Excniplaer geibnden lai werdcn acnden Proteflor Schotenus 
tôt Lcijdcn, om te vilîteren, examincren, ende hare Ilooge Mogende daerop te 
dienen van iijnc conlideraticn, bcriclit cndc advis; vSiillcn ondertunclien de voor- 
rchreeve confideratien vanden geniclten lluiigcns in de Iccretc kade opgeilooten, 
cndc bewacrt wordcn. 

E. VAN IklOTSMA. 3^ 
J'oorzitter. 
Accordecit met 't voorfzegdc rcgiftcr 

N. IIUIJSER. 

N= 217. 

CilRISTlAAN IIUYGENS h A. CoLVRS. 

[mars 1655.] 

I.r. minute cl li: ciijiie se rrimyeiit à LciJen , cuil. Ilnyf^ois. 
A. Ciilviiis y ri'/miiilit pur le Nu. îi8. 

CiiRiSTiANus HuGENius Andreae Colvio Vii'o Chirilllmo 
Eruditifllmoquc. 
Mitto tibi manibus noib'is elaboratum perfpicillum, ocuUnn fcilicct illum quo 
diligcns naturae fcrutator carcrc non débet, hiijus ope minutiflimorum infcftorum 
feminumque figuras fubtilinimas et in germine iplb herbarum arborumquc rudinicnta 
inipertarc poteris, cumque ad vos vcnerit Illuilris Galliac Legatus ') ipfi quoquc 
fpectanda exhibcrc. Conllitutio tiibi determinata cil: lineis circumduélis, ad quas 
ufque fingulae partes pcrducendae funt. lentem quoque majorem fi quando exc- 
meris pulveris habita tuo decergendi gratiâ ut reponere in prillinum locum pollis 
introrllis lignum pofitum cil:. Inferior tubus vix quicquani à linea fignata unquani 
dimovenduserit; fiiperiorem vero illo manentcm aniplius cxtrahi licebit, ut majores 



-) Joli. Placentiinis. Noviini et ncciiratum Longitiidinis locoriim Scnitinium, Iklgis, Gallis, 
Anglis, Ililpaiiis , exoptatilliiiuim, cxbibcns modiini inveniendi longitudincm loconim, tam 
terreflriiim, qiiam marinonim, singulis diurnis vcl iiofturnis temporibus, atquc sic data loci 
latitudine et inventa ejiifdcm longitudine, determinandi litum navis ob tcnipellatem hinc indc 
iluftnaiitis atqiie errantis. [1654]. 

3) Epo Gabbes van Bootsma, fils de Gabbc van Bootsma et de Juliana Sloet, vécut à Bilgaard, 
où il éponsa Frouck van Donia. Il était membre des Etats-Générau.x pour la Frise. 



■) Pierre de Chanut, né en 1600 à Iliom et mort à Paris en 1662. Il fut envoyé comme Ambas- 
sadeur auprès de la Reine Christine de Suède. Ce fut en cette qualité qu'il rendit de grands ser- 
vices à des Cartes; après la mort'de celui-ci en 1650, il recueillit ses papiers, et les envoya en 
France, où ils firent naufrage sur la Seine; repêchés, ils ont été publiés en partie parClerselier. 
De Chanut fut envoyé plus tard à Lubeck, enfin à la Haye (1653 — 165(1), comme successeur 
de M. Brasset; depuis il devint membre du Conseil du Roi. 

Oeuvres. T. I. 41 



32Î CORRESPONDANCE. 1655. 



adhiic rerum imagines ociilo offerantiir, fed fciendum eo quoqiic minus lucidas 
ctlici. Caufas mirabilis augmcnti quod a vicris (ic inter le adapcatis producicur cx- 
plicare tibi cupcrem, fi per cpillolam fieri polTet. Caeterum de his integrum vo- 
liimcn, quo praetcrca cclclcopiorum omnis generis demonftratio continetur , pro- 
pcdiem cderc fpero tibiquc impcrtiri. Nunc ea mitco quac antehac eviilgavimus 
cxigua qiiidem mole fed ejus generis quae cito non confcribuncur imo ne Icguntur 
quidcm. Expeftabo invicem quae ad longitudinum fcientiam pertinent manufcrip- 
ta =), et fi quae alia Galilaei pollhuma pofiides; refiiturus cum tibi vifi.im fuerit. 
Cakhovio ingeniofifilmo quod dellinavi telcfcopium propterca non mitto, quod 
ipfum per hofce dies ad nos excurfi.irum efTe fpem fecilli, commodius enim prac- 
lentcm de ufu inftrumenti ejus quam per literas edocere poflTem. Veruntamen fi 
necdum brevi adfuturum intellexero mittam illud confelTiius ut gravi debito tan- 
dem exfolvar. Credo eum, ubi duodecimpcdalcm tubum oculo admovcrit atque 
ad lunam uti[?] aftra direxerit, non ingratam operam nobis commodalle dicturum, 
iacileque adduci polTe ut tcrtiam parct laniinam qua viccnum pedum longitudine 
perfpicilla cxpoliamur. fie petitur coelum non ut ferat Ofian Olympus. Vale Vir 
Humaniflîme fi:udijfque noftris et conatibus fave. 




N= 218. 

A. COLVRS h CllRISTIAAN IIuVGENS. 
23 MARS 1655. 

La lettre se trouve à te'ulen , coll. Iliiygeiis. 
Elle est la réponse an N<i. 217. 

Nobiliflime Domine, 
Vna cum microfcopio accepi binos cuos traftatus mathematicos de Circuli mag- 
nitudine et ejus quadratura. prius oculis infpexi illudque mira et fiupenda magnitu- 



=) Galilei a eu deux fois une correspondance sur le problème des longitudes, savoir, de 1612 à 
1616, avec les Cortès d'Espagne, puis, avec les Etats-Généraux des Pays-Bas, de 1636 
à 1640. On trouve ces pièces dans „Le Opère de Galilco Galilei, dcl Eug. Alberi. Firenzc 
1841 — 1856. xii volumes in-8°"; les premières au T. vi, pp. 239—266, les autres au 
T. VII, pp. 73 à 137. C'est de ces dernières lettres qu'il s'agit ici; elles sont de El. Diodati 
et de Hugo de Groot à Paris, de Mart. Ilortensius, de Laurens Rcael et de V. Ali". 
Pollotto à Amsterdam, et de Constantyn Huygens, père, à la Haye. 
Sur ce problème Galilei publia plus tard son ouvrage: 
Propofto di trovar de Longitudini per via de Planeti Medicei. 

3) Ces deux figures se trouvent sur la minute. Quoiqu'elles ne semblent pas appartenir à la lettre 
même, on les a reproduites ici, parce que, probablement, ce sont les premiers dessins des 
planètes Saturne et Jupiter, faits par Christiaan Huygens. 



CORRESPONDANCE. 1655. 



dine arcnulas nobis oflendic. Rêvera illud Plinij diftum: Naturanusquam magis 
totaquam in mininiis, et in omnibus propemodum fideni lliperat. quis vcteruni vidit 
quae nos videmus. quis antiquorum Pliilofophorum in arcana naturae oculis corporis 
et mentis ilc penctravit ut liujus laeculi lapientes? Jnter quos tu, Vir Praellantiiiime, 
merito haberis, et quem etiam, li fata lliperlint, portcritas admirabitur. Cacterum 
gratias tibi debeo ingénies pro dono praeilantillimo: quod erit quali anima et ocu- 
lus mufaei mei. Avide expcdabo jikiilnflimum Doniinum Legatum Galliae ') ; ut 
port ipfius alpeftimi accéda: aliquid ad IMulelioli mei pretium. Kalthovius norter 
port fertum Paichatis iperat Ilagam excurrere, tui praelertim caulla. ut videat et 
audiat, quae ipie magnus artifcx ignorât. 

Mitto Galilaei traftatum, ied condonabis quod nec nitide fcriptum fit, multilque 
erratis inlperlum. Addidi etiam aliud manulcriptum ejuldem Galilaei, quod in com- 
pafto hoc libro circa finem invenies. 

Deus, pater omnium fcientiarum, fummum illud tuum ingenium foveat lumine 
fuo, ut férus coelum, quod nunc telefcopijs vides, adeas. Summo parenti tuo, et mco 
et Domini' Vivienni -) nominc, lalutem imperties. 

Tuus omni officio et obfcquio 

Andréas Colvius. 
Dordrechti 9.Kal. Apr. 1(555. 

Mijn Hccr, Mijn Ileer Christiaen IIugens, 
tcn hLiijfc van d'Ed. Ileer van Zuliciiom 

s' Graven-hage. 



met een pacxken. 



N" 219. 

ClIUISTIAAN IIl'VGENS h Fr. van SciIOOTEN. 

[25 MARS 1655.] 

La lettre se trouve à Leidcn, coll. Hiiygeiis, 
Fr. va:! Sclwoten y répondit pcr le Nu. 220. 

Clariflinio \'iro Domino Francisco Sciiotknio Ciiristianus 

IIUGENIUS S. D. 

Paulo portquam h me dilcefleras die Martis praecerito locuni eum in Cartelij 
Geometria de quo interrogabas inlpexi pagina videlicet 32-' Editionis tuae, verl'u pe- 

') Il s'agit ici de Pierre de Clianut (voir la Lettre N . 2i~> 

-) Nicolaas Vivien, fils de Anthony Vivien, Seij;neiir de Bovi,';nes, et de Aiithonia van den 

Cornpiit, naquit à Dordrecht en 1631. 11 devint pensionnaire de Dordreelit en 16(^4 et était 

ami intime de Jolian de Wi'.t, son cousin. 



324 CORRESPONDANCE. 1655. 



nultimo: invcnique in margine ancehac à me adfcriptum fie fuiflè, non puto mm 
figno — ajfici polj'e. Hoc autem patet ex ijs quac habentur in principio paginae prae- 
ccdcntis. Sive enim quod ibi verfi.i i ° legitur imy^ fignum -|- vel — habeat, feni- 
per m in fefe duftiim accipiet fignum + , ut in quadratis aequationibus contingere 
notum efl:. Tuum vero eft dclibcrare utrum quod Cartcfius hic fcripfic cmcndare 
vclis, an in commcncariis tuis dilficultatem ledoribus infinuarc. fortafil; cnim quod 
ille fcnicrit non facis afiequimur. "i^Xsy^iv tuam porro cujus mihi copiam fecifti at- 
tenté perlegi , qua quidem mukimodis ad abfiirdum adigis vaniflîmum Placentini 
ibmnium. unum quod de Parallaxeos et refraftionum incommodo adjicis non intcl- 
ligo. Videtur enim neque parallaxis neque refractio efficere pofl"c ut luna in meri- 
diano apparcat, nifi ibidem rêvera confillat; quanquam illa quidem magis humilem 
oilendat, refraftio rurllis aliquantum attollat. Attamcn h meridiano nonrecedet, 
ideoque et Hcrigonus utrumque hoc incommodum iua methodo evitafl^e fe profite- 
tur, quod obfervationes dirigat ad Lunam in meridiano exiilentem. Si tibi otium 
cft quaefo paucis fententiam tuam hac in re mihi perfcribe. Caeterum magis hoc 
fcire defidero quodnam à Dominis Ordinibus refponfi.mi tuleris, gratiafiie egerint, 
an nondum quid decreverint tibi innotuerit. Hoc ut refcilcam oninino mea intercrt. 
itaque fi me amas ne grâveris fignificare quid tibi contigerit. Vale Vir Praellantifiimc. 
Circa Cardani reguhis quod h me poftulabas brevi accipics '). fine modo ut chartas 
atque adverfaria mea excutiam. 

Mijn Heer Mijn Hcer Fr. van Sciiooten, Profeflbr der 
Miithemiitycken indc Unix^erfiteijc 

Tôt 

Lciiden. 



N= 220. 

Fr. van Sciiooten à Christiaan Huvgens. 
27 MARS 1655. 

La lettre se trouve à Leideii, coll. }Iu}'ge;i.<:. 
Elle est la rc'poiise au No. 219. 

Clarillimo \"iro Domino Ciiristiano Hugenio Fr. à Sciiooten S. P. D, 

Difficultatem illam, quam in Cartefij Geometria die INÎercurij praeterito move- 
bam Tibi, invenio candcm eflt cum illa, quam tua Claritas illic loci annotavit. 
Unde in Commentarijs meis non è re me taclurum puto, fi indicaverim dclendum 



') Voyez la Lettre N°. 223. 



CORRESPONDANCE. 1655. 325 



elfe illiid vel — , quod intcr defcribendum Domino des Cartes, praecer ipfius men- 
cem, irrepfiffe credo. Simile quid reperio contigifie niihi in hoc nupcro icripto 
fivc eXey^t. Ubi eo loci, quô de Pardlaxi et Refraftione loquor dclcnda potins 
haec verba: fo van de Son ah Maen^ reperio. qnae tune inter defcribendum addidi. 
Etenim cum tecum non capiam, quo pafto tam Parallaxis quhm Refraftio efficere 
poflît, ut Luna in Mcridiano apparcat, nifi ibidem rêvera confillat, tuncque ipfius 
Parallaxis et Rcfractio nullam confidcrationem mercantur: Attamen, quia ad accu- 
racionem illius temporis, quando Meridianum Luna pertingit, atque ad ilhim 
modum (ficut ibidem indicavi) fummopereellrequifita. Sol quidcm tune numquam 
in Meridiano confiilit, fed forte propc Horizontcm, quo temporc Refraftiones maxi- 
mac funt, quaeque ipfius parallaxi non ita temerè dequiparandae videntur: Fit ut ad 
tempus illud Lunae culminantis praecifum etiam tum Parallaxis tum Refraftionis ra- 
tionem habendam efl"c appareat. SimiliterRefraétionis rationem habendam efTe con- 
ftat, fi ex altitudine alicujus llellac fixae idem tempus acquirere animus fit. Caete- 
rum quum die Mercurij praeterito fcriptum mcum Domino Praefidi Domino 
fcilicct Schuijlcnburg ') tradcns eum rogabam utrum foret necefl"e ut coram Do- 
minis Dominis Ordinibus mentem exponerem , fiquidem aliàs me domum efl"em 
recepturus, refponditjc fcire Dominos Ordines tune literas ex Anglia exfpcftarc, ac 
propterea pcr plura negotia tune forte fieri pofl"e ut fcripto meo legendo vacare non 
pofient, idco fe cfi"e authorem ut Hagae pernoétare velim. Ideoquc cum iilo eodem 
die ulque ad horam fcmifeptimam vefpertinam Magae commorarer, invifens intérim 
nonnullos amicos, ac inter alios Dominum de Strevelshouck -), Academiae nofirae 
Curatorem , cujus alterum obtuli exemplar. At ille me rogans utrum cum Domino 
Blaevio 5), Scabino Amrtelodamenfi efl"em loquutus, dicens fe fcire illi quoque 
iCtam inventionem ad examinandum efl"e propofitam, monuit ut eundem Dominum 
Blaevium, quem impraefentiarum Ilagae commorantem afierebat, inviferem, fimul- 
que cum ipfo fcriptum hocce communicarem. Dicens porro confentaneiun fore, ut 
inter nos (prout ipfi indicaveram tibi quoque rem fuifie delatam) conveniremus. 
Quapropter adiens Dominum Blavium , qui harum rerum fe fatebatur infcium, pro- 
ut illi fcriptum mcum ofi:endi, reliqui. Rogabat enim ut fibi liceret id ipfum pervol- 
vere. Sequenti die Ilagam reverfus ex Domino Pracfide, pollquam Domini Ordines 

') Joan Schuylenburch ttait membre des Etats-Généraux de la part de Stadt en Lande (Gronin- 
giie). II semble avoir été le président de la commission chargée d'examiner le projet de Placen- 
tiniis. Il fut destitué de ses fonctions en 1661, souleva le peuple, fut quasi réhabilité; mais étant 
gardé à vue, il s'enfuit et passa à Munster, où il entra au service de l'évêque. A Groningue 
il fut condamné à mort en 1663. 

-) Cornelis van Beveren, Noble, Seigneur de Strevelshoek, West-IJsselmonde et Dcvelsteyn, fils 
de Willem van Beveren et d'Emerentia van den Eynde, naquit à Dordrecht en 1 591 et y décé- 
da le 17 juillet 1663. Il fut plusieurs fois bourgmestre de Dordrecht et membre des Etats-Géné- 
raux; il remplit plusieurs missions diplomatiques. Depuis 1644 il était curateur de l'Université 
de Leiden. 

5) Joan Blaeu, voyez la Lettre N". 46, Note 19. 



326 CORRESPONDANCE. 1 6; 



ex convencu jam difceflerant, intellexi, ipfos ex parte tancum ncque totum illud 
meum fcriptum legiiïe; atque alijs rem illam ad examinandum qiioque fuifTe propo- 
fitani. Unde rogans ego, lurum iudicarct fore necelTum, uc illis voce mencem mcam 
exponcrcm, probarctquc an Ilagae diutius commorarcr, refpondic non id efleopus; 
niil quid ulcerius ab ipfis Ordinibus competerem, fubindicans co, uc videtur, uc, fi 
pro mcrccde aliquid praccendcrem, id indicare eis velleni. Ilinc, portquam rclpondi 
me id cocum Dominis Dominis Ordinibus relinquere, cum nil nili oblacum officium 
indicare volucrim, Lcydam illico concendi. Cum enim Te cunc Ilagae non commo- 
rancem fuipicarer, ncniinem nifi Ducquium nollrum invifi atque illi iimul valedixi. 
Acque haec lune Praeilanciffime acque Aniicillime mi Ilugeni, quae proue circa rem 
illam contigêreTibi perlcribenda habui.Tu auccm cura uc valeas,meque amare perge. 

Lugd. Btit. 27 Mmtij i6$^. 



N= 221. 

CHRISTIAAN HUYGENS à Fr. VAN ScHOOTEN. 
26 MAI 1655. 

Ln Uttrc se trouve à Leiileti, coll. Hiiyge:is. 
F:: van Scliooten y r/fpotulit far le No. iii. 

Cliiriffimo Viro Domino Franc. Schotenio Chr. Hugenius S. 
Ex libris illis qui nuper Ilarlemi vcnierunc in auftione quorumque cacalogum 
mihi perDukium exhiber! curafti aliqups incharcula annocaveramquosmihiemptos 
cupicbam. cam fi acceperis, non dubico quin diligencer negocium geflcris , quod 
fponce fulcepilli, ce profccflo non parum tibi eo nomine me debicurum incelligo. 
Quod fi camen ob immodicum praecium vel alia de caufa haberi non potuere facico 
quaefo ne fruitra eos diucius expeftem; forcafie enim aliunde conquirendi Çek oiFe- 
rec occafio. Pacer meus nuper -incer manufcripta quae olim à Merfenno miflli fi.mc 
invenic libros duos Locorum planorum Apollonij ') à Fermacio -) rellicucorum. Si 

') Apollonii Pergaci Libri Duo d; Locis Planis Rellitiiti. Ce traitd se trouve aux pages 12 — 43 
de l'ouvrage suivant: 

VariaOpera MathematicaD. Pétri de Fermât, Senatoris Tolofani. Accelleruut lelcdae quac- 
dam ejufdem Epiftolae, vel ad ipfum à plerifque doctilliniis viris Gallicè, Latine, vel Italicé, 
de rébus ad Mathematicas difciplinas, aut Phyficam pertinentibus, fcriptae. Tolofae. Apud 
Joanncm Pech, Comitiorum Fuxenfunn Typograplium, juxta Collegium P. P. Societatis 
Jefu. MDCLxxix. in-folio. 

-) Pierre de Fermât, célèbre par ses découvertes dans la théorie des nombres, naquit en août 1601 
à Beaumont de Lomagne (prés de Montauban), et mourut le 12 janvier 1665 à Toulouse. 
Nommé, le 14 mai 1631, Conseiller au Parlement de Toulouse, il entretint une correspon- 
dance très-étendue avec beaucoup de savants. 11 eut une dispute avec des Cartes au sujet des 
deux traités „Ue Maximis et de Minimis" et „De inventione tangentium linearum curvarum" 
qu'il avait adressés à celui-ci. 



CORRESPONDANCE. 1655. ■^0-7 



te rcircnT_ ces infpiccre velle mitterem lubens, led credidi caulani eiïc porte cur nul- 
les. Vidcncur mihi demonrtrationcs Ferniatij tuis demondrationibus nequaquam 
aeqiiiparandae; niiilca quoque auc perfiinétorie nimis craftaviflè aut in tocum 
oniilidè. In prima canicn Pappi propolitione univcriali, quae legitur in line pa- 
i;inac 162, aliqnid aniplius habct nifi fallor quam à te infpcftnm iit. Non enim 
mcmini videre in tuis, quod fi à pundo uno vel duobiis 
rcctae duae agantur datum angulum continentes ut AC, 
BD; habeancquc vel inter fe datani rationem, vel datum 
comprehendant ipatium, quod tum fi unius terminus, puta 
^^Ji C, contingat locum planum pofitione datum etiam akerius 
j5 terminus 1) locimi planum contingct. llaec autcm ejiifinodi 

iunt ut etiamfi à te non reilituantur, nemo tamen crediturus 
fit propcer difficultatem nimiam praeternnfia cfit. Vale. 

ITagac, 16 Maji i<555. 

Mijn Hcer Mijn TTccr Fii. van Sciiootkn 

Profelîbr der Matlicnmtycken indc Univcrfitcijt 

'J'ot 

Hcercftccgh. Lcijdcn. 



N= 222. 

Fr. van SciiooTEN à Christiaan IIuvgens. 
29 mai 1655. 

La lctt"c se tynure h Lciden, coll. Iluyt^ens. 
F.llc est la n'pntisc m: Nn. 121. C'ii: I/uygeiis y répondit par le Ko. 223. 

Clarinimo Viro Domino Christiano Hugenio 
Fr. à ScnooTEN S. D. 

Ex libris illis, quos in chartula annotaveras, et tibi nupcr I larlemi emptos defidcra- 
bas, ut et Johannis Kepleri iMlronomiam ') à t'ratre tuo per litteras mihi exprefiàm. 



') Artronomia Nova AlTlOAOrHTO:^:, fev Phylica Coelcftis, tradita comnieiitariis de Motibvs 
Stellae Martis, ex obfervationibus G. V.Tyclionis Brahe: Jiiflu& fiimptibiisllvdolplii 11. Ro- 
nianorvm Iniperatoris. &c: Pluriiiin annonini pertinaci ftiidio claborata Pra.nne, A Sac. Cae. 
Mtis Sac. Mathematico Joaniio Kcplcro. Cuin ejiil'dem Cae. Mlis privilei^io rpcciali. Aniio 
aercac Dyonyfiar.ac. cIoIdcix. in l'olio 



CORRESPONDANCE. 1655. 



nulles invcni à Domino van Home -), medicinae noftro pfrofeflbre, cmptosfuiflc. 
Poitquam cnim ci diftani (chedulam tradideram, illeque difficulcer, prout adfcripta 
praccia non vidic, cmendi illos negotium in le fumcre volebat, cum le qiiid confta- 
rent aut valcrent ignarum profiterccur: idcirco ipfi auchor fui, ut ca in re pro arbi- 
trioageret,cosque,quoslicctadiniull:um praecium excurrences, à vobis tamen nota- 
tos, vidcret, omnino vobis compararet. Is autem Harlemo reverfus nudius quartus 
narravicmihi ((icut et ab alijsjam accepcram) fe nullos alicui cmifTe libros, nifi illi qui 
eorumdem practiuni exaftc illi indicavcrat, quandoquideni ad exceflivum itapraetium 
omncs fcrc afcendifTe afieverabat, ut vel eos ipfos, quos fibi, ctianifi vel ad injullum 
praetium cxcurrcntcs, cmere conflituerat, non tamen coëmerit. Porrt) cumhicapud 
Bibliopolas ferme omnes quaefiverim Kepleri diétam Aftronomiam, ac tandem illam 
apud Hackium '^ invçnerim, eandem praetio 3 florcnorum comparavi, quam fimul 
impraefentiarum Fratri tuo tranfmitto, fperans fie ejus vota expleturum. Mitto item 
literas, quas nuper Oxoniâ h Domino Wallis accepi, tibique communicandas ■*) duxi; 
praefertim cum et in illis, quae ad te pertinent, contincri deprehenderim. Quae autem 
in illis habentur atque Circuli Quadraturam concernunt, cum vix à me capiantur, 
quoniam priores 5),quas olim ad me dédit, atque ad hafce incclligendas plané rcqui- 
runtur (meque Tibi communicaffe fcio) pênes me non reperio. Quas idcirco vel inter 
manus tuas, vel certè ipfarum apographinn verfari debere autumo, quippe aliàs deper- 
ditas exiftimo, neque ego fine illis hifce refpondere quidquam valeo. Quapropter Te 
rogo, ut, quoniam Tibi fpeculationibus indulgere magis liberum efl:, vel ex priori- 
bus iftis literis vel earum apographo ea facile es afTecuturus, quae ad harum intell i- 
gentiam fpedlant, examinare haec grave non ducas, tuamque fuper ijs fententiam ad 
ipfum perfcribas, aut fi per me expeditum volis, litteras tuas tune ad me mittas. In 
acceptis litteris mentionem faci: Eelipfeos praeteriti anni, quas non accepi aut vidi. 
Praeterea Loca Plaça Apollonij, à Fermatio rcllituta, licct videndi potefiatcm ultro 
lubens mihi ofFeras, amo tamen ctiamnum illa me latere, donec pofi: impreflionem 
meorum legendi ca naftus fuero occafionem, ne alibi vila facile quis credat me pla- 
giarium aut ab aliquo adiutum fuide, fed libcro animo me dicere pofil' qualia à me 
eduntur ita quoquc fuiife inventa. Quod ad imam iHam propofitionem univerfalcm 
attinet, confultb illam omifi. Quia multas figuras ad illam explicandam aut conftru- 
endam requiri judieabam, quibus operis impenlae plus jufio accrevifilmt, nec facile 



°) Joliannes van Home, fils de Jacob van llorne. Directeur de la Compagnie des Indes Orien- 
tales, naquit à Amsterdam en 1621 et mourut le 5 janvier 1671 à Leiden. Il fréquenta plu- 
sieurs universités étrangères et devint professeur de médecine et de chirurgie à Leiden en 1651. 

3) Cornélius Hackius en 1608 fonda à Leiden une maison de librairie, qui resta dans sa famille 
jusqu'en 1698. Il épousa le 15 avril 1666 Margaretha Elsevier, fille de Pieter le libraire 
d'Utrccht, née le 24 juillet 1646. 

'') Nous n'avons pu retrouver ces lettres, 

■■') De ces lettres, qui datèrent de l'automne de 1652 (Voir la Dédicace de l'ouvrage de J. Wal- 
lis, cité dans la Lettre N''. 227), on n'a non plus trouvé aucune trace. Voyez la Lettre N°. 143. 



CORRESPONDANCE. 1655. 329 



tune Typographus tiliquis ici fibi imprimcndum fufcepiiïet, neque etiam ipfa illa 
propolitio adeo élégantes proprietatcs prae le ferre, ficut maxinia pars reliquarum, 
viia fit, negligi potius quhm adponi exidimavi. Caeterum quantum ad Dominos 
Ordines, utrum fcilicet in recognitionem nuperi utriufquc nortri cxaminis obtu- 
Icrint aliquid auc facicndum quidvis ftatuerint, ignoro plané. Ideoque quae 
circa haec refciveris quaefo lubens communices; unaque fi placet, chartas meas, 
quas cirea eandeni rem pênes te reliqui, tranlmittas, quia et hic unus aut alter ami- 
cus illas videre deliderat. Rem auteni omnium gratiilimam praeiliteris, fi moduni 
quu Cardani regulae inventae tiierint perlcribere iiaud graveris. Vale. 

Diibam, fefbinante caliimo 

Lugd. Batav. 29 Maij 1(555. 

Intellexi et Dominum Golium fimiliccr à fiipra diiilo Domino Johanne Wallis 
litteras accepiflè, quibus le circuli quadraturam invenilTè indicavit. 

Acn Monfieur Monfieur, Christianus IIugenius, 

gelogcert ten Huijfe van d' Hcere, Constantfnus Huijgens, 

Mecre van Zuijlechem. 

in S'Gravcn-hage 
Cito port. N°. 30. op t' plcijn. 

met ecn packien. 



N" 223. 

ClIRiSTIAAN IlUYGKNS h Fr. VAN ScilOOTEN. 

5 JUIN 1655. ■) 

l,a lettre , lu miinile et la eiijiie se Irouvcnl à Leiilai , eull. IIi:ygciis. 
Elle est la réponse nu Nu. lia. 

Clariflimo Viro Domino Francisco Schotenio 
Christianus Hugenius S. 
Librorum negotium vellem ut minus icrupulolb commififles, fed jam conqucri 
ierum eil. De Kepleri infiitutionibus fratris mei nomine tibi gratias ago et praetium 
rertituo, ipfe enini Amfi:elodamum profeftus eil. Domini Wallis literis quoniam 
alicubi me tangit video mihi rclpondcndinn fore ; at quam vellem priores literas 
ipfius te non perdidiiTe , nam me quidem tibi eas remifiife certo fcio -). Nunc ex 
ijs quas timc temporis ad te dedi repetenda erunt quae ad novasiltas Quadratices 

') La minute porte cette date. 
-) Voir la Lettre N°. 144. 

Oeuvres. T. I. 42 



330 CORRESPOND ANCK. 1655. 

lincas attincnt. Equidem non multo meliora Gregorianis à novo hoc Cyclomctra 

expcfto, fcd tanien vidcndum. Domini Ordincs quid ftatuerint circa Examen ciuim 

mciimvc, non compcri. Veruntamcn quia ne vcrbum quidem renunciari mihi aut 

gracias agi volucrc , dabo operam ut refcircam quo confilio id fccerint. 

Cardani rcgularuni invcntio pcr Algcbram noftram, quani tantopere exponi tibi 

dcfideras, ca eft hujufmodi s). Proponatur aequatio x^ ce — px + q^hoccfï, 

x^ + px — q 00 o fitque invenienda quancitas x. Augeatur radix quantitate ali- 

qua incognita z ut fit x -\- z en y , hoc cÛ x zo y — z. Ergo x^ zo y^ — ^yyz + 

2yzz — z^' et loco prius expoikae acquationis quae erat .r > + /)„r — </ X) o erit ifta 

3''' — 3yy^ + 3,V-2 — z' -\- py — pz — q zo o. Hic quoniani — 3vv;; + '^yzz fit 

ex duftu^' — 2 in — 352; et rurfus quod habetur + py — pz fit ex v — s in + /), 

apparet quod fi 372 fit oo/), tum fe mutuo toUent difti termini — ■^yyz + 33'22 et 

P 
+ py — pz^ folique refl:abunt 7^ — ~3 — q zo o. Sit igitur 33'^ O)/'. Erg02 xi ^-^^ 

Et aequatio crit^y^' — ^A </ co o. Unde y''' 00 qy= + -^ p^ ■, quae qua- 

drata aequatio eft, fitque y^ zo -k q + 1/" i ÇÇ + ^ P^- Qutire 

y 30 [y^ œ i-q + X^^ qq + ~^p^. Cognita jam quantitate -y non ignorabitur 2, 

quae erat co J-— . Erat autem a- co y — 2. Ergo 



* "-• l^œ^q +yiqq + ^p^ 

Quae régula facilior videri poflit quam Cardani illa, quoniam femel tantum 
radiccni cubicam extraherc opus fit. Caeterurn ut ipfam Cardani regulam exhi- 
beanuis, quantitatem 2 fimib'ter ut y ex praeccdcntibus invcniemus. Nimirum 

ex co quod ponebatur 33'2 zo p iu y zo ^-^. Unde loco fiiperioris aequatio- 
nis y^ — 2^ — q zo o erit _i- —^ z^ — q za o. hoc eit2'' co — qz^ +^p^. 

Unde 2 co 1/ œ — ^ q -{- ]/^ i qq + ~p^- Cum itaque fuerit x ZD y — z.- 
Erit jam x zr)]^ œ iq +]/ ^qq + -S-p^ — j/ce -i-U <? H- ]/^iqq + ~P^- 
Quae Cardani regularum una efi:. Altéra limili methodo invenitur in hune 
modum. Detur x^ zr> px + q^ fivc x^ — px — q zn o. Diminuatur radix quan- 
titate incognita 2, ut fit x — 2 co 7, hoc efi, x zo y + 2. Eritque prioris 
aequationis loco ifi:aji3_|_ ^^1^2 + 33^22 + z^ " PJ — pz — q co o. Ilic rur- 
fiis fi ponatur 372 co p , tollent fe mutuo quantitates iilae + 3n'2 4- 3 V22 et 
— py — P-^i tiint'-iinqiie fupererunt 3'"' + 2^ — q zo o. Sit ergo 372 co />, hoc 



■") Voyez aussi la Lettre N '. 14-. 

■•) Le signe -J- n'est autre que celui de soustraction. 



CORRESl'UNDANCK. 1655. 331 

P P^ 

q\\ z fi ^ --. Rrgoaeqimtiocricj»^' + ^V 3 </ co o. Undc'v'' ce qy-' — „^-P^- 

Ciijus aeqimtionis ambit^ua ell radix. FitHimirum'y X) |/ ce | ^ + ]/ q:^^ ~ ih P^ 
\'c\y 00 1/ ce ^(7 —\^^ qq — --/'''• Qi">tl fi porro quacratur edani :2 ex co 
quod 33'.^ co /), uci in prioris rcgiilac invcntione quacfita fuit, rurfus ambigua radix 
aequacioni.sinvcnictur,utquemodo3)itanuncerit2; xi]/ ce ^q + \'^ k ^^ ~ -^'- P^-' 
vcl z co K œ ^ <7 — ]/^:^ (/i/ — ^ p^- Itaque alteram radicem funiendo pro z 
akuram pro -y, (ctenim ponendnm eft akeram akera majorem efTe) fiec 3» + 2, 
hoc ell, .V co \^ œ^q + ]/'^ qq — ~- p'" + V (X hq — \/"^ 'JÇ — ~ P^- 



N" 224, 

Christiaan Huygens h John Wai.lis. 

[13 JUIN 1655]. 

La mhiiile cl la copt: se trouvent à Lciilcit , ca/l. Ilnygcns. 
Jiihii U'allis y ■.■dpundit par le Nn. 227. 

Sommaire : liber meus. Sntelles. Setiio W;irdo. 

Clariffimc EruditilTimoque Viro Johanni Wallisio 

ChRISTIANUS IlUGENIUS S. D. 
Cuni annis ab hinc tribus ') ni fallor Fr. Schotenius literas tuas mihi Icgcndas 
mififict, in quibus linearum curvarum novam inventionem proponebas, itcruni 
nunc akeris acceptis quibus ad Circuli quadraturam cas lincas tendere profiteris, 
bas quoque mccuni communicandas duxit, rogans fnnul ut pcrpenfis ijs non am- 
pliusfe internuncio uti velleni fcd ad te ipfum rerponfi.nn adornarem; namfcquidem 
non facile ad nientom contemplationem tuam revocaturum quod priorcs litterae 
tuac ad manum non efTent, apud amicorum aliquem aut inter chartas dclitefccntcs. 
Facio itaque Vir ClarilTime et quod illc defidcrat, et quod illo non admoncnte tamcn 
fadturus eram , cum non parum ad me quoque fpedare vila fint quae fcribis iepius 
itcrata mei mentione. Ad lineas itaque h te propofitas quod attinet, reftè cxiftimas 
ad Geomctricarum numerum cas accenferi pofTe etiamfi critérium ilkid nollrum 
non ferant. atque ego id tantum ofi:endere volebam non convenire ipfis eam proprie- 
tatem quam tribuere velle videbaris, nimirum ut fumptis in tangente ad verticem ab 
ipfo contaftus punéto (ita enim tune intellexeram) partibus aequalibus magnitudinis 
arbitrariae (pollquam jam curva delineata efiet) perpcndicularis quae tune crat 
prima effet partis unius qualium tcrtia partium 6. quinta 30 &c. P^jufmo^i enim 



') C'était en diiccmbrc 1652. Voir aussi la Lettre N^. 144. 



332 CORRESPONDANCE. 1655. 



ciirva niilla eil, ficuti nulla quoquc ell in qiia ijfdein quîic dixi pofitis, fccunda fit 
partis I. quarta 6. fexta 30 &c. Ergo qimm pro Gcometricis adhuc haberi poftules 
lineas tuas, oportcre arbitrer ut proprictatem aliquam in fingulis defignes, per quam 
punfta quotlibet in ipfis determinari qucant. nam mihi nunc taies vidcntur, ut 
i\ pcr ccrta quacdam punfta tranfcant, praetcr illa vcro nulla dcfinicum locum ob- 
tincant. Nam quod aequabiles curvas duci vis, id non vidctur fufficere ad cxhiben- 
das lineac partes inter bina quaeque punfta interjetas. 

Scd fortaiïè haec ego teniere , non intellefta n;tis fententia tua aut propofito. 
Itaque praeilarc arbitrer ut examini (uperfedeam donec univcriam methodum tuam 
nobis explanes, quac quidem fubtilitate eximiuni promittit. summopere profcfto 
vidcrc defidero qua i-atione ad circulum pertineant novae hac Quadratrices. Theo- 
rcniaca mea de Hyperbolae et Ellipfis Qiiadratura à te lefta eiïe mihi gratulor; 
Quae vero anno praeterito de Circuli Magnitudinc Inventa edidi una cum con- 
fh-u6tionibus nonnullorum problematum, ea an ad vos quoque jam pervenerint 
dubito. In s^sTa,(n mea Quadraturae Gregorianae non omnino immerito id reprc- 
hendis, quod pagina 36 linea 2 tantummodo duplicatam, aut triplicatam propor- 
tionem commcmoro aut ulterius multiplicem fecundum numéros ab unitate con- 
fequentes. quum tamcn ut numerus quivis ad alium ita pofllt efTe ratio ad rationem. 
Attamen quum ad Patris Gregorij mentem non alia quam duplicata altéra alterius 
ratio illic efTe debuerit, ut ex prioribus ipfius Thcorematis fatis confiât, fortaiïè ne 
quidem triplicatae mentio mihi facienda erat, multoque minus alterius cujuiquam. 
et fatis fuiiïec oflendiiïè non convenirc duplicatam. Hanc pro me excufationem 
adducerem fi quam fuper iflis verbis litem antagoniila meus moverct. Verum con- 
ticuere omnes. T^t jam me quoque conticeiccre tempus eil, neque otio tuo abuti diu- 
tius. priufquam tamen te dimittam accipe hune quem apud te depono gryphum 
quemque codem hoc tcmpore alijs multis Viris Egregijs impertio, haud multo pofi: 
omnibus explicandum. Perfpicillum mihi nuper paravi ipfe 12 pedum longitudine, 
quo vix aliud praeiïantius reperiri exifiimo quum, quum antehac nemo viderit , 
quod ego recens oblcrvavi. Scribitur autem tranfpofitis literis in hunc-modum. 
ADMÔVERE OCVLIS DISTANTIA SIDERA NOSTRIS, VVVVVVVC 
CCllRMNBQX. ") 

Doélifllmo Collcgae tuo Domino Setho Wardo, =) quem ab editis aliquot opus- 
culis 3) nuper novifie coepi fi placet haec imperties ut ipfum quoque fi quando 



-■) Seth Ward naquit le 16 avril 1617 à Biintiiigton (llertford) et mourut le 6 janvier 1689 a 
Knightsbridgc (Londres). Par suite des troubles civils, il ne put obtenir un oflicc public, 
mais devint tutor de quelques élèves, puisen 1649 Savilian l'rolessor of Astronomy à Oxford, 
en 1671 cliancelicr de Tordre de la Jarretière; comme prélat, il fut nommé évêque d'Exetcr 
en 1662 et de Salisbury en 1667. Il était membre de la Société Royale. 

•') In Ifmaelis Bullialdi Aftronomiae Philolaicae Fundamenta, Inquifitio brevis. Authore Sctlio 
Wardo Aftroiiomiae in Celeberrimà Academia Oxonienfi Profefibre Saviliano. Excudebat 
Léon. Licblield Academiae Typographus. Anno Dom. 1653. in-4°. 

De Cometis ubi de Cometarum natura dillèritur. Nova cometarum Theoria, Novillimi Co- 



CORRF-Sl'ONDANCE. I 655. 



opiis fit teftem habcam ncmini ante me id vifi.im fuiflc, quod literis illis occul- 
tacur. \'alc. 

") Saturno luna fua circunducitur dicbus fcxdccini , horis quatuor. [Chr. 
lluygens]. *) 



N= 225. 

W. Bk.ERF,T()i\ à ClIRISTIAAN IluVGKNS. 

23 J>-''N 1655. 

La lettre se triiiiYC à LeiJen, cul!. Huy!!;ens. 

Nobiliffimo & PracdantilTimo Viro Christiano IIugenio, 
GuLiELMUs Brkretonius S. P. D. 

Ouod te frequcntioribus literis non lalutavcrim, icd per très hofce poliremos 
annos '),incultam nollrani amicitiam rcliqucrini, in caulli, hoc fuit, Mathematicoruiii 
nenipé nollratium altum quali lilentium, undc nihil quod tibi i^'ratum cfict ad manùs 
meas pervenit; neque detedum ilhnn ex proprià pcnu iupplerc potui; quum ob alia 
negotia, eaquc nimium neccffaria, mihi non licuit tantum Divac Mathefi cultum 
pi-ncberc, quantum illa pollulat. Jam vero quum duas naftus fini novas circuli qua- 
draturas, utramquc ad te mittcndam cenlui; u: ex te poftcâ intelligam, an harum 
autores fcliciorcs evaferint magno illo & prolixo Jeluitâ =), quem hàc in parte, fco- 

metae lliftoria proponitiir. Praeleftio, Oxonii habita à Setho Wardo, in Ccicberrima Acadc- 
mia, AftronomiaeProfcnbre Saviliano. Cui fubjuncta cft Inqiiifitio in Ifmaclis Biillialdi Allro- 
nomiac Philolaicae Fundamenta. Eodeni Authore. Oxoniac. Exciidebat Lcon. Liclilicld 
Academicae Typographus. Anno Dom. 1653. in-4°. 

Idea Trigonomctriac Demonftratae (In ufnm Jiiventiitis (")xonicnfis). Item Praelectio de 
Cometis et Inquifitio in Bullialdi Aflronomiae Philolaicae Fundamenta. Authore Setho 
Wardo, in Academia Oxonienfi Adronomiae Profeflbre Saviliano. Oxoniae. Excudebat L. 
Lichfield Acadcmiac Typot;raphus. 1654 in-4°. 
'^'^] Dans la minute de la Lettre N°. 223, on trouve les phrases suivantes, que Chr. lluygens avait 
tâché de convertir en anagramme: 

In Saturne novilunia recurrunt poil dies fcxdecim eum lextante. 

Saturnum fua luna circuit diebus fcxdecim cum lextante. 

Luna bis oftonis Saturnia rcirna diebus luftrat. 



') Voyez la Lettre N°. 123 du 29 mars 165: 
') Gregorius à St. Vincentio. 



334 CORRESPONDANCE. 165 



33- 



po fuo excidiïïe, iamdudum dcmonllrâfti. Hoc tamcn omnino moneri te oportet, 
quod llobbius, iam pofl: improfTum libriim '); quadracurae fuae non tantum tribuit, 
quantum in ipfo libro. Ncquc ipH difplicct, fi quid ipfi placide & folidé opponatur; 
verum vSciolorum obtreétationcs & tVivolas refponfiones vix Icftu dignas putat. 

Fratrcs tuos Ludovicum & Philippum, unà ciini Eyckbcrgio & van Lcuwen, vt 
nico nominc falutos, rogo, & quod reliquuni eil cum me Valc. 

Londini, Junij 13/23 1655. 

Si quando ad me refcribere tibi libucrit, litcrae (fi videbitur) hoc modo inlcri- 
bantur. 

For William Brereton Efquire, 
Leavc thefe with Mr. John Tailor 
a Silkman at thc white-horfe 
in Laurence-lane in London. 

et mihi vicifilm (fi placet) Icribas quomodo ad te pollea mittendae lunt literae "). 

Nobiliflimo & Praclliintiffimo Viro Christiano Hugenio. 

Hagae Comitis. 

") Incluferat his literis idem folium J. Wallifij quod in liceris autoris inuenics. 
[Chr. Huygens.] 



N= 116. 

Christiaan Huygens à G. A. Kinner a Lowenïhurn. 

[JL-IN 1655.] 

La minute et Ut copie se trouvent à Lciikn , coll. Huygens. 
La lettre est la réponse an No. 211. Ktnner à Li'mcnthiirn y repondit par le No. c:47. 

KiNNERO. S. D. 

Diu eil quod nihil ad te literarum dedi Kinnere Nobiliflime, neque ad alium fere 
quemquam nili quas neceflitas exprcflit. Jamquc procul dubio inofFiciofus audio et 
indiligens cum tamen fuerim occupatiflimus. Artem quandam impenie exercui 
quam fi velis fellulariam appelles licer , dum tatearis non levé adjumentum afi:rono- 



3) On retrouve ce traité sur la quadrature du cercle dans l'ouvrage publié plus tard: 

Thomae Hohhes Malmefbureufis Problemata Pbyfica. De Gravitate Cap. i. De Acftibus 
Marinis Cap. 11. De Vacuo Cap. m. De Calorc et Lucc Cap iv. De Duro et Molli Cap. v. De 
l'iuvia, Vento, aliilque Coeli verfatilibus Cap. vi. De Motuum Specibvs Cap. vu. Adjunftae 
funt etiam Propoiitioues duae de Duplicatione Cubi & Dimenfioue Circuli. Londini. Apud 
Audream Crooke in Caeniiterio D. Pauli fub Signo Draconis Viridis. 1662. in-'o '. 



CORRESPONDANCK. 1655. 



niicae fcientiae praebcrc ipfam, ac proinde PhiloCophiae Univorfiic. Vitris expolicn- 
dis operam dedi fcilicet, ce tclcfcopia fabricavi , co quidcm ruccelTu ut non tantuni 
Jovis fatellitcs et cornutam \''cnercm confpiccre ijs liceat, quac tibi quoque vila fcri- 
bis, fed aliud quid mcmorabile, quod ncc h Fontana ncc ab Hevclio dcprcheniiim 
cil:. Galilaci exemple tranlpofitis litcris obfervationem hanc tibi committcrc vifuni 
cil:, alijfquc cocii fpcdlatoribus. m fi quid novi detcxcrc id profitcri vclint, fin mi- 
nus, ne poftmodum ncgarc audcant me acutius ccrncre, et quod nullius erat vclut 
occupanti jure gentium cédant. Literae tranfpofitae fi.mt ifi:ae. ADMOVERl'^ 
OCVLIS blSTANTIA SIi:)ERA NOSTRIS VVVVVVVC CCRllMNBQX. 
lias tibi poilea alio ordine Icgendas dabo. Intérim omnibus qui vel praellantiiiimis 
rubis fe inilruftos exiftimant, eaidem impertiri poteris. Gaudeo te pollerioribus 
literis fententiam ferre aequiorem de lludio afl:ronomico, quam è pracccdentibus 
colligi pofTe videbatur. Fatendum enim profefto diligentia coelefi:ium obfervatio- 
num tandem homines didicifle univerfi hujus ordinationem , quoque loco à natura 
repofiti fint , caelum denique an terra moveatur. Theorematis utriufquc quam mihi 
propolliirti demonflrationem non difficulter inveni, neque tamen hic adjungam, 
quod ad itcr in Galliam ') me accingenti, negotia non pauca infi:cnt. Vale. 



N= 227. 

J. WaI.LIS h ClIRISTIAAN MuYGF.NS. 
I JUILLET 1655. 

La lettre se trouve à Leii!e:i , oill. Huygcns. 
Elle est la réponse an Ko. 11 \. 

Clariffimo Doctifïimoque Viro Domino Christiano Hugenio S. 

Litcras tuas (Eruditiffime Vir) Hagae Comitis datas Jun. 13. ift^S- st. n. hoc 
ipib die accepi, et lubenti animo acceptavi. Quac de Curvà noilrâ habes, non cil 
cur multis ventilem. Geometricam iftam efl"e, ubi intelligas (quod, fpero, jam cito 
fict) quomodo illuc pervenerim, non fore credo ut dubitcs. Quaenam autem illa fit 
aequatio quae fingula indifferenter refpiciat punfta, id ipfi.im erat quod Domino 
vSchotenio confiderandum propofi.ii, in quo et ipfius opem fi vacaret expecivi. Quous- 
que illam dilquifitionem ipfc perduxeram, aut etiamnum perduxi , brcvi l'pero fiet 
ut intelligas; traclatus enim aliquot fiib prelo jam aliquandiu habui, qui nifi Typo- 
graphorum niorae impcdîficnt diu antchac lucem confpexerant: unde etiam fimul 
intelligasquarationeadCirculumpertineantet illa et aliac curvacilliccxpofitac. Nec 
tantum ad circulum (cujus folius mcntio faéta cil in illa quam ad Dominum Schotc- 
nium nupcr tranfinifi chartulà) fed et ad Ellipfin, Ilyperbolam, Parabolam, Para- 
boloidea omnigena, aliafquc figuras cm'vilincas innumeras quadrandas; fed et ad 

') Le 28 juin Cliristiaaii IIuyfj;eiis entreprit ce voyage en France avec son Frère Lotlewijk 
et son cousin Pliilips Doublet. [Dagboelc] 



33^ CORRESPONDANCE. 1655. 



alin quaniplurima abftrufiora Machefeos problemata, parcim ab alijs antehac cxco- 
gicata, parcim penitus neglcfta ce a nobis primicus detcfta. Cur autem chartulam 
illam libri prodromum ') praeniiferam, in caula erac quod audiveram quendam apud 
nos -) jactitâfTe fe circuli quadraturam abfolviiïe, aliaque miranda pracftitiiïe. Undc 
facile conjiciebam fîeri pofTe ut ipfiiis cogicata aliqiia ciim noilris coïncidant. Et 
propcerca quoufque ego rem illam ante complures annos perduxcram viris Mathe- 
maticis fignificandum judicavi, ne deinceps tbrfan videar, fi forte libellas ejus 
citius prodiret, ab illo didiciffe. Propofitionem autem illam Cyclometricam quam 
nuper ad vos tranfmifi, Cquamque ante aliquot annos cxcogitatam fuiiïeetTuct 
Dominus Schotenius, inter alios quamplurimos, teitcs eftis,) divulgare folam pla- 
cuit, fine ullà reliquorum quac a nobis funt inventa et demonitrata mentione: quo- 
niam fi vel hoc unum a nobis olim inventum efl"e coniliterit , non infiiper dubitabitur 
an et ea etiam cognoverim quae nos illo perduxere, et fine quorum cognitione ne 
hoc quidem excogitâfie potui. Pollquam autem hanc nofiram Cyclometriam palam 
profefllis fueram, et typis concreditam divulgaveram; mihi nunciatum erat Dominum 
Ilobbes noftratem, in ipfius opère quod tune (fient et nortrum) fub prelo erat, cir- 
culi quadraturam penitus abiblvifie, et quidem Geometricc (ut loquimtur) folius 
regulae et circini beneficio. Ubi autem hoc nunciatum efl:, quamquam non dubità- 
rim Circuli quadraturam utcunque perficiendam, rem fore pofiibilem (quam quidem 
annon et ipfe perfecerim judicent Mathematici ubi ea quae fcripfi publici juris fient;) 
tamen ut hoc folâ régula et circino perficiatur, quod ille prae fe ferebat, rem plané 
incredibilem et fupra omnium Mathematicorum fidem et ego et alij pronunciavi- 
mus, non dubij quin alicubi miré fuerit hallucinatus. Nec quidem fecus accidit. 
Mac enim(uti loquitur ille praepropcra makvolonnn iN/ultatio/ie monkus^^re ma- 
turius cum amicis perpenfà illam de quo gloriatus fuerat Circuli quadraturam 
retraétum ibat, et, quaternionibus aliquot quos operae jam ante abfolverant lacera- 
tis, eorum loco, poft fecundas curas, alios fubfiituit, aliumque prioris loco tetrago- 
nilinum: et tandem, cimi ncque ita res in tuto erat, chartis aliquot tertijs adhuc 
euris immutatis, ingénue fe fatetur remneutiquam abfolvifi^è, et quae prius ut apo- 
dictica profefïïis erat, jam vult ut tantum problematicè dicta intelligantur. Sed et 
libeili ipiius prout tune erat imperfeéti editionem properabat, (non exipeétata vel 
reliquorum erratorum emendatione, vel feftionis fecundae quae deeft adjedtione,) 



') Il est probable que cette lettre, adressée à van Scliooten, n'a j;uère dilïéré de l'écrit publié peu 
de jours après sous le titre: 

Epillola Clarilîimo Spedatillimoque Viro, Matbeleos Peritiflimo, 1). Gulielmo Oughtred'i, 
Ecclefiae quaeelT: Aldebiiriae, in agro Surrienli, Rectori. Oxoniae. 19 Julii 1655. 

Wallis y traite entre autres de l'histoire de sa courbe et des correspondances auxquelles elle 
a donné lieu (voir les Lettres N". 144 et 150). Il y joignit une lettre : 

Spectatiflinio Viro D. Guilielmo Oughtredo, Mathefeos cognitione Celeberrimo. Pollridie 
Pafcbatis Anno Domini 1655. 
-) Thomas Hobbes, mentionné plus loin. 



CORRESI'ONDANCi:. 1655. 337 



partim lu aiiiicis id flasïtantïhus fatiftaciat, partim etiam alijs de caujis^ qiias (in- 
qiiit) (iicere non ejî neceljûruiin: incer quas ficri potefi: ut hacc una lie, ne, fi nollra 
forcé (quam ciinc publicc promiferam) Cyclomecria prius prodirct, ipfiiis pfcudo- 
tetragoniimo non fie opiis; vol ne illc '') etiam quem Acadcm'uiritm Vinâiccm toties 
appellat (vir doftus et fpeciatini Matheleospcritiffimus, qui,inlibcllo Anp;licanocui 
titulum lecic rindiciiid .icadciii'uinnii '■') contra nebulonem quendam anonynnmi 
Academiaruni univerfim omniLini calunmiatoreni nuper edito, etiam obicer Hobbefij 
procaciores in Acadcmias item onines infultus, ipfius Lev'uithani ') infertos, 
lepidè calligaverat,) aliquid ipli huidis praeriperet. Utut fit, cautionem illam quam 
adhibui non plané in calhim efié deprehendo; quamquam enim libre ipfius jam ante 
aliquot dies (praeterita Icptimana) apud nos edito edoftus lim ab ipfius quadratin-a 
circuli non opus elle ut tbrmidem, attamen quae illic habet de Parabolallri menfurà 
(fi paralogilinos excipias et ^tv^c(.7ro-ié'i^sii quibus pafiîm Icatet) pars ell eoruni quae 
nos olim methodo nollrà de Paraboloidibus invenimus, ijldem principijs nixi qui- 
bus et circuli quadraturam invefiigavi: quorum ope ea quae apud te in I^st^cctîi tuà 
Cyclometriae Vincentianae occurrunt (quae in nuperis meis ad Dominum Schote- 
nium literis me more meo examinàfie dixeram) vera deprehendi. Quod non ica 
tamen intellcclum velim acfi a nobis haec habuerit, (unde enim habuit, aut an iple 
invencrit, nelcio;) led eadem utrique, quod rem eandem traftantibus non rai'o 
accidit, obvenere. 

Quod autem ego obiter monui (in nuperis meis ad Dominum Schotenium) ad 
paginam 36. lineam 2. tuae i^erao-éws, leviculum erat, quod ad pleniorem demon- 
llrationis ày.pîf^siciv videbatur deefi!e, led quod fiquis pofiulet fiippleri pofi"et. Si 
autem illud addere (uti ais) non efil't, ad hominem , necellarium , fateor eo tutius 
omitti pofie. 



3) SethWard. 

••) Vindiciae Academiaruni Auth. Setho Wardo. Oxoiiiac. 1654. iii-4°. 

C'est une courte réplique à un livre de John Webster. 
5) Leviathan or the Matter, Forme & Power of a Conuiionwealth ecclesiastical and civil. By 
Th. Hobbes. London. 1651 in-folio; réimprimé ib. 1680 in-folio; on trouve à la suite do 
cette nouvelle édition : A Review of the Leviathan. 

Cet ouvrage a fait beaucoup de bruit, et a causé maint désagrément à Fauteur; il lut 
attaqué successivement par 

Sir Robert Filmer: Observations conccrning the origin of Ciovcrnment. Londim. 
1662. in-4°. 

(îeorge Lawson. Examination of the Politic Part of the Leviathan. London. 165-. in-8°. 

[Thomas Tenison] The creed of Mr. Hobbes e.xamined. London. 1670. in-8°. 

Edward Hyde Earl of Clarendon. A short Exposition of the dangerous and pernicions 
errors for the state and religion in Mr. Hobbes's Leviathan. Oxford. 1676. in-4°. 

Le Leviathan, avec le supplément, a été traduit en latin et se trouve dans les Opéra de 
Th. Hobbes, à la fin du Tome II, sons le titre. 

Leviathan llve de Matcria, Forma & Potellate Ci\-itatis Eccledafticae et Civilis. Authure 
Thomae llobbes Malmesburienli. Amik-lodami. Apud loanncm IMaev. mdclxx. in-4». 

Oeuvres. T. I. 4-; 



;8 CORRESPONDANCE. 1655. 



GryphuiTi tuum quod atcinct, ego eum Domino Wardo ubi Domum redieric com- 
inunicabo; ce gratulor tibi obfervata tua; nam et nos etiam noltrique hic cerrarinn 
Mathematici ejulinodi obiervationibiis aliquando vacamus, perfpicilliset varij genc- 
ris et variac longitiidinis inllrufti, putà pedum 6, 12, 24, 52, lemibus autem 
nunc folis convexis, nunc concavis et convexis; et quidem numéro 2, 3, 5. et non 
pauca forfan alibi haud obfervata deteximus. Et Gryphi tui loco liceat mihi tecuni 
alium deponcre, quem et pollhac fi forte opus fuerit dcpofcam. 

y 154 911123 6 6 7 

aaaaaaaaa b ccccc dddd ececeeeee f h iiiiiiiiiiii lll iiimiiiiuiniii mmnnn 0000000 

5 I I 1 13 8 17 1 

PPPPP ^I rrrrrrrrrrr sssssssssssss tttttttt iiummnituinaiiimiiiuu x. 

Quac de Circuli magnitudine inventa anno practerito edilli, fateor me vidifie qui- 
dem (nuper;) at nondum ea vel examinare vacavit, vcl quidem pcrlegere; (quod 
tamcn cito me facturum Ipero:) adcôque nihil elT: quod ed de re diccndum habeo. 
\'idctur autem, ni tallor, ad \viJ.yiy^u.via.v tctragonifini vero proximi collimare; lal- 
tem prout ex levi inlpectione conjcctare licet. 

Caeteriun V'ale, V^ir Erudite, et meo nomine faluta etiam Dominum Schotenium 
quam humanillnnè: et fcias deniquc , fi tibi placuerit inceptam liane familiaritateni 
continuare, gratiflimum id futurum efie 

Tui obfervantiirimo 
vScribebani Oxoniac, Joh: Wallis. 

21 JuniJ 1655. il. vet. 
1 Julij 1(555. 11. n. 

Clariffimo Doéliffimoque Viro Domino Curistiano Hugenio, 
Conftantini Filio, 

tradaïKLir 

I Tagae-Comitis. 

Leave it at y*^ forraigne Pofl:-houle in London, 
to be lent to y-" Haghe in HoUand. 



N= 228. 

J. WaLLIS a CURISTIAAN Ik'VGENS. 

Appendice au No. 227. 

La lettre se troure à l.eideu , citU. liv.ygeus. 

Pollquam Epillolam abfolveram, fi.ibijt animum, tibi forfan non ingracum fore '^x 
calculum illum apponerem cujus et iliprà et in nuperis meis ad Dominum Schote- 



CORRESPONOANCK. 1655. 



339 



nium mentio faCla cil, quo cafdcm cii;o nie dixi juxta nicthodum iiicani rationes in- 

VL'iiiflc quas tu habcs in 'H^t'T^iiri:"; tua: adcoquc libccilluiii brcvitcr hic adjunii;crc. 

C M E 



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Reccntàigiturconib-iKftionctud, eâque quam pagina 35, et alibi habes figura: Pla- 
cet quantitatem reétac CD, aliarumque ipfi acqualiimi, nota r infignire. Erit igitur 
CR = i:r,CO = ^r,DO=:CD-CO = /-i/r:=ir,DR = CD-CR = 
/• - i r = j r. Item R© = i r. Or = ^ /-, ÔZ = r - ^ r = 4 r, R Zi = 

/■ — i r rz: -i /•. Et proinde (juxta methoduni noilram.) 

,, ,.j -^ j+ iCRx R0 X CK = + i X i/-x ir X r= ^ ;■■'] 

— 4rCR X R© X R0 = — IX i/- X ir X 4-/'= ^i-/-^ '"^ 



Soliduni KF = 



+ 4^C0 X or X CK = + ^ X ^/-x ^/- X /•= J^ r^'l ^ , ^ ^^ 

— +C0 X or X or = — irX irx ^r xir= ~~ r-')"'^' "— T^.'"'- 



Et propterca folidum AT (= li)iidum KT — folidum K0) ^=-^0}-^ =: j~r^. 

Idcoque folidum K©. Solidum AT: : y|^''^--V^/'-': : 5- i i- Quac cil tuarum 
rationum una. 

Deindc, cil ES = i r, EP = j r, FP = EF - EP = -±---^ r, FS = 
EF - ES = -±^ r. Idcoque Sh = ^ /•, PL = -^- ^■, PO = 

4x4—2x4X2 + 2x2 ^, 4x4 — 2x4x1+1 XI. 

16 ' ' ' ' 16 '■ 

Et propterca (juxta mcthodum jiollram.) 

j+l-ES xSExEM= + 4 X i/-x -'^. rx r =:—/■■>] 
SolidumMH= -jESxShx ES = - j x irx 'C ''x fr=: "^ /- = -^^ !-> 
( + 4- ES X Se X Se = + 4 X i /• X -' /• X --"-j/- = ^r-J— r-'l 

^ ^-l- Irt 16 3I20 

( + iEPxPSxEM= + |x irxirx r= :;^ '''"'j 
SolidumMl= _|EPxPSx EP = -Jxl/-xi;-x4/-= ^ ;-' =;^r3=44f 
[+4EPxPSx PS = + 4X4/-Xi/-xi:r= -!-r3 
Ergo folidum y\2 C= folidum ME — folidum ME) := ? ^''-- -5^ r-' z= -°^ r-'. 

'-^ ^ -^ 1 s o 60 i536o 

Idcoque Solidum ME. Solidum jM. : : — ï^' — r^. _^°i — ;-3 : : c^. 20-;. 

^ i5 36o i536o .100 

Quac cil tuarum rationum altéra. 



') Ces deux (igures, que l'on ne trouve pas dnns la lettre, sont reproduites de l'Exetasis, page 35. 



540 CORRESPONDANCE. 1655. 



Calculi fiindamentum habcciir in propofitionibus 64, 66, 73, noftrae Arithme- 

ticae Iiifiiùtunnii -). 

N= 229. 

ClIRISTIAAN HUVGRNS à CoNSTANTYN HuYGENS, trcrc. 

23 JLILLET 1655. 

La lettre se trouve h Londres , UrUisli Muséum. 
Coitstantrn I!uyi;e:!s y répondit par le A'/. 2:, i. 

A Paris, le 23 Juli 1655. 
Monsieur mon Frerk! 
Il y a 9 jours que nous fommes dans cette ville, lequel temps fi vous fcaviez 
comment nous l'avons employée je m'afleure que Gargantua auprès de nous, vous 
iemblcroit n'avoir efl:c qu'un parefTeux. Je ne vous feray point mention de ce que 
nous avons vu de beau et de magnifique dans ce nouveau monde , par ce que ce fe- 
roitrien de nouveau pour vous '). Ce qui m'a femble le plus agréable a voir c'eft le 
jardin de Bagnolet que nous vilmes hier en revenant du Bois de Vincennes, je ne 
l'cay fi vous y avez elle. Nortre conieiller ordinaire eft A. Taflln, qui nous vient 
trouver règlement -) tous les matins. Je le trouve tort grand hâbleur et fort colère 
enfin tout a fait comme vous me l'aviez dépeint jufqu'au fon mefmede ia voix que 
je croy pouvoir mettre en nottes de Mufique. Je n'ay point encore cfl:e trouucr les 
gens de lettres ny de mufique, et ne fais que courir les rues avecq les 1 autres mes 
compagnons. Nous avons eftez enfemble chez l'Ambafllideur Boreel , qui tient fort 
la gravité. Apres chez Monfieur Bracet s) et vifmes aufii INIademoifelle fa fille ■*) 
laquelle j'ay trouve fort fcavante de tout ce qui fe pafll' en Hollande jufqu'au 
moindre chofe , au refiie un peu moins belle que par le pafll^ , et ce non obllant de 
très bonne humeur comme toufjours. Nous n'avons efte au Cours qu'une fois, et 
une fois a la Comédie, qui n'cfl guère plus belle , que n'eftoit celle de Son Altenb 
h la Haye, et l'on donne un cfcu par telle. Toute eil cher icy, mais principalement 
je prevoy que nous allons faire belle dcfpencc en fiaqres. Je fuis loge feul , dans 
une chambre tapifee pour la plus grande partie : il y a un grenier defilis. d'où les rats 



-) Cet oiivrnse fut imprimé à Londres en 1655. Il se trouve dnns les Opéra IMathematica de 
J. \\'allis. Vol. I.p. 355—458, sous le titre: 

Aritlimetica luiinitorum fivcNova Metliodus Inquireudi in Curvilincorum Quadraturam, 
aliaque difliciliores Matlieleos l'roblemata. Anno 1655 typis édita. 



') Constantyn Huyi^ens avait été a Paris en octobre 1650. Voir la Lettre N''. S 8. 

-) Lisez: régulièrement. 

5) lîrasset était ÎNIinistre Résident de la France à la Haye depuis 1631. Il retourna à Parisle 29 

avril 1654, étant remplacé pariNI. Chanut. 
't) Mademoiselle Brasset, iille du précédent, se maria en mai 1657 avec IM. Beaurcgard du pays 

du Mans. , 



CORRESPONDANCE. 1655. 34 1 



et les fouris viennent Ibuuent me tenir compagnie. Outre cela les punailes me 
makraittent la nuit, de lijrte que j'en porte les marques fur les mains et le tVonc. 
Peut eilre ne voudriez vous point cllre en ma place. Je luis 

Voftre très affeclionnè Frère et leruiceur 

ClIRISTIAAN IIUYGENS DE ZuLICIlKM. 

A Monfieur Moiifieur de Zeeluem 

•à la Haye. 

N= 230. 

Christiaan Huvgens h Constantvn Huvgens, père. 
6 août 1655. 

La minittc se tyimrc à Lfiilc:i , cuil. i/i.'yi^ins. 

A Paris le 6 Aug. 1655. 
AloNSIEUR MON PeRE. 
N'ayant julqu'icy receu aucune lettre de vous je m'imagine que les nollres ") 
ne vous auront eilé rendues que bien tard, et qu'on les aura gardé à laHaye juiques 
à vortre retour. -) Mon Coulin Eiberghe ^) dans les dernières qu'il efcrit h ion 
fils *) mande que vous efliiez revenu avecq mon oncle de S. Annelant ^) du voyage 
de Zeelhem , et que vous eiliez demeure h Zuylichem , c'efl: tout ce que j'ay pu ap- 
prendre, j'efpere que vous ferez maintenant h la Haye *). Nous venons de faire 
une petite courfe aux environs de cette ville ellans confeillc de ne laifier pafTer 
la belle laifon fans voir une partie des belles maifons qui s'y trouvent en grand 
nombre, en effeft fi nous l'avions différé jufqu'a noftre retour nous y euOlons 
rencontré plus de difficulté à caule des chemins gallcz qui ne font que trop mauvais 
meiine en ce temps icy. avecq cela les jours fufTent devenus plus courts, et les 
jardins moins beaux. Celuy de Liancourt ert merveilleux pour l'abondance et 
diverfitè de Fontaines, la beauté du plantage, et de ce qu'il ell: fi proprement en- 



') La lettre deChr. Iluygens à son père, dont il s'at;it ici, ne se trouve pas dans notre collection. 

-) Du 4 juillet jusqu'au 2 août Constantyn Huygens, père, lit avec son iîls Constantyn un 
voyage en 15elgique; il y visita la reine Christine de Suède et la Duchesse de Lorraine. 
[Dagboek.] 

3) Johannes Eyckbergh mourut le 3 mai 1(^64. Il épousa Petronella Caiiipen, veuve de MaïKits 
IIuyj;ens, oncle de Christiaan Huy,nens (12 mai 1595 — 24septembre 1642). Comme Secré- 
taire du Conseil d'Etat, il succéda à ce dernier le 8 octobre 1642. 

•*) Gijsbert Eyckbergh. Voir la Lettre N°. 123. 

5) Philips Doublet, fils de Philips Doublet et de Maria van der Goes, naquit à la 1 laye le 22 jan- 
vier 1590 et mourut le 31 mai 1660. Il était Seigneur de St. Annaland et Moggershill. Le 
28 mars 1632 il épousa Geertruyd Huygens, sœur de Constantijn Huygens, père. 

'') Constantyn Huygens passa le 28 juillet à Zuylichem et revint le 2 août à la Haye: le 23 ou 
le 24 juillet il avait visité Zeelhem. [Dagboek.] 



CORRESPONDANCE. 1655. 



crctcnu que noftre Hofwijck ne le fcauroit eftre d'avantage. Il s'en faut beaucoup 
que fontaineblcau ne le foit pas tant quant a ce dernier point mais au relie il me 
femble plus piaillant et eft fans doute beaucoup plus magnifique. Outre ces deux 
lieux nous avons veu Efcouen, Chantilly, Verneuil, le Chafteau de Creil Frefne, 
Monceaux, Coloniniiers et Petit bourg, des quels non plus que de ces autres je ne 
m'arrelleray pas à vous faire la defcription. parce qu'il me femble qu'il n'y a que la 
veue qui en puifTe donner une imprefiîon alTez belle. Pour des bartimcnts il n'y en 
a point ny dehors ny dedans la ville qui à mon advis vaille l'hoflel d'Orléans ny 
pour le dedans et pour Fameublemcnt qui foit à comparer au Palais Cardinal. C'eit 
iey un trcfor inellimable de belles choies, à icavoir rtatues antiques beaux tableaux, 
riche tapifleric, tables de pierre precieufe et cabinets dont il y en à une infinité, 
l'ay elle voir Monfieur la Bare "), qui m'a fait fort bon accueil, et joué devant moy 
de les fantaifies , d'une manière fort agréable. Taflln m'a aufll promis de me mener 
chez Monfieur de Chamboniere ') , mais je veux différer les vifitcs jusqu' âpres 
noflre voyage d'Angiers. Cependant je n'ay peu m'empcfcher d'aller chercher 
quelqueluns des fameux Mathématiciens, defquels j'ay veu Gafiendi ^) et Bullialdus. 
Ccttuicy ma fait voir la biblioteque du roy et mclhc auprez Monlicur du Puis '-') , 
qui m'a fait la faveur de me monfter encore la ficne et fon cabinet. Il demeure dans 
la maiibn ou eft la bibliothèque royale , et c'eft la que s'aiïemblent tous les jours les 
illuftrcs. Devant que d'entreprendre le voyage vers la Loire nous attendrons voftre 
refponce parce qu'il faudra encore quelque lettre de change. Mais je croy que mon 
frère '°) vous aura efcrit plus amplement touchant cecij , c'eftpourquoy je vous 
prieray feulement de nous l'accorder et de croire que tout ne lera employé qu'en 
dcpcncc nccelTIiire. ]e fuis 

C. IT. 



") Le Sieur de la Barre, Epinctte et (;)rgaiiiste du Roy et de la Reyue à Paris, était auii de Con- 
stantyn Huygens, père. 

') André Champion de Cliamboniere fut premier claveciniste de la chambre de Louis XIV; il 
mourut à Paris en 1670. En 1662 la cour lui ôta sa pension de mille écus par an, et depuis il 
chercha à quitter la France. 

**) Pierre Gassend (Gassendi) naquit le 22 janvier 1592 à Champtercicr (Provence) et mourut 
à Paris le 24 octobre 1655. D'abord chanoine et professeur de philosophie à Aix, il attaqua 
bientôt les vieilles doctrines, fut mêlé dans une polémique avec Robert Fludd, l'illuminé, et 
eut des disputes avec des Cartes. Il entretenait une correspondance très-étendue avec divers 
savants, et est connu comme astronome ainsi que par ses travau.x sur l'histoire de diverses 
sciences. En 1645 il fut nommé Lecteur de mathématiques au collège de France, mais dut 
se retirer à Digne, à cause de sa faible santé; il ne retourna à Paris qu'en 1653. 

'■'') Jacques Dupuy, 3e fils du jurisconsulte Claude Dupuy (1545 — i décembre 1594)1, naquit à 
Agen vers 1586 et mourut h Paris le 17 novembre 1656. Garde de la Bibliothèque du Roy à 
Paris, comme son frère Pierre Dupuy (27 novembre 1582 — i4décembre 1651 ), il légua à 
cette institution 9000 volumes imprimés et 300 volumes de I\Iss., rassemblés par lui et par 
son frère. 

'°) Lodewijk Huygens, 



CORRESPONDANCE. 1655. 



N= 231. 

[CONSTANTVN IluVGIÎNS, frèrc] h CllRISTIAAN IkvGENS. 

12 AOÛT 1655. 

La Ifll.e et la copie se Irouvent à Leideu , enll. /fi.'yirens. 
Elle est la réponse au Nn. int). 

A la I layc Je 12 d'Aoull 1655. 
A4 ON FRKRR 

J'en ay receu une de vous il y a huiél jours, et hier il m'en vint une du Frore 
Louis, je ne puis m'ellonner allez pourquoy en courant toutes les mailbns des 
Seigneurs vous n'avez pas daigne d'une feule vifite l'hollel de Mouchon et la dame ') 
laquelle y fait fa demeure ordinaire. Si tant el1: qu'elle fe treuve encore en vie et 
fon mefnage fur pied, c'eft bien une grande mefprife à vous autres de n'y avoir pas 
pris voftre logement plus toil: que chez Monglas -^ ou Ion ne manque jamais nom- 
bre de Flamands et de noblede Allemande , la ou chez l'autre vous euifiez eu le 
voyihiage le plus joly à\xmonàQ^maer''t kuyckenyvU altoos wijfer ^vefen als'l eij. 
Au moins en ma conlideration ayez s'il vous plaiit la curiolîté de fcavoir, quand ce 
ne feroit que du Sieur Tailin qui connoit bien Ma dite Demoifelle, ce qu'elle cil 
devenue depuis trois quatre ans que je n'en ay point ouy parler. Mon voyage de 
lîrabant a elle parfaitement divertiflant, et Ion nous a fait grand acceuil par tout 
comme tans duubte Mon Père qui ell li iatisfait de la Reine de Suéde qu'il a de la 
peine a s'en taire, vous aura defja mandé. Chez Mademoifelle de Lorraine ■') fur- 
tout nous avons eilé tresbien receus. La princelTe la iille •*), ell devenue fort grande, 
elle a beaucoup d'efprit et je n'ay guère veu de filles mieux eflevées qu'elle. A An- 
vers j'eftois pour faire la plus jolie fortune du monde s'il ne nous eull fallu partir le 
lendemain. Une dame Angloife m'ayant appellée h elle dans une Eglife ou nous nous 
pourmenions parhafard et commancant d'abord a me parler d'amour quoy qu'en des 
termes ambiguës. C'ciloit une femme de condition et fort jolie. Je ne l'avois veue 
qu'une feule fois dans une maifon ou nous entendions mufique lans pourtant m'y 
attacher aucunement. Le conte n'eil pas alTez important pour en faire le récit au 
long. Phlip m'a défendu de vous mander des nouvelles, difant qu'il avoit tout efcrit. 

Les Penfionnaires Rixcn ') et Moons ^') de Purmerend et de Rotterdam font 



') Mademoiselle Mouchon tenait ii Paris nn loi^ement pnnr I\Icssieui-s les étrani^crs. Voir la 
Lettre N°. 235. 

-) Monglas tenait un hôtel „A la Ville de Brissac", rue de la Seine à Paris. 

•') Béatrice de Cuzanze épousa d'abord le Prince de Cante-Croix, puis le Duc Charles de Lor- 
raine, quoique la teinme de celui-ci vécût encore. 

•*) La princesse de Lillebonne, sœur du Prince de Vaudemont, taisait et composait de la musique. 

'} Franco Riccen, pensionnaire de Purmerend, a beaucoup conspiré contre le Prince d'Orani^e, 
Capitaine Général de l'armée et Stadhouder. 

*) Johan Moens (ou Moons) mourut le 6 mars lôfîp. II était pensionnaire de Rotterdam depuis 
165 I, de vint ensuite avocat liscal de I lollaiideet de Westfrise, et entra en lin au Grand Con>eil. 



^^4 CORRESPONDANCE. 1655. 



toucs deux devenus Conicillers au grand Confcil, et mon père me prefTe pour avoir 
cette lettre. Mandez moy un peu fi vous n'avez point rencontré de tailcurs de lunet- 
tes d'approche ou des obfervateurs et far wel. 

Pour Mon frcre Chrestien. 



N'^ 232. 

Christiaan Huvgens à [Consïantvn IIlvc.ens, père.] 
[août 1655]. 

La :niiu:lc se trouve à Le'uloi, coll. I/uygais. 

Ce matin nous avons receu voftre première du...') que iMonfieur TafTin nous ap- 
porta et elle nous donna beaucoup de joye. le fus marry feulement d'entendre que ma 
lettre ") que je vous efcrivis aufli tofl: que nous fufmes arrive icy à manque de vous 
ertre rendue , et par ce mefme malheur celle du coufin Doublet. Elles vous auroit tire 
d'inquiétude en vous apprenant que nous n'avions eftè fur mer que 3 jours. Vous 
avez eu la bonté de nous faire fcavoir le fucces de vollre voyage ') , qui en cette 
faifon et en tel pais ne fcauroit avoir eftè que très beau, et je m'affeure bien que 
mon frère '') aura gouftè plus de plaifir en vous tenant compagnie que nous autres 
pèlerins jufques a cett heure. Il n'a pas manqué de voir ce beaux pais. Car enfin je 
voy par expérience que c'eft un grand poinct que de voyager fans avoir foin du 
payement ny de rien. la defpence que nous avons faite ne peut fembler que médiocre 
à ceux qui fcavent combien toute chofe eft chère icy. et la Penfion ou nous nous fem- 
mes mis quoyque elle eft des meilleures , elle elt telle toute fois que fi vous ou mon 
oncle Doublet la voyoit, vous ne nous confeilleriez jamais d'en chercher une 
moindre. Si nous eulfions pafi"c d'abord vers la Loire fans nous arrefter icy, la pre- 
mière lettre de change nous euft fufii; mais jamais nous n'aurions peu voir ce que 
nous avons veu des Environs de cette ville, aprez avoir laifl^e échapper les beaux 
jours d'eftè. Nous partons demain pour Orléans ou fans faire grand fejour aufii toft 
qu' aurons un peu confidere la ville, nous nous embarquerons fur la Loire et met- 
trons le moins de temps qu'il fera pofllble h parachever tout ce voyage là, n'y ayant 
perfonne de nous qui ne foit prefque las de voir des baftimens et chofes muettes. 
Apres que nous ferons de retour et dodtores utriufque ^^ , je m'efForceraiJ de voir 



') Lettre que nous n'avons point retrouvée. 
-) C'est la lettre mentionnée dans la Lettre N°. 230 , Note i. 
3) Voyez la Lettre N°. 230, note 2. 
•*) Constantyn. 

5) Chr. Huvgens reçut le grade de Docteur en droits à Angers le icr septembre i655.[Adversaria 
de Chr. Huygeiis.] 



CORRESPONDANCE. I 655. 345 

le monde de In façon que vous l'entendez , et je penfe qu'il y aura moyen de le taire 
s'il vous plait de m'en donnez le loifir. Je ne (cache point d'avoir efcrit que Mon- 
fieur Boreel nous ayt receus avecq froideur mais feulement à mon frère de Zeelhcm, 
qu'il tient fort fa gravite, je penle qu'il en ufe de mefmc envers tous ceux de noilre 
forte, comme quand il fore le premier de la chambre, en nous conduifant ce que Mon- 
fieur Chanut ne voudroi: jamais avoir fait, au relie il le monllrc fort affable et nous à 
fait dilher avecq luy une fois que nous ellions pour entendre le prefche chez luy. 
Ce que j'ay efcrit de Taflin h mon frère n'ell aulfi que par raillerie. Nous avons 
fujeift de nous louer de luy à caufe du grand zcle qu'il monftre à nous fervir. il ell 
alTcz traitable pourveu qu'on veuille efcouter l'on conleil et les contes, fans luy con- 
tredire ou rintcrroniprc. Je fuis etc. 



N= 233. 

[CONSTANTVN IIuVGENS, frère] à CllRISTIAAN HuVGENS. 
1 SEPTEMBRE 1655. 

La lettre et la copie se tniin-eiit à I.e'iJeii, coll. Hityi^ens. 

A la Haye le i de Sept. 1655. 
Mon FRERE 

Ne m'ayant efcrit qu'une feule lettre ') vous avez tort de m'acculer ") de négli- 
gence , car je vous ay refpondu ■'} efperant que ma refponfe vous trouveroit encore 
a Paris. Depuis que vous cites partis delà ma foy j'avois fait deiïèin de ne vous 
point efcrirc jufques a ce que vous fullîez de retour, dans la crainte que j'avois que 
mes lettres ne s'efgaralTent ou bien ne vous fulTent rendues que fore vieilles. Mais 
voyant que vous prenez le tour fi long, j'ay change d'advis de peur de vous lailfer 
lans de nos nouvelles. J'efcris pourtant cecy dans une halle extrême. Belieft âcn 
fechteti fîijl te ex eu fer m. 

Pour ce qui ell des lunettes, j'ay a vous dire que je n'ay fait aucune nouvelle 
obfervation depuis. Mars n'ell point en ellat de pouvoir eftre veu avec des cornes 
comme vous pouvez fcavoir. et Venus je ne l'ay point veue de long temps a caufe 
qu'il a toufjours fait mauvais temps, et quand il a fait beau je n'ay point fait d'ob- 
fervation ayant elle la plus parc du temps en voyage, pour Jupiter je l'ay conllderé 



') Voir la Lettre N°. 229. 

-) Prohablomcnt dans une lettre à Constantyn , père, laquelle est perdue. 

3) Voir la Lettre N°. 231. 

Oeuvres. T. I. , 44 



346 CORRESPONDANCE. 1655. 

Ibiivenc, le foir vers les lo ou 1 1 heures et parfois a 4 du matin, ce j'ay remarque 
que le regardant le foir je n'e m'ay jamais pu appercevoir de la ligMie qui eil au 
milieu, par ce que les vapeurs de la terre m'en empefchoyent, mais le matin quand 
il elloit plus vertical je l'ay veue tres-dilHncliement. Quand vous ferez a Paris je 
vous envoyeray un deiïeing de mon obfervation. Il y a au milieu ou un peu plus 
vers en hault une ligne claire et des deux coilés dicelle deux autres noires qui la 
bornent. Pain et \'in +) a envoyé des efchantillons de verre qui font bien beaux 
mais non pas meilleurs pourtant que nos meilleurs verres convexes. Vous les verrez 
a voftre retour. Je n'ay point eu de refponfe de Kolvius ny de Kakhoven '). Aufli 
je ne fcay pas s'il fera fort expédient que je travaille avant que vous foyez de retour, 
en beaucoup de chofes je commence a rclTcntir rincommoditc de voll:re abfence. 
Van Wijck ") tourne luy mefme des formes de fer a ce que m'a dit mon Père, je 
l'iray voir au premier jour, je penfe que ce ne fera rien qui vaille. Les Confines 
Zuerius ') font encores icy mais s'en vont lundy prochain. iMonfieur de Brederode 
ell encore fort mal et on ne croit pas qu'il la face fort longue "). On dit que foubs 
main le Prince de Tarente ^) brigue defja fa charge de iVIarefchal de Camp. Mon- 
fieurd'Opdam s'en va avec une flotte de 16 vailTeaux dans l'Ooftzee '°}. IMademoi- 
felle d'Ofmacl ") le devoit marier avec le Dyckgraef van der Hocven '-') a Delft, 
mais les enfants du premier licl ont controuvé tant d'obftacles qu'il femble que 
l'affaire elT: et demeurera au croc. Dans la haite ou je fuis je ne trouve plus rien a 
vous mander. Adieu. 



'') Pain et Vin est le nom d'un opticien et fabricant de Innettes. 

5) Caltliof, voyez la Lettre N^ 2 1 3. 

'') Johan van Wijck , opticien à Delft. Voir la Lettre N°. 202. 

■) Sara Suerius (voir la Lettre N°. 78) et sa sœur Maria Suerius, qui demeuraient à Bois le Duc. 

8) Il mourut le jour suivant, le 3 septembre. 

*) Henri Charles de la Trémouille, Prince de Tarente, naquit à Thouars le 17 décembre 1620, 
et y mourut le 14 septembre 1671. Il servit dans l'armée des Pays-Bas, mais, chagriné par le 
mariage de la fille aînée de Frederik Hendrik avec TF^lecteur, il rentra en France, prit part à 
la guerre de la Fronde, dans le service tantôt de l'un des partis tantôt de l'antre, revint en 
Hollande, repartit de nouveau pour la France en 1655 , pour la Hollande en 1663, et pour la 
France en 1669. En 1670, de calviniste il se fit catholique: il avait épousé Amalia de Ilersuc. 

'°) Il est vrai qu'une partie de la Hotte des Pays-Bas fit déjà voile en septembre vers la mer"Balti- 
que pour secourir la Pologne contre la Suède: mais il fut décidé qu'avant d'entreprendre la 
guerre, on enverrait des ambassades en Suède et au Danemarc (Voyez les deux lettres de 
Philips Huygens à son frère Christiaan de mai 1656). Le reste de la flotte ne partit qu'en 
mai 1656. 

") Mademoiselle de Hertoghe van Osmale. Voyez encore la Lettre N . 235. 

'-) Willem van der Hoef, Dijkgraaf et Baljuw de DeHîand depuis le 25 mars 1633. Voyez encore 
la Lettre iS'. 235. 



CORRESPONDANCE. 1655. 347 



N= 234. 

[CONSTANTVN Hl'VC.ENS, frùrc] à CllRISTIAAN HUYGENS. 
03 SEPTEMBRE 1655. 

La lettre et la cnpic se trouvent r'i Leitlen , coll. Iliiyijeus. 
Cfir. Iluygciis y répondit par le No. 23(5. 

11 Sept. 1655. 
Mon frkrk, 

Depuis voftre dernière de Tours ') je n'ay rien eu de vous. Quand vous ferez de 
retour a Paris, il faut que nous eilablifllons noltre correfpondence un peu mieux. 
Des que vous y ferez j'ay deux chofes a vous requérir. La première ell de fcauoir 
un peu ce qu'ell devenue Mademoifelle Mouchon'), ou elle demeure, et quelle vie 
elle fait. Taflin vous enfeignera le logis, et je m'affeure que je ne fuis pas encore fi 
fort hors de fon fouvenir qu'elle ne foit bien aife- d'entendre parler de moy. La 
féconde prière eft, qu'il vous plaife me receuillir quelques petits airs nouveaux 
et gays tels comme les filles les ayment les plus, car c'ert pour cette forte d'animaulx 
que je les demande, depuis environ un mois j'ay fait connoiiïance avec des demoi- 
fclles Angloifcs donc vous ne connoiffez apparemment pas le nom, et j'y vay affez 
fouvent en partie pour la converfation, partie afin que je ne mente point , pour for- 
tifier mon Anglois que j'apprens de Doftor Cate^) depuis quinze jours. Ces créatures 
la ne me laifi'ènt point en paix et a tout moment me demandent des nouvelles chan- 
fons comme fi j'en faifois moymefme, ou qu'il en creût dans nollrre jardin; en forte 
que je me luis engagé de leur en procurer par voftre moyen. Si le frère Louis 
ciloit homme de mufiquc je fcay bien qu'il feroit ravy d'obliger des beautés An- 
gloifcs. Raillerie a part fi vous pouvez m'en trouver quelques unes je vous en fcau- 
ray beaucoup de gré. La nuiàt du Samedy pafie l'on a mis en prifon le Sieur van 
Ruijven 'f) avec Mademoifelle la femme, et un certain garçon 5^ qui fervoit de 
Clercq au Penfionaire de Wit '') et cenoit foubs luy hct Regifler vande Secrète 



') Nous ne possédons pas cette lettre. 

-) L'hôtelière chez laquelle Constantyn, le frère, était descendu en 1650. Voir la Lettre 
N=. 243. 

3) Ce Doctcr Cate, souvent mentionné dans cette correspondance, était peut-être un méde- 
cin anglais, qui enseignait sa langue maternelle. 

'') Dirk van Ruyven, agent de Willem Frederik van Nassau. Après sa condamnation, il se 
retira en Frise, où il eut une pension du Roi d'Angleterre. Après de nouvelles intrigues en 
avril 1666, il fut condamné à mort par la Cour de la Frise; mais il s'esquiva. 

S) Joan van Messen, premier secrétaire du Pensionnaire Johan de Witt. 

*) Johan de Witt, fils de Jacob de Witt et de Anna van den Cornput, naquit le 24 septembre 
1625 à Dordrecht et fut assassiné par la populace à la Haye le 7 août 1672. Il était poète, ma- 
thématicien, mais surtout homme politique; en 1650 il fut nommé Pensionnaire de Dord- 
recht, et en 1653 Raadpensionnaris, charge qu'il occupa jusqu'à sa mort. Il gouverna sous 
ce titre les Provinces-L'nies, comme chef du parti anti-stadhoudérien, après la mort du Prince 
Willem II. 



348 CORRESPONDANCE. l6i 



Refolutien. On accule ce dernier d'auoir dcfcouvert et fLibminiftrc quelques unes 
de ces fecrectes rciblutions ^) au premier , lequel en fuite les auroit envoyées à ceux de 
la Province de Frife dont il fe qualifie Agent, et au Prince Guillaume de Naffau, 
qui eil maintenant icy. On dit que l'affaire a elle defcouverte fur ce que ledit Prince 
dans un difcours fe feroit plaint de quelque chofe qui auroit eilé dite et faite contre 
luy dans l'Hollande **), laquelle ces Meffieurs croyoycnt eftre tref-fecrette, et que 
d'abord ils foupçonnerent ce Clerq, lequel incontinent ad voua le tout, et noircit 
en mefme temps van Ruijven. Ce ferviteur du Penfionaire félon toute apparence 
n'en fera pas quite a moins de recevoir quelque grand et notable dcfplaifir en faper- 
fonne, mais van Ruijven ne court pas le mefme halard. Madame de Treflong ») eft 
m.alade a l'extrémité. Le Coufin lluygens '°) efl a Bolduc depuis quelques quinze 
jours pour attendre fa mcre ") qui vient de Spa et efi: tombée malade a îMaeilricht; 
il loge chez le Coulin Bergaigne et y fait comme par tout ailleurs , le diable à qua- 
tre, le vous prie de me mander fi a Paris vous n'avez pas veu quelque pièce de nollre 
meilier des lunettes d'approche. Adieu. 

A la Haye le 23 Sept. i<555. 



N° 235. 

Christiaan Huvgens à Constantvn Huvgens, père. 

[24 SEPTEMBRE 1655] '). 
La iiiinutc se trouve à Leiileii, coll. Hiiygens. 
Sommaire: 24. Retour p;u- Toui's. lettres. Lettre de cliange. retourner. Aemon, ht Cire, Conrart, du Mont, pour voir 
les illustres, gens de condition. Bcringlicn. Premier Presche. la Cour. Gassendi mort. Lambert, Cliambo- 
niere. Hotteman, Gaultier i".d'0smael, Peste, Petit, Brcderode, Pensiim, van Wijck. 

Monsieur Mon Père. 
Samedi dernier -) nous achevalmes noilre voyage, ayant pris le chemin par 
Tours, à caufe que le mellager de Poiftiers a Orléans n'elloic pas encore prell a 



") Coiiceniaiit une correspondance avec Croinwell. 

'') A propos du poste de Feldmaréchal, ambitionné par le prince. 

^) Adriana van Steenluiysen , veuve du capitaine Caspar van Blois dit Treslong. 

'°) Christiaan Hnygens, lils de Maurits lluygens et de Petronella Campen. Le 26 octobre 

1655 il épousa à Bruxelles sa cousine Catbarina Bergaigne, qu'il avait enlevée à Bois le Duc. 
") Petronella Campen épousa Maurits lluygens et lui donna cinq enfants; après la mort de 

celui-ci, elle se remaria à Johannes Eyckbcrgb (voyez la Leitre N°. 230 Note 3) et mourut à 

Eindhoven le 23 octobre 1669. [Dagbuek.] 

') De la Note 2 il résulte que cette lettre a été écrite le 24 septembre 1655, le jour de la poste 

ordinaire. 
-) De ce voyage Eodewijk lluygens nous a laissé une relation manuscrite, qui se trouve à 

r Académie Royale des Sciences d'Amsterdam et d'après laquelle le départent lieu le 13 août. 

Comme il résulte de cette lettre-ci que le voyage a duré 5 semaines, le Samedi indiqué doit 

avoir été le 18 septembre. 



CORRESPONDANCE. 1655. 349 



partir, encre Tours et Paris nous avons padc à Vcndolhie et Chartres, qui n'ed pas 
de moindres villes que nous avons veu. I:^n arrivant nous trouvafmes voilre lettre 
du 2^. 3) qui nous apprit le bon eltat de voilre iancè et de toute la famille. J'eipere 
que Dieu l'y voudra maintenir, et vous afîèure que le trille voyfmage me tait peur •*). 
Par ce dernier ordinaire n'ayant rien reeeu de vollrc part j'ay pen( c que vous pouviez 
avoir quite la Ilaije, pour éviter la contagion qui pofllble fe leroit eitendue jufques 
la. IMais ou que vous foyez mon Père je vous prie de vous fouvenir de nous , et de 
ce qu'il nous faut pour pouvoir lubfiller en cette ville. Je vous l'ay efcrit de Nan- 
tes ^) et mon frère encore depuis , que ce que nous avions d'argent a peine lliHiroit 
pour nous ramener h Paris et il me femble que comme il eil trefvraij auflî eil il 
bien croyable que nous ayons depenf è chacun 300 francs h faire ce voyage de plus 
de 5 fepmaines, y ellant encore compris ce que nous ont emporté les lettres de li- 
cence, j'efpere qu'au prochain ordinaire nous trouverons de quoy nous conlbler 
car à moins de cela nous ferons réduits à pafTer fort mal non:re temps. Mon coufin 
Doublet récent une lettre de change pour luy en particulier a noltrc arrivée, la- 
quelle encore ne le contente encore gueres, en forte que, quand bien nous l'en re- 
chercherions je ne pcnfe pas qu'il nous en voudroit faire part. Nous l'avons lailTc 
chez Monglas et nous fommes mis en penfion dans une maifon qui eft fur le quay 
vis à vis celuy de la MegilTerie, tant pour nous feparer et défaire de la com- 
pagnie de Flamans dont il en ertoit venu encore la quelques uns, gue pour 
eftre h un peu meilleur marché. Il y a 4 Gentilhommes Galcons logez céans 
fort honneftcs gens, et parmy les quels il y en a un qui joue fort bien du luth. 
Cettuy cy m'a mené chez Monfieur Emon '<) qui me fit entendre les pièces 
que IMonlîeur du Mont*) vous à fait avoir de fa façon et d'autres fort jolies. 
Il joue d'une fort belle manière, et ne cède guère a Gautier ") à ce que l'on 



5) Lettres que nous ne possédons pns. 

*) La peste régnait alors à la Haye. 

5) Pent-ètre était-ce 

Haym on Aimon, Maître de chapelle du Duc de Neuburg. Son père, Johann Haym de 
Themar, était prêtre catholique; son lils, Nicolo Francesco Haym ou Aimon, naquit en 1679 
à Rouie et mourut en 1726 à Londres. 

<î) Henri du Mont, né en 1610 et mort en 1684, était organiste de St. Paul à Paris, et grand 
compositeur. 

") Les Gaultiers étaient des luthistes renommés, dont récemment on a l'ait une étude spéciale. 
Le Gaultier du texte a pu être : 

") Jacques Gaultier, l'ancien. Sieur de Neue, né vers 1600 à Lyon et mort vers 1670 a 
Paris. Il vint à la cour de Londres, où, comme musicien et luthiste royal (1617), il jouit 
d'une grande réputation. Depuis 1622, il était en relation avec Constantyn Huygens, père, 
auquel il procura un très bon luth (1647). Vers 1650, ayant eu des désagréments en Angle- 
terre, il vint se fixer à Paris auprès de son cousin : 

') Denis Gaultier, né à Marseille entre 1600 et 1610, de famille noble; il vint très jeune 
à Paris et était déjà très renommé en 1636; il tint une école de luth à Paris de 1647 à 
1655, épousa vers 1650 Anne, fille de l'Amiral de Chambré, fut nommé en 1656 Lieu- 



CORRESPONDANCE. 1655. 



m'afTeiire. Hier nous fufmes avecq le bon homme Taflln à chercher Monfieur 
lUi Mont , qui demeure a l'autre bout de la ville proche de la Balîille; et ce a beau 
pied et ne le trouvafmes pas chez luy. Encore chez Monfieur Conrard ^) ou nous 
cufmes pareille fortune, de la chez la Barre, qui eftoit audî forty, mais le plus 
jeune de fcs fils î') y Rirvint, avecq qui je fis connoifi^ince et le fis jc^r des pièces 
de iii compofition fur la Teorbe '°) qui n'eftoyent pas mauvaifes. Il y en a un bon 
nombre d'Illuilres dans ce métier les quels il me femble ncceiliiire que je voyc, com- 
me Chambonicrc, Lambert ") Hotteman "), Conltantin du Faut '■'), Gauttier, Pi- 
ncl '••), Gobert. Voyla des noms que j'ay dans mes Tablettes, et fi je ne puis les voir 
tous j'en verray ceux que je pourraij. Mon aifné "'^ eltoit heureux en ce qu'il 
avoit le bon Cincler qui le conduifoit et donnoit des adrefl"cs par tout, Avecq Tafiin 
il n'y a rien a faire ; il n'a que la bonne volonté, la Cour cil: a Fontainebleau et 
monfieur le Premier '*) de mefme; l'on dit que elle ne reviendra que dans quinze 
jours. Apres qu'elle fera revenue je ne me foucicray pas beaucoup de relier long- 
temps icy. car certainement je voy que l'on n'ij fcauroit eflre avecq quelque conten- 
tement fans une efl:rangc defpenfe , et à la quelle j'aurois trop de peine h vous faire 
confcntir. Aufli bien a ce que j'ay pu conclurre et des vos lettres et des dernières de 
mon oncle Doublet vous nous rappellerez encore devant l'hyver , en forte que je 
commence déjà à penfcr quelle route nous devrons prendre pour revenir. Ce qu'il 



tenant Ctncral au baillage de Clcrmont, retourna en 1660 à Paris, où il publia sa première 
collection de pièces de Lutli , et y mourut avant 1664. 

^) Valcntin Conrart, né h Paris en 1603, de Jacques Conrnrt et de Péronne Targcr, et mort en 
cette ville le 23 septembre 1675, appartenait à l'Eglise calviniste; l'évèque Godeau était son 
cousin. Chez lui se réunirent dès 1629 les gens de lettres; en 1634 ces réunions furent con- 
stituées officiellement par lettres patentes, signées par le Roi en janvier 1635 , et vérifiées 
au Parlement le 10 juillet 1637; c'est l'origine de l'Académie Française. Quoique peu savant, 
il avait le goût sûr et nn jugement naturel très-fin : doué, en outre, d'un caractère aimable, 
et employant son influence à ponsser des gens de mérite dans leur carrière il lut adoré de ses 
nombreu.K amis. Il s'était marié en 1634, mais n'eut point d'enfants. 

'■'') Ce fils du Sieur de la Barre, qui jouait fort bien du luth et du théorbe, était fortement pro- 
tégé par Constantyn Ilnygens, père. 

'^) Le théorbe est un luth à deux cols. Voir la Lettre N°. 46. 

") Michel Lambert, né en 161 oà Vivonne (Poitiers), monrnt à Paris en juillet 1696. II était bon 
musicien et grand compositeur, et devint le protégé du Cardinal de Richelieu. Il maria sa fille 
unique an célèbre musicien J. B. Lulli, et était très lié avec celui-ci quoiqu'ils fussent d'éco- 
les différentes. 

'-) Ilotman était renommé pour le jeu et la composition des pièces de la basse de viole. 

■3) Constantin du Faut, compositeur de musique, vécut surtout à Londres. 

"*) Peut-être Gregorius Pinelli, né le 19 juin 1591 àCatanjaro(Calabre),et qui se tua àRomeen 
1667.11 était Dominicain, Dr. Theologiae, et fut prieur de divers cloîtres; il vivait alors à Paris. 

'5) Constantyn Iluygens était parti pour la France le 21 mars 1649, et y avait séjourné pen- 
dant quelque temps. 

'f') Le Cardinal Giulio Mazarini [Mazarin] , né le 14 juillet 1602 à Rome(y) et mort le 9 mars 
1661 à Vinccnues. 



CORRESl'ONDANCK. 1655. 



VOUS a plu de me efcrire des oblcrvations de van Wijck je doubtc fore que ce ne (byenc 
des vifions, comme il m'en à débite fort ibuvent. Il faut que je vicne pour examiner 
ce qui en eil de ces bravades, car fi on le laiiïè finre, a la fin tout ne fera que envers. 
Je ne reçus voftre lettre qui m'apprit du mariage de madcmoilelle Dofinael '") que 
longtemps après que j'cllois revenu de Saumur, tellement que je n'ay que faire de 
faire fcavoir ce qui en cil arrivé depuis a ces meiïïeurs'. Pour moy je luy Ibuhaite 
meilleure fortune que d'avoir un niary qui ibit fait comme M. le Dyckgrave '''). 
Depuis peu de jours ell dccedè M. Gaflèndi '^) a mon grand regret, j'appris pa- 
reille nouvelle de monfieur de Brederode -°) en arrivant dans cette ville, ayez la 
bonté de nous informer de ce qui s'ell pafTè depuis, et fuis en attente d'apprendre 
comment on aura difpol'è de les charges. Je fuis. 



N= 2 3(5. 

Christiaan Hl:vgens à Constantvn IIcvgens, frère. 

I OCTOBRE 1(^55. 

Lu L-tf/e se Irihjre à Londres, Uritish 3fi:sc/.'i:i. 
Elit; est la réponse au Nj. 234. Omstaniyn Huygens y répondit par le A'j. 238. 

A Paris Kal. Ott 1655. 
Mon FRERE. 

Je fuis marry de ne pouvoir pas vous latisfaire encore pour ce que ell de deux 
choies que vous requirez de moy. toutefois donnez vous la vertu de patience (connne 
dit Monfieur TalTm) et je tafcheray de vous contenter. Ouant nous quittaliiies 
iMontglas nous eufmes defl"ein de nous mettre en penfion chez mademoifelle Mouchon 
et de fait nous fuîmes chez elle. IVIais les Evefques et les Abbez tenoyent toute la mai- 
fon , fi bien qu'il eull: fallu loger en quelque chambre garnie proche de là, que ma- 
demoifelle la foeur prit la peine de nous faire voir, l'autre eiloit Ibrtie, de Ibrte que 



■'') Mademoiselle de Ilertoghe vaii Osmale. 

'5) Willem van der Hoef, Baljiiw et Dijkgraefde Délit. \'oyez la I.ettre N°. 233. Note 12. 

''} Ce renseignement nous a causé beaucoup d'embarras, car la date que l'on donne généralement 
pour la mort de Gassendi est le dinianclie 24 octobre: d'où se déduisent les dates fautives du 
14 octobre (Biographie Universelle) et du 9 novembre (Nouvelle Biographie Générale de 
I lofer), la dernière au lieu de ix Kal. Novembris. 

Nous avons donc eu recours à l'ouvrage, en partie posthume, 

Pctri Gassendi Opéra Omnia in vi Tomos divila. Ex Bibliotheca II. L. H. Mon-Morii. 
Lvgdvni. Svmptibus Lavrentii Anillbn & Joan. Bapt. Devenet. mdclvui. vi Vol. in-folio. 

Dans le Vol. I se trouve le „Samuelis Sorbcrii Praefatio", et au feuillet e, verso, on lit ladate 
de la mort „t/ie qiiidcm Dominka . . . . ix Kal. Novembris Anni à l'irgineo partit m.dc.lv. — 
Mais, dans la dédicace du même ouvrage, de Monmor parle du testament de Gassendi, du 
„xv Kalend. Octobris (c'est-à-dire du \6 septembre) mortem feriù cogitans" — L'état de 
Gassendi peut avoir donné lieu à une fausse alarme. 

-°) de Brederode mourut le 3 septembre 1655. Voir la Lettre N°. 233. 



CORRI'.SPONDANCR. lô^- 



je n'ay pas encore l'honneur de la cognoiftre, mais quant à cette petite foeur, elle 
n'eft nv belle ny agréable fi elle a quelque chofe en recompcnfe je n'en fcay rien, 
i'ay envie d'aller faire une vifite la dedans tout exprès pour contenter voftre curio- 
fite, qui fans douce doit procéder de la fouvcnance de quelque traitement extraor- 
dinaire que vous ayez receu de la belle hofteiïc. Pour ce que eft des airs nouveaux 
j'en ay bien, mais non pas de ceux qu'il vous faut. J'en ay ouy chanter à cette fille aux 
hotieftes curieux '), donc j'ay efcrit à mon Père, et je ne manqueray pas à les deman- 
der au Baron de Chamboniere qui en efl: le maiftre. Je fcay quelles font les mifl:ris 
pour qui vous les demandez et feray tout ce qui me fera pofilble pour les fervir. 
Vous ne les voyez pas pour vous fortifier dans l'apprentifTage de leur langue, mais 
au contraire vous apprenez ccllecy pour les pouvoir mieux entretenir, ou bien pour 
me fiure enrager quand je feray de retour. Vous m'avez promis un defl^eing de Ju- 
piter avecq les Zones, je vous prie de me l'envoyer, afin que j'en puifie conférer 
avecq IMr. Bulliau. Avanthier il me monfi:ra fa grande lunette que le duc de Flo- 
rence -) luy a envoyée, qui me femble afil-z bonne , mais découvre trop peu à la 
fois, comme efl:ant de lo pieds, et n'ayant auprès de l'oeil qu'un verre concave. 
Tafchcz un peu de voir les microfcopes van den Polcifer ^), qui font voir des vermif- 
i'eaux dans la crcfme de laicl, dans la farine et dans la chair d'un lièvre. Et au refte 
puis que vous ne voulez pas travailler en mon abfence, prenez au moins bien garde 
que les formes de fer ne fe rouillent , mais qu'elles foyent bien confervées. Je vous 
remercie de vos nouvelles et demeure 

Voftre très affeclionne frère et ferviteur 
Chr. Huygens de Zuylichem. 

S'il y avoit moyen , je voudrois bien qu'on me pufi: faire avoir le livre de Hob- 
bes que M. Brereton m'a envoyez. Il pou\'oit arriver que quelqu'un de voftre cog- 
noiflance fe mit en voyage, qui s'en voudroit charger. Souvenez vous tout exprès 
de faire mes trefliumbles baifemains aux Tantes et Confines, Coufins et Oncles, 
frère et foeur. &c. 

Monfieur Monfieur de Zeeliiem 
• a hi Haye. 



') C'est le nom d'une société où l'on faisait de la musique. Elle avait été fondée par M. de 
Chamboniere. Voyez la Lettre N°. 239. 

*) Fernando II de Médicis, Grand-Duc de Toscane, fils aîné de Cosimo II de Médicis (13 mai 
1590 — 21 février 1621) et de Marie Madeleine d'Autriche (morte en 1631), naquit le 14 juil- 
let 1610 et décéda le 23 mai 1674; il épousa, le 16 septembre 1631 , sa cousine Victoire de la 
Rovère , mais n'en eut pas d'enfants. Il exer^-a une grande inlhience politique et concourut à 
plusieurs traités. Ami des sciences et protecteur des savants, il prit part à la fondation de 
• l'Académie del Cimento, créée (19 juillet 165-) par son frère, le Cardinal Leopoldo de 
Médicis. 

5) Ce mot signifie pulijster, polisseur. 



CORRESPONDANCE. 1655. 



N= 237. 

Christiaan IIuvgens à I). van Levden van Leeuwen '). 

I OCTOBRE 1655. 

La minute se trouve à Leidcn, call. Kiiyi^Liis. 

A Paris Kal. Oct. 1655. 

A le moult noble chevalier ians reproche 'J'iieodore de Leydis 
Chevalier du Lion. 

Monsieur 

Deux de vous autres Chevaliers &c. c'ell la le commencement de vollre mifllve "), 
et vaut autant qu'une exprobration facile aux deux autres chevaliers qui font de- 
meure en faute de leur devoir, ne vous ayant jufques a prêtent efcrit un mot de com- 
pliment en recognoilTance du bon acceuil dont vollre Seigneurie les à voulu hono- 
rer auparavant leur départ. Vous auriez raifon de dire h peu près comme nollre 
Seigneur quand il avoit guery dix malades defquels il n'y euil: qu'un Samaritain qui 
le vint remercier, n'ay je pas fait civilité et bonnechofes a 4 Chevaliers, et ou 
font les 2 autres, la prefche que j'entendis faire h un pauvre minime chez nollre 
ambadiuleur le dimanche pafTè '') m'a fait Ibuvenir de celle comparailbn. doncques Je 
liiublîgnè confcde de vous élire redevable de mille deux cens cinquante remerci- 
mcnts à paier en beaux termes, mais vous fupplie liumblement de ne les point 
exiger. Vous fcavez trop bien quelle ell mon impuiflance en pareille matière et que 
je ne fcaurois me fervir d'un llile haut et florifTiuit digne de la Icéture de vollre 
Seigneurie, de qui les lettres font pleines d'éloquence et de pointes, et méritent 
d'eftre imprimées avecq celle de Ballac ou de INIalherbc, pourvu qu'elles n'en 
foyent pas tirées. 

Or laifTons la les railleries et dilbns des veritez. Je puis me glorifier d'avoir elle 
toufjours des premiers à boire a voll:re lantè et a celle de vollre bien aiuTée ■*). d'avoir 
Ibuhaitte fouvent le bonheur de vollre prefence; et que vous euffiez eu quelque Ilippo- 
grife à monter deffus pour nous pouvoir joindre en un inllant. ellant à quelque belle 
promenade comme quand nous flottafmes fur la Rivière de Loire, ou a quelque aétion 
célèbre, comme quand nous decidafmcs par le fort del fortunato dado, qui couche- 
roit feul ou à deux, item qui auroit le choiz de 4 chevaux dont le meilleur elloit 



') Diderik van Leyden van Leeuwen naquit à Drielle le 6 décembre 161 8, et niounit le 23 mai 
1682. Il devint bourgmestre de Leiden et fut envoyé diverses fois en ambassade. 

-) Nous ne possédons pas cette lettre. 

■*) Tout comme l'autre dimanche, mentionné à la fin de la Lettre N°. 232. 

••) Alida Paets, fille de Willem Paets, Bourgmestre de Leiden (mort le 2 octobre 1669). Elle 
épousa Diderik van Leyden van Leeuwen et mourut le 4 mars 1 673. 

Oeuvres. T. I. 45 



554 CORRESPONDANCE. 1655. 



aveugle, et autres tel cas douteux. Je vous eufTe requis pour allîftcr h un débat no- 
table, qui fe fit en noftre plein confeil , la première fois que nous fufmes a Paris , 
ou vous euffiez entendu propofcr chacun la penfee a fcavoir pourquoy il ertoit venu 
en France, l'un fe difant venu pour apprendre à vivre parmy les honncllcs gens , 
l'autre pour voir les hommes illuftres, le tiers pour voir ce qu'il y avoit de beau 
en bailinicnts et modes nouvelles , quelquun auiïi pour n'eilre pas chez lui] , et 
après longues difputcs advouants prefque généralement que tout ce qu'il y a faire 
icy ne vaut pas la peine de venir de fi loing. Apres cela vous nous eufiîez veu tom- 
ber dans la difpute du fouvcrain bien, ou il y eut encore grande diverfitè d'opinions. 
Je me fouviens qu'il en eull un qui croyoit qu'il le pofiedcroit ablblument fi avecq 
ce qu'il avoit défia on luy accordoit un carofle à quatre chevaux pour fe promener 
à la Haije. Voyez fi tout cela ne mcritoit pas bien vollrc prefence. Si vous me l'ad- 
vouez , haftez vous encore de venir , car ce qui fe pafil' tous les jours parmij nous 
autres eft pour le moins auflî ridicule que ce que je viens de conter. IVJais fi vous 
ne voulez pas entreprendre le voyage , car aufli bien la belle iailbn cfi: défia pafl"ee , 
ne laifiez pas de vous rejouir en penfant fouvent à nous et faites en forte que vollre 
penlee vous ferve d'hippogrife. Je fuis de tout mon coeur 

Monsieur 

Voftre Trefhumblc et trcfobeillant fcrvitcur 

Chr. Huygens. 



N= 238. 

CoNSTANTVN HuvGENS , frère, à Christiaan Huygens. 
[14 octobre] 1655 '). 

La lettre et la copie se trouvent à Leideii, coll. Huygens. 
Elle est la réponse 'au No. 236. Chr. Huygens y répondit par le No. 140. 

Mon FRERE 

Quand j'efcris cecy l'ordinaire n'ell: pas encore arrivé, c'ell pourquoy je ne fcay 
fi vous m'aurez efcrit ou non cette femaine et donné latiffaélion touchant les deux 



') Cette lettre a été écrite entre le 7 et le 22 octobre; car de la Lettre N". 239, du 1 5 octobre, il 
suit qu'à cette date la présente lettre n'était pas encore arrivée, ce qui est bien le cas le 22 oc- 
tobre (Voir la Lettre N°. 240): elle doit donc être partie de la Haye avec le courrier hebdo- 
madaire du 14 octobre. 



CORRESPONDANCE. 1655. 355 



chofcs que j'avois dcfirccs de vous, fcavoir de vouloir enquérir touchant la Mou- 
chon, et de ni'envoyer quelques petits airs. Quelle efl: la petite foeur de Ma bonne 
hofleiïe dont vous me parlez, c'cll que je ne fcaurois m'imaginer, car lors de mon 
temps fi je ne me trompe fort elle n'auoit point de foeur au monde. Je m'imagine 
que la fille que vous aurez \'eue aura elle la Manon qui eil ft foeur de laift, et en 
ce temps la quoy que vous puifïïez dire n'eiloit pas tout a fait deiagreablc mais 
d'ordinaire un peu iale. Si vous voyez la iMouchon je vous prie de luy demander 
quelles perfonnes y font encore en peniion de ceux qui y elloyent en mon temps. 
Je vous envoyé un dcficin de Jupiter"}, qui le reprefente tel comme je l'ay vcu ces 
mois pafTez plus d'une fois, et encore qu'il faille ellrc accouihmié a le fervir de la 
lunette pour bien pouvoir dilcerner ces lignes, fi eft ce que je fuis bien afTeuré que 
je ne me fuis pas trompé. Je voudrois bien que fulliez de retour pour pouvoir tra- 
vailler enfemble. J'ay encore cfcrit a Colvius et a Kakhoven pour une nouvelle 
forme , laquelle le dernier m'a promis de faire s'excuiant de ce qu'il ne s'elloit pas 
acquitté pluftoil de la promcITe fur ce qu'il croyoit que j'eftois en France. Si je ne 
me trompe ils nous prennent l'un pour l'autre, n;ais cela n'importe point. Je ne tou- 
cheray pourtant point a la forme que nous ne Ibyez icy , car pour faire des lunettes 
de 20. pieds nous aurons a quoy nous occuper touts deux. Je luy ay mandé d'envoyer 
la modeJle de Cuivre avec la forme pour la pouvoir d'autant mieux perfeftionner. 
Je croyois d'efcrirc une lettre en Anglois au Frerc, mais le temps m'ell: efchappé, 
Doélor Cate ellant venu et demeuré plus tard que d'ordinaire; ce fera pour l'ordinaire 
prochain. Nous ne fcavons encore pas ce qu'eil: devenu le Coufin Huygens 3) ny 
mcfmc fort bien s'il n'ell point derechef avec la mère. Jaques Zuerius fils aifné de 
la Confine Zuerius a Amfierdam a fait le mefme tour et s'en efi: aile voir le monde 
(ans dire Adieu. Van Ruyvcn et fou compagnon font toufjours en prifon , mais en 
fortiront bien toil: lans que probablement on leur fera grand mal , aumoins le pre- 
mier. Le Coufin Jacob ■*} de iîoifieduc a foUicité icy pour fon frerc s) pour l'avoir 
Efchevin cette année mais l'affaire n'efi: point reufiie. Adieu. 
Je vous prie Ibuvenez vous des chaulons. 



Pour mon frère Ciirestien. 



-) Nous n'avons pas tronvû ce dessin. 

3) Christiaan Huygens , lils de Manrits, qui avait enlevé sa cousine Rergaignc. Voyez la Lettre 

N^ 234- 
**) Jacob Ferdinand Suerius. Voir la Lettre K°. -8. Note 3. 
') Martin Christiaen Suerius, qui en eiTet obtint ce poste Tannée suivante. 



CORRESPONDANCE. 1655. 



N° 239. 

CURISÏIAAN IIUVOENS à CoNSTANTYN IIUYGENS, pcrC. 

15 OCTOIÎR.E 1655. 

La minute se trouve à Leidcii coll. Huyge:is. 

A Paris 15 Oftobrc 1655. 

Monsieur mon Père 

Je refponds a la voftrc du re '} qui nous a ode rendue hier au matin en quoy 
je trouve eftrange que la porte met toufjours plus de temps a revenir qu' a s'en aller 
en de là. le foin que il vous plait de prendre à nous introduire chez les gens de con- 
dition m'obligeroit à vous en faire des remercimens fi je n'eftois bien alTeurè que 
vous jugez plus favorablement pour ce qui efl: de ma recognoifîance que de ce que 
i'ay de complaifance extérieure. Toutefois en nous ordonnant tant des vifites je 
vous prie de ne vous point eftonner de la defpenfe que nous faifons eftant chofe cer- 
taine que pour hanter les hommes de qualité il en faut paflcr par là. Il vous plaira 
donc de nous pourvoir au pluftoft de quelque billet à Monfieur van Gangel -) et de 
croire que nous en avons grand befoin, puis que le contenu du dernier s'en efl: allé 
pour la plufpart à nous habiller et nourir, et qu'à peine le refl:e pourra fuffire pour 
1 5 jours. Monfieur Taflin et d'autres qui nous verront icy vous pourront afieurcr que 
nous fommes aiïez bons ménagers, n'cflans pas mieux habillez que chez nous ny ne 
faifant pas plus grande cherc. Et pourtant fi ces frais vous fcmblent monter trop 
haut , il faudra bien nous faire revenir. Je ne demande que de voir cette cour , qui 
arrivera bien tofl, pour en fcavoir faire quelque rapport a mon retour. Au r elle 
pour ce qui efl: du fejour de Paris je croy bien que tant que j' y demeureraij d'avantage 
et plus je profitcraij de la converfiicion des gens de cette nation, mais pour revenir 
tout autrement faift que je n'eftois en partant , je ne fcay fi Ion le jugera, pour moy 
je ne m'appcrcois pas de ce changement , du quel il en efl: peut eflre de mefmc , que 
quand on croit en grandeur. Hier nous avons efl:é régalez par Monfieur de Chambo- 
nicre, lequel nous avions efte veoir quelques jours auparavant. Il nous vint quérir 
avccq fon carofle , et premièrement nous mena a l'aflemblee des honeftes curieux 
qu'il a inflituè luy mefme comme je vous aij mandé cy devant ^^. de la nous vinnies 
chez luy , ou il joua du clavecin, admirablement bien. Et nous retint à fouper en 
compagnie de quelques autres Meflleurs et dames, entre autres efloit fa foeur qui a 
efpoule la marquife -•) de Lucerne en Piedmont. Je n'ay pas le loifir de vous faire une 



') Nous n'avons pas trouvé cette lettre. 

-) Van Gangel, hollandais d'origine, était banquier à Paris 

3) Voir la Lettre N". 236. 

•t) Lisez: le Marquis. 



CORRESPONDANCE. 1655. 357 



relation cxaftc de tout le feftin ny mefme de vous taire entendre en quoy confiile la 
beauté du jeu de Monfieur de Chaniboniere. Il dit avoir grande envie de venir en 
Holande exprès pour vous voir. Et je croy que cela pourroit arriver en cfTet. et 
qu'il nous fait fi bon accueil , dans lefperancc qu'il a d'en trouver un femblable 
auprès de vous. Quoy qu'il en foit je tafcheraij de profiter de les offres et en le 
voyant faire. Du fribulculum entre le Coufin et nous il n'en cil: rien ny jamais n'a 
elle non pas la moindre cliole. Ains au contraire nous nous voyons encore tous les 
jours et luy faifons du plailir en tout ce que nous pouvons, comme auffi il nous en 
a fait dernièrement en nous prertant de l'argent 5). Nous allons Ibuventenfcmblc, et 
quelquelïois tous trois à part ce qui ne le peut faire autrement. Je croy qu'il aura 
cfcrit à mon Oncle fur ce point , et qu'il aura mis hors de Ibllicitude. 



N= 240. 

Christiaan Huvgens à Constantijn IIuvgens , frère. 

12 OCTOBRE [1655.] 

La Ictl-rc se trouve à I.eidcii, cuil. Huygi-ns. 
Elle- M la n'Jioase eu No. 238. 

A Paris le 22 OA. 

Mon FRERE 
Je vous remercie du portrait de Jupiter, et le communiqueray demain avecq Mon- 
fieur Bulliau. Il me femble d'en avoir veu un tout h fiiit femblable dans le livre de 
Kircherus, ars magna lucis et umbrae '). Voicy deux petits airs -) que j'ay notez à ma 
mode, de la quelle je me ier\iray doreienavant pourveu que vous n'y trouviez 
point de diflîcultè. Si j'ay le temps j'en mettray encore un a la fin de cette lettre-^) qui 
ell: tout nouveau. On n'en voit gueres encore pendant l'abfence de la Cour. Je n'ay 
pas efi:è voir jufqu'a prefent la belle Mouchon, mais vous promets de vous en dire 



5) Ici Clir. I hiygcns a biffé les mots : 

Il efi: vray que nous ne le prenons pas pour aller en vifite. 



■) Athanasii Kirclieri Fvldcnlls Bvclioiiii c Soc. lefv Prefhyteri; olim in Ilcrbipolciifi & Aiie- 
nionenfi Societatis lefv Gymnafijs Oricntalium lina;iiaruiTi, & Matliefeos, mine liiiiiis in Ro- 
mano Collegio Profelforis ordinarij. Ars Magna Lvcis et Vmbrae. In decem Libres digefta. 
Qvibvs admirandae lvcis et vmbrae in mnndo, atqueade6 vniuerfa natnra, vires efledufq. vti 
nona, ita varia noiiorum reconditiorumq. fpeciminum exliibitione, ad varies mortalinm vins, 
pandiintnr. Cnm Privilégie Sacr. Cacfar. Maieflatis. Romae, Sumptibns Ilernianni Schens. 
MDCXLVi. Ex Typograpliia Lndouici Grignani. Svperiorvm permillli. in-folio. 

-) Nous n'avons pas trouvé ces airs. 

■') Voir la pièce N°. 241. 



35^> CORRESPONDANCE. 1655. 

des nouvelles dans 8 jours. II fe peut faire que cette petite guenon n'ert pas fafbeur, 
mais je fcay bien qu'elle l'appelloit de ce nom; j'en fcauray la vérité a la première 
entrevue. Je fuis bien aife de la promelfe que Calthof vous a faite, je ne voy rien icy 
qui foit à comparer a fon travail, ny pas une lunette qui approche de la miene. Je 
l'ay fait monter a un bon maillre qui luy fera un tuyau d'un bois fort mince et cou- 
vert de parchemin vert, comme j'en ay veu avoir icy a d'autres. Il y aura cinq 
pièces, la plus large qui couvre les autres fera de maroquin et dorée, le tout ne 
pefcra pas le quart de la vollre, et n'aura que 3 pieds de longueur. IMonfieur 
van Leeuwen me mande que les Ellats avoyent donné des apartemens dans la Cour 
au Penfionaire de Wit, Beaumond 3) et Berckel •*). Il faut donc qu'il y ait eu quel- 
que confpiration a craindre contre leurs perfonnes, puis qu'il dit que c'a efté pour 
les mettre en feureté. Et pourtant vous dites que van Ruyven et fon compagnon 
feront bientoll: délivrez de la prifon.Voyla qui me fait croire qu'ils auront elléfoup- 
conné h faux 5^, et que la cabale n'ell pas encore defcouvcrte. Faites moyfcavoir ce 
qui en eil. Comme aufll touchant les charges de MonOeur de Brederode de quelle fa- 
çon on les a partagées '^}. au reile parmy les nouvelles publiques n'oubliez pas les par- 
ticulières et domeiliques: Et entre autres chofes efcrivez moy fi mon père voit encore 
IMonfieur Cafembroot "), et s'il n'ouvre pas quelques fois nos lettres que nous vous 
efcrivons. Je fuis 

Yoûre &c. 

Monficur Alonficur de Zeeliiem. 

A la Haije. 



5) Herbert van Beaiimont était le deuxième fils du diplomate Simon van Beaumont; il devint 
Pensionnaire de Dordrecht en 1636, et en 1640 Secrétaire de la Hollande. 

■*) Jolian van Berckel, fils du bourgmestre de Rotterdam Gérard van Berckel. I! épousa Elisa- 
beth Prince, fille de Téclievin Pieter Prince , dont naquit le 31 mai 1632 Maria, qui fut ma- 
riée en 1650 à Cornelis de Witt. Il a été Receveur Général de la Hollande. 

5) Chr. Huygens juge ainsi d'après ce que Constantyn Huygens lui avait écrit dans la Lettre 
ÎS"°. 238 , mais de la Lettre N°. 242 il résulte que la sentence a été tout autre. 

") Le commandement de Bois le Duc fut confié à Joan van Wynbergen, Seigneur de Oudenaller, 
fils de Sybert van Wynbergen et d'Acltja Douninez. Il naquit en 1 590, et mourut en 1658. 

Quant au poste de Feld-Maréchal, il fut ambitionné par plusieurs prétendants, ce qui donna 
lieu à bien des intrigues diplomatiques; à la fin il fut décidé que ce poste resterait vacant. 

7) Samuel de Casembroot, fils du Conseiller Léonard de Casembroot et de Cornelia van Poppe, 
naquit à la Haye le 22 décembre 1582 et mourut à Sluis en mars 1658. II était Seigneur de tet 
Moer, fut Colonel dans l'armée jusqu'en 1636, puis Bourgmestre de Sluis. Il épousa Anna 
Romeyns. 



CORRESPONDANCE. 1655. 359 



N2 241. 

ClIRISTlAAN IIUVGENS h CoNSTANTVN IIuYGENS, iVcrc. 

Appendice an N°. 240. 

La piice se truiive A LcUIcn, coll. /[uygc'm: 

c'ell le b mol de ci '). 
^ ce ligne veut dire que h\ note lui vante doit eilrc plus haute que 
la précédente. •«. eecy le contraire -). 

/ ^ / / / ^ /• ^ / / /.^^ ^ 

r r m t ^ 1 s m t r 1 1 s 1 ^ r ni f u r 11 c 1 ^ f s 1 
mais il ell vray je le contefle que ta beauté tient mon anie en captivité, las li je 

/ /■ > / / /. v^ ^ />/■>/■ 

c u u r m t u u s: 1 c c 1 1 1 c u 1 ;- 1 s ïi f: s 
pouvois clacquer ta fefic je ferois en liberté, Et li tu voulois te repoler fur 

^ / , / . /• ^ ^' / / ^ /• ^, 

s *- u •*. f ^ u m f s s f m 0- r m f u r «* 1 b 1 s f? f 
ma couche pour contenter mon delir, je te bailérois cent fois les yeux et la 

/ /. > / ^^^/. > ^ 

s m*»l s t mts m r r. 

bouche et je mourrois de plaifir. 

Je n'ay encore pu avoir que ce fécond couplet, la chanlbn a elle faite pour la 
Meneville la plus jolie entre les filles de la Reine '). 



la 


Jn 


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II 


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SI 



') Chr. Huygens se sert ici d'une de ses tablatures 
!i r VI f s le 
pour uf rc mi fa soi lu ci 
Quelquefois aussi il se sert de l'autre 

ta te tu va sol nu ma fa fi fii sa se st. 

pour c cis lies d es dis [on e>^) e f fis gcs g gis a. 
ou ut uti re' re ii:i- reiowmi^ mi fa fa'', soP sol soli la 

-^ Les lettres qui représentent les notes de musique sont surmontées de signes empruntés en par- 
tie à la tablature de luth , pour indiquer la valeur de chaque note. =>, f=' et le point . se lisent 
comme dans la notation ordinaire;/, ^, jS sont des signes d'abréviation de la noire, de la 
croche et de la double-croche. Une série de notes de valeur égale ne porte le signe que sur la 
première. 

3) Ou Damoiselles de la reine, qui étaient au nombre de six: elles prenaient rang après les dames 
d'honneur. 



360 CORRESPONDANCE. 1655. 

N= 242. 

CoNSTANTijN HfVGENs, frèrc , h Christiaan IIuvgens. 

28 OCTOBRE 1655. 

La lettre et la copie se trourent à Leiilen, coll. Huygens. 

A la Haye le 28 d' Od. 1655. 
Mon Frère, 

Par le dernier ordinaire je n'ay rien eu de vous ny du frère Louis et ay elle 
obligé de me contenter des nouvelles générales de la famille. Mes airs ne viennent 
pas non plus, qui efl: chose moult defraifonnable; car je Icay bien que je n'auoispas 
elle lî long temps à Paris que je n'en cude delja tait provifion de quelques uns. Je 
vous fcray le fouhait du Sieur TaiTin, Dieu vous amende. J'ay rcccu ces jours pafles 
une lettre du Sieur Kalthoven qui me prie d'auoir patience encore pour quinze jours, 
me promettant que des qu'il fera de retour d'un petit voyage qu'il ell oblige d'aller 
faire fa première befogne fera de nous faire une forme comme je l'ay demandée. 
Je ne me hafle pas par ce que je ne croy pas de rien faire que vous ne foyez de retour. 
Vogelaer') m'importune touijours pour avoir une longue lunette; et j'ay refolu de luy 
en taire faire une de ce verre de dix pieds que j'ay encore en referve et qui efl: raifon- 
nablement bon. Le Poleifer m'a elle voir ces jours, il ne fait rien d'importance, mais 
il efl après à inventer un inllrument pour tourner les formes de fer de telle longueur 
il luy plaira, lequel comme il me le defcrivit fera fubjeét a beaucoup d'inconvénients, 
il feroit trop long de vous en donner la defcription, et mon père me pretTe pour avoir 
cette lettre. Du Coufin Huygens nous n'attendons pas encore chofe d'importance 
fi ce n'efl: qu'il eil: à Anvers avec fa bien aymée et fc pourmene cà et là diilmt qu'il 
a defja eflé marié quelque temps et vient pour fe divertir. La Tante Huygens =) a 
efcrit une lettre affez picquante à Bergaigne ^) et ce de l'advis des parents d'icy et de 
mon Père; fans que je voys pourtant à quoy cela fervira fi ce n'efi: pour le faire 
enrager. Van Ruyvcn et Mclfing receurent hier fentence le premier de bannifie- 
ment pour dix ans , l'autre pour toute la vie. Tant que je puis voir vous ne ierez pas 
tout l'hiver en France pour choie que puifle dire l'oncle Doublet; ces billets de 
huift cent francs l'incommodent trop , comme flms doubte il ne s'en cache pas a 
vous , non plus qu'a moy qui ay ma part des prefches de ménage. Adieu. 

Pour mou frère Ciirestien, 



') Jacob de Vogelaer, né en 1626, épousa le 5 avril 1654 Sara Spiegels, née en 163 1. 

") l^etronella Campen, mère de Christiaan Huygens, le cousin. Voyez la Lettre N°. 233. 

3) Hendrik van Bergaigne était militaire et devint en 1630 Iloogli-scliout de Bois le Duc, poste 

qu'il remplit jusqu'à sa mort, survenue le 6 octobre 1666. C'est le père de 

Jeanne Catliarina van Bergaigne, qui avait été enlevée par le même Christiaan Huygens. 

(Voyez la Lettre N^ 233). 



CORRICSPONDANCK. 1655. 3*^" 



N'^ 243. 

C'ilRlSTIAAN IIUVCÎKNS à CoNSTANTIJN IIUYC.ICNS, iVcrC. 

29 OCTOBRE l"^55-] 

Im Jellrc se trouve à Lcideii, cuil. llitygcns. 

C.imstiitityn lliiygcns y riSpondtl, par le No. 146. 

Mon Frkrf.. A Paris le 29 Ot\. 

Je ne vous diray pas encore des particularitcz touchant vollrc bonne hollcflc. li 
vous me demandez pourquoy je refpondray que les chaifescoullent trop cher, et que 
quand je vous fis promefTc par ma précédente '} de l'aller voir, je ne me fouvcnois pas 
du mauvais cftat ou elloit ma bourfe. Vous qui avez efprouvè la vie de Paris, vous 
deviez nous eftre utile auprès de mon Pcrc et le confeiller de ne plaindre pas l'argent 
qu'il nous envoyé. Il eil vray pourtant que hier j'eilois dans le quartier ou elle de- 
meure, et que je l'eufTe pu voir lans beaucoup de peine fi je m'en fuire fbuvenu. Je 
la verray aprci'demain quand il m'en devroit couller une piilole. Maintenant parce 
que félon toute apparence vous ferez fachè je veux vous adoucir par ce petit air que 
monfieur Gobert me donna hier. Voyez la page fuivante. 

Nous avons fçeu par 3 diverfes lettres le bel exploit du coufin Iluygens, qui ell 
tout à fait digne de luy. Mon coufin Doublet n'a jamais tant rij, que quand il l'en- 
tendift. omnibus nequitijs colophonem impofuit. 

Je vous prie que nos ferremens Ibyent bien confervez lans fe rouiller car félon 
toute apparence je retourneray dans peu h mon mefiier. Je luis 

Voftrc trciaffcclionè frcre et fcrviteur 

ClIR. ITUYGKNS DK Z. 

Pour mon frère dk Zkrlhem. 



N= 244. 

Christiaan Huvgens à Constantijn IIuvgens, frère. 

Appendice au N°. 243. 

/,// piLCC se rruiiYC à Leiden, coll. JJuvffetis. 

Oblervez bien le figne -- et >*.. Quand il y a r »- r, alors la dernière ell plus haute 
d'une oftave que l'autre. 

/; ^ / ^ /. ^ / w ^=^ /• ^ / / =' -^ /. h / 

f s 1 r^r uS^f u r ucl s f. 1 c u r c m sî 1 c 
A la rigueur du fort la voltre vous expole comme ils font inconilans ils changent 

^/. /• ^ / ^. /. ^ / /. ^/-.= 

m u c l^r u ;, 1 s f; si :> 1 st m r 
toute chofe la beauté n'a qu'un temps aulli bien que la rofe. 

') Voir la Lettre N°. 240. 

Oeuvres. T. I. 46 



5^2 CORRESPONDANCE. 1655. 



Confervez belle Iris mon coeur et voftrc empire 

Scachez que le mefpris rebute qui foupire. 
Monfieur Gobert ne fcavoit pas encore ce dernier vers. Et quand je confidcre 
bien le premier couplet je ne vois pas qu'il y ait du fcns. Je croy qu'il le rapporte a 
quelque autre qui doit précéder. Il me le copia en trefgrande halle, ce qui ell caufe 
que je n'y ay pas pris garde alors. Je luy demanderay qu'il me l'explique et qu'il 
flipplee le relie, cependant vous apprendrez le chant. 



N- 245. 

ClIRISTIAAN IKyGENS à CoNSTANTVN HuVGENS , iVèrC. 
6 NOVEMBRE 1655. 

La lettre s; trouve à Amstcnlnm , /Ircliires Muiiiciptiles. 

Mon FRERE, A Paris le 6 Nov. 1655. 

Pour vollre latifiaction j'ay elle hier rendre vifite h mademoifelle Mouchon , 
dont voicy mijn wedervaeren. Je la trouvay alTife auprès du feu avec 3 ou 4 des 
meilleurs qui logent chez elle qui font tous gens d'Eglife portants foutanes. parmy 
eux elloit l'abbc de Carbonne le feul qui y ait elle de vollre temps. Cettuicy de- 
meura, les autres fe retirèrent tous , peu après que j'eftois arrive. Mais pour parler 
de la dame, j'ay bien reconnu d'abord que c'eiloit une fille fort bien moriginée, 
et qui a de l'efprit; et fans doute d'avantage qu'elle n'avoit il y a 6 ans, puis que 
l'efprit croit avec l'âge, de la beauté il n'en ell pas de mefme comme vous fcavez. 
Peut élire qu'en ce temps là elle en avoit allez pour charmer fes hofles; et de fait elle 
m'a conté qu'il n'avoit tenu qu'a elle de fe voir mariée à Ripperda l'aifnè ') : main- 
tenant elle ne me femble plus ell.'e en ellat de faire des femblablcs conquefles. le 
vifagc tient defja quelques traits de la viellefTe, et fes yeux qui font un peu petits 
ont des bords de la couleur que devroient élire fes lèvres. C'ell pourtant icy une hy- 
perbole car ils ne tirent encore que fort peu fur le rouge , mais il ell vray qu'ils font 
bien petits. Elle me pria d'y venir loger la dedans en cas que j'euïïe encore quelque 
temps à demeurer en cette ville , et me promit de me faire avoir cognoiïïiince dans 
le voifinage et aux mefmes endroits ou elle vous avoit adreffc cy devant. Deux filles 
que vous y avez cognues fe font marié depuis , dont elle m'a dit le nom , mais il 
m'ell efchapé. En partant elle me pria de vouloir entretenir la cognoiiïance et que 
l'un de ces jours nous ferions quelque rejoiiiljance cnfemble. Elle demanda fur tout 
que je vous remerciafTc de la part de l'honneur que vous luy faites en vous fouve- 
nant d'elle, a mon retour je feray fes bailémains h monfieur de Rijfwijck "), de qui 



') Le Wh aille de W'illcni \-aii lîippcrdn et Je Alida van dcn Bouckliorst. 

-) Ni'-'dlnns van der Diiyii, Seiaiieur de Rijswijk, était petir-lils d\i nijkiïraal" de Schieland 
de niciiic nom (1530 — 15''>4) : il épousa Ik'alrix van dcn l'onckliorst. 



CORRKSI'ONDANCK. 1655. 36' 



clic nie dit -avoir eu une lettre après qu'il a elle revenu en Hollande, mais que la mer 
luy avoir lait oulilier la promeilè qu'il avoit donné de revenir la trouver, la (ille que 
i'avois pris pour la Ibeur eiloit la Manon comme vous aviez devine. Je penfe que 
vous lerez fatiCtait fur ce point a ectt heure. Pour l'autre qui eiloit de vous envoyer 
dtfs chanfbns je ne (cay pas (i je vous auray donne tout contentement, à caufe de ma 
nouvelle façon de tablature. Faites moy fcavoir li vous en venez a bout. Ma lunette 
n'ell pas trop a ma tantafie, ellant fujette à fe courber et s' aftaiCer quand elle n'ell 
Ibutenue que par un endroit. Il faudra trouver quelque remède a cela. On ne la cog- 
noill encore icy que de renommée, perfonne ne l'ayant encore ellayee. Mais tous 
citants informez par moy de la nouvelle detedion du fatellite Saturnien, et de fa péri- 
ode, ils ne peuvent nier que ma lunette ne l'emporte fur toutes celles qui ont jamais 
elle. Si vous donnez la voib-e de lo pieds au coulin de Vogelaer •'>), dites luy qu'il 
vous prociu'e en elchange i ou 3 de ces petites choies de verre ■*) que fait un certain 
van Gerwe ') à Amllerdam, qui ne peuvent ertre call ces. Philip en a veu h la I laye, et 
dernièrement j'en eus icy une, qu'un gentilhomme de Frife m'avoit donné à Tours, 
et que j'ay calîc avecq un grand effort et brifè en mille pièces. Je ferois ravy d'en 
avoir un autre, et je fcay bien que le Coufin cognoit le dit van Gerwe particulière- 
ment, au moins pour de l'argent on en peut avoir. Vale. 

Votre trcfïiffcètioné frère et ferviteur 

ChR. HuYGENS J)K ZUYLICIIEM. 
On n'entend plus parler de mademoifelle van Bergen. 
Pour mon frère oe ZeI':liiem. 



N" 246. 

C'oNSTAN'rvN HiA'GF.NS, frère, à Ciiristiaan 1 luvur.Ns. 

I I NOVr.MlîRK 1655. 

/,« Icllre cl ht i-ii/iii; se IruuYcnl h Làdcii ^ cnll. Ilnyirc.-is. 
i:iU est U: n'im-.isc un An. 243. 

A la Haye l'iniie de Nov. i(')55. 
Mon freke, 
Je croy que voicy la dernière que nous efchangerons , car je croy que les ordres 
pour voftre retour ') font deija donnés, pom* vous faire revenir dans le vaillèau de 



3) Voir la Lettre N°. 24c. 

•*) C'étaient des larmes bataviinies. 

5) Peut-être est-ce 

Jonas van Gerwen, médecin et „lledcriil;er" (^Rhéloricien). dont la devise était .,1 huit 
dat goet is." 



') En elîct, il résulte de la Lettre W. 24" que le départ de Paris eut lieu 'e 30 novembre, e( de 
la Lettre N°. 252 que Cbr. 1 1 uygens est arrivé à la I laye le ly décembre. 



564 CORRESPONDANCK. 1655. 



guerre qui tranfporcera Monfieur Chanut. Vous trouverez nos formes de fer en bon 
crtat et luilanccs car j'ay tcufjours eu foing de les entretenir. vSculcmcnt celle qui 
eil pour les lunettes de dix pieds comme je la cherchay Tautre [chois?] jour pour 
polir le verre que j'ay envoyé à Vogelaer après Fauoir bien cherchée, je la trouvay 
dans ce creux qui efl defïbus voilre fenellre, ou la pluye ou quelque autre humidité 
avoit eu long temps loifir de jouer fon jeu deiïus en forte qu'elle ertoit rouillée d'im- 
portance, dont je fus moult fafché, et pourtant à force de la frotter avec l'anneau 
d'Emeril je la remis h peu près en fon premier eftat. Alors je me mis à polir ce 
verre que je viens de dire de nouveau me fouuenant qu'autrefois de mauvais nous 
en avions fait des bons par ce moyen la. Il eil vray que ceihiy cy l'ertoit delja rai- 
fonnablcmcnt , mais pourtant quand je regardois la planète de Jupiter il rayon 
noit tant ibit peu d'un cofté, ce qui s'ell: en allé tout à fait en le repoliiïant, en forte 
que la dedans afleurement il y a du miftere. Pour les lignes de Jupiter afleurement 
il n'en faut plus doubter, car je les ay veues encore a diverfes autres fois tres-claire- 
ment, et je ne doubte point, que vous ne les ayez veues de mefme. J'ay remarqué 
que plus il ell vertical et mieux on les appercoit comme a onze heures de nuict ou 
environ de cela. Le temps de quinze jours dans lequel Kalthoven m'avoit promis 
dans une féconde lettre de m'achever noitre forme de vingt pieds ell delja expiré 
et pourtant elle ne vient encore pas; s'il diffère long temps je ne manqueray pas de 
le fommer encore de nouveau. Sans doubte c'ell le premier artilan du pais pour ces 
choies la, et s'il venoit à nous manquer ou par quelque changement de demeure 
ou autre accident nous ferions fort defappointés. Pour des nouvelles je ne vous 
en manderay pas; Phlip me dit d'auoir efcrit, tout ce qui elT: efcrivable, et je ne 
doubte point qu'il ne ibit bon Gazettier. Je \ous remercie beaucoup des petits 
airs, ils Ibnt aiTez jolys. Alleenlick celhiy la qui commence Phillis me confeille etc. 
et qui fe fait valoir a Paris ibubs le beau nom de la Cafquavilliade, eil un franc 
coquin, et à couru icy la rue long temps accompagné des paroles Ick fagh Cecilia 
koiiu'ii &c. Je vous prie de m'achepter avant que de partir quatre eihiys avec feu- 
lement une paire de cifeaux dedans faits par quelque bon maillre. Je vous rendray 
l'argent des que ferez de retour, et ne prétends pas de charger vollre defpenfe. 
Je vous prie de ne l'oublier pas. On dit que le Seigneur de la Plate -) elt malade a 
Nantes, voire avec quelque danger, dont je liiis ma foy marry. Adieu. 



Pour mon frère Ciirkstif.n. 



-) François van Acrssen, Seigneur de Plaat, était le fils aîné de Cornclis van Aerssen, Seigneur 
de Sommelsdijk (1602—1662), et de Lucia Walta; ayant fait nn voyage de liuit ans à 
travers l'Europe, il se noya en 1659 à son retour de l'Angleterre aux Pays-Bas. 



CORRESl'ONDANCE. 1655. 365 



N'- 247. 

G. A. KiNNER A LuWr.NTHURN h ChRISTIAAN Hl'VGKNS. 
12 NOVlCMliRK 1655. 

La lettre se trouve ri Leidiii, cuil. Unygcns. 
Elle est la réponse au No. 116. 

Pcrilluftri, Nobiliiïimo, Praeftantifrimoque Domino Ciihistiano 

IIUGENIO GODEFRIOUS ALOYSIUS KiNNER S. P. D. 

vSi c litcrarum frequentià metri foies amicitias , pridcm apud te caufà cccidi , I lu- 
geni Nobilifllme, quem non indiligentiae tantuni, Icd defcrti propcmodum oflieij 
reum agere potes. Venim non âges, opinor, mcciim iiire tam llrifto, qui nimis 
quàm bene novifti, non efTe femper in poteftate noitra officiofos nos e(Tc, ied 
avocari ad alia quandoque vel invites. Literae tuae poflieriores multum mihi volup- 
tatis attulerunt Tuo atque Matlicmatieae nominc. Tiio quidem , qii6d perfpicillo- 
rum quoad pcrfectionem augmente, magnum tuae gloriae incrementum adiecirti: 
Mathematicae vero, quod Lynciae iam antè novum oculum addidifti. Mafte hàc 
tuâ tclicitate dicam an induftriâ? an utraque? non enim minus hîc, quam in agri- 
culcu Labori et Evcntui puto litandum. Tametfi enim in hac arte praeceptorum 
(ibi demonilratio conltet, in cfFcdtu nihilominus exhibere rem ipfam, hocopus, 
hîc labor efl:, qui ut non imperitè quidam , vix ab humana Ied angelica manu ex- 
pcftari pro rei dignitate poteft. Vt proinde multum ab illo Fortunae deberi exilti- 
mem, fi cui fiibtiles praeceptionum apices materiei tôt cafibus et imperfeftionibus 
obnoxiae licuerit applicarc. Quo nomine tibi tuaeque felicitati multum gratulor, 
Praellantifllme llugeni, qui, ut opinor, acutiflnnas Cartcfij de conicarum ieélionum 
perfpicillis inventiones (neque enim cxillimo machinationem tuam intra communium 
tuborum metas confiftere) quae defpcratâ fere praxi folius ingenij nominc nobis huc- 
ufque probabantur, plus ultra et extra fpcculationum terminos ad uium deduxifti. 
IMultum autem tibi dcbebo, fi quamprimum expofiieris charaéteres illos tuos tranl- 
pofitos, quibus myfiierium novum coelitus deprehenfum involvidi, fimulquc apcrtius 
tubi tui coni1:ruélionem edocueris. Neque vereri te oportet Plagiatum â me; ut enim 
tubi optici primitus inventi gloriam Bataviae vcfirrae libens conccdo, ita neque cidem 
invideo novi honoris acceflîoncm, cui utique in folo, quod iam diu occuptionis 
iurc fiium fecit, inaedificare quidvis liberum licitumque efi:. Salutem ad te habeo 
ofiiciofifllmam ab infigni IMathematico Pâtre Balthafiare Conrado Profelfore olim 
meo, quem his diebus Wratiflaviac conveni, coëgiquc in laudes tuas exhibito 
eidem opufculo tuo de circuli magnitudine, qui eidem, fummopere probatur. Non 
moror nunc Pragae, fed in Silefia, unde literas quas ad me dederis Glacium in 
Boëmia dirigere potes, quas inde opportune repetam , ficut et alias Ibleo undecun- 



') Lisez: occupationis 



366 CORRESl'ONDANCi:. 1655. 

que ad me vcnientes. Va!e, mî Hiigeni, et fcriptionis indiligcntinm pcr amoris in- 
corrupti (qui femper ;ipud me vigec) percnnicatem beuiguus excufii. 

Wratiflaviae 12 Novembris 1655. 

PS. Si Chymià deledaris, infinua, mifcehimulque deiuceps eciam de uuliili illa 
fcientia lernuiuem. 

Pcrilluftri GcncrofilTimo, Nobiliirinioquc l^omino Ciiiiis- 
TiANO HuGENio, Domiiio iitque amico niihi femper Colen- 
diiîimo obrervandiffimoquc. 

Per Francofuitum ad Moenum. 

4. Hagae Coniitis. 

's Graven Haagen. 

N= 248. 

ChRISTIAAN IIl'VGENS à CONSTANÏYN HuYGENS, pcre. 
26 NOVEMBRE 1655. 

La minute se trouve h Leiden , cuil. l/iiy;;e:is. 

A Paris le 26 Nov. 1655. 
Monsieur mon Père 
Ayant appris par vos dernières ') que le vaideau de guerre qui amènera Monikur 
Chanut ne pourroit pas fervir a noilre voyage nous avons choify de prendre plul- 
to(l le chemin par terre que d'elFuyer une autre ibis les incommoditez de la ma- 
rine qui félon toute apparence dans cette fiifon doivent eltre beaucoup plus gran- 
des que celles que nous rcncontrafmes en allant vers icy. En fuite nous fommes 
tombe d'accord de prendre par Sedan comme le plus feur et ou nous croyons pou- 
voir pafier lans padeport. et tafcherons neantmoins d'avoir quelque mot de lettre à 
IVIonlieur Fabert -) ou de Monfieur le Premier ou de Monfieur de Servient '). On 
nous avoit fait accroire que Mefiieurs les Ryngraves •<) elloyent preits à partir par 
ce mefme chemin mais hier nous apprifmes le contraire d'eux mefmes, et qu'ils font 
eilat de palier icy cet hyver. Tout le monde s'eftonne que nous ne faifons pas de 
mefme et il n'y a point de doubte que le vray temps de voir Paris commencera juf- 



') Nous n'avons pas trouve cette lettre. 

-) Abraham de Fabert, Maréchal de France, lils de l'imprimeur de Metz de même nom 
(1560 — 24 avril 1638), naquit à Metz le 15 octobre 1599 et mourut à Sedan le 17 mai 1662. 

"0 Voyez la Lettre N°. 29, Note i. 

■•) Friedrich Magnus Rhingrave de Salm , de la famille très ancienne des Wikl-, llasch- et Rhin- 
graves, était lils de Friedrich Comte de Salm et d'Anna Amalia Comtesse d'Erpach. Il servit 
dans l'armée des Pays-Bas et eut le commandement de Maastricht. 

Karl il. Rhingrave de Salm était son lils et lui succéda dans le commandement de Maas- 
tricht. 



CORRESPONDANCE. 1655. 367 



tcnicnc aprcs que nous en ferons dehors. Mais il eft vray aiifll que ce temps la requiert 
bien une autre deipenfe que celle que nous avons faite julques a cetthcure et de 
laquelle toutefois fi on regarde à l'utilité qui en reviendroit il me fenible que nous 
pouvons fort bien nous pafTer. au rcile nous vous prions Mon Père de examiner 
voilre compte qui vous fait monter la defpenfe h nous deux jufqu'a looo francs par 
mois. Parce que aïïèurement avecq ce que nous avons emprunté de mon Couiin 
nous n'avons pas encore touche 4000 mille, et le voyage fera de plus de 6 mois. 
Mais je ne veux pas vous entretenir plus long temps. Je pourrois vous faire le dénom- 
brement des deniers receux , mais j'ay peur de vous ennuyer. Depuis ma dernière 
j'ay fait cognoifl'ànce avecq Monileur Scarron ^). Et Monlîeur Gobert m'a fait avoir 
celle de Monileur Lambert et de Mademoifelle llilaire, la belle foeur, qui chante 
comme un ange et pour la voix et pour la belle méthode. On ne icauroit entendre 
rien de mieux adjullè ny de plus agréable que les concerts qu'elle fait avecq fon 
frère; en difant de certains dialogues ou ils chantent tantoll ieuls tantoil enlemble. 
Pour la perfonne elle n'a guère de beauté mais beaucoup de bonté et de douceur, le 
frère efl: auiïi fort bon garçon, avec qui je ne negligeray pas d'entretenir correfpon- 
dance. C'eil icy la dernière que vous aurez de nous, le voyage eilant arrefté pour 
mardy prochain '^), et les places dans le coche qui nous portera en 5 jours h Sedan. 
le Bagage va par mer. J'efpcre que nous vous trouverons en bonne lanté avec toute 
la famille et le parentage. Et fuis 
Monfieur Mon Père. 



N" 249. 

V. CoNRART à ClIRISTIAAN lluVOKNS. 

[30 NOVEMBRE 1655.] ') 

/,« /fttn' se iriiiivc îi Là,h:i, cuil. llny!;c!is. 

Mardy matin, 
MONSIF.UR 
j'accompagne la lettre que je vous ay promile pour Monileur le Marquis de la- 
bert, d'vnc autre pour Monileur le Lieutenant général de Sedan ") , qui ell mon 
intime amy, & homme de Savoir, de probité, & de tref-agréablc converiation. Vous 

'') Chr. Iluygens avait, dL'jà en lévrier ifî.so, coiiipdsé l'épi raphe de Senrnm. Voir la I.ettreN". 74. 
'') Savoir le 30 novembre. 



') Comme cette lettie, de mardi, doit avoir été écrite avant le départ de Clir. I!iiyjj.ens, qui enl 
lieu le mardi 30 novembre, (voir la Lettre N°. 248, Note 6), elle doit porter cet te même date. 

-~) Sdu nom est probablement d'Ozanne (voir la Lettre N°. 257). 

I lilaire d'O/.anne. ué à HTile en if)o}!, était jurisconsnlfe et littérateur, ivn 1(^44 il fut atta- 
ché a l'armée, mais continua ses essais île poésie biblique. 



3^8 CORRKSPONDANCE. 1655. 



prendrez, s'il vous plairt, la peine de les faire cacheter toutes deux après les avoir 
leuës, & avant que de les rendre. Je vous en envoyé auffi vne pour Monficur vollrc 
Père , laquelle je n'ay pas voulu laifTer ouverte , par ce que j'y fays des pleintes de 
vous, & de Monficur voftre frère, qui ne m'avez employé à rien, pendant le fejour 
que vous avez faitjcy; & de ce qu'en me failant l'honneur de me venir voir à la 
campagne, vous m'oftaftes le moyen de vous y recevoir come je devois, & félon mon 
defir. Je vous en fays aufli des reproches à vous mefmes , & fi vous voulez faire vos- 
trc paix avec moy, vous me donnerez quelque occafion de vous rendre fervice en 
voilre abfence, & de vous témoigner Tellime que je fays de vollre vertu. Elle fut 
hier au foir le fujet d'vn long entretien que j'eus avec la belle Dcmoifellc ■') que je 
vous avois annoncée , & que vous allaftes voir fans moy. Elle arriva à mon logis, vn 
peu après que vous en fuites party, & y demeura plus de quatre heures, pendant Icl- 
quclles nous ne parlafmes prefque que de vous. J'euffe bien fouhaité que vous enfliez 
cité préfent, au hazard de choquer vn peu voftrc modelHe. Elle m'apprit que vous 
luy avez fait vn préfent le plus galant du monde, & qu'elle eftime encore plus pré- 
cieux par le dedans, que par le dehors, quoy que le dehors le foit autant qu'il le peut 
eftre. J'ay grand regret que vous ne pafi^ez l'hy ver jcy ; car je vous eufi^e procuré 
des entretiens avec elle, qui vous enflent également fatisfait l'efprit à l'vn &à 
l'autre. Si vous faites jcy vn fécond voyage , il faudra tâcher h réparer ce que vous 
perdez en celuy-cy : & j'efpére que vous reconnoiftrez que vollre mérite n'efl: pas 
ignoré en fi bon lieu; & par les foins que je prcndray à vous y faire recevoir vn 
parfait contentement, vous pourrez juger que je fuis véritablement. 
Monsieur 

Voftre trerhumble & trelbbcïlîant fcrviteur, 

CONRART. 
Pcrmettez-moy , s'il vous plaifi:, Monfieur, d'afliirer jcy Monfieur voftre frère 
de mon tref-humble fervice , & de vous fouhaiter h tous deux vn heureux voyage. 

A Monfieur, Monfieur Huygens, Taisné des deux frères. - 
N= 250. 

V. CoNRART à CONSTANTVN HuVGENS , pcrc. 
30 NOVEMBRE 1655. ") 

La letf/c se trouve à l.ciden , cnll. Uiiyp^ens. 

A Paris, le dernier novembre 1655. 
Monsieur , 

C'eft en voftre civilité, & en celle de Meilleurs vos fils, qu'il y a de l'excès, & 
non pas en celle que j'ay eflayé de leur rendre , pendant le fejour qu'ils ont fait jcy. 

3) Mademoiselle Pcrriquct, que nous rciicoinrcroiis souvent diins la suite de la correspondance. 
Voyez la Lettre N°. 25 1 



CORRESPONDANCR. 1655. 369 



Il feroic difficile de leur en témoigner d'égale à vollrc mérite, & au leur; mais outre 
cette difficulté générale, j'ay eu le malheur d'eitre toûjoiu-s ablent, ou malade; 
& vous (avez que ce font deux obllaclcs fort grans , pour rendre des devoirs de la 
nature de ceux que voftre amitié & leur propre vertu exigeoyent de moy , en cette 
rencontre. Ainfi, Monfieur, vous m'euffiez tait alTez de grâce de me pardonner 
ce que je n'ay pi^i faire, fans me remercier du peu que j'ay fait. Ils m'ont fait Tlion- 
neur de me venir voir en ma retraite cliampellre; mais fans me faire celuy de m'en 
avertir auparavant : de ibrte que cette furpriie, & le mauvais eilat où ils me trou- 
vèrent, m'empcfchérent de les recevoir comme je devois, & comme j'culTe bien 
voulu. Mais après vous avoir fait ces pleintes d'eux , pour ce qui me regarde , il 
eit Julie que je vous apprenne ce que leur modelHe les obligera de vous taire : 
C'ell que dans le peu de temps qu'ils ont efté jcy , ils y ont aquis l'elHme de la pluf- 
part des Perfonnes les plus renommées pour la Vertu, & pour le Savoir, & qu'ils y 
laiiïent \'ne li bonne réputation , qu'aucun de ceux qui ont eîi l'honneur de les con- 
noillre, n'a manqué à les prefTer d'y faire vn plus long fcjour. Peut-eftre que leur 
jnclination ne s'en full pas éloignée, s'ils n'euflent appréhendé de vous déplaire; 
mais ils ont préféré robeïflance qu'ils vous doivent, au contentement de leurs 
amis , & à leur propre fatiffaftion. J'eudè Ibuhaité que vous leur euffiez permis de 
pafTer l'hyver en cette Cour, où elle a accouflumé d'eilre plus grolTe , & plus belle , 
qu'en toute autre faifon. Si vous m'en croyez, & fi vous les en croyez eux-meimes, 
vous leur y ferez faire vn fécond voyage; & j'ofe vous promettre que vous & eux 
n'en aurez point de regret. Pour moy, Moniieur, Je le dcfire avec vue paffion 
extrême, fur l'efpérance que j'ay d'eilre plus en eilat de leur témoigner combien 
je les honnore , & combien je fuis. 

Monsieur, 
A'oftrc tref humble, & trelbbcïflant ferviccur, 

CONIIART. 

A Monfieur Monfieur IIuygens, Seigneur de Zulichem, 

A la Haye. 



") ^ 20 dec. 55 [Conll. IIuygens]. 



N° 251. 

Christiaan Huvgens à [G. P. de Roberval]. 
30 décembre 1655. 

La minute et la copie se trouvent à Liiilen , coll. IIuygens, 
De Robcrvnl y ràpomlit pa" le No. 256. 

Monsieur, A la Haye le 30 Dec. 1655. 

Le voyage depuis Paris jufques icy nous a tenu plus longtemps que je n'avois 
pcnfc ce à mon grand regret citant falcheux et pénible, et non (ans danger, h caufc 
Oeuvres. T. I. 4- 



CORRESPONDANCE. 1655. 



des troupes qui en beaucoup d'endroits traverfoyent nollrc chemin, l'on nous tient 
heureux d'cftre efchappè l'ans einpefchement. Devant que quiter Paris j'eus encore 
trelgrande envie de vous veoir, pour vous remercier des avantageux raports que 
vous aviez fait de moy chez Monfieur Conrart. mais ce fut fur le point de partir 
et comme je prins congé de luy, qu'il me l'apprit. Sans cela je n'eus pas manqué 
de m'acquiter de ce devoir, et en mefme temps de contenter ma curiolitè, car je 
doubtois s'il ne s'eftoit pas pafî'è autre chofe dans cette conférence qu'il m'im- 
portait de fcavoir. Je ferois fort attrapé fi vous luy aviez découvert que je fuis 
informe touchant la P. ') car j'en parle h luy comme d'une fiainCte. Et de mcfme h 
M. -) lequel toutefois j'ay remarqué qu'il me llirpeétoit d'ertre de voilrc confidence, 
et qu'il en eftoit en peine. Quoy qu'il en arrive je vous auray toufjours beaucoup 
d'obligation de ce que vous n'avez pas voulu fouffrir que je fufie abufè. au refte 
Monfieur faites moy la faveur d'entretenir la correfpondance, et de me communi- 
quer par fois de vos belles fpeculations, et s'il m'ell permis de fpecifier, celle du 
contenu des triangles fpheriqucs. ^^ Toutes les fois que j'auray elle aficz heureux 
pour faire quelque nouvelle découverte que je jugeray vous pouvoir plaire j'auray 
foin de vous en faire part , et feray bien ailé de vous tcfmoigner en quelque choie 
que ce foit que je fuis avec palfion 

Monsieur 

Voilrc trefhumble et trefobeiflîint ierviteur 
Chr. Huygens de Zulichem. 

Je '') vous fupplie Monfieur quand vous verrez Mademoifelle Pcriquet de l'afléurer 
de mon trél'humble fervice et que j'cltime infiniment l'honneur de fes bonnes grâces. 
Je baife les mains h Mademoifelle vofirc Confine et à IMonficur Tevenot. ^^ 



') Dans la correspondance ultérieure la demoiselle P. et monsieur il/, sont toujours désignés 
par leurs initiales. Probablement la,,/"" est mademoiselle Perriquet, nommée dans le post- 
scriptiim. [Voir la Lettre N°. 258.] 

-) Il résulte d'une lettre de Cbr. Huygens à de Robcrval du 18 avril 1656, N°. 280 que 
rinitiale il/ désigne Claude Mylon. 

•■"') Autant que nous sachons, de Roberval n'a rien publié sur l'aire des triangles sphériques. 

■*) Chr. Huygens a biffé ce post-scriptum: nous l'avons inséré parce qu'il nous a servi pour déter- 
miner l'initiale /-'. 

5) Melchisédec Thévenot naquit vers 1620 à Paris et mourut à Issy le 29 octobre 1692. Il était 
grand voyageur, avait des relations partout et rassembla une bibliothèque très-intéressante, 
dont plusieurs manuscrits grecs et latins se trouvent actuellement à la Bibliothèque de Lei- 
den. Il continua les réunions qui avaient eu lieu chez Monmor, et publia diverses relations 
de voyages. . , ■ ~ , : 



CORRESPONDANCE. 1655. , 37 1 



N= 252. 

Christiaan Ikvc.ENs à ?. 

30 DÉCEMBRE 1655. 
I.a minute se trouve à Lehlen, coll. /Iiiy^ei/s. 

A la Haye le 30 Dec. 1655. 



INTONSIRUR 



Vous auriez receu la nouvelle de noitre heureux recour en ces quarciers par Tor- 
dinaire de la iepmaine palTëe ') lî on eull eu foin d'y porter nos lettres à l'heure qu'il 
talloit. nous arrivafmes icy le 19c du mois, ayant tait tout le voyage alTez heureu- 
lement, quoyque non pas luns incommodité, les neiges ce la glace nous ont bien 
fouvent dilputè le paflhge, et quelques t'ois l'apprehenlion des troupes qui s'ache- 
minoyent vers les quartiers d'hyvcr nous a donné envie de retourner fur nos pas. 
mais grâces à Dieu nous avons efchappè tous ces dangers lans aucune iînillre avan- 
ture. Or puis que je fuis dans la patrie c'elT: à vous Monfieur de vcoir en quoy j'y 
puis vous ell:re utile et par ce moyen me donner occation de recognoirtre les Ibings 
et les peines que nous vous avons donne fans ceflc depuis 6 ou 7 mois qu'a duré 
noflire pèlerinage. Je me tiendray heureux de poux'oir exécuter vos commande- 
mens, et de tcfmoigncr que je fuis etc. 

CiiR. IT. 



N" 253. 

Christiaan Hivgens à [de Chambonnière]. 

[30 DÉCEMBRE 1655.] 

• , La minute se trouve à Leiden, coll. Iluygeus. 

De Cbamhonuière y rC[>oiuUt pur le .Vu. 2S4. 

Comme je vous doibs infiniment pour toutes les faveurs et carelles qu'il \'ous h 
pieu me faire pendant mon fejour a Paris, je n'ay pas voulu manquer de vous faire 
fcavoir la nouvelle de noftre heureux recour dans la patrie, croyant qu'il vous im- 
porte de icavoir que celuy que vous avez fi fort obligé eft en cftat de recevoir vos 
commendemens et dans un delir extrême de vous tefmoigner (a recognoitlance. 
(Quoyque je vous aye donne beaucoup d'importunitè, l'on me reproche icy de n'en 



') Cl' courrier ordinau'e partit de la Haye le 13 décembre 1655. 



CORRESPONDANCE. 1655, 1656. 



avoir pas fait encore aïïèz et que n'ay pas profité de voftre voifinagc et converiation 
comme je debvois. Je m'en excufe fur la maladie de Madame vollre femme , qui a 
la vérité m'a eftè trefprejudiciable, me privant du bonheur de vous voir fouvent. 
Encore mon Père me tence de n'avoir pas copie tout voilre livre '), je refponds 
que je n'eitois pas advcrty de debvoir partir fi tort et en eifeft c'eil cela qui efl: 
caufe de ma négligence. Je pourrois l'appaifer s'il vous plaifoit de me faire la 
faveur de m'envoyer quelques unes de vos pièces qui ibycnt aufli bonnes que la 
gigue -) que vous avez pris la peine de m'apprendre, de la quelle il fait trelgrande 
eilimc. Mais plus tofl: venez vous meiinc Monfieur luy donner ce contentement 
qu'il Ibuhaite davoir il y a longtemps et plus que jamais depuis les rapports que 
je luy ay fait des merveilles que vous m'avez fait entendre. Je icay bien qu'il vous 
en priera luy mefmc, et j'efpere qu'il vous pcrfuadcra, et que j'auray le bonheur 
de vous embrader icy et de vous tefmoigner que je fuis de tout mon coeur etc. 



N= 254. 

De Cha:\ibonnière h Christiaan Huvgens. 
8 janvier 1656. 

_ La lettre se trouve à Leiden, coll. Hiiygciis. 

Elle est la réponse an Ao. 253 • 

A Paris le 8 ianuier 1656. 

Monsieur 

Lextreme defir de fauoir fi vous eftics ariué en bonne fiintc mauoit mis la plume 
a la main pour vous clcrire au moment que Ion maporta vos lettres, elles mont 
infiniment refioui, bien quelles me reprefentcnt la confufion que iay de nauoir pas 
ferui comme Je deuois les peribnnes du monde qui le méritent et que Jhonnore le 
plus , la maladie de ma femme men a ofté le moyen, et iefpere quelle me tiendra 
lieu dexcufe , vous me demandés des pièces , ie vous en enuoyeray bientofl: cepen- 
dant ie fuis toufiours dans vn defir extrême de voir Monfieur vofi:re père , et feray 
mon poflîble pour aller quelque iour en holande ou ie vous confirmeray les afl"eu- 



') Peut-être un livre de musique de sn propre composition en manuscrit, car M. de Cliambou- 

nière semble n'avoir rien publié. 
") La gigue ou gique (giga, en Italien) est une danse animée en mesure de s/s Va ou 9/3 



CORRESPONDANCE. 1656. 37; 



ranccs de mes Icruiccs dont ie vous fuplic de faire ellac comme eftanr diin homme 
qui cil a liniiny 

Monsieur 

\"ollre treiliunible et très obcillant Icruitcur 
De Chambonniere. 

A Monfieur Monficur Huvckxs de Zuyi.iciiem 

Il la Haye. 

N° 255. 

V. CoNRART à Christ lAAN Hcvgens. 

14 JANVIER 1656. 

La lettre se tnmre à Leiden , cuil. Hi'ygcn.t. 

14. Janvier 165^). 
JMONSIEUR, 
La lettre qu'il vous a pleù de m'écrire ') vaut mieux toute leule , que les qua- 
tre =) dont vous me remerciez. Il ne fe peut rien voir de plus civil , de plus obli- 
t^eant , ni de plus purement écrit en vne Langue qui ne vous ell pas naturelle; & iî 
vous ne vouliez demeurer en France , que pour l'apprendre , vous avez eu railbn 
de vous en retourner, puis-que vous en favez autant que fi vous y eftiez né. J'avois 
ieii, par les lettres de INIonfieur le Marquis de Fabert, le peu de lejour que vous 
iîlles à Sedan; il s'eftime malheureux de ne vous y avoir pu retenir davantage; 
& Monfieur Dozanne 3^, de ce que vous ne l'avez employé à rien. Pourmoy, 
INIonfieur , quoy que Je fois peu capable de vous rendre fcrvice , en l'ciliat où vous 
favez que Je fuis; Je ne laiiïe pas de fouhaiter que vous faciez naillre.des occafions 
où Je vous puifi^e témoigner combien J'eilime vofi:re mérite, & vollre vertu; & Je 
vous offre, pour le moins, vn coeur fincére, & plein d'affedtion pour tout ce qui 
porte voilre nom. Je vous fupplie d'en faire eftat , comme d'vn bien qui n'ell pas 
de grande valeur, mais qui vous efi: fort aquis. Faites-moy aulTi la grâce d'afllirer 
INIonfieur vofi:re Père, & Monfieur voftre frère de la mefme choie; & recevez les 
complimens que vous rend pour les voftres, l'illuflire Mademoifelle Perriquet. Elle 
me parle très fouvent, & tres-digncment de vous, & le préfent que vous luy avez 
fait l'a extrêmement fatiffaite. Si vous enfilez tardé plus long-temps jcy, vous euf- 
fiez reconnu, en cette rare perfonne , des merveilles qu'il feroit difficile de trouver 
ailleurs, au moins en des peribnnes de fon fexe. Je fouhaiterois que la curiofité de 
les découvrir, vous obligeall: à y faire vn iecnnd voyage; Outre tant de bonnes con- 



') Nous ne possédons pns cette lettre. 

-) Il .s'agit probablement des Lettres N . 249 et N". 250 et des lettres de recommandation pour 

M. M. de Fabert et d'Ozanne, mentionnées dans la Lettre N°. 249. 
3) Probablement llilaire d'Ozanne (Voir la Lettre N°. 249). 



3~4 CORRESPONDANCE. 1656. 



noifances que vous y avez déjà, nous vous en donnerons encore d'autres, qui méri- 
tent d'autant plus d'ellre rcchercliécs , que leur modeflie les fait cacher, pour 
éviter l'importunité d'vne réputation trop éclatante. Vous voyez que Je n'ob- 
mets rien , pour vous procurer du contentement , & pour m'en procurer auflî à 
moy-mefme , par le bonheur de vous pouvoir afTurer de vive voix , que Je fuis 
véritablement. 

Monsieur, 

Voftre trcfhumblc, & trelbbciilant lervitcur 

CONRART. 

A Monfieur Monficur Christian Huygens, chez Monfieur 
DE ZuLicHEM foii Pérc A la Haye. 



N" 256. 

G. P. DE ROBERVAL h CllRISTIAAN IIcVGENS. 
14 JANVIER 1656. 

La lettre se trouve à Lehlen, coll. Huygens. 
Elle est la réponse au No. 151 . 

a Paris le 14 Janui. 1656. 
Monsieur 
\"()lh-e hcureule arriuéc chez vous, et le refTouuenir que vous auez eu de moy , 
m'ont également rcjoûy: mais cette rejoùiflancc a erté toute parfaite, quand j'ay 
fceu que vous auiez apprile l'eftime que je fais de vollre mérite : je luis adéuré 
qu'elle ell de beaucoup plus grande que le récit qu'on vous peut en auoir fait; pour 
ce qu'elle ell: proportionnée à la connoifîànce que j'ay de voilre vertu, quj ne peut 
pas eilre fj bien connue des autres que de moy. Je n'ay rien fait içauoir du tout de 
nortre confidence; mais je crains qu'on ne vous ait adroitement tiré les vers du nez; 
en quoy il y auroit de ma faute; car je deuois vous aduertir que C. ') cil: des plus 
lins en ce métier; et qu'il fait profeffion d'vne amitié entière auec P. -) en quoy 
il ell du nombre de quelques autres vieux vertueux quj font bien marris que j'aye 
decouuert leur confrairie. partant fj dans voftre conférence jl s'eil palTé qu'elque 
choie que je doiue fçauoir, faite moy la faneur de me la mander vne fois pour 
toutes, affin que noftre entretien ne foit point déformais employé à de telles fottifes. 
Pour M.-} c'eft vne befte en gênerai ; et en particulier, c'eft la corneille de la fable. 
Ecriuez pourtant en termes quj ne puilTent eftre entendus que par ceux quj fçauent 

') Conrart. Voir la Lettre N°. 251- 

-) Sur ces initiales P. (Mlle Perriquet) et J/. (Mylon) voyez la même Lettre N°. 251 et N". 281. 



CORRESPONDANCE. 1656. 



l'hiitoirc. Quand jl vous plaira d'ouurir noftrc entretien par quelque f'pcculation , 
j'y correfpondray de tout mon pouuoir. Je iliis 

Monsieur 

Vollrc trefhiimble et très obeilllant feruiteiir 

RORERUAL. 

Depuis le dernier jour de 1655 jufques a Ti i de ee mois il a lait iey vne forte 
gelée qui a recommencé aprez 30 heures de dégel feulement. Mandez nioy fj Thyuer 
efi: auflj rude chez vous. 

A Monfieur Monfieur Ciirestien Huygens de Zulichem. 

■à la haie. 



N= 257. 

A. CoLVILS à ClIRISTIAAN HuYGENS. 
20 JANVIER 1656. 

.La lettre se trouve à Leiden , coll. Huygens. 
Chr. Huygens y répoiufit par le No. a6i. 

Monsieur , 

Voicy la platine de fer, avec im petit marteau , que ie vous envoyé de la part 
de Monfieur Kalthof , efperant que cet ouvrage vous aggreera; et qu'il fera propre 
à quoy il eil delliné. Si ie vous puis fervir en autre chofe ie vous prie de me com- 
mander abfolument. J'ai reçeu un mot de lettre de Monfieur vollre tref-noble père, 
qui ne requiert point de reiponce; mais de remerciement de l'honneur de la bonne 
afFedion envers moi, qui en fuis indigne. Je lui offre en contre-efchange tout ce qui 
ell moi. demeurant de grande affection 

Monsieur 

\^oftre tref-obligé , et tref-obeiiîant ierviteur 

A. COLVIUS. 

De Dordrecht ce 20 de Jan. i6'^6. 

A Monfieur Monfieur Chrestien Huijgens 
's Graven-hiighe. 
met een ijiere plaet. 



3r6 CORRESPONDANCE. 1656. 



N= 258. 

Cl. Mvlon h Christiaan Hlvgens. 

4 l'ÉVRlER 1656. 

La lettre se trouve ii Laden , coll. Hiiygeiis. 
Chr. Iliiygens y r4po:idit par le No. 271. 

A Paris ce 40 fcurier 1656. 
Monsieur 

Si j'iiuois en cfteft autant contribue a vollrc diucrtiflemcnt pendant que vous 
eftiez a paris, comme vous me le faites paroiftre '), Je ToufFrirois plus patiemment 
toutes vos ciuilitez, mais J'ay peur de ne m'eitre pas bien acquitté de ce que Je 
dcuois a voilre mérite et a l'amitié que vous me faifiez l'honneur de me témoigner. 
Il eil vray que J'efperois repalTer et eftudier auec vous ces belles Iciences ou vous 
excellez. Je croyois auoir alTez de temps cet hyuer pour les voir enfemblez et 
comparer vos belles Inventions auec celles de nos Géomètres, mais voilre retour 
précipité a coupé ces defleins. Je ne vous ay fait voir que peu de chofe a la hafte, 
& en ce peu de temps Je n'ay pas laifTé de profiter de vos belles propofitions et de 
voftre Liure , c'eil donc a moy a m'excuier et a vous en remercier ; Je reçois a 
grande faueur l'offre que vous me faitez a prefent, J'en ay fait feile a tous nos 
mefiieurs pour les engager au trauail , mais Je n'en efpere pas ce que je fouhaitc , 
Je crains fort qu'ils ne fourniiïent ne pas Affez pour entretenir noilre commerce, en 
ce cas vous me permettrez bien de vifiter mes regillres et d'y auoir recours ['?] pour 
vous enuoyer des propofitions de dix ou douze ans que vous n'ayez pas encor veues, 
mais J'attends beaucoup de vous et de monfieur de Schooten. Je vous fupplie deluy 
faire tenir la Lettre enclofe a luy faire part de l'obferuation de Monfieur Bouil- 
lant -) qui vous baife les mains. La belle fcauante 2) vous remercie, elle m'a die 
auoir leu voflre Liure auec grande latiffaétion , Je fuis de tout mon coeur 

Monsieur 

Voftre trefhumble et trelbbeiHant leruiteur 

Mylon. 

A Monfieur Monfieur Ciir. Hugens de Zulichom 

A la hâve en hollande. 



') Cette lettre n'a pas été retrouvée. 
-) Voir TAppeiidiee N'. 259. 
3) Mademoiselle Perriquet. 



CORRESPONDANCE. 1656. 



377 



N'^ 259. 

[IsM. RoiLI.lAU] h ClIRISÏIAAN IIrV(;KN.S. 

Appendice au N°. 258. 

/,« lettre se trouve h Le'ulen , en!/. lli:yi^e:is. 

Obfei'\'atio Ecclipfîs Solis flichi Parifiis ab Isimai<:li<: bullialdo. 
16. Januarii iinno 16^6. potl mcridiem. 



Di^iti 
iibfciinui. 


Altitudu 


AltitlUlci Inlis 
ci.rrccta. 


•IV-mpiis 
cnliL-rtiini. 


r,u-:cs 

:llllhitllS 

dilci 
tcn-;ic.') 


Scniidi:!- 
niL'tcr U. • 


- 




Gr. . 


Gr. '. '. 


II. •. '. 








Initium. 
I. 


22. 


20. 
10. 


22. 19. 0. 
22. 9. 0. 


G. 
G. 


14. 

24- 


12. 
32- 






Scmidiametcr © juxta 


1 1- 


22. 
21. 


.■)- 
56- 


22. 1.43. 
= 1-54-43- 


0. 
0. 


3û- 
35- 


24. 
24. 






tabulas philolaicas crat 
i6'. 42". 

(L^'^-i5'-35'- 


3- 


2 I. 
21. 


40. 
31- 


2i-3«-33- 
21. 29.28. 


0. 
G. 


44. 
49. 


44- 
18. 


8g. 
88. 


15. II. 

15. 48. 


Qiiain proportioncin 
phafes preciic non df- 
tcndunt, fcd paulù ma- 


4- 
4t- 


21. 
21. 


21. 


21. 19. 23. 
21. 5. 16. 


0. 
0. 


53- 
59- 


56- 
26. 


93- 
100. 


15. 2 2. 

iS- 43- 


jorcm femidiamctrum 
Lunac. Si tamcn jnccr 
maximas et ininimas 


;. et piuilo 
"^ plus. 

6. 


20. 
20. 


5°- 

25- 


20.48. 9. 
20. 22. 57. 




5- 
15- 


40- 
4- 


104. 
114. 


15- 14- 
15. 19. 


obleruatas femidiamc- 
tri ç ■''-'. magnitiidincs 
mcdia accipiatur, crit 


H- 


2Û. 
19. 


0. 
3-- 


19-57-45- 
19. 29.31. 




30- 


36. 

2G. 


120. 

127. 


15- 36. 
15- 58. 


15'. 40". propc vcrum. 

Maxima obfcuratio 

tantillo major tuit digi- 


7r,- 
7l- 


18. 
18. 


37- 
0. 


18.33.52. 
17. 56. 32. 




44- 

52- 


G. 
20. 


ISS- 
ISS- 


16. 6. 
16. 6. 


tis 7.50'. 























') Ces nombres indiquent probablement en dei^rés la partie de la circonierenee du Soleil, eaehe 
par la Lune. 
Oeuvres. T. I. 48 



CORRESPONDANCE. 1656. 



Digiti 
obfcurati. 


Altitiulo 
obfcriwtn. 


Altitiulo folis 
correcia. 


Tcnip 
ollccti 


ni. 


Partes 
ambitiis 
difci 
tcrrac. 


Scmitli;!- 
mctoi- (l • 






Gr. '. 


Gr. '. '. 


. M. '. ". 








7i- 
7. 0. 


17. 20. 
16. 30. 


17. 16. 2. 
16. 26. 10. 


2. I. 

2. 10. 


0. 
46. 


130. 
126, 


15. 56- 


Piinéliim Finis feu Exi- 


6. 

5- 


15- 39- 

14. 45- 


15-34- 8. 

14.39.42. 


2. 20. 
2. 29. 


20. 

5-- 






tus Lunac diilitit a Ver- 
ticali per Soleiii parti- 
bus y.circitcradortum. 


4i- 
4- 


14. 13. 
13- 39- 


14. 7.26. 
13-33' 9- 


-■ 35- 
2. 40. 


16. 
54- 








3 


12- 45- 
II. 54. 


12.38.43. 
1 1. 47. 16. 


2. 49. 

-- 57- 


35- 

28. 








I. 

finis. 


II. 0. 

10. 4. 


10. 52. 51. 
9.56.21. 


3- 5- 
3- 13- 


28. 
36. 









Pundtum Inicii Icu IngrefTus (^ •"-' diilicit a vcrticali pcr Solem cranicuntc parcibus 
105. ad occafum, quarum ambicus circuli eft 360. 

Tabulae philolaicae remotis ab jnvicem Vraniburgi et Lutctiac Parifiorum nic- 
ridianis 40'; exhibent fub parifienfi mcridiano. 

H. ■. 

Initium o. 

Maximam obfcurationem . i. 
Vilam conjuntlioncni. ... 2. 

Fincm 3. 

Ita in tali nicridianorum diilantia polîta (quam collatis (ummi viri Joh. Ileiielii 
obfcrvationibus cum meis, pofitaque diilantia Vraniburgi a Dantilci 28'. tantam 
llatuereoportct). 

Coelum antecedebat tabulas 1 1'. tcmporis. Eadcm verù diftantia nicridianorum 
Pariilcnfis et Vraniburgi pollta 40'. Coelum jn aliis obfcrvationibus antccedunt 
tabulae. Adco ut concluderc dcbcamus aliquam particulam jnacqualitatis Lunaris 
motus nos etiamnum latcrc. 



-3- 

59- 
I. 

24. 



29. 
14. 

54. 
26. 



Digiti 

."•S.-'. 



CORRESl'ONDANCK. 1656. 379 

N= 260. 

J. WaI.LIS h CllRISTIAAN lUvOENS. 

4 KKVRIKR 1656. 

Ln tfttre se trouve à Le'ulcn , ccdl. Hiiyncns. 
Clir. I/uygfiis y rifpondit par le No. 171. 

Clariffimc Vir, 

Tuis ad me Hat^'ac Comitis datis Junii 13. 1655 0- •■'-"rponforias meas -) codcm 
nicnfe repoiîtas ce accepiiïe conlido. Quid de curvis nollris antchac propofitis jiidi- 
candum eric, a te tbrcaiïe accipienius, ubi qucm cum his literi.s niitto libellum ') 
pcrv'olveris. Qua ratione illae ad circulum pcrtincanc, (quod eu, ut ais, fummopcre 
videre dcfideras,) in codem libello percipias,quem ut tibi ea de re fatisfaciam mit- 
tendum putavi. Quid de noilro inibi tradico Tetragonifino lenferint Geometrae, 
mihi non ingratum erit audire;et numcubi erratum fit. Et, fpeciatim, quid de nollra 
lenferint quaelicac quantitatis defignatione propofitione 191*) tradità, et Scliolio tum 
praecedentc tum fublequente: num feilicet fatisfaciat, an nova adhuc fit exquirenda. 
Exemplarium alterum ut ad Dominum Sehotenium transmittas oro, eumque mco 
nomine falutes. Quid de Geometria Domini Ilobbes fenferim; ex ejuldcm Elencho 
meo 5), nuper edito, vos vidifie confido. Caeterum ne rébus tuis nimis fini moles- 
tus, manuni de tabula, ubi me fuero profefllis 

Tui ObfcrviintilTi m um 
Joii: Wallis. 

Oxoniiic Jan. 25. \6^6. St. Juliano. 

Cliiriffimo Speél-atiffimoque Viro , Christiano Hugenio, 
CoNSTANTiNi filio , tnidantur. ■'} 
I fl. Hiigac-Comitis. 



') Wallis indique la Lettre N". 2:4. 

=) C'est la Lettre N°. 227. 

3) J. Wallis. Aritlimctica Infinitoruni, non nova INIctlioiUis Inquirciuli in Ciirvilineoriini Qna- 

dratiiram, aliaque difficiliora Mathefeos Problemata. Oxoniae. 1656. in-Folio. 
'^) Cette proposition est la suivante: 

Pvohkwa. Propofitum fit inquirere, quantns (it terminus □ (tabellae Propolitionis 189,) 

in nnmeris abfolutis quani proxime. 

Ce terme D est le célèbre produit pour i: 

71 

3 X3X5X5X 7 X7X9X 9X11X11X13X13X etc. 

2X4X4X6x6x8x8x10X10 X 12 X 12 X 14 X etc. 
5) J. Wallis. Elenclnis Geometriae Hobbianae. Oxoniae 1655. in-folio. 

Ce livre fut l'origine d'une polémique longue et assez envenimée entre Wallis et Ilobbes. 
'^J Ihiygcns ne reçut cette lettre que le 9 mars 1656. Voir la Lettre N'. 269. 



jSo CORRi:SPOXD.\NCE. 1656. 



N= 261. 

CllRISTlAAN II1VGEN.S h [A. COLVIUS]. 

[8 i"ÉVRir.R 1656] '). 

Lu leltye et la copie se trniiyeiit à Leitle:i, coll. /Iiir^'ais. 
Elle est la réponse au Nu, 257. 

So;ii::iaiyc : rccciis vusti'e lettre et l;i phitine de f'ev. 

Monsieur 

Ce fut le 29 du mois pafl'c que je receus la voltre avecquc h\ platine de 1er 
de la part Monlicur Kalthof , que mon frère à foUicitee durant mon voyage en 
France. Et avons clK' occupez ces lo jours à luy donner la figure parfaite tra- 
vaillans fans relafchc jufques à ce que l'ayons obtenue. Cette grande afTiduitè h 
crtè caufe que j'ay différé de vous faire refponle et de vous rendre grâce de la peine 
qu'il vous a pieu prendre en me procurant une chofe que j'avois fi fort defirée. 
J'efpere de vous monfirer bien toll: un bel cffctt de mes lunettes en vous envoyant le 
Syfteme de Saturne , que j'ay dcflein de mettre au jour, et qui enfeignera la caufe 
de toutes les différentes apparitions de cette planète. Pourquoy tantoll elle paroifl: 
avec deux anfes aux coftez , cantofl: comme trauerfèe d'un aidieu , comme l'année 
pafTee , et quelques fois toute ronde comme à prefcnt. Je vous prie de donner l'cn- 
clofe -^ à Monfieur Kalthof, et de me croire touljours 

Monsieur etc. 



N" 262. 

CiiRisTiAAN HrvGRNs h [Calthof]. 
[8 l'ÉvRiiai 1656 ').] 

/.il ::!}:u!tc et lu copie se lyjiitrent à Leiilcu, coll. Ilnygeiis. 

Monsieur 

PafTè 10 jours Monfieur Colvius m'envoya la platine de fer pour la quelle 
mon frère vous h importune plus d'une fois. Elle ciloic extrêmement bien travail- 
lée et nous h fait admirer cette grande induiTirie qui vous fait venir a bout de cho- 

") La date eft indiquée par le texte de la lettre. 
= ) C'est la Lettre N°. 262. 



') Cette date doit coïncider avec celle de la lettre précédente X'. 261, dans laquelle celle-ci était 
incluse. 



CORRF.SPONDANCK. 1656. 38 I 

les les plus difficiles. Si nous en avions la dixième partie autant nous n'aurions pas 
elle 10 jours avant que de luy pouvoir donner la dernière jullede et perlecliion, 
la quelle toutefois a la fin y avons apportée, mais avec beaucoup plus de peine 
qu'aux fuperficies de plus petite fphere. 11 faudra voir a cettheure li les verres reuHl- 
ront, et nous donneront des bonnes lunettes de 20 pieds, de quoy je ne manqueray 
pas de vous advcrtir, fcachant touljours que fans vollre ayde je n'y aurois jamais 
peu aipirer. Au relie j'efpere que ce aura elle pour la dernière fois que je vous 
auray donne de la peine, et en attendant qu'il vous plaira de m'employer en choie 
ou je vous puiiïe teimoigner ma gratitude, je demcureray 

Monsieur 

\^olb-c &c. 



N= 263. 

Fr. VAN ScHooTKN h Christiaan Ml'VGICNS. 

II FÉVRIER 1656. 

La lettre se troin-c à Lcule:! , cnll. !fi!ys:e:is. 
(■;//;■. //i.'r!;ciis y :r'/m!ti!it /m;- le iVn. iC^. 

Clarirnmo Viro Domino Ciiristiano Huijgenio, 
Fr. à ScHooTEN S. D. 

Detcftionem Dioptricam 'J), de qua nuperrimc loqucbaris, qualcm hcri h Kc- 
chclio accepi, nunc Tibi tranfmitto. Quicquid autem in ea continetur, ficut mihi 
retulit, id in totum ferè continetur in Sclenographia Ilevelij , quam te haberc nul- 
lusdubito. Praelcrtimcum is liber ea omnia comprchcndere videatur, quae ad exac- 
tam per tubuni oblervationem coelellium corporum aliquomodo fpcftant. In prae- 
difta Dcteiftione vellcm legas paginam 39, ubi de novo fidere in cingulo Androme- 
dac loquitur Auétor , quod Tibi forte occafionem Tuis Tubis aliquid accuratius co 
oblervandi luppeditare poterit. Cartefij opéra brevi de novo praelo lubjefturus 
Ludovicus Elfevirius, h me efflagitavit ut ei illa omnia fubminillrare vellem, quac- 
cunque lucis aliquid illis allatura judicarem, aut novis accellionibus ea locupletare 
pofTent. Quocirca fi quid à Domino de Beaune ex Gallia circa illam rem tccum rc- 

portavcris, qui traftatum , qui Diorillice infcribitur, eompofuit, quem eo aegroto 

« 

') Detectio dioptrica corporum plaiietanmi vcronim, dasz ift voii deii wiiiidersaiiicn docli \ve- 
sentliclieii wahren und natiirlicheii Bildni'isz iind ciirpcrliclicii Form iiiid Gestalt der fiebcii 
Planetftcrnen und ettlicher Fixilcrncn. Von Matthias llirzgartcr, Franckfurt am INTayn. 
Rlatchias Merian. 164.-^. in-4°. 



CORRESPONDANCE. 1656. 



Dominus Bartholinus in ordincm redegic -) : rogo ut mihi cum communicare dig- 
neris, quoniam illiim apud Doniinum Myloncm Te vidifTe confido, et Tu forte 
eundemjam diu dclcripl'cris. Caeterum quidquid fuppcditaveris gratuni erit, coque 
magis n quàm primum ad haec refpondcas. Valc. 

Lugd. Bat. II Febr. 16^6. . 

A MonfiCLir, Monficur, Christianus Hugenius, ten huijfe 
van de Heer, Men Heer van Zuijlechem. 

Cito met een boeck. op t'pleijn 

port. - in 

S'Graven-I lage. 



N= 264. 

Christiaan Huvgens à Fr. van Schooten. 
15 février 1656. 

La lettre se trouve à I.e'nieu, coll. Hnygens. 
Elle est la rtfpoase trn JVo. 263. 

Clariffimo ^^iro Domino Francisco Schotenio 
CiiR. Hugenius vS. D. 

De libello ') Hirrcharteri -) gratias ago, ncque mihj plane inucilis cil:,licet 
quod maxime defideravcram, tcmpus oblervationisquocum anfis Saturnum Fontana 
vidit, non lit annotatum. Scio Ncapoli imprefTas typis ipfius Fontanae obfervatio- 
nes anno 1 646 in 40 ■^) quem librum fi nancifci pofTcm proculdubio fuerim voti 
compos. Domino Kechclio brevi iuum remittam. Ex Gallia nihil alporcavi quod ad 



-) Cet ouvraul'e parut plus tard dans le tome second de la seconde tdition de la„Geometriaà 
Renato Des Cartes", publiée par van Schooten, 1659. I' porte le titre: 

De Aequationum Natura, Conftitutione, & Limitibus Opufcula Duo. Incoepta àFlori- 
mondo de Beavne, in Curia Blefenli Confiliario Regio; abfoluta vero, & poil niortem ejus 
édita ab Erafmo Bartholino , Medicinac & Matliematum in Regia Academia HaFnienfi Pro- 
feflbre publico. Amllelaedami, Apud Ludovicum & Danielem Elfevirios. cIoIdci.ix. in-4°. 



') C'est l'ouvrage cité dans la lettre A". 263. 

-) Matthias Hirzgarter (car tel est son vrai nom) naquit à Maschuanden (Ziirich) le 28 no- 
vembre 15-4 et mourut à Ziirich le 9 février 1653. Depuis 1622 il était pasteur à ZoUikon 
(Zurich); il publia divers ouvrages astronomiques. 

"') Voyez la Lettre N". 24, Note 7. 



CORRESPONDANCE. 1656. 3H3 



Cartcfij opéra percincat ; li ciim illic agerem fciviflem cale quid apud Dominum 
Milon afTervari , cjus mihi copiam fieri polliilalTem , mine fi ab ipCo petieris niillus 
dubico quin libentillîmc fit concefTurus. Liceras ab eo, "•) eadcm die qua tuas accepi, 
ad te mifi, qiiibus non vacabat mcas adjungcre adeo afildiiani peiipicillis fabrican- 
dis operam danius. Eftecimus 24 pedum longitudinc praeftantillimum , fcd adhuc 
loci commoditas decil ubi obiervationes inftituere pofilmus. Vale. 



Hagac Com. 15 Fcbr. 16^6. 



N= 265. 

ClIRISTIAAN IkvGENS h '1'. B. MoCClII '). 
[l'ÉVIlIER 1656.] 
Li: :siiiii:lc se l'runye à Lcidcn , cuil. IIi:y!;c:is, 

Monsieur 

Quoyquc le bonheur d'ellrc auprès de vous ne m'ayt dure que tort peu d'heu- 
res , il m'eil: demeure toutefois une trelgrande imprcfllon de voilre civilité et fran- 
chile , et qui bien fouvent me renouvelle le fouvenir de la foirce que vofire bon 
acceuil et l'art incomparable du Sieur Galpar nous firent pafTer avccq le plus grand 
contentement du monde, mais fur tout depuis peu il m'ell venu envie de continuer 
avccques vous le diicours qu'alors la brièveté du temps nous permit feulement 
d'entamer, touchant la noble mécanique des lunettes d'approche, parce qu'ellant 
de retour de ce voyage la, j'ay entrepris de nouveau cet exercice , et n'aij pas man- 
qué de fucces, comme auparavant. J'en attribue la caufe a vollre bonté fingulierc, 
par laquelle vous ne m'avez rien celé de ce que penfiez me pouvoir élire utile en 
cette affaire, et qui me fait efperer qu'a l'advenir, en tout ce que je defireray d'ap- 
prendre de vous, vous aurez melhie facilite h me le communiquer. Il ij à bien de 
chofes en cette matière, dcfquelles je regrette de n'e m'efire point informé lors que 
j'en avois fi bonne occafion, et particulièrement de la manière que vous obfervez h 
mouler les formes. Je ne me luis iervi jufques a cefiheure que de celle de fer ou 
acier -). 



•t) C'est la Lettre A'^ 258. 



') T. B. Mocchi était le fils du sculpteur italien Francesco Mocclii (1580 — 1656), et polisseur 

de verres optiques à Paris. 
-) La lettre, non terminée, a évidemment été remplacée par la suivante. 



3^4 



CORRESPONDANCE. 16^6. 



N= 2(56. 



C'iIRlSTIAAN IkvGENS h T. 13. INIoCCHI. 



[février 1656]. 

I.ii :nhu:lc cl la co/iic sf lyni.'ye:it à Lc'u'.cn , cuit. /f/:Yge:is. 
Sommaire: Qiiilqiuli.ie. \'crgi-oi)ti;I;\s van 2. fch'itcls gictcn. ICIIiplis. Ilypcrbul;!. l':irv;i coiivcxa. 

INIONSIEUR, 

Ellant de retour du voyage, par le moyen du quel j'eus l'honneur d'appren- 
dre a vous connoiilre, j'uy commence a faire mon prolit de ce que j'avois appris 
chez vous, touchant la façon de polir exaftement les verres, et j'aij fort aifemcnt 
llirmontc toutes les difficultcz, et inconvénients, qui me donnèrent de l'empefcbc- 
ment autrefois, de forte que j'ay conrtruit une excellente lunette de celles qui 
aggrandiïïcnt les objcfts prochains de deux verres convexes, et aufll d'autres pour 
des objeéts éloignez quoyque non pas fort longues encore, faute des formes. Or 
vovant que tout cecy fuccede trefbien a fcavoir ce qui concerne la manière de faire 
la fuperfîcie fpherique j'aij fonge encore à ce qui fe pourroit faire pour obte- 
nir l'Hyperbolique ou l'Elliptique et parce que j'ay trouve quelque chofe qui 
me femble en cecy de confequence, je penle eilre oblige a vous en faire part 
puifque je fcaij que vous vous elles adonné h cette mefme recherche. Il vous 
Ibuviendra que nous parlafmes de tranlYormer la fuperficie fpherique quand elle 
ieroit défia toute achevée, en Hyperbole par le moyen du poliflement; Et c'ell 
cetcuicy mefme que je penfe maintenant eilre l'unique pour reuflir en cette affaire; 
avant appris par un calcul trefexaél combien peu il y a de différence entre les 
petites portions de l'une et l'autre figure. Pour vous expliquer ce calcul, je dis que 
fi ABC elt un verre convexe du cofiè ABC, et plat de l'autre, et qu'il foit large 

de 3 pouces comme je l'ay marqué 
icy, et propre à une lunette de cinq 
pieds de long, c'eil a dire le dcmy- 




diametre de la circomfcrence ABC 
de 2^. pieds. Je dis qu'on peut creider 
un canal félon la ligneDBE quejefup- 
polé icy eltre la vraye Hyperbole re- 
quife pour cecy , dans lequel en parachevant de polir le verre ABC, il en devien- 
dra peu à peu meilleur, et devant qu'au milieu B il aijt perdu l'efpefieur de — J- — 
d'un pouce qui efi: fi petite qu'elle efi: tt)ut a fait invifible, il aura partout la vraije 
ligure du canal et de VI lypcrbole, et touchera A a 1), et C a E. car ces lignes AD, 



CORRESPONDANCE. 1656. 385 



CE ibiK chacune environ — ;' — d'un poulcc quoyquc je les ave marque bien 
grandes. De cccy vous ferez a peu prez conjefture pour ce qui cil: de verres plus 
petits ou plus grands, que fi on veuille changer la (liperficie ipherique FGI I, qui elt 
aufTy de 3 pouces en Elliptique dans un canal de cette forme KGL. il fera encore 
plus aifè, car devant que par devers G on ait ollè refpefîeur de — '— ^ d'un pouce la 
vraye figure elliptique fera parachevée. Vous fcavez par ladcmonllrationde Defcar- 
tes que l'ellipfe fert aufll bien que l'hyperbole à conduire les rayons parallèles a un 
mefmc point, mais qu'alors qu'on veut prendre l'ellipfe il faut que l'autre lli- 
perficie FH foit concave d'une certaine fphere. D'où s'en fuit qu'eilant le verre 
FGII pour une lunette de 5 pieds comme l'autre, le demydiametre de la cir- 
conférence FGH ne fera que li- d'im pied, et celle de FH de 5 pieds. Il y a 
doncq deux manières de faire cette tranfnuitation de figure. Et je ne voy rien 
qui nous puifTe empefcher de mettre en oeuvre l'une ou l'autre des deux poin-- 
\-eu qu'on colle du papier treffin ou quelque choie encore plus délice que le 
papier dans ces canaux, et qu'avec le tripoli l'on frotte le verre la defilis, 
après qu'il fera défia bien poli dans la forme fpherique. le tenant toutefois bien 
perpendiculaire et droit dans le canal, a quoy il me lemble elb-e aile de pour- 
voir par quelque invention. Quoyqu'il arrive il ell certain que peu à peu la 
figure du verre s'amendera par ce moyen, et ler\'ira toufjoiirs a mefmc lon- 
gueur de lunette, fi on ait choyfi l'elliplc ou hyperbole qui convient juilement 
a la figure fpcrique du verre : Car il ell: bien certain auflî que pour chalque 
diamètre de convexité il n'y a qu'une feule grandeur d'ellipfe, ou d'hyper- 
bole qui puiflc fervir. Au relie je prefererois l'ElIipIc non feulement parce que 
le changement en cil plus facile comme vous avez veu, mais aufii parce qu'il 
me femble plus aifè de donner au fer qui doit tailler le canal, la parfaite 
forme de cellecy que de l'Hyperbole. Il ell vray que félon voftre invention 
l'un ne feroit pas plus difficile que l'autre, je parle de celle que vous eulles 
la bonté de me communiquer, qui ell: d'attacher le fer entre deux pièces de 
cône et de le former ainfi quant et quant cettuicy fur le tour. Mais je ne 
voy pas comment cellecy fe pouroit pratiquer pour ax'oir de ces feftions coni- 
ques un peu grandes comme il ell requis pour de longues lunettes. Et de plus 
je crains que la figure n'en feroit pas encore afll'z exafte, veu qu'il s'agit de 
vingtmilliemes d'un pouce. Peut élire vous croyez qu'il faudroit feulement de 
petites lunettes de celle façon, pour en voir des grands eflefts, ce que vous 
ne trouverez pas pourtant, a caufe que donnant grande ouverture à un verre 
qui n'ell que d'ime petite Hyperbole il ne le peut faire que les couleurs ne 
vous incommodent, et que les objecls que vous verrez vers les collez de 
l'ouverture ne paroifitnt en quelque façon courbez et tortus. Et toutefois 
c'eil la feule prérogative qu'ont ces verres par delTus les fpheriques que leur 
ouverture fe peut faire plus grande. Mais pour revenir h ce que je difois afca- 
voir que l'ellipfe ell plus ailée a former, c'ell en conlideration d'un engin 

Oeuvres. T. I. 4y 



\U 



CORRIiSI'ONDANCi:. 1656. 



fort fimple qui a eflè trouve il y a long temps, pour 
faire rEllipfe: lequel j'aij deiïèignè icy h codé, ec que 
je penfe ne vous eftre pas incognu; autrement je reudc 
expliqué plus au long. D reprefente le fer, le quel 
je voudrois auparavant que le mettre là, former félon 
le mcfinc cercle du verre à reformer, a fcavoir fon 
collé AC, et puis ayant applique une pierre a eguifer 
bien dure au bout du ballon B, le perfcétionner par 
le moyen de celle la. Je ne fçache aucun inllrument 
fi fimple pour former THyperbole, quoyque il y en 
ayt audi qui pourroient fervir a cellecy , de l'inven- 
tion de monfieur Gutfchoven. Or ce fer cilant ainfi fa- 
çonne il faudroit l'accommoder dans une hache de me- 
nuiiler, c'cll ce qu'en latin on nomme dolabra. et ainfi 
peu a peu faire le creux du canal tout droit, dans du bois 
bien dur, ou de l'ellain ou du cuivre. Je ne voy rien en tout 
cecy qui foit fort mal aile a exécuter, et fi j'eflois aufli expert 
en mechanique que vous Monfieur j'oferois me promettre le 
fucces defirè. Je fais bien efl:at pourtant d'entreprendre quel- 
que jour cet ouvrage et pour cela je defire fort d'entendre 
de vous fi en ce que je vien de propofer vous trouvez des 
difficultez, auxquelles peut cilre je n'ay pas pris garde, faute 
d'expérience. Il me femble qu'une des plus grandes ell, de 
faire glifTer le verre toufjours bien droit dans le canal. Car quant à la préparation 
de ceiluicy, je ne doubte pas qu'elle ne iliccede trcfbien. Et puis que nous 
voyons tous les jours que les malhabiles en cette arc en poliffant les verres convexes 
altèrent leurs figures et les gailcnt, il cil encore évident que le fuperflu en peut 

cllre ollè par le mefme polifTemcnt fi on en ufe 
comme il faut. Je luis bien afieurc que la chofe 
mérite d'eftre efprouvée a caufe des efFecTis extra- 
ordinaires qui en doivent rcfulter. Et fi vous elles 
de mefme advis et en avez mefme envie, je 
vous feray fcavoir cyapres comment il faut ad- 
juger l'engin fufmentionnè, pour former la vraye 
ellipfe que requiert chafque convexité de verre 
qu'on veut tranfformcr. Car pour acett heure il ya 
longtemps que je crains de vous élire importun 
par une fi longue lettre. Toutes fois devant que 
finir je vous prierai) d'une chofe, c'ell qu'il vous plaife de m'informer un peu tou- 
chant la façon de faire vos formes, a fcavoir comment vous rendez le modelle 
exartement fpherique de celles que vous jettez en moule; et fi vous le faites de bois. 




E 



^ 




CORRICSI'ONDANCE. 1656. 3^7 

Et quelles formes font les meilleures celle de fer ou de cuivre meslè avec de Fellain 
ou de cuivre feul. Je ne me luis lervy jufques à cette heure que de celles d'acier, que 
je trouve treiljonnes, mais il y a grande peine avant qu'on leur puifle donner la 
vraije figure. Je fuis 

Monficur etc. 



N= 267. 

Christiaan IIuvgens h J. Hevelius. 

8 MARS 1656. 

La minute et la copie se trouvent à Lelden , coll. lluygens. 
Ilcvclius y ~i!l>on<Ht pur le No. 302. 

8 Mart. 1656. 

CbrilTimo, EruditilTimoquc Viro Domino J. Hevelio 

ClIR. HUGENIUS S. D. 

Tam bene de re Aitronomiae omnibufque qui coelum contemplantur, mericus 

es Vir Clariffime, ut li quis in his novi quid adinvencrit id tibi ante omnes lîgniii- 

care merito teneatur. Itaque quàm primum de divulganda bac nollra circa Satur- 

num oblcrvatione ') conflitui. continuo tu occurilH cui copia ejus facienda cfîet. 

Cumque nunc Frater meus -^ ad vos iter adornet, comes enim proficilcitur lega- 

tis 3) Reipublicae noilrae ad Succorum Rcgcm •*) qui veltram lîmul urbcm in- 

vifent, placuit uci bac opportunitate exemplariaquc ipfe pagellae illius ad te pcrfe- 

') Cet opuscule fut imprimé sous le titre : 

Christiani Hvgeiiii de Satvrni Lvnà obfervntio nova Hag. Com. Adriaiuis Vlacq. 1656. 
in 4". 
") Philippus Huygeiis. 
■') Ces ambassadeurs extraordinaires furent les suivants: 

") Frederik van Dorp, Seigneur de Maesdam, iils du général d'artillerie de mémenum 
(1547 — 1612} et de sa seconde épouse Sara van Trillo; il naquit en 1612 en Tlioleu et mou- 
rut à Leiden le 29 août 16-9. Il devint Président du Conseil de Hollande (1666) et Bailli 
de Rijnland en 1670. 

'') Mr. Justus de Iluyhert, fils du Bourgmestre de Zierikzee Adrianus de Iluybert et de 
Martha van Steengracht.il naquit à Zierikzee en i(5io et mourut à Middclbourg le 4 sep- 
tembre 1682. En 1664 il devint secrétaire des Etats de la Zélande. 

'■) Mr. Govert van Slingelandt, qui naquit en 1620 à Dordreclu et mourut à la Ihiyele 
3 juillet 1690. En 1664 il devint secrétaire du Conseil d'état. 

"■) Johannes IJsbrands, fils de Mecronymus; né à Groningue en 1621 , il y moui-ut en avril 
1679. Grand érudit, autant qu' homme politique. 

Ils partirent le 9 mars 1656, ad Régna Sueciae et Poloniae. (Dagboek.) 
"i) Karl Gustaf X, roi de Suède, né à Nykriping le 8 novembre 1622 et mort à Gothcnburg le 
23 février 1660; il succéda à sa cousine Christina, lorsque celle-ci abdiqua en 1654. 



CORRESPONDANCE. 1656. 



rcnda tradcrc. Optarcm equidcm ut mathemacum minus rudis efTct , oui tccum hoc 

cft cum viro expericnciflimo congrcdi concinget. multa cnim de te tuilque pulcherri- 
mis obfcrvacionibus et inventis niihi rcferre poflct, quac mincctiamli ab hunianitatc 
tua ut videat impetrct, non benc intcUigentem praeterlabentur. Verum quibus 
pcrcipicndis illc minus idoncus videbitur ea oro ut cpirtolac committcre vclis et 
in primis fi quid de Saturno novi tibi animadvertere contigit. Dubio procul obfcr- 
vationcs ab anno 45, ufquc in praefens continualli , quac non omncs eàdem facie 
illum tibi retulere. Si vero ijs varietatibus conipectum cognoicerem quae ex hypo- 
thefi mea coniequuntur, plurimum ea convenientia gaudcrem. Mihi anno demum 
praecedentc telelcopiorum ars innotuit , neque proprias oblervationes antiquiores 
habco. Quamobrem fi praeteriti tcmporis aliquas tua fide diligentiaque dcfcriptas 
confpiccre dccur nihil mihi queat accidere gratins. \'ale vir Eximic hominifque tibi 
ignoti libertati fcitinationiquc iii'nolcc. 



N= 268. 

G. P. De Roberval à Christiaan Huygens. 
lo :\iARs 1656. 

La lettre se trouve à Leidcn, coll. lliiygens. 
Clir. lluygeiis y répondit par le No. 281. 

Paris ce lo Mars 1656. 
Monsieur 
Il y a deux mois que je receus voftre lettre '), par laquelle vous me mandiez 
vofi:re retour chez vous, je vous refcriuis auffj tofi:, et je mis moi-même la lettre ") 
dans la bocte à la rue Quincampois, dont pourtant Je n'ay receu aucune refponfe. 
Cela m'a fait tomber en quelque foupçon, quj fera caufe que je ne vous manderay 
rien juiqu'à ce que jaye receu la voftre à celle cy. Je vous prie que ce foit au pluf- 
tofl:: Mais fj vous eftes en mefine foupçon que moy, refcriuez moy par plufieurs 
voyes dans des pacquets de vos amis , auec charge c^e me rendre vos lettres en mains 
propres. Peur moy, fj celle cy manque je fuiuray d'autres voies. Je fuis 
Monsieur 

\"'oftre très humble et trefobeiffant feruiteur 

ROBERUAL. 

A MonficLir Monficur Ciirestien Huygens de Zulichem. 

A La lîavc. 



') C'est la Lettre N°. 251. 
=) C'est la Lettre N°. 256. 



coRrvi:si'ONDANCi:. 1656. 389 



N= 269. 

CHRISTIAAN lIliVGENS à Fr. VAN ScilOOTRN. . 
10 MARS 1^)56. 

-''•-' ' I.^: lettre se rrniivi- à r.ciih-:,, coll. Iluyirais. 

Clariffîmo Mro Domino Francisco Sciiotenio 

CllR. HUGENIUS S. D. 

Cum ad te Icriberc conllitaifTem Ducquius operam luaiii obtulit qui tibi cpillo- 
lam perferret; itaque et folijs iftis ipfum onerare viium ell quae nuper niihi pcrle- 
t^enda conccfFcras. Ouinia ing'cnium tuum juxta atque Analyticae utilitatem com- 
mendant. In pondcrandi mcthodo ') animadverti, cum tria pondéra invcftigas, pro 
primo nnitatem poni , pro altero 2, pro tertio v, atque inde à tertio l'eu majori 3» 
auterendo duos primos i et ;: , concludcre te , reliquum y — 2 — i indicare deberc 
librarum numcrum omnium minimum qui à tribus ponderibus ponderari qucat, 
eumque cfTe 5^ Non video autem unde hoc deducas, nifi ftatuas primorum duorum 
ponderum iummam efficere 4. adeoque fecundum pondus eiïc 3, iiquidem primum 
I efle poiliirti. Quod fi vero priora pondéra i et 3 mancre fupponis, tcrtium- 
que rcquiris, pro eo y ponerc licebic à quo prioribus i et 3 ablatis, conclu- 
des continuo refiduum y — i — 3 efic debcre 5: hoc ei'i:,^ co 9. Sed hic jam 
illa conditio non adimpleta elT:, omnem librarum numerum inter 5 et 13 expcndi 
pode. Tuum itaque cil conliderarc quatenus hic Algebrae locus fit,quamcqui- 
dem in prioribus duobus i et 3 reCTie adhibitam nemo negabit. De lulu aleae 
brevi aliqua concinnavero quae tibi mittam. Domino Kechclio librum ") fi.ium 
fi placet reddes , proque ulii ipfius gratias âges mec nomine fimul et chartulae ^) 
quam tibi mitto excm