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Full text of "Oeuvres complètes de Démosthène et d'Eschine: en Grec et en Français"

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ŒUVRES COMPLÈTES 

DE DÉMOSTHÈNE 



ET 



D'ESCHINE. 



•\ 



IMPRDIERIE d'AhLI. UNOE^RUE DE LÀ BARPE. 



' i 



ŒUVRES 



COMPLÈTES 



V 

DE DÉMOSTHÈNE 

ET D'ESCHINE, 

EN GREC ET EN FRANÇAIS. 

Traduction de l'abbé ÂUGER , 
De TAodèmïe det Imcriptîoiu et BeOef-Lettret de Puîi. 

nOUVELIiB ÉDITION, REVUE BT CORRIGÉE 

PAR J. PLANCHE, 

FaOtCSSEirB >■ kBiTOBIQUI AV COLLioB lOTÀL Ol BODa(OB( 

Oraée d'un portrait de Démosthène gravé d'après Tantique 

' • ' • 

^Que teTait-ce«dp|iip , d V(Hi8'raVîèz"'«nienda lui-même ! 



TOME TROISIÈME. 



Cbbs. 



PARIS 

VERDIÈRB, Libraire, quai 




C VERDIERB, Libraire, quai des AugiJilUlU 9 ' 11*' ao. 
< GAREZ, THOMINE it rORTJlG, Libraires, 
C rue St.-Ândrë-des-ÂrUi n.« Sg. 



AIïIïEE l8âO. 



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ŒUVRES 



DE DÉMOSTHÈNE 



***'**'*'**'*'**'**^'**^***'*'*'***'VVVW«/V»ft*%(VVVVVVVV\^»/%\/VV^ 



SOMMAIRE 

DE LA HARANGUE 



sua 



L£ TRAITÉ D'ALEXANDRE. 

J Ê n^âi vu nulle part dans Thistoire d^ Alexandre, qu'il soit 
fait mention d'un traité de ce prince avec les Grecs. Il est 
constant, néanmoins, par ce discours, que ce traité existait. 
*jre ne pourrai SiKner que des conjectares sur le leois où le 
traité a été concla^t le dbcpurj. prononcée La Ëaiaille de'* 
Chéronée avait rendu Philippe raâîtrcd^ la Grèce; il avait 
été nommé généralissime des Grecs contre' Iss Perses : 
mais , lorsqu'il mourut , sa nouvelle doraln^f t<on était en* 
core mal affermie. Le jeuâe Alexandre monta sur le trône 
de Macédoine. 11 n'était assuré ni des Barbares, ni des 
Grecs, ni de ses propres sujets. Il les concilia tous par la 
crainte ou par la douceur , par la force ou par les caresses , 
par son courage ou par sa prudence. Il fit assembler aux 
Thermopyles le conseil des Amphictyons, et se fit confir- 
mer, par la voix générale , le titre de chef de la Grèce , 
qu'on avait donné à son père. Il ne se contenta point de 
cela; il fit convoquer à Corinthe une grande assemblée , 
où se rendirent tous les députés de la Grèce. Je pense 

T. m. 1 



2 SOMMAIRE. 

que ce fut dans celte dernière assemblée 9 où il engagea 
les peuples à le nommer généralissime des Grecs contre 
les Perses, que fut conclu le traité dont il est ici question. 
Ce traité renfermait, sans doute , un grand nombre d'ar- 
ticles; entre autres, que les villes grecques seraient libres 
et indépendantes ; qu^on ne pourrait pas y faire d'inno- 
vation, y rétablir les tyrans, y rappeler les exilés; que la 
mer serait libre; qu'on ne pourrait saisir et emmener les 
vaisseaux d'aucune de^ villes confédérées , etc. Avant 
qu'Alexandre partît pour l'Asie ^ il y eut encore quelques 
monvemens dans la Grèce, qui l'obligèrent vraisembla- 
blement à prendre des partis qui n'étaient pas tout-à-faÎË 
coQformes aux dispositions du traité. Après son départ , il 
est probable que les Macédoniens firent quelques entrepri- 
ses et se portèrent à quelques démarches un peu irréguliè— 
res. La Grèce voulant profiter de l'éloignement du prince - 

femu«tJ36 -pôuveau^ JMolir.is&pDuer le joug. 

*• • •••«,*•» ^ 

Ce fut |[^foBab4<n|[ent d^ns cette circonstance que l'orateu- 
d'Athée e&^propbnjga' son discours pour engager les Athé— 
siens àpr^ii^^é^ljB^^t'i^cfjcontre les Macédoniens, à le- 
poursuivre comme infracteurs des traités , et violateurs der 
sermens. Quoique ce disoours se trouve dans les oeuvres d 
Démosthène , tous les critiques s'accordent à dire qu'S 
n'est pas de Démosthène. Je suis très-fort de leur avis. X< 
n'y trouve point cette véhémence et cette rapidité de style- 
cette netteté , cette clarté lumineuse , cette profondeur dars 
les idées, qui caractérisent Démosthène. 

L'auteur du discours, quel qu'il soit , y reproche aui 
Macédoniens et à leur prince plusieurs infractions du traité : 
il fait , en quelques endroits, des sorties contre les ministres 



SOMMAIBE. O 

partisans de la Macédoine, et après avoir tâché d^anîmer 

hs Athéniens contre les uns et les antres, il conclut en 
disant que s'ils ^ordonnent , il proposera en forme de 

poarsaivre lesinfracteurs les armes à la main. 

Je suis bien aise d'avertir que je n'ai point trouvé dans 
l'histoire la confirmation des faits particuliers qui sont 
cités dans ce discours , et qui sans doute étaient trop peu 
împortans pour qu'elle s'en occupât. 



h» 



«VM 



<*VWVVWWVVW^M/WWVVWVVW\<VVVVVWVVV^W»WVWVW»W»<VWVW*(VV^^ 



nEPi TûN npo2 



AAESANAPON STNOHKnN AOrOS. 



rm To7$ ôpMi$ )ccLi Tcuç (ruvG>ixot/$ <J/otxeA£uo]u.eyû)K 
t/i/jLînty , e/Trep otuTo '7r£'7re/(r/*eyo/ ;ro/ou(r/V oiofjLcti 
y<tp oJ(îey outû) to?^ ^|xo3cpctToy)ttevo<$ nptwîrj , J5 
^ep< To ((Toy xct/ To oixoc/oy (T'Trouaoî^gty. Aet xo^yuv 
Tou^ A/ccy e'TT ctuTo 7rctpctx,cCA0uvTot.$, /^>i Ta /^ev Aoyo» 
xctrctp^pû)/^èVou$ eyop^AeTy , ^ccyTct <Je /-tctAAoy ^pxr- 
Te/y, ctAA% vzto/jLîncLvrcLÇ yuy/ Toy i^îTctafiov , 11 jccte 
roKoiTCo^ *7rti5ofjiîiov$ viiZ$ ep^e^y irept ûLwTay, >; *7rot- 
poc^û)p>j(7GtyTct^ , ecTi VujtxCouAeug/y tou^ TccA)î9e(rT£poe. 

îcou^cgvo/ ccygp^>î(r5e , jcctt ctuVo rovro p(^ûtp/(^>i(r9g tûT 
ot(î/xouyT< , ît -TrpoeAo/^gyoi Trgp/ t&'AgiorTou ^o<e7(r9ofc/ to 
dt)ccc<oy, cLHy}L\y\rûi)$ ^po^ à^otvTct^ ^p^tr9e ro^ o-ujui- 
(pepoyTi , fXTDcgTi fteAAoyTgf . E^ oturav d'g T(»v cuv5>i- 
xm xcLi rm opjco^v (rx,ot9'ou/xgyo<f, T«y îzrgp* t|^ 



*>^^^^f^^^^^^/v*^A*nnnM*^M*KnA/*^n^Mi^^^tnnMM^MM^y^\^i^sw^M^V K '^MW W ^iv^v^w¥WWKiv^/k 



HARANGUE 
SUR LE TRAITÉ D'ALEXANDRE. 

* 

ATHÉmENS , les orateurs qui nous exhortent à gar- 
der les sermens et les traités , méritent qu'on les 
écoute, s'ils sont persuadés eux-mêmes de ce qu'ils 
disent ; car rien , selon moi , ne convient plus aux 
états démocratiques , que le zèle pour ce qui est 
juste et honnête. Que doivent donc faire ceux qui 
TOUS pressent d'être fidèles à vos engagemens ? il 
faut que^ sans vous fatiguer dé beaux principes 
en spéculation , qu'ils contredisent dans la pra- 
tique , ils nous permettent d'examiner à présent 
leurs discours « afin d'obtenir plus de confiance 
par la suite; ou que^ du moins, ils laissent parler 
ceux qui s'expliquent avec plus de vérité sur la 
foi des sermens. Par là , tous souffrirez tranquille- 
ment l'injustice, par complaisance pour celui qui 
en est l'auteur; ou ^ résolus de préférer à tout, le 
parti de l'équité , vous vous occuperez aussi de 
votre intérêt [i] , et cela, au plus tôt, sans vous atti- 
rer de reproche. Pour peu qu'on réfléchisse sur 
les dispositions du traité qui assure la paix gêné- 



6 HARANGUE SDR LE TRAITÉ d'ALEXANDRE. 

raie, on voit d'abord quels sont ceux qui Tont 
enfreint, et qui ont violé les sermens. Je vais vous 
instruire, sans me permettre, dans une affaire 
aussi importante , des détails superflus. 



Si on vous demandait, Athéniens, qu'est-ce 
qui vous indignerait davantage? cest, diriez- vous, 
dans le cas où il resterait des descendans de Pisis- 
trate [2], qu'on vous fît violence, et qu'on vous 
obligeât de consentir à leur rétablissement. Vous 
prendriez les armes , vous vous exposeriez à tout 
plutôt que de les recevoir; ou, si vous consentiez 
à ce qu'ils fussent rétablis , vous seriez plus misé- 
rables que des esclaves achetés à prix d'argent , 
puisque personne ne tue son esclave de gaîté de? 
cœur, et qu'on voit des tyrans faire mourir 
des citoyens sans aucune forme, outrager leurs 
femmes et leurs enfans. Mais Alexandre qui, au. 
mépris des sermens et du traité commun^ a réta- 
bli les tyrans de Messène, les enfans de Philiade,. 
s'est-il embarrassé de la justice? N'a-t-il pas suivi 
son caractère tyrannique, sans nul respect pour 
vous et pour les conventions communes ? Vous 
donc qui seriez indignés qu'on vous fit ces vio- 
lences, vous qui réclameriez les sermens, vous de- 
vez en réclamer l'observation lorsqu'il s'agit des 
autres, et ne point regarder d'un œil indiffèrent 
le mépris qu'pn en fait dans les villes étrangères < 



8 HEPI TÛN HP. AAES, XTNÔ, AOr. , 

âidKihevîa^cn riidç hrcLvâi tfJifJLtveit ro7$ opycotç , 
rôi$ J^* cLvzovs ovxa '7ttpt^r\rcùÇ <iyiffi/\y.o<ri , tlcltcl- 

TfltîTa-' oÙtû^^ ej^siv , ect? ^orjMtrQ-t xS dixdicf J^î?- 
ixâcti' jcctt yotp err •Grpoa-yeypotTiTfltr é» Tct?^ (tuv^îi- 
xcte^ , "TtoXîiJLioi thcLi Tov e3c67vût, ct^ep A\e^cuâpo$ , 
-^oioîîvTa , kwcLat rois ty\$ eip)ff>f^ xoivavoua-i , Ttdi 

THV ^CùpûL9 CLUrov y 7LCU (rTfCLTeVîa^dil ÎW* «tUTOV 
cLî^'OtVTOt^. O03C0Cv ectV 'TtOiSllii TCL CVyMl [lî^OL ^ -TTO- 

AAAût yctp Ê<wo/£V àv 0/ Tupoti v/(^oifT4^ ovro< , ort , 
-TTpty Tct^ o-wy^wtût^ ytna^di , €Tt>p<tvyouv M£o-o->iveay 
0/ $<A/ct<îbu î3*a?(?e^' Ao 3ca/ xotTotyeiv Toy 'AAe^cty- 
(Jpov ccuTou^. AAAct jcctTctyeActo-To^ Aoyo$ rov^ 
|uiey €3c AecrÊot; Tupotvvou^ , o/ov i^^Asixiacrns xcLi 'Ep6- 
(Tou , exÊfltAeTy , cJ^ d^x^n/jucroç oyro^ tou TroAiTeujxot- 
To^ , Tou^ irpo rSy ojxoAoyiSy f upfityv>K7ctyT« • ey eîe 
Meo-cDjyîjf ft>j(î'€y ouaGct/ Acccpepe/y , tîi^ ûtur?^ ^crp^g- 
'pg/a^ uw<ip')(ov(rn$. 'ETtîivct xctt IwircLTTîi )î cuySw» 
eu^uij ey ctpp^w , gAeud-epou^ eeva/ xott cluxovo[jlov^ tou^ 
£AA>iyoL^. Atxote£»^. ïloT^ oùv oJ^ uVepotTo^oy >îy^'' 
(rôct/ /Miif Tay <n;yô->ix^v tc ctuToyofiot;^ îÎvcli^ xoli éAeu- 



ŒUVRES COMPLÈTES 

DE DÉMOSTHÈNE 



ET 



D'ESCHINE. 



lO HARANGUE SUR LE TRAITE D ALEXANDRE. 

Grecs en servitude, n enfreint pas les conventions 
communes? Si dodc^ je le répète, nous gardons 
les sermens et les traités ^ si nous observons la jus- 
tice , comme on nous y exhorte , il faut nécessai- 
rement prendre les armes , et marcher contre les 
infracteurs avec ceux qui veulent nous seconder. 
Ou bien, pensez-vous que l'occasion est quelque- 
fois suffisante pour nous faire suivre notre intérêt 
aux dépens de la justice ; et , à présent que l'occa- 
sion , l'intérêt et la justice concourent , attendrez- 
vous une autre circonstance pour recouvrer votre 
liberté et celle des autres Grecs ? 



Je passe à un autre article du traité. Il est mar- 
qué que ceux qui détruiront la forme d'adminis- 
tration qui se trouvait établie dans chaque ville 
lorsqu'on a prêté les sermens pour la paix, seront 
regardés comme ennemis par tous 'les peuples 
confédérés. Or , vous n'ignorez pas , sans doute - 
que les Achéens, hàbitans du Péloponèse, vivaient 
sous les lois de la démocratie. Le roi de Macé- 
doine s'est permis de détruire dans Pellène (a) U 
gouvernement démocratique; il a chassé le pluî 
grand nombre des citoyens, livré leurs possessionî 
à des esclaves, et donné à la ville pour tyran uv 

(/7) Pellène était une ville d'Acliaïe. 



HEPI TON nP. AAES;. 2YN0. i\Or. II 

d-tpovç , To» J^' îiç âob\u<vj xyo^TcL fjLïi oîecrGoti Tot- 
yctVTeot Tou^ xoivûu^ ofJLoXoyicuç dicLWîWp<x})(^^ùii -y OJ- 
xoiTy ctv<tyx.cuov îart}f >i]u.Tv , oJ ctvdjpe^ 'A9)jvot?o/ , eiVep 
Tû7^ ôpjco/^ 3Cûte Totr? <ruv5)i}CGt<!j t/m/xgyoCjULev, 3cct< rot A- 

XCtCOt 7yO/>J<rO|UL6y e(p i V/JUCLÇ '7tCLfCLX.CL\0V<Tl , X,flt5ot- 

Wîf (tfzi tiwo}f y \cLliov(n Tct otErAot, <rTpfltT£ve<r5flCi 
Iwi Tov$ -TTapctÊeêwoTot^ , [xsra lay ^ouAojXgyû^v. 
H yo/t<(^6T€ , Toy /jlîv jtcupoy wor i<rp^u£/y , xdt 
(tnv Tov âiTccLiov ro avfKptpov "TCfcLrlîiy ' vwi J^' où, 

OT tiÇ TCLVXO TO OlX^Ct/Oy CtjXct KCLl TCCLtpOÇ , X,fltt TO 

ffu[x(pepov auvofedpct/t>|}cey ; aAAoy ctpoc Tiyct %poyov 

eLVGL/lîyUXt tYiS làicLÇ îMv^ipicLÇ CL[XCL XAl TY\$ TlSi AA- 

Aû^y 'EAAwy^y otvT<Aût€6<r9cc/ ; 

En ûtAAo (îe A}cct/ov lf')(oiJicLi , ray x^ctrct ra^ o-uy- 

xîicLÇ , zcL$ zsroLf excKrrQiç ovaoLÇ ors tov$ opxovç 
rovç wtfi Tv\ç €ip>iv>j$ cû/jLïvacu y y,cLTct\v(TCù(n y TsroM" 
fUov9uiaLt 'TcS.ai Toiç rHiS Etpym$ fiiTî')(^QV(n. S)c6'\[/flter9£ 
S^\ ci ctWpe^ 'A9>iyct7ot, ou 'Ap^ct/ot /tey, ot' ey rieAo- 
-TToyywû), ed^jM.o3tpfltTouvTo, Toin:û)y J^' éy FleAA^yj; ySv 
îcotTûtAeAioce roy ^jxoy o MctxeA»y, i}cQ>ct\m rm ^o- 
?\.iTm xov$ TrMiarovç • tol J^* €>c6iy«y ror^ oItcîtcli^ 



12 nEPi TON np. aaes. srNe. Aor. 

T€<rT>i<rey. 'H/ieT^ eîfe T>îk ttpwif^ jULexe^^o/Ltev , t?5 Tpo- 
TrTfltTTouo-jf^ '7Fo\tfJiiovç ^ytîa^ctt rovç retvrct «rpctr- 
TovTflt^, 'Eîc (^i tovtû>v , -ToTtpov 7rei9û)/te9(t Tor^ }to/- 
voi$ 7srfo<rxcLyiicL(Ti j TtoM/itotç dvroiç %p^fX6yoi^ if 

ryiKorcùV ; ou yctp ùvi AeA)i6e ye ûlvtov$ oJ^ev Tou- 

Tû)v • aAA' et^ rovS' b^ptcùç TiTcovaif , ^crTg , (îbp 

^opou^gyô/ To?^ Tou Tupctvvoi» <rrfcLrowîùot$ j ev /xe»- 

ToT^ t^ocpotÊeÊowixevoi^ opjco/^ i[x[XîHiy vfJiTii AoouAeu* 
f > > ^ > / */ > * 

OVTotl, «^ XOtt 7^^ 6*7r/OpX.«Gt^ ûtUT03CpAT0p0? OVTO^ tTLti' 
IfOV, TOVÇ J^ /^tOU^ VIJLÛLÇ yOfÂOV$ ÙUfCLyTLCtl^OVa'l Aus/v , 

TcacViTlCL TÔiç Til WcLTflâl O-tl/tÇ6p0U<7ey , 0U36 6V/ fxe- 

A6I» vofim^ ovj^' opTUùr roîs J^' ôvo|xot<r/v ctJr^^to- 
voi$ <two')(^pœfiîioi y W(tpcLx.povo}iT<tt to\j$ w*cLptpyed$ 
tyrcLvSoTy ctAA oux. t^ezao'Ttx.Ss , ixx^yiaKt^oyzoL^ , 
jcct/ ^ofjitCfincLÇ T>iy 'TTctfcLvxiTLcL )t<rup^tcty oi>x, gereo-acx»* 
tzroT* ct/T/flty Tfltpctp^>r^ cltowqv. K^Aîvcù J^' eyojye. 



HARANGUE SUR LE TRAITE B ALEXANDRE. l3 

Chéron, mattre d escrime. Nous qui sommes com- 
pris dans le traité de paix^ selon lequel on doit 
regarder comme ennemi quiconque agira de la 
sorte, suivrons-nous les conventions communes, 
et traiterons-nous les Macédoniens en ennemis? 
ou quelqu'un de ces hommes^ qui sont à la solde 
d'Alexandre , et qui se sont enrichis à votre pré- 
judice , aura-t-il le front de s'y opposer ? Ils s'a- 
perçoivent eux-mêmes des excès du monarque; 
mais^ fiers de son amitié, escortés, pour ainsi dire , 
de ses troupes, ils vous exhortent à garder les 

sermens qu'il viole, comme si ce prince disposait 
du parjure en maître absolu. Ils vous forcent 
d'annuler vos lois, en vous forçant d'absoudre 
des hommes que les tribunaux ont condamnés , 
et en vous portant^ malgré vous^ â mille autres 
démardi^s illégitimes. Au reste, cela ne doit pas 
surprendre. Des gens qui se sont vendus contre 
les intérêts* de la patrie , ne peuvent respecter ni 
les lois ni les sermens ; ils se contentent d'en citer 
les noms avec lesquels ils en imposent aux ci- 
toyens , qui ne s'assemblent ici que pour amuser 
leur loisir, et non pour juger les affaires^ sans 
penser que les plus violens orages succéderont 
bientôt au calme trompeur dans lequel ils s'en- 
dorment. Je demande moi-même , comme je l'ai 



l4 HARANGUE SUR LE TRAITE I)*ALEXANDR£^ 

dit en éûmmençant , qu'on se rende à Tavis de 
ceux qui disent qu'il faut garder les conventions 
communes ; à moins qu'ils ne s'imaginent que de 
dire qu'il faut être fidèle aux sermens, ce n'est point 
dire que personne ne doit être lésé ; ou qu'ils ne 
croient que personne n'est lésé, quand on détruit 
les républiques, et qu'on y rétablit la tyrafinie. 

Mais voici quelque chose de plus choquant en- 
core. Le traité ordonne à ceux qui doivent s'as- 
sembler pour veiller aux intérêts communs, d'em- 
pêcher qu'il n'y ait des innovations funestes dans 
les villes confédérées, que les citoyens ne soient 
mis à mort ou exilés contre les lois de ces villes , 
que les biens ne soient confisqués, les terres par- 
tagées, les dettes éteintes, les esclaves affranchis : 
et, au mépris du traité, ceux mêmes qui devraient 
empêcher ces violences, en secondent les auteurs. 
Mais ne méritent-ils pas de périr , eux qui cau- 
sent de pareils maux dans les villes des maux re- 
gardés comme d'une telle conséquence , qu'on 
les a chargés tous en commun d'en garantir les 
peuples. 

Ecoutez encore une autre infraction du traité, 
11 est dit que les exilés ne pourront prendre les 
armes, ni partir d'aucune des villes confédérées 



,1 



nEn TiiN np. aaes sïn©. Aor. î5 



*N# r>» 



ctAx*e«(r9cte , ou^îevct J^ otovTût* *i<r5>î<r'€(r9a/ rupctvvt^ 



To è^ îxi x*fltJctyÊAot(rtoT£pov* €</]< yap ev Tot?^ <niv6>f- 

Tov$ Kîtfiîfovç reLi$ -TroAecr/ yofxou^, (imt p^p)î/uictTû)y . 
o< ae^ toaovTov âtovai tovtcùv ti xû)Au€fy , cùart tlcli 

ev Tau$ 7roA€<rey , ct$ , ^/a to jaeyeS-o^ , oturotk, to- 

Eti J^' 6T6poy ^et^(» to AeAuxo^ r<LS (ruy5)t5tot5* 
ecTTt yap yeypct/jLfiîyov , eVî^^v 'Ttohem Tm jtoim^ 



à 



j6 nEPI TON nP. AAEH. SYN0. AOF. 

troAtv , eç )i^ ay opjUDjo-tfcrty. Outo» rotvuv fcLmcù^ ra 
ow\cL xexiwixîi Mfltx6à»y, ^(Tt' ovde Tcçtrîâzro ^cb- 
TtoTî , ctAA* ère xctt yuv 6p^û)v -Trepiep^eTa/ xctV ocroy 
A>vfitTotr TocrouTûi (îe yuv fiûiWov n '7tpoTBpo}f ^ otrcù €jc 

£/$ S<3cu^yct xATyjyctysy. OuVoiTy , ei dfeT î&*ee5«(r9ûu 

(Titoyâoi mfjuy tian ctutct/ al wo\ît$ cet tclvtcl diouwî'^ 
"TTpxyfitvcLt^Ei [itiûw 3\u inixpvn%(TQûLî TctA>»6Sî, oudév 
âîî \tyîiVy on e/Vty (t/ McDctâbvtxctt' et ^ oJx. âviôiati 
ci x/t^-' J^cSy t£ Mctx^eâbyt ufsn/ipîTcLi 'TTfoaxctrlofTîç^ 
Tifctrxuy TcL g? reu$ xoivcus cfio\oyicLiS ^ TtUfrd-S/iîtt 
cLVToTç^enudf] zct ùiTcecid Aeyoucri , 59, xctôctTtfip xeAeuéi 
ofxoÇy îx(rwo'jiov$ cLvrovç -7roi)»<rfltyTe^ , ^vXîvacû" 

y^^ Afltxeiftgyo/^ , xct< Act TeAou^ toi |X6V eV/€ou- 
Xît^ovcri , Toc ^6 TotpotTTOu<r< , x^oti x^otTocygASo-^ T>îk 
xoivî?^ gip)fV>f^. A/ût Xi yotp oJ (p)î<rou(riy outoc âîiv xcLvâ^ 
ovxûs$ t')(îi}f ; y\ ryiv /jl9v ofxoAoy/oty xthv xcltcl mç 
tstqMùùs owcLi ^iCcuùUH d^iovcrtv mai , Tjjy èl (tc^^ov^ 



HARANGUE SUR LE TRAITE D ALEXANDRE. ïj 

ur attaquer une ville confédérée; et, s'ils le font, 
le la ville dont ils seront partis^ sera exclue du 
ité [4]. Le roi de Macédoine, sans nul égard, 

« 

cesse de faire porter ses armes indifférem- 
înt partout ; les Macédoniens , toujours armés , 
dt dans tous les endroits où ils peuvent aller, 
aujourdliui plus que jamais, puisque, de leur 
3pre autorité, ils ont rétabli des tyrans dans plu- 
urs villes, et nommément Pédotriba [5] dans Si- 
me. Si donc, suivant les discours de quelques- 
s, il faut observer les conventions communes, 
fardons comme exclues du traité les Villes qui 
at enfreint dans cet article. Oui; s'il faut taire 
mérité , évitons de dire que ce sont des villes Ma- 
loniennes : mais si les créatures du roi de Macé- 
:ne, qui le servent à votre préjudice, ne cessent 
réclamer l'exécution du traité, rendons-nous 
3 qu'ils disent, puisqu'ils ne disent rien que de 
te ; et , selon ce que prescrit le serment , ex- 
ons du traité les Macédoniens, et prenons des 
sures pour réprimer des hommes qui affichent 
î insolence despotique, des hommes que nous 
ons perpétuellement intriguer contre les uns , 
' contre les autres , se jouer partout de la 
i générale. Qu'est-ce que nos traîtres peuvent 
is opposer ? Veulent-ils que des articles, peu 
arables aux intérêts de notre ville, aient une 
. ni. 2 



l8 HÀJIANGUE SUR LE TRAITE 1) ALEXANDRE. 

exécution que n'auront pas des articles stipulés 
en sa faveur ? y auraît-îl de la justice ? Confirme- 
ront-ils toujours ce qui, dans les sermens^ est 
pour les ennemis et contre Athènes ? Ne croiront- 
ils jamais devoir cesser d attaquer les clauses qui. 
sont pour vous et contre eux , et qui ne sont pas 
moins justes qu elles vous sont utiles ? 

Mais afin de vous montrer encore plus claire- 
ment que les Grecs, loin de vous reprocher d'avoir 
enfreint quelque article du traité ^ vous sauront 
gré d'avoir été les seuls qui ayez fait connaître les 
infracteurs^ je choisirai dans le grand nombre 
d'articles que le traité renferme , et j'en parcour- 
rai quelques-uns. 

Une des clauses porte que les confédérés auront 
la mer libre ^ que personne n'arrêtera et n'emnié- 
nera leurs vaisseaux , et que quiconque le fera^ 
sera regardé comme ennemi par tous les confédé- 
rés. Or , c'est une chose visible, et personne 
n'ignore que les Macédoniens l'ont fait. Par un 
excès de leur violence, ils ont enlevé et transporté 
à Ténédos tous les vaisseaux partis du Pont , et , j 
cherchant de mauvais prétextes pour ne pas les^ 1 
rendre , ils ne les ont rendus que lorsque vous 
eûtes arrêté qu'on équiperait cent navires , que les 



ou 



nEPi TûN np. AAES. SYNe. Aor. 19 

<roi;(riïf e'oty de ti Jjtterepoi y xolt* 6*xeiyclBI|JLa xai (îl* 
xctwv x*< (rw]UL(p6|Soy , Trpoç tout© ae aioLfJLccj^Ojttivou^ 
AsToTe trctt;(rflt<r9ct./ o'imovjctê cîgTv «otvrou^ j 
boL J^ tioïiTt eTi o-flC(pg<rT€poy , on ovâei$ u/xiv «y- 
XAt^eo-gi -Trorf T«y 'EAA)iyav, û)V ctpa 'zr<xpe€>iTg t< 
Tûjy x.oty« 0)LtoAoy)i5evTû>v, ctAAot xcti %*P'V '^^ovaiv , 
oTi jM^oyoi t^yi\ey^€Lre rovç Totutct '7ro<ouyT« , jxixpot 
^îT/â'pctfjLoiîfXflti *3rfep/ flCWT^y , 'TtoWm oirm. 

EcTTi yotp -Trou tv roT^ <ruV'd')jxoL/$ , my ^ctAotT- 
Tct» 'TcXui T*^ ii^rt')(on<t^ ry\s tl^rtns , xct< /X)i(îl6yct 
3ta\ii£iy ctuTou^ , fx>j(îe xfltTctygiv w\oiov /JLï\^t)ici tou- 
Tfljf €ay ^ T/$ -Trctpct Totîrrût ttoiw, 'tcoX&ijlio)) tivat nctai 
Toiç T)K tifvmç /xirè^oucr/y. Ouxouy , « ay^pc^ A9)f- 
yaîôi , vfjLHs [lîv imfyîo'roLTa, tan rov^^ Jsro T«y 
Mocxsdbyc^y yeysyif/xeyoV eiV touto yctp 'TFcLpcLvofjuxç 
>iA5-oy, ^(TTe e/^ T^ysefev cterayrct rot exrou IloyTou 
'^AoioL iLcLTnycLyov y TLCLi , o-xeu^pou/^evoi -Trep^ otuTot , 
00 -TrpoTepov ct(per<rûty , zrp<v ou Cjjluç €'sj/)f(pt<rGt(r5g 
Tp«>!pÉi^ exfltroy '7rA)fpouy , xctt xot^eAxeey tu^vç ron , 



\ 

XCtl 



20 HEri THN nP. AAES» STN0. AOF. 



oJv oJx CLTOWOlf roO'CLVTCL {JCVi îivùLl XCLl Xfl\iX.<tVT(t 

fïtliivoiç ', cûcrwtf 3tct« TOUTOU TrfoaytyfûLfJLfiîvov y tqi$ 

Tloùç J^' oup^ ijULct Te 'Trc^p^vojttouy htuvoi itcti ctvae(r9>i- 
Toe ?Jcty , ot' yc T)iAix,outov 7tcLpîliï\acL\^ zSi ôpx^y , 
ô wctf t\cL^i<TToy îwoiYïtrzv cLvrotj$ ûcÇcc/pe3-îî'yct< A- 
xct/ûjf T»y jCGtTct S-otActTToty >»y€|xoy/cty ; xa< vuy tri 
wcLpoL^eâcùTLcLat Tovro ro âiKXiov dnynXrrrcùç ^/juf) 
oTcLv i8ouA)i5£)Ltey WfcLrrm • ou yotp, ot/ êtriv- 
acivTo i^cLixcLfXGDfomç , ?rToy t/ ôyrTtov 'TtoLpoLdQ^' . 
xotcr/ TûL^ x^oiyot^ ofjLo\oyictç. AAA* euTup^oucr/y , ^ 

hcL7!ro')QZircLi TM V/ÀtXîpCL peLâ-V/JLtCL ^ TTf Ovèt tSh 

TctTov oru]ULCe€>î3cgy , e/ ol fJLiv clWoi 'EAAipie^ jmu 
Bap^ûtpo/ ûCtcTotyTe^ ry\v 'Ttpos u/xctk gp^Opotv (poCouylctt, 
oÛToi J^' oj yeo'TTAouTo/ juiovo/ xotTotcppoyéïy v/tt«5 
u]UL<»y otuT^y cLyciyxcLl!^ou<n , Tôt >tey 'Ttttd-wxtSy wj 
de ^lA^ofjLîyoïjCùa'srif e'y *AÊAipeTct/$, )) MûtptfyiTcM^i, 



HARANGUE SUR LE TRAITE D* ALEXANDRE. 21 



•*. A 



navires seraient mis aussitôt en mer, et comman- 
dés par Ménesthée. Mais n'est-il pas absurde que , 
tandis que nos adversaires violent les traités en 
un si grand nombre de points essentiels , leurs 
partisans ici, au lieu de les détourner de leurs in- 
fractions , nous conseillent de respecter ce qu'ils 
méprisent , comme s'il était écrit que les uns 
pourront s'écarter de la justice , et que les autres 
ne pourront même les réprimer? Les Macédoniens 
n'ont-ils pas été aussi aveugles qu'injustes d'avoir 
violé les sermens d'une façon si criante , que peu 
s'en est fallu qu'ils ne fussent dépouillés^ comme 
ils le méritaient , de l'empire de la mer? Ils nous 
ont même fourni un motif légitime de les attaquer, 
quand *dous voudrons, sans qu'on puisse se plain- 
dre. Quoiqu'ils se soient arrêtés dans leurs excès ^ ils 
n'en ont pas moins violé les conventions communes ; 

mais, par un eJSet de leur bonheur plutôt que de 
leur innocence , ils profitent de cette lâcheté qui 
vous retient , et qui vous empêche de faire valoir 
vos droits. Et ce qu'il y a de plus outrageant pour 
vous, c'est que , tandis que les autres Grecs et tous 
les Barbares redoutent votre inimitié, les partisans 
du monarque , ces hommes nouvellement enrichis , 
vous forcent, soit par des discours trompeurs, soit 
par des violences odieuses, ils vous forcent; dis-je , 
de vous mépriser vous-mêmes , comme s'ils gou- 
vernaient des Abdéritains ou des Maronites. Ils dé- 



'J2 HARAKGLE SLR LE TRAITE D ALEXANDRE. 

priment noire puissance , relèvent celle des enne- 
mis, et, en mémetems^ ils avouent, sans y prendre 
garde, que notre république est invincible. Oui ; 
nous exhorter à observer les traités vis-à-vis de 
ceux qui les violent , c'est reconnaître eux-mêmes 
que nous pourrions punir les infracteurs , et par 
conséquent vaincre nos ennemis, si nous voulions 
rompre les traités par des vues d'intérêt [6], Et 
c'est avec raison qu'ils pensent de la sorte. Tant 
que nous aurons seulement la liberté de la nier , 
sans qu'on puisse nous la disputer , nous pourrons 
ajouter d'autres forces à celles dont nous jouissons 
pour nous défendre sur terre, surtout, puisque 
la fortune a réprimé l'insolence de ces hommes 
qui étaient comme escortés des troupes du tyran, 
puisque les uns ont succombé , et que les» autres 
sont sans crédit. . 

Voilà au sujet des vaisseaux, les infractions gra- 
ves du roi de Macédoine , oiitre celles dont nous 
avons déjà parlé. , 

Mais ce qui annonce , dans les Macédoniens , le 
plus d'orgueil et d'arrogance, c'est ce qu'ils ont 
fait dernièrement; c'est d'avoir eu Taudace de pé- * 
nétrer dans le Pirée, au mépris des conventions j 
mutuelles. Et ne croyez pas que l'infractiM^^fût 
légère, parce qu'il n'y avait qu'un navire; j^sez 
plutôt qu'ayant dessein de tenter la même entre^ 



nEPi TûN np. AAE2;. zyn®. Aor. aS 

\ \ r t I *^ \ %\ "^ » 

5^5pav io-^vfùL , cLfJLcL àt \cL¥âcuov<ny iavrovs otrw- 
voaTCLTof Tw troAiv ofio\oyovfTEç eivcLi , AfltxÊAeuo- 

o-iv* €«^ yctp oty g§!f tSï jcctTct ^(LKaurrcu , 59 jitovar, 
flty(i/A$iflrC)ïT)jT(»^ mcLi Kvpiotç y rois yt tloltcl yJTy ^ 
*3rpo^ rf oVotp^ou<r»f èmctyLci^iari 7rpoÊoA« îTîpxs 
i(r5^upoTep« eJpga-ûct/ • oeAAâ?^ Te xai 'Tttwetvfitmf 
vwo TÎf^ Tup^u^ Toif A)pu(popou/tefû)V vwo t5>v TUpfltWl- 
3cay axfcLXowe&àv • x.flti tSv jt^gy eç9fltpjit€yû>y , rSv 
èê i^î\yi\ty[Jitvm oudfevo^ at^tav oyTûiy. 

To fxey ouy ^6pi Tôt 'rXoTcty -Trpo^ Tot^ aXXùiÇ 

roiÇ 'TtfOîtpyiflilfOiÇ , McC}C£(}it»y TuAiXOUToy 'TTfltptC)!* 
TO ^^ JCpeCTT/XaTOLTOV ÎCCtl uVgpoTT/xû»TfltToy TûTv 

Max^eJbyay , To upaiiy ygyewjftevov €<rTe • to toA/^m- 

0-«W ^i(r'7r\îïj<rcLl iU TOV neipot<ÔL TlCtpCt Tflt^ XOliCLS 

))/jL7*%wpo^ cLVTovs <rvi2ny.A$. Kai rovro , û^ flty(îjp6^ 
jïirot, ov% , OT/ /xt«L tptup)»^ ?v, ju/}cpoy uVoA)»- 
'TcrUij fitAA* oTt dwinrufct iyîUro tl Tcepio^/o/^Got , 



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4 

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24 nEPI T^N nP. AAES. STN0. AOT. 

m 

ruvy xcLt oTi oJîc ecppovTmcty T«y xoivœv âoyficfzc^i ^ 
^ceLS-cLwep ov^î rm TifonpnfjLîmr twîi oit ye zovTa 

0-9*/ >î]Ul« TOU^ TO/OUTOU^ ti<r'Sr\OV$j TULTCîlSiV (îJfXov* 

To yctp Tov Tore eto-^'Agvo-ctvTct €îjn t>î^ V€û>^, ov îqu 
îvQ-v$ /lîTcL xyi$ zpiïifovç Jç* vfjim eLWo\ûû\ty€Li , 
dlriîaQcLi ycivwy\yïï(rcta'QcLi /x/xpot TiAoTd ev To?k lîfJte- 
Tepot^ \iliî<n , îîr^^ ow jcotTctcpfltvg^ 7ro«e< , on, ctv- 
Tt Toîr€<o''ZirAe7y, ro euôw^ ey^ov e/va/ ifjLY\')(^cLifmTo ; 
KcLt u \tm:cL7t\oicL uTro/JLgyoujU.ev, oA<yov vartpov xcct 
Tpinptiç y xcLt y et TonpSrov o\tycLÇ , fjuicfœ va-zîfoif 
'TCoWcLÇ. Ou yctp ^)j eVi/ ye îi7i:{iy , oiV *A9>ïyH(ri jitey 
ct(pôovû)vovTû)VT<»y yctut&'>jy)i(7//Jiû)y ^uAay, t^v 'Troppo^- 
ôgy x.a* //,oA/^ tiaTcoiJii^o/JLîvmyiv $t r^MdKe^oviet ivri» 
XsAoïnorm ^ tî? >^ roT^ ctAAo/^ to?^ ^ov\ofjLevot$ ev- 
TsAeo-Tfltrct x.ct5-/(7rctfxevw • ctAA' aoyro ajuict tî vclv^ 
'7ryjyy\(rî<T^ùii evrctuOct, xct* 'Tr^yipaxrtaBcLi ey t£ \i[ityi 
TCA '7rfoufnf/,îvcù , ev rct?^ ycoiyaU oiioAoylcuç ^/e/pii- 
/xeyou //.Tîcîey roiouToy e/o-^ep^eo-Qût/ • xctc^ TctuT< 



; >^^ 



^eÇpoywoTû)^ eVe?yo< rf troAe/ . %p5'yTct< , ^/a tw|$ 




. * 



HARANGUE^ SUR LE TRAITE D ALEXANDRE. 25 

prise avec un plus grand nombre de bâtimens^ ils 
voulaient éprouver notre patience , et qu'ils n'ont 
point fait plus de cas des clauses qui nous regar- 
daient , que des autres articles du traité. Or^ qu'ils 
aient voulu s'introduire peu à peu chez nous , et 
nous accoutumer insensiblement à ces actes de vio- 
lence , en voici la preuve : Le capitaine qui aborda 
au Pirée, et que vous auriez dû faire périr sur-le- 
champ avec son navire , vous demanda la permis- 
sion de fabriquer, dans vos ports, des vaisseaux peu 
considérables , et fit voir^ par cette demande , que 
les Macédoniens cherchaient plutôt à se saisir du 
Pirée qu'à y aborder. Si nous leur avions accordé 
ce qu'ils demandaient , ils n'auraient pas tardé à 
construire de* grands vaisseaux , peu d'abord , et 
ensuite beaucoup. Ce n'est pas qu'il y ait une grande 
abondance de bois de construction à Athènes , qui 
en fait venir de loin et à grands frais, et qu'on en 
manque en Macédoine, qui en fournit à tous ceux 
qui en veulent, et à vil prix; mais ils voulaient 
fabriquer et charger des vaisseaux dans le même 
port, Malgré les dispositions du traité commun, 
parjjUe suite de cette licence qui augmentera tous 
les ]Ours; tant ils ont pour nous un souverain mé- 
pris , grâce à nos traîtres qui leur donnent de^ le- 



"L**. 



• < 



à 



20 HARANGUE SUR LE TRAITE D'i^EXAMDRE. 

çons et des conseils ! tant ils sont persuadés d^ 
notre faiblesse incroyable , de notre insensibilité 
étrange , de notre indifférence sur l'avenir , et du 
peu d attention que nous donnons au mépris que 
le despote de la Grèce fait des traités ! Je vous 
exhorte , Athéniens , à les suivre , ces traités ; et je 
puis vous assurer , par l'expérience que me donne 
mon âge , que vous ferez valoir vos droits , sans vous 
attirer de reproches , et que vous profiterez , sans 
courir aucun risque , des occasions qui vous pres- 
sent de veiller à vos intérêts. 

Voici encore une clause du traité : Si nous vovr 
ions y y est-il dit, participer à la paix générale. 
Qu'est-ce à dire : si nous voulons ? Oui , nous le 
voulons , si nous ne sommes point forcés de rien 
faire d'indigne de nous : nous ne le voulons pas , 
s'il nous faut toujours marcher honteusement â la 
suite et sous les auspices des autres ; s'il nous faut 
oublier les actions éclatantes par lesquelles le peu- 
ple d'Athènes s'est signalé , depuis tant de siècles , 
plus que tous les peuples de la t^re. Si donc vous 
le permettez , Athéniens , je porterai un idécret , 
d'après les dispositions du traité ^ pour qu oiyppur- 
suive les infracteurs les armes à la main. 






nEPI'TÛN HP. AAE5. STNe. AOF. 27 

^ifTVjBîv ùtâcL(rx(t\ov$ Tovç vwctyopîvovTdÇ clvzovs 

x,ott oure wpo'jotûLv vwîf xcùv fitWo^fTm tudi , ovzt 
XoyiGiioi ouaevût nctpayintrljùn y rivet rpotrov %p)»Tflti 
rt;potyifo$ tâcT^ xoevari? oiio\cyicLi$y ùli$ tyoù Jtioixe- 
MvofiùLi^a fltveîjpg^ 'AG))ya?ot , *7r6i 56a3ct/ , jcccSctî^ep 
lâiâcL^cLf xcti $ieÇ>îÇ>cLiûù(rcL/jLyïV <tv , dç rovô-* t^^iiliclç 
e^ûjy , ot^tflt xcti Tût) ^xotio) >îju,£v ctveyxAirrdtf^ , xott 

To7$ xxipoTç ao-cpotAeo-TctTct p^p^o-Gott Tor$ être to o"u/a- 

« 

Çepov xûtTg^ire/youo■^ 

KoLi yctf îxi npo&yîypcLWrcLi tcuç (tw^hxcuç , 

fôovAûûiiîScL , gtTT/y ot/XûL xoLi TouyotyTioy , 6i Apec trote 
^e7 TTctuo-cto-^ot* cttVp^pS^ Irtpoiç otxoAouGouyrct^ , 
ctAAflt jDtîjJ^ ctyctjt*y)i<rÔ7iyct/ [unàtiiiSuç ^i\QTifiiciç tS'J 
eç cLp')(^<tioxcLroVy kcli "TthuaTCùVy xûtt /icûiiarùL tstclv- 
TCùv cLvd-fCdTtcùV^ Vfjuv vw(tp')(ov<rm.'EcLv oi)î/ xeAsuyjre, 



0) cty(îjp6^ A9)iycuoi , yfct'^ûù , yjLbanttp • et/ (ruy5)!xoti 
xeA6uot;cri , troAe/xety to?^ 'TrûtpaSe&ixoaiy. 




NOTES 

• «a 

LÀ HARANGUE SUR LE TRAITÉ d'aLEXANORE. 



W>^«MVM«M^^«« 



[i] L*otateur prétend, dans ce discours, que l'occasion est teHe pour 
les Athéniens , qu'en prenant le parti de la justice , ils tray ailleront pour 
leur intérêt. 

[a] Pisistrate , descendant de Godrus , dernier roi d*Athènes , se 
rétablit dans la souveraineté de ses ancêtres. Il laissa deux fils , Hipparque 
et Hippias , qui lui succédèrent , mais qui furent dépouillés de la puis- 
sance qu'il leur avait transmise. 

[3] ArUitse et Erèse , deux villes de Lesbos , une des îles de la 
Grèce. 

[4] Pour entendre tout cet endroit , il faut supposer qu'il y avait des 
exilés dans plusieurs villes de Macédoine , et que les Macédoniens , loin 
de réprimer les entreprises des exilés, se joignirent à eux pour les faire 
rentrer de force dans les villes dont ils avaient été bannis. 

(5) Quelques commentateurs entendent par le mot de ««i/tTf/C»r» un 
maître d'écriture. 

[6] Ici le raisonnement de l'orateur est difficile à saisir. J'ai ajouté 
quelque chose au texte pour l'ëclaircir. Il veut dire, je crois, que le* 
partisans de la Macédoine n'exhortent si fort les Athéniens à observer les 
traités que violent les Macédoniens, que parce qu'ils craignent pour 
ceux-ci, si Athènes prenait les armes contre eux. 



•K* 



••<. 



RÉFLEXIONS PRÉLIMINAIRES 



SUR 



LES EXORDES DE DEMOSTHÈNE. 



^nw^AW/>lM/^n^^/snM* 



Je n'ai jamais vu ni entendu citer les exordes de Démos- 
thène que je publie aujourdliui dans notre langue. Bien 
des personnes font peu de cas de cette production de notre 
orateur , que je regarde comme précieuse , comme un mo- 
nument qui prouve combien il était laborieux et occupé 
des affaires de Tétat. Je ne pense pas , comme quelques- 
uns , qu'il les ait composés uniquement pour se fournir d'a- 
vance une espèce de magasin d' exordes , dans lequel il devait 
prendre ceux qui lui conviendraient , suivant les occasions. 
Il avait trop de génie et trop de bon sens pour ne pas faire 
ses exordes exprès , quand il avait à parler, et pour adapter 
aux discours qu'il devait prononcer des débuts faits à loisir 
et avant le tems. 

Je vais exposer mes idées et mes conjectures sur ce qui 
a pu donner sujet à Démostbène de composer ces exordes , 
qui sont tous certainement de lui. Il était fort occupé des 
affaires publiques, et nous savons qu'il avait pour principe 
de parler le moins qu'il pouvait , sans être préparé. Ceux 
qui sont exercés à faire des discours^ savent que le début 
souvent est ce qui coûte le plus. Il y a donc toute apparence 
que lorsque Démosthène prévoyait qu'il serait dans le cas 
de parler sur quelque affaire, et que le tems ne lui permet- 
trait pas de composer le discours, il composait toujours 
l'exorde , afin de savoir par où débuter. Car il ne faut pas 



ÔO REFLEXIONS 

croire qu'il n'ait parlé à Athènes que dans les circonstanc e 
pour lesquelles il nous a laissé des harangues : il a pari< 
sans doute dans beaucoup d'autres occasions. 

Mais , dira-l-on , nous retrouvons dans ses discours plu- 
sieurs des exordes de ce recueil, ce qui semble prouver 
qu'il les avait pris pour les y adapter. Je crois plutôt qu'il les 
avait faits séparément selon les affaires qui se pirésentaient, 
se trouvant pressé par les circonstances, et s'imaginant qu'il 
n'aurait pas le tems de composer les discours; mais que, 
les affaires ayant été remises comme il pouvait arriver, il 
avait fait les discours , et avait pris les exordes en les lais- 
sant écrits à part, et en les transportant dans les discours 
avec des changemens, ou sans changemeus, selon qu'il le 
trouvait convenable. 

Quoi qu'il en soit de ces conjectures ^ j'ai traduit ces 
exordes qui roulent presque tous sur des objets politiques , 
et qui par conséquent trouvent naturellement leur place 
après les haraûgues politiques. Ils m'ont coûté beaucoup à 
traduire. Ce sont des pièces isolées qui ne tiennent à rien , 
et où il faut deviner, quand le sens ne se présente pas aussi- 
tôt. D ^ailleurs y les débuts de toute harangue sont ordinai- 
rement froids et tranquilles , les phrases en sont communé- 
ment fort longues : le traducteur n'est pas animé et échauffé 
par la suite des choses , et par la chaleur de la diction. 
Mais je serai dédommagé de mes peines par le plaisir de 
publier tout ce qui nous reste de Démosthène, de faire 
connaître son amour pour le bien public , son zèle infatiga- 
ble^son application constante et assidue aux affaires. Comme 
dans les exordes on se concilie l'attention des auditeurs , 
qu'on cherche à dissiper leurs préventions , et à écarter 
tous les obstacles qui pourraient les empêcher de recevoir 
favorablement ce qu'on va leur dire , on peut étudier, dans 
ceux-ci, le caractère des Athéniens ; on verra qu'ils étaient 
légers, frivoles, inconstans, mais qu'ils avaient toute la 



PREIIM«NATRES. ùl 

lité d'esprit et toute la grandeur d^âme dont on peuple 
isceptible. Je n^ai pas discuté les faits contenus dans 
le exorde^ ni recherché à quelle occasion chacun a été 
losé ; on sent que ces discussions et ces recherches 
ent été inutiles et impossibles. Je n'ai formé qu'un 
le dans quelques endroits où l'édition de Volfius en 
deux ou même trois ; ils sont réunis en un seul dans 
res éditions , et ils m'ont paru devoir l'être. 



_r 



lV%VV%VVVVVVVVVV«VVMM^VMVVV%MMWWWM/^MVMMVWVWVWVWMiyMA^VVVVVV\^VVVVVVVVVX\VVV^VIA^ 



AHMOS0ENOT2 



nPOOIMÏA AHMHTOPIKA. 



nPOOIMION nPOTON. 



I fxev trept xcLivov thoç 'Tt^ctyiJixJuroç Trfovri" 
âtro , ùi oLv^peç 'AGityoTot , Myuv , eV<o-p^â>v àv 
1©^ 0/ w\uaroi T^y ei^Gorav yva^juiiiv ctîr6(p>iyfltVT0 , 
«/ ;i,gy Xpecx^e Tt fxoi rav p>j9eyT(»v , ijVup^tcty ctv )îyoy 
€1 ag fiyj , TOT oty xcc< avros twufœiiïii/ cl yiy^cdcrxxiù 
Atyur tTSTîi&A <r utirgp ûïy woW<tKt$ UffiiccLaiv ou- 
Toi wfOTîpoVy Ttepi TGvrm yuvt o'xo'TtgrrE, )iVotîÎL6ai , 

XCtt 'TTpûJTO^ fltyflt(rTCt$, tiTtOXCùÇ <Vi fJLÎXCL TOVTOVÇ Où- 

xety Agy6/v. E< jxev oùy £t^£ xaXSç tol "TtfcLyfÂXLTeLj 

cpsct', î')(îi âtj(rxo\icLv y cù$ ejc xoiovrm ^ *7Ciifci(roiJLcLi 
crw/^ÊowAeugiy et xpctT/o-Tot gcvoti vofjii^œ. Tlparov fjuti 
6tJy u/xct^ €xetyo 6yya)xeyct/ 5e7, m ovâev , «y Iwaïuzi 
iwr zov 7rQ\î[Jiiiv ovTiÇ , Too Xomov 7rpûtx.Tgov go-Tcy , 
dWûL ^cuxcL rdydvTicL. El yctf exéTvcj ^ccvAct wt* 



n- 



\^yh^/^^^MM^/^,\M^^\^^/^MAMnM^^MMMM^^M^^^/sMM^^^l^Mn^M>^/v^^ 



EXORDES 
DE DÉMOSTHÈNE. 



-at.o«e" 



PREMIER EXORDE. * 

Oi VOUS aviez. Athéniens, à délibérer sur quelque 
matière nouvelle, j'aurais laissé parler <os ora- 
teurs, et si leur avis m'avait paru le meilleur, 
j'aurais gardé le silence; sinon, j'aurais essayé moi- 
même de vous proposer le mien. Mais comme je 
vois que, malgré tout ce qu'ils vous opt déjà dit, 
vous revenez sur les mêmes objets , je pense que , 
même en, parlant avant eux, je puis être censé 
parler après eux. Si nos affaires étaient bonnes, 
il serait superflu de délibérer encore; mais puis- 
qu'elles sont dans le mauvais état où vous les voyez, 
je vais essayer de vous donner le conseil que je 
regarde comme le meilleur dans la circonstance. 

D'abord , soyez persuadés qu'il vous faut faire 
la guerre tout autrement que vous ne l'avez faite 
jusqu'ici, et suivre un plan tout opposé. Car, si 
une conduite vicieuse a ruiné nos affaires , il est 
probable qu'une conduite différente les rétablira. 

* Cet exorde est j à peu de changemens près , celui de la première 
Philippique ; la fin se trouve dans le cours de cette même harangue . 
On verra par soi-même > sans qu'il soit besoin que j'en avertisse, qu'il 
en est d'autres encore répétés dans les discours politiques qui nous sont 
restés de Démosthène. 

. III. 3 



j 



54 EXORBEÇ. 

Ensuite, bien convaincus que les grandes espé- 
rances et les beaux discours dont on tous amuse ^ 
vous ont perdus absolument, croyez que Torateur 
vraiment utile n est pas celui qui n exige rien de 

i 

VOUS, ou presque rien, mais plutôt celui qui, peu 
jaloux de vous flatter, vous donne les avis conve- 
nables, les avis qui pourront effacer notn^ honte 
et répaper nos pertes. En effet, si, vous cacher 
une vérité désagréable, dans la crainte de vous 
choquer, c'était l'anéantir, il ne faudrait vous 
parler que pour vous plaire ; mais si c'est réelle- 
ment vous perdre que de vous flatter mal- à -pro- 
pos , ne serait-il pas honteux de vous faire tou- 
jours illusion , et de n'entreprendre qu'à la der- 
nière extrémité ce que vous auriez dû faire de 
vous-mêmes « il y a déjà long-temps ? 



II. 



J'ai des idées toutes différentes , ô Athéniens ! 
lorsque j'entends le nom que vous donnez au 
gouvernement, et lorsque je vois la manière dont 
quelques-uns de vous se comportent à l'égard de 
ses défenseurs. Vous nommez le gouvernement 
démocratie , comme vous savez tous , et j'en vois 



nPooiMîA. 35 

/Ji/xpot '7tfO(TxcLTTif , TouToy op5a)^ Aeyg^y • opotre yocp , 
©V ex t5iv to/outûiv «A-îsri^ûîy xcti Aoyo^v e/V ^roy 
;rpûe A)iAu9g ]uio%6>ip< ot^ Tct Tsrctpovrct: cl\\\ oç iv , to 
p^ctpt^e(r3at itctpti^y k ^s7, jtcti ^/ (»y "TrctvadifjLécL 

KcLt yotp 60$ (xA)i5a)$ , et fxgv , ocrot ày toù Xoycù nç 
JWîpÇfy Xvwïia-cLi fJLïi jSowAojuieyo^ , xctt rct *7t^cLy^ 
licLTcL uVepCîîO'eToti , ^e7 -TTpo^ )î^oy)iv âyifiyiyoptTv ' et 
K )î rSy Aoy(»y %ap/$ , ày ^ ju,>j w'foa-yfTcovacL , epyo) 
n/zicL yiyHTOLiy flt<(rp^poy eori ÇeyctxiÇeiy îolvtovç y 
cAt jxeTot T)îk ttr^cLTïiç dvcLy^ns ^f£^<ti ravrA , 



B'. 



Ou^t TotuTct y<yva<rx£iv , ©^ ay(î]pg$ *A9)îVGtTo/ , 

TiTcLpKrmxeLt fjLot y orcDf TOy re rUs 'TToXiuixo ovoiict 

ujLtCDV ax.ouo'ûï , xott oToty roy rpoTiov , ov Trpoccpepoy- 

Tai Tivej uV(»v Td7$ t^Vep tùlvtïi^ Aeyou<riy , tcîlw. 

uv fjiey ycLf TCoXvTiicUy ayi/JLoycfcLXicLV , ûxxTrep ot^cty- 

'É5 iVre , ovo/Act(^eTe' rm âî TctVQiVTict TûtfTJi Aeyov- 



â 



.36 nPooiMiA. 

Ti^ 'TCort >î '2rfo(pcta'tç. TloTipOf Ttfotxct \tyuif Tctvx 

0y ovToi Xtyovai y xvpioi xote itXîia aïoùTCif fiSiK- 
Aoy ày àîîiey. 'AAAa^ ^îhrta ravr* thûLt tZv îtîçcûi 
Jîye/A>i(pctTe j jSeArtay apcc JjuTy oXiycif'X^ix <îif- 
ftoxpocTid^ ^otiysTo&i. 'AAA' ûlvtovç îivoli HeXriovs 
inyti(râti 7CCLI xis cLV v(p v/juùv p^p»(rTo^ vofii^oiro û- 

OJxouy Aoiî9*oy dfjLCLfrcLniv v[iî$ , oTcty oura? e'p^nTs 
Tuy yyû)fji)fy, Touro Toiyuy (pvXcLrrea^t fin Ticto-p^eiy, 

ActCuy <3!»(reTe* etrot rore cttVSiio-etrOe >î/uiapTwoTe^ , 
3Îy<x.flt ouJ^* oT^ovy lî/JtTy uAeov terrai» 

fjLtv ovi , a aydpe^ ABiiyctioi , /jdi 7ï<ty5 a? ctr 
IMïiTî 'XcLf cLVToTs av/iiix^oi^ y îcû»^ oJ^ev iart â<w 

flCLO-TOi* 'TtoWS? ycLp TO tÎT^ rv^y^ç CLVZOfJULTOy 
3CpctT£l • TCdt TloAActl '7CfO(pcL<TtlS TOU ^>) 'TTCtyTflt 

xctTçt yyotJjLtw cvfJLÇ,cLmi}f , dvd-fcùuoiç ovai • ro A 



EXOUDES. 07 



quelques --UDB écouter ayec plus de satisfaction 
ceux qui , ^av3 leurs discours , attaquent la démo- 
cratie. Quel pourrait donc être le motif d'une 
pareille conduite? Pensez-vous que ces orateurs 
parlent sans intérêt? Mais les fauteurs de Toligar- 
chie , pour lesquels ils parlent, paieraient plus 
chèrement encore leur silence [1]. Vous persua- 
dez-vous que ce qu'ils disent ^ est préférable à tout 
le reste ? L'oligarchie vous paraît donc préférable 
à la démocratie ? Croyez-vous que ce sont d'hon- 
nêtes citoyens? Mais pouvez* vous regarder comme 
citoyen honnête celui qui, dans ses harangues, 
attaque le gouvernement établi ? Il ne vous reste 
donc, puisque vous êtes si peu raisonnables, qu'à 
vous livrer volontairement à l'erreur. Mais prenez 
garde de vous exposer à être un jour opprimés 
par ceux de vos ministres qui auraient de mau- 
vais desseins , et de ne vous apercevoir de votre 
méprise que quand il n'en sera plus temps. 



III. 



Que toutes les affaires, ô Athéniens, ne réussis- 
sent pas comme nous voudrions, ni chez nous, 
ni chez nos alliés , cela n'a rien , peut-être , qui 
doive surprendre. La plupart des événemens sont 
régis par le caprice de la fortune ; il est mille*rai- 
sons qui empêchent que tout ne succède aux 
mortels suivant leurs désirs. Mais que le peuple 



38 EXORDES. 

n ait aucune autorité , et que ses ennemis domi- 
nent , c est-là ce qui doit surprendre , ce qui doit 
effrayer tous les gens sensés. Tel est le début du 
discours que tous allez entendre. 



IV. 



Je crois, Athéniens^ que^ dans lobjet actuel de 
votre délibération , vous préféreriez à tous les tré- 
sors du monde lavantage d être éclairés sur les 
vrais intérêts de la république. Vous devez donc 
écouter volontiers ceux qui se disposent à vous 
donner des conseils. Car, outre que vous pouvez 
profiter des avis sages qu'a médités un orateur 
avant de paraître à la tribune, vous êtes encore 
assez heureux pour qu'il vienne, sur-le-champ, à 
quelques - uns de vos ministres , des réflexions 
utiles; et la réunion de ces lumières vous met en 
état de choisir le meilleur parti. 



V, 



Puisque vous êtes libres , Athéniens , de choi- 
sir dans ce qu'on vous propose , vous devez écou- 
ter tout. Il arrive souvent que le même homme 



npooiMiA. 39 

[xnd^ oriovy fiîTdXcLiJLÇfCum roi SUfioi , ctAAct xovç 
cLmwfccrrovTctç "TtepnTvcti , rovro yxLi d-ctviicLa'xov , 
a (Vièftç AÔ)fVctTo/ , ncLi (poêepoy rois î3 ^povovaif , m 
TLCLi tyoù TLftm. 'h [lîv ouy ûtpp^>i Tictyro^ «Vt/v cujTii 
fcot TOI' Aoyou. 

A'. 

AvTj î9*oAAâJy, û9 cLV^pe^ 'A^uvotTo/ , p^p>ïft<tTay, €« 
iÇctnpoi yîvoiTo to fiîWov o-uvo/o-e/y 'Trep/ a^y. yuvt 
Tuy^fltyere <rx.oîrouvT€^ , o?]Ltoî/ tïTctyrct^ v/jlaç eAe- 
c9oct/OTe TotyuyTou5 outû)^ e^e<, -Trpoo-juce* e^eAoyict^ 
cLicovttv v[xx$ cLvrov$ ray j8ouAofteyû)y o-UjLt^ouAeueiy. Ou 
yoe^ jEJLoyoy, e/ ti ^naifiov tax^îiii^tifos nx^u xiÇy tout 
C6V iitovacurts AaÊo/Te* otAAct X(X< tÎ^ uju^eTepa^ tu- 
')(y\ç vwo\clijlÇ>cu(ù woWcl rSv ^eoyTay ex, Tou 'TTctfcL'- 
5^>î/jLa ey/oi^ eVeA-S-ety cty ÊtTieTy (io-T e^ cLWcurm 
fcLileu zïiv Tov av[i(pîfOVTo$ v[JA^ cLipeaiv yeye<rôoLi. 



E\ 



\ '» 



viuv icTTiv îKidd-oLt rm fDî^eytay , t« ay fiov\nad^ , 
inccLirm dx^ovo-ctr xcù yctp 'TrcAAox.i^ av/Â^^cLmt roi 




4© ' nPOOIMiA, 

TU 'Ex juiev ouy rov âopvÇ>êiv rcC)^ iy A;(r%€pfltyfltiTe5 
-TTo AA^y ^p>fO'//xay ctTroo-TépuôetifTÊ • eV ^ rov fjLîxct 

potAe/'s|/eTe. 'Eyœ |ui6y ouy out' eîû>5ct /JLcLx.poAoye?y , 
ovT ia , €/ TQy ctAAoy îIcùS^H}! %poyoy , vuy ày e^p)i(7GL|X)iy 
Tour^ , ctAA* , ût çvijL(fifuy vV^v yojLtti^tf , TotuVot , 
aV ày àvmiicLi , A* j8pctp^uTaT«y €p« 'Trpo^ t/^it^^- 






'Opa^ /Jigy y ocp , 0^ ayjj5€^ 'A9)iyct7o/', TrayTctTrottri TTpo- 
(ftïAov oy , ou$ T6 <tv a3cou(7>»/e Aoyou^ ifaeo»^ , x^ Trpo^ ot;^ 
oux. otitucûç ep^ere • ou /Jt>iy ctAAot ro fjLîv Aeyg/y a t / 
oiîTcLi ^ap/eTtrOcti , rm 7rctpûtx.pou(rcL(r9ct< t< jSouAojLce- 
yay g<V(X< vo/t/(^û»' to J^' ucpierToto-Gct*, 'Trepi «y TceVe/xey 
€cLt/]oy o-ufxcpgpgiv Tw 7roA6«, xoLV 5opu€>i-9-)ryct«,>co?y ctî\Ao 
T< j8ouA)jcr5* uVe?^ JtrofJLey6/y,guyou ^ âty^aiov 'ttoA/tou 
TouToxp/vOt BouAoi/A)jy J^' ctv t/ju^ok, e/ 39 finàt âi* ev tov 
aAAay, di iTcim v'7toi4>(i^}ioLi tou^ Acyou^ ot/tcpoTepoJï, 



EXORDES. 4 ^ 

raisoime mal sur uu ob)et et bien sur uu autre ; 
de sorte que^ par un tumulte déplacé et par un 
dégoût précipité, vous vous priveriez vous-mêmes 
de plus d'un avis utile : au lieu qu'en écoutant 
patiemment et e^ silence, vous ferez toujours uM 
chose convenable, et vous abandonnerez l'ora- 
teur , s'il vous paraît déraisonner. Pour moi, 
je n'ai pas coutume de ni*étendre en longs dis- 
cours; mais, quand c'aurait été jusqu'ici mon 
usage^ je ne le ferais pas aujourd'hui. Je vais vous 
dire^ le plus brièvement qu'il me sera possible, ce 
que je pense devoir vous être avantageux. 

VI. 

Quoique personne ne puisse ignorer, Athé- 
niens^ quels sont les discours qui vous plaisent 
et ceux qui vous choquent , toutefois je pense qu'il 
est d'un fourbe et d'un flatteur de n'ouvrir la 
bouche que pour vous flatter. Mais, quand on 
croit avoir trouvé un conseil utile, y tenir forte- 
ment, quoiqu'on vous voie disposés à troubler 
l'orateur, ou à lui savoir mauvais gré de sa fran- 
chise , c'est, selon moi, la marque d'un bon pa- 
triote et d'un citoyen zélé. Je voudrais que vous 
écoutassiez également tous ceux qui vous parlent. 



4^ EXORDES. 

afin du moins que , si quelqu'un vous parais- 
sait parler mieux que vous ne pensez dans votre 
fougue , vous profitassiez de ses avis ; ou que , si , 
manquant de génie , il ne pouvait expliquer ses 
idées , il ne pût s'en prendre qu'à lui-même , et 
*nôn à votre refus de l'entendre. De plus , il ne se- 
rait point pour vous aussi désagréable d'écouter 
un orateur qui déraisonne, qu'il vous est nuisible 
de fermer la bouche à celui qui a de bonnes 
choses à vous dire. Pour bien juger de tout ce 
qu'on vous propose, il faut commencer par vous 
imaginer ne pas tout savoir, avant qu'on vous 
instruise , surtout l'expérience vous ayant appris 
qu'on est souvent forcé de changer d'opinion. Si 
vous êtes disposés aujourd'hui comme je le dé- 
sire, je me flatte qu'en peu de mots, je vous pa- ■ 
raitrai, et contredire avec raison vos sentimens , et 
vous donner les meilleurs conseils. 



VII. 



Quoique tous vos ministres aient déjà débité 
bien des discours ^ je ne vois pas, Athéniens, que 
vous soyez plus en état de trouver le parti conve- 
nable, qu'avant la tenue de l'assemblée. La cause 
en est la même , je crois , que celle du dépéris- 
sement de nos affaires. Les orateurs, au lieu de 
vous conseiller pour la circonstance, se chargent 
mutuellement de reproches et d'invectives. Hs 



xctre, p^piio-eerôe tout«' àv J^' ot7roAe<(p5f xa< juin 
^v»Tott A(Ja^ot<, A' aJroy, aAAct ^)i ^/ v/jlSlç oujc e5€- 
AovloL^ cLxouen, TouTo 7T£7rov9gyoL/ ^oxiîr eT< J^' ov$t Tia- 
Sotx' av ûL)f(Jg^ ouVev to^outov, et "TtoWct Ttyo$ A)ipouyTo^ 
cLxovcreLiky y\ ti rm âîoyim ri Ktyni ep^ovia riycc e<îre<y 
xeê\v(rcLirî. *H 1^^»' ©u v otp%>i rov âox.ifjLa^îiv ôfd-cù^ 
ûtîTctyT eo-Tt ftwgy oicaSdi TipoTepov ytyvû»(rx,e<y, •Z9'p<v 
jWo^3-6ry , àWcùÇ xe xctt o-uyg^^oTût^ 'tcqWclxi^ JidVf 
ToAAou^ /teTeyyûwcoTflt^' ay ro^yuy vfjLîis rau^ uîiap- 
^uTe yuv 'TCîWîtaiiîvoi , oî/xa* jiterct lipx')(tm \oym 39 
ctuTo^ oty T/ Aeye/y tiKorcùÇ do^uv , x.a< J/xT? rot 
Bî\TtarcL (pAïUŒ^cLi Mym» 



z\ 



ïloWcùVy « cty^pe^ AGiiyau)/ , Aoyav £i'p)f jmeyday -Trotpct 
TTctyiav Toy (7uju,CeCot;Aeu)corû>y, oucîfey u/^fitk yuy opS ôy- 
Tcfc^ gyyuTepû) ToiT, Tt -TrpctxTgoy , eupiTcrGct/, i -TTpiy 
€1$ T>iy 6x.x,A>fO'ioLV ocycLCîycL^ A<t<ov (Je toutou tau- 
To , ôtirep , oîfiûLi , Tou jcotjcok ej^e/y ta q^' ou yap 
irctpcLtyouir/y u^ry utrep tov TTctpoyTay 01 AeyoyTej* 
aAA* icLvrm ^xr»yofovci , xa/ \oidofovvTcLi yCù$ (iih 



) 



44 nPOOlMiA. 

ee(r<y cLirtoi , xcoctf? clxjovîiv , iv , ûty îiroT ctpct e/^ 
dycûvçL y^aJitaTmlcLi , jttw^e? liyovfjLîvoi x.<ttyoy cocoueiv, 
flcAA* wtrep û»y <»py<(r9£ 'JToAA.ax.*^ , i;feiJ>r^poi Axa- 
(TTat )cctc x^pircn yiyvyja^t rSi 'Ttî'srptLyfiîwv avroti» 
Tm fxev oJy cttVicty, A* >»y tclvtûl rfcomfrn , to-û)? ciyo)f- 
Toy cLxpi\c>ûù$ Q/iTîiv îifi ay ey t^ -TrctpcyTr ort oé uftif 
oup^« (Tu/xcpgpe/, iicLTovro îT^iTifuS* îyco J^* out6 )cot- 
rriyopyicrcû Tfifiepoy oucfeyo^ , oure vwotr^naoïicii roiov- 
Toy oJcîey , o )Lt>i 7sràLfcL')(^fy\/jLCL Irsrida^Cû , ouj^' oAa^ 
T«y <tJr«y rovroi$ oJ^y -TTo/uo-a* otAA * iSeATtcrrat 
fitv Toiç "TrpayiicLai , o-ujxcpgpoyrct dî roîç jSouAeuo- 
fJL€yo<^ J/^Ty >îyou)xot/ , T(Xu5' , aV eu àviCùficti , Aot 



H'. 



yovov^ u|uiû»y , Aoyoy ttwîTv juio/ ^ojçouo-/ 'Ttpoctifua^cLi 

I 9 \ Il 9 I ^ 

^e^AfKTfJUKV y OV flTIV aVfl^îpOVTcL yi tMlVOlÇ y ÙVÇ 
» ip ^ \ \ I » : 

îyTcœfiictCovci , 'Ttotu'^^ 'Ttîpt ycLp TcpctyfJLOLTm eyp^6<- 
pouyig^ Aeye/v, œv ovj^* oty a^ cl^icùç écp/x^go-Oa/ ^yottTo 
tS hoycùy ccJrot /^^y tou ^yyoto-Gct/ Aeygiv ^o^cty eV<pe- 



EXORDES. 4^ 

TOUS accoutament, selon moi^ à écouter ^ sans ac- 
cusation en forme , tout le mal qu'ils vous font , 
afin que, s'ils viennent à être cités en justice, vous 
alors ne croyant rien entendre de nouveau, et ne 
voyant que les délits qui vous ont souvent animés 
contre eux , vous soyez des juges de leur conduite 
plus indulgens. Il y aurait peut-être de la folie à 
examiner, en ce jour, quelle est la vraie raison d'un 
procédé que je ne blâme que parce qu'il vous est 
nuisible. Je n'accuserai donc aujourd'hui personne, 
je n'annoncerai rien que je ne puisse prouver sur- 
le-champ ; et , en général , je n'imiterai pas les 
autres orateurs. Après avoir exposé le plus briè- 
vement qu'il me sera possible ce qui me semble 
le mieux pour les aiSaires , et le plus utile pour 
vous, je descendrai de la tribune. 

VIII. 

Ne parler que pour louer vos ancêtres , ô Athé- 
niens ! c'est choisir, il est vrai, des sujets agréa- 
bles, mais ne pas entendre les intérêts de la gloire 
de ces grands hommes. Oui , sans doute ; si en- 
treprendre de louer leurs actions , qui sont au- 
dessus de tout éloge , c'est un moyen de faire ad- 
mirer son talent pour la parole ; c'est aussi affai- 



/ 



44 nPOOlMiA. 

îiaiy cLiTtot , yccKxaif clxjovuv , /y ^ ocy tzror - 
ctymcL xcL^ttrrmlùLt , fjLviiiif ifyoujLtevoi x.<ttyoy '' 
flcAA* Jtrep û»y <35py/(r9c 'TroAA.otx.*^ , Tipef^oriy. 
(TTctt xAc )cp<rflti yiY/ï\(T\ii rm 'TCtTsrffLyya^cc 
iw fJiÉV ouycttT/ûty, ot >iy Tatura "Ttotovirii , t- 
Toy cL}cf>iÇ>a>ç QiTtiy uvi oty ey T^ 'Ttctfom* o- 

Toy otî^gy , /^>i 7sràLfcC)(^pyifjLGL Itsti^îi^co , 
T«y <tt;r«y rouToiç o J^ev '7ro/)i(rû)* otAA et 
fiîv Toiç "TtpciyiicKTi y (Tufxcpepoyrct ae t: 



H'. 



yovov^ u|ui«y , \cyoy îtwu^ [loi ùqtlovc 
f * \ Il 

îy7LCùfltCtCQV<Tly TtOtttV* Tfîpi ycLfTCpX^ 

pouyiéî \îyu'jy û)v ou<r ay e<^ ctç<û»$ e:. 



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47 



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^ *7rûtpflt(rx,euot- 

ra viiîTîfx eu 
A.O"û)y oo-TitroîTy 
riç 7rctp<X(r3cgu)i , 



', û» fltyope^ A6>î- 
V >ixoyT€^, ov^ 

(rCîVOiTCLt , x.ot- 

u$. liy de TotÏTa 



46 EXORDES. 

klir chez nous Tidéc que nous avions conçue de 
ces héros. Le temps seul, à mon avis, peut célé- 
brer dignement nos ancêtres, puisque, tout éloi- 
gnés qu'ils sont de nous , leurs exploits n'ont pu 
être encore surpassés. 

Pour moi, je vais essayer de vous mettre sous 
les yeux les meilleures dispositions que pourrait 
faire la république. Car enfin , quand tous les mi- 
nistres qui montent à cette tribune brilleraient 
par leur éloquence , leurs discours ne rétabliront 
pas vos affaires. Mais si un seul orateur, quel qu'il 
soit, peut nous donner un avis utile et qui vous 
détermine, s'il peut vous montrer d'où il faut tirer 
les secours, de quelle nature, de quelle étendue 
ils doivent être pour opérer le bien de l'état, 
l'alarme présente ne tardera pas à se dissiper. Je 
vous satisferai sur cet objet, si j'en suis capable, 
après vous avoir fait part de quelques-unes de 
mes réflexions sur le roi de Perse. 



IX. 



Je crois. Athéniens, que les orateurs qui parlent 
ou pour Mégalopolis ou pour Lacédémone, s'abu- 
sent également. On vient chez eux en députation, 
et ils s'accablent mutuellement de reproches et 
d'injures, comme s'ils étaient envoyés par l'une 
ou l'autre de ces deux villes. Les députés, sans 



npooiMiA. / 47 

povTflt/, my J^' ejceiyay ctpeDiv IXclttcù zyi$ uVeiA^j^it- 
ftevjf^ ^TTapoL To<$ a}couou(r« (pcLina^ut Totouo-^y eyû) 
^ T>îk jM-ev €x£<v«v dftryiç jagy/orov €î9*ct<roy liyov/jLcLi 
Tov %poyoy, ou 7roAAot7 yfiysyiijuieyot; , ]uie/Q« T«y uW 
exsjvûoy ^p<t^5-eyTû>y ou^gye^ ctAAo/ 'TTctpat^ei^oto-Gctt 
âeSvwtcLi • otuTo^ ^e TtEifcKToiJLeLt Toy xpo^ov g/îr€ry , 
ôv <ty fto/ ^oîcîiTe /icLhicrrcL âvvûLaQcLi "TtctpcLŒTLtvcL^ 
<rct(r9fltt. Kfltt y<tp oûro^^ é'p^g/* g/ /^gy >5]uieT^ ctzravTg^ 
ot Xtyonts of/yot ^fltvg/>i]uiev , ouagy ay Ta viitTîpct 6u 
oTj^' oTi jSeATtoy ^%o<>ï * €< ^^ 7rcLpi\d-m oŒTKrovv 
dvvcttro 0, Ti diâcL^cLtj xoa 'TtuacLt nç 7r(xp(XO"3c6u>i , 
TtcLi "TToariy xcLi î^o^ey ^op/o-Heto-oo , %p>i^'i^o^ €<rrfltt 
Tw 7roA£t , "TtZ^ -TTctpa^y AeAuTct/ (poCo^ • lycù àt 

TOVTOy oly GCpcC 0/0$ Te âJ, WUpcLŒOllCLi TlOinCCLi j fJLlKfCL 

TrpoecTray u/try cû$ ep^û) ymfJLVfÇ Ttîfi rm -Trpo^ Bct- 
(T/Aeeu 



©'. 



A/tcpoTspoi [loi SoxovŒiv ûtjLtapTays/y, ûî oty^pe^ 'AÔn- 
vocToe ^ x.o&< o< Toi^ Apx.ao'/ , 3cc6i o/ 10?^ AâCx.e(}(X//tovio<^ 
(TvmpmoTeç aa'snpycLp cL<p exctTepa^y y\}LOVTî$y ov^ 
î^(i©v oyT€$ , rrpo^ où$ clfJi<poTîfoi iZfîaCtvovrcLiyKcL^ 
Tïryopowi TLûLi (î/fltêflcAAoucr/y cl\\ï\\ov$. '^Hy ^e tout© 



# 



48 j npooiMiA. 

ficlrm \îyiif , xott rot HtK'aaxct vwîf vfiœv (ntowM 

rm. Nvi J^' eyâjys , ù riç ctvréùîf acpeAo/ro to yi- 
yy^WeerScti, xct< to t^ ^cùy!} Mym clrliTtKm , ttoA- 
Aov^ctv ûîofXflt/ Tou^ jt^fv'Apxa(îix^, Tou^ âî AcLxûûfctç 
(wrm liicLi , yofiiCdLi. 'Eycù S^* oîdet [jlîv cù$ p^otAeTcov 
TO Tflt jSeAT/erTcL AeyeiV e<rTf avvi^i/\n<iT>ifjLîmf yctp 
vfjLûdy , xct/ Tov ftei tacuti , xm <h Tcturt ^ov\oii&fm , 
ectv TûL iiîTx^v riç eyp^g/pf Aeyeiv, xot/ rctvS^ viiéî^ 
[in rrîfifumrt iidà-ui ^ ^dfiurcLi ijlvi ou^Tepoi^ , 
AûtCe8A)f<rgTfltt ^ Tipo^ ctfxcpoTepot;^' oJ )Lt>iy céAA' ctt- 
fiyiŒOficLi fJiotAAoy otuto^ , àv ctpot touto TtcL^cù , Jbx^m 
çAt;otpe7v , >j ^ûtp' et fiî\riarcL ifofjLt^a r^ ^oAe/ , 
-rpoeo-Got/ T/(r/v Jfxak l^<v&<irmcLi. T<t jitèi ouy c2\A<i 
u(7Tepoy, eay tîjuiry lèov\ofJi>tmç i^, Ag^«' ex ^e tcùv o/ao- 
Aoyou/Agy^ uV ctuT^y (tp^ofixiy d TcpctricrcL yo[it(c9 
A(Jao-3c€/y. 



I'. 



<rTïix.<tfCù€Lyipî$*A^yivcL7ot. Ou /JL»y oJ^ toutous oct* 



ÈXOÀDËS. 49 

doute , peuvent se permettre le ton d animosité ; 
mais des ministres d'Athènes doivent s'interdire 
tout esprit de parti , et examiner tranquillement 
ce qu'il y aurait de mieux à faire dans la circons- 
tance. Toutefois , s'ils n'avaient pas été connus par 
leur accent et par leur figure , on aurait pu les 
prendre^ les uns pour des Arcadiens, les autres 
pour des Lacédémoniens. Je sens qu'il est difficile 
de vous donner un bon conseil. Prévenus comme 
vous l'êtes, et partagés de sentimens, si Torateur 
s'attache à un juste milieu, et que vous fermiez 
l'oreille à ses discours , il ne sera goûté d'aucun 
des deux partis , et déplaira à tout le monde. Mais 
quand je devrais être mal reçu de vous , et vous 
paraître déraisonnable , je ne veux point vous lais- 
ser tromper , et vous priver du seul avis qui me 
semble le meilleur. 

J'examinerai , par la suite , les autres raisons , si 
Ton veut bien m'cntendre : je commence par un 
principe que personne ne conteste ^ et qu'il est 
essentiel d'établir d'abord. 

X. 

Je prends la parole , ô Athéniens ! et je pense 
bien autrement que quelques-uns de ceux qui ont 
T. m. 4 



à 



"°"'" -«.s toutefois â»'"*** 

« la plupart »^S"6 . nombre l:v 

leurs discours, lap P ^^ ^,,ta^u «om^ f 

. . et , s i^8 ^'^^ t • « ils paraissent 1^ ., 

choses ; ei » » plaire , "* "^ ., I 

^e. « -""'^""I; I, , .tendre garde, . 



ae. d.«.i^" •;»,*' :„ « trompe ..i-m*"-» 

^«1, que le. '»»■'"'' ;1 «UreroB, u»« ^<" 

yattaquc. """* ..^, ^«rroot.ou.d^."" 
'^«u,te de ce qu.U P p^„ „„,, f 

; ^putation *»'°";^"„f:l,reuddee.u«UU. 

.BUper-u^O-^^Tercber p.ut« à >- '»» 
U ^pubUque , '^l^ .,^u^e .0^^ 

,aopterde.P«.e'»-^^^.„,„aU.iugueP«'' ' 
j., «.n aoqueuce. to«^ ,^ ^et. a» 

luut de .a P-»- *;;„„: „e procurent P« 

:!• .nurs , afin q«« ^^* «ais un avantage 

^' t un plaisir P^^'"^"'' 

seulement un v 



npooiMiA. 5i 

<^cLiTiç , rov$ \oyov$ <r3co7rg?y , ovç Ifowii , îicùd-oLcn , 

fSiV H[ii^ov(nv , oJjc ôpd-cù^ iymxoTîç , oJcîg Aoy/Çô- 

A6ïfo/ -Totp' ecLuror^ ot/ , woWSj npcL^îcùv ev tcoWS 

^fiom TCoLcri 'Ttîwpctyiiîvm y kcli ^iol tovç x,GLifov$ 

J m 

'■^gpbfltivay, Toc^ vcTîpoLÇ Agyw, A)f<rei to pourToy 
""cfev epy«y TToi^y , ctJroy g^ottrotT^y. O/ ^gy oJy oû- 

3^.-7ro r^ pyid-evrcùv tov Swclo-Ggli Agygcy âo^ctv yi- 
'yyofievïiv etvTOi$y iTuin^ <p/AoT/jU.tav )fygT(r9<tt • lya $t 
'-'ojji/^^ XP^^ycti Toytw'TroAg/ Trgp/ wpcLy/jLctTm iwi^ti- 
fmrcL cru/XrÇouAewgiy , /xoXAov , W«? Ta (îb^ctyrct 
ffuyoio-g/, (Tjto^gty ,>i on»^ oi wctpcL')(^pyifJLcL Aoyo/ p^ot- 
pty g^oucri. AeT yotp toT^ gVc rSy Aoyojy gweîbjc/ittoÎKr/ 
(rvfi<pepoyTo$ rmç ipyov 'TfpûL^ti/ "TfpoaeivcLt , digl iiyj 
yt/v /wyo? , olAA m\ tol p>|3gyTct x^ciAo)^ g^Ji. 



5o EXOKDES. 

déjà parlé. Je ne les accuserai pas toutefois de you» - 
avoir donné des conseils nuisibles , avec de mau — 
vaises intentions. Mais y uniquement occupés d^^ 
leurs discours^ la plupart négligent d'examiner le!^ 
choses ; et^ s'ils ont trouvé un certain nombre 
d'objets qui puissent vous plaire ^ ils paraissent 
avec confiance *à la tribune. Ils ont tort : attentifs 
à étudier la politique des états , ils devraient plutôt 
considérer que, vu la diversité des circonstances, 
tous les peuples se sont portés , dans un long espace 
de tems , à plusieurs démarches , dont quelques- 
unes se contredisent; et que^ si on ne parle que 
des dernières , on fait , sans y prendre garde , la 
chose la plus facile : on se trompe soi-même. U 
paraît que les ministres , qui suivent le plan que 
j'attaque , s'imaginent qu'ils retireront une gloire 
suffisante de ce qu'ils pourront vous dire, s'ils ont 
la réputation d'hommes éloquens. Pour moi, je 
suis persuadé que celui qui entreprend de conseiller 
la république , doit chercher plutôt à lui faire 
adopter des projets utiles, qu'à plaire sur-le-champ 
par son éloquence. Lorsqu'on se distingue par le 
talent de la parole , il faut ajouter les effets aux 
discours , afin que les discours ne procurent pas 
seulement un plaisir passager, mais un avantage 
durable. 



npooiMiA. 5i 

*AA'ot/ 'TtoWoiy TQVTcL 7:poLyfjLCLroLx.piniy ci[iî\yi- 
^cLm$ , Tow^ \oyov$ (nconeîv , ov$ gpoutr/v , ticùâ-oLai , 

fiîm -Trotp' ecti/ro?^ or/ , tstoWSv npct^îoùv hj tcoWS 

mm ^TsrtHcLVzwi cwrcus , <tv , tclç npoTîpctç riç 
u'Trep&fit/vay, t« vcTîpaç Aeyw, A)f<r6/ to poiaroy 
T«v gpyav Troiov , ctuVov g^ottrotT^Sy. O/ ^ev oJy oû- 
Tû) XpwfJ^syot TO (rujttCowAeuety , Soyjovai fzoï T)fy 
ct-TTo Tm pâ-gyr^y tow ^ycttr^cLi Xeytiv èo^ctv yt- 

voin^ùi %p>rycti Toytf TToAg/ Trgp/ wpctyiJLcLTm ewi^u- 

pOViTCL CVJjLJZovMvili , jXCtXAoV , W«^ Tût (îb^ctyTct 

iTuyoi (Tgi , cTco^îTif yh oTttf^ 0/ •zrctpct^p>i/tct Aoyo/ p^ot- 
pey i^ovffi. Ail yctp xôis îtsti rSy \oym îvâùx.tfJLov(n 
avfi^epofTo$ rmç gpyou' 'TtpcL^ii "Ttpofftivcii , iyot //,)! 
ywv /Aoyoy , olAA otgt rot p>i3gyTot x^ctAa? g;)(^Ji. 



52 nPOOlMlA. 



lA'. 



Et fxey iyyû97ceLT , eo ctv^ps^ A^vcuoi , rt iSeAri — 
crrov ov rvy^ûuyu 'srpoL^cLi Ttept rov -Trctpovrav, oJjxotp' — 
T)i|Jiflt ro <Tv(iQov\îvsiy ^poTrOevot/ • cl yctp ctwtoi ^ 
-TTpiy cMcotTo-ot/, dbx/fxct^€Te (rt;/t<p6p2iy , Tt der Tfltirrflc 

i8ouA£t;6<r96 , €0$ ex. r^y fyi^naofiîim Soxi/iciacLt âtoi , 
oJx, op5«k ep^e/ to jtaAueiy tou^ jSouAofteyou^ Xtytih 
TlctfcL ii^n ycLp rm o?\jûù$ (twoo-npil^a-^t , ex, rov touto 
-TTo/ery, 6? Ti %p>i<^t]^oy eyTg^-ujLtijyTar too^ J^* , a<pey- 
Tot^ et Tuy^^ctyoï^criy lyycncoxiç , «y J/^cT^ tTViQufJLUf 

Totyeiy fxey j8ouAo|xey«y to cruyctyctTocot^eiy Toy ^ct- 
pio^fTcL , et j8oi;A6cr56 , Aeyeiy' HovMvofitmf dî , ctxot^- 
crctvTct^ et yiymtrxîi , crxoîireTv , xqtv r t xotAt?^ ej^j , 
5^p)ï<r9ct/. Aîycù $î ratJTCL > oJx. eyayrt* rôts viiif 
«tpecDtouen jtxeAA^v Ttapctivety* otAA* îtcuvo ûâcos , 'ot< , 
àv /^ey /t>i ât\y\anrî rcûv Âm\EyojfTm (Lcovacti , i^ 
TotTÎfa-Gûti <p>j(rot;(riy Ujttctk' oîy J^' dxovacLfTîS /jun -jfw- 
o'3>!Te,€^6A>iA£y|Jievoi rrctpctp^piTAt* ecroyTcti Tct J^wpflri 
Ttctpaiyouyrg^. 



EXORDES. 53 

XI. 

Si TOUS savez ^ Athéniens, ce qu'U y a de mieux 
^ faire dans la circonstance , vous avez tort de 
mettre la chose en délibération. Qu'est-il besoin , 
en effet, de vous fatiguer de paroles inutiles, et de 
vous donner des avis que vous approuvez avant que 
de les avoir entendus? Si vous délibérez comme 
devant vous décider d'après ce qu'on vous dira , 
c'est mal fait d'empêcher de parler ceux qui en ont 
envie; c'est vous priver entièrement des bonnes 
idées qui sont venues aux uns ^ et faire que les 
autres, abandonnant leurs propres réflexions , vous 
conseillent d'après ce qu'ils croient conforme à vos 
désirs. Or, c'est vouloir commettre des fautes, que 
de forcer un orateur de dire ce qui vous plaît. 
Quand nous délibérons^ nous devons écouter, 
peser ce qu'on nous dit, et profiter de ce qu'on 
nous dit de bon. Si je parle de la sorte^ ce n*est pas 
que l'aie dessein de contrarier vos goûts ; mais je 
sais que, si vous refusez d'entendre ceux qui par- 
lent contre vos intérêts ^ ils diront que vous avez 
été trompés ; au lieu que^ si vous les écoutez sans 
vous rendre à ce qu'ils disent, ils seront convaincus 
sur-le-champ de vous avoir donné des avis nui- 
sibles. 



r 



54 EXORBES. 



XII. 



4 

Vous le sentez , je crois Athéniens, ce n est pas 
pour juger les coupables^ mais pour délibérer sur 
les affaires actuelles , que tous vous assemblez 
aujourd'hui. L'orateur doit donc suspendre toute 
accusation, et se réserver à attaquer dans ses dis- 
cours certaines personnes, lorsqu'il les citera cti__ 
justice. Il s'agit maintenant de vous exposer le^ 
avis qu'on a pu trouver. Accuser c'est blâmer le 
passé. On délibère sur le présent ou sur l'avenir. 
Ce n'est pas ici le tems de se permettre des plaintes 
et des invectives, mais de donner des conseils. Je 
tâcherai donc de ne pas tomber dans la faute que 
je reproche aux autres , et de vous conseiller ce 
qu'il y a 9 selon moi, de mieux à faire dans la 
circonstance^ 



XIII. 



Aucun de vous. Athéniens, ne niera, je pense» 
qu'il ne soit d'un mauvais patriote et d'un homme 
mal intentionné , de haïr ou d'aimer tel ou tel de 
vos ministres , au point de ne pas s'embarrasser, 
des intérêts de l'état , et de ne suivre , dans les 
harangues qu'on vous débite, que les mouvemens 



npooiMiii. 55 



/ 



IB. 



a TOlfVlf TCLS fjLîl 7tCLT>r/0ftOi^ WfOîaUGH 'TtCLffCLÇ , 

xoLi TOT ey viuv Aeyg/v , xaB* orov mTsrux.îi éx^ot- 

(TTOÇ IcLVroV , OTotV TiVOt X.ftVûùfjiîV. El ^6 T/^ T/ %p»- 

To ^gy yotp x^otruyopgry , rSv totk ^îWpoLyin^foi^ gy- 
xctAouyray go-tf to ^ei cru/tÊouAeug/y, -Trep/ rm ^apoy- 
Tûoy 19 y£V>ï(ro(xeyû)y '7rpoTt-9'€T<xt. OuVoiTy oiî \otâopi<i$y 
ovâe fie [JLr^Uiùô o 'Ttctpm xaipoç , ctAAcL tru/xÊouAiT^ £?- 
ycu /xoi doTLU . A<o '7rîipcL(ro[j.cLi iJLî)f <pi»A<x^ct(x9cti , 
TovTOi^ l'Wnificùy iiy\ 7iût5eTv cwto$* <rviiÇ>ov\iV(TûLi 
ae et TLfcLTicTcL ifoiiiÇcû ntipi tay ^TTotpoyTû^y, 



ir; 



oJ^gy* fltyTgt'TTgTy , <» otyjjjgf 'AO^yaTo/ , yo/it^û? , 
(ù$ ou xccxou -TroAiTou >cct/ (potuAûu T>jy yyaiiïj)^ oty- 
Jjpo^ «o^iy , o'JTû) T/vct /tio-giy ri (p/Astv tûîv gtsr* ta 
xoiya •7rpo(7/oyTû)y, âo-rg tou rf ToAg/ jSgArco-Tou /^n- 
dgv ÇpoyTt^£/y , ctAAflt r<t fjLtf 'Ttpo^ gtr>fp£<cty , t.ûl dt 



56 npooiMiA. 

ér/ /uLoi ^ox,ou(rtv ooj^* , et ri it^woiyixctcn Toiouro? , 
jU.eyi(XTa }tf6€tpr)ixeycte , ct\?C on dnXovaiv oude^ôT 

dixïiv , oTctv J/i.?y ^^>i , itctfcL Tovrm ActfeeTv , aAAa 

Tou^ , a<7îirep uVep -TroAgcBf 'Trpocrwet iSouAeuo/xevGu^, 
roLÇ l$idL$ dviXovroLÇ <pi\oHi}Li(t$ y To 3co<vy iSeAT/- 
<7Tov cr>coBre7(r9ot/ , gv9w/iou)U,evot;$ or/ outJe/^ , ouj^* 

CL/JLÛL ^CUTi$ ol 'TecXlTîVOfJLîVOl , Tm VOjtJW»?, g(p' oTj 

Jfx.s?i? iaTî y a^'o%p«ûî 6'V/ , (îi(t(p9ccpevrc»y , ^x^ 



lA'. 



gtycti , e/ Tt$ àv î^LCùTTii i^rm TtoWm v/juûv m , eVg- 
pm (TvyiÇitÇiQvXvjTLorm , oî xott tS 'tcIxcli ttoA/t* gJ- 
gcrOot/ > xai TO) Ttotp u/^rv ^^ûtv gp^gev , npoeypvin , 
t?rap£A'S-«y îiwoi on ou /xovov otJra ^oxooîr/y ow op- 



EXORDES. 57 

le la haine ou les sentimens de lamltié. C'est ce 
[}ue font plusieurs de ceux qui montent à cette tri- 
bune. Je me contente de leur dire qu'ils ne me 
paraissent pas commettre une faute énorme, en 
disant quelquefois ce que je leur reproche, et que 
le plus grand mal est qu'ils se montrent disposés 
à agir toujours de même. Vous, Athéniens, je 
irons conseille de ne pas vous oublier, et, sans 
rous contenter de les punir, quand vous le jugerez* 
i propos, opposez-vous à eux de toutes vos forces, 
lacrifiant à l'intérêt commun toute faveur particu- 
ière, comme cela doit être, lorsqu'on délibère sur 
a république. Faites réflexion que nul ministre , 
{ue tous les ministres ensemble ne peuvent être 
issez punis de détruire les lois qui vous gouvernent. 



XIV. 



Quelques-uns de vous. Athéniens, trouveront 
3eut-étre présomptueux un particulier, un homme 
lu peuple , qui , parlant après des citoyens distin- 
gués parleur ancienneté dans le ministère, et par 
e crédit dont ils jouissent auprès de vous, s'avance, 
;t dit qu'ils lui paraissent ne rien proposer de ce 
[u'ii faut , et même êtr^ fort éloignés de saisir le 



é 



58 EXORDES. 

vrai point des affaires. Quoi qu'il en soit , je crois 
mes avis tellement supérieurs aux leurs, que je né^ 
craindrai pas de dire que leurs discours ne méri- 
tent aucune attention, et que vous ferez sagement 
d'examiner les conseils sans regarder celui qui les 
donne. Non, il ne faut pas que vous accordiez votre 
bienveillance à quelques-uns seulement, comme un 
droit de famille, mais à tous ceux des orateurs qui 
vous proposent les meilleurs avis. 

XV. 

Je voudrais [2], Athéniens, que vous donnas- 
siez la plus grande attention à mes discours ; Tob- 
jet sur lequel vous délibérez est important. Il est 
une chose qui m'étonne : avant qu'une assemblée 
commence,lorsqu'on rencontre quelqu'un de vous, 
on est tout prêt à montrer ce qui peut rétablir les 
affaires; et aussi, lorsque l'assemblée est levée, 
on est également en état de s'expliquer sur la dé- 
termination qu'on doit prendre. Mais, lorsque vous 
êtes tous réunis, et qu'il s'agit d'examiner l'objet 
de la délibération , on ne vous dit rien moins que 
ce qui est essentiel. Est-ce que chacun de vous peut 

trouver par lui-même de bons avis, ou exposer 
ceux qu'un autre a trouvés , et que cependant il 
ne plaira pas , s'il le dit à la trrbune ? ou chacun 



npooiMiA. 59 

yiyfCùffTcuv. Ov fiy\y oAA* tyœyî ovrcù acpo^pcL otOfjLct* 
/jictXAov J/xTv (ru|Ji(pgpoyTot epe^v rourm , acrrg oJjc 
oxyyiaeù -TTctyrot, et ruyp^otvoua-iv ufïiTcoxîs j ctçtot /t>i- 
Jtgyo^ €iy<xi (p>r(rcc<. Nojxe^â) (î'e 39 Ujibct^ o'p5^$ ày 7Co<e<y, 
ei ^w Toy AeyoyT* , otAAct tôt (ru]x€ouA.euo^t6y* (rx.o- 
TToTTg, Aê? yctp , af flty^pe^ 'A9>iyût7o/ , mv wctp* viiSv 

lE'. 

BouXoipt>iy oty viiùLSyd av^pgç AGityotTo/, 'Trpocep^oy- 
Tût^ , CL jagAA© Aeysiy , cocoucrou • xot* yctp ecx/y ov 
lJ.ixpoL, *Eycù 5otu/xa^â) Tt art non , rrpty jttgy ttç ry\v 
ex)cXii(r/Gty ctyotÊîîyot/ , otcù xiç ctv u/i(»v e'yru^w, oiTto^ 
gwVopa^ «itreTy ê^e/, ^/' Si cly ta 'TTotpovToc 'Trpcty- 
jxctTct jSeATtû) yeyotTo* xct/ 'TToAiy otuTixot (îii ijlclXcl^ 
eay a7»'6A5)rr€, o[jloiûù$ excto-ro^ gpsT t* ^eoyrof éy ^e 
tû; tirgpt TouTûjy ax.o'sniy ovre^ , xott cruygiAgyjtteyo/ , 
traîTct jttaAAoy >i TotuTot Aeyoyrûjy rivoy ctxowers. 
Apct yty éù xi$fî$ 'A9>iyaioi, yySyc/ ftgy eVr/v Itlclcttcù 
Tflt agovd- v/ta?y , xcc/ tx To^y aiXXm wsren ewicTd" 

TCLt , 7r0<5y J^* CLVTO$ îKAaTOÇ OV ')(Jtfiil1CLi ; xct< /d<ot 



J 



6o nfooiMiA. 

fxev , cû$ cLfct <tvTQ$ ^rotfio$ rcL jBeAr/erT* npecrruf 

rm x^cL^morrcùv ctwcL^rtç Icrso-ôe j E/ju-ey toi vuy /ttu- 
iîvx xfli<p6v 04€<r5e ii^ety, o$ eeo-â) r}i'$ îlpœnicLS cL(pi^&' 
Toti TauT)!^ , TLcûiSç ctf iy^pi rouroy Toy rpo'jroy Act- 
yttv* ee oe t* npcLyiietTeL opotte eTO^vrepa Torpoorct' 
yoyTût , JteT (rx.o'riia^cLi o^m [in wAntrioi clvtois 
[jLaU)(}ï<r^î y cl 'TTopp^Ggv t^îtm (puAct^otcrGot/ , xat Toi>^ 
vGy ntpiocpâîvrcLS , ecpij^o/xgyot;^ vtrrepoy €p^)jre , oi^ cty 



ir. 



rigp* ftey Toy 'Trapoyrav , à oty^pe^ 'AOwctroi, Ttpcty- 
fjLtiurm TÎf 7Co\tij TccLiwep ovk i^ovrm ces é(J«, ou 

T/^ 'TCpùL^cLç ^i\ricù "TroiïjO'îitr oyttyût ^e ^>f rpo- 
îiroy Tpo^ vfjLAç a^TCtit "rtpt ewrm , rovro "TtcLU" 
woWvDi âu(rKo\ieu î')(îtii vofii^co , ov^ dç ou <ruwï- 
(Tovrm ôroty r/^ Aey>i • otAA* ovra 'tcoXKcl xcti 
•N^€u^, xcci TCctyTct fxctXAoy îi Ta liî\ri(nr<t Toi$ 
'TCpœyiJUKTi j cruy£t5t(x9oti |xoi ^oxerre ct3tou6 cy, «aT£. 
<îe(îb<xct , |UL>i ta rcù vuy ^î\ri<rTcL ùwovri , :iv to7i? 



EXOBDES. 61 

blâme- t-il en particulier les autres , comme pour 
paraître disposé à faire lui-même ce qu'il y a de 
mieux, et craindra-t-il en public de porter des dé- 
crets qui vous engagent tous â remplir les devoirs 
de citoyens ? Si vous croyez qu'il ne \iendra pas 
un tems où vous serez forcés d'abandonner ces 
voies obliques , vous n'avez pas tort de vous com- 
porter de la sorte : mais si vous voyez les affaires 
empirer toujours , vous devez prendre garde d'être 
obligés de lutter de près contre les événemens que 
vous pouvez prévenir , et de voir les peuples que 
vous méprisez aujourd'hui , insulter bientôt à vos 
malheurs. 

XV I. 

Quoique les affaires de la république ne soient 
pas actuellemem: dans le meilleur état, U me sem- 
ble^ Athéniens, qu'il n'est pas absolument diffi- 
cile de trouver ce qui peut les rendre bonnes. La 
manière de vous en parler , est , à mon avis , ce 
qu'il y a de plus embarrassant. Ce n'est pas que 
vous manquiez d'intelligence pour comprendre les 
discours qu'on vous adresse ; mais vous me parais- 
sez si peu accoutumés à entendre ce qu'il y a de 
vrai et d'utile dans les affaires , que je crains qu'un 
orateur , qui vous donne de bons conseils , n'é- 



É 



62 EXORDES. 

prouve les effets de votre haine, qu'il faudrait ré- 
server pour ceux qui vous trompent. Car , en gé- 
rerai , c'est moins les auteurs de vos maux que 
vous haïssez ,.que ceux qui vous en ont parlé les 
derniers. Quoique j aie observé ces incouTéniens , 
je crois néanmoins devoir négliger toute autre con- 
sidération , et vous dire^ dans là circonstance ac- 
tuelle , ce qui me paraît le plus utile. 



XVII. 



Je voudrais , Athéniens , que vous fussiez aussi 
vifs pour vos propres intérêts que vous avez cou- 
tume de l'être pour ceux des autres. Mais vous sa- 
vez mieux tirer les autres du péru , que vous oc- 
cuper de ce qui vous regarde vous-mêmes. On dira , 
peut-être , que c'est faire le plus grand éloge d'A- 
thènes de dire que , pour le bien de la justice et 
sans aucune vue d'intérêt personnel^ elle s'est ex- 
posée volontairement à mille dangers : je suis d'ac- 
cord que cette opinion qu'on a de nous est fondée, 
et je l'approuve ; mais je crois qu'il est dé votre 
sagesse de montrer pour vos affaires toute l'atten- 
tion que vous donnez à celles d'autrui, afin d'être 



riFOOlMIA* 63 

l 

l^TtcLTYOLoci 'Trpoo-îïicey ot^ep^-9-e/oty visr(if')(îi}f 'TTccf 

^OWOLKIÇ , ou TOV$ CLlTtOV$ tSv 'TTpCiyfJtCtTm llKToZi" 

icLÇ , ctAAct Tovç varcLTovs TCîfi ûlutûjv tiWovrcL^ ri 
-Trpo^ J/Act^. Ou !JLW dKXoL , xotcîrep owra^ (lxfiÇ>cû$ 
Tcatra Aoy/(^o/xeyo^ , o/xû)^ oe^a/ , 'Travra 'KcLpîiç 
T<t?i\cL , -TTgpe otuTûjy Tc»y 'Ttctpoyrm cl TcfaLTi&rcL yo- 
/te^a Aeye/y. 



iz'. 



*E£ouAo/x>jy ày J^ak, ^<tv^pg$ *A9>iyct7o/, f'TTpo^ 
Tov$ <tWov$ cuarœtTdÇ tlcà^cLT^ '7rpo(r(pgpg(r9ût/ (p/Actv- 

SpOÏ'TriOL, TAUT9 xoL* Tipo^ J/tcT^ CtUTOV^ ^pyfaQcLi. 

Nuv/ ^ ct/xeiyou^ ecrre Ta ToJy ctWm âîuai iztrcLvop'^ 

BOVV y Ti rSv VfJUY CLVToTs (TV/J^CcLlVOnm (PpOVTt(^6/V. 

I(ra$ jttey ouy ctuTo touto ti? av (pyiaui fjLîytaTO)/ tncti' 
yoy (pepgiv tJ* croAe/ , to iJLr\èvto$ mycoL xip$ovç l^iov 

"TToPiXoVS Xlidv}fOVS VWîp dVroV TQV SlTCdiOV 'TtpOTipyi' 

cQcLi* îycù âî xcLVTVjV r dXviBïi T>iy do^<tv eîyot/ yoju,/^» 

XCLTct T>ï5 7l0A€û>5 XCLl (èovXoiJLCLl , XOt^JC^ryO J^* JtSTO- 

Act/jtêay» (Tfflcppovûjy <lv^fCù7rcù)f îfyov îhcLi , c(r>îy Tpo- 
yoicw rSy cLvrô!$ oixez^v , o(r>iy ^rep/ rcov otAAoTp/av , 



64 npooiMiA. 






IH'. 



Tt TTctpcciveiv J]u,Tv,ovTa '7re<pcc(r9ct/ Aeyg/y, aV xa* 
A;y>i(re(r9e Jî!ro/xe7va< • €< ^g ^tt» tout , ctcpgvTot tqm^ 

(Tu^fcÊouAgugiv , jccte TotiT^ ûî^ $icl ^pcC)(vTcLTm. Ou 
yap ÉvJîgict [loi âoTcîiTt Aoycay, ou^e yuv opctv tcl 'TCfcvy' 

{ICLTA 'TtCtVTCL MXvfJLCLtTllîycL , (tWcL TCù TWÇ [Iti 

idLvTm enxdL ^[iifyopuy tcai 'TroA/Teueo-Got/ , tou^ oè 

do^ouo'i Aeyetv , o-Trou^cc^g/y , i tto'^ epyoy e^ [ay Ae- 
youo-ï T/ (Tu/^cpepoy 'TTpap^^no-gTct/. Eyoï J^ , eyot p 
Aot-S-a TouyûtyT/oy, ou (p>i|x* ^ery , <tvTo$ 'tto/^v, xaw 
w\iiûû -Trep/ T(»y ctWm Aeya, i Trep/ ay aye<rr)iy Ipar, 

ÙL(pîl$ TflCAAot -TrayTot , a 'TtcLfÛLlVCù TCCLI 0>I mipCLffO" 

/icti -TTpo^ ofxoT^ e/îsrery. 



10'. 



^eiy Toy vouy , e? t<$ uVo<7p^o<To Jjttîy TctuToi Axflt/* 



EXORBES. 65 

regardés noD-seulemeDt comme des gens officieux, 
mais comme de bons politiques. 



XVIII. 



Il convient peut-être. Athéniens, quand on veut 
vous donner des conseils^ de vous parler de façon 
à pouvoir être supporté ; ou du moins , laissant 
tous les autres objets , de se borner à ceux de vos 
délibérations , et de les traiter le plus brièvement 
qu il est possible. Si vous ne voyez pas , même à 
présent , que toutes vos affaires sont ruinées , ce 
n*est pas , sans doute , faute de discours , mais 
parce que les orateurs qui ont vieilli dans le minis- 
tère , ne parlent et n'agissent que pour eux ; ou que 
les jeunes , qui ne se sont pas encore fait connaî- 
tre, cherchent plutôt à se faire une réputation de 
beaux parleurs , qu'à vous porter , par leurs dis- 
cours , à quelque démarche utile. Mais , afin de ne 
pas tomber moi-même dans cette faute ^ sans y 
faire attention , et de ne pas m'étendre plus sur 
des incidens que sur les objets qui me font mon- 
ter à cette tribune , j'écarterai tout le reste , et 
je vous exposerai mon avis sur les affaires pré- 
sentes. 



XIX. 



11 me semble , Athéniens , que vous devriez 
écouter celui qui s'engagerait à vous prouver que 

T. III. 5 



66 EXORDES. 

dans la délibération présente il est question de - 
votre intérêt autant que de la justice. Je ne croi»-^ 
pas qu'il me soit difficile de remplir cet engage- 
ment^ pour peu que tous ne résistiez point à la 
persuasion. Qu aucun de vous ne s'opiniâtre dans 
sa façon de penser; mais, si on la contredit « qu'il 
écoute jusqu'au bout avec patience; et» s'il lui sem- 
ble qu'on dit quelque chose de bon « qu'il en pro- 
jQte. Un avis , heureusement trouvé , appartient au- 
tant à celui qui l'adopte , qu'à celui qui le donne» 
Pour bien délibérer, il faut ^ avant tout, ne pren- 
dre un parti qu'après s'être instruit des objets sur 
lesquels on délibère. Car ce n*est ni dans le même 
tems, ni selon la même méthode^ qu'on doit con- 
firmer ce qu'on approuve , et juger quel est le 
meilleur parti à prendre. 

XX. 

Je suis monté à la tribune , ô Athéniens ! pour 
délibérer avec vous , si je dois parler ou non ; et 
voici ce qui m'empêche dé me décider seul. Il me 
semble que l'orateur qui ne veut ni se satisfaire 
lui - même , ni complaire à quelques - uns > mais 
parler pour vous , et vous dire ce qu'il s'est per- 
suadé être le plus utile , doit nécessairement ap- 



nPOOlMiA. 67 

'Eycù roiwi dio/icLt touto 'Ttoiïio'u^f ov ')(CLXtnc9$ , ai 
iTceLGTos i^u yvcùfjLï\$ uftSy 'TCîft Tm ^ctpoytay , op- 

ctîcoutrott UT 5 €otv op^û)^ €tp)!<r9ût/ t* oùki) , j^tio-Bûi, 
Ou ycLp nrroi.viJLtTîfo^ eo-Tote tov p^pijo-o^tevav to 
xoLTopS-côS-ev , >î TOI? 'TTfos v[jl£$ uwo^ro$. 'h /Ltey 
' oiTf App^>i TovffKOTtîTy ôpd-Sç iari , ftv jSeêouAeutrGae , 
*^P*y > ^^ ®* ^eriSouAeucroLtrôûtt , otx,ou<rcti. Ou yctp aJ- 
To$ ovre x^cupùSy oûre rpoTio^ , rov t' iwiTLvpoKrùLi Tût 
Jbx-ouvTfit, xûtt Tou o'xe'vj/ût(r9flti tt nparoi dbjcei o-ujtt- 
çepciy. 



k'. 



Me5 u|x«y,actvJ'p£^'AS>iyotToi, 7rfltpeA>jAu5oti8ouA6u- 
<ro/iaifQ$y t^'oTepoy ^p>i jtte Aeys^y, >i )tt)i. A<o <r auTo^ 
TOUT ccTTopaKpTyflt/, ^patro) Trpo^ u^ûT^. 'AyctyjcctToy eiycti 
iLtoi icnLîi ra iJLïiB* etvTCûy [ivir cricri ^(tpi(r(t<r6(ti ^ov^ 
AojLtefû) , oÎAA* uVep v[JiS)f îîisrzTv i 'TVî'sniiti^ îojoroi 
ficûiKTXdL a'Uft(pepg<v , xct* (ruys/îsréiiy à xctAa^ Aeyou- 



68 nPooiMiA. 

<r/y d/jiCporifoi , x^ote Touvctyr^ov avTe<'7re7y ôo-ot [ivi ^<- 
xxtict ct^mcrii» El /xey oùv vfitiç vwo/itmTî <t)tQv<rcti 

TtTîfl Ttfy Xoi'xSv iSoyAgixTotto-^e • e/ ^, 'Trpiv jLtotâ-sTr, 
ctîiro(rT(Xt>iT6 , yîiOiT cly ifia^j fiïiS^ irtfovs ctà- 
xoîTvTi , "TTpos cL/Kpoxlpovç ActÊeÊAîîo-ôflt/. TouTo J^* 
ov')(î dix.cLio$ ttiii 'Ttctd-eTi, *Eflty jttey ouy x.î\îvyiTt , eTO(- 
itfco^ u[ii Aeye/y • e* ai /in y xcli (ricù'Tctv t^ti /xoi 



A\ 



:nyoviicLi , Tot^ /tey cuticlç kcu tcl^ KdTyiyoficLÇ , Ôtoly 
^ovXevîff^xt âîif yncLpcLKwTtBiy * Ttft rav TTcLpovTm 
âî Xeyw 0, Te ^i\Ti<rTo}f'îx.cL(rroç i^yeiTcLu' On fiif 



9 I 



ydf Timi cLtrim ovray xcltcco^ tcl npoLy/zcircL eyet, 
m'ctiv^ç îWiaTXfjLécC e^ orou Se TpoVou ^îXtIcù èi- 
yoLtT* clv yeyecrSûti , toi^to tou* o-v/têouAeuoyTo^ Ipyoy 
tiVeify. Ewur tycsy^ yo/xt{^« jcctt xdrnyopQvç tîmi 
Toy ctAxouyrwy p^aAgtsrou^ , ov tou$ €*v toiovtoiç xctt- 
porT^ e^sTcL^ovTflt^ Ta ^iwpctyfiîydy 'or ov$i/jLiCLv A»- 
o-ouo"! âix,>ïy , aAAcc toi<^ to/outo t/ cv[j,Cov\îvaroLi 



EXORDES. 69 

prouver les bonnes raisons des deux partis , et 
combattre leurs prétentions peu justes. Que si 
vous daignez entendre de moi, en peu de mots, 
ce que je combats et ce que j'approuve, vous 
délibérerez beaucoup mieux sur le reste. Mais , si 
vous rejettez mes discours avant que de les avoir 
entendus , il arrivera que je serai mal voulu de 
lun et l'autre partie sans avoir offensé aucun des 
deux; et il n'est pas juste que j'essuie ce désagré- 
ment. Si donc vous l'ordonnez , je suis prêt à par- 
ler; sinon, je consens volontiers à me taire« 

XXI. 

Je crois , Athéniens , que la raison et votre in- 
térêt veulent que , quand on délibère , on se borne , 
sans accuser personne , à vous dire^ sur les objets 
qui vous rassemblent, ce qu'on juge le meilleur. 
En effet , qu'il faille s'en prendre à quelques - uns 
du mauvais état de nos affaires , nous le savon9 
tous; mais, les vrais moyens de les rétablir, c'est 
ce que doit montrer un ministre. Ajoutons que les 
accusateurs les plus à. craindre pour les citoyens 
qui vous nuisent , ne sont pas ceux qui recherchent 
leurs actions dans un tems où ils ne peuvent être 
punis V mais plutôt ceux qui vous donnent des 



I 



^O EXORDES. 

conseils propres à améliorer notre situation pré- 
sente 5 et qui par-lâ vous mettent à portée de pu- 
nir les coupables à loisir. Ainsi, regardant tout le 
reste comme superflu , je vais vous proposer ce 
qui me parait le plus avantageux pour roj^jet de 
votre délibération : je vous prierai seulement, si 
)e rappelle quelques traits du passé , de croire que , 
sans nulle intention d accuser qui que ce soit, je 
n'ai d autre dessein , en vous présentant les fautes 
que vous avez déjà faites^ que de vous empêcher 
d'y retomber encore aujourd'hui. 



XXII. 



Si , par le passé, ne prenant aucun parti , nous 
fussions demeurés aussi tranquilles que nous le 
sommes à présent , je ne pense pas^ Athéniens^ 
qu'il fût arrivé ce que nous voyons, et je crois que 
pour le reste , bien des choses iraient beaucoup 
mieux [3]. Mais aussi, aujourd'hui, l'insolence de 
quelques-uns ne permet pas de monter à la tri- 
bune , de parler jusqu'à la fin , ni même d'ouvrir la 
bouche. D'où il résulte une foule d'inconvéniens 
qui méritent quelque attention. Si c'est assez de 
connaître le mal, sans qu'il soit nécessaire d'indi- 
quer le remède, et si, dans nos discours , il faut 
nous prêter à vos désirs, vous ordonnerez^ comme 
vous avez déjà fait , d'équiper des vaisseaux , de 
s'embarquer, de contribuer; tout cela sur-lerchamp; 
et, dans trois ou quatre jours, si on n'entend plus 



nPOOIMIA. 71 

^ii/i9-înet$ f ct(P' ou jSeATtû) Tût TTctpovrct yt^otr <a. 
iSk^ct ycLf TovTovs ecp >ï(7up^<« )cct/ -TTctp tTcîimj eyye- 
»o<T* cty Jft7v ^<x,>iv Aût€67y. Tou^ /tgy ovv aAAou^ Ao- 
you^ 'TrctVTctç TTcp/epyou^ >iVo2)ttot4* à J^' iy oioficLi auy- 
inyxiiti Wîfi m yuye (rjco-zîrerre , TûtuT etVéty Treipct- 
<rojxou , TocouToy cl^ioxtclç fiovoy* cty ipa tou [lîfAT^ficLi 
TûùfTtt-arpcLyiJLîymj [in xcLryiyopioL$ fl^ Inx^ct nygTo-Og 
\tyît}fy otAA', lyot âîi^dç i roTîiifJLCLftizîy yuy ctVo- 
Tpe%j/a Tûturct ^otQery. 

ra'. 

E t 7LCLI Toy <x AAoy %poyoy, a aydjje^ *A9>îyfltToi , /xn- 
3évt <rviva'o\mvo[itvot TO(rcLVTy\^ iyo/xey >î(rup^4oty , 
ocyivwîf €v rcù Tsretfo^ri , ovrt ra yvv cty yeyîyviiitycL 
o-ufJLjSiTyoti yoiùtcù , Tûiy re ctAAay oîjttoti 'ttoWcl jSeA- 
Tioy ûti u/x*y ep^€<y. Nuy <r vtsto ry\ç tyiai cco-eA- 
yetct$ , ouTs ^fltpeAUeiV , oure e^tire/y , ou5 oAa? Ao* 
you Tup^eTy tcTT^y* od-sy tru/xÊot/ye/ ^oAAot, xct/ oJx 
twirviducL i(rcù$. E/ fJiey oùy ^? Tocurct ^uyÔotyeo-Ofit/ » 
%^ /jLYi axowiiy Oj ri p^pn noinaai , )cote (pctaxuy o/a- 
'Tcp yuvt j8ouA€o-9e, '^^(pma^îy iwtf €3c roi 7r«xp€A>f. 
AuS-oTûjy %povû)y, xctSe^ytuy Tfivifnç , éfJiÊot/yg/y, e/- 
açepeiy -TTctyrct ToctTr i^' i , rpiSy ïf/xepSy J; -Treyts , 



jf 



7» npooiMiA. 

> 

>î<rup(^CûLV exeTvoi, wcLXit ov)tiTi TccLipov tivcLi 'Trpocrre/v 

35vûL rfiïipeis cl! Xwxfièis '7i;f0(rî(r')(ù'j. ^Clç yap cty 

aQûLt ^pHa^at o^îcù^. Ait ai jSouAeugcrGûti jttgy e(p )îVl^ 
^icL$yWoiii¥ ùe rcL âo^ctyTct [iîTcl awov^^y xccz Ao- 
yiacLcrdùLi rovS- , oT/, €t pm xote Tpo(p>jv iXfltv)!V zro- 
piurt , 39 o-TpocT>iyoy Tiv* rov zsroM/iov, yoîv e^ovrat, . 
Wfoaryitna^ij tccli /xgW/y gVt râ^y qvtcù àf^ayrcùv eôs- 
A>i(r)iTg, •vl/>î(p*a/xct5* J/iTy 'srefnaTcLiy xai TaroLfcucL' 
Xœcnri fia 'TtcLvB' , o<r* ay ^ctîirctv>îO">jTe, ^tXxiœ J^' 
oJj^' oViouy To. î&'pa.y/XûtTot eo-rct/, xp^ygTre ^ oy ai 
^ovAriad-t , opyio-flevTe^. 'Ey» (^e Bov\o/JLcLi rov^ 
t^Gfovç J/xcT^ diivvo/jLtiovs ocpB^ycti trporepoy , >} touV 
wo\iTcL$ TtptyoyrcLç. Ov ycLprifjuv avroiç woX^fjLtlf 
fjLûLAAoVy Ti Éx^etyo/^ 6(7^6y atx,<x/o/. ly ovv fin , ro pa- 
(TToy awcurm , twixifinaœ [xoyov , oy Tpo-zzroy ay /xo/ 
^o)t>ÏT6 TctÎTot îjro<)f<rcti , ài$cL^cùy ètn^tiç vfim [iri 5o- 



EXORDES. 73 



pai|er des ennemis , et s'ils s'arrêtent , tous pen- 
sera qu'il est inutile de se metfre en marche; 
comme il est arrivé , lorsque nous eûmes appris que 
Philippe était dans THellespont, et, ensuite^ lors- 
que des galères de pirates abordèrent à Marathon. 
Vous montrez (a), en effet, lorsque tous délibérez, 
la même promptitude que pour se servir des for- 
ces en bon état ; au lieu que vous devriez délibérer 
avec tranquillité , et exécuter avec ardeur ce que 
vous avez résolu , bien persuadés que si , fermes 
dans la résolution que vous en aurez une fois 
prise , vous ne fournissez des vivres en quantité 
suffisante , et ne mettez à la tête de vos troupes 
un général intelligent , il ne vous restera que des 
décrets ; vous perdrez tout ce que vous aurez dé- 
pensé^ et vos affaires n'en allant que plus mal, 
vous citerez en jugement , dans votre mauvaise 
humeur , vos propres citoyens. Pour moi , Je vou- 
drais qu'on ne vous vit pas poursuivre les citoyens 
en justice , avant que de vous être vengés des en- 
nemis , puisqu'enfin il est plus raisonnable de faire 
la guerre à nos ennemis que de nous la faire à 
nous-mêmes. Mais pour ne pas me borner à des 
reproches , ce qui est le plus facile, je vais vous 
exposer quel parti il faut prendre , vous priant 
seulement de ne pas m'interrompre , et de ne pas 
croire que j'apporte dans les affaires des retards et 

(«) Le grec dit : Vous mettez à délibérer la même ardeur que d'autrei 
mettraient à se serrir de forces en bon état. 



^4 EXORBES. 

des délais. Non, ce n'est pas vous donner le meîl — 
leur conseil que de vous proposer de marcher â 
l'ennemi dès l'instant même ^ nos pertes passées ne 
pouvant être réparées par nos forces présentes; on 
doit plutôt vous montrer ce qu'il vous faudrait de 
troupes, et comment vous fournirez à leur entre- 
tien , jusqu'au moment où , ayant terminé la guerre 
par un traité avantageux ou par une victoire com- 
plète , vous vous serez mis pour toujours à l'abri 
de toute insulte. 

XXIII. 

Vous conviendrez tous, Athéniens, que, quand 
notre ville délibère sur ce qui la concerne en par- 
ticulier^ elle doit avoir autant d'égard à ce qui est 
utile qu'à ce qui est juste. Mais, lorsqu'il s'agit des 
affaires de nos alliés ou de toute la Grèce , comme 
aujourd'hui , elle doit s'occuper surtout de la jus^ 
tice. L'utilité sufiBt dans le premier cas ; dans les 
autres , il faut consulter encore les règles d'une 
exacte équité. Les peuples qui sont à la tête des 
affaires, disposent en maîtres des entreprises: 
quanta l'opinion qu'on en aura , nul n'est assez 
puissant pour en pouvoir disposer; et Ton publie 
sur les auteurs des actions, l'idée qu'elles en don- 
nent naturellement. Il faut donc faire en sorte 



npooiMiA. N ^5 

^[IWOtîiV. Ou yctp 01 T(t')QJ XCt< TfiflîpOV €/Vov- 

th fictAiar* tt$ ro (îeov Myovaiv* ou ycep iv tcl 

^vn dicLiiiivcLi (ît;y)j<reTût/ , ncùç iv îi ^eptyevûî/Aeôût 
ro^K É^-îptfv , Ji -TTs/o-^evTÉ^ âictAvacùfiîS-cL roi ^oAf- 
xoi* ouTû> yctp ouxert Tou^Ao/troC <rp^o7/tey iy xctxS^. 

Kr'. 

Oeof6oc< tyotyrct^ ay J/tcT^ , ^i otvâ(?€^ 'A^viicuoi , 

fjLoAoyîiircu on Je? nw wo?ui in/JiSy , oToty jmey -TTÉpi 

-^v idkav Ttio$^ f ^y ctuT)î<? i8ouAeu)iTût< , î<r>jy Tipoyotay 

^tty Tov ffV[i(ptpofTo$ , 'ocTïiynîf rovàyLctiou* ôtoty J^' 

Wep TCût CV/JL/UL^iTLCùlf y ïl TCûV XOty^V , 01 OV XCt* TO 

yvt 'TTfltpoy, fJiîjotvo^ ovtcùç ^ cù$ tov âiKCLtov , (ppoyTJ* 
[e^y. 'Ey /Ji€y yctp iTLtmiç to Auo-ireAe^ î^cLpx.u^ 
y Jte .To?^ To/ouToi^ ro xctAoy irpoo'etycti Je?. Tw 
tey yotp vpaçeûjy , e<^ ou^ ay nTccùaiy xvftot xot- 
^/ffTfltvTût/ • .T>r^ J^' uVep TouT^y $o^yi$y ovâtis t>iA<- 

OUTO^ €0-5, OO-T/^ îtTTcLl XVfl0$* aAA OWOlCLlf OLV TiicL 

d 'W'fcL')(j^lncL ïyj/j Jo^ûty , To/otuT>jy 0/ noWoi ^ep< 
<»y *7CfcL^<m<û^ diTfiyyîi\cLv. A/o JsT trxozreiv xcti 



j6 npooiMiA. 

^po(r6^6iVi o7Ccù$ àiiLcticL ^(tmxcLu XpM fuy ouv otnm 

ûùtrWîp CLlf , €t T4 yîYOlTO j [Ml aUfllôCLll/l , TOU^ «A- 

xcLt ^ctpot Twy cLvTCùv yyû9]ui>jy eyctyr/oCyrctt Tiye^, fti- 



ICA^ 



OJ fttîcpcty ccy fxoi ^oxem, a ctvJ'pe^ 'AOuyctro*, 
Qi/JLicLV ^fOfitaoUy €t T/^ oc))dV)^ ooçot Xûtz |X>? 7rp<w 
xova-ct r^ 'TroAe/, -TTctpa to?$ noWois "Tetftyiyioi^. 
TovTo roiwy gItco xclXS$ lyw^ortç^ oux ctXroAouSflt 
"TToiitTî Ta Ao/trot, ccAA utirctyeo-^e exoto-ToTe Tipctr- 

T6/y gyiot , ot ovj^ cty otuTot (pTio^otiTe xolAo)^ «X^''* I 
Eya à^ 01 dot juiey Toi».v , ot/ tov^ i'TtctiifovvTcL^ mm r 
'TTpoo'ae^oyTct/ TiavTe^ Tojy nsnriixmrcdr ov fim wo- Ifj 
IKti àîi^y rcLvry\y tyiv (piXctyBfCùwlcu ôicùkcùv y Xiya^ Wà 
woup ai aviKpîpuy v/ja^ i^yov/Jictu T>iv ^teV ouy otp%w « p 



fxejttcpeo-He , 4Vot |jl>ï o-uyetottyey oisrîp vvvi yiyjîxtu 



K 



EXÔKDES. ^^ 

qu^on les trotiTe conformes à la justice , dont voici 
un principe : nous devons chacun nous comporter 
à r^[ard des peuples qui sont opprimes , comme 
nous voudrions que les autres se comportassent à 
notre égard , s'il nous arrivait malheureusement 
quelque disgrâce pareille. Mais puisque plusieurs 
contredisent les sentimens de leur propre cœur^ je 
les réfuterai en peu de mots^ après quoi je vous 
donnerai lavis que je juge le meilleur. 

.. XXIV. 

Il me semble , Athéniens , que vous ne regar* 
deriez pas comme un léger préjudice, que les peu- 
^ pies prissent de vous une opinion désavantageuse. 
Vous pensez juste , mais vous n'agissez pas en 
conséquence, et vos ministres vous portent sou- 
vent à faire des actions que vous n'approuveriez pas 
vous-mêmes. Quoique en général on écoute plus 
volontiers les louanges que les reproche s , je ne 
crois pas néanmoins , pour capter votre bienveil- 
lance , devoir vous parler contre mes lumières et 
contre vos intérêts. Je dis donc que , si vous étiez 
fermes dans vos principes , vous ne feriez pas en 
public ce que vous blâmez en particulier , et qu'on 
ne verrait pas arriver ce que nous voyons ; c'est- 




<^à EX0RDE9. 

â-dire, les démarches que chacun trouve injustes 
et peu honnêtes ^ et qui le font s* écrier : Jusqu'où 
portera-t-on les choses ? Lui-même ne les approu- 
verait pas, lorsqu'il est dans l'assemblée. Au reste, 
je voudrais être assuré qu'il est aussi avantageux à 
l'orateur de vous donner les meilleurs conseils > 
qu'à vous de les recevoir ; alors je serais monté à 
la tribune avec beaucoup plus de confiance : mes 
craintes > cependant , ne m'empêcheront pas de 
vous exposer librement un avis que vous trouverez 
bon, à ce que j'espère, quand même vous ne le 
suivriez point. 



XXV. 



Quand [4] un orateur ne serait pas encore monté i 
à la tribune pour vous entretenir de vos affaires, 
il me semble. Athéniens , qu'en y montant aujour- 
d'hui pour répondre aux reproches mal fondés 
que les députés de Rhodes font à notre républi- 
que , il me semble , dis-je , qu'il mériterait fort 
d'être excusé. Dims toute autre occasion ^ être 
vaincu par ses adversaires est moins une honte 
qu'un malheur. Les bons et les mauvais succès 
passés peirvent être attribués à la fortune , aux 
généraux , à bien des causes. Mais, en défendant 
ses droits , n'être pas capable de s'expliquer d une 
façon qui réponde à son ancienne gloire, c'est une 
honte pour celui qui s'énonce mal , et un vice de 
son cœur. Oui , quand ce serait devant d'autres 



nPOOlMlA. 0^Q 

xcLi , Mî^t Tou '7rpo(d>î€6Toti Tflt Tipflty/xûtTût } o-vy^ 
xot^e^o/xevo^ J^' ctuVo? îKaaros i(rrt rm ta roi- 
cLvxôL Taroiovyrm. 'Eya fiîv ouV e€ouAo^>iv cty, ùlawîp , 
oTi J/xTy o-u/tÇepei ToiT Tôt iSeATio-T* \îyoyro$ 

djCOUW , o7(^06 ) OUTâ^^ sîâîVCLl (TWoTo-oy 7C0C/ t3 TgC 

iSeATicrrct Aeyovr/ • -TToAAa yotp ay îicîwv îîwov* 
ifvi ^ (poêoujtJLctc jttey, oijlcù$ J^' i ye ioreu» %p>i<rTct 
(pctygTiT^ct/, xÀv VjLtsT? jtfc>j WcKr^ylriy oux. a;»'OTpg>|/o- 
f6oc/ Aey€/y« 



ke'. 



El 7ULI find^v àAAo t/$, a âv<îj)£^ 'AG)îVotrot , TrpoTs- 
pov 'TTctp JjuTv îlfyix^$ eU , vuir ye Aeya? '^rep* m oux. 
ôp5«k €7occeAouo-/v o! wpiaÇ^îiç rf t&^Aei, Trctpcct^cty- 
Tûjf cty jE^oi dbxe? $ixcLiCù$ (rvyymfii/i$ rv')^tiv. Kott 
yop ey ÔAA&i^ /Jiey r/o-iy nVrao-ôai T^y evocvT/ay oJp^ 
ovT«$ ôyet(3b? , J$ cLrv')(yi[ji,x cty ipatii' 3cctt yctp t» 
Tt;^y xct« ToTç l(pi<rrnKO(n , xa/ zroAAo?^ iuncm 
Tou xocA^^ >ï /t>i îirpoTgpoy dyaùnacLcr^ac êy de to tcl 
Akglicl vzgrîf ctvrm /lyt ep^ety d^icùç rm vwxf'XJ>ytm 
?iîytty , cLvry\$ tiT^ yvc^ju-ii? rîî^ ray touto TS'ctd'OVTm 
To oWitîb^ eJpiîo-o/iey. Eî /^ey otîy eTepo/ T<yc^ jjo-otv , ey 



8o lîPOOIMlA. 

oiç tyiyyovd- oi Aoyoi wtpt v/jlcûv , ourg tovtov$ 
oîfjLcLi f(fâtcûs ovTCù •v|/£U(îg(r6oC! , ovxt rov$ cocovottcl^ 
TtoWcL tSv 6Îp)î/Agyay (VfcL(r^^(r^ctt* vîJy (?e clWcl tî , 

Tg^, xott <î>i jcote ToJro vtTy ouro/. 'AjcpQatrctei yâp 

€5^p>î(7<tyT0 Xûtd" VfJUùVV/JLiVy OIOIÇ OVâèfflV CLV Tm OtA- 

Aû>y , ct3cp<&û>^ 0/da Tour gy». Aç/oy J^ £<yott jLto/ 
J'ox.eT Aci TctuTût To?? 5-goîV %ûtp'y J/xctk g%g/y > ûî^ 
aycîpg^ AÔ)fyûUO/, jcott toutous /juctuv. To /tgy yocp 
opocv Toy . ^Po(ît«y èvi/io^ , Toy '^roAu rouray t:ot 
cto-gAygerrgpouj Aoyot»^ AeyovTcL tirpo^ v/jlols , i)tgT)i» 
, J/xgrgpoy yîyziy\fJLîiO¥ y tvrv^yifjLcL uvdn yojx/^û> TÎ^ 
'oroXtcûÇ* TO ag tou^ olvoïitovç tqvzovs firirt rouro 
Aoyt(!^go-9flt/, TsrcLfOi ovraç ivdpytç i$uv , ]U,>i5"ot/ tioA- 
\<t>ti$ xotS-' gy' ctuT^y gJCflta-Toy J/iiT^ o-go-û^jcctTg , xcte 

n 

rov$ inXcdircLi TroAg/xoy, y\ tcl vfjLîTip' clvtcùv laerpott- 
ToynÇy rovTo 'XxiiwoWïiv vfm opy>ïy d^orcùç iy 



TGtpûto-TÎJra/ /*o/ do^cîT. Ou ^>îy ctAA* ?(râ)^ rovrois 



SXORBES. 81 

^Von eût parlé contre vous , je ne pense pas que 
les députés eussent menti aussi effrontément , et 
que ceux qui les entendaient eussent écouté aussi 
patiemment la plupart de leurs discours. Mais , 
sans doute , il n'est que trop de circonstances dans 
lesquelles on abuse de votre bonté excessive , et 
les députés en abusent encore dans celle-ci. Ils ont 
trouvé en vous , contre vous-mêmes, des auditeurs 
tels que je suis sûr qu'ils n'en auraient trouvé 
nulle part. Aussi il me semble que vous devez pour 
cela les haïr, et en même tems remercier les dieux. 
En effet 9 que les Rhodiens , qui jadis nous tenaient 
des propos beaucoup plus insolens encore, soient 
réduits maintenant à nous supplier , c'est ce que 
je regarde comme un bonheur pour Athènes. Mais 
que ces insensés ne fassent pas réflexion , lorsque 
la chose est visible, qu'en différentes rencontres 
vous les avez sauvés , eux et les autres Grecs de 
l'Asie Mineure, moins occupés de vos propres in- 
térêts , qu'attentifs à corriger les effets de leur im- 
prudence, et de cet égarement qui leur a fait 
entreprendre la guerre de leur chef [5] ; voilà ce 
qui devrait exciter notre indignation contre les 
Ahodiens. Au reste, c'est peut-être une nécessité 
fatale qu'ils manquent de sens dans la prospérité. 

6 



T. Ilf. 



s 2 CX0RDE8. 

Quant à nous ; il nous convient, par égard pour 
nous-mêmes ^ et pour la conduite que nous avom 
toujours tenue , d'être jaloux de montrer à tous les . 
peuples ;i que par le passé, qu'à présent^ qu'en tout ; 
tems> nous avons été fidèles à pratiquer la justice, 
et que nous sommes calomniés par des hommes 
qui voudraient asservir leurs compatriotes. 

X X V !.. 

Si vous étiez , ô Athéniens ! dans les mêmes dis- 
positions pour écouter les discours de ceux qui 
vous conseillent , et pour juger des événemens , la 
fonction de conseiller serait la plus sûre de toutes. 
En eflFet , supposé que tout réussit au gré de nos 
désirs (car ne disons rien qui ne soit de bon au- 
gure ) , on attribuerait l'événement heureux et à 
vous et à celui qui vous aurait persuadés. Mais vous 
écoutez volontiers les orateurs qui ne vous di- 
sent que ce que vous voulez, et vous les accusez 
souvent de vous tromper, quand tout ce que 
TOUS voulez n'arrive pas, sans faire attention que, 
s'il est au pouvoh» de l'homme de chercher dans 
son esprit ce qu'il y a de mieux et de vous en 
faire part , l'exécution et le succès dépendent en 
grande partie de la fortune [6]. Si on avait trouve^ 



npooiMiA. 83 

TflcAA , CL 'TTî'srpcLx.Tcn tîî 7trQ\ii ,' ar'srovâcLa'cLt èu^tti 
îrcLer/y eu^fOùwoiç , or/ jcot/ 'TrpoTgp^v , x,ct.< yuy , 
xcie ote/ )î/X€/^ juigy ta a/jcctiot 'TepodipoiJfjLîliaL WfOLT^ 
ruij îtTepoi âî r/yg^ XûLTdâovXoua-^cLi HovKofiîioi 

E/ jtteTflt rTn^jajuxy\ç ymfiy\^ , d» (iy(î]p€^ *A9)ivctTo/ , 

Ta 'TrpfltyjuLfltTot gjcptveTg , ^zrctyrajy cto-cpctAeo-rctroy 

npoL^cLffi (Agye/y yctp îv(pyijjica$ TtrAvra Su) Ttoivct 
ay iv T(tTy\ç cliticcç v/Tiv kcli tS utiacuri. Nuv J\' 
ctttovgTg /^gy rm i (iovAtcrS-t Myo'JTœv y^âtarcL , a/- 

wcuâ^ ôy ày ujxsT^ rpoTTov iSouA>i(r5e , y gy>îr<xt' ou Ao- 
yi(^OjLtgvo< Tou5' , oTi Tov [x^y ^y\TY\a-cLi jccce \oyt(TGL^ 

ybïlvdt TcLxjzcL^'itcLi cruygygyjteTv, ey rî? Tup^jf ro tzrAeT- 
(TToy ^fcgpo^ yiy^elcLi. (^ ) 'EctIi 5g ay9pû)Troy ovIol ayct- 
iB^iTov r-Hs ctuTou àcuoiùi^ Aoyov Jtïrg^stv tîi^ 5g 



( * ) Voyez ^ dans les Notes, la traduction d'une phraw 
omise ici par Âuger. 



84 npooiMiA. 

oiTy Éupu^gyav riv nSg eu riç <l<r(^cLXm clhv Tcrjùum 

Q^fJLfiyOfOn/l y {ICLHCL 'TCCLpctXilWtli TOUTOV T/ïi TOV TpO- 

-TToV eVe/ J^' ctvfltyxn Toy Tcep/ t«v jjLîWo^rm 'jrpcty- 
licLTm ym/jLifi¥ clwo<pûnva/jLîvoi Ttoimuri Toi$ cmr av- 

TûHi yt¥OfJLtVOl$y TCOLl /X6T^5^6/y TïlÇ dTtTO TOUT^y GtCTiCtJ, 

ct<(r^poy >îyou/tfltc Aeyg<v ^Eiey oj^ îvvovs , )Lt>i otyopLe- 
ve/v (îe, 6e r/^ ex. toutoi; x^iv^^oç î(rrctt. Etî^ojxcu di 

As/ 9 TctuT* efto/ Tg wsttiv 6A.5£?v gtr* yoîîv xot^ w/Jii 
îXtdBcLi* To yctp '^rayrot rpowov ^nTtiv ifi^Çfa-ctt , dboT? 

CCLi/l et y îîiùLi. 



KZ'. 



EiYi fxey, « ctyope^ Awjyctioi , xai Tgpi ay vvvi xvy 
^cuîTz ex,3cA)ï(r/a^oyre^, x,ûtc TVîft rcSi £\Xm aWr- 
Tû)y , Tct (îoxoîTyTot ^€At/(7S-' u%rv g?yût/ xa/ g?yct< J? 
oÎAîid-û)^. A£< fxgyTo/ -Trept 'TrfcLyiKtrm fiiycLXav jSow- 
Xîvo/Jiîyovç , xct< xo/vSf dwcuTm iâîXuv cLcovtiv Td# 
TUjLcCouAeuoyTûîy , hâviiovfjLîvovç on ctcVvpoy goTiV, 
càÇ^.fjLoi SoTLti y ûù ùLvâfSç 'A^voLioi y vuv /^gy /SouAojtxiHff 



EX0BDE3. 85 

moyen de gouverner le peuple avec sûreté et 
18 péril 9 ce serait être insensé que de négliger 
moyen : mais puisqu'il faut nécessairement , 
and on expose son avis sur des choses à venir , 
ptager les événemens qui suivront, et les repro- 
es qu'ils occasionnent , je crois qu'il est honteux, 
squ'on se donne pour bon patriote , de se refu- 
aux périls que Ion court en conseillant la pa* 
3* Je prie les dieux qu'ils nous inspirent , à moi 
vous dire ce qu'il y a de mieux à faire ^ et à 
is de prendre le parti le plus avantageux pour 
république et pour lorateur en particulier. Car 
bstiner à vouloir l'emporter sur les autres , c'est , 
is doute, une preuve de folie , ou la marque 
m homme qui n'a en vue que ses intérêts. 

X x V I I. 

£1 peut arriver , Athéniens , que , sur les objets 
la délibération actuelle , et sur tous les autres , 
qui vous paraît le meilleur, le soit réellement : 
me semble néanmoins que , puisque vous déli- 
rez sur des affaires importantes, vous devez 
outer également tous les orateurs qui vous 
mnent des conseils, parce que, sans doute, il 
t peu convenable de rebuter en tumulte ceux 



i 



86 EXORDES. 

qui veulent à présent vous donner des avis , et de 
les écouter ensuite volontiers , lorsqu'ils attaquent 
ce qui a été résolu. Vous conviendrez assurément 
avec moi, que vous prenez plaisir à entendre qui- 
conque parle suivant vos désirs ; mais que , s'il 
arrive quelque contre-temps fâcheux, vous croi- 
rez alors qu on vous a trompés , et vous applau- 
direz aux orateurs dont vous ne pouvez aujour- 
d'hui soutenir les discours. Or, il' est surtout de 
l'avantage des ministres qui vous ont fait prendre 
le parti que nous examinons, de laisser parler les 
opposans. En effet, si ceux-ci peuvent montrer 
que ce qui parait à d'autres le meilleur, ne l'est 
pas, et s'ils le font, avant qu'on soit tombé dans 
quelque faute, par là, ils mettront leurs adver- 
saires eux-mêmes à l'abri de tout péril. Que , s'ils 
ne peuvent réussir, ils ne pourront du moins se 
plaindre par la suite, et, ayant obtenu ce qu'on 
doit accorder à des hommes, d'être écoutés, ils 
supporteront sans peine leur mauvais succès, 
comme il est juste , et ils partageront avec les 
autres tous les événemens quels qu'ils puissent 
être 



nPOOIMiA. 87 

r«y ray ctvr^v rour^y roy Ttî'Trfdyinmi liâicù^ 

<t3tou€iy. Eyo) y dp oida , yojLtcQ» ae xAc u/xot^ , oTi yuy 

ft€y OftaKovai iiclKkt^ vf^y 0/ Tccurct , oîct J/^eri? 

iSouAco-d-e , Myomç • ctv (Î6 t/ av/iC}} netf ce yîTy oî- 
€0-56 , jLtîj (Tu/xêotm , Toirrou^ juiey i^ïfTsrd'zyiKîvcLi 

vofittiTt vfiaç* m ât vuy oJx ctyep^go-Sg , rore op5^^ 

âo^ovai Aeyecy. . Eo-t/ (îe xoTç fjut^KTTûL 'TcrarziTLoavt 

viiS$ xcLvrx , e(p Jy yîTy gVrg , rovzoïç jcctt /lOL^iaxcL 

<ruiu.Ç€pov To AQyov Tup(^ety tou? ctyT/A.eyoyTût^. Ay 

/*gy ycfcp AfoL^oLi dunBcùffiy , o)^ oJ}c eo-T/y ap/erTct, ce» 

dt fjLïi dvvyid-aiaiij oujcouv uo-repoy ye Iwiriii^i e^ouo-iv, 

/A65' cLWctnm , TOy ct^oCoc/yoyTav , oVo?' àrr en 1/ ^ 






88 npooiMiA. 



KH 



/ 



xovrm liov\îvoiJLîvovç , âiôoycLt 'TrcLffyio'icu 63ca<rr« 
T^v Gv/JiCovMvovTm. Eyœ ùe ovât 'tcùù'KoB ^yy^aoL-^ 

ycip cLw\ûù$ îlTtiU , TTcLVTîÇ vwcLf^uy tymxjoTt^ 
îfjLotye $oxîire. ) , ocAAct to wticrcLi 'Tcpccrretf 
xoLvraL.*Ezg'îi$<i}f yap rt ^o^w, xa< 4/>î(pto-d'9 , tot6 

EiTTi jLtgy ouv TCoWcL , <»y eya yojuii^a X^P**' 
J/Act^ Tor^ â-so?^ o(p£/ Aeiv , fi<t\t<r':cL $î rov rov$ àict 
rm cLvrœv vCfiy v/uv 'TroXg/JDKra.vTot^ 7t(t\cLi , vuv «y 
J/ji7y jULovot^ TÎfç ctuTov (rcûTy\ficL$ ep^e^y Tct^ €Atiri(5!x^. 
'A^cov J^' )j(r55ïyct/ t£ -TrûtpoyTi x^aipcù* aviJLCnatTcLi 
ycLp v/juv y ca CL ^n ^ov\îV(ry\aBE vwtf ctvroVy xcls 
"TtcLpcL rm SiaiCxWoyTm T)iv wo\iv lifiS^f ^\cLà(Çy\r 

fllCLÇ îfycù [JLîTit ^^ï\$ TCCLXtI^ iwoXwCLC^CLU 



K©'. 



a/ fJigy eA^ncîgf , ci ctvcîjpe^ 'A9)îyût7o/ , fityctXca x.cc< 
TtcLAcLi rœv Ttpoîtfïifjiîvm , Wfoç aç otofjLcLi rovç tioA- 
\ovs ct'yeu XoyKTfjLov ri 'Tretcrov^gyar ey^^ ^ ^^'^^ 



EXORDES. 89 



X X V ï 1 1. 



Je pense ^ Athéniens^ qu'ayant à délibérer sur 
des affaires de la plus grande importance, tous 
devez accorder toute liberté aux orateurs qui 
viennent vous donner des conseils. Ce qu'il y a 
de difficile, nest pas de vous indiquer le meilleur 
parti à prendre , puisque vous avez assez de péné- 
tratlon pour le trouver de vous-mêmes; mais plu- 
tôt de vous déterminer à exécuter ce qui a été ré- 
solu. Oui y sans doute , après que vous avez adopté 
un avis, et que vous lavez ratifié par un décret, 
vous n'êtes pas plus disposés à agir qu'auparavant. 

C'est, je crois, un avantage pour Athènes, dont 
il faut rendre grâces aux dieux , que des peuples 
qui, par le passé, n'ont pas craint de tourner 
leurs armes contre vous, ne trouvent aujourd'hui 
de ressource qu'en vous : vous devez vous félici- 
ter d'une telle circonstance. Si vous savez en tirer 
parti, vous pourrez, par des faits, justifier avec 
gloire notre république des reproches injurieux 
dont on la charge. 

XXIX. 

On vient de vous présenter , Athéniens , de 
grandes et magnifiques espérances, qui font quel- 
que impression sur la plupart de vous, sans beau- 



go £XORD£S. 

coup de raison. Pour moi, je naî jamais été 
d'humeur, pour plaire dans le moment, à vous 
dire ce que je ne croirais pas devoir vous être 
utile par la suite. C'est un défaut presque géné- 
ral d'aimer ceux qui approuvent toutes nos dé- 
marches, et de ne pouvoir souffrir ceux qui nous 
blâment : mais un homme sensé doit faire en sorte 
que la raison l'emporte toujours sur la passion. 
Ce serait, sans doute, une satisfaction pour moi 
que vous trouvassiez du plaisir à faire ce qui doit 
vous procurer de l'avantage; je pourrais alors vous 
dire des choses également utiles et agréables : ce- 
pendant, comme je vous vois agir contre vos inté- 
rêts , je me crois obligé de m'y opposer , quand je 
devrais encourir la haine de plusieurs d'entre 
vous. Si vous vous obstinez à ne rien vouloir en- 
tendre, vous paraîtrez vous porter à des partis 
nuisibles, moins par défaut de jugement, que par 
l'effet d'un naturel dépravé qui cherche le mal. 
Si vous daignez m'écouter, peut-être changerez- 
vous de résolution ; ce que je regarde pour vous 
comme de la plus haute importance : sinon , l'un 
dira que vous ne connaissez pas vos vrais avan- 
tages ; un autre , ce qu'il lui plaira de vous dire. 



XXX. 



Ce n'est pas une chose nouvelle , ô Athéniens ! 
qu'il se trouve des orateurs qui , lorsq^u'on doit 



nPOOIMIA. . gi 

yui XI Wfos v[icL$ , 0, Ti oLv fJLy\ xflte /jlîTgl xclvtol truy- 
oi(rmy inySfjiùLi. Eczi fiîv oùv ro xo/vov e3o^ rSf 

ai 'îTpfltTTûxr/ (pi\iV9 y Tcpo^ âg Touj eV/TtaSvTot^ 
ct>j(^^ ^X^''-^' 0^ Atuv dWcL (JeTroy «t; (ppoyouyTGC roy 
\oyt(r/jLov dît Tœv t'srtSviiiœy xfîirrcù trsepcco-d-ce.* 
'TToiHv. Èyœ (îe >î(îfe«$ icopm et }cfltc (ruyoc(7e/y iifJLîWt , 
TcLVT ev lïobyw TipotTre^y oy5 u/^/y , lycc îcûte PC^PS^" 

TcîvocyTioL opa Tourojy tWi')(îifovvTct^ vixSiç , âioficti 
dcTy oLfTBiwîivy tl xcLi xiffi fjLîWû) ct/ari')(ây\<rî(r^cLu' Aif 
fjLîV ouy ;t)jj^' uVojU.£ty)îTe ct)cou(rai ^>j^e ey, ou tS (Îo- 

J^' ctx.ou<njTÊ, Tupç^oy fiîv 'tacùç kcli fitrcfsrîKrâziyirty 
/JLctXiŒTûL iycù nixiCfiù (TvnnyyM^ <u v/jur ti de f^Hy 

01 fJL^i (tyvOllV TO (TVfJi(pîpO}f y 01 à^ y y Tl CLV TiÇ 
lèov\y\TcLiy TOUT îfZi. 

Tû.ç ào^cLŒi wctp' vfjuy tivùLi rivùLÇ oirivi$ otvxepoy- 



:# 



91 * nPOOiMiA. 

<nv, îTsruâcLv -TTpotTTew ri d^t). Et /Jiev ouv , atro^ov- 
Tûjy Jjxay Aoyov clvxôi^ , oT* €bouAeue(7'9-6, toiit' 
îwoiovv , rowr«v ày ?v oL^/ov 3totT>iyopeTy , ei *7r«pl m 
mrïwro , iCiou^ovro wcl\u Aeye/V vuv ^e 'rtutW 
jLtey ov$îf l(TT ûLTotrov tirBru)^ jSouAn^iîya/ tclvxcl , et 

Tû)^ twiTiiJL>\<ruîv , (» (tv^pe^ 'AÔ>ivot?oi , ot/ , oiroroti 

Tiept Tou i8ooAeu)i<rô« , oJx «ctre Aeyeiv €x,flt(rroy * 
yiyyûù(rx.tt , otAA' , ccv 'ertpot tcù Xoyœ t^poAotCâwr^y 

u jxctk , oJj'éyo^ otiJ ray îTîfCâV (tTLovtre. Ejc (îe Toi/tow 

avfjLf^cLUîi 'TTpS.yiicL cLYiâtç u/x?y • oiç yccf , ^p<v 

oLfjLcLpTtTv y v/juv l^m avfJiCovXîvovai WîiâîcrQàLt , 

TOUTOUS ûcTTgpoy 3cotT>fyopoîrvTot^ e^owvetT6. TOUTO 

ùïi Txvxo [jLoi 'TTctAty âùx^tire ^e/erg<r9ott , et fxn wcl- 

fcL(r')(ovri$ ï<rov$ dxpooLTcLÇ wcurm vfjLoiç ecurcvs 

ey ra^ 'TtcLfo^ri , jcot/ toutov tov ^cyoy uVojttitvayrg^, 

l\0(JLVm TCL TLpcLTKTTcL , TOU^ OTioîTy TOUTO/f iwiTl" 

[xcùvrcLÇy (potuAou^ nfimxi. Eyco fjLi)f dVj o«x.ûc<ov y^rei- 
A>i(pot 'TtpcùTov d'orcuxm clvtoç ê^^reTy rt /xoi ^jcet 
'Trep/ m ajcowîKr^i , îvût , cty ;/;6y J/Lt/y ape(7x,« j 3cat tcl 

tpLcLvxoy XQTsrrcù. 



EXORDES. ' 93 

agir d'après ce qui a été résolu , entreprennent en- 
core de s'y opposer. S'ils tenaient cette conduite» 
quoiqu'ils eussent eu la liberté de la parole dans 
Tos délibérations ^ ils seraient blâmables de reve« 
nir , malgré tout , sur des objets où ils auraient 
succombé. Mais doit-on être surpris que , même 
après votre décision , ils veuillent exposer des rai- 
sons que vous avez d'abord refusé d'entendre? 
Et ne serait-on pas fondé à vous blâmer de ne 
pas laisser dire à chacun, dans vos assemblées , ce 
qu'il pense, et de ne plus écouter personne , lors- 
que quelques-uns vous ont prévenu par leurs dis- 
cours ? Il arrive de là , et c'est une chose assez 
désagréable pour vous , que ceux dont vous pou- 
viez suivre les conseits, avant de commettre des 
fautes, vous les louez après , quand ils vouscondam- 
nent. II me semble que vous retomberez dans le 
même inconvénient, si vous n'écoutez aujour- 
d'hui tout le monde avec une égale attention ; et 
si , ayant pris cette peine et adopté les meilleurs 
avis, vous ne regardez ensuite comme de mauvais 
citoyens , ceux qui blâmeront en quoi que ce soit, 
le parti que vous aurez embrassé. Mais je suis per- 
suadé que je dois, avant tout, dire ce que je pense 
sur l'objet de la délibération, afin que, si vous le 
jugez à propos, je m'explique sur le reste, ou bien 
que je ne vous sois pas importun, et que je ne me 
fatigue pas moi-même inutilement. 



I 



94 EXORDES. 

XXXI. 

Vous deviez , Athéniens , avant que d'entre- 
prendre la guerre , considérer toutes les choses 
dont vous aviez besoin pour la soutenir. Si elle 
n était pas certaine dans les premiers tems où vous 
délibériez, lorsqu ensuite elle lest devenue, il fal- 
lait vous consulter sur les préparatifs. Si vous dites 
que vous avez remis à vos généraux des corps de 
troupes considérables (a), on ne recevra pas cette 
excuse, parce que des hommes qui renvoient ab- 
sous les Citoyens qu'il ont mis à la tète des affaires, 
ne peuvent accuser ces citoyens d'avoir perdu los 
affaires. Mais, puisqu'il n'est pas possible de chan- 
ger le passé , que seulement on peut le réparer 
avec les ressources présentes , voyant que les re- 
proches seraient déplacés, je tâcheraide vous don- 
ner le conseil qui me semble le meilleur. 

D'abord, vous devez être résolus à montrer au- 
tant de zèle et d'empressement pour vos intérêts , 
que vous avez montré jusqu'ici de négligence; et ce 
ne sera encore qu'avec peine que vous pourrez vous 
flatter de recouvrer, enfin, ce que vous avez perdu 
depuis long-tems par votre faute. Vous devez en- 
suite né pas désespérer , même dans votre position 
actuelle. Ce qui a causé vos malheurs par le passé, 
doit principalement vous donner des espérances 
pour l'avenir. Comment cela ? c'est pour n'avoir 



(a) Le grec ajoute : et que vos généraux ont perdu ces troupes. 



npooiMiA. g5 

A a'. 

' Eâîi fJLîv y S Àyipî$ 'A9>ivac7o< , Wfo rov wo\BfjLiiiy 

'XoMiicù* îi J^' AfûL /x>t zsrpoâï^oç )îv , oTe wpœrof 
î&ovMvîcQî vwif ctuToîT, (poLVgpou ygvo|xefou, Tort xct< 
-z^-gp/ W 'TCcLfdtryLtmç 6(rx.€(p9oLe. E< (Î6 (p)iereTe -tToA- 
A*^ gyx€p^e/ptx6VoLi àuicLfJLtiç^ iç XîXufJLcu^cLi rov$ 
tWKT'ccLyrcLÇ , oux. dwoâî^îTùLt tovB' vfjLm ou^tj' ou 
y<tp etrr/ TCtfv cturSy , tou^ îWi rm rrfcLyfittrm (V^o- 

m 

\vnfy xflt< Aeyeiv J^ Act tovtovs tulx^coç tolvt t')(îi» 
E'Tretdïi de toc /xev ^yctpeAîiAuOoTct otîx. dbcLxXcùÇ e^o/, 
<Jg? J^ ex, tSv Texfovrm iwa/JcvicLt roiç 'TCfctyiJLcLtn , 
ToîT /^ey x<tT)fyoperv oudevcc x,otipoy op^, ^tipcLcofioLi 
J^' <i TtpdTKTTçL ^ofJLiCcù (rv/jLC>ov\tv<r<ti» 

ripoToy jttey oi»y JjlcS!^ eVeTyo ey vû)x,6ya* (5^7, ot/ T>»y î(X)iv 
tJîyepêoAîiy T>îk (t^ttoucKi^ 19 (p/Aov€/x.t« ev toT^ "TTpcty- 
^tctci -TTayT flîy^pûc Trctpcur^ecOot^ (îe? , ocryivnzp ex. t5Î^ 
C3tyû>9gv ^oyo^y Twk a/xeAstûC?* juloA/^ yotp outû)? i\niÇy 

ex. "TTOWOV SiCù-iLQ^TCLÇ TA WpOîlflîHcL i\U^ âuVyi^^VcLl* 

eTTe/T* oJx, a9u/z>îTeoy to7^ yeyey»ji*teyoi^' yac5 eV]/ Tû)y 
'7rccpeA>iAi»9oTûïy ^e/p/ctoy, TCiTro ^ypo? rct ^eAAoyrot 
ê^Ar/aToy utirap^e*. Ti oiTv tout êdTty , d càèpî^ 



) 



( 



96 nPOOlMIA. 

XCù$ î^U TOL TtfCLy/JLCLXcC îfCU , eî y s, 'TTctV^' i WpOff' 

cLUTûL yeveerGoci ^tKnjf. 

ab'. 

oJ^ev ecTT/y , 0) ctycîjpe^ 'a9)ivouo< , p^otAe-^roirepoy , 
T/i xoïç ojoToiç e3£<r/y îTtriTifKf^v rt xcct ^via^cLi rovç 

xotTDyopeiv oiAAwAûjy aveu xpiaîos , oi»(Σi5 eor/y ou- 
Tû)^ dymiJLCû'J jOerTi^ ou (pytcrgtgy cty jSAaêifV tîfCLi to7ç 
'^fcLyfjLcLciy. *Eycù S^ oio[icLi rovxovç yav oty mcti /SéA- 
Ttou^ , et T>îy 'TCfoç oajtovç (piXomyncu îwt tov$ t>iî 
^oXeû>^ e^Gpou^ Tpe-vl/ctyre? e^jM,>iyopouV J/xTv ^e ^9*01- 

OE erepoi x.paTïî<roi»<rt , ax^oweiy , ctAA* o^«^ J/xeT^ 

o-eoi^, Tou^ w (peAoye/3ttût.$ , » twvifîioiÇy y\ rtm 
cLAAyiç tUTccL diTicLÇ , ûcAAo Tt , î&'A^v ot wod- nyovi' 

Ton (TVfKpîfîiVj MyoVTÙLÇ WOLVacLa^OLl' TO yctp ÎCCCTflt- 

pacotcrGoc/ (TvixCov\îvovri ktcùç Wt ûltowov. AtT/ot- 
<ra<|ULïîv jLtey ouv ey(»y cty ouaeyot, cù ccvape^ Ac/jjyoL/o/, 
Tou xcLxcùç rcL "TCfdyiicLx* '^X^i^^ 5 otAA' h wdyraç 



EXOftDES. 97 

Vîen fait de ce qu'il faut, que vos aiffaires vont aussi 
tuai. Car si vous ne les aviez pas négligées, et 
qu elles fussent toujours au même point, il n y 
aurait plus d'espoir qu'elles pussent jamais aller 
mieux. 

Rien de plus odieux , à mon avis , que de voir 
des ministres tenir eux-mêmes la conduite qu'ils 
blâment ; et il n'est personne assez dépourvu de 
sens pour ne pas convenir que se partager en fac- 
tions , s'accuser les uns et les autres sans forme 
de jugement^ fait le plus grand tort aux affaires. 
Sans doute ^ ils serviraient mieux l'état , s'ils tour- 
naient contre ses ennemis l'ardeur qu'ils montrent 
les uns contre les autres. Moi , ô Athéniens ! je vous 
exhorte à n'épouser aucune faction et à prendre 
des mesures, non pour qu'une moitié de la ville 
ait l'avantage sur l'autre , mais plutôt pour que 
toute la ville l'emporte sur les ennemis. Je prie les 
dieux de faire changer les orateurs qui, par esprit 
de parti, par haine, ou par quelque autre motif, 
négligent de vous dire ce qu'ils jugent le plus 
utile {a). Souhaiter du mal à quelqu'un de vos 
ministres, serait peut-être déplacé : je m'en pren- 
drai donc à tout le peuple , du mauvais état de nos 
affaires. D'ailleurs , il me semble que , sans nous 
presser de faire rendre compte aux orateurs de 

(a) Le grec dit : vous donnent des svïs qu'ils savent contraires à votre 
intérêt. 

T. III. 7 



à 



gS EXORBES. 

leur conduite, nous devons délibérer, dès à pré^ — 
sent, sur les moyens d'améliorer notre situatioK]^ 
présente. 

XXXIII. 

Je voudrais. Athéniens, que certains orateurs se 
montrassent aussi jaloux de vous dire de bonnes 
choses , qu'ils le sont d'avoir la réputation de bien 
dire, afin qu'ils passassent pour d'excellens pa- 
triotes , plutôt que pour des hommes éloquens, et 
que vos affaires, ainsi qu'il est convenable , fussent 
dans un meilleur état. Mais il en est qui me parais, 
sent se contenter absolument de briller par leur 
éloquence, sans s'occuper de ce qui doit vous arri- 
ver ensuite. Cette conduite m'étonne. Est-ce que 
les discours qu'ils vous débitent , sont de nature à 
tromper l'orateur aussi bien que ses auditeurs? Ou, 
dans leurs harangues, parlent-ils avec connaissance 
contre leurs propres lumières ? Lorsqu'on a envie 
de réussir, on ne doit pas être hardi dans les pa- 
roles , mais fort dans les préparatifs ; on ne doit 
pas être fier de la faiblesse de l'ennemi , mais es- 
pérer de le vaincre, quand il serait puissant. Si nos 
ministres l'ignorent, il y a toute apparence que la 
subtilité des discours les empêche de sentir les 
vérités les plus essentielles. S'ils disent qu'ils ne 



npooiMiA. Çg 

Tovrov$' oloiicLi à âuv ^cLfûi [Ai Totirm i(p' ijVu- 
X^cLS Aoyov v[i£s Aflt€s7v, vîTy J^' vwep Tœv -Trccponay , 

Ar'. 
'HfeowAofxifv ccv, (» oLvojpg^'AÔnyctroe, Tîiv ianf (ttstov^ 

6pot;<rty, otDïv^ep, ottû)^ éù ^o^ooo-i Aeye/y, tv'ouTo/ /.teV, 
avTt Toucîfetyo/ Aeyeiy, twitix^uç m/ii^oifro îÎvoli , Tct 
J^' vfjLiTipùLy cûŒWîf l<rzi 'TTpoiTÎîjcoy , iSeArtoy 6?)^e.N5y 
«f^' gyiot pww (îbjcoîTo'/ TfltvTaîsrfltcr/ T»y olVo Tot^Aoyou 

J/^ry oycîfev ^oy1<(^e/y. Kot/ SÇÎzcl QoLUjLtct^ûJ, Trorepot 7103' 
©r rotovrot Aoyot' Toy Aeyoy^' oixotco^ -Trscpujcûtcr/y g^a- 
-TTctToLy , aawtp Wfoç ov$ otv AcyayToti , >j (Tu^mrtç 

OtÎTOC ZcÙfCLITlOU To7$ âùTCOVO-li t(VJTOiS iiiÙH fiîhXl" 

cToiç , $i/ifjLrryopotj<nv. El /X6y yap *yvoouir/v, on 
Toy /AeAAoytct rgrfcL^uv ret ètovrct oux, e^rt tûjv Ao- 
ya>'j 5pfltcruy , cÎAA* eVi T?^ 'TircLpcLcx.îvyiç /o-p^upoy g/- 
Vfltt ^7, oJj^' «V/ Tw Tov^ ej^Spot)^ //.>» ây^yiîcso-ôflte , 
ô-ctppeîy , ctAA' l tsrt Tt» , tmv âvmvToLi , xpctTÎîo-flLr 
TA Toy Aoyûjv otcrreTct, «^ €oi)c6, tou tûc /^6ye(rrc6 
A?<r3oLveo-9ctt 3C6x.aAv3c6V cLvrov$' ei ^6 rauTct fxev 



100 nPOOlMIA. 

/Lt»J^' eu (prîCTflttev a7voe?v , 'zypo(pcL(ri$ J^ ctAA)î tc^ 
vwi(m di h rcLvrct wpoctifovncLi , "7tS$ ov ^p>7 

*Eyûù J^' oJjc ct^oTpg^^ojLtctt Aeygiv i A);ce7 )aoi , tcclI' 
Wîf opay ifcîb/xgyou^ toutoi^ JjxcT^* 19 yap £u>î9e^, Aoy« 
nj/vp^ayay»9ev)»y J/irOV oJx. op9S^, Aoyov oLVy toj juieA- 
AovTot Tût ^iKrtcù My^ti kcli jxctAAov avfji(ptpoyd'' 
v/jLiY y jc(treL$ei<rcLi. ^A^ico ^ jcott . J/^ot^ vnroiiu^fcLi , 
€v5u/^>î5€VT« oTt ou^6 Ta VU? âoxovvTcL e^o^ev iv 

J//.?V, 6t (JLTi TùJUÇ \oyOV$ TITLOVacLT , g^ ÛJV tWîKT'S'lUTÎ. 

iicTîzrep otv roivuy, « )io[H(rfji<t expcvgTo o^otoy T^ ^ot 
€<rT< , $oy.i/jLCL(rcti ^aTy ày û)>î3jfre , ovtcù x^cli rov Aoyo» 
ct^tS» Toy g/p>ifJi€yoy , g^ «y dnuweîv i^fiî?$ î^ofitv^ (Dce- 
'^/ctiJLiiovç , gûiy fini (TUfJKpgpoyTct gJp>i<rgTÊ , ctyot^^Tu- 
5^y îErg/5g<r9otr iv J^ apcc kxAcroL AoyiÇojXgvot^ «A- 
Aotorgpo^ <PAvy j ''T'p^i^ (ifictpTuv fxgraiSouAgvcrct/Ag- 
vou^ , To7^ opâ^i? ep^ovo-i ^YiaatT^cLu 

AA'. 

MaAio-Tct /xgy , éd^ ctytîjpg^ 'A9)n'û«o/ , 0ov\otfiïif ii 
J/xctk , et [JLîWcù \tym y -Trgio-âjîyctr g/ J^* ûtpct tout 
ctAA>î TiYi (TviiÇittiioi y i/JLcLvrS y oty e/p>Kr5ai '^po 
vcuroç cLvro âe^dtiiyiv/EcTi $è ov fcoyoy, cùs ioim, 



EXORDES. lOl 

Vignorent pas , et s'il est une autre raison qui leur 
faït suivre la méthode qu'ils ont adoptée , ne doit- 
on pas regarder cette raison comme blâmable , 
quelle qu elle soit? Pour moi , quoique je vous voie 
aimer à entendre ces orateurs , cela ne m'empé- 
ehera pas de vous faire part de ce que je pense : 
car il y aurait de la simplicité , parce que d'autres 
vous ont séduits avec des discours nuisibles, d'hé- 
siter à parler, quand on a à vous dire des choses plus 
raisonnables et plus utiles. Je vçusprie de m'écou- 
terfavorablement^ faisant attention que vous n'au- 
riez pas pris le parti que vous venez de prendre , si 
vous n'eussiez écouté ceux qui vous ont persuadés. 
Comme donc^ s'il était question de juger de la na- 
ture d'une monnaie , vous croiriez devoir en faire 
l'épreuve , je vous demande de même d'examiner 
l'avis qu'on vient de vous donner, en le comparant 
a celui que nous allons lui opposer. Si vous per- 
sistez à le trouver bon et solide, suivez-le sous 
d'heureux auspices ; que si , d'après un examen 
réfléchi , il vous parait faux et de mauvais aloi , 
changez de sentiment , avant que d'avoir fait une 
faute^ et profitez des bons conseils. 



XXXIV. 



Je voudrais surtout , ô Athéniens ! vous per- 
suader ce que je vais vous dire ; ou ^ si je ne réus- 
sissais pas, je voudrais du moins vous avoir dit ce 
que je pense. 11 me semble qu'il est aussi difficile 



r 



1 02 EXORDES. 

d'imaginer un bon avis que de vous Texposer. On 
pourra s'en convaincre, si on se persuade que vous 
ne devez pas considérer les paroles , mais les choses 
qui vous occupent , et si l'on est plus jaloux de 
passer pour un excellent patriote, que pour un 
homme éloquent Pour moi ( que le ciel me comble 
de biens, si je dis la vérité I ), lorsque je suis venu à 
réfléchir sur les affaires présentes , j'ai trouvé une 
foule de discours que vous auriez entendus avec 
plaisir. Je voyais , et je le vois encore , que je 
pouvais m'étendre à montrer que vous êtes les plus 
justes des Grecs , que vous descendez d'ancêtres 
illustres, et autres éloges semblables. Mais le plai- 
sir que causent ces discours, ne dure que le tems 
où on les débite, et s'évanouit aussitôt : or , un mi- 
nistre doit donner des conseils qui vous procurent 
quelque avantage solide et durable , conseils qu'il 
n'est pas si facile de trouver et de faire adopter ; je 
le sais par expérience. Il ne suffît pas, en effet , de 
connaître les meilleurs projets, si l'on n'est ca- 
pable de, vous les persuader, â vous qui devez entre- 
prendre l'exécution. Au reste, mon devoir est de 
vous dire ce que je me suis persuadé être le plus 
utile; le vôtre est d'écouter mes discours, de les 
juger, et d'en profiter, s'ils vous plaisent. 



XXXV. 

Lorsque, dernièrement , ô Athéniens ! vous n'a- 



npooiMiA, io5 

e/ jX)j Toy Aoyov J/^cT^ , clWol r<t TarpouyiiXTct^ l^ cov 

}ox.€7v iwiux.yig liixi , >) rot? ^<yo^ eitT'eTy (pxmcHy 
yo/ocTo. Eycoy oùy ( outû) t< ;aoi ayotâ-oy ytifotro ! ) 
izgrun îsrfipi Tû^y Wctpovrm îw^/u [loi crxoîsrÉty, Xo- 
)^o<^ fxey xcLi [idA. cccpo-oyoi^ , ou^ ou3c (ty coio)»^ dxou- 
sTe Jfxer^ , everuyp^ayoy. Kot/ y cep dç âix^ctioTctroi 
zœy 'EAA.>!yûïy ecrte ^oWcc uwîu xxi icùfm xdi op» , 
}ca,t 0)5 apKïTCtfy TTpoyovav , xjcli ^tcoWa toiôlvtgC 
otAAo, TctuTfit fiîv roy p^oyoy >iV3->îyflt< -TrotJKrfltyra ocroy 
iy p)j5^, /x6Tct (îfe^ rcLVT oi')(îroLr de? ^ 'TCpeL^taç Tt- 
l'o^ Toy Aeyovict (potvîfyotc <ru/xCouAoy, A' ^y 59 ju-stoc rctinrct 
ctyotOou Tiyo^ JjEt7v etjlcti Ttûtpoutriou TowTo d' )j Ar 59 anor 
y/oy, 19 p^ctA€7coy Trgtre/pajxgyo^ oiâx oy <&tV ovdfe yotp 
ûLVXccpTUÇ To /aeiy ecric tct toictvxcn^ eu im 39 Ttg/croti ris 
zov$ (ryyoLcpo/xeyou^ J/xcc^ ^y>i9f. Ou fÂW ûcAA ejttoy jt^ey 



\ 9 I 1» t\ » I 



poy (îte axovacLyrcLÇ ^fyxi , xoty apecrxjj , p^pîjcrôcti. 






Oux cLd)iAoy ^y , » cty(î|p6$ 'A6)iyct7o/ , t^'pa^y , ort 



i 



104 , npooiMiA. 

^œBî âxovttv %p>!yct/ , or/ trvfiCyiO'îrcti touto, o wn 
ylyiîlcLiy OT/ 0/ Toie x^AuGevle^ €poiev et^ «Jepfltv exxA»* 
cr/ay.' Ai to/vuv totuff, ctTiep TrpoTgpov, 7iot)j(r)jT6, xj T«f 
To7^ Tore âb^oto"/ <ruygi^eTv jSouA-Oittgyâ^r fin d^Aii- 
(DITS dxovaxi , îiraAiv roturot e/^ T)iv trtpcu «x^ 
^)i<rificy ouToi AficêoWe^, Tourav jcûtDfyopwoucriv. 
OvâcLii3$ , a ctvdjpg^ 'AGijyfltroi , out6 tcc tsrpccyftctTct 
p^etpû) yîvoiTo , ouâ* u/zeT^ cLTo^asrtpoi (pûintïrri , 
ei iifc>i^e Tûîy (îb^avray J/tTv 7r6p« jM,))^ev «%6<i dbx^ejf, 
|X)iJ^', cL(pi)/rî$ CL <TVfji<pîpEt y rSif 'Ttfo oâov ti 'îTepct*'- 
voirt , eî)iTe J^' ûxrwep rSv xd â-gocrpot x^rciAo&jLt&t- 
yovTûJV. MifAtfJiSi^ , »" (tvdjpg^ 'A9>îy«.7oi , ctAXot ttodi- 
o-otyTe^ Toy woiov rovrov y jcott tcTctpcttr^ovre^ icov^ 

aX^pOCLTOL^ (kll^OTifùlÇ VfJLXÇ CLVTOVÇ y ^fOùTOV /X6V € A«- 

<r9e ô, te XAti Ttoinaere * g^eiS-' vwo\cLfJiCcLnTi , tcti 
xi$ eyotvT/ûJTctt To?^ ccî^ot^ ouTû? db)ti/Xflt<r367<r/ , iro- 
y)!poy xott 3tot3covouy u/^tv. To juiev yap Aoyou fx.)j tu- 
p^oyTûC 'sre'Triia^oLt (ètXriov tSv v/jliv âoTcovvrcêf ôlCtoi 
€yre5u/^5ia9ott, (ruyyyû)/i>i • ro dfe, ccxouo-clvt^v JjLt5y 
xcci (JictxpiyctyTay, m dyaia^v^Tuy y tccli [xi cuy^ 
yjàftli gy^oyra t? rai TtMiovm yvcûfÂ:if , dWn^ t/W 



EXORDES. 1 OO 

^^pas cru devoir écouter ceux qui voulaient com- 
battre ce que disait un orateur, il était clair qu'il 
arriverait ce que nous voyons ; je veux dire , que 
ceux à qui on avait alors fermé la bouche, parle* 
raient dan;s une autre assemblée. Si donc, agissant 
de même encore aujourd'hui , vous refusez d'en- 
tendre les ministres qui veulent défendre ce qui a 
déjà été résolu, ils reparaîtront dans une autre as- 
semblée , et attaqueront ce qui sera décidé en ce 
jour. Sans doute ^ vos affaires seraient meilleures , 
et on ne vous taxerait pas d'imprudence , si vos 
résolutions avaient quelque fin, et si^ assistant à 
vos assemblées comme à un spectacle , vous ne né- 
gligiez pas ce qui est utile , pour ne vous attacher 
qua ce qui est facile [7]. Il faut changer de condui- 
te, et, vous donnant la peine d'écouter également 
le pour et le contre , choisir avec connaissance ce 
que vous aurez à faire, et regarder comme un 
mauvais citoyen et un homme mal intentionné, 
quiconque attaquera ce qui aura été une fois arrêté 
dans cette forme. En effet, qu'un orateur, qui n'a 
pas eu la liberté de parler , se persuade qu'il a ima- 
giné quelque chose de mieux que ce que vous avez 
décidé , cela est excusable; mais, lorsque vous avez 
entendu ses discours, et que vous les avez jugés , 
reparaître encore avec effronterie, ne pas se rendre, 
ne pas céder à l'avis du plus grand nombre, cela 



r 



1 o6 EXORDES. 

fait soupçonner quelque disposition peu honnête. 
Pour moi , je garderais aujourd'hui le silence , si 
)e vous voyais persister dans ce que vous avez ré- 
solu^ étant de ceux qui sont persuadés qu'il vous 
est utile de vous en tenir à votre première résolu- 
tion. Mais , comme il me semble que les discours de 
certains ministres en ont fait changer plusieurs 
d'entre vous , je vais vous apprendre , quoique vous 
le sachiez peut-être , dans la crainte que , par ha- 
sard , vous ne Tignoricz , je vais vous apprendre 
que tout ce qu'ils ont pu vous dire , est aussi con- 
traire à la vérité qu'à vos intérêts. 



XXXVI. 



Il conviendrait , Athéniens , lorsque les affaires 
sont mises en délibération , que chacun tâchât de 
vous persuader ce qu'il croit le meilleur , pour 
qu'il n'arrivât pas , au grand détriment de la répu- 
blique , que vos décisions n'aient jamais de fin , 
et que vous vous accusiez vous-mêmes de folie par 
vos variations continuelles. Mais , puisqu'après 
avoir d'abord gardé le silence , quelques-uns blâ- 
ment à présent ce que vous avez arrêté, je veux 
leur dire unmot. Leur conduite me parait étrange , 
ou plutôt je la trouve très-repréhensible. Car ^ si , 
pouvant dans vos délibérations vous donner des 
conseils , ils aiment mieux attaquer ce que vous 
avez résolu , ils agissent en vrais brouillons , et 



npooiMiA. 107 

£v «fJiity (îfe?v 6v rS Tsrctpovri , el /xevovTa^ v/jlgls 
ipw eÇ* a? îSo^tr si/jn y<tp rm îx.îu<t 'TCzntic ijut* 

ay Xoyùn jtteTctCeCAJTo'Ga^ jxoi T^ve^ dojcovatv , ûî^ 

,€v Ê/A)Tût^ , ou fiifj olAA' £( >cflti Tuyp^ctveTe ctyvo- 

Ar. 

ore wttSîif vfi£s , r/ ctp/o-To? tTcctaroç iiyuro , 
re iCov\eve(Td^ rowfCùroi/ mpi rôtir m , Ivct jui)t cruyg- 
flt/ygy, cl ^ dtyo '7ravT«? iariv Gi\v(nrt\î(rrcLr(t 

^ TCoXtl y IJUArt 'TtîpCLS lM\$ii t^HV rûdi VfJi7i (îb^oty- 

Wy TtctpcLVOicLS 5' vfjLus itctrîyiymo'iLtrt v/iav ctJ- 
'cSrj /jLîrùJ^ouMvofiîvor iwîiàyi àî (noi>7Cy\(rçurîs rorty 
jy îwirificùat rinç , ^quXoijlcli iiixfct Ttpos ctvrovç 
t^tTy/Eycû yctp âxvficttcù tov rpoTsrov ryl$ -ttoA/- 
*£i«t5 TÎjf^ rovzm y jLtûtAAoy cT' liyovfictt (pcLtj\oy, Ei 
"ctp g^ov ^ûLpctrjiiv , oTûty o-x,otcr>!Tg , ^îCovMvfJLimi 
^Trfyop^vJ (tipovyroLi y avM^cLirm gpyoy , ov^ , cî^ 



io8 npooiMiA. 

yeu dp'X/i yeveV^û) ), t/ <^î xkWcL Iwctaovvrîs Act- 

vo/^ a!ycLff^cLty Totrro oJ fii[iov}fTCLi , ftaAAov J^ cu/tm 
ToûyûtvJ/ov TTo^oucr/ • (peter* yap, « ctv^piç AOjjvcuo/ , ^tff 

gp^w, Aeyeev Inu^cLi J^' eVocvpû^^jf , Tcturot ct^fltrrctj 
iTsrcLimyjX^ aviJLTtpcLrlsii 39 tou? dilwTtoincLÇ. To/yewTW 
woWcù'j fiîVy ôvTî$ ov -TToAAo/ , 'Trep/y/yyoytcti' Act(i- 
Êavouo-/ J^', 00-' iv jtt)j Tc» TroAg/xo) ^vû^vrat, Ta?^ xAi- 
po<^' ou&t^ J^' cLvzovs iK(ptvyii %povo^, ou(Jg xpotTOf, 

TOU ZCL (TU^Cpgpoy^ ioiVToïs TtCtpcLinî^y OVy fJlCl Ai',ovJJ 
ûùCrWBp l^lJLzTç HCLl èlct rOVTQXJÇy lULl SlcL TOU^ Ojtwloi^ 

Tovroi$ , aAA>ïAâ)y TtîftyiyvofjLem , xct/ ou^« t»' 
^X'^p^^ crctyrct in^cùTLcLixî^ Toy %povoy, )cqty jttgy e/pr 

I 

y>iv r/^ ex, tcoXîijlqv uointry} , TouToy /^/crouyTg^ , et» J^' 
Tûjy wfctrliu 5 oJdfe TouToy ôp3ak Aeyc/y Çûuncoyres J ^ 






non, comme ils le disent, en citoyens zélés. Je 
leur demanderais volontiers, sans prétendre par-là 
fournir matière aux invectives, pourquoi, attentifs 
à louer les Lacédémoniens dans le reste , ils ne les 
imitent pas dans ce qu'il y a chez eux de plus loua- 
l)le , ou pourquoi même ils font tout le contraire. 
On dit qu'à Lacédémone chacun donne son avis , 
jusqu'à ce qu'on ait pris une résolution , et que , 
dès qu'elle est prise, tout le monde l'approuve, 
de sorte que les opposans même travaillent à faire 
réussir le projet. Aussi , quoiqu en petit nombre , 
ils viennent à bout de vaincre des armées nômbreu- 
ses ; tout ce qu'ils ne peuvent emporter de force , 
les armes à la main , ils le prennent par adresse , 
en profitant des conjonctures ; aucune occasion , 
aucun moyen de parvenir à leurs fins , ne leur 
échappe. Quelle différence entre eux et nous , 
grâce aux orateurs dont je parle , et à ceux qui 
leur ressemblent ! Nous employons tout le tems à 
nous attaquer les uns les autres , plutôt qu^à com- 
battre nos ennemis. Quelqu'un nous ménage-t-il 
la paix en tems de guerre ? nous le haïssons. Nous 
le contredisons , s'il parle de guerre en tems de 
paix. Nous exhorte -t-il à rester tranquilles et à 
nous mêler de nos propres affaires? nous disons 
qu'il a tort. En un mot , nous nous occupons de 
critiques frivoles, et nous nous repaissons de vai- 
nes espérances. Que nous conseillez-vous donc^ 



tlO EXORDES. 

dira-t-on, puisque tous blâmez ce qui se fait ac* 
tuellement ? Voici mon avis. 

X X ]t V 1 1. 

n me semble , Athéniens , qu'on aurait tort de ^ 
craindre pour vous et d'appréhender que Vous ne 
preniez de mauvais partis , en refusant d'écouter 
ceux qui vous donnent des conseils. D'abord /la 
fortune, qui vous est favorable^ fait que la plupart 
de vos affaires s'arrangent d'elles-mêmes suivant 
vos désirs; car fort peu iraient bien, si elles n'é- 
taient conduites que par la sagesse de vos chefs. De 
plus, vous connaissez d'avance non-seulement la 
discours que chacun doit vous débiter » mais en- 
core pour quel motif il parle ; j'ajouterais même, 
s'il n'était trop dur de le dire, pour quelle somme 
il parle. Vous ferez sagement, suivant moi,. de 
n'accorder que fort peu de tems aux orateurs qui 
vous trompent. Si je ne devais que répéter ce- que 
les autres ont dit , je ne croirais pas devoir vous 
fatiguer de mes paroles ; mais je pense que j'ai à 
vous donner des conseils qui vous sont aussi utiles^ 
qu'ils sont éloignés de ce qu'attendent la pluparrtde 
vous. Je ne serai pas long. Ecoutez mes discours; 
jugez-les , et, s'ils vous plaisent , profitez-en. 



nPOOlMiA. III 

t$ j tyoù yVïi Al, îpûû. 






npoTov iJLtVy à cuâfîç A^yfvciiojiy ov ndw fjLot oo3ce" 
\S eu ^txorm Tcept vfiZv ^{icrcLt , [in , 'Ttctpct rorm 

sAAot iS^ 'TTpccy/xctTûJV JiL6?y clvtcixcltcl , û)V av et- 
iicrGs , 'TtcLfiaryiair iwît rvi ye rm ^fOiarrixoTCùii 

itiç OV ftovov Tow^ Aoyow^ 5 01/^ av exacro^ etTroi , 
poiiTTg, ûtAAct xoi< ûjv evex,' glvtSv exotcrTo^ ^/zjiyo- 

y ^ Tou (peyct}c<^gcr9a/ p^poyoy «^ 6*^ /texpoTotToy 
i^ctyoyre^, cco^pomv 't/jLoiyz ^oxutî, E< ju-ey ^>i ti 
Tv auToy e/zgAAoy to7^- clKXoiç epeTy , ov>c ctv a/|X>jv 
y Aeyay evop^Aéïy • vuy ^e o-u|x<pgpoyTût ^ey JjttTy 
.ou(7ût/ , T:(VircLWcL(Ti $t Gt(peo-T)ix,oTût Toy JtcTo TOy 
\A5y î!rpo(râbxû)fX6yû)y , oioiicti Aoyov €%e<y. Bpct%u^ 
go-Tct/ yjfonç • oxg^I/ûto'S'e ^g axovacLmç , xoty 
iTy cLpitaTOf y p^p>io-oto-5£. 



112 nPOOIMiA* 



/ 



AH. 



coiJLcLi T>iv df^i Tov Xoyorj* 1^ oJ^g Tct ncuncLîfCù* iyoti^ 

t f» I \ 9 I In \ \ 

V/JLCL$ TfOWOlf r0V$ GUKOVOVTCLÇ *7tpO<T ÛLyTilcLl 7UII TA 

Tou "TtfciyiicLToç ùtja')(îf7i T« \oycù cvyTcpU'^nrai' 
iwXSç ât "TtiTCiiTLoroç ccJtov u/a?v 7rpoo-(pgp6<r0cti Toîw 
"TrfccToy étvcLi , e/tr£7v Trorepot eyvû^îca^ ^fltpeA)fAi;BiF, 
ly , ectv /:Jiev cLxovacwc^s tovto , too? jttgTot tûlvta 
Xoyovs ^ov\oi(rd-i otxoug/y, xote SiSctcr^ij xcu (ppctl!f 
T<t ^iXntrrct clvtcù ^x^otTyrct, àv J^* Gtîcro()bx,«]xcw7fT6, 
azimAAflty/xeyo? >^', xcte |x>rre JjU-Ty €vo^Ay , jtejfxe 
ctJrov x,07rTï|f. Eyco â^ tovtq Ttp^Toy epa • e/xot dw^* 

vwif cLvtov ^poo->jx€ty AfltCery. Kott oncêS Kn^eoii 
t^œ \eytiv , iTsrtiâcLv , aV )îA)c)iyTot4 xot/ v/m ^po- 

rip^roy ju-gy ou 'TTotyu Gclv/jlclctIov taliv^ cù cty^g^ 'aAt 
VGt?o/, To jLt)i poL^tou^ ToîV (ru|JLCouAgugty )8ouAo/tgy6/^ j 
€<ya/ Tou? Aoyov^* oToty yap^ ta Trpay/tctra g)^y 



EXORDES. 1 ] 5 

XXXVIII. 

Mon début , ô Athéniens ! sera aussi court que 
solide , et je ne m'épuiserai pas en propos inutiles. 
Il me semble que c'est vouloir tromper , que de 
chercher à gagner ses auditeurs , et a couvrir, par 

■ 

Tagrément des paroles , ce que les choses peuvent 
ayoir de désagréable. Celui qui est déterminé à 
TOUS parler avec franchise^ doit dire d abord quel 
est son sentiment , afin que si , après avoir entendu 
sa première idée , vous voulez entendre le reste, 
il s'explique , et vous instruise sur ce qu'il juge le 
meilleur ; ou que , si au contraire vous la rejetez , il 
se retire sans vous être importun , et sans se fati- 
guer lui-même. Pour moi, Voici ce que je dis en 
premier lieu ; je pense que le peuple de Mitylène 
est opprimé , et que vous devez le tirer de l'oppres- 
sion. Je vous dirai les moyens de réussir, quand 
je vous aurai fait voir que le peuple de Mitylène est 
opprimé , et que vous devez marcher à son se- 
cours. 

XXXIX. 

On ne doit pas s'étonner, Athéniens (c'est la 

réflexion par où je débute ) , que le ministère de la 

parole soit à présent diflScile pour quiconque veut 

donner des conseils : car , lorsque les affaires sont 

T. m. 8 



r 



1 14 EXORDES. 

mauvaises, il faut nécessairement que la délibéra- 
tion soit embarrassante. Si l'on compte qu'elles se 
rétabliront en ne voulant pas écouter y n'écoutoni 
rien. Mais, si tout n'en ira que plus mal , loin d'en 
aller mieux^ pourquoi laisserions-nous arriver les 
choses à l'extrémité ? Pourquoi ne travaillerions- 
nous à les rétablir qu'après un tems plus éloigné, 
et lorsqu*il sera plus difficile de réussir » quand 
nous pouvons , dès aujourd'hui , corriger notre 
situation présente , et mettre tout dans un meil* 
leur ordre ? Il est naturel , sans doute , dans l'état 
actuel des choses , que vous ayez l'humeur un peu 
aigrie; mais que vous vous emportiez indistincte- 
ment contre tous vos ministres^ et non contre les 
seuls auteurs de vos maux , cela n'est ni naturel ni 
juste. Ceux qui ne sont cause d'aucun des événe- 
mens passés , et qui peuvent vous dire les moyens 
de rétablir vos affaires par la suite ^ doivent obtenir 
votre faveur plutôt qu'encourir votre disgrâce. Si 
vous les rebutez mal-â-propos , vous les intimide- 
rez et les empêcherez de monter à la tribune. Pour 
moi , quoique je sache que souvent vous traitez 
mal celui qui s'offre le premier à votre chagrin, 
plutôt que celui qui a causé vos malheurs , je me 
présente cependant pour vous proposer mon avis. 
Je me flatte que vous ne pourrez m'imputer aucun 
de vos maux , et que je puis vous donner de meil- 
leurs conseils que les autres. 



nPooiMiA. n5 

:spt cLurm hvoli xat tclç <rv[jLCov\iùi$. El jxevouv, gjc 

3e\T/ov J^* outîey ex» royT<»y ygv/îcrsTûti , t/ ùu, 'ttoos 
ro (pott/AoTotrov eA9e(v gao-otvT«, ex, -tt Aeiovo^ , i yîy, 
toti ^ctAe'Targpou <rû)^e/y ';re/p<£(r9cti, l^ov ex, t^v Ttct^ 
;oiTû)y eTi xou vwy etcrotyop5a)(rcto'9ct/ , x.ot( Tipootyciyenr 
itrc To iSeAreoy j To /ley owy opyeAo)^ vfixç t^tif > 
/x,o^ eVri TaivTcL '7rct<r')^oyTx$* to ^e /^)f toT$ ctirioiÇy 
cAAot 'TTouriv €(peç>»^ opy/C^eo-Hflti , touto ouxer/ etxo^, 
Jj^' op5^^ e^oy eVr/v. O/ yxp [ly^Si^oç |xey Gtlr/oi T«y 
rotpeA>jAuS-oT«y , toc 5e Ao/Tict -^r^i? îotcli iSeArtc» 
leye/y e^oyre^, %otpcv, oux. ûtî3'ep^5e/cty , yLoyLiccLivT 
?y èixMCdS T^cLf vfjLCùr ov$ j ecu cLxcLipcùç âu(nco\ùit' 
y\Tt y l^nvi àiKTTcLo-d'ùLi -TroiJto-sTs, KeiiTot tycùyt 
VIL ayyo© on noWci^iÇy ov roi^ ùlixioiç , ctAAa 
:o7ç i/jLTto^)^ ou<7i To7^ opy«(^OjLteyoi^, ot>î5fe^ ri ^ct- 
SeT» <7uye'C>i, OjLtû)^ J^' dnarnv o-u/i£ouAeu(7<»y • ^/(rteufl* 
70LP eyûO'S ï ^ ctycJpe^ 'A9>îyot?oi , (pActupou jitey At^^e- 

W5 arr/o? âv £t/p£Ô->î(re<r9ûtt , iSeAr/û» J^' irifm v/m 

t^^eiv o'u]Li£ouAeuo'ctt. 



Il8 ' EXORDE9. 

de confiance et de sécurité , plus ils commettront 
de fautes. 



X L I. 



Il me semble, Athéniens^ que ce n est pas sur 
une seule ville ^ mais sur toutes les villes alliées 
que vous délibérez en ce jour. Car , suivant que 
vous vous déciderez sur celle-ci , il est probable 
que les autres, jugeant d'après cela , croiront qu'on 
les traitera <^ même : en sorte que , pour votre 
gloire et pour jrotre plus grande utilité , vous devez 
avoir fort à cœur de prendre un parti aussi juste 
qu'avantageux. La cause de nos embarras , ce sont 
les généraux eux-mêmes. La plupart d'entre eùi 
qui partent de vos ports, ne croient point devoir 
protéger les amis d'Athènes ^ ceux qui , de tout 
tems^ ont partagé nos périls; mais, se faisant cha- 
cun des amis particuliers, ils vous demandent de 
regarder leurs flatteurs comme vos amis , lorsqu'au 
contraire vous n'en trouverez pas qui soient plus 
vos ennemis, ni qui doivent l'être plus nécessaire- 
ment. En effet, plus les hommes auxquels ils s'in- 
téressent^ nous ont trompés pour leur propre 
avantage, plus ces mêmes hommes pensent que 



nPOOlMlA. 119 

oarcè yctp av [ictAAov }LctTcL(ppoyy\(FCù<n , Tocrovrcù Bclt- 
TOi cL/jL€Lpryi<rovr<ti. 



ma'« 



. Ou fjLOt ùoKîirî , cù (tifâfis 'aG>ivouo/ , Trgpt 7\$ o/eerôé 
^oXîCùÇ vuv/ ftovov /SouAeugerGct/ , ctAAa uVep 'TtcLam 
TCùv av/ifjLcL^tâm. 'O'TtctàÇ y<tp iv 7r6p« rctvTyiç yiSrtj 
'TCfoç Tcttn:' e/xo^ ctVoCAtt&'ovTct^ zo\)$ <tWov$ , xct/ 

Tov ^i\ricTotjyXcLi r-Hç ujaeigpa^ olJtov 6ye}cct âo^ytç^ 

(TTSrovdcLtTCLt^ OTlCùÇ CL/ICL XCtl (TV/l^ipO^fTCLy XCLi ÔiXCLlCL 

(petyjjo-eaSg jSouAeuojttevoi. 'H juev ooy ûtpp^>f tov toiou- 
TCûf ^fctyiicLTm izff clvtcùv tan zSv (TtpctrrjrySr «v 
0/ Ti^Mtnroi T«y ^otp' J/^ov txrarXîovrm 9 ou tou^ 
uacrepou^ cptAou^, êv$ qicl i:ûlvto$ tou ')(fovGv tû^volu- 
T«y xiy^Vû)y /xereo^iixoTct? 7rctpg/A>j(pct(rt , ^tpcLTsrtv^ 
€iv TOUTOUS oîoyrot/ 5fe7y, ocAAot xctt iAou^ (pcAou^ 
ex.cLaxûÇ IclutS xctTctaTcevcurcLÇ •, u/tcT^ a^/oi tou^ 
ctJrJy xoActxot^ xoti u/terepou^ >îyet(r9ct/ <p<Aou^* ou 
TTûty e(TTi Touvotyrtoy * oure yctp ep^^poxepou^ , out 
iva^yTcoLio zîfov$ /xctAAov e%9pou^ ày TouTû>y tv^oire. 
''Oo"« yotp TrAeia -TTotpotxpouoftevot TiAsoyexTouo"^ , to- 



i2o nrooiMiA. 

aovTCf 'TrAeov ocpAe/v i^yoZvrcLi o<x.>iv $oviùli* ox)&é7i 
JS* àv y? yo/ro euvou^ towto<$ , J(p c^v otv t/ scocxov trg/- 

'TTctpûjy x.oLifO$' ci J\' i^yov[icLi cru/i.(pepe/v u/xTy , tctuTct 
crujLtbovAeu<rû>» 

MB, 

Ovà^y CL y a À^Spîç* A^m eu oi y rm "TtcL^rm vfim.ov- 
rcù$ oiofJLcLi TccLTcovotjy uvdi Ty; 'ttoaîIj ccazî iin %aAe- 

'TTûùÇ Cpgpe^V, /JLï\$î \vWU<T^ÙLi TÔÏç ytyîiïl/JLîVOlS. B IIVJ 

To<vvy dycLvcoccovyTcLÇ m aiwfctKTov T/ 'TtOtYiacLi TOV- 
Tû)V, tout' ccy eyaoyî 'Ttctpmvv vfjuv kwcLciy* t'ortih 
dî TAvroL [liv ovx, cLv (tWûùÇ t')(pi , m <r vTsriç rm 
\oi7rSv 'Ttpoifovi^yrJùLiy o'Ttœç ixy\ Tatura Treio-go-Ge' œa-wcfy 
d av(îjp6^ A9>îyût/o/ , TTgpt t^v vu y yeyev)î^eyû)y ctyct- 
yccx.TgtTe, ouTû) p^p>i a-wovSoLŒcLi vwîp rov [xvi ttolAi? 
TotuTût (rvfjiC>yi'JcLi , x.ct< yo|ut.<(^6ty fjLn^îvct ep^s/v Aoy^v 
e/^eTy Tiav cu^t^euA^suovTûïy to^cutov, ô^ (îk;v>j(r£Tct< cr»- 
a-cti Tct îirccpoyTot , ixy\àtio$ vfÀCùv [xytèi^ avvcLfcL[ieyov* oJ 
yap oty AoyoÇy ctWct âtos t*^ o toiovtoç nyf. H jttey ouy 
^P%** '^^^ TGtu^* ovrœç €p(^e<y ejceTôev jJpTTjTct/ , g)t toiT 

T>J^ TlOtpGt^pîiiJUlflt 'TTpO^ VixSiç îHKCL p^Otp^TO^ eV/OU^ TûTy 



EXORDES. 121 

''^^Ms leur ferez subir une peine rigoureuse. Or, il 
^ ^t pas possible qu on soit bien affectionné pour 
^^ux de qui Ton s'attend à souffrir quelque mal. 
Mais ce n est peut-être point ici le moment de faire 
^es reproches; je vais vous donner le conseil que 
l'estime le plus utile. 



XL I 1. 



Je croîs, Athéniens, que, parmi vous, il n'est 
personne si mal intentionné pour la république, 
qui ne soit affligé de la disgrâce que nous, venons 
d'essuyer. Si , en se plaignant , on pouvait changer 
les choses ^je vous exhorterais tous à vous plaindre. 
Mais, puisque par-là elles ne prendraient point 
un meilleur tour , et qu'il faut veiller par la suite 
à ce que vous ne retombiez pas dans les mêmes 
malheurs^ vous devez, si vous êtes vraiment sen- 
sibles à ce qui arrive, travailler sérieusement pour 
que les mêmes disgrâces n'arrivent plus; vous 
devez croire que les discours de vos ministres ne 
peuvent rétablir les affaires présentes, si. vous n'en- 
treprenez rien pour cet effet : autrement ce ne 
serait pas les discours d'un homme , mais la pa- 
role d\in Dieu. La cause de nos maux et de nos 
désordres, c'est à la tribune qu'il faut la chercher , 
c'est dans l'usage où sont quelques-uns de vos 
orateurs de ne parler ici que pour vous plaire sur- 




122 EXOEDES. 

le-champ. Il n est pas nécessaire , disent-ils , de 
contribuer , ni de se mettre en campagne ; tout 
ira de soi-même. Il faudrait , Athéniens , qu'il 
arrivât quelqu autre événement qui vous fît sentir 
tout le vice d'une pareille conduite , mais sans que 
la république en souffrit aucun dommage. Pour 
moi, il me semble que la fortune vous traite mieux 
que vos chefs. En effet, que nous ayons perdu in- 
sensiblement toutes nos possessions , on doit l'im- 
puter à l'imprudence de ceux qui vous gouvernent; 
mais que tout ne soit pas péri il y a long-tems» je 
l'attribue à votre bonheur. Au reste , tandis que la 
fortune nous abandonne^ et qu elle élève nos en- 
nemis /veillez par vous-mêmes à vos affaires : si- 
non y prenez garde que , tandis que vous accuserez 
vos ministres, elles n'aillent toujours en déca- . 
dence. Car il n'est pas possible , si nul de vous ne 
les soutient, qu'elles s'arrêtent sur le penchant 
de leur ruine , sans le secours d'une puissance ex- 
traordinaire. 

X L 1 1 1. 

On ne doit pas s'étonner, Athéniens, cjue des 
hommes qui ont toujours' eu pour but, dans leur 
administration , de favoriser l'oligarchie , agissent 
encore maintenant d'après leqr système : ce qui 
doit surprendre davantage , c'^st que vous , qui 
êtes instruits de leur façon de penser, vous les 
écoutiez souvent plus volontiers que ceux qui par- 



npooiMiAi 123 

\îyoiflû>y vjIclvQo! $y\[jLïfyofUf , cù$ oûig etVcpgpgiv , ovrt 

ovy rdZy uV clWov rm$ i^î\îy^î(rQ<tt iiîtol tou 

xoTw eivflt/, To /Agy yctp gx.oto'Tct ccîîroAAua'Sa/ rri^ 
rSy îTtrifiîXov/Jiiym xaxictç (r>j|ULe7oy ^pocrwe/ -ziroie?- 
crGctf TO d'f /^» TraAût/ TTccvr' ott^oAûîAeycti t>Î^ vfjLirt^ 
fcLÇ Tv')^y\s îVîfyeTy\ii iyœye xftm, Ev cù to/vuv )î 

AoiTiSv €tr/fJi6A>î5)jTe' 6* de )Lt>j, <rx.07rêTTe ottû?^ /ttiiv 

Tct "TTpdyiictB* vfiSi y œ ctv$pî$ A^yivcuoi , xA^yer ou 
yctp €(T^ o-TTû)^ TccuT otygu /JLîycLXotj T/vo^ (rT)ï(reTGt< , 



Mr. 



OvJey 6(rT/y, « ay^g^ 'A9nvcc7oe , touto ctXoyoy , 
Tou^ aet x^* cvn')(Cù$ uVep tû^v o'A/yctpp^/^y -ttoA/- 
Teuojxçyoy^ xctt yuv rauTct Ttoiovvrctç l^îMy^ta^oLi* 
aAA ex^etyo fxaAAoy cty t/^ ee'jcoTtf^ ô-ùLv/xcLaoLi' y ro 

XOVÇ ilÙOTCLÇ Vflùiç TCtUTCt «oAActjc/^ )îd/ov TOUTaV 



124 npooiMiA. 

cùtTTffiç ovS^ lâtcf. fccâiov îaziv cLTsrcvtr ofd-cùç *7rpotr- 
Tgtv , ovTûùç otî^e x,o<y>r* ctAX' otJ âïi r<t fiîyiorcL 
yi p^p)i TTctpopqtv. Tct iw-ev ot;v claacl 'TTavT ecrTJV 
IXcLTTCù^ or (VI S^ vwîp TToAiTêtot^, x,otit (Tcpoty^y , xcu 

^p>i Tw (ppovÉlv J)M,ût$ ûLVTovç yJyîTaQcLi j 0/ jttev yctp 

^pûùfjLîvoi , [xSiWov îvXclCîÎç cLvroi yiyvovTcti • vijlîiç 

<tÇ>î\zîpovç vo|xt^gTe , TûCUT* atîrot âïifjLoaict fjioi âo^ 
xîirî dvcL/jLîyBiv TTût-d-ovTe^ ot«V5e(r9a/. 

MA'. 

vot/o< , ri oyjwort 01 y^ax^coç 'TrpctVTov'Ziç clixîiwv Tgp* 
rSv WfOLyiJLOLTm r^v su t2rpa.TToyTa)v jSouAeuovTûti. 
Eo-Ti J^' ov^ 6T6pû)96y vTroGgy TOUT© y/yvofxeyov , otAA* 
OTi (TVfJiCcuni ToTç {jLîy [xyirt (poCuaQoLi [xyiÔîv , ^})6' 
qp T<$ ûty Aeyoi ^e^vot, , 7rpoo->i)coy'3- cLvroTs i^yeia^ai , 
Tovç ^ 7TA>i(r<oy ôv?a$ Tcîy ciyLcLo\v\iJicLroù'j , oVsty g/V ro 



l^Bt pour VOS intérêts. Quoiqu'il soit peut-être aussi 
difficile à un peuple, qu'à un particulier, de se 
conduire toujours d'une manière convenable , il 
ne faut pas néanmoins négliger les choses les plus 
essentielles. Tout le reste est de moindre consé- 
quence; mais ^ lorsque vous entendez avec froideur 
parler de gouvernement , de massacres , de des- 
truction de démocratie , ne doit-on pas croire que 
vous avez perdu la raison ? L'exemple d'autrui 
nous rend ordinairement plus attentifs pour nous- 
mêmes : vous 5 au contraire, vous n'êtes nullement 
effrayés de ce que vous voyez arriver aux autres ; 
et, lorsque vous trouvez que c'est une folie dans 
chaque homme d'attendre les maux qu'il pourrait 
prévenir, il me semble que vous attendez tran- 
quillement les malheurs publics , et que vous ne 
songerez a vous-mêmes, que quand ils seront ar- 
rivés. 



X LI V. 



Nul de vous. Athéniens^ n'a peut-être examiné 
pourquoi , dans l'adversité , on prend , pour ses af- 
faires, des mesures plus sages que dans la prospérité. 
La seule raison, c'est que^ quand nous sommes 
heureux, nous n'appréhendons rien, nous croyons 
que les périls qui nous sont annoncés , ne nous 
regardent pas. Au contraire^ le sentiment vif du 
malheur^ nous présentant les fautes que nous ve- 



120 EXOltDES. 

nons de commettre, nous rend plus sages et plu^ 
modérés pour la suite. Des hommes raisonnables^- 
favorisés de la fortune , doivent donc être alors phis 
attentifs à se conduire sagement : car il n'est point 
de disgrâces que la vigilance ne puisse prévenir, 
comme il n'en est point auxquelles la négligence 
ne doive s'attendre. En pariant de la sorte, je 
ne prétends pas vous inspirer de vaines frayeurs, 
mais je voudrais que vos succès actuels ne vous 
fissent pas mépriser les contre-tems que Ton vous 
fait craindre, et qui pourront avoir lieu, si vous 
négligez vos affaires; je voudrais que, sans être 
avertis par le malheur, on vous vît agir avec cir- 
conspection, comme il convient à des hommes qui 
prétendent l'emporter sur les autres en sagesse. 



XL V. 



Je ne crois pas, Athéniens, que je puisse en 
même tems vous flatter et vous donner lavis que 
je regarde comme le plus utile. Je vois, d'ailleurs, 
que vous flatter en quelque chose contre sa pensée, 
attire souvent plus de haine de votre part , que de 
vous contredire d'abord. Si je vous voyais tous du 
même avis , je ne serais pas monté à la tribune. 
Car, ou je vous aurais crus dans la bonne voie, 
etalorsj'aurais jugé inutile de parler à des hommes 
qui prennent d'eux-mêmes le parti convenable; ou, 
en m'imaginant le contraire, j'aurais estimé qu'un 



npooiMiA. 127 

^<^S IZfCLzJîllf d^piKœVTcLly (rûù(PfOiCL$ Tipo^ TCL \oi7srcc 

ïlA^Tptou^ çTApg^g/. 'Stiiov^xim to/yyy gVliv ctyOpû^Trâiy, 

^>iy o'TiouoViy 'TTpo^ to (rû)(ppove<v 2%2'V ouagy yocp oure 
Pi>AGtTTo;/.eyoi^ outû) cîgivov , cûœt* cL(fv\xx.Toi wctt , 
^VT€ c\tycùpov<rti cLsrpocrâox.ywo'j «TTctGeTy. Aeyû) ùi 

t-GLVZcLj OV^ net T7I^CLWûù$ VllOLÇ ÔcàTTCù/JLXl y CLW 
Kût fJLÏIy dtCL TYIi TtCtpOVŒXV tVWfCLi^lCUy CL ygvozT ûty, ei 

fltTctcppoyJrrg , clAA , anv tov "TCcL^îîy , cùosnp eerrt 
rpoo'îfx.ov (p<t(r5covToi$ ye /JLYiâ^mv dwoXn'orta'QcLi rcf 

me'. 

Of%' Toy ctUToy uvcti xcLifO'J vwu\>i(paLy 5 dvâftç 
^Ouvcuot, ToC %otp/(^e<r9Gti , x,** tou tgc ^jcouyTct /^o/ 
gATicrTflt 'TCcLfcLimi. HoWcluliç yap opcù ro Vctp/- 
e<r9*« Ti 'TTctpa yy^/AJiy , ^Aetoyot ctwe^BucLV iny* 
of TOV TO 'TtpcùTov iveL}fTiCd5y]VAi. Et /m om iwoLV' 
'e$ tyimaTLik TcLVTctyOVT , dve/ioi ta qîovIol eoox.e/ti 
poct/peT<r9î3t/ , ouT* ccy ^TTûtpîÏAOoy , *7rep<epyoy y\yoviiîn$ 
01$ ctcp ctuTû^y, CL p^p», 'TCotovci Aîym* ovd- , otocv w 
jJvûtyTioV fxaAAoy yotp iy )îy>î<rct]x>jy Wct oyrct e/jLGtu- 



.» 



? 



128 nPOOlMIA. 

$t ofûù TtvcLç v/jLœv TcLVTct fjiîv yiyvœ(Tx.oyrcLÇ lyLOi , 

Izefouç "Tt^iffcLi. El ^tev otiv o<>ï(r€<rôe (îeTv ]ui>i €5eA6iF 

xcLi rovd-* vwoiJLSiyïiT^ j dvoTv aycLd-oiv â-ATtpov ujlwv 
vwoLf^îr if ycLf '7s'gi(r5)t(rê(r9g , otv ri $ox,SfjLî}f Aeyei» 
(TufJicpgpoy , >i ^îCcLiortpoi ^ wîpi cùv iymicettt , eo'go^e 
^et^'gio-jLtevo/. 'Av yctp, ot^ ri âicLficifTOLni)^ o/o]xe3' 
>î/>667^ i^fc^^j '^<X'VrcL [Xïiiivoç ot^iûc (pavf, jULer' i\ty^ov 
TùL â^âoy/ÀiicL vuv JjxeT^ gcreo-d- wp)îjX€Vot. 






7rpa.TT0|:x€Vû)V iœov clvtcù tov îWcLm'j ygygcrHccr oi;t6 
yoip TouTO) 3cct5coyoi;^ etjiti , /jlcl rovç Btovç , wjxty xe 
ctyctOoy ^ov\oixcti ày yeno'Qcti. 'AAA' opcTrÉ , J" av3|pc$ 

•TrpoeAgdact/ TsrpcLyfjLctrcL (TVfjL(pefoyTcL , }cot< to jttey p«- 
Topo$ épyov jj, TO ^e vouv g^ovio^ oLvBpœwov. ^XfJiiiç 

TOIVUV 0< -TroAAot , 3Ca./ fJiCL\t(T5 01 'SrpîO'CvTàiTOlr 



)inineseul pouvait êtredans Terreur plutôt qu'une 
ultitude. Mais^ puisque j'en vois parmi vous qui 
lasent comme moi ^ et différemment des autres, 
tâcherai , avec leur secours > de persuader ceux 
i ne sont pas de notre avis. Si vous êtes résolus 
le pas écouter, vous ferez mal. Si vous m'écou- 

jusqu'au bout en silence , vous gagnerez lun 
ces deux avantages : ou vous adopterez ce que 
lirai de bon, ou vous serez plus fermes dans le 
itiment que vous aurez déjà suivi. En effet , si 
is trouviez faibles les raisons qui me font croire 
e vous êtes dans Terreur , vous aurez un motif 

plus pour vous en tenir à vos premières réso- 
ions. 



XL V I. 



n 

ïe voudrais , Athéniens , que l'orateur qui vient 

parler méritât autant d'être loué pour la bonté 

son administration, qu'il a brillé auprès de vous 

r la beauté de son éloquence : car je ne suis pas 

il intentionné pour lui , et je désire ce qui vous 

avantageux. Mais prenez garde que ce ne soit 

it autre chose de bien parler et de savoir choisir 

parti vraiment utile. L'un est Touvrage d un 

iteur; et Tautre celui d'un homme sensé. La 

ipart de vous, et surtout les plus âgés, sans 

r. m. 9 




avoir, comme les orateurs habiles, le talent de h 
parole , qui est le fruit de l'exercice , doivent les 
égaler, et même les surpasser pour le bon sens 
que donne et que fortifie une longue expérience. 
Sachez donc que, dans la conjoncture présente, 
lassurance et la hardiesse des paroles , si elles ne 
sont accompagnées de la force et de bons prépara- 
tifs, sont agréables, quand il ne s'agit que d'en- 
tendre, et sont dangereuses, quand il est question 
d'entreprendre. Par exemple, dire brusquement 
qu'il ne faut point permettre les injustices, vous le 
voyez, c'est une belle parole; mais considérez avant 
tout la chose même. Pour soutenir par les effets la 
beauté de cette parole, il faut triompher des enne- 
mis, les armes à la main. S'il est facile de tout dire* 
il n'est pas aussi facile de tout faire; et les parola 
ne demandent pas la même peine et le même travail 
que les actions. Je ne vous crois pas inférieurs aux 
Thébains pour le courage ( je serais insensé de le 
croire), mais bien moins préparés qu'eux. Je dis 
donc qu'il faut commencer par faire de hoos pré- 
paratifs, puisque vous avez négligé, il y a long- 
tems, les batailles en règle. Je ne contredis pas tout 
en général, je ne combats que le plan de l'attaque. 



npooiMiA. i3i 



TctToir rSy yctp iiâi<Tixîmv tovto to wpd/yfjLct* vovv 

yoif ejX'Trsipiûtr, xott to noWoL tcùfcucîvcti , tout é/a- 
! ,îro(ou<r/. M)i To<yuy, a cty^pg^ 'A9>iyat7o«, (potyJjre ctyyoouV- 
té^ 6y T(» t^ûtpoyT/ yîTy , ot/ et/ (hct T^y Aoyav cty- 
dJj/A/ Xfltt Bfct<TVTYtTi$ , eoty /x>i |Lte5 uVctpp^oïKDt^ aire 
îiTfltpcto-x.einî'^ 3cc3t/ fûù[n/^$ y oLKOvacti [ivi ttatv riâîtoLt y 
wpcLTTîtv J^^ twiTciiâviot. Autzxct yof ^ TO /JUVI Iwi" 
TpetreiyToT^ ot^ixouo-iy, opccTe m x.cl\ov to pîii|ui(X* dwo- 
CA.e->}/ctTe d>i ^fcùrov 'TVfoç to epyoy oluto. Ae? xpa.TÏ- 
ncLi fiGL^o/ievov^ Toy ep^9pày , tou^ T)îy tou piwocTo^ 
Tot/Tot; a-efjLioryrrûL tpycù' Xri'^o/iîyovs. EiWîiy fxgy 
yotp, €ù iififiç 'AO)jyût.?o/ , "ttol^tcl -Trecpuxe potAoy wfoi^cLi 
<r otiV ottrfltv/flt* 00 yotp tcro^'Troyo^ Ttcti tJ^pû)^, ^po Te 
Tou Ae'y^'v , xote ^po TotT *7rpa,TTe/y ^Vx/y, Eyo^ J^' 
oJ %É'pov^ Jfxotk lîyo^Atct/ (puce/ ©>iSAtû)y ( Ken 
yctp iy /i.ct/yotfcify) , olAA' cLTGtpcttDceuoTepoi;^. $>j|x< J^ 
^7y Tou -7rûcpot(r}t£uot^ecrOflt( yuy '7rote7Gr9a.t T)ïy ap%>fy , 
€Vet<ÎJi Te^»^ êfceAsrre tow ^/oLyâ^y/^eorGct/. Ou yctp *y- 
T/ Aeya TO Aor ctAA' uWp tou VpoVov t?^ êy%6ip)ï- 
<re»^ êvctyT/ouact*. 



/ 



i32 nPOOiMiA. 

MZ'. 

Te^ iafcLTccLTi* 7rA>iy yctp oJ>c e^a tivo^ eiWa , TctAA* 

cLt>Tâ»y aAnSe?^ etl xarviyoftcLi , %fltp<y ye ît^mun»- 
rm àui ) SI srpo^ u/x<£i oura^ ujLtSv xctT»fyopjOwy , xoi 
jtt>i 'TTpo^ ctAAou^' îWiiàv\ $îy Act(TTpe%j/GtvTe^ TotAifâii , 
Xfltt Tôt fxey 'TrctpAÊoLiyoyTg^, ct^' Jy iy jxeyctAou^ wcu- 
you^ x,ojuLi(7(X<o'9e ^<3catû)$ y Tec j^' oLtriacrcc/teyoi *s[/€v^ 

povç Ax-Gt/oy GtuTou^ , twuâoiv î^iMy^^âaai TeUJT<L 
'TrswoiïixoTt^ j vofii(et}f. El yap prope^ (îg/yoi fwX- 
Aov e<ycc/ ^x-e^v, >j julét itAiî^-eiot^ eVig/jce?^ ctv9p«îr« 
vo/x/^scGûti wpoîiXoyro , ouj^' ctuVo/ xctAox^yA^/ct^ 
(XV, (»V êo/îtsy , â|X(p<(rC)îTocev. "Eart fièy ow VctAfi- 
troy To ^ûtp u/ZTy utrep J]u,5y tpovyrct dna-nfKîicu , 
û^o-îirep poLwoy ro xotH u/x^y êyûo yctp , /jlcl rm Aftf- 
yccv , ou^eyot^ T«y otAAojy did-pod'Tcm otrm oTfiai Ta 
nrpoaonet clvtoIs cLTcovacLi vouâ-grou/JLgyoyg , €eV u/xir$ 
Tct jUL>ï tirpoffoyTût , xaxak cltcovovtîç. O J )ttwV o UKÎg tou- 
tous d-fcLGiCiç eu o'vTcùÇ y\yov^cii -^îtiâio-^di, g/ ^>J (tw»- 



i 



EXORDES. lôù 

X L V 1 1. 

VottS aTez tous entendu , ô Athéniens ! les Tifs 
croches que les députés ont faits à notre ville. 
;epté je ne sais quel article, ils ont chercbé à lui 
luter tout le reste. Si leurs imputations étaient 
iées^ vous devriez leur savoir gré de vous 
ner ainsi devant vous«-mémes et non devant 
itttres. Mais puisque, déguisant la vérité dans 
s discours , ils ont omis des faits qui auraient 
irons n]^riter de grands éloges, et qulb vous 
chargés de reproches calomnieux, qui ne pou- 
nt tomber sur vous , de tels procédés décèlent 

■ 

ïm, sans doute, un mauvais naturel. Oui, s'ils 
ërent ia réputation d'orateurs habiles à celle 
tmnies vertueux et amis de la vérité , il parait 
Is sont peu jaloux de passer pour gens d'hon- 
r. Il est donc aussi difficile de parler pour 
j, qu'il est aisé de parler contre vous; et je suis 
iraincu que personne , lorsqu'on l'avertit de ses 
es , n'écoute plus patiemment les reproches 
I mérite, que vous n'écoutez les reproches inju- 
X que vous ne méritez pas. Au reste , je ne puig 
re que les députés même se portassent à mentir 
autant de hardiesse , s'ils ne vous connais- 



/ 



saient bien, et si ce n'était une chose certaine q "^le 
TOUS êtes de tous les hommes les plus disposés i 
entendre les reproches dont on vous charge. Si vous 
devez être punis de cette facilité, soyez-en quittes 
pour écouter des invectives contre votre ville. Mais, 
s'il convient de prendre la défense de la vérité, 
c'est pour cela que je suis monté à la tribune, me 
flattant , non de pouvoir parler d'une manière qui 
réponde à vos actions , mais de montrer que ces 
actions sont justes , de quelque manière qu'on en 
parle. Mon désir serait que vous nous écoutassiez 
sans prévention, pour vos propres intérêts, et que 
vous ne prissiez point parti pour les députés , parce 
que leurs discours ont obtenu vosapplaudissemens. 

4 

Ne craignez pas qu'on vous fasse un crime d avoir 
été trompés par l'éloquence d'un orateur; on n'aïua 
de reproches à faire qu'à ceux qui ont mis toute 
leur étude à vous séduire. 



XLVIII. 

Vous en conviendrez tous avec moi , ô Athé- 
niens ! vous voulez qu'on fasse ce que vous regardez 
comme le plus utile pour la république; mais vous 
n'êtes pas tous d'accord sur ce qui est lé plus utile. 
Autrement, verrait-on parmi vous les uns deman- 
der que nous prenions la parole, et les autres nous 



npooiMM. i35 

^iiacLi TcLVTcLy KCit ?r'po(î>îAov >iy OT/ dèvjoTcLTOi zrctv- 

Tm VllUS €<7T€ CtX,OUglV , T/ CtV T/J X,Gt5' u[xSy hîyif. 

Aoyoti^ ou 'TTpocDîx.ovrot^ jcaroc T>i^ îiroA€«^ ctTLOVuif 
TOUT CtV €i>î e< J^ vsTîp Twv otAif^ay 5 ei rx diitxtoiy p)»- 
T€ov, ewi Tovr tyco srapî^nAv^cL , Tarianvcùi ovx. 
cLvros cL^icùç rSi vfju^ Tret^'pGtyfcevû)? UTsriiv A;v)î- 
aîa\icLiyCLA\cL tcl 'TCpctyikctzcLj ottcùs eu Tiç ît^nf^ à^ 
7ULIA <potve7o'9oc<. BouAocfOfy J^' ày JjxoT^^ cù(Lv$ft$ *A6>r 
fccToi , lo-ou^ ctx.pofltTGt$ uVep Jjx^y glvtcùv yîHcr^Ai , 
xAi (X)f T© '7rpo<7>îp^0Gtc T0U5 \oyovç iwctmacLi tovç 
TOUT»! (fiAoyeocety. Ou yap oty u/xerepcty Kooceocv ou- 
(îfec^ gri xp/yct< , et Xtyonoç t/yo^ eu 'TTocpex.pouo-^ifre , 
ccAAflt Tûjy eî«rt toutou o-t^'oudyiv îr^4>j(7ct/tev«y , 0Tr«^ 
u/i.« î^cf^ctTïiaaaty^ 



MH*. 



et /èt\Ti<rrx îTucLczoç iyîircn tw 'ttoAc/ , jSouAgdSûtt 
TfltuTct ^pûtp^âiTvot,!. 2u^tÊctiV€i dfe ye iaïi xatcl tùlvto 
x,e)tpt<70ût« natpa w£(n to jSeAT/orToV ou yctp clv v/jlSv 
qÎ ith \lyiiv , ot ^g iit>i \îyuf exeAeuov. Ilpo^ fxgy 



r 



i36 nrooiMiA. 

ro/yuv rov$ v7srii\rt(porct$ tautol <rvfJL(pipn^ ou- 
dîm Su \oyov rS jxeAAovti AgyetV -anwuaiiîm 
ydp vTtrcLû'Vova'i* ^ooç à^ rov$ rcùcLmct avii(pîfu^ 
liyovfiîyov^ ^fa')(î<t dsruy ^ouAo/Jicct. M>i BîXwttt 
fji)iv ouy cUoviti ovK hi ^nrov iicLd-iTu y ovin ixaK- 
Aov i (TiCù'TcSat 5 i^nàvjo^ AeyovTOS* cLKOva-oLtn dî , A^o«f 
dyctâoîv 0V7C hi â-otrepou Aa|xoLpT6?v. ' H yap , ^^r^- 
(T^gyTs^ îsrûtvre^ jcoti tclvtcl lymTLoxî^ , }coiyoTipoT 
iSoi/Aei^o-eo-Oé, ou jxer^oy s/^ tcl wcLfoira ùvâ^v eu yt^ 
loiTo iycL^or >j , jx» (Juy>i5gyT05 Tou Aeyovro^ Aeîct^ût*, 
jSsCûttoTgpov ToîV iymafityoïç TttaTtvcrîTe* 'Kcsfis ii 
Tourav, ouog 3CfitA>iv i;t&'o%ptoty ep^si )ïxe<v /x.ei ee^ rua 
î7C}c\y\cncLv y cùç îtctcùv friByicoiximi rè ^pouriaTOi /Aé- 
(r9a/ (îlaoy (payjvct/ (Je , zrp<y ex, rœv Xoym âùTcificurcu^ 

WcLf VfJLDf CLVTOIÇ Tt WîWîKTfJLîyOVÇ ^y^CLl T0»5' OVTCùi 

à 

t (r^vfo)/ y œart fiyiS^' ê^eAe/y TsrcLpct xoajt ctx^oue/y. 



Me'. 



(îb)c», tsroAAax./^ Agyojy îsrgpz r^y auVoy cte/' olAA', 
eocv op55'^ (Txo'TDïrg , ou3c gyo) (petvmofJicLi toutou â- 
3«t/05 ûîy gp^€(v T>îy cLtrixij aAA' 0/ )M,>f wti^o/jLtrA 



EXORBES. 107 

fermer la bouche ? L'orateur n a pas besoin de dis»- 
Courîr pour ceux qui "pensent comme lui sur ce 
^d11 regarde comme le bien de Fétat , puisqu'ils 
Sont déjà persuadés. Je vais dire un mot pour ceux 
dont les sentimens, sur cet article, sont différens 
Jes miens. S'ils refusent d'écouter, ils n'est pas plus 
possible de les instruire que s'ils gardent le silence, 
3t que personne ne parle. En écoutant vous ne pou- 
vez manquer l'un de ces deux avantages; ou vous 
>erez persuadés tous , et , pensant de même , vous 
lélibérerez avec plus de concert, ce qui est essentiel 
lans la circonstance présente; ou, si l'orateur ne 
peut vous amener à son sentiment , vous n'en serez 
que plus fermes dans vos résolutions. De plus , ce 
a'est pas donner de vous une idée avantageuse, 
que de venir dans l'assemblée comme pour choisir 
ce qu'il y a de mieux dans ce qu'on vous dira , 
quand vous avez pris votre parti , avant que d'avoir 
examiné les discours, et que vous l'avez pris si 
absolument, que vous ne vouliez rien écouter autre 
chose. 

XL I X. 

Vous me trouverez [7] peut-être importun, ô 
athéniens, de revenir sans cesse sur les mêmes, 
objets. Mais, si vous y faites attention, vous verrez 
jue c'est moins à nous qu'on doit s'en prendre , 
ju'à ceux qui refusent d'obéir à vos ordonnances. 



I 



]38 EXORDES. 

S'ils eussent exécuté d abord ce que vous aviez 
arrétéyiln aurait pas fallu parler une seconde fois: 
^'ils l'eussent exécuté la seconde^ fois, il ne faudrait 
point parler de nouveau. Plus vous avez décidé, â 
fréquentes reprises, ce qui était convenable, moins 
ils me paraissent disposés à s'y conformer. Pour 
moi , certes , j'avais ignoré jusqu'ici ce que voulait 
dire ce mot , les honnev/rs font connatPre Us 
hommes; il me semble qu'à présent je pourrais ins- 
truire les autres. Quelques-uns des hommes en 
place , pour ne pas dire tous , ne font nul cas de 
vos décrets, et ne s'embarrassent que de recevoir 
de l'argent. Si je pouvais leur en donner , on me 
blâmerait avec raison de vous fatiguer de mes dis« 
cours , plutôt que de leur fournir une somme lé- 
gère. Mais je ne le puis, et ils le savent eux-mêmes. 
S'ils croient que j'ajouterai de l'argent à celui des 
charges publiques que j'ai à remplir , ils se trom- 
pent. C'est-là peut-être ce qu'ils veulent, et à quoi 
ils ^attendent; mais je me garderai bien de le faire. 
S'ils s'acquittent envers l'état de ce qu'ils lui doi- 
vent , j'irai en avant , et ferai ce qui convient; si- 
non, je vous dénoncerai les coupables. 



L. 



îVul homme sensé ne disconviendra , je crois» 



nPOOlMiA. lO) 

iwoiyiactv et v/jutiç Tipaaira^cur^ , oucÎBy ctv to Jeu- 
T€poy >f/xcè!? e^i Mytn , oJj^*, e/ to ^«uTepov , cc.u5/^. 
Nûv J^' oo-û) 7rAeoyot>t/5 ta *7rpo(r)ix.oy5 ufi.7y utxeT^ 
6%(/)9(peaa(r9c , to<tovzûù [loi âoTcovan irrrov €x.e7vo/ 
'TtcLpeax.ivcta'^eLi Tioiuv. npoTepoy fxev otiv tycàyt , /ta. 

TOV^ âeoU^ , OUX. W^g/V TtpO^ T/ îirOT' et)| TOÎTt 6l*p)h 

/ctevov , cLf')(yi otvJjpcc (îe/x,vuo-r vîTy âe , xqLy otAAoy ^to/ 
doTUù âiâoL^cLi. Ol ycLp ip^onîç y n t/vs^ ctJT5y,îya. 
(UL)f TavTct^ Aeyûï , T«y fiîv . v/xîTîpcùv '>\/yi(pia'iJL(tTm 
otAA* ov^^ To fjLix^poretxoif ÇpoyT<^ou(r/y ottc»^ ^e A>i- 
•vJ/ovTcti. El jxev ouy 6y>îy âovvetij âiyccLiaç àv clJto toCto 



vfiTf ^povimr yîv $e ovtc tvi , xaBctwsf ovùt toutow^ 
AeA)f5ey. E/ <î^ uVgp m v/uv Ae/Towpyc?y (îeT, 'Trpoir^)»- 
o-6/y OLVTOiç oiovrcti fxe, \yipov(n. Keti tclvtcl lacùç 
IZovXo'jlctij d 39 'Ttfoa-ùoTcSa'rJ* lyoù § ov 'TCoiwtù tclvtcl. 
ctW €av |xgy àoù(n , jcctô-eA^a T>iy yctuy , -kcli • Ta 

OJ'îeva, àv ey (ppovouvTa (Vjth'zs'uv , c» avcîpg^ A9>f 



^ 

< 



i4o nPOOiMiA. 

vctîb<, vo/Jii^cû , dç ov^ ciarûLVTai'Afia":oif tan TÎjf 'tto- 

re/v e/ ae |UL>t, wctfnvxi îvQ'Vç Tous tveur icù^ofiîf ouç, 
Ae« fJLîyroi rovrcù 7rpo<r£/voti, x^ctt 3-6AoyT« ot9cot;£ff 
ijfiSiç , )tct/ (îi^cto^etrôotf oJogy yctp TiAeoy €<yflti to! 
«povyrct rot &t\Tiax(t , ûty fJLn tou^ otxotKFOjLtevau^ 
ep^w. Ou /jLi/\i ovâî 6X€tyo otAi»<rireA6^ fXgTct TdLvr «tv 
(poe.y6e)f , ocr cty r<^ u^cici^ d oicl xdipov , )f di »f0 

TilXîfCtÇ ^ 71 ai CLWm^t TCyoL CLIXICLV TXetpitTtfOVŒyfTdU y 

Tfltu5 oTfity 7roT6 ASouAucrHe, u/x«y cturay oyT€^ , «*oo- 
e/y, eryoL/ tov i^îTcLaorrct '7rcL\ir îyot, €cc.v ftey, «V 
(pcLan 0/ Tore *7re/<rotvTe5 , (pûtwj , iifoSvfioTîpoy "TCfûLr- 
ry^Tij cù$ gAsyp^ov âcâcûy.QZ<f ecù J^' ctpct /Jtyi ToietvrA 
cJpe^*^ , TTpty 'Topp«T6pa ^rpoeA-S-eTy , eVi(rp^)jT6, Kcw 
yctp cty (Je/yoy eoj, e/ to?^ toC jtpctTto-Tou âict/JLctfTovai 
To p^e/picTToy àcKLy-M 'Ttpctrrîiv el'ui , Jtcti fx>» , ro ^ 
repoy eV Toy Xoi^tcSh^ g^H/>j )Lt€ToL€ouAeu<rcL<rSct<. Tou^ 
^tey oùy ocAAou^ i^otvTct^ eyâ^ye opa T)»v oteeAoytctv 

Tii'WfcL'y^ctt' ovTOi J^' ûcù TouvûtvTtoy eyxctAoucr/v , £i 
Tirept ^y )î^apT6Te, yuvctyût^eaGac/ jSouAeo-Ge, Twcctrot- 
r>iy 3cup/û)Tgpa.v OK/^€Vo< ^éTy tivcti ry\ç (itra. tov ^pn- 



EXORBES. 1 4 1 

que le mieux , pour la république ^est surtout qu elle 
De décide rien d'abord de nuisible ; sinon , qu elle 
trouve des ministres qui sxipposent sur-le-champ 
àdesdécisions qui pourraient liii porter préjudice, 
n faut encore ajouter, Athéniens, que vous vou- 
liez entendre et vous laisser instruire : car ^ en vain 
un orateur dira les meillenres choses, si on ne 
Técoute pas. Il n'est point non plus inutile^ lorsque 
quelqu'un vous aura trompés, en profitant de l'oc- 
casion et d'un moment favorable, ou par un autre 
moyen; il n'est pas, dis-je, inutile, supposé que, 
rendus enfin à vous-mêmes, vous vouliez écouter , 
que quelqu'un examine les choses de nouveau, 
afin que, si elles vous paraissent telles que vous 
le disent ceux qui vous ont d'abord persuadés, 
vous agissiez avec plus d'ardeur, comme étant 
sûrs de votre fait; et que , si vous les trouvez diffé- 
rentes de ce qu'on vous a dit, vous vous arrêtiez, 
avant que d'aller plus avant. Il serait, en effet, fort 
étrange , quand on a manqué d'abord le meilleur 
parti , qu'on fut obligé de prendre le plus mau- 
vais , sans qu'on pût changer après cela , et se dé- 
cider mieux ensuite. Ceux qui se flattent d'avoir 
tenu une conduite irréprochable , se donnent 
ordinairement pour être disposés â en rendre 
compte : certains ministres, au contraire , vous 
blâment de vouloir différer , quand on vous a fait 
tomber dans l'erreur, comme si la surprise devait 



l/|2 EXORDES.. 

remporter sûr un examen réfléchi. La plupart de 
vous, peut-être, n ignorent pas quelles sont leur» 
vues : mais écartons ces idées , et , puisque nous 
avons la liberté de parler , disons , sur les af- 
faires , ce que nous estimons de plus utile. 



LI. 



Je souhaite , Athéniens , que tous les orateurs 
vous proposent les partis les plus avantageux à 
toute la ville , et que vous ayez la sagesse de les 
adopter. Quant à moi , je vais vous dire ce que je 
me suis persuadé être le plus expédient pour vous. 
Je vous demanderai seulement de ne pas regarder 
ceux qui vous exhortent à vous mettre en campa- 
gne comme des gens braves » ou ceux qui s*effbrceot 
de vous en détourner comme des lâches. L'action 
et la parole ne doivent pas se montrer à la fois : il 
s'agit actuellement de délibérer avec prudence; 
vous pourrez ensuite , si vous le jugez nécessaire^ 
vous signaler par des actions de bravoure. Votre 
ardeur est digne d'éloges, et telle que peut la sou- 
haiter quiconque désire le bien de l'état; mais, plus 
cette ardeur est grande , plus on doit faire en sorte 
que vous l'employiez à propos , puisqu'aucune 
action n'est louable, si elle n'a une fin utile et 



npooiMiA. 143 

yov jSûLcrctvou. T>îy juiev ovf rovrœy (TTSTovànv oJj^ vuœi 

Tay, îwtiâviwîp ytyon \oyov rup^eTv, ce t/^ y^yurcii 



xpAZiCTTcLy A^ye/y, 



na'. 



O, tj juigy /xgAA6t cwoicuv '7tcL(n\ tw îsroAei, towto 
xflW A€y£iy îv^o/jloli 7sra.vTct$ , <» ccv^pe^ A9>tyctTo/ , 59 
ufxce^ €A6(rHûe.r gyo? J^ ouy , et îSTg-arg/xo;^ g/^cxurcy 
Tuyj^avû^ jLtccAiCTTix <rvu(pifnif J^ry, Tctî^r ep^, (îg>i- 
d-e/^ UjLi^y Tocoirroy, fXTiTe toi>$ î^iîvcli x.î\îvoyTcL$ 
v/iZ^ Act Towro vo/t<Qg/y clvâfîiov$ , ^tiiTg tou^ civt/- 
Agygey î7sn')(^îipovvrxs âia. rovro tlcltlovç. Ov yctp 
ctuTo^ gAg7;)^o^ , d cLvSpiç A9>tV(xTot, r^y rg Aoyav 
)cct< Tay '7rpot7/^GiTû)y g<rTtV aAAx(îgryi»y gy jSg^ou- 
\iviJLtyov$ vfjLCiç (pamoLi* Tort ^g, iy ûcpût tclv-zcl 

ÙoXlf y Tût TÎÎ^ CLySptlCLÇ CLWO$îl^CL(T^<tl. 'H />tgy OLÎy Ja£- 
TgpcC 'TtpO^VfUcL TlCUTOÇ Ot-Çtût., Xûtr TO/ûtUTJt 'TTûtpgO-T/y , 
OiXf €tV TIÇ îV^CilTO ÎVVOVÇ m TW TCoXîC VWV <r 0(TCù 

rvy')^eLni a"srovâcLiortfcL^ tog-ovtcù $11 [xclWov Trpot- 
^6ty , OTTCûÇ îU ^goy xa.Tctp^pîio'go'Gg ai;T>r, O^eîgyo^ yctp 

eUOOX,/]Ulg/ TTfOLy/JLGLTOÇ 7] "TtpQOLiptCTlÇf <Vi [IVITCCLl TÛ TgAo^ 



i44 nPo.oiMiA. 

^}coyyTo5 ÉiVflti , ouT cLWîifov îjroAgfiou, I(pt)cpATOo$ 

(TXfcLTYiyoi y oTcaç fin tcl )t tcl ytn(TtTcLi , ctAA 
o-Troj^ TOC' ovTCù-ycLf îiwt rai fïifjLarr )îy <îfe touto 
ywpi/JioVy or/, o-tt^^ xxl\cùç ctymitTucu^ gAeyei. 
Eîire/dflLy jitey Totywv eçéA-S-wre , 05 ccy niynir/ti jtu- 
p<o^ J/x^y eerrr yuy J^' iTutaroç viim clvtS (nTpn." 
ryryîi. AîTâifira» ToiAvra (pcmîvaLt jSsÊouAéwjxeyow, 
a/ «y *KœiT(LyjA^ (rwoiau rif Ttohei^ xoli [xti ^eAAou- 



izoïna-^Te. 



NB. 



Ou^6y ûty û)o]JL)iy,û) ctWpe^ 'aOuvciToi, "Tncmvond 
rois 'TtewfcLyfJLîvoiç , lyTLctMacti roiç xcc5t<rrct(«F 
e<$ Aoyoy TccuTûf o<r« yctp ay -TrAÉOVctjci^ i^irAi^Tf 
ri$ cLvrcL' cLvccyTcm xov$ rovzm ctlnovç evànxiiuiu 
Ou |u.>iy ocAAûL ]jlo< (îoxoucr/y ocuto< (pctyepoy x,Gt9i(rTctyfiU) 
ou)t gVi Ta T^ TToKii av[i(ptpùyri 'Trpct^av'Je^. O/ yoûif 
€^€Agyp^e<r9flti fitWovreç , ày 7raA/y e/^ Aoyoy éX- 



£XORD£S. 1 45 

hoaûéte. Je me rappelle d'avoir entendu dire chez 
TOUS à un homme qui ne manquait ni de sagesse 
ni d'expérience dans la guerre, )e veux dire Iphi- 
orate , qu'un général devait combattre^ non pour 
exécuter telle ou telle chose , mais telle chose : c'é- 
taient là ses propres termes. Ces paroles annoncent 
assez qu'il* avait pour but ^ dans ses entreprises^ de 
sortir toujours victorieux. Lorsque vous vous serez 
mis e» campagne , celui qui vous commandera sera 
maître de vos démarches ; au lieu qu'ici chacun 
de vouft ert son général â luinméme. Vous de\ez 
donc, dans votre délibération, prendre le parti 
que demande à tous égards l'intérêt de la répu- 
blique , sans ruiner votre félicité présente sur des 
espérances éloignées et incertaines dont on vous 
flatte. 



XIII. 



Je ne croyais pas. Athéniens, que, quand on 
s'applaudissait de ses actions, on dût se plaindre 
de ceux qui obligent d'en rendre compte ; car il 
semble que plus ces actions seront examinées , plus 
elles doivent procurer de gloire à leurs auteurs. 
Mais, sans doute, les hommes dont je parle se 
condamnent eux-mémes^ot annoncent qu'ils n ont 
pas agi pour l'intérêt de la république. Comme ils 
craignent que leur conduite ne soit dévoilée , ils 
évitent d'en rendre compte de nouveau , et se 

T. III. 10 



l46 ElORDES. 

plaignent de nous. Toutefois, je le leur demande, 
s'ils se plaignent de ceux qui veulent soumettre à 
l'examen leur administration, que ne direz-vous 
pas d'eux, vous qu'ils ont trompés? Au reste, 
Athéniens, vous devez être aussi irrités contre 
celui qui cherche à vous séduire, que contre celui 
qui en est venu à bout. Ils ont fait tout ce qu'ils 
ont pu pour vous surprendre ; et , s'ils n'ont pas 
réussi , il faut l'attribuer a votre bonheur, et à ce 
que vous avez aujourd'hui plus de sagesse , que 
quand on a abusé de votre crédulité. Cependant, 
je crois que ce n'est pas ici le tems de punir les 
coupables, et que,pour le moment, vous devez vous 
contenter de vous garantir de la surprise , tant on 
emploie contre vous d'artifices, d'impostures, en 
un mot de flatteries ! Comme donc je ne vois pas 
qu'il soit maintenant à propos d'attaquer les pré- 
varications de certains ministres, je vais vous dire 

sur laffaire pour laquelle j'ai pris la parole, ce que 
j'estime le plus utile. 



LUI. 



Athéniens , le ton d'invective et l'esprit de dé- 
sordre, qui , de tout te As , ont nui à cette ville , 
viennent encore à présent des mêmes hommes dont 
ils sont toujours venus. C'est moins eux toutefois 



npôoiMiA. 147 

Zaai , ^îvyovai , XsOit àîi}f<t Ttoiui rifiaç (pctai. KolItoi 
OTttv Tov$ î^e\îy')(îiif ^ouAo/Jievou^ 5fe/ya 'Ttoitu a/r/a- 

KcLVTcL Mycù/jLî^'^Hi iiîi 0U9 àix.(tm^S iiSfîç *A9)jyct7o/, 
m$ tcnjy eA^sTv 'Trctp J^uav opy>iy Tot^ eV/p^e/potTcr^y , 

Tov dt /JLïi reAo^ TctuTot gp^gey n Tup^>t, x<tt to jBeA- 
nov yvif vfietç (pponiy » or î^yi')(pyiTt vwo Tour6)y, ye- 
yovev ot/T/ct. Ou /A)iy ocaa îyœy ovrœ Tioppa vofJnQoù 
x>iv -TroAiV £tyct< toC ^ix<>iy Tiûtpa roif aAxouyr^y AotjJi- 
^cLvtiy , â?V ctycttcDirov eryct/ itto< (îo)t2ty , ctv , oTia^ fx)i 
•7reto*€(rôe xdTtSç , ^uynereirGg <puAocrT€(r9fltf too-clv- 
TcLi Ttyjoii , x.at yo)îT€tct/ , hucli o\œ$ vamptaLctt 
TiV€$ s/crty ecp* Jfictk 9cctTecrx.€ua.<rjLe,eyoti. Tîf^ juigy otiv 
TouT^y xAXictg ou>t ay €y to TTctpoyTi ti$ «y ^oyr/ 
/ucL\iaTeL 7tcLrr\yopyi(Tîit* ^ovXoiJLdLi ^ vwip m olu- 

Nr'. 
'H [lèv oiTy ttcoâv7cL ^cl^tol Toy %poyoy ^XdWTîrj , 
<^ oLvâpts *A^YïicLiQi , T)?y ^oA/y Aoi^op/ot )cfltt f «-pct^)! , 
>cûte ywyt yeyovs îsrctpct rav cLvrm , o^yTisp otet' cc^^oy 



148 nPoaiMiA. 

y GUY ourcù TouTOi5 harixifi!i<TcLi ( ktcù^ y<tp opy? 

TUCLl (fi\QHl7CtCf, TdVrCL Tp^TTOUffl , TLCLi , TO fAeyiOTTOf 

ct'TrocWûïVj'oTt (ru/x(pep€i TûtuTct 750ie?v ctuToi^ y dM 
J/x7y , e/ TTfpî xoiyay, û^ ctV^pe^ 'AÛifiwiOi , 7ipayjiA«TO» 

àxfoco/iîiOi x,<*5)ï<T9e , xou ou A>vcta-6e -TTpo^ vfi.« an- 
Tou^ \oyiacL<r^Ai tou3* , ot* et,/ rSy pJîTopaw «ttycw- 
T«y ctvéu XépiatQ$ -TTpo^ clAAjîAoo^ Aoi^opioti: , m flW 
ciWyi\ou$ i^îhiy^cùtni , J^tcck rct^ eu3tiyoe.^ I^Jbvai 
'Ttoiovau riAity yotp oAtyû^y /<7â)5 » int /in 'TTWfr^^ 
îi'Ttcùy ovâiiç cLvrZi ôfitrepo^ d-aTtpcà Aoi^bperroti , iva 
jSeATioy ti Tov v/iîTtpm yiynT<tC TCoWorj yi x*i 
âfeT'ctAA* /yct, cl Toy ^e?voc (pct<n Tro^ouyTot, cty J^€ïf dfetvo- 
TflCT cty5pa>'7rû)y Tro/gTv , Totur* ctJro^ /tgrtt ttXsIojoç 
wv^icLÇ itawfcLTTyizcLi. 'On J^' outû) tolut ej^ei, 
/Ji>ï e/to« Tr/o-TewoTrre , oAA' ey i8pot;)^et AoyiWc^e* 
e<7T<y oîjrou t<^ ctvctcTTa^ eitre ^otp* ujuiTy Ti^^trore; 
BouAo)tigyo^ T/ Act6e7y rSy J^erepo^y, -Trpog A)iAu9ct , 
«^ cty^pe^'A9>iyotro<,ou;^uWp J^t^y ov$ù$ ânwov y cbO< 
vwîp v/jLûùify Xf A Jjtwk , >9 r<tvrcL$ rctç 'TrpotpùiffM 
htyovai. $«p£ ^, (Tjcg^o^o-O^ t/ (^J-ttots , S ùLvdp^ç *Afl)i- 



KXORDES. 1 49 

qu^on doit blâmer , que vous - mêmes. Ils agissent 
peut-être par passion , par esprit de parti , et sur- 
tout polir leur propre intérêt : vous qui vous assem- 
btefc pour des affaires publiques et importantes y 
vous vous amusez à écouter des invectives person- 
nelles, et sans faire réflexion que , dans les décla- 
mations injurieuses que les orateurs se permettent , 
ils n'ont pour but que de vous porter préjudice , et 
non de se convaincre les uns les autres. Oui , je le 
prétends , ce n*est point dans la vue de rétablir vos 
affaires que tous les orateurs, â l'exception peut- 
être de quelques-uns , je pourrais même n'en pas 
excepter, ce n'est points dis- je, pour ce motif 
qu'ils se déchaînent contre leurs rivaux^ il s'en faut 
beaucoup \ mais c'est afin que les délits les plus 
graves qu'ils leur imputent , ils les commettent 
eux-mêmes avec plus de sûreté. Pour vous désa- 
buser sur leur compte, n'en croyez pas mes pa- 
roles , faites ce raisonnement simple : en est-il 
quelqu'un qui, montant à la tribune , vous ait ja- 
mais dit ? je me présente , Athéniens , avec l'in- 
tention de m'enrichir de vos^ revenus ; ce n'est pas 
pour vous que je parle. Aucun ne l'a jamais dit ; 
ils disent tous qu'ils parlent pour vous, et à cause 
de vous ; et ils se parent des plus nobles motifs. 
Mais examinez , je vous prie , d'où vient que le 
peuple , pour qui parlent tous les orateurs , ne voit 



l5o KX0RDE8. 

pas ses affaires aller mieux qu'auparavant, et doi 
vient que les orateurs qui ne parlent que pour le 
peuple , qui n ont jamais parlé pour eux-mêmes , 
ont passé de Tindigence à la richesse : c'est , sans 
doute, qu'ils disent vous aimer, et qu'ils n'aiment 
qu'eux. Ils vous procurent le plaisir frivole de rire, 
d'applaudir , d'espérer quelquefois ; mais ils ne 
voudraient pas que la république obtint quelque 
avantage solide, parce que, du jour où vous sor- 
tiriez de cette langueur qui vous accable , vous ne 
pourriez même supporter leur vue. Ils traitent le 
peuple comme un malade, et l'amusent par de lé- 
gères distributions d'argent et de vin ; distribu- 
tions qu'on peut comparer à ces alimens faibles 
que les médecins permettent dans la maladie, 
moins pour rendre les forces , que pour soutenir 
la vie. Ces distributions , en effet , sans fournir à 
tous vos besoins, ne sont qu'un appât qui vous at- 
tire , et qui vous détourne des objets essentiels. 



LIV. 



Il est bon, Athéniens, il est juste et honnête 
que , conformément à votre usage, nous prenions 
soin que les dieux soient honorés suivant les rits 
convenables. Cette attention de notre part vous a 
été avantageuse. Nous avons sacrifié à Jupiter Sau- 
veur, à Minerve, à la Victoire; et les sacrifices ont 
été heureux pour vous , et d'un bon augure. Nous 



nPOOIMiA. iSl 

utrep vficû)^^ vTsnp avTCùy <r ouae/^ ouoigy Ttû^oroT e/- 
pypcas, e>t nrcù')(Si 7iAoJ<r/o/ yeyoyct<7iy ot/ (fcco** juièv , 

ctAA' <LVTov$. Kctt yeAcxcTflC* , xct/ 5of u^îo-ct/ , )tctt 
croT ^\wi(TcLi fzîriâcûiLcLif vfjur Aa.€g?v (îg 5 Ji )tT)i(rct- 
<r9ût/ r>i 'TToAg/ Tcvptcûç Guyctâoy qv^îv cty jSooAo/yro' 
» yctp ctv JijuigpoL T)i^ A/ay ctppû)(rTt« ex/srcLWctyyirt y 
zcLvnf TovTov^ ovS^* opœyrtç ctvg^go-Gg. Nui âî ^pct%M^> 
39 p^oc*, 39 Tetlctpc/y oÊoAoT^, cùa"srîf ctcrOgvouyTct, Toy 
^/xoy Afltyoucr/y, o'aotoTocTct , a cty^pgç AGnyouo/, to?^ 
^oipcL rSv tcLTpûûi (TiTioiç âiâo^Tîç tî/x?v. Kot/ yap g3cg?yct 
oîiT lo^uy fc'yT/â->î(r/y, otîrg flLTiroS-v>i(rxgty goL* 39 rocuTct 
ouT ccsroyvoylcLç clWo ti [LtiCpi Hfcuxltiv îct , ovxt 
ctJrct l^cLpitîu ^yotrctt. 



NA. 



0^<àS XOL 'TtfOÇ T0U5 d-tOVÇ VJ(TîS<>GdÇ gÇg/. ^bH jUgy OVi 

IzjixTcLuvi TCù AiïrcùXcùTyipii xcti nj» A9)iy«t, }CGt< th 
N/x>j' x,cti yeyova x^Aa jcct/ <Tû>T)tp*a rauâ u^tiy ta 



l5a nFOOlMIA. 

Bwv , XM rS 'A^oAAavr xoti txdWitfOVfiti xat 
TctuTcu^Hv J^' JjxTv >ccti Tct rois iWoiç Btoiç TuOeila 



NE. 



câjcppovflt 59 ^p)î<rioy , npctrluv tol xoivot % otjpp^eiy , ou 
cwctni rSi TouTo j8ot^Aoftgyû)y TotetV îrctyTct yctp 
TctAAct ewTvp^îf T)iy 'TToAiy xp^yay, èy oJ^etroT* £utv- 
^y[(TcLi xov'zoifo/jnui0yini\îi7:tiy a.JT)»yTou^Tfltxo/yct)utp" 
'7rov<r9oLt ^ouAojxeyou^' otAA opot/xct touto Itzqiuto cKh 
/xo^ ocuToîT jcctAoy, af cty(3jp€^ 'A6>îVct7o/, 39 Avo-ZJ^Aé^ tmt^o- 
Ae/. O/ Te yctp (xuvgp^eT^ oî^e Trotpct^Éuyyu/xgyo/ o-^to'iï 
e^ lâicùv a-'Ttovâcum koli âiKctim ay^p^y euAût(o€<rrepou^ 

app^ovre^ , imh 'srcLiv J^' oéotr eyop^Ag7y >t<t/ 'TtcLptLy" 
yeAAety , oujc aîy>iAGfyvov']o toy ti/mcov. Ntîy ^e Totyra- 
îsrot.<7< Toy cturoy rpotr^jv, ^ oty(î]pg^ 'A8)»youot, ôytrip 

T0U5 /gpe?^, ot>Tâ) }CCt5<(rTûtT£ 3CCt< rovç ctf^OVTM 



ZXOUDES. 13v> 

aTons sacrifié â fe PerBaasion , i k Mère tles dieux » 
au g^rand Apodloo ; et ces sacrifices ont aussi été 
favorables. Ceux que nous atons faits aui autres 
divinités , n'oat pas été pour vous moins heureux, 
d'ua avgure moins boft et moins sûr. Disposez- 
vous donc arecevoir des dieux les biens qu'ils tous 
réserrent. 



LV- 



Il fut chez vous , Athéniens , à ce qu il semble , 
il fut un tems où le peuple forçait un citoyen, qu il 
reconnaissait pour un homme sage et vertueux , 
de gérer les affaires publiques , et d'occuper les 
places : non qu'il manquât de gens qui ambition- 
naient les honneurs ; car , si la république a été 
heureuse dans tout le reste ^ il est un bonheur , 
je crois , dont elle a toujours été privée , c'est qu'on 
voulût la gouverner, sans aucune vue d'intérêt: 
mais c*était une politique du peuple^ aussi noble 
qu'utile à l'état. D'un côté, les citoyens avides et 
intéressés^ ayant pour collègues des hommes justes 
et intègres ^ se montraient plus retenus ; de l'autre , 
les citoyens vertueux qui gouvernent avec inté- 
grité, n'étaient pas exclus des honneurs , quoiqu'ils 
ne se permissent pas de les solliciter et d'impor- 
tuner le peuple. Au lieu qu'aujourd'hui vous nom- 
mez vos magistrats et vos chefs avec aussi peu d'at- 
tention que vos prêtres. Ensuite, vous êtes étonnés ^ 



1 54 EXORDES. 

que celui-ci soit opulent , que celui - là pille sans 
cesse vos revenus, tandis que vous autres vous en- 
viez et vantez leur fortune brillante. Vous êtes ad- 
mirables pour vous laisser enlever tout ce qui vous 
appartient , pour porter des lois ^ afin qu'on ne 
soit pas deux fois magistrat de police 5 eJt sur d'au- 
tres objets pareils , tandis que vouslaissez les mêmes 
hommes commander éternellement les armées. 
Vous auriez peut-être une raison de laisser dans 
les places ceux qui s'occupent des affaires ; mais y 
souffrir des gens qui ne fout rien, et qui n'ont dé- 
siré les places que pour se procurer les exemptionSf 
c'est le comble de la folie. Ne faudrait-il pas aussi 
choisir vos magistrats et vos chefs parmi tout le 
peuple qui est si nombreux? Si vous les choisissez, 
pour ainsi dire, la balance à la main, quiconque, 
à l'avenir, aura le plus de mérite, l'emportera sur 
les autres. 



LVI. 



Monter à la tribune , parce qu'on s'est persuadé 
qu'on a quelque chose d'utile à dire , cela me pa- 
raît honnête et convenable : mais vous forcer d'en- 
tendre malgré vous , c'est, selon moi, un procédé 
indécent. Je pense que, si vous voulez m'écouter, 
vous serez plus en état de choisir le meilleur parti, 
et que vous abrégerez le^ discours de ceux qui vous 
parlent. Que vous conseillé - je donc? première- 



npooiMiA. i55 

(in ^cvH^cùç 'TToWcL hcLiJLCcLVCùy j ol S^ clWoi 'Tre- 
iiVjrg TcL rovrm cLycLâd ^i/i\ovvTi$. Auvorctroi yctp 
TT ct(peA€.T9ût/ fiîv oacL v/ui DTstaj^yti , xêtc voiiov$ 

repl TOVTCùV d-î^ûLt , GLV T/$ CKT'ZVVOlJL'iUaif mÇ j 71 Tût 

■oifltC'Tflt, (rrpflLDjygrv J^' cte; Tot;$ ocvtou^ eoTy xdi To 
tev Tovç îxsri rav '7rpctç£û)y oy/«, /(tûï^ ep^€/ -Trpocpctcx/y 
ae Tou^ (tXXovÇy ot 'Ttoiovat fiîvovoî^f^ p^apcty ae 
:,TeA6<rToy gp^oucrty , ocwTot T€T€A6(r/t6yo/ , [icàfKt. 

cyeiv 5^p)î. Ay yctp cùawip et ^wyoy i(rT>fTe , 
rpoticrii 0$ fitv a^/o^ w Tou , ^ttera Tccvra clvto$. 

To ^ey', é <vj8fîs A9ïiva.?o/ , 'Tret^'six.oroc iavroi 
p^6/v Ti (xvjLtcpgpoy uwîiVy cty«<xTflL(rBoci , xcti xctAoy 19 
ZcTpoo-îpcov îhcLi fjioi $07Cc7*T0 ^g ju,)? jSouAojLteyou^ outoueiy 
S/ût^6<r9cct, 'TTûtyreAS^ €yû)ye cw<rp^oy yiyovfjuti thctu 
Dio[xcLi di , îcLV îBî\Yi(rïi(ryjrrt [loi wu^îtr^cti rmimefoi j 
ccLi TCL jSeATKrlûj jXûtAAoy J.ugT^ eAe(r9ût/ ^yu<r£(r9flt/ , 
CGtt Tovs rm dv(tÇ>cLnonm Xoyovç lèfcL')(ju$ 'Xon/icm. 
Fi otîy (TVfjLÇ>ov\îvœ 5 tsrp^rov /^ey , ci oty^pî^ A9)ivol7o/ , 



^ 



i56 nPOoiMiA. 

zrtfi otuTov, m <rxotre7T«, tok 'TrctjpJovTA Aeyeiy ct^tour. 
rioAAct yctp ocAAflt Te^ iv 'TTîfuX^oi t£ Xaycù , jceu 
troAA <tv aerreML se-aroi , dWaç T£ xcte àtTTStt^ iomm 
inoi ùînm ovT«v. 'aAA' et* jttey pïijttxTaf ixere ctîwuo^- 
/i€Vo/,TauTa Aeye/yjcûti ûtjtoug/v ^>i* e/ J^' uVêp Tpety- 
fiarm cùfîtrîœç fiovKîvtrofittoi , aura xtc^' «etura 

Aov]« ocxo/ Aoyoi '7reÇu3tct<r/v i^ctWcLTAi. 'Ev |xe> oui 
TouTo Aeyo)* J^tvrtpoy âî , o T/cr/v iVa^ 'tT apctJb^» 

rcL^ a)cov€iv. Flepi |xgy yctp rov tclvtcl >i exervct (rufx- 

Ag<r^eTy, oi»T€ 'TtaAiv rt$ dv (tvrov$ tlwiiv evo/' tfV 
^e xct/ àx^cuov ax.ou€iv, xcti 'TTpo^ tov 5opvêov ctî9*oxf t- 
ye(r9ai , xûtt Aoyov ex Aoyou Aeye/v, ou(îfe<^ oo-t/^ otlj^i 
ôvycLir dr ex ^e roîT 5opu£e?y oJx cLtsrctAActTTeffôe 
Aoyay, ocAAct xctt îirept tSiy ovâîy tU %pecocy eVct- 
VûtyxotQe(r9e ctxovciy. *H )ttey ouy e/i» ym[xyi -Trept tfv 
iSouAeuecrfle , iJ^' eWiy. 



£XORD£S. 1 07 

tneat , d'exiger de vos ministres qu'ils ne s'écar- 
tent pas du sujet delà délibération.Onpeut insérer 
dans ses discours beaucoup de choses étrangères 
et de9 choses agréables.^ surtout, lorsqu'on a le ta- 
lent de quelques-uns de vos orateurs 9 et qu'on 
dit facilement tout ce qu'on veut. Si vous venez 
pour entendre des paroles , il faut qu'on vous dé- 
bite des paTolç)^ , et que vous les entendiez. Mais , 
si vous vene? paur délibérer sur le choix des avis , 
U faut y ayai^t tout , examiaer les avis en eux-mêmes , 
$aDS çoAisidérer les beautés du langage qui peut 
vous faire iUusioBt. Voilé le premier conseil que je 
vous doBne. Le second paraîtra peut-être extraor- 
dinaire, c'est d'écouter en silence,. afin que les ha- 
rangues soient plus courtes. Pour montrer que tel 
ou tel. parti est le plus avajitageux ou le plus juste 
que Ifi république pui3.3e choisir» il ne faut pas de 
longs discours , à moins qu'on ne se permette des 
digressions inutiles , ou qu'on ne veuille se ré- 
péter, ftfeis prouver longuement que vous devez 
écouter , répondre à vos clameurs , et passer de 
propos en propos , il n'y a personne qui ne puisse 
le faive. Eu faisant beaucoup de bruit, au lieu de 
vous délivrer de l'orateur, vous vous mettrez dans 
l'obligation d'entendre mille discours superflus. 
Au reste, voici ce que je pense sur l'objet delà dé- 
libération,. 



NOTES 



SUR LES EXORDES DE DÉMOSTHÈVE. 



[i] L'idée de l'orateur, sans doute, est que, le droit de parler et de 
donner son avis dans les assemblées ëtant un des privilèges de l'état 
démocratique, les Lacédémoniéhs et Philippe, par exemple, qiû protègent 
l'oligarchie dans les Tilles , qui donnent beaucoup d'argent aux dtojeni 
des républiques pour qu'ils parlent en leur faveur, leur en donneraient 
davantage pour qu'eux et les autres n'y parlassent point du tout. 

[a] L'orateur veut dire, probablement, que, dans le tems présent, il 
y avait moins de troubles et de factions que par le passé ; que le seul 
vice du gouvernement actuel, c'est que certains orateurs s'emparaient de la 
tribune , et nt permettaient pas aux autres d'y parler , ou les empêchaient 
d'y dire tout ce qu'ils voulaient. 

[5] Dans les harangues de Démosthène , nous en avons une touchant 
la liberté des Bhodiens , pour lesquels cet exorde a été composé. 

[4] L'orateur, sans doute, veut parler ici de l'origine des guerrei 
contre les Perses , qui furent engagées par les Grecs de l'Asie mineure, 
du nombre desquels étaient les Rhodiens. Ils furent soutenus par les 
Athéniens, qui prirent en main leur défense, et qui par -là attirèrent 
dans leur pays toutes les forces de la Perse. 

[5] On sait que, pour les spectacles à Athènes, à Rome, et dans 
d'autres villes, il y avait de vastes amphithéâtres où le peuple venait 
prendre des places : les premiers venus prenaient les plus commodes. 
Démosthène veut dire , probablement , que les Athéniens , parmi le» 



NOTES. 



i59 



it adoptaient les plus faciles, comme ils prenaient aux spectacles les 
ces les plus commodes ; qu'ils ne considéraient que Tintërét présent 
leur paresse, sans se soucier des vrais intérêts de ^'état. 

7] Cet exorde est un peu obscur , surtout la dernière moitié ; cepen- 
t il panît que Démosthène veat faire entendre qu'en donnant de 
^ent à certains orateurs mercenaires qui sont d'un avis contraire au 
, il pourrait , sans les combattre par ses dicours , les amener à parler 
me lui. 



T îr I ' ' I. ■ . I. . > | i j ea 



RÉFLEXIONS PRÉLIMINAIRES 



SUR LES LETTRES 



DE DÉMOSTHÈNE ET IKESCHINR 



I >ii tt > 4 i I 



Il nous est resté fort peu de lettres des anciens Grecs; et, 
parmi le peu que nous en avons , il n^y a que celles d'Eschine 
qui soient vraiment dans le style épistolaire. Platon nous 
a laissé une douzaine de lettres , qui sont des traités de 
morale , faits pour des princes ou des hommes publics* 
Les fragmens de quelques lettres de Xénophon nous offrent 
aussi des discours moraux ^ adressés à des particuliers phi- 
losophes. Les lettres d'Isocrate sont les compositions d^an 
rhéteur qui donne des avis à des monarques et à des prin^ 
ces. Celles de Démosthène sont les harangues d^un ministre 
qui adresse des plaintes et des conseils au sénat et au 
peuple de sa ville. Celles d^Eschine seulement sont 
les productions d'un homme aimable , dont Tesprit est 
cultivé et le cœur sensible. Elles respirent partout une 
philosophie douce , gaie , telle enfin que chacun croit poQ> 
voir y atteindre. La seule chose qui fasse de la peine après 
les avoir lues, c^est qu41 n^ en ait pas un plus grand nom- 
bre. Quoique je n^aie entrepris de traduire que des discours 
oratoires , et que les lettres n^entrent pas directement dans 
mon plan, j^ai traduit néanmoins et je publie celles de 
Démosthène et d^Eschine , afin de donner tout ce qui 
nous reste de ces deux grands orateurs. 



'*"""""** .«....-.>- .-.......>. -..^...^^^»^.^^^>- ppy^j.^j y^^^j^j^^j^^^^j ^^^ 



LETTRES 



DE DÉMOSTHÈNE. 



tiARPALUS, établi gouverneur de Babylone par AlexaD- 
ire, avait malversé dans son gouvernement. Craignant 
'être puni pour ses malversations , il s^était enfui chargé 
'immenses richesses, et s'était réfugié à Athènes, où il 
bercha à corrompre les principaux citoyens. Démosthène , 
)Qpçonné et accusé d'avoir reçu des présens d'Harpalus^ 
t condamné à une amende de cinquante talens , pour le 
ùement desquels il était menacé d'être mis en prison. Il 
?nfuit d'Athènes et se retira à Trézène; mais, croyant cette 
lie trop faible pour le mettre à Tabri , il se transporta dans 
i temple de Neptune de Pîle de Calaurie. C'est de ce lieu 
Ml écrivit aux Athéniens les Lettres que nous allons voir, 
les a écrites presque toutes immédiatement après la mort 
yexandre. 



T. m. 1^ 



i 



%\ VV%V«VW\ VWVWV^M^WW\* v\\ w-vk^^ww^v 



. VVWWV»\/V»VW»»V» ^Wr V W»NWWM^»MMM<tft W W^ 



EniSTOAH nPÛTH. 



nEFi 



THS OMONOIAS. 



«MMMfMAMMAM» 



Kctt epyou 



r/ 





1 lANTOS cLf')Q>iitvcù a"arov$cLiov \oyov 

, ri t3 ^/^o) rSy 'AÔnvct/av ctp/crrov eVri jccti m 
eJyoot]i(r/ t£ ^fto), x.ûti vuy, kcli îç tov knruzcL %pûwi, 
TOUT e|i.o< ^tev î'TCi voi/v eAUgiV ypct%|/ût/, toi^ d exxAji 
(TictacLtnv A^nyoLim iMa^cti. Ev^xfiîyoç de T(XurGt,Tλ 
ctycL^ç et«rtyo<« eAzrid'x e'p^û)y îirotpa rSy â-eîy, TctJ^ 
6V/<rTeAAûJ. 



AHMOS0ENHSTHI BOTAHI KAI Tiîl AHMOI XAIPEIN. 
FIePI /M'^y T)1^ iflYlÇ OUût^g cl(pi^iCû$ CLîi VOfll^Cù M' 

cLVTYjÇ ytyp(t(px' rov ae -Trotpoyrût jcottpoy opay, gAo/xf- 
Vû)v /tgy vfjuSv TûL àîQVTct , ct/JLût J^o^cty jcct/ (rûJTMpiïfl 
xcLt Ixiuâtpicu âvioLiis'jo)/ TcTYiacca^cLi ou juioyov Jar»J 



^f^^^^/syMMvwvvwvvw^nMts/vsSnn/sM^A^M^^^MM^M^v^yx^isM^s^k^n^^ 



LETTRE PREMIÈRE. 



SUR r/UNION ET LA CONCORDE. 



^/V^^^/Vl/V^ 



Vmtb lettre est intitulée sur Tuoion et la concorde , parce que Démos* 
thèney conseille surtout aux Athéniens de s*unir entre eux , et de se 
^approcher des autres Grecs, afin d'attaquer tous de concert Tennemi 
commun. C 'est-là Tobjet principal de sa lettre > et celui qu'il traite après 
«voir expliqué les motifs qui la lui font écrire. Il montre ensuite 'qu'en 
Tain un ministre aura donné les meilleurs conseils , si les généraux e xécu- 
tent mal ce qui a été résolu avec sagesse. Il prouve , par Texemple d'A- 
lexandre qui vient de mourir , que l'activité et le travail donnent et 
assurent les succès. Enfin, il exhorte les Athéniens à être fermes dans 
leurs résolutions , prompts et ardens dans l'exécution» 



oo i aD Os-»-c£; 



Dans tout discours et dans toute action sérieuse, 
on doit commencer par s'adresser aux dieux : je 
prie donc tous les dieux et toutes les déesses , et 
pour le présent et pour la suite, qu'ils nous ins- 
pirent, à moi de vous écrire ce que vous avez de 
mieux à faire , et à vous de prendre le parti le plus 
avantageux pour le peuple d'Athènes , et pour les 
hommes qui lui sont dévoués. Après cette prière, 
osant croire que le ciel m'a envoyé des pensées uti- 
les , je vous écris cette lettre. 

DÉMOSTH£N£ , AU SENAT £T AU PEUPLE ^ SALUT : 

Je ne vous parle pas aujourd'hui de mon retour, 
sur lequel vous serez toujours â tems de délibérer ; 
mais, comme je vois que vous et les autres Grecs 
vous pouvez vous mettre à l'abri de tout péril, re- 
couvrer la liberté et la gloire, si vous savez saisir 



l64 LETTRES DE DEMOSTHÈNE. 

l'occasion présente , et que , si Terreur ou la séduc- 
tion vous la font perdre , il n est point aisé d'en re- 
trouver une pareille , j'ai cru que je devais ni'ex- 
pliquer sur l'état actuel des choses. Il est d'autant 
moins facile, dans une lettre, d'établir un a?is, 
que vous avez coutume d'opposer bien des difficul- 
tés avant que de vous laisser instruire. Celui qui 
vous parle peut démêler, sans peine, vos senti* 
mens et dissiper vos erreurs; au lieu que dans un 
écrit y on ne trouve pas une semblable ressource 
contre le tumulte de vos assemblées. Cependant , 
pourvu que, disposés à m'écouteren silence, vous 
souffriez que je vous instruise sur tous les objets, 
je me persuade qu'avec la faveur des dieux, mal- 
gré la brièveté de cette lettre , on verra que je vous 
sers avec le plus grand zèle ^ et que je ne dis rien 
que pour vos intérêts. Si je me suis déterminé à 
vous écrire, ce n'est pas que vous manquiez d'ora- 
teurs, ni de ministres toujours prêts à parler sans 
préparation; mais, en vous présentant, avec clarté, 
à vous et â vos chefs , tout ce que m'ont appris l'ex- 
périence et une étude suivie des affaires , j'ai voulu 
fournir aux uns une source abondante d'avis uti- 
les , et faciliter aux autres le choix des meilleurs 
conseils. Tels sont les motifs qui m'ont fait écrire 
cette lettre. 



AHMO20. EniSTOAAl. 1ÔÎ> 

ciWûL xflti Toi$ clWoi$ (L7rcL<rvj EWricriv , ayvo>f<rcty- 
Tûï» (Î6 , i 7rotpct3cpou(r56VTû)V , ou pOL^/OV OtU 5/^ TOV 
cturoy dvcLhcJauy , û)>i5)îy 'X^yivcli T)fV t[ieLVTov yva- 
«jwjy û9^ ej^û) 'TTgpt TouTûïv £t'^ /Jigcrov 52?yfltt. 'E<rT/ ^ttev 
oiTy 6pyov e^ gV/o-ToAî^ efifJLitvdi avfi^ovA'^* TtoWôl^ 

ttctflgTv. Aeyovrt jttgv ouv eVr^v GCtixSeo-Qût/ tc jSouAeo-fle, 
cote <?iop6û><rGL(r9ût/ rdynovfiîicL^ pot^^ov* ro ^e jS/jSAto? 
iu(?e /z/flcy e^ei i8o>i96<cty To<ctuT)fV Tipo^ tou^ 9opu- 
oOViTcLs. Ou ]UL)îV et A A , îcu î^tXvicryfri dx.ovaon (riyîjj 

/p>ro*9cti), xAiTiep jSpot^etay rav ytyfCL/JLiiimv ôvrav y 
ivTo$ T€ (pcL¥y\aî(rQùu ixtrcL 'XôL(tï]Ç imoicLs ta Ùîovtcl 
repi vfiSv "TtfOLTTm , xcti tcl <7u/^^epov9* u/Jiry tfKpcLVïf 
^ei^eiy. Oup^ û?$ GLTropouyrû^y dfe v/juSit piiropo^y, ou^e T^iy 
^ycti Aoyi<r^tou fofàicûÇ , o, T/ cty tu%û?o*/v, 6poyyTû)V , 
c>oç€ |xo/ T>iv €îr<(XToA>»y TCîfjLweiy' clW oact rvy')(^ûLm 

veygty gjtz(pccyîi '7ro/)io-<xf , oap9oyou^ cKpoffxa^ m vrco-^ 
^otfJL^fltyû) (TVfKpîpttv vfjLiy âovycLi* 'zoi$ àt 'tToAAoT^ poc- 
/ccv T»y Tû)y j8eAr/(rTû)y cLipcaiif xarao-TYicrcLi. Lly /tgy 
»jy ÉVcxot ê7r)iA9e /jlo/ tjiv e7r«rTo\>ïv ypowpg^y, rccur 



l66 AHMOS0. EniSTOAAI. 



Tw 'TToAg/ ^rap ct(rp(^g(rDot/ , x^cti T<t$ ex. tûjv -vrpoTgpoy e 
fitoiç yvcùfJiYïÇ roïç èo^cLtri 7ipo9u^«$ cruvctywy/^ÉO-Bot/' 
îcra cucL^ioH vficùy kcli aytinç y ccAAct jtat rm 

[MZy'MTOVç XiydvV0V$ 'e'X}^* ^^^ ^^ f^^^ TÛLVTCL Art" 

6uv v/jLùi$ , oL xût-9- oLVTcL fiîy 0U3C ecTTiv cturotptJi 
x.cLTcL(T')(iiy nfcLyfjLcLTcL , '7fpo(Ti:t.:jîVTcL Qî TcLiÇ ovm» 
fjLî(Ti TCoWcù wcnyT tvx^cLZîfyùLaTOTîfcLV/Juv nowii* 
TivcL oùv ean raura; /irirt ttoAîi iJLy\àtiiiSi^ finTî 
rm ev îtcclcttii tojv 'tvoMcùv (rvyvfycùvta'fiiym to/j 
xcLd-îaTïiKoai iJLïjâeyi , /^>jTe TCiy.pctmcrBcti , ftutg 
{/.vmixcLxîiy. 'O yap roiovTo$ cpoSo^ tou^ (TuyÊ/dbTiç 
cLi>ro<^ cû$ cLVûiyxcLioiç Tot^ (ruy£(rT»3to(r/ , xnovm ' 
t^ovat crp oo>îAov , 'TrpoGufJiou^ auvcLymicTûLS 'Ttoiv!' 
otcpgôgvTg^ o'g ToîT oeoi»^ ToJroi;, 'ttcIvtîç riTrulrtfo^ 
yty/iao'jTcLi. Tovro ai ov ciiixfcty û?(peAe/ccy epj^ei. 
KoLTct /tey (Î>| ^oMtç ret toiclvtcl ttjyi5e$ 'Trfo^iytih 
fictWoy ù* ovâ' év âvyoL'zcû* ciç ^ ctV vfiTf avToii 
o(p5->rrg %pû^//.£yo/, ro/at/riiv xct/ xctrct rm ctW 
'7rpo(T^O}c/cty TroLpcLarYKTETs i^cdaroiç. ^yiiii âè xf^^^ 

I I I m ' 

iU>lT8 TToAu, fx>iTc orpctTyîy^, (xyin pwTopi , /A>iT 



LETTRES DE DEMOSTHENE. 167 

Avant toute chose , Athéniens , vous devez être 
d*accord entre vous sur les intérêts de la républi- 
que , et renoncer aux contentions qu'ont pu faire 
Ualtre les assemblées précédentes ; vous devez, en 
Second lieu, contribuer tous unanimement et avec 
ardeur au succès de ce qui a été résolu. Car, n'avoir 
rien de ferme et d'assuré dans votre conduite , 
ti'est pas moins dangereux que peu convenable et 

indigne de vous. Vous devez aussi vous pénétrer 
de certains sentimens qui ne suffisent points par 
eux-mêmes , pour rétablir les affaires , mais qui ^ 
ajoutés à vos forces, vous faciliteront la réussite de 
tous les partis que vous pourrez prendre. Et quels 
sont ses sentimens ? c'est de n'en vouloir â aucune 
république ^ ni à aucun de ceux qui y dans chaque 
république, se sont déclarés les partisans du sys- 
tème qui suit actuellement la Grèce [i] , et d'ou- 
blier eùtièrement le passé. Car, la crainte de notre 
haine attache encore davantage aux principaux 
chefs de ce système, ceux qui , s'étant déclarés 
leurs amis, sentent qu'ils auraient de trop grands 
risques à courir. Affranchis de cette crainte, ils en 
deviendront tous plus traitables ; ce qui n'est pas 
un médiocre avantage. Il serait peu raisonnable , 
ou plutôt impossible de publier, dans les villes, 
les dispositions où nous sommes. Mais vous ferez 
espérer aux Grecs que vous en agirez avec eux com- 
me vous vous conduirez vous-mêmes entre vous. 
Je dis donc que vous ne devez absolument vous 
plaindre d'aucune des républiques , d'aucun des 



*!■ 



|68 LETTRES DE DÉMOSTHÈNE. 

généraux, des orateurs , ou des particuliers, qui, 
précédemment , ont paru favoriser le système ac- 
tuel ; mais il faut supposer que tous se sont gou- 
vernés chez eux comme ils le devaient , puisque la 
bonté des dieux, conservant votre patrie, vous per- 
met de délibérer encore à votre volonté : croyez , 
en un mot, que, comme dans un navire, où les 
uns sont d*avis qu'on étende les voiles , les autres 
qu on aille à force de rames , tout le monde a 
parlé pour le salut commun , et que les dieux , 
enfin , ont fait tourner heureusement les choses 
par Tévénement. Si vous êtes disposés de la sorte 
pour ce qui est passé, vous aurez la confiance de 
tous les peuples, vous agirez avec la noblesse et 
Thonnéteté convenables; et, en même tems que 
vous établirez vos affaires , vous ferez revenir à de 
meilleurs sentimens tous ceux qui , dans les villes 
de la Grèce, sont opposés à vos vues, ou vous ferez 
diminuer considérablement le nombre des coupa- 
bles. Traitez donc les intérêts publics avec gran- 
deur dame et avec douceur, sans oublier l'avan- 
tage de chaque citoyen. Je vous exhorte à ce pro- 
cédé, quoique je n'aie pas trouvé dans plusieurs 
d'entre vous une générosité pareille, et que, pour 
complaire à certaines gens , j'aie été abandonné et 
trahi, victime de la cabale et de l'injustice. Mais je 
ne crois pas que , pour contenter un ressentiment 
particulier, on doive nuire au bien général. Je ne 
mêle point d'animosité personnelle dans les grands 
intérêts de la patrie , et je donne moi-même l'exem- 
ple de ce que je conseille aux autres. 



/irrr t'TCiziiLcLv fJLmîvx (jlwî^ o\ù)$, clWcl dxjyyjà- 

(Tocyrg^ Tnv TToAtv, oL7rodîâcôx.x(ny t//x7v o, t/ iv Bov- 

ûètrwtp av ey TsrXoicCy rm /jLa kttiùùj im &^t xcùwcli^ 

(poTepm cLWcLfrct î'tci arcûTyipicLj yîyîyyia-d-cLi sH Tr\f 
p^£/ûty trpc^ -TCL (TvfjLCcLvxcL et 710 Td»y ^-e^y. Eoçy 
TouToy Toy Tponov TT^pt To^y '7r(XpgA>ïAuô'orû^y eyyûJ- 

jcoli (tycL^m dvâpœv tfya 'Trpot^erg, tccli rûL'TrfxyixxTCL 
oxpeATiatTt ov /jiiTCfaç y xcLi rovs tvdVTicùd'tyrcLS ey 
TcLiÇ 'TtoMo'iVj y\ iJLtTctyvmcLi TtomcreTî mcLVTcLS ^ r\ 
x.o[xtêf!i Ttvot$ cLvrovs rov$ airiovs xcL':ct\îi(pByi}icLt, 
'MtyaAo'^vycûç roiyvif xcti 'Tvohirix.œç tcl Tcom 
(rvfjL<pefoyrcL TcpcLTrtrt , ycoLi rœy lâim fjLîfJi}i7](rJî. 

ncLpCL}tcL\S J\' iU TÛLUTOL , OV XV')(JùV CLUTOS TOIXV- 

(TZcLO'tcLa-Ttitœç îU T>iy irîfm %ûtpty 7rpo7ro3etf. AAA 
ov$t zw làicu opyï\y dycLTrAyipm , To x.o/yw (ry/^Çe- 
p<?v o*/o^flt/ J^€?y jSAocTTTStv, oûre [nyvvfjii zyÎs làdS 
g^ô-pcL^ îiç Tcl xo/vw (TUfJL(pîfoncL ouoeV <xAA ecp et 

TOU$ (JlWovÇ TCctpcL'iLcLXÔô y TOLUTCt (XUTO^ OiOtXcLt âîl^ 

nrpcûTos TkOiîiy, 



A 



l7o AHMOS0. EniSTOAAI. 

a/ fX€V OUV 'TCCLfCLCTUVCLl , 3C0t/ cl J^e? (^\j\(t^<t(r^<Li ^ 
-iLCLl CL ^TTpctTTûïV TlS CtV 3tCtT CL^SfCô'7nV0}f AoyKTfJL^f 

liaXKTT cty )CûtTop5oi>i, «rp^edov g/puvrctt /tof T015 ^ 

X(X9 lifJLîfCDf l'TtKTXÇLTYiacLi^ TLCLf. TOiÇ ÎTL TOV 'TCcLfCL- 

^py\fJLOi (Tv/JiÇ>cLiyov<nif ofBcùÇ p^^piîir^'flti , occti yiSfui 
Toy ex.cL<rrov xotipov, xcli xpivcti Ti rm wpcLyfJbdL- 
Tm e^ ofjn\icL$ J^uvctTov ^potrotyctyecrô-ûti xcli ri 
liicLÇ WfoadîTrcLi , rm e(pe<7T>pcoT(»y o-rpctTiiyav ep- 
yoy go-TÉ. Aw jccte ^cLXîZircùTcLTïiv ra^if t'Xjti tù 
<7u/Ji£ouA£U£iy Tctyotp q^BSç jSouAeyGerrct, xcti J^oxi- 
fjLct<r5g vTct (Tuy wo\?\jj <rwovâ^ xcli troWjtaroAActit/^ 

licLyd-yi. NîTy [livroi wclv^* e^e/y xcL\œ$ IX'iVi^oûr xcli 
ycLf il' Tis wTrsiAïKpgy eJrupç^îf roy 'AAe^ctytîjpov Ta 
TTcLvrcL xcLTopBovv^ ixtiVQ Xoyio'cLo-d'û^y on t^rpccTTav, 
Xût/ îiToyûjy , xoti TohfjLCôv , ot>^/ xot3->ïfX€yo$ , tvzvytu 
Nuv Toiyyy re^yc^To^ ixtivov, (^>ïTgT T/y« >î Tup^Ji, 
)Lte6' ûùv ttrrcLu Toutous J^g Jjuiak S^d yeviarBcLu 

Tqvç Tg i^yî(ioycLSy <^<' t»y ctvctyx.)? tcc 'TrpAyjaotTflt 
^pATTg(r5(X/ , cù$ evvovarcLTovç e^ri rets à^vvcLfiîiç 

g(p/0-rotT£' XXI y Tl TtTOmV CLVTO$ ÎXCLŒTOÇ V (xSf 
S^V)fyj(rtTcLl XCLI ^OvXVitTtrcLl , TOVXO 7tpO$ CLVTOy g/- 

TircLTCù XCLI utro(rp^g(r5û)' }tcî.i Tout) otTû^^ /^>î «NJ/gt- 

xfovG^stç (pmcLSy (VicLèvGtTcLU 'û.ç T>îV gv^g/cty, e»y cty 
eAAg/TTyîO Jjuigr^, oij')(^ gJpjîcrgTg tou^ avût'z«rAîi!5û)(7C»y- 



LETTRES DE DEMOSTUEiVE. I7I 

Je VOUS ai dît à-peu-près par où vous devez com- 
mencer, ce qu'il faut éviter et ce qu'il faut faire 
pour réussir , autant que la prudence humaine peut 
s assurer d'un succès. C'est aux généraux que vous - 
chargerez du commandement, à régler tous les 
détails, à profiler des événemens soudains, à con- 
naître le tems propre pour agir, à juger quand il 
est possible d'employer la conciliation, quand il 
est nécessaire de recourir à la force. Ce qui rend 
si épineuse la fonction d'un ministre, c'est que les 
meilleurs conseils qu'on a trouvés avec beaucoup 
de soin et d'étude , restent souvent sans effet , 
parce q ue ceux q ui les commandent , exécutent mal. 
Pour le présent, j'espère que tout ira bien. Si on 
regarde Alexandre comme heureux , parce qu'il a 
réussi en tout , qu'on pense que c'est à une activité 
courageuse, à une audace intrépide, et non à une 
lâche oisiveté , qu'il a été redevable de son bon- 
heur. Maintenant qu'il n'est plus, la fortune cher- 
che à qui elle s'attachera; et c'est vous qu'elle doit 
choisir. 

Au reste , puisque vos généraux doivent être 
chargés de l'exécution de vos projets , mettez à la 
tête de vos troupes les plus zélés |iour le bien de 
l'état. Que chacun de vous s'exhorte et s'engage 
soi-même à ce qu'il voudra et pourra faire, sans 
tergiverser , et sans chercher à tromper sous pré- 
texte qu'il aura été trompé lui-même par des pa- 
roles. Car vous ne trouverez personne qui vous 
rende les occasions que vous aurez perdues par 



j 



l^â LETTRES DE DEMOSTHENE. 



votre faute; et il n'y a pas le même risque â chan- 
ger souvent d avis dans les choses qui dépendent 
de vous, que dans les cas urgens de la guerre, où 
le changement d'opinion ruine les plus sages con- 
seils. Prenez garde. Athéniens, de commettre au- 
jourd'hui une faute pareille; mais ce que vous au- 
rez une fois résolu , décidez-le avec fermeté. Et 
quand vous l'aurez décidé , alors prenant pour chefs 
Jupiter de Dodone et les autres dieux [2] qui vous 
ont rendu des oracles aussi propices que sûrs ^ im- 
plorant l'assistance de ces dieux, et les priant tous 
de vous accorder l'heureux succès , mettez les Grecs 
en liberté avec le secours de la fortune. Je vous re- 
commande à la protection du ciel. 



AHMOS©. EniZTOAAi. ' 175 

xclÇ ovâî rov ccvroi e^e/ x^ivauvov , Wcfi m î(p vfjn? 

n rsrtpi Tovrm fjLezcLymtris >ittcl Ty\ç WfocLipîorîaç 
yiynr<ti* /jun Jrvi 'Trotïtan/iTe roiovro fjLmvj y clW , o, 
Ti Tsrpct^BTt , yt^^cLim xcn eroi/uLCûs rcLi$ '^^X'^'^^ 
TovTo ')(îtpoTomTe. Kûiv cltcol^ •y|/>i(pi(r>ïo-5e , tov 
A/ct TOV Aû)(î((»y(Xt ov , 3cctt tou^ clWqvs Ocou^, o/* 

u/^tv /xotvreiût^ ûtv>îp>}x<X(r/y , ijygfxovot? 'TtoiwctfJievoi ^ 



EniSTOAH AETTEPA. 

n£Fi 
TH2 IAIA2 KA0OAOT. 



AHMO20ENH2 

THI SOYAHI KAI Tfil AHMfil 

XAIPEIN. 

JCiNOMIZON )Ltev occp' av l7sro\iTtvo[xyiif , oJp^ ôtrû)^, 

cLwoàti^zm (pavcfCLç , oJ^ gAeyp^ou yiyyounov ïïct- 
pot T>i^ ^ouA>î^ , î^'po^ Ta rcLvrviç ctTroffviToL xotTct^Jj- 

v/jl<Sl$ i^yov[iiyo$j i ifULvroy (iTtoarîpîlcrBcLiy a-Tîpyœ 
yiyQVfjLï\r to yap, ot^ ccv y\ [6ov\yi (p>i<rt, tou^ o^û)- 

àci^iûùÇ py\B^l(Ty\s , tu? -otoXi'zîiclç wcLf<t')(ûùpi7v yih 

atucty h Tivî$ rm 6v rf l2ov\yi 7ccLre(rxiV(X^oyro 

^CLVTo7$y XCtt WpOS TdÇ (VTCoàil^iiÇ TOVÇ CLyS^CL^ 
I > A» » /jç I y f "y 

x,piv£re, Toc J^ ût tzroppTiTct towtûjv e^r/T/ftyio-eâ?? ctçti 



LETTRE SECONDE 

DE DÉMOSTHÈNE, SUR SON RETOUR. 



ÛMOBfniAs, dans cette lettre, qui est fort éloquente, se plaint de 
sentence qui Ta condamné quoiqu'innoccut , malgré les services aussi 
portans qu'il a rendus à Tétat. II rappelle son aciministration en peu 
mots , et sans se permettre de longs détails. Il déplore sa disgrâce eu 
mes pathétiques. Il s'excuse de s'être enfui pour éviter la prison et de 
tre retiré ; il apporte les motifs de son évasion. Il fait valoir la circons-^ 
ice du lieu où il s'est réfugié d'abord , et de celui où il s'est transporté 
suite. Il oppose a son abattement actuel la fernieté et le courage avec 
iquels il a servi sa patrie. Il exhorte ses ennemis à le laisser tranquille, 
les Athéniens à ne pas seconder leur haine, s'ils s'obstinent à le per- 
muter. 

BEMOSTHÈNE , AU SENAT ET AU PEUPLE ^ SAIUT : 

K croyais qu'après les services que j*ai rendus 
lan» le ministère, loin d'être traité comme je le 
uis , quoique innocent , je trouverais en vous de 
indulg^ence^ même si j'étais coupable de quelque 
aute. Trompé dans mon attente ^ tant que je vous 
i vus nous condamner tous sur de simples dénon- 
:iations du sénat sans exiger aucune preuve juri- 
lique , je supportais tranquillement l'injustice , 
persuadé que vous cédiez autant de vos droits, que 
\e perdais des miens. Car , pour des juges liés par 
le serment, s'en rapporter aux allégations des sé- 
nateurs , quoiqu'elles ne fussent appuyées d'aucune 
preuve , c'était céder les droits de la république. 
Mais aujourd'hui que^ par un trait de sagesse, vous 
vous êtes aperçus du pouvoir despotique que quel- 
ques-uns s'arrogeaient dans le sénat ; aujourd'hui 
que vous jugez les accusés sur des preuves , sans 



# 



.?i 



1 ^6 LETTRES DE DEMOSTHEIVE. 

\ous en tenir aux simples dénonciations deTAréo-v^ 
page , je dois, ce me semble, si telle est votre vo^'*^^ 
lonté, obtenir la même grâce queceiBX qui ont ^"7^. 
' inculpés des mêmes délits , et non me voir seul f* ^ 
sur des imputations fausses, privé de ma patrie/,^; 
de mes biens, delà société des personnes leftphii^ 
chères. 

Vous devez avoir fort à cœur mon retour , non- 
seulement parce que je souffre, sans être coupable 
envers vous , mais encore pour ménager votre ré- 
putation auprès des étrangers. Car , si on néglige 
de vous rappeler les tems et les circonstances où 
) ai procuré à la ville les plus grands avantages, ne 
vous imaginez pas que les autres Grecs les igno- 
rent, et qu'ils aient oublié les services que je vous 
ai rendus. Je crains de vous les détailler ces ser- 
vices , pour deux raisons ; la première , c'est que 
je redoute Tenvie auprès de laquelle la vérité perd 
ses droits ; la seconde, c'est que nous sommes for- 
cés aujourd'hui , par la lâcheté des autres Grecs , 
de nous porter à bien des démarches indignes de 
celles que je vous ai conseillées. 

En général , telle a été ma conduite à la tête de 
vos affaires, que je vous ai mérité l'estime de tous 
les peuples , et que je devais m'attendre , de votre 
part , aux plus grandes récompenses. Lorsque la 
fortune , aussi cruelle qu'insurmontable , eut dé- 
cidé , non suivant la justice , mais au gré de son 
caprice , le combat que vous avez livré pour la li- 



AHMO20. EniSTOAAi. I77 

^pyiKCLTî , 01 ofieti fjit J^cTv , fcotv xate vtjui liouhofJLl- 

yto(îiî', TÎk TTfltTpi^o^, 3tflt< Tay ôyr«y , )tcti T?5 TCùf 
«Xf/oTctTû)v av)fï]:7eiûLÇ cL'7ro(rTtpyi3'y\iCLt. 

t 

m 

W €/xîf^ (TCùTïipiGLÇy OV /XOVOy XOLTct TOiTto, OT/ Oujg» 
y/ACt|j dùlTLûûlf TQlCLVrCL WtWOl/^CL y clWcL TCCLl Tvfs 

TtùLpoL roiç (LWoiç ÀvBpœTrotç Iny! îvâoPiaç. M>j 

Lmi Tovç 3cct/pou$, ey ok ta jLtey/trT tycù ')(jpy\<TiiJLoç 
y TM -TroXe/, tou$ ûlWovç 'EWyi^ctç ocyyoîîy yo/xt^cTc, 

î^tû»y, fll eyûï J^uoTy evexot vuv otcvcù ypcL(pîiv x.a5e- 
:^TToy €yo$ fxey, Toy (p3oyov «Techa^, 7rpo5 ôv oucîey 
(TT/ trpoupyoy TfltA>î5)j Aeyety* eiêpouJ^e, ot/ tcoWcl 
^cLi clycL^icL ex^tucùv S^tx T)îv tSy ccAAay ^EAA>iy«v 
:cL3c«iy ywv Trpxrrsiv otvctyjtct^o/^e^flt. 

Ey xi(pcL\cLioù J^e , ro/stur 6(rT<v î(p ot$ eç)ïTût- 
^o/x>iy UTiep v/jLCûv eyo», («(tS- wjttot^ /ttev eT ctuTo/^ 
'^0 tr<tyTû)y ^)iAo!ji(r5ot< , €|xo/ J^' î\wiâ<t raïf 
ityiaTCùv S^oûfiSu Trpoo-^ox.ao-GûC/ Tiretp' u/^oy. Tîî^ (îfe 
tyotyxût/oi^ fxev, cLym/uLO^foç S'î rv')(y\^ ^ ov')(^ dç 
\^lx.xtoj YiVj ctAA* û)V e^ot/A^ro, xpiifX(TY\ç ro)^ VTVîf 
rY,$ tSv 'EAA>j^«v eA£i;S-£p<« <tySiXj ô> J/^e7V >î7«- 
T. iir. 12 



I 



t^8 AHMO20. EniSTOAAl. 

yto-flt<7Ge,ou3l6 ev toT^ y.îTCL tclvtcl ')(^fQ'JOL$ cLmaW 

TùLvns ou^ev , ou %ûtp/v , J)c t\WiààL$ y ou -ttAoo- 
roy, ou <ru»flt(rTei(Xy 5 oux. cco-cpaAeioty xoiitoi TioLvia 
Tar9' g«pû)V u-zirotp^ovTct to7^ jcotS u/x5»v iSouAojxg- 
yo/$ tiroA<Teue<T3flt<. *0 J^e , TtoWm ovr«y xcti 

Çgo-Ô-fltt , /JLîyi(rroif rryoxjyirw^ ovk 03cv>i(7« ypa*^*' 

TipO^ Vfl3i$' QTt ev CLWCLVTl TCù CLlCùVl Tm JLty>f/JLO- 

yeuo|J.gy«v dvBpcù'Trcù^ J^e^yotccrou yeyevwjttgvou $iAmffou 

3t0t< J^r 0/Xt\lflt$ 'TTSUTAI '7rpQ(TÎ')(BlV OLVTCû TOV yOuV, à 

jSouAoïTo, 3Cût/ J^/otcpô-g/pot/ ^p)îjttot<re rou^ êy tTLdtrz^ 
Tûùv 'EAA>îv/^û)y troAeûïy yyûjpijttou^, ey® jttoyo^ oJdfe- 
lepou TouTû)y >ÎTT»5>iy ( ô xctf vuy UjttTy (p^AoTt/zictf 
(ptpzi )y troAAoL jLtev lnv*)(œv ^iXitst^cû xûli ActAs- 

TzoWm <r' <tTzo(T')(^o[iî)/oç %p>îAtotrûjy, J^/^oWo^ Éxe/iou, 
tt T^y <7uv6/^0Tû)v en troAAo/ ^(î(r/v , oûV Ttyct 
ymf^Tiv î')(îtv ^îfi vf/^v g/xoV, Aoy/ercto-a-g- ro ydf 
U/^CLÇ TO) TO/OUTO) TouToy Toy TpozsToy x,typw^cLij 
ilMoi /^gy ccV gu oT^ oVé (pfltyg/>i iTviJL<popùL, xmlU i't 
cvàfxicLy u^ttgTgpct J\g dym/jLoarvvyf , >)y tw /jLtroiyw' 
vott Auo-grg, 

navToe. ro/yuy rct Wfo^ipfjLîm IxdrTCû vo[ii(& 

tÎT^ 0-UVg%Ouk Xflt/ 3CCt5' T^fJLÎfAV 'TToA/TgtW , g» f 

7rotpg?)(;oy ifiavrov lyà 'To^izevo/jiîm y ovùt fim 



ItTTRES DE DÉMOSTHilVË. Irg 

berté des Grecs , je ne me suis pas écarté, dans les 
tems qui ont suivi, de mon zèle pour vous; je n'ai 
sacrifié (a) à ce zèle , ni la faveur , ni les espérances, 
ni les richesses, ni la puissance , ni la sûreté de 
ma personne , quoique je visse ceux qui , dans le 
ministère , agissent contre vos intérêts en posses- 
sion de ces avantages. Parmi plusieurs traits hono- 
rables de mon administration, dont je puis me 
glorifier à juste titre , voici le principal que je ne 
craindrai pas de vous rappeler. Philippe était le 
plus adroit des princes qui aient paru dans le 
monde, pour se concilier tous les cœurs par sou 
affabilité, et pour corrompre ,par son or, les pre- 
miers citoyens de toutes les villes grecques. Je suis 
le seul qui n ai été gagné par ses manières , ni 
par ses largesses : ce qui, encore aujourd'hui , fait 
honneur à la ville d'Athènes. Non , quoique j'aie eu 
avec ce prince des entrevues et des conférences 
fréquentes, jamais je ne me permis d'accepter les 
riches présens qu'il m'offrait, comme le savent 
plusieurs Grecs qui vivent encore. Faites attention 
à ce qu'ils doivent penser de vous. On plaindra , 
j'en suis sûr, sans le croire coupable, un tel ci- 
toyen , que vous traitez aussi mal , et on vous re- 
prochera une injustice que vous ne pourrez cor- 
riger qu'en revenant sur vos pas. 

Mais tout ce que je viens de dire , le cède à ma 
conduite habituelle dans le gouvernement. J'ai ad- 
ministré les affaires publiques , sans me laisser do- 



(a) Dèmosthène dit tout le contraire : j'ai sacrifié à ce zéU ia fa* 
veur , etc. ; mais on voit que c'est moins un contre-sens , qu'une inad- 
vertance du traducteur, f iVot« iU l'éditeur )^ 



l8o LETTRES DE DÉMOSTHÈNE. 

miner par la passion , par la haine , par aucune 
vue basse d'intérêt , ni pour l'état , ni pour moi- 
même; sans persécuter jamais ni les citoyens, ni 
les étrangers; sans tourner mes lalens à la ruine de 
personne , mais les employant, dans l'occasion, 
pour la défense du peuple. 

Les plus âgés d'entre vous , instruits des événe- 
mens passés, doivent instruire les plus jeunes, de 
l'assemblée qui s'est tenue pour Python le Byzantin 
[3] , lorsque, s'étanl rendu à Athènes accompagné 
des députés de la Grèce, avec l'intention d'exposer 
les torts de notre ville, il se retira frustré dans son 
attente , et confondu par moi , qui , seul des ora- 
teurs, m'expliquai alors avec force pour vous jus- 
tifier. Je supprime toutes les ambassades que j'ai 
remplies en votre nom, et dans lesquelles vous ne 
vous trouvâtes jamais compromis. Car, dans l'ad- 
ministration , je n'avais point pour but que vous 
l'emportassiez les uns sur les autres; je ne cher- 
chais pas à animer les citoyens contre les citoyens, 
mais à vous acquérir de la gloire , et à donner une 
grande idée de ma patrie. Tous nos Athéniens, et 
principalement les plus jeunes, pleins d'admira- 
tion pour un tel plan de conduite, doivent prendre 
pour modèles, non les orateurs qui ne sont occu- 
pés qu'à vous flatter, et dont vous aurez toujours 
un assez grand nombre, mais plutôt ceux qui, par 
zèle, vous reprennent de vos fautes. Je passe sous 
silence bien des articles pour lesquels un citoyen, 
qui n'eût rien fait autre chose, serait fondé à de- 



AKMOSe. EniSTOAAT. l8l 

rmcLs ovmct "TrcoTCorey ovtî ^o\tTy\Vy oure z^vov, 

E/(3c?ey J^* iy 0/ WfèaÇ>vxipot , jcoti Mym roi^ 
vzcdztpoiç g(7Te ùix.<tioi ry\i rrfoç riv^cavcL tov BuQoty- 
Ttov €x,?cA>i(r<ctv, ors row^ ottiro rm ^E\\y\im nhd-i 

atriTAS-s J^g Tctyocvrea Touroîv wxd-CâVj /ào^jov rSi 

rOTt fUlTOpm l^îrcL(TCUTOi ifJLOU T<t VWîp VfJUûi 

J^ixouou Kûtt îcù 'TtptcrÇfitxs , 0(TcLÇ vwîf vfjLCûf trrft- 
aCevtrx, U cuç ovùvj r\\a,rTCù^Tf\rt T^Trorg, oude 



f «^ 



ouo e(p ectyTîiv a>coy«y T>iy ^roA/y, c^A ct^ (;#y 
Jb'^ctv xfltt ^g7aAo>|/v^<cty Jjx7y utyctp^gt? gyo/tii^of* 

«V oT^ , ùLTTxai llîi y /JiX\ifTTX S^i Toï^ VcOl^ , XyXr 

(Torra rpc^ X*p'^ î:3cyT gy rf «oA/Tgia ( TovToy 
tt€v yst^ ouoc'Tror taz xzBrooy\cûu ) , oAAa icxi TOf 
l'or vjizictn TSTî^i cêi cty cLyv:»>fTs, eniTtjxîi^ovTa. 
Eti Totrji tirxpxAso'ûî tsroAAst, g$ 0».^ grgpo^, x^w 
ayj'îéT etAAo '/o'êGiyi'jÇ yr/ofûJ^, <f^ix^c«^ ctv /?'ôv 



a8a AHMOSe. £niSTOAAl. 

/ / / \ ' 

Tuyp^(xyg/v (raTy\pictÇy ')(OfyiyicL$y tlcli Tpiupotp^tctç ^ 

of^ lyà ^oLncoiiùLi ov fJLovov otuTO? e^>iTotcr/xe»o5 
"rifSzoi y dWcL xcLi rovç kWov$ tirctpot3tex.A>ix»i' 
^v ex-cto-Tov, a cLv^pe^ 'A5)ivctTo<, Aoytcroto-Ge, «^ 
ctva^iov eVr* rîT^ -wepiîorryixAJicLÇ vuv efxoi cru/^cpopcc^. 
A(p6ovû)y J^* ôvTûjy, dwofS n ^rporov oâvf a>[icLt rm 
trctpovTûjy 3Cflt3cav' ^orepoy T>iy )ÎA/x.t<tv , gy >j cpuyîîj 
e7î/3c/y(îuvou zinipAaQcLi wap g9o^ , 3c<t« Tcotpct nui 
açtctv , ccyayxflU^o^tct/ , >ï T)îv <i< o-p^w v>jy , eÇ ^f xat 

x,g3cA>ipoyo|j.>ix,ct xctx^v; Owre yctf tyosTyi tûiy ^ApTot- 
Aou cptAûjy (pctymo/JLcti ytyovœ^ , owxe e(p oi$ twor 
XiTsv^y 'TTpoTgpov , S^iTcnv o(petAû)y (JbîTyct/ , ouxg T»y, 
€(p o'/^ tx.fmiJLyiVy i^î\ty')(^6ivrcùr rSf n ypct^ev- 
rm Trept AfWcLAov [loya, rot ep/ Tg'rpocyjxeyct 
aygyxA>jroy "TtewoivjKt T)îy ToAty. 'E^ ^y trotyrai 
J^>îAov go-T/v, oT/ xctip^ T/y/ A)î(p5g/^, xct< oJx. 
d^iKn/jnsLcriy TÎf zirpo^ i'TrotvToc^ tou^ g'y rcu$ clitIcliç 
opyî? î«rgp/7rgtirrûî)Cflt iàiTLOù^y rcf itpSroç tîtriîfcLt. 

<Tcù^orœ''j rov$ txrrgpov xpivo[itvov$y >i tua m 
cty iiTcui î')(oi \ri$ y ou yctp tariv oJ(îee$' ra 



lETTRES DE DEMOSTHiNE. ] 85 

*ïiander son rétablissement ^dépenses pour les jeux , 
arméniens de vaisseaux , contributions d'argent , 
faites en diverses circonstances ; tous objets dans 
lesquels je me suis signalé , animant les autres par 
mon exemple et par mes discours. 

Examinez , Athéniens , combien peu chacun de 
ces services méritait la disgrâce oii je suis tombé. 
Accablé de maux^ je ne sais lequel je dois déplo- 
rer d'abord. Parlerai-je de mon âge avancé, où je 
me vois réduit à éprouver un exil dangereux , qui 
est nouveau pour moi , et que je ne mérite pas ? 
Parlerai-je de lahoritedontmecouvreune sentence 
qui n'a été prononcée sur aucune preuve solide ? 
Parlerai-je des espérances dont je me suis vu frus- 
tré , ne trouvant , à leur place, que les disgrâces 
dues à d'autres? Non; on ne verra pas que j'aie été 
des amisd'Harpalus [4] , ni que j'aie été puni pour 
mon administration précédente^ ni que les délits 
prétendus qui m'ont fait citer en justice, aient été 
prouvés : enfin , de tous les décrets portés au sujet 
d'Harpalus , le mien est le seul qui ait déchargé la 
ville de tout reproche. D'où il est clair que je n'ai 
pas été condamné comme coupable, mais que j'ai 
succombé à cause des conjonctures , que j ai en- 
couru la haine injuste qu'encourent ordinairement 
ceux que vous soupçonnez d'un crime, parce que 
j'ai été cité le premier. Eh ! n'ai-je pas alors allé- 
gué toutes les raisons qui ont fait absoudre les ci- 
toyens attaqués depuis sur la même accusation? 
Pourrait-on ajouter à la force de ces raisons? non , 



l84 LETTRES Dt DÉXIOSTUÈNE. 

sans doute; et quoi qu'on dise , on ne peut réalî- 
scr des délits qui n existent pas. 

Quoique j eusse encore beaucoup à écrire, je 
m'arrête , sachant par expérience que n'avoir rien 
à se reprocher, sans être d'une grande ressource , 
n'est qu un poids plus accablant dans la douleur. 
Mais puisque , par un trait de sagesse , vous êtes 
revenus pour tous les accusés , revenez aussi pour 
moi, 6 Athéniens! Je ne suis coupable envers 
vous d'aucune faute , j'en atteste les dieux et les 
héros ; toute ma vie passée dépose en ma faveur , 
et elle doit être pour vous plus digne de foi qu'une 
accusation sans preuve et sans fondement. De tous 
ceux qui ont été calomniés , je ne dois pas être 
celui qui mérite le moins d'égard, ni le moins de 
créance. Vous auriez tort aussi de m'en vouloir 
pour m être retiré. Si je l'ai fait, ce n'est point que 
j'ensse de vous une opinion peu avantageuse ^ ou 
que jemefusse d'avance ménagé un refuge horjs de 
ma patrie. Mon vrai motif, c'est que je ne pouvais 
soutenir l'idée de l'ignominie d'une prison; que 
d'ailleurs je ne croyais pas qu'à mon âge je pusse 
supporter cette affliction dans mon corps, et qu'en- 
fin je pensais que vous n'étiez pas fâchés que je me 
dérobiisse à un affront qui me perdait sans vous 
servir. Mais ce qui doit surtout vous convaincre 
de mon affection sans partage, et de mon dévoue- 
meut exclusif, c'est que je ne me suis pas réfugié 
dans une ville où je devais vivre avec magnificence» 
mais dans une ville où je savais que s'étaient retirés 



AHMOS0. F,ni2TOAAT. l85 

y'CLf fin yvJOfjLivcL 0V7C terri ^qi'a(tch ygygvJKT.îût^ 



AWoL Tiept /Jiey zovrm ncLvofjLctiy ttoWcl ypot- 
(pe/y e^û)V To yùLp fjLviâiy îjulolvtcù avmdvjcLi TieTpcty 

TO ftoLWoy XvTtîKT^CH WOLVTûûV 0(ÎUV)ipOTCtrOV« EtTU' 

hi (Je, -itaXcùÇ zroiovWi^ ^ -zsrcitn roiç iv tcuç eu- 

A^ï\^cLioC ovTi yap miTcvi')^ v/xœv oi;aev<x, as kttcù- 
acvf 01 -S-sot xoLi yipcùt$y [jLûLfTvpcT âe fjLot 'ttolç o 
îrpoo-Gev TTGtpgAjiAuGû)? XP^^o^ > ô^ J^<x,ottoT6poy otv 
^t(7Teuo/-3"' J(p' f/^i»y T>îk ctvgAeyx,Toi; vîy eVeye- 



')(^îl(TnS (LIZICLÇ OVT iyOù')(Jclfi(TZOÇyOUT CLTSTKTTOZCL'ZOÇ 

<paiyii<roficLi rm J^/ccÊAîi9gvTûJV. Kat /jlvjv to ûtrrsAGeTy 

9 -A 9 I 9 \ t I 9 \ 

ovic <tv etxoTû)^ opyyjy Wfoç [it 'TCoiy^crtm* ov yctf 
cimymKOoç Jfxa?, ovà IrefCùcrî ^Xîwcù^j ovâûifjLou 

')(^cL\tnS^rcù \oyiaiÀCù (pepûjv, ùra $icl rm )ÎA/x,/Gty 

yey)cur tn S" ouô u^tctk IjofJLi^oy ifiovXui. l^co fxs 
'^pow>\\cL}ci(rfJLov ygyeo-Got/, ô^, ovâev v/xolç cù(pi\m ^ 
ifjit cLuTCûWvev cLv. Ewci^ on ye vfjuv nrfO(Tu^oi tov 
vouv, 3ccct ou^eciv ccAAo/^, ttoWcl àv î'd'o^rg cryi/jLuoL. 
Et$ T6 yap ^oA/y uA-S-oy , oJx. ey >f [lîyiaTcf, 'TCfcL^ivi 



I 

l86 AHMOZ0. EniSTOAAI. 

3-ovT<t$ îfdfe^y, oTc TCpoç Toif nepcTMV }ceiT6A<XjLtÇctvey 

^ovaca viMi viTticrrcLiiyïi, 'Ecrri J^' )î TpoiÇwia» 
cLVTyi , f ixct\iaTx fiiv ol S-eot , 3ut/ t?^ tstços ujxctf 
euvo/<t$ mTLcLj 7CCU T)î$ -TTpo^ ê/>t€ tvîpyî(n<tç ^ euvoi 

Tût? aycLcrBevTdç fxe â^i^oaief. Tifiyicrcu. ^OfSv dt zv 
fi^y ev'joiciy rm clvùfSi [iîy<t\y\)i , tyiv J^e us TÙ 
'^cLfov S^vyct[xiv x^cCTot^ggcrrepay , iCtEreAGûjy us to xou 
no(r€/^(îvo? tgpoy €V KccXcLvpicL , 3cct9>i/i<x/ , ou jLtOlOV 
T)j^ (ta(paL\ii<ts îniLcLy »y <r/A Toy 5-soy zX'TCiCjà 
[loi v7e<LpyjLir ou yap su oioa. yt* et yctf eîp «xe- 
po/? eo-Ttv, J^ cLv ^ovXmrcLi y wpùL^cLiy AetirTJtv 
3CA/ a^Aoy ep^e/ to }c/v^v6uovt/ tiîv cl(r(pct\ucLf 
ctAA* 01/ 3cot/ T)ïV TsrctTfiàùL êy^gy^e 6x.otaT)j^ )î/tg- 
pct^ ùLÇofCùy ils ijy Too'auT>iy tvvoicDi î/jlùlvt^ (TvyoïicLy 

OayiS TTfltp' UjUl^V tv')(pixcLi T\J')(Hy. 

Ottcùs ouy, û) ùLy^fiç Aâ-moLioi , iJLy\yj^Ti TrAeta 
p^povoy To?$ zirctpoulr/ x.a)co?5 (7uvgp^û)]uict< , •\}/>j(p/(7a(r62 



LETTRES DE DÉMOSTHÈNE. 187 

▼OS ancêtres , lorsqu'ils fdtent investis par larmée 
des Perses, dans une ville qui vous est entièrement 
dévouée; c'est Trézène [5]. Puissent surtout les 
dieux la récompenser de l'attachement qu'elle vous 
témoigne , et des services qu'elle m'a rendus ? 
Puissé-je moi-même lui marquer ma reconnais- 
sance , si vous me rappelez dans ma patrie ! Plu- 
sieurs Trézéuiens , pour flatter mes maux , vou- 
laient vous reprocher de l'ingratitude à mon égard : 
loin de souscrire à leurs reproches, je vous excusai 
avec toute la chaleur convenable; et c'est , je crois , 
la principale cause pour laquelle le peuple de Tré- 
zène , frappé de ma vertu , m'a décerné des hon- 
neurs publics. Touché de leur zèle , maïs voyant 
que leurs forces n'y répondaient pas, et que pour 
le moment ils ne pouvaient me mettre à l'abri,^ je 
me suis transporté dans un temple de Neptune de 
Vtle de Galaurie [6] , où j'ai fixé mon séjour. J'es- 
père que le respect pour le dieu me servira de 
sauve-garde , sans toutefois en avoir l'assurance : 
car , lorsqu'on est à la merci d'autrui , on ne peut 
jouir que d'une sûreté faible et douteuse. Mais du 
moins, de ce temple, je vois tous les jours le pays où 
je suis né, et pour lequel je me sens autant d'aflTec- 
tion , que je prie les dieux de vous inspirer pour 
moi de bienveillance. 



Afin donc que je ne sois pas plus long - tems 
affligé des maux qui m'accablent , ordonnez pour 



'fis LETTRES DE DÉMOSTHÈNE. 

moi ce que vous avez déjà ordonné pour quelques- 
uns ; faites que je n'éprouve rien d'indigne de 
vous , et que je ne sois pas réduit à supplier les 
autres, ce qui vous serait peu honorable. Si vous 
êtes irrités contre moi sans retour , il me serait 
plus avantageux de mourir; et vous devez croire 
que je pense comme je parle, sans me parer de 
beaux sentimens , puisque je vous ai rendus maî- 
tres de mon sort. Non , je n'ai pas craint de me 
mettre entre les mains do la justice; mais incapa- 
ble de trahir la vérité , et ne voulant pas me sous- 
traire à l'autorité des tribunaux, je me suis livré à 
vos décisions , persuadé que ceux dont j'avais ob- 
tenu tout mon lustre et tous mes avantages , de- 
valent pouvoir , s'ils le voulaient, commettre une 
injustice à mon égard. Au reste , puisqu'une for- 
tune plus juste et plus propice, surmontant les ri- 
gueurs injustes de l'autre , vous a permis de déli- 
bérer deux fois sur la même affaire, et de revenir 
sur un jugement qui n'est pas irrévocable, sauvez- 
moi , je vous en conjure , et rendez en ma faveur 
une sentence plus digne de vous et de moi. Loin 

de trouver que j'aie commis aucun crime dans 
toute ma vie , et que je mérite de périr ou d'être 
diffamé , vous verrez , pour ne rien dire de cho- 
quant,que je ne le cède à personne en atféction pour 
le peuple; qu'il n'est aucun de mes contemporains 
qui ait plus fait pour vous , qui vous ait donné de 



AKMOZ0. Enis roAAi. 189 

m rxvTcLy CL xxi oAaoi^ tktii >î^, iix uîjTc 

p«v ifxyjtcLaBûSi yciéo-Oûtt' ov^ yat^ J/^rv to'jto 
yîniz cL'j xoAsi' eue/ , uyt [jloi tx *rpo$ u;jl« 

£<)COrûK J^' ûtV (loi 'TTttTTlVOlZl TCLVTTTJ TTIV OIAVStaCV 

IL \ \ ^ I d ' CL . ^ * 

ificLVTov xvpiovç vfÀaiç twoimd , XXI OVK l'cpyyov 
roy ayûiyflt, /v<x u.)îT6 Trpooo) Tw» ctA>f^6<AV, jLt>îr 
4)ct/po$ t/jttav efJLoC /jLïiâiiç yîVïiTxi, ce.AA* 0, t< jSsu- 

tûtAoy xoLyctô-cîy erup^ov, toutous û)jX)î» (Je?» e^e/v 
txi xfJUtfTiijj cl ^ov\otvTo y tU e/t€, Ettu âî , }tct- 
\ûf$ troiouax , »* J^txot/flt Ti»p^>f tJT^ ctAx-ou X.p(Xt>î- 
rato-flC, S^tç Titoi Tm xvTœy ce.'Trg^û^xgv J|x7v jSou- 
\et;(rctcr5cti , to? fJi>j(΀v xvïix.îa'Tov '^n^iaxa-^xt moi 
SjxoiT, crao-otre /xc, ^ ctv^pe$ *A5)îyûtto/, x<xt '^^(ficrxaQe 
TccLi Vficùi xvzœv xt^ix TLXi t/JLoif. Ew O'jaevt yxp 
tSv "TTîWpxyfJiîvm >i $iy.Tiy.o*rx fit tripyiatTe , Jj^' 
gV/T>j(3^5<oy xri/jLov eTvoti , oJ(î' ctVoA«Aevcti , ctAAct 
x,<x< euvouv Titf TrAnô-g* toT u^grepty, to/$ jutctA/cO' 
Ojtto/û)^, îvct jLtiî^ev eî2r<(pâovov ypct-sl/û), xot< tjrAgto-Tot 
'TretirpotyittctTguagvov tû)v yi>vt ^û)vtû)v UTigp vfjtm ^ 

XXI (JLtyi(TTX VTSrx^yO'JTX IJ.01 YXLX ZfJLXVTOV (TVIX^ 



IÇC AHMOZ©. £niSTOAAl. 

ôiupiŒ^cu' dWôL ( * ) ToTk TTocpoûirtv îTCùLtrioç ct(p6oy«^ 
p^pÎTot/ , e^o/ J^e TûtuTct viTv tsrctpecrriy , coç judhot' 

xot< JjLt^v -zsToâ-o^, x.flt< ojv wîWoii^cL Aoyi(r|xo^, ce 
'TTccyTot îsro/eT fxg ô^pserGctr ci gî&'«nto^ouyT6j J^t- 
pcct/û>^, ey ouVevi T«y wî^TroXinuiiîm^ uVep u/wav 
oi»Te fjLci\xx.icLi y ovrt ayctv^ptûty jrpocrowo-ctv €up>»- 



f 



* 

ripo^ fjLîv S^n nrcuTcLç v/âolç roactvrcC Idiet h 
Toï$ îfjLOi 'TrpecTjcpoi'ouo-tv eyotvTtov JfxcBV jSouAojttct* 
<r/<xAep^3->î'vot/. 'Ocrot fxgv yap toT$ u(p' J/x^y a/yvor 
d-îTciv vTsrïifîTovvTîÇ etroioi»y, ecrra? J^/' D/totk ctu- 
To7^ îire'Trpa^'S-ot/ 5 tccli ovSî^f ^yxciXcù* eVe/àj ^e 
tyvœTtcLB* vfjiîiç oicl tclvt garty, îcly ^tgy, «o-Trep 
u^rep Tû)V Ao/^ûjv eSicr/, }tot< gjmot avy')(Cùpyia'Ciùcri ^ ycor 
Xaiç 'TTon/icrovcrir Icu J^ 6V)ip6oc^g/v gyp^etpao"/?, 

Tgpcty T)iv TouTû^y i')(d'pcu ry\$ ^rcLf v[xcùv ^apiroi 

(*) J aime mieux lire avec Wolfius : «aa* «. 



LETTRES DE DÉMOSTnÈNE. IQl 

)lus fortes preuves d attachement. Et qu'on ne s'i- 
nagine pas que ce soit par lâcheté, ou par quelque 
notif peu honnête, que j ai déploré mon sort dar^s 
oute cette lettre; mais tout ce qui peut autoriser 
m homme à se livrer sans réserve à la douleur, je 
'éprouve malheureusement aujourd'hui ; peines 
l'esprit et de cœur, désir de vous revoir, de revoir 
ma patrie, réflexions sur ce que j'ai souffert déjà; 
roilè ce qui me fait déplorer mon sort. Jugez de 
mon abattement comme vous devez , vous verrez 
que toutes les fois qu'il a été question de parler ou 
d'agir pour vos intérêts , je n'ai montré ni lâcheté 

ni faiblesse. 

Voilà ce que je vous dis à tous; je vais dire un 
mot pour mes ennemis. Dans tout ce qu'ils ont fait 
en abusant de votre ignorance , je suppose qu'ils 
ont eu dessein de vous servir, et je ne leur en fais 
pas un crime : mais à présent que vous êtes instruits, 
si , après avoir renoncé à inquiéter les autres , ils 
cessent aussi de me poursuivre, ils feront ce qu'ils 
doivent ; s'ils s*obstinent à me persécuter, je vous 
supplie tous de m'étre favorables , et de ne pas souf- 
frir, pour ce qui me regarde, que leur haine pré- 
vale sur votre bienveillance. Je vous recommande 
à la protection des dieux. 




LETTRE TROISIliME. 

SURLES ENFANS DE LYCURGUE. 



JLrcuBGUB était en même tems un excellent citoyen^ on ministre in- 
tègre , un orateur célèbre et un homme fort instruit. Il avait joui , pendant 
quMl vivait, de la plus grande considération parmi ses concitoyens, qui 
lui avaient décerne des honneurs distingués. Après sa mort, Ménésechmfi 
un de ses plus ardcns adversaires , avait attaqué ses enfans comme étant 
débiteurs du trésor au nom de leur père. Ils furent condamnés, et un nommé 
Méroclès les fit mettre en prison jusqu'à ce qu'ils eussent payé. Démos- 
thène, qui faisait b^caucoup de cas de Lycurgue, dont il était rami, 
écrivit du lieu de son exil aux Athéniens en faveur de ses enfans. Il fait 
le plus grand éloce du père; il rappelle les marques d'estime et déconsi- 
dération qu'on lui a données, les distinctions dont il a joui tant qu'il a 
vécu. Il montre que les Athéniens doivent mettre ses fils en libarlé;la 
fustice , l'honneur , leur propre intérêt le demandent. Il insiste , an 
commencement et à la fin de sa lettre , sur le motif qui la lui a fait écrire. 
Il parle de lui-même en finissant; il fait voir combien il serait injuste et 
absurde qu'on ne révoquât point latuertence qui le condamne , lorsqu'on 
a ; bsous un Aristogiton. Il demande que, du moins , on lui accorde un 
sauf-conduit pour revenir dans sa ville et se faire payer les sommes qni 
lui sont dues, afin qu il puisse s'acquitter envers l'état. Si on en croit la 
dernière lettre d'Eschine , il obtint ce qu'il demandait pour les fils de 

Lycurgue. 

• 

DÉMOSTHENE, AU SENAT ET AU PEUPLE , SALUT: 

Li EST pour ce qui me concerne , c est pour que 
\ous me rendiez la justice que je pense qui m'est 
due , que je vous ai écrit ma dernière lettre. Vous 
m'accorderez ce que je vous y demande , quand 
vous le jugerez à propos; mais je souhaite qu'at- 
tentifs à l'objet pour lequel je vous écris aujour- 
d'hui , vous m'écoutiez dans un esprit d'équité et 
non de contention. Exilé d'Athènes, j'entends plu- 
sieurs Grecs vous blâmer sur le sort qu'éprouvent 
, les enfans de Lycurgue. Je vous aurais écrit, quijnd 
je n'aurais eu pour motif que de défendre la iné- 



T 



EniSTOAH TPITH. 



HEPI 



T^N ATKOTPrOT nATAnN. 



AHMO20ENH2 

THI BOTAHI KAI TÛI AHMOI 

X A I P E I N. 

1 JLEPI jUieV Tùùi 7CCLT î/MOLVrOJf y CL [JLOl WCLf Vflûû'J 

•xj/ot -TTpo^ viiSUy vzgrtp «y, oT<ty vfjui ùoxif , "tore <rvy'' 
^Cùpriatre* TSTBft «Te av vuy e'rreerTae.Ax.Gt, &ov\oi/iïii 
iy JfjLGt^ /x>f TsrcLfi^iiy fimdî Tipo^ (p<AovgiJctotv, dWct 
TSTfOÇ To J<x,ot«oy dx^ova-du ^v/jlCclvjîi yap ^o/, x^t- 
Trep î}L7sro$m ^ûtrpiCoyT/ , tsroAAoy ax^oueiv imri- 
(xcêifTai vfjui Itsti roiç TCtfi rov$ Aojcoupyou wcu^clç 
yiyvofjiîyoi^. ETrecrTgtAot i^ev ooy av T>iy €?sr/TroA>jy 

ï. ni. i5 



\ 



194 AHMO20. EniSTOAAi. 

'Ex.eTvo^ ycLp clvtov ev ta nzfi mv J^mxn 

cpeiv , cre 3Cûl< tSj S^yi/jlotijcSv thaï 'Trfoavroioviiîm 
'Trpoxipgereo't 'Trpojrgvet^gy eai»rov , of^ on J^aptctj 
ycLf rm hcLvricùi nrcurct tcl toiclvtcc iyiynro* 

Ovà Ôt/ TeLVZïiV ÛL(r(pûL\îcrTîfCLi T)jy 'TrpOCttpe^tF OWffflLV 

tœp<t* TCoWovç ycLf yccLi UfoàvïXovç tiyjt, xey(ît?ou$, 
ox)ç (VictyiLcCio^ Ï1V vwofjLsTifcLi Toy Jtrep rotî J^ïifwu 
Agye/y x.<tt wpctmiv 'Trpoot/pou/^fyoy otAA. on J^jf- 
fioTiTCQÇ X.CLI (pvati p(^p>î<rro^ otyijp ny. Kct/ro^ 'îTct- 
pojy iûùfcL Touç fiiv ^o>id-yi(rcLvrciç iy tcù J^>ï/ji», 
€LcrQîn7$ eV< toT? <rujL6b6j8wcoo-/y ôvra?* toJ^ J^é 

» I f \ / Mf f 

TCtVOtVT/Ct TSr^cLTro^TcLÇ , }tCtT(t îTotyTct gppûJjLtgyoW 

fltAA Ojttû)^ oi»6gy )iTToy ^x^uvoç etygro Tot/Tû)y, et 

Tucù^ xcLi Atycùi TtcLi TtrpcLTrm cl wpoa-yi^îf y\i 
cpavepo^, ecp' 01$ îv^vç g^'^rerro, û)V ctîzrctyTg^ îerctcr/r. 
E^6crT6«A(t jxgy ot;v àv , œazïnp erzT'ov ey ctpvw, xûtt 



LETTRES DE DÉMOSTHÈNE. - IqS 

^oire de cet excellent homme, et de vous rappe- 
*^r ses actions , dont vous ne devez pas être moins 
^^connaîssans que moi, si vous voulez agir comme 
*^ doivent des Athéniens. 

Quoique, dè^on entrée dans le ministère, il eût 
l'ésolude se bornera ladministration des finances, 
et qu'il ne fût pas dans l'usage de s'occuper des 
affaires des Grecs et des alliés, cependant, comme 
plusieurs ministres , de ceux même qui se disaient 
amis du peuple, vous abandonnaient, il s'attacha 
à soutenir les intérêts du peuple. Ce n'est pas que 
ce parti dût lui valoir des gratifications et des re- 
venus, avantage qu'obtenait le parti opposé ; ce 
n*esl pas qu'il y eût une plus grande sûreté à parler 
et â agir pour vos intérêts , système qui expose né- 
cessairement à mille périls: mais c'est que de cœur 
et par caractère il était ami du peuple et bon pa- 
triote. Ainsi, quoiqu'il vît par lui-même que le cré- 
dit des ministres fidèles était bien diminué, vu les 
circonstances , et que le pouvoir des orateurs mal 
intentionnés était assuré à tous égards^ il n'en était 
pas moins attaché aux intérêts de la république , et, 
soit dans ses paroles, soit dans ses actions^ il se 
déclarait toujours avec courage pour ce qu'il ju- 
geait le plus expédient. Aussi , comme personne 
ne l'ignore, ne tarda-t-il pas à être accusé de crime 
capital. Je vous aurais donc écrit, je le répète , 



i 



'.t 



ig6 lETTKES DE DEHOSTHÈHE. 

quand ce n aurait été que par considération pour 
Lycurgue ; mais persuadé qu'il vous importait 
detre instruits des reproches que vous font les 
étrangers , ) étais bien plus porté encore à vous 
écrire. , ^ 

Je prie ceux qui étaient ennemis particulier» de 
Lycurgue d'écouter à son sujet des discours rai. 
sonnables, et de souffrir qu'on leur dise la vérité. 
Vous ne pouvez ignorer, Athéniens, que le traite- 
ment que viennent d'éprouver ses enfans , ne doit 
pas faire honneur à votre ville. C'est une chose 
connue dans toute la Grèce , que vous avez accordé 
les plus grandes distinctions à Lycurgue pendant 
sa vie ; et que, quoiqu'il ait été souvent accusé par 
ses envieux , vous ne le trouvâtes jamais coupable. 
Vous aviez une telle confiance en sa vertu y et vous 
le regardiez comme si dévoué au peuple , que vous 
avez prononcé plusieurs sentences sur sa simple 
parole qui vous paraissait suffisante ; ce que vous 
n'auriez pas fait, si vous n'eussiez eu une grande 
opinion de son intégrité. Aujourd'hui qu'on ap- 
prend que les enfans sont détenus en prison , on 
est touché pour le père qui n'est plus ; on plaint 
les enfans comme indignement traités , et on vous 
charge de reproches si durs , que je n'oserais vous 
en faire part Ces reproches que j'entends avec 
peine , je les réfute avec chaleur; et, sans entrer 
dans des détails désagréables , je vous en ai écrit 
suffisamment, pour vous faire connaître que toute 
la Grèce vous blâme, persuadé qu'il vous importe 



AHMOS0. EniSTOAAI. 197 

^ ^ \ > / ^ f , * y Sn ^ \ f o* 

J^iOL TJIV €X£tyOU %flt();V OU ^)fV CtAA.* 3tût< VfJLtV VO- 

fjLiÇaf av/i<ptfeiv rctç wctpA roiç «ça y/yvo/xevotj 
l7snTitJLï\<Ttiç ^îâî^dLi , woWcù zrpoGu/xoTeps» t^po^ TO 

IletfCLiTOVflCLl J^e T0U5 /AqC TpO^ îTCsTvOi t^OVTcLÇ 

ctxou€i» wîpi cLvrou. Eu yotp lerre, a avape^ A5>f- 
votroi, oTi yuy ex, T<»y ^6p< tou^ wxîâxç ccvrotT 
ytytHïilJLî^m cpotuAny J^o^cty i ito\iç \cLiiÇ,cLm' ovâîi^ 
yctp rm 'EWnmv ayyoe?, on (avrcL Aux.oupyaîr 
iri/iad-* vfJLsiç tU J^cTEpCoAity Tuti TsroWm ctiTiSi 
ÉBreye5^36<(7aiv Jtro rSy (p^ovouyra^y cture», outîg^Lttoty 
WGÊnroB* euper clAh^Jt outû) J^* îwicttîvîtz cLvrSy 
iccLi J^m/iOTiTtov wcLfcL wcuTcLÇ T^ytia^Sj Cùave TToAAot 
TOT S^iTKtim vj r£ (piuret* Au)coupyoy ex.p<y6T£* xoti 
Tou5' u/xTv t^ïipxii* ov ycLf ày, xoti roiouroy ,a>i 
S^OKOVv vfJLiv. Nuy To<yuy otTûtvTg^ dx^ovovrîç tov$ 
vliiç dvrov J^tàtcrd-oLi y Toy fiiv red-ncùTx éAgouerr 

o/AiV J^ t'rciTifJLaffi 'Wtx.fCùÇj as oux, cty ToK/XYiaûLi/JH 
ypotcpe/y gya, A y cap <jl')(Poilcli tqis \îyQV(n, x^cti 
dvTiMycû x,ût6 o(rov S^mayLcn^ (èond-m vfjuv, rauuzdLy 
ûtvp/ ^g> roij J^îÎAov u/i<v ^o()j(rct/ , on woWoi 



^ 



igS AHMOD©. EniSTOAAi. 

tj^ I ^ \ f f » 7» ^ I I 

Oœcl /jLîifroi Ao/ooptce.^ %^f^^ ^(TTiij m Myomi 

Ovmç ycLp uTTg/ A)i(pey , a^ apot )jyvo>îxocT€ , jut* 
J^/g-^/euerâ-îiTe tîÏs aAïi5eioc^ wîpi <lvtqv AvKOVfyov. 
To, Te ycLf rov %povou ^A>î'-9-o^, ôv t^îTctf^o/iîiùi 
ov$ii wcùzsroB^ e JpJiGu -Zcrgp/ u^tcti oure (ppovû^y , out« 

ray dWm dvdKr^na'tcLy vijuùv jcctTayvwVot; , uxoxaç 
ctvcttpeî TYii vztTîf rrç (lyifoicLç (tx^Î^I/^v. Ae^trfTflji 
To/vuv, wcLiTîÇ cL}f tiicLi <^(tv\m cLvâpancùH îfyùf 
(pyiactn^ , to , oaoi cty ^pîîV^e %poyov , rocrouror 
iKcLo-rov $povT/^6ty J\o)c6?V /XcTot J^g TctSrot jit)i- 
dévot gp(^g/y \oyov. Etç ri yctp tcôv àWcdv ^n 

WpoaêoXCtV Tû) T£TgAgUT)1X,0TC Tm 'TTcLp' V[Xm îfft- 

aâ-cLi %ctp/y ^ oTûty g/^ touV wûuÙclç , x,cti - Tîjy eJ- 
(îb^/ay, rayavT/ct opet t/^ y «yyojuigyct , cTy /^oy©v jtct/ 

fJLVIV ÙV^i ')(^pyifJLçLTm WOlzTi tiiXCL TCLVXÙL S^OX^UV y T«ï 

3caA«y }tciycL&S}i icrriy. Otîrs yctp T)îk fieycûio^v- 
^icLÇ^ ovre iïi$ cLAAy\s wpocLifîcrtcù^ zr\ç vfXîrtfdS^ 
axoAoi>ôov ày Çaveoi' tt yctf vfifxç XvaaLtTd-aii naf 
erîpcùv îùii, S^oncLS gpc rm *7rpoo'/oyTû)v tcl ypyi/JL(XJ(^ 



LETTRES DE BEMOSTilEI^E. IQ^ 

de le savoir. Mais il est des réflexions faites par 

■ 

quelques uns sans nul esprit de malignité, qu'il 
est bon de vous mettre sous les yeux. 



Personne ne s'imagine que ce soit par ignorance 
ou par erreur que vous en usez de la sorte envers 
Lycurgue. Le long espace de tems où vous avez 
emploj é ce bon citoyen , sans le trouver jamais 
pensant ou agissant contre vous , l'avantage de 
n'avoir jamais été soupçonnées de stupidité , ne 
permettent pas de croire que vous ayez péché par 
ignorance. Reste donc ( indifférence coupable qui 
ne peut vous faire honneur) que vous ne songez 
à nous que le tems où nous vivons , et où nous vous 
sommes utiles ^ et qu'ensuite vous nous oubliez 
absolument. Mais en quoi peut-on espérer que vous 
témoignerez votre gratitude aux citoyens morts , 
. si l'on voit que vous n'épargnez ni leurs enfans , 
ni leur mémoire , seuls objets qui intéressent les 
mourans? Userait encore moins honnête que vous 
parussiez tenir cette conduite par intérêt ; cela ne 
serait conforme ni à votre magnanimité naturelle, 
ni aux principes d'après lesquels vous agîtes tou- 
jours. Pour moi, je n'en doute pas, s'il vous fallait 
racheter les fils de Lycurgue , et tirer de votre trésor 
une somme pareille à celle qu'on leur demande , 



200 LETTRES DE DEMOSTHilfE. 

Yous VOUS y porteriez tous avec ardeur. Quand 
donc je vous vois faire tant de difficultés pour re- 
mettre une amende imposée par la calomnie et par 
la haine , je ne sais que dire , à moins que vous 
n'ayez résolu d'inquiéter vos ministres et de les 
persécuter sans ménagement ; conduite qui serait 
aussi opposéeà la justice « qu'à vos propres intérêts* 

Quoi donc ! ne pouvez-vous sentir combien il est 
peu décent que le peuple d'Athènes , qui passe pour 
le plus sage de tous les peuples , et dont la ville a 
toujours été le refuge des misérables , se montre 
moins généreux que Philippe ? Ce prince qui, élevé 
dans la puissance souveraine, ne recevait proba- 
blement de leçon de personne , se fit néanmoins 
une loi, lorsqu'il fut dans la prospérité^ de signa- 
ler sa clémence. Plein d'égard pour les vertus et 
pour les ancêtres de ceux qui avaient combattu 
contre lui et qui lui avaient disputé l'empire, il ne 
se permit point de les mettre aux fers [7]. Bien 
différent, sans doute, de quelques-uns de nos ora- 
teurs , il considéra ce qu'il devait , en pareil cas , 
à sa dignité, sans croire que le même procédé fut 
juste et honnête pour tous. Et des hommes formés 
par Téducation qui rend supportables les plus stu- 
pides , des Athéniens , contre tout principe et 
contre toute règle, ont enfermé les fils pour les 
- imputations faites au père ! Et vous prétendez par- 
là traiter également tout le monde, comme si vous 
aviez à juger des poids et des mesures , et non à 
examiner la conduite de vos ministres à la tète des 



AHM02©. EniZTOAAI. 201 

TcUJTCLj TSrcLncLÇ àv T^y OVllCLi W'fOâVfJiOVÇ tiVCLt* Tl- 

(p^ovcù ytyom , oux, t')(Cd n xcttctyva , ti [in oAcû$ 
vtx.fSç xcLi TeLfaJ^CùàcùÇ '^%^'^ ^po^ '^^^ J^>îfxo- 

TtX,OU^ eùpfJLïlXCLTî. Et à^î TOUT eCTTiV , OWT Op^-»? , 
OUTg (TUjXCpgpOIT®^ tôOVXîVzffBeLl îyiùù'iLCLTÎ. 

&ctvfjicL^cû S^\l [xyïàtiç vfJiSv ivyoîi, ort tSv cli- 
(Tj^pw eo-Tt Toy J^)!]ttoy rm 'ASmdtm, avveati xoli 
wcLiâîicL w^ctyrcev -zsrpoep^g/y ^ox^ouvTot, ô^ 3tct< Tois 
cLTv^}i<TcLaiv ûLu x.o/V)iy ep^g< xoLTcKpvyïjV , ctyvû^^to- 
ygo-Tepoy cpcc/yecrSct/ $tAttrî9'ou, oç y cliovBîzi/itqç cùi 

tlTtOTCêÇ^ TpotCpgi? tV î^OVaiCty OfJiCùS CfîTO J^eTv, W3C 

euTup^ïjo-e /jLûiMazcLj tôt cL'jSfa-anvcL WfcLrrm 
Çflttyc(r^flte , x.ctt toi/? wdfoLTcL^cLiivjovç , tïrpo? ou? 
crgpi T®v oAûîy J^/£x,tvouveu(T6v, oux, îTo\[Jiyj<rî S^ïi\cù- 
o-flti , To Tfyû)v jcfltt Tins ii(riv eçeT<X(Ta? ou yctp, 
aç 60ix,ey, ofjLotctàç rm trbtp' J/^ry p>îTopû)y îvioiç , 

OUTe à\}LCHCL ÙL^ Siyctt WpO$ CLWCLncL$ XCL OLVT<tyOVTt 

tlclXùl i^yelroy dWcc rm tiT? (t^ixç 7srfoaQyi}cy\v cruA- 
\oyil^ofjiîyo$y rcL toiclvt eVejcp/yey. 'T/^eî? J^*, 

Tou? ctvoLto-5>iToi/? cLny.rovç woitii J^oxe? J^uya(r9<xt, 
îjrpû)Tov |j.6y, TtcLvrm ctyvûâiiono'TcLroi eariy Tigp/ 
û);> Toy nxTîpoL ctlztœvTcLt Tr;g?, tou? viii$ cîe^exotTg' 
e/Vct, TO TcLvTûi TTo/eTy tcrov cpotTe, ûJo-'Trep uTrep <rta6- 
fjLœy n fjLiTfm ro laov (rxoTroUjU-gyo/ , aAA oup^ u-zr^p 



aoi AHMOSe. EniZTOAAI. 

ûLv$fSif wpocLiptatc^ y xcLt TCoXirtidis jSouAeuojxevoiv 

3cct< îw tvyoict TCL AvKOVfycû TsrewfcLyiJLivcL (poLin- 
TcLij fiyioîvo$ X.CLKOV y clWx iccti wcurcûi Tûjy otyct- 
BS'J tùv$ 'tccu^olç clvtov S^tTLdio^f îcrri Tuy^cwÉi» 

tMiycù Ti$ lyitaXH , Tt;yp(^ctveiy opyiT^* w3i<n yctp 
Ticuzm rSy dfjLcLfryifjLcLrcùy ofO$ eo-rt TgAeuTn. Eira, 
e/y ooTû)^ €ç2Tg, cy(75 oi juiev ap^^gcr^evre^ ri T015 
vVtp Tou S^yifiQv 7sro\trivoiJLî)foi$ , fjiy\iî zsrfoç rtKv)' 
TVïa<vncL$ S^KtWoLyyKToyTùLi , dWcL tlxi toT$ nc^m 
T)iv ep^-S-potv ^icccpuAct^oucrty , àl d>i|J.o^, (î (ruiotyo- 
vt^eTott T<îy dy\fjior iicSy éjcao-ro^, l^^p^pt tou Tiotpof- 
To^. p^pîjicrSott /jLyy^fjLcyîvati zcl$ ^ctptT<t$y fitrct tùlvxûl 

v*7Vîf tov S^y\[xov TcL^iy cLifîia^cLi. 

Et Al MotfOK\y\Ç CLWOXplHTcLl y TCLVTÛL fJLiV (TO- 

(ÇûùTîpcL il xaS-' îcLVToy îivxi , îyct ùt [in ctTtoâfaaUj 
(Vjxoç cLVTovç âïiccLi , îfCùTi/tactr auTov , yivi^cl Tctupea^, 
x^fitt nccTctixo^, x.(tt ApKTXoyeiTûoy , x^oti oiJto^ , îh to 
âîfffjLCùTyifioy wcLfcLâo^ivreç y ou /xoyoy otJjc e^ec^eyro, 
olAAûc xcci iùi[xrïyofovv y ri (J^Tors oJ^ ^'û^p* Ta 
ùiTtoLicL TcLVTcL. El ât fjLYf (py\<Tu TOT ap^^e/y, ou^e 
Mytiv î)c yt Tm vofJiCùy clvzSù Trpoo-îTxcy* àari nS$ 
f.croy go-Tt rovç (JLty cLp')(jiiyy oi^ fjiy\ài Xtytiy î^î(r:h 



lETTRES DE D£MOSTH£NE. 2o5 

lires! Que si, dans cet examen , vous trouvez 
e Lycurgue s'est conduit en ami du peuple, en 
1 et zélé patriote , ses fils , loin d'essuyer un 
uvais traitement , doivent être comblés de vos 
3urs. S'il s'est conduit mal , vous deviez le pu- 
lorsqu'il vivait , et non décharger sur les fils 
re indignation 9 pour les fautes qu'on impute au 
e, puisqu'on ne doit plus rechercher les fautes 
Jelà du trépas. Car enfin, si, d'une part, ceux 
itre vous qui auront été ennemis des ministres 
tisans du peuple, loin de se réconcilier avec 
, après leur mort , gardent des sentimens de 
ne pour leurs enfans ; et que , de l'autre , le 
iple, dont ces ministres se déclarent les défen- 
rs, ne songe à leurs services que dans le mo- 
nt présent , et les oublie aussitôt après , y aura- 
rien de plus malheureux que d'embrasser le 
ti du peuple ? 

il Méroclès prétend que ces raisons sont trop 
»tiles pour lui ^ qu'il a fait enfermer les fils de 
îurgue, afin qu'ils ne pussent pas s'enfuir , de- 
ndez-lui pourquoi Tauréas , Patécus , Aristo- 
3n [8] , et lui-même , quoique condamnés à la 
son, loin d'être enfermés, haranguaient le peu- 
: demandez-lui pourquoi il ne jugeait pas des 
3ses avec cette rigueur. S'il dit qu'alors il exer- 
t des charges , comme les lois le lui permct- 
înt , mais sans parler en public , est - il juste , 
e , tandis que celui qui n'a pas même la liberté 
parler en public , exerce des charges , on tienne 



i 



2o4 LETTRES DE DiflfOSTHiNE* 

enfermés les enfans d'un père qui vous a rendu 
un si grand nombre de services ? Non ^ Athéniens, 
je ne tous conçois paà , à moins que vous ne you-' 
liez apprendre , par un exemple éclatant , que la 
scélératesse , l'imprudence , la méchanceté déter- 
minée , ont tout crédit dans Athènes , et toute assu- 
rance de Timpunilé; qu'il est aussi facile aux 
hommes pervers d'échapper quand ils se trouvent 
dans l'embarras^ que dangereux de choisir le parti 
le plus honnête , de s'attacher à une vie sage , de 
se dévouer aux intérêts du peuple; et que, si Ton 
tombe alors dans la moindre faute ^ il n'y a point 
de pardon. 

Je ne dirai pas qu'il est injuste de penser deLy^ 
curgue mort , autrement que vous pensiez de Ly- 
curgue vivant; que vous devez avoir plus d'égard 
pour ceux qui ne sont plus , que pour ceux qui 
vivent : je supprime ces réflexions , et toutes les 
autres de ce genre . que personne, je crois , ne 
conteste. Mais je ne serais pas fâché de vous voir 
témoigner de la reconnaissance aux fils de ceux qui 
vous ont bien servis^ vous qui savez gré à tant 
d'autres des services que vous ont rendus leurs an- 
cêtres. Et ce n'est pas pour vous faire des repro- 
ches , que je parle ; j'en suis si éloigné , qu'il me 
semble , qu'ici surtout, c'est pour vos intérêts que 
je plaide. En effet, vous exciterez par-là tous les ci- 
toyens à se dévouer au peuple ; ils verront que, si 
l'envie s'acharne sur les vivans et s'oppose aux bon- 



AHMOS0. EniSTOAAl. 2o5 

rou^ ât $t$î<rQcLi , «y tsroAAcc %p>)o-e|tJLo^ >iv viivf o 

tLef,¥ Tl (TVfJiQj ^€i\tWOy TOÎ^ TOlOVTOlÇy iitoXvfTiç 

iccu (ftfjuoT/îcS, TrpoeAea-^ûti ÇSi^j crcpceAspoy , )wtv ti 

/ ^ >t »; 



Eti To<yuy to |j.ev, fjm a<xcttoy e/ycti, tw îfxincu 
obçflty É%€*yj mwtp Çûùitqç ^^'X}'^ exe/vou, }iow to 
r5f TtT6A6UT>î)coT(»v, î» Twy zycLpovTm y w*\ticù woiii' 
T-d-cu Aoyoy, âixcaiov £<yct/, 3col< trotyr* tct ro/auTct, 
fotffâ)* -zsrotpot yûtp trScr/y ofjLoXoyîicrd'cLi Tcujtcl uttck- 

\}f(Pct* OiTOK fJiî^Tùl WcLTplKCLS iVepyî<ncL$ (V^lfÀM^^ 

fjiO}^tv(rcLTî tSv (tWm , i^àîCûS oiy i^o<^< ujuiccf x<ti 
z&'oAASy irîpm cuisroyoïoiç. Oup^ «V tTCi'ziiJtZv $t 
TAVTùL '7edLfy\Hy7LcL. Toffomou yctf àta tout© zyoïeTv , 

ùù(TTt <rUjLt(p6p€«V /AfltAeO'Tflt TJf TToAcl Tôt TOlCtU Tflt X.pi - 
HCà* ^pOîCOtAsTo-^e y<Xp TlfitVTCt^ ÎTL TOVTCùV Aj/xot/x^ou^ 

etyoti , op5vT« 0T< , x^y ey tS jcjxÔ' ictvrov^ (licù rcuç 
^fO<rr\7LOV(rcLi$ clvtSv ti/jlou$ o ^d-oioi cLyriaTli , TÔi$ 



2o6 AHMOS©. EniSTOAAr. 

yt TCcLKTtV VTecLf^îi Tût 'TTpOCDJJCOVTût -ZTCtp UjLtâJV yLO]k\' 

(TCL(T^CLi. ïlcii Ol/V Ol/X. CLTOTtOlf , /JLoiWoV dfe Jtfltt CU- 

<r^poy , Tûjy juiev fltAAû)V Tiaty xxLi TsrcLXaLiai orrm 
rSv p^povû)y }ta9' otî? gygvovro p^p>î(re)tto/ , 3cac A' 09^ 
ÀKOVîTîy TcLç tvîfyta-tcL^y ovx. €ç o^v tCùfcLitcLTiy uVe<- 
A>î<poTct$ , o/Aû)^ T)jv Ax^cttccy Êtîvo«xy d'icto'û^^gtv Ay- 
Tcovpycû , oyTû)^ u'TTcyu/ou îcctt T)j^ -zsro A/ret ct^ xcu 

jttoffc , x.ott ujp û)v >f(^x£Î(rS-6 , iroifjioi Toy aAAoy îrs 
p^povov 6/^ 6A6oy x,oL< (ptAoe.v9pûîîirtce.y , jLt)j(î^ g/^ ravi' 
tj[Xdi$ xvTovç o[ioiov$ TTctpep^g/y, jccti Tctur' s/^ rou^ 
'orcuocLÇ cLvrov yiyyoftgv)j$ tîÎ^ Tificùftctç , oiî^ xctf 
ep^Wpo^, g/îir€p /jLiTfios et)t xct/ \oyi<rfjLov tyjAi^ eAsJi- 
(rat/ j 0<xu/^<x(^û) Totyuy 3tct< toî/t ez t/^ JfxSy aT^oel , 
aV ou^e toSto (rvfi^îpîi t^ woXiTuct cpotygpov y<yvo- 
it^evoy, oTt To/^ jttgy oaAjiv tivcl }cT>î<xct|U!.€vo/^ <p<Atcty, 
xctt xotropGoî/ (T/y , 6V ?rS(n 'tcMout^zu^ ^'^^fX^h ^^^ 
(trv')(y\(TCù<Ti T/, pqt,^tût$ 6iyct< ra? Xvans , toÏ^ cî e/? 

\ ^ 9 I t \ 9 I \ 

Tov a)i/xov cucLfTn<rdL(ni gotuTov^, ou jLcoyoy x.ct,T<i 
rdWcL gAûtTToy ep^g<y vnrcLf^Uy <tAA<x x,(X* Tct^ 

A'AAcc [MTfv on ToiTÔ oÛtû) yiyygTût/, fctâioy âit^eti. 
Tiçyxp oJjc ot(îgv JfJiSy, Aap(^»T/, r5 MgActya^y, 
dXœycn /JLgy ofJioiSç gy <îixût(TT>iptûij cru/^Êav, «V x.flti 



LETTRES DE DEMOSTHÈlVE. 207 

urs qu'ils méritent y leurs enfans du moins ob- 
nnent de vous de dignes récompenses. N'est - il 
ne pas contraire à toute raison, ou plutôt à toute 
cence , que vous , qui conservez une juste bien- 
illance pour des hommes dont les services sont 
)ignés, et ne vous sont connus que par ouï-dire; 
le vous , qui êtes toujours portés à la compassion 
à l'indulgence , même pour les méchans qui 
us ont fait du mal, vous ne preniez pas ces mêmes 
ntimens pour Lycurgue, dont l'administration 
la mort sont si récentes ; et cela , lorsqu'on per- 
[^uteses enfans , dont le sort exciterait la pitié 
ême d'un ennemi , pour peu qu'il fût honnête et 
odéré? Je suis surpris que l'on ignore parmi vous 
»iiibien il est nuisible à la république de déclarer 
le ceux qui se sont fait au dehors certains amis , 
it l'avantage en tout, lorsqu'ils réussissent , et 
l'ils se tirent aisément du péril , lorsqu'ils man- 
uent leiir but ; tandis que ceux qui se sont dé- 
oués au peuple^ non-seulement sont moins favo- 
isés dans le reste, mais encore que, pour eux 
euls , les disgrâces sont irrévocables. 

Plus d'un exemple confirme ce que je dis. Qui 
^evous ignore que Lâchés, fils de Mélanope [9] , 
a été condamné dans un tribunal , comme au jour- 



â08 LETTRES DE DEMOSTHiNE* 

d'hiii les fils de Lycurgue; et que , sur uae lettre 
du nouveau roi de Macédoine, on lui a remis toute 
son amende? Mnésibule d'Acharné, condamné par 
le même tribunal qui a prononcé la condamnation 
des fils de Lycurgue , n a-t-il pas été renvoyé ab- 
sous? et avec raison; car c'est un homme ver* 
tueui. Et aucun de nos déclamateurs actuels ne 
peut objecter que c'était renverser les lois. On ne 
les renversait pas, s'il est vrai que toutes les lois 
sont établies pour le bien de la justice , et pour la 
sûreté de la vertu; on ne les renversait pas , s'il 
est vraiment utile que les disgrâces des citoyens 
infortunés ne soient pas éternelles , et qu'on ne se 
montre point ingrat. Si donc il est de votre utilité 
que vous vous comportiez comme je dis , loin de 
détruire les lois, lorsque, vous absolviez ceux dont 
je parle , vous suiviez même l'esprit des l^sla- 
teurs , en faisant grâce à Lâchés par égard pour 
Alexandre , et en sauvant Mnésibule pour la sa- 
gesse de sa conduite. Craignez donc d'annoncer 
qu'il est plus avantageux d'acquérir l'amitié des 
étrangers , que de se mettre sous la protection du 
peuple ; et qu'il vaut mieux être connu d'un pe^ 
sonnage illustre , que de se faire connaître pour 
chercher dans l'administration l'intérêt du plus 
grand nombre. Il est impossible qu'un ministre, 
chargé de vos affaires , plaise universellement. 
Quand on est porté de cœur pour le peuple, il est ■ 
juste qu'on soit épargné; sinon ^ vous apprendrez 



''• h 



iSHMOSe. EniZTOAAI. 509 

f Toiç AvKovpyov wcLtaiv , acpÉÔ-îvûti âe tstcu rà 
\yiucty i'TtKT'zuXamroç 'AAg^ccv^pou, xa.< TsrcLKn^ My)f- 

? cLvrov Tov diKctaTuifiov cûtTTsrep tccli tS? Auxci/p- 
ip cty)jp' jtctt ov6îiç eu twi rovroiç Tob$ ^ofiov^ eÇ>î 

r6At;oyTo , g/TTep oLTsroLVTîç ot yo^o/ Tû^y oiitctim 
tcLy 7CCLI aarviftcL^ t^y ^pito-ray <xv9pû)7ra)y T<9eyTa/, 



.1. AAAct [j.y\v n yg rotuH odtcûç^ cdo-wep ay (p>j(rot<- 
, e^g«v <rvfi(pipîi , ov ftoyoy tou^ yofxou^ ou xo-Tg- 

'^grg Tay Tou^ voi^ov^ 3îfiz}icô'j cc^BfCûwm , Aot- 
Tût iivi^'7cpos')(cLfii âtïfâîifTùç AAg^ûtydjpoujOtcpgyTg^, 

10-<CouAoV J^g TjÏ TOlT iSiOU (TCû(PfQ(rvV}f (TCùCcUTtÇ, 
TOIWV TO XTIKTOtCxOctt T>1V t'^CûQîV (pi\tCty AuCT^Tg- 

•Tgpoy J^g*3CyUT£, >ï TO tS S^yf[lCù ItCtpCLTCCLXA^îaQoil 

•Tov,fjL>i^' gcTTû) rSy aymrm that x,peTTToy, >» 
i tsroAAoT^ JjulTv toc (Tu/icpgpoyTct tzroA/Tguofteyoy 
^iCùayctaBcLu To /^gy yotp t^racty cLptanè^iv rov 
xÊouAgi/oyict îcûtt rctMiicLWpcLrToirùL^ dâvvcfzor 
9 J^' gV ÊuyotoL TùLvxcL tS àyiiicd riç (fpovf , J^/- 
.105 gVri (rdtf^go-5ctr g? à jtoj, îtoc* 5gpct^gJgiV 

T. ïil. l4 



r 



210 AHMO20. EniSTOAAi. 

îTifùvç jactXAov , >i rov J^îfjtxov , ct-Trotyrot^ ^tâct^îrî , 

yvcoa^ÇiicLi. 

0\a$ ât xoivov iariv ovîidoç cIttccutcùi^ a avdfiç 
'aGiîvclToi, xcLt oXvïÇ Tviç 'TToMcùÇ ffvfJL^OfctjToi (p6o- 
yov âoKUv [JLîTt^ov ia')QJUif TstfJLf vfuy ^ il ToL$ rm 
îvîfyeaim p^ap/tct^* jccti ravrcLy tov jxey VQ(r>i|xct- 
Toç 01T0S, rcûv ai T^r$ BbqÏ$ cLTCoàiàziyiiiim. Kcci 
^)iy oJ^g rov nuS-€cty Tcr<tpaA£i'v|/û) , rot /^€%p' tw 

WXpodov àvilXOTlKOVy IJLiTdL TcttJTcL ^ WoiflOV Ui TA 

TtcLâ' vfJLCùi TsrcL^rcL. T/$ yoLç ovit oiS^ touto», ore 
[j-î^^'cnv vwîp vfjim tcc^*v gp^ûjvyee^ to î^oA/TcUÉffflii 
wcLfijîi y cùç âàv\o'j eActuvo|[JL«yov , outi ypûtcpw ^y'«t^ 

yiTy v7sry]pîTm tovç tcclt efioîT A.oyou$ iy^etc^ri'y t'Kuh 
(f , ci x.cLrïiyofîi to-cî tSv ctAAo^v, ywv olJto^ 'TrpdLtxii^ 
îvarofovvToL fjLîv ovtcùç ^ àcxt âv^ €%£'* eVcctp*^, a» 
f^^XP^ (f-S-OTi^, XGtAû)^ TsroiovaoLiy 7rfowtno/ji(pct<ni ctu- 
r oy , 'TTeyTg TctAotyrct c? o<p Aovra , poiov €}cr?(rcti , w 

Ttî^fTi ^fcC)(^[lcLÇ CLn')(Ba5xi TSrpOTîfOU* 'TCfQS Ofe TO!r 

To/^, trap' JfJL^v, rov âyi/jLotj y ov [loyov TYf$ 7roAiTec«t? 
fjiîrciAy\(poTcLyO xo/yoy oveeao^g(rr/yct^ct(r<y jCtAAot xcti 
SvoyToL vTTîf viim xa.ç TrccTpaou^ Bvaictç gv AgAÇoi^. 

'OroLV-ouy toiùlutcl tcoli rv\\i7L<vjrcL wclctiv îdui^ 
TycLpoLdeiyfjiXTcL y cL<p m cl\v<nxîXîi wfozMad'CLi Ta 
rov âyi/JLov wcl$ Tt$ eu xfi^di , (Ço^oviicti fJLvsTStot 
ifyi/jLoi Tùùi uVgp vijlS^ Ipovvrm ygy>i(r9g , clWcùÇ té 
xcti oTcLV rm ^fioTiKCùi rovç fiîv ^ xcLd-yixovacL /lOf 



lETTBES DE TtÉHOSTniNE. ill 

à tous les citoyens qu'il faut faire la cour aux étran- 
gers plutôt qu'au peuple, qu'il faut craindre de 
passer pour travailler â vos intérêts. 

En général, c'est une honte commune et un 
malheur public , que l'envie, chez vous, paraisse 
être plus forte que la reconnaissance ; quoique 
l'envie soit un vice odieux, et que la reconuais- 
sance ait obtenu des autels. Je ne manquerai pas 
de citerî*ylhéas [lo], qui n'est ami du peuple 
que de bouche et à la tribune, et qui, d'ail- 
leurs, est toujours prêt à vous desservir. Ignore- 
t-on , que lorsqu'il se piquait de gouverner pour 
rotre avantage, il était poursuivicommeétranger, 
accusé d'être esclave; qu'il fut presque vendu par 
ceux qu'il sert aujourd'hui, et pour lesquels il a 
composé des discours contre moi. Mais, depuis 
ja'il fait lui-même ce qu'il reprochait d'abord aux 
lutres, il est devenu si opulent, qu'il entretient 
ieux courtisanes, qui l'ont épuisé , oe dont je les 
oue, et qu'il a payé une amende de cinq taleus, 
ivec moins de peine qu'il n'aurait pu payer aupa- 
-avant cinq drachmes. Je dis plus; peu conlens de 
l'admettre à gouverner l'état , cequi est un opprobre 
pour toute la ville, vous avez même voulu qu'il fît 
pour vous, à Delphes, le sacrifice établi [i ij par vos 
pères. 

Si tout le monde a sous les yeux des exemples 
aussi frappans, d'où l'on juge qu'il est nuisible 
d'embrasser le parti du peuple , j'iippréhende 
qu'enfin vous ne trouviez plus personne qui parle 
pour vos intérêts; surtout depuis qu'entre les 



2 1 2 LETTRES BE BEMOSTHENE. 

ministres amis du peuple , les uns sont morts de 
vieillesse, par maladie ou par accident , tels que 
Nausiclès^ Charès, Diotîme, Ménesthée, Eudoxe, 
Eudème , Ephialte et Lycurgue, et que vous avez 
banni les autres^ comme Philoclès [12], Charidème 
et moi. Vous pensez vous - mêmes qu'il n'est pas 
de citoyens plus zélés pour vous que nous trois : 
veut - on qu'il y en ait d'aussi zélés ? â la bonne 
heure; je ne me fais aucune peine de le reconnaître. 
Si vous les traitez comme vous devez, s'ils n'éprou- 
vent pas le sort que )'éprouve, je souhaite qu'ils se 
multiplient à l'avenir : mais , si vous continuez à 
donner de tels exemples ^ qui voudra se livrer avec 
courage à vous servir utilement ? Vous ne manquerez 
pas d'hommes qui se donneront pour d'excellens 
patriotes; vous n'en manquâtes jamais. Puisseut- 
ils ne pas avoir occasion de dévoiler leur naturel, 
comme ces ministres qui , faisant aujourd'hui â 
découvert ce dont ils se défendaient alors , ne vous 
craignent et ne vous respectent plus ? Pénétrés de 
ces idées , gardez - vous de négliger les ministres 
bien intentionnés , et d'écouter ceux qui rendent 
le peuple dur et cruel. Dans ces circonstances 
présentes, on^ besoin de bonté et de douceur, 
beaucoup plus que de haines et de divisions. Quel- 
ques - uns se livrent sans borne â la violence du 
ressentiment , et se vendent pour agir contre vous; 
puissent les dieux faire échouer les projets que 
favorisent ces hommes pervers ! 

Au reste , il y aurait de la folie à mépriser mes 



AHMOS0. £ni2T0AAI. aiS 

1/xoy , xdi 9tAoxAeaLy xdi tiii , m îTîfOvç tviouart" 

V$ OVÙ CtVTOl VOfJLt^iTt tl s 0[JiOlCù$ TliCL^ y OV 
îofûJ* Cov\oi[iy\i â' ÛLVy UWtp V/JLîTç âl}CCLlûù$ clvtoÏ$ 

: w\ti(TTovç cLvrovç ys^ïia-îa^oLU AAA' otgli yt 

iUtVTCL , oicL TCL V Jv , WCLfÙL^UyilCLTcL 6X(p6p)îre, T<5 

ny , ocTi^ 6/^ TOLvrm T)iy raç/y eotvToy yy)i(7tâ»j 
uv îd-îXïKTii à/uvott; AAAût /x>iy T^y ye 'Ttfoo'Ttoiyia'Q'' 
5va)f oux oL'zrop>i(reTe* ovoî y dp 'WfOTîfor fjLy\ yeyoïro 
t^evf î^i\îy')^5înctç clvtouç ofjLOiaç tMivoiç , o« 
tveptfs, i Tore jîpvouyTo, yi/y TiroA./Teuo|xevot , ov^va 
ûîy ovrt ùtSoi^LcLcny y ovrt ctî(T')(vyovTctt.^ A')(^fy\ Ao- 
^ofiîyovç , <» (iy^p£$ 'A5)jyflt?oi, /zwre Toy evvay oA/yo- 

/ ^N» / » / \ » / 

y , fJLïjTe Toi$ -zèrpootyoïKT/y e<^ trixptfltv jcotc û)|xoT)iTût 
y îToA^y *7tîid-î(rd-ûLi. TloKv yctp jtcoLAAoy îmoioLÇ 
.1 (piXcLidfCùWicLç roL TsrctfoyrcL '^srfcLyfjLcLTcL oî.tcli , 
rotpfltp^iîk , xoct âv(Tfjiînict$ , ^y uVeplooAf p^pa>fxeyo< 
m îfyoKaCoijai Tutd- vfjim ci$ ijz0'oôo')Qïy 'TCfctyiidu- 
tfy, Jv Act-vj/soo-e/gy ctvxovç o \oyi(Tiioç. 
Et' J^e xiç, vfjLCùv S'ietavpîi TcLVTcLy tcoXK'AÇ tariv 
^yïBticLç fjitcrro^. Ri ycf.f , ol |x>i(îet5 dy nX^Tturtv , 




314 AHMO20. Eni2TOAAI. 

opm ytyt)fy\[iVKL j a. jccti ^poTîfO}/ yîyoyîj tov ^ 
\ \ t \ * «x. / f t t -, / 

fjiOV WpOÇ T0U5 VTVîp CLVtOV AtyOUTÙL^ VW CLV^fCùTSrm 

iyKCLBtrm Acc€A>t5gvTo^, vuv /xn otv c/cTcti.yevÉerOct/, 
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wAiKTTOi Aoyov îro^o'j a6V05 tov xotAou kcll tou 

(TU^CpfpOVTO^ J)LtTy, dlBUXepOV ^', OTi TWV GtUTU» 6M- 

voiotv, :5v t^po5 ^SvToc» AoKoupyov erj^oy, Ajcçuû' 

Et ùt rcù wctpîOTïiK^^t , «5 TToAu ^oi TepieoTc Ta» 
êfjLcLV'ov TtfctyiULOLzm y ovx, ày OKvy\(rcLiiii Wfos tou- 
Toy stVe?v, or/ T^y cru/xcpgpovTûîy J^u-Ty, }ta/ tou p- 
devflt T(»v (p/Afflv eyx.<trotA<ziréTy , o/iotû)^, a)o-tr«pT»i5 
i/jLxvzov (ra)Ty*picL$ j (ppovrt^û^. Otîxouy Ix Tou tre- 

ptOVXOÇ TXVTCL 'TTOlSy otAA ctVo TÎf^ oLVTyiç awQbSii 
y^cLi wpo<tipî(nû)Ç x<Li TcLvrcL xcL^ctact fit£ ywjÂM 
TtrfctyfxcLTîVQfJLcLi. riîpizari J^e /xo< zclvtcl , 07* to7j 
3ca}coy T< voot;(r<v J/^rv neptyîvoiTo. Kcli TTîpi [xa tou- 
Tû^> i^cLJcC y\oîCùÇ i^ ay t;|X/y T>iy e;: euyoïoL xi' 
(p<^A/qt •;€itt-v}//yz&'o/>i(rcc</^)iy 5 yuv /xeyev xgpctAatû), /xf 
xccù J^' vartpoy S^i eter/cTToAîî ^ctxfa^, >iy , gooffef 
eyûi C^, 'TTpoo'ùox.aLrî y oty jui>î t* <^ix.ût/oL y/yyjîTflti' 
jLto< TvcLp' vixm isrpoTipor oiTins , a ( T4 iy thw 



LETTRES DE DEMOSTHEIfE. 5t 1 5 

réflexions. En effet, serait-il raisonnable de s'imagi- 
ner qu'on ne verra pas arriver maintenant ce qu'on a 
iruarriverdéjà^sansquepersonnelecraignit,lorsquc 
desméchans artificieux animaient lepeuplecontre 
des orateurs qui parlaient pour son a vantage? Je vous 
communiquerais mes idées de vive voix, si j'étais 
â Athènes; mais , puisque je suis plongé dans des 
maux, que je souhaite à celui dont les impostures 
m'ont fait succomber > je vous ai exposé mon avis 
par lettre , consultant , avant tou^e chose , votre 
gloire et vos intérêts , et me faisant un point 
d'honneur de témoigner aux fils de Lycurgue , la 
même amitié que j'avais pour Lycurgue vivant. 
. lien est peut-être qui se disent à eux-mêmes que 
mes affaires me laissent donc bien du loisir. Je 
n hésite pas à leur répondre que je ne suis pas 
moins jaloux de m'occuper de vos intérêts et de 
ceux de vos amis, que de songer à mon rappel. 
Ce n est donc point par désœuvrement que je plaide 
la cause de Lycurgue ; mais le zèle et les principes 
qui m'ont toujours animé dans l'administration de 
vos affaires 5 m'animent encore dans celle-ci. Quant 
au loisir , j'en ai autant que j'en souhaite à ceux 
qui sont mal intentionnés pour le peuple. Mais 
tranchons sur cet article. Mon attachement et mon 
affection pour vous me portent à vous adresser au- 
jourd'hui quelques plaintes : je me propose de les 
développer bientôt dans une longue lettre [i3]que 
vous pouvez attendre de moi , si je vis , et si vous 
tardez à me rendre justice. Vous êtes...... que 



âl6 LETTRES DE DEMOSTHi^NE. 

dirai-je , pour ne paraître ni trahir la vérité , ni 

manquer à ce que je vous dois? vous êtes si indif- 
férens et si inattentifs , vous respectez si peu les 
autres, vous vous respectez si peu vous-mêmes, 
que vous avez banni Démosthène pour le même 
sujet pour lequel vous avez absous Aristogiton ; et 
lavantage dont jouissent, sans vous le devoir, des 
gens qui vous méprisent , vous me le refusez ! je 
ne puis obtenir la grâce de faire payer mes débi- 
teurs et contr^^er mes amis , pour vous satisfaire 
et ne plus montrer dans ma personne, chez les 
étrangers, la honte de tous ceux qui , trop injustes 
a mon égard , ne m'ont laissé y pour prix de mes 
travaux , que la vieillesse et lexil. Je voudrais re- 
venir dans ma patrie par un effet de votre bien- 
veillance et de votre générosité , et y recueillir de 
quoi acquitter l'amende inique que ma imposée la 
calomnie; je demande un sauf > conduit seulement 
jusqu'jau terme que vous m'avez fixé pour le paie- 
ment. Sourds à ma requête , vous dites, à ce qu'on 
me rapporte : Qu'est-ce qui l'empêche de revenir 
et de travailler à s'acquitter? C'est , Athéniens , que 
je sais rougir, et que je souff're un traitement peu 
conforme aux services que je vous ai rendus dans 
le ministère; c'est que j'ai sacrifié ma fortune pour 
des malheureux qui, craignant de voir doubler des 
amendes qu'ils ne pouvaient payer, m'ont engagé 
à répondre au trésor des sommes qu'ilslui devaient 
Revenu à Athènes par votre faveur , je pourrai re- 
tirer une partie de cet argent , sinon le tout, pour 



AHMOZ0. EniSTOAAJ. 217 

oXiycùfOi y ovTt Tov^ clWovç , ovô- v/jLcL$ ctvrovç 
ctt<r^uyg(r56 , l<p olç *Apt(TToyîiToycL aL(pei7ccLTî y îni 
TouToiç Av^iioaâim 6xÊeÊA>ixoTg5 , xctt , ci rôi$ 
ToA/Ji«(re fiYiàii J/x©y (ppovTi^tiy j fjLYi \cL^ov(rt nctp* 
viJUùi y gÇ€<7T<y 6p^6/y, TotuT OU J^^aovTgç 6)Lto<, tyct, 

£/ OiOaTî ûiy TCL Tt 0(pu\0/JLîycL iHj^pa^CLÇy Xdl zovç 
(plAoi;^ tfCLYKTÇLÇ , TcL TTfOÇ V/JLùi$ S^iOlKy\(T(iù , XjCLi (lï! 

yyifcL$ TccLi (pvyy\'J , g-zzrtp^gipût To^y u-zrep v/jlSv ttî- 

€^i ^ey)i5 Trîfiïcùv op^fXût/. BouAo/x^you J^g fxou ev 
(xgy u/A6rgpct^ p(^ûtp/T05 xct< /^€yaAo«xpup^t« Taç6/ 
TU? ocxoc^e )Lto/ <t(p<^iy ytnaQcLi , I/jlclvtZ J^e Aucr/v 

xcti jooyoy cttrot^vro^ ctâucLv , oaovwtp p^povoy e;^ t>îv 
tx/naii S^iâœ)ccLTî , TctwTot ftey oi^ (rvy')^(ùpuTt* Ifca- 
TATt J^e, of? cLWcLyytWiTcLi Wfo$ eiity nç ovy 

(tUTOV X,œ\Vct TfcLfilVcLt 3CCtt ZCLVTCt Tpct TT€iy; TO 

iwioTCLcrâcLi (ii(T')QjH<rd'cLi y à cùàptç A-3">iycuo/, xûte 

TO CLVCL^IOÙÇ TCùlf VWîp Vfim WîWo\lTEVflî9m 'TTpCtT- 
TUJ y XCLl TO Tct OyTct CLWOACùAî^iVÔLl Jl^lcL lOVXOVÇ, 
V^ m y IVCL flï] à^lTCACt X.CLTCLd'mTcLt y CL 0V7C ïlOV" 

vctyTo dwXSiy t'arucrâw vTCoyfd-i^a.aâcLi T)iv <tpp^>jy 

rdu9 xcLr<tÇ>o\cLS , Tictp û)y , ^eTx juiey tîj^ JfxeTgpoL^ 
> I » / / > ^ ^ / V 

VJ^OtetS CL(piy.OlJLîVO$ y jLtepO$ , gt XAt fJDI TIOtyTût , (70)5 

(t)ioLX.ofjLi<TcLifJLYi)f , ûXTTg |X»(îgv <li(rp^>iaoycry ToAo/Trov 



ai8 AHMOSe. EniSTOAAi. 

ftot xûci (p/AflLy5pa'7n« (pô-oyouvre^ , a? our© tuj^y, 
S^i v/ji£$ TCipti'^taâî otVoAou^LtevoV ou yotp av 
J^6)j5-6ï>îv ctAAû)v, 11 JjLtSv xAt Toxe (pno-gre J^eiiA 
'7r67roy'3"evct< /^e, ûcx,p/j8«k oTeîct, ore out' fftoi TiAwv 
oJ^ev, oi;5' ufxnf iarai. Ov yctp J^w ^^pn/iATct y' 
gTvctt /^ot Trpoo-obxotTe , e^« t«v (pctvep«v , a» iÇi- 
cTcL/jL€tr xctt Tct Xomct ^ovXofjicLi av)fcLy<tyw, teu 
jxoi iJLy\ (pi\ovuxoû$ y aAA* cty^paTtevû)^ , ôare To T:po^ 

Xov fJLî AaGoyTot, J^ee^ere* oore yccp nMyX^^ 
oui' eActêoy. Ej J^e TcL(poLn$ d^tcù/JLcL rviç ^vXj/is^ 
i Toy Apuov rifltyoy Tipoo-ÇAe-z^'eTe , xîîk 'Ap/oroyer 
Toyo^ y.pi(T€Cùç ctyct/xy)i<75eyT€5 , €V'^^^4'*^'^^* ^" 
yap €^ûi •rourou npcfazepoy '7rpQ<rTctyixcL Tot^ xoiotuT 
î^Yi[JictfTyiy.o<Tiv tU l/JLi. Ov yctp S'wov toT? ctutoi^ 
ye Xoyoïç utio Tfi$ ctuTÎt^ BovAviç ct*7ro(pay5eyTct 
€x,eTvoy /tev ûc<pg?(r5ai J^txcteoy e/vct/ (pna^zt^ tiu 
S^i (lwo\ûù\^vûu. OJp^ outû;^ u/^eT^ ctAoyiffTtfJ 
e^€Te. OÛt£ yctp i^<o? , vre gVcT)î(?g^o^ , out« 



LETTRES DE DEMOSTHtNE. 2 1 9 

XD 'acquitter, et ne point passer dans Topprobre le 
jneBte de mes jours. Mais si , comme le disent et le 
Teuleut quelques-uns f je retourne sans être rap- 
pdé , je me verrai dans Tignominie , réduit àl'in- 
<iigence , et tremblant pour ma personne. 

Ces réflexions vous touchent peu: vous m'enviez 
de simples paroles de bonté ,vous m'abandonnez, 
et je périrai peut-être par votre faute. En effet, qui 
pourrai-je supplier, si mes concitoyens refusent 
de m'entendre ? Vous plaindrez mon sort , je le 
sais , quand il sera trop tard et pour vous et pour 
moi. Ne vous attendez' pas â me trouver d autres 
biens que le peu de fonds que je possède , et que 
j'abandonne ; je recueillerai le reste , si ^^ sans es- 
prit de contention et avec humanité , vous me 
permette de le faire à Tabri de toute inquiétude. 
n ne sera jamais prouvé qne j ai reçu lor d'Har- 
palud; on n'a pu m'en convaincre, et je n'en ai pas 
reçu. SI une autorité sans preuves , si le nom de 
l'Aréopage vous en imposent, rappeleï-vous le ju- 
gement d'Aristogiton , et rougissez de honte. Je ne 
puis faire de reproche plus doux à ceux qu,i -ont 
commis envers moi une telle injustice. Vous ne 
direz pas, sans doute , que , sur les mêmes dénon- 
ciations du même sénat, on devait absoudre Aris- 
togiton et condamner Démosthène : non , vous 
li'êtes point assez dépourvus de sens. Par moi- 
même , je ne suis pas fait pour la disgrâce que 
j'éprouve, je ne la mérite pas, et ne suis pas de 
pire nature que d'autres qui ont été absous. Je 



22 O LETTRES DE BEMOSTHÈNE. 

suis malheureux , j'en conviens , grâce à votre in* 
différence. Et comment ne serais-je pas malheu- 
reux , lorsque , pour comble de maux , )e me vois 
réduit à me comparer avec Aristogiton , et avec 
Aristogiton jouissant de sa patrie, moi qui en suis 
privé ? Ne croyez point que ce soit le ressentiment 
qui m'anime; je ne puis être irrité contre vous; 
mais c'est une sorte de soulagement de se plain- 
dre , quand on éprouve quelque injustice, comme 
de gémir quand on souffre. Je suis toujours affec- 
tionné pour vous 9 autant que je souhaite que tous 
le soyez pour moi ; et cette' affection , je l'ai mani- 
festée, et la manifesterai dans toutes les circqns- 
taçices. Dès mes premiers pas dans le ministère, je 
me suis persuadé que tout homme qui gouverne, 
s'il est vertueux, doit être disposé àl'égafddetous 
les citoyens , comme des enfans à l'égard de leurs 
parens, désirer qu'ils soient justes, et les supporter 
avec patience y quels qu'ils soient. La défaite, en 
pareil cas , est auprès des gens sensés une victoire 
non moins légitime que glorieuse. Je vous recom- 
mande à la protection des dieux. 



AHMOSe. EniXTOAAI. aAl 

5^£/p«V a.Tvyr\s /ityroi S^i Jjxak' ofio\o'yS* %Sç 

%lti 'XfOÇ ACKTToyUTOVOL t/JLcLVZOl i^îTûLQerJ (TVfl^ 

hryais rovroiç' ov yctp ct^/TaraSotiit rovTo'rpoç ujx« 
iyôi' oAV t')(tt Ttfût To7^ cL^xov/JLVJoiç fcurravuif to 
Agyg/f , flt wx(r')(ov(riv , Cùtr'TCtp toTç (t\yGV(n ro 

TTtVîir tTTii Tlf yi iVVOtCL OXJTCùÇ tyj» "TtfOÇ V[xâUj 
9S V/litÇ Otf tVi^CLlfJLyii TipOÇ €fl^. Ketl TOUT gy TTûtO-l 
Ti'TtOlWLCL^ XOLl 'TTOlïKra (pXVepOV. EyjOTLCL ycLf €ÇCtp- 
n\S "TTCLiTt TCù WoXlTcVOlJLîiCù TpOTincSIV , CUUîf W 

^ixxLio^ ircXiT»!? , aoT^gp ot ^cttae^ îirpo^ touç yo- 

laL$ , OUT« ^pO^ ctT^'CtVTct^ TO\JÇ "TtoXlZCLÇ t^UV , 

»/ « \ < » / * ^ / 

;;j^c<r^'cti |xef û^ç îvyvafiontrraTûÊif rvy^xvuv , 

gpetf J^e Tou$ oyTûL^ ivtiticâs. 'H yctp 6? tcT^ to/ou- 

U^ HITTCL 7LÙi\n XXtl WpOtmXOUO-Ûi HTUH ^Opct XOl$ 

r cppovoJo'i yiveToL/. Eutt/j^eiTe. 



( 



■BS9 



EniSTOAH TETAPTH. 

n pos ' 

TA2 ©HPAMENOrS BAA2.*HMIA2. 



AHMO20ENHS 

THI BOYAHI KAI TÛI AHMÛI 

XAIPETN. 

To jLtgy ouy tootov ctyvoeTv, ot/ \oiùoptcL$y n fJDiA 

ô-ûtu^ct^^û). To ycLf d-pcL(TV}i jLtev t^ jSto) , jxii 710- 
AtTJiy J^e T>îv (pucr/y, 6y îpycLa-rvipia J^e TsSpctfx- 
jtfcgyoy ex, ^<i<(îo^, juin ûtt<79fltye(x9cte t/ T^y roiouray, 
ÉoAoywTepoy yiv , îi (ruy^eya/, Toutû) ju.6y ouy , ecty 

p^H>iyct/ trept o^y e/^ e/^e, y^aiwîpi m uç d/jlolç Tict- 
po/VcT* X.CLI yofx^^û), xcc^TTep oiîJ'gv jttgre^oyrct rpu 
ctla'^QjnaQcLi ^ [lîTficùTtpov ctuToy 7ro/)î(r6/y* u%7y J^e, 
Tou 3to/yf (rvii<pîpovTo$ ihilcl^ ^ovXoiâcli J^/ gV/- 
ctgAÎT? , ov$ Ttefi rovTCùi 'iyjù , Aoyou^ J^ïiKœaaiy 
01$ 'TTcLvv Toy vouy 7rpo(r6p^oyTe$ cLKOvactTî* oIo/jlch 



LETTRE QUATRIÈME. 

SUR LES ÔJURES DE THÉRAMÈNE. 



1 HiBAMàiTK, qui n'est connu que par cette lettre, avait reproché à 
Démotfthène le sort malheureux qui 1 avait accompagné dans toutes les 
opérations de son ministère. Démosthène réfute ce reproche , et invective 
avec force contre celui qui en était l'auteur. 



DEMOSTHENE , AU SENAT ET AU PEUPLE*, SALUT : 

J'apprends que Théramène, entre autres invec- 
tives qu'il a débitées contre moi , me reproche le 
sort malheureux qui m'accompagne. Il ignore, 
et je n'en suis pas surpris ^ qu'une injure qui ne 
prouve aucun vice dans celui qu'elle attaque . est 
sans effet auprès des personnes sensées. Un homme 
qui s'est montré impudent toute sa vie, qui n'est 
pas citoyen d'origine, qui, dès son enfance, a été 
élevé parmi des prostituées, doit ignorer ces maxi- 
mes , et n'est pas fait pour les comprendre. Si 
j'obtiens mon rétablissement, je tâcherai de discu- 
ter avec lui les reproches injurieux dont il nous 
charge vous et moi; et, quoiqu'il ne sache pas rou- 
gir , je me flatte de le rendre plus modéré. Le bien 
public m'engage à m'expliquer, dans cette lettre , 
sur ses invectives au sujet de la fortune. Ecoutez 
mes idées avec la plus grande attention ; elles mé- 



12 â4 I.ETTAES DE DEMOSTHÈNE. 

ritent , je croîs , d'être entendues ^ et même d'être 
retenues. -» 

Je regarde Athènes comme la plus heureuse de 
toutes les villes ^ comme la plus aimée des dieiix : 
Jupiter deDodone, la déesse Dioné \}l\[^ Apollon 
Pythien , Font toujours annoncé dans leurs ora- 
cles ; ils loQt confirmé en disant que la bonne 
fortune habitait votre ville. Or, il est clair que, par 
rapport aux dieux, parler de l'avenir c'est prédire, 
et que donner des noms aux choses arrivées , c'est 
s'expliquer sur le passé. Toutes les opérations de 
mon ministère sont du nombre des choses arrivées, 
. et c'est d'après ces opérations que les dieux vous 
ont nommés heureux. Est-il donc juste de nom- 
mer heureux ceux qui ont suivi les conseils , et 
d'appeler d'un nom contraire celui qui les a don- 
nés ? A moins qu'on ne dise que la dénomination 
du bonheur public, dont je suis l'auteur par mes 
conseils , vient des dieux qui sont incapables de 
mentir ; et que les reproches particuliers que m'a 
faits Théramène , ne viennent pas d'un audacieux, 
d'un impudent , d'un insensé. 

Mais ce n'est pas seulement d'après les oracles 
des immortels, c'est encore d'après la considération 



AHMOS©. EniSTOAAi. aiS 

/4p CLVTQV$ oJx CLXOvis flOlfOf y CtWoL TLCLl fZVyi/JLïi$ 

tyCù T>îV WOAlf TUf U^€T6pfle.f €UTUp^6<7TûtT)p 

Vicrîy -zzroAeû^y JcroAct^aCûty» , x.ati 5cO(p/Ae<rrctT)jy. 
Kat TfltuTct o.oix x.a| Tov Aict Tof Aaà»yaL<ov, 3ta/ 
T3f» A/ay>fy, xcLi Toy AîsrsAAa Toy ilu^/oy clu Ae* 
î'orri^ gy rcti^ )LtayTeict?$ , x^atc 'Trpoo'cîzrio-cp^fltyf^o- 
,^fou^ T/y flt75t3)fv Ti>y>îy ey T}f 'tcc^Xh îhxi T,tLo 

3t5! , J^'/Ao» Cù^ Wp0\îy0VJC TXÇ S't OLWO TCû-J T.CtC" 

ail, Taiy î»^/f yeyevîiitsyay ecrriy, aÇ av VJT^jytiç 
vjç tui •7r€«a'9syrx^ , «uTu^g/^ ûyoox'^cO'Gxi , tsv 



*>• * 



ti xvxi^, icxi oJ^ê yaîTy ^^^oït' ai9pâi-7raf ti^wttKtt. 
T. nu i5 



126 AHMOSe. EniSTOAAI. 

6y« (TUveCouAsuerct , tw ttoA/v yeyoyuTctV ei ^ et rois 

ruy^^avé/y, ièuvarovi l(piî<rB€, Ti oui îoti âîotç 
t^cLifîTO'j y Ài^fOùzgrotç J^* ov J^uvatToyj cLWcLfrai tÎï 
iyaâSi tyicfcLTus oirets j xvfiovs îiycttj xcn aurooç 
ep^eiv, xct/ J^ouvai to?^ ctAAo/^, (pAaîpoi J^î jxjfèv 
ft>ï(îfe'7roT' ly Ttctyr/ ra ximi /juttî ^ctOery, /xnie fieA- 
\yîacn. 

KcLi fiYif U7cox6/jteey0v rot/r^iy, atr'prîp trpooifXfi, 

CTCOTSTîîxî TOL V/JLîTîfX CLVTOûf 'TCfOÇ Tct Tolr flCAAttV 
> A ' i^* v^ ^ •' t \ t i f/ 4 

cuVposTrcùi, Ouoîiç yctf ovrcù^ îcrriy cLym/JieùiyOaTtç « 

71 TCL AdXîÔoLl/JiOVlOlÇ (TVfJLÇtid/IXOTûLj 01$ oJx lyO ffUÏ- 

eCoi^Aeuov, 11 roc Flepiroci^, 7srpo$ ovs oJ^e cî^/xo/xnv 
•zp-ûJîîroTg , cLiftTûùTefcL <pïi(Tîtîv tbcLi xm v[uy -zTflLpoy- 

ly(J/x>ty %û>poty xctTo/xoîTyTct^ dvâfcùwov^ I'tc itr^ct' 
rm yyi^* oiç krrCcLtri crufxÊgÊwe TsroAAct yjli dèiytf 
Tg'TTOvDéyct/ xctt ^GLAs^ct, *AAAûC, V)j A<ot,TouT©y jute^l 
afJLîmi vfjLOLÇ wpcLTTBiv iwAvreç oixo\oyyi<Tov<Ti ,0cT- 
TotA«y J^6, x.a/ Ap3ca^û)y, xat 'Apye<û>y %e7pcy, >t xiffli 
ctAAûjy, ot^ €y (TvyifJLcL^icL (T\)nÇ>v\ ygygo-Da/ $/A/7r^a; 
*A\Act Tour<»v xot/ -aroAu ^tXxioi atDiAAot^otTg, ou 
)U.ovoy T« /^>ï J^tâouAeux-gyar xcttTOi Tt rrjAixouO* éie- 



LETTRES DE DÉHOSTHÈNE. 22*] 

des événemens mêmes, si vous en jugez bien , que 
vous devez être satisfaits de votre fortune. Exami- 
nez les choses, ainsi que le doivent des hommes , 
et vous trouverez Athènes fort heureuse d après 
mes conseils. Mais , si vous prétendez à des avan- 
tages qui ne sont donnas qu'aux dieux, vous désirez 
l'impossible. Quel est donc cet avantage refusé aux 
mortels , et dont jouissent les dieux seuls ? c est 
d'être possesseur de tous les biens , d'en être assuré 
pour soi-même , et de pouvoir les communiquer 
aux autres; c'est de ne souffrir jamais, et de n'être 
exposé à souffrir rien de fâcheux. 

Après avoir établi ces principes , comme il est 
juste, comparez votre position avec celle des autres 
peuples : personne n'est assez peu sensé pour préfé* 
rer à votre état présent le sort , ou des Lacédémoniens 
à qui je n'ai donné aucun conseil , ou des Perses 
chez qui je n'ai pas même fait de voyage. Je ne 
parle pas des peuples de Cappadoce [i 5],de Syrie, 
de ceux de l'Inde placés aux extrémités du monde, 
qui tous se sont vus assaillis et accablésde malheurs. 
On dira , peut-être , que la fortune nous a mieux 
servis , il est vrai , que ces peuples , mais plus mal 
que les Thessaliens, les Arcadiens, et quelques 
autres qui ont été dans l'alliance de Philippe. Mais 
'votre condition est bien préférable à celle de ces 
derniers , et parce que vous n'avez pas été esclaves , 
î qui est le plus précieux de tous les avantages ; 



1228 LEITRES DE DÉMOSTHÈNE. 

et parce qu'ils ont été la cause des maux où Phi- 
lippe et la servitude ont jeté les Grecs, ce qui leur 
a attiré avec justice la haine générale. Vous, au 
contraire 5 Athéniens, on vous a vu exposer^ pour 
les Grecs , vos personnes , vos fortunes , votre ville, 
tout en un mot ; générosité rare qui doit vous va- 
loir la plus grande célébrité^ et vous obtenir delà 
part des hommes . équitables une reconnaissance 
éternelle. Ainsi 3 d'après mes conseils, Athènes l'a 
emporté pour le bonheur sur les Grecs qui ont 
combattu Philippe y et pour la gloire sur ceux qui 
l'ont secondé. Aussi les immortels nous ont -ils 
rendu des oracles favorables , et les reproches 
iniques et injurieux , ils les font retomber sur la 
tête de celui qui les fait. 

Pour vous en convaincre, examinez la vie ha- 
bituelle de Théramène. Il se conduit par système, , 
comme on souhaiterait dans une imprécation qu'il 
se conduisit. Ennemi de ses parens, il est ami de 
l'infâme Pausanias ; il réunit l'audace eflFrontée 
d'un homme et les complaisances criminelles d'une 
femme ; résistant à son père , cédant à la turpi- 
tude , il amuse son imagination des horreurs qui 
le rendent odieux à tout le monde, et se plaît à 
parler d'actions obscènes . qui révoltent tous ceux 
qui l'écoutent. Il persiste cependant , et même il 
croit par là se donner le mérite de la naïveté et de 
la franchise. Je ne vous en aurais pas écrit. Athé- 
niens , s^i je n'eusse voulu réveiller en vous le sou- 
venir de ses désordres honteux; car, cequ oncrain- 



AHMOS0. EniSTOAAi. 229 

u/JLoe,^ <r opoterHflti urrep tû)v EAA>ivû)v xctt aû)/xot(r/,)cott 

flt5<xvûtTov , Tzrotpot Tov Tôt S^ixcLicL jSouAo/^evûiv î!roee?v« 
Ot^VotTy fltcp* cTv gy^ eruvgÊouAeuo-a, tov [lii avT/erTav- 
Tû»y ûtp/o-Tût têrpctTTety rw tjroAe/ (Tv/xliîÇ,Y\}Lî , zSv S^è 
<rvifyiycùVt(T/jLîym evc^o^orepay seya/ tsrepigor/. Toiyapo^v 

C'TTt TOVZOIÇ Oi SîOl TCLÇ fJLîV fJLCLVTîiCL^ TcLÇ cLyX^dÇ 



Tû) A€yoyT< TpetêTouo-/. 



âfeu/xctTct, ey ofç ^]!r i yctp eu Tcctrct^xcrcLiro riç 

ycif l(Txi ToiÇ yotvjtri , Ç^Ao^ J^e WcLutrcLiicL ra 
-TTopvû)* x.cti 3poto-uygTcti jxgy cùç avvp, têroto-^ei J^' 
ûdç yvn* jccti Tou juey •z^'arpo^ «err/ xpciiTûjy, tû)v 
J^' ct/o-^pav JiTTû^v 01^ J^' uVo ^otyTû)y J^vo-^gpat- 

ygTfltl, TOUTO/^ T>iy S^tcLVOtcLV CtyctWiTCLiy flt/O-p^pC'p- 

p>»^tO(rii^>i , -ncLi^roo J^ivîycto-ycti rawr , ecp oiç <xA- 
yov<riv oi cL'jtovoyzîs* c J^ ,0)$ acpgAw^ 3ta< ncLff'/KnoLÇ 
rxtarzoç j ov 'TTcLvtrai. Kat TocGrct oux, ctv eypoC'y^a, 
€î .u>ï iLm<TdLi Tnv ey t;/;t?y /JDfïifJLVii tSv ^poo-ovTû^v 



a3o AHMOZe. EniSTOAAI. 

cLvrcf xflcx^y if&ouAo/xiiv* a ydp eut uwu¥ oui r^ 
xoti «ti<3^%p* TouTû> WfoaorrcLy coar tfioi rt [mvj 






LETTRES D£ BEMOSTHENE. 25 1 

drait de dire , on doit éviter de l'écrire. Au reste , 
le peu que vous avez entendu , vous a , sans doute, 
indignés contre le personnage, en rappelant à vo- 
tre esprit les infamies sans nombre dont il s'est 
souillé. Gomme elles vous sont trop connues , je 
n'ai rien dit d'indécent ; et Théramène n'a seule- 
ment qu'à se montrer pour rappeler aussitôt les 
vices abominables auxquels ils s'abandonne. Je 
vous recommande à la protection des dieux. 



LETTRE CINQUIÈME. 

A HÉRAGLÉODORE. 



^ioc^- 



vj'bst la teule lettre de Démosthène^ parmi les six, qui soit adiesiée à j 
un particulier, qui traite d'objets particoliers , et qui ait été écrite loDg< 
tems avant son exil , lorsqu'il était encore jeune. 

DEMOSTHÈNE À HÉrÀcLEODORE , SALUT : 

I 

Je ne sais si )e dois croire ou non ce que mW 
nonce Ménécrate. Il me dit qu'Epitîme à élé dé- 
noncé , traîné en prison par Aratus , que vous 
plaidez contre lui, et que \ou s tous montrez le 
plus ardent de ses persécuteurs. Je tous en con- 
jure au nom de Jupiter Hospitalier et de tous les 
dieux, évitez de m'aflliger et de me causer une 
peine cruelle. Vous le savez ; outre que j'ai fort à 
cœur le salut d'Epitîme , je regarderais comme un 
grand malheur pour moi qu'il lui arrivât quelque 
disgrâce , et que vous en fussiez la cause. J'aurais 
trop à rougir devant les personnes qui savent le 
bien que je disais de vous à tout le monde. Je me 
croyais fondé à en dire, non que je vous eusse fré- 
quenté , mais je voyais que vous jouissiez de l'es- 
time publique , et que vous aviez été formé à une 
école qui véritablement ne connaît ni les artifices» 
ni les intrigues de l'ambition et delà cupidité , qui 
rapporte tout au souverain bien, et à la souveraine 



EniSTOAH nEMnTH. 

npos 

HPAKAEOAÛPQN. 
AHMO20ENHS 

Hf AKA£OA£2F12I ET nPATTEIN. 

Mevex,paT>i$, owd- o'tccùs a/TCKrrm^ ^%^* *E(p>i yctp 
E-^r/ Tijuov €voeofe<p^5a< /zev x.ae a^^iî^^cti utyo Apec- 
Tou, (Te J^€ ctyû)vtQe(r9a/, xott ct-TTotvTûjy a Jt^» ^ctAs- 

TTârTATOV StVOC/. AiOfJLCLl S^VI (TÛV TSTfOÇ AtO^ 2eV/0U , 

xxti J^c/v£ jW.>i(îevt Wîfi'TTîzJi. Eu yotp t(r5i , %^P^^ 

TOV [JLîMli fJLOl Ty\S £îriT/.jXOU <J"û)T)JptOt^ , X,OL< vo- 

Tovç Aoyou? , ox)Ç tyoù 'snfi (tov wpoç d-zsra.ircLÇ 
ccv^pœwovç eAeyov , Tsrîwu^aç t/zccvrov dXyiBri Ae- 
ye/y , ovx, ejc toi> îsre'Z5'A>i(r/ctjc6Vûti cro/ weipcLV e%û)y, 

J^iocTpt(^>iV, Wep eVrtv o)^ cL\y\âm rSy jLtev îêrAeo- 

n7LTy\lJL<tTCû'J j 7LCLI TCc)V ZcTgp/ TafTût <TO(pi(T/jLaLrCû'J 
i^Cùy lOV jSeÀT/aTOU J^g XOLI TOV J^t5t<X/0TCtT0U TISp 



I 

a34 AHMOse. ehistgaai. 

et yoip cùffxyix.a$ il<lt gjttoturov €uvoika$ e%eii (rot, 
T>iv hcuTicL^ ym(iny fiixctXçtCti^f ctyoLyxot(r6e<w, J^/' 

xt(J"9ot<, xxtv jx>j (p5>, vo/JitQe ouTa^ é^Av, Ef J^ 

7!rci>y \oyiacn on xcLi au tôt yia^jct no$^ xxti w 
ii\ixioLi cTp^e^ h influa yuv , ex J^e tov (rvfiC^it 
Mvîiif xcLi mfcLTTtii yiyevyiacLi TyiXiTcovToç' tuu 
:n/JU}f TovTo a-v/JuCenyt» Jo jttey yctp eu ^ovhîcdxu 
wcLpîoTi , Tnç S'î f wp^i? (TuAAotjttCûtifoixnf^ mi 
Toupyov yevo/T cty. KotAo^ otJy €pctvo^^ %*p'^ ^'* 
xctta',)!» xctt (j-f îiro/>i(rflt/ îirpo^ e/xg. Kai ftw uip 
evo^ t5^v goZ cppovouyTûjy p^eîpoy oîyou, ftntîfe ))TT«* 
clAa exe/vou^ otys e^/ rct o"ot cToxouvrût, xai ^pocTte 
ouTûi^ , ozsrm iiymios Tcoy o|ULoAoy>ï56yT«y errip)!- 
ScûfJLîy^ <xAA EîirtT/fjia) yev>iTct< (rcùTïipict Tt^, xAi 
atrocAAetyif tov x/v^yû)y. nap6<ro/xai J^e etV toi 
%povov TULyoiy hclSt 01 av cpw^ xcttpoy uvcti. T/J'î^ct? 
J^e fioi Trî/Jb-^oify il xct< û5f (piAû) eTr/flrrgAAe. EJiup^ei. 



LETTRES BE BEMOSTHENE. ^35 

justice. C'est un crime, selon moi^ quand on a été 
élevé à Técole de Platon , de ne pas avoir l'impos- 
ture en horreur, de ne pas être bon envers tous 
les hommes. Ce qui me serait encore infiniment 
désagréable , c'est qu'après m'étre porté pour vous 
d'affection , je fusse contraint de changer à votre 
^rd. Quand je ne me plaindrais point d'un pro- 
cédé que je n'avais pas lieu d'attendre , et qui an- 
nonce du mépris pour ma personne, la chose n'en 
serait pas moins réelle. Si vous faites de moi peu 
de cas y parce que je ne suis pas encore des premiers 
de la ville, faites attention que vous avez été jeune 
et dans l'âge où je suis. C'est votre administration 
qui vous a fait ce que vous êtes : peut-être obtien- 
drai - je aussi cet avantage ; et , avec du zèle , je 
pourrai réussir si la fortune me seconde. C'est un 
grand mérite que de placer à propos un bienfait ; 
je vou^ prie de me le faire éprouver à moi-même. 
Ne vous laissez conduire ni gagner par ceux qui ont 
moins de sagesse que vous : amenez-les plutôt à vos 
sentimens. Faites en sorte que je vous trouve fidèle 
à tous les engagemens de l'amitié , et qu'Epitime 
soit sauvé et tiré du péril. Je reviendrai dans le 
tems où vous me marquez que je dois revenir. 
Mandez-le moi , et faites-moi connaître vos inten- 
tions comme à un ami. Adieu. 



i 



LETTRE SIXIÈME. 






IjBTTB lettre fut sans doute écrite, non del'ile deCàlaurie, mais de b 
ville de Mëgares, où Oémofithène s'était retiré, quelque tems arantscB 
rappel, pour travailler à former une ligue de plusieurs peuples contre I 
Antipater. 

DEMOSTHÈHE, AU SENAT ET AU PEUPLE, SkLVtl 

Il m'est venu , de la part d'Antiphîle » une lettre 
adressée à tout le corps des confédérés. Elle est 
aussi consolante pour ceux qui s'intéressent au " 
bonheur de la Grèce, que désolante pour les au- 
tres qui sont dévoués à Antipater- Cesdernjers.pos- 
sesseurs de la lettre qu' Antipater envoyait à Corio- 
the , par Dinarque [i6], ont semé, dans toutes les 
villes du Péloponèse , des discours dont je prie les 
dieux de détourner les mauvais présages sur leurs 
têtes. Celui qui accompagne le porteur de 'ma let- 
tre, étant venu trouver, de la part de Polémeste, 
Epinique , son frère, qui est bien intentionné pour 
vous et mon ami , Epinique me l'a amené; et, sur 
le rapport qu'il m'a fait, j'ai cru à propos de vous 
l'envoyer lui-même^ afin que j parfaitement ins- 
truits de ce qui s'est passé dans le camp, par quel- 
qu'un qui s'est trouvé au combat [17], vous pre- 
niez courage pour le moment, et que ^ poyrla suite, 
vous ayez espérance de réussir avec le secours des 
dieux. Je vous recommande à leur protection. 



EniSTOAH EKTH. 



nPOS THN BOTAHN KAI TON AHiMON 

© THN A0HNAIi2N. 



AHMO20ENH2 

THI BOÏAHI KAI TÛI AHMÛI 

X AIP E I N. 



\ 



i1a©EN eVto-roAii 'TCcLp 'Avr/(p/Aou Wfo$ 

iycL^cL 7!rfo(Tâox.(£v iKcLmç yeypcLiiiityyi ^ rolç ^ 
vnnpeTovaiy AvriTCctT^co woWovs xal J^ucrVeps?^ 
cL7ro\HWov(rcL \oyovç y oi wcLpcL\cLCoyrî$ tcl wûlù 
AyrfTrcLTfov yfdL[XfjLcLrcL -Trpo^ Ae/vap^ov î$ Kop/y- 

50V IX^OiTCL y diwcLCCLS XCL^ €V n6A07r0VV>I(7a TloAeC^ 

Toiot;Tûv Aoyû)y iWAmtrcvf , o/ûjv s/^ jcecpctAiîV otUTû^y 
ctwoo-rfî-^ticLi 01 âîoi. A(pix.o[xî)fov' S^t tov vuv 

'TTcLpcL rioXîfjLcLtarov "TCfoç Tov acîeAcpov 'Etrtv/5toy, 
Gcyapcc vjuicy cuvouy x,a.e e/zoe cp^Aoy, xctx.e<vot; Tipo^ 
eft€ ctyctyoyTo?, otx.ot;o"fltVTt (jloi et BAîyt^, îqoxu 

TtTpOÇ VfJLùLÇ ûtUTOy GL7rQ<rTîi\CLl y OTCCùÇ 'WCDirct acL-^ 
(PCÛÇ CLXOVaXVTîS TCL îV TCù (TTpCLTOTrtâct) ygyovoTût 

Tov wifi T>iv /^<*X>ïy w<tpcLytyeyïiiJii}/ov rore, n^ 
To wcLfoy 5ap'p>îiTe , xote'Tct XoiTCcty rm SeSv 
5gAoyTûjy, à jSoJAeer^g €;)(^£<v vVoAotftÊotvitTÉ. Eu- 

Tw^erre. 



NOTES 



SUR LES LETTRES DE DÉMO||'f[ËlfE. 



(i) Presque toute la Grèce suWait alors le parti des MacédoDÎens : 
c'est-là ce que Démosthène appelle le système que suit actueUemeot 
la Grèce. 

[a] Démosthène a parlé dans sa harangue sur la couronne , et il pnle 
ci-après , dans sa lettre contre Théramène y des oracles rendus pu 
Jupiter de Dodone et par d'autres dieux ; oracles qui annonçaient qu'A* 
thènes était une Tille heureuse. 

[3] Python de Byzance, grand orateur, attaché à Philippe, qui s'en 
servit avec avantage dans plusieurs députations. La circonstance , dont 
parle, ici Démosthène , est sans doute la même que celle qu'il nj^oite 
dans la harangue sur la couronne , comme on le verra dans ce 
volume. 

(4) Voyez plus haut , page 163 , ce que nous avons dit d'Harpalns. 

[5] Lorsque Xerxès vint fondre sur la Grèce , et marchait cootre 
Athènes avec une armée formidable , les Athéniens , résolus d'abandon- 
ner leur ville , firent passer leurs pèies et leurs mères , qui étaient âgés) 
avec leurs femmes et leurs enfons , à Trézène , dont les habitans les 
reçurent avec beaucoup de générosité et d'humanité ; car ils firent or- 
donner qu'ils seraient nourris aux dépens du public , et leur assignèrent 
à chacun deux oboles par jour , qui valaient à peu près trois sols et demi 
de notre monnaie. Ils permirent , outre cela, aux enfans de prendre des 
fruits partout , et établirent encore un fonds pour le paiement des maltrei 
qui les instruiraient. Trézène était une petite ville située sur les bords 
de la raer , dans la partie du Péloponèse appelée TArgoIide. 

[6] Galaurie^ ile voisine de Trézène, fort obscure avant qu'elle eût 
servi de tombeau à Démosthène. Rappelé de son exil, craignant d'être 
livré par ses concitoyens à Antipater^ roi de Macédoine, qxii demandait 



NOTES. 289 

tête, il s'y retira une seconde fois. Toujours persécuté par le monarque, 
yant que le temple de Neptune^ où il s'était réfugié, n'était pas pour lui 
i asjle sûr, il se donna la mort, afin de ne pas tomber entre les mains 
; l'ennemi de sa patrie. 

C7] Démbsthène veut parler sans doute du procédé de Philippe après 
bataille de Chéronëe. Ce prince renvoya libres tous les prisonniers 
béniens, sans exiger de rançon , et leur donnant à la plupart des 
tbits. 

[S] Aristogiton , méchant homme, qui avait une sorte d'éloquence» 
' qui jouissait d'un certain crédit dans Athènes. La plupart des orateurs', 
émosthène entre autres, Lycurgue et Dinarque, l'attaquèrent vivement 
aos leurs discours. Il était un de ceux qui furent soupçonnés d'avoir 
eça des présens d'Harpalus. Démosthône dit, à la fin de sa lettre, qu'il 
it renvoyé absous. — Tauréas et Patécus , ministres d'Athènes , peu 
onnus. 

[9] Démosthène , dans le plaidoyer contre Timocrate, parle de 
acJiès et de Mënalope , qu'il ne peint pas sous des couleurs favorables, 
ans ce plaidoyer, c'est Lâchés qui est père de Mënalope. Il est pro- 
ible que le Lâchés actuel était fils de Mënalope dont il est parlé dans 

harangue contre Timocrate , et qu'on lui avait donné le nom de son 
eol , comme c'était assez l'usage. — Mnésibule d' Acharne n'est connu 
16 par cet endroit- 

[103 Pythéas , ministre d'Athènes^ connu surtout par cet endroit. Plu- 
rque en parle comme d'un homme qui avait eu des altercations avec 
ëmosthène en Arcadîe. 

[il] Les Athéniens envoyaient tous les ans & Delphes des députes pour 
ITrir on sacrifice à Apollon , qu'ils révéraient comme un de leurs 
icêtres. 

[la] Gc Philoclès est sans doute celui contre lequel nous avons on 
iscours de Dinarque. Il est parlé , dans les discours prèeëdens , d« 
Tausiclès, deCharès, de Diotime et de Gharidème. 

[i3] Nous n'avons pas cette lettre de Démosthène : apparemment qu'il 
e tarda pas à être rappelé , car il obtint son rappel, et revint à Athènes, 
Ant il sortit de nouveau , craignant d'être livré à Antipater. 



2^0 NOTES. 

[i4] Dcmosthène^ dans sa harangue sur la fausse ambassade, parle ^e 
la déesse Dionc , qui était une nymphe^ fille de rOcéan et de Thëtis. II 
parait que les Athéniens avaient pour elle une vénération particulière ; 
mais j'en ignore la raison. 

[i5] Des ffeupf€8 dt Cajypadoee , de Syrie, elc. Alexandre avait 
porté la guerre chez tous ces peuples , qu'il avait vaiocus et forcés de 
subir le joug. 

[163 Est-ce Dinarque Torateurf S'était-il retiré à Gorinthc, dont il 
était originaire suivant quelquep-uns > pour empêcher les GormdiieDS 
d'entrer dan» la ligue, et favoriser ainsi le parti d'Aotipater? 

[173 S'il est ici question de ht bataille de Lamia où lés Athéniens 
furent vainqueurs ; comme Démosthène avait été rappelé avant cette 
bataille , apparemment qu'il avait été envoyé en ambassade dans 
quelque ville d'où il écrit sa lettre. Peut-être s'agit-il d'un combat moins 
considérable, qui avait précédé celui de Lamia. 



fJ^^^-é- 



■»^^»v%vvvvwvv»w«/vvv»vv»»vvwvvv»vvvvwvvv»vvi»v%ivvvv^,^^^vv^^^ 



««» 



LETTRES 



D' E s C H I N E. 



'^•^'• 



iT le inonde sait qu^flschine ayant accusé Ctésîphon, 
lutôt Déoiosthène dans la personne de Ctésiphon, et 
int pas obtenu la cinquième partie des suffrages , fut 
amné k l'exil , et se retira à Rhodes , d'où il écrivit les 
;s qui nous restent de lui. Photius n'en comptait que 
, auxquelles, dit-il, on donnait le nom des neuf Muses, 
ne on donnait à ses discours le nom des trois Grâces, 
rois , en effet , que , parmi les douze lettres attribuées 
itenant à Eschine , il en est trois qu'on peut regarder 
ne supposées et faites après coup par quelque sophiste 
léteur. C'est , à mon avis , la septième et les deux der* 
s. J'en dirai la raison , quand j'en serai à ces lettres. 



. m »6 



%\ MiWWVWVMA^M W 



i,'VWVW%\W%WW»»V^MV^WVW»^^^W^^^W<^>W<»^W(W^<V<^ M ^WI M M^mWWI 



EniSTOAH npnTH. 



*IAOKPATEI. 

Kop>j(r<rov t>ïv Ketû^v. KoL^lacureç J^e T^fJLîpcLÇ «W 
((rx.ct/0^ yctp ?v otye|ULo$), £/Tot TrotA/y Auo-ctvte^, 
ctftot T^ éo) îU AîÎAo» )ÎAÔojLt6y. AjjAïoj J^e mtroifi 
Xoificùdïf T<ya yoeroy. Tct juiev ^potro^^ot t'Kiii'Khajn^ 
A6t;x>î^, 3cat/ ra^ ''"P'%*^ Aeux^i 6y/yoyTo, o aferpct- 
^>ïAo$ auTov xflti Tôt (TTgpva atva^Ér -TTupeToi â^oux 
/yiyvoyro, ovàt dKyyidanç iiîycLXcLiy oJeJe Taxât» 
jLtep>i îircLpuAAfltTTey ou^ey. TotiTToc. J^e eViScyTo xctxct 
jUTiyey 'A'ttoAAûîVo^ clvtois «rv/^CeSwxevflti , TctÇevTo? 
«y T>r y>ïO"« T/vc$ T©y etir/cpctv^y , oi; tïrpoTgpoy îldo^ 
gx TOUTOU oùy 'TTpotrÊûtAeTy cLoxoiç Toy 9eoy T>îy yoffof 
TccuTijy uVgActjxCctvoy. 'H/jlîTç S^t^ ccamp cùç ri ti 
aAAocpuAoy, >? yîi^o-ov ev tw k^(W ôdActTTj;, (t<pi'yiitmi 
xai t^cvTé^ i^cLi(pvy\ç ')(^fSfxcL îiro/xtAoy cLiSfCùrFCiit 
yuxTo^ €Ti ct^ocpeuyoyTg^ ûJ^ojuisÔûl, t^-uvôctyoïuLÉfse 
ctAA»Aa)y , xatol Toy Tiopov , et to yfCù/jLOL %yoi 'tw 



^^^f)Mf>^M^snM/v^l^/^^n/vvwlSJS^l^^/s\^^/\^/%^^^/s/^^ 



LETTRE PREMIÈRE. 



J-iiLB est adressée à Phîlocrate , et renferme quelques particularitës sur 
le voyage d'Eschioe d'Âthèoes à Rhodes. Le Philoerate auquel il écrit , 
n'est pas celui dont il est beaucoup parlé dans ses discours et dans ceux de 
Démos ihè ne. Ce Philocrate avait été exilé , et nous ne Tirons nulle part 
qu'il ait été rappelé de son exil. 



A PHILOCRATE. 

iious partîmes le soir de Munychie [i] ; un vent 
favorable nous porta , le lendemaîa , sur le midi , 
a Coresse , ville des Céiens. Comme le vent était 
contraire^ nous nous arrêtâmes neuf jours; et , 
nous étant remis en mer avec le lever du soleil , 
nous arrivâmes à Délos. Les Déliensétaieat attaqués 
d'une maladie contagieuse^ Leurs visages étaient 
remplis de taches blanches ; leurs cheveux s'étaient 
blanchis; leurs gorges et leurs poitrines étaient en- 
flées; du reste^ ils nayaient pas de fièvre^ ils ne 
ressentaient pas de grandes douleurs , et les autres 
parties du corps n'avaient éprouvé aucune altéra* 
tion. Ils attribuaient cette calamité a la colère d'A- 
pollon , et croyaient que le dieu leur avait envoyé 
cette maladie , parce qu'un homme considérable 
avait été inhumé dans leur île, contre l'usage [2]. 
Pour nous , comme si nous eussions été jetés dans 
un pays inconnu, ou dans une île de l'océan atlan- 
tique , et que nous eussions vu , tout-à-coup , des 
hommes d'un teint extraordinaire, nous nous en- 
fuîmes la nuit , nous demandant les uns aux autres , 



r 



«44 LETTBE8 b'eSCHINE. 

dans le cours de la navigation , si chacun avait le 
teint et les cheveux qu'il avait apportés de sa ville. 
Il survint un orage , et un vent violent qui nous 
emporta par delà File de Crète, en face et près de 
Psamathonte [3]; doù étant repoussés par un 
vent 5 de Libye , et reportés ensuite au même en- 
droit par un vent de septentrion , nous restâmes 
sur mer cinq jours , après lesquels nous abordâmes 
à Athrone : et cela pour nous apprendre à nous 
tenir en repos , sans nous embarrasser si un ci- 
toyen , dans sa patrie, était couronné ou non con- 
tre les lois. Delà , après quatre jours , nous arri- 
vâmes à un port de Rhodes. Je m y arrêtai un peu, 
me trouvant incommodé de laslhme; et, comme 
mon indisposition ne diminuait pas , je passai à 
Rhodes , qui sembla sourire à mon arrivée ; car, 
aussitôt que j y fus entré , je me portai beaucoup 
mieux. Voilà jusqu'à présent ce que j'avais à vous 
écrire. Lorsqu'il m'arrivera quelque chose de nou- 
veau, je vous en ferai part. Soyez heureux; ne 
vous mêlez pas de l'administration publique , et 
n'attaquez ni plus puissant ni plus faible que vous. 



AISXINQY EmSTOAAI. 245 

J^g xoLt ûCve/JLo^ t^cù(TT7t$ îii'Ttetrm d^^îyKti lifJiSiç 

irTConrcû y^iiev ijâ^j clniwnT TtviVfjicL A/CuxoV et rot 
-TryeucTûtvTo^ >îjLt7v d^Tt ccpxr lov , -TrotA/i eÇepojLteôct 
irevre vuxT« ti d-ctXcLTTif yvioiimiy ev ct«^ Tipoo-- 
eo-p^oftev *Aâpmii' iva fjLGud-cù/iîv /ivi troAutirpcty- 
/tovery, €< T/5 êv ti^ ictvrov TS'ctrfi^i tlcltcl roui 
foixov$y >f ]ui)i, <rT6ÇotyouTot<. KqtVeî^ev T€TTctp<rev 

yoo-^o-fltt /JLo< GvnÇ>A rw 'srtpi ro ctaâ/jLct voo-oy. 'fll^ 
dig, é'7r<fJie<yoLyTo^ /xou ociyTod-/, oux eye^idbu il yoo-o^, 

To-TTo^' îvSv$ ycLf cùç c)/e&>îy, îiroAu pqû»y îyvio^ 
IJLm. Kot< TfltuTt /tey ei^ojttey <ro< rea^ e-TTio-TgA-Ae/y 
rct J^' ctAAct û?^ cty îTcctarct o-u/^Gcttyoi , ^Aoio-Ojttev, 
EuTu^6/, 3Cflt< [in 'TTpoo'x.poue /x>tTe to<^ -TrAeoy <roVy 
[lynrt rois eAotTToy J^uyot/Agyoi^. 



1 



EnjSTOAH AETTEPA. 



KTH2I$QNTI. 



Tfo$ 3uo$ , a$ îwy\pîci^oi$ jutev uç ctuTov ou [xe- 

i^iovai |xey oIxoGev ij^fy rotrctvTct J^<£Aep^O>î^ , û^ctg 
TTgf o-ÔiTvott jLt6 jLt))(îey , œv èiî\i')(jiï\$ , 'TrsTiAao'Oflte atj 
/inS^ dWcùÇ (ppoygTv, fiM'TtovTct Tcporov /xgy «tV W 
É/JL>îV ' ^u/JKpopotv , iy ouîc ût^ei}co^ uvùli xcli rovç 
l'X^^fovç êAegTy uVsActixCfltyoy, WetTa J^e xccc e<V 
To (TxuGpû^Troy (Tou, x,ot< ô]uio<oy S^iâctxoviiîm* i<rr* 
gyûjyg pcûtt t7Ci(r7L'i/\'^ct înotç tojv îirpo(T>jxoyT(»y >ijtt/y, 
€i rov J^eoiyro , -Trpocrigyot/ <roi , jcctt jttif^yo^ Jo-rg- 
p;i(7giy V7rî(r')^ofjLyiy cLvroiç, xdi auTo^ J^g inîarii\it 
TCioi û)y gp(^p>i/Ji<xrx^ov 'A'3->iyHcr/ /^o< yîna^cti -ttoA- 
\cL7cis* yuy J^g oJx. liizsroâûùv tri ovcriv i^fju^iy ovtî ùiti- 
op^Aouir/ (TO*, ouT£ aAA« T<yt *A9))yottû^y, l'7ry\çtcLt^tiiy 
TLcLi ouTg gi^ T>jy Tu^^Tiv ciwo^\iwei$ y ovTi tlç dXKo 
ri zS)f d'j^pcùTt lym y aAA' îTsrccymiQj tri xcli lyur^i-- 
zraKoa-i tyjç TeaXfiâoÇyKCLi oLnîo-xtpviiiîyoi^ ewiriiHA^y 



LETTRE SECONDE. 



s est adressée à Gtésiphon, Tauteur du décret qui couronnait Dé- 
ène. Apparemment que Gtésiphon, voyant Eschine condamné, 
enti la compassion succéder dans son cœur à la haine, et que, dans 
isport de générosité, il lui avait fait, à son départ, des offres de ser- 
Eschine lui écrit, et se plaint de ce que, malgré ses offres , il le dé- 
;n son absence , et que même il le persécute dans la personne de 
rens. 

À GTESIPHON. 

:o STRATE, mon oncle maternel , m a écrit que 
le persécutiez sans ménagement , et que vous 
eprochiez ma disgrâce dont vous éfes Tauteur. 
e conçois pas dans quels sentimens vous me 
•z , à mon départ , des discours qui me per- 
aient que vous parliez avec sincérité , et que 
î cœur était d'accord avec votre bouche. Je 
croyais d'autant plus , que mon infortune me 
issait peu croyable,dignedecompassionmémc 
• des ennemis 9 et que, d^ailleurs. Je vous 
is un air triste et affligé , presque les larmes 
yeux. Aussi , je recommandai à quelques-uns 
nés proches de s'adresser à vous dans Tocca- 
, les assurant qu'ils n'essuieraient aucun re- 
moi-même, )e vous ai souvent écrit pour 
luier vos services a Athènes. Cependant , au- 
d*hui que je ne vous porte aucun ombrage, 
je ne vous inquiète ni vous ni d'autres, vous 
'chez à me nuire; et, sans faire attention ni aux 
ices de la fortune , ni à l'incertitude des événe- 
s humains , vous recommencez contre moi le 
bat , larsque je suis banni de ma patrie , privé 



à 



^48 LETTRES d'eSCHINE. 

de tous mes droits , éloigné de mou pays^ de mes 
compatriotes , de mes amis. Le mal que vous dites 
d'un absent pourrait fort bien jeter sur vous l'o- 
dieux de décrier un mort dans une ville le centre 
de la douceur et de la politesse. On n'aura point 
d'Eschine une plus mauvaise opinion , parce que 
vous le déchirerez en son absence ; on ne fera que 
le plaindre et le juger plus digne de pitié. Il était 
un tems où j'aurais pu vous tenir tête ; mais au- 
jourd'hui je ne puis plus parler pour moi , ni même 
entendre les invectives de mes ennemis. Insulter 
un vieillard tranquille , qui n'a aucune espérance 
de pouvoir jamais repousser l'injure « et dont toute 
la ressource est en vous autres, qui ne pouvez vous 
sauver vous-même [4] ; n'est-ce pas le comble de la 
honte? Au nom des dieux , Ctésiphon , quand vous 
auriez la plus grande envie de me chagriner , et 
qu'aucun de mes maux n'aurait assouvi votre res- 
sentiment y ne vous chargez pas d'une pareille in- 
famie , vous et vos enfans ^ que vous élevez , sans 
doute ^ dans l'espoir de trouver en eux le soutien 
de votre vieillesse. Souvenez-vous qu'Eschine na 
jamais pensé qu'il serait réduit où il est , non plus 
que tant d'autres qui avaient plus d'autorité que 
nous dans leur patrie, qui étaient plus distingues 
que vous et moi. 



Al£XINOT EilISTOAAl. ^49 

TUtl 1Sro\iCù$ y 7C0LI WO\lTm y KCLl (piXûùV. KcLl OacL f^ev 

» » \ t 9 ^/> 1 \ \ »/ ^ f 'f 

tlÇ tflt (fTVOyTcL i(o\cL(T<pyi[lttç j (TOI fJLtl tCùù$ CpepOi CLV 

TiHcL iiTcoTûùÇ TLdi (pBovov TLcLi [iiaoç , cùa^îf av SI met 
rm 'Tî^ncùTm IwiCctWoio /8Act<T(p>j^e7y , h ovrcù 
^pifCTT^ TccLi (piAayfipaîTû) 'sroMc lycù J)t ovx. àv J^ict 
Tovro (pctvXoTîpos yojLt<(79et>jv , dwm vwo <tou Aoi^o-- 

/ 9 I I \ »^ I 'l 

io[iiaQîiyiv. KoLi worl /jl6v ovâîi iirTm lytvo/Jiïi'/ yui 
J^« oude fiicLV vwîp ifJLGLvrov (pœm îx'sr^ii'Ttuv , ceAA' 
ovde ctxoue^y \oiâofoviiîvo$ S^vyûL[icLi. To J^6 ygpoyTot 

S^mfmcetrQûLt 'orore cL/jLv^ciaGcLi , o$ ye zny av/jLWcLO'Oi'j 

(TCùÇtii îTi J^vvct[Xîvoi$yisrcù$ oJx ctl<T')(^oif eo-T/y; 'AAAa 
IJLïi y ^poç Tov Aio$ , (jLYi avyî , a KxïjaKpm , /xii^e £< 
Tct [icthicTcL TifiSiÇ ctyi£}f ^ovXîiy yccLi ù lin 'arewXrh 

p»X6 O-e /JLVlâîy T«V nfJLîTîfm 3Cût3cSv , lUcLa^Kt TOUTO 

jtt)i ^fo(râ}}$ CûLVTCù Te xot/ to/^ *7rot/(r/v, ou$ rpeÇs/^, 
i8o)jOou^ e(j£(79oti (70/ J^«AoyoT< rovyyjfccs crou -Trpoo-^- 
jcav* x.flC< fjLî/mao oT/ oJjfe AÎo^<y>i$ e/^ touto wots 

i 

ctÇt^e(r9flti n\7Ci(TZiy ovS^ otAAoi îjroAAot , xct/ er/ 
fJiocAAoy cLic[icLa-ct^rîs gy T^lcLorSi TsrcLZfiài , }ccte tîs- 
Au Aa.|x*7rpoTgpoi e|xou re xa/ <rou ycvo/xeyo/. 



EniSTOAH TPITH. 



roVTîÇ TOUTOU, XolSùfOVai Tct$ écLVTCùV ncLTflScLS f ÛfÇ 

(potuAû^^ ctuToi^ Tcpoo'ÇgpojLteyoc^* eya ae, eTet-nep avût- 

Çtûî^ «y e7roAtTeu(ra^t>iv ïïzv')(ri<TX , îccti x.fltr)iyoptfv 

ctAA^v ûtuTo^ fflcAay, (^^(doiicti ftey, «a^Trep <ixo$ 

eerr/v, cLyctyctx.zcù J^e oJ^gy, Ou yctp ouT^^ eycwye 

)jA<9to^ e<ft<, io-T6 e^ ?$ TsroXtm o ©6itt/o-ToxA»i^, 

T>iy 'EAAx(Î(X gAeuôepacra^ , g^^Aotâ-)», jccti offou 

MiAt^at^j^ , Ôti jxtxpcy eaÇtiM t5 ^fto<r/a, ygfflw 

h rcù âîciicûTvipiCù dTVtâdn , Tûcut^ rf 'îroAgt A<- 

cp^tviry Toy Arpo/JL>îTou Çeuy^yrct aV<*Vflt)cTery oîWflcu 

J^éïy, et T< Tû^y 6<û)9oTûîy K^vii^ciy twctSîv^ AAA* 

ey(»ye xot* XdiJUTCfOH hxotcùs yo^to-ct^jtt' ctv otuT« 

yinad-oLi to (àît Ixtim^f ey cl$o^icl ncLfcc rois 

înuTCL dyd-fœTiroiç , kcli cl^io^ tou Ojttoicc trotâetv 

îTciiyoïs ytyonicLi. 



LETTRE TROISIÈME. 

LiTTR lettre, ainsi que les deux suivantes, ne porte pas le nom de cçlui 
nquel elle est adressée. On voit dans celle-ci la principale raison qui con- 
wle £8chine dans sa disgrâce. 

Il arrive , pour Tordinaire , que ceux qui sont 
îxilés injustement^ sollicitent leur rappel; et, s'ils 
le l'obtiennent pas , ils déclament contre leur pa- 
rie, et se plaignent d'en être maltraités. Pour 
noi , quoique tombé dans une disgrâce , que ne 
levait pas me faire craindre ma conduite dans le 
ninistère , quoique condamné pour avoir accusé 
les coupables , je ressens quelque peine , comme 
;ela est naturel y mais nulle indignation. Je n ai 
Joint la folie de croire qu'Eschine , fils d'Atro- 
nète f qui est exilé , qui essuie un traitement fort 
commun dans Athènes , doive être indigné cou- 
re une ville qui a banni Thémîstocle , le libéra- 
:eur de la Grèce; contre une ville où Miltiade [5] 
îst mort en prison chargé d'années, parce qu'il 
était redevable au trésor d'une somme légère. 
Mais je pense qu'il sera vraiment honorable pour 
moi , chez la postérité , d'avoir reçu le même af- 
front que ces grands hommes^ d'avoir été jugé digne 
d'éprouver le même sort. 



LETTRE QUATRIÈME. 



(jfTTl 

Ternemeot. 

tems de songer ni aux poètes ni à la poésie. Elle parle de là noble origine | 
d'un nommé Gléocrate> citoyen de Rhodes» par qui Esefaioe avait M' 
fort bien reçu. 



'R lettre est écrite à un citoyen d'Athènes, qui se mêlait da pou- 

aent, et qui, étant fort occupé des aflhires publiques» n'avait le < 
• ... ? i i_ __j_?_ mi i_ j_i ^ti^ ^_:^_i 



IruisQUE VOUS voulez savoir quel est Cléocrate, je 
vais satisfaire votre curiosité; mais il vous faudra 
essuyer une longue narration , qui vous fera peut- 
être repentir d'avoir été si curieux. Cléocratenrf 
pas celui de tous les Grecs dont la naissance soit 
la plus obscure ; et vous en jugerez de même , si, 
par hasard^ vous avez entendu parler d'Ariphroo, 
issu de ce Damagète , dont le grand Piudare fait 
l'éloge. Vous pourriez paraître ridicule si vous^C" 
mandiez quel est Pindare ; vous devez l'avoir ap- 
pris avec moi chez Mantias , notre maître commuD; 
ou^si vous ne vous rappelez pas les leçons de Man- 
tias , vous entendez, du moins, Ménalippe répéter 1 
sans cesse, dans les assemblées, 

Athènes , romemeot , le rempart de la Grèce ; 

ajouter que ce vers est de Pindare , poète Thébain; 
que ses compatriotes luiavaient imposé une amende 
pour l'avoir fait; mais que nos ancêtres lui ont 
rendu le double de la somme , et qu'en outre ihl 
lui ont érigé une statue d'airain , qui subsiste eii- 
core de nos jours, devant le Portique Royal; que 



Eni2TOAH TETAPTH. 



jïlEIAli (TOI ioKU 'TrviBcLHtrBcLi TT^pt KAeoîcpct- 
)v$y o(m$ iari^ o KAeoxpotrji^ cIkovu TlAvaif 
xp ou ^TfoiTut 'TroAu'Trpotyjj.ovay, ou^' ct-TTst ^rp/v 
]ixpee.^ ccx.ou(7flt/ <r/>iy)îa'eûî^. To |X€y yctp yevo^ gVxîv 
TctiTTfirv ctvJjpay ^EAA>jya)v oJx ev ctÇfltyg(7TaTo/^, 'Ap/- 
povct rof 6x AcLfÂCLynTov u wov tsrvvô-ûtvoeo, ov xott 

)\iaiL€urf$ Çyirm otrriç îtrru o Oiveîfltpo^' tout? 
«y yap oi[icti on xote -Ttctpa MotiPTicc tû> yfctfjL^ 

CtrifrVf etflCL îflOt "TtOTc IfJLCtâ-iÇ TO ypcLllfJLûL* XCLl y 

liïiâîvos txi Tov -TTapot MfltvTtcc iiyn[ionvtiç , ev 
cuir TûcTi^ 63cxA>i(rtai$ MeActvtTTTiou ix.ctcrro'ct cucovitç 
tyofToÇy aAiTî \iwctpcLi x.cn dotàiioi EWdâùç 
oîKTiicL 'A^-avflt/ , )) 3Cflti Ôt< ri/yJ'ctpou tou 0>}€oe,<ou 
'0 eTo^ TouTO go-T/ AeyovTo^, xcti oTt tQ\ixiCù<Teu 

LUTOV ®ïf<><liOl TOUTO îrO^>1<TaVTflt TO t'TtOÇy 01 à^î 

'^liîTipot î^'poyovot J^tTrAjTv ocuTa twv ^>iiiAtav otTre- 
Wy, jtteTûi TOU «iVov* XotAxiT T//X)ï(rotr xcti ^\ 



•254 i^ISXlNOT EniSTOAAÎ. 

€^û>y, y^cLi Ini t«v yoiccrm oLye^Aty/Jieyoy jSiCXiov.. 
OvTos S^Yj n/y(îocpo5 AotfXGty>iToy otJtei eVenfoy, 615 
ôy cvKtxtini To KA6oxpct*rou^ yeyo^. Acye* .J^6 trow 
fltuTo^ lltyoapo^ )ccc/ Ta îirgpi tou^ A/otyopciouj, 
3cctt TcL mpi Twy -Trpeo-CuTiy , 5*^ to jicerpSov ctuTotf 
yeyo^ ctTîTeTot/, Kott , et fjwj <T(po^pflt i/âtif tyo/)rr»y 

UTTgpCPpOVût oyTflt O-e, XOti Tct OtyopotlCt TotUTflt 3MW 
TOL <l7C0\l(TCUr<JL Tn/Ji£s iWirnâîV/JLCLTCt fJLÛiWof Ttiff 

î'Troyrct , )«ty irrcoyjA'^ uVeAotjaÊctyoy erg vtsrofmim 
fxovoy,Tct ^£p/ Tou$ Aictyofiiovs iiwcûv tny\ llmafixo* 
yuy <re otoct, ot/ fxoLr>iv o-o* TctuT>fy t>v Aupcty Aiço- 
ftgy. Aox€? oùy fxo* a^ûcyx» 6<yflt( J^/)ry>îcrflto*Octi «1 tb 
S^inyn/jiCL touto* d^m yctp tiL7tùv<rcLi , e/ x.ot/ jiui itpoo'- 
>î)coy KA€0)cpfltTe<. Aeygict/ yctp îtoté yt;y)j -^rpe^Cw- 
T<^, Ohvfi'rncLat TtûLfîK&ovaai ti$ to (rTaAoy,eVr«ocu 
Te ctjLta To<$ ûty^pcto-^ , xoli BtcLa-cLa^ett tovç iymfy' 
[lîyovç* tTCïGTojixoùi ^% CLVT11 Tœv 'E\\(tyoâixJ!i y or/ 
eVoA]ui>i(re îirotpeA3-e7y îU to (TTot^/oy , oi'Trox.plycLtrSdX 
Tivi ycLf ccAAm tovto yvvcLixi ^îÙoùtlz x,cLvyyia<iff5^ 
ot;Tûî$ ^eo^, oTi 3tct/ 'TrctTgpa xa/ Tpu$ cim\(fwi 
OAu/^TTioy/jcoL^ ^%^'> ^^' ^<^^ ^''*' OXv/jL'TnaL cLyiiy 

TCLVTYJ^ OUV T)lV t<rpg<7Ct^T^^0^ XCLl TOVTOV TOV yffWf 

oLTtofpœ^ îo-Tiy KAeo3cpct7>î^' c^V eo-T/ jULoAAoy ^« 
T«y )î oLUTot7 7ru3-go-3flt/. 

Kûte îirAgîa) ^tev ot; ^ovhofjLcLi Aeye/y , /lot fie, m 



LETTRES d'eSCHINE. 2 55 

Pîndare est représenté assis, revêtu d*une longue 
robe', une lyre à la main , un diadème sur le Front, 
et un livre fermé sur ses genoux. Or, ce Pindare a 
chanté le Damagète , dont Cléocrate tire son ori- 
gine. Le même poète parle aussi des Diagoras [6] , 
et de cette vieille femme à laquelle tient Cléocrate 
du côté de sa mère. Si je ne connaissais votre in- 
différence pour la poésie, et si )e ne savais que 
vous êtes entièrement livré à ces fonctions du mi- 
nistère public, qui ont causé ma perte, je me con- 
tenterais de vous avoir dit un mot de Diagoras , et 
je vous enverrais les vers mêmes de Pindare. Mais 
comme je pense que vous ne daigneriez pas même 
les lire , je me crois au moins obligé de vous ra- 
conter un trait qui mérite d*êtrc entendu, quoi- 
qu'il ne puisse vous faire coimaître le caractère de 
Cléocrate. On dît qu'un jour une vieille femme vint 
à Olympie [7] , s'avança dans la carrière , et se 
mêla avec les hommes pour voir les combattans. 
Les juges des combats layant aposlrophée, et lui 
ayant demandé comment elleosait,quoiquefemme, 
paraître dans la carrière , elle leur fit cette réponse : 
> Mais, quelle est la femme à laquelle le dieu ait ac- 
cordé la prérogative honorable d'avoir un père et 
trois frères vainqueurs aux jeux olympiques, et d'y 
envoyer encore un fils?» C'est de cette femme que 
Cléocrate descend, il est un rejeton de cetle sou- 
che ; tout le monde vous l'apprendra mieux que 
lui-même. 

Je n'en dirai pas davantage , dans la crainte de 



256 lETTREs r'EscnrvE. 

paraître moins avoir voulu vous instruire de Fori- 
gine de Gléocrate , qu'avoir entrepris , à l'exemple 
de Thrasymaque, qui a chanté les louanges de son 
hôte, de chanter celles du mien, et de lui témoi- 
gner ainsi ma reconnaissance pour le repas magni- 
fique qu'il ma donné. Je me contente de dire que 
si la vieille femme eût connu notre Gléocrate, elle 
aurait été plus glorieuse de lui que des cinq vain- 
queurs aux jeux olympiques. 



ATSXINOY iniSTOAAi: 267 

ivwcroti 0-0/ , ocrep 'i^ioùa-ccçy o<r':i$ î<rTiy KA€oxpaT>i^, 

tt cLWoruîiv rctvxï\}f rviv %otp'y tou AcLii'Ttfœç 
xiîaSoLi y J^o}cS». Tocrouro jLtgvTo/ îi^roi/jL otv , on )f 
pe(rvour<5 €x,£iy>f , g« toutov îyvœKU tov KA605cpoLT>îy, 

OAU fltV fJLdWo'J îWl TOVTCûj >f iWi TOIÇ TSTiiTt 



lu. 17 



EniSTOAH nEMOTH. 



ite ciL<piy(iîBct tU 'Podby , 'TtcLfOùi grup^s? (otAAct iiîfi 

Aeyg/y et T<yay %pw^oft£y o J^e KAso^pottij^ otîdk, 
fjLcL rovç Bîovç , liCKrrziXcLi coi S^vifcLt/JLTiy ctv ctuTip- 
}ccù$ T>jy u7repvso\)iv ms (piAoty^pa-Trea^, o<j>f xej^pifTfiU 

'TCipl t/JLî. KcLi yOLp OlXiCVf '7tCLfi<rX,iVûL(Tt [lOl J^}fjtJl07/f 

S^oBvivcLi y 39 %û)p<ov h KcLfieifCùy 39 oluto^ J^e e^rejti^j^» 
îî^uv Tût î'Ttiryiâîtcty 39 ù$ ivictvroy cûpS-oyct, oJx ejwi 
ftoyoy , dWcL 39 Teuô-pctyT< 39 ^O'TtXiGrlcÇ Tôt fttV 
ce.AAot,e/ x, ÇfltuAoTgpot ToTy A5^y>f<T<y, ©o-Tiep cActiof^j 
/xeAi, olAA' otû^y "TrùLpoyrcùV oJ^ey ày tov cVfT J^enSifli- 
jLtey o/yoy ye jUyjy 39 tt^Au diieiya toxj 'tcolo tî/Jv,^ 
ijc (TTpobîAou ct/^flt 39 ctAeup^v 39 cLfCùixoLTm Tie^ow 
/xeyût ey tu-ttoi^ Tpayii^totTct' «y 19 TzlnofJLtpJi w«. 
TaîÎTcL J^e >î|uuy twifi-^i , 39 -TTupay fJLîdl/jivov$^ 'ms\ 
iycù ixîôifA.yoiç oup^^ oVû)^ î[xclvtov , ctAAct ^ -TTctit^ 
Ko9«îc<^ct^ J^^otpxgTy fliy ^'^uvoL^ttjjy , ^ ttoAAoc <rè "' 



LETTRE CINQUIÈME. 



mJ xns cette lettre, fischine expose b manière obligeante dont il a été 
accueilli par Gléocrate. Il fait Fëloge de la sage»e de ce même Gléocrate ; 
il se trouve heureux de vivre avec un tel homme : cependant il ne peut dis. 
simuler que son exil lui canse quelque peine. 

JuLiADEs, sur lequel yous comptiez le plus, 
n'était pas à Rhodes , â mon arrivée ; il était à 
Linde [8] , et, à son retour, il ne ma point mer- 
•Teilleusement accueilli ; il ne ma fait que la poli- 
tesse commune de m'envoyer demander si j'avais 
besoin de quelque chose. Pour Gléocrate , je ne 
pourrais vous marquer toutes les attentions qu'il a 
eues pour moi. Il ma fait donner par la ville 
une maison et une terre à Gamire. Il ma fourni 
lui - même des provisions suffisantes pour une 
année , et non - seulement à moi , mais encore à 
Teuthras et à Hoplistie [9]. Quoique les denrées de 
ce pays soient inférieures, pour la plupart, à celles 
d'Athènes , telles que l'huile et le miel , elles sont 
néanmoins assez bonnes pour qu'on puisse se pas- 
ser des productions de l' Attique ; le vin est beau- 
coup meilleur que le vôtre. Il m'a aussi envoyé de 
la pâtisserie , faite de pignons , de farine et d'épi- 
ces , dont je vous ai fait part. Voilà ce que j'ai reçu 
de lui , et du blé en si grande quantité , que je 
. pourrais en nourrir, avec moi, tous les Cothocides 



Vtfyo lETTÏtES D'eSCHINE. 

Il a ajouté encore bien des présens de cette nature, 
que je ne vous marquerai pas , dans la crainte de 
paraître entrer dans des détails minutieux. Faire 
grand cas de petites choses , c'est la marque , je le 
sais , d'un petit esprit ; j avoue , toutefois , que je 
suis sensible aux moindres marques d'amitié. Je ne 

puis taire, par exemple, que Gléocrate nous four- 
nit d'excellens morceaux de sanglier et de chèvre 
sauvage. Mais , ce que j'estime bien plus que ses 
présens, il est lui-même tous les jours avec moi) 
et m'insinue sa sagesse , fort supérieure a la mienne. 
Ce que j'ai appris par le malheur, il l'évite par de 
sages précautions, instruit parla raison , et non^ 
comme les insensés, par l'expérience : il ne se mêle 
pas du gouvernement. Enfin, le seul Cléocrate me 
tient lieu de toutes les autres villes et de tous les 
autres hommes^ au point que je trouve des délices 
dans ma disgrâce , et qu'il me semble que c'est 
commencer à vivre que d'être dégagé de toute ad- 
ministration publique. Oui , je suis si satisfait de 
ma situation présente ^ que je m'applaudis d'être 
délivré de la passion de gouverner l'état , comme 
d'v/n maître dur et féroce [lo] ; ainsi que Sopho- 
cle, déjà vieux, le disait, à ce qu'on rapporte, d'une 
autre passion. Lors donc que la raison domine i 
je me trouve très-heureux par mon exil. Mais 

quand je pense à mes amis d'Athènes , à mies pro- 



AIZXINOr EmXTOAAl. %6t 

y / t\ I il t/ I 

7tfo$ rovroiÇj et ypaÇti^ cLicr^viofiùLi ^ ivôl /jlvi tu/cl 

J^ïi\ovY 6]ui)iv iiiKfohoyiùLi S^o^<&. To (Xii ycLf rct 

fJLiX.pCL TtÙLW V'7tefÛLa'7tCL^ia'3rûbl j [ll}LfO\oyiCL$ fJLti Tl- 

x^ [liKpm noLyv tycùyi ïirrSaBeit ofioXoycù. Ylctpî'X^îi 

in[JiTv avvicrriy ocryifjLipcii , kcli iitTctèiàcùtri rîtk ctorou 
<ro(pt<t^, )î oro(pû)TîpcL 71 tcûlS yifict$ eo-rty. A yctp 
tyû> 'TTût^û^v lùiùcC)(^d-yti y TcLtjTûL Tcpty TTût^eTy (pvA.otT» 
TtTcLiy <ro(piciy Tcdi 01»^, axT'TCîp ot oL(Pfoyg^, ^e/pot 
J^idcL(nLO/Jiîyo$' ov yctp 'TCoXinmrcLU Ka< ôeroy y' 
lîrt KAeox.paTe/ , ovùtfiici^ noMc6$ ctWytç , owtîg ccV 
Opûwrav i'TcâuiiSy ixXcL 39 (r(po(î))flt clctijlvmI^^ûù tjT 

kxyyi TÎf^ ctuTû-ô-i TioA/Tetflt^. Kot/ outû^ /xgy uVep- 

)jâ»f ygpovTa uVgp aAA>i^ i^dons gmgry, axTTrep 7cvyo$ 
Xvrrcûa-yiÇyCLTtyjWou^^^BcLi ^ort rriç zov ^TtoXiTtvia^oLi 

ficùv tycùyz I/jlclvtcù tyiç cpuyiîk, yiv (ptvycay (poLivofidC 

OTOLV J^' CLV WcL\VJ VWtX^lJ /JiOl \oyiGr/JLO^ Tg Xdl^ 

yvcùiiTi TûTv cLVTo.ji , ov')^^ îTcLipoùy |xovov,5 aAAot xai 



i 



262 AIXXINOT EniSTOAAi. 

Tieyre ^ rtrxcLfcucoireL txr\ o^lw^Lj t^ tou AAikti 
^apcov, xûtt rSi tTLii [lot fitxct aov 39 $tAiwu Ai- 
Tp/€ay yeyojuievû^y, fteTotppeî i'jrotv to oci/toi oLAA&^e 
'Ttoi TCùi an\cLy^mv "TeaXiy jTLCLi iioi S^irTron ^ Xo«du- 

S^oTLovaiy 59 axcùiiiicLTOLy ecp' oT^ oiî^et^ 6^« KT)f^i- 
<pSvro$ îyi\cL<rî Ttcù^Ttort. 

AAAot yotp ûtA/^ iJLtv n(jui ^cotfvm* trv a tvxv')(ontSf 
39 fjLvi juiovoy 'TroAtTetetv i-TToto-ay, aAAot 19 AfïïTiwv 
(pstJye, m -jrpo^ jf/xok ep^et cpiAot'Tre^'STfjLtoytf j , xcu 
on Tct'AAct TOioÏTo^ ianify orov Tep/eTioti fuy ftJi- 
â=yo^ AoLfinpoTifOi y irraa^ûki S^î otdo^oTotToy. Kcu 
/ictAKrTùL [lîi 'TtùLfcLiWy (peîye t« jLter* cwtou 
J^ictrpiba^* £t J^' otu avn\Bif$ Itl xv^nÇy ly xctfi* 
yjfxm \îyoi ri , -TTc/pS^ aico'TtAi , cty l(^mç , xii 
ysAocy. AAA' /xey S^iàoùaud'XoyjfZtrcu J^iTcnf w 
«jrcto-ty cty^pcù'Teoiç jcott yeAû^To^ enict* J^ox.e?y ctjtwt 

59 [XiCrOVS di^lOÇ* (TV J^6, îl fin ^CLlfV (po&jf TU» 

3aAotrroty , flt(p/x,oto 'Trctp il/tock 'TTore , xott ^otp«t- 
(jp^(»v crectuToy )î/try /(îgTy, îTsrctnTcoiS wùlXiy. 



LETTRES d'eSCHINE. 263 

ches, aux assemblées , au bourg de Colytte où j'ai 
demeuré quarante-cinq ans , à ma terre d*Haiès , 
fiiux entretiens agréables que j'y ai eus avec vous et 
avec Philinus^ tout mon sang se trouble et reflue 
d'un autre côté. Je regrette Athènes , et j'aurais 
même du plaisir à y entendre les invectives de Dé- 
mosthène , et ses bons mots qui n'ont jamais fait 
rire que Ctésiphon. 

Mais , mettons des bornes à nos larmes. Vous , 
soyez heureux ; évitez les affaires^ évitez Leptine [ 1 1 ]. 
Il est notre ennemi , et d'ailleurs il est tel qu'il n'y 
a point de gloire à l'emporter sur lui , et qu'il y 
aurait beaucoup de honte à lui céder. Si vous vous 
rencontrez par hasard ensemble , et qu'il parle 
contre moi , tâchez de vous taire si vous pouvez, 
et de rire. Il est assez puni d'être jugé par tout le 
monde un personnage aussi odieux que ridicule. 
Si vous ne craignez pas trop la mer, venez me trou- 
ver; vous vous en retournerez,quand vous m'aurez 
procuré le plaisir de vous voir. 



LETTRE SIXIÈME. 



L«BTTB lettre est adressée è Pbîlocrate, qui est sans doute le iDémeaa< 
quel la première eot adressée. Eschine lui recommande un citoyen de 
Bhodcs qui Tavait fort bien reçu , et qui se transportait à Athènes pour 7 
toucher , au nom d'un de ses parens , une somme déposée ches un ban- 
quier. 

À PHIIiOG&ÀTE. 

A.KISTON, porteur de cette lettre, est le premier 
qui m ait reçu à Rhodes. Il fait le yoyage d'Athènes 
pour y toucher , au nom d'un de ses parens âgé , 
une somme qui est entre les mains du banquier 
Charmolas. Recevez-le , je vous prie, avec amitié. 
C est un homme fort aisé à vivre et tel qu'il nom 
convient. Traitez-le , en tout, de manière à lui ap- 
prendre que celui qu'il a reçu à Rhodes , n est pas 
entièrement dépourvu damis, qu*Eschine jouit 
encore à Athènes de quelque considération , qu'on 
y pense encore à lui . 



EniSTOAH EKTH. 



4>IAOKPATEL 
-/\pl2Tf2N ovroç , o TLOfiil^m aoi T)}y i7n<rro\^i , 

-TrAeujce J^e A3>ivot(^e xctTûC %p6/ccy xyiSe<rrotj ygpov- 
To^ , fltpyvp/ov etV'Trpot^ay -TrapûC rou Tpot^€(^irot; 
Xctp/xoAa.. S^coTTg/ oùy o'Tra^ ottrov vTCoàt^yj (p/- 

7LCLI fCpt'TeCù'J iiur 0) 39 TX OAAût <rV[l7rpGL^îl$y dç 

/jLOiâii on ou 'TTctyTeAÏÏ^ s fn/jioi cpt Aû>y vTtiSî^etxo j 
«tAA* êcrr/ t/^ 'A5)iyM(T/y AeVp^iyou Aoyo^ 39 imp^*^ 




EniSTOAH EBAOMH.', 



THI BOTAHI KA.I T^I AHMiM. 

T>jy fii}f viJLtrîpeLi <lwc$î^cLiJLmv (p<Aay5pâi'7rtcty Me- 
Afltvû^Tra) J^e , otj)c IwanKS-œf /toioy , yo]xt^â> roiç i3e- 

Tup^ov ert jcott ryi$ ^çLTfiooç eo-igpujixeyo^ , o/a«$ 
cLfiLîcTcn nufcLao/icLt. Eyùù ycLf , œ MsAoty^Tre, jut* 
jLtey Tou^ yojuiou^ ofioXoyûù ravTif Kep^pîtr-S-ctt T? 

-TTE'Trovdgvoti , jcot/ J^ep TdC ;A)i(îeyflt (rr6(potvou(73cii 

'TTctp' ctuTou^ dymi^ùfjLtnç. *Efioi (liv ovv to J^e- 
âvaTv^niLîi/ùLi 'TToA/Tguojttevo) xo/yoy eVr/ *7rpo^ 0e- 

jLt/(rro)cA6ot, 39 Ap/<rTe/(î>iy , 39 otAAou^ -ttoAAou^ t»! 

XcLfiWfOToLTœv TsroTt €V TH TToAgi yvjo/jiivar aoi Oi 

TO Atgp^pt /Ji^v p^96$ :è *7rpûî>iy, -S-eo'/ioOaTouvTo^ jjAl 

Tov -TTotrepot cou eiç to à^eaficùTyiptoy , <re <r6 , *7rpA- 
5evTot S^ic')Q\im S^pcL')(^iJUù}i , uVottpweyût/ , toT^ Trgpf 
T<^fltpp(^ov ytoi$ xotvcL TotuT* 6iyoL/, ou TOl$ *7nfi 
Qtfiiaro^MoL , 39 'Apto-Tg/^y Toy J^t)cot/oy UTioAaft- 



LETTRE SEPTIÈME. 



-isôi*' 



Cl BVTs lettre est adressée aa sénat et au peuple d'Athènes. 7e crois que 
c'est une de celles qui sont supposées, et qu'elle a été faite sur le modèle 
delà lettre de Démosthène contre Théramène, par quelque écrÎTain qui 
a voulu s'exercer à écrire dans le style d'Eschine* 

▲U SÉNAT ET AU PEUPLE D'ÀTHiNES. 

J *A I été instruit des discours que M énalope avait 
débités contre moi, et je suis fort sensible aux 
marques que vous m'avez données de votre bien- 
veillance. Je me flatte , quand vous m'aurez rap- 
pelé, de pouvoir lui témoigner ma gratitude dune 
façon qui réponde à sa vie passée ; et peut-être , 
quoique éloigné de ma patrie, pourrai -je encore 
réprimer son insolence. J'avoue , Ménalope , que 
j'ai éprouvé ma disgrâce conformément aux lois ; 
mais je dis que c'est en défendant les lois que j'y 
suis tombé , en m'opposant à ce que personne 
ne fut couronné contre leurs dispositions. Avoir 
été malheureux à la tête des affaires , cela m'est 
commun avec Thémistocle , Aristide , et mille 
autres citoyens célèbres. Mais être fils d'une mère 
qui s'est prostituée dernièrement , quoique vous 
fussiez déjà thesmotbète [i -i] , et d'im père qui a 
été mis trois fois en prison ; vous être vendu 
vous-même pour le crime au prix de deux mille 
drachmes ; cela \ous est commun, je pense , avec 
les jeunes libertins de la troupe de Timarque [i3], 
et non avec Thémistocle, ni avec Aristide le juste. 



a68 ' LETTRES d'eschine. 

Mais , Athéniens , je raisonnerai avec Ménalope 
de vive voix , quand vous le jugerez à propos. 
Maintenant je vous rends grâce de l'intérêt que 
vous avez témoigné pour ma personne, interrom- 
pant par vos cris et refusant d'entendre ceux qui 
me déchiraient quoique absen t . Il serai t m ieux pour- 
tant , il serait plus juste que vous me permissiez 
de répondre moi-même aux invectives, en décidant 
pour moi ce que vous avez déjà décidé pour taut 
d'autres qui avaient commis envers vous les délits 
les plus graves. Sinon, je vous demanderais une 
seconde grâce, c'est de souffrir qu'on dise du mal 
de moi tant qu'on voudra , plutôt que de faire 
soupçonner, en refusant d'entendre ceux qui me 
déchirent et en paraissant m'être favorables, qu'il 
y en a plus sur mon compte qu'on n'en pourrait 
dire. 



AirXINOY EniZTOAAI. 8^9 

J^o^jf, J^/otAe^ofxot/ 'TTapûJv* vfivf J^g t?^ )ttey gJvo/ct^, 
iv cLTrovri ixoi '7CcLfi(T')^z(r^î ^ 5-opuÊouvTg^ , jcctt /aw 
5€AoyTe^ oûtpox<rôot/ tSv \oiâopovvrm iniiuÇy noWm. 
5^otp/v ep(^â). AejtotiGTgpoy fmrot xeti ot/xe/vov ?y e/^otv- 
Tov excra/ 'Trpo^ tou^ Aoi^opouvrot^ Agye/v, •v[/)j(p/(rût- 
lÂAiovÇj CL 'TtoWcLxiç '7toWoî$ H^Yi e'>|/)j(pt(rot(r«9-€ , rot 
[ityiarcL cL(ixfTorj<ni aç vfjLOi^* îi J^e /^>i, to yg 

i8Afltcr(p)îitAouyT«v oi»)c ctjtpocto-Oe, ]ul£<^« T)iy J-Tro-sl/icty 



EniSTOAH orAOH. 



x^ T [itv QvSiTtœ 39 yîv <t(pi^cLi ^po$ ^iiZ^f iXXcL xxu 
vo<rov$ y 39 S^iJLcLS , %| -TTûtyrct fJLaWof tou /x)i jSouAé- 

îTotAcc/ 99 'Ay(î]p®»«(î<*^. El ]X€V oùv iriTy ye <ruv $iA/w 

9» < ^ ^ »/ *» » / 



\ 



LETTRE HUITIÈME. 



JETim lettre et les deux qui saÎTent, ne portent point les nomades per- 
mnes auxquelles Eschine les adressait. Cette huitième lettre est écrite à 
D ami qui avait pfomift de le venir voir> et qui ne tenait pas sa parole. 

r otjs n'êtes pas encore venu me voir; vous vous 
ejetez sur les indispositions , sur les procès , sur 
out enfin, plutôt que sur le défaut de bonne vo- 
onté. Il y a déjà long-temps que Nicias et Andro- 
lides sont venus. Si vous avez résolu d accompa- 
ràev Philinus, qui , à ce que j'apprends^ doit faire 
e voyage , peut-être vous permettrai - je de vous 
justifier, et notre querelle sera terminée. Si vous 
ae partez pas encore avec lui, vous m'écrirez tou- 
jours que vous viendrez^ mais votre ami ne se fâ- 
chera plus qu'une fois. 



. ifr 



LETTRE NEUVIÈME. 



Jii se BivB , dans cette lettre , rend compte à on ami de l'acqmsitîon qu'il 
• faite d'une terre. 

Je suis passé à Physque [i4] > et je me suis tenu 
tranquille tout le jour , non par indolence , mais 
parce que mon asthme paraissait augmenter. Com- 
me il a diminué pendant la nuit, et que je me suis 
trouvé mieux , je me suis rendu aux Sablons ; j ai 
▼u la terre, qui ma paru belle et assez variée. Des 
plants d*oliviers, beaucoup d arbres, grand nom- 
bre de vignes, encore plus de blé , de beaux pâtu- 
rages , mais point de logement ; les bâtimens sont 
en ruine. Myrodine m'a fort bien reçu. J*ai acheté 
la terre deux talens. J'y bâtis maintenant une mai- 
son, telle que je peux la bâtir avec un revenu mé- 
diocre. D'ailleurs, je ne l'habiterai certainement 
pas avec grand plaisir, étant privé de ma patrie, 
et d'une patrie dont on ne peut se consoler d'être 
éloigné que par l'espérance d'y revenir. 



asB 



EniSTOAH ENNATH. 



1 1ePAIH©EI2 gVi $u<rxov, )iVup(^<t(r« îkîwj 

71 'TCîfi TQ cLtr^jfJLcL voao$ ) , cû$ T)iy yvTcTcL 6veo(»x.e , jcctt 
fcteùi iytvofJLtiiy ^ctàidcLÇ iU thv "A/jl/xov, luuàoi rd 

zncLi rcL %«ptct. Kct/ ycLf IXcum riv^ 39 'ttoWcl (pvzoLy 

wicu *E^g^ctTo J^' >ïfx« Mupû^vi^^ (piAxy3p(»îEra)$ 
(TcpoJjpot. Ta. /JLîVToi 'Xj^pict S^voïv TctAavTo/y g7rp/oCjtt>)v. 
Kcti vuy î7tùLv\iQy Ti fJLyi')(eL}fS/JLcti roiovrov , oTov îulyi' 
5^ctyû;jui>îV gyo) x.îycTy\iityo$ l6pcC)(îcLy 39 [lîWcc'j o/jl(û$ 

cTîfmu ry\$ b/jlûlvtov woXta^ y 39 A^û^AiCTot ToioLVTy\Çy 
€»f J^uvctiTo <iy Tt^ waov <xAy£/y uîroAa,ja€ctyûJV 0/- 



z.e<v. 



EniSTOAH AEKATH. 



(îfeyof , 0T6 xotra S-îca lU *ÏAtov ùûpixo/jw tjk ti 
yr\$ 99 5cLXcLTrY\$ ! Kcti et jicey îidoy ctJroOi, ypei^c/f 
cVé* J^oxéT uAw ép^ety ot(p5oyov, <n(iù'7n/i<rci* J^eA/x* 
yccp 9 x/x)f ^o<)iT<)C)i^^ AotCojttsyo^ cpAuctp/et^ ^ cttreip^ 
xc(Aeug<r9<ti J^o^«' ta J^g Kt^tayoj épyot xctt Tnv 

ctpxeo"ct< Mym, 

39 li-A w\y\fovfiî}im rriç Gectj tSy ïlîfycLfjLCûi {^1 h 
fjLOi yifCùiiY\ fxeys/y , toùç â'TtcLVTct S^iî^î\Qcù ta îi vf 
lAicta* €tîr)i î^po^ ocuTot? excterToi^, uTep €01 retein 
tari ytytntJi'tiiA) yîfi'7tt'srTuin[iîfAj h f •zretpaïifTtfJ 
Tou^ yAiiovç 0/ tîrAs?(JToi T^y SuyotTepai, oow> 
iwiTfî'TTîi io/jLoç wonîv y 39 )i «pet. 'Eyeiorro i^ 
cup^vcti cti y(3t/JLou|ui€ycti. Nevojtttfl-Tct* J^e 6*y t^ TptfctA 
7^ Tôt? yctjttoujtteyct? 'Totp^gyou? cV/ tov Sxct/iotfdjfW 
tpytcrâcLi j 39 Aouerotfxevot? otT* otuTou , to tno$ Toutaf 
ûKT'^rep tspoy r/ , eV<Agye<y AotCe /aou, Sxflc^ctyd|)t|l\{ 



LETTRE DIXIÈME. 



J B ne me serais point permis de traduire cette lettre, qui renferme une 
histoire un peu libre , s'il ne m'avait paru que le caractère honnête et ver- 
tueux qu'y montre Eschine, pouvait être une leçon pour nos Français « 
oui ne sont que trop sujets à plaisanter sur un article que l'orateur d'A- 
mènes traite sérieusement. La délicatesse d'un païen sur l'honnêteté des 
mœors , l'indignation qu'il témoigne à un libertin qui s'en moque , et qui, 
txk ceb, ne ressemble que trop à nos petits-maîtres à bonnes fortunes, doi« 
vent Caire rougir la plupart des chrétiens. Au reste , la narration du fait 
contenu dans cette lettre , est aussi vive et rapide que simple et naïve. 

JjONS dieux ! que Cimon ma fait de peine dans 
toutes les villes et sur tous les rivages l à quel ex- 
cès il s'est portée sans respect pour les lois , sans 
égard pour Tamitié ! Nous étions venus ensemble 
à Troie pour jouir du spectacle de la terre et de 
la mer. Je ne vous détaillerai pas tout ce que j'y 
n vu , j'aurais trop à dire ; et je craindrais qu en 
imitant le babil des poètes , je ne parusse vous en- 
tretenir de bagatelles. Mais je vous parlerai des 
l>eaux faits de Cimon , et de sa pétulance contre la- 
]uelle je ne pourrais jamais déclamer avec assez 
ie force. 

Nous étions à Troie depuis plusieurs jours , et 
lous ne pouvions nous lasser de voir ce que cette 
ille offre de curieux ; j'avais résolu de m'y arrêter 
usqu'à ce que j'eusse rapproché tous les vers de 
Iliade de chacun des objets dont ils parlent. Nous 
ombâmes au jour où la plupart des habitans cher- 
:henl à marier celles de leurs filles à qui la loi et 
'âge le permettent. Il y en avait un grand nombre 
lans ce cas. C'est une coutume danslaTroade que 
es filles, sur le point de se marier, viennent au 
k;amandre , et se baignant dans les eaux du fleuve , 
>rononcent ces paroles qui sont consacrées : Sdi- 



2 7^ LETTRES d'eSCHINE. 

mandre^je V offre ma virginité. Une jeune fille, 
entre autres , nommée Gallirrhoé , d'une belle 
taille, d*une naissance distinguée, vint au fleuTe 
pour se kaigner. Je regardais de loin cette céré" 
monie avec les parens des filles et le reste du peu- 
ple, )ouissanl du spectacle de la fête autant quil 
est permis aux hommes. Notre honnête homme 
de Gimon se cache dans les herbes du Scamandre, 
et se couronne de roseaux : c'était un piège tendu 
pour la circonstance, un tour qu'il avait médité 
de jouer à Gallirrhoé. Gelle-ci ^ je l'ai su depuis, se 
baignait, et prononçait les paroles ordinaires:«Sca- 
mandre , je t'offre ma virginité. Le Scaroan- 
dre Gimon s'élance des roseaux: 5cafnatu/re, dit- 
il , reçoit le présent de Gallirrhoé ; il veut la 
eombler de biens. En disant ces mots^ il enlève la 
fille et se cache; mais l'afTaire ne resta point 
cachée. 

Quatre jours après , on faisait , en l'honneur de 
Vénus , une procession à laquelle assistaient les 
nouvelles mariées, et dont nous étions spectateurs. 
La jeune Gallirrhoé aperçoit Gimon qui regardait 
avec moi, fort tranquille , comme quelqu'un qui 
n'eût fait aucun mal ; elle se prosterne à ses pieds* 
et, se tournant du côté de sa nourrice. Voilà , dit- 
elle, ma nourrice, le Scamandre à qui j'ai donné 
ma virginité.^ A ces mots, la nourrice se récrie, et 
par-là toute if fourbe se découvre. 



AlSXINOr EniSTOAAl. 277 

TU» trotp9gv/cty. 'Ev J^)} tclU clWolis KctAAippon 

rw , CTrt Tov Tozctfiof >fxe Aou(ro/t6V>t. Kott )îjuLe7if ijLta 
re T0<^ Qixiioiç rm yeifiov[iîmy x) roiV <tWoi$ 
o^\otÇj rroffcêîy tth eopryiv, 3^ tol AûVTf«^T«v 
vctpd-îvœy j w 5-e/^/^ ctJroTk i^cùTîfCù opcï», e^ga- 
jxsôflt. O J^e }caAo^ x^oty*^^^ Ki/juûy ey^cpuTîTeiot/ e/^ 
Sfitjttiov Tou XTccLficDj^pov , î^ (TTecps/ ectuTo» J^oyoL^tV 
»fr J^e otuTa J^wActchj to (rTpfltT)iy>t|Xoe. touto jcctt 
Aop^o5 eç ïifiîfOLç twi T>fV KctAA/ppô>fv îVTftrg'yiç. 
AouojXfy)»^ J^e, 3cct/ to e<û)5o^ erco^, «^ jLteTA Tautct 
gVuOoffc^y , Aey oty(r>î$ , AaSe ijlqv , Ujcct/^oty^e, xny 
trotpOeyioty, ex.ôopa^y ex* t^v Oa/^vû)y S^ca/tcLvc^po^ 
Ki/M»y,'Hd'6a)^, é(p>f , J^ep^o/Jicti , x,ct< Act|x£otya) KctA- 
Aipponv, Sx^oL/tocv^po^ a;y, xgc( tcoAAoc ocyaOct Tioofo-û». 
Tcuir* a/zct Aey«y, x,cti ap'7ra<r« T)jy rreuâxy 
o&Çfltfii^ yinrcLi. Ou /^>fv x,a/ to WfctyfjLct cl^xhç 
yiUTCLC ccAAx TeTTûtper/y uaTgpoy niitfùLiç itoiJiTsryi 
f«y >iy AçpoAT>î^ , iTsrofJLWivov S^t cl! ncdtm yi- 
yûLfmfJiîvcLi , xùLi y\ixuç T>ty troAtziDîy gGeajuigOa. 'H 
J^e vujL6(pn i^ot7(7ct Toy KijLtû^yct, û^^ fjDfdey ctuVo) 
xcucoy cruye^aoToi ct/iAC e/xo/ d-tcû/jLeyoy y WfO(rîKvn(ri y 
XAt y ùLwot^M-^xacL Tifoç rm Tpocpoy , 'Opoe,^ , g(p)i , 
tjtÔw, Toy 2îcAjttûcV(îjpoy, o) t>îv xzrûtp9ev/ûcy î^cùtccl. 
Kcti y\ t/tIw ct.)tou(rGt<rflt, ctvgjtpotye, 3cot< to '^rpxyfxot 
[. ejcTTucTToy yiygTct/. 



^78 AliJXlNOT EIIISTOAAI. 

KitM^ùLy xclI oTct 5y eîxo^ tpyctl^ofKti, xotASv 
ctvoV/ov, xct/ J^i* ctuToy dwoXœ^vjcLi \tym wjulÎj. 
'O J^è oJ^^ /^i' cttÎTO écîetersv , ovdî ^(^^^^^ fôts 

ç[ityovç 7L<iT(Lpi^yL0\nivio$. Kcti yctp «r Mctyyifffi^ 

Toturo TouTo Tepi Mot^ctvcîpoy Tov ^oTotjttof e^ 

ygyoygvGt/ uVo Ttvo^ T^y ex^T yeûjy* ot(p' ow , luti en 

(THjtJtÉpoy , ATToAoy roy dâXvrryn o trotT)»p €(p>i «v» 

tod' ov')(^ îclvtov utcy, ctAAct tou Mctioeydpou «w« 

;i6<H6rAr xGt/ iTtct TouTo otuToy out« t^'ctvu yo/^t^siv 

o-otpxSfy T6 xot< p/tn^ ÊU t^u^' îwtiddy S^t ttoAAcw 

Afltfeûîy ^A>tyct5 at5r€ttrot/t€Vo$ fiÇîot, roy troTct/wv 

ûtuToî HfiECïiccLi Aeygty, oTt ytxiîerct^ ou wàLTîfi 

ayyiyofîvatv avtov, Oux ap' ot^ropet ye >jTTa[ievc^ 

'STfo^oLo-îcùç. KcLi vrîfi Etrt(ÎGt|tJLyoy J^* ofioicùs naXn 

KcLpimcL eÇn' Toy iiov<nxoi uV £j)f96t« TreTreTcrfiflti, 

oTi HpoLTcAiovç eof ro ex ^toe^ou ygyojLcgyoy ctur» 

-STûttcîtoy. Eyâ> J^g ot>x €Vût/db?ro/)i(rajtt)fi, €<p)f' ctîw^ 

J^e J^eeAe;)^ô->fv ^otià , v'snpcùfcû rt 'nâ^ , xctt Aot^ 

^tey)îy cttîrwy /terct |xi« ypctoV /dlafy. Kct< aAAtf^ / 

ecîoxet /JLoi, É(p>f, «V )tt)î wctyrclwcLcn rct gy 'lAw 

Tpay/xot re xot/ (p^êepa i^, trot9g?» J^eîv xct/ Ti 

>i/^a5, xûL/, oioy ey KCùfjuùiicLi$y trept roy Sxocjttfitu- 

'Jpc/y /pyot<rcto"ô-c3tu 



LETTRES D ESCHINE. 279 

Rentré dans mon logement, j'y trouve Cimon ; 
je m'emporte contre lui comme je devals,et, le trai- 
tant de scélérat , je lui dis qu il nous a perdus. 
Lui, sans être ni plus honteux, ni plus effrayé, se 
met à me raconter de longues histoires, à me citer 
nombre d'aventures de ce genre arrivées à diverses 
personnes et en différens pays, tournant en risée 
des actions dignes du dernier supplice. A Magné- 
sie, me disait-il, un jeune homme de la ville a 
joué le même tour auprès du fleuve Méandre. Aussi 
encore aujourd'hui, le père d'Attalus , l'athlète , 
persuadé que son fils est fils du Méandre et non le 
sien , croit que c'est pour cela qu'il est si robuste 
et si vigoureux. Lorsque l'athlète se retire accablé 
de coups et entièrement épuisé , son père dit que 
le fleuve est irrité contre Attalus , parce qu'étant 
vainqueur , il n'a point proclamé le dieu pour son 
père; de sorte qu'il a une raison toujours prête 
quand son fils est vaincu. Auprès d'Epidamne, le 
musicien Garion a de même la simplicité de croire 
qu'un de ses fils , né d'une pareille intrigue , est 
fils d'Hercule. Pour moi, ajouta-t-il, sans pousser 
les choses aussi loin , j'ai eu une simple entrevue 
avec une fille qni n'était plus vierge ; je n'ai fait 
que la regarder se baignant avec sa vieille nour- 
rice. D'ailleurs , pour que les histoires d'Ilion ne 
soient pas toutes sur le ton terrible et tragique » 
j'ai cru devoir m'égayer , et mettre le Scamandr« 
en comédie. 



2S0 LETTRES DESCHINE. 

A ce récit , je demeurai pétrifié , ne pouvant 
croire ce qui s'était passé , et craignant les suites 
d'une telle impudence. Cimon paraissait se dis- 
poser à me raconter une troisième aventure de la 
même espèce , sous le nom de Bacchus ou d'Apol- 
lon , lorsqu'apercevant une foule de peuple qui 
venait à notre logement : Voilà , lui dis - je ^ ce que 
je craignais ; ils viennent pour nous brûler. Et 
aussitôt je sortis par une porte de derrière , et )e 
me réfugiai chez Ménalippide. De là^ sur le soir, je 
m'avançai du coté de la mer , et je fus porté vers 
une certaine hôtellerie par un vent auquel , en 
vérité, on ne pouvait s'exposer qu'en cherchant â 
fuir le forfait d'un Cimon. 

Tels sont les périls auxquels m'a exposé son in- 
continence. J'ai cru devoir vous les mander, comme 
à quelqu'un qui en sera encore plus afiecté que 
moi. Peut-être cependant ne trouverez -vous qu'à 
rire dans cette aventure. 



AISXINOT EniSTOAAI. 281 

yoyuy* o é\ îcàjtu x,cli Tfiryiy AwoXXmoç [lai 
Aiovvaov juLo/p^Étctv eVot^ety, ea>^, î^m lyco op^Ao» 
(noiTA Tw Bvpcty ToÏjt tTcBuo^ eÇ>iy, xcLTX'Ttfyi' 

rov t^tmicL cLVîficù jcctTîfp^â^jtAeif, ov /zmtiç <tv ctA- 
, )f <pîvym To K<]UL«v6iov otyo^, t/trojaetvcce 



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;â)y. 



/ r 

î (Tp^etA/àcrovK /^ôlAAov, <â|Xîiv* o-t; J^6 «y iTceuSçy 




SH 



EniSTOAH ENAEKATH. 



THI BOTAHI 

KAI T£ll AH Mai 
TÛN AOHNAIfîN. 

Ta fJièy ùlWcl âili vfiti l'TCitrrtWin ^ Tsrtpi an eSou- 

Ao/ixv, xott t^poTepov ow/^nV ou yctp otcpypïa-âflti yi 
ToÎTo cLrv')(yicrcuTcL rm tst^ v[uif uVeAajxêctïoi* 

avfJifoovXeveiv J^g, xoc/ ^oAutrpflcy/toveTy ^ ou fc<3cpat$ 

i[ioiyi dxfcLŒKtç t(pxiHTo epyoy e^voti , J^g^jcoTi m- 

Atx,ûe.uT>fV i^exTfV Tou 2iroA./Teu£(r5ût<, îrAjjy, ti rt J^€o/, 

pcfltAouvTay U)ttay. AAAa^ J^g jttu^ poe»(hot T/er* riv 

gViTn^e/ay, oup^ or/ tjroAe* , (7U)ttCouA6U6<y , et 'Trpoff- 

>ïx.6/, ûîo|X>iy u/^Tv te eo^p^y otAAou^ £?yce.< )tou AeT^w 

x,ct< wfcLTTîDf J^uyct/xeyou^ Toc >co/yot 3c*TeAi«roy ytff 

ovK o\tyovç. ^Ewu S^t ol fjny TgOvocr/ , troAAoc h 



LETTRE ONZIÈ^IE. 



J'ai déjà dit que |e croTais les deux dernières lettres supposées. Dans les 
lettres précédentes, Eschine s'annonce comme un philosophe aimable, 
qui n*est pas insensible à sa disgrâce , mais qui la supporte avec assex de 
patience. 11 n'est pas croyable que , satis&it de la vie douce et paisible 
qu'il menait dans son exil, il soit sorti de sa tranquillité pour se mêler en- 
core du gouvernement, et pour se mesurer de nouveau avec un puissant 
adversaire. Il y a toute apparence que quelque habile écrivain , qui avait 
étudié son style, et qui aimait sa façon d'écrire et de penser, s'est amusé 
à composer deux lettres en réponse aux deux premières de Démosthène. 
Dans l'une , il représente Eschine partisan et avocat de la paix, comme il 
l'avait toujours été, exhortant les Athéniens à rester tranquilles, à ne pas 
troubler leur repos par de vains projets d'ambition, à ne pas exposer à 
une ruine totale une ville déjà si affaiblie; dans l'autre , le même Eschine 
justi6e son administration, par l'exposé de toute sa conduite lorsqu'il 
était ministre , et sur tout depuis qu'il est exilé. Il excite les Athéniens , 
par des sentimens de compassion et d'honneur, à le rappeler, à lui rendre 
une patrie dont il ne mérite pas d'être privé. Il est des endroits , dans la 
dernière lettre, qui prouvent invinciblement qu'elle est supposée. D'après 
les discours d'Eschine qui précèdent, sa mère, si elle vivait encore, de- 
vait avoir plus de cent ans , ses fils devaient être d'un certain âge : la lettre 
dit , en termes formels , que sa mère n'était âgée que de soixante-treiae 
ans; que ses fils étaient fort jeunes. Quoi qu'il en soit, les deux lettres ne 
aont pas sans mérite; je les ai traduites avec soin. Gomme le texte en est 
fort sutéré, j'ai eu assez de peine à tirer par-tout un sens bien clair et bien 
net. 

AU SÉNAT ET AU PEUPLE d'AthÈNES : 

«JUi déjà pensé à vous écrire sur plusieurs objets 
qui me sont veaus à Tesprit , ne croyant pas que 
mes malheurs dussent me priver de cette liberté; 
ce qui m'a retenu , c'est qu'il me semblait qu'après 
avoir été puni si grièvement de m'étre occupé des 
affaires de l'élat , ce serait de ma part une grande 
indiscrétion de m'en occuper encore, et de vous 
donner des conseils , â moins que vous ne m'y in- 
vitassiez dans quelque circonstance. Je sentais « 
d'ailleurs , qu'il n'était pas même facile de con- 
seiller des amis ^ loin qu'il le soit de conseiller tout 
un peuple. Je voyais enfin que vous aviez d*autres 
citoyens en état de parler et d'agir ; et j'en avais 
laissé un assez grand nombre. Mais puisque par la 
mort des uns, et par la disgrâce des autres sem- 



sS4 LETTRES D ESCIIINE. 

blable à la mienne , la ville éprouve une disette de 
ministres; puisque, suivant ce qu'on me rapporte,, 
ceux qui sont présens cherchent à troubler Tétat 
par leurs discours, et même ceux qui sontabsens^ 
par leurs lettres, je me suis hasardé à vous exposer 
aussi par lettres, seule manière dont je le puis, ce 
que je pense être avantageux à la république. 

Si maintenant encore mes ennemis prétendent 
que je suis partisan des Macédoniens, et si quel- 
ques-uns m'accusent de nouveau, en mon absence, 
d'avoir prévariqué dans mes ambassades, ou d'a- 
voir trahi la Grèce, je suis ^rêt, s'ils le veulent, à 
m^exiler même de Rhodes et de tout le pays des 
Grecs , et je me retirerai dans les états du roi de 
Perse. Personne , néanmoins , ne me reprochera 
d'avoir jamais été partisan des Perses , et Démos- 
thène moins que tout autre. Mais dans ce pays 
même, je ne cesserai de vous écrire ce qui me sem- 
blera conforme à vos intérêts, dans le dessein, non 
de flatter vos goûts , ainsi que font quelques-uns, 
mais de vous donner librement des avis. Car , sa- 
chez que certains ministres qui veulent paraître 
vous reprendre, et non vous flatter, ambitionnent 
surtout de vous plaire , choisissant le rôle d'adu- 
lateur le plus subtil , celui qui se cache sous une 
apparence de franchise. C'est-là , en effet , la ma- 
nière la plus adroite de flatter le peuple et les chefs. 
Lorsque j'étais, en quelque sorte , vivant pour ma 
patrie ^ j'ai vu de vos ministres suivre ce système ; 



AISXÎNOT EniSTOAAi. a85 

op^>i)tflL(r/v, cùcrwif eycù , 'r£p<e<rT>f3ce <re jj îsroAi^ €<^ 
ifiieiv Tûùi woXiTzvofiîwif j cLMva S^t rov$ juie» otu- 

Ïf tÎ? troAea^ TstparyyifgTùùii \ îTOi/ioç y!^ ra J^o- 

îWKTToXav Aeyeey. 

Et J^e xott yS y T<t Mctxe^oyûov ÇpoysTy gpouo-i /^g , i^ 

xpcLTsrpecl^îicLç wcl\iv ypctcpovTct/ reys^ aVoytot fjit, 

©•poAxr/otv T>îk 'EAAotdb^, ero* julo^ .^ Ai Ttcti 'Po^ou 

j y)ï$ oLtjTfltcDt^ EAAwdb^ tjrpoo*» (pîvyn'j^ icuf 

uAû^yrctt, xot/ wpoç tov ev llepo-ct/^ clwîi/jli xcti 
>i^<$ ^cLcriXioL. KûLirot va. Flepo-Sv yg )^ M>î(31mv 
ra^ e(p>i fJie trorg cppovetv, xct/ îrctvra>v vjxiaTx 

vifioad-inç. 'AAA' oJ^' exeT5ev TS'cLvaoficLi ypctcp^y, 

TM troAgt ^oçû) av/jL(pîfUi , ou p^<X|5tQecr5flt< fiiWcni 

iii j cêŒ'Tnf ctWoi zrJîÇj ûcAA' îXîvâtfCùS youGereTy. 

■ 

j ycLp et^evcti %p>î, ot< rSy îroA/TeuofJLgyûoy ot 
xAAov îWiTsrXnTTuv i ^ctp/^eerOct/ â-eAovTÊ^ J/^?y 

sxery , ouTot xo-t /jlclKkttcl Wfoç «^vyjy Aeyoucr/ , 
ly vzs'o 74rfO(T')(^y\[icLTi 7!rcLfffi/\(n<t$ ooov xov xoAol- 
:uety eAojuLevo/. Kct/ ycstp otuT>f nç t(rTi tov %fltp<- 
•o-^-ai wo\iTcLiç xdi »ycp-o(n tjroAu xaxoupyoTepct 
pocLiftdiç" h ^ût(ît(^oyTe$ T<yg^ A5->îywa-i, ^w^fiono^ 



186 AISXINOT EniSTOAAt. 

t/jLOv TTctp' vfjLrj ( ovrcù yctf fis, p^p>î Aeyeiv ) , ^ iS», 
oeroy g(p* JiM,7y, Tîd-vtSroÇj tiLiTimTcLi fin vyiS^ tn» 
ôXiyapicUy dç oJx. îd-îKoyrcùy ctp^€iv tiT? *EAXctdbj, 
w f or ptw^^fTcLi à^î îTsri Tfif^yiytfjLonùLVy aç d^uvcLfiî' 
youj. 'TfjLîT^ J^e, fitrct xou J^oxe?» ctpyo* yeyoïtiou, 
J^uvctaSd/ Toy 'EAA>»vay otpp^eiv yojai^ecrGoe./ ôtAete 
/LtoLÀAoy , )i , iLteroc rou jtteye^v Jja^> r oc$ Wfo^iiicLi , 
êy^èlo-Ooti T>)$ S^vycLfiîCù^. 

Tlvi^cLvoficLi ycLfj rt\îvTyi(roLiro$ A Ae^otydjpou , 
WforpiTsrtiy tucls v/iolç xotivotep^av ot^TTreerHcti Tipcty^ 
/jLcLTm" lycù S^t ^ov\ot[i7if iy TocÎTct <ruju,ÊouA6u«y 
v/i7vy [UT CL rou TctuTct (TufJicpgpeiy. Ov yap îîyvoow^, 

(lÛL TOV Al CL XCLl rovç CL WOVÇ ô-iOV^ , OTl ACLjl^ 
"TTfOi i(TTl TO TÔl$ fJLîlf BcLfCcLfOiÇ CLti WOMfJLtîv ^ TÛU^ 

S^l EWwcLÇ eAguGepoîTv , jcotc rctura ye jcott tou^ 
trotTepctç )fft^y tirposAo/teyou^' otAA* îU /JLtf To jSou- 
AecrHct/ tc* jcpfltTterTût , T)îy ymfjLïi^ t3ccty>iy oyo-cty , e/^ 
J^g TO J^uyoe.<r6ctt, tlcli tv^q/iç cLyd^riç vfioLÇ J^eojxe- 
yov$. npoawe/v oùy fJi€fjLyîcr9a< 3ca./ v/jlcls uVeAct/i- 
Êctyoy , OT/ A^YiicLiotç fJigy ezir^erTeAAojxcy, *AG>fVflttot^ 
J^6, ovK ey ot^ ©eft/crro)cAÎ^ ct^oA/rewo-otTo, dXX* 
01 rcLS jtjtev ymiicLS exe/ywv ou ^tifovç e/o*/, Tctj 
a€ Tipo^ Tou^ TtoAefJiou^ cL(pof[Jictç ov^ ofioioLç evouffiy. 



LETTRES D ESCHINE. 2S1 

ndaintenant que je suis mort pour elle , autant qu'il 
est en vous , il en est encore qui n y sont que trop 
fidèles. Ils vous reprochent , comme une lâcheté , 
de ne pas chercher à commander dans la Grèce » 
et veulent que vous aspiriez à la prééminence , 
comme si vous pouviez y parvenir. Mais il vaut 
mieux pour vous , selon moi , que , paraissant 
moins actifs et moins ardens , on vous croie ca« 
pables de commander aux Grecs , que de montrer 
i^otre impuissance par une ardeur inquiète. 

J'apprends que^ depuis la mort d'Alexandre ^ 
3n vous excite à faire des mouvémens pour chan- 
ger la face des affaires. S'il eût été de votre avan- 
tage de vous donner ce conseil, je vous l'eusse 
donné bien volontiers. Je n'ignorais pas ^ j'en at- 
teste Jupiter et les autres dieux , qu'il est beau de 

combattre sans cesse contre les Barbares, et de 
mettre les Grecs en liberté , que c'était le système 
de nos ancêtres. Mais je voyais que , si nous avons 
assez de courage pour prendre les plus belles réso- 
lutions , les forces et la fortune nous manquent 
pour les exécuter. Je croyais donc que vous deviez 
vous rappeler que, si j'écris aux Athéniens ^ ce n'est 
pas aux Athéniens que gouvernait Thémistocle , 
mais à leurs descendans, qui , sans leur être infé- 
rieurs en courage, n'ont pas les mêmes ressources 
pour la guerre. Que ceux qui nous proposent des 
entreprises digoes de la Grèce , nous donnent trois 



:i88 LETTRES d'eschiuk. 

cents vaisseaux^ trente mille talens d'argent et trois 
mille talens d'or [ 1 5] ;qu'ils nous donnent un pareil 
nombre de jeunes gens robustes et aguerris ; et 
alors qu'ils s'abstiennent de nous donner des con- 
seils ; car nous saurons par nous - mêmes ce que 
nous devons faire , quand nous pourrons faire ce 
que nous aurons résolu. Qu'ils ne nous amusent 
pas de vains discours , et de louanges inutiles don- 
nées â nos ancêtres et â notre pays , répétant sans 
cesse que nos aieux sont nés dans le pays , et pour 
le pays^ et que des dieux ont été jugés dans les 
tribunaux d'Athènes. Demandez - leur à quoi a 
servi aux Athéniens , dans la bataille de Ghéronée^ 
que Mars ait plaidé contre Neptune , pour Halir- 
rhothius [16], devant l'Aréopage. Sommes-nous en 
état de combattre contre Antipater , ou contre 
tout autre prince de Macédoine? Voilà ce qu'il faut 
examiner; et, si nous le sommes^ prenons sur-le- 
champ les armes, et délivrons les Grecs avec l'aide 
de la fortune. Mais si , nous aveuglant sur notre 
' faiblesse et cédant à la flatterie , nous essuyons 
une défaite , n'ajouterons - nous pas aux malheurs 
où nous serons tombés , celui de passer pour en 
avoir été nous-mêmes la cause ; ce qui seul rend 
inconsolable dans les maux ? Il est de la sagesse 
d'une république comme d'un particulier, de dé- , 
libérer sur ce qu'ils doivent faire actuellement, 
d'après leurs ressources actuelles. Oui, dans les 
entreprises, mesurer sa hardiesse sur la puissance 
qu'on a eue jadis et qu'on n'a plus , c'est comme 



. y AiSXlNOif ÉniSTÔAAt;, ^89 

Tpi(r[ivpicL TcL\cUfrcL ctfyupiou, xcti ^v<riov cLWî* 
<p9ou Tpto-pj^tAiof S^oTCd(T(Vf S^t ctv^paV ev >f€>J, veav, 
focrouToy îsrA>f9o5, :î^ ygyu/irya(r/i,eyay ev OTsrXoiç* ly 

finit fcL'^cùâîiTCû(TcLV ^ iicLTW twcLivotjyrîç T^fim tou^ 
-rpoyovou^ Te xai tw 'XJ^fcu , or/ gyeyovto «y otOTy, 
)Ut( wVep ctwTÎk ecVeygyovTo 6V ctJi^ 0/ 5eo<'* €7i£t* 
w^OeffQg ctuT^v T/ €v T^ -Trspc Xottpayg/otv /xocp^w 
T)fv -îToAty ay>j(re rm A0)iyct<av, or/ Ap>j^ t^^po^ 
Tlo&uim(L vuîf AA/ppo9<ou ev Ape/o) Tlctycù €xpt9)t# 
'AAA* tl "TCpoç 'Ayr/tirfltTpov, îi â<7Tt$ ceAAo^ Maxe- 
A)F«v jÔoLo-iAeu^, Itccuoi iafiîv (tymiaxa-^cLi , Tqvto 
^m tmiraruV tco^v ijlîv itcclvoi a/xev , otyctôf rwp^y 

EAAwot^* e/ J^e toutow j^ey A/yâ)p>fO"o/A€V , xoAot- 

TLtVOfJLîVOl J^e )ÎtT>j5>JO"0/A65oL , TTS^^ ou , fliTûL TO V J^O- 

ateTv icLvxoTç airioi yîyovtycti rm (ru|x(pop^y (0 jttoyov 
ôJjfe 7rapût/xu5/ûcv «p^gc to7^ kclkSç wp<trrov<nv ) , 
ctTup^>jo"OjU.gy ; Eo-Tt J^€ tccli 'tcoXîcùç x^ott otydjso^ eu 
<ppoyouyTo^ epyoy J^e^f -Trpo^ r« wcLfoucdis ct<pGf[iûL$ 
wrep Toy TatpovTûjy iSouAsucrato-S-oLf to J^e , r>jy jttey 
. ToAittfltv e/5 Toc ^TrpGtyj^ûtTot , ot^ eVt%eip5ÎTe, ex. xî^ 
-^poeruey la^vo^ ep(^eiv,r>iv J^e tcrp^uy tstaXcli ^ttot 
«<r^>jx,eycti_/AeyotA>fV, o/xoiov ye ÇctysTot/, ûïo-Tuep ot< 



aço AISXINOr EniSTOAAÏ. 



'^A^ioy J^« Xrflti di \tyui otJrou^ ^rrvyâwfo/itn Ao- 

otrov g<V cl iSouAovTot/ Tw* "TCfoJ^ti (TuAActCeTy J^uvct- 
^ceyct. ^cto-xouo-t yctp J^éîv ufxct^ oiioimi ^ m'&if 
v/jlZ$ ovx i'TntrrcLfjiîiovç y ot/ touto fxey -Trctoijf ToAei, 
xot/ 'oroMiiuv xcLi eiffinvw liouXofiîifvi ^ xpaT/ertov 
eVr/y. 'H/tok J^c ou touto J^éT o-x^oTrecv , te' o/uLofon- 
Teoy îsroAe/touo-tv ojxoyojiTeoy yûtp*xûc< nroM/iovai y 
Mit lin y 'srcDfTos îyîKcC otAA' ti jSouAo/^eyoc^ ttoAé- 
]tJie?y xfl^/ ofxovoeTv, aV îo-jt^ey ct7ictyT6^, <tCri^xy^ 
itrrti )î S^vyxfiis. Eûùç J^' iy /tyjTs cvaT^ciTtUi 
-ToAejttouvTe^ t^ofitVy fjLïirt %pw/xctT(»y tjropou^ J^e/- 
xyuû)(r<y, oLAAot t»v 'A9>jyay eyyvoy S^iiSci tow 
'TtoMfXQVy fiy\à}f S^iùL<pîpîiv ûLvrovç ûlvtUùl ro/xlcofiih 
*AAA' e}c£7yoy ^gy, «aîirgp iTy a^/o^, wdfctnKyi^ ni 
J^/ctyoioty «y, xocTeAuVctTe* ilxoTCùr rovroiç W 



81 un homme qui a vaincu souvent aux jeux olym- 
piques , devenu vieux , se faisait encore inscrire « 
et que , provoquant ses adversaires , illeur vantât , 
non les forces qu'il a maintenant , mais celles qu'il 
a eues par le passé. 

Il est à propos aussi que vous réfléchissiez sur ce 
que disent certains orateurs , comme quelque chose 
de rare , et qui peut contribuer merveilleusement 
à la réussite de leurs conseils. Us disent donc que 
vous devez être unis entre vous , comme si vous 
ignoriez que c'est-là le mieux pour toute répu- 
blique , soit qu'elle veuille faire la guerre, ou rester 
en paix. Il ne s'agit pas d'examiner si nous devons 
être unis pour faire la guerre ; car nous devons 
Tétre , soit que nous la fassions, ou que nous ne la 
fassions pas , à toutes sortes d'égards ; mais si nous 
aurons des forces suffisantes, en supposant que 
nous soyons disposés à la faire, et à ramener parmi 
nous la concorde, comme nous devons la ramener. 
Tant qu'on ne nous montrera point les alliances 
et les fonds dont nous serons munis , si nous en- 
treprenons la guerre , et que l'on se contentera de 
nous donner Minerve pour garant de notre entre- 
prise , nous regarderons ceux qui nous la conseille- 
ront , comme des téméraires et des imprudens. 
Aussi n'avez-vous fait aucun cas , et avec raison , 
des discours de celui qui vous conseillait de re- 
prendre les armes; ils ont été rejetés, comme méri- 
taient de l'être les discours d'un insensé. Ces gens- 



2Q2 LETTRES 1) ESCHimS* 

là ne sont point satisfaits de n'être pas punis pour 
imaginer des conseils aussi absurdes , et pour ne 
pas même nous laisser jouir de ce qui nous reste ; 
ils vont jusqu'à envier ce reste aux citoyens rai- 
sonnables , et ils n'auront point de repos , qu a 
lexemple des Thébains, ils n'aient fait, parleur 
administration , détruire notre ville , et changer 
notre èo\ en pâturages. Si nos affaires sont en mau- 
vais état 9 est-ce une raison pour négliger les 
moyens d'empêcher qu'elles n'éprouvent un dépé- 
rissement absolu ? 



r 

AI2X1NOY EniSTOAAI. agi 

WfcLy/jLoLTm* dWct kclI tôvtûûv (p3ovoiî(n îTpctrrgtv 
<i J^sT I3>ov\ofiîvoi$ , éa^ àv to ©ïiCcLtm 'TtoM'zevacùneit 

3ta/ x,a.Tct(rx,ct(p>îyot< T>jy tzroAtv ctyûtyxoto-avTs^. Ou 
yop, fit TcoL^a^ êp^e< Tôt WfcLyfictxcL^ S^iol rovro 



Eni2TOAH AflAEKATH. 



THI BOTAHI KAI THI AHMÛI 
XaNAGHNAKÎN. 

xLrfli 7rpo(r>îA5oy tS TroAiTeugerGot/, ytyowçt'^iii 
TpiûL xcLi TficLxoyrûLj [jLûL Ai\ ov Tp£Toty«y/(rTeTv 
/lùLÔ-m^ cûi Ayf/JLoa^îVïif eAgyev, clWcl xcli ypot^eiv 
i\ev^îpicûç j TccLi wdiâticLÇ (Pfoni<rcL$ tcl juierpiot, % 
\oyov$j oiovç Aeyscv h *AQy\voLt$ e'nrpîwt* 39 toutow 
ovK tU (rux,o(pûtvTiûtv yv\i^cL(TcL$ , ovàt Tivi tm tcoA/- 
T<»v J^i}c>iv S^txcLo-cLfjityoç îvpîd-yfffofiai, ^clCûù'J otpyo- 
piov, ouVe vÇ>ftiç cLwo$o[/.î)foç y ctAA* ou^€ uCp^erfie/f 
' oXoùÇ j ovàt cL(poffjLy}v 'srfonryiXcLxia'iJ.otj wapcta^ûiVy 
ovâî uç J^tJOîv rivcL rm woMrSv xcLTxaTïKTCLS ^ e^« 

0$y t9'o\\cL zsrcuu ActServ c^ov (xoi yjfyifjLçLTcLy p 
Aot€«v, cstAA*, aV ?v ^poo-wov, «TtJOfV xcltcl tovç 
nfiov$ ActS(»v. Kcci /xeTût xclvtcl wclXiv Kry\(Ti(pcùn(ty 
-aroWcL /*ev wV oturoî «rct^û^v, woWcl «Te uVo 
A>i,ao(78evou^ , ncLfoLVofJLm eypcc-vl/otfJDiv, J^/jca/otctw, - 
<J 5€0i , ypcL(py\v. Kctt ov^tv BcLVfiaaToi , et' jcctt tS» 
yo^a)v T^v vfleT^pm , xct/ ro^y e ju<»v Aoy^v >î Ar 
/xoo-^gvov^ <^€tvoT>i^ Tcpeiaam lyînro. 'E(pGty>j 5^6 tffû»^, 
€Ç' 01^ x,ccT>iyop>î9>îy tîrpoTepov uVo A>f/xo(r^gvoy^ , 
Xiro\v . /jLii^oŒi J^>iAovoTt T^uro^v ouo-/, J^r à yul' e£^ 



LETTRE DOUZIÈME. 

AU SÉNAT ET AU PEUPLE d'AtHÈNES. 

: suis entré dans les aflfaires à Fâge de trente- 
is ans, non pas, certes , après mètre exercé à 
ler les troisièmes rôles , comme Démosthène me 
:'eproche , mais l'esprit suffisamment cultivé , 
îtant appliqué à n'écrire que sur des sujets hon- 
es , et à ne composer que des discours tels qu'il 
tvenait dans Athènes. On ne verra pas que ja- 
is j'aie écrit ou parlé pour inquiéter personne, 
[ue , pour de l'argent, j'aie suscité des procès à 
seul particulier ; on ne verra pas que j'aie tra- 
léd'injures, que j'aie fourni sujet de m'outragèr,^ 
ir en tirer profit [17]; qu'enfin j'aie cité en jus- 
d'autre citoyen que Timarque ; et ce dont je 
glorifie , ce n'est pas d'avoir refusé les sommes 
sidérables qui m'étaient offertes , mais d 9Toir 
subir à un coupable la peine qu'il méritoil* 
es cela , j'ai accusé d'infraction de lois Ctjési- 
n, qui m'avait fait.beaucoup de ma^^âussi bien 
Démosthène. J'étais fondé dans mes poursuites , 
atteste les dieux; mais il n'est pas étonnant 
l'éloquence de Démosthène ait prévalu sur vos 
et sur mes discours. Une preuve, peut - être 
moins forte qu'évidente , que je me suis bien 
luit dans le ministère, c'est qu'ayant été aC- 



'1 



i t 



2g^ LETTRES d'eSCHINE. 

cusé auparavant , par le même Démosthène , sur 
des délits beaucoup plus graves que ceux pour les- 
quels je suis exilé , Je n'ai pas été condamné , quoi- 
que accusé par un tel orateur. 

Depuis la disgrâce que j'éprouve, il me semble 
que j'ai été parfaitement connu, non-seulement de 
vous, mais encore* de tous les Grecs. Qui ne sait, 
en eflfet , qu'il en est des exilés comme des morts? 
C'est surtout lorsqu'ils ont disparu de leur ville , 
que l'on connaît leur caractère et leurs mœurs , ce 
qu'ils avaient caché se dévoilant alors > et leurs 
ennemis les attaquant à découvert , sans qu'ils 
puissent se défendre. Ceux qui ont été exilés parce 
qu'on leur reprochait de travailler uniquement 
pour les ennemis de l'état, et de leur être dévoués, 
manifestent leur naturel et leur système politique. 
Ils paraissent clairement ce qu'ils sont , par la ma- 
nière dont ils supportent leur disgrâce , et dont 
ils se conduisent envers leur patrie. Moi, par 
exemple , qui ai livré ma patrie à Philippe, qui ai 
prévariqué contre Athènes, dans mon ambassade, 
qui faisais ma cour aux Macédoniens, obligé de 
partir en exil , ne devais-je pas me retirer auprès 
d'Alexandre , pour recevoir de lui la récompense 
de mes services , et pour l'engager à s'occuper de 
mes intérêts? Je voyais Demade posséder des fermes 
dans la Béotie, labourer des terres avec vingt char- 
rues, et se servir de vases d'or. Je voyais Hégémon 
et Callimédon , l'un à Pella et l'autre à Berrhée , 



AISXINOT EniXTOAAi. 297 

tsrtaov y otî [jLtxpoi tU v/jlÔl$ S^tTyiict rovro xov it<x>Mc 
t/jLî wîWoXiTîva^di vo/Lt/^g<y, or/ ovàe Ai/ï/JLO(T^îyovç 
xxLTiryopovvTos ictXcùt. 

Merct J^e rctwTjjv T)îv (TviÀ(pof<tv ^ tccli reAsov 
xctTfltÇctv)! 'z^'ûto-/ xôi$ 'EWnaiVy ov*)^ owas /jlovoiç 
xjfiiiy eficLUTo^ o'io/jLcLi ytyovîiùLi. Ti$ yap oux, oi&y, 
on oLtroGotvovTe^ 0/ cLV^pawoi , ovtco tlcli <pîvyoyxi$ 

TLcLi otsroïoi Tov$ Tfûtiroi»? ey^vovTo, j^/ot^/jcvuvrflti j 

TCCLl ycLp OL O-UVÉXpUCTTOV (tVTOi tSTpOTepoV , eX iM,6(70W 

ytyofiîmy , ccvotcpût/yeTat xotS-ap^^* clIticltcli yctp 
wo\v [XùiWoy rSv «p^S-pay îx><t<rTo$ clvtov$ ovSîv 
cLyrtiwîiv J^uvflt/xgvou^* ot J^e cf'u (pîvyoyTî$ îm 

pou/xeyot xctt xsrcLmXSs ^ S^tiiuvovci tccli toi»^ rpo- 
'srov^ xcLi TcLS ey roc vroXiTt^îtrà-cn yeyo/xevot^ 
ctuToi^ yyâ?|U.ût^ xaT«t<potve<^. Kott yotp oîtû)^ cpepoticr/ 
T« avfji(popcL$ y xcLi m S^KtTcuyrcLi wpo$ to^ eotw- 
T^y wcLzpiùcLSj e^eiou^ovTûtt trcupSs. '^Ap' ouy, a^ 39 
$iA.i^rîsrû) ^po^ou^ tiîv liicurrov warpi^cL , 39 tcol- 
potîirp6(r€euo-ot^ toiclvtcl kcltcl rlnç wo\îCê$y âç ^Gfiv 
BepcL'srîv<r<iç MctTCîùoycLS y Irartièn rcC)(ji(TTçL (pevycov 
wcLp* vfim ap^o/i>jy, Tpo^ 'AA6^otvàîoy oc-TDjAAGtyiiy, 
J^otpcv Te av '7r<ipt(r')(pfiyiy avrcf icofiiovfjLtvos ^ tccli 
TSTfofjiyi^îtûLç S^nKoyoTi reo^o/xgvo^ trctp' cLvrôù'y x<u 
0V7C é(r9* Ôttûï^ oJp^ eojpay ta? /^ey €y Boicùticl TecLv^ 
âoKUct AyifJict^y ^^oyrcty xoLi %û)p<oL ^svym e/xo<7/v 
<tpouyTût , TtûLi %pyo"ctk t'XJ^yTcL (piCL\cL$ y 'Hyu/xovct 
J^e Xfltt KotAAi/xgâbyrot, tov jxey ey rieAAiï, toy dî 



:^ AisxiNot mmxroAAi. 

ivwpîWîarcLTcL$ yîycLfiïiKoreLÇ. Koti /x>jv ou^e typoj 

ou(re Ttpo^ clWovç tucls ^ w<tf ois n Xoiooftiv îoti 
fit Tïiv ^aTpt(îct T)ïv gV*ï^> *» XoiiofOVfjLîynç ajJTy\i 
dicovui y dw* u$ *Po5by oL(p<xo/^>jv, oure, fta tov 
A/ût, J^vcrfjLîmv JjJLnr, oW kWcoç Ç<Aot7r€p^9»p»«y 
ctv9pûîtirâ)y TToA/y. To jLtey yap ay%t<7Tot rî^ ictwTtff 
"TTùLT^iâoç iaroL'Jxi , x.cLTttpcùntjofiimi tyLoiyi tyi^ 
cvfi<pofOi$ uixi /LtxAAoy, >} <rTepyovrâ?y edojtei Tur 
îToA/y Toy J^e oyrcùS crTgpyovTct T>iy icLvrov -ttoAiv 
û)V wopfCêT(trci fjLûix\ov cLVTïis ^Xf^^ awn^cLiy xcu 
At)j(Ï6y ey ror^ o(P^clKim7s v-arôiiniicL ep^£/v, 5 t)|v 

Ken yûLf ouùt eyTatu9flt ftHVùLSy h PoJ^, (pctvet)f? 

Cty CLAAd, Tus TSrSfCLtcLÇ gAo/XeVO^ Ti fllTCfOV <ppoi;piOî, 
AlULOi , îtAVToLuHût WplCLllîVOS Xf^piCL TO<70UTtfV 

TûtAotyray, d*OoTy, ojc^y tiKos iTy tov $<A/tirîirou jxév 
'TTporgpov, e/x' AA£^oty(î|pou /x/cr9»Toy uerrgpoy ysvojLUVOK, 
xût< $»x£r^ -TTpoâbvTût jcfltt T>îy Toy 'EAA>iyw ÉAlt^ 
9epccty Mfltx€(îb<r/ , xa9>f/Ltflt/ /tg9' eVr* ^îfùLTtonw 
eyrûcwôot , }cct< J^uory f/.oyo/y ympifjLCùv , xotc riîk /*»- 
Tpo^, >i, TpiToi î')^ov<ràL Tcdi efeaofJDiJcocrToy €To^, 

f^AeucTft (Tuy €^to< , [xéî^ovffcL Tris J^/* ti/toT^ /loi 

_ ^ «^ / \ ^ ^ t» !: 

avfi(pop(t$ yîvo[iiyy\$ , xûce /xera yuvdixos j n <ruvgç- 

e'TTgo-e /xo/, xaAuovTo^ ctuT>iy rou trctTpo^, xA< 



être comblés de présens , et-mariés à des femmes 
de la première distinction. Je n ai pas non plus 
dhoisi ma retraite en Thessalie , ni chez les Thé- 
bains , ni chez d'autres peuples parmi lesquels il 
aurait fallu décrier ma patrie , ou l'entendre décrier. 
Mais je me suis réfugié à Rhodes ^ dont les habitans 
sont d'un caractère paisible ^ et ne sont pas assu- 
rément mal intentionnés pour vous. Je trouve que 
se tenir si près de sa ville , est plutôt éluder sa dis- 
grâce que chérir sa patrie. On doit, au contraire, 
s'csi éloigner le plus qu'il est possible, afin de 
n'avoir sous les yeux aucun objet qui renouvelle 
sa douleur. 



Je ne suis pas même resté k Rhodes ; mais , 
choisissant dans les environs , pour y fixer mon 
séjour, un petit château nommé les Sablons, 
j'y ai acheté une tbrre deux taleps. C'était , sans 
doute , le prix que devait y mettre un homme 
qui a été successivement p^isionnaire de Phi- 
lippe et d'Alexandre , et qui a livré aux Macé- 
déniens la Phocide et la liberté des Grecs. J'ai 
avec moi sept esclaves et deux amis, et ma 
mère, qui, âgée de soixante et treize ans, a voulu 
me suivre et partager ma disgrâce. Ma femine , 
elle-même , m'a accompagné dans mon exil, quoi- 
que son père la retînt , et que les lois , peut-être , 



3oO lETTRES d'eSCHINE. 

lobligeassent de rester; elle ma suivi, plus fidèle 
aux mœurs de la ville, que docile à ses lois [i8]. 
J'ai emmené aussi mes trois enfans , qui ne coq- 
naissent pas encore leur infortune , et ne savent 
pas quelle patrie leur ont donnée les dieux en nais- 
sant , quelle patrie ils ont perdue presque aussitôt 
qu'ils sont nés. Des hommes de Béotie et d*Etolie 
vous envoient donc leurs enfans pour profiter de 
réducation qu'on reçoit chez vous : et les fils d'un 
père qui ne doit pas au peuple le titre d'Athénien, 
d'un père qui n'a été condamné pour aucun délit 
honteux , sont privés d'un avantage dont ils de- 
vaient jouir naturellement, exilés à l'âge le plus 
tendre, élevés dans Tindigence, dans un abandon 
total , dans l'exil de leur père ! Démosthène vous 
a écrit pour les fils de Lycurgue; il vous a priés, 
et avec justice, de leur remettre la somme à la- 
quelle leur père a été condamné; et vous, comme 
il convenait à des Athéniens , touchés pour eux de 
compassion , vous leur avez fait grâce ; car c'est 
votre coutume de revenir aussi facilement à l'in- 
dulgence , que vous vous êtes portés à la rigueur. 
Et je ne vous fléchirais pas pour mes enfans, lors- 
que je vous demande qu'ils ne .soient pas élevés 
comme des orphelins et comme des exilés , eux qui 
ne sont pas coupables, puisqu'ils sont enfans ; eux 
qui , sans avoir été condamnés , souiSrent toutes 
les peines de ceux qui ont été condamnés ! Son- 
gerez-vous à moi lorsque je ne serai plus ? et serez- 



AirXiNOY EniSTOAAI. 3ot 

I if » yt »» I \ I 

Tins "XoAîûùs /xotAAov, n rov$ vofjiowj, îWKrxctfitvyi ^ 
7ULI /lîTcL Tp/ay Tsrxi^m ovâtwcù 39 vuv rî^ ixvrm 
cvfK^opSs twcLicr^/jLtmif , oJâfe ottocav oturo?^ 9eo^ 
cJSawu yuofxemç WdTfiix T>fv *A5>jvct/ay troAev , 
oToccty J^* eJSgû)^ yavo/tev^v d/fyffïincLi TtotAiv. Koti 
erepoi /tev, eiç €o/)cc, Toy^ eauTov ^otTàt^, tov$ 
yi ev Bo/â^rioL y£»y>i9evTflt5, n ev A/rû>A/qe., npos v/j^Siç 
WîfJLWovai Tïis otJroGi 'TCctiiticLç /jlîQî^ovtxs* oTs ^^ 
TcLVTcL xardfcL t^s ^vatcùS Jtrîîp^ey, ou J^u/aottooitou 
-TfltTpo^ oùo-tv, ov$' îw cLiXicuç cLicr^pciis éûtAû^JCOro^ , 

(peuyouo-iy er/ nwioi , )cct< rpecpoircu *7ttntts ev îfnfiicL 
Tf XA< Çwyw 'TTcLrpcûcL. Kcti tjrepj /Aev Tâ)y Aujcovpyou 
trâti(}!o»y A>j/xo(r6gv)i^* J/xïy etrcerTeAAei , xot* S^iircLt , 
xoAûîi *7ro<5y, p^fltpi^e(r9ct< ip TictTpaoVûtuTor^ o(p\ïiiict, 
Xâti u/ireTij oJ^ev olAA* )î *AG>fycttâ)v gpyoy, î\îY\<rxm$ 

CLVTOVÇ TUtl ^OtpKTûLjltSyOI , îWOiy\<rXTt* TLCLi ydf op- 

yi^eo-Gflt/ pqieîia^ JAt7y îQoç l<rri x,3C< p^ûtpt(ra<TS-ct( 
trctA.iV lycù J^e uVep TûTy g/toturou wcliùcùh ovk 
cty u/jtock wîKTcLifj/ oty J^eo/xevo^ , o»^ ju.» fioi y fm 
^voy ey opcpocveoi rpcL^poitnvj clW op^scyoi ot^cc 39 
(puyoe^e^ oiTtÇy ovn cttJjKno-oLyTe^, Tirai Jfe^ ovnç ^ 
aAA* oJ^^ àiWcùS iûL\cùx.ozis ^ tcl fjLtyroi rSv eot- 
^V^xor^y ^oLVTût TTî'TrojBotes ! e/tot, TgAeutiicrfltVTo^ 
ctyot^tVîjo-^iÎTe jt^ou, xot< p^ocp/o-otcrâ-e tcls J^e>f(re/^, 



302 AIXXINOY EmsTOAAl* 

*AO>iyût?o/ , xcLi "TtîKT^ïïTî , Tôt (ruy>î9>t JjuTy ctJroT^ 
3tot< fiîTficL Tsroiovvxîs* Ov ycip oty «Tj? twk rpoTT^v 

a/7Cù(TT(ti'ATi y XCLl KCLTOLAVaOLiTe T>îy T>î^ tSTaAe^tf^ 

J^o^oty, :îv €^r J^pijtrToTwr/ /^sit^t» x,ct/ (p/Afltyôp«7ria 
J^/ct ^otyro^ ^^''X^Vj i Tct?^ clWchç wctacLi$ ^ ilr 
7roAe(r/v* oJ^' ctv MsActvû^'Tro^ <(rp^U(re<g TrAeoy ^cohvcùi 
viJLùLÇ iJLi[xua^cLi T>jy icLvrcùîi ^pyjarorrirûL tlcÙ Çj- 
Acty^pû^-TT/AV, )} -z^-fltpfltJCûtAay ctAA ou)c A/(Tp^<y)i^, oi^ 
ÙûlijlS^j [icL Tûu^ 5eou$* ou yot^ oturapx)!^, oJj' 
îVTTttB^ç Te/S-cev lyûjys r>|y ^ctr^iècL T)fy e/jwjy, 
}Cût/ iJL(xXi<rrct ytTy, îiiclvtov %«.p<y ^g/ô-é/y J^oxiv* 
aAA' T?^ troPtMfrftpoTco^ 5 xa/ tô ^otAât/ UjuSy 
oiofJLety xdi to TÎf trpoyoy»y >i3-o^, a âyfltyxfltiôTipôF 
J^>î7rou3-6y , il Mî\ùLvc»n» xûc9' >îjx«y J^to/xey^^^ irpoo*- 
€p^6/y. 



•lETTRES d'eSCHINE. 3o5 

Yous sensibles à des prières que vous n'écoutez pas 
aujourd'hui ? Laissez - vous toucher, Athéniens , 
laissez-vous fléchir, et usez, envers moi , de votre 
modération accoutumée. Craignez de démentir vo* 
tre caractère , et de perdre la réputation de dou- 
ceur dont vous avez joui, en tout tems 5 plus qiie 
tous les autres peuples. Que les conseils de Mena- 
lope , qui vous empêche de suivre les mouvemens 
de votre bonté naturelle ^nel'emportent pas auprès 
devons sur les exhortations que vous fait , non point , 
certes , Eschine , qui n'a ni assez de crédit, ni assez 
d'éloquence pour persuader sa patrie , surtout à 
présent que l'on s'imagine qu'il parle pour lui- 
même : non , ce n'est point Eschine qui vous ex- 
horte, mais les mœurs d'Athëne^» mais la gloire 
dont vous jouissez , mais l'usage de vos ancêtres » 
que vous devez, sans doute, écouter beaucoup plus 
que Ménalope , qui voudrait vous engager à vous 
déshonorer vous-mêmes. 



i 



M<ta-t«h 



a» 



NOTES 



SUR LES LETTRES D'ESGHINE. 



[i] Munychie était un port de TAttique , où Diane «raît un tempkf 
fameux. — CéiênSt habitans de Gée, tle de la mer Egée. 

[i] L'histoire confirme cette particularité rapportée par Esdiine: 
nous y voyons qu'il était défendu à Dëlos d'enterrer les morts dans Itle. 
— L'Océan atianiique. Suivant les anciens , cette mer était remplie de 
prodiges et de choses extraordinaires. 

[3] PsanuUhonie^ ville de Laconie. — Athtùne, Je n'ai trouvé de ville 
de ce nom , ni dans Etienne , ni dans Strabon. 

[4] Athènes avait alors bien de la peine à se défendre contre la 
Macédoniens , qui cherchaient à l'opprimer. 

[5] Miltiade , connu par la victoire remportée . à Marathon contre ks 
Perses. Ses envieux le firent condamner à une amende de cinquante talent. 
Ne pouvant la payer, il Ait ihis en prison , et il y mourut » & la honte de 
sa patrie. 

[6] Thucydide, Xénophon, Dibdore de Sicile, et Pansanîas» parient 
aussi des Diagoras dans leurs histoires; les Diagoras étaient Rhodiens. 

[7] Elien , au livre dixième de ses Histoires ^ raconte cette même 
anecdote , et nomme Pbérënice, cette vieille femme que le scholiaste de 
Pindare appelle Arîstopatire. 

[8] Linde, Gamire, et d'autres endroits voisins de Rhodes , étaient 
ce que nous appellerions la banlieue de cette ville. 

[9] G'étaiént sans doute des amis ou des ^rens d'£schine,qui l'avaient 
accompagné dans son exil. — Plus bas, Cothooides^ citoyens du bourg 
de Gothoce, dont était Eschîoe. 

[10] En grec, comme d'un chien enragé. Platon, et Gicéron d'aprèi 
Platon , qui citent ce trait de Sophocle ^ ne disent pas , eom.m^ d'un chien 
enragé , mais , comm^ d'un muitre dur et féroce. J'ai préféré dans m' 
traduction la leçon de Platon. — Plus bas, Halès était un bourg de 
l'Attique. 

[1 1] Je ne croîs pas que ce Leptioe soit le même que celui dont Démos-' 
thène attaque la loi^ mais dont il paraît estimer et ménager la personne. 



KO TES. 3o5 

[la] On sait que les archontes étaient les principaux maglitrats d^Athè* 
nés, qu'ils étaient au nombre de neuf, et qu6 six d'entre eux se nom^ 
maient thesmotliètes. 

[i3] C'est sans doute le Timarque contre lequel Eschine nous a laisse un 
discours , et qu'il fit condamner comme s'étant livré à des vices infâmes. 

[|i4] U y avait deux villes grecques de ce nom : Physque était aussi un 
des ports de Rhodes ; il en est parlé dans Strahon et dans Etienne. 

[i5]£n donnant au talent d'argent sa valeur ordinaire de mille écus, et 
au talent d'or celle de dix mille écus , la proportion de l'or à l'argent étant 
d'un à dix > trente mille talens d'argent font trente millions d'écus , trois 
mille talens d'or font également trente millions d'écus : soixante millions 
d'écus font les deux sommes réunies , sommes qui paraîtront sans doute 
exorbitantes. 

[163 Halirrhothius, fils de Neptune, avait enlevé Alcippe ,' fille de Mars , 
qui, pour venger sa fille, tua le ravisseur. Ce fut pour ce meurtre qu'il 
fut cité devant l'Aréo{>age, où il fut jugé dans un conseil de douze dieur« 

[17] Ainsi queDémosthène , qui, outragé par Midias et par d'autres , 
s'est accoomiodé moyennant des sommes d'argent. Il est facile d'aper- 
ceT<nr les autres allusions faites à Démosthène. 

[18] Je ne sache pas qu'il y eût à Athènes, comme semble le supposer 
l'auteur de la lettre , des lois qui défendissent à la femme d'un homme 
exilé de le suivre dans son exil. 



T. ni. 20 



SOMMAIRE 

DE LA HARANGUE D'ESCHINE 

COWTRE TIMARQUE. 



Jj ÉMosTHÈNE avait entrepris d^accuser Eschine , et de loi 
faire rendre compte de son ambassade ; il arait obtenu ac- 
tion , et Timarque s'était joint à lui pour le seconder. Avaot 
que Taffaire fût portée en justice , Eschine voulant écarter 
un des accusateurs , prévient Timarque ; il le poursuit juri- 
diquement , comme n'ayant pas droit de parler en public t 
puisque! s'était prostitué lui-même , et qu'il avait dissipé 
son patrimoine. Je vais donner une courte analyse de sa 
harangue. 

Dans son exorde , après avoir expliqué les motifs qui loi 
font accuser Timarque , Eschine montre que les lois , en 
général , conservent et maintiennent le gouvernement dé- 
mocratique ; que , quand on vit sous un tel gouvernement , 
on ne peut être trop attentif à les observer , et à punir ceox 
qui les violent. Il parie de l'exactitude des législateurs dans 
les lois de discipline ; il annonce qu'en traitant de ces lois, 
il suivra dans son discours l'ordre qu'ils ont suivi , et qu'il 
opposera à ces lois les mœurs de Timarque , qui font arec 
elles un contraste énorme. 

Ce discours est divisé en quatre parties : dans la pre- 
mière f Torateur traite des lois de discipline ; dans la se- 
conde 9 il expose la conduite licencieuse de Timarque ; dans 
la troisième , il réfute les raisons par lesquelles on pouTait 
le défendre 9 et tâche de rendre inutiles les artifices et les 
subtilités auxquels doivent recourir ses défenseurs; eofiot 
dans la quatrième , qui peut être regardée comme fa péro- 
raison , il exhorte les juges à être sévères dans une pareille 
cause. 

La première partie, qui traite des lois de discipliner 
renferme trois sous-divisions, lois touchant les enfans, lois j 
touchant les jeunes gens , lois touchant les autres citoyens t 
et surtout les orateurs. La seconde partie est subdivisée eo 
deux : la manière dont Timarque s est prostitué lui même; 
celle dont il a dissipé son patrimoine et les revenus de l'état 
J'ai oniis entièrement la première , comme renfermant d^ 



SOMMAIRE. 307 

détails qui auraient pu choquer des oreilles françaises. La 
troisième partie tombe principalement sur Démosthène. 
Ëschine détruit toutes les raisons subtiles et artificieuses 
quMl pouvait suggérera Taccusé ; il Tattaque lui-même , et 
ne lui épargne ni les railleries ni les invectives. Il répond 
aussi à un des généraux d^ Athènes , qui se disposait à dé- 
fendre Timarque, et qui , entre autres moyens de défense , 
devait employer Tautorité des poètes. A cette occasion , 
Eschinc cite des vers d'Homère et d'Euripide , pour mon- 
trer quelle différence il y a entre un amour honnête et une 
passion criminelle. Enfin , et c'est le sujet de la quatrième 
partie , les juges doivent condamner Timarque et le diffamer 
pour rintérêt de leurs enfans , pour qu'ils conservent la pu- 
reté de leurs mœurs ; ils doivent le condamner sans écouter 
ceux qui sollicitent pour lui , et qui ont intérêt qu'il soit 
absous , parce qu'ils sont les fauteurs ou les complices de 
ses désordres. 

Ce discours a dû précéder, d'une ou deux années, les ha- 
rangues sur la fausse ambassade , et par conséquent a dû 
être prononcé la première année de la CIX.* Olympiade ^ 
ou la quatrième de la CVIII.^ 

Timarque fut condamné et diffamé , non-seulement par 
la sentence des juges, mais encore dans l'opinion de tous 
les citoyens. Son nom passa en proverbe , et on appela de- 
pois un Timarque tout infâme débauché. On prétend qu'il 
ne pot survivre à un tel déshonneur , et que , ne pouvant 
soutenir l'idée d'un pareil opprobre , il se donna lui-même 
la mort. 11 n'est connu que par la harangue faite contre lui ; 
mais nous voyons , par le témoignage même de son accus«|» 
teor, que c'était un homme important dans la république ; 
qu'il s'était élevé , par son éloquence « aux premières char- 
ges f et qu'il avait déjà rempli , quoique jeune , les princi- 
paux emplois. 

J^ai balancé long>tems si je donnerais ce discours , dont 
Tobjet est de poursuivre la condamnation d'un homme cou- 
pable de vices infâmes : mais comme il y a de grandes beau- 
tés et des choses curieuses , déterminé par mes propres ré- 
flexions et par celles de plusieurs personnes, je me suis ha- 
sardé à le donner, en supprimant, dans ma traduction , 
quelques détails qui pourraient souiller l'imagination , et 
oflfeoser les oreilles chastes. 



i^iHMaii^^ 



AlSXINOr TOT PHT0P02 



KAT A 



TIMAPXOT 



Aoror. 



^/y^'\iv%^fys m y%,MVW^m/\A/^ 



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vjTAENA Tsrûlrsrors rSv w*o\trSy , a ctWpc^ 
*A5>ivct7o/ , oiîrs ypflt(p>ïy ypct-^cLfJLtvoç y obr ev eu- 
3-uyflt/^ XvWYKTcLSj clW\ cù$ îyayt vo/xi^û), jxetpiov 
ê/xfltuToy t&'poi^ tTccLtTTcL rovrm TtrcLpta^y^Kas" opSv 
■ J^e T>iv Te ^oA/y /teyctAot jSAottirTo/Lteyiiy uVo Tt- 
IJLcLf')(ov rovTovï J^>i|x>îyopouyTo$ TTctpct touV yojxov^, 
xcc< cLVTo$ idtcL (TuxocpayToufJLsyo^' ôy J^g rpo^o» , 
trpot'ovTo^ îTSTiàîi^cù Tov \oyov* ey Tt xm cutryKrxm 
)îy)f(roijM,)iy ety*/ jtt>f ^oy\d'Vi<r(ii t? te ttoAs/ •zrcttnf, 
xct* To?^ yojLto/^, Xflti Uitt7v , x.cc< î[ictvrcù. eIùûùç ^ 
cLVTOi îvoy^oi oncL 01$ oXiyeô tcrporspov yixovo'cLrt 
cùxyiyûi)ax.ovTos tov y pet fj^^cLTîcoç ^ iwy]yyti\(t <tvxS 

rï\}f S^OKlllcLO-icLi TcLVTl/iii. KcLl y Cù$ îOlTCii , S <iy$pîÇ 

'A3>iyct.7oi , 01 îicù^oTîç \oyot Agye<r5<t[ izsri rôtç 
S^y]/jiOiTioi$ ctySai)! ovx. uci ^j/gu^T^• tti yctp làai 
^%'^P*' ^oAAût -zrccyu rm xotv^y eîrcLvopOouvTûtfc 
ToiT jLtey oi?y c\ov ctySyo^ (^cumtrcLi otîô' >f Wa/^ 



HARANGUE 



DESCHINE 



CONTRE TIMARQUE. 



^^%MVV\«WW«% 



Je naî jamais accusé personne pour crime d'état, 
je n ai inquiété personne dans la reddition, des 
comptes; et je puis , Athéniens , me rendre à moi- 
même témoignage de ma modération à cet égard ; 
mais quand je vois Timarque causer à l'état un 
insigne préjudice , en paraissant à la tribune mal- 
gré les lois; quand je suis attaqué personnellement 
par ses calomnies ,' ainsi que je vous le montrerai 
dans la suite du discours; j'aurais honte de ne pas 
venger l'état, les lois et les tribunaux 5 de ne pas me 
venger moi-même. C'est parce que je suis convaincu 
que Timarque est coupable des délits dont vous 
venez d'entendre la lecture [1] , que je lui ai in- 
tenté cette accusation : et rien de plus vrai que ce 
qu'on dit ordinairement dans les causes pul^liques ^ 
que les inimitiés particulières sont la source de bien 
des réformes pour le gouvernement. En général , 
Timarque ne doit s'en prendre du procès qu'il 
subit, ni à l'état^ ni aux lois, ni à ses juges^ ni à 



f 



5 1 O HARANGUE D ESGHIIVE CONTRE TIMARQUE. 

son accusateur ; c'est lui-même qui se Test attiré. 
Pour le punir des vices infâmes dont il a souillé sa 
jeunesse , les lois lui fermaient l'entrée de la tri- 
bune^ et lui signifiaient un ordre qui^ selon moi, 
n'était pas si dur ^ qui ne coûtait rien à suivre. Il 
pouvait encore, s'il eût été sage, m'épargner ses 
imputations calomnieuses. 

Quoi qu'il en soit de ces premières idées, sur les- 
quelles il serait inutile de s'étendre , je passe à des 
réflexions qui, sans doute, vous ont déjà été faites 
par d'autres [2] , mais qu'il, est à propos de vous 
répéter à la tête de ce discours. 

On convient qu'il est , parmi les peuples , 
trois sortes de gouvernemens : la monarchie, 
l'oligarchie , et la démocratie. Les deux premiers 
soumettent les hommes aux volontés de ceux 
qui commandent ; le troisième les assujettit à 
la loi. Ce sont les lois , vous le savez , qui, dans 
les déni ocra ties , conservent les citoyens et le gou- 
vernement; c'est la défiance et la force des armes 
qui font le salut des monarques et des chefs 
de l'oligarchie. L'oligarchie , et en: général tout 
gouvernement où les hommes ne sont pas égaux , 
doit écarter quiconque , ne suivant de loi que la 
violence, cherche à renverser les états. Nous, dont 
le gouvernement est fondé sur les lois et sur l'éga- 
lité , nous devons craindre ceux même dont les 
discours ou la vie sont contraires aux lois. Notre 
force consiste à nous gouverner par de bonnes lois , 



KATA TlMAPXOr AOroS. SlI 

ouT tycù y oAA cLvzoç ovros îcLvra. Ot fxeïF yap 

fjunyopur iTtiTctyixcLj m ye J^>i ly» jcpivû», ou' 

p^otAèt&'oïF gV/Ta^fitVTÉ^ , aAAût xflt< Trotvu petAoV 

€/t€ J^* É^iTy cLvrêûy e« eVûJcppove/, jLt>t o-ux-oÇayTerv, 

riepi /Ltey oui Touray fi^rpicoç «Attc^û» /ttoi Tpoet- 

it TsrfGùZQiç Aey£<v, ot< Çotvéïo-Og xcc/ Irifm Y\ài/\ Wfo- 
TÉpov cLicm.ooTt$* àXKcL /JLot S^ox.î7 y.cnfo$ e/Vfiti , 09 
e/te yuy •zrpo^ J/ta$ t^ xvccf Tovra \oya ^piier-S-oti. 

'O^oAoyouvToti yctp rpe?^ e/vcti TroA/reTot/ 'TTotpct 

TtSiaiy €Lv3-pcê7!roi$ y Tupctyy/^, xcti oAiyotp^icc, xxlI 

h/ilioxpcLTicu AioiTcovvTCLi J^' ct/ fJi6v Tupccvy^âg^ 39 

et/ oAiyfltp^/cti ro7$ TfOTirotç tSh ecpeo-TiïxoTay , 0C< 

J^e ^oA£i^ cet' S^yifjLoycpcLTov/iîiKti ro7$ vofJLOi$ roiç 

xu[Ufoi$. Ev <r terre, a Awaiot, on rct /itif zm 

S^mfjLoxfcLToviiîm^ acûiidUTct tlcli rn)/ troAirecetf 01 

fOfJLoi a(iêCfiv(ri , Tfit J^e T»y Tt;pxfyw xcti rSy oAi- 

ycLû^iSf ccTna-Tict , jtctt >f jLteTot ray o'7r\câf (pfovpcu 

$(;Actxr€oy J^>f To?k /xef ÔAiyctp^^ix^T^ , x,flti Tot^ 

TTif ctfKToy ToAiTfioty woXiTivo/itfoiç y z^vs ey ^«z- 

pif f 0/161 Tflt$ ToAtTei« xATaAuorr«' t^jxTy <re, toT^ 

Tiîf îoTjy xflu T)îf ti/Kfiof 'oroXiTucu \yjtvaiy ro 

rov$ izctox Tovç fOfJLovç î» AéyoïTcw )j ^SeS/û^y-^rct^ 

xoAx^Éif. *B/ztZ^ yxp iT^/vcîm , ^Tflty eJw^îerOe, 



I 



5 12 KATa TIMAPXOT AOroS. 

da-îXycù^ jSioJvtûjv, Ilpoerwce/y J^' îycsyt vo/xeÇa, 

ytcLi eu ep^6/y. 

2x.€-N|/ot<rO€ yotp, iù 'AÔ)i»ot7o/, o<r»y ^poioicCf 'îTéjw 
(TflôCPpocruv)!^ l^toinacLTo SoAwv exeTyo^, o trctAotwj 
vojUo9gT)i^, îcflt/ Apctxûjv , xcLi oi xfltTot Tou ^pQ)oyou? 
Itlîuovç yo/jLo^^TcLU llfSrov fxey yap Trep/ tJT^ cûj- 
(Ppo(7uy>i$ Toiy wcLidù)y rm YiitTîfm îfoiio^trnacUy 
xctt S^taffyiÔYW d'wtàti^cti et p^p>t Toy 7ffcu$x Tov 
«\soS-6poy iwnnâîvîify xxt aV cTeT ctutoy TpctcpJfyar 
ewiiTcL <reurepoy, tirgpt t^v fzEipctKiCûV* rp/roy J^ 
6(pe^)fe, î^gp/ tSv aWm n^iKiœy* ov /jlovov J^e irgpi 
T^y tâicùrSvy clWol 39 ^£pt ray p>iTop®y. Kot/ toutow 
T0U5 yoiiov$ ccyctypot%|/ctyT£5 J/^ry t^'apccx^otre^eyro , % 
v/x« ctuiay gtirg<rT>i(Joty (puAfltXflt^. 

Bov\o[xcLi S^Yf 39 gya vuvt wpo$ vfjiCL$roy avrov rpoTTo» 
P(^p)!i(r(X<r9a/ tcù Xoycù , cvTTsp To7^ yo/to/^ yo/JLo9gT>i?. 
npû)Toy |xgv y dp S'te^îtiii ^rpo^ JjLt« tou^ vo/jlovç^ 0! 
xe^ytctt -TTEpi T?^ îvx.o(T[iix$ tSy -Trflttdlwy T©y n/iizifm' 
tmtxcL S^îvTspoVy xov$ wefi tm fiufoLKico^* tpnov h 

rm idicûTcoy^ ctAAct xoti TÊp* rm pyiTopm. Ovra yetf 



HARANGUE B ESCHINE CONTRE TIMARQUE. 5l5 

à oe pas nous livrer à la perfidie de ces hommes 
qui se permettent de les enfreindre , et qui tiennent 
une conduite licencieuse. Etablissons-nous des lois; 
prenons des mesures pour n en établir que de bon- 
nes et de convenables à une république : dès qu elles 
sont établies , il faut les observer, et punir ceux qui 
les violent , si nous voulons que la république soit 
heureuse et florissante. 

Considérez Athéniens , avec quelle attention 
nos premiers législateurs , Dracon , Solon et les 
autres , se sont occupés de la sagesse et de la mo- 
destie. D abord ils ont porté des lois de discipline 
pour nos enfans , prescrivant en termes clairs les 
exercices d'un enfant libre, et la manière dont il 
faut l'élever ; ils en ont porté ensuite pour les ado- 
lescens , ensuite pour les autres âges , non-seule- 
ment pour les particuliers , mais encore pour les 
orateurs. Et ces lois ^ consignées dans vos archi- 
ves , ils vous les ont remises comme un dépôt , et 
vous en ont constitué les gardiens. 

L'ordre que le législateur a observé dans ses lois , 
je le suivrai dans mon discours ; je vous parlerai 
d'abord des lois qui concernent les mœurs de vos 
enfans ; ensuite de celles qui regardent les adoles- 
cens ; enfin de celles qui ont été établies pour les 
autres âges , non-seulement pour les particuliers', 
mais encore pour les orateurs : car il me semble 



5l4 HARANGUE DESCHICrS CONTRE TIBf ARQUE. 

que c'est là le moyen de vous instruire le plus fa- 
cile. Ainsi ^ je Tais vous expliquer d'abord les lois 
d'Athènes, et après cela je leur opposerai les mœurs 
de Timarque, qui font^ avec toutes ces lois^ un 
contraste énorme. 

Nous sommes obligés de confier nos enfans à 
des maîtres qui ne peuvent subsister qu'autant 
qu'ils ont des mœurs , et auxquels le défaut de sa- 
gesse ôterait toute ressource : le législateur néan- 
moins, toujours plein de défiance^ désigne claire* 
ment l'heure à laquelle un enfant libre doit aller aux 
écoles , avec quels enfans il doit y entrer, et quand 
il en doit sortir. Il défend aux maîtres des écoles 
et aux chefs des gymnases de les ouvrir avant le 
soleil levé , et il leur ordonne de les fermer avant 
le soleil couché , tenant pour suspectes la solitude 
et les ténèbres. Il marque encore quels sont les 
jeunes gens qui peuvent y entrer , à quel âge ils le 
peuvent , et quel est le magistrat qui doit tenir la 
main à l'exécution de ces lois. Il donne des règles 
sur l'attention que doivent apporter ceux qui con- 
duisent les enfans aux écoles et aux gymnases, 
sur les salles qu'on y a consacrées aux Muses et à 
Mercure; enfin, sur les jeunes citoyens qui for- 
ment les troupes de danseurs pour les fêtes de 
Bacchus. Il veut que le chorège [3] qui les em- 



KATA TIMAPXOY AOrOX. 3i5 

tv [loi fiaXia-TcL vTroXùLfjii^cLVCiù xws Aoyou^ tiixd^w 

TOV$ TfOWOV$ TOVÇ Tl(lCLp')(OV. EVfïKrîTE ycLp CLVTOV 

tvTCûjf wcuàcL$ , o7$ ^artv o fjiti j8to5 dwo rov 
roxppoveïv, >î J^ ctîirop/ct ex, t^v eyotvTCûjy, o[icùç ctTii- 
rrw (patygTct/, jccci J^totppwchjy ccTio^etxvuo-/, Trp^Tovjttgy, 
ïv û^poty 'Ttpoa-ïiTLîi iî}fcLi Toy ^otiaot tov eAew^epoy €t^ 

* I \ I » ' . > » ^ jN ' 

\OVS Tôt cT/^CCO-XOtAerot, Xfltt TOU^ WcJLlàoTflÇidS T<t$ 

^ I 9 I \ i I \ I 

7ret\cLi(TTpçLÇ ayo/ye/y [liv aTrcLyopîvti fJLïi 'Trporgpoy 
zjrpiv <xv ))A/o^ ana^ifj )cAet£/v <re 7tpQ(rTùLTru 

zrpO >jA<OU S^îâvx,OTO$ y TcL^ îpYlfllCL$ tccli to o-jcoto^ 

» ^ / < f ' ' . y ^ \ f 

sv wMia-Trf vwo'>\^ict woiovfiîifoç* xott Tou^ yeotyt- 

o-xou^ Tou^ 6/<r(po<Tû)yTflt^ , GvaTtVûLÇ S^ii e/vctt, Xflt« 

ÙLCTiiCLÇ y\AOCl CLÇ t')(OVTCLÇ ^ X.CLI CLf')(yVI >ïTt^ tfTXcLl 

y\ Tovrm î7tifii\yi(T0iitn* xoct wifi wcLiôctyœycûif 
tWifJiîXti^Sy iLcLi îsrept /xouo-seûjy €y toT^ S'idcttrx.cL^ 
XuoiÇy XXI wtpi IfiicLim ey rcus TsraXcLKTTponç* 

XCLl TO TîXîVTctîoV Wifl tÎ^ (TV 11(^0 lTï\(TtCùÇ tSv 



3i6 KATA TIMAtJrOY AorOZ. 

y \ \ y u ^ y » I \ 

yap Toy %op)fyor, tov fXÉAAovTot t>iv ovaieLV W 

icLUTov îU v/icLs cLvctAto-Tce/y , vwif TeTTotpctxonci 

éT>f yeyovorct Toî/ro t^potTTgiv, U\ 'n^ evjT^ffflî- 

ÇponardTïf cttirov iî\t^icf, m^ ovrcùç eyruy^avir w 

viitrîpoi$ wcLiaiif. ' AifctyvœaîTcLi ouy JjLt7v toutous 

rovç vo/jLovç ypctfJi/xctT£U5, îv uâvirt oxi o yofw- 

BîTy\$ ^ynacLTo Toy xcl\cù$ TpctÇeytcc -TrarAi, fltydjî* 

yevo/Jieyoy, ^p)ï<r/jUov eVeerGot/ ti^ t^'oAe/' oioty J^ n 

(pv(n$ TOV dv^fCùnov îv&vs wonfcDi *pp^))y Act&i 

T>ïk 'TCcuôiicLS , f)c T^y xocx^^ Tî&fcLiJ-fJLîvm natim 

wcLfcL'sr\na'iov$ i^yï^acLTo woXitclç ta-îa^oLi T/jULctp^a 

TOUTOÏC. Atyt &^ CLVTOtS TQV$ yOfJiOV$ TOUTOUS. 

NOMOI. 

o/ J^€ rSy TtcLiâcûv J^eeîcco-XGtAoi cLvoiytzcùO'ûLi pr 
Tct <ri(Jot(r)ccLA£rût jtt)» wpônpoy riXiov ay/ovToj, 
itMitTCùccLi J^e Tipo )ÎA<oi^ J^i/voyio^. Kctt ^tif e^to'ttf 
ToT^ u;r6p T)jv T^y 7rct<^û)y >ÎA/)c/flty ouVtv tiaiîmi^ 
tSv -Trotteîiwy ey^ov oyiay, ecxy ]ui>ï uîo^ J^iJaerx^fitAou 
î) a^c\(po$ il BvycLTfoç dnf. 'Eav J^e t/^ 'Trapct 
TctîTT' e/<7t>j, ô-ayctTO) tnixiova-âœ. Koli ol yvfivd' 
<r/app^ct< roi$ tp(jLcLioi$ iin toLTCù(rctv <rvyjcAmir 
vcLi iJLinâîycL rSy ev >îAe)c/oi rpona /JLY\$m* i(Vi h 
e'Trirpî'Tt}} xcLi fin eç€/py^ tou yv[iV(t(nov ^ îvo^oç 
€<7Tû) yviiicL(ncLf')(v\$ Tùù T?^ iXivBipûùV (pd-ofiç 
yofjutà. Oc d^e %op>ïyo^ ^' Tcccd-to'TcLiiîyoi vtco tov 
S^Yffiov taTCùcrctv Tijy JiA/x/oty UTiep TeTTctpctxoyTflt 



HÀRAISGUE DESGHme CONTRE TIMÀRQUE. Sl'J 

y et qui se dispose à dépenser son bien pour 
êtes 3 ait passé quarante ans^ afin qu'il nait 
aison avec vos enfans que dans un âge mûr. 
reffier va vous lire les lois mêmes. Vous ver- 
[ue, suivant le législateur^ un enfant bien 
', parvenu à Tâge d*homme, pourrait être 
a sa patrie ; mais que , si le naturel était gâté 
>rd par une mauvaise éducation , des enfans 
instruits ne pourraient donner que des ci- 
is semblables à Timarque. Greffier, lisez les 



LOIS. 

Les maîtres des écoles ne les ouvriront pas 
nt le soleil levé ; ils les fermeront avant le so- 
couché. Ceux qui ont passé Tâge de Fenfance^ 
pourront entrer où sont les enfans^ excepté 
ils du maître , son beau-frère ou son gendre ; 
i autres se permettent d'y entrer , qu'ils soient 
nis de mort. — Les chefs des gymnases ne 
rmettront aux jeunes gens , pour aucune raî- 
1 , d'entrer dans les salles consacrées à Mer- 
re. S'ils y en laissent entrer quelques-uns , ou 
:s ne les en font pas sortir ^ ils encourront les 
ines portées contre ceux qui corrompent les 
fans. — Les chor^cs, nommés par le peuple , 
ûvent avoir passé l'âge de quarante ans [4]. » 



m 



5 1 8 HARANGUE d'eSGHINE CONTRE Titf ARQUE. 

Le législateur parle ensuite de délits graves, 
mais qui, saus doute, se commettent dans la ville: 
car nos anciens n'ont porté des lois, que pour op- 
poser des digues à des excès réels. La loi dit donc 
en termes formels, que, si un père, un frère, un 
oncle, un tuteur, enfin quelqu'un de ceux qui 
ont autorité sur un enfant , le vendent et le livrent 
aux plaisirs d autrui, on ne pourra pas accuser 
lenfant , mais celui qui Ta acheté et celui qui l'a 
vendu ; l'un , dit-elle , pour lavoir acheté , et l'au- 
tre pour l'avoir vendu : elle a établi les mêmes 
peines contre tous les deux. Lorsque l'enfant sera 
parvenu â l'âge d'homme , il ne sera pas obligé de 
nourrir ni de loger son père, par qui il aura été 
vendu et livré jbiux plaisirs d'autrui; seulement il 
l'inhumera ^ quand il sera mort , et s'acquittera 
envers lui des derniers devoirs. Et voyez, Athé- 
niens, la sagesse de la loi. Lorsque le père vit, elle 
le prive de tout secours de la part de son enfant, 
comme il a privé son enfant de la liberté de parler 
en public. Mais, lorsqu'il est mort, qu'il n'est plus 
en état de sentir un bon oflSce, et que l'honneur 
est rendu à la loi et à la divinité , elle ordonne de 
l'inhumer, et de s'acquitter envers lui des der- 
niers devoirs. 

Le législateur a encore porté une autre loi pour 
la sûreté de vos enfans, la loi de la prostitution: 
il établit les dernières peines contre quiconque 
prostituera un enfant libre ou une femme. Quelle 
autre loi a-t-il encore portée? la loi concernant 



KATA TlMAPXOr AOFOS. 3 19 

MsTflL TotuToc To<vuv, d Ad'>\yeaoi j vo/xo-S-steT 

oifzcLi y ev Tw 'TToAe/* ex, yotp tov ^rpctTigcBcti Ttvct, 
ûjv ov Ttpoamî^y îtc tovtov rov$ vo/jiov$ îBîvto oC 
"TtxPicLiOi. Aiotppyi^y youy Aeyee o vo/^o^' 'Ectv 

(LVTov fiîv rov TTctiâùç ovx. î£ ypet(py\y îTAipyi^ 
<ncùs eivcLi* xxLTct J^g rov /juaBcoa^rroç tccli rov 
liiaBcùacLiiî^oVy tov jttey, on g^e/xio-Sûoo-e, xov $t 
(<p)f(j'ty) or/ e/At(7Dû)(7otTo , xoti /o-ot rct €7riti|xeot 
€x,ce.TÉpû) '7r€'7roi>ï?te' xoti, /^n twcucLyTtts nvcLt to) 
-ïTAti^/ >î€>ï<r<tyr/ Tpecpg/v Toy TrotTepct, /x>î(îig 04>c>i(7/v 

J^e ^-ot-TTigT® xct* rdXKcL ^Ttomra ta vo/xt^o- 
|X£y<t« S?t6'v[/ot(7Ôe J^)i ©V tlclXcùç , â» A6>iyotrot , ^(wy- 
To^ /tgy otJrou oûpottpetTct/ Tuy ovw/y t>i^ -Trott- 
A)*7roiïot^, œawsp î^uvoç tou TrcttJbj t>iv 7rot.pp>j(not,v* 
rt\evryi(rcLvrcL <re auToy, )îyix.ct o iztv evîpytrov^ 
jxgyo^ oJjc et/ ona^cLUxeLi m eu Ticto-p^gi , xii^Sl'zùli 
^î yo/xo? 3cot./ To .5€7oy , 5et'7rTgiy )f'Aj xe\evîi , x^cti 
TfltAAot -TTo/ery r<t yo/jLi^o/iîvcL. 

KcLi rivet erep&y yo/xoy e5»t3ce, cpvAotxot ray ufxe- 
T€p^y '©'otia^y ; roy mç 'Ttfoxycùyeictç y r<t fityiaxcc 
izs'irifiicL Iwiyfct'^ctç , €ccy riç iMvâ'tfoy ncLidcL 
>i yuvajxot îîrpoctyû)yeu(7»' xctt îirotoy ctAAoy j tov 



320 KAtA TIMAPXOY AoroS. 

T>r^ tjÇ,pîCù$\ 0$ hi xecpocAocio) Ticuxct toc TO/OCUTCC 

Tt^ JCp/^>i e/^ ncudcL ( uÊp^^er J^e S^n'Ttov o jLt/(70ou- 
fxeiof ) , >f ocVcîjpct, 71 yvvùux.cL , i Ttwv eAeuG^pay T*ya, 

T«v T/y<t, ypGtÇ« u&peaj hiicli weTtotmUy xai zi- 

Aeye roy yo^ttoy. 

NOMOS. 

'Ay T/^ ^AâtiycLim eAeud-gpoy "TCcuàct 'vCpm^ 
yfcL(pî(r6cù 3cvpioî Tou 7ircn$o$ "Ttpos rov$ ô-e^/w- 
5gTotj , niJLyjfJLCL eV/ypct-N^ot/xeyo? , ô <xy to J^i- 
xcc(7T»p/oy xotToCNl/Ticp/crâ-w , '7rctpctdb5Êi^ rois icc 
TîBvcLTCù aJ5>i|X6pov. 'Eo^y J^e «^ ctpyupioy jcctTi- 
nj/>i(p<(75>r, otîToT/o-aTûî ey /<t ^/zîfcLiç jtxsTût rrr^^ 
J^/jofy,, 6<ty /x>i wcLfcC)(^pyiiJi<t S^v^jrrrxi dnorlmf 
îCù$ J^e TOU Gt-TTOTlo-cti e/pp^3'>iTûî. 'fiyoVoc J^^ 
îŒToacLif I TotTcr^e Tct?^ atTicti^ jtcti 0/ îU Ta 01- 

ri ^r\ 'TTotê tcù yo[iCù Ta T>r^ vÇ>fîû)$ ^TCfoctyod^m 
TovTo TO pjî/^ût, TO rm J^ouAû)y. Touro J^g gctV 
cxo'Ttyirîy €t>p>i<rgTe, ci cty^pe^ A'9">îVa4o/, on Totrra 
zrctyrm cifia-rcL ep^g/. Ou yctp vsrep rm oixîrm 
îawovâcLKîv vofJiod'trYi$ y clWcl iSouAojuigyo^ >f/jtrfi? 



HAUÀNGtJE d'eSCHI!9E CONTRE TIMÀKQUE. 3â l 

Toiitrage, qui renferme, dans un seul mot, tous 
les délits de cette nature. Elle dît expressément 
que quiconque outragera un enfant ( or, on l'ou- 
trage, quand on lachète pour .ses plaisirs) , ou un 
homme, ou une femme, soit libre, soit esclave; 
quiconque se portera, contre quelqu'une de ces 
personnes, à des excès criminels, pourra être ac- 
cusé pour crime d'outrage. Elle marque la peine 

^corporelle ou pécuniaire qui lui sera infligée. 

.Greffier, lisez la loi. 

LOI. 

• Quiconque outragera un enfant libre , sera 

• accusé devant les thesmothètes par le tuteur de 

• Fenfant qui prendra contre lui des conclusions. 
«S'il est condamné à mort par le tribunal^ il sera 

• livré aux ondécemvirs [5] , qui le feront mourir 
lie jour même. S'il est condamné à une amende , 
»îl paiera dans l'espace de onze jours après la scn- 

• tence. S'il ne peut payer à ce terme, il sera en- 
» fermé jusqu'à ce qu'il ait payé. Ceux qui auront 
1 outragé des esclaves, subiront le même juge- 
» ment. » 

On sera peut-être surpris, d'abord que le lé- 
gislateur parle aussi des esclave» dans la loi con- 
cernant l'outrage : mais , pour peu qu'on y réflé- 
chisse^ on verra que c'est un grand trait de sagesse. 
En effet, si le législateur parle des esclaves ce n'est 
pas qu'il s'intéresse pour eux; mais voulant nous 

T. III. 2i 



^22 HARANGUE D ESCUINE CONTRE TIMÀRQUE. 

accoutumer à nous abstenir, surtout, d'outrager 
des personnes libres, il a ajouté qu'on ne pourrait 
même outrager des esclaves. Et, en général, tout 
homme qui, dans une démocratie, outrage quel- 
que personne que ce soit, on n*a pas cru qu'il fût 
propre pour ce gouvernement. 

Faites attention , Athéniens , qu'ici le législateur 
ne parle pas encore à la personne même de l'en- 
fant, mais à ceux qui sont chargés de l'enfant, à 
son père, à son frère, à son tuteur, à ses maîtres, 
et généralement à ceux qui ont autorité sur lui. 
Mais, lorsqu'il est inscrit sur le registre des ci- 
toyens, qu'il connaît les lois de la ville, qu'il peut 
discerner ce qui est honnête et ce qui ne l'est pas, 
ce n'est plus à un autre que la loi parle , mais à 
Timarque lui-même. Et comment s'exprime-t-elle? 
le voici : Quitonque des Athéniens se prostituera 
auoc plaisirs d* autrui , ne pourra être choisi 
parmi les neuf archontes ; sans doute parce que 
c'est une des principales charges de la ville; il ne 
pourra être nommé à un sacerdoce ^ car la loi 
parle d'un homme qui n'est pas même pur; H ne 
pov/rra , dît - elle , plaider pour le peuple ., ni 
obtenir aucune magisi/rat/are dans la ville, ou 
hors de la ville , par le sort ou par élection; il 
ne pourra être envoyé comme héraut d' armes f 
ni comme député, ni accuser, ni calomnier, pour 
de l'argent, ceux qui ont été en ambassade; Une 
pourra donner son avis ni dans le sénat, ni 
dans l'assemblée du peuple, fût -il le plus élo- 



* 

k:ata timapxot Aorox; 3a3 

J^6 tJ S'VI/JLOTCfùLTlcL TOV ît$ OTIOtf JCpi(rT>lV, TOuVoV 

AS-yiVcT.otj on tyrauscL o vofiod^tryiç owTtcû J^iatAe- 

yîTXt CLVTCù TCù (rœ/XCLTl TOV 'TtXt^OÇ , dWcL TO^^ 
Wepl TOV nOLlOCLj TICtTpt , ct^€A(p«, 6t«r<Tp0Tûï, J^l- 

ypcL^^ sU To A)i^(app^ex.o» ypcLjJLiLOLztTo^jy tcoh i^v^ 
10/JLOVÇ ym x.At eso> to»j$ t>î$ tioA^o)^, jcat won ouf>fTa« 
<r«fleAoyi^e<rbGt/ tsc x^glAx xcti ta /t>», ot;x, ^zl eT6p« 
«^/xAeyeToc/ , ctAA woVj afTW Ti^tapp^a. Kott ;:cw 

aura ray gvvex ap^^ovrû)v yeveTS-xc (ot/, oTfjLxi y 
(rzt(pxfn^opoç îî ctp;)^/i), )tt>i^ t'£pa<n;v>»» itfxa-xa^xi (œ$ 
ovdî 3tot9xp5 S^icL\iyir<ti tcù aœficLTty finâî <rvy- 

fin? tiTiXTCè fJLl/i')iWOTly IXTiTt ti ZCf S^HI/JUfy l^TÎ Ij 



524 KATA TIMAPXOT AorOS. 

'Eolv J^é T/^ zsr a fui tclvtûl 'Ttfccrrify y^a/paç tTùu- 
I / \ \ * t I » / 

Sïixe. Aeye ctuTo?^ xdi^ tovtov roi yofioi^ W tl ^rsy 
T£ToA|x>ix.s T</x<tpp^o$ S^y\[iyfyopî7i j o Toiovro$ Tov 

NOMOS. 

^Av Ttç 'A9>îVct7o$ tzcLifyioify un î^ttrra dvrci 
Tcoy mtcL <lf')(piTCûv ytvta^an , /x>ja Itpcùcvw UfOr 

(jLfyîTCù fJLïïSEfJLicu y fJinTi ev^jxoy , [x^tî uTcepopiov, 
;^MT6 3cA>fpûjr>ïy , jLt)ire p^etpoToy>iT>îy. M>f^ e7r4 jcn- 
pvKîiccJ d'Tiroff'CiWîaâco y fiy\dî yvcoiii/iy AeyeTû^, fx»d 
€4^ Tcc J^jj/xorgAîî <epct e/o-iTû), ^ttiïcî^ ey .tol7^ xoims 
(rTE(pctn(popicLi$ (7T6(potyou(75(» , jLt>j(î' eWo^ rm rriç 
ùLyopcL$ 'srîptffOLvrï\fim Tiropevîa-Qco. ^Eolv J^e ti^ Toturct 
t2ro/w , :cxTcLyycù(TBaTo$ ctvrov ércLipiiv , 5ctVGtTtf 

Touroy fxey Toy vo[iov eô-yuce -Trepc r^y (jiîipctxi(^ 
rm wpo')(iipœç tlç tcl iavrav (rco(ianrcL i^cL/juLfXd' 
yoyrûjy, ovç J^e o\iycû trporepoy Ujtt/y ctnymiy itBfi 
rm wcLtâm , otî^ J^g vuyt fMtWa Xtytii , -Trep/ rar 
aWm AS->»yot/û)y. 



HARANGUE DESCHINE CONTRE TIM ARQUE. O'jH 

i 

quent des Athéniens : quiconque agira contre ces 
dispositions, pourra être accusé comme s'étant 
prostitué aux plaisirs d'autrui, et subir les der- 
nières peines. Greffier, lisez la loi même. On verra 
combien sont belles et sages les lois, malgré les- 
quelles Timarque a osé parler en public, lui dont 
les mœurs sont telles que nous les connaissons. 

LOI. 

• Si un Athénien se prostitue au plaisir d autrui, 
» il ne pourra être choisi parmi les neuf archontes, 
»ni être nommé à un sacerdoce, ni plaider pour 
1 le peuple, ni obtenir aucune charge dans la ville, 
»ovL hors de la ville, par sort ou par élection ; il 
»ne pourra être envoyé comme héraut d armes, 
• ni comme di'puté, donner son avis ni dans le se- 
mât, ni dans l'assemblée du peuple; il ne pourra 
» entrer dans les temples publics ; aux fêtes solen- 
» nelles il ne pourra se couronner avec les autres, 
ini aux assemblées paraître dans Tenceinte de la 
» place publique. Quiconque , après avoir été con- 
1 damné, comme s'étant prostitué aux plaisirs 
»d autrui, agira contre ces dispositions, sera puni 
» de mort. » 

Cette loi est portée contre les jeunes gens qui se 
livrent, sans pudeur, à des vices infâmes; celles 
qu'on vous a lues, en premier lieu , concernent les 
enfans ; celles qu'on va vous lire regardent les au- 
tres Athéniens. 




5â6 HARANGUE D ESGHINE CONTRE TIBf ARQUE. 

Après avoir réglé les objets dont je viens de 
parler, le législateur prescrit les formes suivant 
lesquelles vous devez vous assembler pour déli- 
bérer sur les affaires sérieuses. Et par où drbute- 
t-il? Lois sv/r la décence et l'honnêteté [6]. Il 
débute par là , persuadé qu'une ville , où régnent 
ces vertus^ sera la plus florissante. Et comment 
ordonne-t il aux proédres de traiter les affiiires 
publiques? Lorsque l'assemblée aura été purifiée 
et que le héraut aura prononcé les vœux et les 
imprécations ordinaires, il ordonne au proedre 
de faire régler d abord ce qui regarde les sacri- 
fices anciens , les hérauts d'armes , les députés et 
autres articles pareils. Après cela , le héraut de- 
mande à haute voix : Qui des citoyens ^ avrâei- 
sus de cinquante ans , veut parler au peuple} 
Lorsque ceux-ei ont parlé, alors il invite à prendre 
la parole celui qui le voudra des autres Athéniens 
qui n'en ont pas d'empêchement. 

Examinez, je vous prie, la sagesse de ces dispo- 
sitions. Le législateur, sans doute, n'ignorait pas 
que l'expérience des vieillards fait que la prudence 
chez eux est dans toute sa force, mais que la har- 
diesse leur manque. Voulant donc, eu égard â 
leurs lumières, qu'ils s'accoutument à se tenir 
comme obligés d'exposer leur avis, et ne pouvant 
les appeler chacun par leur nom, il les désigne 
par le nom commun de leur âge, les invite à 
monter à la tribune, et les tfxhorte à parler au 
peuple. Il apprend en même lems aux jeunes gcn» 



\ 



KATA TIMAPXOY AOrOS. 3?7 

TUOL ^p» TpOTtOV avWiyOllîVOVÇ V[XCLÇ tiç T»y ex,x.A»- 

Tâ)y' 3ca4 Ttod-tv cLp')(eT(ti } No/JLOt , (p>io-/ , 'TTgp/ 
vx.o<T[xtiçLÇ. Awo (rœ(ppoa'vvyi$ wpûrrov >jpÇotTo' a^ 
o^ou 7îr\n(Trr\ îvicqo'iucl tari^ toajtwj oLp4<rrot t>iv 

^pou^ P(^p>ijLt<tre^eiy ; ^TC^idcty ro x,cLd-<tf<no)f tré- 
pisy€P(^G5', x^/ x,>fpu^ T« Tiarpiov^ ^^X^^ tv^virctt , 

Trpop^sipoToveTy xsAeuet tov^ TTfOîâfovç ntfi upœy xcov 
_. ' \ I \ t p \ ' I 

fiBTcL raZrcL îTnpcùTA o xJUpv^' ti$ (tyop&vciv jSow- 

\tytii Tm aWcûv 'AQïjvclicûv fro'J jSouAo/Aevoy, oTç 
gÇg(7ri. 

Sx.g'vl/cto'Gg J^>ï aV tulXqùç , ûJ -oty^pg^ jA9)Tyaro<. 
Owx nyioUy oi[iciLiy yo/Ao5-gT>j^ oTt o/ 7rpe<r€i»Tgpo« 
T« /xgy sw cppoygry OAtyLct^outn^ ^ li J^g ro\[jLct H^, 
cLVTov$ cLp')(îTcLi g7r/Agc7:giy J^/ct T>jy ifjLTCîiftcLf xœy 
'TCpctyiLcLTCùV ^ov\oiJ.tvos J^Yi avnd-i<TûLi rovç ap/<rTot 
(PpoyotTyrct^ , rourou? gVa.yayx.g^ -Trgpe r^y TxrpcLy- 

/JLcCtûJV Agyg/V, gTTgtO)) O^OllCKTTt ÛLVTCùV i'JCL g3CGt(7tOV 

cLTZopu TtTpoiTtiWîiv , T)jy x,otv>îy îWCù)fvuLicLV XT^ç o\r\ç 
)ÎAc3c/flt^ vVoAotbû)v, WûLfctxûLXi! iwt to ^yiixcLy ^ 
WfoTptw'ti J^)î/x>jyopg?y , cL|xa. J^g xot/ tou^ ygou^ 



328 KATA TiMAPXor Aoros. 

J^t$ûL(ncu a/(r^uv6(70ûti rot)? 'srfB(rÇ>vztpovç y x^ Tioty? 

r / I \ ^ \ ^ f tl 

V(TTif>OVÇ TSrfcLTTUVy XOLl TifJLCLV TO yy\f>X$ y îlÇ 

risprfxAîii^, 3ca( @îfjLi(rToit\yii$ j xxti 'Ap<o-Te/Ai^, 

TïlV dvùfJLOlOV î^CO}f i'TtCùVVfJiiàLV Tl|XoLp^û) Tovroùïy 
S^ITLÙLIOS î7Sri7CCL\0V(JitV0$ , ûJcTÉ, Ô Wlfl îirotVTg^ eV 

eBîi •zirpaTTo/j.ev, xo T>îy %«pct eçûo ep^ovie^ Aeye/y, 
Tore TouTO 5fcLav zi iâoitti eivcti, xcl( eJAotCovvTo 
ctuTo TtrpcLTTîiy. MtycL S^t -arayi; tovtou <r>ijxeiov 
epyûï o/juoti u/t<v tTHou^tii» Ev yap 010 on Trotm? 
63c^e^AcU)cc6re st^ 2ctAajLt7vGt3 xot* Te5€Gta'5e T)jv 
2^o\mos U7C0VCL* tlcli cLVToi ficLfTvp>i(rcLiT ouf y oTC ev 
Tw fltyopoîr T^ 2<*A(X)U.<v/û)v cl}icl}cutcli SoAojy enoj 
T>jy ^i'ipcL 6%ûîV towt' eVr/v, (» aycîjpg^ 'A9)iycuo/, 

V7r0lX)fïifJUL JtCtt fJLt fJLÏj/JLCL TOV ZiOACùVOÇ a-^yifJLcLTQÇj <iV 

rpowov iym cLvro$ J^it\îyîTo rS ^yi/jlcû tSv 'AÔt 
vcLiCùV, Sx^e-xpoLcrôg <r>i, ci avc5jpe^ *A9)fyaroi , ocroy àct- 

û^v oXiyo) TTporspoy gy t<» Aoyo) ê7iejity>i<r9)iy, 'ExcTroi 
ftev ys wcr^uvovTo e^û> T>jv %erpot e^oyrg^ Aeyg^V 
ovToai J^g ow TTctAote, clWcl ^rpcoviv woTty pi'^ai 
5o<jXfltT/ov, yv[JLn$ twcLyyL^aricL^t'J gy tJT l}UL\r\<Ti(i>y 
ovrœ tlcltlSs tccli cLia'^fSs S^ictTcuiJLtvoç to acoficL Jîr» 
/xg&>i^ Xfltt ^àiXvpicLÇy aaTî tov$ yi tu cppoyoïTyTfit^ 



HARANGUE d'eSCHINË CONTRE TIMARQUE. 52g 

à respecter les vieillards , à leur céder en tout la 
première place , à honorer la vieillesse , à laquelle 
nous parviendrons tous , si les dieux nous conser- 
vent. Aussi , telle était la décence des anciens ora- 
teurs, de Périclès, de Thémistocle , d'Aristide, 
surnommé le juste , surnom bien diflférent de celui 
que mérite Tîmarque; telle était, dis-je , leur dé- 
cence, qu'un usage autorisé de nos jours, de parler 
la main étendue, ils auraient craint de le suivre » 
et l'auraient regardé comme une marque d'au- 
dace. Je vais vous en donner une preuve aussi forte 
qve sensible. Il n'est personne de vous, sans doute, 
qui n'ait été à Salamine , et qui n'y ait vu la statué 
de Selon [7]. Vous pourriez donc attester, vous- 
mêmes j qu'il est représenté dans la place publi- 
que de cette ville , ayant la main dans sa robe* 
C'est une preuve, à la fois, et une expression de 
son attitude, lorsqu'il parlait au peuple d'Athènes* 
Mais , voyez combien Solon et les autres grands 
hommes , que je viens de nommer^ étaient diflfé- 
rens de Timarque ! Ils auraient eu honte de parler 
|a main étendue; et Timarque , ce fait est tout ré- 
cent , mettant bas ses habits , s'est exercé nu , comme 
un athlète , en pleine assemblée [8]; de sorte que 
les citoyens raisonnables, qui voyaient l'état où 
l'avaient réduit l'ivresse et la pétulance, baissaient 



*4 



•-•TYiiifiît-'- 



332 KATA TIMAPXOT AorOS. . 

vctrcç u îWcLiJLV^cLt y findt cvfiÇtoOMvHi a^iov. Tpt- 
Tov , rtai S^icL\iys.Tat i i 'Tti'TrofnvfjLtvoç (cpuc/v) 

n l^TeLlf>\Xa>$* TGV ycLp TO ŒCùllCL TO ÎCLVTOV éÇ' 

yiyï\(rcLzo cL'Troàcùctc^ûn. T^TocpTov , 'Zitn AaAeyem/; 

îl Tût ^CLTfCùÇL ( (p>îCri ) X0tT6^dbX(W^ y i m (Vl 

x.\ï\foyo(jioç ytvyfTcLt* tov yap tw /a/oty o/3c<ct» 

XCLKûùÇ 0/X>J(7aVToL, TLCil TA XOl}fCt Tn$ "TfOMCùi Ttdr 

fct'7r\y\aicùç iymaoTo <rta5>j(76ty.* Kct< ovtl lùoxti oior 
T etvcti rœ vojUoSeTw tov aiyTov aV5pû)^ov /ârqt. fiev 
e<F(Xi '7rov>îpoy, S^nixocricL J^e p^pucToV gucJ* âsTo àrr 

VO)ao9eT>î$ TOV p>lTOpoL )îX6iV îTSTl TO tStvffJLCL y tSi 

Aoya)V g'Tr* fxeA>i3€VTct î«rpcTcpov , aAA' oJ tgv jSiou. 
Kct< tTûtpa /tev ctvcJpo^ xahov xcn GLycLd-oVf tlclv 
woLvu 3coc3Câ)k, )cqLv cLw\cû$ p»95i Aoyo^, yfïiat/icixtL 
AeyofXcVflt >iyji(TûtTo eî'vct/ to?^ otxououere* 'stclccl h 
avd-pû)trou l6âi\vpoVy xai TLOLTctyiXaLŒTOiç fiîv xe- 
%p>i^fevou tS (TûùfjLcLTi y <it(r')^pZç cTe t>iv tsrctTpoiâtv 
oucr/ccv 3taT6(î>i(?ox,oTo?, oJ(J' àv eiT tiravt; AeV&w, 
cri>yo/(7c<v yiyy\<rxTo Totç cLTcovovat. 

TovTovç oty î^îifyu tov lèy\fJL(LToç , toi^tou^ 
otTTctyopeug/ ^n J^>îa>iyopeiv. Bxy J^e tij t^'ctpct 
TûLVTcL fJLvi fJLovoy Myifj aWcL xcn cvx.o(pctyT}f y tloa 

CL(TB\yaLmy TLCLi [IflXiTl TOlOVTQV dVd-pCûTCOV S^VVYiTCH 

cpepeiv >) z!ro\t$ , J^oxiiictaicLy (jih , (pWv, eVcty 



HARANGUE D ESCHINE CONTRE TIMARQUB..^^ 33^ 

la secourir; vous ne devez pas prétendre à la con- 
seiller. A qui parle-t-il en troisième lieu ? celui ^ 

dit-il , qui s'est vendu et livré aux plaisirs d'aur- 
lr%vi. Il pensait qu un homme qui s est vendu et 
livré lui-même , se porterait sans peine à vendre 
les grands intérêts de la république. A qui s adresse- 
t-il enfin? celui ^ dit- il, qui a dissipé les biens 
qui lui ont été laissés par son père , ou qui lui 
sont échus par héritage. Quiconque , selon lui ^ 
aurait mal gouverné sa maison , administrerait de 
même les affaires de l'état; il jugeait impossible 
que le même homme fût un mauvais particulier et 
un bon ministre. Il voulait donc qu'un orateur 
vint à la tribune , non après avoir arrangé des pa- 
roles , mais après avoir réglé sa conduite, persuadé 
que les discours d'un homme vertueux, qui parle- 
rait simplement et sans art , seraient utiles^aux au- 
diteurs ; mais que ces mêmes auditeurs ne tire- 
raient aucun avantage des harangues les plus belles 
et les plus étudiées d'un homme pervers qui se se- 
rait déshonoré indignement lui-même, qui aurait 
dissipé honteusement son patrimoine. 
Ce sont-là les hommes qu'il exclut de la tribune, 

et auxquels il défend de parler en public. Celui qui 
parlera malgré cette défense , à plus forte raison 
celui qui calomniera, qui se conduira avec une in- 
décence dont l'excès niî sera plus supportable , 
pourra être accusé , dit le législateur , par celui 



354 ifHABANGUE d'eSCHINE CONTRE TTMABQUE. 

qui ie voudra des Athéniens qui nen ont pas 
d'empêchement ; et les juges sîc^gennt au tribunal 
prononceront sur ce qui le concerne. C est d'après 
celte loi que je poursuis Tiniarque en justice. 

Voilà ce qui avait été réglé anciennement. Qua- 
\iez - vous ajouté ? Rougissant de Tindécence avec 
laquelle Timarqne s'était exercé nu , comme un 
athlète, en pleine assemblée , vous aviez porté une 
loi nouvelle ; vous vouliez que , dans chique as- 
semblée, on choisît une tribu pour présider au 
bon ordre parmi les orateurs. Et que prescrivait 
l'auteur de la loi ? Les citoyens de la tribu , disait- 
il , siégeront pour défendre les lois de la démo- 
cratie. Il sentait que , si nous ne tirions de quel- 
que part des secours contre les hommes qui ont 
vécu comme Tîmarque, nous ne pourrions inême 
délibérer sur 1rs affaires les plus sérieuses. Et inu- 
tilement chercherait-on, par des clameurs, à éloi- 

gner de la tribune de tels personnages qui ne sa- 
vent pas rougir; il faut les réprimer par des puni- 
tions , seul(*s capables de les réduire au point qu'ils 
puissent être supportés. On va vous lire les lois 
concernant la discipline des orateurs ; quant à celle 
qui regarde la présidence des tribus , Timarque 
et d'autres orateurs pareils s'étant ligués, ont per- 
suadé qu'elle n'était pas utile, afin qu'il leur fût 
permis d'agir, de parler, de vivre comme ils veu- 
lent. 



I 



ni 

kata timapxot Aoros. ■-i"'p 335 

picù S'iAytmo'xtiv. KcLi vvy lya ilcltcl nvron tov 

TcLvrct ^ev ovv nx\<ii mo/xoBîryiTcLi* v;iîi^ S^é 

x^pacTiov, ô oiJto^ €î«rûtyx,pcLTi(X(rgy ev xiT 6Pcx,A>i<rtof 

9 1 9^11 »^ / \ * 

Ti IZpOCîZCL^S'J Tl9gl? tov VûjLtoy } X.a9>î(J'9(X< 3C€A€l/£/ 
TOVS (pv\tTcL$y (èoviBovyTcLÇ ro7$ VOfJLOtÇ , }tCLl T^ S^VlfJiO* 
TLpCLXlCC Cù$y U fJLYI i8o>î5e/OLV TtO^-îV fJtîT<t'7tîfJL'^œ[Xî^àL 

tzari Tovç ovTûù Be/itcùycoTxç j ovâi ^ovXevtaBcLi t^[x£ç 
J^ovjfo-ojxevôu^ îjrgpe rm cwov$cLioTcirm wpcLyfjLcLxm. 
E<rTi J^' oJ^ey ocpgAo^ , eo 'ABrpfciJoi , l^y.nîy rovç 

TOIOVTOVÇ dyS^fCùWOVÇ cL7lî\CLVyîlV cfTTO TOU jSlfjLtCttO^ 

Tfltîk xpotvyot?^' otî yû^p cLt(T')(yyoyTCLr aAAcc Ta7i? 
Tiixcùpictiç rovTov$ cLWeSiCuy p(^p)î' ju,ov(w$ yotp ctv 
ovTCù$ cLVSjcrot yevoiVTo. 'Ayayvûxrgrct/ otJv f/ttey tov$ 
loiJLovs Tovç wîpt TYiç tvxo(rfjLtcL$ xe/fXfcyot^ tSv p>i- 
Top«v. Toy ycLf Tttft rnç WfOî§picL$ rm (fvXm vo- 

jXOV TtfJiXf')^OÇ OVTO(Tl XOLi ÉTÉpOt TO/OUTO/ p>îTOp€^ 

<ryvgA5oyre^ , ytypetiJi/Jiiyoi tîcri fjLn iwim^uov uicit^ 
Toi iSouAovTcte. 



r 



336 kata TiMÀPXor Aoros. 

NOMOI. 

tX(t(rrov )y )j à'iÇ Wifi rov clvtov (o clvtoç toiç 
eLVToi$ J^>jAovoT* ), i Xo/^op>ïT(X/ , i x^oCTCû)^ ctT^pewf 
Tiva, >j utjrojtpofH , ^ ^p>jjxotT<Çovr«v fXETûtçv «t»)!- 
xt(TTCù$ Aîyyj 'STîpi Tû)v iLt>j twi Tov fiyiiicLroÇy m 
îirctpct3C2Aeu>jTct/ , >j 6Ax>^ Tov gî&'/<rroLT)jy otÇgi- 
/Agy>ïV tÎ^ ex.xA)î<r/ct^ îy r^k ^ovXyfç^ jcupteueTûxrcti o 
îirpoeeîjpot ju^^XP* ^ S^fcL')(^fjLS}/ e/V éjccterTov dùiTUiiLàL 
€ts'iyfcL(pttif ToT$ TSTpcucropaty. *Ecty J^g wXtonç c^ioç 

fîTCûacLif îiç T>jv i8ouA>iy, >j €i^ T>iy TSTfCûTïw ex.xAjfO'iflt?, 
ey T(î! lèQvXtvrnpicù. 'Oroty [J^<e^/û^(r/ x.\yiaîi$ xp<- 
vcLTcoccLy. KcLi îoLV x,cLrcLyycù(rB}ji clvtov x,pi»€Aiv 
Y>i(PiÇo//.eyû^y T^y lèovMvrSv ^ iyyfct'^olxcûiTcu 0/ 

Tcù'j /Jiev ouy yo/Jt.â)V ct}c>iJcoctTe, û> *A3->fyût7w, s^ eu 
ot^' Ôt( ^oxoiTo-iv J|ui7y tlciXSç e^g/y* Toutous jtteywi 
Tûu^ yo/JLOvç eiycLi ')(^fy\(nfJLov$ y\ cL')Qy\<rrovç y €(p wjtwv 
6*(rr<y. 'Ecty ^ey yct'p xoAct^wTs tou^ ct^tjcoJvrflt^, 
tGoyrcLi vfjuy oi yofJLoi xctXot xcti xvftoC eotv ^ d^li/ixî) 
xcl\oi fJLoyoy , 3cvp<o/ Jre ovtl îti. 



ftÀRANGUE D^BSCHlNfi CONTRE TIMÀRQUB. SS^ 

Lois concernant ia discipline (les orateurs. 

»Si un orateur parle devant le sénat, ou devant 
» le peuple, sur un autre objet que sur celui de la 
» délibération ; s'il parle deux fois sur la même 
» matière devant les mêmes auditeurs; s'il emploie 
ides invectives et des injures; s'il cherche à sup- 
» planter son adversaire ; si > lorsqu'on traite d'af- 
»faires sérieuses, il ne cesse de fatiguer les ci- 
toyens de discours étrangers à la tribune ; si , 

• lorsque l'assemblée du sénat ou du peuple sera 
séparée, il sollicite l'épistate, il lui fait violence: 

> les proëdrcs , pour chaque faute , pourront lui 

• imposer une amende de cinquante drachmes, et 
»le faire inscrire sur les registres des amendes 
» publiques. S'il mérite une punition plus consi- 

> dérable , après lui avoir imposé l'amende de cîn- 
»quante drachmes^ ils le citeront devant le sénat 
» à la première assemblée , exposeront les griefs , 

> le feront juger par scrutin, et, s'il est condamné , 
lie feront inscrire sur les registres pour une 
» amende plus forte, t 

Vous venez d'entendre les lois , ô Athéniens ! 
TOUS trouvez, sans doute , que ce sont de bonnes 
lois. Il dépend de vous qu'elles aient de la force ou 
qu'elles n'en aient pas. Si vous punissez ceux qui 
ne craignent point de les enfreindre , elles réuni- 
ront pour vous la force et la bonté; si vous épar- 
gnez les coupables, elles n'auront que de la bonté 
sans force. 

T. m. 33 



538 HARÀUGUE D ESCHINE CONTRE TIHÀROI^- 

Après avoir parlé des lois, je vais maintenant^ 
comme je lai annoncé d'abord, leur opposer les 
mœurs de Timarque , afin quon sente mieux le 
contraste. Je vous prie , Athéniens , de me par- 
donner^ si^ obligé de parler de yices peu honnêtes 
dont cet homme s'est souillé , il m'échappe quel- 
que parole qui ressemble à ses actions. Non , si je 
parle un peu clairement pour vous instruire , ce 
n'est pas à moi que tous devez en vouloir , mais 
beaucoup plus à Timarque lui-même, qui a vécu 
d'une manière si dissolue ^ qu'en exposant ce qu'il 
a fait , il est impossible de dire ce que l'on veut , 
sans employer des expressions qui aient quelque 
rapport avec sa vie. Je tâcherai néanmoins de 
m'exprimer avec le plus de décence que je pour- 
rai (a). 



Velim autem consideretis y Athenienses j quanta 
œquitate sum actuvus cum Timarcho. Nam am 
delicta^puer adhîiCy in suum corpus admisity omitto; 
eaque nihil valeant y ut ea quœ sub triginta tyran- 
norum dominatu, aut aiitè prœturam Euclidisy acta 
sunty aut si quod aliud hujusmodi prcefinitum 
tempus extitit. Quœ vero jam sut compos , aucs 
adolescens , quœ^ legum cii^itatis gnaruSj admisity 
ea demiim accusabo, eaquevobisy uticurœ sint,orO' 



(a) Voye» la deinière des notes imprimées à la suite de ce dûcoon. 



KATA TlMAPXOr AOrOS. 339 

\ \ fy * y / \ I \ 

70 /JLÎXCL TOVTO OLVn^iTCLŒÛLt TOVÇ TfOWOVS TOrjÇ 

rt/JiÙLp'^OVy IVCL uàiTc OCTOV J^tCLipéfOVŒl TCù^ W|Ulû^y 

rm vfjLtTîpcùv. Aîofiaii J^ w/^ov, œ Ad-vivcuoi^ avy* 
YiCùiJLi/\^ fjLot î^îiv 5 eûcv cLvxyx.aLCofjLî^o$ Agyetv Tiepr 
wtTyi^cviJictxmj(pva-ei /jlîv //.n x.x\œv ^ xovtoù J^g Trg- 
vpoLyixîvm ^ WfOî^x')(d'S n fyi[i(t nwu^ ^ o ea-rt^ 
\/uLOioy roi$ tpyoïç roiç. Tt/iapp^ou. Ovât yap ccv 
\^ixcLicù$ ifjioi t'onrifJii/iacLiTîj îi ri acL(pœç €t7ro/fx/, 
ï^iâcLCTTctn vfjLals jSouAofxgyç^' aAAoc ^oAi; (jlolWom 
rovTCùi. Ovrcû yctf ct/<r^pak Tuyp^ave/ ^îCtcùx.ùi>$ , 

»<TTe TOV TCL roVTCù 'arîWfCLyfJLtycL J^/eÇ/OVTût CLOtf^ 
^OLTQ'J tUCLl îiTtretV Û)V CLVTOÇ S>OV\trcLl^ îCL)f [XVI Tt 

ccLi rm Totovrœv (pd-iy^yivai p>i/jlûctû)v, E JAocÊiîo'o- 
leti S^\cLVTo Tsroiuv cùç i,i S^vyœfJLcLi iiaXiara, 

Wf0P'(pîpîad-cLi TiiJLctf')(Cù TovTCùi. Rycù yctf 'oax 
Ltev, TtrctA^ œVf ei$ ro gSiicl to îolvtov i^fioLfTnxev 

9 I \ il rx. 1/ */ t > \ 

X<pl91|Xt9 TLCLi tcrcû TOLVTCL, (tKVpCLy CùtTWcf XcL eWl 

c^»v Tptccx.ovTct, >î TOC, Tcpo Et^x^As/ooi», )i et r/^ aAA>i 
Zff'CùTtroTî roicivryi ^yîVîTo typoS-go'fJi/of à J^e )i(?h 
(Ppovav, }cct/ iJLîipcLxio^ û)V, x,ot< Tou^ yofiov^ îTCia-xX" 

tycôyt TcLs yccLTYiyofiaiç woiy\(ToiicLiy 5cotc \JiJiSi$ îw* 



34o KATA TIMAPXOY AOroS. 

OvTo$ yetp TsrpcùTov wcarm jxev, twu^ cctDjA- 
XcLyn lit TSTcLiàûni , exccS-wTo gv ne/p(X/g7 eîsri tou 
lE.vâv$i7L0v ictTpg/ou, ^rpocpcterg* jttey, TÎî'^Tep^v)!^ ftct- 
By\Tï\$ , T^ J^e aA)i5g/qL, ZiTùùXui iavTov 7rpoHp>i/A6yo^, 
ûV (xJto t$u^iif.' Oaoi /Aev ouv tSv Ifi'oropcùv ^ y\ rai 

tTciivovç Tov$ ^poyov$ t^pyiacLiTo rœ (rcofJLccn Tt- 

fJLCCp^OU, €X^V }CCW TOUTOUS Uîr£p&>J(rojXct(, tVflt ft>I 

ju.€ Ti^ îimfy cû$ if CL \icu ixpi^oXoyoviJLaLi iixctna* 
Jv j^g 6V TflcT^ olyncLis ygyove, x.ctrcci<rp^yyaF to 
(T^jJiGC TO icivTov 7CCLI T>iv î^oAiV , /iiaBcLpvSi i'Sf 

9 ^ t t\ 9 I t f \ f 

HUTû» TOUTO), CLTSrcLyopiVet VOfJiOÇ fJLÏI WfCLTTtrJy 

71 fjLTi d^niii/iyoptn j wîfi zovrcoy TSTotnaoïxcLi rovs Ao- 
yovç. 

MicryoXcLÇ îari ri$ NcLvx,fcLrov$ ^ S ivàpîç^kh- 
vct/0/, KoA VTTSW^^ ctv>ip Tct /tgv ctAAct tlclXoç yucL- 

cTg Tû -zsrpayfJiGt roCro S^difiG^icoç îa-wovâccKœç , % 
ct€/ T<y« ^%€'v etû>5a>^ tjrgp/ aJroy x,/3apa5bw^ Jf 
x/9otp/o-Tot^. TfltuTt J^e Agyo) , ov xoîJ (popxi^tov myui^ 
clXX \vct ymfiayjTt ctwToy oariç iariv. Ovroç ctt- 

câofJLîVOS m hîTCCL 'ZCLÇ J^t(XTp/êot$ InOlUZO Tl/JLcLp'XJii 
t \ • \ ^ 9 I 9 f r ^ i ^ 

ovro<n îwi Tov /ctrpeiov, ctpyvpiov t/ wpoûLVctXaaàuSf 

ovTot, 3cat ygov, kcli féoiXopov y y.cLi eTnrmeioy itfo$l 
TO wp£y/jLCLy wpoyffUTo îyMsoç [XîV TirpcLTlHh 



iESCHINIS OR AT. ADY. TIMARCHUM. 34 1 

Iste primum omnium pueritiam egressus , sedit 
in Pjrœo, in Euthjdici medici tabemâj per speciem 
iiseendœ artisy cumj si res ipsa spectetur , se ven^ 
îilare instituissety ut eventus declaraviL Qui porro 
mercatoreSj oui alii hospiteSy aut nostri civeSy illis 

"iemporibus Timarchi corpore fuerint ahusi, hoc 
luoque vitro pi^œteriho, ne quis fortasse dicat , me 
iccuratius omnia persequi. Quorum autem in œdi- 
'fus y cum sui corporis et cii^itatis probrOy vixerity 
juœstus ob eam remfaciendi causa y qunm rem lex 
lut vitarCy aut concionibus abstinere jubet j his de 

"^ebus verbafaciam. 

Est quidam Colyttensis MisgolaSjNaucratis^Uus, 
4thenienses , vir cœtera sane bonus y nec ullo no- 
mine reprehendendus y cœterum istius rei impoten- 
terstudiosuSyquique continenter secum haberesolet 
aliquos citharœdos y aut citharistas. Hœc dico non 
arguendi luxûs causa y sed ut noveritis quis sit. Is 
vbi animadçertit , quibus de causis Timarchus in 
tabemd medicâ versaretuTy cum non nihil nummo^ 
non insumpsisset y inde hominem abduxit ad se, 
ui et habito corpore , et adolescentem , et petulan- 
feiîi, et aptum ad eam rem quam et ipse perpetrare > 



i'î ; ^ ^SrHÎ^I^ ORAT. ADV. TIMARCHUM. 

". i^ztf t?L-^rare in<tituerat. Neque verb id récusant 

r.ruc.'rhus , >€*./ recepity cum iiullâ re mediocri 

f^^-ii. Fdr^na^'Ziis enim opes ei pater relicjuevai ^ 

■::i.Ly . <c:f dfTCi.'XU , lit ego vobis in progressa orationk 

: <: -^'id^m : i<fii LtaJhcU ut turpissirnis voluptatibus 

:f?.<if fzitfrffrjj' . ddliciis ciborum et sumptuosis cœnisy 

rf-' *:Jv:.''-.> d"-* "Tiifretricibus j et tesseriSy cœterUqu 

" ".*ucf . :\kZ.'\.^ .zj.iud ^inci débet generosum et lihe* 

- ù:f i^^^nlj^rn. Jftftfue nejarium istum injlore œta- 

:.' <upyu4.îu::. ^-^Lcizs palcrnis œdibuSy apudMisgo- 

u.n :'Mtf?e, /«i -îetjTrAif paternus ejus ami eus y necjue 

,rwuu.u^ . ^^^fu.e curalor erat; sed aliénas y et ipso 

7«\:i ^j.iàijr. <fù L-i ejusmodi rébus incontinens. 

:'*.':.i. j.*;uv> :^':-:«- cidu alla deridenda Jecit illà 
: *r';»vri>u<. lùjn ojzum Quiddam (juod vobis narra- 
\\ f ^^t -V; .i.- [ 'var^rumBizcchanalium celebritos: 
:l fu ycr'-i>j:fsi:i:n cz'Ubrabant Misgolas ^ istius hos- 
: c<, L'L Putràru:! Cuiù'œJiliuSj Sphettius. Ciimau- 
tm T:..'iL:"CfUuS cliis promisissetse unà cum eisfes- 
'tim ucCuru:.u . iili dàm cœteris rébus apparandis 
jccupusiiur y isCe non rei^ertitur; quam rem iniqm 
unîmo Jerens Misgolas , unà cum Phœdro em 
'Mt^'uirit :Jacto(fue indicio, deprehendunt in œdihus 
^um hospitibusquibusdamprandentem. Interminato 
4ik(^m Misgola et Phœdro hospitibus y et jubentà ■ 



KATA TIMAPXOÏ AOrOS. 34a 

ywt(TTv\ 1 ifjiOLf*)^oç GVToai , ovâiVQ$ m zm IJLîTpim 
ovŒicu y >iy ovros xcLTiàwo'iLi'i 5 û)5 eya -zîrpo/ovTo^ 

iWlâil^O) TGU \oyOV* «AX tWfCL^t TOLVTCL J^OU- 

îToAuTeAe/GC/^ J^et^vû)v, x.a/ at^Awrpto-/ , tcûli irctt- 
pcti^y yccLi y.vÇ>oiç y xai rots ctAAot^, J(p' Jv oJ^evo^ 
p^p>j 3cpotTg?(j3a/ Tov yevvGcTov xai eAéuô-gpov. Kix/ 
oux. «o-^uv^w [iicLfos ovTo^y tx^Mwcù'j fJLîy TViV net- 
TfOiav oixicLVy ê^KtizcùiJLîvog Jri wcLfcL M/cyoAot, oure 

^CtTp/3tû) OVr* (ptAû), OVTî yi\lKlOi>T)J y OVTî ZVûLp* 
^WlTfOWCà , aAAo. trocp OLWorpiCày KAI WctfCL 7lp6- 
O-bUtgpÛ!) BOLUTOV, 3C(Xt tcTfltp' CLTtoXcfMTOù TS'îfl TûtUTOt, 

iloAAct |uiey ouv jcat otAAct }tot.TcLye\(X(rT(X ^e- 

A«oyv(Ttû)v Tûjy ev acTêc woiiTCn* iZtrofi'TVîvov d^e 6V 
TcLVTCù 0, Tg Mio-yoAflt^j roCrôif 0LVu\y\(pct>ç ^ 39 
$flt?J)D05 KctAAfou 2(p>jTT/o^. Swy^e^teyou J^g ctw- 
To?^ (rv[X7roiJi7Cîvîiv TiiJLcLf')(ov zovxovi^ 01 fÀî)i ntfi 
TîfV ctAAiiv *7rapcto-3c€u>)y S^iirpi<3ov , o5to^ J^e oJx. 
€Vccy>)x.s. notpû)?ufJi|xeyo^ <^g tîrpo^ to wpctypa, 
Mt(ryoAct^ ^»T>i(rev ctJroiJ esroigrro /xera Tou $ct<- 
(îjpou* g^ctyyeAâ-evro^ J^e ctJror^, îvpicr^LOVfft xovto^j 

îf CUVOfiCiCf, fJLîTcL ^iVm riVCûy O-UVûtp/O-TOJVTCt, Aict- 

'TttiXyicrciiJLivm S^e tov Mi(Tyo/\cL xai Tov^ctiôfov Toi$^ 
^€vo/^, xcLi M\îvoyTCi)V nâvi cLTtoXovâuv eiç to J^e- 



3\9. JESCHÏNIS ORAT. ADV. TIMARCHUM. 

etiste tolerare instituevat. Neque verb id récusant 
Timarchus , sed recepity cîim nullâ re mediocri 
egeret, Permagnas enim opes ei pater relicjuevai , 
(juasistedecoxity ut ego vobis in progressa orationh 
ostendam; sed istafecit ut turpissimis voluptatihm 

obsecjuereiur y déliciis ciborum et sumptuosis cœnisy 
et tibicinis et meretricibus j et tesserisy cœterisqm 
rébus y quarum nullâ vinci débet generosum et libé- 
rale ingenium. Neque nefarium istum in flore œta- 
tis sucépuduity relie tis patcrnis œdibus, apudMisgo- 
lam viverey qui neque paternus ejus amicuSy necjue 
œqualis y neque curator erat; sed aliénas y et ipso 
natu grandiory et in ejusmodi rébus incontinens* 

Timarchus igiiur cùm alia deridenda Jecit illà 
îemporibuSy ium unum quiddam quod va bis narra- 
bo.Agebatur UrbanorumBacchanalium celebritûs: 
unàporrbfestum celebrabantMisgolas , istius hos- 
pesj et Phœdrus Calliœjilius, Sphettius. Cùm au- 
tem Timarchus illis promisisset se una cum eisfes- 
tum acturum , illi dum cœteris rébus apparandis 
occupantur , iste non revertitur; quant rem iniquo 
animo ferens Misgolas y una cum Phœdro eum 
inquirit ifactoque indiciOy deprehendant in œdibus 
cum hospitibus quibusdam prandentem. Interminato 
autem Misgola et Phœdro hospitibus y et jubente 



KATA TIMAPXOÏ Aoros. 343 

> I t\ -r* ^»^ f > \ ../ ' 

OV(TiCVi y >iy QUTOÇ XCLTiOYiOOXîV , û)$ iyû) TSTfOlO'JTOÇ 

iwtâii^cù TGV Aoyou' «AA iWfCt^t tolvtcl J^ou- 

pcLi^i yccti y.vÇ>oiç y tcoli tois otAAoc^, J(p' m ovôîyoç 
p^p>j xf(tTîi(TBcLi Tov yevvGUOV xai eAéuô-gpov. Kix/ 

OWX. «O-^UvSw [llCLfOS QXJTOÇy Ix.MW'Cù'J fiev TïjV T^CL- 

TfCû:L)f OLTucUy à^icLizcùiJLi^o'; è\ wcLpcL MicryoAot, ovrt 

TarcLTflXOù OVTl (pi\Cû , OVTî yi\lKiOi>T)J y OVTî ZVûLp* 

ety^Tpoîtr« , ctAAo.. •arotp oLWorpicày xctt -Zcrctpcc 7ip6- 

O-bUTgpû) icLUTOVy TCCLl WcLf CLTtoXcLGTOù TS'îpi TOCtUOt, 

UoAAct |uiey ouy xoct aAAct x.<sLrùLyt\cLaTcL Wî^ 
•zrpctîtTûC/ Tifjictf')(jsfi TcciT iTctivov^ Tov$ p^^povou^ , ev 
J^e ô xcLi S^iy\yy\(ToL(TScLi Ju7v (èoM\o[icLi. ¥b ilcvj 

TûlOtcù 0, Tg M«ryoAût^j o roCroy cLVîi\yi(pct>$ ^ 39 
$flt?d]po5 KctAA/ou 2(p>iTT/o^. Swy^e/Lteyoi* J^g cti»- 
To?^ av[l7C0fJL7rîv^lV TtfJicLf')(ov xovxovi^ oi fjnv ntfi 

T>!V <tAA>1V "TtcLptiLCTTCtVm S^lîTpif^OV , oÙTO^ J^e OVTt 

tZB'cmix.e. notpû)?y|ui|xeyo^ J^g ^po^ ro wpaiyiJcL 
Mt(ryoAct^ ^»T>i(rty ctvrov îwoiiiro fitrcL tov ^cli- 
ùpov' l^cLyyîXd-t'troç J^g ct^roiÇy tvpi(r:LOVfft toutov 
€v cwoixict fJLtToL ^gvûjy T/vJy o-iiy(xp/(rrû)VTct. A/ct- 
-^reiAyîcra/^eyctfV J'g rou M/o-yoAo. }cai roî $oi/d|30u ro/^ 
^tyot$ y TLcLi }{,gA£t;oyrû?y h^vî axoAow^e^y £/^ to J^e- 



344 KATA TIMAPXOY AOrOS. 

cixûùTVipioi y on fJiîtfùLx.io'J eAeu^-epov S^it(pd'Up(tv ^ 
(poC>i^evre5 ot ^evot, (peuyovre^ ûj^ovto, xcctctAf- 
tirovTc^ Ta wcipîaTLevcLcriJiî^cL. Kcti Tctv^ oTi eyû^ 
ctA)!5îi' Aeyo) cct^cLVTg^ , ocroi x.olt îTcuiovç rot;^ 
yfo^ovç lyimcTTto^f Mia-yoXcLV y.cn lifixfyo^y icxaih 
'Eycù S^î xclI -srcùv yjtifCù on /jloi ytyonv n J^/JOf 
wpo^ ctvS-pû^crov ovx Yiyyoyjfjiîyov \j(Jf vfxSi^ ov^ ct^ 
clWgv yivcùa-xQfJiîvoy ou^evo^ , îj ctztr' olvtov tov tni- 
TYiùeviJLûLToÇj wîfi ov TccLi T>îV •v[/)ii^oy juieAAeTs (pgp£/if. 
n£p< jLtgv yctp rm ayvooy|j.g>û»v, crotcpe/^ «(tû)^ '©•pod- 
nxîi xoLÇ àitoSîi^uç Tioiéia^cLi tov xoLzyiyofor ntfi 
€rg Tojv OjUoAoyouiLtevû)v , ou A/(XV €yû)yg fteyct gpyov 
cl VOL/ vo^i^û) To 3ca.T>îyopeTv' uvcLfJLnacti yctf pvo? 
î^poor>jx.6i Tou^ axouovTa^. £yû> to/vuv, Kctisrif op- 
Xoyoufiivov Torj wpcLyiiciroç ovro^, gtrêccîVi gv J^e- 
x,«.<rT>ip/(a gcfxgv, ygypoccpot jttotpTupiotv Mf<ryoAct, 
ctA>i3-)î )Lt€v , oJjc ùiwcLiâivToy J^g, «^ gyû> gjaotuToy 
Tigioa?. Auto jitgy yctp Touvo/tot tou gpyou , o tupcLXU 
*7rpo^ TovToy , oux, gyygypotcpct , oua ctAAo ygypdtpct 

OUcJgV, eTTit^îliUL/ÛV gO-TtV gJC r(»V VO|UûJV t5 TGtA7)6Sf 

lxoipTvpy\<TcLyn* a J^g g<rr<v ujui/v (xtv cltlovovg-i yvâ>- 
p/^tct, otjcevouvGL à\ TCù ficLpTvpovm otcLi fJLu octc^pct, 
ToLUToi yeypoLcpa. *E«tv /:Jigv ouv iQe\yi(Tif o Mio-yoXdÇ 
S^ivpo zirùLpi\3m rcl\y\5ri /^otprupgîv, ta S^ix^cacL 
'SToimu* gûtv J^g TifOcLipylrcLi gx}cA>iTgu3îvctt /jlZ?\Ao'J 
y\ rcL\Y\^l!\ fJbcLfTvpcVj y viiiiç to oAov wpaiyjjLct o-uv- 
i^gTg. Et' yotp ^tgv wpa^AÇ ottV^uvETTcti , Jtfltc 

trpOût/pjJO-gTfltt P(^tA/ûL^ S^pcC)(^lX<ls i^txAAoV OLTrOTTcTût/ 



-ZESCHINIS ORAT. ApV. TIMARCHUM. 345 

statimeos ambulare in carcerem^ quod adolescentem 
ingenuum corrupissent; perterriti hospites ^ fugam 
arripuerunt , relictis epulis. Hœc vers a me dici 
norunU (jui iis temporibus Misgolam et Timarehum 
noperunt : unde gaudeo mihi rem esse cum homine 
vobis non ignoto , neque ex aliâ re ullâ nota y nisi 
ex eo fiagido , de cjuo pronunciaturi estis. Nam 
Ignotœ res accusatori fortassis perspicue sunt 
iemonstrandœ ; in confessis autem y equidem non 
magni operis esse puto accusare : nam excitanda 
duntaxat est auditorum mèfnoria. Sed tamen ego^ 
9tsi de re constet , quando in prœtorio sumus , tes-- 
limonium Misgolœ scripto denunciavi, verum illud 
juidem^non tamen incii^ile, ut mihi persuadeo. Nam 
psius reiy quam cum istopatravit^ nomen non inscris 
ho y neque scripsiquicquam aliud , ob quodpœna le^ 

^ibus vera testijicato infligitur ; sed quœ et çobis 
ludituris nota et testijicanti tuta sunt y ea scripsi. 
"^uod si volet Misgolas hue progressas verum testi- 
îcariy recte faciet ; sin se citalione adigi y quam 
)erum projiteri maluerity iota res in conspectu vor 
Us erit. Nam si is qui patrai^it verecundabitur y et 
''eipuhlicœ mille drachmas pendere maluerity quam 



346 JESCHINIS ORÀT. ADV. TIMARCHTJM. 



• • 



vestra ora mtueriy is vero qui passas est conciona- 
bitury sapienter fecit legislator , qui taies a suggestu 
repulerit. Sin sese stiterit ^ et tamen ad rem omnium 

impudentissimam concertent , ad ejurandum veri- 

tatem, ut qui et Timarcho gratiam référât y et apud 

alios ostentetj qi^am solerter hujusmodi Jacinora 

conte gère possit^primàm^ perjurio ergà se ipsum 

delinquetj deindè jnihil eâ re projiciet, Nam aliuà 

ego diclavi testimorUum^ iis quisciwit Timarchuniy 

relictis paternis œdibusy apud Mis golam habitasse, 

jic video profecto quàm arduam rem aggrediar : 

neque enim vel anUci mei, "vel ipsorum .inimici y 

testes producendi sunt y^ neque ii etiam qui neutros 

nostrûm norunt; sed amici istorum.Sii^erb iis etiam 

persuaserint ne testificentur Çquod non existimOy 

aut certe non omnibus persuasuros existimo)^ eo 

tamen nunquam evertentveritatem , aut sparsamin 

urbe de Timarcho Jamam y cujus non ego istisum 

auctor y sed ipse sibi. J^itam enini viri tem^perantis 

adeb puram esse decet y ut in eam nulliusjhigitii 

cadat suspicio. 

P^erum illud etiam prœfari volo y si forte Mis- 
golas vobis et legibu^ paruerit; ea sunt naturarum 

humanarum discriminay ulœtas ex aspectu satisdi- 
judicari non possit. Quidam enim adolescentes j 



KATA TIMAPXOY AOfOS. 847 

TCd S^yjfiocricù cùotî fiy\ S^îi^cn ro Wfocrûùwo)/ ro iav- 

VO/JLoâîTyiÇ TOV^ OVTCù ^âz\VfOtJ$ €^ctpyû)V CLUO TOV 
Jre ÎTTI TO CLVCLiâî(TZCLTO^j ÎTSTI TO eço]uivu(r^ot/ TCt^ 

TflC TOICLVTCL (TVyx,pVWTîlVy 'STfôùZOV fJLi'J îl$ gût-UTOV 
t^XfJLXpTy\a-iTcLl îTSriOfKSv^ î-WtncL OVÙi^ aVTCû iO-TCLt 

•ziTAeov. liTgpAV yctp eyû) yeypot<pct fjLctfTvpioLif Tot$ 
€ià)(r/ Tt^ap;)(^(5v TouTovt jcctTctAttsrovTflt T>iy Tictipaot» 
0/xirt.y, xct/ J^totiTû)/jievov nrcifct MtcyoAct, ^fo/yi/^dy 
oifJLcLiy ^aAewov î^îpycttTcLaBcLi îWi')(îipS}f. Ovre 
ycLf îfjLt S^t7 rov$ i[j.xvTov <pi\ovç iictpTvpcts "tarapûL' 
o-p^ecrd-a/, oure rov$ tovtcov ê%3"po^^> o^i*^ 'fo^^ 
fimùeTepQvç i^ixm yiywaKoyrctÇy dWa tov$ toutû^v 
(pi\ov$, 'Av J^* ajjot TLcii rovTov$ wîKraai fin fictp" 
Tupe/y, û)? oux, oiofjixi ye, et J^e /ui>î, ctAA ov^ 
«tîiroLVTct^* g>ce?vo ye ov J^gJtot, jttrî e&'OTe />tg ^v«y- 
Tct/ otcpcAgo-ô-a/ T>jv c3tA>j5-etotv, ovâî r>iv ev tS'^oAsi 
^6pt 1 i[icLpyov ^>tfx>îy , Jiy ov)c tycù Tovrù> têrctpe- 
o-xsvao-flt, ctAA' glvzo^ ovto$ ictVTCù. OvT® yctp %p>i 
jcct'd-a.poy TOV p/oy etvow toi» <ra)(ppoyo^ ctyapo^, «<rT€ 

BovAo^uLot/ <^6 x<ût5ce?vo •zsrpoe/'TréTy, eoty ctpct i/^rct- 

/ <^- /^ ^/. \fru '\^' 

xoi;<rw micryoKcLÇ rco voficf xdi ujmtV ettrt (pvŒUÇ 
<LyBpûi>wCi>v troAu S^icKpipovacii ocp^^voti cLAAy\\m 
Tct^epi T>iy îiAtx^eotv* €y/©< uev v*\ «<;a/ /^v'^^^- îTOO- 



348 KATA TIMAPXOY AOrOS. 

<x/v g/V(X<. TouTûiy J^' tcTTi rSy ctifâpm lSAi<ryo\cLÇ. 

cpubo^, xctt eVr/y )î^t7y tout/ ^e^ttrroy xct/ TeiTct- 
pctx.O(rToy gTo$* jccti eyûi jitey TO(r(XUT(X<rt ttoAccl^ e')(Cùy 

0(7ct^ V(JLîl$ OpoLTe, flt\A OWX, 6)CeiV0^. AlCL Ti <r)f 

TGtîrrût trpoAeya; cvct jLt>j l^ctKpvïiÇ cLvroi îdQVTîÇ 
d-dVfjLXcryir Sj tccli Toiovroy ri rif J^tctvoiqL JToAaGTjTe' 
û> HpotxAei^, ctAA' ovto$ ye toutou ou -zstoAu Aa- 
<pep6/. AfJLct jM-gy yccp eo-Tiy n (pvaiç tùiclvtt/i rov 

(VjâfCùWQVj CLfJLCL J^e ïlâyi fJLîtfCLX.lûf OlfTl CLVTCù €7rA)J- 

(Ttct^sy. 'lyot J^e [iri J^ictTptÊû) , xotAei ^toi TpSTOi 
/Aey Tou^ e/A)Tot^ T^^tap^oy toutov« J^/ottTûJ^svoy ey 

T>^ M/O'T'OAûL olTCiCf îTtUrcL mv ^CLiâfOV /JLCLfTVflCLV 

ÀycLyimcTM* tîXîvtclIcu S^î fioi \ciÇ>î T>îv ctuVou 
MtcryoAa [JLcLprvfi<iy , '/yct, x,ct« tou^ 5gou^ S^t$ia$^ 
3cct« Tou^ (7Uve/obTct^ otco-p^uvo/^gvo^, }ca« tou^ clWovs 
wo\iTcL$j TCCLI vfjLA$ rov$ S^ixcLcTTcLÇ y êôeAw T0tA)îflîl 
/X'OtpTupgry, 

MAPTTPIA. 

M/(TyoAct5 Noctou TliipcLiivç fictprvpîT. 'E/xot 
tyvjîTo ey <ruy>i5£/oc Tt[ioLp')(o$ o l^sn rov EûS-u- 
àx^ou /oiTpEtou t^'oTg x,flL5e^ojxeyo^ , jcoti , x.a'Jût ryin 
yySatf iioi T>jy îirpo^ ttuVoy , ^oXvcûpœv etç Toîy vuy 
«u J^teA/îtroy. 

E/ /iey Toivuy , J* 'A^-^yctTo/ , T//xctpp^05 ouVo^r/ 



JE6CHINIS ORAT. ADV. TIMARCHtJM.^ 349 

■ 

-provectœ œtatis etsenectutis speciemprœ sejerunt; 
alii, multos annos nati^ omnino juvenes videntur : 
quorum unus est Misgolas.Est enim œejualis meus^ 
unaque mecum adoles^ity atque annum nunc agimus 
quintum et (juadragesimum; ac ego quidem tôt ca- 
nes habeOy quot videtis ^ ille vero non item. Quam- 
obrem igitur hoc prœdico ? ne vel exprima statim 
ejus aspectu mireminiy et taie quippiam in mentem 
vobis veniat : me Hercule^ iste ab illo non multum 
diffêrt! nam partim natura hominis talis est y par-* 
tim cum eo jam adolescente consuei^it. Ne vero 
moram faciam^ voca mihi primum eos qui sciunt 
Timarchum ver sari solitum in Misgolœ œdibus ; 
deinde Phœdro testimonium lege\ postremo ipsius 
Misgolœ testimonium sumitOy uty et deorum immor- 
talium metUy et consciorumy cœterorumque cii^iumy 
et vestrûm y qui pro tribunali sedetis, pudore y ve-* 
rum perhibere testimonium velit. 

TESTIMONIUM. 

Misgolas y NiciœJiliuSy Pirœensisy testatur Ti-- 
marchum sibi fuisse familiarem , qui aliquando in 
Euthydici medici tabernâ sederit ; sequCy pro noti-^ 
tiâ quœ cum eo intercesserit , nunquam ejus sum^ 
mam habere curam destitisse. 

Quod si TimarchuSy AthenienseSy apud Misgolam 



35o JESCHINIS ORAT. ADV. TIMARCHUM. 

« 

mansisset , neque ad alium se contulisset , rectiiis 
sibi consuluisset (^si quicquam tamen hufusmodi 
rectum esse potest ) , neque ego quicquam aliud ei 
ohjecissem j quam quod legislator aperte dicit, 
eum pudicitiam duntaxat prostituisse. Nam qui 
id cum uno perpétrât, ac mercedis ergo facit, eo 
ipso teneri mihi videtur. Siuy refricatâ vestrâ me- 
moriâf omissis istis agrès tibus viris, Cjrdonide, 
Autoclide ^ Thersandro , demonstraro ipsos, coni'- 
memoratis Us in quorum fuerit œdes receptus , 
unde constet eum non solîim apud Misgolam cor- 
pus suum mercede prostituisse y sed apud alium 
etiamy et rursùs apud alium, atqueab illo ad alium 
venisse; non modojam eum prostituisse pudicitiam 
apparebit,sed (nescioymediusjidiusy quomodo rem 
per ambages ejferani) totum diempro scorto subagi- 
tatum esse.Qui enimpetulanterhocy et apud inultos, 
et mercede, facit, is eo ipso teneri mihi videtur, 

Postquam igitur Misgolas, sumptibus exhaustus, 
istum à se demisit^ Anticles^ Calliœ Jilius ^ Euany- 
mensis , recipit. Ac is quidem Sami abest, cum 
colonis : ea igitur quœ secuta sunt referam. 

Timarchus yUt ab Anticle et Misgola recessit^ 
non ipse in sese descendit^ nec meliorem vitœ rU' 



KATA TIMAPXOr AOroS. 35i 

'^cLf^fjLîiH nrcLfCL TCû Mt(ryoX(ff, x^ fiyiy^tTi cù$ clXXo^ 

TOiovrm îcrri /^erptovj, xoli îycoyî ovy, eu oùTtno'ct 
cLuTov ovâîv cLiTiSiaQùLiy î? oTsrip vofjLoâtryiç 7rctpp)î- 
aicL^ETctt , -/jrct/pwevcti jttovov o yotp Tpo^ het tovto 
rsrpcLTrmj twi fita-Bcù J^e t>îv t«rpa^tv '7toiov[xîyoç y 
avTCù [loi S^oTtii rovrca ivo^oç îîvctr îclv J^' u/ulcT^ 
dvcLixvvia-etç îWi^ii^o) ^ vWîpÇ>ciimv rovcrôt toi/? a- 
yptou? av^pa?, Ki/^û)Vf,^>jy, xct< Ai/roxAei^y , 59 0gp- 
o"ctyd]pov, olAA' l-anâîi^cs clvtovs Mym^ m ev Tou? 
oiKicLiÇ ctyHXyifjLfiîwç ytyon^ koli |X» fjiù)iQg Wctfct 

TCû Ml<ryo\cL fJLîlXta^CLfVYiX.OTct CLVXOV tTli TO GCùllCLXly 

aWcLt^ Tap' eTgp«, xct< zsrccXiv ncLpi* aAA«, xctt -ziTctpct 
TovToi; dç gTspov e AyiAu-d-oTct , oJx* e'rt S'yi "Ttov /movov 
(potv)HTeTctc >ira/p>îx.û)?, ocAAct xct< ( )ita tov A/ovu- 
o"ov , oJjc o<<î' owas S^vvYia-ofJLdt wîfi'srXîTcuy o\y\y t>iv 

x.cti terpo? noWobç nrfOLTrmy x<ti iiicr^ov y olvtcu 

[XOl S^OTLtT TOltTCù ÎVO'^OÇ gtVûCt. 

d,icL\cLiiÇ>xvEi cLVTo^f *AvT/xA>i? KctAA/ûu Evœ'jv/Jiiuç. 
OuToç [lîv ouv a^€(7T/v ev SotjttûJ fXîTcL rcù7 xXyifoV" 

P^ûjV ctAAct Ta jUlgTct TctUTct Ép^. 

'ii? ycLf cL'wy\WcLyy\ 'TCa^ct rov k'irixXîouç xcti 



■x\ 



35a KATA TIMAPXOY Aoroï. 

ndif yoLf oi/Kti v[i3v Tiv(t$ iœfdTcîycLi cl Mycs, tl J^e 
/lyiy fltAA' cLKmoîVcLi yt, Tm J^e Itl tIUs J^/ctTpiÊii 
TxvTyiç tan ris ïlvrrctKdiyLOÇ ^ dvd-pioTros S^nfioaios 

opSy TouToy cv t^^ «TiotTpi^w' Tctt/ry, ctvgActÊev auVoy, 

« \ f \ K^ f \ I \ 

(ItûLfOS OVTOat y IJLtXXCdV gOCUTOy KCLTCHO'^VHiV TSTfOÇ 

CLV5-pâ)îÇ0y S^ïlfJLOŒiO)/ GlKîTïDf TViÇ WoXîCùS* ûlAA\ u 

\yi'^cTûLi %op)i%ov Tw* Ê^gAup/qt tw icLVTov y Tovro 

ri \ I t/p 9 \ » f 

yoygyctt i/Vo tou cty^pa^rou Toyroi; iiç to aœ/za to 
TiixcLf')(0Vy ùidLS tyoùy fJLcL Tov Atct roy OAujutTiov, oux, 
àv zo\iJLy\aeLHii Tarfoç v/jlolç tinuy. A yctpaJro^ €pya 
7rpctTTû)V oux >ï<7p^uygT0, TauT eyo) Aoy« /xovoy aroL(pciS 
gy ujULty gttrav, oux, ctv gagçot/Ltijv Qwy. 

'Ttto J^g Tou^ AUTOUR ^poyot>$ rourot;^, gy oi^ ouw 

)Jy rsrcLfOL TCà YliTTOXaxCÙy "itCLTcLVrXu S^îVfO i^ 'EA- 

Xnawoyrov 'Hymayùpos , o rouroi (lnt\y\<pùùç. Ilep/ 
ovrtrctAcLi îv oi^ on 5-ctv/xct^gTg , J^iot/ oiî fjie/jLVTiiuLcu* 
ovzcùç tvcLfyt^ gcTT/y, ô gp^. Ovro$ o ^Hyuaatùpoç 
oc(pi>cvg/Tot/ , oy u^tgc^ /org xctAA/ov >i iy<û, Eru^g cfe 



V' 



iESCHlNIS ORAT. ADV. TIMARCHUM. 353 

iion^em est amplexus ^ sed in aleatorum circulis 

totos dies versatus y ubi tabula\ponitur y ac galli 

gallinacei committuntur ^ et aléa luditur. J^es^ 

trum enitn aliquos ea vidisse arbitror quœ di^ 

cOy aut saltem audwisse. Est autem ex ejus loci 

cœtu homo quidam Pittalacus , servus publicus 

nostrœ urbis : qui y cîim aj^gento abundaret , is^ 
tutiiy in ^â palestrâ visuniy ad se recepit et domi 
habuit. Neque verb impurus iste conditionem illam 

repudiavit y ciim se probro affecturus esset apud 
homineni servuni publicumy sed illud solum spec^ 
tai^it, an prœbitorem petulantiœ suce inventurus 
esset y nulla unquam^ honestatis aut turpitudinis 
liabitâ ralione. Talia porro delicta et taies con- 
tumelias audii^i ego ab illo homine in istius corpus 
essefactasy quas egOynta me Jupiter Optimus Ma^ 
ximus amety narrare apud vos non audeo, Quibus 
enirri ist^ reipsa committendis non erubuity iis ego 
aperte duntaxat a me nominatis, viscère recusarim. 

Sub eadem tempora quibus apud Pittalacum ille 

fuit y Hegesander ex Hellesponto hue appellity qui 

istum ad se recepit y cujus salis scio mirari vos cur 

non olim mentionem fecerim ; adeo evidens est id 

quoddicam. Is igitur Hegesander rediitj que m vos 

nostis melius quam ego. Navigârat autem tum pro 
T. m. 'li 



354 -«SCHINIS ORAt. ADV. TIMARCBtTjm. 

quœstore cum Timomacho Acharnensi, viropraè-* 
torioy et venit hue locupletatus , ut aiunt y illius 
simplicitate , née minus quant oetoginta argenû \ 
minas attulit y et quodam modo ^ non minime iUi \ 
calamitatis causa fuerat. Tantis igitur opibus af- 
fluens y et Pittalaci , in ludenda aléa sodalis ^ œdes 
frequentans ^ isto statim viso gavisus est y eumque 

I 

expetivit , et ad se recipere voluit^ ut quem ah \ 
ingenio suo non abhorrere existimaret. Primum 
igitur ad Pittalacum s^erba fecit , orans ut eum 
sibi traderet : quo récusante , istum ipsum aggre- 
ditur. Neque i^ero longâ oratione est opus : per^ 
suadet statim. Nani ad istam rem conjiciendam 
magnas vires habet improbitas et auctoritatem. 
Quamobrem vel ob hœc ipsa dignus est odio. Ut 
autem à Piltalaco discesserat ^ et ad Hegesan- 
drum se contulerat , œgre ferebat scilicet Pitta- 
lacus y se tantum in istum argenti frustra , ut pw 
tabat y insumpsisse y et ea quœ gerebanturjerebat 
ut rii^ales soient ^ et itabat ad œdes illius. Quia 
vero eis molesius erat y spéciale quantum juerit 
robur Hegesandri et Timarchi. Nam aliquando 
inebriati et ipsi y cum collusorum non nullisj et 
aliisj quorum nomina non dicam ^ noctu in œdes, 
in quibus habilabat Pittalacus , impetu facto y 
primum vascula conlriverunt y et projecerunt in 



\ 



KATA TIMAPXOT AoroS. 355 

wg S^îVfo <iZBro\î\cLV}ccùs j ciç Agyercti, rviiç ex^etvou 

» I \ i \ » tl f/ $ I 

afyvpiovy xcLi Tpo'TToi riva, ov^ vïtlkttcl (Linoç cye- 

yero TtfjLO(xet')(a> tyi^ cv(i(pop£ç. 'flv J^* €V Toiavrif 

flt(p3ov/ot, 7C0LI (poirm dç tov Il/TTotActxov , (7uy}cu- 

fe€ur>iy /Tôt , xflt/ Towroy /^û)v 6)ceT ^rpSrov , ))<r3-)i te , 

TLcLi twt'^viLwt^ TULi lÇ,o\j\y\^n cù$ ctuToy ayoc.A.ct€£?v 

îtûti tcr6)$ KTû)^ cLUTov ^y^axTo tyyvç ecvoti T^îk ctuTou* 

(pv(recùç. npSroy juiey o5y to riiTrctAotxa) J^/eAep^ô-ij , 

J^eofxgyo^ TToLpct^ouvct/ rouroy J^ J^e oJx. etcrs^^-ev, 

etvTCû Tovzcù 'srpoorÇ>cLWu* xcti ov TsroXvi cùcxXùdtTZ 

Aoyoy , clW îvô-vs ewîTtreDcti. Kott yotp u$ ùlvto to 

TSTfSjyflft ^im >î ci)LOLXlOL 7CCLI iVTtîKTTlCL* CùaTc t^ €^ 

ctJrûjy TouTû)y îI^lotcùç cty fjiicroiTo. Q.$ J^e at3')iA- 
AotxTo /^ey oî^o ToîT riiTTctAoucou , cLHiXnTfro J^e 

l/ziTO TOU 'îiy>l(rcuÙfQV f Cù^UVCLTO^ OÏ[JiCLl , TllTTCÛiCL' 

TLOÇ 9 TotrouTov ctpyupiov fxar)îy , (û$ cùîto , cty)iAâ)}cû)^, 
xoti tQiXorvwu roL yrJo/jLîVd , xcte ecpo/rct et^*/ T>iif 
o/jc/ûtv.'Or< J^6 (tuTo?^ )îyû)p^Agi, (Dce^j/atr^e ftgyctA))^ 
p^'^^y *liyv\(rcu$pov x.ol$ Tt/jLctp^ov. MeS-uo-^evrs^ 
yotp 'TToTe 3CGt/ (xJtoi, xot* ToTy avyycvCtvTSY riys^, 
xcti (tWôi , (»v oJ ^ov\o/icLi TCL ôvofJiàxoL Xeyîiv , 
elanryi^aûLVTîÇ 'JVTcTCûp tU rnv olyticu^ ov ccy.îi o Flir- 
-rctAfltx.0^ , '^pcùTov ftgy o-uverpt^oy Tct o-}ceuap/flt , xoci 






56 KATATIMAPXOY AorOS. 



X3Lt Tou^ OfTvycL$ jcctt TOt;^ ctAgx^Tpuovflt? , ou^ )ïyct.;Tfit 
Tficrxcixo^xifjim dyd-pcûwoç , a-TrejcTeivcty to «Te Tg- 
XguTûUov, J^>i(rctyr£$ tjrpo^ tov jciovx auTov tov n/TTct- 
Aocxc/v, î/jLdcnyovv tclç l^-GLy^fOù^m w\y\yaL$yOVTa 
7tro\vy 5(^poyov, acrTî jcct/ tou^ ytirovctç cLia5î(r\j(ti W 
TtfcLvyyiç. T? J^e voTîfCLi^y vxirîpoLyctyûLKTyiaoLÇ ra 
TMTpxyfJLdTi n/rrctAotjco^ i^')(^zTcLi yvfjivc^ îU rp 

OLyOpaV , XOC/ X,a5/Q€/ iTSTl tov fécO/JLOV ZO'J TïïÇ M>ïTpc^ 

tSv ^im* o^\ov J^g cru'x(3]poc/JiavTo^, oiov Jû?9e ytygo-flct/, 
(poCy\Biyrî$ o, Tc 'Hy>î(7ct>o]po^ xoti o Ttjuiûtp^o^ jtt)! 
ctvctx)ipi»p^5w oLvrcùv n ^ùi\vpicL îlç îrcTcav t»v toAi? 
{kTtMi J^ît}cx,Xy}(ncL)y BîovŒi wp6$ TOV ^ct)[xoyyX) clvtoI ' 
39 T^v (rvy^cvC^vrm Tin$ , )^ tzrep/crrai^rg^ lùlono m 
YIittolXclxov ayoL(7Tîîi/ûLi , Agyovrg^ or/ to oAsy 
wp^y/LtcL TTcLfoiytcL yiyonr jcott otuToV J^g curo^ oJ- 
ôtwcû^ IxcL AicLy ûiGWîp vuv, (toycLMoç m t>}v o'-X/^ 
aAA' er/ ')(^py\(n [xoç ^ v-aroyenicL^m rov oîV^-patiroy , 5 
îtrctyrcL (poto-jcûîV -arpocçg/y , a ccv exgtvû) cnyc^ox,»^' 'Trepi? 
îtret5o<;(7/v otvc6o-T?y<x/ roy dySpcûTToy dwo tov jSû^ftoii, 
œç Tîv^ofxîyoy Tiyo$ Tm S'iKGila>v. 'fl$ J\' ctViTAâ-gy eV- 
tÎ)'^ ayopcLÇ, ûujc er/ ^poo-g7];)^oy cLVTCûToy yoZy. 

Bapgû)^ J^e (pgp(i)v T>îy xjÇ,piy cLuxm (^y^ç.ccTeo^^i'l 
yjAy tTtoLTîfca cLvrœy X(xryyJ.yiu '^Ort J^g lài)L(L(î(a\. 
( (73cg4*<^^^ liiyaXw \(àiJLy\y '\lyy\(i<Lyàoo\j ) , ayiffl- 



i 



JESCHINIS ORAT. ADV. TIMARCHUM. SSj 

viam talos agiles et nexiles, et' alla instrumenta 
aleatoria; et coturnices atque gallos y quos ada^- 
màbat miserrimus ille homo , occiderunt. Tandem 
ad columnam alligatum Ipsum Pittalacum imma^ 
nibusjlagris cecideruntj idque tam longo tempore, 
ut ^ncini etiam clamorem exaudirent. Postridie, 
PittalacuSy id facinus indignissime ferens ^ nudus 
in forum venity et in ara M a tris deorum sedet. 
Cum autem y ut fit , turha honiinum concurrisset , 
metuentes Hegesander et Timarclius ne sua petu^ 
lantia per totam urbem proclamaretur Çinstabat 
autem concio)^ et ipsi et collusorum quidam accur^ 
runt ad arAniy aCy circumsistentes y orant Pittala^ 
cum ut surgat y cum dicerent, totam rem per 
ébrietatem factam esse. Atque iste profecto non-* 
dum hirto et aspero vultu , ut nunc , sed adhuc 
utilis y hominem barba prehendity et illius arbitratu 
se omnia Jacturum promittit. Tandem persuadent 
hominiy ut ab arâ surgaty ut cui altquid œquiprœs - 
tare vellent. Ut autem èjbro discesseraty nonjam 
eum curabant. 

Homo igitur injuriam eorum graviter ferens , 
diem utrique dicit. Quod autem in jus vocasset y 
videte magnum robur Hegesandri^ hominem à quo 



358 JESCHINIS ORAT. ADV. TIMARÇHUM. 

nulla sibi orta fuerat injuria y imb contra y quem 
ipse injuria lœserat , eumque non ad se attinentem, 
sed publicum servum ciuitatis y abduxit in servitu- 
tem y suum esse servum asserens, Pittalacus igitUTy 
malis undicjue oppressas, ad genua accidit honUrU 
perquam bono : est quidam Cholargensis Glauco; 
'is eum assert t in libertatem, Post hoc y sortitiones 
judiciorumfecerunL Sed progressa temporis cogni' 
torem sumpserunt Diopithem Suniensem , populor 
rem Hegesandriy et per œtatem illius consuetudim 
usum, DiopitheSy suscepta rCy differt negotium, 
aliud ex alio tempus reis condonans. Ut autem 
Hegesander vestrum suggestum conscenderat ( <juo 
tempore Aristophontem Azeniensem oppugnabat, 
priusquam is ei actionem illam minatus esset apud 
populum y quâ ego Timarchum reum feci ) , Cro- 
bjrlus item y f rater ejus , conciones habebat y déni- 
que isii primi apud nos ausi fuerunt de republicâ 
Grœcorum capessendâ suadere: tum demum Pit- 
talacus y repudiato suo consilioy et ratione initâ, 
quis et ipse esset y et cum quibus bellum gererety 
recte sibi consuluit (^vera enim dicenda sunt) et 
quiescere statuit y bene secum agi putans , si nïhil 
novi mali sibi daretur. Hic demum Hegesander 

pulchram istam victoriam adeptus y Timarchum 
apud se nulla cum molestia habuit. 



KATA TIMAPXOY AorOS. 5Sq 

fievoy , ovâîi Tsrpocn/iKoVTcL clutcù , iWcL S^ïiiiotriov 
oiKtrnif rviç Wasû^, TÎyev eU J\)uAeioLy, (pcLa-KCù'j 

CLVTOV tiicLl J^OuXoV. Ev TSTCL^Ti S^t XdTCCù ytVOfJiîlOÇ 

[iûL\<A ^pyiarcf. Eari ri$ T\<tvxcûf Xo\cLfytvs* ou- 
TQ$ ctJroy cl<pAipeiTeti tU IXcvBtfion. To J^e juigTct 
to'Sto, A>î^e/? J^ijcay iTroojo-ctyro. Opo/byro^ J^e toiÏ 
p^poyou, eVerpe'vI/cty<r<ctyy(»yai to 'zsrpùiy/ict Ato'Trs/Qgi 
TO Souy/e?, S^ïifjLOTïf re ôyi;t t&u 'Hy>jcrGtv(îj?ou , xott 
jjjyj îroTe 3cac ^^pijo-ot/xgyo), or' «y ey )ÎAix<ct. riûtpoeAot- 
Câ>y J^fe To wpAyfJicL A/oTretd-)»^ ctyeêotAAeTo , p^et- 
ptÇofiiyoç rovxot^y ^^povou^ ejc ')(^pQvm. Sic èH "TTctfmi eni 
TO BfiixeL TO JjuieTepoy o ^Hy>î(ra.v^po^ ( oie ^^ Trpocg'Tro- 
A6/Ae< *Apicrro(pœyri tS 'A^>jv/£7,^p/y aJTa!'T)iy clut>îv 
ToLVTvii nwuAmiv îWGLyyî^iav ey to) d'rj/juêy w^tp 
tycù TifjLCLp^œ iwïiyyîi\a) , kcli i'Trtiâyi Kpco^vXos , o 
ct^Acpo^ clÔtov^ tdyilJLYiycfEi, koli oXm ctTreToA/JiûïV 6V 
>f^t7y ^pSnoi ovToi mfl xSi ^EWvDfixSv avjxCovXivuyy 
hrcuj^cL y\ày\ xdzcL/JLHi'^cLfjLtyQ^ olvzov o n/TTct.A(Xx.o^, 
TccLi îx.\oyicr<t/jLîyo$ oariç m npoç obcrziictç tnoMiiiiy 
sv îCovMvacLTo' J^g? ycip rdXnByl My^iv" îîo-up^Koty 
eirp^e, tcgu yiyccTty^iTîv îi ri [xn 7srpo<r\cLÇ,oi xot^voy 
xctxo'y. 'Evrau^ct J^)} rijy jcotAiîy vijtwy Toturwv vey/x)i- 
x-û)^ 'Hy>îO'cLv^o^ clxo)iiri , e/%e Tiap' ectuTW TificLp-- 
^Qy TouToyi. 



J 



36o KATA TIMAPXOT AOrOS. 

KclÎ tùlvtol ôrc iyœ dAnS-^ Xiycù T^cDfXtç kttî* 

jccL* raL$ S^ûL'TrxvcLÇ rcLS TOUT m ou TeS eojpwsv ; i t/^, 
j *- / f ^ / ^ t 

S^iTccLaryioicù taiiîv j xcl\îi \ioi r\oLVy.mcL .^o\cLfyîCLy 
Toy ctcpsAojuigyov e/V gA6u5eptcty tov njTTctActxoy , )cai 

MAPTTPIA. 

Mctprvfîi TAoLv^cm Tiixcuov XoXctpytvç' Eya 
dyo/JLivov uç S^ovXîiûLy vtco ^}r{yv\(j<ViàpovYlnTcL\ax(iH 
€L<pîi\ofjtï]v tiç eAeu^cptotv, Xpovo) J^' iKJTêpov 6A3aiy 
îcrpo$ g/Jie ïlir tolKcltcoç eÇii i8ouA6(r5ct/ J^iaAuiSvût/ 
TOL Tifoç Hyyfo-aveîjpov , jcct* 'Trpoo-'Trg^'vpct^ clvtcû S^id- 
Kvaiv Ty\s S^i^tviÇ ivpcLcrBcti , »v re ctvroç inx.xXîa(iTo 
HymoLyôpov xoli Ti/Jictpp^ov, x-oLt îîv *Hy>j(7ocvô'po$ TÎ^ 
«T'ouAe/ct^ ctuTov, 3ccx< <^<eAi>3>îcrav cûo-clvtcùç. 

MAPTTPIA. 

A/x(pi(7Ôgv)i^ fjLdprvpu. 'Eyœ âyo/xevoy etV (Jbu- 
Aetctv uTo Hy liera. vcîbou n/rrctAotîcoy ct(p«tAo/A>iy g/^ 
eAgu^sptflty. Kaî rct g^îf^. 

Oux.ouy )cût< ctuToy J/JiTy iLcLXîtTcc Toy 'Hyji- 
cdy^pov. reypctcpût J^' ccvrcf /xcLprvpict'j ycoo'fiicù' 
Tgpay juiey >i 3cotr' gx,gTvov , (xuLfOù J^g (rct(p£<rTg- 
pccv, Jî TOI M/ayoAou OJx ctyvoS J^' , on in- 



■N-> 



^SCHINIS ORAT. ÀDV. TIMARCHUM. 36l 

Et hœc vere à me dici scitis omnes. Nam quis 

vestrûm est ^ qui nunquam in forum eupedinarium 

*venerit , nec sumptus istorum spectârit ? aut quisy 

cum in istorum commessationes incidisset atque 

adulteria , reipublicœ vicem non doluit ? Tamen ^ 

quando in foro sumus y voca mihi Glauconem 

Cholargensem ^ qui Pittalacum asseruit in liber- 
tatem : et reliqua testimonia lege. 

TESTIMONIUM. 

Testatur Glauco Timœi F. Cholargensis : Ego 
Pittalacum asserui in libertatem, cum ab Hege^ 
sandro ad servitutem abduceretur. Aliquanto post 
me coni^enit Pittalacus , seque dixit transigere 
velle cum Hegesandro y et misisse ad eum de toi- 
lendis actionibus , tam ea qua ipse reum Jecisset 
Hegesandrum et Timarchum, quam illa qua se 
Hegesander de seri>itule ; eodemque modo transe-- 
gis se. 

TESTIMONIUM. 

AmphistJienes testatur : Ego Pittalacum in li-^ 
ber tatem asserui, cum ab Hegesandro adservitutem 
peteretur. Et reliqua. 

Igitur et ipsum Hegesandrum vocabo vobis. 
Dictavi autem ei testimonium modestius quam 
mortes ejus postulent y sed paulo tamen anden- 
tius quàm Misgolœ. Neque s^ero nescio ejuratururn 



362 iESCHlNlS ORAT. ADV. TIMARCHUM. 

esse , etpejuraturum, Cur igitur eum cito addicen- 
dumtestirnonium? utvobisdemonstremy (juales soleat 

homines reddere istud studium ; quàm et contemp^ 
tores deorurUy et despectores legum^ etprorsus omnis 
verecundiœ négligentes. Voca mihi Hegesandrum* 

TESTIMONIUM. 

Hegesander Dî^hili F. Stiriensis testatur : Cum 
ex Hellesponto s^m reversas j deprehendi apud PU- 
talacum aleatorem agentem Timarchum Arizeli 
F,j atque ex illâ notitiâ eo usus sum , eâdem cum 
eo versatus ratione , quâ prius etiam cum Laoda^ 
manie. 

Non ignorabam cum neglecturum esse jusjuravr 
dumy Athenienses , sed prœdixi vohis. Quin illud 
etiam prœvîdeOy cum nunc testimonium dicere nolitj 
statim in defensione proditurum : idque profecto 
minime mirum, Ascendet autem huCj vitâ anteactâ 
frétas y quippe vir bonus , et malorum osor ^ etigna- 
rus qaifaerit Laodamas , ob quemvos inter legen- 
dum testimonium tumultum excitastis. Numquii 
audebo evidentius, quàm pro naturâ meâ ^ dicerel 
Dicite mihij quœso, Athenienses : qui sese dedecore 
aj^ecit apud Hegesandrum ^ non videtur vohis 



KÀTA TIMAPXOY AOrOS, 363 

ùflUTAl XOtl î'TnOfTCyKTÎl. AiûL T/ OUV CtUTOV %ol\co 

mcr^vm. Kcl\u fioi tov 'Hy>j(rctv^poy. 

MAPTTPIA, 

Hymcu$fo$ Ai<pi\ov Ste/peeu^ /lOLfTvptT, 'Ote 
XûtTeTrAeucrût e^ 'EAA>î(rTîroyTow , jcctTeActÊoy woLpa 
n/TTctActjcoî ToT 3cu€et;T? J^iGtTpiCovTGt Toy Ti- 

€p^p)i(rctu)iy Tt|ULflt.p^a) oixiXm rif etvT^ 'Trpx^ti^ y 

Xat TO ^pOTEpOV AcLoâcLflCtiTl. 

Oux )ïyvoouy on t/trepo-Nf/eToti Toy opxoy, © AH>j- 
vouoi , ûtAAoL 39 TTpoerzzroy JfJiîy, Koix,e<yo J^€ julo< Tpo- 
^Aov Éo-Tty on, twîiân vuy ovx e^éAet ^tocptupeTy, 
duTixct zTùLfîicni ey t^ ct'z&'oAoy/of xott ou^gy, jitot 
Atct , SawjLtoto-Tov. 'Aya€)!cr6roti yap, oe/^oti, J^eîJpo 
wicTtvm Ta flturoîJ jS/ty , oLynp hclKqç xcLyct3o$ 39 
/it<fonmpo$y x^ TOV AiCûâcL/ictnct o<rzi$ m ov yimtritoùiy 

va<ncoAtey»^, Apec y6 '7Cfo<t^\iy\(roiicLi txi (roccpeexTêpov 
tiwtn , yi TtcLTûL T>îy €|xa.uTou (puo-iy ; eitcTocTe jito/, 
-Trpo^ ToiT Aio$ TtcLi Tm fltAAûjy <3-€(»y, eo 'A^nivcuoiy 

â If I J ^w 

ocTT/^ ctuTov xotTMtrp^uye 'TTpo^ 'HyncrûLi^fov y ov doxa 



364 KATA TIMAPXOY AorOX. 

VIJLU 'TtpOÇ TOX 'TTCpVOV Tt i7COonv<r 3- cLt ^ ïi TlicL^ OU)t 
C//o,ag5' CLVrOiiÇ V'7nfÇ>0\cL$ 'TTOiCo-JCLI ^$î\vplÙLÇy 

<7fltyd))oy,a7rûAoyoi»jtt£Voy tcl^ Tipo^ tov Aea^^fit/xûtvTct 
tare y V7tify](px^cL tovtcô î7nrctyiicti:ct eTTtTctTTety , 

t7tia'rpt(pcô$ 39 p>îTop/x^^ auTo^ 39 aJfeA(po$ avrou 
KfcaCvXoç cLvxiKcL (jlclXcl $tVfo clvcLny\âiia'€LVXî$, zctvxd 
fjiî^ moLi TtoWi^ç clÇ>t\TîpicLÇ (pY\(TOv(n^ y ci tycù Ae- 
ycû^ cL^iCùaovGi J^g [it fjLctfTvpciç r^cLpî')(î<r3-cti ^/ctp- 

7] Ti$ îiâîv y y\ Tiç >)v TpoTTo^* -w^ar/fjicL , oifiaiy 
cucLiàîs AgyovTg^. Ou yoLp oioiixi eycàyt viiol^ ovzca^ 
tTViAyiŒ/jLOVoLÇ tivcLi^ ûJCTTg cL[j.yy}fjLoyîrj o\iya> TipoTgpov 
ct)cou<73tvTût^ (tycLyiycû(rKO/JLîyœv rœy vofJLCcv , ev oi$ yt- 

eTT/ TûtuTTjy T>iy 'TTpctçiv, >ï €<tv T/^ ctuToy /JLia^cùaTijy 
tyo')Qi'j thcLi Toïç [LtyiaToiç 59 ro7^ /cro/^ ininiMioi^» 

T/$ OUV OUTû) TctXcLl'TCCùfOS îŒTiy CtvUpûJ'Tro^ , (TT/ $ Ctl' 

e3gA>i(r£/e cctcpû)^ t>iv ro^oturiiy fjLcLfTvficty iJLcLprv^ 
Tit/Jiiois y ov)covy vTroKoiTtoy tcrzi Toy nînowoxx ocutou 



'^'Avv^^^ •« / 



oiioXoytiv. AAAot J^/cjt toCto }cf lyercti , ot/, rauTût 



JESCniNiS ORAT. ADV. TIMAllCHUM. 365 

scortatus esse cum scortol aut quid insignis im" 
probitatis prcetermisisse, in ebrietale etsolitudine? 
Non puiaiis Hegesandrimiy ad pejvulgaia illa cum 

Laodamanie acta defendenda , quorum vos omnes 
estis conseil y superbe ei imperasse^ut^ ob imperio- 
rum magniludinem , moderatè se cum eo gessisse 
vider etur? Sed iamen videbids ipsuniy et fratrem 
ejus Crobjlum , perquam accurate et oratoriè sta^ 
tim hue prosilire , ac dicere , quœ >ego dicam , ea 
magnœ esse stullitiœ y ac postulaturos y ut testes 
producam, qui apertè dicant^ ubi egerit, quomodo 
feçerit, aut quis viderity aut quœ ratio fuerit? inv^ 
pudenti utentes oratione. Neque enim ego vos iam 
obliviosos esse arbitror^ ut non meminerilis legum^ 
quas recitari paulo ante audivistis^ in quibus scrip- 
ium est : Si quis aliquem Athcniensium ad id ne^ 
gotium conduxeritj aut si quis sese elocarit^ teneri 

maximis et paribus pœnis ? Quis ergo adeo miser 
estj qui perspicue velit taie perhibere testimonium, 
unde y si verum dixerity ostendaty se extremum 
supplicium commeruisse? Jtaque illud est reli^ 
quumj ut qui passus est conjiteaiur. Verum ob hoc 
accusatur y quod^ his admissis y contra leges con^ 



566 KATA TIMAPXOT AOlUi. ^ 

ix.Tm ûLVToÇy (tW erzfos vTrtp auuroC* en zclvzcl 
ficLmicLÇ n^oaâiixcLi j ovx. eu^Aov on TroTcroc «tvcty- 

X» TOy TflC T)ïXC3CCtl»TA î-SnZCLyfJLCLTOL Tt(rty îWlTdX- 

Tovrot, xj aurov cjtvrt toutûjv >îdbya^ r/vot^ TS'ccpar 
<rx.euflc^e(v zoi$ to ctpyup/ov 'Ti'pootvotA/o'jcouo'iv; 01/ yoLf 

î')(ûS y flCL TOV AlCL TOV OAVfM'TnoV , T/Vot TpOWQV 

îv<py]lioTtpoy fm<^âS rm croi xcLTcty^XcLaxœç 'an" 
TTpcLyfJiîvm tpym. 

rovrm , i v^v ;^gTc3L ^g^pa^ ^PC^*^^* Ttyo-jctai olfcc- 

J^eA»)Ce 'Ttipi TOV G-ûûflCLXOÇ, 0(TTIÇ ABïfVcUOÇ ÔVTCÔÇ 

go-Tt , 39 ocrr/^ fJLy\. Kat eyo^yg , etirg/aay Wfoffia 

fJLtmv y opS on ûLU TO clvto ta'^^vîi 'TTocp' vfzZjâ 
EmiâcLv ycLf îiwii o xcLT-^yofoç* Av^piç S^ix.cL(rT<ti , 

TOVTOV }CCtrc>f/)î(p«TCtVTO 01 S^H/JLOrxt OlJLOdcCJTîÇy oJ- 

aevo^ cuâpcùTCou ovn xcLry\yofY,(Tcuroç y ovn 5ca- 
Tflt|xa.pTi»p''i(rûLvro^ , ctA\ cttJToi crwê/^rs^* gJ^u^, 
ol[xcLty 5opuSg7rg vfjLU^ y û)V ot/ ^grôv toT x^pivoum 
TYis TCoXîCùS* ov$îV yoif , o/jttot/ , J^O)cg? crpoo-^értrS^t; 
v/A/y Aoyû)v ovâî [jL(tpTvptct$ y ôact n$ ccl(^cû$ oîàv 



( 



f ^SCHINIS ORÂT. ADV. TIMARCHUM. 36g 

domo pernoctaty aliis vultu prœstans; cum sump^ 
tuosis cœnis fruitur sine suo sumptu , cum et tibi- 
cinas habet atque meretrices sumptuosissimas y 
cum aleam ludit , nec ipse (juicquam sohit ^ sed 
alius pro eol Numquid adhuc ista dwinationem 
requirunt ? Non planum estj aliter Jieri nonposse^ 
(juin iSy qui tôt res aliquibus imperet ^ et ipse pro 
his voluptates aliquibus suppeditet^ qui etiam ar-- 
gentum insumunt ? Neque enim ^ ita me Jupiter 
amet j quâ aliâ ratione modestius turpium facino^ 
rum tuorum mentionem faciam ^ invenio, 

jEstimateautem renij si vultis\ e cii^ilibus exem- 
plis y iisque potissimum ^ quœ nunc in manibus habe^ 
lis. Suffragialata sunt in municipiis^ et quisque nos-- 
trûm suffragium tulit de homine^ quis verè sit 
Atheniensis y quis non sit^ atque ego y cum accéda 
ad judicium, et reos audio , idem apud vos semper 
valere video. Nam cum dicit accusator y Judices y 
hune populares condemnarunt : etsi mortalium 
nemo jurârity aut accusârit j aut testimonium in 
eum- dixerity vos tamen^ quippe conscii , tumultu^ 
amini statim y quasi reus non habeatjus civitatis. 
Neque enim vobis opus esse videtur verbis aut tes- 
timoniis y iis in rébus , quas quis ipse evidenter no^* 

T. III, ' 24 



3'jO ^SCHINIS ORAT. ADV. TIMARCHTJBtf. 

i^it, Jge veroy si quemadmodum de génère ^ sic de 
actâ vitâ Timarchi suffragium ferendum fuisset , 
utrum teneretur ^ an vero non tenerelur ^ et res in 
judicio disceptata^ vobisque proposita Jiiisset ^ ut 
niinc y non licuisset autem per legem aut decretum 
vel mihi àccusare j vel isti causant die ère , seà 
prœco y qui nunc mihi astat, vos legitimo illo prœ- 
conio hortatus esset : Perforato calculo^ suam sen- 
tentiam declaret is , cui videtur scortum egisse 
TimarchuSy integro autem ^ cui non; quidnam pro- 
nunciassetis? Satis scio y vos ilUim fuisse condem" 

naturos» 

Quod si me quis vestrum roget^ unde ego sciam 
utrum vos istum condemnaturifueritis? dixerim, 
eo quod libère mecum egeriiis j ac disserueritis» 
Quando et ubi quisque id Jecerit ^ ego vos commo- 
nefaciam, Cum iste apud populum suggestum con- 
scendisset ; iteniy cum senatus anno superiore habe- 
retur ; prœterea ^ cum mentionem fecisset mœnium 
rejiciendorum y aut turrisy aut^ ut aliquis quopiam 
abduceretur y cum dixisset ; stalim ridebatisy et 
clamahatis y et ipsi dicebatis cognomina rerum 
quarum ei estis conscii. Ac multa.quidem vêlera 
omiltam ; quœ vero in ipsâ concione acla^sunty cum 
ego Timarcho judicium hoc denunciavi , ea vohis 
in memoriam revocabo.Nam cum senatus A reopa- 

giticus populum ex istius decreto accéder et y quoi 



KATA TIMAPXOr AOrOS. S/I 

yîVGvç.y ovrœ x^ Wîpi tov îwiTmîvixcLro$ rourov 
KÎ'g>î(re S^ovvcii ^[/jî'cpov , Tifictp')(^QV îitî hoy^o^ iariVy 
•tTé fin y tKpmro J^e to tjrpayjuictey r^ S^iKcLazvificû, 
\i(TYiytxo <^g îi$v[iaL$, cù(Twtf vvVy fin i^liv J^' ix, 
rov vojiiov 7} xov '^7i<pia' (jlclt o$j fjLnre t[ioi ycoLxnyo^ 
)îiv , fÂ^nrt Tovrcû ciwo\oyti(r3cLi, o <re x,>ipi»ç , o vvvi 

mpuy/LLOLy Tm '^yj(pa>'j )î TgTpu-TTw/Jiev)» oto) S'o}c7i 
ïrîWQpyiVG-^cti Ti[XcLp')(oç y "A J^e 7t\vify\$ qxcù ^t>r 
ri otv é-s|/>i(p/<rût(r3-g'^<txptÊ<3'^ o?(J* or/ xctTgyvûïr' 



Vf oLvrov. 



/ J^>î T/^ /te epo/To t;/tû)V , T/ J^e au ot<r3-ct , ti 
}/Àei$ iv TOUTOU x,otTe'4/>î(p/(rot/tc9oLj Ùttoi/jl atv, ^/ot< 

7C€Lppif\(ncL<TCL(T^t fJLOty Xj S^lîl\î')(^Bt* 09 oVoTe 09 OTTOU 

x-ûcerro^ , eyo) ujxot^ vTCofJL^iyia-ûù. 'Otav ourocrt ev T^a* 



\ 



yi[isù cLVcL^}} tui TO miJLcLy KcLi y\ (6ov\y\y ore ^^orj- 
\.tV(Tt ^epuer/v , >î eocv ^tv>î<râ-îji Tîi')(m l-wia^îvHiç in 
Tvpyov , i û)V otîir>iyero tto/ ri$* îhfBy$ lyî\ûLTî 39 
Êoûcre , 39 ûtuTOi e'AeyeTe tiîv ê'TTûjyu/Jira.y t^v epyav, 
»v <ruvi(7re ocurqï. Kgc/ toc /tev 'tcqWcl 09 'TCcJtXcLiciL 
oL<rd>* Toc J^e ev ctur»? tw exx,A>i(ridt yevo^tsvcc, ort 
yû> TMV twctyyîXicvi Toturyiv Tt/Jiotp^dy €'7r>iyye/Aot, 
rcLud-' vix.£s clycL[j.ni(r(ti jSouAo/tctt. TiT^ yotp €ouA>!$ 
ry\$ ev Aosiia ilotyo) tzrpocroobv tiroiou/jLev)!^ 'TTpc^ rov 

l^>JAtOy, XO-TCC TO '^YKpiaiJLCLTO TOUTOU, Ol^TO^ g/p)|X£t 



3;a KATA TiMAPXor AoroS, 

Tûv A/ûtTov 'O\vfjiwioy 39 tov AnroWœy )^ trifjLmç^ 
îSTov, wpoïovroç ToS Aoyou, g/Tev ot( to y€ et<7>i7)î/^ct 

î^niXicL^ TCLVTVIS X,CLl TOV TOWOV TOV eV tS* IlvVX,! , fX» 

5ocufxct(r>jTg, û> A3-)iVfit7o/ 5 €<pyij a Tt/JLûtp^o^ efzmifO' 

5opu€>io-ûCTe J^teT^ gyro-w^ct, 39 g<pctT6 Toy AutoAujcov 
cL\yi.jyi Agyg/y etyat yccp otvTov rovTm tfiw^ipov. 
*Ayvo>t(7ût^ J^e uV^y Toy «S-opuboy aJtoAi>x.o^ , ^totÀot 

(» A5>îVcttû/ , 01 AfîQ'TrcLyncLi ovtî x,ûtT>îycpou/Ji£y 
T//tApp^ûu, ofre a,t«roAoyoi»/>tg5c«; ou yap iifjuy *?tcL' 
Tp^ov ecTT/y è%o/^cy J^g To/(Xt;r>)y r/ya avyy^cûiiy^ 
Ti[xcLf')(a)* oùro$ tcro?^, g(p>î, a)n3>i gy t? >iVup^cot 
Tcci/r;;; /Ji/jcpoy >î'/tav exacTo) dyctAœfjLci yina^oit. Kûli 
-wcLhiv y ^'Wi Tw >fcriip(^/ci 59 rœ /JLix.fCù dyctXcàfjiciTi , 
IxEil^m cLwmroL Ttrap' vfjiav ijlîtci ye\cùToç 5opi»€o^. 
£1$ y g7rg^v)i(r5)i t5v oiy.Q7teâm tlcli rœv Actx,xav, 
oJ^' cl)icL\ciÇ>itv cLvrovç g(îuy>îâ-v)Tg. 'tv^gy ^ccc/ Tccpep- 
p(^gTût/ ni/p'pAV(îpo^ g^/T/jU>io-û)y iî,a7y xcti rpîTo tcv 
cTii/^oy 5 gt ûux cciffp^i»votvTo yîXmTîç rzùicovayjç xn^ 
^ûuAÎiV T>î^ g^ Acîiov ïloLyov' J^g?^ J^' i^iQctWiZî 
ctuToy, J7roAc3tCoyTgr''lo-]ucgy , « nJp'paycJpg, ot/ oJcîet 



JESCHINIS ORAT. ADV. TIMARCHUM. 3'J^ 

iste fecerat de domicilils in Pnyce , orationem no-' 
mine senatus Areopagitici habebat Autolycus y qui 
{ita me dii ament^ bene honesthque y et pro ejus 
concilii dignitate j vixerat.Sed ubi tandem in ora^ 
tionis progressa dixit^ senatum Timarchi senten- 
tiam de solitudine hâc et loco in Pnyce improb^are : 
Ne miramini ^ incjuit , AthenienseSy si Timarchus 
peritiâ senatum superat : ibi vosplausum excitastis^ 
et Autoljcum ver a loqui dixistis; esse enim eum 
locorum illorum peritum. Autoljcus autem, plausu 
vestro non intellecto^ ses^ero admodum vultu post 
intervallum dixit : Nos Areopagitœ , AthenienseSy 
Timarchum nec accusamus , nec defendimus ( ne- 
que enim p atrium id nobis est) y sed hanc veniam 
Timarcho damus. Tum iste : Fortassis , inquit , 
putavit in hoc silentio pan^um à nostrum unoquo- 
que sumptumjieri : rursus, ob sileniium et parfum 
sumptum , major vester eum eoccepit cum risu 
plausus. Ut verb mentionem fecit arearum et ca- 
nalium ^ risu pêne emortui estis, Ibi Pyrrhander 
prodit vos objurgaturus ^ et rogatpopulum, an non 
puderet ridere ., prœsente senatu Areopagitico ? 
p^os autem repudiato eo , respondistis : ScimuSy 



374 iESCiniClS ORAT. ÀDV. TIMARCHUM. 

PjrrJiand^er , coram his non esse ridendum j sei 
res adebfortis est veritas j ut omnes humanas CO" 
gitationes vincaL Hoc ego testimonium vohis esse 
perjiihitum existimo a populo Atheniensi , quod 
mendacii coargui nef as est. Absurdum igiturfuerity 
AthenirnseSj sij me nihil dicente ^ ipsi proclamatis 
cognomentum facinorum j quorum isti estis conscii, 
me verb dicente ohliti estis; sicjue^ nullo de re judi- 
cio factOyCondemnatus esset y re vero convictâ ah^ 
sohetur, 

Postcjuam autem suffragiorum meminiy et acto- 
rum Demophili^aliud etiamhis de rébus exemplum 
adducam.Idem enim hic vir prius etiamhujusmodi 
(juippiain gessit. Conquestus est , esse quosdam qui 
i/istituerent corrumpere concionem cœteraque judi- 
cia^ quetnadniodum etiam nunc Nicostratus. Et his 
de rébus judicia quœdam olim facta sunt ; quœdam 
etiam nuncfiunU Agite verbj per Ifeos immortaleSy 
si eâdem^ quâ nunc Timarchus e jusque patroniy 
defensione usi fuissent , ac postulassent, ut aut ali- 
quis perspicue testijicaretur de crimine, aiit judices 
non crederent; eâ ratione omnino scilicet necessa- 
rium Jïiisset y illum testari se corrupisse; alium y 



KATA TIMAPXOY iVOrOS. ZjS 

yî\£y rourm hcurior ctA.A' oarm ta^vpov tartf li 
ctA>î5e(ct, ûiXTTî wcvirm inixpctrîT Tm ctiâfcùntvm 
hoyiG-iiœv. TcLvrvw lyd v7to\cL[jLÇ>cLm T>jy [xcLfuvpicOf 
fiî/jicLprvfyi<râcLi vijîiv v*7Co rov S'nfJiov rm A^nvcLiœ'j , 
iy <l\mcLi 'v[/eu(3b]xctprup/S'y ov y.oL\S$ ^%6«. Ouxouv 

yoyroÇjUVToi ^oSiTt t>iv îTtcùWfJLicLV rSy îpycoVy cùd 
(TvyiaTî Tovrcùy efxoiTj^e Aeyovro?, ê7C*AeA>i(r3-e , jcot/, 
/^>j yîyofJLtvviç fxev xpicrtaç trept tou 'zrpctyjtxa.To^, )jAû> 
ûtv, ytyovoro$ <re eAeyp^ow, cLTio(^t\jf^txcLi. 

Etts/c^) ^e g|JLy)i<73))v r^y J^/c3t4'»?'0'^û)y, x,a./ rS'y 
TOU A>i/^o(pt Aou TCoXiTtvfjicirm , jSovAofxcct Ti jcott 

CtAAo ^CLfCLÙliyiJLCL TSnpl TOVTCùV îl'TCU^. O yoLp 

cLOTos ovxoç ccy>îp xoct î^'poTepoy t/ Twoura tS'oAt- 
TîvfJLcL IwoXirivacLTo. 'Hitiolg-ùlto rvictç iiycLi , 
0it&*6p otpcc 6yep^6/poi»y cruvtfejcctÇe/y t>iv ex^xAifc/ay xoti 
TotAAot. J^/>coC(rr>îp/oc, axTTtîf TcoLi vuv N/jcoo-rpûtTos* x^ 
Wîfi rovzm xfKreiç cti fiîv tcccXcli ytyoïcto'i'i ^ en Jre 
fvi ivî(rr£(Tiv tri. $gpe J^w, 'TCfoç rov Aios hcli Tm 
^tm , îi îTfi Tïiv (tvTYiv eTpotTToyTo cLWOAoyiGLy^ nvmp 
Ttftûtpp^o^ yuv/ 39 01 (ruyûiyopguovTe^ olvt^j 39 w^/ouv 
J^iotpp))(ÎMy Tcyoc [xcLpTvptTy ^TCtfi ryfç airicLç , >î tovs 

J^lXCtarcLÇ [IVl TnCTTtViir k'SrcL<TcL S^y\7tOV CtVcLy)CÏI riM 

€x, Tov Aoyov TovTov /i,ccpTupe?y , rov /xgv, cùç e^- 



376 KATA TIMAPXOY AOroZ. 

^ïilJiiùiç Itl tou vojuiou, 5flLVûtTou* axTTrtp îvBclSî , CtV T«$ 
jtt/(r5a)(7>iTût/ T/vot 'A5>ïy<t/û)y e(p' u€pe<, xcti ttccAiv, 

/x/o-S-fltpyf. 'E<7Tjv oJy >} txûLfrv^yjûanç lixcLprvpnaiv , 
it )ccLTnyopo$ y oç îyîyjipyja-t roicLvryfy Ttonitr^cLi T>fv 

<lwO$H^tV TOU* TTfOLyilCLTOÇ } OU J^îjTCt. Tt Ol/v J Cf^TC- 

cpuyovo/ x,p/vojuievo< ; ux tov HpctjcAect, g-TTce ^ocvoc- 
ZQ î^y\[iiCû.zYi(Tctr TioAu, y» Toy Aia^ tov AttoAAû), 
eAûCTToy ci/xctpTïi[xcL vifJLcLpryixaziÇ rovTov tov ctyGpû»- 
•zroi». 'E)c€7yoi ^gy yg ot' raXcLiTCOùfoi ^ ov J^vvcl/jlîvoi 
yy\pi.ç dfjLùL^ TCivicu uVgygyxgrv, rot [leyiaTcL rSi 
g'v ctvd-pcwTiot^ x,ût)c^y, rotuTûti^ gp^p>î<7Gtvro tou^ <ru)Lt- 
(popotr^* ouro^ J^' oJx. îà-iXm t>iv ictvrov jS^uptotv 
3caTg^g/v. 

E/ /JLgv Toivuv y)v di/ym ovzoç gy woAci tx^^Anzcû , 
vfxctç av îyœye yii^iœaoi [xcLpTu^aç fjLOi yîyea.icL(y xovç 
apKTTcL nooTcLSy oTi <t\y\d-/\ \îy(iù' tt à^ jULgy cLyœv 
tarij A5îivw(r/v, oî S^^ ouoroi S^ix^ccaTcLi fioi "iy iJ-^p^ 
Tvpîç tare tùùj Aoym ^ i[ioi /^ev cLyctfjii[xymx>îtv 'TCpoo'^ 

V^Zi y V[XOL^ J^g [JLOt [MV] dwKrTîiv. KcLl ycLp î/JLOiyî 
J^OïtU T l fJLOip'^^OÇ y ci ^KBy\yctlOl , OV')^ VTCîp CLVTOIJ 
IXOVGV î(T7^0V$XX.îV(3Ll , CtWoL XOtt TTcpl TCùy CtWcoy T«V 
TCLVZCL S^lCLTCi'TCpCLy [J^VjCù'à cLVTCû» Et :yctp 71 fJLiV TZpùL' 

^is ctvTVj tarcLi , cûo-TTîp ticûBt yivscrd-cfj , ActSpcc, 39 
gv îpy\iJjcLiÇy 39 gy toictiç ot^ciùLiCy S^e ctpiGTcL [ivj 
îl$cù$ ^xcLTcLKryjjycL^racL tcûv 'TCoKizSs y g*ay zdXvi^n 



JESCHIKIS ORAT. ADV. TIMARCHUM. 877 

cre corruptum esse-, cum in utrumcjue pœnâ capitis 
legibus sancitum sit : quemadmodum hîc , si qui^ 
aliquem Atheniensem ad contumeliam conduxerit , 
ac uicissim jsi quis Atheniensium ultrb ad dedecus 
se prostitueriL Est vero aut testis qui testificatus 
sit y aut accusator quifactum eo pacto demonstrare 
instituent? nullus utique. Quid ergo ? absoluti sunt 
rei? non mehercule^ sed capite pœnas dederunt ; 
cum quidem eorum peccatum sit longe minus istius 
flagitiis, Nam illi miseriy cum non possent pauper^ 
tatem simul et senectutem tolerare^ quœ grai^issima 
in rébus humanis mala sunt , in eas calamitates 
inciderunty iste^ eo quod suam petulantiam noluit 
coercere. 

Quod si causa hœc in aliâ urbe ageretur ^ vos 
ego testes citassem , ut qui optime sciretis me di^ 
cere verum. Sed cum Athenis agatur^ atque idem 
meœ sitis etjudices et testes orationis j meum est 
vos admonerCy vestrum credere, Timarchus etenim 
mihividetury Judices y non suum duntaxat nego-- 
tium agere j sed cœterorum etiam^ qui eadem cum 
ipso facinora commiserunt. Nam si scelus ipsum, 
ut soletj clam committetur , atque in solitudine et 
in œdibus privatis ; qui autem optime novit^ atque 
civium aliquem probro ajficity si verum testimonium 



378 JESCniNIS ORAT. ADV. TIMARCHTTM. 

dljcerity in maximis periculis versabitur ; Teus au" 
tem suœ vitœ ac veritatis oppressas testimonio pos- 
tula bit ^ ut de se judiciumjiat non ex sui notitiây 
sed ex testimoniis : tolletur et lex et veritas ^ et evi- 
dens monsfrata erit via^ quâ homines maximis 
constricti Jacinoribus elabantur. Quis enim aut 
grassatoPy aut fur ^ aut adulter j aut honiicida^ 
aut gravissimorum scelerum designator^ modo oc^ 
culte faciatj dabitpœnas? Juter hos enim y ii qui 
in ipso facinore deprehenduntur y etfatentur^ sta- 
tiin occiduntur ; qui autem clam fecerunt , et infi- 

ciantur j in judicium adducuntur. p^eritas enim 
conjecturis quibusdam verisimilibus indagalur. In 
quo uti potestis exemplo senatus Areopagitici^ quo 
nullum est in urbe diligentius concilium. Multos 
enim ego vidi nuper in eâ curiâ , cum optime di^ 
xissent , et testes produxissent y succubuisse ^ atque 
etiam aliquos y causa maleperoratâ^ et nullis testi- 
bus conjirmatâ y vicisse. Neque enim ex oratione 
duntaxaty neque ex testibus ^ sed ex sua conscient 
tiâ et indagatione suffragium ferunt. Itaque hoc 
concilium in urbe semper est cum autoritate. Ad 
eumdem igitur modum et vos y Athenienses j in hdc 



KATA TIMAPXOT A0r02. 3^^ 

J^e 3cp<yojX€vo5 , TcctrcLfjLîiioLfTvpyiiiîyoç vw*o rov 

y/yû)(r}cgTct< , ocAA' ex, r^v /JiXfTvpim jcptvscrô^ar 

VîpoL 0^0$ , J^/' u^ 0/ Tût ix^yicTTcL JcajcoupyoGvTg^ 

x\în'ïmy À Tû)y /xoip^o^y, i Tû)y ay(3]po(povâ)v , i t^v 

-zzrpctTTovTûjy, J^a^crg/ <rix.>îvj tccli y dp Tovrm oi (JLti 
tzsr oLVTo(pcùpcf cL\om$ , ctv fm ofioXoyœort , -Tra- 

e^cLpyoi yivo[Xîyot , xpivovrcti ev toTi? S^ixoL<rTyifioi$. 
EvpKTTcîTcti ycLp i oLAyid-uoL ex xSy g/x,0Tû)y. Xp)i(rcL(rGs 
J^g nrcLfOLâîiyfjLcLTt rf jSouAw t^ e^ Apetou Ilayou , 
ToT ctx,p/Ê6(rTctTa) (Tvn^ptcù rSi ev riT TioAe/. ïloWov^ 
ycLf ^ycûyc y\èy\ {"iayyji'i Te5eû)p>i)c<* ey tûÎ^ |8oyA£VT)i- 
peo) TouTû) eu -Travu eetzroyTûtf 3ca< iiaLpTvpois TSTopiorcL" 
(Xîvovç y <i\ovraLÇ* riS^ S^î tivclç xttxSç wclvv J^/a- 
Aep^5evTfit$, )cott "TtpoiyiicL d/JLOLfzvfO)! ep^oyTot^, oTcîot 
yiTcmxvzoLÇ. Ov yap l:c xov \oyov fjLoyo)/, ou^e ex Tû»y 
fjLctfTvpiSy , <xAA* e^ Jv otuVoi (WVktcco-/ 39 e^uTctxota-/, 
T>jy •vj/iîcpov (pepoixr/. To/yapro^ J^tcLTeAeT rouro to 
cruye^piov eJc^oxe/^otTy ey tw 'ttoAc/. Toy oturoy rotvuv 



! 



38o KATA TIMAPXOY AOrOS. 

'sroiy\(TcL(TBî. Kcti TsrfCôTov jttev v/ih ftn^ev îarcû Tsricrror 

TîpOV y m OiVTOt O-UVlCTTc XcLl TTt'Tttia'^e "Ttîpi ilflCLp^ 
')(0V roVTOV ItCîITcL TO TtfSiyilCt BiCOpUTi /JLy\ ê)C TOU 

/xev yotp ey t5 7rctpeX>iA.u5or< %poyû> Asyo/tsvo* Aoyo< 
'Tttpt T/.aapp^o»j 39 T<5v Towrou €7r<T>j(îeu/j.ctTû?y, J^ict 
T>îy ctX>i56/cLy ^Aeyoyro* 0/ J^* e'y rîi^g tm lifi^fcL p)i37i- 

oLvroiç T>îy cfTToAoy^ûty , ey<xyTtot jUg Mytty îfidvra. 
Ou yotp J^>î J^OTcît elvcLt clvtcû J^mcLTo^j roy auTov 
ay5pû)'7roy 'TVcTCopnvcr^cn 5^ tx 'TCctzpcùdL x,ctTe(J)i^ox.evctt. 
10 /Jiey yotp »jttctpT)ix,gVût/ ri wîpi to arœfjLoLy nctmç 

ihoLl (pmiy TO J^e Tût 'TCcLTfùùcL yLcLTiàvi^OTCt^CLi , CCy(î]pOj. 

Cp-iKTI WfCLTTEaBoLl TQV WfCLy[XGLTO$. ^A'TToBcLVlJ.CLUûl 
'^ / ^ ^ / \ ^ > \ 

ouy Trap^gp^erct* 39 rspctreuo/Jieyo^ jcctrot t>iv ayopotv, 
£< cttîro^ "TttnopnvTtt re :9 rct -TroLTptfct xctreâiKÎbxsy. 

E/ J^e T/^ ayyogT rottrrct o7sroù$ ^'X}^} «yû? o-a(pe<rTg- 
poy ccuTct Wcifxao/JLOLi ê^ioptacLi TCù \oycù. 

Eœs jttey yap ctvt>jpxe/ >î TÎf^ iwiKXnpov ouVtot, :5v 



ÎESCHINIS ORAT. ADV. TIMARCHUM. 38 1 

facile controversiâi ac primum nihil i^obis sit credi-^ 
bilius eo quod ipsi scitis y ac persuasum habetis de 
Timarcho ; deinde rem œstimate non ex prœsenti ^ 
sed ex prœterilo tempore. Nam qui sermones supe- 
riori tempore fichant de Timarclio ejusque studiis , 
eo qubd i^eri essent^fiebant; qui autem hâc die 
dicentur , propter hoc dicentur discrimen , vestri 
decipiendi gratiâ.Jpponite ergo calculum longiori 
tempori , et veritati y et conscientiœ vestrœ. 

Enimverb scriptor quidam oraiionum^ qui defen- 
sionem eis concinnat^ me ipsum pugnare mecum 
asserit. Neque enim ei posse fieri videtur , ut idem 
homo et quœstum corpore fecerit et decoxerit. 
Nam peccatum aliquod in suum corpus admisisse , 

idpueri esse ait; patrimonium autem per luxum ab-- 
sumpsisse^ i^iri. Prœterea eos qui semetipsos probris 
ajfficiant , ob eam rem exigere mercedes asserit. 
Proinde admirabundus circuit inforo y portenti 
esse simile dictitans y si idem et quœftum corpore 
'fecerit ^ et decoxerit* Quœ si quis est qui ne sciât 
quomodo se habeant , ego dabo operam ut verbis ea 
definiam planius. 

Tant que les biens d'une riche héritière qu'a- 



3^82 nÀRjkNG€E d'eschine contre tihàrque. 
\ait épousée Hégésandre, son ami intime (a) , et 
l'argent que celui - ci avait apporté de THelles-* 
pont , fournissaient à la dépense , ils vivaient 
tous deux dans le faste et dans les plaisirs , aux- 
quels ils se livraient sans réserve; mais^ lorsque 
ces fonds furent épuisés , Timarque se mit à 
manger son patrimoine ; que dis-)e , manger ? il 
le dévora , s'il est permis de le dire. Car, il ne ven- 
dait pas à sa valeur chacune de ses possessions; il ne 
pouvait attendre qu'on lui en offrit davantage , ni 
remettre à un tems plus favorable ; mais il les aban- 
donnait sur-le-champ , pour ce qu'il en trouvait , 
tant il était pressé de jouir. 

Son père lui avait laissé un bien avec lequel un 
autre eût pu servir l'état , et qu'il n'a pu conserver 
pour lui-même. Il lui avait laissé une maison der- 
rière la citadelle [9] , une terre dans le bourg de 
Sphette , une ferme dans celui d'Alopèque ; de 
plus , neuf ou dix esclaves ouvriers en cuir , dont 
chacun lui ^apportait, par jour, deux oboles , et le 
chef des ouvriers lui en rapportait trois ; outre 
cela , une femme bonne ouvrière en pourpre , qui 
portait à la place publique des ouvrages faits avec 
goût, un habile brodeur, des billets d'argent dû 



(a) L'ami de Timarque. 



KATA TIMAPXOY AOrOS. 383 

ViGcU î'Ttl WoWvi^ di(Tî\yZlCLÇ 7CCLI cl(p3-0'JlCLÇ* îTCuSïl 
06 TOLVXCL jtteV ÛL'7tO\ûù\U , 3C0t/ }COtrgX,g)CV&£UTO , XrJLi 

x.<tTûù-\/o(pctyy\To , otlroai J^' t^a>po$ eytVcTo, e^/^ow J^' 
€/x,0Tâ)^ ow(îe/^ éti oixîgy, >f J^6 liâî\vpcL (^v<Ti$ 59 dvoaioç 
au >) TOUTOU T^y ctutS'v tTCt^u^JAi , :9 3cx9' i/Vep- 

€oA.»y dx.fcLG'icLÇ éVgpoy €(P* gTepO) îTClTûiyfKt €7Tg- 

TflLTTe, î9 otTTecp^pgTo e/^ to xgc9' Yi/JLîpn)! îd-oç' ivrxv^oL 
Tiàvi IrpccTTîTo îsri to xcLTct(pctye7y T»y 'Tvctrpœx'j 
ovaicLv. KcCE ou ^coyoy xotTeÇctygy , ctPvA' , et oîoy t* 
tiTTHv j 39 xcLTeTT/gy. KcL( yocp ovoî tyiç ct^ict^ î^x- 

V6/V ro TsrXtoy , ovâ^ to \v<Tirt\ovv , clWcl tov )i(3Vj 
£jpi(73covTo^ oL-areùi^oTo. OvTCûÇ Yï'Wciyiro crcpo^pct Trpo^ 

TouTO) yap jcotTgA/'Trgy o TsretTVip ovatMy 0L(p viç 
eTgpo^ IJLVf ùLV xcti î\uTovpyu , ovToç J^g otxîg auTîiy 
J^tcccpuAcc^ctt g(îuy>i5)i' oix^tûtv jttgy yocp ott/o-^cV t'yiç 
wo\î6û$ , l(j')(jtri(Vj J^g 2^)iTTo7, AAûîtcrg)c)îr(7< J^g 
€Tgpov ^ûjp/oy, %û)p'? <rg otx^gTflC^ i^yifJLtovpyovç ry\ç 

Tû) <ru o^oMvç ctîjrg(pgp£ t>i5 TifjLîfciÇj d^ >iyg/^û):^ 
tou gpyac(7T>tpiou , Tp/û)&oAoV en S^t Wfo$ rovroiç y 

yVVCUXCL OLfJLOfyiVcL tWKTXdllin'J tpycL^î(T^CH ^ ^9 ifycL 

Ag'TrTot ^lÇ T>îv Gcyopav gjccpepouo-ocv , )coc< ocyopa. 7:o(- 



384 KATA TIMAPXOY AorOS. 

twi-w-Xd. On S^l z<tvz cL\y\^'yi Xiyœ, lyrcLvdcL fiînoiy 

vfjiîi rovs [JicLoxvf(LÇ wdft^oficLi. Ov$ii^ y cep jcivâvnç, 
àxT'srîp exs?, ov$* cLia")(yyy\ wpoaiarcLi ov$t[LicL tcù 
TctAnGîi fjLCLfTVfovvTi. T>iv /xev yap oix^tca t>jv ev 
k<TTîi dweâoro ovto$ NcLvaixoctTti , tcù TtcùfJLixXji 

N(tvatxpctTov$ eix^oat fjivm K\tctinro$ o p^opoo^tîût- 

ÇKCL\0Ç' TYIV J^' ic^CtriCLV îTSTflCLTO TSTCLp* OLVTOV 

My)j(r/9go^ Mwpp/vowcrio^, ro'Trov jaev tzroAvy , S^timç 

y i^myflCùlXlVO^ VTtTO TOVTOV* TO J^' AAû)7T£X,î(7i ^û^ 

piov, ô >iy ct?sro9gy toiT tî.I')(qvs hàiTicL 7\ S^co^îxcl 
(rrcL$tcL(^lx.iTîvovayi$ x^oLt oi)/TiÇ>o\ov(Ty\^ t>?^ fJLyiTpoSj 
cù$ tycû 7ii;v9avo/^ot( , îxa-cLi xcti fJLvi cLnodoo'Qcitj ctAA , 
ei iJLy\ Ti oAAo , eyra.(p>îvc6/ JtcroA/tzreni cLvryj ) , ou^e 

cLTsnâùTo S^i(T')(j\im S'fcL')^fjiœ)i. Kat tûùv Qîfd'Trctiyœv 
xcLi rSy oiTciTm ovÙîvcl x-ctreA/TTsy, clWcl ^cutcls 

jcotreAfTrev cturûT o 'TTctTJîp, [j.cLpTvpxç '^apî^ofictr 
ovTo^ 6^ , 6i ^t)i (p>i(Tt •zjrg'zjrpctxeva./, t<x <ra>[XûiTcL zcù'j 

riau €^<xye/(^£V, o x,o/JLicraiitvo$ ovtqç clyy\\a)x.îy [xolo-- 
TvpcL nctpi^ofjiûLt v/jLiv Meraygy» ro'j ^(py^mov , o^ 



BÀRÀN6U1 D'ESCHim CONTRE TIMIRQUE. 385 

des meubles. Pour établir ce que je dis , je pro- 
îrai des témoins qui Fattesteront en termes clairs 
formels. Sa maison à la ville, Timarque la ven- 
e à Nausicrate , acteur de comédie , de qui 
îénète , maître de chœur , Ta achetée vingt 
nés. Mnésithée de Myrrhinuse lui a acheté sa 

Te de Sphette, qui était considérable , mais qui, 
r ses soins, était tombée en friche. Pour sa ferme 
Uopèque , éloignée de ce fort de onze â douze 
des, sa mère, à ce que j'apprends , le priait et 
conjurait de la garder , de ne pas la vendre , de 

lui laisser du moins pour sa sépulture : cette 

« 

me n a pas été plus épargnée que le reste; il la 
nnée pour deux mille drachmes. Il n a conservé 
esclaves , ni servantes ; il a tout vendu. Pour 
3uve que je ne mens pas , et que son père lui a 
dment laissé les esclaves dont )e parle , je vais 
dduire des témoins. S'il prétend qu'ilnelesapas 
adus, qu'il les montre en personne. Pour preuve 
core que son père avait prêté à des particuliers 
Targent que lui son fils a touché et dépensé; 
produirai le témoignage de Métagène de Sphette, 
li devait plus de trente mînCvS à Timarque, père, 

25 



T. III 



386 niRANGUE D*ESCHmE CONT&E TlHÀBQinB. 

et qui , après la mort de celui-ci , a payé à son fils 
sept miaes qui restaient. Greffier, faites paraître 

Métagène de Sphette ; mais , lisez d'abord la dépo- 
sition de Nausicrate , qui a acheté la maison ; vous 
lirez ensuite les autres dépositions dont je viens de 
parler. 

On lit les dépositions. 

Je vais vous montrer, Athéniens^ que Timarque, 
père , avait encore beaucoup d'argent com ptant , qui 
a été dissipé par son fils. Dans la crainte de remplir 
les charges publiques , le père de Timarque vou- 
lait vendre ses fonds ^ en se réservant ceux dont je 
parlai3 tout-à-l'heure. Il vendit donc sa ferme de 
Céphise , son champ d'Amphitrope , deux ateliers 
d'ouvriers en mines^ établis, l'un à Aulon, et l'autre à 
Thrasylle [ i o] : et voici comment ces biens lui étaient 
venus. Ils étaient trois frères : Eupolème , maître 
d'escrime ; Arizèle , père de Timarque ; et Ari- 
gnote, vieillard aveugle qui vit encore. Eupolème* 
l'aîné des frères , mourut avant que les biens eus- 
sent été partagea. Arizèle , le second , père de Ti- 
marque , vu la mort d'Eupolème, et l'infirmité d'A- 
rignote , qui avait perdu les yeux , gouverna tous 
les biens, tant qu'il vécut, et s'arrangea pour payer 
à Arîgnote une pension alimentaire. Lorsque Ari- 
zèle fut mort aussi ^ pendant tout le tems où son fils 
Timarque fut enfant, les tuteurs ne laissèrent man- 
quer de rien Arîgnote. Mais, lorsqu'il fut parvenu 



KATA TIMAPXOr AOrOS. 387 

'MexctyîVïi tov 2(p>iTT/oy. Yïctaaif J^€ WfCùTniv ctvcLyva^i 

TKIV DiùLVaUpcLTOVS /JLXpTVpicLV , TOV T»? OiKietV îTp/Ot- 
/JL^VOV j XCLl TÙLS CLWcLÇ CtZSTùLacLÇ AoLVdS, TSrSfi CdV 

etivucBm gy rœ cLvrci Xoycù. mapttpiai. 

iÎ5 TO(yuy e}ce3cT)rro o TotTTip cturou dfyvfio^ ovk 
oAiyoy , o ovtoç ucpoty/jce, rouô' J^ry i'Tnâti^cù. $oÊ)t- 
Be«^ yctp tct^ \urovfyicL$j XTsrtùoTOy et nv ctvrcà , x.t>i- 
fjiaToC) aysu Tû)y cLfxtaç stpy^iiivm ')(cùpim* Kni^iciZaiv 
îTtpoy ^ ctypov A/JL^iTpoTsnjfftv j epyot<rT>jp/cc S^vo €v 
roTç dpyvfiioi^y ey /xgy gy AuAay/, Wtpov J^6 eVi 
©pcttruAAt». 'OGsy ^ tottîV* >fU7rop>î<rey, 6y« 6p«l 'Hcay 
ouToi Tpc?^ (lâî\(fQiy EwVûAe/to^ re'o Trott^Tp/êîi^, 39 
'Api^iiA.05 , Toi/Tov ^ûtT>îp , )cott Afiymxos , W 6<rT< 
xctfc vt;y, wpî(rÇ>vTYi^ y J^/ecp9ûtp/xeyo5 Tov^ o'(p9ctA/xov?. 
TovT»y "Tfpcoroç €T€Aeur>i(7ey , ocvg^uroi; T)îk ovanct^ 
owTiÇ j Evwo\i/Jio$' J^evTepo^ J^ 'Ap/^nAo^, T/jXfltp" 
voti îSTctriip* ors <r e(^>i , îzrao-ay mv ot;<r/(xy «r/sp^et- 
pi^e, J^i* T)iy voVov }cote T>iy cru^cpopoty my ^•ap^ rot 
Ojt6jLtotrfltroS"Ap<yvû)rou, 3Cût< <^/ot to TereAguTweyflte 

îMdùv rZ ' ApiyvcûTcù. 'E^tti^ J^è x.cLt i Afi^y\\o$ 

9 f t ^ I A. \ \ \ 

«TcAevr)t(r6y , TifJicLp')(ov toutou/ ^TrotTîip^ xovç /tev 

f I tl ^ '^ ^ •/ \ 

IJuirpiA wùLpd ra>v l-^iTpoxsrm iymro rcù'Aptywrcà' 



388 kata timapxot Aoros. 

xov ypxiificLXîToi y xcLi x.vfio$ gyevero zyiç ouaict^j trct- 

ov^îv iâi$ov rZ Apiymrcùy <tW<t zsrgpietthv ex, to- 
<rflti>T>i? oucrtct^ ei ToT$ ct(îuvfitTo<$ jx^crGo^opoîTyTcu Kcu 
ro TsAsurotTov , o jccw J^6<voTotTov , ccîiroA.ei(p5ffTo^ 
Tov wpîor^vrov tHç yi^oiJLtn$ toi$ ctàuvdToi^ J^oju- 
ficL(naL$y yjcLi Ixtryipicu ^evro^ e/^ mv i8ouA)fv uTiep 
Tov ^/<r9ou, ./iov\îtrryi$ «y, x,** t^pos^pguw êx€(Wiy 
T>iy YiiJLtpcvf , owjc yi^iœ(Tîv ctvrZ avvuwtTv , clWcl zfftr 
fiu$VÊ iwoXtacLvrct Toy tîT^ trpvTûtye/*^ julktBoi. On 
«^* otA)ï9>r Aey©, xotAet iioî Kpiymztyt Spwrr/oy, xcu 
rm iidfTvpiccj ùLVctyimo'Ki. maptïpia. 

TpcùcuJ ocx/cty, îTifcu clWo^i wov tov d'a-reoç exTJj- 
(Tûtro, avTi J^É T>Î5 îff'^cLTiai tccli tov ycoplov TOU 
'AAû^tirejtircr/ , xou T^y S^vjfjLiovfySvy x%i tSh oti\Aay, 
£c^ TcLpyvpcioL Ti X'CiTea'x.îvxaaLroy œawîf x^ o uaiJfp 
cLvrov Tsrportpov. 'AAA' oJîc ecrr/ rovrœ Ao/'rroy outîfer, 
ofx. o/jccct, ou <ruyo»c<flt, ou %û)p/oy, oux, oÎKtTea\oû 
S'oLVuafjLciy oux ctAA' ou(îgy, aç' ày kvd-pe^^oi /w! 
xoLxoi;pyo< ^Saiv. AAAct toutû) otvT/ T^y Tsrttrpcm 
wtpiîtrri ^âe\vpiAy crujcocpfltvrtot, 5-paoro^, rp^jf, 
i^€<Ac<t, oiy*<^eeot, To fxi^ iTtriaràLcrd-cLi lpv^pi£i m 



HÀRANGtTE d'eSCHINE CONTRE TIMÀBQUE. SSg. 

à rage viril, et qu'il fut maître ;de son bien , rebu- 
tant un \ieillard aveugle , son oncle , il dissipa tout 
son patrimoine , sans fournir aux besoins de son 
parent malheureux; et après avoir possédé une for- 
tune si considérable ^ il ne rougit pas de le laisser 
recevoir Faumône des citoyens invalides. Mais 
▼oîci un dernier trait, le plus révoltant de tous. Le 
vieillard infortuné avait manqué de se trouver au 
recensement des citoyens invalides; il présentait sa 
requête au sénat pour recevoir son aumône : son 
neveu qui était sénateur, et qui présidait ce jour- 
là même, ne daigna pas appuyer sa requête, et le 
laissa perdre un quartier. Pour preuve que je dis 
vrai , greffier , faites paraître Arignote de Sp bette 
et lisez sa déposition • 

On lit la déposition* 

On dira, peut-être, que s'il a vendu la maison 
de son père , il en a acquis une autre dans un autre 
endroit de la ville ; qu'au lieu de la terre de Sphette, 
de la ferme d'Alopèque , des esclaves ouvriers , et 
des autres objets , il s'est procuré quelque intérêt 
dans les mines , à l'exemple de son père. Non , il 
n en est pas ainsi. Il ne lui reste ni maison , ni 
ferme , ni esclaves , ni dettes actives , en un mot 

* rien de ce qui fait vivre les citoyens honnêtes. Son 
patrimoine s'est évanoui, il ne lui reste plus que la 
pétulance, la malignité, l'audace, 1 amour duplai^ 

- «ir, la lâcheté, l'impudence , un front qui ne sait 



1 



390 HARANGUE DESCHINE CONTRE TIMARQUE. 

pas rougir des choses les plus honteuses, en un 
mot 9 tout ce qui peut faire d'un citoyen un homme 
nuisible. 

Après aToir consumé son patrimoine^ il n'a pas 
même respecté les revenus de l'état qui ont été en 
sa disposition : car^ tout jeune que vous le voyez , 
il n'est pas de charge qu'il n'ait déjà exercée , sans 
en avoir obtenu aucune par le sort ou par élec- 
tion 9 mais les ayant toutes achetées contre les lois* 
Je n'en citerai que deux ou trois 5 sans parler des 
autres. Nommé inspecteur des comptes , il a causé 
les plus grands torts a la ville , en recevant des pré- 
sens de ceux qui avaient mal-versé dans leurs char- 
ges ^ et surtout en inquiétant plusieurs comptables 
auxquels on ne pouvait rien reprocher. Quant à la 
ville d'Andros [11], dont il a acheté le gouverne- 
ment trente mines, empruntées à un intérêt de 
neuf oboles par mine , il a forcé les habitans, vos 
alliés , de fournir à ses folles dépenses , et s'est si- 
gnalé envers les femmes de gens libres par des 
excès dont il n'j avait pas d'exemple. Je n'inviterai 
aucun des offensés à se présenter ici pour attester 
publiquement des affronts qu'ils ont pris le parti 
de dissimuler; j'abandonne la chose à vos conjec- 
tures. Et que pouvez-vous croire? Un homme qui, 
peu content d'outrager les autres , s'est déshonoré 
lui-même dans Athènes , quoiqu'il fût retenu par 
les lois , qu'il fût sous vos yeux , et observé par des 
ennemis , doit-on penser que, lorsque revêtu du 
pouvoir et de l'autorité, il n'était gêné par rien, il 



kATA timapxot Aoros. 3gi 

TOl$ CLlC^fOtS* î^ S^ OtV 3CCC0C/(rT0^ YJCLi CtAuûr/T6A.6- 



0"Totro^ wo\iTïiç ytyoiTo. 



Ov To/yuy /xovoy rct TiroLTpcùcL xxTtâyiSoxzv y dWct 
yovev. OvTo$ ycip rcLvry\y Ty\v lihiTcicu ep^o^v , :Jy J/tsT^ 
oôâcixixv A(xp^â)V, oJ(îé p^g/poToy)ï3e<^ , fltAAct tstclctclç 

y/ffT)!^ ycLf ygyojtteyo^, nXucrr cl ijlî^ T>iy 7roA<y e^Aot-vj/e, 
J^^pct \cLiJi^cLmv ^TTcLfcL rm ou ^itlchcùç ip^curm ^ 

11€L?\.1<TTCL à^ ta'VX,0(pCLyTyt<Tî TCù'J VWivd-V'jm TOVS 

luiàvi JiAîcwcoTct^. Hp^e J^* ey 'Av^«, "TtpKtfjLtvoç T)iy 
otpp^nv TpicLx,o}fT(t iJimy y i^cutiactixi^oç iw îynctoCo^ 
AotV T>îy ^yav , eJtroptflty t^ ^$t\vpicf rijt iavTov 

T0U5 (rvlXlXcC)(OV$ r0V$ V[JitTîfOV$ "TTOlOVlli^fOS. KfltK TO- 

<TotUT>iy ao-eAye/ûty î^eâu^ûLTo ti$ gAguOep^y oîy9pû);rû»y 
yuyotTxût^, )iA/jc)ïy ou^e/^ tstû^z^'oS-' erepo^* ©y oJcîgyot 
6y« ^cLfcLXctXcù J^eupo, Tiiy ctuTou (7i;/xcpopcty, ^y eî- 
Asro (7ty(£y, ei^ woWovç txiidfrvpyfacLr ocAA' u/t7y 
rouTo x.otTfltAei'Trû) o-xo-Trety. Te J^g -zïrpoa-eîoxûCTe j tov 
'A9>iy«(r<v JÊp<<xt>iy ovx. îh tovç clWov$ /^oyoy, ciAAct 
xûtt €15 To (rSfjicL':o îoLvxoVy yo/Ji^y cyrav, Jjuiay opoy- 
rm y ^^^•p^y e(pc(7T>ixoTû)v , ToSroy otuVoy, ActCoyTût 
c^^otv 3cot( e^ouo-iflty x,fltt <tp%>iyî T/^ cty 1\7Ci<tuî'J 



Sgï KATA TIMAPXOY AOrOS. 

(V&oKiXùirfft^cLi ri rSv itrzXyta'zctTm epy«v; nèri^ 
v)î To\ aIcltcolÎ tov 'AwoWcùj -woWcuLtç êy€9oiU)i9»ï 

oTi x,cct' tKtmv^ rovç ^foiov$ ovdti$ gyevsTo T>f$ 
'Avdptû)v 7Co\zcô$ mtiryji. 



I I 



ûi 'A^y^icuoiy l2ov\îvrYi$ iyîHîTo Iwi (tpp^ovro^ NtJto- 
(fyifjiov/ AwcLvrcL fjLîv ouy J^/e^eAGerv, À ev toutoto 
hictvrS e)cfltxoypy>î(re , t«rpo^ /tixpov /tepo^ rJT^ >ijLtepûtî 
oux ût^/oy eT/p^gipgTv* à J^' e<rT<y ^yyuTûtT© tHç di- 
TicLS y x,ctô' >iy )j TTûLpowa-fit xftcn^ torri , TcctTr' ep© Ai 
^fcL')(îm. 'EwI Toivuy tou olvtov app^ovro^, ot eCov- 
Aeusy otiro^, rcLfiixç )iy t^v rîik ©£ou"'Hy>i(Taydl5o^,o 
Kpû)St;Aou ciâe\(po^. 'Ex^Astitov J^g T)ik 'Wo?\£cùç xom t^ 
licL\cL (pi\îT0Lipœç ^i\ioLÇ J^pap(^/xct^. A/(t9o/X£V05 J^^ 
To nfdy/jLOLûLynf î'TrmKViÇ ïlcLfjL(pi\o$ o*A')(îf$QV(noÇj 
T^poaTcpovacLÇ ri rovrcù^ ycdi Tictpo^vy^e/^, €x.xA)io-/ct5 
ot;ar>i^, gcVey dyaLaTctç ^ '^fl 'A5>ivct?o/> jcAezErTouffiv 
v/xû)V }cotyf otyjip xctt yuy/î ^i\tcL$ ^pct^ftcLS. ©ctuyar 
(TcLnm J^î v[iœ)iy ncù$ dnp xai yuyiî, xct/ t/^ o Aoyo^, 
£<Ve /xijcpoy S^KtAi-srcùr^AyyouTî y e(p>i,o, Te Aey»; 
/tgy fltv)jp go-j/y Hy)i(rc6V(î]poç îtcuvoç fvyi , g(p>t, -Trpo- 
Tgpoy y >îy jcoct cttÎTo^, A£CùâcL[jLcLvro$ yvn* >f J^g yuvîf) 
^^t^^P%oç ouToaiv. *Ov J^g Tpo-zrov )tAg'7rT£TGt/ ro dp* 
yup/oy, gya ^p^. MsTct TU,vr<tyiâyi J^/g^wg/ ^gpt tou 



HARANGUE d'eSCHINE CONTRE TIMARQXJE. 5^5 

ne se soit permis les actions les plus infâmes? Pour 
moi , j'en atteste Jupiter et Apollon , j'ai souvent 
admiré le bonheur de notre république à plusieurs 
égards , et principalement parce qu'alors il ne s'est 
trouvé personne pour acheter la ville d'Ândros. 

Mais, peut-être, était-il mauvais magistrat, quand 
il gouvernait seul ^ et modéré avec ses collègues ? 
il s'en faut bien. Il a été sénateur sous l'archonte 
Nicophème. Sans entreprendre de détailler , dans 
l'espace de quelques heures , toutes ses malversa- 
tions dans cette année y je dirai en peu de mots ce 
)]ui a le rapport le plus prochain avec l'accusation 
présente. Sous le même archonte sous lequel Ti- 
marque était sénateur , Hégésandre , frère de Cro- 
byle, était trésorier de Minerve. De concert entre 
eux , et de l'union la plus parfaite^ ces deux bons 
amis nous volaient mille drachmes. Pamphile s'en 
aperçut. C'était un fort honnête homme , qui en 
voulait à Timarque avec lequel il avait eu quelque 
démêlé. Prenant donc la parole dans une assemblée 
du peuple : Athéniens , dit - il , Hégésandre et Ti- 
marque , ces deux amis intimes , sont de concert 
pour vous voler mille drachmes , et je vais vous 
dire comment. Après vous avoir instruits^ et vous 



394 HÀRANGtJE d'eSCHINK CONTRE TIMÀRQU1S. 

avoir exposé la chose de la façon la plus claire , 

quel est donc , dit - il , Athéniens ^ le conseil que 
je TOUS donne ? Si le sénat condamne Timarque 
comme coupable, et si^ lexcluant de son corps , il 
le livre au tribunal , accordez aux sénateurs la ré- 
compense ordinaire. S*ils négligent de le punir, ne 

la leur accordez pas, mais souvenez -vous de cette 
faute , quand il sera question de les récompenser. 
Les sénateurs , s'étant donc assemblés , exclurent 
Timarque dans un premier scrutin , et le rétablirent 
dans un second [12] : et, parce qu'ils ne l'avaient pas 
chassé de la compagnie, parce qu'ils ne l'avaient 
pas livré au tribunal (je ne le dis qu'avec peine, et 
parce que je m'y trouve forcé), ils furent privés 
de leur récompense. Mais y Athéniens , après avoir 
sévi contre tout le sénat , et avoir privé d'une cou- 
ronne cinq cents d'entre vous pour avoir négligé 
de punir Timarque , ne le renvoyez pas absous lui- 
même; et un orateur quia été nuisible au sénat, 
ne le conservez pas pour le peuple. 

S'il est tel que je viens de le dire dans les charges 
conférées par le sort, se comporte-t-il mieux dans 
celles qui sont données par élection ? Qui de vous 
ignore avec quelle infamie il a été convaincu de 
péculat dans une de ces dernières ? On lavait en- 
voyé, avec d'autres, à Erétrîe pour lever des soldats 
étrangers ; seul de ses collègues , il avouait qu'il avait 
reçu de l'argent , et , sans penser à se justifier, il 
sollicitait pour faire adoucir la peine : toutefois 
vous n'avez condamné Timarque qu'à trente mines 
et les autres qui niaient la malversation , vous les 
avez condamnés à une amende plus forte du dou" 



KATA TFMAPXOY AOrOS; SgS 

'Tg'pccyfjLcL'VoÇy >tcti /jiAXûLîiùo'zaç xai (rx(pcôÇ. AiAt^ot^ 

J^>» TctUTCt, Tl OUV 6<TT|V, û) AB>îVatOi , €(P>I, (TujxGou- 

Aeuûtf uV7y ; e<t? fjiey )î i8ouA.>j , îtotTccy votTuot towtovi 
fluîi)c€<v, xott 63c(puAAo(pop>j<rot<rot, S^i7UL<Txy\piCù ^TrcLpctâcû^ 

J^OTî Tïïlf J^CûpîÙL)/ €LVTOi$* IcLi J^t [IVi XO\Ci(rCù(n , fJllf 
S^ort y CtAA us tTLiim <tVTo7$ mV T^/ltpcLlf OtTO|UlV>»JUlO- 

v^va-cLTî. Merot xccvroLy (»$ eVctvîîXOey ){ €ouA>î e/^ to 
&ov\îvxyipio9 y 6^6(puAAo(pop)i<re jU€? cturov, «y J^e rf 
•4^>i(Pû) }cotT6(îi^oCTo. ' Oxi J^' ou TtaptâcùM S^ixxLtrzyiptcêf 
ovâ^ è^ïi\cL(nv lit rov ^ovXîvrnpiov , di')(d'0[ictt fÀt)^ 
Mym^ (MdjyyuA S^t iariy il'TCUi y on rîîk S^coptùiç 
cLTtîTvy^^ccJî. Mw Totyuy cpoty^re , co AOwvotToi , rf juiey 

î^oA^tSv <x<rT£ÇctyûJTou^ '7roi)î<ra.vTe^ , on ToiTroy ovx, 
tTificâfïKrctno 5 oti^Toy J^e cupîrre , Jtoti toy tw jSouAî jui)i 
avnnyTLorrcLfnropoLy rovrov r£l^n/JUô 'KtfiTtointrrrrî. 

AAAot -Trepi /xey t« xX^pcoraç <tf)(jt$ tan totov" 
TQÇj trepi J^É T« ^stpoToyirrct^ jScAtiw. Kae Ti^ 
J/ctf y ow o?<îey , dç TsrtfiÇiOrtrcôÇ ^^^^^y%^^ xKtzrrr^ç 
« ; ^iiKp5u$ y<tf v(p' vfiSf t^tzaarrïç rS^ ^ticvi vj 
*Ef€TpicL , jJLoyo^ rSy t^îTcurzSv <ifio\oyu XaSM'^ ifr 
•yvpiov* xfiti ou ^tpi Tùv 'orfctyiictTo^ a/Trûiùytiro , 
ctAA' eôd^jç r.zpi tov niimiicLzoç îictTtutf, ofioXoryav 

XsLnrw fxxi^zcàj tqvtcù S't Tfêaxorrxfif0'/ o$ rt yo- 



396 KATA TIMAPXOY AorOS. 

iXOi M\lVOV(n TCO? TcXs.'TeTSv r0V$ IJLii 0/xoXoyouvTot^ 

5-ayotTû) (^«/A^ouirGoci , ravç J^' ipyoviitiovç xpmaâcLu 
ToiyctpoGv olfTûùÇ i/im x,ctTe(ppov)i<rey , cùct tvd-vs twi 
Tou$ dyjiioaicLiÇ $ict'^vi^i(rî(n $iff^i\icLÇ eXotCe ^Gt%- 
[JLCL^* $)i<rot? yoLp $iAû)tct^y tov KucJccQwvotieot , eict 
TÔiy no\nSif , ctt^'eAfiuGepoy e/vcti icLvrov , xoti -TreKTa^ 

p^6<pot Tût tepot, KcLi ofiotrctç [àïi Aotteev J^û^pct, fi>îTe 

^^cc\îicL9 iwxfcL<rcLiiîio$ icLvrS, u\fi(pcûç )ÎA€7^5if 
Tsrotpct Aewû)vt(îou, tou $iAû?Toc(Jou xTiâtaroVy ha 
^iXïiliovos TOV uVojcpiTou , tl^offi [viSlç y gLs ey oA/y« 
p^ovû) xypo^ $iAoçev>jy otywAûïo-e Tïw trctifcLVy xcti 
wpov$ûi>x.t TOV (tycùUcLy iLcLi TOi ôpîcoy eVtû^pxwcTÉy. 'Ott 
J^6 ûÎA)i5>r Agyû) , x,fltAe< /xoi $<A>îiLtoyotToy S^ovrct T/- 
^otp^û) To GLpyupiov, xflCi A^uxavi^y, Toy $iAû)Tct5by 
X)i^e(rT>iy, xai rm avvd-yixm cucLyvcoât tcl cùri' 

MAPTÏPIAI. SYN0HKAI. 

iltpi fJi6y ouy Tovs 'SToXitcl^ kcli tou^ oiTceiovç oioç 
ytytvvnrcLi , xcli T>jy trotTpo) cty ovtricu eo^ aitr^pcùs 
c&y}iAû)}ce , xdi Tvfv i^jSptv T>îy e/^ to icLVTou œS/jul ds 



HARANGUE d'eSGHINE CONTRE TIMARQUE. 397 

ble , quoique les lois ordonnent de punir de mort 
le voleur qui avoue , et de citer seulement en jus- 
tice celui qui nie. Timarque , en conséquence , 
vous brava tellement , qu aussitôt après il se fit 
donner deux mille drachmes dans un recensement 
de citoyens. On lavait vu aflSrmer que Philo tade , 
de Cydathcnée , un de vos citoyens , était son af- 
franchi ; on l'avait vu engager ceux du bourg à le 
rejeter , l'accuser avec chaleur devant les juges ^ 
mettre la main sur les choses saintes , protester 
avec serment qu'il n'avait pas reçu et ne recevrait 
pas de présens; enfin, jurer par tous les dieux et 
faire sur lui-même des imprécations horribles: ce- 
pendant il a été convaincu d'avoir reçu de Leuco- 
nide, allié de Philotade , par les mains du comé- 
dien Philémon , vingt mines qu'il a dépensées en 
peu de jours avec la courtisane Philoxèné; il a trahi 
sa cause et s'est parjuré. Pour preuve que je dis 
vrai, greffier , faites paraître Philémon qui a donné 
de l'argent à Timarque , et Leuconide^ allié de Phi- 
lotade ; lisez l'accord en vertu duquel Timarque a 
Tendu sa cause. 

On lit la déposition et l'accord. 

Voilà com ment Timarque s'est comporté à l'égard 

de ses concitoyens et de ses proches ; voilà avec 

quelle honte il a dissipé son patrimoine , avec quelle 

facilité il a souffert qu'on l'outrageât lui - même ; 



598 HARANGUE d'eSGHINE CONTRE TIMARqÛE. 

VOUS le saviez déjà avant que je vous en eusse dit 
un mot^ et je vous Tai rappelé suffisamment dans 
mon discours. 

Il me reste deux parties de Taccusation , dans 
lesquelles je demande aux dieux qu'ils me fassent 
parler,commeje souhaite, pour l'avantage de l'état, 
et qu'ils vous inspirent de me suivre avec toute 
l'attention dont vous êtes capables. Dans la pre- 
mière partie, je préviendrai les raisons par les- 
quelles j'apprends que nos adversaires doivent tâ- 
cher de vous en imposer. Si je ne les réfutais pas s 
je craindrais que cet habile sophiste [ i3] , qui se 
pique d'apprendre aux jeunes gens des tours de 
rhéteurs, ne vous séduisit par des discours artifi- 
cieux , et ne vous fît prendre le change sur les vrais 
intérêts d'Athènes. Dans la seconde , j'exhorterai 
les citoyens à la vertu; et je vois ici présens une 
grande multitude de jeunes gens et de vieillards 
que l'importance de la cause a rassemblés , et de 
cette ville, et de tous les pays de la Grèce. Or , ne 
croyez pas qu'ils soient venus simplement pour m'en- 
tendre, mais principalement pour voir si vous, qui 
savez porter des lois sages , vous savez aussi juger 
de ce qui est honnête et de ce qui ne l'est pas; si 
vous avez et assez de discernement pour estimer les 
gens vertueux, et assez de vigueur pour punir ces in- 
fâmes, dont la conduite est l'opprobre de leur ville. 

Je vais parler d'abord des raisons que les adver- 
saires doivent apporter pour leur défense. Démos- 
thène, cet orateur fécond, prétend que vous devez 



KATA TIMAPXOY AoroS. 899 

<_ / I \ \ \ * \ ^'1 r -v 

W7repeapût)ce , <rvyi(rxt [itv jcoct Ttpjv tfjuî Aeye/y , itlcvicùç 

0/^ îfjicLVTov T etTreTy îv^o/jloli roïç ^loiç wmi tuli 
"Ttctaùiis ijjcip T?i? 'TCoMcùÇ dç wpoyfpïiiicLi y viiSis Te 
^ov\Qiiiy\v àv ctx^ouovroc^ , ot$ eyû^ [lîWcù AeygiV, 3^ 

Eazi J^' fxgy tst^Stoç jjloi \oyo$ , xypoà)î7>i(T<^ tJT^ 
flCToA-oy tot^ , r\$ ct)covcù fzîWîiv yintrâcLi* hct [in y 

TOUTO [lOV îTotpctAi'TrOVTO^ , TOC^ TCùV XoyCùV Ti^VcLS 
7LCLTi'7t(tyyîW0/JLî)/0$ TOU? ViOVÇ S^iàcLCTtîli , dwcLTlf 
T^y/ '7tûLf(t\Qyi(TCLfÀîyOÇ V/JLCL^^cKpfhyjTCLt TO t7^ 7l0\îûù$ 

aviJL(pipov. 'o J^g S^îVT^pos îari /lot Xoyos , nctpcotXn-' 
ei$ rcùv 'TCoMrSi Tsrfos aptryi y. 'OpS J^g ttoAAou^ jitgv 
Tw ygû)Tgpû^y "TrpotrtiTTïjTcorùLÇ 'TCpoç to) <ri}ccc<rr>îp/(y , 
^oAAou^ J^g Tùùi wptaCvrepm" ovx> l\cC)(i(Trovç J^g 
iiL tUs iWv\ç ^EWctâoç <ruyg/AgyfXgvou^ tni T»y 
ftTCfocLaiy* ov$ fin yofJLi^îT t[iî âecùpyi(ToyTùi$ W/y, 
ctAAût ^oAu jLtctAAoy J^ttcxk €<(ro/Jigyou^ , gt /^>ï ^toyov 
eu vofioBîTuv tntaTcL(T^tj ccAAot jcoc* TCfim? ta xctAa 
jtcti rct jUJi jcfltAcjt J^uyctcSs, x^t g/ T^/xoTy g'7rt<rrflt(r5£ 
Tovç ciyùpcLÇ Tov$ €LyxQov$y xot/ gt -S-gAgTg xoAa(^£<v 
T0U5 o'ygiAi Tcy îxvzm ^iov tw wo\îi ':rapot(rx.guot(^ûy- 

Ag^û) J^g 'TrpaTov «rpo^ uVotV Trgp/ riT^ atroAoy/^. 
'O yctp 'TttpiTToç gy To?^ Aoyots A)j^0(r5gy>i^, >i tou^ 



4oo KATA TÎMAPXOt AorOS. 

oJ)c eiycLi TtpotrîxTîoif» A;ro9otufta^€i yctp ti /jlïi Tict?- 
Tîç iJLififfia^* on y itaff îKccaxoi eviotuTov,)! ^ov\yi 'jca^ 

toÎTto oux e/x.ot^£<» , oÎAA' dxfiCSç e/^fevcti ^du^ tclut» 
^cùfjLeiov^ n/ tfyeLtricf^ 'OnoTt où^f ^n TSToA^tiiîtot cty- 
Ttypa-vl/ottrô-oti , 'Tre'^ropvgujLtevû) Ti/xocpp^o) jJL>f i^uycti 

ctiTiot» x,otT)iy opou , ceAAct fjictpTVfieu TeAavou tou 

'Eycû J^t "Trpoç tavx^cù A^vouoiy o^c€^|/flt(r9' «cty 
otTiAovy vfju}i TccLi ÉAeuGgp^ov (îo^a Aoyov tlnu?4 A/Vvu- 
yo|!Jia* yctp vwîf Ty\$ 'TtoXtcùÇy u Tt/^ctp^o^ , o tou 
S^ïï/JLOV (Tv^iCov^oç y 7CCLI TcL$ îU T>îy 'EAAot^ct toAjucûTf 
TTpeo-jKgict^ TrpeerGeve/v , /a>î to ^pcLyfJuct oXov (twoTpi^ 

oTou e}coca6^ero , xoci tov^ reAavct^, et -TT^^oTe Trap 
ùLvrov Tcopvix.oy xeAo^ £/A»(poC(nv. TflLUT)^^ juiev ouv t?^ 
ctîîroAoytot^ u/iav ey6x.ct '7rcLfcL')(cùpyï(r(treù* érepov J^' 
gyûj (TOi Aoyov uttoSocAS, xotAov 39 S^ikcho^ , a yi^^y 
il iJLn$ty <ti(Tyjo^ (tclvzS (ruyotcrÔot, ToA^>î<roy yccp et? 
Tovç S^iy.(t<rT(t$ i8Ae'v|/ct? s/VeTv, i TpocDîxe/ Mytv) 
avap< (TO^cppov/ rot ^rept thv >îA<)c/Gty' Aydpe? AB^yctto/, 
Tî^pdfJLfjicLi fJiey e'jc 'Zjroc^tJo? jcoct juis/pctxtot; -TTctp* t/jLtifv, 
ûux* cL(pcLn7$ <^g S^icLTpiQùLç S'ixTfiQcûy otAA' e'y taÏ? 



HIRANGUE d'eSCHINE COTrTRE TIMARQUE. 4^1 

supprimer vos lois , ou refuser d'entendre mes 
discours. Il est surpris que vous ne vous rappeliez 
pas que le sénat, chaque année, afferme Timpôt 
des prostitués; et que les particuliers qui prennent 
cette ferme , connaissent , non par conjecture , 
mais avec certitude , tous ceux qui font trafic de 
leur personne. Puis donc , ajoute-t-il , que j'ai eu 
la hardiesse de dénoncer Timarque, comme s'étant 
prostitué , et ne pouvant plus dès lors parler au 
public, il n'est pas besoin , dans cette affaire, des 
preuves de l'accusateur , il suffit de la déposition 
du fermier qui a levé l'impôt sur Timarque. 

Voyons, Athéniens, si je vous semble répondre 
à cette raison d'une manière aussi honnête que 
simple. Je rougis , pour Athènes , que Timarque , 
qui se charge de conseiller le peuplé , et d'aller en 
aml^assade pour les intérêts de la Grèce , n'entre- 
prenne pas de se laver parfaitement des infamies 
qu'on lui impute , mais qu'il chicane sur les lieux 
de son domicile , et qu'il demande si jamais les 
fermiers ont levé sur lui l'impôt des prostitués. Il 
doit, par égard pour vous, renoncer à une pareille 
défense. Je vais, moi, Timarque , vous en fournir 
une autre, qui est aussi honnête que solide, et 
que vous emploierez, si vous n'avez à vous repro- 
cher aucune turpitude. Regardant en face les juges , 
plein d'une noble assurance , tenez leur ce langage, 
le plus convenable pour un homme qui s'est con- 
duit sagement dans sa jeunesse : « Athéniens , j'ai été 
élevé chez vous dos l'enfance ; ma vie n'est pas 
obscure et secrète; vous me voyez tous les jours 

1. 111. 2(> 



fciM r 1. 



402 HARANGUE d'eSCHINE CONTRE TIMARQUE. 

dans vos assemblées. Si j avais à me purger, devant 
d'autres , des vices pour lesquels on me cite à ce 
tribunal, je réfuterais sans peine, par votre témoi- 
gnage , les reproches de l'accusateur. Si j'ai rien 
fait de ce qu'il m'impute , si même je vous parais 
avoir teuu une conduite qui ait le moindre rapport 
avec ses inculpations , oui , la vie m'est insuppor- 
table , je m'abandonne à vous , et je vous promets 
de me punir , pour vous justifier auprès des Grecs» 
je ne vous demande aucune grâce; faites de moi ce 
qu'il vous plaira, si vous me trouvez tel qu'on ma 
dépeint.» Voilà, Timarque, la justification que doit 
employer un homme sage et vertueux, à qui sa vie 
passée donne de la confiance , et qui peut se mettre 
au-dessus de toute calomnie. La raison que vous 
suggère Déinosthène , est moins la défense d'un 
homme honnête, que la ressource d'un prostitué^ 
qui dispute sur les lieux de son domicile. 

Mais, puisque vous vous défendez de la sorte 
réduisant la cause à une vaine question de mots, 
et voulant qu'on examine où vous avez établi votre 
demeure , écoutez , en peu de paroles , ce que je 
vais vous dire, et je ne crois point qu'après cela 
vous fassiez encore usage de cette misérable apo- 
logie. Cène sont pas les domiciles qui donnent les 
noms à ceux qui les habitent ou qu'on y reçoit; ce 
sont ceux qui les habitent ou qu'on y reçoit , qui 
les font appeler de tel ou tel nom , suivant les pro- 



i 



KATA TIMAPXOY AorOS. 40? 

%}oc\yi(ncLtç ftsff vfjLûo'j ofœfzcLU CH/jlcli J^ à?, et wpo$ 

VùiicLiy Tcu$ vixezîfdiç fjLcLpTVfiaiç fcLÔias àv axro- 
Av<7cxcr9ctt Tou^ Tou x.cLTfiyopov \oyovç. Mn yctp on , 

WûLf<tW\YI(nûif$ ^îC>iœx.iVXl TCUÇ XsyOfltVCHÇ VWO TOU- 
TOU cLiTicLiÇy dCicêToi yiyovfieyoç îîvcLi ifictvT^ tov 

Xoi'Teoif ^iO^ , 'TtCipcLâiâcûfJH T»y e/^ îfJLCtVTOV TllUùpiCLV 

tv<t'7rQ\oyyi(rcL(r^cLi r^ zroAe/ Tcpo^ rov$ EWyivùlç* ovâ^ 

TIXXù WùLfCLiTïl(rO^ÎVO$ VfJLcLÇ , CtAAet 3C0tT<X.p^p>|(rflt(râ-g 

ftoi , ei J^03C« ToiouTo^ 6Tyct(. Aur>j ixti Itrxii , J* Tt- 
fjbccp^Sy cL'vsroXoyict (Vi^ph ctyct^ov^ tcùli caxppovoç^ %f 

WtWKTTîVTCOTOÇ TCù jèlCû , TCCtl }CCLT(t(PfOVOVVTQ$ îlTCOtCùÇ 

frâinSj ovK <tvd]poç eVriv iXîvd-îpoVy dWa wofvov^ 
ta^tfi rm rowav S^icL(pîpofJiîvov. 

<pt\jyti$ , xctT* oî)c>i|xot To TrpoTy/xa î^e^za^ta-^cLi d^iccv^ 
iîirou exotOg^ou* à iJueWcù Agyetv ctKovtrcLÇ , gi(rotu5/$ 



> \ 



ov 'X^pyif^^ TotouTû) Aoyû) , goLy (rât)cppoy>j^. Ou 'y<tp Tôt 
ocVu/xotTot, ou^ clÎ oix.yi(Tti$ tcl^ îwcùwiJ^içt^ roiçtni^ 
ic7i<rcL(n 7rctpgp^ou(r(v , <tAA* 0/ gvoi3C3io"(tvTg^ Tct^ T(»y 
£*Aâjy €î«riT>î^eu/JL<tTûïv g^yû^vu/xict^ to/$ totto/^ 'Trotpot- 
cxeuct^ouo-jv. ' Otrou fxgy yotp tjroAAoi |!Ji/<r^û)<ra,jUgyot 



4o4 KATA TIMAPXOT AorOS. 

ft/otv olycïiinfj I^iî\ofieyoi i')(ovaij cwoixictf xctKotjfjLty 

T^v eV< Tctt^ odbr^ ipycLtrTYifiûif'J idTfOS ucoiiciayiTcLiy 

CLVTo TOUTO gpyaeTTwp/o? ^cxA}c£u$ 6t(roi)ct<nfTûti , %*A- 
x,e7ov e)cA>i9>i' eoty J^g yvotcpeu^, yvctcpeToV ecty (îe texTar, 
Te3CTov67ov' eœv J^e TropvoCocDco^ xxii tropvct/, aVp w 
tfyx(TicL$ tvd-v^ eit\yi5}f -^opveTov. 'i^erre au troAAct 

CUV oîTou tcTOTe e-zp-pocTTe? epaTûtf ctAA* «^ toSto 
çu Wî'sroiytx.ùiç cLxaro\oyov. 



Hçc< J^ , cùç ioixî , 3tott îTîpos \oyo$ rtç v^o rov 
oLVToiJ co^iarov o-uyxéijmevoç. Atyu yctp ^ cù$ ovSt^j 
îGTiy cL$ix.caTîpoy <py\fÂ>i$y ayopccicL rejc/JDip/ût xcù Ticty- 

fxvi ycLf TYiV 6V KoXmcù avvoixixv , tïjv Ayi/àcùvos )cct- 
\ov(Jitm f -^^ivây) (py\(n T)iy iwcùVVfjiicLV ^yjav o\i yctp 
éivct* A)i^tû)Vo^* eTTs^Tot TGV ^EpjLt^v, Toy 'Avà/x/o^ot; 
)cc6Aoup-evoy , ou)c' Avoo)ct(Jot;, ctAA* Aty>î^ob^ (puA?? 
e»vûL« ctva9>i/x,ot. rictpacpepe/ <^' cL'oT^'i h cxcû/iixaLTos 
txîfUy cùÇ Yidt)s dvnfy xct/ ZFîfi tols Iùicl$ J^totTptCà 



HARANGUE d'eSCHINE CONTRE TIMARQUE. ^o5 

fessions qu'ils exercent , ou les usages pour lesquels 
ils s y rendent [i4]« Sans parler de mille autr^ 
exemples en ce genre» on appelle verrerie un en- 
droit où travaillent des ouvriers en verre ; on nomme 
tannerie , celui qui rassemble des ouvriers tan- 
neurs ; une taverne est appelée taverne , parce 
qu'on y reçoit une foule de gens qui viennent s'y 
enivrer ; certaines maisons se nomment brelans , 
parce qu'elles sont ouvertes aux joueurs qui les fré- 
quentent ; enfin , un lieu de prostitution porte le. 
nom que la pudeur et la décence ne permettent 
pas de prononcer , parce qu'on y loge des personnes 
qui se prostituent. Ainsi, vous, Timarque, par 
votre facilité à vous prostituer, vous avez pu for- 
mer plusieurs lieux de prostitution. N'exigez donc 
pas qu'on montre où vous avez fait le mal ; mais 
prouvez que vous ne l'avez pas fait. 

On apportera encore , je pense, une autre raison 

imaginée par le même rhéteur. Il n'est rien de plus 
suspect que la rei^ommée , dit Démosthène ; et , 
là-dessus , il fournit des preuves de barreau en- 
tièrement conformes à son métier. D'abord, dit-il, 
la maison , au bourg de Colone , appelée maison 
de Démon , porte un nom faux , puisqu'elle n'est 
pas à Démon. L'Hermès , appelé l'Hermès d'An- 
docide [13] , n'est pas une offrande d'Andocide , 
mais de la tribu Egéide. Il se cite lui - même pour 
faire rire; c'est, en effet, un homme si agréable et 
si plaisant dans les sociétés ! à moins » ajoute-t-il , 



4o6 HARANGUE d'eSCHINE G0I9TRE TIMARQUE. 

que rnoi-même je ne doive répondre à la populace, 
quand elle m appelle Batalus , surnom que je dois 
aux caresses d'une nourrice. Si donc Timarque a 
été doué d'une belle figure, et si c'est pour cela 
seul, et non pour ses désordres , qu'il est décrié , 
est-ce une raison , dit-il , de le diffamer juridique- 
ment? 

Voici ce que je vous réponds , Démosthène, Le 
public n'est pas d'accord, et les discours varient, 
quand il n'est question que d'êtres inanimés , de 
maisons , d'offrandes , de tous ces objets ^ en un 
mot , qui, n'étant pas susceptibles de vice ou de 
vertu, font qu'on en parle suivant que la personne, 
qui a avec eux une relation plus ou moins pro- 
chaine , est considérable. Mais » quant à la vie des 
hommes , à leurs actions et à leurs paroles , une 
renommée vraie et nullement trompeuse se répand 
d'elle-même dans la ville , annonce au peuple la 
conduite des particuliers , et même prédit l'avenir. 
Rien de plus évident et de mieux fondé que ce que 
nous disons ici de la renommée : nos ancêtres lui 
ont érigé un autel public , comme à une grande 
déesse ; Homère répète souvent dans l'Iliade , avant 
qu'il arrive quelque événement de marque : 

La prompte Renommée a parcouru le camp [i6]- 
Euripide déclare que cette déesse fait connaître» 



KATA TIMAPXOY AorOS. 407 

ctJroîT gpyoi^ > ou J^>ïxyou J^icl tout* otuTov cp^jo-i J^e7v 



f\t ^t 



Eyoù J^e , a> Aji/^oo-Oev)!^ , 'Trepi jt^ev t^v ctvot9>î/xaTû»v, 
xoti Ta y oiKicùi yXcLi wtfi rSv xmiJLxrm, 39 TCcurm 
oAûï? T^y êj!fmm^ 'sroWov^ xcti nrcuToàcL'woiiÇ tlcli 
ovâîWOTt rovs clotovs cty^ova Xoyouç Aeyojxgyou?. OJ 
yctp gi(7<y ey ctuTo?^ ouTe xotAott , ouTg (Li(T')(^oLi wpcL" 
^zi$ j ctAA 7rpo(ra4:cc|xeyo^ ctuT^y tl^li ti cl f<iTv')(œ}f , 
o<rT/^ iy ^y x^cLTùL To />teygâ-o^ TÎf^ clvtov S^o^n^ Aoyov 
îsrctpe^ef wtfi <re tov Tût)y ctvâ-pû»':r<»v jK^oy, xcli Aoyoy 

XOtt Ta^ TSrpcL^SlÇ , XOti Ct-v|/gUO>f^ t^^ ot^o tcwtoijlcltou 

Ta^XcùZxcLi (pnfJLVi xcLTA TYjv 7eo\iv , xcLi J^tctyyeAAgi 
To7^ zgroWois tclç i$icl$ wpcL^tiç' woWci J^g xott 
fJtctyTgugtoc< 'rrgp/ T^y jttgAAôVTûïV g(rg(r9oL<. Kot/ ouT^^ 
eyctpyg^ g<rT/ xcct ou '7tîn\cf.G'[jLiV0i Agyo^, oa^ £up>j<rgTg 
xcLi T>iv îîroAjy ujmav x.at Tou? ^poyoyou^ 9n/i7i$ , «^ 
5gou jLtgyt(rT>î^, ^co/ioi^ lâfv/JLîVovç' kcli Toy '0/Ji»poy ttoA- 
XcLuiS h T}j*I\tcL$i Agyoytot, trpo tou Tt T«y jitgAAoy-^ 
Tay ygyg(rô-oct , 

xcLi wctXiv Toy Evfi'Tti^i ot«»'o(potiyo|X£Vov T)fy 5gov 



4o8 KATA TIMAPXOT AOrOS. 

owQioi rivis eu Tvy%ctvûj<nv ovt6^, claacl xcti rovç 

TiTZXîVZyiTCOTcLÇ j QTcLi A6yW' 

O J^e 'Hfflodoç TLdi S^i(iffyfây\y Beov clut>i? ctwoùiUwffiy 
TtoLvv (T(L<p£$ (SfçaJ^m roiç ^ov\o[JLtvot$ av)fiî)fcLr Myu 
yccp- 

4>tffcti i^ ovrtç TrdfiTFttv «ToAAvrtfi, tjvrtfu Xttot 
TI«M0' (Çlfct^ouo-i' B-toç vu riç loTi Kctt ttvjtj, 

Kcu TovTCùv Tov 'TeoivifjLctrm rovs [nv tv(r')Qf\[ims 

eu Tt/Jiûxn T»y ^eov tûcut>iV xcLxyjyofov yccp ccut>i;^ ûcoûc- 
yoLTûV ep(^g<y >iVoîryT<x/. Ayctay»(rô>îre ouv, â) otv^pe^, 
TEyi ?c6p^p>i(79g Çvj/JLif 'Ttîfi T/|xapp^ou, OJ^ i/^ot TOU- 
yo^ccjt AeysTot/ , xo.* to 6pa)T>i]ULcc gJ9t>$ epûJTctVoti, Floio^ 

' / » / •?• »k\ f 

pLCLfTVfcL 7Mrctpî')(0llCLly OV TSTKTTtVaîTî 'y If OVOt %}/gU- 

âbfcapTup/ay 9g/xi^ gVxiv iWitr^yi-^cLa^ûLi. 

^ETTii KcLi ( wifi T?^ A>îjao(79eyoi;^ twmviiicLç ) ou 
jcotîcû)^ UTio TÎî^ (p>i^)î^ , oAA* oup^ Jtio tÏ^ t/t9)î^ , 

BotTfltAo^ typoerayopgugTûti , g^ ciiCLv8flCL$ TtVOS XCLl 3C/- 



HARANGUE d'esCHINE CONTRE TIMARQUE. J^OJ 

non-seulement les vivans, mais encore les morts , 
quand il dit : la Renommée ne permet pas que ia 
vertu soit ignorée y même dans les entrailles de 
la ^erre. Hésiode la représente , en termes formels, 
comme une déesse , lorsque , s expliquant claire- 
ment pour ceux qui veulent l'entendre, il dit , dans 
un de ses poèmes : 

Par la voix des peuples formée , 
Fille du temps , la Renommée 
Pourrait -elle jamais périr ? 
Elle est déesse ^ et ne saurait mourir. 

Tout homme qui a mené une \ie honnêt€ et dé- 
cente, fait reloge de ces poèmes, parce que quicon- 
que est jaloux de lestime publique , attend sa 
gloire de la renommée ; au lieu que ceux qui ont 
vécu dans le désordre, n ont garde d'honorer cette 
déesse qui est , pour eux , une accusatrice immor- 
telle. Rappelez-vous donc , Athéniens , quelle idée 
la renommée voiia a donnée de Timarque ! Dès 
qu'on prononce son nom, ne demandez- vous pas 
aussitôt : Quel est ce Timarque? N'est - ce pas cet 
infâme débauché? Et, après cela, vous ajouterez foi 
à mes paroles , si je produis des témoins sur un 
fait; et vous ne me croirez pas, quand je produis, 
pour témoin , une déesse contre laquelle on ne sau- 
rait s'inscrire en faux ! 

Quant au surnom de Démosthène , c'est la re- 
nommée , et non sa nourrice , qui l'a fait appeler 
Ba talus; sa lâcheté ^t ^^ mollesse lui ont valu ce 



4lO HARÀICGUE DESCHINE CONTRE TIMARQUE. 

nom. En effet , Dëmosthène , si on apportait, au 
tribunal , vos habillemens somptueux et délicats ^ 
ces belles manches flottantes, dans lesquelles vous 
écrivez contre vos amis ; si on les faisait passer aux 
juges , je pense que , n'étant pas prévenus , ils se- 
raient embarrassés de décider si c'est le vêtement 
d un homme ou la parure d'une femme {a). 

Il paraîtra encore, à ceque j'apprends, pour dé- 
fendre Timarque , un de vos généraux, qui porte 
la tète en arrière, qui se contemple et s'admire lui- 
même, homme formé à tous les exercices du corps, 
et qui fréquente la bonne compagnie. Dans le des** 
sein d'attaquer le projet même de cette accusa- 
tion , il dira que c'est moins une matière à juge- 
ment que j'apporte au tribunal , qu'un moyen de 
ruiner la politesse de nos mœurs [17]. Peu content 
de citer l'exemple d'Harmodius et d'Aristogiton , 
qui nous ont rendu les plus grands services » de 
rappeler leur attachement mutuel et inviolable, et 
les grands avantages qu'en a tirés cette ville, il ira 
même , à ce qu'on dit , chercher des autorités dan» 
les poèmes d'Homère, et fera sonner les noms des 
héros les pjius célèbres. Il vantera l'amitié étroite 
d'Achille et de Patrocle , et louera , aujourd'hui , 
la beauté , comme si elle n'était pas regardée , il 
y a long-tems, comme un avantage désirable, lors- 
qu'elle est jointe à la sagesse. S'il est des gens > 

(a) Eût-on jamais cru que Taustère et véhément Démosthène fût cu- 
rieux de sa parure f 



KATA TIMAPXOT AOror. 4^1 

ifùLiâîioL^ gyeyx.ctjut.gvo$ Toûvo/Aot. E< yctp nç trou tcl 

Aoyou^ ypa(pgi^, itîfnvîyxcL$ à^oin it$ rA$ %fi«pot^ tav 
d^/xacrrû^y^ o/ojLco&< otv olvtovç^ et r/^ /t» TFpoiiwco^ 
TovTo woiïKTîiîv^ cLTTofyiffùLt îï Tt isàpoç , et Tg yuyott- 
7L0S etA>î(pflt<rty eVSîÎTflt. 

Ayx^ïKTiTcLi S^* ey tm cttyoAoy/qt xct/ rSy arfoLxyi'' 
yS$ nç , (»$ XTcovcûf ^'Tcna^m xm KOLTcLaxonoviiifo$ 
ioAJTO'jj cù$ ey ncL?\ucu<TTfcct$ jcctt S^txrpiCcu^ yèyovce^^ 
oç iTn^îipnau iixavpui tuf oA)if eycrTct<r<f tou xySioç^ 
ov JLft<r^f e^tvfnKVJxt /it (pctaxaf , glWx S^ttfii^ inxi" 

Toi/^ J^erepoti^, ' Af fjiodiof tuu *AfiaToyuTùfX ^ xcù 
TîTf îrpo^ tf AAjïAoo^ TriiTTify 7LCLI To "orpxyyLOL m^ aV" 
tmryxjt TÎ 9-0 Aei , S^i^icêT cml cu^t^rrcu S^* , ^^ 

T» icaÏTuSi , ccAAa jccti t>: y Aeyofanf? ytn^M ^lAiâtf 
T^jr/jf ^OÊi^pocvjtif$ y nTf tY^csf^xfftzxx* Ei yxf Tjff 



4i2 KATA TIMAPXOY AOroX. 

ri$y avfi^opoLv toi$ e^oucr/ yLcLTcLazi/Krovan y ov TctuTct 

aBcLi. * Atotov y dp tifcLi , J^ J^oxer? lauoTCùy tt Tovç 
ftey v<€/^ Tov$ fiïiOî'TCùi ysyonoroLS (tTCdUiTiç £t»5^6<r5-6, 

iroA/i , €av icclWu xcte «pot Aeieyxoyteç ixn^yi^cêat 

cSç eo/xev, AiVp^^evw 'r6i(r3evTs^, drt/jLCùaEru Kqtv- 
TotCd-ct J^>i T/Vût xctTct opo auy , (»$ dx/ivofy fitWu 

ûtwTo^ ^t6V ey Tot^ yv/JLyoLaioi$ o^Aï)fO$ m kcli ^tt^U' 

(7Tû)V IpcLCTTl^^ ycyOWÇj TO J^g WfayfJLCL tU ôvciâoç 

xxtt xtyâvyovç x^x^iCToL^ , xct< , ro TeAeuTcuov , c»V 
dwctyyiWovcri ri^îç /jloIj tiç yî\cùTcL xcti \yipov 

*i / > \ >; / , 

oo-ût TTcTro^wa èfariTccL îi$ rrJcL$ 'TtoiytiiùLTcL, 59 Ao/- 
ùofiœy Tims koli wXy^ym ex rov wpctyiicLroç , ûtt 

Eyctf J^e ourg î^cùtcl J^ixct/ov ^pey^, ovt€ tow^ 
xûtAAe/ S^iaL(ptfoyrcLç (p>i|uit ^re'TropVctio-^ct/ , cut' ctvTO^ 
gça,pvou)ULa.« fjL» ov ytyon^di îfCûTiTcoç , xct./ €Ti ]Ç| " 
vuy tiycLt , to^ Te ex rov nfcLyfxoLToç yno/l^ 




^ Vj 



HARANGUE d'eSGHINE CONTRE TiMARQtE. 4^^ 

dîra-t-il , dont la malignité cherche à tourner les 
grâces du corps au malheur de ceux qui les possè- 
dent , vous, Athéniens, vous ne décrierez pas en 
public , par vos sentences , des qualités que vous 
désirez en particulier. Il trouverait absurde que 
vous, qui, au moment d avoir des ebfans, faites 
des vœux, avant leur naissance , pour qu'ils soient 
d'une belle figure et dignes d'Athènes, on vous vît , 
lorsqu'ils sont nés , et que la ville peut se glorifier 
d'avoir produit des hommes dont la beauté frappe 
tous les regards et attire une foule de rivaux , on 
vous vît les diffamer, sans doute d'après les in- 
vectives d*Eschine. Ici même, à ce que j'apprends, 
il doit faire une incursion contre moi ^ et me de- 
mander si je ne rougis pas de faire un crime à d'au- 
tres de certaines liaisons, de leur susciter des pro- 
cès , et de chercher à les couvrir d'opprobre , lors- 
que , moi-même , je vis habituellement dans les 
gymnases avec les jeunes gens, et que je me suis 
permis d'aimer plusieurs d'entre eux. Enfin , à ce 
qu'on me rapporte, pour vous faire prendre la 
chose eu plaisanterie et comme une bagatelle , il 
vous montrera , dit-il , les pièces de vers que j'ai 
composées pour les objets de ma passion , et pro- 
duira tiss témoins des injures et des coups que j'ai 
reçus à ce sujet. 

Pour moi, je suis loin de blâmerun amour hon- 
nête [i8], et d'attaquer les mœurs de quiconque 
est doué d'une belle figure. Je ne nie pas avoir 
aimé autrefois , et aimer encore des jeunes gens , 



4l6 KATA TIMAPXOY AOroX. 

ycLç* ctAA* ou Toy eAeu3-€poi txjûû\v<rti «po^v, xoti o^- 
AiTv, xflt/ axcAouGicV oucîfe jSActCw ta •arctiA, etAAct 
fioLPTVficLi ccù^poaviiyiç rtyyiCcLTQ crujLtfeAtvetv. Axupou 

J^* , o7)U.Cti , X.0&< CLOVVCLTOV ^ Ôvro^ Xf rVflCt TOf OfZCH 

(ptA/flt^ Aoyou^ e<V T>îy Ç^oyoucroty xctt vptaC^vTîfctv 
yiM^icu clvolCclWîTcli^ to J^' eVctx.oAow5€?f xctt €(po- 
petv, (pfOvpcLV xoC( 9uActx)fy (rcû(ppo(rvvïiS nyyiacLTO etyctc 
jULey/ffTJiy. Tor/<tproi 'zovç zns noKtoùÇ (itv €U€pyeT«, 
TfltT^ J^' ctjSeTctîV vt9rtftyyi^Q')(0TcL$ , 'ApfioAoy xcti 
Af KTToyîtTovoL y (rcù(ppcôi xfltt eyyo/AOf , tire tpata, 
€/Te Tpow'o¥ ctuToy p^p)i 'TrpocTciTrgty, towutou^ erfAU- 
(Jeucrey , «ctts tou^ trsrdunvvrcL^ tcl exety^v epyct , 
xoLTctcîeeoTepou^ S^oxtn ùvai ev To'.f îyy^cûfiiot^ rSv 

XOtt 'O/X>ip0U, XOtt iTifm 'TtOiyjTCùVy Cù$ TOdi fJLî^ J^/- 

x^ûLCTT^y ctv)ixoû)y TJct/^etcc^ ovtûjv, vfjiî7$ (Jg et;<r^>i/^oye^ 

TtVg^ TtpOCTtOlîiG'Bi e/VCC/, XOt/ J-ZîrSptPpOVOUVTe^ /(TTOpirt 

Tov <}^>j/^oy /y e<a>îT€, ot/ jcct/ y\iJ.îi$ zt y\oy\ y\xov(rcLiiî'J 

Xût< îtXCtd'OfJLi}/, Mt^O/JLî)/ Tl JCOtt V/^gt^ TTôpt TOUT^V. 

[jLîTpcù \oyov$ , •3-eû)p>icraTe dwo^Kî'^cLyrtç , (w^ 'a6)î- 



^ 



HARANGUE d'esCHINE CONTRE TIMÀRQUE. 4*7 

quement cinquante coups de fouet. Mais il n a pas 
défendu à un homme libre d'aimer un enfant li- 
bre, de le suivre , et de converser avec lui, per- 
suadé que cet attachement , loin de faire tort à Ten- 
fant j était un témoignage de sa sagesse. Comme 
il est encore dans un âge tendre , peu capable de 
distinguer un ami véritable d'un faux, le législa- 
teur donne ses avis à celui qui aime , et réserve^ 
pour celui qui est aimé , ses leçons sur l'amitié à 
un âge plus raisonnable. L'attention de le suivre et 
de le veiller^ il l'a jugée la plus sûre gardienne de 
sa pudeur et de sa modestie [19]. Aussi, Athéniens, 
ces deux héros ^ qui ont si bien mérité de la répu- 
blique, cesdeux hommes si distingués par leur cou- 
rage , Harmodius et Aristogiton , c'est un amour 
honnête et légitime (soitqu'il faille l'appeler amour, 
ou une heureuse sympathie) , c'est , dis - je , un 
amour honnête qui les a formés, et les a rendus 
tels, que , dans les éloges qu'on fait d'eux , on pa. 
raît toujours au-dessous de l'action qu'on célèbre. 

Mais puisque les adversaires parlent d'Achille et 
de Patrocle , d'Homère et des autres poètes , comme 
si les juges ne savaient rien; puisque , affectant une 
certaine gravité, ils se piquent d'avoir plus de con- 
naissances que le peuple, il faut qu'ils sachent que 
nous sommes un peu instruits nous - mêmes , et 
que nous avons appris quelque chose. Nous allons 
donc parler poésie , à leur exemple , et citer les 
maximes en vers des poètes regardés généralement 
comme les plus philosophes et les plus vertueux. 

T. ni. . ^7 



4 1 8 ^ HARANGUE d'eSCHINE CONTRE TIMARQUE. 

Or, voyez. Athéniens, quelle différence ils ont 
mise entre ces hommes sages , qui aiment leurs pa- 
reils, et ces âmes corrompues et libertines qui se 
livrent à des penchans infâmes. Je ferai d*abord 
mention d'Homère, que Ton met au rang des poètes 
les plus anciens et les plus éclairés. Quoiqu'il parle 
souvent d'Achille et de Patrocle, il ne dit pas un 
mot d amour , et ne donne pas de nom à leur 
amitié [do] ^ persuadé que leur affection récipro- 
que, si peu commune, se fait sentir à toutes les 
personnes instruites. Dans un endroit du poème , 
Achille, déplorant la mort de Patrocle, se rappelle, 
comme une des circonstances les plus affligeantes, 
qu'il a manqué, malgré lui, à la parole qu'il avait 
donnée à Ménétius, père de Patrocle, de ramener 
ce cher fils, s'il le lui confiait, et s'il l'envoyait avec 
lui à Troie , de le ramener a Oponte , patrie de ce 
jeune héros ; ce qui annonce qu'il s'était chargé ^ 
par tendresse^ de veiller à sa conservation. Voici 
les vers qu'on va vous lire. 

Ve r s. 

« Hélas ! que mes paroles ont été vaines en ce jour, oà, 
» rassurant dans son palais Ménétius alarmé y je m^eo- 
i> gageais à lui rendre son généreux fils , à le ramener a 
» Oponte , vainqueur de Troie, et chargé d^une partie du 
M butin ! Mais , sans doiite , les dieux ne remplissent pas 
» tous les désirs des hommes , et il est marqué , dans leurs 
^ décrets éternels , que Patrocle et moi nous rougirons la 
» même terre de notre sang ». 

Mais ce n'est pas seulement dans cet endroit. 



kAT'a timapxoï Aoros. 419 

f fit^ , TtOU Tûùf OlXOlCûy îfCù^TcL$ , X^CLi TOVÇ CLTCpcLTUÇ 

fitf trepc ^'Ofinpovy ov gv to7^ ^TrfBaCvrci'zoïç tcoli - 
cocpoTcLToiç tSv '7ro/)jT«v 6iyoti TcLrTo[ity. *Exit- 
w^ yotp TsroWoL^ov iiefX'JniJLivoç wsfi ïlccrpo^chov 

XCtt Ap^tAA6û)$, TOV ^t6y tpûùTcL XCLl Ty\1 îTZmVfJLKU 

^LVTCûv Triç (piXidLÇ tJWox.fvsmrcLi y ^ovfiîyo$ tclç 
Tïis ivioicL^ vwtpCo\a$ xcLr<i<p<vi{iç eu ai to7$ 'tci- 
^cLiâîvfjiîvoiç rm ctjtpootTSv. Atytt yoLp ^ov hy^iX- 
XtvÇj oâvpo[iîio$ Toy tov riottpoxAow ^ocvctToy, ûrVév 

T)fv U'7rotr)^e<r/y, T>iy trpo^ roy Trctiepot Toy ilotTpoxAoi;, 
Toy Ml£yo<T/oy, ax,û)y t^evtTOTo* tnctyysiXcLaQcLt yap 
etuTov €t^ ^Owovy'zcL <raov dwa^tii Tcv FlctTpoxAov ( ^y 
yctp *07rouyT/o$), 6t' (j-ujutTie/x-vl/g/ey ott^toy e/^ T)jy Tpo/oty, 
xcw ^apot.x.ûe.Tût3-oiro cl JtS • (» x,cLTeL(p<m$ eVi/v , û;V 

J^€ r<t €tir>i , ot eyû> ywy< iitAAœ Agye/V 

@«(p<r(/y«f 9ptf« Miyomof |y /tiîyttfota-i. 

Ov Totvuv evTûCvS-flt ,aovov o^eTAiow^ûïy (poteysra* , 



420 KATA TlMAPXOr AOTOt. , 

fit AA* ovrcùç ctuTov !<T')(vpci$ «-TreySifcrei, «erre îTctpct ©e- 

/Aey Touf ép^â-pot>$, oÎAA' ect(7A5 ctTifJL«p>iToy Toy toS 
nctTpo}cAou d-ctvotToy , î7r<tn\d-aif o/)cot.()fe , yyifctio$ ev 
T^i fltuTov'TrotTpic^ dxsroâcLmrcLi , riticùfïïacLfJitvo^ J^t , 
J^iût TcC)(îm /lîWsi Toy iStoy TgAevroTy, etAero tw 

TCd$ J^e /JLeyaAo-Nl/u^a^ i^zariiyîTo tov (foyect toi exe/you 
T<jLta;p>i(joc(r9ati, û)(rTe, ncurm ctvroy 7tcLfcL[ivQov/jLimi , 
xott x,eA€uoyT«y Aoucroto-Goci xûti (rrrov tD'poo-eyeyxA- 
crOct/, elrsroiJLWtn finSiv iy Touray •arpot^eif , ^piy <ty 
T>iy Tou ' ExTopo? xe(pctA>îy 6tri Toy Toî nccTpoxAow 
TctÇoy înyxi}. Ka5ivâoyro$ J^e ctvxov iwi riji 'Ttvpa^ 
ùùç (p>îo-iy t2ro/>iT)i^5 etolwAov ecp/o-TctTot/ to rictTpo- 
xAoujxa/ TOiovrm gTrgjmvyKrSjî, xa/ rotetvrcL Iwt^ 
(rx>i-v[/e t2 Ap^/AAs?, ecp' o't^ xa< S'AxpvaûLt , xctt ^>j- 
XcùGcLi Ty\i apcTîiv xoct r>iv (p^Atav ctç/oy cLurm tarly. 
^Ewio'y.yi'Tmi fjLîv yctp clvtcù , wpoîiTCûùi y ot< ovèl 
exeTvo^ ctTie^s/ fioL^pcii ry\$ rov ^lov TeAgwTÎi^, eî tiû)^ 
ui/i J^uvoCTov, îirpOfî<o<x>i(7ct<r3flC/ ottû)^ tov clvtov Tûi- 

ovrcù xcct T€AeuT»cravTû)y cLVTœy rct o<ttùl e y t« ctuT? 
copcù xÉtcreTat. Oàrjfojxvios J^e xcc< to.^ S^i<tTptC>ctç 
S^tt^iCûv, (iç (MÎT cL\\ï}\m l^oùVTEç J^/gTpij8oy, Aeyê/, 
0T< oux er/ îzrgpt tû)V [Xtyiarm , ao-îjrgp to ^ErpoTspov, 






HARANGUE d'eSCHINE CONTRE TIBURQUE. 4^1 

qu'on le voit déplorer la perte qu'il vient de faire; 
il en était si affligé , qu'ayant appris ^ de sa mère 
Thétis , que, s'il négligeait de poursuivre les enne- 
mis, et de venger Patrocle, il reverraît sa patrie , 
et qu'il y mourrait dans une heureuse vieillesse , 
mais que, s'il le vengeait^ il finirait bientôt ses 
jours, il préféra de mourir, pour ne pas manquer 
à son ami mort. Et même il témoigna un empres- 
sement si magnanime dans la poursuite de son 
meurtrier, que tout le monde, cherchant à le cou* 
soler, et l'excitant à se baigner et à prendre de la 
nourriture, il jura qu'il n'en ferait rien, avant que 
d'avoir apporté la tète d'Hector sur le tombeau de 
Patrocle. Lorsqu'il est endormi auprès de son bû- 
cher, son ombre, dit le poète , lui. apparaît. Ce 
qu'il rappelle et ce qu'il recommande à Achille , 
est bien capable de nous arracher des larmes , et 
de nous faire admirer leur amitié tendre et ver- 
tueuse. Après lui avoir dit que lui-même n'est pas 
loin de sa fin ^ il le conjure de faire en sorte , s'il 
est possible, que, comme ils ont été élevés et qu'ils 
ont tou jo\irs vécu dans le même lieu , ils ne soient 
pas séparés après leur mort , mais que leurs cen- 
dres reposent dans le même tombeau. Il rappelle , 
en gémissant , les entretiens qu'ils ont eus ensem- 
ble , lorsqu'ils vivaient. Assis l'un près de l'autre , 
éloignés du reste de nos amis , nous ne délibére- 
rons plus ensemble, dit-il, sur les affaires les plus 



«^22 lliRASGCE D ESCHI3ÎE C05TEE TIMARQUl. 

importantes : car il regrette surtout les marques 
d altochement et de confiance qu'ils se sont don- 
nées. Mais, afin que vous entendiez les pensées du 
poète dans les propres termes qu'il a employés lui- 
même , le greffier va vous lire Ips vers d'Homère à 
ce sujet. Greffier , lisez d'abord la vengeance qu'A- 
chille veut tirer contre Hector. 

Vers. 
a Cher amî, paisque je dois descendre après toi cliez les 
>. morts , je ne le rendrai les derniers devoirs , que lorsque 
» j'aurai apporté dans ce camp les armes et la tête d*Hec- 

>' tor , de ton superbe meurtrier ». 

Lisez ce que Patrocle lui dit, en songe, des en- 
tretiens qu'ils ont eus ensemble , et de leur sépul- 
ture qui doit être commune. 

Vers. 

» Assis l'un près de l'autre , éloignés da reste de nos 
y* amis , nous ne délibérerons plus ensemble. J'ai subi le 
» sort rigoureux qui m'était réservé dès ma naissance. Toi- 
» môme , illustre Achille , le même destin t'attend , et tu 
» ne larderas point à périr sous les murs de Troie, où tu 
» combats avec courage pour la belle Hélène. Ecoute ce 
)» que je vais le dire , et n'oublie pas ce que je te recom- 
>» mande. Que mes cendres , quand tu ne seras plus , ne 
» soient point séparées des tiennes ; qu'elles soient couver- 
» t(*s de la môme terre , et déposées dans cette urne d'or 
« dont la respectable mère l'a fait présent. Tu dois t'en 
» souvenir ; j'étais fort jeune ; dans un transport de colère, 
» par imprudence et sans nul dessein , j'avais tué le mal- 
» heureux fils d'Amphidamasaveclequel je jouais. AfQigé de 
>» ce meurtre , mon père me fit quitter Oponte , et me me- 
» na dans le palais de tes aïeux. J'y fus reçu par le brave 
» Pelée, qui m'éleva avec soin , et m'attacha à ta personne. 
« Puisque nous avons eu tous deux la même éducation , il 
» faut , Achille , que nos corps soient renfermés dans le 
M môme sépulcre ». 



KATA TIMAPXOT AOrOS. 4a3 

tvvoicLf tëro9e;vora.T>iv T^yov/jLîvoç moLt.'hoL ^t xot* S^iùt 

TOV fJLîTpOV ZCL^ yyOÛlXcL$ CLKOVaïiZc ZOVTtOlïiToCy ûtyflt- 

f f *>* < \ \ i! \ \ I 

yyCùŒtZOLl VfJLlIf O ypctlJL[XùLTtV$ Tct iTTri rcL WZft TOV'' 

Tm y i'OiXTtfoç 'TTiTCoiriK^. Aîye wfZro^ rct ^tfi rli$ 
Ex.ro fo$ ri/jLCâficLÇ' 

AAA twu ovjy (ptA iTUtft y rtv umftç Ufi vt« yùHAv ^ 
Ou of ttptv KTtfi» y 9-piy y Ektô^ûç if^ue tftiK» 
Ttv^îa Ket\ Kt(pttXijf ftty»6ufiov ç-tto (Qùviêç,, 

Ayetyiicoo'ycî <r>», et wîfi toi» o]ULOTct(pov$ otuTov^ 
ytvîtxQxt Myît li rZ Ttsrva o^ IlctrpoxAo?, jcot» trep? 

où ytif trt l^aoi yt (ptA«y dvttvtuètf irttlpctf 
BûvXÙç fl^ofctvot 00vMuTùfctf' ttAX"* ifii fttv Ktjf 
*Afc(Çix'^** tf^uyepi;, 99rfp A«;^e yttfofcifof ^fp. 
JCtf/ àt a-ùt uyr^ fêOif»y irtoiÇ tTTittKiX Ax/AAse; , 
Ts/%E< oVd* TfôiOÊf iôtiytftaf ivûXtr^tti y 

'^AAAo tf^f rtf< iÇ«<»> »•« ^ 8»i ^pi^i /3«AAfo a^rtf 

Mtj îfA» rSv dzrtlftvB't rtB-tjfittveti om ' , *Ax<^c?9 

'AAA* 'tittc vtf 0*s x«< ttuTOf ifAoïtj yetitc tttztud-ti ^ 

\fvrt» (¥ Àsc^t^oftly Ttr Tôt voft wùtvia fitiriif, 
'£lç èu0o itfêi^tfiit irif if vfUTtfoto-t iofcotnfy 
BvTt fct TurB-éf iêfTtt Msvoiriof i% *OvùirrûÇ 
^Hyetyip vfttTtfêfi* , «r^p ««r «0-/11 ; Jaro Xvyfnç , 
''HfMtri rSy àTt w/tii^tt »«rf«r«fOf *Afc^t^«cfitCfToç 

Htjsrtcç y ôÔk i^iXmit y ^f*(^* Àrrfmytix^trt x^Ad»d-fiV* 
'^Efétc fct it^Êtutfoç if ittfutott twoTtt TIvAcvV 
''Et^î^Î t* tp^ottioiç y xMé rcf d-ep«9«fr' ivofciftf, 

llç et Kêtt orrttt fmtt 9féti r^ff ttfi^txtiXozrTêi, 



i,.-A TIMAPXOY AorOS. 






\mrvtM ymf r§t i-sFUrm fitB-'^EicTOftù WêTfiiç 'iTêtfCêÇ, 
Tir» I* ttlfTt iTfOTttiwt wù^dfKHi ilof'Ky^ûiXiwç* 

KTtifo^tvm ivMfCuvMt^ c fcot wXv (p/Ar«srof toittit. 

'O roiiw ov^tioç nTTov (ro(po$ toi woh/itoÎ/ , Evpt- 

O à iiç TO Q-m(^fot tv aftrtjit r ttyo/p ifttf 

rifltAty TOlWy CLVTOÇ TSrQlïlTYiÇ gy tô» ^OUtXi glwq- 
(pcLiVSTOLl , VZSTîf Tï\^ yîyîVHfJLiVïiÇ CLVTCê WpO$ TOV TTCC- 

ttpet S^iolCoAtiç cLwo\oyovfjievoç , xa< aî2r69/^û>y roi^ 



/» V 



Aoy l^ùfim TetXtjB-iç ûç m^^iç (pvo^y, 

^<rTts 01 0fit?i0iv tiatrctt KttKcts cùftj^ , 
Oj veûwoT* ifdrtja-tty yiimtrKûif , en 
TtiovTCs ta-iT ùiotTVtf r.atrtti %uyûif» 



HARANGUE DESCHINE CONTRE TIHARQUE. 4^^ 

Lisez ce que lui dit Thétîs , qu'il pouvait con- 
server ses jours , s'il négligeait de venger la mort 

de Patrocle. 

Vers. 

« O mon fils ! après ce que tu viens de dire , tu ne me 
» seras point conservé long-temps ;> tu ne tarderas pas à 
» suivre Hector que tu auras mis au tombeau. Que je 
» meure sur-le-champ , répondit le divin Achille , puisque 
» le destin n'a poipt voulu que je garantisse du trépas le 
» plus affectionné , le plus cher de mes amis ». 

Euripide , qui ne cède en sagesse à aucun poète , 

regardant un amour sage comme quelque chose de 

fort honnête , en fait l'objet de ses vœux , et dit 

dans un endroit : 

Vers [21]. 

(c Un amour sage, qui conduit à la vertu, peut être 
f> l'objet de nos vœux, et je désire moi-même cette faveur >». 

Voici ce que dit encore le même poète dans le 
Phénix [22] , lorsque , faisant justifier ce héros des 
imputations calomnieuses qui lui ont été faites au- 
près de son père « il nous accoutume à ne pas juger 
les hommes sur des soupçons et sur les rapports 
de la calomnie , mais d'après leur vie passée. 

Vers. 

« J'ai été nommé juge dans plusieurs causes : malgré les 
>* dépositions d'un grand nombre de témoins ». un motif 
yi unique m'a fait prononcer le contraire de ce qu'ils attes- 
i> taient. Pour découvrir certainement le caractère d'un 
» homme 9 et je crois procéder avec sagesse , j'examine ses 
» habitudes et la vie qu'il mène. Quiconque se plaît dans 
yi la compagnie des méchans , je ne demanderai pas quel il 
yy est ; je suis certain qu'il est tel que ceux avec qui il aime 
» à vivre ». 



4^6 HARANGUE d'esCHINE CONTRE TIKÀRQUE. 

Examinez^ Athéniens, les pensées du poète : il 
fait dire à un des amis de Phénix qu*il a été juge 
dans plusieurs afi\tircs , comme vous l'êtes dans 
celle-ci ; qu'il n'a pas jugé les hommes » cités en 
justice y sur des dépositions , mais d'après leur con- 
duite^ et d'après les sociétés qu'ils fréquentaient; 
qu'il a considéré «quelle était la vie habituelle de 
l'accusé, la manière dont il gouvernerait samaison, 
parce que, sans doute, il gouvernerait de même la 
république ; enfin ceux dont il recherchait la com- 
pagnie ; car il déclare , sans hésiter , qu'il est tel 
que ceux avec lesquels il aime à vivre. Nos juges 
doivent raisonner de même à l'égard de Timarque. 
Comment a-t-ii gouverné sa fortune ? Il a dissipé 
son patrimoine et les biens de ses amis; après s'être 
vendu pour la débauche , et avoir trafiqué des char- 
ges qu'il a gérées, il a tout consumé, et il ne lui 
reste plus que la honte et l'opprobre. Et quel est 
celui avec lequel il aime à vivre? Hégésandre. 
Quelle est la conduite d'Hégésandre? elle est telle 
qu'on ne peut en tenir une semblable , sans être 
exclu de la tribune par les lois. Que demandé-je 
contre Timarque? Qu'est-ce qui est porté dans mon 
accusation? Je demande qu'il soit exclu de la tri- 
bune , comme s'étant prostitué et ayant dissipé son 
patrimoine. Vous, Athéniens , qu'avez -vous pro- 
mis dans votre serment ? de prononcer sur les ob- 
jets mêmes du procès. 

Pour ne pas trop m'étendre sur l'autorité des 
poètes , je vais citer les noms de vieillards, de jeu- 







KATATIMAPXOY AOrOS. 4^7 

ersrtrnâtviJLcLTm tcgli tcov o/tiAzav (p)!a'i îroie7<r5cti , 
ex^îtat cL'aro\c>\tzs'œ}/ ^ was rov xaU )tiU.6potv jScov Q)f o 

TCptVOfltVOÇ y XCLI OfTtfOt TpQZSTOi d'IOiTCil TïW «fltUTOU 

AguT^v ov)c cùxnanv cLWo(p}f^cL(râcn y tozoutov otuTov 

Tt/jicLp')(ov rois eLVToTs v/jiSiç EvpiTtt^ ^pyiaeLtrQ'OLt 
XoyKryioïç. ïlSç J^ic^ny^t rnv ioLvrov ovaioLV } jcctre- 
Afcîbxe TCt ^ûtTpSût, xan rcL rm (pt\cûv, fJAiucQoLpyyi^ 
7LCÙS Ta (TCù/juLTtj xcLi S^câfùâoxSv J^ïifJLOfftef,^ woLf:' ii(px^ 
vixsy, cûffzî fmâîf ctAA' n x<t$ xla^vyoLS ewicf mpiuicti. 
Xcttpsi i^€ rS ^vycùf j ^HyfiaxfâfCf, 'O J^' 'Hyfi<rcLfâfoç 
€x Tivay cWiy etriT)H?eyjUctTfi^y j Ix rovrcrj^ a tJv 
wpci^cLrrcL oî vofiot cLTyxyofîvovcrt fifi S^fniyr/Ofili, 
*Eycâ J^€ Ti Aey« xat* TificLf)(jiv j x*/ r/r* 'TTi^t' 
tarif , et iiziytyfatuicu j /tîf J^nfinyofiîf tlfiùLf^ùf 
'srtTarofWjVLtf^f , xm rnf "OroLZffCfCiUf ov^tûLf yMz^dfiO^j- 
xorcu^fias S^t z$ 6fjU0ficrjcxzi'^ uiyip stJjTùii -^/ri^ifi^' 



4a8 KATA TIMAPXGT AoroS. 

jccti IxufcLitim 7LCLI wtttâavy Sv rôiç juiev i'id m^ 

ÇcLVipaÇ QVOlJLCtTcLy hûLV/JLîiÇ (liCLlJLyyi(r^îiTt$ ^CLTCLHI- 

ripoTov J^g Ae^û) Tût tSv iMvhfCùi xcLt xcl?^^ 
^tÇ>iCùKOTm oioiixTcL. Ti^fûùa-Tctrt , ci 'A9>ivaTo/, Kp<- 
zmcL Tov 'AtTTuop^ou, 3cot( riepcx^Ae/^v Toy Oep/OoKÎby, 
xflti noAsjtiotyev)! , xcli ÏIcLiToAtovrct tov KAectyopou, 

}CCC< TtfJWKTiOgOV TOV S^pOfJLîOLy itCtWKTXOVÇ OU ^tOVOf TûlF 

72roA<rSy, otAAot 3ca< rœv 'EWvjvm yeyeyjj/teyou? , 39 
w\îi<rrm xot/ (rûjcppoveo-Tarû^y Tv')(on<tç ifctcTCùv* 
ctAA' o//»(»^ oJ(î^/^ wcùWoTî cLVTovç g-^/g^e' î&'aA/K gjc 

tSv llîipcLItim y TLcLi TCùl gV TCcttaiy gT/ Kûtt VUy OVXaV, 

^paiTov jLtgy Toy ct^gAcp^cîbuy to? *I(piicpaTov$ , uiov «Te 
Tccr^ou Tou PcC/t^voucrtou , o/jlûùwiiov J^g roiT vuvt xp<yo- 
jLtgvou TifjLcLp')(oijy 0$ îvwptwyjÇ m lâuv y TocoirroF 
cfTTgp^gi tSv cLia"^fûùy y cùŒXî npœyjy gy to7^ jcctr aypou$ 
AiovvcioiÇy TccùiJUùùcùv ovrm li KoAuttS , xoct Flocp/AÉ- 
voyTô^, Tou TLCùiJLi'iLtîC vwoycpiToVy g/tsrovro^ ti -rpo^ 
Toy p^opoy oLVùLWcLKTTov , gy ûs) >iy g/y<te Ttyct^ -ziropyou^ 
IJLtycjtXovç TiiictpyjiùàîiÇy ohàaç vweXcLfxCoLvev tU to 
jagipax^iov , olAA £/^ <7g 'TTotyTg^* ouro^ 7c\ïipoyo[io$ u 



BARÀNGtJE b'eSCHINE CONtRE TIMAKQUE. 4^9 

nés gens et d enfans , qui vous sont connus , dont 
les uns, par leur beauté , firent autrefois bien des 
rivaux , dont quçlques autres sont encore dans la 
fleur de l'âge, et dont aucun n a essuyé les mêmes 
reproches que Timarque. Je vous rapporterai , en 
parallèle , les noms de ces infâmes qui se sont dés- 
honorés par une prostitution ouverte, afin que , 
vous les rappelant tous , vous mettiez Timarque 
dans la classe qui lui convient. 

Je vais vous citer d'abord ces hommes pleins 
d'honneur, qui ont vécu sagement. Vous connais- 
sez, sans doute , Crîton , fils d'Astyochus ; Péri- 
clidc , fils de Pcrithoïde ; Pantoléon , fils de Cléa- 
goras; Polémagène, et Timésithée le coureur, qui, 
de leurs tems , étaient les plus distingués par leur 
beauté dans Athènes et même dans toute la Grèce. 
Ils ont fait beaucoup de rivaux , mais des rivaux 
pleins de vertu , et personne ne les trouva jamais 
répréhensibles en rien. Parmi les jeunes gens et 
ceux qui sont encore enfans , je nomme avant tous 
le neveu dlphicrate , fils de Tisias , qui porte le 
même nom que l'accusé, qui est d'une belle figure, 
mais si éloigné de tout vice honteux , que derniè- 
rement dans les fêtes de Bacchus , célébrées à la 
campagne , les acteurs de comédie jouant au bourg' 
de Colylte , et Parménon, un d'entre eux , adres- 
sant un vers au chœur , dont le sens était qu'il y 
avait des Timarque, grands débauchés, tous les 
spectateurs , sans penser au jeune homme , l'appli- 
quèrent aussitôt à celui que j'accuse : tant l'infamie 



43o HARANGUE d'eSCHINE CONTRE TTHARQUE. 

est son vrai partage! Je pourrais encore citer la-, 
thiète Anticlès , Phidias , frère de Milésius , el 
beaucoup d'autres ; niais \e m en dispense , dans 
la crainte de paraître leur donner des éloges par 
flatterie. 

Quant à ces gens qui ont les mêmes mœurs que 
Timarque^ voulant éviter les inimitiés particuliè- 
res ^ je ne parlerai que de ceux dont je ne crains pas 
de me déclarer l'ennemi. Qui de vous ne connaît 
point Diophante , surnommé lorphelin ? Il cita 
un étranger devant larchonte dont Aristophon 
était assesseur: il Faccusait de lui avoir fait tort de 
quatre draehmes qui lui étaient dues pour prix de 
ses complaisances criminelles , et il invoquait les 
lois qui ordonnent à Tarchonte de prendre , sous sa 
protection , les orphelins , lui qui avait foulé aux 
pieds les lois de la sagesse et de la retenue. Qui 
d'entre nous ne détestait pas un pareil homme ? 
Qui n'était pas indigné contre Géphisodore, connu 
comme fils de Molon , qui a déshonoré la beauté 
de ses traits ; ou contre Mnésithée , appelé le fils 
du cuisinier; ou contre une infinité d'autres que 
j'oublie sans peine ? Je ne veux pas les nommer 
tous les uns après les autres avec aigreur , et je 
souhaiterais plutôt , par affection pour la ville , 
être embarrassé pour trouver des exemples de pa- 
reils désordres. 

Nous avons cité à part , et ceux qui sont aimés 
pour leur sagesse , et ceux qui pèchent contre 
eux - mêmes par libertinage ; je vous le demande 



KATA TIMAPXOY AOrOS. 43l 

J^e WTtiii î')(cù}f rcoWovç y weLvao/JLcLi y /va /jiy\ donS 
Tor etrct/voy ■ô-epotTtce a rive xotr* ctvrm TcoiîTtrlàeti. 

Ilgpt J^6 T(îv ofioxpoTsrm Ti/jictp')(oVy <ptvyw tclç 
dLtsrty^iidLÇ y CÙ1 'ytxicrxcL fioi fjiî\ît y fJLvyia^yKTOfiûLi. Tiç 
yotp vfJLCùv tov opcpxvov xdKovyLZio^ Atocpaytov oujt o/^vj 
0^ TOV çevoy îipo^ tov ctpp^ovra ct^iDiyocygv , o) '®'ccp>î- 
(îjps'jgv 'Ap/(rro(p(»y o'AQ)îV«eu^, IncuricLiTtt^tioç rer- 

TcLfCLÇ S^pcL')(^lJLçH CLVTOi VWîp T>J^ ^pût^Sûï^ Tfltt^TJî^ 

otTiscrrgpiiJceyûti , xott tov^ vofiovç \tymy oi xî\svov<ri 
Toy ctp^oyTût r^v opcpcty^y iZtnfiî\{i(r^cLi , tou^ vTrep 
rîf^ <rûù(ppo<rvvy\ç itîifJLivovç v'7tîfÇ>îÇ>ynLCiùç. Touroy ^ 
T/^ ou;c îfJiKTii ; i T<^ rSiy TCoXiTm ovx. êcîbtr^g- 
pottye K)î(p/(ro(îia)poy 5 tov tou MoAœyoç xaAou/tgyov , 
xûtAA/dTïfv û)p€Lif O'^taç (iTtXiîcrdr^ J^/€(p9apxoTût ; 
)t MyyjcTiOcoy Toy roC Mctye/pou x.ûtAot;fJL£yoy , >f ttoA- 
Aov^ «Vepou^ , û)y gVûjy îTtiXctv^cLVOjULcLi ; ou yctp 67re- 
^«AO^ry ctJtffl^y îXjCLaroi x^ott' oVo/tot TrtjcpS'^ ^ovM^icLiy 
GtAAct /toTAAoy T^y Totovraïf îpyœv cLTTopîTv iy eJ- 
^Aiiiny ey re» Aoyo), «rtot T>ïy î^po^ T)iy woAiv 

Au9a^£v, %^P'^^ i"»^^ Tou$ J^/ot <7û)(ppo(ruy>îV gpa/xeyou^ , 



43a KATA TIMAPXOr AorOZ. 

Hâïi TOUT* ifcàTiStrrt^ izroDLfnùurBt TTfoç tfitj w 
eU Tou^ îfCâiJLîvov^ , n f cV roJ^ ^t'^ropi tuft evoti^ } otiMuv 

/JUtTîTof TLAi JULOtpTUpce^ CL^lSat fit TOUTCtf 'TraipCL- 

(Tj^eo-Gûtr wpcÊTov lia rovç îrepi TÏ^ tTcufT^truÊÇ 
votiovç fJLe/in«r6e , €V oe^ ovdctfiou [vJUùLf o io/EtoOfT)i^ 
trtpi <ruy9>f)uîy ^€^ot)jTcti. Oo yotp, « xcctgc ypafi- 

[KlTtlOV TIÇ ÉCtUTOf JCCtTWO^Uf 6 , TOUT* t^TfTCtXrtV j 

olWûl nCftirtXciç , oT»^ ctv >» WfCL^is ytfynreu , Tov 

xo/yoy. EtJcoTo»^. Oo-ti^ yap veo^ .àv cttygtrT» J^i' 
cLia')(^cLç ïiâoia^ zï\$ u$ ta jcctAcc (p/AoT/jtttot^, toCtov 

Ot/x, û^9>î J^éTv 'TTpîaCvTtpOV ytV0fJLt'JO}f TOVÇ VOULOU^ 

e/<r(pepû)v ê7itTt|ULov e/votz. ' Etcutx xoli T)if €J»9e/fltF 
rou \oyov tovtov potdiov eo-TtF t^troLacn. ilarr^ç 

yoLp OLV T0u6' 0[lO?iOyyi<T<tllJLîi y OZl XCLÇ GVi^WUtS TdÇ 

Wfoç cLWfiAovç cLTitaricLÇ tniccL 'tcoioviuBûl , tvot o ftit 
-zsrctpxÊa^ rot ysypcx^iJuvoL J^«x,>fv Act^Ji tw* %|/)î(pa 
TsrdfcL TOV ^TrxfciQcuTQç. OJx-oJv et^rep to wpAy[icL. 

S^lTCflÇ WfOCTÔeiTcLl y Toiç XCtTqL ypXfJillCLTîToV TlTcLlf>\' 

xotnv , av <t(îtx.û)VTflt/ , îi zSif vofim , e^ ^v 06x01 cpûtc/v, 

iWtKOVflCL TLCLTcLAUTCcTcLU KoLl Tt^ ûCV Aoyo^ ejCCt- 



Hàkangue d'eschine contre timàuque. 1^33 ' 

maintenant , Athéniens , répondez , je vous sup- 
plie, à ma question : dans quelle classe mettez- 
vous Timarque ? Est-ce dans la classe de ceux qui 
sont honorés d'un amour légitime , ou de ceux qui 
se prostituent sans pudeur? c'est, sans doute, dans 
celle de ces derniers. N'abandonnez donc pas, Ti- 
marque, la classe où vous voms êtes mis par choix 
pour passer en intrus dans celle des personnes 
honnêtes. 

Qubd si dicere instituerinty non in scortorum nu- 
méro hahendiim esse , qui non ex sjngraphâ fuerit 
mercede elocatus ^ acpostularinty ut tabulas et tes- 
tes exhibeam ; vos primum memineritis legum de 
impudicitiây in quibus nullam pactionum mention 
nemfecit legislator. Neque enim an aliquis ex syn- 
graphâ se coinquinarit y id specta^^it ; sed omninOy 
quocumque modo res acta fuerit y eum quifecerit , 
administratione reipublicœ abstinere jussit : idque 
merito. Nam qui adolescens , ob turpes voluptates y 
gloriam honestatis neglexisset y eum non censuit Z^- 
gislator, œtateprôvectiore yullumoportere honorem 
consequi. Deinde rationis istius ineptias facile est 
ostendere. Omnes enim fatemw y nos pactiones in- 
ter nos ex diffidentiâ facere : ut qui cas ser^arity 
judicio pœnas de eo sumat, qui fidem fregerit. Igi- 
tur si impudicorum actio judicium ex syngraphâ 
postulaty si injuriis afficiantur ; earum legum, quas 

isti proferunt y praesidium eis est reliquum. Ecquœ 

T. II!. 28 



.fl4 JESCH151S ORAT. ADV. TiyARCHirtf* 

nutem utriusquepossitesse oratio. Patate enimvos, 
remnonàmenarrari, sed à vobisaspici. Esta enim 
conductor œquus in coniractUj conductus autem 
iniquus et inconstans , aut contra conductus œquus 
et stans conventis, aller naiu grandior et conduc- 
tor ^fallax. Vos ipsos autem pro tribunali sedere 

m 

fingite. I laque nalu major y dalo sibi tempore di^ 
cendique polestate y seriam accusationem instiluely 
s^os nimirum intuens : Conduxi y Alhenienses y Ti- 
marchumy ulmeum scortum essetj ex tabula, quœ 
sita esl apud Demosthenem ( nihil enim prohibée 
ila dici); neque vero ille slalpaclis : eaque jam ex- 
ponil scilicel ac judicibus narrai, quœ tali ho^ 
mini facienda sinl. Nonne vero is qui Àlheniensem 
centrale ges condtixerit y lapidibus obruelur, atque 
è judicio discedet , non sexta duntaxat œstimatœ 
litis parte condemnatus y sed etob conlumeliampu- 
nitus ? Veriim non ille , sed conductus litem inten- 
daty et sapiens is te Batalus causant illius agat : ut 
videamus quid dicturus sit : Conduxit me , judices y 
adlibidinempecuniâsuây quicunquesil (^ nihil enim 
interest), si ita dicatur, ac ego omnia^^et feciy et 
adhuc facio yUt tabulas jubent , quœ scorlo facien- 
da sunt. Iste autem fidem frangit. Nonne verii 



KATA TIMAPXOT AorOS. 435 

Tîfov (pcLuim^ fin T^ap wW îfiov Aeyo/^evov, clWcl 
ytyo|UL€yoy TOTsrpùLyfJiat vojtticDtS' op*v. EaTa yctp o jttev 
/JLKT&cùacLfiîvos J^tjcoLio^ etV To wpayiJ.cL^ o J^e fii.cr^cù' 
^eiç cLÔiTLOÇ X.ÙH /À>\ liîCcLto$* il TsrcLKii Tomcuriot , o* 

fJLÉV jUL/cGaGg/^ , [lîTfiOÇ 7LCH TSTOlSi TOL CùfJLO\oyilifJieVX^ 

J^g rm îÎAt)t/ûtv tsrpoAotCûïV koli iJLiaBcd<rcL[xsvQ$ y 

x^tiL^m^ûLi. OvKOvv TifîcrCvTîfoç y cl'sroâoBî)/Toç tou 
ueJctToç cLVTCù xcLi Aoyou, XGtr)îyoptcty /xtra anovùvi^j 
^AeiTûjy S^y\\9yoTi 'TtfosvfjLOLÇj eper 'EjLt«79û«ra^t>iy , w 
'A9)iyctTo/, T/^ctpp^oy etct/pe/y ificLvxcù xcltcl to ypct/JL" 
fjLcLTiioVy TO wcLpoL Ayi(JLo<rBîHi xetfxgyo/ ( oJcîigy yccp 

XCû\Vîl OVTCÙÇ tlfïKT^ûHy OU J^>1 TTOIBI fJtOl TOt Cù/JLoXoyYi'' 

/Jieya* }cott xotGr' >j'^ S^n^ucri J^iîAoyor/, îrpoV rou^ 
S^ixcLczcLç \îym , et r)^p>i xoy to/ouToy ^o/ery. ETieiTût 
ou 3cotTctAsu<75>ï(r£Tflti fitad-ovixtyoç rov A5>iyot7ov 
-TTctpct Tovç vo/jLovç , jcoLz Tirpoo-oÇAû^y cLTTSitf'ev ex, TOU 
J^/JcetcTup tou , ou T>iy lw(ùÇ>t\i<vi juioyoy , otAAct jcoti* 
ÀWm û€p/y; 'AAA' oup^ outo^, ctAA* o (JuaSoù^etç 
J^iJca^ercti. AgyeTO) J^>ji -TrapeAGû^y o (rocpo^ BottotAo^ 
uirep dVTov , ly e^owjLtey, Tt rcoT îptr Avopg^ «Tcx*- 
<7Tct«, e/jiiad-ûù<Txro jxe erotipety clvtcù dpyvfiov oVtio*- 
(îV)î3*oTouy ( ou(îfey yccp J^/otcpepg/ outo)^ e/p)îpL9flt<)' xctyo^ 

[JUn CLTCcUTd TCCtt TTiTCOlTITUt^ XOLl iTl X.CLI fVV WOlû) 

V 

7CCLXCL TO ypot.fJijU.ûtTé7oy , et ^p>i ty6ig?y xoy É^Toc/pouyiot* 
ouTo^ J^e uVgptfltiyei lot^ o-uv^uxot^. E'TrtiT ou ttcîA- 



\ 



43G KATA TiMAPxor Aoroz. 

Ti$ yoLf ovx €peT; tTCsirct î<rÇ>cLh\rf u$ T)ïv ctyopcty, 
71 (TTetpccvoT , >i wf^auTTuç Tt t(5v ccutSv )î/iuK; Oujcoyv 

no5-ev oSv 7<7;)^uxe xott avvyfitç ytyî^nn:cn Mym, 
dç jcotTcc yfxtJLiicLrî\o')i y\dï\ nnç )!Tflttp>io'fltv , >»Ai «p». 

Tgpoy lycù S^it^ïiX^o^ ci$ vfJLCLSy XtytTcLi "nctTcL ras 
cvy^yiKûLÇ inTctipny.tvcii tols wdf AvTixAe? TLîifievaÇy 
oJx ^v îâtûùTviÇy (tAAcc wfo$ rcL xoivct 'TCfo^mr ma 

Aoyow TOfTou T>iv î^oAtv 3coLtGt(rT>i vote tccli oicl touto 
tfCôTûûŒi rinç y îl xcLTùL ypdLfJLfJLcLrmi >î 'TcpSi^is yt- 

yîyiVïiTcLi l(ppQyTi(Tîy , otAA* , ectv owcoaovv fJLiaBcùcriç 
ytytnrcLi , xctTeyv^xe rou WfcL^oLvro$ ût/(r^uy>jv. 

AAA o/Aû)^ 011 Tû) <rùL<pZ^ TovTûù'J S^icûfiafjLîvm , 
-zsroAAoti wdfe/xIèoXcLi Xoycùi uVo A)î)Lto(r5-€Voii? eu- 
pe5)i(rovTûtz. Kcti Tot?^ juiev vVep tou 'WfctyiixLTos 
xct}to>î9e/oc/^ \cyo/jLîicLiç îittov ctv t/^ aVûC'VctXT>i<re/ey* 
ol J^e e^û)5èv îTeuact^îTùLi , \uijlclivoiievo$ rot tÏ^ 

vote. rioAi»^ /Jiey yotp o ^lAetirtro^ \<TrcLC eûctiii^ 
^ôweratJ^e xot/ to tov •TTot/^oV ôvofxa'AAe^otWpou. 
Kûtt yotp îsrpo^ toT^ otAAoe^ tlclxois oi[xov(To$ ris 



^SCJIINÏS ORAT. ADV. TIMARCHUM. 4^7 

magnum clamorem tollent judices? Quisenimnon 
dicet ? Et adhuc in forum prodit ? aut coronam ges^ 
tat ? aut aliquid eorum agit quœ nos agimus ? Jta- 
cjue nulla est sjngraphœ utilitas. 

Unde autem inoluerit consuetudo illa y ut dica- 
fur y quosdam ex tabulis sui fecisse copiam y jam 
explicabo. Quidam civium(nomen taceo ^ vitandœ 
ojffensionis causa"), nulla earum rerum habita ra-^ 
tione y quas paulo ante apud i^os commemoravi , 
fertur contra pactionem, apud Aniiclem sitam y se 
prostituisse : etis quidem nonhomo plebeius,sed rem- 
publicam administransy qui , cum dicteriis ineessi 
soleat y effecit , ut hœc oràtio de more usiirparetur 
in urbe , eâque de causa quidam interrogent y an res 
ex sjngraphâ sit peracta ? Legislator autem non 
curavity quopacto res facta sit ; sedy si ullo pacto 
locatio intercesserit j eum condemna^ity quidede- 
eus in sese admisit,. 

Mais je reviens à Démosthène , auquel J'ai déjà 
répondu sur quelques objets. Les mauvaises sub- 
tilités, dont il fera usage pour défendre celui que 
j'accuse, doivent peut-être moins indigner; ce qui 
doit irriter davantage , ce sont les imputations 
étrangères à la cause qu'il emploiera pour infirmer 
les lois de notre ville. Il insistera sur Philippe, et 
citera même le nom d'Alexandre; car, a ses autres 
vices , cet homme ajoute un caractère brutal et fé- 



438 HÀRANGCE d'eSCHIBTE CONTRE TMàRQTJE. 

roce. Quoique ce soit un procédé déshonnête et 
déplacé . d'outrager Philippe par des paroles, c'est 
cependant quelque chose de moins révoltant que 
ce que je vais dire. Lui qui n est pas homme , ca- 
lomniera sur certains articles - quelqu'un qui est 
homme, de l'a vcu.de tout le monde. Mais employer 
des expressions équivoques, pour jeter sur un jeune 
prince des soupçons honteux, n'est-ce pas rendre 
Athènes ridicule? Il dira donc, en vue de me nuire^ 
au sujet des comptes de mon ambassade , que der- 
nièrement, lorsqu'il disait d'Alexandre en pleia 
sénat, que, dans un repas où nous étions, il jouait 
de la guitare, et adressait des couplets à un autre 
jeune homme, lorsqu'il déclarait aux sénateurs ce 
qu'il pensait de cette liberté ; il dira que j'ai été fâ- 
ché des traits lancés contre le jeune prince, comme 
si j'eusse été parent d'Alexandre , et non collègue 
d'ambassade de Démosthène. 

Pour moi, je ne me suis pas entretenu , et n'ai 

pas dû m'entretenir avec Alexandre , vu sa grande 
jeunesse. Je loue maintenant Philippe pour toutes 
les choses obligeantes qu'il vous a écrites , et si 
sa conduite à votre égard répond à ses promesses, 
il sera sûr et facile de le louer. Dans le sénat , j'ai 
fait des reproches à Démosthène de ce qu'il disait 
contre Alexandre , non pour faire ma cour au jeune 
prince , mais persuadé qu'on penserait de notre 
ville comme de l'orateur, si vous approuviez ses 
propos indécens. En général , vous devez rejeter 



KATA TIMAPXOY AOrOS. 489 

jLtev xcLi ctxottpoV eActTTov J^' ov jjlîXKoù Aeye/v 
d[xctpxniicL. ^0/JLo\oyov/jiiiCû$ yctp u$ ttiâpcty jcttimp 

Otcc» J^e TetTç tU rov TsrcuâcL '7rz'7tfcLy(jL0LTev/jLîicLt$ 
fjLt':cL<popcii$ ivoiicLxm ch<t')(^cl$ vno'^icLÇ 7:cCptiJLÇ>cL\' 
A«, xotTGtyeAcco-Tov T>iv 'tcoM)/ ttouT. '^s yctp tolç 

\ N ^ v' ^ ' 'i t * y I \ \ ^ 

&ov\yi'j v'Trep Tou Tcxiàoç *AAe^<xy(îpou J^te^6t , aV êv 

T^ tSrOTû) >î|X^V XlGoLpt^OI, TLcLi XîyOi \r\(Ttii TIVÙLÇ 

\ > I \ tf ^^ \ \ / 

KcLi (tniicfovaeiç izfoç eTepov -Traida, hclî, Tiept tovtû)v, 

^ovXm a7Ct<pificLzo , oup^ «V (ru)Ltt&-pe(r££UT>iv , ccAA' 
m (Tuyytn , roT^ €iV tov wolTùol ayCœ/jLfjLcLaiv cLy<f 

V0LJCT)Î(7(X/. 

ov J^teiAsyjLtoii , ^^A/ttî^ov J^e vuv jxev S^iol thv t^v 
Aoyoïv eJ(p>i/A<cLy îwcLiW* i<vi S^ clutos ev to?^ trpo$ 
Jjx« epyo(^ yîinrcLij oio$ viTv «(TTty êv toTi? eTrctyygA- 

flCLCTii y (t<T(poL\yi XÙLt poL^OV TOV XfltO* OtUTOtT 7104 >f 0*6 Tott 

iTTcLivov. 'ETterifiytcTùL ^ êv tûT j8owAguT)ip/a> A)»/ao- 
(rGevci, ou TOV -©-ûtt^ût €x.3-epctîr«ua)V , ctAA*, eccv rot 
TotxvTeL (twoèî^yiad-t , o/jloiclv vofJLii!^cùi T>iy ^oAtv 
Çcty>i<re<75ct< tki TotT Aeyoyro^ (tMafiict/ 0\cù$ S^ty ci 



r 



^o eata TiMArxoT Aorox. 

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tlsl: wjï 5t>x eycvcct, reetieoxo^ Je o^îxic^ rumcLifiiç 

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r?â;y xevSv e^Tr A/îcxct^ , a>^ clvtix.cl S'a txctXcL rm pvjTO- 
pûï? 'orpccrîvao'^cty xctTctXoyo'j fnTofœy vw* clvtov 
yîyînruvcûy cf.wo^ctrjcûv y Toiovrm ii(T'Ayy\Tï\$ avrœtj 
S'iâA<r'x.oL\oç i^ym eyevîTo, é^ av îïluvos ^tev (ptvyu 

TYI'J WcLTflÙcLj OVTQÇ J^*' Ctl^TOU Tût T>îk (fvyïi^i i(poÙiaL 

trpoActbûJv Tp/ût TaActvTût d'sncTTîpyix.iy Nitcooïiijloç 
■^-otvccTû;, exKO'Treiç J^eiActeo? cLfjbÇorepov^ rov$ 0- 

^OotA/^OU^, JtûtC T/îV yXcùTTCCJ dwQTllYi^tlÇj ^ îTrcLpfyï- 



HABAN6UE D ESCHINE CONTRE TIMAEQUE. 44 * 

toute défense étrangère à la cause, tant par égard 
pour votre serment, que pour n être point le Jouet 
des sophismes d'un vil discoureur. Il faut vous 
faire connaître ce méchant homme , en reprenant 
les choses d un peu haut. 

Lorsqu'il eut consumé son patrimoine , il par- 
courait la ville , cherchant à prendre dans ses filets 
de jeunes pupilles riches j dont les pères étaient 
morts, et dont les mères gouvernaient les biens[â3]. 

Je laisserai les autres^ et ne parlerai que d'un seul 
qu'il a jeté dans des malheurs affreux. Il avait dé- 
couvert une maison opulente 5 mais iîial gouvernée > 
qui avait pour chef une femme aussi pleine d'or- 
gueil que dépourvue de sens, et pour héritier un 
jeune pupille presque fou. Il feint de l'amitié pour 
celui-ci ; il se l'attache par les vaines promesses 
dont il l'amuse , lui faisant espérer qu'il primerait 
bientôt dans l'éloquence :, et lui citant tous ceux 
qu'il avait déjà rendus orateurs. Il a fini par lui 
apprendre des actions qui ont fait exiler de sa pa- 
trie le disciple ; qui ont valu au maître trois talens 
que le jeune homme eût pu emporter dans son 
exil , et dont Démosthène l'a frustré ; qui enfin ont 
fait périr de mort violente Nicodèmetué par Aris- 
tarque. On a crevé les yeux à cet infortuné • et on 
lui a coupé la langue dont il s'était servi avec assu- 
rance y comptant sur les lois et sur les tribunaux. 
Vous avez condamné à mort , ô Athéniens ! So- 



44^ HARANGUE d'eSGHINE CONTRE TIMARQUE. 

crate , ce fameux philosophe , pour avoir donné 
des leçons à Critias [a 4] » nn des trente tyrans qui 
avaient détruit le gouvernement populaire , et Dé- 
mosthène obtiendrait de vous la grâce dlnfames 
débauchés , lui qui a tiré une vengeance si cruelle 
de simples particuliers , mais amis du peuple ^ pour 
avoir parlé librement dans un état libre ! 

Il a invité quelques-uns de ses disciples à venir 
Tentcndre. Trafiquant des ruses avec lesquelles il 
vous trompe^ il leur annonce^ à ce que j'entends 
dire, que, par ses artifices^ il vous fera prendre le 
change et tournera ailleurs votre attention ; que , 
dès qu'il paraîtra, il inspirera de la confiance é 
l'accusé , épouvantera l'accusateur et le fera crain- 
dre pour lui-même; qu'afin d'animer et de soule- 
ver les juges , il rappellera ce que j'ai pu dire au 
peuple par le passé, et blâmera la paix que j'ai 
faite , dira -t -il , conjointement avec Philocrate ; 
en sorte que je ne me présenterai pas même au tri- 
bunal pour me justifier , quand il faudra rendre 
mes comptes , trop heureux de ne subir qu'une 
peine ordinaire , sans être condamné à mort. Ne 
donnez pas , Athéniens , à un misérable sophiste 
sujet de rire , et de s'entretenir à vos dépens. Ima- 
ginez-vous le voir rentrer dans sa maison au sor- 
tir du tribunal, s'applaudir au milieu de tous ses 
jeunes disciples , leur raconter avec quelle adresse 
il a fait perdre de vue la cause à nos juges. Je les 



KATA TIMAPXOT AOrOS. 44^ 

ôû AO)fyot?oe , 2)â))cpGtT>iy jLtev toy (roÇio-ruv GCTex^Téiyccte, 
oTi KpiT/cty eÇctyii wtwcudivTLeùÇ , cyct Toy TpictTtoyxflt, 
T^y Toy J^iTiLtoy xctToAuo'otyTû^y A>fiUO(r96y)i^ J^* vfTiV 

ercLipOVÇ î^CLlTïKnTcLt , O TuA/X^CtUTct^ n/JLOpicLÇ ActfJL- 

vzsrep rm icmyoptcLSj œ ^oipoixe)cA>iiLteyoi Tiyg^ rSy 
fXût^nrav >i>cou(riy «Vi T»y axpoctcr/y. KfltTawctyycA- 
Aera/ yap wpoç ctvTov$y ipyo\ctC>Sif €(p' J/Actk, cis 
iya wvi^dvoficLi , A>i(re/y {JLîTûLWàL^ctç Toy dySicL ^ 
Tîiy vfitzîpcty ot3tpoot(r/y , xctt tirotpctcrTwo-g/y rcf /jlh 
(firyoyTi 5ûtppe?y, otocv (X,vto$ J^eupo tirap^Aâ-w, iiL'Tct" 
t&'A>î^'3-oti J^e Ta xctT>iyopû) jca* treÇojSircrd-cti Tffîfi 
auTov* Toaovxovç J^î xxLi t>îA«coutou^ tx.iLCLXîcrîcrd'CLi 
TsrctpcL rm S^ixcLC'zcùV -S-opuêou^, trctps/JibfltAAû^y Tct^ 
ÉjLtctç J^>ijtt>iyope<t^, 39 •N|/€yû>y Tnv £ep>iy)»y T)iy J^i' efJiou 
xcti $iAo}cpctTou^ yeyey>ijLtey>iy , coar* ovât (fTecvirr^" 
(rttrd-cLi fiî l'an to J^/xot(rT>îpioy otTtoAoyiicrojtteyoy , oTotv 
TcLÇ ry!$ 7trpî(TÇ>îi(t$ eu9uy« J^edSi, oAA* dyùLTtYiceiv 

^TiliicûfjLctu M)jJeyi S^ïi rpo'Trcû xotG* viim aCrm y^Aû)- 
Ta TûT (ro(p/(7Tf 7CCLI S^icLTfiCy\y wcLfcta^yiTî' olAA' 
JîiroAot€s5* opqty îlaîAyi\vBoTct cltsto rov S^ixùLo-zyifiov 



444 KATA TIMAPXOT AOrOX. 

T«y S^ixa/rrSv ccTraycLycùv yctp clvtovç cttro t« 
treps TijXfltpJ^or ettriâ^y, ftTÉcmKrct (pépoif €tri Tof 
x<xr>ryopoy xoti ^lAi'T'Troy xott ^cuLtoLs* xcu (poGou^ 
rzr)fpT>î(r(X toc^ cacpo(»tJLt^oiç y aa^ o /lif (pzvycêf xxtr 
TnyopUy J^€ xctT>fyop«y 63cpty€To* oi J^e J^cxccerrctt , 
«y [la mcLf J^txctcrrctè eVeActâ-oyto, «y J^' oi/x îicrctv 
xpiTct/, t9*epe TovTœf >f3couoy. ^fiertfo^ J^' ecrri? epyov 

xoAow3ouyT« ayiSoLtivi i:€tpî7tx\mn ctvzof ec*?, ^n^ 
ro7^ «^ûj To? <iyœfo$ \oyoiç J^iiV^upe^ètrôctr €tAA', 
«(Tî^ep ey rct?!? i'arwoâpo[iicLt$ ^ ti$ Tof tou trpcty- 
/XfltTo^ ocuTou ^fOfioif ti(rî\cLvnxt. Kety TctuTct Tioiîrrf, 
ou xccTfltÇpov)f3)io-e(r5e , fitAAct T>fy cttmjy g^rre yy«- 
;/.)îy yo/Jio5eTouyTe$ xa/ J^txcc^ovTe^* g/ J^é /jlji, Jb^gie, 
jLteAAûVTûïy jLt6y ytygcr^a/ T^y ct(î/x>i/xaTât)y , tst^ooli- 
(T.7(Vji<Td-cLi TLcti opyiÇia^jcLi , ysyoyoTûtfy J^g , ot>x €t/ 
(Ppovr/(^6<v. 'n^ <^' Iv xg(p<xA3C/6) g/pw-S-cti , ecty fJigy 
xoAot^>îTs Tou^ ctrî/xoiTyrcc^ , ecroyTai v[xn ol ^ojjloi 39 

XCtAO/ TCCLi XUptor ecty d^ aL(piyiTî y XCLAOl juiéy, xup/0/ 

J^ oux ère. 

Q,)f J^e evexût rauTct Agyû), oux oxv>i(rû? Tipo^ J/JLct^ 
'Z&'fltpp>î(7/a<rct(r5ar gcrra^ J^ 0* Aoyo^ gtre 'Z^'ctpa.Jg/y- 
fjLXToç. AicL ri otgcrSe, © otvo]pc$ 'A5>jyct7o/ , tou^ 
vofjiov^ juigy xclXûùç xgnxSae , roc J^g '^yi(pi(rfjL<trcc r'^ç 
'^oMcùç ttyoLi x.GLTcL$îîaTîpcL , xcte Tct^ xfKTUç ey/oTe 
Tflt^ gy To?^ S^iKOLorTï^fioiS è^eiv iTa7.\y\^tis ', lya> zol^ 



BaAÀKGUE 1) ESCHINE contre TIMARQUE. £f:|D 

*.à aétournés, dira - 1- il, des imputations faites à 
Timarque, et les occupant, malgré eux, de lac- 
cusateur, de Philippe et des Phocéens; jai rem- 
pli de crainte la multitude , de façon que laccuso 
attaquait, Taccusateur se défendait, les juges ou- 
bliaient lafTaire dont ils étaient juges , et don- 
naient leur attention à des objets sur lesquels ils 
n'avaient pas à prononcer. C'est à vous , Athéniens , 
d être en garde contre les artifices de Démosthène, 
de le suivre dans tous ses faux fuyants , et , sans per- 
mettre qu'il s'écarte et qu'il se jette sur des propos 
étrangers à la cause , de le renfermer dans le cercle 
même de l'affaire dont il s'agit y et comme dans la 
^ice qu'il doit parcourir. Si vous le faites, au lieu 
de vous voir joués et méprisés , vous rendrez des 
sentences dans les mêmes dispositions que vous 
portez des lois; sinon , vous paraîtrez ne montrer 
de vigueur que pour prévoiries délits et pour éta- 
blir des peines , et , dès que les fautes sont com- 
mises , ne les plus regarder que d'un œil indiffé- 
rent. En un mot^ si vous punissez les coupables , 
vous aurez des lois qui auront de la force et de la 
bonté; si vous le renvovez absous , elles n'auront 
que de la bonté sans force. 

Je vais vous dire sincèrement dans quelle vue 
je parle ainsi , et j'appuierai mes discours d'un 
exemple. Pourquoi vos lois sont-elles bonnes, tan- 
dis que vos décrets sont inférieurs-, et que les déci- 
sions de vos tribunaux ne sont pas toujours à l'abri 
des reproches? En voici les raisons. Vous porlez 




446 HÀKÀmUE D*E8CH1RE GOUTRE TIMÀRQtJE. 

VOS lois, n'ayant égard qu'à la justice^ sans nul mo- 
tif d'intérêt propre ^ sans faveur, sans haine ^ ne 

considérant que ce qui est juste et utile. Or , avec 
plus de pénétration et de subtilité que les autres 
peuples , il est naturel , sans doute y que vous por- 
tiez les meilleures lois. Au lieu que , dans les assem- 
blées et dans les tribunaux, souvent distraits du 
fond de l'affaire par l'imposture et par l'audace^ 
vous laissez introduire dans les causes un abus nui- 
sible^ en permettant aux accusés de récriminer. 
Et qu'arrive-t-il de là ? Ne songeant plus à la justi- 
fication qu'ils vous doivent , l'esprit occupé d'autre 
chose, et ayant perdu de vue l'accusation, vous 
sortez du tribunal sans avoir puni aucune des deux 
parties , ni l'accusateur contre lequel il ne s'agit 
point de prononcer , ni l'accusé qui , par des im- 
putations étrangères , élude celles dont on le charge , 
et échappe à la justice. Les lois, cependant^ sont 
sans force , la démocratie est ruinée , et cet abus 
dangereux se répand et prévaut. Vous recevez, pour 
l'ordinaire de beaux discours qui ne sont pas ac- 
compagnés d une vie régulière ; bien différens en 
cela des Lacédémoniens, dont je vais rapporter un 
trait de sagesse; car il est beau d'imiter les vertus 
même des étrangers. 

Un orateur haranguait les Lacédémoniens dans 
une assemblée ; c'était un homme aussi diffamé par 



KATA TIMAPXOT AOTOX. ^j 

TovTùsv cLiTitLç îTtrmt^cù. On rovç /itif yo/xow^ re- 
Geo-flg e^iTi rarSiai roïV J^/x(t<oe^, ouVg xepcîbu^ évex.* 
aAxou, oure p^otp^To^, out' ej^â-pcts, aAAa îirpoV 
flturo jLtovoy to S^ixctiov xai to erujUKpepoy ctVoÊAe- 

€e}coTûj^ 3tfltAA/o-Tou^ vo^ttou^ Tt5€(r5-e' ev J^g tccT^ gjc- 

tSv îÎ$ clvto to w*foiy[iet \oym ^ uVo T>î^ ctTrctT)!^ 

cL^fx^TotToy e9o^ e/^ tou^ oty^vct^ Ttocpctd'ep^eo-Gg. 'EcTts 
yotp Tou^ fltTToAoyou/xeyou^ fltyTix.otT>iyopgTy T^y xctT)»- 
yopouyT©y. 'Etirg/Jcty J^' dwocrwcLa^yiT dwo rHç 
cLWoAoyiaÇy xctt xot^ '^v')(cl$ î<p gtgpay ygv>i(rH£, g/$ 
A>i9)ty gjttrecrovTg^ rîT^ xctrVfyoptot^ , g^gpp^gtrO' gV tov 
J^tTccLtTTyiptcùv y ovâe nctp' irtpov S^iKViif ît\yi(foTî$y 

OVTî TtCLfÛL TOV XOtTnyopOW "nJ^JkPO^ yctp XOtT* dVTOU 

ov àâoTctr ouTg îirfltpct TOV fltVoAoyoufJLgyou* Tot?^ yotp 
aAAorptût/^ cLirictiç o.îiroTp/'Nj/a/AgyQ^ rct vTCcLpyiiircL 
ùLvrcû iyx.\y\fietrcL^ gjctrgÇguygy gjc ToîT J^t3ccto-T>»p/ou' 
oe J^g vofjiot xctTotAuoyTGti , xcct >i J^yi/ioxpATiA S^icL'^ 
(pOgipgTûti , xAe TO t^oç l'TCi wq\v trpoGot/ygr gJp^gp^^ 
ycLp évtoTg Aoyoy otygu ')^y\(TTOV jSiou î^'poo-eîgp^so-Sg. 
*AAA' oJ A<X3cgd(A/ftoy/or xctAov J^* go-re jcûtt tolç 

AïifJLïryopovvToç yctp T/yo$ gv tîÎ tSv Aoxsâit/- 
]jLov/û)y gxxA)f(r/qc , ctvdjpo^ fiiQiCùTcoToç fiîif owVp^pS^, 



448 KATA TIMAPXOT AOFOS. 

IxQum^ as (ffito-e, )cotTct tuv ejcstvou yvajtjwiy -^ntpi^ea^eti 
/itWiyTCf^ , îrotp2A5û)V Ti^ rœv yepovrûjv , où^ ejceTyo/ 
% ct/cryvvovToti 59 S^îdictaiy 39 tïïv t«'^ >fA./x,toL^ cturav 

rovrcù'j uÇy as Aey£Tct/, trctpgAS-avj Kr^vpmç eVe- 
nr\7i^î'zo7$ AcLKeôcLi/iouotÇj tccli ti xoiovto x.clt clvxS'J 
i(^cL(r(pyilÂmîi y cùç ov tiroAuv %povov T)fy StrctpTîjv 
ct'srofd'YiTov oiyLy^aovci , To/ouroi^ 6 y tolis eKxXï\ai<ti$ 
(rvixÇ,ov\ois ^pcùfiitoi' ùLficL Al TtûLpctyxLKtacts ctAAov 
T/yot T^y Aot)c6JcL//Jioyiû)V otycîpflt^Aeyetv jtx6v oux eucpucti 

y>jy xflt* 6yx.pfltTe/otv <r/ct(pgpoyrflt , î'ttî'zcl^îv ûlvtcù tols 

. CtUToL^ tlWîll yVCùllCLS OVTûùS O^TTCùS CL'J é^UyïlTctl y CLS 

iÏTCii tsrpoTspo^ fyrrœp' iVy ecp», ol AaLTtyiâoLtfioviQi 
iifâfoç ctyciBov (pSîy^aiiîyov '^yi(pi(rmTcLt , tolç ^l 

nrctioos (re<rû^(ppGiyiy,cùç y wctpmat rois eavrov TaroXr 
TcLis. TcCXy y^P *^ T<jLt<tpp(^oy >i Tov xevoteâby A)f- 

hcL J^g fin S^oxûù AcoLî^cLifionovs Sgpct^jrsvg/v, j^ 
Toiy )î/x»repûîy tsrpoyovay jUivyi(rd'yi(rofiaLi. OvTm yio 
>îVotv itpoç Tot^ cteo-p^uyct^ ^ctAeîTo/, 39 tirêp/ n\dazov 
rm Tîxvm T)iv aœcppoavm îWom^To , «ctt* ccy)}p gT^ 



HARANGUE d'eSCHINE CONTRE TIHARQUE. 4^9 

sa conduite que^istîngué par son éloquence. Les 
Lacédémoniens , à ce qu'on rapporte , allaient pro- 
noncer d'après son avis. Il s'éleva un de ces vieil- 
lards qu'ils respectent et*içu'ils craignent, qui com- 
posent ^ premier conseil de la ville [a 5], Qt qui ont 
mérité cet honneur pour avoir vécu honnêtement 
depuis l'enfance jusqu'à un âge avancé; ce vieillard 
fit une réprimande vive aux Lacédémotiîens , et 
entre autres reproches , il leur dit qu'ils ne garan- 
tiraient pas Idng-tems Lacédémone de tout ravage, 
s'ils employaient de tels ministres dans les assem- 
blées. En disant ces mots ^ il appelle un autre La- 
cédémonien , qui , sans être doué du talent de la 
parole, s'était signalé dans la guerre^ et jouissait 
d'une grande réputation de vertu et de sagesse ; il 
lui commande d'exposer, comme ri pourrait, l'avis 
qu'avait donné le premier orateur, afin, disait-il, 
que les Lacédémoniens prononcent d'après les dis- 
cours d'un homme vertuçux , et qu'ils ferment ab- 
solument l'oreille à la voix des lâches et des per- 
vers. Tel est l'avis que donnait , à ses concitoyens, 
un vieillard qui avait été sage dès son enfance. Il 
€Ût , apparemment , oui , il eût été permis à un Ti- 
marque, à ua infâme Démosthène, de se mêler des 
affaires publiques. 

Maift.pour qu'on ne s'imagine pas que je veuille 
flatteries Lacédémoniens, je parlerai aussi de nos 
ancêtres* Ils étaient si sévères contre 1 infamie , 
et si jaloux de la sagesse de leurs enfans ^ qu'un 



45o HARANGUE D*£SCU1NE CONTRE TIM ARQUE. 

citoyen , ayant découvert que sa fille s'était laisse 
séduire , et ne s'était pas cons^vée chaste y comme 
elle le devait , jusqu'à son mariage , il l'enferma 
dans une maison déserte avec un cheval qui , irrité 
par la faim ^ devait nécessairement la déiiprer. La 
place de cette maison subsiste encore au}ourd'hui 
dans notre ville , et ce lieu s'appelle ia place du 
cheval et delà file. 

Solon , le plus célèbre des législateurs , a fait des 
lois pleines de force et de dignité pour la discipline 
de>s femmes. D interdit toute parure à celle qui 
aura été surprise en adultère ; il lui feq^e l'entrée 
des temples , de peur qu'elle ne corroi»pe les 
femmes honnêtes en se méknt avec elles. Si elle 
ose contrevenir à la loi , dans fun de ces deux 
points , il permet a quiconque le voudra de déchi. 
rer sa robe , d'arracher sa parure , de là frapper 5 
empêchant uniquement qu'on nelui porte des coups 
mortels , ou qu'on ne lui fasse des blessures gra- 
ves ; en un mot, il la couvre de honte ^ il lui rend 
la vie insupportable et plus dureque la mort même. 
Le même Solon permet d'accuser les corrupteurs 
de la jeunesse , et de les faire mourir , s'ik sont 
convaincus , parce que , trafiquant de leur impu- 
dence, ils fournissent à ceux qui veulent faire le mal, 
mais qui craignent et rougissent de se trouver en- 
semble , des facilités pour se voir et s'entretenir. 

Nos pères jugeaient donc avec cette rigueur de 
l'honnêteté et de la honte des actions ; et vous , 
Athéniens , vous renverrez absous un Timarque , 



KATA TIMAPXOÏ AOrOS. 45l 

t5v troX/Toy eupov ryiif icLvrov BxjydTî^oL J^iecpQocp^ 
ftevw, )cctt T)tv )îA<x,*(XV ov x.fltA.3^ J^e<x(puAct^aLo-<tv 
i"'^%P' y^M'Ov y ty}ccLTmjoâo/iyi(riv cLvry\if fiî5 iwzs^ov 
ei$ gpnjLcov oex^tctv, J(p* ou crpochiA^»^ ejUgAAei cLTSToXei- 
(rBcLi S^icL A//Jiof (ruy)cflt96/py/Jigy>i' 59 tn 39 fC» t>î$ oIx^icl^ 

TcLVTïlÇ ^OTHIM TCL Ol^tO'Xtâd ti TCù VflîTîpCù dCTTU j 

KCLi OTOWOS OtJTO$ 7CCL\^iTcLl ilcLp l^TtTTO^f TCdl TtOpnif. 

'O J^6 2oAû)V , TCùl VOfloâîTSv h$0^0TcLTO$y yt- 

ypotÇev (tpyjtmç xot/ o'tfivcùi "Trspi rl^s rSi yviùLix.m 

titm^cLiy evoc /Ji>ï Toc^ ct^cLfjLcLfTy\Tovç Tau ymcLiyjOd'j 
cLVOLfiiyyvfievyi S^ictcpd-^ipf eatv J^* e/Vew )î Tcoa-filiTaLiy 

TOV gVTUp^OVTflt X€Aei»£/ XCtTctppuyVUVfltf Tflt t/JULTlùL , 

3ctv(tTow xctt Tou* dycLTtTioo}! 'Troimdi' aTifJUùi rn)^ 
To*ctuT>iv yuyct7%flt, xcte tov ^lOf eiQicùTov ctJtw îict- 
pctaxeuflt^«y* xcw i:ovç Ttfoctyc&yùv^ yfcuptc^cti xe\evîiy 
7UU dhcùtriy âcucLxcù (ïifitouf y on , t^v i^ctiicLp'zcLniH 
^wiBvfiovvTm ojcvouvTûiv xcti ot/<7p^oyoittev«y ctAA>f- 
Aoi^ évTuyp^flty€/y , auto/ T>ty otuV^y otyGtidfeicty ^ot- 
pcL(r')(oiTîç i'Tti fiiaS-S , To w*pSiyfi<t &i$ S^ia/TrtifOLV 
7^ Aoyoy xctTeo-TJio-otv. 

'£^6/3-' oe jLtev 'TCdTîptç Jjui^y oÛtûj Trcp/ t^v 
al<r')(^m 39 xotAav J^/eytvao-jcoy ujuier^ J^6 Ti/JL(tp')(o}f 
oyTflC Tor^ cLia^iaroiç lntX}\ùtv/JUKnv tvo^ov ct<pyi<rîrîi 



452 KATA TIMAPXOT AorOX. 

TOV CtF^pct fJLî^ 39 OtppeVCtTO CCùflCLj yVVÛHXîTctS^î dfJLCLf' 
TUflOLTCL Vi/JLeLfT}f}LOrcU TlS OUV V/JiCû^ yV)fClUKCL \(tÇiûi1 

otA)cot7(rctv Ti/xeùpriatTcLt i y\ ri$ oviC ctwxièîvToç e/vcte 
J^oçei , Tç fJiey xctTct cpucrey cLfi<tpT(tvov(nf ')^(sLM'7C(ti- 
ym , Ta J^6 'TTctpa Çucr/v îdvroif vfoficctm aviiÇ>ov\cù 

^pCù/lîVO$l TfVCtJ^' ^%^^ î}LCL(TTO$ VfJiSv yiCù(JLlf\i îTXOr 

HiffiiÊ otxA^e €x Tou J^/x,oto-T)ipcou ; outê yctp xpeyo- 

jU,evo^ otcpcty»^, ûtAAct ympifioç' ovS vo/jlo^ tirept 

Tvis tSv p>jTopû>v S^07LifJLcL(ncL$ (paLv\o^ j ctAAot xctAA/- 

aroÇ To, T epgcr^flte to/$ 'TTot/er/ xcti Toi^ /lupaxioiç 

Tovç ioLvrœy oiTceiovs^ ôrsrcû$ to ZcrpoTy/xot 3c€)cpiTct<, 

îTpop^e/poy. T/ otîy <r>i Ae^eTg oe T))^ •nJ/>j(Pou viivi 

yeyoyoTe^ xvfioiy oran ol vfiîrtpoi Tsrcuâîs vfiaç 

tpmrxi , et 3tctTÊ(îe3cct(rctT£ >i ctîr€«xI/>t(p/(rct<r3Ê j ovy^ 

cLfjLcLTiiicLf')(oi cLTtoXvacLi otxoXoynaîTt , 39 T>îy xo(vyr> 

t2rct/^6/ctv otvctTpg'v}/<t< ; T/ J^' ô(peAo$ ^ot/cJotyûjyow^ 

Tp6(p€/y , >î 'TrûL^^OTptÊot^ 3cct< S^idci(Tx.aL\ov$ To7$ 7ia<(ri\ 

î<piarctycLi j oTccy o< T)iy T(»y yofiœv wapx^cLTd^mrï^ 
'f \ \ 9 I i 

t^OVTî$ WpO$ rOLÇ CLl(T')^vy(tS XCLTcLKCL/JLWTmTOLi j 

©dviJLcL^cù J\' u^tûjy, d A0>iya?o<, xcltcuvo^ il tou^ jtte» 
îropyot>o(rx.ou$ IxtatiTe , tou^ ct îx.ovtclç wiwopvîviH' 
vov^ a(pyi(TîTî» Ken coçy go/xev, ai;To^ ofTo^ ctywp e'epûi- 
(ri»v>iv fJLgy oi»5evo^ 56a)v 3cA>îpaj(reTot/ , ûj^ oux, iy ex t^v 
fo/xû)V xotâctpoç TO aZfjLct^ ypcL-^îi J^' ev to?^ 's[/)i(pt- 
crfiùLciy iv')^cLS VTsrîp Ty\s tcoMùùç rcCiç^tiJLyauç Qtai^ 
EtTotT< 5ctu^aÇo^ey T>iy xo/v>îy atrpoL^tccy, to/outov 



HARANGUE D ESCHINE CONTRE TIMARQUE. 4^5 

qui S est livré aux débauches les plus abominables , 
qui s'est déshonoré par des crimes contre nature ! 

Avec quels sentimens chacun de vous retourne* ^ 
ra-t-il, du tribunal , dans sa maison? L accusé n est 
pas un personnage obscur, mais un hommeconnu; 
la loi sur l'examen des- orateurs n'est pas une loi 
vicieuse , mais une loi fort sage: les enfans et les 
jeunes gens s'empresseront de demander à leurs 
parens comment l'affaire a été jugée. Que direz- 
vous donc , vous qui prononcez aujourd'hui en 
dernier ressort, lorsque vos enfans vous deman- 
deront si vous avez absous ou condamné Timarque ? 
N 'avouer ez-vous pas, en lui faisant grâce , que vous 
avez ruiné toute discipline pour la jeunesse? A quoi 
vous servira-t-il d'avoir des esclaves pour conduire 
vos enfans , de les confier aux maîtres des écoles et 
aux chefs de gymnases, si ceux, entre les mains des- 
quels on a remis le dépôt des lois , mollissent sur 
l'article de l'infamie? Je serais étonné qu'abhorrant 
ceux qui font trafic de prostituer les autres, on vous 

vît renvoyer , sans les punir , ceux qui se prosti- 
tuent eux-n^émes volontairement. Le. même hom- 
me , sans doute , qui ne pourrait obtenir le sacer-* 
doce d'aucune divinité , comme n'ayant pas la pur 
raté que demandent les lois , portera des décrets 
dans lesquels il adressera aux Déesses Redoutables 
des prières pour la république; et nous serons en- 
core surpris du désordre qui règne dans l'état , 



454 HARANGUE d'eSCHINE CONTRE TIM ARQUE. 

lorsque de tels hommes mettent leurs noms à la 
tête des ordonnances du peuple l Enverrons-nous 
donc en ambassade chez les étrangers un homme qui, 
chez nous , a vécu dans la turpitude ? Lui confie- 
rons-nous les affaires les plus importantes ? Que ne 
vendra point celui qui s'est vendu et livré aux plai- 
sirs d'autrui? De qui aura pitié celui qui n'a pas eu 
pitié de lui-même? Qui de vous pourrait ignorer 
la corruption de Timarque? Comme on distingue 
. ceux qui s'exercent dans les gymnases, quoiqu'on 
n'assiste pas à leurs exercices, en voyant la bonne 
grâce de leur personne; de même on connaît les li- 
bertins et les débauchés , quoiqu'on ne se trouve 
pas a leurs désordres ; on les connsiit , dis - }e , à 
certains goûts pervers , à un certain extérieur d'au- 
dace et d'impùdence.Car, quiconque, dans des ob- 
jets essentiels, a enfreint les lois de la pudeur , con- 
serve une certaine disposition de l'ame qui se ma- 
nifeste au dehors par un air d'immodestie. 

Faites-y attention, Athéniens; vous verrez qu'une 
foule de gens pareils ont renversé les états , et se 
sont précipités eux-mêmes dans les derniers mal- 
heurs. Car, ne croyez pas que ce soit à la colère 
des dieux, et non à la perversité des hommes, qu'il 
faille attribuer les grands désastres , ni que les scé- 
lérats, comme nous voyons dans les tragédies, 
soient persécutés par les Furies , et tourmentés par 
les torches ardentes de ces déesses. Les plaisirs in- 
fâmes et les désirs illicites, ce sont là pour chacun 
les vraies Furies ; c'est là ce qui entretient les so- 
ciétés desbrîga\vds\ce^llàce c^ui remplit les vais- 



kAta timapxot Aoros. 455 

fïiTopm îwi TcLç Tov d^yi[iov ymficLÇ t'n'typct^ofjLîmy $ 

Kctl TOV CLl<T')(JfSç OiJtOl ^eÇ>lCùX.OTcC î^ù> TÎ!k ZtToAîœs 

J^/ctTr/crrçucro^ev 5 Ti J^' oux, iv dsroâùiTOy t>iv tou 

I t/p II f.j -AT* y^ I 

GûùfJLCLTOÇ ufep<V 'TeînfCLTiCû^i TIVjCL à^ CtV OUT05 6Ag>J(r6/£y, 

ot Jtov oJx eAe>i(roc^ ; T/vi J^' u|ul5v oux. evymo'Tos 
î(rTiv li TifJLctp^ov ^$î\vpicL'y CûCTTrep yàLp Torjç yvfJL^ 
vot^ojuieyov? , x-oiv At>î 'srcLpcùiiîv li rôi$ yv/xvoter/o/^, s/V 
rc3t^ tvt^icLS ctvrm ctTioGAÉcroirg^, yiictxntofiîv* ovrœ 
Tovç "TTg'Tropvgu/tevou^ , x^y /aji trctp^/igy to7 ^ otuTû^i 
^pyoi$ , €îc T>î$ ayot/(Σ/«, xoti tou âpcta-ov^ y xxti rSv 
«TTiTîiocu^tocTûïy yi^ûùŒTLOiivi^ O yap tm tm [ityiazcsv 

\ I \ \ ^ .1 f ^ ^ V \ 

Tovç vo^iov^ xott TTjy o-û)(ppo(ruy>îv u-Trep/ray , e^ei Ttyot 

rpoTTou y/y£Tct/. 

riAe/cTTow^ J\ flty et/po^r' ex. T^y TotovTm dv^pconav 
'TroAeis cLyaLTîrpo(poTaL$ , x.ûl/ ,tcliç fjLByicrrcLiç (rv/A(po- 

*A5)ivcuoe , Tct^ Toif cLTv')(yifJLcLTm clpX^^ *^o 9^^^ ^ 

ûcAA' oup(^ v'TT* ctv5pû>7rû>v da^AyucLÇ yin&d-cti , jLt>j^g * 

Tou$ y\(rc^y\yLOTcLÇ , xctGcfTrgp gy TctTk 'zpcLycùàicLiS^ FIoi- 

Vût^ î\cLvnii xflt< xoAût^g/y J^oco-zy ^/JLll^ycLl$• ctAA* et/ 
«^ t>t I f \ \ \ \ \\ f \ 

IZfOTTeTîlÇ TOV (TCù/JLATO^ mOVCLl , }COt( TO /JimîV IX<tVOV 

i^yeîff^cLi , TdVTûL TcXnpoi xcl XmTïïfict^ rcLxir* tU xoy 



456 KATA TIMAPXOT AOFOS. 

ff 

€Vct)cTpo3ceA)fTot lixÇ>iÇ>iL^îi , TdZrcL icTTiv ix^ctarcù 

rov$ TffoKiTcLÇj v'TTUftrîiy roiç rvf(tyyoi$ y <Tuyx,€tT€L' 
\veiv To» à^yi[io}f. Ov y<tf t>jv ûLia^vvïiiy ovâ et 'TTsto'oy- 
Tott A)î(p56vre^ Aoyi^ovTfltr otAA* ecp* o/^ x-ctropSûi- 
o-ctvTe^ eu<ppoty5>i(royTflLi , rovrois 3c£}c>jA)îyTcti. E^oti- 
perr' oi/y, œ 'A'9'>jyouût , Tot^ toiclvtclç cpuere/^, jccti ra 
T^y ygû^y Q)îAûïjxctrct îtt df^mv îypoTpg'xj/ctcr^s. 'Ey ^g 
Bv tniGTcLaBî y xcli [jloi <r(poâpcL to fJLîWov p»9)î(r£(r5oti 

TotO-X-SVfit^STE" £< ^* clnO(ptV^tT€Ll , TCpUTTCûV '^V CtyCùi 

\ t -- \ \ \ 9 I ^1 

fzvi ytyevY\/Jiî}fo$. ilfiv fX6v yctp ei5 xp/er/y Tt/tctp^ov 
x,a.ToL(TT>jv<xt , cpopoy T/er/ ^oLpc/^6v o vo^o^ , jcol/ to 

T(S^y S^lXCCarviflCùV ÔvOfJicC 6I J^* o TCfCùTîVOù)/ ^$t\vflCL 
TLCLl yVCùpillCùTOLTOÇ îlŒi\âeàV WipiyîVYlTeTOLl y 'TTOA- 

Aou5 dfjLcLpTGLVîiy eVotpsT, xct/ tsAêvtwv oup^ Aoyo^, 
cLw* xcLifo$ vfjLdLÇ î^opyifu M>i oùv e/V dô-poovsj 
ctAA £t5 evA ct7ro(T)c>i'v|/a.Ts , x,ctt r>iv '7ra.pGtcr3t£t;»v j^ 
Tou^ (ruy>iyopou^ ctvTm ^oLpoLr>ipeTr€. 'i^y oucîevo^ gy^ 
QvoïKKTTi jLiv»<r^>i<rojLtoL« , /vcc jx» Tott;T>jy C3Lp')^y TOU 
Aoyou t&*ot)î(r®yrût« , J^ oux, àv tirocpîTA^ov , €e' ^l» ti5 



ÏIARAKGIJE d'eSCHINE CONTRE TIMÀRQUE. 4^7 

seaux des pirates ; c'est là ce qui porte de jeunes in- 
sensés à égorgerleurs concitoyens, à se dévouer aux 
tyrans , à détruire le gouvernement populaire. Uni- 
quement flattés des avantages qu'ils se promettent» 
s'ils réussissent, ils ne pensent ni à la honte de leur 
conduite, ni aux supplices qui les attendent, s'ils 
échouent. Eloignez donc , Athéniens , éloignez de 
votre ville de tels caractères ; allumez dans le cœur 
des jeunes gens l'amour de la vertu ; convainquez- 
vous d'une chose , et n'oubliez pas ce que je vais 
vous dire. Si Timarque est puni de ses désordres , 
ce sera un commencement de réforme pour la 
ville : s'il échappe , il eût mieux valu que ce procès 
n'eût pas été intenté. En efFet, avant que Timarque 
fût cité en justice, la rigueur de la loi et le nom des 
tribunaux en imposaient encore à quelques-uns; 
mais si le débauché le plus fameux, si le coryphée 
du libertinage , traduit devant les juges , se soustrait 
à la peine et sort triomphant , son exemple multi- 
pliera et autorisera le crime, jusqu'à ce qu'enfin ce 
ne soient plus de simples discours , mais la néces- 
sité qui yous excite à devenir sévères. Au lieu 
donc de vous mettre dans le cas de punir une foule 
de méchans, effrayez -les tous aujourd'hui par la 
punition d'un seul. 

Défiez - vous de la cabale ; défiez - vous de tous 
ceux qui sollicitent en faveur de Timarque. Je n'en 
citerai aucun par son nom, de peur qu'ils no pren- 
nent de là occasion de monter à cette tribune , et 
qu'ils ne débutent par dire qu'ils n'auraient point 



i 



458 ■AluàSCn D E3CHISK COHTU TiiiimQirE. 

para . » oa ne les eût nommés. Mais , Toici ce que 
fR Tais faire i supprimant les noms, et rapportant 
les désordres , je ferai connaître les personnes. S'ils 
ont la hardiesse de se présenter « ils ne pourront 
s autoriser que de leur effronterie. 

Je ¥ois, dans cette cause, trois sortes de sollici- 
teurs. Les uns , par leurs dépenses journalières , ont 
dissipé leur patrimoine. D'autres , se livrant à des 
Tices infâmes, ont déshonoré leur jeunesse; et bien 
moins inquiets pour Timarque que pour eux- 
mêmes , ils craignent d'être cités en justice. D au- 
tres , libertins furieux , qui ont abusé de la mal- 
heureuse facilité de ces derniers , Teulent que , 
comptant sur leurs secours, on se prête désormais 
plus facilement â leurs désirs. 

Avant d'écouter leurs sollicitations , rappelez- 
vous leur vie. Ordonnez à ceux qui se sont désho- 
norés eux-mêmes , de ne plus parler en public , de 
ne plus vous fatiguer de leurs harangues, puisque 
la loi ne regarde que les citoyens qui se mêlent de 
ladministration. Ordonnez à ceux qui ont dissipé 
leur patrimoine, de s'occuper de quelque travail, 
et de subvenir d'ailleurs à leurs besoins. Quant à 
ceux qui observent les jeunes gens faciles à se lais- 
ser prendre dans leurs filets, ordonnez-leur de s'a- 
dresser aux étrangers, afin qu'ils trouvent les plai- 
sirs qu'ils cherchent, sans se satisfaire à votre pré- 
judice. 

J'ai exposé les lois , j'ai examiné la vie de l'ac- 
cusé : rien ne manque de ma part. Vous êtes main- 



KATA TIMAPXOY AOrOS. ^Sg 

îdvrcù ix.<t(TTo$ AIT 19$ , Éfltv J^ivpo ctyctêç XCtl CtVCW- 

Tovrcû ycLp wafuaiv îk Tpim ziâcûv avvviyofoi* oi 
/x€V, tcl7$ xoC/S-* ^fJLîpaiif ^ccsTcLVôLiç <i}fyi\cùxoTs$ raç 
W(tTpCf)ciL$ ovaicLS* ût J^e , Tcu$ tÎ\ijcicli$ ly Totç ixmœv 

T/]u.ccpp^ou, clWçl nsfi îclvzcù); 39 tû^v e7r<T>j^£UfJifltTâ)y, 
a)i 'TTOTî ei$ Kpicru. KcLToLarœair îTîpoi ^ , ejc tû)V 
et 3coAoC(rTû)y , 39 T^y toT$ ToiovToi$ xep^p>i/x,ev(»y otcpôo- 
VûJ^, tyctTûtT^ i8o)î9e<a.e$ ctur^y WKTTîvo^rîç pocoy t/v€^ 
t^cLfÀcLpTxvcùa-ir cùVy npiy zl^ç o-uvuyopict^ ocx.ou(ra./,Toi»$ . 
^/ou$ civcLfJLifjLVyiaxt(rQî. KcLi rov$ /jLty tiç tùl aa>/jicLT<t 
iî [xcLfTyixoTOLÇ jx» vfTiv îyo')(\zTv y xWcL WCLVacLO-d-CLl 
S^yi[xyiyofovyraL$ j jceAeueTe* ovâi yap yofJLo$ rovç 
lùiûùTtvovTciç y àWcL Tov$ îyoAtTêuo|xevou$ e^êTût^e/* 

TOU^ J^6 Tôt TrcLXpCùCtXCLTîâlfidàTCOTCLÇ 6py(t^£(r9ût< 3C0LI 

eTep(»9ey x,Tût(r9ût/ tov i8<oy jceAeuere* tou^ J^e T(»y ye(»y, 

r/ C k/ f^ f -, \ »/ » \ 

Oaoi fCLOlûSÇ ÛL\l(TXOVTcLl , 57ipîVTX$ OVTcLS , €<^ TOU^ 

Çgvot;^ 39 Tot;^ fitzoïxovs xpîTincr^cLt xî\tvirî, tyctft>jT 
gVeTvoi T)i$ wpocLifiatcûÇ dwoŒTZfCùyxciLi y /x»5* U)tte<^ 
iSAflCt&*T>i(r9e. 

Tct jxev ouy 'TTotp' îfiov S^ixon(t'sr(tyz(tct'7rîi\'ii(pcLzt* 
60iodçotTov^ yoiiovçy îçiixcL<rcLxov fôioy xqu Tcfiyofityou* 



46o KATA TIMAPXOT AOrOS. 

yw? fjLîv ovf viiîï$ eVre tSv î[xSif \oyaf xpircn^ cLVTixa 
J^* vuLîTtpoç lya GectTu^' €? yotp rcLi$ viuTtpcnç yi»- 
fxct/^ »' Wf£^i$ TLoLTîXti'TnrGLi.El ou? ^ouA»(r£er9e, Tct 
S^ixcLtcL xcLi Tôt (TUjxcpe^ovTct J/aSv tiroi)f(rct?T«v , (p/- 
\ori[icrcpof iiJLUç 'î^oiitv rov$ TB'cLpcLVOfiovvTcc^ é^6- 
Tflt^eiv. 



t»»t»»-H»*# « . 4 4><» 



HARANGUE d'eSCHINE CONTRE TIMARQUE. 4^1 

tenant juges de mes discpurs ; je serai tout-à-rheure 
témoin de votre jugement. L'afFaîre dépend de vos 
décisions. Si vous vous déterminez à prononcer 
suivant la justice et pour le bien de la république , 
nous n'en aurons que plus d ardeur pour recher- 
cher les infracteurs des lois. 



i 



NOTES 

DE LA HARANGUE D'ESCHINE 



CONTRE TIMARQUB. 



( i] Dont vifus vêtiez d'entendre ia ieeture ; dans l'acte d'accmatioii 
que l'accusateur faisait lire avant de parler. 

[a] Elles sont répétées dans Texorde de la harangue du même ontear 
sur la couronne. 

[3] Nous aroDS déjà observé , dans les discours qui précèdent , que b 
ehorégie était une espèce de fonction publique et sacrée. Le ehorège s'en- 
gageait à former à ses dépens une troupe de musiciens et de danseurs , 
pour célébrer les fêtes de Bacchus. Eschine ajoute qu'un ehorège devait 
avoir quarante ans passés ; cependant il est certain que Démosthène 
l'avait été à trente-deux , lorsqu'il reçut un soufflet de Midias en plein 
théâtre. 

[4] Toutes les précautions, que prend ici le législateur, étaient louables, 
sans doute , mais annoncent combien ces vices antiphysiques , ces abomi- 
nations qu'on ne doit pas même nommer parmi des chrétiens , étaient 
communes chez les païeos. J'ai quelquefois examiné pourquoi ellei 
étaient si répandues ^ surtout chez les Grecs; il m'a semblé que la prin- 
cipale raison, c'est qu'ils se permettaient, comme honnêtes, certaines 
liaisons qui ne conduisaient que trop souvent à des horreurs. Il est des 
passions avec lesquelles il ne faut jamais composer ; la prudence Teat 
qu'on ne se permette rien absolument , qu'on évite même ces premières 
démarches qui paraissent innocentes, mais qui pourraient jeter daosks 
derniers excès. Le plus sage est de ne s'engager en aucune manière dans 
un chemin rapide et glissant terminé par un précipice. Que l'auteur de 
notre religion sainte connaissait bien mieux le cœur humain, que les phi- 
losophes de l'antiquité ! Il ne se contente pas de nous défendre tonte 
liaison qui pourrait devenir déshonnétc , quoiqu'avec une apparence 
d'honnêteté ; il nous interdit les regards, les désirs , la pensée même, ^t 
nous écartons pas de cette règle , si nous voulons nous conserver purs. 



NOTES. 463 

Ces observations sont morales, en voici de critiques. Taylor remarque 
judicieusement qu'il faut ditinguer trois lois différentes dans ce que fait 
lire Eschine , et qae c'est pour cette raison qu'il dit au greffier : Usez tes 
iois. J'adopte oette remarque , et j'ai distingué , comme lui , les trois lois. 
Il faut aussi remarquer, d'après Samuel Petit, que les lois citées ne sont 
pas entières , surtout là seconde , qu'il y manque quelque chose , et 
qu'elle ne présente pas tout ce qu'Eschine annonce qu'elle doit présenter. 
Ce savant , exact et profond , nous avertit encore qu'il y avait sans doute 
à Athènes deux sortes de gymnases ; ceux des enfans , dans lequel il n'était 
permis d'entrer qu'à certaines personnes; ceux des jeunes gens plus 
avancés en âge, qui étaient ouverts à tout le monde, et qu'Eschine fré- 
quentait j d'après ce qu'il dit lui-même. 

[5] Les Ondécemvîrs étaient , à Athènes, des officiers publics auxquels 
on livrait ceux qui étaient condamnés à quelque peine corporelle. 

£6] C'est un titre qui se trouvait dans les lois de Solon. 

[7] On sait que Solon était législateur d'Athènes. On lui avait érigé 
une àlatue dabs Salamine, ville qu'avait perdue la république d'Athènes, 
et qu'il avait recouvrée à sa patrie. Il est beaucoup parlé de Solon et de 
Salamine dans la harangue de Démosthène sur les prévarications de l'am- 
bassade . 

[83 A quelle occasion , et pour quel sujet Timarque s'était porté à cette 
démarche indécente, l'orateur ne le dit pasj et il n'est pas facile del'ima- 
giner. 

[9] M. Larcher observe avec raison, dans ses notes sur Hérodote, que 
le nom grec nrôAit se prenait souvent, comme ici, pour la citadelle. 

[10] Aulon et Thrasylle, deux quartiers d'Athènes, ou deux pays de 
l'Attique , dont' les auteurs ne parlent pas. 

[11] Andros> une des îles Gyclades, dépendante des Athéniens. 

[la] Apparemment que, lorsqu'il était question d'exclure un sénateur, 
il y avait deux sicrutins : dans le premier, on marquait son avis sur des 
feuilles , fuAAoïs , d'où vient le proverbe fx^vxxtf opt7tf6«i ; dans le second, 
on se servait de petites pierres plates , suivant l'usage ordinaire , 4«f*H* 
"^ Privés de leur récompense , de la couronne qu'on accordait à tout le 
sénat, quand il sortait de charge. 

[i5] C'est de Démosthène qu'Eschine veut parler. 

[i4] Je n'ai pu traduire le texte dans tout cet endroit : j'ai suivi l'esprit, 
et non la lettre , qu'il aurait été impossible de rendre. 



4t)4 N O t E s. 

[i5] Andocîde, orateur d'Athènes assez connu, dont il nous reste q1lc^ 
qu«i discours. Hermès , surnom de Mercure. On appelait un Hermèt , 
une statue de ce dieu. Il j avait beaucoup de ces Hermès dans la ville 
d'Athènes. — Plus bas , Batalus, joueur de flûte, homme mou et effëminë. 

[16] Il est bien étonnant que la moitié de vers que cite Eschine, 
f »fi« /' ti( rTpMTÔr ihhi i et qu'il dit se trouver souvent dans Homère , 
ne s'y trouva pas une seule fois. Je me contente de faire la remarque , 
sans l'accompagner de réflexions. Il faut aussi observer , par rapport aux 
▼ers du même poëte, qui sont cités plus bas, qu'il y a quelque différence 
entre l'édition d'Eschine et les éditions ordinaires. 

£17] La foiitesse de nos mœurs i Voilà comiiie on farde la corruption; 
voilà comme on la décore de noms spécieux ! Nous appelons de même chez 
nous galarUerie ce qui est la source dt mille désordres , ce qui a jeté miOe 
fois dans les familles le trouble et la désolation. — Harmodius et Aristo- 
giton> deux citoyens d'Athènes qui étaient fort unis. Ils tuèrent Hippar 
que , fils de Pisistrate , et furent regardés par les Athéniens comme les 
libérateurs de la patrie. 

[18] La dissertation suivante sur l'amour honnête et deshonnéte nom 
donnera la preuv^de ce que j'ai dit plus haut, et la raison pourquoi ce^ 
tains vices infâmes étaient si communs chez les Grecs. 

[19] Sous prétexte de s'attacher à un jeune homme pour garder et for- 
tifier sa vertu , on le perdait souvent , et on se perdait soi-même. 

[ao] Et ne donne pas de nom à leur amitié ; parce que les honunes 
étaient encore simples et vertueux , et qu'ils n'avaient pas encore appris 
à distinguer un attachement honnête d'une liaison criminelle. — Oponte, 
ville des Locriens-Epicnémides. 

[ai] Les deux vers que cite Eschinc sont de l'Œdipe d'Euripide, pièce 
que nous avons perdue , et dont il ne reste que quelques vers. 

[sa] Phénix , titre d'une pièce d'Euripide, dont il ne nous reste que 
des fragmens. Le savant M. Valckenar,dans ses dissertations sur les fiag- 
mens d'Euripide , prouve fort bien que le principal personnage de cette 
pièce, que nous avons perdue, était Phénix, gouverneur d'Achille, ac- 
cusé faussement, par une concubine de son père, d'avoir attenté à son 
honneur. Le poëtc fait parler un des amis de Phénix , qui entreprend de 
le justifier auprès de son père. 

[233 Et dont les mères gouvernaient les inens , sans doute sous l'auto- 
rité de l'archonte ou d'un des principaux parens ; car les femmes , tou- 
jours en tutèlc, ne pouvaient pas être tutrices même de leurs enfans. 



^; ; NOTES. 4-65 

[24]Gritias avait été réellement dbcîple de Socrate; maison ne voit 
^ iBiille part ailleurs, que ce philosophe ait été condamné à mort pour 1^ 
. . «Yoir donné des leçons. Xénophon dit, au contraire , que Gritias , choqtië 
de la liberté dp ses discours, voulut lui interdire l'instructioB de la jeu- 
nesse ; mais que Socrate , qui ne reconnaissait pas son autorité , et qui 
n'en redoutait point les suites violentes, n'eut auotto égard à une dé- 
fense si injuste. 

[a 5] C'était le conseil des Ephores, le sénat de Lacédémone, qui tem- 
pérait la trop grande autorité des rois. —' Qu'ils ne garantiraieni pat 

iong-tems Lacédémone se glorifiait alors de n'avoir jamais vu son 

territoire ravagé. 

N, B, {foge 338.) Il y a ici, dans la traduction de l^bbë Auger, 
une grande lacune , dont il s'excuse ainsi dans la note suivante : « La 
manière dont Eschine s'exprime sur les désordres de Timarque, pouvait 
être décente pour les Athéniens ; mais heureusement elle ne le serait 
pas pour nous. Elle révolterait peut-être les personnes les moins scrupu- 
leuses. J'ai donc supprimé entièrement cette partie du discours. » 

Tout en approuvant les scrupules bien fondés de Tabbé Auger, on t 
pensé néanmoins qu'on pouvait remplir cette lacune par la traduction la- 
tine de Wolf , sans blesser les règles de la décence , et Ton s'y est cru 
autorisé par ces vers de Boileau : 

Le lalin, dans les mots, brave rhonnéletë^ 
Mais le lecteur français veot être respecté. 

On s'est également servi de la traduction de Wolf, pour un autre en- 
droit que l'abbé Auger s'est abstenu de traduire , mais sans en avertir le 
lecteur , quoique la longueur du passage semblât demander un avertisse- 
ment. ( Note de CÉéUewr. ) , 



4 
* m 



T. III. 9.9 * 



AVERTISSEMENT 



DM 



L' É D I T E D R. 



V^^'VWVMfWWVV 



L^âbbé AuGER avait sapprimé ce discours dans sa tra- 
dnction ; d*abord à cause de la nature du sujet , ensuite 
parce qu^il partageait l'opinion de plusieurs commentateurs 
qui rejettent ce discours comme indigne de Démostbène-: 
mats trop d^exemples nous prouvent qu'un ouvrage très- 
faible peut sortir de la main d'un grand écrivain. Lorsque 
dans quelques milliers d'années d'ici , la langue française 
sera devenue à son tour une langue morte , bien des com- 
mentateurs prétendront que les tragédies d'Agésilas , d'At- 
tila , etc. , sont trop mauvaises pour être attribuées au 
grand Corneille , l'auteur de Cinna et des Horaces ; que 
la tragédie des Frères ennemis s'est glissée , par quelque er- 
reur typographique , parmi les chefs-d'œuvre de Racine ; 
et que l'on doit retrancher des œuvres de Boileau, Tode sur 
la prise de Namur. Voilà peut-être ce que prétendront les 
Casaubuns et les Saumaises futurs. Mais leurs raisonnemens 
seront-ils bien forts et bien concluans ? Fontenelle dit , 
dans la vie du grand Corneille : 

« Il faut croire qu'Agésilas est de Corneille , puisque 

^( son nom y est. » 

Je dirai de même : « Il faut croire que le discours intitulé, 
'EfeûTiKoç xiy^ç ( Eloge d'un jeune ami), et un autre discours 
intitulé :*E7nTst(çtoç Myoç ( Eloge funèbre), sont tous les 
deux de Démosthène , puisque son nom y a toujours été. 
Bourdalouc et Massillon ne sont-ils pas comptés au nombre 



468 AVEEtltSEMENT DE l'éditeur; 

de nos plas grands orateurs ? et pourtant leurs oraisons 
funèbres ne valent guère mieux que celle de Démosthène.» 

Quant à la nature du sujet que traite Démosthène dans 
V Eloge de son jeune et bel ami , nous dirons, pour sa justifica- 
tion , que les mœurs des Grecs autorisaient cet amour , 
quand il était fondé sur la vertu. « Il est permis , dit Tabbé 
M Barthelemi dans le Voyage d'Anacharsis , à un jeune 
« Spartiate , de recevoir les attentions assidues d^un autre 
» jeune homme , attiré auprès de lui par les attraits de la 
» beauté, et par les charmes plus puissans des vertus dont 
» elle paraît être Temblème. » (i). 

Ce sentiment était considéré comme Tamitié ardente 
d'un frère pour son frère : aussi Démosthène ne fait aucune 
difliculté d'avouer ce sentiment pour le jeune homme dont 
il nous expose ici les qualités estimables. Esichine ; dans le 
discours qui précède celui-ci , fait le même aveu au sujet 
de quelques jeunes Athéniens , dont il avait même célébré 
en vers le courage et la vertu ; et il établit les mêmes prin- 
cipes que Démosthène^ sur les fondemens honnêtes que 
doit avoir cet amour ; mais comme nos mœurs l'ont tou- 
jours repoussé , malgré des autorités si recommandables , 
nous nous contenterons de donner en latin la traduction de 



(a) Élien rapporte ( Hîst. , ch. lo ) qu'un des plus honnêtes citoyen» 
de Sparte fut condamné à une amende, pour ne s'être jamais attaclié à 
un jeune homme. ( Note de l'abbé BaHhélemi , <ians le F'oyagetCAn»- 
eharsis. ) 



T. m- 



3o 



AHMO20ENOT2 



EPaTIKOS AOroS. 



J\jSlA' «îre/^Vep dx^oveiv jSouAe/ Tov \oyov , J^e/^» 
(Tot'xcù <lyaLym(ro[JLCLi. Ait S^t <tî tt/iv -arfoctiptarj otty- 
Tou "Ttpcûzoi eiâtycLi. BouAeifltt ju-ev yotp o tov Aoyo? 
îTo/av e'Tro.iveTv E-TTix-pctriiv , ov aero 'TCoWm mu 
xaJKm xat ctyctG^'y ovtûjv veav ev tî? îroAe/ p^ctpietrTct- 
rov ^hcLiy 19 ^rXiiov t? (ruveergi '7rpoep(^e/v, >i tûj )taAAci, 
T^v riXi-iLioùz^r ofm J^' , «^ eVo? efTreTv , Tot TrAero-Tct 
t5»v epaîT/}c^v (ruvTflLy|ut.aTû)v ai(rp(|^uv>jv fxoAAov, i T<jtt)iT 
'Trep/oL'TrTovr ce TouToi^ , tzrept ûïv e(rTt ygypaLaa^yût, 

îCûLt t^'êîire/o-^ati cp^cr/ nj yyaifjLii, tovto x,cli yîyfKi(piit 

Cù$ d\x.CtlO$ tfCLG'TY\$ OVT ÛLV WOlViail^V OVâîV Ge.t(T^50lf, 

OVT driûùGîivt. O agv ouf cùawtp îi fJLOL\i(rT ctv eptf- 
TI3C0V \xÇ>oiç TOV \oyov , tirgp/ TotTr' \(TTir f 
clWoç \oyo$y TcL fJLt^ dLVTov twcLini TOV vgctv/cncov , 

TCC J^ê dVzZ (TV[J.Q>OV\îVU "TTl^l TCOLlÙtlCL^ Te X^ 'TCfOtr 

ptaicùç TOU ^iQu. riavra J^g tolvtol yeypx^tai to; 
zfowov^ ov Tiç cLv îU ^iCKiov koltol^qito. To?; Ui/ 



DEMOSTHENIS 

SERMO AMATORIUS. 



y^ ge y âge , quoniam audire vis , ostendam tibi 
orationerriy et legam: sed consilium tibi est inpri^ 
mis intelligendum y ejus qui hanc orationem com" 
posuit. Is Epicrateniy quem inter multos ^ et for- 
mosoSy et bonœ indolis adolescentes nostrœ urbis y 
esse suavissimutiiyet œqualibus ingenio magis quant 
forma antecellere putabat ^ laudare instituit, Cum 
autem viderety amatoria scripta pleraque y iis quos 
celebrarent y ut ingénue dicam ^ ignominiosa potius 
esse quam honorifica , idnesibi usu venir et , cavit-y 
et quod se animo suo persuasum habere asserit , f- 
dem etiam scripsitiamatorem ingenuum nequefac- 
turum turpe quicquam ^ neque petiturum. Quod 
igitur in oratione mapcimè amatorium deprehen- 
das y id in hoc génère versatur. Reliquay partim 
ad ipsius adplescentis commendationem pertinent ; 
partim de liberalibus disciplinis y s^itœque génère 
constituendo prœcipiunt. Hœc autem omnia sic 
scripta sunt quemadmodum in monimenta liltera- 



1-2 DEMOSTHEMS AMATORiL'S. 

rum reterri sulenL Nam ut orationes quœ pronun- 
c:anlur , simplici et extemporali sermonis génère 
tejci JeteFU;iia quas ad posterorum pervenire me- 
moruim vAU , poematis instar élaborât as ^ et ex~ 
ifi^isUum m rnudum perpolilas esse de cet, Illas enim 
pn^babdes , has magnificas esse oportel. Ne vero 
exlr^t CiZuSijm tibi fabulas narrein , neve quid de eâ 
ye'îtuirn , ipie c*Mnmemorem , sic ausculta , ut ipsam 
'jracijneMi j'amaudiiunÂSy quando ipse adest y queni 
MidUorem es^e sfoluif Epie rates, 

Cum vider e m nonmdlos eorum qui amantur , et 
njrmu iitnt ornati , neatra Jèlicitatum harum rec- 
:è uùi , ied , ut orîs decorem laudi sibi ducere, sic 

i.ftu.'.rurrt r\iindii.iritLitem i.z*ersari , atque in judi" 
:unLL * .idifo nort inzelligere optirna qiiœ sint , ut , 
fi '.y/.crr c^os qui hac re Jlagitiose abutuntur , illis 
etiuim iint iniqui , qui modestam , castamque cou- 
iu^iudinem aorum expetunt : eos\ ego non sibimet- 
ipsis tanlum mule consulere ^ sed aliorum etiam 
familiuritales depravare , illorumque amentiam 
prudenlibus mm esse imitandam existimavi ; prœ- 
st^rtiruy si considèrent , cum res ipsœnec honestœ, 
ncc Jlagitiosœ per sese sint, sed pro ratione uten- 
tium pluvimum varient , lemeritatis esse , uno eo- 
demque deulrisque modostatuere. Deinde, omnium 



AHMO20. EP^TIKOS. 478 

iv €)c Tov 'sraLpcL')(ipYiiicL ziç ^iWo^^ nfîKu ygypacpôar 
TÔl$ J^' tiç Tov TAetû? ^poyov ':iây\(Tofiîioiç , ttoîiit/x,®^ 
xoLi mpirrcù^ àffiomi (TvyTcutrQcn. Tovç fity yotp, 

ovv fin -sTûLpcL TOV Aoyov Goi Xtycû , jU>jog , cttirep y/- 
y\<û(7y^cû Wîpt rovTCùv y ctvTo$ Jriî^tcù^ ^pocgp^ , coç 
ctwTou TOI/ Aoyou >io>î cLx,ov<TOfJicyo$ i isruoyi xcti cLvroç 
>fx.£i, oy >}(ooiiA)j3-))v ax,oi/e/y, Etinx^par»?. 

Opa^yey/ou^ rav gpa)p-evû)y ts jcot/ xûlWovs fJLîTt^ 

iT')(7\X0TCù)f y OVdtTtfCL S^Yl rm îVTV')(^i2v TOVTCùV Ofd-CùÇ 

')QcùfjLi'iovs , ctAA* ttsri jxey tw^ t?^ O'^^tœ^ tvTrpiTrticL 
aeujvvofJL^yovi , T)îy J^g ^po^ Toy^ gpoco-Tût^ ojUL/Aeotv 

J^Wtr^Spflt/VOVTût^ , 39 TOiTOUTOV S^lVlllCLpTYllCOrOLÇ TOV 

TcL lèî\TiazcL }tp/yeiy , fiSo-te, J^«t tovç \viicLmiityov$ 

TCù WpcLyiXCLTl , 39 TpO^ T0V$ [JLiTcL (TCù(ppO(TVmÇ 'TtATA^ 

<7/Gt(^eiv cL^ioZvTcL$ S^v(rx.o\cû$ ihcLt S^ioLKtifJiivovç' >îyw- 
adfiYiv Tov$ fitv -zoiovzovç ou fjuoioy clvtoiç aXvamXjOùç 
gp(^e<v , ctAAa xctt toT^ clWoiç [Lo'^ânpcLç avn^tidç 
lnfyctC,'^G^<ti* ToT$ J^6 7ccl\cùç (pfovovaa oujc etrotxo- 
Aof 9)iT€oy siyct^ th Touray <vwoioift , ijlclKkttcl /xtv 
ty^viiovfjLtfoiç 'oTi , T«y 7:ptf,y/^aTû)v , outc xccAay, oui' 
cLl(T*)(jpm j cLsroTo/xcûÇ d^Tm , ctAAct troLpot rou^ %pû)- 
IxiVQVÇ To w\e7<FToif J^tGtAAaTTOvTûïy , cL\oyoy fiicL 
yyû>jJi>î tirept ct/tcporepûJV p^p>io"9otr gz^£i9* or/ ?iravTû)y 



4-i AH3ioxa. EfûTuoi:. 

IcoJTTouij 5 aswf làflf ffi^ 5î/J^ X7ctirii , iXK^ zuf 

m, , t 9M.O f J#-»«. 

X5s/$ ovaif o<TCLt J^'A yfuOA «Ti fz'jrz^ç , %^P'^ xeo^t;- 

Aoyov, céç eu ri npa^UAy aicyfof. Aeo âm x» jxstAAoi 

twoj^^f zovTOf ypot-sl/ctt TOT Acyo7 , iryov'Lr^o^ J^voîy 

Ton XXtWiaTùilf OV i^lX[X<tCTy\yJia^iJil. Tût fJLi^ ycLf 

v7raLpyo¥TcL (701 ctyoL^cL J^itA^câj, ai;xx <Tî Tt Q>]\azoiy 
X) eixoLVTov ovx ccvonToif iZtridi'.^tiy i\Wi^cù , ù cri 
zoiovToi oyzcL ayana' avfjLCovMva-aLÇ J^' et fjLoiAïaix 
y^xzerztiyu , voua^ûù t?^ />tei euvo/ct^ tJ^ e.u?^ ùiiyfMOif 
TV)Ç J^e 3co/i>î^ (pi\iaL$ a<popfjLyiy <tix(poTtpo(^ tiaoïaiVA 
Kût/To/ // ou AeA)j3ev, or/ yaXt'Koy [xti tari x^ 
rm (T)jv (pvcriy i^iaç tcùv vTrA^yovTCùv J^<gA5gTy, en 
S'î îTtrixrjâtfyozcfoy tov (7u/tCowAeu6/v ^tgAAovTctctt/Tov 
vwîv^vvoy ici "TTîia^îvzi itaizcLGzy^trxi* 'aAAo, vofjiîl^a), 
TQiç fit)/ è^iTLcuœ^ îyKœtxicùV zvyyoLyovji Trefiyt^taban 



DEMOSTHENIS AMATORItJS. 47^ 

esse absurdissimum judico ^eos admirari, quiplu- 
rimos et constantissimos amicos habeant ; ama^ 
tores autem improbare , quibus solls y^ nec iis tauien 
omnibus^ sed bonis et modestis duntaxat ^ amasio- 
rum animi sic conciliari soient y ac dedi^ ut eorum 
esse proprii videantur, Jam illos qui nullius talis 
amicitiœ felicem eventum viderunt , aut semetipsos 
tam incontinentes esse sciunty utmodestam cumja- 
miliaribus habere consuetudinem nequeant y ita 
sentire fortasse nihil miri est. Qui autem eodem, 
quo tu y animo et conditione sunt ^ qui nec prorsus 
ignorant y quantœ necessitudinesper amorem absque 
infamia sint auctœ y et superioris uitœ suœ tempus 
cum verecundia transegerunt ; in eos ne suspicio 
quidem cadit ullius turpitudinis. Quo magis etiam 
ad hanc scribendam orationem sumincitatus^qubd 
duas res pulcherrimas consequi me posse animad^ 
s^ertebaui. Nam tum bonis tuis commeniorandis y 
simul et te felicem , et me ^ qui te talem diligam , 
non vœcordem esse y ostensurum confido \ tum 
suadcndis iis quœ in primis necessaria sunt y et 
benevolentiœ meœ spécimen et mutuœ amicitiœ oc-- 
casionem allaturum. 

Tametsi autem me non prœteritj quàm dijj^cile 
sit y et indolem tuam pro dignitate celebrare y et 
multo etiam esse periculosius y dare consilium^ 
. cum monitori eventus consiliiprœstandus sit ; decere 
tamen existimo y ut et hi qui jure laudantur y j^e- 
ritatis excellentia laudantiumfacundiam sapèrent ; 



47(i DEMOSTHENIS AMATORIUS. 

et in dando consilio spero me non aberraturum. 
Scio enim stùltos et intemperantia prorsus depra- 

vatos y nuUa etiam sapienlissima rectissimaque 

consilia probe exequi ; per eos verb, qui vitam 

suant prudenter et innocenter instituerunt , necvel 

mediocriter cogitatafustrari solere. 

Hac igitur spefretus , ad orationem aggredior, 
Arbitror autem omnes mihi esse assensuros , 
' hanc œtatem decere maxime^ et pulchritudinem 
aspectûsy et modestiam animiy et Jbrtitudinem 
Utriusque^ et perpetuam orationis suavitatem, E 
quibus ea quœ naturœ sunt^ ita tibi prœclara^ 
Fortuna largita est y ut omnes te suspiciantj et 
admirentur : relicjua ipse tuapte curaeo perduxisti, 
utnemo sanus te reprehendat. Oportet autem eum^ 
qui maximas laudes mereatur^ et Diis carum 
videri , ethominibus ^ partim propter semetipsum, 
partim propter fortunam , admit ationi esse» Ac 
in universum de plurimis tuis ad virtutem adju- 
mentis y plura deinceps narrari conveniet, Quas 
vero singulatim laudes referre possum ^ eas vere 
ut exponamy opérant dabo, 

Primum autem eam laudare incipiam, quam 
"videntibus omnibus primîim cognoscere lie et y tuam 
pulchritudinem y ejusque coloremy equo et rnembra. 



AHMOS0. EPI2TIK02:. 477 

t/tcT* dxfcKricLÇ âit^QcLf/JLîycùi , ovâî t»v xol9* J7r€p£oA>jv 

Aoyû)* ïiyovfM€Li S^t wclvtcl^ iv o^toAoyJTo'cc^ /*o/, to7ç 

etr cLiKpoTîpcûi TQvrm, %^P'^ «'^ ^^' '^^^ AoyoïV 
J^ttXTÉAsTy t^ovTûLÇ. 12 V TA jxey T)îk (pvaeœ^ ovrcù )cot- 
A^$ ){ rv')(y\ aoi 7tctpcL$îâcûx.ey , ^<tT6 ^épitAgTToy 39 

t'sn(ii\u<tv ti$ zovzo TrpoctycLym mtiÇy aarî ]UL>j(îey' 
cLV aoi TCùy éu (ppovouyt^y e^<T</t)j(r<x<, KoL^TOf p^pw ':o}f 
rm iJLtyiarm îwatycùv ot'^ioy , vwo [itjf rm d-tco)/ 
fiy<V7t:yilJLivov (pot«y€<rG<x.i , wxfcc J^e to7^ ayOpaerot^, ta 
;Ugy <rr fltJroy , tçl J^6 J^^ct T)iy Tup^wy â^t;|ULflt^ea"9<x/. 
KaBoAou /xty Toiyuy rm vTtctf^oiTcùV aoi wfoç cLpt-^ 
Ty\}f îtraç v<rrepo¥ oLffjLOTTti tcl w\îiù> J^/eA^6Îv' et 
J^ Itcclcttou TovTm îyKùùiiidEi'snu e^û), rcttJTcL^n^ 

Af^ofjLAi S^î zs'féùzov incLinTv , oTttp Tip^Tov Idovtnv 
at«ra(r«y taTi ywvcti crou, To xaAAo^, x/ti tovto to 
p^pû)/tflL, J^/ ou KcLi Tct ^eA» xptt oAoy ro (tcùij.ol^cli- 



« 



478 AHMO20. EPOTIKOS. 

VcTccr S Ttv* àv ctf/JLOTTovaxv uxoycL iVîyx(à, aytonm 



yyovTay Tovdi tov Aoyov, ère BîC0pi9(rcLi tlcli tcîeîy, /vot 
auyyycùixïiç Tv')(eù /xifiàti ofioiov t')^cù'j ecTriTy ctum 

[JLETcLaTcL9 [ivyi/JionveTcLi y 59 Tuy rSy 5e^y ct^/ûty eV 

<5tyS>ïpov, îirpo^ J^6 ra^ cLittxç ot'yu'TroyoïiToy ; aAAct/i)»y 
ou^e Tptur' eo-T/v a/T/oto-oto-S-ct/ t&*po^ T>iy (r>îy o-vj/iy, 

H yotp J^^a pcL^vfjiicLV tou (Tœ[xetzos ctzsTcta-xv o-oygTct- 
pat^ûty T)iv uVapp^owcccv tvTtfîitudv , i J^t* aTt;p^)ï/xA 

ovmi ry\v (Djy o^vj/iv gvpoijuigv cty «vop^ov ycy£v>ifi€v>iv 

fjLy\$îv fjLîfjL-^îûûÇ cL^<oy, Ta J^e wXucrrcL '7ripiC>\îwr(i 
<rov x.cLT(t(TTyl<T(ti, Kct/ ^gy «^)J 39 tov opcùixtvcùv y ewi- 
<P(tyî<TTctTov fJLîv ovTo$ Totj wpocûDTrov , TOUTOU ae OtU- 

rov tSv OfJLfJiCLTCûV y îTt jt^GtAAoV €V T0l>T0e^ tWîâîl^CLZO 

T)jv 6t;yo/ay, iiy e/p^€v ecV o-e, to J^ctt/^ov^ov. Ou yctp 
/xoyoy 7r*po$ to Tct x.cLTî7rîiyov^ opcLv ccvTapx.yi 'TtoL- 
pî(r')QiTcLi , otAA* , evim oucî' éx T«y zsrpoLTTofJiîm'J 
yiyycù(Tx.o/JLî'm ry\$ dftrylç , <ro/ , J^/ot t5>v tiT^ ô'>|/£(»^ 
ar,iJLiiœyy tol xclWictcl rm nd-Sy evècpavco-g, 7srpa,ùM 



_ , DEMOSTHENIS AMATORIUS. 479 

et totum corpus elucet : cui quant convenientem si- 
militudinem adhibeam , cum considero , invenio 
nullam. Sed in inentem mihi venit^ rogandos esse 
lectores hujus orationis , ut ipsi te spectent et 
contemplentur , utvenia mihi detur, nihil tibi simile 
adferenti. Cum qua enim id mortalium rerum com- 
paretuPy quod immortale aspicientibus desiderium 
parit? quod aspectu sut non satiat? quod cum 
remotum est , animis obversaturl quod divinam 
obtinet in corpore humano dignitatem ? ut flori- 
dum elegantia venustatis y ita omnis suspicionis 
expers? Jam nec illa in facie tua culpavi queunt^ 
quœ multis pulchritudine prœditis accideruuty ut 
vel ob corporis inconcinnitatem ^ univ^ersa eorum 
elegantia turbaretur ; velpropter calamitatem ali- 
quam y etiam reliqua per se prœclara minus pla^ 
cerent : quarum reprehensionum omnium tuam fa- 
ciem expertem esse reperiemus. Tanta enim cura , 

quisquis ille deorum fuit, qui formamtibilargitus 
est y omnes hujusmodi labes casait , ut nihil vitu-- 
peratione dignum, suspicienda in te plurima effe- 
cerit. Nam cum in his quœ aspectu sentiuntur, 
maxime faciès emineat^ atque in hacipsa oculi; ma-- 
gis etiam in his suam erga te benevolentiam numen 
ostendit. Non enim eos ad necessarios duntaxat 
usus idoneos prœbuit ; sed y cum quorumdam ^virtus 
vix ex actionibus appareat , mores tuos probatis- 
simos per visus indicia declaravit ^ qui sis et mitis 



48o DEMOSTHENIS AMATORIUS. 

atque hurnanus aspectu , et magnijicus j et gram 
in vitœ consuetudine , et Jbrtis ac moderatus ad-' 
s^ersus omnes lidquodin primis admirera, Namcum 
aliorum comitas in humilitatis , gravitas in fastûs 
opinionem incurrat'j cumque iidem ^utpr opter forU- 
tudinem temerariiysic propter mansuetudinem inertes 
videantury tôt res inter se contrarias nacta Jbrtuna, 
ita uti par est , omnia consentientia secum effecit , 
quasi votum absoheret ^ aut exemplum aliis osten- 

dere vellet , non quasi mortalem pro more suo nor 
turam constitueret. 

Quod si tuam pulchritudinem assequi dicendo 
liceretj aut unum hoc in te laudandum esset, nihil 
in hoc lui celebrandi proposito h tuis dotibus prœ- 
tereundum videretur Nunc vereor^ ne auditores 
defatigemus, ut minus alacriter accipiantreliqua, 
si de hoc frustra nugemur, Quis enim speciem 
tuam oratione exprimat, quam nec pictœ autjictœ 
imagines y prœstantissimorum artificum industrie 
elaboratœ , superare queant ? Neque id mirandum] 
nam illœ immobiles spectantur y ut obscurum sitj 
cujusmodi y si viverenty apparerent ; sed animi tui 
mansuetudo^ et dexteritas in omnibus tuis factis, 
venustatem corporis mirum in modum auget, 

Ac tuœ formœ laudes {^quanquamprœterii mul- 
las) has habeo. De temperantia verOy pulcherrima 



/ 

AHMO20. EPOTIKOS. . 481 

[xev 39 cpiAotvGpa'Trov ro7$ ofœai , fjtsy(t\o'7rpîix>i J^î 39 

(tWoùi Iwi fity rri$ 'TTfcLOTYiroç rocTtîtmv , eV/ J^g tîÎ^ 
(rg/^vor)iTo^ cLvâctâm tj'7to\ctiiÇ,<tvofjLîvm ^ jcot? J^ect ^ev 
T>iy cu^pix^ d-pcL(rvTîpcdv y S^ià J^6 T)JV ijVup^ioLV flt^sA- 
Tepav e/vût/ J^x.ouvT©y , rotrctvTùLÇ vnsyxvriûùcruç TipoV 
ctAA>j\ot AotÊoucot ït Tu'^Qiy Tsrpoç to S^îov krsrcu^^ 
o(JLo\oyov(jLtvcL ctVfJ(»5t6y, cùa"7eîp gJp^iiy eVcrsAotTo-flC, 

ccAV ou ■9'y>îT>iy, as €t5i<rTo, (puc^y kttag'cl, 

bi ^gy ouy oioiT m gÇiJtgcr^ct/ tû) Aoyûï) rov >cûcA- 

AOU? TOV (TOVy Vf TOVTO 7]V jULOVOV T«y cav CL^lîTlTctlVOVy OU- 

TCùy aor vuv J^g J^g(îb/3ca, .a>j wpo$ tcl Xoi'tvcl a/7tîipy\- 

XOC/ ^p)I(rû)/XgS-Ct T0t5 aXpOcLTcLi$ ^ s* Ttgpl TOUTOU jLtflt- 

T)iy Tgp3-pgua)jU.g5ou IltSk yotp cty nç v-sroCctKoi rœ 
Aoyû) T>jy o-Jiy o^l/iy , n^ |ui>i(î' i Tgp^yw 'Trg'TTo />jTct< t£v 
gpy«y T0T5 ctp«(rTo<$ S^yï/Jiiovpyols , J^uvotTcti uTigpTgTvflt/; 
itcLi d-cLVfJLctarov otagy. T<t jagy yctp ctx<y>jToy gp^g/ T>jy 
^sûjpifltv, ùixrr (tâ^Xo^ tufcLi^ rt ^tcot cty, «x^up^iT^ /x£- 
Tct<Tp^oyTûL , cpotvgtii* (Tou «^g TO T^T^ ymfiT^ç T^S-os g'y 
TTociriv , ot^ woiî7$ , |ULgyocA>jv gu'TrpgTg/oe.v iwav^dv^i 

TOJ aCùlXcLTL 

Ylîpi iJLî^ oui rov tlclWovç , TtoWct , TrctpatA/- 
TTûJy , ToacLVTcL î7roLiye(TcLi g%û)' 'Z^'gpe J^g ryf$ 



48a AHMOi:©. EPOTIKOS. 



giVeTv oT/, T^^ T^\i}ticL$ ry)ç toiclvtviç gJàctÊo- 
Aa^ î')(ov<ryi$y aoi )U.ûtAAov eTrct/vero-â-oti erujuLjSc- 
Ê>îx,€y. OJ yctp /^ovov ow^ev €çot/iotpTûtv6t, glAAcl j^ 

(PfOfifJLûùTtfOi , Î1 X.OLTa T>JV ipoLV , ^WV TtpOtl pVIXCLl. Kctl 

/ / ' < ^ ^ » Cl ' 

Tovrm fjiîy KTTov T6x,jX)ipiov n "Zîrpof rov^ cu^paxom 
ofjLiXicL. rioAAay yap hTvy')(jvio^Tm aoi , x.ou zrcc»- 

npotarviç tû?v roiourm, cùart wclvtclç tvh wpo$ a 

3car ^^ActvO'pa'Trû)^ Qjîv TtpoctifovfjLîvm eari, KctiTot 
Tiv€^ eudbx.<)Lt>i<Tay lîcJw t«v te <rv/xC>ov\^voiTCùy , m 
ov p^p>î Ta^ xm Tv')(^Qvrav o[jn\ict$ 'Trpoo-tfep^cer^Gti , 
XA/ rm TfeKrd-ivrm rovroiç n yccp Tsrpoç V^p^v 
o/xiAovvTct To7s (pcLv\oiç cLVctyx,euoy îuoLi J^<otÊctAAe- 
aBoLê TTcLpA Toï$ 7roAAd7^5*>ï S^iivXdCov/jLtio^ rcL$ 
loioLif'zctç t7ei7r\y\^u$ , vn clviSv tSv ivzvyycLvonm 
J^u(r^gpfle./V6(r5ûtr (rv[X7Ci7Crsr iycù J^e S^i<t tqvto t^ 
jLtoAAov oiù[icLi (Tî J^eev îyx.càiJ.ict^uv , or/ t<»v ctAAav 
gv T< T«v ctcîy^VGtTû^v oto/xevû)y e/Vûti to toT^ ctWcov tpo- 
'TToiç cLpî(rx.eiy , cv roaovTo rovrm è^n^ny-iLcLs y cùare 
tZv ')^cL\î7tûûy xoLi J^vcTjcoA^v cLTCciyTav w^piyiym" 
c^cLt , Tou ^ev (Twye^otjuLctpTavêfV t/ t/ct/v cucJ' J7ro4^<Gtv 

TW rm rpoTTcùV evcLpfjLoaTicL 7cp (tTy\<rcLç» 



DEMOSTHENIS ÀMÀTORIUS. 4^3 

laus illaoccurrityqubdycum istaœtas calumniisex- 
posita sitytibi usu venit utpolius laudarere. Non mo^' 
do enim nihil delinquis ; sed sapientius etiam, quant 
projloreœtatisyvitam instituisti.Cujus rei maximum 
testimonium est^ tua cum hominibus consuetudo. 
Cum enim te multi convenianty idemque diversis- 
simis prœditi ingeniis , teque omnes ad suam fa- 
miliaritatem invitent y ita prœclarè te adversus illos 
omnes gessisti , ut amicitia tua delectentur : quod 
est vitœ indicium laudabiliter humanilerque ins~ 
titutœ.Quanquam autemjam nonnulliprobati sunt , 
tum qui non quosvis in amicitiam recipiendos sua- 
sere , tum qui iisdem paruere , quod et , si quis 
improbis obsequatur y necesse sit vulgi reprehen^ 

sionem incurrere y et y si eam calumniam vereatuVy 
odium ipsorum soddlium suscipiendum sit : ego ta- 
men propterhoc ipsum te magis laudandum censeo y 
qui y cum aliis Jieri non posse videatur y utpopuli 
jadiciis probe tur quisquam y tantum illos excellas , ' 

ut dijficultates atque asperitates omnes superavis, 

Nam ne suspicionem quidem de te prœbes , quasi 

ulli sis delictorum socius; et aliorum odium mo- 

rum dexteritate vincis. 



1 



484 DEMOSTHENIS ÀMÀTORIUS. 

Jam cum amatoribus ( si quid de his quocfue di- 
cendum est ) ea esse ratio tua^ eaque cum bonitas, 

tum prudentia mihi videtur , ut^ cum plerique nec 
eum quem sibi delegerunt, moderate ferre queanty 
tibi usu venerity ut omnibus supra modum placeas: 
id quod signum est tuœ virtutis evidentissimum. 
Nemini enim ea negastiy quœ jure honestecjue 
tribuipossunt: quœ verocumprobro conjuncta sunty 
ea nec sperare quisquam in animum inducit : tan- 
tam virtutis et honestatis appetentibus potestatem , 
impudentibus desperationem offert tua modestia. 

Prœterea^ cum in adolescentia plerique modestiœ 
laudem taciturnitate venentur y tu tantîim ingenio 
polies , ut sermonibus et colloquiis tuis non mina» 
rem quam cœteris omnibus rébus apud familiares 
tuos laudem sis assecutus : iantus tuus lepos est, 
tanta suavitas ^ tum seriis , tum jocosis in rébus > 
cum et simplex sis absque delicto ^ et acutus absaue 
maliciaj et humanus cum ingenuitate : ac denique 
talis^qualem virtutis aliquis amans Jilium adoptârit' 



X AHMOS0. EPÛTIKOX. 4^5 

lIpo$ Totvuv rovç îpeLCTcLÇy et %p^3coLt *7r€pt Tou/a>y t 

«(TTe, rm TsrMitrrm ovm ov ocv wpoîXmTcti fxîTpicùÇ 
iyeyTLîtv J^uvctjxeyû^v , (to/ -jrctîr/ JcotS-* J'7r€p€oA>»y ape- 
(DcsiK avfiCt^yiMr rvis avis dptryfç CYiiJLtTQy tvapyî" 
<rrcLTo¥ iarif. iîv jttey yotp J^t}c<t<ov xct* jcotAov, ovâtiç 

ToacLvry^if 10?^ |j.ev tS'v jSsATtoT^y optyofjtîvoiç e^ou- 



t ^ 



(Tuyîi^ ^^oty &yifûofjLîvm , crv too-outoy t>» (ptxret J^<6y>j- 
|X)i^6y eAdtrr© T>jy wtft atccvrov tvâo^icLv^ h S^ia TravTct 

L fy 01$ (TTtOvicL^eiÇ i<TTi (TOI , TLCtl h 01$ WCLl^tlç. KclÎ 
- yotp gy>ïô)î^ CLVûL/JLCLfTïiTCùÇ , 7CCLI S^tliOÇ Olî 3CCt}C0>ï^ûl? , 

^. KcLi (pi\<tv^pcù7to$ î\tv^ipiû)$y xoti ToctyvoAov Toiovxoç 
* ti , 0105 otv zi$ eç Aperii? uio$ Ep«r< yt^oiro. 

T. III. ?i\ 



486 i^HMOSe. EPQTIKOS. 

Tïii Totifuy aydjpKtv ( ovoî yctp rovro cl^io¥ tan 
'TTcLpaAiTCUf y cup^, Cùs ov zyoWyji iTsndoaiy t'^^ovcTiç 
<Ti rms (n\ç (pvazaç y tlcli tov /xiWoiToç %povou ou 
7r\uov$ ctcpopaotf w<tfcL$cù(ToiTo$ Xoycôi loiç tncLinîv 
aï fiov\oumt$ y ct\V œç MuWiaTm ôvr^v xar juieTût 

TfltUT>î5 T>f$ }tAlX.IOC$ tVOLiim y h y TO )tA>»^e» i^cLfJULf" 

TcLHDi Toiç ctWotç eux^Tov €(m ) , aov S^^ l'art zsroX- 
\m [iti cc'v xiç iLcLi îTîfm mv ccvdj>eictv J^ieAGw, ]ula- 
AicTTct^' eTit T>i5 ot(rx.>ï(reûJf , >ïf 19 TrAeTcrToi yeyeîiïVTete 
fjLctfTvfii. Ayotyx,)! J^' e '(Jâ*^ zypcSroif îîwuv , T<tuT)ïV 
T)jv ctyû)v<ct» »$ JtctASf trpoeiAou. To yotp opôûT^, i, t/ 
trfîot3CT€oy ecTTt , ireoy ovrat à^o^i/jicLacLi , xcct •x|/up^>!^ 
ayotôî^ , xoLi yyœ/jLï^ç (ppGVi/xov xomv îaxt ayi/ietov* J^/ 

îwancv. Xvvtiùcù^ touuv rSv juty ctWm ctB\ntxciTG>v 
'jLoli J^ov\ovç Tcctt ^evou$ ju.6Tgp^ovTct^, TOV J^' ûttro- 

Êflt^etV IJLOyOtÇ /JLi'J Toïs wo\ircLiç l^OValcLV OVaoLV , 

l(pu[iiyovç J^e Tou$ ^i\Ti(rTov$ , oxjtcùç Iwi tovto'J 
TOV ctyû)vct copfjLyjacL^. Et/ d^6 Ttptmv Tovç fity zcl 
S^po[xi}tcL yvixvex^ofxîyovç , ovdty Wfo^ cty^puoLV , oJ^' 
gU'vf/upj^/ûtv iwioioovoLi y rovç à^î Tïiy 7zrvyiJiv\y kch Tcl 

TOICLVTÛL <t<T)Cy\acLyT<t$ , WpOÇ rCù CCû/JLOLTI ^OLl T>IV 

yycùfJLï]y S^icKpBupecrd-cLi , to azuvoroLrcv tlou tlccWi- 
aroi tSv aycûyiafjLcLrcoVy 39 ulolKigtcl npo^ "utiv actvzou 
Çvaiy cLpfJLOXZov e^éAè^û) , tw jmev ûruvy^ôg/ot zm onXcùVy 

X,Ctl TÎl T(»V S^pOfJLCûV <pi\07tOVl€ty ToTç €V tS WOMuOù 



DEMOSTHENIS AMATORIUS. 4^7 

De fortitudine autém ( nam et hanc prœte^ 
rire non decet ) , quanquam tua quidem natura 
multas adhuc accessiones recipit ^ sequensque 
tempus laudaturis magnam copiam supp édita-- 
bit , tamen pulcherrimœ sunt ista œtate lau- 
des ^ qua nihil delinquere cœteris est oplabile. 

Ac tua quidem fortitudo y cum ex aliis rébus ce- 
lebrari possity tum verb propter exercitationem ^ 
cujus vel plurimi testes extiterunt. Fortassis autem 
in primis dicendum estj quam prudenter id studium 
cœteris prœtuleris. Nam prudens agendarum re- 
rum delectus in adolescente ^ commune signum 
est et animi liberalis , et cordati ingenii. Qua- 
propter nec istius instituti laus est prœtermittenda. 
Cum igitur scires , à reliquis certaminibus nec ser- 
vos y nec peregrinos excludi , istud vero solis pro-- 
positum esse cii^ibuSj nec nisi ab optimatibus expeti; 
sic eo te contulisti. Ad hœc , si qui currendo se 
Jatigenty eorum nec fortitudinem^ nec animi prœs'- 
tantiam augeri^ eos vero qui pugilatu^ aut aliis ejus 
generis ludis se exerceantj prœter mala corporisj 
etiam ingénia corrumpere cum judicares ; splen- 
didissimum pulcherrimumque exercitationis genuSj 
tuœque naturœ aptissimum elegisti j quod et ar- 
morum consuetudine ^ et cursuum tolevaniiçx, beVW 



.|88 DEMOSTHENIS AMATORIUS. 

simulacrum reprœsentety et magnificentia et spleiu 
dore apparatuSj potentiœ deorum simile videatuvj 
prœterea etspectatujucundissimumsit ^ et èplurimis 
variis^ue generibus constet , et ingentia prœmia 
merito consequatur. Prœter enim ea quœ trihuan- 
tuVy ipsa etiam exercitatio ^ et tam prçeclarum 
studiurriy non parvum prœmium homini vel me-- 

\ diocriter virtutis studioso, videatur. Quod Home" 

ricicarminis testimonio vel inprimis comprobatwr : 
in quo et Grœcos et Barhdros tali apparatu gessis- 
se bellum fecit inter sese. Prœterea etiam hodie 
Grœcarum urbium non abjectissimis , sed ma- 
ximisy in certaminibus uti eo familiare est. Quia 
verb putabas nihil prodesse rerum pulcherrimarum 
desiderium y aut corporis ad omnia habilitatem ^ 
nisi et animas probe esset exornatus ; laborum to 
^erantiam statim in gymnasiis ostentatarn , nec in 
factis fejellisti : relicjuum autem ingenii tui splen- 
dorem y animique robur y in certaminibus potissimum 

, declarasti. De quibus etsi ordiri vereor^ metuens 

ne ea quœ tum gesta sunt^ oratione non assequar , 
tamen neque prœtermittam. Nam turpe fuerit ^ qm 
nos spectantes exhilarant y ea nolle cominemorare- 

Ac si omnia certamina re ferre vellem^ ultra mo^ 



AHMOS3. EPfîTiKOS. 489 

cujLttct/vouo-iv ffljuio/û)//.gvov, T^J^g fjLtyciXo'srfîTreicL x^ctt 
Tw (rejavoT>tTi rîff trapao-x^ewîîk ^po$ tîîv Tiîv^eSy J^u- 

e^^ov, €3t îrAe<(rTû)y J^e jcotc 'TrotvTocîitîir^v avyMi/JLtyoyy 
fi^yiara»! J^' aS-Aû)» li^iCû/jLtvov. Flpof yap to7? Ti3e- 
IJLîvoiÇy To yu/JLyow3>rvct/ xcct /AeAeT)îo"oti Toioturct, ou 
fxocpov ct^Aoy tïrpo(p(t»>t(TgToti to?? xcli [itTfiaç ctperîf? 
ecpiî/jLîvoiç. TiicjJLyipiov é^e /jLîyia-Toi eu ztç won/ia-cLiTo 
T»v 0/A))pot; îyc<>i<ri», gy w xa/ Tou? HAAiiyot? tlcli tou? 
BotpCotpou? jU.eTcL TocrocwTîî? Trapoco-jceuîii? TioAsjuiîjcroLVTct? 
TsrtwoiyiTciv otAA>îAo<?' €Tt J^e 3cat vuv TdSy î&'oAea^v xm 

yiazcLiç gv to<? oty^cr/ ^piîirBoc/ (ruv>i5ef eo-xiv. H fJLî¥ 

OVV WfOOilfîGlÇ OVTœ X.4A>t , 7C0LI 'XapcL woLaiv otv5pâ)- 

'TTOi? >tVût.7r>ijLt€V)i' vofJLtQûïy J"^' ovâî¥ BàVcLi npovfyov XCùV 

(TTtOvdcLlOXCLTCùV îWi^VfltiV , Ovdt X<l?iCùÇ TTfOÇ CL^TCLncL 
'7rt<pV}CiVcH TO aSfJLCLy fJLÏI Zt!^ '^^'X^^ (pi\OTl[XCù$ TSTCL- 

pecTjteuoLo-jLtevTi? , t>ïv /xey cp/AoTroy/cty ei»3e«? ev to/? 
yvfJLycLcioi^ eTii^e/^ct/Jieyo?, ou^' ev to7? îpyoi$ î'^ivaca* 
T)iv J^' ctAA>iy îZtrKpamcDi rriç colvtov (pva-îcùs, 39 twv 
T>î? •^u^>r? ctv^pgiotv, «y ToT? cLySai [iccKiarcLmâu^cû. 
riept ohy ojcvS aey ap^oLad-cti Mytii , jloi \îi(pâcù tûT 
Aoyû) Tcîy Tote ysygyij/xevtwy <»jttû)? J^* ou ^TrcLpoLXîi'^cù» 
KcLt yoip oLiay^pûy , et Qeû^pouyTct? ij/acT? eu(ppct«ye/, tocut* 
ÀwcLyyziAcLi [lï! e^eAety. 

' AwcuTdç fjiîv OVV e/ J^/e$>i£<y Tou? oty^yot?, lac^ç 



\ 



490 AHMO20. EPOTIKOS. 

av ct}Cfltipov fjiriocos iixii iwiytvoiTo rS Xoyoù* evo^ J\\ 

yyiŒo/JLcLi ')(^œiiîïoç. TSv yctf ^evycùf ct(p€5evrâ>v , xcu 

cporepav Tsrspiyîvofjityoç y îx.cLTîpcùVy aç wf^oci/iocs^ t>iv 
y/x.>iv eAotfeê^ , Toeourou (rrecpocyot; tv^ûbv ^ t(p «, 
TLol'TCtf TLcLXorj Toîî y/}tay oyrof , jcctAA/ov.ecîbîcei jcau 
'TTctpcLXoycùTîfOi ^hctl to (rû)5>ivût.i. $epojagvou ydf 
îvctyriov fjiîv aoi rov rm (urtwaXm ctf/jictroç , 
ccTTcurm S^* (tyvTsrocTTcLToif oio[j,vjm îhai rm rm 

zirdfoyroç vwîpyjymictTcorctÇy oup^ o'Trûï^eçg'TrAccy»^,» 

TULTeÔilXlOLacLÇ j ClWcL T« /JI6V CtvJjpetûC OCOLl Tï\^ TOU 

Toy^ S^it\jrv')^y\-iLorcLÇ rSv avrcLycàviarm 'TtoLprihâié* 
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3C<Xt yOLp TOI TOaoVTOy fJLîTYlWoL^OLÇ TûùV Otv3*pC7rû»V 

TcLÇ S^icDfoiùLÇj cù(TTt j tiToAAay SpvWovyTm dç VJ 
Toiç iTCTCiycoiç aycùdi^ iiâtaryiv d-tay -TTûtpgp^eTcti Tct 
yxvcLyovvTcLy x^oli S^ox.ovyTCûV cthvfà'yi T<tvrcL Aeyeiv, 
eV/ (ToîT ToJv(XVT<ov roi»^ 5eccTct^ (poSe?(79(X/ TTctyict^, 

fJL/j Tt <T\JliJ7n<TVj TOtOVro TTîpl (Te' TOiCtL»T)|V Êuyo/ûtv 

x.ct< (p/AoT//JitoLy yi cvi Q^vais clvtqi^ TTctpea^tr g/xo- 
Tû?$' }cciAoy jugy ya^ 59 to x.At) ey t/ Trept&Ae'Trrov 
ysveo-Oa./, 'ttoAi» J^g jcaAAiov ro ^TTctyra 'TTgptActCgry , 
2<p oU eu riç youv g%û)y (p<Aor/jt^>î5gt>j. AÎAoy J^' gVel- 



DEM0STI1E2Ï1S AMAT0RIU5. 49^ 

dum fartasse nobis extenderetuf oratioiunius autem, 
in cjuo multuin excelluisti facta mentione , et re- 
liqua indicaboy et aiiditorum benignitate non abutar, 
Emissis bigis y atque aliis longius evectis, aliis 
subsequentibus y utriscfue superatis^ prœ utrisque^ 
ut decuity victoriam obtinuisti ; talent coronam 
adeptus^ in qua ciim ipsa Victoria pvœclara sit , 
tamen e\^asisse incolufneniy prœclarius videbatuTy 
et admirabilius. Nam ad^ersariorum curru contra 
te ruente, cunctisque putantibus equorum vio^ 
lentiarn non sustineri posse ^ quanquam videras 
cœterorum quosdam^ niillo etiam ingruente peri^ 
culoj mirijice angi , minime perterritus es , aut re- 
fugistiy sed et robore animi ^ et bigarum impetu 
Jiiisti superior , et ad^ersarios , qui secundo cursu 
nec interrupto usi fuerant ^ celeritate antever-- 
tisti, Quo ita mutasti animos hominum^ ut cum 
multi jactent in ludis equestribus nihil esse perinde 
jucundum atque naufragia curruum, iique ver a 
dicere videantur , de (e contra spectatores omneSp 
solliciti ne quid tibi taie acciderety formidarent. 

Tantam benes^olentiam et studium in eorum ani-- 
mis natura tua excitârat y neque id injuria. Cum 
enim pulchrum sit y ob unum aliquod ornamentum 
esse conspicuumy quanto pulclirius est omniacom^ 
plecti y quœ homo prudens laudi sibi duxerit ? 



49^ DEMOSTHENIS AMATORIUS. 

Idque inde perspicitur : J^acum et Rhadamantum 

propter justiciam , Herculem y Castorem et Poilu- 

ce m propter Jbrtitudinem , Ganjmedem y Adonimy 

et ejus generis alios propter pulchritudinem , à 
Diis adamatos esse reperiemus. Quare non miror 

eosj qui andcitiam tuam expetunt y sed illosy qui 

non eodem rnodo erga te afficiuntur. Si qui enim 

singulis duntaxat horum quœ dixinius bonorum 

prœditly con^ictu deorum sunt dignati ; nonne ei, 

homo qui natus sit , optabile fuerit y ejus amicum 

Jieri y qui illa univers» in sua potestate haheat ? 

Prœdicanda igitur est tui et patris y et matris\ et 

cœterorum propinquorurn félicitas , qubd œquales 

tuas tantum virtute vincas. Sed horum multo ma^ 
gis ^ quos tu tani prœstantibus dotibus ornatus } 
delectu habito ex omnibus ^ amicitia tua dignaris, 
Nam illos fortuna tecum conjunxit ; ho s sua virtus 
tibi commendai^it : qui haud scio amatores ne y an 
soli veri judices sint nominandi, Nam mihi qui- 
de m videtur initio fortuna^ contemptis improhiSj 
honestorum virorum mentes irritare volens y na- 
turam tuam fecisse formosam; non quo facile ai 
voluptatem decepla prolaberetur y sed ut amplexa 
virtutem gloriam consequeretur. 

Quanquam autem multo plura de te comme^ 



AHMO20. EPilTlKOS. 49^ 

3-tr éJpijcrojaey yap Aicltcov fx^v ^ 'PfltcJafjiotvGuy $icL 
cTûxppocruvïiy , 'HpotxAect J^€ 3ca/ KacTopot 3Cfiti Ilo- 
Aucîeujoiy S^l cLvçJptoty, rotyi;jui)ïà|V J^e iccti A^v/v 
3c<xt ûîWovs ToiovTovs S^icL x.cl\\o$ , JtTo 5e5>y aya- 
tiDjGevToL^. f2o"Te îycoyt ov âctv/jLct^a rSi/ eVi5w- 
ixovrrm Ty\ç (rvf^ (p/At*^, ctAAct rS'y ^t>j Toy Tpowov 
rovTov S^icLx.îiiJievœr ottov yaf evo^ îTtctaTov rm 
^poîifViiJLtim /AeTcto-^qyTg^ rtns t>Ï$ Toiy GeS^v iiLiMaç 
Ti^tù^ânaoLv ^ nnov tov y cinoJVTm }tupiou 7ccLzoLa":aLnoç 
tv7cTQ}f 3vïircù (pvvTi (p«Aoy yeyeo-^ot*, Aitccliov |xey ouy, 

\ / l / ^ ^ "x V » ' 

Tou^ aùvç ^yj\ovaQctl , TocroCroy uVepep^oyTof o-oîT rw 
Th\iXiCôTm otperf' ^oAu J^e (xSiWoi , ozî^ o-y , o tov 
T>iAtx,ouvTû)V otyctô-dîy yi^icù/JLîvoç ^ acLVTov rsrpo7cpiv<t$ 
el^tovs uvoLi (Çi\ovç y e^ dsrctvTCùV ct/pf. Tou? /xey y<tf 

XGtAox,qtyot5tqt 'STfoaavnaTyiaer ovç ovx oïâcL '^roTEpov 
epcLo-TCL^ y >i /jLovovç opd-cùç yiym(T7L0VTcLS ^poacLyo' 
ptvacLi ^)i. AojteT yctp /ao/ jccti jtctrctpp^cc^ >î Ti»p^>» , 
T^y JU.6V (potuAâjy jcarctcppoyouo-a , rot^ J^e rm a^Ttov^ 
âcLim cLvâfm ^icuoictç epeS-tcct/ jSouAii^eTa'ct, T>iy (djv 
(pwo-zy, Qv 'Ttpoç >i5oy>jy ht^cLTiciTy&mcti jtotAiiy ^oî^ccLty 
clWcl 'Ttpoç ctp£T)iv inv^oit/jLona'at p^p>ï(r/]uioy. 

rioAAct J^' gp(^û)y eri /Trep/ crotT J^/eA5-e7y j^ ctJroy 



I 



494 AHMO20, EPftTlKOS. 

xcLTcL\v(rîiy [loi J^ox^Toy IWctiVoy, J^eAo)^, /JiJi jcctfl* 
yta^cLi S^o^cù. ToaovToi yctp, «^ ecxxey, n tSv Aoy©y 

vou$jOV^ cty tWeincùo-iv j <l\ïi^il$ tucLt ¥Oixi^ov<n. 

ïloLvacLfJLîioç ouy Tirept Touray , yiân 'TCtipcuroiidi (TQ^ 
tTVfjt^Ç^ovXtvuyy e^ m ay IvrifJiOTepoy tri Toy o-ctuTou jStoy 

3c<iTcL<rT)»o"6/^' €ouAot/A>jy J^' ocy <76 jU>i îTctpepyoy ^oor 
<7ûw5cti To t^pocep^É/v Toy youy roiç fjitWovcn p>i3>i(j'Ê- 
«■«S-cti, jU)i(J* uVoAct/JLÊflcygiy Toî/0' , «V cLpot tycù Tovroi$ 
}Lî')(jfy\[JLcLi ToTç \oyoi$ , ov T'as (n\ç ûù(pe\îicLç eVcXA, 

aA>i96<«, At>tT, otyTi tcù'J ^ikTiarm Tôt rup^^oyra eAo- 
/A6vo$ , %Érpov -Trepi crotuTou jSouAêuo-ji. Kcc* yap to?^ 
/xev cL<pcLn xdi Tdntmv rm (pvaiv ep^ou0-/y, ou^, oTctv 

jLtW XCL\Cù$ ri 'TtpcL^ûùCTDl , t'TCiTcXyirrofjLzr TOIÇ S" y 

œawîp (TV y ^îfi\o\t7croiç ytyînfitioiç , xai to 'tta- 
pet fjLi\i^(T€Li rvjoç Tû)y x.ceAAtcTûJV cti(r^i>V)iv (pgpe/v 
€tû)9gv. Eti J^' oI fxey tTCi rm iWm \oycû'j -\/ev' 

(rB«VT6^ , TCCLS 6V0$ /XOVOV 'TTpctyfJLCtro^ OV XCL 7tf cLXiazd 

tymactr ol J^e ryfç rm €7r/T>i(Jet;/Jia,rû)V (rvfJLC>ov\icu 
S^icLfxcLfrovreç y\ }LcLrcL(Pfon(^cLvrîç , -TTctp* oAoy tov 



DEMOSTHENIS AMÀTORIUS. 49^ 

inorare possem y hic mihijiniendam esse puto laii-- 
dationem ; verituSy ne mea tui prœdicatio naturœ 
humanœ limites excedere videatur, Nam usque 
adeb dicendi vis ab aspectu vincitur y ut y his quœ 
suh sensum oculorum caduntj Jidem esse abrogan- 
dam nemo putet ; eorumdem vero laudes etiam 
justo minores , non esse veras opinentur. 

His igilur nunc omissisy ea tibi prœcipere conû" 
bar ^ per quœ vitam tuam honoratiorem efficias. 
Te vero velim ea quœ dicentur , non obiter ani- 
madveriere yneque existimare^ me ostentandi potius 
ingeniij quàm tui juvandi studio , his verbis esse 
usum y ut nec à veritate aberres , nec y pro op- 
timis obvia quœque amplexus y pejus tibi con- 
sulas. Etenim quorum obscura et humilis natura 
esty hos y nec siquid non recie fecerint y objurgamus. 
At quorum lauSy ita uti tua y in illustri loco sita 
esty hisy honestissimarum rerum vel neglexisse ali-- 
quid, probro datur. Prœterea qui in aliis oratio^ 

nibus judicandis hallucinantur y unà tantitm de re 
non optime slatuunt. Qui vero consilia de vitœ 
ojfficiis non recte accipiunt^ aut contemnunt , erroris 
sui per omnem secum œtatem monimenta circum* 



^g6 DEMOSTHENIS AMATORIUS. 

ferunt. A quibus omnibus te alienum atque immu- 
nem esse decet^ac providerey et perspicere y quid 
maximam in rébus humanis vint obtineat ^et^quo 
rectè féliciter que constitutOy maximos in vitafructus 
percipiamus ; quo item neglecto ^ autdepravatOy in 
acerbissimas calamitates incidamus. Neque enim 
obscurum est y ejus rei curam in prtmis esse susci- 
piendam , quœ plurimum in utramque partem mo- 
menti et virium habet. 

Mentem autem humanarum rerum omnium esse 
moderatricem reperiemus ; quam sola philosophia 
et rectè erudire^ et exercer e queat. Ejus ergo te 
non expertem esse oportere censée , aut ab ea se- 
ctafiduy laboribus, quibus eaparanda estj deterreri 
Cogitandum potius j per igna\^iam et socordiam 
necfaciïlima quœque passe comprehendi , tolerantia 
autem et industria nihil rerum natura esse bono- 
rum quin comparetur. Atque omnium esse absur- 
dissimum j parandarum opum^ augendique roboris, 
et rerum similium ardere cupiditate , proptereaque 
multas œrumnas perpeti : quœ omnia mortalia sunt, 
mentique servire consuêrunt ; ut verb ipsa mens, 
quœ cœtera gubernat , quœ nunquam deserity quce 
totius vitœ dux et magistra estj excolatur^ non 

elaborare. Prœclarum sane et fortunœ heneficio y 
inter excellentes esse admirationi ; sed multb prœ- 
clarius est^suapte industria y quicquideximium sity 



AHM02©. EPiiTIK02. 497 

peyro? J^e [ityiar ày jSAoLTrTo^fteSat trotpct Toy jSiov, 
Ou yctp ctdViAoy, on toutou xot/ ijlclXktt eTTijuie- 
Xitcvi 'TTooïTeoy , o jULeyeerTyjy po-Tryiv ecp exotTgpoy epyct- 
^£(r3ct/ îye(puxe. 

T>ïV jLtey To/yuy gy ctv9pû)*ztro/^ S^itvjoica (LTsrdvrm 
€up)i(roftev >iye/xoveuou(rctv' tolutjjv m (pi\oao(piay /jlovu^v 
wcLi^vacLi Te ofQcùS xan yv/jLVcLacLi S^vvcL/jLtvyiv. H$ 
oio/jLcLi as S^uv iJLt':cLG')(fn ^ xott iiy\ x.otT03cv)ro"cc/, /Ji)i5fe 
(pvytu TcLÇ iyovaûLÇ gv ctuT>^ trpcxyjLtotTeict^ , 6v9ujLtou- 

/ICêVOV OT/ , à^lcL fJiiy CL^yidLÇ TLCH fCt^V[XtCLS y 7CCLI TCL 

tsrcDireXcùç îwiwoXli^ ^v(T')(jnfCùrcL iari* S^ict J^e 
-itctpTificLÇ TtcLi (pt\owo^t(t$ ovâiv rSif QiTm ctyctS^y 
ctyaAû^Toy ^D-ecpuxe* tlcli S^iori wctvTm iXoycàTdroi 
eart, 7srpo$ ju.ev yjfïifJLcLnaiJLQ^ xan fcoiiinv xcli tcc to/- 

CtVTcL(pi\OTt[lCdÇ ep^6/V, JtCti "TtoWctS UTO/Xgye/y 3C0L- 
y.0*7tCLWcL$ j CL WCL^rcL SnTcL 6(rTt , X0C4 Tî^ J^/OLyo<Ot 

S^ov\evuv 0V7C eJ'û)9e' T>îy J^* iTtiaTctrovia-oLV fxgy T^y 
flt'AAûjy, (ruy(î<oLT6Aou(rotv J^g to?^ gp(^ou(7iy, oAou J^' 
y\ytliQnmv<Tcu tou jS/ou, ]UL>t ^vituv o'Ttcoç S^ictxîiaîTdLi 
^t\Ttov. KùHToi }caAoy j^ev y^ai S^icl Tu^ity ey to?^ 

S^icL T>îy î7înfJLî\îioLy tïiv avrov fxridtyoç rm gycîo^û^v 



fgS AHMOS©. EPHTIKOS. 

ôifjLOtpov yintrâ-etr tHç yitf yctp tntnrt xctt roiç cpctu- 

ftrrouo-tflc, trA>iy to?? ev ctvdpGtyGt5eet J^/otcpepoi^triv. 
*AAXoL /Ji>iîf îyepi ye Tvf^ (piXoaocplcLS ûLtpiCcùç /xev 
ex^cCTTot J^/6A5eTy, uVo^fJ^' tov .aeAAovTfle. ^oyo-j 

y uzsruv ovdî vuv ou^ev KCôXvaît 'Ttîft otuTÎ^. 

cL\Aû)V 0(70) yoLp CLKplCîO'TîfOVÇ TtCLl (ppO¥i/JUÙTifOVÇ 

ep^€/ Touf ecpecrraTot? , tq<tqvtcù xclAAiov auTJiv 

(ruyx.cTo-9ct/ *3r i^oo'îix.ej. KcciToc Tt tiot' ccv i8ôt;A>i9e/- 
>i/i.gy , T>r^ ftev àicaoicL^ «ttc toîJ Aeygiv î^ iSouAei'gerGat 
TeTctyftevyj^ , t>i^ ôh (pi\oao(^iAÇ ejcotTgpov Tovrm 
îfiwit^iûLY wapcLâiâovaïiS y [jun xcLVxy\y x.GtTcC(r^êlfv itjv 
têrpflty/JLotTSiccy, J^< iî$ aLiK^oTtpm Tovrm iyycpcLTCùS 
î^ofjLîV'y Ton yctf iiTLQÇ 7CCLI TOV jKtov YifJLCùi iityiaT-Ai 
iwiâocnv \cLÇ>iTy , orcty rm -nfctriurm opeyofjLtvoi , 
rx [JLîV S^iâùLx^TûL Te^y« , zcl J^e \onzcL yvft^cLatcL 
Tivi xctt (ruv)!^-^/^. )(.oLToc(jp^e7v J^i»v)i33ftev, OJ y<i5 
S^riTtov TovTo ye eerriv 6i7rg7v , œ^ oi»(?ev -zirpo^ to (ppo- 
yéTv îv T^cLçcL T>îy eTrtcTT^/zjiv J^/atcpepo/^ay aAA>ÎAû)F' 
oAû)^ ftev yap clwclccl (pvai^ l6t\Tiœv yiyvîTcti ncn- 
ùîicLv "TrfoaXoiQovacL mv Trpoo'yi^ova-cLV' wo\v J^e ijlcl* 



DEMOSTHENIS AMATORIUS. 499 

esse assecutum. Nam illa^ etiam improhis nonraro 
sese offert; hœc vero nemini adest nisi virtute prce-- 
stantissimo. Ac de philosophîa quidem disserendi 
accuratiuSy alio tempore nobis occasiones oppor- 
tuniores dabuntury opinor. Sed breviter eam attin" 
gère , nunc etiam nihil prohibebit. 

Illud autem in primis est diligenter animad" 
i^rtendum : cum omnem disciplinam scientia et 
exercitatione quadam contineriy tum philosophiam 
magis etiam cœteris. Nam quanto diligentiores ea 
prudentioresque magistroshabet , tanto pulchrius es- 
se constitutam par est. Atqui cum et in dicendo et 
in deliberando mentis versetur officium , philoso- 
phîa aUtem hujus utriusque rei peritiam fradat, 
cur eam disciplinam , qiiœ nos horum utriusque 
compotes facit j perse qui nolimus? Tum enim con- 
sentaneum est, rei nostrœ familiari accessura esse 
maxima incrementa^ adeoque totam vitam fore 
cultiorem , cum et quœ doceri queunt , artis admi" 
niculoy et cœtera exercitatione quadam, et as-- 
suefactioneobtinuerimus. Neque enim hoc dicipro* 
fecto potest , nihil esse in scientia momenti ad hoc , 
ut aliis prœstemus alii sapientia, Nam cum omne 
ingenium , si apta institutio accédât ^ jit melius ; 






5oO DEMOSTHENIS AMATORIUS. 

tum vero ea multo maxime ^ quœ a primo statim 
ortu dexteriora cœteris extiterunt, Illa enim sese 
duntaxat vincunt , hœc etiam aliis antecellunt. Ne 
vero dubita quin agendo parla peritia^ nec sine 
periculo contingaty et ad reliquam vitam sit inu- 
tilii : philosophica autem institutio ait'hœc omnia 
opportune contemperata. Etsi autem quidam prop ter 
felices rerum successusfortunœque favorem in ad- 
miratione fuerunt , eos tamen te contemnere ^ et tui 
ipsius curam gerere decet. Nec enim maximœ 
res temerè im^adendœ , sed certa rations scienter^ 
que suscipiendœ sunt ; nec in ipso demum geren-- 
darum rerum articulo meditari , sed ea scientia te 
institutum esse decet ^ ut quicquid opus Juerit , bene 
administres, 

Existimabis autem cîun omnem cruditionem^ si 
quis utatur y prodesse multum ; tum vero eam doc- 

trinam^ quœ tradity quid in Repuhlica et agendum 
et dicendum sit^ in primis. Nam geometriœ ac si^ 
milium artiuni esse rudem^ turpe id quidem est ; 
sed earum summum Jieri artificem ^ infra excel- 
lentiœ tuœ dignitatem. At in illa excellere facul^ 
taie ^ prœclarum ; non esse institutum y prorsus est 
deridendum, Quod ex multis aliis rébus intelligitur , 
et ex eOy si viros illustres y quituam œtatem proe- 
cesserunty spectes, Nam etPericlem , cujus sapien- 
tia temporibus illis prœ omnibus celebrata est ^ fa' 
miliarem fuisse Ànaxagorœ Clazomenio y atque 



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AHMOS0. EPÎÎTIKOS» Soi 

uTtrif^t* 'zoiç /JLîV ycLp cLvrSif ^ovov iSeAr/ocrt yiyygo-Soc/, 
To?^ J^g XAi t5v iWm <rv/À.Ç>xivei J^ieyey3ce7y. Eu eî* 
icâi Tïiv [JLVi ex Tùùi Trpotçeay ejui'Tretp/ûtv y<yvo|xgy>fV 
<r(()otAepc*v ovactv^ jcctt Trpo^ xoy Aoiiroy jSioy ct^p)j(7TlîJ 
e^^ouercty' T)|V J^ eV Tou (p/Ao(ro(pe?y 7rot/(îfe/aty trpo^ 
GL-TTfltvTct TcLVTcL tvTLcLipcùÇ (fyyxg}cpflt/Jiey>jy. KowToe 
T/v€^ >f'Aj iLCLi S^i eJru^tctv TsrfcLyiJicLrm yujuyot- 
(rOftVTg^, e5Gtufta(r5»(7Gtv. Soi J^e wfotryjTCît tovtcù'J 
ftev }cotTct(ppoyerv , (tclvtov J^ iTCiiJiîXiicu e%€iV ou 
yctp oLUTO(rp^eAo£^€iy , otAA e*;n(rTflt(r5ûti (rg S^iî Tktpi^ 
rm fjLîyKTTm" ovà îni rm naifS^ (jLîKtrcp , oÎAA' 

No|x/^£ J^e ^ct(jûtv fJLîv T)jy (p/Aocrocptav fJieyctAûC. 
Tou^ ')(jf(S(ii^ov$ (»(pgAe7v îiroAu J^e [ix^iarcL T»y îr-epi 
Ta^ TtfcL^îtç jcctt Tou^ TToA/Tijcou^ Aoyou$ e7r/crT)j^tif»' 

ae/A^ cf^reep^^ ^ttev ep^e/y cticrp^poy cycpoy <re ayctfyt- 
(TTîjy yeygcrâ-ûtt , rcuTCmonpo'j ryf^ aviç ct^tcc^. 'Ev 
€x,€/y>i J^e To jULgy <r<6vey}ce7y, ^nAaroV to J^ ctfjiotpoy 
yeveaBoLi , •^rotyreAS^ jcotTGtyeAûtcrTov. Tyo/)?^ J^ à y 
e^ otAAfflV T£ -TTo AA«y, jcot/ '7rctpût96û)p»(r6t^ tou^ -^rpo 
o-otuToiT yeyey)j)L6gyou^ îydo^ouç cuàpctç* rovro fJLîy FIs- 
cix,\tàLy Toy <Tvn<Tîi ^\u(rTo^ rcdv tlûlB ctuVoy J^/g- 
wyjcety J^o^ûtyroi •^rayra^v , dxovattç 7C\y\(nctjjcuTcL 
Avût^ctyopoL TO KAcf^oixgy/û), XiOti , )L6ûtd")jT>ïy exeevoi; 
T. m. "î^^ 



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So9 AHMose. EpnriKOZ. 

ytiifitiofj TûLVTYis Ty\s J^uict|ui€û^ iJLîTûLayorra: toîto 

^éTiof J^iaxttiJ.tvof , xct< Tct ftéf uVEpTi^ctVû^^ , Tct J^6 

Tλk XcncpcLTovç ofJuKiCLÇ woWcL iJtn fVctvopSoô-eiTct 
Tou jSisu, Tct J^6 XomcLTCè [l^y^à^u Tov aAAtf? Ijpya? 
6V«xpt^4/oi,a€?oy. 

E/ J^e J^C? /L6)J TTCCAoUet A€70VT« J^lCtTpiÊ€/F , 

€^o?TA$ uVoyu/oTÉpoi^ TsroLfctdtiy [KKn ^vitrScLi , 
TouTo rxei Ti/^o5€o?, oux e^ «y ftaTtpos m VTCîmt 
divaîfy ccAA' e^ av Icroscparei (ruiActTpi%|/ct^ 6 7rpct^£, 
lityi<TTïi$ S^o^Yiç 7CCLI wMitrrm ti/juùv tvpïiaeis d^ia" 
^evTcC rovTo J^€ 'App^urotf twv TapaiT/vai tsroAev 
ouroï -hclX^s ^ (^iXcDiSfûO'TCoç S^ioix.ncx'JTcLy :^ x-up/sv 
ccJr?^ xc3CTQi(7TayTct, a?(7T et$ ctî2rc3CVT« T)iv exe/vou 
IxnpLYiy S^unyx.t7r U ev ocpp^^f x.ctTct(ppoFou|jL£io^, eV 
To? nAaTû>v/ ^\y\(TicL(TcLi roacLVTïiy eAct^gy eV/obc/y. 
Kflt/ Toirrû)V oJ^gv aXoycàÇ cLwoÇ>^Ç>y)xV toaJ yctV 
;}•> aro'zzrûJTspov 5 ei toc /^ev /L6/x.poi <r/ twiarrifin^ xi 
fjLi\iT7i$ >ivcty3ca^o.as9ct eViTgAery, ta J^e filytaroL 
ctnv rg%y)j^ jcctt rctt^T»^ tîÎ^ '7tp(tyixaLTet(t$ y\èvv(l- 
[jLi3cL -arpcLTTiu. ïlîpt fxîy ovv rovTm gvtc oîà' on 
S^{i TsrMicù Myur ovâe yctp i^ <^pX^^ ^^ '^(ViriXm 

dwitpCûÇ ep^OVTC^ (TOV 'STifi CLVTûùV ifjL'imd-yi'y ctAA* 
TiyOVllîVOÇ TCLÇ roiCLVTcLÇ wapcLx.Xyio'îiç tovs /JiV; 



DEMOSTHËNIS AMATORIUS. 5o3 

illo doctore vim eam consecutum esse audies , et 
Alcibiademy ingénia quidem ad virtutem multo 
détériore ( ut qui partim superbe , partim abjecte, 
partim libidinosissimè vitam instituerit ), reperies, 
Socratis institutione y multa in sua vita correxis'* 
se y cœtera magnitudine rerum gestarum occul- 
tasse. 

Quod si veteribus commemorandis immorandum 
non est , cum recentiora exempla in promptu sint 
tum Timotheum non iis rébus y quibus adolescens 
studuit y sed propter ea quœ post institutionem Iso- 
cratis gessity et summant gloriam^ et amplissimos 
honores merito esse consecutum cognosces ; tum 
Archytamy qui Tarentinam rempublicam^ summa 
rerum ad ipsum delata , adeo prœclarè et huma- 
niter administrai^it y ut ejus nomen apud omnes 
celebretur. Is igitur yCum sperneretur initia y è Pla- 
tonis congressibus tantam autoritatem est adeptus. 
Neque horum quicquam sine ratione faetum est: 
imb longe esset absurdius , si ad parva quœdam 
verjicienda nobis artis atque exercitationis opus 
esset adjumentis , res vero maximœ nullam artem^ 
nullum hujusmodi studium postularent, jic de his 
quidem plura dicere non video quorsum attineat. 
Neque enim initia sic id hanc mentionem sum in-- 
gressuSy quasi tu ea prorsus ignorares. Sed hujus 



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Oj DEMOSTHE5IS ÀMÀTORIUS. 

generis exhortationibus ignaros excitari, scienles 
injlammari putabam. 

Ne vero putes , me , qubd ista dixerim , de me pol- 
Uceri tibi doctrinam harum rerum. Ncc enim mefaUri 
pudet , ipsi milù adhuc multa esse discenda , atque 
ipsum rempublicam malle gerere , quàm aliis eam 
doctrinam tradere. Neque hœc sic accipi xfelùn , quasi 
asperner eam, y quœ sapientiœ et eloquentiœ magistris 
proposita est , gloriam ; sed quia id quod dico , ve^ 
rum est, Scio enim muUos ex obscuris et contemptis j 
per eam professionem illustres esse facto s , ac Solonem 
et yii^entem et mortuum maxima gloria Jloruisse , cm 
reliqui honores negati nonfuerunt, Nam et fortàudi- 
nis suœ tropœum Megarense monimentum reliquit, 
et consiliij Salaminis recuperationem , et cœteris in 
rébus sapientiœ , leges , quibus etiam hodie plurimi 
Grœcornm constanter utuntur. Qui quamquam lot 
ornanîentis cumulatus , tamen nihil perinde studuit , 
atque ut in septem sapientum numerum rejerretur ; sa- 
pientiœ studium non probro cuiquam , sed laudi ont* 
nibus esse dandum existimans , in quo œque recte sen- 
sitj ut in cœteris , in quibus excelluit, Atqui ego nec 
ipse aliter sentio , et tibi philosophandum censeo. Nec 
oblii^iscendum , quantis te bonis natura et fortuna cu- 
mulant. Quœ hanc ipsam ob causam ego quoque ora- 



AHMOS0. EPfiTiKOS. 5o5 



nu. 



M)i(Jsv J^e vwoAclCyiç to/outov , cù$ cifcL lycù zùlvxùl 
etpnjcût, S^iâcL^m olvtoç èWctyyiWofJievoç crt ri tou- 
rcor ou yûtp av cticp^uy-d-e/wv eceirûjv, ot/ tstoWci 
/jlclBuv dvroç îTi S^îo[JLaLr xcLi fJLcTAAov ûLymiarns 
TsrpoyfpvificLi tSv ttovû^v, >i S^i^cLaxaXoç ehcti rœv ctGAûJV. 
OJ^ ûùç ocvflt/vojULgyo^ J^e tolvtcl S^ictipov/jLcLi thv twv 
cocp/cTTgue/v ikoiiîvcùv S^o^ctv , ctAA* oT/ TûtA>t9€^ rou- 
Tov ep^ov rvy^ûLvîi tov rpo'Trov. E'Tre* (ruvo/oa yg îiroA- 

TifctyiicLTHcL^ rcLvry^ç ytyt^^yifjbtnvÇ SoAûjvcc J^e %^ 
l^wcL 39 TeAguTwo-oLVToCjLteytcrT»^ J^o^>î$ ^^tû)/^eycy,ô^, 
oux awî\y)\etfJLivoç tSv ctAAav ri/jLCùVy ctAAot rSk /xev 
avopeiflt^ To îrpo$ Meyctpe*^ rpoîirct/ov vwofjLnfict 
x,cLTcL\i'7C(^v , T)î$ J^' eJCouAtot^ T>iy 2fltAût/i.?yo5 jco- 

vuv 0/ 'qr\ua'Toi tcùv EWyjvm p^pûj/xsvo/ J^/ctTeAoucr/y, 
o/*ûJ^, TO(7ouTûJV cLVTCù x<t\cùy uWotpp^oyTûïy, eV oucîgyt 
fjiSXKoi îa-srovùoLtrtv , i T^y eVrot crocp/erT^y o^cTû?^ 

Tijtt>iy Tot^ ')QCùiJbtm$ (pgpg<y xotAû)^ eyyûJxc»^ oluto 
TouTo oJp^ SrToy, >j xctt rctWct g(p' o/^ J^ofyeyjcey. 
Eycù |X€V ouv ouT cturo^ ctWcùç y tyya)(rx.â) , (to/ ts 
trctpctty® ^iAo(ro(pe7v, (jLîimfiiifCà zSy î^ *P%^^ uVotp- 
^anm (TcLVTCù' TOUTOU yctp €ys}cct J^/îfAGoy êy <xp%M toiT 



5o6 AHMOX0. EPfîTiKOS. 

Aoyou xotyû) 'Trepi clvtSvj ovk ds îtl tou t>ïV (div (fuer/v 
Aov WfOTûî'^cù <n vrpoç Tnv ^iXo(ro<picLf y tavizn t2rûtp« 

M>i^, 61 rm îVTuy')(AvovTm xpurTm tï ^ fir\ùv^ 
rSv iWm ^yiru J^teveyxerv aAA' Tiyov xpar/orof 

/Jievov o(p5>îvGt< jLtaAAoi eru/ttcpepeiv, i -zsTpeep^oiTcL e» toi^ 

cByiycLi TSTOifiay/ç Tov tX'TCiàm rovç îTsri croi /*eyct (ppo- 
voSvrct^* ctAA' v'srîf^cLWîad'a.i wufCù tw o-olutou 
S^vfùLfjLii Tviv Tm îvvovarcLrm eViOv/xtctv. Kctt vojx<(e 
Tou^ jttev ÙAXovç Xoyovç^ ôrav î^tiuicœç t^acij rois 

fXPv tzrepe rm ctWm xp/crgi^, t>iv A?(r9)iatv, iv tyoïiiij 
S^ï\\ohy* TcL$ J^e tSv eV/T)f(îfeufJLctrûjy cLtpî<ru$y T)ir 
oAjiv (puo-/v >jjLt(»y J^oxi/xct^eiy. 'Ev ot^ i/jicL x.ptim y ctJ- 
To^ xpi-S-ïicrecr^ct/ îrpo(r(îbx.ct -^rapct tycteri , xcc^tte , TOf 
. outûJ^ eyxw/^/otorflCVTct ae gToifXû^^, €V otV^v/ y€V)i(re(rflcti 



DEMOSTBIENIS AMATORIUS- Soj 

tionis initîo commemora^i ^non tam quidem\ ut lauda- 
tione ingenii lui y animum tuum mihi conciliarem : 
' quhm ut te ad philosophiam adhortarer , ut et eam non 
parvi duceres , nec bonis istis elatus , ea quœ restant, 
negUgercs, Neque ifero si iis prœstas , quibus cum 
wVw , studere aliis esse prœstantior noUs ; sed exis- 
times , eximium esse exceUere in omnibus , magisque 
expedire, ut ei rei studere videaris , quam ut in vulga- 
ribus emineasyaui ingenium tuum dedecores^auteorum, 
qui sibi de te magna polUcentur, spem frustreris : imb 
tuis {firibus yfincere studebis beneyolentissimorum de- 
siderium , atque existimabis , reliquas oradones , sime- 
diocriter placeant , oratoribus esse gloriœ ; prœcep- 
tiones autem, iis quipareant, et usuiesse, et honori ; ac 
judicia de aliis rébus animi nostri sensum ostendere , 
studiorum {fero delectum, totum nostrum ingenium ape- 
rire. De quibus intérim dum Judicas ^ ab omnibus de 
tejierrjudicium expecta : et mihi , qui te ita laudarim^ 
pro eo ac spécimen de te prœbueris , certamina fore 
sine mord sustinenda, Quas ob res , et te hisce law 

» 

dibus videri dignum^ et mihi tui amorem non esse 
fraudi oportebiu 

Te vero non ita prompte ad-philosophiam adhorta-- 
remur y nisi nec aUud munus amicitia nostra magis 



5o8 DEMOSTHENIS AMÂTORIUS. 

dignum , me "Ûbi passe conferre arhitrarer , et rem^ 
publicam viderefn , dwn , penuria bonorum virorum , 
quibusvis mnndatur , ob Jiorum delicta maxirms cla- 
dibus qfficL Ut ig/Uur et ipsa tua virtute , et tu ipsius 
honoribus perf maris ^ studiosius tesum hortatus, Neque 
enim pênes te futurum esse , ut pris^atam wtam agas , 
sed tibi pubUcum aliquad munus mandatum iri puta ; 
et qub major est ingenii tui prœstantia , eb tibi mo" 
jores dignitates obyenturas^ , eoque maturius tui péri- 

culumfactum iri, Expediet igitur nunc ita esse animo 
prœparatum , ut tune nihil delinquas, Mei itaque of- 
ficii estj explicare quœ à te fieri itiUter existimem ; 
tui y de eis deliberare, Decet autem etiam cœteros , 
qui tuam famiUaritatem expetunt , non brev^es et levés 
voluptates atque colloquia magnifacere , neque ad ea 
te pro^ocarCjSed elaborare^studioseque cogitare, de vi- 
ta tua quant illustrissima efficienda. Sic enim etipsi ma. 
ximas laudes assequentur , et in te maxima bénéficia \ 
confèrent. Ac tuorum sodalium nunc etiam neminem 
reprehendo, Nam in reliquœ felicitatis tuce parte et 
hoe esse videtur , quod in nullwn illaudatum incideris 

m 

amatorem ; sed eofum tibi familiaritas contigerit , qui- 
hus meliores ex omnibus œmuilibus deligi non possinU 



AHMOS0. EPÎ2TIKor. 5oq 

« 

<tv (TOI îcccAAicTTov epûtvov st(r£y£7ot©V cùiiyir Tnv S^t. 
TsroXii icùfCùi y J^iflt |xev cLwoficLif rm tcclXSv xccycLd-œv 
cLvâpSif Toi$ Tuj^ouir/ woXXxxi^ p^a|X€yifV , Act ^e t« 
rovrm clfJLctfri(t$ avri/iv rauç fityiarctiç aru^ecu^ 
TtnpiwiwrovcrcLV.' ly otiv >î /ttev rîT^ o->r^ ctperîî^ , cru ^ 

cot 'srcLfîxî\iv<rcL[jLyiv. Kcli yap ov$ t^i <roi yofii^cù 
yîVïiaîcr^cLi ^» cSç ^tv^îv* clWcl ^ypoo-ra^e/v (roi T>iy 

(pavÊCTTepcty ep(^€i^, Tocroura) fJL£<Çoya)y cL^icùcrti^f y x,ct< 

SaTToy i8ouA»(r€(79a/ Ttupcu aou XoifiÇ>cLyîiif. KolXov 

ov? ncLpî<TMvcL<r\icLi T)iy yyaj/^)jv, ivcl /in wqtî nXyifJL'' 

[XîXriç. To )tt6V oùy e^Ltoy )iy epyov eme7y a (ro/ eru/^- 
(pgpen >îVoiÎAfcct/ WîWpSi'X^^cLr aov J^g , jSouAeuo-ao-'d-fltt 
Tiepi oLUTov. npocr»)c6/ J^e jccti Tot;^ àjXXovç rov$ (^)j- 
rovyrcLÇ oixîicûç wfo$ cî <r/ct)cg/cr5ctt , [in rxç ewiTto- 

XûLlOV^ l^âoVCLÇ 7CÙLI S^lOLTptÇ^ÛLÇ CiyaL7r<p, [iTld Ini TOLU- 

Tct5 TtfOTcctXîiiTâûii* dxXoL (piXonoyeTy kch axo'Tttiif , 
onaç Toy <tov fôioi cù$ Act/Jt.'TrpoTctTov jcflCTctcrTîio'oïKriy 
dVTQi Te yap outûî^ ay /jlclXkttcl twcnyoïyroy xai aot 
wXuarm iyctBm ourioi yevoivTo. Mg/xcpofJLctt ftev 
oùy ou(îg vu y oJcîgyot T(»y coi wXmict^ovTm* x^cLi yctft 
lioi S^OTcii Tyi$ oiXXy\ç tvru^tcLÇ rSk ^JT^ xai touO èv 
Étycti , TO |x>î(îevo^ (potuAou Tup^eîf epctcxTou, oAA où^ 
ay T<^ îXoiro l3^ovXofjLiio$ (^iXovç ex TcTy y\Xi7tiœrS}f 



i 



5lO AHMOS0. EPÛTIKOS. 



BEMOSTHENIS AMATORIUS. 5ll 

Proinde suadeo ;, * ut te erga illos omnes comemproQ" 
béas et facUem , sed eorum tamen prudentissimis ob- 

sequaris^ ut ab his ipsis et à reliquis cmbus meUor 
judicerîs, F^ale, 



Fin du troisième volume. 



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« 1 






Vi * 

•*-i. 









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TABLE 

DES DISCOURS DE DÉMOSTHÈNE , 

ET D'ESCHINE , 

CORTBIIUS DANS Cl TOLUMB. 



• ■ 



Sommaire de la harangue sur le 

traité (C Alexandre pag. i. 

Harangue sv/rle traité d' Alexandre. 5. 

Notes sur la harangue du traité 

d'Alexandre , 27. 

Réflexions préliminaires sur les 

exordes de Démosthène 28. 

Exordes de Démosthène 33. 

Notes su/r les exordes de Dém.oS" 

thène < i58. 

Réflexions préliminaires sv/r les 

lettre de Démosthène etd'Esehirie. 160. 

Lettres de Démosthène ». . 161. 

Lettre première i63. 

— Deuxième 175. 

— Troisième 192. 

— Quatrièm^e 223. 

— Cinquième 232. 

— Siocième 236. 

Notes sur les lettres de Dém^osthène. iS%* 



1- 



271 

272i 



Lettres d'Eschine pag. 241. 

Lettre première 245. 

— Seconde 247- 

— Troisième • • . . 25i. 

— Quatrième 262. 

— Cinquième aSg. 

— Sixième 264. 

— Septièm,e. . .^ •' . . . 267. 

— Huitièm^e 

— Netuvièm^ 

— Dixièm^e 276. 

— Onzième 283. 

— Douzième 295. 

Notes sur les lettres d'Eschine. . . 3o4. j 
Sommaire de la harangue d'Es- 
chine contre Timarque. . . ... 3o6. 

Harangue d'Eschine contre Ti- 

marquç . . 5oQ. 

Notes 462. 

Avertissement de l'éditeur 467- 

DemosthenisSermo amatorius. . 47'- 



FIN DE LA TABLE. 



THE NEW YORK PUBLIC LIBRARY 

REFERENCE DEPARTMENT 



Thit book it under no oiroumttAnoet to be 
tflken from the Building 







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■ - - - . .— 


















































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